Le prénom Martin Masculin

Origine :

Fête :

13 Avril

Signification de Martin

Martin est un prénom masculin qui s’est répandu dans différents pays.
Les Martin se reconnaissent par leur charisme, leur ouverture d’esprit et leur habileté à attirer l’attention. On leur reconnaît également le sens de l’écoute, la compréhension et la minutie.
Ce prénom compte de nombreux dérivés dont Marcin (polonais), Martino (italien), Maarten (néerlandais), Martinus, Mart et Martine.
Beaucoup de personnalités ont porté ce prénom, notamment : Martin Luther King (pasteur, militant, lauréat du prix Nobel de la paix 1964), Martin Luther (réformateur religieux), Martin Gray (écrivain), Martin Rodbell (biochimiste lauréat du prix Nobel de médecine 1994), et Martin Heidegger (philosophe).

Personnalité de Martin

Ce sont des rocs à la vitalité débordante. D'une grande émotivité, ils possèdent cependant des réactions équilibrées, une détermination redoutable et de grandes qualités de coeur. Leur personnalité est double. Ils peuvent aussi bien être solitaires et se replier sur eux-mêmes ou participer totalement à la vie sociale. Peu influençables, ils n'en font qu'à leur tête. Ils sont observateurs et leur intuition ne les trompe jamais.

Provenance du prénom Martin

Histoire de Martin

Etymologie de Martin

Les Martin célèbres

  • Martin AGRICOLA( 1500) : chanteur, né à Sorace en Silésie, vers le commencement du 16° siècle, publia, en 1528, un ouvrage intitulé : Musica instrumentalis, deutsche darin dos licndament und application der linger ais Flœten Krumphcerner , Zinkcn, Bombard, Schalmeyen, Sackpfeifen , und Schweizenpfeifen , etc., darzu von dreyerley Geigen, ais Welshen, Polnischen tend Kleinen Handgeiglein, und wie die Grisse darauf, auch au f Men Kunstlicher stimmung der Orgelpfeifen und engenn; eic., Kürzlas begrissen in versen , Vittenberg, 1528 La seconde édition a paru dans la mème ville, en 1545 En 1529, il donna un traité intitulé Figurai Musica, Vittenberg dont la seconde édition parut dans la mème ville.en 1532, avec un autre petit traité en dix chapitres de sa composition, intitulé de Proporlionibus. En 1529, parut aussi Deutsche Musica, Vittenberg 11 se pourrait. que ce fût le mème ouvrage que le précédent, indiqué par les bibliographes sous un titre différent. En 1529, il publia Rudimenta Musicce, Vittenberg, i?-8°, 3 feuilles 1/2. On a encore du mème : 1° Scholia in Musicam planant Wenceslai Philomatis de Nova Domo, ex variis musicorum scriptis pro Magdeburgensis scholce tyronibus collecta, Magdebourg 156 feuilles 112; 42. Duo libri Musiees, continentes compendium artis et illustria exempta, scripti a Martino Agricola , Silesio Soraviensi, in gratiam eorum qui in schola Magdeburgensi prima elementa artis discere incipiunt Magdebourg , ; 5° Melodia3 scholasticœ sub horarunt intervallis decantandoe, Magdebourg, 1612 Celuici est sans doute une réimpression d'une édition antérieure
  • Martin AKAKIA : professeur de médecine à l'université de Paris, reçu docteur en 1526, était de Chàlons en Champagne, et, selon l'usage de son temps, changea son nom de Sans- Malice en celui d'Akakia , qui veut dire la même chose en grec. Commentateur de Galien , il a traduit le de Ratione curandi, et l'Ars medica glue est ars parva; il a réuni ce que ce prince de la médecine avait dit dans ses cinq premiers livres , sur les propriétés des plantes médicinales. On a aussi d'Akakia des Consilia me- dica, et deux livres sur les maladies des femmes. Akakia a joui d'une grande considération ; il fut mé- decin de François I", et un des principaux députés de l'université au concile de Trente, en 1545; il mourut en 1551
  • Martin AKAKIA : fils du précédent , fut reçu docteur de la faculté de Paris en 1570, et bientôt nommé professeur de chirurgie au collège royal, et second médecin de Henri III; en 1578, il prononça en latin, devant la faculté , un panégyrique de ce roi, qui fut son bienfaiteur. Akakia mourut à l'âge de 49 ans, en 1588. Plusieurs biographes lui attribuent l'ouvrage sur les maladies des femmes , que nous avons dit appartenir à son père. Cette famille se distingua longtemps dans la médecine ; les rois Charles IX , Henri HI , Louis XIII, les attachèrent successivement à leur personne.—Le dernier, petitfils de celui dont nous parlons en ce moment, mourut de chagrin , en 1677, pour avoir été rayé de la faculté , ou seulement interdit pendant six mois, comme ayant consulté avec des médecins étrangers, contre la teneur de son serment
  • Martin BÉCAN( 1550 - 1624) : jésuite , né en 1550, à Hahilwarenbec, dans le Brabant, professa la philosoe phie et la théologie à Mayence, à Wurtzbourg, et à Vienne, en Autriche, où il mourut en 1624, étant confesseur de l'empereur Ferdinand II. Le caractère particulier de son esprit était la clarté et la méthode; ce qui rend ses ouvrages trè3faciles à entendre, même sur les matières les plus abstraites. Sa théolo- gie est toute calquée sur les principes de Bellarmin, qui étaient ceux des ultramontains. On a de ce théo- logien : Io Manuale coniroversiarum, réimprimé à Rome, en 1750, sous la rubrique de Cologne, avec des corrections et additions du P. Faure, jésuite. 2° Summa theologiœAnalogia Veteris el Novi Testamenti. 4. Divers traités de morale. 5. De Republica ecclesiastica, contre Antoine de Dominis, Mayence, 1618, 1619 6° Controversia angli- cana de potestate regis et pontificis, contre Lancelot Andrews, ibid., 1612 mis à l'index à Rome, comme contenant des propositions fausses, scandaleuses et séditieuses. La faculté de théologie de Paris se proposait de censurer l'ouvrage, lorsqu'elle Jean &can légua tous ses manuscrits à Torrentius, son ami, qui les fit imprimer après sa mort. reçut l'ordre de la cour de s'en abstenir. 7° Refula- tio Apologice Jacobi regis, ibid., 1610 8. Re- futatio torturce torii, contra sacellanum regis An- gliœ, ibid., 1610 Duellum cum G. Tookero de primatu regis Anglice, ibid., 1612 10° Trac- tatas scholasticus de libero arbitrio, Mayence, 1013, 11° Qucesticmes de fide hœreticis servanda, Mayence, 1609 Tous les ouvrages de controverse de Bécan furent imprimés à Mayence , en 1633, 2 vol
  • Martin BEHAIM( 1430) : né à Nuremberg, vers 1450 , d'une famille distinguée et originaire de Bohème, suivit d'abord la carrière du commerce, et se livra en méme temps à l'étude des sciences mathématiques et nautiques. Dans un voyage qu'il fit à Anvers, eti 1479, il eut occasion de connaître quelques Flamands qui demeuraient dans l'île de Fayal ou de Pico; invité par eux à les accompagner en Portugal, Behaim s'y rendit en 1480. Un habile cosmographe devait être parfaitement accueilli dans un pays où l'on ne s'occupait que de découvertes ; aussi Behaim futil reçu avec une distinction particulière. Placé, en 1484, sur la flotte de Diego Can, qui devait poursuivre les nouvelles découvertes en Afrique, il visita, avec cet amiral, Fayal et Pico, les îles du Prince, de StThomas et de StMartin, toute la côte d'Afrique dcruis la rivière de Gambie jusqu'au Zaïre. Après un voyage de dixneuf mois, Behaim, en récompense de beS services, fut créé chevalier du Christ. 11 ne parait pas qu'il se soit trouvé aux autres expéditions d'Afrique. 11 resta à Fayal, où il se maria, en 1486, avec la tille de Job Iluerter , dont il eut un fils trois ans après. Le désir de Noir sa famille le rappela à Nuremberg en 1492.11 y passa une année, pendant laquelle il acheva le globe terrestre qu'il avait entrepris à la demande des magistrats de cette ville. De retour en Portugal , don Juan l'employa dans quelques négociations diplomatiques; mais à la mort de ce prince, en 1494, Behaim, retiré des affaires, se rendit à Fayal, au milieu de sa famille. Ayant fait un voyage à Lisbonne, en 1506, il mourut dams cette ville, le 29 juillet de la mème année, à de 76 ans. Behaim doit être regardé connue un des plus savants mathématiciens et astronomes de son siècle. Il contribua par son exemple à introduire l'usage de l'astrolabe sur les vaisseaux , rédigea les premières tables des déclinaisons du soleil, et offrit sur son globe terrestre l'ensemble des connaissances géographiques de cette époque; mais c'est moins à ce qui constitue son véritable mérite qu'il doit sa célébrité, qu'a de prétendues découvertes auxquelles il ne pensa jamais. De tous les savaMs qui ont cru ou voulu faire croire à ces découvertes imaginaires, Stuvenius est celui qui a le plus contribué à les accréditer. Il assure, dans son traité de Vero novi orbis Inventore, que Behaim a tracé sur son globe terrestre, conservé à Nuremberg, les iles d'Amérique et le détroit de Magellan, ce qui avait fourni à Colomb l'idée du nouveau monde. Le professeur Tozen avait déjà combattu cette assertion en 1761. Depuis, Mun a employé un excellent argument pour la réfuter. Il a publié la description et la copie réduite de ce globe, terminée l'année même du départ de Colomb. 11 nous apprend que Behaim a écrit sur ce globe, que les lieux y ont été placés avec beaucoup de soin, d'après Ptolémée, Pline, Strabon, et les dernières découvertes de Marc Paul. On voit effectivement que ses connaissances géogra- phiques ne s'étendaient pas vers l'orient au delà du Japon, que Marc Paul appelle Cipangu; du côté de l'occident, elles n'allaient pas plus loin que les îles du Cap Vert. Comme la position des lieux était alors mal connue, l'ile de Cipangu se trouve sur le globo de Behaim par 280o de longitude orientale , ou par 78° de longitude, si l'on compte du côté de l'ouest, c'est-àdire à la véritable place où devrait se trouver l'Amérique : ceci prouve que Behaim n'en avait aucune connaissance. On remarque , sur le même globe, deux îles entre Cipangu et les îles du Cap Vert ; l'une est StBrandon, qui est regardée comme fabuleuse par tous les géographes; l'autre, située au nord du tropique, est appelée Anti/ ia. Buache, dont l'opinion est d'un grand poids, croit que ce doit ètre une des Açores. Tous les géographes contemporains de Behaim ont commis de pareilles erreurs , et cellesci ne doivent pas lui ètre imputées ; mais il ne faudrait pas en conclure, avec quelquesuns de ses compatriotes, qu'il avait connaissance de l'Amérique avant Christophe Colomb. Du reste, des méprises de ce genre ont souvent conduit à la connaissance de la vérité. En effet, dès qu'on s'est cru forcé de placer les dernières découvertes qui avaient été faites en allant par l'est, si près de celles qui appartiennent à la côte occidentale d'Afrique, il était naturel d'aller les chercher par le chemin le plus court, c'est-àdire en se dirigeant droit à l'ouest. Cette idée trèssimple est peut-ètre la première qu'ait eue Christ6phe Colomb; niais son génie seul pouvait lui donner l'audace de la mettre à exécution, et c'est à juste titre qu'elle a rendu son nom immortel. La vie de Behaim, donnée par Murr, a été publiée en allemand; la traduction de H.J. Jansen se trouve à la suite du Premier Voyage autour du monde, par Antoine Pigafetta. Cet ouvrage, imprimé avec soin, contient une carte qui est la copie fidèle de la partie la plus intéressante du globe terrestre de Martin Behaim, Paris, an 9 L
  • Martin BLADEN : auteur anglais qui vivait du temps de la reine Anne, et qui avait été lieutenantcolonel sous le duc de Marlborough, auquel il a dédié une traduction des Commentaires de César, encore estimée eu Angleterre. Il figura dans cinq parlements, et fut fait, en 1714, contrôleur de la monnaie, et en 1717, un des lords commissaires du commerce et des plantations. Il fut nommé la même année envoyé extraordinaire près la cour d'Espagne, mais il refusa cette place. Il mourut en 1746. On a encore de lui deux mauvaises pièces de théâtre, imprimées en 1705, sans son consentement : Orphée et Euridice, opéra, et Solon, tragicomédie
  • Martin BOGDANUS : médecin allemand de Driesen, dans le Brandebourg, disciple de Thomas Bartholin, reçu docteur à Bâle en 1660, auteur de quelques écrits polémiques sur la découVerte des vaisseaux lymphatiques, revendiquée à la fois par son maitre Bartholin et par Rudbeck 16 Rudbeckii Insidiat slruc 1. 0 vasis lymp/ ialicis Barllaolni, adverses insidias secundo structas ad Olao Rudbeck , Copenhague, 1654 Bogdantis y prend le parti de son maître, et tranche, avec d'indécentes injures, une question que la postérité a jugée en faveur de Iludbeck. Observationes medicoe ad Thamam Bartholinum , dans le Cultes anatomicus de Michel Lyser, Copenhague, 1665 et 1679 4° Trac- talus de recidiva morborum ex Hippocrate, ad Hippocratis mentent, Bâle, 1660 5° Simeonis Sellai volumen de alimentorum liœultatibus, grœce et latine, Paris, 1658 traduction d'un auteur grec du temps de Paul d'Egine
  • Martin BONACINA : natif de Milan, docteur en théologie et en droit canon, comte palatin et chevalier de la Toison d'or, mourut en 1651, comme il se rendait à Vienne, où Urbain VIII l'envoyait avec le titre de nonce. Nous avons de lui : 1° une Théologie morale, Lyon, 1645 dans laquelle on lui reproche de ne pas toujours suivre les principes qu'il a d'abord établis ; elle a été souvent réimprimée : Goffart, docteur de Louvain, en a donne un Compendium par ordre alphabétique ; 2° un traité de l'Élection des papes ; 3° un traité des Bénéfices. Tous ces ouvrages ont été recueillis à Lyon, 1678, et Venise, 1754, 3 vol. Ils sont de peu d'usage en France, où l'on a de meilleurs traités sur les mêmes matières
  • Martin BIELSKI : historien polonais, a écrit Chronicon rerum Polonicarum ab origine genlis ad annum 1587, cum iconibus regum. — Son fils, Joa- chim BIELSKI, a écrit les Annales de Pologne, en polonais, et des épigrammes en latin. Ils vécurent dans le 16' et le 17e siècle
  • Martin BLOCHWITZ : médecin allemand du 47e siècle, a composé un traité complet du sureau, dans lequiel, faisant l'anatomie de l'arbrisseau, il décrit ses propriétés et ses usages. Cet ouvrage ne parut qu'après la mort de l'auteur, par les soins de Jean Blochwitz, son frère, sous ce titre : Anatomia sambnci, qitœ non solum sambucum, et ejusdem medicamenta singulatim delineat, verunt quoque plurimorum affectuum ex una fere soya sambuco, curationes brèves rarioribus exemplis illustratas exhibet, Leipsick, '16e1 ; Londres , 1650 ; mais cette prétendue édition de Londres est la même que celle de Leipsick à laquelle on a changé le frontispice. Cinq ans après, il fut traduit eh anglais par Shirley, et imprimé à Londres sous ce titre : The Anatoiny of eider, Londres , 1655 11 fut traduit en allemand par Daniel Becker, qui y fit des additions, Koenigsberg, 1642, et Leipsick, 1685
  • Martin BRONIOVIUS ou BRONIOWSKI : fut deux fois ministre de Pologne en Tartarie, au commencement du 17e siècle. On a de lui, en polonais, la Relation ( le deux victoires remportées sur les Tartares par les Polonais en 1620 et 1624, et, en latin, Descriptio Tartarice, à la suite de la Moscovia d'Ant. Possevin, Cologne, 1595 11 a aussi donné une description de la MJdavie et de la Valachie
  • Martin BUCER( 1491 - 1551) : l'un des coopérateurs les plus zélés de Luther, naquit à Schelestad, en I491. Son nom était hunnottx, mot qui signifie en allemand Corne de vache, et que, suivant l'usage des érudits de son temps, il jugea à propos de changer en celui de BUCER, qui a la même signification en grec. 11 entra d'abord dans l'ordre des dominicain, d'où il sortit en 1521, pour embrasser la nouvelle réforme, à la suite de plusieurs conférences qu'il eut à Worms avec Luther. 11 devint l'apôtre particulier de Strasbourg, où il exerça pendant vingt ans le double emploi de ministre et de professeur de théologie. Ses succès ne furent pas les mêmes à Cologne, où l'archevèque Herman Wida l'avait appelé pour y intro. duirè les nouvelles doctrines. L'opposition des cha—noines le força de renoncer à son entreprise. C'était un prédicateur renommé, quoique sa composition fût pesante et diffuse ; mais il imposait par sa taille avantageuse et par sa voix sonore. Ses talents pour la controverse et pour les négociations lui firent jouer un rôle important dans son parti. 11 avait un génie souple, adroit, propre à manier les esprits, fertile en expressions radoucies dont chaque secte pouvait s'accommoder, et des principes flexibles qui se prêtaient à tout. Il surpassait en distinctions subtiles les scolastiques les plus raffinés, cherchant à concilier tous les différends, et se piquant moins d'ètre fidèle que d'étre conciliant. Bossuet l'appelle le grand architecte des subtilités, et lorsque Calvin voulait peindre fortement l'équivoque : « Bucer « même, disaitil, n'a rien de si obscur, de si am—(( bigu, de si tortueux. » Ce caractère se manifesta dans toutes les affaires auxquelles il prit part. Député, en 1529, par les quatre villes de Strasbourg, de Memmingen, de Landau et de Constance, aux conférences de Marbourg, convoquées par Philippe, landgrave de liesse, pour trouver un moyen de conciliation entre Luther et Zwingle, il y déploya, dit Juste Jonas, toutes les ruses d'un vrai renard, et contribua, à la faveur de quelques expressions am- biguës, à l'espèce de trève éphémère qui y fut conclue. La division s'étant renouvelée aussitôt après, il dressa, au nom des quatre villes dont il avait la confiance, une confession de foi où il biaisait sur l'article de la cène, cherchant à tenir le milieu entre les deux partis, sans en pouvoir satisfaire aucun. Une seconde formule, également équivoque et con—tradictoire, ne fit que produire une division de plus en Suisse, où les uns persistèrent dans la doctrine pure et simple de Zwingle, et les autres adoptèrent le système illusoire de Bucer. Les villes de Stras—bourg, de Memmingen et de Landau, qui s'étaient - liguées pour le sens figuré, séduites par cette con—fession louche, passèrent peu après à la présence réelle, tant Bucer avait réussi par ses discours en—tortillés à plier les esprits de manière qu'ils pussent se tourner de tous côtés. Enfin il imagina un nou—veau projet d'accommodement, rédigé avec tant d'adresse que Luther et Mélanchthon le prirent pour une rétractation de la part des sacramentaires, quoique ceuxci, en paraissant se rapprocher de la con- fession (l'Augsbourg, ne fissent que changer de langage sans changer de doctrine. C'est ce qui produisit l'accord de Wittemberg, en 1556, où les chefs des deux partis firent la cène en commun, pour marquer la sincérité de leur réconciliation ; niais tous les efforts de Bucer ne purent introduire sa formule dans les églises helvétiques; de sorte que l'accord de Wittemberg, qu'il regardait comme le chefd'oeuvre de sa politique, et qui n'était réelle— ment qu'un ouvrage de déguisement et de dissimu- lation, ne fut pas plus stable qu'il n'avait été s L'esprit de tolérance dont il faisait profession n'alla pas pourtant jusqu'à lui faire souscrire le fa—meux Intérim de CharlesQuint. Cranmer l'appela, en 1549, en Angleterre, pour le charger d'enseigner la théologie. On dit qu'il suivit dans ses leçons les principes des sacramentaires, pour lesquels il avait toujours incliné, et auxquels il était revenu, lors—qu'il se vit loin de Luther. Néanmoins, dans l'épître dédicatoire de l'édition de ses commentaires qu'il publia dans ce pays, il parait moins zwinglien que dans ses autres épîtres mises en tète (les précéden— tes éditions. Bucer mourut le 27 février 1551, à Cambridge. Sous le règne de Marie, ses restes fu—rent exlmtnés et jetés au feu. La reine Élisabeth fit rétablir sa mémoire. Bucer laissa treize enfants de sa première femme qu'il avait tirée du eloitre pour l'épouser. Les uns prétendent qu'il mourut dans la profession du luthéranisme, les autres, dans celle du calvinisme. Calvin l'accusait d'avoir introduit en Angleterre un nouveau papisme, parce qu'il ap—prouvait la hiérarchie de l'Eglise anglicane. Il re—prochait de son côté à Calvin de ne juger des autres que selon sa passion. Bucer laissa apercevoir toute sa vie un grand embarras entre le dogme des luthériens et celui des zveingliens. Le premier lui semblait trop donner à la réalité, dont les consé—quences l'effrayaient, et le dernier ne lui paraissait pas remplir les idées que l'Écriture et l'ancienne tradition impriment dans nos esprits. 11 soutenait, comme la plupart des protestants, que les péchés des fidèles n'excluent jamais du paradis, qu'il n'y a que le péché d'incrédulité qui soit puni de la damnation éternelle. Ce paradoxe est une suite naturelle du dogme qui assure que la foi seule justifie, et que cette foi justifiante est inadmissible. Dans ses livres de controverse, il s'abandonne quelquefois à son érudition, perd son sujet de vue, et oublie les divisions qu'il avait d'abord annoncées. Son style a une certaine obscurité qui oblige à une grande contention d'esprit. Le cardinal Contarini le regardait comme le plus redoutable controversiste des hétérodoxes; mais comme il emploie souvent des termes nouveaux dont il n'avait pas luimême des idées claires et distinctes, il tombe quelquefois dans le ga- limatias. On fait cependant cas de son commet> taire sur les Psaumes, publié sous le nom d'Aretius Felinus, Strasbourg, 1529 11 est littéral et historique. La traduction latine sent un peu trop l'âffectation. L'auteur n'y avait déguisé son nom que pour se faire passer pour orthodoxe; mais on fut bientôt détrompé par la lecture de l'ouvrage. Le commentaire de Bucer sur les Evangiles est encore estimé. Génébrard, Grotius, Gérard Vossius préfè— rent les éditions d'Allemagne, parce qu'ils préten- dent que Calvin s'était permis des altérations dans celles de Genève. Richard Simon l'en justifie dans ses Lettres choisies. 11 avoue que la ire édition de Strasbourg, 1527 est fort différente des sui—vantes; mais il ajoute que cette différence vient de l'auteur même, qui avait fait beaucoup de correc- tions à son ouvrage dans les éditions postérieures. a laissé un assez grand nombre d'autres ouvrages théologiques, devenus rares. Ceux qu'il publia en Angleterre sont encore estimés des protestants Scripta Anglicana, etc., Bàle, 1577 On y trouve l'histoire de Bucer. On a imprimé à Stras— bourg, 1561 Historia vera de vita, obitu, sepultura, accnsatione hœreseos, condemnatione, etc. Martini Huceri et Pauli Fagii, etc
  • Martin CARRILLO( 1500 - 1650) : jurisconsulte et historien espagnol, né à Sarragosse dans le I 6' siècle, y professa pendant plus de dix ans le droit canon, et fut recteur du collège de cette ville. Bérenger de Bartlaxi, évêque d'Huesca, le nomma son grand vicaire et il fut attaché en la même qualité à Alphonse Grégoire et Thomas Borgia, archevêque de Saragosse. Il obtint ensuite un canonicat dans la cathédrale de cette ville. Philippe l'envoya en 1611 en Sardaigne en qualité de visiteur ; il en revint en 1612, et eut en 1 615 l'abbaye de MontArragon , qu'il posséda jusqu'à sa mort, vers 1650. On a de lui : 1° Annales, Memorias cronologicas, que conlienen las rosas sucedidas en el mundo, senaladamente en Espaita, desde su pr cipio y poblacion haste el aho nt. DCXX, Huesca, 1622 réimprimé après la mort de l'auteur, Saragosse, 1634 2° Eloge des femmes célébres l'Ancien Ancien Testament , Huesca, 1626. 3. Historia del glorioso S. Valero obispo de Zaragoza, Sarragosse, 1615 on trouve à la suite un catalogue de tous les prélats, évêques, archevêques et abbés du royaume d'Aragon. 40 Relacion del nombre, sitio, plantas, conquistas, christiandad, feriilitad, ciudades, lu gares y gobierno del reyno de Sardeha, Barcelone, 1612 Cette relation de la Sardaigne, adressée à Philippe II, est le fruit du séjour que Carrillo avait fait dans cette île en vertu de la mission qu'il avait eue l'année précédente. 5° Catalo- gus archiepiscorum Ccesaraugustance ecelesiœ, Caligari, 1611. 60 Plusieurs ouvrages de jurisprudence canonique, dont Antonio donne la liste, mais qui sont sans intérêt aujourd'hui. — Jean CARRILLO, frère de Martin, entra dans l'ordre des frères mineurs, et fut confesseur de Marguerite d'Autriche. Il a laissé, entre autres ouvrages : 10 Historia de la terrera orden de nuestro seraphico padre S. Fran- cisco, ro partie, Sarrag„osse, 1610 2' partie, 1613 20 Historia de sante Isabel, infante de Aragon y reyna de Portugal, Sarragosse,1615 3° Relacion historien de la real forelacion del mo- nasterio de las descalzas de sante Clara de Madrid, Madrid, 1616
  • Martin CELLARIUS( 1499 - 1564) : surnommé Borrhœtes, né en 1499, à Stuttgard, lit ses études à l'université de Wittemberg , où il s'appliqua avec succès aux langues orientales , et devint un des plus rigides sectateurs des dogmes de Luther. Stork, fameux anabaptiste, s'était rendu si redoutable par ses violences et son talent pour la dispute, que personne n'osait entrer en lice avec lui. Cellarius, plus hardi, se présenta au combat avec confiance. Stork , qui possédait à fond la doctrine de Luther, leur commun maitre, mit de côté les conciles, les saints Pères, tous les monuments de la tradition, considérés sous le rapport de règle de foi, et réduisit toute la dispute au principe du jugement particulier pour l' de l'Ecriture sainte. Cellarius, ne pou- vant disconvenir du principe , ni en nier les consé- quences rigoureusement déduites, mit bas les armes, et devint aussi zélé anabaptiste qu'il avait été zélé luthérien. Afin d'être plus libre dans ses opinions, il se retira à Bâle, y professa la théologie, et mourut de la peste le 11 octobre 1564. On croit que, sur la fin de ses jours, il avait abandonné le parti des anabaptistes pour se jeter dans celui des ariens ; aussi étaitil regardé par les sociniens de Transylvanie comme un homme suscité du ciel, ainsi que Servet, pour donner des idées plus justes de Dieu et de JésusChrist, de mème que Lutlier et Zwingle l'avaient été pour éclaircir les matières de la justification et des sacrements. Ses livres théologiques sont des commentaires sur une grande partie de l'Ancien Testament : de Veteris et non i hominis ortu algue natura Axiomata; de Ortu, Natura, Usu ( tique Dis- crimine eorum jubilteorum quos Deus instituit, quid- que inter hos et Misas ab adversario confectos tersit, etc. Il a en outre composé plusieurs écrits ou commentaires sur la Politique et la Rhétorique d'Aristote; un traité intitulé : de Censura veri et falsi , où il explique la logique de cet ancien philosophe. Enfin Cellarius est connu des savants par un traité qui a pour titre : Cosmographioe Elementa, commentatio astronamica, et geographica, imprimé à Bâle, en 1541. T—D
  • Martin CHMIELECIUS DE CHMIELNICK( 1559 - 1632) : né à Lublin, le 5 novembre 1559, fit ses premières études dans cette ville, et vint les continuer à l'université de Bàle, en 1577. Après avoir lait son cours île philosophie, il se livra avec ardeur à la médedue, et, le 50 mai U87, il reçut le doctorat des mains du célèbre Félix Plates. En 1589, il fut nommé professeur de & mentis, Bàle, 1623 :s° Epislolœ Inedicinalcs, lettres insérées dans la Cista ntedica de Jean Hornung, Nuremberg, .1625, i n- 4°
  • Martin CHEMNITZ ou CHEMNITIUS( 1522 - 1586) : théologien protestant du 16e siècle, disciple de Mélanchthon, naquit en 1522, à Britzen, dans le Brandebourg, d'un ouvrier en laine, et mourut le 8 avril 1586. ll s'est rendu célèbre par son examen du concile de Trente : Examen eoncilii Tridentini , Francfort, 1585, en 4 parties, précédées chacune d'une épitre dédicatoire adressée à quelque prince d'Allemagne , et formant ensemble 4 vol. ou Cet ouvrage, qui a eu plusieurs éditions, une entre autres, Francfort, 1599 est un cours de théologie à l'usage des Églises protestantes; il fut attaqué par Andrada. Les talents et le caractère de Chemnitz lui méritèrent l'estime et l'affection des princes protestants de l'Allemagne, qui l'employèrent dans les alaires de l'Église et de l'État. Un autre On trouve en tête de la première une pièce de vers latins intitulee t Narrait) de synodo Nicena, versibus exposila, autore Matlhia Dergio, Druzawirensi. ouvrage, qui n'eut pas moins de célébrité, fut son Traité des indulgences, qui a été traduit du latin en français, et imprimé à Genève en 1599 On a encore de lui Harmontia evangelica, 5 parties publiées à FrancfortsurleMein, par Pol. Lyserus, 1600 à 1611 ; Theologice jesuitarumprœcipua Cupila, la Rochelle, 1589 etc. — Christian ou Ch'risiien CHEMNITZ, petitneveu de Martin, naquit à Konigsfeld, en 1615, fut ministre à Weimar, et ensuite professeur de théologie à Iéna, où il mourut le 3 juin 1666, âgé (le 51 ans. 11 a écrit quelques ouvrages de théologie, dont les deux principaux sont : Brevis Instruclio fichai ministri Ecclesice; 2° Disseriationes de prcedestinatione
  • Martin CHLADNY( 1669 - 1725) : théologien protestant, né en 1669, à Cremnitz, en Hongrie. Son père, George Cliladny, connu par un livre intitulé, : Inventarium Templorum, ayant été obligé de quitter l'église dont il était pasteur, et qui fut rendue aux catholiques en 1675, ils se retirèrent tous deux en Saxe, où, après avoir fréquenté diverses écoles, Martin fut nommé, en 1710, professeur de théologie à Wittemberg, où il mourut, le 12 septembre 1725. Il a laissé un grand nombre d'écrits, tant en latin qu'en allemand ; nous citerons seulement : 1. de Fide et Ritibus ecelesioe grœcce hodiernee; 2° de Diptychis veterum ; 5° Epis( ohm de abusu chemice inebus sacris; 4° Disserta tio de ecclesiis colchicis, earumque statu, doctrina et ritibus, Wittemberg, 4702 ; e Dissertalio ( licol. qua revelationes Brigittœ exculit., Wittem- berg, 1715, — Jean- Martin CITLADNV, son lits, né en 1710, fut professeur de théologie à Erlang, ou il mourut le 10 septembre 1759. Outre un journal hebdomadaire de questions sur la Bible, qu'il rédigeait en 1754, 55 et 56 il a publié un grand nombre d'ouvrages, tant en latin qu'en allemand ; nous ne citerons que : 1° Logica practica, seu problemata logica, Lei psick, 1741 ; 2. Programma de (( ais bibliothecee Augustini in excidio Hipponensi, ibid., 1742 ; 5° Opuscula academica, ibid., 1741 et 1750, 2 vol. 4° Vindicice amoris Dei pari adverses sublilissimas Fenclonii corruptulas, Erlang, 1757 — Ernest- llartin CIILADNY, frère du précédent, né en 1715, fut, en 1746, professeur du droit féodal à Wittemberg, il mourut, en 1782 ; il n'a publié que quelques dissertations académiques
  • Martin CINGAROLI( 1667 - 1729) : peintre , naquit à Vérone, enI667. Il était Ils d'un peintre médiocre qui lui enseigna les premiers principes du dessin ; les rares dispositions que la nature lui avait données firent le reste : aidé des conseils de Jules Carpioni, il sut peindre en peu de temps des sujets d'histoire en petit , avec un talent qui ne tarda pas à attirer sur lui l'admiration des nombreux aniiiteurs de ce genre de peinture. Sa réputation s'étendit jusqu'à Milan, où il tut appelé par le baron Martino, pour qu'il fit un grand nombre de tableaux. Ces tableaux trouvaient d'autant plus d'amateurs, que peu d'artistes italiens s'étaient attachés à peindre l'histoire dans d'aussi petites proportions , et qu'aucun d'eux n'avait apporté dans ce genre de composition autant de talent que Cingaroli. Tout le monde Voulait avoir de ses ouvrages ; il ne trouvait pas assez de temps dans une vie, d'ailleurs trèslaborieuse, pour peindre tous ceux qu'on lui demandait ; ils sont en- , core aujourd'hui fort recherchés. Cingaroli est mort à Milan, en 1729. A juger cet artiste d'après ses ,ouvrages, on croirait plutôt qu'il s'était fermé sur les bons modèles des écoles flamande et hollandaise que d'après les riches compositions des écoles d'Italie
  • Martin CLAIRÉ( 1612 - 1690) : jésuite, naquit en 161-2, à StValerysurMer, cultiva les muses latines avec succès, se distingua dans le ministère de la chaire, occupa divers emplois dans sa compagnie, et mourut à la Flèche, le mai 1690. On a 'le lui un recueil latin intitulé : Hynini ecclesiastici novo culot adornati ; il en donna une autre éditioa aug- mentée d'une seconde partie et d'une dissertation de Vera et propria hymnoruin Ratione, où il examine particulièrement si les hymnes ecclésiastiques doivent èt•e en vers rimés, Paris. 1676 On remarque dans les hymnes de l'ancienne Eglise une latinité barbare, des termes ambigus, obscurs et une prosodie vieleuse. Le P. Claire, voulant remédier à ces défauts, a souvent réussi à rétablir dans ces hymnes l'élégance, la pureté et la clarté. Il a cherché surtout à ne point s'écarter des originaux ; plusieurs de ses odes sacrées paraissent ressembler aux anciennes, et ce sant celles qui lui ont le plus coûté. On ne doit point oublier, et c'est ce qui rend sen travail plus recommandable, que, loin d'avoir des inodéles à imiter, il n'avait point d'exemple, en matière d'hyin.:es ecclésiastiques, qu'il ne dût éviter. Enfin il ouvrit, non sans honneur, la voie où les Santeul et les Coffin ont obtenu tant de succès. Le Journal ees Savants du 4 janvier 1677 a rendu compte de l'ouvrage de Clairé, auquel il accords beaucoup d'éloges, tandis que le P. Alexandre Noël, dominicain, l'a critiqué dans sa dissertation de Offi- cio vcnerabilis sacramenti, sect
  • Martin CROMER( 1512) : histoi'ien polonais. naquit e" 1512, à Biecz. ville de la petite Pologrie, où il fit ses prernires études ; les aant terminées à Ciacovie et à Bologne, il fut nommé secrétaire dans la chancellerie de la couronne, sous Sigismoud l. SigismondAtuguste lui confia des missions importantes à [)antzig, à Rostock, à Stettin; il lenvoa en !i4$ annonce! ami pape Paul 111 la nioit du 101 Sirismond son pèie, et à Vienne, vers l'empereur Ferdinand, près duquel Cramer résida pendant sept ans, chargé de la légation polonaise. I.e cardinal Hosius le désigna pour son coadjuteur iL 1évèché de Warmie, les chanoines de la cathédraie s'y opposcient, ne voulant point avoir utujout tille chef un homme qui . selon eux, nappautenait as ait corps dc ta haute noblesse ; les états de Pmussc prétendirent qu'il n'aurait pointséance dans leurs assemblées ; le cardinal étant mort en I 579, le ioi Etienne Bathori lea toutes ks difficultés, en nonunant Cramer à 1évèché de Warrnie, en faisant confirmer sa nomination pat le pape, et en lui faisaut assigner, pat tin décret du sénat, tendu peu-. daut la diète génétale, la place que l'évêque dc \Varmie devait avoir parmi les sénateurs. Dans sa description de la Pologne, Cromer dit, en parlant dc la noblesse du royaume, qu'il arrive souvent que Ion ajoute de nouvelles arnes à celles que Ion a reçues de ses ancêtres : u Par exemple, dit- s il. je poule du côté de ma mère les aimes des u Jastrzenibia, du côté de mon père, celles d - rince de nos géographes ; il l'emporte. i'tit (( le style, sur tutus ses contemporains cependant - n flOU5 tiotivOis dans sa géographie des choses
  • Martin CRUSIUS( 1526 - 1607) : né en 1526 dans la princi- pauté de Bamberg, fut nommé en 159 professeur de morale et de langue grecque à Tubingcn, où il mourut le 25 février 4607, après avoir laissé un grand nombre d'ouvrages précieux' pour l'histoire de son pays et pour la littérature grecque et latine. Il avait acquis une connaissance parfaite du grec vulgaire, qu'il a le premier enseigné en Allemagne. Ses principaux ouvrages sont : 1° Commentan'us Sturmianus in Olynthicam primam. Demosthenis , et Scholia in secundam, Strasbourg, 1554 ; 2° Scholia in primam , secundam et tersiam. l irgilii Eclogam Sturmiana , ibid., 1556 3° Grammatica grœca cum latina congruens, Bàle, 2° édition, 1563 4° Poematum grœcorum libri duo, addita versione latina, ib., 1567, in - 4° ; 5° Orationum, liber unus , 1567 6° Majoris Syntaxeos grœcce Epitome, 1583 7° Civitas ccelestis, seu Catecheticce conciones grcero- latince, 1578 : cet ouvrage comprend un recueil de sermons que Crusius écrivait en grec, à ce que l'on assure, à mesure qu'il les entendait prononcer en allemand; 8° Jar. Heerbrandi Compendium theologice, latine et grcece versum, 1582 ; 9° . IEthiopicce Heliodori historia? Epitome, Francfort, 1584 10° Narratio de periculis, eue ipsius parentes tempore Smalcaldici belli experti surit, grœce et latine, ibid., 1584 : ce petit ouvrage intéressant a été réimprimé par Freher, dans ses Rerum Gern2anicarum scriptores , 1611, t. 3, p. 425 ; 11° Turco- Grœcioe libri octo, Bâte, 1584 rare : cet excellent recueil contient plusieurs petits ouvrages et des lettres qui nous donnent une idée exacte de l'état civil et religieux de la Grèce dans les 140, I 5° et 16° siècles. On y trouve d'abord, en grec ancien, l'Histoire politique et civile de Constantinople, depuis 1391 jusqu'à 1578, avec une lettre oit Théodose Zigomola décrit la prise de Constantinople par les Turcs, et, en grec vulgaire, l'Histoire des patriarches de Constantinople ; le reste comprend des lettres en grec auxquelles Crttsitts a *luté, ainsi qu'aux trois premières pièces , la version latine. 12° Germano- Grœcice libri sexti, in quorum priori- bus tribus Orationes, in reliquis carmina grceca et latina cuntinentur, Bàle, 1585 ; ce sont des lettres sur l'état de la religion en Turquie. 13° Annales Suevici, Francfort, 1594 et 1596, 4 tomes en 2 volumes Cet ouvrage est aussi estimé qu'il est rare dans la librairie. L'auteur le divise en trois dodecades , dans la première desquelles il donne les antiquités et l'histoire de la nation souabe jusqu'à l'an 800 ; dans les deux dodécades suivantes, il continue cette histoire jusqu'en 1594. La quatrième partie, intitulée : Paralipomena, est une description topographique de la Souabe. Cette collection est précieuse pour l'ancienne géographie, pour l'histoire politique et littéraire de ce pays jusqu'à la fin du 16° siècle. Michel Halwachs, professeur à Tubingen, en avait annoncé en 1732 une seconde édition. JeanJacques !poser, qui a publié les Annales de Crusius en allemand , y a ajouté un supplément contenant les événements arrivés en Souabe jusqu'en 1733, la Vie de Crusius, et une notice des auteurs qui ont écrit sur l'histoire de Souabe. 14° Corona anni, hoc est explicatio Evangeliorum et Epistolarum in diebus dominicis et festis, grœce et latine, Wittenberg, 1603, 4 tomes rare ;15° Scholia in poemata et orationes suas, Bàle, 1567 16° Hodoeporicon, sir, Itinerarium D. Salomonis Sweigheri Sultzensis, qui Constantinopoli in aula legati imperatoris romani Ecclesiasta fuit, et e Thracia in Egypto, Palestina, . Arabia, atque Syria peregrinatus est, 1586, sans désignation de lieu d'impression; 17° Libri duo ad Frischlinum, Strasbourg , 1586 18° Qucestionum in Phil . Illelanchtonis elementorurn rhetorices libros duos Epitome, Tubingen, 1611 ; 19° Commentationes grammaticce . rhetoricce , poeticce, historicce et philosophicce in librum primum Iliadis , inserto textu grceco, Heidelberg, 1612 Il avait achevé son commentaire sur tout Homère, mais il n'en a paru que ce premier livre. 20° Homelice hymnodicce, quatuor et quinquaginta Cantica Ecclesidlutherance bene disposita, Arnstadt, 1705 Gv.
  • Martin CUTHENUS : syndic de la ville de Prague, mort le 29 mars 1564, a publié : I° Histoire de Bohême, par iEnéas Sylvius, avec des notes lati- nes, Prague, 1585 ; 2° en bohémien, la Chronique de Bohême, depuis l'origine de la nation jusqu'à l'an 1539, avec les portraits des ducs, des rois, ainsi que ceux de Ziska, de Jean Huvet, de Jérôme de Prague, sans date ni lieu d'impression ; 3° Ca- talogus ducum, regumque Polonice, cum iconibus, Prague, 1540 4° l'Histoire d'Appien, traduite du grec en bohémien. Il composa pour mettre sur le tombeau où repose l'empereur Charles IV avec ses quatre femmes, cinq vers hexamètres latins, dont chacun indique par un chronogramme l'année de la mort de la personne à laquelle il est consacré. L'empereur Rodolphe H récompensa magnifiquement ce travail de patience, et fit gra- ver ces vers sur une table de narbre mise sur le tombeau de Charles, d'où elle a été enlevée on ne sait par quel événement
  • Martin CZECHOWIZ : ministre socinien de Wig na, ensuite pasteur à Cujavie, puis à Lublin, né en Pologne, d'autres disent en Lithuanie, mort en 1606. C'était un homme fort savant, mais peu constant dans sa doctrine, puisqu'après avoir combattu Fauste Socin, qui voulait supprimer totalement le baptême, et avoir soutenu contre lui la nécessité de ce sacrement, mais seulement pour les adultes, il embrassa en 1570 les sentiments des docteurs de Racovie et de Socin luimême. Son traité contre Socin est conservé dans le 2e volume de la Bibliotheca fratrum Polonorum. Il a fait depuis nombre de traités de controverse, tels que, 1° celui De pœdobaptistarum origine et de eaopinione qua infantes prtmo natiritatis eorum exortu bap- t izandos esse creditur, l: i7: i e une traduc- tion dtt grec en polonais du Nouveau Testament, Racovie, 1517 et autres ouvrages dont on trouve la liste dans la Bibliotheca anti- trinitariorum, page 50 et suivantes
  • Martin DEVOS( 1534 - 1604) : peintre, né à Anvers, vers l'an i 1534 , étudia d'abord sous son père, Pierre Devos, ' et ensuite sous Franck Floris. Il fit le voyage de Rome, où des études constantes d'après les plus beaux ouvrages, et des recherches relatives à son art, le distinguèrent et le firent considérer comme un maitre habile. Il alla de Rome à Venise où le fameux Tintoret l'associa à ses travaux, et l'em- ploya à peindre le paysage de ses tableaux. De re- tour dans sa patrie, Devos fut admis dans la société des peintres d'An\ ers en 1559. Martin traitait bien 1. l'histoire ; ses portraits, quoiqu'en grand nombre, sont fort estimés. Colaert et les Sadeler ont beaucoup gravé d'après ses dessins. il termina ses jours , à Anvers en 1604. Ses élèves sont Pierre Devos, r. son frère, Guillaume Devos, son neveuet Venceslas lioèbffgher. Le Musée du Louvre possède deux tait, bleaux de ce maitre ; le premier représente les principaux fleuves de l'Asie et de l'Afrique, avec IF des naïades, des tigres et des crocodiles. On voit dans le second, Pan appuyé contre un arbre, prêt à 1 combattre des tigres
  • Martin DOBRITZHOFFER : jésuite allemand, alla comme missionnaire au Paraguay, où le gé-• néral de la compagnie pouvait, en vertu d'une permission accordée par le roi Philippe V en 1735, envoyer un quart de religieux nés dans d'autres pays que l'Espagne. Après i ng tde ux ans de pé- nibles travaux, Dobritzhoffer res int en Europe, oit il mourut le 17 juillet 1191. On a de lui : Histo- ria de Abiponibus, equestri bellicosaque Paragua- rie natione, etc , Vienne, 1183-1784, 3 vol. as cc cartes et figures. Cet ouvrage parut en même temps traduit en allemand, par A. Kreil, professeur à Pest. Le 1" volume, qui est le plus intéressant, comprend la description des gouvernements du Paraguay, de Buenos- yres, de la terre des Missions, du Tucuman et du Chaco. Tout ce qui concerne la géographie physique et civile et l'histoire natmelle du pays y est traité dans le plus grand détail. On y trouve des documents intéressants. Le 2e volume donne la description de, Abipons, nation guerrière du Chaco, et celle de leur pays. Le 3' offre l'histoire des Abipons et des colonies établies chez eux. On ne peut lire la relation de ces établissements, sans admirer la fermeté inébranlable et la patience des missionnaires pour convertit les peuples sauvages de *l'Amérique méridionale, leur dévouement pour les leur adresse pour les gouverner ; mais il faut convenir en même temps que ces religieux se sont plus occupés d'enseigner à leurs néophytes la pratique iles cérémonies de l'église, que de les pénétrer de la connaissance des préceptes de la religion chrétienne capables de former leur esprit et lem- coeur. L'histoire des Abipons de Dobritzhoffer est, comme celle du Paraguay par Charlevoix, plutôt destinée à prôner les faits de la compagnie de Jésus, qu'à donner des lumières sur les pays et les peuples dont il est question : ces derniers objets ne sont qu'accessoires. Dobritzhoffer, en exaltant le mérite de ses confrères, a eu surtout pour but de faire voir de quelle énorme injustice on s'était rendu coupable, en supprimant sa compagnie. Son livre, assez important pour l'histoire et la géographie, est rédigé avec peu d'ordre; on n'y trouve rien néanmoins qui ne paraisse authentique. Suivant don Félix Azara, qui avait longtemps résitié au Paraguay, Dobritzhoffer, de retour dans sa patrie, a rédigé avec beaucoup de prolixité ce qu'il avait entendu dire à Buenos Ayres ou à l'Assomption ; ruais il n'a jamais pénétré dans l'intérieur du pays, et n'a pas observé luimême. La carte que ce jésuite ajoute à son ouvrage est mal dessi- née, et, d'après le témoignage de son auteur, elle. n'est pas fondée sur des mesures géométri- pies
  • Martin DORPIUS( 1400) : né à Naeldwyck, en Hollande, vers la fin dtt 15° siècle. Après avoir étudié à Louvain, il professa l'éloquence et la philosophie à Lille, et fut créé docteur en théologie en 1515. Son mérite lui présageait une carrière distinguée ; mais il fut moissonné à la fleur de son âge,- k 31 mai 1525. 11 était alors à la tète du collége du StEsprit à Louvain 11 fut enterré dans cette ville au couvent des chartreux, et Erasme honora son tombeau d'une épitaphe en vers latins, aussi élégante que flatteuse. Ce grand homme faisait un cas particulier de Dorpius, bien que celuici eût attaqué son Eloye de lu Folie, cette satire piquante qui dut faire une si grande sensation à l'époque où elle a paru. Erasme répondit à son adversaire avec la politesse la plus exemplaire ,et Dorpius, touché de cette conduite, se réconcilia sincèrement avec lui. Erasme, en rendant compte, dans l'abrégé de sa vie, de ses divers démêlés littéraires, déclare qu'il faut omettre sa dispute avec Dorpius, parce qu'il avait été convenu entr'eux qu'elle serait regardée comme non avenue. Thomas Morus, également ami d'Erasme et de Dorpius, prit parti pour l'Elotie de la Folie, et il adressa à Dorpius luimême l'apologie qi Cil en fit. Dorpius joignait à beaucoup de connaissances dont la réunion était assez rare de son temps une manière de penser trèslibérale. Il méritait d'avoir pour amis des hommes tels que 1Iorus et Erasme. 11 a laissé, outre son épitre à Erasme sur l'Eloge de la Folie, quelques harangues latines dont une de Laudibus Aristotelis, contre Laurent Valla, 1514 et un petit recueil contenant : Dialogus Ve- ntris et Cupidinis Herculem, animi ancipitem, in suam niilitiam, invita virlute, propellentium. — Complementam Aulularice plaatince, et prologus in Militera ejusden. — Epislola de Hollandorum Moribus; à Louvain
  • Martin DROLLING( 1752) : peintre de genre, naquit en 11i2 à Oberhergheim, près de Colmar. Après ax oir étudié obscurément sous un maitre alsacien, il %int a. Paris, où il s'acquit un nom dans le genre de Chardin. Ses tableaux se recommandent par une fidèle imitation de la nature; mais rien n'y est sacrifié. 1,es ligures et les moindres accessoires y ont la même valeur, de sorte que l'aspect général de ces petites toiles est froid et.monotone. Martin Drolling a exposé eu 1799, Mai, on à vendre; en 1800, le Musicien ambulant ; un Jeune Homme lisant la Bible; une jeune Femme faisant sécher des plantes; en 1802, Dieu vous assiste; en 1801, l'Écouteuse aux portes; une Scène foui lière; en 180ti, une Femme lisant la Bible ; une Cuisinière récurant un chau- dron ; l'Heureuse nouvelle : tableaux qui lui méritèrent uné mêdaille ; en Isto, le Prince chéri; l' Hospitalité; les Deux petits Frères; en 1812, un Marchand forain; en 181i, six tableaux : une Lai- tière; la Marchande d'oranges; Sapho et Phaon une Jeune femme portant des secours à une famille malheureuse ; Dites votre mea culpa ; le Verglas. En 1817, Martin Drolliiig était à l'apogée de son talent; on remarqua de lui au salon de cette année la Mai- tresse d'Ecole de village; l'Intérieur d'une salle. manger, et l'Intérieur d'une cuisine, qui fut aeleté Polit' le Luxembourg, et qui orne aujourd'hui le musée du Louvre. Martin Drolling mourut peu de temps après ce succès, le 16 avril 1817
  • Martin DURAND-MOLARD( 1771 - 1831) : ne i ChàtillonsurChalaroune, en 1771, fit ses études à Bourg on Bresse, et son cours do philosophie au séminaire de StIrénée à Lyon, d'où il sortit au mois d'aoilt 1790. S'étant rendu à Paris aussitôt après, il y prit part, sous les auspices de son compatriote Cerisier, à la rédaction du journal intitulé Gezerte unirersle , qui fut proscrite comme royaliste après la journée du 10 août, 1792. Obligé , de la rédaction du Courrier républicain , journal qui , depuis le 9 thermidor , n'ayant conservé de républicain que le titre, était une des feuilles les plus ardentes à poursuivre les .iacobins. Quel- que temps ayant le 13 vendémiaire, DurandMotard écrivit avec force contre le projet formé par les meneurs de la Convention de se perpé- tuer en place, à l'abri de leur constitution dite de l'an 3. 11 lit , avec RicherSérisy et Dolalot, partie du comité que la section Lepelletier avait créé dans son sein, afin de résister à la tyrannie conventionnelle. Après la défaite des sections de Paris dans la journée du 13 vendémiaire , il fut condamné à mort par contumace, par la commission militaire séant au Tlu comme ayant provoqué le rétablissement de la royauté. En 1797 , Dandré, alors commissaire du roi à Paris, le mit à la tète du journal l'Europe polit; que littéraire , ° né à la cause royale. Il fut , à ce titre, compris dans le décret de déportation du 18 fructidor. Réfugié à Lyon pendant la fameuse campagne de SuNNarow en 1799 , il y fit paraltre quelques écrits ro\ alistes , et notamment une brochure a)aut pour titre Aoidote à la prorlani, ition remplit encore pendant plusieurs années les fonctions de secrétairegénéral de la préfecture. Revenu à Paris en 1827, il y réclama vainement du gouvernement des Bourbons une récompense de ses anciens services. N'ayant pas inéme obtenir la croix ( le la Légiond'llonneur, , il se retira à Nantes, où il mourut en 1831
  • Martin EHLERS( 1732 - 1800) : professeur de philosophie à Kiel , né à Nortorf, dans le Holstein, le 6 janvier 1732, fut nommé recteur à Segeberg en 1760, à Oldenbourg en 1769, à Altona en 1771, et alla enfin, en 1776, professer la philosophie à Kiel, où il est mort le 9 janvier 1800, àgé de 68 ans. Il a consacré une partie de sa vie à perfectionner les méthodes d'enseitr.nement dans les écoles publiques, et l'A Ilemagnelui doit phisieurs institutions utiles, résultat des méditations d'un philosophe ami de l'humanité. Ses ouvrages sont ceux d'un homme qui se consacre à la recherche de la .vérité. Plein d'enthousiasme pour la vertu, il s'occupe dans ses oeuvres philosophiques de prouver qu'une bonne conduite est le moyen le plus sûr d'être heureux. Toutes ses pensées sont celles d'un sage ; on y trouve une foule de vérités importantes, présentées avec clarté et simplicité. Son style est facile et agréable. On lui reproche cependant des périodes un peu trop longues. Ses principaux ouvrages sont : Recueil de petits traités sur l'enseignement des écoles publiques et l'éducation en général , Flensbourg , 1176 , , en allemand , ainsi que les suivants. 2° Considérations sur la moralité de nos jouissances et de nos plaisirs , ibid., 1790 , 2 vol. C'est son ouvrage le plus remarquable. Il y a joint une introduction en forme de discours académique, qui est fort estimé. 3° Quelques portraits pour les bons princes et ceux qui se consacrent à l'éducation des enfants des rois, à Kiel et Hambourg, f 786, 2 vol- i0-8°. L'amour de la vérité faisait le principal trait de son caractère , et lui a ? alu l'estime et le respect de tous ses contemporains
  • Martin FOGEL( 1634 - 1675) : en latin Fogefius, mal nommé Vogel dans quelques dictionnaires, né à Hambourg en 163k , étudia d'abord la théologie et s'appliqua ensuite à la médecine , science dans laquelle il fit d'assez grands progrès. Après avoir terminé ses cours, il se rendit en Italie et prit ses degrés à l'université de Padoue ; il consacra ensuite quelques années à visiter les principales villes d'Italie et d'Allemagne, et revint en 1666 dans sa patrie, où il exerça son art avec beaucoup de réputation. En 1672 il fut nominé professeur de logique et de métaphysique au gymnase de Hambourg; il mourut en cette ville le 21 octobre 1675, à l'âge de 42 ans. Le principal ouvrage de Fogel ne parut Glue quatre années après sa mort; il a pour titre: Joachimi Jungii prœcipuœ opiniones physice passim receptœ , breviler quidem sed accuratissime exami- nate , Hambourg, 1679 On tonnait encore de lui : Observalio de submersis non su// ocatis , insérée dans le no 115 des Éphémérides de l'Académie des Curieux de la nature. Fogel avait une bibliothèque assez curieuse, surtout en livres de son état ; le catalogue en fut imprimé à Hambourg en 1698 Morhof, qui était son ami particulier, rapporte dans son Polyhistor le détail de près de quarante ouvrages qu'il avait laissés inédits, dont la plupart étaient pras pour l'impression , surtout l'Historia Lynceorum , en 2 volumes , et le commentaire De Turcarum nepenthe, qui était sans doute un traité de l'usage de l'opium chez les Turcs. Parmi les autres on remarquait une Historia medicorum preerita , servant de supplément à toutes les autres biographies de Leibnitz, ayant acquis cc précieux manuscrit, le déposa la bibliothèque de Wolfenbüttel, où il se conserve encore. Bianchi , s'en étant procuré une copie, en inséra le précis dans l'édition qu'il donna en 174 du Phylobasanos l'ab. Colonna ; Historia philologorum ; De lingua Finnica observationes ; Germanicoe lingue etymoscopia ; Etymoscopia philosophica qua ostenditur cognatio totius fere telluris linguarum ; Linguarum rarietates.— Son fils, Charles- Jean FOGEL, reçu en 1 702 licencié en droit à Orléans, exerça la jurisprudence à Hambourg , sa patrie , et s'y fit connaître par quelques travaux littéraires. — Ses deux fils, Théodore- Jacques et Jean- Henri FOGEL, ont publié en commun une Notice sur plus de 300 Hambourgeois qui ont occupé des places honorables hors de leur patrie , Ham- bourg, I 735 et une Notice des ecclésiastiques qui se sont ( listing- nés dans les pays étrangers, 2e édition augmentée, ibid. ,17:58 Ces deux ouvrages sont en allemand. ThéodoreJacques a été l'éditeur de la Bibliotheca Hamburgensium eruditione et scriptis clarorum, il id., 1738 dont son père avait laissé le manuscrit
  • Martin FOLKES( 1690) : fut , parmi les savants du 18e siècle , un des plus remarquables par le nombre et l'utilité de ses travaux et par les éminents services que son zèle infatigable a rendus aux lettres et aux sciences. Il naquit à Westminster le 29 octobre 1690. Envoyé en France à l'université de Saumur, il y fit des progrès trèsrapides dans le latin , le grec et l'hébreu : après la suppression de l'université de Saumur, qui eut lieu en janvier 1695, le jeune Folkes passa clans celle :11donna en même temps une 2. édition d'un ouvrage qu'il avait publié en 1736 , intitulé : Table des monnaies d'or d'Angleterre , depuis la 18e année ( lu règne d'Édouard III, époque à laquelle on commença à frapper des monnaies en or en Angleterre, jusqu'au temps actuel. Ce dernier ouvrage a été publié de nouveau en 1763 avec un plus grand nombre de planches, d'après les manuscrits de l'auteur , par les soins et aux frais de la Société des antiquaires. Les nombreux mémoires que Martin Folkes a lus à la Société royale de Londres se recommandent presque tous par leur utilité ; nous indiquerons les principaux : Remarque sur l'étalon de la mesure conservée dans le Capitole ci Rome, vol. 39, n° 412, p. 2G2; 4° Comparaisons entre les mesures et les poids de France et d'Angleterre, vol. 42 , 465 , p. 185 ; 3° Comparaisbn de divers étalons de mesures de longueur et de poids fabriqués pour la Société royale , avec les étalons conservés d la Tour, à , d FounderHall, vol. 42, no 470 , p. 511; 6° Expériences relatives à la fragilité des vases de verre non recuits, vol. 43 , n° 477 , p. 505 ; 7° Remarques sur quelques incrustations vues à Rome dans la villa Ludot'isi, vol. 43 , p. 557 ; 8° Observations pour jitstifier un passage de Pline contre une correction erronée du P. Hardouin , vol. 43 , n° 482 , p. 565. 11 est question dans ce mémoire de la longueur de l'ombre équinoxiale du gnomon dans la ville d'Ancône et de la latitude de cette ville; 9° Examen des plus anciennes cartes d'Angleterre, lu à la Société royale en 1715 : Folkes prouve que ce sont celles de Christophe Saxton et que les plus anciennes de cet auteur sont de 1571. Martin Fontes a inséré dans l' Archœologia Britannica les mémoires suivants lus à la Société des antiquaires : Observations sur les colonnesTrajane et . Intonine, vol. ler, p. 117, et Observations sur une statue équestre en bronze, vue à Borne, vol. ter, p. 122. Le Traité d'optique de Robert Smith , publié en 1738 renferme plusieurs observations intéressantes de Folkes sur les phénomènes de la vision. Ce savant avait réuni une belle et riche bibliothèque et une des plus belles collections de médailles et de monnaies qu'on eût encore vues en Angleterre. Il aida généreusement l'ornithologiste Edwards et le célèbre voyageur Norden clans la publication de leurs travaux. Il y a eu plusieurs portraits gravés de Folkes : l'un peint en 1718 par Richardson, gravé par Smith en 1719 ; un autre peint par Vanderbank en 1736 , gravé par Faber en 1757 ; un troisième peint par le fameux Hogarth en 1741, conservé par la Société royale, gravé de même par Faber en 1742 et inséré par Cook dans ses anecdotes biographiques sur Hogarth 1810, vol. 2, p. 456; un quatrième enfin peint parlIudson et gravé par M. Ardell : on en trouve encore deux autres, l'un dans la Bibliomanie de Dibdin et l'autre dans les portraits des hommes illustres de Danemarck, 1746, '7 part. JeanAntoine Dassier a gravé et frappé une médaille de Folkes en 1740; et deux ans après on en frappa une autre pz. à Bome avec cet exergue : Sua sidera norunt ; sur le revers sont une pyramide et un sphinx. On a érigé à Folkes en 1792 un beau monument dans l'abbaye de Westminster
  • Martin FREMINET( 1567 - 1619) : peintre, né à Paris en 4567, fut élève de son père, artiste médiocre ; mais la nature avait doué le fils des plus heureuses dispositions : il les perfectionna par les grandes études qu'il fit en Italie, principalement à Rome et à Venise, pendant un séjour de quinze ou seize ans. Sa réputation* lui mérita , à son retour en France , la place de premier peintre de Henri IV, et il fut chargé par ce prince de décorer la chapelle de Fontainebleau. Cette entreprise considérable , dont l'exécution lui fit beaucoup d'honneur, ne fut achevée que sous Louis X111, qui récompensa l'auteur en le créant chevalier de StMichel. Peu de temps après , il tomba malade à Fontainebleau, et transporté à Paris, il y mourut en 1619, à l'àge de 52 ans. Ce maitre excellait dans la composition : l'on remarqtie dans son dessin combien les connaissances de la perspective, de l'architecture et de l'anatomie lui étaient familières; mais, quoique trèscorrect dans l'ensemble de ses figures, il pèche quelquefois par l'exagération des contours et par le mouvement trop prononcé des muscles , qu'il faisait paraltre. même à travers les draperies. Ses défauts comme i ses qualités tiennent en général du goût de l'école florentine : il avait recherché la manière de MichelAnge et du Parmesan; mais la sienne est plus lourde que celle de ces habiles peintres, et elle s'éloigne de la belle nature. Son coloris est aussi trop noir et souvent MI peu dur. L'ouvrage le plus considérable de Freminet est le plafond de la chapelle de Fontainebleau, où l'on voit représentés en cinq grands tableaux divers sujets de l'histoire sainte : les plus estimés sont ceux de la Création, de l'Arche de Noé, ainsi qu'une Annon- ciation. Philippe Thomassin et Crispin de Passe ont gravé d'après ce maitre neuf estampes, dont les sujets sont également puisés dans l'Écriture sainte
  • Martin FRIESE( 1688 - 1750) : premier professeur de théologie à l'université de Kiel, né à Ripen , en 4688, mort le 15 avril 1750, a publié en lat un assez grand nombre d'écrits théologiques à l'usage tics luthériens. Nous indiquerons les suivants : 1U MMdamenla theologie theticoe, Hambourg, 1724 2° trois dissertations De erroribus pictorum contra historiam sacram, Copenhague , 1 703-1705, ; Theologica' gentilis Cimbrice purioris specimen Kiel, 1723 Il y prouve que les Cimbres païens croyaient à l'immortalité de l'âme et à la résurrection. 4° Demonstratio exegetica de nonnullis valde notez dignis modis quibus lJetus Testamentum in Novo adlegatur, etc., Hambourg, 1730 5° De usa et abusa grœcorum in primis scriptorum in illustrandis N. T. vocahulis , ibid., 1733 Il annonçait une nouvelle édition du Cours de théologie de Juger, sous ce titre : Jugerus illustra- tus, emendatus et auctus ; mais on ne sait si elle a paru. — FR1ESE , bachelier en philosophie , né en Saxe , se fixa ensuite pour quelque temps à Varsovie, sous le nom de JeanBoguslas PROSEGHOWSKI : il y publia sous ce nom la Notifia libri grœci omnium primi in Polonia typis excusi ; et quelques années après il fit paraître le premier volume d'un Journal littéraire de Pologne, contenant un récit exact des livres nouvellement publiés dans ce pays , avec des remarques utiles et curieuses , 1754 Ce volume ne porte pas le nom du lieu de l'impression, qu'on croit être Varsovie; et l'auteur n'a signé la préface que des initiales F. Z. L. Ce journal, dont il devait paraître deux volumes par an , n'a pas été continué. Friese a aussi été l'éditeur du Peregrinus, sive luise virtutis querela, de Stanislas Socolovius , Varsovie, 1759 Meusel croit qu'il est différent de Christian- Théophile FRIESE , président du consistoire évangélique ou luthérien à Varsovie , mort en mars 1795, âgé de 78 ans, auteur d'une Histoire ecclésiastique du royaume de Pologne, Breslau, 1786 , 3 tomes en 2 volumes in -8., en allemand
  • Martin GERBERT( 1720) : baron de Hornau , savant prélat catholique, naquit à Horb , sur le Necker, dans l'Autriche antérieure, le 13 août 1720, de parents peu aisés, mais dont la famille avait été trèsflorissante à Bâte avant la réformation. Après avoir fréquenté successivement l'école d'Ehingen , en Souabe, le collége des jésuites à Fribourg en Brisgau, et l'école de Klingnau, il vint à l'abbaye de StBlaise, dans la ForêtNoire, pour y étudier la théologie et la philosophie. Le princeabbé pressentait dans le jeune Gerbert de grandes dispositions; il se chargea de son éducation, dirigea ses études, le fit voyager, se servit de lui dans plusieurs affaires; enfin il le forma pour être un jour son successeur. A l'âge de seize ans, Gerbert y fit profession. La solitude des lieux qu'il habitait, et qui jadis avaient servi d'asile aux sciences contre la barbarie du moyen âge , ne lit qu'enflammer de plus en plus son goùt pour les lettres. En 1744, il fut ordonné prêtre, et enseigna dans l'abbaye de StBlaise la philosophie et la théologie. Après qu'il eut, par ses leçons et par son exemple, formé plusieurs de ses élèves pour le remplacer dans l'enseignement, on lui confia la direction de la bibliothèque du couvent. C'est en exerçant cette fonction qu'il fit beaucoup de recherches sur l'histoire ecclésiastique du moyen âge, et qu'il rassembla les matériaux de son histoire de la musique et de la liturgie. Il entreprit en 1760 un voyage en France, en Italie et en Allemagne, et s'y lia d'amitié, à Paris, avec Gluck, et à Bologne avec le P. Martini ; ce dernier avait fait aussi de grandes recherches sui' l'histoire de la musique ; ils se communiquèrent réciproquement leurs richesses, et convinrent ensemble que l'un publierait une Histoire de la musique d'église , et que l'autre écrirait l'Histoire générale de la musique. Gerbert fut d'abord surpris de l'immense nomenclature de dixsept mille auteurs, dont Martini lui donna connaissance; mais il assure qu'en visitant les différentes bibliothèques d'Allemagne, il en découvrit un nombre bien plus considérable encore, qu'il fit connaitre à son tour à son collaborateur. A l'âge de quarante cinq ans, en 1764, Gerbert fut élu, par sa congrégation, prince- abbé de St - Blaise. Ses nombreuses occupations administratives ne pouvaient arrêter son zèle pour les travaux littéraires. En 1762 il avait annoncé, par un prospectus imprimé, son dessein d'écrire l'Histoire de la musique d'église; et malgré un grand incendie qui, en 1768, dévora les bâtiments de l'abbaye, l'église, la bibliothèque , à peine relevés depuis trente ans, et quantité de matériaux littéraires trèsprécieux, cet ouvrage sortit des presses de StBlaise en 1774. En moins de trois ans de nouveaux bâtiments, construits par ses soins, avaient déjà réuni les membres de la congrégation. Il fit élever avec magnificence une nouvelle église sur le modèle de la Rotonde à Rome , et la décora d'un albâtre que fournissaient les montagnes voisines du couvent. Ce temple est l'un des plus majestueux de l'Allemagne. Pour avoir une idée de la supériorité de la nouvelle construction sur l'ancienne, on peut consulter une gravure qui , dans le Nécrologe de F. Schlichtegroll , se trouve ajoutée à l'article de Gerbert. Elle représente la médaille que les religieux de StBlaise ont fait frapper en 1783 en l'honneur de Gerbert, leur princeabbé, et le revers d'une autre médaille qui avait été frappée en 1740 pour son prédécesseur. L'une et l'autre figurent l'église et les édifices de l'abbaye tels qu'ils existaient à ces deux époques . Les soins du prélat tendaient surtout à enrichir la bibliothèque de l'abbaye. Son temps était partagé entre ses devoirs ecclésiastiques et l'étude. 11 exhortait sans cesse ses religieux à cultiver les sciences. En leur rappelant que le monde littéraire devait aux travaux de leurs prédécesseurs l'histoire des Ili et 12e siècles, il leur disait souvent : « Notre état est un « état de pénitence, de travail ; s'il y a des gens « qui nous reprochent d'être des membres inu- « tiles dans la société, nous ne pouvons mieux y « répondre qu'en nous occupant utilement, et « en publiant des ouvrages savants qui attestent « notre application à l'étude. » On doit à cette impulsion l'entreprise du grand ouvrage sur le moyen âge intitulé Germania sacra, dont le premier volume a été publié en 1791, par les soins du P. Émile Ufferinann , bibliothécaire de l'abbaye de StBlaise. Quand les rédacteurs firent part à leur abbé du plan de l'ouvrage, il en fut tellement satisfait, qu'il s'écria : Nunc dimillis servum tuum Al avait un goût prédominant pour la musique; et il avouait naïvement qu'il avait eu beaucoup de peine à retenir cette passion dans de justes bornes « C'est par cette raison, ajoutaitil, « que j'ai préféré de m'occuper de la musique « d'église. » Pour esquisser le caractère moral de l'abbé Gerbert, nous nous servirons des propres paroles d'un philosophe de ses amis : «Ce qu'il « avait de dévot faisait aimer la dévotion; ce qu'il « avait de moral dans sa « physionomie faisait aimer les moeurs; ce qu'il « avait d'imposant faisait aimer l'ordre, la dis-« tinction des rangs, la subordination.11 était un « modèle de la véritable humilité chrétienne, et il « avait aussi plus de sensibilité de coeur que je « n'en ai encore trouvé dans un moine. Ah! que « je l'aimais! Ah ! que je l'ai regretté! » Il mourut le •3 mai 1793, dans un âge trèsavancé. Comme littérateur, il s'est acquis la plus haute réputation par un grand nombre d'ouvrages savants sur diverses matières. Dès le temps même qu'il professait, il en avait déjà publié quelquesuns, qui avaient pour objet des questions de philosophie et de théologie. Le premier ouvrage que nous connaissons de lui est intitulé Martini Gerbera et Remigii Kleesati 24 offertoria solemnia in festis Domini, B. Ilirginis et SS., Opus 1, Augsbourg, 1747 Après avoir été nommé bibliothécaire de l'abbaye, il fit paraître son Apparatus ad eruditionem La construction de la nouvelle église était achevée en 1781; mais elle ne fut consacrée qu'en 1789, parce que le plus ancien diplôme que la congrégation de StBlaise possède comme abbaye, et qui lui a été donné pli. l'empereur Othon 11, est daté de l'an 983, huit siècles auparavant. en 1775 Cet ouvrage contient la relation de ses voyages, faits en 1760 et 1761 ; il traite principalement de la Suisse; et il est trèsprécieux pour la description des monuments d'antiquité et des riches bibliothèques des lieux de cette contrée visités par l'auteur. On y peut puiser aussi des notions trèsexactes sur les limites qui séparaient l'Allemagne de la Suisse dans le moyen âge. Il existe de ce voyage une traduction allemande, par K6hler , Ulm, 1767 niais elle n'est pas estimée. 2" Codex epistolaris Rudolphi 1, Romanorum regis , commentario illustratus : prœmittuntur fasti Rudolphini ; accedunt auctaria diplomatuni, StBlaise, 1772 Cette collection, importante pour l'histoire de la maison de Habsbourg, est plus complète et plus exacte que celle qu'a publiée Cebu Cenni. F. J. Bodmann y a fait un supplément, Leipsick, 1806 fig. 5. Pinacotheca principum Austriœ, in qua marchionum, dam, , archiducumque Austrice utriusque sexus simulacra , statue, anaglypha, ceteraque sculpta, relata pirtare monumenta , tabulis œneis incisa proferuntur et commentariis illustrantur ; opera et studio Alarg. Herrgott, Rusiez' Heer et Martin. Gerbert, 1768. Une nouvelle édition en fut publiée en 1773 Cet ouvrage rectifie une erreur longtemps accréditée par les historiens qui soutenaient que le Duccitus Suant e • dont l'empereur Rodolphe I fit don à son fils Rodolphe, était situé en Souabe, tandis qu'il se composait des possessions de cet empereur en Suisse et en Alsace. 4° Taphographia principale' Austriœ , monumentorum donna Austriacce to, nus 4 et ultimus, 1772 , 2 parties avec 118 gravures. Cc volume est d'un grand intérèt pour l'histoire helvétique, nonseulement sous le rapport des recherches savantes de l'auteur, mais aussi à cause d'un recueil de soixantetreize pièces justificatives. Il y a dans la seconde partie une description détaillée des tombeaux trouvés en Suisse et transportés à StBlaise de 1762 à 1770. On y a joint une version allemande du Chronicon Kœnigsfeldense. Gerbert a réuni dans un volume particulier les matières les plus importantes contenues dans la deuxième partie de cet ouvrage, et les a publiées sous ce titre : De transitais Habspurgo Austriacorum principum eorumque conjugue cadaveribus ex ecclesia cathedrali Basileensi d monasierio Kœnigsreldensi in Helretia ad conditoriunz nocum monasterii Sti- Blasii in Sylva 'Vigra per Alartinum Gerbertum, 1772 avec sept gravures. Il a néanmoins fait des changements dans ce volume, qui renferme quinze documents nouveaux, qu'on ne trouve pas dans la Taphographia, et qui ont rapport à l'histoire de Berne et de Lausanne. Une autre édition de cet ouvrage l'ut publiée sous ce titre : Crypta San- Blasiana nova principale" Austriacorum, StBlaise , 1785 avec neuf gravures. 5^ Historia Nigrce Sylve, 1783, 3 vol. avec cartes et gravures; c'est un livre indispensable pour les recherches historiques, et surtout pour celles sur la Suisse. Nous remarquons dans le tome 2 une description très-étendue, aussi neuve que curieuse , des ruines du thermes construits par les Romains près de Badenweiler, dans le grandduché de Baden, et qui n'ont été découvertes qu'en 1 784 par le diacre Preuschen. Plusieurs planches répandent beaucoup de clarté sur ces constructions antiques. 6° De Rudolpho Suerico, comite de Rhinfelden , duce, rege, deque ejus inlustri familia ex auguste' ducum Lotharingie prosapia apud D. Blasii sepulta ; crypte huic antiquce nova Austriacorum principum adjunda, StBlaise, 1785 avec gravures. On y trouve des matériaux précieux pour l'histoire du 11e siècle. Ces productions auraient suffi pour assigner à Gerbert une place distinguée dans le inonde littéraire; niais le service qu'il a rendu à l'art musical par ses savantes recherches n'est pas moins digne de reconnaissance. Parmi les ouvrages qu'il a publiés sur cet art, on distingue les suivants : 7^ De cantu et music; il est écrit sur parchemin, en lettres onciales, qui, par leur forme, indiquent qu'il est du 8e siècle , et non du 10° ou du Ile, comme quelques auteurs le prétendent. Ce missel, écrit à Pfeffers, est dédié à l'abbé Adalbert , dans la suite éveque de Coke, et il a passé du couvent de Hornbach à Soleure; 9" Alonumenta veteris liturgie Alemannicce, ex an- tiquis manuscriptis codicibus. Pars 1, StBlaise et Ulm, 1777, et pars 2, ibid., 1779, grand 10^ Scriptores ecclesiastici de musica sacra, potissimum ex varus Italie, Galliœ et Germanise codicibus collecii, StBlaise et Ulm, 1784, 5 vol. grand Ces trois volumes contiennent la collection de tous les auteurs originaux, au nombre de plus de quarante, qui ont écrit sur la musique d'église depuis le 5e siècle jusqu'à l'invention de l'imprimerie; leurs différents ouvrages sont classés selon l'ordre chronologique, en sorte que les pièci. justificatives se trouvent toujours placées à e, de l'histoire de l'art musical. C'est un des piLs beaux monuments littéraires que Gerbert nit sés. L'ordre et la clarté qui s'y distinguent prouvent combien ce savant prélat était supérieur au P. Martini , dont les ouvrages sur la même matière sont diffus, quoiqu'ils ne manquent pas d'ailleurs d'érudition. Après la mort du princeabbé, on a publié encore de lui : to De sublimi in Evanyelio Christi juxta divinam Verbi incarnati œconomium, tomi 5, 1795 ; 20 une nouvelle édition de la Numotheca principum de P. Afarq . Herrgott , qui forme la première et seconde partie du tome 2 des Monumenta domus Austr., 1791 ; 5" Ob- serrationes in Bertholdi sen Bernoldi , Constantiniensis presbyteri , opusrula , ex ejus scriptis collecte et illustratœ , qui se trouvent à la tète des llonumenta res Alemannicas illustrantia, par Levi.- mann , 1792, 2 vol. Ces trois ouvrages sont encore sortis des presses de l'abbaye de StBlaise, qui ont si bien secondé le génie infatigable de cet illustre prélat
  • Martin GONSALVE( 1325) : hérésiarque, né à Cuença en Espagne vers l'an 15iti, se distingua lut le premier hérésiarque en Espagne qui ait subi ce supplice. Il le souffrit avec constance, et en assurant les spectateurs qu'il renaitrait de sa cendre, pour venir encore remplir la mission à laquelle Dieu l'avait destiné. Son disciple Nicolas voulut le faire passer après sa mort pour le fils de Dieu , qui (levait sauver, au ,jour du jugement , tous les damnés par ses prières. Mais on ne lui laissa pas le temps d'attendre l'accomplissement de sa prédiction ; ce fanatique fut arreté et subit le meme supplice que son maitre
  • Martin GRANDIN( 1604 - 1691) : savant docteur de la maison et société de Sorbonne, né à StQuentin en '1604, fit ses premières études à Noyon et à Amiens. Ayant pris le bonnet de docteur, il exerça pendant quelques années les fonctions pastorales mais en 1658 , une des chaires de Sorbonne ayant vaqué, elle lui fut offerte : il vint l'occuper, et ne quitta plus cette maison. Il mourut en 1691.. dans sa 87e année, après plus de cinquante ans de professorat, exercé avec zèle et avec l'approbation. générale. C'était un homme pieux , d'une érudi- tion très-étendue, parlant bien et avec facilité, et des mains duquel sortirent un grand nombre d'élèves qui furent utiles à l'Etat et à l'Eglise. On a de lui une théologie, sous le titre de Martini Grandini disputationes theologicœ , Paris , 1710 , 6 vol. Elle est écrite avec méthode ; le latin en est pur, le style clair, et elle passe avec raison pour un. des meilleurs ouvrages de ce genre : elle fut publiée par l'abbé d'Argentré, depuis évèque de Tulle, habile théologien luimême et bon juge en pareille matière . - Un autre M. GRANDI\ , bachelier en théologie de la faculté de Paris, et professeur de philosophie au collége de Navarre, a donné en 172 'É une nouvelle édition des Récréations mathématiques d'Ozanam , dont il a retouché le style en plusieurs endroits et retranché plusieurs propositions peu dignes d'un philosophe. Il y a aussi ajouté les problèmes de musique. Cette édition a eu du succès pendant quarante ans, jusqu'à ce que Montucla en eût donné une autre tellement supérieure.qu'elle peut passer pour un nouvel ouvrage . On a encore du nième Grandin un discours De la nature du feu et de sa propagation, présenté à l'Académie des sciences pour le prix de 1718 , et dont on peut voir l'extrait dans le Journal des savants de 1739
  • Martin GRUNDMANN( 1629 - 1696) : ministre luthérien, né en 1629 dans la Silésie, fut nommé pasteur du bourg de Crunau, dans la haute Lusace; il en remplit les fonctions avec beaucoup de zèle pendant plus de cinquante années, et mourut en 1696, dans un âge avancé. Il a publié quelques ouvrages de controverse , qui n'offrent aujourd'hui aucun intérét, et a laissé en manuscrit un grand nombre de dissertations sur des matières de théolegie, (l'histoire et d'antiquités, dont la collection formait 6 volumes et 10 — Christian GRUNUMANN , son fils , naquit à Grunau le 18 décembre 1668 , et après avoir fait ses premières études dans sa famille , fut envoyé à Gorlitz, où il suivit pendant cinq années les leçons d'un habile professeur. Il se rendit ensuite à Leipsick et fréquenta quelque temps les cours de l'université. Deux thèses qu'il y soutint en 1690 et en 1691 , l'une De lhburgi origine. l'autre De calcule alto veterum donnèrent une haute idée de son érudition , et un grand seigneur allemand le pria de se charger de l'éducation de ses enfants. Il fut nommé , en 1696, adjoint au pasteur de Heuckewald , dont il épousa la fille. Il lui succéda en 1706, et gouverna son église avec autant de zèle que de sagesse jusqu'à sa mort, arrivée le 6 février 1718. Christ. Eberhardt, son ami , prononça son éloge, imprimé dans les JIlisce lia nen Lipsiensia, t. 12. Il avait fondé dans son canton une Académie sous le titre de Collegium philolitterarium , et il était en correspondance avec presque tous les littérateurs de l'Allemagne. 11 a laissé plusieurs ouvrages tant imprimés que manuscrits, dont on trouvera la liste à la suite de son éloge. On se contentera de citer : Urnce defunctorum imprimis ernditorum, dans le Miscellan. Lipsiens., années 1713 , 1714 et '1715; 2c, Ossa et cineres guorumdam in republ. orbis Europœi tom civili, tum imprimis lineraria, anno 1 716 , defunctorum, Leipsick, 1717 ; 3. Ossa et cineres, anno 1717, defundorum, rom supplementis et additamentis ad lib. priorem , ibid., 1718 Eberhardt. fut l'éditeur de ce dernier recueil. Grundmann, dit Struvius, a suivi les traces de Witten ; mais il est plus exact ; il entre dans tous les détails qui peuvent servir à bien faire connaître les savants dont il donne l'histoire, et c'est avec raison qu'on le regarde comme un de nos meilleurs biographes
  • Martin GUERRE : né à Andaye dans le pays des Basques, est connu par une aventure unique dans l'histoire, à laquelle donna lieu son mariage avec Bertrande de Rois, du bourg d'Artigat, au diocèse de Rieux. Après dix ans de cohabitation avec sa femme, dont il existait un enfant, il fut obligé de passer en Espagne , où il porta les armes, et eut une jambe emportée d'un coup de canon à la bataille de SaintQuentin. Au bout de huit ans d'absence, Arnaud du Tilh, qui, dans une longue familiarité, s'était informé de toutes les circonstances qui pouvaient le regarder, lui , sa femme, sa parenté et son pays, se présente à Bertrande sous le nom de Martin Guerre. Trompée par la figure !de l'imposteur et par tous les qu'il lui donne , elle le reconnait pour son mari, l'admet dans sa maison, à sa table et dans son lit. Les quatre soeurs de Martin Guerre le reconnurent aussi pour leur frère, et Pierre Guerre, oncle de Martin , pour son neveu, sans qu'il vint dans l'idée de personne le moindre doute sur l'identité. Il jouissait paisiblement du fruit de son imposture, quand un soldat de Rochefort, que le hasard lit passer par l'Artigat, publia que le véritable Martin Guerre était en Flandre ; mais Bertrande tic Rois , qui était dans la bonne foi , soutint que le prétendu Martin Guerre était son mari, ou le diable dans sa peau. Cependant du Till' ayant voulu exiger durement de Pierre Guerre un compte trop rigoureux pour la gestion de ses biens pendant son absence , Pierre lui suscita do mauvaises affaires , le fit constituer prisonnier et, sur une procuration obtenue par force de Bertrande , il poursuivit criminellement du Tilh comme imposteur. Dans le cours de la procédure, celuici donna, de tout ce qui avait précédé, ac- compagné et suivi le mariage de celui dont il tenait la place , jusqu'au moment de son évasion, un détail si exact et si bien circonstancié , qu'il n'y avait que Martin Guerre qui pût être aussi bien instruit. Il en portait d'ailleurs tous les signalements sur son corps : deux soubredents à la mâchoire supérieure; une cicatrice au front, un ongle du premier doigt enfoncé , trois verrues sur la main droite, une autre au petit doigt, une goutte de sang à l'oeil gauche, etc.; et de cent cinquante témoins qui furent entendus, quarante le reconnurent pour Martin Guerre; soixante n'o- sèrent prononcer, tant la ressemblance leur paraissait frappante; il n'y en eut que cinquante qui soutinrent qu'il était Arnaud du Tilh , dit Pan- selle, du bourg de Sagies. Dans le temps que les juges étaient fort embarrassés pour décider , le véritable Martin Guerre arriva de Flandre. Il se fit aisément reconnaître, malgré sa jambe de bois; du Tilh, confondu , après avoir soutenu pendant quelque temps son rôle avec beaucoup d'assurance, dévoila tout le mystère de son imposture; et, par arrêt du parlement de Toulouse, il fut pendu le 16 septembre 1560, devant la porte de Martin Guerre, et son corps jeté au feu. Ses biens furent adjugés à une fille qu'il avait eue de Bertrande de Bols, pendant les trois ans qu'elle avait habité avec lui de bonne foi
  • Martin HUBNER( 1723) : publiciste, né eu 1725 dans le Hanovre, mais élevé en Danemarck, commença son éducation à l'école de Frederiksborg , et devint précepteur chez le comte Christian de Holstein. Plus tard il fut nominé professeur à l'université de Copenhague. La direction de ses études le conduisit à rechercher les sources du droit ; il se proposait de consigner le résultat de ses travaux bits un grand ouvrage qu'il attrait intitulé Système du droit de la nature et des gens ; mais différents voyages qu'il lit , soit par ordre du roi de Danemarck et de l'université , soit pour perfectionner ses connaissances dans la société des savants, l'obligèrent d'abandonner ce projet. Il détacha donc de cet ouvrage le morceau qui , conseiller de justice , conseiller d'État , et conseiller- de conférence . Déjà membre de la société royale , 1756 Cet ouvrage , écrit en français, a été imprimé avec e édition) n'en persiste pas moins a le lui attribuer . 20 Essai sur l'histoire du droit naturel, Londres , 1757, 2 vol. ; il y a des exemplaires grand papier . C'est une excellente introduction à l'étude du droit public. Dans la première partie l'auteur suit les traces du droit naturel chez les différents peuples, male les plus barbares ; dans la seconde, il en donne l'histoire depuis Grotius, qui le premier a publié sur ce sujet important un ouvrage ex professaDe la saisie des bdtiments neutres, la Haye , 1759 ; réimprimé en 1778. Les frais des voyages qu'il fit par ordre de l'université de Copenhague furent imputés sur les fonds du legs laissé, en 1681, par Pie, re Lassen , et qui devait être employé pour le bénéfice du public : lit Publici _ Brug, porte le testament. Les écrivains danois que nous avons consultés ne partagent cependant pas l'opinion de Barbier ; et ni l'on considère en outre que Hiibner a désavoué publiquement dans Je Journal des Savants, édition de Hollande, 1760, l'ouvrage qu'on lui attribue , on reconnaîtra peut-être que le bibliographe français s'est un peu avancé en disant que la dénégation de Htibner a été dictée par la politique et non par la vérité. D —z—s. . Un écrivain pseudonyme , cité par Barbier , a critiqué les principes de l'auteur et les conséquences qu'il en tire dans une brochure intitulée Doutes et questions proposés par . tlontanus à Batarus sur les droits de la neutralité, par flübner, Londres , 1781 On a encore de Ilübner : 10 Oratio de immortalibus Lutheri iii imperia meritis , Copenhague, 1761 ; 2" Disp. inauguralis de reditibus publicis, ibid., 1766 ; Introductio ad jus publicum tiorum, ibid., 1767 ; 4° Oratio de jurispiudentia religioni amiea , ifiid., 1769 ; Oraison funèbre du comte de Bernstorff , ibid. , 1772 ; traduit en allemand par J.Il. Schlegel ; tic enfin on a publié à Copenhague, en 1774 , deux discours en danois , prononcés par lliibriet dans la société royale (l'économie domestique. D—z—s et W—s.
  • Martin LANGLOIS : était échevin de Paris, los sque le comte de Brissac, nommé gouverneur de cette ville par Mayenne, convint avec Lhuillier, prévôt des marchands, d'en ouvrir les portes à‘ Henri IV. Langlois était depuis longtemps lié d'amitié avec le capitaine SaintQuentin , sieur de Beaurepaire, colonel des Wallons, et avait cherché à lui inspirer de la défiance des Espagnols , afin de l'attacher au parti du roi. Cet officier ayant été arrêté sur un simple soupçon du complot, l'exécution du projet de Brissac fut décidée aussitôt. Le '21 mars 159 le prévôt des marchands et Langlois envoyèrent dire à ceux des commissaires de quartier sur lesquels ils pouvaient davantage compter que la paix était conclue, et, par leur entremise, ils ordonnèrent à tous les bons citoyens de se mettre le lendemain matin sous les armes, pour contenir dans le devoir quis conque voudrait s'opposer à la paix. Langlois se posta luimême, dans la nuit du 21 au 22, en avant de la porte StDenis, prêt à donner, de ce côté, accès à un corps des troupes du roi, conmandé par Vitry , ainsi qu'à plusieurs seigneurs et gentilshommes dévoués à Henri IV. Ce monarque fit son entrée dans Paris sans qu'il y eût d'autre sang répandu que celui d'un corps de garde espagnol et de trois bourgeois qui furent tués. Le tri, il accorda au brave et fidèle Langlois une charge de maitre des requêtes, en reconnaissance des efforts que celuici avait faits pour remettre la capitale sous l'obéissance royale. Bientôt après il le nomma prévôt des marchands. En 1599, Marguerite de Valois choisit Martin Langlois pour régler tout ce qui était relatif à la dissolution de son mariage. (( On eùt trouvé I liffici- lement , (lit Sully, un homme de plus d'esprit (‘ dans les affaires
  • Martin LEMAISTRE( 1432 - 1482) : en latin 411artinus illagisiri, était né à Tours en 1452. On ignore la profession de son père, Jean Martin ; niais nous sommes portés à croire qu'elle était honorable, car sa mère , Gillette de Neubourg , appartenait à une famille des plus distinguées de cette ville. Martin , se destinant à l'état ecclésiastique , vint faire ses études à Paris , et y reçut le baccalauréat en 1469. Quatre ans après, il obtint le bonnet de docteur en théologie de la faculté de Navarre. 11 fut pendant quelques années principal du collège de SteBarbe, qu'il administra avec autant de sagesse que d'économie. On le considérait comme un des hommes les plus savants de son siècle, et il se recommandait non moins par une piété éclairée que par une connaissance profonde des saintes Écritures, dont il se montra un si excellent interprète que quelques contemporains ont assimilé son mérite à celui du célèbre Gerson. Cette haute réputation porta Louis XI à le charger de la défense (les intérèts de la France contre les prétentions de la cour de Rome. 11 s'en acquitta avec tant de prudence et de sagacité, ?u'en 1480 le roi crut ne pouvoir mieux l'en récompenser qu'en l'appelant auprès de lui comme son aumônier et son confesseur. 11 ne remplit pas longtemps ces fonctions : nommé chanoine (le la collégiale (le NotreDame de Cléry, , il y mourut en juillet 1482 , Agé de 50 ans , et fut enterré dans cette église. M. Lemaistre est le premier auteur tourangeau dont les écrits aient été imprimés dans le 156 siècle. Ces écrits sont : 1. Quoestiones morales magistri Martini Magistri, perspiaeissimi theologia. professoris, defortitudine, Paris, Wolfgang iloppyl, 1489 Ce traité, sans aucune subdivision , roule entièrement sur la force d'âme. 2° De temperantig in generali, Paris , Wolfgang- lloppyl , 1490 , divisé en vingtdeux chapitres, embrasse la tempérance dans toutes ses modifications; en le réunissant avec le précédent , on a l'ensemble des Questions morales. 3', Liber de rhetorica, Paris, Wolfgang Hoppyl , 1491 4° Qiicestio de Mo, sans date ; 5" Traité des conséquences, selon la doctrine des nominaux , Consequentiœ Magi, tri Martini, Paris,M. Anthoine de Nidel, 1501 L'Explication des universaux de Porphyre, Paris, 1499. Enfin, il a composé un livre de méditations sur le Salve. Regina. I.— SD
  • Martin LIPENIUS( 1630 - 1692) : savant biographe allemand, naquit à Gortze dans le Brandebourg, en 1650, le 11 novembre, jour , et par le P. Tournemine, dans une petite dissertation imprimée dans les Mémoires de Trévoux . 3. Bibliotheca redis theologica, Francfort, 1688, 2 t. — juridica, ibid., 1679 — phitosaphiea, ibid., f682, 2 t. fol.; — tnedica , ibid., 1679 Cette bibliothèque est appelé,e réelle parce que les livres y sont rangés dans l'ordre alphabétique des matières , et non sous celui des noms des auteurs ; elle a dû coûter des recherches immenses, et cependant elle est trèsincomplète : on y trouve les titres d'une foule d'ouvrages inconnus en France; et les noms des auteurs français y sont presque tous défigurés. La Bibliotheea philosophica passe pour la moins mauvaise de ces compilations. La Bibliotheca juridica a successivement reçu différentes améliorations. . W—s
  • Martin LISTER( 1638 - 1711) : médecin et naturaliste , naquit à Radcliffe, dans le comté de Buckingham, vers 1638. Son grandoncle, sir Martin Lister, médecin ordinaire de Charles Ier, commença son éducation, qui fut achevée au collége de StJean, à Cambridge. Il devint membre de ce collége en 1660, par une ordonnance de Charles I1, et voyagea ensuite en France pour se perfectionner dans les sciences médicales. De retour dans sa patrie en 1670, il se fixa dans le comté d'York, y pratiqua la médecine avec succès et employa ses loisirs à l'étude de l'histoire naturelle et à celle des antiquités. Afin de poursuivre ses recherches dans ces deux branches des connaissances humaines, il entreprit plusieurs voyages dans diverses parties de l'Angleterre, et surtout dans le nord. Ses travaux le mirent en relation avec M. Lloyd, conservateur du muséum Ashmoléen, à Oxford; et il enrichit cette collection de médailles , d'autels antiques et d'un grand nombre d'objets d'histoire naturelle. Des mémoires et des observations qu'il fit parvenir à Lloyd furent envoyés par celuici à la société royale de Londres, qui reçut Lister au nombre de ses membres. En 1684 il s'établit dans cette capitale et fut bientôt élu membre du collège des médecins. Il suivit le comte de Portland, qui, en 1698, fut envoyé comme ambassadeur à la cour de France par le roi Guillaume. En 1709, fut nommé médecin en second de la reine Anne, et il mourut le 2 février 1711. Il a publié 4. Historia sive Synopsis conchyliorum libri 4, 2 vol. 1685-93; ouvrage important et souvent cité par Linné, qui le proclame le plus riche des conchyliologistes de son temps. Cet ouvrage contient les figures exactes d'un grand nombre de coquilles, qui toutes furent dessinées sous les yeux de l'auteur par ses deux filles Susanne et Anne : cette première édition est trèsrare et trèschère, quand elle est complète. M. Brunet, dans son Manuel du libraire, a donné un trèslong détail de toutes les planches qu'elle doit renfermer . M. Iluddesford, conservateur du muséum Ashmoléen d'Oxford , en publia en 1770 une seconde édition, qui est moins recherchée, quoique l'on y ait joint la Synonymie de Linné. 2° Historice animalium R, iglice tees tractants 1678. Ces trois traités sont : 1. sur les araignées, 2. sur les coquilles terrestres et fluviatiles, 3. sur les coquilles marines qu'on trouve en Angleterre, avec un quatrième traité sur les pierres ayant la forme de coquilles; ils sont excellents et montrent dans leur auteur le génie de l'observation porté à un trèshaut degré; il y en a un extrait dans les Transactions philosophiques, no 139. On peut lire, p. 9 de la préface du Tableau des aranéides, Paris 1805, le jugement que l'auteur de cet article a porté sur le Traité des araignées. Coèze a donné de ce traité une bonne traduction allemande Quedlinburg, 1/78; ibid., 1792; le titre seul a été changé, et il n'y a pas eu de seconde édition ; il a aussi été traduit en anglais dans l'ouvrage 41e Th. Martyn, intitulé Aranei 1793, et a été inséré presque en en_ tier dans le traité de Rai sur les insectes . Lister a fait des corrections. et des additions importantes à ces trois traités dans l'ouvrage suivant : 3° J. Goedartius , De insectis in methodum redactus, etc., iu- 8°, 1685 . C'est une seconde édition du m&ne ouvrage, publié en anglais en 1682. 4° Exercitatio anatomica in qua de cochleis agiter, 1694 5° Cochlearum limacum exercitatio anatomica; accedit de variulis 1695, 2 vol. 8" ; 6° Conchyliorum bivalvium utriusque aquce exercitatio anatomica tertia; huic accedit dissertatio medicinalis de cal- culo humano , 1695 , 2 vol. 7. De fontibus medicatis A n g lia York, 1682; Leyde, 1686 ; réimprimé en 1684, avec une autre dissertation; 8° De Morbis chronicis tractatus. avec les oeuvres de Richard Morton, Leyde, 1696 ; 9. Exercitationes medicinales, 1697 100 Note in Apicium Coelium de arte coquinaria. 1705 Amst., 1709 11° un grand nombre de Mémoires insérés dans les Transactions philosophiques; 12. Voyage à Paris en 1698 1699, en anglais; cet ouvrage est accompagné de six planches. Les détails minutieux qu'il renferme donnèrent lieu au docteur Ring de tourner l'auteur en ridicule en publiant une sorte de parodie intitulée Voyage à Londres; mais ces détails, qu'on critiquait à tort à cette époque, sont précisément ce qui rend aujourd'hui le voyage de Lister trèsintéressant, parce qu'on ne le retrouve point ailleurs, et qu'ils font connaltre les hommes et les choses de ce tempsla. Ainsi, sans Lister, nous eussions ignoré qu'il existait de son temps une manufacture de porcelaine à StCloud ; et que c'est à tort que • des hommes de nos jours se sont vantés d'avoir trouvé le secret de cette fabrication. Un éléphant qu'il vit à Paris, et qu'il compara avec un autre qu'il avait vu treize ans auparavant, lui donna occasion de distinguer par des caractères bien tranchés les deux espèces de ce genre d'animaux. Lister a montré, dans ses écrits sur la médecine, trop de penchant pour les hypothèses et trop de prédilection pour des doctrines anciennes et erronées ; mais ses travaux en histoire naturelle et en anatomie comparée sont avec raison trèsestimés, , parce qu'il s'est montré observateur exact, plein de sagacité et qu'il a indiqué avec précision lesrapports naturels des animaux qu'il a décrits
  • Martin LUTHER( 1483) : le plus fameux novateur religieux de ce 16° siècle qui en produisit un si grand nombre , naquit le 10 novembre 1483, à Eisleben , dans le comté de Mansfeld , en Saxe, d'un père qui,travaillait aux mines . Mathieu Dresser nous apprend qu'étudiant à Eisenach, le jeune Luther allait mendier son pain de porte en porte , chantant des cantiques et des chansons , pour exciter la charité des âmes généreuses. Sa première vocation fut celle du barreau , pour lequel il annonçait d'heureuses dispositions. Il reçut, en 1505, à l'université d'Erfurt, le degré de maître en philosophie ; mais son imagination, prompte à s'enflammer, ayant été frappée du funeste accident d'un ami tué à ses côtés par un coup de tonnerre, fit naître dans son esprit de tristes réflexions qui le portèrent , la mème année , à s'enfermer chez les Augustins d' Erfurt. Ses parents et ses amis ne négligèrent rien pour le détourner de cette résolution. Sa première ferveur pour les observances monastiques , et surtout pour le jeûne , était si ardente, qu'il lui arriva souvent de passer plusieurs jours sans manger ni boire. Envoyé par ses supérieurs, pour étudier en théologie, dans la nouvelle université de Wittemberg , son application et ses talents le firent choisir pour un des professeurs de cette université. En 1510 , il fut envoyé à Rome pour les affaires de son ordre ; et les 'dés- Le père de Luther 'Jean\ était un honnête ouvrier mineur. Après la naissance de son fils il s'établit à Mansfeld et fat nommé membre du conseil de sa commune. cc Je suis Paysan, fils de o paysan, dit Luther, nos parents sé sont donné bien de la peine cc pour nous élever. Ma mère apportait sur son dos le bois pour » nous chauffer.... Quant à mon père, c'est lui qui m'a nourri de cc ses sueurs et qui m'a fait ce que je suis. o Zb. Ires dont il fut témoin , disent les historiens protestants , commencèrent à lui donner de violentes préventions contre le chef de l'Église et toute sa cour. Il ne tarda pas à revenir en Saxe. L'électeur Frédéric goûta tellement ses serinons, qu'il voulut se charger de tous les frais de son doctorat . Jusquelà, Luther s'était fait remarquer par le zèle le plus v if pour l'autorité du pape , dans toute l'extension que lui donnent les ultramontains , et pour les autres points de doctrine et. de discipline qu'il attaqua depuis avec tant de violence. Ce zèle était tel , qu'il se sentait, disaitil , disposé à porter les premières Wales pour faire brûler Erasme, qui , au mépris de l'autorité pontificale , avait osé écrire contre la messe, contre le célibat ecclésiastique et contre l'invocation des saints. La lecture des liv res de Jean Huss ne tarda pas à lui inspirer du dégoût pour les vaines subtilités et le langage barbare des scolastiques de son temps, d'où il passa peu à peu à une haine toujours croissante pour les pratiques de l'Église. Il entreprit donc de se frayer une route nouvelle; et la nature lui avait donné tous les moyens de réussir. Un caractère impétueux , propre à se passionner trèsvivement pour un objet, et à s'y li' rer tout entier, sans vouloir écouter rien de ce qui aurait été capable de le ramener à des partis modérés, une imagination ardente , un esprit nourri par l'étude , une élo- 1, lquence naturelle , une voix forte , des poumons , ia toute épreuve , une plume intarissable ; cette facilité de parler que donnent la violence et l'enthousiame ; enfin, cette opiniâtreté qui s'irrite ides contradictions : tels sont les qualités ou les défauts qui , en assurant à Luther des succès dont son orgueil était flatté , le rendaient toupijours plus hardi et plus entreprenant. Dès 1516, il annonça , dans des thèses publiques , les germes .des nouveaux dogmes qu'il soutint depuis avec "'tant d'éclat et de fracas. L'année suivante, Staupiz , vicaire général des augustins en Allemagne, le chargea de la défense de son ordre contre les dominicains, dans la fameuse querelle des indulgences. On voit, par ces deux dates, l'erreur de ceux qui croient qu'il ne commença de dogmatiser qu'à l'occasion de cette querelle. Luther, non content d'attaquer, dans ses sermons, l'abus de la chose, publia un programme renfermant 95 propositions qui combattaient directement les indulgences en ellesmêmes. Le dominicain Tetzel y répondit par un programme plus étendu ; puis, déposant sa qualité de partie pour prendre celle de juge , il fit brûler, comme inquisiteur, le programme de son antagoniste , dont les disciples usèrent de représailles en livrant le sien aux flammes. Ce fut comme une déclaration de guerre : on vit aussitôt nombre de théologiens se mêler dans la dispute. Luther saisit habilement les exagérations de ses adversaires sur l'autorité du pape, tandis qu'il écrivait au pontife romain des lettres soumises et respectueuses pour le supplier de ne point se laisser prévenir par ses ennemis. Ce n'était encore là qu'une étincelle facile à éteindre, en proscri\ ant les affiches ridicules des deux partis, et en ordonnant aux supérieurs respectifs de contenir leurs moines. Mais quelques princes d'Allemagne s'étant fait un prétexte de ces nouveautés pour leurs intérêts particuliers , on vit en peu de temps l'embrasement se répandre dans la plupart des États du Nord. La France même ne fut pas tout à fait à l'abri de l'incendie. Léon X, d'un caractère porté à la douceur, peu versé dans les matières théologiques , occupé d'intrigues politiques , entouré de poètes, de musiciens, d'orateurs et d'artistes, crut que cette dispute n'était qu'une querelle de corps, à laquelle il ne fallait pas donner trop d'importance en y faisant intervenir l'autorité. L'empereur Maimilien n'en jugea pas si légèrenient. Ay ant vu , dans le décri des indulgences, la privation d'une ressource sur laquelle il avait compté pour faire la guerre aux Turcs , il tira le pontife de son assoupissement. Les propositions du professeur de Wittemberg, sur la matière . Le novateur craignit le sort de Jean Huss : il s'év ada secrètement, après avoir fait afficher un acte par lequel il récusait son antagoniste comme ancien général des dominicains, et par lequel il appelait du pape mal informé au pape mieux informé. L'électeur de Saxe n'avait d'abord protégé Luther que comme un professeur célèbre qui donnait du relief à son université naissante : il prit ensuite du goût pour sa doctrine , et se rendit son défenseur contre les puissances marries. L'université de Wittemberg adopta ses sentiments. Fier de ces conquêtes, le moine augustin écrivit au pape , aux nonces, aux princes, à François I'r et à CharlesQuint , avec un mélange de souplesse et d'audace ; il s'attacha, surtout à gagner le peuple , et, souvent il ne garda ni mesure, ni décence dans ses écrits. Les animaux les plus vils , les lieux les plus infects, les objets les plus dégoûtants, lui fournirent ses comparaisons , et souillèrent presque toutes les pages de ses livres. Les injures grossières , les plaisanteries amères , les sales quolibets que les poètes de l'ancienne comédie mettent dans la bouche des valets se reproduisaient sous la plume de Luther , et s'appliquaient , sans distinction de rang et d'état , à tous ceux qui avaient le malheur de lui déplaire. Le manteau al al ne garantit pas de ses sarcasmes Henri VIII, qui avait voulu entrer en lice avec lui . C'est pendant son séjour à Wartburg que Luther aurait eu avec le diable sa fameuse conférence nocturne , qui se termina par l'abolition des messes privées. Le récit de cette conférence , dont ses disciples ont voulu contester l'authenticité, fut publié en 1533 , c'est-àdire treize ans avant sa mort , sans qu'il ait jamais réclamé contre ail pareil MN rage, imprimé sous son nom . C'est dans la même retraite qu'il entreprit et acheva sa version du Nouveau Tes: tament, qui a le mérite d'être si bien écrite, qu'il semble n'avoir eu d'autre vue que de faire parler ide SaintEsprit en bon allemand ; il substitue souvent au texte ses propres pensées en paraphrasant plutôt qu'en traduisant. Emser a relevé les infidélités de cette version. C'est encore dans ce séjour qu'il s'occupa de rassembler les membres épars de sa réforme , pour en former un tout systématique ; mais la méthode n'était pas encore née , et il n'avait pas un génie propre à la faire naître. Au sortir du château de Wartburg, Luther se répandit dans toute l'Allemagne, pour y propager son nouvel Evangile. Bodenstein et Mwicer, qui aspiraient à se faire chefs de secte, furent persécutés. Luther se vit cependant obligé de se prêter à une paix plâtrée avec les sacramentaires, fondée sur des déguisements et des termes équivoques, mais dans laquelle, ne pouvant se résoudre à abandonner la présence réelle , il la réduisit au moment de la consécration , pour la faire disparaître aussitôt après que les paroles sacramentelles étaient prononcées ; étrange absurdité qui faisait dire à Calvin que la doctrine des papistes sur ce dogme 'était plus supportable que celle des luthériens. Mais lorsqu'il se fut brouillé avec les sacramentaires , il ne Nit plus en eux que des gens endiablés , perdiablés , transdiablés. Malgré sa scission avec l'Eglise romaine, Luther avait encore gardé l'habit de son premier état . Ce ne fut qu'en 1523 qu'il quitta tout à fait le froc pour prendre la robe de docteur . La mort de l'électeur Fré- Il y laissa croître sa barbe et en sortit avec l'épée, I a cuirasse, les bottes et les éperons, 8011S k nom de chevalier George. Le célébre peintre Lucas Cranach j'a représenté sous ce costume, se rendant à Wittemberg, en sortant de Wartburg, qu'il appelait son 11e de Patlimos. 12) I1 y revient marne dans son livre de la Messe privée Luther n'a pas publié moins de 130 traités en 1522 et de 831 en 1623. Z—D. titi En 1524, une insurrection formidable éclata dans la Forét- déric, dont la sage modération l'avait toujours contenu dans de certaines bornes, lui laissa la liberté d'épouser en 1525 Catherine Bora , jeune et belle religieuse , qui lui donna six enfants . Quelques années après, Philippe, landgrave de Hesse, voulut du vivant de sa femme, Christine de Saxe, qu'il n'aimait pas , épouser sa maîtresse. Les chefs de la réforme , Luther à la tète, lui en délivrèrent la permission, dans cette laineuse consultation où la loi de l'Évangile fut sacrifiée aux subtilités , au déguisement de ces casuistes de petite foi , comme les appelle Bayle. Toutes ces licences portèrent Luther à avancer dans ses prédications et dans ses écrits qu'il était aussi impossible de se contenir que de se dépouiller de son sexe ; que la nature ne permettait pas plus de se passer de femme que de se priver de manger ; qu'une femme stérile doit s'adresser à un autre mari ; et il accordait les mêmes droits au mari. e Si les femmes sont opi, Sa famille s'est éteinte en 1769, par la mort de Martin(lottlob Luther, avocat consultant à Dresde, le dernierde ses descendants de ce nom, suivant le Conversations Lez'con. Suivant lieur, le dernier rejeton de cette famille, dans la branche masculine, a été JeanMartin Luther, chanoine de Zeitz, mort en 1756. La gazette de Berlin a annoncé en 1820 qu'il existait en Prusse un descendant, au huitième degré, des frères de Luther, et que le roi, pour honorer la mémoire du réformateur, avait augmenté ses appointements de contrôleuret faisait élever gratuitement son fils aîné à l'institution des orphelins,
  • Martin MADAN( 1726 - 1790) : théologien anglais, né vers XXVI. 1726, se fit une grande réputation comme prédicateur, au point qu'étant chapelain d'un hôpital de malades, la foule de monde qui se pressait à ses sermons engagea à lui faire bâtir en 1761 une chapelle particulière. Il mourut à Epsom, en mai 1790. On a de lui, entre autres ouvrages : 10 un petit Traité sur la foi chrétienne, 1761 ; 2° Commentaire sur les trente- neuf articles, 1772 30 Thelyphthora , en 2 vol. 1780. Cet ouvrage, où il justifie la polygamie, fondé sur ce que la première cohabitation avec une femme est un mariage virtuel, fit beaucoup de bruit et fut l'objet de critiques trèssévères. L'auteur, loin d'en être découragé, publia un troisième volume ; 4° Lettres au docteur Priestley, 1787 5° une Traduction de Juvénal et de Perse, avec des notes, 1789, 2 vol
  • Martin MARTINI( 1614 - 1661) : jésuite, né à Trente en 1614, fut admis dans la société à l'âge de dixsept ans, et, après avoir fait un cours de philosophie au Collège romain, fut désigné pour les missions de la Chine. 11 employa quatre ans à étudier la langue et les moeurs des habitants, et fut ensuite élu supérieur de la mission de Hangtcheou. Chargé en 1651 de retourner à Rome, pour y exposer l'état et les besoins des missions, il courut de grands dangers dans la traversée. Le navire qu'il montait , poussé par la tempête sur les côtes d'Irlande et d'Angleterre, fut porté jusque sur la pointe de la Norvége. 111artini fut obligé de revenir en Hollande, traversa l'Allemagne et ne parvint à Rome que trois ans après son départ de la Chine. Aussitôt qu'il eut rendu compte à ses supérieurs du sujet de son voyage. il fut envoyé en Portugal, où il s'embarqua pour retourner en Orient avec dixsept jeunes missionnaires. Son vaisseau fut encore battu des tempètes ; il tomba entre les mains des pirates , qui le traitèrent avec beaucoup d'inhumanité ; enfin, après une navigation de deux années , pendant lesquelles sept de ses compagnons avaient succombé, il aborda , excédé de fatigue , au port de Macao. Il se hâta d'entrer dans sa province, où il opéra un grand nombre de conversions ; il répara et embellit les anciennes églises, et en construisit de nouvelles ; et il se disposait à entreprendre de plus grandes choses, lorsqu'il tomba malade. Ses talents et ses vertus lui avaient valu l'amitié des mandarins , qui lui rendirent de fréquentes visites et ne négligèrent rien pour lui procurer quelque soulagement. Il supporta avec patience et résignation les douleurs dont il était affligé , et mourut dans la ville de Hangtcheou le 6 juin 1661, emportant les regrets de tous les habitants. Son tombeau est au midi de Fangtsing. On a de lui : 1° Atlas sinensis, Desciptio Sinensis una cum tabulis geographicis , Amsterdam , 1655 C'était l'ouvrage le plus complet et le plus exact qui eût encore paru sur la Chine : cet atlas , qui fait partie de celui de illaeu, a été comme ce dernier traduit en hollandais, en français , en espagnol , en anglais , etc. Il est bien remarquable que les cartes chinoises qui en font la base ne se soient L'Epilome de Léon Pinelo cite des éditions de 16-19 et 1664. trouvées fautives que sur un petit nombre de points, quand les missionnaires ont eu levé les " leurs, et que la position des principales villes ait à peine changé par l'effet du travail des Européens. 11 y a beaucoup de parties sur lesquelles on doit, même encore à présent, consulter l'atlas de Martini, que l'ouvrage de Duhalde ne peut nullement remplacer. La description de la Chine qui s'y trouve est , comme les cartes , traduite d'un ouvrage chinois, et tirée, suivant toute api parence, du Kouang- iu- ki. On y remarque aussi un opuscule de Golius sur le Cathai ; et c'est un des premiers ouvrages imprimés en Europe dans lequel on ait gravé des caractères chinois . Le texte de cet atlas a été inséré, mais sans les cartes, dans la collection de Melchisédech Thévenot , t. 2. 2° Sinicce historia? decas prima, Munich, 1658 ; Amsterdam, 1659 Cette première partie est la seule qui ait été publiée ; elle a été traduite en français par l'abbé le Pelletier , Paris , 1692, 2 vol. ; elle l'a aussi été dans plusieurs autres langues, et elle méritait de l'être ; car ce livre, tiré par le P. Martini d'un original chinois , est le premier et a été longtemps le seul ouvrage traduit du chinois où l'on ait pu trouver des détails sur les événements de l'histoire chinoise dans les temps qui ont précédé l'ère chrétienne. Dans la première partie de ses Fastes , le P. Duhalde n'a dénné autre chose qu'une traduction de l'ouvrage de Martini ; et c'est encore là qu'ont puisé les auteurs de l'Histoire universelle. Jusqu'au P. Maillac, on n'avait rien de mieux ni même d'aussi bon que Martini. Dans les deux fragments d'ilistlire chinoise qui font partie du tome 2 de la Collection de Thévenot, publié en 1664, il y en a un qui porte le titre de lIonarchice sinicoe decas secunda, et dans lequel l'histoire du P. Martini est conduite depuis l'are chrétienne jusqu'au 15e siècle . 3° De Bello tartarico in. Sinis, Rome, 1654 ; trad. en italien par Climaco Latini, Milan, 1654 et en français, Paris, même ' année et même format, et à la suite de l'Histoire de lu Chine, par le P. Semedo, Lyon, 1667 ; en allemand, Amsterdam, 1654 ; en hollandais, par J.L.S. Delft , 1654 ; en espagnol, par dom Estevan de Aguilar y Çuniga, 1655 ; en portugais, Lisbonne, 1657 ; en anglais, 1660 4° Brevis relatio de numero et qualitate christianorum apud Sinas, Rome, 165.4 Cologne, 1655 Lé P. Martini a traduit, du latin en chinois , des traités de l'Existence et des attributs de Dieu ; — de l'Im mortalité de l'Aine, par Lessius ; — de l'Amitié : c'est un extrait des ouvrages de Cicéron, de Sénèque, etc. ; — et une Réfutation du système de Pythagore sur la transmigration des âmes. Le nom chinois qu'avait pris le P. Martini était Ileï- khouang- koue, et son surnom Thsithaï. Ws et A
  • Martin MEURISSE : né à Rove en Picardie, entra dans l'ordre des Cordeliers, fut ensuite évèque de Madaure , suffragant et administrateur général du diocèse de Metz. Il fonda les bénédictins de Moritigny, près de Metz, et mourut en 1644. On a de lui : 1° Apologie de l'adoration et élévation de l'hostie, Paris, 1620 ; 2° Rerunt ntetaphysicarton libri fres, Paris, 1623, iii-8.; 3° Tractants de scinda Trinitate , ibid., 1631 4° Statuta synodi dioecesanœ Melensis, Metz, 1638 ; 5° Histoire des étégues de Metz, ibid., 1634 6° Cardinalium virtututn chorus, Paris , 1635 7° Histoire de la naissance, des progrès et de la décadence de l'hérésie dans la ville de Metz, 1642, le; ibid., 1670 ouvrage estimé, contenant plusieurs pièces originales . — MEUtusst , chirurgien de Paris , probablement de la même famille que le précédent, né à StQuentin et mort le 27 mai 1694, eut beaucoup de part à la construction du nouvel amphithéâtre de StCôme. Il dressa les tables qui ont servi à Index funereus chirurgorutn Parisiensium de Devaux , et composa un Traité de la saignée 11 Cet ouvrage estimé fut publié en 1689 par le même Devaux
  • Martin OPITZ( 1597 - 1639) : poète et littérateur allemand , né, en 1597, à Bunzlau , en Silésie, de parents luthériens, montra dès ses premières années du goût et du talent pour la poésie. Néanmoins, au gymnase de Breslau , où il se rendit en quit- tant l'école de sa ville natale , il s'adonna plus spécialement à la jurisprudence ; et il y joignit l'étude de la philosophie , de l'art oratoire et de l'archéologie. En 1616, il publia Un recueil de poésies latines, intitulé : Étrennes ; elles étaient toutes adressées à ses premiers maîtres et à d'autres savants. Il passa , en 1617: au gymnase de Benthensurl'Oder, où il fut chargé de diriger l'éducation des fils d'un grand seigneur. Il y publia , outre de nouvelles poésies latines, son Aristarchus, sive de contemple linguce teutonicce li poursuivit ses études, l'année suivante , à Francfortsurl'Oder, où il abandonna la jurisprudence pour la philosophie. Nous ne suivrons pas Opitz dans ce qu'on appelle ses pèlerinages. Il visita successivement Heidelberg, Strasbourg , Tubingue , le Holstein et la Hollande , surtout Leyde , où le commerce d'He contribua beaucoup à former son goût. Appelé à la cour du duc de Liegnitz en 1621, il n'y resta qu'une année au plus, et se rendit à l'invitation de BethlemGabor, prince de Transylvanie , qui lui avait offert une chaire de professeur de philosophie et d'humanités à la nouvelle université de Weissembourg. Aimé et recherché par le prince , se livrant librement et avec succès à ses goûts favoris, il ne put toutefois supporter les habitudes de ce pays et l'éloignement de sa patrie. De retour à Bunzlau , puis à Liegnitz, où il retrouva la faveur de son premier protecteur, il oublia bientôt ses projets de vie sédentaire ; et, en 1624, il recommença ses voyages. 11 passa quelques mois à Vienne. Une Élégie sur la mort de l'archiduc Charles le fit connaître de Ferdinand 11, qui l'honora d'une couronne poétique. Deux ans plus tard , il reçut de ce mème prince des lettres de noblesse, et fut autorisé à joindre à son nom celui de Boberfeld , tiré de Bober, petite rivière qui baigne les murs de Bunzlau. Il revint en Silésie, où le burgrave de Dohna le prit pour secrétaire. Cet emploi , qui l'occupait fort peu , lui procura une honnète aisance et les moyens de se livrer sans réserve au culte des muses. Opitz passait la plus grande partie de son temps à Breslau ; mais il fit plusieurs petits voyages en Silésie , et parcourut, pour les intérêts de son patron , une grande partie de l'Allemagne : le même motif le conduisit à Paris , en 1630. Il séjourna environ un an dans cette ville, et y profita des nombreuses ressources qu'elle offrait, sous le rapport des hommes et des choses. 11 s'y lia surtout intimement avec le' célèbre Grotius , et traduisit en vers allemands son poëme populaire, De la vérité de la religion chrétienne. Rappelé par le burgrave, il revint à Breslau, où il vécut fort paisible pendant deux ans. La mort de son bienfaiteur, en 1633, lui ayant enlevé ses moyens d'existence, il réussit à se rattacher aux cours de Liegnitz et de Brieg. En 1634, le duc de Brieg ayant cru devoir se retirer en Prusse, Opitz l'y accompagna, mais avec la faculté de choisir le lieu de sa résidence. Il se décida pour Dantzig , où il passa les cinq dernières années de sa vie. La place de secrétaire , sous les empereurs de la maison de Souabe, la langue allemande, qui avait fait peu de progrès depuis Charlemagne, reçut un nouveau développement. Le goût de la littérature, que les Européens avaient pris dans les croisades, la lecture des postes français et provençaux , le ton et les manières de la cour des empereur, la protection signalée qu'ils accordaient aux lettres, ces différentes causes produisirent ce qu'on peut appeler, avec Ginguené , « une espèce d'épidémie poétique si générale qu'elle atteignit jusqu'aux plus , dénomination impropre , puisque l'amour n'était pas le seul sujet de leurs poésies . Faibles et dénués de goût dans leurs poëmes sérieux , ils attachent par une originalité piquante et une naïveté souvent pleine de grâce, lorsqu'ils chantent l'amour et les beautés de la nature. Quant aux formes poétiques en particulier, elles sont empruntées des troubadours , telles que l'emploi des différentes dispositions de la rime , quelle que soit son origine, de mème que l'usage des combinaisons et les diverses mesures de vers. La langue allemande dut à ces pales souabes un grand perfectionnement et des formes nouvelles, qu'elle conserva jusqu'à sa restauration. Si Opitz eût paru à cette époque tel que nous le voyons au 17° siècle, il est possible que la langue allemande fût devenue, aux 14. et 15e siècles, ce qu'était déjà la langue italienne. L'extinction de la maison de Souabe, les guerres privées, l'invasion du mauvais goût, compagnon ordinaire de l'anarchie, l'influence de la théologie scolastique, firent disparaître les bons effets produits par les 111innesinger. Les Meistersœnger . Manquant des qualités de leurs devanciers , ayant tous leurs défauts et plusieurs autres, ils peuvent être regardés comme la caricature des minnesinger. Tel était l'état de la bulge et de la littérature allemandes , quand Opitz MIllirut; tels étaient les obstacles qu'il eut à combattre. Ce poète s'est exercé dans presque tous les genres de littérature. Le premier, dans l'ordre de date, des ouvrages qui ont fondé sa réputation , est Zlatna ou Sur le repos de l'âme , de 533 vers. Zlatna est un village de Transylvanie, remarquable par plusieurs beautés naturelles et par des mines d'or. Opitz pense que ce lieu peut procurer le bonheur à celui dont l'âme est tranquille. Ce poème est pour ainsi dire une suite de réflexions morales sur les causes et les effets du repos de l'âme. L'auteur était loin d'en jouir luimême. Il vivait alors à Weissembourg. Il publia , la même année, l'Eloge de la vie champêtre ; ce petit poème, composé de 150 vers, parait, d'après ce qu'il dit dans la préface , lui avoir été inspiré par les Géorgiques, le Culer et l'ode Beatus ille, etc. — Vie/ guet , poème d'environ 170 vers. parut en 1629. Le poète y passe en revue les diverses sources de jouissances mondaines , et cherche à en démontrer la vanité. La vertu seule donne le bonheur, et il le trouve à Vielguet , chà- 1 teau du duc de Munsterberg, grand seigneur de Silésie , auquel est dédié ce poème. Nous avons présenté l'un après l'autre ces trois morceaux, , qui ont la plus parfaite analogie entre eux. Dans tous les trois , il y a des sentiments nobles , des pensées naturelles , de la simplicité , et plus de talent poétique qu'on n'en avait encore rencontré dans les poésies sérieuses , mais en même temps beaucoup de diffusion dans le style, et souvent de la faiblesse dans le coloris. Le troisième renferme plus de tableaux : c'est un vrai poème didactique , qui offre un plan mieux coordonné que les deux premiers, une exécution plus soignée dans ses parties. Au surplus, ces trois poèmes peuvent être considérés comme de longs commentaires de la fin du second livre des Géorgiques et de plusieurs odes d'Horace, ou comme , en quatre chants. Description générale de ces malheurs : ils sont mérités par l'immoralité des hommes ; il faut se soumettre aux décrets de la Providence ; cette résignation est facile pour celui dont la conscience est pure ; les malheurs ne s'étendent pas au delà de la mort, qui n'est que le passage à une meilleure vie ; telles sont les idées principales de. ce poème, un des plus estimés de ceux d'Opitz. On peut citer encore avec éloge son épître au roi de Pologne Wladislas 1V. — L'Eloge du dieu de la guerre ne manque point d'un certain mouvement poétique ; mais, malgré les efforts du poète, il est presque totalement dépourvu se composent de pièces de tous les genres. Un assez grand nombre ont été faites à l'occasion de mariages et de décès. [I réussit peu dans les premières ; il est moins faible dans les secondes. Ses Odes, ses Chansons, ses Sonnets, mériteraient à peine d'être mentionnés s'il n'était pas juste de remarquer combien, quelque froids qu'ils soient, ils sont supérieurs à ce qui avait paru avant lui. Ses Epigrammes sont presque toutes imitées des anciens et des ?odernes. Opitz a fait aussi un poème en prose entremêlé de vers, intitulé Hercinie. Il s'entretient avec trois de ses amis dans un vallon de Silésie, lorsque la nymphe Ilercinie leur apparaît et leur montre les sources des rivières de ce pays ; c'est une longue et lourde composition. Dans ses traductions des distiques de Caton et des quatrains de Pibrac , il lutte avec succès contre la concision des originaux. On a de lui deux opéras , Daphné et Judith, tous deux tirés presque en entier de l'italien. Le premier, traduit du Itinuccini, a cela de remarquable que ce fut la première composition de ce genre représentée en Allemagne ; ce qui eut lieu à Dresde. Opitz . a encore traduit l'Antigone de Sophocle et les Troyennes de Sénèque. Mais ces ouvrages, qui produisirent peu de sensation , ne lui ont pas fait beaucoup d'honneur, soit comme philologue, soit comme poète. Enfin, il a traduit en allemand le roman anglais intitulé Arcadie, par Philippe Sidney. Quelquesunes de ses préfaces latines, par exemple l'épître dédicatoire de son poème au roi de Pologne et celle du Vésuve, annoncent un homme exercé à écrire dans cette langue, mérite assez commun à cette époque de la prééminence du latin sur presque toutes les langues modernes. Ses Poésies sacrées ne sont pas sans mérite. Toutefois, il y a dans les pièces originales beaucoup de longueurs et peu de mouvement poétique. Il a mis en vers le Cantique des cantiques, les Lamentations de Jérémie, plusieurs Psaumes et les Epîtres des dimanches et jours de fêtes, à l'imitation des Psaumes de Marot. Ces différentes traductions furent accueillies de son temps avec une grande faveur. Il est à regretter qu'Opitz n'ait pu terminer un ouvrage fort important, dans le genre du Corpus inscriptionum de Gruter, intitulé Dacia « tiqua, et dans lequel il rassemblait les inscriptions relatives à ce vaste pays, dont il donnait l'explication ou remplissait les lacunes ; son travail, attendu avec impatience par le public, a été perdu en entier. Cet exposé succinct suffit pour donner une idée du mérite d'Opitz. Ses pensées en général sont morales et ses sentiments nobles ; il ne manque aucune occasion de déplorer les malheurs de la guerre , de fronder les vices des hommes et de chanter les charmes et les heureux fruits. de la vertu. Une étude très- soignée des anciens avait beaucoup contribué à former son goût ; indépendamment des imitations fréquentes, on voit par ses tournures qu'il était nourri de leur esprit. A ces avantages qu'il a sur ses prédécesseurs, il joint plus de régularité dans ses compositions. Il a de la facilité, du naturel et rarement du mauvais goût. Enfin, quoique Opitz ne soit plus un auteur populaire en Allemagne, on ne peut s'empêcher de reconnaître dans ses ouvrages , Breslau , 1624 160 pages, qui eut dix éditions jusqu'en 1668, fut un ouvrage étonnant pour cette époque. Avant même d'avoir, par ses préceptes, révélé à ses compatriotes les ressources qu'offrait leur langue, il en avait présenté l'application ; jusqu'à lui , les Allemands ne semblaient pas soupçonner dans cette langue l'existence de la quantité. Les différentes syllabes étaient employées sans égard à leur valeur comme dans la versification française ordinaire. Opitz, dont tous les vers sont rimés, fit usage le premier des brèves et des longues, et employa constamment des iambes et des trochées. Les premiers se présentent beaucoup plus fréquemment que les au- ires et toujours sans mélange ; c'est le seul pied qui compose ses alexandrins.Mais plusieurs pièces sont en vers trochaïques. Le premier tiers du Cantique des cantiques est en vers de cette mesure ; le reste est en vers iambiques. Les iambes et les trochées sont employés par Opitz avec une rigueur que ses successeurs ont souvent négligée, et qui n'a été surpassée que par les poëtes qui ont le plus soigné leur versification, tels que Wieland , Ramier, Voss , Baggesen , etc. Nous avouerons en même temps que les vers d'Opitz pèchent par la monotonie, parce qu'il ne se permet que peu de repos avant ou après l'hémistiche. En résumé , il peut être vrai de dire qu'aucun auteur n'a eu autant d'influence sur sa langue qu'Opitz en a eu sur la sienne, tant par ses préceptes et l'indication des ressources qu'elle contenait que par l'emploi qu'il en fit luimême. Nous terminerons cet article par une observation importante, c'est qu'Opitz , assisté de Logau , Flemming et Canitz , qui le surpassèrent sous quelques rapports mais qui durent leurs succès à sa réforme, est, comme l'avaient été les Illinnesinger, le représentant d'une époque pour ainsi dire isolée entre les Meistersœnger et les écoles de Lohenstein et de Gettsched. Il y a eu douze éditions des OEuvres d'Opitz. La Ir' est de 1624, Strasbourg, 1 vol. peu estimée ; la 12' parut en 1746 à FrancfortsurleMein , 4 vol. ; la meilleure est la 10e, Breslau , 1690, 3 vol. lin assez grand nombre de ses Odes, Chansons, Sonnets, etc., ont été dans les recueils de Ramier, Matthisson, Gramberg , etc. ; enfin l'on trouve dans Jürdens des détails abondants sur sa personne et ses écrits
  • Martin PALLU( 1661 - 1742) : de la même famille que.les précédents, naquit à Tours en 1661. Porté à la piété dès sa tendre jeunesse, il entra bientôt dans la compagnie de Jésus et y lit ses premiers voeux à l'àge de dixhuit ans. Il se livra avec succès à l'exercice de la prédication. En 1706, il précisa l'avent à Versailles, et le roi fut si satisfait, qu'il le nomma pour prêcher un carême. Sa mauvaise santé vint changer le cours de son apostolat. Obligé de cesser de paraitre dans les chaires, en 1711, il devint directeur de la célèbre congrégation de la SteVierge, établie dans la maison professe des jésuites, rue StAntoine, à Paris. Il mourut à Paris, dans cette maison, le 20 mai 1742. Nous connaissons de lui 1° La solide et véritable dévotion envers la Ste- Vierge, Paris, 1736 20 De l'amour de Dieu, ses motifs, ses qualités, ses effets , Paris, 1737 30 l'Imitation de Jésus- Christ . Paris, 1738 ri° Du saint et fré quent « sage des sacrements de pénitence et d'eu- charistie, Paris, 1739 ; nouvelle édition, Lyon et Paris, 1826 Ce livre contient, avec plus de modération, la sitrne doctrine que l'Esprit de Jésus- Christ et de l'Eglise , sur la fré- quente communion, par le P. Pichon, contre lequel les jansénistes ont crié avec tant d'exagé- ration. 5° la Science du salut, I vol. 6° les Quatre lins de l'homme, Paris, 1739 C'est peu t-ètre le plus répandu des ouvrages du P . Il a été trèssouvent réimprimé. 7° De la charité envers le prochain , ses motifs et ses devoirs, les défauts contraires , I vol. 8° Réflexions sur la religion chrétienne, Paris, Chardon, 1741 90 Retraite spirituelle à l'usage des communautés reli- gieuses. Paris, 1741 ; 10° Sermons sur l'avent, le carême, les mystères, avec les panégyriques, Paris, Chardon , 1744, 6 vol. Ils ont été édités par le P. Guillaume de Ségautl, dont les Serinons ont été aussi donnés par un de ses confrères, le P. Berruyer. Le P. Pallu avait promis un traité sur l'amour et l'imitation de Notre Seigneur Jésus- Christ. Nous ignorons s'il a paru
  • Martin PASZKOWSKI : écrivain polonais du 17° siècle, est auteur d'un poème de la guerre des Turcs, des Tartares et des Cosaques, imprimé à Cracovie en 16'26, et qui est accompagné d'une relation générale sur les Cosaques, d'un dictionnaire turc, et d'une dissertation sur les superstitions des Ottomans. Il a fait quelques autres poèmes et une traduction polonaise de la Chroni- 1) On croit devoir donner ici k titre entier de cet ouvrage: De iginibus rerum litent. in quo agites de serinas tirorum il- lustrium; de jundaloribus erbium; de primis rerum nominibus; de inventoribus renn; de printis ; deqne magnificis institutionibus. que de la Sarmatie européenne', par Alexandre Guagnini de Vérone. Cette traduction fut imprimée à Cracovie en 16H. Quelques auteurs ont attribué cette chronique à Mathias Strykowski, sur la réclamation qu'en fit celuici lorsqu'elle parut
  • Martin PEPIN( 1578) : peintre, naquit à Anvers en 1578 environ. Fort jeune encore, il alla se fixer à Rome, où ses ouvrages ne tardèrent pas à lui mériter une grande considération et à être extrêmement recherchés. Le bruit ayant couru que son intention était de quitter cette capitale pour revenir dans son pays, Rubens, qui à cette époque tenait le sceptre de la peinture à Anvers, ne put s'empêcher d'en témoigner une vive Mais on apprit bientôt que Pepin s'était marié à Rome et qu'il avait résolu d'y finir ses jours ; alors Rubens s'écria « Je ne crains plus « que personne vienne me disputer le premier « rang dans mon pays. » Parmi plusieurs tableaux de Pepin , que Weyermans cite avec admiration, il parle surtout d'une Descente de croix de la plus riche composition , d'une belle couleur, d'un grand goût de dessin, d'une harmonie parfaite, et, pour finir d'un seul mot, il ne craint pas de dire que ce peintre égale Rubens luimême. En ôtant tout ce qu'un pareil éloge peut avoir d'exagéré, il en restera toujours assez pour la gloire de Pepin
  • Martin POLI( 1662 - 1714) : chimiste, né à Lucques le 21 janvier 1662 d'une famille aisée, se rendit à l'âge de dixhuit ans à Rome auprès d'un de ses oncles qui favorisait son inclination pour l'étude des sciences physiques. Il y fit de rapides progrès et obtint en 1691 du prince Altieri, cardinal camerlingue, la permission d'établir un laboratoire public. Par de fréquents voyages dans les différentes parties de la Péninsule, il se mit en rapport avec les principaux savants , ce qui ne contribua pas peu à étendre sa réputation. Ayant trouvé un secret qui pouvait être utilisé en temps de guerre et qui, selon quelquesuns, n'était autre que le feu grégeois, il vint en France en 1702 pour l'offrir à Louis XIV. Ce prince loua l'invention, mais, préférant l'intérêt de l'humanité à celui de sa puissance, il ne voulut point s'en servir ; il exigea même que Poli gardàt son secret, exemple qui, dans une circonstance analogue, fut suivi par son successeur (voy. MARCUS GELECUS ; et pour mieux fermer la bouche de l'inventeur, il lui donna une pension et le titre d'ingénieur du roi avec celui d'associé étranger de l'Académie des sciences, en attendant qu'une des huit places destinées aux étrangers vint à vaquer. Poli retourna à Rome en 1704 et y publia deux ans après un grand ouvrage intitulé Il trionfo degli acidi et dédié à Louis XIV. Le but de tout ce livre est de prouver que les acides sont trèsinjustement accusés d'être la cause d'une infinité de maladies, qu'au contraire ils en sont le remède souverain ; et c'est en cela que consiste leur triom- phe. En 1708 le pape nomma Poli premier ingénieur dans les troupes qui avaient été levées contre l'Empereur. Appelé en 1712 auprès de Cibo, duc de Massa, pour examiner les mines que ce prince avait dans ses terres, il y en découvrit de nouvelles en cuivre et en vitriol vert et blanc. L'année suivante il revint à Paris et y prit pos- session de sa place d'associé étranger, laquelle n'était plus surnuméraire , parce qu'en 1703 il avait eu celle de Viviani. Décidé à se fixer à Paris par les bontés de Louis XIV , qui venait de doubler sa pension, il appela auprès de lui sa femme et ses enfants ; mais il ne put jouir de leur présence, car il mourut le 28 juillet 1714, le lendemain même de leur arrivée. L'éloge académique de Poli a été écrit par Fontenelle, à qui nous avons emprunté la plupart de ces détails
  • Martin ROTA( 1520) : dessinateur et graveur au burin, naquit dans la province de Sabine, ou selon d'autres à Sebenico, en Dalmatie, vers 15320. et cultiva son art à Rome et à Venise. On ne connaît pas son maître, mais ses ouvrages prouvent qu'il avait reçu d'excellents principes. Il dessinait la figure avec une grande correction ; ses contours sont pleins de pureté et de goût, et les extrémités de toutes ses figures sont arrêtées avec une précision que peu d'artistes ont poussée au même degré. Le travail de son burin, quoique d'une extrême finesse, ne dégénère jamais en sécheresse. Son œuvre se monte à plus de quatrevingts pièces , ordinairement marquées de son chiffre ou d'une roue par allusion à son nom de Rota. Outre ses Portraits des empereurs romains depuis Jules César jusqu'à Alexandre Sévère, Venise , 1570 on a de lui cinq portraits d'hommes célèbres de son temps, parmi lesquels on distingue celui de Henri /V. On citera de ses pièces historiques : une Re'surrertion • de la plus grande finesse, 1577 — et une autre d'une exécution plus large , grand — la Bataille de Lépante, 1572, fol. ; - le Jugement dernier, d'après MichelAnge. Ce morceau est regardé comme un chefcfœuvre de gravure; il est signé llartinus Rota et porte la date de 1569 Il ne faut pas le confondre avec les nombreuses copies qui en ont été faites et parmi lesquelles on estime celles de Gauthier et de Jean Wierix. — Deux autres Jugement dernier de son invention l'un de 1573, l'autre terminé par Anselme Boodt
  • Martin RUAR( 1588 - 1657) : né en 1588 à Krempe, dans le Holstein ,sfit une étude particulière du latin et du grec, s'appliqua à l'hébreu, au thalinud, à l'arabe, voyagea dans la plupart des pays de l'Europe, en apprit les langues, étudia le droit naturel, le droit public, l'histoire et les dogmes de toutes les sectes ; il fut d'abord luthérien , puis socinien. George Calixte tenta inutilement de le ramener à la confession d'Augsbourg. Ruar aima mieux perdre son patrimoine que de renoncer au parti qu'il avait pris ; il occupa ensuite la place de recteur du collége de Racovie, enfin celle de ministre des sociniens de Dantzig, et mourut en 1657. Il dut sa réputation autant à ses moeurs douces et polies qu'à son savoir, lequel n'était pas accompagné d'un jugement bien solide. On a de lui des notes sur le catéchisme des églises sociniennes de Pologne dans les éditions de 1665 et 1680 ; et 2 volumes de Lettres, Amsterdam, 1677-1681 réimprimées à la suite de l'Histoire du crypto- socinianisme, par Zeltner, avec des notes de l'éditeur, Leipsick, 1729 Ces lettres sont curieuses, pleines d'anecdotes littéraires et de faits intéressants sur l'histoire de la secte de l'auteur
  • Martin RYCKAERT( 1591) : peintre de paysage, naquit à Anvers en 1591. Quoique sa manière tienne beaucoup de celle de Joseph du Momper, il avait eu pour maître Tobie Verhaert. L'étude qu'il avait faite, dans les riches cabinets d'Anvers, des tableaux des maîtres d'Italie, lui inspira le désir de visiter Rome. Pendant un séjour de plusieurs années dans cette ville, il dessina assidûment les restes de l'architecture antique, et lorsqu'il revint dans sa patrie, avec tout ce qu'il avait recueilli en Italie, il peignit des tableaux qui furent avidement recherchés des connaisseurs et qui se distinguaient par l'élégance du choix autant que par une parfaite exécution. Il avait un talent particulier pour représenter des ruines couvertes de mousse et de broussailles, des sites montagneux ou hérissés de rochers, des chutes d'eau , des vallées qui se perdent à l'horizon, et surtout des places fortes auxquelles il savait donner une apparence de grandeur qui sauvait l'uniformité des lignes. Ce genre de talent mit un jour sa vie en danger. Il voulait représenter dans un de ses tableaux la citadelle de Namur. Tandis qu'il ébauchait un dessin de cette forteresse, on le prit pour un espion ; des soldats le saisirent et le traînèrent en tumulte devant le gouverneur, qui, d'après les lois militaires, l'eût fait condamner à mort, si sa réputation, sa candeur et son talent n'avaient appuyé fortement suri innocence. Il faisait souvent pe les figures de ses tableaux par Breughel de Velours. Van Dyck avait pour lui une estime particulière. Ses ouvrages, en petit nombre, l'ont placé au premier rang des paysagistes et sont vendus à des prix exorbitants. Ii mourut en 1636, àgé seulement de 45 ans
  • Martin SCHMEITZEL( 1679) : historien né à Cronstadt dans la Transsylvanie, en 1679, ayant achevé ses premières études, visita la Pologne, la Silésie et la Saxe, dans le dessein d'accroître ses connaissances, et s'arrêta plusieurs années à léna et à Greifswald pour suivre les leçons des plus célèbres professeurs. Ayant arcepté de gouverneur d'un jeune gentilhomme suédois, il conduisit son élèNe à l'académie de Halle ; mais la rupture de la Prusse avec la Suède l'obligea de revenir à Iéna , Où il donna des leçons particulières de philosophie et de jurisprudence a?e.. beaucoup de succès. 11 retourna , dès que les circonstances le lui permirent, à Halle, y prit h. degré de maître ès arts et fut créé professeur extraordinaire de philosophie. Il remplit ensuite à cette académie les chaires de droit public et OstO- lira Hunga. rici coroner, Iéna, 1712 , Fig., livre curieux et plein de recherches; 20Sche- diasma de electiris regni Hungaria, et rilu inaugu- randi regiS , 1713. 3° Instructions pour un précepteur domestique hoffincister), 1719 4 Prercognita historier errlesiasticœ, ibid., 172, in-; 50 Dissertatio eb nattera et indole colis heraldirœ, ibid., 179. I, ; 6° Ver- ste! etc., essai d'une histoire littéraire, ibid.. 1728 7. Essai sur l'économie politique en allemand ;, Halle, 1732 ; 8" Catalogus scriptorum qui res Hungarie, Moldariœ, Croatiœ , Dalmatiœ, ricinarunique regionum et pro- rinriarum illustrant et in bibliothera aurtoris servantur, ibid., 1744, Smeitzel annonçait une notice sur la bibliothèque de la Nine de Bude, à laquelle il devait joindre les quatre livres de Poésies composés à la louange de cette bibliothèque par Naldo Naldi toy. ce nom). Il a laissé un grand nombre de manuscrits, parmi lesquels on citera une Bibliothèque hongroise, dont l'original était conservé dans le cabinet du comte Tékéli , et que Struve désirait beaucoup voir mettre au jour ; des Remarques inédites sur la Hongrie et la Transsylranie ; une Histoire de la prinripauté de Transsylvanie, avec des notes géographiques et politiques; les Antiquités de Transsylranie, tirées des inscriptions, des médailles, et quelques autres ouvrages moins importants
  • Martin SCHŒN : orfèvre , peintre et graveur burin, né à Culembach , en Franconie, tirait II origine des Sclurngaer d'Augsbourg; du noms se faisaitil appeler Magister, Maitre Mar- lioSchtengnuer, nommé le beau . 1Iartin à cause de art. Il eserça d'abord l'état d'orfévre et culTva la peinture avec quelque succès. Mais ce qui Lit sa célébrité, c'est qu'il le dispute au FloAin Maso Finiguerra , dont il était le contemvain , pour l'invention de la gravure en taille- iice. Quelques personnes assurent qu'il eut jT maitre un certain Luprecht Rust; mais ,istence de ce prétendu graveur n'est prouvée I. aucun monument ni par aucune production. débat entre l'Italie et l'Allemagne, pour sa- r auquel de ces deus pays est due l'invention la gravure, subsiste toujours : des deux côtés ? produit des autorités imposantes; et il serait seut-ètre facile de satisfaire toutes les prétenions en supposant, ce qui est assez vraisemblable, pie Finiguerra et Sein:en ont trouvé , chacun de :on côté, et sans se communiquer , le secret de :et art. Tous deux étaient orfévres, tous deux avaient besoin de tirer des épreuves de leurs ciselures; cependant ce qui pourrait faire croire que l'invention de cet art remonte plus haut, c'est que parmi les estampes gravées au burin par Schœn, il sé trouve une Passion qu'il a iée d'après un maitre plus ancien que lui, dont nom est inconnu, quoique le copiste ait répété la marque par laquelle le graveur primitif s'était désigné. Du reste, quel que soit l'inventeur, on ne peut disconvenir que le Beau Martin, comme l'appellent les Français, n'ait montré dans ses estampes un talent d'exécution bien supérieur à celui de tous les artistes italiens et allemands, ses rontemporains, et qu'Albert Durer luiinique n'a qu'à peine égalé. C'est surtout par le maniement de l'outil que ses estampes se font remarquer la plupart, même celles qui appartiennent à des suvrages d'orfévrerie, sont exécutées avec une ntelligence et une finesse admirables. S'il y a eu Jes graveurs avant lui, il est du moins le premier qui ait marqué son ouvrage des lettres de son nom. Ce sont les lettres N. et S., séparées par une espère de croix. L'oeuvre de cet artiste, lui consiste en cent cinquante pièces originales environ, est de la plus grande rareté. M. de Helaccise en a donné l'énumération dans son . eue ' wArichten ron Kunstlern und kunstsachen. Parmi plus remarquables on cite 10 une Nativité et - Idoration des rois, d'une belle exécution, et lit cela de particulier que les tableaux d'aes lesquels il les fit étaient son ouvrage. Ils esistent encore à Colmar dans l'église de l'hépi - tel. is Le Grand Portement de croix ; 30 Settntoine enleré dans les airs et tourmenté par les feulons. Ce sont les deux pièces capitales de Schosn. La première surtout avait une si grande réputation que MichelAnge , dans sa première jeunesse, eut lit une étude particulière. 4° Un St- Ciboire, sans le chiffre de l'auteur, remarquable par l'art et la finesse du travail 50 entin , une Bataille livrée aux Sarrasins par les chrétien. soutenus par l'apd- Ire St- Jacques. Ce morceau, qui n'est pas terminé vers le coin gauche, passe pour le dernier ouvra ge de Schcen. Albert Durer, à ce qu'il rapporte luirnéme, fut sur le point d'étre envoyé par son père à Colmar, où Martin était établi , pour etre mis sous sa direction, lorsque la nouvelle de la mort de cet artiste, arrivée vers 1 t 90, vint détruire ce projet. Le musée du Louvre possède de ce maitre un tableau représentant les liraélites recueillant la manne et un dessin du Portement de la croix. Le dessin , exécuté à la plume et rehaussé de blanc sur papier bleu , a été gravé d'abord par Schœn , puis copié par Glockenton et par d'autres graveurs. Le métne établissement a possédé un autre dessin de ce maitre fait à la pointe du pinceau et représentant un Groupe Je cavaliers. Il a été rendu à la Prusse en 1815 (C
  • Martin SCHOOCKIUS( 1614 - 1669) : né â Utreçht en 1614, fut successivement professeur dans gette ville, à Deventer, à Groningue et à Francfort sur l'Oder, où il mourut en 1669. Dans un siècle et dans un pays où l'abus de faire des livres fut porté au dernier point, aucun savant n'alla aussi loin que Schoockius. Il fit des traités sur le beurre, sur les harengs, sur les cigognes, sur l'éternuement, sur les truffes ; enfin, il en composa spécialement sur l'aversion des oeufs, du poulet, sur celle du fromage. Et dans tous ces traités, fort sérieusement écrits en latin, qu'on ne croie pas qu'il y ait un mot ni une seule idée d'hygiène ou d'économie domestique ; ce n'est que de l'érudition et de longues dissertations qui remontent aux Grecs et aux Romains. Dans son traité sur les gens qui n'aiment pas le fromage , Tracta tus de aversione casei, publié en 160, le savant hollandais n'eut cependant pas le mérite de l'initiative, puisqu'un savant allemand, non moins profond que lui sans doute, avait publié vers 1615 Quid fiai quod muta abhorreant ab esu casai . SCh0OrkiUS rit encore beaucoup de compilations sur des sujets moins bizarres, tels que les Inondations, la Fédération belge, l'Em- pire de la rter, la Philosophie de Descartes, etc.; mais tout cela, dépourvu de critique et de saine érudition, est aujourd'hui complètement oublié. Il se livra aussi à une polémique assez vive contre quelques savants de son temps. Vossius, qu'il avait personnellement attaqué, l'appelait, avec la politesse habituelle des érudits de cette époque, Impudentissinia bestia
  • Martin SCHURIG : médecin allemand , après avoir reçu le doctorat à Erfurt , en 1688 , alla exercer sa profession à Dresde , où il obtint la place de physicien, et mourut en 1733. Outre des traductions en langue allemande, on a de lui : 1° Dissertatio de hoemoptysi, Iéna, 1688 2° Spermatologia, seu de semine humano, ejusque nature et mu, simulque opus generationis pertinens, de eastratione et de hermaphroditis, etc., Francfort, 1720, 1721 C'est un traité de la génération de l'homme et de tout ce qui contribue à sa propagation, où l'auteur aborde non- seulement les questions de médecine légale, mais encore celles qui se rapportent à la théologie morale et aux cas de conscience. 3° Chglologia, sets succi hominis nutritii consideratio physico- medico forensis. De appetitu nimio , roracitate rerum et esculentorum coneupiscentia, nausea et Media diurna, farragine renon prœter natteram in ventriculo et intestinis latitantium aut votnitu rejec- tarent. De merde usu medico, Dresde, 1725 40 Sialographia, sen saliva huntunœ conside- ratio , ejus matira et usus, simulque morsus bruto- rein et hominis rabies, Dresde , 1727 50 Muliebria , morborum genitalium muliebrium consideratio, Dresde, 1729, i° ; 6. Parthenolo- gia, hoc est rirginitatis consideratio, qua ad earn pertinentes pubertas et menstruatio, necnon de par- tient muliebrium pro virginitatis custodia, etc., traduntur, Dresde et Leipsick, 1729, 1734 Ce traité, comme le titre l'annonce, est divisé en trois parties, dont la première concerne l'âge de puberté, la deuxième la menstruation et la troisième les signes de virginité. Schurig pense qu'il n'y en a point de certains, et il se borne à rapporter les divers sentiments des auteurs sur le passage du vingtdeuxième chapitre du Deutéronome relatif à ce sujet; niais il n'en adopte aucun en particulier. 7° Gyntecologia, hoc est eongresses muliebris, qua utriusque sexes salacitas et eastitas, necnon coites ipse , ejusque voluptas , cum observationibus, etc., exhibentur, , Dresde et Leipsick, 1730, 1734 C'est un traité de médecine légale de l'habitation de l'homme avec la femme par rapport aux fins du mariage. 8° Syllepsiologia, hoc est conceptus niuliebris consi- deratio , de graviditate vera, j'aise, occulta, dits- turne, de gravidarum privilegiis, animi pathematis et impressionibus, Dresde, 1731 • 90 E brgologia, hoc est infantis humani consideratio partes prœmaturus et serotinus; partes per vies insolites ; partes supposititius , Dresde , 173, in4.; 10° Lithologia, sen caleuli humani eonside- ratio, effectus morbosi, symptomata, excretio, ana- lysis lithontriptica, calculi brutorum, be. oar, etc., Dresde , 1744 , ; 11° Hoematologia, sem san- guinis consideratio, quantitas, defectus, excretiosion la plus rigoureuse. En 1822, il entreprit un travail important sur les distances exactes entre la lune et les planètes de Vénus, Mars, Jupiter et Saturne. Les Nouvelles astronomiques, ?ublieation annuelle qu'd commença en 1821 et qui ont été continuées depuis sans interruption, offrent un moyen fort utile do communication entre les astronomes des diverses nations, et elles renferment une multitude de renseignements et de faits d'un vif intérét. lie concert avec des savants distingués, notamment avec Bessel , Schumarher entreprit, en 1836, un Annuaire astronomique que les savants accueillirent avec un légitime empressement. Il jouit d'une faveur constante auprès de Frédéric VI et de christian VIII ; niais après la mort de ce dernier monarque, Frédéric VIII, obéissant sans doute à des in?tifs (l'économie que les circonstances semblaient commander, supprima la pension accordée au vieil astronome. Heureusement pour Schumacher, une rente viagère lui fut assignée par l'empereur Nicolas, à la demande de son élève Struve, l'habile directeur de l'observatoire de Pultowa. Schumacher, malgré les obstacles qu'op- posait le climat brumeux (lu Nord et malgré son âge avancé, continua avec zèle ses observations et ses calculs jusqu'au sa mort, survenue le 28 décembre 1850. M. Quetelet a publié une Notice sur ce savant, Paris, 1851
  • Martin STEYAERT( 1647) : théologien belge, né, le 16 avril 1647, à Somerghem, dans le diocèse de Gand , fut un des sujets les plus distingués de l'université de Louvain. Après y avoir fait sa philosophie, il. obtint à dixhuit ans le titre de premier, qui conférait de grands avantages, et passa en théologie au grand collége. Il fut de bonne heure nommé professeur de philosophie, puis chanoine d'Ypres, et prit le bonnet de docteur à Louvain, en 1675. Deux ans après, l'université le chargea d'aller à Rome avec deux autres théologiens pour y déférer des propositions de morale relâchée qui circulaient dans les PaysBas, et ce fut principalement par ses soins qu'Innocent XI condamna soixantecinq propositions par décret du 5 mars 1679. On trouve dans le premier volume des oeuvres de Steyaert plusieurs opuscules relatifs à sa mission. Etant retourné à Ypres, le docteur y combattit les nouveautés en fait de doctrine. La ville tomba dans ce temps au pouvoir des Français, qui en restèrent les maitres jusqu'en 1713. Steyaert ne se montra point favorable aux quatre articles du clergé de 168'2 , et ayant été appelé à concourir pour une chaire de théologie à Douai, il aima mieux renoncer au concours que de souscrire les quatre articles. Ce fut peut-être la même raison qui l'engagea, en 1687 , à donner la démission de son canonicat. De retour à Louvain, il fut admis dans le conseil de l'université, et devint successivement président du collége de Baius, professeur de théologie, doyen de la faculté et lecteur de l'université. L'archevêque de Cambrai le chargea d'informer sur la conduite et les écrits des oratoriens de Mons, que l'on soupçonnait de jansénisme ; l'avis de Steyaert à ce sujet lui suscita des contradictions et donna lieu à quelques écrits d'Arnauld et de ses amis. En 1690, Steyaert et Harney, son collègue, déférèrent les opinions de Huygens et de quelques autres théologiens de Louvain; ce fut le commencement d'une longue controverse, dans laquelle Steyaert mon- tra autant de savoir que de zèle. En 1691, Inno- cent XII le nomma vicaire apostolique de Bois- leDuc ; et Steyaert assista en cette qualité à l'assemblée des évêques de la province de Malines, qui se tint en 1697. L'année précédente, il avait été élu doyen du chapitre de StPierre à Louvain. Il prit part à la controverse excitée par le livre du cardinal Sfondrate, dans lequel il trouvait plusieurs choses à reprendre, et condamna la version française du Nouveau Testament, dite de Mons. On le destinait à l'évêché de Ruremonde, lorsqu'il mourut le 17 avril 1701, dans le grand collège de Louvain , dont il était président depuis douze ans. C'était un homme infatigable au travail ; outre le latin, le grec et l'hébreu, il avait appris les principales langues de l'Europe moderne, avait étudié l'histoire et s'était surtout rendu fort habile dans la connaissance de la théologie et de la tradition. Aussi jouissaitil, dans les PaysBas, d'une grande réputation de sagacité et d'orthodoxie. Foppens en trace un juste éloge dans sa Bibliothèque belgique, ainsi que dans son Histoire de l'évêché de Bois- le- Duc. On trouve une notice trèsintéressante sur le docteur Steyaert dans le Synopsis monumento- rum... archiepiscopatus Mechliniensis , par VandeVelde, Gand, 1822, 3 vol. ; l'auteur y fait connaître le titre et le sujet des écrits de Steyaert, parmi lesquels nous ne citerons que sa Theologict moralis emendata, Ypres, 1686 et Theolo- gice practicoe aphorismi. Il a,écrit un grand nombre de thèses , de dissertations, de lettres, de mémoires, de discours et d'opuscules. On les a réunis dans une édition donnée à Louvain, 1703, 6 vol. et réimprimée dans la même ville en 1743; il faut y joindre les Fragmenta Steyaer- tiana publiés en 1734 par les soins de P. L. Danes. Voyez la notice cidessus citée dans le Synopsis, t. 3, p. 853 et suivantes
  • Martin STRŒMER( 1707 - 1770) : astronome suédois, né, en 1707, à Upsal, et mort en 1770. dans la mème ville, remplaça dans la chaire d'astronomie le savant André Celcius. A l'étude de l'astronomie, il joignit celle de la physique et fut un des premiers qui s'appliquèrent à connaître l'usage de l'électricité dans la médecine. Après avoir été chargé d'organiser l'école des cadets de la marine à Carlscrona, il entreprit un travail pénible pour perfectionner les cartes des côtes de la Suède. Outre les mémoires présentés par Strœmer à l'académie des sciences de Stockholm . dont il était membre, on a de lui une traduction suédoise des Elements d'Euclide et des remarques ,ur les anciens calendriers runiques usités en Suède. Son éloge, lu à l'académie des sciences de Stockholm par Benoît Ferner, a été imprimé en 1772, Stockholm
  • Martin TRIEWALD( 1691 - 1741) : frère du précédent, habile ingénieur et mathématicien suédois, naquit, à Stockholm en 1691. Sa famille le destinait au commerce; il se rendit en Angleterre afin d'acquérir les connaissances qui devaient lui être utiles ; mais, voyant peu chance d'un succès prochain, il forma le projet de s'embarquer et d'aller chercher fortune au loin; le baron Fa-- bricius, ministre du Holstein, le détourna de ce projet. le choisit pour son secrétaire et lui procura l'occasion de se lier avec quelques savants fort distingués, parmi lesquels il suffit de nommer Isaac Newton. Les connaissances de Triewald dans les sciences mécaniques lui valurent la confiance des propriétaires de mines de houille près de Newcastle ; il fut chargé de diriger les travaux d'une exploitation qui était encore dans l'enfance et qui depuis a atteint des proportions gigantesques; il rendit de grands services sous ce rapport, il perfectionna les procédés en usage, et après une absence de dix ans, il retourna dans sa patrie en 1726. Il ouvrit un cours sur les sciences mathématiques qui attira l'attention du gouvernement. 'Triesvald, nommé directeur des machines et pourvu d'une pension, s'occupa d' troduire des améliorations importantes dans les rrications du feret de l'acier ; il s'appliqua éga- `ent à la science des fortifications, et il reçut e brevet de capitaine du génie. Il inventa une loche à plonger fort supérieure à ce qu'on cou- ._naissait jusqu'alors, et il en fit l'objet d'un nié-' foire qu'il publia en 1741. Son ventilateur pour r l'air à bord des navires et des étlilices Idenir des récompenses de la part du Rou- ent français. Cet ingénieur prit une part 'a ' 'à l'établissement en Suède de sociétés savan es, il était membre des académies de •-"'•(1tholin et d'Upsal , et il était associé à des compagnies étrangères. notamment à la société royale de Londres. Les Nt: moires de Stockholm de 1739 à 1747 renferment divers mémoires dont il est l'auteur ; il inséra aussi des travaux dans les Philosophical Transactions de Londres: Une mort subite l'enleva en 1741
  • Martin TROST( 1588 - 1636) : orientaliste, né en 1588, à Bouter, en Westphalie, fut professeur de langue hébraïque à Koethen, Helmstadt , Rostock, et ;enfin à Wittemberg, où il mourut le 8 avril 1636. On a de lui : 1. Novum Tcstamentum syriace non versione latina, item. variances lectiones ex guimpe impressis editionibus collectif,, Koethen, tome 6, Bib. poly. Valtoni ; 3. Lexie= syriacum ; ex inductione omnium exemplarium N. Testamenti syriaci adornatum, adjecta vocabulorum significa- houe lat. et yerm., koethen, 1623 4. De tnutatione punctorum hebrceorum generali, 'Vit- itemberg , 1633 50 Grammatica helnyea . generalis , cui accedit chaldceo- syriasmus, ibid. , 2e édit., 1637 Eadem recognita et locu- , p/ ctuta, ibid.. 1663 — TROST , médecin , fils du précédent, a publié : 1. De dy- sehleria, Runtkel, 1677 ; 9De lythiasi, ibid. , 1678 3. De febre per se nunquam lethifera. Halle, i7n
  • Martin VAHL( 1749) : né le 10 octobre 1749 à Bergen , en Norvége, fit ses premières études dans sa ville natale et vint à Copenhague pour apprendre l'histoire naturelle , sous le docteur Stroem ; de là il se rendit à Upsal, où il suivit pendant cinq ans, les cours de Linné, dont il et devenu un des plus illustres élèves. Revenu à Copenhague, en 1779, il fut nommé lecteur au jardin botanique, et visita , aux frais du roi, la Hollande, la France, l'Espagne, les côtes de la Barbarie, l'Italie, la Suisse, l'Angleterre et la Laponie. Nommé professeur à Copenhague, en 1785, il fit un second voyage sur les côtes et les montagnes de la Norvége, afin de recueillir de nouveaux matériaux pour la Flore danoise, dont la continuation lui avait été confiée. Il en avait déjà paru à Copenhague, depuis 1761 jusqu'à 1782, sept cahiers Vahl et Hornernann publièrent les cahiers huit à vingtquatre, Copenhague, 1787 à 1810, avec planches. En 1799 et 1800, Wahl fit aux frais du gouvernement un troisième voyage en Hollande et à Paris, où il fut reçu avec la considération qu'il méritait par tant de services rendus à la science. Etant de retour à Copenhague, il fut nommé professeur de botanique à l'université, place à laquelle on joignit l'inspection du jardin botanique. Ce savant mourut le 24 décembre 1804. Ses princi- paux ouvrages sont : 1. Symbole botanicoe, sive plantarum, tain earunz quas in itinere imprinits orientali collegit Pet. Forskael , quant aliarum reeenter detertarunt exactiores descriptiones , Copenhague, 1790 à 1794, trois cahiers foi., avec soixantequinze planches. 2. Erlogoe Anteriranoe , seu descriptiones plantarum, proesertint Antericoe nzeridionalis, nondum cognitarunt, Copenhague, 1796 à 1807, en trois cahiers avec trente planches. 3. Icones illustrationi plantarum Anzeri- pcaennahraugmileili Eclogis rles i79oeis in- foi., i avec trente ttse i., ent iteiepnit planches. , Co- Cette publication avait été commencée par Ascanius. 4° Rnunteratio plantarunt, vel ab aliis , vel Iab ipso observatarum, cuti varum descriptionibus - succinctis, Copenhague, 1805 et 1807 , 2 vol. Cet ouvrage posthume n'a pas été continué, il a été réimprimé à Goettingue en 1827, 2 vol. 10 Quoique Valil s'appliquàt plus particulièrement à la botanique, il n'a pas négligé les autres parties de l'histoire naturelle. Il prit part à la publication de la Zoologie danoise; il a communiqué des mémoires au savant Cuvier pour l'histoire des animaux carnassiers, et à Fabricius pour celle des insectes. Il avait acquis des connaissances variées et profondes dans la bibliographie et la littérature, et il a laissé dans son cabinet un herbier extraordinairement riche. M. J. W. Hornemann a publié à Copenhague en 1841 en danois un mémoire sur la vie de Vahl et sur ses travaux comme botaniste
  • Martin VAN BUREN( 1782 - 1862) : président des EtatsUnis d'Amérique, naquit à Kinderhoek, petite ville sur les bords du NorthRiver, le 5 décembre 1782. Son père Abraham, d'origine hollandaise, mourut au moment où son fils devenait un des citoyens notables de l'Union. A quatorze ans, Martin commença l'étude du droit sous la direction de l'avocat Sylvester, chez qui, suivant les règlements en vigueur à cette époque, il travailla pendant sept ans. Il acheva ensuite ses études chez un autre avocat du non, de Van Ness, qui exerçait avec distinction à NewYork; enfin, en i803, n'ayant encore que vingt ans, il fut admis à plaider à la cour suprême, Déjà il s'était essayé avec succès devant des tribunaux inférieurs , et à seize ans, diton, il avait dirigé et mené à bien, contre un avocat célèbre, une affaire dont il s'était chargé. Dès les premières années de son stage, Martin Van Buren prit part aux affaires politiques. Il était toujours des premiers aux réunions du parti démocratique, et souvent il fut chargé de rédiger les adresses émanées de ces assemblées. Mais s'il se dessinait comme homme de parti, s'il se montrait actif et entreprenant, on ne peut pas dire qu'il se fît remarquer par ses connaissances scientifiques ou littéraires. Il se forma néanmoins à l'art de la parole et à la pratique des affaires. Il venait d'entrer dans la carrière du barreau quand les fédéralistes voulurent se l'attacher. Mais il sut leur résister et demeura fidèle au drapeau politique qu'avait suivi son père, qui était un antifédéraliste de 1788. Ne pouvant alors conquérir le jeune avocat , ils trouvèrent plus commode de le calomnier, de le tourner en ridicule, même d'attaquer sa probité. Ces attaques, loin de le décourager, imprimèrent plus de vigueur à ses efforts. Admis au sénat provincial par voie d'élection, en 1812, il entra activement dès lors dans la vie politique. C'était, comme on sait, à l'époque de l'invasion anglaise. Van Buren fit voter par le sénat la mise sur pied, et à la disposition du pouvoir exécutif, de 19,000 hommes pendant deux ans. Après la paix , il devint , par il) On lit quelques détails descriptifs sur le palais de Blenbeim et le château d'Howard dans le Voyage d'un Français ne Angleterre, en 1810 et 1811, Paris, 1816,.2 vol. L'auteur de cet ouvrage ne donne pas une idée avantageuse de ces monuments. acclamation, procureur général de l'Etat de NewYork ; puis, peu d'années après, gouverneur du Arne Etat. Le 6 février 1821, Van Buren fut appelé à siéger au congrès des EtatsUnis en qualité de sénateur. Quelquesunes de ses opinions et certains votes méritent d'être rappelés. Lorsqu'il s'agit de modifier la constitution, il se prononça pour l'admission des hommes de couleur au droit électoral. Il se fit remarquer ensuite par sa constante opposition à la banque de l'Upion. à l'élévation des tarifs en matière de douanes et à l'extension indéfinie du droit électoral. S'étant prononcé en faveur de la candidature du général • Jackson , il devint secrétaire d'Etat le 12 mars t829 et fut désigné pour l'ambassade de Londres on 1831. Le sénat n'ayant point confirmé cette élection , Van Buren eut , à son retour d'Angleterre, la viceprésidence de l'Union, dont Jackson avait la présidence. Candidat à la magistrature suprême en 1835. il l'emporta de 21 voix sur ses concurrents Harrison, Webster et Clay. Dès le début il eut à se débattre contre les embarras financiers que lui avait légués le général Jackson et dont le point de départ fut la suppression de la banque des EtatsUnis. Ces embarras furent tels que Van Buren dut proposer au congrès extraordinaire, convoqué à l'effet d'aviser à la situation, de rendre les finances du pays absolument indépendantes de la banque des EtatsUnis et de créer, pour en remplir l'office, un trésor central auquel viendraient aboutir des caisses provinciales. Ces deux propositions échouèrent au sein du congrès , et ce refus de concours pesa depuis sur l'administration et sur la popularité du président. Il s'attacha néanmoins à résoudre pacifiquement les conflits extérieurs que pouvaient faire naître le droit de visite et la question des frontières du Canada. Mais les emprunts auxquels il dut recourir par suite de la continuation de la guerre contre les Séminoles et la crise commerciale empêchèrent sa réélection. Il cessa d'être président en mars 1841. En 1844, sa candidature échoua devant l'opposition des esclavagistes. Il ne fut pas plus heureux en 1848, quoique soutenu par les whigs et les free soilers; enfin, en 1856, il se retira devant M. Buchanan. Van Buren mourut le 25 juillet 1862. Cet homme d'Etat, dont le nom se lie à une difficile période de l'histoire de l'Union, était d'une taille audessous de la moyenne; mais il avait les traits fortement accentués
  • Martin VAN MARWM : savant néerlandais, était de Delft et naquit, à ce qu'on pense, en 1750, ou trèsprès de cette date. Fils d'un mathématicien habile et profond, il annonça , trèsjeune encore, un goût des plus vifs et d'heureuses dispositions pour la science que cultivait son père, et ce dernier ne les laissa pas dormir stériles. Les mathématiques pourtant ne devinrent point sa spécialité ; son père, lorsqu'il s'agit de l'aider à se choisir une profession, lui fit préférer la carrière médicale, et c'est avec ces vues que le jeune homme se rendit à l'académie de Grceningue. Il y suivit les cours voulus et d'autres encore ; et d'inscription en inscription , de grade en grade, il parvint au doctorat de médecine d'une part, et de l'autre au doctorat de philosophie. Il était auteur dès cette époque , car, quelque temps avant de soutenir sa thèse, il avait fait imprimer un traité sur l'électricité, qui contenait tout ce qu'on savait alors sur cette partie de la physique, à laquelle les Hollandais avaient fait faire de si notables progrès. Sa thèse ellemême ne se rattachait à la médecine qu' et par l'intermédiaire de la matière médicale, car elle roulait toute sur la botanique. Prise en ellemême, elle est en avant de la science de l'époque, soit par les observations exactes et fines dont elle est remplie, soit par les aperçus nouveaux qu'il groupe autour des faits que fournit l'expérience. Aussi étaitce un des étudiants favoris du naturaliste P. Camper, dont l'honorable amitié le suivit hors de la faculté grcen Muni du brevet, Van Marwm ne retourna point à Delft ; il alla s'établir à Harlem, et quelque temps il y pratiqua. La clientèle ne lui manquait pas et grossissait ; mais, il faut l'avouer, il manquait chaque jour un peu plus à la clientèle. La physique, que peut-être dans les commencements il n'étudiait que pour en tirer des applications à la science de guérir, envahissait de plus en plus son temps. Un jour vint que, soit pour utiliser des travaux pécuniairement inutiles jusquelà , soit pour réhabiliter et populariser ce dont des envieux lui faisaient un crime , il ouvrit un cours public de physique. Le cours eut du retentissement et de la vogue ; il décida en quelque sorte la spécialité définitive de Van Marwm : sa vocation était de répandre, de régulariser, de perfectionner les idées scientifiques. Il était né professeur, ou rapporteur de travaux ou d'incidents scientifiques. Il eut le bonheur de rencontrer presque aussitôt ce qui pouvait le mieux cadrer avec ses aptitudes : la société des sciences de Harlem le choisit pour secrétaire. Mais ellemême, il faut l'avouer, eut la main heureuse ce jourlà ; et si bientôt son nom jeta un grand éclat dans le monde savant, trèscertainement c'est à son illustre secrétaire que revient en grande partie cet état de choses. Aux qualités d'un secrétaire perpétuel, à l'aménité de manières, à la facilité de travail, Van Marwm joignait l'activité dans le cabinet et le laboratoire, l'impulsion sur ses entours, l'esprit d'initiative, d'ordre, d'organisation et de perfectionnement. Toute sa carrière, depuis sa nomination au secrétariat de la société de Harlem, en est la preuve. Titulaire quelque temps après de la chaire de physique, pour laquelle il avait si brillamment prouvé qu'il était le professeur modèle, et que presque aussitôt il put cumuler avec la direction du cabinet de physique de Tayler, il suffit à tout ; par ses soins et par le judicieux emploi des sommes mises à sa disposition. il éleva cet établissement à un degré extraordinaire de perfection et de splendeur. On y remarque notamment les gazomètres et des machines électriques gigantesques. La grandeur n'est pas d'ailleurs le seul mérite que Van Marwm eût su donner aux appareils : d'un grand nombre de perfectionnements que lui doivent les instruments scientifiques, il en est trois surtout qui méritent ici mention spéciale, ce sont : 1° sa machine électrique, qui tient le premier rang entre toutes et que de longtemps on ne surpassera pas ; 2. sa machine pneumatique ; 3° son gazomètre . A ces titres que présentait Van Marwm à l'estime des savants de tous les pays, ajoutons, sans prétendre les détailler, une multitude, c'est le mot, d'expériences intéressantes et trèsvariées qui presque toutes ont pris rang dans la science ou dans la technologie ; et dont bon nombre sont des explications dont peuvent tirer parti et l'industrie et la vie quotidienne. Le champ, du reste, en est trèsvarié , la physique et la chimie, la botanique et l'hydrostatique, ayant été plus familières à l' secrétaire que les mathématiques , son étude première, ou la médecine, sa profession. L'Institut des PaysBas l'admit parmi ses membres , et plusieurs sociétés nationales et étrangères s'empressèrent de se l'associer. Trois fois il avait remporté le prix de physique à la société de Rotterdam . Van Marwm est mort en 1838, à l'âge de 88 ans. Ne pouvant donner ici la liste complète de ses notes, observations et communications, son Courrier des arts et belles- lettres de Harlem, liste qu'il faudrait co- pier sur la table des matières de ce recueil, nous nous contenterons de signaler ici les cinq ouvrages suivants, lesquels sont tous nonseulement de plus longue haleine, mais aussi de plus haute importance 1° Traité de l'électricité, Grceflingue , 1776, in 8° ; 20 Mémoire sur l'électricité, couronné par la société batave pour la philosophie expérimentale de Rotterdam, et inséré dans le tome 6 des oeuvres de cette société , 1781 ; 3° Second mémoire sur l'électricité, également couronné par la même société , également inséré dans son tome 6, mais en 1793, en société avec Paets Van Twostwyck, que nous allons retrouver son collaborateur pour l'ouvrage suivant ; 4° Sur la nature des exhalaisons nuisibles des marais , lieux d'aisance, hôpitaux, mines, etc., et sur les moyens de les corriger et de secourir les personnes qui en sont atteintes ; 5° Lettre à 111. Volta sur la colonne électrique , Harlem , 1801, traduite depuis et par luimême en hollandais
  • Martin VICIANA( 1500) : historien espagnol , sur lequel on n'a pu se procurer que des renseignements trèsincomplets. Né, vers le commencement du 16 siècle, dans le royaume de Valence, il forma de bonne heure le projet d'en écrire l'histoire, et s'occupa pendant quarantesix ans de recueillir les matériaux nécessaires et de les mettre en ordre. Cet ouvrage parut enfin sous ce titre : Cronica de la inclita ciudad de Valencia 4 parties. Des motifs que l'on ne peut pas même soupçonner, mais sans doute trèsgraves, en firent supprimer le premier volume, avec tant de soin, dit Laserna de Santander, qu'on peut aujourd'hui le compter comme le livre le plus rare qui soit au monde. Cette partie de l'ouvrage de Viciana se trouve cependant en manuscrit dans quelques bibliothèques de l'Espagne. On doit regretter que Santander ait négligé de faire connattre les raisons d'une proscription si rigoureuse. Ce savant possédait dans sa bibliothèque la troisième et la quatrième partie de l'histoire de Viciana, Valence et Barcelone, 1564-1566 , vol. . Elle passe, ditil, pour trèsexacte
  • Martin ZEILER ou ZEILLER( 1589 - 1661) : géographe allemand, naquit le 17 avril 1589, près de Murau, dans la Styrie supérieure, d'un père qui avait été disciple de Mélanchthon. Après avoir, pendant près de quinze ans, parcouru l'Allemagne, la France et l'Italie, il vint se fixer à Ulm, où son père avait été ministre. Il fut nommé, en 1630, principal du collége, et en 1643, inspecteur des écoles allemandes. On voulait lui donner une chaire d'histoire : il la refusa , afin de pouvoir consacrer tout son temps à ses compositions littéraires. Il mourut à Ulm , le 6 octobre 1661, après s'être placé au premier rang des savants de cette époque. Ses meilleurs ouvrages sont ceux qu'il a composés sur la géographie , entre autres l'Itinéraire d'Allemagne, la Topographie de Bavière, celles de l'Alsace, de Brunswick et de Souabe, qui passent pour exactes. On a encore de lui, entre autres écrits : 1. Theatrum tragicum, ou Histoires merveilleuses et tristes de Rosset , traduites du français en allemand, avec des remarques, Lintz, 1628 Cet ouvrage fut en peu de temps réimprimé à Tubingue, à Rostock, à Stuttgard à Nuremberg, etc. La meilleure édition est celle qui parut à Ulm, en 1655 2° Cent Epares ou Lettres sur différents sujets politiques, historiques , Heilbru.nn, 1640 réimprimé en 1641, 1648, etc. Une huitième édition parut, en 1657, à Ulm, in4°, avec plusieurs additions. 3° Centuria epistolarum miscellanearum, ou Ceht épitres sur des sujets politiques et historiques, composées par M. Zeiller, peu de temps avant sa mort , Ulm, 1663 Le recueil de toutes ses lettres a paru de nouveau à Ulm, 1683 et 1700 4. Le Chasse- ennui, traduit du français en allemand , Francfort, 1643 ; 5. Fidus Achates , 011 le Fidèle compagnon des voyages, arec des observations, afin de rendre les voyages plus utiles , Ulm, 1651, 1657 et 1680 ; 6° Centuria dialogorum, ou Cent dialogues sur différentes matières , Ulm, 1653 7° Cnllectanea, ou Histoires singulières , Augsbourg, 1658 8. Miscellanea, ou Derents sujets poétiques et historiques , Nuremberg, 1661 9. Epigramrnes, dans les recueils de Ramier, de Joerden , de Schutz , de Haug, de Weiszer et de Brunn; 10° Nouvelle description du royaume de Hongrie, des villes et lieux qui y appar- tiennent, arec les additions de Jean Beza, Ulm, 1664 Augsbourg, 1685. Cet ouvrage et les autres publiés par Zeiler sur la géographie ont été insérés dans la Collection topographique de l'univers
  • Martin ZURBANO( 1780) : général espagnol, né vers 1780, dans la partie méridionale de l'Aragon, appartenait à une famille de laboureurs; lorsque l'Espagne fut envahie en 1808 par les armées françaises, il saisit les armes, se mit à la tète d'une guerilla, se distingua par son courage et son habileté comme partisan, et lutta avec énergie tant que dura la guerre. Il rentra ensuite dans l'obscurité, et dégoûté du travail manuel, il chercha , diton , des ressources dans la contrebande, profession qui avait bien quelque analogie avec celle du guerillero. La mort de Ferdinand VII déchalna en Espagne le démon des discordes civiles. Zurbano, quoique approchant de la vieillesse, saisit cette occasion pour se montrer; il alla offr/e ses services à la reine Christine, chargée de la régence, au milieu des circonstances les plus difficiles. Il fut placé à la tète d'un corps franc destiné à agir contre les carlistes dans les provinces basques. On sait que les corps de ce genre sont en général fort peu disciplinés; Zurbano sut maintenir le sien dans les limites de l'obéissance passive; il atteignit ce but grâce à son inflexible sévérité; il faisait impitoyablement fusiller ceux de ses soldats qui violaient les règlements qu'il avait dressés ; il mettait à mort, avec la meule indifférence, les prisonniers. Infatigable et audacieux, il excellait dans les surprises, les coups de main, les embuscades; les marches forcées qu'il faisait faire à sa troupe tenaient du prodige ; il tombait brusquement à l'endroit où il était le moins attendu, frappait un coup vigoureux et disparaissait. Conservant les habitudes d'un vieux guerillero, il ne voulut jamais revètir d'uniforme, et il se livrait à bien des singularités qui plaisaient d'ailleurs à ses compagnons d'armes. Il contribua d'une façon importante à abattre la cause de don Carlos, et après la fin de la guerre il fut élevé au grade de général. Lorsque Espartero eut le pouvoir, Zurbano se constitua un de ses plus dévoués partisans et comprima avec sa rigueur accoutumée les soulèvements qui éclataient sur divers points. Une insurrection avant eu lieu à Barcelone, où le parti républicain s'était joint aux carlistes, Zurbano fut envoyé pour la dompter, mais il trouva une résistance si opiniâtre qu'il fut obligé de reculer. Narvaez et d'autres personnages influents s'étant levés contre Espartero, Zurbano chercha à manoeuvrer pour les co ; mais, abandonné de ses soldats, il fut obligé de s'enfuir dans les montagnes de l'Aragon. La tranquillité paraissait rétablie dans la Pén lorsque l'incorrigible partisan voulut derechef tenter une prise d'armes. Au mois de novembre l844, il 5t montra dans la province de Rioja à la tète d'une guerilla qu'il avait formée en réunissant ces mécontents toujours épris du désordre et des aventures qui ont fait tant de mal à l'Espagne ; mais il n'avait aucun appui dans la masse (!e la population fatiguée et épuisée; sa bande fut promptement dispersée, ses deux fils qu'il avait associés à sa fortune, furent pris et fusillés : Zurbano trouva un asile chez un parent qui, effrayé des peines auxquelles il s'exposait, le dénonça; saisi à l'improviste, le général fut passé par les armes le 19 janvier 1845, victime du système de répression impitoyable qu'il avait toujours mis en pratique
  • Martin Alonso Pinzón : navigateur espagnol, compagnon de C. Colomb
  • Martin Andersen-Nexo : romancier danois
  • Martin BALSAM : acteur, a notamment joué dans "La quatrième rencontre"
  • Martin BRUNDLE : pilote de formule 1
  • Martin Fréminet : peintre, décorateur et dessinateur français
  • Martin GRAY( 1926) : écrivain
  • Martin Heidegger : philosophe allemand
  • Martin JAITE : tennisman
  • Martin LAMOTTE( 1952) : acteur
  • Martin LANDAU : acteur
  • Martin Luther : reformateur religieux allemand
  • Martin Luther King( 1929) : pasteur baptiste américain, apôtre de la nonviolence, prix Nobel de la paix 1964
  • Martin Niemöller : pasteur protestant allemand interné après ses déclarations hostiles à l'idéologie nazie
  • Martin Rodbell : chercheur américain, prix Nobel de médecine 1994
  • Martin Schongauer : peintre, graveur et dessinateur alsacien
  • Martin SCORSESE : réalisateur, remarqué grâce à "Taxi Driver"
  • Martin SHEEN( 1940) : acteur
  • Martin van den Bogaert : dit Desjardins, sculpteur d'origine hollandaise
  • Martin VEYRON : Dessinateur

Martin année par année

Signe astrologique de Martin

Couleur de Martin

Pierre précieuse de Martin

Chiffre de Martin

Métal de Martin