Le prénom Thomas Masculin

Origine :

Fête :

03 Juillet

Signification de Thomas

Thomas est inspiré du prénom hébraïque Theoma. Responsable, Thomas est une personne fiable. Méthodique, il est organisé et ne prend jamais une décision sans avoir pesé le pour et le contre au préalable. Posé, il est sérieux et se fixe des objectifs. Il a pour principe de toujours terminer ce qu’il a commencé. Exigeant, Thomas apprécie la réussite et ne tolère pas la médiocrité. Généreux, il n’hésite pas à venir en aide à ses proches quand ils ont des problèmes.
Parmi les Thomas célèbres, on peut citer Thomas Ngijol, humoriste travaillant avec Jamel Debbouze, Thomas Voeckler, cycliste professionnel, Thomas Edison, inventeur américain, et Thomas Jefferson, troisième président des États-Unis.

Personnalité de Thomas

Leur bon sens est désarmant et ils se trompent rarement. Ils ont les pieds sur terre et l'esprit concret. Ils prennent leur temps et réfléchissent avant d'agir. Leur caractère tranché ne connaît pas la demi-mesure. Ils ont le goût du travail bien fait et leur côté sérieux ne les empêche pas d'être gais, rieurs et d'aimer la plaisanterie. Leur franchise sans détour est parfois blessante. Ce sont des hommes de conviction. En amour comme en amitié, ils sont fidèles à la parole donnée.

Provenance du prénom Thomas

Histoire de Thomas

Etymologie de Thomas

Les Thomas célèbres

  • Thomas ANGLUS : prêtre catholique anglais, du 17° siècle, se déguisa sous les noms de Candidus, Dianrhi et Richworlh; on croit que son vrai nom était WII1TE , mais il est plus généralement connu sous celui d'Anglus. 11 résida longtemps à Paris et à Rome, et fut successivement pr d'un collége à Lisbonne, et sousprincipal de celui de Douai. Il adopta les sentiments de Kenelm Digby sur la philosophie d'Aristote , et entreprit d'expliquer par elle les mystères les plus impénétrables de la religion, tels que la prédestination, le libre arbitre et la grâce. Il a écrit, sur ces divers sujets, des ouvrages dont l'obscurité est comparée par Baillet à celle des anciens oracles. Anglus répondit à ce reproche d'obscurité d'une manière assez remarquable : « Ou les savants m'entendent, ditil, « ou ils ne m'entendent pas. S'ils m'entendent, et « qu'ils trouvent (lue je me trompe , il leur est aisé « de nie réfuter ; s'ils ne m'entendent point, ils ont « tort de s'élever contre ma doctrine. » Plusieurs de ses écrits ont été censurés à Rome, en 1638, par la congrégation de l'Index, et les théologiens de Douai ont condamné vingt - deux propositions extraites de ses Institutions sacrées. Descartes , qui l'appelle Vitus, essaya de lui faire adopter son système; mais ils ne purent s'entendre. Anglus mourut quelque temps après le rétablissement de Charles II. Ses principaux ouvrages sont : Insliluliones peripaleticce ; 2. Appendix iheologiect de origine mundi; 3° Tabulce suffragiales de lerminandis fidei lilibus ab Ecclesia calholica fixa; 4° Tesserce romance Evul- gatio; 5° Sierra morum ; 6° de media animarum Siam, etc
  • Thomas ABBT( 1738 - 1766) : naquit le 25 novembre 1758, à Ulm, où son père s'était retiré après avoir exercé le métier de perruquier. Son goût pour l'instruction commença à se développer dans sa ville natale ; et ce fut là qu'il fit paraltre,en1751, sa première dissertation de Historia vitae magistra. 11y soutint encore deux thèses, l'une sur les miroirs ardents, l'autre sur la rétrocession miraculeuse de l'ombre d' Achaz . En 1756, il alla à l'université de Halle, où il fut distingué par le professeur Baumgarten , qui lui donna un logement dans sa maison. Abbt publia une thèse de Extasi; il dirigea ses études vers la philosophie et les mathématiques , et dès 1758 , où il reçut le grade de maître ès arts , il en lit son occupation principale , abandonnant la théologie , à laquelle il s'était d'abord destiné. En 1760, il fut nommé professeur extraordinaire de philosophie à l'université de Francfortsurl'Oder. Ce fut là qu'au milieu du tumulte de la guerre , il parvint à faire sortir ses concitoyens de leur découragement , en composant son ouvrage : de la Mort pour la patrie. L'année suivante, il passa six mois à Berlin , et alla occuper la chaire de professeur de mathématiques à l'université de Rinteln Le roi Ezéchias étant tombé malade, le prophète Isaïe vint l'avertir de se préparer è la mort; ce prince paraissant frappé de cette sentence, le prophète pria Dieu pour lui, obtint que ses jours fussent prolongés de quinze ans, et vint lui annoncer cette nouvelle. Alors le monarque lui demanda un signe par lequel il pût être assuré de la vérité de sa promesse. « Voulezvous, lui dit « le prophète, que l'ombre de votre cadran solaire avance ou re-« cule de dix degrés. D est facile de la faire avancer, dit le mo-« nargue, je préférerais donc qu'elle reculàt. » Et l'ombre du gnomon rétrograda aussitôt de dix degrés. Or, ce gnomon avait été tracé par Achaz, père d'Ezéchias. en Westphalie; mais dégoûté bientôt de la vie académique, il étudia le droit, afin de pouvoir occuper un emploi civil. En 1765, il voyagea dans l'Allemagne méridionale, la Suisse et une partie de la France ; ii revint à Rinteln, et y publia, l'année suivante, l'ouvrage qui a le plus contribué à sa réputation : du Mérite. Ce livre, réimprimé trois fois dans la même ville, 1767, 1772, 1790, est rempli de sentiments élevés , d'observations fines ; on y trouve une bonne philosophie pratique ; il est trèsdifférent du Traité du vrai mérite , de Lemaitre de Claville , ouvrage médiocre et superficiel qu'Abbt ne connaissait pas. Celui d'Abbt a été traduit en français par Dubois, ancien préfet du Gard. Cette traduction porte le titre de Berlin , 1780 elle est peu estimée. Cet écrit valut à Abbt , en 1765 , la place de conseiller de la cour, de la régence et du consistoire à Buchebourg , auprès du comte régnant de SchawnbourgLippe, qui l'honora d'une amitié particulière, dont il jouit peu de temps, car il mourut le 2'1 novembre 1766 , âgé seulement de 28 ans. Le respectable prince fit enterrer son ami avec beaucoup de pompe dans sa propre chapelle, et plaça sur sa tombe une inscription touchante qu'il avait composée luimème. 11 était généralement aimé et estimé; on trouve dans ses productions tant de pénétration , d'imagination et d'esprit, qu'il est aisé de juger que , s'il avait vécu plus longtemps , il serait devenu un des meilleurs écrivains de l'Allemagne. Quoiqu'il ait été enlevé très jeune aux sciences , il est un de ceux qui ont le plus contribué à faire renaitrele goût de la lan-, gue allemande, alors tellement tombé, qu'avant lui, les Allemands, découragés par la désastreuse guerre de trente ans, n'écrivaient plus guère qu'en français et en latin. Il a composé, outre ces deux écrits, un assez grand nombre , Genève, 1765 fut revu par Bonnet ; il a été réimprimé à Berlin , en 1764 C'est le seul ouvrage qu'Abbt ait écrit en français. Son Essai sur la vie et le caractère d'Alexandre Gottlieb Baumgarten, Halle,1765 a paru d'abord dans les Annonces littéraires de Rinteln, de l'année 1764. L'ouvrage, sans nom d'auteur, qui a pour titre : Nouvelle agréable de l'établissement prochain d'un tribunal d'inquisition protestant, et d'un auto- da- fé luthérien qui aura lieu en attendant en effigie, est une satire ingénieuse contre l'esprit de persécution qui animait alors plusieurs théologiens protestants ; quoiqu'il porte la date d'Hambourg , 1766 il a été réellement imprimé à Berlin. Les Réflexions sur le plan des premières études d'un jeune homme de condition , Leipsick et Berlin, 1767 ont été composées en 1759, mais elles n'ont été imprimées qu'après la mort d'Abbt , par les soins d'un major de troupes rhénanes. Il y en a eu une seconde édition à Berlin , 1780 Abbt s'est aussi essayé dans le genre de l'histoire; on a de lui un livre qui a pour titre : Fragment des événements les plus anciens du genre humain, avec une préface de JeanPierre Miller, Halle, 1767, grand C'est le commencenient d'un abrégé d'histoire universelle ; Abbt ne l'ayant pas continué, M. Miller a publié après sa mort ce qu'il en avait fait, en lui donnant le titre qu'on vient de lire; une Histoire du Portugal jusqu'à la fin du 15e siècle; une Vie de Baumgarten. La Traduction de la conspiration de Catilina, par Salluste, Stadthagen, 1767 est regardée comme un de ses meilleurs ouvrages. Elle a été publiée après la mort de l'auteur, au profit de son père , mais aux frais du comte de la Lippe. Il existe une autre traduction allemande de Salluste sous le nom d'Abbt, publiée à Lemgow 1772, par Wagner d'Osnabruck ; mais on prétend qu'il n'y a eu aucune part. Ses OEuvres diverses ont été recueillies par Nicolaï, en 6 vol. qui ont paru à Stettin et à Berlin , de 1768 à 1781 Il y en a eu des contrefaçons à Reutlingen, 1782, et à Francfort, 1785. Nicolaï y a réuni plusieurs écrits qui n'avaient pas encore été imprimés. Le 5' et le 5' tome contiennent la correspondance d'Abbt avec MM. Blum, Gause , Gleim, Klotz , Moses Mendelssohn, Nicolaï et autres ; le 5e a aussi été imprimé séparément sous ce titre : OEuvres diverses de Th. Abbt, 5e partie, qui contient sa correspondance familière, Berlin et Stettin, 1782 On distingue dans le 4e la Vie de Baumgarten, et dans le 5- celle du comte de Schaumbourg. Ses oeuvres complètes en 6 tomes ont été réimprimées à Berlin, en 1790 Outre les ouvrages qu'on vient de citer, il existe encore quelques petits Traités et Mémoires du même auteur, insérés dans différents recueils : dans le Journal hebdomadaire allemand, intitulé : le Règne de la nature et des moeurs ; dans les Annonces de Halle, 1760, n. 12, et dans la Bibliothèque générale de l'Allemagne. La liaison de Abbt avec Lessing, Moses Mendelssohn, et d'autres écrivains du premier ordre, l'avait engagé à devenir leur coopérateur, et, depuis 1760, il a eu beaucoup de part aux Lettres concernant la littérature moderne, journal célèbre, dont la publication a fait époque dans l'histoire littéraire de l'Allemagne. La 148e lettre du 9e volume est la première qui soit de lui. Ses articles dans ce recueil sont signés de la lettre B. La vie d'Abbt a été écrite en allemand par Frédéric Nicolaï, et publiée à Berlin, en 1767 sous le titre de Monument à la mémoire de M. Th. Abbt. On eu trouve un extrait dans la Bibliothèque historique de Gatterer, t. 6. A. L
  • Thomas ALDOBRANDINI : fils de v et frère du pape Clément VIII. On ignore les circonstances de sa vie ; on peut seulement conjecturer, d'après des lettres de quelquesuns de ses contemporains, qu'elle fut assez agitée sous le pon- tificat de Pie IV ; sous celui de Pie V, il fut plus tranquille, et remplit , auprès de ce pape, l'emploi de secrétaire des brefs. 11 mourut encore jeune, avant d'avoir pu mettre la dernière main à sa tra- duction latine des Vies des anciens philosophes, de Diogène Lerce, avec de savantes notes. Cet ouvrage fut publié à Rome, en 1594 , grec et latin , par le cardinal Pierre Aldobrandini , neveu de l'auteur. Plusieurs savants ont fait l'éloge de la traduction et des commentaires, entre autres, Isaac et Méric Casaubon. On trouve , dans les lettres de Pierre Vettori , des traces d'un autre ouvrage de Thomas Aldobrandini : c'était une paraphrase latine du dernier livre d'Aristote, de physico Auditu. Thomas avait envoyé ce travail à P. Vettori , pour lui demander ses conseils, et Vettori lui répond, en date du mois de février 1568, en lui donnant de grands éloges. Les notes {le ce savant ont reparu dans le Diogène Laêrce de Meibomius.— On compte plusieurs cardinaux du même nom et de la mème famille
  • Thomas ABLE ou ABEL : ecclésiastique anglais, fit ses études à Oxford, où il fut reçu bachelier ; il obtint, en 1516, le grade de maître ès arts, et, après avoir pris les ordres, il devint chapelain de Catherine d'Aragon, femme de Henri VIII, à laquelle il apprit les langues et la musique. L'extrème attachement qu'il montra pour cette princesse , lorsque Henri manifesta l'intention (le se séparer d'elle, lui devint funeste. 11 publia à cette occasion un traité intitulé : de non dissolvendo Henrici et Catharince Matrimonio. Ce livre, où il soutenait l'indissolubilité du mariage de Henri avec Catherine, lui attira le ressentiment de ce prince. On l'accusa , en 1534, d'avoir eu part à l'affaire d'Élisabeth Barton, dite la Sainte Fille de Kent, visionnaire qui fut condamnée à mort pour avoir parlé contre le divorce du roi. Able ayant entrepris luimême de prouver que Henri ne pouvait se reconnaître chef de l'Église anglicane , on lui fit son procès , et il fut condamné à être étranglé , éventré et écartelé. Cette terrible sentence fut exécutée à Smithfield , le 50 juillet 1540
  • Thomas ABINGTON( 1560 - 1647) : né à 'l'horpe, dans le Surrey, le 23 aoùt 1560, était fils du trésorier de l'épargne de la reine Élisabeth, et filleul de cette pr Il commença ses études dans le collège de L à Oxford, et alla les continuer dans les universités de Reims et de Paris. Ses talents et la faveur de son père semblaient devoir lui ouvrir le chemin des plus hautes dignités; mais son frère Edouard, ayant trempé dans le projet de Babington pour délivrer la reine Marie d'Écosse, il se trouva compromis dans cette affaire et fut enfermé à la tour de Londres. Pendant les six années que dura sa détention, il se livra à l'étude et augmenta ainsi beaucoup la somme de ses connaissances. Sorti de sa prison il se retira à Henlip, dans le comté . Là, il s'occupa de recherches sur les antiquités de la province . On conserve en manuscrit ses Recherches sur les antiquités de la province de Worcester, grand écrit de sa propre main, et l'Histoire de l'Église ca thédrale de Worcester, avec la succession des évêques. — Guillaume ABINGTON, fils du précédent, né en 1605, mort en 1659, a laissé : 1° des poésies sous le titre de Castora, Londres, 1635, in -8° ; 2° une tragicomédie intitulée la Reine d'Aragon, qui fut représentée à la cour de Charles Er, et imprimée sans sa participation ; 5° des Observations sur l'histoire, Londres, 1641 T—D.
  • Thomas ALLEN : historien anglais. Il a publié plusieurs ouvrages dont voici les titres : 1° the His- tory of antiquities of the Parish of Lambeth and the archiepiscopal palace in the counly of Surrey. including biographical sketches of the most eminent persones who have been born , or have resided there from the earliest period 18'26 ; 2° the History and antiquities of London , Westminster, Southwart, and parts adjacent; 3° a liew and complete History of the county of York , illustrated with engravings ; 40 a new and complete History of the coule! ' of Surrey, illustrated by a serie of views; 5 the sanie work with the addition of some parts of the county of Sus- sex, illustrated by wiews ; 6° the Panorama of London and visitors pocket companion in a tour through the metropolis- 75 plates ; a History of the county of Lincoln; 8° a guide to the zoological Gardens. Thomas Allen est mort en 1837, dans un âge peu avancé
  • Thomas ALGHISI( 1669 - 1713) : chirurgien de Florence, né le 17 septembre 1669, étudia l'anatomie sous le célèbre Laurent Bellini , et s'appliqua particulièrement à la lithotomie. Le pape Clément XI l'eut en grande considération , à raison d'une opération de la pierre qu'il lit avec succès à l'un de ses officiers. Il mourut le 2 ; septembre 1715 , par un accident , regretté des savants , et n'ayant encore publié qu'un Traité de la lithotomie, en italien, Florence, 1707 lig. ; Venise , 1708 ; et une lettre fort savante de vermi useiti per la verga, adressée à Vallisneri, des mains duquel il avait reçu L bonnet dé docteur en l'université de Padoue
  • Thomas ALLEN( 1542 - 1632) : mathématicien anglais , né en 1542, à Utoxeter, dans le Staffordshire, étudia dans le collège de la Trinité, à Oxford. Le comte de Northumberland, protecteur des mathématiciens, le reçut quelque temps chez lui , et le comte de Lei—cester lui offrit un évêché , qu'il refusa par amour pour la solitude et pour les travaux qu'il avait en—trepris. Les connaissances d'Allen en mathématiques le firent considérer par le vulgaire ignorant comme un sorcier ; l'auteur d'un livre, intitulé : République de Leicester, l'accusa d'avoir employé la magie pour servir le comte de Leicester dans son projet d'é—pouser la reine Élisabeth. On ne doit pas s'arrêter à une imputation si absurde ; mais il est certain que le comte avait tant de confiance dans Allen, que rien d'important ne se faisait dans l'État sans que celui—ci en eût connaissance. Allen amassait, avec une persévérance infatigable, de vieux manuscrits concernant l'histoire, l'antiquité, l'astronomie, la philosophie et les mathématiques. Plusieurs auteurs les ont cités comme ayant formé la Bibliothèque Allenienne. Outre les collections précieuses que ce savant a laissées, on a de lui : 10 Plolomei Pelusiensis de astrorum judiciis, aut , est vulgo vocant , qmdripartitœ constructionis, liber secundus, cum expositione Thome Alleyn, Angli Oxoniensis; 2° Claudii Ptolomei de astrorum judiciis liber tertius, cum expositione Th. Alleyn. Il mourut en 1652, dans un itge très—avancé. Il est à regretter qu'un homme si estimé de ses contemporains, et regardé comme l'un des premiers mathématiciens de son temps, n'ait pas laissé un plus grand nombre d'ouvrages sur la science à laquelle il s'était livré. — Un autre Thomas ALLEN, mort en 1638 , est auteur d'un ouvrage intitulé : Obseevationes in libellum Chrysostomi in Isaiam
  • Thomas AMORY( 1700 - 1774) : théologien anglais , né en 1700, fut pasteur d'une congrégation presbytérienne , . ii plaélrleaig,tealessatrvai‘eraeuixiti;e l'enseignement t , le saint Il mourut1774. On On a de lui, outre plusieurs volumes de sermons estimés, I° Dialogue sur la dévotion , 1733 et 1746 2" Notice sur la vie el les écrits de M. Grove, en tète de ses OEuvres posthumes, MO ; 3' Système de ? hilosophie morale de Grove , revu et développé , 7.49 ; 4° Mémoires du docteur Benson, en tète de son istoire du christian.; 5° Mémoires de Samuel Chan- ter. Un autre Thomas Amotty , fils (l'un conseil- er d'État du roi Guillaume , a donné luimême des détails sur sa vie et ses opinions, dans un livre ' titulé la Vie de John Bonde , 1756 11 fit ses études à l'université de Jjublin. Ayant adopté la doctrine des unitaires, elle devint pour lui la mesure du mérite des personnes avec lesquelles il était en contact. Sa vie, dès sa jeunesse , s'était écoulée loin des hommes, au milieu des livres, et cette habitude d'isolement n'avait vraisemblablement pas peu contribué à lui faire contracter cette bizarrerie, pour ne pas dire plus , qui se décèle dans ses écrits. Un premier volume intitulé : Mémoires contenant les vies de quelques dames de la Grande - Bretagne , observations sur la religion. chrétienne telle qu'elle était professée par l'Église établie et par les dissidents de toute dénomination , etc. , en forme de lettres , 1755 devait être suivi d'un second, où il aurait donné des détails trèsprécieux sur le célèbre docteur Swift , qu'il avait , ditil , connu mieux qu'aucun de ses amis, excepté la malheureuse Stella; mais ce volume n'a point paru. Quant aux dames qui sont l'objet des Mémoires , on présume qu'elles n'ont existé que dans l'imagination de l'auteur : elles sont toutes belles, savantes, spirituelles , pieuses, et surtout zélées unitaires comme lui. La Vie de John Mincie parut en 1756 et 1766 , 2 vol. , et fut imprimée depuis en i vol. Buncle se trouve , dès l'âge de dixhuit ans , par un incident bien romanesque , en tète à tète avec une jeune demoiselle Ilequi pâlit sur une Bible hébraïque, et qui , lorsqu'il commence à lui déclarer son amour , l'interroge sur la langue que parlait Adam dans le paradis terrestre. • Une dissertation qu'elle fait ensuite sur la tour de Siabel et la confusion des langues le ravit au point qu'il ne peut se retenir de la prendre dans ses bras , 1 et d'appliquer une demi- douzaine de baisers sur sa bouche embaumée. Amory mourut en 1789
  • Thomas ASTLE : antiquaire anglais du 18e siècle, mort en 1805, est auteur de divers écrits concernant l'histoire et les antiquités de son pays, imprimés dans les tomes 4, 7, 10, 12 et 15 de l'Arclueo- logia Britannica, mémoires de la société des Antiquaires de Londres. Il a publié séparément : l le Testament du roi Henri VIII, 1775 ; 2 l'O- rigine et les Progrès de l'Écriture hiéroglyphique et élémentaire, avec des planches gravées, suivie d'un Précis sur l'origine a les progrès de la Peinture, 1784 Une nouvelle édition de cet ouvrage a paru en 1805
  • Thomas ARENDS( 1652 - 1700) : poète hollandais , né à Amsterdam, en 1632, travailla dans le comptoir d'un marchand, auquel il succéda dans la suite. Ses poésies fugitives, dont la plus grande partie roule sur des sujets de piété, ont été publiées, en 1724, par Matthieu van Nidek, sous le titre de Mengelpoczij Arends a aussi publié des tragédies et des comédies médiocres, où l'on reconnal t cependant quelque ta- lent. Il mourut en 1700. — Un autre ARENDS , aussi poète hollandais, mort à Dordrecht, en 1787, dans un état voisin de l'indigence , a été loué par Hoeufft
  • Thomas BALLO : noble sicilien , né à Palerme, se distingua par son talent poétique, vers la lin du 16e siècle. Il fut chevalier de StEtienne, et membre de l'académie des Accesi de Palerme. On trouve plusieurs pièces de lui dans les Rime de cette académie, Palerme, 1571 Son plus grand ouvrage est un peme héroïque, consacré à la gloire de sa patrie, et dédié à Cosme II, grandduc de Toscane ; il est intitulé : Palermo liberata, poema eroico in ottava rima, coqli argomenti di Girolamo Spucees, Palerme, 1612
  • Thomas ARNOLD : médecin anglais, membre ' u collége royal des médecins de Londres et de la If eiété médicale d'Édimbmrg, doyen des lédecins de l'infirmerie, et seul médecin de l'hospice pour les aliénés à Leicester, n publié plusieurs ouvrages particulièrement consacrés aux maladies de l'esprit. 1° Dissertaitde Pleuritide, 1766 2° Observations sur la nature et lex causes de la démence, el sur les moyens de la prévenir, Londres, 1782, 2 vol. où l'auteur a trèsbien résumé et apprécié les opinions des anciens et des modernes sur ce sujet important, et où il recueille des faits curieux ; 5' ca8 d'hydrophobie traitée avec succès, 1795 ; .10 Observations sur le traitement des aliénés, 1809 Thomas Arnold, qui avait épousé une sœur de la célèbre Macaulay Graham, est mort à Leicester, le 2 septembre 1816
  • Thomas ARUNDEL( 1353) : archevêque de Cantorbéry, naquit en 1353, d'une maison illustre , et fut nommé évêque d'Ély à l'àge de vingt et un ans, exemple unique dans l'histoire de ce pays. On l'accuse d'avoir, dans toute sa carrière épiscopale , montré un goût puéril pour l'ostentation et le luxe ; ce qui tourna cependant quelquefois au profit des églises dont il fut successivement le chef. De l'archevêché d'Yorck, il passa, en '1 à celui de Cantorbéry ; mais, dans les dix années qui précédèrent cette dernière nomination, ses fonctions ecclésiastiques ne l'empêchèrent pas d'occuper, avec quelques interruptions, le poste important de lord chancelier. En 1593, il transporta les cours de justice de Londres à Yorek, afin, disaitil, de punir l'orgueil que le roi reprochait aux habitants de la capitale ; mais probablement aussi pour donner plus d'éclat et de richesses à son diocèse. Bientôt on sentit l'inconvénient d'un tel déplacement, et l'ordre ancien qui existe encore fut rétabli. Comme Arundel, en obtenant une commission qui donnait la régence au duc de Glocester, au comte d'Arundel et autres, avait pris une part trèsactive aux premiers efforts tentés pour délivrer la nation de l'oppression de Richard II, il fut banni par ce prince, et le pape Boniface IX, qui avait à se plaindre du roi et du parlement , se vengea en accueillant un de leurs ennemis : il nomma Arundel à l'archevêché de StAndré en Écosse, et déclara l' où il était de lui accorder en Angleterre d'autres honneurs ecclésiastiques; mais une lettre où Richard faisait sentir au souverain pontife la nécessité d'un rapprochement et de l'harmonie la plus entière entre le trône et l'autel fit changer les dispositions de la cour de Rome. Heureusement pour Arundel, il ne tarda pas à trouver, dans le mécon- tentement toujours croissant du peuple anglais con. tre le roi , une occasion de revoir sa patrie , et d'y reprendre ses dignités. 11 était arrivé dans la Bretagne au moment où la noblesse d'Angleterre et une autre partie de la nation sollicitaient Henri, duc de Lancastre, excité par Richard , de quitter la France pour venir recevoir la couronne de ce monarque luimême. On chargea l'archevêque de Cantorbéry de remettre au duc une lettre pressante, qu'il accom- pagna des plus vives remontrances sur l'état où se trouvait le royaume, et sur la nécessité de remédier promptement au mal. Henri , retenu par quelques scrupules sur la légitimité d'une pareille succession , finit par se rendre, et Arundel plaça la couronne sur la tète de Henri IV, son nouveau maitre. Au commencement du règne de ce prince, les besoins de l'État exigeant des secours considérables, on employa des arguments renouvelés souvent depuis pour prouver que ces secours pouvaient ètre pris sur les biens du clergé. Arundel mit en oeuvre, auprès du parlement et du roi, tous les moyens possibles pour détourner le coup, et parvint du moins à le sus-. pendre. Il combattit ensuite une nouvelle secte d'hé- rétiques , avec toute l'ardeur et l'activité de son caractère. Il alla jusqu'à déclarer que cette hérésie ne pouvait se punir que par le feu, et une exécution préparée par ses ordres eut lieu ; il venait de prononcer , sous le règne de Henri IV, une pareille sentence contre lord Cobham , lorsqu'il fut saisi d'une inflammation à la gorge dont il mourut presque subitement. L'esprit superstitieux de ce tempslà ne manqua pas d'attribuer une fin si prompte à la justice divine. Arundel fut le premier qui, par un zèle mal entendu , défendit de traduire l'Ecriture sainte en langue vulgaire
  • Thomas BADIA( 1483 - 1527) : cardinal, né à Modène vers l'an 1485, entra jeune dans l'ordre des dominicains. Clément VII le fit maitre du sacré palais, et Paul 111 le députa au colloque de Worms, convoqué par l'empereur CharlesQuint, en 1540. Badia s'y distingua par son zèle pour la foi. Il en fut récompensé, en 1542, par le cardinalat, et mourut à Borne le 6 septembre 1547. Quelques auteurs ecclésiastiques lui attribuent des traités restés inédits. On n'a imprimé de lui que sa lettre sur le colloque de Worms, adressée au cardinal Contarini , et par le cardinal Quirini, dans les prolégomènes de la 3° partie des Epistolœ selectœ du cardinal Poins. 11 eut aussi, selon Jacques Erhard , la plus grande part à la rédaction du Consilium delectorum cardinalium et aliorum prcelatorum de emendanda Ecclesia, S. D. N. D. Paulo III ipso jubente conscriptum et exhibitum, Rome, 1558 Ce livre a été réimprimé plusieurs fois
  • Thomas BAGLIONI : imprimeur vénitien, se fit une certaine réputation dans son art, vers le commencement du 17° siècle. Un ouvrage assez rare sorti de ses presses est l'Histoire des guerres de Flandre, depuis 1559 jusqu'en 1609, par Fr. Lana- rio d'Aragon, Venise, 1616 en italien ; réim- pression de l'édition d'Anvers, 1615 La tra- duction espagnole est de Madrid, 1625 Thomas Baglioni a imprimé un grand nombre de livres; son commerce était considerable. Nous ignorons l'époque de sa mort
  • Thomas BAKER( 1625) : mathématicien anglais, né, vers l'année 1625, à Ilton, dans le comté de Somerset, étudia à l'université d'Oxford , prit les ordres, et fut nommé vicaire de Bishop's Nymmet, dans le comté de Devon. Il publia, en 1684, un traité intitulé la Clef géométrique , ou la Porte des équations ouverte, etc., Londres en latin et en anglais; ouvrage qui a plus de mérite que son titre ne l'annonce. Quelque temps avant sa mort, arrivée en 1690, la société royale de Londres lui décerna une médaille, avec une inscription en son honneur, pour la solution de plusieurs questions mathématiques qu'elle avait proposées
  • Thomas BAKER( 1656 - 1740) : antiquaire anglais, né le 14 septembre 1656 , à Crook , dans le comté de Durham, étudia à l'université de Cambridge, et entra ensuite dans les ordres. Reçu membre du collège de StJean à Cambridge, en 1679, il perdit cette place en 1717, pour avoir refusé de prêter le serment de fidélité au roi George I". Le poète Prior, son ami, qui le remplaça , eut la générosité de lui abandonner le traitement attaché à la place ; mais Baker n'en conserva pas moins un vif ressentiment de son expulsion, et il avait coutume d'écrire sur tous ses livres : Socius ejectus, ou Ejectus rector. Il continua cependant de résider dans le collége, où il était généralement estimé, et il y mourut, le 7 juillet 1740, âgé de 84 ans. Son principal ouvrage est intitulé : Réflexions sur la science , où l'on démontre son insuffisance . dans toutes ses branches, et l'utilité et la nécessité d'une révélation , publié en 1699, sous le voile de l'anonyme, en 1 vol. réimprimé sept fois depuis, notamment en 1709 ou 1710, 1714 et 1738; traduit en fiançais par Berger, sous le titre de Traité de l'incertitude des sciences, 1714 Cet ouvrage, qui embrasse l'universalité des connaissances humaines, était audessus des forces de Baker, comme on le voit par son peu d'estime pour Bacon, son ignorance et son injustice à l'égard de Copernic, son silence sur Locke, et l'âpreté de ses attaques contre Leclerc , écrivain français, qui, au jugement des Anglais euxmêmes, lui était bien supérieur en érudition, et qui lui lit une réponse courte, mais énergique , dans la 4e édition de son III Ars critica. Le savantBoswell, dans sa Méthode des études, range l'ouvrage de Baker parmi les classiques anglais, pour la pureté du style , quoiqu'il s'élève rarement jusqu'à l'élégance. Profondément a„ versé dans la connaissance des antiquités anglaises, il avait conçu le plan d'une histoire de l'université de Cambridge , et ses collections pour cet objet, qui consistent en 39 vol. et 5 vol. presque tous écrits de sa main, ont été conservées dans la bibliothèque de cette université, et dans le musée Britannique. On trouve dans la bibliothèque Bodléienne 2 volumes manuscrits de ses Lettres à Th. Hearne. Plusieurs écrivains estimés durent beaucoup à ses conseils , particulièrement l'évêque Burnet, dans son Histoire de la réformation. On cite, comme une circonstance remarquable, la liaison qui subsista constamment entre ces deux hommes, malgré la différence de leurs principes. Dans la société, Baker était un homme d'un bon esprit, plein de politesse et de modération. On ignore ce qui avait pu le porter à attaquer si violemment Leclerc ; mais il dit, dans la préface de son ouvrage : « J'ai traité « avec décence et respect tous les écrivains dont j'ai « parlé, excepté M. Leclerc , qui n'a pas mérité un « pareil traitement
  • Thomas AVERSA : poile italien du 17, Palerme, 1658 40 Il Pellegrino, orvero la Sfinge debellata; il Seba- stiano, il Bartolommeo, tragédies sacrées, Palerme, 1641 et 16'•:i 5° Il primo tomo dell' Eneide de Virgilio, trade«) in rima siciliana , Palerme, - Les truvrPs philosophiques d'Averrhoès se composent de commentaires sur tous les Imites d'Aristote, sauf la Politique, et d'ouvrages originaux. Ces commentaires, avec les traités correspondants d'Aristote, ont été publiés successivement à Venise, en 1489, 2 vol. goth. ; ibid., 1495, 4896, 1497, 1500 ' Ils ont été imprimes avec les ouvrages médicaux et philosophiques du 1 'médecin arab à e, Venise, en 1552, Il vol. en 1560, en 1562; ,,en 1574, 11 vol. Nous ne mentionnerons pas ici les éditions, an-. ciennes on rerentes, des divers commentaires publies isolémznt en la-,., lin et en ltehrett. - Parmi les traités originaux de philosophie, nous Pl' indiquerons: 1° Subtilissimus liber, qui dicit ur Destructio destructio- num philasophioe Algazzali, avec ou sans Libellus sen Epistela de ' , 'Conne: rione intel Petits abstracti cuis hOntilie, Venise, 1495, 1496, I 1 i97 ibid., imp en 1526, et publie en 1527 2° Li- bellus de substanlia unis; V cuise, 1482, 1496, 4508 Pavie, 1520, in4°; Venise, 1525 1552 - 5° De animer Bea- Nadine, Donon., 1501 Venetiis, 4524 - On peut voir lu liste des ouvrages manuscrits de philosophie et de jurisprudence d'Averrhoes dans Casiri ; dans les Catalogues des manuscrits de la bibi. du roi ; de lu hibl. de Turin, t. 1 ; de la Bibi. me- dicea ; dans le Calai. manuseript. de c. Ilaenel, Leipsick, 1830, et Latin la Bibi. Jale. de Wolf. Ils sont trèsnombreux, et si on juge de leur importance par celle des commentaires sur Aristote, il est à regretter qu'on ne les connaisse que par leurs titres. - Parmi les biographes d'Averrhoes, nous citerons, connue riant à la portée da plus grand l'ombre des lecteurs : J. Leo Afer , dans la Rild. , Itergos, 1647, p. 91; N. Antonio, dans sa Bibi. arab.- hisp. rai., 1. 2, p. 240; Antoreux, Essai sur la mèderine des Arabes, p. 1 i7. enfin les divers historiens de la médecine. Toutes ces vies sont Iresromanesques, et si l'on veut avoir des renseignements auxquels ou lotisse se lier, il faut recourir aux Éclaircissements sur la hi .graphie d'Averrhors insert., par Lehrecht dans : Magazin far ttfterfitar dee A uslandes, 1812. L. 3:unk nous a assuré que la vie sa plus mime d'Averrhoes se UMM, dans un manuscrit arak, qu'il a rapporte dl:gmue à la hibliothinne royale, et qui est intitulé ries des MédetikS, par Il Nous mentionnerons en finissant : . 4mb. Nolani Castigationa advenus Arerrhoem, Venise, 1532, Sufut. D-11G. 167i4 Ce 1" volume contient les quatre premiers livres ; le 2- volume, qui parut en 1657 contient les quatre suivants; enfin le 5' et dernier, imprimé en 1660 contient le reste de l'Enéide. 6' La Corte nelle selve, Trattenimenti modesti ed utili, etc., Rome, 1657 Ces Amu- sements sont partagés en plusieurs veillées, pour les derniers jours du carnaval ; l'auteur s'y est déguisé sous le nom de Tomino d' Amistralo; il y a joint une de ses comédies, intitulée : Noue, Fato cd Amore, et des observations sur cette pièce. Il a encore com- posé d'autres comédies, des tragicomédies , des chansons siciliennes et des poèmes, qui sont imprimés à part, ou insérés dans divers recueils
  • Thomas AYLESBURY( 1576 - 1657) : né à Londres en 1576, fut créé baronnet en 1627. 11 était trèsinstruit, surtout clans les mathématiques ; mais il mérite plus particulièrement «Ire cité pour le noble usage qu'il fit de sa fortune en faveur des savants et des gens de lettres. Nonseulement il les recherchait et les réunissait chez lui, mais il faisait encore des pensions à plusieurs d'entre eux. Son attachement à Charles 1" l'obligea, en 1612, (l'aller chercher un asile dans les PaysBas, oùil mourut en 1657, à l'âge de 81 ans. Sa fille épousa Édouard Hyde de Perton, fameux depuis sous le nom de duc de Clarendon. — Guillaume AYLESBURY, fils de Thomas, fut choisi par Charles I" pour être gouverneur du (hic de Buckingham et de son frère ; il parcourut avec ses élèves les différents royaumes de l'Europe. Ce monarque le chargea du soin de traduire de l'italien en anglais l'Histoire des guerres civiles de France, par Davila. Cette traduction, où il eut pour collaborateur sir Charles Cotterel, parut à Londres en 1647 Dans une seconde édition, publiée en 1678, on attribue presque tout l'ouvrage à sir Charles Cotterel. Guillaume Aylesbury mourut à la Jamaïque, dans un âge peu avancé
  • Thomas BANKS( 1700) : sculpteur anglais, né vers le milieu du •86 siècle, eut deux avantages qui avaient manqué à son rival Bacon, celui d'être élevé pour son art, et celui de voyager en Italie; aussi, quoiqu'il ne puisse pas être mis sur la même ligne que les Canova, les Julien et les Serge', ses contemporains, il mérite une place distinguée parmi les bons statuaires. Ses meilleurs ouvrages sont une statue de Caractacus et une autre de l'Amour, qu'il rapporta de Rome, en 1779. Quand Banks revint en Angleterre, tous les encouragements y étaient pour l'école de peinture qui venait de naître, et les amateurs ne recherchaient pas encore les statues des artistes de leur nation. Ce fut donc en vain que Banks chercha dans son pays un homme riche qui voulût lui acheter sa statue de l'Amour ; ce désagrément le décida à partir, en 1781, pour StPétersbourg, où l'im- pératrice acheta cette statue pour la placer dans son jardin anglais, à TzarskoeSelo. Banks, trèssupérieur à Bacon pour le goût et la correction du dessin dans ses figures isolées, n'a guère été plus heureux que lui dans ses grandes compositions, et l'on peut s'en convaincre par les monuments du célèbre Nelson et du capitaine Burgess, placés à StPaul
  • Thomas BANG ou BANGIUS( 1600 - 1661) : savant philologue, naquit en 1600, dans file de Fionie, où son père était ministre. Quoique pauvre, il vint à Copenhague, et s'étant rendu agréable au chef de l'université, il y fit gratuitement son cours de théologie. 11 se chargea ensuite de l'éducation de quelques jeunes gentilshommes, entre autres, du fils du grand trésorier de Danemark , dont il eut une pension. Avec ce secours il vint en Allemagne, et suivit les leçons des plus célèbres professeurs. En 1650, on lui offrit la chaire d'hébreu à Copenhague. 11 ne l’accepta que sous la condition qu'on lui permettrait d'aller quelque temps étudier l'arabe et le syriaque sous Gab. Sionita, fameux maronite, alors à Paris. En 1652, il passa de la chaire d'hébreu à celle de théologie, et fut nommé conservateur de la bibliothèque de l'académie. Ce savant mourut le 27 octobre 1661, après une courte maladie. De quinze enfants qu'il avait eus de son mariage avec la fille d'un sénateur, un seul lui survécut. On a de Bang un assez grand nombre d'ouvrages remplis d'érudition ; mais ce sont pour la plupart des thèses et . On se contentera de citer : Observationum libri duo, Copenhague, 1640 Ce sont des remarques que Bang fit par ordre du roi sur la Grammaire latine de Denys Jersin ou Jersinus , adoptée par les écoles de Danemark et de Norwége. 20 Ccelum Orientis et prisci mundi triade exercitationum litteriararton reprœsentatum , seu Exercitationes de lilteris antiquis, ibid., 1657 Cet ouvrage a été reproduit sous ce titre : Exercitationes philologicophilosophicoe, quibus materia de On en trouve une liste complète dans l'ouvrage, fort rare en France, d'Albert Bartholin : De Scriptis Danorum , Copenhague , 1666, p. 138. d'éloges. Bayle lui a consacré un article dans son Dictionnaire critique. \ VS.
  • Thomas BASTARD : ecclésiastique et poète anglais des 166 et 17° siècles, naquit à Blandford, dans le comté de Dorset. Après avoir étudié quelque temps au collége de Westminster, il entra à l'université d'Oxford, où il fut nommé, en 1588, membre perpétuel du collége Neuf ; il prit le degré de maitre èsarts deux ans après ; mais quelques satires, qu'il composa contre plusieurs personnes éminentes, le firent expulser de l'université. Il entra ensuite dans les ordres, et obtint plusieurs bénéfices ; il devint fou vers la fin de sa vie, et mourut, en 1618, dans une prison où il avait été renfermé comme débiteur insolvable. Il jouissait d'une grande réputation comme prédicateur, et il était trèsrecherché pour les agréments de son esprit et de sa conversation. On a de lui des épigrammes ingénieuses, un poème latin en 5 chants, intitulé : Magna: Britannia, Londres, 1605 et 2 vol. de sermons, publiés à Londres, en 1615
  • Thomas BENTLEY : neveu du précédent, est auteur d'une comédie des Souhaits, représentée sur le théâtre de Dru ryLane en 1761, et remise au théâtre en 1782; mais cette pièce, qui n'était, diton, qu'une satire de parti, fut désapprouvée par le public, et l'auteur, après cette seconde apparition, la retira. On cite aussi de lui une tragédie intitulée Philodamus, 1767, et le Patriotisme, poème satirique inséré dans le Repository de Dilly. Th. Bentley mourut vers l'année 1782
  • Thomas BARLOW( 1607 - 1691) : théologien anglais, né en 1607, à Langhill, dans le Westmorland, étudia à l'université d'Oxford, oit il fut nommé professeur de méta - physique, en 1635. Lorsque cette ville se rendit au parlement, Barlos% se déclara pour le parlement, qui le récompensa par différentes places. Aussitôt après la restauration, Barlow se ranzea du parti du roi, et les places et la faveur le suivirent encore. Il fut nommé, en 1660, professeur en théologie, en 1661, archidiacre d'Oxford, et en 1675, évèque de L Après s'étre signalé par ses écrits contre la doctrine catholique, après avoir contribué à éveiller la nation sur le danger qu'elle courait de la part (l'un prince soumis au pape, Barlow, dès que Jacques li fut monté sur le trône, s'empressa de lui témoigner de toutes les manières et son attachement et sa soumission, jusqu'à ce que, à l'époque (le la révolution, il dit reconnu le prince d'Orange, Guillaume 111, pour souverain légitime. 11 ne balança jamais à se ranger dans le parti du plus fort. Il était regardé comme un trèssavant théologien et un excellent casuiste. Il est difficile de lui faire un grand mérite de ses principes de tolérance ; il eut du moins celui de les répandre par ses écrits, en mème temps qu'il en usait dans sa conduite. On aurait pu les trouver en contradiction avec la rigidité de son calvinisme; mais ils s'accordaient à merveille avec sa négligence à remplir ses devoirs d'éNèque. Il mourut à Bugdea, en 1691, pigé de 85 ans. Les principaux de ses nombreux ouvrages sont : 1`. ( le la Tolérance en matière de religion, 1660; 2° l'Origine des sinécures. 1676; 5' Principes et doctrine de la cour de Rome sur l'excommunication et la déposition des rois; traduits en français, 1679 1° Cas de conscience, résolus par lui, et publiés après sa mort, 1691 5' Exercitutiones aliquot , netaphysicoe de Deo, publié à Oxford, à la suite de la Métaphysique de Seheibler et réimprimé en 1658 r. C'est le recueil de ses leçons publiques dans l'université d'Oxford. L'une de ses le-çons roule sur la fameuse question : « S'il vaut « mieux ne pas vivre que de vivre malheureux. » pense qu'il vaut mieux ne pas exister.11est vraisemblable que presque tous les hommes qui examineront de sang froid cette question la résoudront de mème ; mais il est certain que presque tous les hommes qui sont malheureux préfèrent encore leur existence malheureuse à la nonexistence. On a aussi de Barlow des lettres où il se montre le champion de la doctrine d'Aristote, contre cc qu'on appelait alors la nouvelle philosophie
  • Thomas BARTHOLIN( 1619 - 1680) : autre frère des précédents, et le plus célèbre de cette famille d'érudits, né à Copenhague, le 20 octobre 1619, voyagea comme son père dans presque toute l'Europe, et fut en relation avec tous les savants de son siècle. Nommé, en 1646, professeur d'anatomie à Copenhague, il publia sur cette science un grand nombre d'observations nouvelles et de découvertes dont il s'attribua la gloire : il eut le chagrin de voir réduire en cendres sa nombreuse bibliothèque, en 1670, et ce fut pour le dédommager de cette perte que le roi de Danemark lui accorda le titre et les émoluments de médecin du roi, l'exempta d'impôts, le nomma inspecteur suprême de la bibliothèque de l'université, et le fit, en 1675, assesseur du haut conseil. Il mourut le 4 décembre 1680, âgé de 64 ans, après avoir publié plus de soixantedix ouvrages, dont les principaux sont : Anatomica, ex Gasparis parerais Instilutionibus, omniumque recentiorum et propriis observationibus locupletata, Leyde, 1641 trèssouvent réimprimée. 2° De Luce animalium libri 3, Leyde, 1647 id., Copenhague, 1669 , sous ce titre : de Luce hominum et brutorum; c'est un traité des phosphores naturels. 5° De Armillis veterum, Copenhague, 1647 ; nouvelle édition avec figures; Amsterdam, 1676 , enrichie de notes par Olaus Wormius. 40 De cygni Anatome ejusque Cantu, id., 1650 ; id., ibid., 1668 5° De Cruce Christi, ibid., 1651 6° De lacteis thoracicis in homine brutisque nuperrime observatis Historia anatomica, ibid., 1652 souvent réimprimé. 7° Vasa ïymphatica nuper Hafnice in animantibus inventa et in homine, et hepatis exequice, ibid., 1655 souvent réimprimé. 8° Bistoriarum anatomicarum et medicarum centurie 6, ibid., 1654 à 1661 9° Cista medica Hafniensis, ibid., 1652 10° De Medicina Danorum domestica, ibid., 1666 ouvrage curieux : c'est une topographie médicale , surchargée de circonstances étrangères au sujet. 11° De cometa Consilium medicum, cum monstrorum nuper in Dania natorum Historia, ibid., 1666 Cet ouvrage prouve que la grande érudition de l'auteur ne l'avait pas garanti d'une assez bonne dose de crédulité. 12. Epistolarum medicinalium a doctis vel ad doctos scriptarum centurie 4, ibid., 1663 et 1667 13° De medicis poetis Dissertatio, ibid., 1669 14° De bibliothecce inccndio Dissertatio ad filios, ibid., 1670 15°. De Morbis biblicis, ibid. , 1672 C'est le même sujet que Mead a traité dans sa Medica sacra. 16° Disquisitio medica de sanguine velita, cum Salmasii judicio, Francfort , 1675 17° De Peregrinatione medica, Copenhague, 1674 Il y rapporte diverses observations curieuses faites dans ses voyages. 18° De Anatome praclica ex cadaceribus morbosis adornanda, ibid., 1674 On y trouve joint le catalogue détaillé de tous les ouvrages que l'auteur avait publiés à cette époque. 19° De Puerperio veterum, id., 1675 nouvelle édition, Amsterdam, Wetstenius, 1716, fig. 20° Acta medica et philosophica Hafniensia, années 1672-79, 5 vol. fig. ; ouvrage périodique, rempli d'observations anatomiques et de faits curieux, mais adoptés quelquefois avec peu de critique : on y trouve la bibliographie complète de tous les livres de médecine ou de philosophie publiés à Copenhague. 21. De Unguento armario. Ce traité de la poudre de sympathie se ressent de la crédulité de l'auteur ; on y trouve cependant des faits curieux. 22° Mantissa ex Miscellaneis medicis de annulis aurium, Amsterdam, 1676 23. Dissertationes de libris legendis , Hafnice , 1672 et 1676 réimprimées avec une préface de JeanGérard Meuschen , la Haye, 1711 Dans cette préface, Meuschen s'élève contre le ridicule de la bibliomanie. Cette édition est remplie de fautes. Les Dissertationes de Bartholin offrent un cours de bibliologie assez bien fait pour le temps où il a été composé : on y trouve des remarques curieuses. On doit encore à cet infatigable écrivain quelques observations intéressantes dans les Ephemerides Curiosorumnaturce et autres collections de ce tempslà, des traductions, des éditions de plusieurs ouvrages , et entre autres de celui de J.H. Meibom : de Usu flagrorum in re medica et venerea, auquel il joignit ce qu'il avait écrit sur la même matière, Francfort, 1670, petit- Il avait encore composé : Bibliotheca anatomica, omnium anatomicorum tam veterum quam recentiorum scripta, inventa , vitas et effigies complectens; mais cet ouvrage manuscrit fut consumé lors de l'incendie de sa bibliothèque
  • Thomas BASIN : originaire de Calais, né à Rouen, fut évèque de Lisieux, sous Charles VII. Accusé, sous le règne de Louis XI, par lequel il avait été comblé de bienfaits, de favoriser les Anglais et les Bourguignons, il reçut d'abord défense de paraître à la cour, puis fut exilé, et ensuite 4épouillé de ses biens et de son évêché. Il se retira à Louvain, où il professa le droit, et alla depuis à Utrecht. Sixte IV le nomma vicaire de David le Bourguignon, évèque d'Utrecht, et lui donna le titre d'archevèque de Césarée. Il mourut à Utrecht, le .50 décembre 1491. Il a fait : 1° un traité contre Paul de Middelbourg, imprimé dans le t. 4 du Spicilegium de d'Achéry; 2° une histoire de son temps, écrit satirique, dont Matthœus a publié un extrait dans le t. 2 de ses Analecta. Moréri, après avoir parlé de ces deux ouvrages, cite de Thomas Basin un manuscrit de Puella Aurelianensi. — Nicolas BASIN, son frère, aussi retiré à Utrecht, y mourut au mois de juin 1495. — Simon BASIN, né à Paris le 12 mars 1608, après avoir fait ses études, entra chez les dominicains. Ses parents l'en firent sortir par autorité ; mais, reconnaissant dans la suite sa vocation, consentirent à ce qu'il s'engagea dans l'état ecclésiastique. Simon Basin devint chapelain d'Anne d'Autriche, femme de Louis XIII ; mais id cour ayant peu d'attrait pour lui, il rentra chez les dominicains en .1652, prit le nom de Thomas, s'adonna à la prédication, et mourut à Paris, le 18 juillet 1671. Il a fait, en français, des sermons et des odes, et même une tragicomédie ; en grec et en latin, quelques pièces de vers. Moréri, qui rapporte les titres de plusieurs de ces ouvrages, dit que la plupart n'ont pas été imprimés. — Bernard BASIN, Espagnol, docteur de Paris et chanoine de Saragosse, sur la lin du 15° siècle , a laissé , entre autres ouvrages, Tractatus de arlibus magicis et magoruin maleficiis, Paris, 1485 goth., édition devenue trèsrare; et ibid., 1506
  • Thomas BATEMAN : médecin anglais, élève du docteur Willan et dépositaire de ses manuscrits, s'occupa comme_lui d'une manière spéciale des af- fections cutanées. Il exerça l'art de guérir à Lon- dres, où il fut médecin d'un dispensaire et de l'hô- pital consacré aux maladies fébriles. 11 mourut à Whitby, ville du comté d'York, le 9 avril 1821, àgé de 45 ans. Son grand ouvrage sur les maladies de la peau est intitulé : Delineations of the cutancous diseases comprised in the classification of the laie doctor Willan, Londres, 1817 avec 70 planelles coloriées. Bateman a aussi publié sur les mèmes maladies un traité plus abrégé : A practical Synopsis of cutaneous diseases, Londres, 1813 qui a été traduit en français par M. G. Bertrand, sur la 5° édition anglaise- avec le titre suivant Abrégé pratique des maladies cutanées, classées d'a- près le système nosologique du docteur Willan, Paris, '1820 Cet ouvrage a aussi été traduit e; allemand par Abr. Halmeman, avec une préface ce des notes de K. Sprengel, Halle, 1815 11 en a paru une traduction italienne, Pavie, 1822, 2 vol. Les classifications de Willan et de Bateman sont fondées sur les caractères extérieurs des mala- dies ; elles ont été suivies avec des modifications par quelques médecins modernes. Bateman ne rend pas toujours à ses contemporains, entre autres à Albert, la justice qui leur est due. Il est encore auteur des ouvrages suivants :10 Reports on the diseases of London, and the state of the wealher from 1804 to 1816, Londres, 1816 20 A succinct Account of Ais country, as exemplified in the epidemic note prevaling in London, Londres, 1818
  • Thomas BAYLY : fils du précédent, fit ses études à Cambridge avec beaucoup de distinction, et devint sousdoyen de Well. Pendant la guerre civile, il se retira à Oxford, où il reprit ses études, et reçut le bonnet de docteur en théologie. Bayly était zélé partisan de la cause royale; il suivit Charles 1" à l'armée, et se trouva au château de Ragland, lorsque ce malheureux prince y fut reçu par le marquis de Worcester, après la funeste bataille de Naseby, en 1646. Chargé de dresser les articles de la capitulation de ce château, il en sortit pour aller voyager en Flandre et en France. Son séjour dans ces deux pays lui fournit l'occasion d'examiner à fond la religion catholique, et il finit par l'embrasser. Sous le protectorat, il composa, sus' les systèmes et les plans des républicains, des pamphlets qui firent beaucoup de sensation : ils étaient intitulés Bibliotheca regia. On le reconnut pour en être l'auteur, et il fut confiné à Newgate, ce qui ne l'empêcha pas de continuer d'amuser le public par de nouveaux pamphlets, aux dépens des révolutionnaires. Ce fut pendant sa détention qu'il répandit un autre ouvrage, intitulé la Fleur des murailles , par allusion aux murs de sa prison, espèce de roman entremêlé de traits piquants sur les affaires publiques. Bayly ayant trouvé le moyen de s'évader se réfugia en Italie, s'y attacha au cardinal Ottoboni, nonce à Ferrare, où il mourut vers l'année 1657. C'était un homme plein d'esprit et de savoir; toutes ses productions se ressentent de cette double qualité. Outre les écrits dont on a déjà parlé, nous avons de lui : 1° Certamen religiosum, ou Conférence entre le roi Charles Je et le marquis de Worcester, Londres, 1619 On l'accusa d'avoir fabriqué cette conférence ; mais il protesta, dans la préface de la Fleur des murailles, qu'elle était trèsréelle ; qu'elle s'était tenue en sa présence, au château de Ragland, et qu'il l'avait rapportée trèsexactement. 2° La Charte royale accordée sous les rois, par Dieu lui- même, 1649. 3° La Fin des controverses entre les religions catholique et protestante, Douai, 1654 4. De la Rébellion des sujets envers leurs rois, Paris, 1655 Cet ouvrage est en français. 5° La Vie et la mort de Jean Fisher, évêque de Rochester, Londres, 1655 composée sur les mémoires du docteur Richard Hall, official de StOmer. 6° Dé fi du docteur Bayly, qu'on trouve à la fin du catéchisme de Tuberville
  • Thomas BEAULXAMIS( 1524 - 1589) : docteur en théolo- La première édition de la Biographie universelle porte BEAUXAMS, et cette erreur a été adoptée sans examen par quelques dictionnaires. Cu—s. gie , de l'ordre des carmes, né à Melun, en 1524, mort à Paris, le 1" mai l589. D. Calmet dit qu'il avait été curé de StPaul, et Amelot de la Houssaye assure qu'il fut privé de cette cure pour avoir voulu empêcher que Maugiron et quelques favoris de Henri III lussent enterrés dans son église. Beaulxamis eut le mérite de rester fidèle à son prince, dans un temps de guerres civiles et de désordre : c'est ce dont on peut juger par sa Remontrance salutaire aux devoyez, qu'il n'est permis aux sujets , sous quelque prétexte que ce soit, se rebeller ni attenter contre leur roy, Paris, 1i67, 1585 réimprimée dans le t. 4 des Mémoires de la Ligue. Ses autres ouvrages, dont quelquesuns ont des titres assez bizaref,, prouvent qu'il n'était pas moins zélé pour la religion : Résolution sur certains pourtraits et libelles, intitulés du nom de marmite fitulsement imposé contre le clergé de l'Église de Dieu, etc. , Paris, 1562, 1568 et 1572 Cet ouvrage parait être une réfutation d'un libelle publié en 1361 sous le titre d'Extréme- Onclion de la Marmite papale, etc. 2° La Marmite renversée et fondue, de laquelle nostre Dieu parle par les saints prophètes, où est prouvé que la secte cal- vinique est la vraie marmite, Paris, 1572 D'après l'avis au lecteur qui se trouve en tête de ce livre , ce serait une nouvelle édition de l'ouvrage précédent, revue et corrigée par l'auteur. 3° De Cultu, Intercessione , Invocations, etc. , Sanctorum, Paris, 1:i66 4° Histoire des sectes qui ont oppugné le saint sacrement de l'Eucharistie, Paris, 1570 ; ibid. , r1576 5' Un commentaire en latin sur l'Harmonie évangélique, Paris, 1570, 2 vol. Lyon, 1593, 5 vol. ; Paris, 1650, 4 vol. Enqueste et Griefs sur le sac et pièces et dépositions des témoins produits par les favoris de la nouvelle Église contre le pape, etc. , Paris , 1578 7° Oraison funèbre de Charles de Gondy, général des galères, Paris, 1579 T—D et Cu—s.
  • Thomas BECKINGTON( 1300 - 1464) : prélat anglais, né vers la fin du le siècle, à Beckington, dans le comté de Sommerset, fut reçu membre du CollégeNeuf d'Oxford en 1408, prit le degré de docteur en droit, et occupa plusieurs emplois civils et ecclésiastiques. 11 fut gouverneur du roi Henri VI; et un livre où il soutenait avec chaleur le droit des rois d'Angleterre à la couronne de France le mit en grande faveur auprès de ce .prince, qui le nomma successivement secrétaire d'Etat , garde du sceau privé, et enfin évèque de Bath et Wells en 1443. Il mourut dans cette dernière ville en 1464 ou 1465, laissant une grande réputation de vertu et de savoir. Sa générosité surtout était inépuisable : il fit exécuter à ses frais des édifices et.des travaux d'utilité publique, répandit d'abondantes aumônes, et les encouragements qu'il donna aux lettres lui méritèrent le nom de Mécène de son siècle. Ses ouvrages, dont les pr sont le livre dont nous avons parlé et un volume de sermons, sont demeurés manuscrits, et se trouvent dans la bibliothèque Cottonienne
  • Thomas BECKET( 1119) : archevêque de Cantorbéry, né à Londres , le 21 décembre 1119, selon les uns, selon les autres en 1117, a , sous le règne de Henri II, été en Angleterre à la fois représentant de la suprématie pontificale et de l'opposition anglosaxonne au despotisme normand. Le roman d'une vie si agitée, et qui se termina par le martyre, avait commencé même avec sa naissance. Parmi la foule d'Anglais qui s'attachèrent aux riches Normands , comme écuyers et gens de service, se trouvait, au temps de Henri I", un homme de Londres, appelé Gilbert Becket ; son vrai nom était Beck, les Normands y joignirent un diminutif qui leur était familier, et en firent Becket. Gilbert Becket suivit son seigneur à la croisade ; mais au lieu de devenir comme tant d'autres riche et puissant en Palestine, il fut fait prisonnier et réduit en esclavage. Ayant eu le bonheur d'inspirer de l'amour à la fille d'un chef sarrasin , il s'évada par le secours j de cette femme et revint dans son pays. Sa libéra-' trice, ne pouvant vivre sans lui, abandonna bientôt . la maison paternelle pour courir à sa recherche. Elle ne savait que deux seuls mots intelligiblespour les habitants de l'Occident ; c'étaient Londres et Gilbert. A l'aide du premier, elle passa en Angleterre sur un vaisseau de marchands et de pèlerins; et par le moyen du second, courant de rue en rue, en répétant : Gilbert r Gilbert ! à la foule qui s'amassait autour d'elle, elle retrouva l'homme qu'elle Séance du 29 mars 1,842. BEKER naquit en 1801. Entré fort jeune dans la carrière des armes, où s'était illustré son père, et où s'immortalisa Desaix, son oncle maternel , il lit avec distinction la campagne d'Espagne en 1823 Plein d'ardeur pour l'étude, il fit, en 1829, avec le comte Alexandre de Laborde, un voyage m'Italie et en Grèce. Il par—courut l'Archipel, vit Constantinople et traversa l'Asie Mineure, la Syrie et l'Égypte. De retour à Paris, il était sur le point d'épouser une jeune et riche héritière, lorsque, après avoir souffert pendant deux jours d'un violent mal de tète, il y succomba dans la nuit du 21 avril. Il était lieutenant au corps royal d'étatmajor. aimait. Gilbert Becket, après avoir pris , sur ces in—cidents miraculeux , les conseils de plusieurs évêques, fit baptiser sa maitresse , dont il changea le nom sarrasin en celui de Mathilde, et l'épousa. Ce mariage fit grand bruit par sa singularité, et devint le sujet de plusieurs romances populaires, dont deux sont conservées jusqu'à nos jours. Telle fut la naissance romanesque d'un homme destiné à troubler d'une manière aussi violente qu'imprévue l'arrièrepetitlils de Guillaume le Conquérant dans la jouissance paisible de son pouvoir. Cet homme, né pour le tourment de la race anglonormande, reçut l'é—ducation la plus propre à lui donner accès auprès des nobles et des grands et lui attirer leur faveur. Jeune, on l'envoya en France pour étudier les lois, les sciences, et les langues du continent et perdre l'accent anglais qui était alors en Angleterre un signe de réprobation. Thomas Becket , au retour de ses voyages, se trouva capable de converser et de vivre avec les personnages les plus distingués de la race dominatrice, sans choquer leurs oreilles ou leur bon goût par aucun mot, ni aucun geste qui rappelât son origine saxonne. Il mit de bonne heure ce talent en usage, et s'insinua dans la familiarité d'un des riches barons qui habitaient près de Lon—dres : il devint son convive de tous les jours et le compagnon de ses plaisirs . Il faisait des courses sur les chevaux de son patron , et chassait avec ses chiens et ses oiseaux , passant la journée dans ces divertissements interdits à tout Anglais qui n'était ni le serviteur ni le commensal d'un homme d'ori—gine étrangère. Thomas , plein de gaieté et de sou—plesse, caressant, poli , obséquieux , acquit bientôt une grande réputation dans la haute société nor—mande. L'archevêque de Cantorbéry, Thibaut, entendit parler du jeune Anglais , voulut le voir, et le trouvant à son gré, se l'attacha. Il lui fit prendre les ordres, le nomma archidiacre de son église métropolitaine , et l'employa dans plusieurs missions délicates avec la cour de Rome. Sous le règne d'É—tienne , l'archidiacre Thomas conduisit auprès du pape Eugène une négociation des évêques d'Angleterre, partisans de l'impératrice Mathilde, veuve du feu roi, pour obtenir de ce pape une défense formelle de sacrer le fils d'Étienne. Lorsque , peu d'années après, le fils de Mathilde, Henri II, eut obtenu la couronne, on lui présenta Thomas Becket comme un zélé serviteur de sa cause pendant le temps de l'usurpation, car c'est ainsi que le règne d'E—tienne était appelé alors par la plupart de ceux qui l'avaient élu , sacré, défendu même contre des prétentions de Mathilde. L'archidiacre de Cantorbéry plut si fort au nouveau roi, qu'en peu d'années la faveur royale l'éleva au grand office de chance—lier d'Angleterre ; il lui confia, en outre, l'éducation de son fils aîné, et attacha à ces deux emplois de gros revenus qui furent assis sur la prébende de Hastings, la garde du château de Berkhamsted, et le gouverne- ment de la Tour de Londres. Thomas était le compa- Ad virum guemdam genere insignm et divitem adhoesit... rure CUM divite morabatur. . Élevé en dignité audessus de tous les Normands d'Angleterre, il affectait de les surpasser en luxe et en pompe seigneuriale : il entretenait à sa solde sept cents cavaliers complètement armés. Sa table, ouverte à tous les grands, était magnifique ses pourvoyeurs faisaient venir de loin, à grands frais, les choses les plus rares et les plus délicates. Les comtes et les barons tenaient à honneur de lui rendre visite , et aucun étranger venant à son hôtel ne s'en retournait sans un présent, soit de chiens ou d'oiseaux de chasse, soit de chevaux ou de riches vête—ments. Les seigneurs lui envoyaient leurs jeunes lils pour servir dans sa maison et être élevés près de lui ; il les gardait quelque temps, puis les armait che- aliers, et à ses propres dépens leur fournissait tout le harnais des gens de guerre. Dans sa conduite 'ontique, Thomas se comportait en vrai et loyal chancelier d'Angleterre, c'est-àdire qu'il travaillait de tous ses efforts à maintenir, à augmenter mème le pouvoir personnel du roi envers et contre tous, sans distinction de race ni d'état, Normands ou Saxons, clercs ou laïques. Quoique membre de l'ordre ecclésias- tique, il entra plus d'une fois en lutte avec cet ordre, dans l'intérêt du fisc et de l'échiquier royal. Henri II ayant à faire la guerre contre le comte de Toulouse en 1159, leva en Angleterre rescuage, c'est-àdire la taxe des écus, parce qu'elle était due par tout posses- seur d'une terre suffisante à l'entretien d'un homme d'armes, qui, dans ce délai prescrit, ne serait point à la revue, tout armé et l'écu au bras. Les riches prélats et les riches alliés de race normande s'excusèrent de se rendre à ces appels, parce que, disaientils, la sainte Église leur défendait de verser le sang ; ils refusèrent en outre de payer la taxe d'absence ; mais le chancelier voulut les y contraindre. Le haut clergé se répandit alors en invectives contre l'audace de Thomas. Gilbert Foliot, évêque de Londres, l'accusa publiquement de plonger l'épée dans le sein de l'Église sa mère, et l'archevêque Thibaut, quoique son ancien patron, menaça de l'excommunier. Thomas ne s'émut point des censures ecclésias—tiques, et peu après s'y exposa de nouveau, en combattant de sa propre main dans la guerre de Toulouse, et en montant des premiers, tout diacre qu'il était, à l'assaut des forteresses. Ln jour, dans une assemblée du clergé, quelques évêques affectèrent d'étaler des maximes d'indépendance exagérées à l'égard du pouvoir royal ; le chancelier, qui était présent, leur rappela d'un ton sévère qu'ils étaient tenus envers le roi par le mème serment que les gens d'épée. Guillaume le Conquérant, en détrui- sant l'ancienne responsabilité des prêtres devant les juges civils, et en attribuant aux membres du haut clergé le privilège d'être juges, avait institué des cours épiscopales, arbitres de certains procès des laïques et de tous les procès intentés à des clercs. Les clercs normands, corrompus par les richesses, ne tardèrent pas à étaler en Angleterre les moeurs les plus désordonnées; ils commirent des meurtres, des Joh. Bromplon Chro) 4c., p, 1058. rapts, des .brigandages; et comme ils n'étaient jus- ticiables que de leur ordre, rarement ces crimes furent punis. Dans les premières années du règne de Henri II, on comptait près de cent homicides commis par des prêt res encore vivants. Le seul moyen d'arrêter et de punir ces désordres était d'abolir le privilége ecclésiastique établi par le Conquérant. C'était une réforme raisonnable ; mais pour qu'elle s'opérât facilement etsans troubles, il l'allait que la suprématie de Cantorbéry, cette espèce de royauté ecclésiastique, tombe entre les mains d'un homme dévoué à la personne du roi, aux intérêts de la puissance royale et à la cause des barons contre les gens d'Église. 11 fallait en outre que cet homme fût insensible aux souffrances des Anglais indigènes. Thomas Becket, qui avait passé sa jeunesse au milieu des gens de , haut parage, semblait dégagé de toute espèce d' de nation pour les opprimés de l'Angleterre. D'un autre côté, toutes ses liaisons d'amitié étaient avec des laïques ; il semblait ne connaître au ; monde d'autres droits que ceux de la puissance royale; il était le favori du roi et l'homme le plus habile en affaires : aussi les partisans de la réforme ecclésiastique le jugèrentils trèspropre à en devenir le principal instrument, et, bien longtemps avant la mort de l'archevêque Thibaut, c'était déjà le bruit commun à la cour, que Thomas Becket obtiendrait la primatie. En l'année 1161, Thibaut mourut, et aussitôt le roi recommanda son chancelier aux évêques qui rarement hésitaient à élever le candidat ainsi patronisé. Cette fois, ils opposèrent une résistance que le pouvoir royal n'était pas habitué à rencontrer de leur part. Ils déclarèrent qu'en leur conscience ils ne croyaient pas pouvoir élever au siège du bienheureux Lanfranc un chasseur et , un guerrier de profession, un homme du monde et du bruit . De leur côté, les 'seigneurs normands qui vivaient nors de l'intimité de la cour, et surtout ceux d'outrenier, montrèrent une opposition violente à la nomination de Thomas. La mère du roi, Mathilde, lit de grands efforts pour le dissuader du projet de faire le chancelier archevêque. Peut-être ceux qui n'avaient point vu Becket assez souvent ni d'assez près pour avoir en lui une pleine confiance éprouvaientils une sorte de pressentiment des dangers de confier un aussi grand pouvoir à un homme d'origine anglaise ; mais la sécurité du roi était sans bornes. Il s'obstina contre toutes les remontrances, et jura 1)ar Dieu que son ami serait primat d'Angleterre. Henri II tenait alors sa cour en Normandie, et Thomas s'y trouvait avec lui. Dans une des conférences qu'ils avaient habituellement ensemble sur les affaires d'État, le roi lui dit qu'il devait se préparer à repasser la mer pour une commission importante. « J'obéirai, répondit le chancelier, aussitôt « que j'aurai reçu mes instructions. Quoi 1 reprit le « roi d'un ton expressif, tu ne devines pas ce dont « il s'agit, et que je veux fermement que ce soit « toi qui deviennes archevêque? » Thomas se mit Quod nimis foret absonum et ornai divino juri adversum hominem militari polies cingulo quam clericali officio mancinattun, zanunt sectatorem
  • Thomas BEDDOES( 1760 - 1808) : médecin anglais, né à Shifnal, dans le Shropshire, en 1760, d'un tanneur., qui l'envoya faire ses études à l'université d'Oxford. En 4781, il voyagea en Écosse , y suivit les cours des plus fameux professeurs de médecine, et se lia d'amitié avec le célèbre Brown. Beddoes étudia aussi la chimie avec ardeur, et fut premier professeur de cette science, en 17s6, à l'université (l'Oxford. En 1787, il vint en France, fit quelque séjour à Dijon, et forma à Paris la connaissance de Lavoisier, avec lequel il entretint un commerce de lettres à son retour en Angleterre. 11 s'établit à Bristol en 1792, après avoir résigné sa chaire de chimie, et s'acquit la réputation d'un habile médecin. La politique occupa aussi ses loisirs pendant quelque temps : on le voit, vers 1796, e Bristol, membre d'une assemblée de négociants qui avaient dessein de faire des représentations sur les bills de Pitt. 11 mourut en 1808, d'une hydropisie. Ses ouvrages, écrits en anglais, sont : 10 Essais sur les talents de M. Pitt, comme homme d'État, 1796. .2° Essai sur les causes, les premiers signes et les préservatifs de la consomption, 1799 Cet écrit est destiné aux pères de famille et aux instituteurs. 30 Hygeia , ou Essais de mmale el de médecine sur les causes qui influent sur l'étal des personnes de la classe moyenne et de la classe des riches, Bristol, 1802, 3 vol. Cet ouvrage contient diverses dissertations sur les remèdes de précaution, sur les remèdes nuisibles à la santé, SUIS les imprudences, sur le caractère des Anglais, l'usage du thé, l'exercice, l'habillement, les écoles, l'enfance, etc. 40 Lettre à sir Joseph Banks sur les causes et la destruction des mécontentements actuels, les imperfections et les abus de la médecine, 1805. Cet écrit est dirigé contre les médecins inhabiles. 50 Deux Cas d'hydrophobie insérés dans le Medical and physical Journal de septembre 1808, et d'autres articles dans le mérite journal, auquel Beddoes a beaucoup travaillé. 6° Histoire d'Isaac Jenkins..7° Avis aux personnes de tout état, sur leur santé el celle de leurs enfants. Cet ouvrage et le précédent ont eu plusieurs éditions. 8° Manuel de santé. 9° Recherches sur la fièvre. 10° Vie de Jean Brown, en tète de la traduction anglaise de ses Éléments de médecine. La vie de Beddoes a été écrite par Edm
  • Thomas BELLUCCI : botaniste italien , né à Pistoie, était directeur du jardin de l'université de Pise, et professeur de b6tanique, vers le milieu du 17e siècle. Il a publié le catalogue des plantes qui y étaient cultivées à cette époque, sous ce titre : Plantarum Index horti Pisani, cum appendice Angeli Donninii Florentini , Florence, 1662 de 64 pages. D—P—s. mais non sans éclat, dans toutes les paroisses de la capitale. Le culte retrouva ses pompes, les piètres leur ancienne considération ; les théàtres n'offrirent plus chaque soir d'indécentes plaisanteries contre les croyances de la majorité des citoyens, et tout cela fut Napoléon, étonné de lui voir une santé si robuste, lui dit un jour : « Vous vivrez jus?u'à cent ans, monsieur k cardinal. — Et « pourquoi, répondit gaiement l'archevèque, Voire Majesté veutelle « que je n'aie plus que quatre ans à vivre ? » Toutefois il ne devait pas arriver à cet Sge : la mort l'atteignit quatre luisis avant qu'il eult :?ecompri le siècle. Elle fut très- édifiante. S'adressant aux personnes de sa famille qui entouraient son lit pour recevoir sa bénédiction : Apprenez à mourir, leur ?itil. Et cousine l'un de st, gens lui presentait une potion fortifiante : irentrarez pas la mort, s'écria le moribond. D—R—R. Ce monument, dù au ciseau de Devenue, est un des plus beaux ornements de l'eglise métropolitaine. Les personnes qui ont connu le cardinal du Belloy y retrouvent son image parlante. Le service, qui fut fait à NotreDante, a été une des cérémonies les plus magnifiques de l'empire. Napoléon, qui était alors à Bayonne, voulut Wu" tous les dignitaires de l'État, ayant à leur tète le prince archichancelier Cambacérès, y assistassent. — Du Belloy avait laissé manuscrit un petit ouvrage, qui a eu imprimé en 1823. Il a pour tore Principaux Devoirs d'un prelre en forme d'examen, Paris, 1823
  • Thomas BENNET( 1673 - 1728) : théologien anglican, né en 1673, à Salisbury, dans le comté de Wilt, reçut sa première éducation dans une école de sa ville natale, d'où il passa, en 1688, à l'université de Cambridge. Il y prit le degré de maitre èsarts en 1694, n'ayant encore que vingt et un ans. Déjà connu par une pièce de vers hébreux, composée en -1695, sur la mort de la reine Marie, il publia, en 1699, un volume intitulé : Réponse aux motifs de séparation allégués par les dissidentà, etc. Nommé, l'année suivante, recteur de l'église de StJacques, à Colchester , il se fit une grande réputation comme prédicateur, et plus encore par ses écrits de controverse, dirigés contre la doctrine catholique et contre les communions séparées de l'Église anglicane, les dissidents , quakers, etc. Il prit, en 1711, le degré de docteur en théologie, quitta, vers 1715, sa cure de Colchester pour la place de chapelain en second de l'hôpital de Chelsea, et obtint ensuite le riche vicariat de la paroisse de StGilles, à Londres. Il mourut dans cette ville en 1728, âgé d'environ 56 ans. C'était un homme d'un caractère violent et hautain mais plein de droiture ; ses antagonistes n'ont pu s'empêcher de rendre justice à ses talents et à ses excellentes qualités, et l'estime qu'avait pour lui l'évèque Hoadly, qui, bien qu'il professàt des principes religieux différents des siens, contribua à son avancement dans l'Église, est une circonstance qui fait également honneur à l'un et à l'autre. Thomas Bennet était versé dans la littérature grecque et latine et clans la littérature orientale. 11 passait, de son temps, pour un excellent controversiste; mais la plupart de ses ouvrages, écrits sur des matières négligées aujourd'hui, ne sont plus guère admirés que sur parole, mème en Angleterre ; les principaux sont : 1. Réfutation du papisme, Cambridge 1701 ; Traité du schisme, suivi d'une réponse à un livre intitulé : Thomas contre Bonnet, Cambridge, 1702 ; Réfutation du quakérisme, en réponse à l'Apologie de Barclay, Cambridge, •705 4° Paraphrase, avec des notes, sur le Livre des prières communes, Londres, 1708 ; 5° Essai sur les trente- neuf articles de religion, etc., arrètés en 1562, et revus en 1571, Londres, 1715 6° les Droits du clergé de i'Eglise chrétienne, Londres, 1711, Il a laissé une Grammaire hébraïque, qui a été publiée à Londres en 1726 et qui est encore trèsestimée
  • Thomas BENTHAM( 1513 - 1578) : théologien anglais, né vers 1513, dans le comté d'Yorck, fit ses études dans l'université d'Oxford. Quoique protestant au fond du coeur, il avait, sous le règne de Henri VIII, contenu son zèle et ses sentiments religieux ; mais il s'en repentit ensuite, leva le masque sous le règne d'Édouard VI, et renonça à toute modération sous le règne de la reine Marie. Déjà accusé de plusieurs actes de violence, notamment d'avoir arraché l'encensoir des mains des clercs pendant le service divin, il aggrava ses torts, aux yeux de la reine, par la conduite qu'il tint avec les commissaires envoyés par Sa Majesté pour visiter et réformer l'université d'Oxford. Un des commissaires lui ayant commandé de punir les écoliers qui n'allaient pas à la messe, il répondit qu'il regardait comme injuste de punir dans les autres ce qu'il ferait luimême d'après sa conscience. Ayant été destitué de sa place, il se retira à Zurich, et ensuite à Bâle, où il se mit à précher parmi les Anglais réfugiés. 11 revint à Londres sous le même règne, et y vécut caché, comme directeur d'une réunion de protestants, jusqu'à l'avénement d'Élisabeth. Dans la deuxième année de ce règne, en 1560, il fut élevé au siège épiscopal de Lichtlield et Coventry. Il mourut à Eccleshal, dans le comté de Stafford, en 1578, âgé de 65 ans. il était regardé comme un bon théologien, versé dans toutes les parties de la littérature, et particulièrement dans la connaissance des langues grecque, latine et hébraïque. Ses ouvrages sont : I Exposition des Actes des Apôtres ; 9.0 Sermon sur la tentation de Jésus- Christ, Londres ; Epitre à M. Parker ; 4. les Psaumes et les Livres d'Ezéchiel et Daniel, traduits en anglais dans la Bible de la reine Élisabeth
  • Thomas BONCORE : docteur en philosophie, en médecine et en droit, du 17° siècle, agrégé à l'université de Naples, est auteur d'un ouvrage sur une lealadie épidémil lue : de populari, Itor, ibiii oc pesli- tuai gutiuris, onnexurunique Affeclalione, nobilissi main urbem Neapolim tolum fere regnum Vexante Consilium, Naples, 1622
  • Thomas BETTERTON( 1635 - 1710) : l'un des plus célèbres acteurs du théâtre anglais, naquit à Westminster, en 1635. Son père était employé dans les cuisines du roi Charles I. L'esprit et les dispositions qu'il montra de bonne heure engagèrent ses parents à lui faire faire quelques études ; mais le malheur des temps l'ayant empêché d'en profiter, il entra en qualité d'apprenti chez le libraire John Holden, où il eut occasion de connaître sir William Davenant, dont Holden avait publié un poème intitulé Gondibert. Le puritanisme régnant en Angleterre sous Cromwell avait interdit toute espèce de représentation dramatique. Cependant, en 1656, sir William Davenant ayant obtenu, avec beaucoup de peine, la permission de faire représenter des espèces d'opé- ras, probablement assez informes pour ne pas alar- mer les principes du gouvernement, il engagea dans sa troupe le jeune Betterton. Après la restauration, Charles II rapporta de France le goût des specta- cles, qui brillaient alors du plus grand éclat à la cour de Louis XIV. La nation anglaise se livra avec passion à un amusement dont elle avait été long— temps privée, et dont la jouissance était éncore une conquête faite sur le parti dont on venait de triom— pher. Il s'éleva à Londres, sous la protection du gouvernement, deux troupes d'acteurs, dont l'une s'établit à DruryLane, sous le nom de compagnie du roi, et l'autre à Lincoln's Inn, sous celui de compagnie du duc. Betterton fut envoyé en France par Charles II, pour y acquérir de nouvelles lu— mières sur les moyens de perfectionner les repré- sentations théâtrales, et en rapporta, diton, l'usage des décorations mobiles et analogues au sujet, qu'on substitua aux tapisseries qui avaient fait jusqu'alors le seul ornement de la scène. Ce fut aussi à cette époque que les femmes montèrent pour la première fois sur le théâtre; et cette nouveauté contribua en— core à attirer la foule. Les acteurs étaient regardés comme particulièrement attachés à la personne du roi ; quelquesuns mème portaient la livrée de sa maison. Charles, ou le duc d'Yorck son frère, pre- naient là peine d'accommoder euxmêmes les diffé- rends qui s'élevaient entre eux. Cette importance attachée par une cour voluptueuse à tout ce qui contribuait à ses plaisirs ; la disposition qu'un peu- ple, nouvellement rentré en possession de ses rois, montrait naturellement à se laisser dominer par l'influence de la cour, donnaient aux acteurs, quoique alors trèspeu payés, une existence supérieure à celle qu'ils eurent depuis. En 1675, on représenta chez le roi l'opéra de Caliste ; Betterton y joua un rôle avec plusieurs hommes de la cous- et avec les filles du duc d'Yorck, à qui mistriss Betterton, sa femme, avait donné des leçons. En 1686, la première pas- sion du public, étant un peu ralentie, ne suffisait plus à soutenir deux théâtres : les deux compagnies se réunirent, et ce fut alors que Betterton s'éleva à son plus haut degré de réputation. On voit qu'il a chanté dans l'opéra, et il doit avoir joué aussi la comédie, puisque Steele parle de sa gaieté dans le rôle de Falstaff; mais il paraît s'être fait remarquer principalement dans la trao.é (lie, et surtout dans les pièces de Shakespeare. « Bet « terton, dit Cibber, était, comme acteur, ce que « Shàkespeare était comme auteur; sans rivaux-, ils semblaient avoir été formés l'un pour l'autre, et («lestinés à se prêter un éclat mutuel. »
  • Thomas BEVER( 1725 - 1791) : légiste anglais , naquit â Mortimer, dans le comté de Liens, en 1725, et lit ses études à l'université d'Oxford, où il prit le degré de bachelier ès lois, én 1753, et cinq ans plus tard celui de docteur. Devenu ainsi membre de son colLege, il obtint en 1762, tant du vicechancelier de l'université que du professeur royal de législation, César d'Estrées, depuis cardiaal. l'autorisation de remplacer ce dernier dans l'enseignement des lois, lorsqu'il serait malade. Il professa effectivement à sa place, dans cette même chaire où Blackstone avait développé ses commentaires, et un peu plus tard, dans ses propres appartements, lorsque l'affluence des auditeurs diminua, au collége d'Ail Souls. Il fut ensuite nommé juge des CinqPorts et chancelier de Lincoln et de Bangor. 11 mourut le 8 novembre 1791, à Londres, d'un asthme, qui peut-ètre n'eût point été mortel s'il eùt voulu aller respirer l'alr de la campagne. Moins écrivain que professeur, mais moins homme de barreau qu'écrivain, Bever publia un Discours sur l'étude de la jurisprudence et des lois civiles, 1766 et une Histoire de l'origine, des progrès et de l'extension des lois dans l'État romain, Londres, 1781 Le premier de ces deux ouvrages était une introduction à son cours, que probablement il avait alors dessein de publier ; mais, soit à cause du manque d'encouragement, soit pour tout autre motif, il finit par renoncer â cette idée. Le second fut généralement goûté : l'auteur s'y est livré à de profondes recherches sur la constitution des Romains, et y a déployé une érudition trèsvaste sur tous les sujets qui de près ou de loin se lient au droit civil. On regretta beaucoup que sa mort trop prompte Fat empêché de terminer cet ouvrage. 11 s'en occupait trèsactivement, et un grand nombre de matériaux étaient préparés ; mais il déclarait souvent que, dans l'état où se trouvaient ses manuscrits, ils n'étaient point dignes de l'oeil du public, et il les brûla luimême dans sa dernière maladie
  • Thomas BEWICK( 1753) : célèbre graveur anglais, 'naquit le 12 août 1753, à CherryBurn, dans le comté de Northumberland. Son père était propriétaire . d'une mine de houille à MickleyBank. Dès l'en-' fance, il montra les plus heureuses dispositions pour I" le dessin. Son passetemps favori était de dessiner au charbon ou à la craie, sur les portes et les volets, des animaux et tous les objets qui souriaient à sa jeune imagination. Le graveur Ralph Beilby, de Newcastle, en passant dans le hameau de CherryButn, fut frappé des talents qu'annonçaient les cruquades de Bewick, et le demanda à ses parents, qui le lui confièrent cn qualité d'apprenti. Beilby était un artiste distingué sans étre du premier ordre; mais si Bewick eût pu trouver un maitre plus habile, il lui eût été impossible d'en trouver un plus tendre, plus affectueux pour ses élèves. Le jeune graveur Un tableau, dressé d'après le système de Dévy, se trouve dans une Notice généalogique el historique de la maison de France, Pa— ris' 1816, grand Ce système, contraire à tous les monuments de l'histoire, n'a pas fait forttuie, mème à l'époque de sa publication. n'avait pas encore terminé ses années d'apprentissage, lorsque Charles Hutton, préparant la publication de son Traité d'arpentage, pria Beilby d'exécuter pour lui, sur des planches de cuivre, les ligures nécessaires à l'intelligence de l'ouvrage . Bei lby pensa qu'il serait mieux de les graver sur bois, et il confia l'exécution de cette tache à Bewick. Celuici s'en acquitta de manière à ce que Hutton, son maitre et le public fussent également charmés et de l'idée et du travail. En effet, gràce à ce procédé, les figures, au lieu d'être réunies en une masse et pèlemêle, refoulées à la fin du volume, se trouvent isolément, chacune à la place qui lui convient, à côté du théorème ou du problème dont elles rendent la démonstration facile. Cet essai pour faire revivre un art en quelque sorte éteint depuis un siècle et demi, l'art de la gravure sur bois, ne demeura pas infructueux. Bewick, à la sollicitation ou d'après le conseil de son patron, s'y livra spécialement; et le reste de son apprentissage fut signalé plu- l'exécution d'un grand nombre de ligures de ce genre pour des ouvrages de mathématiques ou tic physique, parmi lesquels nous ne citerons que la traduction anglaise des Déments de géométrie de Rossignol. A l'expiration de son noviciat, il alla visiter Londres, et y séjourna quelques mois qui ne furent imis sans fruit pour son instruction et le développement de ses talents; mais la capitale de l'Angleterre eut peu d'attraits pour lui, et il revit avec plaisir ses parages septentrionaux. Il alla mème jusqu'en Écosse; vint à Newcastle, et s'associa avec son ancien maitre. Son jeune frère, Jean Bewick , devint le disciple commun des deux graveurs. Un grand nombre d'ouvrages sortirent de leurs mains, mais principalement de celles de notre artiste, dont la réputation commençait à se répandre, et qui chaque jour, se surpassant luiméme, poussa enfin l'art de la gravure sur bois à un tel point, qu'il en fut presque considéré connue l'inventeur. A dire vrai pourtant, il n'en était que le rénovateur. Le 15° et le 16° siècle ont compté un grand nombre de graveurs sur bois, témoin la Danse des morts de Holbein, et ces vignettes, ces lettres initiales des premiers missels, des premières bibles, enfin ces gravures de fleurs et d'écailles pion trouve dans Gérard, Gesner et Fuchs. Mais d'une part Bewick usa de procédés nouveaux, et de l'autre il exécuta des détails minutieux avec une délicatesse, un fini, un moelleux qui quelquefois le cèdent à peine aux plus élégantes taillesdouces. Les anciens xylographes n'ont, pour la plupart, jeté sur le bois que des esquisses hardies où presque toujours les ombres sont nulles ou à peine indiquées ; .et lorsqu'ils ont voulu renforcer ces ombres, ils ont employé les hachures croisées. Cellesci ne peuvent guère s'obtenir sur le papier que par l'application successive de deux blocs divers et diversement gravés à la surface qui doit recevoir l'empreinte complexe; car rien de si difficile, de si long, de si dispendieux que l'exécution sur un rame bloc de cette multitude de petits parallélogrammes ou losanges que forment les intersections des hachures croisées. Or cette application successive de deux blocs au papier neutralise justement un des immenses avantages de la gravure sur bois, celui de permettre à l'imprimeur de tirer en même temps, et tout d'un coup, les textes écrits et la gravure . Bewick évita tous ces inconvénients, toutes ces imperfections. Il laissa de côté les hachures croisées, que quelquesuns de ses disciples seulement ont exécutées avec beaucoup de succès, mais au prix d'un travail et d'un temps que ne compense pas suffisamment la beauté de leurs productions. Ft pourtant ces gravures produisent souvent des effets magiques : nonseulement on y trouve un dessin hardi, des contours irréprochables, des lignes pures, exactes et déli- cieuses, mais on y admire une variété de teintes, une distribution de la lumière qui ont souvent étonné les graveurs en tailledouce. Les charmantes gravures que Bewick exécuta ainsi pour l'Ermite de Parnell et pour deux poèmes de Goldsmith , sont d'une telle perfection, que le roi George III, se refusant à croire qu'elles eussent été taillées en relief sur le bois, voulut que Nicol, son libraire, lui procurât les blocs gravés; et l'inspection seule de ces témoins irréfragables put le convaincre de la réalité du fait. Bewick obtenait ces effets de dégradation de lumière en raclant légèrement la surface du bloc aux points qui devaient être médiocrement éclairés. Souvent aussi il laissait complétement intactes certaines parties du bloc, celles où Albert Durer aurait introduit les hachures croisées. Par là, l'ombre a un moelleux, une teinte brillante au moins égale à celle des dessins le plus précieusement exécutés à l'encre de Chine. Une autre louange qu'il faut donner à cet habile restaurateur d'un genre perdu, c'est qu'en le poussant presque à ses dernières limites, il ne s'en exagéra pas l'importance, et n'imagina pas que cette manche de gravure dût détrôner la tailledouce. Bien différent de ses enthousiastes disciples, de ses successeurs exaltés, il ne chercha dans la gravure sur bois qu'un certain nombre d'effets déterminés, qui tiennent à la large distribution de la lumière et des ombres. Toutefois ses disciples euxmêmes sont une partie de la gloire de Bewick ; et n'eûtil eu . 40 Toutes les planches des Fables choisies, publiées en 1784 par le même libraire 5° Histoire générale des quadrupèdes , grand Cet ouvrage capital pour la réputation de Bewick est peut-être, de tous ceux qui ont été publiés sur la zoologie, celui qui a inspiré à plus d'hommes de toutes les conditions et. de tous les âges le goût de cette branche de l'histoire naturelle. Le prospectus en fut distribué en 1787, et le volume parut à Londres en 1790 ; mais, dès le commencement de 1785, Bewick y avait déjà travaillé. Au reste, l'histoire naturelle des animaux n'était pas chose nouvelle pour lui : il en connaissait à merveille les moeurs, les habitudes non moins que les attitudes et les formes. Ce goût pour la zoologie pittoresque s'était accru et développé. Habitant et ami de la campagne, il avait de fréquentes occasions d'êtudier les animaux ; des bateleurs passaient souvent par Newcastle avec de grands mammifères à leur suite ou dans des cages; Bewick ne manquait pas de les visiter. Dans les environs, un ardent promoteur de l'étude des sciences naturelles, Marmaduke Tonstall de Wycliffe, possédait un musée et une espèce de ménagerie où notre graveur allait dessiner les vivants et les morts. — Les mammifères publiés par Bewick sont principalement ceux de l'Angleterre, et plus spécialement encore ceux auxquels les Anglais rapportent en grande partie leur prospérité commerciale. Ainsi toutes les variétés et races de bœufs, de chevaux, de moutons, de chiens, occupent une place considérable dans l'ouvrage. Les anciennes races de bestiaux calédoniens, races à peu près perdues aujourd'hui, s'y trouvent surtout retracées. Des textes l'Ar Hodgson et Beilby, revus du reste par Bewick, accompagnent chaque figure. Mais ce qui charma surtout le public, ce fut le nombre des vignettes et des culs de lampe, tous si gracieux, si riches d'idées, ni naïvement dramatiques. Dans ces I tableaux en miniature, qui devraient faire donner à Bewick le nom de /a Fontaine de la gravure, les animaux se trouvent mis en scène de la manière la plus naïve, la plus en harmonie avec leurs moeurs, leur nature ou leurs besoins, la plus frappante sous le point de vue de leurs relations avec l'homme : ce sont presque toujours des leçons morales, parfois des satires plaisamment incisives, parfois aussi des solutions que l'artiste donne à sa manière sur les hommes et sur les choses, sur les questions et les événements du jour. L'Histoire des quadrupèdes a eu sept éditions. 6° Un magnifique Taureau sau- vage, d'après nature, sur un individu gardé au parc de Chillingham,•demeure de lord Tankarville, est à la fois le chefd'œuvre de Bewick et le nec plus ultra de ce que peut tenter le burin du xylographe. s, On n'en tira d'abord que quelques épreuves, après quoi l'on brisa le bloc de bois; mais en 1817, on en rassembla les morceaux, et, en les rejoignant artistement, on recomposa la figure primitive, moins toutefois la riche bordure qui lui servait d'encadrement, et l'on en tira de nouveaux exemplaires. Un , 'eux sur vélin s'est vendu jusqu'à vingt guinées. Su Les planches de l'Ermite de Parnell, du Voyageur et du Village abandonné, de Goldsmith. Ces chefsd'oeuvre de gravure sur bois furent exécutés en société avec son frère. 90 L'Histoire des oiseaux de la Grande- Bretagne , Londres, 1797, 1800 et 1805, 2 vol. grand Le premier contient les oiseaux de terre, le second est consacré aux oiseaux aquatiques. Les textes du >premier sont dus à Beilby; la rupture dont il a été question força Bewick à se charger de ceux du second volume, mais avec la collaboration ou la réviion de Cotes, vicaire de Bedlington. Toutes les espèces réprésentées dans ces deux volumes le sont avec une fidélité., une délicatesse surprenantes. Comme dans la publication des quadrupèdes, ce n'est pas aux détails zoologiques seuls que l'artiste 'est attaché : il met en scène les oiseaux comme les mammifères, et, par quelques traits de burin, initie taux mystères variés de leurs ruses, de leurs chasses, de leurs voyages, de leur nidification et de leurs amours. Aussi cet ouvrage, plus estimé encore que l'autre, atil eu un grand nombre d'éditions avec et sans la lettre. 10., Les planches du recueil intitulé ables d'Esope el autres avec dessins de Th. Bewick, 1818 . 110 Celles des Fables choisies, édit. Emerson Charnley, 1820. Les gravures appartiennent presque toutes au premier âge de Bewick, qui fut, comme on l'a vu, mécontent de leur seconde publi- 'cation. Cependant on lui lit comprendre que la féunion de ses premiers travaux serait un jour néces- saire pour qui voudrait tracer l'histoire de la xylo- graphie; et, à la tète de la collection, il plaça luimème un mémoire fort bien écrit, avec le catalogue de ses productions les plus importantes. 12. Partie des planches du Voyage en Suède, Laponie, etc., de Cousette . 15. Le Boeuf gras de Whitley, auquel I on peut joindre celui de Kiloe. 140 Le Zèbre, allé- phant, le Lion, le Tigre, quatre grands sujets exécutés par le fameux Pidcok. 15° Beaucoup de dessins pour un livre sur les poissons de la GrandeBretagne. Le plan de cet ouvrage était le même que celui de l'Histoire des oiseaux. — Bewick a fait de plus le seul portrait de Cuningham que l'on connaisse. Le sien a été gravé un grand nombre de fois sur de simples dessins : celui qui a été peint par Ramsay est un fort beau morceau, et son buste par Baily orne la bibliothèque de la société philosophique de Newcastle. — Jean BEWICK, frère du précédent, né à CherryBurn, en 1760, fut initié par Beilby et par son frère à l'art dont celuici reculait les limites. Il quitta ensuite Newcastle pour aller s'établir à Londres, et y acquit en peu d'années un grand renom. Sous quelques rapports, il surpassait Thomas, et il et peut-ètre été plus loin que lui. Malheureusement une affection pulmonaire l'emporta en 1795.. On n'a de lui que quelques planches de l'Ermite, du Voyageur et du Village abandonné: puis tous les dessins des planches de la Chasse, poème de Somerville, moins une qui a été fournie par Pollard. Ces dessins n'ont point été perdus ; tous ont été gravés par Thomas
  • Thomas BICARTON : né à StAndré, en Écosse, se fixa à Poitiers, où beaucoup de savants de sa patrie, notamment le célèbre professeur Robert Irland, avaient formé des établissements. Il devint professeur d'éloquence et de poésie dans l'u- niversité de cette ville, au collége du Puygarreau. On a de lui l'ouvrage suivant : Thom? Bicartoniis seoti Andreapolitani, a Caschecea, Jliscellanea, 1 vol. , Poitiers , 1588 , chez les frères Bouchet , ex officina Bochitorum. Cet ouvrage, composé de morceaux en partie relatifs à l'histoire du temps ou à des questions d'école, ne brille pas par la rédaction. La prose latine de Bicarton n'est ni pure, ni élégante, ses vers latins ne valent pas ceux de Scevole de SteMarthe, et de ses autres contemporains ; la prose française est mêlée de constructions grecques et latines, et les vers, écrits dans notre langue, visent à une imitation de Ronsard. Néanmoins les productions de Bicarton annoncent un talent gâté par le défaut du siècle où il a vécu. Alors l'univer- sité de Poitiers brillait de tout son éclat, on y accou- rait des différentes parties de l'Europe. Bicarton dut occuper avec distinction une des chaires de ce corps enseignant. 11 parait avoir été trèslié avec son compatriote Bonaventure friand, professeur de droit et conseiller à Poitiers
  • Thomas BLOUNT( 1619 - 1679) : né à Bordsley, dans le comté de Worcester, en 1619, suppléa, par sa constante application et par les ressources de son génie , au défaut d'une éducation classique, et devint un des hommes les plus savants de l'Angleterre. Il s'attacha à l'étude des lois dans la société des avo- cats d'InnerTemple , mais comme la plaidoirie était interdite aux catholiques, il se retira à Orleton, dans la province de Hereford, patrie de son père. Ses connaissances dans les lois, et son caractère naturellement obligeant, le rendirent trèsutile à tous ses voisins. Sa santé avait beaucoup souffert de la vie sédentaire , lorsque la découverte de la conspiration de 1678 l'obligea de fuir. Les fatigues de cette vie errante lui causèrent une paralysie qui le conduisit au tombeau, le 26 décembre 1679, à 61 ans , après avoir composé des ouvrages qui supposent un grand savoir sur beaucoup de matières: 1° l'Académie de l'éloquence, ou Rhétorique anglaise , souvent réimprimée; 2° Glossographie, ou Dictionnaire des mots difficiles , hébreux, grecs, latins, italiens, etc., Lon- dres, 1656 dont il y eut une 5' édition en 1681, augmentée ; 5. Dictionnaire des lois, pour l'explica- lion des termes obscurs et difficiles qu'on trouve dans les lois anciennes et modernes, 1671 réimprimé en 1691, avec des augmentations ; 4. la Lampe de la loi et la lumière de l'Évangile , Londres , 1658 5° Boscobel, ou Histoire de l'éva- sion de Charles II, après la bataille de Worcester, Londres, 1660 traduit en français et en portugais par Giffard: la 2e partie de cet ouvrage, contenant la manière dont le roi resta caché à Trent, dans la province de Sommerset , ne fut publiée qu'en 1681, par les soins d'Anne Windham ; Frag- taenia antiquitatis, contenant les titres de plusieurs terres, et les usages ridicules de certains manoirs, Londres, 1679 ; 7° Catalogue des Catholiques qui perdirent la vie en défendant la cause royale, pendant la guerre civile ; 8° A/ma- nachs catholiques pour les années 1661-62-63, etc. ; 90 Observations sur la Chronique de Richard Baker, Oxford , 1672 Blount a publié divers autres ouvrages ; il a laissé en manuscrit une Chronique d'Angleterre, restée imparfaite, et une Histoire de la province de Hereford
  • Thomas BILSON : savant prélat anglais des 16' et 17° sièles, né à Winchester, passa de l'école de Wikeham , près de Winchester , à l'université d'Oxford, 'où il prit ses divers degrés. 11 fut successivement maitre de l'école de Winchester, chanoine de l'église et gardien du collège de cette même ville. En 1585, il publia son livre de la Véritable Différence entre la sujétion chrétienne et la rébellion antichrétienne ; et en 1593, un ouvrage intitulé : le Gouvernement perpétuel de l'Église du Christ, etc. Ces deux traités, dont le premier est une apologie du gouvernement d'Élisabeth, et dont le second est regardé comme un des meilleurs livres écrits en faveur de l'épiscopat, lui valurent, en 1596, l'évêché de 'Worcester, d'où il fut transféré, l'année suivante, à celui de Winchester, avec une place dans le conseil privé. lin traité en forme de sermons, qu'il lit imprimer en 1599, sur l'Effet de certains Sermons touchant l'entière rédemption du genre humain par la more eite sang de Jésus- Christ, alarma les puritains, qui ré- pondirent par l'organe d'un savant théologien de led parti. Bilson reprit la plume, par l'ordre exprès d'Élisabeth, et composa à cette occasion le plus célèbre de ses ouvrages, publié à Londres en 1604, sons le titre de Tableau des souffrances de Jésus- Christ, pour la rédemption de l'homme, et de sa descente aux enfers pour notre délivrance. Ce fut Bilson qui pré. cita à Westminster, en 1605, devant le roi Jacqueà et la reine, le jour de leur couronnement,un sermon qui fut imprimé à Londres la même année. On lui confia, conjointement avec le docteur Miles Smith, la révision de la traduction anglaise de la Bible, faite Sous le règne de ce prince. En 1604, il se montra, dans la conférence d'Hamptoncourt, un des plus ardents champions de l'Église anglicane. Bilson fut, en 1613, un des commissaires qui prononcèrent et signèrent la sentence de divorce entre Robert Devereux, comte d'Essex, et lady Françoise Howard. Il mourut en 1616, et fut enterré dans l'abbaye de Westminster. Thomas Bilson joignait à beaucoup de savOli4 de la dignité dans le caractère. Comme écrivain, son style est en général plus facile et plus élégant que celui des auteurs ecclésiastiques de son temps. On a conservé de lui en manuscrit des poèmes et des cours latins, ouvrages de sa jeunesse, qui n'ont point été imprimés , parce ,qu'ils ont paru peu dignes de l'être
  • Thomas BIRCH( 1705 - 1766) : historien anglais, né à Londres en 1705, d'un artisan de la secte des quakers. Son père le destinait à suivre sa profession ; niais le jeune homme montrant un goût exclusif pour la littérature, il lui fut permis de suivre son inclination , à condition qu'il n'en coûterait rien à son père. Il fut envoyé à une école de quakers à HemelHempsted , dans le comté de Hertford , où il obtint bientôt la place de sousmaître , et occupa successivement le même emploi dans deux autres écoles également dirigées par des quakers. On ignore à quelle époque il abandonna les principes de cette secte; niais, vers 4728, quoiqu'il n'eût point étudié dans une université, il entra clans les ordres ecclésiastiques, et fut nommé , en 1732, ministre d'Utting, dans le comté d'Essex. La société royale de Londres et celle des antiquaires le reçurent au nombre de leurs membres en 1735. 11 s'était engagé l'année précédente, conjointement avec JeanPierre Bernard, Jean Lockman et George Sale, à travailler au Dictionnaire général, historique et critique, dont le fond était la traduction de celui de Bayle , à laquelle on a joint un trèsgrand nombre d'articles nouveaux. Cet ouvrage forme 10 volumes dont le dernier parut en 1741. Les travaux littéraires de Bird' lui concilièrent des protecteurs qui lui procurèrent divers bénéfices ecclésiastiques. Il fut en même temps ministre de Depden, dans le comté d'Essex, et de deux paroisses de Londres. En 1752, la société royale le nomma l'un de ses secrétaires. Il fut nommé aussi l'un des conservateurs du musée Britannique. Le mauvais état de sa santé l'obligea, eu 1765 , de résigner sa place de secrétaire de la société royale. On lui conseilla d'essayer, pour se rétablir, l'exercice du cheval ; mais le 9 janvier 1766, il fit une chute et mourut surlechamp. Le musée Britannique hérita de sa bibliothèque et de ses manuscrits. Thomas Birch était à la fois un Une partie des exemplaires renferment : Déploration et complainte de la mère Cardine, de Paris, autre satire dont l'édition originale est de 1570. On ajoute fa4cette dernière édition une pièce de vers intitulée Ban de quelques marchands de grains à poil el d'aucunes filles de Paris, dont l'auteur se nommait liasse Desneux, 1570 réimprimé à Paris vers 1814, par les soins de péon, éditeur des Fabliaux et du Roman de la Rose. Ch—s. écrivain laborieux et un homme du monde aimable , enjoué , et d'un excellent caractère. Comme écrivain, quoiqu'on lui ait reproché de manquer de goût et de sagacité , et quoique son style , presque toujours clair, soit dépourvu de chaleur et d'élégance, on ne peut nier qu'il n'ait rendu des services à la littérature et à l'histoire, et préparé des matériaux pour des écrivains supérieurs à lui. Les principaux de ses nombreux et volumineux ouvrages sont : 1. Esquisses biographiques sur des personnages distingués , pour accompagner leurs portraits gravés , publiés par Vertue et Howbraken , complétées en 2 volumes fol., en -1752 ; 2° Recherches sur la part que le roi Charles I" a eue dans les transactions du comte de Clamorgan, •747 et 1756 5° Mémoires du règne de la reine Elisabeth, depuis l'année 1581 jusqu'à sa mort, d'après les papiers d'Antoine Bacon et autres manuscrits jusqu'alors inédits , 1754 , 2 vol. Ce recueil intéressant contient plusieurs particularités peu connues, relativement au caractère et aux desseins du comte d'Essex, et des anecdotes sur les Cécil, les Bacon et autres hommes éminents de cette époque. 4° La Vie de l'archevêque Tillotson, 1752 et 1755, 1 vol. 5° Histoire de la société royale de Londres depuis sa naissance, où les plus importants de ceux des écrits communiqués à la société , qui n'ont pas encore été publiés, sont insérés dans l'ordre qui leur convient ; pour servir de supplément aux Transactions philo- sophiques. Les deux premiers volumes parurent en 1756 ; deux autres , publiés en -1757, portent l'histoire de la société jusqu'à l'année 1687. 6° La Vie de Henri, prince de Galles, fils aîné de Jacques 1er, etc.. 1760. Le docteur Birch a été l'éditeur de différents ouvrages , auxquels il a, en général , ajouté des notices biographiques sur les auteurs tels que les OEuvres diverses du professeur Greaves, les Papiers d'Etat de Thurloé, le Système intellectuel, et autres écrits de Cudworth ; les OEuvres mêlées de sir Walter Raleigh ; les OEuvres de mistriss Cockburn ; la Reine des fées de Spencer, etc. On a aussi de lui quelques poésies anglaises insérées dans divers recueils. On aura une idée de son assiduité au travail, quand on saura qu'outre ses volumineux ouvrages , il a laissé vingtquatre volumes de copies prises de sa main dans la bibliothèque Lambeth
  • Thomas BISSE : prédicateur célèbre, avait pour frère Philippe Bisse, évêque de StDavid et ensuite d'Hereford. Membre du collége de Christ à Oxford, il y avait pris ses degrés de '1698 à '1712, et fut nommé prédicateur en 1715. Son frère lui lit conférer l'année suivante la chancellerie d'Hereford, vacante par la retraite de Jean Harvey, qui refusait de prêter le serment antijacobite. Il fut aussi prébendier dans la cathédrale, recteur de Crudley et de Weston, et chapelain ordinaire du roi. 11 mourut le 22 avril 1751, avec la réputation d'un des orateurs sacrés les plus éloquents de l'Angleterre. Un grand nombre de ses sermons ont été imprimés, entre autres deux sur la musique, 1727, 1729 ; la Défense de l'épiscopat, 1711 ; l'Usage chrétien du monde, 1717, et deux discours prononcés, l'un à l'occasion de l'ouverture d'une église , en 1712, l'autre lors de l'ouverture d'une école de charité en 1725. On trouvera Ta liste complète de tous ces morceaux d'éloquence sacrée dans Bowyer. Huit sermons de Bisse furent publiés en 1 volume, 1751. Cet éloquent prédicateur se délassait de ses travaux ecclésiastiques en cultivant la poésie latine. On a de lui quelques poèmes dans la langue de Virgile, imprimés sous le titre de Latina Carmina, Londres, Bowyer , 1716
  • Thomas BLACKLOCK( 1721 - 1791) : poète écossais, né en 1721, à Annan, dans le comté de Dumfries , était fils d'un maçon. 11 perdit la vue, par l'effet de la petite vérole, six mois après sa naissance. Son père, homme recommandable, plus instruit qu'on ne l'est communément dans son état, prit soin, à l'aide de quelques amis, de cultiver les dispositions que son fils avait manifestées de bonne heure, en lui- faisant, dans l'intervalle de ses travaux , des lectures graduée selon la portée de son àge. Les poètes anglais, dès qu'il put ,es entendre, formèrent la plus grande partie de ses lectures ; et l'amour de la poésie s'alluma avec vivacité dans sa jeune imagination, dénuée des aliments que fournissent d'ordinaire à l'enfance les objets extérieurs : quelquesuns de ses camarades, attachés à lui par son malheur et par l'extrême douceur de son caractère, avaient aussi tâché de contribuer à son éducation, en lui apprenant ce qu'ils savaient de latin ; mais une instruction donnée et reçue de cette manière ne pouvait être que bien peu étendue, et le défaut de savoir augmentait le besoin d'inventer. A douze ans , Blacklock avait déjà composé quelques ouvrages de poésie, qui ont été imprimés après sa mort, et qui sont remarquables pour un enfant de cet âge, aidé de si peu de secours. A dixneuf ans, il perdit son père par un accident. Cette perte, douloureuse dans toute situation , était affreuse dans la sienne ; car il joignait au malheur de la cécité celui d'une trèsmauvaise santé. 11 a exprimé, dans des vers g extrêmement touchants, ses craintes pour l'avenir, et l'attente des malheurs qui semblaient près de fondre sur lui. Ces tristes pressentiments se fussent probablement réalisés, si un savant médecin d'Édimbourg, le docteur Stephenson , qui se trouvait alors par hasard à Dumfries , ayant vu quelquesunes de ses productions , n'eût formé le dessein généreux de l'emmener dans la capitale de l'Écosse, et d'aider ses dispositionspar une éducation Glas- ' sique. Blacklock vint à Édimbourg en 1741 , et, après avoir étudié quelque temps clans une école de grammaire , fut admis dans l'université de cette ville , où il resta jusqu'en 1745.1es troubles civils de cette époque l'obligèrent à se retirer à Dumfries. Lorsque la tranquillité fut rétablie , il retourna à Édimbourg pour continuer ses études. 11 y fit connaissance avec plusieurs écrivains recommandables, entre autres avec le célèbre David Hume , qui lui montra un intérêt actif et soutenu. Un recueil de ses poésies avait été publié , pour la première fois, à Glascow, en 1745 ; une 2e édition parut à Édimbourg en 1754; une 5e publiée par souscription, à Londres, en 1756, et précédée d'une notice sur l'auteur par M. Spence , professeur de poésie à Oxford , le mit en état de vivre agréable-.' ment dans l'université. Blacklock prit les ordres dans l'église d'Écosse, vers l'année 1759, se fit de la ré-, putation comme prédicateur, et se maria en 1762. 11 fut nommé, cette même année, ministre de Kir-, cudbright ; mais les habitants s'étant montrés prévenus contre lui , il résigna ses prétentions à cette cure , et accepta à la place une rente peu considérable. I1 vint, en 1764, se fixer à Édimbourg, où il ouvrit une espèce de pension pour de jeunes élèves de l'université , dent il aidait les études. Il mourut en 1791 , âgé de 70 ans , et généralement estimé. C'était un homme d'un caractère et d'un esprit aimables, quoique d'un tempérament mélancolique. « Sa modestie , dit Hume , dans une de ses letetres , était égale à la 'bonté de son coeur et à la « beauté de son génie. » 11 était passionné pour la musique , et jouait assez bien de plusieurs instru- k ments. Il aimait la conversation , et y portait beaucoup de vivacité , sans jamais sortir des bornes de la modération. Ce n'est pas qu'il ne fût d'une sensibilité assez susceptible ; mais ses plus vifs ressentiments se bornaient à quelques vers satiriques, qu'il brûlait d'ordinaire peu de temps après les avoir dictés. Il faisait des vers avec une prodigieuse facilité. Un de ses amis , M. Jameson , raconte que Blacklock lui avait dicté plus d'une fois , aussi vite que lui , M. Jameson , pouvait les écrire , jusqu'à trente et quarante vers, qui, assuretil, ne se sentaient point de la négligence ordinaire des vers improvisés. Mais si , au milieu de cette chaleur de composition, une rime, ou toute autre légère difficulté venait l'arrêter, il quittait le travail, et finissait rarement ce qu'il avait commencé avec tant d'ardeur. Ses vers sont élégants , faciles , harmonieux, animés, pleins de sensibilité, mais manquant souvent de correction ; ce qu'il faut probablement attribuer à la rapidité de sa composition, peut-être aussi à l'insuffisance de sa première éducation , et à la difficulté de revoir ses écrits pour les corriger. Parmi les ouvrages qu'il a publiés , outre le recueil de ses poésies , on remarque : Paraclesis , ou Consolations tirées de la religion naturelle et révélée, en deux dissertations, 1767 ; 2° Discours sur l'esprit et les preuves du christianisme, traduits du français de Jacques Armand, 1768 ; 5° Panégyrique de la Grande- Bretagne ,' 1775 ; 4° Graham, ballade héroïque en 4 chants, •774 ; 5° Remarques sur la nature et l'étendue de la liberté , etc., en réponse au docteur Price, 1776 ; 6° de l'Éducation des aveugles, traduit du français de Haüy, et imprimé dans l'encyclopédie britannique, 1785. Dans un de ses Quvrages , il prétend que la première langue a été une véritable musique
  • Thomas BLACKLOË : fut d'abord professent' de théologie au collége anglais de Douai , puis chanoine du chapitre de Londres , fondé par Bishop. C'était un homme savant , mais d'un caractère et turbulent. 11 forma dans le chapitre un parti contre Richard Smith, successeur de Bishop , parce qu'il n'avait été ni pris dans le sein du chapitre, ni désigné par ce corps , intéressa le gouvernement dans sa querelle, et finit par obtenir, en 1628, l'expulsion du prélat. Après la mort de Smith, en 1657, il suscita les mêmes tracasseries à Gage , son successeur, et l'obligea de se désister de sa dignité de vicaire apostolique. Dans ces querelles , Blackloé publia plusieurs écrits qui furent condamnés par l'inquisition romaine, tels que Sonus buccince; Appendicula ad Sonum Tabule sulfragales; Monumethes excantatus, contre Robert Pugli. 11 dédia , en 1660 , ses Institutiones ethicce aux évêques des PaysBas , par une épître où il relevait leur dignité fort audessus des idées qu'on en avait alors, et où il représentait les jésuites comme tendant à la ruine de l'Eglise. Les jésuites firent censurer l'ouvrage par la faculté de Douai. Blackloi5 est encore auteur d'un traité singulier de Medio anima-, rum Statu, qui fit beaucoup de bruit dans le temps. On lui reprocha d'y enseigner : I ° que, lorsque l'on dit que JésusChrist a été conçu par l'opération du StEsprit, il faut l'entendre de l'opération de Dieu le Père exclusivement; e que les âmes qui sont dans le purgatoire n'en seront délivrées qu'au jugement dernier, et, par conséquent, que les prières pour les morts sont inutiles; 5° que les damnés n'éprouvent point la peine des sens ; qu'ils n'ont d'autres tourments que ceux qui naissent du sentiment de leur propre perversité , et que, dans cet état , ils sont plus heureux que dans cette vie ; 4° que l'opinion de l'infaillibilité du pape est la mère de toutes les hérésies , etc. On trouve des détails curieux sur la doctrine de cet auteur dans Blackloance hceresis Historia et Confutatio, autore Lomino. Blackloè eut des partisans, entre autres le docteur Holden , qui prit sa défense sur plusieurs points, et fit son apologie sur d'autres. Cependant on ne peut le justifier d'avoir montré trop d'opiniâtreté et de passion dans sa conduite, et un certain penchant pour la nouveauté. Il avait composé, en faveur de Cromwell, un ouvrage intitulé : de obedientice et gubernationis Fundamentis, qui fut condamné par le parlement de 1661
  • Thomas BLACKWELL( 1701) : auteur écossais, né à Aberdeen en 1701, étudia au collége Maréchal de cette ville, où il obtint, en 1725, la place de professeur de langue grecque, qu'il remplit jusqu'à sa mort avec autant de zèle que de succès. 11 publia à Londres, en 1735, en 1 vol. et sous le voile de l'anonyme, des Recherches sur la vie et les écrits d'Homère . Cet ouvrage a pour objet d'expliquer la supériorité d'Homère sur tous les poètes qui l'ont précédé et suivi, par les circonstances physiques et morales qui ont excité et favorisé son génie. On y trouve beaucoup d'observations ingénieuses et de détails curieux, quelquefois étrangers, ou du moins peu liés à son objet ; mais ce n'en est pas moins une lecture intéressante et même instructive. Le docteur Bentley disait de ces Recherches : « Quand je me suis trouvé au mi-« lieu du livre, j'en avais oublié le commencement ; « et lorsque j'en eus achevé la lecture, j'avais oublié « le tout. » C'est cependant le meilleur ouvrage de Blackwell. Il fut réimprimé en 1756, et suivi, peu de temps après, d'un volume de pièces justificatives qui ne sont qu'une suite de traductions des notes grecques, latines, espagnoles, italiennes et françaises insérées dans le livre original. Quatremère de Roissy a traduit en français les Recherches sur la vie et les écrits d'Homère, Paris, an 7 Blackwell publia, en 1748, également sans nom d'auteur, les Lettres concernant la mythologie, écrites avec aussi peu de suite et de méthode que le précédent ouvrage : on y trouve des vues nouvelles et souvent hasardées sur les fables de l'antiquité ; ces lettres ont été traduites en français par Eidous, Paris, 1771 ; Leyde, 1779, 2 vol. Ce fut en 1755 que fut publié le ler volume de ses Mémoires de la cour d'Auguste , le 2' parut en 1755, et le 5° après sa mort, en '1764, continué par Jean Mils. Ces mémoires eurent beaucoup de succès en Angleterre, et fuirent réimprimés plusieurs fois ; Feutry en donna une traduction française, abrégée et peu exacte, Paris, 1754-59, 4 vol. 1768, 5 vol. On y trouve beaucoup d'esprit, d'originalité et d'érudition, mais avec plus de désordre encore que Th. Blackwell n'en a mis dans son premier ouvrage ; il y affecte de plus un certain ton d'élégance et de légèreté, qui pour éviter l'air de la pédanterie tombe dans l'excès contraire, et devient un peu ridicule. Avant d'en venir au tableau de la cour d'Auguste, l'auteur remonte jusqu'à Énée pour trouver l'origine des Romains. ll descend à Romulus, et, suit, par degrés, les progrès _ 50 et les variations du gouvernement romain jusqu'au règne d'Auguste,; mais il n'y arrive pas sans se li- vrer à des digressions bien étrangères à son sujet. On est fort étonné de rencontrer , chemin faisant, une comparaison des lois romaines avec les lois anglaises ; on l'est encore bien plus de trouver ensuite un parallèle de la nation française avec la république de Venise, et plus loin encore un tableau abrégé des guerres de l'Europe, depuis CharlesQuint jusqu'à Louis XIV. Ce n'est qu'à la fin d'un volume assez gros qu'on entame l'histoire d'Auguste. Malgré les observations savantes, les vues ingénieuses et les détails curieux qui satisfont l'esprit et soutiennent l'attention dans l'ouvrage de Blacwkell, la lecture en est fatigante. L'art de composer un livre, cet art de ne dire que ce qu'il faut, où il faut et comme il faut, est bien peu connu, et moins peut-être des Anglais que des autres nations, parce que l'indépendance de l'esprit leur est plus chère que la méthode. En 1757, Blackwell fut attaqué d'une espèce de consomption qui avait, diton, pour principe un excès de sobriété ; on lui conseilla de voyager, mais Une put aller plus loin qu'Édimbourg, où il mourut en 1757, dans la 56° année de son âge, emportant l'estime et les regrets de ses compatriotes. Admirateur enthousiaste de la langue et de la littérature grecques, il en avait ranimé le gat et l'étude dans l'université dont il avait la direction, et il y avait formé des élèves qui se sont fait un nom dans les lettres, et à la tète desquels on peut mettre le docteur Beattie. 11 joignait à ses talents et à ses grandes connaissances, de la bonté et de la dignité de caractère ; mais ces excellentes qualités étaient un peu déparées par quelques affectations dans le ton et dans les manières, qui prêtaient au ridicule. Il portait, par exemple, des souliers comme on les faisait du temps de la reine Anne, et il était d'ordinaire d'une négligence extrême dans ses vêtements. Il ne parait pas cependant que ces singularités aient jamais affaibli l'influence de ses leçons et de son autorité
  • Thomas BLANCHET( 1617 - 1689) : peintre, né à Paris, en 1617, ne jouit point de toute la réputation qu'il mérite, parce qu'il a fait à Lyon, et non pas à Paris, le plus grand nombre de ses ouvrages. Il alla en Italie, et eut l'avantage d'y obtenir l'amitié de l'Albane et d'André Sacchi. Il reçut leurs conseils, qui lui furent trèsutiles, et ceux du Poussin, auxquels il dut beaucoup plus encore. De retour en France, il fit à Paris un tableau du Mai, pour la confrérie des orfévres, et alla s'établir à Lyon. Quoique absent, il fut nommé membre de l'académie de Paris en 1676. Ce n'était pas l'usage ; mais Blanchet fut en quelque sorte représenté par son ami Charles Lebrun, avec lequel il était revenu d'Italie. Lebrun offrit son tableau de réception, dont le sujet était Cadmus semant, par l'ordre de Pallas, les dents du dragon qu'il venait de tuer. Blanchet avait peint à Lyon le plafond de la grande salle de l'hôtel de ville, qu'un incendie consuma en 1674. Le peintre fut si sensible à la destruction de cette composition immense, qui était son chefd'œuvre, qu'il manqua d'en mourir. Par une fatalité singulière, les événements désastreux dont cette ville fut le théâtre en 1795 devaient anéantir la plupart des autres ouvrages de Blanchet. Ce peintre possédait; un degré assez éminent plusieurs parties importantes de l'art, telles que le dessin, l'expression et le coloris, et il entendait fort bien la perspective ; il réussissait également dans le portrait et dans l'histoire. il mourut célibataire à Lyon, en 1689, à l'âge de 72 ans. D—T. Voy., au sujet des différentes éditions de la Farce de Pathelin le Manuel du libraire de N. Brunet, au mot PATHELIN
  • Thomas BLOOD : homme entreprenant et au. dacieux, communément appelé le colonel Blood, était un officier licencié de l'armée de Croinwell. Son premier exploit remarquable fut le projet d'un com- plot pour surprendre le chàleau de Dublin, et que lit échouer la vigilance du duc d'Ormond. Blood se sauva en Angleterre, et, résolu de faire payer au duc son mauvais succès, arrêta un soir sa voiture, et se saisit de sa personne, dans l'intention de l'aller pendre luimême à Tyburn ; mais ce raffinement de vengeance fut ce qui sauva la vie du duc : il fut délivré par ses domestiques. Peu de temps après, Blood conçut le dessein d'enlever de la cour de Londres la couronne et les autres attributs de la royauté. Déguisé en ecclésiastique, il était près de réussir, et s'échappait chargé de son butin, lorsque sa pitié envers le concierge, dont il épargna la vie, fut cause qu'il fut surpris et arrêté, ainsi que plusieurs des siens. 11 avoua tout, excepté les noms de ses complices, disant que la crainte de la mort ne l'engagerait jamais ni à nier son crime, ni à trahir un ami. Charles II eut la curiosité de le voir. Blood lui déclara que, voyant la tyrannie qu'il exerçait sur les consciences, il avait eu un jour le dessein de le tuer d'un coup de fusil, mais qu'il s'était senti arrété par l'impression de respect que la majesté royale lui fit éprouver. Il ajouta qu'il ne tenait point à la vie, niais qu'il croyait devoir avertir le roi du danger dont pouvait être suivi le supplice d'un homme qui avait des associés engagés par des serments inviolables à venger réciproquement la mort les uns des autres ; de sorte qu'aucune précaution, aucune puissance ne pourrait soustraire à leur ressentiment quiconque en serait l'objet. Charles II lui accorda sa grâce, sauf le consentement du duc d'Ormond, qui répondit que la volonté du roi suffisait. Le roi fit plus : il donna à Blood, en Irlande, un bien de 500 livres sterl. de revenu, et lui montra ensuite une telle bienveillance, que nombre de personnes s'appuyèrent de sa protec- tion pour obtenir des grâces ; tandis que le vieux Edwards, gardien de la couronne à la Tour, et qui avait été blessé en la défendant contre Blood, languissait oublié. Blood jouit de sa fortune pendant dix années, au bout desquelles ayant imputé au duc de Buckingham une action scandaleuse, il fut arrêté et mis en prison, où il mourut en 1680
  • Thomas BOWDLER( 1754) : littérateur anglais, né en 1754, à Ashley, près de Bath, lit, à l'âge de neuf ans, une chute de chevai dont les suites le retinrent longtemps dans un état de souffrance et de langueur. L'inaction à laquelle il fut ainsi condamné tourna au profit de son intelligence, et il acquit dès lors une instruction assez étendue. Il acheva ses études à l'université écossaise de StAndré, puis à celle d'Édimbourg, et voyagea ensuite en divers pays de l'Eul'ope, ne négligeant rien et exposant anème sa vie afin de satisfaire une noble curiosité. Sa condescendance pour les intentions de ses parents lui fit embrasser la profession de médecin, pour laquelle il ne se sentait pas assez de fermeté, et il y renonça à la niort de son père. Son instruction, son caractère et Obes manières lui donnèrent accès à Londres dans les meilleurs cercles, notamment dans la maison de mistriss Montagu, raideur de l'Essai sur les écrits de eakspeare ; et ce fut là qu'il se vit en contact habituel avec l'évêque Pollens, Edm. Burke, mistriss Vilna More, et autres personnes célèbres. liepreUsant ses voyages, il était, en 1787, dans les PaysBas, et fut témoin de la lutte soutenue entre les patriotes et le stathouder, lutte dont il écrivit les details dans une suite de lettres qui furent publiées l'année suivante. 11 se rendit aussitôt après en France. Les signes d'une révolution imminente n'échappèrent pas à son esprit observateur, et il se hâta de retourner dans sa patrie pour y concourir au maintien de la stabilité. Il fut attaché à diverses associations ayant pour but de soutenir la morale et la religion, et d'améliorer le sort des classes inférieures. Une conformité de vues le mit en relation d'amitié et en communauté de travaux avec le philanthrope Howard, le bienfaiteur des prisonniers. Le soin de sa santé affaiblie l'ayant déterminé, vers 1800, à s'éloigner de la capitale, il axa son séjour dans l'ile de Wight, en un lieu trèsagtéa.ble nommé StBoniface, où s'écoulèrent les dix années les plus heureuses de sa vie. En 1810, il accompagna son neveu à l'île de Malte, et y retrouva un ami de collége, le lieutenant général \rillettes. Lorsque cet ami de coeur lui fut enlevé peu d'années après, Bowdler rédigea quelques pages sur sa vie, et les lit imprimer en y joignant plusieurs opuscules, tels que des lettres sur l'état de la France, immédiatement après l'abdication de Bonaparte, et sept lettres et une prière de Madame Élisabeth, soeur de Louis XVI, des détails sur la bonne soeur Marthe, etc, Il se livra ensuite à un travail plus littéraire : regrettant que le théâtre du plus grand auteur dramatique de l'Angleterre ne pût être lu sans danger par toutes sortes de personnes, à cause de quelques allusions aux saintes Ecritures et de nombreuses expressions qui blessent la décence, il s'attacha à faire disparaître les passages qui n'ajoutaient rien au mérite des pièces et pouvaient diminuer le cercle des admirateurs d'un si beau génie. La première édition du Shakspeare de famille fut publiée en 1811, 10 vol. ; quelques cris s'élevèrent contre ce qu'on représentait connue une sorte d'attentat; mais l'éditeur put se consoler de ces clameurs par le bon accueil qui fut fait à l'ouvrage. Quatre éditions parurent dans l'espace de sept animées. Ce succès l'encouragea à entreprendre, le mème travail sur l'histoire de l'empire romain par Gibbon, et il vécut assez pour que l'édition pût être omise sous presse avant sa mort. Bowdler était un homme vraiment religieux et trèscharitable. 11 est mort en 182:;. — Mistriss BownLER , sœur du précédent, a partagé le mème goût pour la littérature. On lui doit des Poésies et Essais, Bath, 1786, 2 vol. ; des Sermons sur les doctrines et les devoirs du christianisme, 1 vol. réimprimés pour la quatorzième fois en 1807 ; l'édition des Fragments en prose et en vers laissés par miss Élisabeth Smith, 1810. Mistriss Bowdler est morte à Bath, le 25 février 1830, àgée de '76 ans. — John BOWDLER, avocat et littérateur, né en 1785, à Londres, et élevé à Winchester, fut doué de vertus ei'de talents qui eurent à peine le temps de se montrer : attaqué de pulmonie dès 1810, il fut enlevé en 1815. Un choix des écrits qu'il a laissés, publié en 1817 , annonce une imagination vive, un esprit droit et éclairé; son style a en 818
  • Thomas BOYS( 1763 - 1832) : viceamiral anglais, né le 3 octobre 1763, avait pour père Guillaume Boys, chirurgien et auteur des Documents pour l'histoire de Sandwich, 2 vol. ouvrage trèsestimé des antiquaires. Son aïeul paternel avait été commodore et lieutenantgouverneur de l'hôpital de Greenwich. Il commença ses voyages sur 'lier en 1777 , et, après avoir passé sur différents navires, II reeut, en 17€01, sa rornminion de lieutenant de la Bonnette. En avril 1786, il s'emtrarlina bar la Rose, qui fut employée a la station de l'erreNeuve jusqu'en 1788, et ensuite sur divers batiments, notamment sur le Britannia dont il se trouvait lieutenant lors de l’egagement avec la flotte front: aise devant Gènes . Il fut ensuite nommé capitaine du vaisseau la Vaillante. puis commandant du Lacédémonien, sur lequel il se rendit à la Martinique. Il (il revint en 1800, apres avoir capturé plusieurs bâtiments, notamment ta corvette la République triomphante, Il resta encore plusieurs années sans emploi. Mais, en Mars 1808, Il prit le commandement du Saturne, vaisseau de soisantequatorze, et servit successivement sur les côtes de France, d'aspagne, de Portugal, es dans la mer du Nord En 1819, il fut nomme contreamirid, et en 1830 viceamiral. Il mourut d'une attaque d'apoplexie, le 3 novembre 1832, a Ramsgate
  • Thomas BOZIO : prêtre de l'Oratoire de la congrégation de StPhilippe de Néri, natif d'Eugubio, mort à Rome en 1610, est auteur des ouvrages suivants : 1° de Iinperio virtutis ; de Robore bellico, Rome, 1593 rare ; Cologne, 1594 , 1601 Ces deux ouvrages, qui sont ordinairement réunis, ont pour objet de réfuter Machiavel. 2° De Signis Ecclesiw Dei libri 24, Rome, 1591, 2 vol ; Cologne, 1592 Rome, 1596 ; Cologne, 1598, in°. 3° de Ruinis gentium et regnoum; de antiquo et nom Italica Statu, Borne, 1594 ; Cologne, •595 ; cet ouvrage est encore contre Wblachiavel. 4° Annales antiquitalum; ces annales devaient avoir 10 volumes qui étaient prêts à paraitre ; mais la mort, qui surprit l'auteur dans un lige peu avancé, ne lui permit d'en terminer que deux. 5° De Jure divino, Rome, 1600, - Son frère, François Hom, de la même congrégation , est auteur d'un ouvrage intitulé : de Tempbrali Eeelesiœ Monar- chia, Cologne, •602, in•40; cet ouvrage, où les doctrines ultramontaines sont portées aux derniers excès, fut réfuté par Guillaume Barclay
  • Thomas BRADWARDIN( 1290) : surnommé le Docteur profond, pieux et savant archevêque de Cantorbéry, né en 1290, à Ilartfield, dans le diocèse de Chichester, d'une ancienne fitmille, originaire du comté de Hereford, fit ses études dans l'université d'Oxford, s'y distingua par son savoir dans la philosophie, les mathématiques et la théologie, devint successivement professeur de théologie, chancelier de la cathédrale de Londres, confesseur d'Édouard III, archevêque de Cantorbéry en 1348, et mourut à Lambeth, quarante jours après sa promotion, avant d'avoir pu prendre possession de son siège. Bradwardin n'était pas moins distingué par sa piété et son humilité, T—D.
  • Thomas BROUGHTON( 1704 - 1774) : savant théologien anglais, né à Londres, en 1704, fut élevé à Éton et à Canibrigde, et occupa dans l'Église plusieurs bénéfices lucratifs. 11 joignait à des connaissances très-étendues dans les sciences et dans les langues, quelque talent pour la poésie. Son goût pour la musique le lià particulièrement avec Haendel, auquel il a fourni les paroles de plusieurs de ses compositions. Il mourut en 1774, âgé de 71 ans. Il est principalement connu comme un des premiers auteurs de la Biographia Britannica. On remarque parmi ses autres ouvrages : 1° le Christianisme distinct de la religion naturelle , en trois parties, en réponse au livre de Tindal intitulé : le Christianisme aussi ancien que le monde ; 2. Bibliotheca historico- sacra, dictionnaire historique de toutes les religions, depuis la création du monde jusqu'à nos jours, 1756, 2 vol. ; 5° Coup d'oeil sur l'avenir, en quatre dissertations, etc. Il a publié en outre quelques traductions, et donné des éditions de différents ouvrages anglais
  • Thomas BOTT( 1688 - 1754) : théologien anglican, naquit à Derby en 1688. Élevé par des dissidents, il prêcha quelque temps dans une congrégation presbytérienne à Spalding, ville du comté de Lincoln, et vint à Londres, où il se livra à l'étude de la médecine, jusqu'à la mort de la reine Anne. Fortement attaché au parti des whigs, il avait coutume de dire Glue jamais événement ne lui avait causé plus de plaisir que la mort de cette princesse ; il prit alors les Ordres dans l'Église d'Angleterre, et fut successivement recteur des différentes paroisses du comté de Norfolk. 11 mourut en 1754, âgé de 67 ans. On a de lui : I. Que la paix et le bonheur de ce monde sont le but immédiat du christianisme, 1724 L'auteur prétend démontrer que l'objet essentiel de la mission de JésusChrist était de réformer les moeurs des hommes , principalement en vue de leur bonheur dans cette vie. 2° Considérations nouvelles sur la nature et le but du christianisme, 1750Réponse à l'ouvrage de Warburton, intitulé : Divine Légation de Moïse, en 3 parties ; c'est le meilleur des ouvrages (le Th. Bott. 4° Quelques serinons et quelques écrits de controverse
  • Thomas BRITTON( 1650) : antiquaire et amateur des arts, présenta le singulier spectacle d'un homme qui, sans sortir de la dernière classe du peuple, parvint à réunir chez lui la meilleure compagnie de l'Angleterre. Né vers 1650, près de IlighamFerrers, dans le Northamptonshire, de parents sans fortune, qui le mirent en apprentissage chez un charbonnier de Londres, il fut employé à crier du charbon en détail, dans les rues de cette ville. Il avait appris à lire : le quartier qu'il parcourait étant 1empli d'étalages de bouquinistes, il employait ses heures de loisir à y fureter, et ses épargnes à se faire une petite collection de livres curieux ; le docteur Garencières, son voisin, lui trouvant un esprit ouvert, lui inspira le goût de l'alchimie, et Britton lui construisit, à peu de frais, un petit laboratoire où ils firent ensemble des expériences curieuses. On n'en connaît pas le détail; mais, d'après la quantité de livres d'alchimie et de la philosophie des 1osecroix que l'on a vue dans sa collection, on a pensé qu'ils cherchaient de bonne foi le grand œuvre. Ses recherches s'étendaient d'ailleurs sur tous les genres de raretés. Le goût des collections de curiosités étant devenu à la mode au commencement du 18C siècle, on vit les personnes de la plus haute distinction faire, pendant l'hiver, leur amusement de chercher des livres, des manuscrits et autres trésors de ce genre, dans les étalages des divers quartiers de la ville. Les comtes d'Oxford, de Pembroke, le duc de Devonshire et autres riches amateurs se firent souvent aider dans leurs recherches par Britton, goûtèrent son esprit et sa modestie, et prirent plaisir à l'admettre clans une assemblée qu'ils tenaient chez un libraire, après leur promenade du matin. Il laissait à la porte son sac à charbon, et passait ainsi une heure avec eux à causer sur la bibliographie. Bientôt il en vint à recevoir luimème les curieux dans son grenier. Sa passion pour la musique, et la quantité de morceaux rares et précieux qu'il avait en ce genre, y attirèrent les amateurs, et il se mit à y donner des concerts, amusement inconnu jusqu'a- lors à Londres, et dont il donna le premier l'exem- pie, en 1678. On y vit les plus grands maîtres, Perpusch, Mendel luiméme, exécuter leurs chefsd'oeuvre sur le clavecin, et Duboutg y faire entendre son premier .solo sur le violon. Britton y tenait luirnéme sa partie sur la basse de viole : les plus brillantes ladys briguaient l'avantage d'être admises à ces assemblées d'un nouveau genre. L'entrée en fut d'abord gratuite; mais Britton se décida bientôt à les tenir dans un local plus convenable, dans une maison voisine, et, pour le défrayer, on établit une souscription, par abonnement, à 10 schelings par an. Le contraste singulier que présentait le luxe de ces réunions avec l'état de l'entrepreneur excita les soupçons; les uns le prenaient pour un espion déguisé, d'autres pour un conspirateur ou pour le chef de quelque nouvelle secte ; la franchise et l'honnèteté de ses manières tuent enfin voir la vérité. Quelques années avant sa mort, il lit une vente de quelquesunes de ses curiosités, et Thomas Ilearne, savant antiquaire, en a vu le catalogue imprimé, qui attestait sa profonde érudition dans la connaissance des livres rares et des vieux manuscrits. Le reste de sa collection, contenant les objets les plus curieux, et surtout son recueil de musique, fut vendu par sa veuve. La mort de Britton ne fut pas moins extraordinaire que sa vie. Un habitué de ses concerts, voulant amuser la compagnie à ses dépens, s'avisa un jour d'y amener un ventriloque ; tout à coup, dans un intermède, on entend une voix qui parait venir du ciel, et qui annonce au pauvre Britton que sa dernière heure est arrivée, et que, pour s'y préparer, il doit à l'instant réciter son Pater à genoux. Le malheureux, que ses livres de magie avaient rendu crédule, obéit tout tremblant, va se mettre au lit, et meurt peu de jours après : c'était en septembre 1714
  • Thomas BROWN( 1604 - 1675) : chanoine de Windsor, et• recteur d'Oddington, naquit en 160.1, dans le comté de Middlesex, lors de la rébellion contre Charles ler. Sa fidélité pour son prince lui lit perdre ses bénéfices, et l'obligea de se retirer en Hollande, où la princesse d'Orange se l'attacha en qualité de chapelain. Lors du rétablissement de Charles II, Brown rentra en possession de ses benélices; mais il ne retint que le canoni"at de Windsor, où il mourut le 6 décembre 1675, figé de 69 ans. Isaac Vossius fut son exécuteur testamentaire, et lui lit construire un tombeau, qu'il décora d'une épitaphe trèshonorable. Les ouvrages de Brown sont : 1. une traduction anglaise du 2° volume des Annales de la reine Elisabeth, par Camden, Londres, 1629 •1' un écrit polémique, intitulé : la Cle [ du Cabinet du roi, Oxford, 1645 ; 3° une réponse, sous le nom de Justus Y. Panicus, à une critique,par Saumaise, d'un traité posthu?e de Grotius, touchant l'eucharistie, en latin, la Haye, 1647 4° Dissertatio de Therapeutis Philonis adrersus lienrieum Valesium, Londres, 1687 — Edouard BitowN, curé dans le comté de Kent, a donné une 2e édition, ;Iniginentée de plus de la moitié, du Fascicules recula expetend? rum et fugiendarunt d'Ortwinus Gratins, ou Graès, Londres, 1690, 2 vol. C'est un recueil de pièces relatives au concile de Bàle. C. TIr
  • Thomas BROWN : auteur anglais du Ir siècle, était fils d'un riche fermier du comte de Shrop, et passa d'une école particulière de sa province, à l'université d'Oxford, où il se lit autant remarquer par son esprit et ses progrès que par sa mauvaise conduite. Obligé de quitter l'université, il vint chercher fortune à Londres, et n'y trouva que la misère. La nécessité le porta à ouvrir une école à hingston; tuais, degotité bientôt de cette profession peni?le et sédentaire, il revint à Londres, où sun caractère enjoué et ses bons mots lui firent beaucoup d'amis, mais pas un protecteur utile. 11 se mit alors à écrire pour avoir du pain, et publia un grand nombred'ouvrages oit l'on trouve beaucoup d'érudition, et de cc que les Anglais appellent humour, mais sans délicatesse : ce sont principalement des dialogues, des lettres et des poéines de peu d'étendue. Addison l'appelait Thomas Brown de facétieuse mémoire. avait surtout beaucoup de penchant à la satire, et, quoiqu'il ne fût pas naturellement méchant, on lui a reproché, comme à la plupart des plaisants de profession, d'aimer mieux perdre un ami qu'un bon mot. Il s'exprimait sur la religion et ses ministres avec beaucoup de légèreté, et disait quelquefois qu'il connaissait trup bien le monde pour s'exposer à erre regardé comme un juste. Ses satires contre le clergé et contre les grands n'étaient pas faites pour améliorer l'état de ses finances. On rapporte cependant glue le comte de Dorset l'invita un jour à un Miner où se trouvaient Dryden et d'autres littérateurs distingués, et que Brown fut agréablement surpris de trouver sous son assiette un billet de 5(1 livres st., tandis que Dryden trouva sous la sienne un billet de 100 liv. Brown mourut en 1704, et fut enterré dans le cloitre de l'abbaye de Westminster, près de mistriss Beim, avec laquelle il avait été intimement lié. Tous ses ouvrages ont été imprimés en • vol., en 1707
  • Thomas BROWN( 1778) : philosophe écossais, successeur de DugaldStewart dans la chaire . Ed mente temps qu'il suivait le cours de philosophie, le jeune Brown cultivait avec zèle toutes les autres parties de l'enseignement littéraire et scientifique , et il acquérait ainsi cette variété , que n'a peut-être jamais égalé aucun auteur de cet lige. En effet, tous ceux qui rendirent compte de cet écrit lors de sa publication crurent que c'était l'oeuvre d'un homme fait et d'un philosophe consommé. On y trouve nonseulement la réfutation des erreurs de Darwin, mais aussi le germe de plusieurs idées originales que Brown développa depuis dans ses autres écrits. Vers la même époque' , il entra dans une société littéraire qu'avaient formée les jeunes gens les plus distingués d'Édinihourn-, et où ils s'exerçaient à l'envi sur les questions les plus élevées . Cette petite société comptait au nombre de ses membres plusieurs hommes qui Histoire de la philosophie morale, p. 371 de la traduction française de M. Pores. sophie nouvelle qui commençait à prendre faveur eu Allemagne, et il fut en effet un des premiers à la faire connaître à l'Ecosse: le deuxième numéro de la Revue d'Edimboury renferme un article étendu de lui sur la Philosophie de Kant. Les nombreuses citations d'auteurs français que renferment ses Leçons prouvent en outre que la littérature de notre pays ne lui était pas moins familière que celle de sa patrie. Il avait aussi cultivé avec ardeur' la poésie , pour laquelle il avait un goût dominant ; et, peu de mois après avoir pris le grade de docteur, il put donner au public deux volumes de pièces de divers genres. — C'est en 180i que Th. Brown commença à se faire connaître comme philosophe. A l'occasion d'une discussion qu'avait provoquée un passage de l'Essai sur la chaleur du savant Leslie , passage où la doctrine de Hume sur la causalité était mentionnée avec éloge, Brown entreprit de défendre une doctrine qui était alors frappée en Écosse d'une espèce de réprobation. Dans ce but, il pi?blia un Examen de la théorie de Hume sur la relation de cause et d'effet. Sans adopter le scepticisme de Hume, et tout en reconnaissant que sa théorie pouvait renfermer quelques erreurs, il montra qu'elle était loin d'offrir de graves dangers, et qu'elle ne pouvait nullement ébranler, comme on le prétendait, les fondements de la religion et de la morale. Cet écrit eut un grand succès : dès l'année 1806, il obtint une seconde édition ; quelques années plus tard, en 1818, l'auteur le refondit en entier, le compléta et le publia pour la troisième fois, sous le titre nouveau de Recherche sur la relation de cause et d'effet. Quelques critiques accusent cet essai de manquer de profondeur ; d'autres, au contraire, le regardent comme le chefd'oeuvre de l'auteur. « C'est, « dit le biographe le considère comme le plus beau modèle de discussion philosophique qui ait été offert depuis Berkeley et Hume. — Quoique Brown se fût fait recevoir médecin, et qu'il obtint dans l'exercice de cette profession d'assez grands succès , son goût et ses dispositions naturelles le portaient de préférence vers la culture des lettres et des sciences. Dès 1799, il avait été proposé pour une chaire de rhétorique à l'université d'Édimbourg ; mais des intrigues qui avaient pour but de réserver aux membres du clergé le monopole des chaires histoire de la philosophie morale, p. 372 de la traduction fonçaise. son admission. Au mois de niai 1810, il fut nommé définitivement adjoint du professeur de philosophie morale, titre qu'il conserva jusqu'à sa mort. Brown soutint dignement l'honneur d'une chaire qu'avaient illustrée ses deux prédécesseurs, Adam Ferguson et DugaldStewart , et , pendant dix ans qu'il l'occupa on vit nonseulement la jeunesse studieuse de l'Écosse , mais des hommes du monde et des professeurs distingués se presser pour entendre sa parole éloquente. Ses premières années d'exercice furent tout entières consacrées à son enseignement. C'est dans cette période qu'il rédigea les leçons qui ont été imprimées après sa mort, et qui forment son principal titre philosophique. Mais au bout de quelque temps, devenu entièrement maître de son sujet, il put se livrer à quelques distractions littéraires, et il revint à la poésie. En 1814, il acheva un poésie qu'il avait commencé depuis plusieurs années , le Paradis des Coquettes , qui parait être le plus solide fondement de sa réputation poétique. Ayant fait parai ire ce peule à Londres, sans se nommer, il n'en eut que plus de plaisir à jouir du succès qu'il obtint. Il publia successivement plusieurs autres petits poêmes, savoir : le Voyageur en Noru'ége , dans l'hiver de 1815; le Berceau du printemps , - dans l'automne de 1816, et enfin Agnès, en 1818. — Après ces excursions, Brown revint à ses travaux philosophiques. En 1819, il rédigea ses Esquisses de la Physiologie de l'esprit humain, qui devaient renfermer la substance de ses leçons, et où les matières devaient être présentées clans leur ensemble. Il s'en occupa avec beaucoup d'ardeur pendant toute cette année, et réussit à mettre l'ouvrage à lin ; mais durant l'impression, il sentit sa santé décliner, et ayant voulu, par un excès de zèle, continuer son enseignement, il rendit son mal incurable. Lorsqu'il étudiait et qu'il composait, la circulation du sang acquérait chez lui une telle activité Glue le pouls marquait trente pulsations par minute de plus que dans son état habituel. D'après le conseil des médecins, qui pensaient que lé climat de 1'Ecosse pouvait lui être contraire, il se rendit à Londres, d'où on le transporta à Brompton ; mais il n'obtint de ce changement qu'un soulagement momentané, et il succomba au bout de peu de mois, le 20 avril 1820, à l'âge de 42 ans. Brown fut ainsi enlevé au milieu de ses travaux et de ses succès, et lorsque son talent, à peine arrivé à sa maturité, faisait espérer qu'il rendrait les plus grands services à la philosophie, en même temps qu'il ajduterait à sa réputation littéraire. Quand la mort vint le surprendre, ses principaux ouvrages de philosophie, quoique déjà rédigés, n'étaient pas encore publiés.',L'impression de ses Esquisses de la Physiologie de l'esprit humain, qui avait été commencée de son vivant, et par luimême, fut achevée par David Welsh, son disciple et son ami . Ses Leçons sur la Physiologie de l'esprit humain, au nombre de cent, furent imprimées d'après ses manuscrits, et telles qu'elles avaient été prononcées. Cette importante publication fut commencée par John Stewart, qui avait été chargé ; et la doctrine de l'auteur se répandit rapidement en Écosse , dans toutes les parties de la GrandeBretagne et jusqu'en Amérique , où un abrégé de ses leçons sert de base à l'enseignement dans presque toutes les écoles. Outre les ouviages qu'il laissa achevés, Brown avait en vue plusieurs travaux qu'il ne put mettre à exécution : il voulait publier, après sa Physiologie de l'esprit, des Essais de morale , puis une Théorie de la vertu, une Théorie de la beauté, et un ouvrage sur la Philosophie des recherches naturelles, c'est-àdire sur la méthode. Il est fort à regretter qu'il n'ait pu exécuter ces travaux ; mais on peut jusqu'à un certain point suppléer à cette perte par la lecture de ses Leçons de philosophie, où tous ces sujets se trouvent traités avec une étendue suffisante pour faire connaître les idées fondamentales . Il voulait en outre professer un cours d'Econoinie politique qui aurait été le complément de ses leçons; il y renvoie même à la lin de son cours , une extrême culture intellectuelle n'étouffait pas en lui une sensibilité exquise et une brillante imagination. Aussi cultivatil avec succès les lettres en même temps que les sciences, et pendant que son esprit parcourait, d'un rapide et facile essor, les hautes régions de la philosophie et de la poésie, son coeur restait attaché au foyer domestique; il mettait tout son bonheur à payer les tendres soins d'une mère, en entourant d'une affection Les Essais de morale peuvent Cire suppléés par les leçons 75 à NO, qui roulait SU la morale; la Théorie Voy. leçon C, p. 675 de l'édition en un volume. - Mackintosh, Histoire des sciences morales, p. 374 et 375. V p pieuse le repos de sa vieillesse. David Welsh fait également le plus bel éloge de ses qualités personnelles, et le présente comme un modèle de toutes les vertus. — Le style de Brown est extrêmement brillant et fleuri ; tuais il a, dans ses Leçons du moins, des défauts qui tiennent à la nature mémo , morale, politique et théologie naturelle ; cependant il ne traite pas de la politique. 11 veut que l'on emploie dans la philosophie de l'esprit humain la même méthode que dans les sciences naturelles : car , dans le monde intellectuel comme dans le monde physique, il ne s'agit jamais que d'observer soit les différentes parties dont se compose un tout complexe, soit les phénomènes qui se succèdent régulièrement et auxquels on donne en conséquence les noms de causes et d'effets . Puis, entrant dans l'étude de l'esprit humain, il traite d'abord de ce qu'il y a ; il propose ensuite une classification . On est étonné de ne pas trouver dans cette division une section spéciale pour les phénomènes de la volonté. 1° Sens. Dans l'analyse . 2. Intelligence. Dans l'analyse de l'intelligence, ne reconnaît que cieux classes . 3. Enrobons. Dans l'analyse des sentiments qu'il nomme émotions, il en distingue . Après avoir ainsi analysé les trois facultés qu'il reconnaît dans l'homme de la manière la plus complète et la plus lumineuse, Brown passe à la morale, dans laquelle il fait entrer la théologie naturelle. Comme ces deux parties de ses leçons offrent moins d'idées neuves et originales que les précédentes, nous entrerons dans moins de détails. On trouve dans sa morale une exposition complète et un examen approfondi des principaux systèmes proposés par les philosophes modernes, et particulièrement par les philosophes de son pays, par Clarke, Wollaston, Hume, Smith, Hutcheson, Paley, sur la grande question du fondement de nos devoirs ; mais il ne se borne pas à ces spéculations toutes' théoriques, et il enseigne dans le plus grand ordre et avec le plus grand développement les devoirs de l'homme envers ses semblables, envers luimême et envers Dieu . C'est en traitant de ces derniers devoirs qu'il est conduit à la démonstration de l'existence et des attributs de Dieti. Il est à regretter que chez lui , comme chez la plupart de ses compatriotes qui ont écrit sur la morale, la science qui par la dignité de son objet mériterait d'occuper la place la plus honorable, là théologie naturelle, ne soit pour ainsi dire qu'un horsd'ceuvre, ou du moins qu'elle se trouve enclavée dans une autre science, dans la morale , et qu'elle n'ait point une place qui lui soit propre. —La philosophie de Brown, comme l'a dit Mackinstosh, est une révolte ouverte contre l'autorité de ses maltres, particulièrement contre les doctrines de Reid. Par un singulier. concours de circonstances , c'est précisément à l'époque où les doctrines de l'école dite écossaise venaient d'être importées en France et étaient professées avec succès par M. RoyerCollard et par ses disciples , que l'on commençait à sentir en Ecosse le faible et l'insuffisance de ces doctrines. Brown blâmait surtout ses prédécesseurs, et Reid en particulier , d'avoir multiplié les premiers principes jusqu'à l'extravagance et au ridicule . Cet excès lui paraissait contraire à une simple philosophie : car philosopher, c'est ramener les faits au plus petit nombre des causes possibles, ce n'est que simplifier avec circonspection. Il accuse aussi Reid de s'être laissé entraîner par une étrange illusion quand il crut avoir découvert que tous les philosophes s'étaient trompés sur la nature des idées, et en avaient fait des entités, des êtres réels; selon lui, le professeur de Glasgow a pris pour une opinion métaphysique ; en cela Brown est d'accord avec Priesley et avec Mackinstosh . Il n'est pas plus satisfait . Il pensait en outre que, sur la question de l'existence des corps, il n'y a pas entre Reid et Hume autant d'opposition qu'on le croyait communément. Mac- _ Voy. Brown, 15e leçon, p. 79 de l'édition cajun volume. Leçons 25e et suiv. histoire de la philosophie morale, p. 585. troy. 6° et 7e leçon. kinstosh lui disait, dans une conversation qu'il avait un jour avec lui, en 1812, que ces deux philosophes lui semblaient différer de langage plus que d'opinion. «Oui, répondit Brown, Reid crie à lue•téte « . » Brown a aussi sur la conscience ou sens intime des idées qui nous paraissent beaucoup plus saines que celles . Une des questions dont Brown s'est le plus occupé, c'est celle de l'association des idées. Il réduit de beaucoup le nombre des principes d'association qu'avaient admis ses devanciers; puis, avec le secours de cette loi de notre nature, il explique de la manière la plus satisfaisante une foule de faits pour lesquels on admet vulgairemnent plusieurs facultés distinctes . Dans cette partie de son enseignement, il substitue à l'expression dés longtemps reçue d'association celle de suggestion, sans qu'on soie une grande nécessité à ce changement de nom. Le premier en Ecosse il 'sentit la nécessité d'admettre une faculté spéciale pour expliquer ces idées de rapport qui ont si fort garé la plupart des métaphysiciens; sa doctrine à et égard s'accorde parfaitement avec celle d'un de nos plus illustres professeurs , M. Laromiguière. Il donne à cette faculté de concevoir les rapports le nom, assez impropre d'ailleurs, de suggestion relative. Dans la psylichologie morale , il a poussé beaucoup plus loin qu'on ne l'avait fait avant lui l'analyse des sentiments ou émotions, comme on a pu le voir par l'esquisse que nous avons pré.sentée de sa théorie sur ce sujet . Dans la morale pratique, il est d'accord avec la plupart de ses compatriotes pour reconnaitre Blue nonseulement le sentiment du devoir, mais toutes les affections sociales sont absolument désintéressées, et que l'on ne peut expliquer tout l'homme par l'égoïsme. 11 pense néanmoins qu'il y a dans la nature une telle harmonie entre le vrai et l'utile, que l'utilité, non pas l'intérèt personnel, mais la tendance utile des actions, peut servir de critériu? à la moralité, quoiqu'elle en soit essentiellement distincte. « L'utilité et la vertu sont tellement « liées, Markinstosh, Histoire de la philosophie morale, p. 583. Brown a exprimé textuellement la meule idée dans sa 23° leçon, p. t77, t« col. de l'edition eu un volume. Voy. lie leçon. Port. leçons :14' et suiv. Leçons ne et suiv. e têts& commun en des circonstances semblables. » Sans vouloir affaiblir en rien la force des émotions du cœur, il cherche à expliquer la sympathie et les affections par le principe de l'association. Quant A la conscience morale , il pense, qu'elle échappe à toute explication de cc genre, et que c'est mine faculté vraiment primitive, que c'est une manière particulière .— En résumé, Brown nous parait avoir réformé sur plusieurs points , et continué heureusement sur beaucoup d'autres., la philosophie écossaise. Sans affirmer, connue ses apologistes enthousiastes, que c'est le premier méta?hysirien des temps modernes , et sans lui sacrifier la réputation de ses mitres, il nous sera permis de elsiire que c'est le juger avec une sévérité excessive que de ne voir en lui, comme le fait M. Cousin, qu'un disciple infidèle de Dugald:_?tewart, qu'un philosophe médiocre, et de ne lui accorder d'autre mérite que celui d'être un homme d'esprit . Il nous semble au contraire que le mérite éminent de Brown, c'est d'avoir porté dans l'étude de l'esprit humain un esprit plus philosophique que ses devanciers. Beid, kaimes, ?ugaldSte?art, les deus premiers ›urtout, avaient recueilli avec soin et lidelement d'éérit un grand nombre de phénomènes ; mais ils l'avaient fait d'une manière purement empirique, sans chercher le plus souvent tl réduire les faits à leurs plus simples éléments et sans les rattacher à des principes communs. Brown s'est proposé, d'un côté, de compléter une analyse qu'ils n'avaient fait qu'ébaucher, et, Foy. D. Webb, Manoir of Dr Brown, en tète de l'édition stéréotype en un volume, p. 30. M. Cousin, Préface des Rapports du physique et du moral de Maine de Dirai', p
  • Thomas BROWNE( 1605 - 1682) : médecin et antiquaire anglais, naquit à Londres, en 1605, d'un marchand de la Cité. Il com?enca son éducation à Winchester et l'acheva à Oxford. Après avoir parcouru l'Angleterre, il passa sur le continent en 1629, et visita les principales universités. Il demeura quelque temps a Leyde, où il prit le bonnet de docteur, ensuite, il rentra dans sa patrie en 1651, et se fixa à Norwich. En 1665, il fut admis au collége des médecins de Londres, comme membre honoraire. Charles II, passant à Norwich en 1671, le créa chevalier. Il vécut heureux dans le sein de sa famille, et termina tranquillement ses jours le 19 octobre 1682, à l'âge de 77 ans. Il a laissé trois tilles, et un fils, Édouard, qui s'est distingué depuis comme médecin et par les relations de ses voyages. Son premier ouvrage, qui parut en 1642 a pour titre : Religio medici. Il y en a eu un grand nombre d'éditions en anglais; il fut traduit par J. Merryweather en latin, Leyde, 1641 et à Strasbourg, avec des notes de L.N. Moltke, en 1652 et, d'après la traduction latine, en français, par Nicolas Lefebvre, la 'laye, 1668, petit ; et en allemand. Ce n'est pas, comme le titre pourrait le faire croire, une suite de préceptes,ou l'exposé des principes de morale et de la doctrine de tout un corps, mais une espèce de profession de foi d'un seul individu ; et c'était la sienne qu'il exposait. Il commençait par déclarer qu'il était chrétien et attaché à l'Église anglicane, et qu'il en professait hautement tous les dogmes; mais ensuite il ajoutait d'autres points de croyance, et en retranchait d'autres, de manière qu'à beaucoup de personnes, il ne parut qu'un incrédule déguisé. Cependant il était loin de l'être, puisqu'il était persuadé de l'existence d'esprits intermédiaires entre les anges et l'homme, et que celuici pouvait communiquer .avec eux. 11 était convaincu qu'il existait des sorciers. Le docteur Hutchinson en cite un fait aussi singulier que remarquable, dans son Essai sur la sorcellerie. En 1664, le grand jury, faisant à Norwich le procès à deux personnes accusées de sorcellerie, consulta le docteur Browne comme un personnage éminent pour son savoir : celuici signa une attestation, dans laquelle il reconnaissait l'existence de cet art diabolique, et cita des faits analogues à ceux dont ces malheureux étaient accusés, et qui lui paraissaient incontestables. Hutchinson a donné une copie authentique de cette pièce. 11 y a bien apparence que ce fut ce qui détermina le jugement et le supplice de ces malheureux. C'est le dernier exemple que l'on ait vu en Angleterre de cette sorte de barbarie. Cependant tout, clans l'ouvrage de la Religion du médecin, indique un homme bien éloigné de l'intolérance : partout, au contraire, une douce philanthropie se fait sentir, et on le reconnaît toujours disposé à bien penser de ses semblables. 11 donne de son caractère une idée fort avantageuse; mais il y a lieu de croire que la vanité a beaucoup de part à ce portrait. Ce livre, qui avait fait une grande sensation en Angleterre, et qui fut traduit en plusieurs langues, fut critiqué par Kenehu Digby, niais d'une manière noble et polie; il le fut au contraire fort durement par Alexandre Boss. Les théologiens de l'Allemagne l'attaquèrent plus sérieusement, et voulurent faire passer l'auteur pour athée. En 16.i6, Browne accrut sa réputation littéraire par un second ouvrage, intitulé : Pseudodoxia epidemica or Knquiries in , Londres Ce traité, résultat ; en 1658, •66i, 1666, 1672 et en 1675 11 en parut une traduction en hollandais, à Amsterdam, en 1668 et une en allemand, par Christian Knorr, baron de Hosenroth , Nuremberg, •680 L'abbé Souchay en a donné une en français, sur la 7e édition, sous le titre d'Essai sur les erreurs populaires, Paris, 1755; ibid., •742, 2 vol. Ce livre, qui était nécessaire au temps oit il parut, n'a plus aujourd'hui le même degré d'utilité, parce que la plupart des erreurs qu'il combat se sont dissipées. Plusieurs auteurs, avant et après Brown, ont écrit sur le même sujet, et il leur est supérieur, si ce n'est pour le fond, du moins par là manière dont il le traite. C'est avec beaucoup de modération qu'il attaque ce qu'il regarde comme des erreurs. 11 commence par les exposer, et cite les auteurs qui les ont propagées ; ensuite il les combat avec la seule force du raisonnement, sans employer ni le sarcasme ni l'ironie. Quoique zélé protestant, c'est avec beaucoup de ménagements qu'il examine quelques points de la croyance de l'Eglise romaine. Pour le temps où il Écrivait, il montre des connaissances fort étendues sur la physique ; il déploie dans tous ses ouvrages une vaste érudition ; mais quelquefois il se trompe, et il remplace une erreur par une autre. 11 attaque même des vérités qui déjà paraissaient alors démontrées, et il semble douter du système de Copernic. En 1658, il publia : Hydriotaphia, il y réunit un autre petit traité, Garden of Cyrus, ou Traité du quinconce. Ces cieux traités ne forment qu'un petit vol. Dans le premier, il disserte trèssavamment sur les urnes cinéraires et sur ce qui concernait les monuments funéraires chez les anciens ; il ne néglige rien et souvent sort de son sujet. On y trouve, entre autres, la première observation sur la substance singulière provenant de la décomposition (les cadavres, retrouvée depuis, par Fourcroy, clans le cimetière (les Innocents, à Paris, et connue maintenant sous le .nom d'adipocire. Le Traité du quinconce fait voir qu'il a cultivé la botanique et diverses branches de l'histoire naturelle; il tâche de prouver que la nature, dans ses productions, emploie plus souvent le nombre cinq que tous les autres. 11 cite une multitude d'exemples à l'appui de cette opinion. On doit le regarder comme le premier qui ait vu que ce nombre de cinq est beaucoup plus commun dans les part jas des fleurs que tous les autres nombres. Browfie n'a laissé qu'un seul écrit sur sa profession : c'est une lettre trèscourte sur l'étude de la médecine, dans laquelle il montre plus d'érudition que de jugement. Ses oeuvres réunies parurent (le son vivant,' en 1666 ; elles furent traduites en allemand, et enrichies de notes, par Christian Peganins, et publiées à Francfort et à Leipsick en 1680 Après sa mort, l'archevêque Tenison recueillit tous les écrits qu'il avait laissés en manuscrit; ce sont des dissertations sur des antiquités ; ils furent mis au jour dans une édition complète de ses oeuvres, publiée à Londres en 1686 A la tète de cette édition est sa vie, écrite par Tenison. Le docteur Johnson en a aussi donné une, où il apprécie avec impartialité ses talents et ses ouvrages. « Son style, ditil, est vigoureux, mais («lur ; il est érudit, mais pédantesque; il frappe, « mais il ne plaît point; il est profond, mais obscur; « les figures qu'il emploie sont bizarres et ses com binaisons forcées; il emprunte des expressions de « toutes les sciences, ce qui le rend quelquefois dis« parme. » On ne peut disconvenir, cependant, qu'il n'ait enrichi la langue scientifique de beaucoup de mots, dont on ne pouvait exprimer le sens avant lui que par des périphrases
  • Thomas BRANKER( 1636 - 1676) : mathématicien anglais, né dans le Devonshire , en 1636 , fut reçu maitre I èsarts à Oxford , et se consacra au ministère évan- gélique. La protection de lord Brereton lui procura ensuite une chaire trèsavantageuse à l'école de Macclesfield, où il mourut en .1676. Il était en rela- tion avec Collins et d'autres mathématiciens de sun temps. On ne connaît de lui que : hoctrinœ sphœricce Adumbratio, Oxford, 1662 Il faut que cet ouvrage soit peu important; car Lalande n'en fait point mention dans sa Bibliographie astronom. 2° An Introduction Io algebra, Londres, 1668 C'est une traduction anglaise de l'algèbre de Rhonius; le docteur J. Pell l'aida dans ce travail
  • Thomas BRAY( 1656) : naquit en 1656 à Manou, dans le Shropshire, de parents honnêtes, mais pauvres. Ils le destinèrent de bonne heure au ministère de l'Évangile. Après ses premières études, ils l'envoyèrent à Oxford, où son peu de fortune ne lui permettant pas de faire un long séjour, il entra dans les ordres, et, d'abord curé d'une petite paroisse, après différentes promotions, il fut nommé, en 1690, recteur de Sheldon. Il composa, pour cette paroisse, ses Leçons sur le Catéchisme, ouvrage qui fut reçu reec la plus grande approbation par le clergé d'Angleterre. Ce fut le fondement de sa réputation, et cette réputation décida du reste de sa vie. En 1696, l'évêque de Londres ayant jeté les yeux sur Bray pour la formation de l'église du Maryland, qu'on travaillait alors à établir , lui proposa la place de commissaire dans cette colonie, avec des appointements qui devaient être, disaiton, de 1100 liv. sterl. par an. Cette perspective d'un grand bien à faire enflamma l'âme bienveillante de Bray, qui abandonna le projet de son 2e volume des Leçons sur le Catéchisme, pour lequel il avait déjà un grand nombre de souscriptions, et se livra tout entier à son nouvel emploi. Obligé de rester en Angleterre pour solliciter le bill d'établissement qui éprouvait de grandes difficultés, il employait tout son temps et toute son activité à préparer ce qui devait rendre cet établissement avantageux au pays. Bray, dans sa jeunesse, avait souffert du manque de livres ; son premier soin fut de l'Angleterre et du pays de Galles des bibliothèques où les ecclésiastiques pauvres des environs pussent emprunter des livres et se réunir pour converser et consulter entre eux sur les objets relatifs à leur état. Il parvint, en effet, à en faire établir un assez grand nombre, du revenu de 10 jusqu'à 50 liv. sterl. Remarquant aussi que les ministres destinés aux colonies sont souvent retenus assez longtemps, par les vents ou la guerre, dans des ports de mer, ou la vie oisive qu'ils sont contraints de mener peut devenir funeste à leurs moeurs et à leur réputation, il parvint, tant par ses propres moyens que par les bienfaits de quelques personnes riches, à fonder dans plusieurs de ces ports de mer des commencements de bibliothèques, qu'il espérait avec raison devoir s'augmenter bientôt par la géné- rosité des marins et des passagers qui fréquentaient ces ports. Cependant les affaires de l'église du Ma-.ryland n'avançaient point, malgré l'activité de Bray; il n'y avait point de fonds arrètés pour le payement des ministres que Bray y avait déjà envoyés. Plusieurs projets, pour y suppléer, avaient manqué ou avaient fourni peu de ressources. Bray imagina, en 1697, de fonder une société pour la propagation de l'Évangile dans les colonies et les pays étrangers. Cette société, d'abord particulière, étant devenue bientôt plus considérable par le nombre de ses membres, et par les fonds dont elle pouvait disposer, on jugea nécessaire de lui donner plus de solidité avec de nouveaux pouvoirs. En conséquence, Bray obtint, en 1701, une chartre du roi Guillaume, qui érigeait la société en corporation, pour la propagation de l'Évangile en pays étranger. Cependant l'acte de religion envoyé par les habitants du Maryland , et d'après lequel devait passer le bill pour l'établissement de leur église, avait été rejeté deux fois, comme n'etant pas conforme aux lois ; renvoyé au Maryland pour être rectifié, il ne revenait pas. En 1699, Bray jugea que sa présence dans le Maryland pourrait être nécessaire pour le hâter ; mais, depuis sa nomination à la place de commissaire, il n'avait reçu aucun émolument. Il avait refusé deux bénéfices qui ne lui auraient pas permis de faire son voyage. Sa résidence à Londres, un voyage qu'il avait été obligé de faire en Hollande, pour solliciter le roi Guillaume qui s'y trouvait alors, ses soins pour l'établissement, lui avaient occasionné des dépenses disproportionnées avec l'état de sa fortune qui se trouvait entièrement absorbée. Il emprunta, vendit le peu d'effets qu'il possédait, et partit au milieu de l'hiver. Il arriva au Maryland, y fut reçu avec un respect dont lui seul pouvait s'étonner, ranima le zèle des habitants pour l'établissement de leur église; et, ayant dressé et fait approuver à l'assemblée de la province le projet de bill, il jugea nécessaire (le le rapporter luimême en Angleterre, pour triompher (le l'opposition que les quakers et les catholiques du pays se préparaient à mettre à son admission. Il l'emporta en effet sur eux, retourna dans le Maryland au moyen d'un présent de 300 livres qu'il reçut du lord Weymouth, et revint, en 1701, en Angleterre, où il se fixa enfin, et accepta un bénéfice de 150 liv. sterl. par an. Il avait fait connaissance en Hollande avec d'Anone de la Haye, homme digne de le seconder dans ses pieux desseins, et avec lequel il entretenait une correspondance à ce sujet. Ils formèrent ensemble le projet d'une fondation pour la conversion des nègres employés dans les colonies, et d'Allone, qui mourut en 1725, légua pour cet effet une somme de 900 liv. sterl., que le docteur employa selon les intentions du testateur, suppléant, selon sa coutume, autant que lui permettaient ses moyens, à ce qui pouvait manquer pour l'exécution. En 1727, Bray, ému du tableau de l'état misérable des prisonniers, ouvrit des souscriptions en leur faveur, et, toujours occupé du bien-être spirituel de ceux qu'il secourait, il employa à leur instruction les missionnaires qui se destinaient aux colonies, et qui s'accoutumaient ainsi à leurs pénibles fonctions. Ce premier coup d'oeil jeté sur les prisons fut la source de tous les adoucissements qu'on apporta depuis à l'état des détenus. Bray, se sentant affaibli, remit les travaux 'dont il était chargé, et les projets qu'il avait commencé à exécuter, entre les mains de plusieurs dignes associés, parmi lesquels se trouvaient des personnes du plus grand mérite et de la première distinction , et, tranquille sur ces projets, que la Providence semblait avoir bénis, il termina doucement, en 1730, dans la 75' année de son âge, une vie dont toutes les pensées, toutes les actions avaient eu pour but le bien de ses semblables. On a de lui, outre les Leçons sur le Catéchisme, des lettres circulaires au clergé du Maryland, où il rend compte de l'état de cette église, un ouvrage intitulé : Bibliotheca parochialis, contenant le plan d'une bibliothèque telle qu'il la juge convenable; un Discours sur la Charité apostolique, sa nature et son excellence, etc. Ces . deux ouvrages ont été- imprimés en 1696. Il a publié encore quelques autres traités, des compilations et des réimpressions
  • Thomas BRERETON( 1782) : né le 4 mai '1782, en Irlande, passa aux Indes orientales en qualité de volontaire avec son oncle le capitaine Coghlan,. du 4e régiment. L'année suivante, il obtint le rang d'enseigne , et en 1801 celui de lieutenant. ll prit part à la conquête des établissements danois et suédois dans les Indes occidentales, ainsi qu'à toutes les opérations auxquelles fut employé son régiment jusqu'en 1804, où il reçut une commission de capitaine et fut employé comme major par son parent, le général de brigade Brereton, gouverneur de SteLucie. En 1809, il lit partie de l'expédition contre la Martinique, et le général Wales lui donna le titre et les l'onctions de major de brigade. Il occupa encore le même poste à la conquête de la Guadeloupe, en 1810, puis à Surinam, à la Dominique et au Sénégal, d'où sa mauvaise sauté le força de revenir. Le cap de BonneEspérance, où il fut envoyé en 1818, lui fut moins défavorable ; et, quoique rappelé un instant en Angleterre par une infortune domestique , il resta clans l'Afrique méridionale jusqu'en 1825. De retour en Europe-, il fut nommé inspecteur du district de Bristol, et il occupait ce poste en 1851, lorsqu'une émeute rendit nécessaire l'intervention de la force armée. Brereton ne donna qu'en hésitant les ordres qui eussent assuré la supériorité à la troupe, et l'insurrection obtint un triomphe momentané. Quand tout fut rentré dans l'ordre, il eut à répondre de sa conduite devant une cour martiale. L'évidence des faits était accablante. Si la révolte eût triomphé, Brereton aurait été un héros : on l'aegait étouffée, il s'en était incontestablement montré le fauteur. Pénétré de la réalité de ces faits et de la gravité de sa position, après la soirée du quatrième jour de son procès, il rentra chez lui, vers minuit, mit ordre à ses papiers, et se dirigea vers son alcôve. Bientôt une forte détonation de pistolet appela ses voisins. On le trouva renversé mort sur son lit. Enquête faite, le coroner rendit un verdict d'aliénation temporaire. Ce procès et le funèbre dénoûment qui le termina produisirent la plus grande sensation dans le public, nonseulement en Angleterre, mais à l'étranger. Tout fait pressentir que la situation où se trouva Brereton, placé entre deux devoirs, l'obéissance au pouvoir et le ménagement pour le sang du peuple, se reproduira bien des fois encore en ce siècle
  • Thomas BUGGE( 1740) : un des astronomes les plus illustres du 18e Siècle, naquit à Copenhague, le 12 octobre 1740. Son inclination pour les sciences mathématiques se développa d'ellemémo dès son enfance, et elle fut cultivée avec soin par ses maîtres. Il avait commencé à suivre, dans l'université de Co- ' penliague, les cours de théologie ; mais il leur préféra bientôt les leçons des mathématiciens et des physiciens. Il s'occupait volontiers dlobservations astronomiques, et lit paraître, dès l'année 1761, sa traduction (les mémoires de l'académie royale des sciences de Paris, avec les observations qu'il avait faites à Drontheim sur le passage de Vénus sur le soleil. Nommé l'année suivante géomètregéographe par la société royale des sciences de Copenhague, il mesura, jusqu'en 1765, vingt à vingtquatre lieues carrées par an dans le Seeland, et profita de ce n'aval' pour former quelques jeunes gens à la mesure géographique. Il devint professeur d'astronomie et de mathématiques à l'université, en 1777, et entreprit alors, aux frais du gouvernement danois, un voyage scientifique en Allemagne, en Hollande, en France et en Angleterre. A son retour, l'observatoire reçut d'importantes améliorations, par le chan- gement d'une tour nommée la Tour ronde. Le gou- vernement danois le pourvut d'instruments précieux pour ses observations astronomiques. Par l'usage fit de ces instruments, Bugge arriva à plusieurs découvertes importantes, par exemple, sur l'étoile fixe Algol, dans la constellation de Persée, sur la planète de Saturne. Il fit confectionner, d'après son vention, un compas d'inclinaison, pour déterminer l'inclinaison de l'aiguille aimantée. Il inventa aussi un instrument fait avec du mercure pour déterminer les niveaux. Des observations continuées pendant plusieurs années l'amenèrent à ce résultat, que la pluie tombe en plus grande quantité dans les régions basses que dans les régions élevées. Par suite d'une invitation qu'il reçut du gouvernement français, il partit pour Paris par ordre de son gouvernement en 1798, afin de conférer avec les commissaires de l' national sur l'unité principale des poids et mesures, d'après les principes prescrits par la nature ellemème, ou sur la véritable grandeur du mètre et du kilogramme. L'Institut s'empressa (l'admettre l'illustre savant dans son sein. En 1807, lors du bombardement de Copenhague par les Anglais, Bugge, tandis que sa maison brûlait, au lieu de songer à sauver sa bibliothèque et ses instruments, chercha et trouva le moyen de sauver les instruments astronomiques de l'observatoire royal, trésor scientifique confié à sa surveillance, ainsi que les gravures en cuivre pour les cartes appartenant à la société des sciences. Cette preuve d'un dévouement aussi pur fut récompensé par l'ordre de Danebrog et les fonctions de conseiller dStat. Il mourut le 15 janvier 1815, laissant une réputation de science égale à celle de ses vertus privées. Outre plusieurs excellentes cartes géographiques, il a laissé de nombreux écrits sur différentes parties de la science : Des- , ertption de la manière dc mesurer qu'on a employée pour dresser Ifs cartes géographiques du Danemark; 2° Premiers Eléments dc. l'astronomie sphérique et théorique; 3° Premiers Eléments des mathématiques pures ou abstraites, 3 vol. ; 4° Voyage à Paris en 1798 et 1799 ; 5° divers mémoires dans les publications de la société royale des sciences de Copenhague, dans celles de la société de littérature scandinave, dans les Mémoires de l'académie royale des sciences de Paris, dans les Philosophical Transactions, etc. Ou conserve de lui plusieurs ouvrages manuscrits à la bibliothèque royale rie Copenhague. Membre de la société royale de Londres, de Stockholm, de St- t'étersbourg, etc., Bugge eut une vie non moins illustrée, mais beaucoup plus heureuse que celle de son compatriote TychoBrahé.
  • Thomas BURNET : médecin écossais, fit ses études à Cambridge, voyagea en plusieurs contrées de l'Europe, devint membre du collége des médecins d'Édimbourg, et médecin du roi d'Angleterre. On ne connait aucune particularité de sa vie : il mourut en 1715. Jircher l'a confondu avec le précédent; mais la Biographie anglaise les distingue. Il a laissé deux ouvrages utiles et estimés : 10 Thesaurus medi- cime practicce, Londres, 1673 ; Genève, 1678 ; 1698 Venise, 1687 2; 1733,- Lyon, 1702 ; traduit en français, 1691, vol. C'est un choix tiré des meilleurs praticiens. 2. Hippocrates contractus, in quo Hippocratis omnia in brevem epitomen redacta habentur, Édimbourg, .1685 ; Leyde, 1686 Vienne, 1737 ; Londres, 1743 1717 et Strasbourg, 1765 C'est un excellent abrégé de ce qu'il y a de meilleur dans les différents ou-, vrages d'Hippocrate C
  • Thomas BURNET( 1635 - 1715) : jurisconsulte et théologien écossais, né à Croft, au comté d'York, vers 1635, fut élevé à l'université de Cambridge, oit il entra en 1651, et reçut en 1658 le degré de maitre èsarts. Il publia en 16801a première partie de sa Telluris Theoria sacra dont la dernière partie parut en 4689. Cet ouvrage, dont la meilleure édition est celle de 1699 traite des révolutions qu'a éprouvées et que doit éprouver la terre jusqu'au jugement dernier inclusivement; il eut d'abord un grand succès en Angleterre. L'auteur le traduisit luimême en anglais, et cette traduction en était, en 1726, à la sixième édition. Addison en parle dans une de ses odes avec une sorte d'enthousiasme. Cependant cet ouvrage a été réfuté dès sa naissance par Herbert, en 1685; par Erasme Warren, en 1690, et surtout par lesavant docteur Keill, en même temps que le clergé a désapprouvé, diton, les écrits de Burnet comme tendant au scepticisme. Le jugement que Buffon a porté de Burnet et de son système mérite d'être rappelé : « Son livre, dit notre éloquent naturaliste, « est élégamment écrit ; usait peindre et présenter « avec force de grandes images, et mettre sous les « yeux des scènes magnifiques. Son plan est vaste ; « mais l'exécution manque, faute de moyens; son « raisonnement est petit, ses preuves faibles, et sa « confiance si grande, qu'il la fait perdre à son lec- « teur. » On peut voir à la suite de ce passage une analyse trèsbien faite du système géologique de a et leurs résultats, sans y regarder de bien près pour découvrit' si « tel ou tel rot ou ministre possédait quelques qualités aimables, s'il a « eu dans sa mauvaise conduite quelques lueurs de justice et de bon « sets, s'il pouvait alléguer quelque excuse pour m'entier quelques-« uns de ses torts ; elle a porté sou arrêt sur les deux derniers « Stuaris et condamne leur mésuoire avec mépris. C'est aussi le ré-« sultat auquel Burnet conduit ses lecteurs; mais en même temps il « leur fait voir tout ce qui peut en tempérer la rigueur. Il a vécu « avec les hommes dont il parle ; quelquesuns l'ont traité avec bien-« veinure, d'autres lotit amusé par les agréments de leur esprit « il comprend leurs erreurs, leurs torts, leurs vices même, el, quoi « qu'il eu pense on qu'il en dise, il reste toujours dans son sentiment a et ses paroles quelque chose e celle indulgence involontaire qui « s'attache à des relations personnelles, et n'est guère qu'une justice « fondée sur une connaissance plus exacte des caractères et des si-« mations. » R. Burnet. L'archevêque de Cantorbéry , son professeur, le fit nommer chapelain ordinaire du roi Guillaume, et secrétaire du cabinet du prince ; mais le mécontentement qu'excita dans le clergé son ouvrage intitulé : Archceologice philosophicce, sive doctrina antiqua dc rerum originibus, 1692, le lit renvoyer de cette place. Il mourut le 27 septembre 1715. Après sa mort, on a publié de lui : de Fide el Officiis christianorum, et de Statu mortuorum el Re- surgentium, Londres, 1725 Ces deux ouvrages, ainsi que les Archeeologice philosophicce, ont été réimprimés à Londres en 1727 ; ils ont été traduits en français, le premier par J. Bion : Traité des morts el des ressuscitants, Rotterdam, 1731, petit ;le second par Bandé : Traité de la foi el des devoirs des chrétiens, Amsterdam, 1729
  • Thomas BUTTON : navigateur et mathématicien habile, était attaché au service du prince Henri, fils alné de Jacques I", roi d'Angleterre, et fut envoyé par ce prince, en 1611, pour continuer au nordouest les découvertes commencées par Hudson. Il partit avec deux vaisseaux qui portaient comme ceux de Cook, dans son dernier voyage, les noms de la Résolution et de /a Découverte. Arrivé au détroit de Hudson, oit il entra par le sud des îles de la Résolution, il y fut quelque temps arrète par les glaces. Enfin il toucha à l'ile de Digg, où il construisit mie pinasse que l'on avait apportée démontée d'Angleterre. En s'avançant à l'ouest, il vit, à 62° de latitude, une terre, qu'il nomma Carey. s srans de là il fit voile au sudouest, et revint au nord, où il découvrit, au 600, une côte que ce retour lui fit nommer Terre de l'Espérance déçue. Bientôt l'hiver rigoureux de ces parages l'obligea à hiverner par le 570 10 dans un port à l'embouchure d'une rivière. il donna à l'une et à l'autre le nom de Nelson, maitre de son navire. Dutton assura le mieux qu'il put les vaisseaux contre les glaces et les hautes marées , au moyen de pilotis qu'il lit enfoncer dans l'eau. On passa l'hiver dans les navires où l'on tint constamment trois feux allumés; malgré ces précau- tion.s, Button perdit plusieurs personnes de son équi- page; luiméme fut trèsmalade au commencement de l'hiver. La rivière Nelson n'était pas encore gelée Mit 16 février, quoiqu'il eût déjà fait extrêmement froid. Button ne mit à la voile que deux mois après, pour explorer la côte, ouest de la baie qu'il appela de son nom baie de Rution; la terre voisine reçut celui de Nourelle- Galles. Il trouva au 60. degré un courant qui portait tantôt à l'est, tantôt à l'ouest, ce qui engagea le second maitre de navire à désigner sur la carte cette circonstance, par le nom de Hub- harts hope. Button poussa ses recherches jusqu'au 65e degré, et les observations qu'il lit dans ces parages le convainquirent de la possibilité d'un passage au nord. Il appela une baie de la terre de Carey's svans nest, située sous ce parallèle, Non plus ultra, et les caps du sud et de l'est, Southampton et Pem- broke; il découvrit à l'est les lies Mansfield. Arrivé au cap Chidley, il découvrit, entre cette pointe et la terre de Labrador, une ouverture par laquelle il passa, et arriva en Angleterre en seize jours, dans l'automne de 1612. On doit regretter que son journal, qui contenait des observations importantes sur les marées et sur d'autres objets de géographie physique, n'ait pas été publié ; on n'en a qu'un extrait dans la compilation de voyages de Samuel Purchas intitulée Purchas, lus Pilgrims. Maton fut créé chevalier
  • Thomas CAIUS : théologien, né dans le comté de Lincoln, et élevé à Oxford, mort en 1572, dans le collége de l'université, dont il avait été nommé principal en 1561, a donné : 1° Assertio antiquitatis Oxoniensis academioe, 1566. C'est pour répondre à cet ouvrage que Jean Caïus publia sur l'antiquité de l'université de Cambridge les deux traités indiqués nos 2 et de son article. 2° La traduction en anglais de la Paraphrase sur Si. Marc, par Érasme. 3° La traduction du grec en latin du livre d'Aristote, de Mirabilibus mundi; celle des tragédies d'Euripidedu Nicoclès d'Isocrate, etc. 4° Les sermons de Lou-- gland, évêque de Lincoln, traduit de l'anglais en latin
  • Thomas CAMBIATORE( 1300) : né à Parme, vers la fin du 14e siècle ou au commencement du suivant, se distingua particulièrement par ses connaissances et ses talents= en jurisprudence et en pogie. On lui doit une traduction de l'Enéide de Virgile en tercets, ou terza rima. Cette version peu élégante n'aurait probablement pas vu le jour, si elle n'eût été revue, corrigée, et en grande partie refaite par JeanPaul Vasio , qui la publia pour la première fois à Venise, en 1552, en prévenant qu'elle avait été faite par Cambiatore, Le même Vasio en donna une seconde édition, avec de nouvelles corrections, Venise, 1558. Il n'y mit point le nom de Cambiatore, mais seulement le sien. C'est de cet éditeur que nous savons que Cambiatore fut couronné poète par les mains de l'empereur Sigismond. Cette cérémonie eut lieu à Parme , non en 1430, comme le dit Vasio, mais le G mai 1452. Cam-- biatore fut lié avec le célèbre Léonard Bruni d'Arezzo. Il n'était pas seulement poète et jurisconsulte, mais encore moraliste. Il laissa un traité : de Judicio libero et non libero, dédié au marquis Léonel d'Este, et que possède en manuscrit la bibliothèque de Modène
  • Thomas CAMPANELLA( 1568) : naquit à Stillo, bourg de la Calabre, le 5 septembre 1568. Ses parents ne négligèrent rien pour son éducation, et il répondit tellement A leurs soins, que, dès l'âge de treize ans, il écrivait avec une égale facilité en vers et en Prose: aussi Baillet lui atil accordé une place dans son livre des Enfants célèbres. A quatorze ans et demi, il entra dans l'ordre des dominicains, et ses progrès en théologie ne furent pas moins rapides que ceux qu'il avait faits dans les lettres. Bientôt son premier couvent, où On déterminerait difficilement aujourd'hui ce qu'il y eut de vrai dans la première de ces imputations. Gabriel Naudé, ami particulier de Campanella, lui prête, dans ses Considérations politiques sur les coups d'E- tai, l'intention de se faire roi de la Calabre supérieure. Piétro Giannone, historien du royaume de Naples, dit formellement qu'il trama dans son pays une conspiration, se faisant appeler le Messie; que sa troupe était composée de piètres, de moines; de bandits; qu'ils devaient massacrer tous les Espagnols, se déclarer indépendants, et former une république; que, pour réussir plus sûrement dans ses projets, Campanella avait fait alliance avec les Turcs, dont la flotte aurait secondé son entreprise; mais qu'elle fut heureusement déjouée par le comte de Lémos. Quoi qu'il en soit, le récit des tourments qu'endura dans sa prison notre Calabrais fait horreur. Il fut mis cinq fois en jugement, et subit jusqu'à sept fois la question. Sa détention dura vingtsept ans entiers. Enfin, après plusieurs tentatives inutiles, il obtint sa liberté le 15 niai 4626, sur la demande expresse du pape Urbain VIII à Philippe IV, roi d'Espagne. Gabriel Naudé a célébré cet événement dans son Panegyrieus Urbano VIII , son disciple, l'élève jusqu'aux nues ; jouant sur le nom de Campanella, il s'écrie Adpensa mundi tinniens in angulo, Dormire forte dum placet mortalibus, Multum sonando suscitat Campanula. Sorbière l'appelle Monachum ineptissimum et indoc- tissimum Cardani simiam. César de Branchedor dit que, dans cet homme extraordinaire. le démon a voulu prouver tout ce que peut l'esprit humain. Grotius le nomme rèveur ; Boecler, hominem callidis- simum et ad fraudent acutum, sine tilla religione ac fide. Naudé lui donne les plus grands éloges. On ne peut nier, en effet, que Campanella eût un esprit profond, une imagination vive et hardie ; mais son asservissement aux rèveries de l'astrologie judiciaire, et la manie de l'argumentation qu'il emprunta de son siècle, nuisirent beaucoup au développement de ses lumières. Parmi ses principes de physique et de philosophie, on remarque les suivants : l'essence et l'existence des ètres sont une seule et même chose le lieu est une substance primitive, incorporelle, immobile, propre à recevoir tous les corps ; le froid et le chaud sont les deux grands agents de la nature : le premier a produit la terre, l'autre le ciel ; la Matière et toutes les parties possibles d'icelle, tant petites soientelles, sont douées de sentiment ; les trois grands attributs de la Divinité sont : puissance, amour, sagesse; c'est la triade principiante, de laquelle tout est émané, etc. Les ouvrages imprimés de C.:mpanella sont : 1Philosophia sensibus demonstrata; adversus eos qui proprio arbitratu, non autem sensata duce nattera philosophati sent eum vera defensione Bernardi Telesii, Naples, 159 I l'auteur y traite du principe des mixtes. de la formation du foetus, du ciel, du monde, des éléments, du cours oblique du soleil, du mélange des éléments, de leurs qualités et du mouvement. 2° Prodromus philosophie instaurandoe, sen de natura rerum, cum proefatione ad philosophas Germanie, Francfort, 1617 cette préface est de Tobie Adami, éditeur de l'ouvrage. 50 De Sensu renon et Magia libri 4, ubi demonstratur mundum esse Dei vivam Tobie Adami naquit à Werda, le 50 aotit 1581, et mourut à Weimar, où il était conseiller aulique, le 29 novembre 4643. Dans sa jeunesse, il fit le voyage de la terre sainte avec Boitas. dont il était le gouverneur. A son retour, il passa par Malte, par Naples, où il connut Campanella qui languissait dans les prisons; il y séjourna huit mois entiers. Campanella lui confia plusieurs ouvrages pour les faire imprimer, et jamais Adami n'abusa de sa confiance. statuam, beneque cognoscentem; mines juins partes sensu donatas esse, quatenus ipsarum conservationi sufficit, et fere omnium nature arcanorum aperittn- fur rationes, Francfort, 1620 publié par Tobie Adami ; et Paris, Boullanger, 1656 2° édit. donnée par Campanella luimême, et dédiée au cardinal de Richelieu. Cet ouvrage, composé pen- dant sa détention, est un des plus curieux de l'au- teur , il s'efforce d'y prouver que les &lies que nous regardons comme les plus insensibles, tous, jusqu'aux cadavres, sont doués du sentiment. On y trouve aussi l'opinion que le nombre des mondes est infini, que les planètes sont habitées, et que le soleil s'approche insensiblement de la terre, pour la brûler au jour du jugement. Le P. Mersenne et D.G. Morhof s'élevèrent avec force contre ce livre. Ce fut aussi sur le même sujet qu'Athanase le Rhéteur, piètre de Constantinople, composa en grec un And- Campanella, abrégé depuis par luimême en latin, Paris, 1655 Realis philosophie epilogisticte partes 4 rom Tob. Adami annotai., accedit appen- ' dix politicus, sub hoc titulo, Civitas salis, seu idea reipublicce philosophicoe, Francfort, Eumelius, 1620; Tampachius, 1625 ces quatre parties de la philosophie sont la physique, la morale, l'économie et la politique ; c'est à la dernière que se rattache la Cité du Soleil, espèce de roman utopique, que Cam- panella met luimême fort audessus de la Républi- que de Platon, mais que Conringius trouve avec raison inférieur à celui de Thomas Morus. L'auteur y établit la communauté des femmes. L'ouvrage est terminé par des questions de Campanella contre les sectes anciennes et modernes. La Cité du Soleil a été plusieurs fois réimprimée ; elle se trouve entre autres dans le Mundus alter el idem de Mercurius Britannicus , Utrecht, 1643, 1648 Apologia pro Galileo, ubi disquiritur utrum ratio philosophandi quam Galileus celebrat faveat Scriptu- ris sacris, an adversetur, Francfort, Kempffer, 1622 publiée par Adami. 6. Astrologicorum libri 6, Lyon , 1629 et Francfort, 1650 édit augmentée d'un 7e liv., de Fat syderali vi- tando ; l'auteur s'efforce d'y faire concorder les données de l'astrologie avec les doctrines de Si. Thomas, d'Albert le Grand et de l'Ecriture sainte. 7° Aiheis- mus triumphatus , sets contra antichrislianismum, Borne, 1651 Le premier titre fut donné à l'ouvrage par Scicppius; on a prétendu, peut-être sans beaucoup de fondement, que celui d'Atheismus triumphans lui conviendrait mieux, parce que Campanella n'y combat que faiblement les arguments qu'il piète aux athées. La 2e édition de ce livre, plus recherchée que la première, est de Paris, Dubray, 1636 elle est augmentée des res 11 et 12. 8° Monarchia Messie, ubi, per philosophiam divinam et humanam, demonstrantur jura StInimi pontificis super universum orbem, Jeu, Arnazzino, 1633 9° Discorsi della libertà e della felice suggetione alla 'auto ecclesiastico, ibid., 1635 ces deux ouvrages, extrèmement rares, que l'on réunit ordinairement, furent supprimés sur la demande de plusieurs souverains, et sont recherchés des curieux : Niceron ne les a pas connus. 10° Ilfe- dieinalium juxia proprio principia libri septem, Lyon, Pillehotte, 1635 publiés par Jacques Gaffarel. L'auteur s'y montre aussi confiant dans l'astrologie judiciaire que peu instruit en anatomie; il attribue la préparation de la bile à la rate.11° De Gentilismo non relinendo, qucestio unira, Paris, 1656 il examine dans ce livre s'il est permis de contredire Aristote, et de jurer in verba magis- tri. 120 De Prcedestinatione, Electione, Reprobatione et Aualliis divince gratice, cento thomisticus, Paris, 1636 ; il rejette les opinions de St. Augustin et de St. Thomas , pour suivre celle d'Origène. 13. Disputationum in suant philosophiam realem li- bri quatuor, Paris, 1657 14° Philosophie° rationalis partes quinque, Paris, 1638 ce livre avait été composé pendant sa détention. Les cinq parties de la philosophie rationnelle sont : la grammaire, la dialectique, la rhétorique, la poétique et l'histoire. 11 définit la rhétorique, l'art de conseiller le bien et de dissuader le mal, d'où ilsuivrait qu'un beau plaidoyer sur une mauvaise cause n'appartiendrait plus à cet art. 15° Universalis Philosophie° sett metaphysicarum rerum libri 18, Paris, 1638, 460 L'cloqa in partentosam Nativitatem Del- phini GaLliœ, Paris, 1639, ; on voulut l'attaquer sur le choix du mot portentosa, que l'on prétendait ne se prendre qu'en mauvaise part, mais il prouva le contraire. 17. De Monarchia hispanica Discursus, Amsterdam, Elzevir, 1640 Harderwick, 1640; Amsterdam, 1653 ; traduit en italien, en anglais et en allemand, fort augmenté, par Besold. Campanella composa ce livre en prison; il y fournit au roi d'Espagne les moyens de parvenir à la monarchie universelle. 18° De Libris pro- priis et recta Ratione studendi Syntagma, Paris, 1642 Gabriel Naudé fut l'éditeur de ce livre, que réimprimèrent Grotius dans son recueil de Studiis instituendis, Amsterdam, Elzeir, 1645 ; et Th. Crénius dans le traité de Philologia, Leyde, 1696 Presque tous les ouvrages de Campanella sont rares, et portent au frontispice une clochette. On trouvera dans les Script. ord. catorum des PP. Quétif et Echard deux autres de ces ouvrages, l'un formé d'après le traité de Libris propriis, l'autre conforme au plan que donne Campanella pour une nouvelle édition de ses œuvres, en 10 vol. à la fin de sa Philosophie rationnelle. Les nièmes religieux donnent aussi le ca- talogue exact des ouvrages manuscrits de leur confrère, composé de plus de cinquante articles. La vie de cet homme célèbre a été écrite en latin par Er- nest Salomon Cyprien, Amsterdam, 4705. 1722 On peut aussi consulter sur le mène sujet, Bayle, Chauffepié, Toppi, Nicodemo, Brucker , Lorenzo Crasso, les Mémoires du P. Niceron, t. 7, et même l'Encyclopédie, où l'on trouve un court exposé de la philosophie de Campanella, tiré de Brucker
  • Thomas CAMPANIUS : savant suédois , qui, piqué de voir que nulle part on ne faisait mention des efforts de ses compatriotes pour prêcher 1-Évan- gile aux infidèles, résolut de les faire connaître. 11 recueillit dans les mémoires de quelques ecclésiastiques suédois qui avaient exercé les fonctions du ministère évangélique auprès des communautés de cette nation, établies en Pensylvanie et en Virginie, les documents d'après lesquels il écrivit dans la langue de son pays un ouvrage intitulé : Description abrégée de la province de la Nouvelle- Suède en Amérique, appelée aujourd'hui Pensylvanie, Stockholm, 1702 avec figures. Ce livre contient des considérations générales sur l'Amérique, et sur la manière dont elle a été peuplée , sur les voyages que los Européens y firent au 10' siècle, époque à laquelle ils lui donnèrent le nom de Vin/ and. On y trouve aussi l'histoire particulière des établissements suédois, et le journal d'un voyageur de cette nation >qui y séjourna en 1642 ; les causes qui firent perdre cette colonie à la Suède, et le détail des relations ui continuèrent à exister entre ce pays et- la métro- , oie, sous le rapport religieux ; enfin un vocabu- laire suédois et virginien. Cet ouvrage donne connaissance de particularités intéressantes, et l'auteur réfute les erreurs d'un certain F.D. Pastorius, qui, en 1700, avait publié en allemand un assez mauvais livre sur la Virginie
  • Thomas CAMPÉGE : neveu du cardinal Laurent, qu'il accompagna dans plusieurs légations, et auquel il fut associé dans le gouvernement de Parme et de Plaisance. Paul III le nomma pour succéder à son oncle dans l'évêché de Feltri, et l'envoya en 1540, avec le titre de nonce, à la conférence- de Worms, qui fut presque aussitôt rompue que commencée. 11 se trouva en 1545 à l'ouverture du concile de Trente, et lit décider dans la seconde session qu'on traiterait ensemble des dogmes et de la réformation. Ce prélat mourut à Rome le 1 1 janvier 1564, à 64 ans. On a de lui plusieurs petits traités, oit règnent une grande méthode, beaucoup de clarté dans les raisonnements, et moins de préventions que dans la plupart des autres théologiens ultramontains de son temps. Le plus considérable, le plus rare et le plus curieux de ces traités, est celui de Autoritale SS. conciliorum, Venise, 1561. Il y suppose que le pape peut tomber dans l'hérésie, et étre déposé pour cela dans" un concile général; mais il soutient que, hors ce seul cas, dans quelque désordre qu'il tombe, le concile ne peut ni le déposer, ni lui imposer de loi, mais seulement lui résister et défendre de lui obéir dans ce qu'il commanderait au préjudice du bien de l'Église. Quoiqu'il enseigne que régulière- ment c'est au pape à convoquer les conciles, il reconnaît qu'il y a des cas où, à son refus, ce droit est dévolu aux cardinaux, et que, si les cardinaux refu- saient de le faire, le prince, comme protecteur des saints canons, pourrait y pourvoir, et mème que les évoques seraient en droit de s'assembler de leur propre mouvement. Considérant le pape comme supérieur au concile, il prétend que les décrets doivent être publiés au nom du pape lorsqu'il y est présent, et être confirmés par lui lorsqu'il est absent. Du reste, il ne reconnaît point d'infaillibilité pour les faits, ni dans le pape, ni dans lc concile, mais uniquement pour les décisions de foi. Les autres pr traités de Campége sont : sur l'Autorité et la Puissance du pape, diaprés les métnes principes; sur la Résidence des pasteurs, dont il prouve l'obligation sans la croire de droit divin; contre la pluralité des bénéfices et contre la simonie ; sur les Annates, dont il attribue l'institution au concile de Vienne en 1311 ; sur les Réserves des bénéfices, qu'il s'efforce de ,justilier; sur les Mariages des catholiques avec les hérétiques, dont il admet l'indissolubilité, en reconnaissant toutefois dans le pape le droit d'établir un empèchement dirimant dans ce cas; sur le Célibat ecclésiastique, pour prouver qu'on ne tloit point abolir la loi qui oblige au célibat ceux qui sont dans les ordres sacrés, etc. , etc. — Le comte Rodolphi CAMPÉGE, de la mème famille lue les précédents, mort le 28 juin 1624, était renommé par ses connaissances en jurisprudence. Il a laissé des poésies en deux tomes, parmi lesquelles on distingue un poème intitulé : Lacrime di Maria rergine, et un épithalame MW le mariage de Christine de France avec Victor - Amédée, duc de Savoie, sous le titre consolcaa
  • Thomas CANDISH ou CAVENDISH : gentilhomme du comté de Suffcilli.,, encouragé par le suce4 dé l'expédition de Dralté dans là mer du Sud, partit dé Plyinouth le 2C jnillet 1586, avec trois vaisSeatix. Sa navItratiOn fut heureuse ;. le 27 né. déceritbre, il relaclina daM Un port Sur ia Côté des Patageili, et l'appela port Désiré, du nom du vaisseau qu'il montait. Il entra le 6 janvier 1587 dans le détroit de Magellan; le lendemain, il prit à bord de son vaisseau vingt et un Espagnols, restés seuls de cette colonie, qui avaient été conduits en ce lieu par le capitaine Sarmiento. Le gouvernement d'Espagne avait cru pouvoir réussir à fortifier et défendre l'entrée de ce détroit ; mais de quatre cents hommes et de trente femmes, il ne restait que les malheureux qu'y trouva Candish. On voyait encore les restes du fort appelé Philippeville. Le capitaine anglais donna à cette colonie le nom de Port de Famine. Après avoir passé le détroit et fait de grands dégâts sur les côtes du Chili, du Pérou et de la NouvelleEspagne, il fut obligé de brûler un de ses vaisseaux à cause de la diminution de son équipage, et toucha aux Philippines, après avoir été séparé de l'autre, qu'on n'a jamais revu. Il rentra à Plymouth le 9 septembre 1588. Candish entreprit un second voyage avec une flotte de cinq batiments, et partit de Plymouth le 6 août 1591. La traversée fut assez heureuse ; mais on éprouva une terrible tempête sur la côte des Pa- lagons. Toute la flotte se rejoignit cependant le 8 mars 1592 dans le port Désiré, et entra dans le détroit de Magellan; mais les vents furent si constamment contraires, que les vaisseaux ne purent doubler le cap Frovrd ; bientôt les vivres manquèrent ; les froids excessifs firent périr la plupart de ceux qui étaient descendus à terre ; quelques batiments abandonnèrent Candish. Pour comble de disgrâce, les Anglais furent, à leur retour, battus par les Portugais sur les côtes du Brésil. Candish, accablé de fatigues et de chagrin, mourut en route en 1593
  • Thomas CAREW : poète anglais du 17e siècle, élevé à Oxford et mort en 1659, était gentilhomme de la chambre privée de Charles 1er, et l'un des beaux esprits de sa cour. On a de lui quelques poésies et une pièce de carnaval, intitulée : Coelum Britannicum, jouée à Whitehall, en 1655, le jour du mardi gras, par le roi, le duc de Lenox, le comte de Devon, etc. Ces ouvrages ont eu plusieurs éditions, dont la 1" est de Londres, 1651 Les poésies de Carew se composent d'odes lyriques et de sonnets amoureux. On y trouve la gràce et la facilité d'un homme du monde. Il a été ridiculement loué par Ben Johnson. et Davenant
  • Thomas CARR( 1599 - 1674) : dont le véritable nom était MILES PINKNEY, d'une ancienne ramille de Brooliall, fut envoyé jeune au collège anglais de Douai, où il se distingua par sa piété et par ses progrès dans les lettres. Après avoir eté pendant dix ans procureur de ce collège, il se rendit à Paris, et y fonda le monastère des Augustines anglaises, dont il fut le directeur jusqu'à sa mort, arrivée le 31 octobre 1674, à 75 ans. C'était un homme modéré, pacilique, intelligent dans les affaires. Le cardinal de Richelieu avait beaucoup de considération pour lui. 11 était consulté sur les cas les plus difficiles en matières ecclésiastiques. Ses biens furent employés en bonnes œuvres. 11 fournit les premiers fonds pour l'établissement du collége des Anglais à Paris. Ses nombreuses occupations ne l'empêchèrent pas de donner au publie les ouvrages suivants : 10 Pieuta Parisiensis, Paris, 1666 C'est une description des hôpitaux de cette ville. 2° Douces Pensées de Jé- sus el de Marie, 1663 Ce sont des méditations en anglais, pour les dimanches et les fetes du Sauveur et de la Ste. Vierge. 3° Le Gage de l'éter- nité, traduit du français de Camus, évêque de Belley, 1632 4° Les Soliloques de Thomas à Kempis, traduits du latin, Paris, 1653 Divers traités sur le culte, la prière, les anges, les saints, le purgatoire, la primauté du pape, la perpétuité de l'Église, composés en grande partie avec le docteur Cosens, Paris, 1646 7° Traité de l'amour de Dieu, traduit de St. François de Sales, Paris, 1630, 2 vol. ; et quelques autres traductions du même genre
  • Thomas CARTE( 1686 - 1754) : historien anglais, naquit en 1686, à Clifton, dans le comté de Warwick, et étudia à Oxford et à Cambridge. Étant entré dans les ordres, un sermon qu'il prêcha à Bath le 50 janvier 1714, et qui avait pour objet de justifier Charles I«, relativement au massacre d'Irlande, l'entraîna dans une controverse avec un ministre dissident, nommé Chandler, ce qui lui donna occasion de publier son premier ouvrage : le Massacre irlandais présenté sous son vrai jour. Attaché aux intérêts de la maison de Stuart, il refusa de prêter serment à George Ier, et quitta l'habit ecclésiastique. Quelque part qu'il parait avoir eue dans la rébellion de 1715, et plus encore l'honneur alors dangereux d'avoir été secrétaire de l'évêque Atterbury, le rendirent tellement sus- qu'une récompense de 1,000 liv. sterl. fut promise à quiconque se saisirait de sa personne. Il s'enfuit en France, où il résida plusieurs années sous ' le nom de Philips ; il y travailla à une édition anglaise de l'histoire du président de Thou, édition qui parut ensuite en 7 volumes Londres, 1733. Ce travail fut si bien accueilli par ses compatriotes, qu'on assure qu'il fut affranchi de tous droits et impositions sur le papier et l'impression. La reine Caroline ayant obtenu pour lui la permission de rentrer en Angleterre, il s'occupa alors d'un de ses plus importants ouvrages, l'Histoire de la vie de Jacques, duc d'Ormond, depuis sa naissance, en 1610, jusqu'à sa mort en 1688, en 5 vol. dont le 3°, qui n'est qu'un recueil de lettres écrites par Charles Charles 11, le duc d'Ormond, les secrétaires d'État, etc., pendant les troubles d'Angleterre et d'Irlande, parut d'abord en 1755 : le ler et le 2° furent publiés en 1756. Un abrégé de cet ouvrage parut en français, sous ce titre : Mémoires de la vie de mylord duc d'Ormond traduits de l'anglois, la Haye, 1737, 2 vol. Carte fit imprimer en 1738 le projet d'une Histoire générale d'Angleterre, qui devait être rédigée dans un esprit et des principes différents de ceux de Rap dont le succès semblait affecter extrêmement le parti opposé à la maison de Hanovre. En 1744, quelques craintes d'une nouvelle entreprise de la part du prétendant ayant réveillé contre Carte d'anciens soupçons, il fut arrêté, et subit un interrogatoire à la suite duquel on le mit en liberté. Cette circonstance fut trèsfavorable à son ouvrage. Un grand nombre de souscriptions furent ouvertes par des particuliers et par diverses compagnies de Londres pour en faciliter la publication. Le 1°' volume parut en 4747 mais malgré le mérite que l'on y reconnut, l'auteur, à l'occasion du sacre des rois d'Angleterre et des merveilleux effets qu'on lui attribue, ayant inséré dans une note l'histoire d'un nommé Christophe Lovel, qu'on disait avoir été guéri des écrouelles par le prétendant, à Avignon, en 1716, cette preuve de crédulité et d'esprit de parti nuisit beaucoup au succés de l'ouvrage, et fut cause que la corporation de Londres se détermina à retirer sa sous- cription. Carte poursuivit néanmoins son entreprise. Le .'../e et le 5e volume furent imprimés en 1750 et 1752 , et le 4e après la mort de l'auteur, en 1755. L'ouvrage est plein de recherches utiles, mais il est assez mal écrit. Carte s'était proposé de le continuer jusqu'à la révolution de 1688, et avait rassemblé à cet effet un grand nombre de matériaux qui se trouvent aujourd'hui clans la bibliothèque Bodléienne. Il mourut le 2 avril 1754, près d'Abingdon, dans le comté de Berk. On rapporte que, ses papiers étant passés dans les mains d'un ecclésiastique qui avait épousé sa veuve , le comte de Hardwicke donna 200 liv. sterl. seulement pour les parcourir, et Macpherson a depuis acheté 300 liv. sterl. la permission d'en faire usage pour son Hiàtoire d'Angleterre et le recueil de papiers d'État , 1745 , 2 vol. Il est encore éditeur des Lettres de Robert Bothwel, ambassadeur d'Angleterre en Portugal en 1667, auxquelles il joignit un Abrégé préliminaire de l'histoire générale de Portugal, Londres, 1740 ; traduit en français par l'abbé Desfontaines , Paris, 1742, 2 vol
  • Thomas CARTWRIGHT( 1535 - 1603) : théologien anglais, de la secte des puritains , naquit vers l'année 1535, dans le comté de Ilertford , et étudia à Cambridge, où il devint par la suite professeur de théologie. Son talent comme prédicateur attirait une foule immense à ses sermons. S'étant permis d'attaquer la discipline de l'Église anglicane, les évêques se soulevèrent contre lui, résolurent de le perdre dans l'esprit de la reine Elisabeth, et réussirent à le faire expulser de l'université. Il passa sur le continent, fut quelques années ministre des négociants anglais à Anvers et à Middelbourg, revint eu Angleterre, malgré les persécutions dirigées alors contre puritains , et y publia même quelques écrits, oui il proposait une nouvelle discipline et de nouvelles formes de culte. Ces écrits ayant alarmé le gouvernement, Cartwright se vit obligé de sortir de nou veau du royaume. S'étant hasarde d'y rentrer au bout (le cinq ans , il fut arrêté et mis en prison comme séditieux. Délivré par le crédit du lord trésorier Burleigh et du comte de Leicester, qui lui donna la direction d'un hôpital fondé par lui dans le comté de Warwick, il ne jouit pas longtemps de sa liberté, et, après avoir été emprisonné à différentes reprises, il mourut en 1603 , âgé de 68 ans. Il était extrêmement laborieux , et ne donnait jamais plus de cinq heures au sommeil. Outre ses ouvrages de controverse, écrits en anglais, on a de lui : 1. Commentaria practica in totam historiam evangelicam, ex quatuor evangelistis harmonice concinnatam, 1630 Une belle édition de cet ouvrage a été publiée à Amsterdam par Louis Elzevir, en 1647 sous le titre suivant : Barmonia evangelica commentario analytico, metaphrastico, practico, illustrata , etc. 2° Commentarii succincti et dilucidi in Proverbia Salomonis, Amsterdam, 1617 et 1638 3° Metaphrasis et Homilice in librum Salomonis qui inscribitur Ecclesiastes, Londres, 1604 Amsterdam , 1647 , in -40. 4° Answer concerning church's discipline, 1575 5° Un Cours de théologie, Londres, 1616 etc
  • Thomas CARVE( 1590 - 1664) : né dans le comté de Tipperary, en Irlande, vers 1590, aumônier d'une légion au service de l'Empire, composée de soldats des trois royaumes, fit plusieurs campagnes en cette qualité, dans la guerre de 1655, et publia le récit des événements dont il avait été le témoin, sous ce titre : hinerarium Th. Carvoe, Mayence, 1639 ; 28 partie, MI ; 5' partie, Spire, 1646 Cet ouvrage, qui renferme quelques particularités curieuses, ne doit être lu qu'avec précaution, parce que l'auteur a recueilli sans examen beaucoup de bruits populaires. On a encore de Carve : Lyra, sine Ana«. cephaleosis Hibernica, cui accesserunt annales Hibernicœ, etc., 9. e édition, Sultzbach, 1666 L'auteur traite, dans cet ouvrage, de l'origine, des noms, des moeurs et des coutumes des peuples de l'Irlande. Les annales comprennent l'histoire de cette île depuis 1148 jusqu'en 1666. Carve était mort dès l'an ' 1664, à l'âge de 71 ans
  • Thomas CAWTON : théologien anglais du 17e siècle, né à Colchester, et élevé à Oxford, mort en 1617, figé d'environ 10 ans, a écrit la vie de son père, ministre de StBarthélemy à Londres, une dissertation sur la Langue hébraïque, et tin traité sur la Providence divine, publié après sa mort, en 1680, avec une notice sur l'auteur. Il a travaillé à la Polyglotte de N,Val ton et au dictionnaire de Castell, (pli accompagne cet important ouvrage
  • Thomas CEVA( 1648 - 1736) : né à Milan , le 20 décembre 1648, mort dans la même ville, le 5 février 1756. Entré de bonne heure dans la compagnie dite de Jésus il ne tarda pas à se faire connaltre comme mathématicien et comme poète. Il inventa un pour exécuter méraniquement la trisection de l'angle, et publia cette découverte en 1695. Les Italiens reprochent au marquis de Lhopital, qui la publia aussi dans son Traité des sections coniques, imprimé à Paris plusieurs années après, de n'avoir, fait aucune mention du P. Cela. Parmi ses poésic latines , on remarque surtout le poème intitulé Philosophia novo- antiqua , traduit en vers italien , par DenisAndré Sancassani Magati det Comacchio , Venise , 1750. Le Puer Mus , dédié al, Joseph Pr, roi des %mains , parut en 1690, et fut également traduit en vers italiens par monsignor Giorgi , évêque de Ceneda. Les autres ouvrages du P. Ceva sont : i diverses poésies latines et italiennes : on y trouve jusqu'à la solution géométrique du problème le plus intéressant de la vie humaine, celui de s'assurer la félicité éternelle , qui fait le sujet d'un poënie latin en 4 livres. 2. Opuscula mathematica , publiés en 1699 , où on trouvé des considérations assez ingénieuses sur la multisection de l'angle, soit par son instrument mécanique , soit par le secours de certaines courbes. 5' Une vie du poète Lemène , qui parut à Milan en 1706 , sous ee titre : le Memorie d'alrune viné del signor conte Francesco de Lemene, con & rune ri flessioni suite sue poesie.— Ceva eut deux frères, qui, sans égaler son mérite , furent aussi des hommes distingués. Le premier est Jean , commissaire de la chambre archiducale du duché de Mantoue , et savant mathématicien. 11 publia : 1° de Lineis redis se invicem serantibus , constructio statice, Milan, 1678 On y trouve, sur Ics centres de gravité, une théorie profonde et supérieure à ce qu'on avait publié jusqu'alors. 2' Opuscule malliematica , ibid. , 1682, 5° Geometria motus , Bologne , 1692 1\ off recommande beaucoup cet ouvrage, qui traite principalement du mouvement des eaux. 4° Tria Problemata geomaris proposita, Ill an toue , 17 I 0 5. De Re nummaria, quoad fieri poluit, geo- metrice fractale , ibid., 1711 , 6° De ', lundi Fabrica, unie° grafflatis principio , deque fluminibus , etc., Mantoue, 1715 70 Hydros- matira , ibid., 17.28 — Le second, Christophc "Mitait poéte. 11 se lit jésuite en 1666, et mouI Ii au bour2. StSépulcre en Toscane , le 28 mai •19. Quelquesunes de ses poésies latines ont été ',primées par les soins de son frère Thomas; elles trouvent , en forme d'appendice , à la tin des 'ro de ce dernier, imprimées à Venise en 1752. avait traduit en vers latins la Jérusalem dé/ivrée, .cite traduction, qui n'a pas étê publiée, s'est conervée en manuscrit dans la riche bibliothèque de 'abbé Fr. Carrara de Bergame. Le savant abbé Se- assi, auteur de la Vie du Tasse, donne à cette tra- 'action la préférence sur toutes celles (Jul ont été aites, en vers latins, du même poéme
  • Thomas CHALONER( 1515 - 1565) : né à Londres, vers 1515, fut élevé à l'université de Cambridge, où il se distingua par d'heureuses dispositions pour la poésie latine. Paraissantensuite à la cour, sous le règne de Henri VIII, il accompagna, comme gentilhomme d'ambassade, sir Henri Knevet, ambassadeur d'Angleterre auprès de l'empereur CharlesQuint. Son goût pour les entreprises hasardeuses l'engagea à suivre cet empereur dans son expédition contre Alger, où il pensa périr, le vaisseau qui le portait ayant été englouti dans la tempête qui dispersa toute la flotte. Chaloner, après avoir nagé quelque temps dans l'obscurité, sentait ses forces presque épuisées, lorsque, frappé à la tète par un câble, il le saisit avec les dents, et fut ainsi remonté, avec quelques dents de moins, dans le vaisseau auquel appartenait ce câble. Revenu en Angleterre, il fut nommé secrétaire du conseil. Sous le règne d'Édouard VI, il suivit en Écosse le duc de Sommerset, qui le créa chevalier, en 1547, après la bataille de Musslebourg, où Chaloner s'était conduit de la manière la plus brillante. L'attachement de Clialoner aux intérêts du duc nuisit, par la suite, à sa fortune, et nubile le rendit suspect à la cour ; mais il n'en resta pas moins lidéle à ses devoirs. Ses amis le sauvèrent des dangers de sa position, d'abord pendant la dernière partie du règne d'Edouard VI. et ensuite pendant celui de la reine blarie, où sa qualité de protestant aurait pu lui faire courir de plus grands risques encore. Elisabeth le prit en grande faveur, et l'envoya en ambassade auprès de l'empereur Ferdinand I", qu'il amusa de l'espoir du mariage de son fils avec cette princesse ; ce qui le détacha des intérêts du roi d'Espagne. Envoyé ensuite en Espagne, malgré sa répugnance, et obligé, par l'ordre d'Elisabeth, d'y demeurer, malgré les désagréments que donnaient à sa position, près d'un prince aussi ombrageux quo Philippe II, les méfiances subsistant alors entre les deux cours, il en conçut un tel chagrin, qu'il tomba dangereusement malade. Ayant alors obtenu. son rappel, il revint en Angleterre en 1561 ; mals sa santé était détruite : il mourut le 7 octobre 1565, âgé de 50 ans , laissant une grande réputation comme écrivain et comme homme d'Etat. Ses principaux ouvrages sont : 1. de Republica Angiorttin instaurata, libri decem, dont les cinq premiers livres seulement furent publiés du vivant de Chaloner, en 1564, et l'ouvrage complet en 1579, avec des vers de lord Burleigh en l'honneur de l'auteur, dont il était l'ami ; 2' un recueil de poésies latines, panégyriques, épitaphes, épigrammes, sous le titre de : de Illustrium quorumdam encontiis Niscellanea, cuna epigrammatis ac epitaphiis nonnullis, imprimé avec l'ouvrage précédent. Chaloner avait fait aussi un poème latin en l'honneur de Henri VIII, adressé à la reine Elisabeth, et ou autre sur la mort (le l'infortunée Jeanne Gray
  • Thomas CHALONER( 1559 - 1615) : fils du précédent, naquit vers 1559. Ayant perdu son père de bonne heure, il dut son éducation au grand trésorier Burleigh. 11 visita, en 1580, plusieurs contrées de l'Europe, et lit un long séjour en Italie, où il s'occupa principalement de recherches sur la chimie et l'histoire naturelle. A son retour, vers 158.1, il fréquenta la cour, où ses connaissances et ses manières polies le firent accueillir. Etant dans sa terre,Très de Gisborough en Yorkshire, l'aspect du pays voisin, qui lui offrit de la ressemblance avec celui des environs (le Pouzzol, dont il avait vu retirer de l'alun, lui lit penser que ce terrain pourrait aussi en fournir. Cette découverte eut lieu vers l'an 1600 ; mais il parait que Chahiner ne l'appliqua d'une manière utile que lorsqu'il eut fait venir des ouvriers des PaysBas et de France. Il ne jouit pas du fruit de ses travaux, qui avaient procuré à sa patrie une nouvelle branche d'industrie. La couronne s'empara de l'entreprise, comme faisant partie du droit régalien des mines, et l'afferma à un autre. Par la suite, le long parlement, considérant cet octroi comme un monopole, rendit l'exploitation à ses propriétaires primitifs. Vers la fin du règne d'Elisabeth, Chaloner, créé chevalier dès 1591, lit un voyage en Ecosse, où l'on croit qu'il fut envoyé par Robert Cécil. 11 y gagna les bonnes grâces de Jacques ler, qui, devenu roi d'Angleterre, lui confia l'éducation du prince Henri, son fils aîné. Après la mort de son pupille, Chaloner occupa un emploi à la cour, et mourut en 1615.11a écrit en anglais : de la Vertu du nitre, où l'on expose les diverses cures qui se sont opérées par son moyen, Londres, 1584 Ce petit livre montre chez son auteur une connaissance profonde des minéraux, et traite de leur usage en médecine, par le moyen de la chimie. — Thomas CHALONEII, un de ses fils, homme de beaucoup d'esprit et trèsinstruit, aigri probablement par l'injustice commise envers sa famille, au sujet des mines d'alun, se rangea parmi les mécontents. Il se distingua dans le long parlement, fut un des juges de Charles 1", et devint membre du conseil privé. Voyant que l'on s'occupait de rétablir la royauté, il publia un pamphlet intitulé : Discours contenant un plaidoyer pour la monarchie, où il proposait un grand nombre de restrictions au pouvoir royal. Lors de la restauration, il se retira prudemment en Hollande; .car il fut excepté de Pacte d'oubli, et mourut peu après à Middelbourg. — Jacques CHALONER, son frère, fut avangeusement connu comme antiquaire, et écrivit : l'Histoire de Vile de Man, publiée depuis. Ti fut aussi membre du long parlement et un des juges du roi. On lui lit grâce (le la vie à la restauration, ,parce qu'il n'avait pas, comme son frère, signé l'ordre d'exécuter Charles Pr. Il mourut en 1661
  • Thomas CHAPMAN( 1717 - 1760) : philologue anglais, nr à Billingbam en 1717, fut nommé principal du col- lége de SteMadeleine à Cambridge, après y avoir professé les langues anciennes avec beaucoup de ! distinction. A ce titre, il joignit ceux de recteur de Kirby et de chapelain* ordinaire du roi, et mourut le 9 juin 1760. On a de lui l'Essai sur le séna romain, Cambridge, 1750 ; traduit en français, par Larclier, Paris, 1765 Sous un titre trop modeste, c'est le traité le plus complet que nous ayons sur ce sujet important. Dans sa préface, Larcher dit que Chapman est célèbre par un grand nombre de bons ouvrages; niais c'est une erreur, il n'a publié d'ouvrage i m portant que celui dont nous faisons mention ici. Larcher l'a sans doute confondu avec un de ses homonymes
  • Thomas COGAN( 1736) : un des fondateurs de la société d'humanité , naquit le 8 février 173G, dans le village de Ro%vell . Sa famille , qui 'appartenait à une des sectes nonconformistes de l'Angleterre, le destinait à l'état ecclésiastique, et Je fit élever en conséquence. Il passa deux on trois ans à Kibworth , où , tout en faisant preuve de beaucoup de goût pour l'étude , il s'adonna surtout à celle des questions théologiques dont son àgc et sa position rendaient la discussion au moins oiseuse pour lui. Il en résulta qu'il adopta sur la grâce, le libre arbitre, la nécessité, la prédestination, etc., tin système qui avait quelquefois le tort de n'être ni populaire, ni orthodoxe selon ses coreligionnaires aussi manquatil plusieurs occasions de se placer comme prédicateur, et n'y parvintil qu'en s'expatriant. Amsterdam avait une église presbytérienne entretenue aux frais des deux gouvernements britannique et hollandais, et pourvue de pasteurs écossais. Un d'eux, ayant désiré visiter Aberdeen , sa ville natale, fit agréer Cogan comme son suppléant, en 1759. Ce poste était de peu d'importance; mais, à la faveur de sa nouvelle position, il eut entrée dans la maison d'un riche orfévre nommé Groen, et sut plaire à sa fille unique, dont il fut bientôt l'époux. Devenu ainsi possesseur d'une fortune indépendante, il abandonna la carrière de prédicant, se rendit à l'université de Leyde, alors la plus célèbre de l'Europe pour l'étude de la médecine, et, après s'être fait admettre aux honneurs du doctorat, embrassa la spécialité de médec Il exerça successivement dans les villes de Leyde , d'Amsterdam et de Rotterdam, puis vint à Londres, qu'il regardait comme le théâtre le plus favorable à son art; mais, au bout de quelques armées , il céda sa clientelle au docteur Sims, pour jouir en paix d'une fortune plus considérable que ses besoins , et se livrer à ses trois goûts favoris, les voyages, la littérature et l'agronomie. Sept ans avant cette époque, il avait , avec son ami le docteur Hawes , jeté les fondements de la société d'humanité , d'abord nommée société pour le salut des noyés. C'est à la Hollande qu'il emprunta le modèle de cette belle institution, due à l'ingénieuse tendresse d'une mère qui , ayant eu le malheur de voir tomber son enfant dans un canal, le rappela à la vie en le plaçant dans un bain d'eau chaude et en le frictionnant. Ce fait étonna les Hollandais, habitués, par la fréquence de pareils accidents, à les voir avec beaucoup de flegme et à les regarder comme sans remède. Une association dite Drenkelengen Societet se forma aussitôt dans la capitale , et c'est elle qui la première ouvrit. la route suivie depuis avec tant de succès. Témoin des résurrections obtenues par les nouveaux procédés,Co-É,,an ne fut pas plus tôt revenu en Angleterre qu'il s'occupa d'y naturaliser ce bienfait : quoique co , mençant avec de faibles moyens, il vit bientôt ses intentions généreuses couronnées de succès. Outre Hawes, q?'on doit regarder comme cofondateur de la société , il eut pour actifs auxiliaires Lettsom et Nicol. Les journaux, le dîner annuel , sans lequel rien ne s'effectue chez nos voisins d'outremer, donnèrent au voeu cle Cogan cette publicité condition essentielle de succès. Le sien fut complet : au bout de quelques années le roi consentit à devenir le protecteur de l'association ; et le but de l'institution, s'élargissant avec le temps, embrassa toutes les espèces d'asphyxie. La société d'humanité, en Angleterre seulement, a, dans l'espace . 9° Vie et Opinions de John Blinde Junior, publié sous le voile de l'anonyme. 10° Lettres à Wilberforce sur la doctrine de la dépravation héréditaire, 1815 . 11° Question d'éthique, ou Méditations sur les principaux sujets de controverse de la philosophie morale, Londres , 1817 C'est le supplément des deux traités sur les passions : l'auteur y coule à fond les questions qu'il évitait dans ses manuels de morale positive ; et il se propose surtout d'y réfuter le système.de Beattie sur la morale et le bonheur, système plutôt critiqué que battu ets ruine par Priestley. 12° Diverses notices, mémoires, rapports, etc
  • Thomas COLE : ministre dissident, mort en • 1707, fut élève de l'école de Wesminster, d'où il passa à celle du Christ, à Oxford. En 1656, il fut nommé principal du collége de SteMarie, op il compta Locke au nombre de ses disciples. A la restauration, expulsé comme non conformiste, il tint une académie à Nettlebed; il s'établitensuite à Lo?dres, et devint un des professeurs de PinnersHall. On a de lui les ouvrages suivants : 1° des Discours sur la régénération, la foi et la pénitence 2° um Discours sur la religion chrétienne et d'autres ouvrages mystiques. — Un autre Thomas Cou:. ministre dissident de Glocester, a vécu au commencement du 18" siècle ; il était en correspondance avec le célèbre botaniste Dillenius. Pulteney , il se roll,:pentit d'avoir niai employé son temps à faire cette ollection et la livra aux flammes
  • Thomas COLLINGWOOD( 1751 - 1831) : né le 7 juillet 1751, à StaerCruok, prés de Berwick sur Tweed, fit, dès l'âge de huit ans, de grands progrès dans les ma- thématiques, et devint si fort dans cette branche des ecieners, qu'il était consulté par des mathématiciens de profession. Sa mère lui donna le goût et les pre- niieres notions de la botanique, qu'il cultiva de nième -.sec beaucoup d'ardeur. A quinze ans, se sentant une vocation pour l'etn.le de la médecine, il se rendit à l'université d'Edimboui g , oit professaient les Moero, les Cutlen, les Gregory, les Mark, ete., et !profita des leçons de ers maures habiles, ainsi que tir celles de Crant, de Young, de Duncan, et surtout de Browli, qui k distingua et l'honora de sou amitié f >a ri iruhere. Il alla chlorite ietablir à Norham, vers 1,76, se lit reiyeoie docteur en 1780, resta encore sept ans à Norliam, quitta cette s ille pour Sunder- land, où tinte plus sieste catriere etait ouverte à ses N III. talents, et finit par senir à Londres, toujours suivi d'une réputation qui probablement l'eût mis à meule de devenir fort riche, s'il n'eût été le père d'une nombreuse famille, et si des goets en quelque sorte encyclopédiques n'eussent &robé la plus grande partie de son temps à l'exercice de la médecine. fa philosophie, les sciences physiques. les méthodes industrielles, l'agriculture, avaient en lui un adepte rempli de zèle. Les mathématiques, premier objet de ses études, ne cesserent point d'attirer son attention; nonseulement il se tenait à la hauteur des &couvertes qui chaque jour agrandissaient le domaine de l'analyse, mais il se lisrait luitneme à des recherches sur des points encore ignorés, et, avec un peu de constance, il n'eût tenu qu'a lui de figurer parmi les matites de la science. La littérature n'etait flOIS non plus étrangère à ses travaux; et c'est une chose presque incroyable que la facilité avec laquelle il passait du sujet le plus badin au plus grave, de la farce à la tragédie, de la pièce de théàtre au sermon 11 est vrai que cette estrème facilité décèle plutôt le talent que le génie; et certainement Collingwood ne peut ètre compté ni parmi les grands anatomistes, ni parmi les grands mathématiciens, ni parmi les grands poètes, quoique, dans toutes ces branches de connaissances ou de travaux, il se soit montré véritablement distingué. Du reste, il n'a publié que peu de grands ouvrages. Ses écrits mathématiques sont tous restés manuscrits. Il en est de mente soit de sa trageilie de Lucrèce, soit de quelques parodies qu'il lit jouer dans sa jeunesse, et qui ob- tinrent des applaudissements mérités. Outre l'Im- mortalité de Udine , l'Ermite , et quelques autres poèmes imprimés, il a laissé un volume manuscrit de 'poésies. Des serinons qu'il s'amusait à composer, beaucoup ont été débités en chaire par divers pré- dicateurs, mais peu ont été publiés sous son nom. En revanche, on trouverait de lui beaucoup de morceaux dans diverses collections liériodiques. nommément dans le Maga: ine de Dunfries, le Musée de Berwick, le Alagazitte du Fermier, les Commentaires médicaux, les Mémoires de la société médicale de Londres, la Feuille d'agriculture, etc. Il était membre de plusieurs societés savantes; c'est lui qui, avec lord Aha, fonda le club des clubs. Il fut aussi ou des fondateurs de la bibliothèque médicale de Sunderland. Collingwood mourut 3 Londres, le 28 octobre 1831
  • Thomas COMBER( 1644) : théologien anglican , né à Westerham, clans le comté &Kent, le 19 mars 16.14, s'est fait connaître par la publication d'un grand nombre d'écrits de controverse. Les troubles qui agitaient l'Angleterre à l'époque de la naissance de Comber ayant forcé son père de se réfugier en Flandre, sa .mère l'envoya à l'école de Westerham pour y commencer son éducation. Il la termina au collége de SidneySussex, à Cambridge, où il fut envoyé à l'âge de quatorze ans. Coin ber fit des progrès remarquables dans les différentes sciences et dans les langues orientales, mais il eut longtemps à lutter contre l'exigui té de ses ressources pécuniaires. Enfin M. Jean Hotney, ancien ami de sa famille, touché de son mérite et du zèle qu'il mettait à s'instruire, lui lit cadeau d'une somme assez considérable en lui permettant de recourir à sa bourse toutes les fois que cela lui conviendrait. 11 n'eut pas besoin d'user de cette offre si libérale, car, après être resté quelque temps auprès de Gilbert Bennet , recteur de Stonegrave, dans le comté d'York, celuici résigna en sa faveur ce bénéfice au mois d'octobre 1669 ; en 1677 il devint prébendaire de l'église métropolitaine d'York. Combcr avait déjà fait paraitre plusieurs ouvrages théologiques et de controverse, et il occupait depuis 1683 la dignité de precentor d'York, lorsque Jacques II se mit en opposition avecl'Église anglicane; Comber en défendit les principes et les droits avec beaucoup de chaleur ; aussi lorsque le prince et la princesse d'Orange arrivèrent en Angleterre pour prendre possession du trône, Comber écrivit pour justifier la légalité de leur gouvernement. Il fut récompensé en 1691 par sa nomination au riche bé néfiee de doyen de Durham; Il n'aurait pas tard il sans doute à parvenir à la dignité épiscopale, s'il n'avait pas succombé à la consomption, en 1699, avant d'avoir accompli sa 5e année. Ses principaux ouvrages sont : 1° le Compagnon au Temple, dont la 1" partie parut en 1672, la 2' en 1674 et la 5' en 1675, réunies dans les nombreuses éditions suivantes. 2° Le Compagnon à l'Autel, etc., 1684 et 1685.3° Le Droit des duales, etc., qu'il publia sans y mettre son nom, contre le quaker Elvood , niais il rencontra ensuite un adversaire plus redoutable dans Jean Selden, et répondit à son histoire des crimes, par sa Défense historique du droit divin des dimes, dont la seconde partie parut en 1681. C'est à tort que la Biographia Britannica, Wood dans son Athence, etc., et, d'après eux probablement, la 1" édition de la Biographie universelle, ait ribuent ce dernier ouvrage à un autre Thomas Comber. 4° Histoire scolastique de l'usage primitif et général des liturgies dans l'Église chrétienne, avec une réponse an discours de David Clarkson sur les liturgies, Londres, 1690, dédiée au roi Guillaume et à la reine Marie. On lui attribue une coopération dans les Antiquitates Ecclesiœ orientes. Un de ses descendants, appelé comme lui Thomas Comber, a publié, en 1799, les mémoires de sa vie et de ses écrits. — Thomas COM• BER, dont nous avons déjà parlé, né le 4 er janvier 1575, dans la province de Sussex, après avoir été doyen de Carlisle en 1650 et principal du collège de la 'Trinité à Cambridge en 1651, fut, en 1642, mis en prison, volé et dépouillé de tous ses bénéfices. 11 mourut à Cambridge en 1653. On peut consulter sur cet ecclésiastique, qui possédait de vastes connaissances dans les langues orientales, Walker, sur les Souffrances du doyen. de Carlisle, et son oraison funèbre par Boreman, 1653
  • Thomas CHATTERTON( 1752) : littérateur anglais, naquit à Bristol, le 20 novembre 1752, de parents pauvres. Son père, maître d'école dans cette ville, était mort quelque temps avant sa naissance laissant sa veuve enceinte de ce fils, destiné à naître, à vivre et à mourir dans la misère. Ses facultés intellectuelles, quoique d'un ordre supérieur , ne s'annoncèrent point par les signes qui les caractérisent ordinairement dans l'enfance. Placé à cinq ans dans l'école où son père avait été occupé, il fut bientôt rendu à sa In ire comme incapable de rien apprendre. L'orgueil qui le gouverna toute sa vie, et qui lui donnait déjà à cet âge le besoin de dominer ses camarades, ne se tournait point en émulation pour les surpasser il semblait dédaigner ce qu'apprenaient les autres. Revenu chez sa mère, sans savoir encore lire, il rencontra Fr hasard un ? ieux manuscrit français, dont les figures enluminées excitèrent vivement sa curiosité. Pour parvenir à savoir ce que ce livre contenait, il consentit enfin à apprendre à lire, et, dès ce moment, se donna à l'étude avec une ardeur sauvage ; en sorte que Chatterton, qui ne sut jamais ni le latin ni le français, ni même trèsbien la grammaire de sa propre langue, acquit par la suite, en différents genres , une variété de connaissances qui lui inspirèrent une confiance singulière dans ses propres forces. Il fut reçu à l'àge de huit ans à l'école de charité de Colston, où l'un des maîtres, nommé Philipps, se livrait à un gofit ridicule pour la poésie : Chatterton ne parut point partager l'enthousiasme poétique que son exemple avait excité parmi ses élèves. 'fout dans l'école faisait et récitait des vers : lui seul se taisait, et cachait, sous une apparence de mélancolie et d'incapacité, le travail d'un esprit original. Enfin cet esprit produisit des fruits si péniblement élaborés, et son premier ouvrage fut une satire. Cette satire, écrite vers l';ige . X—F. Chatterton, jugé peut-ètre avec quelque sévérité par Suard, a éte exalté par l'école poétique de 1850. Celui que Warton appelait eu prodige de génie , le merveilleux enfant , comme disait Wordsworth, a , « un chant dans le goût d'Ossian . A quatorze ans il « a imprimé trois volumes. Il étudie, il examine tout, astronomie, « physique, musique, chirurgie et surtout les antiquités SLX01111CS. u 11 s'arrête là et s'y attache. Il invente Rowley ; il se fait une « lan- gue du 15e siècle, et quelle langue ! une langue poétique, forte, « pleine, exacte, concise, riche, harmonieuse, colorée, enflammée, nuancée à l'infinie, retentissante comme un clairon, fraiche et « énergique comme un hautbois, avec quelque chose d'agreste et « de sauvage qui rappe!le la montagne et la cornemuse du pàtre u saxon. Or, avec cette langue savante, voici ce qu'il a fait en trois « ans et demi. La bataille d'Hastings, poilue épique en deux « chants. OElla, tragédie épique. Goddivyn, tragédie. Le Tournoi, u poème. La mort de sire Charles Boudin, poilue. Les etc: mura plisses anglaises. La Ballade de Charité. Trois poilues intitulés : « l'ers à Lydgate ; le Chant à OElla; la Itéponse de Lydgate, Trois u églogues. Elinoure et Juga, poerne. Deux poilues sur de u Nuire- Dame. L'epitaphe de Robert Casing, et son histoire, c'e't« àdire un ensemble de plus de 4,000 vers. Et ce qu'il a feu u juindre de savoir à l'inspiration donnera à quiconque l'étudiera « sérieusement un étonnement qui tient de l'épouvante. Pic de la ci Mirandole, ce savant presque fabuleux, fut mOiuS précoce et
  • Thomas CHEVALIER : chirurgien anglais, fut d'abord destiné à la jurisprudence; mais il quitta cette carrière pour la chirurgie, dans laquelle il s'est fait une grande réputation. Il employa tous ses efforts pour l'établissement du collége des chirurgiens de Londres, en fut nommé membre dès la création, et y professa l'anatomie et la chirurgie. Il fut ensuite successivement admis dans la société royale de Londres et dans celle des antiquaires. Enfin il était chirurgien du roi en service extraordinaire. On a de lui : 1. Observations à l'appui du bill présenté au parlement pour ériger en collége la Corporation des chirurgiens de Londres, 1797Introduction à un cours d'opérations chirurgicales, U00 ; 3° Traité sur les blessures d'armes à feu, 1801
  • Thomas CHITTENDEN( 1730 - 1797) : premier gouverneur de l'État tic Vermont aux EtatsUnis d'Amérique, naquit, en 1730, à EastGuilturt, dans le Connecticut. Son éducation était à peine commencée, lorsqu'il se maria à l'àge de vingt ans; il se retira peu après à Salisbury, ville qu'il représenta pendant plusieurs années dans l'assemblée générale. Ce fut en remplissant cette mission qu'il acquit cette connaissance des affaires publiques du nouveau Hampshire, appelé depuis Vermont, et s'établissant eu 1774 à Winston, sur la rivière Ilion, séparé alors de sa première résidence par un vaste désert, il s'attacha avec succès à la culture des excellentes terres mises à sa disposition, et par ses encouragements attira sur les males lieux de nombreux colons. Les troubles (101776 le forcèrent de s'éloigner pendant quelques années, niais il retourna à Williston en 1787. Pendant la guerre de la révolution, tandis que Warner, Allen et plusieurs autres combattaient sur les champs de bataille, Chittenden rendait des services à son pays dans les con- seils. 11 était membre de la convention qui déclara, le 46 janvier 1777, Vermont État indépendant, et il lit partie du comité chargé de communiquer au congrès les mesures adoptées par les habitants, et de solliciter l'admission de leur district dans l'union des États américains. Lorsque cet Etat eut établi une constitution, en 1778, ses concitoyens le nomnièrent gouverneur, emploi difficile et important qu'il continua d'exercer presque jusqu'à sa mort. Depuis l'année 1780 jusqu'à la conclusion (le la guerre, période pendant laquelle la situation du Vermont fut excessivement délicate, il montra un rare talent. L'Etat n'était point encore reconnu ofliciellement par le congrès, et d'un côté il avait à lutter pour son indépendance, de l'autre il était menacé par les forces anglaises du Canada. C?ietende', fut obligé d'user de ruse pour empècher que les intérées de son district ne fussent compromis, en ouvrant une correspondance avec l'ennemi, qui crut pendant plusieurs années que les habitants de Vermont avaient l'intention de se soumettre au roi (l'Angleterre. Ce fut ainsi qu'il empêcha une invasion projetée dans le pays, et qu'on rendit des prisonniers qui avaient été faits. Dans le même temps, comme il était possible que le Vermont abandonna la cause de l'Amérique, les Américains insurgés laissèrent les colons tranquilles, et on n'osa pas accueillir les réclamations élevées contre eux par l'État de NewYork. Après avoir pris congé de ses concitoyens, dans l'assemblée générale du mois d'octobre 1796, et avoir imploré pour eux les bénédictions du ciel, Chittenden mourut le 24 août 1797, à l'zige de 67 ans. Plusieurs de ses lettres au congrès et à Washington ont été publiées
  • Thomas CHRISTIE( 1761) : écrivain écossais, lils d'un marchand de Montrose, naquit dans cette ville, au mois 'l'octobre •176I, et, dès qu'il eut fini ses études, fut placé dans une maison de banque. Mais cette carrière, dans laquelle au reste il acquit toutes les connaissances financières, n'était point en harmonie avec ses goûts, et toutes ses heures de loisir étaient consacrées à des études littéraires ou scientifiques. Cette irrésistible direction de son esprit le lit aller à Londres en 1787, pour se livrer à la médecine. Là, bientôt il entra, sous les auspices du docteur Shuntons, au séminaire de ‘Vestminster. Il revint ensuite en Écosse, suivit pendant deux hivers des cours de médecine à Édimbourg, puis se mit à voyager pour ajouter à la masse de ses connaissances. Doué d'une grande flexibilité d'esprit, Christie, en se lançant dans le domaine de la pathologie et de la clinique, ne se vouait pas exclusivement à ces sciences. Dès son arrivée à Londres, il avait recherché la société des hommes de lettres avec non moins d'amour que celle des savants : philosophie, théologie, poésie, histoire, tout avait successivement captivé son encyclopédique imagination. Une de ses lectures favorites était celle des journaux littéraires étrangers, et peu de personnes en Angleterre étaient plus aptes que lui à traiter un point de critique ou d'histoire littéraire. Quelques discussions de ce genre lui donnèrent l'idée d'un écrit périodique consacré à l'analyse et à l'appréciation des oeuvres d'esprit, et au mois de mai 1788 , il commença la Revue analytique , modèle suivi depuis un demisiècle par tant d'autres publications. La réputation dès lors acquise à Christie lut Naha un brillant accueil en France, où il vint à l'aurore de la révolution. Reçu partout, il eut de fréquents rapports avec les coryphées des doctrines nouvelles, les Necker, les Mirabeau, les Sieyes, et il retourna en Angleterre COrr vaincu de l'infaillibilité de ces politiques, et de la prochaine régénération du genre humain . line lui vint pas mème en tète que peut-ètre ses intérêts auraient à souffrir de la tempète que déjà les vrais hommes d'État pouvaient prévoir. Christie pendant son séjour en France avait reçu des offres avantageuses d'une forte maison de banque anglaise, et L'avait point cru devoir refuser ce qu'il regardait comme ne devant Cire qu'une sinécure commerciale. Il s'aperçut bien vite, lorsqu'il eut remis le pied à Londres, qu'il n'en était point ainsi, et en 1792 il sortit de l'association, mais pour prendre un intérêt dans une fabrique de FinsburgSquare: Quelques arrangements de commerce le forcèrent, en 1796, à s'embarquer pour Surinam : l'insalubrité du climat altéra sa santé délicate, et une mort prématurée l'enleva au mois d'octobre de la mème année. Cette perte fut vivement sentie en Écosse surtout, ois son incontestable talent avait trouvé parmi ses compatriotes de nombreux et fervents admirateurs. Le principal écrit de Christie est son volume de Mélanges de philosophie, de médecine' et de morale, 1789 Cet ouvrage, dont le style est pur, la morale persuasive, la pensée toujours ingénieuse et quelquefois profonde, se compose de plusieurs parties qui n'ont ensemble aucune liaison, niais qui par là même dénotent les diverses études auxquelles se livra successivement l'esprit délicat et souple , niais vacillant et un peu capricieux de Christie. Ce sont : I. des Observations sur le caractère et le talent littéraire des premiers écrivains chrétiens, morceau conçu dans le dessein de réfuter les imputations superficielles de Gibbon, de Rousseau et de Voltaire, qui faisaient de ces illustres défenseurs de la foi des ennemis de la philosophie . 2° Des Réflexions sur le caractère de Parnphile de Césarée. 5° Des Considérations sur l'état et l'éducation du peuple. 4° Des Pensées sur l'origine des connaissances humaines et sur l'antiquité du inonde. 5• Des Remarques sur l'ouvrage de Meiner, intitulé : Histoire des opinions des anciens relatives à la divinité. 6° Enfin Analyse de l'ouvrage d'Ellis sur l'Origine des connaissances sacrées. On voit, en se reportant au millésime de ce volume piquant et varié, que Christie devait n'avoir que vingtcinq ans lorsqu'il se livrait aux réflexions qu'il y sème. On trouve encore de lui beaucoup de lettres ingénieuses dans le Gentleman's Magazine. Sa lettre au docteur Simulons, dans le London medical Journal, contient les matériaux de la thèse qu'il se proposait de subir peur le doctorat. — Guillaume CIIRISTIE, prés de Montrpse en 1750, et mort en 1794, probablement de la même famille que le précédent, remplit avec distinction les fonctions de l'enseignement, et publia plusieurs ouvrages élémentaires trèsesti- A son retour en Angleterre, Christie publia en 4790 un?. Esquisse de la nouvelle constitution de France, et l'année suivante il se rangea au nombre des adversaires de Burke en faisant paraître des Letfres sur la révolution de France et surla nouvelle constitution établie par l'assemblée nationale. Un ier vol. avait déjà été livré au publie, el il aurait été suivi d'un 2e, si la constitution dont il s'était fait l'aptlogiste n'avait disparu en ne lais ant après elle que l'anarchie. D—z—s. Ir Ms. — Jean CHRISTIE, 111011. le 2 février 1831, à Londres, consacra sa turbine à la culture des lettres et à la publication de quelques ouvrages, dont un au moins peut ètre regardé comme classique en sou genre. C'est une Dissertation sur les vases, où Christie ne montre pas moins de sagacité dans l'appréciation des monuments, dans ses vues sur l'histoire de l'art, que de talent et de goût dans l'exposition des découvertes Ott des résultats qu'il développe. L'ouvrage, tiré à un petit nombre d'exemplaires, est fort rare. On doit encore à Christie : 1° Essai sur l'ancien jeu d'échecs dont l'intention est attribuée à Palamède; et qu'on prouve avoir été antérieur au siège de Troie, 1802. 11 y prouve 'Witte que ce jeu était connu des Chinois et qu'il fut successivement importé et amélioré dans l'Inde, en Perse et en Europe. 2° Un Essai sur les idolâtries primitives et sur le culte des éléments. 5. La Description du vase de Lanti, en possession du duc de Bedford , et le Catalogue des vases de M. Hope. 4. Plusieurs éditions d'auteurs latins et grecs avec des commentaires trèssavants
  • Thomas CHUBB( 1679) : écrivain déiste qui a joui pendant quelque temps d'une certaine célébrité, naquit le 29 septembre .1679, à _aeastHarnham , petit village voisin de Salisbury , en Angleterre. 11 était fils d'un marchand de drêche, et il fut mis à l'àge de quinze ans en apprentissage chez un gantier. Il quitta ensuite ce métier pour s'as,ocier avec un de ses amis, fabricant de chandelles à Salisbury. On s'était borné à lui apprendre à lire et à écrire; mais, animé du désir de s'instruire, Th. Chubb consacra à la lecture les moments de relâche que lui laissait son état. Etranger toute sa vie aux langues savantes , il acquit dans des livres anglais une connaissance assez étendue des mathématiques, de la géographie et de quelques autres sciences. La théologie était son étude favorite , et il établit à Salisbury une petite société dont il avait la direction, et dont l'objet était la discussion des matières religieuses. C'était alors l'époque de la controverse sur la Trinité, soutenue avec tant de chaleur entre le docteur Clarke et Waterland. Chubb écrivit, à cette occasion , une dissertation qu'un de ses amis montra à Whiston, dont les opinions étaient si conformes à celles de Chubb, qu'il désira que cette dissertation fût imprimée, et y fit quelques corrections relatives à des explications du texte de l'Ecriture. Elle le fut en 1715, sous ce titre : la Suprématie du Père établie, etc. Cet ouvrage étonna de la part d'un homme sans lettres , et eut beaucoup de succès. En 1750, Chubb fit paraître un recueil de traités sur divers sujets, qui ajouta encore à sa célébrité. Pope écrit, à cette occasion, à son ami Gay : « Avez-« VOUS vu M. Chubb , ce phénomène du comté de « Wilt ? J'ai lu son livre d'un bout à l'autre avec « admiration pour le talent de l'auteur, quoique sans « en approuver toujours la doctrine.» Ce livre procura à Chubb la connaissance de plusieurs personnes distinguées. Sir Joseph Jekyll, maitre des rôles, lui offrit un logement dans sa maison , et se délassait dans sa société des fatigues et du soin des affaires. Cependant une telle situation est rarement agréable, Chubb, né sans orgueil, niais ami de l'indépendance et de la retraite , revint quelques années après retrouver son ancien ami et associé à Salisbury, pour y exprimer plus librement des opinions qui commen-çaient à tourner vers le déisme, comme il parut par un assez grand nombre de traités de sa composition, imprimés en 1752, 5 vol. ouvrages très- médiocres, qui n'ont fait de mal à personne qu'a leur auteur, dont ils ont beaucoup diminué la réputation. Il mourut à Salisbury, le 8 février 1746, âgé de 68 ans. On vit palallie, en 1748 , 2 vol. d'oeuvres posthumes, qui ont fait beaucoup de bruit en Angleterre. On aperçoit clairement, en les lisant, que l'auteur avait peu de foi dans la révélation, qu'il était fort incertain sur une vie à venir, et qu'il ne croyait pas que les phénomènes du monde supposassent une providence particulière. Quoi qu'on puisse penser de ses changements d'opinion, assez naturels dans un homme dont les connaissances , acquises sans ordre et sans principes , n'avaient jamais pu former un ensemble de doctrine , il avait une raison forte et beaucoup de talent pour exprimer ses idées : tel est du moins le jugement qu'en ont porté les docteurs Clarke, Beadly, Harris, etc. On lui a reproché des erreurs qui étaient l'effet de son ignorance des langues savantes. Quelquesuns l'ont accusé de mauvaises moeurs , mais sans aucune preuve ; on s'est plus généralement accordé à regarder son caractère moral comme irréprochable
  • Thomas CLIFFORD( 1630) : grand trésorier d'Angleterre, de la meule tamille que les précédents , naquit en 1650, se livra dans sa jeunesse à l'étude des lois, fut trèsdissipé, voyagea dans les pays étrangers, où l'on suppose qu'il embrassa la religion catholique. Nommé en 1060 membre du parlement qui rétablit Charles I t, il fut réélu à celui qui s'assembla l'année suivante, et s'y distingua d'abord comme antagoniste, ensuite comme partisan de la préropetiee royale. i.e roi le créa chevalier baronnet. Son caractère entreprenant l'engagea s'item' l'Histoire de la pairie du Rayaume- Ifui de J. Debreit —is. flotte hollandaise. Peu de temps après, on l'envoya comme plénipotentiaire auprès des rois de Suède et de Danemark. Il se trouva en 1666 au grand combat naval avec les Hollandais, qui dura depuis le 1" jtisqu'au 4 de juin, et à d'autres actions qui ett- rent lieu dans cette campagne. Ses services lui va- lurent l'emploi de contrôleur de la maison du roi, et, vers la lin de la Witte année, il entra au conseil privé. En 1668, il lut nommé trésorier de la maison du roi, et presque en !Hème temps un des commissaires de la trésorerie. L'influence qu'il s'était acquise dans la chambre des communes par son habileté et son éloquence l'avait d'abord recommandé à l'attention des ministres, et grâce surtout à la protection d'Arlington, il s'était, camuse on vivat de le voir, rapidement avancé. Il était en 1770 nu des cinq conseillers privés auxquels on avait conlié le secret de la liaison du roi avec Louis XIV, et il t'urinait avec eux le cabinet qu'on appelle la cabale , parce que les initiales de leurs noms composaient ce mot . Le but de ces cinq ministres était de rendre le roi indépendant des parles menus. Chhord sm•toutmanifesta les sentiments les moins équivoques sur sa partialité pour la France ; car il dit que s'il fallait que son malice dépendit de quelqu'un, il valait mieux qu'il dépendit que de cinq cents de ses sujets, tous insolents. 4: e fuit Clilibrd fini porta au conseil privé, vers la lin de 1671, en sa qualité de commissaire de la tréso-•erie, le projet du cabinet pour la suspension pendant un an des payements de l'échiquier, et qui le lit adopter le 2 janvier 1772. Cet acte inique, qui plaça une somme d'environ 1 ,300,000 I. st. , Ashley, qui avait été créé comte de Shaftesbury, fut devenu lord chancelier en remplacement de Bridgeman, il obtint le banni de lord grand trésorier , ai grand déplaisir d'Arlington, qui l'accusa d'ingrati tude, et d'avoir supplanté par ses intrigues son pro lecteur et son bienfait eut. Mais le roi disculpa Clifford et leur ordonna d'ètre amis. S'étant montré opposé • l'acte du test, Clifford crut devoir imiter la conduite du due d'York, pour ne pas prèter le sermen requis, avait donné la démission volontaire de ton les emplois qu'il occupait sous la couronne, et, h 19 juin '673, il résigna la charge de grand trésorier malgré les avis et les prières du roi. Son ennemi Adjugeai, espél ait l'obtenir, mais Cli front eut asse de crédit pour la faire donner à sir Thomas Osborne élevé ensuite a la pairie, sous le titre de vicomt Latymer. Il paranrait qu'après avoir ainsi aban donné la carrière politique, ClitTord se retira dans s Ci:Laient Clifford, Arlinglon, Buckingham, Mhley cl leu detdale. 'terre, et qu'il y mourut la même année à la suite d'une maladie douloureuse. E—s et D—z—s.
  • Thomas COOKE( 1702) : ponte et écrivain anglais, naquit en •702 ou 1703 à Braintree, dans le comté d'Essex, où son père, qui exerçait la profession d'aubergiste, était, suivant Pope , un muggletoMen . Après avoir fait de bonnes études , le jeune Cooke fut attaché à la maison de lord Pembroke , et ce fut probablement par les conseils de ce sei- gneur qu'il fit une traduction d'Hésiode, que ce dernier enrichit de notes. Avant la mort de lord Pembroke, arrivée en .1755, Cooke se rendit à Londres en 1722 ; il y devint homme de lettres de profession, et se montra zélé défenseur des principes de la révolution, ce qui le lia avec Ticket', Philips, Welsted, Steele Dennis et autres écrivains dont les opinions étaient les mêmes que les siennes. Il écrivit dans quelquesunes des revues du temps et s'y lit dist guet par son savoir et son habileté. Ne partageant pas les principes politiques de Pope ettrouvant que la traduction d'Homère était pleine d'erreurs, Cooke, trèsversé dans la langue grecque, attaqua ce poète dans un poème publié en 1725 sous le titre de la Bataille des Poëtes, dans lequel il traitait sans mé- nagement Pope, Swift et quelques autres écrivains. .11 publia en 1727, dans un journal quotidien, l'épisode de Thersite , pour montrer que Pope n'avait pas compris le chantre de l'Iliade. Celuici, pour se venger, plaça Cooke dans sa Dunciade, et en parle avec mépris dans une lettre adressée par lui au docteur Arbuthnot. Pope dit dans une note que Cooke lui écrivit des lettres d'excuse, mais sié Joseph Mauw bey, biographe de ce dernier, ne croit pas à leur réalité. Dans une seconde édition de la Bataille des Poiles, Cooke parle d'une manière convenable de la Dun- ciade, tout eacontinuant de critiquer sévèrement son 0 auteur. En 1725 ou 1726, il avait fait paraître les Chevaliers du bain ; Philander cl Cydippe, deux contes en vers et plusieurs autres poésies. H écrivit bientôt après une comédie les Triomphes de l'Amour et de l'Honneur, l'Eunuque, farce, et les Tristes Noces , tragédie; ces trois pièces furent représentées, mais sans beaucoup de succès, sur le théatre de DruryLane. Cooke fit paraître encore plusieurs autres ouvrages dont nous donnons ciaprès la liste. Tou- jours la plume à la main , il contribua à un journal politique établi en opposition à sir Robert Walpole, intitule : the Crafisinan, qui fut attaqué, en 1748, comme contenant des libelles contre le gouvernement. Poursuivi à ce sujet, il paraîtrait qu'on abandonna les procédures dirigées principalement contre lui. Pendant les dernières années de sa vie, Cooke publia une multitude de petits poèmes qu'il serait trop long d'énumérer ici, et qui sont aujourd'hui oubliés. Il fournit aussi des chansons et des balleles au Vauxhall, qui fut longtemps le Parnasse des poètes du second ordre. En 1756, le docteur Léonard Howard, recteur de StGeorge, se préparant à publier une collection de lettres en deux volumes et n'ayant pas assez de matériaux pont compléter le second vo- C'est le nom d'une secte qui s'éleva en Angleterre en 1657,_ et qui est presque éteinte aujourd'hui. lume, Cooke, qui était sin' ami intime, lui donna plusieurs lettres de ses correspondants , et quelques morceaux de poésie pour remplit' la lacune : ce ne sont pas les pièces les moins curieuses de cette étrange collection. Vers la lin de ses jours , Cooke occupait à Lambeth une petite maison qui lui ap- paltenait; il y mourut le 20 detembre 1156, dans une si complète indigence, que le petit nombre de ses amis furent obligés de se cotiser pour fournir aux frais de son enterrement , et pour vçnir au secours de sa veuve et de sa fille qui ne lui survécurent pas longtemps. Ceoke, avec une instruction assez étendue, et quelquesunes des qualités du vrai poète, ne doit cependant ètre classé qu'au second rang des écrivains anglais. Son caractère était original, et l'on en jugera par sa manière de présenter Foute à un club dont il faisait partie : « La personne que j'introduis « ici , ditil , est le neveu d'un individu qui. a été « pendu il y a peu de temps pour avoir assassiné « son frère. » Outre les ouvrages déjà cités, on doit encore à Cooke : 1° Notice sur la vie et les écrits de André Martvell, placée en tète de l'édition des oeuvres poétiques de cet écrivain , 4726 , 2 vol. 2° Traduction d'Hésiode, 1728. 5' Edition de Térence avec la traduction anglaise , 3 vol. 4° De la Nature des Dieux de Cicéron, avec la traduction, accompagnée de notes philosophiques, critiques et explicatives, et d'un aperçu des connaissances astronomiques des anciens, 1757 50 Edition de Virgile, avec une interprétatiim en latin et des notes en anglais. 6° Poèmes originaux, avec des imitations et des traductions, 1742, 1 vol. Il avait entrepris par souscription en 1746 une nouvelle édition et une traduction de Plaute dont il publia en 1754 le premier volume , contenant une dissertation sur la vie de Plaute, et la traduction de la comédie d'Amphytrion; mais quoique la liste des souscripteurs fût trèsnombreuse , et qu'il l'augntentàt chaque jour, il ne termina pas cet ouvrage. Le docteur Johnson disait, en parlant de Cooke, qu'il avait vécu vingt ans sur cette traduction. Sir J. Mawbey a publié une vie de Cooke
  • Thomas COOKE : né dans le Northumberland, après avoir fait ses études à Oxford, entra dans les ordres sacrés et obtint un bénéfice dans sa province. Son goùt pour les auteurs mystiques les lui fit lire avec une attention qui bientôt le remplit du meule enthousiasme qui les avait distingués , et il fut regardé par ses compatriotes comme un second Jacob Boehm. Il avançait dans ses scrutons et dans sa conversation que le christianisme n'avait pu abolir les observances de la religion judaïque ; il soutenait, entre autres, la nécessité de la circoncision , et se soumit à cette cérémonie. Des idées aussi singulières et une conduite aussi extravagante lui attirèrent la perte de son bénéliee. Il alla à Londres , et se lit auteur; mais le jaràn inintelligible de ses ouvrages empèchant de les vendre , sa position devint trèscritique. Alors il mit en pratique une autre opinion non moins bizarre, c'est que les dons de la fortune doivent ètre partagés en commun par toutes les créatures de Dieu. En conséquence , il entrait dans les cafés les plus fréquentés et s'emparait de ce que l'on servait aux personnes qui s'y trouvaient. Cellesci le laissaient ordinairement faire sans le déranger. Quand il avait ainsi apaisé sa faim, il se levait, temerciait , et s'en allait. Quand le maitre du café lui représentait l'inconvenance de sa conduite , il lui prouvait par des arguments en l'orme, accompagnés de citations hébraïques , grecques et latines, et de passages du' Talmud, qu'elle n'était pas répréhensi- ble.11sortait toujours victorieux de ces disputes qui di- vertissaient beaucoup les assistants. 11 attira aussi l'at- tention du public par une autre pratique, qui fut de prècher dans les rues; comme il avait, quelque temps auparavant , laissé croître sa barbe, on le connaissait généralement sous le nom du prere barbu. Toutes ces extravagances le firent renfemer à Bedlam, où il resta trois ans. A peine en futil sorti qu'il lit pied'; et sans un denier dans sa poche, le voyage de Londres en Ecosse, subsistant , comme il le dit dans un de ses pamphlets, des dons des vrais fidèles. Il alla ensuite en Irlande, dont il parcourut la plus grande partie. A sun arrivée à Dublin , en 1760, il fut accueilli par quelques membres du cullege de la Trinité, qui , touchés de voir un ecclésiastique dans un si triste état, le logèrent et le nourrirent. Ayant séjourné quelques mois eu Irlande, où il publia des pamphlets que lui seul était en état d'entendre, il repassa en Angleterre, alla à Oxfoud, puis à Londres. 11 se proposai de visiter l'Amérique ; on suppose que le mauvais état de ses finances l'empècha d'effectuer ce projet. On prétend que sa mort , dont l'époque est incertaine, fut 'occasionnée par sa trop grande exactitude à copier Origène. des différents pamphlets , tous si. gués A. , il publia aussi deux comédies :1' le Roi ne peut errer, 1762 ; e l'Ermite converti, ou la Fille de Bath mariée, 1771. Ces deux pièces, qu'un fou seul a pu composer, n'ont jamais été représentées. Malgré sa folie , Cooke entendait trèsbien l'art de tirer de l'argent au moyen de souscriptions d'ouvra- ges imaginaires
  • Thomas COOPER( 1517 - 1594) : évèque anglais, né à Oxford en 1517, étudiait la théologie, et se destinait à suivre la carrière ecclésiastique, lorsque la reine Marie monte sur le trône. Se sentant peu de penchant pour la religion catholique, qui devenait alors dominante, il renonça à l'état ecclésiastique, et s'ap- pliqua à la médecine, qu'il pratiqua :à Oxford jusqu'à l'avènement de la reine Élisabeth. A cette époque, il revint aux études théologiques; prit les ordres, se distingua par ses /éIalents comme prédicateur, composa un excellent lietionnaire, qu'il publia en 1565, et mérita par ses tpvaux l'estime et la faveur d'Élisabeth. Il fut successivement doyen de Christchurch et de Glocester en 1569 , évêque de Lincoln , en 1570, et de Winchester en 1584. Il montra un I zèle excessif pour la religion protestante dans son diocèse , peuplé en grande partie de catholiques, dont il proposa à la reine de faire enlever deux cents des plus robustes et de les envoyer en Flandre comme pionniers et laboureurs, « afin de débarras- « ser le pays et de contenir le reste par la crainte. On le regarde, à cela près, comme un homme d'un caractère irréprochable. Il avait épousé une femme qui fut peu fidèle à ses devoirs, et qui ne prenait pas nième la peine de cacher ses infidélités. L'université, qui avait pour lui la plus haute considération, lui offrit de faire dissoudre son mariage; mais il s'y refusa, disait qu'il connaissait sa faiblesse, qu'il ne pouvait pas vivre dans le célibat, et ne voulait _point donner le scandale d'un divorce suivi d'un nouveau mariage. Il mourut à Winchester, au mois d'avril 1594. Ses principaux ouvrages sont 10 Abrégé des Chroniques depuis la 17° année après J.C. jusqu'en 1540, et de là jusqu'en 1560, publié fautivement en 1559 sous le titre de Chronique de Lalique Thomas Lanquet, jeune homme de vingtquatre ans, était en effet auteur des deux premières parties et du commencement de la troisième. Cooper en donna luimême, en 1560, une édition correcte connue sous le nom de Chronique de Cooper. 2. Thesaurus linguce romano3 et britan- nicce, etc., et Diclionarum historicum etpoeticum, 1565 C'est, suivant les uns, le dictionnaire d'Eliot, perfectionné ; suivant d'autres, une compi- lation faite d'après le Thesaurus linguce latince de Robert Estienne, et le Lexicon latino- leutonecum de Fries. 3° Douze sermons, publiés ensemble en 1580 et quelques écrits de théologie
  • Thomas CORAM( 1668) : philanthrope anglais, né vers 16t8, était dans sa jeunesse capitaine de navire marchand, et faisait la navigation des Antilles. Lors-. qu'i/ séjournait à Londres, ses affaires, l'obligeant à sot:ir de bonne heure, lui fournirent de fréquentes occasions de'oir des enfants exposés dans les rues, soit par la pauvreté, soit par l'inhumanité de leurs parents. Celte vue produisit tant (l'effet sur son àine sensible, qu'il conçut le projet de fonder un hôpital pour les enfants trouvés. 11 s'occupa pendant dixsept ans de ce projet, et parvint enlin, par ses seuls efforts, à obtenir la charte royale nécessaire pour un pareil établissement. Il fut aussi l'auteur (l'autres mesures utiles relatives au commerce et aux colonies, et songea même à faire donner de l'éducation aux enfants (les naturels de l'Amérique septentrionale voisins des colonies anglaises. Il consacra ainsi la plus grande partie de sa vie au soulagement de l'humanité, et négligea tellement ses propres affaires, que, vers la lin de sa carrière, il subsista des secoins qui lui furent donnés par une souscription volontaire de personnes bienfaisantes, à la tète desquelles était Frédéric, prince de Galles, père de George III. Lorsque le docteur Brocklesby vint trouver Coram pour savoir s'il ne se trouverait pas offensé de ce qu'on faisait une souscription à son bénéfice, il en reçut cette noble réponse : « Je n'ai « point dissipé le peu de fortune que je possédais « autrefois pour mes plaisirs personnels ou en dé-« penses folles, et je ne suis point honteux d'avouer « (lue je suis pauvre sur ines vieux jours. » Cet homme, dont le nom mérite si bien de vivre étèrnellement, mourut à Londres en 1751, et fut, suivant ses désirs, enterré dans la chapelle de l'hôpital des enfants trouvés. Une inscription y rappelle ses bienfaits. Ilog.arth a fait son portrait
  • Thomas CORMIER( 1529 - 1601) : jurisconsulte et historien Médiocre, tilètne polir le leinifs Où il a vécu, naquit Alençon, vers ta.20,.tie Gin COrtitier, médecin da roi de Navarre. Il étudia le droit, et Int pourvu d'une charge de conseiller à l'échiquier d'Alençon, tribunal souverain, supprimé en 1584 . Un procès que S.; On peut joindre à cet ouvrage le volume suivant : Anecdotes de Corroi/ o, comte d'Oeyras, marqois de Pombal, sous le régne de Joseph fer, roi de Portugal, nouvelle • , Varsovie La Bibliothèque historique de France indique, $ous le Mi & moire hist( rique sur Pichiquier d' Alençon ( pal 0,i0lant lie aes, in 4, manuscrit, L'academie de Rouen ayant proposé en 4765 cette qnestion : Quelle étai! la forme et la nature Je techiquier ou parlement ambulatoire de Normandie? adjugea tt: an% au menIfire ne tuumdfu, qui a etc imprime, rtotan, tue, ins". autorisée à contracter de nouveaux lieux. Au Watt di. plusieurs années,,Cortnier prit une seconde femme dont il eut trois enfants. Après sa mort, arrivée en 1601, ses collatéraux attaquèrent leur légitimité, t'ondés stir la sentence de l'official, qui le déclarait impuissaut ; mais ils furent décl•és légitimes par un_ arrèt de la chambre (le l'édit. On croit que Cormier avait embrassé la religion reformée. On a de lui : .1° Rerum in Gaula, Ilenriea II rege, gestarum libri 5. Paris, 1584 Au jugement de Legendre, le style de cet ouvrage est net et la latinité belle; mais c'est moins une histoire qu'ut. panégyrique. La continuation, jusqu'en l'année 4600, est restée manuscrite, et se trouve manuscrite dans diverses bibliothèques. 2° Code. r juriseivilis Romani in cortion et perspicuum ordinem artificiosr redarti, una curn ctviligallico, Lyon, 1602 5' Le Code de fleuri IV, réimprimé plusieurs fois in V et Louis Vrevin a publié des ObservaliLns sut. ce Colle, Paris, 1617
  • Thomas CORNACCHINI : médecin, natif d'Arezzo, professa longtemps à l'université de Pise, et mourut au commencement du 17° siècle, laissant un ouvrage utile , qui fut augmenté et publié par ses Ce qui veut dire sans doute faite sur lys utauriscrits écrits d., kaaiu da l'auteur. fils Marc et Horace , sous ce titre : Tabulce medica3, in quibus eu fere omnia grue a principibus medieis grcecis, arabibus et latinis , de curationis appui- tau, cepitis ac thoracis morbis, tebribus, pulsibus, uri- nis, scriptt sparsim reperiuntur, methodo adeo ab- suinta eollecia sunt , ut et illa , et loci unde sunt haus& sub unum cadant orulonort obtutum, Padoue, 1605 ; Venise , 1607 L'auteur a bien rempli la tàclie qu'il s'était imposée. Son travail devrait ètre mieux apprécié, surtout actuellement que l'on aime à réduire toutes les branches de la littéra- turc en tableaux. Ceux de Cornacchini sont un véritable chefd'œuvre pour le temps auquel ils ont été composés. Ils présentent un ordre , un ensemble de faits, et pont' ainsi dire une niasse d'instruction, qui ne se retrouvent pas dans les tableaux les plus modernes: Il est à regretter qne Marc, Fun des éditeurs, qui a rempli diverses lacunes, n'ait pas complété cc cadre ingénieux, en y faisant entrer les maladies ab- dominales, comme il en avait formé le projet.—Marc CORNACCHINI , luis de Thomas , fut également pro- fesseur à l'université de Pise, et s'acquit une grande réputation pour avoir mis en usage une poudre composée par le comte de Warwick, dont elle porte quelquefois le nom , mais que l'on appelle plus communément poudre cornachine ou de tribus. C'est pour célébrer les vertus de cette poudre purgative que Cornacchini publia, et dédia au comte de Warwick, un traité qui est loin de tenir ce que promet le titre Methodus qua omnes humani corporis a ffectiones ab humoribus copia vel qualifia° peccanilbus enlise°, Mao, citer et jucunde curantur, Florence, 1619 ibid., 1620 ; Francfort, 1628 etc. Haller a commis une double erreur en attribuant à Thomas Cornacchini l'invention de la poudre de Warwick. Disciple de Jérôme Mercuriale, Marc Cornacchini a mis au jour, en 1607, les commentaires de ce professeur célébre sur quelques livres (l'Hippocrate , et il y a joint divers opuscules, entre autres, sur la gé- nération de l'homme, sui le vin et l'eau, et sur les bains de Pise
  • Thomas CORNEILLE( 1625) : frère de Pierre, naquit, vingt ans après lui, à Rouen, le 20 août 1625, et) tant que le grand Corneille vécut , fut appelé Corneille le jeune. « C'était, dit Voltaire, un homme « d'un trèsgrand tnérite et d'une vaste littérature ; « et, si vous exceptez Racine, auquel il ne faut corn« parer personne, il était le seul de son temps qui frit « digne d'étre le premier audessous de son frère. » Il lit ses ,,tuiles chez les jésuites. Pendant sa rhétorique, il composa une comédie en vers latins, que son régent trouva supérieure, et qu'il crut devoir substituer à celle qu'il avait faite luimême pour la distribution des prix. Ayant achevé ses études, Thomas vint à Paris, où les succès de son frère l'engagèrent sans doute à suivre la carrière du théâtre. Voltaire a dit qu'il fit trente- trois pièces de théâtre, comme son aîné ; mais on en compte quarantedeux. Nous en donnerons ici la liste, parce qu'elle ne se trouve exacte et complète ni dans l'Histoire der Académie , ni dans les Recherches de Beauchamps, ni dans la Bibliothèque du Théâtre- Français, attribuée au duc de la Vallière, ni dans les autres recueils ou répertoires dramatiques. La première pièce de Thomas Corneille, les Engagements du hasard, fut représentée, en 1647, sur le théâtre de l'hôtel de Bourgogne. Le sujet et les situations sont pris dans deux pièces de Caldéron. Le Feint Astrologue, imité du même auteur, fut joué en 1648; Don Bertrand de Cigaral , dont le fonds appartient à don Francisco de boxas, fut représenté avec succès à Paris, et sur le théâtre de la cour. Le sujet de l'Amour à la mode est pris dans une pièce d'Antonio de Solis ; celui du Berger extravagant , pastorale burlesque, dans un roman satirique de Sorel, qui porte le même titre. Les Illustres Ennemis précédèrent le Charme de la voix, , imitation d'Augustin Moreto,.qui n'obtint aucun succès. Le Geôlier de soi- méme, ou Jodelel prince , est le même sujet que Scarron avait traité ou plutôt défigut,é, sous le titre du Gardien de soi- même. Toutes ces comédies, en 5 actes et en vers , offrent des intrigues espagnoles. Jusquelà Thomas Corneille avait imité son frère. L'un et l'autre consacrèrent à Thalie les premières années de leur carrière théâtrale ; l'un et l'autre publièrent à peu près le même nombre de comédies, avant de s'essayer dans la tragédie. Mais si Thomas obtint plus de succès que Pierre dans ses débuts, il resta dans la suite bien loin derrière lui. Il lit jouer cinq tragédies dans l'espace de quatre années : Timocrate , Bérénice , la Mort de l'empereur Commode , Darius, et Stilicon . Timocrate eut un succès prodigieux ; on le joua sans interruption pendant six mois. Louis XIV alla le voir au théâtre du Marais. La pièce avait eu quatrevingts représentations, et le public ne cessait de la redemander. Les comédiens se rebutèrent les premiers. L'un d'eux s'avança un jour sur le bord du théâtre, et dit : « Vous ne vous lassez point d'en« tendre Timocrate; pour nous, nous sommes las de « le jouer. Ë'ous courons risque d'oublier nos autres « pièces ; trou*z bon que nous ne le représentions plus. » Après ce succès inouï, les amis de Thomas, croyant que désormais il ne pouvait plus ajouter à sa gloire, lui conseillèrent de ne .plus travailler pour le théâtre. Les représentations de Timocrate cessèrent, et cette pièce n'a jamais reparu sur la scène. Le sujet de Bérénice, trèsdifférent de celui qu'a traité Racine, est tiré du roman de Cyrus, par mademoiselle de Scudéry. Commode obtint aussi un grand succès ; Stilicon, dont le caractère est bien soutenu, a joui longtemps des honneurs de la scène. Après la comédie du Galant doublé, tirée d'une pièce espagnole et jouée en 1660, Thomas Corneille fit représenter de suite six tragédies : Camma et Pyrrhus ; Maximian, Persée et Démétrius ; Antiochus ; Laodice . On prétend que le sujet de Camma avait été donné à Corneille par le surintendant Fouquet. C'est à un coup de théâtre, pris dans cette tragédie, que du Belloy dut le succès de sa Zelmire. L'affluence fut si considérable aux premières représentations de Camma, qu'il ne restait plus de place sur la scène pour les acteurs. C'est, de toutes les pièces de Thomas, celle qui est la mieux conduite. Il y a de l'intérêt dans l'action et de l'effet dans le dénouement. Thomas donna le Baron d'Albikrac en 1668. Cette comédie, bien intriguée, se soutient encore au théâtre. La tragédie de la Mort d'Annibal fut suivie de la Comtesse d'Orgueil, comédie en 5 actes et en vers ; de Théodat, tragédie : du Festin de Pierre . Cette pièce est la même que celle de Molière. Thomas, comme il l'a dit luimême, n'a fait que la mettre en vers, en y ajoutant quelques scènes, et en retranchant celle du pauvre et des traits trop hardis. Tous les théâtres de Paris avaient alors une ou deux comédies du Festin de Pierre. On y jouait celles de Dorimond, de Rosimond, de Molière, de Pierre de Villiers, et de Thomas Corneille. Une comédie de l'Espagnol Tirso de Molina est l'original de toutes ces pièces; elle est intitulée: El Convidado de piedra ; la comédie de Thomas est la seule qui soit restée au théâtre. La tragédie d'Ariane fut composée, diton, en dixsept jours. Elle soutint la concurrence avec le Ba jazetdeRacine, qu'on jouait à la même époque. Voltaire doute que Pierre Corneille eût mieux fait le rôle d'Ariane que son frère. On trouve dans cette pièce des beautés de sentiment, des situations qui entraînent; mais il n'y a qu'un rôle : la versification est d'une faiblesse extrême , quoiqu'elle offre beaucoup de vers heureux et naturels auxquels tout l'art de Racine ne pourrait rien ajouter. Ce jugement est celui de Voltaire, et il n'a point trouvé de contradicteurs. La Mortd' Achille fut jouée neuf fois, et eut l'honneu• d'être reprise. D. César d'Avalos est une comédie dont l'intrigue est espagnole, et le sujet à peu près semblable à celui des Ménechmes. La tragicomédie de Circé eut quarantedeux représentations, et fut reprise en 1705, avec un nouveau prologue et de nouveaux divertissements, par Dancourt. L'inconnu, comédie dite héroïque O Après avoir entendu ce vers, que Phèdre adresse à Thésée, Je la tue, et c'est vous qui me le faites faire, Boileau Ali ! pauvre Thomas, tes vers, comparés avec ceux fi de tau font bien voir que tu n'es qu'u n cadet de Normandie.), , obtint un prodigieux succès. Cette pièce, à laquelle travailla de Visé, reprise en 1679 et 1703, fut représentée en 1724, au pale ides Tuileries, avec un ballet, dans lequel dansèrent Louis XV et les jeunes seigneurs de sa cour. Le Comte d'Essex, tragédie , fut composé en quarante jours . tt Il y a, dit Voltaire, quelque « chose de louche, de confus, de vague, dans tout « ce que les personnages de cette tragédie disent « et font. On ne sait jamais à quoi s'en tenir. Ni la « conspiration du comte d'Essex, ni les sentiments « d'Elisabeth ne sont jamais assez éclaircis. ,,Je « veux qu'il me demande pardon; je ne veux pas « demander pardon : voilà la pièce. Un héros con « damné, un ami qui le pleure, une maîtresse qui « se désespère, forment un tableau bien touchant; « il y manque le coloris . » 11 manque dans toutes les pièces de Thomas Corneille. Ce vers fameux : Le crime fait la honte , et non pas l'échafaud , est imité de ce passage de Tertullien ; Martyrem facit causa, non peena. Psyché, opéra , mis en musique par Lulli, ainsi que Bellérophon , ont été revendiqués par Fontenelle. L'opéra de Médée fut mis en musique par Charpentier. Thomas ne réussit point dans le genre lyrique; • on prétend qu'en s'y livrant il avait suivi le conseil de Racine et de Boileau , qui voulaient opposer un rival à Quinault. Bradamante , tragédie , n'eut point de succès. Les combats d'une femme contre des hommes furent peu goûtés du public, qui trouva que l'auteur s'était trop astreint à suivre l'Arioste. Le Triomphe des Dames, comédie en 5 actes, mêlée d'ornements, avec l'explication du combat à la barrière, et de toutes les devises, Paris, 1676 Cette pièce n'est guère qu'un long programme en prose, avec des divertissements en vers. Les Dames vengées, ou la Dupe de soi- même , comédie en 5 actes et en prose, Paris, 1695 C'est la défense des femmes contre la satire de Boileau : de Visé eut part à cette apologie. La Pierre philosophale, comédie en 5 actes et en prose, avec des chants et des danses . Elle ne fut jouée qu'une fois ; on n'a que le programme de cette pièce, imprimé la même année, 1.n-4°. Le Baron des Fondrières , comédie en prose, qui n'a point été imprimée, et n'eut que deux représentations. Thomas Corneille travailla au Comédien poète avec Montfleury. Il fit avec de Visé la Devineresse, ou les Faux Enchantements , comédie en 5 actes et en prose, qui eut beaucoup de succès; avec Hauteroche, le Deuil , imité d'un conte d'Eutrapel, et resté au théâtre ; et la Danse invisible, ou l'Esprit follet , comédie imitée de Calderon. Thomas Corneille savait conduire une pièce , amener les situations et les varier : mais sonstyle est trop souvent privé de force et d'harmonie. Il avait une facilité malheureuse. Voisenon rapporte que lor ue Pierre, e sifiant; , que Racine, directeur de l'Académie, apporta quelques retards à la réception de Thomas , et qu'il demanda et obtint une surséance de quinze jours, parce que le duc du Maine « témoi« gisait quelque inclination à être de ce corps illus« tre. » Il eût été singulier qu'un prince enfant eût été choisi pour succéder au vieux Corneille ; mais le roi trouva le prince trop jeune, et Thomas fut reçu à l'unanimité. «On eût dit, remarque de Boze, qu'il u s'agissait d'une succession qui ne regardait que « lui.» Racine loua 'fhomas d'avoir toujours été uni avec son frère « d'une amitié qu'aucun intérêt, non « pas même aucune émulation pour la gloire , n'a« vait pu altérer ; » et après avoir fait un magnifique éloge du grand Corneille , avec qui Thomas avait, disaitil, tant de conformités, il ajouta : « C'est « cette conformité Corneille reçut , en 1691 , son neveu Fontenelle à l'Académie : « Ce que vous « m'êtes , lui ditil , me fermant la bouche sur ce « qui serait trop à votre louange, vous ne . Il était avancé en âge lorsqu'il fut reçu membre de l'académie des belleslettres, et bientôt après il perdit la vue. Il mourut aux Andelys, le 8 décembre 1709. Sa réputation était encore si grande au commencement du 18° siècle, que la MotteHoudart ne craignait pas de dire dans son discours de réception à l'Académie française : « C'est au frère , c'est au « rival de ce grand homme que je succède aujourd'hui . » La mémoire de Thomas Corneille était prodigieuse; il récitait ses pièces dans le monde sans porter même avec lui le manuscrit. « Il était, « dit de I3oze, d'une conversation aisée; ses expres« sions vives et naturelles la rendaient légère, sur « quelque sujet qu'elle roulât. Il joignait à une po« litesse surprenante un cœur tendre qui se livrait « aisément. » La Motte le peint e sage, modeste, « attentif au mérite des autres , et charmé de leurs « succès. » De Cailleres lui trouve « un génie fécond « et laborieux , des mœurs simples , douces , sociables . » Voici la liste de ses ouvrages : 1. OEuvres dramatiques, Paris , 1682, 1692, 1706, 1722, et, sous le titre de Poëmes dramatiques, publié par Jolly , 4738, 5 vol. Il y a d'autres éditions; celle de 1722 passe pour la plus complète. Presque toutes les pièces 2- Les quatre premiers livres des Métamorphoses d'Otide, traduites en vers, Paris, 1669 3° Pièces choisies d'Onde, taduites en vers, Paris, 1670 : ce sont sept lié Le discours de réception de la Bruyère ayant été maltraité dans le Mercure galant, l'auteur des Caractères appela injurieusement Corneille et de Visé les gazetiers. Une epigrannue contre le Mercure est ainsi terminée : De Visé cependant en fait sa nourriture, Et Corneille en lèche ses doigts. Fontenelle, dont Racine avait traverségl'élection, s'exprima en ces termes « tiens, par le boudeur de ma naissance, à un grand « nom qui, dans la plus noble espèce des productions de l'esprit, « efface tous les autres noms. s Le mot efface était trop fort, et Trublet lut- mène observe qu'en supposant que Corneille suroassàt Racine, deux grands hommes ne s'effacent pas. 11 laissa une fille qui épousa M. de Marsifly, et un fils pommé François, dont la fille fut mariée avec le comte de la Tour du Pin. roides et sept élégies. 4° Remarques de M. de Vaugelas sur la langue françoise, avec des notes, Paris, 1687, 2 vol. ; Rotterdam, 1690, 2 vol. Paris, 4758, 5 vol. 5° Dictionnaire dee Arts et des S nees, pour servir de supplément au Dictionnaire de l'Académie, Paris, 1694, 1720 et 1752, 2 vol. Fontenelle revit cette dernière édition, qu'il augmenta surtout pour les articles de mathématiques et de physique. 6° Les Métamorphoses d'Ovide mises en vers fançois, Paris, 1697 et 1700, 5 vol. , ; Liège , 1698 , 5 vol. fig. Cette traduction , aujourd'hui négligée , n'est pas sans mérite, et Desaintange en a connu le prix, puisqu'il en a emprunté douze ou quinze cents vers. 7° Observations de l'Académie françoise sur les Remarques de le. de Vaugelas, Paris, 1704 la Haye , 1705 , 2 vol. 8° Dictionnaire universel, géographique et historique, Paris, 170S, 5 vol. Ce dictionnaire, auquel il travailla pendant plus de quinze ans , était beaucoup plus étendu et meilleur que ceux qui l'avaient précédé. La Martinière , DeclauStre , les continuateurs de Moréri et l'abbé Expilly , y ont puisé comme à une source féconde. Thomas Corneille donna une édition augmentée de l'Histoire de la monarchie françoise sous le règne de Louis XI V, par de Riencourt , Paris, 1697, 5 vol
  • Thomas CORRÉA( 1500 - 1595) : né à Coïmbre, en Portugal, dans le 16* siècle, se rendit célèbre comme poète, rhéteur et grammairien. Nicolas Antonio prétend qu'aucun de ses contemporains ne le surpassait en éloquence, et qu'il ne fut donné qu'à un ou deux orateurs de son temps de l'égaler. 11 se distingua successivement à Palerme, à Rome, à Bologne. Il professait, avec un grand succès, au gymnase romain, dans le même temps que Muret se faisait admirer à Rome comme orateur, et la palme restait indécise entre ces deux rivaux. Corréa, appelé à Bologne, professa les belleslettres dans la célèbre université de cette ville, et y mourut le 24 février 1595, âgé de 58 ans. Ses ouvrages sont : 1° hi librum de Arte poetica Horatii explanationes, Venise, 1587 ; 2° De eloqiientia libri 5, Bologne, 1591 ; 3° De prosodia et versus componendi ratione; 4° De elegia, Bologne, 1590 ; 5° De toto eo poentatis genere, quod epigramma vulgo dicitur, et de iis quce ad illud pertinent, Ve•se, 1569 réimprimé à Bologne en 1590, -4°, sous ce titre : De epigrammate. On a encore de T. Corréa plusieurs discours prononcés et publiés à Rome. Ghilini, dans ses Huomini letterati, lui attribue une Logique; et don Caramella dit, dans son Mucœunt poetarum, qu'il composa beaucoup de vers sur la bataille de Lépante. VVE.
  • Thomas CORYATE( 1577) : né en 1577, à Oldcombe, dans le comté de Sommerset, fit d'assez bonnes études à l'université d'Oxford. Henri, prince de Galles, l'ayant pris à son service en qualité de domestique, les beaux esprits qui fréquentaient la maison de ce prince trouvèrent dans son excessive crédulité une occasion de s'amuser et d'amuser le public à ses dépens. Il fit en 1608 un voyage en Europe, dont il publia à son retour la relation en anglais, sous ce titre bizarre : Crudités dévorées à la hate, pendant un voyage de cinq mois, en France, en Savoie, en Italie, en Rhétie, en Helvétie, dans quelques parties de la haute Allemagne et dans les Pays- Bas, 1611 réimprimé en trois volu mes en 1T76. L'ouvrage parut, pour ainsi dire, escorté de près de soixante pièces de vers d'un ton ironique, composées par les meilleurs poètes du temps, tels que Ben Johnson, Harrington, lnigo Jones, Chapman, Donne, Drayton, etc. La relation de Coryate est estimée sous le rapport de la véracité; la description qu'il fait de Venise est trèscurieuse ; l'ouvrage est d'ailleurs éci it d'un bout à l'autre du ton le plus ridicule, par l'excessive bonhomie qui y domine. Ce premier voyage I de Coryate, qu'il avait fait, ditil, avec une seule paire de souliers, n'était qu'une légère excursion en comparaison de la grande expéditiôn qu'il entreprit en 1612, non sans avoir pris congé de ses concitoyens par un discours public et solennel. Après avoir .visité Constantinople, Smyrne, Alexandrie, Jérusalem, Alep, Babylone, Ispahan, la province de Candahar, etc., il s'arrêta à Ag•a pour y apprendre les langues de ces divers pays. Avec le goût et la facilité qu'il avait pour ce genre de con" naissances, il fut bientôt en état d'adresser au grand Mogol, en langue persane, uri discours que ses amis les beaux esprits firent imprimer en Angle-. terre en son absence. Il s'était proposé de retourner dans sa patrie au bout de dix ans ; mais ayant été attaqué à Surate d'une espèce de dysseuterie, il y mourut en 1617. Il avait une insatiable curiosité et beaucoup de mémoire avec peu de jugement, un esprit bizarre et un amourpropre qu'on s'était plû à enfler pour l'humilier ensuite. Un négociant anglais, lui dit un jour que le roi d'Angleterre lui ayant fait l'honneur de lui demander ce qu'était devenu Coryate, il avait appris à S. M. qu'il l'avait rencontré dans ses voyages, et que le roi avait répondu : « Estce que ce foulà vit en. core? » Coryate entra dans un tel accès de colère qu'il pensa en devenir réellement fou. On ignore ce que sont devenues les notes et observations qu'il avait faites pendant les cinq dernières années de sa vie. On a publié seulement les ouvrages suivants qu'il avait adressés à ses amis de Londres : ° Lettres écrites d'Asmère ou de la cour du grand Mogol, à diverses personnes de qualité en Angleterre, concernant. l'empereur et ses Etats dans les bides orientales, 1616 : on voit sur le titre le portrait de l'auteur , monté sur un éléphant ; 2° Observations sur la cour du Alogol et les Indes orientales ; 3° Voyages à Constantinople , etc. , 4° Abrégé des observations sur Constantinople ; 5° un discours improvisé par lui après que M. Rugg, l'un de ses compagnons de voyage, l'At armé chevalier sur les ruines de Troie, avec le titre de Thomas Coryate, lepremier Anglais créé chevalier troyen. Les circonstances de cet événement, racontées par lui le plus gravement du monde, sont d'un ridicule rare
  • Thomas COSTO( 1560) : littérateur, naquit à Naples dans le 16° siècle. Les biographies italiennes n'of: lient presque aucun renseignement sur cet écrivain. On peut conjecturer, d'après la daté de son poème de Roger, qu'il était né vers 1560. Il passa Biographie« Diclionnarg; 1798 t. 4, p. 279. la plus grande partie de sa vie dans sa ville natale partageant son temps entre la culture des lettres et les fonctions de secrétaire du duc d'Ossone, viceroi de Naples. Malgré son âge, qui devait être alors assez avancé, il suivit, en 1620, ce seigneur en Espagne . On ignore le lieu et la date de sa mort. Costo fut un des continuateurs du Compendio dell' istoria del regno di Napoli de Pandolf. Collenuccio . Cet ouvrage, et tous ceux qu'il a publiés en assez grand nombre sur l'histoire de son pays, n'étant plus guère consultés depuis qu'il en existe de meilleurs, on renvoie, pour l'indication. des titres, à la Bibliot. napoletana de Toppi, p. 296, et au Supplément de Léonard Nicodemo, p. 238. Mais Costo tient parmi les littérateurs napolitains une place distinguée, qu'il dut aux ouvrages suivants 10 Il pianto di Ruggiero, Naples, 1582 Ce poème, devenu .trèsrare, parait être le premier ouvrage de l'auteur. 2° Le otto giornate del freggi lozio, ove dà otto gentiluomini e due done si ra- giona delle malizie de' femme e trascuraggine de' mariti, Venise, 1600 Ce recueil de nouvelles, obtint un grand succès. Il a été réimprimé en 1601, 1604 et, 1620. La dernière édition est la plus estimée, parce qu'elle passe pour la plus complète. 3° Lettere sopra rani soggetti, deuxième édi- tion, Naples, 160 Elle est augmentée d'un traité del segretario
  • Thomas CRAIG( 1548) : jurisconsulte écossais, naquit d'un bourgeois à Édimbourg , en 1548. Après avoir appris le latin et le grec dans sa patrie, il int étudier le droit en France et le fit avec un grand succès. Retourné à Édimbourg, il se livra tout entier au barreau, et s'y distingua par sa science et sa probité. Choisi, avec plusieurs autres jurisconsultes, pour travailler à la réunion de l'Angleterre et de l'Écosse, si ce projet ne réus- sit pas alors, il remporta du moins, des conféren- ces qu'il y eut à ce sujet, les suffrages de Camb- den et autres habiles Anglais, qui admirèrent son érudition et son jugement. Le roi Jacques I", qui connaissait son mérite, voulut le faire chevalier ; Thomas Craig, informé de cette résolution, crai- gnant plus les honneurs que- d'autres ne les dési- rent, se retira à Édimbourg, et ne prit jamais cette qualité dont le roi lui fit donner le titre. 11 mourut dans sa patrie, en 1608. 11 a laissé plusieurs ouvrages, dont- le meilleur est intitulé : Jus ( coda- quod prœter Jus commune Longobardicum, feo- dales Anglice, Scoticeque consuetudines complecti- fur, Londres, 1655, fort rare hors de l'Angleterre, mais qui a été réimprimé avec une préface et un glossaire de Luder Mencken, Leipzig 1716 Ce traité, encore estimé et souvent cité par les ju- risconsultes et les historiens, est plus exact dans tout ce qui regarde les usages des deux royaumes, que dans ce qui a rapport à l'histoire
  • Thomas CRANMER( 1489) : premier archevêque pro testant de Cantorbéry, naquit le 2 juillet 1489, à Aslacton, dans le comté de Nottingham, d'une de ces familles normandes qui suivirent Guillaume le Conquérant en Angleterre. Pendant ses études à Cambridge, il s'y maria ; mais sa femme étant 1 4 morte de ses premières couches, il reprit son cours académique, et devint professeur de théologie au collège de Christ. Fox, aumônier de Henri VIII, l'indiqua à ce monarque comme un des hommes les plus propres à le servir dans l'affaire du divorce. Ce prince, après une conférence avec lui, le plaça chez le comte de Wiltshire, père d'Anne de Boulet], oill'on eut ordre de lui procurer tous les secours nécessaires pour écrire sur cette grande affaire. L'ouvrage qu'il composa avait pour objet de prou-\ er la nullité de la dispense de Jules H, en vertu de laquelle Henri avait épousé Catherine d'Aragon. Envoyé à Rome pour y soutenir les principes de son livre, il sut tellement déguiser son luthéranisme , qu'il reçut de Clément VII la qualité de grand pénitencier du StSiège, en Angleterre, dans l'espoir qu'il travaillerait efficacement à calmer l'esprit de la nouvelle réforme, qui, à la faveur de la querelle du divorce, commençait déjà à s'y lais- ser apercevoir. Mais Cranmer, au lieu d'aller rem- i phr sa commission, parcourut toute l'Allemagne, cherchant partout, et par ses écrits, et dans des disputes publiques, à l'aire prévaloir la cause du divorce, à former des liaisons avec les principaux chefs du luthéranisme, à se nourrir de leurs pr cipes, et il finit par épouser à Nuremberg, en secondes noces, la nièce d'Osiander. Après la mort de Warham, archevêque de Cantorbéry en 1532, Henri sentit qu'il lui fallait dans cette place importante un homme qui fût disposé à seconder les entreprises qu'il méditait, qui eût les talents et le caractère propre à les soutenir. Cranmer, dont il ignorait le second mariage et l'engagement dans le luthéranisme, fixa son choix. Celuici, inquiet sur l'issue que pourrait avoir l'affaire du diNorce, et craignant d'être compromis dans le rôle auquel il était destiné, prolongea, sous divers prétextes, son séjour en Allemagne, au delà du tdrure qui lui avait été accordé, pour laisser le temps au monarque d'en mettre un autre à sa place ; mais enfin il fallut se rendre. Alors il allégua des scrupules sur le serment qu'on était obligé de prêter au souverain pontife, pour en obtenir des bulles mais ces scrupules furent aisément levés, au moyen enne protestation vague et secrète, .que les écrivains anglicans n'ont pu excuser que par le système des restrictions mentales. Il reçut donc ses bulles, ainsi que le pallium, quoique déjà trèssuspect à la cour de Rome. Mais le pape, qui n'avait pas plus envie que le roi d'une rupture éclatante, accorda tout ce qu'on voulut bien se soumettre à lui demander. Une fois élevé à la première dignité de l'Église d'Angleterre, il eut pour les passions et les caprices de son maitre toutes les complaisances imaginables. Son premier acte de juridiction fut de prononcer la sentence du divorce, au mépris de l'appel régulier de la reine, et de confirmer le mariage secret d'Anne de Bonleu, quoique fait avant la déclaration de nullité de celui de Catherine; et, pour se mettre à l'abri de l'excommunication dont il était menacé; il se pourvut au concile général, par un appel de toutes les censures qui pourraient émaner de la cour de Rome ; quoique dans tous ces actes il eut procédé en qualité de légat du StSiége, dont il avait pris le titre dans la sentence du divorce. Dès lors Cranmer ne garda plus de mesure 11 attaqua ouvertement la primauté du pape dans le parlement, renonça solennellement à son autorité, à la tête du synode de sa métropole, se dépouilla du titre de légat du StSiége, attaché à sa dignité depuis la plus haute antiquité, prêcha, dans ses visites pastorales, la suprématie chi roi, et prononça en 1i36 le divorce d'Anne de Boulen, avec la même facilité et la même complaisance qu'il avait montrées en prononçant celui de Catherine d'Aragon. Agent secret des protestants d'Allemagne, Cranmer chercha à insinuer lent doctrine à Henri VIII, à la faveur des changements introduits dans la disci- pline, et fit diverses tentatives pour la propager en Angleterre dans toute son étendue ; mais ses efforts échouèrent toujours contre l'attachement de ce prince aux dogmes de la religion catholique. Ayant %outil. en 1536, faire adopter par l'assemblée du clergé cinquanteneuf articles feorables à ses erreurs, il fut luimême obligé d'en sou- scrire dix qui les contredisaient dans les points pr Trois ans après, il combattit avec chaleur, en plein parlement, les six fameux articles opposés au dogmes luthériens, et il finit par les signer ; et comme un de ces articles proscrivait formellement le mariage des prêtres) il prit le parti de renvoyer sa femme en Allemagne. Une tentative plus hono- rable fut l'opposition qu'il mit en 1539 au parlement, à la saisie des revenus des monastères, au profit du roi ; son projet était de les employer à l'entretien des hôpitaux, à la dotation de chaires de théologie et de langues savantes dans les cathé- draies, à des bourses pour les jeunes étudiants qui se destinaient à l'état ecclésiastique; mais il échoua dans ce louable projet. Cependant l'espèce de re- froidissement que cette proposition mit dans l'esprit du roi, ses crieurs assez connues, sa négligence à faire exécuter le bill des six articles, la protection qu'il accordait à tous les sectaires qui commençaient à agiter l'Angleterre , donnèrent occasion à ses ennemis de le dénoncer, après la disgrâce du premier ministre Th. Cromwell, son ami. Mais la faveur de Henri, qui avait besoin d'un homme de son caractère dans l'exécution de ses réformes, et auquel Cranmer savait se déguiser avec beaucoup d'art, le préserva de cet orage, et il conserva toujours sous ce règne une trèsgrande influence sur les affaires de la religion. Sous celui d'Édouard VI, il leva entièrement le masque, et, de tous les dogmes du règne précédent, il ne retint que celui de la suprématie royale. Comme membre du conseil de régence, et étroitement uni avec le lord protecteur, duc de Sommerset, il employa tout son crédit à établir la réforme. 11 consentit d'abord à recevoir de nouvelles provisions pour son archevêché, afin d'en pouvoir exercer despotiquement la juridiction, et il se reconnut amovible à la volonté du roi. Passant ensuite du luthéranisme au zvinglianisme, pour faire sa cour au lord protecteur, il fit révoquer, par l'assemblée du clergé et le parlement, dociles à ses impressions, le bill des six articles qui avait consacré la. présence réelle, et sanctionner une nouvelle litur- gie, un nouveau pontifical. Pour mettre le nouveau culte en exercice, il composa et fit composer un livre de prières, et des homélies analogues à la doctrine qu'il voulait rendre générale à 'tout le roaume, et traduire en anglais la paraphrase d'Érasme sur le nouveau Testament pour être em- ployée exclusivement à l'explication publique de l'Évangile. Une commission royale , composée d'hommes à son choix, mipartie laïque et ecclé- siastique, revêtue d'une autorité supérieure à celle des évêques, parcourut tous les diocèses pour faire exécuter les nouvelles lois religieuses, et dispa- raître jusqu'aux moindres traces des anciennes. Bonnet', évêque de Londres, Gardiner de Winchester, Tunstall de Durham et autres, qui voulaient s'en tenir aux réformes du règne précédent, furent déposés et incarcérés, pour ne s'être pas entièrement et assez promptement soumis à tous ces changements. Afin de consolider le nouvel édifice, il appela d'Allemagne les principaux chefs du protestantisme, pour remplacer dans les universités et dans les divers postes ecclésiastiques les docteurs et les pasteurs qui refusaient de plier sous son joug ; parmi ces apôtres d'outrenier, on distinguait Bucer, Martyr, Fagius, Ochin, Tremellins, etc. A l'avé,nement de la reine Marie, tout changea de face. Cranmer avait signé le testament arraché à Édouard VI, pour transporter la couronne sur la tète de Jeanne Gray, et avait sacré cette nouvelle reipe. Pour se laver du soupçon d'avoir offert de l'établir l'ancien culte, afin de gagner les bonnes grâces de Marie., il répandit un manifeste, écrit d'un style dur et violent, où les personnes et les choses étaient peu ménagées, et où il faisait sa profession de foi sur la doctrine établie sous les deux règnes précédents. Cité au conseil, incarcéré à la Tour, condamné comme coupable de haute trahison, il implora l'indulgence de la reine, obtint sa grâce pour ce crime, et fut renvoyé au tribunal ecclésiastique, chargé de k juger sur celui d'hérésie. Traduit à Oxford avec les évêques Bidley et Latimer, pour disputer contre les docteurs catholiques dans une conférence publique, il refusa de souscrire une formule de foi qui consacrait la présence réelle, la transsubstantiation et le sacrifice de la messe, et se laissa condamner comme hérétique et comme violateur de la loi sur le célibat ecclésiastique par son second mariage. Ce jugement était manifestement irrégulier, comme ayant été rendu par de simples prêtres contre des évêques. Il en appela au tribunal de Dieu ; on le cita à celui du pape, en lui refusant la liberté de se rendre à Rome, où l'on se contenta d'envoyer le procèsverbal de son interrogatoire ; et après l'expiration de cette citation dérisoire, le pape le condamna par contumace, et délivra une commission à Bonner et à Thirlby pour le dégrader, malgré son appel au concile général. On le livra ensuite au tribunal séculier, qui, suivant les anciennes lois du royaume contre les hérétiques, le condamna à être brûlé vif. Dans l'intervalle de l'arrêt à l'exécution, qui fut d'un mois, l'espoir de se soustraite au supplice lui arracha une rétractation, qu'il rétracta bientôt après, lorsqu'il vit clairement que son sort était absolument décidé. Les anglicans font de vains efforts pour justifier toutes ces rétractations ; mais ils ne sont pas plus heureux en cela que les catholiques qui ont vulti excuser l'extrême rigueur dont on usa envers lui. Cranmer, placé dans l'église de SteMarie d'Oxford, sur un échafaud dressé en face de la chaire, après avoir écouté attentivement, et sans 'se troubler, un discours du docteur Cole, relatif à la triste situation oit il se trouvait, désavoua publiquement tout ce qu'il avait pu écrire ou signer depuis sa dégradation, comme lui ayant été dicté par la crainte du supplice; il fit sa profession de foi sur les dogmes de la nouvelle réforme : lorsqu'il fut près du bûcher dressé sous les murs de la ille, il avança sa main droite pour être brûlée la première, en punition de ce qu'il avait signé lare- tractation qu'il désavouait solennellement, et subit son supplice le 21 mars 1556, avec une constance remarquable. Godwin, Heylin, Burnet, avancent que son cœur fut trouvé sans aucune atteinte, après que son corps eut été consumé ; mais Fox, qui ne laisse rien échapper de tout ce qui peut honorer la mémoire des héros de son parti, ne dit pas un seul mot de ce prétendu miracle. Le martyre de ce patriarche de la réforme anglicane a répandu un grand lustre sur sa personne et fait disparaître les fautes qu'on pouvait avoir à lui reprocher. Bumet n'en voit que de trèslégères, effacées par des vertus sublimes qui l'égalent aux plus grands hommes du christianisme. Hume le repré- sente comme un homme plein de candeur, de s doué de toutes les qualités sociales, de toutes les vertus religieuses, et surtout de ce courage à tonte épreuve qui le conduisit au martyre. Prinne, au contraire, l'accuse de parjure, de cruauté, pour avoir fait brûler despresbytériens, d'hypocrisie , d'apostasie, de rébellion, et ne soit en lui que le principal auteur des calamités du règne de Henri VIII. Gllpin, qui a publié en 1784 hi vie de cet arches èque, cons ient qu'il a trop favorisé, l'intolérance de ce prince. Il ne croit pas que, comme théologien, il pût avoir de bonnes raisons pour croire les runtifs du divorce bien fondés, et — pour courir toute l'Europe, afin d'accréditer les pieuses intentions du roi dans cette affaire. Sans parler du supplice de Thomas Noms, de Fisher et d'autres catholiques auxquels il eut tant de part, ceux de Lambert, d'Anne Askew, de Bocher, de VanParr, dont il fit signer l'arrêt de mort pais Édouard VI, malgré la répugnance de ce prince; celui du duc de Sommerset, condamné sans avoir Mé entendu, et dont il signa luimême l'arrêt, . Les uns sont en latin, les autres en anglais. Il avait laissé en manuscrit deux volumes contenant un recueil de passages de l'Écriture, des Pères, des conciles et des scolas- tiques, mis en ordre pour justifier la réforme angli- cane, et prouverla nouveauté de la doctrine romaine. Parker les transcrivit de sa propre main ; on les conserve dans la bibliothèque de l'évêque de Lon- (Ires. Les anglicans en font beaucoup de cas. La bibliothèque de Cambridge renferme encore On grand nombre de manuscrits de sa composition. Il fut le protecteur des savants de son parti. Son palais de Lambeth servit de réfuge à ceux qui étaient persécutés sur le continent ; il leur faisait des pen- sions, ou leur procurait des places lucratives. Il entretenait plusieurs jeunes gens dans les universités d'Angleterre, d'Allemagne et d'ailleurs, pour qu'ils fussent en état de soutenir l'édifice de la nouvelle Église anglicane, dont il est regardé, à juste titre, comme le patriarche
  • Thomas CREECH( 1659) : traducteur anglais, né, en 1659, de parents peu aisés, à Blandford, dans le comté de Dorset, fit d'excellentes études à l'université d'Oxford. Sa traduction en vers de Lucrèce, De ratura rerum, la meilleure de toutes celles qu'il a faites, partit pour la première fois à Oxford en 1682, et fut réimprimée l'année suivante. Elle lui mérita des éloges de Dryden, d'autant plus flatteurs que Dryden luimême avait traduit plusieurs parties de Lucrèce : mais si cette traduction fit honneur à Creech, elle ne changea point sa fortune, et il vécut toujours dans un état voisin de l'indigence. 11 entra dans les ordres en 1701, et fut nommé à la cure de Welvin, dans le comté de Hertford ; mais, avant qu'il eût pris possession de ce petit bénéfice, désespéré de se voir rebuté par une femme qu'il aimait passionnément, et qui, diton, n'était pas aussi sévère pour d'autres, il se pendit luimême dans son cabinet en juin 1100. Quelquesuns disent, et cela semble plus probable, qu'ayant été un jour demander de l'argent à un des associés de son collège, auquel il en avait déjà fréquemment emprunté, celuici, fatigué de ses importunités, le reçut si froidement que Cre#h, n'ayant plus aucune ressource, se pendit de desespoir. Ce qui peut faire douter cependant de la vérité de cette dernière anecdote, c'est qu'on trouva sur la copie manuscrite de sa Traduction de Lucrèce, cette note, écrite de sa main : « Quand cet « ouvrage sera publié, je n'existerai plus. » Quoiqu'il en soit, il parait que ses talents étaient ternis par un caractère morose et vindicatif, qui lui avait fait beaucoup d'ennemis. La traduction qu'il a donné d'Horace, en vers, en 1684 et où il a omish dessein quelques odes, est fort inférieure à sa Traduction de Lucrèce. Il a traduit aussi en I vers les Idylles de Théocrite, avec le Discours de Rapin sur la pastorale, Oxford, 1684 : cinq élégies d'0% ide, et l'Histoire de Lucrèce; quelques morceaux de Virgile; la 13" satire de Juvénal, etc. Ses traductions en prose sont : I° les Vies de Solon, de Pélopidas et de Cléomène, d'après Plutarque, et la Vie de Pélopidas, d'après Cornélius Nipus; 2°- Apophthegmes laconiques, ou Mots remarquables des Spartiates, d'après Plutarque; 3° le Démon de Socrate, et les deux premiers livres des Symposiaques, d'après Plutarque. Toutes ces traductions de Plutarque ont été publiées dans un recueil de traductions anglaises de cet auteur. I° La traduction de l'Astronomieon de Manilius. On a aussi de Creech une édition latine de Lucrèce, 1695 avec des notes. Sa traduction de ce poète a été réimprimée à Londres en 1714, en 2 vol. et de nouveau en 1717. Dans ces deux éditions, les vers que Creech avait laissés non traduits ont été suppléés, et oit y a - ajouté de nouvelles notes qui forment, en quelque sorte, avec les anciennes, un système complet de philosophie épicurienne. Un écrivain anglais a prétendu que Creech n'étant pas en état de faire, par le raisonnement, l'apologie de l'athéisme, s'était attaché à l'embelli• des charmes de la poésie. Sa réputation est un peu déchue aujourd'hui de ce qu'elle était de son temps. Il était ainsi désigné sur un monument élevé à la mémoire de son père : « Le savant, l'admiré et » tant envié M. Creech
  • Thomas CRÉNIUS( 1648 - 1728) : dont le vrai nom était Thomas- Théodore. Crusius , naquit dans la marche de Brandebourg, en 1648, étudia dans plusieurs universités d'Allemagne la théologie et les langues orientales, devint ministre à Blumenlage, près de Zell, et ensuite recteur à Eperies dans la Hongrie. 11 revint en Hollande et fut correcteur d'imprimerie à Rotterdam, puis à Leyde. 11 est mort dans cette dernière ville le 29 mars 1728. Bayle, à qui il a fourni quelques citations pour son dictionnaire, ne Joue que son zèle pour l'avancement des sciences. On a de Crenius : i° Fasciculi dissertationum historico- critico- philologicarum, Rotterdam , 1691 et années suivantes , 10 vol. ; 2° Animadversio- nes philologicoe cuit epistolis virorum. doctorum ! zinc iode collectis , 1695 -1723 , 18 vol. 3° Fascis exercitationum 171 philologico- historicarum, 1697-1700, 5 vol. 4° Museum philologicum et historicujn, Leyde, 1699-1700, 2 vol. 5° Exercitationes tres de libris scriptorum optinzis et utilissimis , Leyde, 1704-1705, 3 vol. 6° De singularibus scriptorum, dissertatio, Leyde, 1705 7° De furibus librariis dissertatio epistolica, Leyde, 1705 où, dit Struvius, il dévoile cent vingt plagiaires. Une seconde dissertation sur le même sujet fut publiée par Crenius en 1708; une troisième en 1709 : elles ont été réunies en 1716 Il y a de l'érudition dans ces dissertations , mais elles manquent d'ordre. L'auteur avait déjà traité le même sujet dans le tome 10 de ses Aniznadversiones. Le Moréri de 1759, après avoir donné à ces trois dissertations la date de 1716, en fait un nouvel ouvrage qu'il intitule De furibus plagiarlis, 1705 11 est évident qu'il fait un double emploi de la première dissertation. 8° Acta sarcznasiana , ad usum reipublicce litterarice in unum corpus collecta, 1711 9° beaucoup d'autres ouvrages dont on trouve la liste dans le Moréri de 1759. Crenius a publié sous le nom de Dorotheus SktirUS , anagramme de Theodorus Crusius : 1° De prudentia ecclesiastica; 2° Origo atheismi in pontificio et evangelica Ecclesia, 1684. Les écrits de Crenius sont peu estimés. A l'occasion de son Fascis exercitationum Prosper Marchand disait : « Crenius a fait pan- « Lité de recueils semblables à celuici , et quoi- « qu'il n'y mît ordinairement du sien que le titre, « quelques préfaces et une table, il ne laissait pas « de s'en glorifier d'une manière insupportable. » C'est sans doute cette vanité qui lui attira la brochure intitulée : Severini a Clamoribus epistola ad. amicum de vita, studiis et nzoribus Thonme Crenii, excellentissinzi viri atque inconiparabilis polyhistoris nomen ambitiose affectantis , Amsterdam , 1706 L'auteur, qui s'est caché sous les noms de Severinus a Clamoribus , est Ern. Mart. Plaire
  • Thomas CROMWELL : facile. 11 fut arrêté dans la salle même du conseil, mis à la Tour, accusé de haute trahison et d'héré sie. Livré aux manœuvres de ses ennemis, aban- - donné de tous ses amis, excepté du seul archevêque Cranmer, il fut condamné, sans avoir été entendu, à avoir. la tête tranchée. Dans l'espoir de ranimer dans le cœur de Henri une ancienne af- fection, il lui écrivit une lettre si touchante, que le roi se la fit lire trois fois et parut quelques mo- ments attendri ; mais son amour pour Catherine Howard et son mauvais génie triomphèrent de sa. sensibilité. Thomas Cromwell fut exécuté à To- verHill, le 28 juillet 1540, trois mois après sa plus grande élévation. Les catholiques regardèrent sa mort comme une juste punition de la persécu:- tion qu'il avait exercée contre eux; la nation anglaise avait à lui reprocher les subsides énormes dont il l'avait fait accabler ; et l'humanité, l'odieuse pratique de condamner un accusé sans avoir entendu sa défense ; prévarication dont il fut luimême la victime. Étant sur l'échafaud, il pria avec ardeur pour le roi qui le sacrifiait, et déclara qu'il mourait dans cette même foi catholique qu'il avait persécutée toute sa vie ; mais cette déclaration n'a pas empêché les écrivains catholiques de traiter sa mémoire avec la plus grande sévé- rité
  • Thomas CROSS( 1624 - 1671) : graveur anglais, naquit en 1624. Presque tous ses ouvrages consistent en po•traits gravés dans un style froid et monotone. Cross avait moins la connaissance que l'amour de son art ;il opérait en grande partie avec le burin ; aussi la plupart de ses gravures manquent d'harmonie. 11 a presque toujours travaillé d'après ses propres compositions, selon la coutume des artistes de son temps. Walpole cite avec éloge seize pièces de Cross. Le frontispice que cet artiste a gravé pour un livre publié à Londres en 1648, sous ce titre : A voyage trough Rome est regardé comme un de ses meilleurs ouvrages. Cross mourut à Londres .en 1671, laissant une suite de portraits considérable. C'est Thomas Cross qui a gravé la sténographie de Metcalf. Il publia luimême une méthode d'écriture tachygraphique sous ce titre : The art of character or short- writing, Londres, 1645 : c'est une feuille gravée divisée en seize pages imprimées d'un seul côté. Le système de Cross, assez semblable d'ailleurs à ceux de Metcalf et de Shelton, est plus méthodique et moins surchargé d'abréviations arbitraires. - Gauthier CROSS a publié l'Art taghrnique, ou l'Art d'expliquer l'écriture par les points, communément appelés accents, Lon dres, 1698
  • Thomas CROZET : récollet, entra dans cet ordre à Marseille vers 1650, et s'adonna à la prédication. Il alla ensuite en Espagne, et séjourna longtemps à Madrid, où il apprit si bien l'espagnol, Glue nonseulement il traduisit quelques oux rages castillans, mais ??'il en composa luiméme en langue espagnole. Il mourut à Avignon sers $720. Le P. Crozet était laborieux et instruit, mais il axait une telle volubilité de langue, que, dans les sociétés où il était admis, il ne cessait de parler et ne souffrait pas que personne pût placer une phrase. on a de lui : in • 'imita de la sabiduria, refaisait-! arion de las maximal de Salomon y los nia, 4'mm-- tantes al hombre para yuernarse sabiame? te : ronsideraci? nes sabra las mimas milximas tradu- ridas de fronces en espais? l, Marseille, 1690 Bruxelles 2° Maximes morales traduites d'espagnol en français; 3° Histoire de la bie? heureuse rierge Marie, écrite par Marie d'Àyreda, ? lar- •ille, 1895 réimprimé sous 1?. titre de la Mtpfique rité de Dieu ; Censura Censura', sets eunfutatio sententstr deputatorum faruitalis theologicr Parisiensis de drus per ilitee excerptis e toprimo Vita, S.S. Firginis, h,ipanica Mita. a rirgiw' maire Noria a J,‘ u. Cologne. 1697. : c'est une réponse à k censure que la Sorbonne avait faifr de l'ouvrage précédent : 5° Introduction aux vertus morales et héroïques, traduite de l'italien d'Emmanuel Thesauro, Bruxelles, 4722, 2 vol. dédiée aux chevaliers de Malte ; 60 Indictilus vniversalis, Lyon, 1705 en latin et en espagnol, ouvrage composé d'après celui du P. Pomey
  • Thomas DAVIES : auteur anglais du 18 siècle, quitta la profession de comédien qu'il avait d'abord embrassée, pour se faire libraire ; mais de mauvaises affaires l'obligèrent de retourner à son premier état. Après avoir joué alternativement la tragédie et la comédie pendant plusieurs années, soit en province, soit à Londres, il tenta de nouveau la fortune dans le commerce de la librairie, et, malgré ses talents et ses connaissances en ce genre, se vit bientôt réduit à faire banqueroute; mais ce malheur, qu'il n'avait point mérité, ne lui ravit point l'estime publique; aidé par ses propres créanciers, et surtout par le bénéfice considérablo d'une représentation à son profit que lui procura, sur le théâtre de DruryLane, son ami le docteur Johnson, il parvint à rétablir ses affaires. Plusieurs ouvrages qu'il publia ensuite, en lui faisant une certaine réputation, ajoutèrent à ses moyens de fortune. 11 mourut en 1785. Acteur assez médiocre, c'était un homme trèsaimable en société, où il portait un esprit riche en saillies et un enjouement qu'il avait le secret de communiquer aux autres. Ses ouvrages sont : 1° la Vie de Garrick, 1780, 2 vol. réimprimée plusieurs fois; 20 des Mélanges dramatiques, 3 vol., qui ont eu également plusieurs éditions ; 3° Mémoires de M. Henderson; 4° Revue des caractères du lord Chesterfield ; 5° une Vie de Massinger ; 6° les Vies du docteur J. Eachard, de sir John Davies et de Lillo, et un grand nombre de pièces fugitives en vers et en prose, insérées dans le St- James chro- nide et dans d'autres journaux. — DAV1ES , maitre d'écriture et poète, mort vers 1618, a puhué 1° l'Anatomie de la belle écriture, 1639; 20 la Complainte de St. Pierre 1$95 ; 3° le Pèlerinage de l'esprit ; le Fouet de la folie et autres productions de peu d'importance. 11 jouissait d'une grande réputation comme maitre d'écriturc ; mais il ne paraît pas avoir été fort estimé pour ses talents littéraires
  • Thomas DAY( 1748 - 1789) : né à Londres en 1748, d'un col lecteur des douanes qui lui laissa une fortune considérable, perdit son père étant encore enfant. Sa mère, femme d'un esprit distingué, l'éleva dans des habitudes d'indépendance qui influèrent sur tout le cours de sa vie 11 fit ses dernières études à Oxford, s'instruisit ensuite dans la connaissance des lois, et exerça même les fonctions d'avocat, quoiqu'il ne fût pas dans l'intention de s'attacher à cette profession. 11 employa plusieurs années à voyager, s'appliquant particulièrement àl'étude des hommes et à l'observation des mœurs, et se pénétrant tou- jours davantage des maux qui assiégent l'humanité , moins pour s'en laisser abattre que pour chercher des moyens de les soulager. C'était afin d'avoir plus de temps à y consacrer qu'il s'était affranchi des tributs qu'impose la société. Également étranger à toutes ces petites observances que le monde appelle des devoirs, et aux soins extérieurs qu'on regarde comme des- bienséances d'état, Day portait sa négligence jusque sur ce qu'il mettait au rang des besoins. Les commodités de la vie lui étaient inconnues, on pourrait dire même incommodes lorsqu'elles gênaient sa liberté, et odieuses si elles eussent dérobé quelque chose aux soulagements qu'il cherchait à répandre sur de véritables souffrances; c'était à celleslà qu'il consacrait son temps comme sa fortune. Son premier ouvrage fut une pièce de vers publiée en 1713, contre l'esclavage des nègres, le Nègre mourant, qu'il composa de com- pagnie ayec son ami Bicknell. Une éloquente dédi- cace qui précède la 3e éditiun de ce poème, est adressée à Rousseau, dont Th. Day était admirateur enthousiaste. En 1776, il publia un autre poème contre la guerre de l'Amérique, intitulé les Légions dévouées; et en 1777, un poème sur la Dé- solation de l'Amérique. Les ouvrages de Day ne sont point des modèles de poésie ; cependant on y trouve des images vises, es, de la force, et le noble sentiment qui l'animait. 11 écrivit aussi avec succès plusieurs morceaux de prose, et contre la guerre de l'Amérique, et contre l'esclavage des nègres; mais ce qui a obtenu peut-être le succès le plus datable, parce qu'il ne tient pas aux circonstances, ce sont ses ouvrages pour les enfants, entre autres son Sandford et Merton, regardé comme l'un des meilleurs en ce genre. Cet ouvrage, publié en trois parties, la première en n 8 3 , et la dernière en 1789, a été traduit en français , et a été aussi goûté que répandu en France, quoiqu'on y puisse aperceNoir, à ses idées plus théoriques que pratiques, que Day n'avait point d'enfants. Cet homme *vertueux avait aussi ses ridicules, qui tenaient à ses vertus mêmes. 11 voulait une compagne, mais telle qu'il ne pouvait la trouver. Il résolut de la former luimême sur un modèle imaginaire, et, conjointement avec un ami qui partageait ses rêveries, il entreprit l'éducation de deux jeunes orphelines abandonnées, dont une était des-, fluée à devenir sa femme. Dans la vue de l'endur- cil contre la douleur, et de l'aguerrir contre la crainte, il versait, diton, sur ses bras, de la cire ondue, et tirait dans ses vêtements des coups de )istolet qu'elle devait supposer chargés à balle. oui' éprouver sa discrétion, il lui confiait des serets dont la connaissance , lui disaitil, pourrait 'exposer à de grands dangers; mais le naturel 'emportait, et le résultat de cette méthode ne ré- °ridant pas du tout à ses vues, il se vit obligé d'y enoncer : il se maria cependant en 1778. Cet omme si indépendant avait trouvé, malgré ses s ou peut-être à cause de ces singularités, me femme d'un esprit éclairé et capable de parager ses idées. On aurait été étonné qu'une âme si bienveillante n'eût pas senti le prix des affections omestiques. Une de ses principales occupations depuis son mariage fut de faire valoir une ferme onsidérable dans le comté de Surrey, et d'y essayer divers procédés d'agriculture auxquels il employait les pauvres du voisinage. Day mourut le 28 septembre 1789, à l'âge de 41 ans, d'une chute de cheval
  • Thomas DELCAMBRE( 1766) : célèbre bassoniste, né à Douai en 1766, vint à Parie à l'âge de dixhuit ans, et y prit des leçons du maitre Ozi, que nul n'a encre égalé sur le basson pour l'expression et le fini du jeu. L'élève fit de tels progrès qu'en 1790 il fut admis à l'orchestre du théâtre de Monsieur, et y joua les solos de basson avec Devienne. C'est à ce théâtre qu'on venait applaudir alors les beaux ouvrages de Paesiello et de Cimarosa, et cette réunion d'artistes distingués, tels que Raffaneli, Viganoni, Rovedino, Mengozzi, Mandini, mesdamee Mandini, Morichelli et Baletti. Puppo avait remplacé Viotti comme directeur d'un excellent orchestre. Delcambre y commença sa réputation, et l'étendit bien davantage ensuite aux concerts du théâtre Feydeau, où il exécuta des symphonies concertantes de Devienne pour hautbois, flûte, cor et basson, avec les virtuoses Salentin, Hugot et Frédéric Duvernoy. Après avoir été trente ans professeur au Conservatoire de musique , il obtint sa retraite en 1825. De tous ses emplois, il ne conserva que celui de premier basson à la chapelle du roi, et mourut à Paris le 7 janvier 1828. Les duos, les sonates et le concerto qu'il a publiés pour son instrument manquent d'originalité ; et d'ailleurs cet artiste, qui brillait par le talent de l'exécution, avait dans sa musique beaucoup de réminiscences et peu de génie
  • Thomas DEMPSTER( 1579) : Ecossais , né en 1579 s'est fait une réputation plus par une conduite bizarre que par ses ouvrages. Né de famille noble et catholique, il quitta i de i bonne heure son pays pour cause de religion, étudia à Cambridge et passa de là en France, puis alla successivement à Louvain, à Rome, à Douai, à Tournai, et re? int à Paris, il se donna le titre de i baron de Muresk. Il i prétendait avoir abandonné, par attachement pour sa religion, un patrimoine considérable, et il fut obligé de remplir une chaire d'humanités au collége de Navarre. C'était un homme extrêmement studieux, mais en mème temps doué d'une force de corps extraordinaire, violent, brave, et glorieux, comme la plupart de ses compatriotes, qu'on a nommés les i Gascons de l'Angleterre i. 11 s'attirait sans i cesse i des querelles, et ne passait presque pas de jour sans mettre l'épée à la main. Le trait suivant, s'il est vrai, peut donner une idée de son caractère. Grangier, principal du collége de Beauvais à Paris, étant obligé de s'absenter pour un voyage, choisit Dempster pour le remplacer. A peine futil parti, qu'un des écoliers ayant en l'imprudence d'appeler publiquement en duel un de ses condisciples, Dempster le fit fouetter en pleine classe, pour le punir d'une faute dont il avait si souvent luimême donné l'exemple. Le jeune homme, résolu de se i venger i, amena au i collége i trois gardes du corps, de ses parents. Dempster, accoutumé à de pareil- les visites, mit tout le collége sous les armes, fit couper les jarrets aux chevaux des trois militaires; et, après avoir réduit ceuxci à demander quartier, les tint en prison pendant plusieurs jours. Mais un tel procédé lui ayant fait un grand nombre d'ennemis, et sa conduite ayant éveillé l'attention de la justice, il alla chercher un refuge en Angleterre, oit il obtint le titre d'historiographe du roi, et épousa une trèsbelle femme, avec laquelle il fit ensuite différents voyages sur le continent; elle lui fut enlevée à Pise pendant qu'il donnait une le-çon dans l'uniNersité. Il continua de professer les belleslettres dans différentes 'universités, à Toulouse, à Nîmes, à Padoue, et à Bologne, où fut reçu membre de l'Académie i della Noue i, et où il mourut le 16 septembre 1625. C'était un érudit dans ioute la force du mot. Doué d'une mémoire prodigieuse, « il ne savait pas, disaitil, ce que « c'est qu'oublier. » Laborieux comme on le re- présente, et consacrant chaque jour près de quatorze heures à la lecture, on conçoit qu'il devait avoir entassé un immense trésor de connaissances. Aussi quelques écriNaing lui ontils donné le surnom de i Bibliothèque vivante i, mais c'était une bibliothèque sans ordre comme sans choix. On a de lui plusieurs ouvrages assez saxants, écrits d'un st?le absolument dépourvu de goût et d'élégance; on y désirerait aussi quelquefois un peu plus de critique et même de bonne foi. 11 a osé enfler sa i Liste des auteurs écossais i d'une foule de noms qu'il savait appartenir à l'Angleterre et à lande. « 11 eût voulu, dit Baillet , que tous les savants fussent « Écossais. 11 a forgé des titres de livres qui n'ont « jamais été mis au monde, pour releNer la gloire « de sa patrie , et a commis diverses autres four « tueries qui l'ont décrié parmi les gens de lettres. Les écrivains protestants l'ont jugé plus sévèrement encore. Le plus connu de i ses i ouvrages, et le plus souvent consulté, est son i Etruria regalis i, compo- sée par onlre du grandduc Cosme Il de Médicis, longtemps conservée en manuscrit à Florence, et publiée par Th. Coke, Florence, 1723, 2 vol. avec quantité de gravures de monuments antiques. On y trouve d'abord les fameuses i Tabulce Eugubince i, inscriptions précieuses pour l'histoire des anciennes langues de l'Italie, et dont l'authenticité n'est pas contestée. On y voit aussi la description d'un grand nombre de ces vases peints, si recherchés actuellement, qui ont été désignés par erreur sous le nom i de Vases étrusques i, et qu'on s'accorde aujourd'hui à .nommer i Vases grecs i. Ou 1 trouve à la suite de cet ouNTage de Dempster, les i Explicationes et conjectura i? de Philippe Bonarota, lui y forment un supplétnent indispensable. On y doit joindre aussi le snpplément que Passeii pu- blia en 1767, sous le titre de i Paralipomena in 1i i- mèlée de fables, i l'Etruria regalis i est encore con- ' i bros de Etruria regali i, Lucque Quoique suitée journellement pour les antiquités étrusques, et tout ce qui consente l'histoire de la Toscane. Parmi ses autres ouvrages nous citerons seulement : 1° i itlitiquitatum romanarum corpus, post I. Rosinum suppletum et auctum i. Paris, 1613 souvent réimprimé. 2° i kalendariuin roma- num i, inséré dans le tome 8 des i Antiquités romai- nes i de GrteNius. 3° i Apparatus ad h istoriam i, Bologne, 1622 On trouNe à la suite de ce livre qui donne par ordre de matières le dénombrement des Ècossais illustres, en toutes sortes de genre, 10 un i Martyrotogium scoticum i, ou i Menolo- gium i de 679 saints; 2° i une Nomenclature de i I 603, écrivains écossais. Cet ouvrage excita plusieurs réclamation ; ils y répondit, reconnut que quelquesuns de ses héros n'étaient pas écossais, soutint l'authenticité des autres, redonna plusieurs fois cette Nomenclature comme un extrait de son grand ouvrage i de Scriptoribus scotis i, qui parut enfin sous ce titre : 4' i Historia ecclesiastica gelais scoto- rum libri i 19, Bologne, 1627 Les écrivains écossais, réduits au nombre de 1209, y sont rangés par i ordre i alphabétique. A la suite on trouve un abrégé de la Nie d£ l'auteur et le détail de ses nombreux ouvrages, mais sans désignation des années et lieux d'impression. Dempster a donné des éditions de Claudien, la Flèche, 1607 ; de Stace d'Elien ; de Corippus, Paris, 1610, iti-8°; de Benoît Accolti, i de Bello a christianis contra barbaros ges- to i, Florence 1623 le tout avec des commen- taires ou des notes. Il a aussi publié le traité d'Aldrovande : i de Quadrupedibus bisulcis i, Bologne, 1621
  • Thomas DENMAN( 1733) : chirurgien et accoucheur anglais, naquit le 21 juin 1733, à Bakewell dans le comté de Derby, oit son père était pharmacien. Pendant sa jeunesse, il mena une vie errante et éprouva bien des infortunes. Après avoir perdu son père à l'àge de dixneuf ans, il essa!a, pendant deux années, de suivre la même carrière que lui ; mais ensuite il se rendit à Londres avec trèspeu de ressources, s'y livra à l'étude de l'anatomie et fréquenta trèsassidument l'hôpital StGeorges. En 1751, Denman alla sur la côte d'Afrique, et dixhuit mois plus tard il passa sur le vaisseau l'Edgar, commandé par le capitaine Drake, en qualité 41e chirurgien et ne quitta ce poste qu'à la conclusion de la paix en 1763 ; il t'oint alors à Londres pour s'y livrer d'une manière spéciale à la pratique des accouchements sous la direction du célèbre Smel- fie. Ayant pris un diplôme dans l'université d'Aberdeen, il essaya de s'établir à Winchester, mais cette entreprise n'eut pas de succès, et il retourna à Londres où il se trouva réduit à un état de gène, voisin de l'indigence. Ce fut en tain qu'il voulut se faire réintégrer dans la chirurgie navale. Heureusement, parle crédit de lord Cavendish et de Drake, il fut nommé chirurgien d'un yacht royal avec un traitement de 10 guinées ; ce médiocre emploi devint la :-_ource de sa fortune. De concert asec doctet r Osborne, il donna des leçons d'accouchen len t qui attirèrent un grand concours d'élèves. Les ourages qu'il publia augmentèrent encore sa réputation. 11 obtint le titre de médecin adjoint, et accoucheur de l'hôpital de Middlessex, et remplit ces fonctions avec beaucoup de zèle pendant plusieurs années. Enfin, pars cuti à l'âge de cinquantehuit ans, il renonça en grande partie à la pratique, et mena une vie tranquille dans sa maison de campagne de Feltham.rAmi de Jenner, qui avait été son élèse. il reconnut un des premiers les mailla- ges de la vaccine, et contribua à la propagation de cette découverte. Denman mourut en 1815. Celui de s'es ouvrages qui a le plus contribué à le faire connaitre est son introduction à la pratique des accouchements, Londres, t. 1, 1787 ; t. 2, 1795 ; ibid., 1801, ; 1816, et 1832 avec planches, et une Vie de l'auteur. Ce traité a été traduit en allemand par Werner, Zurich et Leipzig, 1191 et en français par le docteur Kluyskens, Gand, 1802, 2 sol. il est regardé comme classique en Angleterre. Son traducteur, M. Kluys- kens, l'a loué outre mesure. Cependant le savant Sprengel le regarde comme prolixe, rempli d'hypothèses, et pense (m'il ne peut pas soutenir la comparaison avec celui de Baudeloque. Les autres écrits de Denman sont i° An Essay on puerperal fever, Londres, 1168 ibid., 1111-1783 ; traduit en allemand, Altemhourg, 1717 en français par Revolat, Lyon, 1798 2° An Essay on Natural labour, Londres, 1786 ; 30 An Essay on preeternatu- ral labour, Londres, 1786 ; 4° In Essay on uterine hœmorrages depending on pregnancy und parturition, Londres, 1181 5° Aphorisms the application and use of the forceps and redis in preeternatural labour, Londres, 1788 ; ibid., 1811 ; ibid., 1824 6° Collection of engravings fading illustrais the [ 'nitration and parturition of animais and the humais species, Londres, 17874791 ; 7° Speculation 00 the mode and apparences of impregnation of the human female, Londres, 1789 80 Two cases of the rupted and inverted uterus, Londres, 1788 i°. 90 Engraving of twouterine polypi, Londres, 1801 10° Observations on the rupture of the uterus of the suffies in infants and on the mania lactea, Londres, 1810 ; 11° Observations on the cure of cancer, Londres, I 8 1 1
  • Thomas DECKER : auteur dramatique anglais, qui vivait sous le règne de Jacques Pr. On a de lui un grand nombre de pièces de théâtre, dont quelquesunes ont été écrites en société avec d'antres auteurs, particulièrement avec Webster, Ford et Rowley. Parmi celles qu'il a composées seul, on cite l'Honnête prostituée, et la comédie du Vieux Fortunatus. On y trouve beaucoup de talent pour la peinture des caractères et pour l'intrigue, et un assez bon style comique ; mais ce qui a le plus contribué à étendre sa réputation, c'est la querelle qu'il eut avec son contemporain Ben Johnson. Ayant eu le malheur d'offenser, par un succès ou autrement, le poète lauréat, celuici le traita trèssévèrement, en le désignant sous le nom de Cris- pin, dans une espèce de dunciade intitulée le Poète- reau . Decker prit amplement sa revanche dans son Satyromastix, dont, sous le nom du jeune Horace, Ben Johnson est le héros. Cette querelle amusa beaucoup le public. Decker, comme auteur dramatique, n'était regardé, même de son temps, que comme un poète médiocre. On croit qu'il ? ivait encore en 1638
  • Thomas DHELL ou D'HÈLE( 1740) : naquit en Angleterre, dans le comté de Glocester, d'une famille distinguée , vers l'an 1740, et passa sa jeunesse au service de la marine anglaise. Il fut envcsyé à la Jamaïque, où il resta jusqu'en 1703. Alors il voyagea en Italie pendant plusieurs années, et int à Paris en 1'770. Une femme lui ayant aidé à dissiper le reste de sa fortune, il travailla pour le théà- tre, et prit bientôt place parmi nos meilleurs auteurs d'opéras comiques. On a de lui trois ouvrages qui sont depuis longtemps en possession de la scène; tous les trois, il est vrai, ont été mis en musique par Grétry ; mais ici le mérite de l'auteur n'est point inférieur à celui du musicien, Dhell Le véritable nom est Hales, que les Anglais prononcent Hetes, dont les journaux français ont fait Dhell et d'Hele, noms sous lesquels l'auteur est connu, et qu'on lit à la tète de ses ouvrages. avait préparé, on pourrait dire composé, un quatrième opéra comique, lorsqu'une mort prématu rée l'enleva. Pendant qu'il était au service, il s'é- - tait un jouienivré de punch avec quelques officiers : la nuit il ressentit une soif tellement insupportable, qu'il porta à. sa bouche une bouteille d'eau forte que le roulis du vaisseau avait amenée près de lui. Cet accident et les excès de tout genre auxquels il se lis ra, attaquèrent sa constitution, et il mourut le 27 décembre 1780. Men parlait peu, mais bien. apprainivait, c'était d'un léger mouvement de tète. Quand on racontait devant lui des histoi- res connues, il interrompait brusquement le narra- teur en disant d'un ton sec : C'est imprimé. Il tra- vaillait lentement,et n'écrivait rien qu'il n'eût dam sa tète l'ensemble de l'ouvrage. Il uw pouvait écrire en vers. Un vers, disaitil, lui coûtait plus qu'une scène. Anseaume versifia la partie lyrique du Jugement de Midas; Levasseur, ancien capitaine de dragons, fit la même chose pour l'Amant ja- loux. 4irtrv, qui nous apprend ces particularités et les anecdotes que nous rapportons , ne dit pas quel est l'auteur de la partie lyrique des Événe- ; twists imprévus. Dhell ne se gênait pas avec ses amis. Un jour il alla chez l'un d'eux, s'empara d'un vêtement dont il a‘ ait besoin, et sortit. Son ami rentre, et en s'habillant ne trouve pas tout ce qu'il lui fallait. Dhell seuil était entré dans l'ap- parlement ; mais on n'osait le soupçonner. Ceîwn- dant le soir l'ami rencontra Dhell. et lui poSant la main sur la cuisse : u Ne sontce pas là mes culot- « tes? ditil. —Oui, je n'en axais point, ,) répondit Dhell. On a cité Dhell comme un modèle d'ingra- titude ;mais, ainsi que le remarque Grétry, peut- être eûtil oublié les services qu'il aurait rendus, comme il oubliait les bienfaits qu'il recevait. Forcé de se battre avec un homme qu'il insultait, après lui avoir emprunté de l'argent qu'il ne pouvait rendre, Dhell lui fit sauter son épée, et lui dit avec tout le flegme anglais : « Si je n'étais votre débiteur, :( je vous tuerais ; si nous avions des témoins, je « vous blesserais ; nous sommes seuls , je vous « pardonne. u Les ouvrages de Dhell sont : le Jugement de Midas, comédie en 3 actes mêlée d'ariCttes,yeprésentée sur le théâtre de la comédie italienne, le 27 juin 1'778; 2° les Fausses apparen- , es, ou l'Amant pilous, en 3 actes,. représentée à Paris le 23 décembre 1778 ; 3° les Evénements im- prévus, en 3 actes, représentée à Paris le 13 novembre 1779 ; 4' Gilles ravisseur, comédie en 1 acte, représentée sur le théâtre des Variétés en 1779. Toutes ces pièces ont été imprimées séparément. Les trois premières se trouvent en outre dans le Thédtre de l'Opéra comique, Paris, 1811- 1812, 8 vol. 50 le Roman de mon oncle, conte imprimé dans la Correspondance de'Grimm 2e partie, t. 4, p
  • Thomas DODERÈTE( 1751 - 1824) : né à RivièreslesFossés, près de Langres, le 14 janvier 1751, était fils d'un marchand qui l'envoya an collège des jésuites à Langres. Après avoir fait d'assez bonnes études, il se rendit à Paris, où il travailla longtemps chez un procureur. A l'époque de la révolution, dont il embrassa les principes avec exagération, il revint à Langres, y fut nommé administrateur du district, se fit remarquer comme un des terroristes les plus exaltés de cette ville, et contribua même à envoyer plusieurs personnes à l'échafaud. 11 publia un Catéchisme à l'usage de toutes les religions, imprimé à Chaumont. C'est une mauvaise compilation tirée de l'Origine de tous leseultes de Dupuis, et qui n'eut aucun succès, même dans ce tempslà. Doderète est mort le 7 avril 1824, et son acte de _décès lui donne letitre d'avocat
  • Thomas DIGGES : fils du précédent, hérita du goût de son père pour les mathématiques,et pro- lita si bien de ses leçons qu'il devint un des plus grands géomètres de son temps. Nommé commissaire général des troupes envoyées dans les PaysBas, par la reine Elisabeth, il se trouva à portée de s'instruire plus particulièrement dans la science des opérations militaires, et la plupart de ses ouvrages roulent sur l'application des:mathématiques à. Part dc. la guerre. Il mourut en 1595. On a de lui, outre les additions dont il a enrichi les ouvrages de son père : 1° Ale sive Socle mathematicee, 1573 Ce livre contient diverses démonstrations pour trouver les parallaxes d'une comète ou de tout autre corps céleste. 2° Traité d'arithmétique militaire, 15'79 30 Stratioticos, traité géométrique né- cessaire au perfectionnement du soldat, 1579 réimprimé en 1590 , avec des additions. Thomas Digges n'est auteur que de la dernière partie de ce traité; la première partie est l'ouvrage de son père. On trouve à la suite deux petits traités, dont l'un a pour but de justifier le comte de Leicester contre l'accusation d'avoir mal défendu la ville de Sluce, et dont l'autre a pour objet d'examiner quels seraient les meilleurs moyens de repousser les trou- pes ennemies, si elles faisaient un jour une descente par mer dans le comté de Kent ou ailleurs ; 4' Des- cription complète des orbes célestes, suivant la doc- trine des pythagoriciens, imprimée à la suite de la Pronostication perpétuelle, de Léonard Digges, 1592 ; 5° Défense de l'Angleterre, ou Traité concer- nant l'invasion, I (386 ; quelques ouvrages de peu d'étendue, et plusieurs autres qu'il n'a pas eu le temps de publier luimême; nous ignorons s'il ont étè imprimés après sa mort
  • Thomas DIMSDALE( 1712) : médecin anglais, né dans le comté d'Essex, en 1112, était d'une famille de quakers, et son grandpère fut un des fondateurs de l'État de Pensylvanie avec Guillaume Peim. Dimsdale commença sa carrière médicale par la chirurgie militaire, qu'il exerça en Allemagne, sous le duc de Cumberland. A la paix, il revint en Angleterre , où il exerça la médecine à Ilerford. Il se rendit célèbre par les succès qu'il obtint dans l'inoculation de la petite vérole, procédé dont il fut le plus ardent propagateur. Sa réputation le fit appeler en Russie en 1768, pour inoculer rimpti_ ratrice Catherine et le grandduc Paul. L'impératrice lui témoigna sa reconnaissance en le créant baron, conseilker d'État et son premier médecin ; elle le combla de présents, et lui fit une pension viagère lorsqu'il revint en Angleterre, où la Société royale de Londres le reçut an nombre de ses membres. luimsdale retourna en Russie, en 1781, pour inoculer l'empereur actuel de Russie et le grandduc Constantin. Dimsdale fut deux fois élit menubre de la chambre des communes. Il cessa de pra- tiquer la médecine en 1784, après avoir perdu l'usage de ses yeux par deux cataractes. \Vence' lui en lit l'opération par la suite, et il recouvra la vue. Il mourut à Herford, le 30 décembre 1800. Depuis plusieurs années il vivait dans la retraite. Ses écrits sur l'inoculation ont joui d'une grande estime et ont beaucoup contribué à populariser cette mé- thode. Il a publié 1 The present Method of inocu- lut ing for the sinallpo. t. , etc. Cet ouvrage a été traduit en français par Fouquet, sous ce titre : Mé- thode actuelle d'inoculer la petite vérole, avec des expériences faites dans la vue de constater les effets de cette méthode, appliquée au traitement de la pe- tite vérole naturelle, Amsterdam et Montpellier, 1772 Fouquet joignit à cette traduction, et dans le même \ olume, celle d'un autre ouvrage de Dimsdale, sur le traitement de la .petite vérole des enfants. 2° Though or general and partial ino- culation, Londres, 1776 c'est-àdire : Pen- j sées sur l'inoculation générale et part lette , et esquisse de deux plans : l'un pourrinoculation générales des pauvres, dans les petites villes et les villages ; l'autre pour l'inoculation généraledes pauvres, à Londres et autres villes grandes et populeuses; 3° Observations sur l'introduction au plan du Dispensaire, pour une inoculation générale, 1778 40 Remar- ques sur la lettre du docteur Lettsom, sur l'inocu- lation générale, 1 r79 ; 'it) Revue des observa- tions du docteur Le// son, sur les Remarques du baron Dimsdale, 1779 ; 60 Traité sur l'ino- culation, 1781, in;8°. Tous ces otiN rages sont en anglais
  • Thomas DIPLOVATAZIO( 1468 - 1541) : jurisconsulte, né en 1468 dans Me de Corfou, était encore enfant lorsque ses parents l'emmenèrent en Italie. 11 fit ses premières études à Naples, sa philosophie à Salerne, et se rendit ensuite à Bologne, dont l'université était alors trèscélèbre. Il apprit le droit ecclésiastique de Corsetti, et le droit civil de Jason Ses progrès sous ces habiles maîtres furent si rapides, que la duchesse Camille Sforce le nomma lieutenant au tribunal de Pésaro, eût à peine atteint sa,yingtième année; mais son désir de continuer à s'instruire lui fit refuser cet emploi, et ce ne fut qu'en 1492, après avoir pris ses degrés à Ferrare, qu'il consentit à remplir les fonctions d'avocat fiscal au tribunal de Pésaro. Les révolutions successives qu'éprouva le gouvernement de cette ville ne l'atteignirent point : universellement chéri pour ses talents et son intégrité, il semblait forcer l'envie même à le respecter ; mais ayant manifesté publiquement ses regrets de la mort de Collenuccio, assassiné par ordre de Jean Sforce , il se crut obligé de chercher un asile contre la colère de ce prince. ll en trouva un à Gubio, où sa réputation et l'appui du pape Jules II lui méritèrent un emploi supérieur à celui qu'il avait perdu. En 1517 il se retira à Venise, où il donna des leçons de droit civil qui furent suivies d'un grand nombre d'auditeurs. Cependant les habitants de Pésaro le pressaient vivement de retourner parmi eux ; il céda à leurs instances en I :;32, et peu de temps après il reçut une preuve éclatante de leur estime, par le choix qu'ils firent de sa personne pour la place de gonfalonier. Pendant son exercice il mit dans un nouvel ordre les règlements de cette ville, 'et y en ajouta plusieurs. Ce grand jurisconsulte mourut le 29 niai 1511, dans un âge avancé. Il avait composé plusieurs ouvrages; mais la plupart ne sont point parversus jusqu'à nous. 1° de Prcestantia doclorum sive de Glaris jurisconsultis ; on n'en possède que des fragments. Fabricius a inséré la vie de Barthole, qui en faisait partie, dans le t. 12 de la Bibliotheca grceca ; 2° de Vicariis sanctœ sedis et Imperii; 3. de Libertate et Privilegiis Venetiorum ; 4° Sy- nopsis juris grœci ; 5° de Jure Grœcorant libri ires; , 6. ad Novellas ; in. quatuor Controversias Gree. corton ; 8° Nota ad sententias synodales ; 9° Ethesis canonum apostolorum. Ces différents ouvrages sont perdus.10° Une Chronique en latin soutenant l'histoire de Pésaro, depuis sa fondation à l'année 4356. Annibal Degli Abati Olivieri, qui avait vu cette chronique, dit qu'elle suppose une immense lec, turc, des recherches infinies et un esprit trèsjudicieux. Tiraboschi souhaitait que quelque savant se chargeât de la mettre au jour. Olivieri a publié la Vie de Diplovatazio, Pésaro, 1771 ; et on a recueilli à la suite les fragments existants de son traité de Proestantia doctorum
  • Thomas DOGGET : acteur irlandais, né à Dublin mort en 1721, se distingua lonztemps, surtout dans le genre comique, sur les theàtres de Drurylane et de Lincoln's inntields. 11 fut ensuite, conjointement avec Wikes et Cibbert, l'un des directeurs de Drurylane ; mais, sur quelque dégoût qu'il éprouva, il se dégagea de cette association en 1712, ayant alors acquis de la réputation et de la fortune. 11 avait beaucoup d'originalité et un talent particulier pour saisir et rendre le ridicule, salis affectation et sans effort. C'est pour Inique Congrève, avec qu'il était intimement lié,.composa en grande partie sa comédie du Vieux Garçon et celle d'A- mour pour Amour ; c'était en effet les deux pièces où le talent de Dogget se montrait avec le plus d'avantages. On a de lui une comédie intitulée : la ' XI. Féte de village, imprimée en 1696 mais non représentée. Elle l'a été depuis, au moyen de quelques changements, et sous la forme d'une mascarade qui s'est jouée assez fréquemment sous le titre de Flore, ou le Paysan dans le puits. En Angleterre, tout homme à qui ses talents donnent quelque célébrité s'attache presque toujours à un pa.Éti quelconque. « Dogget, dit Steele, était whig de la tête « aux pieds. » Pour témoigner son attachement à la maison d'Hanovre, il offrit de donner en prix un habit et un gobelet d'argent à celui de six bateliers qui ramerait le mieux dans une joute fixée au ler août, jour anniversaire de l'avénement de Georges ler au trône d'Angleterre. 11 laissa à sa mort une somme dont l'intérêt devait être appliqué, cha- que année, à l'achat d'un prix semblable, pour être adj ugé de la même manière. Le signal de cette joute est donné aux rameurs au moment où la marée commence à monter, c'est-àdire lorsque le courant multiplie pour eux les obstacles
  • Thomas DUDLEY( 1638) : graveur à l'eau forte, né en ngleterre vers 1638, fut un des meilleurs élèves du gèbre.Hollar, dont il imita la manière de graver; Iroiqu'il n'ait égalé son maitre ni dans la clarté de L points, ni dans la liberté de son exécution, ses .uxfortes sont trèsrecherchées des amateurs. 'ouvrage le plus considérable de cet artiste est ne suite_cle '27 gravures pour la vie d'Esope, qui ment la belle édition de ce fabuliste donnée, à ondres
  • Thomas EDWARDS( 1599 - 1647) : théologien anglais, naquit eu (599, et fut élevé à l'uniNersité de Cambridge. Il se fit connaître et persécuter de bonne heure pour des opinions tendantes au puritanisme : et lors des premiers troubles de la guerre civile, il s'attacha avec chaleur au parti parlementaire ; mais lorsque les indépendants commencèrent à prendre le dessus. il les attaqua avec autant de violence qu'il en avait mis à attaquer les rosalistes. C'est contre eux que sont dirigés ses principaux écrits : 1. < i> Baisons contre le qouvernernent indépendant d s congrégations particulières, Londres , 1641 , ; < i> 20Anfrapokeits, Londres, 164/1 3. < i> Gat.- < i> grena, imprimé en 3 parties, iit-4-; Londres, 161t5 et 1646. On a aussi de lui un traité intitulé : < i> la Dernière et meilleure ressource de Satan jetée à bas ou < i> Traité contre la tolérance, Londres, 1647 ouvrage bien digne du temps ofi il fut écrit. On ne sait rien de plus de la vie d'Edwards, si ce n'est qu'avant cherché en Hollande un refuge contre leiessentiment des indépendants, après 1.usvrpation de Cromwell, il v mourut en 1647
  • Thomas EDWARDS( 1699) : ingénieux < i> écrivain anglais, naquit en 1699, d'un avocat de Lon dres , qui le destinait à sa profession. Il étudia' le droit à Lincolnsinn : mais une difficulté 'à s'exprimer, et son goût pour les belleslettres le détournèrent de se montrer souvent au barreau. En 1744, quelque temps après que Warburton eut donné son édition de Shakespeare, Edwards ,qui avait fait une étude particuliiit de ce créateur du théâtre anglais , publia quel- dues critiques sur cette édition , et il v ajouta , en 1747, un < i> Supplément à Peditioi de ShakPspeare dei!. < i> Warbrirton. Cet ouvrage, réimprimé en 1748, sous le titre de < i> Reglis de critique , fait également l'éloge de , de la sagacité et de l'érudition de son auteur, et a joui d'une grande célébrité. Il avait pris pour texte un mot dit en passant par Warburton d'un projet de < i> RègIes de critique , projet qu'il avait ensuite abandonné, le croyant rendu inutile par ses notes sur Shakespeare. Edssards feint de vouloir exécuter le projet de Warburton et établit un certain nombre de < i> règles de critique , justifiées par des exemples tirés des notes mêmes de Warburton, et qui les présentent sous le jour le plus ridicule. Il a exécuté de même un projet < i> d'Essai tir glossaire, aussi conçu et abandonné par Warburton. Le grave commentateur de Shakespeare, qui n'était pas homme à epsdnrer en silence des cpitiques beaucoup trop plaisantes pour ne le pas choquer, prit occasion d'une nouvelle édition qu'il donna de la < i> Dunciaeie de'Poee, pour v traiter Edwards, dans une des notes dont il «accompagna cette édition avec toute la rudesse dinvective qui lui était habituelle. Edwàrds, qui aurait dû s'attendre à cette représaille, eut le tort de s'y montrer extrêmement sensible , prit .pour un sarcasme sur sa naissance , ce qui n'était qu'une métaphore obscure et grossière . et s'en plaignit amèrement. Alors, satisfait probablement de l'effet de sa vengeance , Warlurton,se tut. Edwards jouissait de quelque fortune; il était aussi estimé pour son caractère que pour ses talents, et fut lié avec plusieurs des hommes les plus distingués de son temps , entre autres avec Akenside et Richardson. Ce fut pendant une visite qu'il était allé rendre à ce dernier à if Airs Green , qu'il mourut , en 1757, âgé de ie8 ans. On a de lui , outre les ouvrages déjà mentionnés : 1. environ cinquante Sonnets , écrits avec correction , mais sans verve et sans chaleur; quelquesuns ont été insérés dans les recueils de Dodsley, de Pearch et de Nichols. 2° Le Procès de la lettre Y, badinage d'esprit où sont discutés les principes de l'orthographe anglaise, et qui se trouve, ainsi que les sonnets précédents, dans la 7e édition des Règles de critique , publiée en 1765. 3. Un Traité sur la prédestination
  • Thomas EDWARDS( 1729 - 1785) : théologien angli- can , né à Coventry , en 1729, et élevé à l'école gratuite de son pays natal et à l'université de Cambridge , montra de bonne heure beaucoup d'ardeur pour l'étude des langues savantes et de la littérature sacrée , et se fit connaître , avant l'âge de vingtsix ans , par une traduction anglaise des Psaumes , d'après l'original hébreu , avec des notes judicieuses où il se propose particulièrement de développer et de défendre le système hébraïque de l'évêque Hare. La corporation de Conventry le nomma, en 1758 , maître de l'école de cette ville. Il fut choisi vers le même temps recteur de l'église de StJeanBaptiste de Coventry , qu'il quitta , en 1779, pour le riche vicariat de Nuneaton , dans le comté de Warwick. 11 y mourut , en 1785. 11 fut aussi estimé pour son caractère que pour ses talents. Dans sa jeunesse , il avait fait, sans le secours d'aucun maître , de grands progrès dans la musique , et jouait fort bien de plusieurs instruments; mais il abandonna ensuite cet exercice , se faisant un scrupule de donner à ses plaisirs un temps qui pouvait être consacré à des études sérieuses et utiles , et à la défense de la religion. On a de lui , outre sa traduction des Psaumes : 10 Preuves que la d. cirine , prœdestinationi m paulinam ad gent ilium vocation, nt totani spectare ; 1768 60 Selecta qucedani Theocriti I dyllia recensuit, variorum notas adjecit , sua, que animadversiones , partira latinè , parti? scriptas im? iscuit Thom. Edwards , 1779 Les notes de ce recueil sont fort estimées et peuvent être très utiles aux étudiants
  • Thomas EGERTON( 1540) : grand chancelier d'Angleterre , était fils de sir Richard Egerton , et naquit à Ridley, dans le Cheshire, en 1540, 11 étudia à l'université d'Oxford , et passa ensuitean collige de jurisprudence de Lincoln'shire, où il devint professeur, et l'un des douze gouverneurs de cette compagnie. Son entrée dans la carrière du barreau fut marquée par des succès éclatants. Le talent qu'il montra en plaidant une cause contre la couronne, fixa l'attention de la reine Elisabeth. « ne plaidera plus contre moi, » ditelle, et elle le nomma, en 1581, solliciteur général, puis en 1592 attorney général, en le créant vers le même temps chevalier; en 1593 inaitre des rôles, et trois ans après garde des sceaux et membre du conseil d'Etat. Sa sagesse et son habileté se signalèrent dans les circonstances les plus délicates. Il fut employé dans plusieurs négociations, et particulièrement dans celle du traité avec la Hollande, en 1598. Il fut l'ami du comte d'Essex. Antoine Bacon appelait cette amitié l'alliance de Mars et de Pallas. Lorsqu'Essex , comme entraîné par sa inmaise étoile, se révolta contre sa souveraine, Egerton fit tous ses efforts pour le ramener à la prudence c'est lui qui, accompagné de quelques autres seigneurs, fut envoyé pour connaître l'objet du rassemblement tumultueux d'hommes armés qui s'était formé dans l'hôtel d'Essex. Egerton leur commanda de mettre bas les armes et de se séparer , sous peine d'être déclarés rebelles ; mais sa modération ne put ramener ces hommes égarés, et bientôt les menaces et les vociférations le forcèrent de chercher un refuge dans les appartements, où le comte le fit enfermer et garder, lorsqu'il sortit pour essayer, pour la seconde fois, de soulever la cité. Egerton fut délivré pendant l'absence du comte . Il avait eu la douleur de perdre dans une même année , sa femme et son fils aîné. Il épousa cependant l'année suivante Alke, comtesse douairière de Derby, qui protégea Spenser, et inspira à Milton un chant pastoral intitulé les Arcadiens , qui faisait partie d'un divertissement exécuté à Hartlield par diverses personnes de la famille de la comtesse. Egerton fut créé baron d'Ellesmère sous le règne de Jacques ler, et fut élevé à la place de grandchancelier d'Angleterre ; il présida, en qualité de grand sénéchal, aux procès des lords Cobham et Grey de \Villon, qui étaient accusés de haute trahison. Elu en 1610 chancelier de l'université d'Oxford, il s'opposa de tout son pouvoir aux progrès qu'y faisaient alors le catholicisme et le puritanisme. En 1615, le lord chef de la justice, Coke, a ttaq ua, avec sa violence naturelle, comme illégale, l'interposition de la cour de chancellerie dans une aMiire de droit commun, qu'il prétendait ètre exclusivement de son ressort. Egerton était alors accablé par l'âge et la maladie, niais cette attaque n'était pas faite pour ébranler sa grande âme. On a dit de lui qu'il était toujours plus fort lorsqu'il était provoqué. Le roi fit juger en sa présence cette cause, qui fut décidée en faeur du chancelier. On a supposé même que cette affaire contribua beaucoup à avancer la disgrâce de lord Coke, qui perdit sa place la même année. La santé d'Egerton était sensiblement altérée ; il conserva néanmoins jusqu'à la fin de sa vie la force de son caractère. Il prit part au jugement du comte et de la comtesse de Somerset, convaincus de l'empoisonnement de sir Thomas Overbury, et il refusa constamment d'apposer le grand sceau au pardon que le roi était disposé à accorder au coupable. On peut remarquer, à l'honneur de ce prince, que ni cette opposition courageuse, ni les représentations que lui faisait lord Ellesmère, sur sa prodigalité scandaleuse envers ses favoris, n'affaiblirent l'affection qu'il avait pour son chancelier. Des infirmités croissantes avertissaient le sage Egerton de résigner sa place : il écrivit à cet effet au roi deux lettres trèscurieuses. Jacques lui envoya son secrétaire avec un message, portant «qu'il « serait luimême son suppléant, et qu'il ne dispo- « serait pas du sceau tant que sa seigneurie vivrait « pour porter le litre de chancelier. » Non seulement il l'éleva, en 1616, à la dignité de vicomte Brackley, mais il envoya vers lui, quelque temps p Fès, François Bacon et le due de Buckingham, , avec une pension. Egerton, qui n'avait jamais été fort ambitieux, et qui était alors sur son lit de mort, répon- 1Idit Le titre de comte de Bridgewater fut donné à son fils Jean Egerton en 1617. Scroop Egerton, quatrième comte de Bridgewater, fut créé, eu 1720, duc de Bridgewater. Il fut marie à Elisabeth, fille du fameux duc de Marlborough, distinguée par sa beauté, et sur laquelle Pope a écrit des vers admirables dans son Épître au peintre Jervas, qui avait fait son portrait. Cette famille illustre a été souvent l'objet des chants des plus grands poêtes anglais. Ce fut au château de Ludion, devant John Egerton, duc de Bridgewater, que Milton st représenter son Cornus en 1634. latines d'un choix trèsheureux , et placées avec goût. Ou lui a reproché, mais, à ce qu'il parait, avec bien peu de fondement , d'avoir été du nombre des flatteurs de Jacques. Il distingua et encouragea le mérite do docteur John Williams, qu'il nomma son chapelain, en 1611, et qu'il recommanda au roi. C'est à lui qu'il laissa ses manuscrits, l'on a supposé que ce théologien, qui devint par la suite archevêque d'Yorck, avait puisé les connaissances profondes qu'il a montrées sur la politique et la législation. Le docteur Williams les apprit, diton, par coeur, et les donna ensuite au roi ; mais ils n'existent plus aujourd'hui. On a d'Egerton : 1° Un Discours prononcé à la cour de l'échiquier dans l'affaire des Posinati , Londres, 1609, ; 2° Priviléges et prérogatives de la haute- cour de chancellerie, Londres, 1641 ; 3° Observations concernant l'office de lord chancelier, Londres, 1651 On lui a attribué quelques autres écrits. FrancisHenri Egerton , après avoir donné, pour le 5° volume de. la nouvelle Biogrophia Britannica, une Vie du chancelier Egerton , fit réimprimer dans le 68 volume un article augmenté par le même personnage. Ce travail a été imprimé à part à Paris, et en anglais, sous le titre de il Compilation of various auihentick evidences, etc., 1812 de 17 feuilles. 11 en existe une traduction française imprimée sous ce titre : Compilation de plusieurs actes authentiques et autorités historiques servant à faire connaitre la vie et le caractère de Thomas Egerton, lord Elles- mère, lord vicomte Brackley, lord grand chancelier d'Angleterre, etc., et l'esprit du temps pendant lequel il a été lord garde dis sceau et lord chancelier, avec une vie de Jonh Egerton, évêque- prince et comte palatin de Durham ; on y ajoute une notice abrégée sur Francis Egerton, duc de Bridgewater, Paris , grand de 120 pages
  • Thomas ELLWOOD( 1639) : un des premiers quakers qui se soient fait connaître par leurs écrits, naquit en 1639 au village de Crowell„ près de Thame, dans le comté d'Oxford. Son père était un juge de paix connu par sa sévérité ; après l'avoir mis dans une école, n'ayant pas de quoi l'y soutenir, il l'en retira , en sorte qu'Ellwood perdit bientôt le peu de connaissances qu'il avait pu y acquérir; à l'âge de vingtun ans, invité à Line assemblée de quakers, il en reçut une telle impression qu'il em- brassa bientôt après leurs opinions, non sans une violente oppositims de la part de son père, qui entrait surtout en fureur lorsqu'il le voyait s'as- seoir à sa table le chapeau sur la tète et s'enten- dait tutoyer par lui. Ellwood en essuya les plus mauvais traitements, et fut presque tout un hiver prisonnier dans sa chambre. Rendu à la liberté, il passait son temps dans la cuisine de son père, pour lui épargner les accès de colère où le met- tait la vue de l'incivil chapeau. En 1660, n'ayant que vingtun ans, Ellwood publia un morceau intitulé: Alarme donnée aux prêtres, ou Message du ciel pour les avertir. Vers cette époque, commen- cèlent contre lui les persécutions, mais sans beaucoup de rigueur. Nis en prison plusieurs fois, il en sortit très promptement ; et une - fois, selon les principes des premiers quakers, ayant refusé de donner caution4 il fut laissé en liberté sur sa simple promesse. Ardent pourla défense de la cause qu'il avait embrassée, et voilant remédier à son défaut d'éducation, il obtint que N'ilion, alors a‘eugle,le prit pour son lecteur, 11 lui lisait des livres latins, « L'oreille délicate de Milton, dit Elrwood, savait « démêler, au ton de ma voix, quand je n'enten- « dais pas clairement ce que je lisais ; dans ces oc- « casions , il m'arrêtait pour m'interroger, et « m'expliquer les passages difficiles. » Ellwood assure que c'est à une observation qu'il fit à Milton sur le Paradis perdu, que le poète a dû l'idée du Paradis reconquis. La santé d'Ellwood, qui ne pouvait s'accommoder de l'air de Londres, l'ayant obligé à quitter Milton, il fut quelque temps pré- cepteur des enfants d'Isaac Pennington, person- nage considérable parmi les quakers. 11 se maria en 1669, et son père, qui avait promis de lui assurer quelque bien, ayant appris que ce mariage se ferait suivant l'usage des quakers, et non suivant la liturgie établie, se rétracta et ne voulut plus rien donner. Il publia, en 1705, la première partie de l'Histoire sacrée, ou la partie historique de l'An- cien Testament, et en 1709 la seconde partie qui contient le Nouveau Testament. Seea'utres ouvrages sont des écrits de controverse. On y trouve de l'esprit et une assez grande connaissance de l'his- toire ecclésiastique. 11 a fait aussi des vers beaucoup plus pieux que poétiques, entre autres une Davidéide en 5 livres, 1712.11 mourut le l" mars 1713, iip,-é d'environ 74 ans. C'est lui qui transcris it et prépara pour l'impression le journal que George Fox a laissé sur les événements de sa vie, et qui a été publié en 4694, avec une longue préface par Guillaume Penn
  • Thomas EMLYN( 1663 - 1746) : théologien anglican, naquit en 1663 à Stamford, dans le comté de Lincoln. En 1683 il entra en qualité de chapelain chez la comtesse de Donegal, mariée peu après à sir William Francklin. Ayant quitté sir William, il se mit à voyager en Angleterre et en Irlande, prêchant en différents lieux, jusqu'à ce qu'enfin en 1601 il s'attacha à la congrégation de non conformistes de WoodStreet à Dublin. Il y épousa une veuve qui lui apporta quelque fortune, et y vécut tranquille et respecté pendant plusieurs années, jusqu'au moment où ses opinions religieuses attirèrent sur lui la persécution. S'étant en effet déclaré contre 11. Trinité et pour la prééminence du Père sur le Fils et le StEsprit, il fut d'abord privé de ses fonctions, puis condamné à un an de prison et à une amende de 1,000 livres, qui furent ensuiteréduites à 70, au moyen de quoi Emlyn put enfin sortir de prison après plus de deux ans de détention. Il continua à prêcher, mais sans aucun salaire, parmi ses partisans, et à publier divers ouv rages pour établir on défendre son système. On essaya, mais en vain, d'élever contre lui de nous elles persécutions. Il mourut le 30 juillet 1743, âgé de près de 80 ans. De ses nombreux ouvrages de controverse le plus soigné est une Défense du culte de N. S. dans les principes des unitaires, 1706. Le plus curieux est celui qu'il a inti tulé : Considérations sur la question préliminaire aux diverses questions relatives à la validité flu baptêMe, etc., 1710, et culte question préliminaire est de savoir si le baptême d'un premier chrétien ne suffit pas à toute sa postérité, et s'il est nécessaire d'en renouveler la cérémonie à chaque génération. L'auteur de sa vie prétend que cette doctrii le, peu goiitée dans le temps, a fait postérieurement quelques progrès. Emlyn, quoique poursuivi pour ses innovations dans le dogme, a été estimé comme un homme d'une vie exemplaire, ferme autant que modéré dans ses opinions. Il fut intimement lié, avec le fameux Samuel Clarke, sur la vie duquel il a écrit des mémoires qui n'ont paru qu'après sa mort, en 1746, dans la collection complète des OEuvres d'Emlyn, 3 vol. où l'on trouve sa vie écrite par son fils, Sollom Emlyn. Ce dernièr, savant jurisconsulte, mort en 1756, a publié l'Histoire des plaids de la Couronne par le lord Chief Justice Hale, 1736, 2 vol. arec une préface et des notes
  • Thomas ERASTE( 1524 - 1583) : naquit à Baden en Suisse en 1524 , et mourut à Bâle le 1" janvier 1583. Il étudia d'abord la théologie à Bâle; la peste le fit quitter cette université; il se rendit alors à Bologne, et se voua à la philosophie et à la médecine. Après neuf ans de séjour en Italie il devint médecin des princes de Henenberg, peu après professeur à Heidelberg, avec le titre de médecin et conseiller de l'électeur palatin. En 1580 il quitta Heidelberg pour se rendre à Bàle, oit il obtint la chaire de morale peu de temps avant sa mort. Heureux praticien et savant dans la théorie , il combatit victorieusement les rêveries de Paracelse et de ses sectateurs. Il se mêla avec moins de succès des controverses théologiques. On l'accusa d'abord d'arianisme, et on crut qu'étant ami intime d'André Dudith, évêque des Cinq-Églises, il n'aurait pu se dispenser d'en adopter les principes. Eraste se défendit vivement de cette accusation. Peu après il eut une controverse fort amicale avec Bèze, son bon ami, sur la matière des excommunications; rien ne fut publié à cette occasion jusqu'à ce que Castelvetro, époux de la veuve d'Eraste, renouvelât la guerre en publiant des papiers trouvés dans le cabinet d'Eraste, et voués sans doute par lui à un oubli éternel. Bèze y répondit alors par son traité De presbyte?* et De excornniunicatione. Éraste a composé divers ouvrages, dont voici les principaux : 1° Dissertationum de medicinei novel phil. Paracelsi putes quatuor, Bàle, 1572 2° Diss. de auropotabili, ib., id., 1578; 3° De « cultis pharmacorum, potestatibus, Bàle, 1574 4' fiepetitio disputationis de lamiis seu strigibus, Bâle, 15 78 rare et singulier ; 5° Dissertationum et epistolarum rnedicinalium volumen, Zurich, 1594 6° Varia opuscula medica, Francfort, 4590 Eraste fut estimé de son temps pour ses qualités morales et son caractère franc et droit ; il n'hésita pas de convenir de ses torts en quelques occasions. Son zèle pour l'instruction publique lui fit destiner un capital de 8,000 livres pour l'entretien de deux étudiants de Bâle et de deux de Heidelberg. L'académie de Bâte fut chargée d'en faire la distribution
  • Thomas ERPENIUS ou d'ERPE( 1584) : célèbre orientaliste, naquit à Gorcum, en Hollande, le 7 septembre 1584. Son père, témoin de ses heureuses dispositions pour les sciences, l'envoya à Leyde dès l'âge de dix ans. Ce fut dans cette ville qu'il commença ses études. Ait bout de quelques mois il vint à Middelbourg, puis retourna au bout d'un an à Leyde, où il pouvait suivre ses goûts avec facilité. Ses progrès furent rapides; dès l'âge le plus tendre il fut admis à l'université de cette ville, et en 1 ratio de lingud arabicd, Leyde, 1-613, Erpenius prononça ce discours lorsqu'il prit possession de la chaire d'arabe : il y loue l'ancienneté, la richesse, l'élégance et l'utilité de cette langue. 2° Annote. in. Lexie. Arab. Fr. Raphelengii, Leyde, 1613 elles se trouvent *à la suite de ce lexique. 3° Grammatica arabica, quique li- bris rnethadicé explicita, ibid., 1613 « Cette « grammaireq Won peut regarder, dit M Schnurrer, « comme la première composée en Europe, non- « seulement a été réimprimée plusieurs fois, mais « elle a tellement fait loi, que plusieurs professeurs « qui, surtout en Allemagne, ont donné sous leur « nom des grammaires arabes, ont suivi les traces « d'Erpenius, et ont à peine osé s'écarter de ce « guide. » Le même savant observe que cette édition a été tirée sur deux formats; d'abord en grand afin de pouvoir être jointe au lexique de Raphelenge, et ensuitesuruneplus petite justification, pour en rendre le format plus portatif. Ces derniers exemplaires sont les lus communs 'La seconde é dition.de cette ,gramma i re , corrigée et augmentée, d'après ,un iexemplaipe disfsrg-é des notes meus- crites de l'auteur, parut à Leyde en 4636 L'éditeu?, Antoine Deusing , y a ajouté les fables de Locman et quelques adages arabes avec la traduction latine d'Erpenius. Les voyelles et les signes orthographiques sont marqués dans le texte arabe. On doit à Golius une réimpression de cette édition, sous le titre de Lingue arabiece Tyrociniurn, Leyde, 1656 Les additions de. ce savant en font le mérite. Elles se composent : 10 de trois centuries de proverbes arabes; 2° de cinquanteneuf sentences tirées des poètes; 3° des surates 31 et 61 du Coran; 4° de la première séance de Hariri ; 5° d'un poème d'Aboulola ; 6° d'une homélie du patriarche d'Antioche Elie III, sur la naissance du Christ. Tous ces morceaux sont accompagnés d'une traduction latine et de notes. 7° de 232 sentences arabes; 8° de la 3•« surate du Coran; 9° d'un autre poème d'Aboulola. Colins n'a publié que le texte de ces trois dernières additions. Une antre édition en a été publiée par Albert Schultens, en 1748, réimprimée un 1'767. L'éditeur, après avoir reproduit mot pour mot la grammaire, les fables, et une centurie de sentences telles que les donne l'édition de Goliits, a ajouté : une préface dans laquelle il combat quelques opinions erron4es des docteurs juifs, sur l'histoire de l'écriture hébraïque et sur l'autorité de la cabale ou tradition; 20 des extraits du Hamasah d'AbouTemam, accompagnés d'une traduction latine et de notes. Michaëlis a donné en allemand un abrégé de cette édition, Gottiugue, 1771 Morso, professeur de langues orientales, à Palerme, a publié, en 1796, une nouvelle édition de la grammai•e arabe, et des fables de Locman avec un glossaire. 4° Proverbiorum arabicoruin centurice duce, ab anonymo quodam arabe collecte, etc., Leyde, 1614 ; 2e édition, ibid., 1623, in 8^, D. Riault, sieur de Flurance , avait acquis le manuscrit de ces proverbes à Rome. De retour dans sa patrie, il les communiqua à Isaac Casaubon, avec la traduction barbare et souvent inintelligible qu'en avait faite un maronite. Casaubon envoya la plus grande partie de l'ouvrage à Scaliger, le priant d'expliquer les sentences les plus difficiles. Celuici renvoya bientôt le manuscrit avec une traduction latine et des notes; Casaubon envoya nne copie plus complète et plus correcte à Scaliger, en le priant d'achever ce qu'il avait si bien commencé : Scaliger promit, mais là mort le surprit au milieu de ce travail. Lorsque Erpenius vint à Paris, en 1609, Casaubon l'engagea à terminer cet ouvrage pour qu'il pût voir le jour. Erpenius s'en chargea et y travailla sans relâche : il comptait le faire imprimer à Paris chez Le Bé, qui avait gravé d'assez beaux caractères arabes; mais, déçu de son espoir, il en différa la publication jusqu'à son retour à Leyde. La prerniere centurie de ces proverbes a été donnée de nestvea.n par Sennett, Wittemberg , I 658,réim primée en -1724. Seheidius a fait imprimer à liarderwic'k, en 1.5'7S. un rfinix ?les sentences et des prover- bes arabes publiée précédemment par Erpenius. 5° Loc? nani sapientis fabulas et selecta yuceelam A rabum adagia, cuin inler? retatione latinti et nous, Leyde, 1615 C'est la première édition de ces fables, qui ont ensuite été imprimées jusqu'à satiété. Celle édition parut sous deux formes ; l'une qui n'embrassait que le texte arabe seulement, l'autre qui était accompagnée de la version latine, d'une longue préface et de nies. Les adages sont au nombre de cent. Tannegui Le Fevre a traduit en vers iambiques latins , et publié à Saumur, en 1614,1es seize premières fables de Locman d'après la version d'Erpenius. Une seconde édition de ces fables porte la date de 1636 et a la forme d'un livre séparé. mais elle a été détachée de l'édition de 1636 de la grammaire arabe dont elle faisait partie. Colins a imprimé de nouveau les adages dans le Arab. ling. Tyrocinium, Leyde, 1656; on les retrouve encore dans I édition de la grammaire d'Erpenius, donnée par Schultens. 6° Pauli apost. ad Romanos epistola,. aruhice, ibid., 1615 Cette épitre 0.st suivie de celle aux Galates. Le texte arabe n'offre ni les points voyelles, ni les signes orthographiques dont l'imprimerie, élevée par Erpenius, n'était point encore fournie à cette époque. 'Novum D. N. J.- C. T. Acunenlurn, arabice, Leyde, 1616 Erpenius a publié le texte seulement de cette traduction arabe du Nouveau Testament, d'après un manuscrit de la bibliothèque de Leyde. 8° l'entateochus Mosis, arubicè, ibid., 1622. Cet ouvrage a été également publié d'ii près un ?anuscrit de la même bibliothèque écrit en caractères rabbiniques, et remis en caractères arabes par Erpenius. Le texte offre plusieurs erreurs. L'auteur de cette version, qui parait être un juif africain du 14e siècle, est si servilement attaché au texte hébreu, qu'il rend les solécismes de son original par dis solécismes dans sa langue. 9° Historia Josep? i Patriarchce ex Alcorano, cum triplici versione la- Und et schuliis Th. Erpenii, cujus prœmitiitur alphabetum arabicum, Leyde, 1617 Dans sa préface, trpenius dit qu'il offre dans cet alphabet le premier essai de ses caractères arabes, et que les lettres y seront présentées avec leurs liaisons et leurs accidents, ce qui facilitera nonseulement la lecture des livres imprimés, mais aussi celle des manuscrits. A la suite de l'histoire de Joseph, tirée de l' Alcoran , se trouve la 11° surate du même livre. 10° arammotica arabica dicta Giarumia et libellas cenlurn reyentium cul? u rsione latind et commenlariis, ibid., 1617 Obicino et. Kirsten avaient déjà publié cet ouvrage, l'un à Rome en 1592 et l'autre à Breslau en 1610. Erpenius annonce dans sa préface qu'il a revu et corrigé le texte d'après quatre manuscrits, dont l'un aN ait les voyelles et les autres étaient aceompagnés de savants commentaires. Erpenius parait avoir ignoré le nom de l'auteur du livre des Cent Reyents, mais on sait aujourd'hui qu'il s'appelait AbdelCaher Aldjordjany.11° Canones de litterarum Ali f, Waw et Iré apud Arabes naturel et permutatione, ibid., 161e, 1n-4°. C'est la réimpression du à' chapitre du livre 1" de la grammaire arabe. Ici ces canons paraissent revus par l'auteur , et disposés dans un ordre plus commode. 12° Reedimenla linguce arabicee; accedunt praxis grammalica et consiiiurn de studio arabico inslit? endo, ibid ; 1620 Ces rudiments diffèrent peu de la grammaire arabe. La diflérence, consiste dans quelques retranchements; mais l'ordre et la division des livres et des chapitres sont les mêmes. L'avis touchant la manière d'étudier l'arabe avec succès, se compose de peu de pages et fut écrit rapidement par l'auteur, au moment de son départ pour la France; il donne la méthode qu'on doit suivre dans l'étude des rudiments et pour passer ensuite.à une antre lecture.:\ la suite de la page 184 se trouve le 64' surate de l'Alcoran, accompagnée d'une version latine inte•linéai•e et d'explications grammaticales Les rudiments ont été réimprimés à Leyde en 1628 ; à Paris. en 1638 ; et à Leyde, en I 733 P. Cette dernière édition a été donnée par Schultens. qui y a ajouté un florilegium des sentences arabes, et une Clovis dialectorunt A ra? icce li? guoe prceserttm. Cette édition, augmentée de tables très amples, a été réimprimée dans la même ville en 1770. 13' Oral iones es de li, g,, arum ebrece arabicas dignitale, ibid., 1621 le premier de ces trois discours avait été imprimé . Erpenius y a ajouté Arabum de Roderie Xirncnez, archevêque de Tolède. La traduction latine a aussi été publiée sans le texte , et le texte arabe seul, petit 45° Grammalfca ebrcel generalis, ibid., ,t621 ; Genève, 1627; Leyde, 1659. A cette troisième édition se trouve jointe la 2e édition de la Grammalica syra et chaldœa du même auteur, 16° Grommalica syra et c? aida, a, 1628. 11° Psalmi Davidis syriace, ibid., I 628 18° Arcanum punclualionis recelai un et orutio de » mine Teiragrand mato. IVerste) et notre ad arabicarn parap? rasin in & any. S. Juannis, Rostock, 1626. 20' De peregri? atione yallied utiliier instilue? dà tractains, ibid., 1631 21° Prœupla de linyud grœcenum cononuni, Leyde, 1662 Erpeuius avait formé le projet de plusieurs autres ouvrages, d'une éditai') de l'Alcoran qui devait être accompagnée de notes. et d'une bibliothèque orientale. Dans les préfaces de ses grammaires il parle aussi d'un Thesaurus g? ammaticus , qui n'a point vu le jour. On peut consulter 'sur cet orientaliste célèbre les ouvrages suivants : G.J. Vossius, oral. in obit. Th. Erpenii, Leyde, 1625 ; P. Seriverius, planes Erpeniani, quibus accedunt Epicedia variorwn, ibid., 4625. A la suite de cette brochure, se trouve le catalogue deslivres de la bibliothèque d'Erpenius
  • Thomas FALKNER : missionnaire jésuite, était fils d'un habile chirurgien de Manchester en Angleterre. Après avoir étudié sous son père la chirurgie, pour laquelle il mont ra constamment beaucoup de dispositions , il alla à Londres pour se perfectionner par la pratique dans les hôpitaux. Comme il était logé dans une rue près de la Tamise, il fit connaissance d'un capitaine qui naviguait à la côte de Guinée. Celuici persuada au jeune chirurgien de l'accompagner en cette qualité. Falkner après ce premier voyage en fit un autre à Cadix , où il s'embarqua pour BuenosAyrcs. Il tomba malade dans cette ville, et fut réduit à une telle extrémité qu'au départ de son navire il ne put s'embarquer. Les jésuites qui le soignaient avec une assiduité affectueuse dans sa longue maladie, jugèrent que ce serait un avantage inappréciable pour leurs missions d'Amérique, d'avoir pour confrère un homme aussi versé que Falkner dans la médecine et la chirurgie. En conséquence, ils n'épargnèrent rien pour gagner son attachement et sa confiance, et s'emparèrent tellement de son esprit qu'ils lui persuadèrent d'entrer dans leur collége, et finalement de faire profession dans la société. 11 exerça son ministère parmi les Indiens qui habitent la vaste étendue de pays comprise dans la viceroyauté de BuenosAyres et plus loin au sud du Rio de la Plata. Son habileté à guérir les maladies, sa dextérité dans les opérations chirurgicales et sa connaissance de la mécanique, contribuèrent à faire réussir sa mission au delà de toute espérance. Il séjourna près de quarante ans dans le Chaco , le Paraguay, le Tucuman et les Pampas, et fut une des personnes chargées par le gouvernement espagnol de faire par mer le relevé de la côte comprise entre le Brésil, la Sierra del Riego, etc. 'A l'époque de la dissolution des jésuites, Falkner fut envoyé en Espagne , d'où il revint dans sa patrie. Un catholique de ses compatriotes qui demeurait à Spetchley, près de Worcester, le prit pour chapelain. Ce fut dans cet asile qu'il écrivit en anglais : Des erz: ption de la Patagonie et des pays voisins dans l'Amérique méridionale, Hereford et Londres, 1774, 1 vol. avec des' cartes. Ce livre fut traduit en allemand et abrégé, Gotha, 1775, 1 vol. On en a aussi une traduction française abrégée , sous ce titre : Description des terres Magellaniques et des pays adjacents , traduite de l'anglais par M. 13***- , Genève et Paris, 1787, 2 vol. Le livre de Falkner offre des notions trèsprécieuses sur les contrées que l'auteur a décrites, sur les moeurs des peuples qui les habitent, sur les productions de la nature que l'on y trouve. On reconnait cependant qu'il n'était pas assez versé dans l'histoire naturelle , ce qui rend ses descriptions bien moins utiles. L'ouvrage est terminé par un chapitre assez détaillé sur la langue des Puelches , et orné de deux cartes , dans lesquelles Falkner corrige celle de d'Anville , qui a fait l'extrémité sud de l'Amérique méridionale trop étroite, et donne les noms de plusieurs peuplades entièrement inconnues à l'époque où parut cette description. Les figures d'animaux sont mal dessinées. Falkner a vu des indigènes qui lui ont paru avoir sept pieds et quelques pouces, mesure anglaise, d'autres dont la taille lui a semblé encore plus haute. Il ajoute que les Puelches ou Patagons sont grands et bien proportionnés, mais il n'a point entendu parler de la race gigantesque dont on a fait tant de bruit. Nonseulement il a vu des hommes de toutes les tribus, mais il a consulté des Espagnols qui avaient voyagé ou avaient été prisonniers chez les Indiens. C'est un auteur judicieux, et dont le livre est d'autant plus intéresent que nous avons bien peu de renseignements positifs et originaux sur les peuples et les pays qu'il a visités. Il fait des réflexions très sensées sur l'importance politique des possessions espagnoles dans cette partie du inonde, et sur les dangers que pourrait leur faire courir un établissement tenté par une nation entreprenante. Il ne donne pas le journal de son voyage; mais d'après quelques dates qui se trouvent dans son livre, on peut conjecturer qu'il arriva en Amérique après 1730 , et qu'il y resta jusqu'au moment où les jésuites en furent expulsés. Falkner, (lit son biographe anglais, avait l'esprit vif, des connaissances variées, une trèsbonne mémoire. Les médecins donnaient les plus grands éloges à son savoir et à son habileté. Il avait dans ses manières quelque chose de singulier et d'ingénu qu'il devait à son long séjour parmi les peuplades sauvages, et jusqu'à son dernier moment il conserva une teinte des Illabitudes indiennes. Il mourut en 1780
  • Thomas FARNABY ou FARNABIE( 1575) : célèbre maître d'école anglais, fils d'un charpentier du pays de Cornouailles, mais dont la famille était originaire d'Italie, naquit à Londres vers 15i5, et fut d'abord attaché comme serviteur au collège de Merton d'Oxford ; il abandonna bientôt et son pays et sa religion , passa en Espagne , et fut reçu dans un collége de jésuites; mais la discipline sévère de cet ordre ne put l'y retenir longtemps. Après avoir accompagné sir Francis Drake et sir John Ilawkins dans leur dernière navigation en 1595, il prit du service comme volontaire _dans les Payslbs. De retour en Angleterre , il continua d'errer pendant quelque temps sous le nom de Thomas Bainraf, anagramme de son propre nom. 11 se fixa enfin à Martock, dans le comté de Sommerset, où l'indigence le réduisit à tenir une école de petits enfants ; il vint ensuite à Londres, y ouvrit également une école qui acquit une telle vogue, qu'on y vit à la fois plus de trois cents élèves. S'étant fait connaître dans le même temps par ses ouvrages de critique•, il prit des grades dans les universités d'Oxford et de Cambridge ; en 1636 , les maladies fréquentes qui régnaient dans la capitale l'engagèrent à aller s'éta?lir à Sevenoaks dans le comté de Kent. Il acheta des terres dans ce comté, ainsi que dans le comté de Sussex, continuant néanmoins de se livrer à l'enseignement, auquel il avait dû sa fortune. Pendant la guerre civile, il se rendit suspect au parlement pour avoir dit à l'occasion du serinent de protestation , qu'il valait mieux avoir un roi que d'en avoir cinq cents. Soupçonné ensuite d'avoir favorisé le soulèvement qui eut lieu aux environs de Tunbridge en faveur du roi, il fut enfermé à Newgate en 4643, et transféré de là à Elyhouse, où il demeura plusieurs années. Il mourut le 12 juin 1647 , âgé de 72 ans. On a de lui quelques ouvrages de critique et de grammaire : 1. Index rhetoricus scholis accommodatus , 1G25, auquel on a joint par la suite Formulce oratorice et Index poeticus , Amsterdam , 1648 , petit 2° Florilegium epigrammatum grœcorum, eorumque latino verse à varus redditorum, 1629 ; Systema grammaticum , 1641 ; Phrce sœologia anglo- latina ; Tabulce linguce grœcce. Mais il est beaucoup plus connu par les notes ou commentaires qu'il a donnés sur un grand nombre d'auteurs classiques. Son Juvénal fut publié pour la première fois en 1612 , avec Perse; Sénèque le Tragique en 1613, Martial en 1615, Lucain en 1618, Virgile en 1634, etc. Il a aussi commenté les Métamorphoses d'Ovide , et les quatre premières comédies de Térence. Ce dernier travail a été continué par Meric Casaubon , qui a publié l'ouvrage entier à Londres en 1651. Les Commentaires de Farnaby ont été trèssouvent réimprimés ; ils sont recom mandés par Milet et par Bayle, comme pouvant ètre utiles aux étudiants ; mais Saxius, d'après les meilleurs philologues modernes, l'appelle Criticus minorunz gentium
  • Thomas FAZELLI( 1498) : historien, naquit à Sacca dans la Sicile, en 1498. Après avoir fait ses premières études à Palerme , il entra dans l'ordre de StDominique, et s'appliqua avec beaucoup d'ardeur à la lecture des Pères et , frère du précédent , né à Palerme en 15119., entra à son exemple dans l'ordre de StDominique, et se fit la réputation d'un savant théologien et d'un bon prédicateur. Il fut consulteur de l'inquisition , commis à l'examen des livres, et deux fois prieur de son couvent. Il mourut à Palerme en 1585. On a de lui : Prediche quaresitnali , Palerme, 1575 réimprimés avec une seconde partie, Venise, 1592 , Il a laissé en manuscrit des Commentaires latins sur les psaumes, sur l'Évangile de StMare et sur les Actes des apôtres ; des Sermons un Traité des indulgences, et un autre De regno Christi, que quelques biographes attribuent par erreur à son frère
  • Thomas FINKE ou FINCK( 1561) : médecin et astronome , né à Flensbourg dans le SudJutland, le 6 .janvier 1561 , lit ses premières études sous la direction de son père, qui avait été disciple de Mélanchthon , et les continua sous la surveillance de son oncle , homme d'un rare mérite. A l'àge de seize ans , il fut envoyé à Strasbourg , où il suivit pendant cinq ans les cours de l'université et consacra ensuite une année à visiter les écoles de l'Allemagne. La réputation de son savoir l'a- vait précédé dans sa patrie , et à peine y futil de retour qu'llenri liandzau l'appela près de lui à Breitenburg. Au bout de quelques mois il se rendit à Bàle , où il fut accueilli (les savants. Ce fut à leur sollicitation qu'il se détermina à laisser paraltre un Traité de géométrie , qu'il venait d'achever et qui eut un succès remarquable. Après avoir passé quelque temps à Bâle , il suivit son projet , qui était de voir les villes principales (l'Italie. Il s'arrèta (l'abord à Padoue et s'y lia d'amitié avec Mercuriali, Fabrice d'Aquapendente, Piccoloniiiii , et ensuite à Pise , où il connut Césalpin et Bonanni. 11 eut beaucoup (le peine à résister aux instances que lui firent ces savants pour le retenir auprès d'eux-, niais enfin , après une absence de quatre années», il revint à Bàle et y prit ses degrés en médecine en 4587. Il parcourut ensuite le nord de l'Allemagne, qu'il n'avait point encore visité, et fut reçu partout avec la distinction que commandaient ses talents. Le duc de Sleswig le nomma son médecin en 1589 ; mais il quitta cet emploi au bout de deux années, pour occuper la chaire de mathématiques et d'éloquence à l'université de Copenhague. Il la remplit jusqu'en 1603 , qu'il obtint celle de médecine. Depuis cette époque , il fut chargé de l'administration des revenus de l'université, et il mit une telle économie dans les dépenses , qu'il parvint à augmenter de quarante le nombre des élèves qui y étaient admis gratuitement. Les bâ- timents de cette école ayant été détruits par un incendie , il les fit reconstruire avec autant de goût (lue de magnificence. Il mourut, honoré des regrets des habitants de toutes les classes , le '26 avril 1656 , à l'Age de 95 ans. Il légua par son testament des sommes considérables à l'établissement qu'il avait dirigé pendant cinquantesix ans et aux pauvres, dont il s'était toujours montré le père. Son tombeau est décoré d'une épitaphe, et on a consacré à sa mémoire une inscription dans la salle d'anatomie. On trouvera la liste de ses ouvrages de médecine dans la Biblioth. medi- cor. de Manget , et celle de ses ouvrages d'astronomie dans la Bibliographie de Lalantle. Les uns et les autres ont été effacés depuis, et on se contentera de citer les principaux : 1. Geometrice ru- , lundi lYIU, Bàle, 1585 et 1591 ; De constilutione matheseos, Copenhague , 1591 , ; 3" Horoscopographia, sire de inceniendo stellarum situ astrologia , Sleswig , . 1591 ; 40 De oriu et occasu siderum , Copenhague , 1595 5" De medicinœ constitutione , ibid., 1627 Methodiea tractatio doctrine sphericer , Cobourg, 162(i , Spormann a publié un Programma funebre in obitum Th. Finkii , dont on trouve un extrait dans la Cista medica de Bartholin et dans la Biblioth. set. med. de Manget ; Chr. Ostenfeld a aussi donné : Oratio in obitum Th. , Copenhague , 1656 , in4"
  • Thomas FIRMIN( 1630) : philanthrope anglais, naquit à Ipswich dans le comté de Suffolk en 1630. 11 fut mis en apprentissage à Londres chez un fabricant de toiles ; et lorsque le temps de cet apprentissage fut expiré, il s'établit avec un fonds qui n'excédait pas 100 livres sterl. , mais qu'il augmenta bientôt considérablement par une industrie et une activité qu'aiguillonnait, non l'amour de l'argent, mais le plus noble esprit de bienfaisance. Les témoignages qu'il donna de cette disposition généreuse lui méritèrent l'estime et l'amitié de plusieurs personnages éminents, particulièrement de l'archevêque Tillotson, et il fit servir sa considération personnelle à augmenter ce fonds fele les pauvres trouvaient dans sa fortune , mais qui, bien que considérable, n'avait pu suffire à sa vaste charité. Elle eut l'occasion de s'exercer dans deux événements désastreux et bien rapprochés , la peste qui ravagea Londres en 16&, et l'incendie de cette ville en 1666. Il dépensa en charité des sommes incroyables; mais il n'avait pas besoin d'être excité par des désas- tres éclatants : la misère quelle qu'elle fùt, mais surtout celle qui se cache , avait droit à sa sollicitude. Il secourut des hommes persécutés par Cromwell, et l'estime qu'il inspirait lui facilita les moyens d'adoucir la persécution. En 1676 , il transporta son établissement dans le quartier de LittleBritain, dans la vue de donner du travail à de pauvres ouvriers sans ressources qui y fourmillaient. Il achetait du lin et du chanvre qu'il leur faisait filer et tisser, et , après les avoir payés, vendait l'ouvrage quand et comme il pouvait. En 4682 , il établit à Ipswich , son pays natal , une manufacture de toiles en faveur des protestants français chassés de leur patrie. Lorsque ensuite les iproscriptions et les persécutions du roi Jacques conduisirent en Angleterre une multitude de nobles , d'ecclésiastiques et de citoyens irlandais de tous les états, Firmin fut un des plus actifs à les secourir et à provoquer pour eux les bienfaits du peuple anglais. Il reçut à ce sujet une lettre de remercfments signée de l'archevêque de Tuam et de sept évèque£ , et qui est imprimée dans l'his- toire de sa vie. Mais après la révolution , ce fut sur les non- jureurs que portèrent ses bienfaits, car c'étaient alors les malheureux; et pour arrêter sa charité , il fallut alarmer son patriotisme , en les lui présentant comme ennemis de l'État. Les opinions religieuses de Firmin étaient du reste de celles que favorise un caractère de bienveillance. Né dans une famille calviniste, il s'était tourné vers les dogmes tolérants de l'arminianisme. La reine Marie , charmée de ses vertus et affligée de son hétérodoxie , chargea l'archevéque Tillotson de le convertir. Firmin résista avec sa franchise et sa vivacité ordinaires, et n'en fut pas moins aimé de l'archevéque. Il fut, pendant les vingt dernières années de sa vie, l'un des administrateurs de l'hôpital de ChristChurch à Londres, auquel il procura des donations considérables , et fut nommé en 1695 administrateur de l'hôpital StThomas de Southveark. Il fut l'auteur de plusieurs règlements de bienfaisance , encore observés à Londres. Il mourut le 20 décembre 1697, âgé de 66 ans. Dans ses dernières années il se déclara ouvertement socinien , et publia les ouvrages suivants en anglais : 1. Histoire abrégée des Unitaires, appelés aussi Sociniens , en quatre lettres, Londres, 1687 ; 2. Défense de cette histoire ; De l'analogie qui se trouve entre les Unitaires et l'Eglise catholique, Londres, 1697 : il ne fut que l'éditeur de ce dernier ouvrage. On a cru devoir une place dans ce Dictionnaire au nom d'un homme qui exerça toute sa vie la vertu que tant d'hommes plus célèbres se sont bornés à prècher. Sa Vie, publiée en anglais à Londres, 1698 est extrêmement rare; Joseph Cornish en a donné une Notice en 1780
  • Thomas FITZ-HERBERT( 1552 - 1640) : petitfils de sir Antoine FitzHerbert, naquit dans le comté de Stafford en 155'42 , et fut élevé dans la religion catholique. Envoyé à Exeter à de seize ans, après s'être impatiemment soumis pendant quelque temps à l'éducation protestante qu'on y recevait , il se retira dans ses terres , où son refus d'assister au service de sa paroisse le fit emprisonner; il était alors àg-é de vingt ans. Mis bientôt en liberté et plus attaché que jamais à la religion pour laquelle il avait déjà souffert , il s'exposa par son zèle à d'assez grands dangers pour être obligé en 1582 de se retirer en France, d'où il passa ensuite en Espagne pour y implorer la protection de Phi- lippe Et, dont il n'obtint pas grand chose, à te qu'il parait ; car, après avoir suivi à Milan le due de Feria , on le voit à Rome dans une grande détresse. Ce fut, à ce qu'on croit, l'indigence où il était réduit -, ne recevant rien de ses revenus d'Angleterre , qui le détermina à entrer en 1614 dans la société des Jésuites, où il reçut en mime temps les ordres. Envoyé à Bruxelles pour y pré- skier la mission, il y demeura deux ans et y com- posa en faveur de sa cause plusieurs ouvrages, où l'on trouve un peu de l'amertume que devaient lui inspirer ses souffrances. Il s'était déjà fait connaître, avant sa profession , par des ouvrages du même genre et par deux traités estimés , dont l'objet est de réfuter les principes de Machiavel, l'un intitulé : Traité concernant la politique et la religion, Douai , 1606 et la seconde partie en 1610, également à Douai : elles furent réunies et publiées en 1615 , ; une troisième partie fut imprimée en 165'9. à Londres , où l'ouvrage obtint de la réputation; le titre de l'autre est An sit utilitas in scekre vel de infflicitate Principis . 1Iachiarellani , Home, 1610 Ses autres ouvrages, tous de circonstance, sont aujourd'hui entièrement oubliés. Revenu à Rome, il y fut nommé recteur du collége anglais de cette ville, et y mourut en 1640, àgé de 87 ans, laissant une grande réputation de savoir et de piété
  • Thomas FLATMAN( 1633 - 1688) : auteur anglais , né à Londres vers 1633, fut élevé pour le barreau et fut méme reçu avocat dans la société d'InnerTemple; mais son goût pour les arts d'imagination le détourna de cette carrière, et il se livra particulièrement à la poésie et à la peinture. On a de lui un recueil de peines , dont la 3e édition , ornée de son portrait, parut en 1682 , et Don Juan Lam- berto , ou Histoire comique de ces derniers temps , satire en prose contre Richard Cromwell, publiée, en 1661, sous le nom de Montelion , chevalier de l'Oracle. L'ouvrage eut alors une trèsgrande vogue et fut réimprimé la même année avec une seconde partie. Chaque volume est précédé d'une caricature allégorique. On a aussi de Flatman deux odes pindariques , publiées en 1685 : l'une sur la mort du prince Rupert, l'autre sur celle de Charles H. On lui attribue un volume de poésies intitulé : Virtus rediviva, panégyrique du roi Charles ler, d' heureuse mémoire , etc., imprimé en 1660 , avec les lettres T. F. Quoique Flatman ait joui dans son temps de quelque réputation comme pete , il est peu estimé aujourd'hui sous ce rapport : comme peintre, il avait adopté le genre du portrait en miniature. Son pinceau valait , diton , mieux que sa plume, et Granger prétend qu'une seule de ses tètes vaut une raine de ses odes pindariques. Il avait montré dans sa jeunesse beaucoup d'éloignement pour le mariage et composé sur ses désagréments une chanson qui commençait ainsi Tel qu'un chien qui porte une bouteille étroitement liée à sa queue, etc. Ce qui ne l'empocha pas d'épouser, en 1672, une jeune personne, dont la dot peut-étre l'avait séduit autant que sa beauté; ses amis , qui n'avaient pas oublié sa chanson , trouvèrent plaisant de venir la lui chanter dans une sérénade qu'ils lui donnèrent la première nuit de ses noces. Il mourut à Londres le 8 décembre 1688
  • Thomas FORREST : F?IIIIEST age à la NoutrIleCuinée , d'où ce SIalais avait rapporté des initscatles. Il équipa donc le Tartare, galari. de dix tonneaux, qui pouvait aller à ta rame ru ras de besoin ; il la disposa de mankre qu'il y embarqua tingtdeux homme% qui, à l'escepti?n dr luimeute et de trois autra'* , étaient tons %talais, chois tresjudicieus pour celle navigation. 1.,,r 9 novembre $771 il unit à 1.1 voile et lit route au S.E. Il fut ?ien aerueilli par les princes ales Iles tirs archipels ale soulou et ales ?ii?ltiques, où il aborda , notanunent à Batchiau, dont Ir sultan connaissait Toan- Iladji. Forma manqua de se perdre Nur les écueils qui entourent Toni?gliy,?etite Ile a l'ouest ale %aigiou. Apris avoir repars; ses dommages, il acheta deus pros ou romtaros, petits navires du pays, qui l'arrompagurrent. ta. 13 janvier $775 il aperçut les terres hautes de la NouvelleGuinée; le 27 il laissa tomber l'ancre dans le huart de Dorj , sur la côte septentrionale de cette grande terre. 1.11 de ses roraworos avait roulé bas deus jours auparavant ; l'équipage fut sauvé. Forrest trouva dans ira environs plu* ale cent plants de jeunes 1111.14C1- diers, qu'il arrangea soigneusement dans des p?niers avec de la terre, et toril aussi beaucoup de muscades mitres. I.e D% février il sortit de ?ory f t cingla vers l'ouest , puis au .titi jusqu'a Mysol , ne située par deux degrés de latitude australe. Ensuite il revint au nord. Quand il passa près de Ghibby ou hiby , un Malais . Le 5 mai F?rrest entra dans la rivière ale l'elanghy ou tir Mindanao. Il fut présente au sultan , qui l'accueillit mulealeinent , et il apprit que Ir* intulaires dri %intim» •if:laient emparés du comptoir ale Ilalandwgatt. ses plants de IlitINC3.- allers ayant été mouillé% par l'eau tir nier, ?érirent ; d'autres, mieux consertés, s'enrarinirent iresbien dans le jardin ?'un radjah de Mindanao. Toanlladji se sépara ale Forms', qui visita plusieurs cantons de d'où il ne partit que le $ lamier 1778, parer qu'il mail attendu la moumon hiora?le. Durant son séjour, il obtint du sultan la eession de I'llr Umm ait la compagnie ales Indes (Ader il était dans la rivière de Dornéo, ou les agents du comptoir de Italaint?agan s'étaient réfugié*. Il en sortit le fi. arriva sur la rads al' 1- (hem le 13 mai, et gagna ensuite un petit port air la rôle orrialcutale ale Sumatra, où il fut obligé de laisser sa gala'rr qui n'était plus en état ah, tenir la mer et se rendit par terr a lienroulen. Plus tarai il s'embarqua'mur Calcutta, où il se reposa drs fatigues ale ce long ioyage, qui avait gravenient ah ru' sa santé puis revint en Angletrrre. Là compagnie des Isoles , t- satisfaite tir cette ranipagne, chargea l'orrest ria 1789 d'es?lorer les parages de la mer ales Indes, le long ale la côte tuMentale ale la presqu'Or ale l'est. Il l?artit ale Calcutta et détermina la rtition véritable air l'archipel %lergui , lequel ertentl du nord au sud, sur me lo.igueur de cent boisante lieues. Forrest continua air servir jus qu'a sa mort , arrivée au cominetirement du 19' wrale. • C'était, dit Mir'- . dru un homme entreprenant et un aserti nt · dessinateur , mais, imitant lbsandre pater simple, · le grand hydn?graithe , roy. Fr nom ml ne dis- · tinguatt pas toujours as m'et sotgueuseinent - qu'il soyalt air et qu'il erras ait soir. D'ailleurs · c'était 11.1 véritable original . a t nu racontait ale · lui dans les Indes beaucoup trateniumt atuu. · sautes qui lui étaient arrivées parmi les inali4 grues, entre autres cellesri : s'étant un peu trop éearter du rivage dans une Me ou , s'a?errevant que les habitants se disposaient a l'inquiéter ou à l'attaquer, il tira tranquillement sa flûte l'ajusta et commença à jouer un air air · Corelli , ce qui surprit et divertit tellement les sauvages, suspendirent l'exécution th. leur dessein, Quant à lui, continuant à leur faire · fart-, il recula pro à lové jtmsqu'a l'endroit où il · osait laissé l'equipagr de son canot. • on a de Forrest en anglais : 1. l'oyaye ale flalatelmyan al la Nourelle- Grissée et aux Moluques , J tir dan: let anOfki 1773, 1778, auquel est ajoute un rotahulaire de la langue de ileraginditno, Londres, 1779 cartes et figures; Dublin, 1779 traduit en français, Paris, 1780 cartes et figures; en allemand , niais extrait, Hambourg, 1782 Cette relation , qu'on lit avec intérèt, offre beaucoup de renseignements curieux sur les lies que Forrest a visitées; aujourd'hui encore ils sont importants, car les Européens fréxiuentent rarement ces parages lointains, où leur santé souffre singulièrement de la chaleur excessive. Forrest donne des détails piquants sur les moeurs des peuples, notamment ceux de Mindanao. On ne peut s'empêcher d'admirer sa hardiesse de s'être hasardé sur un bâtiment aussi petit que celui qu'il montait. Quand il eut été amené à Bencoulen, on vit que la quille était entièrement percée par les vers. La traduction française de son livre manque parfois d'exactitude ; Voyage de Calcutta à l'archipel Alergui , situé dans la p. artie orientale du golfe de Bengale , suivi d'une notice des îles de Djonkseylon, de Poulo- Pinang et du port de Kedah , et d'une relation de Célèbes, Londres, 1792 ligures et cartes. Avant Forrest on ne connaissait que trèsimparfaitement l'archipel Mergui, qui ne comprend que de petites.11es et n'a qu'une trèsfaible population; il appartient aujourd'hui à la GrandeBretagne. 1.e nom de Détroit de Forrest a été donné avec raison au bras de mer qui sépare l'archipel Mergui du continent voisin; 3. Traité des moussons, Londres, 1784 ; traduit en français, Paris, imprimerie royale , 1786 On appelle moussons les vents périodiques qui, dans les mers de l'Inde, souillent six mois d'une direction et six mois d'une direction opposée. Forrest, à qui vingt années de navigation dans ces mers avaient donné la facilité de recueillir beaucoup de notions sur cette matière , explique trèsbien les causes des moussons et indique , suivant celle qui règne, les meilleures routes à tenir
  • Thomas FOWLER( 1736 - 1801) : né le 22 janvier 1736 à York, fut destiné d'abord à la pharmacie. Il exerçait depuis quinze ans cette profession dans sa ville natale, lorsqu'en 1774 il abandonna son officine pour se livrer à la médecine proprement dite, qu'il alla étudier à l'université d'Édimbourg. En 1778 il i soutint i sa dissertation inaugurale i Sur le traitement de la variole, principalement à l'aide du mercure i. Revêtu du doctorat, il s'établit à Stafford, dont l'hôpital fut confié à ses soins, et où il se distingua par une pratique aussi heureuse qu'étendue, 11 retourna' en 1791 à York et y reçut les encouragements les plus flatteurs. Mais un asthme convulsif extrêmement grave, qui i pendant deux i années le tourmenta cruellement, interrompit ses travaux littéraires et cliniques. Guéri par les seuls efforts de la nature d'une maladie contre laquelle avaient échoué toutes les ressources de l'art, Fowler reprit avec une ardeur nouvelle ses occupations chéries, et en 1706 il fut choisi par acclamation médecin de l'hospice des aliénés quakers établi près d'York, sous le nom de la i Retraite i. Il remplit i'vec un rare talent ces fonctions honorables et délicates jusqu'à sa mort, arrivée le 22 juillet 1801. Les Sociétés médicales de Londres, Édimbourg et Bristol avaient admis Fowler dans leur sein , et il méritait ces distinctions, surtout par le zèle infatigable dont il était animé. On trouva dans ses i manuscrits , sinon i l'histoire i complète i, au moins l'esquisse de six mille observations. C'est dans cette espèce de trésor qu'il avait. puisé les matériaux de ses ouvrages : •" i Résultats obtenus de l'emploi du tabac, notamment dans les hydropisies et les desenteries i, Londres, 1785' 2' i Résultats obtenus de l'emploi i ( i le l'arsenic i i dans diverses maladies, et surtout dans les fièvres i i intermittentes i, Londres, 1786 5" i Résultats i i obtenus de la saignée, des sudorifiques et des vésicatoires pour la guérison du rhumatisme aigu et cia i Londres, 1795 De ces trois opuscules, écrits en anglais, le dernier est sans contredit le plus important, le plus judicieux. L'auteur trace les caractères essentiels et la meilleure méthode curative d'une maladie extrêmement commune et opiniâtre. Les observations sur les propriétés médicinales du tabac n'ont pas droit aux mêmes éloges: on ne peut se défendre en les lisantd'une sorte de défiance, et celles sur les vertus de l'arsenic font éprouver un sentiment bien plus pénible encore. Ce n'est point Fowler qui a introduit ce poison dans la matière médicale, mais il l'a tiré de l'oubli dans lequel il était heureusement tombé ; il lui a prodigué des éloges outrés; enfin il a puissamment contribué à rendre populaire l'usage de i ce i métal meurtrier qui , sous le titre séduisant de i Gouttes fébrifuges de Fouler i, fait chaque jour de nombreuses victimes
  • Thomas FRANCKLIN( 1720) : littérateur anglais, né à Londres vers 1720 :était fils d'un imprimeur de cette ville. M. Pulteney , depuis lord Bath , intéressé dans un papier antiministériel intitulé l' Artisan , que publiait le père de Francklin , l'engagea à faire étudier son fils , promettant de fournir à son entretien ; ce qu'il oublia cependant ensuite. Thomas Franckliu fut envoyé à l'université de Cambridge, où il prit les ordres; il publia quelques traductions d'auteurs classiques et fut nommé professeur de langue grecque en 1750. A la suite d'une traduction de Sophocle, en 2 volumes qu'il donna au publie en •759 se trouvait une dissertation sur la tragédie ancienne, ôù Murphy était cité d'une manière injurieuse. Celuici en exprima son ressentiment dans une épître en vers adressée à Samuel .Tolinson , et dont l'effet fut tel que son antagoniste crut devoir demander justice aux tri- Ibunaux , ce qui jeta beaucoup de ridicule sur Francklin , qui s'était fait d'ailleurs de nombreux ennemis par son caractère difficile. Churchill dit de lui dans la Rosciade, qui à la N'évité n'est qu'une satire, « qu'il dépérissait d'envie de tous les a succès qui n'étaient pas les siens. » 11 fit cependant sa paix avec Murphy. Il traduisit trois tragé- dies de Voltaire, Oreste, Électre et le Duc de Foix, sous le titre de Mati/ de, et les tit représenter, mais sans faire mention de l'auteur original. Il avait également traduit le Comte de Warwick de la Harpe, qu'il fit jouer avec beaucoup de succès à DruryLane, et comme son propre ouvrage. Ses autres productions sont la traduction des Epitres de Phalaris, 1749 celle du traité de Cicéron Sur la nature des dieux, avec des notes philosophiques et des recherches sur l'astronomie des anciens, imprimée pour la deuxième fois en 1775; la Traduction, poëme, 1755; un volume de Sermons estimés sur les Devoirs relatifs ; Lettre ti un évêque sur les prédications , 1768 , morceau où brille éminemment ce que les Anglais appellent l'humour; le Contrat, farce jouée en 1776, mais sans succès; la traduction des ouvrages de Lucien, 1780 , 2 vol. Son nom a été attaché avec celui de Smollett à une traduction des OEueres de Voltaire , à laquelle on suppose qu'ils n'eurent que trèspeu de part. 11 avait été nommé en 1758 ministre de `l'are et de Thunbridge, dans le comté de Hertford, chapelain du roi en 1767, et en 1776 ministre de Brasted , dans le comté de Surrey. Il mourut à Londres le 15 mars 1784. On publia l'année suivante deux autres volumes des sermons de sa composition
  • Thomas FRYE( 1710 - 1762) : artiste, né en Irlande en 1710, vint de bonne heure à Londres , et s'y fit de la réputation par son talent comme peintre, particulièrement dans le genre du portrait. On lui attribue l'invention de la porcelaine en Angleterre, et l'on rapporte que l'ardeur avec laquelle il s'attacha pendant quinze années à perfectionner cette composition dans une fabrique établie à Bow, altéra sa santé au point de faire désespérer de sa vie. Il se retira alors dans le pays de Galles, et sa constitution paraissant raffermie, il revint à Londres exercer de nouveau son talent pour la pe en y ajoutant la gravure en tailledouce. 11 peignait avec succès à l'huile et en miniature. On cite de lui des portraits de Frédéric prince de Galles, du chanteur Leveridge et autres, qui parurent aux expositions de peinture de 1760 et 1761, et des tètes gravées, de grandeur naturelle, parmi lesquelles on remarque son propre portrait. Il mourut le 2 avril 1762
  • Thomas FRÉGOSE : doge de Gènes de 1415 à 14'21 , et de 1 f36 à 1143. Thomas Frégose fut'élu doge le 4 juillet 1-115 par les Adorne réunis aux Frégose. Les deux factions étaient également ennemies de Barnabas Goano , qui occupait alors le trône ducal ; mais elles n'eurent pas plutôt obtenu la victoire, qu'elles se divisèrent de nouveau. Thomas Frégose se vit bientôt attaqué par tous les partis : les factieux recoururent en 1.117 à PhilippeMarie Visconti , duc de Milan ; et celuici conquit sur les Génois tout ce qu'ils possédaient au nord des Alpes liguriennes. En même temps Alphonse , roi d'Aragon , envahit la Corse. Thomas Frégose, secondé par quatre frères, tous aussi vaillants que lui , résista longtemps aux efforts de tant d'ennemis. Baptiste Frégose, l'un de ses frères, fit lever aux Aragonais, après neuf mois, le siége de Bonifacio. Cependant Thomas Frégose fut enfin réduit à succomber. Le 9.. novembre 1421, il céda Gènes et Savone au duc de Milan , pour se retirer à Sarzana , dont la souveraineté lui fut as- surée par ce prince. Mais dès qu'il vit quelque espérance de succès, il renouvela ses efforts pour délivrer sa patrie d'un joug étranger. Après plusieurs vaines tentatives, il y réussit enfin en 1136. Il fut élu doge une seconde fois, et il gouverna Gènes sept ans, avec l'appui de Baptiste Frégose, le plus brave de ses frères. Mais celuici étant mort, une conjuration dirigée par JeanAntoine de Fiesque contraignit Frégose à céder le trône ducal le 18 décembre 1113. Ses concitoyens vou- lurent de nouveau , en 1450 , le rétablir dans la haute dignité qu'il avait exercée deux fois ; mais se sentant accablé par l'âge , il refusa de l'accepter
  • Thomas FULLER( 1608) : naquit, en 1608, à Aldwincle, dans le comté de Northampton. Il eut pour père un ecclésiastique respectable; et il étudia à Cambridge, sous la direction de son oncle maternel, le docteur Davenant, depuis évêque de Salisbury. Destiné au ministère de l'Évangile , son penchant pour la littérature et tout ce qui plalt à l'imagi- nation, le tourna vers la poésie sacrée; et ce pen- chant , qui se fit un peu trop sentir par la suite dans ses ouvrages historiques , se manifesta d'abord par un peine intitulé : Odieux péché , s cère repentir, et sévère chement de David , Londres, 1631 ouvrage assez rare aujourd'hui, oit l'on trouve autant d'esprit que de mauvais goût, c'est-àdire de goût du siècle. Il se fit connaître, à peu près dans le méme temps, d'une manière plus utile, comme prédicateur, et fut nommé., en 1631, prébendier de la cathédrale de Salisbury, et bientôt après, recteur de Broad Windsor, dans le Dorsetshire. En 1640 , parut à Cambridge son Histoire de la guerre sainte , comprenant toute l'histoire des croisades, depuis le commencement de la première , vers l'an 1096 , jusqu'à la dernière inclusivement , en 1291. Cet ouvrage obtint beaucoup de succès , et eut plusieurs éditions; la troisième est de 1617. Fuller, s'étant ensuite rendu à Londres , y fut nommé prédicateur de l'établisssement nommé The Savoy , et continua , comme à Cambridge, à attirer la foule. li avait été nommé, en1610, membre de la convocation assemblée à Westminster pour la réformation des canons de l'Église anglicane : mais lorsque les troubles excités par le long parlement eurent obligé, en 16.41 , le roi à quitter Londres, Fuller se vit exposé à quelques dangers par son attachement à la cause royale; et ses ennemis ont publié qu'il avait alors acheté sa sùreté par des complaisances , qui cependant, à ce qu'il parait, ne furent dans le cas ni de satisfaire les rebelles, ni de mécontenter la cour; car, en 1643, ayant quitté Londres, et rejoint le roi à Oxford, ce prince désira l'entendre precher. A la vérité, celui qu'on avait jugé trop royaliste à Londres , fut jugé à Oxford ne l'étre pas suffisamment ; preuve assez sûre de la sagesse de ces opinions. Cependant, nominé chapelain de sir Ralph Hopton , qui commandait une partie des troupes royales, il se rétablit dans l'opinion des royalistes par la conduite qu'il tint à la suite de ce lord, principalement par le courage et le succès avec lequel il anima les soldats à la défense de la forteresse de Basingbouse, que sir William 'Waller vint assiéger en l'absence de lord Hapton , qui s'était rendu à Oxford. 11 fit si bien que sir William Waller, après avoir perdu beaucoup des siens, fut obligé de lever le siége. Fuller fut nommé , quelques mois après, chapelain de la jeune princesse HenrietteMarie, à laquelle il demeura attaché jusqu'au moment où la famille royale se réfugia en France. Alors Fuller se rendit à Londres, où il parait qu'il exerça, sans beaucoup, d'erupechement , les devoirs de son ministère : il fut seulement privé, durant plusieurs années, de ses revenus ecclésiastiques; ce qui ne l'empècha pas de soutenir, avec son modique patrimoine et les secours qu'il pouvait se procurer, de pauvres ministres , privés comme lui de leurs bénéfices, et des royalistes dépouillés de leurs biens. Il était, vers 1648, chapelain du comte de Carlisle , qui lui lit obtenir la cure de Waltham, dans le comté d'Essex. Ses fonctions et ses travaux littéraires occupaient tout son temps. 11 n'avait pas cessé, malgré sa vie errante , de composer et de publier divers ouvrages dont nous citerons quelquesuns. En 1656, parut son Histoire ecclésiastique de la Grande- Bre- fagne, depuis la naissance de Jésus- Christ jusqu'en l'année 1648 ; à laquelle sont jointes l'Histoire de l'Université de Cambridge , depuis la conqudte, et l'histoire de l'abbaye de lUaltham, comté d'Essex, . fondée par le roi Harold , un gros volume Cet ouvrage, estimé pour les faits curieux dont il est rempli , niais où sa situation l'empècha d'apporter assez d'exactitude , est souvent consulté et cité. On lui a reproché trop peu de gravité dans le choix et le rapprochement des faits, de l'abus d'esprit, et un désir trop constant et trop marqué de divertir ses lecteurs. A la restauration , Fuller fut réintégré dans ses bénéfices, et nommé chapelain extraordinaire du roi Charles II. 11 paraissait destiné à l'évèehé; mais il mourut le 15 août 1061 , âgé de 55 ans. On a de lui , outre les ouvrages cités : lhe historq of the worthies England, etc. , c'est-àdire Histoire des grands hommes d'An- gleterre, essnyée, dit le titre, par Thomas Fuller, et qui n'est pas, en effet, aussi soignée que ses autres ouvrages. Elle ne parut qu'après sa mort, en 1662 , , avec son portrait. Cet ouvrage a été réimprimé à Londres-, en 1810 ou 1811 , en volumes par .1. Nichols , qui l'a accompagné de notes explicatives. Fuller a laissé aussi un grand nombre de sermons et de petits ouvrages ou traités, particulièrement sur des sujets de dévotion. Ils sont tous écrits d'une manière piquante, mais dans le goût de ce tempslà, où il était impossible qu'un homme qui avait de l'esprit n'en abusât pas. Notts ne citerons que deux de ces ouvrages : 1" L'Etat saint , recueil de caractères, essais et notices biographiques, Cambridge, 164'2 , 1618. Une partie a été réimprimée dans un livre intitulé : Choix des écrits de Fuller et South, avec un précis sur la vie et le caractère du premier, par Arthur Broome d'Oxford, 1815 2. Abel redivivus 1651 C'est une suite de Vies tic réformateurs , de martyrs, d'évèques, etc. Fuller avait une mémoire prodigieuse, qu'il aidait encore par des méthodes artificielles. Cependant, il avait coutume de dire que l'art de la mémoire peut fort bien en corrompre la nature. C'était un homme d'un esprit agréable et tourné l'épigramme. 11 avait composé une satire sur la femme acariâtre. Un jour qu'il la lisait dans une société nombreuse , un de ses auditeurs lui en témoigna sa satisfaction , et le pria de lui en donner une copie : (c Vous n'en n'avez pas besoin, (C lui répondit. Fuller ; en rentrant chez vous, vous y trouverez l'original
  • Thomas FULLER( 1654 - 1734) : médecin et moraliste an- glais , né en 1654, étudia à l'université de Cam- bridge, où il prit le degré de docteur en 1681 , et exerça ensuite sa profession à Sevenoak, dans le comté de lient , avec une grande réputation de savoir et d'humanité. Il publia les ouvrages suivants, fort estimés de son temps : 1" Pharmaco- peia extemporanea , 1702 et 1714 Rotterdam, 1709 Amsterdam , 1717 Paris, 1768 ; 2" Pharmacopeia Bateana, 1748, ; 3o Pharmacopeia domestica , 1725 to Introductio ad prudentiam, OU Directions , con- seils , et instructions pour se conduire sagement dans la vie privée, rédigés par Fuller en faveur de son fils, 1727 Il y ajouta une seconde partie, 1751-52 sous ce titre : Introductio ad pru- dentiam , OU l' Art de bien penser, à l'aide des idées que des hommes sages et éclairés ont répandues dans leurs écrits , dans le but d'extiiper l'erreur et d' culper la science. 5" Des fièvres éruptives , de la rougeole et de la petite vérole , '1750 , in4°. Thomas Fuller mourut le 17 septembre 1754. — On l'a souvent confondu avec un autre médecin, Fran- çois FULLER, également élevé à Cambridge, et qui publia, en 1704, avant d'avoir embrassé sa profession, un ouvrage intitulé : Aledicina gymnastica, ou Traité sur l'influence de l'exercice sur l'économie animale, et sur la nécessité d'y avoir recours dans le traitement de nombre de maladies. C'était le fruit de l'expérience moine de l'auteur , dans le cours d'une maladie longue et douloureuse. L'objet de son livre est de substituer l'exercice à la méde- cine ; et il donne la préférence à l'exercice du cheval sur tout autre, en ce qu'il exige moins de force. La int'me opinion a été développée pdr le docteur Cheyne , dans son traité de la Maladie anglaise , publié vingt ans après celui de Fuller. La Medicina gymnastica fut réimprimée en 1705, avec des améliorations ; elle le fut , pour la c fois, en 1718. On ne connait point la date de la mort de François Fuller
  • Thomas FURLONG( 1797) : pone irlandais, naquit vers 1797 , à Searawaish , aux environs d'Enniscorthy, , dans le comté de Wexford. Son père, qui était fermier, lui donna l'éducation nécessaire pour qu'il entrât dans une maison de commerce. Effectivement, à quatorze ans, il fut placé comme apprenti chez un marchand de Dublin. Mais ses occupations étaient bien peu en harmonie avec ses goûts , et tout le temps qu'il pouvait dérober aux soins du négoce était consacré à la littérature. Doué d'un véritable talent, il imita ce qu'il lisait, ou plutôt il n'imita pas. Sa parole s'épanouissait en vers comme d'ellemême et presque dès le temps où il eut été embarrassé de bien définir ce que c'est qu'un vers. Divers recueils de Dublin et même de Londres avaient admis ses essais dans leurs colonnes, qu'il était encore commis surnuméraire dans son comptoir. Son apprentissage fini, et après divers petits événements, un admirateur de son talent, nominé Jameson, lui donna dans sa maison de distillerie une place de confiance qui, entre autres avantages, offrait au jeune auteur la perspective d'être libre la plus grande partie de la journée. Il put alors se livrer à sa vocation , et il acquit en peu de temps une célébrité qui mit son nom à côté de celui de Moore, bien que nous n'entendions en aucune façon établir égalité entre les deux pones. Furlong mourut trop tôt pour donner toute la mesure , le 411orning Registcr , et le liohinis London and Dublin Alaga:. ine ; 4° des poésies, parmi lesquelles nous signalerons sa Défense de la poésie. Il laissa manuscrite une traduction en vers des chants du barde erse Carolan
  • Thomas FYENS( 1567) : fils du précédent, suivit comme son père , et d'une manière encore plus brillante, la carrière médicale. Né à Anvers, le 28 mars 1567, il fit d'excellentes études à l'université de Leyde et à celle de Bologne. De retour dans sa patrie, il fut appelé, en 1593, à Louvain, pour y remplir l'une des deux premières chaires de médecine ; et le 9 novembre de la même année, il y reçut le doctorat. Appelé , en 1600, à Munich , par le duc Maximilien de Bavière, il ne resta qu'une année à la cour de ce prince. Son séjour fut plus long à Vienne , où l'archiduc Albert l'avait nommé son premier médecin. Jaloux de continuer les honorables fonctions de l'enseignement , il passait à Louvain tout le temps dont il lui était permis de disposer. Mais voyant l'impossibilité d'exercer simultanément les deux emplois, il donna la préférence à celui de Louvain. Toutefois la gloire n'était pas le seul mobile de la conduite de Fyens; il ne fut pas insensible aux faveurs de la fortune à l'appat de l'or ; car, si l'on en croit Reimmann et Stolle, il aurait accepté, à Bologne, une chaire à laquelle étaient attachés mille ducats d'appointements, si l'archiduc ne se fût empressé de lui assigner le même traitement à Louvain. Retenu par ce puissant motif , il fut constamment un des plus fermes soutiens de l'université , qui le choisit trois fois pour recteur. Il mourut le 15 mars 1631, laissant des écrits nombreux , dont quelquesuns conservent une réputation méritée , tandis que plusieurs autres fourmillent d'hypothèses frivoles, de théories erronées :1° De ri formatrice fcetes liber, in quo ostenditur animam rationalem infundi tertia die , Anvers , 1620 Rien de plus difficile , mais heureusement rien de plus inutile que la solution de ce problème , auquel Fyens attache une importance majeure , et sur lequel il argumente à perte de vue. L'auteur trouva des incrédules , et ne les ménagea pas. Il défendit surtout son opinion contre deux adversaires , l'un flamand , l'autre espagnol ; '- 2° De vi formatrice foetus, liber secundus, adversùs Ludovicum Du Gardin , in quo prioris doctrines plenius exaininatur et defenditur Louvain , 162 , 3° Pro sua , de animatione foetus tertia die , opinione , apologia . adversus tonium Ponce Santa Cruz , Louvain , 1629 l' yens montra le même défaut de critique dans la discussion d'une matière traitée mille fois, et cependant couverte encore d'un voile épais ; 4° De viribus imaginationis tractalus , Louvain , •608 Leyde, 1655 beipsick,1657 Lon-(Ires, 1657 ; Amsterdam, '1658 ; 5. De rauteriis libri quinque , iii quibus vires , materia , modus, locus , numerus , tempus ponendorum riorum , ex ceterum Groecorum , Arabum, Latinorum, necnon neotericorum sententia , ? nain dilucide explicantur . Louvain , 1598 ; Cologne , 1607 Le plus bel éloge qu'on puisse faire de cette production , réellement savante , c'est de dire que l'auteur a dignement rempli la (Ache qu'il s'était imposée ; 6° De prœcipuis colis chirurgicoe eontrocersiis libri duodecim. Ce recueil précieux de traités chirurgicaux a été publié dixhuit ans après la mort de Fyens , par le célèbre Hermann Conring, Francfort , 1649, ; Londres , 1733 im ; traduit en hollandais , avec des notes par Étienne Blankaart , Amsterdam , 1685 en allemand, Nuremberg , 1679 L'auteur montre une grande érudition , et paye un juste tribut aux chirurgiens qui ont enrichi leur art de quelque découverte. C'est ainsi qu'il proclame Galien l'inventeur de l'artériotomie ; c'est ainsi qu'il préconise la méthode employée d'abord en Calabre , et surtout mise en vogue par le Bolonais Tagliacozzi, de replacer les nez entièrement coupés, et même d'en refaire de nouveaux , avec des fragments de chair pris au bras ou à la cuisse. Fyens assure avoir été témoin des succès de cette opération singulière, que les chirurgiens modernes , moins heureux , ont complétement abandonnée ; 7° Semeiolice , sive de signis medicis tractatus ; opus accuratissimum , omnibus medicinœ studia amplexantibus summe necessarium , in fluas partes dicisum, Lyon, 1664 Les éloges que Reimmann prodigue à cet ouvrage , sont exagérés sans doute : cependant il renferme des observations utiles, des préceptes judicieux ; et l'éditeur en le publiant s'est *quis des droits à la reconnaissance des médecins. On regrette de ne pas avoir deux autres traités, l'un sur les (lèvres, le second sur les urines, également recueillis de ses leçons, mais restés manuscrits. La Bibliothèque de Paris possède plusieurs lettres autographes de Fyens. Il a semblé superflu d'indiquer deux opuscules astronomiques de ce professeur , parce que la doctrine en est évidemment erronée
  • Thomas GAGE( 1500) : voyageur, était né, vers la fin du 16. siècle , en Irlande, d'une famille catholique qui tenait un rang distingué. Son père l'envoya , en 161, en Espagne , pour faire ses études chez les jésuites, espérant qu'il entrerait dans leur société : mais le jeune Gage , qui avait conçu pour eux une aversion mortelle , prit l'habit de l'ordre de StDominique à Valladolid. Il était en 1625 au monastère de Xerez , en Andalousie , quand un commissaire de son ordre lui inspira le désir d'aller comme missionnaire aux Philippines. On voit par le récit de Gage qu'il se décida à prendre ce parti , moins par zèle pour le salut des âmes que par la perspective de jouir des douceurs d'une vie agréable , et d'amasser de la fortune dans ces contrées lointaines ; enfin il redoutait les effets de la colère de son père, qui lui mandait qu'il aurait mieux aimé le voir simple marmiton dans les cuisines des jésuites que général de tout l'ordre de StDominique, le menaçant de le déshériter et de susciter contre lui les jésuites s'il remettait les pieds en Angleterre. A peine étaitil arrivé à Cadix, qu'on y publia un ordre du roi pour empêcher qu'aucun Anglais passât aux Indes; de sorte qu'il fallut le conduire secrètement à un vaisseau et le cacher dans une barrique dont on avait exprès vidé le biscuit. Ce moyen ayant rendu vaines toutes les recherches que l'on fit pour le découvrir, il partit, le 2 juillet 1625, avec vingtsept de ses confrères. Une surprise que les Espagnols éprouvèrent dans une relâche à la Guadeloupe , de la part des Indiens , qui leur tuèrent plusieurs matelots ainsi que des jésuites et un dominicain, ralentit le zèle de quelques missionnaires; tellement qu'en débarquant le 12 septembre à la Guadeloupe , ils eussent voulu retourner en Espagne. Cependant ils continuèrent leur route , et entrèrent, le 8 octobre, à Mexico. Gage resta jusqu'au mois de février de l'année suivante à la campagne, dans un monastère où l'on faisait séjourner les religieux pour les remettre des fatigues du voyage. Les discours d'un de ses confrères, nouvellement revenu des Philippines , le dégoûtèrent entièrement de l'envie de continuer le voyage ; et la vie agréable que l'on menait à la NouvelleEspagne le décida à y rester. En conséquence , la veille du jour où l'on devait partir pour Acapulco , il s'échappa avec trois autres dominicains , et se mit en route pour Chiapa. Il y fut bien reçu par le provincial : les preuves qu'il donna de son habileté le firent choisir pour enseigner le latin aux enfants de la ville, et le mirent en crédit auprès de l'evéque et du gouverneur. Au bout de six mois. on le laissa avec regret aller à Guatimala , où il continua son cours de théologie , s'appliqua à la prédication, et fut nommé professeur de philosophie. Malgré le renom qu'il avait acquis, l'idée de retourner en Angleterre l'occupait sans cesse : il en demanda la permission au provincial et au gouverneur ; elle lui fut refusée , parce qu'un ordre exprès du roi et de son conseil défendait de laisser revenir en Espagne aucun prêtre avant dix ans de séjour dans les Indes ; il prit alors la résolution de quitter la ville , et d'aller quelque temps demeurer à la campagne pour apprendre le langage indien , prêcher en quelque village , et amasser du bien. Après avoir rempli pendant cinq ans les fonctions de curé dans deux villages, il reçut du général de son ordre la permission de retourner en Angleterre : le provincial s'opposa à ce qu'il en profitât, et l'envoya desservir une autre paroisse. Gage, se voyant, un an après, pos- sesseur d'une somme de 9,000 piastres , se décida à profiter de la permission du général : il échangea une partie de son argent contre des perles et des pierres précieuses, et partit d'Amatitlan , le 7 janvier 1637. 11 traversa la province de Nicaragua, en suivant la côte du grand Océan , et alla s'embarquer dans un petit port de la province de CostaRica , sur la mer des Caraïbes. A peine le navire étaitil en mer, qu'il fut pris par un corsaire hollandais; et Gage se vit dépouillé de 8,000 piastres. Cet événement , ditil , me fit appliquer à moi-(i même le proverbe, que bien mal acquis ne profite jamais, voyant que je perdais tout d'un coup ce que l'aveugle dévotion des Indiens m'avait fait acquérir parmi eux pendant douze ans. » Il retourna à Carthago , puis à Nicoja sur le grand Océan ; il y profita d'un bâtiment qui allait à Panama , traversa l'isthme , et partit de PortoBello par la flotte espagnole , qui arriva heureusement à SanLucar, le 28 novembre 1657. Sa première pensée fut de quitter l'habit religieux ; puis il retourna dans sa patrie, après vingtquatre ans d'absence. Il avait presque totalement oublié l'anglais. Son père était mort, et n'avait pas fait mention de lui dans son testament : son frère et ses parents eurent de la peine à le reconnaître ; cependant il en fut bien reçu. A la tin de 1639, il partit pour l'Italie, afin de résoudre quelques doutes qui s'étaient, dès son séjour en Amérique , élevés dans son esprit sur la religion. Tout ce qu'il vit dans cette contrée ne l'ayant pas satisfait , il retourna à Londres , où il abjura le catholicisme par un sermon qu'il prononça dans .l'église de StPaul. Cette démarche le brouilla avec sa famille. Voyant ensuite que les catholiques étaient favorisés à Oxford , dont son frère était gouverneur, et dans d'autres villes attachées à la cause royale, il embrassa le parti du parlement, et reçut en récompense le rectorat de Déal. Ce fut alors qu'il publia la relation de ses voyages dans les Indes occidentales. Les lumières qu'elle fournit sur les richesses des possessions espagnoles et sur leur état de faiblesse donnèrent aux Anglais l'idée de tenter contre ces pays des expéditions qui leur promettaient des succès faciles. Gage s'embarqua sur une flotte , qui échoua néanmoins dans les entreprises qu'elle essaya contre VeraCruz et la Havane, mais qui réussit à s'emparer de la Jamaïque en 1654 : il mourut dans cette tle l'année suivante. On a de lui 1. A new Surwey of the IVest- Indies, etc. Nouvelle Description des Indes occidentales , ou les Voyages de l' Anglais- Américain, par terre et par nier, contenant le journal d'une route de 5,300 milles dans l'intérieur du continent de l' Amérique , dans lequel est raconté son voyage d'Espayne â Saint- Jean de Ulloa et à Mexico , la description de cette grande ville; aussi son voyage de Mexico par les provinces de Guaxaca , etc., et S071 séjour de douze ans dans les environs de Guatimala, et notamment dans les villes indiennes de Mixco , de Pinola, de Petapa et d'ilmatitlan, avec son retour par la pro- rince de Nicaragua, etc. ; et une grammaire, ou quelques rudiments de la langue indienne , appelée poconchi ou pocoman , Londres, 16i8 ibid., 1655, 1677. La première édition est dédiée à Cromwell ; la seconde à Fairfax : il dit à ce général d'armée parlementaire qu'il lui offre un nouveau monde à conquérir; il assure qu'il ne parle que des choses qu'il a observées par luimême, et ajoute que si l'on trouve de la différence entre sa relation et celles qui l'ont précédée, c'est que depuis cent ans qu'il n'a été rien écrit sur l'Amérique les choses y ont bien changé. Ce livre eut un succès étonnant, parce que l'auteur était le premier étranger qui eût parlé avec connaissance d'un pays dont les Espagnols fermaient soigneusement l'entrée. Quelques écrivains ont prétendu que Gage avait copié ce qu'il disait du Mexique dans une traduction du livre de Gomara. Quand même cette assertion serait vraie pour les faits généraux relatifs à l'histoire du pays, on ne peut nier que le dominicain irlandais n'ait parlé de beaucoup de choses qu'il a vues, ayant traversé l'intérieur du pays, qu'il décrit trèsbien , et dans lequel il a fait plus de onze cents lieues : de plus, il est jusqu'à ce moment le seul qui donne des lumières sur l'intérieur de la province de Guatimala et des contrées voisines. Labat, qui lui reproche amèrement de n'être pas allé cueillir au Japon la palme du martyre , et qui le maltraite à cause de ses sorties contre les moines et de son apostasie, convient qu'il donne des mémoires trèsamples et trèsinstructifs de tout ce qu'il avait remarqué dans le pays où il avait habité , et qu'il fait connaître une infinité de choses que l'on avait ignorées jusqu'alors , parce que l'on n'avait de documents que sur les côtes de ces régions éloignées. Ce témoignage prouve que l'on ne peut raisonnablement révoquer en doute la bonne foi de Gage : c'est un écrivain exact , mais qui n'est pas toujours assez judicieux. Il déplore l'aveugle superstition dans laquelle on entretient les Indiens; et , d'un autre côté, il raconte des choses qui annoncent chez lui une crédulité puérile. D'ailleurs il narre d'une manière qui attache , de sorte que son livre se lit toujours avec plaisir. Colbert , jugeant que les documents qu'il contient pouvaient etre utiles, ordonna d'en faire une traduction en français ; elle parut sous ce titre : Nouvelle relation contenant les voyages de Thomas Gage dans la Nouvelle- Espagne , ses diverses aventures, et son retour par la province de Nicaragua jusqu'à la Havane, etc. , traduite par M. de Beaulieu ou Hues O'Neil, avec fig., Paris , 1676, 2 vol. ; Amsterdam , 1680, 1699, 1720, 1722; traduite en hollandais, Utrecht, 1681, 1 vol. en allemand , Leipsick , 1693, 1 vol. : c'est la traduction française qui a servi d'original pour cette version. Plusieurs bibliographes prétendent que Baillet est l'auteur de la traduction française : Camus dit qu'il ne sait pas sur quelles bases porte cette idée, puisqu'en 1676 Baillet était encore au séminaire, et se disposait à prendre les ordres. Le traducteur convient qu'il a corrigé le titre , et retranché du corps de l'ouvrage des digressions qui ne convenaient pas assez au principal dessein de l'auteur , enfin qu'il n'a pas suivi la division par chapitres. Les retranchements portent principalement sur les passages où Gage combat la croyance de l'Église romaine : mais tout ce qui tient à la peinture des moeurs dissolues des moines en Amérique est laissé en 'entier. Le dernier chapitre, où Gage raconte son voyage en Italie et l'histoire de sa conversion, est totalement supprimé. On n'a pas inséré non plus dans quelques éditions d'Amsterdam la grammaire de la langue poconchi : c'est dans cet idiome, le plus élégant de ceux des environs de Guatimala, que Gage prêchait aux Indiens. Il a joint à cette grammaire le Pater; l'explication des mots que renferme cette prière lui fournit l'occasion de les faire connaître dans le plus grand détail. Thevenot a donné dans le tome 2 de son recueil un morceau intitulé : Relation du Mexique et de la Nouvelle- Esipagne , par Thomas Gage : il annonce l'avoir traduit de l'anglais; ce ne sont que des extraits. On a encore de Gage le Sermon prêché le jour de son abjuration , Londres , 16 ie Duel entre un jésuite et un dominicain , commencé à Paris, livré ei Madrid , et terminé à Londres, 165I . Quelques bibliographes attribuent aussi à Gage le mérite de nous avoir fait connaître les hie'rogly-, phes mexicains qui se trouvent dans le recueil de Purchas, et que Thevenot a tirés de cet écrivain. L'erreur vient de ce que, dans le recueil de ce dernier, le titre est ainsi conçu : Histoire de l'empire mexicain, représentée par figures; Relation du Mexique de la Nouvelle- Espagne , par Thomas Gage. Il suffit de lire l'avis tiré du recueil de Purchas, que Thevenot a traduit et placé en tète de l'explication de ces figures , pour se convaincre qu'elles parvinrent en, Europe longtemps avant la naissance de Gage
  • Thomas GAINSBOROUGH( 1727 - 1788) : célèbre *peintre anglais, était fils d'un drapier, et naquit en 179.7, à Sudbury, dans le comté de Suffolk. Il montra de bonne heure une imagination mobile , un tour d'esprit brusque et original , et surtout un goût prononcé pour le dessin. Avant sa dixième année on le voyait, dédaignant les jeux de son âge, s'enfoncer dans les bois des environs pour imiter les objets qui souriaient à son imagination ; il crayonnait alternativement une cabane, un arbre desséché, un troupeau. Décidé à se vouer à la peinture, dans la vue de soulager sa famille peu aisée des frais de son entretien , et de cultiver les dispositions qu'il se sentait, il vint à Londres à treize ans, et y reçut des leçons de Gravelot, qui lui témoigna de l'intérèt. Il commença par peindre le portrait, genre où il acquit un degré de perfec- tion qui le mit en vogue, et qui l'a fait placer par quelquesuns de ses compatriotes sur la même ligne que VanDyck. Marié à dixneuf ans, il alla établir sa résidence à Ipswich , où il fit la connaissance de Philippe Thicknesse, qui lui procura de l'occupation , et le décida à venir habiter Bath. 11 s'attacha ensuite à la peinture du paysage , où il s'est fait encore une réputation plus étendue et plus solide. L'Académie royale de peinture, nouvellement fondée , le compta parmi ses premiers membres; mais le ton arrogant qu'il prit avec ses confrères et la susceptibilité de son caractère rendirent leurs rapports fort rares. Gainsborough mourut à Londres le 2 aoùt 1788. Ses portraits se distinguent particulièrement par une ressemblance frappante, qu'il saisissait avec une grande facilité. La physionomie mobile de Garrick et celle du co- médien Foote échappèrent cependant à son habi- leté. Il expliquait cet échec de son talent par une remarque aussi juste que piquante : « Ces hommes-« là, disaitil, ont la figure de tout le inonde, ex-« cepté la leur. » On cite surtout avec éloge, parmi les portraits peints par Gainsborough, ceux de presque toute la famille royale d'Angleterre, du musicien Abel et de Kean le comédien. Ses paysages se font remarquer par la simplicité des sujets, par le naturel avec lequel y sont rendus les sites et les objets qu'il y a rassemblés, par la vigueur du coloris et la juste distribution de la lumière. Il a imité avec succès la manière de \Vinants, Ruysdael, Teniers, Watteau, Snyders, etc. Les petits paysans, qu'il aimait à introduire dans ses tableaux, ont sous son pinceau toute la grâce naïve de la nature. On a distingué de lui les tableaux suivants : le petit Berger ; la Fille qui garde les cochons ; le Combat des petits garçons et des chiens, et surtout le Illicheron surpris par l'orage , trèsestimé pour l'expression , le caractère et le coloris, et qui était un ouvrage de ses dernières années. Sir Joshua Reynolds lui avait fait quelques avances de politesse ; mais il n'éprouva pour toute réponse que des caprices et une grande froideur. Cependant Reynolds ne laissa jamais échapper une occasion de rendre justice au mérite de Gainsborough, qui ne s'y montra sensible que peu de moments avant de mourir. Peu de temps après sir Joshua prononça un discours dans une leçon publique, où il s'attacha à apprécier le genre et le degré du talent de Gainsborough : « Si jamais « cette nation , ditil entre autres choses, produit assez de talents pour nous conquérir Phono- « rable distinction d'une école anglaise, le nom de Gainsborough sera transmis à la postérité, « dans l'histoire de l'art, parmi les premiers de « cette école nouvelle. » Gainsborough avait une sorte de passion pour la musique , et il prétendait que la nature l'avait destiné à are un musicien plutôt qu'un peintre. 11 donnait à cet art tous les moments que ses travaux journaliers ne réclamaient point. Mais il portait d'étranges jugements sur cet objet. Suivant le rapport d'un de ses amis, M. Jackson d'Exeter, dans un ouvrage intitulé les Quatre dges , il paraissait s'être imaginé que le talent du musicien était inhérent à l'instrument dont il jouait ; et, après avoir fait l'acquisition d'un violon ou d'une basse de viole qui avait appartenu à un habile virtuose , il se trouva fort désappointé de n'en pouvoir tirer que des sons vulgaires. Il avait cependant du goût et de l'oreille; mais il attendait trop de la Rature seule. Il ne s'appliqua jamais assez à l'étude pour connaltre la note, et il était généralement fort peu instruit. Gainsborough était d'un caractère impétueux, mais désintéressé et généreux même jusqu'à l'excès. Par le prix qu'on mettait à ses travaux , il aurait pu acquérir une grande aisance ; outre que ses parents et des amis indigents étaient presque uniquement soutenus par lui, s'il rencontrait sur son passage quelque petit paysan d'une figure intéressante, il l'emmenait chez lui pour lui servir de modèle en l'introduisant dans un de ses tableaux ; et dès lors toute la famille villageoise pouvait espérer d'avoir part au produit de l'ouvrage. Son esprit original se montrait également dans la conversation et dans ses lettres, qu'on croirait , diton , imitées de celles de Sterne, si on pouvait supposer qu'il les eût jamais lues. Ses dernières paroles furent cellesci : Nous allons tous au ciel, et Van- Dyck est de la partie
  • Thomas GAISFORD( 1780 - 1855) : philologue anglais, né en 1780 , fut professeur de littérature grecque à l'université d'Oxford , doyen du collée de l'Église du 01 Il avait fixé le prix de son tableau de la Petite Fille qui garde les cochons, à 60 guinées; Reynolds, qui l'acheta, en donna 100 guinées. Christ , l'un des curateurs de la bibliothèque Bodléienne et de l'imprimerie de l'université. Il a publié des éditions justement estimées de plusieurs auteurs anciens, notamment une excellente édition du Manuel d'Hépkestion sur les mètres des poétes grecs, Oxford, 1810 et une édition non moins recommandable des Poete minores grœci, ibid., 1814-182.1 , 3 vol. qui contient Hésiode , Théognis, Archiloque , Solon , Simonide , Mimnerme, Phocylide et d'autres pones gnomiques, Théocrite, Bion , Moschus, etc. Il a fait réimprimer les Suppliantes et les deux Iphi- génie d'Euripide , Oxford , 1811 , d'après l'édition et avec les notes de Markland. Il a publié la première partie du catalogue des manuscrits du docteur Clark, qui appartiennent à la bibliothèque Bodléienne , Oxford , 1812 , et a donné des éditions justement estimées d'Alceste , Oxford , 1806 , à l'usage de l'école de Westminster; d'Hérodote , . 1825 et ISIO ; de Aidas, 1834 ; de l'Etymologicum magnum ; enfin de Théodoret, 1853, etc. Gaisford était membre de plusieurs sociétés savantes et membre correspondant de l'institut de France. Il est mort au mois de juin 1855, à l'Age de 75 ans, laissant plusieurs travaux inachevés
  • Thomas GALE( 1636 - 1702) : savant anglais, né en 1656 à Scruton , au comté d'York , se distingua surtout comme helléniste, et fut nommé en 1666 professeur royal de langue grecque à l'université de Cambridge, Il résigna cette place en 167'2, pour celle de maitre de l'école de StPaul, à Londres, qu'il dirigea vingt- cinq ans avec beaucoup d'habileté ; il y forma un grand nombre d'excellents élèves, entre autres le célèbre astronome Halley. Gale fut promu en 1676 à une prébende dans l'église de StPaul, et en 1697 au doyenné d'York, où il mourut le 8 avril 1702, âgé de 67 ans. Il était membre de la Société royale, qui le choisit en 1685 pour un de ses secrétaires honoraires. Ses travaux littéraires nous ont valu de bonnes éditions d'anciens auteurs grecs, avec une version latine et des notes, et des éditions d'anciens historiens anglais. Nous ne citerons que les principales : 1 0 puscula mytho- logie, chirurgien anglais, né en 1507, et élève de Richard de Ferris, était en 1541 chirurgien de l'armée de Henri VIII, devant Montreuil, et en 1557 chirurgien de l'armée de Philippe II, roi d'Espagne, au siége de StQuentin. Il s'établit ensuite à Londres, ou il jouit d'une grande réputation. On ne sait point la date de sa mort. 11 vivait encore en 1586. On a de lui quelques Traités élémentaires de chirurgie, oubliés depuis longtemps
  • Thomas GALLUS ou GALLO : l'un des plus célèbres théologiens de son siècle, d'abord chanoine de StVictor de Paris, ensuite abbé de Verceil , plus connu par cette qualification que par son propre nom , florissait non en 1400 , comme l'ont dit Sixte de Sienne et FrançoisAugustin della Chiesa , qui le qualifient et ne le nomment point , mais dans la Ire moitié du 13., siècle, comme l'attestent les chroniques de son ordre et les monuments du temps. On peut douter si le surnom de Gallus indique une origine française, ou s'il ne désignerait pas un nom de famille italien , qu'on aurait ajouté à son prénom , pour le distinguer d'un autre Thomas de StVictor, le prédécesseur de Hugues. Quoi qu'il en soit, il paraitrait qu'il fut chargé de professer la théologie à StVictor de Paris, lorsque le cardinal Bicchieri, légat en France vers 1208, accorda aux abbés de StVictor de grands priviléges. Ce cardinal ayant érigé depuis en abbaye la chapelle de StAndré de Verceil , il y préposa Thomas, et le mit en possession des biens dont il avait richement doté cette abbaye . Après la mort du cardinal , une bulle de Grégoire IX confirma cette fondation faite en faveur , mais pour étudier sous ce grand maître la théologie et ce qu'elle avait de plus profond et de plus relevé . Le condisciple d'Adam de Manse y fit de si rapides progrès en peu d'années, que l'abbé de Verceil disait d'Antoine , qu'il pénétrait par l'amour où la science humaine ne pouvait atteindre. C'est par ces motifs que Gabriel tiucelin , Ehrard son confrère , et d'après eux l'abbé Valart, prévenus de l'opinion que l'auteur de l'Imitation de Jésus- Christ, supposé Jean Gersen et contemporain de StFrançois d'Assise devait étre le maitre de théologie le plus distingué de son temps, ont été jusqu'à dire que c'était en effet ce même abbé de 'Verceil, le maitre de StAntoine de Padoue, l'interprète et le commentateur des oeuvres de StDenys l'Aréopagite. Ce dernier titre a aussi fait confondre par Trithème l'abbé de Verceil avec Jean Scot, dit Erigène , qui avait également traduit les mêmes ouvrages. Cependant il est constant que cet abbé se nommait Thomas, soit d'après l'acte de donation de 1223 et la mise en possession entre ses mains de l'abbaye de StAndré, soit d'après la bulle de Grégoire IX, de l7, adressée à Thomas, abbé de StAndré de Verceil, soit d'après un diplôme d'Allié Ill, comte de Savoie, de 1238, qui met sous sa protection ce même Thomas et ses chanoines, eux et leurs successeurs. Ces témoignages rapportés par Amort , prouvent encore qu'Uglielli et d'autres historiens se sont trompés en fixant l'époque de la mort de Thomas en 1226. Il résulte du sens de l'inscription méme gravée sur sa tombe à StAn- dré de Verceil, Bis tres viginti currebant mille ducenti Anni , cùm Thomas obiit venerabilis abbas, que ce respectable abbé mourut en 1246, et selon le nécrologe ancien de StVictor cité par le P. Jean de Toulouse , le 5 décembre de cette même année. Bucelin connaissait ce né- Thomas d'Aquin Ehrard, bénédictin , professeur de Weiss- brunn , auteur d'une édition latine de , avec une pré- face apologétique pour Gersen, Augsbourg, 1724, et d'une défense sous le titre de Polierates Gersenensis , contre le SCI4IUM Kern- pense d'Amon , Augsbourg , 1729. crologe , puisqu'il place sous ce jour le saint abbé , mais en y substituant le pseudonyme Gersen , dans son Alenologium Benedictinum. Également instruit dans les lettres grecques et latines et dans la théologie, Thomas a laissé des commentaires et des paraphrases que l'on yencontre dans les bibliothèques des diverses con- I trées où sa réputation s'était répandue. 1° Des Explications du Cantique des cantiques, que l'au- , teur interprète dans le sens anagogique de l'a. mour divin. J. Gerson a cité avec éloge cet ouvrage dans la préface de son Commentaire sur le même Cantique. 2.) Une Traduction paraphrasée des livres sur la hiérarchie et la théologie mys- tique attribués à StDenys l'Aréopagite. On la trouve insérée dans la Theologia tnystica de Jean Eckius , Ingolstadt, 1519 , et réunie avec le Com- mentaire de Denis le Chartreux sur les menus livres, Cologne, 1526. Quant aux'Sermons du prétendu Jean , abbé de Verceil , que Constantin Cajetan tenait de l'abbé Charles Steingel , et que Léon Allacci a notés dans ses Apes urbanœ comme faisant partie de la bibliothèque Anicienne, il pa- rait certain qu'on a lu par erreur Vercellensii pour Vincellensis. Ces serinons sont de Jean, abbé de Vincelles, dont il est fait mention au tome 4 du Gallia christiana
  • Thomas GARNET( 1766) : médecin anglais, né en 1766, à Casterton, près de KirkbyLonsdale, dans la province de Westmoreland , fut placé à l'âge de quinze ans comme apprenti auprès d'un chirurgien apothicaire , homme trèsversé dans la connaissance des sciences exactes , qu'il enseigna avec succès à son élève : mais la chimie attira plus particulièrement son attention. Il suivit ensuite à l'université d'Édimbourg le cours de médecine du docteur Brown , dont il adopta la doctrine nouvelle avec enthousiasme. En 1787, il Cette apologie, en réponse à l'acte d'accusation dressé par le juge des plaids communs , Edouard Cook , est devenue rare Voyez Alegambe , Bibi. Script. soc. Jesu, p. 567. « Laplace « assure que pendant le temps qu'il était pensionnaire aux Jéa suites anglais, à StOmer, il y vit solenniser annuellement la « fête d'Oldecorne, Garnet et Campian. o Eudœmon termine son apologie par l'histoire d'un épi miraculeux, dont de Thou luimême n'a pas dédaigné de parler. Jean Wilkinson, catholique zélé, curieux de se procurer quelque relique du P. Garnet, s'était, après l'exécution, approché de l'échafaud, sous lequel de la paille avait été répandue. Un épi imbibé du sang de Garnet s'étant présenté à lui, il le recueillit avec empressement, et le porta à une dame catholique, qui l'enferma dans un vase de cristal. Cet épi, diton, ayant été examiné quelques jours après on vit avec étonnement qu'il offrait la parfaite ressemblance du visage de Gamet. Quoi qu'il en soit de cette merveille, il est certain que le bruit s'en répandit dans Londres, et que le concours des catholiques pour aller le voir attira l'attention du gouvernement. L'épi alors fut remis à l'ambassadeur d'Espagne, qui l'envoya au collège anglais de Liége. L'abbé relier écrivait, en 1797, que eut épi était entre les mains d'un de ses amis, qui le conservait. publia une leçon sur l'hygiène , et prit l'année ativante le degré de docteur en médecine. Après avoir perfectionné ses études par la fréquentation des hôpitaux de Londres , il exerça sa profession d'abord à Bradford , dans le comté d'York , où il donna des leçons particulières sur la physique et la chimie, et où il écrivit un traité sur les eaux d'HorleyGreen , et un autre sur l'Optique, qui, inséré dans l'Encyclopédie britannique, fut l'objet de beaucoup d'éloges. En 1791 , le docteur `Garnet transféra sa résidence à Knaresborough , où il eut de la vogue , et s'occupa de l'analyse des eaux de flarrowgate, dont il donna le résultat au public. En 1705, ayant formé le projet de passer en Amérique, il n'attendait plus à Liverpool, que l'occasion du départ d'un vaisseau , lorsqu'il fut vivement sollicité de donner dans cette ville un cours de leçons sur la physique, la chimie et d'autres sujets : ces leçons eurent un si grand succès, qu'il fut invité à les répéter à Manchester, où elles furent également goûtées. Il renonça alors au projet de quitter sa patrie, et s'étant mis sur les rangs pour la chaire de professeur fondée à Glascow par Anderson, il l'obtint en 1796 ; mais malgré la réputation dont il y jouissait, il la résigna en 1799, pour accepter la place de professeur de physique, de chimie et de mécanique, qui lui fut offerte par l'institution royale récemment établie à Londres. Des contrariétés lui firent abandonner cette place peu de temps après : il résolut de ne professer dorénavant que pour son propre compte , fit construire et approprier à cet objet une salle particulière , et y donna successivement un cours de zoonomie et un autre de botanique , en continuant d'exercer avec réputation sa profession de médecin. 11 y avait à peine quelques semaines qu'il avait été nommé médecin du dispensaire de SteMarieleBone à Londres, lorsqu'il y contracta, dans sa visite journalière, une de ces fièvres désignées sous le nom de typhus, et qui causa sa mort, arrivée le 28 juin 180:2. Outre les écrits que nous avons cités, on a de lui : Observations faites dans un voyage dans les montagnes et dans une partie des îles occidentales de l'Ecosse , 1800, 2 vol. avec 50 planches gravées à l'aquarelle, d'après des dessins faits sur les lieux par M. W. H. Watts , qui avait accompagné l'auteur. Plusieurs de ses écrits scientifiques ont été insérés dans le ter vol. des Annales de philosophie, d'histoire naturelle , de chimie , etc., 1801 et dans les Mémoires de la Société médicale de Londres , de l'Académie royale d'Irlande, et d'autres Compagnies savantes. On a publié après sa mort, par souscription au profit de ses enfants, ses Leçons populaires sur la zoonomie , ou les lois de la vie animale , dans l'état de santé et dans l'état de maladie, 1806 ou 1807,1 vol. imprimé à Londres. Le volume est orné d'un portrait de l'auteur , et commence'par une notice sur sa vie. On trouve dans ses ouvrages beaucoup de recherches, de la clarté et de l'intérè t
  • Thomas GARZONI( 1549) : auteur italien du bon siècle, mais qui est mis au nombre des écrivains bizarres plutôt que des bons écrivains, naquit à Bagnacavallo dans la Romagne, au mois de mars 1549. Son enfance annonçait un prodige ; il n'avait , et il alla en 1566 prendre à Ravenne l'habit de chanoine régulier de Latran ; il n'avait alors que dixsept ans. Depuis ce moment, Garzoni se livra à l'étude avec une nouvelle ardeur : la philosophie, la théologie, l'histoire, les langues savantes et mème l'hébraïque , l'espagnole parmi les langues vivantes, furent à la fois l'objet de ses travaux. On ignore s'il commença de bonne heure la composition de plusieurs ouvrages qu'il lit paraître successivement en peu d'années. Le premier qu'il publia , est un ouvrage satirique et singulier, intitulé : Il theatro de' varj diversi cerrelui mondani , Venise, •585 Les cervelles humaines y sont divisées d'abord en cinq espèces, dont chacune est plus ou moins subdivisée, et le • tout forme une suite de cinquantecinq discours. La première division est propre à faire sentir l'avantage que les diminutifs et les augmentatifs donnent à la langue italienne. I cervelli, les cervelles, dans le sens absolu du mot, sont les bonnes cervelles, les unes paisibles et reposées , les autres braves et guerrières, d'autres gaies et joviales, ou adroites et rusées, vives et éveillées, ou judicieuses et subtiles, ou sages et intelligentes, ou vertueuses et nobles. Chacune de ces qualités est le sujet d'un discours où l'auteur en rassemble différents exemples , tirés de l'histoire ancienne et moderne. Après les cervelli, viennent i cervellini, les petites cervelles, qui sont vaines, inconstantes, changeantes, légères, curieuses, lunatiques, colériques, bizarres, capricieuses , passionnées ; et l'histoire fournit encore dans autant de discours, des traits de ces différents vices : i cervelluzzi, sont encore pires; ils sont paresseux, désoeuvrés, stupides , insensés, balourds , grossiers, désagréables, insipides, timides, irrésolus, faibles, obtus, distraits, niais, imbéciles, etc. : i cervelletli valent encore moins ; les petites cervelles de ce genre ne sont pas seulement bornées, mais méchantes, bavardes, mordantes, pédantesques, sophistiques, etc. Vient enfin l'augmentatif cervelloni, qui est pris comme il doit l'être, en bonne part. Les fortes cervelles sont expérimentées, mâles, fermes, libres, hardies, résolues, graves , industrieuses, ingénieuses, et même cabalistiques , ce qui parait à l'auteur un sujet d'éloges comme tout le reste : mais i cervellazzi , qui sont un autre augmentatif , rassemblent au contraire ce qu'il y a de pire au monde, de plus vicieux, de plus vil ; et les vices que l'auteur leur attribue fournissent à eux seuls la matière de ses dixneuf derniers discours. Ce livre fut traduit en français par Gabriel Chappuis, Paris, 1586 Le plan et en quelque sorte la structure de l'ouvrage, peut donner une idée de la plupart de ceux du même auteur. Le plus considérable parut le second , et c'est le plus célèbre ; il est intitulé : Piazza universale di tulle le professioni del mondo, Venise, 1585 Il y traite en cent cinquantecinq discours, de toutes les professions des hommes , depuis les rois, les princes et les tyrans ; les prélats , les moines , chanoines, et chevaliers d'ordres religieux ; les savants et docteurs dans toutes les facultés ; les professeurs de toutes les sciences; les écrivains , les poètes et les orateurs ; les devins, les sibylles et les prophètes; les courtisans et les courtisanes; les hérétiques et les inquisiteurs ; les sauteurs, danseurs, coureurs, faiseurs de tours , etc. , jusqu'aux arts purement mécaniques, et aux métiers les plus communs et les plus vils. Dans chacun de ces discours et sur chacune (le ces professions, l'antiquité, l'histoire moderne, et même contemporaine , fournissent à l'auteur des moyens d'étaler son érudition et ses connaissances, sans qu'il en résulte ni un trèsgrand plaisir , ni une véritable instruction pour le lecteur. Cet ouvrage, qui contient plus de huit cents pages fut traduit en latin par Nicolas Bellus, et publié dans le même format à FrancfortsurleMein , en 1623. L'Hdpital des fous suivit de près; il est intitulé : L* Hospidale de' pazzi incurabili , con Ire capitoli in fine sopra la pazzia , Venise, 1586 de 95 pages. Garzoni passe en revue à sa manière, dans 33 discours, toutes les sortes de folies ; et ce qu'il y a ici de particulier, c'est une prière qu'il adresse à la fin de chacun de ces discours, à l'un des dieux ou déesses du paganisme , pour la guérison de l'espèce de fous dont il vient de parler. L'ouvrage fut traduit en français par François de Clarier, sieur de Longval, Paris, 1620 La sinagoga degr ignoranti parut trois ans après à Venise l'année même de la mort de l'auteur , qui mourut dans sa patrie le 8 juin 15'89 , n'étant âgé que de 40 ans. C'est celui de ses ouvrages dont l'idée est la plus philosophique ; mais il l'a exécuté dans le même genre que tous les autres, et avec plus d'érudition que de philosophie : il y examine dans seize discours, ce que c'est que l'ignorance; combien il y en a de différentes espèces; quelles en sont les causes, quelle en est la propriété ou la matière; à quels signes on la reconnatt; combien de choses la fomentent et l'entretiennent; quelle est la profession de l'ignorant ; quelles sont ses fonctions dans le monde, ses actions, ses occupations , ses prouesses, etc. , etc. On n'est pas surpris de voir l'auteur donner pour principale occupation, aux ignorants, de blâmer les savants et les gens de lettres, de les calomnier auprès des princes, des grands, des autorités, des gens du monde ; cela était ainsi avant lui, et le sera encore après nous. On ne publia que depuis sa mort, un de ses opuscules intitulé : Il mirabile cornucopia consolatorio , Bologne, 1601 espèce d'ouvrage burlesque à la louange des cornes, qu'il avait écrit , diton , pour consoler un mari d'un certain accident dont elles sont l'emblème. Il avait laissé en manuscrit un ouvrage plus considérable , qui avait pour titre 11 serraglio degli stupori del mondo : il était divisé en dix appartements, selon les différents objets admirables et extraordinaires, tels que les monstres, prodiges , prestiges ; les sorts, les oracles, les sibylles , les songes, les curiosités astrologiques, les miracles, et toutes les merveilles, tirés des meilleurs auteurs, des historiens, des poètes, et dont il entreprenait d'examiner la probabilité ou l'improbabilité, selon les lois de la nature. Barthélemi Garzoni son frère, prélat de StUbalde d'Eugubio, et théologien privilégié de la congrégation de Latran, fit imprimer ce manuscrit avec des notes, Venise, 1615, volume de près de 800 pages, où l'érudition est prodiguée , et les citations entassées plus encore que dans les ouvrages précédents. Garzoni avait donné, un an avant sa mort, une édition en trois volumes , des (Euvres latines de Hugues de StVictor, chanoine de cette maison à Paris dans le le siècle, d'après l'édition, en pareil nombre de volumes; donnée à Paris en 1526, mais avec des apostilles , des notes, et des scholies de lui , et une vie de cet écrivain. Les auteurs de l'Histoire littéraire de la France, t. 12, lui reprochent avec raison, d'avoir, dans cette vie, par un zèle mal entendu pour l'honneur de son corps , et sans égard pour la vraisemblance, qualifié notre Victorin chanoine régulier de Latran. On lui attribue encore, mais avec peu de certitude , deux ouvrages intitulés, l'un l'Huomo astratto, Venise, 1604 et l'autre, qui paraîtrait assez dans son genre, Le vite delle donne illustri della Scrittura sacra, con l'agqiunta delle donne oscure e laide dell' uno e dell' altro Testamento, Venise, 1588
  • Thomas GATAKER( 1574) : théologien et critique anglais, né à Londres en 1574, et élève de l'université de Cambridge, fut successivement instituteur particulier, prédicateur de Lincoln'sinn, et recteur de Rotherhithe, au comté de Surrey. Il parcourut en 1620 les pays étrangers, se faisant remarquer par son zèle pour le protestantisme. Un ouvrage qu'il avait publié en 1619 contre les loteries et jeux de hasard , sous le titre de : Discours sur la nature et l'usage des loteries, traité historique et théologique, fit alors beaucoup de bruit, et donna lieu à différentes objections, auxquelles il répondit en 1623 ; il publia ensuite quelques ouvrages de controverse. Choisi membre de l'assemblée des théologiens convoquée à Westminster lors de la guerre civile , il partagea leurs travaux sur la Bible ; et ses notes sur Isaïe, sur Jérémie et ses lamentations, sont, diton, le meilleur commentaire qui ait paru sur ces ouvrages. S'étant rompu un vaisseau de la poitrine en prêchant, et étant alors fort âgé , il n'en fut que plus assidu à ses travaux , l'astrologue lui ayant répondu dans son Annus tenebrosus , il répliqua par la défense cidessus. Lilly ayant fait réponse à cet écrit dans un pamphlet, où il reproche à son antagoniste son avarice, et l'accuse de prostituer son ministère à (les intérêts terrestres, Gataker publia un Discours apologétique, en 1654, l'année mène de sa mort; cet événement n'arrêta point le ressentiment de Lilly, qui continua de l'exprimer dans d'autres écrits. Une partie des ouvrages de Gataker a été recueillie sous le titre d'Opera critira , Utrecht, 1668 Saumaise, Colomiès et d'autres savants ont rendu hommage à ses talents comme critique. Cependant Baillet, tout en reconnaissant son savoir, son exactitude et sa sagacité, lui reproche , non sans raison , d'avoir été trop hardi dans ses conjectures. Gataker voit souvent JésusChrist, StPaul , les évangélistes et les pères de l'Église sous le portique : il ne tient pas à lui qu'on ne les prenne pour des disciples de Zénon
  • Thomas GAY : dominicain provençal, oublié dans les Scriptores ordinis prœdicat. et dans le Diction),. ( le la Provence, né à Tarascon et religieux du couvent de cette ville, prit le grade de docteur en théologie et professa longtemps dans son ordre avec beaucoup de succès. Il cultivait aussi la littérature et surtout la poésie latine. Il fit usage de ce talent et de l'habileté qu'il y avait acquise par la lecture de Virgile, d'Ovide et des meilleurs auteurs de l'antiquité, pour célébrer en vers les hommes illustres de son ordre. Ses ouvrages ont été imprimés sous le titre de Ager dominicanns ; una cum fragrantibus libris in eo crescentibus , do- guis rythmicis exornatus, Valence,1691, Lv.
  • Thomas GENT( 1691 - 1778) : antiquaire anglais, né à York en 1691, exerça la profession d'imprimeur à Londres , et ensuite dans sa ville natale , où il mourut le 17 mai 1778 , âgé de 87 ans. On a de lui, entre autres compilations grossièrement imprimées , mais recherchées aujourd'hui pour les particularités qu'on y trouve , et qu'on chercherait inutilement dans d'autres ouvrages historiques plus considérables : 10 Histoire ancienne et moderne de la fameuse cité d'York 2" Histoire abrégée de l'Angleterre et de Rome, York, 1741 , 2 vol. 3. Histoire ancienne et moderne de la loyale ville de Rippon , ibid., 1753 ces trois ouvrages sont en anglais; 4° Annales Regioduni Ibsiliai, ou Histoire de Kingston capon Hull, ibid. , 1735
  • Thomas GERMAIN( 1673 - 1748) : architecte , sculpteur et orfévre, fils du précédent, né à Paris en 1673, perdit son père à l'âge de neuf ans. Né au milieu des arts, il n'est pas étonnant que de bonne heure il ressentit les effets de leur heureuse influence. Après qu'il eut fait ses premières études dans l'atelier de Boullongne rainé, sa mère le fit partir pour l'Italie , sous la protection de Louvois. Mais ce ministre étant mort pendant son voyage, le jeune Germain, resté sans appui comme sans fortune, se vit contraint, pour subsister, de conclure un engagement de six ans avec un or!" de Rome, en se réservant néanmoins deux lie!' par jour pour aller dessiner au Vatican. Ayant acquis une certaine célébrité, les jésuites de cette ville le chargèrent de plusieurs grands ouvrages d'orfévrerie , auxquels il réussit complétement. fit aussi pour le grandduc de Toscane plusieurs bassins d'argent d'une dimension considérable et ornés de basreliefs représentant l'histoire de la maison de Médicis. Ce fut pendant son séjour à Rome, qui fut d'environ douze années, qu'il contracta une liaison d'amitié avec le célèbre Legros, habile sculpteur, liaison qui lui devint extreinement utile pour son talent. Désirant connaître parfaitement l'Italie avant de revenir dans sa patrie, il passa trois ans à parcourir cette contrée, laissant partout des monuments de ses talents; entre autres à Livourne, où il bâtit une église fort estimée. De retour à Paris en 1704, il exécuta un des trophées qui ornent les piliers du chœur de NotreDaine. Nonseulement la cour de France chargea Germain d'un grand nombre d'ouvrages , mais les princes étrangers, à l'envi les uns des autres, s'empressèrent de mettre ses talents contribution. Ce fut lui qui exécuta en 1792 le soleil dont Louis XV fit présent à l'église de Reims le jour de son sacre : ce prince, à cette occasion, lui accorda un logement aux galeries du Louvre. La ville de Paris, voulant aussi donner à cet artiste des marques de son estime, le choisit en 1738 pour l'un de ses échevins. Ce fut cette même année qu'il donna les dessins de l'église de StLouis du Louvre , dont il dirigea la construction. Thomas
  • Thomas GIANNINI( 1500) : médecin, né à Ferrare, vers le milieu du 16e siècle, avait reçu de la nature des dispositions si heureuses, qu'il eut terminé ses études à l'âge où, pour l'ordinaire, on commence à fréquenter les écoles. 11 était sans cesse occupé des questions de métaphysique les plus importantes , et les solutions qu'il en donnait étonnaient ses maîtres. Il n'avait pas encore dixsept ans lorsqu'il se présenta pour soutenir ses thèses en philosophie et en médecine, et il montra dans ses réponses tant d'habileté, d'érudition et de jugement , que les .examinateurs lui accordèrent une dispense d'âge, et le reçurent docteur par acclamation. Ce succès ne l'enorgueillit point ; il se tint renfermé pendant cinq ans, uniquement occupé de la lecture des ouvrages des anciens ; et quoique sa bibliothèque fût nombreuse, il disait qu'elle ne contenait pas un seul livre qu'il n'eùt dès lors feuilleté trèssouvent. Après ce tempslà, cédant aux instances de ses amis, il commença à donner gratuitement des leçons de philosophie ; mais l'affluence des auditeurs devint telle, que sa maison ne pouvant les contenir, les magistrats de Ferrare lui assignèrent un bâtiment public pour y continuer ses leçons, avec un traitement qui le mit à même de soutenir son rang. Giannini fut trèssensible aux preuves d'estime qu'il reçut, dans cette circonstance, de ses conci- toyens ; et les villes de Bologne, de Modène et de Pise lui ayant fait faire des offres considérables pour l'attirer, il les refusa toutes, disant a que a la gloire . o De substantia cœli et ccelorum efficientia Venise, 1618 GIANNINI , architecte, a publié l'oeuvre de François Borromini, avec des descriptions en latin et en italien, Rome, 1725 atlant. . - GIANNINI , prêtre, né à Pergola, dans le duché d'Urbin, s'appliqua particulièrement à des recherches sur l'histoire de sa patrie, et publia : Memorie istori- die di Pergola e de gli uomini illustri di essa , Urbin, 1732 Un anonyme critiqua cet ouvrage dans une lettre datée de Gubio , le 30 avril 1733. Giannini lui répondit, et l'anonyme répliqua, en donnant une nouvelle édition de sa lettre, à laquelle il joignit sa défense et un abrégé chronologique de tous les événements arrivés dans la seigneurie de Pergola. Ces différentes pièces sont assez curieuses
  • Thomas GIBBONS( 1720 - 1785) : théologien anglais de la classe des Dissenters , né en 1720 à Reak, paroisse de SwaffliamPrior, près de Newmarket , était fils d'un ecclésiastique , et fut nommé en 1742 prédicateur suppléant d'une congrégation établie dans Silverstreet , à Londres. L'année suivante il fut appelé aux fonctions de pasteur de la congrégation des indépendants , à Haberdasher'shall il devint en 1754 un des instituteurs d'une maison d'éducation pour les Dissenters, à Mileend , et en 1759 adjoint aux théologiens chargés des lectures qui se font les dimanches au soir dans Monkwellstreet. Il publia en 1777 un ouvrage intitulé Female worthies, etc. , 2 vol. Cet ouvrage, le plus important de ceux qu'il a donnés au public, a eu les honneurs d'une édition nouvelle, augmen- tée par George Jeoment , et suivie d'un troisième ru- lume par S. Burd , chapelain du duc de Kent, Londres, 1815 , 3 vol . ornés de dixhuit portraits exécutés avec soin. Gibbons avait reçu en 1764 le degré de docteur en théologie d'un des collées d'Aberdeen. Il mourut d'une attaque d'apoplexie le 2`2 février 1785. Sa grande piété, la simplicité et l'austérité de ses mœurs lui avaient, plus vraisemblablement que ses talents littéraires, mérité une profonde estime du docteur Johnson. Il avait un penchant invincible à rimer, malgré Minerve, et s'y livra toute sa vie ; mais on lui reconnaissait du savoir et du talent pour l'enseignement. Nous citerons encore , parmi ses productions, une Rhétorique , 1767 des Mémoires du révérend Isaac Watts, 1780 et trois volumes de Ser- mons sur des sujets évangéliques et praliques, publiés par souscription après sa mort. — Un autre Tho- mas GIBBONS a composé des Hymnes adaptés au culte divin, qui ont été imprimés en 1784, Lon- dres On y trouve des pensées élevées, mais malheureusement exprimées. Il était mort en 1785
  • Thomas GILLESPIE : savant Écossais, ministre presbytérien de la paroisse de Cupar, et plus tard professeur d'humanités à l'université de StAndré. C'était un des hommes les plus instruits et les plus aimables de son temps , également versé dans les lettres grecque et latine, qu'il interprétait avec un goût exquis, dans la vieille et poétique littérature e son pays, dont il parlait avec enthousiasme; lein d'imagination , de verve mordante et d'huneur, écrivant avec une facilité et une clarté ares; et cependant avec toutes ces belles facul- , il n'a rien laissé qui doive lui survivre, ni ernions, ni traités, ni vers, ni prose, car il ne 'aut compter pour rien les quelques articles de ournaux qu'il a publiés dans les feuilles volantes le Fife et de Dumfries. D'où vient cette étrange térilité chez un homme que d'excellents juges :'accordaient à considérer comme leur maitre? rtaitil paresseux ? Il remplissait tous ses devoirs t était toujours occupé. Mais il y a un genre l'occupation qui n'est qu'un déguisement de la aresse. Lire par volupté, étudier ce qu'on n'a pas besoin d'apprendre, ébaucher des livres qu'on ne finira jamais , se griser de conversations profondes et de belles rêveries , c'est un genre de paresse qui a étouffé plus d'un talent , et c'était un peu , nous le craignons, le péché mignon de Thomas Gillespie. Pourquoi donc parler de lui, s'il n'a rien fait ? Rien? C'est trop dire, il a fait un livre. Il est vrai qu'il n'en a pas écrit une ligne. Mais il en a fourni les matériaux. Et quel livre? La vie d'un peintre de scènes de cabaret, la vie de sir David Wilkie. Le révérend Benjamin Gillespie avait remplacé au presbytère de Cupar le vieux Wilkie, père de maitre David, dont le talent était encore presque ignoré. Or, la première chose que fait un ministre, en entrant dans un presbytère , c'est de tout remettre à neuf et (l'arranger le logis à son gré. Benjamin, qui ne songeait qu'à vieillir et à mourir là , commença par faire badigeonner toute la maison, sans respect pour les bonshommes que le jeune David avait charbonnés sur tous les murs. Mais quand David Wilkie devint célèbre, entra à l'Académie et reçut le titre de baronnet , et quand les gravures de ses charlignants ouvrages arrivèrent jusqu'à Cupar, Benjamin ne fut pas le dernier à les apprécier; il en décora les murs du presbytère , et se reprocha amèrement , comme un acte de vandalisme , la riante couche de badigeon dont il avait couvert les premiers essais du grand artiste. A partir de ce moment, il se promit d'écrire, en réparation de ses torts , la vie de Wilkie , ou du moins la partie de sa vie qui s'était écoulée à Cupar. Il rechercha ses jeunes camarades ; il le suivit à l'école, et surtout à l'école buissonnière, dans les fêtes de village , chez les pasteurs d'alentour, dans les cabarets, et ramassa sur son compte une collection (l'anecdotes fort curieuses. Mais il n'écrivit jamais la vie de David Wilkie, et c'est son ami Allan Cunyngliam qui tira parti de ses souvenirs. Benjamin Gillespie quitta Cupar en 18428 pour venir occuper la chaire d'humanités à l'université de StAndré, à Glascow , où il mourut le 11 septembre 18 CET.
  • Thomas GRAY : est classé par les critiques anglais au premier rang de leurs poètes du 18e siècle. Il n'a composé cependant qu'un trèspetit nombre de vers, et la lecture de ses ouvrages ne remplit pas deux heures de temps. Presque toutes ses poésies eurent dans leur nouveauté peu de succès; elles ont été justement critiquées , et sont loin d'ètre universellement admirées : mais Gray est l'auteur de P. Élégie écrite dans un cimetière de campagne ; et ce morceau , d'un mérite supérieur et non contesté , a immortalisé son nom. Il n'existe peut-ètre pas dans une autre langue une pièce de vers qui surpasse celleci par la beauté et la plénitude des pensées, l'énergique précision et l'harmonie imitative du style , la solennité du sujet, la teinte sombre, religieuse et touchante des sentiments et des images. Cette élégie a été traduite dans toutes les langues modernes, et insérée dans un grand nombre de recueils. Nous en connaissons plus de douze traductions en vers français, parmi lesquelles on distingue celle de Chénier . MM. Anstey, Roberts, LoydCosta , l'ont traduite en latin; MM. Cook, Norbury, Coote, Tow, Wiston , en grec. Parmi les traductions italiennes, celles de G. Torelli et de Cesarotti ont été imprimées ensemble par Bodoni , avec le texte à côté et la version latine de G. Costa . Cette élégie a donné naissance aussi à beaucoup d'imitations. Le Jour des morts de Fontanes est , en français , celle qui nous a paru la plus heureuse. L'admiration dont cette célèbre élégie a été l'objet a rejailli sur les autres pièces du mètne auteur, qu'on a voulu considérer comme autant de chefsd'oeuvre. C'est sans doute cette admiration superstitieuse qui a excité Johnson à les critiquer avec âpreté : nous convenons cependant de la justesse d'une partie de ses critiques, relativement aux deux odes de Gray intitulées les Progrès de la poésie et le Barde ; mais Johnson nous paraît extrèmement injuste dans celles qu'il fait de l'ode sur le Pr temps, qu'llorace n'aurait point désavouée, et que M. Wakefield regarde comme le plus beau modèle de composition classique qu'aient pro-« duit les temps modernes. » Johnson a poussé encore plus loin ses préventions dans ses critiques sur l'ode écrite à la vue du Collège d'Eton; c'est selon nous la meilleure pièce de Gray après son élégie : cette ode nous semble même supérieure à son hymne à l'Adversité, que l'Aristarque anglais trouve poétique et pleine de raison et « dont , ditil, je n'ose offenser la subli- o.) La version italienne de Torelli a été aussi imprimée par Didot aîné avec le texte anglais et la traduction en vers français, par Fayolle. Il y en a une autre en italien , par 1. Buttura, dans le trentième numéro de la Décade. an 12. On en connaît encore une autre version latine tvoy. EVANGEL1). cf mité par de légères critiques. » Dans son humeur contre la muse de Gray, Johnson s'oublie au point de dire qu'il considère ses écrits avec moins de plaisir que sa vie. Cette vie cependant n'offre rien de remarquable , et si elle a mérité des éloges, elle ne parait pas devoir être exempte de biàme. Gray naquit le 20 décembre 1716 de Philippe Gray, citoyen de Londres et agent de change , et de Dorothée Antrobus. Sa mère eut cinq enfants quatre moururent dans leur premier àge , , d'un coup de sang : Thomas Gray, dans son enfance, éprouva une attaque semblable, mais sa mère eut le courage de lui ouvrir une veine, et lui sauva la vie. Elle soigna aussi sa première éducation , et la tendresse qu'il avait pour elle était encore augmentée par la compassion que lui inspiraient les mauvais traitements de son brutal époux. Gray commença ses études au collége d'Eton , et les termina à celui de Peter- House, à Cambridge . Ce fut au collège d'Eton que se formèrent ses liaisons d'amitié avec Richard West, fils du lord chancelier d'Irlande, et avec Horace Walpole , depuis lord Orford. Ce dernier nous apprenti que Gray fut, dès l'âge le plus tendre, sérieux et réfléchi , et qu'il n'eut en quelque sorte point d'enfance. Les sentiments d'affection qui l'unissaient à West ne firent que s'accroître avec le temps, et lui rendirent plus sensible la perte de ce jeune homme, qui mourut à 26 ans , au moment où Gray venait de lui envoyer sa première ode, qu'il ne reçut male pas. La liaison de Gray avec Walpole ne fut pas d'aussi longue durée. Gray consentit à accompagner Walpole dans son voyage d'Italie; mais à Reggio ils se séparèrent, et se brouillèrent pour des motifs qu'on n'a jamais bien connus. Walpole affectait de se donner tous les torts. Quelques années après, une darne, leur amie commune, parvint à les réconcilier aux yeux du monde, mais non à faire renaître leur ancienne amitié. On mettra toujours en question si une amitié qui peut cesser d'être a jamais existé. Gray a écrit des lettres sur ce voyage d'Italie et sur ceux qu'il fit depuis en Écosse et dans diverses provinces d'Angleterre : ces lettres font regretter qu'il n'ait pas consacré une plus grande partie de sa vie à faire des voyages et à les écrire. Après son retour d'Italie en 1731 , son père mourut, ne laissant qu'une trèspetite fortune à sa mère. Gray, pour lui complaire, se rendit à Cambridge afin d'y continuer ses études en jurisprudence, quoiqu'il n'eût pas du tout l'intention de suivre 111 A l'université de Cambridge , Gray se lia avec Charles de Bonstetten, depuis bailli de Nyon dans le canton de Berne, avec lequel il resta en correspondance. Mason, désirant recueillir toutes les lettres de Gray, n'oublia point de s'adresser au bailli de Nyon, qui ne crut pas devoir alors rendre publiques les lettres de son ami ; ce refus empêcha Mas9n de faire mention de cette liaison , fort intime , comme on peut en juger en lisant trois lettres trèsintéressantes de Gray à Bonstetten : elles ont été imprimées à Zurich dans un recueil de lettres adressées par P. Matliisson à Vonkopken de Magdebourg, 1795, 2 vol. ouvrage traduit en anglais par Anne Pltunptree, 1799 la profession d'homme de loi : il prit ses degrés de bachelier; mais il s'appliqua pendant six ans à lire en original tous les auteurs classiques grecs, faisant des remarques pour éclaircir les endroits difficiles, et les corrigeant avec la sagacité d'un bon critique. Son goût pour la poésie s'était manifesté dès le collige par diverses compositions en latin et en anglais ; mais ce fut en 1742 que sa muse prit l'essor : il composa dès lors les odes sur le Printemps , sur le collège d'Eton , l'hymne à l'Adversité, et il ébaucha sa célèbre élégie, ainsi qu'un peine latin intitulé De principiis cogi- lundi. En 1744 il se lia avec M. Mason , poifte distingué, qui fut pour lui un ami fidèle , un critique habile , un panégyriste zélé et un éditeur soigneux. En 1747 il lit paraitre pour la première fois son ode au collige d'Eton. Il écrivit, vers cette époque, ses stances sur la mort d'un chat favori , badinage charmant , versifié avec beaucoup d'habileté et de grâce , et que Johnson a traité encore avec trop de rigueur. Peu de temps après, Gray entreprit un peine sur l'aifiance de l'éducation et du gouvernement , qu'il n'a point terminé, et dont on conserve des fragments qui font regretter le reste. C'est en 1749 qu'il acheva sa célèbre élégie, commencée sept ans auparavant : elle circula d'abord en manuscrit; on l'imprima ensuite dans un de ces journaux ou recueils si multipliés en Angleterre, qui paraissent tous les mois : enfin elle fut insérée dans une édition des poésies de l'auteur , publiées avec des gravures exécutées d'après les dessins rde Bentley. En 1753 Gray perdit sa mère , et dès 'tette époque il ressentit les premières atteintes de cette affection mélancolique qui s'accrut avec l'àge , et le conduisit au tombeau le 30 juillet 1771, à l'àge de 55 ans. Il fut enterré dans le cimetière de Stoke , près de sa mère. Il est certain que depuis qu'elle n'était plus, il devint incapable d'aucun travail suivi : il avait vivement sollicité et obtenu enfin la chaire d'histoire moderne à l'université de Cambridge; mais quoiqu'il eût entrepris de grands travaux sur cet objet , jamais il ne put se déterminer à commencer un cours, et il n'a point rempli les devoirs que cette place lui imposait. Les deux odes intitulées le Barde et les Progrès de la poésie furent cependant composées par Gray après la mort de sa mère : elles parurent avec ses autres odes dans une édition exécutée en 1757 à l'imprimerie particulière de StrawberryHill. Il avait écrit, pour son amusement, un Catalogue des antiquités et des maisons d'Angleterre , qui après sa mort a d'abord été tiré à petit nombre, donné en présent , et imprimé de nouveau pour ètre vendu en 1787. L'Histoire d'Ely, par M. Ben- tham, renferme des observations de Gray sur l'architecture qui sont pleines de sagacité. En 1759 il s'était rendu à Londres pour transcrire des morceaux inédits sur l'histoire , d'après les manuscrits déposés à la bibliothèque du Muséum britannique , qui fut alors ouverte au public : on a publié un seul de ces morceaux dans le deuxième numéro des Mélanges d'antiquités de lord Orford. Gray avait peu d'idées originales; la plupart de ses plus belles pensées sont empruntées à d'autres auteurs ; mais combien il les a embellies par la richesse, l'harmonie et la gràce de l'expression ! Gilbert Wakefield donna en 1786 une édition des Poésies de Gray , avec des notes qui prouvent autant de sagacité que d'érudition, mais non pas tout le sangfroid qu'exige une critique impartiale. Le mérite du pete y est peut-ètre trop exalté, et surtout les jugements de Johnson y sont relevés avec trop d'aigreur. I Cependant l'éditeur a la bonne foi de signaler beaucoup d'emprunts de pensées que Gray a faits à d'autres pones. l. Berdmore , dans ses Spéci- men, ou Échantillons de ressemblance littéraire dans les OEuvres de Pope, Gray et autres écri- vains, a encore ajouté à ces indications de plagiats heureux. Gray 'a laissé de nombreux manuscrits dont M. Th.-.1. Mathias a imprimé un choix dans une édition qu'il a donnée des OEuvres de Gray, Londres, 1814, 2 vol. Les écrits nouveaux qu'on y trouve sont des observations de l'éditeur sur la vie et le caractère de Gray, des extraits philologiques , poétiques et critiees. Cette édition offre en outre un portrait, une vue du cimetière de Stoke et de la tombe de Gray , un fac simile de l'élégie entière, gravé d'après son écriture, des médaillons de Gray et de Mason d'après leurs cénotaphes à l'abbaye de Westminster, etc. Ce qu'il y a de neuf dans cette édition a été réimprimé séparément en 1815 On estime aussi beaucoup celle que Mason a fait paraître en 3 volumes avec des Mémoires sur la vie de l'auteur , et celle que M. John Mitford a publiée à Londres, 4816, 2 vol. On y trouve, outre les poésies anglaises et latines, avec des variantes et des notes critiques, une Vie de Gray, un Essai sur sa poésie , ses Lettres publiées par Mason , celles qui sont imprimées dans les OEuvres de Walpole , corrigées ici d'après le manuscrit méme de Gray, et d'autres lettres qui avaient paru dans le Gentleman's magazine et dans différents recueils. Cette édition est ornée de deux portraits du pete. Lemierre neveu a donné une traduction française des Poésies de Gray en un volume Paris, 1798. M.*Dubois, curé d'Angers , en a publié une autre en Angleterre Gray avait une âme aimante et susceptible d'un attachement durable; il était bienfaisant, patient, économe, intègre, tempérant ; mais ses vertus et ses qualités étaient mélées de plusieurs défauts. Il manquait de constance et d'énergie; il avait un caractère faible , efféminé; les affaires les plus ordinaires et les moindres embarras de la vie l'attristaient et le décourageaient ; son humeur était réservée et capricieuse ; il était difficile de lui plaire : la grossièreté ou la vulgarité des manières le rendait malheureux. Il avait un senti- ment trop prompt et trop vif des défauts et des! ridicules dans les autres ; cependant luimeme n'en était pas exempt : il soignait sa parure jusqu'à la fatuité, et quoiqu'il dût tout aux lettres, il voulait paraître ne les cultiver que pour son plaisir, et il n'aimait point à étre considéré comme auteur. Ce travers, qui était aussi celui de Congrève, est beaucoup plus commun en Angleterre qu'en France , et l'on n'en a pas encore expliqué les raisons
  • Thomas GOULD( 1657) : né à Cork , en Irlande , l'an 1657, passa en ['rance vers 1678, lit ses études théologiques a Poitiers, y prit les ordres sacrés et se voua entièrement à la conversion des calvinistes, avec le titre de Missionnaire pour le Poitou, dont la cour lui donna le brevet. Son zèle lui valut une pension de neuf cents livres et l'abbaye de StLéon de Thouars; et il parait que ses travaux , animés par une charité bienfaisante et exempte de fanatisme, eurent des succès. Il mourut en 1734, regretté de toute la province. Les ouvrages qu'il publia pour instruire et ramener les huguenots sont : Lettre à un gentilhomme du bas Poitou 1705 nouvelle édition , SOUS le titre : lrr Véritable croyance de l'Eglise catholique et les preuves de tous les points de sa doctrine, Pa ris, 1713, 1717,1720 2. les Preuves de 4t doctrine de' fondées sur l'Écriture sainte pour réfuter un écrit publié contre la lettre précédente, 1720 c'est un petit traité des sacrements; 3" Traité du sacrifice de la messe . 1721 •" Entretiens où l'on explique la doctrine de l'Église catholique par l'Écriture sainte, 1727 12; 5. Abrégé des psaumes de David , sur la conduite qu'un chrétien doit tenir dans le cours de sa vie, 1 vol. 6° Recueil des objections que font les protestants , et les réponses des catholiques, Paris, 1735
  • Thomas GODWIN( 1587 - 1643) : savant maitre d'école anglais, né en 1587 au comté de Somerset, fut nommé en 1609 chef de l'école gratuite d'Abingdon, dans le comté de Berks ; école qu'il mit en réputation par les élèves distingués qu'il y forma. Étant entré ensuite dans les ordres, et ayant obtenu vers 1617 la cure dé Brigthwell, il résigna sa place (l'instituteur, dont il paraissait ètre extrèmement fatigué. Il mourut en 1643. On a de lui entre autres ouvrages : 1. Romance historice anthologie, explication anglaise des antiquités romaines , Oxford, 1615, ; et 1623, avec beaucoup d'additions; 2° Florileginm phrasicon , ou Vue de la langue latine; 3° Synopsis anliquitatum / icbraica- rum , 1616 ; 4° Moïse' et Aaron, etc. , 1625 réimprimé à Utrecht en •698 , avec des notes de Reitz
  • Thomas GOFF( 1592 - 1627) : auteur anglais, né dans le comté d'Essex en 159'2 , obtint en 1623 la cure d'EastClandon , dans le comté de Surrey, et mourut le 27 juillet 1627 , àgé seulement de 55 ans. Le caractère et la langue insupportable de sa femme , espèce de Xantippe, au rapport de Langbaine, ne contribuèrent pas peu à abréger ses jours. 11 n'est pas donné à tous les hommes d'ètre philosophes à la manière de Socrate On a de lui divers ouvrages , entre autres des serinons et cinq tragédies, qui furent publiés quelques années après sa mort
  • Thomas GORDON( 1600) : célèbre écrivain politique du 18e siècle, né vers la fin du 17d à Kircudbright, dans la province de Gallo‘Vay, en Irlande; vint à Londres après avoir fait de bonnes études classi;- ques dont il tira parti en se livrant d'abord à l'en.; seignement des langues: Deux pamphlets qu'il écrivit en faveur de l'évoque Hoadly, dans la con troverse bangorienne, le recommandèrent à Trenchard , pone et écrivain politique , qui l'employa en qualité de secrétaire, et finit par l'associer à ses travaux littéraires. C'est ainsi qu'ils publièrent deux ouvrages périodiques qui eurent beaucoupde vogue, les Lettres de Caton, commencées en 1720, et qui forment en tout 4 volumes in42 dans l'édition de 1737, qui est la quatrième, et. le Whig indépendant, ou Défense du christianisme primitif 1728 : tous deux dirigés contre l'administration existante alors, et contre la hiétarchie ecclésiastique. Le dernier est écrit d'un style plus décent, mais avec plus de véhémence encore que le précédent. Gordon le continua seul quelques années après la mort de Trenchard, avec lequel il avait été lié d'une amitié peu commune, et dont il épousa la veuve. Il se mit ensuite aux gages de sir Robert Walpole, et co quelques pamphlets pour défendre les mesures de ce ministre. 11 publia en 1728 , en 2 volumes une traduction anglaise de Tacite, précédée de Discours politiques. Quoique la traduction ne reproduise en rien l'esprit de l'historien latin, cette publication, protégée par le ministre , eut beaucoup de succès dans un parti , succès qu'elle dut à l'enthousiasme de liberté ainsi qu'a l'expression d'une haine profonde pour la royauté et pour le sacerdoce, qu'on trouve dans les Discours politiques. J. Whiston , dans ses notes manuscrites, prétend que ces discours sont tirés de l'italien de Malvezzi Scipio A?nnirati , et de l'espagnol de don Balthazar Alamos Barrientos. On retrouve le mème caractère d'animosité clans les Discours dont Gordon fit précéder une traduction de Salluste, suivie de celle des Catilinaires de Cicéron, publiée en 1743, réimprimée en 1769 et qui, ainsi que l'ouvrage précédent, a eu un grand nombre d'éditions en différents formats. Ces commentaires ont été traduits en français : l'édition de 1782, portant sur le titre trad. de l'anglais de Gordon par M. D. S. L.; ces deux traductions furent attribuées à Silhouette. L'ouvrage fut prohibé, mais n'en eut pas moins d'autres éditions qui se vendaient clandestinement. On n'est pas surpris qu'on en ait donné une nouvelle édition en l'an 2 , dans un moment où l'on employait tous les moyens pour soutenir une république mal assurée. Gordon obtint , probablement par la protection de Robert Walpole, la place de premier commissaire pour les patentes de marchand de vin , place qu'il occupait encore lorsqu'il mourut, le 9.8 juillet 1750. On voit par ses écrits que sa religion se bornait au pur déisme. Comme écrivain , on lui reproche d'avoir, nonseulement dans ses traductions, mais dans tous ses ouvrages , renvoyé constamment le verbe à la fin de la phrase , conformément à la construction latine; ce qui donne à son style un air de roideur et d'affectation. Sa mort étant arrivée vers le mème temps que celle de Middleton , auteur de la Vie de Cicéron lord Bolingbroke dit à ce sujet : Nous avons donc perdu le meilleur et le plus mauvais écrivain de l'Angleterre. Quelques écrits de Gordon ont été réimprimés après sa mort, dans des recueils intitulés, l'un , Cordial pour les esprits abattus, Londres, 1751 , vol. , t.?, édition; l'autre, les Colonnes du sacerdoce et de l'orthodoxie ébranlées, i vol. ; réimprimé en 1768, 4 vol. On a aussi une Collection de traités, par feu Trenchard et Th. Gordon , LOD-- tires, 1751 , 2 vol
  • Thomas GORE( 1634 - 1684) : écrivain anglais, né en 1631 , au petit bourg d'Aldrington , dans le Wiltshire, d'une famille ancienne et considérée , s'occupa toute sa vie de recherches sur les généalogies, le blason et les prérogatives de la noblesse , quoiqu'il n'eût luimême que le titre d'écuyer. Il étudia quelque temps la jurisprudence à Lincoln'sInn, et fut même nommé, en 4b80, premier chérif du Wiltshire; mais il passa la plus grande partie de sa vie à suivre ses recherches favorites , et mourut dans sa patrie , le 31 mars 1684 , laissant un grand nombre (le manuscrits. Parmi ses ouvrages imprimés , nous indiquerons : Series alphabelica, latino- anglica, nomina litiorum sive cognominum plurimarum Amiliarum qua' maltas per annos in Anglia floruere, Oxford , 1667 2. Nomenclator geographicus anglicus, ibid., 1667 3° Catal, plerorumque omnium authorum qui de re lieraldica latine, gallice, idalice, hispanice , germanise , anglice scripserunt , ibid., 1674 ouvrage trèssuperficiel, et qui ne se borne pas à la bibliographie du blason , comme le titre semblerait l'indiquer ; car des dix- neuf chapitres qui le composent, le premier seul traite des armoiries, et se borne à nommer cinquantesix auteurs, dont quelquesuns même sont imaginaires, ou cités de la. manière la plus vague. Les autres chapitres traitent des généalo- gies, des pompes et cérémonies publiques, de la e 4e tout ce qui concerne la noWesse. L'ouvrage entier renferme environ six cent qua- trevingts articles ou titres de livres, rangés dans chaque chapitre par ordre alphabétique des noms d'auteurs. Au reste, on n'y trouve aucun jugement sur les ouvrages indiqués; et cette bibliographie est d'ailleurs si incomplète , qu'elle ne conserve quelque importance que parce qu'elle est à peu près la seule qu'on ait sur l'art héraldique
  • Thomas GOULARD : né à StNicolas de la Grave , près de Montauban, était vers le milieu du siècle dernier démonstrateur royal de chirurgie et d'anatomie à Montpellier, et chirurgienmajor de l'hôpital militaire de cette ville. Il fut nommé maire d'Aleth et conseiller du roi, et ii vivait encore en 1784. Il était membre de la Société royale de Montpellier, des académies de Toulouse , de Lyon , etc. On ;ide lui : Mémoire sur quelques nouveaux instruments de chirurgie , dans le recueil de l'Académie des sciences, année 1740; 2. Mémoire sur les maladies de l'urètre , 1746 3° Lettre à M. de la Jllurlinière sur les bougies pour les carnosités, 1751 4° Traité des els des préparations de plomb, et principalement de l'extrait de Saturne, employées sous de- rentes / Ormes et pour di/ Jérentes maladies chirurgicales, Pézénas , 1760 ; Montpellier, 1766 ; traduit en anglais par Arnaud de RonSil, 1769, 1771 , Remarques et observations pratiques sur les maladies vénériennes et de l'urètre , avec la manière de composer les bougies pour ces maladies , et une deuxième édition des Maladies de l'urètre, 1761 traduit en anglais , 1772 Les OEuvres de chirurgie de Goulard ont été réunies en 2 volumes 1765, 1767; Montpellier, 1770; Liége, 1779, 2 vol. Ch.A. Wichmann les a traduites en allemand , Lübeck, 1767-1772 Il y a aussi une traduction allemande de ses oeuvres choisies, Francfort, 1781. Les diverses éditions et traductions des ouvrages de Goulard sont une preuve qu'ils étaient estimés dans leur temps
  • Thomas GOUYE( 1650 - 1725) : astronome, né à Dieppe le 18 septembre 1650, fut admis dans la compagnie de Jésus à l'âge de dixsept ans, et charge d'en, seigner les mathématiques dans différents collé, ges. Envoyé à Paris par ses supérieurs, ses talents le firent connaître des gens de lettres les plus distingués; lors du renouvellement de l'Académie des sciences, il en fut nommé membre honoraire, et l'on a remarqué qu'il fut le seul jésuite que cette compagnie savante ait admis dans son sein. Il s'était beaucoup appliqué à l'étude des langues et savait le latin , le grec, l'anglais , l'italien , l'allemand et l'espagnol. Il rendit compte de l'éciipse de lune du 15 mars 1699 et fit plusieurs Iautres observations. Le P. Gouye mourut à Paris le 21 mars 1725 , âgé de 75 ans. C'est lui qui a publié le Recueil des observations physiques et ma- Vthématiques pour servir à la perfection de l'astrono- V mie et de la géographie, envoyées de Siam par les jésuites missionnaires , Paris, 1688 et 1692 et dans le tome 7 des Mémoires de l'Académie : le savant éditeur y a joint des notes et des réflexions. Sa modestie a privé le public d'autres ouvrages qu'il avait composés. C'est au P. Gouye que les habitants de Pollet durent la conservation de leurs priviléges, qu'on voulait leur disputer
  • Thomas GREATOREX( 1758 - 1831) : organiste de l'abbaye de Westminster, naquit à NorthWingfield, près de Chesterfield , le 5 octobre 1758. Son père avait confié son éducation, en f772, au docteur Cooke. Quatre ans apres, lors de l'établissement des concerts de l'ancienne musique , il chanta dans les choeurs, et en 1780 il fut nommé organiste de la cathédrale de Carlisle. En 1786, il se rendit en Italie et visita particulièrement sir William Hamilton, .ambassadeur d'Angleterre à Naples, et le comte de Cawdor, résident à Rome. C'est pen- dant son séjour dans cette dernière ville qu'il fut présenté au prétendant CharlesEdouard , qui le pria de lui chanter un air. Greatorex choisit l'air Farewell Io Lochaber . Le prince fondit en larmes et serra la main du chanteur avec une vive émotion. Greatorex vint ensuite à Florence et à Venise , où il séjourna quelque temps. Passant en Hollande, il retourna en Angleterre à la lin de 1788 , et se fixa à Londres. Il y acquit une si grande réputation comme professeur de musique, qu'il gagnait par an deux mille livres sterling . En 1793, Bates ayant donné sa démission , il fut élu chef d'orchestre aux concerts de l'ancienne musique du roi. Il garda cet emploi trenteneuf ans, et ne fut jamais absent une seule fois aux répétitions, aux exécutions publiques et aux assemblées des directeurs. A l'un des diners donnés par les directeurs, le prince de Galles , voulant le retenir à table plus longtemps que son devoir ne le lui permettait, il répondit qu'il devait payer d'exactitude, surtout en présence du roi et de la reine. Le prince lui répliqua en riant : « My father « is Rex, I confess, but you are a Greater Rex . ) Le sel des mots anglais est que Greater rex se prononce comme Greatorex . C'est en 1819 que Greatorex remplaça son ami le docteur Cooke à l'abbaye de Westminster dans les fonctions d'organiste , qu'il a remplies jusqu'à sa mort, arrivée le 18 juillet 1851
  • Thomas GREEN( 1769) : littérateur anglais, né en 1769 près d'Ipswich en Suffolk, suivit d'abord la carrière du barreau ; mais la mort de son père, arrivée en 1794, l'ayant rendu possesseur d'une fortune suffisante, il se retira du tracas des affaires , et partagea dès lors son temps entre la culture des lettres et la fréquentation de la société. Trèsversé dans les langues anciennes, connaissant plusieurs langues modernes de l'Europe, notamment l'italien et le français, ayant de plus un savoir trèsvarié, il lisait beaucoup et consignait. sur le papier le fruit de ses lectures ainsi que des conversations auxquelles il assistait. Les curiosités avaient toujours un vif attrait pour lui , et la Vénus hottentote figurait sur ses tablettes aussi bien que le tableau d'un grand peintre. Thomas Green est mort dans la résidence de ses pères, à Ipswich, le 6 janvier 1825. On a de lui les écrits suivants : 10 The Micthodion, or a poetical Olio , Londres, 1798 20 Examen du principe essentiel du nouveau système de morale tel qu'il est établi et appliqué dans la recherche sur la justice politique, par M. Godwin , Londres, 1798 2. édition, 1799; 5° Extraits du jour- nal d'un ami de la littérature, Ipswich, 1810 Cet ouvrage est le plus curieux de ceux qu'a publiés Th. Green. Commencé en septembre 4796, il s'arrète à la fin de juin 1800 ; et dans cet intervalle de quatre années , on voit successivement passer en revue les classiques latins, les bons ouvrages de littérature. moderne , les brochures nouvelles, etc. Ses réflexions et ses jugements se font remarquer par la pénétration , la logique , l'indépendance d'esprit , une expression vive, originale et piquante. 11 se montre partout ami d'une sage liberté. Nous ne citerons ici qu'un trait des sentiments qui l'animaient. Achevant de lire un des livres des Commentaires de César, à l'endroit où le héros se met à la poursuite de Cassibelan , l'auteur écrit : « Je me réjouis de On peut consulter pour plus de détails sur la vie de Nathaniel Green :1. Vie el campagnes du major général iV. Greene, Philadelphie, 1819 par Charles Caldwell ; 2. Esquisse de la vie et correspondance de W. Greene, major gênerai, etc., Charlestown, 1b22, 2 vol. publiée par William Johnson ; a. Vie de N. Green , Boston , 1846 , par GeorgeWilliam Greene; 4. un long article publié dans le tome 10 de la Library of American biography de Sparks , Boston , 1840-1848 , 25 vol. Toutes ces publications sont en anglais. E. Ds. o voir que nos ancètres supportèrent le joug si « impatiemment. Oh ! que je voudrais pouvoir mortifier l'insatiable ambition du conquérant, en lui montrant Rome et Londres dans leur o état actuel! » 1:ne suite de ces Extraits de Journal a été insérée dans quelques livraisons du Gentleman's magazine. On voit, en les lisant, que l'auteur s'était appliqué à soulever le voile qui couvre peut-être encore aujourd'hui le nom du véritable auteur des Lettres de Junius. Des Mé- moires sur la vie de Th. Green ont été imprimés en un volume
  • Thomas GUERRINO : mathématicien milanais du 17e siècle , naquit avec le génie des mathématiques , et surmonta , pour les cultiver, tous les obstacles qu'y mettait alors la médiocrité de la fortune de ses parents. Il fut contraint luimène de chercher sa subsistance dans l'emploi de hallebardier de la ville , dans lequel on croit qu'il fut obligé de rester jusqu'à la fin de ses jours. L'obscurité de sa famille et la nature de ses occupations ont fait négliger aux biographes de son pays les particularités de sa vie ; on ignore inème les époques précises de sa naissance et de sa mort ; mais on sait que , dans l'intervalle de 1605 à 1668, il publia divers ouvrages de ma- thématiques fort estimés, et parmi lesquels on distingue : 4° l'Euclide in campagna • traité d'ar- pentage ; 20 Tavole gnomoniche ; Trattato di geometria ; Trattato di stereometria ; 5o Trattato di geodesia. Tdus ces ouvrages furent imprimés à Milan dans le cours des cinq années qui viennent d'ètre indiquées
  • Thomas GUY( 1643 - 1724) : libraire anglais, fondateur de l'hôpital qui porte son nom à Londres , naquit dans cette ville vers 1615. Son père, qui était batelier et marchand de charbon , le mit en 1660 en apprentissage chez un libraire. Guy s'établit avec deux cents livres sterling , obtint ensuite de l'université d'Oxford un privilége pour l'impression et la vente de la Bible en anglais, et par ce commerce , mais encore plus par différentes spéculations , notamment en 1720 dans celle du projet de la mer du Sud , qui devint funeste à tant d'autres , il acquit une trèsgrande fortune. Sa manière de vivre était extrè?ement frugale , et sa manière de s'habiller plus que modeste. Il dînait ordinairement sur le comptoir de sa boutique, n'ayant pour nappe qu'un vieux journal. Guy était sur le point d'épouser sa servante , en qui sans doute il avait cru reconnaître le goùt de l'économie, lorsqu'un incident de peu d'importance vint tout à coup changer ses dispositions pour elle. Il avait recommandé de réparer avant la noce le pavé du devant de sa maison, mais seulement jusqu'à tel endroit, qu'il marqua luimèine. La servante , pendant son absence, s'amusant à regarder travailler les paveurs, leur montra une place qu'ils n'avaient point réparée. Ils dirent que M. Guy leur avait défendu d'aller jusquelà. a Allez , faites toujours, réponditelle; diteslui que c'est moi qui vous l'ai ordonné, et je vous 'C assure qu'il ne s'en fâchera point. » Mais en cela elle se trompait, et Guy se fâcha au point de ne vouloir plus entendre parler de ce mariage. C'est de ce moment qu'il se mit à consacrer sa fortune à des objets de charité publique et particulière. Il fit beaucoup de bien à l'hôpital StThomas, dans le quartier de Southwark, et à l'hôpital du Christ, et fonda à Tamworth, bourg natal de sa mère, et qu'il représentait au parlement, une maison de charité avec une bibliothèque. Il avait soixanteseize ans lorsqu'il conçut le projet de fonder, en faveur des malades et des estropiés, l'hôpital qui a pris son nom. Il dépensa pour le faire bâtir et meubler, dixhuit mille sept cent quatrevingttreize livres sterling , et destina pour sa dotation deux cent dixneuf mille quatre cent quatrevingtdixneuf livres , c'est-àdire plus d'argept qu'aucun autre particulier n'en avait dépensé jusqu'alors en Angleterre en objets de charité. H mourut en 1724, âgé de 81 ans, laissant mille livres à chacun de ceux qui pourraient prouver quelque degré de parenté avec lui. On voit dans la cour de l'hôpital de Guy sa statue en bronze, exécutée par M. Scheeinakers; on lit sur le piédestal cette inscription :

Thomas année par année

Signe astrologique de Thomas

Couleur de Thomas

Pierre précieuse de Thomas

Chiffre de Thomas

Métal de Thomas