Le prénom Paul Masculin

Origine :

Fête :

29 Juin

Signification de Paul

Le prénom « Paul » signifie petit et humble et est souvent porté par une personne peu amicale, mais qui n’hésite pas à aider son prochain. Paul est exigeant, mais sait faire preuve de tendresse envers ses proches. Il est de nature timide, mais son grand sens de la diplomatie permet de ne rien laisser paraître. Paul est patient ; sa philosophie est : « Avancer doucement, mais surement ». N’acceptant pas les échecs, il prend toujours soin d’étudier les différents cas de figure avant de prendre des décisions. Il ne passe jamais à côté d’une occasion d’apprendre et de découvrir de nouvelles choses. Il a un sens de la famille très développé et offre à ses proches tout ce qu’il y a de meilleur.

Personnalité de Paul

Leur forte personnalité inspire le respect. Ce sont des hommes d'action, entreprenants, opiniâtres jusqu'à l'entêtement. D'apparence autoritaire, ils ne font en fait que masquer une certaine timidité. En privé, ce sont des tendres, en public, ils sont plutôt agressifs et pas très faciles. Travailleurs, perfectionnistes, ils ont une morale exigeante. Ce sont de bons vivants qui respirent la vie à pleins poumons.

Provenance du prénom Paul

Histoire de Paul

Etymologie de Paul

Les Paul célèbres

  • Paul ANGIER : né à Carentan, en Normandie , était encore jeune quand la seule pièce de vers que nous ayons de lui fut imprimée , et , suivant Duverdier, ce fut en 1545 qu'elle le fut pour la première fois. Cette pièce est intitulée : l'Expérience de M. Paul Angier, Carentenois , contenant une briesre défense en la personne de l'honneste Amant, pour l'Amye de Court , contre la Contr'Amye. Pour bien entendre ce titre, il faut savoir que l'Amye de Court est un pomme du sieur de la Borderie, compatriote de Paul Angier, auquel Charles Fontaine en avait opposé mi autre , intitulé : la Contr'Amye. Paul Angier prit la défense de la Borderie , dans l'ouvrage que nous venons de citer. Grill. des Autelz, caché sous le nom de G. Terbault, répondit à Paul Angier, qu'il appelle le dernier des novices rimeurs. Paul Angier ne répliqua point ; et mème il parait qu'il renonça tout à fait à la poésie, pour laquelle, il faut en convenir, il n'annonç?it aucune disposition. Son pente , si un ouvrage aussi médiocre mérite ce nom, imprimé d'abord à Paris, par Jean Ruelle, en 1515 fut réimprimé avec les Opuscules d'amour, d'Héroet, la Borderie et autres divins poêles, Lyon , 1547 Ws.
  • Paul ABRIANI : de Vicence, entra dès sa jeunesse dans l'ordre des carmes, prêcha en différentes villes, et professa à Gênes, Vérone, Padoue et Vicence. Il fut obligé, en 1654, de quitter l'habit religieux, et mourut à Venise, en 1699, âgé de 92 ans. Il a publié : 1° des discours académiques, qu'il intitula : I Funghi, parce qu'ils étaient nés, ditil, comme des champignons dans le terrain inculte de son esprit. 2° Il Vaglio , réponses apologétiques aux observations de Veglia sur le Goffredo du Tasse, Venise, 1662 et 1687. 5° Des poésies, sonnets, canzoni, etc., Venise, 1663 et 1661 4° L'Am poetica ( Murano, iradolla in versi sciolti, Venise, 1665 et 1664 5° Ode di Orazio tradoue, Venise, 1680 les odes et l'Art poétique ont été ensuite réimprimés ensemble plusieurs fois. 6° La Guerra civile, ovvero la Farsaglia di 11I. Anneoe Lucano, tradoltain verso sciolto; Venise, 1668 etc
  • Paul ALER( 1656 - 1727) : jésuite, né en 1656, à StGuy, dans le • Luxembourg, fit ses études à Cologne, et entra, en 1676, dans l'ordre de StIgnace. 11 fut professeur de philosophie, de théologie et de belleslettres dans la mème ville jusqu'en 1691. Appelé, en 1701, à l'université de Trèves, il y donna des cours de théologie, et fut nommé, en 1705, régent du gymnase. Ses supérieurs lui confièrent l'organisation et la direction des gymnases de Munster, d'Aachen, de Trèves et de Juliers ; il mourut en 1727, à Dueren, dans le duché de Juliers. Ses pr écrits sont : 1° Tractalus de Artibus huma- nis, Trèves, 1717 2° Philosophie tripartite pars I, sive logica, Cologne, 1710 ; pars 2, sive phy- sica, 1715; pars 5, seu anima et metaphysica, 1724. 50 Gradus ad Parnassum. Cet ouvrage est resté le livre élémentaire dont se servent les écoliers qui étudient la poésie latine : il a eu un grand nombre d'éditions ; ce n'est cependant qu'une nouvelle édition de celui qui parut en 1652 à Paris, sous le titre de : Epithetorum et Synonymorum Thesaurus, attribué au P. Chàtillon, jésuite, réimprimé plusieurs fois, avec le second titre de Gradus ad Par- nassum, sous lequel le P. Aler le publia, avec des corrections , à Cologne, vers 1680. 4° Plusieurs tragédies latines : Joseph, Tobie, etc
  • Paul AMALTHÉE( 1460 - 1517) : le premier de ce nom et de cette Famille qui se soit illustré dans la carrière des lettres, naquit à Pordenone, dans le Frioul, vers l'an 1460; il entra dans l'ordre des frères mineurs, et fut professeur de belleslettres dans sa patrie, puis à Bellune, à Trente, et enfin à Vienne en Autriche, où il fut couronné poète par l'empereur Maximilien, honneur qu'il mérita par ses poésies latines, dont quelquesunes ont été imprimées; les autres sont restées manuscrites à Venise, dans la bibliothèque de StMichel de Murano. Paul Amalthée fut assassiné à Vienne en 1517, sans que l'on ait ai savoir comment, ni pour quel motif
  • Paul AMMAN( 1634 - 1691) : médecin et botaniste allemand, naquit à Breslau en 1654, fit d'excellentes études dans diverses universités d'Allemagne, voyagea en Hollande et en Angleterre, fut reçu docteur en médecine à l'université de Leipsick, et bientôt associé à l'académie des curieux de la nature, sous le nom de Dryander. La faculté de Leipsick créa aussi bientôt pour lui une chaire extraordinaire en 1674, le fit monter à celle de botanique, et, en 1682 , à celle de physiologie. Amman, d'un esprit vif et remuant, fait preuve, dans ses nombreux écrits, de connaissances vastes ; mais on peut lui reprocher une critique trop amère, et souvent assaisonnée de plaisanteries peu dignes des sujets graves qu'il traitait. Ses opinions paradoxales lui attirèrent des désagréments. Il mourut en 1691, âgé de 55 ans. Son premier ouvrage fut un extrait critique des différentes décisions consignées dans les registres de la faculté de Leipsick, Erfurth, 1670 La faculté fut forcée de le condamner, par un écrit publié dans la même année. Voici la liste de ses autres productions : Paracoenesis ad discentes, circa institutionum medicarum emendationem occupata, Rudolsta. dii, 1673 ouvrage où l'auteur s'emporte avec fureur contre les systèmes, surtout contre la doctrine de Galien, et veut établir le scepticisme en médecine. Amman sans doute y exagère, mais il relève néanmoins un trèsgrand nombre (l'erreurs et d'abus partiels. 2° Une réponse aux contradicteurs de cet ouvrage : Archceas syncopticus Eccardi Leichneri archceo syncoptico contra paraccenesim ad discentes oppositus, 1674 3° Irenicu'm Numce Pontpilii cula Hippocrate, quo veterum medicorum et philosophorum hypotheses, in corpus juris civilis pariter ac canonici hactenus transumptoe, a proeconceptis opinionibus vindicantur, Francofurti et Lipsice, 1689 où l'auteur examine le rapport qui existe entre les sentiments d'Hippocrate, les systèmes adoptés en médecine, et les diverses institutions civiles et canoniques, et dans lequel, toujours fidèle à ses principes sceptiques, il en raille, souvent avec trop d'aigreur, l'incohérence et les contradictions. 4° Praxis vulnerum lethalium, sex decadibus historia- ru& rariorum, ut plurimum traumaticorum, cum cribationibus adornata, Francofurti, 1690 ; ouvrage de chirurgie, où se décèlent encore l'âpreté de sa critique et le tranchant de ses décisions. Amman a publié aussi plusieurs ouvrages sur la botanique , savoir : Description du Jardin de Leipsick, où il donne non - seulement le catalogue des plantes cultivées dans ce jardin, mais encore une synonymie assez complète des différents noms de chacune de ces plantes, ce qui peut le faire regarder comme une continuation du Pinax de Gaspard Bauhin. La préface de cet ouvrage contient des principes certains sur l'emploi des plantes ; il est terminé par une introduction à la matière médicale, écrite d'une manière savante et trèsprécise. Amman s'acquit encore plus de droits à la reconnaissance des botanistes par la publication d'un second traité, intitulé : Character naturalis plantarum, 1676. En prenant pour base les principes qui venaient d'être posés par Morison, il prouva qu'on ne devait établir la distinction des genres de plantes que sur les parties de la fructification, et il en fit l'application sur 1476 genres ou espèces, dont il donna la notice par ordre alphabétique. On doit donc compter Paul Amman au nombre de ceux qui ont le plus contribué à fonder les bases de la science telles qu'elles sont reconnues aujourd'hui. En 1700, Nébel donna une nouvelle édition de cet ouvrage, avec des additions considérables, tirées principalement des méthodes d'Herman et de Rivin, qui avaient paru depuis sa publication ; par là, cette . seconde édition devint plus utile que la première
  • Paul ARESI( 1574 - 1644) : Milanais, mais né à Crémone vers l'an 1574, lorsque son père venait d'y être nommé podestat. Il fut alors nommé César, et ne prit le nom de Paul qu'en entrant chez les clercs réguliers ou théatins, à l'àge de seize ans, après avoir perdu son père. Il montra dans ses études une telle subtilité d'esprit, que son professeur en théologie était obligé de se préparer avec une application particulière pour résoudre ses objections, ou réfuter ses arguments. Il était doué, de plus, d'une telle mémoire, qu'ayant reçu un jour l'ordre de faire le lendemain un discours au réfectoire, il y répéta, comme en extrait, tout le carême que venait de prê- cher le supérieur même qui lui avait donné cet ordre. Il se lit une grande réputation comme prédicateur, quoiqu'il eût contre lui la prononciation et le geste. A Naples, à Rome, partout où il enseigna la philosophie et la théologie, il donnait aussi aux jeunes gens, pendant l'été, des leçons sur l'éloquence de la chaire. Choisi pour confesseur à Turin par Isabelle de Savoie, qui fut ensuite duchesse de Modène, il fut nommé à l'évêché de Tortone. Il s'y fixa ; et, après une vie exemplaire, partagée entre les devoirs d'un évêque, d'un religieux, et des travaux littéraires assortis à son état, il y mourut le 15 juin 16H. On a de lui, en latin : 10 in libros Aristotelis de Generatione et Corruptione, Milan, 1617 4° ; 2° de aquce Transmutatione in sacrificio missœ , Tortone, 1622 et avec beaucoup d'additions, Anvers, 1628 50 de Cantici canticorum Sensu, velitatio bina, Milan, 16O ; 4° Velitationes sex in Apocalyp- sim, Milan, 1647 , ouvrage mis au jour après sa mort par le P. Paul Sfondrati, qui y joignit une vie de l'auteur ; en italien : 1° Aile di predicar bene, Venise, 1611 le même, augmenté par l'auteur, Milan , 1622., et réimprimé plusieurs fois. C'est le recueil des leçons qu'il donnait pendant l'été aux jeunes gens qui suivaient ses cours de philosophie et de théologie, et ce fut le premier ouvrage qu'il mit au jour. 2° Imprese sacre con triplicati discorsi trate ed arrichile, ouvrage publié d'abord, à peu près sous le même titre, Vérone, 1615 et 1615, in.-4°, niais tellement augmenté ensuite par l'auteur, qu'il reparut en 7 vol. les 2 premiers à Milan, 1621 et 1625, les 5 suivants à Tortone, 1650, le 6e, ibid., 1654, et le 7e, ibid., 1655. I1 ajouta à son I er volume une réponse à ses critiques, sous le titre de la Penna raffilata, Milan, 1626 ; et après la publication du 7° volume, un 8° tout entier, intitulé : la Ritroguardia in difesa di se stesso, con un trattato dell' arle e scienza impresistica, etc., Gênes, 1640 50 Della Tribolazione e suai rimedii, Tortone, 1624, 2 vol. Venise, 1627, et réimprimé plusieurs fois depuis. 4° Panegirici foui in diverse occasioni, Milan, sans date ; mais l'épître dédicatoire, de Mognana, est datée de 1644 réimprimé, ibid. , 1659 ; ce recueil contient dixsept panégyriques; ils sont tous en italien. Les sermons latins d'Aresi sont un rêve bibliographique : au 17° siècle, on ne prêchait plus dans toute l'Italie qu'en italien
  • Paul ARINGHI : prêtre de l'Oratoire à Rome, sa ville natale, où il est mort en 1676. 11 est principalement connu par une traduction latine et des commentaires sur l'ouvrage de Bosio , intitulé Roma otterranea, etc., Rome, 1651, 2 vol. Il en a aru, Cologne et Paris, en 1659, une édition plus omplète et plus correcte. En 1668, Christophe Bau mann en a publié un extrait en langue allemande, qui a été imprimé à Arnheim, et réimprimé, en 1671 Cette mème année 1671, il en a aussi paru un extrait en langue latine, imprimé dans la même ville M. Artaud en a donné un extrait raisonné dans son Voyage aux Catacombes de Rome, 1810 Antoine Bosio avait écrit en italien cette Roma sotterranea , publiée après sa mort , et avec des additions considérables de Jean Severani , par les soins de Charles Aldrobandino, à Rome, 1632, format d'atlas; niais l'ouvrage était trèsincomplet. Aringlii l'a porté à un tel degré de perfection, que tous ceux qui ont parlé de son travail en ont fait l'éloge. On y trouve des recherches importantes sur les antiquités ecclésiastiques. On a encore d'Aringhi : Monomenia infelicitatis, sive Mortes peccalorum pessimoe, Renie, 1664, 2 vol. ; et : Triumphus paidgentiœ, seu selectœ pœnitentium Mortes, Rome, 1670
  • Paul ATTAVANTI( 1419) : de l'ordre des Frères servites, et communément appelé frère Paul de Florence, naquit en cette ville en 1419; il entra dans l'ordre dès sa première jeunesse, et s'y dist gua par ses vertus et par son savoir. Le philosophe Marsile Ficin l'ayant entendu prêcher, admira son éloquence, et la compara, dans une de ses lettres, à celle d'Orphée. Attavanti était lié avec tous les savants qui tlorissaient alors, et se rendait souvent aux assemblées de l'académie platonicienne, qui se réunissait dans le palais de Laurent de Médicis. Après avoir passé quelques années à Rome dans un autre ordre, il revint à celui des servites ; il contribua, par ses prédications, à l'étendre en Piémont, en Savoie et en Suisse. Il n'en fut point général, comme on l'a écrit, mais seulement provincial en Toscane. Il était revêtu de cette dignité, lorsqu'il mourut à Florence, au mois de mai 14.99, âgé de 80 ans. Ses ouvrages imprimés sont : 1° Vita Beaui Joachimi ord. servorum, insérée dans les Acta Sanc- torum de Bollandus, t. 2, sous la date du 16 avril. 2° Quadragesimale de reditu peccaloris ad Deum, Milan, 1479 L'auteur prêcha ce carême tandis qu'il était à Rome, dans l'ordre du StEsprit; au lieu des Pères, il y cite souvent Dante et Pétrarque. 50 Breviarium totius juris canonici, Milan, 1478, 1479 Memmingen, 1.186; Bàle, 1487 40 Expositio in Psalmos poenitentiales, Milan, 1479 50 de Origine ordinis servorum beatce Marke dialogus. Cet opuscule, écrit en 1456, et dédié à Pierre de Médicis, fils de Cosme et père de Laurent le Magnifique, n'a été imprimé qu'en 1727 à Parme Lami en a donné depuis une édition meilleure et plus correcte, Florence, 1741 avec une vie de l'auteur. Ses principaux ouvrages restés en manuscrit sont : des sermons, une Vie de Ste. Ca- therine de Sienne, une Histoire et des Eloges de l'ordre des Frères serviles , une Histoire de la mai- son de Gonzague, des commentaires sur Dante et sur Pétrarque. Sassi parle de ces derniers dans son Historia litterario- typographica Med iolanensi s , mais c'est la seule trace que l'on ait de leur existence. On ne peut donc pas dire qu'on les doit à Attavanti, non plus que les autres ouvrages inédits que nous venons de citer, car l'exact Mazzuchelli avoue qu'il ne sait pas où l'on en conserve les manuscrits
  • Paul BADESSA : de Messine, poète italien, Il jouissait d'une grande réputation en 1560. Il publia une traduction de cinq livres de l'Iliade d'Homère, e en vers libres , Padoue, 1564 Mongitore rapporte qu'il traduisit de même l'Odyssée et la plus grande partie des Métamorphoses d'Ovide. Il ajoute qu'il existait à Naples Iune copie manuscrite de cette dernière traduction, dans la riche bibliothèque du jurisconsulte Valletta. Cependant ce manuscrit n'est mentionné , ni dans le catalogue que Montfaucon a donné de ceux de cette bibliothèque, dans son Diarium italicum, ni dans le 24° vol. du Giornale de' Letterati, où ce catalogue est copié avec des additions, à la fin de l'éloge de Valletta
  • Paul ANTON ou ANTONIUS( 1661 - 1730) : théologien de la communion ; 4° Elementa homiletica, Halle , 1700 ; 5° Collegiurn antitheticum, ibid
  • Paul BACUET : professait la philosophie à Genève en 1652. 11 publia à cette époque différentes dissertations, fut nommé en1641 pasteur de l'Eglise réformée, et envoyé en 1654 à Grenoble , pour y remplir les devoirs de son ministère. 11 ne se contentait pas de porter des secours spirituels aux malades de son Église ; il s'occupait aussi du soulagement de leurs infirmités. Ce fut dans le dessein de donner une publicité plus grande aux remèdes dont son expérience lui avait fait reconnaître l'eflicu-- cité , qu'il fit imprimer en 1670 un vol. intitulé : Hnséas, ou l'Apothicaire charitable. On a encore de lui : 1° Disputatio logica de ( Tutsis. Gente( e , 1654 20 Dispulatio physica d3 materia; 30 Disputatio physica de mundo, inédits
  • Paul BARBETTE : médecin et chirurgien d'Amsterdam dans le 17e siècle, a perdu de nos jours presque toute la réputation qu'il eut de son temps. Il adopta le système de Dubois del Boê, qui voulait guérir toutes les maladies par la voie exclusive des sueurs, et blàmaituniversellement les saignées. Toute méthode exclusive en médecine annonce des vues étroites, et frappe de stérilité tous les ouvrages qu'on peut composer sur une science dont le sujet est ce qu'il y a de plus universel. Aussi ceux de Barbette sontils de nos jours oubliés : 1° Chirurgie, enrichie d'observation des modernes, Amsterdam, en hollandais, 1658, 1663 ; en latin, Amsterdam, 1672 ;1693 ; Lyon, 1695 3 vol. 2° Anatomie pratique, Amsterdam, 1659 ; 5. Traité de la peste, Leyde, 1667 avec deS notes de Frédéric Decker ; 4° Praxis medica, avec notes du manie, Leyde, 1669 , 1678 en allemand, Francfort, 1685 ; en français, Lyon, 1694 Manget a réuni toutes ces oeuvres sous le titre de : Opera omnia medica et chirurgica, notis et observationibus, etc., Genève, 1682 ; 1688, 1704 Rome, 1682 ; en flamand, Amsterd., 1688 ; en italien, Bologne, 1692 ; en allemand, Leipsick, 1718
  • Paul BARBO : théologien et philosophe aristotélicien du e siècle, était né à Soncino, dans le Crémonais. Il entra fort jeune dans l'ordre des dominicains, et s'y distingua par ses bonnes moeurs et par ses talents. Il professa pendant plusieurs années la philosophie à Milan, à Ferrare, à Sienne et à Bologne. Élu prieur , noble vénitien , orateur latin , né vers l'an 1415 , et fière de Pierre Barbo, qui devint pape sous le nom de Paul II. 11 remplit honorablement plusieurs des premiers emplois de sa république; ce fut lui qui conclut la paix à Lodi, entre Venise et le due de Milan, en 1454. Il fut envoyé ambassadeur en •461, avec Bernard Guistiniano, pour complimenter Louis XI sur son avénement au trône. 11 harangua à Tours le nouveau roi. Son discours latin a été inséré dans un recueil intitulé : Orationes aliquol patriciorum Venetorum, imprimé à la suite du petit traité du cardinal Augustin Valiero de Caulione adhiben. da in edendis libris, Padoue, Joseph Comino, 1719 Paul Barbo mourut à Venise, en 1464, peu de jours après l'élec- . lion de son frère à la papauté
  • Paul BAULDRI( 1639 - 1706) : né à Rouen, en 1659, de parents protestants, abandonna, par zèle de religion, sa patrie, des amis puissants, et une fortune considérable. Retiré en Hollande, il s'y appliqua à l'étude des langues anciennes et de la théologie, avec cette assiduité et cette persévérance qui présagent les succès. Il fut nominé professeur d'histoire sacrée à l'université d'Utrecht, et justifia la haute opinion qu'on s'était faite de son savoir, par un grand nombre de dissertations sur différents sujets d'histoire et de critique, imprimées dans les journaux. 11 mourut en 1706, regretté de ses élèves et de ses nombreux amis; il avait épousé la fille de Henri Basnage de Frasquenay. En 1692, il avait publié à Litrecht une édition du traité de Lactance , de Morlibus persecutorum. Cette édition , dont il existe des exemplaires avec la date de 1693, fait partie de la collection cum nous variorum. Les notes de Bauldri sont fort estimées, quoiqu'il y soutienne des faits rejetés par la plupart des protestants , tels que le voyage de StPierre à Rome , son martyre , etc.; elles ont été insérées en entier dans l'édition de Lactance donnée par Lenglet Dufresnoy. On a encore de Bauldri un Éloge de Matthieu de Larroque, ministre de Rouen, imprimé dans les Nouvelles de la République des Lettres, mars 1684 ; une nouvelle édition de l'Histoire des derniers troubles arrivés au royaume d'Éloquence, Amsterdam, 1705 ouvrage de Furetière, rempli de traits malins, de personnalités, mais qui ne méritait guère l'honneur d'une réimpression ; et enfin, Syntagma calendariorum . Cet ouvrage, utile pour la chronologie , est cependant peu connu et peu recherché. Le savant Adrien Reland a fait imprimer l'éloge de Bauldri, en latin, Utrecht, 1766
  • Paul BELLI( 1588 - 1658) : né à Messine, en 1588 , entra, en 1603, chez les jésuites , remplit divers emplois dans cette compagnie, et fut en possession de la faveur auprès du pape Innocent X, dont il était parent. Il mourut à Messine, le 15 janvier 1658. Il a laissé en latin quelques ouvrages de piété, tels que l'Histoire de la Passion , tirée des quatre évangélistes , un recueil de mille élons ou de mille traits à la louange de la Vierge Marie, en 2 vol. etc., et en italien : il Sacrifizio d' Abraamo, rappresentazione tragicomica, Rome, 1648, sous le nom de Lelio Palombo. Si ce nom est anagrammatique , comme on le dit , c'est une raison de croire qu'il ne s'appelait pas Paolo Belli, mais Ombelli, comme l'ont voulu quelques auteurs
  • Paul BELLONI : savant jurisconsulte italien, naquit à Valence du Pô dans le Pavesan, vers la seconde moitié du 16e siècle. 11 fut professeur de droit civil dans l'université de Pavie, et, comme nous l'apprenons par le titre d'un de ses ouvrages, commissaire (le la sainte inquisition. Il fut élu, en 1619, sénateur de Milan ; il y transporta sa famille, et fut nommé, en 1621, président de •e sénat ; il remplit, en 1622 et 1623, à Crémone, la place de podestat, et mourut à Milan, le 20 avril 1625. On a de lui, entre autres ouvrages : 1° ln titulum de Testamentis ordinandis, Pavie, 1601 ; 2° de Potestate eanon quo incontinenti tel ex intervallo libri 2. Le 1" livre imprimé à Pavie, 1618 ; le 2° à Milan, 1621 ; réimprimé, ibid., 1623 C'est en tète de ce 2° livre, édition de 1621, qu'il a pris le titre de commissaire de l'inquisition, dont on a parlé cidessus. Il était aussi orateur ; plusieurs de ses discours latins, prononcés en différentes occasions, ont été imprimés séparément, et entre autres son Oraison funèbre du roi d'Espagne , Philippe III, récitée dans la cathédrale de Milan, juin 1621 —11 eut un frère aîné, Fabio BELLONI, jurisconsulte comme lui, qui fut professeur en droit à Pavie et à Turin, et dont il publia un ouvrage posthume intitulé : ( le Jure sui, Pavie, 1617
  • Paul BELMISSERO ou BELMESSERE : savant médecin italien, et poète latin du 16' siècle, enseignait, dès 1519, à Bologne, la médecine et la philosophie. Mazzuchelli , et Gesner, dans sa Bibliothèque, citent de lui des élégies de Animalibus. Elles sont au nombre de trentesix. Il y a rendu en assez beaux vers ce qu'Aristote a écrit dans ses deux premiers livres des Animaux. Elles furent imprimées à Rome, et l'impression en fut terminée le 3 novembre 1559, jour du couronnement de Paul 111. Il fut premier médecin de ce pape, à qui l'ouvrage est dédié. On avait précédemment imprimé un recueil de ses poésies latines, 155i sans nom de lieu. Elles sont divisées en 7 classes : 1° huit églogues; 2° deux livres sur le nombre septennaire ; 5° quinze pièces diverses, sous le titre de Sylve; 4° trente et une élégies ; 5° épigrammes ; 6° distiques ; 7° conclusions soutenues à Boulogne, en 1532 , devant le pape Clé- Biographie du clergé contemporain, t. 2. ment VII. Au frontispice de ce volume, qui est rare et dont Mazzuchelli n'a point parlé, Paul III est Illteprésenté entre Clément VII et le roi de France François I", qui lui met la couronne sur la tête. Le livre est dédié à ce roi , auquel sont de plus adressées, ainsi qu'au pape , plusieurs des pièces qu'il contient. L'auteur était alors à Paris, où il expliquait publiquement les livres d'Aristote, comme on le voit dans sa 6' élégie. 11 nous apprend dans sa première Sylvia, adressée au roi, qu'il était (le Lanni, où sa famille était ancienne, et avait été distinguée par le rang, les richesses et la probité. On se trompe donc quand on le fait natif de Pontremoli. Dans une de ses élégies, adressée au comte Albertini, il déplore la mort de l'Arioste, leur ami commun. On ignore l'année de la sienne
  • Paul BENI( 1552 - 1625) : littérateur et critique célèbre aux I6° et I7° siècles, naquit vers l'an 1552, non pas à Gubbio, comme l'ont dit Tomasini, Lament Crasso, Ghilini, etc., mais dans file de Candie, comme il le dit luimême dans sa comparaison d'Homère, de Virgile et du Tasse ; mais transporté dès son enfance et élevé à Gubbio, il adopta en quelque sorte cette ville pour patrie, et prit dans son épitaphe, qu'il lit luimême, le titre d'Eugubinus. C'est ce qui a trompé les auteurs qu'on vient de nommer. Beni entra dans la compagnie de Jésus, et y continua ses études avec beaucoup d'ardeur. Il écrivit un commentaire sur le Banquet de Platon ; mais la publication de cet ouvrage lui fut interdite, parce qu'il n'avait pas traité certaines questions avec assez de réserve. De dépit, il quitta l'ordre des jésuites, et fut successivement secrétaire du cardinal 11Iadrucci et du duc d'Urbin, FrançoisMarie II ; professeur de théologie à Pérouse, de philosophie au collége de la Sapience à Rome, et enfin de belleslettres dans l'université de Padoue. Il y professa pendant.vingttrois ans, avec 600 florins d'honoraires, et, ayant obtenu sa retraite en 1623, il conserva la moitié de ce traitement. 11 mourut à Padoue, le 12 février 1625, laissant pour héritiers de sa bibliothèque et du reste de son mobilier les théatins de cette ville. Il avait fait construire à ses frais, dès 1611, dans l'église des religieuses de SteClaire, et il avait doté d'une rente annuelle un tombeau pour lui et pour tous les professeurs étrangers de l'université de Padoue : il y fut en effet enterré le premier. C'était un homme d'un grand savoir, mais trop porté à ces combats littéraires qui se maintiennent rarement dans les bornes de la modération et de la décence. Tomasini a fort bien dit de lui, dans son éloge : « C'était plutôt un controversiste ou un soldat, qu'un « philosophe et un orateur. » Il eut des querelles à Rome pour son livre sur la grâce efficace et sur le libre arbitre ; il en eut ensuite pour défendre le Pastor fado, du Guarini, contre les attaques d'un critique , et la Jérusalem du Tasse, contre les censures des académiciens de la Crusca. 11 s'en fit de bien plus graves en attaquant, censurant et tâchant de discréditer le vocabulaire de ces académiciens. Il ne respectait dans ses critiques ni les anciens, ni les modernes, ni TiteLive, ni Dante, ni Boccace. 11 en fallait moins pour lui faire beaucoup d'ennemis, et la plupart des opinions, littéraires ou autres, ne valent pas la peine d'être soutenues à ce prix. Les principaux ouvrages qu'il a laissés sont : 1° In Timoeum Platonis, sive in naturalem algue divinam Platonis et Aristotelis philosophiam decades Ires, cum dispulalione de affectibus movendis ab oratore, Borne, 1594 et 1605 ; Padoue , 1624. 2° De ecclesiasticis Baronii Annalibus disputatio, Rome , 1596 et C'est une apologie de ces annales et un panégyrique de l'auteur. 5° Qua tandem ratione dirimi possit controversia quce iii prcesens de efficaci Dei auxilio et libero arbitrio inter nonnullos catholicos agitatur, Padoue , 1605 En cherchant des moyens de pacification, il s'attira par cet ouvrage une guerre des plus violentes ; son livre fut mis à l'index et supprimé. 4° Dispulatio in qua ostenditur proestare comoediam algue tragoediam inetrorum vinculis solvere, etc., Padoue, '1600 A cette dissertation latine, où il soutenait que les tragédies et les comédies devraient être écrites en prose, Faustino Summo, littérateur de Padoue, répondit avec force, en italien ; il défendit la poésie et les vers, et Beni ne répliqua pas. 5° Deux écrits en faveur du Pastor fido de Guarini, publiés d'abord, l'un à Padoue et l'autre à Venise, 1600 et que l'on trouve avec d'autres écrits sur le même sujet dans le tome 4 des oeuvres du Guarini, imprimées à Vérone en 17:i9 6° Comparazione di Omero, Virgilio, e Tasso, etc., Padoue , 1607, 1612 Cet ouvrage était d'abord divisé en sept discours ; l'auteur y en ajouta ensuite trois autres : il ne s'y borne pas à défendre le. Tasse, il examine à qui de ces trois poètes la palme de l'épopée est due, et il n'hésite pas à la donner à l'auteur de la Jérusalem. 7° L'Anti- Crusca, ovvero il Paragone dell' italiana Zingua, etc., Padoue , 1612 Il y soutient que l'ancienne langue italienne était grossière et inculte , et que la moderne est seule noble et régulière. Orlando Pescetti répondit à l'Anti- Crusca ; Beni répliqua sous le faux nom de Michel Angelo Fonte, Padoue, 1614 Le grandduc de Toscane, Cosme II, prit fait et cause pour l'académie, refusa la dédicace que Beni avait osé lui faire de l'Anti- Crusca, lui renvoya son exemplaire, et même écrivit à la république de Venise pour qu'elle défendit la publication de ce livre. La prohibition fut prononcée, et l'édition saisie. Beni voulut alors faire prohiber à son tour la réponse de Pescetti ; mais il ne put l'obtenir : il ne se découragea point, et se mit à écrire un nouvel ouvrage, divisé en 5 parties, sur le même sujet. Il l'acheva, le mit en état d'être imprimé, et même en obtint la permission de l'inquisiteur de Padoue ; mais il mourut avant cette publication, et l'ouvrage est resté manuscrit à Venise, dans une bibliothèque particulière. 8° Rime diverse, Padoue 1614 9° Orationes quinquaginta, Padoue, 1615 10° Commenlarii in Aristotelis Poeticam, Padoue , 1613 ; 'Venise, 1625 Le P. Rapin parle avec estime de ces commentaires dans ses Réflexions sur la Poétique. 11° De Historia conscribenda libri 4, Venise, 1614 ; 1618 ; 1622 C'est dans cet ouvrage qu'il critique vivement TiteLive, qui, surtout à Padoue , ne pouvait pas manquer de défenseur. 120 Il Goffredo, ovvero Gerusalemme liberata del Tasso, col comment di Nolo Beni, Padoue, 1616 Ce .commentaire, volumineux et rempli de.choses inutiles, ne s'étend que jusqu'au 100 chant. On cite encore de Beni un assez grand nombre d'autres ouvrages, mais dont les uns n'ont point été imprimés ; les autres sont aussi peu connus que s'ils ne l'avaient jamais été
  • Paul BIARD : né à Grenoble, entra fort jeune chez les jésuites, et fut un des premiers missionnaires qui allèrent en Amérique. De retour en France, il professa pendant neuf ans la théologie à Lyon, où il mourut en 1622. On a de lui : une Re- lation de la Nouvelle- France el du voyage que les jésuites y ont fait, Lyon, 1616 ; et quelques ouvrages, sur lesquels on peut consulter la Biblio- theca Script. societ. Jesu, des PP. Alegambe et Southwell, et la Bibliothèque du Dauphiné
  • Paul BRICCIO : d'une ancienne famille noble de Bra en Piémont, entra de bonne heure dans l'ordre des récollets, eut le titre de théologien de la duchesse de Savoie, et fut même chargé d'une mis- sion diplomatique auprès de la cour d'Espagne. Il fut ensuite nommé évêque d'Albe en 1642, et mourut en novembre 1665. 1,1 a publié quelques ouvrages importants pour l'histoire ecclésiastique de lie : Seraphica subalpince D. Thomn provineio3 Alonumenta regio subalpinoram principi sacra , Turin, 1647 ; de'progressi della Chiesa oc- 1 cidentale per sedici secoli, Carmagnole, 1648, 1650; Tur 1652 C. M. P. -
  • Paul BOYER( 1615) : écuyer, sieur du PetitPuy. né dans le Condomois vers 1615, fit partie de l'ex- pédition commandée par (le Brétigny, et dont le but était d'assurer à la France la possession de la Guyane. De Brétigny ayant été assassiné par les sauvages, en 1644, sa mort entraitta la perte de la colonie, et Bover revint à Paris, où il sollicita inutilement un emploi. Dans le dessein de se concilier la faveur (le la cour, il publia plusieurs ouvrages, entre autres un intitulé : Remarques des signalés bienfaits rendus à l'Elat par Anne d' Autriehe, Paris, 1649 La même année, il fit paraitre, in•fol., la Bibliotlu universelle, contenant tous les mots français rangés par leurs terminaisons. Chevreau fut l'éditeur de cet ouvrage, dont il loue l'auteur avec exagération ; mais, suivant des critiques plus désintéressés, Boyer était un homme plus laborieux que savant, et il a corrompu beaucoup de noms qu'il n'a pas entendus. Le seul de ses ouvrages qu'on puisse lire avec intérêt est la Relation de ce qui s'est fait et passé au voyage de M. de Brétigny à l'Amérique occidentale, avec un dictionnaire de la langue, Paris, 1654 écrite avec beaucoup de sincérité et de bonne foi. W—S
  • Paul BOSC D'ANTIC( 1725 - 1784) : médecin du roi par quartier , correspondant de l'académie des sciences, etc., naquit en l72r,, à PierreSégude, en Languedoc, d'une ancienne famille, qui, sous Louis X IV, donna un prévôt des marchands à la ville de Paris; mais d'une branche qui perdit sa fortune par suite de son attachement aux opinions de CaR in. Il fut , ainsi que son père et soir grandpère, destiné à la médecine. De Montpellier, où il lit ses études avec distinction, il pa,a à Ilardem ick, en hollande, où il prit le bonnet de docteur, les protestants ne pouvant le prendre en France, et ensuite ' int à Paris pour perféctionner ses connaissances sous les grands maîtres qui lotissaient alors. Doué d'un grand amour pour le travail , C
  • Paul BOUDOT( 1571 - 1635) : né à Morteau, en Franc?eComté, vers 1571, embrassa l'état ecclésiastique, et fut reçu docteur de Sorbonne en 1604. 11 prêcha ensuite pendant quelques années à Paris, avec beaucoup de succès. Jean Richardot, évêque d'Arras, l'ayant engagé à accepter la charge d'official de son diocèse, ce prélat, satisfait de la manière dont il s'acquitta de cet emploi, le fit chanoine, puis archidiacre (le sa cathédrale. En 1609, Richardot, ayant été transféré sur le siège (le l'église métropolitaine de Cambray, voulut que Boudot le suivit dans cette résidence, où il le nomma grand vicaire et archidiacre. L'archiduc Albert, gouverneur des PaysBas et de la FrancheComté, le choisit pour son prédicateur ordinaire, et le nomma évêque de StOmer en 1619, puis d'Arras en 1626. Paul Boudot mourut dans cette dernière ville, le 11 novembre 1635, âgé de 6; ans. Il était savant dans les langues, principalement dans le grec et l'hébreu. Il a laissé plusieurs ouvrages : 1° Summa theologica divi Thome Aquimais, recensila, Arras ; 2° Pythagorica Marci Antonii de Dominis nova Metempsychosis, Anvers, ; 5° Traité du sacrement de pénitence , Paris, 1601 ; 4. Harangue funèbre de l'empereur Rodolphe II, prononcée à Bruxelles , Arras , 1612, ; 5° Formula visitalionis per lotam suam ccsim faciendoe, Douai, 1627 6° Catechismus sive Summa doctrine christianee pro diœcesi Atrebatensi ; le même catéchisme en français, Douai, 1628, et Arras, 1635
  • Paul BUSIUS : fils d'un jurisconsulte, après avoir exercé, pendant plusieurs années , la profes- sion d'avocat à Zwoll, sa patrie, fut nommé, en 1610, professeur de droit à l'université de Franeker. Il mourut subitement, le 23 septembre 1617. On a de lui: 1. Tractalus de annuis reditibus, Cologne, 1601 2° de Officio judicis, Franeker, 1603, iii-4°; et Leyde, 1610 3' Comment. in Pandectas, la 1" partie à Zwoll, 1610 ; la 2' partie à Franeker, 1615 L'ouvrage entier a reparu à Deventer en 1647 et 1656 4° Subtilium juris libri 7, Cologne, 1604 ; réimprimé avec des additions à Franeker, 1612 et à Heidelberg, 1665 5° de Republica libri 3, Franeker, 1613 ; Francfort, 1626 e Plustres Quest. contro- verse ad libros 4 Instilutionum, Franeker, 1615, B—ss.
  • Paul BUISSIERE : chirurgien français établi à Copenhague, et anatomiste, de la société royale de • Londres, fut nommé correspondant de raeadéinie des sciences de Paris en 1699. On ignore l'année de' sa naissance et celle de sa mort. Il a traité des ma- tires curieuses et singulières. On a de lui : 1° Let- Ire pour serer de réponse au sieur . 111éry, sur l'u- sage du trou ovale dans le foetus. Paris, 1700 2' Nouvelle Description anatomique du cœur des ; — Lettre au docteur Sloane, contenant l'histoire d'une nouvelle manière de faire l'opération de la pierre, mise en usage par un reli- gieux de France, avec des remarques sur cette pra- tique, 1699 ; — Lettre sur une substance crachée en toussant, et qui ressemble à un vaisseau pulmonaire, 1700 ; — Lettre au docteur Sloane sur une vessie triple, 1701 ; Description anatomique du coeur des tortues de terre, 1700. On trouve du même savant dans le recueil de l'académie des ssciences : Examen des faits observés par Duverney, du coeur de la tortue de terre, 1705 ; — Réponse d la critique du mime, 1705 ; — Obser- vations sur des grains qui ont germé dans l'estomac, et sur une grossesse; — Observation sur des épingles avalées. VVE.
  • Paul BUSCH : évêque de Bristol, en Angleterre. Il avait été provincial de ces religieux que les Anglais appelaient bons- hommes, et qui n'étaient pas du même ordre que les minimes, auxquels on donnait ce nom à Paris. Henri VIII ayant érigé un Nous devons signaler, parmi les ouvrages traduits ou extraits de t'eux de J.G. Bosch : 10 la Banque de Ilambourg rendue facile aux négociants de l'étranger, arec, des recherches intéressantes sur son origine, sur les changements qu'elle a , 2° Lettres originales de cons te tractai/ et de l'allemand, Altona, 4800, ou la Ilaye, 1801 5° Traite' des banques, de leur dif- férence réelle el des effets qui en résultent dans les usages el leur administration, traduit de l'allemand, par Fr. de L.- C. , frère de l'auteur de l'Allas historique, Paris, 1814 — Pa autre Misait, conseiller ecclésiastique à Arnsiadt , né en 1760, mort dans cette ville le 48 mars 1825, était ,connu par plusieurs bons ouvrages, entre autres par son Manuel de' l'histoire des découvertes, Dak. Lw évêché à Bristol, Busch en fut nommé le premier évèque en 1542 ; mais ayant adopté les opinions nouvelles, il fut privé de l'épiscopat sous le règne de Marie. Depuis, il lit pénitence et mourut catholique, le 11 octobre 458 ou 4559, âgé de 68 ans. On a de lui divers ouvrages de piété, entre autres des co . mentaires sur le psaume Miserere, et un livre de louanges de la sainte croix
  • Paul CALIARI( 1530) : peintre de Vérone, naquit en 1550, suivant Ridolli, et en 1528, suivant un nécrologe cité par Zannetti. Son père, qui était sculpteur, voulut lui faire embrasser sa profession. On lui apprit à dessiner et à modeler en terre, mais il aima mieux s'adonner à la peinture: alors son père l'envoya étudier chez Badile, son oncle, célèbre- pour avoir présenté le premier des tableaux réguliers, où il s'était affranchi du vieux « laissant le peuple exposé à l'ardeur du soleil, tandis que j'étais à « mes plaisirs. » Cales répond que ce jourlà il dinait chez une veuve de Sedan qu'il épousa un mois après, et qu'il se leva de table, vers les deux heures, pour aller prononcer son beau discours. Il ajoute : « Je n'ai jamais connu des agents de Capet ; je n'ai point « connu Custine, j'étais son ennemi. Quand on parle à la société « populaire de Sedan, on traite d'aristocrates et de contrerévolu-« tionnaires ceux qui toussent, qui se mouchent, etc. » Ainsi les conventionnels oui peint euxmêmes leur époque, et le passé est riche en leçons poux le présent, V—vz, style, connu sous le nom d'ancienne manière. Paul fit bientôt des progrès rapides ; mais l'école véronaise comptant déjà d'illustres artistes, tels que Forbicini, G iolfino, Ligozzi, Brusasorci Yarinato, il eut peu de réputation dans ses premktres années. Il gagna cependant un prix à un concours de pe à Mantoue. Le public de Vérone ne lui étant pas favorable, Paul partit pour Vicence, ensuite il se rendit à Venise. Le talent de ce maitre avait quelque chose de noble et d'élevé, qùi ne pouvait être dignement inspiré que dans une ville aussi belle, aussi féconde en grands hommes et en grands souvenirs. Il chercha d'abord à marcher sur les tra- ces du Titien et du Tintoret, mais, en même temps, il parut s'étudier à les surpasser par une élégance plus recherchée et une variété d'ornements plus abondante. On reconnut bientôt à ses ouvrages que Paul avait étudié les plàtres moulés sur les statues antiques, les gravures à l'eauforte du Parmesan, et celles d'Albert Durer. 11 faut cependant convenir que, dans ses premières compositions d'une grande dimension qui sont à StSébastien de Venise, son pinceau est encore timide ; plus tard, une de ses fresques, représentant dans la méme église l'histoire d'Esther, commença à exciter l'admiration publi- que, et le sénat crut devoir confier à ce maitre d'importants travaux. Paul eut le désir d'aller à home; il y fut conduit par l'ambassadeur de Venise, Gri- mani, et y vit avec enthousiasme les beaux modè- les laissés par Raphaël et par MichelAnge. A son retour, il peignit sa belle Apothéose de Venise. Toutefois ce travail ne fit pas autant d'honneur à Paul que les différentes Cènes qu'on doit à son pinceau, et qu'il a répétées plus de dix fois. Il y en a à Venise au moins six dans différents réfectoi- res de religieux ; la plus célèbre est celle qu'on ap- pelle les Noces de Cana. Elle fut faite pour le réfectoire de StGeorgeMajeur, du palais de StMarc, et fut transportée depuis au musée du Louvre. On a fait un grand nombre de copies de cette composition; Elle contient au moins cent trente figures, des portraits de princes et d'hommes illustres du temps. On ne paya ce tableau que 400 fr. de notre monnaie. Taillasson, après avoir fait un bel éloge de cet ou-. vrage, ajoute des réflexions critiques trèsjudicieu- ses : « Quoi de plus invraisemblable en effet que de « voir toute la pompe asiatique déployée aux noces « d'un simple particulier de la Galilée ! Quelle conséquence dans ces costumes de tous les pays ! « Quel singulier assemblage que celui de Jésus-« Christ, de la Vierge, des apôtres placés à côté des « poètes, des moines, des musiciens du temps de « Paul Véronèse ! » Nous voyons au musée du Louvre un autre tableau de Paul qui est aussi d'une grande dimension. Il représente le Repas de Jésus- Christ chez Simon. Louis XIV fit demander ce tableau aux servites de Venise, et, sur leur refus de s'en dessaisir, la république le fit enlever pour en faire présent au monarque. L'attitude de JésusChrist est, au premier coup d'oeil, pleine de noblesse ; mais, en l'étudiant avec quelque attention, on y décome de la fierté. On voit que l'hommage de la pécheresse qui a parfumé les pieds de l'hommëDieu excite chez lui un mouvement d'orgueil peut-être trop prononcé. On observe aussi avec peine que le personnage principal est dans un coin du tableau, et que le blanc des nappes commence à se confondre trop avec l'architecture du fond. Dans ses Pèle- rins d'Emmaüs, qui sont à la même galerie, Paul Véronèse blesse toutes les unités de temps, de lieu et d'action. Perrault établit des principes qui condamnent cette composition. « Un tableau, dit Perrault, est un poënie « muet, où l'unité de lieu, de temps et d'action doit « être encore plus rigoureusement observée que « dans un poème véritable , parce que le lieu y est « immuable, le temps indivisible, et l'action mo-« mentanée. » Mais à côté de tous ces défauts de Paul, que de beautés! que d'esprit dans les physionomies 1 que de noblesse dans les portraits, et de justesse dans la couleur! Le musée, indépendamment des tableaux que nous venons de citer , en a treize autres de ce maitre, parmi lesquels quelquesuns ont beaucoup de mérite. Le climat de Vérone étant plus favorable à la conservation des peintures, c'est dans cette ville que se trouvent les ouvrages de Canari qui ont le moins souffert des injures du temps. Ceux qui restent à Venise ont été en partie restaurés. L'air de Venise détruit facilement les fresque§. Paul eut pour élèves Charles et Gabriel ses fils, et Benoit son frère dont nous allons parler, Michel Parrasio, Naudi, Maffei Vérona, François Montemezzano. Il avait une imagination d'une fécondité admirable, des idées neuves et piquantes; mais, comme nous l'avons dit , il ne respecta pas assez certaines convenances dont un maitre ne doit jamais s'écarter. Il ne voulut jamais s'asservir aux lois de la chronologie, et, en cela, ses ouvrages méritent de graves reproches. Le caractère de Paul était doux, aimable et libéral. On l'accueillit un jour avec bonté dans une villa près de Venise ; en partant, il laissa un tableau représentant la Famille de Darius , et cet ouvrage, quoique fait à la hâte, était plein de charme et de talent. Paul Véronèse montut en 1588. Ses productions sont d'autant plus précieuses, que, depuis la mort de ce maitre, aucun autre n'a peint avec autant de facilité, sans éviter, comme lui, le reproche d'avoir composé trop d'ouvrages. On es-. time les dessins de Paul, qui sont, en général, ar- rêtés à la plume et lavés au bistre. Ils sont souvent sur papier trèsfin, collé sur un papier plus épais et d'une nuance différente, et quelquefois signés d'un P et d'un V.
  • Paul CANCIANI : religieux servite, mort clans les dernières aimées du 18e siècle, est principalement connu par son édition des lois et coutumes des peuples qui, venus des eitrémités de la Germanie, hâtèrent la chine de l'enipité romain, en s'emparant des Gaules, de l'Italie et de l'Espagne. Cette précieuse collection, publiée sous les auspices de Léopold, alors grandduc de Toscane, est inti- On_ a publié encore en son honneur : Uffizj alla nie- moria Mato Francesco Cancellieri . Der! ders Devoirs Consacrés à la mémoire de l'abbé Fiançois Cancellieri ), Naples, tulée : Barbarorurit Leges antiques cum nous et glos- sertis, Venise, 1781-92, 5 vol
  • Paul CASATI( 1617 - 1707) : né à Plaisance, en 1617, entra chez les jésuites de bonne heure, et, après avoir enseigné à Rome les mathématiques et la théologie, fut envoyé en Suède à la reine Christine, qu'il acheva de déterminer à embrasser la religion catholique. mourut à Parme, le 22 décembre 1707, à l'âge de 91 ans. 11 est auteur des ouvrages suivants : 1° Va- cuum proscriptum. 2° De Terra rnachinis mota , Rome, 1668 30 Neehanicorum libri octo. 40 De Igne Dissertationes, Parme, 1686 et 1695, 2 vol. : ce traité est fort estimé ; de Angelis Disputatio theologica; Opticce Disputationes. 11 composa ce traité d'optique à quatrevingthuit ans, etant déjà aveugle. On a encore de lui divers autres livres peu importants, dont on trouve la liste dans les Mé- moires de Niceron
  • Paul CERRATO : poète latin du 16e siècle , naquit vers la fin du 15e à Albe, en Montferrat. Ses principaux ouvrages sont un poème de Firginitate , en 5 livres , Paris , 4528 et un Epithalame pour le mariage de Guillaume Paléologue , fils de Boniface, marquis de Montferrat, avec Anne d'Alençon, en 1508. Vernazza en a donné une bonne édition avec une savante préface, Verceil, 1778 ; Cerrato ne s'y montre nullement inférieur aux célèbres poètes, ses contemporains, Vida, Politien, etc., par la force et la majesté du style , et par la pureté du langage. Lilio G iraldi et Scaliger en parlent avec éloge. Il mourut vers l'an 1558, dans un âge peu avancé. L'abbé Cocchis a donné sa vie dans les Pientontesi illustri , t. 3 , Turin , 1785. Cerqueira, suivant Nicolas Antonio ; Cerqucrra suivant le P. Soutli•ell. t. 7 des Jugements des Savants de Milet
  • Paul CHALLINE : jurisconsulte, l'un des plus Ir!orieux commentateurs du droit coutumier, était Ohé dans le 17° siècle, à Chartres, d'une famille honorable. S'étant fait recevoir avocat au parlement de ? Paris, il partagea sou temps entre le barreau et le travail de cabinet. On a de lui : 4, des notes sur les Institutes coutumières de Loysel, Paris, 4656 et 1665 Elles sont, suivant Lanigère, si superficielles et si peu exactes, qu'elles n'ont été lues que parce qu'on n'en avait pas de meilleures. 2° Des notes et observations sur les Maximes générales du droit français, par Pierre de l'Hommeau, ibid., 1657 5' Méthode générale pour l'intelligence des coutumes de France, ibid., 1666 L'auteur, à la tète de cet ouvrage, se dit ancien avocat; on en peut conclure qu'il était d'un âge avancé; mais on ignore la date de sa mort. — Denis CHALLINE, avocat au parlement, a traduit les satires de Juvénal en vers français, Paris, 4653 Cette traduction est précédée d'un discours sur les satiriques anciens qui mérite encore d'être lu. Le volume est terminé par une Ode sur la félicité du Parnasse et la difficulté d'y arriver. C'est par erreur que D. Liron, dans sa Bibliothèque Chartraine, p. 250, attribue la traduction de Juvénal à Paul Clialline. — Charles CHALLINE, conseiller et avocat du roi à Chartres, était un bibliophile distingué pour le temps : toute l'application de son esprit, dit le P. Jacob, n'est que dans l'exercice de sa charge et dans le ramas de livres en toutes les sciences pour rendre sa bibliothèque célèbre, laquelle a déjà plus de 5,609 volumes. On tonnait ,de lui : toitre de consolation à madame Desessarts sur la rt de son mari, Chartres, 1625 Panégyrique de la ville de Chartres, Paris, 1642 ; et. „une traduction franç. de la Bibliographie politique de Gabr. Naudé, ibid., 1642 Cette traduction, citée par D. Liron , n'a pas été connue de *M. Peignot
  • Paul COLOMIÈS( 1638 - 1692) : né à la Rochelle, le 2 décembre 1638, d'un médecin, alla, dès l'àge de seize ans, faire ses cours de philosophie et de théologie à Saumur. Il apprit l'hébreu sous le célèbre Cappel. Dans un voyage qu'il lit à Paris en 1664, il •se lia avec Isaac Vossius, qui l'emmena en Hollande. Après y avoir séjourné un an , Colomiès revint en France et y demeura jusqu'en 1681, qu'il passa en Angleterre, où il retrouva Vossius qui s'y était fixé depuis 1670. Il embrassa le parti des épiscopaux, et s'attacha à Guillaume Sancroft , archevèque de Cantorbéry, qui le nomma son bibliothécaire : cette bibliothèque était à Lambeth. Sancroft, ayant eu assez de fermeté pour ne vouloir jamais prèter le serment de lidelité au prince d'Orange, fut dépouillé de soi temporel en 1691. La disgrà.ce du protecteur fit perdre au protégé son emploi et ses émoluments, et Colomiès en mourut de chagrin à Londres, le 43 janvier 1692. Ce ne fut qu'après sa mort qu'on découvrit qu'il était marié à une fille de basse naissance. Colomiès avait .beaucoup de lecture, et ses ouvrages prouvent de grandes connaissances. Il y a cependant commis des erreurs dont quelques- unes ont été relevées par la Monnoie, mais ce qu'on ne saurait trop louer en lui , c'est sa bonne foi , et, comme dit Vigneul - Marville « cet air d'honnête « konune qui rend justice à chacun , sans avoir « égard à la différence de religion. » Il pouvait avoir des ennemis , mais il n'était l'ennemi de personne. Richard Simon, dans la seconde édition de l'Histoire critique du Vieux Testament , l'avait appelé « un auteur à juste prix , et gagé par M. Vos« sius pour faire de petits livres où il ne parle presque « d'autre chose que du grand Vossius. » Colomiès, qui avait lu ce trait, n'en traita pas moins honnètement Richard Simon dans les ouvrages qu'il publia depuis. On a de Colomiès : 1° Gallia orientalis , la 1laye, 1665, Cet ouvrage contient les vies des Français qui ont cultivé l'hébreu et les autres langues orientales ; ou, comme l'a dit Maillet d'après le Journal des Savants , il parait que Colomiès s'est plutôt proposé de ramasser, de divers livres, les témoignages avantageux et les éloges dos Français qui ont su ces langues, que de rapporter les particularités de leur vie. On trouve des additions au Gallia orientalis dans les Singularités historiques de D. Linon, t. 5, p.562, et dans l'édition de la Bibliothèque choisie , de 1751. Opuscula , Paris , Séb. MabreCramoisy, 1668 ; Utrecht, P. Elzévir, 1669 contenant : literaria; — Recueil de particularitez, fait l'an 1665 ; Clavis epistolarum Jos. Just. Scaligeri; — Clavis epistolarum ; — Ad Quinctiliani instil. oral. nolo. Ces notes sont réimprimées dans le Quintilien de , Burmann. 50 Bibliothèque choisie, la Rochelle, 1682 Amsterdam , 1700, i11-80; nouvelle édition, avec des notes de Bourdelot, la Monnoie et autres, Paris, 1751 4° Clarorum virorum Epistolte singulares, Londres, •687. 5° Observationes sauce et Remarques sur quelques passages de la versirn française du Nouveau Testament de Genève, .Ainsterdam,1679 On trouve à la suite une Lettre à M. Claude sur la version françoise des Bibles de - Genève et les Testimonia doctorunt de auctore cajus scriptis. 6° Paralipomena de scriptoribus eccfesiasticis , et passia S. Victoris 1686 1687. 1689 Cette dernière impression contient la 4' édition de l'ouvrage précédent. 7° Rome protestante, ou Témoignage de plusieurs catholiques romains en faveur de le créance et de la pratique des protestants, Londres, 1675 Theologorum Kesbyterianorton Icon, 1682. C'est un 1amas de passages tirés des Oint oublié. Nonseulentent Colomiès y donne la iste des ouvrages publiés par Casaubon, niais en, ore celle des ouvrages qu'il avait promis et coinpencés; il y transcrit huit lettres inédites de ce sa'ant, ensemble les jugements des divers écrivains sur Casaubon , de telle sorte que son article fait presque le cinquième de l'Italia orientes. 17° Exhortation de Tertullien aux martyrs, traduite en François , 1675 réimprimée à la suite de la Bibliothèque choisie de 1751. 18° Animadversiones in Giraldi'm de poetis, clans l'édition des oeuvres du Giraldi donnée par Jean Jensius , Leyde, 1696 Colomiès a été éditent- des Lettres de la reine de Suède et de quelques autres personnes sans date ni nom de ville; de G. J. Vossii et clarorum virorum ad enta Epistolce, Londres, 1690 et de S. Clementis Epistolee duce ad Corinthios, interpretibus Patricio e 1211? i0, Gottefedo T'endelino et J. B. Cotelerio, Vienne, 1687 avec des notes, et la vie de Vossius. Coloniiès avait promis plusieurs ouvrages de sa composition : 1° Belgium orientale ; 2. Découverte d'auteurs cachés : cet ouvrage était presque achevé en 1664 ; 5" Critiçu3 gentilis, sive de dut lis scriptoribus ethnicis commet> tatio, qu'il n'avait entrepris qu'après avoir vu qu'on ne pouvait plus espérer la publication du traité de Gaspard Barth sur la mémo matière ; 4° Raretés d'études , qui devaient contenir des particularités curieuses sur les auteurs ; 5° de Plagiariis; 6° Historia librorum; 7° Historie& doctorum ; 8° Clef de quelques endroits de Balzac ; 9° une Vie de Casaubon; et c'est peut-être l'article qu'on lit clans rlialia orientes; 10° Cupidon sur le trône, ou Histoire des amours de nos rois depuis Dagobert. Bayle regrette beaucoup que ce dernier ouvrage n'ait pas vu le jour, et la publication faite en 1695 à Cologne des Intrigues galantes de la cour de France ne fit qu'augmenter les regrets de Bayle , qui préfère cependant cette édition de 1695 aux réimpressions. Struvius, dans son Introductio in notitiam rci litterariœ; Jugler et Fischer, dans les réimpressions qu'ils ont données de l'ouvrage de Struvius, disent que c'est aux soins d'un GuillaumeLouis Colomiès que l'on doit le Sorberiana d'Amsterdam., 1694 L'épître dédicatoire du Sorberiana de 1691 est signée G. L. Colomyez ; et cette épître se retrouve avec la même signature dans l'édition de 1695. Ce Colomyez était imprimeur à Toulouse
  • Paul CHERLER : a donné quelques écrits relatifs à l'histoire de Bile, sa ville natale : 1° Encotnium tirbis Basilece, carmine heroico, Bâle, 1577, in. °. 2° Ecclesiœ et academice Basil. Lucius, hoc est epilaphia sets elegice funebres 52 tirorum illustrium et juvenum, qui in une et agro Bas. peste interierunt anno 1554, Bàle, 1565, 4° de 147 p., livre rare et curieux. On y trouve, entre autres, l'épitaphe d'une I3dloise qui avait survécu à ses onze maris ; elle se termine ainsi : u file totidein versus, filerai quot nupta marais, Fecimus, undecinius sed bene salis erit. Apta viro puni fuemina, ligna mori
  • Paul CHEVALIER : professeur de théologie et d'histoire ecclésiastique à l'université de Groningue, mort le 7 mars 1796, s'est fait connaître par des sermons sur la morale dépouillée de tout dogme, et qui ont été publiés en 1770, sous ce titre : Six Discours ecclésiastiques sur quelques vérités fondamentales de la morale
  • Paul CHIARANTANO( 1613 - 1701) : né à Piazza en Sicile, en 1615, entra dans l'ordre des jésuites en 1651, et peut être placé parmi les hommes distingués qu'a produits cette illustre société. Après avoir achevé ses études avec succès, il s'adonna à des matières plus sérieuse:), et professa la philosophie, la théologie scolastique et la morale. Les mathématiques fixèrent aussi son attention, et ses connaissances dans les langues orientales étaient trèsapprofondies. Il fut deux fois élu recteur du collège de Piazza, et noramé censeur du saintoffice. Il mourut dans sa patrie, le 9. 2 janvier 1701. On a de lui : Piazza citlà de Sicilia nue et antiqua,Messine, 1654 inséré dans le t. du Thesaurus anliquit. de Grevius.11 a laissé manuscrits : de Ilorologiis rotalibus el soluribus; de Segmentis scu Partibus circuli ; dc Sphœra ; de Modo crigcndi figurant ; de Astronomie
  • Paul CONTANT : fils de Jacques Contant, savaut apothicaire de Poitiers, embrassa la profession tic son père, pour satisfaire plus facilement son gotit pour la botanique. Cette science ne faisait alors que de renaltre en Europe , et le petit nombre de personnes qui la cultivaient 1110dCStelnCilt aient entre eux aucune communication. Contant, à l'exemple de son père , entreprit plusieurs voyages en France, en Allemagne et en Italie , dans le dessein de voir les curieux , de visiter leurs cabinets , et il en rapporta des connaissances utiles et les semences de plusieurs plantes rares ou inconnues auparavant dans sa province. De retour à Poitiers, il y établit un jardin botanique, qui se trouva fort riche, comparé à ceux qu'on avait alors. Il ne «ut pas avoir encore assez fait pour la science, son unique passion ; il voulut lui créer (les partisans. C'est dans ce dessein qu'il publia un ouvrage intitulé le Jardin et Cabinet poétique, Poitiers, 1608 lig. C'est un pote on il décrit les plantes qu'il avait rassemblées, avec leurs propriétés médicales; lès animaux, les oiseaux, les poissons qui formaient son cabinet. Quelque temps après , il en publia tin second sous le titre d'Eden. Dais celuici, il suppose qu'Adam et Eve, ayant été bannis du paradis terrestre , s'occupèrent à rassembler dans un jardin des plantes, des fleurs et des arbustes de toutes les espèces. Ce poème n'est qu'une longue nomenclattne rimée des plantes connues alors. Contant n'était qu'un poête médiocre, et ses ouvrages ne méritent plus d'ère consultés. Il mourut dans sa patrie, en 1652, ciné d'environ 60 ans. Il était protestant ; ses connaissances et ses qualités personnelles lui avaient mérité de nombreux amis. Comme pharmacien, il jouissait d'une juste réputation : il continua le travail de son père sur Dioseorides, et lit imprimer leurs observations réunies , sous le titre crOEuvres de Jacques et Paul Contant, contenant, outre les ouvrages cités plus haut, les commentaires sur Dioscorides, Exagoge mirabilium nature°, Synopsis plantarum, et Eden, Poitiers, 1628
  • Paul CORTESE( 1465) : évêque d'U'rbin, ne en 14115 à SanGeminiano, petite ville de Toscane, d'une famille ancienne qui a produit plusieurs hommes distinguée. Son père, Antoine Cortese, qui culti% a it luimême les lettres arec succès, ne lui refusa aucun moyen d'instruction ; il en profita awc ardeur, fréquenta les écoles, rechercha les savants, s'appliqua à former son style par la lecture réfl?- chie des modèles, et en particulier de Cicéron. Il n'avait pas vingtcinq ans lorsqu'il adressa le manuscrit de son dialogue De h? aninibus d? ctis n 1..?Wien, qui conçut de l'auteur une opinion avaningeilse. Cette pièce intéressante pour l'histoire littéraire d'Italie, et trèsestimée pour l'élégance du style et pour sa critique sévère, était restée dans la p?ussière des bibliothèques jusqu'en 1734, qu'Alexandre. Politi la fit imprimer, a'ec la vie de l'auteur, à Florenee, grand Les qualités de Cortese le firent aimer et rechercher autant que ses talents. Il jouit de la faveur la phis grande à la col' de Rome, et fut successivement nomno secrétaire ap4)stol ique, protonotaire, et enfin é% épie d'Urbin. L'obligation où il se trouva de tourner ses études vers la théologie, lui fit entreprendre son commentaire sur P.Loniliard, , dans un chilleau de Cortese , où il s'était retiré, et où il se plaisait à accueillir les savants. Il y mourut la même année à 45 ans. — Cortese avait deux frères , Alexandre , qui se distingua comme poête , et Lactance, qui a travaillé sur les Commentaires de César
  • Paul CYPRAEUS( 1500 - 1609) : en danois Kupferschinitl, jurisconsulte, né à Sleswig, dans le Ilostein, au 16° siècle, commença à en écrire l'histoire ; il ne put achever cet ouvrage, et mourut en 1609. —JeanAdolphe, son fils , ministre de l'église de stMichel à Slesvig, hérita des goûts de son père pour l'étude. Etant tombé malade en 1633, les médecins lui conseillèrent de faire tm voyage en llollande pour se rétablir. Après sa guérison, il revenait dans sa famille, lorsque, passant à Cologne, il tort l'oe•asion d'entrer en discussion avec quelques prètres catholiques sur des matières de foi. Le résultat de leurs conférences fut son abjuration. Il s'établit alors à Cologne, et y publia l'ouvrage rage commencé par son père, sous le titre sui\ ant : An- nales f» p scan' m Sles? irensium Erelesicp statum, propagations n, inutalionern in regno Dania breri- tear dil? ride romplertentes, 1633 Motter en loue l'exactitude et la solidité ; Da\ id Clément s'étonnait qu'on ne l'eût pas encore réimprimé. Vers le milieu du le siècle, on en annonçait deux éditions non' elles, mais on ignore si elles ont paru. — Jérôme, autre fils de Paul, jurisconsulte, a publié : 1° De jureconnubiorum. Francfort, 1605, et Leipzig, 1622 2° De origine, nominé et i, pni? us SaXolitiM, Cimbrorum, Vitarum et Anglo? uur, Copenhague, 1622 et 1632 Il a seulement ajouté une préface et quelques remar- ques à ce dernier ou rage que son père avait laissé imparfait. — Un antre Jérôme, frère de Paul, et oncle des deux précédents, a écrit une chronique des éqques de Sleswig. Westphaleii l'a insérée dans ses Mononienta inedita rerumgermanicorum, Leipzig, t ";33
  • Paul DECKER( 1677 - 1713) : arehitecte, né à Nuremberp: en t 677, apprit le dessin et la gravure de G. C. Eintart et l'architecture d'André Schlitter. Il alla s'établir ii Itarruth, desint directeur des baltirnents de la cour, et mourut en 1713. Cet artiste a beaucoup tra‘aillé ; plusieurs palais de Berlin sont décores de ses ou% rages de peinture; Hofer, Sedletiky,, J. ChristopheSteudner, J.A. Continus et J.J. darraidt , ont gra sé d'après lui plusieurs beaux Plafonds représentant des sujets de chasses, des di- Aissements de pa? uns, des comersetious, des l'ales nasales, etc. Decker n grasé luimérne luelques estampes d'après Antin; Sctiluter, son maitre, Douai et Augustin Tensestain ; mais loti-'rage qui lui fait le plus d'honneur est son Traite d'architecture, imprimé à Augsbourg, en (711 sous ce titre : Fiestlieher Ittiutneister. « dr,- irrhitectura cirais, avec Cd planches. 11 parut en 1,16, trois ans apres la mort de l'auteur, deus ,.ontinuations de cet ou% rage , iufi.l. , asee. 71 tanches. Decker asait encore laissé en manuscrit lm autre ouvrage sur l'architecture, qui list publié à Leipzig, en 1120, sous le titre d'Arrhitertura theor ico- pract irn . Cet ouvrage eut aussi une conti- mutation qui fut donnée en 1722. Decker avait un frère, qui lui succéda dans sa place de directeur des batiments, et qui doit étre compté au nombre des bons peintres que l'Allemagne a produits. Ses portraits tonnent une partie intéressante de l'iconographie moderne; ses autres ou' rages, qui mail en grand nonabre, ont été gravés pJar les meilleurs artistes de son Mède. Decker semble avoir dédaigné d'emprunter (peigne chose ail autres écoles toutes ses compositions unit Iniitties dans le goût allemand ; il place presque toujours ses personnages dans des paysages : ses ouvrages offrent d'ailleurs de beaux détails ; plusieurs parties sont traitées asee une grande nai•eté de pinceau, une bonhomie qui n'est pas de la gralce, mais qui saut mieux que l'afféterie. Il a peint asec succès plusieurs scènes de l'Anciviiet du nouseauTestainent. Ce peintre a eu la satisfaction de Noir presque tous ses tableaux gravés par les meilleurs artistes de son temps
  • Paul DAGOMARI( 1200 - 1366) : également connu sous le nom de Paul le géomètre ou maitre Paul dell' Abbacco, naquit à la fin du 13' ou dans les premières années du 14° siècle à Prato, près de Florence, d'une famille illustre. Boccace, dans la Genealogia deorum , dit que Paul a surpassé tous ses contétnpotains dans la connaissance des mathématiques et de l'astrologie; qu'il avait construit des machines pour expliquer le mouvement des corps célestes, et que sa réputation s'était étendue en France, en Angleterre, en Espagne et même ett Afrique. Heureux, ajoutetil, s'il eût eu plus d'ardeur pour la gloire ou s'il fût né dans un siècle plus éclairé ! Philippe Villani a donné la vie détaillée de Dagomari parlai celles des Illustres Florentins, dont une ancienne traduction italienne a été phbliée par Mazzuchelli . Paul fut, suivant son biographe, un trèsgrand géomètre, un habile arithméticien, et poussa plus loin que tous les anciens et les modernes les équations astronomiques [2]. Observateur assidu des ré\ ululions des corps célestes, il prouva le premier que les tables de Ptolémée ne pouvaient plus être d'aucune utilité, que celles d'Alphonse manquaient d'exactitude, et que c'était à l'imperfection de l'astrolabe, instrument dont on se servait alors, qu'il fallait attribuer la plupart des erreurs des astronomes. 11 avait imaginé plusieurs instruments, an moyen desquels il déterinina, mieux que ne l'avaient fait ses prédécesseurs, la position des étoiles fixes, et parvint même à calculer les lois de leurs mouvements; mais, Le savàut Ximenes obsen, qu'ifil ne trouve pas dans l'original latin de Villani le Mot as/ ro/ u/ dm, et qu'il pourrait bien etre question, dans ce passage, des équations algeln igues dont il parait que Dagotharieommeno le premier en quelque sorte à faire usage. comme Tirahoschi l'observ e judicieusement, pour apprécier les services que Paul a rendus à l'astronomie, il faudrait connaître ses ouvrages. On sera forcé jusquelà de s'en rapporter au témoignage de Villani, qui parait avoir beaucoup exagéré le induite de son compatriote. Un fait à peu près incontestable, c'est que flagamori composa le premier des almanarhs av ec des prédictions : mais on petit croire aussi, sans crainte de se trompai., que ers prédictions ne furent pas toujours justifiées par l'événement. Il mourut à Florence vers 1366, et fut inhumé dans l'église de la Trinité, oit il avait construit une chapelle. Par son testament , il ordonna que ses ouvrages d'astrologie on d'astronomie seraient remis à la garde des religieux de ce monastère, dans un coffre fermant à deux clefs, l'une desquelles resterait entre les mains des moines et l'autre dans celles de ses héritiers, jusqu'à ce qu'out trouvât parmi les Florentins un astronome assez habile pour en tiret parti. Mazzuchelli et d'après lui quelques autres écrivains rapportent line inscription en vers, qui, suivant eux, décorait le tombeau de Dagomari mais Tiraboschi ne la juge pas authentique. Le P. Negri, dans les Scrittori fiorentini, distingue Paul dell' . Jbbacco d'un poëte du même nom, vivant en 1328, et que Jacques, fils du fameux Dante, appelle son maître en poésie, d'un autre Paul, dont un conservait au monastère de la Trinité des traités de géométrie et de perspective, et enfin de Paul le géomètre; mais il est évident qu'il s'agit toujours .1u même personnage
  • Paul DARONATSI( 1043) : l'un des plus célèbres théologiens de l'Église d'Arménie, et l'un des plus prononcés contre l'Eglise grecque et le concile de Chalcédoine, naquit en 1043, dans la province de Damn. Dès sa jeunesse, il se livra avec ardeur à l'étude de la philosophie et de la théologie, et il y fit de tels progrès qu'il fut bientôt en état d'en donner luimême des leçons, qui lui acquirent une grande réputation. Son mérite et ses talents le firent nommer abbé d'un monastère où il finit ses jours en 1123. Son principal ouvrage est une lettre contre Théopiste, philosophe et théologien grec, qui vivait de son _temps. Cet ouvrage a été imprimé à Constantinople, 1752, 1 vol. Il lit depuis un Traité contre l'Eglise grecque, un Commentaire sur Daniel, et d'autres ouvrages de théologie, dont quelquesuns se trouvent manuscrits dans la bibliothèque nationale. — DARONATSI , docteur ou vartabied arménien, né en 1161, dans la province de Daron, fut abbé du monastère de Hoghardsin. L'an 1204 il assista à un concile tenu à Lorhi dans la partie orientale de l'Arménie. On prétend que c'est ce docteur qui introduisit, dansPArménie orientale, l'usage de noter la musique d'église. Il composa un grand nomhm de discours et de cantiques, *restés manuscrits
  • Paul DESFORGES-MAILLARD( 1699 - 1772) : né au Croisic en Bretagne en 1699, mort le 10 décembre 1772, était membre des Académies d'Angers, de La Rochelle, de Caen et de Nancy. On ne le tonnait plus guère aujourd'hui que par le stratagème dont il se servit pour donner du prix à ses vers,stratagème qui a fourni à Piron le sujet de la Métromanie. 11 avait ,oncourn pour le prix de l'Académie. Piqué de ne l'avoir point obtenu, il crut que le meilleur moyeu (le prouver le mauvais goût de ses juges était de faire paraître sôn poème dans le Mercure de France.• De la Roque, rédacteur de cet ouvrage, refusa de se prêter aux vues du poète; Desforges insista; le rédacteur se fâcha, jeta le poëme au feu, et jura qu'il n'imprimerait plus rien de la façon de l'anteur. Desforges, dans le désespoir que lui causa cette cruelle résolution, recourut à un artifice assez singulier. Il résidait alors à Brederac, près d'un vignoble appelé » lierais. 11 adressa au Mercure, sous le nom de mademoiselle Malcrais de la Vigne, un certain nombre de pièces légères dont le bon rédacteur fut charmé. On assure que de la Roque, complétement trompé, se prit d'une belle passion pour la muse du Croisic, et s'émancipa au point de lui écrire : « Je vous aime, ma chère bretonne; « pardonnezmoi cet aveu ; mais le mot est lâché. » Il ne fut pas la seule dupe de cette supercherie. On ne parla bientôt plus dans Paris que des vers de la divine Materais; il n'y eut pas de poète qui ne s'empressât de lui rendre hommage par la voie du Mercure. Voltaire et Destouches, entre autres, se signalèrent à l'envi, et furent ou parurent un instant jaloux l'un de l'autre au sujet des réponses plus ou moins tendres qu'ils recevaient de la coquette. On connaît l'épître du premier : « Toi dont « la voix brillante a volé sur nos rives, etc. » Elle est imprimée dans ses OEuvres. De tous les \ ers que la fausse Illalerais sut inspirer à ses amants ce sont les seuls qui soient restés. Ceux même de Destouches ne valaient absolument rien. Lorsque Desforges voulut enfin terminer cette comédie et reprendre son véritable sexe, la plupart de ses adorateurs lurent d'abord un peu honteux du rôle public qu'il venait de leur faire jouer ; mais, en dernier résultat, la mystification fi t encore moins fâcheuse pour eux que pour lui; car du moment` qu'il parut à déçonvert, on ne songea plus qu'à déprécier se› vers, et à le rendre ridicule, ce qui ne fut pas loti difficile ; son talent avait trop peu de consistance pour résister à une pareille réaction. Quelque temps après, Desforges, qui n'était pas riche, pria Voltaire de lui trouver à Paris des protecteurs; l'auteur de Zaïre, trop adroit ou trop genéreu pour montrer le moindre ressentiment, s'employa de bonne grâce en faveur de la ci- des ant muse du Mercure. « Je me souviens toujours, répondit- « il, des coquetteries de mademoiselle Materais, « malgré votre barbe et la mienne ; et s'il n'y a pas « moyen de \ mis faire des déclarations, je cherche « celui vous rendre service. Je compte voir « cet été M. le contrôlentgénéral , je chercherai cc mollis tempora, et je me trouverai trop « heureux si je puis obtenir quelque chose du Plu- « tus de Versailles en faveur de l'Apollon de Bre« tagne. » Les effets toutefois ne répondirent point à la promesse. Fort estimable par ses moeurs et par la douceur de son caractère, DesfogesMail1ard n'a joui, comme poète, que d'une assez mince considération. Il était dépourvu de goût; son style était plat et prolixe. Quelquesuns de ses contes pourtant rappellent un peu• le tour marotique des épigrammes de J.B. Rousseau. On a delta : 1° Poésies de mademoiselle Materais de la Vigne, 173:; ; 2° Poésies françaises et latines sur la pris, ' de Berg- op- Zoom, 1748 3° les Arbres, idylle, 1751 4° OEucres en vers et en prose, Amsterdam, 1759, 2 val.
  • Paul DOLSCIUS( 1526 - 1589) : né à Piaget! en 1526, fit ses études à l'université de Wittemberg, SOM Mélanchthon, qui lui donna dès lors des preuves d'une affection particulière ; il devint l'un des plus zélés partisans de la doctrine de ce célèbre réformateur, et obtint, par son crédit, une chaire au collége de Hall. Dolscius prit ses degrés en médecine et exerça cette profession avec succès. Les habitants de Halle lui prouvèrent leur estime 'en le nommant d'abord bourgmestre, et ensuite inspecteur des églises, des écoles et des salines de la ville. Il mourut le 9 mars 1589, à l'âge de 63 ans. Dolscius était un habile helléniste; il écrivait facilement en grec, et même composait dans cette langue des vers assez bons pour que l'envie les attribuât à Mélanchthon. Les principaux ouvrages de Dolscins sont te Confessio fidei exhibita Augustœ grcece reddita, Bàle, Id59 édition originale, trèsrare; 2' Psalmi Davidis graiis versibus elegiacis redditi, Bàle, 1555 30 Siracides grcecis elegiis pres'a, Leipsick, 1571, Lyserus lui attribue encore une traduction, en vers grecs, de l'Ecclé- siaste et de l'Ecclésiastique, que Placcius donne, ainsi que les précédentes, à Melanchthon. On trouvera des particularités sur Dolscius, dans l'ouvrage intitulé : de A mi- gustana Confessions P. Dolscii cuira gr. reddita epistola CSEINZ1I, Halle, 1730
  • Paul DONTONS( 1600 - 1666) : né en 1600, à Valence en Espagne, fut regardé comme un des meilleurs pe de son temps; on ignore qui fut son maitre, mais tout porte à croire qu'il avait étudié en Italie; on ne trouve rien dans sa manière de peindre du caractère ordinaire aux peintres espagnols. Doutons fut un excellent coloriste, à la manière des maîtres italiens qui se sont rendus remarquables par ce genre de mérite ; il a fait différents ouvrages en Espagne, mais particulièrement à Valence, dans kl'église et les cloîtres du couvent Della Mercede. D. Antonio de Ponz vante la composition des ta- bleaux de Dontons, il admire la manière de dessiner de cet artiste, qui est, dit il, d'un trèsbon goût, et son coloris plein d'harmonie. Cet artiste est mort en 1666
  • Paul DUBE : médecin du I Y siècle, ne nons est connu que par ses écrits. On peut conjecturer qu'il était originaire dis Gàtinais, ou du moins, qu'il exerça sa profession dans cette province, puisque dans son premier ouvrage, où il traite des proprié- tés des eaux minérales, il s'attacha surtout à révéler celles de la fontaine des Escharlis, près de Montargis. Malgré les vertus dont il se plait à douer cette fontaine, il ne put la mettre en vogue. Le succès de son recueil des remèdes con' enables aux maladies des pauvres excita la mauvaise humeur de ses confrères, qui lui reprochèrent de multiplier les empiriques et les charlatans, en mettant la pra.- tique de la médecine à la portée . 30 Medicinœ theo- reticce medulla, seu medicina corporis et anima*, ibid., 1671 4 i. e médecin et le chirurgien ( les pauvres, ibid., 1672 ; de 1693 est précédée d'une apologie de l'auteur par son fils contre les censures dont il était l'objet. Cet ouvrage a été réimprimé six ou sept fois : la dernière édilion est de Rouen, 1712
  • Paul DUDLEY : naturaliste anglais qui parait voir voyagé dans l'Amérique Septentrionale, était nembre de la société royale de Londres. 11 a puplié, dans les volumes des Transactions philosophi- ues, de 1710 à 1735, plusieurs mémoires impor- ants, entre autres : Description de l'élan d' Arnéri- ue ; 2° Essai sur l'histoire naturelle des laleines, et en particulier sur de l'ambre gris trouvé ans le corps du cachalot ; 3° sur le Serpent à son- tette; 4° Récit sur une manière nouvellement trou- ée en Amérique, pour découvrir les ruches d'abeilles auvayes Elle consiste à exposer sur une planche, du miel, et à l'entourer de vermillon en poudre ; les abeilles sont bientôt attirées par l'odeur du miel. On remarque la première qui arrive ; en se posant elle ne peut manquer de se marquer de rouge : on prend note avec une montre du moment où elle s'en retourne, et avec une boussole on relève l'air de vent qu'elle fait; on guette l'instant où elle re- vient, et on voit le temps qu'elle a mis à aller et revenir, et suivant Dudley, avec ces données, on arrive juste à sa ruche. Au reste, ce moyen n'est pas nouveau, car il est décrit dans Columelle, aux Icirconstances près de la montre et de la boussole qui étaient inconnues de son temps. 5' des Obser- valions sur quelques plantes de la nouvelle Angleterre, avec quelques exemples de la force de la végétation de ce pays. 60 Sur le Rhus toxicoden- dron; 70 sur la manière de faire le sucre d'érable
  • Paul DUMAY( 1585 - 1645) : né à Toulouse en 1585, d'une famille originaire de Bourgogne, fut reçu conseiller au parlement de Dijon en 1611. 11 culth a la , poésie latine avec quiblque succès, chercha à lier amitié a‘ec les savants, et fut estimé de plusieurs, parmi lesquels on cite Scaliger, Grotius, Sarrau et Gassendi. Ce magistrat mourut à Dijon en 1645, le 29 décembre. Il n'a laissé aucun ouvrage important On a de lui : Epieedion in funus D. Ilru- larti , Dijon, 1611 2° Discours sur le trépas de M. de Termes, Dijon, 1621 :1' les Lau- riers de Louis le Jute, Paris, 1621 ; Inno- rentii III, l'ont. Max. Epistolœ, cum lucubrationi- bus, Paris, 1625 Ce recueil ne contient :;:3 lettres 5° Biblio- theca S. Benigni Dirionensis, catalogue des livres de la Bibliothèque le StBénigne de Dijon, bibliothèque à laquelle Dumay donne le nom de Jauni- niana, paree , fils du précédent, né à Dijon en 1627, conseiller au parlement de cette die en 1647, hérita du goût de son père pour les lettres, et fut lié avec les savants les plus distingués. Il n'avait que seize ans lorsqu'il publia, en l'honneur du duc d'Enghien, un poème qui lui mérita les éloges de Gronovius. Lamonnoye n'esti- tuait point les vers français de Dumay ; mais il a .••• fait, ditil, en latin, « des vers lyriques, des élégia-« . Pierre Dumay mourut à Dijon en r I 1, le 26 janvier, à 85 ans. H était membre de. l'Académie des Ricovrati de Padoue. On trouve de lui des vers français et latins dans différents recueils. Les seuls ouvrages qu'il ait fait imprimer sont : 1° Enguinnedos liber primus, Dijon, 1643 Ce poême, qui annonce un talent distingué, n'a point été terminé ; 20 Virgile rirai en. Bour go i gnon , Di 'Jou , 1718 ; 1719, nième format. La 1" édition ne contient que le premier li\ re de l'Eneide, traduit en palois dijonnais. Celle de 1719 contient de plus le second livre, traduit en partie par l'abbé Petit. Cette traduction est devenue trèsrare
  • Paul DUMONT( 1532 - 1602) : érrhain ascétique, dont Valen.- %ION', dans la itiblinthrea ? rigien, traduit lé gnind nombre de 11 iiienA„ Il ttinttritt le 29 tbelobre 1602. Pagnot, flan% se< Memoires pur sertir à l'histafre lifte- 4 aire . les 1'ays- 1MS, donne, à la suite d'un article ..nt' Dumont, la ligto do geg traductions atr tu bitter' fessions de , tir. Augustin, traduites on feaneais. Paquot tien indique pas l'édition; ?eut-étre cette tratliltIon eylelle restée manuscrite
  • Paul EBER( 1511 - 1569) : né à Ritzingen en Franconie, le 8 novembre 1511, reçut sa première éducation de son père, qui l'envoya ensuite à Anspach continuer ses études. Paul étant quelque temps après tombé malade, Jean son frère alla le chercher, et, malgré les ordres de son père, crut devoir le ramener à pied. Ils n'avaient fait que la moitié du chemin, que la fatigue empêcha Paul d'aller plus loin. Cependant un boucher qui passait à cheval consentit à y laisser monter Eber. Jean et le boucher suivaient à pied, lorsque le cheval renversa son cavalier et le traîna pendant près ,d'un quart de mille, et cependant Paul n'eutqu'une légère blessure à la tète : on en cacha à son père la cause, mais quelques jours après survint une enflure au col, et malgré tous les remèdes, Paul resta le col tordu. et devint bossu ; il avait alors treize ans. En 1525, son père l'envoya à Nuremberg, où il eut pour maître Jean Ketzmann et Joachim Camerarius, et se distingua entre tous ses condisciples. Il alla à Wittemberg , et comme il avait une très belle écriture, Mélanchthon l'employa d'abord comme secrétaire; bientôt l'amitié la plus étroite les unit, et Melanchthon n'entreprenait Mus rien sans avoir consulté Eber , ce qui fit appeler ce dernier Répertoire de Melanchthon. Après avoir tenu pendant quelque temps école chez lui, Eber fut nommé professeur de grammaire, puis appelé à professer presque toutes les parties de la philosophie. 11 fut aussi , eu 1541, envoyé avec Mélanchthou au colloque de 'Worms. Après la mort de Jean Forster , en 1556, il obtint la chaire d'hébreu; en 1558 il devint premier pasteur de l'église de Wittemberg. Il mourut en revenant d'Altenbourg , le 10 décembre 1569. C'était un homme très saant et d'une conduite irréprochable. C'est à ses qualités et à sa difformité que l'on a fait allusion dans ce distique Ills Plat Pauli rontrartum corpu?Eberi, Qui studuit facere et dicere recta allia. /1 a de Paul Eber : 10 Expositio Evangeliolm dominicalium. 2° Calendarium histori, um, Wittemberg, 1551 Les évènements l'y sont pas racontés dans l'ordre chronologique, nais rapportés au jour où ils ont eu lieu, en an van t l'ordre du calendrier. 3° Historia populi udcei à reditit Babylonie° ad ilierosolymoe 'xcidium; cette histoire a été traduite en franais sous cc titre : Etat de la religion et RépuAgile du peuple judaïque, etc., Genève, 1561, u-8° ; ibid., 1563 Des hymnes sacrés
  • Paul ELIE ou ELIAS ou HELIE( 1480) : né à Vardberg, dans le Halland, vers 1480. Après avoir erminé ses études, il entra dans l'ordre des :armes à Elseneur. La lecture des écrits de Lulier fit une impression trèsforte sur l'esprit lu jeune religieux ; et ayant été chargé, en 1517. d'expliquer l'Ecriture sainte au collège de 7.0penhague, il laissa voir qu'il n'était pas éloi-,né de partager les opinions de ce chef de la Réforme. Enhardi par l'approbation des pr seigneurs que la curiosité attirait à ses leçons, il cessa bientôt de se contraindre, et professa publiquement les principes du luthéranisme. Quelques années après il se repentit (lu scandale qu'il avait donné, et crut pouvoir le réparer en écrivant, avec un zèle outré, contre ceux qu'il avait contribué à égarer. Dans le même temps le roi, qui estimait les talents (l'Elie, le .chargea de traduire en danois un ouvrage qu'on soupçonne être le Prince de Ma- 'chiavel; Elie y substitua l'institution d'un prince chrétien d'Erastne. Le roi, offensé de cette hardiesse, lui ordonna de sortir de Copenhague, où il obtint ensuite la permission de revenir. Cette punition ne ralentit pas sa ferveur ; elle semblait croître, au contraire, par . dangers auxquels elle l'exposait. A l'issue i ne conférence tenue au château de Copenha- gue, en 1526, des soldats l'insultèrent, quelquesuns même des plus furieux se jetèrent sur Lui et l'auraient mis en pièces, si on ne l'eût arraché de leurs mains. Après tant de travaux entrepris pour le maintien de la foi chrétienne, tant de persécutions essuyées pour cet objet, Elie parut revenir aux principes de Luther. On assure même qu'il les enseigna de nouveau à Roskild, où il mourut vers 1536. Son inconstance lui a fait donner, par les protestants, le surnom de Wetterfahne, girouette. On a de lui plusieurs ouvrages de controverse, peu connus et peu dignes de l'être, et des traductions en danois : 1° du livre de la vertu, par saint Atha- nase, 1528 2° des Psaumes de David, 1528 30 de L'institution d'un prince chrétien, par Erasme, Roskild, 1534 Christian Olivarius a publié la vie d'Elie, en latin, Copenhague, 1744
  • Paul EMILI : en latin Paulus 'Duilius, auteur italien d'une histoire de France écrite en latin dans le 16' siècle, était de Vérone. Il était fixé à Rome, et y jouissait d'une réputation de savoir qui engagea Etienne Poncher, évêque de Paris, à conseiller au roi Louis XII de le faire venir en France. Ce fut par ordre du roi qu'il entreprit d'écrire notre histoire, depuis le commencement de la monarchie jusqu'à son règne. Il obtint pour encouragement un canonicat dans l'église cathédrale de Paris. 11 se retira au collége de Navarre, où il fut uniquement occupé de la composition de son ouvrage. It en fit paraitre d'abord les quatre premiers livres : De rebus qestis Francoruni I V, Paris Cette édition est sans date; mais elle est probablement du commencement de l'an 1516, car Erasme, dans une lettre écrite d'Anvers le.2 février de cette année, dit qu'il apprend que Paul Emili publie enfin son histoire de France; il ajoute que ce ne peut être qu'un excellent ouvrage, puisqu'un homme aussi savant et aussit laborieux y a consacré plus de vingt ans. Si cette dernière circonstance était vraie, ce ne serait point vers 1499, comme le dit Tiraboschi , que cet écrivain aurait été appelé en France, mais %ers l'an 1495, ou même plus tôt, par conséquent sous le règne de Charles VIII et non de Louis XII; mais il paraît constant que ce fut sous ce dernier roi, et il faut croire qu'Erasme s'est trompé. Dans une autre édition Emili ajouta deux livres aux quatre premiers : cette édition est aussi sans date; mais Pierre Gilles en parle dans une 1..ttre à Erasme datée du 19 juin 1519, et dit que Paul Emili vient de livrer à l'imprimeur la suite de son histoire. 11 continua son travail, et écrivit encore quatre livres ; le quatrième n'était pas achevé lorsqu'il mourut le 5 mai 1529. On trouva ce livre imparfait et fort en désordre parmi ses papiers ; il fut terminé par Daniel Zavarisi, véroltais comme lui, et qu'on croit même son parent. L'histoire entière, qui s'étend jusqu'à la cinquième année du règne de Charles VIII, fut publiée à Paris en 1539. Elle y fut réimprimée et in folio en 1543 par Vascosan, et ensuite à Bille en 1601 L'auteur fut enterré dans l'église de NotreDame, dont il était èhanoine, avec une inscription qui ne loue pas moins sa piété que son savoir. Il est possible qu'on ait exagéré dans son temps le mérite de cet auteur, qui débrouilla le premier le chaos de notre ancienne histoire ; mais on ne peut disconvenir que son style n'ait la gravité convenable, et qu'il ne soit communément assez pur, quoique un peu sec, et quelquefois visant trop àla concision. Paul Emili est pourtant diffus dans les récits, et encore plus dans les discours qu'il introduisit à l'exemple des anciens. On lui .a reproché de la partialité pour les Italiens ; mais ce reproche ne lui atil pas été fait par la partialité française? Et si un auteur italien, quoique payé par le roi de France, n'a pu approuver aucune des guerres faites en Italie par les Français, doiton lui en faire un crime ? Il est d'ailleurs peu probable qu'écri- Storia della Letter. ital., t. 7, partie 2, p. 335, première édition ‘ant en quelque sorte pour le roi de France, et sous ses yeux , il ait pu montrer contre les Français une partialité injuste. Quant aux erreurs où il est tombé, on ne doit en accuser que les mauvais mémoires, les fausses chroniques et les renseignements incomplets qui lui furent fournis. Un savant étranger ne pouvait avoir d'autres guides, et ce n'est pas à lui qu'il faut s'en prendre s'ils l'ont souvent égaré. Cette histoire a eu dans Arnauld Duferron un mauvais continuateur, et un médiocre traducteur dans Jean Renard, dont la traduction française parut en 1581, Paris et fut réimprimée plusieurs fois ; elle fut aussi traduite en italien, Venise, 1549 en allemand, Bâle, 1572
  • Paul FAGIUS( 1504) : savant théologien protestant, naquit en 1504, à Saverne , village du Palatinat. Son nom de famille était Bûcher, que , suivant la coutume de son siècle, il traduisit par Fagius, du mot latin figes . Après avoir fait ses premières études sous la direction de son père, qui tenait une petite école à Saverne, il se rendit à Heidelberg, et de là à Strasbourg, où il apprit l'hébreu du célèbre Wolfgang Capiton. Il s'établit à Isny, en Souabe, se maria et ouvrit une école pour l'enseignement des langues anciennes. Cet établissement eut si peu de succès, qu'il se détermina à revenir à Strasbourg après la retraite de Capiton. Il succéda à cet habile professeur dans la chaire d'hébreu , et développa une, connaissance si parfaite de cette langue dès ses premières leçons, qu'il acquit en peu de temps une assez grande réputation. 11 retourna à lsny , vers 1557 , pour y remplir les fonctions de ministre du St-Évangile. Le traitement qu'on lui accorda en cette qualité n'était pas suffisant pour le faire subsister avec sa famille ; et il était sur le point de demander sa retraite, lorsqu'un magistrat, nommé Pierre Bullier , lui offrit de faire les fonds pour l'établissement d'une imprimerie , s'il voulait en prendre la direction. Fagius accepta avec reconnaissance , fit venir d'Italie le célèbre rabbin Elias Levita , et commença à imprimer des ouvrages qui, en accroissant sa réputation , contribuaient à étendre en Allemagne le goût des langues orientales. Fagius revint à Strasbourg, vers la fin de l'année 1b42, pour les affaires de sa communion; il visita ensuite Marbourg , Heidelberg ; et, à la sollicitation de Th. Cranmer, archevêque de Cantorbéry , il passa en Angleterre avec Martin Bucer, au mois d'avril 1549. Les deux ministres, après s'être reposés quelque temps de leurs fatigues, furent envoyés à Cambridge pour y professer la théologie. Fagius fut à peine arrivé dans cette ville , qu'il tomba malade , et mourut le 12 novembre 1519 , à l'âge de 4h ans. Son corps fut déterré huit ans après , et brûlé publiquement par ordre de la reine Marie : sa mémoire fut réhabilitée sous le règne suivant. Fagius a composé plusieurs ouvrages de grammaire et de critique, et en a traduit quelques autres de l'hébreu. On se contentera de citer les principaux : 1. 111ela1Jbra. fis et enarratio perpetua epistoloe D. Pauli ad Romanos, Strasbourg , 1536 ; 2" Pirskoavol, sen sen- tenace veteruin sapientum hebrceorum ( Lacis apo- phtegmeta Patrum nominant , Isny, 1541 ; trèsrare ; 3° Expositio attendis in IV priora ca- pita geneseos, eni accessit textus bebraici et paraphra- seos chaldaïcce collatio , ibid. , 1541 réim primée dans les Critici sacri ; 4( 'Precationes hebraicoe, ex libello hebraico excerptœ cui nomen : Liber jidei , ibid., 1542 ; 5° Tobias hebraicus in M'ilium translatas , ibid., 1512 6. Ben Syrae sen- tentice morales cura succincto cominentario , ibid., 1542 ; 7° Isagoge in linguam hebraicam , Constance , 1543 8° Breves annotationes in Targum , sen paraphmsis chaldaica Onheli in Pen- tateuchum , Isny, 1546 réimprimé dans les Critici sacri ; 9° Opusculum hebraicum Thisbites inscriptum ab Elia Levita elaboratum , latinitate donatum , Isny , 1541 nouvelle édition , Bâle, 1557 ; 10° Translationum prcecipuaram Veteris Testamenti inter se variantium collatio , réimprimé dans les Critici sacri. On peut consulter, pour plus de détails , la Bibliotheca Viror. illust. , de Boissard ; le petit traité De eximiis Suevorum in orientalem littemturam mentis , § 7 , inséré dans les Amœnitates de Schelliorn, t. 13, et surtout l'ouvrage intitulé : De vita , obitu , combustione et restitutione Martini Buceri et Pauli Fagii, Strasbourg, 1562
  • Paul FARINATO( 1525 - 1606) : peintre , né à Vérone en 1525, descendait de la famille florentine des Parinata degli Uberti , qui avait joué un grand rôle dans la guerre des Guelfes et des Gibelins. On dit qu'après avoir étudié sous Gioltino , il alla à Venise voir les ouvrages du Titien et du Giorgion. S'il faut en juger par son style , il serait permis de croire qu'il a eu Jules Romain luimème pour mitre de dessin. 11 mourut en 1606 , àgé de uatrevingtun ans ; toujours gai , il se vantait e sa vieillesse, et dans un tableau placé à StJeorge , près de celui de Félix Brusasorci, il anonce qu'il a fait cet ouvrage à soixantedixneuf ns. Cette composition représente la multiplicaion des pains dans le désert, et offre une grande itiantité de portraits de ses amis et de ses parents. 'e maître est du petit nombre de ceux qui , en vançant en àge , n'ont pas dégénéré. On n'en mut pas dire autant de l'Albane, qui mourut rèsvieux, et vit tous les jours décliner sa répuation pendant les dernières années de sa vie. st mème à remarquer que Farinato , qui avait été juelquefois un peu sec et un peu froid , ne laissa 'len à désirer plus tard, par la finesse des conours , l'exactitude , la vérité, et même par l'étude lu paysage. Ses dessins sont estimés. On recherhait méme du temps de Ridolfi, ses premières pensées et les modèles de cire qu'il faisait pour ses figures. On lui attribue un St- Onuphre assis unité trèssavamment du Torse du Belvédère. Ses carnations ont une teinte bronzée qui ne déplaît pas. II a travaillé pour Mantoue , Plaisance et Padoue. On observe souvent dans un coin de ses tableaux un limaçon qu'il avait pris pour devise. Paul eut un fils, nommé Horace, qui s'appliqua à la peinture. 11 vécut peu de temps , et n'acquit pas une grande réputation
  • Paul FELGENHAUER( 1500) : visionnaire allemand, aquit vers la fin du 16e siècle, à Putschwitz en ;ohéme, où son père était ministre protestant. 1 étudia la théologie à Wittenberg , remplit les onctions de diacre à l'église du chateau de cette Iille , mais il ne voulut pas, à cause des désordres tu temps, suivant ses propres expressions , accepter ?emploi de prédicateur auquel on l'appelait. Déjà sa Me était remplie de rêveries théologiques, ce qui )eut-être le fit renvoyer de l'université, ou bien .oyant qu'il ne pourrait pas obtenir de l'avancelient, il refusa ce qu'on lui proposait. Il retourna Jonc en Bohème , et il publia ses premiers ouvrages en 1620, à Liebelitz. Ce sont réellement les productions d'un cerveau malade. Il cherche à démontrer, dans celui qui est intitulé : Chronologie edt Influence des années du monde, que le inonde est , dans lequel , indépendamment des admonitions adressées à tout le monde, on expose aux yeux ce qui a été et est parmi tous les états. Écrit par la grdee de Dieu et par l'inspiration du Saint- Esprit, 1620, in 4"; 30 - 1_ pologetieus contra invectivas œruginosas Rostii, 1622 C'est la réponse dont il a été question plus haut ; 4° Auro ra sapientiœ, 1628 ; 5. Miroir de la sagesse et de la vérité, présenté à tous les hommes de l'univers, chrétiens, juifs Turcs, païens, etc. , Amsterdam, 1632 ; 6° Sphcera sapientiœ , 165'0 réimprimé à Francfort et Leipsick , 1753, ; 7° Refutatio paralogismorum Socinia norum , Amsterdam, 1658 ; 8° Postillon, ou Nouveau Calendrier et Prognosticon astrologico- propheticum , présenté à tout l'univers et à toutes les créatures, 1656 ; 9. Nora Cosmographia et dimensio circuli, 1660 L'auteur prétend avoir trouvé une nouvelle manière de diviser la terre par le moyen d'un triangle; le paradis avait été au sommet du globe, l'enfer à la base , et le déluge s'était étendu sur toute la largeur. Il est inutile (le pousser plus loin le catalogue de toutes ces sottises. Il est 'vraisemblable que les rêveries (le Felgenhauer n'eurent de vogue en Allemagne que parce qu'il les assaisonnait de déclamations virulentes contre le clergé luthérien. Presque tous ses écrits sont , comme ceux des visionnaires, remplis de choses inintelligibles , et ne traitent que de questions audessus de la portée de l'esprit humain
  • Paul ESTIENNE( 1566) : fils de Henri II, né en '1566, fut élevé avec le plus grand soin. Après avoir terminé le cours de ses études, son père, qui le destinait à continuer la profession d'imprimeur, le fit voyager, afin de le mettre en relation d'amitié avec les savants étrangers. Paul visita les principales villes de l'Allemagne et ensuite de la Hollande, s'arrêta quelque temps à Leyde près de JusteLipse, et passa en Angleterre , où il forma une liaison trèsintime avec Jean Castolius, jeune homme trèsversé dans les langues anciennes. Il établit en 1599 à Genève une imprimerie de laquelle sont sorties des éditions grecques et latines estimables par la correction du texte et les notes dont il les a enrichies, mais moins belles que celles de son père et de son aïeul. Paul mourut à Genève en 1627, laissant deux fils, Antoine, dont on parlera plus bas , et Joseph, imprimeur du roi à la Rochelle, où il mourut en 1629. On a de Paul Estienne : Epigrammata grœca antho- logice latinis versibus reddita, Genève, '1573 ; Jurenilia, ibid., 1593- Ce sont de petites pièces qu'il avait composées dans son extrême jeunesse. Parmi les éditions sorties de ses presses on distingue celle d'Euripide,1602 Elle est trèsrecherchée
  • Paul FERRI( 1591 - 1669) : naquit à Metz, le 2i février 1591 , d'une ancienne famille de robe: Pendant le coulis de ses études à l'Académie protestante de Montauban, il y publia, en 1610, un recueil de poésies assez médiocres. C'était le fruit de sa jeunesse . Comme il se disposait au ministère évangélique , il annonça au publie son renoncement à ce genre frivole d'occupations , par ces mots qui terminaient son avertissement : Sat ludo ntigitee dation: Ayant été fait ministre l'année sultatite, il exerça les foncticn3 de cette charge d'une Manière trèsdistinguée et sans la moindre interruption pendant soixante ans, jusqu'à sa mort, arrivée le 27 décembre 1069. On mit au bas de son portrait ce distique qui marque l'esthne qu'on faisait de lui Tales si multos ferrent hiec meula ferri In terri steclis aurea steelit forent: C'était un homme de belle prestance , qui avait tin air vénérable , des manières gracieuses et polies et jonissait d'une grande considération auprès des plus éminents personnages. La Maladie cruelle dont il fut affligé les dernières années de sa vie ti.) Ces premières OEuvres poétiques se composent de sonnets, de stances, et d'une pastorale en six actes, intitulée : Isabelle, ou le Dédain d'amour , suivie deo Gloires d'Isabelle. Cette pastorale, ditil, lui fut pillée par C. S., sieur de la Croix, atoCat, qui la lit réiinprimer en 16294 sous le titré de la Climène tragicomédie. L'une ne vaut pas Miettic que l'attire. D. L. n'altéra point son aménité naturelle. A sa mort on lui trouva quatrevingts petites pierres dans la vessie. Ferri était d'un caractère trèspacifique. Il gémissait des divisions qui régnaient entre les protestants, ne désespérait pas de pouvoir les terminer et entretint à ce sujet une correspondance avec Dumpus , l'apôtre de la réunion. Il avait publié en 165 un Catéchisme général de la réformation , pour prouver qu'elle avait été nécessaire, quoiqu'avant qu'elle existât on piit se sauver dans l'Église romaine. Ce fut par la réfutation de ce catéchisme flue le jeune Bossuet , alors chanoine et archidiacre de Metz, entra dans la carrière de la controverse; et sa réfutation parut si triomphante, que les protestants reprochèrent à leur ministre , 1616 L'objet de ce livre , qui eut de la vogue dans le temps, était de piouver que la doc- trine des protestants sur la grâce avait été ensei- gnée par beaucoup de scolastiques; 2" Le dernitr désespoir de la tradition contre l'Écriture ; 5" hindi- cice pro seolastico orthodoxo , Leyde, 1630; 4. Re- marques , et quatre volumes de Recherches sur l'histoire de Metz où l'on trouve des choses curieuses et intéressantes. Il avait travaillé longtemps àl'Histoire de la ré- formation dans la ville de Metz , pour l'opposer à celle qu'avait donnée M. de Meurisse, évêque de 01 Selon D. Cabnet, il y en avait douze cents sur la seule Épître de StPaul aux Hébreux. Madaure, suffragant de Metz. Tous ces manuscrits se conservaient dans sa famille
  • Paul FLEMMING( 1609) : l'un des poètes les plus distingués de l'école littéraire dont Martin Opitz , le réformateur de la poésie allemande , fut le chef, naquit le 15 octobre 1609 à Hartenstein , dans le Schoeneburg , où son père était ministre. Cette école, connue sous le nom d'École silésienne, releva la poésie allemande de l'état de décadence où l'anarchie constante et les temps malheureux de l'Allemagne l'avaient fait tomber. Après Opitz, Flemming fut, avec André Gryphius, l'auteur . Deux ans après, le duc Frédéric de Cottorp envoyant en ambassade au csar de Russie Michel Féodérowitch , son beaufrère , Flemming obtint la faveur d'en faire partie. Peu de temps après, le duc de Holstein envoya en Perse une ambassade plus brillante encore, dont Flemming fut aussi un des membres. L'ambassade partit le 27 octobre 1635, arriva à ISpahan le 3 août 1637, y passa trois mois et revint à Moscou au mois de janvier 1639. Il y avait aussi parmi les attachés de l'ambassade, cri mème temps que Flemming, un de ses amis, Adam onlenschliiger dit Oléarius , qui a enrichi la littérature allemande de plusieurs bons ouvrages , et , le premier, a traduit des poètes orientaux , entre autres le Jardin des roses, de Saadi, et les Fables de Lockman. Tous deux , le long de la route , s'occupaient de poésie et de littérature. Oléarius a laissé une relation trèsdétaillée et trèsintéressante de ce long voyage. A Rével , Flemming se maria avec la fille d'un marchand trèsconsidéré. De retour dans son pays, il alla s'établir à Hambourg pour achever ses cours de médecine; il revenait de prendre ses grades à Leyde , lorsqu'il mourut presque subitement après son retour à Hambourg , le 2 avril 1640. — Flemming est à la tète des poètes lyriques allemands du 17. siècle; il surpasse même Opitz par la force et la beauté des expressions, le sentiment naturel de l'harmonie , la profondeur de la sensibilité et la richesse d'imagination, c'est-àdire par les qualités essentielles du ponte; mais il lui est inférieur au point de vue critique, les connaissances littéraires, l'éclat de la forme. Quoique Flemming se ressente encore des défauts de son temps, et surtout du mauvais goût, cependant ses Poèmes sacrés et mondains, et principalement ceux qui ont un cachet érotique , servirent pendant un siècle de modèles à toute l'Allemagne ; malheureusement la plupart se composent de pièces de circonstance , dont beaucoup se rapportent aux aventures de ses voyages et n'olli'ent pas un grand intérét. Un de ses recueils, intitulé Forêts poétiques , contient d'agréables descriptions, des tableaux de moeurs et de pays trèsbien rendus ; ses SWeiets , remar- quables par la délicatesse du sentiment, le feu de l'alunit; ou l'amour de la patrie qu'on y sent à ohaque ligne, eurent aussi une grande réputation. Parmi ses chants sacrés, on en cite surtout un , let omposé avant son départ pour la Perse : In allen meinen Thaten . Depuis quelques années, l'Allemagne aimant à remonter vers les sources de sa poésie, de nombreux travaux ont été faits sur Flemming; nous citerons principalement : Schwab , qui a fait un choix de ses poésies, précédé d'une excellente notice sur l'auteur; hnapp , dans le Trésor des chants sacrés , et àIi lier, dans le recueil intitulé : Bibliothèque ; K.W. Schmitt , dans son Histoire littéraire, et Varnhagen von Ense , dans ses Monuments biographiques , lui accordent une place importante
  • Paul FOUCHER( 1704 - 1778) : naquit à Tours le 4 avril 1704', d'une famille occupée au commerce de la soie. Il fit ses études chez les jésuites de cette ville et les fit sans aucun succès. Au bout d'un assez long temps, il prit du goût pour la poésie française, s'y livra avec passion , et bientôt à son apathie primitive succéda la fureur poétique. Pendant ses humanités il lut la Batrachonzyomachie d'Homère ; et, voulant marcher sur les traces du chantre d'Ilium , il composa , en plusieurs chants , un peme du Combat des rats et des chats. Cependant cette direction de son esprit était loin de répondre aux désirs de ses parents et surtout d'un oncle , chanoine de la cathédrale , qu'il était appelé à remplacer. Foucher se rendit aux voeux (le sa famille, suspendit sa lyre, et entra en 1718 chez les oratoriens, pour se livrer à des études plus sérieuses. La mort d'un frère le rappela chez lui ; mais, ne pouvant se résoudre à embrasser la profession de commerçant, il vint à Paris faire un cours de théologie en Sorbonne , et , pour en tirer plus de fruit, il se rendit les langues anciennes familières. Des revers suspendirent la pension que lui payait son père ; il fut réduit alors à se charger de l'éducation des enfants du comte de Chatelux. Cette nouvelle condition lui procura l'amitié du chancelier d'Aguesseau , grandpère de ses élèves, et de Caylus, évêque d'Auxerre. Ce dernier voulait se l'attacher ; mais la duchesse de la Trémoille le donna pour instituteur à son fils, et Foucher resta toute sa vie attaché à cette illustre maison. `Admis en 1753 dans l'Académie des inscriptions , il voulut partager les travaux de cette compagnie et choisit pour objet de ses recherches les religions anciennes. Foucher a laissé sur ces matières deux grands ouvrages. Le premier, sous le titre de Traité historique de la religion des Perses, est composé de douze mémoires et d'un supplément, consignés dans les tomes 25, 27, 29, 31 et 39 des Mémoires de l'Académie. 11 l'entreprit pour réfuter l'opinion de Thomas Hyde, qui , dans son livre De religione Persaru?, prétend que ce peuple connut dans le principe et conserva dans tous les temps la religion naturelle et le culte du vrai Dieu. Foucher se déclare pour le sentiment contraire. Il passe en revue les trois époques de l'histoire des Perses : la première depuis leur établissement jusqu'au règne de Darius, fils d'Hystaspe , sous lequel vécut Zoroastre ; la seconde , depuis la réformation faite par ce dernier jusqu'à la conguète de la Perse et à la proscription du magisme par les Sarrasins, l'an 651 de notre ère ; la troisième, jusqu'à nos jours. Foucher examine successivement le sabaïsme des Perses, qu'il dérive de l'hébreu tsebah , et qu'il interprète par adoration de l'armée céleste, et leur dualisme établi par Manès. Il prouve qu'ils eurent un culte de latrie dpour le soleil et pour le feu ; il range à peu près ans la inème classe les deux Zoroastre, et prend de là occasion d'examiner les systèmes de Pythagore , de Platon et des gnostiques. La lecture du ZendAvesta , qu'Anquetil du Perron n'avait pas encore publié à l'époque où partirent \ses mémoires, lui fournit depuis matière à un supplément dans lequel il se erut obligé de rétracter ce qu'il avait dit de trop avantageux sur Zoroastre, d'après le témoignage des philosophes grecs. Il existe une traduction en allemand de son Traité, par J.F. Kleuker, Riga, 1781-83, 2 vol. Le second ouvrage de Foucher, intitulé Recherches sur l'origine et la nature de l'hellénisme ou religion des Grecs, est composé de neuf mémoires et d'un supplément, imprimés dans les tomes 31, 35, 36, 38 et 39 du recueil de l'Académie. Ce livre est entièrement systématique. Partisan déclaré de l'interprétation historique des fables, Foucher les explique par l'hypothèse des théophanies, c'est-àdire de l'existence matérielle et humaine des dieux, ou de la divinisation des héros. Cette hypothèse, qu'il applique également aux Égyptiens, aux Phéniciens, aux Grecs, aux Indiens, aux Péruviens, aux Celtes, ne prouve que l'inutilité de ses efforts pour défendre un système insoutenable. On a encore de cet académicien : Géométrie métaphysique, où Essai d'analyse sur les éléments de l'étendue bornée, Paris, 4758 Ce livre , dans lequel il combattait quelques propositions de géométrie généralement reçues, fut tour à tour attaqué et défendu dans le Journal des savants de 1759 et fournit matière aux plaisanteries de Clairault. Foucher ne fit pas difficulté par la suite de convenir, dans la société de ses amis, qu'•l était parti d'un faux principe en se persuadant que le calcul infinitésimal supposait l'existence réelle d'éléments physiques infiniment petits. Il a laissé en manuscrit des Entretiens sur la religion, des traductions d'ouvrages anglais sur la mème matière, et une Histoire de la maison de la Trémoille. Ce dernier ouvrage, qui lui donna occasion d'éclaircir quelques points de l'histoire de France par des mémoires qui furent lus à l'Académie, était à la veille d'étre mis sous presse lorsque l'auteur mourut d'une attaque d'apoplexie le 4 mai 1778 : son éloge par Dupuy se trouve dans le tome 4.. 2 des Mémoires de l'Académie. Foucher était du nombre , assez considérable comme chacun le sait, des gens de lettres en butte aux sarcasmes de Voltaire
  • Paul FRÉGOSE : archevêque et doge de Gènes à plusieurs reprises, de 1162 à 1488. A peine deux ans s'étaient écoulés depuis la mort de Pierre Frégose, et déjà les Génois regrettaient de ne l'avoir pas secondé lorsqu'il voulait les délivrer du joug des Français. Paul Frégose, frère de Pierre et ar- chevèque de Gènes, avait été exilé avec lui. Non moins bouillant et non moins ambitieux que son frère, il était plus redouté encore. La justice, l'honneur, la religion , ne l'arrètaient jamais dans ses projets de domination ou de vengeance. Mais dans l'occasion il ne montrait pas moins de souplesse que de courage. En 1461 , s'étant réconcilié avec Prosper Adorno , il rentra dans Gènes avec lui , et y excita une sédition contre les Français, Les nobles préféraient un joug étranger à celui de ces deux chefs du parti populaire ; ils cherchèrent à les brouiller pour les chasser tous deux : mais Frégose, cédant la dignité ducale à Prosper Adorno, dissipa les soupçons de celuici. Lorsque les Franeais, commandés par le roi René, attaquèrent Gènes le 17 juillet 1461, Frégose, malgré sa dignité ecclésiastique, prit le commandement de l'armée, et il assura aux Génois une victoire complète tandis que le doge veillait à la tranquillité de la ville. Mais la jalousie de celuici s'accrut tellement après ce succès, qu'il interdit à Frégose de rentrer dans la ville avec son armée victorieuse. Frégose, se jetant dans une petite barque, se fit transporter dans le port, appela ses partisans aux armes, et attaquant Adorno, le chassa de la ville avec tout son parti. Il n'osa pourtant pas encore réunir les fonctions de doge à celles d'archevèque , et il fit placer sur le trône son cousin Spineta Frégose. Quelque temps après il lui substitua Louis Frégose , homme doux et modéré, qui avait déjà été doge de 148 à 1450. Cependant ses satellites se plaignaient de ne point trouver sous le gouvernement sage et juste de Louis la licence ou les récompenses qui leur avaient été promises. Paul , de son côté , se lassait de n'occuper qu'un rang secondaire. Le 14 mai 1462, il attaqua son cousin à la tête des factieux, et se fit élire doge à sa place. Cette violence excita tellement l'indignation des Génois, que Paul, avant la fin du mois, renonça de luimême à la dignité qu'il avait usurpée, et Louis fut pour la troisième Fois proclamé doge. Mais Paul n'avait abdiqué que pour se donner le temps de prendre mieux ses mesures. A la tète d'une troupe plus nombreuse de factieux , il s'empara de nouveau , en 1463, du pouvoir suprême : il se fit relever par le pape de toutes les lois ecclésiastiques qui interdisent aux prélats certaines magistratures , et il satisfit ensuite pleinement la rapacité de ses satellites, auxquels il permit de vivre à discrétion dans Gènes, presque comme dans une ville prise d'assaut. La conduite violente de Paul Frégose excita contre lui une haine universelle ; de nombreux,émigrés recoururent à François Sforza , duc de Milan , qui dès longtemps avait des projets sur Gènes. Lorsque l'armée de celuici s'approcha de la ville en 1464, Spineta Frégose , Prosper Adorno et même lbleto et Fiesque, principal ministre des violences de l'archevêque, allèrent se joindre aux Lombards , et Paul Frégose sortit de la ville sans combat , suivi de trois galères, avec lesquelles il exerça la piraterie pendant tout le temps que François Sforza et son fils Galeas gouvernèrent Gènes. Toutes les fois que la démocratie reprenait le dessus dans la république de Gènes, les Morne et les Frégose sentaient renaltre leur jalousie mutuelle, et ils ne tardaient pas à se combattre : mais lorsque leurs discordes avaient fait retomber Gênes sous le joug d'un prince étranger, ce prince, quel qu'il fût, s'appuyait de XV. la protection de la noblesse, et en opprimant également les Adorne et les Frégose , chefs du parti populaire, il les réconciliait. Louis Frégose , celui qui avait déjà été trois fois doge de Gènes, aida, en 1478, Prosper Adorno à secouer le joug I hi duc de Milan. L'année suivante, au contraire, Baptiste Frégose, qui avait aussi été doge , chassa Prosper Adorno et se fit élire à sa place. Cette seconde révolution permit à Paul Frégose de revenir à Gènes pour occuper son siége épiscopal. Le pape Sixte IV le créa cardinal, et comme la république envoyait, à la demande de ce pontife, vingtquatre galères pour combattre les Turcs, Paul Frégose fut chargé de les commander. Après s'être distingué dans cette guerre, il revint à Gènes, et il fit déposer, en 1485, son neveu Baptiste, pour occuper sa place: mais la haine de Baptiste, qu'il avait trompé avec tant d' celle d'Ibleto et de JeanLouis Fiesque et celle enfin des Adorne ne pouvaient lui permettre de dominer longtemps. Après une nouvelle guerre civile , il fut obligé d'abdiquer en 1488 et de se retirer à Rome, où il mourut le 2 mars 1498
  • Paul FREHER( 1611 - 1682) : né à Nuremberg en 4611 , y exerça la médecine et y mourut le 27 avril 1682; il n'est connu aujourd'hui que par son livre inti- tulé : Theatrum virorum eruditione clarorum, Nuremberg , 1688 de 1562 pages , relié ordinairement en deux ou trois volubiles. L'auteur avait laissé imparfait cet ouvrage, qui fut publié par CharlesJoachim Freher, son neveu . Ce livre est orné d'environ 1300 portraits , dont seize font une page. Il y a dans tout l'ouvrage environ 2,850 articles, divisés en quatre sections, dont la première contient les papes, les cardinaux et archevèques, les évèques, abbés et autres théologiens; la seconde, les empereurs et les rois, les électeurs et les princes allemands et étrangers , les comtes et barons allemands et étrangers, les jurisconsultes, professeurs, magistrats, avocats; la troisième, les médecins, chimistes, botanistes, anatomistes, etc.; la quatrième, les philosophes, philologues, historiens, antiquaires, pones, mathématiciens. Freher a mis à contribution Paul dove, Boissard, Melchior Adam et autres : il donne à la fin de chaque article le catalogue des ouvrages de l'au- leur; mais le plus souvent ce catalogue est incom- plet. Il a admis dans sa collection des savants de tous les pays; mais il est diffus sur des personna- ges qui ne sont rien moins que célèbres, et trop bref sur beaucoup de savants illustres. Quant à la ressemblance des portraits, il est permis de s'en méfier; car dans la planche 66, par exemple, celui dont le buste annoncerait la plus grande taille est Marelle Ficin, gui vix ad lumbos vin i solitie sta- turce pertingebat. D'après la nature de l'ouvrage de Freher, l'auteur aurait pu ètre admis dans les dictionnaires historiques; cependant Bayle , Dloréri , Chauffepié , Ladvocat , Barral, Chaudon , Bonnegarde, Feller, ne lui ont donné aucune place. Éloi lui a consacré cependant un petit article
  • Paul GAGLIARDI( 1695 - 1742) : savant ecclésiastique, né à Brescia en 1695, obtint un canonicat à la cathédrale de cette ville , et s'appliqua avec beaucoup d'ardeur à recueillir toutes les pièces relatives à l'histoire de sa patrie. Les talents de Gagliardi étendirent sa réputation dans toute l'Italie. ApostoloZeno et Tiraboschi le citent avec éloge; Fontanini souhaitait qu'il donnât une édition des Alemorie Bresciane d'Ottavio Rossi, personne ne lui paraissant plus capable de porter cet ouvrage à sa perfection. Gagliardi mourut en 1742. On a de lui : 1° ratio pro adventu J. F. Barbadici ad episcopatum Brixiance Ecclesice, Venise, 1715 20 Parere intorno all' illico stato de' Cenomani ed a i loro confini, Padoue, 172t ré- imprimé dans les ilemorie istorico- critiche intorno all' antico stato dei Cenomani , par Sambuco, Brescia, 1750 Il cherche à prouver dans cette dissertation, que Brescia était la capitale du pays des Cénomans, et en fixe l'étendue d'après différents passages de Polybe, de TiteLive, et de Strabon. 3° Les OEuvres de SIPhilastre et de StGaudence, évèques de Brescia au e siècle , Brescia, 1738 Il a fait précéder cette édition des Vies des deux saints évoques ; et il y combat avec autant de force que de justesse les réflexions trop sévères que Dupin s'était permises sur leurs écrits. Il avait publié précédemment avec quelques autres opuscules : S. Gaudentii ser? nones, cum opusculis Ramperti et Mein: mei Brixioe episcoporum recensuit et notis illustravit Paulus Galeardus, Padoue, 1710 4° des Notes pleines d'érudition sur la liste des éveques de Brescia publiées dans 1'Italia sacra d'Ughelli, et insérées à la suite de cette liste dans la seconde édition de l'ouvrage
  • Paul GODET DES MARAIS( 1647) : évèque de Chartres, était né en 1647. Pourvu de bonne heure de l'abbaye d'Igny, dans le diocèse de Reims, il fit ses études à Paris, au séminaire de StSulpice, où il fut •le disciple et l'ami du respectable Tronson. Reçu docteur de Sorbonne en 1677, il devint supérieur du séminaire des Trentetrois; et il occupait cette place lorsque madame de Maintenon le choisit pour son directeur, à la mort , faisait paraltre tant de sagesse , de vertus, de modération et de piété, qu'elle se décida, ainsi qu'elle le dit ellemême, à lui donner sa confiance. En 1690 l'abbé .t novembre 1695 il condamna plusieurs propositions extraites de ses ouvrages et de ceux du P. Lacoiube. Il aurait voulu amener Fénelon à un désavœu; et quoique celui- ci n'ait pas suivi ses conseils, il rendit cependant toujours justice à la droiture, à la piété, et à la pureté de vues qui animaient l'évèque. Chargé d'examiner le livre , un successeur, héritier de sa piété, de son désintéressement, de sa charité et de son zèle pour tous les devoirs de l'épis' copat
  • Paul GREBNER( 1500) : visionnaire allemand, naquit à Schneeberg en Misnie, vers le commencement du 16e siècle. 11 étudia la théologie, fit des vers latins, fut maitre d'école à Brome vers 15'60, entra ensuite dans le service militaire en Hollande puis devint professeur Li Lunebourg. Ce fut alors qu'il commença à faire du bruit par ses prophéties, lesquelles il prétendait lui avoir été révélées par Dieu tuéme. li poussa l'audace jusqu'à se présenter devant le souverain pour l'inviter à envoyer Voyez l'art. CROQUET, dans lequel on lit, par erreur typographique, Grtban au lieu de Greban. ses prophéties au roi d'Espagne par un ambassadeur. On essaya par des représentations de le guérir, puis on le tourna en ridicule : tout échoua contre sa folie. Il alla ensuite essayer ses prédica- Lions à Magdebourg, et y composa son Sericummundi _ Ilium, dans lequel il prédit la chute du pape et du Grand Turc, ainsi que beaucoup d'autres événe- ments. Il fut si content de cet ouvrage, qu'il en fit plusieurs copies, et le colporta luimême dans presque toute l'Allemagne et dans une partie de l'Europe, afin de tirer plus de profit de tout ce qu'il annonçait de favorable aux divers potentats auxquels il le dédiait. Mais il parait qu'il ne fut pas toujours récompensé magnifiquement; car, dans une lettre adressée au duc de Holste torp, il se plaint amèrement de sa pauvreté et lui demande un habit neuf. Fatigué de ses courses, il revint à Magdebourg, où il exerça paisiblement les fonctions de prédicateur. Sa tète semblait guérie, lorsque l'apparition d'une comète en 1618 vint de nouveau la déranger. Il se remit à prophétiser, prenant Dieu à témoin de la vérité de ce qu'il annonçait, et de ce qu'il ne pouvait garder sous silence, puisque autrement il lui en coûterait la vie. Dans toutes ses prédictions, qui s'étendaient sur les événements qui devaient arriver de 1630 à 1640, il n'eut pas le bonheur de deviner un seul des faits de la guerre de trente ans. Son dernier effort l'avait probablement épuisé , il mourut en 1621. On a de lui : 1. Paraphrasis ele- giaca Cantici Salomonei et Threnorum Jeremice, Anvers , , 4., 2. Oda de conjunctione fideliwn cum Christo , 1563; 30 Vaticinium Europce, seu falti tristia et bella cruenta anno 1573, junii 23. Cet ouvrage ne se trouve qu'en manuscrit dans plusieurs bibliothèques, de même que le suivant : Seri- e= mundi filum, sen Vaticinium , quo nunciatur su- bila et plusquam miraculosa orbis terrarum mutatio ; h, e. Antichristi pontificis orcidentalis et Mahometi orientes horribilis interitus , atque ecclesice Dei in toto terrarum orbe et septentrione per verbum et l guas ladissiina restitutio. 11 en parut un extrait sous ce titre : Valicinia ex serico mundi filo, libro, fusse divin°, Augusto electori Saxoncei in once An- nabergensi exhibito , Amsterdam , 1651 Cette rapsodie fut traduite en allemand, en hol- landais et en anglais. Grebner s'y qualifie de prophète de Dieu, de second apôtre Paul , de foudre et de lumière du pape; il prédit que le pape et le Turc ne tarderont pas à ètre exterminés ; que la maison d'Autriche est bien près de sa ruine; que le roi de Danemarck conquerra les PaysBas ca- tholiques , et la reine Élisabeth l'Espagne et l'Amé- rique; qu'alors le règne de mille ans commencera, et que tous les fidèles , réunis sous un pasteur, vivront dans l'union la plus parfaite. Comme le prophète avait promis une infinité de belles choses à l'électeur de Saxe et à sa race dans l'exemplaire de sa rèverie qu'il lui avait présenté, on s'avisa de dire, quand Auguste fut élu roi de Pologne en 1697, que cet événement s'y trouvait annoncé. La mère de ce prince voulut s'en assurer : le livre n'avait pas produit un grand effet dans le temps , puisqu'il n'était plus dans la bibliothèque électorale. Il fut payé deux cents ducats à son possesseur, et on y lut le passage que l'on cherchait , mais accompagné d'une foule de sottises. L'aventure ayant produit une certaine sensation, Bayle . prétendit que ce passage avait pu être intercalé après coup. Un savant Saxon s'engagea à faire connaître, dans une dissertation en latin , le résultat des recherches que le roi lui ordonna de commencer à cet égard. Il ne publia rien , et se contenta d'assurer que tout l'ouvrage était écrit de la propre main de Grebner, et que l'on n'y trouvait pas la moindre trace d'interpolation. On a reconnu depuis que cette assertion était hasar- dée, qu'il y a dans le texte des changements et des additions de la main de l'auteur, enfin que la prophétie susdite est écrite en marge et d'une autre main , et que surtout le chiffre des centaines est d'une encre différente. 5. Pronosticon, ou Éclaircissements sur la comète qui a paru en 1618 , 1621, 1631
  • Paul GRENIER( 1768) : général français, naquit à Sarrelouis le 29 janvier 1768, fils d'un huissier, et eut à peine reçu les premiers éléments d'une éducation incomplète qu'il s'engagea, le 21 décembre 1784, dans le régiment du prince de Nassau au service de France. Devenu caporal en 1788, il devait ètre partisan d'une révolution qui lui permettrait de s'avancer davantage. 11 prit donc part , l'année suivante , aux symptômes d'insurrection qui éclatèrent parmi les troupes, iiième dans les régiments d'infanterie étrangère. Il devint sergent, puis adjudantmajor et capitaine en 1792. Ce fut alors que le général Schawen- bourg, qui avait été. son colonel , en lit son aide de camp. S'étant distingué en cette qualité aux armées du Rhin et de la Moselle, Grenier fut nommé adjudant général chef de bataillon le 15 octobre 1793. Au commencement de l'année Priivante, il fut chargé . Commandant la tete du pont de \euwied, il s'y défendit avec beaucoup de vigueur lans la nuit du 21 au 22 octobre; et l'année inivante, il se distingua encore dans plusieurs occasions, sous les ordres de Hoche, notamment au combat de Duisburg. Il reçut à cette occasion', du directoire exécutif, une lettre extrèmement flatteuse. Étant passé en 1799 à l'armée d'Italie, sous les ordres de Schérer, il eut part à tous les revers de ce général dans la malheureuse retraite de Vérone. Moreau l'ayant envoyé aussitôt après .ir la frontière de France, pour y organiser oS renforts dont le besoin était si pressant, il éprouva de grandes difficultés dans cette opération, et ne parvint à repasser les Alpes avec un s de 12,000 hommes qu'après la funeste ha-. e de Novi. Se trouvant alors sous les ordres e Championnet, il obtint quelques succès aux ,admis de la Stura, de Mondovi , de Fossano, reprit le camp il fut un des membres de la commission que cette assemblée chargea d'aviser à des mesures de salut public , de concert avec la chambre des pairs. Le lendemain ce fut lui qui annonça , au nom de cette commission, que l'ennemi serait dans huit jours à Paris, si l'on n'avait pas de grandes forces à lui opposer ; que l'opinion de la majorité de la commission était d'entrer en négociation , et de prendre pour base l'intégrité du territoire et l'indépendance natio- nale. Il annonça ensuite queBonaparte consentait à abdiquer, pour lever tout obstacle à la paix. Le même jour il fut nommé l'un des cinq mem- bres de cette commission de gouvernement , qui semblait destinée à régler les funérailles de I'empire. Elle était à peine installée, quand la capitulation de Paris fut signée et que Louis XVIII y fit son entrée le 8 juillet 1815. Grenier alla aussitôt vivre dans la retraite, et il n'en sortit qu'en 1818 lorsque son département l'envoya à la chambre des députés. Dès le commencement il se rangea, dans cette assemblée, du parti de l'opposition libérale; et dans la séance du '5 juin 1819, il lut à la tribune un long discours , dans lequel il s'efforça de réfuter l'opinion de M. de la Bourdonnaye , qui s'était opposé à l'augmentation des forces militaires. « Nous ne voulons, ditil , que l'indépendance de la France; mais cette indépendance ne saurait exister sans art, ruée. Je conçois que ce nom d'armée peut avoir, c, malgré nos malheurs, quelque chose d'impo-« sant par l'immensité des souvenirs de gloire C, qu'il rappelle, et qui donnent tant de motifs ,( de crainte à M. de la Bourdonnaye... Qu'il se « tranquillise, nous ne voulons que pourvoir à la sûreté de l'État. Nous ne voulons que la paix, « mais une paix solide et durable. M. de la Bour-,, donnaye prétend y arriver par une abnégation « entière de tous nos droits, de toutes nos liber-« tés, et il établit en conséquence son système militaire : une petite armée composée d'étran- « gers, de quelques corps de stipendiés et de « prolétaires... Grenier parla encore de gloire nationale , de notes secrètes et de tous les lieux communs des orateurs de l'opposition à cette époque; mais de nombreuses réclamations l' : cc M. de la Bourdonnaye n'a pas dit cela ! s'écrièrent plusieurs députés de la « droite. Il y a de la perfidie , de la mauvaise foi « dans ce discours ! » Enfin, malgré toutes ces clameurs, l'impression en fut ordonnée sur la Proposition de M. Pasquier, appuyée par tous les ministres. Le général Grenier ne prit ensuite que trèspeu de part aux discussions de la chambre, et sa santé s'affaiblissant de jour en jour, il donna sa démission dans le mois de janvier 1821 , et se retira dans son château de Montrambert près de Gray, où il mourut le 48 avril 1827. On a publié en 1830 à Metz : Vie militaire du comte Grenier, lieutenant général, tirée de la Biographie de la Moselle, par M. Bégin de 5 feuilles. Ce gé- néral avait publié en 1800, à Bamberg, 1 volume contenant sa Correspondance avec les généraux Jourdan, Eléber, Ernouf, etc., pour servir â l'histoire des campagnes sur le Rhin en 1795 et 1796
  • Paul GUALDO( 1553 - 1621) : littérateur, né en 1553, à Vicence, d'une famille patricienne qui a fourni plusieurs hommes de mérite , acheva ses études à Padoue , et y reçut le laurier doctoral dans la double faculté de droit et de théologie. 11 se ren- dit en 1582 à Rome , où il fut accueilli par le cardinal Castagna, qui , peu d'années auparavant, avait été son hôte à Vicence , et d'après ses conseils il embrassa l'état ecclésiastique. Dès qu'il eut reçu les ordres, il fut pourvu et revint à Vicence , où il passa plusieurs années, partageant ses loisirs entre la culture des lettres et l'étude de l'antiquité. Le désir d'accrottre ses connaissances l'ayant ramené à Rome , il profita de cette occasion pour visiter Naples et les lieux. voisins de cette ville , qui sont célèbres dans l'his- toire. L'évêque de Padoue, Marie Cornaro, le nomma son vicaire général en 1.596; il retourna pour la troisième fois à Rome, avec ce prélat, en 1601, et y demeura plusieurs années dans la société des artistes et des savants. S'il eût eu de l'ambition, son mérite et ses liaisons lui auraient ouvert facilement le chemin des honneurs ; mais il refusa toutes les dignités qui lui furent offertes. Cependant l'arelliprètré de Padoue étant venu à vaquer en 1609 , il l'accepta; et ses pouvoirs comme vicaire général lui ayant été rendus, il se mit à la tète de ce vaste diocèse, qu'il administra pendant l'absence de l'évèque avec beaucoup de prudence et de sagesse. Il choisit en 1619 pour coadjuteur son neveu, et mourut le 11 octobre 1621. Gualdo était en correspondance avec les hommes les plus distingués de son temps. On trouve un assez grand nombre de lettres qui lui sont adressées dans les Lettere d'uomini illustri del secolo XVII , Venise , 1744 Outre des vers dans le dialecte padouan , des discours acadé- iniques et des opuscules restés inédits , on a de Gualdo : une lettre sur les qualités que doit réunir un prédicateur, dans l'Orator christianus du P. Ch. Reggio ; une Vie de Palladio , dont Apostolo Zeno, qui possédait le manuscrit original , a publié l'extrait dans ses notes sur la Bibliot. de Fontanini t. 2, p. 398; et la Vie du savant bibliophile Pinelli , publiée par Velser, Augsbourg, 1607 et reproduite par Guill. Bates dans les Vitce selectœ aliquot virorum, Oxford, 1681 puis par Chr. Gryphius dans ses Vite selectœ , Breslau , 1711. On trouve une notice sur P. Gualdo, ainsi que sur les autres littérateurs de sa famille , dans les Scrittori vicentini du P. AngeGabriel de SantaMaria, t. 6 , p
  • Paul GUIDOTTI( 1159 - 1629) : surnommé il Boryhese, a cultivé avec succès presque tous les arts, mais ne s'est rendu célèbre que par ses talents comme peintre et comme sculpteur. Il naquit à*Lucques, en 1139 , et. vint étudier à Rome les principes de la peinture sous les meilleurs maltres. Persuadé flue la connaissance de l'anatomie est indispensable à un peintre, il fréquenta les écoles dechirurgie, et se passionna pour cette science au point d'aller de nuit dans les cimetières enlever les cadavres nouvellement enterrés pour en faire la dissection. Le pape SixteQuint l'employa à décorer le Vatican; mais les ouvrages qu'il avait exécutés dans ce palais ont été détruits par divers accidents. 11 s'appliqua ensuite à la sculpture; et on cite de lui un groupe en marbre blanc, de six figures , dont plusieurs riches amateurs lui offrirent une somme considérable; mais quoique mal partagé des biens de la fortune, par une vanité ridicule, il aima mieux faire présent de ce morceau, qui lui avait coûté plusieurs années de travail, au cardinal Borghèse; et il se contenta de recevoir en échange, du pape Paul V , le titre de chevalier de l'ordre du Christ, et la permission de prendre le surnom de il Borghese. Quelque temps après, il fut nommé conservateur du Musée du Capitole, charge trèshonorable et qui n'est conférée ordi- nairement qu'à des personnes d'une haute naissance; mais il aimait autant à briller par les dignités que par les talents, et il fit exécuter les règlements de l'Académie de StLuc avec une sévérité qui le rendit odieux à ses confrères. Guidotti fut chargé en 1622 , de disposer la chapelle du Vatican pour la cérémonie de la canonisation de StIgnace, de StFrançoisXavier et de SteThérèse; et l'on fut trèssatisfait du genre de décoration qu'il avait exécuté. La réputation dont il jouissait comme peintre ne lui suffisait pas; il formale projet audacieux d'éclipser la gloire du Tasse, et composa , sous le titre de la Jérusalem détruite, un poëme dont chaque vers était terminé par le inème mot que celui de la Jérusalem délivrée, auquel il correspondait; mais, soit soit défaut de loisir, il ne mit jamais la dernière main à cet ouvrage, dont il aurait vraisemblablement retiré peu d'honneur. Guidotti s'appliqua aussi à la mécanique , et crut avoir trouvé le moyen de se soutenir dans les airs; en conséquence , il fabriqua des ailes avec lesquelles il s'élança d'une des plus hautes tours de Lucques; mais il tomba si rapidement qu'il se cassa une cuisse, accident qui lui ôta l'envie de répéter cette expérience. JeanVittor. Rossi , dit que Guidotti faisait des vers avec autant de facilité qu'une fontaine donne de l'eau, et que le nombre de ses productions littéraires peut à peine ètre compté. Il parle ensuite de ses autres talents , et termine èette énumération par la réflexion qu'il est bien singulier que Guidotti , qui se flattait de posséder quatorze arts dont un seul aurait suffi pour assurer la fortune d'un homme , n'ait pu cependant réussir à se procurer du pain. En effet, cet artiste si ingénieux, mais encore plus vain, après avoir échappé aux poursuites de ses créanciers, en changeant chaque jouide retraite, mourut dans un hôpital en 1629, à 70 ans
  • Paul GUINIGI : seigneur ou tyran de Lucques de 1400 à 1430, était issu d'une famille guelfe qui tenait le premier rang dans la république de Lucques, depuis que cette ville avait, en 1370, recouvré sa liberté. Lazare Guinigi était chef de l'État en 1599. Tous ses parents occupaient des emplois importants, et l'alliance des Florentins paraissait garantir la durée de leur pouvoir; mais JeanGaleaz Visconti , duc de Milan, qui étendait ses projets ambitieux et ses coupables intrigues sur tous les pays limitrophes, fit assassiner, cette année mème, Lazare Guinigi par son propre frère. La peste qui survint l'année suivante fut plus fatale encore à la maison Guinigi ; elle en moissonna tous les chefs. Paul Guinigi seul restait à Lucques. On supposait à ce jeune homme peu de talents ou de capacité, et on était loin d'attendre de lui des résolutions dangereuses; mais un notaire intrigant nommé Sig. Giovanni Cambi, qui nous a laissé son histoire s'empara de l'esprit de Guinigi, et lui fit naltre le désir de s'élever à la tyrannie. Guinigi commença par abjurer le parti de ses pères et l'alliance des Florentins, pour demander des secours au duc de Milan , le soutien de tous les usurpateurs : il introduisit ensuite des paysans ses vassaux et des soldats dans la ville, et le 14 octobre 1400 il se fit déférer par les conseils intimidés ou corrompus le titre de capitaine de la ville et des gens de guerre. L'année suivante il s'attribua de nouveaux pouvoirs, et il finit par dissoudre le gouvernement pour s'établir seul dans le palais public. Paul Guinigi régna trente ans à Lucques avec moins d'éclat que Castruccio , qui l'avait précédé d'un siècle, mais aussi d'une manière moins ruineuse pour son pays. Il avait étudié avec fruit la science de l'administration, et la ville de Lucques lui a dit plusieurs lois sages et plusieurs institutions économiques qu'elle a conservées jusqu'à nos jours. Pendant son long règne il maintint son petit État dans une paix constante, et il échappe presque à l'histoire , qui n'a rien à rapporter sur Lucques pendant cet espace de temps. Sans générosité ni grandeur, sans bravoure ni génie, il n'avait non plus ni vices honteux ni passions cruelles. Il n'avait aucune affection à ses sujets, et lorsque les Florentins , se prévalant pour lui déclarer la guerre de quelques secours qu'il avait donnés au duc de Milan , l'attaquèrent en 1e9 dans l'espérance de conquérir Lucques , tous les habitants des campagnes se déclarèrent pour ses ennemis ceux de la ville ne combattirent pour le défendre que parce que leur ancienne jalousie contre les Florentins se réveilla dès qu'ils furent menacés de passer sous leur domination. Philippe Brunelleschi , le fameux architecte florentin , crut pou-. voir renverser les murs de Lucques , en faisant déborder contre eux les eaux du Serchio ; mais une crue subite de cette rivière renversa les digues de Brunelleschi et inonda le camp florentin. Guinigi en profita pour faire avec ses fils de fréquentes sorties. 11 fut des premiers à introduire l'usage des fusils parmi ses soldats. Son exemple, ses louanges et ses récompenses ranimèrent le courage et l'ardeur de ses sujets. Cependant il avait imploré, pour délivrer Lucques , l'assistance de PhilippeMarie Visconti, duc de Milan ; celui- ci envoya à son secours P. Sforce , qui fut luimême ensuite duc de Milan et l'un des plus grands hommes de guerre du siècle. Sforce , au mois de juillet 1430, força les Florentins qui assiégeaient Lucques à se retirer; mais il se laissa séduire ensuite par l'argent ou les promesses des ennemis de Guinigi , et il favorisa une conjuration qui avait pour but de rendre à Lucques son ancienne liberté. Paul Guinigi fut éveillé au milieu de la nuit par une quarantaine de conjurés qui, profi- tant de leurs liaisons avec lui , étaient parvenus sans obstacle jusque dans sa chambre. Ils lui demandèrent les clefs des portes, celles du trésor et le sceau de l'État. Guinip,i leur répondit qu'il était en leur pouvoir avec sa famille et sa fortune. Souvenezvous seulement , ajoutatil, que j'ai obtenu la seigneurie et que je l'ai conservée (, trente ans sans répandre de sang; faites que le « terme de mon pouvoir réponde à son commen- ,C cernent et à sa durée. » Guinigi fut arrêté par les conjurés, avec quatre de ses enfants qui se trouvaient auprès de lui. L'aîné de ses fils, Ladislas, était au camp ; Sforce le fit saisir en même temps. Tous ensemble furent envoyés au duc de Milan, qui les fit mettre dans les prisons de Pavie. Guinigi, au bout de deux ans , y mourut de mort naturelle
  • Paul GULDIN( 1577 - 1643) : habile mathématicien , naquit à StGall eu 1577; de parents protestants. Il fut placé en apprentissage chez un orfévre , et il exerça ensuite cet - état dans différentes villes d'Allemagne. Pendant son séjour à Freisingue, il consulta le prieur des bénédictins de cette ville sur les doutes qu'avait fait naître dans son esprit la lecture de quelques ouvrages de controverse , et se détermina , par les conseils de ce religieux , à abjurer en 1597 les erreurs dans lesquelles il avait été élevé. Il entra chez les jésuites comme frère ou coadjuteur temporel, et changea son nom d'Habacuc en celui de Paul , l'apôtre des gentils. Le hasard développa dans la retraite les talents de Guldin pour les mathématiques, et ses progrès furent si grands qu'il fut appelé à Rome en 1609 pour y professer cette science au collége de la société : ii passa ensuite à celui de Gratz ; niais une maladie grave l'ayant obligé de suspendre ses leçans , on l'envoya à Vienne pour se rétablir ; il revint à Gratz en 1657, et y mourut le 3 novembre 1643. Guldin fut un des adversaires de la méthode des indivisibles , inventée paf Bonaventure Cavalieri, qui le réfuta vivement dans ses Exercitationes geometricoe . On a de lui : 1° Refatatio elenchi calendarii Gregoriani a Set/ i° Calvisio conscripti, Mayence, 1616 Il faut joindre à cette défense du calendrier grégorien : Paralipomena ad Refutationem ; in iisque producuntur viginti et novem exempla paschatum ex Sancto Cyrillo Alexandrine nunquam antea edita ; 2. Problema arithmeticum de rerum combinationibus, quo numerus dictionuin seu conjunctionum diversarum quœ ex XXIII alphabeti litteris fieri possunt indagatur, Vienne , 1622 ; 5. Dissertatio physico- mathematica de motu terne ex mutatione centri gravitatis ipsius provenienti , ibid,, 1622 ; 4° Problema geographicum de discrepantia in ; lamer° ac denominatione dierum, quam qui orbe; terrarum contrariis viis circumnavigant, et inter se et cum iis qui in eodern loco consistant, expe- riuntur, ibid., 1635 ; Centrobarytica, sen de centro gravitatis trium specierum quantitatis continuce libr. IV, Vienne, 1635-1G42, 2 vol. La plupart des vérités exposées dans les deux premières parties l'avaient déjà été par le P. la Faille ; niais ce qui rend l'ouvrage de Guldin remarquable , c'est l'application qu'il fait du centre de gravité à la mesure des figures produites par circonvolution. Cette propriété avait été reconnue par Pappus ; et on ne peut excuser Guldin de ne lui avoir pas restitué cette découverte. Il pose en principe que toute figure formée par la rotation d'une ligne ou d'une surface, autour d'un axe immobile, est le produit de la quantité génératrice par le chemin de son centre de gravité. Cette règle, dit Montucla , souffre des exceptions , et peut même , dans certains cas , induire en erreur ; mais on doit regarder la liaison que l'auteur établit entre les figures , leurs centres de gravité et les solides ou surfaces qu'ils engendrent en tournant autour d'un axe, comme une des belles découvertes de la géométrie. C'est avoir multiplié les ressources de la science que d'avoir réduit trois problèmes jusqu'alors regardés comme isolés à deux seulement . Guldin a encore laissé quelques ouvrages en manuscrit
  • Paul HENZNER( 1558 - 1623) : jurisconsulte et voyageur allemand, naquit en 1N:Stt, a Crossen, en Niksie, et mourut à nets, le 1.* janvier 11 assit accompagné un jeune comte Rhediger à l'université de Strasbourg. Il lui sertit ensuite; de no nier dant ses to)ages en Europe; et , de tetour en Mésie, il en publia la relation sous ce titre : Isisuerantere Germaiée. Galber hait* eseruss rearlonit:, Nuremberg, ludi on roit, par la préface , que l'intention d'ilenener était que son brrr put serrir de guide à crus qui 'fondraient faire It theme voyage que lui. Il est un iku manuIseut on y trouve beaucoup de choses • tapeuse-!s'us mais il est efrit pueraisut ri arec tale eitipner rvutareilialik et rugi y rencontre sirs particularités turerutes, c'est ce qui lui a salis l'aveitafie «ire boulent réimprime. L'édit>. da 30 Nuremberg de 1629 contient, de plus, en latin, trois pièces relatives aux voyages en général , et à la manière de les faire avec fruit. La partie de l'ouvrage d'Ilenzner la mieux traitée est celle qui concerne l'Angleterre. Les littérateurs de ce pays en ont eté si contents, qu'ils l'ont plusieurs fois fait réimprimer séparément, et traduire dans leur langue. On trouve un de ces extraits dans un recueil intitulé Fugitives pièces, 1761, 2 vol. publié par Dodsley ; et le portrait de la reine Élisabeth, tiré de cet ouvrage, a été inséré dans le tomel7 du Monthly review, année 1757.Henzner avait vu à Paris l'homme ayant une corne de bélier au front , dont il est fait mention dans les Mémoires du temps
  • Paul HERMANN( 1646 - 1695) : célèbre botaniste, né en 1616 à Halle en Saxe, étudia la médecine à Leip- siek , voyagea ensuite en Italie, et reçut à Padoue, en 1670, le bonnet de docteur. La compagnie ' hollandaise l'engagea comme médecin pour les Indes orientales; il y résida pendant huit ans, et surtout à Ceylan. Il employa son séjour dans ces régions à recueillir des notions importantes pour l'histoire naturelle et principalement pour la bo- tanique. En'1679 il revint en Europe, et fut alors nommé professeur de botanique à l'université de Leyde, et en même temps conservateur du jardin botanique. il doubla le nombre des plantes qu'on avait cultivées jusqu'alors dans ce jardin , et forma un nouveau système botanique en suivant en partie celui de Morisot' et en partie celui de Ray. H divisa en vingt- cinq classes les cinq mille six cents plantes connues de son temps. Sa méthode fut d'abord publiée par Zumbach, dans sa Morte Lugduno- Batavoe flores, Leyde, 1690 La seconde partie, intitulée Kora altera , Leyde n'était corrigée que jusqu'à la treizième classe lorsque Hermann mourut , le 29 janvier 1695. Son système, qui est trèscompliqué, ne se fonde pas uniquement sur la considération du fruit> 11 a eu peu de succès. Rudbek l'a suivi dans XIX. sa Dissertatio de fundamentali plantaruzn notifia, Utrecht , 1690 Mais les méthodes de Rivi- nus et de Tournefort, qui parurent vers la même époque , le firent promptement abandonner. Linné, dans son Classes plantarum, a donné une esquisse du système de Hermann. Les ouvrages de ce botaniste se font remarquer par la beauté et l'exactitude des dessins gravés, et par les descriptions de plusieurs plantes nouvelles dé.couvertes dans les différentes parties du monde. On conne encore de Paul Hermann : 1. Horti aca- demici Lugd.- Batavi catalogus , exhibens plantarum nomina, quibus , ab anno 1681 acl 1686 , hortus fuit instructus , ut et plurimarum descriptiones et icones, Leyde, 1687 Cet ouvrage fut réimprimé sous ce titre : Index plantarum quce in horto Lei- densi aluntur, Leyde, 1720 et Boerhaave ajoute à cette édition l'Histoire du jardin botanique de Leyde . 2. Paradisus Batavus , coutinens plus centunz plantas are incisas et descrip- tionibus illustratas : acc. Caialogus plantarum quas P'0 tomis nondum editis delineandas curaverat. Opus posthumum, cum proefat. Guil. Sherardi , Leyde, Elzevir, 1698 Une seconde édition de ce magnifique ouvrage fut publiée aux frais de la veuve de Hermann , par Sherard, Leyde, 1705, in4.. 3. IlIusei Indici Catalogus , Leyde, 1711 Ce catalogue indique les différents ani- , maux , insectes, plantes et minéraux que lIermann avait recueillis dans ses voyages aux GrandesIndes. 4. Lapis lydius materice nzedicc e , Leyde, 1701 5° Cynosura materice medicce , sen brevis et suctincta enethodus notiliam medicamentorunz comparandi nova, ab interna par- tiunz constitutione desumpta, in lucem emissa a J.- S. Henningero , Strasbourg, 1710 J. Bœcler en a donné une troisième édition . Dans les catalogues publiés parOsborne, on fait mention de plusieurs manuscrits inédits de Hermann, tels que : Descriptiones et usus medicinaliunz plantarum; Litteroe medicinales et botanicoe ; Miscellanea botanica; Prœlectiones de maieria medica , etc. Ce laborieux naturaliste laissa en mourant beaucoup de manuscrits et un grand nombre de plantes desséchées. J. Burniann devint propriétaire de ces dernières, qui lui servirent pour son Thesaurus Zeytanicus , Amsterdam , 1737 . Ces mêmes herbiers devinrent dans la suite la propriété de Linné, qui, d'après eux , composa sa I' lora Zey- lanica : et ensuite celle de l'illustre Joseph Banks. Hermann avait aussi rédigé un Catalogue des plantes da cap de Bonne- Espérance; mais il n'a pas été publié. Quatre espèces de malvacées, dans les régions équatoriales , ont reçu le nom de Hermannia, d'après ce célèbre botaniste
  • Paul JAGUCHINSKI( 1683 - 1736) : ministre d'État en Russie, fut un de ces hommes éclairés et actifs qui contribuèrent à la gloire du règne de Pierre le Grand et à l'affermissement de son trône. II.naquit en •683 à NIOSCQU, où son père, Lithuanien d'origine, était bedeau de l'église luthérienne. Agé d'environ dixhuit ans , il eut occasion d'étre connu de Pierre, qui lui trouva de l'esprit et l'attacha à .sa personne. Peu après il embrassa la religion grecque. Menzikoff l'appuya, et il devint bientôt l'un des principaux favoris du monarque. Nommé capitaine des gardes et généralmajor, il signa, en 1718, avec plusieurs autres, l'arrêt de mort du malheureux Alexis Pétrowitch. Lors de la création du sénat, il y remplit le premier la charge mm-.portante de procureur ,général. Pierre étant mort, laguchinski seconda fortement Menzikoff dans le projet d'élever sur le trône Catherine, veuve de l'empereur, qui fut en effet proclamée linpérattrice. Il se brouilla quelque temps après avec le ministre toutpuissant , et perdit la place de procureur général; mais il ne perdit point la considération dont il jouissait dans l'État. La cour le craignait, et l'armée avait pour lui le plus grand respect. Pendant le règne trèscourt de Pierre II, il se fit remarquer par son zèle pour le maintien de la discipline militaire. Ce prince étant mort, Jaguchinski devint membre de la commission suprême qui devait prononcer sur la succession cette commission le fit arréter; lorsque Anne fut parvenue au trône en signant une capitulation , il lui conseilla de la déchirer et de maintenir le pouvoir illimité de ses prédécesseurs. L'impératrice lui fit rendre la liberté aussitôt que, selon son conseil, elle eut déclaré qu'elle ne reconnaissait point la capitulation. En même temps elle le nomma de nouveau procureur général, et lui rendit toute son influence dans le sénat ; mais il osa contredire Biren , et tira même l'épée contre ce favori de l'impératrice. Cependant Anne ne permit point à Biren de se venger; et, pour prévenir les suites de cette rupture, elle éloigna Jaguchinski, en lui donnant une commission d'envoyé extraordinaire à la cour de Berlin. Quelques années après elle le rappela et le nomma ministre du cabinet. Il mourut en 1736, et fut enterré avec de grands honneurs dans le couvent de Newski. Sa mémoire est encore respectée en Rus. ee comme celle
  • Paul JUSSY( 1664 - 1729) : né à MontierenDer, , fut bénédictin de la congrégation (le StVannes , en 1664, et devint son président pour la neuvième fois en 1728. Dom Calmet faisait un trèsgrand cas de ce respectable et savant religieux. Il nous apprend que dom Jussy , étant procureur général de la a congrégation à Paris, en 1686, lit toutes les « pièces d'écritures concernant le procès d'entre « les supérieurs et religieux de la congrégation « de StVannes, d'une part, et les religieux et a supérieurs de l'ordre de Cluny, d'autre part. Ces pièces nombreuses, modèles de style et de raisonnement , firent triompher la cause de StVannes. Dès 1680, Jussy avait publié à ce sujet un factum qui fut trèsrecherché. La collection de ses lettres, probablement perdues par suite de la suppression des monastères , annonçait un jugement solide, de la sagacité dans les affaires les plus épineuses, et beaucoup de capacité dans leur conduite. Il mourut le 29 juin 1729. DBs
  • Paul JUSTÈN( 1500) : évêque d'Abo , en Finlande, naquit à Viborg, au commencement du 16e siècle. En 1569, il fut envoyé par le roi Jean III, avec quelques seigneurs suédois , à la cour d'Ivan Wassiliewitz II, alors czar de Russie, pour une négociation importante. Ivan , qui prétendait avoir à se plaindre du roi de Suède, Lit mettre les ambassadeurs aux arrèts. Justèn resta enfermé pendant trois ans dans un cachot étroit et malsain , où il ne pouvait communiquer avec personne. Remis enfin en liberté, il retourna à son évêché d'Abo en 1675; mais sa santé avait tellement souffert pendant sa détention, qu'il mourut peu après. Il avait rédigé une Chronique des évêques de Finlande , qui fut insérée dans la Bibliothèque suédoise de Nettelblad, et que Porthan, professeur d'Abo, a publiée depuis avec de savants commentaires. Le mème professeur a fait connaitre, dans une suite de dissertations latines , la relation. trèsintéressante que fit l'évèque Justèn de sa mission en Russie, pour être remise au roi Jean
  • Paul JUUL ou JUEL : Norvégien, connu par le projet qu'il forma d'enlever au roi de Danemarck la Norvége, l'Islande et le Groënland , était né à Drontheim, où son père faisait un petit commerce. Frédéric IV le fit voyager pour l'instruire sur l'état des mines, en Allemagne, en Bohème et en Hongrie. A son retour, il fut nommé bailli de Lister et Mandai en Norvége; mais il perdit cette place honorable en 1726, par ses prétentions exagérées et l'orgueil (le sa conduite. S'étant rendu à Copenhague, il fit, de concert avec le baron de Coiett, général suédois, et quelques autres, un plan dont il se flattait que les circonstances politiques faciliteraient l'exécution. On devait profiter du mécontentement qu'avait produit en Norvége le produit d'un nouveau cadastre, pour exciter dans ce pays un soulèvement à la faveur duquel une flotte russe pourrait y faire une descente. Quelques parties du royaume de Norvége devaient ètre données au duc de Holstein. L'Islande, les îles Féroé et le Groënland étaient destinés à la Russie, à condition que Juul en serait nommé gouverneur général. Un maitre de poste danois éventa le complot. Joui fut arrèté, et le roi nomma une commission pour le juger. Il fut condamné à perdre l'honneur, les biens et la vie, à avoir la main droite coupée, la tète tranchée et à are ensuite écartelé. La sentence, datée du 5 mars 174-23, et confirmée par le roi le mème jour, fut exécutée le 8, à huit heures du matin. Le général Coiett, qui avait été arreté en mente temps que Juul, fut condamné à une prison perpétuelle. On attribue à Paul Juul deux ouvrages en danois : 1° La vie heureuse, etc., Copenhague, 1721 en vers; 2. Le bon paysan et son in- dustrie, Copenhague, 1722 réimprimé en 1733, 46 et 55, et traduit en islandais par John Eigelsen
  • Paul LANDOIS : est le véritable et trèsobscur inventeur, au théâtre, d'un genre bâtard, et qui, malgré de nombreuses imitations, n'a point prévalu. Le 17 aoùt 1741, il fit représenter aux Français la Sylvie, en un acte et en prose, avec un prologue. Ce drame , emprunté du roman des Illustres Françaises, fut sifflé et n'eut que deux représentations ; néanmoins l'auteur le fit imprimer l'année suivante. Il y donna le premier exemple d'une pièce qualifiée de tragédie bourgeoise, et du soin de détailler minutieusement la pantomime théâtrale et le costume des acteurs. Après une tentative aussi malheureuse il garda le silence ; mais son innovation a été depuis suivie et vantée par Diderot, Beaumarchais et d'autres. On ignore l'époque de la naissance et de la mort de Landois
  • Paul LASCARIS( 1560) : descendant des anciens comtes de Vintimille, près de Nice, famille alliée, du côté maternel , aux empereurs d'Orient , naquit à Castellar en 1560. A l'âge de vingtquatre ans, il fut admis dans l'ordre des chevaliers de StJean de Jérusalem, fit ses caravanes, puis sa profession. En 1636, il était bailli de Manosque, lorsqu'il fut élevé à la dignité de grand maitre de l'ordre et investi de la souveraineté de l'île de Malte, où il commença , par des ouvrages de fortifications , à se mettre en garde contre les infidèles; et, par son activité, il parvint à s'emparer du fameux re, négat marseillais Ibrahim Rais, surnom mé. Bécasse. L'évéque de Malte, afin d'exempter les jeunes gens du service militaire, facilitait l'admission aux ordres ecclésiastiques; le grand maitre Lascaris s'y opposa avec fermeté , et il dénonça cet abus au pape. Vers l'an 1645, trois galères de Malte, après un combat obstiné, s'emparèrent d'un bâtiment turc sur lequel se trouvait une dame du sérail, qui , par dévotion , allait à la Mecque avec un enfant qu'on disait être fils du Grand Seigneur Ibrahim. Cette capture irrita le sultan, qui déclara la guerre aux Maltais. Dans ces circonstances cri tiques, Provana ayant imploré le secours des différentes langues de l'ordre, vit arriver de France le vicomte Louis d'Arpajon,- avec 2,000 hommes enrôlés à ses frais, et plusieurs navires chargés de munitions. Les menaces de la Porte contre les •chevaliers de Malte tournèrent au préjudice des Vénitiens, auxquels l'île de Candie fut enlevée. Deux ans après, le fameux Masaniello ayant, par la révolte On lui attribue aussi l'édition de l'Argonauticon d'Apollonius de Rhodes, imprimée par Alopa en 1496 mais comme Lascaris habitait Paris dès l'année précédente, il faut supposer qu'avant de quitter Florence il avait remis son manuscrit à l'imprimeur. Chevillier croit que Lascaris fut le correcteur de l'Avicenne , imprimé avec les commentaires de Jacq. de partibus, te Lyon, par Treschel, 1496, 3 vol. L'épître dédicatoire adressée par Lascaris d Jean Ponceau , médecin da roi, rend cette conjecture trèsvrais2mblable. prendre part à cette révolution, comme aussi de prèter assistance à l'aventurier Giacaja , qui se disait prince ottoman légitime et souverain de Constantinople. L'île de Malte dut au grand maitre Lascaris l'acquisition faite en Amérique de Pile de StChristophe, acquisition qui fut confirmée par lettres patentes de Louis XIV en 1653. Il établit dans la cité Valette une bibliothèque considérable et fit un règlement pour que les livres des chevaliers morts dans Vile fussent réunis à la bibliothèque, Lascaris, après avoir gouverné l'ordre pendant vingt et un ans, mourut à Malte le 14 août 1657. On trouve son portrait dans l'ouvrage du chevalier Paroletti sur les Soixante illustres pié_ montais. GGY,
  • Paul LAYMANN( 1575 - 1635) : jésuite, natif de DeuxPonts, enseigna la philosophie, le droit canon et la théologie en divers colléges d'Allemagne, et mourut à Constance, en 1635, à luge de 60 ans. L'empe- reur Ferdinand Il ayant ordonné en 1629 que tous les biens ecclésiastiques dont les protestants s'étaient emparés fussent restitués aux églises qui en avaient été dépouillées, le P. Laymann fut chargé, par sa compagnie d'écrire pour prouver que les ordres dont les monastères avaient été détruits n'étaient point dans le cas de participer à cette restitution , parce que les biens de chaque couvent lui appartenaient en propre, et qu'ainsi il fallait convertir ces fonds en établissements de colléges et de séminaires pour la société. ll ajoutait que les biens enlevés aux jésuites n'étaient pas dans le méme cas, attendu que toutes leurs (taisons ne formaient ensemble que les parties ntégrantes d'un seul tout, les membres d'un sième corps gouverné par un seul chef, lequel, :tant seul propriétaire, de tous les biens, petit soujours en réclamer la possession , quelque sort pliaient subi les maisons particulières, qui ne 'puissent qu'à titre de destination, sans propriété. e principe fut vivement attaqué par dom Lay, bénédictin allemand, et fortement soutenu par les jésuites Lavarda, Mangion et Crusius, qui v au secours de leur confrère. Ce principe est devenu funeste à ceux qui l'avaient avancé, par l'usage qu'en ont fait les parlements pour juger, dans la fameuse affaire (les Lioncy, que tout l'ordre était solidaire des dettes contractées par une maison ou par un particulier avoué de ses supérieurs. Outre les ouvrages composés par Laymann à cette occasion, on a de lui un volume de Théologie morale et canonique souvent réimprimé. T—
  • Paul LECLERC( 1657 - 1740) : né à Orléans le 19 juin 1657, entra dans la compagnie de Jésus en 1677 et y prononça ses voeux en 1694. Après avoir professé la rhétorique pendant plusieurs années, il fut envoyé à Paris dans une maison de son ordre , dont il devint procureur, et mourut le 29 décembre 1740. Outre plusieurs ouvrages de piété, on a de lui, sous le voile de l'anonyme : 4° la Jeunesse sanctifiée dans ses études, ou l'Ecolier chrétien instruit de ses devoirs par d'illustres et saints exempies , Paris, 4726 Ce volume contient les vies de trois jeunes gens appartenant à la congrégation de la maison (le la Flèche, que l'auteur avait déjà publiées séparément : 1. Vie d'Antoine- Marie libaldin , comte de Montée, la Flèche, 1686, écrite précédemment en latin , par le P. Jacques Biderman , jésuite; 2. Vie d'Alexandre Bereins , 1686 ; 3. Vie de Guillaume Blin , 'fours , 1690 et 1701 ; 2., les Véritables Motifs de confiance que doivent avoir les fidèles dans la protection de la sainte Vierge, souvent réimprimés, la 9e édition est de Paris, 1786 3. Abrégé de la vie du bien- heureux J.- F. Régis, Lyon, 1711 Quelques bibliographes l'attribuent au P
  • Paul LEGOTE : peintre, florissait à Séville au commencement du 17e siècle. En 1629 il fut chargé de peindre, pour la paroisse de SteMarie de Lebrixa , quatre tablèaux représentant la Nativité de Jésus- Christ, l'Adoration des rois , les Deux Sts- Jean et une Annonciation. Ces tableaux jouissent d'une telle réputation, qu'Antoine Pons, dans son Voyage en Espagne, ne balance pas à les attribuer à Alphonse Cano , qui avait fait les sculptures du maîtreautel; mais il résulte des comptes conservés par le chapitre de cette église que Legote est l'auteur de ces tableaux, pour lesquels il reçut plus de 35,000 réaux. En 1647, le cardinal Spinola , archevêque de Séville, le chargea de peindre les Douze Apôtres en pied, dans le grand salon de l'archevèché. Ces tableaux, de grandeur naturelle, se font distinguer par la vérité, l'éclat de la couleur et un dessin assez correct. On a longtemps attribué à Herrera le Vieux Douze Apôtres e mi- corps, qui ornaient l'église de la Miséricorde, à Séville ; ils ont depuis été restitués à Legote, auquel ils font honneur. Sur la fin de sa vie, cet artiste alla s'établir à Cadix, où il mourut vers 1662
  • Paul LENTULUS : probablement fils du préc, né à Berne en 1685, servit en Autriche, obtint le grade de maréchal lieutenant , et prit part aux campagnes de 1754 et 1755 sur le Rhin, à différentes guerres contre les Turcs, et à la première guerre de Silésie; en 1741, il fut nominé commandant de Cronstadt en Transylvanie, dp il mourut en 1744
  • Paul LEJEUNE : jésuite, missionnaire pendant dixsèpt ans dans le Canada, mort en France le aoùt 1664, àgé de 72 ans , a donné : 10 Briève Relation du voyage de la Nouvelle- France, Paris , 1632 C'est la première des relations que les jésuites ne discontinuèrent pas de faire imprimer sur la NouvelleFrance, depuis 1632 jusqu'en 1672. C'est une des meilleures sources pour connaître les sauvages de cette contrée. 20 Relation de ce qui s'est passé en la Nouvelle- France depuis l'an 1651 jusqu'en l'an 1659, Paris, 1635-1640, 7 vol.
  • Paul LOZANO Y CASCLA : a fait imprimer Texto arabe de la parafrasis de la Tabla de Cebes, con traduccion en rastellano y notas, Madrid , 1793
  • Paul LUCAS-CHAMPIONNIÈRE( 1798) : né à Nantes en 1798. Son père , propriétaire à Brains , petit bourg situé à deux lieues de Nantes , avait été député de la LoireInférieure sous la restauration. Il lit ses études classiques au lycée de Nantes et ses études de droit à l'école de Rennes. Après avoir suivi les audiences du tribunal de Nantes pendant quelques années , il vint résider à Paris en 1823 , avec le projet de prendre le grade de docteur et de se livrer sérieusement aux études du droit. Il fut chargé de préparer la 2.° édition de la Procédure civile de Pigeau. Ce fut là son premier ouvrage ; c'était du reste un simple travail d'annotations dont tout le mérite était d'être exact et complet. En 1828 il devint le principal rédacteur du Contrôleur de l'enregistrement. Ce recueil mensuel , qui a pour objet la publication et l'examen de tous les actes et jugements qui se rattachent à la perception des droits, est le premier journal qui ait soumis à une critique sérieuse les décisions des tribunaux. Championnière trouva dans cette nouvelle matière le sujet de ses études futures, et dans cette polémique mensuelle un talent qu'il ignorait luimême et qui ne fit que se développer chaque année. C'est dans cette lutte incessante que se formèrent ses premières idées juridiques et les doctrines qu'il a exposées depuis dans le Traité des droits d'enregistrement. Cet immense traité, dont le tome I" parut en 1835, et qui, dans ses cinq volumes trèscompactes, contient la matière de plus de douze volumes ordinaires , est , surtout dans sa partie théorique , l'oeuvre de Championière, qui l'a publiée avec la collaboration de E. Rigaud, avocat distingué qui lui apportait un utile concours dans ses' aster recherches. La matière fiscale était alors une matière toute neuve. Quels en étaient les principes? où les trouver au milieu des milliers de décisions éparses dans les recueils? Championnière résolut de les demander aux sources mêmes en âge qui leur donne un attrait particulier. Ce qui les distingue, c'est d'abord le véritable savoir dont chaque page porte le témoignage ; c'est ensuite la sagacité et la nouveauté des aperçus qui leur impriment un caractère d'origivalité ; c'est aussi et surtout la conscience qui s'y manifeste à chaque ligne. Les livres qu'il a laissés, en dehors de tous les recueils de droit auxquels ïl a constamment collaboré, sont, comme on l'a déjà dit : 1° le Traité des droits d'enregistrement, 5 gros vol. ; 2° D, la propriété des' flux courantes, 1846. 1 vol
  • Paul LUTHER( 1533 - 1593) : le plus jeune des enfants du précédent, né à Wittemberg le 8 janvier 1533, eut pour premiers instituteurs Phil. Mélanchthon et Vitus Winshemius, à l'aide desquels il se rendit trèshabile dans la connaissance des langues anciennes. Il s'appliqua ensuite à l'étude de la médecine et reçut le doctorat en 1557. Nommé bientôt après à une chaire de l'université d'Iéna , il s'en démit pour remplir l'emploi Les ouvrages publiés sur Luther sont excessivement nom- breux. On en trouve une liste assez longue, mais cepeniant incom- piète dan, la Bibliographie biographique d'Œttinger, col. 1037- 1046.Vogel en a recueilli tous les titres dans sa ebliatheca bio- praphica LuMerana, Halle, 1851 Parmi les Vies de Luther, nous citerons seulement : 1. Histoire de la ce, des écrits et d, s doc- trines de . 1, ther, par Andin, Paris , 1:139, 2 vol. iu-8°. On trouve dans cet ouvrage, qui n'a pas eu moins de six éditions en France, des recherches sérieuses; niais les protestants lui reprochent de la partialité et de n'étre pas assez au courant des travaux de la critique moderne et de la dogmatique protestante. 2° La Vie de Luther, de Meurer, en allemand, Dresde, 1852. un vol. gr. 3. celle de nert, Gotha, 1817, 2 vol. 4° celle de M. Pfizer, Stuttgarci, 1t36 en allemand ); 5° celle de M. Jürgens, Lcipsick, 1516-1847,3 vol. 6. cel:e du pasteur Ledderhose. Speier, 1836 petite Vie trèspopulaire en Allemagne, qui a été traduite en français. Strasbourg, 1817 et par le pasteur Hoseinann, Paris, 1658, un vol Nous signalerons encore l'Histoire de la reformatron, par M. Merle d'Aubigné, Genève, 1842, 5 vol. in 8., ouvrage de beaucoup de recherches et dont M. Ch. de Reinusat a rendu compte dans la R,rue des Deur Mondes, en 1850; les Mémoires de Luthrr. par Michelet, Paris, 1850, 2 vol. ouvrage ingénieux. M. Michelet s'est appliqué à retrouver dans les écrits de Luther sa vie, son histoire, son caractère et ses opinions sur les sujets les plus divers. Enfin on peut encore lire avec intérêt l'article écrit en anglais par M. de Bunsen sur la vie de Luther. dans la nouvelle édition de la Bri- tish Cyclopedia 40, publiée à Edimbourg par Black ; de M. Kostlin dans la Real Encyclopedie de Herzog, gr. Stuttgard, 1557, où l'on trouvera un bon résumé des doctrines théologiques de Luther; enfin une étude de M. Ad. Scliceffer sur l'influence de Luther sur réfutation du peuple, Paris et Strasbourg, 1833 Z—D. de médecin du duc de Weimar , puis de Joachim II, électeur de Brandebourg. Après la mort de ce prince , l'électeur de Saxe, Auguste. le chargea de la direction de son laboratoire de chi- mie et le récompensa de ses services par le don d'une terre noble considérable. La liberté avec laquelle il parlait contre ceux qui s'écartaient en quelque chose des principes du luthéranisme lui fit des ennemis puissants , et il fut obligé, en 1389. de quitter la cour de Saxe ; s'étant retiré à Leipsick . il v mourut le 8 mars 1593. Paul Luther s'était beaucoup occupé d'alchimie, et il est l'inventeur de différents remèdes employés longtemps dans la médecine, tels que l'or potable, etc. Il a laissé sur le régime à observer dans les temps de peste un Traité en allemand, qui a été publié par J. Weber. Erfurt
  • Paul MACCIO ou MACCIUS( 1570 - 1640) : littérateur, né Ivers 1570 à Modène, fit ses études à l'académie Ide Bologne, où il remplit ensuite avec beaucoup de succès la chaire de littérature latine. Cet emploi lui fournit l'occasion de prononcer un grand nombre de discours d'apparat, et de composer des pièces de vers sur tous les événements de quelque importance; mais, comme on sait, il est . trèsrare que ces sortes d'ouvrages méritent de survivre à la circonstance qui les a fait naître. Maccio fut le fondateur de l'académie des Inde- fessi de Bologne, et mourut en cette ville vers 1640. Dans la Bibliotheca modenese, t. 3, p. 103, Tiraboschi donne la liste de dixhuit opuscules de Maccio, en avouant qu'il peut lui en être échappé quelquesuns. On se contentera de citer : 1° la Griselda del Boccaccio, tragi- comedia morale, Bologne, 1620 ; cette pièce est en prose; e Emblemata moralia acre incisa et versibus itali- cis explicata, ibid., 1628 ; volume rare et recherché, surtout pour les gravures ; 3° Italici belli motus; liber primus annum 1635 continens, ibid., 1636
  • Paul MAKO( 1723 - 1793) : savant physicien et mathématicien , était né à JaszApath en Hongrie , le 9 juillet 1723. Après avoir terminé ses études, il entra chez les jésuites et fut chargé de l'enseignement des humanités dans différents collèges. La suppression de la société l'ayant laissé sans fonctions, il accepta la place de professeur de mathématiques à l'académie Thérésienne , et fut ensuite nommé directeur de la faculté de philosophie à l'université hongroise , lorsqu'elle fut transférée de Tyrnau à Pesth. 11 mourut à Vienne le 19 août 1793. On citera de lui : 1° Compendiaria physicoe institutio, Vienne , 1762i763, 2 part. ; 2° Carntinum elegiacorum libri fres, Tyrnau, 1764 ; 3° Compendiaia matheseos institutio, Vienne , 1764 ; 4° Compendiaria logices institutio, ibid . , 1765 ; 4e édit . , 1773 ; 5° Compendiariametaphysices institut io, ibid., 1766 ; réimprimée plusieurs fois ; 6° Dissertatio de figura telluris, Olmütz, 1767 7° Calculi dilferentialis et integralis institutio, Vienne, I768 ; 8° De arithmeticis et geometricis oequationum resolutionibus, ibid., 1770 ; 9. Des- criptio provinciœ iJoxitaruin in regno Perittano, Bude, 1791 relation intéressante, rédigée d'après les papiers du P. Fr.Xav. Eder, qui avait été pendant quinze ans missionnaire chez les Moxes ; 10° des Dissertations, en allemand, sur la foudre et les paratonnerres, sur l'aurore boréale, sur l'équilibre des corps, etc., imprimées séparérément et dans les journaux scientifiques de Vienne
  • Paul MANCINI( 1500 - 1635) : fondateur de l'académie des Urnoristi, né à Rome, dans le 16e siècle, d'une famille patricienne, étudia les humanités au collége romain et le droit à Pérouse avec beaucoup de succès ; il embrassa ensuite la profession des armes, fut nommé commandant de la garde à cheval du cardinal Aldobrandini, se distingua par sa fermeté et son zèle pour le maintien de la discipline, et acquit la réputation d'un excellent capitaine. A la cessation des troubles qui désolaient les Etats de l'Eglise , il se démit de son emploi et épousa, en 1600, Vittoria Capozzi, demoiselle d'une ancienne famille. Ses noces furent célébrées avec une pompe extraordinaire ; et comme Mancini était fort aimé, tous les beaux esprits de Rome s'empressèrent de lui témoigner In joie qu'ils avaient de son mariage par quelques pièces de vers. 11 engagea les auteurs à venir les réciter dans son palais ; et ce divertissement ayant parfaitement réussi , ils se proposèrent de continuer la même réunion à des jours déterminés. Le palais Mancini, berceau de cette nouvelle académie, en devint le séjour ordinaire. Comme la joie et la belle humeur présidaient aux séances, où la noblesse romaine des deux sexes assistait en foule, on donna à ceux qui formaient ces entretiens le surnom d'Uomini di bell' « more, d'où vint celui d'Humoristes, que prirent les académiciens. Mancini, après vingt ans d'une union heureuse, perdit son épouse ; alors il renonça au monde, reçut les ordres sactés, et mourut en 1635 dans de grands sentiments de piété. L'aca- détnie des Unioristi ne s'est soutenue que jusqu'eu 1670. Le pape Clément XI, qui y avait été admis dans sa jeunesse, voulut la rétablir en 1717, et en nomma président Alex. Albani, depuis cardinal; mais tous les efforts du pontife n'aboutirent qu'à redonner à cette société une existence éphémère. W—s
  • Paul MANUCE( 1512) : fils du précédent, né à Venise en 1512, resta après la mort de son père sous la tutelle d'André Turisan, son aïeul. Il passa une partie de son enfance à Asola , et sa première éducation fut assez négligée ; mais, à son retour à Venise , les vieux amis de son père lui facilitèrent les moyens de satisfaire son goût pour l'étude. Son application excessive altéra sa santé, naturellement délicate, au point que les médecins lui interdirent toute lecture. A peine étaitil rétabli, que des chagrins domestiques vinrent le distraire de ses occupations favorites. André Turisan mourut en 1529, et le partage de sa succession excita de trèsvifs débats entre ses fils et ceux d'Aide. Paul signa enfin un traité avec ses oncles , au moyen duquel il resta le chef de , qui fut rouverte en 1533. A l'exemple de son père, il accueillit les savants et s'aida de leurs conseils ; if publia de nouvelles éditions , particulièrement des classiques latins , beaucoup plus correctes que les précédentes , et les enrichit de préfaces , de notes excellentes et d'index, dont ou commençait à sentir l'utilité. Passionné pour les ouvrages de Cicéron, qu'il lisait et relisait sans cesse , afin de former son style, il donna une réimpression soignée de ses Traités oratoires et de ses Lettres familières, qui fut suivie de l'édition complète des oeuvres de ce prince de l'éloquence latine . De nouvelles tracasseries qu'il eut à essuyer de la part de ses oncles l'obligèrent de suspendre ses travaux en 1538 ; il employa une partie de cette année à visiter les anciennes bibliothèques de Toscane et du Milanais. La société qu'il avait contractée avec les Turisani fut enfin rompue; l'imprimerie fut rouverte en 1540, sous le nom des fils d'Aide, et recommença depuis cette époque à reprendre son antique splendeur. Paul Manuce se maria en 1546 ; les soins qu'il devait à son épouse et à sa jeune famille ne ralentirent point son ardeur pour l'étude. Des maladies fréquentes causées par un travail excessif , ou par la gène qu'éprouvait son commerce , purent seules le distraire de ses occupations habituelles. Le peu d'encouragement qu'il trouvait à Venise lui fit naître l'idée de transporter ailleurs son atelier. Accueilli avec distinction dans deux voyages qu'il avait faits à Rome en 1535 et 1543 , il se persuada qu'il y trouverait des secours plus abondants; mais tout projet de changement fut ajourné par l'érection de l'académie vénitienne, que le sénateur Frédéric Badoaro fonda en 1558 , à peu près sur le mème plan adopté pour l'institut de France. Paul Manuce fut nommé professeur d'éloquence et directeur de l'imprimerie . Mais cet établissement magnifique, dont on attendait les résultats les plus avantageux , ne subsista que jusqu'en 1561 . P. Manuce reçut presque dans le même temps une lettre du cardinal Scripandi, qui l'invitait de la manière la plus pressante à s'établir à Ronie , pour surveiller l'impression des ouvrages des SS. Pères. Après quelques jours d'hésitation , il accepta les offres qu'on lui faisait, et se rendit à Rotne , où il ne tarda pas de faire venir sa famille. La nouvelle imprimerie fut placée au Capitole ; 1559, 1569 avec un index plus ample ; 5° Liber ( le senatu romano, ibid., 1581 ; 6° De rouitiis romanorum, Bologne, 1585 ; 7° De ciritate romana, Rome, 1585 Ces quatre traités ont été insérés dans le Thesaur. antiq. roman. , de Grrevius t. ter et 2. P. Manuce a traduit en latin les Philippiques de Démosthène, Venise , 1549, 155'2, ; et il a publié des Commentaires trèsestimés sur les Lettres familières de Cicéron , les Lettres à Atticus , à Brutus et à Quintus , et les Oraisons , ainsi que des Scolies sur les Livres oratoires et les Livres philosophiques. Le P. Lazzeri a recueilli , avec une exactitude minutieuse et quelquefois fatigante, tous Ies détails qu'il a pu rassembler sur Paul Manuce dans les prolégomènes de son recueil de lettres , intitulé Miscellanea ex Mss. libris bibliot'Item collegii Romani , Rome , 1754-57 , 2 vol
  • Paul MASCAGNI( 1755) : célèbre anatomiste italien, naquit le 5 février 1755, dans un hameau du HautSiennois nommé Castelletto. Il fit des vaisseaux lymphatiques le premier objet de ses recherches ; et, à vingtdeux ans, il fut jugé digne de remplacer Tabarrani dans la chaire d'anatomie à Sienne. ll y professa cette science jusqu'à l'année 1800; époque à laquelle il transporta son enseignement à l'école, plus célèbre, de Pise. L'année suivante , Mascagni fut appelé à Florence pour y professer l'anatomie et la physiologie au grand hôpital de Santa Maria Nuova , qui lui fournit les plus grandes ressources pour ses traaux et ses recherches. La chaire d'anatomie étant devenue vacante à Bologne , le gouvernement de ce pays lit à Mascagni des instances réitérées et des offres séduisantes. Mais le gouvernement toscan, craignant de perdre un professeur aussi distingué, augmenta ses honoraires , lui donna les trois chaires d'anatomie, de physiologie et de chimie , l'agrégea au collége des médecins de Florence et le nomma membre du jury i pour l'examen des candidats, la visite des pharmacies et la collation des matricules. Il avait depuis longtemps formé le projet de passer en revue toutes les découvertes en anatomie des anciens et des modernes, de les apprécier à leur juste valeur et de rejeter tout ce qui n'était qu'hypothétique. Mascagni procéda à l'examen de toutes les parties du corps humain, de l'extérieur à l'intérieur ; et c'est par les injections les plus fines et à l'aide du microscope, qu'il parvint à connaître la texture intime des parties les plus déliées qui le composent. Il démontra, Je premier, la véritable structure du corps spongieux de l'urètre ; et ses travaux contribuèrent puissamment à compléter la superbe collection des pièces d'anatomie en cire qui se trouvent dans le muséum de Florence. 11 y envoyait ses préparations conservées dans l'espritdevin ; et il s'y rendit plusieurs fois pour en surveiller l'imitation en cire. On distinguedans le nombre six statues couchées naturellement, dont les copies ont été envoyées au cabinet de Vienne, d'après les ordres de Joseph II . Scrutateur infatigable de la nature , Mascagni parcourut plusieurs cantons de son pays pour y rechercher tout ce qu'ils pouvaient offrir d'utile et de remarquable. Les eaux minérales furent analysées par lui avec soin ; et il publia en 1779, sur les lacs du Volter- ; Mr' feho et du Siennois, deux Mémoires qui contiennent une description exacte de leur situation, de la nature des eaux et de leurs propriétés. Il y a trouvé le borax en .si grande quantité qu'il a pensé que son exploitation pourrait offrir d'autant plus d'avantage que ce sel égale en qualité celui qui nous vient de l'Asie. Ce fut dans une de ces excursions qu'ayant été rencontré par des gens ignorants ou mal intentionnés, au moment où il mettait ses observations par écrit, il fut pris pour un espion et jeté dans une prison , d'où ses amis eurent assez de peine à le tirer, quoiqu'on n'eût trouvé dans ses papiers que des notes sur l'histoire naturelle et l'agriculture. Sa sûreté personnelle faillit plus d'une fois être plus sérieusement compromise par suite de son attachement à la 1 France , dont il passait pour avoir aimé la révolution ; sentiment fondé originairement chez lui sur les encouragements et le prix qu'il obtint à l'Académie des sciences de Paris en 1791 , et entretenu par sa place d'associé étranger de la première classe de l'Institut. L'économie rurale eut aussi toujours pour lui beaucoup d'attraits : il fixa l'attention de ses concitoyens sur la culture en grand de la pomme de terre , sur les prairies artificielles et la propagation des mérinos. Plusieurs de ses Mémoires sur différents points d'économie rurale sont insérés dans les actes des Géorgophiles de Florence. C'étaient les seules distractions qu'il se permît : car le reste de son temps et toute sa fortune furent employés à faire les expériences et les observations nécessaires pour porter l'anatomie au plus haut point de perfection ; et il allait recueillir le fruit de ses longs travaux, lorsque la mort vint le surprendre le 19 octobre 1815. Nous avons de lui : 10 Dei lagoni del Senese e del Volterrano, Sienne , 1779 2° Vasorunz limphatirorum colporis humani itistoria et iconograpliia , Sienne , 1787 , avec des planches. Le texte de ce bel ouvrage a été réimprimé par les soins de l'auteur en 1795, Ii en 2 vol. Mascagni avait publié dès 1782, en français et en italien, sous le titre de Prodromo, un aperçu de ses découvertes sur cette matière. Attaqué par un journaliste, tant sur le fond que sur la rédaction négligée de son Prodrome, il répondit avec beaucoup d'humeur par une brochure devenue rare : Lettera di Aletofilo al Giornalista medico di Venezia, Misopoli , 1785 3' Anatomia per uso degli studiosi di scultura e pittura Florence , 1816 , avec des planches. Cet ouvrage posthume, que l'auteur divise en ostéologie et myologie et dans lequel il établit, d'après des mesures comparatives , les plus justes proportions du corps humain bien conformé, et assigne aux diverses passions qui l'agitent les caractères physiques qui leur sont propres, a été publié aux frais et par les soins du frère et du neveu de Mascagni. 4° Prodroino della grande anatomia, Florence, 1819 L'auteur y examine tous les éléments qui forment le corps humain , et ils sont représentés avec un soin, une exactitude et un fini admirables dans vingt planches jointes à l'ouvrage et dont quelquesunes sont consacrées à la démonstration des vaisseaux absorbants des végétaux. Ce Prodome a été publié par les soins d'une société d'amis des arts et de l'humanité, au profit de la famille de Mascagni , sous la direction du docteur Antommarchi, l'uii de ses élèves, qui s'était chargé de la publication de tous les ouvrages posthumes de Mascagni ; mais s'étant décidé ensuite à porter les secours de son art au prisonnier de SteHélène, il a laissé beaucoup de matériaux tout préparés pour l'ouvrage suivant. 5° Pauli Mascagni, Anatomia uni- versa 44 tabulis œneis justa archetypunt hominis adulti accuratissiine representate, Pise , 1826 et années suivantes Ce grand ouvrage fut publié par les soins de VaccaBerlinghieri , Jacob Barzelotti et Jean Rossini, professeurs à l'université de Pise. 6° Description de l'utérus humain, et d'animaux d'espèce derente; insérée dans le tome 15 des Mémoires de la société italienne. L'Éloge de Mascagni a été publié par le docteur Thomas Farnèse, brochure de 19.6 pages, Milan, 1816 ; — Addition à cet Éloge par le même auteur de 167 pages, Milan, 1818. Cette addition répond aux réclamations que l'Eloyc avait excitées de la part des docteurs F. Antommarchi et Al. Moreschi. On doit convenir que, comme professeur ou comme écrivain , Mascagni prêtait quelquefois à la critique et qu'ayant plus étudié la nature que les livres , il n'a pu prendre place parmi les anatomistes érudits. P. et L
  • Paul MELISSUS( 1539) : l'une des gloires de la sa\ ante Allemagne, naquit le 20 décembre 1i39 à Melrichstadt, en Franconie. Son père s'appelait Balthazar Schede , en latin Srhedius, et sa mère Attilia Melissa. Il prit le nom de sa mère "1), probablement parce qu'il était d'origine grecque et poétique, et de bonne heure il l'illustra dans la poésie et dans la musique, dans la poésie surtout ; car, au sortir de ses classes, parcourant les académies de l'Allemagne, il fut en 156'1 à Vienne proclamé poète lauréat par l'empereur Ferdinand ler. Peu d'existences ont été plus agitées. Après la mort de ce prince, Melissus quitta Vienne, et, pour se distraire de sa douleur, parcourut la Bohème, d'où par l'Elbe il descendit jusqu'à Wittemberg. Il entendit les professeurs de cette ville et ceux de Leipsick. L'évêque de Wurtzhourg, charmé de ses talents, voulut se l'attacher par un emploi honorable ; mais il fut xawd«, , voyez sur cet usage de quelques peuples anciens, Pérodole , liv. . 1, chap. 173. bientôt rappelé par l'empereur Maximilien, qu'il accompagna dans son expédition de Hongrie et ensuite à la diète d'Augsbourg. Eu 1567, Melissus int à Paris et s'y lia d'une amitié particulière avec Ramus, Dorat et Lambin. Il était à Orléans lorsque la guerre civile se ralluma; ne voulant pas s'exposer inutilement à des dangers qu'il pouvait éviter , il se dirigea sur Genève. Dans le trajet, il fut arrèté deux fois, l'une à la CharitésurLoire par les Français et l'autre à Dole par les Espagnols, dont il parait qu'il eut beaucoup à se plaindre. Il s'arrêta trois mois à Besançon pour se reposer et attendre des nouvelles d'Allemagne. Enfin il gagna Genève, où il reçut un accueil trèsflatteur des savants réfugiés dans cette ville pour leurs opinions religieuses , tels que Fr. Portus, P. Pithou, H. Estienne, etc. Rappelé par l'empereur en 1570, il le suivit à la diète de Spire. il profita de cette occasion pour présenter ses hommages à l'électeur palatin, et, sur la demande de ce prince, il fit une traduction des Psaumes en vers allemands, adaptés à la musique de Goudimel . Depuis longtemps Melissus désirait voir l'Italie ; à la mort de l'électeur , il put satisfaire sa curiosité. Pendant son séjour à Padoue, en 1579, il fut créé comte, chevalier doré et citoyen romain par Ferdinand Amadis, qui tenait de l'empereur CharlesQuint le pouvoir de conférer ces différents titres. En quittant l'Italie, il avait le projet « Me« lissus, qui était bibliothécaire de la bibliothèque « palatine , n'y laissait entrer personne. » Ses contemporains , en effet, Sylburge entre autres, Gruter, , son successeur dans la place de bibliothécaire, tous les princes de la critique d'alors ont laissé des témoignages bien différents et plus authentiques ; dans leurs correspondances latines, tous célèbrent son aménité , sa bienveillance et son immense érudition, qui embrassait toutes les langues et toutes les littératures de l'Europe. Comme poëte, surtout dans le genre lyrique, ses oeuvres latines et allemandes ont été dans leur temps recueillies avec enthousiasme , et justifient encore aujourd'hui l'estime qu'en firent ses contemporains et le titre glorieux qu'ils lui donnèrent en l'appelant le Pindare de la Germanie. Boissard a publié la Vie de Melissus, précédée de son portrait, dans la Bibi. zlluscr. viror., t. 2, p. 30-84, ainsi que Frédéric Creuzer dans la préface de Sylburgi, Epistolce pique ad 'l'huissuai, Francofurti
  • Paul MERULA( 1558 - 1607) : historien, naquit le 19 août 1558 à Dordrecht, d'une famille distinguée , et qui a produit plusieurs hommes de mérite. Après avoir terminé ses études avec beaucoup de succès , il visita les principales académies d'Italie, de France, d'Allemagne et d'Angleterre, pour se perfectionner par les leçons des plus célèbres professeurs. Il revint en Hollande après neuf ans d'absence, et se fixa à la Haye, où il commença à exercer la profession d'avocat. Il fut nommé en 1592 à la chaire d'histoire de l'université de Leyde, vacante par la démission de Juste Lipse ; et il succéda en 1598 à J. Douza dans la place de bibliothécaire. L'excès du travail et de l'application ayant affaibli sa santé, on lui conseilla de voyager pour se rétablir ; et il se rendit avec sa famille à Rostock , où il demeura deux mois ; mais comme il se disposait à venir reprendre ses fonctions , il fut saisi d'une fièvre maligne , accompagnée d'un vomissement de sang, dont il mourut le 20 juillet 1607, àgé de 49 ans. Merula a publié une bonne édition des Fragments d'Ennius, avec des notes, Leyde, 1595, une autre d'Eutrope , avec la Continuation de Paul Diacre ; la Fie d'Erasme et celle de Fr. Junfus, de Bourges, fameux théologien protestant ; la Paraphrase de Willeram sur le Cantique des cantiques, etc. . On trouve la liste de ses ouvrages dans les Mémoires de Niceron, t. 26 . Les principaux sont : 1° Fidelis narratio renon adversus Anyelunt Merulanz, Leyde , 1604 Ange Merula , grandoncle de Paul, avait péri en 1557, à Mons, sur les bûchers de l'inquisition. 2° Cosmographice generalis libri tres ; idem Geographioe particularis libri quatuor, Amsterdam , 1605 ; ibid. , 1621 ; 1636, 6 voi. C'est un ouvrage savant et exact qu'on regrettait que Merula n'eût pas terminé ; mais nous avons ma La famille VAN MERLE. On prétend que cette Vie, rédigée avec la dernière négligence et une ridicule simplicité, avait été composée par Erasme luimême. Vogt cite , d'après Ant. Teissier, 1 a Vie de Jean Capnion , publiée, avec le Recueil de ses lettres, par Paul Merula, Strasbourg et Leyde, 1642 mais il avoue que les savants euxmêmes doutent de l'existence de cet ouvrage. tenant des géographies supérieures à celleci, qui ne contient que l'Espagne, la France et l'Italie. 3° Tydiresor, etc., c'est-àdire Histoire ecclésias. tique et politique depuis la naissance de JésusChrist, etc., Leyde, 16'27 Elle a été continuée par Guillaume Merula , son fils, depuis le 12° siècle jusqu'à l'an 1614 ; cette continuation renferme plusieurs traits injurieux contre l'Eglise romaine. 4° De maribus dissertatio , ibid., 1633 réimprimée avec le Mare liberum de Grotius ; 5° Opera varia posthunia, ibid., I68i Ce volume contient les cinq dissertations suivantes De sacriliciorum ritibus aputl reteres Romanos ; — De sacerdotibus Ronianorum; — De legibus Ronianoruni;— De comitiis Romanorum ; — De prceniiis militaribus apuil Romanos. La troisième et la quatrième ont été insérées par J . Poleni dans le Supplément au Thesaur. antiquitatis, t. jr. Théod. Almeloveen a donné la liste des ouvrages qu'annonçait Merula dans la Bibl. promissa latens, et elle a été copiée par Foppens dans la Bibl. belgica
  • Paul MÉTEZEAU : frère du précédent, né à Paris , était licencié de la maison de Navarre , et âgé de vingthuit ans, lorsqu'il s'associa avec le P. de Bérulle , pour la fondation de la congrégation de l'Oratoire. C'était un homme d'esprit et d'intelligence, dont le zèle et la piété relevaient singulièrement les talents. Ses succès dans la chaire évangélique contribuèrent beaucoup à procurer divers établissements de l'Oratoire dans les différentes villes du royaume, où les magistrats s'empressèrent d'appeler les confrères d'un homme dont les prédications opéraient de nombreuses conversions. Pendant une station de carême, qu'il remplissait à Bordeaux, le parlement changea souvent l'heure de ses audiences , afin de pouvoir assister à ses sermons. Ses travaux et ses austérités abrégèrent sa vie ; et il termina sa carrière à Calais, le 17 mars 1632, durant une station de carême qu'il prèchait. Sa mort ne fut pas moins édifiante que ne l'avait été sa vie. ll était dans l'usage d'écrire en latin le canevas de ses sermons ; cette méthode lui paraissait plus propre pour s'énoncer ensuite avec facilité dans sa langue naturelle. 11 avait formé son goût sur celui du P. de Bérulle ; c'est-àdire qu'il s'attachait principalement à faire connaître JésusChrist, ses mystères, et ses rapports avec les hommes : mais son style n'avait ni la clarté, ni la noblesse de celui de son modèle ; et ses serinons n'offraient ni ces détails sur les moeurs, ni cette précision et cette justesse qu'on remarque dans les prédicateurs venus après lui. S'il donne trop dans la mysticité, on n'a point à lui reprocher cet étalage d'érudition profane, ces fades allusions, et plusieurs autres défauts auxquels s'abandonnaient ses contemporains; de sorte qu'à tout prendre , on peut dire qu'il fut un de ceux qui contribuèrent le plus à purger la chaire évangélique du mauvais goùt qui la dégradait. Nous avons de lui : 1° Theologia sacra juxta formam evangelicee prœdicationis distributa, Lyon, 1625 C'est un cours de théologie, contenant des plans de serinons sur toute sorte de sujets, écrit d'un style sec et scolastique, mais dont les textes de l'Ecriture et des Pères sont bien choisis et bien adaptés aux différents sujets. 2° L'Exercice intérieur de l'homme chrétien, Paris, 1627 composé à la prière et pour l'instruction de Clément Métezeau , son frère ; 3° Traité de la vie parfaite par imitation et ressemblance de Jésus- Christ, ibid. C'est comme une suite du précédent. Les sentiments de ces deux ouvrages sont fort édifiants; mais le style en est trèsdéfectueux. 4° De sancto sacerdotio, ejus dignitate et functionibus sacris ad sacerdotuni atque omnium qui orationi, ministerio vcrbi et curie anintarum incumbunt, piani institutionem, Paris, 1631 Le P. Métezeau a laissé quelques autres ouvrages qui sont restés manuscrits. — Jean MÉTEzAtr, secrétaire et agent des affaires de la duchesse de Bar, soeur de Henri IV, dédia en 1610 à ce prince, Les quarante psaumes de David, mis en vers franrois, Paris fig
  • Paul MOROSINI( 1406) : patricien de Venise de la même famille que les précédents , naquit en 1406. Après avoir achevé ses études à l'Académie de Padoue, il y reçut le laurier doctoral et ne tarda pas à être employé dans les fonctions les plus importantes. En 1451, il fut nommé commissaire pour régler les limites de l'Istrie avec l'empereur. L'année suivante, il alla solliciter du grand maitre de Rhodes la grâce du général Fanti Querini, qui s'était attiré, par sa conduite, l'animadversion de l'ordre. En 1459, il termina les différends survenus entre le sénat et Borso, duc d'Este. Les Vénitiens, alarmés des progrès de Mahomet II, prilent la courageuse résolution d'opposer une digue au torrent qui menaçait d'envahir l'Europe. Paul , chargé de solliciter l'accession des princes à cette guerre sainte , fut successivement député près des rois de Pologne, de Bohème, de Naples, et du pape Sixte IV. Ces diverses ambassades ne l'empêchèrent pas de continuer ses services au sénat, ni d'être employé dans le gou- vernement des provinces de terre ferme. Ami des lettres, il les cultiva sans négliger ses devoirs et leur procura d'utiles encouragements. Ce fut lui qui décida le cardinal Bessarion à léguer sa bibliothèque au sénat de Venise (voy. BESSARION',',. Il mourut vers 1483. On a de lui : 1° De ecterna temporalique Christi generatione in Judaicw impugnationem perfidim, christianreque religionis qloriam dirinis enunciationibus comprobata, Padoue, 1473, petit de 78 folios trèsrare ; 2° divers ouvrages relatifs au gouvernement , cités par Foscarini, Storia della letteratura reneziana , p. 290, et par Daru dans les pièces justificatives de son Histoire de Venise. On trouve une notice détaillée sur Paul Morosini dans les Scrittori rene: iani du P. Degli Agostini , t. 2 , p
  • Paul OROSE : historien, florissait au commencement du 5' siècle. Suivant l'opinion la plus généralement adoptée, il était né à Tarragone , ville célèbre de Catalogne; mais le marquis de Moridejar a cherché à établir, dans une dissertation, qu'Orose était de Brague en Portugal . Il se destina de bonne heure à l'état ecclésiastique ; et désirant pouvoir combattre avec avantage lus erreurs qui commençaient à se répandre eu Espagne, il recourut en 411 aux lumières de StAugustin , et lui remit un écrit contenant l'exposé des pria- cipes des priscillianistes et des origénistes, im- primé dans les OEuvres du saint docteur. °rose, accueilli par l'évêque d'Hippone, demeura un an auprès de lui' et fit, sous sa direction, de grands progrès dans les sciences sacrées. Ce fut par son conseil qu'il entreprit le voyage de la Palestine, uniquement pour consulter StJérôme sur l'origine de l'àme. Caché à Bethléhem près du grand maitre dont il était venu de si loni chercher les leçons , il ne s'attendait nullement à être invité à assister au synode convoqué à Jérusalem au sujet de l'hérésie de Pélage. 11 crut devoir s'y rendre, et obtint que Pélage et ses adhérents seraient tenus de garder le silence jusqu'au retour des députés qu'on enverrait à Rome solliciter une décision du souverain pontife. L'évêque de Jérusalem nommé Jean, partisan secret de Pélage, voulut punir Orose de son zèle en l'accusant de blasphème. Ce fut à cette occasion que celuici composa l'écrit intitulé Apologeticus de arbitrii libertate , où, après s'être justifié du reproche que lui adressait l'évêque de Jérusalem , il démontre toutes les fAcheuses conséquences de la doctrine des pélagiens. Orose retourna en 416 Près de StAugustin , et y travailla par son avis à un ouvrage destiné à répondre aux plaintes des , Barcelone, 1702 de 396 pac,nes. On trouve un bon extrait de ce livre dans les Mémoires de Tré- voux, de mars 1703, p. 428-441. païens , qui accusaient le christianisme d'être la cause de tous les malheurs dont l'empire était affligé. Il n'eut pas de peine à prouver, par des faits qu'.à toutes les époques, depuis l'origine du monde , les hommes ont été exposés aux mêmes fléaux et aux mêmes accidents. On croit qu'Orose avait donné à cette compilation le titre : De mi- seria hominunt, titre qui conviendrait à l'histoire en général . L'Histoire de P. Orose finit à l'année 316; elle a été imprimée pour la première fois à Abgsbourg pal. Jean Schusler, 1171 Cette édition, faite d'après de bons manuscrits, est trèsrare et trèsrecherchée. Celle de Vicence, 1475 tient aussi un rang distingué parmi les curiosités typographiques : il en existe des exemplaires avec quelque différence dans la souscription. Cet ouvrage a été réimprimé plusieurs fois dans le 15e siècle, le 16e et le 17' ; mais la meilleure édition, et la plus commode, est celle que Sigeb. Havercamp a publiée avec des notes sous ce titre : Adversus paganos historiarum libri vu, Leyde, 1738 ou 1767, indo. C'est la même édition dont on a renouvelé le frontispice . L'Histoire d'Orose a été traduite dans presque toutes les langues modernes. La traduc- tion française, Paris, Vérard , 1191, iiifol., que Mercier, abbé de StLéger, attribue à Claude de Seissel , est recherchée; il existe de cette édition un exemplaire sur vélin à la bibliothèque de Paris : c'est telui qui fut présenté au roi Charles VIII. D'ailleurs cet ouvrage n'est pas seulement une version du texte latin , c'est une compilation dans laquelle les récits d'Orose sont joints à ceux de quelques autres auteurs, et qui remonte au 110 siècle . L'édition de 1191 fut suivie de deux autres, publiées également par Vérard : l'une sans date , l'autre en juillet 1503. Deux nouvelles réimpressions, mises au jour à Paris en 1515 par Michel le Noir, en 15'26 par Philippe le Noir, attestent le succès qu'obtint ce livre. Nous ne mentionnerons pas les traductions en d'autres langues; cependant nous ne pouvons passer sous silence la version anglosaxonne, faite par le roi Alfred à la lin du 9e siècle, et dont la première édition complète parut , avec une version anglaise d'après le saxon, par les soins de Barrington, sous ce titre The anglo- saxon version front the historian Orosius byAelfred the Great , etc., Londres, 1773 Lcs savants ont beaucoup discuté sur le véritable titre de cet ouvrage, dont les manuscrits portent HORMESTA , ORM/ST,, DE ORM ESTA , etc. Chr.Aug,. lleumann croit yn'il faut lire HORMISDAS , et qt,e c'est un' des noms de l'auteur. Vos'. Programma quo Paulo Oro, io lumen. terlium Got— tingue, 1732 la 1sert, tiuncu1a du mêmeHetimann dans les A eld erliditor. [ ser, s., Suppl., t. 10, p. 263-268. . . Une édition nouvelle, due aux soins de M. B. Thorpe, est accompagnée d'une traduction anglaise littérale et d'un glossaire anglosaxon ; elle a paru à Londres en 1853 Orose, peu instruit dans la littérature grecque, manquait absolument de critique, et son ouvrage ne doit ètre consulté qu'avec défiance , parce qu'il renferme une foule de faits qui n'ont d'autre fondement que des traditions populaires. Dav. Muller a publié une dissertation, De Orosio, Altdorf, 1689, qui n'est point exemple d'erreurs. leabricius en a relevé quelquesunes dans l'ouvrage déjà cité. On peut consulter aussi l'Histoire des auteurs ecclésiastiques, par dom Ceillier, , et les dissertations de MM. Il. Beck , De Orosii fontibus et nurtoritate, Gotha , 1834. et E. Crubitz , limendationes Orosinnœ, Numburg., 1835. W —s•
  • Paul PARADIS : La langue hebraique, il la possédait parfailein, in, et en donnait des kkgia, quand il fut choisi . en 1530. par François I«, à la recommandation de la reine de Nature, pour l'enseigner au ecaleim ro)al qui senait trétre ruade. La réputation till'il s'était faite de bien sa% un l•hebree, cl, ce qui est Enjeu citron pour un prefesseur, de ronnaltre la méthode do bien enseigner. attirail une foule d'auditeurs. Nous ne savons rien autre choie de cet heliraissig. 11 titexiipait plus sa chaire en 15:18, mien Duval dans son Cotligt royal; et l'on présume •u'il mourut %ers 1554. t' il de bet disciples, nominé Jean lkirrène • publia, de ..osi consentement, tus dialogue latin de sa eompusitiun , sur la vrai maniiire de lire 1 11,'.nrou : powii Parodiai. Irisai , hebralcu, moi int° preti, 1. d. 'Huila legendi hcbraire d.. 84184. Paris, 1:i:lt, in.. Wolf eii parle avec éloge ,tans 1141 iloblotokique baraque et dans seu notes sur l'Itals.. orieatalia de Coloiniès. Paul Paradis lia pas publié d'autres ou.rages, maigre la pruine..., qu'il avait faite de traiter des parties du di4wowra • de la construction de la pronosestowa, des « ma*, des truies ou figure.. % flet l'abbé tiOUjel, ilcusoire 'Haien- igue cl liaérmare sur /.. Col- ler royal d. France, t. 1.LBE-
  • Paul PARUTA( 1540) : historien italien , naquit à ‘renise le 14 mai 1540, d'une ancienne famille de Lucques, établie à Venise depuis plus de deux siècles. Barthélemy Paruta , l'un de ses ancêtres, avait coneis le patriciat en armant à ses frais deux galères et en payant de ses deniers mille soldats dans la guerre de Chiozza en 1381. Envoyé à l'université de Padoue, Paul étudia sous des maîtres habiles la théologie, la jurisprudence et l'art oratoire. De retour à Venise, il s'entoura de gens de lettres, réunit dans son palais une espèce d'académie, et contribua presque autant que les Manuce à élever sa patrie au rang des nations savantes. 11 se préparait dès lors à la vie publique par des études dont ses ouvrages politiques attestent l'étendue. Ces études lui inspirèrent la pensée d'écrire une histoire nationale, celle de la guerre de Chypre, et il osa l'écrire en italien. Nommé historiographe de la république, le sénat lui fut ouvert en 1580. Deux ans après, il fut appelé à la dignité de sage de terre ferme, c'est-àdire à l'administration générale. Partita fut réélu huit fois à cette charge importante, et les années suivantes le virent successivement membre du conseil des Soixante , envoyé près de l'archiduc d'Autriche , surintendant. de l'artillerie , gouverneur de Brescia , enfin ambassadeur à Rome . Dès 1562 , il avait suivi à Vienne Michel Suriano , homme consommé dans les affaires, alors chargé d'une mission près de l'empereur et du roi des Romains. A leur retour, ils s'arrêtèrent à Trente, où le concile était assemblé, et le jeune Paruta y connut les hommes les plus remarquables du clergé d'Italie. On peut voir comment il les peint dans son Traité de la vie politique, dont ils sont les interlocuteurs. Ce séjour ne fut point perdu pour Paruta ses négociations avec Clément VIII, souvent difficiles, furent toujours heureuses , et l'ambassadeur en fut récompensé en 1596 par la charge de procurateur de StMarc, la seconde de la république. Nommé sage de l'inquisition, et bientôt appelé pour la troisième fois , en qualité de sage- grand, à préparer les résolutions les plus importantes du collége, qui était le conseil d'Etat de Venise, il fut encore élu réformateur de l'université de Padoue , et chargé pour la seconde fois du soin des subsistances publiques, emploi du premier ordre dans une aristocratie dont on connaît la maxime relativement à la classe populaire : Pane in piazza, giustizia in palazzo. Paruta avait été nommé surintendant des forte-. resses, et le sénat venait de lui confier trois missions diplomatiques dans une même année, lors- que la mort le surprit le 6 décembre 1598, et non le 15 février 1599, comme l'a cru de Thou, qui lui rend ce beau témoignage : e Vir rara in explicandis negotiis solertia et eloquentia, quas « virtutes varus legationibus exercuit, et scriptis, qua magno pretio inter civilis prudentiœ sec- tatores merito habentur, consignavit. 00 a de lui 10 Della perfezione della vit« politica, libri tre, Venise, 1579, 1586, 1599, 1650 Ce traité est sous la forme d'un dialogue à la manière des anciens; ce sont des lieux Communs de philosophie, de morale et de politique, à travers lesquels on reconnaît quelquefois une vue pénétrante et presque toujours un esprit judicieux il a été traduit en anglais et en français. 2. Dis- corsi politici, divisi in due libri, nei quali si consi- derano dirersi fatti illustri e memorabili di principi e di republiche affiche e moderne , Venise , 1599 ; Gènes, 1600; Venise, 162.9, 1650, te. Le premier livre offre quinze discours sur Rome et sur Athènes ; le second des considérations sur la politique contemporaine et sur Venise. En développant les causes de la grandeur et de la décadence des Romains, la sagacité de l'auteur a prévenu plus d'une fois le génie de Montesquieu. En comparant leur histoire à celle de sa patrie, en approfondissant la constitution des républiques anciennes et modernes , ses jugements décèlent un esprit juste , étendu , quelquefois profond, et lors même que les sujets de ces discours sont d'un rhéteur, on y reconnaît les méditations d'un homme d'Etat. 11s ont été traduits en allemand. 3. Soliloquio , nel quale fa un breve esame di tutto il corso della sua vita, imprimé à la suite des discours politiques. Ce morceau porte l'empreinte d'une piété sincère et fait trèsbien connaître le caractère de l'auteur. 4° Orazione fune- bre in lande de' morti nella vittoriosa battaglia contra Turchi seguita a Curzolari l'anno 1571, Venise, 1572, ; 5. Storia Veneziana , divisa in due parti, Venise, 46O5, 1645, 1703 et 1718 La première partie se compose de douze livres ; elle fait suite à l'histoire du cardinal Bembo, et s'étend de l'an 1513 à l'an 1553. La seconde, écrite avant l'autre, n'a que trois livres, c'est le récit de la guerre des princes chrétiens contre Sélim II, à l'occasion du royaume de Chypre, enlevé par les Turcs aux Vénitiens en 1571. La vie politique de Paruta fut trop pleine pour lui permettre de remplir la lacune qui sépare ces deux histoires, lesquelles auraient embrassé toutes les affaires d'Italie depuis le pontificat de Léon X jusqu'à la bataille de Lépante et aux premières années de Grégoire XIII. Sa première partie est un écrit officiel, et l'on s'en aperçoit quelquefois, mais c'est toujours à son insu qu'il cède aux inspirations de l'orgueil national. ,( Le premier, « dit Daru , il a eu le mérite d'introduire dans

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