Le prénom Pierre Masculin

Origine :

Fête :

29 Juin

Signification de Pierre

Pierre est un leader né. Déterminé, responsable et impliqué, il parvient toujours à surmonter les obstacles auxquels il fait face. Il ne fuit jamais ses responsabilités et a un sens de la famille développé. Pierre est aussi un être sociable. Pour lui, le fait d’engager la conversation avec un inconnu est un pur plaisir. Il aime travailler et fait toujours preuve de sérieux dans ce qu’il fait. Il aime relever les défis et ne baisse jamais les bras, même face à des problèmes de taille. Bien que Pierre prenne toujours un air autoritaire, il est très sensible et attentionné. Pierre aime aider son prochain et est même capable de se sacrifier pour le bonheur de celui-ci.

Personnalité de Pierre

Ils sont la bonté et la générosité incarnées. Actifs, déterminés, ils sont faits pour réaliser de grands projets et ne baissent jamais les bras. Honnêtes, ils ne transgressent jamais leur morale. Indulgents, ils oublient et pardonnent facilement. Equilibrés, réfléchis, toujours accueillants, ce sont des travailleurs acharnés et la réussite est toujours au bout de leur entreprise. Ils font trop facilement confiance, ce qui leur joue des tours, et sont l'homme d'un seul amour.

Provenance du prénom Pierre

Histoire de Pierre

Etymologie de Pierre

Les Pierre célèbres

  • Pierre ANDOQUE : et non ANDROQUE , comme on l'a dit, conseiller au présidial de Béziers, mort en 1664, a laissé : Histoire du Languedoc, avec l'état des provinces voisines, Béziers , 1625 , 1648 Telles sont les deux dates que donne à cet ouvrage la seconde édition de la Bibliothèque historique du P. Lelong. Nous n'avons vu que l'édition de 4648 ; on croit qu'il n'en existe pas de 1623. Cette histoire va jusqu'en 1610. 2° Catalogue des évéques de Béziers, 1650 Ce catalogue va jusqu'en 1650
  • Pierre ANGELIO ou DEGLI ANGELI( 1517 - 1596) : né en 1517, à Barga en Toscane, à 20 milles de Lucques, et surnommé en italien BARGE°, et en latin BARGJEUS, à cause de sa patrie, fut un des littérateurs les plus illustres du 16' siècle. Élevé d'abord par un oncle trèsversé dans les langues anciennes, il savait le grec et le latin à dix ans. On voulut ensuite qu'il étudiât les lois à Bologne; mais ses goitts littéraires étaient déclarés; et, après quelques efforts inutiles, ses ondes ne voulant pas l'entretenir à Bologne, s'il n'y étudiait que les belleslettres, il vendit ses livres de droit, et subsista ainsi pendant quelque temps. Un riche Bolonais, de la famille Pepoli, lui fournit les moyens d'achever ses études. Son talent poétique s'annonça de bonne heure ; il était encore à l'université (le Bologne lorsqu'il con-çut l'idée de son peine latin sur la citasse, celui de tous ses ouvrages qui lui a fait le plus de it'putation. La crainte d'étre reconnu pour l'auteur de quelques vers satiriques qu'il avait faits, à la prière d'une trèsnoble dame, dont il était amoureux, contre un mari trop peu jaloux de sa femme, l'obligea de quitter Bologne. Il se rendit à Venise, où il trouva un asile honorable chez l'ambassadeur de France, qui le retint chez lui pendant trois ans, et l'occupa à corriger des manuscrits grecs, qu'il faisait copier par ordre du roi François I", pour ètre placés à Paris dans la bibliothèque royale. Emmené ensuite à Constantinople par un autre ambassadeur français, dont il avait fait la connaissance à Venise, il visita avec lui,- dans l'Asie Mineure et dans la Grèce, tous les lieux célébrés dans les ouvrages des anciens. 11 était en 1543 sur la flotte envoyée par le Grand Seigneur aux environs de Nice, contre l'Empereur, sous les ordres du fameux Barberousse. Il se trouva avec son ambassadeur au siège de Nice par les Français. La ville fut prise : la citadelle était assiégée de près ; un faux bruit, répandu par les Italiens, fit craindre aux assiégeants l'approche d'une armée nombreuse ; ils levèrent le siège. 11 en résulta de l'aigreur entre les deux nations. Un Français, qui se trouvait auprès d'Angelio sur une galère, injuria les Italiens; Angelio lui donna un soufflet, se battit avec lui et le tua. Le commandant de la galère le fit arrêter surlechamp, mais le laissa ensuite échapper. On se mit aussitôt à sa poursuite : il eut bien de la peine à se soustraire aux recherches juridiques et à celles des ennemis particuliers qu'il s'était faits. Son courage et les secours de quelques amis le firent enfin arriver à Gènes ; le célèbre marquis del Vasto, qu'il alla trouver au siège de Mondovi, lui donna les moyens de retourner en Toscane. Il fut attaqué de la fièvre tierce à Florence, rencontra son frère et ses oncles en procès à Barga, sa patrie ; et, croyant trouver plus de repos et de santé à Milan, où Alphonse Davalos l'appelait, il projetait de s'y rendre lorsqu'il apprit la mort de cet illustre Mécène. Il chercha à se consoler par des travaux poétiques qu'il avait interrompus depuis longtemps. Il reprit son poème sur la chasse, pour lequel il avait recueilli un grand nombre de notes et d'observations en Orient et en France. En 1546, les habitants de Reggio le choisirent pour professer publiquement les langues grecque et latine, avec des appointements honorables et les droits de cité dans leur ville : il accepta et remplit pendant trois ans cet emploi. Au bout de ce temps, le grandduc Cosme I" l'appela pour professer les belleslettres dans l'université de Pise. Après avoir occupé dixsept ans cette chaire, il passa à celle de morale et de politique, où il fut chargé d'expliquer les deux grands traités d'Aristote sur ces matières. Son attachement pour cette université et pour le grandduc était tel que, pendant la guerre de Sienne, Cosme ayant été forcé de suspendre le paiement des professeurs de Pise, Angelio engagea ses meubles et ses livres pour rester à son poste , tandis que tous ses confrères désertaient. L'armée siennoise, commandée par Pierre Strozzi, s'approcha de Pise. Il n'y avait point de soldats pour la défendre. Le brave professeur fit prendre les armes à tous les écoliers de l'université, les exerça, les encouragea, rassura et défendit avec eux la ville, jus-. qu'au moment où le grandduc y put envoyer des secours. Le cardinal Ferdinand de Médicis, qui fut ensuite grandduc, l'appela à Rome auprès de lui en 1575. 11 l'y fixa par une forte pension, par de riches présents, et par les traitements les plus honorables. Il l'encouragea à terminer un grand poème commencé depuis plus de trente ans, et dont le sujet était la conquête de la Syrie et de la Palestine par les chrétiens. Angelio fit réimprimer à Rome toutes ses poésies en 1585, et les dédia au même cardinal, qui l'en récompensa par un présent de 2,000 florins d'or. Quand Ferdinand fut devenu grandduc, Angelio le suivit à Florence, où il fut consul de l'académie, et où il publia enfin son poème de la Syriade. Des pensions considérables lui assurèrent une vieillesse libre et heureuse. S'étant retiré à Pise, il y vécut paisiblement quelques années. Il y mourut de maladie le 29 février 159a, âgé de 79 ans, et fut enterré dans le CampoSanto. On lui fit des obsèques magnifiques : son oraison funèbre fut prononcée dans l'académie de Florence, et même, par une exception trèsrare, dans l'académie de la Crusca, quoiqu'il n'en eût pas été membre. Ces 11 deux discours sont imprimés. Ceux des ouvrages d'Angelio qui ont vu le jour sont : 1. trois oraisons funèbres , la première, du roi de France Henri II, prononcée à Florence en 1559 ; la seconde, du grandduc Cosme de Médicis, à Pise, en 1574; et la troisième, du grandduc Ferdinand de Médicis, à Florence, en 1587 : toutes trois,.écrites en latin, ont été traduites en italien et imprimées : on croit que la traduction de la troisième fut faite par l'auteur même. 2° De ondine legendi scriplores Historiœ romane. Cet opuscule, imprimé deux fois à part, a été inséré par Grotius dans son recueil intitulé : de Studiis instiluendis, Amsterdam, Blaeu, 1643 et 1645; 5° Poemata omnia, diligenter ab _ ipso recognita, Romce, 1585 Ce volume contient une grande variété d'ouvrages qui avaient été d'abord presque tous imprimés séparément, et dont voici les principaux : Cynegelicon libri 4, le meilleur de tous ses poèmes, et auquel il avait travaillé pendant vingt ans, comme il l'avoue dans sa préface ; de Aucupio liber primas; ce poème était en 4 livres , mais Angelio n'osa jamais publier que le premier; Eclogce 4; Epistolarum liber primus ; Carminum libri 4; Syrias, poème en 12 livres, sur le même sujet que la Jérusalem délivrée du Tasse. 4° De pr? vatorum publicorumque urbis Roua° eversoribus Epistola, etc., Florence, 1589 et ensuite insérée dans le t. 4 du Thesaurus anaquitatum romanaru?. L'auteur y soutient que ce n'est pas aux Goths ni aux Vandales, mais aux ordres du pape Grégoire et de quelquesuns de ses successeurs, et en partie aussi à la piété mal entendue des chrétiens, qu'il faut attribuer la destruction des plus beaux monuments de Rome. 5. Poésies toscanes, publiées :avec une traduction de l'OEdipe FIEMIMMIF, JING roi de Sophocle, faite par le même auteur, Florence, 1589 6° Quelques lettres en latin et en italien imprimées dans plusieurs recueils. 7. Les Mémoires de sa vie écrits par luimême, publiés par Salvino Salvini dans les Fasti consolari de l'académie de Florence, et d'où l'on a tiré, pour la première par-, tie de cet article, des faits intéressants qui ne se trouvent point dans les dictionnaires historiques prétendus universels publiés jusqu'à présent en France - et même en Italie
  • Pierre AARTSEN( 1507 - 1573) : peintre hollandais, appelé communément Lange Pier , LongPierre , à cause de sa grande taille , naquit à Amsterdam , l'an 1507. Placé de bonne heure dans l'atelier d'Allart Klaassen, qui était alors un des plus fameux peintres de cette ville , il se fortifia sous sa direction , et s'accoutuma surtout à mettre beaucoup de réflexion et de patience dans son travail. A l'âge de dixsept ans, il se rendit à Anvers , où il perfectionna sa manière , chez Jean Mandyn , qui imitait avec succès le genre de Jérôme Bos : il fut admis , en 1533 , dans la maîtrise des peintres anversois. Il peignit le plus souvent des objets peu élevés, tels que l'intérieur d'une cuisine , des mets , et autres objets semblables qu'il savait grouper avec art , et qu'il représentaitavec tant de vérité, que peu de peintres ont pu l'égaler dans ce genre. Il peignit cependant aussi plusieurs sujets religieux pour les églises d'Amsterdam , Louvain et autres ; mais il eut la douleur de voir détruire ces tableaux en 1566 , par suite des troubles religieux. Aartsen soignait moins les tableaux d'une petite dimension que les grands ; la perspective et l'architecture lui étaient trèsfamilières ; il se plaisait aussi à représenter des animaux,dont le coloris varié produisait un trèsbon effet. Il vendit ses ouvrages à bas prix , et s'occupa fort peu dè sa fortune. Il mourut dans sa ville natale , en 1573 , et fut enseveli dans l'église dite Oudekerk , auprès du choeur, où on lit encore son épitaphe
  • Pierre ABAUNZA : de Séville, est un des commentateurs des Décrétales, dont l'ouvrage est : Ad timium XV, de sagittariis libro V, Decretalium prcelectio. Son traité, autrefois trèsest imé , est contenu dans le Novus Thesaurus juris civilis et canonici, de Gérard Meermann, 7 vol. imprimés à la Haye, 1751-1754. ( Yoy. MEERMANN. Abaunza est mort en 1649, à l'âge de 50 ans. Il a laissé en manuscrit un commentaire espagnol sur quelques livres de Martial , entrepris pour venger son compatriote, Laurent nantirez de Prado, des critiques d'un écrivain français caché sous le pseudonyme de Musambert. Laurent Raidirez de Prado avait fait, étant encore fort jeune, un commentaire sur Martial , que l'on a trouvé clans l'édition de Paris, 1607 et le prétendu Musambert n'était autre que Théodore de Mareilly, professeur à Paris
  • Pierre ACCOLTI( 1455 - 1532) : fils, comme le précédent , de Benoît l'historien, naquit, en 1455, à Florence , où ses parents avaient acquis les droits de cité. Il étudia les lois à Pise , et y fut docteur et professeur en droit. Il entra ensuite dans l'Église, fut fait auditeur de rote par Alexandre VI , évêque d'Ancône par Jules II, qui le nomma, six ans après, cardinal , du titre de StEusèbe; mais il est plus connu sous le nom de cardinal d'Ancône. 11 fut ensuite revêtu successivement de sept évêchés, en Espagne, en Flandre, en France, en Italie. Il ne garda que deux mois l'archevêché de Ravenne, qu'il échangea avec son neveu Benoît Accolti, pour l'évêché de Crémone. 11 exerça de plus à Rome la charge de cardinalvicaire, et celle de légat dans l'armée du pape contre les Français. Il mourut dans cette ville, le 12 décembre 1532. Il a laissé quelques ouvrages, de droit peu importants. Ce fut lui qui rédigea , en 1519, la bulle contre Luther, où furent condamnées quarante et une propositions de ce réformateur. Aucun historien n'accuse le cardinal d'Ancône de mauvaises moeurs ; mais l'arbre généalogique de sa famille lui donne une fille et deux fils , dont le second, Benoit Accolti, figura, en 1564 , à la tète d'une conspiration des Florentins contre Pie IV. Le complot ayant été découvert, Benoît Accolti fut arrêté et pendu avec ses complices parmi lesquels se trouvait Pierre Accolti, son parent
  • Pierre ACARIE : conseiller et maitre ordinaire de la chambre des comptes de Paris, en 1580, membre du conseil des Seize, fut appelé le laquais de la Ligue, tant son zèle pour la sainte union lui dicta de sacrifices et de démarches officieuses. On voit sa signature figurer au bas de la lettre écrite, le 20 septembre 1591, par les Seize au roi d'Espagne pour lui offrir la couronne de France. 11 fut, dans la chambre des comptes , un des quatre opposants à la résolution prise, en 1592, par cette compagnie de demander la paix au duc de Mayenne et d'envoyer une députation au roi , pour le sernondre de se faire catholique. Acarie fut nonseulement un des serviteurs les plus empressés de la Ligue, niais il sacrifia tellement sa fortune au succès de cette cause , que ses biens furent décrétés, pour acquitter les dettes qu'il avait contractées au service , dit qu'il fut appelé laquais de la Ligue, par ironie , parce qu'il était boiteux. S'il faut en croire Le Duchat , le P. Maimbourg a mieux rendu le sens de cette remarque , en ajoutant qu'il fut nominé ainsi , parce que, étant boiteux, il était un de ceux qui allaient et venaient et agissaient avec le plus d'empressement pour les intéréts du parti. Bayle dit que, quoique l'explication du P. Maimbourg soit plus vraisemblable, il ne devait pas y laisser la qualité de boiteux comme une partie de la raison pourquoi Acarie fut appelé laquais. Comment un critique doué de tant de perspicacité n'atil pas senti que le contraste de l'infirmité d'Acarie avec le rôle actif et obséquieux qu'il s'imposait au profit de la Ligue rendait l'ironie plus piquante? Il avait épousé Barbe Avrillot , qui plusieurs fois eut la cuisse cassée à la suite de chutes. Le Duchat Jean Godefroy donne t Acarie le prénom de Pierre. Cependant la signature d'Acarie qu'on lit au bas de la supplique des Seize au roi d'Espagne, est précédée de la lettre J
  • Pierre AMAND( 1600 - 1720) : chirurgien de la communauté de StCôme, naquit à Riez en Provence, dans le 17 siècle, et mourut à Paris, en 1720. Il se livra surtout à la pratique des accouchements, et publia des observations sur cette branche de l'art, Paris, 1713, 1715 Il imagina une sorte de filet propre à tirer la tète de l'enfant, dans le cas d'enclavement ; mais une pratique plus heureuse y a substitué le forceps
  • Pierre ADAMOLI( 1707 - 1769) : né à Lyon, le S mit 1707, fut garde des ports , ponts et passages de cette ville. Bibliophile et antiquaire éclairé , il passa la plus grande partie de sa vie à former une collection de livres , de manuscrits et de médailles , qu'il légua à l'académie royale des sciences et arts de Lyon. D'après ses intentions , cette bibliothèque devait être ouverte au publie une fois par semaine , et la direction n'en pouvait être confiée qu'à un académicien , père de famille , jamais à un moine membre d'une congrégation , ni à un libraire qui viendrait altérer son legs en le mélangeant de livres sansvaleur et sans utilité , qu'on nomme bouquins. Lors de la dissolution de l'académie , en 1793 , les livres d'Adamoli furent mis sous le scellé, puis transportés à la bibliothèque de la ville. L'académie, avant étu réinstallée, en réclama et en obtint la restitution , en 1825 , de sorte que la bibliothèque de cette société se compose actuellement de près de 12,000 volumes do choix. Adamoli avait fondé deux prix , l'un de 500 francs , et l'autre d'une médaille d'argent de la valeur de 25 francs , pour ètre distribués aux auteurs qui auraient le mieux traité des questions que l'académie était appelée à pro poser sur des sujets d'histoire natmrelle ou (l'agriculture . Le prix fut décerné , en 1776 , à MM. Coste et Ville met , pour un mémoire sur la substitution , dans la médecine , des plantes indigènes aux végétaux exotiques. Adamoli mourut à Lyon, le 5 juin 1769. 11 est auteur de trois Lettres à 41. de Migieu, sur la découverte d'une jambe de cheval en bronze , retirée d e la Saône , près de l'église d'Ainay , en 1766 , Lyon , 17 66 et 67 A
  • Pierre AHLWARDT( 1710 - 1791) : professeur de logique et de métaphysique à Greifswald , né dans cette ville le '19 février 1710, y mourut le 1" mars 1791, jouissant de la plus haute considération. 11 se l'était acquise par une bienfaisance, une véracité, un zèle à remplir ses fonctions, qui ne se démentirent jamais. Son père était cordonnier, et l'extrême économie qu'il conserva toute sa vie lui donna seule les moyens de suivre la carrière des études dans sa ville natale, et à l'université d'léna. Ses principaux ouvrages sont : 1° la Brontothéologie, ou Méditations pieuses sur les phénomènes du tonnerre et des éclairs, Greifswald, 1745 ; la deuxième édition, de 1747, a été traduite en hollandais. 2° Réflexions sur la confession d'Augsbourg, huit parties en trois volumes, ibid., 174.2-1750 ; ouvrage qui peut être considéré comme la continuation de celui du théologien T. - G. Reinbeck. 3° Quelques Sermons et des Dissertations philosophiques. Celles qu'il publia en 1734 et 1740, sur l'immortalité de l'âme et sur la liberté de Dieu, se firent remarquer dans le temps, et firent connaître son respect pour la vérité, par la réfutation qu'il fit luimême, dans un écrit subséquent, des idées qu'il avait d'abord hasardées sur la liberté de Dieu, et qui tendaient à y substituer une espèce de nécessité, incompatible avec les notions reçues en théologie. Il fut le fondateur d'un ordre auquel il donna le titre d'ordre des Abélites, et dont les associés faisaient profession de candeur et de sincérité parfaites. Sa maxime favorite était : « Donnez à la chose qui vous occupe « pour le moment, quelque minutieuse qu'elle soit, « toute l'attention dont vous êtes capable. » Il croyait apercevoir, dans le défaut d'attention, la source de la tiédeur des hommes pour la vertu, et de la plu. part de leurs vices, et rapportait à une observation constante de cette règle son inébranlable attachement à ses devoirs et à la religion. Les traités de Ahlwardt sur l'entendement humain et sur l'immortalité de l'âme participent de l'obscurité commune à des matières de ce genre, et à ceux des écrivains de sa nation qui s'en occupent. Dans la Brontothéologie, ou Méditations pieuses sur les phénomènes du tonnerre , la partie scientifique est bizarrement confondue avec des ré-- flexions pieuses et sentimentales qui ne sont remarquables que par la singularité du sujet qui les a inspirées. ( Voy. sa Vie dans le Nécrolog. de Schlichtegroll, 1791, 1 er volume, p. 5-6575, et Strodimanns, Beyir. zur Hist. der Gelahrlheil, partie 5°, p
  • Pierre ALBINUS : historien distingué , né à Schneeberg , dans la Misnie, s'appelait proprement WEISS . Après avoir fait ses études à Leipsick et à Francfort , il fut nommé professeur de poésie à Wittenberg., et , peu après, historiographe et secrétaire privé de la maison de Saxe, place qu'il remplit sous les électeurs Auguste et Christian Pr. Il mourut à Dresde en 1598. Les défauts de son style et de sa manière historique sont plutôt ceux du temps que les siens, et son exactitude , son érudition lui ont valu de justes éloges. Parmi ses nombreux ouvrages, les principaux sont : 1° une Chronique de Misnie, publiée à Wittenberg et à Dresde, en 1580 et 1590; 20 Scriptores rani de Russorum religione , Spire , 1582 ; 5° Tablettes généalogiques de la maison de Saxe , Leipsick , 1602 ; 4° Historice Thuringorum novce Specimen : il se trouve dans les Antiquit. regni Thuringici , de Sagittaire
  • Pierre ALBIZZI : citoyen florentin de l'ordre populaire. Après que l'ancienne noblesse eut été exclue des emplois, quelques families arrivèrent, par leurs richesses et le grand nombre de leurs clients, à occuper un rang non moins distingué dans la république. Celles des Albizzi et des Bicci usurpèrent, pendant le 14e siècle , la principale influence sur le gouvernement, et leur rivalité fut cause de presque tous les troubles de la république, jusqu'à ce qu'enfin les Albizzi , plus adroits et plus puissants, eussent écarté du gouvernement les partisans des Ilicci, et fussent parvenus à être considérés comme les principaux directeurs du parti guelfe. Pierre Albizzi, chef de cette famille , eut la principale part àl'administration, depuis 1572 jusqu'en 1378. 11 partageait son pouvoir avec Lapo de Castiglionchio et Charles Strozzi, et ce triumvirat eut la direction des affaires dans une des époques les plus glorieuses pour la république , la guerre contre Grégoire XI, qu'on nomma la guerre de la liberté; mais, dans le parti opposé, les Ricci, les Alberti et les Médicis, dévorés de jalousie, ne pouvaient pas consentir à être exclus plus longtemps du gouvernement. Aucune réconciliation n'était possible entre des factions trop divisées; les triumvirs convinrent qu'il n'y avait de salut pour eux qu'en chassant leurs adversaires de leur patrie, comme du gouvernement; seulement ils ne s'accordèrent pas sur le moment d'agir. Lapo pressait l'exécution du complot ; Pierre Albizzi vou- lut différer jusqu'à la fête de St. Jean de l'année 1578; et il se laissa ainsi prévenir par ses adversaires. La conjuration des Ciompi éclata ; le parti démocratique et gibelin remporta une pleine victoire; Lapo de Castiglionchio fut réduit à s'enfuir. Pierre Albizzi, demeuré à Florence, était réservé à un sort plus rigoureux ; une année après la révolution, il fut arrêté, accusé d'avoir conspiré contre le parti démocratique, avec un grand nombre d'anciens magistrats. Il aurait pu éviter la prison , s'il avait voulu accepter les services de ses amis qui s'empressaient autour de lui pour le défendre. Il fut examiné par ses juges, sans que ceuxci trouvassent aucun motif pour le croire coupable ; mais le peuple • rassemblé autour du tribunal , demandait avec des cris furieux la mort de ceux qu'il regardait comme ses ennemis. « Que le juge les con-« damne, s'écriaitil; car, s'il ne les fait pas mourir, « nous les mettrons en pièces, et, avec eux , leurs « femmes et leurs enfants. Tous périront , ainsi que « leur juge ; et leurs maisons seront rasées avec le « palais de justice. » Cante des Gabrielli, le juge devant qui les prévenus étaient traduits, ne se laissant point intimider par ces menaces, protesta que jamais il ne prononcerait une sentence réprouvée par sa conscience; mais Pierre Albizzi, voyant la fureur du peuple, comprit qu'il n'y avait plus de salut à espérer pour lui; que son supplice serait plus affreux s'il tombait entre les mains de ces forcenés , et que sa mort serait suivie de la ruine de toute sa famille. Il engagea ses compagnons d'infortune à s'accuser volontairement avec lui de conspirations dans lesquelles ils n'avaient point trempé. Il appela Cante des Gabrielli pour lui faire ces aveux inattendus , et il marcha au supplice avec grandeur d'âme
  • Pierre ALCYONIUS : naquit à Venise, de pa—rents pauvres et d'une basse naissance, vers la fin du 15e siècle. 11 est probable qu'Alcyonius, ou Alcyonio, n'était point son nom de famille, mais qu'il le prit dans la suite, selon l'usage de son temps, pour se donner un air d'antiquité. L'étude des langues latines et grecque fut la principale occupation de sa jeunesse. La pauvreté le força de se faire correcteur d'imprimerie chez Aide Manuce. Il se présenta, en 1517, pour remplir la chaire que Marc Musurus, son maitre, laissait vacante; mais il ne l'obtint pas, malgré son profond savoir dans les deux langues, peut-ètre à cause de sa jeunesse. Il s'exerçait continuellement à traduire du grec en latin les harangues d'I- socrate, de Démosthène, et plusieurs ouvrages d'A- ristote. Ces dernières traductions ont été imprimées à Venise, en 1521 ; celle des harangues ne l'a pas été. L'élégance du style est remarquable ; mais on reproche à l'auteur de nombreuses infidélités. Le savant espagnol Jean Genesi Sepulveda, qui était alors à Bologne, les releva dans un ouvrage qu'il fit imprimer. Alcyonius fut si sensible à cette critique, que, pour l'empêcher de se répandre, on dit qu'il en acheta tous les exemplaires et les jeta au feu, et non pas son propre ouvrage, comme quelques écrivains l'ont dit. Il passa, en 1521, de Venise à Florence, où il obtint, par la faveur du cardinal Jules de Médicis, la chaire de langue grecque, avec des conditions trèsavantageuses ; le cardinal y ajouta une pension, pour qu'il traduisit en latin le livre de Galien : de Partibus animalium. Jules étant devenu pape sous le nom de Clément VII, Alcyonius, rempli des plus hautes espérances, le suivit à Rome; mais il n'y éprouva que des disgrâces. Blessé d'un coup de mousquet, en 1527, lorsqu'il accompagnait le pape dans sa retraite au château StAnge, et voyant que Clément VII ne l'en traitait pas mieux, il se jeta dans le parti des Colonne, ennemis du pape; niais il mourut cette annéelà mème, 1527, n'étant âgé que de AO ans. Le plus célèbre de ses ouvrages est son dialogue intitulé : Medicis legatus, sive de Exilio, imprimé d'abord à Venise, chez Aide, 1522 L'élégance avec laquelle il est écrit donna lieu à une accusation grave contre l'auteur; on prétendit qu'il avait trouvé, dans une bibliothèque de religieuses dont il était médecin, le seul manuscrit qui existât encore du traité de Cicéron de Worm; qu'il l'y avait pris, en avait fondu les plus beaux passages dans son dialogue, et l'avait ensuite supprimé, pour qu'il ne restât aucune trace de ce larcin. Paul Manuce fut le premier à former cette accusation, qui fut répétée par Paul Jove, et ensuite par plusieurs autres auteurs. Quelquesuns aussi ont défendu AIcyonius, surtout dans ces derniers temps. Le judicieux Tiraboschi, entre autres, après avoir examiné la question, dans le 1" vol. de l'Histoire de la litté- rature italienne, a démontré que cette accusation était dépourvue de vérité, et mème de \ raisemblance. Mencken a fait réimprimer le traité de Exilio en 1707 , à Leipsick, avec les traités de Valérianus et de Tollius sur le malheur des gens de lettres , et d'autres écrits sur le mème sujet, sous le titre commun d' Analecta de calamitate littera- torum. Alcyonius était d'un caractère mordant et satirique, et d'un amourpropre excessif, qui lui firent beaucoup d'ennemis. Giraldi a dit de lui, dans ses Dialogi de poetis temp., qu'il n'était pas moins impudent qu'imprudent . Nec pudens nuigis quant prudens. Pour prendre une idée juste de ce littérateur, il faut lire l'article trèssoigné que lui a consacré le comte Mazzuchelli, dans ses Scrit- tori italiani, et le passage de Tiraboschi, dont nous avons parlé plus haut. M. Coupé a donné en 1795, dans ses Soirées littéraires, une traduction du traité de Exilio. Alcyonius a tracé de main de maitre trois caractères de Jean, de Jules et de Laurent de Mé- dicis. G—É. 1!.9
  • Pierre ALIX( 1600 - 1676) : né à Dôle en 1600, noinnW abbé de StPaul de Besançon en 167,2, et ensuite 1 chanoine de l'église StJean de la ntème ville, dét fendit avec courage, contre le pape Alexandre Yll, 1 leeisledvtr4oi ltts de ie' sllstt i)itilie)11:,at i.,,titrtee to,tuliceittatt l itiirs't.i'eltuTo rstilix.I.tte iltss aottii: ' vrages : Pro capital° imperiali Bisantino, super jure ligeruli suosarehiepiscopos et decanos, Comme ? dari us, Besançon, 1672 ; & fuie° scripti Roma nu— , per transmissi contrit jura capittili Bistiniini 4° ; Synopsis rerum gestarum cirre decanatum majorent erclesic nactropoliialuP Bisuntiner, ab amui .1661 ad annum 1667 Dialogue entre PorteIVoire et le . Pilori Ce dialogue satirique fut censuré par ' le P. Dominique Vernerey, inquisiteur à Besançon. L'abbé Alix lui répondit par une brochure intitulée Eponge pour effacer la censure du P. Duniinique l'er- ' nerey, etc. Ge petit ouvrage, écrit avec beaucoup de force, est fort rare, ainsi que tous ceux du même auteur. Le P. Lelong, dans sa Bibliothèque historique de la Freiner, lui attribue une Histoire de l'abbaye de Si- Pou!, manuscrite. Ses connaissances ne se bornaient pas à celles de son état; il avait étudié les mathématiques avec succès, dans un temps où cette science ne menait ni à la considération ni à la fortune, et il avait composé plusieurs traités d'algèbre qui se sont perdus. Il mourut le 6 juillet 1676. — Jacques Aux, 5011 frère, avocat au parletuent de Itôle, a fait imprimer quelques oraisons funèbres, et le Panégyrique de J.- J. Bonvalot, chevalier, président du comté de Bourgogne, Besançon, 1667
  • Pierre ALLIOT : médecin , né à BarleDuc, se lit une réputation par un prétendu spécifique contre le cancer. Il en fit vainement l'essai sur la reine Anne d'Autriche , mère de Louis XIV. Son fils JeanBaptiste, et son petitfils Dom. Hyacinthe, soutinrent cette découverte qui, selon Ilaller, consistait en une préparation arsenicale. Pierre Alliot fut nommé médecin ordinaire de Louis XIV. Tous les trois ont écrit sur la maladie qui fut l'objet principal de leurs observations, et contre laquelle la médecine n'a encore trouvé de remède que l'extirpation, ou la destruction de la partie attaquée par le moyen d'un caustique. C'est, en effet, de cette manière qu'agissait le remède des Alliot, que quelques médecins emploient encore avec succès, mais qui, entre les mains des charlatans et des ignorants, a produit de grands maux ; car il ne peut être efficace que lorsque le mal attaque une partie si petite et si exactement isolée, que toute sa sphère soit entièrement embrassée dans le mouvement que détermine le caustique appliqué extérieurement : hors ce cas, cette application ne fait que hâter le mal, et peut déterminer de plus grands accidents, par l'absorption inévitable , pendant le contact , d'une certaine quantité d'arsenic. — Un autre petitfils de Pierre Alliot fut chargé de l'administration de la maison du roi de Pologne Stanislas, à Nancy, et publia divers mémoires sur cette partie
  • Pierre ALLIX( 1641) : né en 1641. à Alençon, d'un ministre protestant, qui, après l'avoir dirigé dans ses premières études, l'envoya faire ses exercices académiques à Saumur, puis à Sedan , où il se dis-- tingua, dès l'âge de dixneuf ans, par des thèses théologiques sur le jugement dernier. Il n'en sortit que pour être ministre à St Agobile en Champagne. L'idée qu'il avait donnée de son mérite le fit appeler, en 1670, à Charenton , pour succéder dans le ministère au savant Daillé ; il y travailla, avec le fameux Claude, à une nouvelle version française de la Bible. La révocation de l'édit de Nantes l'obligea de se réfugier en Angleterre avec sa famille. Il y fcnda une Église française conformiste, ou du rit anglican. En 1690, le docteur Butnet , évêque de Sarisbery, lui donna un canonicat et la trésorerie de sa cathédrale : les universités d'Oxford et de Cambridge se l'agrégèrent en qualité de docteur honoraire. Il termina sa carrière à Londres, le 5 mars 1717. C'était un homme d'une vaste érudition, qui possédait parfaitement le grec, l'hébreu, le syriaque et le chaldéen. Il était trèszélé pour son parti , et avait pris beaucoup de peine, fait beaucoup de démarches inu- tues auprès des ministres de hollande , de Genève et de Berlin, pour tàcher d'opérer une réunion de toutes les églises protestantes, surtout des deux pr sectes de Luther et de Calvin. Il n'a point donné au public de ces grands ouvrages qui fixent un rang particulier à leurs auteurs dans les lettres mais nous avons de lui un nombre de productions qui font honneur à son profond savoir dans les sciences ecclésiastique. On peut voir, dans le tome 5i des Mémoires de Niceron, la liste de ces ouvra2es, dont les principaux sont : 1° Réflexions critiques et théologiques sur la controverse de l'Église , 1686. 2° Réflexions sur tous les livres de l'Ancien el du Nouveau Testament, Amsterdam, 1589, 2 vol. ouvrage judicieux, instructif, niais mal écrit et sans méthode. 5° Défense des Pères , etc., Jugement de l'ancienne Église judaïque contre les unitaires, Londres, 1699 et plusieurs autres savants écrits contre les sociniens, les nouveaux ariens, spécialement contre Nye, Dodwel, Whiston. 4' Remarques sur l'Histoire ecclésiastique des Églises du Piémont, et des Albigeois, 1690 et 1692, en anglais : il y fait ses efforts pour prouver, contre Bossuet, que ces Églises n'ont point été entachées de manichéisme; que, depuis lis apôtres jusqu'au 15° siècle , elles se sont conservées dans l'indépendance de l'Église romaine, dans la profession constante de la pure doctrine de l'Évangile, et qu'elles ont eu une succession non interrompue de vrais ministres : son but est de donner une origine et une tradition apostolique à la nouvelle réforme. 50 Traduction du livre de Batramne, du Corps et du Sang de Jésus- Christ, avec une dissertation pour montrer que les sentiments de cet auteur sont contraires au dogme catholique. C'est dans les mêmes vues qu'Allix fit imprimer à Londres, en 1686, sur un manuscrit de la bibliothèque de StVictor, qui lui avait été envoyé par l'abbé de Longuerue, l'ouvrage de Jean de Paris , dominicain , intitulé : de Modo existendi corPoris Christi in sacramento & taris, alio quam sit ille quem tenet Ecclesia, etc.; cet ouvrage a en tête une préface historique, où l'éditeur veut prouver que la doctrine de la transsubstantiation n'était pas regardée dans l'Église comme un article de foi avant le concile de Trente. C'est encore dans le mème dessein qu'il lit imprimer en mème temps un petit livre, attribué éalement à l'abbé de Longuerue, intitulé : Trait( ' d'un auteur de la communion ro- maine touchant bt transsubstantiation, où il fait voir que, selon les principes de son Église, ce dogme lue peul are un article de foi. 6° Des dissertations, en latin, sur le sang de JésusChrist; sur l'année et le mois de la naissance de JésusChrist ; sur l'origine du Trisagion ; sur la vie et les écrits de Tertullien; sur le double avénement du Messie ; sur la I,pénitence et l'intention du ministre dans l'administration des sacrements ; sur le droit de soumettre à un nouvel examen les décisions des conciles, etc. 7. Quelques écrits en favesor de la révolution d'Angleterre, dont l'un est intitulé : Examen des scru- pules de ceux qui refusent de faire le serment de fi- délité, Londres, 1689
  • Pierre ALLIX : avocat au parlement de Paris avant la révolution, devint juge au tribunal du pre- mier arrondissement de la capitale en 1791. Effrayé des excès révolutionnaires et poursuivi sans cesse de cette crainte, il mourut subitement à l'audience, en 1 1795, au moment où il rendait compte d'une affaire, , comme rapporteur. Il s'était fait connaitre par quel-' ques pièces fugitives insérées dans l'Almanach des il Muses et le " 'ferrure de France, et surtout par un F poême en quatre chants, intitulé les Quatre , Iges de l'homme, Paris, 1785 e édition augmentée, Paris, Moutard, 1781 Si l'invention et la verve poétiques ne brillent pas dans cet ouvrage, il y règne du moins cette douve sensibilité qui ne remplace pas le talent, mais qui en fait oublier ou part, donner l'absence. L'agrément de quelques tableaux, la facilité de la versification et la pureté de la morale, rendent ce poème bien préférable à beaucoup d'autres du même genre qui ont obtenu plus de réputation
  • Pierre ALVINTZI : ecclésiastique protestant du 17° siècle, né en Transylvanie, fit ses études aux universités les plus fameuses d'Italie, de Suisse et d'Allemagne , et devint ministre des protestants en Hongrie. Son zèle pour la religion qu'il prêchait l'engagea dans une controverse trèsanimée avec le jésuite Pierre Pazmany, depuis archevêque de Gran. Il écrivit, en langue hongroise, plusieurs ouvrages polémiques, parmi lesquels nous remarquerons celui qu'il publia , en 1616, sous le titre d' Iti- néraire catholique. L'auteur examine, dans cet ouvrage , laquelle des deux religions, la catholique ou la protestante, est la plus ancienne, et durera jusqu'à la fin cru monde. Alvintzi composa aussi une grammaire de la langue hongroise, tangue remarquable par sa ressemblance avec celle des Lapons et des Finnois, maintenant si éloignés des habitants de la Hongrie, mais qui, sans doute, ont eu jadis, avec ces derniers , des rapports dont les siècles ont effacé les traces
  • Pierre ANCHERSEN : professeur au gymnase d'Odensé en Fionie, île danoise, a vécu dans la première moitié du 18e siècle. C'était un des hommes les plus érudits de sa nation. Quoiqu'il ne possédât pas la profonde critique d'un Langebek, d'un Sulem, d'un Schoening , ces savants, qui l'ont éclipsé, le citent avec estime. On a de lui : 1° Origines Danicce, Hafnice , 1747 ; 2° Parva Cimbrorum Civitas, ibid., 1746 3° de Suevis, ibid., 1746 4° Herthedal, ou la Vallée de Hertha, ibid., 1745 ; 5° de Soldetriis, ibid., 1734, et plusieurs autres ouvrages historiques et littéraires, recueillis en partie dans ses Opuscula minora, édita a G. Oelrichs, Brème, 1775, 3 vol. qu'il ne faut plus considérer comme des modèles, mais qui, à l'époque de leur publication, avaient le mérite d'exciter les jeunes gens à ce genre de recherches
  • Pierre ARBORIO-BIAMINO( 1767 - 1811) : patricien de Verceil, naquit dans cette ville, le 29 mars 1767, du comte de Caresana, d'Une branche collatérale de la maison d'Arborio de Gattinara, qui se dit originaire de France et compte parmi ses ancêtres /Emilius Magnus Arborius. Fils aîné de cette il, lustre famille, et destiné par sa naissance à la carrière militaire, Pierre Arborio entra trèsjeune dans le régiment d'Aoste ; mais les événements de la révolution l'ayant privé de l'avancement et des distinctions auxquels il avait droit, il quitta le service, épousa, en 1801, Erneste Morosini de Milan, et se retira à Verceil. Bonaparte le nomma maire de cette ville ; et, satisfait du dévouement qu'il lui avait témoigné, il lui confia la souspréfecture de Lille en 1803, puis celle de Douai. Six mois après Arborio remplaça, comme préfet de la Stura, J.A. de Grégory, comte de Marcorengo. En 1810, il passa à la préfecture de la Lys ; et il mourut fi Bruges, le 14 août 1811. Napoléon lui avait conféré le titre de chevalier de la Légiôn d'honneur et celui de baron de l'empire. Pendant qu'il administrait le département de la Stura, Arborio composa des Instructions d'économie publique qui ont été imprimées à Coni. Son oraison funèbre , prononcée par le chanoine Revelli, et une notice historique que lui a consacrée, en 1812, M. Destouches, ont été imprimées. — Sa fille, qui a épousé le comte Albert Avogrado Colebiana , est le dernier rejeton de la branche des ArborioBiamino
  • Pierre AUZEBY( 1736 - 1794) : dentiste, né à Nitnes, en 4756, étudia la chirurgie à Toulouse et à Bordeaux. Il vint ensuite, à Paris, où il fut élève de Mouton, dentiste du roi. En 1762, il fut reçu maître chirurgiendentiste à Lyon, et y pratiqua son art avec succès. Il a donné un Traité d'Odontalgie, où l'on présente un nouveau système sur l'origine et la formation des dents, et une description de différentes maladies qui affectent la bouche, Lyon et Paris, 1772 Auzeby est mort à Lyon, en 1791
  • Pierre BADOERO : doge de Vemse, succéda, en 939, à Pierre Candiano II. Il était fils d'Orco Particiaccio , qui avait précédé Pierre Candiano II dans la dignité ducale; et sa famille, dont il changea le nom de Particiaccio en celui de Badoero, avait déjà donné six doges à la république de Venise. Bérenger II, roi d'Italie, lui accorda une charte qui confirmait les libertés de la république de Venise, et reconnaissait son droit de battre des monnaies d'or et d'argent, droit réservé, dans ce siècle, aux seuls souverains. Badoero mourut en 942, et eut pour successeur Pierre Candiano
  • Pierre ARCUDIUS : savant prètre grec, né dans lite ce Corfou, élevé à Rome, où Clément VIII l'employa dans plusieurs négociations, dont il s'acquitta avec succès, notamment en Russie, où il fut envoyé pour régler des contestations élevées dans ce pays sur certaines questions de doctrine, qu'il eut le bonheur de terminer. A son retour, il s'attacha au cardinal Borghèse, neveu de Paul V; mais, ayant perdu tout espoir de parvenir aux dignités auxquelles il aspirait, il se retira au collège des Grecs de Rome, et y mourut vers 1634. Arcudius était si attaché aux sentiments de l'Église latine, qu'il obtint du pape la permission de célébrer la messe selon le rit latin, après s'ètre jusquelà conformé au rit grec. Il avait conçu la plus forte prévention contre les luthériens et les calvinistes. C'est dans cet esprit qu'il composa son traité de la Concorde de l'Église occidentale et de Église orientale, sur l'administration des sacrements, Paris, 1619 Son but est de prouver que les deux Églises étaient anciennement parfaitement d'accord. nonseulement sur la doctrine, mais encore sur les sept sacrements; que les Grecs modernes n'ont rien changé sur leur nature, leur nombre et leur vertu ; que les changements qu'ils se sont permis dans l'administration sont peu considérables, et n'ont •rien d'incompatible avec la discipline de l'Église latine à cet égard. Cet ouvrage est estimable par les documents que l'auteur y a consignés avec beaucoup de soin et d'exactitude ; niais il est déparé par l'emportement qui y règne, par les injures qui y tiennent souvent la place de bonnes raisons, par des digressions qui y jettent beaucoup de confusion ; enlin par la méthode et les opinions des scolastiques, auxquelles il attache trop d'importance. Nousavons de Pierre Arcudius deux traités rares et curieux: 1. Opusculum quo( ' i? scribitur : L'Irma detur purgatoriu?, et an illud sit per ignent? Rome, 1632; 2° de Purgalorio Igne adversus Btlrlaam, Rome, 1637 11 a encore traduit du grec en latin, et fait imprimer à Rome en 1650, plusieurs traités des nouveaux Grecs, principalement sur la fameuse question de la procession du StEsprit
  • Pierre ARDUINI : né à Vérone, a publié un ouvrage sur la botanique , intitulé : Animadrersionum botanicarum Specimen , pars 1 , J'? tarii , 1759 4° , tab. 1 2 ; pars 2, 1761 tub. 20. 11 contient des observations et des remarques intéressantes, avec la description de plusieurs plantes rares, dont quelquesunes sont entièrement nouvelles. La 1" partie n'a que 12 planches. Dans la 2e, publiée cinq ans après à \feins, , l'auteur décrit plusieurs plantes qui ont été découvertes aux environs de Padoue : elle renferme 20 planches. Ayant été nommé depuis professeur d'agriculture et d'économie rurale à Padoue, Arduini publia des observations et des expériences sur la culture et les usages de diverses plantes qui 'envoie sers ir dans l'économie rurale et domestique, sous ce titre : Memorie di Ossercazio? i e d'Esperienze copra tura e gli usi di varie piaule che serti? possono ccono? ia, Padoue, 1766 D'autres observations ont été insérées dans les Opusc. srientif., t. 6. .% rduini a considéré la botanique sous les rapports d'une utilité immédiate; il a décrit et donné de bonnes ligures de beaucoup de végétaux indigènes intéressants par leurs produits ; il a fait voir tous les avantages que l'on en pouvait retirer, et qui avaient été négligés ou à peu près inconnus jusquelà. Haller, dans sa Bibliothèque botanique, dit ( itiArdiiini on Ardoin se nommait lIarduin dans ses derniers ouvrages. Linné lui a dédié, sous le nom d'A rduinia, un genre de plantes qui a été réuni depuis à celui du Carissa.
  • Pierre ARÉTIN( 1492) : l'un des auteurs italiens du 16e siècle qui fit le plus cb bruit, niais qui dut k plus grande partie de sa rérutation aux excès de sa plume. La bizarrerie de sa destinee répond à celle de son génie. Fils naturel d'un simple gentIlhomme, il parvint à la faveur des princes et des rois. On le nomma leur fléau, et il poussa auprès d'eux la flatterie jusqu'à la plus basse adulation : il eut luimême des admirateurs outrés et des flatteurs, malgré la virulence et l'emportement de ses satires : aussi rempli de jactance et d'orgueil que de fiel, il souffrit avec résignation les traitements qu'on ne hasarde qu'avec des lâches écrivain licencieux, au point que son nom est devenu celui de l'effronterie, du scandale et de l'obscénité même, il fut aussi auteur dévot, et publia un assez grand nombre d'ouvrages de piété, qui ne paraissent pas lui avoir Ous coûté que les autres, et qu'il préférait quand ils lui rapportaient davantage enfin, auteur souvent audessous du médiocre, sinon dans un genre où il est honteux d'exceller, il reçut le surnom de divin; il se le donna luimême, le répéta, le signa, comme on ajoute à son nom une seigneurie ou un ornement de plus à ses armes. Né en 1492 dans cette ville de Toscane dont il a presque souillé le nom, il n'y fit que de médiocres études ; mais il annonça de bonne heure et des dispositions brillantes, et l'usage qu'il en devait faire un jour. Un sonnet contre les indulgences le fit chasser d'Arezzo. Réfugié à Pérouse, il y fut d'abord connu par une polissonnerie bouffonne. Une peinture édifiante, qui ornait la place publique, représentait la Madeleine aux pieds du Christ, tendant les bras dans l'attitude elf! la douleur. Pierre, qui peignait passablement, alla, pendant la nuit, y peindre un luth qu'il mit entre les mains de la sainte, et l'on conçoit quel changement cela lit dans l'expression du tableau. Il subsista quelque temps à Pérouse dé l'état de relieur. 11 se rendit ensuite à Rome à pied, et sans autres habits que ceux qu'il avait sur le corps. 11 parvint en assez peu de temps à être attaché, sans que l'on sache à quel titre, au pape Léon X . 111e fut ensuite à Clément Vil, successeur d'Adrien VI. Seize infâmes sonnets, qu'il fit pour les seize figures obscènes dessinées par Jules Romain, et gravées par MarcAntoine Raimondi , le firent sortir de Rome. Jean de Médicis, connu dans les guerres d'Italie sous le nom de chef des bandes noires, peu effrayé sans doute de cette licence de mœurs, l'appela auprès de lui, et le conduisit à Milan, où l'Arétin eut l'occasion de se rendre agréable à François I". De retour à Rome, il fut, peu de temps après, poignardé et estropié par un gentilhomme bolonais, pour des vers qu'il avait faits pour ou contre une cuisinière, dont ils étaient amoureux à la fois, l'un, malgré l'orgueil de son talent, l'autre, malgré l'orgueil de sa noblesse. N'ayant pu obtenir justice de cet assassinat, il retourna auprès de Jean de Médicis , qui le prit si fort en amitié, qu'il lui faisait partager, nonseulement sa table, mais son lit. C'était 2.iors le comble de là politesse. On n'est pas aujour- d'hui aussi poli entre hommes, ou du moiras on l'est autrement. Jean de Médicis, blessé dans un combat, mourut peu de temps après des suites de ses bics- sures, et il mourut entre les bras de son cher Arétini qui montra pour lui, pendant sa maladie, et mème après sa mort, une affection , pour ainsi dire , passionnée. Il prit alors le parti de vivre libre, et du seul produit de sa plume. Il alla se fixer à Venise en 15'27 : il s'y fit des amis puissants, dont l'un, évêque suffragant de Vicence , réconcilia avec le pape Clément VII, et le servit si bien auprès de l'empereur CharlesQuint, que ce monarque lui envoya une de ces belles chaînes d'or que l'on portait alors au cou, comme objet de luxe et comme marque d'honneur. François 1" ne voulut pas être moins généreux que son rival, et fit présent à l'Arétin . Le titre entier est : Ragionamento, etc.; ; il parut dans la même année, 1538, à Novare, à Venise, et ailleurs. Celuici n'est ni licencieux ni obscène, mais fort ennuyeux. On y dit beaucoup de mal des cours, sans plaire à ceux qui ne les aiment pas : ce qu'il y a de singulier, c'est qu'il est dédié au roi François l". La forme de la dédicace n'est pas moins singulière que le reste. Elle peut donner une idée du tour d'esprit de l'au- teur. Elle signifie littéralement : « Ouvrage offert « comme l'hostie de la vertu, sur l'autel de la re-« nommée , consacré au nom du glorieux Fran-, Venise, 1555 et ensuite souvent réimprimés, comme les sept Psaumes. 4° Il Genesi, etc. , avec la vision de Noé, où l'on voit les mystères de l'Ancien et du Nouveau Testament), Venise, 1558 et 1539, réimprimé de même. Ces trois derniers ouvrages, sur lesquels il n'y a pieu à dire, sinon qu'ils sont écrits le plus sérieusement du monde, et d'un air de persuasion égal à celui de quelque ouvrage de piété que ce soit, furent recueillis ensemble, dans une édition donnée par les Aide, en 1551 et dédiés au pape Jules III. En tête de cette édition, l'Arétin s'intitule del sacro sanlo Monte humil germe, parce que Jules III était de la famille del Monte, et il ajoute, comme pour se relever de cet acte d'humilité, ce que tout véritable 'tomme de lettres désire pouvoir mettre au titre de ses ouvrages : E per di- vina grazia huomo libero, et par la grâce divine, homme libre. Ces trois mêmes ouvrages ont été tra- duits en français, savoir : la Paraphrase des sept Psaumes de la pénitence, deux fois, l'une par Jean de Vauzelles, prieur de Montrottier, Lyon, 1540 ; l'autre, par François de Rossel, Paris, 1605 les Trois Livres sur l'Humanité du Fils de Dieu, par le même Jean de Vauzelles, imprimés vers l'an 15't9 ; la Genèse, traduite par le même, Lyon, 1 V12. Les dialogues obscènes l'ont aussi été dan, notre langue : on nous permettra de n'en pas indiquer ici les éditions. 5° La Vie de Ste Catherine, celle(le la Vierge Marie, et celle de Si. Thomas d'Aquin, trois ouvrages qui parurent pour la première fois à Venise, les deux premiers en 1540, et l'autre en 1545, ne doivent point être séparés des précédents, et complètent cette classe d'écrits pieux tracés par la plume la plus profane. 6° Nous rangerons sous le même numéro ses cinq comédies, la Cortigiana, il 4Iareseallo; l'Hipocrito, il Filosofo, et la Talanta, imprimées successivement à Venise depuis 1555 jusqu'en 1553, et ensuite ensemble, à l'exception du Philosophe, en 1588, sans nom de ville, mais vraisemblablement à Paris. Il y a, en général, dans ces comédies , peu d'art et encore moins de décence ; mais de la verve comique, des scènes singulièrement plaisantes, des caractères bien tracés, un dialogue vif et animé, des traits de satire imprévus et hardis : de tous les ouvrages de l'Aré- tin, ce sont aussi ceux dont le style est le meilleur, et qui peuvent le mieux justifier l'admission que lui ont accordée les académiciens de la Crusca parmi les auteurs qu'ils citent comme classiques. 7° Six livres de lettres familières, imprimés d'abord l'un après l'autre, le premier dès 1558, et le sixième en 1557, recueillis ensuite en 6 vol., Paris, Matthieu le Maitre , 1609 Elles sont curieuses pour l'histoire de la vie de l'auteur, et pour la connaissance de son caractère : il est impossible de se figurer, sans les avoir lues, la bizarrerie, la jactance, la cupidité, la bassesse 'et l'orgueil de ce personnage. Il n'est pas difficile d'y recueillir assez de traits de tous ces vices pour remplir des colonnes et des pages entières; mais cela est plus dégatant qu'agréable ou utile, et il en reste encore, après cela, beaucoup plus à dire qu'on n'en a dit. Ce ne sont rien moins, d'ailleurs, que des modèles de style épistolaire : ce style doit tenir le milieu entre l'ampoulé et le trivial ; l'Arétin va sans cesse de l'un à l'autre des deux extrêmes, sans s'arrêter jamais au milieu. Ouvrages en vers : 1° les seize sonnets obscènes, Sonnetti lussuriosi, dont on a parlé dans sa vie ; ils sont extrêmement rares, et ne peuvent jamais le devenir trop. 2° Des rime, stanze et capitoli, les uns remplis de louanges outrées, et adressées à des papes, des princes et d'autres puissances ; les autres, en plus grand nombre, satiriques et licencieux. Ceux de cette espèce sont insérés dans plusieurs recueils, tant parmi les poésies burlesques du Berni, du Molza et d'autres poètes du même genre,f qu'ailleurs. Dans la plupart de ces pièces, l'auteur' est moins prodigue de beautés poétiques que d'ordures et d'injures. Il est bien loin, pour la délicatesse d'esprit et de style, des autres poêtes satiriques auxquels on l'a associé. 3° Ce génie entreprenant essaya de s'exercer dans l'épopée ; il en commença Plusieurs; mais il s'arrêta toujours après les premiers efforts, et laissa imparfait tout ce qu'il avait tenté. Ses Due eanti di Marfisa, dédiés au marquis del Vasto, furent suivis d'un 3e chant et réimprimés ensemble à Venise en 1557; mais il n'alla pas plus loin, et l'on dit même que, mécontent de ce qu'il avait fait , il exigea de son libraire Marcolini qu'il en brait 5,000 stances ou octaves, ce qui ferait 24.000 vers. Ses Lagrime d' Angelica, publiées en 4558, en restèrent aussi aux deux premiers chants. Quoique l'Or/andinc, qu'il avait entrepris pour se moquer d, l'Ortanzio, lût plus conforme à son génie satirique, il s'arrêta de même à la 6° octave du 26 chant ; et il ne remâ ,amais la main à aucune de ces trois ébauches 40 Enfin il manquerait quelque chose à l'audace de ses entreprises, s'il n'avait osé faire une tràgédie II l'osa, et, ce qu'il y a de plus extfaordinaire, c'est que ce ne fut pas sans succès. Le sujet qu'il traita est austère, c'est celui des Horaces : il le traita dans toute son austérité, un siècle avant le grand Corneille ; il est certainement fort audessous de ce grand homme dans ses trois premiers actes, quoique l'on y voie une certaine fidélité historique, une connaissance des mœurs et des usages civils et religieux de l'ancienne Rome, et un art de les mettre en scène, qui ne sont point à mépriser; mais j'ai osé dire ailleurs que, dans les deux derniers actes, à ne parler que du plan, il paraissait l'emporter à son tour. La cause d'Horace, meurtrier de sa soeur, y est plaidée par son père, d'abord devant les décemvirs, qui le condamnent, ensuite devant le peuple assemblé ; c'est le peuple qui juge solennellement, et si l'auteur n'avait pas gitté cette fin par quelques inconvenances, et par l'intervention d'un dieu dans une machine, qui lui a paru le seul moyen de dénouer sa pièce, il n'y aurait pas la moindre comparaison à faire entre les deux dénoûments. Sa tragédie, telle qu'elle est, est celui de tous ses ouvrages qui étonne le plus, quand on connaît tous les autres. La vie de l'Arétin a été écrite avec beaucoup de soin et d'exactitude par le savant Mazzuchelli, Padoue, 1741 Boispréaux en a publié, en 1750 un extrait plutôt qu'une traduction, où l'on trouve beaucoup de fautes, comme dans presque tout ce qui est traduit de l'italien en français. On trouvera peut-ètre cet article trop long ; mais on parle souvent de l'Arétin, on le méprise beaucoup, et on le connaît peu ; j'ai voulu, non qu'on le méprisàt moins, mais qu'on le connût vantage, et que l'on joignit aussi l'appréciation de ce qu'il a écrit de louable, à ce mépris qui lui est légitimement dû. G—É•
  • Pierre ARTEDI( 1705) : médecin et naturaliste suédois, ami et contemporain de Linné, naquit en 1705 dans la province d'Angermanland, en Suède. Destiné d'abord par son père à l'état ecclésiastique, son goût l'entraîna vers l'histoire naturelle. 11 commença ses études à Upsal, et c'est là qu'il contracta avec Linné une amitié qui s'étendit au delà du tombeau. Ils travaillèrent de concert à l'histoire naturelle, leur science favorite : l'obligation de voyager, que cette science impose à ceux qui la cultivent, les sépara momentanément ; Artedi partit pour l'Angleterre et Linné pour la Laponie; mais avant de se quitter, ils firent un accord par lequel, en cas de malheur, le survivant devait hériter des manuscrits de son ami. En 1735, ils se rejoignirent à Leyde, pour entendre C'est le nom de sa mère qu'il a mis à la tète de ses poésies. Les sermons ont paru sous celui de P. Hortensio. les leçons de Boerhaave. Ce savant, juste appréciateur du mérite, en leur procurant une existence honorable, leur fournit les moyens de développer leur génie. 11 les plaça auprès de deux riches amateurs d'histoire naturelle, Linné chez Clifford, et Artedi chez le naturaliste Seba. Celuici avait employé une immense fortune à composer un cabinet d'histoire naturelle, le plus riche qu'on eût encore vu. Il en faisait imprimer alors la description avec de trèsbelles planches. Artedi s'engagea à concourir à ce magnifique travail ; de plus il profita de la position où il se trouvait pour composer une histoire des poissons, mais il ne put la faire paraître luimême, car un accident terrible vint terminer sa carrière au moment où il donnait les plus grandes espérances. Artedi, sortant un soir de chez Seba, tomba dans un des canaux d'Amsterdam et s'y noya. Ce fut en 1735 ; il n'avait que 30 ans. On peut juger de la douleur qu'éprouva Linné ; mais il ne s'en laissa point abattre, et songea tout de suite à élever un monument à la mémoire de son ami : ce fut. en faisant imprimer le traité des poissons qu'il avait laissé, sous le titre d'Ichthyologia, Lugd. Batav., 1738 avec une vie d'Artedi par Linné, en latin. Cet ouvrage, plein de ces vues savantes qui ont illustré depuis Linné, est écrit dans la manière concise de ce grand naturaliste. 11 est divisé en 5 parties, dont la 1" est la Bibliothèque ichthyologique; la 2°, la Philosophie ichthyologique; la 5e, la Description des genres; la 4°, la Synonymie; la 5e, la Description des espèces. C'était l'ouvrage le plus complet qui eût encore paru sur cette partie. On admire le plan, l'ordre et le goût avec lesquels l'auteur a su réunir et distribuer une si grande variété de connaissances. C'est un modèle à suivre, pour faire l'histoire complète et détaillée des êtres. Ce chefd'oeuvre n'a point encore été surpassé, et s'il a perdu de son utilité, c'est que le grand nombre d'espèces qui ont été observées depuis dans les diverses parties du monde ont nécessité de grands changements dans cette branche de la zoologie. 11 en a paru une nouvelle édition, corrigée et augmentée, sous ce titre : Petri Artedi Ichihyolo- gia, nova editio, emendata et aucta a Joanne Julia Walbaum, Grypswaldce , 1788 Jean Gottlob Schneider a aussi donné une nouvelle édition d'une partie de cet ouvrage, également corrigée et augmentée, avec trois planches; elle est intitulée : Petri Artedi Synonymia piscium, etc., Lipsice, 1789 tab. œnece 5. Le seul reproche qu'on ait fait à Artedi, c'est d'avoir compris les cétacés parmi les poissons; mais il n'a fait en cela que suivre l'opinion des auteurs qui l'avaient précédé ; c'était une erreur consacrée : ce n'était pas encore lui qui devait la faire disparaître. Artedi s'était occupé d'abord de la botanique, et il avait fait une étude particulière de la famille des ombellifères ; mais comme les tentatives que l'on avait faites jusqu'alors pour les ranger méthodiquement, ou pour établir leur genre d'après leurs fleurs et leurs graines, avaient présenté peu d'avantages, il crut trouver plus de certitude dans la considération d'une partie à laquelle jusquelà on avait fait peu d'attention : c'est celle des feuilles ou folioles qui sont à la base de l'ombelle, et qu'il désigne par le nom d'involucre dans l'ombelle générale, et par celui d'involucelle , lorsqu'il y en a dans l'ombelle particulière. Cette partie présente effectivement un caractère facile à saisir ; mais, comme tous les autres, il ne peut être employé seul , parce que souvent il sépare des plantes qui ont de l'affinité; et en réunit qui sont disparates. Linné consacra à la mémoire de son ami, sous le nom d'Artedia, un genre de plantes de cette mème famille des ombellifères, qui avait été le sujet de ses observations. On n'en connaît qu'une espèce, qu'il surnomma écailleuse , faisant allusion aux poissons écailleux dont Artedi avait fait l'histoire
  • Pierre ATHANASE( 1500) : Rhetor 01.1 le Rhéteur, ait né dans File de Chypre, à la lin du 16° siècle. e titre de rhéteur, qu'il prend à la tête de ses ou- ' ages , fait voir qu'il avait dirigé quelque temps e école de grammaire ou de littérature. Atta- é ensuite, comme simple [prêtre , à l'une des 'lises de Constantinople, il vint en France, au plus d en 1658, puisque son Anti- Campanella fut re- tu, le 20 février de cette année, de l'approbation. ' la Sorbonne. Trois ou quatre ans après, il re- • irna dans l'Orient, chargé par la régente Ide tra- t'ailler à l'extinction du schisme. Le zèle qu'il montra dans cette affaire lui valut des témoignages de bienveillance de la cour; de Rome. Il était, en 1652, à Constantinople, et il assistait, le 29 juin, au sermon dans lequel Patellaros, rétabli depuis peu sur le siège patriarcal, attaqua la primauté du pape . Athanase, sans perdre de temps, réfuta les arguments du patriarche par un écrit dont le succès fut d'autant plus grand , que la nouvelle exclusion de Patellaros de son siége était regardée par le peuple comme un châtiment du ciel. Dans les premiers jours de l'année 1655, il écrivit aux patriarches d'Alexandrie et de Jérusalem pour les inviter à se réunir à l'Église romaine, et il en reçut des réponses favorables. Athanase était de retour à Paris à la fin de 1654. La manière dont il s'était acquitté de sa mission semblait devoir lui mériter la faveur de la cour, ou du moins une pension qui pût le faire sub- sister avec décence. Mais les anciens protecteurs étaient morts ou sans crédit, et.il se trouva réduit à la misère. Baluze , qui l'avait connu , fait un triste tableau de sa position. C'est, d'ailleurs, ajoutetil, un homme plein de jugement, trèsinstruit clans les lettres et dans la philosophie , et d'une conduite irréprochable. Le savant Pierre de Marca, archevêque de Toulouse , nommé à l'archevêché de Paris, et qui mourut le jour même où ses bulles arrivèrent , juste appréciateur du mérite d'Athanase ,- le recevait tous les jours à sa table, où il lui donnait la première place, au grand scandale de gens qui se jugeaient trèssupérieurs à un pauvre rhéteur grec , parce qu'ils étaient mieux vêtus. Atha- nase ne vivait plus en 1671; mais on n'a pu décou- vrir la date ni le_ lieu de sa mort . Les ouvrages que l'on connaît de lui sont : 1° Opuscula philoso- phica quatuor, gr.- lat., Paris, 1659 Les trois premiers sont de petits traités de logique et de dialectique. Le quatrième est un extrait de Jamblique, qu'on trouve aussi séparément sous le titre suivant : 20 P. A. Delitice animai, sive hortus ex us quœ Jam- blicho magno elaborata sunt consitus , Paris, 1659, Le P. Legnien, dans son ° riens christianus, t. 4, p. 339, place le sermon du patriarche Patellaros à l'année 1651; niais Athanase le met à 1652, et il semble qu'un témoin oculaire doive mériter plus de confiance. Freytag, qui, dans ses Analecta litteraria, cite les ouvrages d'Athanase au mot Rhetor, comme si c'était son nom de famille, dit qu'il mourut à Paris, en 1665, à Pige de 92 ans, et renvoie aux Scriplores ordinie prœdicatorunt. Mais comme il n'indique ni le volume, ni la page, cette recherche devient d'autant plus difficile, que le non d'Athanase ne peut 'us se trouver hns les tables. 40. Cet ouvrage est recherché. 5° Aristoteles pro- priam de anime immortalitate mentent explicans ; opus ex multis ctc varus philosophis collet= Aris- totelis ipsius auditoribus, etc., ib., 1641 rare. Cet ouvrage est divisé en 5 livres. Dans la dédicace du second, adressée à Achille de Harlay, évêque de StMalo, l'auteur annonce qu'il vient de terminer un commentaire sur le Philèbe de Platon, et qu'il ne tardera pas à le mettre au jour. Il ne paraît pas cependant qu'il l'ait publié. Anti- Patellaros. — Epistola de unione ecclesiarum, ad Alexandrinum et Hierosolymitanumpatriarchas Anti- Campanella in compendium redactus, Paris, 1655 Les deux premiers opuscules sont en grec et en latin. Le troisième , en latin seulement , est sine réfutation du traité de Campanella : de Sensu rerum et elagia, etc. L'approbation donnée par la Sorbonne à cet opuscule d'Athanase étant de 1658, il est possible qu'il en existe une première édition avec cette date. Baillet ne parle point d'Athanase dans la Biblioth. des Anti. Lenglet Dufresnoy n'a point connu la réfutation de Campanella. 50 Une Rhé- torique grecque par demandes et par réponses. Elle est citée dans la Bibliollt. Coisliniana du P.. Montfaucon p
  • Pierre AUBERT( 1642 - 1733) : né à Lyon le 9 février 1642, composa, à l'âge de seize ans, un petit roman, sous le titre de Voyage de Vile d'Amour, qui lui fit concevoir l'idée d'un autre, dont le sujet fut le Retour de l'ile d'Amour. Pendant qu'il était à Paris, son père lit imprimer cet ouvrage, contre les intentions de son auteur. Revenu dans sa patrie, Aubert embrassa la profession d'avocat, fut échevin en 1700, et remplit diverses places de judicature jusqu'à sa mort, arrivée le 19 février 1755. Il s'était formé une bibliothèque nombreuse, qu'il légua à la ville de Lyon, pour être rendue publique. On a encore de lui : 1° un Recueil de Factums de différents avocats, Lyon, 1710, 2 vol. ; 2° une nouvelle édition du Dictionnaire de Richelet, Lyon, 1728, 3 vol. édition que les dernières ont fait oublier ; 5° quelques dissertations dans les mémoires et journaux du temps. Elles n'ont fpas été recueillies
  • Pierre AUDOUIN( 1768 - 1822) : graveur, élève de Beauvarlet, né à Paris en 1768, mort dans cette ville le 12 juillet 1822, a marqué sa carrière assez courte par des ouvrages dont le nombre décèle une extrême facilité, et dont le mérite l'a placé parmi les artistes les plus distingués de notre époque. On compte ; 2° la Vierge ; 4° la Charité ; 5° 111elpomime, Erato et Polymnie, d'après Lesueur ; 6° Vénus blessée ; 7° le Christ au tombeau, d'après le Caravage ; 8° quelques portraits, entre autres Raphaël avec son maitre d'armes ; 9° neuf sujets de genre, d'après plusieurs peintres hollandais, Mieris, Nestcher, etc., entre autres un Trompette, d'après Terburg . On sait que la manière des maîtres hollandais est la plus difficile à rendre par le burin ; mais dans cette difficulté mème se jouait le burin facile de Pierre Audouin ; et cette partie de son œuvre est là pour réfuter les critiques qui ont prétendu que sa touche n'était pas assez spirituelle. 11 a encore fait plusieurs ouvrages pour la galerie de Florence , entre autres le portrait de madame Lebrun . Audouin avait aussi donné l' Antiope endormie, la Vénus blessée, l'impératrice Joséphine, etc. Au retour des Bourbons, il s'est particulièrement appliqué à reproduire les traits de la famille royale ; et c'est lui qui a gravé cette belle suite de portraits qui fut alors si universellement recherchée, autant pouC son exécution que pour son intérèt politique. Nous citerons entre autres Henri IV en buste , d'après un dessin de Bouillon. Louis XVIII en buste. — Le duc de Berri. — Madame la duchesse de Berri , portrait en buste, d'après M. Hesse. Le dernier ouvrage qu'Aitdouin publié est un portrait en pied de Louis XVIII, d'après Gros. Quoi qu'en aient dit des critiques passionnés, cette estampe occupera toujours une place honorable dans le cabinet des amateurs. Ce portrait et ceux des différents membres de la famille royale ont été exposés aux salons de 1817 et 1819 : Audoin avait obtenu une médaille à ce dernier salon. 11 s'occupait de graver le tableau de M. Kinson, représentant madame la duchesse de , ils son esprit. Son père, qui était avocat, ne vit rien mieux pour son fils que de lui faire embrasser sa ssion. Le jeune Audouin céda docilement à ses formels, se persuadant sans doute qu'il arrive- à vaincre son antipathie pour le droit, ou ne se ren- pas encore bien compte de son goût favori. Il n'en pourtant pas ainsi ; plus sa vocation pour l'histoire torche était combattue, plus il la sentait se fortifier. ussi malgré toute sa bonne volonté, il ne fit aucun grès dans les études juridiques, et sa position était devenue trèspénible, lorsqu'une circonstance toute providentielle, mais qui semblait n'avoir aucune importance, vint décider de son avenir. Dans le courant de l'été de 1816, un savant minéralogiste., qui avait aussi beaucoup étudié la zoologie, se livrait , par distraction , à la chasse des insectes dans !e bois de Meudon ; il rencontra le jeune Audouin, qui parcourait aussi ce bois dans le même but. Nos deux amateurs d'entomologie s'abordent et se sont bientôt compris ; le texte la conversation était tout trouvé : ils s'entretiennent un instant de leurs études, se communiquent le résultat de leurs recherches, et se séparent après s'être enrichis mutuellement par quelques échanges, mais sans s'être fait connaitre l'un à l'autre. A quelque temps de là, Audouin assistant au cours de minéralogie de la faculté des sciences, alors professé au collége Duplessis, reconnut dans le professeur l'entomologiste qu'il avait rencontré dans le bois de Meudon. C'était M. Brongniart. Celuici le reconnut à son tour, l'accueillit avec bienveillance, le questionna sur ses occupations, et lui demanda, entre autres choses, s'il ne connai trait pas un jeune homme qui voulût prendre soin de sa collection entomologique dont il n'avait pas le temps de s'occuper ; Audouin promit de s'en informer; revint quelques jours après voir M. Brongniart, et s'offrit luimème pour remplir cet emploi. Cette offre étonna d'abord le célèbre professeur; mais, après quelques explications, il comprit qu'en acceptant Audouin, il faisait tout à la fois une bonne; oeuvre et une bonne acquisition. — Ce fut alors qu'Audouin, cherchant à se frayer complétement la route où il ? enait de faire un premier pas, et cependant ne voulant vas heurter trop ouvertement la volonté de ses parents, les pressa avec instances de le laisser quitter le droit pour la médecine : ils s'y décidèrent enfin, dans la pensée que leur fils se ferait remarquer dans la pratique de l'art, et arriverait ainsi à hi fortune. Beaucoup moins préoccupé de ce résultat, Audouin ne vit dans sa nouvelle position qu'une grande victoire remportée, qu'un grand obstacle tourné, puisque l'étude de la médecine le ramenait indirectement à celle de l'histoire naturelle. Autant pour subvenir à ses dépenses que pour faire croire à sa famille qu'il s'occupait sérieusement de ses nouvelles études, Audouiu entra chez un pharmacien où il resta deux ans, puis il servit pendant le nième temps d'aide au préparateur des cours de l'école de pharmacie. — Ce préparateur devait être un jour un des plus célèbres professeurs de Munich, c'était l'illustre Vogel, et son aide devait arriver à une des plus brillantes positions que la science petit offrir. — Après ces quatre années, Audouin en employa quatre autres à étudier plus particulièrement la médecine, et obtint le 22 août •826, à l'âge de vingtneuf ans, le grade de docteur par une thèse remarquable sur les Cantharides, inscrite sous le n° 172 . Mais il ne faut pas croire , et de plusieurs autres sociétés savantes, tant en France qu'à l'étranger. Audouin voyait enfin sa persévérance couronnée de succès, et donnait des gages certains de son remarquable talent, qui ne fit que prendre de nouveaux accroissements. Il est à supposer que dès cet instant ses parents comprirent qu'il fallait se résigner à le laisser devenir un naturaliste distingué, plutôt qu'un médiocre avocat ou qu'un mauvais médecin praticien.; du reste, ils n'eurent qu'à s'applaudir de ce consentement tacite, car ils trouvèrent dans le fruit La forme attrayante dont il sut revètir son enseignement est peut-ètre moins remarquable encore que la direction pratique qu'il lui imprima en étudiant, pour la première fois, les nombreuses applications de la science entomologique aux sciences agricoles. En 1825, le gouvernement voulant terminer le grand ouvrage sur l'Egypte, Audouin fut désigné par Cuvier au ministre de Fins, truction publique pour donner l'explication des plan- elles relatives aux mollusques et aux animaux articulés , dont Savigny n'avait pu rédiger le texte avant de devenir aveugle. 11 commença ce travail en mars 1825, le poursuivit sans relàche au milieu des plus grandes difficultés, et ne l'acheva qu'en 1828. Comme il n'avait pas les animaux en nature, que les planelles originales étaient trèschargées, que les renseignements étaient incomplets, que les ligures étaient en noir, son explication est restée trèssommaire , et quelquefois insuffisante, surtout pour les planches consacrées aux insectes. Le gouvernement, pour reconnaître le zèle et le désintéressement dont il lit preuve dans cette circonstance , lui accorda la décoration de la Légion d'honneur. La première source de ces distinctions est assurémentdans le mérite de celui qui les obtenait ; mais le lecteur n'a sans doute pas oublié la rencontre de Meudon, et il se rappelle qu'Audouin était devenu le modeste conservateur de la collection entomologique de M. Brongniart. Les excellentes qualités de son esprit et de son cœur, son ardeur pour l'étude, ses véritables talents le firent bientôt distinguer de son illustre patron, qui lui prodigua toutes les marques de sa confiance et de son amitié, et qui lui facilita les voies pour avancer dans la route que lui - même s'était ouverte, mais qui est presque impraticable pour ceux qui veulent y marcher sans appui. Quelques années plus tard, il prouva bien toute l'estime et toute l'affection qu'il ?ortait à Audouin ; car en -1827, alors que ce dernier n'était encore que sousbibliothécaire de l'Institut, il lui donna la main de sa fille.—Un an avant son mariage, Audouin entreprit un premier voyage sur les côtes de Bretagne et de Normandie, dans le but d'étudier les crustacés; il en fit un second en 1828 et un troisième en 1829. Ces trois voyages, généreusement entrepris en vue du progrès de la zoologie, furent exécutés avec M. MilncEdwards. Ces deux savants amis mirent largement à profit leurs excursions scientifiques ; ils enrichirent le Muséum d'une grande quantité d'espèces rares ou nouvelles, et la science de faits nouveaux et curieux, qu'ils ont consignés dans des mémoires publiés en commun. Parmi ces mémoires, on distingue celui qui fait connaître la véritable circulation du sang dans les crustacés, et auquel l'académie des sciences décerna, en 1828, un prix i de physiologieexpérimentale partagé avec M. Dutrochet, pour ses recherches sur l'endosmose. En 1850, Audouin remplaça, comme aide naturaliste, Latreille, qui venait d'être nommé professeur d'entomologie. Celuici étant mort en 1833, il devint, sans contestation, son successeur. En 1832, de concert avec plusieurs entomologistes , il avait fondé , sous le patronage de son prédécesseur, la société entomologique de France, dont il fut viceprésident la première année, président la seconde, et de nouveau président en 1857. « Ceux qui l'ont vu remplir ces honora« files fonctions n'ont pas oublié avec quelle noble « gravité il s'en acquittait, avec quelle clarté il résu« malt les débats, et surtout avec quelle précision il « posait les questions mises aux voix ; ils n'ont pas « oublié non plus l'intérêt qu'il savait donner aux « moindres communications qu'il faisait à la so« ciété. » En 1854, la société royale et centrale d'agriculture, ayant remarqué la direction pratique qu'Audouin avait donnée à quelquesuns de ses travaux et surtout à son enseignement, le nomma à l'une de ses places de membre ordinaire, convaincue qu'elle était de l'utilité des études entomologiques pour le progrès des connaissances agricoles. Cette nomination marque une ère toute nouvelle dans la vie scientifique d'Audouin, et c'est peut-être ici le moment d'apprécier d'une manière succincte le caractère de ses travaux.—On peut rapporter à quatre groupes principaux les nombreux objets qu'embrasse la zoologie ou histoire naturelle des animaux : 1° l'anatomie et la physiologie pures ; 2° la zoologie proprement dite , qui comprend la description des formes extérieures et la classification; 30 l'étude des moeurs; 4° enfin les applications aux diverses branches d'industrie et à l'hom?e. La première base de toutes les études zoologiques, c'est, sans contredit, l'anatomie ; c'est elle qui explique et qui permet de suivre le jeu des organes; c'est sur cette science seule que peut reposer une [classification rigoureusement naturelle; c'est elle qui rend en grande partie compte des mœurs, des habitudes et du caractère si variés des animaux ; c'est encore elle qui facilite les nombreuses applications pratiques que l'on peut faire de l'histoire naturelle. Tout le secret de l'excellence et de la solidité des travaux d'Audouin est dans cette juste appréciation de l'importance de l'anatomie ; et soit par une inclination instinctive, soit par un raisonnement formé à l'avance, et peut-être aussi pour obéir à la tendance scientifique de l'époque, il s'est tout d'abord et pendant longtemps exclusivement consacré aux recherches anatomiques, qu'il a poursuivies avec une rare patience et une plus rare sagacité. Ceux qui fiant consister toute l'entomologie dans l'examen des formes extérieures et dans les classifications n'apprécieront peut-être pas à leur juste valeur ses travaux , qui néanmoins demeureront plus longtemps et seront plus utiles que de vaines classifications incessamment refaites au gré de l'imagination des ,naturalistes, quand elles ne reposent pas sur la connaissance intime de l'organisation. Qu'on n'aille pas croire cependant qu'Audouin était exclusivement occupé de minutieux détails, que son talent était tout descriptif, et qu'il ne s'élevait pas à la méthode : à mesure qu'il avançait dans ses recherches anatomiques, il les appliquait à la classification de l'immense collection confiée à ses soins au Muséum d'histoire naturelle, et s'il ne l'a pas achevée, c'est que la mort l'a surpris an milieu de cette longue et difficile occupation. On ne s'étonnera pas de cette lenteur, quand on saura que la collection entomologique du Muséum renferme aujourd'?ui environ 120,000 espèces , réparties dans 10,000 genres et 2,000 familles, que chaque espèce est représentée au moins par 4 individus, ce qui fait près de 480,000 animaux à classer dans des milliers de cartons. Dans plusieurs mémoires, Audouin s'est attaché à montrer les rapports qui e‘istent entre l'organisation des animaux et leurs liabitudeti ; et dans presque tous ceux qu'il a mei, , depuis SOU admission i la société royale d'agriculture, il a prouvé jusqu'à la dernière évidence millier' l'étude approfondie de l'entomologie pouvait rendre de services à l'agriculture, et il a démontré tu rru temps que ces applications ne pouvaient être fécondées que par une connaissance complète de la nature des insectes à leur état de larves, et au terme de leur entier développement. En donnant cette impulsion à l'entomologie, Audouin n'a fait que suivre la route déjà ouverte par Lyonnet et itéauniur , et si bien suivie par Marsham , J.T.C. llatzeburg, V. Dollar, Léon Dufour , etc. !Nous savons que quelques personnes ont trouvé mauvaise cette tendance pratique, et la croient étrangère à la science; comme si toute chose dans la nature n'avait point un but pratique, et ne se rapportait pas de loin ou de près aux besoins infinis de l'homme ! Quoi qu'il en soit, l'autorité des célèbres naturalistes que nous venons de citer, et les heureux résultats que cette tendance a eus entre leurs mains, surtout entre celles d'Àudouin, seront une réponse péremptoire. — Mais reprenons le cours de ses travaux, et la suite des événements de sa vie. En 1857, sur la présentation de la société agricole, le ministre de l'agriculture et du commerce, informé des ravages que faisait dans les vignobles du Miiconnais la pyrale de la vigne, et de la désolation dans laquelle ce pays était plongé, le chargea de se rendre sur les lieux pour étudier les mœurs de cet insecte, et indiquer les moyens de s'opposer à sa propagation et à ses dées. Il s'acquitta de cette Licite avec un zèle qu'on n'avait même pas droit d'attendre ; il parcourut tous les villages, voyant et revoyant cent f',is les maries faits, se livrant aux dissections les plus délicates, et exposant, dans des leçons vraiment 1 opulaires, les faits que les vignerons avaient besoin e connaître pour guider leur inexpérience. Les ré- ultats de cette mission ont été consignés dans deux iémoires et dans un grand ouvrage, sur lesquels ous reviendrons plus bas. —'Tant de consciencieux et pénibles travaux furent enfin couronnés d'une juste récompense dans laquelle Audouin avait placé Seine son ambition. En 1838, la mort de Tessier ayant laissé à l'académie des sciences une place vacante dans la section d'agriculture, elle lui fut ac"'cordée ; et en cela l'académie ne fit que payer une dette bien légitime. Depuis, sur l'invitation officielle du ministre de l'agriculture et du commerce, il entreprit plusieurs voyages ; l'un en 1839 en Italie, où il assista au congrès de Pise, les autres dans diverses parties de la France, dans le but d'étudier les insectes nuisibles à l'agriculture, et plus particulièrement à l'olivier. Ces voyages, qui devaient raffermir sa santé déjà chancelante, ne firent que développer le germe de la maladie qui le minait depuis longtemps, en présentant incessamment à l'actiNité devorante de sa belle intelligence de nouveaux objets à étudier, de nouveaux moyens de compléter les recherches ébauchées qu'il poursuivait sans relàche. Ce fut à sou retour du voyage qu'il fit dans le Midi pendant l'été de 1841, que sa maladie prit un caractère pernicieux et l'emporta par une attaque d'apoplexie, le 9 novembre de la mime année, Agé de •-1 ans et 8 mois. Ainsi mourut à la force de au milieu de travaux laissés imparfaits, mais après une vie si bien remplie de toutes les manières et si féconde, celui dont la carrière était encore si brillante d'avenir, et dont la mort ne fut pas seulement un deuil irréparable pour sa famille, une grande douleur pour ses amis, mais aussi une perte déplorable pour la science dont il avait agrandi le cercle et reculé les limites. Les causes morales Ces traits généraux qui peignent si bien le coeur d'Audouin, qui en montrent toutes les ressources, et qui prouvent que ses qualités morales n'étaient pas moins distinguées que celles de son esprit, suppléeront aux détails intimes que nous ne pouvons pas admettre ici , et que M. MilneEdwards à tracés dans son éloge funèbre avec ces vives couleurs que peut seule fournir une longue familiarité, soutenue par un véritable talent d'écrivain. Nous nous contenterons de citer un fait qui avait échappé à M. MilneEdvards ; nous le tenons de M. le docteur Rousseau, chef des travaux anatomiques au Muséum, qui l'avait déjà communiqué à M. Duponchel. A l'époque où le choléra sévissait avec le plus de rigueur dans Paris, Audouin, qui n'avait jamais pratiqué la médecine, se souvint qu'il avait le droit de l'exercer. 11 vint donc spontanément s'adjoindre à M. Rousseau, qu'il accompagna dans toutes les visites qu'il faisait aux cholériques du douzième arrondissement; et comme parmi eux il s'en trouvait de trèspauvres, il aidait de sa bourse ceux qui n'avaient pas le moyen d'exécuter les prescriptions du médecin. — Ceux qui ont été liés d'amitié avec Audouin se rappellent combien sa conversation était pétillante d'esprit, combien elle avait de charme ; ceux qui l'ont vu dans l'intérieur de sa famille sont encore pénétrés de la douceur de ses relations intimes ; les personnes qui n'ont eu avec lui que des rapports scientifiques n'ont pas oublié combien ils étaient agréables ; elles se souviennent également que , possesseur de la plus riche bibliothèque de Paris en ouvrages entomologiques, il l'avait rendue accessible à tous ceux qui avaient besoin de la consulter. — Audouin était membre de l'Institut de France et de la Légion d'honneur; professeur administrateur au Muséum; docteur en médecine ; membre de la société royale d'agriculture ; de la société philomatique de Paris; de la société entomologique de France ; de la société d'horticulture de Paris ; d'un grand nombre de sociétés départementales ; de l'académie des sciences de Stockholm ; de la société des Curieux de la nature de Moscou ; de l'académie royale de Turin ; du lycée des sciences naturelles de NewYork ; des sociétés géologique et entomologique de Londres ; de la société des sciences physiques et naturelles de Genève ; de l'académie des sciences naturelles de Philadelphie ; des sociétés d'histoire naturelle de Hartford, de Pile Maurice et de Halle ; de l'académie des Géorgophiles de Florence ; de la société d'agriculture de Turin, et de la société de médecine de Gand. — Les travaux d'Audouin peuvent se diviser en deux séries. La première se compose de notes, notices et mémoires, ayant pour objet des recherches anatomiques et physiologiques sur les crustacés, les insectes, les annelides et les mollusques ; la seconde comprend les études qu'il a faites pour la physiologie générale, aussi bien que pour les animaux invertébrés dans un but d'utilité médicale, agricole ou industrielle. Voici la liste de ces travaux dans l'ordre de leur publication : —1818. -- lu Anatomie d'une Larve apode trouvée dwis le Bourdon des pierres. Ce mémoire a été publié en commun avec M. Lachat. —1820. — 2° Sur les Rapports naturels qui existent entre les appendices masticateurs et locomoteurs des Crustacés , et ceux M. I3uméril rendu un compte favorable de ce travail. 3° Recherches anatomiques sur le Thorax des animaux articulés et celui des insectes en particulier, lues à l'acad. des se., le 15 mai 1820. Ce n'est que depuis l'apparition de ce travail, appuyé sur plus de quatre cents préparations anatomiques, et honoré de l'approbation complète de G. Cuvier et de Latreille voy. Anal. des tr. de l'acad. des se., 1820, par Cuvier, p. 34), que la partie du corps des insectes vulgairement appelé corselet est bien connue. Audouin, qui a voulu ramener à une composition théorique la structure de cette portion du squelette tégumentaire des animaux articulés, par la considération des rapports de position, de fonction, de nombre et de forme des parties de ce squelette, y a reconnu trentequatre pièces, qu'il décrit dans les plus petits détails, qu'il a toutes nominées méthodiquement, et dont il indique la position relative. Mais ce travail, un des principaux fondements de la réputation de son auteur, n'a été imprimé qu'en partie dans les Annales. Il existe en entier manuscrit. —1821. — 4. Recherches sur les rapports naturels qui existent entre les Trilobites et les animaux articulés. 5 Observations sur les organes copulateurs mâles des BouMons; en commun avec M. Lachat. Ce travail a été l'objet d'un rapport trèsfavorable et trèsdétaillé de Latreille à l'académie des sciences. 6° Mémoire sur l'Achlysie , nouveau genre d'Arachnides trachéennes. M. Duges , dans ses travaux sur les acarides, a démontré depuis que le genre achlysia n'est autre chose qu'un hydracne qui n'avait pas encore atteint son entier développement. —1824. —7° Lettre adressée à M. Arago, président de l'académie des sciences, sur la génération des insectes. Ces observations ont un grand intéret aussi bien pour la physiologie générale que pour l'entomologie. 8° Recherches anatomiques sur la femelle du Drile jaunâtre et sur le mdi'e de cette espèce. 9. Note sur une nouvelle espèce d' Achly- sie. — 1826. — 10° Recherches pour servir à l'histoire naturelle des Cantharides, avec pl. Lues à l'ae. des se., le 5 sept. 1826. Ann. des Sc. nat., t. 9, p. 51. Voy. aussi Cuvier, Règne animal, t. 5, p. 535.) Ce mémoire a pour objet la cantharide des boutiques , observée sous le double rapport de kan, ' et de ses moeurs. L'auteur, étendant ses ter•hes aux cantharides en général, en fit quel itiot tnois plus tard k sujet de sa thèse de docteur médecine ; elle comprend en 5 chapitres : 1° l'his- naturelle des cantharides; 2° leur analyse chi- 3° leur action physiologique ; 4° leurs pré- pharmaceutiques ; 5° enfin l'emploi de ces ma eu médecine. 11° Mémoire sur le Nieothoé, ma singulier qui sure le sang des homards ; en tmun avec M. M ilneEd %yards. Lu à l'abat'. des sc., médecine
  • Pierre BADOARO : l'un des principaux avocats vénitiens de son temps, florissait en leo et mourut en 1591. Agostino Michele, son élève dans l'éloquence du barreau , fit imprimer son oraison funèbre, Venise, 1591 On y peut apprendre lusieurs particularités de sa vie. Il était fils de Daniel Badoaro, noble vénitien ; mais n'étant pas ii légitime, il ne fut point inscrit parmi les patriciens. 'esté dans l'ordre des simples citoyens, il s'y dis> par son éloquence et son savoir. Ce n'est point du patricien son père , comme on l'a dit dans des lkdictionnaires où l'on confond ce que l'on copie, à IF plus forte raison ce qu'on traduit, c'est de lui, Pierre Badoaro, que l'on a un recueil de cinq plaidoyers, sous ce titre : Orazioni civili secundo la suie di Ve- nezia , etc., Venise , 1590 La même édition reparut avec un nouveau frontispice, en 1595. Il en a été fait une seconde à Bologne, 1744
  • Pierre BADONVILLE( 1760) : aide de camp de Pichegru, naquit à PressyleSec en Bourgogne, vers 4760, de parents obscurs, reçut peu d'éducation, et s'engagea dans un régiment de cavalerie quelques années avant la révolution. Dans les guerres de cette époque, il se distingua par son courage et obtint un avancement rapide. Il était chef d'escadron dans le 8' régiment de hussards, lorsque Pichegru le lit son aide de camp et lui donna toute sa confiance. Radonville méritait cette confiance par sa discrétion et par son inviolable attachement au général en chef, qui le chargea, en 1795, de ses commissions auprès du prince de Condé, et lui communiqua ses plus impqrtants secrets. Lorsque les papiers de ce général furent livrés au directoire, en 1797, Badonville s'y trouva gravement compromis, et la police crut le reconnaître sous le nom de Coco inscrit dans plusieurs de ses correspondances. Il rut_ arrèté à l'époque du 18 fructidor , et longtemps détenu dans la prison du Temple, oit il eut à subir, pendant près de trois ans, de nombreux interrogatoires. Inébranlable dans son dévouement, il répondit toujours avec une fermeté et une adresse dont on ne le croyait pas capable ; et le gouvernement fut à la fin obligé de le mettre en jugement devant un conseil de guerre, qui l'acquitta faute de preuves contre lui. Ce verdict (l'absolution fut prononcé à Strasbourg dans le mois de janvier 18m1, environ deux mois après que Bonaparte se fut emparé du pouvoir. Mais Badonville ne recouvra point son grade, et n'obtint même que trois ans plus tard d'être employé comme chef d'escadron. En 1804, ayant appris l'arrivée de Pichegru dans la capitale, il se liàta de s'y rendre. Toujours surveillé par la police, il fut arrèté de nouveau, niais on ne trouva aucune preuve qui pût établir ses rap- ports avec son ancien général. On le retint néan- moins encore en prison pendant deux ans; et ce n'est qu'en 1805 qu'il lui fut permis de se retirer dans son département, sous la surveillance de la po- lice. Il resta sans fortune et sans emploi. On a dit que le roi Louis XVIII l'avait nommé maréchal de camp et lui avait accordé une pension et la croix de StLouis ; mais il n'a jamais joui d'aucun de ces avantages. Le malheureux avait succombé depuis longtemps lorsque ce prince monta sur le trône, en 4S14
  • Pierre BAILLOT( 1752 - 1815) : né à Dijon le 8 septembre 1752, y mourut le 20 février 1815, professeur de s térature française et de rhétorique au lycée, et membre de l'académie. Entré vers 1769 dans la car- rière de l'instruction publique après avoir fait d'excellentes études, il ne tarda pas à se faire connaître honorablement par de bons élèves et par quelques poésies françaises, dont on retrouve les principales dans la feuille de Bourgogne. Le regret d'avoir i perdu son fils , tué au siège de Peniscola en Espagne, b où il servait comme capitaine d'artillerie, avança le terme de sa carrière laborieuse. Des divers ouvrages I qu'il a composés, on n'a livré à l'impression que les trois sui- vants, qu'il avait faits pour ses élèves et en quelque sorte avec eux : 10 Récit de la bataille de Marathon, ( lu le 5 septembre 1791 dans la société patriotique de . Dijon, aux gardes nationaux volontaires de la Côte- d'Or, lors de leur départ pour l'armée, 1792 2° Phœdri fabulce selectoe, avec des notes ; trois éditions dont la dernière parut à Dijon , chez Bligny, , en 1806 ; 5° Ovidii Metamorphoses selectoe, ad usum lycœorum, également avec des notes fort bien faites , Dijon, Coquet, 1808
  • Pierre BALBUS ou BALBI : savant philologue ' du 15° siècle, sur lequel on n'a que des renseignements incomplets et inexacts. Uglielli , Papadotb. poli , les continuateurs de Moréri, et même Barbier, dans son Examen critique des dictionnaires, p. 71, disent qu'il était de Venise . Mais dans la fr: préface de sa traduction d' Alcinoiis, Balbi nous apprend qu'il était de Pise . Uglielli lui ayant donné les armoiries des Barbo, famille patricienne de Venise, qui a produit plusieurs hommes de mérite , Papadopoli , sans autre milieu , en conclut qu'il était parent du pape Paul Il . A ce pontife les continuateurs de Moréri substituent son prédécesseur Pie H, sans dire le Motif de ce changement. Si l'on en croit Papadopoli, Balbus se fit inscrire en 1422 à l'université de Padoue, et il en fréquenta les cours pendant quatre ans. Mais ce qui est plus certain, c'est que Balbus *était en 1425 au nombre des disciples que la réputation de Victorin de Feltre attirait à Mantoue de toutes les parties de l'Europe. Après s'être perfectionné dans la théologie, dans la philosophie ancienne et surtout dans la langue grecque, il se rendit à Rome, et ayant obtenu quelques bénéfices, il se consacra tout entier à la culture des lettres. Son ardeur pour l'étude lui fit refuser tous les emplois qui pouvaient le détourner de ses occupations; Papadopoli et les continuateurs de Moréri disent, il est vrai, que, chargé de différentes commisdons, il les remplit avec autant de sagesse que de prudence ; mais toutes les recherches qu'on a faites pour s'assurer s'il avait été réellement employé par Pie Il ou Paul II sont loin de confirmer cette assertion. Balbus fut nommé, vers '1460, évêque de Tropca, dans la Calabre ultérieure. C'est dans cette ville qu'il termina, le 22 mars 1462, sa traduction latine de la Théologie de Proclus, dont il offrit la dédicace au roi de Naples, Ferdinand Pr. Papado- iv poli assure que Balbus, se reposant sur ses vicaires de l'administration ; et tout fait conjecturer que Balbus mourut dans sa ville épiscopale, avant 1469. Tiraboschi dit que Balbus s'était rendu trèshabile dans l'astronomie, et qu'il avait traduit du grec en latin plusieurs ouvrages, ren voyant pour les titres à Mazzuchclli . La traduction que 13albus avait faite de l'Introduction à 'fana sacra, t. 9, p. 657. Historia gymnasii Palarini, t. 2, p. 175. Barbier le nomme célèbre Vénitien, et renvoie à Moréri, qui fait, mieux que Feller, comiaitre la Vie et les travaux de Balbus. Iroy. Maittaire, Annal. lnpograph., t. I, 512; Bibl. S'in: Nana, t. 771 le Cale Certissime Pontus II alliais Maria della letteratura rtaliana, t. 6, p.1920. la philosophie de Platon, par Minas, a été publiée, avec sa dédicace au cardinal de Cusa , à la suite de la première édition d'Apulée, Boule, 1469 Dans la préface, Jean André, évèque d'Aléria, parle de Balbus dans des ternies qui font douter qu'il vécût encore à cette époque. La version d'Alcinoiis a été reproduite en 1742, à la suite de l'opuscule d'Honorius, de Imagine mundi ; et en 1488, à Vicence, avec l'Apulée ; niais la nouvelle traduction de Marsile Ficin a fait oublier depuis longtemps celle de son devancier. Balbus a traduit en outre le dialogue de St. Grégoire de Nysse sur l'Immortalité de l'àme, et la Vie de saint Nacrin ; le sermon de St. Grégoire de Nazianze sur l'Amour de la pauvreté ; celui de S. Jean Chrysostome sur l' 'fulmine ; celui de St. Basile sur la Prière; et enfin divers opuscules de St. Maxime. Ces traductions étaient conservées dans les archives du chapitre de Capoue . I). Bernard de Montfaucon nous apprend que la bibliothèque du Vatican possède aussi quelques opuscules de Balbus
  • Pierre BALDE DE UBALDIS : jurisconsulte fameux dans le Ir siècle, né à Pérouse, d'un médecin de réputation, nommé François degli Ubaldi, manifesta de bonne heure des talents pour l'étude du droit, qu'il apprit sous le célèbre Barthole, dont il devint ensuite l'émule. Il professa d'abord à Pérouse, sa patrie, où il eut pour écolier Pierre de Beaufort, depuis pape sous le nom de Grégoire XI, ensuite à Padoue, puis à Pavie. 11 fut attiré dans cette dernière ville par Galéas Visconti, qui cherchait à donner du lustre à son académie, en y appelant des professeurs célèbres. Comme Balde avait une taille peu avantageuse, on s'écria, la première fois qu'il y parut : Minuit pue-- sentia famam; à quoi il répondit, sans se déconcerter : Augebit calera virtus. On oublia bientôt sa figure, pour ne faire attention qu'à ses talents ; il mit le comble à sa réputation par une supériorité marquée sur ses rivaux, et acquit de grandes richesses par ses consultations. Il mourut le '28 avril 1400, âgé de 76 ans, des suites de la morsure d'un chien enragé, après avoir recommandé qu'on l'enterrât en habit de cordelier. Tous ses ouvrages ont été recueillis en 3 vol. On y trouve des choses singulières, puériles et contradictoires, des assertions dépourvues d'autorité ; il est quelquefois superficiel sur ce qui demanderait d'être approfondi ; prolixe et minutieux sur des choses inutiles; peu scrupuleux sur les principes, et accommodant ses décisions au temps, aux circonstances et aux personnes : c'est là la source des contradictions qu'on trouve dans ses ouvrages, qui sont d'ailleurs, comme tous ceux de ses contemporains, écrits sans méthode et sans le moindre goût. — Il avait deux frères, tous les deux savants dans le droit, Pierre et Ange degli UBÂLDI ; celuici , qui mourut à Florence vers 1423 , le même jour que lui, et qui a composé plusieurs gros volumes, passait pour avoir plus de justesse dans l'esprit. Il laissa deux fils, qui se firent aussi une grande réputation dans la même carrière; l'aîné, appelé Zénobius, fut évêque de Tipherne
  • Pierre BALES( 1547 - 1610) : célèbre maître d'écriture (le Londres, né en 1547, regardé comme un des premiers inventeurs de l'art d'écrire par abréviations , art extrêmement usité en Angleterre, possédait un talent remarquable pour écrire en, petits caractères ; il présenta, en 1575, à la reine Elisabeth, une bague dont le chaton, de la grandeur d'un demisou anglais, contenait le Pater, le Credo , les dix Commandements de Dieu, deux courtes prières la-. fines, son nom, une devise, le jour du mois, l'année de J.C., et celle du règne d'Elisabeth, écrits d'une manière trèslisible; il n'était pas moins habile à imiter les diverses écritures, et pouvait ajouter, à une lettre écrite par une autre main, un postscriptum qui ne se distinguait pas du reste de la lettre. Le secrétaire d'État Walsingham se servit utilement de ce talent dans différentes manoeuvres politiques, notamment pour découvrir quelques conspirations en faveur (le la malheureuse reine l'Écosse. P. Bales est un des premiers maitres anglais qui aient fait graver (les modèles de leur écriture. 11 avait inventé un chiffre extrêmement simple, connu sous le nom d'Alphabet linéal, où toutes les lettres étaient représentées par de simples lignes ou traits dirigés en différents sens ; il publia, en 1590, un recueil intitulé : le Maitre d'écriture, contenant trois livres en un, dont le premier enseigne à écrire vite ; le deuxième à écrire correctement ; le troisième, à bien écrire, Londres réimprimé en 1597, avec un grand nombre de pièces de vers, composées à sa louange par des littérateurs distingués de son temps. 'lest mort en 1610
  • Pierre BALGUERIE-STUTTENBERG( 1779 - 1825) : naquit à Bordeaux, en 1779, dans la religion protestante. 11 était fils d'un commerçant de cette ville, qui avait beaucoup perdu par la révolution, et surtout par ses funestes résultats dans la colonie de StDon rague. Commue son père, il entra dès sa jeunesse dans la carrière commerciale; et, doué de beaucoup d'activité et d'intelligence, il y obtint d'assez grands succès; mais la guerre qui tint si longtemps enfermées dans nos ports l'industrie et la marine de la France ne lui permit point alors de donner un grand développement à ses spéculations. Il ne supportait donc qu'avec peine tin pouvoir si contraire au commerce, et l'on ne peut douter qu'il n'ait vu avec joie la chute du gouvernement impérial. Il fut un . Ce fut aussi lui qui le premier sut former dans son pays ces associations de capitalistes qui partout ont eu de si brillants résultats, et qui, à Bordeaux, achevèrent si promptement le pont de cette ville et celui de Libourne, puis celui de Moissac, d'Agen, d'Aiguillon, de Coësmont et de Bergerac. Ce fut encore par son impulsion que s'éleva dans Bordeaux le bel édifice de l'entrepôt, et La relation de l'une de ces entreprises a été imprimée sous le titre de Journal it voyage autour du moisie pendant les années 1816, 47, 48 el 49, par M. Camille de Roquefeuil, 2 vol. avec use planche, Paris, 1823. que furent établies, dans les faubourgs, des usines, où l'on vit en peu de temps les métaux couler sous toutes les formes et pour tous les besoins. Enfin on peut dire qu'à cette époque si brillante du commerce le français, Balguerie eut part à tout ce qui se lit dans sa patrie de grand et d'utile. La banque, les bains publics, les bateaux à vapeur, tous ces importants objets attirèrent successivement ses regards et ses soins. Ses dernières pensées furent des moyens de défrichement et de fertilité qu'il avait imaginés pour , les landes de la Guyenne, et des voies de communication entre Rochefort, Bayonne et Bordeaux, pour lesquelles déjà il avait obtenu l'autorisation du gouvernement. Mais il ne lui était pas donné d'accomplir ces admirables projets, et il est à craindre qu'ils ne soient morts pour toujours avec lui. Son activité était si grande que, dirigeant luimême toutes ses immenses opérations, il trouvait encore le temps de remplir les fonctions de membée du conseil municipal et du conseil général du commerce, de directeur de la caisse d'épargne, de président de la banque, etc., etc. ; mais ses forces s'épuisèrent avant le temps. A peine âgé de 45 ans, il fut atteint d'une maladie de langueur à laquelle tous les secours de la médecine ne purent remédier. Il mourut à Bagnères, le 25 août 1825. Son corps, transporté à Bordeaux, suivant ses dernières volontés , y fut avec de grands honneurs, dans un cimetière que luimême avait acquis de ses deniers pour ses coreligionnaires. La chambre de commerce, dont il était président, a fait exécuter son buste en marbre pour le placer dans la salle de ses séances. Le roi Louis XVIII lui avait donné la croix de la Légion d'honneur. Par ses rapports de famille et de commerce, par ses croyances religieuses et par (l'autres causes encore, Balguerie appartenait essentiellement sous le gouvernement des Bourbons au parti de l'opposition ; et les chefs de ce parti voulurent, à plusieurs reprises, mettre à profit son influence, en le faisant nommer membre de la chambre des députés; mais il aimait trop la paix , il chérissait trop sa patrie, pour provoquer des agitations funestes, et il avait d'ailleurs trop de bon sens pour abandonner ses affaires, et les sacrifier à des spéculations politiques. Ainsi, comme l'a dit un des écrivains de ce parti, « Il se montra peu empressé d'inscrire son nom « à côté de ces excellents citoyens (lui prêtaient avec « énergie à la cause de la liberté l'appui de leur fluence et de leur richesse. » La cause de la liberté, ou celle des révolutions, perdit sans doute à ce peu d'empressement, mais Balguerie y gagna beaucoup; il remplit jusqu'à la fin de sa vie tous ses engagements; sa fortune s'accrut de jour en jour, et il l'a laissée tout entière à ses trois filles. Un éloge funèbre prononcé sur sa tombe fut imprimé le même jour à Bordeaux, et inséré dans plusieurs journaux de cette ville et de Paris. Il a fait imprimer : 1° Un Mémoire à son excellence Monseigneur le duc de Richelieu, président du conseil des ministres, 1821 où il s'agit de moyens propres à faciliter la navigation de la rivière de Bordeaux ; 2. Lettre de M. Balguerie- Stuttenberg à MM les membres du conseil général dte com- merce, Paris, 1821 On a un portrait de Balguerie lithographié par Galard. M- D j,
  • Pierre BALLERINI( 1698 - 1764) : célèbre écrivain ecclésiastique du 18° siècle , naquit à Vérone, le 7 septembre 1698. Il était fils d'un professeur en chirurgie. Après avoir fait d'excellentes études sous les jésuites, il entra dans les ordres, et fut ordonné prêtre séculier. La lecture attentive des ouvrages avait été prohibée; celleci fut faite, comme on l'a vu, par ordre du pape, et c'est la plus estimée. 7° Plusieurs ouvrages contre l'usure, et surtout deux vol. l'un intitulé : de Jure divino et naturali circa murant libri sex, etc., et l'autre : V juris divini ac naturalis, etc., Bologne, 1747
  • Pierre AVELINE( 1710 - 1760) : graveur , membre de l'académie de peinture , a produit un assez grand nombre d'ouvrages dignes d'estime, entre autres, la Mort de Sénèque, d'après Giordano , qu'il a gra- rée pour la galerie de Dresde ; un grand paysage d'après Berghem, plusieurs morceaux d'après Vischer, 'Watteau , Jouvenet, Natoire, Boucher. Il a gravé aussi d'après ses dessins. Né à Paris en 1710, il est mort dans la même ville en 1760. —Il ne faut pas le confondre avec François - Auguste AVELINE, son parent, qui a gravé différents sujets
  • Pierre AZARIO : né à Novare, écrivit une histoire des événements arrivés Iediolani; elle commence en 1250, et finit en 162, temps où il parait que l'auteur écrivait. Cette histoire ou chronique a été imprimée, pour la première fois, dans le t. 9, part. 6 du Thesaur. Antiquit. Italie de Pierre Burmann, ensuite dans le t. 16 (les Scriptores Renon Italicarum de Muratori. On a encore chi même auteur : de Bello Canapiciano et Comitatu ilfasini, qui se trouve dans le même volume du recueil de Muratori , à la suite du premier ou- vraer,e
  • Pierre AYRAUT( 1536 - 1601) : en latin PETRus .1Eaont us, Dé à Angers, en 1536, fut envoyé à Paris pour y faire ses humanités, et alla ensuite étudier le droit à Toulouse et à Bourges, afin de prendre des leçons de Duaren, . Pierre Ayraut remplit la charge de lieutenant criminel dans sa patrie avec tant d'équité et d'exactitude, qu'il fut appelé l'écueil des accusés. Angers s'honora de lui avoir donné naissance, et lui témoigna son estime en lui accordant la charge d'échevin perpétuel. Pendant les désordres de la ligue, il exerça , par intérim, la charge de président au présidial de cette ville, partageant son temps entre les devoirs de sa charge et l'éducation de ses enfants ; ce qui n'empêcha pas qu'il ne fût accusé de servir le parti de la ligue; mais la place de maitre des requêtes qu'il obtint près (lu duc d'Anjou, depuis Henri III, prouve la confiance qu'on avait dans ses principes. Le discours qu'il prononça, en 1589, sur la mort de Henri III , et la lettre qu'il écrivit ensuite à Henri IV, pour le déterminer à embrasser la religion catholique, prouvent mieux encore combien il était attaché à son souverain. Celui de tous ses ouvrages qui a le plus contribué à le faire connaître des étrangers, et surtout des protestants, est le traité qu'il fit en français et en latin, intitulé : de Jure patrio , ou de la Puissance paternelle, Paris, 1595 ouvrage où l'on remarque avec plus d'intérêt encore l'instruction, l'éloquence et la chaleur de sentiment d'un père au désespoir. Pasquier, Bodin, parlent de ce traité avec le plus grand éloge ; Ménage, petitfils d'Ayraut, et l'un des hommes les plus distingués de son temps, qui a écrit la vie de son aïeul en latin, le compare, dans cette occasion, à la plaintive Philomèle, qui pleure ses petits qu'on vient de lui ravir. Pierre Ayraut avait épousé Anne Desjardins, fille du médecin de François I". Quinze enfants, dont il laissa dix vivants à sa mort, furent le fruit (le cet heureux mariage. Parmi cette nombreuse famille, Pierre Ayraut distingua dans son fils aîné, dès son bas âge, un esprit vif, pénétrant, et il se glorifiait (le trouver en lui un digne successeur. Il l'envoya à Paris, chez les jésuites , qui , charmés des heureuses dispositions du jeune René, mirent tout en usage pour le fixer parmi eux, et le déterminèrent, en 1586, à prendre l'habit de leur ordre. Ayraut, indigné, leur fit sommation de lui rendre son fils. Les jésuites le firent évader, et répondirent qu'ils ne savaient .ce qu'il était devenu. Ayraut demande une enquête, obtient arrêt du parlement, qui ordonne aux jésuites du collége de Clermont de ne point recevoir René Ayraut, et de communiquer cet ordre à tous les autres colléges. Les jésuites n'ayant point obéi à cet arrêt, Ayraut parvient à le faire appuyer par son souverain , et il présente une requête au TT pape : le souverain pontife cède à ses pressantes sollicitations, et se fait présenter le rôle où étaient les noms de tous les jésuites; mais celui de René Ayraut ne s'y trouve pas : les jésuites l'avaient autorisé à prendre un autre nom. Le secret fut inviolablement gardé, et, malgré la protection de son souverain et celle même du chef de l'Église, Pierre Ayraut ne put rien obtenir. Ce fut alors qu'après trois ans de peine et de recherches inutiles, ce père infortuné, espérant de sa plume ce que n'avaient pu lui procurer ses sollicitations, composa son traité de Jure patrio, dont nous avons déjà parlé. Ce moyen ne lui réussit pas davantage, et la douleur qu'il en éprouva abrégea ses jours. Il mourut en 1601, âgé de 65 ans. Huit ans avant sa mort, il avait pris la résolution de priver son fils de sa bénédiction, par acte passé devant notaire, en 1595 : mais cette même tendresse paternelle dont il avait donné tant de preuves surmonta encore son juste ressentiment ; car, à sa mort, on trouva parmi ses papiers un écrit dans lequel il donnait à son fils sa bénédiction. Ce fils, au surplus, ne parait pas avoir justifié les espérances que les jésuites avaient conçues de lui. D'un caractère ardent, obstiné, sacrifiant tous les sentiments de la nature à l'enthousiasme qu'on lui avait inspiré pour son nouvel état, il ne craignit pas de réfuter son père, qui lui avait adressé son livre. Les jésuites, contents de leurs succès, mais peut-être honteux de leur conduite, ne jugèrent pas à propos de publier cette réfutation (le l'ouvrage de Pierre Ayraut, sous le nom du véritable auteur. lls la firent paraître sous celui du Provincial des jésuites de Paris. On a attribué leur conduite envers Ayraut à un plaidoyer qu'il avait fait contre eux pour les curés de Paris, et dans lequel il les avait fort mal traités. Ce plaidoyer fait partie de la collection déjà citée. Son fils René, successivement régent, et enseignant la rhétorique, la philosophie, la théologie dans différentes villes , recteur à Reims, à Sens, à Besançon , procureur de la province de Champagne , puis de celle de Lyon , mourut à la Flèche, en 1644, après avoir passé par les premiers emplois de son ordre
  • Pierre ANICH( 1723 - 1766) : né le 22 février 1-725, à OberPerfuss, près d'Inspruck, était fils d'un paysan, et ne s'occupa dans sa jeunesse que des travaux de l'a- griculture. A l'âge de vingthuit ans, son goût pour l'étude des sciences prit sur lui tant d'empire, qu'il alla à Inspruck, où les jésuites lui enseignèrent l'astronomie et les mathématiques. Sans autre secours que leurs leçons, il exécuta un globe terrestre, un globe céleste et divers instruments de mathématiques. Le jésuite qui avait dirigé ses études lui conseilla de dresser G—T.
  • Pierre ANNET : maitre d'école à Londres, publia , en 1762, un ouvrage intitulé : the Free , qui contenait des propositions contraires à la doctrine chrétienne. Cet ouvrage, trèsmédiocre pour le fond et pour la forme, ne pouvait attirer l'attention publique que par la témérité des opinions ; il excita un scandale assez général pour engager le gouvernement à en poursuivre juridiquement l'auteur. 11 fut cité devant la cour du banc du roi, et déclaré, par un jury, coupable d'impiété et de blasphème. En conséquence, la cour le condamna à être emprisonné deux mois à Newgate, à être, dans cet intervalle, exposé deux fois au pilori, et ensuite détenu, pendant une année, dans la maison de force appelée Bridewell. Le même public ,.., qui avait été scandalisé du livre trouva la punition trop sévère. Pierre Annet, étant au pilori , ne fut point maltraité par le peuple. 11 y fut exposé un jour avec un homme convaincu de parjure. Le peuple jetant de la boue et des pierres à celuici , un des spectateurs dit : « Prenez garde de blesser cet « honnête homme ; qui n'est que blasphémateur. » Une femme du peuple , lisant sur son écriteau : blasphémateur, dit : « Pardi, voilà un grand crime! « ne blasphémonsnous pas tous les jours ? » Il parait que le châtiment ignominieux qu'il venait de subir , loin de servir à le corriger de ses erreurs, ne lit que l'y confirmer, et augmenta même sa témérité. Après son élargissement, il alla se loger en face du palais de l'archevêque de Cantorbéry, et y établit une école publique, dans laquelle il inspirait à ses élèves peu de respect pour l'Ancien et le Nouveau Testament. Cette conduite eut le succès qu'elle méritait : lorsqu'elle fut connue , on lui retira peu à peu ses pensionnaires, et il fut obligé d'abandonner son école. Il continua de professer assez hautement ses principes irréligieux dans un café qu'il fréquentait habituellement. On lui demanda un jour ce qu'il pensait de la vie à venir ; il répondit par cet apologue : « L n « de mes amis, voyageant en Italie, entra dans « une ville : il vit une auberge , et voulut savoir « si c'était celle qu'on lui avait indiquée ; il demanda « à un passant si ce n'était pas l'enseigne de l'Ange. « — Ne voyezvous pas , lui répondit le passant, « que c'est un dragon , et non pas un ange? — Mon « ami, dit le voyageur, je n'ai jamais vu ni d'ange ni « de dragon ; je ne sais pas si cela ressemble à l'un « ou à l'autre
  • Pierre ANTESIGNAN : né à Rabasteins en Languedoc, publia une grammaire grecque qui eut plusieurs éditions, et un traité de la grammaire universelle, ouvrage considérable, mais mal digéré. Dans ses éditions de Térence, il n'épargna aucun soin pour faciliter l'étude de la langue latine. Il publia les comédies de cet auteur de trois façons différentes ; d'abord avec de courtes notes, ensuite avec les notes de tous les commentateurs de Térence ; et enfin avec de nouvelles notes marginales, une traduction et une parap?rase en français des trois premières comédies. Cet ouvrage fut publié à Lyon en 1556. Antesignan fit encore : Thematis verboruminvestigandi Ratio, et Praxis prœceptorum iingiiœ grœcce. Il eut le mérite de poursuivre avec une grande persévérance des travaux utiles. D—T
  • Pierre ANTELMI : neveu de Nicolas, né à Fréjus, étudia à Paris la théologie et la jurisprudence, et y fut reçu docteur dans ces cieux facultés. De retour dans ses foyers, il voulut suivre les traces de son oncle, qui, dans sa vieillesse, avait cherché à lutter contre le célèbre Peiresc, en établissant comme lui un riche cabinet d'antiquités. Il s'appliqua donc avec ardeur à la recherche des monuments de sa patrie, et en forma une trèsbelle collection. Il perdit cependant ensuite le goût de ce genre d'occupation ; car, dès 1650, il commença à se défaire de son ca Binet, dont il gratifia peu à peu le célèbre Peiresc : il lui donna entre autres le beau trépied de bronze sur lequel celuici a composé une dissertation. Lorsqu'en 1657 Peiresc vint à mourir, Pierre Ahtelmi abandonna l'étude des antiquités, et ne dirigea plus ses travaux que vers la théologie. Après la démission de son oncle, il obtint son canonicat, qu'il conserva jusqu'à la lin de ses jours, arrivée le 27 novembre 1668. ll a refondu sur des actes authentiques les leçons qu'on était dans l'usage de lire aux offices de St. Léonce, et en a rejeté toutes les traditions fabuleuses concernant ce patron de l'église de Fréjus, ainsi qu'on le voit dans la préface de la dissertation de Joseph Antelmi, de Iniliis Ecclesice Forojuliensis, Aix, 1680 et dans l'ouvrage de Louis Dufour, S. Leontius episcopus et martyr, suis Forojuliensibus restitutus, Avignon , 1658, -
  • Pierre APIANUS( 1495 - 1551) : professeur de mathéma:tiques à Ingolstadt, né en 1495, à Leysnick de Misnie ; son nom allemand était BIENEWITZ : Biene signifie abeille, apis, d'où Apianus. CharlesQuint qui l'estimait, le nomma chevalier de l'empire germanique, et lui fit présent de 3,000 pièces d'or. On a de lui : 1° une cosmographie en latin , Landshut, 1524, et quelques ouvrages de géographie ; Astronomicum Ccesarem , Ingolstadt, 1540, format d'atlas. Cet ouvrage est dédié a CharlesQuint, et à son frère Ferdinand ; il a pour objet de substituer les instruments aux tables astronomiques, pour trouver en tout temps la position des astres, et toutes les circonstances des éclipses. • L'idée n'est pas heureuse , mais l'exécution prouve de l'adresse et une industrie que Képler appelle malheureuse , et qu'on ne saurait assez déplorer. La seconde partie de cet ouvrage renferme la description d'un instrument pour résosdre, sans calcul, tous les triangles sphériques ; on y trouve les observations de cinq comètes , et cette remarque curieuse, que les queues des comètes sont toujours à l'opposite du soleil, et dirigées suivant une ligne qui est le prolongement de la droite, menée du centre du soleil à celui de la comète. Dans le privilège de ce livre, privilége dont la date est 1552, et la durée, trente ans, on voit la liste des ouvrages qu'A pianus se proposait de ' publier, tels que des éphémérides de 1534 à 1570, des livres d'arithmétique et d'algèbre, des almanachs avec des prédictions, les oeuvres de Ptolémée , en grec et avec une traduction latine ; ceux d'Azopli ancien astrologue ; des livres sur les éclipses , des cartes géographiques , et divers instruments. On n'y trouve ni l'ouvrage intitulé : Inscriptiones S. S. vetustatis , non illce quidem Romance , sed totius vere orbis , Ingolstadt, 1534, qu'on lui attribue, qu'on dit excellent pour le temps , et beaucoup plus complet que tous ceux qui avaient paru en Italie, ni celui qui porte pour titre : Tabule direclionum profeciionumque , Wittemberg, 1606 , qui parait être celui de Regiomontanus. Apianus mourut à Ingolstadt, le 21 avril 1551. Il fut un des premiers à proposer l'observation des mouvements de la lune , pour découvrir les longitudes, et il exposa sa méthode dans la première partie de sa cosmographie. 11 veut qu'on observe la distance de la lune à quelque étoile fixe , peu éloignée de l'écliptique, et c'est encore la méthode que l'on suit actuellement. — Philippe, son fils , lui succéda dans sa chaire de mathématiques , et publia plusieurs écrits, notamment : 1° de cylindri Utililale; 2° de Usu trientis instrumenti astronomici noni, etc. Il mourut à Tubingen , où il avait été forcé de se retirer après avoir embrassé la religion réformée. Tycho nous a conservé dans ses Progymnasmes la ettre qu'il écrivit de Tubingen au landgrave de HesseCassel , sur l'étoile nouvelle de Cassiopée , en 1572.
  • Pierre BAARDT : médecin et poète flamand du lie siècle, a laissé cieux poèmes : le Triton de Frise, composé à l'occasion de la prise d'Olinda, capitale du Fernambouc, et l'Agriculture pratique de Frise; ce dernier est estimé, et il a été comparé par quelques personnes aux Géorgiques de Virgile ; d'autres n'ont regardé cet ouvrage, écrit en patois frison, que comme un travestissement ridicule du poète latin. Baard a encore publié un volume sur la morale. Prosper Marchand accuse Baardt d'avoir, dans son Neb ulo nebulonum, 1645 copié infidèlement, et sans le citer, l'ouvrage de Murner, portant le même titre. — Arnold BAARDT , jurisconsulte à Bruxelles , dans le 16e siècle, a laissé quelques dissertations sur la jurisprudence, imprimées à Cologne
  • Pierre BANGIUS ou BANG( 1633 - 1696) : théologien suédois, né à Ilelsinburg, en 1653, d'abord professeur de théologie à l'université d'Abo, et ensuite évêque de Wiborg, mort en 1696. Pendant qu'il professait la théologie, il fit soutenir des thèses qui l'engagèrent dans une querelle trèsanimée avec Miltopœus, professeur de philosophie, et qui occasionnèrent un schisme dans l'université d'Abo. On a de Bangius plusieurs ouvrages en latin, parmi les- ecclésiastique. Ce quels on doit observer son commentaire sur l’Epître aux Hébreux, et son Histoire ecclésiastique. Ce dernier ouvrage, qui parut en .1675, contient plusieurs idées singulières. On y lit, entre autres, qu'Adam demeura quelque temps en Suède, et fut le premier évèque de ce pays. — Il y a eu en Danemark plusieurs autres savants (lu nom (le BANG, pli Ont écrit sur les langues et sur la théologie
  • Pierre BARBOSA : professeur célèbre de droit romain, dans l'université de Coïmbre, sous le règne du roi Sébastien, qui le tira de cette université, en 1577, pour le placer clans le conseil suprême de justice , où il resta jusqu'à sa mort , en •606 , avec la plus grande réputation de droiture, d'intégrité et d'indépendance. Il était persuadé que Philippe 1I1 possédait injustement la couronne de Portugal, .et ne cachait pas son opinion. Le rusé monarque sentit le tort qu'il se ferait clans l'esprit des Portugais en persécutant un homme qui d'ailleurs ne donnait aucune prise par sa conduite, et pour le gagner, il lui conféra la place de grand chancelier, devenue vacante. Mais Barbosa ne changea point de langage, et lorsque l'on annonça que Philippe était mort dans les sentiments de la plus haute piété, le grand chancelier demanda froidement « si le roi avait or« donné dans son testament qu'on rendit le Portugal « à celui à qui il appartenait de droit. » Les ouvrages de cet hommes vertueux sont des commentaires sur les titres du Digeste, de Midis, Lyon, '1622, ; de soluto Matrimonio , Madrid , 1595 ; de Legalis et Substitutionibus, Lyon, 1664 ; de Donationibus, Francfort, 1625, C—S—A .
  • Pierre BARBA : médecin espagnol dans le 17e siècle, de la faculté de Valladolid , sous le règne de Philippe IV, dont il fut le premier médecin. 11 est un des premiers qui aient préconisé l'emploi du qu fébrifuge, dans un ouvrage intitulé : Yera Praxis de curatione tertianœ stabilitur, falsaimpug- natur, liberantur Hispani medici a calumniis, Séville, 1642 On a encore de lui un écrit en espagnol sur la peste, Madrid, 1648
  • Pierre BARDET( 1591 - 1685) : avocat au parlement de Paris, naquit à Montagnet, en Bourbonnais, le 15 décembre 1591. Après avoir achevé ses études en droit à Toulouse, il vint suivre le barreau dans la capitale, où son savoir le lit bientôt distinguer. Quoiqu'il s'exprimàt avec facilité, il renonça de bonne heure à la plaidoirie pour s'adonner au travail du cabinet, préférant une tranquille obscurité à l'éclat des audiences. C'est là qu'il répétait à ses confrères que l'avocat doit ètre aussi réservé, aussi scrupuleux, en donnant une consultation, que le juge qui est appelé à prononcer une sentence. Il avait surtout approfondi la matière des substitutions ; ce qui lui valut la clientèle de plusieurs grandes maisons. Obligé d'aller en Provence pour suivre un procès, il Nit sa fortune compromise ; et, de retour i Paris après une longue absence, il ne retrouva plus ses amis!... Ce changement le détermina à se retirer à Moulins, où il mourut le 29 septembre 1685. Dès son entrée au palais, il avait commencé un recueil des arrêts rendus sur les questions les plus importantes ; il l'augmenta successivement dans le cours de sa longue carrière. .Après sa mort, ses manuscrits passèrent à Berroyer, avocat, son ami, qui en publia une partie sous le titre de Recueil d'arrêts du parlement de Paris, pris des Mémoires de feu M. Bordet, Paris, 1690, 2 vol. Berroyer y ajouta des notes et une préface instructive, dans laquelle il donne un précis de la vie de l'auteur. Malgré le ton d'emphase et les traits de mauvais goût qu'on trouve à reprendre dans ce mor- ceau, il intéresse parce qu'on sent que le panégyriste l'a écrit d'inspiration. Lalaure en donna une nouvelle édition, Avignon, '1773, 2 vol. L'article BAR- DU dans Moréri , qu'on annonce avoir été tiré des manuscrits de Bouche' d'Argis , est extrait mot pour mot de la préface de Berroyer
  • Pierre BARDIN( 1590 - 1637) : Dé à Rouen, en 1590, membre de l'Académie française, se noya, en 1657, en voulant secourir M. d'Ilumières , qui avait été son élève et était son bienfaiteur. Chapelain dit, dans l'épitaphe qu'il lui a consacrée . . . Quand au fond des eaux il fut précipité, Les vertus avec lui tirent toutes naufrage. Son goilt le portait à l'étude des mathématiques rependant ses ouvrages sont .le pure littérature ; ils ne méritent guère d'ètre tirés de l'oubli. En voici hi liste : l le Grand Chambellan de France, Paris 1623, dedié au duc de Chevreuse; 2. Essai suri l'Ecclésiaste de Salomon, Paris, 1626 5° Peu- Sées morales sur l'Ecclésiaste de Salomon , 1629 ; 4° le Lycée, où , en plusieurs promenades, il est truité des connaissances, des actions et des plai- sirs d'un honnète homme, 1ti5.2, I631, 1649, '2 vol. ' La mort de Fauteur a laissé cet ouvrage itnparfait. Ce fut à la mort de Hardin que l'Académie française arréta qu'elle ferait célébrer un service pour chaque academicien qu'elle perdrait
  • Pierre BARDIN : d'une ancienne famille de Toulouse illustrée par le capitoulat dès le 11° srècle, naquit dans cette ville, et y fut fait conseiller au parlement en 1424. Il est auteur de plusieurs ouvrages assez remarquables pour le temps : l'un sur l'origine de la juridiction ecclésiastique, qu'il rapportait aux empereurs et aux rois; l'autre sur les privilèges et immunités des moines. Il avait aussi composé un traité sur les moyens de réprimer trop grande puissance des ére'ques, et un commentaire sur le titre des Décrétales de episcopuli An- lien- lia ; mais ces derniers ouvrages sont perdus. — Guillaume BARD1N, fils du précédent, et conseiller au même parlement, est auteur d'une chronique du Languedoc, imprimée pour la première fois dans le tonte 4 du savant ouvrage publié sur cette province par D. Vaissette et D. de Vie , sous le titre d'Historia ehronologira parlamentorum pu- triai oceitaniœ. Elle commence en 1651 et finit en 1454. Cet ouvrage, écrit en latin, est intéressant; niais l'auteur n'est. 1as toujours lidèle, et il se montre d'une extrème crédulité. Cependant Farke, un des premiers annalistes de "foulouse, l'a pris trop souvent pour guide. Aussi les bénédictins auteurs de l' His- toire général du Languedoc les réfutentils , l'un et l'autre, en divers passages
  • Pierre BARRA : médecin du 170 siècle, établi à Lyon, a publié : 1° de l'Abus de l'antimoine et de la saignée, Lyon, 1664 ; 2° de l'Usage de la glace, de la neige et du froid, 1671 et 1675 3° de verts Terminas partes humani; accessit historia mulieris romance, jans ab annis quatuor gravidoe, 1666
  • Pierre BARON : théologien du 160 siècle. Comme il ajoutait à son nom l'épithète de Stempanus, Bayle en conclut avec assez de vraisemblance qu'il était originaire d'Étampes. Après avoir achevé ses études, Baron prit le grade de licencié èslois à l'université de Bourges. Les persécutions auxquelles les protestants étaient en butte, sous le règne de Charles IX, le décidèrent à sortir de France avec sa famille. Il alla chercher un asile en Angleterre, où son savoir lui mérita bientôt des protecteurs. En 1575, il fut pourvu d'une chaire de théologie au collége Marguerite de l'université de Cambridge. Le traitement attaché par la fondation à cette place ne pouvant lui suffire pour élever sa famille, les amis de Baron sollicitèrent du chancelier de l'université, Burghley, une pension qui let m'omise ; mais on ignore si réellement elle fut accordée. Si l'on en excepte quelques disputes qu'il eut à soute- Tobey iii Quintiliani Institut loues oratorios, Puis, 4537 Et non pas le 22 septembre, comme le dit M. Miorcec de tierdalle, dans ses Notices sur 1, avec toutes les cérémonies de l'Église anglicane. On a (le Baron plusieurs ouvrages de théologie, aujourd'hui complétement oubliés, dont les moins inconnus sont : Summa trium deprcedestinatio* se? tentiarum et Prœdictiones in. Jonam, Londres, 4575 L'article que Bayle lui a consacré dans son Dictionnaire critique, etc., renferme plusieurs inexactitudes ; elles ont été rectifiées dans celui de Chaufepié, où les curieux trouveront sur ce personnage tous les détails qu'ils peuvent désirer
  • Pierre BARRAL : naquit à Grenoble , où il fit ses études et où il prit les ordres ; il se rendit ensuite à Paris, où il se dévoua à l'éducation de la jeunesse, et y mourut le 21 juillet 1772. D'une humeur douce et sociable, d'une bonté extrême, il prodiguait le fruit de ses travaux aux indigents qui recouraient à sa générosité. On a de lui : 1O les Appelants célèbres , 1755 Partisan de Jansénius et de Quesnel, il consacra dans cet ouvrage sa plume aux défenseurs de leur cause. Ce fut dans les mêmes principes qu'il entreprit l'ouvrage suivant. 2° Dictionnaire historique, littéraire et critique des hommes célèbres, 1758, 6 vol. Les PP. Guibaud et Valla, oratoriens, ont coopéré à cet ouvrage, qu'on appelle le martyrologe du jansénisme fait par un convulsionnaire. 5° Maximes sur le devoir des rois et le bon usage de leur autorité, 1754 2 ; cet ouvrage parut aussi sous les deux titres suivants : Manuel des Souverains, 1754 i ; Principes sur le gouvernement monarchique, Londres, Nourse, 1755 4° Lettres sur l'ouvrage intitulé : Querelles littéraires ; ces lettres sont au nombre de dix ; celle qui renferme l'apologie de St. Bernard est de D. Clémencet. L'abbé Leroi, oratorien, est auteur de celle qui roule sur la dispute du quiétisme entre Fénélon et Bossuet. 5° Recueil de différentes pièces concernant M. de Visé , ancien pré tre de l'Oratoire, 1765 6° Dictionnaire portatif, historique, géographique et moral de la Bible, 1756 ;1758, 2 vol. 7° Dictionnaire des Antiquités romaines, traduit et abrégé du grand dictionnaire de Pitiscus, 1766, 6 vol. M. Pougens a donné, en 1796, 2 vol une nouvelle éd ition de cet ouvrage, auquel il ajouta un Essai sur l'étude des Antiquités septentrionales et des anciennes langues du Nord. 8° Sevigniana , ou Recueil de pensées ingénieuses , d'anecdotes littéraires , etc., tirées des Lettres de madame de Sévigné, avec des remarques 1756, 1767, réimprimé en 1788. Barral a été éditeur des Mémoires historiques et littéraires de l'abbé Goujet, 1767
  • Pierre BARRÈRE : naturaliste, a exercé la médecine à Cayenne et à la Guyane, pendanttrois années, vers le commencement dulie siècle. Après son retour en France, il fut nommé professeur de botanique à Perpignan, sa patrie, où il est mort le ler novembre 175,5. Il a publié plusieurs ouvrages : 1° Question de médecine, dans laquelle on examine si la théorie de la botanique et la connaissance des plantes est nécessaire à un médecin, Narbonne, 1740 2° Essai sur l'histoire naturelle de la France équinoxiale, ou Dénombrement des plantes , des animaux et des minéraux qui se trouvent dans Vile de Cayenne et à la Guyane, Paris, 1741 et 1749 et inséré dans le tonie 2 de la Collection des Voyages publiée par Haller, à Goettingue, 1751 Dans ce petit ouvrage, l'auteur ne donne qu'une idée fort imparfaite des richesses naturelles de ces contrées ; les plantes y sont rangées par ordre alphabétique, sous les noms que Plumier et Tournefort leur ont donnés. 5° Ornithologie° Specimen novum, sire Series atrium, in Ruscinone , Pyrenceis tnontibus algue in Gallia oequinoctiali observatarum, Perpignan , •1745 avec une planche. 4. Observations sur l'origine et la formation des pierres figurées , Paris, 1746 2 planches. 5° Observations anatomiques tirées de l'ouverture des cadavres, Perpignan, 1751 8° ; 1755 4. : il y traite des effets nuisibles de la jusquiame. 6° En 1743, il donna à l'académie des sciences de Paris un Mémoire sur la manière dont on cultive le riz en Espagne. 7° Nouvelle relation de la France équinoxiale, Paris; 1743 8. Dissertation sur la cause physique de la couleur des nègres, Paris, 1741 et Barrère prétendait que la bile des nègres était noire, et qu'elle était la cause de la couleur de leur peau. Cette opinion, qui n'était pas nouvelle, a été réfutée dans le Journal des savants . Il a été réfuté par Lecat. VVilldenow a donné, en son honneur, le nom de Barrera à un genre de plantes de la Guyane qu'Aublet avait fait connaître, niais sous un autre nom
  • Pierre BARRIÈRE : ou LABARRE, d'abord batelier à Orléans, sa patrie, puis soldat, esprit sombre , mélancolique, qui s'est rendu fameux par le projet d'assassiner Henri IV. Son dessein ayant été découvert , il fut arrêté à Melun, comme il allait l'exécuter, et rompu vif le 26 août 1593, sans avoir témoigné le moindre repentir. Il déclara dans son testament de mort, et il soutint sur l'échafaud, qu'il avait été porté ou encouragé dans son régicide par un capucin L'histoire particulière de ce régicide fut publiée, Paris, 1594, i n-8°
  • Pierre BARTHÉLEMY : prêtre, Dé à Marseille, accompagna, en 1096, Raimond de StGilles, et Adhémar, évêque du Puy, dans la première expédition de la terre sainte. Pieux et crédule, il joua un trèsgrand rôle dans le siége d'Antioche, en racontant aux croisés les visions qu'il avait eues pen.: dant son sommeil. Il vint annoncer aux chefs de la croisade que St. André lui était apparu, et lui avait dit que, dans l'église de StPierre d'Antioche, on trouverait, en fouillant la terre, la lance avec laquelle on avait percé le flanc de JésusChrist. Cette lance était révélée aux chrétiens comme une arme céleste avec laquelle ils devaient mettre en fuite les infidèles. L'avis de cette découverte excita un grand enthousiasme parmi les croisés; par l'ordre des chefs, et en présence de douze témoins, on fouilla la terre au lieu indiqué ; après avoir fait d'inutiles recherches pendant une journée, vers le soir, Barthélemy descendit dans la fosse qu'on avait creusée, et bientôt en ressortit avec le fer merveilleux qu'il avait annoncé. L'enthousiasme redoubla parmi les croisés, qui, trois jours après, remportèrent une grande victoire sur les Sarrasins ; la lance fut portée au milieu de l'armée chrétienne, et sa vue contribua beaucoup à ranimer l'ardeur des soldats ; cependant, comme elle attirait de nombreuses offrandes aux Provençaux, la jalousie des autres nations chrétiennes ne tarda pas élever des doutes sur l'authenticité de sa découverte ; l'armée chrétienne fut longtemps agitée par les plus violents débats ; mais enfin Barthélemy, qui s'était persuadé à luimême la vérité de ce qu'il avait annoncé, prit le parti de se soumettre à l'épreuve du feu, pour attester sa véracité. Le vendredi saint, 1099, un grand bûcher fut allumé au milieu du camp des croisés , qui faisaient alors le siège d'Arcas, près de Tripoli. Barthélemy, après avoir passé trois jours en prières, se précipita au milieu des flammes, et traversa le bûcher fatal en présence de 40,000 pèlerins ; mais il ne résista pas longtemps à cette terrible épreuve, et mourut peu de jours après. Depuis ce temps, la lance miraculeuse fut tout à fait abandonnée
  • Pierre BARWICK( 1619 - 1705) : médecin anglais, né vers l'an 1619 , à Wetherstack , dans le Westmoreland , étudia à l'université de Cambridge. Il s'honora par son courage et son dévouement , surtout pour les pauvres, pendant la peste qui ravagea la ville de Londres en 1665. Fidèlement attaché à la cause royale, il fut fait, aussitôt après la restauration, médecin ordinaire de Charles II ; ce prince avait la plus haute estime pour ses talents et son caractère. Modèle de piété, de bonté et de désintéressement, et d'une modestie presque sans exemple , Barwick était également remarquable par la solidité de son savoir, et la facilité et l'élégance de son style. Il mourut à Londres en 1705, âgé de 86 ans. Il réussissait particulièrement dans le traitement de la petitevérole et des différentes espèces de fièvre. On a e lui : 1° Défense de la découverte de la circulation u sang par Harvey, regardée comme un des meileurs ouvrages écrits sur ce sujet. 2° Vie de Jean Barwick , écrite en latin, et publiée avec une préface par Hilkiah Bedford, 1721 Quelque temps avant sa mort, et devenu presque aveugle, il ajouta à cet ouvrage un appendis en défense de l'Eikon Basilikè , contre le docteur Waller, où l'on trouve beaucoup d'aigreur, occasionnée par les nombreux libelles répandus dans le public contre la mémoire de Charles Ir,. On attribue aussi au docteur Barwick un livre intitulé : de Iis que medicorum animos exagitant, Londres, 1671
  • Pierre BASMANOFF : général russe, eut une grande part aux événements qui, au commencement du 17e siècle, exercèrent une si funeste influence sur l'empire russe. Le faux Démétrius ou Dmitri , s'avançant sur Nowogorod, le czar Boris jeta les yeux sur Basmanoff, qui répondit parfaitement à l'attente du prince. L'aventurier fut repoussé, et le czar appela à Moscou Basmanoff, qui y fit une entrée triomphale. Il paraissait être au comble de la faveur ; et, Boris étant mort, son fils Fédor lui donna le commandement en chef de l'armée, et reçut son serment de fidélité. Mais, dans le même temps, Basmanoff excitait secrètement les chefs et les soldats contre son prince. Le complot éclata le 7 mai 1605; Basmanoff étant monté à cheval, proclama à haute voix Démétrius zar de Moscou. Des milliers de voix répétèrent « Vive Démétrius, fils d' lwan ! » Quelques généraux s'échappèrent secrètement ; ils furent arrêtés sur la route de Moscou ; Iwan Godounoff, oncle du czar Fédor, fut ramené au camp et livré à Démétrius comme un gage de la fidélité de l'armée. Les cenelles marchèrent sur Moscou, dont ils s'emparèrent facilement. Le jeune czar, sa mère et sa femme furent mis à mort. Mais les Zouiski ou Schouiski ayant ensuite soulevé le peuple contre l'imposteur, et Démétrius s'étant caché dans le palais, Basmanoff se mit à la tète des gardes du corps et ferma les portes, afin de donner le temps au faux czar de se cacher. Un gentilhomme cria que l'on fit paraître l'imposteur ; Basmanoff lui fendit la tète d'un coup de sabre. Mais voyant qu'il allait succomber et que le peuple pénétrait clans le palais, il s'avança vers les princes Soltikoff, Gallitzin et autres grands qui avaient concouru avec lui à élever Démétrius sur le trône ; et, pendant qu'il cherchait à les ramener, Michel Tatistcheff, que Basmanoff avait sauvé de l'exil, lui enfonça son épée clans le cœur, en disant : « Scélérat 1 va aux enfers, avec ton « czar ! » Le corps de Basmanoff fut jeté du haut des escaliers dans la cour . On le rendit cependant à ses parents, qui le placèrent près de son fils, mort en bas àge
  • Pierre BASSET : historien anglais du 15° de, i,sti d'une bonne famille du comté de Strafford; il est auteur d'un lis re intitule : les Actions du roi 'Puri F. Cet omrage, qui n'a point été imprimé, contient une relation 118èle et detaillee des evéne- ments arri•rei sous le règne de ce prince, jusqu'au couronnement de sou 116 Henri \ 1. Il est muser% e en manuscrit dans la bibliothèque du collége d'Heraids. Basset etait chambellan de Henri V qu'il mail sui% i dans ses diverses eampognes de France, et il mait etr teinoin oculaire des e‘enements qu'il a decr i t
  • Pierre BASSUEL( 1706 - 1757) : chirurgien de Paris, né en 1706, fut un des premiers membres de l'académie de chirurgie fondée en 1731, et longtemps son commissaire de correspondance. Reçu en 1730, il fut nommé professeur en 1744 , et jusqu'en 1757, année de sa mort, il jouit d'une grande réputation à Paris. On a de lui plusieurs mémoires insérés parmi ceux de l'académie des sciences, de l'académie de chirurgie, relatifs à son art, sur la hernie crurale, sur la fracture de la rotule, etc. Le principal est celui qu'il so*mit au jugement de l'académie des sciences lorsqu'il n'avait encore que vingtcinq ans, et qui est relatif à la question grandement agitée alors, de savoir si, dans la systole du cœur , ce viscère diminue de volume et se raccourcit .Vesale, Riolan, etc. , avaient professé le contraire ; Bassuel renversa cette erreur physiologique, en examinant la disposition des valvules, qui est telle que la circulation n'aurait pu se faire, si l'assertion de Vesale eilt été vraie, et en s'aidant à la fois du raisonnement et de l'expérience
  • Pierre BASTE( 1768 - 1814) : né à Bordeaux, le 11 novembre 1768, d'un père qui avait acquis quelque aisance pendant la guerre de l'indépendance angloaméri- came, entra dès l'âge de treize ans dans la marine marchande, et y resta dix ans. Enthousiaste de la révolution française, il prit du service sur les bâtiments de l'État ; fut nominé , en 1795 , enseigne auxiliaire; en 1794, capitaine au long cours. Cette année même, il eut sous son commandement, à StDomingue, la goêlette l'Hirondelle. En 1794, il alla sur le brick le Jacobin explorer les côtes de la NouvelleAngleterre. En 1795, il se distingua aux com- bats des 5 messidor an 5 et 2 frimaire an 4, et commanda la demigalère la Volligeuse, qui faisait partie de la flottille du lac de Garda. Il passa de là aux lacs de Mantoue ; et, après y avoir soutenu avec honneur divers combats, il fut mis à la tête de la flottille qui fut si utile pendant le siège. Les deux généraux Andréossi rendirent justice au nouveau commandant, et le recommandèrent à Bonaparte. Baste, qui avait été nommé enseigne de vaisseau, le 21 mars 1796, obtint alors un brevet provisoire de lieutenant de marine ; et comme tel commanda , de 1797 à 1798, le brick la Mérope, de 18 canons, au siége de Malte; la chaloupe canonnière no 1, et peu après la felouque la Légère. Il s'était trouvé le 16 thermidor an 6 au combat d'Aboukir. Chargé en floréal an 8 de porter des dépêches au gouverneur de Malte, alors étroitement bloquée, il remplit sa mission avec succès, et revint à Toulon sans avoir souffert des poursuites de l'escadre anglaise. Bientôt revenu dans cette île, il fut chargé par le contreamiral Villeneuve de faire exécuter les articles de la capitulation, et de diriger les marins quiiiestaient dans la place. Il pénétra au Goze, maigre le feu croisé des batteries, afin de prendre connaissance de la situation de la faible garnison qui s'y trouvait, et prit une part active à la belle défense du fort Chambray, dont il l'amena la garnison à Malte. 11 ne déploya pas moins de courage au fort Ricazoli, où il avait sous ses ordres un détachement de marins, et dont il eut le bonheur de conserver en grande partie la garnison. Ces services lui valurent enfin le brevet de lieutenant de vaisseau ; que lui envoya Bonaparte, premier consul. Peu de ' temps après, il partit pour la désastreuse expédition de StDomingue, dont il avait prévu l'issue, et où, deux fois, il fut sur le point de périr, d'abord dans ' l'incendie du Cap, qu'il s'efforça vainement de prévenir ; puis, par une de ces maladies qui sont ducs à l'influence d'un climat mortel pour tant d'Euro- péens. A son retour en France, Baste fut nommé ca- pitaine de frégate , et, presque en même temps, appelé auprès des consuls comme capitaine de frégate, commandant le 3' équipage du bataillon des marins de la garde. On ne tarda pas à l'employer à la flottille de Boulogne et sur la côte du Havre. Le combat du 14 thermidor an 12, entre les chaloupes canonnières françaises et une escadre de quatorze vaisseaux anglais qui bombardèrent le Havre, fournit à Baste l'occasion de se distinguer. Commandant la canonnière la Boulonaise, il eut à combattre à portée de mitraille un cutter et un brick anglais, et, dans cette action inégale, il démâta le brick de son grand mât de hune, et obligea les deux bâtiments à prendre le large. Détaché ensuite à Ostende, et mis sous les ordres du contreamiral Ma- gon , il activa les armements de ce port, puis se distingua dans plusieurs affaires devant Calais et Boulogne. Napoléon le désigna pour ètre un des officiers de marine qu'il emmenait à sa suite dans sa campagne de 1806, en Autriche. Les services qu'il rendit sur le Danube, au pont de Vienne à l'île de Lobau, quoique moins brillants que bien des faits d'armes, ne furent ni moins réels ni moins appréciés du chef de l'armée. Aussi Baste futil encore de la campagne de 1807. Ayant équipé une flottille à Dantzick pour seconder les opérations du siége de Pillau , il prit un convoi de quarantedeux voiles qui portait des vivres à l'ennemi. L'année suivante, il rejoignit à Valladolid, avec le bataillon de marins de la garde, l'armée sous les ordres du général Dupont. Ce bataillon avait pour chef le capitaine de vaisseau Daugier ; Baste commandait en second. Sa présence dans une armée de terre, dont alors on ignorait encore la vraie destination, indiquait assez que l'on se rendait à Cadix , où une division navale mouillait en rade. On sait que ce but ne fut pas atteint, et que la marche de Dupont en Andalousie n'aboutit qu'au triste sac de Cordoue et à la capitu- lation de Baylen. Dans toute cette marche, le batail- ion des marins fit partie de l'avantgarde , et Baste obtint d'être compris parmi les officiers de l'étatmajor pour être employé corhme volontaire dans les expéditions les plus hasardeuses; il se comporta trèsvaillamment à l'affaire du pont d'Alcolea, dirigea deux fois de petites expéditions sur Jaen pour en rapporter des vivres, dont la pénurie se faisait cruellement sentir aux Français, cantonnés dans Andujar, et favorisa la jonction du général Vedel avec le corps de Dupont, en se portant avec une colonne vers la SierraMorena, et lorsque Dupont parlemen- tait avec le général espagnol Castanos, il fit au nom. de Vedel de grands efforts pour empêcher la capitulation. L'insigne mauvaise foi avec laquelle on viola Cette capitulation ne s'étendit point aux généraux et aux officiers supérieurs. Ainsi que ceuxci, Baste fut transféré au fort StSébastien de Cadix, embarqué dans les premiers jours de septembre , et conduit à Marseille. 11 s'attendait à partager la disgrâce des généraux Dupont, Marescot et Vedel; et d'abord, en effet, l'empereur l'accueillit trèsfroidement, mais il ne tarda pas à revenir sur son compte et à le traiter avec bonté. Il l'employa, en 1809, dans sa seconde campagne d'Autriche, où Baste arma une flottille sur le Danube, s'empara de l'ile de Mulheiten, et, facili- tant ainsi aux troupes le passage de divers bras du fleuve, prépara la bataille de Wagram. Le titre de comte, une dotation de 20,000 francs de revenu , le grade du colonel des marins de la garde et celui de commandant de la Légion d'honneur furent le prix de cette activité. Baste retourna immédiatement en Espagne ; et là, nommé gouverneur de Lorca, il nettoya le pays, naguère infesté de guérillas, et occupa la ville d'Almanza. Élevé, en 1811, au commandement de la flottille de Boulogne, et bientôt au rang de contreamiral, il devait, au commencement de 1815, prendre le commandement de la flottille po- méranienne , et, se concertant avec le général Mo- rand, défendre Pile de Rugen, les côtes Baltiques, et surveiller l'Oder ; mais Napoléon renonça bientôt à ce plan, et, à la fin de cette même année, il lit passer Baste à l'armée de terre, avec le titre de général de brigade. C'est en cette qualité qu'il prit part à la campagne de France, triste dénoûment de vingt années de brillantes expéditions et de tant de victoires ; il n'en vif pas la fin, et mourut sur le champ de bataille de Brienne, en février 1814, âgé de 46 ans, après avoir fait vingtcinq campagnes aux colonies, tant occidentales qu'orientales, et avoir pris part à quinze combats, au siége de Malte et à plusieurs affaires de la flottille boulonaise
  • Pierre BAUX( 1679 - 1732) : naquit à Nîmes, de parents calvinistes, le 12 août 1679. La profession de médecin était héréditaire dans cette famille. Baux l'exerça comme son père et son aïeul, et la fit embrasser à son fils ; il étudia son art tour à tour à Montpellier, à Orange, où il fut reçu docteur, et enfin à Paris , où il était allé contre la volonté de son père ; mais les lumières supérieures qu'il apporta de la capitale, après un séjour de deux ans, lui tirent facilement pardonner sa désobéissance. 11 consacra ses talents à ses concitoyens, et leur donna particulièrement des preuves de son dévouement et de son zèle, lorsque la peste s'étant introduite en Provence, on craignit qu'elle ne s'étendit jusqu'à Nîmes. Tandis que plusieurs de ses confrères abandonnaient la ville menacée de la contagion, Baux promit aux habitants ses soins et ses services. 11 composa, dans cette circonstance, un ouvrage intitulé : Traité de la Peste, où l'on explique d'une manière nouvelle les principaux ph, nomènes de celle maladie, et où l'on donne les moyens de s'en préserver et de la guérir, Toulouse, 1722 . Cet écrit eut du succès, et obtint surtout le suffrage du médecin Chicoineau. Le Journal des Savants renferme quelques opuscules de Baux , qui, de plus, a laissé en manuscrit des Observations sur divers points de la médecine théorique et pratique, de la physique et de l'histoire naturelle : c'était le fruit d'études approfondies et d'une longue expérience. Les gens de l'art qui ont eu connaissance de cet ouvrage ont tous regretté qu'il n'ait pas vu le jour. 11 ne faut pas ranger parmi les simples factums de palais les deux mémoires que le docteur Baux publia dans le procès des médecins contre les chirurgiens, qui prétendaient s'arroger le droit de pratiquer la médecine, querelle qui se renouvela depuis à Montpellier et à Paris, et à laquelle le célèbre Astruc ne dédaigna pas de prendre part. Les écrits de Baux, pour la cause des médecins, se firent distinguer par la force du raisonnement et par l'érudition, et furent recherchés de toutes les classes de lecteurs. 11 mourut subitement à StDionisy, près Nîmes, le 3 septembre 1752, à l'âge de 53 ans. — Son fils , Pierre Baux, fut aussi médecin, et l'un des plus zélés propagateurs de l'inoculation ; il a publié un Parallèle de la petite vérole naturelle avec l'artificielle ou inoculée, Avignon, 1761 ; et des Observations météorologiques, fruit des travaux les plus assidus pendant quarante ans. La collection de l'académie des sciences contient plusieurs mémoires de cet habile praticien. V. S—L. Cet ouvrage avait été précédé de Lettres à il. le"#, au sujet de la maladie de Provence, Ntines, 1721 11 a donné, en outre, dans le Zodiaque de Nicolas de Illegny, l'Histoire d'une transposition générale des viscères, qu'il avait observee dans le corps d'un enfant
  • Pierre BAYEN( 1725) : pharmacien, né à ChillonssurMarne, en 1725, manifesta de bonne heure le gotlt des sciences et des arts. Pendant qu'il faisait ses études, il employait tous ses jours de vacances à visiter les ateliers des fabriques ou à suivre les travaux des agriculteurs. Il pensait, avec raison, qu'on pouvait simplifier les procédés que suivent les artisans et les instruments qu'ils emploient ; et , en effet, plusieurs arts lui doivent d'utiles réformes. Il vint à Paris en 1749, et fut successivement l'élève de Charas et de Rouelle. Il travailla quelque temps dans le laboratoire de Chamousset, où il développa tant de dispositions pour la chimie, que le gouvernement Je chargea, avec Venel, d'analyser toutes les eaux minérales de la France. Ce travail important fut interrompu par l'ordre qu'il reçut, en 1755, de suivre, comme pharmacien en chef, l'expédition de de Minorque, où il rendit de grands services. La troupe n'y trouvant ni fontaines ni rivières, buvait Sous ce titre : la très- jouyeuse et plaisante Histoire composée par le loyal serviteur, des faits et gestes du bon chevalier sans peur et sans reproche, le chevalier Bayard, etc., Paris, .Galiot du Pré, 1527 goth., trèsrare. Sous ce titre : la Vie et les Gestes du preux chevalier Bayard, contenant plusieurs victoires par lui faites, etc., par Symphorien Champier, Paris, 4525 ; ibid., 1526 ; Lyon , 1558 fig., édition la plus rare et la plus recherchée. Cet ouvrage a été traduit en latin, Mie, 1560 La Vie de Bayard par Guyard de B,erville a été rééditée en 4822 par Alphonse de Beauchamp un des collaborateurs de la Biographie universelle. Bayen apprend leur embarras , demande de la poudre à canon, et en retire dans un jour assez de salpêtre pour que l'on puisse continuer le service des batteries. Après la campagne de Minorque, Bayen passa avec le même titre à l'armée d'Allemagne, pendant la guerre de sept ans. A la paix, il reprit son travail sur les eaux minérales, et publia bientôt l' Analyse des eaux de Bagnères de Luchon, Paris, 1765 Les recherches chimiques qu'il lit à l'occasion de cette analyse lui découvrirent la propriété fulminante du mercure dans certaines combinaisons. Il étudia soigneusement les oxydes de ce métal, et fut le premier chimiste qui s'assura que les métaux, au lieu de perdre un de leurs principes dans la combustion, acquéraient au contraire un de ceux de l'air, qui s'y fixe et augmente leur poids. Cette théorie avait déjà été démontrée par Jean Rey, médecin périgourdin, dont le livre, publié en 1620, était oublié : Bayen, dans une lettre à l'abbé Rozier, rendit justice à cet ancien chimiste. Le Moyen d'analyser les serpentines , por- phyres, ophites, granits, jaspes, schistes, jades et feldspaths, publié en 1778 lit faire un pas sensible à la minéralogie : l'auteur fait connaître la présence de la magnésie dans les schistes, et la possibilité de la faire servir en France à des fabriques de sel d'Epsom ou de Sedlitz, que l'on tire de l'étranger. Un mémoire de Henkel et Marggraf donna de grandes inquiétudes sur l'usage de l'étain, qu'ils regardaient comme un alliage de ce métal et d'arsenic : Bayen répéta leurs expériences, en fit de nouvelles, et prouva que les craintes qu'on avait conçues n'étaient pas fondées. Son ouvrage, qu'il fit en commun avec Cliarlard, est intitulé : Recherches chimiques sur l'étain, faites et publiées par ordre du gouvernement, Paris, 1781 Leonhardi le traduisit en allemand, en 1784, Leipsick Pierre Bayen fut reçu à l'Institut à l'époque de sa formation, et mourut à Paris, en 1798, à l'âge de 75 ans. Ce savant était un modèle de simplicité, de patience et de modestie ; il était trèsstudieux, excellent observateur, et d'une rare philanthropie. Parmentier et Malatret ont publié ses Opuscules chimique , Paris, 1798, 2 vol. qui contiennent : 1° Examen chimique d'une mine de fer spathique ; Examen chimique du marbre de Campan; 3° Examen de deux espèces de charbon de tourbe, avec des expériences sur l'emploi de ce charbon dans le travail du fer ; 4° Examen chimique de l'ophite des Pyrénées, Les deux premiers de ces mémoires ont été insérés dans le recueil de l'académie des sciences , et les autres dans le Journal des Mines . Beaucoup de notes utiles ont été perdues, parce que Bayen avait brûlé tous ses papiers sous le gouvernement révolutionnaire
  • Pierre BAYLE( 1647) : naquit au Carlat, dans l'ancien comté de Foix, le 18 novembre 1647. Son père, ministre de la réligion réformée, fut son premier instituteur : de bonne heure il donna des preuves d'une mémoire surprenante et d'une singulière vivacité d'esprit. A dixneuf ans, il fut envoyé au collége de PuyLaurens, pour y achever ses humanités. On trouve des détails sur Bayeux dans le comme des Fables nouvelles de Lebailly, Paris, 1814 Peu s'en fallut que sa passion pour l'étude ne lui coûtât la vie ; sa santé en fut affaiblie pour le reste ; et dans celle de 1740, Amsterdam, 4 vol. la plus recherchée des savants, en ce qu'ils la regardent comme la plus compléte. Il existe une édition imprimée à Bàle, 1740, 4 vol. Une édition a été, dans les derniers temps, commencée à Leipsick. L'ouvrage entier a été traduit en anglais, avec des augmentations considérables, par Th. Birch et Lockman, 1734-41, 10 vol. Joly a donné, en 1748, 2 vol. des Re-. marques critiques sur le Dictionnaire de Bayle . On a publié à la Haye, 1727-51, et 1757, 4 vol. les OEuvres diverses de P. Bayle, contenant, outre tous les écrits déjà cités: 1° ce que c'est que la France toute catholique sous le règne de Louis le Grand, espèce de pamphlet contre ces nombreux ouvrages où l'on proclamait la gloire immortelle que Louis XI V s'était acquise en extirpant l'hérésie ; la Cabale chimérique; 50 la Chimère de la cabale de Rotterdam ; 4. Avis au petit auteur des Petits Livrets ; 5° Nouvel Avis, au même; 6° Janua ccelorum reserata cunctis religionibus a celebri admodum vivo domino Petro Jurieu : ces cinq derniers écrits sont en réponse aux accusations d'irréligion et de félonie politique, intentées par Jurieu ; 7° Réponse aux questions d'un provincial, ouvrage que l'auteur luimême n'a pu définir, et qui est en effet indéfinissable, attendu que toutes les matières possibles y sont traitées sans ordre, et par chapitres isolés ; 8° Entretiens de Maxime et de Thémiste, ou Réponse à M. Leclerc ; 9° Opus- M. Beuchot a publié une nouvelle édition du Dictionnaire de Bayle avec une préface et des notes, Paris, 4820, 16 vol. Cette édition, exécutée avec un soin remarquable et d'un format commode, a en un grand succès et a fait tomber la vogue des ancietutes. D—R—R. cules; 10° Cours de philosophie, en latin, avec une traduction française , imprimée avec un soin remarquable ; 1 1 ° Lettres à sa famille et à ses amis l'auteur de cet article a vu un recueil de trois cent soixantetrois lettres de Bayle, qui n'ont pas été imprimées. Prosper Marchand a publié à part les Lettres choisies , avec des remarques , Rotterdam, 1714, ou Amsterdam, 1729, 3 vol. 12. Discours historique sur la vie de Gustave- Adolphe. — Desmaizeaux a écrit une Vie de Bayle, en 2 vol. 1722 : « Elle ne devait pas contenir six pages, » a dit Voltaire. Elle est réimprimée dans les éditions du Dictionnaire de 1750, 1754, 1740. L'Histoire de Bayle et de ses ouvrages, Amsterdam, 1716 publiée sous le nom de la Monnoie, est de l'abbé du Revest. On trouve l'indication de quelques ouvrages de Bayle dans le Dictionnaire des ouvrages anonymes et pseudonymes de Barbier, qui toutefois ne parle pas
  • Pierre BAYLE ou BAILLE : né à Marseille, d'une famille recommandable dans le commerce, entra de bonne heure au collége de l'Oratoire, où il lit de bonnes études. Il adopta avec beaucoup d'ardeur les principes de la révolution, et fut nommé administrateur du département des BouchesduRhône. Lorsque des troubles éclatèrent à Marseille et à Arles, en 1792, les autorités furent accusées auprès de l'assemblée législative d'avoir au moins toléré ces désordres qu'elles pouvaient réprimer, et les administrateurs du département furent mandés à la barre par un décret, pour y rendre compte de leur conduite. Soutenus par le parti républicain, déjà trèsnombreux dans l'assemblée, ils n'eurent pas de peine à se justifier, et furent renvoyés à leurs fonctions. Cette circonstance ne fit qu'ajouter à leur popularité, et Pierre Bayle fut nommé député à la convention nationale quelques mois après par le département des BouchesduRhône. Dans le procès de Louis XVI, il commença par s'étonner que l'on pût mettre en doute si ce prince était justiciable de l'assemblée, et demanda que le procès fût terminé dans huit jours. 11 se prononça ensuite pour la mort, sans appel et sans sursis à l'exécution; enfin il vota constamment avec le parti de la montagne. Du reste, il parut rarement à la tribune, et fut envoyé en mission dans le Midi peu de temps après ce mémorable procès. Il se trouvait à Toulon avec son collègue Beauvais, lorsque le malheureux L'abbé le Marsy a donné une Analyse des oeuvres ; 5. Examen critique de Bayle, 2 parties Amsterdam, 1747 ; 4° Dissertaliones Anti- Balianoe Ires, Tubingen, 1709 par J.M. Pfaff. Bunle, dans son Hi- Voire de le philosophie moderne, et Dugald Stewart, dans son Histoire des sciences métaphysiques, ont jugé à fond la doctrine de Bayle. Enfin, dans son Histoire de la philos°, phie du 18. siècle, t. 1", M. Cousin lui a consacré quelques pages oit il est trèsbien caractérisé comme philosophe. D—RR. abbé de Bastard y fut condamné à mort ; il prit ' beaucoup de part à cette condamnation, et fut même présent au supplice. Bayle était encore à Toulon quand cette place tomba au pouvoir des Anglais, et il fut aussitôt arrêté , ce qui donna lieu à de violentes invectives au sein de la convention nationale. Dans le premier moment d'exaspération, cette assemblée décréta que tous les Anglais qui se trouvaient en France répondaient du traitement qui serait fait à Pierre Bayle. On a dit qu'il refusa de crier vive Louis XVII, en disant qu'il n'avait pas volé la mort du tyran pour voir régner son fils, et que ce refus causa sa mort ; mais on ne peut plus douter aujourd'hui que, renfermé dans une étroite prison, il y fut massacré par la populace, qui l'égorgea sous les yeux de son père en lui reprochant ses cruautés, et particulièrement la mort de l'abbé de Bastard. Cependant Robespierre le jeune lit à cette occasion nu long discours à la tribune de la convention, et il annonça positivement que Bayle, ayant entendu délibérer sur le genre de supplice qu'on lui ferait subir, s'était suicidé, pour ne pas mourir (le la main des ennemis de la république. En conséquence, on accorda une pension à sa veuve, et il fut déclaré victime (le la liberté. Granet proposa aussi de lui accorder les honneurs du Panthéon, mais cette motion n'eut pas de suite. — Son père fut nommé directeur de la poste aux lettres de Marseille, par un arrêté du représentant du peuple Fréron, et il a conservé cette place jusqu'en 1812, époque de sa mort
  • Pierre BEAUMESNIL : né sans fortune, dans une des provinces du centre de la France, se livra de bonne heure à l'étude, et, après avoir acquis des connaissances étendues, s'engagea dans une troupe de comédiens de province, afin de satisfaire son goût pour les voyages et pour les études archéologiques. Il parcourut ainsi successivement le Limousin , le Berri, l'Angoumois, l'Agénois, et autres provinces, dessinant à la plume les monuments qu'il rencon- trait, et y ajoutant un texte où se trouvent des ob- vants: « Les Romains ne s'apercevaient pas qu'ils avaient dans « Lucrèce un poêle au moins aussi grand qu'Homère La langue « française est natve dans Marivaux, simple dans Boissy, tendre dans « Crébillon le fils. » On retrouve encore toute la bizarrerie de la Beaumelle dans cette exclamation à propos de Ninon de Lenclos « Que dire de toi, divine Nili011! toi qui, également tendre et sage, « unis à tons les attraits de ton sexe toutes les perfections du nôtre !» Voltaire aurait eu beau jeu s'il eût pu lire de pareils arrêts. Cu—s, servations que la critique moderne peut juger sévèrement. Il y a lieu même de suspecter la bonne foi du dessinateur, et de croire que quelquesuns des monuments esquissés dans ces provinces ont été supposés par lui et n'ont jamais existé. Quoi qu'il en soit, d'Aisne, intendant du Limousin , qui approuvait les travaux de ce savant, lui fit obtenir le titre de correspondant de l'académie des avec une pension de 1,500 francs. Beaumesnil est mort à Limoges, plusieurs années avant la révolution. Il existe de ses cahiers à la bibliothèque Mazarine à Paris , à la bibliothèque de la ville de Poitiers et dans d'autres endroits. Les deux cahiers qui sont à Poitiers sont relatifs à la province du Poitou et font connaître plusieurs monuments qui n'existent plus. Boudon de StAmant a rendu compte des travaux de cet archéologue pour l'Agenois , dans les mémoires de la société académique d'Agen
  • Pierre BELLEJAMBE( 1752) : graveur, né à Rome en 1752, a produit plusieurs pièces estimées, entre autres : l'Amour s'endormant sur le sein de Psyché, d'après Renaud. Sa notice ne se trouve point dans la Biographie de la Seine- Inférieure
  • Pierre BELLEGINGUE( 1759 - 1826) : médecin, ne doit qu'à la bizarrerie de ses opuscules scientifiques et littéraires l'espèce de célébrité dont il a joui dans sa province. Né vers 1759 à Besançon, il fit de trèsbonnes études à l'université de cette ville, et y reçut en 1785 le grade de docteur. Pendant les guerres de la l'évolution, il fut attaché comme médecin aux armées du Rhin , et montra beaucoup de zèle et d'intégrité dans l'exercice de ses fonctions. Dénoncé r pour insubordination par un commissaire des guerres qu'il accusait de connivence avec les fournisseurs, •1 fut traduit devant une commission militaire, mais acquitté d'une manière honorable. A la paix de 1797, il obtint un congé pour rentrer dans sa famille. L'année suivante il publia la Philosophie du chaud et du froid, Besançon et Paris de 62 pages, avec une épître dédicatoire à Bonaparte, général en chef de l'armée d'Italie, portant cette singulière épigraphe : Moins je le conçois, plus je l'admire. C'est l'ouvrage d'une imagination délirante ; il serait impossible d'en donner ici une idée exacte. L'auteur, pour éviter les frais de poste, pria le président du département de contresigner les envois qu'il voulait faire, « de trois exemplaires au héros « de la paix, et de vingt à la nation sous le couvert « du ministre de l'intérieur. » Sa demande ayant été rejetée, il fit imprimer sa correspondance avec ce magistrat, et partit pour Paris, où il se flattait de recueillir les suffrages de tous les savants. Un des membres les plus distingués de l'Institut, auquel il demandait ce qu'il pensait de son ouvrage, lui ayant dit qu'il n'y avait rien compris, Bellegingue piqué e lui répondit : « Je n'écris que pour cinq hommes en « Europe. » Cependant il retoucha sa brochure et la reproduisit en 1802 sous ce titre : Réfutation du calorique et Notices naturelles sur la chaleur et le froid, la fluidité et la dureté; suivies d'un projet de constitution de médecine civile, Besançon et Paris de 49 pages. Ni le silence des journaux scien- tifiques sur sa nouvelle brochure, ni celui des savants auxquels il l'avait adressée, ne purent diminuer à ses yeux l'importance d'une découverte qu'il regardait comme précieuse à l'humanité. Mais un procès qu'il eut à soutenir quelque temps après, contre la régie des domaines, lui fournit une autre occasion de montrer toute l'aberration de son esprit. Il publia pour sa défense un mémoire sous ce titre bizarre : Procédure orthographique de la gloire de Napoléon le Grand et du Génie de la gente humaine, Besançon, 1807 de 172 pages. Il s'y présente comme une victime de la haine des envieux. « Par-« venu, ditil, au plus haut degré d'estime.... j'ai été « désigné, en considération de mon signalé mérite, « comme particulièrement propre à être immolé. » Bellegingue perdit son procès ; mais il s'en consola par le plaisir de voir supprimer son mémoire comme renfermant des expressions injurieuses à plusieurs fonctionnaires publics. Dans la crainte qu'il ne s'avisàt de publier de nouveaux pamphlets, le ministre de la police fit inviter les imprimeurs de Besançon à n'imprimer aucun écrit de Bellegingue sans l'avoir soumis à l'examen de l'autorité locale. Cette mesure, en lui persuadant qu'on le croyait dangereux, exalta son amourpropre, et ranima son ardeur d'écrire. Il annonça qu'il s'occupait d'un grand ouvrage, qui paraîtrait à Neufchâtel en 4 volumes Nais c'était une ruse qu'il avait imaginée pour tromper les espions dont il se croyait entouré. Il venait enfin de terminer une espèce de poihne latin et français en l'honneur de Bonaparte , resté l'objet de son culte, quand les souverains de l'Europe se liguèrent pour le détrôner. Ne voulant pas perdre le fruit de son travail et n'osant pas cependant publier un ouvrage qu'on aurait pu trouver séditieux, Bellegingue y fit quelques changements, et l'ayant intitulé : Bonapartide, il en adressa le manuscrit au roi Louis XVIII, accompagné d'une lettre dans laquelle il proposa à ce monarque d'y mettre un prix : « Sire, « lui ditil dans cette singulière épître, ou j'augure « follement de votre sagesse, ou vous ferez volon-« tiers l'acquisition du manuscrit cijoint. Quant à « son prix, j'en laisse le genre et la quotité à la dis-« position de votre auguste grandeur. » Inquiet de ne pas recevoir dc réponse, il réclama son manuscrit, qui lui fut renvoyé, le '29 décembre 1816, par le ministre de la police. Il lui accordait la permission de l'imprimer, à condition d'adresser à l'inspecteur général de l'imprimerie les feuilles à mesure qu'elles sortiraient de la presse. La septième feuille venait d'étre tirée, quand arriva de Paris l'ordre d'arrêter l'impression et de détruire tout ce qui existait. L'auteur était loin de prévoir cette mesure rigoureuse ; aussi n'échappatil à la destruction qu'un trèspetit nombre d'exemplaires. Ceux qui sont complets ont 168 pages d'impression A la tête se trouve une introduction dans laquelle l'auteur, pressentant le jugement qu'on ne manquerait pas de porter de son ouvrage, se console par l'idée qu'il n'écrit que pour un petit nombre de lecteurs. « Que ce peiit « livre, ditil, soit une médiocrité, ou même que son « auteur soit pris pour un fou, ici le cas importe peu « et l'on m'appellera comme on trouvera convenir, « sans que je bataille sérieusement sur des qualités « que nous prouverons en temps et lieu avoir certaine « chose d'abstrait et (l'indéterminé... mais, dais son « ensemble, cet opuscule est d'une force d'étude et « de logique qui en dérobe la pensée aux profanes. » Bellegingue mourut à Besançon, le 2$ octobre 1826, à l'âge de 67 ans. Tous ses opuscules sont devenus rares, sans ètre recherchés
  • Pierre BELLI( 1502 - 1575) : célèbre jurisconsulte , né de parents nobles à Alba , le 20 mai 1502, s'appliqua de bonne heure à l'étude des lois, et fut le premier, suivant Tiraboschi , qui appliqua d'une manière étendue la science des lois à l'usage de la guerre. Il fut auditeur de guerre à trentetrois ans dans l'armée de l'empereur CharlesQuint , puis conseiller de guerre de Philippe II, roi d'Espagne, et enfin conseiller d'État d'Emmanuel Philibert de Savoie. Ce prince l'employa en différentes occasions importantes. Belli mourut le 51 décembre 1575. Des divers ouvrages qu'il a laissés, celui qui lui donna le plus de célébrité, et que l'on consulte encore aujourd'hui , est son traité des choses militaires et de la guerre, sous ce titre : de Re militari et bello ( racla- lus, divisus in partes II, in quo, prceter ca glue de re militari traclantur, ° biler mulla que ad civilem administrationem pertinent , attinguntur, omnibus judicibus apprime necessarius, Venise, 1563 réimprimé dans le t. 16 de la grande collection qui a pour titre : Tractalus juris universi. La vie de Belli a été écrite par le baron Vernazza du Frenay, Turin, 1783 de 82 pages
  • Pierre BELLOCQ( 1645 - 1704) : né à Paris, en 1645, valet e chambre de Louis XIV, s'était concilié, par son sprit, l'amitié de Molière et de Racine. Il composa me Lettre de madame de N... à la marquise de..., sur a satire de Despréaux contre les femmes, 1694, n-12. Boileau, pour s'en venger, le nomma dans son ! pitre 10 ; mais s'étant ensuite raccommodé avec lui, substitua le nom de Perrin à celui , 1700 Bellocq mourut le 4 octobre 1704, au château du Louvre. 11 avait été portemanteau de la reine MarieThérèse ; après la mort de cette princesse, il occupa la même charge auprès de la duchesse de Bourgogne. Louis XIV le considérait, disent les auteurs du temps ; et sa physionomie riante et gracieuse semblait donner de nouvelles grâces à son esprit, et le faisait rechercher dans les compagnies. On trouve plusieurs de ses pièces dans le Nouveau. Choix de pièces de poésie, 1715, 2 parties On peut . citer, entre autres, une idylle intitulée : l'Alliance de la Sagesse et de la Jeunesse. A. B—T et D—R—R.
  • Pierre BELLIER : eimseiller au Châtelet de Paris, se fit connaître dans le 16° siècle, comme traducteur de Philon. Son enthousiasme pour le philosophe juif fut porté à un tel point qu'il se démit de sa charge et lit le voyage de Borne, afin de collationner, sur les manuscrits du Vatican, la copie qu'il avait faite de cet auteur, d'après l'original de ln bibliothèque du grand roy François. Mais à la mort du pape Pie V, la bibliothèque Vaticane ayant été fermée, il perdit une partie du fruit de son expédition littéraire. Sa traduction fut publiée sous le titre d'OEuvres de Philon Juif, autheur très- éloquent et philosophe très- grave, Paris, 1575 Frédéric More!, lecteur du roi, en publia une nouvelle édition en 1612 augmentée de la traduction de trois livres. La version de Bellier ne comprenait que vingtquatre traités, sur quarante qui étaient alors connus : Duverdier en donne les titres. La Croix du Maine qualifie Bellier d'homme docte. Il a davantage traduit , ajoutetil, un discours de Philon, touchant lestai et devoir du juge, Paris , Chaudière, 1569. Mais ce traité fait aussi partie (les oeuvres traduites et publiées, quelques années après, par Bellier, qui vivait encore en 1584
  • Pierre BEMBO( 1470) : fils du précédent, et l'un des plus célèbres parmi les auteurs italiens qui illustre,. rent le 16' siècle, naquit à Venise, le 20 suai 1170. Il n'avait que huit ans, lorsque son père, nommé ambassadeur à Florence, l'y conduisit ;ive lui. Les auteurs florentins ont attribué au séjour de deux ans qu'il lit dans cette ville la connaissance parfaite de la langue toscane qui brille dans tous ses écrits ; et on l'a répété machinalement après eux ; niais lige seul qu'il avait alors suffit pour prouver qu'il dut ensuite y ajouter d'autres études. De retour à 'Venise. il acheva, sous un excellent maltre, celle de la langue latine, qu'il avait commencée à Florence. Lorsqu'il fut parvenu à l'écrire avec élégance, le.ilésir d'apprendre le grec le conduisit , en 14%1, à Messine, où résidait alors le célèbre Constantin Lascaris. Pendant deux ans, il suivit avec ardeur les leçons de cet habile maitre, et revint ensuite dans sa patrie, où, se voyant sans cesse assit gé de questions sur l'Etna , il écrivit, pour répondre à toutes à la fois, son traité sur cette montagne , et le publia bientôt après. Il alla faire à Padoue son cours de philosophie, et voulut ensuite, pour obéir à son père, entrer dans la carrière des emplois publies; mais il sen dégoûta bientôt, et se cometcra entièrement à la culture des lettres. Il prit alors l'habit ecclésiastique, et s'ouvrit une carrière phis paisible que celle des affaires, et qui le mena plus loin. A Ferrare, oit il acheva ses études dsiqucs , il se lia intimement avec Hercule Strozzi, Tilialdeo, et surtout Sadolet, qui resta pour toujours un de ses plus chers amis. Il se concilia aussi la faveur du jeune Alphonse d'Este, et quand ce prince eut épouse, en 1602, la fameuse Lucrèce Borgia, fille du pape Alexandre VI, l'une des femmes les plus belles, les plus aimables, et que l'on dit aussi l'orle des plus vicieuses de son siècle, mais dont on exagère peut-être les vices et non l'amabilité, Bembo s'avança dans ses bonnes graves. Selon Nlazzuchelli, cette liaison, quoique fort tendre, ne passa point les bornes du devoir; d'autres auteurs en pensent autrement : on peut consulter sur cette question, dans le nouveau recueil d'opuscules du 1'. Calogera, t. 4, une grave dissertation du docteur Balthasar Oltroechi, Sopra i priori maori di ibinsig. Pietro Bembo. De Ferrare, il revint à Venise ; une savante académie s'y était formée dans la maison d'Aide Manuce, il en devint un des principaux membres, et se fit, pendant quelque temps, un plaisir de corriger les belles éditions qui sortaient de cette imprimerie célèbre. Après mi voyage à Home, où rien n'était encore nu pour sa fortune, il se rendit en 1506 à la cour d'Urbin, qui était alors une de celles d'Italie où les lettres étaient le plus honorées. Il y passa environ six ans, et s'y lit de puissants amis. Il avait suivi en 1512, à Home, Julien de ?Iédicis , lorsqu'on envoya de la Dacie, au pape Jules II, un ancien livre écrit en notes ou en abréviations, que personne ne pouvait expliquer. Bembo pars int à le lléc?iffrer et à l'entendre; le pape est fut si satisfait, qu'il lui donna, diton, la riche commanderie de Bologne, de l'ordre de StJean de krUsalC111. Jules mourut peu de temps après. Léon X, son successeur, avant de sortir du conclave , nomma Bembo son secrétaire , avec 3,000 écus d'appointements, et lui donna son and Sadolet pour confrère. Outre les fonctions de cet emploi, il lui confia encore quelques missions partieuliéres et de confiance intime. L'ayant envoya à Ravenne, en 1516, chargé d'une commission de cette espèce, il fut si content de son zèle, quoiqu'il n'y eût pas réussi, qu'il augmenta son revenu s s avait eu précédemment. ajoute le méme auteur, « trois autres maltresses ; on ignore quelles furent les deux premières ; la troisième fut Lucrèce Borgia, duchesse d'Este. i Les fonctions laborieuses de sa charge, ses travaux littéraires, qu'il n'avait Peint interrompus, et pcut-ètre aussi trop d'assiduité auprès de Morosina, ayant affaibli sa santé, il était allé prendre les eaux à Padoue, lorsqu'il y apprit la mort de Léon X . Se trouvant déjà suffisamment pourvu de biens ecclésiastiques , il résolut de renoncer entièrement aux affaires, de passer à Padoue, dont le climat convenait à sa santé, le reste de sa vie, partagé entre la culture des lettres et le commerce de ses amis. Sa maison devint le temple des muses. Les gens de lettres, dont cette savante université était remplie, la fréquentaient assidûment, les étrangers y affluaient. 11 y forma une nombreuse bibliothèque, une collection de médailles et de monuments antiques, regardée alors comme l'une des plus belles de l'Italie, et un jardin de botanique riche en plantes de toute espèce. Il passait le printemps et l'automne à la campagne, dans une villa nommée Bozza, qui avait appartenu (le tout temps à sa famille; et c'était là surtout qu'il travaillait, soit en vers, soit en prose. 11 ne quitta que pour peu de temps cette vie délicieuse, à la nomination de Clément VII. Ce second pape Médicis aurait fait, comme le premier, tout ce que le Bembo eût désiré pour sa fortune; niais il ne voulait plus que le repos, et, après avoir baise les pieds du saintpère, il retourna sagement à Padoue. En 1529, il fut choisi par la république de Venise pour en continuer l'histoire, mission honorable que laissait vacante la mort d'André Navagero. Il accepta, tout en regrettant le sacrifice qu'il lui fau drait faire de travaux plus convenables à ses goûts, et refusa les honoraires attachés à cette place, quoique plusieurs procès relatifs à ses bénéfices, des retards tle payement, et des charges considérables missent en ce moment du désordre et de l'embarras dans ses affaires. Seulement il ne refusa pas le logement aux frais du public à Venise, où il n'avait pas de maison. Il fut en même temps nommé bibliothécaire de la bibliothèque de StMarc. Paul III, qui remplaça, en 1554, Clément VII Sur la chaire de St. Pierre, ayant résolu de nommer plusieurs cardinaux choisis parmi les bornoies du premier mérite, jeta les yeux sur Bembo, qui n'y pensait pas ; mais il ne manqua point d'ennemis qui représentèrent au pontife la nature de ses écrits, et surtout de ses poésies, et la liberté de ses opinions sur certains points, et sa vie plus digne d'un païen ou d'un hérétique que d'un chrétien, et sa concubine, et leurs enfants, et enfin tout ce qu'ils pu rent alléguer pour lui enlever cette faveur. Ils réussirent du moins à la faire suspendre : une promotion se fit en 1558 où il ne fut pas compris ; mais le pape le nomma, le 24 mars 1559. Morosina était morte le 15 août 1535. Bembo avait alors près de soixante ans. 11 était à Venise, où il reçut le chapeau. 11 se rendit aussitôt à Rome, et se fit ordonner prêtre le jour de Noël de la même année. Alors il revêtit avec sa nouvelle dignité un nouvel esprit ; il renonça à la poésie, aux belleslettres, fit sa principale étude des Pères et des livres saints, qu'il apprit même ù lire dans la langue hébraïque, et ne conserva de ses anciens travaux que la compo• sition de son Histoire de Venise. Paul 1II lui conféra deux ans après l'évêché de Gubbio. Avant de se rendre dans son diocèse, Bembo s'occupa sérieusement du soin de marier sa fille ; il lui fit épouser, à Venise, Pierre Gradenigo ; il la dota richement, au point de se gêner dans sa fortune, et partit trèssatisfait pour Gubbio, où il comptait faire désormais son séjour. Le pape s'y opposa, et voulut le garder à Borne auprès de lui. Pour lui donner les moyens de payer ses dettes, et de tenir à Rome l'état qu'y tenait alors un cardinal, il lui donna re riche évêché de Bergame. ll vécut encore trois ans, comblé d'honneurs, et mourut des ' suites d'un accident (lui aurait pu tuer un jeune homme. Étant à la campagne, il voulut passer à cheval par une porte qui se trouva trop étroite ; il se froissa violemment un des flancs, négligea de se faire saigner, fut pris d'une petite fièvre qui l'emporta le 18 janvier 1547, dans sa 77' année. Il laissa, par son testament, tous ses biens à son fils Torquato, et l'ut enterré à SteMarie de la Minerve, derrière le grand autel, entre Léon X et Clément VII. Son fils et son légataire fit graver sur son tombeau cette simple inscription : PErso BEMBO PATRITIO VENETO OB EJUS SINGULARES V IRTUTES A PAULO III PONTIF. MAX. IN SACRUM COLLEGIUM COOPTATO TORQUATUS BEMBUS P.
  • Pierre BELMONTI( 1537) : chevalier de StGeorge, né à Rimini , en 1537, est connu comme écrivain moraliste et comme ponte. Il composa l'ouvrage (le morale qu'on a de lui , à l'occasion du mariage (le sa fille ; il est intitulé : Instituzione della sposa, et ne fut publié que plusieurs années après, par son fils Trajan, Rome, 1587 Ses poésies sont éparses dans différents recueils du temps
  • Pierre BELON( 1517) : botaniste et médecin, naquit à la Souletière , hameau de la paroisse d'Oisé, dans le Maine, en 1517. On n'a point de détail sur s« famille, ce qui fait croire qu'elle était obscure. Dès ses jeunes années , il se livra à l'étude de la médecine, et particulièrement à celle de la botanique. Il eut successivement pour protecteurs René du Bellay, évêque du Mans , Guillaume Duprat , évêque de Clermont ; enfin les cardinaux de Tournon et de Lorraine. 11 dut à leurs bienfaits son éducation, les moyens de voyager avec fruit, et la facilité de publier ses ouvrages. Il reçut les leçons de Valérius Cordus, professeur à W irtemberg, qui, l'ayant distingué parmi ses élèves, se fit accompagner par lui dans les excursions qu'il fit en Allemagne et dans la Bohème, pour les progrès de l'histoire naturelle. Ce fut au retour de l'une de ces courses que Belon fut arrêté à Thionville. On mettait à sa liberté un prix qu'il était hors d'état de payer. Un gentilhomme, nommé Dehamme , en fit l'avance , parce que Belon était compatriote de Ronsard. Si cette anecdote, bonne à rappeler, prouve combien la réputaticin de ce poète était colossale, elle montre encore le respect pour les lettres dans un siècle où elles étaient si loin de la perfection. Belon parcourut l'Italie, les États du Grand Seigneur, la Grèce, l'Égypte, la Palestine, l'Asie Mineure. L'amour de la vérité, un désir avide d'acquérir des connaissances, un courage infatigable, l'art d'observer et l'esprit d'analyse, en firent un savant distingué, et on le place au nombre de ceux qui contribuèrent puissamment au progrès des sciences dans le 16° siècle. Possesseur d'une collection précieuse, il revint à Paris, en 1550, après trois ans d'absence, mit ses matériaux en ordre, et publia différents ouvrages. Malgré leur succès et leur mérite, il eut de la peine à se faire admettre dans la faculté de médecine . De Thou a adopté cette opinion dans son Histoire. Ce fait est pourtant faux. On s'étonne que des auteurs graves et instruits, qui ont écrit peu d'années après la mort de Belon, et dans le même pays, dont le nom fait aujourd'hui autorité, aient pu avancer aussi légèrement une pareille accusation. D'après eux, plusieurs biographes ont répété cette calomnie, sans se donner la peine de l'examiner. 11 était cependant bien facile d'en voir la fausseté ; car il suffisait de remarquer que Belon avait publié quatre ouvrages, du nombre de ceux qui ont le plus contribué à sa réputation, avant la mort de Gillius, et que celuici ne l'a pas accusé de plagiat. Tournefort, qui a fait ce rapprochement, n'en a pas tiré tout le parti qu'il pouvait pour la justification de Belon : l'ambiguïté de la phrase où il l'expose a été cause d'une autre méprise au sujet de Belon:, et ce sont encore deux auteurs justement accrédités pour leur exactitude qui l'ont commise , en disant, l'un après l'autre, que Belon était mort à Rome, en 1555, appliquant à celuici ce qu'on disait de Gillius. Niceron et Liron ont pleinement vengé la mémoire de cet estimable naturaliste. Voici le catalogue de ses ouvrages : 1° l'Histoire naturelle des étranges poissons marins, avec leurs pourtraics gravés en bois : plus, la vraie Peinture et Description du dauphin et de plusieurs autres rares de son espèce, Paris, 1551 2. Petri Bellonii Cenomani de aquatilibus libri duo, non elconibus ad vivam ipsorum effigiem quoad ejus fieri poluit; ad ampli. gsimum carrlinalem Castilioneum, Paris, Ch. Étienne, 1555 oblong. Cet ouvrage fut réimprimé dans l'Historia animalium de Gesner, à Zurich, par Froschover, en 1558, et ensuite à Francfort, 30 La Nature et Diversités des poissons, avec leurs pourtraicts représentés au plus près du naturel , Paris, 4555 lig,. 4° De la nature et diversité des poissons, avec leurs descriptions et naïfs pourtraicts, en sept livres, Paris, 1555 5° L'Histoire des poissons , traitant de leur 'nature et propriétés, avec les pourtraicts d'iceux, Paris, 1555 en latin et en français. Quoique ces trois derniers ouvrages, publiés dans la même année , soient en quelque sorte la traduction du traité de Aquatitibus, nous les rapportons séparément par leurs titres particuliers , parce qu'on les a souvent confondus, quoiqu'ils offrent tous des changements et des additions. 6° De Arboribus coniferis , resiniferis, aliisque sempiterna fronde virentibus , cum earumdem iconibus ad vivuna expressis; item de mette cedrino, cedria, agarico, resinis et iis quce ex coniferis proficiscunlur, Paris, 1553 fig. 7° De Admirabili operum antiquorum et rerum suspiciendarum Prcestantia liber, quo de iEgyptiis pyramidibus , de obeliscis, de labyrinthis sepulchralibus, et de antiquorum sepulturis agiter, etc., Paris , 1553 inséré dans le 8C vol. des Antiquités grecques de Gronovius. 8° Les Observations de plusieurs singularitez et choses mémorables, trouvées en Grèce, Asie, Judée, Egypte, Arabie et autres pays étranges, rédigées en trois livres , Paris, 1555, 1554, 1555 et 1588 ; Anvers , Plantin, 1555 Ces observations furent traduites en latin par de Lécluse , Anvers ;1559 et réimprimées dans le recueil de Exoticis , Anvers, 1605 On trouve dans ce livre des détails curieux sur la géographie et sur les moeurs et les coutumes des peuples. 11 y a peu de voyageurs qui aient réuni une aussi grande variété de connaissances , et qui soient entrés dans un si grand détail sur la géographie ancienne et moderne , les moeurs et les usages des peuples orientaux. On peut se fier à l'exactitude de ses observations et à la véracité de ses récits. De tous les écrivains français du 16° siècle, Belon est l'un des plus remarquables par son style : il a l'énergie et la naïveté que l'on admire dans Amyot, son contemporain, et avec lequel il était en relation. 90 L'Histoire de la nature des oiseaux, avec leurs descriptions et naïfs pourtraicts, retirez du naturel, écrite en sept livres, Paris, 1555 Cet ouvrage, d'une grande érudition, est fréquemment cité par Buffon; l'auteur y rapporte des faits peu vraisemblables, mais il les présente comme douteux, et bons à vérifier : il note tout ce qui lui parait extraordinaire, avec l'intention d'en faire un sérieux examen. On voit qu'il a voulu étudier, sur les lieux mêmes, les phénomènes dont avaient parlé les anciens, faire des recherches pour reconnaître les productions désignées par des noms dont le peuple ne se servait plus depuis longtemps, et dont les érudits faisaient le plus souvent de fausses applications. Il s'élève contre les charlatans , qui sont de tous les temps et de tous les pays, et « promettent, ditil, « des royaumes à ceux desquels ils empruntent un « escu. » 100 Pourtraicls d'oiseaux, animaux, serpents, herbes, arbres, hommeset femmes d'Arabie et d'Egypte, avec une carte du mont Athos et du mont Sinaï, Paris , '1557, 1618 11° Remontrances sur le défaut du labour et culture des plantes, et de la connoissance d'icelles, contenant la manière d'affranchir les arbres sauvages, Paris, 1558 Cet ouvrage, qui traite de l'agriculture, fut traduit en latin par de Lécluse sous le titre de Neglecla stirpium Cultura, etc., Anvers, Plantin, 1589 et Belon le réunit aux Observations, dont il publia aussi une édition latine à Anvers , .1605 accompagné du portrait de l'auteur. Ces Remontrances offrent un grand nombre d'observations utiles. Il y provoque l'établissement d'une pépinière d'arbres étrangers dont il donne la liste; il engage le collége des médecins (le Paris à cultiver dans un lieu public, « tant « pour leur délectation que pour l'augmentation du « savoir des doctes, » diverses espèces (le plantes; idée adoptée ensuite par Bicher de Belleval , qui fonda, à Montpellier, le jardin des Plantes, antérieur à celui de la capitale. Belon a encore traduit l'Histoire des plantes de Théophraste , et celle de Dioscorides dont il fait mention dans l'épître dédicatoire de ses Observations , et qui n'ont pas été imprimées, non plus que l'Histoire des serpents , dont il parle dans ses Remontrances. Gesner et Belon doivent être considérés comme les fondateurs de l'histoire naturelle , et Belon plus particulièrement comme inventeur de l'anatomie comparée, à l'époque de la renaissance des lettres. Plumier a consacré à sa mémoire un genre de plantes d'Amérique, auquel il a donné le nom de Bellonia; il fait partie de la famille des rubiacées. D—M—T et D—P—s.
  • Pierre BELMONDI( 1774) : né à Virieux, dans le Bugey, en 1774, d'une famille de cultivateurs, fit ses études à Belley, et entra jeune dans l'administration des contributions directes. Il était parvenu à l'emploi de directeur, lorsqu'il perdit cette place, en 1814 , par suite (les événements politiques. 11 vint alors à Paris et y travailla dans plusieurs journaux, entre autres les Annales politiques, et le Journal de Paris, pour la rédaction des séances. Il s'occupait en même temps à réunir les matériaux d'une collection dont l'utilité spéciale ne peut être contestée, et qu'il a publiée sous ce titre : Code des contributions directes, ou Recueil méthodique des lois, ordonnanceg, règlements, instructions tel décisions sur cette matière, Paris, 1817 à 1820, 5 vol. Le tome 1" eut une seconde édition en 1818. L'auteur en fit hommage à la chambre des députés le 20 décembre 1819. 11 obtint à cette époque un emploi de chef de bureau dans le cadastre ; mais il le conserva peu. Atteint d'aliénation mentale, il y succomba le 20 mai 1822. Belmondi, travailleur infatigable, avait toujours été d'un caractère irascible et atrabilaire. Il publia, en 1819, sous le voile de l'anonyme : fo Fragments extraits du portefeuille de M. Cieogne surnuméraire observateur et compilateur de 32 pages; 2, M. Cieogne 8° de 10 pages. Ces deux pamphlets étaient dirigés contre 11. Bricogne, à l'époque de ses attaques contre le baron Louis, alors ministre des finances, dont Belmondi se faisait l'apologiste
  • Pierre BÉNEZECH( 1775) : né à Montpellier, en 775, était avant la révolution directeur d'un bu- 'reau de correspondance, ou d'agence d'affaires, et propriétaire des Petites Affiches de Paris. Sous le régime nouveau dont il adopta les principes, le comité de salut public le tira . 11 fut alors appelé au ministère de l'intérieur, lors de l'installation du directoire. Dans ce poste difficile, malgré son zèle, ses talents incontestables et sa probité, il se vit en butte aux attaques virulentes des journalistes ses anciens confrères. Il ' offrit plusieurs fois sa démission, qui ne fut point acceptée.Durant un voyage qu'il Et en Belgique, en 1797, pour y organiser les parties de l'administration ressortissant de son département, il se trouva compromis par la saisie des papiers de Duverne de Presle, de Broth ier et de laVilleheurnoy, où il était désigné pour être continué dans ses fonctions, dans le cas où leur conspiration royaliste réussirait. Bénezech protesta, dans cette circonstance, de son attachement à la république, et pour détruire les fâcheuses impressions que cette circonstance avait fait naître sur son compte , il publia des instructions raisonnées sur la manière de célébrer les fêtes nationales. Cette démarche ne .;uffit point pour désarmer ses ennemis. Ses liaisons avec le parti clichyen achevèrent de le perdre, et la majorité du directoire, composée de Barras, Larévellièrel'Épaux et Merlin , le destitua aux approches du 18 fructidor , et le remplaça par François de Neufchàteau , etc. Après la révolution du 18 brumaire, Bénezech fut nominé conseiller d'État, et il eut l'inspection du palais des Tuileries. Cet emploi fort assujettissant et assez peu honorable avait fait de lui une espèce de maitre d'hôtel et de cérémonies. L'avantage d'approcher le premier consul était compensé par des dégoûts de toute sorte. Bénezech comprit bientôt tout ce que sa position avait de précaire. Lors de l'expédition du général Leclerc à StDomingue, il demanda la permission de l'accompagner avec le titre de préfet colonial. 11 n'eut pas de peine à obtenir cette faveur. Parti avec sa famille dans l'espoir de faire valoir les droits qu'il avait, du chef de sa femme, sur de grandes propriétés situées dans cette colonie, il y mourut en 1802. Il était sorti du ministère sans aucune fortune. Le gouvernement consulaire accorda une pension de 900 livres à chacune de ses deux filles. On a de lui le Compte rendu de son administration , depuis le 15 brumaire an 4 jusqu'au -1" vendémiaire suivant, Paris, impr. de la république, an 6
  • Pierre BENTABOLLE : avocat et fils d'un homme qui avait été entrepreneur des vivres pendant la guerre de sept ans. Dès le commencement de la révolution, il en embrassa les principes avec ardeur, et fut nominé d'abord procureur général du département du BasRhin, puis député de ce même département à la convention nationale : il y'vota la mort de Louis XVI et se prononça pour toutes les mesures violentes, et fut un des antagonistes les plus ardents des Girondins. Quand Dumouriez eut perdu la bataille de Nerwinde, il demanda l'établissement d'une commission pour juger les généraux. Lors des progrès des Vendéens, il proposa de former une armée de 40,000 hommes, de tirer le canon d'alarme dans Paris et dans tous les départements voisins. Après le 31 mai, il fit mettre hors de la loi Félix Wimpfen, commandant des troupes du Calvados, et fut ensuite envoyé à l'armée du Nord. Lorsque les Girondins furent décrétés d'accusation, il s'opposa à ce que Ducos, BoyerFonfrède et Vigée parlassent à la tribune. Le 8 thermidor , il se déclara contre Robespierre, et entra le 5 octobre suivant au comité de sûreté générale. Depuis cette époque, il parut flotter entre les divers partis : tantôt s'opposant à ce qu'on s'emparât du bien des parents d'émigrés, et dénonçant les jacobins ; tantôt combattant les mesures proposées pour le jugement des terroristes. Au 15 vendémiaire an 4 , il lit décréter la permanence de la convention, et la nomination de Barras au commandement de la force armée. Membre du conseil des cinqcents, il demanda l'exclusion de Job Aimé, et se permit contre le nouveau tiers des expressions offensantes. Lorsqu'au mois de mai 1796, le directoire annonça par un message la clôture des clubs et sociétés populaires, Bentabolle s'éleva contre cette mesure. En janvier 1797, il se battit avec son collègue, Coupilleau de Fontenai, et lui donna un coup d'épée. 11 mourut, à Paris le 9.2 avril 1798. C'était un homme violent, qui, ayant une forte voix, faisait souvent retentir de ses cris les voûtes de la salle. Il était du club des cordeliers, et par conséquent partisan de Danton, et on explique ainsi sa Laine contre Robespierre. Il parait que son principal but était de se faire remarquer, et que la fougue de son caractère ne l'empècha pas de composer, jusqu'à un certain point, avec les circonstances
  • Pierre BÉRARD : apothicaire à Grenoble vers le milieu du 17° siècle, suivant Villars, son compatriote, a beaucoup travaillé sur les plantes du Dauphiné, et a laissé un manuscrit de 7 vol. en trèsbon état, que l'on voit à la bibliothèque de Grenoble, et dont cette ville fit l'acquisition en 1780. 11 est intitulé : Theairum botanicum, 1655, et distribué suivant la méthode du Pinax de Gaspard Bauliin, par ordres, par chapitres, par numéros, avec les tables, et contient nonseulement la description des 6,0110 plantes du Pinax, mais encore un trèsgrand nombre d'autres, découvertes par Hernandez, Robin , Cornuti , J. Bauhin , et par des botanistes avec lesquels Bérard était en correspondance en Espagne, en France, en Italie et en Allemagne, dont il recevait des plantes, et auxquels il communiquait celles de sa patrie. Denis Jonquet, médecin de Paris, le cite souvent dans son ouvrage sur les plantes. Il est à regretter, pour l'intérêt de la science, que l'ouvrage de Bérard, qui était l'un des plus complets de ce tempslà, n'ait pas été imprimé. Villars a tiré son nom de l'oubli où on l'avait injustement laissé. et a consacré à sa mémoire, sous le nom de Berardia, un genre de plantes de la famille des cinarocéphales, qui ne renferme qu'une seule espèce, indigène du Dauphiné. Cette plante, qui avait été désignée par Daléchamp et par d'autres botanistes, au commencement du 17e siècle, a été depuis confondue avec d'autres, oubliée ou mal connue jusqu'à ces derniers temps
  • Pierre BERCHEURE ou BERCHOIRE : nom qui a été défiguré en diverses manières par les copistes, et que l'auteur latinisa en celui de Berchorius, d'où lui est vents le nom de Berchoire, sous lequel il est connu aujourd'hui. Il était né à StPierre près de Maillezais, en Poitou ; il entra dans l'ordre de StBenoit, et s'y rendit cé- 1èbre par son savoir. 11 s'attacha au cardinal Duprat, archevèque d'Aix, dont les conseils lui furent trèsutiles pour la composition de ses ouvrages. Berchoire avait fait une telle étude des livres saints, qu'il était en état d'en citer les textes sur toute, sortes de sujets, sans aucun secours étranger. Il mourut à Paris, en 1562, prieur du monastère de StEloy, occupé depuis par les barnabites, ce qui a fait croire à quelques biographes qu'il avait été de cet ordre, dont l'institution lui est postérieure de plus d'un siècle. Berchoire avait composé plusieurs ouvrages qui sont perdus ; ceux qui nous restent de lui forment 5 vol. sous le titre de Reductorium, Repertorium et Dirtionarium morale tariusque Testament?* , etc., Strasbourg, 1474 ; Nuremberg, 1499 ; Cologne, 1651-1692. C'est une espèce d'encyclopédie qui suppose de vastes connaissances et une grande fécondité d'imagination. Il y est théologien, physicien, médecin, anatomiste, géographe, astronome. Le 43° chapitre tin 14e livre contient des choses assez curieuses sur l'histoire naturelle du bas Poitou, quoique l'auteur y paraisse fort crédule. On trouve, en divers endroits de l'ouvrage, des satires fort vives sur les mœurs du temps; l'ordre dont il était membre n'y est pas plus épargné que les autres. On lit dans le titre de l'édition de 1474 que l'ouvrage a été composé à Avignon et corrigé à Paris. 11 dit luimème qu'il mit cinq ans à le composer, et plusieurs autres années à le revoir et à le corriger. Il y en a une traduction en français, par RichardLeblanc, Paris, 1584 Berchoire avait traduit en français, par ordre du roi Jean, l'histoire de TiteLive, dont il y avait un superbe manuscrit dans la bibliothèque du collége de l'oratoire de Troyes. On remarquait, à la tète d'un autre exemplaire qui était chez les minimes de Tonnerre, une vignette où l'auteur était peint présentant son ou- vrage au roi, vêtu de noir, avec la lettre T sur son, habit. 11 en existe aussi plusieurs beaux manuscrits à la bibliothèque royale de Paris. Cette traduction est imprimée sous ce titre : les grandes Décades de Tilus- Livius, translatées de latin en frauçois, etc., Paris, Guill. Eustace, 1514 , et F. Regnault, 1515, 3 vol
  • Pierre BERGERON : fils lu précédent, naquit à Paris, et, de même que son père, suivit d’abord la carrière du barreau. Il plaida d’une manière distinguée, et devint conseiller du roi et référendaire en la chancellerie. Il allia la culture des lettres à l’étude des lois, et s’occupa principalement de géographie et de voyages. Il mourut, en 1637, dans un àge avancé. Il a publié : Traité de la navigation et des voyages de découvertes et conquétes modernes, et principalement des François, Paris, 1629 Cet ouvrage remonte au dela des découvertes des modernes, puisqu’il y est question du voyage du Carthaginois Hannon, et de quelques autres entrepris par les anciens ; mais Bergeron s’étend beaucoup plus sur les voyages des modernes, et il commence ceuxci par la découverte des Canaries, qu’il rapporte à la lin du 13° siècle. Il passe en revue tout ce qui s’est fait depuis cette époque jusqu’au temps oit il écrivait. 11 parle de toutes ces expéditions en homme qui possédait bien son sujet. Il énonce une opinion fort plausible sur la possibilité d’un passage par le Nord, et pense que les gla- ces doivent le rendre impénétrable. Parmi les voya- geurs français, il en cite un, Malherbe de Vitré, qu’il a connu, et qui, parti en 1581, à l’âge de quinze ans, et revenu en 1608, avait employé plus de vingtsept ans à patcourir le Levant, l’Asie, l’Afrique et l’Amérique. A son retour, il proposa au roi de grands et faciles moyens de voyages trèsutiles à la France. Des hommes ignorants des affaires du dehors détournèrent Henri IV d’écouter les propositions de Malherbe. « Celuici , dit Bergeron , n’a « laissé aucuns écrits et mémoires de ses longs voya-« ges, dont il ne 1este que ce qu’il en a dit autrefois « à quelques curieux de ses amis. » On peut être surpris de ce que, parmi les navigateurs français, Bergeron ne fasse pas mention du Dieppois Parmentier. Il passe de même sous silence les entreprises maritimes attribuées aux compatriotes de ce marin. L’ouvragé est terminé par la généalogie des Béthencourt, et se trouve ordinairement re- lié avec le suivant. 2° Histoire de la première décott- verte et conquéte des Canaries, faite dès l’an 1402, par messire Jean de Béthencourt, chambellan du roi Charles VI, Paris, 1630 Le titre annonce de ‘plus que ce livre a été écrit par les aumôniers de ce seigneur. 30 Relation des voyages en Tartane de FrançoisGuillaume de Rubruquis, FrançoisJean du Plan Carpin, François Ascelin, autres religieux de StFrançois et StDominique, qui y furent envoyés par le pape Innocent IV el le roy Si. Louys. Plus un Traité des Tartares, de leur ongine , moeurs , religion , conquétes , empire, chams , hordes diverses el changements jusqu’aujourd’hui ; avec un abrégé de l’histoire des Sarrasins et mahométans, de leur pays, peuples, religion, guerres ; suite de leurs califes , rois , soudans , et de leurs divers empires et Etats établis par le monde, Paris , 1634 , ifl80. Bergeron dit dans sa préface qu’il a tiré une partie de ces relations du recueil de Ilakluyt, que depuis il trouva moyen de suppléer ce recueil par celui de Purchas, et qu’enfin il acheva le tout avec l’aide d’un manuscrit latin. Le Traité des Tartares offre un abrégé exact de l’histoire des peuples connus alors sous ce nom,eitti comprenait les Turcs et les Mongols. Bergeron y donne un sommaire de tous les voyages faits dans l’intérieur de l’Asie, et aussi de ceux qui avaient été entrepris par les Français pour découvrir le passage du Nord. Dans cet ouvrage, de même que dans le Traité de la navigation, Bergeron dit qu’il serait à propos de faire un volume latin de toutes les diverses relations de voyages en ‘Fartarie, qui serait le 2 tome du livre Grau Dei per Francos. Il ajoute que Bongars avait eu ce dessein, comme on le voit dans la préface de la 2° partie de son livre, et il finit par s’exprimer ainsi : « Il faut attendre « tout cela de quelque curieux Ramusius français « qui enchérisse pardessus la diligence, les recher-« cites et le travail des Italiens, Anglais et Hollan-« dais , voire de nos Français mêmes jusqu’ici. » Van der Aa, libraire à Leyde , lit réimprimer la relation des Voyages en Tartane, et lui donna ce titre : Recueil de divers voyages curieux faits en Tartane et ailleurs, précédé du Traité de la navigation et des voyages de découvertes, etc., par P. Bergeron, Leyde, 1729, 2 vol. avec cartes et figures. La mort de l’éditeur ayant nui au débit de cette collection, Neaulme, libraire de la Ilaye, l’acheta des héritiers et la fit paraître sous un titre nouveau : Voyages faits principalement en Asie dans les 12’, 15°, 14° et 15’ siècles, par Benjamin de Tudèle, du Plan Carpin, F. Ascelin, Guillaume de Rubruquis , MarcPaul Vénitien , Haiton , Jean de Mandeville et Ambroise Contarini; accompagnés de l’histoire des Sarrasins el des Tartares, et précédés d’une introduction concernant les voyages et les nouvelles découvertes des principaux voyageurs, par Pierre Bergeron, la Haye, 1735 , 2 vol. cartes et figures. Plusieurs auteurs, trompés par le titre, ont cité le recueil de van der Aa comme étant celui de Bergeron ; mais on a vu par les explications données plus haut la différence qui existe entre les deux collections. La seconde, quoique renfermant plus de choses que la première, lui est inférieure , parce qu’elle est faite avec moins de soin et de jugement ; il suffit, pour s’en convaincre, de lire l’Abrégé des voyages de Mandeville, où l’on cherche vainement plusieurs faits curieux contenus dans cette relation. Les cartes et les planches sont bien gravées : c’est le seul éloge qu’elles méritent. Les premières, confor- mes aux connaissances du temps, n’offrent aucune recherche critique sur les voyages qu’elles sont destinées à éclaircir ; quant aux figures, elles sont purement (l’imagination. Malgré ces défauts, cette publication de van der Aa est souvent citée comme le véritable recueil de Bergeron, et quelques savants allemands Pont même désignée sous le titre de Sylloge Van der Au, ce qui peut induire en erreur ceux qui consultent leurs ouvrages. Bergeron a rédigé, en grande partie sur les mémoires de l’auteur, les Voyages fameux du sieur Vincent le Blanc, Marseillais, dans les quatre parties du monde, Paris, 1649 La mort l’empêcha d’achever ce travail; il fut terminé par Coulon, qui le fit paraître avec une dédicace et un avis au lecteur, omis dans la 2e édition de 1658. Ce fut Peirce qui donna le conseil à V le Blanc de confier ses manuscrits à Bergeron, dont il connaissait la capacité. Celuici s’était d’abord adonné à la poésie ; on trouve des vers de sa façon en tète de l’édition des oeuvres de du Bartas, 1610 et des frères de SteMarthe , 1633 Barbier, à qui l’on doit divers renseignements sur Bergeron, nous apprend qu’il eut beaucoup de part à l’édition de la traduction latine de la Gcographia nubiensis, Paris, ‘1619 et qu’il a laissé en manuscrit deux itinéraires, l’un ilalogermanique, et l’autre german° - belgique. Ce dernier, fait en 1617, fut communiqué au savant Claude Joly, qui le trouva plein de dbetrines et de choses curieuses
  • Pierre BIARD( 1559 - 1609) : sculpteur et architecte, né à Paris, en 1559, y mourut le 17 septembre 1609. Après avoir étudié à Rome , il revint dans sa ville Ce livre magnifique a paru sous ce titre Descrizione dei are, particolarmente di guettes di Caracalla e dei giuochi in essi celebrali, opera postuma Œrdinala e publicala connote da Carlo Feu, con vertione francese, Rome, 1789, 1 vol. grand orné de 20 planches. — Les oeuvres de J.(B.J. Bianconi ont été publiées à Milan, 1802, 4 vol. CH—S. natale , qu'il orna de bons ouvrages. Celui qui lui avait fait le plus d'honneur était un basrelief de grandeur naturelle, représentant Henri IV cheval. Ce morceau , d'un bon goût de dessin , était placé sur la grande porte de l'hôtel de ville de Paris; en 1562, des séditieux l'endommagèrent, puis il fut, comme tant d'autres monuments des arts, détruit pendant les orages de la révolution. On doit d'autant plus en regretter la perte, que l'artiste y avait parfaitement saisi la ressemblance du bon et grand roi sous le règne duquel il vécut
  • Pierre BODDAERT( 1694) : poète hollandais, naquit à Middelbourg en Zélande, en 1694. Il débuta par une traduction de PAirée et Thyeste de Crébillon. En 1717, il publia en société avec deux de ses compatriotes, Jean Steengracht et Pierre de la Eue, un recueil de Récréations poétiques, qui fut réimprimé en 1728, mais où règne une constante médiocrité. Ses Poésies sacrées et édifiantes eurent un grand succès à leur apparition ; mais, sous le rapport littéraire, elles sont de peu de valeur. Boddaert publia aussi les poésies posthumes (l'Anne Rethaan , sa bellemère, et celles de Jean Moorman, avocat de Hulst en Flandre, qui vécut de 1696 à 1743. Pour lui, il termina sa carrière en 1760. Voici une petite pièce de cet écrivain, traduite par M. L.V. Raoul, que la reconnaissance avait engagé à répandre de tout son pouvoir le goût de la littérature hollandaise : CONSEILS A QUELQU'UN POUR NE PAS VOIR DE SOTS. Les sots te font horreur, et tu voudrais avoir Le secret de n'en jamais voir ! Rien de plus facile, mon maître, Ferme chez toi porte et fenêtre ; Abstienstoi de sortir ; renonce à recevoir ; Enfin, et ce moyen est le plus sirpeut-être, Mets un rideau sur ton miroir. On sait que ce dernier trait n'est pas neuf en français. Une notice, sur Boddaert se lit à la tète de ses Mélanges posthumes, où l'on distingue le poème de Daphné
  • Pierre BERNARD( 1640 - 1720) : annaliste, né vers 1640 à Calais, était de la mème famille que Jean Bernard, fameux corsaire de cette ville, qui se signala contre les Anglais sur la fin du règne de Louis X111. Il exerçait la profession d'avocat. Dans différents voyages qu'il fit en Angleterre, il avait eu l'occasion d'y voir plusieurs fois la reine épouse de Jacques; il reconnut cette princesse lorsqu'en 1688 , elle fuyait avec son fils pour échapper aux troupes victorieuses de ,Guillaume, et son fut cause que, pendant les deux jours qu'elle resta à Calais, l'hôtel où elle était descendue Le P. Vincent MussarI, réformateur et supérieur du tiers ordre en France, était de Paris, et y mourut le 17 août 1637. De tous ses ouvrages, dont on trouve l'indication dans les Scriptor. on!. Minorunt de Wadding, p. 350, le seul connu est le Fouet des jureurs. Cet opuscule, publié pour la première fois à Rouen, en f602 fut réimprimé à Troyes en 1614. L'édition donnée par le P. Bernard est la troisième. Quelques années plus tard parut sous ce titre de Fouet, inventé. par le moine Mussart, le Fouet des paillards, ou juste punition des voluptueux et charnels, composé par Mathurin le Picard, curé de MenilJourdain, et imprimé à Rouen, 1623 oit 1028 Ces sortes de livres n'ont souvent de singulier que le titre, ce qui suffit pour les faire rechercher par les bibliophiles, qui ont rarement le courage de tes lire. VVE fut constamment entouré d'une foule de curieux. Bernard parvint à la place de mayen'', qu'il remplissait en 1701 et 1702. Il mourut vers 1720, dans un, àrc assez avancé. On a de lui : les Annales, de Calais, JtOmer, 1715 Ce volume est devenu trèsrare, n'ayant été tiré qu'à deux cents exemplaires. Les sièges que cette ville a soutenus contre les Anglais y sont décrits avec beaucoup d'exactitude. Le nouvel historien de Calais , avoue dans sa préface qu'il a profité de l'ouvrage de Bernard, qui renferme, ditil, des documents précieux et un grand nombre de faits, qu'on aurait cherchés inutilement ailleurs
  • Pierre BERNARD D'HÉRY( 1756) : littérateur, né en 1756, dans un village près d'Auxerre, dote il joignit le nom au sien, pour le distinguer de ses nombreux homonymes, était fils d'un riche marchand de bois, à qui cette partie de la Bourgogne est redevable de l'introduction de nouvelles méthodes de culture qui ont doublé ses produits. Après avoir fait d'excellentes études, il vint à Paris perfectionner ses connaissances ; et, ayant acquis une charge dans la maison du comte d'Artois, il put se livrer entièrement à son goût pour les lettres. A la révolution, dont il embrassa les principes avec modération, il fut nommé membre de la première administration du département de l'Yonne. Député par ce département à l'assemblée législative, il y lit, au nom de diverses commissions, plusieurs rapports importants, entre mures sur l'organisation des services publics et la répression de la mendicité ; les conclusions qu'il adoptait ne purent cependant, en raison des circonstances, recevoir même un commencement d'exécution. Après la journée dul0 août 1792, il lit décréter que les administrations départementales, élues sous l'influence de la cour, seraient renouvelées. Ce sacrifice au désir de conserver de la popularité ne put le soustraire aux persécutions qu'amena le régime de la terreur. Déhoncé comme royaliste par le conventionnel Maure , il n'échappa qu'en se tenant caché. A la création des conseils de préfecture, en 1800, il fut nommé membre de celui de l'Yonne; et, quelques années plus tard, il reçut la croix de la Légion d'honneur. Sans rien négliger de ses devoirs, il consacra ses loisirs à la culture iles lettres et à l'embellissement de sa maison d'Héry, où il avait formé des collections de livres rares, d'antiquités et de tableaux des meilleurs maitres. En 1850 il fut remplacé dans les fonctions qu'il remplissait avec autant de zèle que de capacité. Trop sensible à cette disgràce, il ne s'en consola qu'en se livrant à l'étude avec une ardeur que ses forces ne pouvaient plus seconder. La perte d'une épouse chérie et celle de sa bellefille vinrent ajouter à ses chagrins. Pour se distraire, il se rendait à Paris ; mais, arrivé à Sens, il y fut frappé d'apoplexie, le 25 avril 1855, à l'âge de 77 ans. Il avait eu de nombreux amis. L'un d'eux, le P. Laine, savant bibliographe, lui avait légué une partie de ses manuscrits. On a de Bernard d'Héry : 1° Préludes poétiques, Paris, 1786 Ce volume contient des imitations des poëtes grecs et latins, et la traduction en vers de PUEdipe Roi de Sophocle. 2° Es- sai sur la vie et les ouvrages de l'abbé Prevost. Ce morceau se trouve à la tête de l'édition des OEuvres choisies de cet écrivain, Paris, 1785-85, 59 vol. Il en a été tiré séparément quelques exemplaires. 5') L'Histoire naturelle de Buffon, réduite à ce qu'elle contient de plus instructif et de plus intéres- sant, ibid., 1791-1801 I I vol. Le discours préliminaire de l'éditeur est un morceau de littérature trèsremarquable. Le dernier volume contient la vie de Buffon, la table analytique de ses ouvrages, et une notice sur Montbéliard , avec un choix de ses oeuvres. 4° La Jérusalem délivrée, truduction nouvelle, en vers français, Auxerre, 1852, 2 vol. Cette traduction a le mérite de la fidélité ; mais c'est à peu près le seul. Elle n'a été imprimée qu'à un petit nombre d'exemplaires que l'auteur a distribués à ses amis. Bernard a laissé en portefeuille des chansons et des pièces fugitives, dont plusieurs seraient dignes d'être publiées. Les journaux du - partement de l'Yonne contiennent sur Bernard diffé- rentes notices que l'on a consultées pour la rédaction de cet article
  • Pierre BINSFELD : originaire de Luxembourg, vivait au commencement du 17e siècle. Après de brillantes études faites à Rome, il prit le titre de docteur en théologie, professa dans les PaysBas, devint chanoine de Trèves, puis grand vicaire et suffragant du même évêché. Il est mort vers l'année 1606, laissant plusieurs ouvrages qui ont eu du succès, mais qui sont tombés dans l'oubli. Tels sont : 1. Enchyridion theologice pastoralis, in graliam exantinandorum pro cura pastorali, Trèves Il en a paru plusieurs éditions. 2° Commentarius in titulum decrel. de injuriis et damno date. 3° Cominentarius in titulum de simonia. 4° Comntentarius de tentalionibus eorumque remediis. — Pierre BINSFELD, frère du précédent, mort en 1615, est cité par le P. Bertholet comme un écrivain distingué; mais rien de lui ne nous est parvenu
  • Pierre BONDAM( 1727 - 1800) : naquit à Campen, en 1727. Après avoir été successivement professeur dans les écoles de Campen et de Zulphen, et à l'université de Ilarderwick, il passa, en 1775, à celle d'Utrecht. Son premier ouvrage , qui parut à Franeker , en 1746, est intitulé : Specimcn anima*. critic. ad loca qucedam juris civilis depravata. Il publia ensuite deux dissertations, l'une de linguce grœcœ Cognitio- ne jurisconsulto necessaria, Zutplien, 1755 ; l'autre : Pro Grœcis juris interpretibus, 1765 et quatre harangues académiques, en 1762, 73, 78 et 79. Nous ne citerons que la dernière, qui traite de l'union des Provinces en 1579 : elle est accompagnée de notes historiques. Bondam a donné en hollandais un recueil des chartes des ducs de Gueldre, Utrecht 1785, 89 et 95. Il ne faut point oublier, dans la liste de ses productions, ses deux livres de Varice lectiones ; il y corrige, un grand nombre de passages dans les jurisconsultes et les littérateurs anciens. Bondam est mort le 6 février 1800
  • Pierre BONARELLI DELLA ROVERE : alité du comte Prosper, et neveu de Guidubalde, naquit dans le sein des lettres, et ne fut point indigne de sa naissance. Il acheva ses études à nome, et y fut attaché au cardinal Barberini, neveu du pape. Il lit, vers 1640, un voyage en France avec le légat extraordinaire Mazarini, qui n'était ms encore cardinal. Son père espérait qu'il en résulterait un changement heureux dans la fortune de sa famille ; mais ces résultats se bornèrent aux agréments du voyage. Après la mort de Prosper Bonarelli, son fils soutint à Ancône l'académie des Caliginosi, qu'il avait fondée. Pierre cultiva aussi la poésie dramatique, et l'on a de lui : 1° Poesie drammatiche, cive : la Ninla ri- trosa, fayota pastorale ; — ii Celai° e Procri, melo- dramma per intermeni ; — il Valore, melodrumma allegorico; — la Proserpina, melodramina ; — la De- bora , melodramma sacra ; l'Olmiro, regi - pasto- rale, Rome, 1655 ; ibid., 1657. 5° Poesie liri- che , Ancône, 1651 40 Discorsi accademici, Home, 1658 5° Quelques drames et mélodra- mes restés inédits, ou dont les éditions ne nous sont pas connues
  • Pierre BONCENNE( 1774) : lUs d'un procureur du présidial de Poitiers, né dans cette ville, en 177i, finit ses études pendant la révolution, et se lit défenseur officieux près les tribunaux de cette ville, devant lesquels il débuta avec un grand éclat. A l'organisation des écoles de droit, il fut nommé professeur suppléant, et appelé au conseil général de la Vienne, poste qui lui donna l'occasion de publier Mémoire sur la navigation de Clain, avec carte, 1811 En février 1815, Louis XVIII le nomma conseiller de préfecture. Les cent jours arrivés, il fut élu, par le collég..,e électoral de la Vienne, membre de la chambre des députés, où il se montra un (les zélés défenseurs de l'institution du jury, de la liberté de la presse et de la liberté individuelle. Il publia aussi plusieurs amendements au projet de déclaration des droits des Français. Depuis, Boncenne fut presque toujours candidat à la chambre des députés à Poitiers, où il fut porté par les libéraux Ms la restauration, et par le justemilieu après la l'évolution de juillet, sans pouvoir jamais être élu. Mais ses succès du barreau furent réels, et son éloquence était vraiment remarquable. A un concours à Toulouse , il obtint la chaire de procédure civile à la faculté de droit de Poitiers, et plus tard il devint doyen de cette même faculté. Approfondissant la spécialité qu'il était appelé à professer, Boncenne commença l'impression de la Théorie de la procédure civile, ouvrage que l'on mettra toujours au premier rang parmi les livres de droit, et qui a l'avantage d'être écrit d'une manière si agréable, que sa lecture est faite pour intéresser toutes les classes de lecteurs. Plusieurs volumes de cet excellent travail ont été publiés, et il est bien à regretter qu'il n'ait pas été achevé. Boncenne, qui était encore depuis la l'évolution de juillet membre du conseil général de la Vienne, et qui a présidé pendant plusieurs années la société académique de Poitiers, est Il. mort dans cette ville, d'une attaque d'apoplexie foudroyante , le '22 février 1840. Les élèves, qui sentaient qu'ils avaient fait une perte immense, voulurent le porter euxmémes dans sa dernière demeure, et ils souscrivirent pour faire faire le buste en marbre de ce savant et éloquent professeur, qui orne à présent la principale salle de la faculté de droit de Poitiers
  • Pierre BERTHAULD( 1600 - 1681) : né à Sens, vers 160?, entra de bonne heure dans la congrégation de l'Oratoire, où il enseignait la rhétorique, à Marseille, lors de la fondation du collége, en 1625. En 1659, il devint titulaire de l'archidiaconé de Dunois dans l'église de Chartres. L'année suivante, on lui donna un canonicat dans la même église, dont il fut doyen en 166G. On a de lui le Portes Gallicus et le Fiords Francicus, qu'on a VUS longtemps dans les collèges. Le dernier, au jugement du P. Lelong, qui loue l'élégance du style, passe pour un des meilleurs abrégés de notre histoire ; mais sa production la plus considérable est son traité de Ara, ouvrage plein d'érudition et de recherches, imprimé à Nantes, en 1635. Le P. Berthauld n'était pas sans talent pour la poésie latine. Il publia plusieurs pièces sur des sujets de circonstance ; les principales sont un Éloge de la ville de Troyes, où il avait enseigné dans sa jeunesse, 1631 et la Délivrance de Casai . Le cardinal de Richelieu, connaissant son mérite, eut dessein de l'élever à l'épiscopat, mais il en fut dissuadé par le P. Sancy de Harlay, qui ne reconnaissait point, parmi les talents du P. Berthauld, celui de conduire un diocèse. 11 mourut dans un àge fort avancé, le 19 octobre 1681
  • Pierre BERTI( 1741 - 1813) : littérateur, naquit à Venise, en 1741. Entré chez les jésuites, il professa la rhétorique à Parme et ensuite à Reggio. Quoique trèsjeune encore, il fut, sur la présentation du célèbre Paradisi, reçu membre de l'académie trouve cette édition préférable à celle qu'avait publiée Manni à Florence, 1778. 11 en existe au moins six exemplaires sur vélin . La nouvelle édition de Brescia, 1818 reproduit, il est vrai, le texte de Berti ; mais on en a retranché la préface et les tables. Outre l'oraison funèbre , en latin , du doge Louis Mocenigo, Venise, 1779, et quelques discours prononcés dans des occasions solennelles, on cite de Berti un petit poème dans le genre gracieux, publié quelques années après sa mort par un de ses élèves : la Pesca di Comntacchio, stanze, Padoue, 1814
  • Pierre BERTIUS : cosmographe et historiographe du roi Louis XIII, professeur royal de mathématiques, naquit à Beveren, en Flandre, sur les confins des diocèses de Bruges et d'Ypres, le 14 novembre 1565. Les troubles de religion engagèrent ses parents à se transporter à Londres, où il commença son éducation. Il l'acheva à Leyde, où son père, qui était devenu ministre protestant à Rotterdam, le fit venir à l'âge de douze ans. En 1582, Bertius, figé seulement de dixsept ans , embrassa la carrière de l'enseignement, et professa successivement à Dunkerque, à Ostende, à Middelbourg, à Goès et à Strasbourg. Le désir de s'instruire lui fit entreprendre un voyage en Allemagne avec JusteLipse ; le même motif le conduisit aussi en Bohème, en Silésie, en P9logne, en Russie et en Prusse. Il revint enfin à Leyde, où il avait été nommé professeur. On le chargea aussi du soin de la bibliothèque de l'université de cette ville, qu'il mit le premier en ordre, et dont il publia le catalogue. En 1606, il fut nommé régent du collége des états à la place de Jean Kuchlin son beaupère ; mais ayant pris le parti des disciples d'Arminius contre ceux de Gomar, et publié contre ces derniers un grand nombre d'écrits théologiques, il se vit dépouillé de toutes ses places et de tout moyen de subsistance , quoique chargé d'une nombreuse famille. Au mois de mars 1620, il présenta aux états de Hollande une requète pour obtenir une pension, qui lui fut refusée. Deux ans auparavant, Louis XIII l'avait honoré du titre de son cosmographe. Contraint par la misère, Bertins se rendit en France, et embrassa la religion catliolique.II fit son abjuration le 25 juin 1620, entre les mains de Henri de Gondi, cardinal de Retz, évèque de Paris. Les protestants s'affligèrent beaucoup de cette abjuration, et les catholiques n'osèrent pas s'en glorifier. Peu de temps après, Bertius fut nominé professeur d'éloquence du collège de Boncourt, ensuite historiographe du roi, et il fut enfin pourvu d'une chaire surnuméraire de professeur royal en mathématiques. Il mourut le 3 octobre 1629, à l'âge de 64 ans. Son portrait, bien gravé, se trouve au revers de la dédicace au roi Louis XIII du Theatrum Geographie veteris ; mais il n'existe que dans quelques exemplaires, qui paraissent avoir été donnés par l'auteur en présent ; remarque qui, je crois, n'a pas encore été faite par aucun des nombreux bibliographes qui ont parlé de ce livre. Bertius a laissé un grand nombre s'ôter les moyens d'être utile à soi« mème et aux autres, et troubler l'Église et la patrie « par de vaines altercations, pour avoir le plaisir de « montrer son érudition et l'excellence de sa doctrine. » Le plus connu des ouvrages géographiques de Bertius et le plus recherché est son Theatrum Geographito veteris, 2 vol. 1618 et 1619, El - zevir. Cependant ce recueil, dont Bertius n'a été que l'éditeur, et l'éditeur négligent, a plus de réputation qu'il n'en mérite. Le 1" volume se compose uniquement de la géographie de Ptolémée, en grec et en latin, réimprimée sur l'édition donnée quatorze ans auparavant par Montanus , à laquelle Bertius a seulement ajouté les variantes d'un manuscrit de la bibliothèque Palatine, qui lui avaient été fournies par Sylburg ; niais Bertius a laissé faire dans son édition un bon nombre de fautes d'impression qui n'existent pas dans l'édition de Montanus. Le 2e volume du Theatrum renferme l'Itinerarium d'Antonin , l'Itineraium provinciarum du même, réimprimés sur l'édition d'André Schott, dont. Bertius a copié jusqu'aux fautes d'impression. Ensuite vient la table de Peutinger, telle que l'avait donnée Velser, et avec les commentaires de ce dernier auteur ; enfin, un choix de cartes de géographie ancienne, extraites du Parergon d'Ortelius, et avec le texte descriptif de cet excellent géographe, tout cela sans aucune note ni addition de Bertius. Les autres écrits géographiques de Bertius sont : 1° Conementariorum rerum Germanicarum libri tees, Amsterdam , 1616 ; et 1635 2° Notifia chorographica episcopatuum Gallice, Paais, 1625 Cette carte se trouve à la tète de la allia Christiana de Cl. Robert. 5° Breviarium or- bis terrarum, Leipsick, 1662 ; et, à la fin du Cluverii Introductio in universam geographiam, Amsterdam, 1676 Imperium Caroli L) iagni et vicince Regiones, Paris C'est une carte : elle est aussi insérée en quatre dans l'atlas de Hondius, Amsterdam, 1654 5° Varice orbis universi et ejus parlium Tabulce geographicco ex antiquis geographis et historicis confectœ, per Petrum Bertium oblong. 6° De aggeribus et pontibus hactenus ad mare extructis Digestum, novum, Paris, 1629, ouvrage composé à l'occasion de la digue de la Rochelle, et à la lin duquel on trouve une lettre du cardinal de Richelieu à l'auteur ; réiinp. dans le Thesaurus Antiquit. roman. Ceux qui désireraient connaître les titres des ouvrages théologiques de Bertius en trouveront une grande partie à la p. 206 de l'ouvrage de J. Meursius, intitulé Atheme Batavœlibri duo 1625. On a beaucoup profité de ce livre pour cet article. Bertius a aussi été l'éditeur des Illustrium et clarorum virorum Epistolce selectiores , etc., Leyde, 1617 On trouve une préface de sa façon à l'édition de la Philosophie de Boèce, Leyde , 1655 et clans quelques autres éditions
  • Pierre BERTRAND : cardinal, natif d'Annonay, professa longtemps avec une grande réputation le droit civil et canonique à Avignon, à Montpellier, à Orléans, à Paris, et eut pour amis tous les gens de lettres de la cour des papes d'Avignon et de celle des rois de France. Ayant embrassé l'état ecclésiastique, il fut successivement chanoine et doyen du PuyenVelay, conseillerclerc au parlement de Paris, chancelier de la reine Jeanne de Bourgogne, évêque de Nevers, et ensuite d'Autun. 11 est principalement connu par le rôle qu'il joua dans la conférence de Vincennes en 1529, présidée par Philippe de Valois. L'objet en était, sur les plaintes des barons contre l'envahissement des justices ecclésiastiques, de régler la compétence des prélats, de réprimer les entreprises de leurs officiaux, et de déterminer les limites précises des deux juridictions, question non moins difficile que délicate, dans un temps où les esprits n'étaient pas aussi éclairés qu'ils le sont aujourd'hui. Le clergé fut vi% entent attaqué par le célèbre Pierre de Cugnières, avocat du roi, et défendu avec chaleur par Pierre Roger, élu archevèque de Sens, depuis pape, sous le nom de Clément VI, et par Bertrand. Ce dernier, qui en fut le principal acteur du côté du clergé, s'attacha principalement à établir la compatibilité des deux juridictions dans la"même personne, et à prouver que la connaissance des causes civiles appartient aux ecclésiastiques de droit divin et humain, par coutume et par privilége. Le résultat de la conférence, qui tint cinq séances, tant à Paris qu'à Vincennes, fut que les prélats promirent une réformation. Le roi leur donna environ un an pour y travailler ; niais ses différends avec l'Angleterre ne lui permirent pas d'en poursuivre l'exécution. Quoique Fleury et Brunet disent que cette dispute ne produisit rien , il est certain qu'elle a été le fondement de toutes celles qui se sont élevées depuis entre les deux. autorités ; qu'on l'a toujours regardée comme l'époque d'un grand changement, en ce que, ainsi que l'observe le président Hénault, c'est de là que date « l'introduction de la forme des appels comme d'a« bus, dont les principes sont plus anciens que le « nom, et dont l'effet a été de restreindre la juri« diction ecclésiastique dans des bornes plus étroites.» Fleury prétend encore que, clans cette dispute, la cause de l'Église fut mal attaquée et mal défendue. Ce reproche ne peut s'appliquer à Pierre de Cugnières, dont nous n'avons le plaidoyer que par l'extrait qu'en a fait son antagoniste. Le zèle que Bertrand déploya dans cette célèbre dispute pour défendre les intérêts du clergé lui valut le chapeau de cardinal, que Jean XXII lui donna en 1551. Philippe de Valois lui permit aussi de porter des lis dans l'écusson de ses armes. La relation des conférences de Paris et de Vincennes, après avoir été insérée dans différents recueils d'une manière trèsinexacte et souvent inintelligible, a été publiée, en 1751, par Brunet, purgée des fautes qui la déshonoraient, sous ce titre : Libellas D. Bertrandi, etc., adverses Petrum de Cugneriis, purgatifs a varus mendis, et restitalus ad fidem duorum manuscriptorum Colberlinorum. Elle est précédée d'une lettre curieuse de l'éditeur sur toute cette affaire. C'est dans cet état que l'ouvrage a été réimprimé dans le 5° vol. des Libertés gallicanes de Durand de Maillane. On lui donne mal à propos le titre d'Actes de la conférence, etc. Ces actes n'ont jamais été imprimés, et ne pouvaient l'être, puisque le clergé refusa constamment de communiquer ses réponses au plaidoyer de Pierre de Cugnières. Ce que nous avons sous ce titre est.de la composition de Bertrand. On a encore de ce cardinal : Tractalus de origine jarisdictionum, sive de duabus potestatibus, etc., Paris, 1551 Il avait composé plusieurs autres ouvrages qui sont restés manuscrits, entre autres des commentaires sur le 6° livre des Décrétales. Ce cardinal mourut le 24 juin 1349, à Avignon, avec la réputation du plus savant canoniste de son siècle. Il avait fondé à Paris le collège d'Autun, ou autrement du cardinal Bertrand
  • Pierre BESNIER( 1648 - 1705) : jésuite, né à Tours, en 1648, fit profession comme jésuite en 1665 , passa la plus grande partie de sa vie dans les pays étrangers, et mourut à Constantinople, le 8 septembre 1705. Il avait une mémoire prodigieuse et une grande connaissance des langues, qu'il apprenait avec une extrême facilité. On a de lui : 1. la Réunion des lan- gues, ou l'Art de les apprendre toutes par mie seule, Paris, 1674 Liège , 1794 2° Discours sur la science des étymologies, Paris, 1694 ; il se trouve aussi à la tète du Dictionnaire étymolo- gique de Ménage. Besnier a travaillé avec les PP. Bouliours et Letellier à la traduction du Nou- veau Testament, suivant la Vulgate, Paris, 1697 et .1705, 2 vol. ; réimp. à Paris, 1754, in 12. — Pierre- Charles- Louis BESNIER , médecin , né en Touraine en 1668, étudia la médecine à Montpellier, et, après y avoir pris ses grades, alla se fixer à Caen, où il mourut en 1761; il a publié : 1. le Jardi- nier botaniste, Paris, 1705 ouvrage dans le- • quel il enseigne nonseulement la culture des plantes, mais encore leur usage en médecine ; 2. Abrégé cu- rieux touchant le jardinage, Paris, 1706 11 a donné aussi, avec des corrections et additions, la 5e édition de la Nouvelle Maison rustique de Liger, Paris, 1721, 2 vol. Il mit au jour, en 1717, le Traité de la matière médicale de Tournefort, 2 vol. Besnier ,fut le beaupère du célèbre Dionis
  • Pierre BESSE( 1568) : docteur de Sorbonne, principal du collège de Pompadour, à Paris, chanoine chantre de StEustache, prédicateur du roi Louis XIII, naquit en 1568, au bourg de Rosiers, en Limousin, au milieu du 16e siècle, et mourut à Paris, en 1659. Ses sermons, trèsapplaudis dans le temps, et dont on a de la peine aujourd'hui à supporter la lecture, offrent , à travers beaucoup de choses ridicules des traits dont les prédicateurs modernes trouveraient à profiter. L'auteur nous apprend, dans une de ses préfaces, qu'ils se débitaient avec beaucoup de rapidité , et qu'il n'en demeurait point en boutique de libraire. Son Carême seul eut dix éditions en dix ans. C'est un Limousin, ditil dans uneeautre préface, « qui a bâti cet édifice, et non un courtisan : ce « n'est pas un citadin, mais un rural qui parle. » Bosse prenait aussi le titre de prédicateur et aumônier de Henri de Bourbon, prince de Condé. Outre ses sermons, imprimés sous le titre de Conceptions théologiques, de Carême, d'Avent, etc., Besse est auteur de divers autres ouvrages : 1° des Qualités et des bonnes moeurs des prétres ; 20 Triomphe des saintes et dévotes confréries ; la Royale PPètrise 40 le Démocrite chrétien ; 5° le Bon Pasteur: & l'Hé- raclite chrétien; 7° Concordantice Bibliorum, Paris, 1611 . T—D. Voir, au sujet de Pierre de Besse, les Nemoires historiques et philoloyiques de Michault, t. ter, p. 271, et leS no« 500.2, 5003, 3464 du Catalogue de la bibliothèque de Reims
  • Pierre BOAISTUAU ou BOISTUAU : natif de Nantes, mort à Paris en 1566, ayant quelque lecture, mais du reste fort superficiel, a passé dans son temps pour un beau parleur. la Croix du Maine en fait un pompeux éloge : « Boistuau, ditil, a été homme trèsdocte et des « plus éloquents orateurs de son siècle, et lequel « avoit une façon de parler autant douce, coulante « et agréable, qu'autre duquel j'aye lu les escrits. » On a de lui : 1° Thédtre du monde, sur les misères humaines et la dignité de l'homme , impr. à Paris en 1581 et 1598, 6 vol. On assure que ce livre, qui contient des faits trèssinguliers, a eu plus de vingt éditions; il l'avait d'abord composé en latin. 2° Histoires tragiques, extraites des oeuvres italiennes de Bandel et mises en langue française, 1568 et suiv., 7 vol. 4580, 1616 , également en 7 vol. Les six premières histoires du 1" volume ont été traduites par Boaistuau, et le sont beaucoup mieux que celles traduites par Belleforest, qui a continué l'ouvrage. Ce dernier ne s'est pas contenté de traduire, il a ajouté plusieurs histoires de son invention. 5. Histoires prodigieuses, extraites de plusieurs fameux auteurs grecs el latins, 1561 Ces histoires sont au nombre de quarante : Claude de Tesserant en ajouta quinze. Belleforest continua cet ouvrage, qui fut imprimé en 6 vol. en 1575 et années suiv. ; réimpr. à Anvers en 1594 , et à Paris en 1598. Ces six tontes sont ordinairement reliés en (rois. 4° Quelques autres ouvrages sur lesquels on peut consulter la Bibliothèque française de la Croix du Maine et Duverdier. Boaistuau est un des premiers écrivains qui aient recommandé aux mères d'allaiter leurs enfants. A. B—T et D
  • Pierre BODDAERT( 1730) : savant médecin et naturaliste, de la même famille que le précédent, était né dans la Zélande vers 1730. Après avoir pris ses grades à l'université de Leyde, il s'établit à Flessingue, et partagea son temps entre la pratique de son art et la culture des sciences naturelles. Nominé membre du conseil de cette ville, il se démit bientôt de sa place pour se livrer plus tranquillement à l'étude ; et, désirant accroître ses connaissances par la fréquentation des savants, il visita les principales villes de Hollande. Pendant son séjour à Amsterdam, il se lia de l'amitié la plus étroite avec JeanAlbert Schlosser, qui , jeune encore, avait déjà formé une collection précieuse d'histoire naturelle. Schlosser étant mort en 1769, il se chargea, par attachement à sa mémoire, de continuer la description des objets les plus curieux de son cabinet. Boddaert habitait Utrecht en 1770, et il demeura deux ans dans cette ville. Outre des dissertations dans les mémoires des académies des Curieux de la nature de Harlem et de Zélande, dont il était membre, entre autres sur les poisons et leurs réactifs, et une édition des Planches anatomiques de Daubenton, en couleur, avec un texte explicatif en hollandais, on connaît de lui : 4° la traduction en hollandais , Dordrecht, '1773 fig., enrichie de notes et d'une préface. 4° De Chaelodonte Argo, Amsterdam, 1770 ; de Testudine cartilaginea, 1770 ; de Rana bicolore, ibid., 1770 ; de Chaetodonde Diacantho, ibid., 1772, grand fig. col., lat. et holland. Ces quatre descriptions, en forme de lettres adressées à autant de médecins, ses amis, doivent être précédées de celle (le Schlosser : de Lacerta Amboinensi, Amsterdam, 1768, la seule qu'ait publiée ce jeune médecin, enlevé trop tôt aux sciences naturelles, dont il aurait sans doute agrandi le domaine. Ainsi complet, ce volume est rare et recherché. 5° Elenchus animalium, Rotterdam, 1785 6° L'Histoire géographique de l'homme et des quadrupèdes, par Zimmermann, trad. en holland., Utrecht, 1787
  • Pierre BOËL( 1625) : peintre, né à Anvers, en 1625. on ne saitquel fut son maître, mais on conjecture 'il reçut des leçons de Pierre Snayers, et qu'il ita sa belle manière de peindre les animaux, les ils et les fleurs. Boél voyagea en Italie, et s'y fit marquer par ses talents. A son retour en Flandre, ° passa par Paris, et il n'eût tenu qu'à lui d'y avoir ne existence trèsagréable ; ruais le désir de revoir sa patrie lui lit abandonner des ouvrages commencés. L'affection de Boél pour sa ville natale ne nuisit point à ses intérêts; il fut trèsoccupé jusqu'à sa mort, dont l'époque est inconnue. Desc,amps compare les tableaux de Boél à ceux des plus habiles peintres dans son genre ; il vante sa touche, ainsi que son coloris vigoureux et vrai, qu'il devait au soin de tout faire d'après nature. Il distingue parmi les tableaux , né à Anvers, en 1634, a gravé les Batailles de Charles- Quint , d'après Tempesta, et quelques autres sujets d'après MichelAnge
  • Pierre BOISLÈVE( 1745 - 1830) : official du diocèse de Paris, dont le nom appartient à l'histoire, pou• avoir prononcé le divorce de Napoléon et de Joséphine, naquit à Saumur, le 12 septembre 1745. Ayant embrassé l'état ecclésiastique, il se fit recevoir docteur en droit, fut nommé vicaire de StMichel d'Angers, et développa beaucoup de talent dans l'examen des procédures qui lui étaient envoyées par le présidial de cette ville. Pourvu d'un canonicat de la collégiale de StMartin, il fut en même temps nominé vicepromoteur du diocèse, place qu'il remplissait à l'époque de la révolution. Sou refus de prêter le ser ment l'obligea de quitter Angers. Il vint à Paris, jugeant qu'il y serait plus en sûreté que dans la province ; et il se tint caché pendant la terreur à Passy, dans une maison que son ancien condisciple, l'évèque de StPapoul , avait retenue et meublée sous un nom supposé. Après le concordat, l'abbé Boislève fut nommé chanoine honoraire de NotreDame. Napoléon, voulant faire casser son mariage sans l'intervention du pape, alors captif, rétablit l'officialité de Paris; et Boislève, comme jurisconsulte, fut revêtu du titre d'official. La cause ayant été portée devant lui, ;après l'instruction préliminaire, il prononça, le 9 janvier 1810, la sentence de divorce, qui ne fut point publiée. On croit que l'abbé Boislève fut également chargé d'annuler le mariage de Jérôme Bonaparte avec mademoisele Paterson. Devenu chanoine titulaire et vicaire général, il était en même temps directeur des religieuses de l'HôtelDieu et des dames de la Congrégation. Il mourut à Paris, le 3 décembre 1830
  • Pierre BOITEL : sieur de Gaubertin, auteur du commencement du 17° siècle , a laissé : 1° les Tragiques Accidents des hommes illustres, depuis le premier siècle jusqu'à présent, 1616 Le premier personnage dont l'auteur parle est Abel , le dernier, le chevalier de Guise. 2° Le Thilltre du malheur, 1621 rare, ouvrage dans le même genre que le précédent. 3° Le Tableau des merveilles du monde, Paris, 1617 4° La Dé [ aile du faux amour par l'unique des braves de ce temps, etc., Paris, 1617,2 vol., pièces satiriques relatives à la mort du maréchal d'Ancre et de sa femme. 5° Histoire des choses plus mémorables de ce qui s'est passé en France depuis la mort de Henri le Grand, jusqu'à l'assemblée des notables en 1617 et 1618 , Rouen , 1618 Malgré le titre, l'ouvrage ne va que jusqu'au 29 décembre 1617. Une nouvelle édition, avec une suite jusqu'en 1642, fut donnée à Rouen , 1647 , 3 vol. On attribue encore à Boite' de Gaubertin la cinquième et la sixième partie de l'Astrée, Paris, 1626, 2 vol. publiées sous le nom de Borstel; cette continuation A
  • Pierre BOISTUAU DE LAUNAI( 1500) : naquit à Nantes au commencement du 16° siècle, et se fit une grande réputation de savoir. Aussi la Croix du Maine ditil de lui : « Il a été homme trèsdocte et des plus « éloquents docteurs de son siècle, lequel avoit une « façon de parler autant douce, consolante et agréa« ble qu'autre duquel j'aie lu les écrits. On de lui : 1° Théâ, tre du monde, discourant des misères humaines et de l'excellence et dignité de l'homme. L'auteur composa cet 'ouvrage d'abord en latin, ensuite en français, et le livre eut un succès si prodigieux, qu'il fut imprimé plus de vingt fois, à Paris, à Lyon, à Rouen , à Anvers, etc. La meilleure édition est de Paris, 1598, 6 vol. e Histoire de Nicéphore, imprimée à Paris. Une partie seulement de l'ouvrage est due à Boistuau. e Histoire de Chelidofins Tigurinus, sur l'institution des princes chrétiens, traduction du latin, Paris, 1557 A° Histoires prodigieuses, extraites de plusieurs excellents auteurs grecs et latins, Paris , 1557 ; 1575 , 6 vol. C'est dans cet ouvrage que la Fontaine a pris le sujet du Paysan du Danube. 5° Les Amants fortunés, Paris, 1558. 6° Histoire des persécutions de l'Église chrétienne, Paris , 1572. 7° Histoires tragiques, traduites de l'italien de Bandello, Paris, 1568. Boistuau n'a traduit que les six premières histoires, et Belleforest a continué le travail. Le style du premier est bien meilleur que celui de l'autre. Guimar attribue encore à Boistuau deux autres ouvrages, lm Traité des pierres précieuses, et une traduction de la Cité de Dieu de St. Augustin ; mais on ne sait trop si ces livres sont bien de cet auteur
  • Pierre BIELINSKI( 1754) : sénateur palatin, naquit dans la grande Pologne, en 1754, d'une famille qui a donné plusieurs hommes distingués à ce pa?s. Jeune encore, il fut élu à diverses reprises nonce aux diètes, et nommé par l'une d'elles, en 1782, membre de la commission Des arrestations nombreuses eurent lieu dans toute la Pologne. Quoique les crimes d'État ressortissent du tribunal de la diète, une commission mixte, composée de Polonais et de Russes, fut nommée au mois de février 1826, pour faire les recherches commandées par les circonstances. Stanislas Zamoyski, président du sénat polonais, était à la tète de cette commission qui, après une année de travaux assidus, présenta son rapport le 5 janvier 1827; et ce rapport ne permit plus de douter que le nouveau tzar ne fût dans une position difficile. Il attendit deux ans avant de se prononcer, et fut trois ans avant de convoquer la diète. Mais l'embarras où la guerre de Turquie jeta le cabinet russe, et surtout l'attitude de l'Autriche, influèrent sur les décisions du czar . Ayant résolu de se faire couronner à Varsovie, et voulant y disposer en sa faveur l'opinion publique, il déclara illégale l'oeuvre de la commission d'enquête; et huit des principaux accusés furent renvoyés La mésintelligence enta, les deux cours impériales éSait asez visible : une circonstance en offrit la preuve, lorsqu'après la nuit du 29 novembre 1830, on trouva dans les papiers du tzarevitch Con—stantin un plan de campagne en Hongrie, qu'on avait fait dessiner dans le plus grand deuil par le lieutenantcolonel, depuis general. Prondrvnski, pendant que cet officier était en prison pour les so- I ciétés se. Crètes, auxquelles il n'est pas toujours reste fidèle. Conseil des ministres et du président du tribunal. le décret fut publié avec une sévère désapprobation énoncée à tout le corps de la haute cour nationale, au nom de. Sa Majesté impériale et royale, par Valentin Sobolewski, président du conseil des ministres. Le général Krasinski fut excepté dans le blâme. Mais dès le 9 mars, c'est-àdire dix jours avant cette publication, le président Bielinski était mort., après une courte maladie. La capitale entière assista à ses funérailles, et ses nombreux amis mirent en pièces le drap mortuaire qui avait recouvert le cercueil, pom. se le partager
  • Pierre BILLARD( 1653 - 1726) : né à Ernée dans le Maine, e 15 février 1653, mort en mai 1726, à Charenton, liez son neveu, qui en était seigneur, est auteur de la Bae à sept létes, 1693 ouvrage dirigé conre les jésuites, et pour lequel l'auteur fut conduit à a Bastille, de là à StLazare, et ensuite à StVictor : 1 fut mis en liberté en 1699. 11 avait, avant sa détention, fait aussi imprimer le Chrétien philosophe, qui ne parut qu'en 1701. Le Moréri de 1759 contient un trèslong article sur cet auteur, qui était ,entré, en 1671, dans la congrégation de l'Oratoire
  • Pierre BILLET( 1656 - 1719) : né en 1656, l'ami et le condisciple de Hersant, se consacra comme lui à l'instruction publique, et avec non moins de succès. Il remplit pendant plusieurs années la chaire de rhétorique au côllége du Plessis , et eut le bonheur de former, par ses soins et par ses leçons, plusieurs de ses successeurs dans la même carrière. Nommé recteur de l'université , il en défendit les droits et les prérogatives avec beaucoup de zèle. Il fit obtenir au savant Capperonnier une pension, pour veiller à la correction des éditions des livres grecs imgeiMéS à l'usage (les classes. On trouve des vers Matins de Billet dans le recueil de ceux des professeurs de l'université. Il mourut en 1719, à 65 ans
  • Pierre BIMET( 1687) : naquit à Avignon, le 28 fé vrier 1687, et y fit ses premières études au collégé des jésuites. Sa reconnaissance pour des maîtres qui avaient secondé avec zèle les heureuses facultés de son esprit se manifesta par le désir qu'il témoigna d'entrer dans la société, et il y fut reçu dès l'hge de seize ans, le 7 septembre 1703. Après ses deiix années d'épreuve, il vint enseigner à Lyon les basses classes, et ses. supérieurs lui confièrent bientôt la rhétorique. Le P. Biinet s'était fait connaître par des lectures d'un poème latin que la compagnie littéraire qui s'organisait à Lyon lui conseilla de faire imprimer. Il parut sous le titre de Physiognomia, Lyon, Declaustre, 1708 de 23 p. Ce petit poème, qui est en vers élégiaques, expose avec beaucoup de précision et d'élégance le système entièrement dénué de preuves par lequel on a voulu établir une parfaite analogie entre les traits du visage et le caractère, les inclinations ou les habitudes d'un individu. En quittant sa chaire de rhétorique, le P. Bimet fut envoyé au collège romain pour y étudier la théologie; mais, se voyant dépérir sous un ciel étranger, il revint, au bout de trois ans, continuer les mêmes études à Lyon, et y soutint brillamment un dernier acte public. Après son cours de théologie, on l'envoya enseigner la philosophie à Besançon; de là, il lui fallut passer à Nie; mais Lyon le revendiqua bientôt pour les hautes sciences. L'académie de cette ville avait perdu en 1741 le P. de Colonia, Bine fut un de ceux qui se présentèrent pour le remplacer, et il fut reçu le 5 avril 1742. 11 y lut quatre dissertations critiques sus' les Essais de Théodicée de Leibnitz, dans lesquelles il combattit les opinions de ce philosophe et celles de Bayle, en employant les armes de la religion et de la raison, dont il fit voir l'accord merveilleux. Le P. Bimet, dans une autre lecture, l'examen de l'Essai philosophique . de Locke sur l'Entendement humain, s'efforça de soutenir les idées innées que le philosophe anglais a prétendu détruire; mais son principal but était d'établir la spiritualité et l'immortalité de l'àme. 11 écrivit ensuite une Dissertation critique sur le matérialisme, une autre sur le monde visible, une autre encore sur les Semaines de Daniel. Puis, se rejetant sur les lettres, il rédigea quelques observations sur le traité de la Nature des dieux, donna une idée nette et précise de l'ouvrage, et chercha à rétablir - le texte, qu'il croyait avoir été altéré dans les premières lignes, en proposant un pronom capable de idendre la pensée de Cicéron plus claire et plus éleMirée. Il lut encore à l'académie de Lyon Elle parut sous le titre suivant : In obitum clariss. viri D. Ludovici de Puget Ecloga; Lyon, Philibert Chabanne , 1710 de 20 p. On conserve parmi les manuscrits de la bibliothèque de Lyon un ouvrage théologique du P. Bimet : Tracta- tus de Incarnatione de 461 p. C'est un livre médiocre ; toutefois, une note écrite sur ce traité, et provenant (l'un théologien qui appartenait à une autre société que le P. Bimet, nous apprend que ce religieux était regardé par les jésuites comme un aigle eu théologie
  • Pierre BIRÉ : sieur DE LA DOCCINIÈRE , avocat du roi au présidial de Nantes, a publié, sous le titre de rlazelle d'Aldin le Martyr, son Épisemasie, ou Relation contenant l'origine, l'antiquité et la noblesse de l'ancienne Armorique, et principalement des villes de Nantes et de Rennes, ouvrage curieux et savant, imprimé à Nantes, en 1580, petit et réimprimé dans la même ville en 1637. — 'Un autre Binà, aussi Breton, a donné une Histoire de la Ligue en Bretagne, Paris, 1759, 2 vol. Le manuscrit de cet ouvrage existe à la bibliothèque de la ville de Nantes
  • Pierre BIZOT : dont la patrie est inconnue, chanoine de StSauveur d'Hérisson, dans le diocèse de Bourges, mort en 1696, à 66 ans, à laissé : I Histoire métallique de la république de Hollande, Paris, Horthemels, 1687, : réimprimée à Amsterdam, 1688, 2 vol. : un Supplément fut publié à Amsterdam, 1690 On reproche à Bizot une singulière bévue : les deux pointes d'un bandeau qui couvraient les yeux de personnages représentés sur une médaille lui ont paru des oreilles d'âne, et il ne manqua pas de les faire graver comme telles. Au surplus, l'ouvrage de Bizot, quoique curieux, a été effacé par l'Histoire métallique des dix- sept Provinces- Unies de Gérard van Loon, dont van Effen a donné une traduction française à la Haye, 1732, 5 vol. 2° une traduction en vers latins des chants 1" et 5' du Lutrin de Boi leau, qui se trouve dans le volume intitulé : Nic. Boileau Despreaux Opera, e gallicis numeris in lalinos translata, 1737 et encore dans une nouvelle traduction latine du Lutrin, 1768
  • Pierre BIZZARI( 1530) : historien distingué, dont la vie est moins connue que les ouvrages, naquit, vers 1550, à Sassoferato, dans l'Ombrie. Il vint jeune à Venise, et l'on peut conjecturer qu'il y donna des leçons de littérature. 11 quitta cette ville en 1565, pour aller en Angleterre, espérant que la reine Élisabeth, qu'il avait célébrée dans plusieurs pièces de vers, réparerait à son égard les torts de la fortune. Trompé dans cette attente, et voyant ses talents mal appréciés par les courtisans, il ne tarda pas à retourner en Italie, où il s'arrêta quelques mois à Gènes. Il se rendit ensuite dans les PaysBas, et l'on suppose qu'il avait embrassé les principes de la réforme, puisque le célèbre Hubert Languet se déclara son protecteur et lui lit obtenir de l'électeur de Saxe un emploi ou du moins un traitement. On sait qu'en 1573 Bizzari se trouvait à*Bille, où il faisait imprimer sa traduction latine de l'Histoire de la Hongrie. Il retourna peu de temps après à Anvers, et il profita de son séjour dans cette ville pour se lier avec les savants qui fréquentaient l'atelier.de Chr. Plantin. Une lettre de Juste Lipse nous apprend que, dans le courant de 1581, Bizzari, passant à Leyde, lui avait laissé le manuscrit d'une Histoire universelle en 8 volumes, le priant de cher-*cher un imprimeur qui voulût la publier à ses frais. Bizzari, retourné sans doute en Allemagne, vivait encore en 1583, mais on n'a pu découvrir le lieu de sa mort. Quelques écrivains allemands l'ont accusé de plagiat. On a de lui : 1. Varia Opuscula, Venise, Alde, 1565 Ce recueil, dédié à la reine Élisabeth par une épître datée de Venise, est divisé en 2 parties. La 2° renferme les vers de Bizzari, dont on retrouve quelques pièces dans les Delicice Poelar. Italor., p. 454, et dans les Carmina illustr. Poelar. Italor., t. 2, p. 250. La première se compose de déclamations dans le genre de celles des anciens rhéteurs : de oplimo Principe; de Bello et Pace ; pro Philosophia et Eloquentia; 0Emilii Accusatio et Defensio pro L. Virginio contra Ap. Claudium. Ce volume est un des plus rares de la collection Aldine. 2° Delle Guerre faite in Ungheria dall' imperatore de' Crisliani contro quello de' Turchi, etc., Lyon, 1569 L'auteur traduisit luimème cette histoire en latin, Bàle, 1573 ; elle a été insérée par Bongars dans les Rerum Hungaricar. Scriptor., Hanau, 1600; et par Math. - Bell, dans la réimpression, Vienne, 1746. 5' Epitome insigniorum Europce toriarum hinc inde gestarum, ab anno 1564, Bàle, 1573 à la suite du précédent. Cet ouvrage est intéressant, surtout en ce qui concerne les troubles des PaysBas. 4° Cyprium Bellum inter Yenetos et Solumanum imperatorem gestum, ibid., 1573. C'est par une transposition de chiffres que cette édition se trouve de 1596 dans la Bibliothèque de Haym. 5° Senatus populique Genuensis renon domi Tonique gestarum Historice algue Annales, etc., Anvers, Plantin, 1579 Cette histoire traite des querelles qui s'élevèrent en 1573 entre les nouveaux et les anciens nobles génois, et qui se terminèrent en 4575 par une transaction. Grœvius a publié deux pièces tirées de ce volume dans le tome 1" du Thesaurus Antiquilat. italicar. 6° Narrationes de Christianorum in Syriam expeditionibus 7, à la suite de l'ouvrage précédent. 8° Historia Rerum Persicarum, ibid., 1583 Cette' histoire, qui commence à Cyrus, finit en 4581. Elle a été réimprimée dans les Rerum Persicar. Scriptores, Francfort, 1601. Cette édition, quoique moins belle, est la plus estimée, parce qu'elle est augmentée de plusieurs pièces
  • Pierre BLANCARD( 1741) : navigateur, né à Marseille, le 21 avril 1741, entra de bonne heure dans la marine marchande. Il avait déjà fait dix campagnes en Amérique, et connaissait bien la manière d'y traiter les affaires de commerce, lorsqu'en 1759, le privilége exclusif de l'ancienne compagnie des Indes orientales fut supprimé. Alors les différentes villes de commerce s'empressèrent de faire des.ar'liements pour ces contrées, et Blancard fut chargé, en 1770, des opérations commerciales de la frégate la Thétis, que le gouvernement avait accordée àune maison de Marseille qui en lit l'armement. Pour son début, Blancard alla jusqu'à Batavia, et il fut témoin, en septembre 1772, de la cérémonie annuelle dans laquelle un conseiller des Indes mettait le feu à un Walter composé des épiceries les plus précieuses, formant la portion surabondante que la compagnie hollandaise ne voulait pas livrer à la consommation. Le succès de Blancard dans cette première opération, et la sagacité qu'il montra dans la gestion des affaires, lui firent donner le commandement d'un vaisseau qui atteignit Moka en 1774. 11 y donna des preuves d'intelligence et de fermeté en forçant le gouverneurà se conformer aux clauses du traité conclu pour la France en 1757 par la GardeJazier . Afin de s'assurer de la bonne qualité du café qu'il devait charger, il se rendit à BeithelFahlii, principal entrepôt de cette denrée; et, comme il parlait assez couramment la langue du pays, il put s'expliquer sans l'intermédiaire d'un interprète avec le gouverneur, et obtint de lui que les Français eussent les mêmes avantages que les Anglais. Les voyages de Blancard avaient été heureux sous tous les rapports : ce bonheur fut interrompu en 1777 : la frégate le Duras, qu'il commandait, fit naufrage, le 12 avril, sur les écueils qui bordent les Maldives. C'est sur ce vaisseau qu'était embarqué Barras , depuis directeur de la république française. La guerre qui éclata en 1778 entre la France et l'Angleterre, puis le rétablissement de la compagnie des Indes, après la paix, obligèrent Blancard à naviguer sous les pavillons toscan et autrichien et à effectuer son retour à Livourne et à Ostende. Dans une période de vingt ans il visita tous les marchés de l'Asie sur la mer des Indes, où les Européens vont commercer, depuis Moka jusqu'à Canton, où il était en 1792. Les événements qui ne tardèrent pas à répandre le deuil sur sa patrie le déterminèrent à atterrir aux ÉtatsUnis de l'Amérique septentrionale, et à• y vendre sa cargaison et son vaisseau. De retour à Marseille, quand la paix intérieure y reparut, il fut nommé syndic des classes, et membre du conseil de commerce. Au déclin de l'âge, il chercha une retraite à Aubagne, et il y mourut le 16 mars 1826. On a de lui : Manuel du commerce des Indes orientales et de la Chine, Paris, •806 avec une carte de Lapie. Ce livre, dans lequel l'auteur a consigné le résultat de sa longue expérience, est un des meilleurs que l'on puisse consulter sur la matière. On y trouve des notions précieuses sur les diverses espèces de a marchandises qu'il convient de porter au marché des Indes, et sur celles que l'on en tire, sur la manière de se conduire envers les naturels du pays, sur les poids, les mesures, les monnaies. Malgré les changements considérables que le temps a apportés au négoce des Européens avec les Indes, l'ouvrage de Blancard est toujours bon à consulter, surtout pour ce qui concerne le commerce d'Inde en Inde. Sa lecture n'en est pas même sans agréMent par les faits que l'auteur rapporte. Il avait connu au Bengale Guillaume Bouts , qui était membre de la cour des aldermans, et il se trouvait à Pondichéry en 1790, quand le jeune prince de la Cochinchine y vint débarquer avec le missionnaire Pigneau de Behaine, évêque d'Adran. CharpentierCossigny a publié des observations sur ce livre : il en critique quelques passages ; mais il lui rend une justice complète en disant que « c'est un des plus importants qu'il « connaisse, et qu'il mérite d'être étudié par les « hommes d'État, par les négociants, par les philo« sophes et par tous ceux qui aiment à s'instruire. » L'introduction de l'ouvrage de Blancard et ses Considérations sur le commerce de l'Inde, qui se trouvent à la suite avec; une pagination différente , avaient été imprimées à part sous le titre de Manuel, etc., Marseille, -1802 A l'époque où Blaneard écrivit , le calendrier appelé républicain était encore en France. L'emploi qu'en fait l'auteur produit un effet bizarre, quand il nomme les mois vendémiaire, frimaire, nivôse, en parlant des contrées de l'Inde maritime où l'on ne connut jamais TV. ni la vendange du raisin, ni les frimas, ni la neige ; du reste, la dénomination ordinaire des mois suit toujours l'autre indication. Blancard était un navigateur distingué : son désastre aux Maldives lui prouva l'importance de s'appliquer à la méthode des longitudes par les distances lunaires : jusqu'alors il l'avait négligée, ainsi qu'il en fit l'aveu à Zach, qui, dans sa Correspondance astronomique, l'appelle son ami, et qui plus d'une fois l'a nommé avec éloge à l'auteur de cet article. De Perthes, dans le t. 3 de son Histoire des naufrages, a inséré la relation du naufrage du vaisseau le Duras, mais le nom de Blancard n'y est pas cité, et celui de Barras est transformé en de Barre. On trouve dans le Conservateur Marseillais de 1828 une notice sur ce navigateur par M. Jauffret, qui possédait le Précis des campagnes de Blancard dans l'Inde, manuscrit autographe qu'il avait l'intention de publier dans les Mémoires de l'académie de Marseille
  • Pierre BLANCHET( 1459 - 1519) : né à Poitiers, non en 1452, comme l'ont dit quelques biographes, mais en 1459, puisque l'on sait qu'il mourut en 1519, pigé de 60 ans. Son épitaphe, composée par Jean Bouchet, son ami, est une pièce fort curieuse ; on y apprend beaucoup de particularités sur la vie de Blanchet, poète qui n'est pas aussi connu qu'il mériterait de l'être. Il étudia le droit dans sa jeunesse, et il fréquentait mème les écoles, quand il fit représenter par ses condisciples quelques comédies satiriques qui eurent un grand succès. Redoutable par la hardiesse avec laquelle il attaquait le vice, il se faisait aimer par la bonté de son coeur et la pureté de ses moeurs. Il avait quarante ans quand il embrassa l'état ecclésiastique ; et, quoiqu'il en remplit tous les devoirs avec une exactitude scrupuleuse, il continua à chercher dans de la poésie son délassement. On attribue à Pierre Blanchet la Farce de Pathelin. L'édition la plus ancienne de cette pièce est de 1490, goth., fig. en bois. Elle a été imprimée depuis un grand nombre de fois . On assure que le principal personnage n'était point imaginaire, et que ses fourberies étaient si publiques, qu'on ne fit aucune difficulté de le laisser jouer sur le théâtre sans déguisement. Cette pièce, rajeunie en 4715 par Brueys , est restée au répertoire, et on la voit toujours avec plaisir. Elle a été traduite en latin sous le titre suivant : Comœdia nova quœ Veterator inscribitur, alias Pallielinus, ex peculiari Zingua in romanum trad. eloquium per Alex. Connibertum, Paris, 1512 Quelques personnes ont pensé que cette traduction était de Jean Reuchlin ; mais la Monnaie, dans ses notes sur la . Bibliothèque de Duverdier , prouve que Reuchlin n'en est point l'auteur, et que seulement il avait donné une assez mauvaise imitation de cette pièce, qu'on ne doit pas confondre avec la traduction d'Alexandre Connibert, laquelle est estimée
  • Pierre BLONDIN( 1682 - 1713) : botaniste, né à Vaudricourt, dans le Vimeu, en Picardie, le 18 décembre 1682, mort à Paris, le 15 avril 1715, avait été reçu à l'académie des sciences un an auparavant. Fontenelle dit dans son éloge («lue Tournefort, qui con-(I naissait son talent, le chargeait de remplir sa place de démonstrateur au Jardin royal, lorsqu'il était a indisposé; qu'il avait le plus grand zèle pour la « recherche des plantes, et qu'il en trouva, dans la « Picardie seule, cent vingt, qui n'étaient pas même « connues au Jardin royal. » On n'a de lui qu'un seul écrit, où il a changé, à l'égard de quelques espèces de plantes, les genres sous lesquels Tournefort les avait rangées. On prétend que ce n'était qu'un premier essai, et qu'il méditait un système des plantes différent de celui de son maitre. L'historien de l'académie ajoute « qu'il a laissé des herbiers fort « amples et fort exacts ; une grande collection de « graines, et quantité de mémoires curieux en bon « ordre. » On ignore si quelqu'un en a profite, mais ils sont perdus pour la réputation de leur auteur
  • Pierre BONGO : en latin BUNGUS, chanoine et chantre de la cathédrale de Bergame, sa patrie, dans le 160 siècle, mort le 24 septembre 1601, était savant dans les langues latine, grecque et hébraïque, les belleslettres, la musique, les mathématiques, la philosophie, la théologie, l'histoire, l'Écriture sainte, l'astronomie, et aussi dans l'astrologie et la cabale. Il a laissé un traité curieux en 2 parties, dont la Ire édition est intitulée de mystica numerorum Significaiione, Bergame, 1583, 1584 la 2e, à Venise, 1585 avec quelques changements dans le titre; la 3e à Bergame la mème année, sous celui de Numerorum Mysie- ria ex abdilis plurimautn disciplinarum fontibus hausla„ réimp. ensuite , ibid., 1599 avec un appendice ; et enfin, Paris, 1617 ou 1618 Cette dernière édition mérite la préférence. Les critiques sont partagés sur l'opinion qu'on doit avoir (le cet ouvrage. Quelquesuns le regardent comme un recueil précieux de tout ce que les anciens ont pensé sur les nombres et leurs propriétés ; et d'autres, comme une compilation faite sans goût et sans jugement, d'une multitude d'historiettes plus amusantes qu'utiles
  • Pierre BONTEMS : sculpteur français du 16e siècle, a fait les basreliefs du tombeau de François I", que l'on voit dans l'église abbatiale de StDenis, près Paris. Ces bas reliefs, au nombre de cinquantequatre, représentent différentes circonstances de la bataille de Cérisoles, et ils sont d'une perfection rare à cette époque
  • Pierre BOTON( 1500) : né à Mâcon, dans le 16° siècle, dit luimème qu'il était fort jeune quand il consentit à laisser imprimer le recueil de ses vers, intitulé : Camille, ensemble les Resveries et Discours d'un aillant désespéré, Paris, 1575 Dans sa préface, il annonce que son dessein est de renoncer à chanter les amours, et de s'occuper de choses plus graves et plus sérieuses. Il tint parole, contre blinde des poètes, comme on peut s'en convaincre par les titres des ouvrages qu'il publia depuis : le Triomphe de la liberté royale et la prise de Beaune, avec un Cantique û N. S. Jésus- Christ , pour préserver le roi des assassins, Paris, 1595 ; les trois Visions de Childéric, quatrième roi de France, pronostics des guerres civiles de ce royaume , et la prophétie de Bazine sa femme , sur les victoires et conquétes de Henri de Bourbon, roi de France et de Navarre, Paris, 1595 rare; Discours de la vertu et de la Fortune de la France, Lyon, 1598 11 a laissé manuscrit un poème sur la ligue, dans le style de la Pharsale de Lucain, et des discours sur le même sujet adressé aux Mâconnais. On apprend, par une note placée en tête de cet ouvrage, que Boton était président en l'élection de Mâcon, mais on ignore l'époque de sa mort
  • Pierre BONNET( 1638 - 1708) : médecin de la duchesse de Bourgogne et de la faculté de Paris, naquit dans cette ville, en 1658, et mourut à Versailles le 49 décembre 1708. Il était neveu de l'abbé Bourdelot, qui lui légua sa bibliotheque, à condition qu'il prendrait son nom. En effet, à la mort de son oncle, il se fit appeler BonnetBourdelot. Tous deux s'étaient longtemps occupés de l'histoire des beaux arts, et. principalement de celle de la musique et de la danse ; mais ils ne publièrent aucun ouvrage. — Jacques BONNET, frère aîné du précédent, payeur des gages du parlement, né en 1644, hérita des travaux de ses parents , les mit en ordre et les donna au public : '1° Histoire de la musique et de ses effets, depuis son origine jusqu'à présent, Paris, Cochart, 1715 ; Amsterdam,1725, 4 tomes en 2 vol. ; la Haye, 1745, 2 vol. Cette histoire, divisée en 4 chapitres, était la seule en France lorsqu'elle parut ; aussi procuratelle à son auteur 1 une assez grande réputation ; mais, indépendamment de ce qu'elle est trèssuperficielle, elle a été éclipsée depuis par celle de Blainville, et surtout par le savant ouvrage de Kalkbrenner. Les deux dernières éditions contiennent de plus que la première la Comparaison des musiques française et italienne, par le Cerf de la Vieville. 2' Histoire ? énérale de la danse sacrée et profane; ses progrès et ses rèvolutiôni depuis son origine pequ'à pré-. sent, Paris, d'Houry fils, 1725 . Deux cha« pitres en appendice traitent de la musique naturelle émanée de ,Dieu, de la musique élémentaire attribuée aux esprits aériens, et l'ouvrage est terminé par un parallèle entre la peinture et la poésie. On peut faire à cette histoire le même reproche qu'à la précédente. Les travaux de Cahusac, de l'abbé Dubos, etc., l'ont fait entièrement oublier. Malgré ses lumières, Jacques Bonnet s'était en tété des chimères de la, cabale ; il croyait avoir un génie, qu'il appe- lait Éliel, qui lui donnait de fidèles avis de tout ce qui devait lui arriver, et de tout ce qu'il devait faire. Il refusa le viatique, parce que son génie ne l'avait pas encore averti qu'il fût temps. Il se trouvait cependant à l'extrémité. L'abbé Richard, son ami, connu par plusieurs ouvrages de biographie, vint cependant à bout d'écarter ces étranges idées. Bonnet mourut en 1724
  • Pierre BOUCHER : gouverneur des TroisRivières, et l'un des premiers habitants de la NouvelleFrance, fut député à la cour pour représenter les besoins de la colonie, et, pendant son séjour en France, publia une Histoire véritable et naturelle des moeurs et des productions de la Nouvelle- France, dite Canada, Paris, 1665 Elle ne comprend qu'une notice assez superficielle, mais fidèle, du Canada, suivant le P. Charlevoix. L'auteur, qui mourut âgé de près de 100 ans, a été confondu par Lelong et Lenglet avec un P. Boucher, jésuite, qui n'a rien de commun avec lui. — Un autre BOUCHERBEAUVAL , a publié un Abrégé historique et chronologique de la ville de la Rochelle, 1673
  • Pierre BRAILLIER : apothicaire à Lyon, dans le 16e siècle, publia une Déclaration des abus et tromperies des apothicaires et des médecins , Rouen, 1557 C'était une réponse à un ouvrage de Sébastien Collin. Duverdier attribue aussi à Brailliez des Articulations sur l'apologie de Jean Surrelh, médecin à Sl- Galmieren- Forest, 1558
  • Pierre BRAYER( 1654 - 1731) : docteur en Sorbonne, né à Paris, le 19 mai 165 reçu, le 21 juin 1706, chanoine de la cathédrale de Metz, où l'avait attiré M. de Coislin, devint grand archidiacre, vicaire général du diocèse, et mourut à Metz , le 2G janvier 1731. On lui doit divers ouvrages de piété, qui parurent sous le voile de l'anonyme; entre autres, un livre d'heures à l'usage des diocésains, imprimé plusieurs fois et sous différents formats. Le Rituel du diocèse publié à Metz en 1713, lui a fait beaucoup d'honneur. « Ce rituel, disent les auteurs de Ulis« toue de Metz, t. 3, p. 464, est plein d'une science « vraiment ecclésiastique. La lettre pastorale qui se voit en tète est une des plus belles et des plus sa« vantes ; le corps de l'ouvrage et l'avertissement « aux curés sont du même goilt et du même carac« tére : ce n'est pas un siinplç rituel, niais un corps « abrégé de théologie. Enfin Brayer est auteur d'une Oraison funèbre de M. le Dauphin, lits de Louis X IV, Metz, 1711
  • Pierre BOQUIN ou BOUQUIN : théologien hétérodoxe, embrassa d'abord la vie religieuse dans l'ordre des carmes. Séduit par les nouvelles doc-: trines, il quitta le froc, sortit de France en 1541, se 'rendit à Bàle, puis à Wittemberg, où il fut accueilli par Luther et Melanchthon. Ce dernier lui persuada d'aller occuper à Strasbourg la chaire que laissait vacante le départ de Calvin. Après y avoir professé quelque temps, il revint à Bourges ; mais il ne rentra point dans son couvent, comme on l'a dit. Espérant bientôt voir la réforme s'introduire dans l'Église de France, il fit en attendant des leçons publiques de grammaire hébraïque. Peu de temps après, la reine de Navarre, à laquelle il avait présenté quelquesuns de ses ouvrages, lui fit assigner un traitement; et sur la recommandation de cette princesse, il fut nominé prédicateur à la cathédrale. Mais, quoiqu'il eût donné sa démission dès qu'elle lui avait été demandée, il fut poursuivi devant le parlement de Paris et devant l'archevêque de Bourges. Ayant échappé à tous ces dangers, il revint à Strasbourg en 1555, et y resta quelque temps attaché comme prédicateur à l'église française. Appelé par l'électeur palatin à Heidelberg, il y remplit vingt ans la chaire de professeur en théologie, non sans avoir des querelles avec les partisans de Luther, dont il était loin d'approuver toutes les opinions. L'électeur, pour mettre fin à ces débats, ayant fait rédiger une profession de foi, Bouquin refusa de la signer, et fut expulsé de sa chaire. Il obtint enfin une place à Lausanne, et mourut en cette ville en 1582. Melchior Adam, dans les iitce theologorum exteriorusm, et, d'après lui, Bayle, dans son Dictionnaire hiaoTique et critique, ont donné la liste des ouvrages de Bouquin. Ce sont des traités de théologie et des écrits de controverse qui n'offrent plus d'intérêt. Par un hasard singulier, ces biographes ne font pas mention du seul ouvrage de Bouquin qui soit encore recherché ; il est intitulé : P. Boquini Apodeixis antichristianismi, qua christianismum veram Teh' g ionem, pharisaismum christianismo contrarium, papismum pharisaismo simillimuns esse ostenditur, Genève, 1553
  • Pierre BOURBOTTE( 1763) : conventionnel, naquit au Vault, près d'Avallon, le 5 juin 1763, d'une famille obscure. Son père était concierge du chàteau de Brunoy, appartenant à Monsieur , qui le comblait de bontés, ainsi que ses enfants. Ce fut ce prince qui fit les frais de l'éducation de Pierre Bourbotte, et ce fut encore par sa protection qu'il obtint à StDomingue un petit emploi dont la révolution le priva. A son retour de cette fie, au commencement de 1791, Bourbotte se retira au Vault chez une saur de son père, manifestant hautement de l'antipathie pour la révolution, et fréquentant les sociétés d'Avallon qui partageaient cette antipathie. La terre du Vault appartenait au duc de Crillon, qui figurait dans la minorité de la noblesse opposée à la cour. Le voisinage amena . C'est dans les nombreux rapports qu'il adressa à la convention, de concert avec ses collègues de mission, et surtout avec Turreau, que l'on peut voir toutes les calamités . Après la révolution du 9 thermidor, il Ces décrets étaient d'une atrocité telle que d'autres conventionnels, tels que Gou pineau et Bourdon, qui, certes, ne pouvaient pas être considérés comme des hommes prudents et modères, avaient refusé de les mettre à exécution. Ils furent rappelés pour avoir voulu ménager une contrée oit ils avaient des propriétés, et il fut décidé qu'il ne serait plus envoyé de commissaires dans leur propre Bourbotte était en mission à Nantes avec BÔ, et, plus de quinze jours avant le 9 thermidor, il lit, de concert avec son collègue, arrêter le comité révolutionnaire de cette ville. Ces représentants firent aussi incarcérer les principaux agents et complices de l'exécrable comité. Par une proclamation vigoureuse, qui fut affichée, ils invitèrent les Nantais à porter à la municipalité leurs plaintes et leurs déclarations contre le comité. « Citoyens, disaientils.., les « scélérats ont calculé leurs machinations ténébreuses... sans consi« dérer que la loi plane, et que son glaive terrible remet au niveau « de l'égalité les tètes qui veulent encore saillir et excédez' sa sur« face... Citoyens, le comité révolutionnaire de Nantes vient d'être « mis en état d'arrestation. C'est l'opinion publique qui l'accuse : « c'est aux représentants du peuple à l'avoir toujours pour guide: « c'est au peuple de Nantes à le juger, à démasquer ses intrigues, « ses infidélités, ses exactions..: Les représentants ont fait leur de« voir ; il leur reste à inviter les citoyens de Nantes à déposer avec « confiance leurs plaintes, leurs déclarations, et les réclamations « qu'ils ont droit de faire contre le comité révolutionnaire. En con-«séquence les représentants du peuple arrêtent ART. fer. Les « citoyens de la commune de Nantes sont invités à faire pardevant « la municipalité, dans l'espace de deux décades, les déclarations « des sommes en or, argent, assignats et autres effets qu'ils ont remis volontairement, ou à quelque titre que ce soit, au comité re- 57 perdit beaucoup de son crédit. On conçoit que dans un temps où la convention faisait justice des crimes qu'ellemême avait ordonnés; dans un l'on envoyait à l'échafaud les Carrier et les Lebon, on conçoit, disonsnous, que Bourbotte ne devait pas être sans crainte pour lui mètre. Mais il avait rendu des services incontestables ; et, comme on l'a dit pour beaucoup d'autres, le casque du guerrier avait couvert chez lui la turpitude du bonnet rouge. Malgré de nombreuses dénonciations, sa conduite ne fut donc pas recherchée à cette époque. On lui confia même, peu de temps après le 9 thermidor, une nouvelle mission à l'armée du Rhin et de la Moselle , où il déploya encore du courage, mais où du moins il ne lit pas égorger des Français par des Français. Du reste, il y resta peu de temps, et revint bientôt se mêler aux dissensions qui divisaient alors l'assemblée conventionnelle. Ce fut en faveur de son ami Carrier qu'il y reprit pour la première fois la parole ; mais il ne put le sauver ; et cette circonstance ajouta beaucoup à son irritation naturelle. Il prit ensuite une grande part au mouvement insurrectionnel du 1" prairial, qui devait rendre le pouvoir à son parti, et dans lequel fut tué le malheureux Féraud. Dans le peu de temps que les insurgés furent maitres des délibérations, il fit une violente diatribe contre les journalistes folliculaires qui, selon lui, avaient empoisonné l'esprit public; et les insurgés le nommèrent par acclamation l'un des quatre commissaires qui devaient remplacer le comité de sûreté générale. Il accepta cet emploi, et sortit aussitôt avec ses trois collègues pour en prendre possession; mais ils furent rencontrés par les députés Legendre, Auguis, Chénier et quelques autres qui venaient au secours de la convention, suivis d'un grand nombre de leurs partisans. Cette troupe arrêta les quatre commissaires et obligea ensuite les réVoltés à sortir de la salle. Sur la proposition de Tallien, Bourbotte fut un de ceux contre lesquels la convention lança, à l'instant même, un « volutionnaire, ou à tous autres de ses préposés, depuis son éta« bhssement. ART. 2. Le tableau des déclarations sera remis aux « représentants du peuple, pour être par eux examiné, tant dans ses « recettes que dans l'emploi qui peut en être fait. » Signé BOURBOTTE et Bd. Ou remarquera que ces représentants n'entendaient poursuivre le comité que ;pour ses spoliations et ses concussions; qu'ils n'appelaient les Nantais à se plaindre que sur ce point, et qu'il n'était nullement question encore de poursuivre ledit comité pour ses atroces mesures révolutionnaires, telles que les noyades, etc. Cependant l'arrestation seule du comité révolutionnaire était un acte alors trèshardi. Il y avait eu dans Bourbotte, rumine dans Bd, un singulier retour de l'extrême violence à des idées plus modérées. A quoi cela tenaitil? sans doute aux avis de la faction qui méditait déjà la chute de Robespierre et la révolution du 9 thermidor. V"—vE. Le 29 fructidor an 2, il prit à Trèves un arrêté pour organiser en deux sections le tribunal criminel utilitaire, attaché à l'armée du Rhin et de la Moselle. L'art. G exigeait que chacun des présidents, viceprésidents, juges, accusateurs militaires, substituts et greffiers des deux tribunaux, envoyàt à Bourbotie, dans le plus bref délai, Tune attestation de la société populaire du lieu oit il habitait, qu'il avait soumis l'examen de sa conduite à la censure publique dans ladite société populaire, et qu'elle l'avait déclaré digue de sa confiance. L'art. 7 portait que les officiers de. police et les deux tribunaux devraient lui adresser un compte résumé de leurs opérations pans chaque décade, et un eremplaire de chaque jugement., imprimé aussitôt qu'il serait rendu. V- VE. décret d'accusation. Transportés . Tous les six se poignardèrent après leur condamnation, avec deux couteaux qu'il avaient tenus cachés sous leurs habits, et dont ils se servirent l'un après l'autre. Bourbotte, Soubrany et Duroy furent les seuls qui ne moururent pas surlechamp et que l'on put conduire à l'échafaud. Le premier était le moins grièvement blessé, et il montra jusqu'à la fin beaucoup de courage et de présence d'esprit. Exécuté le dernier et attaché déjà sur la fatale planche, il vit encore son supplice retardé par un oubli du bourreau, qui n'avait pas relevé le fer homicide. On prétend que dans cette affreuse position le sourire ne quitta pas ses lèvres, qu'il continua de haranguer le peuple, et que les mots qu'il prononça furent encore fermes et bien articulé
  • Pierre BOREL( 1620 - 1689) : médecin, né à Castres, vers 1620, de Jacques Borel, auteur de quelques poésies imprimées, eut des connaissances trèsvariées et très-étendues pour son siècle. Quoiqu'un peu crédule, il peut encore être consulté avec intérêt par les érudits. Ses travaux ne sont pas seulement médi- eaux, mais relatifs à l'histoire naturelle, à la physique, etc. 11 fut reçu docteur en médecine à Montpellier, en 1640, pratiqua son art quelque temps à Castres, vint à Paris en 1653, y fut bientôt nominé conseiller et médecin ordinaire du roi, entra dans l'académie des sciences, comme chimiste, en 1674, et mourut en 1689, selon Niceron. Voici la liste de ses ouvrages, recherchés encore de quelques érudits : . 1° les Antiquités, raretés, plantes, minéraux, et autres choses considérables de la ville et comté de Castres, etc., 1649 ouvrage rare, qui peut éclairer, comme ou voit, l'histoire naturelle de ce pays, et qui comprend, de plus, des détails sur son administration. 2° Historiarom et observationum medicophysicarum Cent urice quatuor, Castres, 1653 avec la vie de Descartes et les observations de Cattier, Paris, 1656 Francfort et Leipsick,1670- 1678 C'est ici que Borel donne des preuves de crédulité. La dernière édition contient en outre les observations de Rhodius, le traité de Affectibus omissis d'Arnould Boot, et les Consultationes de Rossius. Bibliotheca chimica, sen Catalogus librorom philosophicorum hermelicorum, Paris, 1654, n-12, Heidelberg, 1656 : il y fait mention de 4,000 auteurs ; mais Lenglet Dufresnoy en cite 6,000 dans sa Philos. Herm. 4° De vero telescopii Inventore, cura brevi omnium conspicillorum historia, la Haye, 1655 5° Trésor des recherchés et anti.- quités gauloises et françoises, Paris, 1655, 1667 ; c'est un dictionnaire de vieux mots autrefois en usage dans la langue française, justifiés par des passages de nos anciens auteurs : il est précédé d'un catalogue alphabétique des anciens poètes français, et autres livres, tant manuscrits qu'imprimés, dont il s'est servi, et d'une préface curieuse où il traite des progrès et changements des langues. Ce Trésor a été réimprimé avec des additions; et les deux suppléments qui le terminent ont été refondus avec le corps de l'ouvrage, dans l'édition du Dictionnaire étymologique de Ménage, 1750, 2 vol. 6i, DisCOUS prouvant la pluralité des mondes, Genève, 1657 traduit en anglais, 1658, 1660 7° Hortus, sen armamentarium simplicium, planta- rum et animalium ad calent medicam spectantium, Castres, 1666 Paris, 1669 ouvrage de pharmacie et de matière médicale. 8° Observationum microscopicarum Centuria, la Haye, 1656 Cet ouvrage, dont la plupart (les bibliographes n'ont pas fait mention, est cité dans le catalogue de la bibliothèque du chevalier Banks
  • Pierre BRESLAY : chantre de l'église d'Angers , était d'une famille distinguée dont la généalogie se trouve dans l'ouvrage déjà cité de Gilles Ménage. C'était un homme savant, et l'on a de lui un recueil plein (l'érudition imprimé à Paris en 1574, sous le titre d'Anthologie ou Recueil de plusieurs discours notables tirés de divers bons auteurs grecs et latins. Il fut réimprimé l'année suivante par les soins de Jean Coureau d'Amiens, avec quelques changements et sous un nouveau titre. Pierre Breslay fut secrétaire du conseil de Tours, continué à Angers à cause de la peste en 1585. Ce fléau ayant' aussi attaqué la ville d'Angers, Breslay en mourut âgé seulement de 50 ans
  • Pierre BORGO : mathématicien du 150 siècle, est l'auteur du premier traité d'arithmétique qui ait été imprimé. Par une méprise singulière, le P. Laire, dans son Index libror., nomme cet auteur Pierre Borgida . M. Brunet, dans le Manuel du libraire, lui donne, on ne sait pourquoi, le prénom de Luc au lieu de Pierre, qu'il avait réellement. Mazzuchelli ne croit pas pouvoir affirmer que ce mathématicien Mt de Venise. Cependant Borgo dit luimême, au frontispice, qu'il était Vénitien, et il le répète dans un sonnet, à la fin de son livre. On ignore la date de sa mort ; mais il vivait en 1491, année où il publia une' nouvelle édition de son ouvrage, revue et corrigée . Il est intitulé : Arithenetica, la nUel opera arillunelica ne la quai se traita de tulle cose a mercantia pertinenti. La 1 re édition est de Venise, 1484 . Le P. Laire conjecture, d'après la forme des caractères, qu'elle est sortie des presses d'Erard Ratdolt. Il aurait pu s'en convaincre par le sonnet que l'auteur a mis à la fin de son livre, où l'on trouve ces deux vers : Ma l'impressor de Augusta Errardo experts) Di l'opera presente stampatore. De tous les bibliographes, Fossi est le seul qui ait donné une description exacte et détaillée de cette rare édition dans le Calal. codic. bibliolh. Magliabech., t. 1, p. 400. L'ouvrage de Borgo, si nécessaire aux négociants, ne pouvait manquer d'obtenir tin grand succès dans une ville dont tous les habitants étaient adonnés au commerce. 11 y fut réimprimé, en 1488, par Zouanne de Hall; et, en Au lieu de Borgi da Venelia, le P. Laire a lu Borgiaa- Venetia Cette faute pourrait cire attribuée à l'imprimeur ; mais elle se retrouve dans la table, où le nom de Borgida figure parmi ceux des auteurs. L'édition de Venise, 1482 citée dans le Catal. Pinali, t. 4, n° 455 est suspecte. Inconnue à Nazzuchelli, à Tirabosehi et aux autres savants italiens, elle n'est mentionnée dans Denis et I dans Panzer que d'après le Calal. Pinelli. 1491, par Nicolo de Ferrare. On a confondu quelquefois Pierre Borgo avec Luc Paccioli de Borgo di SanSepolcro
  • Pierre BOUSSION( 1753 - 1828) : conventionnel , né en Suisse en 1753 , de Français réfugiés , exerçait la médecine à Lausanne, lorsque la révolution française éclata. Cet événement le lit venir en France ; et le zèle avec lequel il se déclara en faveur des nouvelles doctrines lui valut immédiatement l'honneur d'être nommé député suppléant aux états généraux par le tiers état de la sénéchaussée d'Agen. La démission du député d'EscurePéluzat . fit substituer bientôt à ce titre celui de membre de L'assemblée nationale. En 1790, il appuya les mesures relatives à la répression des troubles qui se manifestaient dans les provinces, puis il présenta un projet , et là finit sa carrière politique. Il avait depuis seize ans repris l'exercice de la médecine, lorsque les événements de 1813 vinrent troubler sa vieillesse et le forcèrent de s'expatrier comme régicide. Il choisit la Belgique pour son séjour, et mourut à Liége, en mai 1828
  • Pierre BOUVENOT( 1746 - 1853) : naquit à Arbois en 1746. Il exerçait, en 1789, la profession d'avocat à BeSall—on. Ayant embrassé les principes de la révolution, il fut nommé membre de la première administration départementale, et , en 1794 , député à l'assemblée législative. Quoiqu'il ne paria point à la tribune, il lit assez connaître combien il désapprouvait tous les excès, pour se rendre suspect au parti qui voulait renverser le trône . Cependant, à la fin de la session législative, il fut réélu membre du directoire du département du Doubs ; et il en était président lorsque après la journée du 51 mai 1795, les administrateurs Vov. hi Vedette, journal da département du Doubs, 2° année, n'a n° 100. du Jura protestèrent contre les décrets de la convention, et firent engager leurs collègues du Doubs à suivre leur exemple en organisant une force armée pour marcher sur Paris. Persuadé que le parti dominant, dont il connaissait les chefs, avait déjà préparé ses moyens de défense, et ne voulant pas . Cette adresse, rédigée par Couchery , fut aussitôt couverte de signatures, et l'assemblée nomma huit commissaires pour la porter à la convention. Chacun était convaincu qu'après cette démarche , les conventionnels modérés et amis de l'ordre, se voyant soutenus par les départements, triompheraient facilement des anarchistes; mais il n'en arriva pas ainsi. Bouvenot, destitué par Bassa' , fut mis en réclusion , et bientôt après envoyé au tribunal révolutionnaire avec trois de ses collègues, accusés comme lui de fédéralisme. Ils furent tous acquittés, chose fort extraordinaire à cette terrible époque ; mais aucun d'eux n'a jamais pu savoir à quelle circonstance ils étaient redevables de la vie. Devenu libre, Bouvenot retourna dans sa famille; et, tant que dura l'anarchie, il refusa toutes les fonctions publiques qui lui furent offertes chaque fois que le parti modéré eut des chances de succès. Après le 18 brumaire, il fut nominé président du tribunal de première instance d'Arbois. Remplacé momentanément lors de la res- tauration, il fut nommé, en 18'20, président à Lons- leSaulnier. Son âge et ses infirmités l'ayant obligé de demander sa retraite, il passa les dernières années de sa vie au milieu de ses enfants, et mourut à Vadans, près d'Arbois, le 15 novembre I83
  • Pierre BOYER( 1677 - 1755) : oratorien, né à Ariane, en 1677, se montra trèsopposé à la bulle Unigenitus, et fut emprisonné au mont•StMichel, puis à Vincennes , où il mourut le 18 janvier 1755. On a de lui : 1o Vie d'un parfait ecclésiastique, Paris, 1721 ; une 2° édition parut sous ce titre : la Vie de M. de Péris, Bruxelles , 1751, mème format. 2' Maximes et Avis pour conduire un pécheur à une réritable pénitence, Paris, 1726 5° Parallèle de la doctrine des païens avec celle des jésuites et de leu?. constitution, Paris, 1726 et Par un arrêt du 20 août 1726, le parlement condamna cet ouvrage à ètre brûlé. Le rédacteur des Nouvelles ecclésiastiques avait cependant prétendu que le Parallèle de Boyer pouvait servir de complément aux Lettres provinciales. 4° Réflexions sur l'histoire de la captivité de Babylone, Park 1727 ; réimprimé avec des augmentations, Paris, 1732 et Utrecht, 1755, même format. Quelques bibliographes attribuent ces Réflexions à l'abbé , et à un recueil de cantiques spirituels publié en 1727 Il a écrit contre la bulle Unigenitus et les jésuites plusieurs ouvrages dont on trouve la liste dans le Supplément au Nécrologe des plus célèbres défenseurs et confes- en 1823, par N. Salmon, augmentée de plus de 5,000 mots, revue et corrigée par M. Stone, 2 vol. CHS. seurs de la vérité. — Un autre Pierre BOYER, ministre réformé, est auteur d'un Abrégé de l'histoire des Vaudois, la Haye, 1691
  • Pierre BOUDIN : de Paris, a donné Madame Engueule, ou les Accords poissards, comédie parade en 1 acte et en prose, avec un prologue en sers, imprimée en 1734 ; réim- primée en 1764 — BOUDIN , apothiCaire à Lille, a publié en société avec Deeray : Analyse des eaux minérales d'une fontaine située d St- Pol, en Artois, 1781
  • Pierre BOUGUER( 1698) : professeur d'hydrographie, membre de l'académie des sciences de Paris, de la société royale de Londres, etc., naquit au Croisic, en basse Bretagne, le 16 février 1698. Son père, Jean Bouguer, professeur d'hydrographie estimé , dont on a un li. aité de navigation , 1699 , 1706 lui donna les premières leçons de mathématiques, et, ce qui est plus rare, il lui en inspira le goût; mais bientôt le jeune Bouguer eut dépassé son maître. En 1727, à l'àge de vingtneuf ans, il remporta le prix proposé par l'académie sur la mâture des vaisseaux. En 1729, il en remporta un second sur la meilleure manière d'observer les astres à la mer ; et, en 1751, un troisième sur la méthode la plus avantageuse pour observer à la mer la déclinaison de l'aiguille aimantée. Cet enchainement de succès l'avait fait connaltre avantageusement comme physicien et comme géomètre ; mais il se donna des titres encore plus solides en publiant son Traité de la gradation de la lumière, dont la première édition parut en 1729. Il examine dans cet ouvrage la proportion dans laquelle la lumière est absorbée par les corps que nous nommons transparents ou diaphanes, et qui ne sont réellement tels qu'en partie. Pour fixer cette proportion, il fallait imaginer de nouveaux instruments propres à mesurer l'intensité de la lumière, avant son entrée dans les corps, et après son passage à travers leur substance; Bouguer réussit dans cette invention délicate, et il l'employa d'une manière fort ingénieuse pour comparer les intensités de la lumière émüe ou réfléchie palles différents astres. Il lit entre autres cette curieuse remarque, que la lumière du soleil est plus intense au centre de son disque que sur les bords, tandis que le contraire a lieu sur le disque de la lune ; ce qui indique que le soleil est enveloppé d'une épaisse atmosphère, au lieu que la lune n'en a point, ou n'en a qu'une dont la densité est insensible dans ces observations. Le génie de Bouguer pour la physique se montre partout dans cet ouvrage rempli de recherches fines , ingénieuses , toujours dirigées et soutenues par un heureux accord du calcul avec l'art de l'observation. Vers cette époque, on agitait Clans l'académie , Paris, 1727 avec pl. ; 2° Méthode d'observer sur mer la hauteur des astres , Palis, 1729 avec pl. ; 3° Essai d'optique sur la gradation de la lumière, Paris , 1729 ; 4. Méthode d'observer en mer la déclinaison de la boussole , Paris, 1731 avec 2 pl. ; 5° Traité du navire, de sa construction et de ses mouvements, Paris, 1746 fig. ; 6° Entretiens sur la cause de l'inclinaison des orbites des planètes, Paris, •748 l°, avec pl. ; 7° Figure de la terre déterminée par les observations de la Condamine et Bouguer, Paris, •749, etc. 8° Justification des Mémoires de l'académie des sciences de 1744, et du livre de la Figure de la terre, Paris, 1752 de 54 p. ; 9° Nouveau Traité de navigation et de pilotage, etc., Paris, 1755 fig. ; revu et abrégé par l'abbé de Lacaille, ibid., 1761 ; réimprimé depuis avec des notes de Lalande, Paris, 1792 ; 10° Lettre à M…, dans laquelle on. discute divers points d'astronomie pratique, et où l'on fait quelques remarques sur le supplément au journal historique, etc., de 1W. de L. C. , Paris, 1754 ; 11° Traité de la manœuvre des vaisseaux, ou Traité de mécanique et de dynamique, Paris, 1757 fig.; 12° Traité d'optique sur la gradation de la lumière, édition posthume et augmentée de son Essai d'optique, publiée par l'abbé de Lacaille, Paris, 1760 fig. Il a eu part aux Observations faites par ordre de l'académie pour la vérification du degré du - méridien compris entre Paris et Amiens, Paris , .1757 conjointement avec Pingré, Camus et Cassini. Bouguer est l'inventeur de l'héliomètre, ou lunette à deux objectifs, pour mesurer les diamètres apparents du soleil et des platrètes. Il a fait un grand nombre d'expériences sur la longueur du pendule simple à différentes latitudes ; elles sont rapportées dans son livre de la Figure de la terre. Il a fait des recherches sur la dilatation des métaux, sur les densités de l'air à diverses hauteurs, sur les réfractions atmosphériques, enfin sur une infinité d'objets de physique, de géométrie et d'astronomie. Malgré tant d'occupations, il trouvait encore le moyen de travailler au Journal des Savants, dont il fut pendant trois ans un des principaux rédacteurs, depuis le 27 septembre 1752 jusqu'au 25 juin 1755. Bouguer est un des hommes qui ont le plus fait pour les sciences ; il les a éclairées par ses lumières, servies par son courage, honorées par ses vertus. ( Voy. son éloge dans ; ’Histoire de l'académie des sciences, ann. 1758. On peut consulter aussi la Relation de la conversion et de la mort de M. Bouguer, par le P. Laberthonie, Paris, 4784 ; réimprim. dans le Sup. aux OEuvres de ce dominicain, -1811
  • Pierre BOUHIN( 1639) : médecin, né à SaintSeine; bourg à cinq lieues de Dijon, en 1639, fut agrégé au côllége de médecine de cette ville en 1679, et y mourut le 1" novembre 1710. On a de lui : 1° Stances sur la ployable mort des sieurs Claude Boulin et Simon Nielle, mes fière et cousin, arrivée à Mirebeau, la veille de Noël 1659, Dijon, même année ; 2' Lettres ( t i11. Plantade, de l'académie de Nîmes, Dijon, 1710 e. Ce sont trois lettres qui contiennent des expériences sur le salpêtre et la chaux. Boulin avait fait paraître quelques autres opuscules peu importants ; il a laissé en manuscrit une traduction de Paracelse et un abrégé de tous les Ouvrages de Descartes
  • Pierre BOUGLET : avocat au parlement de Paris, a publié : 1° une Explication des articles et chefs du crime de lèsemajesté, extraits des anciennes ordonnances, Paris, 1622 2° Praxis criininis persequendi, Home, 1624
  • Pierre BOUILLON( 1775) : peintre d'histoire et graveur, né à Thiviers en 1775, fut élève rie Montsiau, et remporta le premier grand prix de peinture, en 1797, ce qui lui valut d'étre envoyé à Rome comme pensionnaire de l'académie des beauxarts. Sa manien est trèscorrecte, son dessin d'une pureté admirable, mais ses tableaux sont en général un peu froids. Il a peint et exposé au salon, entre autres productions : la Piété conjugale ; la Mort de Caton d'Utique, l'Enfant et la Fortune, Jésus- Christ ressuscitant le fils de la veuve de 1\ aïnt, . Cette composition est disposée avec beaucoup de goût , et le dessin est partout digne de l'auteur ; mais la chaleur manque, parce que les figures sont en général trèspeu montées de ton. Ce tableau, commandé par le gouvernement, a été placé au château de StCloud. En 1822, il a exposé la Clémence d'Auguste envers Cinna et ses complices, qui se voit aujourd'hui dans la salle du conseil d'État ; mêmes qualités, mêmes défauts dans cette composition que dans les précédentes. La Mort d'Elisabah, reine d'Angleterre; Arahuse échappant à la poursuite d'Al- phée, sont des tableaux de Bouillon qui appartiennent à la même exposition et qui ont été remarqués. Ils ont été acquis par la maison du roi. En 1824, il exposa le Poitrail de M. l'abbé de Lamennais, qui eut beaucoup de succès. Bouillon a été pendant trente ans professeur de dessin au collége de LouisleGrand : il tenait en outre un atelier d'élèves. C'était un artiste laborieux, de la ligure la plus agréable et réunissant toutes les qualités de l'homme aimable et de l'honnète homme. 11 est mort vers 1829. Son plus beau titre au souvenir de la postérité et à la reconnaissauce des artistes est son Musée des antiques, travail auquel il consacra seize années de sa vie. Il entreprit de dessiner et de graver luimème à l'eauforte toutes les sculptures antiques que nos victoires avaient amenées dans notre ancien musée, sous ce titre : Musée des antiques . Quoiqu'il n'entràt dans son travail ni poinçon ni burin, ces gravures n'étaient point celles qu'on nomme eauxfortes : c'est un genre absolument neuf, une véritable création. Bouillon a ainsi teproduit, avec une admirable précision de formes, avec une grande fidélité de sentiment, les monuments de la statuaire antique. Enfin tout l'ouvrage, sorti de la même main, offre l'unité d'exécution portée au plus haut degré possible. Il est d'ailleurs d'autant plus précieux que la France a perdu, en 1815, les inappréciables originaux dont Bouillon avait eu la précaution de lever lei dessins. Le texte qui accompagne la collection a été rédigé par M. de StVictor, qui s'est aidé des conseils d'habiles artistes
  • Pierre BOULENGER : natif de Troyes en Champagne, se fit la réputation d'un habile grammairien dans le 16' siècle, par son savoir dans les langues grecque et latine, qu'il enseigna à Loudun avec distinction. Côme 11 l'appela en Toscane, et le fit professeur de théologie dans l'université de Pise, où il mourut en 1598. Boulenger était savant. Ses ouvrages sont utiles, quoiqu'ils manquent souvent de méthode et d'exactitude. On a de lui quelques livres de grammaire, de petits traités de piété, un discours latin imprimé en 1566 ll avait composé une histoire de France, qui est restée manuscrite. — Jules- César BOULENGER, son fils, né à Loudun, en 1558, entra chez les jésuites en 1582. Après douze ans de séjour dans la société, il en sortit, avec l'agrément de ses supérieurs, pour veiller à l'éducation de ses frères et neveux. Il enseigna à Paris, à Toulouse, à Pise, et rentra chez les jésuites vingt ans après en être sorti, eut des succès dans la prédication, et mourut à Cahors, en août 1628. Naudé en a fait un portrait affreux, mais on sait le peu de confiance que méritent les jugements de Naudé. Les principaux ouvrages de Boulenger sont : I° de Spoliis bellicis, Tropliceis, Arcubus triumphalibus, etc., Paris, 1601 Eclogce ad Arnobium, Toulouse, 1612 ; la 2' partie renferme beaucoup de détails (lui peuvent servir de supplément au traité de Brisson : de regio Pcrsarum Priacipalu. 5° Dialribœ in Casauboni Exercitationes de rebecs sacris, Lyon, 1617 pour venger les Annales de Baronius des critiques de ce savant. 4. De Insignibus gentilitiis ducum Lotharingorum, 1617 5° De Imperatore et imperio romano, magistratibus, officias, etc., Lyon, 1618 On trouve dans cette seconde édition deux appendices' l'un : de Officiis regni Gallice ; l'autre : de Officiis ecclesiaslicis ecclesia3 inagnce Constanlinopolitance. 6° Opusculorum Systema, Lyon, 1621, 2 vol. Il y a rassemblé ses divers traités : de lnstrumentlis templorum, de Dicinatione, de Oraculis, de lerrœ Motibus, de Circo, de Pictura plastica statuaria, de Conviviis, etc. 7. Elistoriarum sui lemporis libri 13, ab an. 1360 ad ann. 1610, Lyon, 1619 7° Histoire peu estimée, qui commence à l'an 1559 et finit à 1610. L'auteur eut la prétention de l'opposer à celle du président de Thou. La plupart des traités philologiques de Boulenger ont été insérés dans le Thesaurus Anliquilal. gra3c. et roman. donné par Grœvius
  • Pierre BOUQUET : neveu du précédent, et avocat, mort à Paris, le 2 avril 1781, a publié : 1° le Droit public de France éclairci par les monuments de l'antiquité, t. 1r°, Paris, 1756 La suite n'a pas paru. 2° Notice des titres et des textes justificatifs de la possession de nos rois de nommer aux évêchés et aux abbayes de leurs Etats, ibid., 176i 3° Lettres provinciales, ou Examen impartial de l'origine, de la constitution et des révolutions de la monarchie française, par un avocat de province, la Haye et Paris, 1772, 2 vol. 4° Mémoire historique sur la topographie de Paris, Paris, 1772 5° Tableau historique, généalogique et chronologique des trois cours souveraines de France, la Haye et Paris, 1772
  • Pierre BRINON( 1500 - 1658) : conseiller au parlement de Normandie , né dans le 16. siècle , mort vers l'an 1658, est auteur des ouvrages suivants: 10- l'Éphé- sienne, tragicomédie en 5 actes et en vers , avec choeurs, 1614 C'est l'histoire de la matrone d'Éphèse. 2. Baptiste, ou la Calomnie, tragédie, avec choeurs, en 5 actes et en vers, traduite du latin de George Buchanan, 1615 5. Jephté, ou le Voeu, tragédie en vers et avec choeurs, traduite du latin de Buchanan, 1614 . Le traducteur a divisé cette pièce en 7 actes. La Croix du Maine at- tribue à Jean Brinon, son père , un poême intitulé : les Amours de Sydire, imprimé à Paris
  • Pierre BRIOT : qui commença à écrire vers le ; milieu du 17e siècle, se lit connaître par plusieurs traductions utiles et estimées. 11 publia : 1° Histoire 'naturelle d'Irlande, trad. de l'anglais de Gérard , Boate, Paris, 1666 2. Histoire des singula- rités naturelles d'Angleterre, d'Ecosse et du pays de Galles, trad. de l'anglais de Childrey, Paris, 1667 3° Histoire de la religion des Banians, trad. de l'anglais de Henri Lord, Paris, 1667 40 Histoire de l'état présent de l'empire Ottoman, contenant les maximes politiques des Turcs, les ' principaux points de la religion mahométane, etc., trad. de l'anglais du chevalier Ricault, Paris, 1670 et avec des fig. de Séb. Leclerc. Bespier a traduit aussi le même ouvrage, Rouen, 1677, 2 vol. mais si l'on estime ses notes, on préfère la version de Briot. 5° Histoire des trois der- ,. niers Empereurs turcs, depuis 'I jusqu'en .1677, ' trad. du même Ricault, Paris, 1685, 4 vol. , Ces deux derniers ouvrages ont té réimprimés sous le titre d'Histoire de l'empire Ottoman, la Haye, 1709, 6 vol
  • Pierre BRISSON : frère du précédent, né comme lui à FontenayleComte, y fut sénéchal, et mourut en 1590. On a de lui : 1° Histoire et vrai Discours des guerres civiles ès pays de Poictou, Aulnis, Xainclonge et Angoumois, depuis 1574 jus. qu'en 1576, Paris, 1578 Le style en est assez pur pour le temps, les événements exposés avec les intrigues des chefs des troubles bien développées. 2" L'Instruction et Nourriture du prince, departie en 8 livres, Paris, 1583 C'est une traduction de l'ouvrage de Jérôme Osorio, de Regis Institutione et Disciplina
  • Pierre BRISSEAU( 1631 - 1717) : médecin, né à Paris, en On trouve également de curieuses anecdotes sur le duc de Brissac dans l'intéressantouvrage intitulé Paris, Versailles et les provinces. DRR. 71 1651, mort à Douai, le 10 septembre 1717, fut reçu docteur à Montpellier, pratiqua son art à Mons, à Tournay et à Douai, dans les hôpitaux militaires. Il a laissé plusieurs ouvrages : 1° Traité des mouvements sympathiques , Valence , 1682 ; Mons, 1692 2' Dissertation sur la saignée, Tournay, 1692 3' Lettre à M. Fa- gon, premier médecin du roi, touchant une fon- taine minérale découverte dans le diocèse de Tour- nay. 40 Lettre touchant les remèdes secrets, 1707. Mais ce qui le recommande encore de nos jours, c'est ce qu'il a écrit sur la cataracte : Nouvelles Ob- servations sur la cataracte, Tournay, 1706 Suite des Observations sur la cataracte, ibid., 1708. ; réimprimées ensemble sous ce titre : Traité de la cataracte et du gleucoma, Paris, 1709 traduit en allemand, Berlin, 1745 Il y établit, pour la première fois, le siége de la cataracte dans le cristallin. Son ouvrage, que la faculté refusa d'approuver, est de deux ans antérieur à celui d'Antoine MiiitreJean, auquel on rapporte cette découverte.—Son fils, Michel BR1SSEAU, né à Tournay, et reçu médecin dans cette ville en 1696, mort en 1745, a laissé des Observations anatomiques, imprimées à Douai en 1716 ; et depuis, avec l'Anatomie chirurgicale de J. Pallin, Paris, 1754, 2 vol. 11 a inséré dans le recueil de l'académie des sciences : Histoire d'un paralytique qui avait perdu le sentiment, mais non la faculté de mouvoir la partie devenue sensible. On attribue aussi à Michel Brisseau : la Burette des philosophes, ode bachique sur leur histoire, rangée par ordre chronologique, Douai, 1726
  • Pierre BRISSOT( 1478 - 1522) : médecin, né à FontenayleComte, en 1478. Versé de bonne heure dans la connaissance des langues grecque et latine, il pro- fessa d'abord la philosoele dans l'université de Pa- ris, et y fut reçu docteur en médecine en 1514. La doctrine arabe était alors universellement suivie dans les écoles. Brissot parut d'abord l'adopter ; mais bientôt la connaissance des médecins grecs lui en fit sentir l'insuffisance; il revint à la philosophie d'Hippocrate, et fut un des premiers à substituer dans son enseignement l'explication des ouvrages de Galien à celle des œuvres de Rhazés et d'Avicenne, que l'on faisait partout. 11 donna même au public un ouvrage de Galien, de Arte curativa ad Glauconem, d'après la version de Léonieenus, qu'il rectifia en plusieurs endroits. Il avait projeté de recueillir les textes grecs et les traductions latines des médecins grecs pour en faire disparaître les fautes qu'y avaient laissées les Arabes, leurs copistes infidèles. Il fit aussi des cours aux apothicaires, prenant peur texte de ses leçons l'ouvrage de Mesvé sur la matière médicale ; mais ce travail exigeant de lui des con- naissances en botanique qui lui manquaient, il réso- lut de vOyager pur les acquérir, et, en 1518, il partit de Paris pour le Portugal. 11 se fixa à Evora, et y pratiqua la médecine. Une pleurésie, dont il traita avec succès le roi de Portugal, lui fournit l'occasion de revenir sur une question qu'il avait déjà agitée dans les écoles de Paris, et dans laquelle il avait prononcé contre l'opinion là plus universellement âdoptée. Il s'agissait de savoir si, dans cette maladie, il fallait saigner du même côté que le mal, ou du côté opposé ; tous les médecins suivaient la dernière méthode. Brissot la combattit, se prononça On trouve dans le t. 7 da Journal de l'école Polytechnique un inémoire de Brisson sur l'Intégration da équations différas' licites partiellee, avec une addition . pour la première, qu'il appliqua avec succès au roi de Portugal. Denis, médecin de ce souverain, écrivit contre Brissot, et chercha à prouver que le roi n'aurait pas dù guérir. Brissot répondit à son adversaire ; mais étant mort prématurément d'une dyssenterie, en 1522, son apologie ne parut que trois ans après, sous ce titre : Apologetica Discepta- lia qua docetur per qua loca sanguis miUi debeat viscerum inflammationibus , prœsertim in pleuri- tide, Paris, 4525 ; 1558 ; Bâle, 459; Paris, 1621 1650 avec la vie de l'auteur et le traité de Moreau, de sanguinis Missione. Cette dispute ne se termina pas avec la vie de celui qui l'avait élevée. Les médecins du Portugal se partagèrent; d'un côté , l'université de Salamanque consultée se déclara pour la pratique de Brissot; de l'autre, l'influence de Denis, premier médecin du roi, obtint un décret pour que tout pleurétique fia saigné du côté opposé à son mal. On supposa même la religion intéressée dans cette question. L'affaire fut portée à CharlesQuint, en 1529, qui probablement reconnut son incompétence, et la laissa indécise
  • Pierre BROUSSEL : conseillerclerc au parlement de Paris, reçu en 1657, sous la régence d'Anne d'Autriche, fut une des principales causes des divisions qui agitèrent la France à cette époque, par son opposition au gouvernement dans toutes les discussions relatives aux impôts. Il acquit ainsi une grande popularité ; mais la régente, choquée de son obstination, le fit arrêter le 26 aoùt1$48, jour où un Te Deum se chantait à NotreDame à l'occasion de la victoire de Lens. Le carrosse dans lequel on le conduisait à la prison de Madrid, dans le bois de Boulogne, s'étant rompu deux fois en chemin, la populace reconnut 'Broussel, qu'elle appelait son père, et bientôt il se forma un attroupement nombreux qui marcha contre le Palais, en criant : « Broussel et liberté ! » Anne ne fut point effrayée de ce soulèvement, et elle résista avec la plus grande fermeté, pendant les trois journées des barricades, aux instances de la cour effrayée, et aux sollicitations du parlement, qui vint à plusieurs reprises, au milieu des vociférations du peuple, demander que la reine se soumit à de pareils ordres. L'année suivante, 1649, lorsque la populace s'empara de la Bastille, gardée par une compagnie d'invalides, Broussel fut nommé, à la demande du parlement, gouver. neur de cette forteresse; et ce fut lui qui, peu de temps après, fit renvoyer avec une réponse évasive le héraut envoyé par la cer avec (les paroles de paix. Ayant ensuite été accusé d'avoir trempé dans l'assassinat médité contre le prince de Condé, il fut obligé de se récuser dans le procès intenté à ce sujet ; et il chercha vainement à se venger, en faisant également récuser le président Molé. Lorsque Mazarin fut exclu du ministère , ,Broussel demanda que cette mesure fût applicable à tous les cardinaux. En 1651, les frondeurs, ayant destitué le prévôt des marchands, mirent à sa place Broussel, qui était regardé comme leur patriarche. L'année suivante, les troubles ayant cessé, Broussel fut obligé de se démettre de cet emploi. Louis XIV tint un lit de justice au Louvre, et ordonna à Broussel et à quelques autres magistrats de quitter Paris; mais on les rappela bientôt. Dès ce moment Broussel rentra dans l'obscurité, et mourut quelques années après, dans un âge avancé
  • Pierre BROWNE : docteur en théologie, fit ses études dans l'université de Dublin, où il parvint à être principal en 1699.11fut promu, en •1709, aux évêchés de Coike et de Ross. Peu de prélats protestants peuvent lui être comparés pour la science et la pureté des moeurs. Ardent défenseur de la religion chrétienne, il conserva un attachement inviolable à la pompe extérieure du culte, aux anciens rites de son église, et resta constamment célibataire. Cette conduite le lit passer, aux yeux de quelques protestants irlandais, pour un catholique romain déguisé. Prédicateur solide, sensé et éloquent, il réforma, par ses instructions et son exemple, le mauvais goût des jeunes prédicateurs de son temps ; ses revenus furent employés à de fréquentes aumônes, et à rebâtir une belle maison destinée à recevoir des écoles de charité, ainsi qu'une bibliothèque qu'il fonda pour le service du public. Il mourut dans son palais épiscopal de Corke, le 25 août 1755, laissant un assez grand nombre d'écrits, dont les suivants ont été publiés, de son vivant, en anglais : I. une lettre servant de réponse au livre de Toland , ainsi qu'aux ob-- jections des incrédules, Londres, 1696 2° De la Coutume de boire en mémoire des morts, avec la suite et la réponse à un prélat qui prétend la justifier, Dublin, 1715, 1714 et 1715, 5 vol. 5uLa Doctrine des partis et des circonstances en fait . 5. La Foi distinguée de l'opinion et de la science, Dublin, 1716 6° te Progrès, l'Étendue et les Limites de l'entendement humain, Londres et Dublin, 1728 c'est une espèce de supplénient aux preuves de son premier écrit contre Toland. 7° Les Choses surnaturelles et divines, conçues par l'analogie des choses naturelles et humaines, Londres, 1755 8° Plusieurs sermons. Browne laissa tous ses autres ouvrages manuscrits à son neveu Thomas Russel
  • Pierre BRUGIÈRE( 1730 - 1803) : parent du précédent, né à Thiers, en 1730, fut aumônier de la Salpêtrière, puis curé constitutionnel de la paroisse StPaul, à Paris. Dans un écrit qu'il signa avec trois autres curés, il attaqua la conduite de l'évêque Gobel, qui avait approuvé le mariage d'un prêtre. Cette conduite le fit mettre en prison en 1793, et traduire au tribunal révolutionnaire qui l'acquitta ; niais il ne tarda pas à être de nouveau arrêté, parce qu'il continuait à exercer son ministère, malgré les fureurs de la persécution. Il adressa encore, du fond de sa prison, des instructions pastorales à ses paroissiens. Il fut un des adhérents au concile national de Paris en '1798, et mourut en 1803. On a de lui beaucoup d'ouvrages relatifs à ses opinions politiques : 1° Relation de ce qui s'est passé à l'assemblée du clergé à Paris, infra muros, 1789 20 Doléances des prêtres des paroisses de Paris, 1789. 5° La Lanterne sourde, ou la Conscience de 111*** , ci- devant évêque de*** , éclairée par les lois de l'Eglise et de l'Etat, sur l'organisation civile du clergé, 1791Le Nouveau Disciple de Luther, ou le Prêtre**, convaincu par les lois d'être un concubinaire publiquement scandaleux, 1791 5° Instruction pastorale sur le bref du pape , 1791 Cette Instruction fut attaquée dans une Lettre d'un prêtre catholique, 1791 opuscule que Ersch a tort d'attribuer à Brugière, contre qui il est dirigé. 6° Réflexions d'un curé constitutionnel sur le décret de l'assemblée nationale concernant le mariage , 1791 7. Lettre d'un curé sur le décret qui supprime le costume des prêtres, 1791 8° Lettres d'un curé du fond de sa prison à ses paroissiens, etc., 1793 Eloges funèbres de MM. Sanson et Minard, 1798 10° Observations des fidèles à MM. les évêques de France, à l'occasion d'une indulgence plénière, en forme de jubilé, adressée à tous les Français par le cardinal Caprara, 1802 ; 1 l'Avis aux fidèles sur la rétractation du serinent civil, faite par le curé et le clergé de***. 12. Appel au peuple français concernant l'admission de la langue française dans l'administration des sacrements. 15' Instructions catholiques sur la dévotion au sacré Coeur de Jésus. •40 Instructions choisies, ouvrage posthume, publié par M. Degola , 1804, 2 vol. La vie de Pierre Brugière a été publiée par l'abbé Massy, prêtre de la paroisse StGerma et le frère Renaud, des écoles chrétiennes du faubourg StAntoine , sous le titre de Mémoire apologétique de Pierre Brugière, curé de St- Paul, suivi de notes et de plusieurs pièces justificatives, Paris, an 12
  • Pierre BRUHESIUS ou VAN BRUHESEN( 1500 - 1571) : médecin, né à Bythoven, village de la Campine, au commencement d u1 fie siècle, mort à Bruges en 1571, est auteur de quelques opuscules : 1. de thermarum Aquisgranensium Viribus, Causa, ac legitimo Usu, epistolce duce scripte anno 1550, in quibus diam acidaruon aquarum , ultra Leodium existentium, facilitas et sumendi ratio explicalur, Anvers, 1552 20 De Ratione medendi morbi articularis epistolœ duce, Francfort, 1592 dans le recueil de Garet sur la goutte. 5° De Usu et Ratione cauteriorum, clans le même recueil. Il est surtout connu par son Grand et perpétuel Ad na/ me/ 4 im- primé pour la ville de Bruges, en 1550, dans lequel ' il indiquait avec scrupule, d'après les principes de l'astrologie judiciaire, les jours propres à se purger, se baigner, se faire saigner, ruine raser, etc. Vrai modèle de ces conseils ridicules consignés encore dans le fameux Almanach de Liège, ce Grand et perpétuel Almanach causa beaucoup de rumeur à Bruges. Le magistrat, qui l'avait beaucoup goùté, fit « trèsexpresses invitations et défenses à quicon« que exerçait, dans Bruges, le métier de barberie, («le rien entreprendre sur le menton de ses conci- i« toyens pendant les jours fatals. » François Bapert, médecin à Bruges, indigné de cette ordonnance, publia contre l'ouvrage de Bruhesius un h- Magnum el perpeltium Almanach, seu empiricorum et medicasiorum Flagellum, 1551 Pierre le Haschaert, également médecin et chirurgien, grand partisan de l'astrologie judiciaire, publia, pour la défense de Bruliesius, Clypeus astrologicus contra Flagellum astrologorum Francisci Rapardi, 1552 4. B—T et C
  • Pierre BRUMOY( 1688 - 1742) : né à Rouen en 1688, mort à Paris en 1742, est un des écrivains qui a le plus honoré la congrégation de Jésus. Entré au noviciat . La même année il publia, sous le voile de l'anonyme, la Morale chrétienne, petit volume qui renferme d'excellentes choses et qui a été plusieurs fois réimprimé. Lors de l'apparition du poi,Ine de la Gràee, de Louis Racine, lh composa la première des trois lettres qui furent publiées sous le titi d'Examen du poème de la Grûce, Bruxelles, Paris, 1725 ; les deux antres sont des PP. Rouillé et Houbiguant. En 1721, il publia la Vie de l'impératrice Eléonore, mère des deux derniers empereurs de la maison d'Autriche, , imitée du latin du P. Céva, Paris, 1724 ; puis l'Abrégé des vertus de soeur Jeanne- Silénie de la Motte des Gouttes, religieuse de la Visitation de Moulins, Moulins, 1724 A ces deux livres édifiants, il lit succéder une nouvelle édition du Traité de la poésie française par le P. Mourgues, Paris, 1721 I 1 y joignit des réflexions sur chaque espèce de poésie. On trouve à la lin du volume la Défense de la sixième satire de Boileau, et la Jusuification de bel esprit , qui sont du P. Brumoy. Ce fut en 1730 . Rienzi, par le P. Ducerceau, Paris, 1733 et mit en tète du volume l'éloge de l'auteur. I I achevait en «bile temps, avec le P. Rouillé, les Révolutions d'Espagne du P. d'Orléans, Paris, 1754, 3 vol. Il avait aussi traduit en français deux harangues latines du P. l'orée; la première sur cette question : Lequel des deux États, monarchique ou républicain, est le plus propre à former des héros? la seconde sur les spectacles. Ces traductions, . De nos jours qu'on a vu prévaloir un système de traduction plus lidèle, plus approprié aux allures de l'antiquité, M 1l. Artaud et Destainville, nouveaux traducteurs du théàtre grec, ont sans doute beaucoup mieux fait que leur devancier, mais ce n'est pas une raison de déprécier connue on l'a fait l'oeuvre du savant jésuite. AndréCharles Brotier, neveu de l'abbé Brotier, traduc- Cette partie du travail du P. ltrunioy est ?rerèdee d'un excellent Discours sur lu comedicIcs Grecs, que MM. Artaud et Destainville ont placé en tète de leur traduction d'Aristophaue, teur de Tacite, a publié, en 1785, une nouvelle edition du Théttlre des Grecs du P. Ifrumoy, avec des traductions complètes d'Eschyle par la Porte du Theil, de Sophocle par hocheI'ovr, d'Euripide par Prévost, enfin d'Aristophane par l'éditeur lointème, 1785, 13 vol. On voit par ce détail qu'il n'y avait presque rien du P. Bromoy dans cette édition. Une dernière édition du Théiare des Grecs a été donnée par M. ItaoulBochette, Paris, 1820-1825, 16 vol. Malgré les modifications qu'a dit subir le travail du P. Brumoy, à travers toutes ces réimpressions, enrichies des travaux de ses successeurs, ce docte et vertueux jésuite n'en a pas moins doté notre littérature u'un trèsbon livre. Ses contemporains nous le représentent connue doué d'un caractère plein d'aménité. Titon du Tillet, dont il avait été l'ami, lui a donné place dans le Supplément it 10 Description du Parnasse français
  • Pierre BREBIETTE( 1609) : peintre du roi, et gra- eur, né à Mantes, en 1609, est plus connu par ses stampes que par ses tableaux. On a un assez grand Ombre de morceaux de son invention, gravés à eauforte avec beaucoup d'intelligence; la plupart ont des frises, des bacchanales, dans la manière ne suivit et gàta Gillot ; (les suites (l'enfants qui mitent la manière d'Etienne de la Belle, et des suets de dévotion. Brebiette a gravé à Rome, d'après Raphaël , une Sainte Famille ; d'après André del arto, une autre Sainte Famille; d'après Paul Vé- onèse, le Martyre de St. George. Il a aussi gravé plusieurs pièces, d'après Palma le Jeune, George allemand, François Quesnel, Claude Vignon, etc. Corneille Bloemaërt et divers autres graveurs ont travaillé d'après ses dessins. V—VE•
  • Pierre BRANDOLESE( 1754) : bibliographe, naquit en 1754, à la Canda, près de Lendinara, dans la Polésine, de parents honnêtes, mais mal partagés de la fortune. Il reçut d'un de ses oncles les premières le-çons de grammaire, et apprit d'un religieux du MontOlivet, le bon abbé Griffi, les éléments des mathématiques et ceux de la peinture. Obligé de se créer par son travail les ressources qui lui manquaient, il iint trèsjeune à Venise, et entra commis chez Albrizzi, riche libraire, qui lui fit rédiger son catalogue des ouvrages relatifs aux arts du dessin. Brandolese trouvait dans son nouvel état les moyens de se livrer à son goût pour l'étude, et il acquit en peu de temps des connaissances très étendues dans la biographie, l'histoire littéraire et la théorie des beauxarts. En 1778, il établit à Padoue un magasin de librairie, et il eut le plaisir de le voir bientôt fréquenté de tous les amateurs de la littérature. Ses talents et sa probité lui concilièrent l'estime générale. Mais, parmi les personnes qui lui vouèrent une amitié sincère, on doit citer le chevalier Luzara, qui se l'adjoignit dans la place honorable d'inspecteur des beauxarts du Padouan. L'exercice de cette charge fournit à Brandolese l'occasion de publier quelques opuscules, propres à donner une idée avantageuse de son goilt et de son érudition. Il en préparait d'autres quand une mort prématurée l'enleva le 3 janvier 1809, à Venise, où il s'était rendu pour dresser le catalogue de la bibliothèque Quirini. Aussi modeste qu'instruit, Brandolese n'avait aucune prétention au savoir. Les éloges dont il fut comblé par les Morelli, les Lanzi, les Borromei, les iMoschini, ne purent jamais lui inspirer aucun sentiment d'orgueil. Outre une nouvelle édition de la Serie dell' edizioni Al- dine , Padoue, 1791 , avec des corrections et des additions, et un appendice à la Serie, dans l'édition de Florence, 1805, on cite de Brandolese les opuscules suivants : le Cose più notabili di Patiova, etc., dans la Guida de Daniel Francesconi, ibid., 1791 2° Pilture, Sculture, Archi- tellure ed aigre cose notabili di Padova, monumenle descrille, ibid., 1795, Lanzi regardait cet ouvrage comme un des meilleurs guides de toute l'Italie, et il s'en est beaucoup servi pour son histoire de la peinture. Il a été reproduit avec les changements nécessaires, Venise, 1827. 3. Del Genio de' Lendina- resi per la pittura, ibid., 1795 opuscule plein d'érudition et de patriotisme. 4. Dubbi suit' esistenza del pillore Giovanni Vivarino da Murano nuova- mente confirmati 5. Testimonianze intorno alla patavinita di Andr. Mantegna, Padoue, 1805 6° La Tipografia perugina del secolo 15, illus- Irata dal Vermiglioli o presa in esame, Padoue, 1807, Vermiglioli a profité des observations de Brandolese pour perfectionner son ouvrage dans l'édition qu'il en a donnée en 1820. On peut consulter, pour plus de détails sur Brandolese, une lettre adressée au chevalier de Luzara, Padoue, 1809
  • Pierre BREAUTÉ : d'une ancienne famille de Normandie, distinguée dès le temps de Guillaume le `Conquérant, était capitaine de cinq compagnies légères. Brûlant du désir de signaler sa valeur, il obtint de Henri IV la permission de mener en Hollande, au service du prince Maurice, une compagnie de cavalerie qu'il leva à ses dépens. Après la campagne de 4599, Breauté étant venu en France, apprit que son lieutenant s'était laissé surprendre, et avait été fait prisonnier par la garnison de BoisleDuc. Loin de songer à payer sa rançon ou à procurer son échange, il lui répondit, par une lettre écrite en termes trèsviolents, qu'il ne s'intéressait point pour des làches qui se laissaient prendre, et qu'il fallait toujours tenir tète aux ennemis, fussentils en nombre double. Grosbendonck, gouverneur de la place, ayant intercepté la lettre, se répandit en invectives contre la nation française et contre Breauté, qui en fut instruit, et se hâta de revenir en Hollande et de lui envoyer un défi à un combat de vingt contre vingt. Grosbendonck accepta le défi, mais ne voulut pas s'y trouver en personne, disant qu'il ne pouvait quitter une place dont il devait répondre : il y envoya Likerbikem, son lieutenant. On cons int du jour, du lieu et des armes, et de se battre vingtdeux contre vingtdeux, à l'épée et au pistolet seulement. Au jour fixé, Breauté se trouva au lieu désigné, attendit près d'une heure les ennemis, marcha à leur rencontre jusqu'à une portée de canon de la place, où il les trouva. Le combat commença aussitôt; de deux coups de pistolet Breauté tua Liberbikem et blessa deux ou trois autres Espagnols. Le domestique d'un des blessés courut à toute bride à la ville, afin de procurer à son maitre le secours dont il avait besoin. Le gouverneur fit tirer deux coups de canon ; la troupe de Breauté, saisie d'une terreur panique, prit la fuite, abandonnant lâchement sou chef, qui, seul, avec son page et son gentilhomme, se défendit encore longtemps ; mais son cheval ayant été tué sous lui, il flat accablé et se rendit prisonnier. Il fut mené à BoisleDue, où le gouverneur, contre la parole donnée, le fit massacrer entre les deux ponts. Telle fut l'issue de ce fameux combat, dont l'histoire moderno ne fournit pas d'autre exemple depuis la journée. des trente , et dont le président de Thou a rapporté les circonstances avec peu d'exactitude. Le combat eut lieu le 5 février 1600 ; les Français eurent trois tués et deux blessés ; du côté des Espagnols, il y eut sept tant tués que blessés. Breauté n'avait pas encore 20 ans. — Son frère, Adrien, passa en Hollande pour venger sa mort, appela plusieurs fois inutilement Grosbendonek duel, et ne revint en France que sur les ordres précis et réitérés de Henri 1V
  • Pierre BRESCON : médecin du 18° siècle, a publié un Traité de l'épilepsie avec sa description, nouvelle édition, Bordeaux, 1742
  • Pierre BREUGHEL ou BREUGEL( 1530 - 1590) : dit le Vieux, peintre, naquit en 1550, à Breughel, village près de Bréda , dont lui et ses descendants prirent le nom. 11 étudia sous deux maîtres , et voyagea ensuite dans la France et l'Italie , dessinant beaucoup d'après nature, surtout dans les Alpes. Ayant adopté la manière de Jérôme Bosch, qui mettait du comique dans ses compositions , on le surnomma Pierre le Drôle . De retour à Anvers, il fut reçu, en •551 , membre de l'académie de cette ville. Les noces , les fêtes de campagne devinrent ses sujets favoris , et il avait soin d'étudier fréquemment la nature, pour que ses compositions portassent l'empreinte de la vérité. Déguisé en paysan avec un de ses amis , il se mêlait aux danses des villageois, et souvent même , selon l'usage du pays , il faisait un présent aux mariés , comme s'il eût été de la famille. La veuve de Pierre Koeck, son premier maître , lui donna sa fille en mariage , et , par suite de cette union , Breughel vint demeurer à Bruxelles, où il mourut en 4590, dans sa 60° année. Les biographes assurent qu'étant tombé malade, il fit brûler en sa présence, par sa femme , des dessins libres de sa composition
  • Pierre BRUTUS( 1400) : né à Venise, ndn dans le 14° siècle, comme le dit Moréri, niais vers le milieu do 13% a laissé plusietità Ouvrages, dont on trouvera les titres dans Trithème , et qui sont aujourd'hui inconnus, Si l'on en excepte celui qtt'il écrivit contre les Juifs. Dans sa jetinesse, avait montré pour leur conversion un zèle dont il avait été récompensé par l'évêché de Cattaro en Dalmatie. Ce fut pendant les loisirs que lui laissait radministration de son diocèse qu'il composa l'ouvrage dont nous parlons, intitulé : Victoria contra JudeeOs. 11 l'adressa à un prêtre de ses anis, nominé J. Bonavitus, en lui recommandant de n'en pas laisser prendre de copie; mais cet ami, manquant à sa parole, remit le Manuscrit à Simon nevilaqua, qui l'imprima en 1489 Cette édition étant la seule de cet ouvrage, on ne doit pas être surpris qu'il soit rare.
  • Pierre CALENTYN : auteur du 16e siècle, natif, ou tout au moins habitant de Louvain , mort vers 1563, a donné une édition en flamand de l'ouvrage de Paschasius, intitulé : Méthode pour faire un pèlerinage spirituel dans la terre sainte, avec une indication exacte de la situation des lieux saints, Louvain, 1665 Paschasius n'avait jamais mis le pied dans la terre sainte, quoi qu'en dise Adrichomins, et ce n'est pas une relation de son voyage qu'il nous a donnée, mais un livre de dévotion. Il suppose un pèlerin qui, ne pouvant se rendre personnellement à Jérusalem, veut du moins y aller en esprit. La route et le retour sont divisés en autant de stations qu'il y a de jours dans l'année. Le voya- gens imaginaire, parti de Tirlemont, arrive en cent vingtcinq jours à la terre sainte, et est rendu à Tirlemont le 31 décembre. On a de Calentyn : ria cricris a domo Pile usque ad montent Cotutrice, Louvain, 1568 ; ce pourrait bien aussi être un voyage imaginaire; 2° les Sept Heures de la sagesse éternelle, composées, il y a plus de deux cents ans, par Henri Suzo, nouvellement traduites en flamand, Louvain, 1572 ; 50 Petite Crèche port? recevoir l'En- filo Jésus , imprimé à la suite du Lit jonché de fleurs de V. Hensberch, en flamand , Louvain, 1649
  • Pierre CANDIDE : de l'Église reniante , fut envoyé dans là Gante par St. Grégaire lé Grand, au mois de septembre 595, polir y getiii7crner le patrimoine de St. Pierre, précédemment confié aux soins du patrice Dynamius.. Candide fut 'chargé de remettre ait tilildebert de la 'intaille des chantes de St. .Pierre.,. afin qu'il txtriat 111 eo4 cette racine. St. Grégoirb éérivit atiesi a Ce Prince C à Brtitieltaut, sa mère, pour leur recommander Son nimvel agent. Dans sa lettre à Childebert , lé pape disait : « Vous « ètes autant audessus des autres rois, que les rois « sont audessus des autres hommes. » Suivant les instructions qu'il avait reçues, Candide employa les revenus du patrimone de St. Pierre en oeuvres de charité. Il fournit aux pauvres de quel se vètir. acheta plusieurs jeunes Bretons de letirs parents idolâtres, les lit baptiser, instruire dans les monastères, et préparer pour la mission que St. Grégoire' avait envoyée en Angleterre sous là conduite de St. Augustin
  • Pierre CAPITEIN( 1511 - 1557) : né à Middelbourg en Zélande, vers 1511, étudia la médecine à Louvain et à Paris, prit le bonnet de.doèteur à Valence en Dauphiné, fut professeur à Rostork et à Copenhague, deux fois recteur de l'université de cette dernière ville, et médecin de Christian IH. 11 mourut le 6 janvier 1557. On a de lui : I. de Potentiis anima, 1550. 20 Calendaria. C'étaient des médecins presque toujours partisans de l'astrologie judiciaire, qui faisaient des almanachs dans les 15e et 16. siècles. 50 Prophylacticum concilium anti- pestilentiale ad ci- ves Ilafnienses anno M. D. LIII, impr. dans la Cista medica Hafniensis de Th. BaKholin
  • Pierre BULLET( 1600) : architecte, né vers le milieu du 17`. siècle, élève de François Blondel, conduisit, d'après ses plans, la construction de plusieurs édifices à Paris, et entre autres, celle de la porte StDenis; niais il ne se borna point à ce travail subalterne, et il acquit dans la théorie de l'art des conuaissinices qui le firent nommer membre de l'académie d'architecture, et lui procurèrent la place d'architecte de la ville. Un de ses premiers ouvrages fut une poile d'ordre ionique servant d'entrée à la pompe l'?uirebaine. Les autres édifices construits sur ses dessins sont trop nombreux pour qu'on en donne ici la ittomenclature ; on se contentera de parler ties deux principaux. il lit élever en 1674 l'are de triomplie_appelé porte StMartin, dont les beautés seraient milieux appréciées sans le voisinage de cette ,poi:te StDenis, chefd'oeuvre du maitre de Bullet. On doit encore à ce dernier l'église des jacobins du faubourg StGermain . En 1675, il construisit le quai Pelletier, dont le trottoir était totalement en saillie, sur une voussure en . 2. Traité de l'Usage du pantomètre, Paris, 1675. 5° Traité die nivellement, Paris, 1688 4° Obsertuitions sur la mauvaise odeur des lieux d'aisances, 1696 On trouve dans le Rép'ertofre des Artistes six dessins de cheminées, par Bullet. Selon quelqiiesuns; Ce sont les premiers où l'on Ait 'commencé à employer des glaces d'après le procédé de François ManSard, auteur de cette heureuse innovation ; mais d'autres l'attribuent à Robert de cotte. Le fils de Pierre Bullet, connu sous le nom dé Cariddin, exerça avec succès la inèfile profession i1 son Père
  • Pierre BULLIARD***( 1742 - 1793) : botaniste, né à Aubepierre en Barrois, vers 1742, mort à Paris en septembre 1795, lit ses études au collège de Langres. Les auteurs de l'antiquité auxquels il donnait la préférence étaient ceux qui traitaient de l'histoire naturelle. A quinze ans, le goût de cette science était déjà devenu en lui une passion. Dans ses moments de loisir, il avait formé un herbier considérable, et une collection . Il mourut dans la même année, âgé de 22 ans
  • Pierre BUNEL( 1499) : Uttn des écrivains les plus polis de son sicle, naquit à Toulouse, en 1499. Ste- Marthe dit que son père était Normand. 11 lit ses études à Paris au collège de Coqueret. Sans fortune, niais sans ambition, il aurait vécu dans l'indigence sans la généretise'amiiié creimile Petiot, 'qui le logea chez lui à Moue ; de T...azare Ëaif çt de George de Selve, évêque de Lavaur, qui furent ambassaclenrs de franCe à Venise. Après avoir passé trois années dans cette ville,' l'und suivit 'l'évêque de Lavaur dans son dioc'ès 'et ne revint à Toulouse qu'après, la mort de ce i*élat. Cliargé de l'éducation des 114 du président du l'atm, « ' il inStitua, Mais le principal ouvrage de Bunel est un recueil de lettres que Charles Estienne fit imprimer à Paris en 1551 qui furent réimprimées à Cologne en 1568, et que Henri Estienne publia sous ce titre honorable : Epistolce Ciceroniano stylo scriptce, 1581 C'est l'édition la plus correcte ; celle que Graverol donna à Toulouse en 1687 est estimée pour les notes, mais le texte est rempli de fautes. Plusieurs de ces lettres avaient déjà paru à Toulouse avant que Charles Étienne les recueillit. On en trouve quelquesunes dans le volume intitulé : Epistolce clarorum vivorum. Paul Manuce avoue que les lettres de Bunel lui servirent de modèle, et Ménage appelle Manuce et Bunel des ci- céroniens de profession. Le buste de ce dernier a été placé dans la salle dite des Illustres, au Capitole de Toulouse, par les soins de l'historien Lafaille, capitoul. Bunel trouvait son bonheur dans la culture des lettres. Il écrivait à Duferrier, son ami : Post Deum, in studiis litterarum mihi Vint omnia. Bayle fait de grands éloges de ses talents et de sa vertu. C'était, ditil , un honnête homme. C'était lui que « Diogène cherchait. Ses lettres sont écrites avec la « dernière pureté, et contiennent des faits curieux.» — Guillaume BUNEL, qu'on croit père de Pierre, savant professeur en médecine dans l'université de Toulouse, composa plusieurs ouvrages au commencement du 16° siècle, et les lit imprimer en 1513 sous le titre suivant : OEuvre excellente, el à chascun desi- rant de peste se préserver Irez- utile, contenant les medecines preservalives et curatives des maladies pestilentieuses, et conservatrices de santé, etc., les- quelles sont ordonnées, tant en latin qu'en françois, par rime; avec plusieurs Epistres à certains excel- lens personnaiges, en la louange de justice et de la, chose publique. Duverdier cite quelques vers mé- diocres de ce poême singulier Je ne dis qu'en mariage, Afin qu'on puisse avoir du fruict, Vous ne fassiez aucun ouvrage, De tard en tard ainsi que duict; Mais ce soit après la minuict, Parfaicte la digestion, Pour faire génération. — Jacob BUNEL, peintre du roi, naquit à Blois en 1558, et fut chargé, avec Dubreuil, des ouvrages de peinture les plus considérables dans les maisons royales. Ils peignirent ensemble la voûte de la petite galerie du Louvre, brûlée en 1660. Bunel fit, pour l'é- glise des GrandsAugustins, une Descente du Saint- Esprit, et, pour les Feuillants, une Assomption de la Vierge. Il peignit encore à Fontainebleau quatorze tableaux à fresque
  • Pierre BURMANN( 1668 - 1741) : fils du précédent, naquit à Utrecht, le 6 juillet 1668. Au nombre de ses maitres dans l'université d'Utrecht et dans celle de Leyde, où il lit ses études, fuirent GrTvius et Jacques Gronovius, hommes d'une grande érudition. En 1688, il soutint, pour le grade de docteur en droit, une thèse de Transactionibus, qui lui fit beaucoup d'honneur. 11 entreprit ensuite un voyage en Allemagne et en Suisse, pour visiter les bibliothè-&lues et les hommes célèbres; et, de retour à Utrecht, il entra dans la carrière du barreau. Les succés brillants qu'il y obtint ne le détournèrent point de la culture des lettres anciennes, et, en 1694, il publia une dissertation trèssavante de Vectigalibus populi romani. On en connait deux autres éditions faites, l'une en 1714, la seconde en 1754. La dernière est fort augmentée; elle a été réimprimée dans le ler volume du Supplément de Poleni. Sur la recommandation de Grrevius, Burmann fut nommé, en 1696$ professeur d'histoire et d'éloquence dans l'université d'Utrecht. ft ouvrit ses leçons par un disceu•s de Eloquentia et Pocsi. Depuis cette époque, il ne se passa presque point d'année que Burinant' lie publiât quelque ouvrage, soit l'édition d'un classique ornée de ses notes, soit un discours, soit des vers latins , soit quelque pamphlet contre ses adversaires. Il s'en fit beaucoup par le ton tranchant de ses dé- cisions, par son intolérance, son irascibilité, la violence de ses emportements. Aujourd'hui toutes ces querelles sont oubliées, et il ne reste que le souvenir des services importants qu'il a rendus aux lettres latines par ses belles et nombreuses éditions. En gé- néral, il le faut avouer, ce n'est pas par le goût et la critique qu'elles sont le plus remarquables ; ce qui les recommande surtout, c'est l'érudition, l'exactitude philologique, l'abondance des secours qu'elles offrent aux lecteurs , et la beauté de l'exécution. Quelquesunes, comme celles d'Onde, de Virgile, de Quintilien, de Pétrone, de Phèdre, sont, dans ce genre de littérature, des ouvrages du premier ordre. En 1715, Burmann passa d'Utrecht à Leyde, où la' mort de Perizonius laissait vacante la chaire d'histoire, d'éloquence et de grec. Elle lui avait été offerte avec des conditions fort avantageuses , et il accepta. La liste complète de ses ouvrages étant très-étendue, 11011$ n'indiquerons que les plus marquants. 10 Marq. Gudii et doctorum . rirorum aliorum ad eum Epistoloe, Utrecht, 1697 2° Phœdri Fa- buloe, Amsterdam, 1698 ; réimprim. en 1718 et en 1715 3° Horace, avec les Lectiones Ve- nusinœ de Butge,rs, Utrecht, 1699 4. Jupiter Fulgerator, Utrecht, 1700 ; et Leyde, «:734 avec le traité de Vectigalibus. Burmann, dans cette dissertation, explique ce que signifie l'image de Jupiter Tonnant sur plusieurs médailles de la ville de Cyrrhus. 5. Petronii Satyricon, Utrecht, 1709, réimpr. à Amsterdam, 1745, 2 vol. ; à Leipsiek, 1781 Les notes de Uhlmann furent critiquées dans le livre intitulé Chrestomathia Petro- io- Burmanniana, Florence , 1734 : on l'attribue à Verburge et à Ilemsterhuys. 60 Antiquitatunt Roman. brevis Descriptio, Utrecht, . 1711 Il y en a de nombreuses réimpressions. 70 Velleius Paterculus, Leyde, 1719 et 1744 Les notes de Burmann ont été réimprimér., dans le Paterculus de Buhneken. 8° Quintilien, Leyde, 1720, 2 vol. Capperonnier, professeur au collège royal, ayant publié, en 17e, une édition de Quintilien, blâma souvent dans ses notes celles de Burmann. L'irascible Hollandais fit paraître l'année suivante Epistola ad Cl. Capperonerium, etc., où il répond à son critique avec une violence inconceva- ide. S'il eut tort par la forme, on ne peut discon- venir que, pour le fond, il n'ait souvent raison. 90 Justin, avec une préface seulement et des variantes, Leyde, 1722 10 Valerius Flaecus, Leyde, 1724 I Jo Georg. Buchanani Opera omnia, Leyde, 1725, 2 vol. 12° Le catalogue des ouvrages contenus dans le Thesaurus Antiquital. grœcar. et romanar. de Grœvius, et dans le The- SUIMIS Antiquit. et Histor. lialice, et le Thesaurus Antiquit. et Histor. Sicilice, du même, avec Mie préface, Leyde, 172.5 Plusieurs préfaces, dans ces deux derniers ouvrages, appartiennent à Burinant'. Il est aussi Fauteur de celle des Inscriptiones ariliquœ de Gruter l.). 15° Sylloges Epistolar. a vins illustribus scriptar. t. 5, Leyde, 1727, 5 vol. 1 ?° Ovide, Amsterdam, 1727, 4 vol. Il faut joindre à cette édition une préface imprimée à part en 1756, sous ce titre : P. Burmanni Proefatio ad Ovidii editionem majorent, etc. 15° Phœdri Fabulte, avec un nouveau commentaire, Leyde, 1727 16° Ponce lai mi minores, sive Gratii lalisci Cynegeticon, f. Aurelii Nemesiani Cynegeticon et ejusdem Eclogoe ; T. Cal- purnii Siculi Eglogoe 7 ; Claudii Rutilii Numitiani lier ; Q. Serenus Samonicus de Medicina; Vine- cianus, sive Marcellus de Nedicina; Q. Rhemnius Fannius Palcemon de Ponderibus a Mensuris, et Sulpitii Satyrœ, Leyde, 1751, 2 vol. Cette collection 1enferme deux poètes qui ne sont pas dans celle de Wernsdorf. Burinant], qui ne pouvait souffrir aucune espèce de concurrence ni de rivalité, attaque durement, dans sa préface, un jeune Anglais DOMffié Bruce , qui avait, en 1728, publié quelquesuns de ces poRes, et Havercamp, qui avait donné ses soins à cette entreprise. I,. Suétone, Amsterdam, 1756, 2 vol. 18° Lucain, Leyde, 1740 49° Virgile, publié par les soins de son neveu, P. Burmann, Amsterdam, 1746, 4 vol. 9. 00 Claudien, publié également par les soins et avec les notes dc son neveu, Amsterdam, 1760 21° C'est encore son neveu qui a donné le recueil de ses poésies latines, Amsterdam, 1745 22° Ses harangues latines furent publiées en 1759 à la Haye, par Nicolas Bondt. Burmann a inséré beaucoup de morceaux dans les Miscellaneoe Obser- vationes, collection qu'il dirigea longtemps. On lui attribue généralement ceux qui portent le nom de Sincerus Hollandus. On croit aussi que c'est lui qui lui écrivit contre Everhard Otto sous le nom de Fa- voritus Noricus. Ce grand philologue mourut le 51 mars 1741, à 72 ans, après de longues et cruelles ff sourances, qu'il supporta avec une religieuse rési- gnation. Dans les derniers temps de sa vie, il reçut de l'abbé Bignon, bibliothécaire du roi, les trois volumes, alors imprimés, du Catalogue de la Bi- bliothèque royale. L'abbé Bignon lui écrivait que Louis XV lui faisait ce présent, comme au premier des érudits. Burmann laissa deux tils : François, qui suivit avec distinction la carrière des armes, et Gaspard, dont nous allons parler
  • Pierre BURMANN( 1714) : frère du précédent, naquit le 13 octobre 1714, à Amsterdam, où son père était alors ministre du saint Évangile. 11 le perdit qu'il n'avait encore que cinq ans , et fut confié à la tutelle de son oncle , Pierre Burmann , le philolo- gue, qui l'éleva dans l'amour et dans la culture des lettres savantes. 11 reçut aussi à l'université les le-çons de Duker et de Drakenborch. On put voir combien il avait profité des leçons de ces trois excellents maîtres, quand il soutint à Utrecht , en 1734 , pour le degré de docteur en droit, sa thèse de Jure annulorum aureorum. L'année suivante, il obtint , dans l'université de Franeker, la chaire d'éloquence et d'histoire, vacante par la retraite de Wesseling, qui avait passé à Utrecht. Son discours inaugural, imprimé en 1756, à Utrecht, est intitulé : pro Criticis. 11 fut, en 1741, chargé de la chaire de poésie , et, en 4742, il abandonna l'université de Franeker pour l'athénée illustre des notes, également inédites, de Duker. Sa préface est fort savante. Nie. Bondt un peu dans cette publication. 12° Claudien , avec les notes inédites de son oncle et les siennes, Anisterdarm, 1760 Rhetorica ad Herennium , avec les notes inédites de Grevius et d'Oudendorp , Leyde, 1761, in 8°. Dans une préface pleine d'erudition, Burmann prouve que l'auteur de cet ouvrage n'est ims Cicéron , mais a dû vivre du temps de cet orateur. 15. De Aleccenatibus doctis ratio, Amsterdam, 1763 1 Jac. Phil. Sicula, quitus Sic iliœ reteris radera, addilis antiguis ( abolis , il - lustrant ur, Amsterdam, 1761 lig. D'Urville était mort sans avoir pu publier ce grand ouvrage, où il avait recueilli et expliqué les aniiimités de la Sicile. burmann y ajouta plusieurs dissertations importantes. 15° Ses poésies latines, Leyde, 1774 avec un appendice ; et Leyde, 1779. 160 Properce, Utrecht, 1780 Cette excellente édition, l'une des meilleures productions de Burmann , ne fut pas achevée par lui ; elle était à moitié imprimée quand il mourut , le 24 juin 1778 , d'un coup d'apoplexie. Van Santen mit en ordre les nombreux matériaux qu'il avait laissés, et continua l'ouvrage. Les tables de cette édition furent rédigées par Fran-çoisPierre Burniann, fils de l'éditeur, né eu 1756, et dont on connait quelques vers latins imprimés en 1778
  • Pierre BURRUS ou DE BUR( 1430 - 1505) : chanoine d'Amiens, nommé aussi BERRI, HUMUS OU LCRY, naquit la veille de la Pentecôte de l'an 1430, à Bruges, où son père, originaire de Noyon, s'était réfugié pour se soustraire au fléau de la guerre. Il fit ses études chez son oncle, curé d'Arras, puis à Paris, où il fut reçu maitre èsarts, et enseigna la grammaire. Après avoir régenté pendant quelque temps, il voulut voir l'Italie, patrie fies lettres et des arts, et fut durant sept ans absent de son pays. A son retour, le gouverneur de Paris le nomma précepteur de ses deux fils, dont l'aillé le fit chanoine d'Amiens. Burrus, ayant perdu ses élèves encore jeunes, revint se fixer à Amiens, où il termina ses jours en 1505, et non en 1507, comme le dit Paquet. Il avait cultivé les lettres toute sa vie, particulièrement la poésie latine, et jouit parmi les savants d'une grande considération. Robert Gaguin lui dédia ses Annales de France. On a de Burrus, outre quelques ouvrages de théologie : 1° Carminuin moralium lib. 9, cum argumentis et vocabulorum minus vulgarium expia- natione, Paris, de Marner, 1503, in4°, rare ; 2° Can- tira de omnibus festis Domini, 1506 ; 5° " Va- ttel quinque festorunt dime Vfrginis More; item hymni aliquot, cunt familiari expositione Jodori Badii Ascensii et autoris vita, Paris, 1508 L'auteur des additions sur Trithème loue beaucoup la gravité des sentences de Burrus, la variété de son style, l'élégance et la vérité de ses expressions, la douceur et l'harmonie de ses vers, la hardiesse de ses transitions ; il termine son éloge par ces mots Denique sexcenta alla ornamenta
  • Pierre BUSSON-DESCARS( 1764 - 1825) : ingénieur des ponts et chaussées , né, le 24 octobre 1764, à Baugé dans l'Anjou , lit ses études classiques au collége de la Flèche. Il est auteur d'un essai sur le nivellement, qui fut publié à Paris en 1805, 1 vol. Le besoin d'un pareil ouvrage se faisait sentir depuis longtemps. Busson , avant de le publier, fit courir le bruit à Paris, où il était alors, qu'un exbénédictin s'occupait , est mort vers la fin de 1825
  • Pierre CAFFÉ( 1778) : docteur en médecine , Dé à Saumur, vers 1778 , ancien chirurgienmajor des armées, fut impliqué dans la conspiration du général Berton et traduit avec lui devant la cour royale de Poitiers. Condamné à la peine capitale , et ap- prenant le rejet de son pourvoi , Caffé s'ouvrit l'artère crurale , et Berton monta seul sur l'échafaud
  • Pierre CABANIS-JONVAL( 1725 - 1780) : né à Alais, vers 17'25, fut longtemps un des principaux rédacteurs du journal littéraire qui, établi en 1759 sous le nom de Feuille nécessaire, prit l'année suivante celui d'AvantCoureur, et continua d'être publié, sous la direction de Querlon, jusqu'en 1775. Les connaissances variées de Cabanis, particulièrement en bibliographie, ne pouvaient qu'être utiles à cette en- treprise. Il traita avec peu de ménagement, dans quelquesuns de ses articles , l'auteur de la satire dramatique contre les philosophes , et Palissot l'a placé par représailles dans sa Dunciade. Lié avec plusieurs hommes célèbres et surtout avec Helvétius, il se montra un de ses plus chauds partisans, lorsqu'un violent orage s'éleva contre cet écrivain à l'occasion de son livre de l'Esprit. A sa prière, Cabanis parcourut la France et les pays étrangers., dans l'intention d'arrêter partout la circulation de cet ouvrage ; mais ses soins n'eurent pas plus de succès que ceux de l'autorité pour le supprimer ; et il y a lieu de croire que son voyage fut plutôt une démonstration que l'effet d'un désir bien réel d'em- pêcher le livre de se répandre. On prétend qu'il a luimême composé plusieurs écrits anonymes : le seul qu'on puisse lui attribuer avec certitude est un roman intitulé les Erreurs instructives, ou Mé- moires du comte de'', 5 parties Depuis la cessation de l'Atlan iCoureur, rien ne captivant plus l'inconstance naturelle de CabanisJonval, cosmopolite infatigable, il mena une vie errante jusqu'à sa mort, arrivée à Bruxelles en 1780.—L'abbé CABANIS , supérieur du séminaire StCharles, A Avi- gnon, y publia, en 1743, 2 vol. : Manuel des cérémonies romaines, tiré des auteurs authentiques et des écrivains les plus intelligents, plus complet que l'ouvrage publié précédemment sur les cérémonies de l'Eglise . V. S. L. Les Eurreg complètes el inédites de Cabanis ont paru en I823-25, Paris , Bossuge et F. Didot, 5 vol. port. — M. F. Bérard a publie à la même époque, el quelques mois avant l'apparition du e volume : Lettre de Cabanis à M. F'" sur les causes premières, avec des » oies, PULS, 1824 Ce 5e volume comprend toutes les oeuvres posthumes de Cabanis, savoir Lettre sur les causes premières; Discours d'ouverture et de Cabanis était fort instruit dans la rubrique ; mais il poussait la dévotion jusqu'à l'intolérance. Il nt enterrer dans le jardin des Récollets un praire qui avait refusé de signer le formulaire. 11 a grossi son Manuel d'après Gavantus et Murait
  • Pierre CADROY( 1753 - 1813) : conventionnel fameux par ses missions dans le Midi après le 9 thermidor, était né en 1753, à StSever, où il fit ses études et où il exerçait la profession d'avocat lorsque la révolution vint changer toutes les positions. Il s'en montra d'abord partisan, mais avec sagesse et modération. Nommé, en 1790, administrateur du département des Landes, il fut ensuite député du même département à la convention nationale, où, dès les premières séances, il bliuna l'exagération de la plupart de ses collègues. Après avoir voté dans le procès de Louis XVI pour la réclusion comme législateur et non comme juge, et ensuite pour le sursis à l'exécu- tion, il se condamna au plus profond silence ; et bien que rami et l'un des plus zélés partisans des Giron- dins, il échappa par sa prudence et son apparente abnégation aux proscriptions du 31 mai 4793. Ce ne fut qu'après la chute de Robespierre qu'il se prononça hautement contre la montagne, et qu'il demanda que le lieu des séances de la société des in.cobins fût converti en un atelier d'armes. Il proposa à la même époque des réformes à la constitution anarchique de 1793; mais cette motion était prématurée : elle fut rejetée. Envoyé quelques mois plus tard dans le Midi avec Mariette, au moment où la plus violente réaction éclatait contre les terroristes, il donna une grande impulsion à ce mouvement. « Le peuple ne « veut plus de montagne, écrivirent alors de Mat--« seille ces deux représentants. Les jacobins, les « robespierristes sont pour lui des bêtes féroces qu'il « poursuit à outrance... Nous avons licencié l'état-« major de la garde nationale, et remplacé les ter-« roristes par les amis de la justice et de l'humanité. « Les brigands qui fourmillent dans ces contrées « voient en frémissant le règne de l'ordre, de la « justice et de l'humanité succéder au système de « terreur, de pillage et de sang qui, avant le 9 ther-« midor, les rendait arbitres suprêmes de la vie et « de la fortune de leurs concitoyens.. Il n'est pas « d'efforts qu'ils ne fassent pour se ressaisir de l'an-. Ce dernier ayant demandé à être mis en jugement avec ses dénonciateurs, l'assemblée passa à l'ordre du jour, et l'affaire en resta là. Cependant la faction des terroristes n'oubliait pas l'énergie qu'il avait déployée contre elle, et quelques jours avant la révolution du 18 fructidor , un libelle, où toutes les imputations de ses délateurs se trouvaient reproduites dans le style le plus grossier et le plus brutal, fut affiché sur les murs de Paris. Ce fut alors que, de concert avec Guérin, DurandMaillane et Isnard, Cadroy publia un mémoire justificatif de sa conduite, en réponse à celui que venait de faire paraltre Fréron . Tout cela ne fit qu'ajou- Isnard, marchant contre les terroristes insurgés de Toulon, avait dit à leurs ennemis qui se plaignaient de n'avoir pas d'armes pour les combattre : « Hé Weil t déterrez vos amis, vos parents « égorgés et vous eu prendrez les ossements pour assommer leurs a bourreaux. s Cet écrit a rOilr titre : Cadroy, membre du conseil des cinq- cents, à ses collègues sur le Mémoire de Frérots. C'est une pièce importante et curieuse pour l'histoire de ces temps déplorables. Fréron dut se repentir d'avoir attaqué et provoqué Cadroy ; car celuici joignit à la fin de son mémoire quelques courts extraits de la correspondance de Fréron qui, ayant établi, le 12 décembre 1795, »3 commission militaire à Toulon pour juger toms les incarcérés, écrivait quelques jours après : ll y a déjà huit rente Toulonnais de fusillés ; qui avait écrit « Cela a va bien. Tous les jours, depuis notre entrée, nous faisons TOMBER « deux cents tètes. Nous avons requis nom MILLE MAÇONS des dé-« parlements environnants pour raser et démolir la ville; s gai écrivait encore : Sans- Nom, ci- devant Marseille, le 4 pluviôse an 2 : « Il faut raser Bordeaux, il faut raser n Marseille... Nous persistons à croire 'que toute ville rebelle doit ter à la haine que lui portaient les jacobins : il fut inscrit sur la liste de déportation du 18 fructidor; ais il réussit à s'y soustraire, et se tint caché jus- * n'au 18 brumaire. Peu de temps après cette der- 1 ire révolution, le gouvernement consulaire lui per- it de rentrer dans sa patrie, et il fut nominé maire e StSever, où il vécut paisiblement, mêlant à ses ' odestes fonctions publiques l'exercice de son pre- ier état d'avocat, et se faisant honorer par la mu- ération de ses idées au milieu d'une population qui avait eu aussi ses violences et ses victimes. Le despotisme de Bonaparte pesait à l'âme de Cadroy, et ses amis intimes avaient souvent reçu la confidence de ses voeux pour les Bourbons. Il ne put que pressentir leur retour, car il mourut à StSever en 1815, peu de mois auparavant
  • Pierre CADALOUS : antipape, sous le nom d'Honorius IL 'Voyez ALEXANDRE lE, pape.
  • Pierre CALANNA( 1500) : religieux, né à Termini, en Sicile, dans le 16' siècle, cultiva les lettres et la philosophie, et se fit connaitre par un savant ouvrage intitulé : Philosophia seniorum sacerdotia et platonica, junioribus et laicis neglecta philosophis, Palerme, 1599 L'auteur, partisan déclaré de la doctrine fie Platon, se plaint de la préférence que les jeunes gens accordaient à Aristote. On n'a pas encore re- marqué qu'il y avait un trèsgrand courage à atta- quer alors Aristote, suivi dans toutes les écoles, et que la même hardiesse avait été la première cause de la mort funeste de Ramus. David Clément fait mention de l'ouvrage de Calanna dans sa Bibliothèque curieuse, à cause de sa grande rareté, mais seulement d'après Seelen, zélé défenseur d'A- ristote, qui nomme Calanna un platonicien, à briller. Dans le fond, il est plutôt syncrétiste que platoni- cien déterminé, et Seelen exagère en disant que Calanna est souvent paradoxal, et qu'il a puisé dans des sources impures
  • Pierre CALLY : né sur la paroisse de MesnilHubert, près d'Argentan, an diocèse de Seez, étudia la philosophie à Caen, en 1655, et l'y professa en 1660. Quinze ans après, il fut nommé principal au collège des arts de cette ville, et, en 1684, curé de la paroisse de StMartin. Il s'était fait beaucoup d'ennemis en professant le premier, en France, la philosophie de Descartes; il s'en lit encore par les succès qu'eurent les conférences qu'il tint dans son presbytère pour la conversion des protestants. Cally fut, en 1686, exilé à Moulins, et il ne fut rendu à sa cure qu'en 1688; il y mourut le 31 décembre 1709. Il avait été trèslié avec le célèbre Huet. On a de lui : 10 Universe philosophie Institutio, Caen, 1695, 4 vol. ouvrage dédié à Bossuet ; c'est une 2' édition, ou plutôt le développement d'un opuscule qu'il avait fait imprimer en 1671, sous le titre d' stitua° philosophie 4.. 2° L'édition ad " sem Delphini, avec commentaires et notes, du traité de Boèce, de Consolatione philosophie, 1680 5° Durand comme- nté, ou l'Accord de la philosophie avec la théologie touchant la transsubstantiation de l'Eucharistie, Cologne , 1700, 11 y a des erreurs dans ce livre, et l'évêque de Bayeux le condamna par une instruction pastorale du 50 mars 1701. La rétractation de Cally est imprimée avec l'instruction pastorale. Non content d'avoir rétracté son livre, l'auteur en supprima tous les exemplaires qu'il ren- contra. 4° Discours en forme d'homélies sur les mys- ( ères, sur les miracles et sur les paroles de Notre- Sei- gneur Jésus- Christ qui sont dans l'Évangile, Caen, 1705, 2 vol. On trouve imprimé, sous le nom de C'ally, mi écrit intitulé : Doctrine hérétique et schismatique touchant la primauté du pape, enseignée par les jésuites dans leur collège de Caen, 4644. Si cet ouvrage est de Cally , il devait étre bien jeune quand il le composa
  • Pierre CALZOLAI( 1500 - 1581) : religieux bénédictin de la congrégation du MontCassin, né au commencement du 16e siècle 4 Bugiano , petite ville de Toscane, est principalement connu par une histoire des ordres monastiques, ouvrage auquel il travailla pendant vingt années, et qui exigea de sa part des recherches infinies. Cet ouvrage, écrit en italien, est intitulé : Historia monastica in 5 libris divisa. trattaii per modo di dialogo. Il fut imprimé à Flo- rence en 15'61 , puis à Rome , .1575 , même format, et l'auteur en préparait une ; V édition, qui aurait été enrichie d'additions considérables , lorsqu'il mourut , avant d'avoir pu mettre à lin son projet, le 11 mai 4481, âgé de eu ans. On a encorç de lui deux dialogues en italien , concernant l'histoire de la ville de Padoue , dont on conservait le manuscrit original dans la bibliothèque Ambrosienne. Il est utile de remarquer que cet auteur a été nommé quelquefois Petr. Bugiano , du lieu de sa naissance ; P. Florentinus , parce qu'il était né dans les environs de Florence ; et enfin P. Ricor- - , surnom qui lui avait été donné dans son ordre.
  • Pierre CAMO : marchand, l'un des sept troubadours toulousains, fondateurs de l'académie des Jeux floraux , qui s'assemblaient, au commencement du 14C siècle, dans un jardin du faubourg des Augustines, hors de la porte St-Étienne, et prenaient le titre de la gaie compagnie des sept troubadours de Toulouse . En 1525, ils conçurent le dessein d'eneourager la culture des lettres dans le midi de la France, en proposant des prix aux poètes languedociens. Ils leur adressèrent, au mois de novembre, une lettre circulaire, écrite en vers, et les invitèrent à se trouver à Toulouse le premier jour du mois de niai, pour y faire la lecture de leurs ouvrages. Ils promettaient de donner une violette d'or à celui qui aurait le mieux traité un sujet pieux en l'honneur de Dieu, de la Vierge ou des saints. L'ouverture de ce premier concours littéraire connu attira un grand nombre de candidats. Les sept troubadours, réunis dans leur jardin, le 1" mai 1524, avec les capitouls et les principaux personnages de la ville, écoutèrent les lectures faites par les poètes; le lendemain ils examinèrent les ouvrages soumis à leur décision, et le 5, ils adjugèrent le prix à Me Arnaud Vidal de Castelnaudari, pour un poème composé en l'honneur de la Vierge. Ce prix était une violette d'or, qui est appelée, dans l'ancien registre de l'académie, la joie de la violette . La solennité de cette fête inspira aux magistrats le désir de la voir se renouveler pour la gloire des lettres et de leur patrie, et ils arrêtèrent que la violette d'or serait distribuée à pareil jour tous les ans, aux frais des deniers publics. Les sept troubadturs, qui avaient un chancelier chargé de sceller les délibéra- • tions et les différentes lettres accordées par la gaie compagnie, dressèrent pour leur académie des sta- tuts qui furent écrits en languedocien, sous le titre singulier de Loix d'amour. Ils sont conservés à l'hôtel de ville de Toulouse dans un registre couvert de 'velours vert. On y trouve des règles pour la Les noms des six autres sont : Bernat de Panassac, damoiseau ; Gnillem de bobra, bourgeois ; Bérenguier de SantPlancat, payeur ou banquier ; Peyre de Mejanaserra , id. ; Guillem de Contant, marchand ; et Bernai Oth, greffier de la cour . Vey, les registres de l'académie. poésie qui ne furent connues des poëtes français que vers la lin du 16° siècle. On voit dans cet ancien registre qu'en 1555 les sept troubadours prirent le titre de mainteneurs ; que les capitouls ajoutèrent à la violette d'or une églantine et un souci d'ar- gent ; que le souci était appelé la joye , et l'acadé- mie les Jeux d'aniour ; que les sept troubadours dont elle était composée créaient docteurs ou mi- tres en la gaie science et en rhétorique ceux qui avaient remporté les trois principales fleurs ; que les lettres de bachelier et de docteur étaient expédiées en vers, etc., etc. En 1556, les sept troubadours transférèrent le lieu de leurs séances à l'hôtel de ville ou Capitole. Cette académie, qu'on appelait alors Collége de rhétorique, devint bientôt si célèbre, qu'en 1381, Jean, roi d'Aragon, fit demander par des ambassadeurs au roi de France Charles V l'envoi de quelques poëtes toulousains pour établir la gage science dans ses États. VVE
  • Pierre CAMPER( 1722) : médecin et naturaliste, né 'a Leyde, le 11 mai 1722, d'une famille ;distinguée dans la magistrature, fut élevé dans la maison de son père, ministre du StEvangile, qui avait pour amis Boerhaave, s'Gravesande, Musschenbroeck et le chevalier Moor. Le jeune Camper suivit ses goûts pour les études, et d'abord il apprit le dessin de Moor père et fils. Bientôt, se destinant à la méde- , cine, il eut pour maitre Gaubius, van hooyen et Albinus. Il avait le désir de voyager; ses parents, très-âgés, ne purent consehtir à se séparer de lui, et ce ne fut qu'après les avoir perdus, en 1748, qu'il partit pour l'Angleterre. Mead, Parsons, Pr Sharp, Smille, Wincester et Larcher l'admirent à leurs entretiens. Il alla entendre Bradley à Oxford, et Smith et Walker à Cambridge. Revenu . sur le continent, il visita à Paris Winslow, Astruc, Ferrein , Sanchez , Lorry , Ledran, J.L. Petit, Quesnay, Réaumur, Buffon , Bernard de Jussieu, Rouelle, Montesquieu, Helvétius, d'Alembert, Diderot, J.J. Rousseau. 11 parcourut la Flandre, l'Aile- nue ne putsje citer les témoignages de bonté que me donna Campenon, à propos des Études, où je tàchai de montrer Duels entouré de ses amis les plus dignes : O. L--1'. - 'magne, la Prusse, et se lia avec Zimmermann, Michaëlis, Heyne, Forster, Gmelln, Wrisberg, Blumenbach, Sommering, Mendelsohn, Formey, Bode, Bloch et autres savants. Il fut trèsbien accueilli de Frédéric le Grand et du prince Henri. Les relations que Camper eut dans les pays étrangers avec tout ce qu'ils contenaient d'illustre dans les sciences indiquent le cas que l'on faisait de lui. 11 ne jouissait pas d'une moindre considération dans sa patrie. Il occupa successivement les chaires de philosophie, , du Discours sur les Progrès des sciences, lettres et arts, depuis 1789 jusqu'à ce jour. Nous ne citerons que les sui- vants : Demonstrationum analomico- pathologi- carurn libri duo, Amsterdam, 1760-62, 2 vol. ; 20 Dissertatio de fractura patelle el olecrani, la Haye, 1789, ouvrage posthume publié par son fils; 3° Icones herniarum, FrancfortsurleMein, 1801 publié par S.T. Sommering ; 4' sur l'Or- gane de l'ouïe des poissons, dissertation insérée dans le 78 volume des Mémoires de mathématiques et de physique , présentés à l'académie des sciences en 1774 ; 50 de admirabili Ana/ogia inter siirpes et ani- malin ; 6° de Certo in medicina : ces deux derniers opuscules sont des discours , 1803, 3 vol. Avant la publication de cette collection, nous possédions déjà en français : Dis- sertation sur les variétés naturelles qui caractérisent la physio_ ,, mie des hommes des divers climats el des divers dges, etc., suivie de Réflexions sur la beauté, particulièrement sur celle de la tète, avec une Dis- sertation sur la meilleure forme des souliers, le tout traduit par Jansen, 1791 cette dernière dissertation fut faite d'après un défi : l'auteur y prouve tour à tour de grandes connaissances comme antiquaire, comme anatomiste, comme artiste. 2. Disser- tation physique sur les différences réelles que présen- tent les traits du visage chez les hommes, etc ; sur le beau qui caractérise les statues antiques, traduite par D.- B. QuatremèretrIsjonval, Utrecht, 1791 5° Discours sur les moyens de représenter les diverses passions qui se manifestent sur le visage ; sur l'étonnante conformité qui existe entre les quadru- pèdes et les hommes, traduit du hollandais par le méme, Utrecht, 1792
  • Pierre CANDIANO Ier : doge de Venise, el4 le 17 avril 887, après l'abdication de Pierre Parttciaccio. Il fit la guerre aux Narentins et aux Esclavons, et if fut tué par eux, après avoir gouverné einq mois seulement. on loue son courage, sa piété et sa générosité. La famille Sanudo, qui a donne des magistrats et des' historiens distingués à Venise, prétena ètre la mènie qui portait dans les,9° et 10 siècles le nom de Çandiano. A la mort du premier doge de ce nom , son prédécesseur, Jean Particiaecio, qui avait abdiqué, remonta sur le trône, jusqu'à ce qu'une nouvelle électien lui eût donné pour successeur Pierre Tribun°. — Pierre CANDI4tqo doge de Venise, suecéda en 932 à Orso ParticiaecM. Il était fils de Pierre'Candiano I. La république de Venise n'avait point encore secoué la dépendance de l'empire d'Orient, et Pierre Candiano brigua et obtint de la cour de Constantinople la dignité de protospathaire. Il prit Comacchio, il imposa un tribut à Capod'Istria, et il fit avec succès la guerre aux Narentins. Il mourut en 959 , et il etit peur successeur Pierre Particiaccio. — Pierre CAtiotArtn Ill succéda, en 9•2, à Pierre Particliecio. Pendant le gouvernement de ce doge, les pirates de Trieste enlevèrent , au milieu de l'église de Castello , douze épouses vénitiennes , qui devaient être mariées le même jour, la veille de la Cliandeletie. Ils pénétrèrent dans l'église le sabre à la main, ét ils les entrainèrent lents vaisseaux Mais avant pussent les conduire à Trieste ; ils furent atteints par le doge Pierre Candiano, qui les prstrivit avec toutes les galères de la république, et qui leur enleva leur proie , après le Combat lé phis ableité. Une fête annuelle fut instituée en contitiCruiratibil de cet événement. Au jour DAMverStiire de tette Victoire , doute jeunes tilles étaient eondintés en trioniphe dans Mus les quartiers VehiSe; et mariées aux frais de la république. Un fils dé Pierre Candiano, du Même ROM mie lui , •é rétoltà Contre son père ; Mais il fut battu sur la plaee dti Rialto; et fait prisonnier. En décret revend à perpétuité des empiais publics; et, dans son exil à Ratentre; il arlini en course contre la république. Cependant; son p'èrè étant mort en 959, il fut unahithéttièlit élit pour Mi succéder. — Pierre CÂNIMAKO IV. Là loi Portée contre lui n'ehMécha pas qu'à la Merl de son père on lie le raPpelat de Rateithe potir le mettre à la tete de l'État. Il déploya, pendant un assei king règne, des talent la guerre et pour l'administration ; il obtint des élit- perchis d'Orient et d'Occident des Priviléges pour la république; le patie enliii, à son Intercession , attgmenta la jtiridietioh du patriat:che dé Grado; mals, en tilênie tetriliS; Pierre IV indisposa le peuple Par son faste et son orgileil ; il s'etnntira d'une garde étrangère, et joultit qtion lin Obéit ceniiiiie à tilt rol. the réhilte, Lig» pat- Pierre Utséolo , éclata en 976; le palais du doge fuit ;inanité , et, ci:hittite lés séditiétix lie pouvaient en fereer l'entrée, ils niirent le feu atik thaiSons voisines. Il y en élit plirs de trois cents de délktlites. Le doge, en Vétilaht échiMper auk t'Isthmes , fui massacré arec son fils encore enfant. Pierre. trséolo , qui avait qlrigé contre lui la sédition, Rd siiecéda.— Vita/ UÀNPIANO, frère du précédent , stfecéda, en 978, à Pierré Urséolo , tuI S'était fait Moine. Il récoriCilia les nitiens atec Othon II, qui était fort irrité contré eux ; mai S api-ès 14 mois de règne , il revêtit l'habit de Moiné, daitS lé Content de et, il y motirtit quatre joittS aile& Tribun° 111eitici fut son successeur
  • Pierre CANISIUS( 1521) : né à Nimègue, le 8 mai 1521, fut d'abord attaché au clergé de Cologne, et entra ensuite chez les jésuites à l'âge de vingtcinq ans. Il y enseigna la théologie, s'acquit une grande réputation par son talent pour la chaire, surtout à Vienne, où il devint prédicateur de l'empereur Ferdinand, et parut avec éclat au concile de Trente. Son zèle pour la propagation de la nouvelle société lui valut l'honneur d'en être fait le premier provincial en Allemagne. Les hérétiques, auxquels il ne cessa de faire la guerre, l'appelaient, par allusion à son nom, le chien d'Autriche. Le saintsiége, pour le écompenser, le nomma nonce en Allemagne. Le *0 ,. Canisius mourut le 21 décembre 1597, à Fri- urg en Suisse, dans le collége qu'il y avait établi. Ses livres ne sont pas profonds, mais ils sont Il est principalement connu par l'ouvrage lifhtitulé : Summa doctrine christiance, dont l'édition la plus complète a été donnée par le P. Busée, Paris, 1485 Il a été traduit dans toutes les langues; en illyrien, 1583 ; en grec par le P. Mayr, Prague, 1612 Augsbourg, grec et latin, 1612 L'auteur en donna un abrégé, dont la meilleure édition est celle d'Augsbourg, 1762, par les soins du P. Windehofer ; puis un fort bon catéchisme, encore plus abrégé, dont les jésuites faisaient usage dans leurs collèges. Les autres ouvrages de Canisius sont une édition des sermons et des homélies de St. Léon, Louvain, 1566 des Commentaria de verbi divini Corrup1elis, contre les centuriatems de Magdebourg, Ingolstadt, 1585, 2 vol. et divers autres écrits, tant latins qu'allemands, dont on trouve la liste dans Paquot. Sa vie a été composée par Raderus et Joachim, en latin ; Munich, 1623 ; par le P. Dorigny, en français, Paris, 1708 ; par le P. Langore, en italien ; mais la meilleure de toutes est celle du P. Foligatti, dans la même langue
  • Pierre CANON( 1500) : jurisconsulte, né à Mirecourt, ' vers la lin du 16° siècle, fut anobli en 1626 par le duc de Lorraine Charles IV, « en considération d, « sa probité, doctrine et capacité, et de l'estime e « réputation en laquelle il estoit entre les premier « de sa profession au bailliage de Vosges. » Il tu ensuite pourvu de la charge de juge assesseur a: même bailliage. Canon est auteur d'un Commentai, sur les cousiunies de Lorraine, auquel sont rappoi ! j'es plusieurs ordonnances de Son Altesse et des du, ses devanciers, Épinal, 1634, petit de 494 p Le commentateur établit sur chaque article de la coutume un certain nombre de principes généraux et forme de règles de droit. Il les accompagne d'une glose dans laquelle on désirerait trouver, à de moins longs intervalles, des décisions plus immédiatement applicables à la Lorraine. On prétend, dit Camus, « que le commentaire donné sur la coutume de Lor- « raine par Abraham Fabert est de Florentin nie- « rial et de Canon. » Cette indication est erronée en ce qui concerne ce dernier, dont l'ouvrage avait paru vingttrois ans avant la publication de celui de Fabert. — Claude- François CANON, fils du précédent, né à Mirecourt, en 1638, s'éleva, par son mérite, aux principales charges de la magistrature. Devenu premier président de la cour souveraine de Lorraine, il fut envoyé, par le duc Léopold, comme ministre plénipotentiaire, au congrès de Ryswick. Négociateur habile, il contribua beaucoup à faire rendre moins onéreuses les conditions du traité de paix qui rétablit le duc dans ses États. Il mourut eu t698. La bibliothèque publique de Nancy possède un manuscrit qu'on lui attribue. Il est intitulé : la Médaille, ou Expression de la vie de Charles IV, duc de Lorraine, par un de ses principaux officiers. On a publié, six années après sa mort : l'Ombre de M. Canon et sa descente aux Champs- Elysées, 1704, petit Cet ouvrage contient des particularités curieuses sur l'histoire de Lorraine depuis le règne de Charles 1V
  • Pierre CAPONSACCHI( 1400) : religieux franciscain, né dans les environs d'Arezzo, en Toscane, au 15° siècle, a publié quelques ouvrages peu connus :1° In Johannis apostoli Apocalypsim Observatio, Florence, 1572 Ce commentaire sur l'Apoca- lypse, dont il existe une 2' édition, publiée dans la mème ville,en 1586 est, par une singularité trèsremarquable, dédié à Sélim II, empereur des Turcs. 2° De Justitia et juris Auditione, Florence, 1575 5' Discorso intorno alla canzone del Petrarca che incomincia : Vergine Gala che di sol vestita, Florence, 1567 et 1590 C'est une des productions de la jeunesse de l'auteur, qui, comme on l'a vu, se livra, par la suite, à des études plus conformes à la gravité de son état. Le P. Lelong parle de cet ouvrage dans la Biblioth. sacra; mais, trompé par le titre, qu'il avait trouvé cité d'une manière peu exacte, il a cru qu'il était question du Cantique des cantiques, et n'a pas manqué de dire que notre auteur en avait publié un commentaire
  • Pierre CAPPONI : petitfils du précédent. Il occupa comme lui les premiers emplois de la république florentine, et il fut , entre autres, chargé de plusieurs ambassades, soit en Italie, soit en France. Charles VIII étant entré à Florence en 1494, à la tète de sa gendarmerie et la lance à la main, prétendait avoir fait ainsi la conquête de la république, et demandait qu'elle le reconnût pour souverain. Les Florentins n'avaient vu en lui qu'un allié qui demandait l'hospitalité; ils lui avaient ouvert leurs portes ; mais ils avaient eu soin de rassembler dans les maisons (les principaux citoyens tous les soldats de la république et un grand nombre de paysans armés. Charles VIII eut plusieurs conférences avec Pierre Capponi, qui le connaissait déjà, et avec d'autres magistrats florentins. Enfin il fit lire devant eux, par son secrétaire , son ultimatum. Les conditions en étaient toutes contraires à la dignité de Florence. Pierre Capponi arracha ce papier des mains du secrétaire, et le déchira sous les yeux du roi : «Avant « que nous accédions à des demandes déshonnêtes, « sonnez vos trompettes, ditil , et nous sonnerons « nos cloches. » En même temps il sortit , et il fut suivi par les trois commissaires, ses collègues. Cette intrépidité étonna les Français ; ils rappelèrent Capponi, et lui proposèrent des conditions plus douces. On assure que Charles VIII , en le prenant par la main, lui dit en italien : Cappon, Cappon, ltc striai conte un Gallo. Un traité fut conclu entre le roi et la république, et Charles reprit la route de Naples. Pierre Capponi fut tué en 1496, d'un coup d'arquebuse, devant Sciano , petit chàteau des montagnes de Pise, qu'il attaquait avec l'armée florentine, dont il était commissaire
  • Pierre CARA : né à StGermain , diocèse de Verceil , mourut en Piémont avant la lin de 1502 , ainsi qu'il est prouvé par l'investiture du fief donnée à Scipion son fils. Il devint, en 4475, conseiller du grandduc de Savoie et son avocat fiscal , puis entra au conseil résidant près du prince. Il fut en- voyé en ambassade à Venise en 1475 , ensuite près de Sixte IV et d'Alexandre VI , et plusieurs fois vers le duc de Milan, avec qui il renouvela, en 1490, l'alliance au nom de son souverain. Il fut encore député au roi Charles VIII , lors de son passage à Turin en 1494 ; et en 1496, à Maximilien , roi des Romains. Quelquesuns des discours latins qu'il composa à l'occasion de ces missions ont été imprimés à Venise , à Borne , à Lyon , et réimprimés à Turin, après sa mort, dans un recueil où le mérite de ses ouvrages est beaucoup affaibli par le manque (l'ordre et de goût de l'éditeur. L'édition de Lyon , publiée par un compatriote de l'auteur, parut sous Ce titre ; Petri Carte, jurisconsulli clarissimi et in Pedemonle senaloris et illustrissimi duci Sabaudio consiliarii, Oraliones et Epistola3, » 1497 Dans une oraison latine qu'il prononça à l'ouverture annuelle de l'université de Turin, Pierre Cara , jeune encore , déploya une grande connaissance de l'histoire littéraire. Sa correspondance lui fait également honneur. Il fut lié avec Jason Mayno, Hermolaûs Barbarus, Jean Simoneta, le cardinal Dominique de la Bovère, Ange Carleti de Cliivasso, et avec plusieurs grammairiens. Quelques livres lui ont été dédiés ; et il méritait ces hommages , soit par son savoir et son crédit à la cour, soit parce qu'il fut un de ceux qui favorisèrent l'introduction de l'imprimerie à Turin dans le 15e siècle. L'historien Denina dit que Pierre Cara avait, par ordre de son souverain et par les conseils du chancelier Romagnano , entrepris de mettre en ordre les édits des ducs de Savoie, mais que la mort ne lui permit pas d'achever ce travail
  • Pierre CARCAVI : né à Lyon, fut d'abord conseiller au parlement de Toulouse, puis vint à Paris, ois il acheta une charge de conseiller au grand conseil. Il avait été trèslié avec Fermat, qui, en mourant, le fit dépositaire de ses écrits. Il était ami de Pascal et de Descartes ; mais il se brouilla avec ce dernier pour avoir embrassé avec trop de chaleur le parti de Roberval. En 16-15, il prit part à la dispute qui s'éleva sur la quadrature du cercle, dont il démontra l'impossibilité. Carcavi , après avoir quitté sa place au grand conseil, s'adonna à la bibliographie, et passa pour le plus habile bouline de son temps. Colbert lui confia sa bibliothèque, où, dans l'espace de cinq ans, Carcavi luit en ordre et lit copier l'immense recueil des Mémoires du cardinal hfazarin, en 536 volumes. Colbert, pour récompenser Careavi, le commit à la garde de la bibliothèque tin roi en 1663. Cc fut pendant l'administration de Carcavi, en 1660, qu'on transféra la bibliothèque du roi , de la rue de la Harpe dans la rue Vivienne. Dans ce nouveau local, l'académie des sciences, qui venait d'étre créée, tint longtemps ses séances, et Careavi en fut un des principaux membres pour les mathématiques. Le Prince, dans MM Essai historique sur la bibliothèque du roi, parle longuement des services rendus n cet établissement par Carcavi, qui se retira après la mort de Colbert, en 1685, et mourut loimeule en 1684.— Charles- Alexandre CA R CAt I, fils de Pierre, né vers 1663, fut élevé auprès du duc d'Orléans, depuis régent, embrassa l'état ecclésiastique, et mourut au mois de février 1723. Il avait composé, en 1720 : 1° le Parnasse bouffon, comédie en 1 acte et en prose, non représentée ; 2° la Comtesse de Famille, jouée avec peu de succès sur le ThéâtreFrançais, le 11 octobre 4720, et non imprimée.
  • Pierre CARDENAL( 1200 - 1306) : l'un des plus féconds parmi ces poèites connus sous le nom de troubadours, naquit vers le commencement du 13e siècle, et mourut en 1506, âgé de 100 ans. Les biographes ne sont pas d'accord sur le lieu de sa naissance ; ils désignent pour sa patrie ou Beaucaire , ou le PuyenVelay, et ne s'accordent pas davantage sur les différentes actions de sa vie. Millot rapporte qu'ayant fait quelques études, afin de pouvoir entrer dans les ordres sacrés , il préféra suivre la profession de chanteur ambulant. Jean Nostradamus le fait aller se fixer à Tarascon, où il se fit maitre d'école. Les manuscrits de la bibliothèque royale contiennent quatrevingtdix pièces qu'il a composées; elles consistent : 3- en tensons ou jeux partis, sorte de questions de jurisprudence amoureuse qui renfermaient ou un purisme d'amour poussé au fanatisme, ou un libertinage outré; 2° en sirventes, pièces ordinairement satiriques ; 5° en chansons. Les différentes pièces composées par Cardenal sont empreintes de cette manie de subtilité qui régnait dans les écoles, et de cette métaphysique de sentiment devenue si ridicule. Aussi trouveton un grand nombre de passages si obscurs qu'ils deviennent intelli- On dit que Cardan s'était composé luimiaiie celte épitaphe trèspeu modeste : Non me terra teget, cade sed raptus in alto, Mustrie vivam docte per ore virures. Quidquid venturi, speetabit Plunbus in annis, Cardamine nosect, nomun et tuque !Imm
  • Pierre CARLE( 1666) : naquit à Vallerangue en 1666, et fit ses premières études à.PuyLaurens et à N mes, : il avait dès lors un désir si vif de s'instruire , que, pouf' n'être pas tenté de sortir, il coupa ses cheveux et les talons de ses souliers. Il sortit du royaume le 12 juin 1685, par suite de la révocation de l'édit de Nantes, et se rendit à Genève, puis en Hollande et eu Angleterre. Un grand seigneur l'engagea à revenir eu Hollande, et lui promit de pourvoir à son avancement; mais ce seigneur étant mort, Cade se trouva sans ressource. Dans cette extrémité., il s'enferma pendant quelque temps, vécut avec la plus grande frugalité , et s'appliqua sans relâche à l'étude des mathématiques. II ménagea s'; bien une trèspetite somme qui lui était restée, qu'elle suffit pour le faire subsister pendant six mois. Au bout de ce temps , il se présenta pour se faire placer sur la liste des ingénieurs, et y réussit, sans autre appui glue son mérite. A la révolution de 468S, Carle, entré au service du roi Guillaume, sel.- ‘11, sur mer et sur terre, en Irlande , et principalemeut en Flandre, pendant les dix années que dura la guerre. Dès l'année 1695, il réent une pension de 100 livres sterl. , en considération de ses services; et déjà , â cette époque , son mérite l'avait élevé au rang de quatrième ingénieur du royaume. Blessé au mois d'août 1693, devant la ville de Namur, il fut visité surlechamp par tous les officiers généraux, et le roi lui témoigna le plus grand intérêt. Ce fut pendant le cours de cette guerre qu'il se chargea de faire construire un pont, pour le passage de l'armée, dans l'espace de vingtquatre heures, et il réussit dans cette entreprise, où les autres ingénieurs avaient échoué. Ce fut aussi pendant cette guerre que, dans un conseil où les officiers généraux étaient divisés d'opinion, après avoir entendu celle de Carle, le roi dit, en levant la séance : « Nous suivrons l'avis du boiteux. » Il se fit naturaliser en 1693 en Angleterre, et, pendant la courte durée de la paix qui suivit le traité de Riswick, il résida à Londres. Lors de la guerre de la succession d'Espagne, Carle passa au service du roi de Portugal, et devint successivement maréchal de camp, lieutenant général, et enfin ingénieur en chef du roi de Portugal, sans perdre le commandement d'un régiment d'infanterie, au service d'Angleterre, dont il était colonel. Il prit, avec milord comte Calloway , réfugié français comme lui, la ville d'Alcantara sur les Espagnols et les Français, conduisit les travaux du siége de Salamanque, entra dans Madrid avec le marquis Das Minas, défendit Barcelone contre le roi d'Espagne, Philippe V, qui fut obligé d'en lever le siége après trentesept jours de tranchée ouverte, fit cette belle retraite de l'Andalousie que le maréchal Ber-. wick admirait tant, et se concilia l'estime particulière du roi de Portugal, qui le récompensa généreusement de ses services, et lui offrit le libre exercice de sa religion dans son palais même : ce que Carle refusa. Après la paix générale, Carle resta pendant quelques années encore au service de Portugal, et se retira vers 1720 à Londres, où il résida jusqu'à sa mort. Moins ambitieux que philosophe paisible, Carle gotha les douceurs de la paix au sein de sa patrie adoptive. Il s'adonna à l'agriculture et en lit ses délices. Il tenta d'introduire en Angleterre la culture du mûrier, et même il essaya d'y élever des vers à soie. Il conserva toujours le désir et le projet de revenir dans sa patrie, mais il mourut à Londres, sans avoir pu les effectuer, le 7 octobre 1750, d'une attaque de goutte
  • Pierre CARPENTIER : gouverneur de Batavia, partit pour les Indes, en 1616, eu qualité d'op- perkoopman, marchand en chef. Le gouverneur Koen le nomma, au bout de deux ans, directeur général du commerce d'Amboine, et, en 1623, Carpentier lui succéda dans le poste important de gouverneur général. L'année où il commença de diriger le commerce d'Amboine, un événement arrivé dans cette lie faillit allumer la guerre entre la Hollande et l'Angleterre. Quelques commis anglais, de concert avec des soldats japonais, avaient formé le projet de tuer les Hollandais et de se rendre maitres du fort de Ille. La conspiration ayant été découverte, le gouverneur lit mettre à mort les coupables. L'Angleterre ne vit dans la conduite du gouverneur qu'une cruauté sans motif. On s'accusa réciproquement, et, pendant plusieurs années, on fut près de ! prendre les armes. Pierre Carpentier, de retour en Hollande depuis 1628, fut un des députés qui, en 1629, se rendirent à Londres pour cette affaire: La chambre d'Amsterdani le nomma aussi chef de la compagnie des Indes, poste qu'il occupa jusqu'à sa mort, en 1659. Le temps de son gouvernement n'avait été marqué par aucune action d'éclat, mais il fut trèsutile au commerce de Hollande. Carpentier ramena dans sa patrie quatre vaisseaux chargés de richesses; aussi la compagnie des Indes lui fitelle présent de 10,000 florins, d'une épée et d'une d'aine d'or de la valeur de 2,000 florins
  • Pierre CARPENTIER( 1697 - 1767) : religieux bénédictin de la congrégation de StMaur, né à Charleville, le 2 février 1697, se distingua par son érudition et sa constance au travail dans une société célèbre par le grand nombre de savants qu'elle a produits. Il eut la principale part à la nouvelle édition du Glosea- rium medias et inh'ince latinitatis de du Cange, puI`iiée de 1735 à 1736. Ce fut lui qui en rédigea la préface, qui en surveilla l'impression et qui y lit les additions les plus nombreuses. II avait obtenu, par la protection du contrôleur géméral Orry, l'entrée des archives de la couronne et la permission d'y puiser tous les renseignements nécessaires à son travail. Parmi les pièces qu'il eut occasion d'examiner, se trouvèrent des lettres de Louis le Débonnaire, roi des Germains, écrites d'un caractère connu des savants sous le nom de tyro- nien. Ce sont de véritables signes sténographiques employés par les anciens, et dont l'usage s'est conservé jusqu'au ile siècle. D. Carpentier en lit une étude particulière, et. publia le résultat de ses recherches, dont on imaginera aisément toute la difficulté, dans un ouvrage intitulé : Alphabetuns ty- ronianum, seu notas tyronis explicandi methodus, Paris, 1747 Les travaux de D. Carpentier avaient déjà été récompensés par le prieuré de Donciter y, qui le mettait à même de se procurer les secours dont il avait besoin pour les continuer. Le dépouillement des titres des archives de la couronne lui avait fourni un assez grand nombre de notes; il les accrut encore par des recherches assidues et en forma un ouvrage, qui fut imprimé sous ce titre Glossaritnn novum sets Supplementum ad auctiorem Glossarii Cangiani editionem, Paris, 1766, 4 vol. Ce supplément du glossaire est plus rare et plus cher que le glossaire luimente. Le 4° et dernier volume contient l'explication d'un grand nombre de vieux mots français, et la dissertation de du Cange sur quelques médailles du BasEmpire, qui manque dans la seconde édition du glossaire. Ceux des confrères de D. Carpentier qui avaient coopéré à cette édition furent fâchés de lui en voir publier le supplément sous son nom seul ; il en résulta des discussions si vives, qu'elles le déterminèrent à demander sa sortie de la congrégation. D. Carpentier, ayant obtenu sa sécularisation, vécut dans le monde, fréquentant les grands, et surtout la maison du prince d'Isinglien, qui estimait son savoir. Il mourut à Paris au mois de décembre 1767
  • Pierre CARRÉ( 1749 - 1823) : né à Reims en 1719, lit ses études dans l'université de cette ville, et, après avoir reçu la prêtrise, alla professer la rhétorique au collége de Charleville. Quelques années aleès, il fut nominé curé de StHilaireleGrand, village de Champagne, où il était encore à l'époque de la révolution. Il prêta le serinent civique, et fit imprimer en 1790, à Charleville, un petit ouvrage intitulé : la Constitution et la Religion parfaitement d'accord, par un curé de campagne Carré rétracta ensuite ce serment, quand il vit que ceux qui l'avaient prêté n'en étaient pas moins en butte aux plus violentes persécutions. Comme beaucoup d'autres ecclésiastiques, il aurait pu chercher un asile dans une terre étrangère : il préféra rester à Reims; et, malgré les dangers qu'il y courut, il se trouva toujours à méme de remplir les fonctions de son ministère. A la lettre de pacification adressée par les prêtres constitutionnels du district de Reims à leurs frères insermentés, il opposa sa Réponse des catholiques â la lettre prétendue pastorale du citoyen Nicolas Diol Cette Ré- ponse, qui est bien écrite et pleine d'esprit et de logique, lui attira des persécutions. Le 22 frimaire an 4 , les autorités de Fichus reçurent du département l'ordre de le faire conduire par la gendarmerie hors du territoire de la république; niais il parvint à se soustraire aux recherches, et ne se montra plus que sous le gouvernement consulaire. L'abbé Carré mourut à Reims, le 13 janvier 1823
  • Pierre CHAMBERT( 1745 - 1805) : avocat au parlement de Paris, naquit à 'Versailles en 1745 , et fut successivement secrétaire du lieutenant civil du Chàtelet et greffier en chef des criées du inéme tribunal, charge qu'il a conservée jusqu'en 1795. Il est auteur de Plusieurs opuscules en prose et en vers , et d'un ouvrage sur l'éducation, en style héroïque, intitulé Démétrius, ou l'Education d'un prince, Paris , Debure, 1790, 2 vol. C'est une espèce d'imitation du Télémaque de Fénélon, assez bien écrite et d'une morale trèspure. L'auteur est mort à Paris, en novembre 1805
  • Pierre CARRERA( 1571 - 1647) : naquit à Militello, dans la vallée di Nolo, en 1571. 11 était versé dans les antiquités de la Sicile, et son savoir le fit rechercher par plusieurs princes d'Italie. Il mourut à Messine, le 8 septembre 1647, âgé de 76 ans. Parmi les nombreux ouvrages qu'il a laissés, on doit remarquer 10 Variorum Epigranimatum lib. 5, Palerme, 1610 2° Il Giuoco de' Scacchi, jeu dans lequel il était fort habile. Ce traité, imprimé à Militello en 1617 est rare et trèsrecherelté des curieux. 3° I Ire libri dell' Epistole di Gio. Tommaso Moneada, conte d'Alleend, tradotti dalla lingue& lutina nelr italiana; annotazioni e diehia- riazioni sopra le dette epistole, ibid., 1620 40 II Mangibello descritto in Ire libri ; Poesie per- tinenti aile materie di Illongibello, réimprimé dans le Thesaurus Antiquit. Sicilice. Carrera a inséré dans celte description le catalogue des plantes qui• croissent sur cette montagne, fait par Bouliglinolo, d'Ancône. 5° Delle Memorie istoriche della città di Catania, en 2 volumes publiés, l'un en 1659, l'autre en 1641 ; le 20 volume ne contient que la vie et les miracles de Ste. Agathe. Le premier, traduit en latin par Abraham Preiger, a été inséré dans le 100 volume du Thesaurus Antiquitatum Sicilim de Burniann. Ott trouve aussi , dans le même volume, une dissertation de P. Carrera, intitulée : Disquisi- tio de vero significatif numismatum quoruntdam Messanensium, seu Mamertinorum Catanensium. On prétend que Carrera avait aussi composé un troisième volume de cette histoire, où il traitait de l'origine des familles nobles de la Sicile, mais qu'il lui fut défendu , ou qu'il s'abstint luirame de le publier. 60 Della Famiglia Tedesehi, lib. 3, Catane, 1642 , 4°. 'Io Antica Syraeusa illusirata. 8° Il Bonanni dialogo. François CARRERA, jésuite sicilien, en 1629, mort le 27 février 1679, a publié : Pantheon Siculum, sive sanctorum siculoruni Elogia, Gènes, 1679 On a aussi de lui quelques poésies latines
  • Pierre CARTELLIER( 1757) : l'un des statuaires qui ont le plus contribue à introduire et à maintenir l'amour du vrai beau dans notre école, naquit à Carteanx était encore administrateur de la loterie lorsque, 10 17 mars 1805, il écrivit à Bonaparte la lettre suivante a Général « premier consul, comme dit le proverbe a Oit on retrouve son bien, « on le reprend. » C'est à ce titre quo j'ai accepté de vous offrir, d'a« près la soumission cijointe du défenseur des actionnaires d'Avit? gnon, la somme de 188,650 francs, qu'ils vous restituent sous le « titre précieux de don à la patrie pont les frais de la guerre. Ilue « telle offrande répugnera peut-étre à votre matir, niais je cois « que, sans blesser ni votre Tchen ni votre honneur, volis pouvez « accepter, etc. n V—va. Paris, le 2 décembre 1757. Son père, nommé Philippe, serruriermécanicien, esprit inventif, mais simple ouvrier et dénué de toute ressource pécuniaire, lit la fortune de son maitre par la fécondité de ses idées, et n'eut jamais le moyen de faire la sienne ; mais il favorisa de toute sa puissance l'émulation du jeune Cartellier, son fils. Celuici, dominé par l'amour des beauxarts, commença ses études à l'école gratuite de dessin, et entra ensuite dans l'atelier de CharlesAntoine Bridan, dit Bridan le père. Il fut heureux pour lui d'avoir apporté de bonne heure une application sérieuse à son art ; car, privé de son père à dixsept ans, il se trouva obligé de pourvoir luimeine à son instruction et à son entretien, et de plus au soutien de sa mère, soin de tous les jours, qui faisait l'embarras, mais aussi le bonheur de sa vie. Son travail le plus habituel fut de façonner des modèles de pendules et des ornements d'orfévrcric et de bronzerie ; mais il fallait aussi remporter le grand prix aux écoles royales : c'était là un point capital pour son avenir. Le malheureux jeune homme travaillait jour et nuit pour atteindre ce but, et ne pouvait pas donner assez de temps aux travaux de l'académie pour marcher du même pas que ses condisciples. Bridon, homme eeellent, ami sincère de ses élèves, lui témoignait un intérêt dont Cartellier conserva toute sa vie le souvenir ; mais les efforts du maitre et ceux de l'élève furent inutiles : deux fois Cartellier se présenta au concours, deux fois il échoua, et il lui fallut entrer en lutte, sans avoir vu l'Italie, avec de jeunes mitres nourris pendant cinq années de l'étude des plus précieux trésors de l'antiquité. Mais s'il ne vit pas l'antique, on peut dire qu'il le devina. Il portait en quelque sorte Rome en luimène. Le statuaire grec Calamis, en sculptant des coupes et des candélabres, s'éleva, par son goût naturel, jusqu'à modeler des chevaux et des quadriges, et à représenter les charmes les plus attrayants de la pudeur Exaclis Colorais se niiki jactai equis . Tel fut le jeune Cartellier : il avait commencé comme Calamis par sculpter des coupes et des candélabres; il modela ensuite comme lui des chevaux et des quadriges, et sculpta enfin une image de la Pudeur ellemême. Dixneuf années se passèrent dans un travail continu et forcé. Marié en 1793 avec une personne digne de son choix par ses qualités et ses talents, cette union, source d'un bonheur inaltérable, rendit d'abord plus pénible l'état de gêne où le tenait l'insuffisance de sa fortune. Enfin, au salon de 1798, une figure en simple terre cuite, de deux pieds de proportion, manifesta tout à la fois son talent et son caractère. L'aine sensible de l'auteur et la finesse de son goût s'y firent d'autant mieux remarquer, que cette figure ne lui avait point été demandée, et qu'il n'avait consulté pour la composer que sim inspiration naturelle. Elle représentait l'Amitié arrosant un arbuste d'une main, et le pressant de l'autre contre sa poitrine. Cette figure, par la délicatesse de la pensée, par la gràce de l'attitude et le mérite de rué_ cation, conquit tous les suffrages, et valut à un ar- tiste jusqu'alors inconnu un prix d'encouragement. Chalgrin, architecte, chargé de diriger les embellissements qu'on exécutait au palais du Luxembourg, ayant imaginé d'élever auprès du gnomon situé au haut de la façade méridionale de ce palais un groupe de six figures propres à lui donner plus de majesté, Cartellier fut chargé de deux de ces figures, Beauvalet et M. Espercieux, chacun de deux autres. Celles qui échurent à Cartellier étaient la Vigilance et la Guerre elles durent etre en haut relief et engagées dans le mur de façade; les quatre autres sont en rondebosse. Cartellier représenta la Vigilance tenant de la main droite une lampe, de la gauche un arc; il la coiffa d'un casque dont un coq formait le cimier. Cette figure serait plus admirée si celle de la Guerre n'était pas placée de l'autre côté du gnomon ; mais celleci, dont on vit un modèle en plàtre au salon de 1800, l'emporte sur son pendant. Elle offre un caractère simple et grandiose, un style tout à la fois monumental et vrai, dont la sculpture n'avait point présenté d'exemple depuis longtemps. La déesse, en levant vivement les deux bras, manifeste par là son activité, et ses bras s'unissent avec le mur qui sert de fond d'une manière qui paraît naturelle ; de la niain gauche elle tient un foudre, de la droite une épée ; par terre, sur le devant, est une corne d'abondance que la Guerre foule aux pieds; une tunique courte forme sur ses chairs, par des plis larges et élégants, une richesse sans embarras. 11 y a dans cette figure autant de grâce que d'élévation et d'énergie. L'artiste n'a pas oublié que, dans la théorie des Grecs, les Furies mêmes devaient être belles . Les objets d'art conquis en Italie, et dont l'entrée triomphale à Paris eut lieu le 27 juillet 1798 , exercèrent sans doute de l'influence sur ses opinions; niais on pitut dire, à la vue de ce bel ouvrage, que l'étude de ces chefsd'oeuvre ne fit que raffermir le sentiment du beau dont la nature l'avait éminemment doué. Dès le moment, où cette figure de la Guerre parut, la réputation de Cartellier fut établie, et de beaux ouvrages de quelques autres maîtres, réunis à celuilà, ne permirent plus de clouter que 'la réformation .à laquelle tendait la sculpture ne fût opérée, et que cet art ne fût parvenu chez nous au même degré d'élévation que la peinture. A cet ouvrage succéda la figure de la Pudeur, statue en ronde bosse, exposée en plàtre au salon de 1801, et dont le marbre, exécuté en 1808, et placé d'abord à Malmaison, a été transporté en Angleterre après la mort de l'impératrice Joséphine. Cette figure remplit les hautes espérances qu'avait données celle de la Guerre. L'inquiétude d'une jeune fille qui se voit demi nue, naïvement exprimée dans le geste et dans le regard, ne laissait pas douter de la pensée de l'artiste. L'heureux choix des contours, le bon goût des draperies, accroissaient l'intérêt qu'inspira cette charmante' composition. On y voit un maitre Le gouvernement, voulant conserver ces deux statues qui ne pouvaient plus figurer sur la nouvelle façade du palais du Luxembourg, du côté du jardin, les a fait placer à droite et à gauche des deux pavillons situés du côte de la rue de Tournon. D—nn. consommé dans l'art de représenter les émotions les plus douces, les sentiments les plus délicats. Sensible, timide et doux, Cartellier parut avoir imprimé sur cette image de la Pudeur les traits les plus touchants de son propre caractère. L'année suivante fut offert au public le basrelief où il représenta les jeunes filles de Sparte dansant devant un autel de Diane, ouvrage qui se voit dans la salle du musée royal dite alors la salle de Diane, aujourd'hui du Candélabre 0). L'artiste avait à lutter dans ce basrelief avec les danseuses qui ornent les trois faces d'un autel antique placé au musée royal dans la salle dite des Cariatides . Ce monument passe pour appartenir au culte de Diane. Winckelmann, d'après le caractère de l'autel, y reconnaît, avec plus d'apparence de vérité, le culte des Saisons . Quoi qu'il en soit, Cartellier n'est pas resté audessous de ce dangereux objet de comparaison, et il a su éviter toute équivoque. La statue d'Aristide fut exposée en pliure au salon de 1804, et placée dans la salle d'assemblée du sénat conservateur en 1805. Elle n'a point encore été exécutée en marbre. Le vertueux Athénien est représenté livrant au paysan la coquille sur laquelle il a écrit son propre nom. « L'antiquité, a dit le secrétaire perpétuel de l'ara« déraie des beauxarts de l'Institut, en parlant de «cette figure , l'antiquité « n'aurait pas mieux, clans la patrie même du per« sonnage, fait ressortir cet héroïsme de simplicité « qui caractérise l'homme juste en butte à l'igno« rance prévention de la multitude. Naïveté de pose « et d'action, vérité de style, justesse de costume, « on dirait une statue retrouvée ou restituée. » Cette statue d'Aristide fut suivie de celle de Vergniaux, de proportions colossales, exécutée seulement en plàtre, et placée dans l'escalier du sénat. Pour donner à cette figure le mouvement propre à caractériser l'orateur dont il modelait l'image, Cartellier supposa qu'agité la nuit par le sujet qu'il devait traiter le lendemain à la tribune, Vergniaud était sauté en bas de son lit, et qu'enveloppé seulement d'un manteau, il préludait à son discours par une véhémente improvisation. Tout répondit à cette vive pensée. Une lampe allumée près de l'orateur indique l'heure et le lieu de la scène. La poitrine, les jambes, les bras nus, traités avec autant de fermeté que de précision, la vigueur des mains, les plis abondants et simples du manteau semblèrent imiter l'éloquence nerveuse et grandiose du Girondin. L'exécution fut soignée, autant que male et savante. Jamais peut-être Cartellier ne s'était montré si habile dans cette partie de l'art. Cette statue, disaitil luimême, est le moins faible de mes ouvrages. Il ne faut pas s'y méprendre : cet éloge qui lui échappait n'était que l'expression de son regFet sur ce Voy. le Musée de selplure de M. de Clarac, t. 1, p. 507, pl. 6t. Catalogue de. Visconti, 1817, n° 502. Catalogue de M. de Clarac, n° 325. Monum. Med., p. 57. M. Quatremère de Quincy, Notice historique sur la vie et les ose; . En 1808 fut exposé au salon le plàtre, et en 1810 le marbre de la statue de Louis Bonaparte, roi de Hollande, dans le costume de connétable de France, élégante figure où l'artiste montra tout ce qu'un costume français peut offrir de noblesse et de grâce, mis en oeuvre par un homme de goût, bien que chargé de dentelles et de broderies. Un buste en marbre du premier fils de ce prince, enfant de quatre ans, mort récemment, accompagna cette statue. Un monument d'une plus grande proportion suivit immédiatement ceuxlà : ce fut le basrelief exécuté en 1810, audessus de la principale porte du Louvre. Cette composition représente la Gloire debout, dans un quadrige vu de face, comme si la déesse sortait de ce palais pour distribuer de toutes parts des couronnes. Les che- vaux, modérés à peine par deux génies enfants, s'élancent deux à droite et deux à gauche, brûlant de porter la déesse dans toute la France. Cette manière de disposer le char fut critiquée. On oubliait que la sculpture, lorsqu'elle représente une idée _allégorique, doit moins chercher à peindre avec exactitude l'image fictive qu'à imprimer vivement le fait réel dans les esprits. Telle fut la théorie de l'antiquité. Sur un beau médaillon de la ville de Sardes où l'artiste a voulu représenter, au revers d'une tête d'Héliogabale, le soleil réchauffant le principe de la vie dans tout l'univers, il L'a peint sous la figure du dieu Hélios, dans un quadrige vu de face, dont deux chevaux volent d'un côté, et deux se lancent du côté opposé. Sur une main d'Hélios, il a placé Proserpine, image de l'âme, ramenée des enfers par le héros solaire . Dans la composition de Cartellier tout était semblable à cellelà, quant à la pensée; car la gloire promise par Louis le Grand et par Napoléon allait enflammer le génie dans toute l'étendue de la France, comme le soleil réchauffe la vie dans le monde entier. Sur des monnaies des villes de Colosses et de Coticeum dans la Phrygie , et sur d'autres encore, se voient pareillement le quadrige du soleil posé de face et les chevaux s'élançant des deux côtés. Ces compositions eussent été les modtles ou l'excuse de Cartellier, si, dans l'art de composer, le génie avait besoin de modèles et la perfection d'excuse. Mais le groupe disposé par Cartellier convenait trop bien à l'emplacement central de la façade où il s'est encastré, pour que la pensée ne s'en offrit pas d'ellemême à son esprit. A cette époque, les travaux et les honneurs venaient audevant de cet homme modeste. En 1808 il fut fait chevalier de la Légion d'honneur, et en 1810, élu membre de l'Institut. Une statue de Sous la restauration, cette statue fut enlevée de la place qu'elle occupairdans le grand escalier du Luxembourg, et reléguée au fond d'un magasin. Elle est aujourd'hui dans l'atelier d'un des élèves de Cartellier, et désormais à l'abri de la destruction. D—R—R. Voy. Mionnet, Descript. de iméd. antiq., t. 4, p. 433, no 759. Sur la signification de Proserpine, voy. mon Introduct. à l'êtude de la mythologie, p. 245J 257. Napoléon législateur, représenté dans son costume impérial, qui a été placée aux écoles de droit en 1811 ,.ne fut inférieure en rien à celle du roi de Hollande ; peut-ètre même la surpassetelle, tant elle offre d'esprit et de vérité dans les traits du visage, de moelleux dans les chairs, de facilité dans les draperies, de sentiment dans l'exécution. Ces deux belles figures sont placées l'une et l'autre au musée historique de Versailles. La haute pensée qui a conçu ce magnifique et intéressant ensemble y réunit toutes les gloires françaises de toutes les époques, de toutes les professions, de tous les régimes. D'autres ouvrages continuèrent à illustrer la carrière de Cartellier ; ce furent : 1° un basrelief représentant la Reddition de la ville d'Ulm, qui forme un des ornements de l'arc de triomphe du Carrousel, ouvrage éminemment remarquable par la dignité du style et par la vie de l'ensemble ; 2° la statue du général Valhubert, de treize pieds de proportion, exposée au salon en 1814, destinée d'abord pour le pont de la Coneorde, et ensuite érigée sur la place d'Avranches, pays natal de oe militaire ; 3° un cheval colossal en pleltre, de dix pieds et demi de haut, mesuré au sommet de la tête, modèle de celui•qui devait étre employé à une statue équestre du maréchal Lannes ; 4° une statue du général Pichegru, en marbre, exposée au salon de 1819, et placée récemment au musée de Versailles ; 5° une statue de Louis XV, colossale et en bronze, qui a été élevée à Reims, en remplacement de celle de Pigalle, abattue pendant la revolution ; 6' la statue de l'impératrice Joséphine, à genoux sur son tombeau, monument en marbre, consacré, dans l'église paroissiale de Iluel, par le prince Eugène et la reine de Hollande, enfants de cette princesse ; 7° une statue colossale de MineMe, frappant la terre de sa lance, et en faisant jaillir l'olivier, qu'on vit en plâtre au salon de 1819, et en marbre à celui de 1822 ; 8° une figure en haut relief de M. de Juigné, archeveque de Paris, â ge- noux devant un prie- dieu, grande comme nature, et en marbre, placée dans l'église de NotreDame par la famille de ce prélat ; 9° une statue de Vivant Denon, de six pieds de proportion environ, en bronze et en costume français, érigée à cet habile directeur des beauxarts, à Paris, au cimetière de l'Est, par MM. les frères BrunetDenon, ses neveux, au mois de décembre 1827. Le même savoir, le nième goût, la même àtne ont présidé à l'exécution de toutes ces sculptures. La statue de Denon, d'une ressemblance parfaite, est digne à la fois de son auteur et de l'homme illustre à qui elle est dédiée ; c'est un des meilleurs ouvrages de Cartellier. L'âge n'avait ni refroidi son talent ni amorti son courage. Les difficultés qui avaient entouré sa jeunesseretardèrent quelquesunes des récompenses dues à son mérite, niais ces honneurs ne lui manquèrent point. Nommé professeur aux écoles des beauxarts en 1816, il reçut la décoration de l'ordre de StMichel en 1824. Dans ses dernières années, il travaillait à deux grands monuments restés inachevés , mais dont ce qui etiste est éminemment propre à éterni- ser sa gloire : l'un était le tombeau qui allait être érigé au duc de Berri en 1850; l'autre, une statue équestre . L'histoire de l'art doit perpétuer le souvenir de ce trait de reconnaissance filiale. On peut consulter sur cet artiste la Notice historique sur la vie et les ouvrages de Cartellier, par M. Quatremère de Quincy, lue à la séance de l'académie des beauxarts, le 15 octobre 1852, et le Discours improvisé aux [ ciné - railles de Cartellier, par l'auteur (lu présent article. On trouve quelquesuns de ses ouvrages gravés dans la collection ( le Filliol : la statue de Vivant Denon est gravée dans la collection des monuments du cimetière de l'Est
  • Pierre CASTELLI( 1500 - 1656) : né à Messine sur la fin du 16e siècle, fut professeur de médecine à Borne, au collège des Maminertins, et ensuite professeur de botanique dans sa patrie, puis directeur du jardin que l'on venait d'y établir, et qu'il enrichit de beaucoup de plantes, principalement de celles de l'Italie et de la Sicile. On lui doit le catalogue de ce ,jardin et celui des végétaux qu'il a observés sur le mont Etna. Il est mort vers l'année 1656 ou 1658. Ce savant a composé un grand nombre d'ouvrages, tant sur la médecine et la botanique, que sur l'histoire naturelle et la chimie. Dans la plupart, il montre des connaissances aussi profondes que variées, et beaucoup d'érudition. Quelquesuns lui donnè- rent de la célébrité, parce qu'il y exposa des faits nouveaux, ou qu'il y attaqua et combattit des opinions généralement reçues , dont il parait avoir triomphé. Ses ouvrages sur la botanique ont fait connaître quelques plantes de la Sicile et l'état peu florissant où cette science était alors dans cette île, si féconde en végétaux ; mais ils ne sont pas importants, et n'ont que peu contribué à ses progrès. Celui qui lui aurait fait le plus d'honneur comme botaniste, c'est l' & dus Farnesianus ; mais, par amitié ou par quelque motif de reconnaissance, il le publia sous le nom de son ami Aldini. Voici les ouvrages que Castelli a publiés sous son nom : 1° Chalcantinum dodecapo- rion, sive dziodecim dubitat joncs de usu olei Rome, 1619 2. Della Durazione delli medi- eamenli, tank) semplici, Borne, 1621 L'au- teur s'élève contre les fautes de l'Antidotaire ro- main , qui était mal rédigé. 5. Epistolœ de elle- boro, etc., Rome, 1622 Venise, 4622 Dans ces deux lettres, Castelli déploie beaucoup d'érudition et une grande connaissance des auteurs grecs, pour prouver que , toutes les fois qu'il est parlé de l'ellébore dans les écrits d'Hippocrate et des anciens, ce n'est pas de l'ellébore noir, mais du blanc . L'opinion contraire était alors presque généralement reçue, et fut vivement défendue par un autre médecin, nommé Manelphe; mais celle de Castelli prévalut. 40 Theatrum Flore, in quo ex loto orbe selecti flores proferuntur, Paris, 1622 avec 69 planches. On ne le cite ici que d'après Eloy. 50 Ai- le delli speziali, Rome, 1622 6° Epistolce medicinales, Rome, 1626 7° De Abusa vence sectionis, Borne, 1628 80 Discorso delle differenze ira gli semplici freschi e i secchi, ibid., 1629 9° Annotazioni sopra l'Antidotario romano , Borne, 1629 Messine, 1657 100 De Visitatione œgrorion pro discipulis ad praxim instruendis, Rome, 1650, ni 11° lneendio del monte Vesuvio, Rome, 1652 12° cri., en dell elettuario rosato di Me-- _ sue, etc., ibid., 1655 150 Emetica, in qui. bus de vomitoriis et vomitu , Rome, 1654 14° Tripus Delphicus, Naples, 1635 Sous ce titre de Trépied de Delphes, l'auteur traite des pro- Ili gnostics dans les maladies. 15° Re/ alio de qualitati- bus frumenti cujusdam Messanain delati, Naples, 1657 16° De Optimo Medico, ibid., 1657, I L'auteur y vante ses travaux et ses écrits; il ei annonce tout ce qu'il peut faire encore de plus pour l'avancement des Sciences, et l'importance des trai- tés qu'il se propose de donner au public. 17° Chry- sopus, cujus nomina, essentia, usus, facili melliodo traduntur, Messine, 1638 C'est un traité sur l'histoire naturelle et médicale de la gomme gutte, et sur son usage et la manière de l'administrer. 18° De Hycena odorifera zibethum gignente exeta- sis, Messine, 1658 Francfort, 1668 avec lig., réimprimée dans l'Histoire des quadru- pèdes de Jonston, à Amsterdam. 19' Opobalsamum examinatum , defensum, judicatum , absolution et laudatum, Naples, 1640 Venise, 1640 200 Opobalsamum triumphans, Rome et Venise, 1640 Ces deux écrits furent publiés au sujet des contestations qu'il y eut entre les droguistes et pharmaciens de Rome, d'une part, et Manfredi et Panuti associés d'autre part, sur la nature du baume de la Mecque qui entre dans la composition de la thériaque. Ubaldini, premier médecin du souverain pontife, intervint dans cette discussion, et la termina. 210 Homs Messanensis, Messine, 1640 avec le dessin du jardin. C'est une nomen- clature fort sèche des plantes qui y étaient culti- I> vées. 22° Catalogus plantarum . ZElnearum, publié dans la première centurie des lettres de Thomas Bartholin. Ce catalogue renferme des erreurs : c'est ainsi qu'il indique le méchoaean comme une plante . de Sicile. Il y a bien apparence que, sous ce nom, IF Castelli a voulu parler d'un liseron. 25° De Abusu circa dierton criticorum enumerationem, Messine, 1642 Il traite de l'abus ou de l'erreur qu'il I. y a dans l'énumération des jours critiques. 24. In Hippocratis Aphorismorum librum primum criiica doetrina per puneta et qucestiones. Macerata, 1646, in. t2 ; 1648 25° Proservatio corporum sano- rum ab imminente lue ex aeris intemperie anni 1648, Messine, 1648 26° De Smilace aspera, botanico physica 3ententia, etc., Messine , 1652 C'est une dissertation dans laquelle l'auteur examine si le smilax aspera qui croit en Sicile n'est pas la même plante que la salsepareille (l'Amérique, et s'il ne pourrait pas la remplacer dans l'usage médical. 27' Responsio chymia3 de cffervescentia et mutatione colorion in mixtione liquorum ehymico- non, Messine, 1654 ôn voit par cet ouvrage que Pierre Castelli s'occnpait aussi de la chimie, et qu'il en observait soigneusement les divers phénomènes.— Jean CASTELLI, contemporain de Pierre, a laissé : Pharmacopcea medicamenta in of/ ici- vis pharmaceutis usitata explicans, Cadix, 1622
  • Pierre CAUCHON : évêque de Beauvais dans le 15e siècle , se rendit tristement fameux par la condamnation de Jeanne d'Arc. Les historiens le représentent comme un partisan fanatique des Am, plais, qui déshonora son ministère par ses vices et par sa cruauté. Les habitants de Beauvais, connaissant son attachement servile aux ennemis de la France, le chassèrent de son siége en 1429. Il suivit alors la cour d'Angleterre, et sembla ne respirer que la ruine de sa patrie. Jeanne d'Arc ayant été prise , le 24 niai 1451, dans les limites du diocèse de Beauvais , Cauchois réclama le droit de la coudamner. 11 s'adressa, pour cet effet, au roi d'Angleterre, au duc de Bourgogne, à l'université de Paris, au frère Martin, vicaire général de l'inquisition en France ; il somma juridiquement le comte de LignyLuxembourg , qui avait la Pucelle en sa garde , de la remettre entre ses mains , et il se constitua juge de l'héroïne des Français. Elle avait été conduite à Rouen, dont le siège était vacant ; le chapitre prêta territoire à l'évêque de Beauvais, c'est-àdire qu'il lui permit d'exercer les fonctions de juge dans le dioèèse. 'fout fut mis eu usage pour perdre Jeanne d'Arc : demandes captieuses , suppositions d'aveux, piéges tendus, réponses altérées, etc. Guillaume i}lanelion, un des greffiers , attesta , lors de la révision du procès , qu'il avait refusé . 11 foimina sa sentence sur un échafaud placé devant le bkher. Jeanne lui dit : « Vous êtes cause de ma mort ; « vous m'aviez promis de me rendre à l'Eglise , et « vous nie livrez à mes ennemis. » On dit que , pour la première fois, l'évêque de Beauvais se sentit attendri, et dévora les pleurs qui le trahissaii.nt; mais les juges, le peuple, les archers et le bourreau même n'axaient pu retenir leurs larmes. Cauchon obtint du roi d'Anglcterre des lettres de garantie contre le saintsiege et le concile. Il mourut subitement en 1445, en se faisant la barbe ; il fut excommunié par Calixte IV ; son corps fut déterré et jeté à la voirie. — Guillaume CAUCHON, neveu et héritier de l'évèque de Beauvais, fut le premier à déclarer, avec serment, que la midamnation de Jeanne d'Are avait été l'effet de la seule haine des Anglais
  • Pierre CHABRIT : conseiller au conseil souverain de Bouillon et avocat au parlement de Paris. C'est un des hommes auquel on entreprit dans le siècle passé de faire une grande réputation. Les vrais principes du gouvernement et la législation françaises s'étaient perdus, suivant quelquesuns, sous les règnes de Louis XII, de Henri IV et de Louis XIV ; pour les recouvrer, il fallait aller les chercher dans les lois des Goths, des Bourguignons et (1(s Mains. Chabrit se chargea de ce travail. Il fouilla dans une mine que beaucoup d'autres avaient exploitée avant lui. Il n'eut de particulier que la manière dont il traita son sujet. « J'ai voulu « abréger et approfondir, » ditil. Tout se resserre dans son livre, les vues, les chapitres, les phrases. Il y a des chapitres de trois ou quatre phrases des phrases de trois ou quatre mots; mais il est court sans être peécis. 11 dit avec beaucoup d'emphase des choses trèscommunes, et ses réflexions, comme le remarque Camus, perdraient une bonne part de l'admiration qu'on sollicitait en leur faveur, si elles eussent été énoncées en termes plus siinples et moins obscurs. N'ayant pas de style à lui, il tenta de s'approprier celui de Montesquieu, et son premier volume ne contient pas tme phrase qui ne soit calquée sur une phrase de l'Esprit des lois. 11 cherche à en huiler, nonseulement la manière , niais encore les manières : ce défaut se fait moins remarquer dans le deuxième volume. Au reste Chabrit est fort sobre de citations; on dirait qu'il craint de paraitre érudit. Ses jugements sont en général faux. Tout ce qu'il dit du droit romain est dicté par la plus injuste prévention. 11 est loin d'y voir, comme le sage Robertson, un des moyens les plus actifs de la civilisation de l'Europe moderne. Il parait qu'il en avait trèspeu lu le texte. Son livre fut excessivement prôné quand il parut ; l'Académie française décerna à l'auteur le prix fondé par M. de l'aselle pour l'ouvrage le plus utile ; Diderot voulut l'envoyer à l'impératrice de Russie, pour l'aider dans la composition d'un code qui fut annoncé avec tant de bruit en Europe, et dont il n'a jamais existé que les instructions, données sous le nom de cette princesse, et qu'un Français, établi à StPétersbourg, lui composa de diverses passages de Montesquieu et de Beccaria. On a conservé _la lettre qu'il lui écrivit à ce sujet. La mort empêcha l'exécution de ce projet. On loue (l'ailleurs les moeurs et le caractère de Chabrit. mourut jeune et pauvre à Paris en 1785. On assure qu'il s'empoisonna, désespéré de ne pouvoir payer une dette à son échéance, et ce qui est affreux, le soir même de sa mort, on apporta chez lui de l'ar- gent qu'il n'attendait pas. Le titre de son livre est : de la Monarchie française et de ses lois, Bouillon, 1785 , 1784, 2 vol
  • Pierre CHACON( 1525 - 1581) : en latin C1ACONIUS, prêtre espagnol, surnommé le Varron de son siècle, naquit à Tolède en 1525, fit ses études à Salamanque, re- fusa les appointements considérables qu'on lui offrit pour professer la languie grecque et les mathématiques, qu'il avait apprises parfaitement sans le se- Parmi les seize comités permanents de l'assemblée constituante, il y en avait un dit des recherches, comme celui de la commune de Paris. Chabroud, qui était, ainsi que Youlland, grand rapporteur de l'assemblée, faisait partie du comité des rapports et du « mile milliaire. Les membres du comité des recherches étaient changés tous les mois. C'est comme membre du couiné militaireque Chabroud lit un long reipport sur l'affaire du regiment ltqyalCointois, dont trentetrois militaires de divers grades avaient été Cases par arrét d'un conseil de guerre du 12 juillet 1775, et con. damnes à la detention. Le rapporteur lit déclarer cette sentence colonie non avenue. Aiirt, s le fameux rapport de Chabroud sur les affaires des 5 et G octobre, son rapport du 55 décembre 1791 sur les massacres d'Uzès est celui qui fit le plus de bruit ; il le redigea sur les notes de Youlland, et fut vivement attaqué, ainsi que ce dernier, dans les delibératious de la ville d'Uzes. cours d'aucun moire. Il voulut se consacrer entièrement à l'étude de la philosophie et de la théologie. Ses amis lui ayant conseillé d'aller à Rome, Grégoire XIII le chargea du soin de revoir la Bible, les écrits des Pères et le décret de Gratien. Il l'employa fflssi à la correction du calendrier, avec Christophe Clavius, et le nomma chanoine de Séville. Chacon commenta les Origines de St. Isidore, les Ascétiques de Cassien, le livre d'Arnohe, Adversus Gentes, l'Oc- tavius de Minutius Félix, les œuvres de Tertullien, Pomponius, Méta de Situ orbis, les traités de Varron de Lingua lai ina et de Re rustica, les Commentaires de César, l'Histoire naturelle de Pline, les histoires de Salluste, etc. Antonio dit qtt'il semblait né pour corriger et rétablir les auteurs anciens. Il aimait la solitude. Singulièrement attaché à ses livres, qu'il appelait ses fidèles compagnons et ses amis, il disait, comme Scipion l'Arricain:« Je ne suis jamais moins seul que lorsque je semble être seul. » Exempt de toute ambition, il faisait plus de cas d'un savant pauvre que d'un riche courtisan, et répétait souvent ces vers d'Horace : DuIcis inexpertis cultura potentis amiei ; Expertus metuit... Sa modestie et son désintéressement égalaient sa science. Il ne publia aucun ouvrage pendant sa vie. Cependant sa réputation était si grande à Rome, qu'on le montrait du doigt comme- un homme André Schott rapporte qu'il attachait si peu de prix à la gloire littéraire, qu'il invitait ses mis à publier sous leur nom ses propres ouvrages. IL mourutà Rome, le octobre 1581, àgé de 56 ans, et laissa tous ses biens à l'église de StJacques, pour nourrir les pauvres de sa nation qui étaient à Rome. Le cardinal Baronius, Gérard Vossius, Victor Rossi, Je Thou, Casaubon, d'autres encore louent l'érudition immense de Chacon, et plusieurs l'appellent un trésor, un miracle, un fleuve de science. Ses remar- ques sur le décret de Gratien n'ont point été publiées; on prétend que, choqué de la vanité de quelques personnes qui %oulaient lui en disputer la gloire, il déchira les marges où il les avait écrites . Jansson Aimeloveen dit, dans son Plagiariorum Syl- labus, que Chacon, dissimulai° improbe nomine, des- cribit Platinam, et il cite à l'appui de cette assertion Herman Conring, de Bibliotheca Augusta, et Jérôme Mereurialis, de Arie gymnastica. Les principaux ouvrages du P. Chacon imprimés après sa mort sont 1° de Triclinio Romano, sive de modo convivandi et convivtorum apparatu liber, Rome, 1588 et 1590 Amsterdam, 4689 On trouve dans cette dernière édition un Appendix de Fulvio Orsini, et la dissertation de Jérôme Mercurialis, de Ac- cubitus in cœna antiqua Origine. Joseph Scaliger, en rendant justice au mérite de Chacon, trouve cependant beaucoup de fautes dans le livre de Tricli- Wo. 20 Opuscula : in columnœ rostratce C. Dui- Cette colonne rostrale, premier monument de la 'guerre punique, est conservée au Capitole. Lii inscriptionem explicatio; de ponderibus et men- suris, et nummis lacet Grcecorum et Latinorum, quant Hispanorum et Italorum, libri Ires, Rome, 1586, *1608 ; l'opuscule sur la colonne Traiane se trouve aussi dans le t. 4 du Thesaurus Antiquit. de Grzevius, et été a réimprimé à part, Leyde, 1597 5° Calendarii veteris Explanatio, Anvers, 1568 , et dans le t. 8 du Thesaurus de Guevius. Ce calendrier, gravé sur une table de anarbre au temps de JulesCésar, était conservé dans la bibliothèque Farnésienne. On a imprimé les notes de P. Chacon sur Salluste, César, Arnobe, Cassien , Tertullien , Pompéius Festus , Pomponius Mela et St. Isidore. Celles qu'il avait faites sur Gratien, Pline, Varron, St. Jérôme, St. Hilaire, St. Ambroise et Sénèque, n'ont point été publiées. On trouve indiqué, dans le catalogue dela bibliothèque Ambrosienne, un manuscrit de P. Chaco!) intitulé Fragmentum de astrologia
  • Pierre CHAIS( 1701 - 1785) : né à Genève, le 5 janvier 1701, fut élevé dans sa patrie et reçu ministre en 17'24. Après avoir voyagé en la compagnie de quelques seigneurs anglais, et parcouru la Suisse, la Lorraine, l'Alsace et la Hollande, il vint à Paris à la fin de 17'27. Peu de temps après, et en mars 1728, il Fut élu pasteur de la Haye, où il arriva en mai de la même année. Six ans après, il épousa Antoinette Guilltelmine Paw. Chais desservit pendant cinquante ans l'église confiée à ses soins. Il fut à la fois ministre respectable, homme aimable dans le inonde et écrivain distingué ; niais il reste un monument de l'existence de Chais bien autrement précieux que les livres qu'il a faits : c'est la maison de charité que l'Église française a fondée à la Haye. Chais en conçut le plan, réussit à le faire boiter, veilla à son exécution et à sa conservation. 11 mourut en octobre 1785. Ses ouvrages imprimés sont : 1° le Sens littéral de l'Ecriture sainte défendu contre les principales objections des antiscripturaires et des incrédules modernes, traduit de l'anglais de Stackbouse, avec une dissertation du traducteur sur les démoniaques, 1758, 5 vol. 2° Une édition de l'Abrégé chronologique de l'Histoire de France du président Hénault, avec son agrément et quelques corrections qui lui furent soumises, la Haye, 1747 Le président Hénault, dans l'avertissement en tète de sa troisième édition , parle avec éloge de Chais. 5. Lettres historiques et dogmatiques sur les jubilés et les indulgences , ibid. , 1751, 5 vol. La cour de Rome est trèsmaltraitée dans cet ouvrage. 4° Théologie de l'Ecriture Sainte , ou la Science du salut, ibid. , 1752, 2 vol. 5° Instruction abrégée sur les premiers principes de la religion chrétienne, ou Catéchisme pour les jeunes enfants, la Haye, 1752 ; 2e édition, ibid. , 1754. 6° Discours apologétique sur la méthode de communiquer la petite vérole, ibid. , •754 et dans les Mémoires de l'académie de Harlem. Ce fut Chais qui, le premier, lit connaître l'inoculation en Hollande, par ses écrits et !'heureux usage qu'il en fit sur sa propre famille, 7° Catéchisme historique et dogmatique avec un supplément sur la nature et la perfection de Dieu, ibid:, 1755 8° La Sainte Bible, ou le Vieux et le Nouveau Testament, avec un commentaire littéral composé de notes choisies et tirées de divers auteurs anglais, la Haye, 1745 et suiv., 8 vol. : les 7e et 8e ne parurent qu'en 1790. Ces 8 volumes, dont le 7e est en 2 parties, ne contiennent que les livres historiques de l'Ancien Testament; il est malheureux que l'auteur n'ait pu achever son travail sur les autres parties de l'Écriture. 9° Sermons , 1790, 2 vol. 10° Les Moeurs anglaises, ou Appréciations des mœurs et des principes qui caractérisent la nation britannique, traduites de l'anglais de Brown, '1758, in - 8°. Pierre Chais a fourni beaucoup d'articles pour les t. 19 à 26 de la Bibliothèque raisonnée, pour les cinq derniers volumes de la Bibliothèque britannique, pour la Nouvelle Bibliothèque, et pour la Bibliothèque impartiale, publiée à Leyde par Luzac. Il a aussi beaucoup travaillé aux vingt- cinq premiers volumes de la Bibliothèque des sciences et des beaux- arts
  • Pierre CHAMPION( 1631 - 1701) : né à Avranches, en 1651, entra chez les ,jésuites, professa les humanités, composa quelques biographies ecclésiastiques, et mourut le 28 j uin 170 I. On connaît de lui : 1° la Vie du P. Rig ouleuc, Paris, 1686 : la !' édition parut à Lyon , en 1759 ; 2° la Vie du P. Lallemand, jésuite, Pan:, 169i, et Lyon, 1755 ; la Vie des fondateurs des maisons de retraite , Nantes, 1698 L'auteur publia ce dernier ouvrage sous le nom anagrammatique de Phonamic.— François CHAMPION, jésuite, est auteur d'un poème latin intitulé Stagna, Paris, 1689; il a été inséré dans le t. 2 des Poemala didascalica
  • Pierre CHANUT : trésorier de France à Riom, sa patrie, fut nommé résident, et ensuite ambassadeur de France en Suède , auprès de la reine Christine, depuis 16-45 jusqu'en 1649 , et ministre plénipotentiaire à Lubeck, depuis 1650 jusqu'en 1655; de là il passa à l'ambassade de Hollande jusqu'en 1655. Enfin Louis XIV lui donna une place dans son conseil, et il mourut à Paris, en juillet 1662, âgé de 62 ans. Wiquefort dit, dans son livre de l'Ambassadeur « Chancit était un des « plus savants hommes de son temps; il slexpri-« malt parfaitement en la plupart des langues, tant « vivantes que mortes. Il avait beaucoup voyagé et « profité de ses voyages; on peut dire que, de tous « les ministres qui se trouvèrent à Lubeck, il n'y eut « que lui qui y fit figure : aussi étaitil un ainbas-« sadeur de première classe. » Christine estimait ses talents diplomatiques et littéraires; c'est par ses conseils qu'elle fit venir en Suède Descartes, ignoré en France et persécuté en Hollande; ce fut encore lui qui lit rapporter dans sa patrie les os de Descartes, et il composa une belle épitaphe de ce grand homme. C'est à Chanut que Christine fit premièrement connaître le dessein de son abdication ; cette princesse lui écrivait : « Il est difficile « qu'un dessein mâle et généreux plaise à tout le « inonde; je me contenterai d'un seul approba- « teur. » Elle ne trouva pas cet approbateur dans : hanta, qui, dans ses lettres, combattit sa résolu- *mi. Plusieurs auteurs ont cru que Chanut contri- te' à la conversion de cette reine au catholicisme. Lorsqu'elle fut descendue du trône, et qu'elle eut quitté ses États, elle continua son commerce de lettres avec Chanta . Il vint la trouver à Anvers, et la suivit à Compiègne, où il fut toujours auprès d'elle. Les Négociations de P. Chanut, en Suède et à Lubek, depuis 1645 jusqu'en 165.1, forment 1 volume manuscrit, qui passa de la bibliothèque du chancelier Séguier dans celle de StGerma et qui est aujourd'hui conservé à la bibliothèque royale. Pierre I.inage de Vaucienne lit imprimer les Mémoires et Négociations de M. Chanut, depuis l'an 1645 jus- qu'en 4655, Paris, 1676 , 5 vol. a Ces Négociations, dit Wiquefort, toutes « estropiées et défigurées qu'elles sont , ne laissent pas de porter les marques de « ce qu'il était en effet, quoique celui qui les a « publiées lui ait fait un tort irréparable; ceux qui L' se donnent l'autorité de retrancher des ouvrages « de ces grands honunes ce qu'ils jugent ne devoir « pas étre communiqué feraient bien mieux de ne « rien donner au public, que de produire des « extraits informes et peu judicieux, où on ne voit « ni l'air, ni le génie du ministre . » Les Négociations de Chanta, traduites en allemand, ont été insérées dans le Diarum Europœunt, appendice des 36°, '57° et 38° parties. — Sort fils Martial CIIANUT, abbé d'Issoire, aumônier d'Anne d'Autri- c.he, visiteur général des carmélites pendant plus de trente ans, mort le 13 novembre 1695, à donné plusieurs traductions : 1° Seconde Apologie de Jus- tin pour les chrétiens, traduite du grec, Paris, 1670 t2 ; il publia d'abord cet ouvrage sous le nom de Pierre Fondet; mais il fut réimprimé sous son nom en 1686. On y trouve l'ordonnance (le rentpereur Adrien en faveur (les chrétiens, la lettre d'Antonin le Pieux aux peuples d'Asie, et celle de MarcAurèle au sénat romain. 2. Le Catéchisme du concile de Trente, traduction nouvelle, Paris, 1673 50 Vie de Ste. Thérèse, écrite par elle- méme, traduite de l'espagnol, Paris, 1691 Chanta traduisit aussi d'autres ouvrages du même genre. Ses traductions sont fidèles, mais d'un style lourd et languissant
  • Pierre CHAPPON( 1749 - 1810) : docteur en médecine', membre de la société d'histoire naturelle de Paris, né à Clermont, en 1749, mœst à Paris, le 24 avril 1810, fut un adversaire déclaré de l'inoculation et de la vaccine. Il a publié sur ce sujet : 1° l'Inoculation de la petite vérole renvoyée à Londres, ou les Deux Candide, nouvelle édition augmentée de notes sévè- rement critiques , sur le traitement moderne de la petite vérole, l'inoculation et la vaccination, Paris, an 9 2' Traité historique des dangers de la vaccine, suivi d'Observations et de Réflexions sur le rapport du comité central de vaccine , Paris, 1805 On lui doit aussi un Mémoire sur l'eau minérale de St- Germain
  • Pierre CHARPENTIER( 1500) : en latin CARPEN— TARIUS, jurisconsulte, né à Toulouse, au commence- ment du 16° siècle, enseigna publiquement le droit à Genève. Il avait embrassé le calvinisme; mais, s'étant brouillé avec les chefs de la réforme, et surtout avec Théodore de Bèze, il quitta Genève, dit Bayle, avec sa femme et ses enfants, « sans dire « adieu à ses créanciers. » 11 se rendit à Paris peu de temps avant les massacres de la StBarthélemy, et se sauva chez Bellièvre en cette affreuse journée. Bientôt on le vit se déchaîner publiquement, non contre les auteurs des massacres, mais contre ce qu'il appelait la cause , c'est-àdire, la faction des protestants. Il soutenait que les protestants , s'étant servis du prétexte de la religion pour couvrir leur esprit de révolte, avaient été justement punis par l'épée de Dieu que portent les rois. Il disait que leurs assemblées étaient devenues des conventicules où on ne parlait ni de piété, ni de correction des moeurs, mais d'armes, de séditions, de le-. rées de soldats, et de moyens de faire la guerre à leur souverain : en sorte que c'était Dieu même qui avait inspiré à un monarque naturellement fort doux le dessein de réprimer, par les voies les plus sévères, le crime de leur rébellion. La cour jugea que Charpentier serait un bon apologiste des massacres chez l'étranger. Il se chargea volontiers de cette odieuse mission, reçut de l'argent et la promesse d'être élevé à des chdrges qu'il obtint par la suite. 11 partit avec Bellièvre, qui alla prononcer, devant l'assemblée des cantons suisses, une harangue apologétique de la StBarthélemy. Charpentier se rendit à Strasbourg ; il avait déjà professé dans cette ville. Il y lit imprimer, le 15 septembre 1572, une letlre adressée à François Poilus Candiot , savant helléniste. Cette lettre fut publiée en latin et en français, sous ce titre : Lettre de Pierre Charpentier, juris- consulte , adressée à François Portes Candiois, par laquelle il monstre que les persécutions des égli- ses de France sont advenues , non par la faute de ceux qui faisoient profession de la religion, mais de ceux qui nourrissoient les factions et conspirations qu'on appelle la Cause Charpentier dit, dans cette fameuse lettre, qu'il y avait deux partis parmi les protestants : l'un de pacifiques, qui agissaient de bonne foi et par principes de religion ; l'autre de factieux, qui soutenaient la cause; que le premier parti avait pour chef d'Espina , Sorel , Albrac, Cappel, la Haye, Mercure; et le second, Théodore de Bayle reprend Jurieu d'avoir écrit Portes an lieu de Portas; mais c'est ainsi qu'écrivait Charpentier luiméme.
  • Pierre CHARRON( 1541 - 1603) : fils d'un libraire, qui était père de vingtcinq enfants, naquit à Paris en 1541. Après avoir fait son cours de droit à Orléans, puis à Bourges, et pris le bonnet de docteur dans cette dernière ville, il se fit recevoir avocat, et en exerça la profession pendant cinq ou six ans. Dégaté de cette carrière, il embrassa l'état ecclésiastique, et se distingua dans la prédication. Ayant suivi Arnaud de Pontac, évèque de Bazas, il prècha plusieurs stations dans la Gascogne et le Languedoc. Ses succès dans la chaire lui valurent successivement des places de théologal à Bazas, à Aqs, à Lectoure, à Agen, à Bordeaux, à Cahors, à Condom, et le titre de prédicateur ordinaire de la reine Marguerite. Après dixsept ans ; Charron, peu de temps avant sa mort, avait composé, sous le titre de Traité de la Sagesse, un abrégé et une apologie du précédent, Paris, 1608 suivi de quelques discours chrétiens trouvés dans ses papiers. Montaigne et Duvalr sont souvent copiés dans le livre de la Sagesse. L'auteur, qu'on peut regarder comme un élève du premier, est loin d'avoir la vivacité et l'originalité piquante de son maitre. Parmi les propositions répréhensibles, il serait difficile de justifies. celleci « La religion n'est tenue que par moyens humains, « et est toute bâtie de pièces maladives, et qu'encore « que l'immortalité de l'âme soit la chose la plus « universellement reçue, elle est la plus faiblement « prouvée; ce qui porte les esprits à douter de « beaucoup de choses. » De Luchet a publié une Analyse raisonnée dela Sagesse de Charron, Amsterdam , 1763 En 1594, Charron avait publié à Cahors, sans nom d'auteur, un Traité des trois Vérités, réimprimé l'année suivante à Bruxelles, sous le nom de Benoit Vaillant, et à Bordeaux sous son nom, la même année C'est un ouvrage méthodique, dans lequel il prouve, contre les athées, qu'il y a une religion; contre les païens, les .juifs, les mahométans, que, de toutes les religions , la; chrétienne est la seule véritable; contre les 1iéréti- Parmi les éditions plus récentes, nous citerons celle de Genève, 1777, 5 vol. ; celle de Paris, Bastien, 1783, 2 vol. ; il y a de cette dernière édition des exemplaires tirés sur format ; celle de Paris, FrancoisAmbroise Didot ainé, 1781?, 5 vol. Cette édition, qui est fort jolie, donne le texte de Bordeaux. « Les éditions do Bordeaux , ainsi qu'une réim-« pression sous la méme date, renferment plusieurs passages ou « supprimés ou adoucis ci rectifiés dans l'édition de Paris, 1604, « publiée après la mort de l'auteur avec ses corrections, et aug-« mentée par LarocbeMaillet, avocat : c'est te texte primitif qu'ont « suivi la plupart des éditeurs de ce livre, et principalement les « Elzevirs et Bastien ; ils ont tien fait « sans doute de l'adopter; mais ils auraient dû rapporter les va-« riantes de l'édition de 1E04. D'autres éditeurs, suivant en cela « l'édition de Paris, 4607, ont reproduit le texte de 1504, en y joi-« gnant les variantes de Bordeaux, ce qui rend leurs éditions plus « complètes . » Nous citerons encore l'édition de Dijon avec les variantes de l'édition de Bordeaux, 1801, 4 vol. Antre édition, Paris, A.A. Renouard, 1802, 4 vol. avec portrait. Cette édition, faite sur celle de 1604 et 1604, est la première complète que nous ayons eue de cet ouvrage. Autre édition, avec des sommaires et notes explicatives, historiques et philosophiques, par AmauryDuval, Paris, 182i-26, 4 vol. avec portrait, faisant partie de la Collection des moralistes français publiée par Amaury Duval. Autre édition, Paris, Lefèvre, 4856, 4 vol. — Sous le titre de Choix de moralistes français, On a réuni les Caractères de la Bruyère, la Sagesse de Charron, les Pensées de Bl. Pascal, les Maximes de la Rochefoucauld et les oeuvres de Vauvenargues, en 1 vol. grand à 2 colonnes, qui ligure dans le Panthéon litUrair4. ques et les schismatiques, que, de toutes les communions, il n'y a de saisit que dans l'Eglise catholique et romaine. Comme dans la 3' partie il attaquait le Traité de l'Eglise de DuplessisMosnai , il se trouva engagé dans une longue controverse avec deux auteurs calvinistes; elle n'était pas même finie à sa mort. Oct a encore de Charron un recueil de seize Discours chrétiens, sur la divinité, la création, la rédemption, l'encharistie, Bordeaux, 1600 ; Paris, 1604
  • Pierre CLOWET, CLOUET, CLOUVET ou CLOVET( 1606 - 1677) : graveur, naquit à Anvers en 1606. Après avoir appris les éléments de la gravure dans sa patrie, il se rendit en Italie. Spierre et Bloêmae•t, qui reconnurent en lui le germe d'un grand talent, dirigèrent ses premières études et ne tardèrent pas à l'associer à leurs travaux. Clowet, formé par leurs conseils et leurs ouvrages, quitta l'Italie et vint en France; il s'arrêta quelque temps à Paris, mais il y trouva la gravure encore faible et timide. Revenu à Anvers, il se livra à des travaux importants, et les chefsd'oeuvre de Rubens l'occupèrent d'abord pendant longtemps : il grava, d'après ce grand maitre, différents tableaux, tels que la Descente de croix, St. Michel combattant le diable, et la Mort de St. Antoine. Cette dernière gravure est regardée comme le chefd'oeuvre de Clowet ; mais elle est fort rare, ainsi que celle qui représente une Conversation entre plusieurs amants, avec ce titre : Vénus Lusthofl. Il en existe différentes épreuves, qui toutes n'ont pas un égal mérite; les épreuves avec des vers flamands sont les meilleures. Le burin de Clowee est pur, clair et plein de fermeté ; ses tailles sont bien entendues et d'un bon effet. Comme Pontius, qu'il semble avoir pris pour modèle, il pénètre trèsavant dans le cuivre. Il a gravé avec un égal succès le portrait, l'histoire et le paysage, et le mène burin qui a su conserver à la Descente de croix l'expression noble et douloureuse du tableau, a rendu avec un autre genre de fidélité un grand paysage du même Rubens, représentant l'hiver. Cette estampe, qui est fort r.- cherchée, est connue sous le nom de l'Etable à caches, parce qu'en effet on y voit des vaches et une étable ; elle fait suite aux cinq grands paysages gravés par Bolswert, et leur est comparable dans toutes ses parties. Les portraits de Clowet sont d'autant plus recherchés, qu'au mérite d'être l'ouvrage d'un maitre habile, ils réunissent celui de représenter presque tous les personnages historiques, tels que Fernand Cortez, Améric Vespuce, Pierre Arétin, Thomas à Kempis, Malherbe, Cavendish, etc. Clowet a encore gravé quelques tableaux de van Dyck , et ce qu'il y a de particulier, c'est que ce sont les mêmes tableaux que van Dyck a luimême gravés. La Vierge donnant le sein à l'enfant est de ce nombre. Clowet montut à Anvers, en 1677
  • Pierre COLLET( 1693 - 1770) : prêtre de la congrégation de la mission de StLazare, docteur et ancien professeur de théologie, supérieur du collége des BonsEnfants, né à Ternay dans le Vendômois, le 6 septembre 1695, mort le 6 octobre 1770, s'est fait un nom parmi les théologiens, et a mérité l'estime des personnes pieuses, par la régularité de ses moeurs et ses nombreux écrits, dont les principaux sont 10 Dissertatio scholastica de quinque Jansenii pro- posilionibus, Paris, .1150 2° e Traité des dis- penses en général et en particulier, Paris, 1742 , 2 vol. ibid., 1752, 1758, 5 vol. et 1759 Une nouvelle édition de cet ouvrage, refondue et corrigée par Compan, a été publiée, Paris, 1788, réimpr., ibid., 1828, même format. Le P. Collin est auteur d'Observations critiques sur le Traité des dispenses . 50 La Vie de Si. Vincent de Paul, Nancy, 1748, 2 vol. réimprimés avec des discours et des écrits textuels du saint, Paris , 4 vol. Lit Abrégé de cette vie, donné en 1764, a eu plusieurs éditions de nos jours. Nous citerons celles de Paris, 1816, 1818, 182'2, 1825, 1826 lig., celle de Lyon, 1825 4° Lettres critiques sur différents points d'histoire el de dogme, 1744 Turin, 1751 Elles furent publiées sous le pseudonyme du prieur de St- Edme. Les jansénistes, et particulièrement l'abbé de StCyran, y sont fort maltraités , ce qui fait que l'auteur a été luimême fort maltraité par les écrivains de ce parti. Ils ont dit que son style est dur en latin , incorrect en français , et que ses plaisanteries sentent le collége. 5° Examen et réso- lution des difficultés qui se présentent dans la célé- bration des saints mystères, Paris, 1752 réimpr. sous le titre de Traité des saints mystè- res, etc., Avignon, 1816 , Paris, 1817, 1825, 2 vol. On a publié, pour faire suite aux éditions précédentes : .6° les Cérémonies de la messe basse, exposées selon les rubriques du Missel romain, avecles différences du rit parisien, petit ouvrage qui est également de Collet, Paris, 1825 7° Vie de Renri- Marie Boudon, Paris, 1754,. 2 vol. ou 1162,1 vol. 8° Traité des devoirs d'un pasteur qui veut se sauver en sauvant son peuple, 'Lyon et Paris, 1769, 18i1 La 1" édition, qui est de 757, est intitulée : Devoirs despasteurs. 9° Traité des indulgences et du jubilé, Paris , 1759; ibid., 1770, 2 vol. 10° Traité de l'Office divin, .1765 Traité des devoirs des gens du monde, etc. Paris , 1765 12° Lettres d'un théologien at 11. P. A. de G. , où l'on examiru si les hérétiques sont excommuniés de droit divin, 13ruxelles, .1665 15° Instructions pour les do- mestiques, Paris, 1765 14° Sermons et Dis- cours ecclésiastiques , Paris, 1764 , 2 vol. 150 Abrégé du Dictionnaire des cas de conscience de J. Pontas, 1764 et 1770, 2 vol. 16° Traité des devoirs de la vie religieuse, Lyon, 1765, 2 vol. 17° Insiitutiones theologicoe, etc., Lyon, 1765 et année suiv., 7 vol. Il y a un abrégé de cet ouvrage, 1768, 4 vol. 180 De Deo ejusque divi- nis attribulis, Paris, 1768, 5 vol. 19° Vie de St. Jean de la Croix , premier carme déchaussé, Turin, 1769, 1 vol. 20° Méditations pour sri, vir aux retraites, Paris, 1769 21° Traité des exorcismes de l'Eglise, Paris, 1770 22° La Dévotion au sacré cœur de Jésus, établie el réduite en pratique, 1770 21° Instructions sur les devoirs des gens de la campagne, Paris, 1770, petit 24. Vie de Collette Boellet, et de Philippe, duchesse de Guelclres, Paris, 1771 25- Fie de la vénérable mère Victorine Fornari, de la mère Madeleine Lomellini Centurion, el d'Et. Centurion, Paris, 1771 — On doit encore à Collet la Bibliothèque d'un jeune ecclésiastique 8. ; des structions pour le saint temps du Jubilé, reimpriAêes en 1826 ; coin), lm Devoirs des écoliers , volume trèssouvent réimprimé sous ce titre : l'Eco- lier chrétien, ou Traité des devoirs d'un jeunelionune qui veut sanctifier ses éludes, Lille, 1818,1821, 1822, 1827 ; Avignon, 1822; Paris, 1822
  • Pierre COLLETTA( 1775) : historien, naquit à Naples. en 1775, d'une famille honorable, mais peu riche. Livré de bonne heure à l'étude, il lit de rapides progrès dans les mathématiques, et dans in, langue latine, par goitt et par prédilection pour Tacite, objet de sa plus vive et constante admiration. Entré en 1796, comme cadet, dans le corps d'artillerie de l'armée napolitaine, il lit avec beaucoup de distinction !a campagne de 1798, et devint (Acier. Emprisonné en 4799, par suite des événements politiques de cette époque, auxquels il avait participé, il ne recouvra la liberté qu'au moyen d'un certilicat de maladie delivré, sur les instances de ses parents, par un médecin complaisant. Eliminé des rangs de l'armée, i prit la détermination d'embrasser la carrière du génie civil, dans l'attente d'un avenir plus favorable à son ambition et à ses opinions po- litiques. Réintégré, en 1806, dans sou grade d'ofli- cier se rendit au siège de Gaëte et ensuite dans les Calabres, où il mérita par sa bravoure et par son talent les éloges du ministre Salicuti, qui attira sur lui l'attention de Murat. Appelé à Naples par ce dernier, on lui demanda son avis relativement à l'expédition projetée contre l'ile de Capri, occupée par les Anglais auxiliaires du roi de Sicile, et il parait qu'il s'acquitta de cette tache avec autant de talent que de succès. INominé lieutenantcolonel et officier d'ordonnance du roi, il tut bientôt après promu aux tonctions d'intendant de ia Calabre citérieure, distinction trop remarquable peut-ètre, mais qu'il •ustitia de la maniere la plus brillante, en préservant cette province, si agitée, des troubles que les émissaires de la cour de Sicile tentèrent à plusieurs reprises d'y exciter. A ppeié en 181-2 à la direction ( tes ponts et chaussées, avec le grade de général de brigade, il signala son passage à cette adniinistration par des plans d'amélioration largement conçus, et destinés a augmenter la prospérité ,Idustrielle et agricole de plusieurs provinces du ,iyaume de Naples. Nommé, eit 1815, directeur du 1;énie militaire, et, en ,18.14, conseiller d'État, il remplit avec autant de zele que de succès ces paisibles fonctions. Elevé, en 4815, au grade de major gênérai de l'armee, il déploya (tans les campagnes de -'ctte époque toutes les ressources de son esprit aussi actif qu'intelligent; et, apres la honteuse dispersion des troupes et la defection des chefs, il fut chargé par Murat de traiter avec le vainqueur qui s'avançait grands pas vers la capitale, et par la capitulation qu'il signa avec le général Carascosa, son collègue, il réussit à préserver, autant que possible, d'une mine totale l'ordre de choses établi par ies Fran-çais dans le royaume de Naples. Pendant les deux campagnes de 1814 et 1815, Colletta remplit nonseulement.les devoirs d'un miiitaire brave et expérimenté, mais le role d'un politique habile et prévoyant, comme l'attestent les 'dits que nous allons taconter. 11 tut averti par des propos échappés à des confidents de Murat que ce roi, mécontent de Napoléon depuis la campagne de Russie, vivement irrité contre le viceroi d'Italie dont 11 croyait avoir à se plaindre, sollicité enfin par quelquesuns de ses plus intimes initiés aux sectes politiques Cie l'Italie, ;sait pris la détermination (l'écouter les propositions des ennemis de Napoléon. Il était instruit qu'en 1812 Murat était convenu, par l'intermédiaire de Hubert . Jones, avec l'amiral Bentink, commandant les forces anglaises dans les parages de la Sicile, de déclarer la guerre à la France, de marcher avec son armée contre le royaume d'Italie, et de se faire proclamer roi de la péninsule. Il savait qu'en 1813 il avait prèté l'oreille à des propositions d'alliance avec l'Autriche ; qu'enlin en 1814, 1e11 janvier, il avait autorisé le marquis de Gallo à signer en son nom un traité par lequel le comte de Neipperg, envoyé de l'empereur d'Autriche, le reconnaissait pour roi de Naples, s'obligeait à le faire admettre dans l'alliance des monarques confédérés contre Napoléon, à obtenir du roi Ferdinand la cession de ses droits au trône de Naples, et à augmenter ses États de plusieurs possessions du pape. Colletta, consulté par Murat sur le parti à prendre dans cette grave circonstance, fut d'avis de rompre immédiatement avec la France et de se rapprocher de la SteAlliance. Cet avis, exprimé avec autant de franchise que d'énergie, hien que combattu par d'autres confidents de Murat, triompha complétenient des hésitations de ce dernier, qui l'adopta comme règle invariable de sa conduite. En conséquence le traité du 11 janvier, ratifié plus tard par une lettre autographe de L'Empereur, fut exécuté : l'armée napolitaine envahit les États du pape, et se porta sur le Pô, afin d'agir de concert avec Bellegarde, qui commandait les forces de l'Autriche. Il n'entre pas dans te plan de cet article de s'étendre sur les détails de cette campagne ; elle n'ajouta pas à ia gloire militaire de Murat, et nous pensons qu'elle nuisit considérablement à ses intéréts, et plus encore à la réputation de loyauté qu'il s'était acquise. Mais Colletta prétend, dans son His- toire de ! S'optes, que si Murat a était abstenu d'en- tretenir des intelligençes avec le viceroi, qui en donna connaissance à Bellegarde ; s'il n avait pas laissé échappé des propos imprudents sur l'indépendance de l'Italie ; s'il avait attaqué l'armée italofrançaise avec toutes ses tomes; s'il n'avait enfin hésité à suivre les conseils de ses confidents, et à se rendre aux instances de Bellegarde, dejà porté à soupçonner ses intentions, il aurait pu conserver sa couronne. En 1815, après le retour de Napoléon de l'île Gelletta fut un des premiers qui désapprouvèrent les relations qui s'étaient établies entre Murat et i?apoleon, contrairement au traité du 11 janvier, et il tâcha, mais en vain, de détourner Murat de la détermination insensée de rompre ouvertement avec les ailles, d'entrer en campagne avec son armée, et de prociamer, sans le moindre espoir de succès, l'indépendance de l'Italie. Cette expédition, qui se terinina_par ta capitulation de Casalanza, ajouta à la bot:gides délaites de t'armée napolitaine, coûta la couronne à Murat, ouvrit aux Bourbons le chemin du trône de Naples, et mit enfin le comble au désespoir des révolutionnaires napolitains Ma par FerdinandIV dans son grade de lieutenant général, Culletta continua de servir dans l'armée, et en 18-20, après la ré% olution de Pépé, il se char- gea de la mission de commandant en chef de l'expé- dition envoyée contre la Sicile, où il réussit à calmer dans l'espace de deux mois l'effervescence qui eu 75 avait troublé la tranquillité. De retour à Naples, il (lut se charger du portefeuille de la guette, qu'il garda jusqu'à l'entrée des Autrichiens. Arrèté comme complice de cette révolution, qui avait empiétement échoué, il fut prisonnier pendant trois mois au clià- eau StElme, et déporté ensuite à Braun en Mora- vie. Mais, après deux années de séjour dans cette ville, il obtint la permission de se rendre à Florence, où il mourut le 11 novembre 1855. Dans son exil, ColJetta avait repris les occupations de sa jeunesse, et, entraîné par son ardente imagination vers l'étude des grands historiens italiens, il réussit à se rendre maitre de la langue de ses modèles, et il a rappelé dans son Histoire de 1Vap1e8 quelquesunes de leurs plus ‘brillantes qualités. Cet ouvrage, fruit de ses études et (le son expérience, fui achevé peu de temps avant sa mort. Il contient, en 10 livres, l'histoire du royaume de Naples depuis 1754 jusqu'à 1825. C'est une continuation de la grande histoire de ce royaume, de Piétro Giannone, qui est de beaucoup supérieur à Colletta. Celuici se distingue par la vigueur la concision du style, par la richesse des laits, par les aperçus historiques aussi justes qu'ingénieux. Mais, ees qualités essentielles, on peut opposer des défauts graves; c'est d'abord d'avoir souvent sacrilié l'harmonie de la langue à une excessive concision, et, ce (Jul est pis encore, la vérité des laits aux opinions de son parti. On cherche en vain, dans son ouvrage, des vues historiques d'une grande portée, des considérations sur les causes premières des événements. On sliabitue enfin difficilement au ton sec, absolu et tranchant qui y règne d'un bout à l'autre, et qui rappelle la prolession de l'historien bien plus que les grands modèles qu'il avait sous ies yeux. La première édition parut à Lugano, en 1854, 4 vol. et lut réimprimée A Paris, 1855, 2 voi. On en a imprimé aussi à Paris une traduction française, 1856, 4 vol. En 18;20, Cofletta avait publié deux brochures en faveur de la révolu- tion de cette époque ; mais ces productions sont aujourd'hui sans intéret et méritent à peine d'ètre mentionnées
  • Pierre COLLINSON( 1693) : botaniste distingué, d'une ancienne famille du comté de Westmoreland, naquit Je 14 janvier 1695,a HugalBail, propriété de son père située 'près du lac Wiudermere. Il montra dès son enfance un goût trèsprononcé pour l'histoire naturelle, et commença encore fort jeune à nier une une collection de spécimens de toutes sortes de plantes sèches. On lui . Collinson a rendu de trèsgrands services aux sciences, particulièrement à la botanique, à l'art de cultiver les plantes étrangères et à l'histoire naturelle. On lui doit l'introduction en Europe et la naturalisation d'un grand nom ) Des écrivains anglais disent cependant que ce fut Franklin qui communiqua ses premiers essais sur l'électritité à Collinson, dans une série de lettres qui ont été publiées à peu près à la même épo—que, et qui ont été réimprimées dans une dernière édition des ouvrages de ce savant Américain, D—z—s. bre de plantes. C'est dans ses jardins, situés quel- I (lues milles de Londres, qu'il les faisait cultiver avec un soin particulier et par des procédés incon- nus jusqu'alors. 11 était parvenu à perpétuer chez lui les végétaux les plus délicats, ceux même qui semblaient se refuser à orner les jardins et ne pouvoir souffrir aucune sorte de culture. Son jardin contenait une collection d'orchis la plus nombreuse que l'on eût encore vue. Philanthrope éclairé, vrai bienfaiteur de l'humanité, il s'occupa avec un zèle infatigable de la transplantation des végétaux utiles, de l'Amérique en Europe, et de ceux de notre continent dans le nouveau monde. C'est par ses conseils que la vigne fut cultivée en Virginie, et que l'on forma une bibliothèque à Philadelphie. Collinson a donné quelques mémoires à la société royale, dont il était membre; il y en a un sur les » Émigrations des troupeaux, de la plaine vers les montagnes et des montagnes dans la plaine. On en trouve aussi qui ont été publiés dans le Gentleman's Magazine. En reconnaissance de son zèle pour la connaissance et la propagation des plantes de l'Amérique en Europe, Linné, qui avait contracté une amitié intime avec Collinson pendant le séjour qu', lit en Angleterre, a donné le nom de Collinsonia un genre de plantes qui fait partie de la famille ch labiées. Collinson avait aussi étudié avec succès les antiquités de l'Angleterre, et avait été élu, le 7 avril 1757, membre de la société F. S. A., à laquelle il a fourni des articles curieux sur les antiquités de sa I patrie et sur celles des autres contrées. Ce fut en allant rendre visite à lord Petre, pour lequel il avait beaucoup d'estime, qu'il fut saisi d'une rétention d'urine dont il mourut, le 11 août 1768. Il avait épousé une fille de Michel Russell, dont il a laissé un fils et une fille. Plusieurs écrivains anglais ont publié son éloge : on peut le lire dans la Biographia Britannica, volume 4 de l'édition de 1782, et à la suite des Mémoires sur le docteur Folhergill, par M. Lettsom, qui donne un catalogue des divers écrits de Collinson. On peut consulter aussi un écrit du docteur Fothergill et de Michel Collinson,neveu Pierre, intitulé : Some account of the tate Peter Col- linson, 1770 et le vol. 82 du Gentleman's COLLINSON, ecclésiastique anglais, membre de la société des arts, mort aux bains de Hothwells, le 27 août 1793, a publié en anglais : Histoire et antiquité du comté de Sommerset, d'après les mémoires d'Edmond Rack, Bath, 1791, 3 vol. ornés de 42 planches. D—P—s et D—z—s.
  • Pierre COCQUAULT : chanoine et official de l'église de Reims, sa patrie, docteur en droit et conseiller au présidial de la même ville, mort en 1615. C'était un homme d'esprit et de mérite, qui fut toujours consulté et employé dans les affaires qui demandaient de la capacité. 11 a fait le dépouillement du cartulaire de son église, et a recueilli une grande quantité d'extraits pour une histoire ecclésiastique et civile de Reims. Ces manuscrits, conservés dans la bibliothèque de la ville, consistent en 5 vol. et I Ce travail explique le refus que le chapitre lit dans le temps, à André Duchesne, de lui ouvrir son cartulaire, comme il a été déjà dit à l'article BEI1GIER . Cocquault s'appuie sur les chartes et sur les chroniques anciennes, véritables sources de l'histoire. Les derniers volumes sont meilleurs que les premiers, parce qu'ils tiennent à des temps plus connus et plus rapprochés; malheureusement ils sont écrits d'une manière trèsdifficile à déchiffrer. On a publié, après la mort de l'auteur, la table chronologique de cette histoire, Reims, 1650 composée par luimème. 11 y observe le inérne ordre qu'il a suivi dans son grand ouvrage. Corquault a laissé encore quelques autres manuscrits qui ont perdu tout leur luter& C
  • Pierre CHAUVIN : médecin, qni exerçait son art à Lyon, à la lin du 16e siècle et au commeneement du 17e, fut agrégé au collége de sa ville natale, et nominé médecin du roi. On lui doit : 1° une édition estimée des œuvres de Michel Ettniiiller : Michaelis Ettaitilleri, phil. et med., doct., operum omnium me- dieo- physicoruin editio novissima, etc., Lyon, 1690, 2 vol. Lettre adressée à madame de Sé710Z(1/1 sur la baguette divinatoire de Jacques AimaiVeinai, Lyon, 1693
  • Pierre CIEZA ou CIEÇA DE LEON( 1500) : né à 'lir au commencement du 16' sièrle, n'était à lue de treize ans lorsqu'il s'embarqua pour les ei laides occidentales. 11 sui vit la carrière des armes sous Pizarre, et passa dixsept ans dans le Pérou. De re- tour en Espagne, il lit imprimer la première partie de sa Chroniea del Peru, Séville, 1553, in.fol.; Anvers, 1554 avec des gravures, et 1560, Cieza de Léon, dans cet ouvrage estimé, donne une description des provinces et des villes, des moeurs et des coutumes des Indiens, etc. Cette chronique devait élise composée de quatre parties : la première a seule été publiée. L'auteur nous apprend luimème qu'il la commença dans la province de Popayan, en 15,1, et qu'il la termina dans la ville de Lima, en 1550, étant alors àgé de trentedeux ans. La chronique du Pérou a été traduite en italien par Augustin di Gravaliz, Rouie, 1555 et Venise, 1557, 2 vol
  • Pierre CLARE : CURE , chirurgien anglais, mort en 1784, s'est fait connaître par une nouvelle méthode de traiter les maladies vénériennes. Elle consiste à faire des frictions sur la partie interne des joues et des gencives avec du calomel. Cette méthode a en beaucoup de vogue à la fin du dernier sièrle. Elle a • été adaptée à quelques autres médicaments. Claie lit connaître pour la première fois en 1779, dans un ouvrage qui a eu plusieurs éditions. Il est encore auteur de quelques autres écrits, qui ont tous été traduits en français avec le titre suivant : Méthode nouvelle et facile de guérir la maladie vénérienne, suivie : fo d'un Traité pratique de la gonorrhée; 2" d'observations sur les abcès et sur la chirurgie générale et médicale ; 3° d'une lettre à M. Ruchait, sur l'inoculation, sur la petite vérole et sur les abcès varioleux, Londres et Paris, 1785
  • Pierre CLÉMENT( 1590 - 1663) : né à Langres, vers 1590, entra comme chanoine régulier au monastère de StGeosmes, et en devint prieur claustral en 1619. Ce savant religieux passait les jours et les nuits à travailler, et l'on disait de lui qu'il usait plus d'huile Glue de vin. Prédicateur d'un grand talent, doué d'une mémoire extraordinaire et de beaucoup d'esprit, sa conversation était des plus intéressantes et des plus instructives. Peu d'hommes ont eu une connaissance aussi parfaite des langues anciennes ; il savait si bien le grec et l'hébreu, qu'il écrivait dans l'une ou l'autre de ces langues ce qu'on lui dictait en français ou en latin, et il traduisit de cette manière la philosophie en grec et la théologie en hébreu. Pierre Clément passa les dernières années de sa vie dans le retraite la plus sévère, et mourut le 15 mars 1665, dans un âge avancé. On a de lui : 1° Histoire du martyre des trois saints Gémeaux, Langres, '1647 ; '2° Curiosités sacrées, ou Examen de dilférents passages de l'Écriture sainte, Langres, 1651, i ; 5.. Le Jour et la Nuit de l'homme fidèle, Langres ll a laissé en manuscrit les ouvrages suivants : 1° un volume de Curiosités sacrée's; 2° le Seul Désir de l'homme de bien ; 5° l'Aveuglement volontaire; 4° Discours sur le bon et le mauvais usage du temps
  • Pierre CHINIAC DE LA BASTIDE DUCLAUX( 1741) : né à Alassac, petite ville du Limou- sin, le '5 mai 1741, s'était d'abord destiné à l'état ecclésiastique, qu'il quitta bientôt pour suivre la carrière du barreau. 11 étudiait en droit, lorsqu'il publia le Discours de l'abbé Fleury sur les libertés de l'Église gallicane avec tin commentaire par /11/. l'abbé de C. de L., au delà des monts, à l'enseigne de la Vérité , 1765 Ce commentaire est plein 'oy. BALuzE.) Parmi les additions que Chiniac y lit, On trouve le traité de Deroyc, de Jllissis dominicis. Chiniac publia à part, en français, la préface , Vienne , 5 vol. cet ouvrage essuya des critiques que l'auteur ne laissa pas sans réponse. On lui doit encore : 1. Liebrose, ou l' Épreuve de la vertu ; histoire scythe, trad. de l'allemand, Bouillon et Paris, 1770, iu-12 ; Réflexions importantes et apologétiques sur le commentaire sur les libertés de l'Église gallicane, Paris, 1766 ; Dissertation canonique et historique sur l'autorité du saint- siège et les décrets qu'on lui attribue, 1779 4° Réponse à quelques observations sur le , Traité de l'autoité du pape , 1785 5° Essai de philosophie morale, Paris, •802, 5 vol. Quelques bibliographes lui attribuent encore one Dissertation sur la prééminence de l'épiscopat 11- et sur la prêtrise , et les deux ouvrages suivants, dont ils ne donnent pas la date : Observations sur un ouvrage intitulé : Cas de conscience concernant la réforme des réguliers; et Dissertation où l'on établit que le roi a la puissance souveraine d'intoduire dans les cloîtres telle réforme que sa sagesse juge utile au bien de ses Etats et de la religion. Quant à la traduction française du Traité du pouvoir des évêques, composé en latin par Antoine Pereira, selon Barbier, elle n'est point de Chiniac, mais bien de Pinault, éditeur des Lois ecclésiastiques de France. Chiniac de la Bastide avait été, dans l'ancien régime, lieutenant général de la maréchaussée d'Uzerche. Il occupa des places de judicature pendant la révolution, notamment celle de président du tribunal criminel de la Seine, en 1796, et il s'y lit remarquer par un esprit d'équité et de modération rare dans ces tempslà. 11 est mort dans les premières années du 19" siècle
  • Pierre CHIRAC( 1650) : naquit en 1650, à Conques, petite ville du Rouergue. Ses parents, peu fortunés, le destinèrent à l'état ecclésiastique. Après avoir fait ses humanités à Rhodez , il se rendit en 1678 à Montpellier pour y étudier la théologie. Placé chez un pharmacien en qualité de précepteur, il y puisa le goût de la médecine , et ne tarda pas à s'y dist; nguer parmi les élèves de l'université. Michel Chicoyneau, qui en était chancelier, lui confia l'éducation de ses enfants. Extrêmement laborieux et très- assidu aux leçons publiques des professeurs, Chirac fut bientôt en état d'en donner luiméme de particulières. Revêtu du doctorat en 1685 , il obtint en 1687 une chaire qu'il remplit avec autant de zèle que de succès. Nommé en 1692 médecin sur la structure des cheveux el des poils, Montpellier, 1688 L'auteur compare la racine de ces .blets délicats à celle des plantes bulbeuses, indique leur mode de nutrLion, d'accroissement, et les altérations qu'ils éprouvent dans cette singulière maladie , connue sous le nom de plique polonaise. Placide Soracie jeune médecin italien, fit imprimer une réponse dans laquelle il réclame la priorité de la découverte que s'était attribuée. Chirac. 2' On doit encore lui reprocher son injuste mépris pour Hippocrate et Galien
  • Pierre CHIRINOS( 1556 - 1634) : jésuite espagnol , né à Ossuna , passa une grande partie de sa vie clans les îles Philippines, et mourut à Manille, en 16:il, âgé de 78 ans, Dans un de ses voyages à Rouie , il lit imprimer une relation des travaux des missionnaires de son ordre dans les Philippines : Relacion - de ruipinas , y lo que en calas a hecho la compaitia de J. H. S., Home, 1604 — Jean Cm RiNos, religieux trinitaire de Grenade, conseiller juge (le la lui dans cette ville et dans celle de Cordoue, lit imprimer, en espagnol, un Abrégé historique des persécutions que l'Eglise a souffertes depuis sort origine, Grenade, 1595 — Ferdinand CEIIRINOS DE SALAZAR, .jésuite, né à Cuença, prolessa turc sainte à Alcala de Henares, obtint la confiance du due d'OlivWs, rut prédicateur de Philippe IV, t et mourut en 1640. Son commentaire latin sur les Proverbes de Salomon fut imprimé à Paris en 1619 Sa défense Pro i? maeulata deiparoe Virginis Conceplione a eu quatre éditions, Alcala, .1618 ; Paris, 1625; Cologne, 1621 et 1622
  • Pierre CHOMPRÉ( 1698 - 1760) : né à Narci, près de ChitlonssurMarne, en 1698, mort à Paris, le 18 juillet 1760, à 62 ans, tint dans la capitale une pension que son zèle et sa capacité rendirent nombreuse et florissante. Les principaux écrits de cet estimable instituteur, tous inspirés par le désir d'ètre utile à la jeunesse, sont : 1° Dictionnaire abrégé de la Fable, pour l'intelligence des poètes, des tableaux, etc., Paris, 1727, petit Cet ouvrage a été réimprimé trèssouvent. Nous citerons parmi les meilleures éditions : celle donnée par E. M. Chompré, avec un supplément, Bàle, 1770 ; celle que A.L. Millin a corrigée et considérablement augmentée , Paris, •801, 2 parties enfin celle qui a pour titre : Petit Dictionnaire historique de la fable, Paris, •1819 1ig., et celle d'Herlian, ibid., minprim. stéréotype, 1812 , toutes deux moins complètes que les précédentes. 2° Vie de Brutus, premier consul de Rome, 1750 3° Vie de Callisthène , philosophe, 1750 Ces deux biographies , d'un style négligé , eurent peu , 7 vol. ; ibid. , 1771 , même format. Ce sont des morceaux choisis dans les anciens auteurs latins en prose et en vers, dans le genre de la compilation de l'abbé Batteux ; chaque extrait, dont le texte original a été scrupuleusement conféré, est accompagné d'un vocabulaire, et se vend séparément. L'auteur en a donné une version sous ce titre : 5° Traduction des modèles de latinité, tirés des meilleurs écrivains, Paris, 1771, ibid. , 1778, 7 vol. Cette. traduction parut en général avoir le mérite de l'exactitude, mais le style en est illégal, et on lui reproche de manquer trop souvent de correction et d'élégance. 6° Vocabulaire universel latin français, Paris, 1754 Ce lexique aurait été plus utile , si l'auteur eût justifié par des citations les mots dont la latinité parait douteuse. 7° Dictionnaire abrégé de la Bible , pour la connaissance des tableaux historiques tirés de la Bible et de Flavius Josèphe , Paris , 1745 ; ibid. , 1806 et in -12, édition revue et augmentée par Petitot. Cet ouvrage est encore bien loin d'être complet. . L'étymologie est entièrement négligée et les noms propres trop souvent écrits d'une manière inexacte. 8° Moyens stirs d'apprendre les langues et principalement la latine, Paris, 1757 9° Introduction à la langue latine par la voie de ta traduction, Paris, 1757 ; fle édition, ibid., 1789, même format. 10° Introduction à l'élude de la langue grecque, Paris, 1758 11° Essai de feuilles élémentaires, pour apprendre le latin sans grammaire ni dictionnaire, Paris, 1768, C1-1011P4d, frère et non fils du précédent, né à Paris en 171tt, mort 17. '4, fut également maitre de pension. On a de lui : Apotoyues , ou Réflexions morales sur les attributs de la fable, supplément au Dictionnaire de son frère , Paris , 1764, 1766 , rare et curieux ; Recueil de Fables , 1779 ; 5° Table des matières de l'Histoire des voyages de l'abbé Prévost. Paris, 1761 Il a aussi fourni au Cours d'études pour l'Ecole militaire de l'abbé [laiteux une Petite Grammaire française, latine et grecque, et donné la 2e édition du Selecla (( rani sermonis, etc., de son frère
  • Pierre CHRÉTIEN( 1500 - 1604) : né à Poligny, en Franc?eComté, dans le •6e siècle, fut principal du collége de cette ville jusqu'en 1580 ; il dotlea alors sa démission, et entra au conseil de la ville. Il mourut en 1604. On a de lui un ouvrage intitulé : Lucanici Centones, cx Pharsalia libris desumpti, in quitus facies belloru? n apud Belgas gestoruin reproesentatur, Besançon , 1588 Bruxelles, 1:;90 Ce petit écrit est devenu rare ; c'est un tableau assez fidèle des troubles qui agitai - Nicolas CHRÉTIEN, sieur des Croix, fut aussi un poète médiocre du mème temps. Né à Argentan, en Normandie, il écrivit pour le théàtre, et lit représenter, en 1608, le Ravissement de Céphale, pièce à machines, qu'il avait traduite de l'italien. Il donna ensuite successivement : les Portugais inloriunés, tragédie ; Amnon a Thamar, tragédie ; A/ boin, ou la Vengeance, tragédie déjà publiée eu 1605, sous le titre de Rosémonde, et les Amantes, ou. la Grande Pastorale. Toutes ces pièces sont eu 5 actes, avec des intermèdes ou des choeurs. Elles furent imprimées à Rouen, de 1608 à 1613, et le recueil en est rare et recherché par les curieux qui veulent connaître la marche de l'art dramatique en France. On a encore de lui les Royales Ombres , llouen,1611
  • Pierre CIRUELO( 1400 - 1580) : né dans le 15' siècle, à Daroca , dans l'Aragon , fut nommé, par le cardinal Ximenès, professeur de théologie et de philosophie à l'université d'Alcala, nouvellement fondée, et acquit dans l'exercice de cet emploi une réputation très-étendue. Il prononça, en 1517, l'oraison funèbre de ce cardinal,et il [tani• des instituteurs de Philippe II. Ciruelo obtint; en récompense de ses services, un canonicat à la cathédrale de Salamanque, et mourut en cette ville vers 1580, âgé de plus de 80 ans. Ses prin. cipaux ouvrages sont : Pune édition du traité de Brad. wardi n, de Arithmrticoe Practica speculativa, 1495 2° Liber arithmelicoe qui dicitur Algorithmus, 1495 goth. Il publia ces deux ouvrages à Paris, où il fut iseçu docteur. 5° Cursus quatuor mathematicarton artium liberalium, Alcala, 1516 est l'éditeur de ce recueil, qui contient deux petits traités de mathématiques de Boéce, les Éténteuts de géotnétrie d'Euclide, et la perspective d'Alhazen : il a ajouté des notes à ces différents ouvrages. positio librimissalis peregregia; addita sunt demie prœdicandi, de mye menwranrli, et de correct ione kalendarii, Aleala, 1528 , ouvrage d'une grande érudition Dans son traité de la mémoire, Ciruelo avertit qu'on ne doit se servir que modérément des règles qu'il donne, attendu qu'on ne peut obtenir par leur moyen une grande mémoire qu'aux dépens du jugement et de l'imagination , exemple 50 Quœstiones paradomv 10, etc., Salamanque, 1558 I I y traite des dictions grammaticales, de la raréfaction des corps, du paradis terrestre, dela cabale, etc. 6° Apotolesmata Astrologiœ humanœ, hoc est de matationibus temporum, Aleala, 1521, livre estimé des compatriotes de l'auteur. André Schou dit qu'il y répond aux arguments de Pie de la [girandole, contre les astrologues. 7° Ilexameron theolog al sobre cl regimento medicinal contra pestilen- cia, Alcala, 1519 V—VE et W—s.
  • Pierre CLAVER : missionnaire catalan, prit l'habit de jésuite à Tarragone, en 1602, fut envoyé en 1610 aux Indes occidentales pour y prêcher la foi, et, arrivé à Carthagène, se voua au service des nègres avec une telle ardeur, qu'on l'eût pris pour l'esclave des esclaves, occupé nuit et jour à les con- soler, à les soulager dans leurs maux spirituels et corporels. Il exerça avec un zèle également louable la charité. chrétienne envers les pauvres et les prisonniers jusqu'à sa mort, arrivée le 8 septembre 1654. Un décret de Benoit XIV, du 4 septembre 1747, déclare que ce serviteur de Dieu a possédé « les vertus théologales et cardinales dans un degré « héroïque. » Sa vie a d'abord été donnée en espagnol et en italien, et depuis en français par le P. Fleuriau, Paris, 1751
  • Pierre CLÉMENT( 1707 - 1767) : né à Genève, en janvier '1707, donna, dès sa première jeunesse, des lm rques de son esprit, et fut reçu ministre dans cette ville. f vint à Paris , prêcha avec succès dans les chapelles particulières des ambassadeurs; mais, ayant publié une pièce de théâtre , il fut remercié par le consistoire de Genève, et obligé de quitter le ministère. Ce fut alors qu'il se livra à son goiit pour les kqtres, sans néanmoins abandonner l'étude de la théologie et du droit naturel. [lavait appris. presque au sortir de l'enfance, l'hébreu, le grec et le latin. Après avoir fait une étude profonde de la littérature française, il voulut connaitre la littérature étrangère, et il y par vint. Milord Waldegrave lui proposa de se charger de l'éducation de ses enfants; il accepta , et cette liaison avec le père de ses élèves lui donna la connaissance des Anglais qui cultivaient le plus les belleslet tres.11 publia d'abord, sous le pseudonyme de Vincent, les Frimaçons, hyperdramc en 1 acte et en prose, Londres, 1740 Clément commença en 1748 ses Aouvelles littéraires de France , et les donna feuille à feuille. Pendant cinq années, il ne parut rien d'agréable , de nouveau , d'intéressant dans les lettres, les sciences et les arts, dont il ne rendit compte avec discernement et franchise, aucun égard pour le mérite connu des auteurs ne lui faisant trahir sa pensée sur leurs nouvelles productions. « La liberté a ses bornes, disaitil, je les conc< nais parfaitement, ie consens à la perdre si je les « passe ; mais, doublement républicain, né à Genève « et dans les lettres, je ne veux point tenir ma pen« sée dans une prison perpétuelle. » Ses lettres sont écrites avec chaleur et rapidité, ses jugements sont courts , mais justes , précis et lumineux. On les a réimprimées en 4 vol., sous ce titre : les Cinq Années littéraires, ou Lettres sur les ouvrages de littérature, la Baye, 1754, 2 vol. ; Berlin, 1755, 4 vol. Clément n'avait que vingtdeux ans, lorsque, frappé de la tragédie de Mérope du marquis Maffei, il résolut d'accommoder ce sujet au tl?éàtre. Le marquis Maffei étant venu à Paris cri •755, il lui demanda son avis. Maffei parut souhaiter qu'il se bornât à une simple traduction en vers, il lui apprit même le dessein de Voltaire; mais Clément ne suivit pas le conseil du marquis. Lorsqu'il eut achevé sa pièce, en 5 actes et en vers , il la lut aux comédiens, qui exigèrent des changements. Ce travail tut long. Voltaire présenta la sienne, qui eut le succès le plus décidé , et lorsque Clément repôrta sa tragédie avec les changements, les comédiens n'en voulurent point , à cause de sa ressemblance avec celle qu'ils avaient déjà. Clément lit imprimer sa pièce , et dans le compte qu'il en rendit, mit la tragédie de son rival bien audessus de la sienne , qu'il critiqua aussi impitoyablement que si un autre l'eût faite. Cependant il y a lieu de croire que si la Mérope de Voltaire n'eût point paru, celle de Clément aurait eu du succès. Outre cette tragédie et le Marchand de Londres, tragédie bourgeoise en 5 actes et en prose, Paris, •748,1751 traduit de l'anglais de Lillo , il a imité de l'anglais une comédie qu'il intitula la Double Métamorphose, et dont le titre original est The dcvil to pay . Cette pièce , traduite en français par Pain, est le modèle du Diable à quatre de Sédaine. Clément vivait heureux , lorsqu'à la fleur de soir âge , son esprit se dérangea. 11 passa douze années entières sans sortir de son lit, se croyant malade, et n'ayant réellement d'antre maladie qu'une imagination vivement affectée. Par une bizarrerie singulière, après un ternie aussi long, une tragédie qui attirait beaucoup de monde au tliéàtre, et dont il entendit parler, le lit sortir de sa léthargie. Il se fait transporter dès le lendemain à l'amphithéâtre de la comédie , écoute la pièce, en fait la critique la plus s. malgré le stiee.ès prodigieux de ee draine, que la piece ut: serait plus joue" si trier qui la faisait valoir abandonnait le tlit-àtre , et l'êtenement a justifie tette predietion. Ciment se soutint pendant quelques jeun dans cet état dr sante apparente; d trasaillait s augmenter ses Nourri'', littéraires d'un 5' volume ; nuits son esprit se dérangea eneore ; il pria son frere de le faire transporter à Charenton. Il y faisait des vers, et , dans k petit leCiics1 qui en fut donné sous k titre de l'ièces pas- I hum, s de l'auteur des cinq Années littéraires, Amsterdam , 4766 il tien uvule qui ne se ressentent point des lieux où était le poéte. 11 dtiiira de revenir encore chez son frère, qui, se prt%mt toujours à se* désirs , alla le chercher luinetne; nuns , peu de temps mires , il tomba dans l'état plus ?ieplorable, et mourut le 7 jans ier 17(17, àgé de GU ans. Un doit encore à Pierre Clément les deux ouvrages suivants, publiés sans nom d'auteur : les Sollists du temps, ou Mémoires pour serrer à l'histoire générale a particulière du genre humain , la lllaye , 1754 , 2 vol. iti-8.; et : Lettres criliques sur divers sujets de littérature, ou Aourelles critiques el amusantes , Anasteritani , 171;1, 2 vol
  • Pierre CLÉRIC( 1662 - 1740) : littérateur, né à Béziers, en î 662, entra chez les jcsuites, pressa les humanités dans divers colléges , et la rhétorique à Toulouse pendant vingtdeux 'ans, avec une grande réputation. Il remporta huit prix tic poésie aux Jeuxtlo- Yaux. Lors de la querelle sur les anciens et les mo- dernes, il se déclara pour ceuxci dans une épître à la Noue, qui est imprimée. Le P. Clérie avait de l'itnagination , une grande vivacité d'esprit et des saillies heureuses; mais il soignait peu ses ouvrages, auxquels on reproche le défaut de correction. 11 comptait au nombre de ses amis le célèbre P. Vanière , qui l'a cité d'une manière honorable dans le 1" livre du Prœdium il1Sikt1171, ainsi que dans ses meula, où l'on trouve, p. 171, des vers au P. Cléric sur le nouvel an. Il eut le bonheur assez rare de conserver toute la fraîcheur et la gràce de son esprit jusque dans un âge trèsavancé. Titon du Tillet, passant à Toulouse in 1736, alla visiter le P. Clérie , dont la verve se ranima pour célébrer l'auteur du Parnasse français. A son départ , il lui remit une pièce de cent cinquante vers pleins de cette chaleur qui n'est ordinaire qu'à la jeunesse. 11 mourut le 16 mars 1740. Outre des vers dans le Recueil des Jeux floraux, dans le Mercure et dans le Parnasse chrétien, 1750 il a laissé plusieurs ouvrages manuscrits une oraison funèbre du duc de Bourgogne, en latin ; des vers latins sur les bustes des illustres Toulousains , exécutés par Arcis , habile sculpteur ; des imitations en vers fiançais de rElectre de Sophocle et de rAndrienne de Terence, et une comédie intitulée : les Embarras de l'homme de lettres. 11 avait entrepris un Gradus français sur le plan du Dictio- narium poeticum de Vanière, et l'on trouva dans ses papiers des matériaux pour le continuer
  • Pierre CLERJON( 1800) : naquit à Vienne, en Dauphiné, au mois de mars 1800, de parents qui jouissaient d'une modeste aisance. De rapides et brillants succès lui obtinrent une bourse au lycée de Grenoble. Un piètre du collége s'attacha le jeune Clerjon, espérant lui faire embrasser l'état ecclésiastique. Le docteur Biton le détourna de la théologie et l'engagea à étudier la médecine. Clerjon commença son cours à Lyon, et le termina à Paris à l'àge de vingtdeux ans. Les travaux auxquels il se livrait avec peu de ménagement lui causèrent une maladie qui le mit aux portes du tombeau ; les médecinel'envoyêrent alors à Montpellier, dans l'espoir que la douceur
  • Pierre COURCIER( 1604 - 1692) : né à Troyes en 1604, jésuite en 1621, fut successivement professeur de mathématiques et de théologie, recteur de plusieurs colléges et du noviciat de Nancy, provincial de Champagne, et mourut à Auxerre, le 5 mai 1692. On a de lui : Astronomia practica, Nancy, 1653 Supplementum sphœrometrioe, PontàMdusson, 1675 3° Negotium sceculorum Maria, sine renon ad matrem Dei spectantium, chronologica epitome ab anno mundi primo ad ahnum Christi 1660, Dijon, 1662 Dans cet ouvrage singulier, l'auteur a recueilli avec un travail prodigieux tout ce qui peut avoir quelque rapport à la sainte Vierge; l'histoire de ses fêtes, de ses miracles, des églises consacrées en son honneur; le dénombrement des papes, des évêques, des souverains, en général de tontes les personnes qui se sont distinguées par leur dévotion envers la mère de Dieu. Les faits apocryphes et superstitieux s'y trouvent mêlés sans beaucoup de discernement 'avec ceux qui portent un caractère de vérité
  • Pierre CONSTANT( 1560) : docteur en droit, avocat et empestent. à Langres, naquit dans cette ville eu 150. La Croix du Maine dit de lui qu'il était «homme « docte et gentil poète français. Il publia à l'âge de vingtdeux ans un poème sur les abeilles, qui est de tous ses ouvrages le plus connu et le plus estimé ; ce poème, qui commence ainsi : Je chante l'union, l'état, aussi les moeurs De ces peuples ailés, etc. a pour titre la République des Abeilles, Paris, 1582 Il en publia une seconde édition intitulée : les Abeilles et leur état royal, Paris, 1600 Constant est aussi auteur des ouvrages suivants : 1° le grand Echec sur l'entrée de M. de Blerencour, gouverneur de Langres, Langres, 1605 Constant était partisan zélé de Henri IV, et la plupart de ses ouvrages étaient destinés à combattre les ennemis de ce prince. Ce poète habitait Dijon en 1595. On ignore l'époque de sa mort
  • Pierre CURTI( 1711 - 1762) : né à Rome en 1711, entra fart jeune dans la société de Jésus, où il s'adonna particulièrement à l'étude de la langue hébraïque, dont il devint professeur dans le collége romain. Il publia sur divers points de l'Écriture sainte, les plus difficiles à comprendre de lumineuses disser- tations qui supposent la plus parfaite intelligence de l'hébreu. La plus curieuse de toutes paraît être celle qui a pour objet cette rétrogradation du so- leil, dant il est fait mention au verset 8, du ch. XXXVIII d'Isaïe, où il est dit que, pour confirmer la vérité de la promesse faite par le prophète à Ezéchias, le soleil rétrograda de dix degrés sur le cadran d'Achaz. La conclusion de l'auteur est que le miracle consista en ce que ce jour fut plus long qu'il ne devait être, mais seulement de trois heures environ, et que cette rétrogradation du soleil eut lieu à trois heures après midi. Curti se fit d'ailleurs connaître pour un des plus subtils et des plus profonds métaphysiciens de son temps. 11 alliait à ses talents la plus édifiante piété, et la pratique de toutes les vertus. 11 mourut dans le collége où il était professeur, le 4 avril 1762. Ses principales dissertations sont : 1° Christus sacer- dos, Rome, 1751; 2° Sol stans : dissert. ad Josue cap. x, Rome, 1754; 3° Sol retrogradus : dissert. ad y. 8, cap. xxxvni, Isaioe, Rome, 1756
  • Pierre CRIGNON( 1400) : poète français, né à Dieppe vers la fin du 15e siècle, remporta plusieurs prix de poésie au Puy de la Conception de Rouen, et ses vers ont été imprimés dans les recueils de cette Académie. il était ami de Jean Parmentier, autre poète, son compatriote, et il l'accompagna en 1530, dans un voyage aux Indes orientales. Parmentier fut atteint, à Sumatra, d'une fièvre chaude dont il mourut; son frère Raoul, qui l'avait suivi, ne gui survécut quepeu de jours.1De retour à Dieppe, Crignon rassembla les vers de Parmentier, et les fit imprimer à Paris, en 1531 avec un Prologue contenant l'éloge des deux frères, et un poème intitulé : Célébration sur la mort de Raoul et Jean Parmentier. Dans un manuscrit daté de 1534, Crignon parle de la déclinaison de l'aiguille aimantée, et G. Delisle citait cette observation comme la plus ancienne qui fût connue : mals il parait que ce phénomène était connu dès 1492 . W—s-
  • Pierre CORET : d'Ath dans le Bainaut, fut d'abord curé de StCrespin, puis de No eDame de Tournay, et enfin chanoine de cette ville, où il mourut en 1602. On a de lui deux ouvrages ; le premier, dans lequel il se propose de réfuter les principes religieux avancés par Lanoue dans ses Discours po- litiques, est intitulé : Defensio veritatis • Anvers, 1591 Le second, dirigé contre la République de Bodin, a pour titre : Anii- Politicus, Douai, 4599 — Jacques CORET, jésuite, mort à Liége en 1721, est auteur d'une Vie d'Anne de Beauvais, Lille, 1667 et de quelques ouvrages ascétiques qui n'ont de rtmarquable que la singularité de leurs titres; ce sont : te Journal des Anges; la Maison de l'Eternité; le Cinquième Ange de l'Apoca- lypse, etc. — Christophe GORET Y PERIS, prètre, professeur de belleslettres à l'université de Valence, est, au rapport de Mayans, l'un des meilleurs grammairiens que l'Espagne ait produits. Il était né à Alboraya, et Mourut vers 1760, dans un âge avancé. On a de lui : 4° une édition des commentaires de Léonard Mijavila sur la grammaire de Torrella, Valence, 1712 l'éditeur l'a enrichie d'additions trèsimportantes ; 2° une traduction en espag.,nol des Dialogues de Vivès, Valence, 1725 et 1749 ; 3° des remarques sur la grammaire cleTorrella : Noehesi Dias feriadas sobre la Sintazis del maestro Torrella, Valence, 1750
  • Pierre CORNEILLE( 1606) : le créateur de l'art dra- mitique en France, l'un des hommes qui ont le plus contribué au développement du génie national, et le premier dans l'ordre des temps entre les granula écrivains du siècle de Louis XIV. Né à Rouen, le 6 juin 1606, d'un avocat général à la table de marbre de Normandie, nommé aussi Pierre Corneille, et de Marthe le Pesant, fille d'un maitre des comptes, il se destinait au barreau, et y avait paru sans succès, lorsqu'un événement de société s,tubla lui révéler son talent. « Un jeune homme, dit Fontenelle, ,, injuie un de ses amis chez une demoiselle dont il « était amoureux. Le nouveau venu s'établit sur les « roides de son introducteur. Le plaisir que lui « cause cette aventure le rend poêle ; il en fait une « comédie. » Cette comédie était Mélite, jouée en 1629. Clitandre , la Veuve, la Galerie P di: a lais, la cuivanie 11, la Place royale , avaient succédé à . élite, et rien encore n'annonçait le grand Corneille Faibles essais d'un talent qui suivit le goilt de son siècle avant de le reformer, ces pièces, disons ces ébauches informes, offrent cependant quelquefois des traits d'esprit et de verve comique : on peut mérite y déCouvrir des co?binaiso?s ingénieuses; quelques exemples d'un dialogue adroit ; quelques ressorts d'intrigue ménagés avec art ; quelques scènes heureuses d'invention, vraies de situation et de sentiment, imitées depuis, ou, si l'on veut, lues avec fruit par des pffles qui n'en ont rajeuni que les détails. Il est juste aussi d'observer que nous devons à l'auteur de la Galerie du Palais les personnages , peuvent être considérés comme ses premiers pas dans cette immense carrière. Cependant ne disons point, avec son neveu, Fontenelle : « Tout à coup il prit « l'essor dans Médée, et monta jusqu'au tragique le « plus sublime. » Craignons, en exaltant ainsi l'imitateur de Sénèque , de faire injure à l'auteur de Cinna. Le sujet de Médée, atroce sans être touchant, et fondé sur le pouvoir t;es enchantements magiques, serait, surtout de nos jours, trop dénué de vraisemblance. 11 l'était bien moins alors,. et Corneille, en l'adoptant, ne lit guère que se conformer aux opinions et à l'esprit de son siècle. Nous allons voir qu'il s'y conformait encore sur des objets d'une autre nature, et que la destinée ne permet pas toujours à ceux qui par leur génie s'élèvent. audessus de leurs contemporains, de s'en séparer par leur conduite. Les poètes étaient alors une espèce particulière de courtisans, attachés à la suite d'un ministre qui cultivait les lettres par goût, et les protégeait par ambition. Richelieu, qui balançait les destinées de l'Europe. et soutenait des thèses d'amour à l'hôtel de Rambouillet, voulut aussi fonder l'Académie française, et tracer des plans de comédie. L'Étoile , Boisrobert, Colletet et Rotrou remplissaient les canevas fournis par son éminence, qui leur payait une pension, et qu'ils appe- Voltaire n'a pas fait une seule remarque sur ces premières .pieces de Corneille, et il les a rejetées à la lin de son .édition Elles watiquent oie naturél plus encore que de regularite. Personne ales ne Affligeait a peindre les mœurs et les véritables ridicules des butines; btont etait Llctif et de comention. 1,2) Fils de relui dont nous a‘ons les liMaolre; laient leur maitre. Adjoint aux entre auteurs rentes qui faisaient les poèmes du ministre, Corneille lui engagea son talent, et crut conserver son indépendance. Il se donna la liberté de faire quelques changements dans la conduite d'un de ces drames, dont l'exécution lui était confiée, et que le cardinal avait conçu. Le cardinal s'en offensa. Corneille étonné, et peut-être trop blessé d'avoir déplu pour craindre de déplaire encore, prétexta des arrangements de fortune, et retourna dans sa famille, se livrer enfin sans contrainte aux inspirations de son talent, à l'étude de son art. — Il avait près de trente ans : son talent était dans sa force, mais son art était dans l'enfance. Ce fut encore le hasard, ou, si l'on veut, une espèce de bonne fortune, qui vint en hâter les progrès. Un M. de Chalon, qui avait été secrétaire de Marie de Médicis, retiré à Rouen dans sa vieillesse, eut occasion de le féliciter sur ses premiers succès. « Monsieur, lui ditil un jour, vos comédies « sont pleines d'esprit; mais, permettezmoi de « vous le dire, le genre que vous avez embrassé est « indigne de vos talents : vous n'y pouvez acquérir « qu'une renommée passagère. Vous trouverez chez « les 11:spagnols des sujets qui, traités dans notre « goût, par un esprit tel que le vôtre, produiront « de grands effets. Apprenez leur langue ; elle est K aisée : j'offre de vous montrer ce que j'en sais. « Nous traduirons d'abord ensemble quelques en« droits de Guillon de Castro . » C'est peut-èt•e à ces paroles que nous devons noire scène tragique, le développement du génie de Corneille et . Boileau a parlé du Cid comme d'une merveille naissante, et il ne s'est jamais mieux servi du mot propre. Ce n'était plus ici, comme dans Médée, quelques élans de génie et était si bien mérité, qu'il Et non Guiluin, comme on l'écrit généralement d'après Voltaire. Tous les mémoires du temps en parlent corme d'une rtnea ev ? contre l'auteur une des persécalions les plus dont l'histoire des lettres et des passions qui •s déshonorent ait conservé le souvenir. Rivaux I.. gloire, amis de cour, tout jette. le masque et se ,lare; un ministre toutpuissant s'était ligué con. le Cil. On a écrit que ce ministre , jaloux toute npece de renommée , avait offert à Corneille 100,000 crus, s'il soupait lui vendre sa pièce, et ne pas s'en deciarer l'auteur. La somme offerte est talonne pour le temple, et l'anecdote, quoiqu'elle ne manque pas d'attestations, est inadmissible au point ne mériter [m'aie pas qu'on la réfute : aussi bien 1elle inutile pour expliquer la conduite de Richelieu . — Les modTi de cette conduite, cherches Clans les deux derniers siècles par des esprits supérieurs, sont encore, de. nos jours, un problètne. Il semble cependant que, pour lever les doutes, ou da moins pour eclaircir la plupart des obscurités, il aurait sufli de rapprocher un petit nombre de fait,, presque tous également authentiques. Corneille, pensionné pour mettre en vers les comédies de Riche- a, s'était permis des changements qui avaient biessé l'auteur, comme un outrage à son talent, ou, qui pis est, déplu au ministre, comme un abus d'indépendante. Dans un premier erres d'humeur, Richelieu avait reproché à Corneille de n'avoir pas tin esprit de suite, et Corneille, en demandant son songe, avait justifié ce singulier reproche c'est ce qu'on a déjà vu. Maintenant croiraton que d'honnètes rivaux, des ennemis du poète et des complaisants du cardinal, aient laisse échapper cette heureuse occasion d'unir le plaisir de nuire à l'avantage de flatter? Croiraton qu'ils n'aient pas eu Fart d'empoisonner les motifs de cette brusque retraite? Il y a plus, Corneille luimeule ne leur laissa pas longtemps le mérite de l'interprétation. Il imprimait vers ce tempslà : Mon travail, sons appui, monte sur le theàtre . e'etait méconnaltre l'appui que lui avait accordé l'illustre protecteur de Médit; et ce trait dut passer pour de l'ingratitude. Il ajoutait fièrement : l'uur me taire admirer, je ne fais point de ligue. t'était dire qu'il existait une ligue, que cette ligue avait un chef, dont il brasait l'autorité, et ce trait dut passer pour l'aveu ou le signal d'une révolte. Les choses ru riaient à ce point , quand le Cid parut, et éclipsa tout ce qu'on avait admiré jusqu'alors. ' rhelicu, qui n'oublia jamais le soupçon mente u une injure, dut ne soir dans l'auteur, son ancien prutege, qu'un transfuge ingrat et rebelle, qui, S.ÉM. la lamie. D'astres mecs cependant arment excité l'estb.scaambe ; Irak Cid te uteilait, et ertalt V le gode, Che m•teratt settieseen, mitre l'omit« de V•Itaire, me ce Meure porte m pensai tue de boom tut lansgall se Osa s cosdimasee kfil 5) pus rrseser d Ansi,, et se use., am., ce fers tut te peocate à C.dtde.i.e, et t'atm du mis soi pi» Le recoactlies sise ho 00 d100 .10.0 Sm Md Mmes 0000. 0000. C'est es Mets tort post des termes; meg« tutti reptile sot ide ie nem rua IX toutepu issance de son approbation, avait eu l'insolence de réussir ; et ce succès, de trèsmauvais exemple, put fort bien lui donner de l'humeur. Il s'en vengea, comme il se vengeait de tout. Corneille montra plus de patience à supporter l'orage, qu'il n'avait mis d'adresse à le prévenir. Il reçut avec résignation les libéralités de Monseigneur, Son maitre. Monseigneur fut désarmé par ces bienfaits que Corneille voulait bien continuer de recevoir, et lui sut gré de l'aveu, en effet tresméritoire, qu'il eut la générosité, la prudence ou la faiblesse d'en faire. Or, le rapprochement de toutes ces circonstances semble assez expliquer pourquoi un homme tel que Richelieu, après avoir protégé l'idée, s'etait ligué contre le Cid, pourquoi il accepta depuis l'épltre dédicatoire d'Horace , et prit un vif intérét à la réussite du Menteur. — Quoi qu'il en soit, on ne sut pas plutôt que le protecteur des lettres avait résolu d'humilier un grand homme sans appui, que la foule des auteurs dont le zèle aspirait à l'honneur d'ètre protégé, c'est-àdire d'obtenir quelque pension, redoubla de violence, et que tout fut mis en usage pour prouver à la nation que le jour du triomphe du Cid était l'époque de la décadence du th<re. L'expérience a prouvé qu'en toute espère de controverse on se range aisétnent à l'opinion de celui qui tient la feuille des bénéfices. Scudéry, qui prétendait, en écrivant contre le Cid, se rendre l'évangéliste de la vérité, publia ses Observations, et l'Acadt*nie naissante sous les auspices de Richelieu fut appelée à prononcer entre l'auteur et le critique. Ce jugement d'une espèce nouvelle offrait des difficultés de plus d'un genre. L'Académie et son fondateur en furent longtemps occupés. Enfin, après cinq mois de débats ou de négociations entre le premier ministre , qui voulait proscrire la pièce, et les académiciens, qui craignaient de révolter le publie , les Sentiments de l'Académie française, sur la tragi- comédie du Cid, parurent , et furent genéralement approuvés. La Bruyère disait encore, dans les brillantes années du 17• siècle : « Le Cid est l'un des plus beaux poétnes « qu'on puisse faire; et l'une des meilleures critie ques qui aient été faites sur aucun sujet est celle I du Cid. s Il s'en faut bien cependant que cette critique soit un chefd'œuvre. Elle fut rédigée par Chapelain, et, si l'on a égard au temps, elle tait honneur à ses connaissances, sans faire honte à son goût. On y reconnait l'ouvrage d'un esprit judicieux, et cependant elle manque souvent de justesse : elle offre quelques idees, nonseulement fort heureuses, mais dignes d'un esprit étendu ; et cependant on y trouve des vues étroites, des petitesses de rhéteur : tant il est vrai que, dans un temps on le goût général d'une nation n'est pas encore formé, il faut s'attendre à rencontrer , dans les critiques comme dans les écrivains, toutes les sortes de disparates! Les Sentiments sur le Cid ne conservent aujourd'hui quelque celetirite que parce qu'ils en ont eu beaucoup autrefois. Mais la conduite de l'Académie lui Pl Titre cor %Wear tai: tosjodtS $ OS pave, imprimée armeisist sots omet des ilerees.
  • Pierre CORNEJO : historien espagnol, connu sous le nom de Cedro Cornejo de Pedrossa, entra dans l'ordre des carmes, fut reçu à l'université de Salamanque , sa patrie , où il professa la philosophie et la théologie , et remplit ensuite les premières charges de son ordre. Il se trouva en France du temps de la Ligue, dont il se montra le zélé partisan ; il en a laissé l'histoire en espagnol, depuis-1585jusqu'en '1590, publiée à Paris en 1590, sous le titre de Compendio y breve Relacion de la liga, etc. L'historien de Thou n'en loue pas l'exactitude. Cornejo mourut le 51 mars 1618. Il laissa aussi une Histoire des guerres de Flandre, traduite de l'espagnol en français par G. Chapuys, de Lyon, 1578 — Un autre CORNEJO , chevalier de StJacques, membre du conseil du roi d'Espagne, etc., a publié : 1° Diccionario historie°, y forense del derecho Real de Espaila, Madrid, 1779, en grand 2° Apendice al Diccionario historien y forense, etc., Madrid,1784, grand
  • Pierre COSTAR( 1603) : naquit à Paris en 1603. Le Moréri de 1759 dit que son vrai nom était Costaud. Costar dit luimême qu'il s'appelait Coustart, et que ce sont les imprimeurs qui, à son insu, retranchè- rent l'a de son nom. Il avait de la mémoire et de la littérature. Les _auteurs grecs, latins, italiens lui étaient familiers. Ami de Voiture, de Bahac et de quelques autres beaux esprits du temps, il était trèsbien accueilli à l'hôtel de Rambouillet. Il était gourmand, satirique, entêté, et, pardessus itout, entiché de son mérite. Il était fort soigneux dans son ajustement, et avait d'ailleurs les manières assez polies; c'est ce qui faisait dire qu'il était le pédant le plus galant et le galant le plus pédant que l'on pût voir ; aussi estce par contrevérité que, dans le Voyage de Chapelle et Bachaumont, on met dans la bouche des précieuses de Montpellier ces quatre vers Les unes disaient que Ménage Avait l'air et l'esprit galant ; Que Chapelain n'était pas sage, Que Costar n'était pas pedant. On a aussi reproché à Costar d'être peu réglé dans ses moeurs; il était cependant bachelier en théolo- gie de la faculté de Paris, revêtu de la prêtrise, et de plusieurs emplois ecclésiastiques ; il avait été attaché à Claude de Rueil, ;évêque de Bayonne, puis d'Angers. 11 fut archidiacre du Mans et en même temps curé, si l'on en croit Girac. Il mou- rut le 13 mai 1660. On a de lui : 1° Défense des ouvrages de Voiture, 1653. C'est une réponse à la dissertation latine que Girac avait publiée et où il maltraitait Voiture : la dissertation et la réponse ont été réunies en un seul volume, 1654 Costar donna une Suite à sa Défense, 4654 2° Entretiens des sieurs Voiture et Costar, 1654 Girac, qui y est aussi maltraité, publia alors sa Réponse à la Défense des Œuvres de Voiture, 1655 Costar riposta par son Apologie, 1657. Girac avait fait une Réplique ; mais Costar, qui sentait la supériorité de son adversaire, fit intervenir le lieutenant civil, qui défendit aux parties de plus rien écrire l'une contre l'autre, ce qui termina la querelle. Cependant la Réplique de Girac à Costar fut imprimée à Leyde, 1660 Gilles Boileau avait aussi figuré dans cette querelle . Bayle a écrit à M. Basnage une longue Lettre sur les livres de MM. de G irac et Costar ; elle est datée du 28 décembre 1672. 3° Recueil de Lettres, 1658 et 1659, 2 vol. Le style en est guindé, affecté, et l'on n'y trouveAue trèspeu d'a necdotes littéraires. 4° Recueil des plus beaux en- droits de Martial, avec un Traité de la beauté des ouvrages d'esprit, et particulièrement de l'épigram- me, traduit du latin, Toulouse , 1689, 2 vol. ouvrage:posthume publié par G. Lafaille : le Trai- té de l'épigramme, qu'on y trouve, n'est autre que la traduction libre de la dissertation que Nicole avait mise audevant de l'Epigrammaturn delectus de Lancelot. Dans le tome 2 des Mémoires de littérature et d'histoire, par le; P. Desrnolets, on a imprimé un Mémoire des gens de lettres célèbres de France, par M. Costal., et un Mémoire des gens de lettres célèbres des pays étrangers, par le même. Costar proclame Chapelain « le premier • poète du « monde pour l'héroïque, » et Corneille « le pie « mier poête. du monde pour le thétitre. » 11 dit « que Paint est bien fait et est fort honnête « homme. » Ce sont en général des notes assez ct des éloges que la postérité n'a pas toujours confirmés. Costar était fils d'un chapelier; ce qui faisait dire à Dalibrai : « M. Costar est un • homme fort poli ; il a. toujours le chapeau à la main ; il tient cela de M. son père
  • Pierre COSTE( 1668 - 1747) : né à Uzès en 1668, de parents protestants, se réfugia en Angleterre au commen- cernent du 18e siècle, revint ensuite en France, et mourut à Paris le 24 janvier 1747. Tour à tour tra- ducteur, éditeur, auteur; sa vie fut toute littéraire- Comme traducteur, on lui doit une version fran- çaise de l'Essai sur l'entendement humain de Locke, 1700, 1736, 1755,I774 vol. du Traité de l'éducation des enfants , et du Christianisme raisonnable du même autetui, 1695 ; 1713, 2 vol. ; du Traité d'optique de Newton, d'après le latin de Clarke, 1722 etc. Ces traductions sont en général fidèles, mais d'un style qui manque trop souvent de précision et d'élégance. On n'a pas entrepris néanmoins d'en donner une meillenre de l'Essai sur l'entendement humain; niais Beauzée en a publié une nouvelle du Traité d'optique, non plus exacte, mais plus correcte et mieux écrite que celle de Coste. Les ouvrages dont ce dernier écrivain a. fait denouvelles éditions sont les Caractères de Théo- phraste et de La Bruyère, avec des notes, 1720, 1733, 1765 , 1769, 3 vol. ou 1 vol. les Es- sais de Montaigne, avec des remarques, 1724, 1725, 1727, 1745, 1771, 4 avol. ou 5 vol. ou 10 vol. et les Fables de La Fontaine, avec des notes, 1730 Les Commentaires de Coste sur les ouvrages de Théophraste, de La Bruyère, et de Montaigne ajoutent peu de prix au texte, et MM. Bas-, tien et Didot ont eu raison de n'en pas grossir leurs éditions. On doit cependant savoir gré à l'annotateurde ce livre d'avoir donné une indication des auteurs anciens dont Montaigne cite des passages, plus exacte que celle qu'on trouve dans l'édition de 1635 de mademoiselle de Gournai. Les remar- , ques sur La Fontaine, trèssouvent réimprimées, ont essentiellement pour objet de faciliter aux enfants l'intelligence de ce poëte , et de rendre plus simples les explications données par les précédents commentateurs, des expressions inusitées et des tours peu familiers à la première jeunesse ; mais celles de Coste sont, ou pour la plupart trop minu- tieuses, ou d'une érudition audessus de la portée de l'âge auquel elles étaient destinées. Coste se glorifiait du soin qu'il avait pris d'épurer le texte, et de rendre son édition plus parfaite que toutes celles qui avaient paru jusqu'alors. Chamfort et Didot ont prouvé que cet éditeur avait encore laissé beaucoup à faire, et négligé les meilleures sources où l'on pouvait puiser lesvéritables et dernières leçons du fabuliste. Comme écrivain, Coste a publié la Dé- fense de La Bruyère contre Bonaventure d'.Argonne , et la Vie du grand Condé et Le premier de ces ouvrages, ajouté à la plupart des éditions des Caractères, est juste et sensé par le fonds, mais d'une exécution trop médiocre ; le style du second est sans vie, et l'on voit que l'auteur s'entendait mieux à compiler des faits avec exactitude qu'à composer un tableau animé, tel surtout que devait être l'histoire du héros qu'il voulait peindre. On trouve une liste détaillée des nombreux ouvra- ges de P. Coste dans la première édition des Lettres de Bayle , et une notice sur sa vie et sur ses écrits dans l'édition de 1748 de son Histoire du prince de Condé
  • Pierre COSTE d'Arnobat( 1732) : , littérateur, né en 1732, à Bayonne, d'une famille noble. Destiné jeune à la profession des armes, il voulut, à l'exemple de plusieurs de ses camarades, employer ses loisirs à la culture des lettres ; et l'on ne peut douter qu'il ne se fût acquis dès lors une réputation, si, moins modeste, il eût attaché son nom à ses ouvrages. 11 avait déjà publié quelques opuscules agréables, lorsqu'il devint un des collaborateurs du Journal étranger, auquel il se chargea de fournir les articles sur la littérature espagnole. Son respect pour l'antiquité ne lui permit pas de lire avec sangfroid les étranges paradoxes que Marmontel venait d'avancer dans sa Poétique française ; il en soumit la réfutation à l'auteur de la Dunciade, qui le pressa de la faire imprimer à Paris; mais il aurait fallu rompre l'engagement qu'il avait pris avec un libraire d'Amsterdam ; et, dit Palissot, Coste s'y refusa par suite de son indifférence pour le bruit de la renommée que tant de gens confondent avec la gloire. Il fit, en 1774, un voyage en Hollande, et plus tard il visita l'Angleterre ; mais, loin de partagerl'e»gouement qu'on affichait à cette époque pour tout ce qui venait de l'étranger, Coste, en étudiant les moeurs des Hollandais et des Anglais, sentit encore s'accroître son affection pour la France. Il concourut à la traduction des Nouvelles de Cervantes, publiées, en 1775, par Lefebvre de Villebrune ; et, si l'on en croit Palissot, il avait eu la plus grande part à celle du Voyage du commodore Byron . Ennemi des nouveautés, il dut voir avec Ce prénom que Palissot et Barbier donnent à Cocu d'Arnobat est déjà celui du traducteur de Locke. La France littértaire ne le désigne que par l'initiale C. Irlig e c la Réeoltitints ne rus rut anietenc frantais. Ares le Lettre eaux 'rand». dans II A deo CfltrèrlIS pat, PIM &id . d rer qu•ils fument oints, Coite se tint , depi,rant les ciré. qui) 4% ait min», et dont hl plupart de sa aststs furent les sartimes. ld calme étant rétabli, il quitta ait retraite toner. resini a Pans et publia dans les jountaut tdusi•urs artades oit l'état dr notre thédtre . ks causes de sa décadence, rt les m'yetis de lui nimbe site ancien lustre Indigné du bat mepnsaut ai« lequel enademniselle , $ 7 5, t 2 , de 300 p LI n•est question dans ces kttres que de la NealTe. L'auteur, encor, jeune, y traite fort tual les moines, et juge tes meurs et les mages des \ .1- s «tues aie en indique une Induction espagnole dotal l'esittente est plus que douteinte. e Leone na Io » pela- ck de alettsiber Sirentuidoid t 2. te Obeer-,-. 1,..... g tu, Io reiese fraisceise de Martnontel, Aiii‘frnimii, F.9. be 1",,,,,,, api pay' d. ' huse. «i1,1 d'obier/stem sur I.* Cade, t? it› :ies, sur It Ibillande et out l'Angle tern% Bru ici tes ri Paria, 1:Ft9 Le Voyer au liuys de ii4seleats est muid* de nies intén,santes sur difnient. ales de turnmerre. tau amers attons sur la Hollande. et l'Angleterre «ait des fragments d'un .1.4, rage considérai*, cumniencé par l'auteur en Ir 4, mais qu'd n'a jamais aches é. te Lettyr. ndres. sais out eursd. i, rde.i I' Mésseiers de MarwFnetscotie Dumesnil, Paris, Illle fis ont eté rerasitists dans la adlectiuu des ifeuwares sur ravi dreniaisque, soie une Notice sur mademoiselle ibi.....d. par liussault ; mais on en a ntranutié phineurs Ilotes. el• Laer, d a* curnedbra . l. tIlimire de 10 boaddigus sua drinuemelles tir.n et itourgoite, dont tea débuts doivent stance frialia dr snadanoi - Varus, Pans, o et , si)... . V1.144,Pala nutum de Commet r4 equires ges s ospeonsis. Paris, la«, 1 sui. 8.-11. ur Et'. Its ....pu aseim, muss IP tat Los« aparl le A., an . el.. 19ma bine Irtneefflaa w ostemta. tais b --• ,,t1 Mer di. refendues dème...tao asourelki & ad la ?duper' /mu dr,. phuteurs siAries. l'ans, ISA), to,r. ret util nièce, dont k titre nipprtle relui de linteaus toi,. or norn'. eat plein de recherehes curieuses. Code fut un des rédacteurs de l'..b.i.menfè yoursmando. s liatteé n Inn isente uue en sers, des paradoxes de Marmontel
  • Pierre COTTON( 1564) : jésuite célèbre, né en 1561, à Néronde, en Forez, fut envoyé fort jeune à Paris, puis à Bourges, où il étudia le droit. Il achevait son cours, à Turin, lorsqu'un directeur jésuite, qui avait sa confiance, réussit à le faire entrer dans cet ordre célèbre, auquel il devait rendre les plus grands services. En vain le père de notre jeune religieux, qui était secrétaire des commandements de la reine mère, obtint de cette princesse qu'elle priât le duc de Savoie de faire rendre le nouveau jésuite à sa famille; en vain ce père inconsolable conjuraitil son fils de laisser là ses suborneurs, Cotton persista dans son dessein, et réussit, à l'âge de dixneuf ans, à empêcher les poursuites de princes puissants , à fléchir et à calmer un père irrité. Ses supérieurs l'envoyèrent à Milan étudier la philosophie; il connut dans cette ville St. CharlesBorromée, dont la grande réputation, jointe à la protection qu'il ac- cordait aux jésuites, ne contribua pas peu à placer notre jeune profès parmi les membres les plus fervents de cet ordre. Après avoir séjourné dans plusieurs autres villes d'Italie et particulièrement à Rome, il revint en France, où il prêcha avec succès, à Roanne, à Avignon, à Nîmes, à Grenoble, à Marseille. Il convertit à la religion catholique madame de Créqui, fille du maréchal de Lesdiguières; niais il n'obtint pas d'abord le même succès auprès de ce célèbre général, qui ne fit son abjuration qu'en 1622, et cependant, conservant toujours de l'estime et de l'amitié pour lui, en parla au roi Henri IV, comme d'un homme qui méritait sa protection. Après avoir paru avec éclat dans le midi, le P. Cotton fut envoyé à la cour, par ses supérieurs, pour y rétablir les affaires de son ordre. Henri 1V l'accueillit avec bonté, l'embrassa, et s'entretint longtemps avec lui des intérêts des jésuites : tel fut le commencement de cette liaison qui régna entre le monarque et. ce religieux. Henri emmenait avec lui le P. Cotton dans ses différents voyages. L'édit de Rouen, qui rappe- lait les jésuites de leur exil, fut une preuve non équivoque du crédit dont leur représentant jouissait à la cour, et Pol% de l'archevêché d'Arles et du chapeau de cardinal, qu'il refusa, ne fit qu'ajouter àla considération que ne manque jamais d'attirer la faveur du monarque. Dans le temps de cette faveur, il reçut à la gorge un coup d'épée qui lui fut porté de derrière une voiture où il se trou- vait; mais heureusement la blessure ne fut pas mortelle. Les ennemis des jésuites attribuèrent cet assassinat à la vengeance de quelques laquais, que le P. Cotton avait fait punir pour l'avoir instillé; d'autres ont avancé que les auteurs de ce crime étaientles ennemis mêmes de la religion catholique. Les succès du P. Cotton pouvaient accréditer ce bruit; il avait dès lors converti , ou préparé à une conversion prochaine, plusieurs personnages d'un rang distingué. Le P. Cotton jouit de la faveur de Henri IV, longtemps avant d'être chargé de diriger sa conscience. On ne voit pas que cet emploi délicat, lorsqu'il est question surtout d'un prince tel que Henri, ait apporté quelque changement à la conduite de ce monarque; mais son confesseur sut conserver, avec les égards qu'il pouvait avoir pour les faiblesses d'un grand roi, la réputation d'un saint religieux et l'estime des plus illustres person- nages. Son crédit donna lieu à quelques plaisanteries : on disait de Henri qu'il « avait du coton dans « les oreilles. » Plusieurs écrivains ont prétendu que ce religieux n'était pas sans reproche au sujet de la doctrine du tyrannicide, et que, lorsque le héros vainqueur de la ligue fut assassiné, son confesseur défendit à Ravaillac « d'accuser les gens de « bien; » mais nous n'avons sur ce point aucun renseignement authentique, et le P. Cotton, courtisan en faveur, était trop bien observé par ses ennemis , pour qu'ils laissassent échapper de pareils traits sans les rendre publics. Ce qu'il y a de certain, c'est qu'il témoigna la plus vive douleur à la mort de Henri. Ce grand prince avait légué son coeur au collége des jésuites de la Flèche. Le P. Cot- ton fut chargé de porter au lieu de sa destination dernière ce triste gage de l'ancienne protection du monarque. 11 avait, pendant deux ans avant la mort de Henri, enseigné la morale et la religion à son fils Louis X111. On venait de publier la satire amère de PAnti- Cotton, où est prouvé que les jésuites sont cou- pables du parricide de Henri IV, Paris, 1610 Cette satire fut suivie d'un grand nombre de pam- phlets, pour et contre la compagnie de Jésus. La reine régente consola le P. Cotton en le nommant confesseur du nouveau roi, emploi qu'il conserva jusqu'en I 617. A cette époque, il quitta la cour, étant âgé de cinquantequatre ans, et se retira à la maison du noviciat établie à Lyon. Son activité naturelle ne l'abandonna pas dans sa nouvelle situation. Il parcourut les provinces du Midi, en missionnaire et en apôtre; il alla même en Italie, à Milan, à Lorette, à Rome, accomplir, de la part de Louis XIII, les voeux que ce prince avait faits à la Ste Vierge , à St. Charles et à St. Pierre. Il revint même prêcher à Paris, et le roi, avec toute sa cour, alla l'entendre à StGervais. 11 eut cependant encore quelques contradictions à essuyer, au sujet du livre fameux du P. Santarel, jésuite italien, qui at- tribuait au pape un pouvoir révoltant sur l'autorité temporelle et même sur la vie des princes. Le p. Cotton se soumit, quoiqu'avec tin peu de répu- gnance, à la déclaration et au désaveu que le par Virement exigea des jésuites à ce sujet, et qui était une preuve du peu de confiance qu'inspiraient les i}pinions qu'on supposait à ces religieux. Le P. Cot- ton mourut à Paris, dans la maison professe de son ordre, le 19 mars 1626. Un grand concours de peu-. pie assista à ses funérailles. Il s'était fait la répu- talion d'un saint homme, et il était, pour son temps, un habile prédicateur. Son Institution catholique et su Genève plagiaire sont des ouvrages de contro- verse, ainsi que son traité du Sacrifice de la 'messe. On a aussi de lui des sermons et quelques livres de piété Les jésuites lisaient avec édification un recueil de maximes et de résolutions qu'ils tenaient de ce père, et qu'il avait composé pour son usage. Ils le regardaient comme un des plus savants et des plus saints personnages qui eût illustré leur ordre. Jamais aucun d'eux ne jouit en effet d'une plus grande considération. St. François de Sales paraît avoir eu pour lui une estime particulière. 11 y a une Vie du P. Cotton, écrite par le P. d'Orléans, Paris , 1688 et une autre écrite par le P. Rouvier, tous deux jésuites. Cette dernière, im- primée à Lyon , 1660 est en latin et elle con- tient des faits importants que le P. d'Orléans a passé sous silence
  • Pierre COUSTEL( 1621 - 1704) : professeur, né à Remisais en 1621, termina ses études à Paris d'une manière si distinguée qu'il obtint, étant encore trèsjeune, la chaire de seconde au collège de sa ville natale. Il accompagna à Rome Henri Arnauld, depuis évê- que d'Angers, que le roi avait chargé, en 1645, d'une mission délicate près le saintsiége. A son retour, Coustel fut choisi par Nicole et Lancelot, pour enseigner les humanités à PortRoyal. Il y resta jusqu'en 1660, époque de la destruction de cette école célèbre, où il eut la gloire de compter Racine au nombre de ses élèves. Il devint ensuite précepteur des neveux du cardinal de Furstem- berg, et finit par se charger de la direction de plusieurs enfants de bonne famille, au collège des Grassins. Parvenu à un âge avancé, il prit de luimême sa retraite et retourna à Beauvais, oit il termina ses jours, le 16 octobre 1704. Il avait déposé le fruit de sa longue 'expérience dans un ouvrage intitulé : Les règles de l'éducation des enfants, Paris, 1687, 2 vol. qui n'a pas été inutile à l'auteur du Traité des études. Il fut reproduit en 1749, sous le titre de Traité d'éducation chrétienne et littéraire, avec une préface de l'abbé Gonjet, et un abrégé de la vie de l'auteur. On doit encore à Coustel : Sentiments de l'Église et des saints Pères pour servir de décision sur la comédie et les con- diens, Paris, 1691 C'est une réfutation de la lettre attribuée ,au P. François Caffaro, théatin, qui se trouve en tète du théâtre de Boursault, on sépaHment, 1691 Barbier attribue à Coustel la traduction des Paradoxes de Cicéron, avec des notes, Paris, 1666 publiée sous le pseudonyme de Du Clouset, anagramme de Coustel ; mais celuici n'en fut que l'éditeur. La traduction est de Lemaistre de Saci Coustel a?ait composé un grand nombre d'autres ouvrages destinés à ré-(location, qui sont restés manuscrits, quoiqu'il eût obtenu deux privilèges pour les faire impri- mer.
  • Pierre COUSTANT( 1654 - 1821) : bénédictin né à Compiègne en 1654, fit ses premières études chez les jésuites de cette ville, entra dans la congrégation de StMaur, et, montrant les plus heureuses dispositions, il fut appelé à Paris, lorsqu'il eut reçu l'ordre de prêtrise, pour y être employé aux travaux par lesquels se distinguait cette savante congréga- tion. On préparait à StGermain des Prés l'édition . de St. Augustin. Dom Constant fut chargé de faire les tables du 3e volume, et, bientôt après, de dis- cerner dans les écrits de ce Père de l'Église, les ser- mons qui lui appartenaient de ceux qui lui étaient faussement attribués. 11 s'acquitta de cette tâche délicate avec une rare sagacité. Dom Mabillon ayant déterminé les supérieurs dt la congrégation à faire travailler à une nouvelle édition de St. Hilaire, on en chargea dom Constant. 11 commença sontravailen 1789, et le finit en, 1693. L'édition allait être achevée, lorsque dom Constant fut nommé prieur de NogentsousCoucy.11 accepta cet emploi par obéissance ; mais après son triennal, il supplia les supérieurs de le rendre à sa première desti- nation. De retour à StGermain des Prés, il y reprit ses occupations favorites, alliant une étude assidue à toutes les pratiques de la vie religieuse. 11 trouvait d'autant plus aisément du temps pour tout, qu'il ne sortait point et ne recevait ni ne faisait ja- mais de visites. 11 ne se chauffait pas, même dans les hivers les plus rigoureux, et, quoique sa santél ne fût pas bonne, il n'usait d'aucun relâchement dans les austérités qu'il s'était imposées. Toutes ses récréations consistaient dans quelques prome- nades qu'il faisait chaque année pendant quatre ou cinq jours, plutôt. par remède que par amuse-, ment. Beaucoup d'ouvrages savants furent le fruit d'une vie si occupée. On a de dom Constant : 10 Appendix tomi quinti operum S. Augustinicom- plectens sermones supposititios ; 2° Appendix foui sexti operum S. Augustini continens subdititia opuscula. Dans ces deux écrits, dom Constant soumet à une critique sage et éclairée les sermons et les traités attribués au saint docteur. Nonseulement il fait connaître ceux qui ne sont pas de lui, mais encore il les restitue à leurs véritables auteurs, qu'avec une admirable industrie il parvient à décormir. 11 est résulté de son travail que 317 ser- mons avaient été supposés, un grand nombre appartenant à St. Césaire d'Arles et à d'autres Pè- res. Les traités subirent le même examen et les interpolations qui étaient nombreuses en disparurent. 3° St. Hilarii Pictavorum episcopi Opera. ad man uscriptos codices gallicanos, romanos, belyi- cos, necnon ad veteres editiones castigata, Paris, Muguet, 4693 Dom Constant a fait précéder cette belle édition d'une préface dans laquelle il fait connaître les sources où il a puisé, et justi- fie sur plusieurs points la doctrine de St. Hilaire. Deux vies de ce saint docteur accompagnent cette édition ; l'une par dom Constant, tirée des monu- ments les plus authentiques : on croit que l'autre est de Fortunat, évêque de Poitiers. De savantes notes jointes à l'ouvrage et une critique toujours judicieuse ont fait regarder cette édition comme l'une des plus parfaites qui soient sorties de la plume desbénédictins. 4° Vindicke manuscriptorumeo- dicum a R. P. Bartholomeo Germon impugnatorum, C14171 appendice, etc., Paris, 1706 5° Vindieke manuscriptorum codicum con firmake, ibid., 1715 Dans ces deux écrits dom Constant réfute le P. Gennon,tiite, qui avait attaqué la diplomatique de dom abillon et prétendu y trouver plusieurs diplômes faux; 6° Epistolm Romanorum pont i- firent et qua, ad cos scripte sunt, a sancto Cimen- te ad Innocmtim III quotquot reperiri potuerunt, etc., tornus primus, ab anno 67 ad annum 440, Paris, 1721. 12ouvrage, précédé d'une longue et savante préface, est dédié au pape Innocent X111; au nom de la congrégation de StMani. L'épitre dédicatoire, écrite avec élégance et pureté, est de dom Mopinot. Un Appendix, qui termine ce tome, contient les lettres faussement attribuées aux pa- pes. Dom Constant avait préparé et achevé à peu de choses près, le 2e et k 3' Nolutne de cette collection ; mais il n'eut pas le temps d'y mettre la dernière main. Ilmourut le 18 octobre 1821
  • Pierre COUSTURIER : plus connu sous le nom de* Sutor qu'il a pris dans tous ses ouvrages, fut docteur de Sorbonne et ensuite chartreux. Il était né à ChemiréleRoi, dans le Maine, on ignore en quelle année. Il fit ses études à Paris, dans l'université, prit ses degrés en théologie, fut prieur de la maison de Sorbonne pendant sa licence, et enseigna la philosophie au collége de SteBarbe. Il aimait beaucoup l'étude, et passait pour un homme habile et versé dans les sciences. A ces qualités, il joignait une vie régulière, de la piété et du zèle. Parvenu à un âge mûr, il entra dans l'ordre des chartreux, où il devint prieur de plusieurs char; treuses, notamment de celle de NotreDame du Parc au Maine, puis visiteur pour la province de France. Il mourut le 18 juin 1537. On a de lui 10 Petri Suions doctoris theologi, professione Car- thusiani, de vita Carthusiana libri duo, Paris, Jean Petit, 1522 ; Louvain, 1572 ; Cologne,- 1609. L'auteur y réfute quelques détracteurs de la vie monastique, et particulièrement de celle des chartreux. Dans le 1" livre, il fait l'apologie de son ordre ; dans le 2', il parle des occupations des chartreux et de l'excellence de leurs exercices spirituels. Il consacre un chapitre aux écrivains de cet ordre. Il soutient la ‘'érité de l'histoire du chanoine de Paris , et traite des voeux monastiques et de la manière de les observer. 2° De triplici divœ Annœ connubio, Paris, 1523. Dom Cousturier y soutient, contre Jacques LefèsTe d'Étaples, que Ste. Anne a été mariée trois fois, opinion qui ne lui est pas particulière. 3° De translatione Bibliœ et novarum terpretationum reprobatione, Paris, typis Petri Vidovari, 1525 Dans cet ouvrage, dom Cousturier a surtout en vue la traduction du Nou- veau- Testament par Érasme. Il y défend la fidélité eVexactitude de la Vulgate ; il appuie sur son authenticité, et montre le danger qu'il y aurait de lui substituer toute autre version. Ce livre donna lieu à une apologie de la part d'Érasme. Le chartreux publia en réplique : Adversus insanam Erasmi apologiam, Petri Suions Int- apologia, Paris, 1526, Erasme trouva ce dernier écrit si violent qu'il n'y répondit point, ce qui vraisemblablement donna lieu à ce vers d'une épigramme du temps, mise à la tête de la version de la Bible que dom Cousttnier publia à Paris en 1525 Sutorem , Erasmi qui suit ors, vides. 40 Apologeticuret in novos anticoinaritas, prœclari$ beatce Virginis Maria) laudibus detrahentes, Paris, 1526 ; 5' Apologia Petri Sutoris in dam natam Luther i hceresim de votis monasticis, Paris, 1531. Cet ouvrage passe pour un des plus solides et des mieux écrits du savant chartreux. 6° Petri Sutoris Carthusiani, de potestate Ecclesiœ in oc-. cuItis, Paris, 1534 Dom Cousturier ne vou- lut point que ce livre, où il traitait d'une matière difficile, parût avant de l'avoir soumis à l'examen de personnes habiles. On a peut-être à reprocher à ce savant religieux trop de véhémence à l'égard de ses adversaires ; mais on ne peut lui refuser beaucoup de connaissances pour son temps, un grand zèle pour la saine doctrine et un véritable amour de son état
  • Pierre CRABBE( 1470 - 1554) : en latin Crabbius, franciscain du 6° siècle, né à Malines, en 1470, y mourut le 30 août 1554, après avoir passé par les premiè- res charges de son ordre. Nous avons de lui une Collection des Conciles en 3 volumes dont les deux premiers parurent à Cologne, 1538, et le troisième en 1552. Surins y en ajouta un qua- trième en 1567, réimprimé à Venise, 1583, 4 volu- mes Ce recueil est beaucoup plus ample que celui de Merlin, mais il est inexact dans sa chivonologie : on peut voir la critique qu'en a faite le docteur Salmon, dans son Traité de l'Etude des Conciles, p. 477. C. TY
  • Pierre CRESCENZI( 1230) : en latin de Creseentiie, est considéré comme le restaurateur de l'agriculture dans le 13° siècle. Né à Bologne en 1230, il reçut une éducation trèssoignée, et il étudia la Itilosophie et les sciences à l'université de cette le, déjà célèbre à cette époque. 11 suivit le barreau sous le fameux Azon, et exerça pendant quelque temps les fonctions d'avocat et celles "d'assesseur du podestat; mais les troubles qui agitèrent sa patrie l'obligèrent à s'en éloigner. Il voyagea en diverses contrées de l'Italie, fit beaucoup d'observations, et recueillit un grand nombre de faits d'une utilité générale. Les troubles s'étant apaisés, il revint à Bologne après trente ans d'absence, et y fut nommé sénateur, à l'âge d'environ 70 ans. 11 s'était beaucoup occupé de ce qui concerne l'agriculture, et il continua ses expériences en cultivant un domaine qu'il possédait au village de StNicolas, près de sa ville natale, dont le terroir fertile lui a fait donner le surnom de Bologne la Grasse. Il y jouit encore quelques années de la considération et de l'estime générale qu'inspiraient ses lumières et la sagesse de son esprit. Ce fut sur l'invitation de Charles Il, roi de Sicile, mort en 1309, qu'il composa son Traité d'économie rurale, dans lequel il réunit à une théorie lumineuse les résultats certains d'une longue pratique, exempte de beaucoup de préjugés qui étaient encore en faveur plus de trois cents ans après. L'auteur est bien supérieur à son siècle. Il cite les anciens agriculteurs latins, Caton, Varron, Pallade, et même Columelle, quoiqu'on ait assuré positive ment que cet auteur n'avait été retrouvé que depuis ; mais il ne les copie pas seulement. Tous les savants de l'université de Bologne, ainsi que plusieurs religieux, lui communiquèrent leurs connaissances. Crescenzi, dans sa préface, les remercie d'avoir approuvé et corrigé son livre, et les engage à l'améliorer encore. Cet ouvrage, exécuté avec tant de soins, examiné et revu par plusieurs savants, est un monument remarquable dans l'histoire de l'agriculture et celle de l'esprit humain. Il fut composé en latin, sous ce titre : Opus ruralium commodorum, libri duodecim. Dès qu'il parut, il fit une grande sensation, et fut bientôt répandu dans toute l'Europe. On le traduisait en italien et ensuite en plusieurs autres langues modernes. Charles V, roi de France, le fit traduire en français en 1373, avec d'autres livres relatifs à l'économie rurale . Le manuscrit de la traduction faite pour ce prince existe encore : il est orné de trois vignettes, et trèsbien conservé. Il a pour titre : Rustican du labour des champs, translaté du latin de Pierre de Crescens en français, par l'ordre de Charles V, roi de France en 1373. Le traducteur n'y est pas nommé. Lors de la découverte de l'imprimerie, ce livre fut l'un des premiers que l'on mit à l'impression. La plus ancienne édition latine est intitulée : Petri de Crescentiis, civis Bononiensis, opus ruralium COM-. modorum, Augsbourg, 1471 extrêmement rare, ainsi qu'une autre faite à Strasbourg dans la même année. Beughem et Ovide Montalban n'ont pas connu ces éditions, et disent que la première est de 1473. L'une des plus anciennes et la plus belle est celle de Louvain, donnée par Jean de Westphalie en 1474 ; le caractère en est beau ; ce n'est point l'ancien gothique, niais le gothique réformé, qui approche beaucoup du caractère romain usité depuis. L'éditeur dit effectivement que c'est 'par un procédé nouveau. C'est le premier ouvrage qui soit sorti des presses de Louvain. 11 y en eut ensuite un grand nombre d'éditions avec date et sans date, et même sans indication de lieu; Strasbourg, 1486 ; Vicence, 1190, ; Bâle, HenriPierre, 1538 1548 ; Cracovie, 1571 etc. Gessner l'a inséré dans ses Rei rustica, scriptores, Leipzig, 1735, 2 vol. Dans quelquesunes des anciennes éditions, il y a de mauvaises figures de plantes qui sont cap; 's de l'Hortus sanitatis de Jean Cuba. L'ouvrage de Crescenzi fut traduit en italien dès le IP siècle, et cette traduction, qui fait autorité dans la langue, fut imprimée à Florence, 1478 Les Juntes en donnèrent une bonne édition en 1605 la meilleure était celle de Naples, 1724, 2 vol. avant l'édition récente de Milan, 1805 dans la Collection des auteurs classiques. Des écrivains accrédités, tels qu'Adrien Crescenzi cite expressément Columelle dans le livre IV, chap. 40, 4I et 45, et il est à remarquer qu'il suit à peu près la Mènle marche que lui, en divisant sou ouvrage en douze livres, et le terminant comme lui par un calendrier agronomique. Politi, le Bembo et le Redi avaient cru que cette traduction était de Crescenzi luimême, ou plutôt que cet auteur avait écrit originairement en italien ; mais il est universellement reconnu aujourd'hui que le texte latin est l'ouvrage original, et que la traduction italienne est d'un auteur du même siècle qui ne s'est point fait connaitre. Coppi l'attribue à Lorenzo Benvenuti, de San Geminiano en Toscane. La traduction de Sansovino, revue par B. de Rossi, Florence, 1605 est plus estimée pour son exactitude; elle a reparu sous ce titre : Trattato della agricoltura, Bologne, 1784 M. Filipo Re, professeur d'agriculture à Bologne, a publié en 1807, un essai historique sur Crescenzi et son ouvrage. La première édition française, faite sur le manuscrit du roi Charles V, est intitulée : Prout' lits champestres et ruraulx, totichant le labour des champs, vignes et jardins, etc., composé en latin par Pierre Crescens, et translaté depuis en langage françois, à la requête de Charles V, roy de France, en 1373, Paris, 1486, par Jean Bonhomme Ant. Vérard en fit une seconde édition à Paris dans la même année ; toutes les deux sont rares ; une troisième parut dans la mème ville chez Galliot du Pré, 1533 ; rifle autre chez Jean et Michel Lenoir sans date , et une cinquième en 1540, sous ce titre : Le bon Mesnaiger. Au présent volume des prouf fits champestres et ruraulx, est traité du labour des champs, etc., par Pierre de Crescens. Audit livre est ajousté outre les précédentes impressions, la manière de enter, planter et nourrir tous arbres, selon le jugement de maistre Gorgole de Corne. Le petit traité de Gorgole de Corne, que l'on a ajouté à la fin de l'ouvrage de Crescenzi, lui est trèsinférieur sous différents rapports ; il est plein des préjugés de l'astrologie. Linné a consacré à la mémoire de Crescenzi un genre de plaintes de l'Amérique, auquel il a donné le nom de Crescentia
  • Pierre CRESPET( 1543 - 1594) : religieux célestin , né à Sens en 1543, obtint les premiers emplois de son ordre. 11 embrassa avec chaleur le parti de la ligue, et suivit en Italie , en 1590, le cardinal Cajétan. Le pape Grégoire XIV l'accueillit avec intérêt, et lui offrit même un évêché. Le P. Crespet visita ensuite les maisons de son ordre, du royaume de Naples, et revint en France en 1592. Il mourut en 1594 dans le Vixarais, à l'àge de 51 ans. Le P. Becquet, son confrère , lui a donné de grands éloges; mais il est loin de les mériter tous. Sa conduite pendant les troubles civils qui désolèrent la France ne fut pas celle d'un ami de l'ordre, et ses écrits trop nombreux ne sont pas moins entachés du mauvais goût que des préjugés de son siècle. On en trouvera la liste dans les Mémoires de Nicéron, tome 29, et dans l'ouvrage du P. Becquet, p. 172. Les principaux sont : 10 Commentaires de Bernardin de Alendoce des guerres de Flandre et des Pays- Bas , depuis 1567 à 1577, traduits de l'espagnol, Paris, f591 Dans l'épître dédicatoire , il engage la noblesse catholique à persévérer dans le parti de la ligue. 2° Deux livres de la haine de Satan et malins esprits contre l'homme, etc., Paris, 1590 C'est un traité contre la magie. Il est assez rare, et curieux à raison de la crédulité qu'y montre l'auteur. 3° La Pomme de grenade mystique , Paris, 1586, 1595 Rouen , 1605 C'est une instruction pour les vierges. 4° Discours sur la vie et passion de Ste. Catherine , Sens, 1577 rare
  • Pierre CRESTEY( 1622) : naquit à Trun, près Argentan, le 17 novembre 1622. Curé de Barenton, près Mortain, il fonda, en 1692, dans sa paroisse, un hôpital, et y institua des religieuses hospitalières. 11 avait déjà fait une pareille fondation à Vimoutiers en 1676. On lui dut aussi un hôteldieu à Bernay, un séminaire à Domfront> et quelques écoles pour les jeunes gens des deux sexes. Ce bon ecclésiastique mourut à Barenton le 23 février 1703, à l'âge de 80 ans. Ses bonnes oeuvres méritaient bien qu'on en fit mention; mais c'est beaucoup trop que de consacrer à sa Vie un volume de 348 pag. , comme l'a fait Joseph Grandet, curé d'Angers
  • Pierre CRINITO ou CRINITUS( 1465) : célèbre littérateur italien du 15° siècle, naquit %ers rie:i à Florence, d'un père à qui ses cheveux épais et crépus avaient fait donner le nom de Riceio. Lmque son fils se fut 'voué aux lettres, il changea, sekin l'usage de son temps, ce nom de Neri.° pour celui de Crinitus, qui signifie en latin la même chose ; et les Italiens, même dans leur langue, ne l'appelèrent plus _que Criait°. Il fut un des disciples de Politien, et l'un de ceux qui après la mort de leur maitre recueillirent ses ouvrages et en L' préparèrent la publicatim. Il était aussi lié d'amitiéavec Pic dc la Mirandole. Paul Jove raconte ; dans ses éloges qu'il remplaça Politien dans la ichaire d'éloquence, et qu'il l'imita dans ses lionteuses amours ; c'est supposer d'abord que Politien lui avait donné ce coutable exemple, ce qui ;est bien loin d'être prouvé. Ses ennemis répandirent dans leurs libelles ces dégoûtantes calomnies, ' mais tous les historiens graves les ont rejetées avec mépris. Paul Joe ajoute que, dans une débauche de table, un des écoliers de Crinitus lui jeta au visage lui verre d'eau froide, et que, du saisissement, de la surprise et de la colère qu'il en eut, il mourut quelques jouis après, tigé tle quarante ans tout au plus. Tout cela parait controuvé, comme tant d'autres faits rapportés par le même auteur. Cette mort eût sans doute fait du bruit, et Valerianus, qui recueillit, assez peu de temps après, les morts funestes des gens de lettres, dans son livre De infelicitate littera/ 1.) mm, où il a fait un article sur Crinitus, ne l'aurait ni ignorée, ni ca- chée; cependant il n'eu parle pas. On a de Crinito un assez grand nombre de poésies latines qui approchent de l'élégance de celles de Politien et de Pontanus. Ses ot r% rages en prose ont eu pluS de célé- brité; ce sont : 1" un traité divisé en N ingteing livres et intitulé : De honesta disciplina, dans lequel, à l'exemple d'AultiCelle dans ses Nuits cri- tiques, il traite un grand nombre de questions d'érudition, d'histoire , de philosophie , etc. Il y rapporte des anecdotes piquantes, mais souvent fabultiuses ou suspectes. Ce recueil est curieux, , mais a peu (l'autorité. 2° De port 11 latinis, en cinq livres ; c'est une suite de notices peu étendues sur les N ies des poêtes latins, qui remonte au plus ancien de tous, livius Andronicus, et, redescend jusqu'à Sidoine Apollinaire. Ces notices sont incomplètes et inexactes ; mais comme c'était le premier oie% rage de ce genre, il eut beaucoup de réputation dans son temps, et même on le cite encore. Ces deux traités ont étê réimprimés ensemble met les deux livres de poésies du même auteur, Lyon, Gryphe, 1543 et 1554, i11-8
  • Pierre CROUZET( 1753) : né à StWast, en Picardie, le 15 décembre 1753, 'mort à Paris, le 1" janvier 1811, après de brillantes études au collége du Plessis, fut reçu docteur aggrégé en 1778. Nominé professeur au collége de Montaigu en 1780, il remplit successivement les deux chaires d'humanités et de rhétorique, de manière à soutenir la réputation de cette austère et excellente école, et justifia dans les différentes places qu'il occupa la confiance du go?. ernement. Principal du collége de Montaigu en 1791, il fut, en l'an 3, nommé par la convention, directeur de l'institut des jeunes Français; trois mois après, chef de l'école de Liancour, et successivement directeur de l'école de Compiègne en 1799, et, en 1801 , du prytanée de StCyr. Quatre ans après, il obtint la décoration de la Légion d'honneur. En 1809, il fut nommé proviseur du lycée Charlemagne, et c'est dans les fonctions de cette place qu'il a terminé sa carrière. Lorsqu'en 1795 on établit une école normale, Crouzet se remit modestement au rang des disciples, et fit paraître une pièce ingénieuse, intitulée, Réclamation de l'E muet, adressée à M. Sicard, insérée dans le recueil des leçons de l'École Normale, et dans l'Almanach des Muses de l'an 4 . Peu de temps après, il fut honoré du titre de correspondant de l'Institut national. Si le zèle avec lequel il se livrait à ses fonctions ne lui a pas permis de publier de grands ouvrages, on doit lui savoir gré d'avoir célébré, soit en latin, soit en français, en prose et en vers, les événements les plus importants de son temps. Quelquesunes de ces pièces se trouvent réimprimées dans la Couronne poétique de Napoléon, Paris, Bertrand, 1807 Parmi beaucoup d'autres opuscules de Crouzet, nous citerons : 1° La liberté, poème, 1790; 2° Dialogue en vers, récité par les élèves de St- Cyr, an 9 de dixsept pages ; 3° Éloge funèbre de J. F. Lefebvre de Corbinières, 1803Discours sur l'honneur, 1806 ; 5° Dialogue en vers, 1797 6° Discours sur la nécessité du travail, etc. Il avait terminé une traduction des Commentaires de César, mais nous ignorons s'il l'a mise en état de voir le jour. Enfin, il avait travaillé à une tragédie d'Hécube, dont on trouve un fragment dans le Journal de Paris, du 18 floréal an 8
  • Pierre CUBERO( 1645) : prêtre espagnol, naquit en 1645, près de Calatavud. Animé de bonne heure du désir de travailler à la propagation de la foi, il n'eut pas plus tôt reçu les ordres sacrés, qu'il partit de aragiisse pour Paris en 1670, alla à Rome où il reçut la bénédiction du pape, et se munit de lettres patentes des supérieurs généraux des différents ordres religieux. 11 visita Lorette et Venise, traversa les Alpes, Augsbourg et Vienne, s'embarqua sur le Danube, et entra à Constantinople, dont la peste le fit bientôt sortir. Il gagna la Transylvanie, Olmutz et 'Varsovie. Jean Sobieski, récemment élu roi, donna à Cubero nue lettre pour SchàhSoliman, roi de Perse. Cubero gagna ensuite Moscou. 11 fut présenté, au czar Ivan Waziliewitz, qui l'accueillit avec bonté. I1 partit avec un ambassadeur que ce prince envoyait en Perse, et descendit le Volga jusqu'à Astracan : « Voyage, ditil, aussi lointain que eu« rieux, et que jamais Espagnol n'a fait. » rendit par la mer Caspienne à Derbent, et arriva en 1674 à Casbin, où était le roi de Perse, à qui il remit ses lettres en lui demandant la continuation de la protection accordée par ses ancêtres auxÀ missionnaires apostoliques. 11 reçut quelques jours' après un calaat ou habit d'honneur, puis alla par Ispahan, Schirai et Laar à BenderAbassi 11 y prit une barque qui le conduisit à BenderCongo, sur le golfe Persique, s'embarqua sur une flotte portugaise qui allait croiser dans la mer Rouge, et ensuite aborda à Diu. Cubero vit Surate, Daman, Goa, doubla le cap Comorin, toucha à Ceylan et à SanThomé, et passa à \lalaca, où il fut mis en prisnn par les Hollandais pour avoir enfreint leurs règlements de police. Délivré de capti‘ ité, il alla à mille, employa six mois dans la traversée du grand Océan jusqu'à Acapulco, partit de Mexico en 1619, et profitant de la flotte de la VeraCruz destinée pour Cadix,..il revit l'Europe après neuf ans d'absence. Il fit paraître en espagnol : Brève relation du voyage fait dans la plus grande partie du monde, par don Pedro Cubero Sebastian, prédicateur apostolique de l'Asie, avec les choses les plus remarquables qui lui sont arrivées et qu'il y a vues parmi tant de nations barbares, leurs religions, usages, cérémonies, et autres choses mémorables et curieuses, dont il a pu s'informer, avec le voyage par terre, d'Espagne aux Indes orientales, Madrid , 1680 Ce livre ne contient, en effet, qu'une relatalion succincte, puisqu'un voyage qui a duré neuf ans est renfermé dans un volume assez mince. CUbero est le premier qui ait fait le tour du inonde (l'Occident en Orient, et en partie par terre, ainsi que l'exécuta depuis Gemelli Carreri. 11 ne décrit pas minutieusement sa route: il se contente de donner un aperçu général de ce qu'il a observé. 11- dépeint avec exactitude les steppes d'Astracan et les déserts de la Perse; il donne beaucoup de détails sur Manille et sur les différents personnages avec lesquels il s'est trouvé. Admis chez les grands et à la cour, il n'aurait éprom é que de l'agrément dans ses longues courses, sans l'ardeur de son zèle, qui a dit quelquefois l'entrainer au delà des bornes. L'on en peut juger par les épithètes injurieuses qu'il prodigue sans cesse à tous les peuples qui ne font point partie de l'Église catholique. Il écrit mec la simplicité qui convient à un missionnaire, niais il est un peu crédule
  • Pierre CUDENA : voyageur espagnol, parcourut longtemps le Brésil, et à son retour en Europe composa, en 1634, un ouvrage intitulé : Description du Brésil, dans une étendue de 1,038 tailles, décourerte par Maraiion y grau Para par sa boussole exacte, ainsi que du fleure des Amazones, q La promi?re est l'Eplire sur la décadence du goût dont on a déjà viole, Dans la seconde il ennuie Belle 0 tut teror tait teefirder la décoration du lis : Ç;gn, révéré de tout le gen, hmu: dei. triote Lciste, qui corrigea la traduction, et la publia avec l'original, en y joignant des notes trèsintéressantes : Description de l'Amérique portugaise par Cudena, Brunswick, 1780 Le jésuite Eckart, ancien missionnaire au Brésil, écrivit en allemand sur ce livre des observations que Mon. a insérées dans ses Voyages de quelques missionnaires de la compagnie de Jésus en Amérique
  • Pierre CURSIUS( 1400) : prêtre, docteur en théologie, né à Carpineto , au 15e siècle, vint demeurer à Rome, où il professa la rhétorique avec quelque réputation. 11 est moins connu par ses ouvrages que par ses démêlés avec Erasme. Celuici, dans ses Adages, en expliquant cette façon de parler Myconius crispus, pour dire une chose extraordinaire, avait ajouté veluti si quis Scytham dicat eruditum, Italum BELLACEM. L'équivoque que présente ce dernier mot, qui peut se prendre pour vaillant ou pour tracassier, échauf- fa Cursius, et, pour venger ses concitoyens qu'il croyait attaqués, il fit paraître Defensio pro Balla, Rome, 1535 et l'adressa au pape Paul 111. Erasme se justifia facilement dans une Disserta- tion. écrite en forme de Lettre à Jean Cholerus, et imprimée dans le IO' volume de ses OEuvres . On a encore de Cursius : 1° Lacrymoe in cade Nicol. Cvrsii, unici germanici . Ce petit poème est calqué sur un opuscule de Vida qui a le même sujet. Poema phalœcium, de civitate Castellana Falisco- rum non Veientiumoppido, Rome, I 589 Il a été inséré, dans le tome 8 du Thesaurus antiquitatum Palice de Grœvius et Burmak. 3° Roma, sive car- men heroicum lacrymabile aw( 7 humani generis ser- vatorem in urbis excidio, Paris, Rob. Estienne, 1528. Ce poème est précédé d'une lettre à la reine mère de François I", et datée ex urbis cadavere, 3 kal. decembris, 4527, dans laquelle l'auteur lui demande sa protection pour tes malheureux habi- tants de Rome. Cet opuscule se retrouve dans les Delicice poetarum Italorum de Gruter, avec six autres pièces du même auteur, dont une, adressée au pape Paul Ill après la trève faite à Nice entre CharlesQuint et François I", prouve que Cursius -%ivait encore en 1538
  • Pierre CUSSON( 1727 - 1783) : médecin et botaniste, né Montpellier en 1727, fit ses études au collége di_ jésuites de cette ville. Il entra dans leur ordre, et professa les belleslettres et les mathématiques Toulouse, au Puy et à Béziers; mais entraîné vel l'étude de la médecine et de l'histoire naturelle, i .11 quitta les jésuites, et fut reçu docteur en 1753. n fit de si grands progrès dans la botanique, que Bernard de Jussieu le fit choisir pour aller en Espagne comme botaniste, et, pendant l'année 1751, il parcourut diverses provinces de ce royaume, el les îles de Majorque et de Minorque, d'où il rapporta une riche collection de plantes. On voulait le renvoyer dans le même pays, mais la chaleur du climat et les fatigues du voyage avaient agi sur son tempérament d'une telle manière, qu'il avait pris un embonpoint excessif, et qu'il ne pouvait plus faire de longues courses. il se livra donc exclusivement à la pratique de la médecine, d'abord à Sauve, et bientôt après à Montpellier, où il fut compté parmi les meilleurs praticiens, ce qui ne l'empêcha pas de revenir à ses premiers goûts pour la botanique. Il fut nommé viceprofesseur de cette science en 1767. La famille des ombellifères était depuis longtemps l'objet de ses méditations. C'est une de celles qui présentent le plus de difficultés, à cause de la grande affinité des . plaintes qui la composent. Morison et Artédi sem- blaient avoir épuisé tous les moyens de la diviser méthodiquement. Le génie observateur de Cusson ne se borna pas à examiner avec plus d'attention qu'on ne l'avait fait la surface du fruit; il pénétra dans l'intérieur, et décounit dans le corps qui entoure ou accompagne l'embryon et qu'il nomma periembryum, une structure inconnue jusqu'alors. i Il n'est pas le premier qui ait connu cet organe, que l'on voit aussi dans plusieurs autres familles de plantes, sous d'autres manières d'être, mais il est lepremier qui l'ait fait complétement connaître dans les ombellifères. Cet organe avait été décrit un siècle auparavant par Grew, sous le nom d'al- bumen*, adopté depuis par Gaertner. M. de Jussieu, qui a observé toutes les différences qu'il présente dans chaque feuille où il existe, l'a nommé peri- perme. Toutes les autres parties des plantes furent examinées avec le même soin, comme on le voit par la suite de ses mémoires manuscrits, qui devaient servir d'instruction à mi traité complet. Il ne put terminer ce beau travail, dont M. de Jussieu a donné un extrait dans les Mémoires de la société de médecine, volume de 1783, pages 275 et suivantes, et l'on trouve un tableau de la distribu- tion des ordres et des genres de la famille des om- bellifères, suivant sa méthode, dans le même volume, à la suite de son Éloge historique. On y voit aussi une classification des oiseaux, établie sur des caractères qu'il avait mieux observés que d'autres naturalistes. Baissier de Sauvages se l'associa pour coopérer à sa Nosologie . !ii e montra digne de cette confiance par ses hi-• ' 'ères et son impartialité. Cusson avait aussi ap- fondi les mathématiques transcendantes, et comme il avait lu à la société des sciences de Montpellier plusieurs mémoires sur ce sujet, il fut nommé en 1777 professeur de mathématiques. Son caractère était franc et gai. Il eut beaucoup d'amis. 11 savait plusieurs langues vivantes qu'il parlait correctement. Dans sa jeunesse, il avait cultivé la poésie française, et s'était occupé des arts d'agrément , tels que la musique et la peinture. Dans les dernières années de sa vie, il fut tourmenté d'une goutte irrégulière que son embonpoint excessif rendit trèsfâcheuse. 11 mourut h, 13 novembre 1783; âgé de 56 ans. 11 avait épousé la fille du médecin Deidier, célèbre par son dévouement lors de la peste de Marseille, et il en a eu deux fils : l'aîné a suivi la carrière de la méde- cine, et lui a succédé dans sa place de viceprofes- seur de botanique. Linné, le fils, a dédié un nouveau genre de plantes à ce savant botaniste, sous le nom de cussonia, et il l'a choisi dans cette famille des ombellifères dont Casson avait fait le sujet d'un travail particulier. Ce genre, dont on ne connaît que deux espèces du cap de BonneEspérance, a été transporté par M. de Jussieu dans la famille des araliacées, trèsvoisine de celle des ombellifères
  • Pierre DAVITY( 1573 - 1635) : sieur de Montmartin, né en 1513 à Tournon en Vivarais, mort à Paris en 1635, s'appliqua d'abord à la poésie, l'abandonna pour se livrer aux recherches historiques, et ne réussit dans aucun genre. Le recueil de ses oeuvres mêlées est intitulé : Les travaux sans travail, titre par lequel il a voulu donner une idée de sa faci- lité à travailler dans tous les genres, Paris, 1599, 1602, et Rouen, 1609, Ses États ou Empires du inonde , Paris , 1626 sont une compila- tion trèsmédiocre, oit l'on trouve cependant des morceaux qui n'avaient pas encore tant en fran-çais, tels que l'histoire abrégée des rois de Perse d'après Mirkhond, que Davity traduisit de Texeira. Ranchin et Recules ont successivement poilé cet ouvrage, d'un volume à sept. Louis Godefroi le traduisit en latin SOUS ce titre : .frehonto/ogia cos- • mica, Francfort, 1649, 3 vol. On attribue à Da % ity quelques pièces au sujet du siége de La ROcheik, publiées FOUS le nom de Montmartin, et les Origines de tous les ordres militaires et de cheva- lerie de la chrétienté, Paris, 1635 Rocoles a fait précéder de l'éloge de Davity l'édition qu'il a publiée de ses États ou Empires du inonde, Pa- ris, 1660
  • Pierre DEJOUX de la Chapelle( 1752) : naquit à Genève en 1752; mais sa mère était une Française originaire de Nîmes. Après avoir commencé ses études dans sa ville natale, il se rendit en Angleterre, pour les continuer à l'université d'Oxford, et étant revenu à Bâle, il y fut reçu ministre du saint Evangile en 1775. Appelé à Paris par Court de Gebelin, son coreligionnaire, d l'aida dans la composition de diverses parties de son grand ouvrage du Monde primitif. De retour à Genève, il s'y fit agréger en 1785 à la compagnie des Pasteurs, et ne tarda pas à se distinguer par son talent pour la chaire. Lorsqu'en 1794 quelques démagogues ren- versèrent le gouvernement de Genève, il se déclara le partisan, sinon de leurs excès, du moins de »leurs principes et se montra dans les rues coiffé du bonnet rouge. En 1801 il ouvrit une école où il promettait d'enseigner , outre les principes des sciences, des lettres et des arts, les éléments du commerce ; mais cet établissement n'ayant point eu de succès, il quitta Genève en 1803 pour venir en France; et, la même année, il fut nommé président du consistoire de la LoireInférieure et de la Vendée, et il en rerriplit les fonctions jusqu'en 1816, époque où il perdit sa place comme n'étant pas Français. Dans les derniers temps de l'empire il avait été nommé recteur de l'université de Brême, mais les événements politiques l'avaient empêché de se rendre à son poste. Après sa révo- cation, Dejoux, qui en 1773 avait déjà voyagé en Italie avec lord Allen, son condisciple à l'université d'Oxford, se décida à y faire un second voyage dans le but d'étudier à fond la religion catholique, projet qu'il mit à exécution avec un jeune Anglais de distinction qui inclinait aussi secrètement vers le catholicisme. Dejoux, après de mûres observa- tions et des études sérieuses, se proposait d'abjurer; mais des difficultés de famille et de fortune l'empêchèrent de se déclarer alors publiquement, et il remplit encore pendant sept années la place de professeur de langues anciennes à l'Institut de Dollar, près de Stirling, en Ecosse. 11 se décida enfin, et revenu à Paris, après y avoir reçu les dernières instructions d'un vénérable curé de la capitale, Dejoux abjura le 1 I octobre 1825, entre les mains de l'archevêque de Paris. Tombé malade peu de jours après il mourut le 29 du même mois. Quelques protestants ont voulu élever des doutes sur la sincérité de, sa conversion; d'autres se sont bornés à la déplorer ; et en effet ce fut une perte sensible pour eux que la conversion d'un membre de ta compagnie del pasteurs de Genève. >jolis, au moment de receloir leiiatique, s'écria d'une rph forte : Je crois fermement a la presence reelle P J.- Cdans l'Eucharistie. Peu de temps après *a mort, mademoiselle Dejoui,m 1111e,à eau exclu_ ple embrassa la foi catholique. Les ouvrages fie '- joux sont : 1• Le eornmerre, les sriences, la lit- ' rature et ka beaux- arts simultanénaent enseigné*, , 41 Notice raisonnée d'un iruit it ut réuniasant une édu- ation littéraire et libérale. précédée d'un mémoire tii en démontre la nécessit é, Genève, 1801 la. , ,:st le prospectus de son pensionnat. 2° Ce qu'est la , franc- maçonnerie, Genève, 1802 e Prédi- - ation du christianisme, 1803, 4 vol. ; 4' La Providence et Napoléon, Nantes , 1806 tie Diarours sur la guerre dans ses rapports arec la , talion, ibid., 1810 60 Second Disrourv •tir la guerre ou le Te Deum d'Enzersdurf et de ll'agram, ibid., 1810 7° Troisieme Discours idr la guerre, considérée sous des rapports de légi- eimite et relativement ati. r triomphes récents de la ! raide armée, surtout d l'éclatante rictoire de la . ttekotra, prononcé le 11 octobre 1812, d'après 'invitation du gouvernement, dans l'église réformée consistoriale de Nantes; et suivi d'un Hymne religieux sur la délivrance de la Pologne, Nantes, 1813 8La vertu glorifiée, ou le triomphe après la mort , discours prononcé le 21 jans ler 1815, au service funèbre et solennel de Louis XVI, nide France, Nantes, 1815 9° Lettres3ur11- talie, considérée sous le rapport de la religion, Paris, 11R23, 2 vol. ibid., r é dition, I 836. Ces lettres, ' au nombre de 40, sont supposées écrites en I81, .-1 part la dernière, datée du 25 octobre. 1825, quatre jours aNant la mort de l'auteur, qui contient des détails sur sa famille et sur les motifs qui l'ont forcé de retarder son abjuration. Elles portent le nom de Pierre de la Chapelle et d'Eusèbe Adhémar, prieur d'une abbaye dans le Chablais, et sont adressées à milord Edouard Clinton, comte de Mo- M'and, à Oxford. Lee derniers noms sont Flipp,- , Dans l'édition originale, le gouvernement fit ltonner les pages 27 du tome I , et 257 du tome 2, où l'auteur exprimait le voeu de voir rétablir en France les congrégations enseignantes et les corporations religieuses. On a annoncé un autre encage de Dejoux sous le titre de Soirées na- politaines, comme desant faire suite aux Lettres xur l'Italie
  • Pierre DELAUDUN( 1575) : sieur d'Aigalliers, né it Usez en 1575, fut envoyé à Paris pour y achever son cours de philosophie. Au lieu de suivre l' de ses parents, il s'abandonna à son penchant pour la poésie. C'était un goût qu'il avait hérité de son père, mais il le portait beaucoup plus loin. En 1597, à peine sorti de dessus les bancs, il se crut en état de donner des leçons de son art, et il publia l'Art poétique français, divisé en 5 livres. L'auteur, à l'appui de ses préceptes, cite ses propres ouvrages, et on apprend par lit qu'il en avait déjà publié dans des genres différents. Il avait effectivement donné, l'année précédente, un volume contenant le Martyre de Si. Sébastien et les Horaces, tragédies ; des mélanges, des acrostiches, latins et français, et un poème intitulé la Diane. Il se flattait d'être l'inventeur d'une espèce de demisonnets. Il avait fait plusieurs comédies qui n'ont point été imprimées. Delaudun regardait toutes 1 ces productions comme le fruit trop précipité de sa jeunesse, et il regrettait d'avoir cédé au désir de son oncle en les faisant imprimer. Ce fut son oncle qui publia luimême sa Franciade en 9 livres, Paris, 1604 poème dont le fond est mauvais, mais qui a fourni à l'auteur l'occasion de montrer son érudition dans des notes trèscurieuses, C'est le dernier ouvrage de Delaudun ; il survécut cependant longtemps à sa publication, puisqu'il ne mourut qu'en1629, au château d'Aigalliers
  • Pierre DELBREL( 1764 - 1846) : membre de la convention nationale, naquit le 1 er juillet 1764 à Moissac, ville de l'ancien Quercy, ayant d'abord appartenue dans la nouvelle division administrative du territoire au département du Lot, faisant partie actuellement du département de TarnetGaronne. En 1'792, Delbrel suivait la carrière du barreau dans sa ville natale; quand il vit la France menacée de l'invasion étrangère, il n'hésita pas à chercher à la servir plus uti- lement; il s'enrôla. Ce dévouement eut sa récom- pense : bien que simple soldat et de plus éloigné de son pays, Delbrel fut appelé par ses concitoyens t à siéger à la convention nationale pour le département du Lot. Dans le procès de Louis XVI, il se prononça pour 1a mort du roi, sans appel au peuple, et sous la condition expresse de surseoir jus- qu'à ce que la convention mit prononcé sur le sort+. des Bourbons. Après le jugement de Louis XVI, Delbrel fut envoyé en mission à l'armée du Nord, et il y fut du nombre de ces représentants dont l'énergie imprima une nouvelle vigueur aux opérations de nos armées. Dès son arrivée, Delbrel ranima l'ardeur des troupes, détruisit les irrésolutions de leur général en chef, et par l'impulsion qu'il donna, il contribua pour beaucoup à la victoire de Hondschoote, remportée sur les Anglais par le général Houchard. Après cette campagne, il ac- compagna l'armée à Lille. Le Quesnoy, Condé, Valenciennes, étaient déjà au pouvoir des armées coalisées; la faiblesse des garnisons de Cambray et de Bouchain faisait craindre le même sort pour ces deux places, d'autant plus importantes à conserver que leur occupation aurait achevé de laisser à découvert toute la frontière du Nord. Delbrel fut assez heureux pour parvenir à tromper la surveil- lance de l'armée ennemie, et à faire entrer des ren- forts suffisants dans les deux villes, mises ainsi à l'abri des coups des Autrichiens. — Rappelé par la convention, Delbrel fut peu après chargé d'une nouvelle mission; il fut envoyé auprès de l'armée des PyrénéesOrientales. 11 y assista aux conférences de la capitulation de Bellegarde que les Français reprenaient sur les Espagnols, et seconda les plans et les succès du général en chef Dugommier. Le 27 brumaire an 3, ce dernier, livrant aux Espagnols une affaire générale et décisive fut tué dès le commencement du combat ; témoin de l'événement, le commissaire conventionnel appela à l'instant le gènéral Pérignon au commandement des troupes, sut maintenir le moral de l'armée, et, le 30, les Espagnols, entièrement culbutés, perdaient leurs positions, leur bagage, leur artillerie et leur général La Union. Dès ce moment la campagne de l'armée des PyrénéesOrientales ne fut plus qu'une déroute pour l'Espagne. Entré en Catalogne, Delbrel diri- gea la capitulation du fort de StFernand de Figuières où s'étaient enfermés 10,000 hommes qui se rendirent prisonniers. L'armée assiégea ensuite le Bouton et la ville de Rose qui capitulèrent. Ces désastres, aggravés de ceux que l'Espagne subissait sur la Bidassoa et vers l'Ebre, obligèrent cette couronne à demander la paix. Elle fut signée par le traité de Bâle, le 4 thermidor . — Après l'expiration de. son mandat à la convention, Delbrel fut réélu député au conseil des CinqCents. Son y fut assez grande ; il y joua un rôle actif et même détermina des résolutions d'une haute importance, du moins s'il faut len croire. Par exemple, ta loi du 19 fructidor an 6, concernant la conscription militaire, aurait été rendue sur sa motion et sur son rapport. Une portion du public attribua la conception et l'économie de cette loi organique de l'armée au vainqueur de Fleurus, le général Jourdan. Delbrel revendiqua publiquement l'honneur de cette initiative, et Jourdan reconnut loyalement en pleine tribune la justice de cette réclamation. Au surplus l'idée de la conscription militaire, et du mode de recrutement actuel, n'appartient en réalité ni à Delbrel ni à Jourdan. Là. convention en avait posé le principe dans la constitu- tion de l'an 3, et Dellwel et Jourdan n'eurent qu'à organiser ce principe. — Delbrel fit mie vive opposition au coup d'État du 18 brumaire; le premier il attaqua le général Bonaparte « qui , ditil, « tout couvert de lauriers, venait donner des fers « à sa patrie. » Cette sortie le fit inscrire au nombre des membres du corps législatif désignés pour la déportation. Il échappa à cet arrêt, et ne tarda pas à obtenir qu'il fût rapporté, grâce à l'intervention des généraux Lannes et Bessières. —De retour dans sa ville natale, Delbrel, en 1809, fut nommé président du tribunal de première instance de Moissac, fonction qui lui fut enlevée en 1815. Pen- dant les cent jours, il fut élu membre de la cham- bre des &présentants, et à la seconde restauration il fut compris parmi les conventionnels condamnés à l'exil pour avoir voté la mort de Louis XVI. 11 se réfugia en Suisse, et ne revit la France qu'après dixhuit mois de proscription. il rentra alors de nouveau à Moissac et y mourut pauvre et dans la retraite à l'âge de 86 ans, le 2 mars 1846
  • Pierre DELFINO( 1444) : général des camaldules, ne a Venise, en 1411, était de la même famille pie les précédents. Élevé par des parents pieux. il Prit de bonne heure le goût d'une dévotion solide. 1 Ils le mirent dès sa première jeunesse entre les , mains de Pierre Parleoni de Rimini, homme trèsversé dans les lettres latines, et dès l'âge de qua- torze ans, il avait lu tout ce que cette 'littérature offre de plus parfait ; mais il se fit dans la suite 1 scrupule de l'ardeur qu'il a% ait toise à ces études ' profanes, qui, pourtant, ne laissèrent pas de lui être utiles. Songeant àembrasser la % le religieuse, et persuadé qu'on ne de N ait pas prendre légèrement un tel parti, il passa quatre ans à visiter les monastères des différents ordres, et à enétudier les règles. Enfin il se détermina pour les camaldu- les, et entra dans le monastère de StMichel de i Murano, gouverné alors par Gérard Mafféi, qui se plut à former un disciple si distingué. Deltino s'appliqua à remplir tous les devoirs de son nouvel état, et donna une preuve bien remarquable de son zèle pour la Mile monastique„ en refusant d'aller voir sa mère malade, qui demandait à l'embrasser avant de mourir. En 1179, il l'ut appelé à la dignité d'abbé, et les camaldules, l'année suivable, ayant perdu leur général, Delfin,), qui n'ait à peine trentesix ans, fut élu presque à l'unanimité pour le remplacer. 11 travailla surtout à maintenir la rigueur et l'esprit du premier institut, n'épargnant ni peines ni fatigues pour réformer les silonastères qui en avaient besoin, et pour recoovrer les biens enlevés à l'ordre. Vers ce temps , la république de Venise eut à proposer pour le chapeau de cardinal un sujet de l'Etat. Tous les voeux se tournerent vers Dellino. mais il se refusa à toute démarche relati‘e à ce projet. Néanmoins, quelque temps après, il alla à Rome, pressé par Laurent de Médicis, qui souhaitait qu'il y accompagnât son fils, nomellement revétu de la pourpre romaine. Mais la vie d'une cous aussi magnifique que celle de Léon X, de convenait pas à Dellino. 11 s'y ennuya, et revint, le plus tôt qu'il put, jouir de sa chere solitude. Quelques religieux aNaient conçu un projet de réforme et de réunion, d'après lequel Deltino attrait dû résigner sa dignité de général; il s'y était refusé, et était par % enu à faire suspendre le projet, qui fut replis en 1513 et ap- prouvé par Léon X. Cinq lettres de Delfino, sont relatis es àcette affaire. Dellino s'y plaint amèrement de la conduite qu'on tient à son égard. Las d'être persécuté, il consentit à l'union. Il consersa pendant sa %ie le titre et les prérogatiN es de général de l'ordre, et se retira dans son monastère de StMichel, où il vécut encore dix ans. Il termina sa carrière le 16 janvier 1:;:).5. Eusèbe de Prioli, son compatriote et sun disciple,prononça son oraison funèbre. Ona de !tains) un Recueil de lettres, V vilise, di visé.es en 12 livres. Cet ou' rage est extrême-. ment rare. Don Mabillon, qui a vu à Camaldoli, dans le monastère chefd'ordre, quatre volumes de ces lettres manuscrites, en porte le nombre à phis de 4,000. C'est sraisemblablement le recueil que l'en fit du vi%ant de Dellino, et dont il est parlé dali, la 1";1" lettre de la collectif in de don Nlartène. ,a%ant bénédictin, et don Durand, son col ifrère, ont formé un autre recueil de celles des lettres omises dans l'édition de 1521, qui leur ont paru mériter d'étre publiées. Elles sont au nombre de 211 ,et insérées dans le tome 5 de l'ouvrage de ces Pères. intitulé ; Veteruni seri pioruin et nianumento- rinn, etc. aniplissinia colleet io. A la suite, se trou-(nt un Discours de Delfino adressé à Léon X et l'Oraison f anebre du même Delfino. Ces lettres ont surtout pour objet les affaires de l'ordre des camaldules ; quelquefois il y est question d'événements qui appartiennent à l'histoire du temps. Par exemple, la nation française est assez maltraitée dans la 113' de la Collection de Martème, à l'occasion de l'expédition de Charles VIII
  • Pierre DENYS( 1658) : artiste en ouvrages de fer, mérite une place dans ce recueil par ses rares talents. Né à Mons en 1658, il annonça dès sa jeunesse du goût pour les arts, et surtout pour le traTail du fer. Ayant étudié plusieurs armées sa profession à Rome et à Paris, il s'attacha en 1690 à l'ordre de St. Benoît en qualité de commis, espèce d'état moyen dans lequel, sans cesser d'ètre laïc, il s'obligeait à exercer son art selon l'ordre des supérieurs. Ce fut à ce titre qu'il entra dans l'abbaye de StDenis, près Paris. La' grille, la suspension des lampes du choeur, la balustrade, les rampes du grand escalier, la chaire du lecteur dans le réfectoire et plusieurs autres ouvrages attestèrent ses talents jusqu'à l'époque trop fameuse où la plupart de ces productions estimables disparurent au milieu de la tourmente qui fit de bien plus horribles dégâts dans cette célèbre abbaye. Denys exécuta encore plusieurs autres ouvrages de la même espèce, et entre autres la porte du choeur de NotreDame de Paris, la grille du choeur des religieuses de Chelles, celle de la cathédrale (Je Meaux, etc. On le regarde comme le plus habile ouvrier en fer qui ait paru en Europe dans le xvme siècle. Après avoir vécu pendant quarante arrois ans avec régularité à. StDenis il y mourut le 20 mars 1733
  • Pierre DEMOURS( 1702) : fils d'un apothicaire de Marseille, où il naquit en 1702. Après avoir fait ses premières études à Avignon, il se rendit à Paris, termina dans i cette i ville son cours de philosophie, et suivit pendant plusieurs années les professeurs de la faculté de médecine. Admis au grade de bachelier, il alla en 1128 se faire receçoir docteur à Avignon, et revint aussitôt à Paris. Duverney le choisit pour partager ses travaux; et à la mort de cet illustre anatomiste , il obtint de r Chirac la place de démonstrateu et garde du ca- binet d'histoire naturelle du Jardin du moi. Ce second Mécène étant mort en t 732, Demours en trouva un troisième dans le docteur Antoine Petit, qui lui proposa de l'aider dans ses recherches anatomiques, et de se livrer surtout au traitement des maladies des yeux. Demours profita de ce conseil avec un lel succès que bientôt il enrichit la théorie et la pratique de la chirurgie oculaire de préceptes utiles et de procédés ingénieux. La société royale, de Londres le reçut parmi ses membres, et l'Aca- démie des sciences de Paris le nomma, en 1769, associé vétéran. 11 joignit à ces titres honorables ceux de médecin ordinaire oculiste du roi, et de censeur royal. Il mourut le 26 juin 1795, après avoir publié des traductions, des compilations, et quelques opuscules originaux : i Essais et observa- tions de la société de médecine d'Edimbourg i, traduits de l'anglais, i avec des observations sur l'his- toire naturelle et ler maladies des yeux i, Paris, 1740 et suivantes,7 vol. avec fig.; 2° i Essais et observations physiques et littéraires de la société d'Edimbourg i, t. 1, Paris, 1759 fig ; 3° i Es- sai sur l'histoire naturelle du polype insecte, tra- duit de l'anglais de Henri Baker i, Paris, 1741 fig. ; 4° i Description du ventilateur, par le moyen duquel on peut renouveler facilement et en grande quantité l'air des mines, des prisons, des hôpitaux i, etc., i traduit de l'anglais d'Étienne Hales i, Paris, 1744 avec fig.; 5' i Méthode de traiter les plaies d'armes à feu ; traduit de l'anglais de Jean Ranby i, Paris, 1745 6° i Transactions philosophiques de la société royale de Londres, années i 1736-1747 ; i traduit de l'anglais i, Paris, 1758- 1761, 5 vol. 70 i Table générale des matières conte9ues dans l'histoire et dans les mémoires de l'Académie royale des sciences i, t. 5 à 9 Paris , 1147 et suivantes. Les quatre premiers sont dus à Godin. 8° i Lettre à M. Petit, en réponse à sa critique d'un rapport sur une maladie de survenue après l'inoculation de la petite- vérole, contenant de nouvelles observations sur la structure de et quelques remarques générales de prati i i que, relatives aux maladies de cet organe i, Paris, 1767 9° i Nouvelles réflexions sur la lame cartilagineuse de la cornée, pour servir de réponse ri la lettre de M. Descemet i, Paris, 1170 Ces deux opuscules ont pour but de confirmer par le raisonnement et par l'expérience divers points de doctrine sur l'exactitude et sur la nouveauté desquels on élevait des doutes. Les mémoires de PAendémie royale des sciences contieçanent plusieurs observations curieuses du docteur Demours : sur le crapaud mâle accoucheur de la i femelle i; sur la structure cellulaire du corps vitré; sur la mécanique des mouvements de la prunelle
  • Pierre DENAISIUS( 1560) : né à Strasbourg, le 1" _ mai 1560, d'une famille noble et nombreuse que les guerres de religion chassèrent de Lorraine, fut en 1583 reçu docteur en droit, et peu après conseiller de l'électeur palatin, qui l'envoya depuis en ambassade auprès du roi de Pologne, d'Elisabath, reine d'Angleterre, et de plusieurs autres souverains. En 1590, il fut nommé assesseur de la chambre impériale de Spire, emploi qu'il conserva jusqu'à sa mort, arrivée à Heidelberg chez Louis Culmann, son gendre, le 2.0 septembre 1610. Denaisius possédait trèsbien les langues latine, française, italienne et anglaise. 11 a composé en allemand des vers très-élégants. Il aima et cultiva avec succès la musique. Quelqu'un lui demandant un jour « quelle était la chose dont l'homme ne « se rassasiait jamais? — C'est de l'argent, » répondikl ; et son frère s'étant vanté sur cela « d'a voir renoncé à des a Irai res trèsavantageuses, » Denaisius répliqua : « C'est le travail que vous « avez fui, et non l'argent. » 11 aimait beaucoup la solitude, et avait fait peindre dans son cabinet le prophète Élie dans son ermitage, avec des corbeaux, et avait mis pour inscription . Alloquii salis est, eœlus rugisse profanos. Denaisius ne voulut jamais se laisser peindre ; défendit qu'on lui fit une épitaphe; cependant on grava ces vers sur son tombeau Hoc eubal in lumulo Denaisius ille, viator, Quo vix in terris justior aller erit. Mentem adeo rebus servavit in omnibus tequam llistribuilque aliis jura bilance pari. Conlenhis virtule sua fortuna in ulraque Pulehram egit vitam; pulthrum obitumque tulit. Ill)ett de temps avant sa mort, il se fit apporter tons ,.es manuscrits, parmi lesquels étaient des lettres, des consultations, etc., et brôla tout ce qu'il crut Ilallensis, Anvers, 1604 La Dissertai io a été attribuée par quelques personnes à GeorgeMichel Lingelsheim, gni luimème, dans une lettre à Scaliger, reronnait Denaisius pour auteur de roux rage. On peut à ce sujet consulter Placcius, n°4 51 et 760, de ses Anonymes, et nc. 804, des Pseudonymes. 4" puseules théologiques, entre autres: Jesuiter hi- tein . 5° Quelques écrits relatifs à la politique et à d'autres matières, « mais auxquels « il ne mit pas son nom, dit Melchior Adam, et « qu'il serait difficile sans doute de reconnaître • aujourd'hui qu'ils n'ont plus aucune impor a tance
  • Pierre DAHLMAN : vivait à Halle vers l'an I 709. Il a publié en allemand : les Écrivains pseudonymes démasqués, Leipzig, 1710 Ce n'est guère qu'un extrait fort médiocre du grand ou.% rage de Mucius, sans addition d'aucun nouvel article', quoique Struvius ait dit qu'on y trou~ ait l'indication de quelques pseudonymes modernes. On le dit aussi auteur du Thédtre historique des publicistes et jurisconsultes les plus célèbres, Francfort et Leipzig, 1/10 et 1715, 2 vol. D'autresattrihuent à un certain Kiihlman cet ouvrage qui d'ailleurs n'a pas été fait avec le soin que demandait l'importance du sujet, G—Y.
  • Pierre DANET( 1600) : né à Paris vers le milieu du 17e siècle, embrassa l'état ecclésiastique, et fut pendant longtemps curé dans cette Nine. Le duc de Montausier le choisit pour coopérer avec d'autres savants aux éditions ad usunt deiphiiii. Danet eut en partage les Fables de Phèdre qu'il enrichit d'un Commentaire, et qu'il publia à Paris, 161'5 réimprimées, ibid., 1:26, ; niais ce qui contribua le plus à sa réputation, ce furent ses deux Dictionnaires, françaislatin et lat également à l'usage du dauphin. Le premier, supérieur à l'autre pourl'exécution, fut publié à Paris. 1685 ; et le second, six ans après, 1691 Il est chargé de circonlocutions et de mauvaises phrases de Plaute. L'un et l'autre, souvent réimprimés, ont cessé d'être en usage dans les écoles. On a encore de Danet : l Radiees, seu Dictiona rium linguoe latince, Paris, 1677 trèsrare 20 Dictionarium antiquitatum romanarum et grcecarum, ad usum delpb in j, Paris, 1698 savant modeste obtint, pour récompense de ses travaux, l'abbaNe de StNicolas de Verdun; mais il n'en jouit pas longtemps, et périt en 1709, en revenant de Lyon, étouffé dans un bourbier où sa voiture versa. — Un autre abbé DANET, maitre de langue à Paris, a publié une Vie de Sémiramis, Londres , 1748 ; et les Aventures de Londres, Amsterdam , 1751, 2 vol
  • Pierre DAVAL : avocat anglais, mort en 1763, - 't été avar e e successivement master et accountant général de la cour de chancellerie. Ses connaissances mathématiques l'avaient fait admettre dans la société royale de Londres, et lors de la discussion concernant les arcs elliptiques à l'occasion de la j construction du pont de Blackfriars, le comité demanda son opinion. Sa réponse se trouve dans le London Magazine de mars 1760. On a de lui une traduction anglaise des Mémoires du cardinal de Retz, dédiée à Congrève, et imprimée en 1723
  • Pierre DAMINO( 1592 - 1631) : peintre, né à CastelFranco, dans l'Etat de Venise, en 1592, avait reçu de la nature les plus heureuses dispositions. Livré à son penchant, sans maître et sans conseil, il copiait toutes les estampes et tous les tableaux qu'il pouvait se procurer ; ce ne fut qu'après avoir lu les ouvrages de Lomazzo et d'Albert Durer qu'il mit du choix dans ses travaux. Il apprit à connaître dans les traités du maitre allemand les proportions du corps humain; la lecture des historiens et des poètes féconda son imagination ; il transporta leurs descriptions dans ses tableaux. • Damino ne dut son talent qu'à luimême. Jean—Baptiste Nocello lui enseigna seulement le mélange et l'emploi des couleurs. Les ouvrages qu'il fit à l'âge de vingt ans au dôme de Padoue marquèrent sa place parmi les bons peintres; sa réputation se répandit dans toute l'Italie ; il fut successivement appelé à Venise, à Chiozza, à Créma et dans plu- sieurs autres villes dont les édifices publics sont enrichis de ses ouvrages. 11 mourut en 1631. Cet artiste eut un frère qui peignit trèsbien le portrait en petit, et une soeur dont les ouvrages de peinture furent aussi admirés de ses contemporains
  • Pierre DANDINI( 1647 - 1712) : peintre, né à Florence en 1647, et mort dans la même ville en 4712, était fils de César Dandini, qui peignit plusieurs beaux tableaux d'autel pour les églises de Volterre et de Florence. Il apprit les premiers éléments de la peinture de son oncle Vincent Dandini ; il alla Sen- suite étudier à Venise, à Modène, à Bologne et à Rome, oit la richesse de ses compositions fut admirée. Il avait un coloris vif, brillant, et surtout un talent particulier pour donner du relief aux parties saillantes de ses tableaux. il peignait avec un égal succès à fresque et à l'huile. Les ouvrages qu'il lit pour différents édifices publics de Florence lui donnèrent une si grande réputation qu'on voulut de tous côtés avoir de ses tableaux, particulièrement en Pologne. Dandini eut un frère qui ne fut pas moins bon peintre que lui
  • Pierre DAMIEN( 988) : cardinal-évêque d'Ostie, né à Ravenne vers l'an 988, d'une famille honnête, mais pauvre, fut rejeté de sa mère, qui refusa de le nourrir. 11 était encore enfant lorsqu'il devint orphelin. Un de ses frères se chargea de lui, le traita comme un esclave, le laissa marcher nupieds, couvert de haillons, et l'envoya garder les pourceaux. Mais, quelques années après, un autre frère, nommé Damien, qui était archidiacre de Ravenne, se chargea de son éducation, lui servit de père, et par reconnaissance Pierre prit le nom de Damien. 11 fit ses études à Faénza et à Parme. Ses progrès furent si rapides, qu'en peu de temps, devenu capable d'enseigner luimême, il ouvrit une école qui attira un grand nombre de disciples, et lui fournit des revenus assez considérables. Craignant le danger des richesses et de la vaine gloire, il portait déjà un cilice sous ses. habits, priait, jeûnait, veillait, se levait quelquefois pendant la nuit, et se plongeait dans l'eau jusqu'à ce que son corps fût transi par le froid. 11 résolut enfin de quitter . le monde, et entra dans l'ermitage de FontAvellana, que le B. Ludolphe avait naguère fondé dans l'Ombrie, au pied de l'Apennin. Gui, abbé de Pomposie, le demanda pour instruire ses disciples; il passa deux ans dans ce monastère, et fut élu abbé de FontAvellana en 1041. Il fonda divers ermitages, eut pour disciple St. Rhou et St. Jean de Lodi, qui devinrent évêques de Cubbio, et St. Dominique surnommé l'encuirassé. 11 avait rendu de grands services aux papes Grégoire VI, Clément 11, Léon IX et Victor 11, lorsqu'Étienne IX le créa cardinal-évêque d'Ostie, en 1057. Mais, pour décider son acceptation, il fallut le menacer des foudres de l'Eglise. L'année suivante Jean, évêque de Velletri, ayant été élu pape, contre toutes les règles, prit le nom de Benoît X. Pierre Damien s'opposa de toutes ses forces à l'intrusion violente et simo niaqne de ceprélat, le décida enfin à renoncer à son élection, et rit agréer celle de Nicolas 11. Bientôt après, il fut envoyé avec Anselme, évêque de Lucques, en qualité de légat à Milan, où sa vie fut menacée tandis qu'il sévissait contre les prêtres coupables de simonie. En 1062, il prit le parti d'Alexandre II contre l'empereur qui soutenait. l'antipape Cadalous. Ce dernier céda aussi aux instances de l'évêque d'Ostie et se désista de ses prétentions. Cependant Pierre Damien ne cessait de soupirer après la snlitude, et son aversion pour le monde était augmentée pat' les désordres et l'esprit de simonie qui régnaient alors dans le clergé. Il obtint enfin, après beaucoup de difficultés, la permission d'abdiquer, et l'entra dans le désert . Quoique Pierre Damien n'ait point été canonisé dans les formes ordinaires. il est honoré le 23 février avec le titre de patron à Faenza et à FontAvellana. 11 y a plusieurs éditions de ses oeuvres avec des notes de Constantin Cajetan ; les plus amples sont celles de Paris, 1642 et 1663, divisées en quai res tolites qu'on relie en tin seul volume et qui contiennent : 1° cent cinquadlehuit lettres distribuées en huit livres; 2° soixantequin ze serinons ; 3° les Vies de St. Odilon de Cluni, de St. Maur, évêque de Césène, de St. Romuald, de St. Rhou ou Rodolphe de Gubbio, de St. Dominique, dit l'Encuirassé, de Ste. Lucite, et de Ste. Flore, vierges et martyres dont on ne sait rien de certain; •° soixante opuscules : on distingue ceux où l'auteur traite des devoirs des ecclésiastiques, et ceux qui ont pour titre : Tractatus de correctio:- ne episcopi et palme; et Disceptatio synodalis inter imperii romani advocatunr et Ecclesice romance defensorem, de electione principis romani. Ces deux traités ont été Imprimés à Francfort en 1614 et 162 . On remarque en général dans les écrits de Pierre Damien, qui sont utiles pour la connaissance de l'histoire ecclésiastique du 1 le siècle, un grand zèle pour la réformation des moeurs, et une érudition assez étendue pour le siècle oit il vivait; mais son style est diffus et embarrassé ; ses raisonnements manquent souvent de justesse ; ses preuves sont, pour la plupart, des explications arbitraires des livres saints, des apparitions de morts, ou d'autres histoires invraisemblables. Il se déclara le défenseur zélé de plusieurs dévotions nouvelles, surtout des flagellations et des compensations de pénitence. « S'il est permis, ditil, de se donner cinquante coups de discipline, pourquoi ne s'en donneraiton point soixante ou cent? Et si l'on peut s'en donner cent, pourquoi seraitil défendu de s'en donner mille? Ce qui est bon ne peut être poussé trop loin. Si le jeûne d'un jour est bon, celui de deux ou trois jours est meilleur encore, » — « Suivant ce principe, dit le rédacteur du Dic « tionnaire des auteurs ecclésiastiques, la perfec « tion serait de se laisser mourir de faim, ou d'ex pirer sous les coups de discipline. » La vie du B. Pierre Damien a été écrite par Jean de Lodi, son disciple, et publié par Mabillon
  • Pierre DAMPMARTIN( 1500) : né en Languedoc dans le I 6' siècle, mérita la confiance de la reine de Navarre, qui l'employa en plusieurs occasions. Il fut ensuite nommé conseiller, et en 1585 gouver- neur de Montpellier. Il avait fait un voyage en An- gleterre par les ordres de la reine, et il en annon- çait une relation qui contiendrait bien des particularités curieuses ; il se proposait aussi de publier un ouvrage sur le Languedoc. Le temps lui a manqué pour exécuter ses projets, et le seul ouvrage qu'on ait de lui est intitulé : Vies de c quante personnes illustres, avec rentre- deux des temps. Paris, 1599 Le premier volume de- vait être suivi de neuf autres, qui n'ont point paru ; il renferme les vies d'Auguste, de Tibère, de Vespasien, de Nerva et des Antonins. L'auteur, qui avait pris Plutarque pour modèle, établit une liaison entre les vies de ces personnages par le récit des événements qui se sont passés dans l' ; c'est là çe qu'il appelle l'entre- deux dee temps. — Un autre DANIPMARTIN , conseiller à Cambrai, et procureur du duc d'Alen-çon, frère de Henri III, est auteur d'un ouvrage intitulé : Du bonheur de la cour et vraie félicité de l'homme, Anvers, 1592 ; réimprimé sous le titre suivant : La Fortune de la cour, ou Dis- cours curieux sur le bonheur ou le malheur des favoris. Cette édition fut donnée par Sorel, qui en retoucha le style, et y fit plusieurs additions, Paris, 1642 et 1644 Godefroy l'a réimprimé à la suite de son édition des Mémoires de la reine Marguerite, Liége, 1713 et 1715, 2 partie
  • Pierre DAN : supérieur des mathurins de Fon- tainebleau fut désig,né en 1631 pour aller en Bar- barie travailler à la rédemption des captifs. Il s'embarqua avec un de ses confrères à larseille, en juil - let 1634, activa à Alger après quatre jours de traversée, et revint en mars 1635, ramenant 42 esclaves qu'il conduisit. à Paris. 11 mourut en 1649. Ce missionnaire avait profité de son séjour à Alger pour recueillir les matériaux de l'ouvrage suivant : Histoirede Barbarie et de ses corsaires, Paris, 1637 traduite en hollandais en 1684, par S. De Vries, qui y ajouta une seconde partie; il avait reparti en français sous ce nouveau titre : Histoire des royaumes et des villes d'Alger, de Tunis, de Salé et de Tripoli augmentée de plusieurs pièces, Paris, 1649 Ce livre, le premier de ce genre qui ait paru en France, contient une histoire générale de la piraterie depuis les temps anciens, et des notions détaillées sur les habitants de la Barbarie. L'auteur se plaint de ce que le zèle pour les rédemptions est bien refroidi, et fait un tableau déplorable des misères éprou N tes par les chrétiens prisonniers chez les Barbaresques. 11 est souvent crédule à l'excès, mais dit néanmoins des choses intéressantes. On a encore de lui : le Trésor des merveilles de la maison royale de Fontainebleau, contenant son antiquité, les singularités qui s'y voyent, etc., Paris, 1642 lig. Lenglet dit (pie ce livre est utile, parce qu'il fait connaître plusieurs choses qui ont été depuis enlevées de Fontainebleau
  • Pierre DAUDÉ : ministre calviniste, né à MarvejoIss en Gésaudan, mort en Angleterre le 11 mai 1754, àgé de 13 ans, publia divers ouvrages sous le voile de l'anonyme. 11 traduisit de l'espagnol, de Gregorio 1Ia),ans, la Vie de Miguel Cernantes, Amsterdam, 1140, 2 vol. On lui attribue encore : 1 n la traduction des Discours historiques, critiques et politiques de Gordon, sur Tacite, Amsterdam, 1742, 2 vol. et 1;51, 3 vol. 2° la traduction des Discours historiques et politiques du même, sur Salluste, 1759, 2 vol. : ces deux versions ont été réimprimées à Paris, l'an 2 , 3 vol. 3° Sibylla Capitolina ; Virgilii 111aronis Poentation, interpretatione et notis illustratum, Oxford , 1726 Ce centon est une critique de la fameuse bulle Unigenitus. On trouve un long éloge de Pierre Daudé dans la Bibliothèque britannique, t. 1, p. 167-183
  • Pierre DANES( 1497) : et non DAINES, quoique dans ce nom l'e soit ouvert, naquit à Paris, d'une famille illustre, en 1497. 11 fut mis dans sa jeunesse au collége de Navarre, où il obtint les plus grands succès dans la connaissance des langues latine, grecque, hébraïque. Sa réputation s'accrut rapi- dement, et devint telle qu'en 1530, François qui venait de fonder le collige royal, en nomma Dattes le premier professeur en langue grecque. Ce dernier ne tarda pas à justifier le choix du mo- narque par les savantes observations qu'il publia sur plusieurs auteurs anciens, et, dans le peu de temps qu'il occupa cette chaire, il compta les élèves les plus distingués, tels qu'Amyot, de Billy, Brisson, Daurat, CinqArbres. Au bout de cinq ans, tourmenté du désir de voir l'Italie, il obtint la permission de quitter le collège de France, et suivit George de Selve, son ami, qui venait d'être nommé ambassadeur à Venise. Après avoir fait, dans cette patrie des lettres, une ample moisson de connaissances, il revint à. Paris. En 1543, il fut un des juges qui condamnèrent l'infortuné Ramus, et ce trait n'est pas sans doute le plus beau de son histoire. Deux ans après, François I" le nomma ambassadeur de Fiance au concile de Trente, avec Claude d'Urfé et Jean Desligneris. La harangue qu'il y prononça à son arrivée fut trèsapplaudie. Danes y soutint dignement l'honneur de son pays. Tous ses biographes ont rapporté le mot heureux qui lui échappa dans une des séances du concile. Comme mi orateur français déclamait fortement contre les moeurs relâchées des ecclésiastiques d'Italie, Sébastien Vance, évêque d'Orviette, dit avec mépris : Gallus cantat.— Utinam, répliqua vivement Danes, ad galli cantum Petrus resipisceret. Après la mort de François 1, Henri son successeur, nomma baltes précepteur du dauphin, depuis François II. Il devint même confesseur de ce prince, et obtint, en 1557, l'évêché de Lav am% Il avait été précédemment curé de St- Josse à Paris. Dattes mommt octogénaire dans cette ville, où l'avaient appelé les affaires de sort diocèse, le 23 avril 1579, et fut enterré à StGer- ma H avait \u quatre rois. Ce fut un des hommes les plus savants de son temps. Guidé dans l'étude des langues par Lascaris et Budé, il ne démentit point de si habiles maitres; et, s'il a laissé peu d'écrits, il n'en rendit pas moins de grands serv ices aux lettres. On a fait sur ces mots : Peints Danesius, une anagramme d'autant phis heureuse, qu'elle est exacte : De superis flat us. En 1731. PierreHilaire Danes, de la même famille, docteur de Sorbonne et conseillerclerc au parlemént de Paris , publia la Vie, éloges et opuscules de Pierre Doues, Paris avec le portrait de l'auteur, On y remarque : 1° une Lettre latine à Jacques Colin sur son futur voyage d'Italie ; 2° la Préface d'une édition de Mine qu'il donna à Paris, 1 532 , sous le nom de Petrus Bellocirius , son domestique; 3° une Lettre apo- logétique, en latin, pour François I", contre CharlesQuint ; sa Harangue au concile de Trente ; 5° un écrit sur Aristote, intitulé : De substantia et modis ejus ; 60 une Instruction, en français, pour MM. de Lansac et de Lisle, ambassadeurs à Rome et au concile. On a prétendu que le livre intitulé : nt / bus Ecclesiœ catholicce libri tees, publié sous le nom de JeanEstienne Duranti, Rome, 1591 était tout entier de la composition de Panes, et qu'à sa mort, le président Duranti, ayant acheté sa bibliothèque et ses papiers, s'était approprié le manuscrit de l'ouvrage, et l'avait fait imprimer sous son nom. Dupin , 29 niai 1702) et l'abbé Tricaud, dans ses Essais de littérature du mois de juillet de la même année, se sont prononcés pour la négative. P. H. Danes leur a répondu par une dissertation insérée dans le recueil précité. Ses raisons ne sont que des présomptions, et, probablement, la question ne sera jamais parfaitement décidée. Personne, au surplus, ne s'est aperçu que Duranti luimême cite Danes, au liv. 2, chap. 5 de ce livre. Cujus loci, ditil, alias me admonuit Vaurensis episcopus, homo doctrina algue optimarum artium studiis eruditus. On a encore de Danes une édition de Justin, Florus, Sextus Rufus, Paris, 1519 et quelques autres pièces que l'on trouvera énon cées dans les Mémoires de Nicéron. Quelques écri - vains prétendent qu'il est auteur du 10e livre de l'histoire de Paul . 1.; 'inile ; du moins Vascosan disait en avoir reçu de sa main le manuscrit. Il corrigea le texte des Physica scholia d'Alexandre d'Aphrodisée, imprimés à Venise par Trincavel, 1536 et il aida beaucoup George de Selve dans sa n mourut 'a Palis, jamier 1712, dans sa soixante sixième année. . Traduct ion de Plutarque. L'abbé LengletDufresnoy lui attribue deux Apologies pour Henri 11. contra Cœsarianos; mais il les a peut-ètre confondues avec celle de François I"• La vie de Danes, par son parent, se trouve, comme nous l'avons dit, en tète de ses opuscules, ainsi que son oraison funèbre prononcée par Genebrard, et plusieurs épitaphes faites en son honneur. L'auteur y a joint tous les témoignages en faveur de l'éNèque de LaNattr, et une dissertation particulière sur la famille de Danes. Nicéron, t. 19 de ses Mémoires, et l'abbé Goujet dans ceux qu'il a donnés sur le collége de France, n'ont presque fait que copier la vie que nous venons d'indiquer : Lannoy a consacré aussi un article à Danes. . DANES , de la famille du précédent, naquit à Paris en 1601. 11 fut d'abord homme du monde, président des comptes, intendant de Languedoc. 11 épousa une fille de JacquesAuguste de Thou ; niais, ayant eu le malheur de la perdre, ainsi qu'un fils unique, àgé de seize ans, il em- brassa l'état ecclésiastique, et fut fait, en 1640, évêque de Toulon. Devenu Nalétudinaire, il se démit de son évêché en 1656, et mourut à Paris le 5 juin 1662. Ce prélat, de la piété la plus exemplaire, honora son ministère par une foule de bonnes oeuvres, par une multitude de fondations utiles. On trouvera, dans le recueil de PierreHilaire, un Mémoire sur les actes de Jacques Doues, f; véque de Toulon
  • Pierre DANIEL( 1530) : né à Orléans en 1530, d'une famille citée pour son attachement au catholicisme, après avoir étudié dans l'université de cette ville, s'y distingua tellement comme avocat, que, malgré la différence d'opinion , le cardinal Odet de Châtillon le choisit pour bailli de son abbaye de StBenuit sur Loire. Pendant les troubles religieux, Daniel ne se plaignit point quand, en 1562, le cardinal fit enlever par Aventin, son intendant, l'or et l'argent qui couvraient les châsses de St. Benoît, et qu'on déposa dans le château de l'Isle, où le bailli d'Orléans faisait battre monnaie au profit du prince de Condé. Mais ce même Daniel déploya la plus grande énergie, en se fixant au bourg de StBenoît, à dessein d'empêcher la dissipation des manuscrits précieux qui décoraient la riche bibliothèque de cette abbaye. Le cardinal de Châtillon respecta ses lumières, non moins que ses vertus. Les manuscrits dès lors furent épargnés; mais Daniel n'eut pas le même bonheur quand les soldats du prince de Condé pillèrent StBenoît. Non contents de mettre en pièces les meubles et les ornements d'église, ils: se firent un jeu de s'emparer des manuscrits. Daniel avait mis à part et caché quelquesuns des plus précieux; il sacrifia sa fortune pour en racheter d'autres des soldats, qui n'en connaissaient pas la valeur. 11 crut, avec raison, les soustraire à de nom eaux dangers, en les renfermant dans sa bibliothèque d'Orléans. Pierre Daniel mourut, à Paris, en 1603. Paul Pétau et Jacques Bongars, ses amis et ses compatriotes, partagèrent après sa mort les manuscrits de StBenoît, qu'ils avaient Pas 1,500 livres. La part de Paul Pétau fut vendue par son fils à la célèbre Christine, reine de Suède, qui la fit transporter à Stockholm, où l'on croit que ces manuscrits sont encore. Celle de Jacques Bongars, après avoir souvent changé de maitre, appartint enfin, par droit de conquête, à l'électeur de Bavière, qui en fit présent au pape Grégoire XV. Ces mêmes manuscrits furent déposés dans la bibliothèque dit Vatican. Dom Martène, dans son Voyage littéraire, prétend que la part de Paul Pétau s'y trouvait également, en vertu d'un article du testament de la reine Christine, qui en mourant les léguait au pape. Les soins que P1 t Pierre Daniel pour la conservation des manuscrits de StBenoît lui ont mérité la reconnaissance des savants. André Duchesne s'en est servi ponr augmenter son Recueil des Historiens français; l'apyre Masson, pour les Épîtres de Loup, abbé de Ferrières ; Jacques Rongeas, pour les OEuvres de St. Justin, et Christophe Colérus, pour l'édition de l'alère- Maxime, publiée en 1614. Turnèbe, Sciop- pins et Colomiès, parlent de Daniel avec éloge. Le dernier même lui donne le titre de célèbre littérateur. Il ne trou e pas la même grâce aux yeux de Scaliger ; mais, comme dit Nicéron, « ce critique « dans ses jugements met souvent aussi peu de « discernement que d'équité. » Nous devons à Pierre Daniel: 1°C laudii Cantiunculeepistolce ad Andream .4 lciatuin Orléans, 1561, ouvrage de jurisprudence; 2. Querulus, antiqua comœdia inedita, que in ve- tusto manuscripto Plauti Aulularice inscribitur; primant edita et notis illustrata a Petro Daniele, Orléans , 1564 Rittershusius en donna une édition avec les notes augmentées, Heidelberg, 1595 La même année, Vital de Blois mit PAululaire en vers élégiaques. Cette comédie n'est point du Plaute que nous connaissons ; elle appartient au 5e siècle, sous l'empire de Théodose le Jeune, quoique Philippe Paré l'ait insérée dans son édition de Plaute en 1619. 3° Commentaires de Servius, de Ful- gence, etc., sur Virgile , Paris, 1600 , 40 Theodulphi Parcenesis ad judices, Paris, 1598 Cologne, 1602. Théodulphe, évêque d'Orléans, ami de Charlemagne, parcourut, par ordre de ce prince, les principales villes du Languedoc. Daniel nous a conservé l'exhortation que le prélat fit aux juges, de rendre la justice à tout le monde. Notai 50 in Petronii Arbitri satyricon : ces notes ont été insérées dans l'édition donnée par P. Lotichius en 1629; 6° Petri Danielis opera omnia, Paris, 1599
  • Pierre DANLOUX( 1745 - 1809) : peintre d'histoire, né à Paris en 1745, se rendit en Italie dès sa jeunesse pour y étudier les grands maîtres. Revenu dans sa pa- trie, il s'y était déjà acquis une sorte de célé- brité lorsqu'il passa en Angleterre dans les premières années de la révolution. Il y fit plusieurs tableaux et portraits qui augmentèrent sa réputation ; entre autres le portrait en pied de J. De- lille , qui le compta longtemps au nombre de ses amis, et qui s'est chargé de faire passer son nom à la postérité, dans les deux vers suivants du poënie de la Pitié 111 Nous pleurons quand Danloux dans la fosse fatale Plonge, vivante encor, sa charmante vestale. Ce tableau, représentant le Supplice d'une Vestale, a paru au salon de 1802, avec quelques autres du même auteur qui ne put, à cause des circonstan- ces, exposer tous ceux qu'il avait fait en Angleter- re. Danloux est mort à Paris le 3 janvier 1809
  • Pierre DANTAL( 1781 - 1820) : grammairien dont on a plusieurs ouvrages élémentaires, naquit le 18 novembre 1781 à La Bessière. Après avoir terminé ses études avec succès, il établit à Lyon une école qui fut dès le principe assez fréquentée. Plein de zèle pour le progrès de ses élèves, il composa, pour leur faciliter l'étude de la grammaire latine, des abré- gés historiques, des cours de thèmes et un rudiment calqué sur celui de Lhomond. Les réimpressions successives de ces ouvrages prouvent leur utilité; mais on peut croire qu'il les aurait encore amélio- 'rés, si la maladie chronique qui le conduisit au ...tombeau lui en eût laissé le temps. 11 mourut à le len le 13 octobre 1820. Le Rudiment de Dantal, et ses Cours de thèmes pour les différentes classes sont encore suivis dans les colléges , et par consé- quent souvent réimprimés
  • Pierre DARET( 1610) : graveur au burin, né à Pontoise en 1610, apprit les éléments de son art dans cette ville, se rendit en Italie, et séjourna longtemps à Rame; de retour dans sa patrie, il grava un nombre fort considérable de portraits qu'il publia sous le titre de Tableaux historiques, un /cd. grand 1652-1656. Daret a rassemblé dans ce recueil, une collection presque complète des portraits des personnages illustres du 16° siècle et du commencement du 17°. Son ouvrage est, sous ce rapport, du plus grand intérêt; on y remarque les portraits de la reine Anne, de la princesse de Condé, de Charles lee, etc. ; il s'était associé à Louis Boissevin, pour l'aider à graver cettc nombreuse collection. Daret était trèslaborieux, et son œuvre est fort considérable ; on y trouve un grand nombre. d'estampes faites d'après les plus fameux mai Ires des différentes écoles. Son ouvrage le plo - considérable, après la collection des portraits qib nous avons citée, est la suite des estampes qu'il gravées pour l'ouvrage intitulé : la Doctrine à,•. moeurs . Daret a écrit une Vie Raphaël, traduite de l'italien; ce petit ouvragi. dans lequel il est traité de l'origine de la graviir en tailledouce, fut imprimé à Paris en 1651, 1 y av ec le portrait de Raphaël, gravé par l'ail teur : il était devenu fort rare, quand un cerla Bombourg s'avisa de le faire réimprimer sous s, nom, à Lyon, en 1707, sous ce titre : Recherch curieuses sur les dessins de Raphaël, oit il est poil de plusieurs peintres italiens. 11 est vrai que Bob )- bourg a ajouté à l'ouvrage de Daret la notice 11 quelques peintres, depuis André Mantegne, jusqu'a Benedette de Rovezzano, ainsi que d'autres détails sur plusieurs tableaux anciens et modernes, sur les monuments de sculpture et d'architecture qui faisaient alorsl'ornement de la ville de Lyon. Pierre Daret mourut à Dax, en 1675
  • Pierre DASYPODIUS : né à Frauenfeld en Suisse, y fut maitre d'école en 1530. Son nom était Rauchfuss, qui signifiait en allemand pied velu; il le changea en Dasypodius, qui en grec a la même signification. On l'appela à Strasbourg pour y occuper la chaire de professeur de grec. ll publia un dictionnaire grec, latin et allemand , et un autre latin et allemand, souvent réimprimé. — Conrad DASYPODIUS, son fils, fut professeur en mathématiques à Strasbourg, sur la fin du 16° siècle. 11 servit utilement cette science en publiant en grec et en latin les deux premiers livres d'Euclide, et les propositions des trois livres suivants ; on lui attribue aussi une traduction des Sphériques de Théodose , et de l'Optique catoptrique d'Euclide. Son Analysis geometrica sex libri Euclidis, Strasbourg, 1566 , est un travail pedantesque où il a réduit en forme de syllogisme les démonstrations du géomètre grec, de manière qu'une proposition de 15 à 20 lignes s'y trouve délayée en plusieurs pages, et n'en est souvent que plus embrouillée, ou plus difficile à suivre. Les premier et cinquième livres de cet ouvrage appartiennent à Chr. Herlinus; Dasypodius n'a fait que les quatre autres, et if se proposait de publier dans un corps les mathématiciens grecs; mais la mort interrompit ses projets et l'enleva le 26 avril 1600, à l'âge de 68 ans. C'est sur ses dessins que fut faite en 1580 la fameuse horloge de la cathédrale de Strasbourg, qui a longtemps passé pour la plus belle de l'Europe, et dont il a donné la description dans son Heron mathematicus, Strasbourg, 1580 Iroy. Blumhof, Essai sur la vie et les ouvrages de Cour, Dasypodius, avec une préface de Westner, Gottingue, 1798. — DASYPODIUS , savant bohémien, dans le 16e siècle, a publié : Elegia de ultimo judicio et mundi fine; il y annonce pour l'an 1583 la lin du monde et la descente de JésusChrist sur la terre pour juger les vivants et les morts. ll vécut assez longtemps pour se persuader qu'il avait mal lu dans l'avenir. 2° Carmen de terrai motu, qui anno 157 1 Moraviam concussit; 3° Calendarium perpetuum ad horizontem, Pragensem directuin, Prague, 1591 ; 4° Dictionarium latino- bohemicum, qu'en Pologne on a pris pour base du plus ancien dictionnaire national, en plaçant seulement le mot polonais au lieu du bohémien, et que l'on a ainsi réimprimé plusieurs fois à Cracovie et à Varsovie. L'édition de Dantzig, 1642, est latine, allemande et polonaise
  • Pierre DATHENUS : né à Ypres, fut d'abord moine dans l'abbaye de Poperingen. Dès l'âge de dixhuit ans, il goûta les principes de la réforma- tion, quitta son couvent, et se réfugia en Angle- terre, où il prit l'état d'imprimeur. Vers 1551, il se voua au ministère sacré, et, trois ans après, re- passa sur le continent. 11 fut nommé pasteur à Francfort en 155'5 ; publia en langue allemande deux écrits en faveur des réfugiés pour cause de religion, et voyant que le parti de la réforme prenait de la consistance dans les Pays Bas, il y retourna et prêcha, en 1566, la doctrine de Calvin sur les mêmes lieux qui naguère l'avaient u moine. Il s'occupa dès lors à traduire en vers hollandais les Psaumes de David, en les adaptant à la musique de la traduction française qu'en avaient faite Clément Marot et Théodore de Bèze. Ignorant l'hébreu, il ne fit même que suivre cette traduction ; ce que n'a point fait vers la même époque l'illustre Philippe Marnix de SteAldegonde, dont la version, calquée sur l'original, surpasse d'ailleurs celle de Dathenus pour l'élégance non moins que pour la force. Elzevir a imprimé ces deux traductions en regard l'une de l'autre à Leyde en 16n. I.a poésie hollandaise ne faisait que de naitre. Le travail de Dathenus est estimable pour le temps où il a paru, et il a été trop sévèrement jugé depuis. Dans son Histoire de la poésie hollan- daise , M. Jérôme de Vries a traité Dathenus avec plus d'indulgence. Les états de Hollande avaient promis une prime, non pour la meilleure, mais pour la première traduction qui paraitrait, et Da- thenus remporta ce prix; aussi sa traduction fut- elle adoptée en Hollande pour le culte public, à. l'usage duquel la tyrannie de l'habitude rie l'a conservée que trop longtemps. Ce n'est qu'en 17l3 qu'elle a enfin fait place à celle dont on se sert aujourd'hui, et qui, choisie entre plusieurs autres successivement publiées, cst digne de l'état actuel de la littérature hollandaise. Si Dathenus ne fut pas sans mérite comme poète, il parait avoir eu aussi une grande vogue comme prédicateur. 11 avait le genre d'éloquence que veut la multitude dans les grandes crises, soit religieuses soit politi- ques, et réunissait quelquefois sous la voûte du ciel jusqu'à quinze mille auditeurs autour de lui. Le fanapsme plutôt que la raison, et la violence plutôt la force, caractérisaient ses discours. Il n'épargnait pas les invectives aux hommes sages et modérés. Le prince d'Orange ayant admis dans la pacification de Gand quelques articles que Da- thenus jugeait trop favorables au culte catholique, il ne le harcelait pas moins dans ses virulentes déclamations que ne le faisait d'un autre côté le , fougueux franciscain Cornelisz Adriaansen. Le prince d'Orange était attendu à Gand ; Dathenus intrigua de toutes ses forces pour qu'il n'y fût pas reçu; niais ayant échoué dans ses séditieuses menées, il ne jugea pas prudent d'y rester, et chercha un asile dans le Palatinat. L'électeur palatin, Frédéric, le nomma son chapelain, lui donna le titre de conseiller, et l'attacha à la personne de son fils Casimir, qu'il accompagna dans une expédition militaire. Dathenus ne se montra guère plus modéré dans le Palatinat qu'il ne l'avait été en Flandre. Quand il ne trouva plus de danger pour lui à retourner dans les PaysBas et en Hollande, il y revint ; mais il ne tarda pas à être arrêté à Vreeswyck, près de Vine, et de là fut transféré prisonnier à Utrecht. Le long interrogatoire qu'il subit en cette occasion nous a été conservé, et il nous apprend bien des particularités sur sa vie, tissue d'agitations et de contrariétés. Sa détention ne dura que deux mois . Les réformés ayant été mis en possession à Utrecht de l'église vacante des minimes, il en fut nommé pasteur, conjointement avec. Hubert Duifhuis, en 1578 ; mais ce collègue, animé de la tolérance la plus expansive, ne put longtemps s'accorder avec Dathenus. Celui- ci partit en 1585 pour le Holstein, et, sous le nom de Pierre Montanus, exerça la médecine à Stade. Le bruit courut en Hollande qu'il était rentré dans le sein de la catholicité. On envoya deux ministres auprès de lui pour s'en assurer. 11 nia le fait, tout en convenant de quelques démarches qui avaient pu donner lieu à des soupçons. 11 offrit de reprendre les fonctions du ministère sacré auprès de la première église qui jugerait à propos de les lui conférer, mais il ne paraît pas qu'il ait été pris au mot. Un an après, n'ayant point trouvé auprès du magistrat d'Elbing les mêmes difficultés que lui avaient faites celui de Dantzig, Dathenus s'établit médecin à Elbing, et y gagna l'estime et la confiance publiques à un tel point qu'après sa mort, arrivée en 1590, la ville l'honora d'un monument funéraire, surmonté de sa statue de grandeur naturelle. L'accusation posthume d'arianisme, que lui a intentée le jésuite Costerus, a été réfutée par Grevinkhoven en 1597. Dathenus a peu écrit, et ce qu'il a écrit est tombé dans un profond oubli, que ses psaumes même ne tarderont pas à partager : on les a tournés en ridicule dans une facétie imprimée à Utrecht, en 1758, sous le titre de Datheniana
  • Pierre DAUMESNIL( 1777) : général français, naquit à Périgueux le 14 juillet 1717, fils d'un perruquier, reçut une éducation fort incomplète, et s'enrôla trèsjeune dans un bataillon d'infanterie, où il clébuta par les campagnes d'Italie sous Bonaparte. Il sui?it encore ce général en Égypte, et lui donna une preuve de dévouement fort remarquable au siége de StJean d'Acre, où il lui servit en quelque sorte de bouclier, en le couvrant de son propre corps contre le feu de l'ennemi. 11 entra bientôt après dans les guides, puis dans les chasseurs à cheval de la garde consulaire. Devenu capitaine en 1806, puis chef d'escadron, ce fut lui qui commanda, le 2 mai 1808, la principale charge de la cavalerie française contre les habitants de Madrid dans la grande rue d'Ale da. On raconte qu'il courut de grands dangers dans cette occasion, et qu'il eut deux chevaux tués sous lui ; mais ce n'est pas là son exploit le plus honorable. Nommé major, avec le titre de baron, il se distingua par sa valeur dans la campagne d'Autriche ers 1809, notamment à Wagram, où il eut une jambe emportée par un boulet de canon. 11 reçut alors le brevet de général de brigade et celui de commandant de la Légion d'honneur, avec le gouvernement du château de Vincennes. Tout le monde sait avec quelle fermeté il défendit cette place lorsque les alliés s'emparèrent de Paris en 1814, et comment il répondit aux sommations qui lui furent faites. Bien que M. Dupin ait dit plus tard que Daumesnil ne voulut ni se 'vendre, ni se rendre, nous ne pensons pas qu'il lui ait été fait des offres d'argent. Ce qu'il y a de sûr, c'est qu'il répondit gaîment aux parlementaires qui lui furent envoyés : Je rous rendrai cette place quand vous nie rendrez ma jambe. Ce ne fut qu'aux ordres du roi qu'il consentit à se soumettre. On lui donna la croix de StLouis et le commandement de Condé, où il se trouvait lors du retour de Napoléon en 1815. Il arbora, dès le 22 mars, le drapeau tricolore, et déclara que la place ne serait plus défendue qu'au nom (le l'empereur Napoléon. Ayant recouvré bientk après le gouvernement de Vincennes, il défendit encore cette place, lors de la seconde invasion, avec la même vigueur que la première fois. Il ne fut bruit alors dans Paris que du courage et de la fermeté de la Jambe de bois. Le 8 septembre de la*rnême année, Daumesnil fut mis à la retraite par le gouvernement royal. Il recouvra de nouveau le commandement de Vincennes après la révolution de 1830, et c'est dans ces fonctions, où il eut encore occasion de montrer de la fermeté contre l'émeute rugissante, qu'il est mort du choléra, le 17 août 1832. La chambre des députés ayant eu à prononcer sur une pension de 6,000 francs en faveur de sa veuve, ainsi que de la veuve du général Decaen, la résolution parut avoir été adoptée par la majorité; mais elle fut ensuite rejetée an scrutin secret. De 'rives réclamations s'élevèrent contre cette décision, et l'on ouvrit aussitôt dans plusieurs endroits, notamment à Vincennes, en faveur de madame Daumesnil et de ses trois enfants, une souscription, à laquelle se firent inscrire des hommes de tous les rangs et de toutes les opinions, particulièrement M. Dupin, président de la chambre des députés, le général Donnadieu et M. de DreuxBrézé. On a imprimé dans la même année une Vie et une Biographie du général Daumesnil dit la Jambe de bois, brochure
  • Pierre DESAULT( 1675 - 1737) : docteur en médecine, né à Arzac dans la Chalosse, en 1675, exerça sa profession avec succès à Bordeaux. Desault était homme (l'esprit, mais il était d'un orgueil insupportable et indigne d'un vrai savant. 11 avait de l'érudition, et s'en servait pour faire croire au vulgaire qu'il avait découvert en médecine des secrets inconnus de ses confrères. 11 est mort en 1737, laissant plusieurs ou- vrages, qu'on ne lit guère aujourd'hui. Ces ouvrages ne sont dé,ponrvus ni d'observations utiles, ni de vues saines sur la médecine pratique ; mais ce mé- rite est terni par un ton de merveilleux et des raisonnements plus subtils que justes, lorsqu'il s'agit de résoudre des difficultés un peu épineuses. Desault pensait, avec Antoine Deidier, que la cause des maladies syphilitiques résidait dans des corpuscu- les, des espèces de vermisseaux trèssubtils, qui se communiquaient d'un individu à un autre, à la manière des acarus de la gale. 11 combattait cette affection au moyen du mercure, par extinction, employé longtemps avant lui, mais dont il se donnait pour l'inventeur. Les ouvrages de P. Desault sont : 1° Nouvelles découvertes concernant la san- té et les maladies les plus fréquentes Paris, 1727 ; 2' Dissertation sur les maux vénériens, con- tenant une méthode de les guérir, sans flux de bau- ; La plupart des chansons de Désaugiers avaient paru dans les recueils annuels du Caveau moderne. Leur auteur les rassembla sous ce titre : Chansons el poésies diverses t. 1, 1808; 1. 2, 1812 ; L. 5, 1816; elles furent réimprimées dans la mène armee. Il avait eu le bon esprit de ne pas y insérer des pièces de circonstance, dont le souvenir aurait pu exciter des susceptibilités politiques, et qui d'ailleurs, il faut l'avouer, ont peu contribué à la gloire de leur auteur, bien que plusieurs offrent de véritables beautés poétiques, entre autres, le Départ, rouplets lyriques lors du départ de l'empereur pour la grande armée au mois de janvier 1811, et 10 France consolée, stances pour la naissance de S. A. R. le duc de Bordeaux, mises en musique par M. Docile. — La jolie édition des chansons de Desaugiers dite de poche, Publée en 1824 chez Dufey et Delloy, 01fre, outre la notice de M. Merle, un portrait de Désaugiers d'une ressemblance parfaite. en 1806 il inséra quelques articles dans un petit recueil littéraire intitulé le Journal de la jeunesse, cidevant Journal du diman- che. Un fait dramatique assez curieux, c'est qu'en 1825 M. Vau- taud fut traduit en néerlandais et représenté sur le théâtre de Bruxelles. D—R—R. che, sans risque et sans dépense, 3 vol. 2, Bor- deaux, 1'733, et Paris, 1740 ; 3° Dissertation sur la rage, et dissertation sur la phthisie Paris, 1'734 ; 4° Dissertation sur la goutte, avec une disser- tation sur les maladies dépendantes du défaut de transpiration Paris, 1735 ; 5° Dissertation sur la pierre des reins et de la vessie, avec une ré- ponse à la critique de M. Astruc, sur les maux vé- nériens Paris, 1736. On trouve dans le Ma- gasin encyclopédique, 1799, t. 6, p. 30, une Notice sur P. Desault
  • Pierre DESCHIZAUX( 1687) : médecin, et substitut dit procureur général du grand conseil, naquit à Mâcon en 1687.11 partit en 1124, avec une permission du roi, pour faire un voyage en Russie et en Perse, afin d'y acquérir la connaissance des plantes. Le czar Pierre 1" lui accorda une pension annuelle de 300 roubles, et des lettres de recommandation pour faciliter son voyage. Deschizaux avait été désigné pour être médecin à la suite du comte de Romanzow, qui allait en Turquie et de là en Petse, pour régler les limites de ces trois États. Mais sa destination fut changée ; alors le premier médecin du czar le pria de lui donner par écrit ses idées au sujet de l'établissement d'un jardin de botanique. Elles furent goûtées, et l'on allait s'occuper de leur exécution, lorsque des affaires de famille le rappelèrent en France. Il publia à son retour : Mémoire pour servir à l'instruction de l'histoire naturelle des plantes de Russie, et à l'établissement d'un jardin botanique à St- Pétersbourg , Paris , 1725 ib., 1728 On y trouve un catalogue trèssuccinct de ce que l'histoire naturelle offre de plus remarquable en Russie, et la note des auteurs qui ont décrit ce pays, avec des particu- qui annoncent i.wi . . les tic- .. id ,i??rennent que I ellizasiv mail aa là‘?• tue, et Bergen en N?rvsége ; la se, partie rallient le projet dei jardin, en fra?ra, t en latin. Eu juillet 1126. Reschisain retourna StPéters- 4-?trg. et il demanda à i•lfe CiiIplo?é I ' le ill?siiie ,daina. que lui Mail, accordé Pierre I , ni à obtenir une gratification pour voyager dam, les prt? i?- !I• hululée, et y travailler à la perfection de la .. On lui accorda :in roubles. Il quitta la H h i commencement th. nolembre, et r•t di ,1 I ., par l'Angleter•e. Sa relation partit sous ,,tre : l'uyaye ale Merevi•, Paris, f 727. iiite, .. sous relui de Desrriplion S'un voyage fait ri .. si- l'ilerebourg. Paris, 17274 I 2. I beehimin est le premier Français tutti ait écrit une relation de la Russie. Tout tinn voyage est d'une extrème concision. Il ne piil h. que de. ce titeil a %ii, et s'attache peu à décrire l'as?e•t du pays. mais tout l't.. qui est intéressant fixe son attention. Il parait gits'il ignorait les langues étrang•res, car il estropie presque tous les OMM 'M'il rite
  • Pierre DESMAISEAUX( 1666 - 1745) : né en Auvergne en 1666, mourut à Londres en juin 1745. Les particularités de sa vie ne nous sont pas connues. Nous savons seulement fut membre de la société royale de Londres, et lié avec plusieurs hommes de lettres, surtout avec Bayle et StEvremont. On a de Destnaiseaux, entre autres ouvrages : la Vie de Boileau Despréaux, Amsterdam, 1712, 2; 2° Vies de Jean Hales et de Chillingworth, en anglais, Londres, 1119, 1725 ; 3° Recueil, en anglais, de plusieurs pièces de J. Locke, 1720 - I° Recueil de diverses pièces sur la philosophie, la religion naturelle, l'histoire, les mathématiques, par Leibnitz, Clarke, Newton; Amsterdam, 1720, 1740, 2 vol. 5° Vie de St- Évremont, sans date ni nom de lieu La Haye ,1711, 1726 : cette vie se trouve aussi en tète des rouvres de StEvremont, 1709, 3 vol. ; 1725, 8 vol. ; Amsterdam , 1740, 10 vol. Desmaiseaux avait publié, en 1706 et 1708, les Mélanges curieux de St-ÉN remont, 2. vol. 00 OEuvres diverses de Bayle, La Baye, 1727-1731, Cette pièce est indiquée dans l'Almanach des spectacles sous le nom de Magnitot. On ne cite cette comédie que d'après le Petit Album franc- comtois. r - 10 37, 4 Nol. ; 7° Lettres de Bayle, publiées rsur les originaux, avec des remarques, Amsterdam, 1729, 3 vol. 2 ; 8° la Vie de Bayle, La Haye- , 1732, 2 vol. : elle se retrouve en tète des éditions du Dictionnaire de 1730, 1?31 , ; Scaligerana, Thuana, Perroniana, Pithceana et . Colomesiana, avec des remarques, Amsterdam, 1740, 2 Vol. 2 ; 100 Histoire naturelle, civile, ecclésiastique du Japon, traduite de liempfér, La Haye, 1729, 2 vol. ; Il° Lettre sur Arnauld d'Andilly, dans les Nouvelles de la république des lettres, avril 1704 : le P. Bougerel répondit à cette lettre ; 12° Explication ; 130 plusieurs Lettres parmi celles de Bayle, dont une sur l'édition de ces lettres donnée par Prosper Marchand. Desmai- seaux travailla à la Bibliothèque raisonnée des ou- vrages des Savants. Ses écrits sont curieux, mais souvent prolixes. Ils intéressent surtout l'histoire littéraire
  • Pierre DESREY ou DESRAY ou DERREY ou DESREZ( 1400) : né à Troyes dans le 156 siècle, d'une famille riche et ancienne. 11florissait sous les règnes de Charles VIII et de Louis XII. On ne sait en quel temps il mourut ; niais il vivait encore en 1514. On a de lui des traductions, des compilations et continuations qui n'ont de mérite que leur ancienneté 10 les Postilles et expositions des épîtres et évan- giles dominicales, traduit du latin, Troyes, Guill. le Rouge, 1692, 2 vol. réimprimées plu- Cette oraison funèbre a été imprimée à Tulle par Pierre Chirac, imprimeur du roi et de monseigneur l'évêque, avec cette autorisation : « Permis d'imprimer. A Tulle, ce i octobre 1774. Signé Fortier, Cous. Doyen. — Dans l'Almanach impé- rial de 1815, 0 est appelé M. Desrenaudes, et M. l'abbé Desre- naudes dans l'Almanach impérial de ISIS. sieurs fois; 2° la Vie des Pères anciens des déserts, ' traduit du latin de St..lérôme, Paris, .1. Petit, sans date ; 3° Généalogies, faits et gestes des pagfq pes, traduit de Platine, réimprimés à Paris, Galiot- Dupré, 1519 4° les Chroniques de France, d'Angleterre et de Bourgogne , d'Enguerrand de Monstrelet, augmentées jusqu'en 1498, Paris, rard, sans date, 3 vol. : il y a des;exemplaices imprimés sur vélin ; 50 la Généalogie, gestes et nobles faits d'armes de Godefroy de Bouillon, et de ses frères Baudoin et Eustache, Paris, sans date ; réimprimée à Paris, Bonfons, sans date ; ibid., 1500 ibid., le Noir, 1511; ibid., Petit, 1523 Lyon, 1580 ; ibid., 1585 ; 6° une Continuation, jusqu'en 1508, de la traduction française du Fasciculus temporurn de Pierre learget, dans l'édition de cette traduction, Paris, 1513 I° la Mer des chroniques et Miroir historiai de France, extrait et traduit du latin de Robert Gaguin, et augmenté jusqu'en 1514 Paris, GaliotDupré, 1516, 2 parties ; ib., Nyverd, 1530; 1536 et ibid., 1538
  • Pierre DÉZA( 1520 - 1600) : né à Séville le 24 février 1520, fut élève du collége de StBarthélemi de Salamanque . Il occupa successivement les premières dignités de l'Église et de l'Etat. 11 était président dela chancellerie de Grenade en 1567, et quoique prêtre, inquisiteur et magistrat civil, il fit encore les fonctions de capitaine général du royaume de Grenade, pendant l'insurrection des Maures de cette contrée, sous le règne de Philippe II. Diègo de Mendoze, historien que ses compatriotes ont surnommé le Salluste espagnol, fait les plus grands éloges de la conduite de Déza dans ces moments difficiles. Grégoire XIII lui envoya le chapeau de cardinal, sur les instances réitérées du roi Philippe en 1578. Cette nouvelle dignité l'ayant appelé à Rome, Déza y fixa son séjour. 11 présida le tribunal de la sainte Inquisition, créé le 23 août 1600, devint le doyen du sacré collége, et porta le titre de cardinal protecteur de sa nation. Ce prélat accumula de grandes richesses. Il fonda, pour sa famille, le majorat - des comtes de la Fuente del Sauco. Son palais, vendu après sa mort, produisit des sommes considérables, qui, d'après ses intentions, furent employées à fournir un asile et des secours à ceux de ses compatriotes qui viendraient étudier les lettres et les beauxarts dans la capitale du monde chrétien. il enrichit par son testament tous ceux qui l'avaient servi. On a vanté les lumières et l'éloquence de ce prélat, dont FT. Alphonse Chacon a écrit la vie dans son Histoire des papes et des cardinaux. Les Espagnols assurent que, dans plusieurs conclaves, Déza obtint beaucoup de voix pour être élevé au souverain pontificat ; niais qu'il était souillé du péché originel, c'est-àdire, qu'il n'était pas né en Italie. 11 mourut à Rome le 27 août 1600, après avoir concouru à l'élection de sept papes. H est enterré à Toro, dans la vieille Castille, dans un couvent de carmes déchaussés, qu'il avait fait bâ- tir et comblé de biens. Sa famille était originaire de Galice, comme presque toutes les grandes maisons de l'Espagne. Celle de Déza a été féconde en hommes illustres. On la retrouve à chaque page des anciennes chroniques de cette monar- chie
  • Pierre D'HOZIER( 1592) : sieur de la Garde, gentilhomme provençal, fut le premier qui débrouilla l'histoire généalogique, et en fit une science. 11 naquit à Marseille, le IO juillet 1592. Son père, capitaine et viguier de la ilie de Salon , le ?lestina d'abord au métier des armes, et il servit quelque temps dans les chevaulégers. Louis X111 et Louis XIV l'honorèrent de leur confiance, et il la dut à sa probité alitant qu'à ses lumières. Il fut nommé l'un des cent gent ilshommes de la maison du roi en 1560, chevalier de l'ordre de StMichel en 1628, et obtint une pension en 1629. Il succéda, l'an 1641 , ait vicomte de StMaurice , qui l'avait désigné pour son successeur dans la charge de juge d'armes de France, créée par édit du.mois de juin 1615, sur la demande des états généraux. En 1642, il fut fait maitre d'hôtel du roi, et chargé, en 1643, le certiller la noblesse des écuyers et des pages de la grande et de la petite écurie; il était gentilhomme ordinaire de la chambre ; enfin Louis XIV lui donna , en 1654, un bue v et de conseiller d'État : « De « véritablement grands hommes, dit Voltaire, ont « été bien moins récompensés. Leurs travaux n'é- « taient pas si nécessaires à la vanité humaine. » L'abbé de Marolles l'appelle dans ses iiMmoires le premier homme de son temps dans cette sorte « de curiosité. » 11 prenait aussi le titre d'historiographe. 11 avait épousé en 1630 une demoiselle de Cerini, issue d'une famille noble de la Toscane, dont il eut deux enfants qui furent aussi généalogistes du roi. Les correspondances qu'il entretenait dans le royaume et dans les pays étrangers furent trèsutiles à Théophraste Renaudot, son ami intime, qui avait commencé la Gazette de France, sous le titre de Bureau d'adresse, en 1631. Les nouvelles que d'Hozier s'empressait de lui transmettre déci- dèrent le succès de cette feuille . D'Hoziér avait une mémoire prodigieuse, 11 travailla aux généalogies d'un grand nombre de familles. C'était un homme probe et religieux, un ami sûr et fidèle. Boileau fit ces vers pour être mis au bas de son portrait Des illustres maisons il publia la gloire, Ses talents surprendront tous les âges vivants ; Il rendit tous les morts vivants dans sa mémoire, Il ne mourra jamais dans celle des vivants. Pierre d'Hozier mommt à Paris, le 1" décembre 1660. Il a laissé plusieurs ouvrages imprimés et manuscrits, dont on trouve la liste dans la Bibliothèque historique de la France. Les principaux sont : les Armes et blasons des anciennes » taisons de Breta- que, dans l'Histoire de Bretagne de Pierre Le Baud, Paris, 1638 : d'Hozier ne fut que l'éditeur de cette histoire, que Chaudon et d'autres biographes lui attribuent mal à propos ; 20 l'Histoire et milice du bene St- Esprit, contenant le blason des armoi- ries de tous les chevaliers qui ont été honorés du cordon du dit ordre, depuis la première institution jusqu'à présent, Paris, 1634, fol. ; 3° Généalogie de la maison des sieurs de Larbour, dits depuis de Combaud, Paris, 1629 40 Généalogie de la maison de la Rochefoucauld, Paris, 1654 50 Généalogies des principales familles de France, 150 vol. manuscrits : ce aste recueil, auquel Pierre d'Hozier et CharlesRené son fils travaillè- rent chacun pendant cinquante ans, et qu'on peut appeler l'ouvrage d'un siècle, est conservé à la bibliothèqi le nationale. Les autres Généalogies pu-. bliées par Pierre d'Hozier sont celles des maisons d'A- » miné, Dijon, 1659 de Beurnonville, Paris, 1657 de la Dufferie, Paris, Cramoisy, 1622 de Gilliers, I 652 de Rouvroy, de St- Simon , 1632 etc. D'Hozier fit encore imprimer des Remarques sommaires sur la généa- logie dela maison de Gondi , Paris, 1652 , etc. On a aussi de lui des Généalogies manuscrites des maisons de Bréauté, de Com ni ingPs, de Coucy, etc. les notes dont il a C0111 ert presque toutes les marges d'un exemplaire du Nobiliaire de Picardie d'Haudicquer de Blancourt , démontrent toutes les faussetés qui firent condamner aux galères l'auteur de cet ouvrage. C'est à tort qu'on a imprimé, sous le nom de Pierre d'Hozier, des Tables contenant les noms des Provençaux illustres, Aix, 1671 : ce livre, rempli d'erreurs et de répétitions inutiles, est de Louis de Cormis, sieur de Beaurecueil, président au parlement de Provence
  • Pierre DIAZ( 1546 - 1683) : jésuite espagnol, né à Lupia, diocèse de Tolède, en 1546, entra dans la société à 20 ans. Il fut, en 1576, un des premiers miesionnaires envoyés au Mexique, où il se distingua. par soli talent pour la prédication et pour la gestion des affaires de la compagnie, dont il exerça plusieurs emplois importants. On le nomma deux fois procureur pour aller à Rome. Il mourut à Mexico, le 12 janvier 1683. On a de lui : des Lettres des missions de la Compagnie de Jésus aux Indes Occidentà les, dans les années 1590 et 1591 ; Epistolce duce de quinquaginta duo jesuitis interfectis in Brasilia, Anvers, 1605
  • Pierre DIKMANN : assesseur de la cour de jus- tice de Jônkôping , en Suède , s'occupa beaucoup de l'étude de l'ancienne langue gothique, et mou- rut en 1718. On a de lui : 1° Remarques sur les 'monnaies des Sveo- Goths, Stockholm, 1686 ; 2° An- tiquités ecclésiastiques des Sveo- Goths, depuis le pa- ganisme jusqu'au règne de Gustave ler, Stockholm, 1704 ; 3° Remarques historiques sur une grande partie des pierres runiques qui sont en Suède, rela- tives à l'histoire ancienne civile et ecclésiastique de ce pays, 1723 ; 40 Remarques philologiques sur les noms de quelques villes et de quelques villa- ges, tels que Sala, etc.; imprimées dans le r 2, n. 6, de la Bibliothèque suédoise. 11 existe aussi de lui en manuscrit un Lexique runique, un Specimen grammaticale Sveo- Gothicce linguce, et un recueil pour servir à l'histoire ecclésiastique de Suède. Tous ces ouvrages sont remplis d'une _érudition profonde, et annoncent ce que Dikmann eût fait s'il eût vécu plus longtemps , et s'il eût été plus riche
  • Pierre DIONIS : né à Paris, fut l'un des plus grands chirurgiens du I siècle. Louis XI\ le distingua parmi le grand nombre d'hommes de mérite qui l'entouraient, et le nomma à la chaire d'anatomie et de chirurgie qu'il venait de fonder au Jardin des Plantes. Dionis fut successivement premier chirurgien de la reine, de la dauphine, du dauphin et des enfants de France. Il avait une saste érudition, et ses écrits sont remarquables par la pureté du style et par l'excellence de la doctrine et de la méthode. Ces piailla se font particulièrement remarquer dans son Traité sur les opérations. Ce fut le premier bon ouvrage composé sur cette matière depuis la renaissance des lettres ; il a été, pendant un siècle, le guide des professeurs et des élèves. Les progrès de la chirurgie depuis quelques années ont fait vieillir ce te; mais il sera toujours précieux dans la bibliothèque des praticiens, qui le consulteront a‘ec avantage. Dionis a terminé soit honorable carrière dans un âge trèsa?aneé, à Parts, 11 décembre ,18. Voici la liste de ses ouvrages : I° Ilistoie anatomique , dune matrice extraordinaire, Paris, 1683 ; ' Anatomie de l'homme ivant la circulation du sang et les nouvelles découertes, Paris, 169? Cet ouvrage a. eu plusieurs éditions ; la- meilleure est celle à laquelle Devaux ajouta dus notes, Paris , 1128 Ji a été traduit en latin, en anglais et mètne en langue tartare, à l'usage des médecins de la Chine. Ce fut par l'ordre de l'empereur Kanghi que le jésuite missionnaire Parrennin tit cette traduction. 3° Cours d'opérations de chirurgie démontrées au Jardin du Roi, Paris, 1707 souvent réimprimé; traduit en allemand, par Heister, qui l'enrichit de notes, Augsbourg, 1?12; en llamand, 1710 el 1740; en anglais, Londres, 1733. La meilleure édition française est celle à laquelle Georges de Lataye ajouta des notes, avec lore mention de, dée.su vertes modernes, Paris, i?-8°, 1740, 176:;. Voici le jugement que porte Haller sur l'ouvrage de Dionis Senis opus rotundi et sinceri hominis, non quidem invenlois, saisi lamen judicii viri . 4° Dissertation sur la mort subite, avec l'histoire d'une fille cataleptique, Paris, 1i09 ; 5° Traité général des accouchements, i2 Paris, 1718 traduit en anglais, en allemand et en hollandais ; la doctrine que Dionis y professa est entièrement puisée dans les écrits , docteur en médecine de la Faculté de Paris, né au commencement du 18e siècle, et mort à Paris le 18 août 1776, est auteur d'un livre intitulé: Dissertation sur le tcenia ou ver solitaire, avec une lettre sur la poudre de sympathie, propre contre le rhumatisme simple ou goutteux, Paris, 1745
  • Pierre DOISY : directeur du bureau des comptes des parties casuelles, mort à Paris le 10 mars 1760, est auteur d'un ouvrage intitulé : le Royaume de France et les États de Lorraine disposés en forme de dictionnaire, Paris, 1745 11 y a des exem- plaires avec la date de 1753. Cet ouvrage est divisé en trois parties; la première contient la table des généralités, des provinces, des gouvernements, etc.; la seconde l'indication par ordre alphabétique des villes, bourgs et paroisses du royaume, avec des observations assez exactes, mais trop souvent minutieuses; la troisième ne concerne que la Loi'- raine. Dans une lettre insérée au Mercure de fé- vrier 1746, un anonyme releva quelquesunes des fautes échappées à l'auteur
  • Pierre DONZELLA( 1650) : de Terranuova en Sicile, docteur en droit civil et en droit canon, florissait en 1640 il cultiva avec succès les muses italiennes et latines. Pierre Carreraetquelques autres poètes en font l'éloge. On a de lui : 1° Canzoni siciliane, Palerme, 1647 i 2; 1662 et dans le Raccolta di Canzoni siciliane, Messine, 1638 2° Can- zoni siciliane burlesche, dans le Recueil des Muses siciliennes. — DONZELLA , de Palerme, le 9 avril 1650, vivait encore en 1712. 11 était libraire, et a composé quelques ouvrages de dévotion en italien : ce sont des Divoti esercit j, un Breve modo di recitare il SS. Rosario di Maria: Mongitore en donne la liste dans sa Bibliotleeca sicula, t. 2, p
  • Pierre DORIA : amiral des Génois dans la guerre de Chiozza. Pierre Doria fut envoyé de Gè- nes pour succéder à Lucien Doria, après la mort de celuici; en même temps sa flotte fut portée à 47 galères, et c'est avec elle qu'il se rendit maitre de Chiozza, le 16 août 1379. Il se trouvait ainsi dans l'enceinte des fortifications que la nature a données à Venise; plus maitre que les 'Vénitiens eusmêmes de tous les canaux de la lagune, aucun obstacle ne semblait pouvoir l'empêcher d'arriver, avec sa flotte, au milieu de la place StMare. Les Venitiens demandèrent la paix à tout prix ; ils s'en remettaient, pour les conditions, à la générosité de lems vainqueurs. Le roi de Hongrie et le seigneur de Padoue, alliés des Génois, voulaient l'accorder; mais Pierre Doria répondit aux ambassadeurs sénitiens : « Jamais vous n'aurez la paix de notre « république qii'auparavant nous n'ayons mis « nousmême une bride aux chevaux de bronze « qui sont sur votre place de StMare : quand nous « les aurons bridés de notre main, noies vous fe- « rons bien tenir tranquilles. » Le succès démentit bientôt tant d'arrogance. Vettor Pisani, remis en liberté, fortifia les canaux de manière à fermer aux Génois l'appnsche de Venise; bientôt, par tin mélange de bonheur et d'adresse, il leur ôta même la possibilité de sortir de Chiozza. Pierre Doria, sans avoir été vaincu, se trouvait enfermé avec sa superbe flotte, et assiégé dans le port même qu'il avait conquis. En vain il recourait aux expédients les phis hardis et les plus ingénieux pour s'ouvrir une communication avec la mer , la fortuite des Vénitiens, ou les talents de Vettor l'isani et de Carlo Zeno, rendirent toits ses efforts inutiles. Enfin il fut tué par une pièce d'artillerie, le 22 janN ier 1380, sous le couvent de 13rondolo; et la flotte avec laquelle il avait fait la conquête de Chiozza fuit obligée de se rendre prisonnière le 21 juin de la même année
  • Pierre DORIOLE( 1400 - 1485) : sieur de Loiré, naquit, vers le commencement du 15e siècle, à la Rochelle. Son père avait été quatre fois maire de cette ville ; il le fut à son tour. Quelques députations à la cour, pour les intérêts de ses concitoyens, l'y firent connaître avantâgeusetnent. Il se livra aux affaires, devint maitre des comptes, contrôleur général des finances, et remplit avec succès des négociations trèsdélicates ; les talents qu'il y développa lui méritèrent la confiance de Louis XI, qui lui donna l'importante charge de chancelier, après la mort de Juvenal des Ursins, en 1472. Doriole était regardé comme l'homme du royaume le plus digne d'occuper cette haute dignité, par ses lumières, sa probité, ses talents et son assiduité au travail : les soins qu'il 1: 'donna an bien public, jusqu'à déplaire quelquefois il son maitre pour se rendre plus digne de son estime, justifièrent pleinement l'idée qu'on avait de cet excellent magistrat. 11 remplit ce poste jusqu'en 1483. Le roi, dont la manie, sur la fin de son règne, fut de changer tous ses officiers, n'ayant aucune plainte à former contre son chancelier, prétexta le grand âge de Doriole pottrle destituer, attendu qu'il n'avait plus l'activité nécessaire pour bien s'acquitter de ses fonctions; mais, afin que ce déplace- ment n'eût point l'air d'une disgrâce, il le fit pre- mier président de la chambre des comptes ; ce grand magistrat ne garda cette présidence que (jeux ans. 11 mourut en 148'5. C'était un homme insinuant : il savait parfaitement nos lois, nos usages et le droit public. Sa mémoire est restée en vénération dans la magistrature
  • Pierre DORLAND( 1449 - 1507) : chartreux, né en 1449, à Diest, dans le diocèse de Liége, mort dans le couvent 11 est bon d'observer que cette prétendue 2e édition n'est que la première rajeunie, et à laquelle l'auteur n'a Oit qu'ajouter son ode sur le sacre de Charles X. Il en est de mène, ainsi qu'il a été dit plus haut, de la 2 édition de Palmyre conquise ce n'est que redition de 4815, avec titre et faux titres nomeaux, et une vingtaine de cartons faciles à reconnaître à la blancheur da papier. — Plusieurs des cantates de Dorion ont servi de programme aux compositions musicales des élèves de la classe des BeauxArts de l'Institut. D—R—R. tusiensis, Louvain, 1513 4' B. Annce Vita, imprimée à la suite de la Vita Christi de Ludolphe, Anvers, 1617 Les autres ouvrages de Dor- land sont restés manuscrits. On en trouvera la liste dans la Bibliotheca Chartusiana de Petreitts, et dans la Bibliotheca Belgica de Foppens
  • Pierre DOZENNE( 1658 - 1728) : jésuite, né à Alençon, en 1658, mort le 19 janvier 1728, -était assistant de France. On a de lui : 1° La Divinité de Jésus- Christ par ses œuvres, Paris, 1688 ; e La morale de Jésus- Christ, Paris, 1686 ; 3" Vérités nécessaires pour inspirer la haine du vice et l'amour de la vertu, Paris, 1703 ; ibid., 1750, même format. On trouve dans les Selecke Orationes panegyriece Patrum soc. Jesu, recueillies par le P. Verjus, Lyon, 1667, 2 vol. deux pièces écrites en latin par Dozenne; ce sont : un panégyrique sur le mariage de Louis XIV; et un autre panégyrique pain félici- ter ce prince de gouverner par luimême
  • Pierre DREVET( 1664 - 1739) : nom célèbre dans la gravure, né à Lyon en 1664, reçut dans cette ville les premières leçons de son art de Germain Audran. Arrivé à Paris pour se perfectionner, il s'y livra entièrement au genre du portrait. Quoiqu'il eût été précédé dans cette carrière par les Vischer, les Masson et les Nanteuil, il sut se faire une manière particulière. Rigaud, peintre de portrait, en répu- tation alors, avait changé la marche de ce genre. Les peintres de portraits, qui l'avaient précédé, avaient en général sacrifié tous les accessoires, même les draperies, pour faire briller les têtes; lui, au contraire, voulut tout faire briller, et enrichir de draperies superflues les différents costumes qu'il avait à traiter, et de détails les meubles, les fonds et les divers accessoires. Cette nouvelle , marche nécessitait aussi de la part du graveur de nouveaux efforts, pour rendre sans confusion et d'une manière claire et précise une multitude d'objets aisés à distinguer dans la 'peinture par la variété des couleurs, mais bien plus difficiles à rendre sensibles en gravure avec les seuls moyens que cet art puisse employer, le noir et le blanc. Ces difficultés, loin d'effrayer Drevet, deviennent pour lui un nouveau moyen d'étendre les limites de son art : son génie lui fournit les moyens de rendre tellement sensible la diversité des étoffes, celle des métaux, et enfin celle de tous les corps, qu'un oeil un peu* exercé distingue, dans ses portraits, jusqu'à la variété des couleurs. C'est ce qu'on observe surtout dans son beau portrait en pied de Louis XIV; ceux du cardinal de Fleury, de la duchesse de Nemours, du Dauphin, des cardi- naux de Beauveau, de Noailles et de Rohan, fixent particulièrement l'attention. Une multitude d'au-, tres portraits, entre autres, ceux de Boileau., de Rigaud, de Girardon, du maréchal de Villars, du comte de Toulouse, de Dangeau, de Philippe V, du duc du Maine, de Titon, de mesdames Lambert, de Serre et l'Aubespine', etc., sont faits pour ajouter, s'il est possible, à sa réputation. Enfin, si Pierre Drevet n'eût pas eu un fils qui l'a encore surpassé, il serait sans contredit le premier dans son genre. ll mourut, à Paris, en 1739
  • Pierre DREVET( 1697 - 1739) : fils et élève du précédent, né à Paris en 1697, manifesta des dispositions tellement prématurées, qu'à l'âge de treize ans il exécuta, diton, une gravure qu'on aurait prise pour l'ouvrage d'un artiste consommé. Laborieux, sédentaire, sa vie est peu fertile en événements. Il fut membre de l'Académie de peinture,. Quoique mort à la fleur de l'âge, il a gravé un grand nombre de portraits, qui sont tous des chefsdiceuvre, surtout par la finesse du burin, son brillant, et la variété des différents travaux. Il a gravé aussi plusieurs sujets d'histoire également estimés. Parmi ces derniers, nous citerons Adam et Ève, Rebecca, Louis _VI' dans sa jeunesse conduit par Minerve au temple de la gloire; ces di fférents morceaux d'a- près Coypel : Jésus- Christ au Jardin des Olives, d'après Restout, et la Présentation du Temple, d'a- près Boulongne; cette dernière estampe est fort recherchée. Parmi ses portraits, on admire ceux de mademoiselle Lecouvreur, du cardinal Dubois, de SteMarthe, de Dufay, et surtout celui de Samuel Bernard. Sa petite estampe représentant M. de Tressait aux pieds de la Vierge est d'un fini précieux. Mais de tous les ouvrages de Drevet le fils, celui qui lui fait le plus d'honneur et auquel il n'y a rien de comparable, est sans contredit le portrait de Bossuet, qu'il fit à l'âge de vingtsix ans; il est impossible d'en voir une belle épreuve sans admiration. Cet artiste célèbre a su, par la variété de ses travaux, la disposition de ses hachures, larges ou serrées, multipliées ou rares, croisées en carrés ou en losanges, légères ou vigoureuses, droites ou courbes, en points ou en entretailles, ren- dre le coloris du tableau et la nature de chaque objet sensibles à tous les yeux. La délicatesse des dentelles, la morbidesse des chairs, la finesse de l'hermine, la blancheur des cheveux, le brillant du velours, le ton plus terne de la moire, la tramsparence de la batiste, le grain du papier, les travaux d'ébénisterie, les veines du bois, le poli des métaux, sont rendus avec tant de précision et de vérité, que l'oeil le moins exercé reconnaît ces différents objets. On peut vérifier cette assertion, au moyen d'une ouverture pratiquée au milieu d'une feuille de papier, qui ne laisse voir à la fois qu'une portion de l'estampe isolée, et qu'on promène al- ternativement sur ses différentes parties. Les bonnes épreuves de ce chefd'oeuvre de la gravure sont aisées à reconnaitre, l'imprimeur ayant en Je soin, après chaque cent de tirage, de mettre un point à la suite des mots, Ilyacinthus Rigaut p xit. 11 faut prendre garde néanmoins que ces points n'aient été grattés. On connaît un trèspetit nombre d'épreuves du portrait de Bossuet, au bas duquel on trouve le mot trecensés, au lieu de trecensis, celui de constorianus, au lieu de celui de consisto- rianus, et dans lesquelles la troisième taille, et l'entretaille que l'on voit au haut du fauteuil, ne sont pas continuées : ces épreuves sont fort chères. Drevet est mort, à Paris, en 1739, à l'âge de 42 ans
  • Pierre DUBOUCHET : conventionnel, né à Thiers eu Auvergne, fils d'un fabricant de papiers, étudia la médecine et s'établit à Montbrison, où il avait une assez belle clientèle , lorsque la révolution commença.. 11 s'en déclara l'un des plus chauds partisans, et fut nommé en 1762 député à la con- f.- ention nationale par le département de la Loire. 11 vota ainsi dans le procès de Louis XVI : « La loi («léclare Louis coupable ; l'intérêt de la patrie « exige qu'il soit condamné : je vote pour la mort « du tyran. » Il s'opposa ensuite à l'appel au peuple et à tout sursis à l'exécution. Envoyé dans le département de SeineetMarne pour y faire exécuter les mesures révolutionnaires, il fut dénoncé aux Jacobins pour des abus de pouvoir par des agents de la commune de Paris, et s'y défendit luimême. 11 trouva des défenseurs à la convention nationale parmi les Montagnards, et siégea toujours au milieu d'eux, se faisant remarquer par la recherche et l'élégance de son costume, ce qui contrastait singulièrement avec le cynisme et la grossièreté de la plupart de ses collègues. Après le 9 thermidor, il parla en faveur de Joseph Lebon, que des députés de Cambrai étaient venus dénoncer à la convention nationale ; et il déclara, ce pli était vrai, que ce proconsul n'avait fait qu'exécuter les ordres du comité de salut public et de la convention ellemême. 11 s'opposa ensuite à l'envoi de représentants dans les colonies, et termina par là ses fonctions législatives. N'ayant pas été favorisé pàr le sort pour entrer clans les conseils après la session conventionnelle, il se retira dans ses foyers en 1795, et y reprit sa profession de médecin, qu'il continua d'exercer fort paisiblement jusqu'à ce que la loi contre les régicides l'obligeât de s'éloigner de France en 1816. 11 se rendit alors en Allemagne, où il mourut vers 1820
  • Pierre DUBREUIL : Français d'origine et ministre protestant, propagea avec un zèle indiscret, vers 1540, sa nouvelle doctrine à Strasbourg et il Tournai, irrita contre lui les magistrats de cette dernière ville, vijulitt se soustraire par la, fuite, en 1542, aux recherches ordonnées contre lui, se cassa la cuisse au moment où il touchait déjà au bas des remparts de Tournai, fut arrêté, conduit en prison, condamné à être brùlé vif, le 19 février 1343, et conserva jusqu'au dernier moment l'opiniâtreté d'un enthousiaste. Le sénat , bachelier de Sorbonne, a publié une Histoire ample des peuples habitants des trois bourgs de Ricey , Paris, 1654
  • Pierre DUCHATEL( 1400) : en latin Castellanus, évêque d'Orléans et grand aumônier de France, vint au monde sur la fin du 15° siècle, à Arc en Barrois, dans le diocèse de Langres. Quelques auteurs, pour rendre son élévation plus piquante, lui donnent une extraction obscure et roturière et l'on soutient ce système par la réponse ingénieuse qu'il fit à François 1". Ce prince, avant de l'élever aux honneurs, lui demanda, diton, s'il était gentilhomme? « Sire, répondit Duchatel, Noé dans l'arche avait trois fils, je ne vous dirai pas précisément « duquel des trois je suis descendu. » malheureusement pour cette anecdote, qu'on a souvent racontée de plusieurs autres personnages, c'est que Galland, qui entre dans les plus grands détails sur ce qui concerne Duchatel, n'en dit pas un seul mot ; il le fait, au contraire, naître d'un cadet de la noble et ancienne famille des Howerders dans la Belgique, lequel s'étant attaché aux ducs de Bourgogne, s'était marié à Arc en Barrois. Ce dernier système est mis hors de toute contestation par le nobiliaire de Champagne, et par un arrêt du parlement de Dijon, rapporté dans les manuscrits de Lamarre, qui donne au père de Duchatel la qualité de gentilhomme. Devenu orphelin à l'âge de six ans, il fut envoyé au collége de Dijon, alors très- renommé. Le savant Turell, qui en était pr lui trou\ ant d'heureuses dispositions, le prit en affection, et mit un soin particulier à cultiver ses talents. Le jeune élève apprit de luimême le grec, qu'il se rendit aussi familier que le latin, et dès l'âge de seize ans il l'enseigna publiquement aveè le plus grand succès. Attiré à Bâle par la grande réputation d'Erasme, qui le plaça chez Froben, en qualité de correcteur d'imprimerie' place alors ho- norable, qui ne se donnait qu'à des hommes savants dansles langues anciennes, il étonna le fameux critique de Rotterdam par sa profonde connaissance de la langue grecque, et lui fut trèsutile, sous ce rapport, pour les éditions grecques et latines dont Erasme était occupé. L'abolition du culte catholique à Bâle l'obligea de quitter cette ville ; il revint à Dijon, alla étudier le droit à Bourges sous le célèbre Alciat, qui parle avantageusement de son savoir dans ses ouvrages de cette époque. 11 était encore dans cette ille lorsqu'il apprit que Turell, son ancien maître se trouvait, juridiquement accu- sé de sortilége devant le parlement de Dijon ; il s'y rendit promptement, le défendit, diton, avec autant de zèle et autant d'éloquence que Cicéron en avait mis dans la défense d'Archias, discourut sur l'astrologie judiciaire de manière à étonner les ju- ges, et fit acquitter l'accusé. Duchatel désirait ardemment de connaître l'Italie, qu'il regardait comme la mère des sciences, des arts et des em- pires modernes. Il y suivit Dinteville, homme de lettres, évêque d'Auxerre, que François 1" avait nommé ambassadeur auprès du saint - siége. Les moeurs des Romains lui déplurent, et il en conserva toute sa vie une aversion contre la cour de Rome, qui alla souvent jusqu'à l'excès. Après y avoir fait assez de séjour pour contempler les monuments de l'antiquité que renferme cette capitale du inonde chrétien, •il se rendit à Venise, de là dans l'ile de Chypre, où il enseigna deux ans le latin avec 200 ducats d'appointements. Sa curiosité le condui- sit en Egypte, en Palestine, en Syrie ; il courut les plus grands dangers dans toutes ces courses, fut dépouillé par les Arabes, réduit à la plus grande misère, et gagna enfin Constantinople par l'Asie mineure. La Forêt, ambassadeur de France auprès de la Porte ottomane, et George de Selve, quirem- plissait la même fonction à Venise, lui donnèrent des lettres de recommandation pour François 1er, auquel il fut présenté par le cardinal Dubellay, protecteur des savants et des gens de lettres. Le roi se l'attacha pour s'entretenir avec lui pendant ses repas. Duchatel parlait avec beaucoup de grâce, et sa' ait faire à propos un bon usage de ses connaissances trèsvariées. François 1" prenait un singulier plaisir à converser à lui, et à l'entendre converser sur toutes sortes de sujets. « C'est, disaitil, le _ « seul homme de lettres, que jen'aie pas épuisé en « discours. » Sa franchise déplut à quelques courti- sans, ses talents excitèrent la jalousie de_quelques beauxesprits. Il se forma une cabale pour le perdre. Ses ennemis affectèrent de le contredire avec amertume, et même avec acharnement. On ' cherchait à le confondre. Le roi s'en aperçut il lui fit dire par le dauphin de ne point se décourager, de continuer sur le même ton. Il le nomma son lecteur en titre, à la place de Colin. On l'accusa de l'avoir supplanté. Un pareil procédé était étranger à, son caractère, et il pensait si peu à cette place, que lorsqu'elle lui fut donnée, il sollicitait de l'emploi dans le militaire, vers lequel son goiit le portait ; mais Colin ne connaissait que les livres ; il ne savait que citer. Duchatel racontait ce qu'il avait vu par luimème, et savait le rendre intéressant par des détails curieux. Le roi sentit tout l'avantage d'un livre vivant et agréable, sur un livre qui ne faisait que répéter ce que tout le inonde savait. On conçoit par là comment il put se dégoùter de l'un pour s'attacher à l'autre, et com- ment le premier a pu attribuer sa disgrâce au dernier qui en profitait. D'ailleurs, Colin s'était compromis à la cour par des propos indiscrets. Les ennemis de Duchatel cherchèrent à élever sur ses ruines un certain Bigot, dont ils vantaient l'esprit et le savoir. On dit que le roi ayant demandé à son lecteur quel homme c'était, l'adroit courtisan répondit : « Sire, c'est un philosophe, sectateur d'A- « ristote, qui préfère l'état républicain à l'état « monarchique. » Ce mot, ajouteton, suffit à François 1e pour ne vouloir plus entendre parler de lui; mais Galland dit que c'est là un conte imaginé pour rendre le favori odieux, et que ce conte était d'autant plus iinvraisemblable que Duchatel était grand admirateur d'Aristote. 11 ale d'ailleurs bien d'autres ressources, plus dignes de son caractère naturellement généreux, que ces petits moyens, pour se maintenir dans la faveur de son prince. Cette faveur, soutenue par un mérite réel, le porta en 1539 à l'évêché de Tulle ; en i544, à celui de Mâcon; en 1547, à la grande aumônerie ; et en 1551 sur le siége d'Orléans. Duchatel, qui n'avait accepté ce dernier évêché qu'alla de p_ouvoir concilier le devoir de la résidence avec les fonctions qui l'attachaient à la cour, y trouva l'année d'après le terme de sa brillante carrière. Il fut frappé d'apoplexie en chaire, dans sa cathédrale, et mourut le 2 février 1552. Il avait été, au temps de sa faveur, le protecteur des gens de lettres, et les Lhopital, les SteMarthe, les de Thou et autres s'empressèrent de jeter des fleurs sur son tombeau. En sa qualité de garde de la bibliothèque du roi, 4 il a? ait rendu son crédit favorable aux sciences et à ceux qui les cultivaient. Ce fut à sa sollicitation que François I" attira à Paris des savants de tous les pays, qu'il établit des chaires dans toutes les facultés, qu'il les remplit d'habiles professeurs, qu'il attacha des gens de lettres distingués à la bibliothèque royale, avec de bons honoraires. Sou I rl.uet, ipollurcot:itia. idneteRnohn' Il: s edtr os ilt st odleé1111-113cies cào pla: ' Soi- bonne. Peut-être, en effet, la véhémence de son caractère, plutôt qu'aucune animosité contre le saintsiége le poussatelle trop loin dans la censure qu'il faisait des papes de son temps, cc qui ne , l'empêchait pas de parler du siége apostolique dans les termes les plus honorables, et de recom- mander en toute circonstance de lui rester inviola- blement uni. Il suspendit pendant quelque temps la sévérité du ati contre les Vaudois, s'opposa au supplice des luthériens, protégea tant qu'il lui fut possible Robert Estienne, et fit sortir Dolet de prison. Ce fut à cette occasion que le cardinal de Tournon lui ayant reproché son extrême indulgence, de manière à vouloir rendre sa foi suspecte, il ne craignit pas de lui dire : « J'ai parlé er. évêque et « vous agissez en bourreau. » S'il ne fit pas de grands efforts pour réprimer le zèle souvent outré des inquisiteurs, c'est qu'il les considérait, disaitil, comme des chiens de garde, dont les aboiements servaient à contenir les no' ateurs naturellement etitreprenants. Cependant il porta toujours François.'" à maintenir la religion catholique, à fermer l'oreille à tontes les in' itations qui lui étaient faites par les princes étrangers, de rompre avec le saintsiége. On raconte que la faculté de théologie crut avoir saisi dans son Oraison funèbre de François I" une proposition susceptible de censure, à l'endroit où il disait que : « l'âme du roi était allée tout droit « en paradis, » comme s'il eût voulu par là nier le purgatoire. Les dépités, chargés de faire des remontrances à ce sujet, arriNèrent à StGermain en La) e, au milieu des mous ements des intrigues, des agitations du nouveau règne. Ne sachant à qui s'adresser ils tombèrent entre les mains d'un espagnol, maitred'hôtel du roi, nommé Mendoza, esprit libre et plaisant, qui les régala bien. On parla du sujet qui les amenait : « Messieurs, leur ditil, « on est un peu occcupé ici. Le temps n'est pas pro-« pre pour agiter ces matières ; d'ailleurs, entre « nous, j'ai fort connu le caractère du roi : il ne « savait s'arrêter nulle part, il fallait toujours qu'il « fia en mouvement: je puis vous répondre que « s'il a été en purgatoire, il n'aura fait qu'y pas- « ser, on tout au phis goûter le Nin en passant, « vous ne l'y trouverez plus. » Cette plaisanterie fit penser aux docteurs que les rieurs seraient contre eux à la cour, et ils se retirèrent sans entamer la querelle. Duchatel n'était pas seteement un prélat vertueux, un des hommes les plus savants et les plus éloquents de son siècleiil étaitencore un courtisan estimable, et un excellent citoyen. Entendant le chancelier Poyet dire à François 1" à l'occasion de nouveaux impôts dont le prince voulait surcharger les peuples, qu'il était le maitre de tous les biens de ses sujets, il ne craignit pas de répondre avec indignation à ce vil magistrat: spor-« tez aux Caligula et aux Néron ces maximes tyran- « niques , et si vous ne vous respectez pas vous « même, respectez an moins un roi, ami de l'huma- « nité, que sait que le premier de ses devoirs esi « d'en consacrer les droits. » On n'a de Duchatcl que le Trépas, Obsèques et Enterrement de Fran- çois 1" , où l'on trouve des choses curieuses sur cette cérémonie, et deux Oraisons funèbres du même prince, prononcées l'une à NotreDame et l'autre à StDenis. Ces pièces sont imprimées à la suite de la vie de Duchatel par Galland, publiée en 1674 par Baluze, avec des notes de l'édi- teur. Cette vie est bien écrite en latin, elle renferme plusieurs faits intéressants, pour 1 'histoire littéra ire du temps, qui ne se trouvent point ailleurs
  • Pierre DUCROS( 1745 - 1810) : peintre et graveur, né en Suisse en 1145, vint s'établir à Rome, où il se lia d'une étroite amitié avec le célèbre Volpato ; exécutèrent et publièrent én société une suite de vues de Rome et de la campagne romaine. C'est tin magnifique ouvrage ; Ducros s'y montre grand paysagiste et habile graveur. Toutes ces vues sont exécutées en couleur-, avec une fidélité qui ajoute encore au mérite Cie l'exécution. Ducros encouragé par ce premier succès, publia péu de temps après, en société avec M. Paul de 11ontagnani, artiste romain, vingtquatre vues de la Sicile et de file da4 Malte. Cet ouvrage ne le cède en rien au premier pour le choix des sites et le mérite de l'exécution. Ce sont les plus beaux. aspects de la nature, reproduits dans toute leur vérité et tonte leur pompe. Cette précieuse collection doit être rangée parmi les plus belles productions de la gravure en ce genre; le burin y rivalise d'éclat et d'effet avec le pinceau; nous ne connaissons rien de plus habilement rendu que la Vue générale de Palerme prise de MontWal ; de plus imposant que la l'ue du théâtre de Taureminum et de l'Etna ; de plus magnifique que la Vue de l'amphithere de Syracuse; de plus pille- .çque que la Vue de l'intérieur de la , ville de itssine, ruinée par le tremblement de terre de 84; que la Vue du port aux galères et de l'erse- I de Malte. Cet ouvrage assure une place distiniée à Diicros parmi les meilleurs paysagistes hisoriques modernes. Cet artiste avait beaucoup royagé, cherchant les sites les plus pittoresques des Efférents pays ; ii n'en trouvait pas on qu'il ne le lessinà t à l'instant ; il en avait formé une précieuse .ollection ; ses ouvrages sont en grand nombre, et ,ont fort recherchés, surtout en Suisse, en Allemane et en Angleterre oit ils sont plus connus. Du' Tos mourut à Lausanne le 18 février 1810
  • Pierre DUFOUART( 1737) : membre du collége et de l'Académie de chirurgie de Paris, naquit à CastelnauRivièreBasse , dans les hautes Pyrénées, le 9 juin 1737. Au sortir du collége, le jeune Dufouart commença ses cours de chirurgie, à Paris, sous la direction de ses oncles et de son frère aîné, lequel fut de l'Académie de chirurgie , qui le comptait parmi ses membres les plus distingués, comme praticien. Pierre Dufouart avait à peine atteint sa vingt- deuxième année lorsqu'il obtint la place de chirurgien aidemajor à l'armée d'Allemagne ; grade correspondant à celui de chirurgienmajor, de nos jours. Les talents qu'il montra dans la guerre de sept ans, lui valurent, en 1763, la survivance de son oncle, M. Faget, pour la place de chirurgienmajor des gardesfrançaises. A cette époque, il se fit recevoir membre du collége de chirurgie ; sa thèse, dédiée au maréchal de Biron, est intitulée : de Intumescentia partiunt in printis vulnerum sclopetarium instant ibus ; c'est une excellente dissertation, par laquelle l'auteur préludait au grand ouvrage qu'il a publié depuis sur les plaies d'armes à feu. Il prit ses degrés en méde- cine, après s'être fait recevoir chirurgien à StCôme. Ce fut d'après son avis qu'on créa un hôpital spé- cial pour les gardes françaises, et il en fut nommé médecin et inspecteur en chef, tandis que son frère ainé en était le chirurgienmajor, comme il l'était aussi du régiment des gardes, en même temps que Pierre Dufouart ; mais celuici se chargeait ordi- nairement de sa tàche et de celle de son frère, qui était fort répandu dans la pratique du grand monde. En 1791, Pierre Dufouart fut créé inspecteur général des hôpitaux de Paris, et chirurgien major général des troupes parisiennes. Lorsqu'en l'an N on fonda un enseignement à l'hôpital militaire de Paris, Dufouart y fut nommé professeur et chirurgien en chef. En l'an 12, son grand âge ne lui permettant plus de vaquer aux exercices de sa place, il obtint la décoration de la Légion d'hon- neur, et le titre de chirurgien en chef, honoraire et consultant de l'hôpital du ValdeGrâce, dont il a rempli les fonctions jusqu'à sa mort, arriNée le 21 octobre 1813, à Sceaux, près Paris. Dufouart a lu un trèsgrand nombre d'excellents mémoires à l'Académie de chirurgie, la plupart sur des matières importantes, telles que les squirrhes et les cancers, les progrès de la chirurgie militaire, les contrecoups, les méthodes de pansement des blessures, etc. Le seul ouvrage que cet excellent china.- gien ait mis au joui., est intitulé : Analyse des blessures d'armes à feu et de leur traitement, Paris, 1801 Ce précieux traité est l'un des meilleurs qui aient été publiés sur cette partie de la chirurgie. Dufouart le composa pour l'instruction de ses élèves et le leur dédia. Cet ouvrage est re- martjuable par l'élégance et la pureté du style, et par des considérations neuves et importantes. Dufouart était d'un commerce doux et fort agréable, par l'étendue et la culture de son esprit. 11 était versé dans la connaissance des littérateurs et pr des poètes anciens ; il aimait surtout à lire Virgile. Accablé d'infirmités dans ses dernières années, ce vieillard semblait trouver un remède contre ses maux lorsqu'il essayait de transporter dans notre langue les pensées et les beautés de son poète favori. 11 en a traduit les Bucoliques en vers français ; cinq de ces églogues ont été imprimées, Paris, 1810 ; mais elles n'ont été tirées qu'en trèspetit nombre, et seulement pour les amis de l'auteur ; celle qu'il adresse à sou vieux serviteur, est remplie d'une douce sensibilité et d'une naï- veté touchante. — DUFOUART l'aîné, dont il a été question dans cet article, a lu quelques mémoires à l'Académie de chirurgie, dont deux ont été imprimés dans la collection de cette compagnie. 11 est mort plus de vingt ans avant son frère. FB
  • Pierre DULIN( 1670 - 1748) : peintre, né à Paris en 1670, entendait bien la composition d'une grande machine ; quoiqu'on ignore qui fut son maitre, il est évident qu'il se forma sur les ouvrages de Lebrun. Il se plut, comme son modèle, à établir dans ses ouviiages tout le luxe de la poétique de son art; il avait plus de soixantedix ans quand il peignit le vaste tableau où il a représenté St. Claude qui ressuscite un enfant mort que sa mère lui apporte. Ce tableau est regardé comme un des bons ouvrages de Dulin : ceux où il a représenté les Miracles de Notre- Seigneur sont aussi fort estimés. Le dernier ouvrage de Dulin fut un tableau pour l'hôpital de la Charité. Cet artiste était de l'Académie de peinture, et mérite d'être compté au nombre des bons peintres de son temps. Il mourut à Paris, le 28 jan\ ier 1748, âgé de 78 ans
  • Pierre DUPIN( 1681 - 1745) : avocat du parlementde Bordeaux, né en 1681 à Tartas, était (ils d'un notaire de cette ville, et avait exercé d'abord la profession de procureur. Les principales parties de la science du barreau lui furent aussi connues. Les magistrats et ses propres confrères avaient souvent recours à ses lumières. H s'attacha moins à composer de nouveaux ouvrages qui? perfectionner ceux de quelques autres jclrisconsnllcsde sa province.11 donna :1° une nouN'elle édition du Commentaire d'Automne, sur les Coutumes générales de Bordeaux. 1728, 1737 ; Conférences sur toutes les questions traitées par Ferron, dans son Commentaire sur la Coutume de Bordeaux, avec le Commentaire de Bernard ,:\iitomite, Bordeaux, 17116 , 3" Traité sur les Peines des secondes Noces, Paris, 1743 Cet ouvrage lui appartient. en entier. Dupin mourut à Bordeaux., le 22 novembre 1745 , à 64 ans
  • Pierre DUPLESSIS( 1750) : [ERRE), connu sous le nom de chevalier Duplessis, littérateur médiocre, était né, vers 1750, à StPierre de la Martinique, de parents d'origine juive. Envoyé jeune en France, où il fit ses études dans une école militaire, il reçut, en les terminant , un brevet d'officier à la suite, qui lui donnait une position dans le monde, en le laissant maître de ses loisirs-. Se croyant un talent décidé pour le genre lyrique, il débuta par un opéra intitulé : Pizarro, ou la Conquête du Pérou. Cette pièce, dont la musique est de Candeille , était achevée dès 1775 ; mais, refusée plusieurs fois par le comité de lecture, elle ne fut admise à l'étude leign 1785, d'après un ordre du baron de Breteuil, qui protégeait l'auteur. Malgré la beauté des décorations et la nouveauté du spectacle, représentée pour la première fois le 3 mai, elle ne fut jouée que neuf fois dans le courant de l'année. C'est à propos de cet opéra qu'un homme d'esprit , faisant allusion à l'origine de Duplessis, disait que c'était peut-être la première fois qu'un juif avait fait quelque chose sans intérêt. Le peu de succès de sa pièce n'empêchait pas Duplessis de juger ses confrères avec un ton fort tranchant. Un jour, il se permit de dire, au foyer de l'Opéra : « Je ne connais pas de plus « mauvais poète lyrique que Guillard . — Ah ! lut répondit finement Chéron, « monsieur le chevalier, vous vous oubliez. » Sans abandonner la carrière dramatique , il composa des romans qui, suivant Barbier, trouvèrent . Duplessis parvint, en 1791, à faire reprendre son opéra (le Pizarre , qu'il avait réduit en li. actes ; mais il n'eut pas plus de succès que dans sa nouveauté. Quoique sa carrière n'ait pas été longue, puisqu'il mourut %PIS 1AO, il avait survécu bien des années à toutes ses productions
  • Pierre DUVERNE( 1600) : né à Dijon, dans le 17° siècle, est auteur d'un ouvrage en vers, intitulé les " Teilles curieuses contenant cinq cent huit auteurs et des choses dont ils ont traité , Dijon,1 1647 , C'est un livret qui n'a d'autre mérite qu'une assez grande rareté. Les noms propres y sont défigurés par des fautes d'impres- sion et les faits rapportés. d'une manière trop superficielle. On peut voir une très bonne notice' sur ce poète par l'abbé de StLéger, insérée dans le Magasin Encyclopédique, 3e année , t
  • Pierre DUPUY( 1582 - 1656) : frère puiné du précédent, naquit à Agen, le 27 novembre 1582. Le jeune Dupuy, passionné pour l'étude, travaillait avec tant d'assiduité, que jeune encore il était devenu savant dans les langues latine, française, et principalement dans la connaissance du droit et de l'histoire. Ses talents et son bon esprit lui concilièrent l'estime et l'amitié du président de Thou, qui était son parent, et de Nicolas Rigault. C'est avec celuici , et son frère Jacques, qu'il publia les éditions de l'Histoire du président de Thou, qui parurent en 1620 et en 1626. t, _ ouvrage fut vivement attaqué, et c'est pour ,défendre que, de concert avec Rigault, il com- ésa un écrit intitulé : Mémoires et Instructions pour servir à justifier . Ces différents travaux lui facilitèrent les moyens de composer cette énorme quantité d'ouvrages et de mémoires dont on trouve les titres dans la Bibliothique historique de Fontette : en xoici les principaux : 10 Traité des droits et des libertés de l'église gallicane, rivec les preuves, 1639, 3 vol. L'auteur fit paraître , en 1651 , une édition des preuves en 2 volumes Il avait également composé une Apologie pour la publication des preuves, qui est restée en manuscrit. Le commentaire sur le ,Oginème sujet a étépublié par Lenglet Dufresnoy, Paris, '1715, 2 vol. avecquelques autres pièces de divers auteurs. 2° Truités concernant l'histoire de France, savoir la Condamnation des templiers, 1' H istoire du schisme d' Avignon, et quelques Procès crimintls, Paris, 1654 Bruxelles, 1702 ; réimprimés sous le titre d'Histoire de la condamnation des templiers, itDes traités séparés des droits du roi sur les provinces de Bourgogne, de l'Artois , de Bretagne, des Ais évêchés, de Flandre , de Lorraine , de plusieurs royaumes , duchés et comtés , dont le nombre serait trop long à détailler. Ces différentes productions par- lent assez en faveur de Dupuy, qui cessa de vivre le 14 décembre 1651, dont Henri de Valois prononça l'oraison funèbre, et dont la vie, écrite 1 par Nicolas Rigault , a été insérée dans les Vita? selectoe, Londres, 1681 — Pierre Dupuy trouva dans son jeune frère, Jat quel DUPLY, un collaborateur instruit. Ce dernier, qui était prieur de StSauveur, fut 11l également garde de la Bibliothèque du roi , et, indépendamment de ce qu'il aidait son frère dans ses ouvrages, il en publia nne grande partie. Il mourut le 17 novembre 1656. Jacques Dupuy rendit son nom immortel dans la Biblio- thèque du roi par le legs qu'il fit des livres que lui et son frère avaient rassemblés, au nombre de 9,000 volumes imprimés, et d'environ 300 volumes d'anciens manuscrits. On a particulièrement de Jacques : 10 l'Index des noms propres qui se trouvent latinisés dans l' Histoire de de Thou, Genève, 1614 réimprimé sons ret autre titre : Besolutio omnium difficulta( uni , Ratisbonne, 1696 2° Catalcyus bibliothecoe thztance, ordine alphabetico digestus. 3° La he édition des Instructions et missives des Bois de France et de leurs ambassadeurs au concile de Trente, Paris, 1654 Ce qui augmente cette édition a été tiré des mémoires de Pierre Dupuy : c'est la meilleure. Son portrait a été gravé par Nanteuil, ainsi que celui de son frère
  • Pierre DUREY D'HARNONCOURT : receveur général des finances, et frère du précédent, est mort le 27 ju après avoir publié : 1° Dissertation sur l'usage de boire à la glace, Paris, '1763 , brochure En toute saison l'auteur buvait à la glace. 2° Mélange de maximes, de réflexions et de caractères, avec une traduction des Conclusions d'amour de Scipion M affei , avec le texte à coté, Paris, 1755 et 1763 — Son fils, DUREY DE MORSAN , né en 1717 , après avoir achevé ses études, ne recevant de son père , riche à cinq millions, qu'une pension de 600 livres, eut recours aux usuriers, et dérangea sa fortune à un tel point qu'il fut forcé de s'expatrier. 1! se réfugia d'abord à Neuchâtel, puis alla à Madrid, « où, dit Barbier, il ramassa beaucoup de ma- « tériaux et un grand nombre , Lausanne, 1753 Durey de Morsan mourut à Genève en 1795. On a encore de dé lui : 1° Discours de réception à l'académie de Nancy, Paris, 1757 2° Traité suc- cinct de morale, ou Lois immuables, 1778 3° Moyens de lire avec fruit, traduit de Sacchini , 1785 V' Anecdotes pour servir à l'histoire de l'Europe, Paris, Duchesne. 1757 5° Quelques ouvrages dramatiques : le Voyage de l'Amour, la Statue animée, les Amours du docteur Lanternon; on ne trouve aucune mention de ces pièces ni dans le Cata- logue de Pont de , ni dans le Diction- naire des Thélitres, par Léris. Il avait fait un Procès du diable; Bioernstahl, qui en parle, dit que cet ouvrage n'était pas encore imprimé. Enfin il travaillait en 1773 à une Fie de Fol- • taire. Il demeurait alors à Fernav, et avait dans sa chambre un portrait de J.J. ilousseau placé audessous d'un crucifix, et au bas il avait écrit ce distique . Ante invoi ocuios pendet tua Dure. Pendentit colitur lie niihi forma De,. Un jour qu'il était absent, Voltaire entra par hasard clans sa chambre, et ayant aperçu les deux vers, il effaça surlechamp le dernier, et y substitua celuici : Sed eue non pcndel rem figura niri! Durey n'eut pas de peine à reconnaltre la plume caustique de Voltaire; mais il se tut, et ne fit pas semblant d'avoir remarqué le changement fait à son distique
  • Pierre DURYER( 1605) : né à Paris en 1605, d'une bonne famille, fut, en 1626, pourvu d'une charge de secrétaire du roi, dont il lit ressource en 1633 , s'étant marié à une tille qui n'avait rien. Son revenu ne suffisant pas à l'existence de sa famille' il accepta la place de secrétaire de César, duc de Vendôme. Les ouvrages dont il s'occupa lui ayant fait quelque réputation , il fut , en 1646 , reçu à l'Académie française, en concurrence avec Pierre Corneille qui demeurait à Rouen. Ce fut cette circonstance qui fit donner la préférence à Duryer, dont la résidence était à Paris. Duryer eut dans les derniers temps de sa vie , le titre d'historiographe de France , avec une pension sur le Sceau ; mais il était toujours obligé, pour subvenir aux besoins de sa famille, de se mettre aux gages des libraires. Pendant un temps mémo , il alla, par économie, demeurer hors de Paris, encore plus loin que les Picpus. « le voir une fois en « compagnie , dit l'auteur du Menagiana , il « nous régala de cerises cueillies dans un petit « jardin qu'il avait. » Dans les lettres attribuées à Furetière , on trouve des détails sur la pauvreté de Duryer. Baillet , parle « de G. Xy- « lamier , L. Dolce, J. Baudom , P. Duryer, , et « plusieurs autres écrivains mercenaires « qui , pour sauver et conserver leur vie , ont « bien voulu flétrir et perdre leur réputation « les uns par nécessité de faire des traductions « à 30 sols ou à un écu la feuille, les autres de « faire des vers à li francs le cent, quand ils « étaient grands , et à 40 sols , quand ils étaient « petits. » Ou a avancé que Duryer avait eu recours à l'un et à l'autre de ces expédients. Comme on ne connaît pas de lui d'autres ouvrages en vers que ses tragédies , on a lieu de croire qu'il ne s'était pas mis poète à l'entreprise ; c'est bien assez d'y avoir été traducteur. On varie sur la date de la mort de Duryer ; les uns la mettent en 1656 , les autres au 6 novembre 1658. A l'appui de cette dernière, on lit dans l'avis du Libraire au Lecteur , du tome 2 do la traduction de Sénèque, imprimé en 1658, ces mots : « L'impitoyable mort nous l'ayant « enlevé ces jours derniers , d'entre les bras, « et ne lui ayant pas laissé voir l'impression « achevée. » On a de Duryer I° dixhuit pièces de théâtre imprimées , dont sept tragédies Lucrèce, f638; Clarigène, 1639; Alcionée , 16110 ; Saül , 1642 ; Esther , 4641, i ; Scévole, 1647 ; c'est le chefd'oeuvre de l'auteur : Marmontel l'a fait réimprimer dans les Chefs- d'œu- vre dramatiques , 1773 , t. 4er et unique, et Thémistocle , 1648 , dans laquelle aucun personnage ne meurt ; neuf tragicomédies, Aroé-? lis et Poliarque, première journée, 1630; , seconde journée, 1631 Lysandre et Caliste, 1632; Alcimédon, 1635 Cléomédon ; Bérénice, 1645, Nitocris, 1650 Dynamis, reine de Carie, 1653 Anax« ndre, 1655 ; une comédie , les Vendan- ges de Suresne, 1636; et une pastorale , A ma- iyIIiç, 1651. La Bibliothèque du Thédtre fran- çais lui attribue aussi deux pièces qui sont restées manuscrites, Arétaphile , et tophon et Leucippe . Maupoint, dans sa Bibliothque des Thecitres , lui attribue encore Alexandre et Tarquin, tragédies, et les Cap- tifi, comédie. Léris croit que ces cinq dernières, pièces sont de Duryer père. 2° Beaucoup de traductions, savoir : 1 Traité de la providence de Dieu, traduit du latin de Salvien, 1634 2' Isocrate , de la louany e Busire, avec la louange d' Hélène, traduit par Giry, 1640 30 Les Psaumes de D. Antoine, roi de Portugal 1645 le) Histoire de la guerre de Flandre, traduite du latin de Strada, 1644-49, 2 vol. 5- Les Histoires irius , quatre Catilinnires, l'Oraison pour L. Haccus , celles pour C. Sylla , pour Archias 1près son Retour' au sénat , pour sa Maison; t. ! Le, les oraisons touchant les Devins, pour Mucius, P. Sexiius, contre Vatinius , pour AL Cœlins Rufus , touchant les Provinces con- çulaires; t.e, celles pour Balbus , contre L. Calpurnius Pison , pOUr Mi1011 , G. Rabirius Poelume , Marcellus , Ligarius, Déjotarus , oour la Paix, et les Paradoxes; t. 6e, les quaorze Philippiques. On attribue à Racine et à f3oileau la traduction de la seconde ; t. 7e, se et -)e, les Épîtres familières , traduites par Golouin ; et les Offices traduits , ainsi que les Lettres de Brutus à Cicéron, par Soreau: t. '10°, es Tusculanes; t. lle, de la Nature des dieux, 'a Consolation de la mort de Tullie ; t. 12e, les Dialogues de la Vieillesse et de l'Amitié le traité des Orateurs illustres , dont la traduction est de Giry, , le Songe de Scipion; t. 13", les OEurres de Sénèque, de la traduction de Malherbe, continuées par P. Minier , t. 2", 1658; t. le', 1659 La Mo. nnoie sur : illet , cite une édition de 1667, 14 vol. ! ler volume de l'édition contient la duction des Bienfaits et les Épîtres, par Mal- tm · ' ' be ; le 20, qui est le travail de Duryer , reti- , e les traités de la Providence, de la Fie heureuse , de la Colère , de la Ctemenee, du Repos et de la Tranquillité , de la Constance, de la Brièveté de la Vie , Consolation à Mar- cia , a Helvia, à Polubins , des Questions na- turelles. C'est sans doute la mort de Duryer qui l'a empêché de traduire l' Apocoloquinto. e apothéose satirique de Claude . « La moins mauvaise des traductions de « Duryer est, dit Baillet , celle des œuvres de « Cicéron , quoiqu'il y ait passé plusieurs en- « droits qu'il n'a point entendus, surtout dans « les oraisons , et que, pour se tirer d'affaires « et pour empêcher le vide, il y ait mis à la place « de petits galimatias propres à éblouir et à « embarrasser les jeunes gens : les autres ver- « sions, qu'il a faites des anciens auteurs , ne « sont que de vieilles traductions qu'il a rac- « commodées à sa fantaisie, et surtout celles « d'Hérodote, de Polybe, d'Ovide, de TiteLive, « de Sénèque, sans s'être voulu donner la peine , et mourut dans l'indigence. Il est aussi auteur de quelques ouvrages qui sont : 1° le Narive d'Amolli . pastorat' rn :3 actes et le regarde comme auteur des cinq pièces attribuées à Pierre
  • Pierre DUVIQUET( 1766) : critiqué français , à Clamecy en 1766 , de parents pauvres mais alliés à la famille des Dupin , était écolier au collége de Lisieux ci avait obtenu un prix et un accessit au concours, lorsque, par une délibération du bureau du collége de LouisleGrand , du 7 décembre 17M, il fut nommé boursier en cet établissement à l'occasion de la naissance du dauphin, fils de Louis XVI. Il se fit recevoir docteur agrégé en l'Université de Paris, et prit l'habit ecclésiastique. Il était au commencement de la révolution maitre de quartier dans ce même collége qui l'avaitsvu terminer ses études avec éclat, lorsque des raisons particulières l'obligèrent de quitter ses fonctions. Alors il embrassa le barreau , se rendit à Orléans, y prit ses grades en 1790, et vint exercer la profession d'avocat à Clamecy sa patrie , où l'on venait d'établir un tribunal de première Le bureau du collége de LouisJeGrand était alors chargé de radministiation générale de l'Université de Paris. Nous VCOS eu sous les yeux le registre imprimé où se trouve la délibération qni concerne D %triquet, lequel y est nommé On Vicquet. instance. Ce fut à cette époque qu'il épousa un ,riche veuve, mère d'un fils qui s'est distingu dans la diplomatie sous l'Empire, et dans la légis lature sous la Restauration M. Bogue de Faye) Ce mariage commença à donner à Duviluet un à le choisir pour rétairegénéral. Merlin, ayant été transféré . mois après au ministère de la justice , conféra l'emploi analogue dans son nouveau lépartement. Nommé député do la Nièvre au ,riseil des CinqCents , en mars 1798, Duviquet e montra zélé partisan du Directoire, tout en sxprimant en maintes occasions ces sentiments 'évolutionnaires que l'on confondait alors avec e patriotisme. Il s'opposa fortement à ce que la lomination aux places vacantes du tribunal de fissation fût attribuée au pouvoir exécutif. il lemanda que les marchands fussent contraints i ouvrir leurs boutiques les dimanches; et, rappelant que sous l'ancien régime on tenait ouvertes, ce jourlà, « celles du PalaisRoyal, rec paire des vices et de la prostitution, » il ajoutait : « Ceux qui l'habitent aujourd'hui sontils ,, au sujet du naufrage de quelques émiprés jetés à Calais par la tempête. Contraireoient à l'opinion de son collège Labrouste, il demanda que ces émigrés fussent jugés selon toute la rigueur des lois. Qu'on nous permette I cle citer ici les paroles d'un biographe qui écri- pit du vivant même de cet exdéputé : « Ce tort Ille trop réel , et sur lequel il parait que M. Du- , ' viquet a depuis longtemps passé condamna- i tion, est tellement opposé à la douceur de son p caractère... , qu'il fut généralement attribué à une suggestion étrangère et puissante de 1 laquelle il était difficile de se défendre. » On penser qu'il s'agit de Fouché ou de Merlin. rès la chute de celuici. Duviquet le défendit iii dans le conseil des CinqCents et vota contre sa mise en accusation. Déchu de son emploi de secrétairegénéral, il fut exclu du corps législatif après la révolution du 18 brumaire , et ruiné par la suppression de l'Ami des lois, journal dont il était propriétaire et rédacteur avec l'exconventionnel Poultier. Alors il r s'estima heureux de retourner à Clamecy avec le titre de commissaire du pouvoir exécutif près le tribunal civil. En 1806, des raisons purement domestiques l'engagèrent à donner sa démission et il revint à Paris exercer la profession d'avocat à la cour de cassation. 1l était question de l'appeler au parquet de cette cour, lorsqu'une nouvelle disgrâce vint atteindre Duviquet, qui se vit réduit à professer dans un pensionnat de jeunes gens. A l'organisation de l'Université impériale, tout ce qu'il put obtenir, malgré le zèle d'amis puissants, se réduisit au titre d'agrégé près le lycée , Napoléon , sans fonctions actives et avec la chétive rétribution de 00 francs par an. Bientôt s'ouvrit pour lui une nouvelle carrière. Le critique Geoffroy mourut dans les premiers mois de 181, plus difficiles à remplacer chaque « jour, qui avaient pris leur art au sérieux et qui « s'étaient préparés longtemps à l'avance par de « longues et fortes études . » Duviquet eut d'autant moins de peine à se conformer aux opinions monarchiques du Journal des Débats, qu'il était déjà revenu luimême en politique à des principes de modération. Tous ceux qui l'ont connu dans les vingt dernières années de sa vie peuvent attester que personne n'était plus éloigné de l'esprit persécuteur et réactionnaire. Si pendant les centjours il se crut obligé de signer l'acte additionnel, c'était, disaitil, avec espoir d'amélioration. Indépendamment de ses articles spectacles, il se plaisait à rendre compte des solennités du concours général. Pendant quelques années, à ses fonctions de rédacteur, il joignit celle de directeur du Journal des Débats, dont l'existence s'était en quelque sorte identifiée a? ec, la sienne. Cependant le moment vint où le poids de l'âge se fit sentir ; d'un autre côté les théâtres se multipliaient , et il était physiquement impossible qu'un seul homme de lettres suffit à l'examen de toutes les pièces nouvelles. On donna un jeune collaborateur à Duviquet , qui ne se réserva que les grands théâtres. Enfin en 1830, « fatigué de cette lit- « térature au jour le jour, et voulant avant de « mourir jouir un Pei de ce repos littéraire et Le critique duit s'attendre h b..aucoup d'inimitiés et d'imputations fàclieuses. Aussi aton prétendu que Duviquet , qui rappelait 1;rpEn.1 Dc ..utsrreosairaei:sz. re sa s ,...ncesecceeti!'arér sou goût Diweeurs d., M. 3. J4j RIR obsèques de Duviptet. « philosophique qu'il avait vaiuement appelé « toute sa vie , Duviquet déposa la plume... et « retourna comme il le disait luimême, à ses bons livres » 11 mourut ring ans après. le 30 aat 1835. Quand la maladie vint l'avertir qu'il l'allait songer à la mort, il était à Clamecy ; mais il ne voulut pas finir éloigné des amis dont les attentions bienveillantes et délicates avaient rendu si heureuse son insoucieuse vieillesse, et il se fit transporter à Paris. Comme écrivain, Duviquet a peu produit, et la liste de ses ouvrages ou plutôt de ses publications est assez courte. On a de lui : 10 Vers sur la paix, 1784 2° Ode sur l'éducation publique, suivie 1786 Ces deux pièces furent publiées sous le nom deyabbé Du l'igue. 3- Coup d'oeil sur les causes et les conséquences de la guerre actuelle avec la France, traduit de l'anglais de lord Erskine , 1797. Dans la collection des classiques latins, publiés par Gosselin, Duviquet a donné un excellent commentaire d'Horace en latin. Il a eu part au Dictionnaire torique commencé par le général Beauvais. 11 a publié en société avec M. Duport, une édition de Marivaux , enrichie de commentaires et de notices. En 1825, il a lu à la société des bonneslettres, dont il était un des fondateurs, un Discours sur la distinction du genre clas- sique et du romantique. Enfin il est auteur d, la Notice sur M. Boulard , ancien notaire, imprimée en tête du catalogue des livres de la bibliothèque de ce savant amateur
  • Pierre DUVAL( 1500 - 1564) : né à Paris au commencement du 46e siècle, était savant dans les langues anciennes, et cultivait la poésie avec quelque succès. François Zen le chargea de surveiller l'éducation du dauphin , et le récompensa de ses soins en le nommant à l'évêché de Séez , vers 1539. Ce prélat assista au concile de Trente, et mourut à Vincennes en 1564. Vauquelin lui dédiai"ses Foresteries, ouvrage écrit d'un style peu décent ; il s'aperçut trop tard de la faute qu'il avait commise, et y ajouta encore en cherchant les moyens de la réparer. On a de Duval : 1° le Triomphe de vérité, où sont montrés maux commis sous la tyrannie de l'Ante- Christ, tiré de Maplieus Vegeus, et mis en vers, Paris, 1552 2° De la Grandeur de Dieu, et de la Cognoissance qu'on peut avoir de lui par ses oeuvres, Paris, 1553, 1555 3° De la Puissance , Sapience et Bonté de Dieu, Paris, 1558 et 1559 : ces ouvrages ont eu plusieurs éditions. Duval avait publié dès 1547, par ordre du roi, une traduction du dialogue de Platon intitulé Critès : elle fut réimprimée en 1582 , avec un commentaire de Jean Le Masle , d'Angers. — DuvAL , autre poète du 16e siècle, n'est connu que par un ouvrage assez rare, intitulé : le Puy du souverain d'amour , tenu par la déesse Pallas, avec l'ordre du lict nuptial , Rouen , 1543 Il avait trouvé dans son nom ces deux anagrammes : vrai prélude, et le vrai perdu. Cette seconde combinaison est la plus heureuse, suivant Lacroix du Maine , parce qu'elle donne une idée juste de l'auteur et de son livre. W—s
  • Pierre DUVAL( 1618 - 1683) : géographe royal , né à Abbeville en 1618, était neveu de Nicolas Sanson. Il cultiva et enseigna avec succès la science cultivée par son oncle, et mourut en 1683. On a de lui un grand nombre d'ouvrages. Voici les principaux : 1° Recherches curieuses des An- nales de France, Paris, 1646 2° Abr( W... du monde, première partie, ibid., 1648 seconde partie, ibid. , 1650 3. Tables géographiques ( le tous les pays du monde, ibid., 1651 h° Description de l'évêché d'Aire en Gascog ne, ibid., 1651 5. Mé- moires géographiques, ibid., 1651 Ils furent contrefaits à Lyon. 60 Le Voyage et la descriptibn de , avec la relation da voyage fait à Rome par le duc de Bouillon en 1644 , ibid. , 1636 , 7- Le Monde, Géographie universelle, contenant la descrip- tion , les cartes et les blasons des principaux pays du inonde, ibid. , 1658 Ce livre a eu six éditions jusqu'à celle de 1688, 2 vol. 8° L'A. B. C. du monde, ibid., 1658 , plusieurs fois réimprimé. 9° La Sphère, Traité de géographie, qui donne la connais- sance du globe et de la earte, ibid., 1659 réimprimé plus de six fois sans compter les copies de Lyon. La dernière édition, dédiée à mademoiselle Crozat , parut par les soins du P. Placide, en 1704 10' . Vphabet de la France, ibid., 1659 a eu au n'Oins cinq éditions jusqu'en 1682. 11° La France depuis son agrandissement par les conquêtes du roi, avec les cartes et les blasons des provinces, ibid., 1691, 4 vol. Cet ouvrage de Duval est celui qui a conservé le plus de réputation. Les cartes qui s'y trouvent sont très nettes. Il comprend aussi la description des dixsept provinces des PaysBas et le livre précédent. 12° Beaucoup de cartes, des tables chronologiques, etc. On distingue dans le nombre un recueil intitulé : Diverses Cartes et tables pour la géographie ancienne , pour la chronologie et pour les itinéraires et voyages modernes , Paris , 1665 oblong. Ce qu'il contient de plus intéressant pour nous, est la partie qui donne les routes de plusieurs voyageurs du 16e siècle. Duval n'a pas des vues neuves en géographie ; aussi ses ouvrages sontils aujourd'hui peu en vogue. Il eut de son temps assez de réputation , et il la mérita , parce qu'il est exact et clair. Ses cartes ont été effacées par celles qui ont paru depuis lui ; mais comme il était laborieux et avait recours aux meilleurs documents , elles furent utiles à l'époque où elles parurent. Il a été l'éditeur du Voyage de Pyrard
  • Pierre DUVAL( 1730) : naquit , en 1730 , à Bréauté , village de Normandie , au pays de eaux. Après avoir fait ses études à Paris, il donna de si bonne heure des preuves de sa grande capacité, qu'il obtint, à l'àge de vingtdeux ans, la chaire de philosophie au collège d'Harcourt. Il fut ensuite successivement nommé bibliothécaire du collége de LouisleGrand, proviseur du collège d'Harcourt et recteur de l'université : il eut même deux fois le rectorat , et l'on a remarqué qu'il était le premier Normand qui eût été élevé à cette dignité. Duval administra pendant longues années le collége d'Harcourt avec une prudence consommée et une bonté vraiment paternelle. En 1789, les chagrins que lui donna la révolution commencèrent d'affaiblir sa santé , et , sur sa demande on lui donna pour coadjuteur M. Daireaux, l'un des membres les plus dist de l'université, et qui fut depuis proviseur du lycée Charlemagne. Sa santé s'altérant de plus en plus, il offrit sa démission en 1790 , et l'ut remplacé par son coadjuteur. Ses dernières années furent languissantes et douloureuses. Dénoncé en 1792, par un domestique infidèle, au club des Cordeliers , comme n ayant point obéi au décret qui ordonnait de porter l'argenterie à la Monnaie, il se vit contraint de se priver de la ressource qu'il s'était ménagée pour sa vieillesse. Le dénûment dans lequel il se trouva, la crainte d'être arrêté comme signataire des pétitions des 20,000 et des 10,000, l'affectèrent au point d'obliger sa famille de le faire transporter, en 1795, chez un de ses frères, à Guerbaville, dans le pays de Caux ; il y mourut le 20 mai 1797 , âgé de 67 ans. Ecclésiastique exemplaire et tolérant autant qu'homme aimable et de bonne compagnie, il jouit dans son temps d'une considération méritée, et eut des amis dans le monde. On a de lui : to Essai sur diffé- rents sujets de philosophie, Paris, 767 Il y réfute l'opinion de Buffon sur le sens de la vue, celle de d'Alembert sur les lois du mouvement, et les sophismes de Montesquieu et de JeanJacques en faveur du suicide. Il s'occupe ensuite d'une importante question , savoir : si la certitude métaphysique et morale équivaut à la certitude géométrique , et si elle est de nature à produire la conviction. Duval ne doute point que l'on ne puisse donner aux principes de la métaphysique et dela morale la même évidence , 1775 B—ss et N—L.
  • Pierre DYKMAN : savant antiquaire suédois, mort à. Stockholm en 1718. Il a écrit dans la langue de son pays plusieurs ouvrages, entre lesquels nous remarquons : dc la Manière de compter des anciens Suédois et Goths, Stockholm, 1686 ; des Douze Charles qui ont régné en Suède, ibid. , 1708 ; Observations historiques sur les monuments runiques , Stockholm 1723
  • Pierre ELMSLEY( 1773) : savant anglais, né en 1713, fit à Hampstead, à Westminster et à l'université d'Oxford ses études avec un éclat extraordinaire, mais sans obtenir des doctes corps un seul de ces avantages qui d'ordinaire sont la récompense des élèves remarquables. On prétexta pour les lui refuser sa grande jeunesse. La vraie raison fut probablement l'antipathie ou lacrainte qu'il inspira par sa propension à décocher des sarcasmes beaucoup trop justes pour ne pas blesser à if, beaucoup trop spirituels pour ne pas faire écho. 11 changea plus tard de manière d'agir, et l'on s'adoucit pour lui mais il fallut d'abord qu'il fit pénitence. Ayantseçu les ordres vers 1796 et le degré de maitre ès•arts en 1797, il devint, l'année suivante, chapelain du petit Horkesley , et remplit plusieurs années, sans en toucher les modiques honoraires, les fonctions de cette place. Heureusement, il avait un oncle riche, le libraire Pierre Elmsley, lequel, de son vivant, faisait honneur aux traites de son neveu, et qui à sa mort lui laissa toute sa fortune. L'anti - universitaire jeune homme se voua tout entier dès lors aux sciences un peu profanes de l'histoire et de la philologie grecques, s'embarrassant bien moins des Pères de l'Église que de Sapho, et de théologie que d'editio princeps. Cela ne l'empêcha pas, longues années après, de se faire conférer le diplôme de docteur en théologie. Mais, provisoirement, il écrivait dans la Revue d'Edim- bourg et dans la Revue trimestrielle ; il éditait de l'Aristophane, de l'Euripide, du Sophocle ; il collationnait les manuscrits, il visitait le continent. Toutefois, il attendit pour commencer ces excursions philologiques la tin des guerres napoléoniennes. Jusquelà sa vie, depuis 4802, s'était passée dans Edimbourg d'abord, ensuite à Londres, puis dans une+maison de campagne à StMaryCray. Au commencement de 1816, il prit la route de France et d'Italie pour ne revenir qu'en 181'1. repartit encore l'année suivante, et passa l'hiver entier à Florence, compulsant des manuscrits de la bibliothèque Laurentine. Lorsqu'il reparut en Angleterre en 1819, il reçut du gouvernement commission d'aetompagner Davy à Naples pour l'y seconder dans ses tentatives de déroulement : le chimiste n'avait d'autre tâche que celle de trouver moyen de rendre lisibles les manuscrits ; à l'helléniste revenait celle de diriger les recherches en décidant, sur le vu des premières lignes qu'il pourrait déchiffrer, quel livre valait la peine d'être traité chimiquement, quel livre en était indigne. On sait que les manuscrits carbonisés résistèrent aux réactifs de sir Humphry, et la mission d'Elms- ley se trouva une sinécure II eût sans doute préféré avoir beaucoup à faire, et voir renaître de leurscendres ces phénix de l'antiquité regar. ; 2° l'Athénée de Schwei- ghzeuser ; 30 le Prométhée de Bloomfield ; 40 l'Hécube de Porson . A la Re- vue trimestrielle , il a donné, entre autres morceaux, un article sur les Sup- pliantes de Markland
  • Pierre ELVIUS : professeur d'astronomie à l'université dIpsal, dans le dernier siècle, outre l'astronomie, il cultivait la minéralogie, la physique l'économie politique. On a de lui : 1" Delineatio flingua fodince cuprumontance , Upsal, 'an 2" Scliediasiha de te tnetallica Sueo. isihorue), Upsal, 1703 3° Disput. de navigation° in Indium per septentrioneuttentaia, ibid., 1104 ; 40 'deo scipionis Runici, ibid., 1703 ; pisp. de Suionum in America colonia, ibid., 17011 etc, C—AU.
  • Pierre ELVIUS( 1710) : fils du précédent, naquit à Upsal au mois d'août 1710. 11 étudia sous les meilleurs mitres les mathématiques, dont il lit l'application à plusieurs objets d'utilité publique. Ayant entrepris, en 1713, un voyage dans la Suède aux frais du bureau des manufactures, il examina plusieurs districts sous le rapport des travaux hydrauliques qu•on se proposait d'y faire, et dressa des cartes pour faciliter l'exécution de ces iras aux. Un second soyage qu'il entreprit avec le baron de Iliirleman lui fit connaître cette partie de la Suède ' que baignent les lacs Welter et \Vernier et la rivière de Gothie. Il examina les chutes de cette rivière, et fit des observations importantes sur les canaux de navigation intérieure que l'art pouvait construire pour faire communiquer la 'Baltique à l'Océan. Il détermiva aussi les hantons du pille le long des cèles et à Gollienbourg. Arrivé à Ille de Iluen, il chercha à découvrir les restes des édifices éle%és autrefois par Tycho Brahe, et il répéta les obeen mimas de ce fattieuv astronome partm les ruines d'Uraisibourg. La relation de ce voyage parut après sa mort, en 17.1, et fut traduite en allemand. En 1747, Elvius avait été nommé secrétaire de l'Académie des sciences de Stockludin. Il rem- plit (.ette place de la manière la phis distinguée, et ce fut lui qui proposa à cette société savante de faire élever un obsersatoire. Elvius mourut le 27 septembre 1749, n'étant ilgé que de 38 nus. L'Académie frappa une médaille à sou honneur, et se chargea de l'impression de son ouvrage sur les Eets des furces de l'eau. Il eut pour successeur, dans la place de secrétaire, Pierre Warientin, qui habita l'observatoire dout Eh % ius avait proposé la construction, et le rendit fameux par des obseil atiom importantes
  • Pierre FARGET ou FERGET( 1400 - 1490) : ancien traducteur français sur lequel on a fort peu de renseignements. L'article que Prosper Marchand lui a consacré dans son Dictionnaire eiit rempli de détails bibliographiques trèscurieux , mais n'apprend presque aucune particularité sur l'auteur. Farget était né dans le 15' siècle, et probablement à Lyon, qu'il habita la plus grande partie de sa vie. Ayant embrassé la règle de StAugustin , il se fit recevoir docteur et enseigna quelque temps la théologie. Julien Macho , son confrère , s'associa Farget pour traduire les Livres historiés de Ancien et du Nouveau Testament. Suivant Prosper Marchand , ils ne firent que retoucher la version de Guyard des Moulins, encore inédite . Quoi qu'il en soit, la Bible historiée fut imprimée à Lyon, par Barth. Buyer, 2 vol. à deux colonnes, sans date, mais au plus tard en 1477. 11 existe une édition séparée du Nouveau Testament, sortie des presses du même imprimeur, sans date à longues lignes. Toutes ces éditions sont de la plus grande rareté. Les deux associés publièrent ensuite la traduction du Miroir de la vie humaine , et revirent celle du Propriétaire des choses de Clanville , par Corbichon . Farget a traduit seul le Procès- de Bélial , et le Fardelet des temps , ou les fleurs et manières des temps passés et les faits merveilleux de Dieu, tant en l'Ancien Testament comme au Nouveau . Farget vivait encore en 1-490; mais on ignore la date de sa mort
  • Pierre FARNÈSE : général des Florentins au 14e siècle. Simple gentilhomme d'Orvieto, il avait acquis , dans les guerres de l'Église , la réputation d'un bon capitaine , lorsque les Florentins firent choix de lui, au printemps de 1363, pour commander l'armée qu'ils envoyaient contre Pise. Farnèse livra bataille aux Pisans le 11 mai ; il les vainquit, et fit prisonnier leur général avec la plus grande partie de leur armée ; mais le 19 juin suivant il fut atteint de la peste, qui désolait alors la Toscane , et il mourut la même nuit. Il fut vivement regretté par les florentins
  • Pierre FAUCHARD( 1600 - 1761) : chirurgiendentiste, né en Bretagne à la fin
  • Pierre FAULCONNIER : grand bailli héréditaire de la ville et territoire de Dunkerque , président de la chambre de commerce, mort dans cette ville , sa patrie, le 26 septembre 1755, a laissé une Description historique de Dunkerque , Bruges, 1750,2 vol. Cet ouvrage , divisé en tex livres, donne l'Ilistoire de Dunkerque jusqu'en 1718. L'auteur attribue la fondation de la ville à St-Éloi, qui , étant venu en 646 prêcher la foi aux Diabintes, bàtit une église dans les dunes ; et c'est des noms flamands Dune- Kercke , qu'il tire l'étymologie de Dunkerque. L'ouvrage est orné de petites cartes et de planches qui représentent soit des monuments, soit des hommes célèbres, tels que Michel Jacopsen , Jacques Colaert, le maréchal de Rantzau, Jean Bart ; etc.; la plupart de ces cartes et planches sont imprimées sur la même feuille que le texte
  • Pierre FAUVEAU ou FULVIUS( 1500 - 1562) : poète latin, naquit à Noaillé en Poitou, dans le 16,, siècle. Il ne vit dans la culture des lettres qu'une occupation agréable, et ne chercha point à se faire de son talent un moyen d'acquérir de la fortune et de la réputation. Il était lié d'une amitié très-étroite avec Muret et Joachim du Bellay. Scévole de SteMarthe rapporte que ces trois poètes ayant établi entre eux un concours , le prix en fut adjugé à Fauveau par Macrin. Il avait composé des poésies dans le goût antique dont on vantait la pureté Ce privilége porte en effet expressément : L'historie sforzesche del Simoneta , traduite per Sebastian Fausto. Gruter. Fauveau mourut à Poitiers en 1562, non, comme on l'a répété d'après SteMarthe, du saisissement que lui causa la vue des désordres commis par les calvinistes, mais d'une maladie qui est la suite ordinaire du déréglement des moeurs
  • Pierre FAVREL : né à StMaurice, près de Langres, embrassa l'état ecclésiastique et fut successivement missionnaire; secrétaire de l'abbé Garnier, évèque de Vannes, son parent; grand vicaire à Langres et aussi à Arras , où il mourut le 30 mars 1855. 11 a publié , dans l'Annuaire du diocèse de Langres de 1838, la Vie de l'abbé Garnier, évèque de Vannes , et est auteur de Recherches historiques sur les Lingores durant l'ère celtique , imprimées dans les Mémoires de la Société historique et archéologique de Langres. Les légendes du bréviaire de Langres, publiées par Mgr Parisis, ont été rédigées par Favrel , et il a traduit et fait imprimer plusieurs ouvrages religieux
  • Pierre FAVRE( 1506) : jésuite , le premier des compagnons de StIgnace, naquit en 1506, au hameau du Villaret , paroisse du Grand- Bornand , au diocèse de Genève. Employé dans son enfance à garder les troupeaux , la vivacité de son esprit détermina ses parents à lui faire apprendre le latin aux écoles de la Roche , et son ardeur pour l'étude croissant toujours , il se rendit à Paris en 1527, fut reçu par charité au collége de SteBarbe , et s'y distingua tellement , qu'on le donna pour répétiteur à Ignace de Loyola , qui vint y faire sa philosophie , après avoir achevé ses humanités au collége de Montaigu. Ignace , sous un tel maitre, fit de rapides progrès soit dans la piété, soit dans ses études, et se lia de la plus étroite amitié avec Favre et avec François Xavier , qui habitait la même chambre. 11 leur découvrit son projet de fonder un nouvel ordre religieux, consacré spécialement à convertir les infidèles et à combattre les nouvelles erreurs. Favre embrassa Ignace , et lui promit de le suivre jusqu'à la mort , ne lui demandant que le temps de revoir auparavant sa patrie et ses parents. ll vint donc recevoir la bénédiction paternelle , et se rendit ensuite avec StIgnace et ses cinq premiers compagnons à l'église de Montmartre , où ils firent leurs premiers voeux le 15 aoùt 1534 : de là , ils allèrent à Rome, où le pape Paul III retint le P. Favre pour enseigner la théologie au collége de la Sapience. Après avoir exercé la mème fonction à Parme , il fut en 1541 envoyé à la diète de Ratisbonne, fit avec le plus grand succès diverses missions en Allemagne , fonda des colléges de son ordre à Cologne , à Coïmbre et à Valladolid , et reçut à Salamanque les témoignages les plus flatteurs de l'estime des professeurs de cette célèbre université, dont plusieurs l'avaient connu à Paris. Philippe II voulait le retenir dans son royaume; le roi de Portugal désirait au contraire l'envoyer travailler à réunir les Abyssins à l'Église romaine, et sollicitait Paul 111 de le nommer patriarche d'Éthiopie ; mais ce pape avait d'autres vues sur lui, et le fit venir 'Our assister au concile de Trente, comme son preaier théologien. Le P. Favre se rendit donc à tome, mais, excédé de fatigues et de travaux, il y :xpira entre les bras de StIgnace , le ter août 516. On trouve de lui quelques Lettres imprimées )arroi celles du P. Canisius. Outre le grec et le la-.in , qu'il possédait dans une rare perfection , le .). Favre parlait l'italien , l'allemand, le portugais et l'espagnol , et il prêchait dans ces diverses tangues avec autant de facilité qu'en français. Dans tous les pays qu'il parcourut , son zèle , son humilité et son désintéressement, donnèrent la plus haute idée de l'institut des jésuites, et contribuèrent beaucoup à la rapide propagation de cet ordre. Il s'appliquait surtout à toucher et à convertir les ecclésiastiques scandaleux et les moines corrompus , qu'il regardait comme les plus dangereux ennemis , qu'il eut la consolation de consacrer un autel sur la place même où le P. Favre avait reçu la naissance. Le P. d'Outreman rapporte qu'il s'y faisait force miracles, et que le concours des dévots y était si nombreux, qu'en 1619 on y compta à Noël cent ingt curés des villages voisins qui s'y étaient ransportés en procession suivis de leurs paroisiens. Une belle table de bronze, contenant l'abrégé de sa vie , y fut placée en 1620 par le marais de ValRomay. Nicolas Orlandini a écrit la Vie Mu P. Favre dans la Ire partie de l' Historia Societatis Jesu , Rome, 1615 , et on l'a réimpriprimée à part à Lyon, 1617 ornée d'un beau portrait de ce saint religieux, audessous duquel on lit ces deux vers : Pastor, , virgo , plus ; pavit , domuit , coluitque , Fronde , rame , votis , agraina , membra , Deum. Cette Vie a été traduite en italien par le P. Térence Alciat, jésuite , sous le nom d'Emilio Tacito , Rome , 1629 Voyez aussi les Tableaux des personnages signalés de la Compagnie de Jésus , Douai, 1622
  • Pierre FENOLLIET( 1500) : évêque tle Montpellier, !était né à Annecy , vers la fin du 16e siècle , de parents honnètes , mais peu favorisés de la for, tune. Il fit ses études au collége de cette ville, embrassa l'état ecclésiastique et se consacra entièrement au ministère de la chaire. StFrançois de Sales chercha à le fixer auprès de lui en le nommant à une cure , puis à un canonicat de sa cathédrale. Cependant il accepta la place de théologal du chapitre de Cap , et peu de temps après fut mandé à Paris , où il prêcha devant Henri IV avec un tel succès , que ce prince le retint pour son prédicateur ordinaire. En 1607 , l'évêché de Montpellier étant devenu vacant par la mort du titulaire , Fenolliet fut désigné pour lui succéder. Cette nouvelle causa une joie trèsvive aux catholiques , qui envoyèrent une députation à Ilenri IV pour le remercier de ce choix. Le nouveau prélat donna ses premiers soins aux moyens d'arrêter les progrès de l'hérésie , rappela dans leurs couvents les religieux qui en avaient été chassés , établit des missions dans les campagnes, et parvint à faire rentrer dans le sein de l'Église un grand nombre de personnes égarées. Cependant l'édit qui ordonnait la restitution de tous les biens ecclésiastiques possédés par les protestants excitait des mécontentements qui éclatèrent en 1621. Les révoltés s'emparèrent de Montpellier , et l'évêque fut obligé de s'enfuir. Il rentra dans son diocèse après la pacification de 1622 , et continua de l'administrer avec autant de zèle que de sagesse. En 1635 , il assista à l'assemblée générale du clergé convoquée pour prononcer sur la validité du mariage de Monsieur avec Marguerite de Lorraine , et fut d'avis que cette union était nulle , puisqu'elle avait été contractée sans le consentement du roi . Les affaires de son diocèse l'ayant obligé de retourner à Paris en 1652 , il y mourut le 25 novembre , et fut inhumé dans l'église StEustache. On a de ce prélat : 1. Remontrances au roi contre les duels , Paris , 1615 , 2. une Harangue au roi , prononcée à Béziers le 2? juillet 1621 ; elle est imprimée au tome 8 du Mercure françois. Cette pièce , , imprimé dans le . Mercure ' françois , t. 20 ; les Oraisons flint: lires du chanrelier Pompone de Bellièvre, Paris, 1607 de Louis ler, duc tic Montpensier, 1608, ; de Henri le Grand , 1610 et de Louis XIII, 1615 4°
  • Pierre FERRARI( 1753 - 1825) : architecte de la chambre apostolique, né à Spolète en 1753 , et mort à Naples le 7 décembre 1825 , s'était distingué de bonne heure par une profonde connaissance de son art. Dans les premières années de notre siècle ses talents furent appréciés par l'administration française , qui ne tarda pas à les employer pour le bien de l'Italie. Il fut chargé de beaucoup de travaux , comme ingénieur en chef dans le département du Trasimène , où il s'occupa surtout , de concert avec le chevalier Fontana , du projet d'un grand canal par lequel on espérait joindre la mer Adriatique à la lléditerranée. Mais ce ne fut qu'en 1825 , après avoir bien mûri son plan , que, certain de triompher de toutes les objections , il fit part au public de ses médiLtons sur cet important travail. Les amis de tout ce qui contribue aux progrès de la civilisation forment des voeux pour que l'Italie ne perde point le fruit de cette belle conception , développée dans l'ouvrage intitulé De l'ouverture d'un canal navigable qui de la mer Adriatique , en traversant l'Italie , déboucherait par deux endroits dans la mer Méditerranée. L'Italie doit encore à Ferrari des projets fart bien conçus pour dessécher les lacs de Trasimène et de Fucino. Son portefeuille renfermait de nombreux dessins de maisons de campagne , qui n'ont pas encore vu le jour
  • Pierre ESTÈVE( 1700) : membre de l'académie de Montpellier, dans cette ville au commencement du 18e siècle, cultiva plusieurs parties des sciences et de la littérature sans obtenir aucun succès remarquable. La médiocrité de toutes ses productions les a déjà condamnées à l'oubli , et il eut le malheur d'ètre luimême le témoin de la réprobation dont elles étaient frappées. On a de lui : 1" Nouvelle découverte des Principes de l'Harmonie, Paris, 1752 Cet ouvrage méritait d'être plus connu; il est assez bon , ainsi que tout ce que l'auteur a publié sur les arts. 2" Lettre à un ami sur l'exposition des tableaux au Louvre, 1755 5" Esprit des Beaux- Arts , Paris , 1755 , 2 vol. ; c'est le seul des écrits d'Estève qui ait eu un instant de vogue. 40 Mémoire contre M. de Cati- sans , sur la quadrature du cercle . ri" Traité de la Diction , 1755 ; 60 Histoire générale et particulière de l'Astronomie, Paris, 1755, 5 vol. 70 Dialogues sur les Arts , Paris, 1756 Un sujet pareil , dit Sabatier, aurait eu besoin d'une plume plus exercée , plus délicate et plus judicieuse que celle d'Estève. On lui attribue encore Origine de l'Univers , Berlin , 1758 la Toilette du Philosophe , Londres , 1751 et Lettre à un Partisan du bon gozit
  • Pierre FACINI( 1566 - 1602) : peintre, naquit à Bologne vers l'an 1566. Annibal Carrache , ayant vu un dessin bizarre, mais hardi , qu'il avait fait avec du charbon , lui proposa de lui donner des leçons et de l'admettre dans son école; mais il ne tarda pas à s'en repentir. Facini , en sortant de l'école des Carraches, en ouvrit une où il chercha à attirer la jeunesse de Bologne. Ce peintre était recommandable par la vigueur et l'assurance de ses tétes, et surtout par une vérité de carnations qu'Annibal ne pouvait s'empêcher d'admirer. Du reste, ce maitre n'avait pas un dessin correct, quoiqu'il eût semblé annoncer qu'il excellerait dans cette partie. 11 laissait aussi beaucoup à désirer dans sa manière d'attacher les mains et les bras, et il n'eut pas le temps de se corriger de ces défauts. Son tableau des Saints protecteurs de Bologne, fait pour l'église de StFrançois de la mème ville, est le meilleur ouvrage qu'il ait composé. On voit de lui , à la galerie Malvezzi , plusieurs Jeux d'enfants dans le goût de l'Albane, mais d'une plus grande dimension. Faeini mourut en 1602, environ à l'àge de 56 ans ; il eut pour principal élève JeanMarie Tamburini, qui s'att aeha ensuite au Guide et suivit son style
  • Pierre EYKENS( 1599 - 1640) : peintre , né vers 1599 à Anvers, se forma par l'étude de la nature et des grands martres de son pays. 11 allait partir pour Rome étant encore fort jeune, lorsque le mariage le fixa dans sa ville natale. Traitant ordinairement le genre de l'histoire en grand , il sentit combien le voyage d'Italie lui eùt été nécessaire ; et , pour y suppléer en quelque sorte, il consulta , autant qu'il le put , les estampes et les moules en plâtre des statues antiques. Ce peintre était trèslaborieux , ami de la solitude et de son art ; des compositions abondantes, un bon goût de dessin , une couleur vraie , et, lorsque les sujets l'exigeaient, pleine de délicatesse , le placent au rang des bons peintres d'histoire de son pays. Il peignit quelquefois des basreliefs et des vases de marbre pour les peintres de fleurs , et faisait les figures dans les tableaux de quelques paysagistes. L'année de sa mort est inconnue. La Plupart de ses ouvrages furent placés dans les églises d'Anvers. Descamps désigne comme les principaux le tableau d'autel de la chapelle des Fripiers, dans la cathédrale d'Anvers, représentant Ste - Catherine disputant contre les docteurs païens. La figure principale est trèsbelle ; dans l'église de StAndré, la Cène, tableau savamment composé ; aux CarmesDéchaussés , Elie enlevé dans un char de feu : le paysage est de Wans , et les figures d'un autre paysage peint par Spierink ; dans l'église des religieux appelée Bogaerde , St- Jean prêchant, etc. Eykens fit aussi , pour les Jésuites de Malines , deux tableaux de la Vie de St- Francois- Xavier ; dans l'un , ce saint baptise un prince idolâtre; dans l'autre , il ressuscite un mort. Pierre Eykens mourut en 1640. 11 eut plusieurs enfants , dont deux , Jean et François , furent ses élèves ; le premier avait d'abord étudié la sculpture ; mais il l'abandonna pour se livrer à peindre des fleurs et des fruits , genre dans lequel il réussit assez bien , ainsi que son frère
  • Pierre FABER : n'est cité que sous ce nom latin , en sorte qu'il est difficile aujourd'hui de savoir s'il s'appelait Lefèvre, ou Fabre, ou Faur. Ce qui est certain, c'est qu'il naquit en Auvergne , et qu'après avoir fait ses études à Paris , sous le savant Turnèbe , il eut la direction du collée de la Rochelle, et y professa l'hébreu. On ne connaît de lui que des Notes latines sur l'oraison de Cicéron pour Cecina, et un Commentaire sur les deux livres des Académiques du même auteur. Ce dernier ouvrage, imprimé à Paris en 1611 , et que Teissier attribue à P. du Faur de StJorry , a reparu dans l'excel- Dans son Examen critique des dictionnaires, pag. 322, Barbier dit que l'édition de 1735 est la dernière. C'est, comme on voit, une inexactitude. C'est de plus une manière de s'exprimer qui , pour être commune n'en manque pas moins de justesse. On ne peut dire qu'une édition est la dernière qu'autant que l'ouvrage ne devrait jamais être réimprimé. Celui de Faber n'est point dans ce cas , non plus qu'une foule d'ouvrages dont on connaît des dernières éditions qui ont été suivies de beaucoup d'autres. lente édition des Académiques donnée par Davies, à Cambridge , en 1725. Colomies , dans sa Gallia orientais, dit que Faber mourut vers 1615, àgé de 80 ans
  • Pierre FABRE( 1716) : chirurgien et professeur de pathologie externe, était né à Tarascon en 1716 ; il devint prévôt du collége de StCôme et fut admis, le 30 octobre 1751, dans la Société académique des chirurgiens de Paris. Il avait concouru, en 1744, pour un prix proposé par l'Académie royale de chirurgie, sur la nature, le mode d'action et l'emploi chirurgical des remèdes anodins. Le prix fut remporté par Petit, mais l'Académie mentionna honorablement le mémoire présenté par Fabre, qui plus tard fut nominé conseiller du comité de cette compagnie. Outre un Mémoire, dans lequel il prouve qu'il ne se fait point de régénération des chairs dans les plaies et les ulcères avec perte de substance, et qui a été inséré dans le recueil de l'Académie de chirurgie , on a de lui : Traité des maladies vénériennes, Paris, 1758 ; 2" édition, ibid., 1765, 2 vol. ; 3" et 4e éditions, ibid. , 1773, 1783 La première édition avait paru sous le titre d'Essai sur les maladies vénériennes , où l'on expose la méthode de feu M. Petit. Les ouvrages modernes publiés sur cette matière n'ont pas encore fait oublier celui , Edimbourg et Paris, 1786 2° Essai sur divers points de physiologie , de pathologie et de thérapeutique , Paris, 1770 Fabre cherche à expliquer, par l'irritabilité , frère aîné du précédent, naquit à Tarascon , en 1710 , et entra dans l'ordre des Carmes. Sur l'invitation des autorités civiles et ecclésiastiques d'Arles, il prononça , le 25 avril 1743, à la louange de cette antique cité, un discours qui fut imprimé sous ee titre : Panégyrique de la ville d'Arles, avec des remarques historiques , pour servir à l'histoire de cette ville, Arles , 1743 Le P. Fabre s'était fait une réputation comme prédicateur; mais ses sermons n'ont pas été imprimés. Il mourut à Aix, en 1793. — FABRE , médecin , né en 1798, dans une petite commune du département du Var , fit ses études médicales à Montpellier, et alla pratiquer son art à Fréjus, où il obtint quelques succès, et où il mourut, à peine àgé de 31 ans, le 18 février 1829. M. J. Cavalier publia dans la même année une Notice historique sur ce docteur, Marseille, '1829 de 16 pages. On a de lui : une Thèse sur les fièvres intermittentes guéries par des évacuations sanguines , Montpellier , 1820. 2. Notice sur la ville de Fréjus, 1827, ; 5° un article dans les Annales de la médecine physiologique, avril 1828
  • Pierre FLANDRIN( 1752) : vétérinaire et anatomiste, naquit à Lyon le 1.2 septembre 1752. Il entra à quatorze ans à l'école vétérinaire de cette ville, où Chabert , son oncle maternel , était chargé est en 6 volumes On trouve aussi de lui un grand nombre de lettres ou dissertations dans le Journal de médecine , la Feuille du cul- tivateur, le Mercure , le Journal de Paris et autres ouvrages périodiques. Gilbert lui a consacré une notice dans la Feuille du cultivateur du 15 juin 1796. CVR. Notamment un excellent morceau sur les vaisseaux lym- phatiques.
  • Pierre FLORIOT( 1604 - 1691) : né à Langres, prêtre du liocèse de cette ville et confesseur des religieuses le PortRoyal des Champs , ecclésiastique pieux, umble et vivant dans la pratique de la pénitenre .t des vertus chrétiennes, naquit en 1604. Il étulia avec soin l'Écriture et les Pères, les médita 1 s'appliqua à en extraire ce qui concerne la norale chrétienne , dont il se pénétra à fond. 1 demeurait dans sa jeunesse au jardin du roi, hez Bouvard , premier médecin du roi' sans qu'on ait appris à quel titre ni ce qu'il y faisait mais on sait que les solitaires de PortRoyal ayant établi aux Granges, près de cette abbaye , une école où l'on devait élever les enfants dans les lettres et la piété sous leur surveillance , Floriot leur parut propre à seconder leurs soins et devint préfet de cette école. Il entra ensuite dans le ministère sacré. Il était en 1647 curé de Lays, dans le Hurepoix, près les VauxdeCernay. Il retourna sans doute à PortRoyal des Champs, où il prit la direction des religieuses. Floriot s'est rendu recommandable nonseulement par sa piété et la sainteté de sa vie, mais encore par de bons et pieux ouvrages. Il mourut à Paris le En 1319 le professeur Quirico Viviani a publié les deux premiers chants du poërne de Daniel Florio, intitulé Titus, ou la Jérusalem détruite, qui, s'il était terminé, pourrait, au jugement de Gamba , soutenir, sans trop de désavantage, le parallèle avec le chefd'oeuvre du Tasse. XIV. le, décembre 1691 , àgé de 87 ans. On a de lui 10 La Morale du Pater, Rouen, 1672 réimprimée à Paris en 1676, moine format, sous ce titre : La Morale chrétienne rapportée aux instruc- tions que Jésus- Christ nous a données dans l'Oraison dominicale; il y en a eu plusieurs éditions, entre autres , une à Rouen en 1741 , 5 vol. Ce livre, muni d'approbations respectables , et qu'on peut regarder a comme l'Abrégé de tout l'Évangile, « est un fidèle raccourci de tout ce que les saints ,C Pères de l'Église nous ont laissé de plus excela lent sur le sujet de la religion et de la morale « chrétienne. » C'est le jugement qu'en portait M. de Busanval , évêque de Beauvais , et qui se trouve confirmé par celui du cardinal Bona , qui faisait grand cas de cet ouvrage. Selon lui , il n'y en a point de plus propre à exciter ou à nourrir l'esprit de piété dans l'âme des fidèles. L'austère abbé de Rancé y trouva néanmoins à blâmer. Dans une visite que lui firent MM. Arnauld et Nicole, la conversation étant tombée sur ce livre, l'abbé de Rancé témoigna a qu'il ne pouvait ap-« prouver ce que l'auteur y disait , qu'un religieux a devait, par le conseil et avec la permission de a son supérieur, quitter pour quelque temps son a monastère , sans pourtant quitter les devoirs de « la règle autant qu'il est possible , pour procurer « à son père le soulagement de la nourriture nés cessaire , si la caducité de son âge ou 'quelque infirmité naturelle l'avait réduit à l'impuissance « de vivre du travail de ses mains. » Il faut que MM. Arnauld et Nicole n'aient point été de l'avis de l'abbé de Rancé; car quelque temps après cet abbé écrivit à M. Nicole pour justifier son senti- ment. Cette lettre ayant été communiquée à Floriot, il y répondit. La correspondance continua et donna lieu à un volume imprimé à Rouen en 1645 , sous le titre de Recueil de pièces concernant la morale chrétienne sur l'Oraison domi- nicale. Les deux contendants demeurèrent vraisemblablement chacun avec leur opinion , le sévère réformateur de la Trappe ne voyant que la règle qu'il croyait ne devoir jamais fléchir , et Floriot que la charité et le commandement qui prescrit le respect des parents, le soulagement de leurs besoins et le soin de leur vieillesse , au- quel il pensait que devait céder, quelque admirable qu'elle soit, la perfection des conseils évangéliques. Le livre de Floriot, sortant de l'école de PortRoyal, a essuyé quelques attaques de la part du parti opposé : on lui a aussi reproché un peu de prolixité; elle parait excusable , si on songe que c'était le fruit des exhortations faites par Floriot à PortRoyal , n'Orne aux domestiques, et que n'étant pas moins destiné à l'instruction des âmes simples qu'à celle des personnes éclai- rées , il y était besoin de développement. il a conservé justement la réputation d'un livre utile et édifiant; 2. Homélies morales sur les Évangiles de tous les dimanches de l'année et sur les' princi- pales fêtes de Notre- Seigneier Jésus- Christ et de la 33 Ste- rierge, Paris, 1677, 1681 et 1688 Dans cette dernière édition se trouvent deschangements et l'augmentation de quelques homélies. On a prétendu faussement que c'était une répétition de ce qui se trouvait dans la Morale du Pater; 50 Traité de la Messe de paroisse, où l'on découvre les grands mystères cachés sous le voile de la messe publique et solennelle , Paris, 1679 On attribue à Floriot un écrit sur les paroles de la consécration et un ouvrage sur l'excommunication. L'abbé Gouget a donné, en 1728 , l'abrégé de la vie de Pierre Floriot , avec le recueil de ses lettres
  • Pierre FONTEYN( 1708 - 1788) : savant hollandais , ministre d'une congrégation de mennonites à Amsterdam, né vers 1708, mourut le 8 aoùt 1788. Il dirigea constamment ses recherches et ses études vers l'interprétation du petit livre des Caractères de Théophraste, dont il préparait une édition qu'il ne donna jamais etqu'il était encore fort loin de pouvoir donner quand la mort le frappa à l'âge de 80 ans. Les matériaux immenses qu'il avait rassemblés sont passés entre les mains de M. le professeur Wyttenbach , qui a promis de les mettre en ordre et de les publier. C'est en 1790 que M. Wyttenbach a pris cet engagement, que d'autres travaux plus importants et le mauvais état de sa santé l'ont empêché de remplir. Quoique Fonteyn n'eût rien publié, sa réputation était fort grande, et il est plus d'une fois nommé avec éloge dans les livres des philologues hollandais ses contemporains
  • Pierre FORCADEL : frère du précédent , né comme lui à Béziers, avait séjourné quelque temps à Rome et dans d'autres villes d'Italie lorsqu'il vint à Paris, où Ramus , anquel il avait commencé d'expliquer Euclide, lui fit obtenir en 1560 une des deux chaires de mathématiques du collége royal. 1.1 montra beaucoup de zèle pour cette science, dont il donnait déjà depuis quelque temps des leçons particulières; mais elle était peu cultivée à cette époque , car il parait qu'après sa mort, arrivée vers 1576, les deux chaires restèrent vacantes assez longtemps. Avant son arrivée à Paris, Forcadel faisait un commerce de pharmacie; au moins Freig lui donne le titre de Mercator Hip- pocrates. 11 était peu versé dans la littérature classique ; mais il y a de l'exagération à dire, d'après Gassendi , qu'il n'avait point étudié le latin , ce qui ne l'empochait pas, ajouteton, d'entendre au moyen de chiffres et de figures tous les livres de mathématiques écrits en cette langue. Si elle ne lui eût pas été familière, il lui aurait été impossible de donner les nombreuses traductions dont on lui est redevable , qui presque toutes paraissaient pour la première fois en français. On trouve le détail de tous ses ouvrages dans l'His- toire da collége royal, par l'abbé Goujet, voici les principaux : 10 Arithmétique par les gects , divisée en 3 livres, Paris, 1558 L'auteur avait publié séparément 3 livres d'arithmétique en 1556, 1557 et 1558 ; il donna en 1565 l'Arithmétique en- tière et abrégée. 20 Description d'un anneau solaire convexe, Paris, 1569,.. ; 30 Les six premiers li- vres des Éléments de géométrie d'Euclide traduits en cGccler, dit Foreadel , est poser un ou un nombre par « une ou plusieurs simples unités. n Définition qu'on ne trouvera pas fort claire d'un terme d'où est venu notre mot jeton. françois, ibid., 1564 ibid., 1566 Il y ajouta en 1565 les livres 7, 8 et 9 4. Deux livres de Proclus, du Mouvement, traduits et commen- tés , ibid., 1565 5. Le premier livre d' Archi- mède des Choses également pesantes , ibid., 1565 4. ; jO Le livre d' Archimèdetles Puis, qui aussi est dict des choses tombantes en l'humide , suivi d'une pièce du livre d'Euclide intitulé nu LÉGER ET DU PE—SANT, ibid., 1565, in4.. Ces trois opuscules sont aussi traduits et commentés. 70 Traduction de la musique d'Euclide, ibid., 1565 8. Deux livres Autolice , l'un de la Sphère qui est mette, l'autre du Lever et coucher des estoiles non errantes , ensemble le livre de Théodose des Habita- tions, ibid., 1572, ; 90 Traduction de la Prac- tique de la Géométrie d'Oronce , où est compris l'usage du quarré géométrique et autres instruments servants it mème effet, ibid
  • Pierre FORESTIER( 1654 - 1723) : prètre, né à Avallon le 16 décembre 1654, obtint un canonicat à la collégiale de cette ville , partagea sa vie entre ses devoirs et l'étude, et mourut dans sa patrie le 30 novembre 1723, à l'âge de 69 ans. 11 est auteur des ouvrages suivants : i. Homélies ou Instructions fa- milières pour des vêtures ou professions religieuses, Paris, 1690, 2 vol. Ces discours sont au nombre de trentedeux. On trouve à la tète du second volume une dissertation en forme de préface , dans laquelle il combat les erreurs de Molinos, qu'un de ses confrères avait récemment cherché à remettre en crédit. 20 Histoire des indul- gences et des jubilés, Paris, 1700 Cet ouvrage est estiiné et passe pour le meilleur de Forestier. 50 Les Vies des saints patrons , martyrs et évêques d'Autun, Dijon, 1713 Il en promettait une nouvelle édition , augmentée d'une préface sur l'établissement de la religion chrétienne dans les Gaules et du catalogue des saints qui ont fleuri dans les sept premiers siècles de l'Église; mais le peu de succès qu'eut son ouvrage l'empècha de tenir sa promesse. 4. Explication littérale des évangiles des dimanches et fêtes de l' Avent et du Ca- rême, Paris, 1701 Il a laissé en manuscrit les Vies des saints évêques d'Auxerre et une Histoire dé l'église collégiale d'Avallon. — FORESTIER , jésuite , naquit à Paris en 1697, et après avoir terminé ses études d'une manière brillante , fut admis dans la société en 1717. Son esprit et sa capacité pour les affaires l'élevèrent bientôt aux premiers emplois. Il fut appelé à Rome par le supérieur général , qui le nomma son théologien et le chargea de la révi3ion des ouvrages composés par les membres de la société. Il fut envoyé en 1766 à Londres, pour apaiser les créanciers du fameux P. la Valette , et y parvint non sans peine. De retour à Rome, il fit de vains efforts pour s'opposer à la suppression de l'ordre, sollicitée alors par tous les souverains; il mourut dans cette ville en 1778, à l'âge de 81 ans
  • Pierre FORGET : sieur de Fresnes , après avoir rempli différents emplois avec beaucoup de capacité, fut nommé secrétaire d'État en 1589. Quelque temps après il fut envoyé près de Philippe II, roi d'Espagne , pour se plaindre des secours qu'il don- nait à la Ligue. La mort funeste de Henri III l'obligea de revenir en France avant , sieur de la Picardière, qu'on a confondu quelquefois avec le précédent, prenait les titres de conseiller d'État et maitre d'hôtel ordinaire du roi. Il fut député, dans plusieurs circonstances, près des princes d'Allemagne , et envoyé à Constantinople avec la qualité d'agent pour les affaires de Sa Majesté. Il obtint en 1609 la charge d'historiographe de l'ordre de StMichel, s'en démit l'année suivante et mourut en 1638. On a de lui des poésies dans lesquelles on trouve du naturel et de la facilité : 1. Hymne à la reine ré- gente, mère du roi, Paris, 4643 ; réimprimée, avec d'autres pièces du même auteur, dans les Dé- lices de la poésie françoise , Paris, 1620; 2° Les sen- timents universels , Lyon , 1630 nouvelle édition, corrigée et augmentée , Paris, 1630 ibid., 16'36 C'est un recueil de quatrains politiques, philosophiques et moraux. Les pensées en sont justes et passablement exprimées; mais elles ne sont pas rangées avec assez (l'ordre, ce qui en rend la lecture peu agréable. Marolles a mal nominé Forget François, dans son Dénombrement des auteurs. Ws.
  • Pierre FORMI( 1600 - 1679) : né à Nimes au commencement. du 17e siècle , exerça la médecine et cultiva en mème temps l'éloquence , la poésie et les autres branches de la littérature. Il accompagna GustaveAdolphe dans le voyage que ce prince fit en France en 1651 , et refusa de le suivre en Suède. Les ouvrages qu'il a publiés ou laissés inédits sont: 1. De l'adianton ou cheveu de Vénus, contenant la description , les utilités et les diverses préparations galéniques et spagyriques de cette plante, Montpellier, 1644 , Ce traité a joui longtemps de l'estime des médecins. 2. L'Art de bien former le discours , enrichi d'une courte et claire suite d'exemples pour l'usage familier de tous ceux qui désirent lire, entendre ou imiter l'artifice et les ornements des anciens et nouveaux maîtres de l'éloquence , manuscrit; 3. Florilegium heliconium, sive Muse latine et gallicoe , ad serenissimum prkteipem Gustavum lAdolphum potentissimi ac invictissimi Sueroeum re- gis hodie feliciter regnanlis poi? tu??? illustrissimum. On voit que ce recueil, qui n'a jamais été publié , ,fut fait sous le règne de CharlesGustave de Bavière, successeur de la reine Christine. 1" Vita Samuelis Petit. 1673. L'auteur était le gendre de ce savant ; il offrit l'hommage de cet opuscule à l'université d'Oxford. 5° Histoire de l'homme et de ses divers états naturel , moral et surnaturel , dans laquelle on fait voir l'anatomie de son corps et de toutes les parties qui le composent , arec la description de son cime , de ses facilites , de ses actions et de son innocence premiere; des malheurs du péché et de la. f''elicité de la grdce. Ce livre devait être dédié aux magistrats de Zurich et de Berne comme un témoignage de la reconnaissance de l'auteur pour les bienfaits du gouvernement , fils du précédent , docteur en médecine comme son père , naquit à Mmes vers le milieu du 17' siècle. Il fut de l'Académie de cette ville et publia (les Notes sur divers opuscules de Mannonides. Il parait qu'il mourut ou qu'il s'expatria pour rause de religion en 1687
  • Pierre FORSKAL( 1736) : naturaliste et voyageur remarquable, naquit en Suède l'année 173G. 11 fut envoyé trèsjeune à Giittingue pour y faire ses études. Avant de quitter cette ville , il y publia une dissertation qui donna une idée trèsavantageuse de son savoir et de sa pénétration; elle avait pour titre : Dubia de principiis philosophie recentioris, et fut annoncée avec de grands éloges dans le Journal de Gëttingue. De retour en Suède, il fit imprimer, l'an 1769, en suédois, une brochure intitulée : Pensées sur la liberté civile, (lui déplut au parti alors dominant. Son goût pour les sciences, et en particulier pour l'histoire naturelle , lui fit rechercher l'amitié de Linné, et ce grand naturaliste, ayant apprécié ses talents, le recommanda à Frédéric ter, roi de Danemarck, qui se proposait d'envoyer plusieurs savants en Asie. Forskal partit pour Copenhague en 1761, obtint le titre de professeur et fut nommé. pour être du voyage avec Niébuhr, von Haven et Cramer. Versé également dans les langues orientales et dans les sciences naturelles , il recueillit bientôt un grand nombre d'observations importantes. Débarqué à Marseille , il visita la plaine maritime connue sous le nom de l'Estac , assez riche en plantes rares, dont il nous a donné la flore; il fit une excursion à l'île de Malte , y recueillit quelques plantes dont il a laissé la liste. Arrivé en Égypte , il remonta le Nil , fut pris et dépouillé par les Arabes , etc.; mais ayant été attaqué de la peste, il mourut à Djérim en Arabie, le 11 juillet 17G3. Niébuhr rassembla ses papiers et en tira les ouvrages suivants : Descriptiones animalium, avium, anzphibiortan, piscium, insectorum , verrnuu , glue in itiziere orientali obser- vavit P. Forskal , Copenhague , 1775 Flore . lEgyptiaca , Arabica , sen dcscriptiones planta- rum , etc., ibid., 1775 ; Icones renon natura- lium quas in itinere orientali depingi curavit, ibid., 1776 Ces ouvrages prouvent que ce voyageur avait su observer la nature, et qu'il avait cherché avant tout à être exact et vrai. Forskal s'était proposé d'envoyer à Linné divers objets (l'histoire naturelle comme un tribut de sa reconnaissance ; mais il ne put lui faire parvenir qu'une petite branche de l'arbre du baume incluse dans une lettre. L'immortel professeur d'Upsal a consacré à la mémoire de son infortuné disciple, sous le nom de Forskalea, un genre de plantes exotiques de la famille des orties, dont toutes les espèces sont remarquables par les poils accrochants et tenaces qui entourent la fleur
  • Pierre FOURIER( 1565) : réformateur des chanoines réguliers de Lorraine et inslituteur des religieuses de hi congrégation du inéme ordre, naquit à àlirecourt, le n; novembre 1565, de parents lionn?es mais peu avantagés des biens de la fortune. Il lit ses études à Pont-àMousson et eut pour malins Je P. Ilauni et le P. Sirmond. Ses progrès furent remarqués, surtout dans la langue grecque, qu'il se rendit extrêmement familière ; mais CC qui le distingua plus encore parmi ses coutilsciples, ce fut une piété rare et une vie exemplaire. Après avoir achevé sa philosophie, Agé alors de vingt ans et résolu d'entrer en religion, il se ?résenta chez les chanoines réguliers de l'abbaye de Chaumousey , diocèse de Toul, y fut reçu en •585 et l'année suivante y prononça ses voeux ; après quoi il retoii•na à Pont-àMousson pour y faire sa théologie. Lorsque son cours d'études fut fini et qu'il eut pris les ordres , Fourier revint à Cbaumousey, , où il se livra tout entier à ses exercices de piété et s'asservit scru?uleusement aux devoirs fle sa règle. L'abbaye de Chaumousey était tombée dans le relAehenlellt. I,a conduite de Fourier contrastait trop avec celle de ses confrères pour être vue de bon oeil : lui attira des mortifications, qu'il souffrit pat; .emment et qui bientôt dégénérèrent en persécut ion. Il avait atteinl l'Age de trente ans lorsque ses parents songèrent à l'en délivrer ; ils lui tirent offrir le choix entre trois cures. Il préféra celle de Mataincourt , parce qu'elle était la pins pauvre et qu'il y avait plus de travail. Le désordre s'y était introduit. Ses exhortations et surtout son exemple en eurent bientôt fait la paroisse la mieux réglée et la plus édifiante du diocèse. Il ne se borna point à ses fonctions de curé. Persuadé que des mœurs chrétiennes ne peuvent être que le produit d'instructions données dès l'enfance, nonseulement il prit chez lui des enfants qu'il instruisait, niais il songea à former une association Iront le luit fut le tenir des écoles pour les Jeunes tilles. Quelques personnes pieuses qu'il dirigeait entrèrent dans ses vues, et il put en réunir assez pour former une première maison. Ayant communiqué son plan à l'évêque de Toul et au cardinal de Lorraine, légat du SaintSiége dans les trois évêchés, ces prélats l'approuvèrent. La nouvelle congrégation fut établie: l'ail V la confirma par tics bulles ; et ces utiles religieuses se répandirent nonseulement en I ,orraine, mais en Franee et jusqu'en Amérique. On travaillait en Lorraine à la réforme des monastères. Déjà la plupart de ceux de StBenoit s'étalent réunis en une congrégation oit refleurissait la règle et qui devait donner à l'érudition des hommes célèbres. L'ordre des elemoines régoliers n'avait pas moins besoin d'une amélioration. Dès 1595, le cardinal de Lorraine avait tenté d'y in• troduire la réforme, mais sans succès. En 16i1. Grégoire XV, par des lettres du 10 juillet., confia le soin de cette oeuvre à Jean de Porcelet, évêque de Toul. Ce prélat crut ne pouvoir mieux faire que de s'associer Pierre Fourier, qu'il lit investir de l'autorisation nécessaire. C'est avec quatre ehnoines réguliers et deux ecclésiastiques pleins de zèle que Fourier commença cette grande entreprise et qu'il alla dans l'abbaye de SteMarie de Pont-àMousson, ordre de Prémontré, jeter les premiers fondements de sa congrégation , sous le • nom de NotreSauveur. Après s'y ; et le 1'. Nicolas Guillet, religieux rempli de vertus , quoique tris jeune, fut élu général. Fourier avait différé ses vœux, tic crainte que le choix ne to??At sur lui ; mais Cuinet étant mort trois ans après de la peste, qu'il avait gagnée eu confessant une personne qui en était attaquée, Fourier fut élit d'une voix unanime le 21) août 1632 et obligé, malgré sa résistance, d'accepter cette . dignaé. Elle ne lui lit *rien changer dans sa ma- nière de vivre; loujours aussi pauvre, aussi humble, aussi détaché des choses du inonde, il ne s'occupa que des moyens d'affermir sa nouvelle congrégation et de la rendre utile. Le roi de France s'étant emparé de la Lorraine en 165.4, et le pays se trouvant couvert de troupes, Fourier fttl obligé d'aller avec les siens chercher un asile à Gray en FrancheComté, pour y rester jusqu'à la paix. Il y tomba malade et y mourut le novembre 1610, Agd de 75 ans. Le cardinal de Bérulle disait de lui, qu'il n'y avait aucune vertu dont il n'edt été le modèle, Son corps Int transporté à Mataincourt, où il devint l'objet de la vénération publique. Pierre Fourier a été béatifié par des bulles titi t9 janvier 1650. Il est auteur des Statuts des deux congrégations qu'il a instituées. Il avait commencé un traité des devoirs des ecclésiastiques chargés du soin des paroisses, sous le titre de Pratique des cures; mais il ne l'acheva point. Ses confrères ont recueilli ses lettres, qui pourraient former trois volumes Elles n'out point été imprimées ; mais sa vie a été publiée par Iledel, Paris, 161.5 1666 souvent. réimprimée; traduite en latin, Augsbourg, 1658 retouchée par le P. Friant, Nancy, 17.t6, in - i ; en latin , sous le titre d'Imago boni parochi , sen Acta parochialia Petri IlleForrerii , Nancy, 1751 etc. L'histoire de l'établissement de sa congrégation a été écrite par le P. d'Origny , jésuite , Nancy, 1719 , et plus au long sous le titre de Conduite de la Providence, etc., par L.G. Bernard, Toul, 1732, 2 vol
  • Pierre FRANCHEVILLE ou FRANCAVILLA( 1548) : sculpteur, né à Cambrai en 15I8, reçut une trèsbonne éducation de ses parents, qui étaient dans l'aisance et qui désiraient lui faire parcourir la carrière des lettres. Mais son goùt pour les arts, et particulièrement pour la sculpture , lui ayant fait braver les sollicitations et même les menaces de son père, il quitta la maison paternelle pour aller étudier en Italie les chefsd'oeuvre des grands mitres et se livrer sans réserve à son goût dominant. S'étant placé sous la direction du célèbre Jean de Bologne, ses progrès furent rapides. Profitant néanmoins (les diverses connaissances qu'il avait acquises pour en acquérir encore de nouvelles, la peinture, l'anatomie , les mathématiques, la science de l'ingénieur, lui devinrent familières. Ayant été rappelé en France par Henri IV, sur la réputation qu'il avait déjà obtenue en Italie , il partit de Florence avec Bordoni , son élève, et arriva à Paris , où il exécuta des ouvrages fort estimés, entre autres un groupe représentant le Temps qui enlève la Vérité, attribué faussement par quelques biographes à un autre Francheville, aussi natif de Cambrai, et qui a exécuté ditl'érents ouvrages d'après les modèles de Girardon. Ce groupe, qu'on a vu longtemps dans le jardin des Tuileries, a été transporté depuis au château de Pontchartrain, Louis XIV en ayant fait présent au chancelier de ce nom. Les quatre figures qui ornaient le piédestal de la statue de Henri le Grand placée sur le pont Neuf , et qui ont échappé à la faux révolutionnaire, sont aussi de cet artiste, ainsi que les basreliefs et autres accessoires. Francheville avait été nommé sculpteur du roi Louis VIII; c'est en cette qualité qu'il assista à l'inauguration de cette statue, en 1614, comme le constate l'une des inscriptions de ce monument. On ignore l'époque précise de sa mort
  • Pierre FRANCO( 1500) : célèbre chirurgien pour l'opération de la taille et l'enseignement de l'anatomie, naquit à Turriers, près de Sisteron , en Provence , dans le 16e siècle. Il passa . Il est du moins le premier écrivain qui en ait fait mention. 11 se rendit célèbre dans toute l'Europe par une opération de ce genre faite à Lausanne, en 1560, sur un enfant qui avait dans la vessie un calcul qui, vu sa grosseur, n'avait pu être extrait par les procédés usités. L'opération pratiquée par Franco éclaira un point de médecine fort important : elle prouva A la fin d'un ewnplaire que l'auteur de eet article passé-(lait de la bibliothèq* de llaym , qui 4ppartenait à l'abbé de StLéger, et qui est chargé de ses notes, se trouve une notice sur les Rime et la Priapea de Franco, tirée en plus grande partie de la Bibliothèque française de l'abbé Goujet; une note de la main de StLéger, écrite au bas d'une des pages où il est question de la Priapea , est ainsi conçue : u Molini l'a fait réa imprimer à Puis en 1790, etc. C'est moi qui, à la prière de ‘‘ ce libraire, ai fait l'Avis de l'éditeur. s. L. que les plaies de la vessie, faites à la partie supé- ' rieure de ee viscère , ne sont pas essentiellement mortelles , ainsi que l'avait cru Hippocrate , puisque l'enfant calculeux de Lausanne avait été guéri. La méthode du haut appareil, quoique généralement abandonnée par les chirurgiens modernes , qui trouvent moins d'inconvénient au procédé par l'appareil latéral , n'en est pas moins une découverte fort utile, parce qu'il est des cas où il esi avantageux d'y avoir recours. L'époque de la mort de Franco n'est indiquée par aucun biographe. Voici le titre des ouvrages qu'il a publiés: 1. Traité contenant une des parties principales de chirurgie , laquelle les chirurgiens herniaires exercent , Lyon , 1556, Cet ouvrage a singulièrement vieilli et n'est nullement au niveau de nos connaissances actuelles. 20 Traité des hernies , contenant une ample déclaration de toutes leurs espèces et autres excellentes parties de la ehirurgie , ri savoir de la pierre , des cataractes des yeux et autres maladies, arec leurs causes, signes, accidents, anatomies ( les parties abc- lies ( 1 leur entière guérison, Lyon , 1561 , Ce livre contient de bonnes descriptions ; il est surtout intéressant par la manière dont l'auteur fait voir les dangers et les inconvénients qui peuvent résulter de l'opération de la taille par lé haut appareil dont il était l'inventeur. Cette impartialité atteste les lumières ut le bon esprit de Franco
  • Pierre FRÉGOSE : doge de Gènes de 1450 à 1458. Lorsque le vieux Thomas Frégose refusa en 1450 la dignité ducale qui lui était offerte par ses compatriotes , il indiqua luimême son neveu Pierre comme plus propre à ces fonctions. Pierre fut élu, en effet, le 8 décembre, et il soutint l'hon- neur de sa république pendant huit ans, avec une activité et une vaillance admirables. Mais sans cesse attaqué par Alphonse d'Aragon et pQr les Ador- ne , épuisé par des combats sans fin et accusé par le peuple d'entretenir les guerres auxquelles il était exposé, il céda en 1458 la seigneurie de Gênes à Charles VII, roi de France, et il y admit comme son lieutenant Jean d'Anjou, fils de René, qui portait le titre de duc de Calabre. Mais dès l'année suivante Frégose , trompé par les Fran-çais, qui ne remplissaient aucune de leurs promesses, se réconcilia par l'entremise du duc de lilan avec Ferdinand , roi de Naples, qui sur ces entrefaites avait succédé à son père Alphonse. Il essaya, le 13 septembre 1459, de s'emparer de Gènes par escalade : il se rendit, en effet, maitre du mur et d'une des portes ; mais il ne fut joint par aucun de ses anciens partisans. Tandis que ses soldats s'écartèrent de lui pour piller, laissé presque seul au milieu de ses ennemis , il donna des preuves incroyables de bravoure ; il traversa toute la ville à cheval avec deux compagnons, pour appeler aux armes ses compatriotes : aucun d'eux ne s'arma pour le défendre, et les Français qui le poursuivaient l'atteignirent et le massa- crèrent. - FRÉGOSE fut doge de Gènes de 1118 à 1450, en 1461 et de 1462 à 1463
  • Pierre FRIZON : docteur en théologie de Paris, né dans le diocèse de Reims, entra jeune chez les jésuites. Il y enseigna pendant plusieurs années les humanités et mente la rhétorique, et s'y rendit savant dans les lettres grecques et latines. Ne s'étant point lié à cet institut par les derniers voeux , il en sortit avec la permission , grand maure de Navarre, se trouvant hors d'état de remplir les fonctions de cette place, Frizon lui fut donné pour coadjuteur, avec l'assurance de lui succéder. Il ne tarda pas à être grand maitee en titre : Loppe mourut l'année suivante ; ci Frison exerça les fonctions de cet eniploi depuis 1632. jusqu'en 1655. Il s'en démit alors, pour passer à des occupations plus paisibles, par le conseil ou du moins du consentement du cardinal François de la Rochefoucauld, à qui le roi avait donné l'administratioh de ce collége, et qui étant grand aumônier, attacha Frizon à la grande aumônerie en qualité de vicaire général. Frizon mourut en 1651, avec une sorte de réputation d'inconstance, causée peut-ètre par tous ses changements d'état. Voici les ouvrages qu'on a de lui: 1" Gullia purpurata, ou histoire des cardinaux français, 1629 Il y en eut une seconde édition en 1638, considérablement augmentée, et à laquelle l'auteur a ajouté la liste de tous les grands aumôniers de France. Ce livre , qui eut (l'abord beaucoup de succès, est moins estimé depuis que Baluze, qui n'avait alors que vingtdeux ans, y • eieva beaucoup de fautes dans son Anti- Frizon , et plus encore dans son Histoire des papes d'Avignon. 2°Une édition de la Bible des docteurs de Louvain ; avec les sommaires des chapitres tirés de Baronius, et les moyens de discerner les Bibles françaises catholiques des Bibles huguenotes , Paris, 1621 « On prétend, (lit dom Cal« met, que cette Bible n'est pas encore bien pur« gée des erreurs du calvinisme, Frison n'ayant a pas eu assez de lumière pour les découvrir ou *« d'exactitude pour les corriger. » Continuation de la suite des Annales de Barouius par Henri Sponde, depuis 162.2 jusqu'en 1630, précédée de la vie de Sponde, Paris, 1659
  • Pierre FROMAGE( 1678 - 1740) : né à Laon, le itt mai 1678, , 1760 Le P. Fromage traduisit cet ouvrage à Alep, en 1739, de l'italien du P. Segneri, dont le livre portait P°'' titre : paroco instruite). 3. Guide du pécheur d« ns le sacrement de la pénitence et de la confession, au monastère de Marhanna ; traduction d'un autre ouvrage du P. Segneri, intitulé ll penitente a ben confessarsi, et inséré dans les oeuvres de ce jésuite, t. 2, p. 916. La première édition de cette traduction a paru en 1747, et la seconde en 1794. Nous croyons qu'on doit encore attribuer au P. Fromage : 1. la traduction arabe de la Dévotion ci la sainte Vierge, ouvrage du P. Nieremberg, et l à Rome en 17 2' Le Guide du chrétien, Marhanna, 1758, traduit en arabe sur l'italien du P. Segneri ; 5. l'Introduction d la Vie dévote de St- François de Sales Par la lettre cidessus indiquée, le P. Fromage nous apprend qu'il avait aussi traduit en arabe : la Vie de St- François de Sales, et celle de madame de Chantal, composées par J. Marsollier ; les Vies des Saints pour toute J'année , vol. ; les Histoires de l'Ancien et du Nouveau Testament ; la Perfection chrétienne et religieuse, du P. Alphonse Rodriguez; la Dévotion au sacré coeur de Jésus ; la Theologia seminarii Pictaviensis ; les Exercices yirituels de StIgnace, etc. On peut consulter à cet égard le Dictionnaire de Moréri , où l'on trouvera la liste de toutes les traductions faites par le P. Fromage. On lit dans les Nouveaux Mémoires des missions de la compagnie de JésuS dans le Levant , t. 8 de l'ancienne édition, et t. de la seconde, une lettre, datée de Tripoli et de Syrie, le 45 octobre 1736, dans laquelle le missionnaire donne l'histo- rique du grand synode des Maronites, et rapporte I(, discours qu'il prononça à l'ouverture de ce sy- d node. A la lin de cette lettre on lit une note dont voici la substance : « Une douceur inaltérable fut « la vertu dominante du P. Fromage; et cette « douceur ne put étre altérée par les angoisses et « les douleurs de sa dernière maladie. La supé-,, riorité de ses lumières lui avait acquis une si « grande autorité dans la ville d'Alep, qu'on n'o-« sait rien entreprendre de considérable sans le « consulter. Il avait le talent d'élever les tmes « jusqu'à la plus haute perfection; et on reconnalt « parmi cent autres les disciples qu'il a formés de « sa main. Sa mémoire vivra longtemps en béné- « diction. Il a enrichi l'Orient de trentedem de « nos meilleurs ouvrages, qu'il a traduits en « arabe : il a établi des catéchismes publics dans « les trois églises (l'Alep; il a appris aux prétres « maronites à précher ; il a érigé deux congréga-« fions qui entretiennent la ferveur dans cette « grande ville , et il a contribué à l'érection d'un « monastère qui sera à jamais un asile pour l' « nocence et la piété
  • Pierre GACHES( 1523) : né à Castres, en 15'25 , fut un des premiers à embrasser les idées calvinistes, et montra un grand zèle pour sa nouvelle religion , en recevant chez lui Geoffroy Brun , premier ministre protestant arrivé à Castres en 1560, et qu'aucun de ses coreligionnaires n'osait accueil- lir. Consul de sa patrie trois ans après, il signala sa magistrature par sa charité et son,dévouement envers ses concitoyens. Pendant les ravages d'une peste affreuse, il resta constamment à son poste, et n'abandonna pas la ville comme un de ses collègues. Il fit bàtir un temple pour ses coreligionnaires, eut l'honneur de recevoir Henri 1V, alors roi de Navarre , lorsque ce monarque vint à Castres, le 14 mars ei85, visiter le duc de Montmorency. Il mourut le 29 décembre 1595, aimé et honoré des gens de son parti. — GÂCHES , fils du précédent, né à Castres le 14 janvier 1558 , fut élevé dans le calvinisme et y resta fort attaché. Cependant il se montra irèsimpartial dans les Mémoires qu'il a laissés sur les érénements des guerres de religion dans le haut Languedoc. Cet ouvrage, précieux sous le rapport des faits , mais dont le style est fort incorrect, a été d'une grande utilité aux historiographes du Languedoc. Il n'a été imprimé qu'en 1845 , Toulouse Jacques Gache mourut le 14 novembre1612.— CACHES , petitfils du précédent, reçut le jour à Gastres, vers l'année 1615, devint ministre de l'Église calviniste, et prècha avec le plus grand succès à Castres, et plus tard à Charenton. 11 livra des serinons à l'impression , soit à Paris, soit à Castres ; Louis Vendôme et Nicolas Dupin, libraires, en furent les éditeurs dans la première de ces deux villes. Parmi ces discours, ceux qu'on estime le plus sont : Jésus dans l'agonie ; l'Athéisme confondu; le Voeu du fi- dile; la Consolation promise aux fidèles ; le Triomphe de l'Évangile. Ce dernier fut dédié au marquis de BourbonMalauze, dont les ancètres avaient embrassé le calvinisme. Raimond Gaches , qui était un des membres les plus remarquables de l'Académie eastraise , a composé : 1^ un Sonnet sur la mort du maréchal de Gassion ; '2" un Recueil d'e'pigrammes en vers latins; 5" Stances sur un père - affligé de la mort de son fils ; 4 des Vers sur la détention à V cennes du prince de Condé ; 5" une Traduction du deuxième livre de Macle ; 6" Sonnet sur un flam- beau; 7 Traduction du troisième livre des odes d'Ho- race ; 8" une Élégie sur la mort de M. Dast. Gaches mourut en décembre 1668
  • Pierre GALATINO ou GALATIN : savant théologien , ainsi nommé du lieu de sa naissance, petite ville de la Pouille, était d'une famille pauvre et obscure. Son goût pour l'étude ayant décidé sa vocation , il embrassa jeune la règle de StFrançois, dans l'ordre des Frères mineurs. Il se trouvait, en 1480 , dans Otrante, assiégée par les Turcs, et il fut témoin du sac de cette malheureuse ville. Envoyé par ses supérieurs à Rome, il s'y perfectionna dans la connaissance du grec , et fit de grands progrès dans les langues orientales. Ses talents le firent choisir pour enseigner la théologie et la philosophie à ses jeunes confrères. 11 remplit quelque temps la place de lecteur au 11) Son nom de famille était Colonna; mais il le changea, suivant l'usage, contre celui de sa ville natale, à son entrée dans la vie religieuse. couvent d'Ara- Cceli. A son retour dans le royaume de Naples , il fut élu définiteur de la province de Bari ; bientôt après il fut appelé à Rome par le pape Léon X, qui le nomma son pénitencier et lui donna , dans diverses circonstances , des mar- ques particulières de son estime. Le P. Galatino était encore à Rome en 1559; mais, comme il devait avoir alors près de quatrevingts ans , on peut conjecturer qu'il ne prolongea pas beaucoup au delà sa carrière. On ne connaît de lui que l'ouvrage suivant : Opus de arcanis catholice veri- tatis ; hoc est commentarius in iota difficiliora Vete- ris Testamenti ex libris hebreis , Ortona , 1518 de 312 f. Cette première édition est trèsrare; elle a été décrite dans la Bibliothèque curieuse, t. 9, p. 26, par David Clément, qui donne en outre la liste des éditions subséquentes, avec des remarques pleines d'intérêt. Galatino, dans cet ouvrage, se propose de réfuter les objections des rabbins contre la vérité du christianisme. On lui a beaucoup reproché d'avoir emprunté plusieurs de ses arguments au traité de Porchetti : Victoria adrer- sus Judeos , sans avoir cité la source où il puisait. Mais l'ouvrage de Porchetti n'ayant été imprimé que deux ans après la publication de l'Opus de arcanis , Galatino pouvait trèsbien n'en avoir pas eu connaissance ; d'ailleurs Porchetti luimême a pris toute son érudition rabbinique dans le Pugio jidei de Raym. Martini ou Martinez , dominicain espagnol. Galatino sans doute a dû profiter du travail de ses devanciers; mais il l'a beaucoup amélioré; il a présenté leurs arguments dans un ordre plus méthodique, les a fortifiés de nouvelles preuves, et en a donné plusieurs qu'il ne devait qu'à ses propres méditations . A sa mort, Galatino laissa dans son couvent à Rome quinze volumes d'ouvrages manuscrits qui, depuis, ont été transportés à la bibliothèque du Vatican. Le P. Wadding en a transcrit les titres dans les Scriptores ordin. minor. p
  • Pierre GALESINI( 1520 - 1590) : historien , né à Ancoue vers l'année 1520, embrassa l'état ecclésiastique, fut pourvu de plusieurs bénéfices , et enfin nommé protonotaire apostolique à Milan. 11 vécut dans l'intimité 2° Ordo dedicationis obelisci querra Sixtes V in fun) l'aticano erexit , corn brcvi historia, Rome , 1586 , 10; 3. Dedicalio columnœ cochlidis Trajani ad honorent Sti- Petri, ibid., •587 ; 4° Commentarius breris de Jiibliis glacisinterpretum LX XII , sus Sixto V, Pont. max. editis, ibid., 1587 5" un Discours sur le nouveau tombeau que le pape Sixte- Quint fit élever à Pie V. Galesini a laissé en manuscrit une Histoire des papes, sous le titre de Theatrum Pontificale, et une Histoire des saints de Milan. GALIFillD ou GEOFROI, historien anglais, né à Monmouth au commencement du 12e siècle, embrassa l'état ecclésiastique, fut nommé archidiacre de StAsaph, et ensuite évèque de cette ville en 1151. Il se rendit quelque temps après à la cour de Henri 11, roi d'Angleterre, qui l'accueillit avec distinction et le fixa près de lui par le don d'une riche abbaye. Les chanoines de StAsaph, ayant invité inutilement Galfrid à revenir dans sou diocèse, profitèrent de la décision d'un synode de Londres pour l'engager une dernière fois à reprendre l'administration de son Église ou à permettre qu'on lui désignàt un successeur. 11 se démit de son évèché en 1175 ; mais il eut lieu de s'en repentir, puisqu'il perdit les bénéfices que lui avait donnés Henri Il. On croit que Galfrid mourut vers 1180. On a de lui : Origo et esta requin et principum Britanniœ, sire historia Britonum ab Anea et Brida. Calfrid se flatte d'are le premier qui ait écrit l'histoire des temps qui ont précédé l'établissement de la religion chrétienne en Angleterre; et il avertit que pour ce qui concerne les rois d'origine saxonne il s'est contenté de traduire en latin un ouvrage que lui avait envoyé 4;ualterus ou Gauthier, archidiacre d'Oxford. Cette histoire a d'abord été publiée par Ives Cavellat, Paris, Badius, 1517 et ensuite par Contelin dans les Brétannicar. rem,: seriptores. Heidelberg, 1587 ; mais les deux éditeurs ne se sont point accordés sur la division (le l'ouvrage : Cavellat l'a partagé en neuf livres, et Goinehn en douze, en en faisant quatre (lu premier. Pontico \Inini°, de Trévise, a purgé cette histoire des fables qu'elle renfermait , et l'a réduite à six livres. Ainsi abrégée , elle a été imprimée à Augsbourg en 153.1; à Heidelberg en 1542 ; à Londres en 1585 et insérée aussi dans les Brita? nicar. reru? scriptores. Quelques critiques la regardent comme un tissu de faits controuvés et d'anecdotes fabuleuses. Jean Twin et Whear nomment Galfrid l'Homère anglais et le père des mensonges ; mais d'autres bons juges n'en donnent pas une opinion aussi défavorable. Pits et Nicolson assurent que Calfrid mérite beaucoup de confiance pour tous les événements dont il a été le témoin, ou sur lesquels il a pu obtenir des renseignements exacts. ‘20 Ver? io prophetiarum tlaubrosii Merlini. Ces prophéties du fameux enchanteur Merlin forment le 4. livre (le son histoire dans l'édition de Cavellat, et le 7• dans celle de Conielin ; elles ont été imprimées séparément, avec des explications d'Alain de Lille, Francfort, 1603 5° Vita Alerlini Caledonii. C'est une pièce de vers adressée à Robert de Lincoln. Com? nentarius in prophetias Merlini utriusque ; 50 Epistulce ad Gualterum Oxoniensem archidiaconum ; 60 De exilio ecclesiasticorsana ; 7" un Abrégé de l'histoire de Gildas; 8° des Vers latins sur dierents sujets. On lui attribue encore un traité De empare et sanguine Christi ; mais Fabricius croit que cet ouvrage a pour auteur Guillaume , abbé de StThierry de Reims
  • Pierre GALIN( 1786) : inventeur du Méloplaste , naquit à Bordeaux en 1786, de parents peu riches. Au sortir du lycée il entra chez des banquiers qui apprécièrent son habileté dans le calcul des changes étrangers. Il eut un instant le projet de passer en Amérique ; mais ses protecteurs l'engagèrent à se livrer à l'enseignement. Il fut maitre d'études , puis professeur de mathématiques au lycée de Bordeaux. Plus tard il devint professeur à l'institut royal des sourdsmuets de cette ville. Outre les mathématiques pures et leurs applications à l'astronomie , à la mécanique et à la physique, Galin avait étudié l'économie politique. Enfin il voulut cultiver la musique par délassement ; mais, rebuté des défauts qu'il trouvait dans l'enseignement de cet art, dont la théorie est si défectueuse et la pratique si perfectionnée, il chercha une méthode qui pùt abréger les peines infinies qu'éprouvent ceux qui apprennent la musique. Après une année d'heureux essais, il publia en 1818 l'exposition de cette méthode, connue aujourd'hui sous le nom de Méthode du mélo- plaste, et qui consiste d'abord dans la séparation de l'étude du rhythme d'avec celle de l'intonation, deux parties qu'on avait toujours confondues; ensuite dans les procédés trèsingénieux qu'il a su créer pour diriger l'une . et l'autre de ces études. Le méloplaste et le chronomériste sont les deux principaux moyens d'application de la méthode. Le méloplaste est une portée vide; mais le professeur, au moyen d'une baguette dont l'extrémité, surmontée d'une petite boule noire, se promène sur cette portée, y dessine en quelque sorte une écriture volante qui se lit continuellement sans laisser derrière elle aucune trace. Sous le rapport de l'harmonie, le méloplaste représente nettement aux yeux et à l'esprit la marche des accords. C'est avec un plaisir mêlé de surprise que l'on voit le professeur, armé de deux , de trois ou de quatre baguettes, figurer sous les yeux des étudiants et leur faire chanter des duos, des trios ou des quatuors qu'il improvise. Le rhythme ou mesure, enseigné au moyen du chronomériste, offre une création aussi neuve dans sa•théorie que dans sa pratique. Cette rapide analyse suffit pour montrer combien le système de Galin est philosophique, et comment, loin d'être le produit du hasard , ce système n'a pu être que le fruit de profondes méditations. C'est en 1819 que Galin vint à Paris pour y professer sa méthode, qui lui fit une grande réputation. Une maladie de poitrine, suite de ses travaux assidus, l'enleva à la fleur de l'àge le 31 aoùt 1822. En 1852 il a été publié, Paris une Notice sur la vie et les ouvrages de Galin
  • Pierre GALLAND( 1510) : professeur au collège royal de France, né vers 1510 à Aire en Artois, vint faire ses études à Paris , et acquit en peu de temps une connaissance très-étendue des langues grecque et latine , des belleslettres et de la philosophie. Il fut reçu maitre ès arts en 1537, et obtint l'année suivante la place de principal du collége de Boncourt. Il s'appliqua à y faire régner une exacte discipline, et à faire fleurir l'enseignement par le choix des professeurs. Ayant été élu recteur de l'université en 15i5, il profita de cette circons- tance pour demander quelques changements aux règlements alors en vigueur, et les fit adopter contre l'avis de ses confrères. Ce fut l'année suivante ou en 1545 que François I" le nomma professeur d'éloquence au collége royal ; il passa ensuite à la chaire de langue grecque, fut pourvu d'un canonicat à NotreDame , et mourut de la dyssenterie en 1559 , le 30 août , suivant Lamonnoye, ou le 6 septembre. Il était alors àgé au plus de 50 ans; et , comme on voit, c'est par erreur qu'on a dit dans la Bibliotheca belgica qu'il était accablé de vieillesse. Son neveu et son petitneveu lui avaient succédé dans la principalité eollége de Boncourt ; il est résulté de là des niéprises que Bayle luimême n'a pas su éviter. Pieére Galland était l'ami de Budé, de Vatable, de Jo. du Bellay, et avait eu pour élève le savant Adrien Turnèbe. On a de lui : 1" ° ratio in funere Francisco Franeorum regi facto , Paris , 1547 La traduction française , par Jean Martin , fut imprimée la même année. 2" Pro schola Parisiensi contra novam academianz Petri Rami oratio , ibid. , 45b1 et Ce discours , dans lequel il prend la défense d'Aristote contre Ramus, est écrit avec beaucoup de vivacité : ce fut le prélude et le signal des persécutions qu'essuya ce savant et malheureux professeur 3. De Caleto recepta et rebus a Fr. Lotharingio , duce Guisio , auspiciis Henrici H gestis, carmen elegiacum, ibid., 1558 4" Petri Castellani, magni Franche eleenzosynarii , vita, Paris, 1674 Cette vie de Duchàtel est curieuse et bien écrite. Ce fut Baluze qui la publia avec des notes utiles. 5" Des Obser- vations sur les institutions oratoires de Quintilien, insérées dans les éditions de Paris, 15 '19 et 1554 et la première édition des Scripto- res de agrorum limitibus et constitutionibus, qu'il fit imprimer sur un manuscrit qu'il avait trouvé en Flandre, Paris , 1548
  • Pierre GAMBACORTI : chef de la république de Pise de 1369 â lut. Les Gambacorti, exilés de leur patrie en 1555, après la mort de leur chef, se retirèrent à Florence, d'où ils passèrent à Padoue et dans d'autres villes guelfes. Pierre Gambacorti, neveu de François, était reconnu comme leur chef. Les malheurs de sa famille et sa puissance passée le faisaient considérer comme l'égal des Princes; mais toutes ses tentatives, et celles de ses alliés pour le rétablir dans sa patrie furent inutiles pendant quatorze ans; enfin la seconde expédition de Charles IV en Italie causa en 1549 de nouvelles révolutions à Pise ; Pierre Gambacorti , avec ses fils et Girard son frère, fut rappelé par ses concitoyens. Rentré dans sa patrie , couronné d'olivier, le t i janvier 1569, il jura de pardonner les °lieuses faites à sa famille et tint parole. Il maintint l'indépendance de la république contre l'empereur luintème, assura la paix et la prospérité de Pise , par son alliance avec Florence, et prit part à la guerre de la liberté contre le pape en 1376 ; mais ce fut, pendant sa longue administration, la seule occasion où il eut recours aux armes. Plusieurs fois, d'autre part , il fut médiateur de la paix entre les Florentins et le seigneur ou duc de Milan. Par ses vertus et sa sagesse il avait obtenu le respect de toute l'Italie, comme l'amour de ses concitoyens; il avait conservé beaucoup de modération et de modestie, ne se montrant à Pise que comme un homme privé; mais toutes les places importantes étaient accordées à sa famille , et ses neveux faisaient souvent sentir au peuple, par leur faste et leur insolence, qu'ils étaient sur le point de lui ravir sa liberté. Un ami et un confident de Pierre Gainbacorti, Jacob d'Appiano, qu'il avait tiré de la misère et élevé aux plus hautes dignités, profita de ces semences de mécontentenient pour conjurer contre son bienfaiteur dans sa vieillesse; il le massacra le -21 octobre 139-2, au moment où Pierre Gambacorti se confiait à son amitié, et il lit périr ses deux fils par le poison. Jacob d'Appiano se fit ensuite nommer par le peuple capitaine général et seigneur de Pise . Il recourut à l'alliance des Itaspanti, persécuta les Bergolini, et envoya en exil tout ce qui restait de la famille Gambaeorti
  • Pierre GARIEL( 1500 - 1670) : historien , nommé par erreur Gabriel dans le Dictionnaire universel de Chaudon et Delandine , naquit à Montpellier vers la lin du 16c siècle . Il fit de trèsbonnes é,tudes au collège On ne connaît pas l'année précise de sa naissance ; mais il nous apprend luimême qu'il avait reçu la tonsure en 1597, et de cette ville , prit ses degrés en droit, et ayant embrassé l'état 'ecclésiastique , fut pourvu d'un canonicat à la cathédrale. Il mourut dans sa patrie vers l'année 1670, dans un àge fort avancé. On connalt de lui les ouvrages suivants : 1. L'origine, les changements et l'état présent de l'église cathé- drale de St- Pierre de Montpellier, 1631 1631 ; 2. Maguelone suppliante au roi, 1635 3° les Gouverneurs anciens et modernes de la Gaule- Narbonnoise ou de la province du Languedoc, ibid. , 1615 ; 1669 ; 40 Series episcoporum Magalonensium et Montispeliensium ab anno 451 ad ann. 1652, Toulouse, 1652 et 1665 , ; la seconde édition est augmentée. Cet ouvrage contient un grand nombre d'actes précieux ; il est rédigé avec plus de goût et plus d'ordre que les autres écrits de l'auteur ; ce qui donna peut-être lieu au reproche qu'on lui fit, diton, de son vivant, d'avoir prèté son nom au P. Bonnefoy, jésuite, qui en était le véritable auteur. La Bibliothèque des écrivains de la société semble confirmer cebruit,. puisqu'il y est dit que le P. Bonnefoy a publié la suite des évêques de Maguelone sous un nom étranger, alieno nomine. Cependant le ton général de l'ouvrage , les faits que l'auteur rapportent comme lui étant personnels ou comme en ayant été témoin oculaire , ne permettent pas de croire à cette supposition. Une autre preuve qui la dément encore , c'est que M. de Colbert , évêque de Montpellier, conservait dans sa bibliothèque le premier essai manuscrit de cet ouvrage . 5. Epitome rerum in inferiore Occilania pro religione gestarum ab excessu Henrici IV regis , risque ad ana. 1657, Montpellier, 1657 6° Idée de la ville de Montpellier, recherchée et présentée aux honniles gens , ibid. , 1665 ; ouvrage rare et estimé pour les particularités curieuses qu'il renferme, quoiqu'on reproche à l'auteur d'y avoir mêlé des faits hasardés ; niais le style en est ampoulé , et de trop fréquentes digressions en rendent la lecture désagréable. ll est divisé en quatre parties; et Debure remarque que dans tous les exemplaires la troisième partie commence à la page 75, sans doute par la suppression de quelques pièces préliminaires. 7° Discours de la guerre contre ceux de la religion , depuis 1619 jusqu'à la réduction et la paix de Montpellier. Il existait des copies de cet ouvrage à la bibliothèque de StGermain des Prés : dom Vaissette s'en est servi dans son Histoire de Languedoc , et le P. Desmolets en a inséré un extrait dans le tome 10 de sa Continuation des Mémoires de Sallengre. Ws.
  • Pierre GARZONI : sénateur vénitien, historiographe de la république, florissait à la fin du. 17' siècle et au commencement du 18e. Ses actions eurent sans doute moins d'éclat que ses ouvrages; on sait peu de circonstances de sa vie, et l'on ignore l'époque précise de sa naissance et de sa mort. Il reçut le 10 juin 1692 , du conseil des dix , la mission de continuer l'histoire (le Venise, conduite jusqu'en 1690 par le dernier sénateur historiographe, Michel Foscarini. On sait Glue Sabellico , qui n'était point sénateur, commença au 15e siècle cette histoire; que le sénat adopta l'ouvrage , pensionna l'auteur , et à partir de cette époque lui choisit dans son propre sein des continuateurs. Navagero fut en mourant trop difficile sur son ouvrage, et le fit brûler sous ses yeux ; le Bembo reprit les événements où Sabellico les avait conduits, et son histoire est un des chefsd'oeuvre de la latinité moderne. Paul Paruta fut le premier continuateur qui écrivit en langue italienne; Paul Morosini qui le suivit, recommença d'écrire en latin ; mais Baptiste Nani , et après lui Foscarini , redonnèrent à l'italien la préférence. Garzoni employa la même langue ; il reprit les faits quelques années avant celle où Foscarini les avait laissés, et fut , douze ans après sa nomination , en état de publier la première partie de son travail. Il avait eu à parcourir une époque glorieuse pour la république, celle de la guerre contre les Turcs, depuis le moment où sous divers prétextes ils rompirent la paix en Hongrie avec l'empereur, obtinrent des succès effrayants, et vinrent enfin mettre le siége devant Vienne, jusqu'à celui où ils furent défaits par les armées chrétiennes combinées, et après un second échec , plus sanglant que le premier, forcés en 1699 d'accepter la paix. Venise y avait contribué de tous ses moyens, et surtout par une puissante diversion dans la Alorée. Foscarini n'avait eu pour ainsi dire à raconter que des malheurs; le sénat était impatient de voir succéder des récits qui intéressaient sa gloire. Aussi, quoique à l'exception du seul Nani qui avait laissé publier de son vivant la première partie de son histoire, le travail de tous les autres historiog,raplies n'eût été remis au conseil des dix, et ho- primé qu'après leur mort, ce conseil avait- il enjoint à Garzoni, par un décret particulier, lors même de sa nomination , de lui livrer de deux ans en deux ans ce qu'il aurait achevé de son ouvrage. Cette première partie, divisée en seize livres, parut donc seule sous ce titre : Istoria della republica di Venezia in tempo della sacra lega contra Alaometto 1 U e Ire suoi successori , grau sultani de' Turchi, di Pietro Garzoni senatoe, Venise , Madré, 1705, 2 vol. gr. L'intérêt du sujet, la manière dont il est disposé et traité, le style concis et brillant de l'auteur , lui procurèrent un succès que n'avait encore eu aucun de ses devanciers. Trois mille exemplaires de cette première partie furent enlevés en deux ans, et Manfré fut obligé de la réimprimer en 1707. La seconde partie fut publiée en 1716, chez le même libraire , aussi elle est intitulée : Istoria della republica di Venezia, ove insieme narrasi la querra per la successione della Spagna a Carlo II. Le succès ne fut pas inférieur à celui de la première partie ; deux autres éditions furent épuisées en peu de temps , et la quatrième , qui parut en 1719 , est annoncée comme revue par l'auteur. En supposant que celuici eût à peu près quarante ans lorsqu'il fut nominé historiographe et garde des archives secrètes, emploi qui était toujours joint au premier, il était donc né vers 1652, et vécut au moins soixantesept ou soixantehuit ans
  • Pierre GEUNS( 1706 - 1776) : orfèvre, géomètre, mécanicien, physicien , tourneur en ivoire , graveur sur métaux , et habile en toutes ces matières. 11 était né à Maeseyck, dans le pays wallon, en 1706, et avait étudié à Paris. 11 n'a publié qu'un seul ouvrage. C'est un Mémoire sur la construction des aimants artificiels, Venlo, 1768 qui témoigne de son talent d'observateur , et fait regretter qu'il n'ait pas écrit davantage. On recherche encore aujourd'hui ses pièces d'argenterie , ses cuivres, ses médailles, ses aimants artificiels, et jusqu'aux tabatières et aux pyramides d'ivoire sorties de ses mains. Geuns mourut le 6 février 1776
  • Pierre GAULTIER( 1516) : né à SaintLoup , dans le Poitou , en 1516, y exerça pendant six ans les fonctions de maître d'école. Il vint ensuite perfectionner ses études à Paris, où il arriva au mois ,-é de trente ans. Il s'y livra tout entier à l'étude . Sa méthode, en effet, est peu commune; il suit et analyse le texte de son auteur, en le soumettant successivement aux règles de la dialectique, de la grammaire et de la rhétorique. Cet ouvrage singulier, et presque unique dans son genre , terminé dès 1575, ne parut cependant complet pour la première fois qu'en 1587, à Bâle Cinq ans auparavant, l'auteur en avait donné à Paris un extrait Mais ayant survécu neuf ou dix ans à l'édition de Bâle, Chabot employa tout ce temps à rassembler de nouveaux matériaux et à augmenter considérablement son commentaire. Malheureusement ces nouveaux fruits de son travail tombèrent, après sa mort, entre les mains de Grasser, qui les entassa au hasard dans l'édition de 1615 N'ayant point su distinguer toujours les citations d'avec les réflexions qu'elles amenaient, il a souvent confondu les unes et les autres; souvent donné comme pensée de l'auteur ce qui n'est qu'une simple citation : en sorte que cette seconde édition est, sous tous les rapports, fort inférieure à la première , qui a son côté curieux et mème utile. Chabot était l'homme de son temps le plus sobre et le plus régulier dans sa conduite; il avait pour le monde , et surtout pour les grands repas, un éloignement qui tenait de l'aversion. Indépendamment de ses goùts studieux, quelques infirmités habituelles, la surdité entre autres, lui rendaient pénible et insupportable le commerce de la société. Il mourut àgé de plus de 80 ans, vers l'an 1597, après avoir supporté trois fois, avec une patience vraiment philosophique, (l? En latin Gualterius Chabotius , et souvent Guolterns tout simplement c'était le nom de son père ; Chabot celui de sa mère. 121 On lui a mal à propos reproché d'avoir pillé Torrentius: le commentaire de ce dernier ne parut qu'en 1(07, environ dix ans après la mort de Chabot. le pillage de son bien , pendant les guerres civiles
  • Pierre GAUTRUCHE( 1602) : né à Orléans en 1602, baptisé sous le nom de Pierre, prit quelquefois , dans ses ouvrages, celui de Denis, qu'il recul en 1621., en entrant, contre le voeu bien prononcé de sa famille, dans la société des jésuites , au milieu desquels il vécut cinquantesept ans. Suivant l'usage de son institut, il professa successivement les humanités, la philosophie, la théologie, et spécialement les mathématiques, dans lesquelles il fit, pour son siècle, des progrès assez 'narguants. Pendant un long séjour à Caen , ce professeur se comporta de manière à mériter l'estime de M. Huet, évêque d'Avranches. Ce savant prélat, tout en regardant comme des trésors les livres du jésuite, le caractérise cependant en lui donnant le titre de rie, diffusa, eruditionis. 1.e P. Gautruche prétendit un instant se livrer au ministère de la chaire ; mais ayant eu la bonne foi de reconnaître qu'il ne pouvait y obtenir de grands succès, il renonça pour toujours à marcher sur les traces des Delarue et des Cheminais. Son grand mérite fut de connaître sa mesure, en se livrant presque exclusivement à la composition des livres élémentaires, alors assez rares, et cependant nécessaires aux colléges de son ordre. S'il faut en juger par le grand nombre des éditions, il parait qu'on n'avait alors en France rien de meilleur en ce genre, que l'histoire sainte et l'histoire poétique de notre auteur. Les connaissances relatives aux études préliminaires ayant acquis depuis plus de précision et de clarté, les ouvrages de Gautruche ont cessé d'être recherchés. La treizième édition de l'Histoire sainte, imprimée à Rouen , sous la rubrique de Bruxelles , est de 1706. Ce laborieux écrivain mourut préfet des classes, au collée de Caen, le 50 mai 1681, trèsregretté d'une société aux intérêts de laquelle il se montra complétement dévoué. Nous avons de lui : 1° Histoire sainte , arec l'explication des points controversés de la religion chrétienne. La meilleure édition est celle de 1692, 4 vol. 2° Mathematicee totius institutio Caen, Cavelier, 1653 ; 1656; 3° Institutio totius philosophioe cun? introduc- tione ad alias facultates , 1653, 4 vol. 4" Sco- puli novorum dogmatum, etc., 1673; ouvrage de parti , oublié dès sa naissance. L'abbé Goujet prétend qu'il n'est connu que de nom. 50 L'Histoire poétique , pour l'intelligence des poètes et auteurs anciens; précis méthodique de toute la mythologie, adopté dans les colléges avant l'. 'lppendix du père Jouvenci. La 18e et dernière édition de l'Histoire poétique de Gautruche, Paris, Legras, 1725, est revue et auymentée par l'abbé D*** . Le Dictionnaire des anonymes attribue cette édition à Bannier ou à Barillon
  • Pierre GAVEAUX( 1761) : comédien et musicien compositeur, né à Béziers en 1761 , fut enfant de chœur à la cathédrale de cette ville, et destiné à l'état ecclésiastique sous les auspices de l'évèque, qui, protégeant sa jeunesse, lui réservait un bénéfice. Mais ce prélat !nouent, et le jeune Gaveaux délaissé se rendit à Bordeaux, où il reçut des leçons de cômposition et de contrepoint de Beck , organiste tic StSéverin. Il eut alors Carat pour condisciple et se lia intimement avec ce chanteur célèbre. Après avoir exécuté quelques motets sous les yeux de son maitre, il quitta tout à fait le petit collet et s'engagea au théâtre de Bordeaux, d'où il passa en 1788 à celui de Montpellier, puis à Paris, où il débuta à l'Opéra. Il fut plus tard admis au théâtre de Monsieur, alors établi aux Tuileries, d'où il fut expulsé dans le mois d'octobre 178U, pour faire place à la famille royale lorsqu'elle vint y établir sa résidence. Caveaux alla jouer alors au théâtre de la foire StGermain; et dans le mois de janvier 1793, il vint avec ses camarades dans la salle Feydeau, qu'il ne quitta plus jusqu'en 18U1, si ce n'est lors des persécutions de la terreur, qui atteignirent aussi les comédiens dont la révolution n'avait pas fait des prosélytes. Après la chute tic Robespierre , Caveaux se montra à son tour dans la capitale un des plus ardents promoteurs de la réaction ; ou l'y vit à la tète tic cette jeunesse enthousiaste qu'on appelait la troupe dorée, et qui poursuivait avec tant d'acharnement les agents tic la terreur. Trèslié avec Souriguières ce fut lui qui mit en musique l'hymne célèbre du Réveil du peuple, qui excita tant de fois l'enthousiasme des royalistes. Caveaux continua tic jouer et de composer pour le méme théâtre jusqu'à l'année 1812 , où il fut atteint d'aliénation mentale. lt recouvra ensuite la raison momentanément, puis il la perdit de nouveau, et mourut dans une maison , la Famille indigente , Sophronime , le Petit Matelot, le Diable couleur de rose , le Traité nul , . 1I. Deschalumeaux . M—Dj
  • Pierre GAVINIÉS( 1726) : né à Bordeaux le 26 mai 17'26, d'autres n a de Gariniés un opéra en 3 actes, intitulé le Prétendu, joué avec succès aux Italiens en 1760 ; des concerti, des sonates et un recueil intitulé Les vingt- quatre matinées, dans le genre des Caprices de Locatelli . Madame Pipelet Gaviniés avait de la littérature; il fut lié particulièrement avec J.J. Rousseau. Nous tenons de feu l'abbé Roussier, intéressé à connaître la vérité du fait, que Gaviniés fut le véritable auteur de l'Errata de l' fessai sur la rizusique ancienne cl » le- der« , de Laborde, publié sous le nom d'une clame, et dont cm n'avait jamais connu l'auteur. On sait que Laborde fut un des détracteurs les plus acharnés de Rousseau. Le livre que nous Salm) a publié en 1S02 un Éloge historique dePierre Gaviniés. Fayolle a publié Notices sur Corelli, Tartini, Gaviniés, Pugnani et Viotti, 1810, avec cinq portraits
  • Pierre GENTIEN : poëte français, florissait à la fin du 13e siècle ou vers le commencement du 1 V siècle. Il était de Paris; et Fauchet conjecture qu'il était fils de l'un des deux frères Gentien, qui furent tués, en 1304, à la bataille de .MonsenPuelle, en combattant vaillamment sous les yeux du roi Philippe le Bel. Gentien a composé tin livre en rimes, dans lequel il nous apprend que les darnes, qui voulaient accompagner les chevaliers dans leurs voyages d'outremer, célébrèrent, un tournoi pour s'exercer au maniement des armes, et y disputer le prix de la valeur. La description de cette fête donne lieu au porte de nommer quarante ou cinquante dames des plus belles qu'il y eùt alors; et Fauchet dit que son ouvrage mérite plus d'être lu pour la mémoire des anciennes familles que pour l'excellence du style
  • Pierre GEORGISCH( 1698 - 1746) : savant publiciste allemand , né en 1698, fut d'abord conseiller commissionné, et ensuite, en 1744, conseiller de cour et archiviste à Dresde , où il mourut le 7 avril 1746. Il a publié les ouvrages suivants : 1° Corpus juras germanici antiqui, quo continentur leges Francorum Salicoe et Ripuariorum, A lamannorum Boivariorum , Burgundionum , Frisiorum , Anglorum et Werinorum , Saxonum, Langobardorum, Visigothorum, Ostgothorum, necnon capitularia regum Francorum , una cum libris capitularium ah Ansegiso abbate et Benedicto leuita collectis, Halle, 1738 Cette édition contient des variantes d'après Ilerold , Lindenbrog, Baluze, Eccard, Muratori et autres, ainsi qu'une bonne préface d'Ileineccius , qui est une savante dissertation sur l'origine , le sort et l'usage des lois saliques. Il y est bien prouvé que la première édition des lois saliques a été faite en Germanie, à la fin du 4e siècle, ou bien au commencement du 5e, avant que les différentes hordes des FrancsSaliens se fussent réunies sous la conduite de Pharamond , qu'ils choisirent pour leur chef. 20 Essai d'une introduction e l'histoire et à la géographie romaine , en allemand , ibid., 1732 ; 3° Regesta chro- nologico- diplomatica , in quibus recensentur omnis generis monumenta et documenta publica, uti surit tabulce conventionum, foederum, pacis , armistitiorum , mutuce amicitice necnon capitulationes concordata , sancliones pragmaticoe , etc., Francfort et Leipsick, 1740-1744, 4 vol
  • Pierre GERICKE( 1693) : médecin, né à Stendal le 4 avril 1695, fit ses premières études à Berlin. Il s'occupa d'abord de théologie ; mais il renonça bientôt à cette science pour se livrer entièrement à l'étude de la médecine. Dans cette intention, il parcourut successivement les universités d'Iéna , de Leipsick et d'Altorf. Après avoir été reçu docteur en 1721, il fut nommé professeur extraordinaire de médecine et de philosophie à Halle en 1725; en 1730, professeur ordinaire d'anatomie , de pharmacie et de chimie dans l'université d'Ilelmstadt , et en 1731 , mémbre de l'Académie de Berlin. Tous ces titres contribuèrent beaucoup à étendre sa réputation ; il devint médecin du duc de BrunswickLunebourg, et mourut le 8 octobre 1750, après avoir publié un grand nombre de dissertations sur différents points de médecine , de chirurgie , de chimie et d'anatomie. Nous indiquerons les suivantes : 10 De studio novitatis in medicina, Altorf, , 1721 4° ; 20 De venarum valves harumque usu, Helmstadt, 1723 L'auteur prétend que les valvules des veines, dont il attribue la découverte à Servet, sont plutôt destinées à prévenir l'extension des parois de ces vaisseaux qu'à empêcher le sang de rétrograder. 3" De in- fluxu lune in corpus humanum, Halle ; 4° De contagiis, ibid. ; 5° De vulnerum renunciatione, ibid1751 ; 6° De valetudinis ratione et prœsidiis autumno, ibid., 1732 7° De necessaria vulneris post homicidium, ibid., 4737 8° De academiarum Julie et Georgie Auguste fortuna concordi , Helmstadt, 1737 9° Programma quo inspectionem cadaveris in homicidio apud Romanos olim in usu fuisse ostenditur, , ibid., 1758 ; 10° De resurrectione mortuorum, rationi non. sed Platonis dogmatibus contrario, in quo simul Evangelium medici exploditur, , ibid. , 1759 ; 11° De Aillolis, Tosorthri et antiquissimorum tiorum anatomia fabulosa, ibid. , 1739 ; 12° Diss. in qua conjectura» physico- medico- hydrostaticce de respiratione foetus, in Italia tertio abhinc anno propositœ examinantur, , ibid., 1740 130 Programma mirarum sed vanarum artium in oppugnanda veritate exemplum in historia resurrec- tionis Christi exhibens , ibid., 1741 ; 14" De lapide philosophorum seu medicina universali , veroan falso, ibid1742 150 De crisibus, ibid., 1742 ; 16° De indulgendo œgrorum appetitui, ibid., 1742 ; 170 De insomniis , ibid., 1742 ; 180 Vie de Dieteric , archevêque de Magdebourg , 1745 , avec un supplément publié la même année à Helmstadt ; 19" De institutis et scholis medicis in , Egypto deque medicirue statu in Grcecia ante Hippocratis tempora , llelmstadt , 1745 ; 20° Disquisitio de viis geniturce ad ovarium et conceptione ; accesserunt oh. servationes quœdam physiologicce de primis hominibus, ibid., 1746
  • Pierre GERMAIN( 1647 - 1682) : habile ciseleur, né à Paris en 1647, manifesta dès son enfance de grandes dispositions pour l'orfévrerie, qui était la profession de son père. A l'âge de dixsept ans il avait déjà un talent formé. A peine en avaitil vingt que Lebrun l'employa à divers ouvrages. L'ayant présenté à Louis XIV, ce prince le chargea de la gravure des tables d'or qu'il destinait à la magni fique couverture du recueil de ses conquêtes. Ce jeune artiste réussit si bien dans la composition et dans la ciselure des diverses allégories dont il orna cet ouvrage, que le roi lui donna différentes récompenses, entre autres un logement au Louvre. Chargé de plusieurs autres ouvrages pour orner la grande galerie de Versailles, ainsi que les appartements du roi, sa réputation s'accrut à un tel point que les princes et les grands de la cour voulurent aussi avoir quelquesunes de ses productions. Désirant satisfaire à l'empressement de tous ceux qui se montraient jaloux de posséder quelquesuns de ses ouvrages, sa santé s'épuisa tellement qu'il succomba à ce travail, et mourut à la fleur de l'âge en 1682. On a de lui aussi un grand nombre de médailles et de jetons représentant les conquêtes de Louis le Grand
  • Pierre GIANNONE( 1676) : fameux écrivain napolitain , naquit le 7 niai 1676, dans la terre d'Ischitella, province de Capitanata. Il alla à Naples, à l'àge de dixhuit ans, pour y finir ses études. Ses progrès dans la jurisprudence et la pénétration de son esprit lui donnèrent bientôt accès dans la maison de Gaetan Ar;.,-,ento, chez qui se rassem- blait une espèce d'acadjmie de gens de lettres les plus célèbres du temps. C'est là qu'il conçut le projet de son histoire de Naples, qui devait comprendre ses lois et son gouvernement. Cet ouvrage, interrompu de temps en temps par les affaires du barreau, ne fut terminé qu'au bout de vingt ans, et parut en 1715, sous le titre d'Histuire civile du royaume de . Vaples. 4 vol. to , et dont l'ouvrage se trouve fondu presque en entier dans celui de Giannone ; mais ce dernier s'est principalement attaché à tout ce qui est relatif à la constitution civile et ecclésiastilue, aux lois et aux coutumes du royaume. Quoique le style n'en soit ni élégant ni correct, l'esprit philosophique, l'érudition et la profondeur des recherches qui caractérisent cette his- toire lui donnèrent une grande réputation. Mais l'auteur affecte trop de passion contre la cour de Rome. Les traits hardis qu'il s'y permit contre les gens d'église lui attirèrent une guerre terrible et opiniàtre, que ne purent apaiser ni l'autorité du viceroi, cardinal d'Althann , ni le crédit de la commune de Naples, dont Giannone fut élu l'avocat, et dont il reçut un présent de 135 ducats. Argent lui dit à ce sujet : Fous vous êtes mis sur la lite une couronne d'épines très- piquantes. Après avoir été insulté plusieurs fois par la populace, excommunié par la cour archiépiscopale , et avoir vu son livre mis à l'index, il sortit de Naples le '29 avril 1723, et alla chercher un asile à Vienne. L'empereur Charles VI le regarda d'abord d'un oeil peu favorable ; mais la protection du prince Eugène, du chancelier Zinzendorf, du fameux comte de Bonneval et du chevalier Garelli, premier médecin de l'empereur, lui procura une pension de cent florins sur les droits de la secrétairerie de Sicile. Quoique relevé de son excommunication par le cardinal Pignatelli, archevèque de Naples, il ne laissa pas de composer quelques petits écrits satiriques contre sa sentence, contre la prohibition de son livre, etc. Mais, par le conseil de ses amis, il ne les lit circuler qu'en ma- nuscrit. C'est surtout dans ses opuscules que sa passion contre la cour de Rome ne connut plus de bornes. Pendant son séjour à Vienne, où il jouissait de la faveur des grands et des gens de lettres , il travailla à un ouvrage intitulé Il tri- regno , ossia del regno del cielo della terra, e del papa, qui l'occupa près de douze ans, et auquel il ne mit la dernière main qu'à Genève . Don Cet ouvrage, dans lequel l'homme est représenté successivement dans l'état de nature, sous la loi de grâce, et sous la Carlos étant monté sur le trône de Naples et Sicile en 1734, Giannone perdit sa pension et toutes ses espérancesContraint de quitter Vienne, il se retira à Venise , où il fut accueilli avec de grandes marques de distinction par les personnes ;le qualité et les gens de lettres, surtout par le sénateur Angiolo Pisani , qui lui donna un logement dans une de ses maisons. Il refusa la charge de consulteur de la république et la chaire de droit romain dans l'université de Padoue, avouant ingénument qu'il n'était point en état d'expli- quer les lois, selon l'usage des écoles, en langue latine. Le repos dont il comptait jouir à Venise ne fut pas de longue durée. Dénoncé comme peu favorable aux prétentions de la république sur la mer Adriatique, il tacha de conjurer l'orage en publiaa une Lettera intorno al dominio de! mare Adriatico cd ai frai/ 0, 1i seguiti in Fene= ia tra papa Alessandro 111 e rimperador Federigo Barbarossa : mais les inquisiteurs de l'État prirent de l'ombrage au sujet des visites prolongées qu'il rendait aux ambassadeurs de France et d'Espagne ; son éloignement fut décidé, et, la nuit du sep- tembre 1735, des sbires l'enlevèrent et le conduisirent dans une barque jusqu'aux frontières du territoire de Ferrare. La crainte de plus grands malheurs l'obligea de changer son nom contre celui de Antoine Rinaldo. Il séjourna à Modène, à Milan, à Turin, et arriva avec son fils à Genève, le 5 décembre. Sa réputation, qui l'avait devancé dans ces diverses villes, lui procura , dans cette dernière, l'accueil le plus satisfaisant de la part du docteur Turretin, du ministre Vernet et du libraire Bousquet, qui lui fournirent tous les moyens de vivre à son aise. Il se disposait à faire imprimer un volume de supplément à son histoire, lorsque, conduit par un perfide ami, en 1736, pour faire ses pâques, dans un village catholique appartenant au roi de Sardaigne, il fut arrèté par ordre de ce souverain : ses manuscrits lui furent enlevés et envoyés à Rome . Luimème fut mené au claàteau de Miolan, et ensuite au fort de Cève.11 s'y occupait, dans ses moments de calme, à traduire divers ouvrages en italien, à écrire sur la politique, et à rédiger des . I/ emoires sur sa vie. La discussion élevée entre les cours de Rome et de Turin sur la nomination aux bénéfices consistoriaux dans les États du roi de Sardaigne, et qui fut terminée par le concordat de 1738 roy. , fournit à Giannone l'occasion d'é- crire , en faveur des droits du souverain , un moire qu'il envoya au roi. Ce prince parut le recevoir avec plaisir; mais il fit resserrer l'auteur domination temporelle des papes, devait comprendre dix époques : les trois premières s'étendent jusqu'au 9. siècle; le reste . n'a pas été achevé. Son Trtregno fut acheté à Genève par un abbé Bentivoglio , qui le vendit cinq cents écus à la cour de Rome, et en reçut de plus un petit bénéfice pour un fils qu'il avait eu avant de prendre le petit collet. Ce manuscrit fut placé , avec d'autres du même auteur, dans les archives du tribunal de l'inquisttion où il est resté. On en trouve quelque idée dans la seconde partie des Œuvres posthumes de Giannone, imprimée à Londres en 1766. &ec plus de soin, et ordonna qu'il fût transféré I à la citadelle de Turin , où il passa douze ans consécutifs dans le trouble et l'agitation. C'est là que, prêtant l'oreille aux avis du P. Préver de l'Oratoire, Giannone rétracta le 4 avril 1738, entre les mains . Louis Bochat, de Lausanne, avait traduit son Histoire en français ; niais le libraire Bousquet, de Genève, n'ayant pas voulu se charger seul des frais de l'impression, cette traduction n'a pas vu le jour. Celle de Desmonceaux a paru en 1742, la Ilaye, 1 vol. . Les passages les plus virulents contre la cour de Rome ont été publiés séparément, par Jacques Vernet, sous le titre d'Anecdotes ecclésiastiques, la Haye , 1758 Parmi les réimpressions de l'ouvrage de Giannone, on distingue celle qui a paru avec des éclaircissements de l'abbé Cestari. Dans le nombre , en 2 volumes dont on peut voir l'extrait dans les Mémoires de Trévoux de janvier 1730. L'édition de l'His- toire du président de Thou, donnée à Londres par Samuel Buekley en 1733, renferme une dissertation de Giannone sur la médaille que , Louis XII fit frapper , avec la légende Perdam Ba- r bylonis nomen ; et il y prouve, contre le P. Ilardouin, qu'elle fait allusion au pape Jules H . La vie de Ciannone a été écrite en italien par l'abbé Fernando Panzini, et en latin par Fabroni ; on peut aussi consulter les He- morie storico- critiche de' storici napoletani
  • Pierre GILBERT DE VOISINS( 1684) : naquit le 16 août 1684, d'une trèsancienne famille de magistrature. Il était par sa mère , née Dongois , parent de BoileauDespréaux. Il commença , suivant l'usage de ce tempslà, sa carrière, en plaidant comme avocat dans plusieurs juridictions , et remplit ensuite avec distinction la place d'avocat du roi au Chàtelet , puis devint conseiller au parlement. Sa réputation l'avait précédé au conseil d'État, où , comme mattre des requêtes, il fut chargé de rapporter les affaires les plus importantes. Son mérite et ses talents fixèrent l'atten- tion du régent , qui le fit entrer au conseil royal des finances, qu'il venait d'établir. 'Rappelé au barreau par son inclination naturelle, Gilbert obtint , en 1718, une place d'avocat général au parlement de Paris, où son éloquence mâle et sévère, son noble caractère, brillèrent jusqu'en 1739, époque de sa démission. Indépendamment des ex- traits de ses plaidoyers , conservés dans le Journal des audiences , on en possédait dans sa famille plus de soixante, écrits de sa main, dont beaucoup étaient relatifs à la constitution Unigenitus , ou bien avaient pour objet la suppression d'écrits publiés pendant la grande querelle ecclésiastique de cette époque. Il montra dans toutes les occa- sions un zèle remarquable à défendre le principe de la fidélité due par les sujets à leurs souverains, et à combattre quelques prétentions exagérées ; et loin de Fontette attribue à Lancelot la table qui exititi en 2 volume à la bibliothèque de Paris. chercher à s'en faire un mérite , il répéta souvent que ce travail n'avait été pour lui qu'un délassement pendant dixhuit années. Il en composa un répertoire raisonné qui forme trois gros volumes entièrement écrits de sa main. Au mois de , mai 17 /0 , le roi le nomma conseiller d'État, puis premier président au grand conseil pour l'année 1744. Ayant eu la douleur de survivre à son fils, devenu président à mortier, et mort en 1754 à Soissons, où était exilée une partie du parlement , il composa luimême l'épitaphe de ce fils chéri , qui laissait bien des regrets dans la magistrature. En 1757, Gilbert fut nommé au conseil des dépêches par le roi , qui voulait toujours avoir l'avis d'un magistrat aussi éclairé. Souvent même il fut chargé par le gouvernement de la rédaction de mémoires particuliers; et il eut part à presque tous les règlements utiles qui ont paru de son temps. Ce n'est qu'en 1787 que son petitfils, élevé par lui, fit imprimer deux Mémoires sur les moyens de donner aux protestants un état civil en France, composés, de l'ordre du roi Louis XV, par M. Gilbert de Voisins, conseiller d'État , etc., suivis d'un Projet de déclaration , Paris Il mourut le 20 avril 1769, âgé de 85 ans. Son épitaphe, composée par M. Le Beau et placée dans l'église StSéverin de Paris, retrace fidèlement et avec élégance ses vertus comme magistrat et comme homme privé. — Pierre- Paul GILBERT DE VOISINS, petitfils du précédent, après avoir été, comme lui, avocat du roi au Châtelet, et avoir passé ensuite de la charge de greffier en chef du parlement de Paris à celle de président à mortier, fut , en no- vembre 1793, une des victimes du tribunal révo- lutionnaire. A sa mort, la bibliothèque précieuse qu'il tenait de sa famille a été entièrement dispersée
  • Pierre GILLES( 1490) : en latin Gyllius, l'un des premiers en France qui se soient occupés avec succès et d'une manière utile de l'histoire naturelle, naquit à Albi en 1490. De bonnes études l'ayant familiarisé dès son enfance avec le grec et le latin , les ouvrages d'Aristote, d'Elien et de Pline eurent bientôt pour lui un attrait particulier. Aux connaissances qu'on acquiert par la lecture, il voulut joindre ses propres observations, et il visita les bords de la Méditerranée, de Marseille à Gènes, et ceux de l'Adriatique depuis Venise jusqu'à Naples, où il s'arrêta pendant un mois. Il revint ensuite à Venise, où il fut accueilli par Lazare Baïf, notre ambassadeur dans cette ville ; et ce savant homme ne dédaigna pas de l'accompagner dans les promenades qu'il faisait sur la mer pour étudier la nature et les habitudes des pois- sons . De retour en France, Gilles demeura quelque temps près de George d'Armagnac, évéque de Rhodez, son protecteur. Ce fut à l' de ce prélat qu'il composa son ouvrage De vi et natura animalium: 11 le dédia à François ler, par une épttre fort intéressante, dans laquelle il engage ce grand prince à envoyer des savants dans les pays étrangers avec la commission d'y recueillir tous les faits propres à en faire mieux connaltre l'histoire et les productions. Le roi goùta cet avis, et Gilles fut envoyé peu de temps après dans le Levant. Mais lprsqu'il eut épuisé l'argent qu'il avait emporté pour les frais de son voyage, ne recevant point de nouvelles de France, il fut forcé , où il trouva André Thevet ; ils allèrent ensemble explorer les ruines de Chalcédoine pour y chercher des médailles. Il revint en France, la mème année, à la suite de M. d'Aramont , notre ambassadeur ; et comme il est certain que le voyage se rit par terre, c'est Rabelais a cherché à jeter du ridicule sur les observations de Gilles , qui lui semblaient trop minutieuses. Il suppose que Pantagruel avait vu la mer ouverte jusqu'aux abîmes, et un nombre infini de poissons qu'examinait Aristote tenant une lanterne, et suivi de cinq cents autres gens aussi de loisir. » Entre ‘‘ iceux il avisa , ditil , Pierre Gilles , lequel tenait un urinal en ‘‘ main , considerant en profonde contemplation l'urine de ces ‘‘ beaux poissons. » latin sur un manuscrit de la bibliothèque du cardinal d'Armagnac. Conrad Gesner compléta cette traduction , rétablit l'ordre des chapitres que Gilles n'avait point suivi, et l'inséra dans son édition des oeuvres complètes d'Élien , Zurich , 1556 Elle a reparu à Lyon, 1562 et à Genève, en 1611 et 1616 3. De Bosphoro Thra- cio libri tees, Lyon , 1561 ; Leyde, Elzevir, 1652 et 1655 jolies éditions estimées des curieux ; insér, dans le Thes. Antique, Grœc., de Gronovius, t. 6 ; I. De topographia Constanti- nopoleos et de alita antiquitatibus libri111, Lyon, 1561, Leyde, 1652 , et dans le The- saur. de Gronovius. Cette description de Constantinople est trèsestimée par son exactitude . Banduri l'a réimprimée, ainsi que l'ouvrage précédent, dans son Imperium orientale. 5. Elephanfi descriptio misse ad. R. cardinalem Armaignacum ex orbe Berrhwa Syriaca, Lyon, 1562 à la suite de la traduction de l'Histoire des animaux d'Élien. 6. Des traductions latines du traité de Démétrius de Constantinople, De cura accipitrum canumque , imprimé avec la Description de l'élé- phant, et dans le recueil de Rigault, Accipitrarice rei scriplores ; du Commentaire, de Théodoret, évêque de Cyr, sur les douze petits prophètes , 1533 et dans l'édition des oeuvres de ce Père, publiée par Sirmond. Huet reproche à Gilles de prendre trop de liberté dans ses traductions. 7° Enfin il a pris soin de l'édition de l'Histoire de Ferdinand, roi d'Ara- gon. par Yalta, Paris, S. Cohues, 1521 et a fourni des additions au Dictionnaire grec et latin, Bile, 1532
  • Pierre GIOFFREDO( 1629 - 1692) : né à Nice le 16 du mois d'aoùt 1629, est l'un des historiens les plus estimables que le Piémont ait produits dans le 17° siècle. Après avoir terminé ses études, il prit l'habit ecclésiastique, et consacra ses loisirs à l'explication des monuments historiques. La publication de son Histoire de Nice lui attira l'estime des savants et les bienfaits de la cour. Nominé en 1663 historiographe de Savoie, il joignit bientôt à ce titre celui de recteur de la paroisse StEusèbe à Turin, et plusieurs bénéfices. En 1673 il fut fait aumônier, précepteur et conseiller du prince de Piémont, depuis roi sous le nom de VictorAmédée, et, l'année suivante, bibliothécaire, avec une augmentation de traitement. Il reçut en 1677 des lettres de bourgeoisie de la ville de Turin ; et eu 1679, il fut nominé chevalier des SS. Maurice et Lazare. Gioffredo mourut à Nice le 11 décembre 1692, à l'âge de 63 ans. On trouvera la liste de ses ouvrages dans le Syllabus scriptorum Pedenzont. de Rossoti. Les principaux sont : 1. Niccea civitas monumezais illustrata, opus in quo prœter antiquitatum notitiam , sanctoruin et sanctitate illustrium geste describuntur, notationibus illustrantur episcoporum Cemelio- Nicensium necnon ( libation monasterii S. l'outil successsiones , aliaque ecclesiaslica decora recensentur, , Turin, 1658 ; insérée dans le Thes. histor. Ital. de Burmann , t. 9 , p. 6 ; Co- rogrdia e storia delle Alpe maritime à la bibliothèque royale de Turin ; il en existait une seconde copie entre les mains d'un neveu de l'auteur ; 3. la Storia dell' ordine de' SS. Maurizio e Lazaro, manuscrit à la bibliothèque royale de Turin. Les ouvrages de Gioffredo, dit Vernazza, qui a écrit sa vie et que cite Tiraboschi, se commandent moins encore par l'érudition que par l'esprit de critique et la sagesse du style , qualités d'autant plus remarquables, qu'elles sont plus rares dans les historiens (l'Italie de cette époque
  • Pierre GIRAUD( 1791) : cardinal archevêque de Cambrai, naquit le 11 soin 1791 à Clermont en Auvergne , dans cette partie de la ville qui formait autrefois une ville à part , et qu'on appelle MontFerrand. Son père y remplissait alors les modestes fonctions de juge de paix. Pierre Giraud entra à dix ans au collége de Clermont, y acheva ses études en 1808, et l'année suivante, à peine âgé de dixhuit ans, il enseignait luiméme les humanités à l'école secondaire ecclésiastique d'Amiens. C'est là que sa vocation encore incertaine se fixa (l'une manière irrévocable. Il entra au séminaite de StSulpice, à Paris, et s'y lit bientôt remarquer par sa piété , son aménité , ses inclinations vraiment apostoliques , non moins que par les charmes d'un esprit facile , pénétrant et disert. Il débuta dans la carrièt e du sacerdoce à la paroisse de StSulpice , voisinedu séminaire. Il y faisait le catéchisme de persvérance , suivi, comme on sait, par les adultes , et y dirigeait l'instruction des petits Savoyards, cette oeuvre touchante du malheureux abbé de Fénélon. Ce sont là des fonctions qui exigent de la part de celui qui les remplit, la première, beaucoup de tact , de gravité et de lumières; la seconde, beaucoup de charité. Aussi ne sontelles jamais confiées qu'à des sujets d'élite. La manière dont l'abbé Giraud s'en acquitta ne fit qu'accroltre l'estime que ses supérieurs avaient pour lui, et l'évoque de Clermont, en ayant été instruit, le rappela en Auvergne. Parmi les personnes qui pleurèrent son départ se trouvait un jeune homme , alors fort obscur, dont il avait été le premier maître; c'était un de ces Savoyards que la Providence avait placés un mo- ment sous sa tutelle. Sur l'humble banc du cati- chisme où ce pauvre enfant venait s'asseoir , l'abbé Giraud , quoique bien jeune encore, avait su entrevoir sa belle àme et ses rares facultés. s'était attaché à lui , et après l'avoir initié aux éléments des lettres, il lui avait ouvert la porte des écoles. C'est à cet acte d'intelligente charité que nous devons ce prélat illustre, membre de l'Académie française, l'ornement aujourd'hui de l'Église de France. Nommé d'abord vicaire dans une des paroisses de sa ville natale, et chargé ensuite de prêcher la parole de Dieu dans les pr villes de la province , l'abbé Giraud était à vingtneuf ans , sans que personne s'en étonnât, curé de la cathédrale de Clermont et vicaire général du diocèse. Sa réputation de prédicateur s'était répandue à son insu bien au delà des montagnes d'Auvergne. Dans un voyage qu'il fit à Paris pour affaires diocésaines , on vint lui (lire un jour, à sa grande surprise et à son grand effroi, que le roi voulait l'entendre. Bon gré, mal gré, il fallut obéir. A peine eutil le temps de se préparer; mais on ne s'en aperçut pas en l'écou- tant. Il précha devant la cour la station du carène , en remplacement de l'abbé de MacCarthy , qu'une indisposition assez grave éloignait inopinément de la chaire , et reprit en hAte , après Pâques , le chemin de Clermont. Le 9 janvier 1830 on le nomma sans le consulter évèque de Rodez. Il n'accepta cette charge que sur les instantes prières de M. l'évèque d'Hermopolis, qui avait luimème conseillé ce choix au roi Charles X. M. d'Hermopolis , né à Rotiez, connaissait à fond les besoins de ce diocèse; mais il connaissait aussi la capacité et les vertus du prètre de Clermont, et il lui disait avec sa gràce ordinaire u C'est pour nous , et non pour vousmème, que « nous vous demandons pour evèque. » Personne n'ignore que le diocèse de Rodez, situé dans les Cévennes, est trèsgrand , trèspauvre, d'un accès et d'un parcours difficiles. Il compte plusieurs centaines de paroisses, dispersées dans des vallées sauvages et sur des montagnes arides. Les ruines que le temps et la révolution y avaient faites attristaient depuis longues années les yeux des voyageurs. Des cimetières dévastés, des tem- ples croulants, des presbytères qui n'abritaient ni du vent ni de la pluie la tête du pasteur. Quantité de desservants n'avaient pour célébrer le saint sacrifice que des chasubles de toile et des vases d'étain. Isolés et comme perdus dans leurs bourgades , ils communiquaient rarement entre eux, plus rarement avec leur évoque. Toute unité manquait à leurs efforts, et nonseulement l'unité, mais l'impulsion et la direction. Le nouvel évéque , en peu de temps , renouvela la face des choses. Il reconstitua les conseils de fabrique et les éclaira sur leurs devoirs. JI organisa des rutraites ecclésiastiques, si salutaires à la discipline, si encourageantes , si fécondes en bonnes inspirations et en bonnes oeuvres. Il fonda des écoles chrétiennes, une école ecclésiastique, une caisse de retraite pour les vieux prètres. Il créa des bibliothèques paroissiales et un musée. Il se mit à la tète d'une association contre le paupérisme qui dévorait depuis longtemps les campagnes du Rouergue. Il fit concourir à ses œuvres, par des dons volontaires, nonseulement les riches, mais encore les paysans et les artisans, et montra quelles ressources la charité sait trouver dans le pays en apparence le plus misérable. Infatigable au travail , il se levait tous les jours, hiver comme été , avant cinq heures (lu matin , et malgré le surcroît d'occupations qu'il s'était volontairement imposées, il suffisait à tous les devoirs de la charge pastorale. Il visitait les écoles, les hôpitaux , les prisons , et montait souvent en chaire. Il se plaisait surtout à évangéliser les campagnes. Il parlait aux paysans un langage simple, familier, et savait mettre sans effort à la portée de ces esprits incultes les plus sublimes leçons du christianisme. Il n'y a peut-ètre pas un hameau de son âpre diocèse qu'il n'ait visité au moins une fois; et c'est, (liton , dans une de ces tournées pastorales qu'il contracta le germe funeste d'une maladie de poitrine qui devait briser avant le temps sa constitution naturellement vigoureuse. Il commençait à jouir du bien qu'il avait fait lorsqu'il fut appelé en 1841 à l'administration d'un autre diocèse. L'église de Cambrai, qui depuis 1801 n'était gouvernée que par un évêque, venait de remonter au rang de métropole, en vertu d'une convention récemment conclue entre l'État et le souverain pontife. Monseigneur Giraud en fut nommé archevèque, et personne en effet, par ses vertus et ritème par les grâces de son caractère et de son talent , ne semblait plus digne que lui d'aller occuper le siége de Fénélon et d'eu retracer la mémoire. Il n'accepta pourtant qu'à regret ce surcrolt d'honneurs , qui n'était à ses yeux qu'un surcroît de responsabilité , et ne se sépara qu'avec une douleur sincère de ses premiers diocésains. Après avoir reçu le pallium à Arras, des mains du cardinal de la Tour d'Auvergne , il fit son entrée à Cambrai le 25 février 1842, et le 14 juin de la méme année il fut décoré de la pourpre. Cependant, contre toute espérance, il ne réussit pas à se concilier, dans le département (lu Nord , les mêmes sympathies qui l'avaient accueilli et soutenu dans celui de l'Aveyron. Il rencontra du moins, presque à son arrivée et au sein même des conseils représentatifs, des préventions et bientôt une hostilité qui l'entravèrent dans toutes ses entreprises. Voici à quoi l'on attribue l'espèce de malveillance dont le vénérable cardinal fut l'objet pendant tout le cours de son administration. Le défunt évêque de Cambrai, monseigneur Belmas, était du petit nombre des ecclésiastiques qui avaient jadis prété serment à la constitution civile du clergé. Il s'était sans doute rétracté à l'époque du concordat , et depuis lors il édifiait l'Église par ses moeurs autant que par la pureté de sa foi. Il était donc généralement aimé; mais, Witonsnous de le dire, on l'aimait en certains lieux, autant et plus pour ses erreurs d'un jour que pour ses vertus de tous les jours. Quant à monseigneur Giraud, il honorait aussi le souvenir de son prédécesseur ; mais il parait qu'il eut l'imprudence, le jour mème de son inauguration , de faire quelque allusion à sa chute passagère, et cela suffit à soulever contre lui les plus injustes accusations. On altéra sa pensée, peut-être aussi ses paroles. On s'efforça de le faire passer pour intolérant et fanatique, et cette première impression, toute fausse qu'elle était, n'était pas encore entièrement effacée quand le cardinal Giraud mourut, le 14 avril 1850. C'était à tous égards un prélat exemplaire , charitable , savant, conciliant, modeste. Vivant sous un gouvernement libre , il suivait de loin avec intérêt les discussions politiques , mais ne s'y mèlait point. Il n'avait garde de mettre l'autorité de son ministère au service d' changeants et d'opinions toujours incertaines. Aucun parti ne trouvait en lui un adversaire , encore moins un serviteur. Il n'était partisan que de la justice, de la charité, de la morale, de la croix et des vérités éternelles qu'il avait mission d'enseigner. Il avait, comme prédicateur , des ilualités remarquables, la clarté, l'élégance, l'onction. Il prêchait souvent (l'abondance, surtout dans ses excursions pastorales, et à l'exemple du divin maitre , il lui arrivait souvent alors de prendre pour thème de ses sermons ou pour objet de ses similitudes quelque circonstance de son voyage ou des scènes rustiques dont il était entouré. Un jour, par exemple, en entrant dans un village (lu Rouergue , il s'approcha d'un enfant et l'interrogea avec bonté. Étonné de ses réponses, il lui demanda qui lui avait enseigné ce qu'il venait de dire. L'enfant lui dit : C'est ma mère. » Ce mot le charma , et peu d'instants après, étant monté en chaire , il en fit le texte d'un sermon qui émut tous les assistants. Mais le cardinal Ciraud n'était pas seulement un bon prédicateur, il était en outre un excellent écrivain , plein d'érudition , plein de goùt. Il avait traduit en sa jeunesse le traité du Destin de Cicéron , et cette traduction a été publiée dans les oeuvres de Cicéron, édition Fournier, Paris, 1817. On a plus tard rassemblé sous le titre d'OEuvres de monseigneur Gi- raud archevêque de Cambrai la collection de ses mandements et lettres pastorales, depuis son entrée dans l'épiscopat, Cambrai, 4846, 4 vol. Cet ouvrage a sans àoute quelquesuns des défauts du genre , un certain ton qui ne manque pas d'élévation et de grandeur, mais qui ressemble au ton ordinaire de tous les mandements, qui était pour ainsi dire noté d'avance comme un air de pla et qui, par conséquent, n'a rien et ne peut rien avoir de neuf ni (le personnel. Mais ce n'est là uri défaut qu'au point de vue littéraire seulement, et ce n'en est pas un au point de vue plus élevé de la religion Il en résulte bien quelque monotonie ; mais, à cela près , l'oeuvre du cardinal est d'une saine , utile et parfois char- mante lecture. Thèmes bien choisis et bien appro- priés aux temps, aperçus profonds ou ingénieux, belles images, diction aisée, coulante , majestueuse avec gràce, telles sont les qualités qu'on y remarque. Le cardinal Giraud n'était, quoi qu'on en ait pu dire , ni un Massillon , ni un Fénélon ; mais il était certainement de la famille. Sa vie a été écrite par Jean Paul Faber, Cambrai, impri- merie de Simon, 1850
  • Pierre GOUDELIN( 1550 - 1619) : jurisconsulte estimé du 16 siècle, naquit en 1550 dans la ville d'Ath, en Hainaut. Il consacra la première moitié de sa vie à l'étude des langues savantes, et la seconde à celle du droit, qu'il enseigna d'abord à Malines et en deroje• lieu à Louvain, où il avait reçu le bonnet. de docteur en 1586. Il mourut le 18 octobre 1619. On lui doit 1- De pire norissimo, Anvers, 1620, Arnheitn, Iti ".5 et I t;61. Cet ouvrage, qui se recommande par une méthode extrémement lumineuse, n'est d'ailleurs qu'un extrait de la doctrine de Vigelius, (kens lequel on a inséré plusieurs coutumes particulières atm PaysBas. 2" De jure feudorum, Louvain , 1624 ; Cologne, 1?11 Ce traité, auquel•on a joint les Prœlectiones fetidales de fleuri Zoésius, ne renferme sur la matière féodale que les principes consacrés par l'ancienne légisiatiun de la Belgique et ?le la France. 5. De jure paris, Louvain , 1620, et Lyon, 1641 •-0 Syniagma regulaum jouis, Anvers, l610 tous ces I lifférenk écrits ont été réunis en un seul volume Anvers, 1685. On trouve également dans cette édition le traité De testa- mentis, et les autres productions du n' élue auteur sur le droit
  • Pierre GRIMANI : doge de Venise, succéda en 1741 à Louis Pisani. A cette époque, la guerre pour la succession d'Autriche était allumée contre MarieThérèse dans la moitié de l'Europe. La ré- publique deVenise, traversée par les arméesautrichiennes, vit souvent aussi son territoire violé par les Français et les Espagnols : elle persista cependant à observer une stricte neutralité; et, mettant des garnisons nombreuses dans ses places fortes, elle n'éprouva d'autres calamités que quelques désor- dres passagers au milieu des troupes dont elle était entourée. Grimani mourut en 1752, et F. Lo- redano lui succéda
  • Pierre GOLIUS : frère aîné du précédent, entra de bonne heure dans l'ordre des carmes déchaussés, et y prit le nom de Célestin de SteLiduvine. Comme son frère il se livra à l'étude des langues orientales, les enseigna même dans le couvent de son ordre à Borne ; et, embrassant la carrière des missions, il passa en Syrie, où il devint supérieur des carmes de son ordre au monastère de MarElia dans le mont Liban. Ce fut là, vers 1643, qu'il fit connaissance avec le fameux solitaire Galaup de Chasteuil . Le P. Élie ayant été élevé à l'archevêché d'Eden, Il. de Chasteuil, entraîné par les sollicitations du P. Célestin , vint habiter à MarElia et y mourut. Le P. Célestin prononça son oraison funèbre en arabe ; on lui attribue aussi l'épitaphe mise sur le tombeau de ce solitaire, qu'on lit dans le Voyage au Liban de la Roque. Ses connaissances dans les langues orientales le firent choisir par Sergius Risius , archevêque de Damas , pour travailler à la Bible arabe que ce prélat commença, et qui fut imprimée à Rome en 1671 . Le général de son ordre l'ayant fait visiteur des missions , il partit pour les grandes Indes , et mourut à Surate dans le cours de ses visites. On ignore l'époque de sa mort. On doit au P. Célestin de SteLiduvine 1. une Traduction arabe de l'Imitation de Jésus- Christ , imprimée à Rome à la Propagande en 1665 et réimprimée par les soins de CalIenberg , Halle, 1738-1739,4 parties Étienne- Évode Assemani a trouvé dans la bibliothèque pa- latine des Médicis une traduction manuscrite arabe de l'imitaiion, faite par le P. Ignace d'Orléans, capucin , à Alep en 1658, vingtcinq ans avant que la traduction du P. Célestin eût paru ; et comme il l'a reconnue conforme à celle du carme déchaussé, Assemani pense que ce dernier doit être appelé plagiaire plutôt que traducteur. Comme nous ne connaissons point la version du P. Ignace, nous suspendrons notre jugement. 2° Vie de Ste- Thérèse , traduite de l'espagnol en arabe. 30 Autre traduction de cette langue en latin de Sentences et de Paraboles recueillies de divers auteurs. La Bibliothèque des écrivains de son ordre lui attribue encore divers autres ouvrages ou traductions. Voyez Bibi. Carmelitana du P. Cosme de Villiers
  • Pierre GOUDELIN : Les bibliographes out écrit son nom de quatre manières difTérentes : i; odolin , Goudoulin , Godelin et Goudelin. La première orthographe était une des plus usité,.s. Mais, dans une polémique engagée sur ce sujet à l'occasion de la belle édition de ses oeuvres publiée en 1843 à Toulouse par MM. Cayla et Cléobule Paul , M. Notilet a prouvé par documents authentiques qu'il faut écrire Goudelin. En idiome languedocien on a toujours rendu ce nom par Goudouli. — Ce célèbre pete est né à Toulouse en 1579. Son père était un chirurgien tris- expérimenté . Le jeune Goudelin avait deux frères; il fut élevé au collége des jésuites, et se fit reniai, mer de bonne heure par la vivacité de son esprit et par l'élégance de ses compositions. Il aimait beaucoup Virgile , dont il savait par coeur les principaux ouvrages. Ses parents le destinaient au barreau. ll prit la licence en droit et se fit recevoir avocat au parlement. Les difficultés de sa nouvelle profession rebutèrent bientôt le jeune Gou&Min , il abandonna la toge ; tin penchant irrésistible l'entralnait vers les belleslettres. Le 3 mai 1609, étant encore escolier tholozain, il présenta aux anciens jeux floraux un chant royal en vers francais ; il obtint le souci d'argent. Peu de temps après, Goudelin laissa de côté la poésie française pour chanter dans sa langue maternelle, langue si riche , si douce et si flexible. Ses succès furent rapides et brillants, et le placèrent bientôt au rang des premiers troubadours. La poésie languedocienne refleurit si hien dans ses écrits, que l'on crut un moment voir renaltre les plus beaux jours' de la poésie romane. — Goudelin publiait ses compositions, qu'il appelait des fleurs, d'une manière assez originale. Quand il avait un nombre similisant de fleurs écloses dans sa corbeille poétique, il les groupait ensemble, les assortissait et les offrait au public sous le nom de Ihzuu moroddi, flourèto . C'était ensuite lino secoundo ri flouréto gué s'es espandido del broutouna dé la darrift° impressiu ; ou bien Lé broutoun noubélet ; ou bien encore La noubélo flourèto del ramélét moundi Ce n'est qu'en 16i:; que l'ensemble de toutes les pièces de notre célèbre troubadour paru sous le nom de Las obros dé Pierré Goudelin . — Goudelin a composé des odes, des sonnets, des idylles, des noëls, des chansons Ses odes sont d'un style noble et soutenu. Imitateur habile d'Horace ou de Pindare, il emploie avec bonheur les fictions les plus hardies, les tours les plus concis, les expressions les plus harmonieuses. Ses sonnets offrent de la variété, quelquefois de l'élévation , toujours de l'éclat et de l'originalité. Ses idylles respirent la molle délicatesse, la grâce et l'abandon. Ses noëls se font remarquer par leur simplicité, leur naïveté et une douceur inexprimable. Ses chansons sont pleines de gaieté , d'entrain et de malice. Coudelin connaît tous les tons, et sait les varier merveilleusement suivant qu'il chante le ciel ou la terre , les seigneurs ou les bourgeois, la bergère Lyris ou le bon vin sérieux ou enjouc, tendre ou énergique, on distingue toujours en lui le grand poëte qui domine son sujet. On admire ses stances sur la mort de Ilenri IV ; on les regarde comme un chefd'oeuvre de sentiment , de pathétique et d'élégance. Les premières strophes présentent un tableau d'une délicatesse et d'une fratcheur étonnantes. L'apostrophe à Ravaillac est pleine de verve et de chaleur. L'auteur du Prœdium rusticum a essayé de traduire ce chant funèbre en vers latins. Sa traduction parait bien faible quand on connaît l'original. Les poésies de Goudelin , malgré leur perfection de style, renferment quelques taches que ses éditeurs ou ses commentateurs n'ont pas toujours signalées'. On trouve dans ses odes des idt'es par trop pompeuses. H y a dans ses noëls des images ou des expressions communes, quelquefois même triviales. Cédant à l'esprit de son époque, le poète abuse des allusions affectées ou des jeux de mots de mauvais goùt ; plus rarement il brave un peu l'honnèteté. Coudelin fut l'ami et le protégé du comte de Cartuaing et de plusieurs autres grands seigneurs. Lorsque le maréchal de Montmorency,' venait passer le carnaval à Toulouse, notre troubadour composait pour lui des discours en prose ou prologues satiriques, parfois burlesques, qu'il récitait en masque selon l'usage du temps. Il n'y avait pas une fête, pas une réunion un peu considérable dans la ville , où notre joyeux porte ne joufmt un rôle important comme auteur et mème comme acteur. « Là où se trouvait Couic Belin la joie était plus vive et la conversation « plus animée. )) Sa réputation ne tarda pas à s'étendre dans tout le royaume. Elle franchit mène les Alpes et les Pyrénées. Plu sieurs de ses compositions furent traduites en italien et en espagnol . — Goudelin était un homme bon et généreux. Il avait un caractère aussi facile que son esprit , mais il était un peu enclin à la paresse et beaucoup trop insouciant. Il ne pensait ni à la glitire, ni à la fortune. Il dissipa pièce à pièce son patrimoine, qui consistait en un petit bien dans le village de StAgne. Il cultivait ce bien avec deux paires de bœufs ou deux charrues. Comme il ne lui restait que le bâtiment et le jardin, on rapporte qu'il écrivit un jour sur la porte en gros caractères : A vendre une métairie de deux paires , et audes sous en petites lettres, de poulets. Vers cette époque un de ses amis était venu lui représenter trèsgravement combien il avait eu tort de vendre une de ses vignes. Goudelin lui répondit : belle vigne en effet , il y pleut comme à la rue I Goudelin finit comme la Fontaine par manger son bien avec son revenu. Il allait tomber dans la misère lorsque, sur sa demande, les capitouls de Toulouse, par une délibération spéciale, lui assurèrent une pension viagère. Le chapitre de St-Étienne suivit bientôt ce noble exemple. Coudella arriva sans infirmités jusqu'à la tin de sa carrière. Age' déjà de soixantedix ans, il se promenait un jour dans le clottre des grands carmes, au milieu des tombeaux , appuyé lourdement sur sa canne; un religieux lui dit : Vous frappez bien fort sur les dalles ! — Je frappe, répliqua « til , afin qu'on vienne ; n'ouvrir I ll avait dit vrai ; quelques mois après, c'est-àdire le 16 septembre 16 49, Goudelin fut enseveli dans ce clottre à la place tWine où il avait frappé. Pitaval rapporte qu'à l'heure de sa mort notre poëte, ayant assemblé huit notaires, leur déclara qu'il faisait son neveu héritier général , mais qu'il voulait un testament composé d'un seul mot, Les notaires répondirent que les lois et les coutumes exigeaient dans les testaments certaines formalités plus ou moins longues. « Vous ! tes tous des ignorants, » leur ditil. 11 fit venir son neveu et lui présenta un sac , qui renfermait tout son avoir, en disant : Té I . Cette historiette parait apocryphe. Goudelin est mort fort pauvre; il vivait d'une pension de trois cents livres, accordée par la ville , et d'un secours de trentesix écus fourni par le chapitre de St-Étienne. Comment son avoir pouvaitil remplir un sac? Tout au plus pouvaitil garnir une bourse. D'un autre côté estil croyable qu'un homme dans sa position eût pu réunir huit notaires? Il faut regarder aussi comme trèsdouteuse son épitaphe , composée par luimême et conservée par le P. Serane , jésuite : Ayci Van trigoussat lé paôure Goudouli, Perçoqué le Bougras bouillo pas y béni. Ici on l'a traîné par force , le pauvre Goudelin , Parce que ce grand pendard ne voulait pas y venir.) On a du reste mal à propos attribué à Goudelin une foule d'anecdoctes, de prétendus bons mots, grossiers, mème cyniques, 'd'un porteur de chaises de Toulouse, auteur de méchants vers, qui prenait , et des courrel'âne trèsmal rimés. On publia sur la mort de Goudelin un grand nombre d'odes , d'élégies, d'épitaphes et de quatrains. Les membres des jeux floraux, lors de l'érection de leur corps littéraire en académie, s'empressèrent de placer son portrait dans la salle de leurs assemblées, en signe d'adoption. On inscrivit son nom parmi ceux des Mainteneurs, dans les archives et dans l'histoire de cette illustre compagnie. Un siècle et demi après sa mort , ses cendres furent transportées avec pompe des grands Carmes dans l'église de la Daurade, où reposaient celles de Clémence lsaure , et où sont bénies chaque année les fleurs d'or et d'argent destinées aux lauréats. Au moment de cette translation , le secrétaire de l'Académie florale prononça l'éloge de notre grand pone. On assure que l'abbé Goudelin et le capitaine Goudelin, ses neveux, avaient composé une notice détaillée sur sa vie. Cette notice est restée inédite. Le buste de Goudelin a été placé dans la galerie du Capitole de Toulouse parmi ceux des hommes illustres du pays. - Voici les principales éditions des poésies de Pierre Goudelin : lé Ramélét moundi, Toulouse, petit 1617, 1621, 1637, 1638 ; las Obras dé Pierré Goudelin , Toulouse 1645, 1617, 1648 ; 1678, 1687,1693,1691, 1700,1713,1716 , 1749, 1774, 1811 ; Amsterdam , 1766, 1811 ; 1771 ; Toulouse, format grand jésus, • 1845, avec traduction en regard et trente lithographies , J. Dupin avait annoncé en 1843 une autre édition contenant cinquante pièces inédites, un portrait de l'auteur, et sa biographie par ses neveux , l'abbé et le capitaine Goudelin. Cette édition n'a pas paru. - On doit citer aussi : las Pouésios dé Pierré Goudouli et d'autres pouétos dé Touions° , Toulouse, 1831
  • Pierre GOURJU( 1762 - 1814) : né en 1762 , était fils d'un notaire à Morestel , en Dauphiné. A l'Age de quinze ans , il entra à l'institution de l'Oratoire, et fut à dixsept ans admis dans cette société. Il fut d'abord préfet des classes 'à Lyon , ensuite professeur à Effiat et dans d'autres maisons; enfin il occupa au collége de Lyon les chaires de physique et de philosophie, qu'il garda jusqu'à la clôture de la maison en 1792; mais il continua de se livrer à l'enseignement jusqu'au moment où les circon- stances le contraignirent à se cacher. Après le règne de la terreur, il revint à Lyon et donnait, chez lui des leçons de mathématiques, de littérature et de philosophie. La fondation de l'université, en 1810 , détruisit son établissement; mais en mème temps il fut nommé professeur de phi- losophie et doyen de la faculté des lettres à l'Aca- démie de Lyon. 11 a conservé ces fonctions jusqu'à sa mort, arrivée le 5 avril 1814. 11 a laissé en manuscrit des cahiers de physique, une rhétorique, une logique, et enfin un ouvrage qui a été publié sous ce titre : la Philosophie du dix- huitième siècle dévoilée par elle- mbne, ouvrage adressé aux pères de _ famille et aux instituteurs chrétiens, et suivi d'ob- servations sur les notes dont Voltaire et Condorcet ont accompagné les Pensées de Pascal, Lyon, 1816, 2 vol. avec un portrait de l'auteur. Ce livre fait honneur à la piété de Goulju ; mais la fiction de l'apparition de Voltaire à l'auteur du Citateur est au moins froide il en est de mèine de la prétendue assemblée des philosophes , et l'auteur ne parait pas en général avoir atteint son but d'y tourner l'impie en ridi- cule. La gravité de Goinju était pent-ètre un obstatle à ce qu'il réussît dans le genre ironique du moins atil fait preuve de talent dans le genre sérieux; le morceau qu'il a mis à la tète des Ré- flexions sur les Pensées de Pascal, toute cette dissertation sur le sentiment moral, prouve le mérite littéraire non moins que l'élévation du caractère, de l'auteur
  • Pierre GOVÉA DE VICTORIA( 1560 - 1610) : jésuite , naquit à Séville vers 1560. Les choses merveilleuses qu'il entendait raconter de l'Amérique et surtout du Pérou, lui inspirèrent dès son enfance un désir ardent de parcourir ces contrées lointaines; mais son père s'opposait constamment à son départ. Aussi à peine Govéa l'eutil perdu , qu'il parvint, à force de sollicitations, à obtenir le consentement de sa mère ; et quoiqu'il n'eût que treize ans, il alla s'embarquer à Cadix. Après avoir parcouru l'océan Atlantique et la mer des Antilles, et pris part à plusieurs combats, il passa par l'isthme de Portant son esprit de bienfaisance au delà du tombeau et voulant empêcher qu'après sa mort des miasmes nuisibles ne s'exhalassent de son corps , il se fit enterrer dans une masse de mortierloriot, sur laquelle on grava cette épitaphe cc Benigne « le Gouz de Gerland , bienfaiteur de son pays, né à Dijon cc le 17 septembre 1695, y est mort le 17 mars 1774. » Voyez le Mémoire de Maret sur t'usage d'enterrer les morts dans les églises ; seconde édition, 1774. Panama dans le grand Océan , où la fortune lui fut contraire. Il eut de fréquentes attaques à soutenir de la part des pirates anglais, fut trompé par le capitaine de son navire, maltraité par l'équipage, et finit par faire naufrage sur une côte inhabitée. Après bien des fatigues et des périls, il arriva au Pérou. Dégoûté de la passion des voyages et de toutes les vanités mondaines, il fit profession chez les jésuites de Lima, en 1597. L'amour de la patrie le ramena, en 1610, à Séville, où il mourut à l'âge de 70 ans. L'année même de son retour, il publia le récit de ses aventures, sous le titre de Naufrage et voyage sur la côte du Pérou , Séville, 1610 Il en fit luimême la traduction latine , qui n'a pas été imprimée. Cc livre fut ensuite traduit en allemand,set imprimé à Ingolstadt. Mais cette version était si mal faite et tellement remplie de passages inintelligibles, que Jean Bissel, jésuite de Souabe, entreprit d'en corriger les fautes, et d'en donner une traduction latine. Il parait qu'il n'a pas eu sous les yeux l'original espagnol , puisqu'il dit qu'il ne sait pas s'il faut attribuer les choses obscures à l'auteur ou à son traducteur. On reconnatt que le père Bissel s'est principalement attaché à faire étalage d'érudition et de talent pour la poésie. 11 n'a , au reste, fait que suivre , en quelque sorte, l'exemple de Govéa, dont l'ouvrage n'offre qu'un bien mince intérêt. 11 a cousu ensemble des extraits de livres trèsconnus sur l'Amérique , y a entremêlé des discours, des déclamations et jusqu'à des prières. Ce qui concerne ses aventures ne pouvait, en effet, tenir que fort peu de place , et il a pris beaucoup de peine pour leur ôter l'attrait que pouvait leur donner la simplicité du récit. La version de Bissel est intitulée Joannis Bisselii Argonauticon Americanorum , sive historia periculorum Petri de Victoria ac sociorum ejus , libri XV, Munich, 160 Elle fut réimprimée à Amsterdam en 1698. Le frontispice porte Dantzig; mais le nom de Gilles Jansson de Waesberg, célèbre imprimeur d'Amsterdam, prouve qu'elle a été imprimée dans cette ville, ce qui est d'ailleurs confirmé par une lettre de Bayle
  • Pierre GRADENIGO : doge de Venise de 1289 à 1311, est l'auteur de la révolution qui a rendu l'aristocratie héréditaire ou fermé le grand conseil. Lorsque le doge Jean Dandolo mourut en 1289, le peuple de Venise, qui commençait à s'alarmer des usurpations lentes et tacites du grand conseil, se rassembla sur la place StMarc, et refusa aux quarante et un électeurs désignés par le parti aristocratique le droit de nommer un nouveau doge; il proclama ensuite Jacques , fils de Lorenzo Tiepolo, qui avait été doge de 1272 à 1282 ; mais Jacques , qui avait acquis une grande popularité par ses vertus privées, ne voulut point en abuser pour violer la constitution. 11 dissipa le tumulte excité en sa faveur , et partit secrètement Pour Trévise , afin de se dérober au zèle de ses partisans. Les électeurs aristocratiques profitèrent de son éloignement pour proclamer au bout de dix jours Pierre Gradenigo, qui était alors podestat de Capod'Istria. C'était un homme passionné et vindicatif, qui avait montré de tout temps son zèle pour l'aristocratie , et en qui ces dispositions étaient confirmées par l'opposition qu'avait rencontrée son élection. Le nouveau doge fut de bonne heure engagé dans une guerre dangereuse contre les Génois, guerre qui de 1293 à 1299 compromit l'existence de la république de Venise. Avant méme qu'elle ftit terminée, il s'occupa des moyens d'enlever au peuple toutes les préroga- tives qui lui restaient. Le dernier jour de février 1297, il porta le décret qui, servant de fondement au pouvoir de l'aristocratie vénitienne, est devenu fameux sous le nom de Cljture du grand conseil. Gradenigo par cette loi ravit au peuple le droit de réélection, pour l'attribuer au tribunal criminel, nommé Quarantie. Par plusieurs décrets qui se succédèrent pendant les vingt années sui- vantes, ce droit de réélection fut réduit à une vaine formalité qu'on supprima enfin tout à fait; et pour entrer au grand conseil de Venise, il ne fallut plus prouver que la possession héréditaire et l'àge requis de vingtcinq ans. Mais le peuple de Venise fie se laissa pas patiemment dépouiller de la souveraineté que Gradenigo transférait à la noblesse. Deux conjurations, l'une de Marin Boc- conio en 1299, l'autre de Boémond Tiépolo en 1310 , mirent deux fois le doge et la noblesse dans le plus extrême danger. Gradenigo montra une grande vigueur et une grande habileté pour défendre son ouvrage; l'aristocratie fut maintenue, mais luimême demeura l'objet de la haine du peuple. Il mourut au moins d'août de l'année 1311. Marino Giorgi fut son successeur
  • Pierre GRANIÉ( 1755 - 1819) : né à Béziers en 1755, suivit la carrière du barreau, fut admis en 1800 au nombre des avocats près la cour de cassation , et reçu en 1814 avocat aux conseils du roi. Nominé au commencement de 1819 viceprésident du tri- buttai de première instance de Bordeaux , il mourut subitement dans cette ville le 22 juin de la même année. M. Emerigon , président du tribunal, prononça sur sa tombe un discours. On a de Granié : 1. Lettre au citoyen D*" sur l'ouvrage inti- tulé Mes rapports avec 1 .J. Rousseau, par le citoyen Dusaulx, 1798 2. Observations sur les lois maritimes dans leurs rapports avec le code civil, Paris, 1799 30 Histoire de l'assemblée constituante. écrite par un citoyen des États- Unis. Paris, 1797, 1799 réimprimée après la restauration , avec le nom de l'auteur, sous ce titre Histoire des états généraux, ou Assemblée consti- tuante en 1789, sous Louis XII. ibid., 1811 Elle a été traduite en allemand par L.F. Huber , Leipsick , 1798-99 , 4. Lettre à ilgts sur la philosophie dans ses rapports avec notre gouvernement , ibid., 1802 , ; 5" Petite lettre sur un grand sujet, ibid., 1812 . Elle est relative à la discussion que firent naitre la comédie des Deux gendres et celle de Conaxa . 6" Histoire de Charlemagne. roi de France et empereur d'Occident au renouvelle- ment de l'empire, précédée d'un précis historique sur les Gaules , ibid., 1819 , On lui attribue aussi des Réflexions sur Machiavel
  • Pierre GRAVINA( 1453) : excellent poi5te latin du 15e siècle, était de l'illustre famille des Gravina originaires de Capoue. Catane et Naples se dispu- tent l'honneur de lui avoir donné le jour mais il nous apprend luimème qu'il naquit à Palerme vers 1453. 11 avait reçu de la nature un esprit vif et ferme , une mémoire heureuse et une intelligence rare , et il était doué encore de toutes les qualités extérieures propres à relever ses talents. a n'avait jamais vu un cavalier de meilleure mine, il faisait admirer son adresse et son agilité dans us les exercices du corps. 11 aimait le faste, et table était toujours servie délicatement ; il ne livrait cependant au plaisir de la bonne chère u'avec modération : aussi conservatil jusque mis un àge avancé une santé que rien ne semlait pouvoir altérer. Dans quelque carrière qu'il it entré , Gravina eût pu se promettre des suc-ès; mais exempt d'ambition, il préféra aux cmlois les plus relevés une vie tranquille et libre e soins. Un beau paysage avait pour lui des harmes inexprimables, et la délicieuse vallée de orrento, qui lui en offrait plus qu'aucun autre ieu du monde, l'arrêta souvent des années enières. Il eut pour précepteur Aurèle Bienati, lomme instruit, à qui l'on doit, entre autres ourages, un Abrégé de la grammaire latine de Talla. Après avoir terminé ses études il se rendit Noie, et de là à Rome , où il suivit les leçons les maltres les plus célèbres. 11 visita ensuite 'Italie , accueilli , fêté partout, et ne s'éloignant fun lieu que lorsqu'il espérait plus de plaisir Jans un autre. Résolu enfin à se fixer, il choisit 'état ecclésiastique, comme celui qui s'accordait e mieux avec son goût pour l'étude, et l'on sait 'n'il prononça un discours en présence du pape ‘lexandre VI, le jour de l'Ascension, en 1493. 11 •e rendit à Naples peu de temps après , et devint iientôt l'un des principaux ornements de cette our, alors la plus polie de toute l'Europe. Il se ia d'amitié avec Jov. Pontanus , Sannazar, Grenus Rhodiginus et d'autres hommes d'un rare mérite. Le célèbre Gonsalve de Cordoue voulut être son protecteur; il le combla de présents, lui assigna une pension suffisante pour le mettre à mème de continuer à se procurer toutes les jouissances qu'il aimait, et enfin lui fit obtenir un riche canonicat de la cathédrale de Naples. Après le départ de Gonsalve , Gravina trouva un nouveau Mécène dans Prosper Colonne, dont il éprouva souvent la libéralité. Pierre de Navarre lui donna aussi des preuves de sa bienveillance et de son estime ; mais Naples était devenue le théâtre de guerres sanglantes et de troubles sans cesse renaissants , et Gravina, qui préférait le repos à tous les biens de la fortune, se retira à Sorrento, où il rencontrait d'agréables distractions dans la composition de ses ouvrages. Pierius Valérianus dit qu'il mourut de la peste à Rome en 1528; mais Mongitore rapporte que Gravina , étant un jour à la campagne , près de Goneha , s'assit à l'ombre d'un châtaignier, et qu'un des fruits épineux de cet arbre lui étant tombé sur la jambe , il s'y forma un ulcère qui lui occasionna une fièvre lente, dont il mourut en 1527, dans sa 74e année. Écrivain élégant et précoce, Gravina avait composé un grand nombre d'ouvrages en vers et en prose, tant en latin qu'en italien : mais la plupart ont été perdus , et il en supprima luimême plusieurs, en disant que les chants des muses ne devaient point se faire entendre au milieu des fureurs de la guerre. Scipion Capèce recueillit les poésies éparses de Gravina, et les publia , Naples, 15'32 Ce,volume, qui est rare, contient la vie de l'auteur par Paul Jove, un livre d'épigrammes, un de silves , et quelques autres peines, Jean Gruter a inséré quelques épigrammes de Gravina dans ses Delicioe poetar. ital.; et Paul Jove, d'autres dans ses Elogia bellica virtute illustrium : on en retrouve aussi dans les Epigrammata selecta, Palerme, 1606 On a encore de Gravina Epistolœ et orationes, Naples, 4i89 recueil précieux , réimprimé en 1748. Tiraboschi regrette que cette dernière édition ne soit pas précédée d'une biographie de l'auteur, composée par luimême, et dans laquelle il parle de plusieurs de ses productions. L'une était intitulée Lucubratio Surrentina, parce qu'il l'avait rédigée dans l'un de ses séjours à Sorrento. Il avait aussi commenté le Songe de Scipion, et traduit en latin les Con- seils militaires de Diomèdes Caraffe ; mais de tous les ouvrages de Gravina , celui dont on doit le plus regretter la perte est un poème intitulé De Consalvi Cordubm rebus gestis. Le recueil de Capèce en contient un fragment. Gravina, avant d'entrer dans les ordres sacrés, avait eu un fils nommé Tranquillé, jeune homme distingué par la variété de ses connaissances, et qui fut aussi chanoine de Naples
  • Pierre GRAZIOLI( 1700 - 1753) : littérateur, né à Bologne en 1700 , fut admis chez les barnabites à l'âge de dixneuf ans, et professa d'abord avec succès la philosophie à Lodi , et les belleslettres à l'université de Milan. Nominé ensuite recteur du col- lége de son ordre à Bologne , il fut placé bientôt après par le pape Benoît XIV à la tète du séminaire de cette ville. Il mourut dans l'exercice de ses fonctions en 1755 , à un âge où son talent avait acquis toute sa maturité et promettait des ouvrages plus importants que ceux qu'il avait publiés jusqu'alors. On a de lui : jo De prœdaris Medidaui quai denobarbi cladem antecesse- runt dissertatio ; eum duplici appendice : ( litera de sculpiuris ejusdem urbis ( in qua nonnulla usquehac inedita monumenta proferuntur ; altera de carcere Zebedio, ubi nunc primum S. Alexandri Thebis mar- tipis arta illustrautur. Accessit ItyMmus de 411edio- lano jan editus vero emendatus et notis auctus , 17:;;; , 10; Traitai° di poesia ; 3" Vita di Carlo Giuseppe professez Barnabila ; i" Della cita, e nziracoli del B. Alessandro Sailli. Bologne, 1711 , 5" Eloquentice prœludia 6. S. Alexan- der e Thebana legione martyr, Bergomensium tutor, secundis curis illustratus ; 7° Prœstantium virorum qui in congregatione S. Pauli vulgo Barnabitarum memoria nostra floruerunt. On trouve une notice détaillée des ouvrages tant imprimés que manuscrits du P. Grazioli, rédigée par le P. PhilippeMarie ifoselli, son confrère, dans les Sceittaei Bo- lognesi , de Fantuzzi, t. 4, p. 269. Elle suffira pour faire apprécier les obligations qu'a la congrégation des barnabites à cc savant professeur pour les sujets distingués formés à son école, et l'introduction du bon goût dans l'enseignement des 'lettres et des sciences , dont cet ordre lui est redevable en Italie
  • Pierre GRÉGOIRE : savant jurisconsulte , enseigna le droit à Cahors et ensuite à Toulouse. Le duc Charles l'attira en Lorraine, et lui donna une chaire de professeur en droit civil à Pont-àMousson , qu'il conserva jusqu'à sa mort , arrivée en 1597. 11 est l'auteur de plusieurs ouvrages 10 Syntagma juris universi atque legunz pene om- nium, etc., etc. La dernière édition est de Lyon 1606. '2. De republica, lib. XXVI, etc. Il composa aussi , étant à Pont-àMousson, une Réfutation de la cansultation de Charles Dumoulin contre le concile de Trente . Cette réponse , bien écrite et pleine d'érudition, se trouve également dans le tome 5 des OEuvres de Dumou- lin
  • Pierre GRENUS ou GRENUT( 1658) : né en 1658 à Genève, fils d'un des premiers magistrats de cette république , descendait d'une famille réfugiée de Flandre , anoblie en 1553 par CharlesQuint et maintenue par Louis XIV en 1712. Il se distingua tellement en qualité de capitaine , compagniecolonelle des gardes suisses de 1690 à 1696, que le lieutenant général de Stuppa, colonel de ce régiment et chef des troupes suisses en France, dit aux quatre magistrats députés par la répu- blique de Genève à Louis XIV en 1696 que le colonel Grenus était un des braves du siècle, fort aimé du roi et très- estimé à la cour. Ces paroles sont consignées dans les registres du conseil de Genève de 1696. Pierre Grenus justifia cet éloge. On lit, p. 575 du tome 7 de l'Histoire militaire des Suisses, par Zurlauben , que le régiment de Sur- beck, commandé par Grenut , de Genève, son lieute- nant- colonel, contribua beaucoup, en 1705, à la victoire remportée près de Spire par le maréchal de Tallard, et s'acquit une grande gloire au siége de Landau. Il fut brigadier en 1704 et gouverneur de Weissembourg en 1708. Mécontent de n'avoir pas été nommé maréchal de camp en 1710, il se retira à Genève, où le sénat de Berne lui fit offrir , cousin germain du précédent, fils de Théodore , qui était aussi l'un des premiers magistrats de Genève , fut luimeme syndic et chef de la république; il a rendu sa mémoire durable par l'énergie et la capacité qui le distinguèrent lors des troubles qui agitèrent Genève en 1737, et la part qu'il eut à l'offre et à l'acceptation de la médiation de la France; il mourut après la paci- fication de sa patrie en 1738. — GRENUS , de la même famille que les précédents, naquit vers 1760 à Genève, où il fut avocat et en même temps membre des états du pays de Gex. Il prit beaucoup de part aux troubles qui éclatèrent à Genève dans les premières années de la révolution française, et mourut dans cette ville en 1818. On a de lui : 1. Éloge d'Honoré Riquetti de Mirabeau prononcé à Gex le 16 juin 1791, imprimé par ordre des amis de la constitution de Gex StClaude, 1791 ; 2° Correspondance de Grenus et Desonnaz ou État politique et moral de la république de Ge- nève , où se trouvent quelques détails sur la neutra- lité helvétique, etc. , ouvrage très- utile aux citoyens qui veulent connaître les ressorts secrets des événe- ments passés:, présents et futurs , publié à Genève en 1794, 2 vol. par Desonnaz, lequel a publié plus tard un troisième volume faisant suite et contenant l'Histoire de la conjuration de Grenus, Soulavie , etc., où Grenus est présenté comme auteur de divers écrits autres que ceux que nous citons , tels qu'un Appel à la nation, 1791; une Correspondance sur Genève , Annecy , 1799. ; un Coup d'œil sur le Mont- Blanc, etc.; 3. Essai sur ln législation contre l'usure , où l'on traite de l'orga- nisation, des effets et des ravages de l'usure dans le département du Léman, Genève et Paris, 1808 4. Fragments de l'histoire ecclésiastique de Genève au 19e siécle, Genève, 1817 Supplé ment , ibid. ; 50 Mémoires sur les avantages réci- proques de l'introduction de l'horlogerie de Genève en France , suivant le tarif arrêté , Genève , 1818
  • Pierre GRINGORE : poëte français, était né en Lorraine, et probablement dans la terre de Ferrières, diocèse de Toul, puisque dans la dédicace d'un de ses ouvrages il se reconnaît sujet et serviteur de cette maison, Son éducation fut assez négligée ; mais il avait de l'esprit naturel, l'hu- meur enjouée, et le talent d'envisager les scènes de la vie sous un côté plaisant. Il visita une partie de la France, s'arrétant dans les villes et dans les chàteaux , accueilli partout pour sa gaieté , et composant de petites pièces bouffonnes et satiriques , dans lesquelles il faisait le principal personnage. 11 arriva à Paris vers 1510, précédé de sa réputation. Louis XII voulut voir Gringore ; et ce prince, alors en guerre avec Jules II, le chargea de tourner son ennemi en ridicule. Le pete obéit et composa contre le pape une pièce allégorique , intitulée le Prince des sots et la Mère sotte ; elle fut représentée à la halle le jour du mardi gras 1511 , et Gringore y joua le rôle de Mère sotte, dont il conserva le nom. Ces premiers essais de l'art dramatique en France rappellent involontairement l'origine de la comédie dans la Grèce. Le théàtre de Gringore ne devait pas différer beaucoup du tombereau de Thespis ; et les Français , comme les Grecs , ne mirent d'abord dans la bouche des acteurs que des injures et des personnalités. La pièce de Gringore eut tout le succès que le roi s'en promettait ; et le poile, largement récompensé, continua d'égayer le public aux dépens de la cour de Rome. De retour dans sa patrie , il fut fait héraut d'armes du duc m de Lorraine et ajouta à son no celui de Vaude- mont, d'un fief qu'il acheta dans le voisinage du lieu de sa naissance. Il vivait encore en 1544, et il était alors âgé de plus de 60 ans ; mais on n'a pu découvrir ni le lieu ni l'époque de sa mort. On dit , mais sans preuve , qu'il mourut à Paris et fut inhumé dans l'église NotreDame. Niceron , t. 31, a donné une liste incomplète de ses ouvrages : ils sont rares et recherchés par les amateurs de notre ancienne poésie, parce qu'ils font bien connaître l'état des moeurs au commencement du 16e siècle. Gouget dit que le style en est assez bon et a plus de netteté que celui des auteurs contemporains. En voici les titres : 10 le Château du labour, en rime, Paris gothique ; avec Aulcunes ballades, ibid., 1500 ; avec les Fantaisies du monde, ibid., 1532 : quelques personnes attribuent le Château du labour à Octavien de StGelais ; mais l'un de nos bibliographes les plus exacts l'a rendu à son véritable auteur; 2. le Château d'amours, Paris, 1500 ; Lyon, F. Juste , ; Paris, Trepperel ; réim- primé en 1850, Paris : il y décrit les peines qui accompagnent ordinairement la passion de l'amour ; 3" les Abus du monde, Paris, 1501 ibid., 1509; Lyon , Ant. de Ry ; io / es Folles entreprises. qui traitent de plusieurs choses morales, Paris, 1505 , 1507 ; ibid. , gothique ; 5^ Entreprise de Venise avecque les cités, châteaux , forteresses et places qu'usurpent les Véni- tiens des rois, princes et seigneurs chrétiens , 1509 : c'est une apologie de la ligue de Cambrai ; 6^ l'Espoir de paix, et y sont déclarés plusieurs gestes et faits d'aucuns papes de Rome , 1510 de 22 pages : cette pièce est fort rare ; la Chasse du cerf des celfs , 1510, petit de 15 pages; réimprimé à Paris, 1829 : c'est une satire trèsviolente contre Jules II, et le titre est une allusion à la qualité que prennent les papes : vus servorum Dei ; le Jeu du Prince des sots et de Mère sotte , joué aux halles de Paris le mardi gras de l'an 1511 gothique , de 41 feuillets, et gothique, de 16 feuillets : l'ouvrage est divisé en quatre parties : le cri ou l'annonce de la représentation , qui forme aussi le prologue de ' la pièce ; la sottie ou le drame proprement dit ; la moralité, la farce ; 90 les Fantaisies de Mère sotte, contenant plusieurs belles histoires moralisées, , petit fig. , gothique ; Paris, 1525 ; ibid., 1526 : Duverdier en cite une édition de Paris, 1551 ; IO° la Coqueluche de P. Gr gare. Paris , 1518 gothique : pièce trèsrare ; 11. les Menus propos de Mère sotte, avec plusieurs nouvelles et le testament de Lucifer, Paris, 1521, grand ibid., 1522 , 159.8 Lyon, 1535 : Niceron a inséré le Testament de Lucifer dans son article Gringore, t. 31, p. 55-58; 12^ Heures de Notre- Dame à l'usage de Rome, translatées et mises- en ryme sans date ; Paris, 1541 ,15i4 ; 15° Rondeaulx en nombre de trois cent cinquante , singuliers à tous propos. Paris, 1527 gothique ; 14° Chants royaulx figurés moralement , sur les mystères miraculeux de Notre- Seigneur Jésus- Christ et sur sa passion , ibid., 159.7 ; 15" Notables enseignements , adages el iirorcrbes par quatrains , biti. , 1Zi27 , ; 16" les Contredits de songe- creux. ibid., 1530 1532 17" les Fantaisies du monde qui régne, ibid. , Michel Lenoir, j040 de 28 pages, 1,132 ; 18" ks Diverses fantaisies des hommes et des lemmes, ibid., 1558 lettres rondes; Paraphrase et dévote exposition sur les sept très- précieux et notables psauines du royal prophète David mis en ryme françoise liid. , 1511 , petit in•I2. On attribue en outre à Gringore : 20. Sottie a huit personnages ; c'est à savoir : le monde abuz, sut dissolu, sot glorieux, sot corrompu , sot trom- peur, etc., Paris gothique, de 38 feuillets ; 21. Le nouveau Monde avec reser, ' Du pourveu et de Célectif, etc. Paris, Guillaume Costard gothique : ces deux pièces sont une satire trèsvive ; 2'2" les Dits cl autorités des sages philosophes gothique; 5n Maitre tiliborum qui de tont se mêle et seau t faire tout métier et de tout rien et gothique; 9.&" la Complainte de la cité chrétienne faite sur les Lamentations de Jérémie, Paris 25.1e Blason des hérétiques ; 26" Épître de Clorinde â Rhéginus, sans date
  • Pierre GROGNET( 1400) : poëte français, né dans le 15e siècle à Toucy , petite ville du diocèse d'Auxerre , fit son cours de droit à l'université de Bourges, et y reçut le degré de maitre ès arts. Il fréquenta ensuite le barreau; mais il l'abandonna bientôt pour embrasser l'état ecclésiastique. Les seuls titres qu'il prend sont ceux de prêtre et humble chapelain; ce qui fait présumer que ses travaux ne furent récompensés par aucun bénéfice. On croit qu'il mourut vers 1540. Ses ouvrages offrent quelque intérèt aux curieux par le grand nombre de faits historiques qu'il a recueillis , et dont il donne les dates précises avec les circonstances principales. En voici les titres : 1° Les mots dorés du grand et sage Caton , en latin et en français , avec aucuns bons et très- utiles adages, auctorités et dits moraux des sages, profitables à un chacun , t. ter, Paris, 1530 ; t. 2, Paris, 1535 réimprimé avec des additions , ibid., sans date, 2 vol. trèsrare. A la suite des mots dorés de Caton , on trouve : 1. Louange et excellence des bons facteurs qui ont bien composé en rime , tant deçà que delà les monts. Cette pièce en vers de huit syllabes, contient l'éloge des plus grands Lotes? de l'Italie, Dante, Pétrarque, Boccace, et des piges français les plus célèbres alors , mais dont plusieurs ne sont plus connus que par les vers de Grognet. L'abbé Goujet a cité des fragments de cette pièce dans sa Bibliothèque française, et l'abbé Lebeuf l'a insérée en entier dans le àlercure de juin 1739. 2. Récollection des merveilleuses choses et nouvelles advenues au noble royaume de France en notre temps , depuis ton de grâce 14S0. Cette chronique rimée finit à 1530; elle est écrite avec beaucoup de naïveté, et peut être regardée comme le pendant des Faits et dits de Georges Chastelain et de Molinet, et de la Légende de Faifeu . On a publié un Supplément à cette chronique, Mercure de novembre 1740. 3. La Louange des femmes , dédiée à la reine Aliénor ; Bonne Doctrine pour les ; la Louange et description de plusieurs bonnes villes et cités du noble royaume de France. La Description de Dijon par Grognet est conservée en manuscrit à la bibliothèque de cette ville. 2 Sentences et mots dorés de Sénèque en rime , avec la paraphrase en prose de quelques endroits de ses tragédies, Paris, 1534 , 3° Le Désenchantement du péché de luxure , et généralement de tous les péchés mortels, ibid., 1557. Duverdier en cite une autre édition sous ce titre : Le Manuel ou Prompluaire des vertus morales et intellectuelles, ibid. , sans date ; c'est la traduction d'un ouvrage latin qu'il publia ensuite , et qui est intitulé : Enchiridion virtutum, 1538 On peut consulter pour plus de détails : Lettre de l'abbé Lebeuf , au sujet des poésies de P. Grognet, Mercure , juin 1739 ; Lettre de l'abbé Joly sur le mème sujet , ibid. ; Réponse de l'abbé Lebeuf aux difficultés de M. Joly, touchant la patrie et le nom de P. Grognet , ibid.; juillet 1759; Lettre aux auteurs du Mercure, en leur envoyant sa chronique rimée, ibid., novembre 1740, et enfin la Bibliothèque française de Goujet, t. 10 , p. 383 et suivantes
  • Pierre GROTIUS : second fils de Hugues Grotius , demeura longtemps indécis sur la carrière qu'il suivrait; mais il avait été préparé par son éducaticn à fournir honorablement toutes celles où il pourrait entrer. Son premier soin fut d'acquitter un hommage de piété filiale, en publiant les oeuvres complètes de son pére, qu'il se proposait de recueillir en neuf volumes Les quatre premiers devaient renfermer la Théologie; le cinquième, la Jurisprudence; le sixieme, I'llistoire; le septième , la Philosophie; le huitième, les Traductions des pales grecs, en y comprenant l'Anthologie; le neuvième, la Poésie et la Correspon- dance. Malheureusement l'exécution de ce projet s'est bornée à la partie théologique. Pierre Grotius fut nommé conseiller pensionnaire d'Ainsterdam en 1660. Quelques années après, il se vit employé connue ambassadeur , d'abord en Danemarek et ensuite en Suède. Le quatrième volume des Lettres et Négociations du grand pensionnaire de Witt offre la correspondance de Pierre de Groot avec ce grand homme d'État. Il a été colisidéré luimème comme un des diplomates les plus dist gués de son temps. Dans une conjoncture tres- eu 1669 , la hollande requit ses services aupres de Louis dV, tresirraé contre elle; tuais il ne put prévenir la funeste guerre de 1672. Rentré dans sa patrie, il fut membre des états généraux; mais il ne tarda pas à se trouver enve- loppé dans la disgrâce des de Witt, dont on con- n n'y a rien de littéraire dans la vie de son fils aîné, qui s'appelait CORNEILLS, non plue que dans celle de son troisième fils Dmnamc; mais Burigny offre sur l'un et sur l'autre tout ce (Iu'il a etc possible de recueillir ( Vie se Grotius , t. 2 , p. 301 4 307 et 330 à 338 I. Le même biographe donne aussi quelques détails sur eus trois filles , FaANçoisk: , MARIE et CoioiELIE. nalt la déplorable catastrophe. Il s'expatria pour deux ans. A son retour, il fut compromis dans les papiers saisis chez Wicquefort, que l'on avait jugé à propos d'arrèter. Emprisonné luimême, il ne put échapper à une procédure criminelle; mais de ses quinze juges en ayant eu neuf en sa faveur, il fut acquitté; après quoi il se retira des affaires, et finit ses jours à l'âge de 70 ans, dans un asile champêtre, près de Harlem
  • Pierre GRUTER : était fils d'un Thomas Gruter, professeur à Duisbourg. On n'est pas d'accord sur sa patrie : les uns le font naitre en Zélande, les autres dans le Palatinat. On a de lui deux centuri‘s de lettres latines, où (, il affecta , dit Bayle, un style tout plein de vieux mots et de phrases «, surannées. » La première parut en 1609 , avec une Apologie; car il prévoyait bien qu'elle serait attaquée; la seconde est de 1629. On trouve plusieurs lettres de lui à Meursius dans le onzième volume de l'édition de Meursius donnée par Latni. 11 mourut en 1631
  • Pierre GUARIN( 1678 - 1729) : savant orientaliste, né en 1678 au Tronquay, village près de Lions, au dio- cèse de Rouen, prit l'habit de StBenolt, et fut envoyé à Paris, où il acheva ses études avec beaucoup de succès. Il se perfectionna ensuite dans la connaissance du grec et de l'hébreu , et fut bientôt jugé capable d'enseigner ces deux langues à ses jeunes confrères. Il professa pendant plusieurs années à Rouen et à Reims, et publia en 1717 le Projet d'une grammaire et d'un dictionnaire hébraïques sur un plan nouveau. D. Guarin y annonçait la prétention de faire prévaloir son Système sur celui de Masclef ; et ce fut entre ces deux savants le signal d'une querelle que leur mort méme ne termina point. D. Guarin , occupé uniquement de la rédaction des ouvrages qu'il avait promis, laissa cependant son dictionnaire imparfait. 11 mourut à l'abbaye de StGermain des Prés, dont il était bibliothécaire, le 29 décembre 1729, à l'àge de 51 ans. On a de lui :1' Gramma- tica hebrœa et chaldaica , Paris , 17'2 , 0 vol . Chaque volume est orné d'une préface diri- gée contre le système grammatical de Masclef. Celuici répondit à la première par une lettre dans laquelle il annonçait une réplique plus ample , mais qui n'a été publiée qu'après sa mort par l'abbé de la Bletterie , son élève . Lexicon hebraïcum et chaldaïco- biblicum , in quo non solum tores prinzigenice sen radicales, verum etiam derivatce coin omnibus earunz accidentibus, ordine alphabetico disponuntur. Paris, 1746, 2 vol. Ces deux ouvrages, qu'on ne doit pas séparer, sont trèsestimés. D. Guarin avait laissé son dictionnaire à la lettre H. L'un de ses confrères, D. Nicolas le Tournais, a fourni les sept lettres suivantes ; et on attribue les deux dernières à l'éditeur, D. Philibert Girardet , mort à Paris en 1754
  • Pierre GUILBERT( 1697 - 1759) : né à Paris en 1697, fut précepteur des pages de louis XV, et s'est fait eonnaltrr par plusieurs outrages, dont quelquesuns décrient au moins du penchant pour le parti jim.iniste. Ceux dont les bibliographes font mention sont Officer propres de te5dise de 51- Ger- main f. lezerrois t 729, n -11 ; Deerripime toril.. de Foniatneblegag Paris, int , 2 sol. lig.; Jet. au Calcaire. 1751 1" pendent . traduit dr latin de liderrdisel, rr/ qae de Caetera... 174i. S vol. % ilemotret ekromfologiveles ri histurtv? es do Port- Royal, 9 vol. Guilbert *lait u matière en trois parties; il commença par donner la troisième peutetre parce que , plus rapproehée de son temps. il la jugea plus propre a piquer la curiosité. kllc rat composée de '7 volumes, Utrecht , 172ZI, et comprend environ quatrevingtquatre ans, depuis tue jusqu'en 171t II publia h premiere partie, Utrecht, 17Nét , 3 vol. elle s'arréte a 1632. La deuxieme partie n'a point paru. Quoique ces mémoires n'olTrent point un grand intérét, il s', trouve néanmoins quelques fait. curieux , et des questions assez bien intentées ; mais il faut les aller chereher au milieu de beaucoup de choies inutiles, où k peu qu'il ? a de bon se trouve comme perdu. Guilbert mourut, le 20 octobre rme, s l'agi. de 62 ans
  • Pierre HARMONT( 1500) : né dans le 46. siècle , avait rempli pendant quarantedeux ans l'emploi de fauconnier de la chambre du roi, et il se flattait de s'être acquitté de ses devoirs avec la plus grande assiduité. Il a consigné le résultat de sa longue expérience dans un ouvrage dédié au duc de Luynes , grand fauconnier, garde des sceaux et connétable de France, et qui a pour titre : le Miroir de la fauconnerie, où se verra l'instruction pour choisir, nourrir, traiter, dresser et faire voler toutes sortes d'oiseaux , les muer et essémer ; connaitre les maladieS et accidents qui leur arrivent , et les remèdes pour les guérir. Paris, 1620 1654 de 38 pages. Ce livre ne renferme rien de trèscurieux , et qui ne se trouve dans les autres ouvrages sur le même sujet ; aussi estil peu recherché. On le trouve réuni à la Venerie de Jacques du Fouilloux, dans les éditions de Paris, 1635, 1610; et Rouen ,1650 W—s. Selden avait déjà rapporté au temps du patriarche Philotheç l'époque où vivait Harmé- nopule,
  • Pierre GUERIN-DUMARCHAIS( 1759) : député à la convention, au conseil des cinq cents , élu plus tard membre et secrétaire du corps législatif, naquit à Gien le 14 juillet 1759. M. Guerin son père , 'greffier du bailliage de cette ville , était issu d'une famille honorable et appartenant à la magistrature. 11 avait trois fils , et ce fut pour se distinguer de ses frères que Pierre, rainé, ajouta à son nom celui de Dumarchais, qu'il tira d'une propriété. Il fit de fortes études, gràce auxquelles il s'éprit pour les petes latins d'une affection qui lui servit de refuge, lorsqu'il fut, jeune encore, séparé du monde par la plus cruelle des infirmités. Après avoir rempli des fonctions publiques gratuites , Guer fut envoyé à la convention nationale, en 1792, par le département du Loiret. La douceur de son caractère , ses opinions modérées et conciliantes le rangèrent tout d'abord parmi les députés qui, doués d'une grande intelligence des réformes réclamées par l'opinion publique , mais ennemis de la violence , tout en prenant le progrès pour guide et pour devise, tentaient d'enrayer la marche de l'assemblée sur une pente fatale, de combattre ses emportements, et de résister à ses excès. Il donna un exemple non équivoque de sa modération et de son courage , en votant pour la détention perpétuelle du roi Louis XVI, c'est-àdire pour le salut de ce prince infortuné. Envoyé en mission dans le Midi , où les partisans' de Robespierre avaient déchaîné les plus arden- tes passions, Guérin réagit énergiquement contre eux ; mais dénoncé à son tour, il fut arrêté à 'foulon , en même temps qu'un décret annulait ses pouvoirs. Dans le conseil des cinq cents, où il entra bientôt, son vote fut acquis à toutes les lois d'ordre public. Ennemi de l'arbitraire, il combattit les décrets de proscription des 19 et 20 fructidor. Après le 18 brumaire , il reçut du gouvernement une mission de conciliation dans les dcrliartements de l'Ouest, à la suite de laquelle il fut nommé député au corps législatif, dont il devint secrétaire en l'an 11. Dans ce poste difficile, il prêta un concours intelligent et dévoué à toutes les mesures qui avaient pour but le raffermissement sur ses bases naturelles, d'une société profondément ébranlée par de longues années de révolution. Au sein des commissions il travailla activement à la rédaction du Code civil ; et par ses connaissances et son application il était destiné à s'élever encore dans cette sphère déjà haut placée, à côté des jurisconsultes les plus éminents , lorsqu'une circonstance déplora- hie vint tout à coup briser sa carrière politique. En ee rendant au sacre de l'empereur, il avait fait le trajet de Gien à Paris, par une nuit pluvieuse et froide, sur l'impériale de la diligence ; à la suite de ce voyage, il resta perclus d'une partie de ses membres. Cette paralysie ayant résisté à toutes les ressources de la médecine, il résigna son mandat en 1806. Nommé l'année suivante président du tribunal civil de Gien, il remplit ces fonctions modestes a3iec distinction et souvent au prix des douleurs les plus vives; car il se faisait conduire à l'audience en chaise à porteurs. En 1811 il fut frappé d'une nouvelle' et terrible affliction : il perdit la vue. Toutefois, à dater de ce moment, sa vie ne s'éteignit pas dans l'oisiveté : son intelligence toujours active, sa prodigieuse mémoire lui étaient restées ; et il sut leur donner une nouvelle direction , en ouvrant des conférences de droit dans lesquelles il expliquait gratuitement à quelques jeunes gens studieux l'esprit de notre législation nouvelle. Puis, il revenait aux auteurs latins, à Itorace surtout, son pone favori, et demandait aux lettres quelque allégement à ses souffrances. 11 vécut ainsi résigné , et sans cesser d'être utile, jusqu'au 26 février 1818, jour où il s'éteignit au milieu de sa famille , à laquelle il laissait, en retour des soins assidus dont elle l'avait entouré, un héritage modeste, et un nom qui avait traversé, toujours honorable et pur, les épreuves les plus difficiles. Il avait 59 ans
  • Pierre GUÉRIN DU ROCHER( 1731) : jésuite , né en 1731, dans un village près de Falaise, entra dans la société à une époque où tout faisait déjà prévoir sa dissolution prochaine. Lorsqu'elle eut été prononcée, il sortit de France; et après avoir parcouru l'Italie et l'Allemagne, il s'arrèta en Pologne, où il passa plusieurs années , uniquement occupé de l'étude des langues anciennes et orientales, dont il retrouvait des traces dans les dialectes des peuples du Nord. De retour dans sa patrie, rapportant de ses voyages un grand nombre d'observations neuves et intéressantes, il ne tarda pas à se faire connaltre par un ouvrage trèssavant, intitulé l'Histoire véritable des temps fabu-. 11 cherche à y En 1824 a paru une nouvelre édition de l'Histoire véri- prouver que tout ce qu'on sait de l'histoire des Égyptiens, depuis Ménès jusqu'à la fondation de l'empire des Perses, n'est qu'un extrait altéré et défiguré des passages de l'Écriture sainte qui regardent cette contrée. Ainsi , suivant lui , Ménès n'est autre que Noé; Moeris, Mesraïm ; Sésostris, Jacob; Protée, Joseph, etc.; et de quelque manière qu'on envisage ce système, on est oblig' de convenir que les rapprochements indiqués par Guérin entre ces personnages offrent quelquefois des traits d'analogie singulièrement frappants ; beaucoup d'autres parattraient tout à fait arbitraires et tirés de trop loin , si l'immense érudition qui est prodiguée dans l'ouvrage permettait de s'en apercevoir. Le but de l'auteur était seulement de démontrer, contre Voltaire et Paw, l'antiquité des livres de Moïse; et il ne prévit pas qu'il réunirait contre lui les philosophes et les savants. Voltaire commença l'attaque par un petit pamphlet plus gai que méchant ; mais l'exjésuite trouva des adversaires, sinon aussi spirituels, du moins plus redoutables dans de Guignes , Anquetil et Duvoisin. Guérin, naturellement modeste, ne voulut point s'engager dans une lutte polémique, et laissa à ses amis le soin de prendre sa défense . Il renonça inème à publier la continuation de son ouvrage, qui devait présenter l'histoire des Assyriens, des Babyloniens et des Lydiens, et les commencements de celle des Mèdes et des Perses, éclaircie de la même manière. Satisfait de l'estime de quelques véritables amis des lettres, il obtint du roi Louis XVI, pour prix de ses travaux, une pension qu'il n'avait pas sollicitée, et vécut obscur et tranquille jusqu'à l'époque de la révolution. Privé de sa liberté pour avoir refusé le serinent qu'on exigeait des ecclésiastiques, il fut enfermé dans la maison des Carmes à Paris, et y fut massacré le 2 septembre 1792 , avec son frère. — François- Robert GUÉRIN DU ROCHER, fl à Falaise, admis dans la compagnie de Jésus en 1761 , un an avant sa suppression, est auteur d'un peine intitulé Architecturce leges sec prima principia, imprimé pour la première fois dans le supplément aux Poemata didascalica , Paris , 1813.— Quelques biographes ont confondu l'atné avec Jean- Louis table des temps fabuleux , accompagnée de l'Histoire véritable des temps fabuleux , confirmée par les critiques qu'on en a laites , par l'abbé Chapelle , et de P Hérodote historien du peuple hé- breu sans le savoir, par l'abbé J.J. Bonnaud, Paris et Besan-çon , 1824 , 5 vol. autres éditions Besançon , 1838 , 3 vol. ; Avignon , 1841 , 3 vol. Ce morceau , inséré dans le numéro 16 du Journal de po- litique et de littérature , année 1777, fut attribué dans le temps à la Harpe ; mais on le retrouve dans le 48. volume des OEuvres de Voltaire , édition Voyez les _ Extraits de l'ouvrage de Guérin du Rocher, par de Guignes , Journal des Savants, septembre 1777 et décembre m'éme année ; l'avantpropos de la Législation orientale , par AnquetilDuperron, et l'Autorité des livres de Moïse établie et defendue contre les incrédules , par l'abbé du Voisin. Parmi les défenseurs de Guérin , outre l'abbé Chapelle, né en FrancheComté , il faut encore citer l'abbé Bonnaud, qui fut ainsi que lui une des victimes des massacres de septembre 1792 , et qui a publié un livre curieux qu'on réunit à celui de Guérin du Rocher, intitulé _ Hérodote historien du peuple hébreu sans le savoir, ou _ Réponse à la critique de l'His- toire des temps fabuleux , la Haye, 1786, i0-8.. GuÉm, astronome, né à Paris le 21 juillet 1732, et qui a fourni, dekuis 1770, un grand nombre d'observations aux Ephémérides, Ws.
  • Pierre HAUTIN : graveur, fondeur et imprimeur à Paris au commencement du 16. siècle, fit vers 152.5 les premiers poinçons pour l'impres- sion de la musique. 11 grava des caractères de musique de diverses grosseurs. Les notes et les filets étaient représentés sur le poinçon ; ainsi le tout était imprimé en une seule fois. Il en fit usage luimême , et en vendit à plusieurs imprimeurs qui les mirent en oeuvre. C'est avec ces caractères que Pierre Attaignant , imprimeur à Paris, imprima le. Recueil de chansons, 1550, 4 vol. oblong. Hautin imprima des motets à cinq parties, mis en musique par Roland Lassus, !_ oblong. On ignore l'époque de sa "JIM, mort. Guillaume I.ebé imprima en musique dès MI; Nicolas Duchemin, en 1551; Robert Cranion i à Lyon), en 1572. Vinrent ensuite les Sanlecque SANLECQUE,. A. B--
  • Pierre GUGLIELMI( 1727 - 1804) : célèbre compositeur italien, naquit à MassaCarrara en mai 1727, et apprit les premiers éléments de son art sous son père, Jacques Guglielmi, mattre de chapelle du duc de Modène. Ce prince, qui honorait de sa bienveillance le père et le fils, envoya ce dernier à Naples, au conservatoire de Loreto, dirigé alors par le fameux Durante, et d'où sont sortis 11*, Tratetta, Piccini, Sacchini, Paesiello, etc. . Guglieb?i était leurcondisciple; mais il n'annonçait pascomme eux de grandes dispositions pour la musique. Il était surtout ennemi déclaré de tout genre , composition des plus difficiles. La veille du jour de l'examen était arrivée , et Guglielmi n'avait pas encore commencé son thème. Durante était au désespoir. Les autres élèves chassèrent de la classe leur paresseux camarade, qui dit en se retirant : Je me venu gerai de cet affront d'une manière qui vous fera rougir. » li s'enferma dans une mansarde, et pendant trentedeux heures, il ne prit point de nourriture. Le lendemain , tous les élèves avaient déjà subi leur examen au milieu d'un concours immense, et Sacchini allait l'emporter sur les autres , • lorsque Guglielmi se présenta avec sa fugue, et obtint le prix. Durante dit, en l'embrassant et pleurant de joie : Je ne me suis donc pas trompé ! j'en ni fait un de nies meilleurs élèves. A l'âge de vingtsept ans, Guglielini sortit du Conservatoire. 11 composa en 1755, à Turin, son premier opéra, qui eut le plus grand succès. Il parcourut ensuite l'Italie, recevant partout des applaudissements et les distinctions les plus flatteuses. En 1764, il passa à Vienne, resta quelques années à Dresde, à Brunswick , etc., et vers 177-2 il fut engagé pour Londres, où il demeura cinq ans. Tous les souverains à la cour Cimarosa entra au Conservatoire de Loreto seize ans après que Guglielmi en fut sorti il ne fut pas condisciple de ces premiers maîtres, et n'étudia pas non plus sous Durante , comme semble l'assurer te Diction/11We des Musiciens. enter à Naples. Le soir de la représentation , les Paesiellistcs et les Cimarosistes occupaient presque toute la salle. La toile fut à peine levée que le plus affreux tumulte commença. C'était en vain que les partisans de Guglielmi cherchaient à imposer silence. Le tumulte redoubla lorsque le moment fut venu de chanter un quintetto , qui passait pour un chefd'oeuvre, et dont Paesiello redoutait plus l'effet que , et on le porta chez lui en triomphe. Paesiello fut contraint d'abandonner ses cabales , et un seigneur de la cour réunit celuici avec Guglielmi et Cimarosa dans un magnifique repas : depuis cette époque, ces trois mattres vécurent dans une assez bonne intelligence. Comme ils se reconnaissaient pour les premiers compositeurs de l'Italie, ils convinrent en 1780 d'exiger exactement et individuellement un meme prix pour chacun de leurs opéras, qu'ils n'entreprenaient pas à moins de six cents ducats. Guglielmi composa encore pour plusieurs théâtres, et comme il avait aussi un talent distingué pour la musique d'église , le pape Pie VI le nomma maitre de chapelle de StPierre en 1795. Depuis lors il ne s'occupa plus sué de son nouvel état. Il mourut le 19 novembre 1801. Guglielmi s'était marié trèsjeune , et avait eu plusieurs enfants ; mais il n'avait jamais pris beaucoup de soin de sa famille. Il délaissa sa femme, et, après la mort de celleci , ses fils, au nombre de huit, furent recueillis par un honnt'te négociant , qui les a tous élevés hes dépens. Guglielmi avait un grand amour pour le beau sexe, auprès duquel il a dépensé la plus grande partie de sa fortune. A l'âge de soixantequatre ans, on le voyait encore disputer aux jeunes gens les plus aimables leurs plus brillantes conqtn?tes . La dernière de ses maltresses acheva de le ruiner : c'était une chanteuse , fameuse par sa beauté et ses aventures. Obligé de composer pour les chanteurs les plus renommés de l'Italie, Guglelmi savait soutenir vis-àvis d'eux sa qualité de maitre, et réprimait fréquemment leur orgueil. 11 en voulait surtout à ceux qui , à force de chercher trop à l'orner, dénaturent souvent la bonne musique. Dans une de ees occasions, il dit à la célèbre Marra : Mon devoir est de composer ; le Ce sont ces morceaux d'ensemble qui décident, chez les Italiens , du succès d'un compositeur. Il passait pour une des plus fortes épées de Naples ; et l'auteur de cet article l'a vu , à cet âge, désarmer ou blesser des spadassins qui croyaient avoir bon marché de sa vieillesse. vôtre est de chanter : chantez donc, et ne gdtez pas ce que je compose. Dans une circonstance pareille, il dit au fameux ténor Babbini : Je vous prie en grdee, mon ami, chantez ma musique et non la vôtre. Un autre ténor non moins célèbre, David, refusait de chanter, dans son oratorio de De- bora et Sisara, le duo Al tnio contento in seno , à cause de la simplicité qui règne dans cet admirable morceau , que ce chanteur regardait comme trivial et indigne de lui : Cuglielmi l'y força , et ce duo fut reçu avec les plus grands applaudissements, et prépara la réussite complète de l'opéra. On compte plus de deux cents ouvrages de ce maître. Parmi les plus remarquables, on distingue, dans les opéras sérieux , Arlaserse , la Cle: nenza di Tito , la Didone, Enea e Lavinia ; dans les oratorio, la Morte d'Oloferne Debora e Sisara. Zingarelui regarde ce dernier commé le chefd'oeuvre de Guglielmi ; et un Italien d'un goût exquis, mais qui peutetre n'était pas assez exact dans ses simil itudes, l'appelait le Sixième livre de Enéide. Parmi les meilleurs opérasbouffons de Guglielmi, on cite la Virtuosa in Mergellina; le Due Gemelle ; la Serra innamornta ; la Pastorella nobile ; la Bella l'escatrice , où brille éminemment ce caractère d'unité et de clarté dans la pensée musicale , qui était celui des oeuvres dramatiques de l'auteur. Paesiello , Cimarosa et Guglielmi se sont distingués par un style que chacun d'eux se forma luimème : le premier, par le grand nombre de modulations neuves et ravissantes qu'il sait tirer d'un seul motif qu'il adopte ; le second , par une verve inépuisable , par une riche imagination , et pour ainsi dire par un torrent d'harmonie , qui cependant ne nuisait jamais à la mélodie du chant. Guglieltni se fraya aussi une route nouvelle. La pureté, la précision , la simplicité, l'exactitude formèrent ses principales qualités. 11 brilla surtout dans ses morceaux d'ensemble, qui sont pleins de verve et d'originalité. Il était trèsfort dans le contrepoint. On lui reprochait de faire souvent usage des deux quintes et des deus octaves ; niais les passages dans lesquels il se permettait de les introduire étaient si mélo- dieux, qu'on lui pardonna bientôt ces irrégula- rités musicales, qu'il était le premier à recon- naître. — Son fils aîné, Charles. exerça avec succès la profession de son père. En 1810 il était engagé au théâtre italien de Londres. Il a donné un grand nombre d'opérasbouffons qui ont obte- nu beaucoup de succès, tant en Italie qu'en An- gleterre. On ne connaît guère en France que la Vedova capriciosa, en deux actes, représentée à Paris en 1810 , et II pretendente burlato, en un acte, 1819, ouvrage charmant qui a été plusieurs années au répertoire. — Le frère cadet de ce dernier, Jacques, né le 16 août 1782, était attaché 111 On sait que les Italiens appellent oratorio ( oratoiW tous les opéras dont les sujets sont sacrés. on les jouait dans le caréme, temps où les représentations theittrales étaient autrefois suspendues en Italie. comme ténor en 1815 au théâtre de l'OpéraBuffa le Paris
  • Pierre GUIGOUD-PIGALE( 1748 - 1816) : auteur dramatique, né à Lyon en 1748 , avait près de quarante ans quand il débuta par une comédie dans laquelle il mettait en scène les partisans du magnétisme. Cette pièce, en deux actes et en vers libres, eut sans doute quelque succès , puisque , en faisant imprimer sa seconde pièce, Arlequin à Genève , Guigoud , qui avait gardé l'anonyme, fit suivre sur le frontispice les initiales de son nom par les mots : Auteur du Baquet magnétique. Il adopta les principes de la révolution avec chaleur, et publia en 1790 une Adresse aux Lyonnais, ô l'occasion de l'installation de leur municipalité. Cette brochure, dans laquelle il donnait aux nouveaux élus des éloges qu'ils étaient loin de mériter , lui valut une place de secrétaire en chef de l'administration centrale du département, qu'il conserva mime dans les temps les plus mauvais. Le 51 mai de la même année il fit jouer, à l'occasion de la fédération des gardes nationales du Lyonnais et des départements voisins, un impromptu patriotique, intitulé le Camp de Salente. Une autre pièce patriotique et républicaine de Guigoud, le Triomphe de la raison publique , dont il offrit la dédicace aux sans- culottes, fut non représentée , mais im- primée en 1795 , à Commune- Affranchie. C'est , comme l'on sait, le nom que les commissaires de la convention avaient imposé à Lyon , après la prise de cette malheureuse ville. On a dit qu'à cette terrible époque , GuigoudPigale rendit quelques services aux honnêtes gens; mais il est sûr que , sous le pouvoir des Fouché et des Collot d'Herbois, il était bien difficile de rester en place sans avoir renoncé à tout sentiment d'honneur et d'humanité. Forcé de s'éloigner au moment de la réaction , GuigoudPigale devint secrétaire du général Moncey, et il le suivit à Paris lorsque , nia- réchal d'empire , Moncey fut nominé inspecteur général de la gendarmerie. Guigoud conserva cet emploi jusqu'en 1814. Il revint alors à Lyon , aussi pauvre qu'il en était parti , et ce ne fut pas sans peine qu'il obtint dans les bureaux de la préfecture un modeste emploi dont il avait besoin. Il mourut le 20 août 1816 , laissant manuscrites sept comédies : les Fous , ou le Baron de l'Oripeau en prose et en quatre actes; les Folles épreuves , en prose et en trois actes; les Protecteurs, ou r Appel du bon goat, en trois actes et en vers; la Famille extravagante. en cinq actes et en vers; les Quipro- quo , en trois actes et en vers; Guerre au mélo- drame . en cinq actes et en vers; et enfin le Fat. ou l'École des veuves , en trois actes et en vers libres. Beuchot a consacré une courte notice à cet écrivain dans le Journal dé la librairie année 1818,n°10
  • Pierre GUILLEMIN( 1600 - 1660) : médecin distingué, né à' Lyon au commencement du 17e siècle, était fils d'un maitre apothicaire qui possédait un joli jardin de simples. 11 fut le médecin du cardinal de Lyon , Alphonse de Richelieu, et du savant jésuite Théophile Raynaud. Appelé -à Turin, en 1657, par Christine, duchesse de Savoie, qui avait une fistule à un oeil, il ne put triompher de cette maladie que nul art ne pouvait guérir, mais il parvint du moins à en adoucir la violence. 11 était trèsdésintéressé, et s'il était mandé par des gens de lettres ou par des personnes qui brillassent par quelque talent, il leur donnait gratuitement ses soins. Atteint du mal caduc, il se rendit en septembre 1660 aux eaux de SaintMyon, et s'efforça, mais en vain , de remédier par l'usage du tabac à cette triste maladie; il mourut en décembre, suivant Guy Patin, ou en farier 1661, suivant Nicolas Chorier, qui lui a consacré une notice dans sa Vie de Pierre Boissat. On ne conne aucun ouvrage de Guillemin, mais on a de lui une pièce en vers latins à la louange de Jean de Lamonière, imprimée en tète (lu livre de ce dernier ayant pour titre Observatio iluxus dysenterici Lugduni Gallorum grassantis anno D. 16.25 , etc. Lugd. , 1626 Voyez les lettres de Guy Patin, édition de M. Revel' léParise, t. 3, p
  • Pierre GUILLEBAUD( 1585 - 1667) : religieux feuillant, connu aussi sous le non) de Pierre de St- Romuald. qu'il prit en renonçant au monde , était né à AngouIttine en 1585.11 embrassa d'abord l'état ecclésiastique, et obtint un canonicat dans sa patrie; mais il le résigna quelques années apres, vint à Paris, et y entra, en 1615, dans la congrégation des feuillants. l i partagea le reste de sa vie entre ses devoirs . L'ouvrage fut condamné par l'aretimeque de Paris, JeanFrançois de Gondi, comme renfermant plusieurs erreurs et des aase'r lions injurieuses aux papes, aux conciles et à tous les souverains. Guillebaud appela de cette censure au parlement, et eut la satisfaction de la voir annulée par un arrêt. On trouvera une notice sur cet écrivain dans les Mémoires de Niceron, t
  • Pierre GUISARD( 1700) : médecin, né à la Salle, dans les Cévennes , en 1700 , disputa en 1731 une chaire à l'université de Montpellier, et se montra si avantageusement dans le concours, qu'on le chargea comme viceprofesseur de suppléer M. Mar- cot, attaché en qualité de médecin ordinaire aux enfants de France, et résidant en conséquence à la cour. Guisard voulutconnaltre la capitaleet profiter des sources abondantes d'instruction qu'elle présente; et il vint à Paris en17 /2. On n'a point su les motifs qui le rappelèrent à Montpellier , et l'on re- marqua seulement qu'ayant abjuré la réforme de Calvin , dans laquelle il avait été élevé, il était devenu susceptible d'être promu à une chaire en médecine. Quoi qu'il en soit, Guisan' ouvrit à Montpellier un cours de physique expérimentale, fort étendu pour ces tempslà. Ce service important rendu à l'instruction publique ne fut point apprécié; il ne devait l'être qu'environ quarante ans plus tard , époque à laquelle les états de Languedoc créèrent des chaires spéciales de physique et de chimie à Toulouse et à Montpellier. Guisard fut vivement affecté des contradictions qu'il éprouva , et mourut en 1746. 11 a laissé les ouvrages suivants : 10 Quoestiones medico- chirurgicce duodecim pro cathedra regia vacante Montpellier, 1731 20 Pratique de chirurgie, ou Histoire des plaies en général et en particulier, contenant une méthode simple, courte et aisée pour se conduire ai- sément dans les cas les plus , Paris, 1733, 2 vol. réimprimée à Avignon en 1735; et à Paris en 1747, avec la traduction des Questions médico- chirurgicales , et de nouvelles observations; 3. Essai sur les maladies vénériennes. Paris et Avi- gnon, sous le nom supposé de la Haye , 1741 Le même ouvrage a reparu à Paris en 1743, format , sous cet autre titre : Dissertation pratique en forme de lettres sur les maux véné- riens
  • Pierre HALLÉ( 1611 - 1689) : n'était point parent des précédents comme l'a dit Baillet dans ses Jugements des savants. Né à Bayeux le 8 septembre 1611 , il professa la rhétorique à l'université de Caen , dont il devint recteur en 1640. La méme année il haran- gua le chancelier Séguier , qui avait été envoyé en Normandie pour y réprimer des mouvements séditieux , et ce fut dessmains de ce magistrat qu'il reçut le bonnet de docteur. L'université de Paris se l'agrégea , et en 16 , sur les instances de ce corps savant , Hallé se rendit à Paris, où il fut régent de rhétorique au collége d'Harcourt , lecteur en langue latine et en langue grecque au collége royal, et professeur de droit canonique. Il mourut dans cette ville le 27 décembre 1689, avec le titre de poète et d'interprète du roi. On a de lui : 1° des œuvres littéraires en latin , dédiées au chancelier Séguier et réunies sous le titre d'Orationes et poemata, Paris, 1655 Ce recueil se compose de neuf harangues, de six livres de poésies diverses et de plusieurs tragédies tirées de l'Écriture sainte. Elogium Gabrielis Naudoei, imprimé dans le Naudoei tumulus du P. Jacob et séparément, Genève, 1661 3° des ouvrages de jurisprudence , entre autres Dissertationes de cen- suris ecclesiasticis, Paris, 1659 Institutiones canonicee , ibid., 1685 L'éloge de P. Hallé se trouve dans le Journal des savants du 30 janvier 1690. Il en existe deux autres en latin : le premier par Mich. Deloy, professeur en droit à Paris, le second par Daniel Laet, Hollandais, Amsterdam, 1692
  • Pierre HAMON( 1500) : habile calligraphe , naquit à Blois au 16. siècle. Ses talents l'ayant fait connaître à la cour, il fut choisi pour donner des leçons d'écriture au jeune roi Charles IX , et depuis il devint secrétaire de la chambre de ce prince. t, H était, dit Lacroix du Maine, le plus renommé . Haillon imagina que c'était le Testament de Ales- César, et en publia un assez long fragment en 1566 . Dans son traité De te diplomatica, le 1'. Mabillon adopta d'abord l'idée que cette pièce était en effet le testament de César; mais il reconnut bien vite son erreur, et s'en excusa sur ce qu'au premier coup d'oeil rien n'avait pu lui faire soupçonner que Hamon n'avait pas rencontré juste dans le titre qu'il lui avait plu de donner à cette pièce. Cette erreur de la part d'un homme Dom Liron l'a reproduit dans l'ouvrage cité plus ha». aussi savant a paru bien singulière à dom. Hamon , connu par son attachement au protestantisme, fut arrêté dans les premiers jours de l'année 1569, sous le prétexte qu'on avait découvert chez lui certains papiers suspects , entre autres un sonnet injurieux au roi , et conduit à la conciergerie. En vain Charles IX, alors à Metz, écrivit en faveur de ce malheureux ; il fut pendu sur la place de Grève , le lundi 7 mars 1569, « non a sans grand regret de plusieurs gens de bien, et a réjouissance des contraires . » On a de Hamon : « Alpha- bet de l'invention et utilité des lettres et caractères en diverses écritures, Paris, Lucas Breyer, 1566 ou 1567 . Cet ouvrage, dont le texte est gravé, suivant Lacroix du Maine, est de la plus grande rareté. Les ? Ilodèles de lettres anciennes que Hamon se proposait de publier sont restés inédits. Mabillon en a donné quelquesuns dans son . Prs diplomatica , entre autres l'Alphabet tironien planche 56. On voyait naguère au cabinet des estampes une Carte de France, datée de 1568 , écrite de la main de Hamon, avec beaucoup de netteté . Il en avait exécuté une autre en douze feuilles sur vélin, qu'il présenta , suivant Lacroix du Maine, au cardinal de Lorraine
  • Pierre HASENCLEVER( 1716) : se distingua par l'étendue de ses connaissances commerciales, et par l'influence de ses opérations sur l'industrie et le commerce en Europe et dans l'Amérique septentrionale. Il naquit le 9.4 novembre 1716 à Remscheid , au duché de Berg, d'une famille trèsancienne dans le commerce. Le père de Hasenclever, négociant et propriétaire de forges et de fonderies considérables, envoya, à l'âge de sept ans , le jeune Pierre à Lennep , chez son grandpère, qui possédait dans cette ville plusieurs fabriques de drap de laine d'Espagne. Hasenclever prit de bonne heure le goût d'une vie active et industrieuse. A l'école, il étudia avec prédilection la géographie; et, dans ses moments de loisir, il apprit des ouvriers de son grandpère tous les détails qui concernent la fabrication des draps. Comme il devait succéder un jour à son père dans la propriété des forges, on jugea qu'il était nécessaire, avant tout, de le former aux travaux métallurgiques. Il fut done placé, à l'âge de quatorze ans, comme apprenti ordinaire, dans une des plus grandes forges de Solingen , où il fut obligé, malgré la faiblesse de sa constitution, de se soumettre à toutes les privations et aux travaux les plus pénibles. Après trois ans d'apprentissage, il fut envoyé à Liége pour se perfectionner dans la langue française ; et au bout de six mois il fut en état de gérer la maison de son père. A l'âge de vingtneuf ans, d fit un premier voyage de commerce en France; et, depuis cette époque jusqu'en 1740 , il en fit cinq autres à pied, et traversa ainsi la France, depuis Cologne jusqu'aux Pyrénées , dans toutes les directions. Enfin, son père ayant essuyé des pertes considérables dans ses opérations avec la société du Mississipi , Hasenclever pria ses parents de lui permettre de tenter fortune ailleurs , et il quitta la maison paternelle, sans autres fonds que ses connaissances et l'habitude d'une grande activité. En 1742 , il prit des engagements à Bourcète , près d'AixlaChapelle, avec un négociant de sa famille, fabricant d'aiguilles et de draps: En trèspeu de temps, il fit tellement fleurir la fabrique d'aiguilles, qu'elle produisit douze fois autant qu'auparavant. Alors son parent le chargea d'un grand voyage dans le nord de , rompe , pour y étendre également son cm- merce de draps. Hasenclever parcourut avec succès pour sa maison la Saxe, la Silésie, la Pologne et la Russie : c'est à ses soins que la Silésie dut, à cette époque , les premières ouvertures du commerce de ses toiles avec le Portugal , commerce devenu depuis si considérable. Revenu à AixlaChapelle , Hasenclever en partit presque aussitôt pour l'Espagne , dans l'intention d'y établir des relations, afin de pouvoir tirer directement de ce pays les laines dont avaient besoin les fabriques de Bourcète et d'AixlaChapelle. Pendant son séjour à Cadix , il étudia le commerce de l'Europe avec l'Amérique méridionale, se rendit ensuite à Lisbonne , et revint par Hambourg à AixlaChapelle. Ses voyages avaient été d'un grand profit à son parent : mais celuici ayant une famille nombreuse à établir, ne voulut plus entendre parler de l'association. Cette détermina Hasenclever à quitter la maison pour laquelle il avait travaillé pendant trois ans. Il ne lui restait aucun fruit de son travail excepté la confiance des négociants, témoins de son infatigable activité : ce crédit lui fournit les capitaux nécessaires pour pouvoir accepter les offres d'association d'un de ses parents à Lisbonne. Hasenclever se mit en route pour Lisbonne, où il forma une société avec les deux neveux, successeurs de son parent qui venait d'y mourir. Il se maria dans cette ville avec la fille d'un capitaine de la marine anglaise ; et la fortune lui sourit pendant quatre ans, au bout desquels il ne put résister plus longtemps au sir de s'établir à Cadix. Il s'y associa avec P. .Timmermann, se rendit ensuite à Londres pour y établir des relations commerciales, et revint en 1 1750 à Cadix après une assez longue absence. Pour soulager son père , accablé par les pertes que de nombreuses faillites lui avaient fait éprouver, il se chargea du sort de ses trois jeunes frères. Au commencement de 1751 , sa maison avait encore accueilli, comme associé, un Anglais nommé Bewicke ; mais le commerce maritime était exposé aux chances les plus désastreuses. L'Amérique fut, à cette époque, inondée de marchandises européennes , ce qui entralna de fausses spéculations et de grandes faillites. Hasenclever entreprit alors et exécuta en partie un grand voyage en France , dans les PaysBas, en Angleterre, en Hollande et en Allemagne , pour examiner à fond l'état de l'industrie et du commerce. Son génie s'étendait sur tout ce qui pouvait devenir utile au commerce européen. Ce fut d'après ses avis que l'on changea le mode de fabrication des toiles en Westphalie et en Silésie, pour adopter celui qui est usité en Bretagne. Le roi de Prusse négociait, en 175.4, un traité de commerce avec l'Espagne. Hasenclever , à peine arrivé à Berlin , fut invité par Frédéric II d'assister au conseil où l'on devait discuter le projet de ce traité. Le savant négociant prouva au prince dans tin exposé succinct, glue la Prusse ne retirerait jamais aucun avantage d'un traité de commerce avec l'Espagne. Le roi rappela surlechamp l'agent diplomatique chargé de cette mission ; et le général Winterfeld dit, à cette occasion, à Hasenclever : En un quart d'heure, vous nous en racontez plus que nous ne pourrions en apprendre dans l'espace de sept ans.)' llasenclever avait gagné la confiance du monar- que prussien ; et celuici chargea son ministre Massov, en Silésie, de le consulter sur tous les objets du commerce .4,1e cette province. Après avoir terminé son voyage et agrandi les relations de sa maison, il apprit, à son grand chagrin, que, Pendant son absence, les affaires avaient été fort mal gérées par ses associés. Cela l'affligea tellement, qu'en 1755 il prit le parti de dissoudre cette association , et d'en former une nouvelle avec Weerkarnp et Bôhl. Le premier fut chargé de résider à Ilambourg ; et Hasenclever, obligé par la faiblesse de sa santé de renoncer au climat brùlant .de l'Espagne , se fixa préalablement à Lombes. Mais aussitôt que ses forces le lui per- mirent, il fit voile pour Cadix. Pendant ce voyage, le hasard établit entre le protestant Hasenclever et le grand inquisiteur, comte de Velasquez, des relations d'une amitié intime, au grand étonnement des Espagnols. Ces relations furent, dans la suite, trèsutiles à sa maison de commerce et aux étrangers , entre autres à un neveu du célèbre William Pitt qu'il recommanda au grand inquisiteur. Cette fois il eut , à son arrivée à Cadix , la satisfaction de trouver son commerce florissant. En 1762, il entreprit un nouveau voyage au nord de l'Europe , dans l'intention d'examiner quelles étaient les productions que l'on pourrait exploi- ter sur le vaste sol de l'Amérique septentrionale, dont les terres se vendaient alors à bas prix. Passant à Londres , il y établit une nouvelle association avec un négociant, Seton, et un jeune noble, Charles Crofts , association qui devait servir de base à la grande entreprise commerciale qu'il méditait. Hasenclever avait alors cinquante ans. Bientôt un acte du parlement lui conféra le droit de cité à Londres. Ilasenclever présenta aux lords préposés aux colonies et au commerce son plan relatif à l'établissement de nouvelles fonderies et forges, et à l'exploitation du chanvre , de la potasse et d'autres productions dans les provinces américaines; il obtint leur approbation par un acte daté du 10 janvier 1761. Un grand nombre de personnes, en Angleterre et en Hollande, avancèrent des sommes considérables pour l'exécution d'un projet si sagement calculé; et Hasenclever partit pour l'Amérique. La mètne année, il acheta beaucoup de mines de fer et plusieurs forèts. Au mois de septembre, son neveu lui amena d'Europe des mineurs, des forgerons, des charpentiers , des charbonniers , etc. : en tout cinq cent trentecinq personnes. Il commença l'ex- ploitation de ses mines ; et , au commencement de 1765, il envoya déjà à Londres du fer en 1 barres , qui fut trouvé d'excellente qualité. Il 1 forma ainsi trois établissements dans le NewJersey, et deux autres dans le NewYork. Depuis le 1er mai 1765 jusqu'en novembre 1766il y avait fait construire deux cent dixsept bâtiments à toutes sortes d'usages. 11 fallait toute l'activité de Hasenclever pour vaincre les difficultés sans nombre qui s'opposaient au succès de ses opérations. La populace excita à la révolte ses ou- vriers étrangers : une inondation extraordinaire détruisit, en 1765, les digues qu'il avait fait construire; sur cinquantetrois mines qu'il avait fait ouvrir, il ne s'en trouva que sept dont l'exploitation fût avantageuse; et la mort lui enleva deux de ses meilleurs inspecteurs. La fortune lui réservait des coups plus sensibles encore : après avoir reçu des sociétaires de sa maison à Londres les assurances les plus brillantes sur la prospérité de son commerce , on l'avertit que les folles dépenses de son 'associé Seton l'entraineraient nécessairement à une faillite. Ilasenclever se hâta de quitter l'Amérique, et n'arriva en Angleterre que pour apprendre que cette crainte s'était déjà réalisée , et que le gouvernement avait accordé des saufconduits à ses associés, de sorte que tout recours contre eux lui devint impossible. Il rendit alors un compte général à la société de l'entreprise en Amérique, signa , comme direc- teur de cette opération, un contrat (l'association avec les personnes les plus considérées, telles que le général Greeme, le commodore Forest, etc., et retourna, en 1767, à NewYork, où il lui resta encore une fortune particulière assez considérable. Mais quel fut son chagrin, quand il apprit que ces vastes établissements , par la faute de l'administration établie par lui à son départ, se trouvaient dans une situation si déplorable, qu'il ne lui restait d'autre parti que de payer les dettes contractées , se montant à une somme considé- rable, ou de vendre ces établissements! Il s'atta- cha au premier parti, paya les dettes, et envoya son rapport à Londres aux sociétaires. La société américaine de Londres acheva sa ruine ; des lettres de change de la valeur de dix mille livres sterling lui furent renvoyées avec protèt ; un fondé de pouvoirs arriva de Londres ; et , peu de temps après , Ilasenclever, qui avait sacrifié plus d'un million de sa fortune pour soutenir l'établissement, fut suspendu de ses fonctions de directeur. Il retourna , en 1769 , à Londres , où pendant son absence, ses anciens associés , Seton et Crofts , avaient trouvé une protection assez puissante pour charger Hasenclever du fardeau de toutes les dettes qu'ils avaient contractées. Il prouva en vain son innocence en réclamant la protection de la justice; et il abandonna à ses créanciers le reste de la fortune qu'il avait acquise en Angleterre et en Amérique. Enfin, après avoir lutté encore une fois inutilement contre la mauvaise foi de ses anciens associés et contre l'injus- tice des tribunaux anglais, il s'établit avec son gendre , en 1775 , à Schmiedeberg en Silésie. Quand la révolution d'Amérique eut séparé de la métropole cette partie du monde , Franklin, ami de Hasenclever , l'invita de retourner aux ÉtatsUnis, pour y continuer les plans d'industrie qu'il y avait introduits. Mais son grand âge et la prospérité de son nouveau commerce le retinrent en Silésie. Enfin, avant la fin de son active carrière, après un procès de vingt ans, et après avoir été ruiné et mis da'ns l'impossibilité d'avoir aucun recours contre les fripons dont il avait été la victime , il eut la satisfaction de voir son honneur réhabilité par un jugement rendu par Thurlow, grand chancelier (l'Angleterre. Hasenclever mourut, le 15 juillet 1795, à l'âge de 76 ans. Malgré les orages qui avaient constamment agité sa vie, il eut la satisfaction d'en employer avec succès les derniers jours à consolider le bonheur de sa nombreuse famille, et ouvrir à l'industrie de la Silésie, sa patrie adoptive , de nouvelles sources de richesses. La littérature politique et commerciale doit-à ce zélé négociant des Mémoires fort intéressants sur l'industrie et le commerce de l'Amérique septentrionale , qui ont été insérés dans.1 la Correspondance de Schkezer, dans les Cahiers pour le commerce , publiés par Sinapius, et dans le Journal politique, 1781, 1782 et 1785. L'Exposé de sa situation envers ses copropriétaires anglais des établissements industriels qu'il avait créés dans 1'4- 1- mérique septentrionale , adressé au roi et « u parle- ment d'Angleterre , a été publié à Londres , en 1775 et traduit en danois et en allemand dans le journal , Fragments du domaine du com- merce, publiés par Sinapius. On trouve aussi beaucoup d'articles fort intéressants, de Hasen- clever, dans les Feuilles provinciales silésiennes. Schlichtegroll , dans son Nécrologe , volume .2 de 1795, p. 116-168; et Baur, dans sa Galerie histo- rique du 18e siècle , volume 2, p. 449-454 , ont donné la vie de cet homme utile avec beaucoup de détails; elle a été aussi publiée séparément à Landshut, 1794
  • Pierre HEIN( 1570) : vulgairement appelé en Hollande Pit Hein, né à Delftshaven en 1570, mort à SOU bord en combattant pour sa patrie, et couronné par la victoire le 18 juin 1629, doit ètre mis au nombre des plus illustres marins de la Hollande. Son père était matelot, et fait prisonnier par les Espagnols, il fut réduit chez eux au dur métier de galérien pendant quatre années consécutives. Il avait avec lui son fils, qui , en gagnant quelque argent au tricot, adoucit ainsi leur misère. Le fils n'en devint pas moins marin à son tour et fit preuve de beaucoup d'intrépidité dès son entrée au service ; en hollande mème, on ne tarda pas à se servir de son nom , devenu la terreur de l'ennemi, comme d'une espèce d'épou- vantail pour les enfants. En 1626, il fut chargé d'une expédition spécialement dirigée contre le Brésil. Il commandait treize bâtiments avec lesquels, parvenu le 3 mai dans la baie de TouslesSaints, il battit complétetnent les Portugais, leur prit treize vaisseaux qu'il brûla, à l'exception d'un seul, et leur enleva un riche butin. Peu de jours après, entré dans la rivière de Janeiro, il eut d'autres succès signalés. Mais son plus beau fait de guerre est la prise de la flotte espa- gnole, dite la Flotte d'argent, le 9 septembre 1628. La compagnie des Indes occidentales lui avait confié le commandement d'une escadre de trente et un vaisseaux. Il se rendit à la Havane peu de temps après, ayant eu connaissance de la flotte espagnole qu'il guettait, il courut à sa rencontre. Les Espagnols se réfugièrent dans la baie de Matanza, où, le commandant hollandais les ayant attaqués , ils se rendirent presque sans coup férir. Le butin fut immense. De solennelles actions de grâces nationales eurent lieu à cette occasion dans les ProvincesUnies, et Hein se vit élevé au grade de lieutenantamiral de Hollande. A peine de retour de sa glorieuse expédition, il fut envoyé pour croiser avec une escadre sur les côtes de Flandre. Il s'y trouva le 20 août engagé dans un combat, où il prit à l'ennemi trois vaisseaux ; mais il paya cette victoire de sa vie. On lui fit à Delft de pompeuses obsèques, et un superbe mausolée lui fut érigé dans le choeur de la vieille église. L'inscription dont il est orné le caractérise comme brave sans témérité, magnanime sans orgueil , sévère dans le maintien de la discipline , également digne d'admiration dans l'une et dans l'autre fortune. Il était profondé- ment religieux, et se préparait toujours au danger comme s'il eût dù n'en pas revenir. M. de Haren , dans les notes dont il a accompagné son poëme des Gueux, observe que, dès 1578 , Guil- laume ler avait proposé aux états généraux l'expédition contre la flotte d'argent des Espagnols, si glorieusement mise à exécution par Pit hein
  • Pierre HÉLYOT( 1660 - 1716) : savant religieux picpus , connu aussi sous le nom de P. Hippolyte, naquit à Paris en 1660 de parents moins distingués par l'ancienneté de leur famille que par leurs vertus héréditaires. Il embrassa la vie monastique à l'âge de vingttrois ans dans le couvent du tiers ordre de StFrançois , fondé et doté par son oncle, Jérôme Hélyot, chanoine du SaintSépulcre. Ses supérieurs l'envoyèrent deux fois à Rome; et il profita de cette circonstance pour visiter l'Italie en homme curieux de s'instruire. De retour dans sa patrie, il fut choisi pour secrétaire par plusieurs provinciaux de son ordre ; ce qui lui fournit l'occasion de parcourir la France, et d'achever de recueillir les matériaux nécessaires pour le grand ouvrage dont il s'occupait : il y travailla pendant vingtcinq ans , en fit paraître les quatre premiers volumes, et mourut pendant l'impression du c dans le couvent des Picpus, près de Paris, le 5 janvier 1746, âgé de 56 ans. L'ouvrage du P. llélyot est intitulé Histoire des ordres monasti- ques religieux et militaires, et des congrégations sécu- lières de l'un et de l'autre sexe, qui ont été établis jusqu'à présent ; contenant leur origine , fondation, progrès , événements considérables, leur décadence, suppression ou réforme , etc., Paris, 1714-21, 8 vol. I Les trois derniers sont du P. Maximilien Bullot, l'un de ses confrères . Cet ouvrage , le 1 plus complet qu'on ait sur cette matière, est trèsestimé. Il a été abrégé sous le titre d'Histoire du clergé régulier, Amsterdam, '1716, 4 vol. et d'Histoire des ordres militaires, ibid., 1721, 4 vol. ruais cet extrait, fait avec trop peu de soin, n'est recherché que pour les gravures dont il est orné. L'Histoire des ordres monastiques a été réimprimée à Paris, 1829 et années suivantes , 10 vol. revue et corrigée , disposée dans un meilleur ordre par une réunion d'ecclésiastiques et enrichie de plus de 800 ligures gravées d'après les dessins de M. Bouillon ; et de nouveau en 1838, 7 vol. grand avec notices , annotations et complément par V. Philipon de la Madeleine. Ces éditions présentent le double avantage d'ètre bien exécu- tées et d'ètre d'un format plus commode. Une autre édition de l'Histoire abrégée a été publiée, revue, corrigée et disposée dans un meilleur ordre, par une réunion d'ecclésiastiques et d'hommes de lettres, Paris, 1857, 2 vol. On a encore du P. Hélyot quelques ouvrages ascé- tiques, parmi lesquels on cite le Chrétien mourant, Paris, 1705
  • Pierre HENRIQUES DE ABREU : curé de StPierre de Farinhapodre, dans le diocèse de Coïmbre, naquit à Évora de Alcobaça, l'Ebnrobrititan des Romains. Il était trèsversé dans l'érudition sacrée et profane. On a de lui A rida , etc., c'est-àdire, la 17e et le mgrtyre de Ste- Quiterie et de ses huit saurs , roto- martyres de LE., pagne , Coïmbre, 1651 Barbosa , dans sa Bibliothèque, dit que cet ouvrage est écrit avec critique. Henriques y a joint une dissertation sur l'ancienne ville de Cinania. Nous savons qu'il a laissé manuscrite une histoire de Coïmbre, et nous ne croyons pas qu'elle ait encore été publiée
  • Pierre HERSLEB( 1689 - 1757) : écrivain norvégien, naquit dans le diocèse de Trondhiem le 2:; mars 1689. Après avoir terminé avec succès ses études ecclésiastiques et s'être fait distinguer par ses écrits, il fut nominé curé de Gunderslev dans l'île de Falster en 1718, et la même année prêtre du château royal de Frederiksborg. En 17'25, il devint prédicateur de la cour de Copenhague, et cinq ans plus tard évêque de Christiania. Placé sur le siége épiscopal de Copenhague en 1757 , il obtint depuis le rang de conseiller de conférence, et mourut le 4 avril 1757. 11 a publié , outre un grand nombre de sermons et d'ouvrages théologiques : 10 Dissde Vesta et vestalibus, Copenhague 1704; 2° Append. ad dissert. de Vesta , ibid., 1704; 30 De Heliolatria, quain christianis objecerunt pagani , ibid., 1705; 4° Dissertatio de duobus Jacobis , ibid., 1705; 5. Dissertatio de ccence et prandii quantitate , ibid. , 1706; 60 Sur le sacre du roi Frédéric V et de la reine Louise, en danois , ibid. , 1749
  • Pierre HEYNS : ponte et géographe flamand du siècle, eut de la réputatiun en son temps par son 1/ fraie da istasde, soidisant peine en langue flamande , tiré 44c4 arteliva. — Sun fils rte harie lIrt‘,‘, né en 1570, imprimeur et poi‘te, lui AG/haea en flamand, où l'ou trouve de l'imagination , et dont le st?le est recommandable pour le temps. N
  • Pierre HÉVIN( 1621 - 1692) : avocat au parlement de Bretagne , naquit à Rennes en 1621. Son père , nommé aussi Pierre, était docteur en droit; il avait été reçu de l'Académie des humoristes de Rome, où il s'était lié avec Jean Barclay, l'auteur de l'Argénis. Ce fils fut reçu avocat à l'âge de dixneuf ans. Il ne parut pas d'abord annoncer tout ce qu'il devait ètre un jour : les travaux approfondis de ses premières études lui avaient donné une sorte de pesanteur , qui nuisit , pendant quelque temps, au développement de ses talents ; mais bientôt l'exercice du barreau le montra tel qu'il était, et on le vit allier l'éloquence à la profondeur. Il venait quelquefois à Paris, et y était recherché par tout ce que le barreau avait de plus distingué. C'est dans un de ces voyages qu'il découvrit une ancienne traduction de l'Assise du comte Geoffroi, découverte qu'il mit à profit par la suite , et qui , jointe aux autres connaissances qu'il puisa dans l'étude des écrivains et des monuments du moyen âge, lui servit de guide dans l'étude approfondie des anciennes coutumes, et des chartes de la Bretagne. Ses immenses travaux ne l'empêchaient pas d'entretenir une correspondance suivie avec les magistrats les plus éclairés et les plus célèbres avocats du royaume. M. de Pontchartrain l'honorait d'une estime toute particulière. Après plus de quarante ans de travaux, Hévin mourut le 15 octobre 1692. Il a laissé plusieurs ouvrages, dont voici le détail :10 Arrêts du parlement de Bretagne , de Frain , 5e édition, augmentée d'annotations, plaidoyers et arrêts, Rennes, 1684, 2 vol. Cette édition est enrichie de recherches importantes; on y trouve un trait curieux de la vie d'Henri IV relatif au sieur de la Sicaudais, Breton. L'auteur y relève une méprise de Mezerai , relativement à StNlalo : il y entre aussi dans l'examen de la décrétale d'llonolins III , qui défend d'enseigner le droit' civil à Paris. 2° Consultations et observations sur la coutume de Bretagne, Rennes, 1736 et 1745 Ce sont des oeuvres posthumes de l'auteur, publiées par son petitfils, conseiller au parlement de Rennes. Quelques consultations du fils de l'auteur, avocat au même parlement, sont jointes à ce volume. 5. Questions et observations concernant les matières féodales, par rapport ci la coutume de Bretagne, Rennes, 1757 Ce volume con- tient la suite des Consultations de l'auteur, et des ouvrages qui lui sont étrangers. 4° Coutumes générales de Bretagne et usements locaux de la même province, arec les procès- verbaux des deux réformations et des notes , Rennes, 1744 Il avait paru, en 1693, à Rennes, une édition donnée par Hévin , du texte de ces coutumes avec les usages particuliers. On a encore un écrit de Hévin, dans lequel il réfute l'histoire romanesque, rapportée par Varillas, de la mort de la comtesse de Châteaubriant. Hévin y fait preuve d'un jugement sûr et d'une critique saine; il va seulement trop loin, quand il veut prouver que la comtesse de Châteaubriant n'a pas été maîtresse de François ler. On trouve dans le Journal des savants de 1681 une dissertation de Ilévin sur un poulet monstrueux, et une antre sur la découverte, faite à Vannes, de cinquante mille médailles : ce trésor parait avoir été caché vers l'an 260 de J.C., puisqu'il ne s'y est trouvé aucune médaille d'une date postérieure; les plus anciennes sont du temps de Caracalla
  • Pierre HEYLIN( 1600 - 1663) : théologien anglais , né le 29 novembre 1600 à Burford, dans le comté d'Oxford , donna , étant au collége , des preuves de quelque talent pour la poésie dramatique, mais se livra ensuite à des travaux un voyage de six semaines dont il publia une relation trente ans après. Laud , alors évèque de Elath et Wells , le fit nommer en 1629 l'un des chapelains ordinaires du roi. En 1651 , la publication de son Histoire de St- George de Cappadoce , à laquelle il ajouta l'institution de l'ordre de Si- George , nommé l'ordre de la Jarretière, lui valut la cure d'Ileminingford au comté de Huntingdon , une prébende dans l'église de Westminster, et la riche cure de Hougbton , dans le diocèse de Durham. Il avait , dès l'année 1627, prOvoqué contre lui une accusation de papisme de la part de Prideaux par ses réponses à quelques questions théologiques. En 1633 il irrita de nouveau le professeur en soutenant les priviléges de , soit pour décider les controverses de religion , soit pour interpréter les saintes Écritures, et pour fixer les rites et cérémonies; mais Prideaux gâta luimême sa cause; on . Laud l'employa en 1639 à traduire en latin la liturgie écossaise; le collége de Westminster le choisit pour être son représentant à la convention. Mais le temps de la terreur arriva pour tous les défenseurs de la prérogative royale et ecclésiastique. Ileylin se réfugia à Oxford , où il participa à la rédaction du journal intitulé Mercurius aulicus, jusqu'en 1645, où, les affaires du roi étant presque ruinées, il vint à Winchester, et vécut ensuite, à la campagne , du produit de ses écrits. Le parlement avait confisqué tous ses biens, et il était du nombre de ceux qui appelaient à grands cris la restauration , dans l'espoir qu'elle les dédommagerait amplement de ce qu'ils avaient souffert; mais il se flattait. La restauration arriva sans améliorer sa fortune, et le sousdoyenné de Westminster fut tout ce qu'il put obtenir. Il mourut le 8 mai 1665. Ileylin était d'un esprit actif , quoique avec un extérieur peu imposant, d'un caractère entreprenant et audacieux , ce qui faisait dire qu'il avait manqué sa vocation. La faculté de prêcher, et surtout d'abondance , paraît avoir formé son principal mérite. Wood le présente cependant comme un bon poile, mais un peu affecté, et comme un trèsbon historien , niais homme de parti. Ses nombreux ouvrages sont peu estimés aujourd'hui : le plus connu est sa cosmographie, que d'autres publications du même genre ont rendue inutile
  • Pierre HEYWOOD( 1772) : navigateur anglais, naquit en 1772, dans l'ile de Man, où son père exerçait les fonctions de deemster . Élevé avec soin sous les yeux de ses parents, il fut , à la recommandation du receveur de file, beaupère de Bligh , embarqué sur le Bounty,! que ce dernier commandait. Heywood dit adieu à sa famille au mois d'août 1787. L'article de Bligh contient les détails de la révolte qui éclata le 9.7 avril 1789 à bord du Bounty. Heywood fut un des midshipmen qui restèrent sur ce vaisseau. Vers la fin de mars 1790 , sa famille apprit par les feuilles publiques la funeste nouvelle (le l'enlèveinent du Bounty. Sa mère venait de perdre son mari; justement alarmée des bruits qui se répandaient, suivant l'usage grossis par la malveillance et représentant Heywood comme un des chefs de la révolte , elle écrivit à Bligh une lettre où se peignaient toutes les angoisses de son âme. La réponse de 13ligh est passablement sèche ; il (lit que la bassesse du jeune Heywood surpasse toute croyance; il avait déjà mandé à un militaire, oncle du midshipman , que l'ingratitude de celuici était d'une noirceur excessive. Ces assertions étaient dénuées de fondement. Lorsque la Pandore, sous le commandement d'Edwards, mouilla, le 23 mars 792, sur la rade de Taïti pour y chercher les révoltés du Bounty, Heywood et trois autres Anglais se rendirent volontairement à bord; les autres furent amenés de force. Tous, au nombre de quatorze , furent enfermés, les fers aux pieds et aux mains, dans une prison en bois, construite à l'extrémité du gaillard d'arrière; elle n'avait que onze pieds de long; on ne pouvait y entrer que par une ouverture de dixhuit pouces carrés pratiquée au sommet. Le 8 mai la Pandore partit et fit voile vers la NouvelleHollande; le 28 août on aperçut les récifs qui bordent la côte; en voulant franchir ces écueils, la frégate toucha contre les rochers; malgré tous les moyens employés pour la sauver, on fut obligé de l'abandonner au moment où elle s'engloutissait dans la mer. Les fers avaient été ôtés seulement à une partie des prisonniers ; il en périt quatre , ainsi que trente et un hommes de l'équipage. Dans cette catastrophe, Heywood ne put sortir de la prison qu'au moulent où l'eau y pénétrait ; il sauta pardessus bord et s'empara d'une planche; il nageait vers un banc de sable éloigné de trois milles, quanti un canot le recueillit et l'y porta. Quatre embarcations réunirent les infortunés qui ne s'étaient pas noyés, elles arrivèrent le 14 septembre à Timor. Le 6 octobre un navire hollandais partit avec les Anglais pour Batavia , où il débarqua le 7 novembre. Enfin , le 19 juin 1792, un vaisseau de guerre anglais les fit aborder à Spithead. Le surlendemain les prisonniers furent conduits à bords de l'Hector, où ils éprouvèrent le traitement le plus humain. Le 12 septembre ils parurent devant le conseil de guerre; les dépositions ne chargeaient pas fortement Heywood; tous les témoins s'accordaient à reconnaître que dans le moment de la révolte il avait l'air éperdu , et affirmaient qu'ils ne le regardaient pas comme ayant pris part au complot. Dans sa défense il montra un calme , une dignité et une douceur qui attestaient la pureté de sa conscience; néanmoins le 18 il fut condamné à mort ainsi que six des accusés, mais, avec deux d'entre eux , recommandé à la clémence du roi. Le jugement fut regardé comme trèssévère pour ce qui le concernait; Heywood, dans une lettre adressée à sa soeur, n'eut pas de peine à réfuter les motifs sur lesquels sa condamnation avait été appuyée. La terrible anxiété de sa famille eut un terme le 21 octobre , lorsqu'elle reçut la nouvelle que le roi lui faisait grâce. Le 29 Heywood était à Londres, où il embrassa son frère et sa soeur, qui signèrent avec lui une lettre écrite à leur mère. 11 rentra ensuite dans la marine, mais avec le grade inférieur qu'il occupait au moment de la catastrophe qui avait failli lui etre si funeste. Au bout de cinq ans sa bonne conduite le fit nommer lieutenant. Durant la longue guerre qui ne finit qu'en 1814, il se distingua dans tous les commandements qui lui furent confiés. Dans une note écrite de sa main en juillet 1816 , il dit que durant un laps de temps de vingtneuf ans sept mois et un jour, il a passé en nier vingtsept ans six mois et une semaine. Il était% peu près le doyen des capitaines de vaisseau de la marine royale lorsqu'il mourut, en 1851 , avec la réputation d'un homme brave, actif, intelligent , éclairé, humain et aimable. A l'époque (le son procès, tous les témoins avaient rendu justice à ses bonnes qualités et à son excellent caractère. Les détails contenus dans le présent article contribuent à éclaircir encore davantage l'enlèvement du Bounty, qui dans le temps eut un si grand retentissement en Europe. \ous les avons puisés dans un ouvrage anglais , intitulé Histoire mémorable de la révolte et de l'enlèvement du Bounty, vaisseau du roi ; ses causes et ses conséquences , Londres, 1851 Ce livre contient un abrégé de cet événement et du voyage d'Edwards, l'histoire du procès du reste des révoltés amenés en Angleterre au nombre de dix, et une notice détaillée sur Vile Pitcairn, où huit d'entre eux s'étaient établis. On apprend dans ce livre que les véritables noms de John Adams, que nous n'avions pu découvrir quand nous avons écrit l'article Bligh , étaient Alexandre Smith. Cet ouvrage offre aussi une correspondance intéressante entre Heywood et sa soeur. On voit que ce marin avait des dispositions trèsheureuses pour la poésie , et que dans toutes les occasions , meule les plus , il cédait au penchant qui le portait à la cultiver. Trompés sur l'orthographe de son nom par le texte de la relation de Bligh , nous l'avions écrit incorrectement dans notre article sur ce dernier , et des renseignements inexacts nous avaient également induits en erreur sur un ouvrage que nous lui avons attribué
  • Pierre HOEGSTROEM : écrivain suédois, fut d'abord, vers 1740, pasteur de Gellivara , dans le LuleoLappmark, par delà le 67 degré de latitude boréale , par conséquent au delà du cercle polaire. Il profita de sa position pour parcourir la Laponie et observer les moeurs de ses habi- tants. Transféré ensuite à la cure de Skelefteo, située deux degrés plus au sud, sur les bords du golfe de Botnie, la température de ce lieu lui sembla propre à donner des productions qu'on n'en avait pas exigées jusqu'alors. 11 planta deux jardins d'arbres fruitiers , sema des pepins, et, suivant le témoignage de quelques auteurs suédois, parvint à obtenir des fruits. Mais ce phénomène, trop en opposition avec les lois de la nature , ne dut ètre qu'éphémère. M. de Buch , qui a parcouru les mèmes lieux en 1807, nous apprend dans sa relation qu'a cette époque il n'existait plus la moindre trace du jardin d'Hoegstroem, et que le souvenir en était tellement effacé que l'on révoquait le fait en doute. Hoegstroem fut admis à l'Académie des sciences de Suède en 171/, et mourut le 14 juillet 1784. On a de lui en suédois : 4° Description de la Laponie suédoise, Stockholm , 1747, 1 vol. carte. Cet ouvrage fait connaître la singulière nation qui en est l'objet beaucoup mieux que tous ceux qui l'avaient précédé. Hoegstroem voit bien les choses, et ne les embellit pas. Il compatit aux maux qu'un climat rigoureux accumule sur les Lapons , et propose les moyens d'améliorer leur sort. Ce livre a été traduit en allemand , Stockholm, Copenhague, Leipsick ; 1718, 1 vol. carte. Il y en a un extrait en français dans le tome 19 de l'Histoire générale des voyages. 20 Plusieurs mémoires dans le Recueil de l'Académie des sciences de Suède ; ils traitent de l'histoire naturelle ou de l'économie rurale
  • Pierre HOFSTEDE : théologien calviniste distingué comme philosophe et comme philologue , attaqua avec énergie les opinions relâchées, le scepticisme audacieux devant lesquels disparaissaient les convictions religieuses. Il était né à Rotterdam et étudia à Groningue. La vie dissipée de ses camarades déplut à son esprit sérieux et réfléchi et lui inspira , diton , sur les bancs de l'école, une satire imprimée sans nom de lieu et sans date, avec ce titre : Pseudo- studiosi hodierni, sive theologi Groningani detecii et refutati salira. Cette pièce, toutefois ne lui est pas acquise d'une manière irrévocable; les initiales R. L. O. R. qu'elle porte au frontispice ne semblent même aucunement lui convenir. Hofstede a beaucoup écrit dans sa langue, entre autres à l'occasion de la Dissertation sur le sublime et le naïf dans les beaux- arts, traduite en hollandais , de l'allemand de Mendelssohn, par 1LM. van Goens, et dont la seconde édition parut à Utrecht , en 1774 Le Bélisaire de Marmontel n'excita pas moins son zèle théologique. Cet ouvrage, qui fit tant de bruit et qui est justement oublié, fut traduit en hollandais en 1768 , et imprimé à Amsterdam ; l'année suivante , Hofstede entra en lice et ne tarit sur ce sujet qu'en 1770. S'il avait, écrit en français et à Paris, nul doute qu'on ne l'eût accusé de fanatisme et rangé parmi les Patouillet et les Nonotte, quoiqu'il eût, aux yeux des penseurs de ce tempslà , l'honneur insigne de n'être pas catholique
  • Pierre HORREBOV( 1728) : le jeune , astronome danois, fils du précédent, naquit en 1728 , fut pendant plusieurs années suppléant du professeur J.F. Ramus. En 1763 il devint professeur de mathématiques et de philosophie , et en 1769 membre de la société des sciences de Norvége. La mème année il fit , par ordre et aux frais du gouvernement, un voyage dans les Nordland pour observer le passage de Vénus sur le disque du soleil. On a de lui : 1. Dissert. de stella , qvam magi in Oriente videront, Hafniœ , 1750; 2" De numero jixarum stellarum, llafnim, 1751; An iris ante diluvium exstiterit , ibid., 1752; 4° Dissert. de commodis et incommodis refractionis , ibid. , 1754.; 5° De causis veutorum , ibid. , 1754; 6° De ortu et progressu geometrioe , ibid. , 1759 ; 7° De transite Veneris per discum solis, ibid., 1761; 8° Tractatus meteorologicus , continens observationes 26 annorum in observatorio Ha fniensi Jactas , et ex his deductas conclusiones , Hafniœ , 1780 ; 9° Réponse à la critique des observations scientifiques , ibid., 1782
  • Pierre HORREBOV( 1679) : l'ancien , astronome danois, né à Liichstiier le 14 mai 4679 , était fils d'un pauvre pécheur nommé Niels Pe dersen , et de Else , fille de Christen. Ce ne fut qu'en 1696, àgé alors de dixsept ans , qu'il fut placé à l'école d'Aalborg. Après y être resté jusqu'en 1705, les dispositions qu'il avait montrées déterminèrent le professeur Ole Rimer à le recevoir dans sa propre maison , où il lui donna pendant quatre ans des leçons de mathématiques et d'astronomie. En 1704 il subit l'examen . IO. De ante interpolandi, sen ratio implendi seriem numerorum ex dijjerentiis secundis, ibid., 1731 ; 11° Elementa matheseos, ibid., 1732 et 1737. Ce dernier ouvrage a été traduit en danois avec un supplément relatif à la navigation, et publié sous ce titre : Danske skat- kamnzer Lest aaende af grunden til geometrien og navigationen , hhvn , 1745. 12° Atrium astronomie sive tractatus de inveniendis refractionibus, obliquitate ecliptice aigrie elevatione poli. Schediasma de acte interpo- landi , Copenhague , 1732, vol. 13^ IJasis astronomie sive astronomie pars mechanica, ibid. , 1735., vol. C'est une suite de l'ouvrage précédent; elle contient la description d'un observatoire que Mimer fit élever en pleine campagne , et des observations qu'il y fit pendant trois jours; suivie de la vie de cet astronome , t. 5, p. 510 ; 24° les ouvrages de Pierre Horrebov ont été réunis et publiés à Copenhague , 17I01741 ; 5 vol. Cette collection est estimée. W—s et D—z—s.
  • Pierre HUBER( 1777 - 1840) : fils du précédent, né à Genève le 23 janvier 1777, mort à Yverdun le 2'2 décembre 1840 , est auteur d'un certain nombre de mémoires intéressants qui ont été insérés dans divers recueils; nous signalerons seulement les suivants : 1. Mémoire sur les bourdons velus, espèce d'insectes qui vivent en république. Ce mémoire, la première production de Pierre est le résultat d'observations faites aux environs de Lausanne. Il fut imprimé en français et en anglais dans les Transactions de la société Linnéenne de Londres en mai 1801 , et reproduit en 1804 dans le tome 25 de la Bibliothèque britannique. 2° Mémoire sur les relations des pucerons avec les fourmis et les galle- insectes, imprimé en 1805 dans le tome 28 de la Bibliothèque britannique. Depuis 1801, Voler s'occupait de l'histoire des fourmis. Son mémoire contient le résultat de ses recherches jusqu'en 1805. Il les étendit pendant les années suivantes, et il en publia l'ensemble dans un nouveau travail plus complet et plus étudié, sous le titre : Recherches sur les fourmis indigènes, Genève, 1810, 1 vol. Ce volume, qui a été traduit en anglais, contient beaucoup de faits curieux et intéressants sur les moeurs des fourmis et dévoile notamment les expéditions I, (les fourmis amazones et leur singulière associa' tion avec les fourmis brunes. 3° Mémoire sur diffé- rents instruments de physique et de météorologie. inséré dans le tome 1eT des Mémoires de la société de physique et d'histoire naturelle de Genève, 1821, dans lequel on trouve entre autres choses la description d'un anémomètre de l'invention d'Huber, trèssimple et portatif, ainsi que d'un anémographe destiné à noter graphiquement toutes les indications de l'anémomètre; 4° Lettre à M. le professeur Prévost sur l'écoulement et la pression du sable dans la Bibliothèque universelle, t. 40, janvier 1829 ; 5. Histoire du trachuse doré, ih t. 2 des Mémoires de la société de physique et d'histoire naturelle de Genève, 182f ; 6° Notice sur une migration de papillons, t. 3 du même recueil, 182G; 7. Mémoire sur la chenille du hamac, t. 7 du même recueil , 1839; ce métnoire, fort intéressant par . les détails qu'il contient sur les procédés de construction suivis par la chenille, qui en fait l'objet, avait été dès 1812 ln à la société de physique et d'histoire naturelle de Genève, et communiqué à l'Institut de France, qui l'avait reçu avec faveur ; 8° Notice sur le melipone ou l'abeille domestique du Mexique, t. 8 du même recueil , 1839; 9° Mémoire pour servir à l'histoire des attelabes, insectes voisins des charançons, t. 8 du mène recueil , 1859, etc. P. Hubert avait aidé son père dans ses recherches sur les abeilles, et il prit une part active à la composition du deuxième volume de la nouvelle édition des Observations sur les abeilles, publié à Genève en 1814. Il laissa à sa mort en manuscrit plusieurs autres travaux qui ont été publiés après sa mort dans les !Mémoires de la société de physique et d'histoire naturelle de Genève. Le toute 10 de ces mémoires contient son éloge par M. le professeur Gautier. ,‹ Chacune ,i des productions de P. Iluber, dit M. Gautier, « porte l'empreinte de l'esprit ingénieiix d'obsera vation , de la sagacité, de l'amour de la nature a et de la vérité qui le caractérisaient. H ne se ,, bornait pas à de simples descriptions, mais il ' a excellait à scruter les moeurs et l'instinct des a animaux et à les suivre dans les détails de leurs procédés, toujours si admirablement adaptés à leur organisation et à leurs besoins
  • Pierre ICHER( 1658 - 1713) : né à Montpellier en 16i8, mourut dans la même ville en 1713: Élevé dans la réforme de Calvin , après avoir fait ses premières études dans sa patrie, il fut envoyé à Ge- nève pour e suivre un cours de philosophie. A son retour de cette école, qui comptait d'habiles maltres , lcher se mit à étudier la médecine avec beaucoup d'ardeur , et il fut reçu docteur en 1680. Une santétrèsdélicate ne lui permit point de se livrer à la pratique de la médecine. Condamné à une vie sédentaire , il reprit l'élude des belleslettres grecques et latines comme une distraction consolante. Nommé, à la formation de la société royale des sciences de . Montpellier, associé physicien , Icher s'occupa particulièrement de faire pour cette compagnie des extraits des livres nouveaux; travail trèsutile qu'il continua jusqu'à la fin de sa vie. M. Gauteron prononça l'éloge d'lcher peu de temps après sa mort, et le rédaetfur de cet article l'a inséré par extraits dans les Kluges des académiciens de Montpellier, publiés à Paris en 1811
  • Pierre JACOTOT( 1755) : né à Dijon- en 175'5, étudia d'abord la théologie; mais, ne se sentant pas de vocation pour l'état ecclésiastique, il dirigea ses vues vers la carrière de l'enseignement. it l'époque de la création de l'école centrale des travaux publics , qui reçut le I er septembre de l'année suivante le nom d'école polytechnique, il en fut nommé bibliothécaire. Il était en même temps secrétaire du conseil d'administration et examinateur pour l'admission des élèves. Le 20 avril 1795, désirant retourner dans sa ville natale, il donna sa démission. Successivement professeur de physique, de chimie, de mathématiques et d'astronomie à Pécore centrale, puis au lycée de Dijon , où il faisait des cours publics auxquels les dames se pressaient pour l'entendre, il devint plus tard proviseur de ce lycée, et fut enfin nommé recteur de l'académie en 1809; mais les événements politiques de 1815 lui firent perdre sa place . Cette mesure fut vivement critiquée dans le temps, car P. Jacotot , aussi remarquable par son immense savoir que par sa douceur et son urbanité, avait rendu de grands services à Dijon, en y fondant un cabinet de physique etde chimie, ainsi qu'un observatoire d'astronomie. Il mourut dans cette ville le 14 juillet 1821, généralement regretté; les étudiants de l'Académie assistèrent à ses funérailles. On a de lui un Cours de physique expérimentale et de chimie à l'usage des . écoles centrales, et spécialement de l'école centrale de laCôte- d'Or, Paris,180I , 2 vol. et atlas de 61 pl. Il en donna une seconde édition , totalement refondue et augmentée de plus d'un tiers, sous ce titre : Éléments de physique expérimentale, de chimie et de minéralogie, suivis d'un abrégé d'astronomie, à l'usage des lycées et autres établissements d'instruction publique, Paris, 1805, 2 vol. et atlas de 73 planches. Un riche particulier de Dijon l'en dédommagea en l'instituant héritier de tous ses biens , produisant vingtcinq à trente mille francs de revenu. L'Abeille, 14, p. 71, contient une notice sur P. Jacotot
  • Pierre JACQUET( 1600 - 1766) : né à Grenoble dans les dernières années du 17e siècle, se livra , prêtre , né à Nancy en 1715, fut bibliothécaire du prince de Paar, , à Vienne, en Autriche, obtint un canonicat au collége de St- Jean, à Varsovie, et revint à Vienne,- où il fut nommé professeur d'histoire et de géographie à l'académie militaire de cette ville. 11 mourut le 17 aoùt 1800.0n a de lui : 1. Cours de géographie. Vienne 'l'Éléments géographiques, ou Descrip- tion abrégée de la. surface du globe terrestre, ibid., 1755 3. Elements de l'histoire profane an- cienne et moderne, ibid., 1755-56 Ces deux derniers ouvrages sont anonymes. 4. Le militaire citoyen, ou Emploi des hommes', Vienne, 1759 Paris, 1760 5. Elements de l'histoire an- cienne, Vienne, 1763 6.- Éléments de l'his- toire d'Allemagne, ibid., 1769-70 7. Précis de l'électricité, ou Extrait expérimental et théorique des phénomènes électriques, ibid., 1 776 8. Lettre d'un abbé de Vienne à un de ses amis à Presbourg, sur l'électrophore perpétuel, ibid., 1776
  • Pierre JARRIGE( 1605) : si connu par son emportement contre les jésuites, était né à Tulle, en 1605, de parents peu aisés, mais qui s'imposèrent des sacrifices pour le faire étudier. Après avoir terminé ses cours, il sollicita son admission dans la compagnie de Jésus, et fut choisi pour enseigner la rhétorique au collége de Bordeaux. 11 prononça dans cette ville l'oraison funèbre du Dauphin, en présence du prince de Condé, avec un tel succès, que ses supérieurs l'engagèrent à cultiver le talent Le P. du Jarric a deux articles dans la Biographie toulou- saine. C'est dans le second , le rédacteur dit que l'ouvrage de Jarric , dont il change le titre en celui de Trésor de l'histoire des Indes, ne méritait pas l'honneur d'être traduit en pose Ii esompsahrows as arriii. i41•6 sautas les Ses es il pretia mkoadamocusk ormaras Las der Mid midden bd parardereut çal dia* dtpe premiers emplcie de la roséld mea Worm ?-• lee ateraer. MW« de quittes le, falllifeeffle .k... I.eadelabeur ka eardaaroce d ...a, MI Umm de oreerbee MO. r pruine», 41è 1in El« la lladhaile. iiIlt.terielete afro' „ sas dersteue. AS» «ne Oak. II pire ellorlot es Ifoileteir. et y premee à Leyde dateuales tior deedeppa les asetde opuo remet savate drapa die rodspoos. Ca tramer* est ofia antes . Jarre, Skiai me peurs Laer vair» permise d'ai perme ‘e quatre tousiee d'éprdres. temudatet les pleuras laraateet usitiesser (moire et se, km *.quesellies Il IOlollarmair• per iereseet modo Ite.4i.114, èflre mots, MM mime lartild, el .11, Man* /MM» • Md À MN affligera. Jar. lie amie resraebta -_lis legs qat ee neracere · baorter eescee eae eterteesestairerve, et ett ,tespose us Melk et poobas• sur te titre 4toasee leitemed. irae» II paries ,redmit orient plue radera, ara* per erste nues " aro» de rom deseereon litiepétedire reproduit adieu y répute*, a «barrie Morde J'es. baidt.téremeS.i Alter» aie idratOis. leet les pek ...os de le beim le phis Mme Apelle Ma. gr eue § isteree 4.rimhui Mme eler tee ordre P. Per atodomr, atterlité alors a reethaseadeer "isora La Key*, estrepnt rd» Umar té I. trerana iteereeraturtat.iereistr. more. 4m4 seasederte. quitta Lem& es IMIO, et a" , e dura ha perd» eller». los la
  • Pierre JÉLIOTTE ou JELYOTE ou GELIOTE( 1710) : la plus belle hautecontre que l'on ait entendue à l'Académie royale de musique, s'il faut en croire les anciens amateurs, naquit dans le Béarn, d'une famille obscure, vers 1710, et fut d'abord enfant de choeur à Toulouse, d'où le bruit de sa réputation le fit appeler à Paris, aux frais de l'adininistration de l'Opéra. Il débuta sur ce théâtre avec le plus brillant succès , au mois d'avril 1733, et fut aussitôt engagé aux appointements de douze cents francs. On les augmenta progressivement jusqu'à deux mille cinq cents francs en 1740, non compris trois cents francs pour pain et vin. En 1741, on les porta à trois mille francs, et on y ajouta deux mille francs de gratification, tant annuelle qu'extraordinaire, outre les trois cents francs de pain et vin. Jéliotte créa un grand nombre de rôles, tels que ceux de Dardanus, de Zoroastre, de Titon, de Castor, dans des opéras complétement oubliés aujourd'hui , mais qui furent trèssuivis dans un temps où l'art musical , malgré le génie de Rameau , ne laissait pas entrevoir les progrès qu'il fit sous Gluck, Piccini et Sacchini. Aucun acteur, peut-être, n'a eu en France une existence Plus heureuse et plus honorable que Jéliotte. On tressaillait de joie dès qu'il paraissait sur la scène ; on l'écoutait avec l'ivresse du plai- sir, et toujours les applaudissements marquaient le repos de sa voix remarquable par le volume, la plénitude des sons, et par l'éclat de son timbre argentin. Comme il était bon musicien , et qu'au talent de chanteur il joignait au suprême degré celui de comédien, son état ne lui coûtait aucune peine et ne lui causa jamais de désagréments. Chéri, considéré parmi ses camarades , qu'il traitait avec une politesse amicale , mais sans familiarité, il vivait en homme du monde. Un esprit cultivé, un caractère gai, complaisant, doux, simple et modeste, plus encore que sa voix et sa guitare, le faisaient accueillir, désirer partout, et il n'était déplacé nulle part. Quoique Jéliotte ne fût ni beau ni bien fait, il s'embellissait en chantant, et charmait les yeux autant que les oreilles. Homme à bonnes fortunes, il était renommé par sa discrétion ; et, de ses nombreuses conquêtes, on ne connut que celles qui voulurent s'afficher. Le premier usage qu'il fit d'une petite fortune, fruit de ses talents, de son économie et des grâces de la cour, fut de procurer de l'aisance à sa famille. 11 jouissait dans les bureaux des ministres d'un grand crédit qu'il employait à rendre des services essentiels à la province où il était né. 'tous les ans, il lui était permis d'y faire un voyage, et de Paris à Pau son passage était marqué par des fêtes continuelles. Il avait à Toulouse deux amis qu'il préférait à tous les autres, son ancien maitre de musique et le tailleur chez lequel il avait logé. La noblesse, le parlement se disputaient le second souper que Jéliotte faisait à Toulouse ; mais le premier était réservé à ces deux amis. Le 15 mars 1755, il parut pour la der- fière fois sur le théâtre de l'Opéra. Il obtint sa pension de retraite et continua de jouer aux spectacles de la cour jusqu'au 9 novembre 1765'. Il y avait fait représenter, en 1746, pour le mariage du Dauphin, l'opéra de Zelisca, dont la musique était de sa composition et les paroles de la 1 Noue. De retour dans son pays, où il jouissait de la plus grande considération , même auprès de son évêque, il fit encore quelques voyages à Paris, et mourut presque octogénaire en 1788. Jéliotte inspirait le bonheur dont il portait l'empreinte sur sa physionomie, et sa prospérité qui ne se démentit jamais fut à l'abri des traits de l'envie et de la haine. Il a composé la musique de beaucoup de chansons qui, suivant Laborde, paraissaient charmantes , même quand elles étaient chantées par d'autres que par lui
  • Pierre JOSSE( 1745 - 1799) : pharmacien distingué, naquit à Paris en 1745, de parents pauvres. Il fut élève de Rouelle et de Laborie : il publia en 1777 deux analyses trèsbien faites, l'une de la racine de Colombo, l'autre de celle de Jean Lopez. Peu de temps après, il fit connaître un nouveau procédé pour préparer l'oxyde noir de fer, appelé alliions martial. ll fut reçu membre du collée de phar-
  • Pierre JUENIN( 1668 - 1747) : historien de la ville de Tour- . nus, né à Bourg en Bresse le 11 décembre 1668, embrassa l'état ecclésiastique et fut pourvu , en 1691 , d'un canonicat à la collégiale de StPhilibert de Tournus. 11 profita de sa position pour faire une étude approfondie des chartes de cette abbaye, que Pierre de SaintJulien et Chif- flet n'avaient examinées que superficiellement. Ses recherches le conduisirent à jeter les bases d'une nouvelle histoire de l'abbaye et de la ville de Tournus. Il en amassa les matériaux pendant près de quarante ans, et la mit au jour sous le titre de Nouvelle histoire de l'abbaye royale et collégiale de St- Philibert et de la ville de Tournus, enrichie de figures, avec une table chronologique, des remarques critiques sur le tome 4 de la Nouvelle Gaule chrétienne ; les preuves de l'histoire , le pouillé des bénéfices dépendant de l'abbaye, et un essai sur l'origine et la généalogie de Châlons, de Mâcon et des sires de Beaujeu , par un chalioine de la même abbaye, Dijon, 1730 et '1733, 2 vol. Le savant auteur a donné au développement de son sujet toute l'étendue que ses laborieuses recherches justifient. En vain lui aton reproché des détails trop minutieux. Il n'y a plus rien de trop dans les histoires de nos vieilles cités. Depuis que la plupart des monuments qu'elles rappellent ont disparu, c'est là seulement qu'on peut retrouver encore des traces de leur existence. Les négligences de style sont aussi une imperfection qu'il faut se garder de relever dans ces sortes d'ouvrages. L'historien de Tournus traite, par occasion, de quelques points curieux de l'histoire de France qui se rattachent à son sujet. On lit avec beaucoup d'intérèt le détail des hostilités qui éclatèrent entre la ville et l'abbaye pendant la ligue. Chacune d'elles avait son armée qui exerçait tour à tour les plus grands ravages dans la contrée. Le second volume comprend les titres, les actes et les autorités qui servent de pièces justificatives au corps de l'histoire. L'abbé Lebeuf ayant critiqué, dans le Mercure de 1754, quelques assertions de l'auteur, relatives au martyr de StValérien, l'abbé Juénin y répondit par une lettre insérée dans le volume du mème journal , qui parut au mois de juillet suivant. Successivement chantre et doyen du chapitre, il mourut le 17 novembre 1747
  • Pierre JULIEN( 1731) : statuaire célèbre, membre de l'académie royale de peinture et . Pendant qu'il terminait ses études à Rome, son martre, G. Coustou , avait étt chargé du mausolée du grand . Dauphin et de son épouse, destiné pour la cathédrale de Sens, Cet artiste, déjà affaibli par l'àge, jeta les yeux sur Julien connue sur le sculpteur le plus capable de l'aider dans cette grande entreprise. Secondé par Beauvais , son condisciple et son ami,Julien termina entièrement la figure ?le l'Immortalité . Cette figure n'est pas de la mètne force que celles qu'il exécuta par la suite ; tuais elle est infiniment supérieure à la plupart de celles des artistes qui l'avaient précédé à l'académie : aussi ne futce pas sans étonnement que les connaisseurs éclairés apprirent qu'il avait été rejeté; et la voix publique accusa dans le temps le martre d'avoir refusé son suffrage à son disciple par un motif de basse jalousie. Quoi qu'il en soit, Julien fut tellement accablé de ce refus, que , dans son désespoir, il résolut d'abandonner son art, et sollicita du gouvernement l'emploi de sculpteur des proues de vaisseau à Rochefort. Il était sur le point La copie de l'Apollon existe au gardemeuble de la couronne; elle a été retiree du château de Versailles. 11 exécuta, depuis, cette statue en marbre pour le baron de Juyt, de Lyon, son ami, et y fit quelques changements heureux. .•-•- de l'obtenir , lorsque , ranimé par les encouragements de l'amitié , il se décida, encore une fois, se remettre sur les rangs, et présenta, en 1778, a l'académie, le modèle de son Guerrier mourant. C •tte foisci, le succès fut complet : il fut agréé à l'ouatinant! ; et, l'année suivante, il fut reçu acaeinicien sur le marbre de cette figure, qui réunit au plus rare degré la science de l'art, la gr3ce naturelle et la perfection du ciseau . Ce premier succès fut comme le signal de tous ceux qu'il obrnt par la suite ; et, dés ce moment, il prit un des premiers rangs parmi les sculpteurs français. M. d'Angivilliers avait conçu, à cette époque, l'heureuse idée de faire exécuter aux frais du gouvernement les statues de nos grands hommes. lieux de ces statues, celles de Lafontaine et du Poussin, furent confiéN au ciseau de Julien. La manière dont il s'acquitta de ce travail fait autant d'honneur au talent de l'artiste qu'au discernement du ministre qui l'en avait chargé : la preiniere qui sortit de ses mains est celle de I.afontaine. La simplicité et la naïveté du poëte revivent dans l'ouvrage du statuaire. Bientôt apres , il produisit la charmante statue de la Baigneuse , destinée pour la laiterie de Ilainbotallet , et qui est maintenant un des plus précieux ornements du palais de la chambre des sénateurs. Deux basreliefs de cinq mètres de long, sur un de hauteur , représentant • l'un Apollon chez Admète , et l'autre la fable de la Lhêtre Amalthée, accompagnaient ente statue , et décoraient le lieu où elle était primitivement placée . Le succès de ces ourages fut complet : la Galatée surtout fut regardée, à cette époque, comme la statue moderne de femme la plus parfaite que l'on connût; et tl. d'Angivilliers , jaloux d'encourager un talent aussi rare, allait le charger de travaux ijui eussent encore étendu Id gloire de Julien , lorsque la révolution %int détruire ses espérances. Chargé de la ,,..atue du Poussin, il chercha dans le travail qu'exi1 gvait cet ouvrage une distraction aux orages qui gontiaient autour tic lui, et qui semblaient dévorer de préférence et les vertus et les talents. ltetiré pour ainsi dire en luiméme, tous ses désirs étaient de pouvoir terminer sa statue. Ses voeux furent remplis : mais s'il eut le bonheur de la voir achevée, il ne jouit pas longtemps du succès. Il mourut trois mois après l'avoir finie. Cette figure fut jugée digne de ses autres ouvrages; des juges éclairés la regardent inéme comme leur étant supérieure. En représentant le Poussin, qui, au milieu d'une des nuits brûlantes d'Italie, se lève à demi nu réveillé par une idée heureuse, il a su éviter adroitement la forme de nos costumes Parmi les amis qui ranimèrent le courage de Julien, on remarque Quatremére de Quincy ce nom), et Dejoux, l'un de nus plus habiles sculpteurs, dont aucun motif ue rivalité n'a jamais pu altérer l'amitié qu'il avait vouée à Julien. Cette figure existe dans les salles de l'Académie, au palais des beaux arts, à Paris. , par M. Lebreton , et insérée dans le Moniteur du 14 vendémiaire suivant, a été imprimée à part
  • Pierre JURIEU( 1637 - 1713) : l'un des plus fameux théologiens protestants du 17. siècle, naquit le 2.1 décembre 1637, à Mer, dans l'Orléanais. Son père, ministre de cette église, soigna sa première éducation, et l'envoya terminer ses études à l'académie de Saumur, où il reçut le degré de maure ès arts, n'ayant pas encore dixneuf ans. Il fréquenta ensuite les universités de Hollande et d'Angleterre, et en fut rappelé pour succéder à son père dans les fonctions du pastorat. 11 reçut, peu de temps après, une vocation pour Rotterdam; mais il la refusa par attachement pour le troupeau qui lui était confié. Cependant le succès de ses premiers écrits le fit choisir, en 1671, pour remplir une des chaires de l'académie de Sedan; et il l'accepta, malgré sa répugnance à se produire sur un aussi grand théâtre. Plein d'ardeur pour l'étude , et de zèle pour les intérêts de sa communion, Jurieu partagea son temps entre les devoirs (le sa place, les fonctions du ministère, et la rédaction de nouveaux écrits sur les questions théologiques qui divisaient alors tous les esprits. Ayant soutenu dans une de ses thèses la nécessité absolue du baptême pour être sauvé , cette opinion, quoique ancienne parmi les protestants, fut attaquée par quelquesuns de ses confrères, et condamnée au synode de Saintonge. Cette disgrâce ne ralentit point son ide, et il continua de prendre la défense des réformés dans toutes les occasions. L'académie de Sedan fut supprimée au mois de juillet 1681 ; et Jurieu fut averti en même temps qu'il y avait ordre de l'arrêter, comme auteur d'un libelle intitulé La politique du clergé da ? France. 11 crut devoir profiter de cet avis, et se rendit à Rotterdam, où il obtint le pastorat titi l'église Wallone, et bientôt après une chaire de théologie, Des qu'il se vit tranquille, il recommença à publier, en faveur de sa communion, des ouvrages qui se succédèrent avec une telle rapidité, qu'on jugea qu'il lui fallait moins de temps pour les écrire qu'à ses partisans pour les lire. La révocation de l'édit de Nantes, en lui ôtant tout espoir de revoir sa patrie, acheva de troubler son esprit naturellement exalté; et dès lors il attaqua les choses les plus respectables avec un emportes ment qui déplut aux hommes éclairés de son parti. Les observations charitables que quelquesuns d'eux lui adressèrent à cet égard ne firent que l'aigrir davantage, et il se déchatna dans d'affreux libelles contre Bayle et Jaquelot, qui n'avaient d'autre tort que de ne point partager ses fureurs. Tout le reste de la vie de Jurieu fut un combat continuel : on eût dit qu'il était sans cesse occupé de chercher de nouveaux adversaires. Catholiques ou protestants, tout lui était égal. Daus le même temps qu'il attaquait Beauval, Basnage, Saurin, etc., s'enfonçant dans les disputes du quiétisme, qui devaient lui rester étrangères, il s'établit arbitre entre Bossuet et Fénelon, et, sans égard pour leur noble caractère ni pour leurs talents, insulta ces deux grands hommes avec une audace inconcevable. L'irritation de ses organes affaiblit enfin ses facultés intellectuelles; et, après avoir langui plusieurs années, il mourut à Rotterdam , le II janvier 1715, âgé de 75 ans. Jurieu ne doit la célébrité dont il a joui qu'au souvenir de ses querelles, et ses nombreux ouvrages sont depuis longtemps tombés dans l'oubli. Les curieux recherchent cependant encore les suivants 1. Préservatif contre le changement de religion, Rouen, 1680 C'est une réponse à l'Exposition de la foi catholique, par Bossuet : elle eut du succès parmi les réformés. 2. La politique du clergé de France pour détruire la religion protestante , Amsterdam , 4681 3. Le, dernier, seri, de l'innocence affligée, Rotterdam , 16842, in42. C'est une suite de l'ouvrage précédent. 4. histoire du calvinisme et du papisme
  • Pierre KALM( 1776 - 1779) : savant suédois, né en mars 1776 , dans l'OstroBotnie , est connu principalement par ses voyages. Des dispositions naturelles et un travail trèsassidu lui ayant fait acquérir des connaissances solides en histoire naturelle, en philosophie, en économie politique, il entreprit, en 1748, sous les auspices de l'Académie des sciences de Stockholm, un voyage dans l'Amérique septentrionale. 11 resta dans ce pays jusqu'en 17:i1, et, à son retour, il publia ses observations en suédois , sous le titre de Voyage dans r Amérique septentrionale, Stockholm , 17351761 , 3 vol. Cet ouvrage eut un grand succès, parce qu'il offrait un tableau aussi neuf que varié du pays que l'auteur avait parcouru, et des aperçus bien tracés sur les contrées qu'il avait vues avant de s'y rendre. On y trouve nonseulement des détails d'histoire naturelle trèsintéressants , mais des notions claires et exactes sur les phénomènes physiques et géographiques, sur l'économie rurale , sur le commerce , sur les moeurs et les usages. Le voyage de KaInt a été traduit en allemand par Philippe et Jean Murray, Giittingue, 1751-176i, 3 vol. en anglais, par J.F. Forster, Londres , 1771 , 3 vol. il en existe aussi une traduction hollandaise. La première partie contient les observations de l'auteur sur la Suède , la Norvége et l'Angleterre. Le voyageur en fut récompensé par des places honorables : il devint professeur à l'université d'Abo, membre de l'Académie des sciences de Stockholm, et obtint l'ordre de Wasa. Comme il n'était pas étranger aux sciences théologiques , il fut aussi créé docteur en théologie ; titre qui est regardé en Suède comme une distinction flatteuse , parce qu'il n'a pas été prodigué , et que souvent il conduit aux grands bénéfices ecclésiastiques. Outre son Voyage, Kahn a publié plus de quatrevingts dissertations ou opuscules, relatifs, presque tous , à l'état intérieur de la Suède, à son agriculture , son commerce, ses fabriques et ses productions naturelles ; la plupart sont en suédois, quelquesuns sont écrits en latin : on en peut voir le détail dans la continuation du Dictionnaire de Joecher, par Potermund, et l'on en trouve trente et un dans la collection de l'Académie des sciences de Stockholm. Il mourut le 16 novembre 1779 (voy. son éloge , écrit en sué dois, par J. Laur. Oditelius , Stockholm , 1780, CAu.
  • Pierre KENICIUS( 1555 - 1636) : archevêque d'Upsal , naquit en 1555 à Umeo. Son père, qui avait un petit commerce , lui fit faire des études théologiques, dans l'espérance que son fils pourrait avoir une place de vicaire dans sa province; mais les paysans lui trouvèrent la voix trop basse, et le refusèrent. Il partit alors pour Wittenberg , s'y remit à ses études, et, de retour en Suède , il devint professeur. Après avoir pris part aux discussions théo- I , logiques qui s'étaient élevées sous le règne de p Jean Ill , il obtint d'abord un évêché , et fut e nommé en 1609 archevêque d'Upsal. Ce fut pr , cipmement à sa sollicitation que GustaveAdolphe étendit et dota richement l'université de la même ville, et en fonda une à Dorpat en Livonie. L'archevéque Kenicius obtint aussi qu'il serait célébré dans toute la Suède un jubilé centenaire en mémoire de l'établissement de la réformation , et qu'il y aurait annuellement dans tous les temples trois services extraordinaires pour des prières solennelles. Il cont