Le prénom Joseph Masculin

Origine :

Fête :

19 Mars

Signification de Joseph

Joseph est un prénom d’origine hébraïque. Courageux, Joseph est un homme combatif qui ne baisse pas facilement les bras. Doté d’un sens moral inflexible, il sait faire preuve de discernement et de bon sens. Affectueux, il aime être entouré de ses proches. Prévenant, il fait de son mieux pour que sa famille ne manque de rien. Déterminé, il travaille dur pour atteindre ses objectifs.
Plusieurs célébrités se prénomment Joseph notamment Joseph I, empereur d’Autriche, Joseph Bonaparte, roi de Naples et d’Espagne, et Joseph Haydn, musicien. Joseph Staline, homme fort du parti communiste de l’Union soviétique, a contribué à la renommée de ce prénom.

Personnalité de Joseph

Ils ont les pieds sur terre. Têtus, ils savent ce qu'ils veulent. Pleins de bon sens et de logique, ce sont des êtres simples, pas compliqués, faciles à vivre. Bons, attentifs, dévoués, ils sont toujours prêts à rendre service. Sages, réfléchis, ils ne parlent pas pour ne rien dire. Affectueux et tendres, ce sont des compagnons sûrs et fidèles.

Provenance du prénom Joseph

Histoire de Joseph

Etymologie de Joseph

Les Joseph célèbres

  • Joseph ANCILLON( 1626 - 1719) : né à Metz, en 1626 , frère puîné de David Ancillon, embrassa la profession d'avocat, et acquit la réputation du plus habile jurisconsulte de la contrée. Lorsque la révocation de l'édit de Nantes força la famille Ancillon de s'expatrier, les compatriotes de Joseph firent tous leurs efforts pour le retenir parmi eux. Les réformés de Metz prétendaient que cette ordonnance ne pouvait les atteindre ; mais leurs efforts pour être exceptés n'eurent aucun succès. Seulement le ministère ferma les yeux sur le séjour prolongé de Joseph Ancillon, qui, un des derniers , quitta la ville de Metz, et alla rejoindre à Berlin sa famille, déjà comblée des bienfaits du grand électeur FrédéricGuillaume, lequel, profitant de la faute d'un monarque à son déclin, rendit, vingt et un jours après la révocation de l'édit de Nantes, cette déclaration de Potsdam qui donnait une nouvelle patrie aux protestants persécutés. Ancillon devint conseiller de l'électeur et membre du tribunal chargé de distribuer la justice aux réfugiés français. Le Duchat dit « qu'il était homme de belleslettres, « bon théologien, et le meilleur jurisconsulte de sa « province. » Desmaiseaux, dans ses Remarques sur les lettres de Bayle , lui donne le titre Il a publié, sans y mettre son nom, Traité de la différence des biens tncubles et immeubles dans le ressort de la coutume de Metz., Metz, Brière Antoine, 1698 Cet ouvrage solide était fréquemment cité autrefois dans les tribunaux de la juridiction du parlement de Metz. C'est à tort que Camus cite trois autres éditions de ce livre; celle de 1698 est la seule qui ait paru. Barbier en mentionne une de 1608, dix - huit ans avant la naissance d'Ancillon. Les uns et les autres ont confondu avec son ouvrage des réimpressions de la coutume de Metz. Ancillon avait encore composé plusieurs traités de jurisprudence , tels qu'un Commentaire sur la coutume de Metz, et tin Recueil d'arrèts du parlement; mais ils n'ont las été imprimés. Des copies du premier traité se sont répandues dans le pays, et l'on invoque souvent son autorité au barreau. Louis Frédéric ANCILLON, mort en 1814, figé de 70 ans , a laissé quelques bons écrits de philosophie religieuse et de littera L'auteur d'un Essai philologique' sur les commencements de la typographie ù Metz, Mets et Paris, Tilliard, 1828, grand M. Teissier, souspréfet de Thionville, qui est ordinairement d'une exactitude mathématique dans l'indication des dates, s'est trompe en fixant la naissance d'Aneilion à l'année 1629 . Ducaliana, t. Il, page 399. Lettres sur la profession d'avocat et Bibliothèque choi,> ie - droit, 4' édition, donnée par M. Dupin, t. II, p. 23. 638 ANC Lure sacrée, entre autres : 1° Judicium de judiciis circa argumentum Carlesianum pro existentia Dei ad nostra osque tempora hais, Berlin, 1792 2° Tenlamen in Psalnzo sexagesimo octavo denuo verlendo, cum disserlalione hislorica, quant claudit Carmen seculare Horatii cum codon Psalmo colla- Ulm, Berlin, 1797 ; 5° un discours qui a remporté le prix à l'académie de Rouen, sur les beautés oratoires et poétiques de l'Écriture sainte; A° un éloge de Saumaise, couronné par l'académie de Dijon, et divers mémoires insérés dans le recueil de l'académie de Berlin
  • Joseph ANGLADA( 1775 - 1833) : médecin distingué, naquit à Perpignan le 17 octobre 1775, d'un père qui luimême exerçait l'art de guérir avec habileté dans cette ville, à l'université de laquelle il remplissait, avant la révolution, les fonctions de recteur et de professeur en chimie. Avec un tel exemple sous les yeux, Anglada n'hésita même pas sur le choix de la carrière qu'il devait embrasser ; la médecine et la chimie se partagèrent tous ses moments, dès qu'il eut terminé la série de ses études préliminaires. Après avoir servi pendant quelque temps comme chirmiien dans les hôpitaux de sa ville natale, il obtint, par l'honorable voie du concours, le droit d'aller compléter son instruction médicale aux frais de l'État, dans l'école de Montpellier. Fouquet, qui brillait alors dans cette grande école, où il avait créé l'enseignement clinique, ne tarda pas à distinguer le nouvel élève, qui se faisait remarquer par une ardeur et une persévérance peu communes. Anglada fut récompensé de son travail opiniâtre parla place de chef de clinique, dont il remplit les fonctions avec une exactitude exemplaire. Dans le même temps il suivait les cours de chimie de l'illustre Chaptal, auquel il inspira également un intérêt qui devait être un jour la source de sa fortune. En 1797, il reçut le bonnet doctoral, vint perfectionner ses études médicales à Paris, et retourna modestement à Perpignan, ne se sentant d'autre ambition que d'être utile à ses concitoyens, comme son père l'avait été, et de se consacrer tout entier à leur service. Mais à cette époque les hommes d'un vrai mérite ne parvenaient pas, même quand leur goût les y portait, à s'ensevelir dans l'obscurité. Chaptal, ministre de l'intérieur, et dont l'administration a laissé de si grands souvenirs, réorganisait les écoles de santé, et apportait surtout des perfectionnements remarquables à celle de Montpellier, pour laquelle il conservait une secrète prédilection. Anglada, dont il n'avait pas perdu le souvenir, fut chargé par lui de mettre en ordre le cabinet, dont les matériaux étaient confusément entassés. Ce travail convenait à la tournure spéciale de son esprit, naturellement enclin à classer et généraliser les idées. Mais avec quelque assiduité qu'il remplit sa place de conservateur, elle lui laissait encore beaucoup de loisirs, dont il profita pour cultiver la chimie, qu'il aimait avec passion, et dans laquelle il avait acquis des connaissances profondes. Les cours particuliers qu'il fit sur cette science favorite lui valurent une. réputation méritée ; l'université le récompensa, en 1809, par la chaire de professeur à la faculté des sciences, dont il devint doyen en 1816. Quatre ans après, en '1820, à la mort de Berthe, ses voeux les plus ardents furent comblés par sa nomination à la chaire de thérapeutique et de matière médicale. ll se vit ainsi ramené dans une sphère d'idées qui n'étaient pas nouvelles pour lui, mais qu'on lui croyait moins familières que celles de chimie, parce qu'il n'avait pas encore trouvé l'occasion de mettre le public en confidence des résultats de ses longues méditations. Pendant tout le temps qu'il professa la thérapeutique, on reconnut, dans la sûreté de son jugement et dans la justesse des principes qu'il émettait, un médecin à qui la science de la vie et des maladies était familière. Comme l'a dit le professeur René, ceux qui affectaient de ne voir en lui qu'un homme qui avait abandonné la médecine pour les sciences physiques furent contraints de reconnaître que, loin d'être déplacé dans une chaire éminemment médicale, il était, au contraire, destiné à en devenir l'ornement. Des mutations qu'une nouvelle réorganisation avait rendues nécessaires le contraignirent plus tard d'échanger cette chaire contre celle de médecine légale. Là encore il lit preuve d'une grande rectitude de jugement, en ne se renfermant pas, comme on aurait pu le penser, comme l'avaient peut-être espéré les promoteurs de cette mutation, dans le cercle des problèmes de la toxicologie, qu'il était plus propre que beaucoup d'autres, par sa spécialité chimique, à éclairer des lumières de la science. Durarit quelques années, il s'attacha surtout à enseigner la partie qui exige plus particulièrement des notions médicales, et s'il ne s'y montra pas aussi supérieur qu'il eût pu l'être dans la branche qui se rattachait à l'objet constant de ses études, du moins ne futil jamais audessous de sa tâche. La mort le surprit le 19 décembre 1833. La maladie qui l'enleva n'aurait peut-être pas eu une fin si déplorable, si elle n'avait été aggravée par le soin scrupuleux qu'il mettait à remplir religieusement les devoirs de sa double place. Ses ouvrages sont en petit nombre, mais marqués au cachet, sinon d'un talent éminent, du moins d'un savoir solide et du désir de contribuer aux progrès (le la science, au bien de ses semblables : 1° Dissertation, sur les connaissances et les qualités nécessaires au médecin , Montpellier, 1797 Cette thèse de réception était en quelque sorte un portrait auquel Anglada s'est attaché toute sa vie à ressembler le plus possible. M. René a dit avec raison qu'elle est traitée avec une naïveté de style et une fraîcheur (le pensée qui apprennent au lecteur que celui qui l'écrit est aussi bon citoyen que bon médecin. 2. Mémoires pour servir à l'histoire générale des eaux minérales sulfureuses el des eaux thermales, Paris, t. 1,1827; t. 2, 18'28 Anglada avait été chargé par le conseil général du département des PyrénéesOrientales de faire connaître toutes les ressources chimiques et médicales que peuvent fournir les eaux minérales répandues avec tant de profusion sur ce point de notre territoire. Ses recherches lui fournirent les matériaux de cet ouvrage et du suivant, tous deux placés au rang des plus remarquables dans le genre. Les mémoires, au nombre de huit, sont relatifs à la chaleur des eaux minérales, à ses causes probables, et surtout à ses principales attributions ; à l'examen de la glairine, matière rapprochée des substances animales, qui accompagne constamment les eaux sulfureuses ; à la présence et à la manière d'ètre du principe alcalin dans ces eaux ; au dégagement spontané du gaz azote qui s'exhale des eaux sulfureuses, et à la théorie de ce phénomène, comme se rattachant à l'action exercée par les principes sulfureux sur l'air retenu dans les eaux ; à la constitution des ingrédients qui composent ces dernières ; à une nouvelle classification des eaux minérales ; enfin à l'art de fabriquer artificiellement les eaux minérales des Pyrénées. 3° Traité des eaux minérales et des établissements thermaux du département des Pyrénées- Orientales, Paris, 1855, 2 vol. Anglada ne s'est pas contenté d'explorer les sources qu'utilisaient déjà des établissements plus ou moins anciens , son attention s'est également portée sur toutes les eaux sulfureuses que le pays a pu lui offrir. De cette manière, il est parvenu, dans l'un de nos plus petits départements, où l'on ne compte que deux cent vingtsept communes, à trouver quarante d'entre elles qui possèdent des eaux minérales, dont seize thermales, vingt ferrugineuses froides et quatre salines. Suivant lui, la chaleur des eaux thermales n'est pas due, comme on le pensait, au voisinage (les volcans éteints ou brûlants encore, au feu central, mais à l'action électromotrice des principes qui constituent l'écorce du globe terrestre. 4° Traité de toxicologie générale, envisagée dans ses rapports avec la physique, la pathologie, la thérapeutique et la médecine légale, Paris, 1835 ouvrage posthume, publié par le fils de l'auteur, M. Charles Anglada
  • Joseph ACTON( 1737 - 1811) : ministre de Naples, naquit à Besançon, le 1" octobre 1757, et fut le second fils d'Édouard Acton, ou plutôt Necton, nom que Joseph changea en celui sous lequel il est connu. Édouard, Irlandais de naissance et baronnet, était venu s'établir à Besançon en 1755, et y exerça la médecine avec succès. Après avoir reçu une bonne éducation , dont il profita peu , son fils entra dans la marine royale , y éprouva des désagréments , et , quelque temps après , quitta la France , où il ne revint plus. Il parcourut une partie de l'Italie, se fixa en Toscane , et obtint du grandduc Léopold le commandement d'une frégate, puis celui de toute sa marine Lorsque le roi Charles III entreprit contre les Barbaresques une expédition qui ne réussit pas , Acton commandait les vaisseaux toscans réunis à ceux de l'Espagne , et il parvint à sauver un grand nombre d'Espagnols , qui auraient péri sans son secours. Leur armée, attirée dans l'intérieur, ayant été cernée de tous côtés, n'échappa à une destruction totale que par la présence d'esprit d'Acton , qui , au risque de perdre les frégates qui lui étaient confiées , les embossa de manière à faire porter tout le feu de leur artillerie sur la cavalerie algérienne , forte de 24,000 hommes , au moment où elle manoeuvrait pour occuper toute la plage vers laquelle les Espagnols se retiraient. Cette belle action lui fit , dans toute l'Europe, une brillante réputation, et lui ouvrit le chemin d'une grande fortune. La France lui offrit le grade de capitaine de vaisseau : il demanda celui de chef d'escadre , qui fût refusé. 11 fut plus heureux à Naples , où le roi, d'après le conseil du marquis della Sambuca , son ministre , lui offrit du service , qu'Acton accepta, après en avoir obtenu la permission du grandduc. On prétend que ce prince , dans sa réponse au roi de Naples , vanta les talents d'Acton , mais lui dit en mème temps que celuici avait le caractère disposé à l'intrigue. Bientôt , par la faveur de la reine , il fut nommé ministre de la marine , et fit dans ce département des économies qui donnèrent une heureuse idée de son administration. Peu après, il eut le ministère de la guerre, et profita de son influence pour donner une autre organisation au ministère des finances , dont les fonctions furent confiées à un conseil composé par lui. Ce fut d'après sa demande que la reine eut entrée au conseil, et dès ce moment son crédit n'eut plus de bornes. Il se ligua étroitement avec Hamilton, ministre d'Angleterre. Une haine constante contre la France fut le mobile de toutes ses actions. Cette puissance avait coutume d'acheter des bois de construction dans le royaume de Naples : Acton, sous prétexte du besoin qu'on aurait de ces bois pour la marine qu'il avait le projet de former, engagea le roi Ferdinand à en refuser l'exportation. Lorsqu'un tremblement de terre désola la haute Calabre , Acton refusa de recevoir une frégate chargée de grains , que le gouvernement français avait envoyée pour aider le roi de Naples à secourir les victimes de cette calamité. Le roi d'Espagne enjoignit alors à son fils d'éloigner le ministre qui avait tenu une conduite si révoltante ; mais la reine soutint Acton , et il fut conservé. Le cardinal de Bernis vint inutilement à Naples pour faire cesser cette lutte scandaleuse d'un fils contre son père et contre le chef de sa famille ; mais rien ne put ébranler le crédit du ministre. Acton répondit, le 10 décembre 1792, à la lettre que le grenadier Belleville apporta au roi des DeuxSiciles, de la part de LatoucheTréville , amiral de la flotte française. Les propositions que contenait cette lettre furent acceptées , dans la crainte du bombardement. En 1793 , il fit prévenir le divan , pour l'engager à ne pas recevoir Semonville comme ministre de France. Il dirigea , en 1794 , la commission dite junte d'État, créée pour l'arrestation des hommes suspects au gouvernement. Il donna sa démission au mois de mai 1795. Ses ennemis se réjouirent de cet événement, parce qu'ils crurent que son crédit était tout à fait perdu : leur joie ne fut pas de longue durée. Le roi lui conserva la dignité de conseiller d'État, la grande croix de StJanvier, et lui accorda une pension de 4,000 ducats, reversible à sa mort sur la tète de la personne qu'il désignerait ; de plus , S. M. l'autorisa à correspondre pour les affaires de quelque département que ce pût être, et ordonna à tous les bureaux de se conformer aux dépêches signées de sa main , comme si elles venaient de la part du roi luimême. A la suite de la paix conclue en 1797 , avec la république française , les journaux français publièrent qu'Acton avait encouru la disgrâce de la reine , pour cette pacification conclue sans qu'elle y eût participé ; mais, loin de là , on vit encore son crédit s'augmenter. De concert avec cette princesse , il ne tarda pas à déterminer le roi à recommencer les hostilités contre les Français qui occupaient l'État romain , et il accompagna son souverain dans l'expédition si célèbre par la défaite de l%lack. Lorsque la paix eut -été de nouveau conclue , Acton fut sacrifié à la politique imposée à la cour de Naples par la nécessité , et renvoyé , sur la demande du ministre français. Depuis ce temps, il ne dirigea plus les affaires d'une manière ostensible; il chercha même, dans les douceurs de l'union conjugale , l'oubli ou la consolation de l'influence qu'il avait perdue. On peut reprocher à ce ministre, qui conduisait d'ailleurs avec beaucoup de fermeté les affaires du royaume dont le soin lui était confié, de s'être laissé quelquefois influencer par les subalternes et par des préventions auxquelles un homme d'État ne doit jamais céder, quand surtout elles naissent de ses mécontentements particuliers. Son aversion pour la France, au service de laquelle il se plaignait d'avoir éprouvé un passedroit, fut en grande partie la cause de la partialité que, dans toutes les occasions , il montra pour l'Angleterre , et de la haine ardente qu'il porta à la révolution française et à tous les individus qui , dans le royaume de Naples, furent soupçonnés d'en être les partisans. S'il eût mieux connu les ressources et l'opinion du pays qu'il administrait, il aurait peut-être évité de l'engager dans des entreprises qui , n'étant ni proportionnées à sa population , ni analogues à l'esprit public qui y régnait, l'épuisèrent sans utilité pour la cause commune. Renvoyé du ministère pour la dernière fois, en 1803, sur la demande de l'ambassade de France, il se retira en Sicile , où il passa les dernières années de sa vie. Quoique depuis longtemps il eût perdu la faveur de la reine , il ne cessa pas d'ètre consulté souvent sur les affaires de l'État, et cette princesse l'honora d'une visite quelques jours avant sa mort, qui eut lieu dans le mois d'août 1811. Sa femme , beaucoup plus jeune , lui a survécu longtemps en Angleterre , puis en France. - ACTON , frère cadet du précedent, mourut à Naples, le 12 janvier 1830, à l'âge de 93 ans. Il était né à Besançon. Entré au service de France dès sa jeunesse , il fut présent à la bataille de Rosbach. Lors de la révolution, il émigra et se rendit à Naples, où il obtint, en 1799 , le grade de colonel. En 1806, il suivit le roi en Sicile, et revint avec lui à Naples, où il fut nommé gouverneur de Gaète
  • Joseph ADDISON( 1672) : né le 1er mai 1672 , à Miston dans le Wiltshire , bourg où son père était recteur , fit ses premières études dans le lieu de sa naissance , et les acheva à Lichtfield, où son père avait été nommé doyen. Ses dispositions précoces annonçaient les talents qui l'ont distingué dans la suite. A quinze ans, il fut envoyé à l'université d'Oxford, où il s'appliqua plus particulièrement à la poésie latine. Il y composa plusieurs poèmes qui excitèrent l'admiration de ses maîtres, et furent publiés dans un recueil intitulé : Musarum anglicarum analecta. Il avait vingtdeux ans lorsqu'il commença à écrire dans sa langue , en prose et en vers. Son premier essai fut une traduction en vers de la plus grande partie du 4e livre des Géorgiques de Virgile. Il s'était destiné, jusquelà , à la carrière ecclésiastique ; mais sa réputation naissante lui ayant procuré la connaissance du célèbre lord Somers et de milord Montagne, alors chancelier de l'échiquier, et depuis lord Halifax, il trouva en eux des protecteurs disposés à s'occuper de sa fortune, et cette circonstance développa peut—être en lui les germes de l'ambition qui devait le conduire à des honneurs pour lesquels il ne paraissait pas né. En 1695, il adressa un poème au roi Guillaume, qui n'avait aucun goût pour la littérature ni pour les arts, mais qui avait le sens assez droit pour estimer tout ce qui portait un caractère de supériorité d'esprit, et qui, sur la foi de ses ministres, plus éclairés que lui , n'eut pas de peine à accorder quelque encouragement à un jeune homme d'une si grande espérance. Addison témoigna le désir de voyager , et il obtint , pour cet objet, une pension de 500 livres sterling. 11 passa en France, et s'arrêta une année entière à Blois, vraisemblablement pour y apprendre la langue du pays. 11 traversa ensuite le royaume pour aller en Italie, l'objet principal de son voyage. Dans un court séjour qu'il fit à Paris, il vit Boileau, à qui il présenta un exemplaire de ses poésies latines. On prétend que Boileau, après les avoir lues, dit à l'auteur que, s'il les avait connues plus tôt, il n'aurait pas écrit contre Perrault, parce qu'il les trouvait dignes d'être comparées aux plus beaux ouvrages de l'antiquité. Cette anecdote a peu de vraisemblance : Boileau, recevant d'un étranger un témoignage d'estime, ne pouvait se dispenser d'y répondre avec politesse et de louer, peut—être avec un peu d'exagération, les poèmes dont Addison lui faisait hommage; mais il est difficile de di croire qu'il les ait comparés aux écrits de Virgile MF ou d'Horace, quand on se rappelle le peu de cas qu'il faisait de la latinité des poètes modernes. On conçoit plus aisément qu'un compatriote d'Addison, M. Smith, n'ait pas craint d'appeler son poème sur la paix de Riswick, le meilleur poéme latin qui ait paru depuis l'Énéide. Il faut convenir cependant que la latinité d'Addison a un caractère d'originalité qui la distingue , et qu'il s'était formé un style d'après l'esprit général de la langue latine , et non d'après l'étude et l'imitation d'un auteur particulier, comme on l'a remarqué de la plupart des poètes et même des prosateurs qui ont écrit en latin depuis la renaissance des lettres. Addison vit l'Italie plus en poète qu'en observateur politique ou moral, si l'on en juge par la relation de son voyage , où il rappelle avec complaisance tous les passages des auteurs classiques qui peuvent s'appliquer aux lieux qu'il parcourt et aux objets qui le frappent ; mais, sous ce rapport même , son voyage est particulièrement intéressant et instructif : on en a fait plusieurs éditions en Angleterre, et il a été traduit en français. Pendant son absence, il s'était fait de grands changements dans le ministère ; ses protecteurs, Montagne et Somers, avaient perdu leurs places. Sa pension ne lui étant plus payée en Italie, il fut réduit, pour être en état de continuer son voyage et de revenir, à se charger de ramener en Angleterre un jeune Anglais qui avait perdu son gouverneur en Italie. De retour à Londres, il se trouva dans un état de dénûment assez pénible, mais qui ne fut pas de longue durée. La bataille de Blenheim vint enivrer de joie la nation , en 1704. Les poètes médiocres s'empressèrent à l'envi, comme t'est l'usage , de célébrer cette victoire. Le lord Godolphin se plaignit un jour au lord IIalifax de ce que ce glorieux événement n'était pas célébré comme il devait l'être, et témoigna le désir qu'une si noble tâche fût confiée à quelque grand poète. Halifax lui répondit que le génie ne trouvait pas d'encouragements, tandis qu'on prodiguait le revenu public à des hommes sans mérite, en négligeant ceux dont les talents pouvaient être employés d'une manière honorable pour leur pays. Godolphin convint du fait, et promit des récompenses distinguées pour le poète qui chanterait plus dignement le triomphe national à Blenheim. Halifax nomma alors Addison, mais exigea, en mème temps, que Godolphin vit luimême cet écrivain, et lui proposât le travail dont il voulait le charger. Cela fut exécuté, et Addison n'avait pas encore achevé son poème, que, pour récompense de son zèle , il obtint la place de commissaire des appels, que quittait le célèbre Locke. En 1705, il accompagna lord Halifax à Hanovre; l'année suivante, il fut fait sous—secrétaire d'État. Il s'établit alors à Londres un opéra italien, qui excita une grande division dans toutes les classes de la société. Cette nouvelle musique était encouragée dans le grand monde, par air plus encore que par goût; mais elle déplaisait aux oreilles qui n'y étaient point accoutumées, et choquait surtout les préventions naturelles du peuple anglais contre tout ce qui est étranger. Au milieu de cette effervescence des esprits , Addison tenta de faire entendre un drame musical en langue anglaise. Il composa l'opéra de Rosamonde, sagement conduit et élégamment écrit; mais, soit que la musique en fût mauvaise, ou que l'action manquât d'intérêt , l'opéra n'eut aucun succès au théâtre. L'auteur, persuadé que l'ouvrage serait mieux jugé à la lecture, le fit imprimer, et le dédia à la duchesse de Marlborough, femme intrigante, généralement haïe, qui n'avait aucun goût pour la littérature, et n'en avait pas même la prétention. Cette dédicace fit peu d'honneur au caractère d'Addisort. Le marquis de Warton ayant été nommé vice—roi d'Irlande, Addison le suivit comme secrétaire du gouvernement , et fut en même temps nommé garde des archives de la tour de Birmingham, place à peu près sans fonctions, avec un traitement de 300 livres sterling par an. C'était un contraste assez bizarre que l'association de deux caractères aussi différents que ceux de Warton et d'Addison : le premier était un jeune homme impie, débauché. Nonseulement dépourvu de toute vertu, mais même affichant ouvertement tous les vices. Addison , au contraire, montrait dans toute sa conduite un grand respect pour la religion et pour la morale; mais ils étaient l'un et l'autre des agents du même parti, et, à cette époque, l'esprit de parti était en Angleterre à son plus haut degré d'effervescence. C'est pendant son séjour en Irlande que Steele, avec qui il était uni d'amitié dès l'enfance, conçut le projet d'une feuille périodique d'un genre nouveau, à laquelle il donna le titre de Tailler . Il n'avait point communiqué son secret à Addison , qui cependant ne tarda pas à reconnaitre l'auteur , et s'associa bientôt à l'entreprise. Le Babillard ne fut continue que quelques mois, et fut remplacé par 'un autre ouvrage du même genre, mais conçu sur un plan plus étendu, plus réfléchi, plus particulièrement consacré à la peinture des moeurs, et à l'application des principes de la morale aux devoirs habituels de la vie sociale. Il eut pour titre le Spectateur, ouvrage qui a été traduit dans toutes les langues, qui a obtenu partout à peu près le même succès, et qui semble avoir contribué à la célébrité de son auteur plus qu'aucune autre de ses productions. Avant le Tailler, il n'avait paru en Angleterre aucun ouvrage qui eût le même but et la même forme. On y connaissait, depuis longtemps , des feuilles périodiques qui avaient pour objet la politique et les nouvelles ; mais le Tailler et le Spectateur furent les premières où l'on se proposa de présenter un tableau des moeurs du temps, en peignant les caractères, en censurant les vices, en relevant les ridicules et les travers dominants dans la société, et en employant alternativement la gravité de la raison, le ton du sarcasme et de l'ironie , et quelquefois les formes ingénieuses de l'apologue et de l'allégorie . Dans ces différents genres d'esprit et de style, Addison est celui qui a montré le plus de talent et le meilleur goût. 11 a servi de modèle à beaucoup d'écrivains distingués qui pendant longtemps ont coopéré à l'envi aux nombreuses imitations du Spectateur qui ont paru depuis en Angleterre. On ne peut nier que ce genre d'ouvrage n'ait eu une influence aussi étendue que salutaire sur les moeurs de la nation ; et cet effet s'explique aisément, si l'on considère le caractère général des Anglais, leur manière de vivre, plus intérieure et domestique que dans tout autre pays , et le goût de lecture et d'instruction répandu dans presque toutes les classes de la société , depuis le laboureur et le manufacturier jusqu'au plus grand seigneur du royaume. Les différences de gouvernement et de moeurs expliqueront aussi pourquoi les ouveages écrits dans d'autres pays, à l'imitation du Spectateur, n'ont pu y obtenir ni le même succès , ni la même influence. En 1715, Addison se montra au monde littéraire avec un nouveau caractère : il fit jouer sa tragédie de • Caton. Il en avait, diton, conçu le plan et esquissé les premières scènes dans son voyage en Italie. Plusieurs années après son retour, il en avait composé les quatre premiers actes , et il fut arrêté par les difficultés qu'il trouva à en faire le dénoûment. Il en vint cependant à bout, et se détermina à faire jouer sa pièce. Elle eut un succès extraordinaire : trentecinq représentations , données sans interruption, purent à peine rassasier la curiosité publique. Elle fut également admirée et applaudie dans les représentations qu'on en donna ensuite, tant à Londres que dans d'autres villes de l'Angleterre. On voyait, pour la première fuis , sur le théâtre anglais , une action tragique conduite avec régularité sans événements bizarres, des scènes intéressantes sans les mouvements exagérés des passions, un style constamment noble et élégant, sans enflure et sans disparate. Voltaire a parlé de cette tragédie avec autant de goût que d'impartialité : « M. Addison, ditil , est le premier Anglais qui ait fait une tragédie raisonnable. « Je le plaindrais s'il n'y avait mis que de la raison « Sa tragédie de Caton est écrite, d'un bout à l'autre, « avec cette élégance mâle et énergique dont Corneille, «le premier, donna chez nous de si beaux exemples « dans son style inégal. Il me semble que cette pièce « est faite pour lm auditoire un peu philosophe et très-« républicain. Je doute que nos jeunes dames et nos « petitsmaîtres eussent aimé Caton en robe de chambre, « lisant les Dialogues de Platon , et faisant ses réflexions sur l'immortalité de l'âme. » Mais il n'y a aucun théâtre en Europe où la scène de Juba et de Siphax ne méritât d'ètre applaudie comme un chefd'oeuvre de caractères bien développés, de beaux contrastes , de sentiments élevés, et d'une diction continûment élégante et pure. Niais il faut convenir que ces genres de mérite n'auraient pas suffi pour exciter à ce point l'admiration du peuple anglais, si elle n'avait été échauffée et soutenue par un intérêt plus puissant encore que celui qui naissait du fond du sujet et de la perfection du style . Addison, constamment attaché au parti des whigs, c'est-àdire , à celui dont les principes de liberté avaient une tendance plus républicaine , flattait particulièrement ce parti par les sentiments exaltés de liberté qu'il mettait dans la bouche de Caton, et par l'éloquente énergie avec laquelle il savait les exprimer. A cette époque, la lutte des whigs et des torys agitait avec violence la nation anglaise. Le succès de Caton fut donc un triomphe pour la faction des whigs. Cependant, comme Addison, en faisant parler des Romains, n'exaltait la liberté que d'une manière générale, sans aucune allusion directe aux factions qui divisaient l'Angleterre, les torys ne voulurent pas se montrer les ennemis de cette liberté, qu'ils voulaient ainsi que les whigs, mais qu'ils voyaient dans l'augmentation du pouvoir monarchique, tandis que ceuxci la cherchaient dans l'augmentation du pouvoir populaire. Ainsi , les torys affectèrent de joindre leurs applaudissements à ceux du parti opposé ; et Bolingbroke , qui était le chef du parti tory, assistant à la première représentation de Caton, fit venir dans sa loge l'acteur Booth , chargé du principal rôle , et lui remit une bourse de 50 guinées, comme une « récompense, ditil, de ce qu'il avait si bien défendu « la cause de la liberté contre un dictateur perpétuel. » Les whigs dit Pope , se proposaient de faire aussi un présent à Booth, mais ils attendaient qu'ils pussent l'accompagner d'une phrase aussi heureuse. Lorsque la chaleur des factions se fut amortie, l'effet de cette tragédie s'affaiblit insensiblement au théâtre, où bientôt elle parut trop languissante dans l'action et trop dénuée de mouvement et d'intérêt. On fut frappé de l'insipidité des scènes d'amour que l'auteur y avait introduites , pour se conformer à l'usage. Lorsque après quelques années on essaya de remettre cette pièce au théâtre, on parut beaucoup moins touché des beautés qu'on y avait admirées autrefois, que des défauts dont l'effervescence des esprits avait affaibli l'impression ; elle fut froidement accueillie, et , depuis , presque entièrement abandonnée; mais c'est un ouvrage que les gens de goût liront toujours avec intérêt , et où ils admireront nonseulement une versification élégante et harmonieuse, mais encore des descriptions animées et poétiques, des scènes touchantes, et une foule de sentiments nobles, exprimés avec énergie. Le Caton fut censuré à Oxford, comme un ouvrage de parti; niais il y trouva de chauds défenseurs. Peu de temps après sa publication , il fut traduit en italien par Salvini, et la traduction fut représentée sur le théâtre de Florence; d'un autre côté , les jésuites de StOmer en donnèrent une traduction latine qu'ils firent jouer par leurs écoliers. Les pièces de vers qui furent composées dans le temps à l'honneur de Caton sont innombrables. Addison s'essaya aussi dans la comédie : il composa le Tambour, ou la Maison où il revient des esprits, joué en 1715. Il ne s'en fit pas connaître pour l'auteur, nième à ses amis. Quoiqu'on trouve dans cette pièce beaucoup d'esprit, des scènes comiques et un caractère original bien tracé, la représentation n'eut aucun succès. L'imitation qu'en a faite Destouches, sous le titre du Tambour nocturne, d été mieux revue sur notre théâtre , où elle est restée comme pièce de répertoire. Après la mort de la reine Anne , Addison fut porté , par les circonstances, à divers emplois publics. Il alla , pour la seconde fois, en Irlande, en qualité de secrétaire du viceroi, le comte de Sunderland ; il fut fait ensuite lord du bureau du commerce ; enfin, en 17.17, il se vit élevé à la place de secrétaire d'État. Dans l'année précédente, il avait épousé la comtesse douairière de Warwick ; mais ce mariage ne contribua pas plus à son bonheur, que son élévation au ministère n'ajouta à l'opinion qu'il avait donnée de son esprit et de ses talents. Il n'était parvenu qu'à force de temps et de soins à obtenir la main de la comtesse, femme vaine, qui croyait descendre de son rang en s'unissant à un homme sans titre et sans dignités. Elle consentit à l'épouser, dit Samuel Johnson, à peu près sur le même pied qu'une princesse du sang ottoman épouse un sujet turc ; le Grand Seigneur, en la mariant, lui dit : Fille , je le donne cet homme pour esclave. Quant à la place de secrétaire d'État, Addison ne tarda pas à faire remarquer son incapacité à en remplir les fonctions. Dans la chambre des communes, il se montra hors d'état de prononcer un discours, et, par conséquent, d'appuyer et de défendre les mesures du gouvernement. On a conservé l'anecdote suivante. 11 Peu de temps après son entrée dans la chambre des communes , Addison se leva pour parler sur une question importante ; et, s'adressant à l'orateur, suivant l'usage, il dit : Monsieur, je conçois Puis, voyant tous les yeux fixés sur lui, il se troubla, répéta trois fois, en bégayant, les mèmes mots ; enfin, ne pouvant trouver le fil de ses idées, il se rassit fort confus. Alors un membre tory, se levant , dit d'un ton trèsgrave : « Monsieur, les trois avortements dont nous venons d'être témoins, de la part « d'un auteur connu par sa fécondité, prouvent évidemment la faiblesse de la cause qu'il voulait défendre. » La figure des avortements excita dans la chambre un grand éclat de rire , qui contribua sans doute à dégoûter tout à fait Addison de l'ambition de se montrer comme orateur. Dans les détails de l'administration, il ne pouvait ni donner un ordre, ni écrire une lettre , sans perdre un temps précieux à soigner son style , à corriger ses phrases , et à rechercher une élégance , trèsinutile en pareille circonstance. On pourrait citer son exemple comme une preuve de l'opinion accréditée par ces esprits routiniers, qui sont si vains d'une certaine aptitude aux détails de l'administration où se distinguent tant d'hommes médiocres, que les gens de lettres ne sont pas propres aux grandes affaires. Une foule d'exemples d'hommes d'État du plus grand mérite, et qui, en Angleterre mème, joignent au talent des affaires ceux de la littérature , a prouvé le contraire ; et si Newton , Locke, Addison se sont montrés audessous des places qu'ils ont occupées , c'est que leur esprit ne pouvait, comme on l'a dit, s'abaisser à des détails trop peu dignes de fixer leur attention. En considérant Addison comme homme de lettres, il se présente sous différents aspects : il a publié un assez grand nombre d'ouvrages dans des genres trèsdivers ; dans aucun , il est vrai , il ne s'est élevé au degré de supériorité qui distingue les génies du premier ordre , mais dans tous il s'est placé fort audessus de la médiocrité, et dans quelquesuns il a montré une réunion d'esprit et de raison , de bon goût et de bonne plaisanterie, aussi rare que ce qu'on appelle le génie. Comme poète , il a commencé par des poèmes latins fort admirés dans le temps, mais qu'on ne connaît guère hors des îles Britanniques, où vraisemblablement ils sont même peu lus aujourd'hui. Il a composé en anglais un assez grand nombre de pièces de vers sur différents sujets, dont la plupart sont des traductions ou imitations de Virgile, d'Horace et d'Ovide. Le plus considérable comme le plus célèbre de ses poèmes est celui qu'il a composé sur la bataille de Blenheiin , et qu'il a intitulé la Campagne . 11 y a de grandes beautés dans cet ouvrage , mais plus encore d'enthousiasme patriotique que de verve poétique ; et la victoire qu'il a célébrée a donné plus d'éclat au poème qu'elle n'en a reçu. Addison est regardé par les gens de goût, en Angleterre, comme un poète ingénieux et sage, toujours élégant et harmonieux, mais jamais original ni sublime. On le place généralement audessous de Dryden et de Pope ; des critiques éclairés lui préfèrent même Gray et Cooper, qui sont venus après lui. Comme poète tragique, il n'occupe qu'un rang trèsinférieur. Sans parler de Shakespeare , à qui les Anglais ne comparent rien , les bonnes tragédies d'Otway, de Rowe , et beaucoup d'autres dont les auteurs sont moins célèbres, mais qu'on joue tous les jours avec succès, sont préférées avec raison au Caton, qui a des beautés supérieures, mais qu'on ne peut plus mettre au théâtre. « Dans « cette tragédie d'un patriote et d'un philosophe, a « dit Voltaire, le rôle de Caton me parait surtout un « des plus beaux personnages qui soient sur aucun « théâtre. Il est bien triste que quelque chose de si « beau ne soit pas une belle tragédie ; des scènes « décousues qui laissent souvent le théâtre vide ; des « aparté trop longs et sans art ; des amours froids . « et insipides ; une conspiration inutile à la pièce ; « un certain Sempronius, déguisé et tué sur le thétre, tout cela fait, de la fameuse tragédie de Caton, « une pièce que nos comédiens n'oseraient jamais « jouer, quand même nous penserions à la romaine « ou à l'anglaise. La barbarie et l'irrégularité du « théâtre de Londres ont percé jusque dans la sagesse d'Addison. Il me semble que je vois le czar « Pierre, qui, en réformant les Russes, tenait encore « quelque chose de son éducation et des mœurs de « son pays. » La comédie du Tambour se joue encore, mais rarement et avec un effet rrédiocre. On ne peut pas compter l'opéra de Rosamonde, quoique beaucoup mieux écrit que presque tous les draines destinés à être mis en musique. Parmi ses ouvrages en prose , on trouve : 1° la relation de son voyage en Italie, dont on a parlé plus haut ; 2° un Dialogue sur les , qui paraîtra superficiel aux antiquaires, mais où les bons esprits trouveront une érudition choisie, un bon goût de littérature , et une instruction agréable et facile ; 30 l'ébauche d'une Défense de la religion chrétienne, qu'il n'a pas eu le temps d'achever ; 4° un grand nombre d'essais sur la littérature , la morale et la politique, insérés dans le Tailler, le Specialor, le Guardion , le FreeHolder et le Whig Examiner . C'est dans ces essais , surtout dans ceux du Spectateur, qu'Addison se montre tour à tour un sage moraliste , un observateur pénétrant de la nature humaine , un censeur, tantôt sévère , tantôt plaisant, des vices et des travers de son temps, et surtout un écrivain pur, clair, élégant , et qui a contribué plus qu'aucun autre à fixer la langue anglaise au degré de perfection où elle est parvenue. « Tout écrivain, dit Johnson, qui voudra se former « un style véritablement anglais , familier sans trivialité, noble sans enflure, et élégant sans affectation, doit étudier jour et nuit les ouvrages d'Addison. » Dans la critique littéraire , Addison a montré un goût sain plutôt qu'étendu , et un esprit sage , sans originalité ni profondeur dans les vues. Il y a d'excellentes observations dans l'analyse du Paradis perdu de Milton, qui occupe plusieurs feuilles du Spectateur ; mais ses principes sur la nature et les règles de l'épopée sont évidemment calqués sur la doctrine poétique d' Aristote ; et même, dans quelques endroits, il parait copier le Traité sur le Poe'me épique du P. Bossu , ouvrage presque oublié aujourd'hui. On a dit, avec raison, que les règles d'Aristote ne se trouvaient observées ni dans l'Iliade, ni dans l'Odyssée; elles sont bien moins applicables encore au Paradis perdu. On ne peut pas douter cependant que les articles du Spectateur sur ce poême n'aient puissamment contribué à ramener l'attention des Anglais sur ses beautés originales, et à préparer la grande réputation qu'il a obtenue depuis. Mais cette justice tardive rendue à Milton ne fut pas l'ouvrage d'Addison seulement : on avait déjà fait une nouvelle édition du Paradis perdu , qui avait eu beaucoup de succès; plusieurs gens , dans son petit sénat, Réglant le peuple auteur ; tandis qu'eu son extase, Tout le cercle ébahi se pâme à chaque phrase.... Parle, qui ne rirait de ce portrait sans nom? Mais qui ne pleurerait si c'était Addison? Il ne faut cependant pas s'en rapporter aveuglément au témoignage de Pope : il avait été l'ami d'Addison, et ils s'étaient brouillés sans aucun motif apparent. Pope était très—susceptible, jaloux, vindicatif et satirique amer : un tel caractère est justement suspect. Addison avait été longtemps tourmenté d'un asthme dont les accès étaient fréquents. L'hydropisie s'y étant jointe sans que l'art pût y apportes' aucun secours, il mourut le 17 juin 1719, âgé seulement de 48 ans. Nous terminerons cet article par un trait qui peint et honore le caractère de cet homme illustre. Lorsqu'il épousa la comtesse de Warwick , elle avait un fils dont il voulut soigner l'éducation, mais qui répondit trèsmal à ses instructions. Ce jeune homme se livra à tous les vices où peuvent entraîner le goût du libertinage et le défaut de principes. Addison, se sentant près de sa lin, fit venir le jeune lord, et, le faisant approcher de son lit , lui donna encore quelques conseils paternels, et finit par lui dire d'un ton attendri : « J'ai désiré que vous assistassiez à mes derniers moments , afin que vous « vissiez avec quel calme meurt un chrétien. » On a une belle édition des OEuvres d'Addison , Birmingham , Baskerville, 1761, 4 vol. Le Spectator a été réimprimé en 1797, 8 vol. ; le Guardian, 1797, 2 volumes : les morceaux qui, dans ces deux derniers, sont signés du mot Clio, sont d'Addison ; le Tailler, 1797, 4 vol. Les traductions françaises sont : 1° Remarques sur divers lieux d'Italie faites en 1 70 1, 1702, 1705, formant le 4e tome du Voyage de Misson , Utrecht, 1723 2° Le Babillard ,. traduit par Armand de la Chapelle, 1754-35, 2 vol. ;1737, 2 vol. 5° Le Spectateur, traduit en partie par JeanPierre Moêt, 1754-55, 9 vol. ou 3 vol. 4° Le Mentor moderne, traduit par van Effen, Rouen, 1725, 3 vol. ; Amsterdam, 1727, 4 vol. 5° Le Free- Holder, ou l'Anglais jaloux de sa liberté, 1727 6° Caton, tragédie ; l'abbé Dubos a traduit les trois premières scènes de cette pièce. Deschamps a fait un parallèle entre un Caton de sa composition et celui d'Addison. IJoyer et Laplace ont l'un et l'autre donné une traduction de cette tragédie. M. Dampniartin en a donné une nouvelle à la suite de la Rivalité de Carthage et de Rome , 1792, 2 vol. ChéronLabruyère en a donné une imitation en vers français et en 3 actes, 1789 7' Remarques sur le Paradis perdu de Milton , traduit par Dupré de StMaur ou Boismorand , par Barrctt ; et à la tète de la traduction de Milton, en vers français, par Delille. 8° De la Religion chrétienne , traduit par G. Seigneux de Correvon , Lausanne, 1757, 2 vol. ; Genève, 1772, 5 part. 9° Dialogue sur les Médailles, traduit par Jansen, dans les deux volumes de l'Allégorie, publiés en 1799. La Vie d'Addison, par Johnson, a été traduite par Boulard, avec celle de Milton, Paris, 1805, 2 vol. L'on a encore celle de des Maizeaux , en anglais , Londres, 1733 On a imprimé à Yverdun, en 1777, l'Esprit d' Addison, ou les Beautés du Spectateur, du Babillard , du Gardien, 3 vol. et à Paris, en 1803, les Beautés du Spectateur, en anglais et en français. On a publié à Londres , Addisoniana , 1804, 2 vol
  • Joseph AGOUB( 1795 - 1852) : né au Caire le 18 mars 1795 , quitta l'Égypte avec l'armée française et vint en France à l'âge de six ans. 11 fut mis dans un collége à Marseille ; il y fit de trèsbrillantes études , et , dès l'âge de dix - huit ans , il laissa échapper quelques étincelles de génie qui décelaient le poéte et le philosophe. Arrivé à Paris vers 1820, époque à laquelle commence sa carrière littéraire. il se livra tout entier à l'étude de l'arabe. sa langue maternelle ; et ses connaissances dans l'arabe vulgaire furent d'une grande ressource pour la diplomatie et le commerce. Sa réputation d'habile orientaliste se répandit bientôt dans le monde savant; il fut recherché par tous les appréciateurs du ta- Augustin le nomme bibliopolus bonus. Carneries puer Augustinus lent ; et le gouvernement luimême fit preuve de justice et de discernement en le nommant professeur de tangue arabe au collége de LouisleGrand . Plusieurs sociétés savantes, qui l'avaient accueilli, réclamaient une grande partie de ses veilles , et cependant il sut encore trouver le temps de faire une traduction de l'antique Bidpaï , qu'il voulait publier avec un texte plus pur et plus complet que tous ceux qui avaient déjà paru. Un travail forcé avait porté atteinte à sa santé; niais l'espoir de retirer quelque gloire de ses nombreuses recherches était un grand allégement à ses souffrances. Il comptait sur le traitement de sa chaire de professeur pour livrer ses manuscrits à l'impression, lorsqu'il fut destitué en 1831, et réduit à une trèsmodique pension. Les démarches de ses amis, ses réclamations faites au nom de la science, rien ne put ébranler la décision du ministre des affaires étrangères. Une injustice si odieuse lui porta un coup mortel : il quitta Paris avec sa femme, tille du brave colonel Pierre, et un jeune enfant d'une mauvaise santé ; il se rendit à Marseille pour chercher des consolations auprès de son frère, négociant de cette ville mais il ne put résister au violent chagrin qui le rongeait, et il mourut dans les premiers jours d'octobre 1832. Les derniers accords de sa lyre, adressés à M. Casimir Delavigne et à M. de Pongerville, retentirent encore une fois dans l'enceinte de la société Philotechnique, dont il était un des principaux membres. Une notice bibliographique complète sur A goub serait impossible : écrivant dans presque tous les journaux scientifiques, dans les revues périodiques, notamment dans la Revue encyclopédique, dans le Journal de la société asiatique, dans le Bulletin universel des sciences, publié sous la direction de_ M. le baron Paris, 1823, 2 vol. tirée à part à cinquante exemplaires. 2° La Lyre brisée , dithyrambe à madame Dufresnoy, 1'e et 2' édition, 1825 Ce poème a été traduit en vers arabes par le cheik Refaha , savant professeur du Caire, qui était venu à Paris, où il s'était fait le disciple d'Agoub. C'est le premier poème français qui C'est dans cet établissement célèbre, que, sons la direction de M. Jomard , de jeunes Égyptiens enwyés en France par le viceroi MéhémetAli retrouvèrent dans Agoni) le savant professeur qui, déjà leur avait fait un cours de grammaire raisonnée à l'école égyptienne, rue de Clichy. Il continua de leur expliquer, en arabe et en français, la théorie des deux grammaires, et de leur démontrer par le raisonnement, d'après les principes de la grammaire générale, les règles de notre langue lorsqu'elles n'avaient pas leur analogie dans la syntaxe arabe. Cette méthode obtint de prompts résultats. Un des élèves d'Agoub ne tarda pas à traduire la Vie des plus illustres philosophes de l'antiquité, attribuée à Fénelon; un autre, le cheik Refaha, traduisit les Éléments de géométrie par Legendre, et lit imprimer une version en vers arabes du meilleur poilue de son professeur, la Lyre brisée. C'est ainsi qu'Agoub a contribué au grand ouvrage de la régénération des sciences et des lettres, qui s'étaient éteintes dans leur premier berceau. «v—vs. ait été traduit en vers arabes. 5° Dithyrambe sur l'Égypte . 5° Les Derniers Moments, élégie . 6° La Pauvre Petite. élégie . 7° Namib arabes, chants qui ne consistent qu'en une seule strophe, à la fois érotiques et élégiaques, qui tantôt se rapprochent de la romance française et tantôt revêtent la couleur anacréontique : on n'y trouve presque jamais qu'une idée, qu'une image, ou qu'un sentiment . Agoub se proposait de publier un recueil de ces petits poèmes, avec le texte en regard et des notes critiques ; il désirait que notre littérature slappropriiit quelquesunes des richesses poétiques de l'Asie « Elle y puiserait, disaitil, comme à une source vierge encore, une série féconde de sentiments et « de pensées, d'images et d'expressions ; elle s'y empreindrait surtout de ce charme oriental qu'on ne « sait pas définir, mais qui semble rajeunir nos idées. «en les dépouillant un moment des formes d'une ci-« vilisation trop mfirie. » 8° Le Sage Heycar, conte arabe, traduit et inséré dans les Mille et une Nuits, de Gaultier, 1825-1824. 9° Des règles de l'arabe vulgaire . Son beau travail sur Bidpaï était terminé et devait former deux volumes 11 est à désirer que cet ouvrage ne soit pas perdu pour notre littérature. Nous n'avons que la traduction trèsincomplète de Galland et de Cardonne. C'est sur sa traduction, précédée d'un savant discours préliminaire, qu'Agoub fondait son premier titre à une renommée durable. On a publié à Paris, en 1855, les ouvrages d'Agoub que nous venons de citer, un vol. qui contient, en outre : la traduction des Maouls arabes, dont une grande partie était inédite ; un Coup d'oeil sur l'Égypte ancienne, ou Analyse raisonnée du grand ouvrage sur l'Égypte; les Derniers MOnitras, élégie ; l'Étrangère; l' Avénement de Louis Philippe ter, etc
  • Joseph ALBO : savant rabbin espagnol, natif de Soria, dans la CastilleVieille, assista, en 1412 , à la fameuse dispute sur la religion, qui eut lieu entre les chrétiens et les juifs, en présence de l'antipape Benoît XIII. Albo ccmposa, en 1425, sous le titre de Hikkarim , un trèsgrand ouvrage, dont le but était, nonseulement de prouver la vérité des croyances judaïques, mais encore d'attaquer les dogmes du christianisme. Le docteur Rossi prétend qu'il composa ce livre pour affermir dans leur foi ceux de ses compatriotes que la dispute théo- logique avait ébranlés. Cet ouvrage eut plusieurs L'ouvrage du P. Valentin Marée, dont le lien et l'époque de naissance, ainsi que la date du décès, sont également ignorés, forme quatre parties, en 3 vol. imprimes de 1656 à 1660, et aujour- d'hui trèsrares. De Bure, Bibliographie instructive, histoire, t. 1, n" 4545, et le P. Niceron, Mémoires, t. 56, p. 149, n'ont connu que les deux premiers volumes. Crevenna est le premier bibliographe qui ait décrit le troisieme. l'oy. son Catalogue raisonné, 1775, t. 6, p. 328. De Villenfagne, dans ses Recherches sur l'histoire de la cidevant principauté de Liége, Liege, 1817, 2 vol. en a Comté une analyse curieuse . CrD--à éditions ; la première fut publiée par Soncino, en 1486; quelques écrivains, cités par Wolfius, le traduisirent en latin . Dans les éditions les plus modernes, le 25° chapitre de la 5e partie, plus particulièrement dirigé contre les chrétiens, a été supprimé
  • Joseph AMES : antiquaire anglais, qui vivait dans le 18e siècle. Il commença par être marchand d'allumettes dans le quartier de Wapping , à Londres ; et il était parvenu à un âge assez avancé, lorsqu'il étudia les antiquités. 11 devint alors membre de la société royale de Londres, et secrétaire de la société des antiquaires. Il a publié les Antiquités typographiques, ou Précis historique de l'origine et des progrès de l'imprimerie dans la Grande- Bretagne, avec des notices sur ses premiers imprimeurs, et un catalogue des livres par eux imprimés depuis l'an 1471 jusqu'à l'an 1600, avec un supplément, contenant les progrès de l'imprimerie en Écosse et en Irlande, 1749, 1 vol. réimprimé avec des additions considérables de Grill. Herbert, 1785-90, 3 vol. Âmes a rédigé les Parentalia d'après les manuscrits de Wren. 11 est mort en 1759
  • Joseph ARNOULD( 1723 - 1798) : horloger et mécanicien célèbre, membre de l'académie royale de Nancy, né à Gulligny , en 1725, est l'inventeur de plusieurs ouvrages ingénieux auxquels il a dû une grande réputation. Tels sont : 1° une pendule à carillon, qui jouait un air à chaque heure, et dans le pied de laquelle l'artiste avait adapté un clavecin composé de trois octaves, dont le jeu était aussi doux que celui d'un fartépiano. Jusqu'alors on n'avait pas encore trouvé le moyen de corriger la confusion qui régnait dans ces carillons. Arnauld y parvint en écartelant les timbres, sans nuire à leur vibration. 2° Un bateau construit pour le roi de Pologne, qui remontait le cours de l'eau au moyen de deux chevaux tournant dans une enceinte intérieure, et faisant mouvoir plusieurs avirons à la fois. On a depuis généralisé et perfectionné cette invention ; mais Arnauld en a eu la première idée. Cet artiste a construit, en outre, plusieurs machines hydrauliques trèsutiles. Stanislas fut si satisfait de ses essais, qu'il lui accorda des récompenses honorables, et voulut que son portrait ornât la salle des séances de l'académie. Arnauld est mort à Nancy, en 1798. 11 a laissé un fils qui se distingue dans la mème carrière, et qui est auteur de plusieurs mémoires
  • Joseph ARTALE( 1628 - 1679) : poète italien, né en 1628, à Mazzareno, en Sicile, s'adonna d'abord à l'art militaire, et se trouva à Candie lorsque cette place fut 1 assiégée par les Turcs. La valeur qu'il déploya en diverses rencontres le fit juger , ovvero l'impossibile fidto possibile dramma per musica , Venise, 1661 ; 5° la Bellezza atterrata, elegia , Naples, 1616, réimprimée à Venise en 1661
  • Joseph ARQUIER( 1763 - 1816) : compositeur dramatique et violoncelliste , naquit à Toulon en 1763 , èt non en 1773, comme le dit la Statistique morale du dé- partement du Var. Il annonça de bonne heure des dispositions pour l'art musical, et il ne lui a manqué, pour se faire une grande réputation, qu'un heureux concours de circonstances, et surtout un caractère moins modeste et moins éloigné de l'intrigue. Anguier a beaucoup travaillé; mais ses ouvrages sont peu connus à Paris, parce que les uns n'y ont paru que sur des théâtres secondaires qui n'existent plus, et que les autres ont été représentés en province. La vie d'Arquier fut errante. En 1784, il jouait de la basse au théâtre de Lyon; en 1788, il était à Carcassonne, où il donna l'indienne, qui paraît avoir été son premier opéra ; en 1789 il dirigeait l'orchestre de Marseille , où il fit jouer Daphnis et Hortense, opéra dont le commandeur de StPriest avait composé les paroles. Le succès de cette pièce et celui du Pirate, représenté la même année à Toulon , déter- minèrent Arquier à venir à Paris en 1790 ; il espérait y être nommé second chef d'orchestre de l'Académie royale de musique, et comptait sur la protection du ministre St - Priest, surintendant de ce théâtre; niais les premiers événements de la révolution l'ayant privé de cet appui , il entra comme violoncelliste au théâtre Molière , nouvellement fondé et dirigé par BoursaultMalherbe, sous lequel il avait été à celui de Marseille. Arquier en devint chef d'orches- tee en 1792 , lorsque Scio et sa femme eurent passé au théâtre Feydeau, et il l'était encore en 1794. Dans cet intervalle il avait donné , en 1790, au théâtre comique et lyrique de la rue de Bondi, le Mari cor- rigé, opéra bouffon en 2 actes, dont le succès, uniquement dû à sa musique, fit dire que le mari était doublement corrigé; en 1791 , au théâtre du Cirque du PalaisRoyal , la S*** et quelques autres opéras; au théâtre Molière, la Peau de l'Ours, en 1 acte, et dont le poëme fit tort à la musique ; en 1791, au théâtre Montansier, le Congé, l'Hôtellerie de Sarzana, remise l'année suivante sous le titre de l'Hôtellerie de Fontainebleau. Il avait refait pour ce théâtve la musique de l'Amant jaloux et du Tableau parlant, dont un ordre supérieur, sollicité sans doute par les sociétaires de l'OpéraComique et par Grétry, empêcha la représentation. Après la faillite de diverses administrations du théâtre Molière , Arquier retourna en province, et on le vit, en 1798, à Tours, où il donna les Péruviens. Rappelé à Paris, il fit jouer au théâtres des Jeunes-Élèves de la rue de Thionville, en 1800 , l'Ermitage des Pyrénées , et les Deux petits Troubadours. La direction de ce spectacle ayant lnissé en d'autres mains , Arquier suivit, en 1801, rasset St- Sauveur comme chef d'orchestre d'une rgaison dramatique destinée pour le nouveau onde , emportant avec lui le Désert d'Oasis, qu'il enait de composer, etqu'il fit sans doute représenter n Amérique. L'entreprise ayant échoué, il revint en rance, et fit jouer à Brest, en 1804, la Fée Urgèle, vec une nouvelle musique qui fut exécutée à Paris, 1805, au théâtre des Jeunes-Élèves, dont il dirigeait l'orchestre. Lorsqu'un décret impérial eut poupprimé ce spectacle et plusieurs autres , en 1807, Alquier alla courir encore la province, fut maître de musique à Toulouse , puis au théâtre du Pavillon à Marseille, où il fit représenter Monrose et Zisac, et la Suite du Médecin Turc, refusée par les sociétaires du théâtre Feydeau, par égard pour Nicolo , auteur de la musique du Médecin Turc. Il passa de là à 'Perpignan, où il donna Zipéa , en 1812 ; revint à Toulouse, et alla mourir à Bordeaux en octobre 1816. Arquier a laissé un grand opéra, Philoctète, dont il n'avait achevé que les deux premiers actes. La musique de ce compositeur se fait remarquer par une mélodie facile et gracieuse , par 'des accompagnements brillants et légers, et une entente parfaite de la scène
  • Joseph ATHIAS : rabbin et imprimeur d'Amsterdam, auquel nous devons une des éditions les plus correctes du texte hébraïque de l'Ancien Testament. Elle a été imprimée deux fois, en 1661 et 1667. La plupart des éditeurs modernes de la Bible ont suivi le texte d'Athias, nommément Clodius, Majus, Jablonski , J.H. Michaëlis, Opitius Everard van der Hooght, Props, Houbigant et Simon ; il est aussi la base de l'édition critique de Hennicott, et, conjo tement avec ceux de la Polyglotte d'Alcala et de Bomberg, une des sources de l'édition de Reineccius, réimprimée en 1795 , sous la direction du savant Dorderlein. Le texte en est encore remarquable par les soins que lui donna Jean Leusden, dont la préface est en tète de l'ouvrage. Les versets y ont été, pour la première fois, tous marqués d'un chiffre arabe. Avant ces éditeurs, les chapitres ne portaient pas d'autres marques de division que les lettres hébraïques que Rabbi Nathan avait placées de cinq en cinq vers, et que le rabbin Athias a de même admises dans son édition. Les états généraux des ProvincesUnies lui témoignèrent, en 1667, leur satisfaction, en lui envoyant une chaîne d'or et une médaille. Je ne trouve pas de renseignements précis sur ses années de naissance et de mort
  • Joseph AUDRA( 1714 - 1770) : né à Lyon en 1714, embrassa l'état ecclésiastique et .professa d'abord la philosophie dans sa patrie. L'Etat de la population de la généralité de Lyon, qui parut sous le nom de Messance, secrétaire de l'intendance, fut le fruit de ses loisirs et de ses liaisons avec l'intendant, M. de la Miehaudière. En 1769, l'abbé Audra fut nommé professeur d'histoire au collège royal de Toulouse, et remplit cette chaire d'une manière distinguée. La part qu'il prit, dans cette ville, à l'affaire de Sirven, et l'activité de ses démarches pour faire triompher son innocence, le mirent en correspondance avec Voltaire. « Vous avez dû recevoir, lui mandait l'auteur d'Al- , « zire, le factum des dixsept avocats au parlement donne de plus grands détails sur cette affaire, et justifie la conduite de M. de Brienne, qui mit dans ses procédés tous les ménagemeïtts qu'on pouvait désirer, qui soutint seul l'abbé Amin, durant une amiee entière, contre le parlement, les évêques, l'assemblée du clergé, mais qui se vit enfin obligé de céder aux clameurs
  • Joseph BAILLY( 1779 - 1832) : littérateur, naquit en 1779, à Besançon. Il dut aux services de son père la faveur d'être admis, encore enfant, élève à l'hôpital militaire de cette ville. En 1798, il fut commissionné pharmacien sousaide à l'armée des Grisons. A la paix de CampoFormio, voulant profiter de ses loisirs pour acquérir de nouvelles connaissances, il vint à Paris, où il entra chez un des pharmaciens les plus accrédités , et en mème temps fréquenta les cours de médecine, de chimie et d'histoire naturelle, Le désir de visiter l'antique berceau des sciences lui fit solliciter, en 1801, une place de pharmacien en Égypte. Il s'embarqua sur le vaisseau l'Indivisible, commandé par l'amiral Gantheaume; mais, trois mois après sa sortie de Toulon, la flotte y rentra sans avoir pu débarquer les troupes qu'elle transportait. Son goût pour les voyages lointains décida bientôt Bailly à partir pour StDomingue. A son arrivée, il apprit que le général Leclerc était mort, et que la colonie était en proie au double fléau de la guerre civile et de la fièvre jaune. Envoyé par ses supérieurs à Jacmel, il y fut atteint de la lièvre; mais il eut le bonheur d'échapper, tandis que tous ses camarades succombèrent; et il resta seul chargé de l'administration et du service de santé de l'hôpital. Les nègres vinrent assiéger la ville dont les Anglais bloquaient le port. Après quatorze mois de résistance il fallut capituler ; et les Anglais transportèrent à SantoDomingo, avec les restes de la population blanche , la garnison qui , de 5,000 hommes, était réduite à trois cents, à moitié malades ou convalescents. Accueilli de la manière la plus amicale par son compatriote le général Ferrand , Bailly obtint peu (le temps après la permission de passer aux EtatsUnis, d'où il revint en France. Attaché comme pharmacien aidemajor à armée des côtes, il fut employé dans le même grade en Allemagne et en Prusse. Dans la campagne de Russie il avait été chargé du service de l'ambulance (le la garde impériale ; mais une maladie grave le retint à Wilna, d'où, à peine convalescent, il s'échappa pour aller rejoindre les débris de notre armée. 11 faisait partie de la garnison de Dresde, qui fut retenue prisonnière contre les clauses de la capitulation. Dirigé sur la Bohème, il ne revint en France qu'après l'entrée des alliés à Paris. Lors de la réorganisation des hôpitaux militaires , il fut attaché clans le grade d'aidemajor à celui de Besançon. En 1825, ayant été nommé, pharmacien principal à l'armée d'Espagne , quoique sa santé fiât déjà trèsaffaiblie par les fatigues et par la maladie cruelle qui devait le conduire au tombeau, il saisit avec empressement l'occasion de visiter un pays si riche en souvenirs historiques, et dont les intérêts avaient été liés longtemps à ceux de la FrancheComté. A la fin de la guerre il revint à Besançon avec le titre de pharmacien major. Il avait été décoré de l'ordre de Charles III ; et il reçut peu de temps après la cr€ix de la Légion d'honneur que ses chefs avaient sollicitée comme une récompense due à ses longs servi' ces. Au milieu des agitations de la vie des camps, il n'avait pas cessé d'aimer et de cultiver les lettres. Admis à la société d'agriculture et à l'académie de Besançon, il y lut plusieurs mémoires pleins d'intérêt, et dont le style rappelle celui de Bernardin de StPierre. Occupé sans cesse de vues bienfaisantes, (le projets d'utilité publique, il oubliait ses souffrances journalières en pensant aux moyens d'adoucir celles des autres. Philosophe chrétien, il voyait avec calme arriver le terme de sa vie; il mourut le 15 décembre 1852, pleuré de tous ceux qui l'avaient connu. Bailly a publié : Essai sur la culture du lin; Essai sur l'agriculture, considérée dans ses rapports avec les arts industriels ; Notice sur le froment locular; Essai sur les puits artésiens. Ir A part çe dernier opuscule, imprimé à Besançon, 1830 de 20 p., tous les autres ont été recueilli lis dans les Mémoires de la société d'agriculture. Ceux (le l'académie contiennent les ouvrages suivants : du But philanthropique des sciences et des arts; Souvenirs d'un voyage à Grenade; Notice sur Vile de St- Domingue; Burgos et la Vieille-- Castille, souvenirs de 1823, Valence et ses environs, excursions sur les côtes orientales de l'Espagne ; Recherches sur les moyens employés successivement en France pour extirper la mendicité et réprimer le vagabondage. Ce dernier mémoire obtint l'accessit au concours ouvert par l'académie de Màcon. Quelquesuns (les opuscules de Bailly ont été reproduits dans les Annales des voyages et dans les revues qui se publient à Paris. Il a laissé manuscrits plusieurs nouvelles et des Mémoires qu'il n'a pas eu le temps de terminer
  • Joseph BALDI : médecin de Florence, qui y a vécu vers la fin du 17e siècle. 11 a laissé en manuscrit un ouvrage sur les champignons, divisé en 2 livres, sans figures; il contient des observations curieuses sur la propagation de ces plantes. Il a cherché à connaître leur structure, et à découvrir d'où pouvait provenir la qualité vénéneuse d'un grand nombre d'espèces. Il parle d'un champignon pesant douze livres et demie, que l'on présenta, en 1685, au grandduc Cosme III de Médicis, et qu'il fut chargé d'examiner. 11 trouva qu'il ne contenait aucun poison. C'est une espèce de vessedeloup, lycoperdon des botanistes, que l'on mange habituellement en Italie. Ce mariuscrit servit beaucoup à Micheli, qui le cite avec éloge; il passa ensuite dans la bibliothèque Nani , à Venise, où il a été décrit, sous le n° 54, dans le catalogue de cette bibliothèque publié par Morelli, Venise, 1776
  • Joseph BALDASSARI : professeur d'histoire naturelle à Sienne, dans le 18e siècle, obtint le prix Glue l'académie des sciences physiques avait, proposé, pour déterminer les causes de l'incombustibilité de l'amiante. Ce fut lui qui démontra le premier que la craie est une espèce de sel. 11 a publié à Sienne, en 1750, des observations sur les sources de StPhilippe, qu'il avait trouvées sursaturées de carbonate de chaux, qu'elles déposent assez promptement. On reçoit ce dépôt dans des moules où il se durcit, et l'on forme par ce moyen, en Toscane, de jolis basreliefs qui ont l'apparence d'albàtre sculpté
  • Joseph BALLO( 1567 - 1640) : docteur sicilien, naquit à Palerme, le 29 juillet 1567. Son père, qui était d'une grande naissance, et baron de Calattuvi, et sa mère, fille du prince de VillaFranca, voulaient qu'il prit le parti des armes; il préféra l'état ecclésiastique , renonça à la baronnie, et se livra entièrement à l'étude des sciences ecclésiastiques, des mathématiques et de l'astronomie. Il fit un voyage en Espagne, et y fut reçu docteur en théologie. De retour dans sa patrie, où il fit quelque séjour, il repassa ensuiic à Bari , dans le royaume de Naples, et fut chanoine de cette cathédrale. 11 se rendit à Padoue, en 1635, y fit imprimer plusieurs ouvrages, et, dans un second voyage qu'il y fit, à l'âge de 72 ans, mourut dans cette ville , le 2 novembre 1610 Ses principaux ouvrages sont : 1. de Fecunditate Dei circa productiones ad extra, Padoue, 1635 2. Demonstratio de illotu corporum nature, Padoue, 1635 Dans son dernier voyage à Padoue, il y fit aussi imprimer un ouvrage théologique, qu'il avait médité pendant trente ans , et sur lequel il avait soutenu des controverses avec des théologiens romains et siciliens. I/ est intitulé Resolm- lio de modo evidenter possibili transubstantiationis panis et virai, in sacrosanctum Domini Jesu corpus et sanguinein , etc., Padoue, 1640 Son système, selon Mazzuchelli, Gli. Serin. d' ital., t. 3, est que les accidents qui restent dans l'eucharistie sont les accidents du corps de JésusChrist, modifiés de manière qu'ils représentent l'espèce du pain. Il Sistema del nostro autore é che gli accidenti, i quali rimangono nell' Eucaristia, sieno accidenti del corpo di Cristo modificati in guise che rappresentino le specie del pane. Des théologiens, qui crurent entendre ce système, l'attaquèrent publiquement ; d'autres, qui crurent l'entendre aussi, le défendirent : cette querelle fut trèsvive ; mais heureusement pour le repos de l'auteur, il était mort avant qu'elle fût engagée
  • Joseph AVELLONI( 1761 - 1817) : pote italien, né en 1761, à Venise, termina ses études sous la direction des jésuites, et se consacra tout entier à la culture des lettres. Ses premiers essais lui ouvrirent les portes de l'académie vénitienne; et bientôt les lycées de Zara et de Rovigo l’admirent au nombre de leurs correspondants. Doué d’une imagination brillante, et d'une facilité dont l'Italie offre seule des exem- les, Avelloni composa un grand nombre d'ouvrages en prose et en vers , la plupart inédits. Parmi ceux ' qu'il a publiés, on distingue deux poêmes intitulés, 'un : Padova riacquistata, Venise, 1790 et 'autre, Isabella Rovignana, ibid., 1795 Avel- oui mourut à Venise, le 16 avril 1817, âgé de 56 ns. La traduction italienne de la Biographie univer- 1 elle contient une notice sur cet écrivain
  • Joseph AVERANI( 1662 - 1738) : frère du précédent, né à Florence en 1662, fut professeur de droit à Pise, et y mourut le 24 août 1738. 11 publia en 1703 : Dis- putatio de Jure belli et pacis. On a de lui plusieurs opuscules, entre autres : Disserlatio de calculorum seu latrunculorum Ludo, imprimée dans le tome 7 du recueil intitulé : Miscellanea di varie perde. Il a donné en latin des interprétations du droit en 5 livres. Les deux premiers parurent à Leyde, 1716, 1736, 2 vol. les trois derniers à Leyde, 17.i2-6. L'ouvrage entier a été réimprimé à Lyon, 1751, 2 vol. à Leyde, 1755, 2 vol. ou 2 vol. à Lyon, 1758, 2 vol. « Ces interpréta- « tions sont savantes , dit Camus. L'objet principal « de l'auteur est de faire disparaître les contradic- « (ions des lois ou antinomies apparentes : souvent « il y réussit avec beaucoup d'habileté. » • A
  • Joseph ANTELMI( 1648 - 1697) : naquit à Fréjus, le 25 juillet 1618. Lorsqu'il eut fini ses études, il obtint par la démission de Pierre Antelmi, son oncle, un canonicat à la cathédrale de cette ville ; il avait composé dans sa jeunesse un traité de Periculis eanonicoruni, c'est-àdire sur les dangers de la vie des chanoines ; son dessein avait été sans doute de s'en préserver ; Charles Antelmi, son frère, a augmenté depuis ce traité, qu'il trouva manuscrit, et qu'il se proposait de publier. En 1680, il donna une dissertation de Iniliis & deske Forojniiensis. Non - seulement il y cherche à fixer l'époque de cette fondation, mais il y donne l'histoire de ses saints, de ses évêques, et traite de ses priviléges et de ses droits; il y fait aussi des observations sur l'antiquité, sur l'origine , les noms divers et l'histoire de la ville; il traite des célèbres monuments que les Romains y ont laissés, et donne les deux meilleures figures que nous ayons de la grande Porte , et de celle qu'on appelle la Porte dorée ; il termine par une description exacte du diocèse, dans laquelle on trouve une histoire curieuse du célèbre monastère de Lérins. Cette dissertation devait précéder une histoire complète de la ville et de l'église de Fréjus, qu'il se proposait de publier, mais cette histoire est restée manuscrite. En 1684, la recommandation du P. la Chaise, sous lequel il avait fait sa théologie à Lyon, lui valut la place de grand vicaire et d'official auprès de J.B. de Verthatuon, évêque de Pamiers, qui le chargea en même temps de rétablir la paix dans son diocèse, où l'affaire de la régale avait occasionné des troubles : il s'acquitta de cette commission avec un plein succès, et les peines que lui donna cette affaire ne l'empêchèrent pas de s'occuper de travaux littéraires. Il publia en 1689, sur les ouvrages de St. Léon le Grand et de St. Prosper, quelques dissertations dirigées contre le P. Quesnel : celuici avait attribué à St. Léon plusieurs ouvrages qu'Antelmi restitue à St. Prosper. Le P.'Quesnel lui répondit par une lettre insérée dans le Journal des Savants, du 8 et du 15 août 1689, ce qui engagea Antelmi à répliquer par l'ouvrage suivant : Deux Lettres de l'auteur des Dissertations sur les ouvrages de St. Léon et de St. Prosper, à M. l'abbé..., pour servir de réponse aux deux parties de la lettre du P. Quesnel, Paris, 1690 La dissertation d'Antelmi sur le Symbole d'Athanase est aussi dirigée contre le P. Quesnel. Celuici avait conjecturé que ce symbole était de Vigile de Tapse, évoque d'Afrique, vers la lin du 5° siècle. Antehni, au contraire, fait revivre la conjecture de P. Pithou, que ce symbole est d'un théologien français du 5e siècle, qu'il croit étre Vincent de Lérins. il publia encore, dans la même année : de iEtate S. Martini Turonensis episcopi, et qttorundam ejus gestorum ordine, anno emortuali, nec non S. Briccio successore , Epistola ad R. P. Anion. Pagium, Parisiis , 1693, in - 8°. 11 indique tous les écrivains qui ont traité de la vie de St. Martin, et retrace les faits dans un ordre chronologique. Outre ces ouvrages, on a encore de lui : 1° de Sonde Maxime virginis, Callidiani in Forojuliensi dicecesi cultu et patria, Epistola ad virum cl. Danielem Papebrochiunt. Cette lettre se trouve clans la collection de Bollandus, du 16 mai , p. 580. 11 y prouve que cette Ste. Maxime, qu'on révère particulièrement dans le diocèse de Fréjus, appartient en effet à la Provence, et non au Frioul en Italie, où on ne connait ni sa mémoire ni son culte, et où on ne conserve aucune (le ses reliques; il pense qu'elle était de Grasse en Provence. Charles Antelmi croit, au contraire, qu'elle était d'Afrique, et qu'elle est morte en Provence. 2° De Translalione corporis S. Aux- ail, Epistola ad virum cl. Ludovicum Thomassinum de Mazauge. 3° Assertio pro unico S. Eucherio Lugdunensi episcopo, opus posthumum ; accessit Conciliant Regiense sub Rostagno metropolitano Aquensi anni 1285 ; nunc primum prodit integrum, et nous illustratum, opera Caroli Antelmi, designati episcopi Grassensis, prœpositi Forojuliensis, Parisiis, 1726 Cet ouvrage fut composé pour prouver qu'il n'y a eu qu'un St. atelier, évêque de Lyon ; on y donne son histoire et celle de Ste. Consorte. PierreFrançois Chifflet avait déjà écrit en faveur de la même opinion, niais Baillet avait porté un autre jugement dans ses Vies des Saints. Le concile de liiez, qui fait le sujet de la seconde partie de cet ouvrage, a eu lieu le 16 mars 1285, sous l'épiscopat de Rostagni, archevêque d'Aix : on y ordonna des prières pour la délivrance de Charles 1I, comte de Provence, alors prisonnier à Barcelone , et on y fit des règlements de discipline. L'ouvrage d'Antelmi n'a été publié qu'après la mort de l'auteur, par les soins de son frère Charles Antelmi, évêque de Grasse ; c'est n'Orne le seul ouvrage que celuici ait trouvé entièrement achevé dans les manuscrits dé son frère. Joseph Antelmi est mort le 21 juin 1697, à de 49 ans, à Fréjus, où il était revenu peu auparavant pour y rétablir sa poitrine, fortement altérée par une trop grande application à l'étude. Il laissa les matériaux de plusieurs ouvrages qu'il avait commencés, tels qu'une édition des oeuvres de St. Prosper, une histoire complète du diocèse de Fréjus, une autre du monastère de Lérins, sous le titre de Secreta Lirinensium, seu Thebais LirinoForojuliensis; une dissertation sur le Symbole des Apôtres, un traité de la translation du corps de la bienheureuse Dilectrix, dont le culte est célèbre dans le diocèse de Pamiers; d'autres sur St. Antoine, évêque de Pamiers, sur la patrie de Cassianus
  • Joseph ARÉNA : né dans l'île de Corse, devint adjudant général en 1793, et fut employé au siège de Toulon, puis député au corps législatif en 1797, et ensuite chef de brigade de gendarmerie, place dont il se démit à la suite de la révolution du 18 brumaire an 9 . Il fut arrêté, le 10 octobre 1801, au spectacle de l'Opéra, étant accusé de vouloir attenter aux jours du premier consul; et le tribunal criminel le condamna à mort le 30 janvier 1802, ainsi que Cerachi, TopinoLebrun, Demerville et Diana, ses complices
  • Joseph ANTONILES( 1636 - 1676) : peintre, né à Séville en 1636, apprit dans cette ville les éléments de la peinture, et alla ensuite à Madrid pour se perfectionner. Ce fut surtout dans le paysage qu'il excella ; il avait un bon choix de sujets, sa touche était spirituelle et légère ; il s'exerça aussi, mais avec moins de succès, dans les sujets de dévotion et dans le portrait. Aleala de Henarès et Madrid possèdent quelques tableaux de cet artiste, qui mourut dans cette dernière ville, en 1676, âgé de 40 ans
  • Joseph ANTONINI : fils d'Alphonse Antonini, baron et seigneur titulaire d'une terre située dans la province de Salerne , lit ses études à Naples, au p commencement du 18° siècle, se livra particulièrement à l'étude des lois, et fut employé dans plusieurs provinces du royaume, en qualité d'auditeur et de ei juge fiscal, sous l'empereur Charles VI. Ce fut alors qu'il écrivit une Histoire complète de la Lucanie, imprimée ensuite à Naples. On y a aussi imprimé des lettres du même auteur, contenant des observations géographiques, adressées à Matteo Egizio, qui avait fait quelques corrections à la Géographie de 1111. Lenglet. Les réponses d'Egizio sont jointes à ces lettres. Ce fut joseph Antonini qui fit présent au grandduc de Florence, Cosme Il", du manuscrit très - précieux du traité de François Philelphe de Exilio , qui s'était conservé dans l'ancienne bibliothèque de sa famille
  • Joseph BENCIVENNI : mort à Florence' , le 31 juillet 1808, à 77 ans. Il était généralement estimé, tant pour ses vertus que pour ses talents et ses lumières. Il a publié plusieurs ouvrages, et en a écrit beaucoup d'autres qui n'ont pas vu le jour. Parmi ceux qui ont été imprimés , on remarque : 1° la Vita di Dante, ouvrage estimé ; Nuovi Dialoghi de' morti; 5' gli Elogj degli uomini illustri Toscani ; 4° la Descrizione della galeria di Firenze; 5° Al' Epoche di storia fiorentina, fino al 1292
  • Joseph BARETTI( 1716 - 1789) : littérateur et poète italien du le siècle, naquit à Turin, le 22 mars 1716. Son père le destinait d'abord à l'étude des lois le jeune Baretti, ne se sentant aucun goeit pour cette carrière, partit de Turin et se rendit à Guastalla, auprès d'un oncle qui le plaça, en qualité de. secrétaire, chez un riche négociant. Ce négociant avait un associé nominé Cantoni, qui était pote. Baretti ne lui connaissait pas ce talent; et lorsqu'il arrivait à Cantoni de vouloir lui dicter des lettres de quelque importance, il se fâchait, et répondait qu'il salirait bien les écrire lui- 'fléole. Un jour, Cantoni tira de son bureau un volume de poésies manuscrites, et les donna à lire aux jeunes gens du secrétariat, sans dire qu'elles fussent de lui. Baretti les ayant lues à son tour en lit de grands éloges. Cantoni, soit par modestie, soit seulement pour s'amuser, soutint qu'elles ne valaient rien du tout. « Elles « sont trèsbonnes, vous disje, répondit Baretti ; et « vous, monsieur, qui n'étes pas poète, vous ne de-« vriez point juger de ce que vous n'entendez pas. » Quand cette scène eut assez duré, Cantoni se lit enlin connaître. « Excusezmoi , reprit le jeune « étourdi ; je ne vous prenais pas pour un homme « d'esprit : vous pourrez désormais, quand il vous « plaira, me dicter mes lettres. » Cantoni le prit dès lors en amitié, et l'engagea à cultiver avec plus d'application la poésie, dont il lie s'était jusqu'alors fait qu'un jeu. Baretti réussissait également dans le genre sérieux et dans le genre burlesque ; mais il avait pour ce dernier des dispositions particulières. An bout de deux ans, il retourna dans sa patrie, et voyagea ensuite à Mantoue, à Venise et à Milan. 11 éLait à Venise en 1745, et s'y arrèta pendant deux ans, principalement occupé de traduire en vers libres les tragédies de Corneille, dont on dit qu'il fut bien payé par le libraire. Il revint à Turin en 1747, y publia quelques opuscules; puis partit pour Londres à la fin de janvier 1751, avec le projet d'y prendre la direction du théfitre italien. Il y ouvrit un cours de langue italienne, et se lit aimer par la dou cent de son caractère et les agréments de son esprit. Il traitait, diton, de rêveries les idées de Bousseau, appelait philosophisme notre philosophie, et prétendait qu'elle ne pouvait imposer qu'aux femmes de chambre Quel que soit le jugement que l'on porte sur les écrits philosophiques du 18° siècle, on conviendra que l'opinion d'un poéte burlesque italien ne peut être ici d'un grand poids. Baretti mourut à Londres le 5 mai 1789. Sa traduction de Pierre Corneille fut imprimée à Venise, avec le texte original, 1747 et 1748, 4 vol. Ses poésies plaisantes ou badines le furent à Turin, 1750 ses traductions en vers libres des deux poiimes d'Ovide, de l'Art d'aimer et du Remède d'amour, ont été dans les tomes 29 et 50 de la grande collection des poi;tes latins traduits en vers italiens, imprimée à Milan. On a de lui quelques opuscules critiques, publiés pendant qu'il était encore en Italie. A Londres , il a donné 1' Dictionnaire anglais et italien, 2 vol. 1760. 2° Grammaire italiennr et anglaise, anglaise el italienne, et plusieurs autres ouvrages pour l'étude de deux langues. 5, Un recueil intitulé Pamphlets, contenant des dissertations diverses, écrites en langue anglaise, dans l'une desquelles il réfute ce qu'a écrit Voltaire, dans son Traité de la poésie épique, sur la poésie et les potes italiens. Cette dissertation fut traduite en italien, et imprimée à Turin, par le comte Caroccio de Villars, intime ami de l'auteur. 4. Projet pour avoir un opéra italien à Londres, dans un gotit tout itou-- veau. Dans cet écrit, imprimé en anglais et en fran- vais, il s'amuse aux dépens de l'opéra que l'on devait jouer au carnaval de 1754, sur le grand théistre de Londres ; il en propose une parodie, qui fut jouée, en effet, sur l'autre théâtre, et qui rit tomber l'opéra. 5. Voyage de Londres à Gênes par l Angle- terre, le Portugal, l'Espagne et la France, id vol. 1770, etc., traduit en français par Henri Bleu, 1778, 4 vol. 6' Les Italiens, ou Moeurs et cou- tumes d'Italie, traduit en français par Frév le,1775 On joint ce dernier ouvrage aux Nouveaux Mémoires ou Observations de deux gentilshommes suédois sui l'Italie, etc. GE
  • Joseph BARLOTTA( 1654) : noble sicilien, littérateur et poête du 17' siècle, naquit à Trapani, le 13 dé cembre 1654. 11 entra, dès l'âge de treize ans, dans la congrégation de l'Oratoire, fit son cours de philosophie et de théologie scolastique et morale chez les jésuites de Trapani, et, dès qu'il fut devenu piètre, se livra à la prédication. Il cultivait aussi la poésie, mais ne l'exerçait que sur troncala in bocca al martirto a' colpi dell' incontinenzad'Erode, Trapani, 1695 Il y en a plusieurs autres de cette espèce. Il a fait aussi un drame en musique, dont St. Eustache est le héros, l'Eustachio, dramma melotragico, Trapani, 1692 un recueil de quatre sermons pour les ? endredis du mois de mars, sous le titre de le Sacre Veglie, terminé par l'oraison funèbre d'un évoque de Mazzara , Trapani, 1686 et un recueil plus considérable de sermons pour tout le carème : Prediche quaresimali, parle 1, Trapani , 1698 parte 2, ibid., 1707 ou 1708. Il avait de plus composé des poésies diverses, Sonetti, Odi c Madigali, et deux volumes de sérénades et de cantates. On ne croit pas qu'elles aient été imprimées
  • Joseph BARRE : chanoine régulier de SteGeneviève, et chancelier de l'université de Paris, mort dans cette ville , le 25 juin 1764 , âgé de 72 ans. Il entra jeune clans cette congrégation, et fit de grands progrès dans les sciences ecclésiastiques et profanes. Des travaux utiles remplirent le cours de sa vie laborieuse. Les principaux ouvrages sortis de sa plume sont : 1° Vindicia) librorum deutero- canonicorum veteris Testamenti, Bibliothèque historique ce critique du Poitou, t. 5, p.278. Parisiis, 1759 livre où l'on trouve beaucoup d'érudition. 2° Histoire générale d'Allemagne, avant et depuis l'établissement de l'Empire jusqu'à François, Paris, 1748, 11 vol. avec carte. L'auteur avait publié auparavant une lettre où il exposait le plan qu'il se proposait de suivre. La critique, en rendant justice aux recherches de l'auteur, lui reproche cependant de manquer d'exactitude dans les faits et d'élégance dans le style, et de plus une partialité nationale capable de rendre l'ouvrage odieux aux peuples qui ont eu quelque démêlé avec la France. C'est un effort de mémoire , plutôt que de génie, et souvent cette mémoire est infidèle. Enfin on convient généralement que cette histoire ne peut lui assigner une place parmi les bons écrivains en ce genre. Une observation assez piquante, c'est que le P. Barre a inséré dans son ouvrage beaucoup de faits et de discours pris mot par mot dans l'Histoire de Charles XII, par Voltaire.- Il met entre autres ces paroles dans la bouche de CharlesQuint : « Le pape est bien heureux que les princes de la « ligue de Smalkade ne m'aient pas proposé de me « faire protestant ; car, s'ils l'avaient voulu, je ne « sais pas trop ce que j'aurais fait. » C'est la réponse de l'empereur Joseph, quand le pape Clément XI se plaignit à lui de sa condescendance à l'égard du monarque suédois. « 11 ne suffit pas, dit un critique, « pour composer une bonne histoire d'Allemagne , «• de compiler ce qui se trouve dans les auteurs mo« dernes, au moyen de quelques liaisons ; il faut « consulter les auteurs originaux, que les Allemands « ont recueillis avec soin. Celle de Heiss n'en mé« rite pas le nom; et celle de l'abbé Schmidt, tra« duite en français, est moins l'histoire des Alle« mands qu'un cadre où l'auteur a cherché à placer « ses systèmes. » On trouvera dans le Journal des savants une longue analyse de cet ouvrage. 5o Vie du maréchal de Fabert, 1752, 2 vol. curieuse, mais dont la diction n'est pas assez pure, et dont les faits ne sont pas toujours bien choisis. 4° Examen des défauts théologiques, Amsterdam , 1744, 2 vol. diffus, mal écrit, mais plein d'excellentes vues. 50 Lettre sur l'unité de la monarchie française, dont on trouve un extrait dans le Mercure de 176:2. 6° Histoire de l'empire d'Allemagne et principalement de ses révolutions, depuis son établissement par Charlemagne jusqu'à nos jours, Paris, 1771, 8 vol. Cet ouvrage a été abrégé par Fréron. On doit au P. Barre une nouvelle édition de l'Abrégé chronologique de l'histoire et du droit public d'Allemagne de Pfbffel. Il a enrichi de notes la meilleure édition des couvres de Bernard van Espen : Van Espen, etc., Scripta omnia, 1755, 4 vol. Il fit paraître, en 1755, le prospectus d'une Histoire des lois et des tribunaux de justice ; mais l'état d'imperfection où il laissa en mourant cette entreprise en empêcha la publication. Cependant, si l'on en croit l'abbé de Feller, ce serait son meilleur ouvrage. — Un autre BARRE a fondé dans le 7' siècle l'ordre des frères et soeurs piétistes, consacrés à l'éducation des enfants pauvres
  • Joseph BARTOLI( 1717) : célèbre antiquaire italien du 18° siècle, professeur de belleslettres dans l'université de Turin, et antiquaire en titre du roi de Sardaigne, naquit à Padoue, en février '1717. Il fit ses études dans sa patrie, et eut le bonheur particulier d'intéresser, par ses dispositions, le savant abbé Lazzarini, qui lui donna gratuitement des conseils et des leçons, et prit même la peine de rédiger pour lui et d'écrire de sa main une grammaire grecque , que Bartoli a conservée précieusement toute sa vie. Il s'adonna d'abord à la poésie, et y fut encouragé par le célèbre Apostolo Zeno ; ensuite à la philosophie, où il eut pour guide le savant abbé Conti ; enfin, pour complaire à son père qui l'en pressait depuis longtemps, il étudia aussi les lois et fut reçu docteur en 1736. Il voulut alors exercer la profession d'avocat ; mais les détours de la chicane et les clameurs du barreau le dégoûtèrent bientôt, et il obtint de son père la permission de retourner à de plus douces études. Il ouvrit une espèce d'école de philosophie, de belleslettres et de langue grecque, ce qui donna lieu à des réunions littéraires qui se tinrent souvent chez lui. Elles furent interrompues par le choix que fit de lui le sénat de Padoue pour remplir dans cette université la chaire de physique expérimentale. Il exerça, pendant trois ans, avec distinction cet emploi ; niais, ayant sans doute déjà des vues sur l'université de Turin, il donna d'avance sa démission. 11 fit un voyage à Bologne. pour lier connaissance avec les savants de ce célèbre institut, et de là, en 1742, à Udine, où il fut, pendant deux ans, instituteur des enfants de Marc Contarini, qui y était lieutenant pour la république de Venise. Il était de retour dans sa patrie en 1745, lorsqu'il fut, selon son désir, nommé professeur de belleslettres dans l'université de Turin. Le succès de ses leçons attira l'attention du roi , qui, voulant se l'attacher de plus près, lui donna le titre d'antiquaire royal. Il obtint ensuite la permission de voyager en Italie et depuis en France. Nous l'avons vu à Paris pendant plusieurs années , lié avec les gens de lettres et les savants les plus distingués , et, malgré quelques singularités dans l'humeur et dans les manières, généralement estimé. 11 est mort à Turin , quelque temps après son retour, vers le commencement de la révolution française. On a de lui, outre quelques poésies, des dissertations, des lettres, et d'autres opuscules sur différents sujets d'érudition et d'antiquité, tels que les suivants : 1° Due Dissertazioni, etc., Vérone, 1745 La première contient une notice du musée public d'inscriptions, qui venait d'être ouvert à Vérone, et l'on y compare l'usage de l'antiquité figurée et écrite, avec celui des observations et des expériences physiques, relativement à l'histoire. La seconde n'a pour but que de démontrer la beauté d'une inscription grecque inédite, placée dans ce même musée. 'foutes deux sont remplies d'une érudition aussi étendue que variée. 2. Lettere apologetiche sopra alcuni novellieri e giornalisti, etc., Turin, sans date La date qui manque à ce recueil est sûrement postérieure à 1755, car la douzième et dernière lettre qu'il contient est de cette même année. 11 les publia toutes séparément depuis la fin de 1747; elles avaient pour objet de justifier un programme qu'il avait fait imprimer à Turin , en 1746, et clans lequel il promettait la véritable explication d'un ancien diptyque, publié par le cardinal Quirini. Plusieurs savants, ennuyés de si longs préliminaires, écrivirent contre ces lettres, demandant toujours l'explication promise, les uns du ton de l'impatience, les autres en y mêlant le sarcasme et la dérision. Bartoli, qui écrivait depuis si longtemps sur ce diptyque, ne l'avait point vu, ni ses adversaires non plus. Il fit enfin un voyage à Brescia , où l'on en conservait l'original : il le trouva si différent de la description que le cardinal Quirini en avait donnée, que Bartoli se déclara délié de l'engagement qu'il avait pris de l'expliquer. Il le remplit cependant quelque années après, et, se trouvant à Parme en 1757, il y publia : 50 // vero disegno delle due Ta- volette d'avorio chiamate diltico Quiriniano, ora la prima voila dato in lute da Giuseppe Barbe, etc. Ce volume contient trois dissertations, dont l'une défend l'antiquité du diptyque, contre le marquis Maffei qui l'avait attaquée ; l'autre réfute la fausse explication qu'on en avait donnée, et la troisième en offre une explication plus naturelle et plus vraisemblable. 4° La quarta Egloga di Virgilio spiegala, Rome, 1758 Ses poésies sont éparses dans différents recueils. Il était correspondant de l'académie des inscriptions , et a publié en français quelques opuscules
  • Joseph BATTISTA : auteur italien du 17e siècle, qui jouit alors de toute la réputation que procuraient l'exagération, l'enflure et tous les vices de style les plus monstrueux. Il était né dans le royaume de Naples, entre Brinde et Tarente, dans un lieu nominé le Grottaglie. Il perdit ses parents en bas âge, et resta livré à des tuteurs qui, soit par négligence, soit par avidité, réduisirent presque à rien sa modique fortune. 11 étudia d'abord dans sa patrie, ensuite à Naples, où il suivit des cours de philosophie et de théologie. Il fut même reçu docteur en cette dernière faculté, et prit l'habit ecclésiastique. JeanBaptiste Manso, marquis de Villa, qui avait tant aimé le Tasse, et qui a écrit sa vie, prit beau- I coup d'amitié pour le jeune Battista, et conçut une telle opinion de son goût, qu'en mourant il ordonna, par son testament, que tous ses écrits lui fussent reluis, et ne fussent imprimés qu'après qu'il les aurait revus et corrigés. Ayant perdu cet appui, Battista entra chez le duc d'Avellino, qui l'en avait pressé avec instance. Il y resta dix ans; mais il se retira enfin dans sa patrie, où il vécut longtemps solitaire, et souvent livré à la plus noire mélancolie. Devenu de bonne heure sujet à la goutte et à des accès de sciatique trèsdouloureux, il cherchait quelquefois à se distraire de sa tristesse et de ses douleurs, par de petits voyages à Salerne, à Pœstum, à Tarente, sur les côtes du Mergellina, à Sorrento ou à Bari. Il mourut à Naples, le 6 mars 1675. A part les défauts de son style, c'était un des littérateurs les plus savants de son siècle. On a de lui : des épij grammes latines , Venise, 1655 et 1659 2. Des poésies lyriques , divisées en 4 parties, qui parurent séparément à Venise, depuis •1655 jusqu'en 1664 ; puis les quatre parties ensemble, Venise, 1665 réimprimées en 1666. Il y en eut une 5° partie, Bologne, 1670 ; Parme, 1675, aussi 3o Epicedj eroici, Venise, 1667 et avec des additions, Bologne, 1669 Cres- cimbeni et Quadri° disent qu'il fut le premier à emprunter le mot grec et latin epicedium pour signifier un morceau de poésie funèbre. 4. Le Giornale arcademiche , Venise, 1670 et 1675 50 Affetli caritatiri, Padoue Battista ne se lit point connaître pour l'auteur de cet opuscule, qui était une réponse vive et mordante à des critiques faites contre ses vers. Il n'en fit tirer qu'un petit nombre d'exemplaires, qu'il distribua à ses amis; ce petit volume est fort rare. 6. Della Patria d'Ennio, autre opuscule, où il soutient qu'Ennius était natif de Budia, dans le voisinage de Grotta- glie, fut (l'abord imprimé dans deux recueils du temps; et ensuite, à la fin d'une édition de ses lettres, dont on va parler tout à l'heure. 7. l'Assalone, tragédie, Venise, 1676. Cette pièce et les deux ouvrages suivants furent publiés après la mort de l'auteur, par son neveu, SimonAntoine Battista. 8° La Poetica di Giuseppe Battista, Venise, 1676 Crescimbeni a parlé de cette poétique, dont il loue la clarté, la brièveté et le jugement. 9. Lettere, ope- ra postuma cd ultime, etc., Venise, 1677 et 1678 ; Bologne, 1678 C'est à la fin de ces lettres que l'on trouve la dissertation Della Pailla d'Ennin dont il est parlé cidessus
  • Joseph BEAUCHAMP( 1752) : astronome, né à Vesoul, le 29 juin 1752. Ses parents le destinaient à l'état ecclésiastique, et, pour leur obéir, il entra dans l'ordre des bernardins, en 1767. Ce fut à cette époque qu'il vint à Paris. Son goilt le détermina à suivre les leçons d'astronomie que Lalande donnait au collège de France. Le professeur devina les disposi- tions de son élève, et devint son ami. Une circonstance qui, en l'éloignant de Paris, semblait devoir le forcer de renoncer à l'astronomie, servit au contraire à développer ses talents pour cette science. Son oncle, 3.-13. 1%1 iroudot du Bourg, évèque et consul de France à Bagdad, l'ayant nominé son grand vicaire , il partit , en 1781, pour aller remplir ces fonctions. Ce voyage ne fut point inutile à l'astro- nomie. Beauchamp observa à Bagdad un passage de Mercure sur le soleil, et, pendant dix années qu'il demeura dans le Levant, il lit des observations extrèmement importantes. Il les envoyait à Lalande, qui les publiait dans le Journal des Savants, et qui en a profité quelquefois, en rendant toute justice à son élève. Au mois de janvier 1784, il alla à Bassora et au golfe Persique, et envoya à Lalande une carte du cours du Tigre et de l'Euphrate, depuis Diarbekir jusqu'à Bassora, c'est-àdire sur 300 lieues de longueur. Il fit une carte de la Babylonie, et donna à l'abbé Barthélemy des dessins de monuments, d'inscriptions et de médailles de l'ancienne Babylone, ainsi que des manuscrits arabes. En 1787, il visita la nier Caspienne , pour en déterminer la situation. De retour en France vers 1790, Beauchamp demeura dans sa famille jusqu'en 1795, époque où il fut nommé consul à Mascate, en Arabie. 11 partit en 1796, et arriva à Constantinople en 1797, où il séjourna pendant quelque temps ; puis il visita les côtes de la mer Noire, et rectifia, par ses observations, les fautes qui existaient dans les cartes de cette mer. Il était sur le point de se rendre à sa destination, lorsque le général Bonaparte l'appela en Égypte. Les remarques qu'il lit dans cette contrée sont consignées dans les Mémoires de l'Institut du Caire. Le général l'ayant chargé d'une mission pour Constantinople, le bâtiment sur lequel il était monté fut pris par les Anglais, qui livrèrent Beauchamp aux Turcs comme un espion ; mais les ambassadeurs d'Espagne et de Russie s'intéressèrent au sort de ce savant, et on se contenta de le renfermer dans un chàteau sur les bords de la mer Noire, où il demeura pendant trois ans. Il en sortit en 1801 niais les chagrins et les privations qu'il avait éprouvés pendant sa captivité avaient altéré sa santé, et il mourut en arrivant à Nice, le 19 novembre de la mème année. Il venait d'apprendre que le général Bonaparte, devenu premier .consul , l'avait nommé commissaire des relations commerciales à Lisbonne. Beauchamp était membre de l'Institut depuis sa formation. Presque tous ses ouvrages ont été imprimés dans différents recueils scientifiques ; on peut citer entre autres, dans le Journal des Savants : 1° Voyage d'Alep à Bagdad, 1785; 20 Observations faites à Bagdad, et Notices sur les Turcs et les Arabes, 1785 ; 30 Voyage de Bagdad à Bassora, le long de l'Eu- phrate, 1785 ; A. Mémoire sur les antiquités babylo- niennes qui se trouvent aux environs de Bagdad, 1790 ; 5. Relation d'un voyage , en Perse, 1760. — Dans le Journal encyclopédique : Réflexions sur les moeurs des Arabes, 1795. — Dans la Décade philo- sophique : Relation historique d'un Voyage de Con- stantinople à Trébisonde, an 5. — Dans la Corres- pondance astronomique du baron de Zacii : Notice sur la Perse, 1809, et plusieurs lettres de l'abbé de Beauchamp écrites de Bagdad à Lalande, pendant l'année 1793
  • Joseph BEAUMONT( 1615 - 1699) : auteur anglais, né en 1615, fut nommé en 1672 professeur royal de théologie de l'université de Cantbridge, place qu'il remplit avec distinction pendant un grand nombre d'années. On a de lui un poème allégorique intitulé Psyché, ou le Mystère de l'Amour, tableau du commerce entre JésusChrist et l'âme humaine. Cet ouvrage eut quelque succès dans le temps. L'auteur mourut en 1699, âgé de 81 ans; il a composé quelques autres poêmes, publiés par souscription en 1749, en un recueil avec une notice sur sa vie
  • Joseph BECKER : après avoir été juge de paix, était administrateur du département de fa Moselle, lorsqu'il fut élu député à la convention en septembre 1792.11 y vota pour la réclusion de Louis XVI, puis pour le sursis , et brava dans cette occasion avec beaucoup de courage les vociférations des tribunes et les menaces de (peignes conventionnels énergumènes qui votaient pour la mort. « Ni les menaces « dont cette tribune a retenti, ditil, ni cette crainte « puérile dont on a cherché à nous environner, ne « me feront trahir mon sentiment. » Il devint membre du comité des décrets, et ne parut néanmoins à la tribune qu'après le 9 thermidor. Envoyé à cette époque à Landau pour réprimer les excès des terroristes, il s'acquitta avec succès de cette mission, dé- nonça les cruautés de StJust et de Lebas, et provo- qua la rentrée des émigrés des départements du Haut et du BasRhin que la terreur avait forcés de s'expatrier. Peu de temps après il accusa les mem- bres de la commission d'évacuation du Palatinat de dilapidations exercées dans ce pays lors de l'invasion qu'y fit le général Hoche. Entré au conseil des cinqcents après lasession conventionnelle, il en sortiten mai 1798, et it'a plus rempli de fonctions publiques depuis cette époque. Nous ignorons la date de sa mort
  • Joseph BELTRAMELLI( 1734) : littérateur, né en 1734, à Bergame, d'une famille noble et opulente, fut envoyé jeune à Bologne, y cultiva les lettres et les sciences sous la direction des jésuites, et acquit en mème temps d'un habile peintre, dont il fréquentait l'atelier, la connaissance des règles et La lettre que Belsunce écrivit sur les billets de confession et sur le refus de sacrements fut condamnée au feu par le parlement d'Aix. C'est encore lui qui écrivit au garde des sceaux Machault, qui demandait au clergé la déclaration de ses biens : « Ne nous met-« tez pas dans la nécessité de désobéira Dieu ou au roi. » D—R—R. On a encore de Belsunce 4° l'Abrégé du livre de la maniéré de bien vivre, traduit du latin de SI. Bernard ; l'Art de bien mourir , traduit du latin de Bellarmin ; 5° le Combat du chrétien, traduit du latin de St. Augustin ; 4° le Livre de la Grâce et du Libre arbitre, traduit du sème; 5° Statuts synodaux du diocèse de Marseille, lus et publiés dans le synode tenu dans le palais épiscopal, le 18 avril 1712, Marseille, 1712 6° Pratiques pour se préparer à la mort, recueil de prières, 1753 7° l'Unité de l'Église, traduit du latin de St. Cyprien ; 8° Méditations et Considérations affectueuses pour tous les jours, traduit de l'espagnol de ROUS. Ses ° Entres choisies, recueillies par l'abbé Jauffret, ont été publiées à Metz, 1822, 2 vol. ornés d'un tacsimile. D—R—R. quer d'exciter une généreuse émulation ; et nergàtne vit bientôt naître et croître de jeunes talents qui, sans le secours et la protection de Beltramelli, n'auraient jamais pu se développer. Passionné pour l'étude, il y consacrait les jour et lesnuits, et s'empressait de communiquer le résultat de ses recherches à toutes les personnes qu'elles pouvaient intéresser. Plusieurs savants lui en ont témoigné leur reconnaissance, entre autres Serassi dans sa Vita di Tasso ; Morelli dans la Biblioth. Pinelliana; et Tiraboschi dans plusieurs endroits de la Storia della Laierai. ital. Jaloux d'augmenter encore son érudition et d'acquérir en même temps de nouveaux amis, Beltramelli résolut de visiter les principales villes de l'Europe. Il demeura deux ans à Paris, dans la société de Diderot, de d'Alembert , de la Condamine, de Dorat et de madame du Boccage. Il se rendit ensuite à Londres, où il se lia très-étroitement avec Maty, conservateur du Musée britannique, et Maskelyne, directeur de l'Observatoire de Greenvich. Il vit aussi en Angleterre la célèbre Angélica Kaufmann , et s'empressa de payer à ses talents un juste tribut d'admiration. Après cinq ou six ans d'absence, il revint à Bergame reprendre ses habitudes studieuses. Ses voyages lui avaient occasionné des dépenses considérables; mais, avec du temps et de l'économie, il pouvait espérer de rétablir l'ordre dans ses affaires. Les invasions successives de l'Italie, durant les guerres de la révolution, achevèrent de le ruiner. Doué d'un courage supérieur à la fortune, il soutint sa nouvelle position avec noblesse, et, quoique dans un âge avancé, sollicita la chaire d'éloquence au lycée de sa ville natale. 11 la- emplit avec autant de zèle que de talent, jusqu'à la fin de sa longue carrière, et mourut en 1816 , à 82 ans. On a de lui : 10 Lettere salle belle arli, Bergame, 1797. 2° Discorso stil- la letteratura, ibid., 1805. L'auteur n'y cache point les difficultés qu'on rencontre dans la carrière des lettres ; niais il montre tous les avantages qu'on peut retirer de leur culture. 5° Nolizie intorno ad un quadro esistente nella cappella del Palazzo della Prefettura in Bergame), ibid., 1806. Beltramelli cherche à prouver que ce tableau est de Lotto, peintre vénitien, et non pas bergamasque, comme on l'avait cru jusqu'alors. 4° Elogio del cavai. Tiraboschi, ibid., 1819 Dans cette biographie, Beltramelli corrige les erreurs de ses devanciers, et donne de nouveaux détails sur la personne et les travaux du savant auteur de la Storia della Letteratura ilaliana. Parmi les ouvrages manuscrit de Beltramelli, on cite des dissertations sur la bibliographie ; sur les variantes que présente un manuscrits de l'A milite du Tasse, qu'il possédait dans sa bibliothèque ; sur l'anneau du pape Sixte IV, arraché de son doigt au sac (le Rome, et porté à Naples ; sur la mauvaise foi de l'historien Platina, prouvée par sa vie du pape Paul IV, qu'il déchira mort, après l'avoir trop loué de son vivant, etc. Le savant P. Moschini lui a consacré, dans la traduction italienne de la Biographie universelle, un article dont à notre tour nous avons profité pour rédiger celuici
  • Joseph BERCHOUX( 1765 - 1839) : poile et journaliste, 1 naquit, en 1765, à StSymphoriendeLay, petite ville près de Lyon, où il lit ses études. Sa famille était de bonne bourgeoisie, et même les Berchoux cousins du poëte prétendaient à la particule nobiliaire de; mais l'auteur de la Gastronomie eut du moins le bon esprit de ne pas l'affecter. Lors de l'institution des juges de paix, en 1790, il fut élu dans sa petite ville à ces honorables fonctions ; mais, à l'époque de la terreur, ses opinions monarchiques bien connues l'exposèrent à la persécution, et, avec sa place, il eût sans doute perdu la vie, s'il n'a• vait, comme tant d'autres, cherché un asile sous nos drapeaux victorieux. Luimème, dans un poëme qui seul fera vivre son nom, nous rend compte de cette époque de sa vie : Naguère, dans un temps de mémoire fatale, Où le crime planait sur ma ville natale, Effrayé, menacé par un monstre cruel, Forcé d'abandonner le banquet paternel, Je cherchai mon salut dans ces rangs militaires, Formés par la terreur, et pourtant volontaires; Je m'armai tristement d'un fusil inhumain, Qui jamais, gràce au ciel ! n'a fait feu dans ma main ; Je i?e chargeai d'un sac, humble dépositaire De tout ce qui devait me rester sur la terre Ainsi, nouveau Rias, je sortis accablé Du poids de tout mon bien sur mon dos rassemblé, etc. Lorsque des jours plus tranquilles permirent à Berchoux de revenir dans son pays, il put, gràce à la possession , « dont le premier jet, dit un biographe , offrait, avec beaucoup de verve et « de gaieté, de nombreuses traces de mauvais goût et d'affectation. Docile aux conseils de critiques « éclairés, et particulièrement de l'auteur du Pria- temps d'un proscrit , il lit d'heureux changements « a cet ouvrage, qui, publié sans nom d'auteur, « obtint, par son seul mérite, trois éditions en moins d'une année. Ce ne fut qu'a la troisième édit ion que le modeste éerkain révéla sa pater« nifé. » La Gastronomie, le premier, et l'on pourrait presque dire le seul titre littéraire de Berchoux, a, depuis quarante ans, joui d'un succès incontesté : déjà ce charmant badinage a obtenu, .entre le Lut? in et Ververt, une place que la postérité ne lui contestera pas. Au mérite de la brièveté, ce ',cerne joint l'agrément et l'intérèt. En s'adressant à toutes les classes de lecteurs, il a flatté tous les goûts et conquis tous les suffrages. 11 n'est personne qui ne relise avec plaisir, ou qui n'ait dans sa mémoire, quelques passages aussi riants que l'Etape du jeune soldat, le Turbot de Domitien, l'Ivresse du pauvre, le Dessert, le Café, etc. L'épisode de la Mort de Vatel est heureusement reproduit d'après le charmant récit de madame de Sévigné. La Gastronomie, en un mot, est regardée comme le délicieux vade- mecum des amis de la table. Elle a obtenu les honneurs de la traduction, en allemand et en anglais, sous le titre de Guide des bons vivants. Enfin , Ourry , Dictionnaire de la conrersatim.. comme le Lutrin, elle n'a pas fourni moins de vers devenus proverbes : Souvenezvous toujours, dans .e cours de la vie, Qu'un Miner sans façon rst une perfidie: Rien ne doit déranger l'honnête homme qui dîne. Sachez rire de tout, sans offenser personne. Un poème jamais ne valut un dîner. On trouve, dans la Gastronomie, cette heureuse imitation de l'auteur du Lutrin : Jouissez lentement, et que rien ne vous presse : Gardez qu'en votre bouche un morceau trop hâté Ne soit en son chemin par un autre heurté. Mais Berchoux a été bien moins heureux dans cc trait : Le ragoût le plus fin que l'on puisse produire, S'il est froid et glacé, ne saurait me séduire. Il est certain qu'en composant son poème, il n avait songé qu'a faire un léger badinage, car personne n'était moins gourmand que lui. Le public a pris son livre au sérieux : on a voulu voir un poème didactique dans ce qui n'était qu'une ingénieuse satire ; et cette erreur n'a pas nui au succès de son ouvrage. Cela est si vrai, qu'un auteur, aujourd'hui parfaitement inconnu , adressa à Berchoux une espèce de satire sans fiel, intitulée le Gastronome à Paris, avec cette épigraphe : C'est peu d'être poète, il faut être gourmand. L'auteur reprochait, en vers beaucoup trop didactiques, à Berchoux d'avoir, dans son ouvrage aimable, trop négligé de faire connaître les recherches culinaires. Berchoux, non moins fidèle, au culte de la patrie qu'à celui des Muses, avait dit : Voulezvous réussir dans l'art que je professe? Ayez un bon chàteau dans l'Auvergne ou la Bresse. C'est sur ce point surtout, que l'attaque son critique ou plutôt son parodiste : Se seraiton jamais imaginé Que votre muse, en un chàteau de Bresse, Finit par faire un si pauvre dîné? Du dieu Cornus infatigable apôtre, C'est à Paris que je prends mon repas : Vous y verrez tout ce qui manque au vôtre, Dont nul gourmet ne saurait faire cas. Berchoux fut moins bien inspiré dans la Danse, ou les Dieux de l'Opéra , qui parut en 1806. « Malgré plusieurs jolis détails, dit « encore le biographe déjà cité , on y trouve de « la froideur, une gaieté trop affectée et des em- prunts trop fréquents à la mythologie, à cette « littérature surannée, à laquelle il avait porté lui« même les premiers coups : « Et toi, triste famille, à qui Dieu fasse paix, « Race d'Agamemnon, etc. Paris, an 11 , petit sot. Ourry, dans l'Encyclopédie des peu du monde. « C'était, d'ailleurs, une de ces productions beau« coup trop empreintes du cachet de la circonstance ; « aussi estelle tombée dans le même oubli que la « rivalité de Vestris et Duport, dieux de la danse, « depuis longtemps détrônés, qui en avaient fourni « le sujet. » En 1814, la muse de Berchoux se montra encore plus faible et plus décolorée dans son poème de Voltaire, ou le Triomphe de la philosophie moderne, poème en 8 chants, avec un épilogue . L'auteur de la Gastronomie n'était pas de taille pour attaquer une si haute renommée. Grâce aux événements politiques au milieu desquels parut cette longue et froide satire, on s'aperçut à peine de son apparition ; et ce fut ce que l'auteur pouvait espérer en pareil cas de plus favorable. Étaitce, en effet, à un poète qu'il convenait de reprendre en sous-œuvre les injures des Nonnotte'et des Clément contre l'auteur de la Henriade, et cela dans un style qui rappelle trop souvent la Guerre civile de Genève, une des plus mauvaises productions de Voltaire ? Et comme il est d'usage que les auteurs aient un faible pour les plus tristes enfants de leur Minerve, Berchoux ne renonça pas à réimprimer en 1829 ce poème dans le volume de ses oeuvres, sous ce titre : les Encelades modernes, avec des changements qui ne l'ont pas rendu meilleur. Enfin, en 1819, il donna un quatrième poème, l'Art politique, en 4 chants, oeuvre satirique connue de bien peu de lecteurs de la Gastronomie. C'était de l'opposition arriérée , et comme un défenseur de la monarchie eût à peine pu en faire en 1789 ; aussi ce poème n'atil pas même obtenu un succès de parti. Berchoux était, depuis 1814, l'un des rédacteurs du feuilleton de la Quotidienne, que la restauration venait de ressusciter. Ses articles parurent sous le nom de N. Muzard. Il a donné aussi plusieurs articles trèspiquants à la Gazette de France, entre autres l'Histoire merveilleuse et véritable d'un actionnaire de la banque Lafarge , écrite par lui- même. C'est une satire ingénieuse de cette spéculation ruineuse pour les actionnaires, que l'auteur représente comme ayant reçu un brevet d'immortalité par l'effet seul de la prise d'actions à cette tontine. Berchoux a publié quelques ouvrages en prose qu'on ne peut guère citer que pour mémoire, entre autres le Philosophe de Charenton, roman nouveau, Paris , an 11 ; nouvelle édition, 1804 Dans ce livre, quelques traits malins et fort bien ajustés contre la fausse philosophie ne peuvent triompher de l'obscurité du sujet et de la faiblesse de l'action. Que dire de l'Enfant prodigue, ou les Lumières vivantes, histoire véritable écrite par l'enfant lui- même, Paris, 1817 ; et de Six Chapitres de l'histoire du citoyen Benjamin Quichotte de la Manche, traduits de l'espagnol et mis en lumière par M. B., Paris, 1821, tristes productions dans lesquelles l'esprit de Berchoux semblait se survivre à luimême. Ce fut cependant de pareilles publications qui engagèrent M. de Villèle à appeler leur auteur aux fonctions de Suivi de pièces diverses en vers et en prose, Paris et Lyon, 181.4, 1 vol. censeur des journaux ; mais en cela il est juste de reconnaître que ce ministre n'eut pas la main plus malheureuse que pour toute autre chose. Après les événements de 1830, Berchoux, retiré à Marcilly , avait fait ses adieux à la capitale et aux lettres. 11 y est mort en 1859. Ses oeuvres ont été recueillies par M. M chaud , libraire, Paris , 18'29, en 4 vol. Son peme de la Gastronomie a été réimprimé en 1841, dans la Bibliothèque Charpentier, à la suite de la Physiologie du goût par BrillatSavarin
  • Joseph BENVENUTI( 1728) : chirurgien italien, naquit dans l'État de Lucques, vers l'an 1728. Malgré ce titre de chirurgien que les auteurs lui donnent, ses études et sa pratique même furent celles d'un médecin; il fut reçu docteur en médecine, à Sarzane, en 1755, associé comme tel , en 1756, à la société impériale des sciences en Allemagne, et en 1758 à la société royale de Goettingue ; il reçut cette dernière nomination lorsqu'il exerçait sa profession aux bains de Lucques. Se trouvant, en 1753, dans un endroit du territoire de cette république, appelé Brandeglio, où régnaient des fièvres épidémiques d'un caractère particulier, il avait employé avec succès, pour les combattre, un traitement extraordinaire. Il décrivit les symptômes de ces fièvres, et soutint la vertu de son remède dans une dissertation latine, dont les journaux italiens de ce temps firent de grands éloges ; elle est intitulée : Bissertatio historico- epislolaris qua epidemicoe febres in Lucensis dominii quibusdam pagis grassantes describuntur, necnon mercurii atque corticis peruviani usus in varum curatione recto rationis examini subjicitur ; physicorum tentaminum ope, remedii, utriusque viribus exploratis, a Josepho Benvenuto Lucense conscripta, etc., Lucques, 1754 L'auteur y préfère le mercure au quinquina pour le traitement de ces lièvres, et défend le docteur Bertini, de qui il avait appris cette méthode, contre quelques écrits où on l'avait attaqué. C'est à Benvenuti que l'on dut la publication du t. 1" des Dissertationes et Queestiones medicoe magis celebres, etc., Lucques , 1757 ; il y inséra, en forme d'appendice, une dissertation où il traite de l'hydrophobie et de l'usage du vinaigre pour la guérir. On lui doit de plus les ouvrages suivants : 1° de Lucensium thermarum Sale tractatus, Lucques, 1758 traduisit luimême ce traité en italien, et joignit à la traduction et au texte une lettre où il décrit les propriétés efficaces de ces eaux thermales. 2° Ri flessi. oni sopra gli effetti del moto a cavallo, Lucques , 1760 5° Dissertatio physica de lamine, Vienne, 1761 4° De rubiginis frumentum corrumpentis Causa et Medela, Lucques, 1762. 5° Observationum medicarum qua' anatomie° superstructœ sunt Collectio , prima, Lucques, '1764 I 2. On voit, par les seuls titres de ses différents ouvrages, et par ce que nous avons pu recueillir des circonstances de sa vie, que c'était un médecin, plutôt qu'un chirurgien, et peut-être l'un des médecins les plus laborieux et les plus instruits de son temps
  • Joseph BESSON( 1607 - 1691) : jésuite missionnaire, né à Carpentras en 1607, et mort à Alep, en Syrie, le 17 mars 1691, est auteur de plusieurs écrits, dont le plus curieux est intitulé : la Syrie sainte, ou des Missions des Pères de la compagnie de Jésus en Sy- rie, Paris, chez Jean Hénault, 1660
  • Joseph BERGLER( 1753 - 1829) : directeur de l'académie des arts à Prague, naquit à Salzbourg, le 1" mai 1755, et passa une grande partie de sa vie à Passau, où son père, statuaire de l'évêque, lui enseigna les premiers éléments de dessin et de peinture. Le talent qui se développait chez le jeune Bergler donnant de grandes espérances, ce prélat l'envoya faire un voyage en Italie, en 1776. 11 séjourna d'abord à Milan, où il travailla pendant quatre ans sous la direction de Martin Knoller, peintre de la cour. Bergler quitta ensuite cette ville, et après avoir admiré les ouvrages: des grands maîtres à Parme, à Bologne, à Florence, se rendit à Borne, où le chevalier Maron, artiste du plus grand mérite, le prit sous sa protection spéciale. Après trois ans d'études assidues, il concourut pour le prix de peinture à l'académie de Parme, et obtint la médaille d'or. La réputation qu'il s'acquit par ce beau travail lui valut de nombreuses co mandes dans toute l'Italie. Après cinq ans de sé- jour dans le sanctuaire des arts, il retourna dans , sa patrie. S'étant lixé à Passais, il devint pe tre du cardinal Aversberg, et fut nommé écuyer de la cour. Lorsque, en 1s00, une école des arts fut créée à Prague, Bergler dut à son talent d'étre appelé pour organiser cet utile établissemetit, et peu de temps après il fut nommé directeur de l'académie des arts. Il a occupé ce poste honorable pendant vingtneuf ans avec un zèle infatigable. C'est de cette époque que les arts ont pris un essor remarquable en Bohème : beaucoup d'autistes distingues sont sortis de cette école. Lorsque le ministre autrichien kollom rat, nomme gouverneur de la Bohème, chercha à y réveiller le goût des arts, qui depuis deux siècles y était assoupi, il tanisa dans Bergler, quoique déjà avancé en âge, un zelé collaborateur. Bergler a produit un grand nombre d'ouvrages importants, parmi lesquels est un 'Oui en 70 feuilles, tiré de l'histoire de la Bohème. Son atelier et ses portefeuilles offraient de grandes jouissances aux amateurs. On cite partial-'. fièrement trois tableaux à l'huile qu'il lit pour le C01111C kullowrat, et qui représentent des scènes Ki- ' ses dans les temps reculés de la Bohème : L'Huta au bourg de Wissherad, décidant une contestation entre deux frères pour l'héritage de leur pere ; Jugement féodal du duc Spitigneto II, et la Déli- vrance de Charlet I V, à Pise, par les chevaliers hongrois, et notamment par les trois frères kollowrat. Bergler mourut à Prague, le 25 juin 1829
  • Joseph BERINGTON ou BERRINGTON( 1760) : historien anglais, naquit dans le comté de Shrop, vers 1760, de parents catholiques, et fut envoyé fort jeune en France au collége de StOmer, destiné pr cipalement à l'éducation des étrangers qui voulaient se vouer au sacerdoce. Effectivement il en exerça les fonctions en France pendant vingt ans; puis il revint en Angleterre, et il fut nommé, en 1814, curé de Buckland, près d'Oxford, où il mourut en 1820. Comme ministre de la religion, Berington manifesta souvent et avec beaucoup de franchise des opinions que ses supérieurs regardèrent sinon comme hétérodoxes, du moins comme douteuses. On a de lui la Vie d'Abailard el d'Héloïse, 1784 ouvrage qui eut en peu de temps trois éditions , et l'Histoire du règne de Henri II , et de Richard et Jean, ses fils, en anglais, 1790 Traduit en partie par Thom. Payne, ce morceau d'histoire est devenu l'Histoire de Jean- sans- Terre , Paris, 1821, ii1-81). Mais le véritable titre de Berington à la reconnaissance des savants est son Histoire littéraire citetnoyen âge, dont les deux premiers livres, contenant les huit premiers siècles de l'ère chrétienne, parurent en 1814 et dont il donna la suite en 1816. Cet ouvrage, qui manque souvent de méthode et toujours de hautes vues et de profondeur, a été traduit en français par A.M.H. Boulaid, mais morcelé en sept parties différentes , qui forment comme des traités à part, et qui sont : 1° Histoire littéraire des huit premiers siècles de l'ère chrétienne, depuis Au- guste jusqu'à Charlemagne, Paris, 1814 2. Histoire littéraire des neuvième et dixième siè- cks, Paris, 1826 ; 50 Histoire littéraire des onzième et douzième siècles, Paris, 1818 40 Histoire littéraire du treizième siècle, Paris 1821 ; 5° Histoire littéraire du quatorzième siècle et de la moitié du quinzième, Paris, 1822 ; 6° Histoire littéraire des Grecs, Paris, 1822: 70 Histoire littéraire des Arabes ou des Sarrasins Paris, 1823. Toutefois il est nécessaire d'ajoute que, quoique Bérington ait le mérite d'avoii• présenté comme un aperçu général des éléments de l'histoire littéraire du moyen âge, il est loin d'être complet, et que le tableau du mouvement intellec- tuel de cette grande époque attend encore un peintre et un historien
  • Joseph BERNO( 1788 - 1818) : fils d'un chirurgien, naquit en 1788, à Moncrivello, dans le Vercellais. Après avoir fait ses premières études à Ivrée, il vint à Turin pour suivre les cours de philosophie et de médecine; il y reçut le doctorat en 1809, et fut nommé répétiteur au collège des Provinces pendant le temps de sa clinique. Il a écrit en italien : l'efficacité des eaux de Courmaïeur et de St- Didier, avec des observations sur les maladies et l'usage des bains, Turin, 1817 11 mourut en 1818
  • Joseph BESOZZI : musicien, né à Parme : son nom est célèbre parmi les .artistes, parce que quatre de ses fils ont eu une grande réputation sur le bas- son et le hautbois. — Alexandre BESOZZI, le pre- mier de ces fils, né à Parme en 1700, fut attaché comme hautbois à la chambre et à la chapelle du roi de Sardaigne en 1730. Plusieurs de ses compositions de musique instrumentale ont été gravées à Paris et à Londres. — Jérôme BESOZZI, né à Parme en 1712 , jouait du basson avec une grande supériorité, et s'attacha, en mème temps que son frère, à la cour de Sardaigne. Tous deux firent un voyage à P.C. Brunet donna peu de temps après une autre traduction de cet ouvrage et l'intitula Triomphe de l'Homme- Dieu, ou le Pas- sage d'une lime qui va reprendre le saint joug de Jésus- Christ, Poitiers, 1792, I vol. Ce—s. Voici comment M. Quérard, dans la France littéraire, énonce ce qui concerne cette traduction de l'Iliade « Version nouvelle « de l'Iliade avec des remarques. Essai sur l'Iliade, ou Discours pour servir d'introduction ù la nouvelle - version de ce poème, » , Puis il ajoute en note « L'auteur a fait primer un autre discours pour servir d'introduction à la nou-« velle version de l'Odyssée On trouve un exemplaire de « ces deux discours, qui n'ont pas été mis en vente, au dépôt cen-« Irai des bibliothèques particulières du roi, galerie du Louvre. » On peut consulter encore sur Besombes l'Examen critique de A. , Barbier, p. 109. Z—o. Paris, où ils furent entendus avec les plus grands applaudissements. Ils habitèrent constamment Turin où ils sont morts dans un iige fort avancé. ils ne 'se marièrent ni l'un ni l'autre et vécurent dans l'union la plus intime, uniquement occupés de perfectionner leur art. — Antoine BEsozzf fut longtemps attaché, comme hautbois, à la chapelle de Dresde, et mourut à Turin en-1781.11 eut dans son fils Charles BESOZZI un élève qui le surpassa, et obtint les plus grands succès en France, en Italie et en Allemagne. — Gaëlan BESOZZI, 4° fils de François Besozzi, né à Parme, en 1727, n'eut pas moins de réputation sur le hautbois, et alla successivement à la cour de Naples et à celle de France. Ces virtuoses ont, en quelque sorte, fondé une école de ces deux instruments. Le seul Besozzi qui restàt de cette famille était, en 1810, Ileiste à l'OpéraComique de Paris. P—x et D—RR.
  • Joseph BETUSSI( 1500) : célèbre littérateur italien, naquit vers le commencement du 16. siècle , à Bassano , dans la Marche Trévisane. 11 annonça de bonne heure des dispositions rares pour les lettres et publia, dès sa première jeunesse, des poésies qui lui firent une réputation précoce. 11 eut malheureusement pour guide le fameux Pierre Arétin, et dans ses études, et, comme l'Arétin s'en vante quelque part, dans ses mœurs. Betussi se livra, comme son maître, à des passions désordonnées, qui nuisirent à son ; avancement et à sa fortune. Il subsista pendant quelque temps à Venise, en dirigeant l'imprimerie de Giolito; il chercha ensuite d'autres emplois, parcourut plusieurs villes d'Italie, et même , diton, vint en France, trouvant partout de nouvelles occasions de désordres, et ne pouvant se fixer nulle part. Luca Contile lui procura enfin un emploi de secrétaire auprès . 2" Il Raverta, dialogo, nel pale si ragionct d'amore c degli effetti suoi, Venise, 1544, 1545, etc. La dernière édition est de 1562. 3° Des traductions italiennes de trois ouvrages latins de Boccace : de Casibus virorum et fcentinarunt illustrium, de Cla- ris Mulieribus, et de Genealogia deorum ; la première, Venise, 1545 ; la seconde , à laquelle Betussi ajouta les femmes qui s'étaient illustrées depuis le temps de Boccace jusqu'au sien, Venise, .1547 ; et la troisième, Venise, 1547 Ces trois traductions ont été réimprimées plusieurs fois, et l'on ne compte pas moins de treize éditions de la dernière, toutes dans le même format. Dans presque toutes ces éditions, la traduction est accompagnée d'une vie de Boccace, écrite en italien par Betussi, laquelle est aussi jointe ordinairement à sa traduction des Femmes illustres. 4° Il Libro 7 dell' Eneide di Virgilio dal vero senso in versi sciolti tradotto, con un' elegia d' Augusto in fine sopra l'E- neide, Venise, 1546 Cette traduction du livre 7 a été ensuite réunie à celle de l'Enéide, faite par divers auteurs, et publiée par Domenichi, Florence, 1556 C'est cette traduction entière , sortie de différentes mains, et non la traduction isolée du livre 7, faite par Betussi, qui a été réimprimée plusieurs fois, et la dernière fois, à Venise, par Paul Ugolin, en 1593 5. La Leonora, ragionamento sopra la vera bellezza, Lucques, 1557 Mazzuchelli et Fontanini mettent ce petit volume au nombre des livres rares. 6° Ragio- namento sopra il Calajo, luogo del signor Pio Enea Obizzi, Padoue, 1575 réimprimé à Ferrare, en 1669, avec plusieurs additions. Il est probable que la première édition de cette description d'une magnifique villa fut donnée par Betussi luimême ; elle peut donc servir à prouver qu'il vivait encore, nonseulement en 1565, comme on l'a dit plus haut ; mais au delà de 1573. 7. L'Immagine del tempio di Donna Giovanna d' Aragona, dialogo, Venise, 1557 8° Il se trouve de ses lettres dans plusieurs recueils de ce genre d'écrits ; et de ses poésies, ou rime, dans un plus grand nombre de collections poétiques , parmi lesquelles on cite principalement celle des Rime scelle de' poeti Bassanesi, recueillies par J.B. Verci. Doni, dans sa Libraria , parle d'autres poésies que Betussi avait laissées en manuscrit
  • Joseph BIANCANI( 1566 - 1624) : mathématicien, né à Bologne, en 1566, et mort à Parme, le 7 juin 1624, entra dans l'ordre des jésuites, et composa sur les mathématiques et l'astronomie un grand nombre d'ouvrages qui sont aujourd'hui oubliés, mais qui eurent beaucoup de réputation dans leur temps. Les plus importants sont : I° Aristotelis Loca mathema- tica ex universis dus operibus collecta et explicata; accesserunt dissertatio de mathematicarum natura, et clarorum inathematicorum chronologia, Bologne, 1615 2' Brevis introductio ad geographiam, Sphœra mundi, seu Cogmographia demonstrativa, etc., Apparatus ad mathematicarum studium, etc. Selon les PP. Alegambe et Southwelle Bibliotheca Scriptor societ. fesu), peu de mathématiciens pouvaient alors ètre comparés à Biancani, et, de plus, il était versé dans la connaissance de l'histoire, dans les belleslettres et la philosophie
  • Joseph BIANCHINI( 1704) : neveu du précédent, et pitre de l'Oratoire de StPhilippe de Néri, fut aussi un antiquaire et un littérateur distingué. 11 naquit à Vérone, le 9 septembre 170'e, du comte JeanBaptiste, frère de François Bianchini, et acheva ses études sous les yeux de son oncle, dans le collége de Montefiascone. Il retourna dans sa patrie en 1725, déjà chanoine de la cathédrale , avec la prébende de St-- Luc, et fut bientôt après nommé garde de la biblio- thèque du chapitre; mais, en 1752, il quitta cette place, résigna son bénéfice, se rendit à Rome, et entra dans la congrégation de l'Oratoire , où il se partagea entièrement entre les exercices de piété et des travaux littéraires, principalement dirigés vers l'histoire et les antiquités ecclésiastiques. 11 a laissé : 1° Anastasii bibliothecarii de Vitis Romanorumpon- lificum, etc., t. 4, Rome, 1755 Il termina par ce 4e volume la grande édition d'Anastase, que son oncle avait laissée imparfaite, Il publia aussi l'ouvrage posthume de François Bianchini : del Palazzo de' Cesari , avec une traduction latine de sa façon, comme nous l'avons annoncé dans l'article précédent. 20 Vindicice canonicarum Scripturarum vulgatce une editionis, etc. , Borne , 1740 Ce volume devait être suivi de six autres, dont l'auteur annonce le plan dans le premier , qui a été seul imprimé. Il embrassait dans cet immense ouvrage tout ce que l'érudition ecclésiastique la plus étendue avait pu lui fournir sur l'Ancien et le Nouveau Testament. Le volume qu'il a publié est précédé d'une savante préface et de dissertations épistolaires non moins sa-'vantes, où l'on trouve toute l'histoire des différentes .parties de la Bible, des manuscrits qui en ont été ou conservés, ou perdus, des versions qui en ont été faites, etc. 5° Evangeliarium quadruplex latine ver- sionis antique, seu veleris Item, nunc primum in lucem editum ex codd. manuscript. aureis, argent eis, purpureis , aliisque plusquam millenarice antiqui- latis, etc. , Rome, 4749, gr. On peut regarder cet ouvrage comme faisant partie des Vindiciœ ca- nonicarunt Scripturarum dont on vient de parler, et ce volumeci comme une suite nécessaire de l'autre. - 40 Demonstratio historie ecclesiasticce quadripartite monumentis ad fidem temporum et gesiorum, Rome, 1752 fig. C'est un recueil de morceaux d'antiquité sacrée, d'inscriptions, de lampes, de médailles, de vases, etc. , qui se trouvaient dans les églises, les cimetières et les musées de Thome, ou ailleurs, trèsbien gravés sur cuivre, accompagnés d'explications et de tables chronologicohistoriques : c'est l'ouvrage qu'avait commencé Fr. Bianchini, et qu'il avait aban- donné. Après ce 1" volume, son neveu en a publié un 2e : les deux ensemble ne comprennent que ce qui regarde les deux premiers siècles du christianisme ; on ne croit pas qu'il ait été plus loin. 50 Delle Porte e Mura di Roma, con illustrazioni, Rome, 1747 6° Dans un petit ouvrage sur un sujet qui n'a aucun rapport avec les précédents, le P. Bian chini parut aussi bon physicien qu'il se montrait savant antiquaire dans les autres. Une dame de Césène fut trouvée morte et réduite en cendres dans sa chambre, à la réserve de la tète, des jambes et de quelquesuns des doigts. On divagua beaucoup sur cet événement. Bianchini soutint que c'était l'effet d'un feu interne et spontané, occasionné par l'usage excessif que cette dame avait fait d'eaudevie cam- phrée. Sa dissertation, qui obtint l'assentiment général, est intitulée : Parera sopra la cagione della morte della sig. contessa Cornelia Zangari de" Bandi Cesenate, esposto in una laiera, etc., Vérone, 1751 revue et corrigée par l'auteur, Rome , 1745 Bianchini donna aussi des soins à plusieurs éditions estimées, tant des productions de son oncle que de quelques autres ouvrages
  • Joseph BOERIO( 1754 - 1832) : jurisconsulte italien, naquit à Lendinara, en 1754. 11 étudia le droit à Padoue, sous la direction du célèbre professeur Bragolino, et à vingtdeux ans il fut nommé par le sénat vénitien Les auteurs du Dictionnaire des musiciens ont donné place dans leur livre u Barhaave, parce que dans ses ouvrages sur la 'né(keine on trouve beaucoup de choses qui concernent la musique, en tant qu'elle touche la physique. DRR coadjuteur de son père, magistrat distingué, puis juge dans divers tribunaux de la république. 11 publia alors : Raccolla delle leggi venete, concernerai i corpi magistrali ed offici municipe di Chioggia, 1761 ; — Raccolta delle leggi venele pet territorio, Vérone, 1795 Lorsque Bonaparte eut livré les États vénitiens à l'Autriche en 1797, Boerio fut nommé assesseur du tribunal criminel de Venise. Anrès la bataille de Marengo, en 1800, les États vénitiens ayant été incorporés dans le royaume d'Italie, Boerio fut placé juge à la cour de justice de l'Adriatique. Enfin, en 1814, l'empereur d'Autriche le désigna pour juge à Rovigo, dans le royaume lombardovénitien, puis à Padoue, et enfin le nomma conseiller à Venise. Après trente ans de magistrature, il obtint sa retraite, et mourut le 25 février 1832. Boerio est encore auteur de plusieurs ouvrages trésremarquables de jurisprudence et de grammaire : 4° la Pratica del processo criminale, avec les formules des actes relatifs au code autrichien, Venise, 1815 ; 2° Repertorio del Codice criminale austriaco, Venise, 1815 ; 5° Dizionario del dialello veneziano, ouvrage estimé par les hommes de lettres, entrepris par l'auteur en 1797, et qu'il publia en 1827. Il a laissé manuscrit Indice ilaliano- venelo, que son fils, actuellement juge au tribunal de Zara, se propose de publier
  • Joseph BOILLOT( 1560) : architecte, né à Langres en 1560, étudia dans sa jeunesse les mathématiques et le dessin, et se rendit familiers les divers procédés de la gravure. Il fut employé comme ingénieur à l'armée de Henri IV, et depuis il contribua de tout son pouvoir à maintenir sa ville natale dans l'obéissance de ce prince. En récompense il obtint le modeste emploi de contrôleur du grenier à sel, et la direction du magasin des poudres et salpêtres. Il vivait en 1603, mais on ignore la date de sa mort. On a de lui : 1° Nouveaux Portraits et Figures de termes pour user en l'architecture ; composez et enrichis de diversité d'animaux et représentez au vrai selon l'antipathie cl contrariété naturelle d'iceulx, Langres, Jelian Desprey, sans date de 60 feuillets non chiffrés. Ce volume est trèsrare. Ce dicton n'est point particulier à la Picardie : on dit en FrarcheComté : Tout le monde, c'est le vacher de Gray. L'ouvrage de Boillot est l'opposé des Termes d'hommes d de fourmes, pu Hugues Sarnbin. Boillot l'a dédié au duc de Nevers par une épître datée du ler janvier 1592. Indépendamment du frontispice et du portrait de l'auteur en médaillon, gravés à l'eauforte, cet ouvrage contient 55 planches, dont les unes sont gravées sur bois et les autres sur cuivre, avec une grande délicatesse. 11 a été traduit en allemand par Jean Brantz, Strasbourg, 1604 Mariette l'a reproduit vers 1150, mais sans nom d'auteur, sous ce titre : Livres de termes d'animaux et leurs antipathies , fort utile pour toutes sortes de personnes se mélant de dessin, Paris Cette édition, dont le texte est gravé, ne contient que 51 planches. Le nouvel éditeur en a d'ailleurs retranché le portrait de Boillot , l'épître dédicatoire et la préface. 2' Modèles d'artifices de feu et de divers instruments de guerre, avec les moyens de s'en prévaloir pour assiéger, battre et défendre toutes sortes de places ; utiles et nécessaires à tous ceux qui font profession des armes , Chaumont, 1698 fig., trèsrare. Cet ouvrage a été réimprimé avec la traduction allemande de Brantz, Strasbourg, 1603 ; il est orné de 91 planche eavées à l'eauforte par Boillot. Hanzelet en a beaucoup profité pour composer son Recueil de plusieurs machines militaires ; et il a eu le tort de ne pas nommer une seule fois Boillot, auquel il était redevable de la plupart des inventions qu'il annonçait comme nouvelles
  • Joseph BONAFOS( 1725 - 1779) : , doyen de la faculté de médecine de Perpignan, né dans cette ville le 4 décembre 1725 , mort le 5 février 1779 , au manient où il travaillait depuis longtemps à rédiger un traité complet de médecine pratique, qui n'a pas vu le jour, a publié : 1° Dissertation sur la qualité de l'air et des eaux et sur le tempérament des habitants de la ville de Perpignan ; 2° Némoire sur la nature et les propriétés des eaux minérales de la Presle ; 5° Observation sur une imperforation du rectum dans un enfant . Il a fourni quelques observations insérées dans le Traité de l'hydropisie de Bacher
  • Joseph BINGHAM( 1668) : né en 1668, à Wakellield, dans le Yorkshire, fit d'excellentes études à Oxford, s'attacha surtout à celle de l'antiquité ecclésiastique; fut agrégé au collège de l'université, et eut pour disciple le savant Potter, depuis archevêque de Cantorbéry. Chargé de prècher devant l'académie, il prit pour sujet de son sermon le mystère de la Trinité, dans la vue de combattre des idées assez accréditées dans ce corps, et qui lui paraissaient porter atteinte à la vérité du mystère. Ce discours, qui annonçait un homme profondément instruit de la doctrine des Pères, excita un orage qui se termina par une censure où le sermon fut taxé d'arianisme, de trithéisme, etc. ; mais toute son hérésie consistait principalement à avoir combattu avec force les idées d'un homme puissant dans l'université. Il prit alors le, parti de quitter sa place pour aller occuper la cure de IleadbournWorthy près de Winchester. Ce bénéfice de 100 livres sterlings de revenu suffisait à peine à l'entretien de sa nombreuse famille; ce fut là qu'il s'occupa, avec le secours de la bibliothèque de la cathédrale de Winchester, d'un grand ouvrage auquel il travaillait depuis longtemps; et, dès 1708, il fit paraître le 1er volume de ses Origines ecclesiasticoe, qu'il poussa jusqu'à 8 volumes, dont le dernier parut en 1722. Il rassemblait des maté- Essai sur la régénération physique et morale des juifs, p. 89. riaux pour compléter et perfectionner cet ouvrage, lorsqu'il succomba, en 1723, sous ses travaux excessifs. Sa veuve vendit l'exemplaire corrigé de la main de l'auteur, à un libraire qui en donna une édition Londres, 1726, 2 vol.; mais on n'y fit pas entrer les matériaux que Bingham avait rassemblés pour cette édition. L'ouvrage a été traduit en latin par J.H. Grichow, et publié à Halle, 1724-58, 11 vol. avec la préface et les- notes, de 3.Fr. Buddée ; réimprimés en 1751-61. Cet ouvrage plein de recherches, à peu près sur le même plan que celui du P. Thomassin touchant la discipline . — Joseph BINGIIAM, le plus jeune de ses enfants, avait comme lui une passion ardente pour l'étude, dont il mourut victime à l'àge de '22 ans. On a imprimé de lui, après sa mort, une édition de la . Guerre de Thèbes
  • Joseph BLACK( 1728) : chimiste célèbre, né en 1728, à Bordeaux, de parents Écossais, vint trèsjeune en Écosse, et entra à l'université de Glascow pour y étudier la médecine. Le docteur Cullen, son professeur, le prit en affection, et lui inspira le goût des études chimiques. Il reçut , en 1754 , le degré de docteur en médecine à l'université d'Édimbourg, et prononça à cette occasion une dissertation de Hu- more acido a cibis orto, et magnesia alba. Il donna, quelque temps après, de nouveaux développements à ce sujet dans un mémoire imprimé dans le 2' vol. des Essais philosophiques et littéraires de la société . Édimbourg , 1756, sous le titre d'Expériences sur la magnésie blanche, la chaux vive et quelques autres substances alcalines. Il y démontre, de la manière la plus claire et la plus ingénieuse, l'existence d'un fluide aériforme qu'il désigne sous le nom d'air fixe, dont la présence adoucit la causticité des alcalis et des terres calcaires : on peut regarder cette découverte comme la mère de toutes celles qui ont immortalisé les noms , un mémoire de Black sur l'Effet de l'ébullition en disposant l'eau à se congeler plus promptement; et dans les Transactions philosophiques de la société d'Édimbourg, pour 1791, une Analyse des eauxx- de quelques sources chaudes en Islande. Deux de ses lettres sur des sujets de chimie ont été publiées par le professeur Creil et par Lavoisier. Ses Leçons de chimie ont paru en 1805, en 2 vol., précédées d'une notice sur sa vie par le docteur Robinson. On doit à Black les premières connaissances que nous avons eues sur les carbonates, surtout sur ceux de chaux, de potasse, de soude, de magnésie. Fourcroy l'appelle l'illustre Nestor de la révolution chimique
  • Joseph BLACKET( 1786) : poète anglais qui ne dut son talent qu'à la nature , naquit en 1786 dans un obscur village, au nord du Yorkshire. C'était le plus jeune de douze enfants d'un simple ouvrier. Lorsqu'il eut atteint sa douzième année, son frère, cordonnier à Londres , le fit venir auprès de lui. Là, Blacket consacra ses heures de loisir à la lecture, et donna d'abord la préférence aux livres de religion. Plus tard , ayant vu représenter, sur le théâtre de CoventGarden , une des tragédies de Shakspeare, il fut transporté d'admiration pour les beautés sublimes de ce grand maitre. 11 réussit dans sa profession , et se maria ; mais ayant perdu sa femme en 1807, après une longue maladie, il fut obligé de vendre tous les effets qu'il possédait, pour acquitter les dettes qu'il avait été dans la nécessité de contracter. Accablé de chagrin, il quitta les lieux où il avait goûté le bonheur, envoya sa petite fille à Deptford, et alla renfermer sa douleur dans la solitude. C'est là qu'il commença à confier au papier quelquesunes de ses pensées qu'il adressa à M. Pratt, son protecteur. Plusieurs passages de ses lettres révèlent du talent et mème du génie. Blacket ne négligeait pas pour cela l'état de cordonnier dans lequel il s'était fait quelque réputation ; mais il dérobait, pour se livrer à l'étude, toutes les heures qu'il aurait dù consacrer au repos que réclamait sa faible constitution. Le désir de produire quelque chose de remarquable absorba toutes ses pensées; et cette contention d'esprit, jointe à ses occupations manuelles, porta une telle atteinte à sa santé, qu'il mourut à Seaham , le 23 août 1810. Ses ouvrages, qui furent recueillis par M. Pratt et publiés l'année suivante, sous le titre de : Remains of J. Blacket , prouvent le goût et le génie de cet enfant de la nature
  • Joseph BLAGRAVE( 1610 - 1675) : parent du précédent, se distingua par son enthousiasme pour les études astrologiques. II était né à Londres en 1610, et il y mourut en 1675. On a de lui : 1. Introduction à l'astrologie, 1682 2° Supplément à l'herbier de Culpepper. A ce Supplément ont été ajoutés : 1° une Notice de toutes les substances médicinales qui se vendent dans les boutiques de droguistes et d'apothicaires, etc. ; 2° un Nouveau Traité de chirurgie; 3° la Médecine astrologique , ou Exposition de la véritable méthode à suivre pour guérir toutes les maladies par des herbes et des plantes qui croissent en Angleterre. La Biographie britannique parle d'un manuscrit, vu par le docteur Campbell, et qui, si l'on en croit l'indication consignée sur le premier feuillet, aurait été composé par J. Blagrave. Ce manuscrit , qui a pour titre Remontrance en faveur de l'ancienne science contre les prétentions de la moderne, spécialement dans ce qui concerne la doctrine des étoiles, est spirituellement écrit et semble indiquer un auteur d'un talent supérieur à celui de Joseph Blagrave, tant pour la composition que pour le style. On a donc été tenté de l'attribuer à Jean Blagrave. Malheureusement il y est question de la société royale, qui n'existait pas du temps de ce dernier. Reculé ainsi vers les années 1669 ou 1670, ce manuscrit présente aux bibliographes un problème singulier. Toutefois on a fini par s'arrêter à l'idée assez plausible que, parent de Jean Blagrave, Joseph trouva dans les papiers du savant mathématicien les éléments d'un travail qu'il lui devint facile, à l'aide de quelques intercalations, de rendre applicable à l'époque contemporaine. En effet, Joseph avait hérité d'un domaine, dans Swallowfield, qui avait appartenu à son parent
  • Joseph BLIN( 1763 - 1834) : ancien membre du conseil des cinqcents, frère du précédent, naquit à Rennes, en 1763. A peine avaitil achevé ses études qu'il s'en- rtila dès l'âge de seize ans, et servit dans les Antil- les comme soldat pendant quatre ans. 11 revint en France après la paix de 1783, et entra dans les aides. En 1789, il se montra un des premiers défenseurs de la révolution, et dès le mois de janvier il fut blessé dans l'affaire où commença la première association bretonne. En 1792 il lit la campagne contre les Prussiens comme capitaine d'une compagnie de volontaires. De retour dans ses foyers, il fut nominé directeur de la poste aux lettres par les assemblées populaires. En 1793, Blin partit à la tète d'une compagnie de la garde nationale, pour combattre les Vendéens, et reçut deux blessures dans cette expédition. Il osa néanmoins résister à Carrier, en 1794, et sauva Rennes des malheurs dont le féroce proconsul accablait Nantes . 11 fut, en 1798, député au conseil des cinqcents. Peu II a fait, au nom de cette société, plusieurs lectures, entre autres, en 1802, celle d'un Mémoire sur l'épidémie de Cadix — Il a publie en outre : Traité complet da 'cholera- morbas de l'Inde, ou Rapport sur le choiera épidémique tel qu'il s'e. yl montre dans les territoires soumis à la presidenee du fort SI- George, rédigé par 9rdre du gouvernement sous l'inspection du bureau médical, par rilliani Scot, chirurgien secrétaire dudit bureau, traduit de l'an- yrais par F.- P. Blin, Nantes, 4831, in4r. 12 Blin se trouvait à Rennes lorsque Carrier v arriva ; au banquet fur donné au farouche proconsul. Blin était prt;sent ; et, tandis que Carrier exposait brutalement son atroce théorie de gouvernement, Blin, qui entendait autrement la république, ne put contenir son ; il se leva, criant : « Qu'on éteigne les lumières, et que « yelouffe ce b.....là. » Et bientôt Carrier, effrayé, partit de Reit-114,S sans avoir osê y faire une seule arrestation. Cependant Baillv, Bigot de Préameneu, et bon nombre de federalistes, entre autres :es députés des cinq départements de la Bretagne, formant un co- mité de résistance à l'oppression , étaient encore dans cette ville. Et si Carrier eût trouvé à Nantes des hommes d'énergie comme l'était Blin, bien des crimes épouvantables n'eussent peut-être pas été connais. V—VE voyer au directoire une lettre de Schérer surses opérations à l'armée d'Italie, en rappelant que le conseil des cinqcents avait dejà dénoncé la conduite de ce général. Lorsque, le 14 juillet, Lucien Bona- parte fit sa motion pour le maintien de la constitution de l'an 3, Blin demanda que, pour tranquilliser le peuple sur la durée de cette constitution, on poursuivît les traîtres qui avaient mis la patrie en danger. Le 23, il proposa de retrancher le mot anarchie du serment exigé des officiers de la garde nationale. Le 14 août il s'éleva contre le royalisme, et déclara que les plus grands dangers menaçaient la républi- que. Le 14 septembre, il insista sur la nécessité de signaler ces dangers, et demanda la permanence du corps législatif. Le lendemain , il fit observer qu'un message par lequel le directoire demandait une levée de 40,000 chevaux n'était pas constitutionnel. Blin, qui pendant toute la session avait combattu le directoire, fut aussi un des députés qui s'opposèrent à la révolution du 18 brumaire. Après le triomphe de Bonaparte et sous le consulat, il ne fut compris dans aucune des deux chambres législatives. Il alla reprendre ses fonctions de directeur de la poste à Rennes, où son humeur intraitable lui attira plusieurs affaires. Comme il était d'ailleurs d'une rigide probité, il conserva sa place et ne reparut sur la scène politique qu'à la restauration. L'antagoniste du directoire et de Napoléon ne se montra pas davantage le partisan des Bourbons. Le 23 avril 1815, il fut élu président de la fédération des cinq dépar- tements de la Bretagne, qui donna l'exemple à toutes les autres, et dans la nuit même il présida à la rédaction du pacte fédératif, où, rappelant que la Bretagne avait, vingtsix ans auparavant, déployé la première l'étendard de la liberté , on avouait le but de résister à une invasion étrangère. Mais cette confédération, moins nombreuse qu'on ne l'avait espéré, trouva ellemême beaucoup d'opposition et ne produisit aucun résultat. Blin reçut en cette circon- stance la croix de la Légion d'honneur, qu'il perdit avec sa place après la seconde rentrée des Bourbons. A la révolution de 1850, il avait recouvré sa décoration, et on lui offrit la direction de la poste de Caen. Mais son âge lui faisant un besoin du repos dont il jouissait depuis longtemps à la campagne, il se contenta de sa pension de retraite, et mourut à Rennes, le 12 juillet 1834 . A—T. Blin a laissé, entre autres enfants, deux tilles l'une mariée à M. Boulin, correspondant de l'académie des sciences, et connu par son voyage scientifique dans l'intérieur de la Colombie; l'autre est veuve de BERTRAND , né à Rennes, le 25 avril 4795, médecin de la faculté de Paris, où il est mort, le 2i janvier 1831. On a de lui : 1. Traité du somnambulisnie et des différentes modifications qu'il présente, Paris, 1823 2° Lei. Ires sur les révolutions du globe, Paris, deux éditions, 482.1 et 1826 5° Lettres sur la physique, ibid., 4825, 2 vol. traduites en espagnol sous ce titre : Rerreaciones fisicas, etc., ibid., ISIS, 4 vol. 4° de l'Extase ( extrait de l'Encyclopédie progressive , ibid., 1856 5. du Magnétisme animal en France Cl des jugements qu'en ont portes les sociétés savantes, etc., suivi de l'apparition de l'extase dans les traitements magnétiques, ibid., 4827 Bertrand a publié plusieurs articles sur les sciences physiques et naturelles dans le Globe, qui n'était pas encore dans les mains des saintsimoniens
  • Joseph BOTTANI( 1717 - 1784) : peintre, né à Crémone en 1717, alla étudier à Rome, sous Augustin Masucci , et s'établit ensuite à Mantoue. Il passait pour imiter les paysages du Poussin, et les ligures de Carle Maratte. Un des principaux tableaux de Bottani, représentant une Ste. Paule, est à Milan, dans une église dédiée à St. Côme et à St. Damien. Il est aussi beau qu'une composition de Batoni trèsestimée, qui est placée dans la même église. On compte à peine deux tableaux de Bottani dans la ville même oit il On a sur Botta une notice intéressante par M. Mastritti, sons ce titre Notice sur la vie el les ouvrages de Charles Botta, Paris. 1837 de 32p DRR. 20 s'était établi. Cet artiste ne revoyait pas assez ses ouvrages. La précipitation avec laquelle il les livrait, sans les terminer, a beaucoup nui à sa réputation. Il mourut en 1784. Il ne faut pas le confondre avec Impériale Bouilli, élève et parent ile Grégoire de Ferrari, peintre de l'école de Gènes
  • Joseph BOZE( 1746) : peintre, né vers 1746, obtint, sous le ministère du cardinal de Brienne, le titre de peintre breveté de la guerre. Louis XVI, dont il avait été admis à faire le portrait, lui exprima sa satisfaction sur la fidélité avec laquelle il avait rendu ses traits. Exaltée par ces louanges,du monarque, la vanité de Boze n'eut plus de bornes. Il vit dans ces légères circonstances un engagement à mort entre la dynastie et lui ; enfin il prit des manières, des formes chevaleresques dont quelques personnes plaisantèrent à bon droit. Ces ridicules ne doivent point faire oublier qu'il montra un véritable dévouement à la cause royaliste dans plusieurs occasions. Un peu avant le 10 août, les Girondins ayant conçu l'idée d'offrir leur appui au roi, Boze fut le porteur de cette espèce Dans sa France littéraire, M. Quérard a donné les titres di ces différentes dissertations. faud. Enfin le 0 thermidor arriva; et, après onze mois de captivité, il vit ouvrir les portes de sa prison. Profitant de sa liberté, il se rendit en Angleterre, où il trouva de modiques ressources dans la société des émigrés. La restauration le ramena en France, plus dénué que jamais de fortune, mais plus que jamais enthousiaste de la cause qui venait de triompher. Louis XVIII, auquel il vint présenter le portrait de Louis XVI, soustrait pendant la terreur aux recherches des révolutionnaires, lui accorda une pension et lui permit de faire aussi son portrait. Ce dernier a été reproduit par la gravure et présenté à la chambre des pairs. Boze entreprit encore, malgré son lige, plusieurs travaux importants. Il s'occupait d'un portrait en pied de Louis XVI, lorsqu'il mourut octogénaire en 1823. Boze avait en mécanique des connaissances que l'on &attendrait peu à trouver chez un peintre. Membre de la société des inventions et découvertes, il en reçut des éloges pour deux procédés simples et ingénieux, propres, l'un au dételage des chevaux qui prennent le mors aux dents, l'autre à l'enrayage des voitures pour les descentes trop rapides
  • Joseph BOUCHEUL( 1639 - 1706) : savant jurisconsulte du Dorat, dans la basse Marche, y mourut en 1706, à 67 ans. On a de lui : Corps et Compilation de tous les commentateurs sur la coutume du Poitou, Poitiers, 1727 ; Paris, 1756, 2 vol. avec des observations estimées pour la justesse et la netteté des décisions ; mais où l'on aurait désiré plus de précision, plus de critique, et plus de raisonnement. 2° Traité des successions contractuelles, Poitiers, Ces observations ont été réimprimées à la suite du Rapport sur l'organisation des barns, etc., par Èebasseriaux jeune. 1727 : c'est un précis de ce que la jurisprudence romaine, la doctrine des arrêts et le sentiment des jurisconsultes ont de relatif à ce sujet
  • Joseph BOUGEREL( 1680) : prètre de l'Oratoire, né à Aix en 1680, d'une famille honorable, exposa souvent sa vie au service des pestiférés pendant la contagion qui ravagea Marseille en 1719 et 1720 ; il se retira ensuite dans la maison de StHonore, à Paris, où il mourut le 49 mars 1755. Il avait publie 1. Mémoires pour servir à l'histoire de plusieurs hommes illustres de Provence, Paris, 1752 L'auteur donna ce volume pour pressentir le goût du public sur une histoire générale de ses compatriotes cê!èbres, en 4 volumes que la mort l'empècha de mettre au jour. 2° Idée géographique et historique de la France , en forme d'entretiens, pour l'instruction de la jeunesse, ibid., 1747, 2 vol. ouvrage intéressant pour les recherches. 5° Vie de Pierre Gassendi, Paris, 1737 4° Lettre sur Pierre Puget, sculpteur, peintre et architecte, 1752 11 a fourni aux collections de Nieeron, de Desmolets, et autres, plusieurs lettres, mémoires, les vies ou éloges de Thomassin, Leeointe, Gérard Dubois, Maure, Rayneau, Lebrun, Gibert, Legrand, TiteLive, 'Facile, Pline l'ancien, etc. ; il a laissé en manuscrit une Bibliothèque des écrivains de l'Oratoire, 2 vol. Tous ces ouvrages sont exacts ; mais ils pourraient étre mieux On a encore de lui : L'ettre du •P'" monseigneur l'évéque de Marseille sur la mort du P. Porée, de la compagnie de Jésus, Paris, 1741 réimprimée dans le t. 9 des Amusements du coeur et de l'esprit. DRR. écrits. Le P. Joseph Bougerel a publié l'Ancienne et nouvelle discipline de l'Église du P. Thontassin, Paris 1725, 5 vol. Cette édition, trèsestimee, a cté revue sur la version latine de 1688, et aug?entée de tables fort utiles et d'une vie de l'auteur
  • Joseph BRYCZYNSKI( 1797) : jeune littérateur po- lonais qu'une maladie des poumons ravit à la fleur de l'âge, mérite un souvenir des Français à cause de la prédilection qu'il eut pour leur littérature. Né, en 1797, au son formidable de l'artillerie qui détruisit Praga, il fit ses premières études, puis son cours de droit à Varsovie. Trèsjeune encore à cette époque, il commença pourtant à prendre part à la rédaction de quelques journaux. Cette coopération devint bientôt trèsactive. 11 y développa un vrai talent pour la critique littéraire, et se lit beaucoup d'honneur par l'impartialité qu'il joignait au bon goût dans ses jugements comme dans ses analyses. Mais les délianees de l'autorité amenèrent la suppression des feuilles auxquelles il travaillait. Bryczynski partit alors pour l'étranger : il parcourut l'Allemagne, l'Italie, l'An-,gleterre, et vint se fixer en France. C'est là qu'il fut atteint de la maladie qui le mit au tombeau, en 1825. On a de lui, outre ses nombreux articles politiques et littéraires, une traduction en vers polonais des Plaideurs de Racine. Cet ouvrage , qui avait été composé avant le départ de l'auteur pour les pays étrangers, fut accueilli avec beaucoup de faveur sur le théâtre de Varsovie. Bryczynski a encore laissé un grand nombre de poésies inédites
  • Joseph BUTLER( 1692 - 1752) : théologien anglais, naquit en 1692 à Wantage, dans le comté de Berk, et fut L élevé dans la communion presbytérienne; mais ses réflexions l'ayant conduit à embrasser la religion épi§copale, son père, après beaucoup d'opposition, lui permit enfin d'entrer, en 1714, dans runiversité d'Oxford , où il reçut les ordres sacré, 11 avait adressé l'année précédente au docteur Clarke trois Lettres contenant de modestes objections sur les preu- ves de l'existence de Dieu, contenues dans un de ses serinons. Ces lettres ont êté imprimées à la suite de la quatrième édition du traité sur l'Existence et les attributs de Dieu. S'étant lié d'amitié avec Édouard Talbot, frère du grand chancelier, il fut nommé en 1718, sur sa recommandation et celle du docteur Clarke, prédicateur des archives, et publia en 1726 quinze sermons prèchés à cette chapelle, et qui , comme le pouvait annoncer la tournure de son espri't , plus métaphysique qu'éloquent, conviennent mieux à des étudiants en théologie qu'a un auditoire de simples chrétiens. Cependant ces serinons et son Traité sur l'analogie de la religion naturelle et révélée avec la constitution et le cours de la nature, publié en 1756 sont regardés comme de trèsbonnes études théologiques . Après avoir possédé différents bénéfices, et avoir été en- viron un an secrétaire du cabinet de la reine Caro- Une, Butler fut nommé, en 1757, évêque de Bristol, et, en 1750, évêque de Durham. Les premières instructions qu'il donna A son clergé, en arrivant dans son diocèse, eurent pour objet la nécessité du culte extérieur. Ces instructions et l'érection d'une croix en marbre dans sa chapelle ont peut-être contribué à faire supposer que Joseph Butler, qui d'ailleurs ne s'était jamais marié, avait secrètement embrassé la religion catholique romaine ; mais cette assertion parait dénuée de fondement. Il mourut en 1752, dans sa 60e année
  • Joseph CAILLOT( 1732) : excellent comédien, naquit à Paris en 1752. Fils d'un orfévre qui fut arrêté pour dettes, il trouva un asile chez des porteurs d'eau. Son père, sorti de prison, ayant obtenu une place subalterne dans la maison du roi, Caillot le suivit dans la campagne de Flandre, et plut à tous les généraux par sa gentillesse et sa jolie figure. Louis XV, à qui le duc de Villeroy l'avait présenté, lui demanda son nom : Sire, répondit l'enfant , je suis le protecteur du duc de Villeroy ; il voulait dire le contraire. Le roi rit de cette naïveté , et attacha le petit Caillot au spectacle dit des petits apparte- ments, pour jouer les jeunes pâtres et les amours. Lorsque Louis XV distribuait luimême les rôles, il disait : En voilà un pour le petit protecteur. La voix de Caillot ayant mué, il perdit sa place et fut réduit, par l'inconduite de son père, à s'engager comme musicien au théâtre de la Rochelle, où il remonta bientôt sur la scène pour remplacer un acteur malade. Après avoir joué l'opéracomique à Bourges, à Lyon et au théâtre de l'infant duc de Parme, il fut rappelé à Paris. Il y débuta, le 26 juillet 1766, à la ComédieItalienne, et fut si bien accueilli, surtout dans le rôle de Colas de Muette à la cour , qu'on l'admit sociétaire dès la même année. Une taille avantageuse, une figure expressive, un débit simple et gracieux, un jeu plein de naturel, de sentiment et de gaieté , une voix de bassetaille ronde et pleine, mais si étendue et si flexible , qu'il chantait la hautecontre ou le ténor comme si c'eftt été sa voix naturelle, telles furent les qualités qui concilièrent à Caillot la constante et juste bienveillance du public. Dès qu'il paraissait, ses manières franches, sa physionomie ouverte les spectateurs avant même qu'il eût parlé, et son jeu achevait bientôt l'entraînement. « Caillot, dit le baron de Grimm , était sublime « sans efforts, et son talent, qu'il gouvernait à son « gré, était, sans qu'il s'en doutât, plus rare peut- « être que celui de Lekain; il se croyait fait pour « chanter avec agrément, pour jouer avec une mine « bien réjouie: mais il ne se croyait rint pathéti- « que. Garrick devina son talent et lui apprit qu'il « serait acteur quand il voudrait. » Caillot réalisa les prédictions du Roscius anglais, et ses succès furent aussi étonnants que rapides dans plusieurs rôles où il déploya une profonde sensibilité. Il créa ceux du Sorcier, de Mathurin 'dans Rose et Colas, du Déserteur, du Huron, du Sylvain; de Western dans Tom Jones ; mais il était inimitable, et il n'a jamais été remplacé dans les rôles de Lubin , de Blaise dans Lucite, et de Richard dans le Roi et le Fermier'. « Pour se faire une « idée de la perfection l'art du comédien peut Louis XV, qui se souvenait toujours avec plaisir du petit pro- tecteur, le prit en amitié, goûta son esprit, et de nouveau l'admit aux spectacles des petits apparte- ments. Il y joua, en 1776, dans la Matinée des bou- levards, de Favart, continua d'y être attaché quelques années en qualité de répétiteur, et retourna vivre avec sa mère et une de ses trois sœurs qui exerçait le commerce de la bijouterie. Il se retira ensuite à StGerma où il possédait au bas de la terrasse une petite maison que lui avait donnée le comte d'Artois, dont il était capitaine des chasses. Il y vivait dans une heureuse médiocrité , lorsque la révolution lui enleva ses pensions et le fruit de ses économies. Il supporta ces revers en philosophe, vendit sa maison, et continua de résider à StGermain où il avait ouvert un cours de musique et de déclamation. Il y faisait les agréments des meilleures sociétés par sa gaieté, sa bonhomie et son talent de mime. On l'a vu , dans une extrême vieillesse, jouer des scènes muettes avec la plus rare perfection . En 1800 l'Institut de France l'admit au nombre de ses correspondants pour la classe des beauxarts. En 1810, les acteurs du théàtre Feydeau lui décernèrent une pension_de 1,200 francs. En 1814, le roi lui en accorda une de 1,000 francs. La mort de deux de ses soeurs l'avait rendu copropriétaire d'une maison sur le quai Conti à Paris. Mais il ne jouit pas longtemps de cette aisance. Sa femme était morte depuis longtemps à StGermain, soit de consomption, soit du poison qu'elle avait pris afin de ne pas succomber, diton, à une passion malheureuse. Caillot en avait eu deux enfants; son fils, major d'un régiment, périt dans l'expédition de Russie en 1812, à 28 ans. La douleur de cette perte causa au vieillard une attaque de paralysie qui l'obligea de revenir à Paris avec sa tille ; une seconde attaque l'emporta le 50 septembre 1816, à l'àge de 84 ans. Sa fille, qui lui survécut, est morte en état de démence. La conduite de Caillot prouve que c'est à tort que des envieux l'ont accusé d'aimer l'argent et d'avoir mis des conditions à sa retraite, comme la promesse d'un intérêt dans les poudres. On rapporte de lui un mot assez piquant. Il avait été lié avec J.J. Rousseau, qui mieux que personne appréciait un Caillot, octogénaire, aimait encore à raconter que Grétry, arrivé à Paris depuis plus de deux années, sollicitait en vain la re- présentation de son premier ,opéra français, le Huron, paroles de Marmontel. Il avait mis Caillot dans ses intérèts en lui communiquant quelques airs de sa partition ; mais celuici ne pouvait vaincre la résistance insoucieuse de ses camarades associés. Un jour entln il traita à dlner les plus influents ; Grétry éljit du nombre des convives, et quand on fut au dessert, Caillot se mit à entonner nu des plus beaux airs du Buron. Arrivé à cet endroit de son récit, il chantait d'une voix encore belle et sonore: En Huronie, et qu'y fait- on? parle- t- on le bas breton ? Et non, non, non, etc. Puis, reprenant sa narration, mes camarades, disaitil, étonnés et charmés, demandent de qui est ce chant ravissant. Eh! voilà, m'écriaije, montrant Grétry, voilà l'homme que vous repoussez depuis deux ans !... La pièce fut reçue, montée surlechamp, et obtint un immense suc- . » Il existe une lettre autographe de Caillot, écrite deux ans avant sa mort, et possédée par l'auteur de cette notice : elle offre un témoignage irrécusable de sa bienfaisance, de son humanité et de l'ardeur qu'il mettait encore à rendre service. On a toujours cru que Nainville, qui débuta en 1765 à la ComédieItalienne, qu'il quitta en 1777, était fils naturel de Caillot, dont il avait pris l'emploi, et avec lequel il avait des rapports frappants pour la voix , la figure et mène le talent
  • Joseph CAMBINI( 1740) : compositeur de musique, naquit à Livourne, vers 1740. Après avoir étudié son art à Bologne sous le célèbre P. Martini, il alla se perfectionner à Naples, où il donna ses premiers essais. Il y devint amoureux d'une jeune personne qu'il enleva avec l'intention de l'épouser ; mais, s'étant embarqué avec elle pour la France, il fut pris par des pirates qui l'attachèrent au mât, violèrent en sa présence sa maîtresse qu'il avait respectée, et les conduisirent sur les côtes de Barbarie, où il fut séparé d'elle. Devenu libre par rachat ou par évasion, il voyagea en Italie, en 'Allemagne, vint se fixer à Paris vers 1770, et y acquit bientôt la réputation de l'un des plus habiles violonistes de l'époque, et ne fût venu à son secours. Pour ne pas humilier Cambini, il le chargea de diriger les concerts qu'il donnait chez lui, de composer une partie de la musique qu'on y exécutait, quatuor, quintettes, symphonies, etc. ; et il lui allouait pour cela un traitement annuel de 5 ou 4,000 francs. Cette ressource ayant manqué à Cambini au bout de quelques années, il tomba dans le dénûment le plus absolu. Quoique d'un caractère sérieux, il avait de l'esprit, il était aimable en société et prévenant avec les personnes qui lui plaisaient, surtout avec celles qui lui prétalent de l'argent ; mais, ses demandes devenant fréquentes et importunes, il se vit fermer toutes les portes. Comme il avait le travail facile et l'imagination féconde, il se soutint encore en composant un grand nombre d'oeuvres musicales dans tous les genres , publiées sous le nom des musiciens qui les lui payaient, et dont il imitait parfaitement le style et la manière. On a dit qu'il fut réduit à se faire recevoir comme bon pauvre à Bicêtre, où il portait l'habit de la maison, quoiqu'il enseignât la musique aux détenus ; niais rien ne prouve qu'il ait été admis et qu'il soit mort à Bicêtre ; les registres n'en font aucune mention. Suivant une autre version, des chagrins domestiques, occasionnés par un mariage avec une femme beaucoup plus jeune que lui, rendirent sa vieillesse aussi malheureuse que l'avait été sa jeunesse. Il se 58 retira en 141lande, vers 1810, et il n'ex.ctut plus en 1818. On ignore la date et le lieu de sa mort ; et Fon présume qu'elle n'a pas été naturelle. Cambini a publié : une Méthode de violon, une de fltile, une de flageolet; cinq douzaines de symphonies, douze douzaines de quatuor concertants , pour violon, alto et basse ; plusieurs oeuvres de trios, de duos, tant pour le violon que pour piano, fltiteet violoncelle ; divers solféges d'une difficulté graduelle, pour l'exercice du phrasé, du style et de l'expression, avec des remarques et une basse chiffrée. On lui attribue aussi un Traité de composition qui peut-être est resté manuscrit. Enfin il a publié dans la Gazette musicale de Leipsick, année 1804, un article sur la Musique instrumentale en quatuor, et dans Almanach des Muses de 1806, une assez longue pièce de vers adressée à Lesueur, pour le féliciter sur le succès de son opéra d'Ossian, ou les Bardes. C'est de Cambini qu'est ce distique sur Haydn , dont il fut l'élève en Allemagne, et dont il a fait eonnaitre et apprécier la musique en France : Il marche toujours seul, sa muse a su tout peindre ; N'imitez pas, créez, vous qui voulez l'atteindre
  • Joseph CAMBON( 1756) : conventionnel, né le 17 juin 1756 à Montpellier, d'une famille estimable de négociants, était chef de la maison de commerce, en société avec deux de ses frères, lorsque la révolution éclata. En sa qualité de protestant , il audit aux doetrihes qui préludaient par pro- ' clamer la liberté de tOtts lèS dites. Son zèle pour le neuve' ordre de clidses le lit nottnner officier miinieipal en 1790, et de peu plus tard député à l'assemblée législatiçe par le departertient dé nuit. C'était un hoinine à vues cOtirtes, travaillent., probe, infatigable et ennuyeux parleur, an dentenrant tenant pour article de Coi qu'il était toi aigle Cil financeS. 11 faut dire qtie si quelques personi,, eurent la bonhomie de l'en croire sur parôle, d'antres au contraire imaginèrent de remplacer les expressions vulgaires , ruiner, dilaiiitler, bouleverser, par le mot de cal/ Ibo/ dur les finances. La juste appréciation des talents de Cambon se trouverait entre ces extremes. Ni les connaissances la capacité ne lui flanquaient : mais d'une part il avait du narcotique dans sa voit solennelle et son accent méridional; de l'autre la république avait besoin de trop d'argent poil. suivre les sages conseils de Cambon, et Cambon he pouvait pas donner à la république l'argent /Ki' lui fallait pour vaincre les obstacles que de toutes parts on opposait au rapide inoimayage des ressources nationales, pour prendre et punir les dilapidateurs, créer et aviver la confiance qui décuple la puissance pécuniaire. Les funestes résultats des mesures financières de la révolution ne doivent donc, sous aucun rapport, être imputés à Cambon, auquel on dut au contraire quelques heureuses précautions, quelques idées ingénieuses pour régulariser et contrôler les dépenses, et qui enlin s'est acquis un titre immortel par le rapport à la suite duquel fut décrété le grand livre de la dette publique. A peine rendu à l'assemblée législative , Cambon y fut chargé d'un rapport sur une demande de fonds et sur l'état des caisses de l'extraordinaire et de la trésorerie. Les connaissances dont il lit paeade à cette occasion, l'enthousiasme qu'il témoigna pour la cause dé la révolution en rejetant sur la lenteur de la fabrication des assignats les lenteurs qu'éproul aient les dépenses pu-- 'bibliques, les détails qu'il donna sur l'insurrection arri- rifee à Montpellier à l'occasion du culte, et plus enctire son vote pour faire payer une partie de l'arriéré par les driciens receveurs, attirèrent assez vite sur lui les regards de l'assemblée, où n'existaient pas de capacités financières. 11 usa de cette influence pour faire décréter que la nouvelle émission lui suggéra des observations trèsacerbes; et, le 2 février, il vota des représentations au roi contre le ministre de la marine BertrandMolleville. Il lit mander aussi le ministre Cahier de Gerville pour rendre compte des troubles religieux. Bazire ayant demandé que tous les biens des émigrés fussent déclarés propriétés nationales, il le seconda de tout son pouvoir, et leurs efforts réunis emportère?t le décret, gros (l'une nouvelle et copieuse émission d'assignats. Cambon lut ensuite un rapport pour le renotivellemerit par quiriztilhe des commissaires de la trésorerie ; il proposa et lit adopter un projet sur les saisies réelles, défendit les sociétés populaires attaquées par les partisans de la cour, développa des vues sur les contributions foncière et mobilière de 1791 et 92, provoqua un travail sur les secours à donner aux pauvres, et lit proroger le payement des intérêts dus pour les emprunts des pays (l'états. Rappelé, à l'occasion de l'assassinat tin maire d'Etampes, à son antipathie contre les royalktes, il déblatéra contre l'attitude du pouvoir exécutif, avant, pendant et après ce mouvement, et l'accusa de faiblesse ou de counivence ; il déclara que le ministre Bertrand- Molleville, à qui Louis X VI conservait sa confiance, avait perdu celle de la nation. Son opinion sur les troubles des colonies ne fut pas moins hostile. Cependant les finances ne tardeeent pas à captiver derechef toute son attention. Il se prononça formellement contre la caisse de PotinVauvineux, dans les billets de laquelle il voyait une concurrence fatale pour les valeurs nationales, et lit accorder des avances aux maisons de secours de Paris. L'optimisme financier de Cambon à cette époque était à toute épreuve. On lui demandait s'il y avait des fonds en caisse pour la défense des frontières : il répondait que oui. On le chargeait d'un tableau général de la dette : il établissait que la valeur des biens nationaux couvrait la niasse des assignats en circulation et la dette exigible; il démontrait que les finances avaient éprouvé de l'amélioration; il regardait le remboursement de la dette nonseulement comme possible , mals comme prochain , et appuyait ses assertions d'un état général comparatif de celleci d'une part, des ressourcés nationaleS de l'?utre ; enfin il ferti?ait la bouche ;lex amis de la paix en répétant qu'il y avait plus d'argent qu'il n'en fallait pour faire la guerre. Ces belles paroles n'empêchèrent pas que; peu de temps ain.és, il ne proposât Ott puyàt toutes les réductions imaginables. Il adopta la mesure de la suppression du remboursement, mais en demandant qu'on fit tomber cette suppression uniquement sur les gros créanciers. Il soutint trèsfortement la suppression du traitement accordé jadis aux frères de Louis XVI, qui, ditil, avaient, par le fait de leur émigration, perdu leur titre de princes français, et n'avaient aucun droit à recevoir un salaire de la nation qu'ils voulaient combattre. Le 14 juin, après avoir fait décréter une émission de 30 millions d'assignats, il obtint que les appointements des ministres seraient réduits à la somme vraiment républicaine de 50,000 francs. En juillet, il demanda l'examen des comptes des ministres, et voulut que l'état des armées, présenté par Aubert - Dubayet, frit signé par le ministre (le la guerre. Il s'éleva contre la conduite de licederer, procureursyndic du département de Paris. Péthion ayant été suspendu de ses fonctions, il fit arrêter que le pouvoir exécutif statuerait au plus tôt sur cette affaire, et annonça que des mandats d'arrêt allaient être décernés contre trente membres de la représentation nationale. C'est entre cette dénonciation hostile à la cour et la demande que le général Montesquiou s'expliquat sur son refus de renforcer l'armée' du Min, que tombe le vote de Cambon en faveur des secours à donner aux centsuisses de la garde du roi. A la lin de juillet, il obtint des mesures contre les administrations négligentes, signala le mauvais état (les frontières, proposa de convertir les statues des tyrans en canons pour la défense de la patrie. Cependant le 10 août approchait. Dès le 4, une section de Paris vint présenter à l'assemblée législative une adresse dans laquelle elle déclarait qu'elle ne reconnaissait plus le roi. Soit hypocrisie, soit ignorance de cc qui se préparait pour ainsi dire hautement, Cambon resta longtemps à la tribune pour prouver syllogistiquement quelle impolitique il y aurait à recevoir une pareille adresse, et il demanda que la commission des douze rédigea une proclamation du corps législatif au peuple, afin de l'éclairer sur les vrais principes, et sur les intrigues qui le poussaient à sa ruine. De même, lorsque, cédant aux menaces des sections armées qui allaient envahir les Tuileries et briser la royauté, Louis XVI se réfugia dans l'assemblée, Cambon prit toutes les précautions que commandait l'humanité pour préserver des insultes populaires la vie du roi et de sa famille. Estce pour demander en quelque sorte pardon de cette pitié si juste pour le malheur et de l'hommage que quelques jours plus tôt il avait rendu à la nécessité de l'ordre, qu'il fit priver de leurs traitements les ecclésiastiques qui ne prêteraient point serment de fidélité à la nation, et les religieux des deux sexes qui refuseraient de se marier ? Ces actes furent le prélude d'un grand nombre d'autres qui contribuèrent plus encore à montrer que Cambon partageait ou feignait de partager la déplorable effervescence des esprits. Toutefois il ne fut ni le complice ni l'apologiste des affreuses journées de septembre. Le 15 août, il vint annoncer que les pièces par lui saisies aux Tuileries prouvaient les intelligences de Louis XVI avec l'armée prus- sienne, avec le parti contrerévolutionnaire; et, sur ses assertions, un décret ordonna qu'il serait fait à l'assemblée un rapport sur toutes ces pièces. Cambon provoqua ensuite le décret concernant la vente des diamants et bijoux de la couronne; il fut chargé de vérifier l'élu: des caisses d'Angelot et LecoulteuxLanoraye ; il proposa la Guiane comme lieu de déportation pour les ecclésiastiques insermentés ; et lit décréter d'accusation les exministres Lajard , de Grave, Narbonne ; enfin il présenta de trèsvives observations contre un compte, rendu par Clavière, de l'emploi de 2 millions en secours. Au milieu de toutes les passions haineuses, Cambon se montra moins âpre que d'autres en proposant de passer à l'ordre du jour sur la proposition d'interdire les communications entre les membres (le la famille royale ; et plus ami d'un gouvernement régulier en réclamant, bien vainement il est vrai, contre l'arbitraire et l'illégalité de la commune de Paris, en faisant mander à la barre le commissaire Delaunay et les autorités municipales de Paris. Ainsi finirent ses travaux à l'assemblée législative. Il la présida le jour où elle devait se dissoudre, puis il prit rang dans la convention, où l'envoyait sa réélection par le département de l'Hérault. Le 23 septembre, il présenta un rapport sur les finances, déclara qu'il fallait de nouvelles ressources, vu que presque tous les produits des contributions étaient retenus dans les départements pour faire face à des dépenses urgentes, et il ne balança pas à proposer de nouvelles émissions d'assignats , puisque l'émigration augmentait continuellement la masse des gages offerts aux créanciers de l'État. Sentant que ce gage devenait illusoire si les biens des émigrés ne se vendaient pas, il lit rendre un décret ordonnant d'en accélérer la vente. Il réussit moins lorsqu'il se remit à dénoncer les excès et les usurpations de. la commune, et à signaler des placards incendiaires signés Marat, comme subversifs de tout ordre et funestes à la cause publique. Ayant ensuite rapporté des traits de corruption relatifs à quelques députés de l'assemblée législative, il fit admettre que l'on conserverait les pièces comptables, même après liquidation, et il fut enjoint aux ministres de rendre compte de leurs dépenses secrètes. Il lit ensuite supprimer les assignats à l'effigie du roi, décréter que tout dépositaire (le biens ou effets appartenant à des émigrés serait tenu de les remettre à la nation, sous peine de mort, et adopter un impôt extraordinaire sur les riches; la création de petits assignats suivit de près. Un autre moyen de finances que la victoire seule pouvait encore mettre à exécution, ce fut celui d'assimiler aux biens nationaux, et d'affecter en conséquence au payement de la dette, les biens des princes, des nobles et des prêtres dans les pays ennemis. Les exactions dont chaque jour voyait s'augmenter le scandale dans l'administration des vivres eurent aussi en lui un antagoniste formidable. Fournisseurs, commissaires, généraux , ministres, il attaqua tout ce qu'il regardait comme dilapidateur des deniers publics avec la fougue méridionale de son caractère. Ainsi, tandis qu'il faisait accueillir les traites tirées par l'ordonnateur de StDomingue sur la trésorerie, destiner des fonds à l'achat de blés chez l'étranger, et remplacer le déficit des contributions par un oersement d'assignats, il dénonçait à chaque instant es déprédations et en sollicitait la répression; il faisait interdire aux administrations la faculté de diriger des fonds publics, demandait que l'on arrétàt Vincent et Benjam remplaçait DufresneStLéon, accusait de marchés frauduleux Maréchal, Malus, d'Espagnac et Servan , obtenait des commissaires pour vérifier le service et la comptabilité de Dumouriez, qui nonseulement ne restait plus maitre de passer des marchés à son gré, mais voyait annuler tous ceux qu'il venait de signer. Cambon décidait encore la convention à étendre ses mesures de précaution aux autres armées, combattait le. projet de subroger le ministre de l'intérieur aux marchés passés en Italie par la commune de
  • Joseph CAMÉRATA : peintre en miniature et graveur, né à Venise , y apprit les premiers éléments du dessin et de la gravure de Jean Cattini. S'étant rendu à Vienne en 1742 , il y cultiva la peinture. Appelé à Dresde, en 1751, avec le titre de premier graveur d'Auguste, roi de Pologne, il y fut employé à la gravure de différents sujets pour la collection des estampes de la galerie de ce prince, parmi lesquels on distingue ceux de David tenant ta tac de Goliath, et de la Parabole de la Dragme perdue , d'après le Féti ; l'Assomption de la Vierge et l'Aumône de St. Roch, d'après Annibal Carrache ; Si. Roch secourant les pestiférés, d'après Procaceini ; différents portraits et des sujets d'histoire , d'après ses dessins ou ceux de divers maîtres. Au commen- cernent de la guerre de sept ans, à l'époque de l' de la Saxe par le grand Frédéric, Camérata revint passer quelque temps en Italie , d'où il se rendit à Munich , où il séjourna jusqu'à la paix d'Hubertsbourg en 1763. Etant retourné à Dresde avec le prince électoral, il fut nommé professeur de gravure à l'académie de cette villa. il ne jouit pas longtemps de cette faveur, étant mon l'année suivante , selon Fassli , à l'âge de 93 ans, ce qui ne s'accorde pas trop bien avec Basais et M. Huber, (pli le font naître, le premier en 4728, et l'autre en 1724. Au reste , quoique Camérata ne Mt pas sans talents , ses ouvrages n'offrent rien de supérieur ni pour le goût, ni pour la beauté du burin
  • Joseph CAPÈCE LATRO( 1744) : de la même famille que les précédents, archevèque de Tarente et ministre de l'intérieur sous le roi Joachim, naquit à Naples le 25 septembre 1744.11 reçut sa première éducation au Monte de Capeci, établissement ainsi nommé , parce qu'il était une fondation de ses ancêtres; de là if passa au collége des nobles , qui possédait alors des professeurs d'un mérite éminent. tels que Genovesi pour les sciences philosophiques Cérillo pour le droit, Mazzocchi pour l'antiquité. Il alla ensuite compléter ses études à l'université de Bologne, y suivit les coins de physique de la célèbre Laure Rassi, et apprit la musique sous le père Martini. llevenu à :Naples , Capèce , au lieu d'embrasser la Kofession des armes , à laquelle l'appelaient ses gotits, non moins que sa naissance, entra dans la carrière ecclésiastique; et cela , pour condescendre aux désirs de sa mère , femme tendre et pieuse qui n'avait que deux a Nelson à un acte aussi honteux : ce sera toujoms un crime pour le gouvernement de ne pas avoir tenu ce qu'il avait juré. Ensuite le roi ne devait pas se , la première fois qu'il lui fut présenté « Quand on vient à Naples, il faut voir trois choses, « Pompéi, le Vésuve et l'archevèque de Tarente. » Sans le livre sur la haquenée, Capèce aurait été certainement revètu de la pourpre romaine; et les explications qu'il en donna, dans une lettre adressée en 4855 au souverain pontife actuel, ne suffirent pas pour le justifier complètement. On lui reprochait en 76 outre d'avoir émis des opinions peu conformes à la discipline de l'Église, entre autres sur le mariage des prêtres, auquel il inclinait. CapèceLatro mourut du choléra le 2 novembre 1856, à l'âge de 92 ans,. 11 avait publié : 1° des Fêtes des chrétiens, en italien, Naples, 1766, et Rome, 1772. 2° De Legatis et Fidei commissis, Borne, 1775 50 Lettre à Cathe- rine II, sur la Conchyologie de la mer de Tarente, Naples, i780 en italien. L'impératrice lui envoya en réponse une magnifique croix d'or. 4. His- toire de l'origine, des progrès et de la décadence des droits du clergé sur les biens temporels, en italien, Naples, 1788 et 1820. Cet ouvrage, écrit au sujet du tribut de la haquenée, est en même temps un abrégé de l'histoire des DeuxSiciles. 5° Instruction canoni- que sur le baptême conditionnel, Naples, 1795, et 1817 traduite en français par l'abbé Clémaron. Eloge de Pie ru, en italien, Naples, 1799, Capèce le composa étant au château StElme. 70 Une dissertation sur les Peintures du tem- ple d'Isis à Pompéia. 8° De Antiquitate et varia Capyciorum fortuna, Naples, 1850 C'est l'his- toire de cette illustre famille. 9' Genethliacon Jesu Christi, poême de Scipion Capèce, précédé d'une préface latine de l'éditeur, Naples, 1851 IO' Une traduction italienne de l'Eloge de Frédé- ric II, par Guibert, avec des notes, Naples, -1851 Ceux qui désireraient plus de détails sur CapèceLatro pourront consulter la notice que lui a consacrée le chanoine Cantlia son ancien secré- taire, sous le titre d'Elogio storico, etc., Naples, 1857 et les Curiosités et Anecdotes italiennes, Paris, 1842 par M. Valery, qui l'avait connu pendant ses voyages en Italie
  • Joseph CAREZ : imprimeur à Toul , était passionné pour le perfectionnement de son art, et doit être considéré comme l'inventeur du clichage , procédé auquel tient la beauté d'exécution du stéréotypage. Instruit par les papiers publics des premiers essais quiloffmann exécutait sous le nom de polytypage, il tenta, en 1783, de deviner son procédé, et de le perfectionner en appliquant au moulage des planches, ou formes d'imprimerie, le procédé que Thouvenin , de Toul, amateur en médailles, employait avec succès pour en tirer des empreintes parfaitement nettes, au moyen d'un coup sec qu'il donnait avec un marteau sur une bille d'étain posée sur la médaille. Carez, voyant que la netteté de l' empreinte dépendait de la vivacité du coup, imagina de frapper un coup 'vif, au moyen d'un bloc de bois suspendu à une bascule qu'il laissait tomber sur le métal qui devait recevoir l'empreinte de sa planche, quand il était au point de fusion convenable. Cette empreinte en creux , attachée à son tour sous le bloc , et frappant sur un nouveau métal en fusion et commençant à se figer, y donna une empreinte en relief, à laquelle , après beaucoup de tàtonnements , Carez parvint à donner la plus grande netteté. En 1786, il imprima par ce procédé un livre d'église avec le pla noté , en 2 vol. de plus de 1,000 pages , et successivement vingt autres volumes de liturgie , ou d'instructions à l'usage du diocèse. En 1791 , il fut député à l'assemblée législative par le département de la Meurthe, et se fit remarquer par la modération de ses opinions. Il fut membre du comité des assignats , à la confection desquels ses procédés purent être fort utiles. Il se déclara hautement contre la persécution dont les prêtres insermentés étaient l'objet dans plusieurs sociétés populaires , et demanda que les dénonciations faites contre eux fussent toujours vérifiées par les dépar- 85 tements. letndu 4 ses travaux, il termina l'impression d'un Dictionnaire de la Fable et d'une Bible eu nonpareille, format grand dont le caractère est d'une grande netteté , et bien supérieur aux essais de Valleyre, . Cavez donnait à ses éditions le nom d'omotypcs , pour exprimer la réunion de plusieurs types en un seul. En l'an 9 , il fut nommé sonspréfet de Toul, et y mourut 1A wûwe année
  • Joseph CARPANI( 1683) : théologien et poète latin, naquit à Rome, le 2 mai 1683, et entra chez les jésuites le 5 juillet 1704. A des qualités aimables et des vertus douces, il joignait beaucoup d'esprit et d'instruction. Il passa la plus grande partie de sa vie à Rome, dans le collège romain, où il enseigna la rhétorique, la philosophie et la théologie; il y remplit pendant un grand nombre d'années l'emploi de préfet des études, et mourut octogénaire, vers 1765. Son nom dans l'académie Arcadienne était Tirro Creopolita. Il a publié sous ce nom deux pièces latines, intitulées : de Jesu infante, Rome, 1747, qui furent ensuite traduites en italien ; mais ce qui lui fit le plus d'honneur, ce furent sept tragédies latines, représentées avec le plus grand succès au collège allemand et hongrois à Borne, sous la direction du poète François Lorenzini, intime ami de l'auteur. Ces tragédies furent d'abord imprimées à Vienne, en 1746, par les soins de Ch. Griffet, puis à Rome, en 1750, sous ce titre : Josephi Carpani soc. Jesu, inter Arcades Tyrrhi Creopolitœ, Trageedice, editio quarta, auctior el accuratior. Les autres poésies de ce jésuite se trouvent dans la première partie de l'Arcadum Carmina, Rome, 1757. On a encore de lui quelques ouvrages de théologie, où il passe pour avoir mis beaucoup de clarté, de précision et de force de raisonnement. — Gaelano CARPANI , son frère, s'appliqua à l'étude de la musique, et parvint, jeune encore, à posséder tous les secrets de la composition. Il s'est fait une grande réputation comme maitre de chapelle : il était savant contrapuntiste, et connaissait toutes les finesses de l'art. Mort vers 1780, il a laissé un grand nombre d'élèves qui ont enrichi l'Italie de leurs productions. — Joseph CARPANI, né à Rome, florissait dans le 17° siècle ; on croit qu'il était de la nième famille que les précédents. Pendant quarante ans, il fut professeur de droit à. l'université della Sapienza, à Rome, et fut choisi par le pape Innocent XI pour diriger les études du prince don Livio Odescalchi, neveu du souverain . pontife. On a de ce Joseph Carpani : Falai dell' accadernia degli Intrecciati, Rome, 1673, et, outre divers autres ouvrages, plusieurs discours latins, imprimés séparément. —Un autre Horace CARPANI publia: en 1616, à Milan, un livre intitulé : Leges et & attifa ducatus Mediolanensis , cum commen- tarifs
  • Joseph CARPANI( 1752 - 1825) : poète et musicien célèbre, naquit en 1752, dans le petit village de la Briansa, en Lombardie. Il lit ses études à Milan, sous les jésuites, et resta toujours fidèle à leurs maximes. Son père l'avait destiné à la profession d'avocat ; mais il préférait l'étude plus agréable des belleslettres et des beauxarts. Il voulut augmenter encore le nombre des futilités poétiques dont le Parnasse italien est inondé, puis se livra au genre dramatique. Le premier essai qu'il donna fut une comédie intitulée Iconli d'aigliate, qui fut attribuée au P. Molina, auteur de plusieurs comédies nationales ou historiques, en dialecte milanais. Le succès de cette pièce et le goût qui se manifesta dans Carpani pour la musique lui tirent adopter le genre mélodramatique des Italiens. Il y déploya tant d'habileté, qu'il fut choisi pour composer les pièces destinées à ètre représentées à la cour de l'archiduc sur le théâtre impérial de Monza. 11 écrivit la Camilla, que la musique de M. Paêr a rendue si célèbre. On a du même auteur : l'Uniforme; l'Amore alla persiana; il Miglior Dono; il Giudizio di Febo ; l'Incontro; la Passione di N.- S. , etc., qui furent mis en musique par les maitres de çltapelle les plus distingués de son temps, tels que Weigi, Pavesi, etc. Carpani traduisit aussi plusieurs pièces de l'allemand et du français avec assez d'habileté pour que l'on pût appliquer à ses traductions la musique composée pour les originaux. C'est par ce moyen que les Italiens ont pu entendre et apprécier la musique de Haydn faite pour l'oratorio de la Création. La révolution française l'ayant détourné pendant quelque temps des lettres et du thatre, il se jeta dans les journaux, et prouva sa reconnaissance à la cour qui le protégeait, par des articles où il lui manifesta un grand dévouement, et qui acquirent de la célébrité à la Gazette de Milan. Après l'année 1796, il suivit l'archiduc à Vienne, où il passa le reste de sa vie, toujours trèsdévoué au gouvernement impérial. Au milieu de ses occupations politiques, il n'oublia jamais entièrement les Muses et les beauxarts. Ce qu'il a fait de mieux ce sont les Haydines, ou Lettres sur la vie et la mu- sique de Haydn, qui furent copiées par un voyageur, lequel se les appropria et les publia en.langue fran-çaise. Carpani revendiqua sa propriété, et ne se nt aucun scrupule d'imputer cet acte d'un individu à la nation à laquelle il appartenait. Les Italiens, plus justes, blâmèrent à la fois le plagiat de l'un et f i juste imputation de l'autre . Carpani a publié encore, sur le modèle des Haydines, les Mayeriane et les Rossiniane. Dans les unes, il défend le beau idéal contre ce qu'avait annoncé M. Mayer dans son ouvrage sur l'Imitation de la Peinture et sur les Tableaux du Titien; ; dans les autres, il célèbre la nouvelle manière que Rossini a introduite dans la musique dramatique. Soit qu'il loue, soit qu'il blâme, l'auteur se laisse emporter un peu trop par son enthousiasme. Il attaque tout ce qui est contraire à ses opinions et même à ses préjugés. Néanmoins il se montra toujours fort attaché à sa religion et à ses protecteurs. Il mourut à Vienne, le 22 janvier 1825
  • Joseph CARYL( 1602) : théologien , né à Londres en 1602 , se distingua comme prédicateur, et prêcha souvent devant le long parlement. Il fut employé , pendant la guerre civile , dans différentes négociations où il montra beaucoup d'habileté et non moins de zèle contre Charles Pr. Destitué à l'époque de lo restauration, il passa secrètement ses dernières années à Londres, occupé de la composition de diffé•ents ouvrages, dont le plus considérable est une Exposition du livre de Job, plusieurs fois imprimée en 13 vol. et en 2 vol. Il mourut en 1672.— Jean CA RYL, poète anglais, né dans le comté de Sussex , était catholique et fut secrétaire de la reine Marie, femme de Jacques II. Il suivit dans l'exil la fortune de ce monarque, qui le créa chevalier, et lui conféra les titres purement honorifiques de .b...iron Dartford, comte de Caryl. Ce fut lui qui donna, diton, à Pope l'idée de son poème de la Boucle de cheveux enlevée. Outre quelques poésies insérées dans divers recueils, on a de lui : 1° la Princesse anglaise, ou la Mort de Richard III, tragédie, 1667 ; 2° Sir Salomon , ou le Fat prudent , comédie, 1671 5° les Psaumes de David, traduits de la Vulgate, 1700
  • Joseph CERVI( 1663 - 1748) : chevalier, né à Parme, en 1663, fut professeur de médecine dans la même ville. La reine Élisabeth Farnèse le fit venir en Espagne, où il fut nommé premier médecin du roi Philippe V. Il mourut au palais de Buenretiro, le 25 janvier 1748, pigé de 85 ans . Il laissa à son neveu une fortune de plus de 5 millions de piastres. On a de lui une Pharmacopeea Matritensis , publiée en 1739 avec un grand luxe typographique, aux frais de l'académie de médecine qu'il avait fondée à Séville, et à laquelle il légua sa nombreuse et riche bibliothèque. On voit son portrait, mais d'une manière exagérée, sur une médaille du Museum Mazzuchellianum
  • Joseph CASABONA( 1500 - 1595) : botaniste, né en Flandre vers le commencement du 16° siècle, mort à Florence en 1595, dans un âge trèsavancé, est aussi appelé quelquefois BENINCASA. 11 eut le titre de botaniste du grandduc de Toscane, François de Médicis, et fut garde du jardin de botanique de Florence, qui avait été établi par Laurent Ghini, en 1544. Casabona avait fait un voyage dans l'île de Crète, où il avait observé et recueilli beaucoup de plantes. Il se proposait de publier ses observations ; mais la mort l'en empêcha. Le manuscrit et ses dessins ont été conservés, et ils existaient encore au milieu du siècle dernier, entre les mains de TargioniTozzetti, savant botaniste, (lui a donné quelques no-, Lices historiques sur les naturalistes toscans, dans sa Corographia di Toscana, et dans la belle préface qu'il a mise à l'Hortus plantarum Florentin. de Micheli, Florence, 1748 Casabona fit connaître une belle espèce du genre des chardons. Pour la désigner brièvement, quelques auteurs lui donnèrent pour épithète le nom du botaniste. Linné l'a adoptée pour nom spécifique, et la plante est universellement appelée aujourd'hui carduus Casabonce
  • Joseph CASALI( 1744 - 1797) : nutnismate et archéologue, descendait d'une famille où le goût des arts et des antiquités était depuis longtemps héréditaire. Un de ses ancêtres, qui vivait au 160 siècle, ayant fait l'acquisition d'un buste en marbre de César, découvert dans une fouille au Forum, enjoignit par son testament à ses enfants de le conserver sous peine d'exhérédation. Un autre Casali, JeanBaptiste , a laissé plusieurs ouvrages remplis d'érudition. Enfin le cardinal Antoine, oncle de celui qui fait le sujet de cet article, avait rassemblé dans sa villa, près de la porte StSébastien, une précieuse collection de manuscrits dont plusieurs ont été décrits par Winckelmann et Orlandi. Joseph naquit à Rome en 1744. Élevé sous les yeux de son oncle, entouré depuis son enfance de savants et d'artistes, il acquit promptement des connaissances très-étendues dans les différentes branches de l'archéologie. Ses études terminées, il embrassa l'état ecclésiastique. Possesseur d'une fortune considérable, et qui s'accrut encore par celle de la famille Mufti, dont il fut héritier, à charge d'en relever le nom, il employa la plus grande partie de ses revenus à satisfaire sa passion pour l'antique. 11 augmenta ses collections de livres, de médailles et de manuscrits, et forma dans sa villa, près de StEtienneleRond, une galerie digne de l'attention des curieux les plus délicats. Il encouragea les artistes et les antiquaires, et favorisa de tout son pouvoir les jeunes gens qui montraient des dispositions pour l'étude. Ce prélat mourut à Rome, le 4 mai 1797, à l'âge de 52 ans, vivement regretté de tous ceux qui le connaissaient. Plusieurs morceaux de sa collection d'antiques ont été décrits ou reproduits par la gravure. On a de lui quelques opuscules pleins de recherches et d'une saine critique : 1. de Duobus Laccedemoniorum Num- mis ad Henr. San- Clementuni Epistola, Rome, 1793 de 8 p. 2° Lettera su une antigua terra colla trovala in Palestrina, nell' anno 1795, Home, 1794, . 3° Conjectura de nummiculis privesa inscrip- lis, et Descriptio nummi Pescennii inediii ad cardi- nal. Siephan. Borgia, Rome, 1797, 4°. On trouve dans le Magas. encyclop., 3e année, t. 5, p. 43-48, une notice sur ce prélat
  • Joseph CASSELLA( 1760 - 1808) : astronome, né vers 1760, à Naples, y jouissait d'une réputation qu'il devait autant à ses talents comme professeur qu'à l'étendue de ses connaissances. L'intérêt qu'il savait répandre dans ses leçons y attirait un grand nombre d'élèves, et souvent il comptait parmi ses auditeurs des ministres, des grands seigneurs , et même des princes de la famille royale. En 1799, il chargea le célèbre Cagnoli d'offrir à la société italienne des sciences ses calculs d'éclipses d'étoiles, et cette savante compagnie les lit imprimer dans le t. 8 du recueil de ses actes. Cassella communiqua les mêmes calculs à Lalande, qui s'en servit pour déterminer la position Vincent Chiminello présenta, le 5 décembre 1803, à la société italienne, la méthode de Cassella pour résoudre les équations de tous les degrés ; et cette méthode, dans laquelle il a su, diton, se frayer une autre route que celle Suivant l'éditeur des Mémoires du comte Orloff, Cassella, dès 1788, avait publié la Nouvelle Méthode pour résotul? e les équalious qu'avaient suivie les Euler et les Bezout fut insérée dans le recueil que l'on vient de citer, t. 9, p. 203. Une note du secrétaire Pempilio Pozzetti, mise au bas de la page, avertit que ce mémoire n'a point concouru pour le prix proposé sur le même sujet par l'académie en 1802. Ce volume contient encore, p. 620, une lettre dans laquelle Cassella rend compte à Cagnoli de son observation de l'éclipse du 11 février 1805. On apprend par cette lettre qu'il était placé pour examiner l'éclipse à l'observatoire du ca- pitaine général Acton ; qu'il s'était servi d'une lu- nette de Donon et d'un télescope d'Herschel. Cepen- dant l'éditeur des Mémoires sur le royaume de Naples, par le comte Orloff, dit , t. 5 , p. '28, avec l'intention sans doute de relever le mérite de Cassella , « qu'il est étonnant que , sans observatoire, « dépourvu d'instruments et sans correspondance « avec les astronomes des autres pays, il ait pu faire « des observations assez importantes pour mériter « que Bode en parlât dans les Éphémérides de lier- a lin. » On est maintenant à même d'apprécier tutu pareille allégation. Cassella mourut à Naples au commencement de l'année 1808. En annonçant sa mort dans le Magasin encyclopédique, isos, t. 5, p. 157, Millin invita les savants napolitains à lui fournir quelques renseignements sur la vie d'un astronome dont la perte prématurée avait mérité tant de regrets; mais il parait que personne ne répondit à son appel. Outre les opuscules déjà cités, on a de Cassella des Observations météorologiques imprimées dans les Annuaires de Naples
  • Joseph CASTAGLIONE ou CASTIGLIONE( 1500 - 1616) : en latin CASTALIO, savant Italien, né dans le 16e siè- cle , à Ancône , d'une famille originaire de Penne, dans l'Abruzze ultérieure , cultiva avec un égal succès la jurisprudence, la poésie et l'étude de l'antiquité. Après ses premières études , il se chargea de celles de Thomas d'Avalos , et ensuite de l'éducation des fils du duc de Sota. S'étant fait recevoir docteur en droit, il vint demeurer à Rome, où il se maria en 1582 ; il s'y lia avec JeanVictoi: de Rossi, plus connu sous le nom de l'Eritréo , qui a donné un abrégé de sa vie : ils avaient vécu quelque temps ensemble. L'érudition et les talents de Castiglione lui méritèrent la faveur des prélats les plus dist Il fut fait gouverneur de Corneto , et possédait encore cette place, lorsqu'il perdit sa femme, en 1598. Il mourut luimême en 1616, selon INice- _ ron ; du moins il n'a plus rien publié depuis cette époque , et jusqu'alors il ne se passait rien à Rome d'un peu considérable qui ne lui donnât occasion de composer quelque pièce. On a de lui plusieurs dissertations écrites en latin : I. Explication de l'inscription qui est sur la base de l'obélisque élevé à la porte del Popolo , à Rome, 1582 2° Sur une Colonne antique placée dans l'église St- Pierre en 1594. 5° Sur le Temple de la Paix. 4° Sur quel- ques Médailles du port d'Ostie et de Trajan, Bome, 1014 Les suivantes ont été réunies sous ce titre : Varia Lectiones et Opuseula , Borne , 169i — des Prénoms que les anciens donnaient à leurs enfants ; — de la Manière dont on doit écrire le nom de Virgile : plusieurs érudits de ce tempslà prétendaient qu'on devait é.crire Vergilius; — Ré- plique à ceux qui soutiennent que les femmes ont eu des prénoms dans l'antiquité. Un ouvrage non moins important, intitulé Observationuen in crilicos deca- des 10 , a été réimprimé à Genève, 1608 11 a donné des éditions des Symposii .. Enigmata, Boute, 1581 : c'est un recueil d'énigmes proposées dans un banquet par le célèbre Lactance ; des Capiluporum Carmina, Rome, 1590 de l'Itinéraire de Rutilius Numatianus, corrigé et enrichi de notes, avec une épître de l'éditeur, en vers, Rome, 1582 , Il a aussi laissé plusieurs ou- I vrages importants, tels qu'une Vie de Fulvio publiée par Lue Ilolstenius , Borne , 1657 , etc. La plupart des opuscules de Castaglione ont été insérés dans le Thesaurus Antiquitatum de Grœvius. On en trouve la liste dans les Mémoires de Niceron. Baillet rapporte , d'après Meursius, que, lorsqu'on apporta à Leyde les Varia Lectiones de Castaglione, tout le monde se mit à rire, dans la pensée que les Italiens n'étaient pas capables de rien faire d'important en matière d'érudition ; mais il ajoute qu'à peine en euton lu quelques endroits, que l'on changea de sentiment
  • Joseph CERACCHI( 1760 - 1802) : né en Corse , vers 1760, se rendit fort jeune à Rome , et y étudia la sculpture. 11 avait déjà acquis quelque célébrité quand Bonaparte s'empara de l'Italie, en 1796, à la tête de l'armée française. Ceracchi se bâta d'aller le joindre à Milan, et il lui proposa de faire sa statue en marbre, ce qui fut accepté avec empressement. Lorsque Bonaparte eut quitté l'Italie, Ceraechi retourna à Ronge, et il prit beaucoup de part , en 1798, à l'établissement d'une république dans cette ville. Obligé de fuir lorsque les Français s'éloignèrent, il se rendit à Paris, en •799. Après la l'évolution du 18 brumaire , voyant son compatriote aspirer de plus en plus au pouvoir absolu, il résolut de l'assassiner, et lui demanda de nouveau, pour exécuter ce projet plus facilement, la permission de faire sa statue; mais le consul eut quelque défiance et il s'y refusa. Alors Ceracchi forma un complot dans le même but, avec TopinoLebrun, Diana et Demerville. Tous les quatre furent arrêtés le 10 octobre 1801 au spectacle de l'Opéra , où l'on savait que Bonaparte devait se rendre. Ils étaient armés de poignards, et furent traduits devant le tribunal criminel qui les condamna à mert, le 50 janvier 1802. Ce jugement fut exécuté sur la place de Grève. Ceracchi mourut avec courage
  • Joseph CERINI( 1758) : poète italien du 18e siècle, naquit en 4758, d'une famille honnête, à Solferino, près de Castiglione, dans le duché de Mantoue. 11 fit son cours d'études à Brescia, et s'appliqua surtout à l'éloquence et à la poésie. Il étudia ensuite les lois à Mantoue. Ses parents lui faisaient une pension, en attendant qu'il pût subsister de l'état du barreau, qu'il comptait embrasser ; mais ayant épousé contre leur gré une jeune personne dont il était éperdument amoureux, ils lui retirèrent cette pension. 11 quitta Mantoue, et conduisit sa femme à Mi-, lan, où, se trouvant sans appui et sans connaissances, il languit quelque temps avec elle dans la plus affreuse misère. Sa seule consolation était (l'aller tous les jours passer quelques heures à la bibliot?èque Ambrosienne. Il s'y lia avec quelques jeunes Milanais, amis des lettres, qui, charmés de son esprit et de sa douceur, le firent recevoir à l'académie des Humoristes de cette ville, et, ce qui était un service plus solide, lui procurèrent au barreau quelques affaires. La réputation qu'il s'y lit en peu de temps le mit en état de soutenir sa famille, et il ne désirait rien (le plus. Le P. Branda, barnabite, ayant alors blessé quelques savants milanais, dans un Dialogue sur la langue toscane, Cerini entra en lice pour ses amis, par un écrit intitulé : Dialogo fra Grec- chia e ', Marnera, Milan, 1760. 11 obtint le rare avantage de satisfaire son parti, et d'arracher même, par ses connaissances et par sa modération, des éloges à son adversaire. En 1772, il fit jouer sur le théâtre de Milan Clary, espèce de draine, en vers libres, qui eut le plus brillant succès; il le fit imprimer l'année suivante, avec la Cattivamatrigna, autre pièce du même genre, qui ne réussit pas moins. Il fut nommé poète du théâtre royal de Milan, place à laquelle étaient attachés des honoraires. Les travaux de cet emploi ne l'occupaient pas uniquement ; il publia un petit recueil de Poésies anacréontiques, Milan, 1776 remarquables par une imagination douce et riante, une élégance exquise et une heureuse facilité. Sa réputation se répandit alors dans toute l'Italie. Le comte Borromée venait, en 1779, de lui confier une place honorable et lucrative, lorsqu'il fut attaqué d'une maladie dont il mourut, le 5 septembre de la même année. Le comte J.B. Corniani, connu par plusietus ouvrages estimables, et surtout par celui qui a pour titre : i Secoli della letteratura ilatiana, publia un éloge de Cerini, à Brescia, en 1779, avec une ode sur la mort de ce poète, qui était son ami. G—É
  • Joseph CÉRONI( 1773 - 1814) : poète, né à Vérone vers 1775, fit ses études dans cette ville et y reçut des leçons du célèbre Césarotti. Plein d'enthousiame pour la liberté, il en embrassa hautement la cause, dès que l'invasion des Français lui permit de faire éclater son ardeur. Il entra dans la carrière des armes et devint capitaine dans l'armée cisalpine. Mais, lorsqu'il vit s'élever la puissance de Napoléon, il ne put dissimuler son mécontentement, et il le manifesta dans une pièce de vers qu'il ne craignit pas de publier sous son nom , en 1806. Plongé aussitôt dans un cachot , il ne recouvra la liberté qu'après avoir protesté de sa soumission . Alors il alla servir en Espagne dans l'armée du maréchal Suchet, et il y devint chef de bataillon. Ne pouvant renoncer à ses inspirations poétiques, il composa la Prise de Tarragone , poème en vers sciotti qui fut imprimé à Saragosse en 1811 , et dans lequel , à la manière des Italiens, il prodigua de grands éloges au maré Nonseulement Céroni fut persécuté pour cette production, mais d'autres personnages distingués qui avaient eu le malheur de la recevoir et de la lire. De ce nombre fut le genéral Theulié, qui fut tué au siigc de Colberg en 1807. D—e—u. chat Suchet et à tous les Français qui combattaient sous ses ordres. Céroni retourna dans sa patrie en 1812, pour rétablir sa santé affaiblie par les travaux de la guerre et par une longue captivité. Il mourut à Vérone en 1814 , peu de jours avant la chute de Napoléon. Ce poète a laissé beaucoup de vers inédits
  • Joseph CHABAUD : oratorien, né à Soleilha, diocèse de Senez, mort le 1 I mars 1762, a fait imprimer : Pièces d'éloquence et de poésie qui ont remporté le prix au jugement de l'académie de Pau, Paris, 1746 I ; 2° le Parnasse chrétien, ouvrage divisé en 2 parties, dédié à MM. de l'académie de Villefranche en Beaujolais, Paris , 1748, 2 vol. petit ibid., 1760, 1 vol. C'est un recueil de poésies de divers auteurs. Il a été reproduit, avec quelques changements, par Labiée sous le titre de Nouveau Parnasse chrétien, Paris, 1806 ; Par im singulière inadvertance, les autenrs du Dictionnaire des musiciens, apres avoir attribué à Cbabanon de Idaugris dans sou article la musique de ces deux opéras, l'attribunt ensuite à Gossec, dans leur notice sur ce célèbre compositeur. réimprimé avec de nouveaux changements en 1807, mème format. Le P. Joseph Chabaud avait obtenu quelques couronnes académiques. Ce fut lui qui remporta le prix d'éloquence à l'Académie française, en 1750
  • Joseph CHAMBON( 1647) : médecin, né à Grignan, en 1647 , fut reçu à la faculté d'Avignon en 1678, et s'établit d'abord à Marseille, pour y exercer sa profession ; mais un différend l'obligea de passer en Italie , puis en Allemagne et en Pologne, où il devint médecin du roi Jean Sobieski. Il quitta ce prince au siége de Vienne , et passa en Hollande pour y con»aitre les disciples de Paracelse et de van Helmont. Il alla ensuite en Angleterre, et finit par revenir an France. Fagon lui lit prendre ses degrés dans la faculté de Paris; ce qui souffrit quelqne difficulté , parce que Chambon avait des remèdes secrets. Cette raison rempècha d'aller au delà du grade de licencié. Ayant été choisi par le lieu- tenant de police pour donner des soins à un sei- gneur napolitain renfermé à la Bastille , Chambon voulut devenir son défenseur ; mais , au lieu de lui obtenir la liberté , il se lit enfermer luimême dans la inique prison , Soit il resta deux ans. Forcé alors de se retirer en province, il retourna à Marseille, 1 où, avec la protect ion du comte de Grignan , il oh-- tint le titre de médecin des galères ; mais la comtesse de Grignan étant morte de la petitevérole entre ses mains, il en eut tant de chagrin qu'il prit le parti de venir finir ses jours auprès d'un de ses frères, doyen du chapitre de Grignan. Il vivait encore en 1752 , âgé de quatrevingtcinq ans. On a de lui : 1° Principes de physique rapportés à la mé- decine pratique, Paris, 5 parties qui ont paru successivement de 1712 à 4716; 2. Traité des métaux et des minéraux, et des remèdes qu'on en peut tirer, Paris, 1714
  • Joseph CLOWER( 1725 - 1911) : médecin vétérinaire, était fils d'un maréchal ferrant de Norwich, et naquit ,-12 août 1725. La lecture, l'écriture, l'arithmétique, r tels furent les éléments auxquels se borna son édu' ntion, après quoi la forge paternelle devint sa seule école. Orphelin à dixsept ans, il trouva dans son pénible métier le moyen de nourrir sa mère et trois frères et soeurs, plus jeunes que lui. Doué d'un esprit observateur et fin, Clower étudiait comme beaucoup de ses confrères, mais il étudiait mieux qu'eux, et lorsqu'il se mêlait de traiter les maladies tes chevaux, il les traitait moins routinièrement et avec plus de succès. Vers 1750, le hasard plaça sur son chemin le docteur Kirwan Wright, savant médecin , qui , non content de l'applaudir , lui conseilla d'étudier les principes de l'art dont il essayait la pratique , puis de se familiariser avec les langues latine et française, afin de pouvoir lire les meilleurs écrivains qui avaient publié des ouvrages sur l'art vétérinaire et la médecine, et particulièrement Végèce et la Fosse. Clower obéit .; ses journées alors étaient bien employées : de six heures du matin à huit du soir, il frappait le fer ; le reste du temps était consacré aux études. Bientôt il se mit aux mathématiques, dans lesquelles il fit de rapides progrès. Il n'avait dans tous ses travaux d'autres guides que quelques voisins, et Wright luimême, qui, devenu aveugle, se faisait lire les auteurs latins par son pupille. Quelque temps après, Clower devint membre de la société de Norwich pour le progrès des mathématiques et (les sciences expérimentales, et s'y fit remarquer par l'étendue de ses connaissances et par ses recherches. Sa réputation avait fini par s'étendre beaucoup audelà du cercle de Norwich : il abandonna sa forge en 1765, et ne s'occupa plus que de l'art vétérinaire, mais sans vouloir quitter son pays natal. L'affaiblissement de sa santé le contraignit de renoncer à la pratique en 1781. Cependant il ne cessa pas (le se tenir au courant des publications nouvelles, et son plus vif plaisir était, soit de discuter des questions, soit de faire de vive voix des leçons sur quelqUe partie de la médecine vétérinaire. C'est ainsi qu'il passa les trentecinq dernières aimées de sa vie. Il mourut le 19 février 1811. Clower n'a rien voulu écrire. Ou lit ponttant de lui, dans le t. 2 des Cas chirurgicaux de Gooch, une lettre où il donne la description et le dessin d'une machine de son invention, destinée à porter remède aux ruptures de tendons et aux fractures de jambes chez les chevaux. C'est à lui qu'il faut attribuer les pie-' litières observations vraiment scientifiques sur l'oestrus equi, dont il décrivit, à la société de Norwich, la vie à l'état de larve et les diverses transformations, longtemps avant que B. Clarke traitât à fond ce sujet dans les Transactions Linnéennes de 179G
  • Joseph COLLET( 1768) : contreamiral, né à StDenis de Bourbon, le 29 novembre 1768, navigua d'abord pour le commerce, et obtint, dès l'âge de quinze ans, le commandement de bâtiments d'une valeur importante. Lorsque, en 1790, la guerre parut imminente, sacrifiant la fortune à la gloire, il s'embarqua comme simple volontaire sur la corvette la Bourbonnaise, armée à Bourbon. Il fit de nombreuses campagnes, et dut son admission dans le corps de la marine et le grade de lieutenant de vaisseau au courage qu'il montra dans les divers combats livrés aux Anglais dans les mers de l'Inde par 1‘111. de Sercey, Renaud et Tréhonart. Collet se trouvait sur ce vaisseau l'Indomptable qui, de 1799 à 1805, prit une part glorieuse au combat d'Algésiras, lit la campagne d'Egypte dans l'escadre de Ganteaume; et, après avoir assisté au siége de l'ile d'Elbe, lit partie de l'expédition de StDomingue. Le grade de capitaine de frégate, la croix de la Légion d'honneur et le commandement de la première division de la flottille de Bordeaux furent la récontpense du lieutenant de l'Indomptable. Dans une ' sortie tentée avec cinq de ses canonnières seulement, Collet captura un cutter anglais près des Glénans, et força deux corvettes à se rendre après sept heures d'un combat opiniâtre. Il commandait la Minerve dans la division de cinq frégates qui se défendit si glorieusement le 25 septembre 1800, à la r de l'ile d'Aix, contre l'escadre de lord ITood, ée de sept vaisseaux dont en à trois ponts. 1 mposr. :ifarprin rant avec autant d'audace que d'habileté -_air dégager la frégate commandante et favoriser ,a retraite, Collet .eut à combattre successivement Ausieurs vaisseaux, et ne se rendit qu'après avoir ,u son gréement haché, ses batteries démontées, et omher autour de lui cent trente hommes de son iquipage tués ou blessés. Pendant l'action, qui dura rois heures et demie, l'ennemi, nialré sa grande mpériorité, eut beaucoup à souffrir du feu de la Innerve. Decrès, alors ministre de la marine, ténoigna sa satisfaction au capitaine de la Minerve Jans les ternies les plus honorables. « L'empereur, a 1M écrivaitil, m'a ordonné (le vous faire connaiI tre qu'il a reconnu que vous avez vaillamment et a habilement rempli votre devoir dans cette noua voile circonstance, qui ne fait que confirmer roa pinion que Sa Majesté a de votre valeur. » A son retour des prisons d'Angleterre, Collet avait éte nommé capitaine de vaisseau. De 1811 à 1814, il monta ( Auguste devant Anvers, et fut choisi, lors du bombardement, pour delendue cette partie des remparts qui couvrait le bassin et sur laquelle se concentra l'attaque. Il se montra digne de la confiance dont il avait été honoré, et la France lui dut la conservation de son escaere devant Anvers. Collet; qui avait participé dans les mers de l'Inde aux premiers combats livrés aux Anglais, soutint dans le golfe de Naples, sur la frégate la Melpomène, un des deenieeset des plus beaux combats qui marquèrent cette batte si longue et si acharnée. Se trouvant, le 50 avril 1815, entre les Iles d'Ischia et de Pro a, il fut attaqué par le vaisseau le Rivoli, et ne se rendit qu'après une défense dont s'hunore la marine française. La paix ayant permis au (ommerce de reprendre son essor vers les contrées lointaines. des stations lui assurèrent une active protection dans toutes les mers. De 1819 à 1821, la frégate la Gala- thée, commandée par Collet, se montra avec honneur dans le Levant, dans la mer du Sud, aux Antilles et aux ÉtatsUnis. Il montait le vaisseau le Trident au blocus de Cadix et à la prise du fort Santi - Petri, en 1825. La bienveillance particulière du duc d'Angoulême, les croix de commandeur de la Lé.,:ion d'honneur et de chevalier de StFerdinand de deuxième classe le dédommagèrent du grade de contreamiral qui n'etft été que la tardive récom- pense de ses longs succés. En 18e1, il quitta les fonctions de major de la marine à Toulon, pour prendre le commandement de la division chargée de bloquer les côtes d'Alger, par suite de l'insulte faite au consul de Frarce par le dey. Malgré la rigueur des saisons, le danger des parages et une santé de plus en plus délabrée, il serra le blocus pendant quatorze mois, et il ne demanda son rappel que lorsque son état fut presque désespéré. Sa promotion au grade de contremuiral fut une satisfaction donnée plutôt à la marine qu'à Collet luimême, aussi modeste qu'intrépide. Rentré à Toulon le 50 août 1828, il y mourut tlans la nuit du 19 au 20 octobre suivant. En apprenant cette perte, M. Il yde de Naville, alors ministre de la marine, fit expédier à madame Collet le brevet de lieutenant de vaisseau pour son lils déjà enseigne, en lui exprimant les regrets dont le roi avait honoré la mémoire de l'amiral
  • Joseph COLLYER( 1748 - 1827) : graveur, né à Londres, en 174g, eut pour premier maitre Antoine Walker, artiste d'un grand mérite, auquel sont dues quelquesunes des plus belles estampes d'une collection célèbre en Angleterre , celle de Houghton. 11 reçut ensuite des leçons du frère de cet artiste, William Walker, et il en profita à tel point qu'on n'a su auquel des deux précisément on devait attribuer la Veillée flamande, d'après Téniers, une des estampes de la collection dont nous venons de parler. Ayant eu occasion de graver, entre autres portraits, celui de si fosué Reynolds , président de la société royale de Londres, il lui donna une telle opinion de son habileté et de son goût, que Reynolds lui conlia le soin de propager par la gravure son admirable tableau de Vénus. Il parait que c'est pour reconnaître le talent remarquable que Collyer avait déployé dans ce morceau capital, que le titre d'associé de l'académie royale lui fut conféré en 1786. Il est mort en 1827, doyen des académiciens de cette catégorie et de ce titre (l'associés. Parmi les nombreux portraits qu'il a laissés, on admire particulièrement ceux de George IV, et de la princesse Charlotte, fille de ce souverain. Mais il n'a rien fait de plus achevé et de plus exquis peut-être qu'une gravure circulaire représentant sir William Young, baronnet, membre de la société royale de Londres et de la chambre des communes. On trouve une notice assez détaillée sur sa vie et ses travaux dans le Gentleman's Ma- gazine. CHR.
  • Joseph COMPAGNONI( 1754 - 1834) : né à Lugo en Lombardie, en 1754, embrassa de bonne heure l'état ecclésiastique. Dès rage de quinze ans, il avait publié des poésies et ensuite dés ouvrages en prose, parmi lesquels nous•indiquerons la dissertation sur la préférence qu'on doit donner à la poésie rimée. Le jeune Joseph avait lait précéder cette dissertai ion du poème Capra, intitulé : l'Incendio della Rocca di Lugo. La troisième production de Compagnoni est le poème sur la fiera di Sinigalia, qui fut critiqué par Ristori, rédacteur des Mémoires encyclopédiques de Bologne. Le jeune Compagnoni répondit au journaliste, devint son ami , son collaborateur , et , en 4785, directeur pendant l'absence de. Ristori de Bologne. En 4786, il se rendit à Turin avec le marquis Bentivoglio de Ferrare, et y publia une lettre en vers sur la lin tragique de Catherine Boccabaclati, femme du célèbre Albergati. En 1787, arrivé avec ben tivoglio à Venise, il acceptais rédaction du journal imprimé par Graziosi , sous le titre de Notizie del mondo,qui fut bientôt regardé com;ne la lucilie« de& feuilles publiques_ d'Italie. Il pu blia à la même époque, avec Albergati, Lettere piacevoli se piaceranno, Modène, 1791 En 1792, il lit paraitre Saggio sugli Ebreci e sui Grcci, ouvrage dans lequel il met les Juifs audessus des Grecs pour la littérature, et qu'il avait composé sur l'invitation de riches Israélites, qui l'en récompensèrent généreusement et en firent imprimer successivement trois éditions. Compagnoni en publia une quatrième en 1806. Dès son apparition, ce livre avait été critiqué par l'abbé Rubbi, à Turin, qui prit la défense des Grecs, et, à Milan, par l'abbé Guillon. Compagnoni s'occupa ensuite de la traduction de Caton, de Re rustica. En 1796, il se rendit à Milan auprès du général Bonaparte, et fut nommé membre du conseil législatif de la république cisalpine, où il prononça , en faveur de la polygamie, un discours qui fut réfuté par deux de ses collègues, Lamberti et Gliscenti. Il rédigea pendant dix mois, à Venise, un nouveau journal, intitulé Mercurio d'Italia, dans lequel il faisait un tableau favorable de la révolution, et publia dans la même ville : Elementi di dritto constituzionale democratico, ossiaprincipj di g ius- pubblico universale, 1797 puis l'Epicareno, ossia lo Spartano dialogo di Platane ultienamente scoperto. Après la paix de Tolentino, il fut nommé secrétaire général de la république cispadane, et ensuite député au congrès de Reggio et de Modène. Ses Considerazioni suite Tasse lui valurentle titre de professeur de droit constitutionnel à l'université de Ferrare. A la chute de la république cisalpine, lors de l'invasion de l'Italie par les AustroPusses, en avril 1799, Compagnoni se réfugia en France. Arrivé à Grenoble, il adressa aux habitants une harangue démocratique en italien, et se rendit à Paris, où il lit paraître un ouvrage intéressant, les i'eglie del lasso, qui fut traduit en français par Mimant et par Barère. Après la bataille de Marengo, Compagnoni fut nommé promoteur de l'instruction publique à Milan, et comme tel chargé de faire le discours sur la paix de Lunéville , lors de la pose de la première pierre du forum Bonaparte. Nominé ensuite secrétaire du corps législatif, puis membre du conseil d'État, il parvint encore à d'autres fonctions éminentes , et publia l'Oraison litilèbre du conne Mosca , son collègue. Lorsque Napoléon proclama le royaume (l'Italie, Compagnoni dressa le procèsverbal ; l'empereur en fut trèssatisfait ; il le nomma chevalier de la Couronne de fer; et, ayant appris qu'il était né à Lugo e Je ne croyais pas, ditil, que de ces a marécages eût pu sortir un si beau talent. » A la restauration, Compagnoni se retira de la scène politique. Outre les ouvrages déjà cités, on a de lui : 1° Teoria de' verbi italiani , ouvrage classique ; 2° Teoria dell' unirerso dell' Alix ; 3° Storia delle navigazioni anlecedenti a Cook ; 4° Viaggio di Pallas in Siberia e salle frontiere della China ; 5° kt chimica per le donne,Venise, 1805, 2 vol. ou vrage trèsestimé; 6° Saggio d'un trattato di morale in forma di catechismo publicato in sequilo degli Elementi d'ideologia del sign. Destutt- Tracy, Milan, 1819 ; 7° Lettere a tre giovani, sella morula pubblica, Milan , 1819 8° lifemorie sloriche relative al conte Dandolo, ed a' suoi scritti , Milan, 1820 ; 9° . Dialoghi 8 dcgli offiej di famiglia, Milan, 1826 ; 10° Storia dell' America, sup.- plemento alla Storia universale del Segur, vol. 28 , della traduzione di Stella in Milano ; Il° dell' Arte della parola considerata ne' varj modi della sua espressione, Milan, 1827 Compagnoni publia encore d'autres ouvrages sous le nom de Joseph Belloni, ancien militaire, son valet de chambre, savoir: Storia dei Tartari ; Note al viaggio d'Anacarsi ; - Legazione di Filone ebreo ail' imperadore Ca ligota ; Aneddoti riguardanti alcuni letterati francesi ultimamente tnorti ; — Viaggio del Baretti ; Anii- mitologia, sermone a Vincenzo Monti. Son dernier écrit fut une lettre du 25 octobre 1S52, adressée de Desio à un ancien ami, dans laquelle il énumère les emplois qu'il a occupés et les ouvrages qu'il a composés. 11 mourut à Milan, le 29 décembre 1834
  • Joseph CHRISTOPHE( 1498 - 1557) : peintre, né à Utrecht en 1498, tut placé dès son enfance dans l'atelier d'Antoine Moro, recueillit avidement les leçons de son maitre, et devint luimême, en peu de temps, un peintre habile. 11 peignait l'histoire et le portrait avec un égal succès. Pierre Pérugin et Jean Bellino étaient les deux peintres dont il s'étudiait de préférence à imiter la manière ; mais son pinceau était phis gracieux et son coloris avait plus d'harmonie. Peu de peintres contemporains ont aussi bien observé les règles de la perspective. Jean III, roi de Portugal, l'attira à sa cour, et lui confia le soin de faire plusieurs tableaux pour les églises de Lisbonne et pour les maisons royales. Il en fut tellement satisfait, qu'il le lit chevalier de Christ et le combla de bienfaits. Christophe mourut à Lisbonne en . 1557:— Joseph CHRISTOPHE, né à Verdun en 1667, et mort à Paris le 29 mars 1748, a peint l'histoire avec succès ; il était de l'académie de peinture. Son tableau représentant la Multiplication des pains était, avant la révolution, un des plus beaux ornements de la métropole de Paris
  • Joseph CHAUMONOT : missionnaire, né en halle, entra de bonne heure dans l'ordre des jésuites, et fut envoyé prêcher l'Évangile aux Indiens de l'Amérique septentrionale. 11 séjourna pendant plus d'un detnisieele parmi les naturels du Canada, et se trouvait chez les Hurons habitant au nord du lac Érié, dès l'année 1642. L'année misante il se rai dit plus au sud chez une autre tribus appelée la nation neutre, parce qu'elle n'avait point voulu prendre part à la guerre que se faisaient alors les Hurons et les tiroquois, quoiqu'elle tiràt son origine des premiers. . n 1655, étant à cette époque le doyen des mis-- onnaires de la NouvelleFrance, il visita les Onontlagas, qui l'avaient appelé auprès d'eux, et parmi ceux qu'il convertit à la foi catholique se trouvaient quelquesuns des principaux personnages de cette nation. La mission fut néanmoins abandonnée bientôt après; mais on la rétablit ensuite vers l'année 4670. Cluaumonot fonda la maison de Lorette, trois lieues au nord de Québec, et y réunit un certain nombre d'indiens de la tribu des Huions, qui, par suite de leurs guerres avec d'autres tribus, avaient éte invités à s'établir vers l'embouchure du StLaurent. Chattinonot a composé une eatumaire de la langue luuiouuric. On ne trouve d'autres détails sur ce missionnaire si dans Charlevoix, ni dans les Lettres édifiantes, etc. Les auteurs qui parlent de ce missionnaire ne font connaitre ni le lieu ni l'époque de sa naissance, ni la date de sa mort
  • Joseph COMINO : habile typographe, était de Ci tadella, chateau dans le Padouan. Les frères Volpi lui confièrent la direction de l'imprimerie qu'ils établirent à Padoue en 1717, et d'où il est sorti un si grand nombre d'ouvrages recherchés des amateurs pour leur élégance et leur correction. Coniino contribua beaucoup par ses soins à donner à cet établissement la célébrité dont il jouit; et la postérité le comptera parmi les meilleurs typographes du 18e siècle. il mourut en 1762. — Angelo COMI NO, son fils, employé depuis son enfance à la bibliothèque de l'académie de Padoue , racheta des héritiers Volpi le fonds de l'imprimerie, et publia jusqu'en 1781 plusieurs réimpressions d'auteurs classiques, en conservant sur le frontispice le nom de son père. Il mourut , en 1814 , à luge de 80 ans. Le catalogue des ouvrages sortis de cette imprimerie célèbre a été publié sous ce titre : Annali de la tipografia Volpi Cominiana, Padoue, 1809 volume auquel on doit joindre un Appendice, 1817 de 53 p
  • Joseph CHEVASSU( 1674 - 1752) : curé des Rousses, né à StClaude en FrancheComté, le 6 novembre 1674. Après avoir fait ses premières études, il entra au séminaire de StIrénée à Lyon. Nommé curé de la paroisse des Rousses, dans le diocèse de StClaude, il remplit les devoirs de cette place avec un zèle audessus de tout éloge. Son grand âge et ses infirmités l'ayant forcé de s'en démettre, il se retira danssa patrie, où il mourut le 25 octobre 1752. Sa modestie ne lui a jamais permis d'avouer publiquement ses ouvrages. Quelquesuns ont eu cependant un grand nombre d'éditions. Son style est clair et simple ; il s'attache moins à plaire qu'à convaincre ou à persuader. On a de lui : 1. Catéchisme paroissial, Lyon, 1726 2° Méditations ecclésiastiques tirées des épures et évangiles qui se lisent à la sainte messe tous les jours et les principales fétes de l'année, Lyon, 1737, 4 vol., 1743, 5 vol. ; nouvelle édition, Besançon, 1820 , 5 vol. l 2. Le même ouvrage, augmenté de maximes et règles de vie pour les prêtres et religieux, Lyon et Paris, 1824, 6 vol. 5° Méditations sur la Passion, Lyon, 171(? Ces deux ouvrages ont été réunis et réimprimés plusieurs fois. 4. Abrégé du Rituel romain, avec les instructions sur les sacrements, Lyon, 1746 5° Méditations chrélicnnes, avec unep ra- tique de piété, Lyon, 1746 Cet ouvrage, réuni aux Méditations ecclésiastiques, a été reproduit par son auteur sous ce titre : Méditations sur les vérités chrétiennes et ecclésiastiques, Lyon, 1751, 5 vol.; 1769, 1781, 6 vol. 6' Prônes pour tous les dimanches de l'année , Lyon, 4755 , 4 vol. ; réimprim. , Avignon, 1820, et plusieurs autres fois sous le titre du Missionnaire paroissial. On trouve l'Éloge de Cherassu dans l'Hisfoire de la prédication du P. Joli-, p. 519 et suivantes
  • Joseph CHINARD( 1756) : statuaire, né à Lyon, le 12 février 175G, fut admis à l'elge Ses brillantes dispositions furent bientôt remarquées des amateurs, notamment du chevalier de Jouy, homme généreux dont la fortune était employée tout entière à donner aux arts de nobles encouragements. En 1780, Chinard, dont le talent était déjà trèsformé, fut chargé par le chapitre de St- Paul de Lyon de faire, pour les pendentifs du dôme de cette église, les figures Le premier séjour de Chinard à Rome fut d'environ cinq ans, pendant lesquels il s'occupa d'un trèsgrand nombre de copies en marbre d'après l'antique, et dont une partie vint enrichir l'élégant hôtel que le chevalier de Jouy possédait à Lyon. Parmi ces différents morceaux de sculpture, on distinguait les bustes de Bacchus et d'Ariadne, d'Homère, de Germanicus, de l'Apollon Pythien, la Vénus du Capitole, le Combat du Taureau et du Lion, le groupe du Centaure dompté par l'Amour, et celui du Laocoon . Vers les derniers mois de 1789, Chinard fut de retour à Lyon, où l'intendant du Dauphiné le chargea de l'exécution d'un monument à élever à Grenoble en l'honneur du chevalier Bayart ; il en lit les plans et l'esquisse, mais la marche rapide de la révolution le força de renoncer à ce travail. En 17.00 , il exécuta, pour la cérémonie de la fédération, dans la plaine des Brotteaux, la statue colos- Ce dernier est aujourd'hui lu propriété de M. Lacène de Lyon, auteur d'un savant Mémoire sur les abeilles. sale de la Liberté; et, parmi quelques autres ouvrages qu'il fit encore à cette époque, on distingua particulièrement la statue en marbre, de grandeur naturelle, de la belle madame Vanrisambourg, femme d'un riche négociant, représentée sous les traits de Minerve. A la lin de 1791, il partit une seconde fois pour Rome, où il ne tarda pas à èt•e l'objet d'une surveillance politique de la part du gouvernement pontifical, qui avait de bonnes raisons pour cela,' Chinard étant un partisan exalté , dans sa jolie habitation de l'Observance, sous les murs de l'ancien chàleau de PierreSeise, et ses restes reposent dans un coin du jardin. Par un article (le son testament, le musée de Lyon a été mis en possession de son groupe de Persée el Andromède, d'un groupe (le l'Enlèvement ( le Déjanire, et de sa statue en pied, faite en petit par Iniinème. La hihnothèque de la ville possède également (le lui un basrelief allégorique à l'institution de la Légion d'honneur, représentant Minerve qui distribue des couronnes aux vertus, aux talents et au courage militaire
  • Joseph CLIMENT( 1706 - 1781) : évèque de Barcelone, né le 21 mars 1706, à Castellon de la Plora au royaume de Valence, fit ses études dans la ville de ce nom, y prit le bonnet de docteur en théologie, fut successivement professeur de philosophie à l'université, curé, théologal de la cathédrale, et se distingua par sa vie exemplaire, par ses charités et par son talent pour la prédication. Nommé en 1766 à l'évêché de Barcelone, son humilité le porta d'abord à le refuser ; mais les instances de la cour l'obligèrent enfin à l'accepter. Il s'y concilia le respect et la confiance de ses diocésains par la pratique de toutes les vertus épiscopales, et par des établissements utiles, comme des fondations d'hôpitaux, d'écoles gratuites, par des fonds pris sur ses épargnes pour distribuer de bons livres à bas prix. Il traduisit luimême en espagnol les Moeurs dos Israélites et des Chrétiens, de l'abbé Fleury, publia la traduction des Instructions sur le mariage de le Tourneur, par la comtesse Montiso, accompagnée d'une épître intéressante à cette dame. Parmi ses instructions pastorales, qui sont comme des traités sur chaque matière, on distingue celle de 1769, qui a été traduite en français, sur le renouvellement des études ecclésiastiques, où il trace d'excellentes règles, et indique les bonnes sources avec un grand discernement; celle du jubilé de 1770, pleine de choses solides touchant l'usage des indulgences et les abus qui peuvent s'y introduire; celle qui accompagnait la traduction de la rhétorique de Grenade, destinée à diriger l'école qu'il avait établie pour la théorie et la pratique de l'éloquence chrétienne. Il fut dénoncé au roi pour sou instruc- tion de 1769 , parce qu'il y parlait avantageu- sement de l'église d'Utrecht. Mais une commission, composée de cinq archevêques ou évêques et de deux généraux d'ordre, chargée d'examiner l'ouvrage, justifia pleinement l'auteur. Le résultat en fut même de prier Clément XIV de faire examiner les plaintes de cette église; il y eut en conséquence un ordre du pontife d'écouter l'agent des églises belgiques soumises à l'archevèque d'Utrecht. Climent réussit, en 1775, à apaiser une sédition occasionnée par une levée de milice, dont Barcelone avait été exempte jusqu'alors. Son influence sur le peuple en cette circonstance fut mal interprétée dans une cour aussi ombrageuse que l'était celle d'Espagne. On le nomma à l'évêché de Malaga, six fois plus riche que celui de Barcelone. Ses principes sur les translations alors trèsabusives en Espagne, la conscience du bien faisait dans son diocèse, le peu d'espoir d'en pouvoir faire à Malaga, enfin son grand âge, ne lui permirent pas d'accepter cette promotion. Son refus redoubla les inquiétudes, qu'il ne plavint à calmer que par sa démission donnée en 1775. Chinent se retira dans le lieu de sa naissance, y continua ses bonnes oeuvres, et mourut le '25 novembre 1781. On a publié en 1785, à Barce- lone, sa vie, la relation de ses obsèques, et son oraison funèbre
  • Joseph COVILLARD : habile chirurgien de Montélimart, en Dauphiné, où il exerça son art avec éclat, ainsi que dans les provinces voisines. Il était appelé au loin pour les grandes opérations. On voit dans ses écrits qu'il était en liaison avec les médecins et les chirurgiens les plus renommés de Lyon, et qu'il consultait avec eux dans les cas dif- ficiles ou extraordinaires. On a delui Observations iatro- chirurgiques, pleines de remarques curieuses et événements singuliers, Lyon, 1639 20 le Chirurgien opérateur, Lyon, 1633 idem, 2' édition, 1640 Les observations de Covillard sont toutes intéressantes, soit par la singularité des cas qu'elles offrent, soit par la manière dont cet auteur a su les présenter. Le recueil en était devenu si rare qu'il manquait dans beaucoup de bibliothèques, ce qui détermina M. Thomassin à en publier une nouvelle édition, Strasbourg, 1791 avec des additions considérables, dans lesquelles il est dit que Covillard est un de ceux qui ont pratiqué la lithotomie avec le plus de succès dans le 1 7e siècle. Nourri de la doctrine de Franco, qui avait publié sa méthode plus de soixante ans auparavant, éclairé des lumières de l'anatomie, il portait, dans la pratique, des yeux clairvoyants, un esprit cultivé et pénétrant, et cette connaissance de toutes les finesses de l'art, sans laquelle on ne peut avoir que des succès médiocres. Le second ouvrage de Covillard est beaucoup moins intéressant ; cependant il contient des choses précieuses sur plu- sieurs opérations importantes de chirurgie et particulièrement sur la lithotomie. On y voyait qu'il pratiquait le grand appareil un peu différemment des autres lithotomistes. Il parait qu'il plaçait son incision un peu plus bas qu'elle ne se faisait alors, et qu'il entamait le col de la vessie. Un fameux chi- rurgien du 18e siècle, Id. Houstet, assure que la manière dont Covillard pratiquait le grand appa- reil ne diffère point de l'opération qu'on appelle aujourd'hui appareil latéral, et que quelquesuns croient de nouvelle invention. Cependant M. Tho massin, éditeur de Covillard, ne souscrit point entièrement au jugement de M. Houstet en faveur de ce chirurgien; il adjuge la découverte de l'appa- reil latéral à Pierre Franco , qui vivait près d'un siècle avant Covillard. W—s
  • Joseph CRADOCK( 1742) : écrivain 'anglais, naquit le 9 janvier 1742, à Leicester, d'une des meilleures familles du comté de ce nom. Son père, quoique cadet de sa maison, était un riche propriétaire. Parmi les maîtres qu'il eut dans sa ville natale figure l'habile John Jackson, auteur des Antiquités chronologiques, et l'un des antagonistes de War- ballon. A dixsept ans il eut le malheur de perdre son père. Bientôt ses tuteurs le placèrent au collége Emmanuel à Cambridge, où il fit quel- ques progrès dans la partie amusante de la littéra- L'explication de ces belles peintures a étà publiée en fran çais, Gouda, 4845 turc classique. Aristophane surtout était l'objet de son admiration et de ses lectures. 11 n'en assistait pas moins avec assiduité aux doctes leçons de lui» bard sur le texte grec du nouveau Testament, Mais déjà ses vues se tournaient d'un autre côté. Introduit dès sa dixseptième année dans un monde d'élite dont il partagea tous les divertissements, conduit à Londres où ses yeux furent témoins des réjouissances faites à l'occasion du couronnement de Georges 111, enivré du théâtre et personnellement connu de Garrick avec lequel il avait quelque ressemblance, Cradock ne voyait qu'avec trèspeu de sympathie le régime sévère de l'université. Quoique inscrit sur les registres académiques comme se vouant aux études scolastiques, il subit des examens de mathématiques et n'en subit poillt de littérature ' • ne prit aucun degré; il se livrait de préférence à la déclamation, espérant que si le roi venait à visiter Cambridge, c'est lui qui serait choisi pour haranguer Sa Majesté, laquelle en revanche lui conférerait le grade de maître ès arts honoraire. Mais Sa Majesté ne vint point, et Cradock finit par quitter le collége Emmanuel à peu près comme il y était entré. Heureusement sa fortune, désormais à sa disposition, lui permettait de se passer de tous les grades universitaires ; et il est indubitable que lors même qu'il n'aurait pas eu de bien, il eût agi de même ou peu s'en faut. Le théâ- tic, pour lequel il avai une vocation décidée, aurait été sa ressource. Au reste, il n'en eut pas moins ce degré de maitre ès arts qu'il avait espéré obtenir par une contrevoie. Il lui fut conféré au nom du roi par le duc de Newcastle, chancelier de Cambridge, en 1765. Cradock venait alors de se marier. Tantôt à Londres, tantôt à la campagne, soit parmi de riches amis ou les nobles parents ,de sa femme, soit parmi d'illustres artistes, il jouissait d'une existence brillante et enviée. Mais en déve- loppant chez lui de vrais talents, cette vie luxueuse et poétique amoindrissait étonnamment sa fortune; et il fallut qu'un sage parent l'aidât souvent de ses conseils et quelquefois de sa bourse. Il en fut quitte pour baisser un peu le train stir lequel était montée sa maison à Gumley, et pour donner des hypothèques sur quelquesuns de ses biens. An reste il était aussi aimable que prodigue, aussi obligeant qu'aimable. L'année 1767 le vit revêtu de l'office de haut shériff dans le comté de Leicester. Plus tard, et surtout lors du ministère du duc de Grafton, il fut invité à se mettre sur les rangs pour la candidature parlementaire : le gouvernement l'eût fait nommer sans doute. Cradock préféra son repos à ces fastueux honneurs. Il n'en fut pas de même lorsqu'on pensa à l'accoler dans la place de sousprécepteur du prince de Galles au docteur Hinchliffe qui eût été précepteur; mais la chute du duc de Grafton et de lord North coupa court à cet arrangement. En 1784 la santé de mistriss Cradock fournit aux deux époux une occasion de se rendre à Paris : ils y furent accueillis dans les cercles les plus élevés. Ils visitèrent aussi la France mérldio- Fng e, la Hollande, la Flandre, et ne revinrent en leterre qu'après deux ans d'absence. Le reste de la vie de Cradock ne présente plus d'événements. Sa fortune, dérangée par des débuts grandioses, lui imposait la loi de mettre un peu de mesure dans ses dépenses. Il y parvint en partie en se livrant moins à la société, en vivant plus dans la retraite. 11 perdit sa femme en 1816. Sept ans après, las de la gestion de ses biens grevés d'hypothèques, il en lit l'abandon à un gentleman qui se chargea de lui servir une pension à vie, et il vint se fixer à Londres avec un revenu bien audessous de celui qu'il avait été habitué à manier si longtemps. C'est là qu'il mourut le 15 décembre 1826. Sa maison avait été longtemps regardée par les savants, par les artistes, comme un centre d' fluence. On voyait s'y presser, à côté despremières notabilités intellectuelles, les illustrations nobiliaires les plus orgueilleuses. Luimême était à la fois un homme charmant, un artiste, et à coup m'Ir un gentleman. Son visage, ses gestes, sa manière de déclamer rappelaient Garrick qui fut toujours ad- mis à son intimité. Musicien, il faisait sa partie dans des soirées musicales qui eurent du retentissement. 11 avait beaucoup de goût pour les jardins, et c'est en grande partie par ses idées que ses vastes propriétés à Gumley ou aux environs reçurent les embellissements (pli les ont rendues si célèbres. Une bibliothèque trèsriche et des collections précieuses achevaient de donner à sa maison quelque ressemblance avec le palais d'un souverain. Enfin, et c'est le trait essentiel, il ne se bomait pas à protéger la littérature , il était littérateur luimême, témoin les ouvrages dont il fut bien réellement l'auteur. 1° Lettres écrites de Snowdon, contenant la relation d'un voyage dans les contrées septentrio- nales de la principauté de. Galles, 1770 2° Mémoires du village, ou Correspondance d'un ecclésiastique et de sa famille qui habitent la cam- pagne avec son fils qui est à la ville, 1774 C'est une espèce de petit roman, où l'auteur a con- signé comme dans tin cadre commode des obser- vations sur la religion, sur la poésie, sm. la critique, suries théâtres, sur les jardins paysagers, etc., etc. Ce miscellanea trouva grâce devant les sévères aristkuques de la Montlhy Review et de la Critical Review; et Cradock méditait d'en donner une seconde édition, lorsque la publication d'un ouvrage analogue de Mason Good le fit renoncer à ce dessein. 3° Zubéide, tragédie, 1773, représentée avec succès à CoventGarden. C'était une imitation de la pièce des Scythes, la meilleure de celles qu'enfanta la verve trop féconde de Voltaire septuagénaire. L'exemplaire que Cradock ne manqua pas d'envoyer au patriarche de Ferney lui valut du vieillard un distique anglais, Thanks ta your Muse, a foreign eoppel shines Turn 'd intu gold and coin'd in sterling limes. qui n'a pas été imprimé dans ses œuvres et dont voici le sens : « Grâce à votre Muse, le cuivre « étranger étincelle, transmué en or et rrappé en vers sterling. » 40 Vie de l'écuyer John Wilkes, à la manière de Plutarque, pour servir de spéci- men à un ouvrage plus considérable, 2e édition, Londres, J. Wilkie, 1773 avec portraits des d igni intrare, c'est-àdire Wat Tyler, l'alderman Beckford, Jean Cade, l'écuyer J. Wilkes; et cette épigraphe, « Voilà tesDieux, ô GrandeBretagne ! C'est un pamplet inspiré par la mauvaise humeur, à propos de l'émeute de Wilkes dans laquelle la maison de l'auteur avait été endommagée. 11 ne faut pas s'étonner que l'on trouve dans cette houtade.l'acrimonie et quelquefois la verve du pro domo sua. 5° Relation descriptive de quelques- unes des parties les plus romantiques du nord du pays de Galles, 1777Quatre dissertations mo rales et religieuses adressées à la génération nais- sante. Ces dissertations ont trait l'une à l'avarice, l'antre à l'hypocrisie, la suivante à la félicité de l'homme en cette vie, la quatrième à la pratique permanente du bien. 11 les avait prononcées lui-- même comme sermons devarrt des amis particu- liers : c'était toujours, on le reconnaît, de la déclamation, c'était presque une scène théâtrale. 7° Fidelia, 1821, hi-12. Ce roman, qui a pour but de faire sentir le danger des liaisons frivoles, est écrit avec une simplicité qui persuade. 8° Le Czar, tragédie, 1824. Cradock dans sa préface annonça cet ouvrage comme composé depuis cinquante ans. C'était par trop outrepasser la règle nonumque prematur in annum. 11 vit pourtant le public ac- cueillir avec faveur cette publication surannée ; et c'est alors que, faisant un triage dans ses nombreux cartons, il mit au jour le dernier et le plus piquant de ses ouvrages. 9° Mémoires littéraires et Miscellanées, i826, 2 vol. Le roi George IV en accepta la dédicace. lis contiennent beaucoup de détails assez curieux, d'anecdotes dont quelquesunes étaient inédites, de remarques ingénieuses, et enfin de morceaux de poésies qu'il a ainsi dérobées à l'oubli en les réunissant dans ce cadre autobiographique. Le second volume est con- sacré au voyage à Paris et dans la France méri- dionate. Bien que les talents littéraires de Cradock fussent de nature à lui inspirer quelque vanité, ce gentleman tenait bien plus à la noblesse de son extraction qu'à tous ses antres avantages. 11 disait sérieusement que la tige de sa famille était ce célèbre Caradog dont les historiens de Rome ont travesti le nom en celui de Caractacus. La dernière bataille de cet intrépide champion de l'indépen- dance d'Albion mit lieu au pied d'une montagne voisine de Shrewsbury et qui s'appelle encore Caer Caradog : ses descendants se répandirent dans les comités deLeicester, de Stafford et d'York. Lors de son voyage en France, il alla visiter la Bretagne et il prétendit retrouver au village de Caradog, près de Rennes, les traces du berceau de sa famille
  • Joseph DACIANO( 1520) : médecin, moins connu qu'il ne mérite de l'être , naquit en 1520, à Tolmezzo, dans le Frioul, de parents pauvres. Son père, ouvrier tailleur, le conduisit jeune à Udine, où il s'établit dans l'espoir de trouver pins facilement les moyens de vivre avec sa famille. Ayant obtenu, en 1547, des magistrats d'Udine, un secours pour continuer l'étude de la médecine, il alla suivre les cours des plus célèbres professeurs de son temps , et revint en 1555 dans sa patrie adoptive. Revêtu presque aussitôt du titre honorable, mais peu lucratif, de médecin de la ville, les talents qu'il montra dans l'exercice de cette charge lui méritèrent en peu de temps la confiance générale ; et son modeste traitement fut augmenté à plusieurs remises. Les succès qu'obtenait Daciano dans sa pratique, excitèrent la jalousie de ses confrères, qui tentèrent de l'empoisonner en lui faisant manger du pain où l'on aN ait mêlé de la céruse et du sublimé corrosif; mais il reconnut à temps la présence du poison; et dès lors il se tint en garde contre les projets de ses ennemis. Quoique fort occupé de son art, il n'était point étranger à la littérature; il composait avec facilité des vers latins et italiens; et l'on en trouve quelquesuns de lui dans la Raccoltà enconuiastica di Salome della Torre, Venise, 1568. Cet habile praticien mourut en 1576, quelques mois après avoir terminé l'ouvrage sur lequel repose sa réputation . Trattato della peste e delle petecchie, nello ( male s'in serina il vero modo che si dee tenere per preservarsi e curare ciascuno oppresso di tali irri firmita, etc., Venise, 1577 de 152 pages. La partie théorique de cet ouvrage n'offre rien de plus remarquable que la plupart des traités de médecine du même temps. Mais ce qui le rend précieux, ce sont les observations faites par Daciano au chevet de ses malades, et qu'il ré- digeait ensuite avec autant d'exactitude que de précision. Ce médecin, l'un des premiers, a su distinguer la peste bubonique des fièvres contagieuses avec lesquelles on la confondait alors, et a déterminé ses signes caractéristiques. Dans tontes les circonstances, il avait combattu les affections contagieuses avec succès par les contrestimulants. Aussi recommandetil d'employer, dès le principe de la maladie , la saignée, l'application des sangsues, les scarifications, etc. ; il cite à l'appui de son sentiment ce qu'il avait observé dans une épidémie qui dura depuis la fin d'avril jusqu'à la fin de septembre 1560, où tous les malades qui n'avaient point été saignés succombèrent, tandis que les autres se rétablirent assez promptement. L'ouvrage de Daciano, devenu rare , était depuis longtemps tombé dans l'oubli, lorsqu'en 1817 le docteur Mai, colini d'Udine en publia un curieux extrait dans son livre intitulé : Delle principali febbri tiside Udine net secolo xvi; e di una operetta del dothrr Daciano, etc. Rétabli par là dans ses droits, ce zélé praticien est maintenant compté parmi les médecins qui se sont occupés le pitis utilement des moyens de se préserver de la peste et de s'en guérir ; et il ne paraît en Italie presque aucune dissertation sur le typhus ou les autres maladies contagieuses sans que son nom y soit cité d'une manière honorable
  • Joseph DELFINO : de la méme famille que le précédent, fut capitaine général de la flotte vénitienne en 16i1, et se distingua par le combat qu'il li%ra le 6 juillet, au sortir des 1 Iardanelles, à la flotte turque, trois fois supérieure à la sienne, que commandait Amurat, pacha de Rude. Séparé de toute sa flotte, il se battit en désespéré, et quoiqu'il eût perdu ses mâts, ses voiles et son gotsventail, et qu'il fût criblé de coups de eanon, il inspira tant de résolution à ses matelots, qu'il arracha son ‘aisseau à quatre galères et deux sultanes turques qui l'entiiuraient.-1 tELFINO , provéditeur général des Vénitiens, commanda en Dalmatie de 1691 à 1699 ; et tandisque ses compatriotes conquéraient la Morée, il n'eut guère moins de succès dans l'Albanieet la Bosnie. Il ajouta Kinn, Sing, CastelNuovo, et surtout la redoutable forteresse de Ciclut aux possessions de sa république. Toutes ces conquêtes furent garanties au% Vénitiens par la paix de Carlos% itz en 1699; mais dans la guerre suis ante, en 1711, la fortune leur fut toujours contraire, et Jérôme Delfino, d'abord provéditeur général en Morée , et ensuite capitaine général de la flotte vénitienne, 1 il conquérir sous ses yeux, par les Turcs, toute la Morée, les plai ces fortes qui restaient encore en Candie, et les iles de StMaure et de Cérigo, sans pciusoir seulement engager DianunCoggia, l'amiral turc, à une bataille
  • Joseph DAQUIN( 1733 - 1815) : médecin, né à Chambéry, en 1733, lit ses études médicales à Turin, y prit le grade de docteur en 1737, et alla s'établir à Chambéry, où il devint bibliothécaire de la ville et médecin de l'hôpital. Il fut aussi professeur d'histoire naturelle à l'école centrale du département du MontBlanc. Lors de la découverte de la vaccine, il fit tous ses efforts pour la propager, et publia en 1801 une Lettre à ses concitoyens pour en faire connaître les avantages. Enfin il traduisit en français le traité du docteur Sacco sur la vaccination. Daquin était membre d'un grand nombre de sociétés savantes. Il mourut à Chambéry le 12 juillet 1815. Ses ouvrages sont : 10 Lettre aux amateurs de l'agriculture, Chambéry, 1771 L'abbé Grillet dit que c'est à cette lettre qu'est due la fondation de la société d'agriculture de Chambéry. 20 Analyse des eaux thermales d'Aix en Sa- voie. Chambéry, 1773 ; ibid., 1808 2° édition, augmentée d'un grand nombre d'observations relativ es aux propriétés de ces eaux. 3° Mémoire sur la recherche des causes qui entre- tiennent les lièvres putrides à Chambéry, ibid., 1774 4° Essai météorologique sur la véritable fluence des astres, des saisons, des changements de temps appliqué aux usages de l'agriculture, de la médecine et de la navigation, etc., par J. Toaldo, traduit de l'italien avec des notes. Chambéry, 1782 ; îi° Réponse à la lettre d'un ecclésiastique français à l'occasion des notes du traducteur. de Toaldo, ibid., 1784 ; 6° Analyse des eaux de la Boisse, ibid., 1784 7° Réflexions d'un cos- mopolite sur celles du solitaire de la Cassine, rela- tives aux eaux de la Baisse, ibid., 1786 8. Topographie dela ville de Chambéry et de ses en- virons, ibid., 1787 Cette topographie v alut à l'auteur une médaille d'or de l'Académie royale de médecine de Paris. L'ouvrage fut cependant critiqué dans un journal imprimé à Turin, intitulé Riblioteca Oltrentontana . Daquin publia en 1788, deux brochures en réponse à cette critique ; 9° La philosophie de la folie, on prouve que cette maladie doit plutôt étre traitée les secours moraux que par les secours physiqu,,, et que ceux qui en sont atteints éprouvent d'uhmanière non équivoque l'influence de la lav, • Chambéry, 1804 La première édition de I» ouvrage avait paru en 1791. La 2' édition, tc - augmentée, est dédiée au professeur Pinel. 1, conseils que donne Daquin sur l'emploi de la douceur et du traitement moral à l'égard des aliénés ont beaucoup de rapport avec ceux du célèbre médecin de la Salpétrière, comme aussi avec ceux de son digne élève et successeur, le docteur Esquirol
  • Joseph DESPAZE( 1776) : naquit à Bordeaux en 1776, d'une famille honorable. Sou père lui lit faire d'excellentes études, et la prédilection qu'il montra de bonne heure pour Juvénal , Horace et rétrontput faire pressentir en lui sa vocation pour la satire. Certes, s'il fut un temps propre à fortifier, dans l'esprit d'un jeune homme, tin secret penchant à combattre les %ices, les liassions honteuses et les ridicules, c'est assurément l'époque où le jeune Despaze •int à Paris. La France respirait à peine du règne de la terreur ; l'échafaud révolutionnaire était renversé ; tuais le 9 thermidor n'avait pas mis tin à toutes les inquiétudes des gens de bien, et c'était faire preuve de courage que de s'attaquer aux, hommes d'un parti sanguinaire qui n'avait pas 4entu toute espérance de ressaisir le pouvoir. Ce fut dans ce but louable que Desvaze s'associa à quelques hommes de lettres connus par la modé ration de leurs opinions, pour fonder un journal, politique et où 1 ; Chénier surtout plaça plus d'une fois le nom de Despaze dans ses satires. Celuici en fut dédommagé par l'estime de plusieurs personnes qui occupaient un rang distingué dans les lettres. M. BaourLormian lui dédia la première édition des Poésies d'Ossian. Despaze lui rendit hommage pour hommage dans sa dédicace d.ttne édition 'tomette des Satires. Ce fut encore. un acte de courage de ce poète, ayant à déplorer la décadence des arts en France, d'oser répéter en t 50 I le>, ers sui% mats sur la guerre, au moment oit Bonaparte venait de saisir le pouvoir : Mais aussi l'art fatal qui préside aux combats, Qui dirige te bronze, instrument du trépas, Qui surpasse en excès les discordes civiles, Qui dévaste les champs, qui dépeuple les villes, Jamais ne couronna phis d'illustres guerriers; Jamais de tant do sang n'arrosa ses lauriers. Pospaze renonea de bonne heure au culte des muses; il avait assez de fortune pour se retirer à temps d'une carrière qui ne lui promettait• plus que de, épine,. Il quitta le séjour de Paris, et se retira à Dias cette rinquieuie satire b•s?air 41.preuil 14 (Jase de son duel awc le peintre Liatioii L'imprimeur avait premien, hstire un er (parue",. au lieu 4'101 a ( Datww . L'auteur ne itedara cette ctreun.,Liute, qui eut tout termine, qu'apte, 1• duel, au peintre qui ruait dr le ble,ct scr?•vrtnent d'une WUr. Il craint dr praltre marna t'eut Cite anpr »31110mil. la campagne, aux en N irons de Bordeaux, auprès de son père, dont il consola la vieillesse. La chasse devint son goût favori ; et d s'en occupa avec tille telle ardeur qu'il composa un traité de vénerie qui atteste des recherches savantes et une étude trèsapprofondie de la matière. Cet ouvrage n'a pas été imprimé. Despaze mourut le 15 juin 1814, à Cussac, département de la Gironde, des suites d'une pleurésie. Il avait vu avec satisfaction le rétablissement de l'ancienne monarchie ; il espérait de ce changement politique le triomphe et l'affermissement d'une sage liberté, qui fut l'opinion de toute sa vie. Outre les oeuvres satiriques dont nous avons parlé, nous mentionnons ici pour mémoire quelques autres productions qui furent peu remarquées, même à l'époque de leur publication : 1° Les cinq hommes, Paris, 1796. C'est une notice sur les membres du Directoire composée par reconnaissance (l'un emploi que le directeur Carnot avait fait obtenir à l'auteur. 2° Essai sur l'état actuel de la France, Paris, 1797 ; 3° Épître au général Bonaparte, 1797 ; 4° Épître à Midas sur le bonheur des sots, Paris, 1799 et plusieurs pièces fugiti\ es éparses dans l'Almanach des muses. Un critique contemporain, a dit des ouvrages de Despaze : On sent en lisant £es vers toute la colère (le la probité... Le poète dit avec précision, il exprime avec force des choses bien pensées; une saine logique les enchaîne et le trait malin ne s'y fait pas attendre : j'observerai pourtant que l'auteur, justement soigneux de la correction, composait d'une manière si pénible que le travail chez lui ne réussit pas toujours à cacher le travail. Ses vers sont pleins d'esprit et d'énergie, mais l'effort s'y fait trop sentir. lls laissent à désirer des repos et des nuances. On voudrait y rencontrer des transitions plus faciles, des formes plus variées, et surtout une expression plus habituellement poétique. Si Joseph Despaze, moins puissamment l'appelé vers son pays natal, eût continué à cultiver les lettres à Paris, il y eût obtenu sans nul doute un nom célèbre et un rang élevé parmi les poètes
  • Joseph DONZELLI : baron de Digliola dans le royaume de Naples, s'occupait de médecine et de chimie au milieu du 17e siècle. Il a publié : Sy- nopis de opobalsamo orientali, Naples, 1640 2° Liber de opobalsamo, additio apologetica, ad suant de opobalsamo orientali synopsim, Naples, 1643. Le même ouvrage, traduit en italien, a été imprimé à Padoue en 1643 3° Antidotario napoletano di nuovo riformato e corretto, Naples, 1649 4° Teatro farmaceutico, dogmulico e spargirico, con l'aggiunta del Tonsaso Donzelli, figlio dell' aurore, Rome 1677 ; 5° Parthe- nepe liberata, overo racconto eroica resolutionc dal popolo di Napoli pro soffersi, contatto il reuno, dull insoportabil, giogo dell IspagnuOli, Naples, 1647, in 4°
  • Joseph DOMBEY( 1472) : naquit à Mâcon, en 1472, de parents pauvres qui lui donnèrent une éducation proportionnée à leurs facultés. Mais l'impétuosité de son caractère et son gait pour les plaisirs l'empêchèrent d'en profiter. Traité sévèrement dans la maison paternelle, il la quitta et se rendit à Montpellier, où Gouan, Commerson, qui était son parent, et Casson lui inspirèrent le goût de la botanique, qui devint une passion pour lui. 11 fit avec eux de fréquentes herborisations dans le midi de la France, et ne revint au sein de sa famille qu'en 1768, avec le titre de docteur en médecine. Avant de partir pour Paris, il parcourut successivement la Bresse, le Bugey, le Jura et les Alpes dauphinoises, la Suisse, où l'étendue de ses connaissances étonna Haller luimême ; et, possesseur alors d'une belle collection de végétaux, il vint suivre, en 1772, les cours de Jussieu et de Lemonnier. Retourné en Suisse, il herborisait sur le mont Jorat, lorsqu'il fut proposé par de Jussieu, le jeune, à Condorcet, que Turgot avait chargé de chercher un botaniste pour naturaliser en France les végétaux utiles de l'Amérique espagnole; il partit aussitôt à pied pour Paris, où Turgot lui donna le brevet de médec correspondant du Jardin des Plantes, avec l'ordre de voyager au Pérou. Ce projet, qui exigeait l'agrément de la cour d'Espagne, éprouva quelques retards, que Dombey mit à profit pour continuer ses études et tracer le plan de son voyage. 11 se rendit à Madrid le 5 novembre 1776; mais les lenteurs du gouvernement espagnol le retinrent près d'une année. On lui adjoignit enfin Ruiz et Pavon, disciples du botaniste Ortega, avec lesquels il s'embarqua à Cadix, le 20 octobre 1777, et arriva au Callao le 7 avril sui- vant. 11 commença bientôt après ses courses, re- cueillit beaucoup de graines, et fit dessiner au moins 300 plantes; mais comme les dessinateurs étaient Espagnols, on garda les dessins originaux et on ne lui permit même pas de faire copier les genres dédiés à ses amis. Il se procura en même temps des vases trouvés dans les tombeaux des anciens Péruviens, un habillement des Incas, et divers autres objets curieux qu'il envoya en France avec un bel herbier, trente livres de platine, un mémoire sur le prétendu cannelier de Quito et des. observations Mir une maladie fort cruelle, endé- mique au Pérou, et qu'il attribue à l'usage immodéré du piment, du coqueret et, de la tomate. Il analysa, en 1779, à ses frais, par ordre du viceroi, les eaux minérales de Ceuchin. Dans une de ses courses, sa petite troupe fut attaquée par un parti de nègres marrons; mais elle se défendit avec courage et fit même trois prisonniers. Il alla ensuite, en remontant les torrents qui se jettent dans le Maragnon, jusqu'à Huannco, où il s'occupa, à travers les périls de tous genres, de la recherche du quinquina ; niais il fut obligé de re- venir à Lima, après avoir perdu toutes ses provisions. Ses dépenses ayant absorbé au delà de ses appointements, Necker lui fit compter 10,000 livres, qu'il employa en frais d'emballage. Cependant, quoique le traitement de ses compagnons fût plus considérable que le sien, il put encore leur prêter une somme de 8,000 livres. Dombev aimait le jeu; mais ce goût ne le détourna jamais de ses travaux. 11jouait dans les intervalles de loisir que lui laissaient ses excursions et ses recherches, et comme il était heureux, il payait ses dettes lorsqu'il avait gagné, prêtait à ses amis, secourait les malheureux, et faisait tourner sa bonne fortune au profit de la science. S'il aimait les dépenses, il savait supporter les privations, et l'on voyait le même homme, tantôt avec une suite considérable, tantôt avec tirs seul domestique. Dombey se trouvait à Iluanaco, en 1780, lorsqu'éclata l'insurrection de TopacAmaru, dont plus de 100,000 hommes furent victimes. La ville était dans la consternation; il offrit alors an conseil général; une somme de 1,000 piastres, vingt charges de grains et deux régiments levés et équipés à ses frais. Onécouta avec enthousiasme ses propositions, qui furent ce- pendant refusées. Un si bel exemple excita 1e zèledes officiers, qui s'engagèrent à fournir euxmêmes l'argent nécessaire pour soutenir les troupes; mais Dombey ne voulant pas garder ce qu'il avait offert, le fit remettre à l'hôpital de StJeandeDieu. Lorsque l'insurrection fut calmée , il quitta Huanaco, accompagné des bénédictions de tous ses habitants, el revint à Lima, oit il apprit que le Bon Conseil, vaisseau qui portait ses collections en Europe, était tombé entre les mains des Anglais; que les objets de sciences et d'arts avaient été achetés à Lisbonne pour le compte du roi d'Espagne, et qu'on n'avait envoyé en France que des graines et des plantes desséchées. Il essuya luimême plusieurs tracasseries à Lima. Un jour le viceroi le manda et lui dit : « Le mi-« nistre des Indes m'a écrit que notre monarque « it trouvé fort étrange que l'herbier qu'on lui « avait destine; ne fut pas aussi considérable que « celui qu'on envoyait en France. - Le ministre . Dombey, qui mourut avant la publication de l'ouvrage de l'Héritier, accablé pat les peines qu'il avait éprouvées, perdit son goût pour l'histoire naturelle, vendit ses li-'res, et brûla beaucoup de notes trèsprécieuses. Bidon lui fit accorder 60,000 liv tes pour payer ses dettes et une pension de 6,000 livres, dont il donnait la moitié à sa famille. Il s'en réservait un quart seulement pour ses besoins, et le reste était IF distribué aux indigents. Obliger fut un besoin pour lin, et lorsqu'il avait eu occasion de satisfaire sa bienfaisance, il disait : « Je suis content , j'ai pu « aujourd'hui faire du bien à quelqu'un. » Son désintéressement égalait sa générosité. Il n'accepta aucune des propositions avantageusesque lui firent les ambassadeurs d'Espagne et de Russie, et lorsque Calotine lui offrit une gratification de 80,000 livres, il refusa en disant que cette somme pouvait être employée plus utilement. N'ayant plus de goût pour la botanique, il refusa de se présenter pour remplir la place de Guettard, à l'Académie des sciences. Lorsqu'il quitta Paris, il forma le dessein de se retirer au pied du Jura, chez un cultivateur dont il avait fait la connaissance pendant son premier voyage ; mais il s'arrêta en Dauphiné et fixa ensuite son séjour à Lyon, où il était encore à l'époque du siége . Après la reddition de cette s ille , il revint Paris, demanda et obtint une mission pour les ÉtatsUnis. Un orage le força pendant la traversée, à s'arrêter à la Guadeloupe, où il pensa être massacré dans une émeute populaire.4 peine s'étaitil rembarqué que son vaisseau fut poursuivi et pris par deux corsaires. On le traina dans les prisons de Mon tliSerrat. Les chagrins, les mauvais traitements et la misère, y terminèrent sa vie. Sa mort n'a été connue en France qu'en octobre 1794. Dombey, par son courage, sbn zèle et ses nombreuses découvertes, doit être placé parmi les plus grands botanistes voyageurs du 18C siècle. Son herbier, déposé au Muséum d'histoire naturelle, renferme 1,500 plantes, dans lesquelles il y a 60 genres nouveaux, et est accompagné de la description des végétaux du Pérou et du Chili, avec l'indication de leurs usages. Ruiz et Pavot), qui furent ses compagnons de givoyage, ont décrit ses découvertes dans leur magnitique Flore Péruvienne, exécutée en grande partie d'après les dessins et la collection de Dombey, qu'on ne cite pas en mettant ses travaux à profit, et en changeant même les noms qu'il avait donnés aux espèces nouvelles. On doit aussi à Dombey, en minéralogie, la découverte du cuivre tnuriaté et de l'euclase ; en zoologie, celle de quadrupèdes, d'oiseaux, de poissons et d'insectes, dont plusieurs portent son nom. 11 a publié dans le 15e volume du Journal de Physique, une longue lettre sur le salpêtre qui se trouve au Pérou, et sur la phosphorescence de la mer. Cavanilles a donné le premier le nom de Dombeya à un genre de la famille des malvacées ; il est adopté pat laplupart des bo- tanistes. De Jussieu a publié, sous le nom d'Arau- caria, le pin du Chili ou des Araucanes, que quelqu'un a roulis nommer Dombeya, mais le premier nom subsiste dans les principaux ouvrages de bo- tanique. Le Dombeya de l'Héritier a conservé le nom de Tourretia, donné par Dombey luimême, (voy. la curieuse Notice sur Dombey, rédigée par M. Deleuze d'après les pièces authentiques, et au t. 4 des Annales du Muséum d'histoire na- turelle
  • Joseph DONOSO( 1628 - 1686) : peintre et architecte espagnol, naquit à Consuegra dans la NouvelleCastille, en 1628. Il reçut de son père quelques principes de la peinture, entra dans l'école de François Fernandez à Madrid, et fit à dixhuit ans le voyage de ' Rome. Six années de séjour dans cette ville le rendirent habile dans son art ainsi que dans l'architecture et la perspective. De retour à Madrid, il se plaça dans l'école de don Juan Correno, qu'on appelle le Titien de l'Espagne, polir se perfection-, ner dans le coloris, et y fit de tels progrès que sa manière a, selon Palomino Velasco, beaucoup de M •rapport avec celle de Paul Veronèse. Outre de trèsbons tableaux, Donoso laissa un bon manuscrit sur l'architecture et la perspecti\ e. Il mourut en 4686, à Madrid, âgé de 58 ans. Parmi les nombreux ouvrages dont plusieurs églises de Madrid furent ornées par Donoso, on cite les portraits de tous les supérieurs et des principaux religieux du couvent de Notre Dame de la Victoire, la Canonisation de St. Pierre d'A Icantara , six grands tableaux de la Vie de St. Bene, une Conception, une Crue, deq tableaux de Martyrs, etc
  • Joseph DOULIGNY : l'un des auteurs du vol co au gardemeuble de la couronne, à Paris, dans les journées des 14, 15 et 16 septembre 1792, était, ainsi que son complice Chambon , , comme l'a dit Roland, alors ministre de l'intérieur, un homme dont le langage et les manières le faisaient voir au- dessus de ce qu'on appelait autrefois le com- mun. Tous les deux furent condamnés à mort le 26 septembre 1792, après 45 heures de séance, par la seconde section du tribunal criminel de Paris. Mais un sursis à l'exécution de ce jugement fut accordé, sur la promesse qu'ils firent de découvrir leurs complices ; et il est à remarquer que le Mo- niteur, en rapportant le texte du jugement et du sursis, ajoute : On dit que, d'après leurs révélations, on a déjà fait d'importantes arrestations. Mais Don- . ligny et Chambon étaientils les vrais coupables? Quels sont leurs complices? Comment et par quel pouvoir s'est terminé ce procès? Voilà des faits qu'on n'a pas approfondis et qui sont cependant de la plu. haute importance dans l'histoire, parce qu'ils eurent sur les événements de cette époque une grande influence. Après le 10 août, de nombreuses arres- tations eurent lieu à Paris ; on saisissait en même temps les objets de valeur qu'on trouvait au domii cile des personnes arrêtées. Tous ces objets étaient transportés à la commune et confiés au comité de surveillance ; des individus inconnus, revêtus de hil'écharpe tricolore, envahissaient les domiciles et „faisaient des saisies. Le 14 septembre, le maire Pé- lion, et Roland, ministre de l'intérieur, dénoncè- rent ces faits à l'assemblée législative ; Roland ajouta r que la commune de Paris commettait des dilapidations nombreuses, sous le :prétexte et à l'occasion des arrestations qui se faisaient. L'assemblée ren- dit ce jourlà même un décret par lequel elle dé; fendit à tous ceux qui ne seraient pas magistrats de se revêtir de l'écharpe, et elle ordonna qu'on fit de nombreuses patrouilles. Le lendemain, Roland pa- rut à l'assemblée et annonça le vol commis au gardemeuble, ainsi que l'arrestation de Douligny et de Chambon. 11 a, dit- il, été commis, cette nuit, un grand attentat : ce n'est pas d'aujourd'hui qu'on s'en occupe. Aucune patrouille ne parcourait la ville. La garde de l' hôtel était rentrée sous prétexte du froid. A peine le ministre avaitil parlé que Thuriot survient, et raconte qu'ayant été au garde- meuble, il lui a été facile de voir que le juge de paix chargé de cette affaire n'a point les connaissances nécessaires On lit dans les feuilles de Marat, qu'il y eut pour 25 millions de diamants volés au gardemeuble, plus G millions remis à Roland, ministre de l'intérieur. pour l'accélérer. Il demande que l'assemblée nomme quatre de ses membres pour prendre toutes les mesures propres à découvrit' les auteurs du vol. L'assemblée nomme ce comité, et Thuriot est luimême choisi. Quelques jours après, Roland attaque vivement les quatre commissaires, leur reprochant qu'ils ne sont jamais au gardemeuble ; qu'ils y ont laissé un 'délégué ; que lui, ministre, ne peut pas être responsable des suites de cette négligence. Thuriot répond que les commissaires ont fait leur devoir, quel'assemblée sera étonnée d'apprendre le résultat de leur activité ; mais il se borne à ces mots vagues. Cependant Douligny et Chambon sont condamnés; et le tribunal qui accorde le sursis déclare que de fausses patrouilles ont soutenu les voleurs, que le vol est la suite d'un complot formé par les ennemis de la patrie. Il est certain qu'on poursuivit le procès jusqu'au 26 octobre suivant ; car ce même jour Lhuilier, président dans la seconde section du tribunal criminel, se présenta au club des jacobins, pour demander leur appui près de la Convention, qui, disaitil, avait mandé le tribunal à la barre et voulait le destituer, parce qu'il pour- suivait le procès contre les voleurs du gardemeu- hie. Thuriot prit la parole dans cette occasion, et son discours jeta une vive clarté sur cette affaire. Ro- llnd, ditil, répand la _ calomnie en disant que le vol du garde- meuble a été le résultat d'un plan combiné par des hommes qu'il désignait assez enne désignant pas... Thuriot assure que le vol a été combiné dans la prison de la Force un mois avant le 10 août, et il pense que, pour couvrir la calomnie, on voudrait destituer le tribunal et faire évader les accusés. 'Mulot connaissait donc les vrais voleurs? Pourquoi le tribunal ne futil plus mandé à la barre? Pourquoi depuis le 26 octobre ne parlaton plus du vol du gardemeuble? Quel était le vrai motif pour lequel Thuriot, d'après son aveu, avait demandé, dès le 2 septembre, qu'on transportât aux Tuileries le trésor public? Que signifient ces mots lancés par Danton sans motif apparent : On nous accuse donc d'être des voleurs? Qu'on se rappelle`que le 15 sep- tembre, jour du vol du gardemeuble, Guillaume, trésorier de la banque de secours, à qui l'on avait ordonné, de rendre ses comptes, disparut, laissant en désordre une comptabilité de plusieurs millions; et il sera aisé de voir que ces vols, ces dilapidations étaient ordonnés par un parti qui avait besoin d'au- gent pour soutenir la révolution, et que ce besoin. se fit principalement sentir au moment de l'inva- sion des Prussiens. Dottligny et Chambon, dont le sursis ne fut point levé, dont la condamnation ne fut ni annulée ni confirmée, furent secrètement rendus à la liberté ; ils disparurent dès lors, vécurent sous de faux noms, et moururent paisiblement longtemps après
  • Joseph DUBREUIL( 1747 - 1824) : jurisconsulte, naquit à Aix le 12 juillet 1747. Après avoir reçu ses grades, il fréquenta le barreau, et fut pourvu de la double charge d'assesseur et de procureur du pays de Provence. A la révolution de 1789, dont il adopta les principes, il remplit successivement diverses fonctions administratives. En 1806, il fit partie du conseil de discipline de l'école de droit d'Aix, nouvellement constituée par un décret impéria1.11 accepta pendant les cent jours la place de maire de sa ville natale, qu'il sut garantir de tous les excès, et présida le collège électoral de l'arrondissement, convogué pour nommer les députés à la chambre dite des représentants. Rendu par la seconde restauration à la vie privée, il consacra ses loisirs à terminer quelques ouvrages qui lui assignent un rang honorable parmi les jurisconsultes contemporains. 11 mourut à Aix le 6 juin 1824. On a de Dubreuil : 10 Observations sur quelques coutumes et usages de Provence recueillies par Jean de Boer y : essais sur la simulation, la séparation des patrimoines, les obligations de la femme mariée et l'autorisation el) Quelques bibliographes prétendent que ce n'est que ta Int4n dont on a renouNele le frontispice. maritale, Aix, 1815 2° Analyse raisonnée cb la législation sur les eaux, ibid., 1817 Ci volume fait suite au précédent. 3° Observations sut le rapport des dons faits par le père à ses enfants, réclamé par les légataires de la quotité disponible, etc., ibid., 1822 Il a été publié une Notie' sur Dubreuil, Paris, 1824 de 12 pages. — Un autre DUBREUIL, qui s'intitulait ancien chirurgien dentiste de tous les établissements impériaux de St- Pétersbourg, se fit remarquer par son exaltation révolutionnaire sous le gouvernement directorial, fut longtemps détenu et figura dans la société des Jacobins du Manège en 1799, puis dans le parti de l'opposition à la révolution du 18 brumaire. Bonaparte l'ayant compris aussitôt après cet événement dans une liste de proscription, il récrimina contre cette décision dans une lettre adressée au premier consul luimême. Cette lettre, qui fut imprimée et signée, est écrite avec beaucoup de force. « A l'époque du 13 vendémiaire, lui dit- « il, tu fus le lieutenant de Barras, comme tu l'a- « vais été lors des mitraillades de Toulon, dont tu ' « commandais l'exécution. N'astu pas, dans cette « journée déplorable , sabré, immolé impitoyable- « ment une foule égarée qui paraissait désirer « quelques changements à cette constitution? Et « aujourd'hui s'il se présentait quelque téméraire « pour la défendre, tu t'abreuverais encore de son « sang ! » Compris dans la proscription qui suivit l'explosion de la machine infernale, en 1801, on croit que Dubreuil alla, comme la plupart de ses amis, mourir aux îles Sechelles pour l'expiation d'un crime auquel Napoléon savait trèsbien qu'ils étaient étrangers ; ce qu'il y a de sûr, c'est que depuis ce temps on n'a plus entendu parler de lui
  • Joseph DUCCINI : professa la médecine à Pise au commencement du 180 siècle. C'était un homme instruit, mais systématique ; il a laissé plusieurs ouvrages peu recherchés aujourd'hui, à raison des erreurs qu'ils contiennent. Le plus singulier est une dissertation : Sopra la natura de liquidi del corpo umano. Il prétend y prouver que le corps humain renferme tout l'attirail d'un laboratoire, opinion ridicule , dit Eloy, et qui eut une grande influence sur sa pratique. On estime davantage son traité De bagni di Lucca, Lucques, 1-;11
  • Joseph DUCHESNE : en latin Quercetanus, sieur de la Violette:né à l'Esture, dans la province d'Armagnac, vers 1544, avait demeuré longtemps en Allemagne où il s'était appliqué à l'étude des sciences naturelles et particulièrement de la chimie. Il prit le degré de docteur en médecine à l'université de Bâle vers 15'73, et de là vint à Genève où il re-çut la bourgeoisie; entra au conseil des deux cents, Fut député auprès des états de Berne pour leur demander des secours contre le duc. de Savoie, et rendit d'autres services à sa patrie adoptive. Il vint en 1593 à Paris où il obtint une place de médecin ordinaire du roi Henri IV. Sa 'vanité et le mépris avec lequel il affectait de parler de ses confrères le leur rendit odieux. Comme il leur disait des injures dans ses ouvrages, ils lui répondirent sur le même ton. Ces sortes de querelles, toujours inutiles aux progrès de la science, ne servent qu'à déconsidérer ceux qui les cultivent, dans l'opinion du vulgaire. On ne peut nier cependant que Duchesne ne fût réellement supérieur à la plupart des chimistes de son temps. H appuyait sa théorie sur l'expérience, et ses essais tout imparfaits.qu'ils devaient être, ont dû nécessairement conduire à d'autres plus intéressants. 11 faut convenir aussi que Duchesne accordait trop de confiance aux rêves de l'alchimie, et que c'est avec raison qu'on lui a reproché son estime pour Paracelse. Les occupations de son état et son goût pour les sciences ne l'empêchèrent pas de cultiver la poésie française. Il a laissé deux poèmes dont nous donnerons les titres avec ceux de ses principaux ouvrages ; il en annonçait un troisième où il devait découvrir toutes les merveilles du globe terrestre; mais il n'a pas paru. Duchesne était protestant, et c'est probablement cette circonstance qui lui a valu un article assez flatteur dans le Dic- tionnaire de Bayle. On ne sait pourquoi Moreri a l'envoyé son article au mot Quesne. 11 mourut à Pa- ris en 1609 dans un âge qui n'était pas si avancé que le disent, d'après Eloy, les auteurs du nouveau Dictionnaire historique, puisqu'en cette amiée il n'avait guère que soixantecinq ans. Suivant Eloy: « Tous les ouvrages qui ont paru sous le nom de « Duchesne ne passent pas pour être de sa main, « et on le soupçonne d'avoir eu des plumes à gage. » Les principaux sont : 1° Ad Jacob, Auberti de Ortu et causis metallorum contra chymicam explicationem, brevis responsio, etc., Lyon, I 575, 1600 et dans le 2° vol. du Théd- tre chimique, Strasbourg, 1613 e Traité de la cure générale et particulière des arquebusades, en latin, Lyon, 1576 , Il en parut une tra- duction française la même année, et de même format. 3° La Morocosmie, ou de la folie, vanité et inconstance du monde, en cent octonaires , avec deux chants doriques de l'amour céleste et du souverain bien,* Lyon, 1583 40 L'Ombre de Garnier Stauffacher, tragi- comédie, sur l'alliance perpétuelle entre Zurich, Berne et Ge- nève, 1583 50 Le Grand Miroir du monde, Lyon, 1587 ; 2e édition, avec un commentaire de Simon Goulart, Lyon, 1593 Eloy n'a pas connu cet ouvrage, et il en a indiqué mal à propos le titre en latin. C'est un poème français divisé en 5 livres, dans lequel l'auteur examine et combat les anciennes opinions religieuses, qui ont régné sur la terre avant JésusChrist. 11 y a des épisodes où il traite de la chimie et de ses expériences. 60 Dioeteticon polyhistoricum, Paris, 1606 réimprimé plusieurs fois et traduit en français sous ce titre : le Portrait de la santé, StOmer, 1618 7° Pharmacopea dogmaticorum restituta, pretiosis selectisqué hermeticorum floribus illus- trata, Paris, 1607 C'est de ses ouvrages celui qui a été réimprimé le plus souvent ; il a été traduit en français, Rouen, 1639 Boerhaave en recommandait la lecture à ses élèves. Les ouvrages de médecine de Duchesne ont été recueillis à Francfort, en 1648, 3 vol. sous le titre de Quercetanus redivivus
  • Joseph DUCREUX( 1737) : peintre, né à Nanci, en 737, fut le seul élève du célèbre Latour. Envoyé Vienne par le duc de Choiseul, en 1769, pour y aire le portrait de la jeune archiduchesse Marieditoinette, depuis dauphine et reine de France, il evint premier peintre de cette princesse. Ses pasels, auxquels il donnait beaucoup de force et d'élat, furent longtemps en vogue il voulut aussi 'eindre à l'huile et en miniature, et il y réussit 'assablement, mais sans rien ajouter à sa réputaion. Les pottraits qu'il a faits de luimême, tantôt ous la forme d'un joueur ruiné qui s'abandonne an lésespoir, tantôt sous celle d'un bâilleur, d'un dorneur, d'un rieur, fixèrent les regards de la multinée aux expositions publiques du musée ; on y couva du naturel et une sorte d'originalité. Les véqtables connaisseurs, toutefois, y auraient désiré les attitudes moins triviales et un meilleur ton de :ouleur. Ducreux mourut en 4802, d'une apoplexie oudroyante qui le frappa sur la route de Paris à 3tDenis, et qui ne lui laissa pas trois minutes d'exis.ence. il avait été reçu membre de l'Académie imaériale de Vienne
  • Joseph DUFFOUR( 1761) : médecin, naquit le 23 octobre 1761 à Bourganeuf près de Limoges, d'une Famille ancienne. Ayant perdu son père lorsqu'il était encore fort jeune, sa mère prit soin de son éducation, et l'envoya faire ses études à l'université de Poitiers, d'oit il vint se perfectionner à Paris. Reçu docteur à la faculté de médecine en 1787, il fut en 1790 nommé médecin ordinaire de Madame, comtesse de Provence, qu'il ne suivit pas dans migration. Médecin de l'hospice des QuinzeVingts, il le fut de plusieurs hôpitaux militaires pendant le cours de la révolution ; et Barras, son ami, le fit nommer médecin du Directoire exécutif. Il avait aussi connu Bonaparte dans le salon de Barras; mais lorsqu'il fut au faîte du pouvoir, on sait que Napoléon repoussa toujours les souvenirs de son premier bienfaiteur. Ainsi Duffour n'eut pas alois à s'applaudir de ses anciens rapports avec lui. Du teste ce docteur s'occupait avec beaucoup d'ardeur de son art. Quoique jeune encore, il avait acquis toute l'expérience d'un vieux praticien, et en nième temps il professait le principe que, la médecine ne devant jamais être stationnaire, il fallait profiter de l'expérience des anciens, et des découvertes que le mouvement journalier des esprits produit dans Cet art. A peine les premiers livres snr la vaccine fu- rent ils publiés, que Duffour s'empressa d'étudier la nouvelle découverte ; et il ne tarda pas à se convaincre qu'elle devait signaler une grande époque par les améliorations qu'elle introduirait dans les destinées de l'espèce humaine. John Torthon ayant fait paraître son ouvrage sur l'efficacité de la V8Ceine, Dulfour Je traduisit en français, et cette publication lui valut de nombrette éloges. Il fut nommé en 1814 chevalier de la Légion d'honneur, ir édecin du roi par quartier, et il reçut des lettres 'e noblesse. En 1820, l'Académie royale de méde- ne le nomma un de ses membres honoraires ; frtais, quoiqu'il ne fût pas aux récom- penses accordées par l'honneur ou par l'opinion, Duffour se montra bien plus satisfait encore d'ètre nommé médecin du comité de bienfaisance du " arrondissement : fonctions gratuites , dont il s'acquitta toujours avec zèle. Duffotir avait été président du Cercle médical : le 21 octobre 1820, il prenait part avec cinquante de ses collègues, à un banquet annuel chez un restaurateur de la place du Châtelet ; frappé d'un coup d'apoplexie foudroyante, il expira au milieu d'eux. On a dans le temps raconté que cet événement funeste ne trouNa que momentanément la joie des convives, et qu'ils reprirent leurs places dès qu'ils furent persuadés que les ressources de l'art étaient inutiles. Outre la traduction de l'anglais que nous avons citée des Preuves de l'efficacité de la vaccine, im- primée en 1808, Duffour fit peu de jours avant sa mort insérer, dans la Revue médicale, un article sur l'emploi du sulfate de quinine
  • Joseph DULAC( 1706 - 1757) : capitaine dans le régiment d'artillerie du roi de Sardaigne, commandant des écoles de campagne du même corps à Turin, naquit à Chambéry, vers l'an 1706. Ses talents et sa bravoure le firent distinguer dans toutes les campagnes d'Italie de 1733 à 1748 : il est le premier de ceux qui ont commencé à introduire la science de l'artillerie en Piémont. ll publia, à cet effet, un ouvrage intitulé : Théorie nouvelle sur le mécanisme de l'Artillerie, Paris, 1141 L'auteur traite, par des méthodes générales et faciles, toutes les questions surla nature de la poudre, celle du mouvement qu'elle imprime aux mobiles dans les bouches à feu, et sirs la résistance des voltes contre la percussion des bombes. Il découvre plusieurs propriétés nouvelles du mouvement uniforme,dont les plus remarquables sont celles qiii le conduisent à la détermination de l'angle d'élévation qu i dorme la plus grande portée d'une pièce, lorsque la batterie est élevée au:dessus d'une plaine ; problème résolu, jusqu'alors, d'une manière peu exacte. il propose, en outre, un instrument nouveau, propre à faire connaître la trajectoire qu'un mobile décrit dans le vide, quand il est lancé dans une direction quelconque par une force déterminée. Malgré les progrès immenses que la science de l'artillerie a faits depuis un siècle, nous pensons que le livre de Dulac n'est point encore à dédaigner par les personnes de l'art. Dulac avait ce caractère de vivacité et de franchise qui sème notre vie de chagrins, quand il n'est pas tempéré par une éducation sévère. Bouillant, emporté, il ne pouvait souffrir tout ce qui n'avait pas la couleur (le la plus pure vérité ; la présence du roi le contenait à peine dans les bornes de la circonspection. Il n'avait d'égards pour personne, manquait de soumission envers ses supérieurs, et joignait à ces malheureux défauts celui d'un langage satirique, par lequel il sacrifiait toutes les convenances au plaisir de faire une épigramme. Cette fatale impétuosité le perdit à la cour. Ses nombreux ennemis et la jalousie qu'excitèrent ses talents, obligèrent CharlesEmmanuel Iii de l'éloigner : il lui donna le commandement d'Yvrée, avec le rang de colonel dans l'armée sarde. Cette espèce de disgrâce ne le rendit pas plus sage : sa fougue lui suscita bientôt, avec le gouverneur de la place, une affaire qui le conduisit à la citadelle de Turin pour quelques semaines. 11 obtint ensuite sa retraite, et mourut de chagrin à Alexandrie, l'an 1757
  • Joseph DUNAND( 1719 - 1790) : capucin, né à Besançon le 11 décembre 1719, l'un des plus laborieux compilateurs que cet ordre ait produits, a consacré sa vie entière à vecueillir des notes sur l'histoire de la l'rancheComté et de la Bourgogne. Il était en correspondance avec la plupart. des sa' anis de ces deux provinces, etil en est peu à qui il n'ait communiqué d'utiles renseignements pour Ictus• ouvrages. C'est ainsi qu'il a fourni à Courtépée les articles sur Auxonne et StJeandeLa?ne, pour la Description de la Bourgogne; à Guillaume, des preuves et des chartes pour l'histoire des sires de Salins; à Chevalier, pour l'Histoire de Poligny, e1c. Ses supérieurs l'avaient dispensé de l'assistance au choeur, pour qu'il eût plus de loisir à donner à l'étude, et sur la fin de sa vie, on lui permit de prendre toi logement hors du coulent. La plus grande partie des collections qu'il avait rassemblées ont été détruites par l'effet de la révolution, ses héritiels ayant craint de compromettre leur tranquillité s'ils s'obstinaient à conser' er le fruit de ses recherches sur le parlement, la confiserie de StGeorge, et les familles nobles de la province. Il tait membre de l'académie de Besançon et de celle des curieux de la nature de HesseCassel. Il mourut à Besançon en 1790, et fut inhumé dans un des caveaux de la maison de son ordre. On ;t de lui : 1° Lettre historique et critique, dans la- qu'elle on prouve que Henri de Portugal n'est pas de la maison de Bourgogne duché , mais de celle des comtes de Bourgogne , imprimée dans le Mercure d'avril 1758; 2° Moyen pour perfectionner l'histoire du comté de Bourgogne, manuscrit ; Dissertation pour prouver, contre dom Plancher et M. Dupuy, qu'Auxonne et le comté de ce nom étaient du comté de Bourgogne en 1231 ; Réponse aux disserta- tions de Normand, sur l'antiquité de la ville de Ddle; 5° Dissertation sur l'origine du nom de Chrysopolis donné et la ville de Besançon; 50 leN Illustrations comtoises. Ces différents ouvrage:, ont été acquis par la ville de Besançon, et dé posés à la bibliothèque publique . 7° Bibliothèque des auteurs comtois, 7 cahiers manuscrits, qui se trou \aient dans le cabinet de M. de Vaud ry, à Poligny. `V—s
  • Joseph DUPRÉ : fils de Pierre Dupré, pre- mier consul de Carcassonne et député aux Etats I de Languedoc , fut luiméme député de Carras- une à l'Assemblée constituante de 1789, où il utint avec modération les principes de la Ré- olution. Maire de Carcassonne, en août 1792, il sauva par son habileté courageuse cette ville qu'une insurrection des campagnes voisines menaçait du pillage. Obligé de se cacher pendant la terreur . il fut, après le 9 thermidor, membre du conseil supérieur du commerce. 11 est mort L en 1823. On a de lui : 1" Mémoire pour les Ma- nufacture de draps de la province de Langue- doc, Carcassonne, 1789 2° Moyen d'ex- citer l'industrie nationale et de détruire la mendicité, 1789 3° Mémoire sur le commerce en général et celui du Languedoc, Paris, 1790, de l'imprimerie nationale. te Mé- moire sur la Traite des noirs, 1790 — DUPRÉLASALE , fils du précédent, officier de la Légiond'Honneur, inspecteur des manufactures, puis officier principal d'administration militaire, chargé du service de l'habillement des troupes, a pris une grande part à l'organisation moderne de ce service II est mort en 1845. Il a laissé : un bon traité De lu fabrica- tion et de la teinture des draps pour l'armée française, Paris , 1829 et un mémoire De l'exportation et de l' 1 mena tiffl des laines, Lyon et Paris, 1816 11 avait aussi publié un recueil d'élégies, Paris, 1817 -- Du- . X11 Paà , cousin gormain da précédent, avait été, en 1807 , attaché à l'ambassade du général Gardanne en Perse. Il est mort en 1832, consul général à Smyrne. Michaud l'aîné , dans le 3e volume de la Correspondance d'Orient, lui a consacré un tribut d'éloges. On a de lui Voya ge en Perse, fat dans les années 1807,1808 et 1809, etc., Paris, 1819, 2 vol. ouvrage utile au commerce et à la géographie
  • Joseph DURAND( 1643 - 1710) : autre petitfils de Berinard, maire de Chaton, naquit en cette ville en 1643. Après avoir fréquenté le barreau à Dijon pendant quinze années, il fut pourvu de la charge travocatgénéral au parlement, et la remplit pendant vingthuit ans. En récompense de ses longs services, il obtint des lettres de conseiller d'honneur en 1709, et mourut en 1710, à l'âge de 67 ans. « 11 avait, dit Papillon, l'esprit vif « et pénétrant, une éloquence aisée et naturelle, « des expressions mâles et vigoureuses. » Les conclusions qu'il a données dans des causes d'un intérêt publie sont encore estimées. On a de lui : un Mémoire pour justifier que les héritages ilu duché de Bourgogne sont présumés de francalle?, inséré dans la Coutume de cette province, par Taisand. Il a laissé manuscrit un ilecueil dari éls du parlement, de 1681 à 1761. On en conservait une copie dans la bibliothèque du président Boulier
  • Joseph DURANTI DE BONRECUEIL( 1662 - 1756) : né à Aix, d'un conseiller au parlement de Provence, le 8 juillet 1662 , entra dans la congrégation de l'Oratoire, et y professa les humanités. Il se retira ensuite à Paris, et y mourut le 10 mai 1756, au séminaire de StMagloire , dans un âge avancé. On a de lui : 1' les OEuvres de St Ambroise sur la virginité, traduites en français avec des noies et une dissertation préliminaire sur les vierges, 1729 Cette traduction est estimée, et la dissertation du traducteur est curieuse. 2° Les Panégyrlques des martyrs, par St Jean Chrysostome, avec un Abrégé de la vie de ces mêmes martyrs, 1734 3° Les Lettres de St Ambroise, traduites en français sur t'édition des bénédictins, avec des notes hiq- riques Cl critiques, 1741, 3 vol. LPS psaumes de David , expliqués par Théodore, , St Basile et St Jean. Chrysostome, 1741, 6 vol. réimprimés en 7 volumes 5° Lett es de St Jean Chrysostome, 1732, 2 vol. 6" L'Esprit ( le l'Eylise dans ln réc? tation de l'office de complies , Paris 1734
  • Joseph ELSE : chirurgien anglais, attaché à l'hôpital StThomas, et membre de l'académie royale de chirurgie de Paris, jouissait de beaucoup de réputation dans son art, et a publié quelques écrits estimés, sut des sujets de chirurgie, particulièrement un Traité sur l'hydrocèle , où il recommande le traitement par le caustique. 11 mourut le 10 mars 1780. Ses ouvrages ont été réimprimés ensemble, après sa mort, 1782. 1 vol. par les soins de George Vaux, chirurgien, qui y a ajouté un appendix, contenant des Observa- tions sur l'hydrocèle, avec une comparaison des différentes méthodes de traiter cette maladie par le caustique et le selon. Vaux y donne la préférence à la première
  • Joseph ENAUX( 1726) : chirurgien, naquit à Dijon le 5 juillet 1-726. Après.avoir achevé ses études, et suivi quelque temps les leçons d'un chirurgien, il 'int à Paris, où il fréquenta pendant trois ans les cours d'anatomie de Winslow, et les cours pratiques de la Charité. De retour dans sa ville natale, il s'y fit agréger, en 1155, au collége de chirurgie, et s'acquit bientôt la réputation d'un bon praticien par la justesse de son coup d'œil et par sa dextérité dans les opérations les plus difficiles. Les élus de Bourgogne ayant, en 1773, élabli titi cours gratuit , est le suivant Méthode de traiter les morsures des animaux enra- gés et de la vipère, suivie d'un précis sur la pus- tule maligne, Dijon, 4785 de 275 pages. Cet, ouvrage, destiné surtout aux habitants de la cairn-' pagne, est rédigé d'une manière claire et précise. Andry, chargé par la Société royale de médecine de l'examiner, en rendit un compte trèsavantageux; il loua les auteurs d'avoir insisté principalement sur le traitement externe dans la curation de la rage; d'avoir indiqué les précautions à prendre en se servant de L'alcali volatil, et d'avoir entin prescrit des remèdes simples et peu dispendieux cet ouvrage est devenu trèsrare. Le buste d'Enaux, exécuté par une souscription volontaire, est un de ceux qui décorent la salle des séances publiques de l'académie de Dijon
  • Joseph ERMENS : imprimeurlibraire de Bruxelles, mort en 1803, était fort versé dans la connaissance des lires; mais à l'exemple de tous ceux qui regardent la bibliographie non comme un moyen, mais comme titi but, et qui ne l'étudient pas dans ses 1apports avec les autres sciences, il s'attachait de préférence à la partie matérielle et aux minuties de la littérature, se montrant ; d'une bibliothèque choisie ; du comte de Cobentzl ; du comte de Calenberg ; de la baronne de Celles ; de J. doris ; du duc Cha•lesA lexandre de Lorraine ; du baron de Willebroek ; du conseiller del Marmol ; du baron de Gottignies ; de James Hazard ; du chanoine Wonfers ; enfin le troisième et ie quatrième catalogue des livres des couvents supprimés dans les PaysBas . Le second volume du quatrième catalogue, où sont indiquées beaucoup d'éditions du 15° siècle, est resté manuscrit. Les remarques répandues dans ces divers inventaires prouvent que Joseph Ermens, né Flamand, ne possédait que trèsimparfaitement la langue française, et qu'il avait besoin d'un blanchisseur. En qualité d'éditeur, il a publié : 1° Histoire de Marie de Bourgogne, par Gaillard, augmentée d'une Préface historique et critique, Bruxelles, 1784 2° Histoire du cardinal de Granvelle, par Courchetet d'Enans, augmentée d'une Préface historique et critique, ibid., 1784, 2 vol. 3° Bort begryp en bericbt van historie van Brabant, door Adr. Havermans, Bruxelles, 1788 La première édition , rare et recherchée, avait été imprimée à Leyde, en 1652 Ermens a encore mis au jour : 4° des Tables alphabétiques pour servir à l'ouvrage du baron Le Roy, sur le marquisat d'Anvers, 1781 Parmi ses manuscrits, on distingue : 5° Index scriptorum rerum belgicarum, auctore Joon- Bapt. Verdussen, scabino antverpiensi, ea111. S. autographo descriptw et daplo auctus, grand portant la date de 1790, et contenant 538 pages 6° Bibliographie des Pays- Bus, ou Catalogue raisonné de tous les ouvrages tant imprimés que manuscrits qui traitent de l'histoire de ce pays ou qui y oidrapport, avec des notes historiques et critiques, 4 vol. ensemble de 3092 pages; 7° Table des auteurs contenus dans la bibliographie précédente de 35 pages; 8°. Bibliographie des livres anonymes concernant l'his'oire des Pays- BasBibliographie des pièces authentiques concernant l' histoii e des troubles des Pays- Bas, depuis leur commencement en 4566 jusqu'à la trêve de douze ans, en 1609, 2 vol. On peut Noir, à l'article CUSTIS , que cet écrivain avait aussi commencé une Bibliothèque historique des PaysBas. Ce dessein, formé successivement par J.B. Verdussen , G.J. de Servais, MM. Hoyois, libraire de Mons et C. lmbert, a été réalisé, du moins sous la forme d'un essai, par celai qui a écrit cette notice. Le Catalogue de la bibliothèque d'Emens a paru en 3 volumes Bruxelles, 1803.11 renferme 8,116 articles
  • Joseph ERRANTE( 1760 - 1821) : peintre italien, naquit à Trapani , en 1760. Ayant fait ses premières études dans sa patrie, il se rendit à Rome pour les perfectionner, et il devint l'ami de plusieurs savants et surtout de l'abbé Spédaliéri, son compatriote et l'un des philosophes les plus distingués de son temps. 11 profita beaucoup de leurs entretiens, et, jeune encore, il se distingua dans le talent d'imiter les plus grands maîtres, tels que Raphaël, Titien, les Carraches, le Dominiquin, et surtout le Corrège, au point que souvent on confondait la copie avec l'original. Son mérite fut apprécié par le roi des DeuxSiciles ; mais, les circonstances t'empêchant de profiter de cette protection, il passa la plus grande partie de sa vie à Milan, où il se fit remarquer, malgré l'éclat qu'y jetait dans le même temps le célèbre Appiani. Il serait trop long d'indiquer ici tous ses ouvrages. On a remarqué surtout son Artémise pleurant sur les cendres de Mausole, la Mort du comte Ugolin au milieu de ses enfants, le Concours de la beauté, l'Endymion, les divers tableaux de Psyché , etc. Plusieurs de ces sujets ont été gravés avec succès par ses élèves. Il fit les portraits de plusieurs littérateurs ses amis, qui lui consacrèrent à leur tour des vers et des éloges trèsflatteurs. Le duc de MonteLéone, encore plus généreux, au moment où il était, comme lui, loin de sa patrie, lui fit une pension de soixante ducats par mois. Errante a inventé une nouvelle manière de restaurer les tableaux. On a de lui deux Mémoires imprimés, l'un Star les couleurs employées par les plus célèbres artistes italiens et flamands, l'autre sous le titre d'Essai sur les couleurs. Habile à faire des armes, il croyait l'art de l'escrime aussi utile aux peintres modernes que la gymnastique l'avait été aux anciens. 11 s'était proposé d'écrire un traité sur l'étude du mouvement des muscles d'un corps vivant en action. Mais, surpris par la mort, il ne put achever plusieurs ouvrages dont sa féconde imagination lui avait inspiré l'idée. Il mourut en 1821, à Rome, où un monument exécuté par le sculpteur Fannino lui a été élevé
  • Joseph ESCHASSERIAUX( 1757) : conventionnel, né à Saintes vers 1757, y exerçait la profession d'homme de loi, lorsque la révolution vint à éclater. Il en adopta les principes avec enthousiasme, fut nommé administrateur du département de la CharenteInférieure et député à l'assemblée législative, où il siégea parmi les députés qui appelaient de tous leurs voeux la république. Elu ensuite à la Convention, il vota la mort de Louis XVI, et opina contre l'appel au peuple et contre le sursis. Bien que durant la domination de Robespierre il eût constamment siégé à la montagne, il ne fut chargé d'aucune mission dans les départements, et ne se fit remarquer par aucune proposition violente . Entré au comité de salut public après le 9 thermidor, il y montra une grande chaleur à défendre les institutions républicaines. Eschasseriaux fit alors de fréquents rapports sur les subsistances et sur les objets d'administration intérieure. Ennemi acharné des émigrés, il appuya toutes les mesures dirigées contre eux. On le vit aussi s'opposer à la rentrée des prètres, à la liberté du culte, et défendre les clubs contre le parti modéré. Lors de l'organisation de la Constitution de l'an 3 , il fit partie du conseil des cinqcents, et s'y montra le défenseur constant des mêmes doctrines. Il présenta plusieurs rapports sur les finances, fut élit secrétaire de cette assemblée le 21 mai 1796, fit une motion sur le rétablissement de l'ordre dans les colonies ; enfin quelques jours après il proposa un nouveau projet, comme le seul moyen de sauver StDomingue. 11 sortit du conseil à cette époque; mais il y fut député de nouveau aux élections de 1796. Lors de la discussion sur la police des cultes, le 11 juillet 1797, il s'éleva contre les projets insidieux de gens qui, selon lui, ne croyant à la vérité d'aucune religion, prétendaient néanmoins doter le culte catholique d'églises et de presbytères. Bientôt, ajoutatil, la royauté ellemême, se masquant sous des formes populaires, trouvera ‹, des pétitionnaires assez audacieux pour présen- ter à la barre l'expression cont re•révolutionnaire de ses voeux. Vous qui parlez sans cesse de la religion de vos pères, non, vous ne nous ramène.. rez pas à d'absurdes croyances...), 11 provoqua ensuite le maintien des sociétés populaires, et présenta un projet tendant à les mettre sous la surveillance des autorités, et à dissoudre celles qui ne se conformeraient pas à la constitution. Le 25 septembre de la même année, sixième anniversaire de l'établissement .le la république, Eschasseriaux demanda l'érection d'un monument à la mémoire de ses fondateurs. Le lendemain, il reproduisit la question de l'organisation des colonies, et lit sur cet objet un rapport t rès-étendu, suivi de plusieurs décrets qui furent adoptés. Lee; août 1799, quelques orateurs ayant proposé de déclarer la patrie en danger, il appuya vivement cette motion : Les projets des puissances coalisées, ditil, sont plus à craindre que ceux des ennemis intérieurs; il est impolitique de redouter quelques ennemis de la constitution plus que les sanguinaires royalistes qui tous les jours percent la république au coeur.» Puis il menaça les républicains du funeste avenir qui les attendait, si la royauté venait à se rétablir. Toutefois il ne fut pas opposé à la révolution du 18 brumaire, qui d'ailleurs ne fut point contraire à s ; 20 Opi- nion sur les du: dires et l'encouragement , Paris — ESCHASSERIAUX , frère cadet du précédent, né en 1759, exerçait la Welecine lorsqu'il fut élu, en 1790, administrateur du district de Saintes. 11 fut successivement désigné par ses concitoyens suppléant à la législative et à la Convention. Appelé à siéger dans cette assemblée après le procès de Louis XVI, il prit une part trèsactive aux travaux législatifs, mais il fit constamment preuve de modération. Ainsi que son frère, il présenta de fréquents rapports au nom des comités, niais dans un sens bien différent. On le vit prendre plusieurs fois la parole en faveur des émigrés, de leurs parents et de leurs créanciers; il cherchait surtout pour eux les moyens législatifs de se pourvoir en radiation. Le 7 octobre 1791, il fut nominé secrétaire de la Convention, et l'année suivant•. on l'entendit plaider avec chaleur la cause des enfants du baron de Dietrich, ancien maire de Strasbourg, qui avait péri sur I'l'ehafaud révolutionnaire. Il eut le bonheur de les faire rentrer Clans l'héritage de leur père. Au conseil des cinqcents , il vota la suppression , Paris, an 7 , neveu du précédent, né à Saintes en 1800, fut élit député de la CharenteInférieure en 1851 , et après avoir pris la part la plus active aux travaux des sessions de 1851 , 187)2 et 1835 , mourut d'épuisement causé par le travail , le juin 1851. If siégeait à. l'extrême gauche, et se montra dans toutes les occasions fort opposé au clergé
  • Joseph ÉSOPE : poëte hébreu , est l'auteur du poëme célèbre intitulé Vase d'argent, titre par lequel l'auteur fait allusion au vase dont il est question dans les Nombres, chapitre 7, verset 13. Ce poëme se compose de 260 vers ou 130 distiques, qui répondent aux cent trente sicles, poids du Vase de l'Écriture. Esope le fit à l'occasion du mariage de son fils Samuë1, et le récita au festin en présence des convives. C'est une espèce d'épithalame où il enseigne au nouvel époux ses devoirs futurs envers sa femme et ses enfants, et la manière dont il doit gouverner sa maison. Ce poëme , également estimé des chrétiens et des hébreux pour l'élégance et l'harmonie du style, a été imprimé à Constantinople en 1523 , et non en 1533 , comme le disent quelques bibliographes. Reuchlin en a donné une traduction latine , sous ce titre : R. Jos. Hyssopœus Perpinianensis , Judœorum poeta dukissimus , ex hebr. lingua in latinam traductus, Tubingue, 1512. Le célèbre Mercier, professeur d'hébreu au collége royal de France, en a donné une nouvelle traduction accompagnée du texte , à la suite de sa version du cantique de Ilaaï, rabbin célèbre. M. de' Rossi possédait une lettre inédite en vers du même Ésope à son fils , et qui a été ignorée des bibliographes
  • Joseph FESCH( 1763) : cardinal, archevèque de Lyon, primat desGaules, etc., était frère utérin de Lœtitia Ramolino, mère de l'empereur Napoléon l. Il naquit à Ajaccio le 5 janvier 1763. Son père, Fran-çois Fesch, était Suisse, d'une famille de Bàle aisée et considérée; un de ses ancètres avait été bourgmestre de cette importante cité. Capitaine dans un régiment helvétique au service de Gènes, François Fesch suivit son régiment en Corse , alors sous la domination de cette république. Il y conmit AngèleMarie PietraSanta , veuve en premières noces de Ramolino : Lœtitia était le seul enfant de ce mariage prématurément brisé par la mort. François s'éprit des charmes de la jeune veuve. Mais un obstacle sérieux s'opposait à sa recherche : il était protestant ; et , comme toutes ses compatriotes, la belle Corse était une fervente catholique ; les croyances du pays eussent d'ail- leurs toléré difficilement un mariage mixte. En se convertissant au catholicisme , le capitaine Fesch détruisit la barrière qui le séparait de l'objet de son amour. Joseph Fesch fut l'unique fruit de cette union. Il fit ses premières études à Ajaccio, dans une maison . » Digne appréciateur de ces beautés, il parcourait en outre dans les villes où il entrait les dépôts d'antiques et d'objets d'art, y découvrait des toiles de maltres et en faisait l'acquisition. Lorsque le grandduc de Toscane reçut à Florence le général Bonaparte, Fesch accompagna son neveddans cette ville ; et le grandduc , connaissant le faible de l'oncle du héros dont le nom remplissait l'Italie, lui fit présent de quelques échantillons de sa galerie du palais Pitti. Ces beaux commencements ne firent qu'échauffer la passion de l'amateur , et pendant son opulence croissante il ne cessa d'augmenter d'ouvrages anciens et modernes sa collection , devenue célèbre et remarquable mème à Rome. Cependant la fortune du général Bonaparte marchait rapidement m Le cardinal Fesch , archevèque de Lyon , etc., par l'abbé Lyonnet. vers son apogée. Pendant la campagne d'Égypte, Fesch demeura auprèt de la famille pour la protéger et la guider, et ce rôle convenait spécialement à son caractère, resté toujours religieux. Dans cet intervalle , il était allé en Corse racheter deux fermes des Bonaparte , confisquées et vendues par le parti anglais pendant l'insurrection de 1793. 11 aimait ces détails, et ces soins admi- nistratifs lui étaient confiés. Mais le 18 brumaire vint ouvrir une large et nouvelle voie à ses inclinations sacerdotales. Après la victoire de Marengo, le premier consul avait manifesté à l'archevêque de Verceil sa pensée de rétablir en France le culte catholique ; ce prélat s'était empressé de faire part à Rome de ces ouvertures, que le pape Pie VII accueillit avec joie , et qui furent bientôt suivies de l'acte du concordat, signé le 15 juillet 1801 et ratifié par le StPère le 5 août suivant. Cette négociation fut confiée à Joseph Bonaparte, et Fesch , rendu à l'état ecclésiastique , y mit plus d'une fois la main ; il s'y distingua par son dévouement aux intérèts du SaintSiége. Le premier consul, qui déjà préparait le grand établissement dynastique inauguré en 1804, voulait garder par les membres de sa famille toutes les principales avenues des influences sociales. Parmi ces influences, il mettait la religion au premier rang, et l'archidiacre d'Ajaccio était sous sa main le chef naturel du clergé français réintégré dans ses temples. Lors de la reconstitution ecclésiastique qui suivit le concordat, l'oncle du premier consul fut promu au siége primatial desGaules, à l'archevêché de Lyon vacant depuis deux ans par la mort de M. de Matboeuf. Il fut sacré en cette qualité, le 15 août 180'2, à Paris, par le légat du pape en personne , le cardinal Ca- 11ara. Ce n'était là que le premier pas de son élévation. La cour de Rome avait à faire une promotion de cardinaux , dans laquelle devaient figurer les promotions connues sous le nom de nominations des couronnes. La France, dans les règles ordinaires, n'avait droit qu'à une seule promotion ; niais le premier consul exigea qu'indépendamment de la nomination de droit quatre chapeaux fussent réservés pour le clergé français reconstitué. Ce fut à Rome le sujet d'une négociation épineuse et difficile. Le SaintSiége résistait; il ne pouvait, sans le consentement des cours intéressées , les dépouiller des nominations auxquelles elles avaient droit, et dès lors les vacances n'étaient plus assez nombreuses pour obéir aux injonctions du pre- mier consul. La bonne volonté du SaintSiége , son désir d'ètre agréable à l'homme qui venait de 1-établir le catholicisme dans l'un de ses plus beaux domaines, la complaisance ou la souplesse des gouvernements étrangers , l'insistance de la diplomatie française , l'habileté de son représentant à Rome, Cacault, vinrent à bout de vaincre tous ces obstacles. Mais déjà le StPère , inquiet, sembla s'apercevoir qu'il avait un maitre et se tint dans une sorte de défiance. L'archevêque de Lyon fut nommé le premier de cette promotion , qu'il partagea avec messeigneurs de Bolsgeiin , archevèque de Tours ; Cambacérès, archevêque de Rouen; de Bayanne, président du tribunal de la Rote. Le cinquième chapeau attribué à la France pour sa part dans la nomination des couronnes fut donné au vénérable de Belloy, archevêque de Paris. à son siége métropolitain , le nouveau cardinal travaillait avec ardeur à relever le culte de ses ruines ; mais son toutpuissant neveu avait déjà l'oeil sur lui pour une mission à laquelle se rattachait tout un plan de la plus vaste politique. Dans la pensée du général Bonaparte , l'établissement du concordat n'était que le prélude des grands changements qu'il méditait. L'Angleterre, au congrès d'Amiens , lui avait déjà offert, s'il voulait prendre le titre de roi, sa reconnaissance au prix de certainesconcessions qu'il repoussa avec dédain. Vainqueur à la fois et pacificateur alors de l'Europe, il voulait en même temps rétablir à son profit la monarchie et élever sa dignité audessus de celle des rois. Tout l'y conviait d'ailleurs : son pouvoir incontesté, le prestige de ses batailles, la popularité de son nom , l'admiration de la France , la docilité des corps constitués et les adulations de tous les partis adorant déjà le soleil de cette fortune. Ses courtisans, ses orateurs , le clergé luimorne faisaient sonner à ses oreilles le nom de second Charlemagne ; et il n'est pas douteux que dès lors il n'eût conçu la pensée de rétablir dans sa personne l'empire d'Occident. Il voulut frapper les yeux des peuples d'un spectacle que ne leur avait pas donné Charlemagne luimême. Charlemagne était allé chercher à Rome l'onction du souverain pontife , Napoléon résolut d'inaugurer les immenses desseins de sa politique en faisant venir à Paris un pape pour le sacrer. Cette négociation exigeait surtout un dévouement absolu au futur empereur, un zèle qui ne pût pas se laisser rebuter par les obstacles , une discrétion à toute épreuve , première garantie du succès; et le pie- mier consul crut ne trouver ces conditions réu- nies nulle part plus que dans un membre de sa famille, membre aussi du sacré collége. La légation française de Rome était pourtant en ce moment confiée à un homme d'une grande finesse d'esprit sous des dehors brusques, d'une habileté remarquable , d'une grande justesse de jugement; et dans les négociations souvent épineuses qui avaient suivi ou précédé le concordat, le diplo- mate Cacault avait obtenu de la cour romaine des concessions que tout autre n'eût pas remportées sans efforts et sans combats. Il avait l'affection du StPère, la confiance et la sympathie de son premier ministre favori, le cardinal Consalvi , génie souple , délié, conciliant, imbu de toutes les traditions de la diplomatie romaine et attaché à la France par l'oeuvre du concordat dont il était l'auteur. Malgré tant d'avantages, malgré la bonté de cet instrument, le premier consul ne crut pas devoir confier à ce subalterne les grands secrets de son ambition et de son avenir , et le 4 avril 1805 Cacault fut, remplacé à l'ambassade de Rome par le cardinalarchevêque de Lyon. Le premier consul s'appliqua à donner à cette mission le plus grand éclat Possible. Il y avait alors à Paris un jeune écrivain de noble famille , voué et par sa naissance et par ses affections et par ses idées au parti royaliste, et qui venait de relever en France l'étendard de la foi catholique par un ouvrage qui avait fait sur toutes les intelligences une immense impression ; le premier consul pensa qu'il ajouterait à l'ascendant moral de son envoyé , déjà recommandé par tant de titres , s'il lui donnait pour premier secrétaire l'auteur du Génie d« christi«- nisme ; et grâce à l'intermédiaire de M. de Fontanes et d'une des soeurs de Napoléon, Elisa Bacciochi, sa fervente admiratrice, M. de Chateaubriand reçut et accepta des mains de Talleyrand, ministre des relations extérieures, le brevet qui le ralliait au gouvernement restaurateur du catholicisme et l'attachait au cardinal ambassadeur. Les autres attachés à la mission furent tous des ecclésiastiques, les abbés Bonnevie et Lucotte, vicaires généraux du diocèse de Lyon , et le savant abbé Guillon , depuis aumônier de la reine MarieAmélie. Partout où elle passa, à Lyon, à Turin, à Milan, l'ambassade, par l'ordre du gouvernement français, fut reçue avec une pompe officielle; mais tout cet éclat même et cette grandeur le gouvernement pontifical plus qu'ils ne lui plaisaient. Nous l'avons dit, le pape s'était vu avec peine enlever M. Cacault. « C'était la pre-« litière fois peutetre , » fait observer l'historien de Pie VII, ,. Le cabinet du Vatican en fit l'observation , et le cardinal Fesch eut le bon esprit de couper court à ce débat en ne pre- • ,‘ Un cardinal fait partie du sacré collége ; il suit de cela « que dans la cour de Rome il n'est pas permis à un ambassa- u deur de déployer son caractère public , et d'obtenir une au- dience publique du StPère , si outre les lettres de créance ii adressées au souverain pontife il n'apporte pas encore des lettres qui l'accréditent individuellement auprès de chaque cari, dinal , et qu'il doit luimême présenter dans une visite que de formalité au cardinal doyen. Si donc un cardinal pou-« vait prendre publiquement le titre d'ambassadeur, il y aurait Ji alors dans le même sujet et dans le même point l'actif et je passif , ce qui s'oppose à toute règle. Le cérémonial des ams bassadeurs publics est fixé avec une étiquette et une régularité ‘‘ telles, que dans le corps diplomatique elles n'admettent pas nant , pendant toute sa mission , que le titre de ministre plénipotentiaire. En nième temps, des démêlés d'une autre nature éclataient entre l'ambassadeur et son premier secrétaire. Celui - ci n'avait été ni choisi ni désigné par le cardinal on le lui avait en quelque sorte imposé sans le consulter, et le prélat blessé avait par un billet fort sec accusé réception au ministre des relations extérieures de l'avis qui lui annonçait cette nomination. Chateaubriand raconte luimême , dans ses Mémoires d'outre- tombe, que l'abbé Émery, le célèbre supérieur du séminaire de StSulpice , i nt le conjurer, au nom du clergé, d'accepter ce poste pour le bien de la religion , « lui faisant « entendre que l'intelligence du cardinal n'était « pas trèsremarquable et qu'il serait bientôt le « maitre des affaires. » Ce n'était pas ainsi que l'entendaient ni le cardinal ni le premier consul. Le malentendu par luimême était de nature à s'aggraver, et le cardinal ne tarda pas à faire connaitre ses dispositions par ces paroles significatives : « M. de Chateaubriand en sait assez pour « signer des passeports. » D'un autre côté, l'auréole de l'écrivain éclipsait dans cette ville des arts l'éclat officiel de l'ambassadeur. Jusque dans les cérémonies publiques, où la mission figurait en sa magnificence , tous les regards, négligeant le représentant de la puissance , cherchaient avec avidité l'homme de génie subordonné. Quelques prétentions imprudentes et peu fondées du se- crétaire mal instruit achevèrent d'envenimer le conflit. Le cardinal s'en plaignit à Paris. La colère du premier consul éclata , et apercevant aux Tuileries M. de Fontanes : « Votre protégé , » lui ditil , « je le ferai amener ici pieds et poings liés « sur une charrette. » Cependant, gràce aux des nombreux et puissants amis de Chateaubriand, la tempête s'apaisa, et pour mettre fin à ces incompatibilités d'humeur, Chateaubriand fut nommé ministre de la république fran-çaise au Valais, poste qu'il ne tarda pas à résigner à la suite de la mort du duc d'Enghien. Ces tracas personnels n'étaient pas les seules épines du représentant de la France ; des questions trèsdélicates étaient à régler entre les cabinets de Paris et de Rome. Plusieurs évèques, attachés à la cause des Bourbons, étaient encore inscrits sur la listé des émigrés. Le cardinal exigeait la déclaration de vacance de leurs siéges et leur remplacement par ceux que Napoléon avait nommés. Le SaintSiége de son côté exigeait la rétractation de certaines déclarations d'évêques constitutionnels qui, quoique conservés à leur diocèse après le concordat , ne lui paraissaient pas orthodoxes. De plus, on prétendait, à Paris et à Milan , étendre ce concordat liiijnème l'Église de la république italienne, qui jusquelà d'exception. Ces règles ne pourraient plus avoir lieu, si parmi « les ambassadeurs publics il se trouvait un cardinal, puisque les règles et les honorificences dues à la dignité cardinale seraient u en contradiction avec celle de la représentation d'un ambassa-. deur. u (Note du cardinal Consalvi. n'avait jamais joui des franchises de l'Église gallicane. Le StPère, non sans raison, soutenait que c'était un démembrement nouveau de son autorité spirituelle, et réclamait le maintien de l'ancien état de choses. Les articles organiques publiés à la suite du concordat étaient en outre considérés par la cour de Rome comme une extension extrème des articles de 1682, et elle en demandait la suppression. Le pape, dans son voyage à Paris, alla jusqu'à solliciter la renonciation à la déclaration de I 682 elle-. même. Le cardinal Fesch , d'une piété vive , atta- ché par l'éducation de son enfance aux principes de l'Église romaine, appuyait le SaintSiége dans ces prétentions; mais il ne rencontrait à Paris que la tiédeur , la réserve , et ne recevait que des réponses vagues qui , sans rompre, n'engageaient pas. Une circonstance fâcheuse vint ajouter un nouvel embarras à sa situation complexe. Un ancien émigré, naturalisé Russe et attaché à Rome à la légation moscovite, s'était livré à des paroles et peut-être à des démarches inconsidérées contre le gouvernement français. Le premier consul toujours prompt d'action et de volonté, ordonna dans les termes les plus exprès au cardinal d'exiger l'extradition de Varnègues, qu'en sa qualité d'émigré il prétendait ètre toujours justiciable de la France. Le cardinal obéit, le pape résista; il invoquait les vieilles immunités de la cité pontificale, son titre de père commun des fidèles, qui faisait de Rome la patrie de tous, et il représentait enfin le mécontentement de l'empereur de Russie et les suites qu'un tel acte pouvait entrainer pour les millions de catholiques vivant dans cet empire et sur lesquels le SaintSiége devait étendre aussi sa sollicitude. Le cabinet de Paris fut sourd à ces observations. Le cardinal Fesch fut forcé d'insister avec une nou- velle énergie. Le coup terrible de la mort du duc d'Enghien vint sur ces entrefaites jeter l'effroi au sein des cours européennes. M. de Varnègues fut arrété et livré. Cette satisfaction suffit au général Bonaparte. Le prisonnier fut conduit à Rimini, d'où on le laissa s'évader; mais les prévisions de la cour de Rome se réalisèrent : le nonce du pape à StPétersbourg fut invité par la Russie à prendre ses passeports. Ces nuages toutefois ne troublaient pas extérieurement l'harmonie parfaite qui, pour le public , régnait entre Paris et Rome. Des deux côtés .on se prodiguait les prévenances et les courtoisies. En nrrivant à Rome, l'oncle du guerrier de Rivoli et de Marengo avait reçu du Vatican le titre presbytéral de Notre- Dame- des- Victoires , et cette fine flatterie avait charmé le premier consul. Celuici , de son côté, faisait au saintsiége, pour le culte et les progrès du catholicisme, toutes les concessions qui n'étaient pas de nature à compromettre ses projets ultérieurs. On échangeait les lettres les plus gracieuses, et si parfois quelques orages venaient troubler cette sérénité, ils restaient cachés entre le plénipotentiaire français et le premier ministre, le car- dinal Consalvi. L'archevèque de Lyon cependant ne perdait pas de vue l'objet essentiel et spécial de sa mission. Il sondait les dispositions romaines par des demimots, par des demiconfidences qui n'étaient point comprises ou qu'on ne voulait pas comprendre. Enfin le fameux sénatusconsulte du 18 mai 1804 vint annoncer au inonde que la république française avait cessé d'être et que la monarchie impériale se levait. Le cardinal Fesch reçut l'ordre de faire au gouvernement pontifical des ouvertures directes pour obtenir que le pape se rendit à Paris afin d'y sacrer le nouvel empereur. Cette proposition jeta Pie VII dans un profond abattement, auquel succédèrent de terribles perplexités. D'un côté , il redoutait le mécontentement des puissances étrangères et ne se rappelait pas sans inquiétudes le sort de son prédécesseur, mort prisonnier sur le territoire français ; il craignait aussi les concessions qu'on pourrait lui arracher, éloigné de ses conseillers, jeté dans les mains d'un conquérant hardi et formidable, D'un autre côté, la France était maitresse de l'Italie; Napoléon dominait toute la Péninsule ; l'Europe entière était à ses pieds : un refus c'était une rupture. Pouvaitil éveiller le courroux de l'homme qui venait de relever la foi dans un des plus grands empires du inonde , qui avait rendu à la papauté le plus beau fleuron de sa couronne spirituelle et qui, d'un signe , pouvait nonseule-, ment détruire tout ce qu'il avait fait, niais encore anéantir jusqu'au dernier vestige de la puissance temporelle des papes. A côté de ce danger, le négociateur français faisait ressortir les heureuses perspectives que pouvait présenter aux conquêtes de la religion , à la reconstitution du domaine de StPierre, la protection de l'épée victorieuse et toutepuissante qui sollicitait cette consécration et par là mème rendait un si éclatant hommage à l'ascendant moral et populaire de la tiare. Il alla même jusqu'à laisser entrevoir , puis promettre qu'après l'onction sainte les États romains, démembrés de leurs plus belles provinces par le traité de Tolentino , pouvaient trouver un dédommagement, aux dépens du roi de Naples, dans les pr de Bénévent et de PonteCorvo. La cour de Rome , toujours perplexe , était émue et non convaincue; elle répondait par des protestations de bon vouloir et ajournait. Chaque jour élevait une objection ou une incertitude nouvelle. Le sang des Bonaparte s'allumait parfois dans les veines du négociateur impérial. On était encore moins patient aux Tuileries : on exigea du pape ses dernières conditions. Elles furent acceptées, et le cardinal Fesch put jouir de tout son triomphe, car ce fut lui qui eut l'honneur de conduire et d'accompagner, au milieu des populations émerveillées, le StPère à Paris. Dans ce voyage, il se fit remarquer par son empressement et ses soins auprès de Pie VII; à son passage à Lyon , il lui ménagea une réception splendide, et du haut de la célèbre colline de Fourvières le souverain pontife bénit la ville. Arrivé à Paris, Pie VII mit pour condition préalable au sacre que le mariage entre Napoléon et Joséphine , lien jusquelà purement civil, recevrait la sanction religieuse. Cette condition comblait les voeux les plus ardents de l'impératrice, qui, de son côté, ne négligeait rien pour obtenir cette consécration. Mais l'humeur avec laquelle l'accueillit Napoléon laissa dès lors percer l'arrièrepensée de son futur divorce. Acculé cependant, il céda à la nécessité, et le cardinal Fesch , qui venait d'être créé grand aumônier de la cour impériale, muni des pouvoirs du StPère, procéda à cette bénédiction , la veille du sacre à onze heures du soir, dans les appartements particuliers de Joséphine; Duroc et Berthier furent les témoins de cette réhabilitation. Le cardinal aida le pape de tous ses bons offices et de tout son crédit dans les négociations qu'il eut à traiter directement avec l'empereur ou avec ses ministres; et lorsque le retour du StPère en Italie fut décidé, il le précéda à Lyon et l'y reçut de nouveau. Empereur des Français , Napoléon voulut aussi se faire sacrer roi d'Italie , et ce fut son oncle qui fut chargé de cette fonction. Il y procéda dans toute la pompe de ses dignités spirituelles et temporelles : « Il y était, » dit son biographe, « chargé d'insignes, de cordons bleus « et rouges, de décorations nationales et étran- « gères, d'étoiles, d'aigles, etc. » En effet, il réunissait mir sa personne toutes les dignités com- patibles avec le sacerdoce : archevêque de Lyon, primat des Gaules, cardinal romain , sénateur, prince du sang impérial, grand aumônier de l'empire , ambassadeur à Rome , grand officier de la Légion d'honneur, membre de la Toison d'or par la nomination de l'Espagne , décoré de presque tous les ordres souverains ; il semblait que la fortune ne pût plus rien pour lui, et pourtant elle ne l'avait point encore porté an sommet de sa roue. Après les fètes de Milan , il revint à Rome pour reprendre ses fonctions diplomatiques, qui devaient être marquées par des événements que rien ne pouvait faire prévoir à ceux qui ne connaissaient que la superficie des choses. Le prince Jérôme , alors àgé de dixneuf ans , s'était uni à NewYork avec miss Patterson ; ce mariage avait été béni à Boston par l'évoque de Baltimore. Napoléon était résolu à le faire casser. Pour la loi civile, il contenait des causes évidentes de nullité : le prince était mineur, et il s'était marié sans le consentement de ses parents. Pour la loi religieuse, la question était beaucoup plus délicate, et le cardinal Fesch fut chargé de la traiter avec le SaintSiége. Napoléon faisait valoir avec habileté le danger que devait trouver le ca- tholicisme à voir une protestante sur les marches du trône de France. Le pape , de son côté , envisageait la question au point de vue de l'autorité spirituelle et des lois canoniques ; il reconnut que les mariages mixtes, quoique déplorés par l'Église , étaient pourtant acceptés par elle, et
  • Joseph FINESTRES Y MONSALVO( 1688 - 1770) : célèbre jurisconsulte catalan , prit naissance à Barcelone, le 11 avril 1688. Ayant fait ses études à l'université de Cervera, il y reçut le grade de docteur et y enseigna le droit pendant plusieurs années. Les troubles qui avaient agité la Catalogne pendant les guerres de la succession y avaient fait négliger jusqu'alors l'éducation publique ; Finestres s'occupa de cette branche importante, visita plusieurs colléges et écoles de la province , et y laissa de sages règlements qui fuirent adoptés et constamment suivis par les jésuites, qui étaient alors les principaux directeurs de presque toutes les maisons d'éducation de l'Espagne. Il ne s'arrèta pas à ce bienfait. Quoique la langue grecque fût depuis longtemps considérée comme indispensable pour tous ceux qui se consacraient à la carrière des lettres, on ne pouvait imprimer aucun ouvrage en Catalogne dans cette langue, faute de caractères. Finestres fut le premier qui les y et qui contribua aux frais nécessaires. S'on profond savoir lui fit donner le surnom du cnrarrucias catalan , et , à en juger par ses écrits, il n'était pas indigne de ce titre. Ils sont surtout remarquables par la précision , l'énergie et la clarté du style , et par l'ordre et la méthode qui y règnent. Les principaux sont: Exercitationes academicce XII, Cervera, 1715 ; ln Hermoge- niani jurisconsulti fuels epitomarum libros sex Com- mentarius, ibid., 1757, 2 vol. Cet ouvrage est trèsestimé et contient un Abrégé historique des ; lied- leurs jurisconsultes catalans, où l'on admire autant le bon choix que le jugement et la saine critique de l'auteur. A la tète de ce mème ouvrage on trouve une lettre du savant Grégoire Mayans y Siscar dans laquelle il fait l'éloge de tous les écrits de Fi..nestres. 3° Sylloge inscriptionum romanarum que in principat u Catalauni( e , vel exs tant , velaliquando exsti- terunt, nous et obserrationibus illustratarum, Cervera, 1760 Cet ouvrage est trèscurieux, et on peut le considérer comme un monument précieux pour l'histoire de l'Espagne sous la domination des Romains. Finestres, accablé par l'âge et les infirmités, se retira dans un petit village de Catalogne appelé Montfalca de Mosenmeca, où il mourut le 17 novembre 1770, à l'âge de 82 ans
  • Joseph FLAJANY( 1741 - 1808) : chirurgien ilalien , né en 1741 dans la terre d'Aman près d'Ascoli , fit ses premières études dans cette ville, et les termina à Rome dans le gymnase della Sapienza , où il obtint le titre de docteur en philosophie et en médecine. D'abord élève dans l'hôpital du StEsprit, il en fut nominé chirurgienadjoint après les épreuves voulues. En 1771, il fut chargé d'organiser, pour l'instruction des étudiants, un ca- Voyez le savant morceau sur la langue irlandaise par Deshauterayes, dans l'Encyclopédie élémentaire, ou Bibliothèque des artistes el des amateurs , par l'abbé Petity, t. 3 ou 2e part., p. 501 et suivant. binet anatomique dont il devint directeur, et dans lequel on remarquait de trèsbelles injections , plusieurs pièces I l'anatomie pathologique et une trèsbelle collection de calculs urinaires. En 1772, najani fut nommé chirurgien en chef de l'hôpital du StEsprit, professeur de médecine opératoire et lithotomiste , attendu qu'il s'était spécialement adonné à l'opération de la taille. Trois ans plus tard le pape Pie VI le choisit pour son chirurgien ordinaire. Il fut aussi nommé membre d'un grand nombre de sociétés savantes. Il mourut le ler août 1808, laissant deux fils qui ont suivi la même carrière. L'alité , après avoir éprouvé des malheurs , mourut médecin de l'hôpital de Spolète; l'autre a hérité de la plupart des emplois de son père, notamment de la place de directeur du musée anatomique de l'hôpital du StEsprit, qu'il a contribué à enrichir. Flajani a publié : 1. Nuovo metodo di medicare & orne malattie spettanti alla chirurgia, Rome, 1786 2" Osservazioni pratiche sopra l'amputazione degli articoli , e invecchiate lussazioni del braccio , l'idro- cephak, ed il panericcio, Rome, 1791, ; traduit en allemand par Kühn , Nuremberg, 1799, 2 vol. 3" Collezione di osservazioni e sioni di chirurgia, Rome, 1798; 1803, 4 vol. Flajani a encore traduit de l'anglais en italien J'ouvrage de Pott sur les fractures et les luxations. La mort l'a empêché d'achever et de publier deux ouvrages importants, l'un sur la lithotomie , l'autre sur les maladies vénériennes , dont il plaçait le berceau en Europe, en non en Amérique
  • Joseph FONTANA( 1729 - 1788) : médecin , frère alité des précédents, naquit en 1729 à Pomarolo , petit bourg du Tyrol. Ses premières études terminées, il alla suivre les cours de la faculté de Bologne; et après y avoir reçu le laurier doctoral, il s'établit à Roveredo, où pendant trentesept ans il pratiqua la médecine avec autant de succès que de réputation. Ses connaissances ne se bornaient point à la médecine, il en avait de très-étendues en géographie, en histoire, en politique et en littérature. Plus éloquent en parlant qu'en écrivant , personne ne racontait avec plus de grâce l'anecdote du jour, et personne ne savait répandre plus d'intérèt et de clarté sur les questions les plus ardues. Il mourut le 29 mars 1788, à 59 ans. Indépendamment d'un Recueil de consultations, trèsestimé de ses confrères, on lui doit un assez grand nombre d'articles insérés clans le Giornale tnedieale de Venise : ce sont des observations sur (les maladies rares et singulières; l'histoire d'une épid 'mie de Roveredo ; un mémoire en faveur d'un cavalier accusé d'un délit imaginaire ; des lettres apologétiques, etc
  • Joseph FOUCHÉ( 1763) : duc d'Otrante , né à Nantes le 29 mai 1'365, est un des hommes de la révolution les plus remarquables et en même temps les plus difficiles à apprécier. Sa vie se partage en trois époques bien distinctes : dans la première, on ne peut qu'estimer en lui l'oratorien livré à l'instruction de la jeunesse; dans la seconde , nous apparalt pendant quelques années comme le séide du crime et de l'anarchie ; dans la troisième, on ne voit plus que l'homme du pouvoir pouzsui- vant avec persévérance .et quelque dignité la tache qu'il s'était imposée de réparer les maux que lui et ses complices avaient causés à la France. Dans ces deux dernières phases de sa vie publique, il fit le bien comme le mal avec esprit, à propos et calcul; enfin, à travers toutes ces variations, l'homme privé s'est constamment montré simple et réglé dans ses mœurs , sensible à l'amitié , aux affections domestiques; toujours plein d'aménité, traitant légèrement les choses frivoles, ne mettant aucune prétention aux choses les plus graves ; maitre de lui dans les moindres accidents de la vie, aussi bien que dans les crises les plus terribles. Son habileté consistait à dominer les événements en paraissant s'y soumettre, parce qu'il savait d'abord les apprécier : il ne choisissait pas moins adroitement les hommes qu'il employait, et c'est là le premier talent de l'homme d'État. Pour raconter la vie de l'oratorien, la tache est courte et facile. Fils d'un capitaine de la marine marchande de Nantes, Fouché fut dès l'age de neuf ans confié intik Pères de l'Oratoire, qui avaient un collége dans cette ville. Il eut d'abord peu de succès dans ses études. A un esprit lent à se développer, il joignait une gaieté de caractère que ses premiers maltres prirent pour une légèreté inepte et stérile. Son intelligence se montrait rebelle aux règles convenues de la grammaire et de la versification latines et françaises. Il passait pour un triste éco- lier, lorsque le P. Durif, préfet des études, s'aper-çut que l'enfant lisait de préférence les livres les plus sérieux , entre autres les Pensées de Pascal. Tout fut employé par cet instituteur judicieux pour cultiver convenablement les dispositions d'un sujet qui sortait de la ligne ordinaire. Fouché était destiné à la marine; mais sa complexion délicate engagea son père à céder aux représen- tations des oratoriens, et l'élève favori du P. Durif fut voué à l'instruction publique dans cette savante congrégation. Ayant fait quelques progrès dans les mathématiques, il fut envoyé à l'institution de Paris. Là on lui mit d'abord entre les mains les Commentaires sur les Évangiles, .par Jansénius , et le Catéchisme du concile de Trente. 11 avoua à son confesseur le P. Mérault de Bissy, su- périeur de la maison , le dégoût que lui inspi- raient ces livres. Le sage directeur le conduisit dans sa bibliothèque, où il permit au jeune homme de choisir les ouvrages qui lui conviendraient le mieux. Le Petit carême de Massillon, les Essais de 'Virole, tels furent les auteurs auxquels s'arrêta Fouché, qui obtint en outre la permission de gar- der dans sa chambre les Éléments d'Euclide ; enfin Tacite , Horace , que jusqu'alors il n'avait lus qu'en cachette. Fouché professa . Pendant qu'il professait la philosophie à Arras, Fouché s'était lié avec Robespierre, et mème quand celuici fut élu député à l'assemblée constituante , il lui prêta quelques centaines de francs pour son voyage et son établissement à Paris. Par un avancement rapide et mérité, Fouché venait à vingtcinq ans d'être nommé préfet des études au collége de Nantes, lorsque l'ardeur avec laquelle il embrassa les nouvelles idées le jeta dans les orages politiques. N'ayant pas encore reçu les ordres , il se maria, se fit avocat , et fut l'un des fondateurs de la Société populaire de Nantes. A défaut d'éloquence, il se signala par cette exagération qui seule conduisait alors à la popularité. Son élection comme député de la LoireInférieure à la Convention nationale , en septembre 1792 , prouva la justesse de ses calculs. Durant les premiers mois de la session conventionnelle , il se fit peu remarquer ; il attendait. Ses anciennes relations avec Robespierre se renouèrent; mais la diversité de leurs caractères et de leurs vues politiques ne tarda pas à semer la mésintelligence entre eux. Robespierre, soit qu'on voie en lui un ambitieux hypocrite, soit tu En 1802 , Fouché , accompagné du 1'. d'Otteville, exoratorien , visita le collétge de juilly. Les élèves reçurent avec solennité le ministre de la police générale, et lui chantèrent une petite pièce de vers de leur composition qui commençait ainsi Laissant pour revoir tes amis Les embarras du ministère, Quelques loisirs te sont permis Dans cet asile solitaire ; De profiter de tes leçons Nos aînés eurent l'avantage .... A ce dernier vers , Fouché, peu flatté du souvenir qu'on lui rail. pelait, tourna le dos. Le P. d'Otteville entendit jusqu'au bout la harangue rimée et chantée. Son exemple fit revenir l'Excellence à de meilleures idées , et elle fut dès lors aimable comme elle l'était toujours pour l'Oratoire et les élèves de Juilly. qu'il fût de bonne foi dans sa fureur , le farouche Robespierre ne voulait que des instruments dociles et aveugles; un tel chef ne pouvait convenir à Fouché , homme sans conviction mais non pas sans caractère , car il était trop profondément égoïste, et sentait trop d'ailleurs sa supériorité pour se soumettre ni se dévouer à personne ; il donna la préférence à la faction de Danton , . » Dès son arrivée à Paris, il fréquenta avidement le club des Jacobins et parut fort bien s'entendre avec Marat, dont il avait propagé les doctrines à la Société populaire de Nantes. A la convention il fit pendant plusieurs mois partie du comité d'instruction publique , puis de celui des finances. Dans le premier de ces comités il se lia avec Condorcet, et par lui avec Vergniaud. Déjà la lutte était engagée entre les girondins et les montagnards ; mais, dans la société , ils n'en avaient pas moins de fréquentes occasions de se rencontrer. Malgré l'affection que lui inspirait Vergniaud , Fouché était déjà trop avisé en politique pour s'attacher au parti girondin, dont le système, fondé sur la division fédérative de la France, était par cela même un système de faiblesse. Un jour, à l'issue d'un diner qui avait eu lieu chez le député de Nantes, Robespierre apostropha vivement Vergniaud. Avec une pareille violence , lui dit Fouché, a vous gagnerez sûrement les passions , mais vous a n'aurez pour vous ni estime ni confiance. » Ro- bespierre ne pardonna jamais cette parole à son auteur ; et celuici , devenu depuis un grand personnage , se plaisait à rapporter cette anecdote. Ce fut seulement lors du procès de Louis XVI qu'on put juger à quel parti de l'assemblée il allait s'attacher. Il vota sur toutes les questions avec la montagne, c'est-àdire la mort : point de sursis, point d'appel au peuple; enfin, dans la discussion relative à cette dernière question , il dépassa en véhémence ceux des montagnards dont la réputation révolutionnaire était le mieux établie. « Je ne m'attendais pas , ditil , à énoncer à a cette tribune . » Comme membre du comité , il présida à une fete ordonnée polir l'inauguration du buste de Michel i,epelletier. Le lendemain il publia un décret qu'on pourrait prendre pour la rêverie de quelque hiérophante du paganisme : Considérant que le a peuple français ne peut connaitre Il parait que Fouché antérieurement au procès avait eu des sentiments bien différents. Il voulait , diton , ne prononcer que la détention ; il avait même annoncé à l'un de ses collègues, homme trèsmodéré, M. D*«.** l'intention de publier avant le jugement une opinion motivée dans ce sens. Quel fut l'étonnement de M. D. quand il lut cette publication , commençant par cette phrase ridicule : ‘t Je ne puis concevoir comment on peut ‘c hésiter un monten à l voter la mort d'un tyran. » Mais quelques jours avaient suffi pour changer les dispositions de Fouché, qui chercha à s'excuser auprès de M. D. en disant qu'il avait été obligé de céder aux suggestions de ses collègues de la LoireInférieure. « places et généralement dans tous les lieux pu-« blies seront anéanties. Tous les citoyens morts, « de quelque secte qu'ils soient, seront conduits « vingtquatre heures après le décès et quarante- « huit en cas de mort subite, au lieu destiné pour « la sépulture commune , couverts d'un voile fu- « nèbre sur lequel sera peint le Sommeil. Le lieu « commun où leurs cendres reposeront sera isolé « de toute habitation, planté d'arbres sous rom- « bre desquels s'élèvera une statue représentant « le Sommeil. Tous les autres signes sont détruits, « et on lira sur la porte de ce champ consacré par « un respect religieux aux mânes des morts cette « inscription : La mort est un sommeil éternel. Partout il fit abattre les croix , démolir les autels, lui que depuis on a vu ôter son chapeau en signe de pieux respect toutes les fois que , se promenant aux environs de sa belle terre de PontCarré, il rencontrait une modeste croix. Le pillage des autels était à la fois la conséquence et le motif des excès qu'il commit dans la Nièvre; aussi fitil à la Convention plusieurs envois du mobilier des églises. On jugera de l'importance de ces spoliations par ces mots extraits des procèsverbaux de la Convention : « Fouché de Nan- « tes, etc., envoie à la Convention mille quatre- « vingtonze pièces en or et en argent provenant « de la dépouille des églises. » Dix jours après, 11 brumaire , second envoi encore plus considérable : « Citoyens collègues, « écrivait le proconsul iconoclaste , je vous envoie « dixsept malles remplies d'or, d'argent et d'ar- « genterie de toute espèce provenant de la dé-« pouille des églises , des châteaux et aussi des « dons des sansculottes. Vous verrez avec plaisir « deux belles crosses d'argent doré et une cou-« ronne ducale en vermeil. L'or et l'argent ont fait « plus de mal à la république que le fer et « le feu des féroces Autrichiens et des lâches « Anglais. Je ne sais par quelle imbécile complai- « sance on laisse encore ces métaux entre les « mains d'hommes suspects. Ne voiton pas que « c'est laisser un dernier espoir à la malveillance « et à la cupidité? Avilissons l'or et l'argent, Irai-« nons dans la boue ces dieux de la monarchie, si « nous voulons faire adorer les dieux de la répu-« blique et établir le culte des vertus austères 'de « la liberté ! Vive la montagne ! Vive la Convention « nationale ! Je vous ferai dans peu un troisième « envoi. » Les sansculottes de la Nièvre, qui avaient apporté ces caisses remplies d'or et d'argent, demandèrent alors la parole. « Les sans-« culottes de la Nièvre, dit leur orateur évidem- « ment inspiré par Fouché , pleins de mépris pour « l'or et l'argent, viennent déposer dans votre « sein les reliques du fanatisme et de l'orgueil; « ils foulent aux pieds les crosses, les mitres et « tous les hochets de la calotte. Les habitants des « campagnes viennent euxmêmes apporter Par-« genterie de la table de leur Dieu et de leurs « cidevant seigneurs : ils ont même exprimé le « voeu formel pour la suppression des ministres du « culte catholique, et demandent à la place des « instituteurs de morale. On offre maintenant en « vain dans nos cités du numéraire en argent; il « est devenu odieux au peuple , qui sait qu'il fut « toujours le prix de la corruption. Les femmes « ellesmêmes ont déposé leurs croix. Nous ne « voulons plus que du pain et du fer ! » Ce discours fut accueilli avec applaudissement; les sansculottes eurent les honneurs de la séance. Veuton avoir une idée encore plus précise de la mission de Fouché dans la Nièvre , qu:on lise cette lettre du procureur de la commune de Paris, Chaumette, qui se trouvait dans ce département au moment où le député de Nantes y fut envoyé « Citoyen, écrivaitil au rédacteur du Moniteur le « 29 septembre 1795, la vérité me presse, et je « dois la proclamer : on m'a donné tous les lion- « 'leurs du bien qui s'est opéré dans mon pays « natal , tandis que j'en ai nominé les auteurs, et « j'avoue que le peu de bien que j'ai pu faire dans « ma vie n'égalera jamais celui qu'ont fait dans « le département de la Nièvre le représentant « Fouché de Nantes et les sansculottes de la So-« ciété populaire de Nevers. J'ai indiqué quelque « bien à Fouché , et le bien a été fait; mais ce pays cc . » Quoi qu'il en soit, la Convention fut assez satisfaite de la conduite de Fouché dans la Nièvre pour l'envoyer à Lyon avec Collotd'Herbois, au mois de brumaire an 2 . Ils étaient chargés de mettre à exécution le décret de destruction prononcé contre cette ville infortunée. Fouché, qui prévoyait sans doute toutes les horreurs de cette mission , écrivit à l'assemblée pour en être dispensé; mais on ne tint aucun compte de sa lettre, et comme il n'était pas prudent de se refuser aux ordres du comité de salut public, il finit par adresser à la Convention son acceptation en ces termes : « Je n'avais plus que des jouissances à « recueillir dans le département de la Nièvre « vous m'offrez des travaux pénibles à CommuneAffranchie, J'accepte avec courage cette mission ; « je n'ai plus les mêmes forces , mais j'ai toujours « la méme énergie. Les offrandes continuent d'a- « bonder à Nevers sur l'autel de la patrie; je vous « fais passer un quatrième envoi ; et ceux qui ont voulu en rejeter tout l'odieux sur ce dernier ont dû fermer les yeux pour ne pas reconnaitre dans ces dépèches le style des publications de Fouché dans la Nièvre : mêmes expressions, mèmes idées, mème logomachie immorale et sacrilége ; c'est à ne pas s'y méprendre. Seulement, nous avouerons qu'à Lyon , gràce à la prédominance de Collotdllerbois, la plume de l'exoratorien est plus fortement trempée dans le sang. On en jugera par ces passages : a Nous n'écoutons que le cri du peuple « qui veut que tout le sang des patriotes soit vengé « une fois d'une manière prompte et terrible, « pour que l' hunzanité n'ait plus à pleurer de le « voir couler de nouveau. Convaincus qu'il n'y a « d'innocent dans cette infâme cité que celui qui « l'ut opprimé ou chargé de fers par les assassins « du peuple , nous sommes en défiance contre les « larmes du repentir ; rien ne peut désarmer notre « sévérité.... L'indulgence est une faiblesse dan-« gereuse.... Les démolitions sont trop lentes; il « faut des moyens plus rapides à l'impatience ré- « publicaine. L'explosion de la mine et l'activité « dévorante de la flamme peuvent seules exprimer a la toutepuissance du peuple ; sa volonté ne peut « ètre arrétée comme celle des tyrans; elle doit « avoir les effets du tonnerre ... » « Point d' dulgence , citoyens collègues; point de délai, « point de lenteur dans la punition du crime.... « Les rois punissaient lentement parce qu'ils « étaient faibles et cruels; la justice du peuple doit « être aussi prompte que l'expression de sa voJouté. Nous avons pris des moyens efficaces pour « marquer sa toute- puissance , . Nous ne On peut- lire dans les publications du temps, notamment dans Prudhomme , les moindres particularités du l'apothéose de Challier. On y parodia les cérémonies du catholicisme de la manière la plus grossière. Au milieu d'hommes portant les vases sacres s'avançait un âne couvert d'une chape et cojffé d'une mitre ; à sa queue étaient suspendus la Bible et les Evangiles. Ces deux saints livres furent brûlés , et l'on St boire l'âne dans le calice. Lettre insérée dans le Moniteur du 24 novembre 1793 elle avait pour objet d'empêcher la Convention de revenir sur son décret d'anéanlissentent de la ville de Lyon. Fouché se retrouve tout entier dans ce ton léger et ironique. · nous ferons point un jeu de leurs impostures; d, dominaient la conscience du peuple, Us l'ont · égarée, ih sont complices de tout le sang qui a · coulé : leur arra est prononcé .... Notre pen- « sée, notre esistence tout entiére, sont lixées · sur des ruines, sur des tombeaux où nous i4om- · mes menacés d'étre ensevelis nousménies... La · terreur, la salutaire terreur cg ici à l'ordre du · jour; elle comprime tous les efforts des ruéchants . » Les actes de Fouché et de son collègue répondaient exactement à ces paroles effroyables. Le sang coulait à grands flots. Collotd'Herbois ayant été appel*: à Toulon , Fouetté resta ndant pres de deux mois à Lyon, investi de tous les pouvoirs, et c'est alors qu'il lui éctivit cette lettre dont personne que le député de Nantes ne petit assumer la responsabilité : « Et nous « aumi , mon ami , nous avons contribué à la prise de Toulon en portant l'épouvante parmi les là-.. cites qui y sont entrés, en offrant à leurs re- « garda des milliers !.... Une goutte de sang verso: « des veines généreuses d'un patriote me re- · tombe sur le coeur, mais je n'ai point de pitié m La lettre d'os rst extrait ri passage se trouve au Mo. iicar du 3 drrermbre r193 : elle 'intimer à la Centennial renvoi du bu't' de Chanter • et sa tire tuutàlé• , telle qu'elle Nd sortie 4 MUT 14 troisième lois de ile.sQue la bulle de ac. leo«. Meurs trier._ . II, _Vers./nie du 17 décembre 1793_ Dans cette lettra, les "1.pr...entants 1 eçbr et Coliut e frileuse des nombreuses et pruniptes condamnation* tir la comniimi.n revoluttonnaire qu'ils atartnit Otalgie. — D4ft• une lattriartiun qu'ils firent primer mue departeturnts du Midi, un lisait ce. Toul est matia a s ceux qui agissent dan. le sens de la t'Ore:dulies; II n'y a de · dattier pour h, republuala irae da "ester ru amère. Agi•ser « rosit. Prenez tidut ce qu'ut citoyen a d'inutile; le superflu § est une Ti..irdia,n des droits du vupte a caca parte at rapp‘Iter à la prtilluti Meg« pif FosUines Ci corn « pour les tonspirateurs. Nous en arions fait fou- Iroyer deux cent, d'un coup, et on nous en « fait un crime! Ne saiton pas que c'est encore une marque de sensibilité? Lorsqu'on guillotine vingt coupables, le dernier meurt vingt fois · tandis que ces deux cents conspirateurs péris- '« sant ensemble, la foudre populaire les frappe, et, semblable à celle du ciel, elle ne laisse que le néant et les cendres! On parle de sensibilité ! ,o et nous aussi , nous sommes sensible: ; les jaco- « hins ont toutes les vertus . » Fouché, pour Pli l'on employait cette odieuse et dérisoire de termes, et qui , comme on l'a vu, n'était pas novice en cette odieuse logomachie, tetait moins que jamais la dupe de ses propres emportements. Il se conformait au langage du temps; il l'exagérait même pour fonder son révolutionnaire ; puis chemin faisant il ramassait, comme on l'a dit , de l'or dams des ruisseaux de sang. Avant de quitter Lyon, le député de Nantes, affectant un langage plus modéré, manda à la Convention la fin prochaine des justices nationales. Il la ft:licita en mène temps des mesures prises contre la faction . Cette popularité naissante porta ombrage à Robespierre. Le dictateur avait d'ailleurs sur le coeur quelques plaisanteries , tandis que 'Robespierre gravissait les marches de la tribune élevée d'où il allait proclamer son manifeste en faveur de Dieu, Fouché lui prèdit tout haut que sa chute était prochaine. la vengeance ne se fit pas attendre. Le 11 juin, une députation de la Société Ili Moniteur du 21 décembre 1793. La bonne intelligente qui enait entre- Collot et I- ouche est attrere Itir une lettre du mie/ adressée à Couthon, elle figure sous k ne r1c parmi Ire et. à l'appui du rapport tilt au nom de la commlisf?ia die tue et un , pat le .leptite Saladin, le 12 vente. en 3 porte, dit Collot, fluUS est bien néerssaire, if ri tans arec · rats, et à moine que roue ne le remplaciez pat un muntagnard isourrux au Iman et d'un grand caracere , ta chose publie que souffrira : rone441 et moi noue mambos&
  • Joseph FOZIO( 1606 - 1676) : en latin Folios , jésuite, né à Reggio dans la Calabre en 160G, après avoir terminé ses études, fut admis au collége de la Société à Rome et y professa successivement la rhétorique , la philosophie et la théologie , pendant plusieurs années. 11 se livra ensuite à la prédica- La liste des souscriptetirs fut imprimée avec une notice historique et le portrait du général. M—D j. , Boille, 1662 l'Histoire sainte du P. Nicol. Talon , Bologne , 1619 et plusieurs autres ouvrages la plupart ascétiques dont on trouvera la liste dans la Bibliothigne du P
  • Joseph FRANCHI( 1730 - 1806) : sculpteur italien, mort le 11 février 1806 à Milan,- où il était professeur émérite de dessin et de sculpture dans l'Académie des beauxarts, au collége de Brera, avait pris naissance en 1730 à Carrare. 11 alla dans sa jeunesse étudier cet art à Rome, où il fit bientôt connaître que la nature l'avait formé pour exercer avec honneur la profession des Phidias et des Praxitèle. Les ouvrages qu'il y fit lui procurèrent une telle réputation , qu'on voulut le posséder à Milan, et en 1776 il y vint pour étre professeur en cette partie (Lins l'Académie que nous avons nommée, où il forma d'excellents élèves. Ce fut lui qui sculpta les deux belles Sirènes en marbre qu'on voit adossées contre la fontaine à jet d'eau de la plus régulière place de Milan, appelée piazza della Fontana ou piazza del Tagliamento. Ces deux excellentes figures et quelquesuns des ouvrages précédents de Franchi montrèrent qu'il s'était approprié le bon goût des grands maîtres de l'antiquité, dont il imitait assez bien la manière. 11 obtint plusieurs couronnes en divers concours de sculpture. Parmi ses disciples on vit les fils tic l'archiduc Ferdinand, alors gouverneur du Milanais. I,e troisième d'entre eux, l'archiduc Maximilien, contribua luiméme à illustrer les talènts de son maître par les progrès qu'il fit à son école. Franchi , zélé pour la propagation de son art, ne se bornait pas à l'enseigner dans sa classe; il en donnait encore des leçons dans sa chambre, et il continua ce double exercice pendant trente ans , c'est-àdire jusqu'à sa mort. Quoiqu'il ne fût pas trèsversé dans les sciences, il faisait rechercher sa société par les gens instruits, tant à cause de son aménité que par le goût exquis avec lequel il parlait des beauxarts. Les grands l'accueillaient avec autant de bienveillance que d'estime; mais il ne se prévalut de cet avantage qu'en faveur de ses amis et surtout des hommes de mérite qui se trouvaient oubliés : exempt d'ambition et généreux à leur égard, il n'a laissé que trèspeu de fort une, malgré les sommes considérables que lui avaient procurées ses ouvrages et l'extrème sobriété de sa manière de vivre. L'auteur de l'épitaphe trèshonorable que l'on voit gravée près de sa tombe, dans un des cimetières de Milan , n'avait besoin pour la composer que (l'exprimer les sentiments du public sur cet excellent artiste
  • Joseph FRANK( 1771) : fils du précédent et médecin renommé , sans toutefois avoir atteint la célébrité de son père, reçut le jour à Bastadt , le e décembre 1771. Trèsjeune encore, il fut destiné par son père à la carrière médicale ; . Sa vie à partir de cette époque, si l'on en excepte les seize dernières années, se divise en deux périodes qu'il passa, l'une dans l'Occident, l'autre dans les domaines russes. Pendant la première , nous le trouvons accompagnant son père en Suisse et en liaison avec les hautes célébrités qui s'y trouvaient alors; se convertissant et convertissant nombre de ses collègues au système de Brown, dont longtemps il fut un des néophytes les plus ardents et des coryphées; revenant en Italie, où après s'ètre adonné quelque temps à la médecine pratique il joignit à sa clientèle toujours croissante les titres de répétiteur et d'adjoint à l'école de clinique , puis quand l'année suivante son père fut appelé à Vienne, l'intérim de cette chaire de clinique que son départ laissait vide et toutes ses autres fonctions académiques ; puis enfin , en dépit de ces avantages accumulés, abandonnant l'Italie pour se réunir à son père , et nommé à sa sollicitation médecin ordinaire à l'hôpital général de Vienne ; et pendant les années 1802 et 1803, mettant à profit l'état de paix générale dont jouis- ", sait l'Europe pour visiter Paris, où Chaptal alors ministre lui lit un accueil distingué et où les illustres de la capitale le traitèrent comme une des capacités de l'Allemagne médicale , Londres, dont il n'eut pas non plus à se plaindre , Édimbourg et une grande partie de la GrandeBretagne. Le retour eut lieu par llambourg et lentement, afin qu'il eût le temps d'examiner les divers établissements scientifiques semés sur la route, de cette ville hanséatique à la métropole de l'empire autrichien. L'année suivante Frank le père cédait aux invitations d'Alexandre, qui l'appelait à l'université de Vilna : ici commence pour Frank le fils la deuxième période de sa vie . De méme qu'il avait dit adieu au beau ciel et aux plages enchantées de l'Italie pour rejoindre son père à Vienne, de même sous peu il va troquer la zone médiane et tempérée de Vienne pour les frimas de la Lithuanie; dès 1805 il vint remplir à Vilna la chaire de médecine pra- tique et clinique ; mais ce n'était pas rejoindre son père, ce n'était que s'en rapprocher : on a pu voir à l'article précédent qu'à peine installé dans cette même chaire de pratique clinique, Frank avait été appelé à StPétersbourg pour y devenir un des médecins du tsar, et l'on devine que c'est grâce à ce rapide avancement du second que le premier devait sa nomination. Le nouveau titulaire déploya la plus grande activité dans sa nouvelle résidence et y rendit les plus grands services. Il établit un comité de vaccine; il jeta les fondements dans sa chaire de clinique; N. Mianowski et Homolicki célèbres, l'un clans l'art des accouchements, l'autre en physiologie ; Ad. Bielkiewiez ; C. Porcyanko ; Abicht, , etc., etc. Frank enfin fonda àVilna la «Société de médecine, chirurgie et pharmacie de Vilna » , qui en 1810 fut autorisée à se donner l'épithète d'« impériale », et qui pendant longtemps eut sa publication périodique à elle, le Journal de pharmacie de Vilna, écrit en langue polonaise et qui contient beaucoup d'articles intéressants et utiles. Tant de dévouement à la science et à la ville qui l'avait adopté fut récompensé par Alexandre, qui lui conféra et le titre de conseiller d'État et les ordres de StVladimir et de SteAnne . Depuis longtemps Frank souffrait d'une affection ophthalmique grave , et que les brouillards du Niémen ne pouvaient qu'aggraver encore. 11 prit enfin son parti : en 1824 il résigna ses emplois, et tandis que son pauvre journal , privé de celui qui en était l'âme , rendait le dernier soupir, il alla chercher la santé sous des latitudes plus chéries du soleil. Il ne traversa qu'à pas lents et en faisant parfois étape l'Allemagne, si riche pour lui de souvenirs : il finit par la laisser derrière lui cependant, et en 1826 enfin il atteignit Côme. C'est là qu'il se fixa , c'est là qu'au bout d'excursions qui jamais n'étaient trèslongues, il revenait toujours; c'est là qu'il mourut , après seize ans de cette retraite paisible et ornée , l'idéal du sage qui sait qu'il , faut se résigner à la vieillesse et s'habituer par degrés à prendre congé de la vie. Il expira le 14 décembre 1842. Frank était dans toute la force du terme un habile praticien. Une expérience immense due à la clinique , un coup d'oeil profond, une science des plus étendues, s'étaient donné rendezvous en lui. Son amour du vrai n'avait pas de bornes. Delà, et l'on ne saurait assez l'en louer, son abandon du brownisme dans lequel il avait un des premiers rangs et auquel pendant un temps il rallia son père. Mais son enthousiasme ne tint pas contre les faits. Voici la liste de ses ouvrages ; leur nombre et leurs dates respectives attestent qu'à nulle époque de sa vie avant 1824 il ne cessa d'ètre laborieux et de coopérer par la plume comme par la pensée aux progrès de la science. Nous les répartirons en trois groupes , consacrés le premier au brownisme , le second aux comptes rendus des cliniques, le troisième à la discussion ou à l'exposition médicale ; ce dernier comprendra les nos 6-10 , le deuxième 3, 4 et 5, le premier 1 et 2. 1. Éclaircissements sur la théorie de l' , Vienne, 1797 2e édit. , Heilbronn ; 20 Esquisse de la pathologie d'après les lois de la théorie de l'incitabilité , Vienne , 1803 3. Ratio institua clinici nensis , Vienne , 1797,. ; 4° Observationes medicinales circa res fiestas in clinico instituto nosocomii Ilindobonensis , Vienne, 1796 5° Acta instituti clinici ccesareœ unirersitatis Vilnensis, Leipzig, 1808 et suiv., 6 vol. ; 6° Praxeos rnedicœ universœ prœcepta, Leip- zig , 3 vol. en 13 livraisons, 1826-41 2e édit., 1826-43 ; traduction allemande par Voigt, t. 1-9, Leipzig, 1828-43. C'est l'ouvrage capital de Franck, qui s'y montre aussi érudit, aussi profond comme théoricien que praticien consommé. 7° Les maisons de santé, les établissements pour les pauvres, les instituts d'enseignement médical, les prisons , Vienne, 1804 8° Introduction à la connais- sance et an choix d'un médecin , Vienne, 1800 9° Manuel de toxicologie, ou Doctrine des poisons et des contre- poisons , Vienne, 1800 10" Almanach de santé pour l'année 1803 , Vienne , 1803 11. Voyage à Paris, à Londres et dans nue grande partie du reste de l'Angleterre et de l'Écosse, en vue d'étudier les hdpitaux , Vienne, 180i-1805 , 2 vol. — De plus Frank , à l'époque qui le vit browniste fervent, a traduit en italien l'ouvrage du docteur Jones, en y joignant des notes d'un haut intérèt et fort curieuses sur le système de Browe Enfin on lui doit la traduction en allemand d'un ouvrage de Weikard , traduction accompagnée d'un grand nombre de remarques et traduite ellemème à son tour en français par Bertin, Paris, 1798 , Il faudi ait encore , pour rendre complète cette liste des oeuvres de Frank, y joindre tous les articles qu'il a pu jeter dans les feuilles quotidiennes ou les revues et tous ses discours un peu solennels latins, italiens, polonais, français : on nous en fera grâce. Nous n'indiquerons que quelquesuns des derniers, ceux qui se réfèrent aux Devoirs du médecin, à la Police médicale , à l'Influence de la révolution française sur la médecine pratique , aux Établissements scientifiques de Vilna, à l'Origine et à la nature de la plique polonaise. Des amis de Franck disent qu'il a laissé des Souvenirs trèsintéressants écrits en français tant sur son père que sur lui ; mais la publication n'a pas suivi l'annonce. - FRANK , son frère cadet, naquit en 1774, et comme lui embrassa la profession médicale, comme lui adopta le système de Brown : il mourut en 1796 à Vienne, où il était le second de son père ; et c'est , on le voit, cette mort qui détermina Joseph à quitter Pavie pour aller le remplacer auprès de leur père
  • Joseph FRANZ( 1703 - 1776) : jésuite , puis prêtre séculier, professa la physique expérimentale à l'Académie de Vienne, et fit un voyage à Constantinople < i> avec le comte d'Uhlefeld. Lorsque l'impératrice MarieThérèse fonda à Vienne en 1754 l'Académie des langues orientales, elle choisit le P. Franz pour la < i> diriger , et il dut ce choix à la pureté de ses moeurs et à la vaste étendue de ses connaissances dans les sciences et dans les idiomes de l'Orient; mais le mauvais état de sa santé ne lui permit pas de conserver longtemps cet emploi. Franz était né à Lintz en 1703, et il mourut le 13 avril 1776. On lui doit : 1° < i> Dissertatio de nature elertri , Vienne, 1751 < i> ce Jeu de cartes géographique, ibid., 1759. On lui attribue le petit drame suivant : < i> Godefroi de Bouillon , représenté par les élèves des . 1cadémies des langues orientales , devant leurs augustes fondateurs, le 18 < i> décembre 4757, Vienne, 1761 Les interlocuteurs s'y expriment en français et en turc. On lui doit encore diverses traductions faites du turc, pour l'usage , hébraïsant allemand, né en 1710, mort à Ellwang le 5 septembre 1780, habita Augsbourg et Helmstadt , où il devint docteur en droit. On doit à ce savant quelques dissertations philologiques touchant le texte < i> sacré et dont on < i> trouve la < i> nomenclature dans le < i> Lexique biographique de Meusel. Voici ses plus importants ouvrages : 1° < i> Diatribe de < i> fideicommissis, Helmstadt, 1734 < i> Phitolo- < i> gica commentatio in legem Mosecam de feris mundis, Deuteron. , 14, 5; < i> 3° < i> Meletema philologicum in exoticos fructus in manecht avoda Sara, cap. 1, < i> memoratos , ibid. , 1734; 4t, < i> Ephemerides philologicœ in legendis et ponderandis mri remoti Codd. Grœcis, Ebr. Chald. Syr. _ < i> Webb. Talmud, et . irabicis, qua elegantiora ac solidiora studia in Acad. Julia tennis 1732, 1733, 1731, < i> versez*, ibid
  • Joseph FRAUNHOFER( 1787) : célèbre opticien bavarois, naquit en 1787 à Straubing, de parents pauvres, et après avoir passé sa première enfance aux prises avec un travail manuel, devint orphe- lin à onze ans. On le mit en apprentissage chez un maitre trèsexigeant et qui regardait les minutes données à l'étude comme un vol qu'on lui faisait. En dépit des obstacles que suscitaient à son ardeur de s'instruire les avares calculs de son patron , Fraunhofer parvint à s'instruire sans maitres. Il apprit d'abord à lire , à écrire, puis les mathématiques, qu'il poussa trèsloin. Et pourtant, après avoir figuré le jour entier dans un atelier, il ne se retirait la nuit que dans un cabinet sans fenètres, où il lui était défendu d'avoir de la lumière. Dans l'intervalle de ces courageuses et opiniâtres études, il avait un moment fixé sur lui la curiosité publique, grâce à un accident dont peu s'en fallut qu'il ne devint victime. La vieille et gothique maison dans laquelle il avait son domicile croula , et il fut enseveli sous les débris un miracle l'en dégagea , et plusieurs personnes haut placées par leur fortune ou par leur mérite, entre autres le roi MaximilienJoseph, reconnu- rent ses dispositions et voulurent les seconder. Le jeune homme n'usa pourtant qu'avec la plus grande réserve des secours qu'on lui offrait. A vingt ans il fut reçu dans le bel établissement d'instruments de mathématiques et d'optique qu'avaient créé Reichenbach et Utzschneider. Il y marcha de succès en succès, se plaça par son habileté tant à exécuter qu'à diriger, et surtout à imaginer les travaux, à la tète des opticiens les plus illustres de l'Allemagne , augmenta infiniment la réputation et la fortune de la maison et finit par en devenir le propriétaire. Ce qui mérite à Fraunhofer une place distinguée au milieu de ses confrères, c'est qu'il possédait à fond l'exacte théorie de ce qu'il opérait, c'est que comme mathématicien , comme physicien , comme astronome, il savait immensément; c'est enfin qu'il a fait des découvertes et reculé les bornes de la science. L'Académie de Munich , l'institution astronomique d'Édimbourg, l'université , l'axe de déclinaison de l'instrument est muni d'un appareil qui le met en mouvement, et ce mouvement est précisément celui de la terre, c'est-àdire qu'il achève un tour en vingtquatre heures; de sorte que toute étoile reste dans le champ de la lunette aussi longtemps qu'elle est sur l'horizon , et qu'il est loisible. à l'observateur de la suivre tout ce temps. L'axe de déclinaison et l'axe horaire portent chacun un cercle divisé qui donne l'un les dix secondes de degré, l'autre les quatre secondes de temps. Enfin, à l'intérieur de l'instrument sont sept micromètres, dont un à Ill, un circulaire à lampe avec quatre oculaires, un réticule à lampe avec trois oculaires, et quatre annulaires. Grâce à cette multiplicité de moyens, le télescope de Dorpat donne des distances angu- laires d'une à deux secondes : la plus petite distance jusqu'alors appréciée l'avait été par Herschel! dans Hercule et était de trois secondes. La pierre de touche d'un télescope est , comme on le sait, l'observation des étoiles multiples. Schrceter avec son grand télescope catoptrique avait signalé dans Orion douze ou treize étoiles. Bien qu'Orion se trouve à Dorpat plus près de l'horizon qu'à Litthenthal , Struve , à l'aide du télescope de Fraunhofer, nonseulement a distinctement reconnu la treizième étoile, mais encore il en a vu trois autres. Ce qui ajoute au mérite de Fraunhofer dans la confection de ce bel instrument, c'est qu'il est en partie l'inventeur de la combinaison de flintglass et de crownglass qu'il employa pour l'objectif. Le quatrième des mémoires que nous avons indiqués contient la description de ses recherches et les résultats de ses expériences sur un sujet de la plus haute importance pour le constructeur d'ob- jectifs, sujet à peine effleuré avant lui : la déter- mination des pouvoirs réfringent et dispersif des substances qui peuvent entrer dans cette construction
  • Joseph FROVA : savant piémontais, chanoine régulier de StAndré de Verceil, et historiographe de sa congrégation, vivait dans le I8" siècle. Il alla d'abord professer la théologie à Rome, où il se lia d'amitié avec le célèbre littérateur bavarois Eusèbe Amort, son confrère. Il revint ensuite à Verceil, où il ne cessa de s'occuper de la recherche des monuments ecclésiastiques du moyenàge concernant sa patrie. Pendant le cours des dis- cussions sur l'auteur de l'Imitation de Jésus- Christ, renouvelées par les bénédictins en Italie et en Allemagne, de 172 à 1720, et ensuite de 1760 à 1164, une correspondance s'établit sur plusieurs points historiques de la question, entre Frova et Amon , alors à Polling en Bavière. La Deductio critica et la Morais certitudo de cet auteur, qui écrivit, non une seule dissertation , mais neuf dissertations au moins en faveur de Kempis contre les partisans' du prétendu Jean Gersen , abbé des bénédictins de Verceil , contiennent surtout plusieurs lettres du docte Frova , de 1760, 1761 et l76, d'où il résulte, entre autres, que, d'après des recherches exactes faites dans les anciennes chartes des abbayes de St-Étienne et de StAndré de Verceil, il n'y est fait mention d'aucun religieux ou abbé du nom de Gersen . Cependant le système opposé s'est reproduit de nos jours en Italie.: M. Napione, et d'après lui l'abbé Cancellieri , ont allégué une note que Jacques Durandi tenait de Joseph Frova , et qui portait précisément le contraire de ces lettres. Mais cette allégation , purement verbale, et sans authenticité, n'a point détruit le fait de la dénégation directe du mème Frova , consignée dans sa correspondance. On doit, en outre, à ce savant religieux, deux ouvrages : I" Une dissertation De sacris imaginibus , Venise , 1750 ; 2" Vita et gesta Gude Bicchieri card. collecta à Philadelpho Libyco ; Milan , 1767 Tiraboschi et Denina nomment avec éloge l'auteur de cette vie du zélé fondateur de l'abbaye de StAndré de Verceil , où furent appelés pour la desservir et y professer , des clemoines réguliers de la célèbre abbaye de StVictor de Paris . C—cE. Les renseignements qu u n e nos avons pu ous procurer, principalement dans les lettres de Frova , sur le cardinal
  • Joseph FURTEMBACH ou FURTTENBACH( 1591 - 1667) : ingénieur allemand, naquit en 1591 , à Leutkirch , en Souabe, où son père occupait une place dans la magistrature. A l'àge de quinze ans, il alla à Milan pour apprendre l'italien, et passa près de vingt ans en Italie. Il s'y occupa principalement de l'architecture , et fréquenta les inaitres les plus célèbres dans cet art. Quelquesuns de ses biographes ont Halinitro- pyrobolia, Ulm , 1627 ; c'est un traité d'artillerie, en allemand ; Büchsenmeisterey . ibid .,1043 4. Architectura civilis, ibid., 1628 ; 5' Architectura ? lavais, ibid., 1629 ; 6° Architectura martialis, ibid 1650 ; 7° Architectura universalis , ibid., 1635 . ; S'Architectura recre a- tionis , ibid. , 1640 ; 9. Architectura privata, ibid., 1611 ; 10° Gottes- Ackers- Gebau , Augsbourg , 1643 11. Kirchen- Gebau , Augsbourg , 16 49 ; 12° Aleyerhoffs- Gebau, , ibid., 1049 , 15. Pass- Ferwahrung , ibid., 1651 14° Garten- Pallastleins- Gebau , ibid., 1667 , fils du précédent, se fit un nom par son habileté dans le dessin, la peinture et la gravure ; il écrivit sur l'architecture. Ses ouvrages, qu'il ne faut pas confondre avec ceux de son père , sont enrichis tu gravures qu'il avait luimême exécutées. Le plus curieux , intitulé Feria, architectonica' , commencé en 1649 , ne fut mis au jour que par les soins de son père , en 16 E—s.
  • Joseph GAGNIÈRE : médecin, natif d'Anneyron , en Dauphiné , est auteur d'un peme en seize livres, imprimé sous ce titre : Les principes de physique, Avignon , Louis Chambeau, 1773 Avant de le publier , il voulut le soumettre à J.J. Rousseau, qui était alors à Monquin, chez M. de Lesarge ; arrivé à Bourgoin le 13 février 1770, il prit pour guide le perruquier de JeanJacques, gravit une montagne couverte ni vues nouvelles dans les matières qui en font le sujet. Si l'auteur a quelque titre pour figurer dans une biographie, c'est uniquement à cause de la lettre que Rousseau lui écrivit, lettre que nous n'avons pas pu retrouver dans sa correspondance. Nous ajouterons que Gagnière , lié avec Sigaud de la Fond, lui a fourni quelques articles pour son Dictionnaire des merveilles de la nature
  • Joseph GALEANO( 1605 - 1675) : savant médecin de Palerme, né vers l'an 1605, et mort le 28 juin 1675, fut distingué de son temps comme philosophe, médecin, théologien et pone. 11 se livra néanmoins plus particulièrement à la médecine , et passe généralement pour un des plus grands hommes que l'Italie ait produits dans le ne siècle. Les rois, les grands et les prélats le recherchaient avec empressement ; et ses contemporains le regardaient comme un second Galien. Il exerça longtemps la médecine dans les hôpitaux de Palerme avec le plus grand succès ; et pendant vingtcinq ans, il y enseigna cette science avec des applaudissements unanimes, au milieu d'un grand concours de disciples, dont plusieurs devinrent par la suite des médecins trèsdistingués. La confiance qu'on avait dans son savoir était si grande, que ses avis étaient reçus partout comme des oracles : ses élo- quentes leçons lui avaient donné une réputation si étendue , que de toutes les parties de l'Italie, de l'Espagne, de la France et de l'Allemagne, on lui adressait des éloges et on lui demandait des conseils. Familiarisé avec tous les genres de connaissances cultivées de son temps, il aimait à se délasser de ses travaux par la culture de l'éloquence et de la poésie. 11 n'était pas moins considéré dans l'Académie des Reacenzi de l'alerme, dont il était un des membres les plus illustres, que dans la faculté de médecine de cette ville, où il a obtenu les honneurs auxquels un homme de son mérite pouvait aspirer. Cependant, avec tant de gloire et une si grande réputation, Galeano , constamment inaccessible aux prestiges de la vanité et de l'orgueil, fut toujours philantrope et compatissant. Toute sa vie, il mit au rang de ses devoirs les plus chers et les plus sacrés, de secourir les malheureux: il prit sans cesse un soin particulier des pauvres, et leur fournissait gratuitement les secours dont ils avaient besoin dans leurs maladies. On dit que s'étant fait saigner, un ignorant chirurgien lui appliqua sur la veine, avec une bande mouillée, une ligature serrée avec tant de force, qu'il mourut des suites de cette funeste compression, victime d'un art sur lequel ses savants et utiles travaux avaient répandu une vive lumière. Ses principaux ouvrages sont les suivants 1. E pistola me dica, in qua de epidemica fere theorice et practice a gitur , Palerme, 1648 20 ° ratio de medicinœ prcestantia, ibid., 1649 Hippocrates redivivus paraphrasi- bus illustratus, Palerme, 1650, 1663, 1701 40 Smilacis asperoe et salsœparilice causa, Palerme, 165f ; 5° La lepra unita col mal francese, Palerme, 1656 ; 60 Politica medica pro lepro- sis, Palerme, 1657 7. Idea del cavar sangue, Palerme , 1659 ; 8. Del vero metodo di con- servar la sanità e di curar ogni morbo col solo uso dell aquavita. Palerme, 1662 9° Discorsi intorno dell uso dell' aquavita, Palerme, 1667 sous le nom de Bruno Cibaldi ; 100 Il café con pisi diligenza esaminado, Palerme, 1674 Galeano est encore auteur d'un grand nombre de produc- tions littéraires du ressort de la poésie
  • Joseph GALIEN( 1699 - 1762) : né en 1699 , à StPaulien, à deux lieues du Puy, entra chez les dominicains, Nous observons en passant que ce médecin , appelé par les uns Brassavola , par les autres Brassavalo , a pour véritable nom Brasavoli, comme le prouve l'opuscule suivant de Bardfaldi , qui était son compatriote , opuscule non cité dans l'article' consacré à ce littérateur Commenlario all' inscrizione ereaa in Ferrara, an. 1704, in lnenzoria del famoso Anl. Musa Brasavoli, Ferrare, 1704 au couvent de cette dernière ville. Il professa avec distinction la philosophie et la théologie dans l'université d'Avignon. Le goût qu'il avait pour la physique et ses réflexions lui firent concevoir la possibilité de s'élever dans les airs au moyen d'une sorte de vaisseau plus léger que ce fluide ; et il présagea la découverte des ballons, qui plus tard honora les frères Montgolfier. Il s'occupa aussi de la nature et de la formation de la grêle. En 1755 il publia un ouvrage sur ces deux objets. Deux ans après, il en donna une seconde édition corrigée, sous ce titre : L'Art de naviguer dans les airs, précédé d'un Mémoire sur la nature et la formation de la grèle, Avignon , 1757 Les physiciens qui postérieurement ont écrit sur les aérostats l'ont souvent cité. Il mourut au Puy, dans le monastère de son ordre, en 1761 Z.
  • Joseph GARAMPI( 1725) : savant antiquaire italien , né en 172i, était d'une famille distinguée dans la noblesse de Rimini. Son père n'épargna rien pour lui donner une excellente éducation littéraire, et le confia aux soins de Janus Planeus, qui s'était fait un nom comme érudit et comme naturaliste . Pour fuir le bruit importun occasionné par le passage continuel des troupes qui avait alors lieu dans sa ville natale , Garampi se rendit à Florence, où il obtint l'amitié .de Jean Lami, un des plus célèbres philologues de cette époque; puis à Modène, où il se lia étroitement avec Muratori, le savant le plus illustre qui fùt alors en Italie. Le jeune comte alla ensuite à Rome, où il s'adonna principalement à l'étude des monnaies pontificales. Il se fit d'abord remarquer par une belle dissertation sur une monnaie , l'accompagne de notes dans lesquelles on trouve des remarques intéressantes sur les moeurs , les usages et la langue à cette époque. Il y joint des dissertations qui éclaircissent plusieurs points importants relatifs à l'histoire de Rimini, principalement ce qui a rapport à l'hérésie des Patarins ce livre est orné de gravures qui représentent des peintures et des mosaïques du moyen àge. Ce fut sans doute en considération du canonicat qu'on lui avait conféré à la Vaticane, que Garampi composa un autre ouvrage intitulé : Notizie, re- yole e orazioni onore de' SS. maHiri della Ba- silica vaticana per l'esercizio divoto prati- carsi in tempo che sta ici esposta la loro sacra cafre, Rome, 1756 Aux oraisons et aux prières qu'il a réunies il joint des remarques historiques sur la sauta coure, espèce de couverture qui avait servi à transporter les corps des martyrs qui sont inhumés dans le lieu sur lequel on a bâti la basilique. 11 publia ensuite un autre ouvrage plus singulier : Illustrazione di un sigillo della Galfaguana, Rome, 1759. Le sceau qui fait le sujet de cette belle dissertation était alors dans le musée de l'église StSauveur à Bologne, et a passé depuis dans l'immense collection du cardinal Borgia : ce sceau lui parut propre à prouver les droits du SaintSiége sur la Gallagnana , petit pays situé entre Modène et Lucques, dont les peuples de ces États et les papes se sont toujours disputé la possession. Garampi accompagna son explication de notions trèsimportantes sur les sceaux , principalement sur ceux des papes et sur le pays auquel celuici a rapport. L'année 1761 vit s'ouvrir pour Garampi une autre carrière, celle des nonciatures : Clément X111, Clément XIV et Pie VI, l'employèrent dans plusieurs cours, et il leur rendit de grands services. Pie VI lui en donna la dernière récompense en le nommant cardinal. Garampi avait profité de ses voyages dans différentes parties du nord de l'Europe, et de sa résidence dans plusieurs États, pour acquérir un nombreconsidérable de livres curieux et singuliers , principalement sur toutes les parties de l'histoire ; et il forma à Rome une bibliothèque immense, dont le catalogue fait avec soin, fut publié en 1796 par 31. Mariano de Romanis en sept volumes grand sous le titre de Bibliotheca Josephi Garampi , etc. De retour dans la capitale , Garampi partagea son temps entre cette ville et celle de Monteflascone , dont il était évèque. fut chargé de diriger le collége des Hongrois à Rome, et s'occupa toujours des études qui fai- saient le charme de sa vie, et pour lesquelles il avait rassemblé tant de matériaux. C'était avec le secours de la riche bibliothèque qu'il avait formée, que Garampi espérait pouvoir au moins commencer l'ouvrage immense qu'il avait entrepris sous le titre d'Orbis christianus, dans lequel il comptait donner l'histoire des évèques de tous les pays. Ce savant prélat avait encore composé un ouvrage sur les monnaies des papes : Saggio di osserrazioni sul ralore delle antiche monde pou-( gicle sans date. Il y a beaucoup d'erreurs dans cet ouvrage : il est resté sans frontispice et il y manque l'appendice et la table , la mort de l'auteur l'ayant empêché de le revoir. Ce livre est cependant trèsrecherché à cause des notices curieuses, des diplômes et (les documents qu'il contient ; on y trouve d'abondants matériaux pour l'histoire des trésoriers, des maréchaux, des ca- merlingues de l'Église. La série des monuments commence en 1450, et finit en 1766, époque à laquelle on peut croire que l'impression a été entreprise : il n'en a été distribué qu'un trèspetit nombre d'exemplaires. Cet illustre cardinal est mort au mois de mai 1792 , laissant par les ser- vices qu'il avait rendus à l'état et aux lettres de justes regrets. M. Jérôme Amati a donné une notice sur sa vie; elle est en latin et se trouve imprimée en tète du catalogue publié par M. de Romanis
  • Joseph GAY-VERNON( 1760 - 1822) : général, frère du pré- cèdent, naquit en 1760 et fut dès l'enfance des- > tiné à la carrière des amies. Après avoir fait de bonnes et fortes études, il entra à dixneuf ans dans le corps du génie , où il était capitaine au h moment de la révolution. Comme la plupart des officiers de cette arme, il en embrassa la cause avec beaucoup de chaleur et fut employé à l'armée du Rhin en 1792. C'est lui qui au siège de Mayence fit construire la tète du pont de Cassel et contribua par là si efficacement à la défense de la place. Devenu colonel adjudant général, i Gay- Vernon i suivit Custine à l'armée du Nord, et après l'arrestation de ce général il fut nommé chef de l'étatmajor de son armée, dont Houchard avait pris le commandement. Lorsque celuici fut arrèté à son tour, GayVernon éprouva le mème sort. Cependant il ne monta pas sur l'échafaud i et i languit en prison jusqu'à la chute de Robespierre. Rendu à la liberté après le 9 thermidor, il fut nommé l'un des premiers professeurs de l'école polytechnique fondée à cette époque, et pendant dixsept ans il i en i fut le sousdirecteur, puis le commandant avec le titre de baron. Rappelé en 1812 à l'armée active, il se trouva aux batailles de Bautzen et de Lutzen et fut ensuite chargé du commandement de la place de Torgau , qu'il ne rendit aux Prussiens qu'après la plus honorable résistance. Prisonnier de guerre, il revint en France sur sa parole et reçut des mains de Louis XVIII la croix de StLouis et le brevet de maréchal de camp. Désigné en 1815 par Napoléon pour faire partie du troisième corps d'armée qui se forma à Mézières, il ne s'y rendit point et vécut ü depuis dans une retraite absolue. 11 mourut à StLéonard dans le mois d'octobre 1822. On a de lui : i Exposition abrégée du cours de géométrie i i descriptive appliquée à la fortification, à l'usage des élèves de l'école polytechnique i, 1802 , ; e i Traité élémentaire d'art militaire et de fortification, à l'usage des élèves de l'école polytechnique et de l'école militaire i, Paris, 1805, 2 vol. Ce dernier ouvrage, qui a été traduit en plusieurs langues, notamment en anglais, est adopté dans la plupart des écoles militaires de l'Europe
  • Joseph GAZOLA( 1661 - 1715) : médecin, naquit à Vérone en 1661. Après avoir fait de bonnes études dans sa patrie, il se rendit à Padoue pour y étudier les -- mathématiques. 11 se livra ensuite à l'étude de la médecine, reçut le bonnet (le docteur en cette faculté; et, de retour à Vérone en 1686, il donna tous ses soins à la fondation et à l'organisation (l'une société qu'il consacra à la culture des sciences physiques et mathématiques. Cette Académie, qui reçut le nom (le i gli Aletofili , fit i l'ouverture de ses séances le ter décembre de la méme année; mais bientôt après , Jean de Pesaro, ambassadeur de Venise en Espagne , arracha Gazola à ses occupations chéries , et l'entraîna avec lui à Madrid. Pendant un séjour d'environ trois ans qu'il fit dans cette ville , il publia un livre intitulé i Entusiasmos medicos, physicos y astronomicos i, Madrid, 1(;89. La reine régente, à laquelle Gazola avait dédié son ouvrage, le recommanda à l'empereur Léopold, qui le reçut au nombre de ses médecins en 1692. En quittant Madrid il se détermina à voyager : il parcourut presque toute la France, s'arrêta à Paris pour y voir les membres de l'Académie des sciences; et à son retour à Vérone, en 1697, il reprit ses anciennes occupations et pratiqua la médecine avec beaucoup de distinction jusqu'à sa mort, arrivée le 14 février 1715. Ses autres ouvrages sont : 1° i Origine, preservatico e rimedio del corrode contagio pestilenziale delle bue i, Vérone , 1712 C'est l'histoire d'une maladie qui régnait alors parmi les boeufs en Italie , où , suivant un usage digne d'ètre imité , les médecins se sont de tout temps beaucoup attachés à l'observation (les épizooties. 2. i Il mondo i i ingannalo da Alsi medici i , Pérouse , 1716, i n-8. ; 6. édition, i Trente i, 1718 Venise, 1747 en espagnol , Valence, 1729 sous le titre de i El mondo ingannado per los falsos medi i- i cos i ; en français , Leyde , 1735 avec ce titre : i Préservatif contre le charlatanisme des faux. médecins i. Cet ouvrage, composé de cinq discours, fit beaucoup (le bruit dans le temps; il suppose un esprit trèsphilosophique, beaucoup d'amour pour la vérité, et fait l'éloge des talents, des sentiments nobles et du caractère libéral de l'auteur
  • Joseph GAZZANIGA( 1748 - 1810) : compositeur italien, naquit à Venise en 1748. Après avoir étudié les éléments de la musique dans un conservatoire de cette ville, il passa à celui de la i Pietà i de Naples, où il se perfectionna sous la direction du célèbre Sacchini. Son premier opéra, qu'il fit jouer à Rome sur un théâtre secondaire, la i Pallaccorda i , y obtint du succès. Il parcourut ensuite différentes villes d'Italie , où ses compositions furent applaudies, et notamment à Bologne, Florence, Turin , etc. Il revint plusieurs fois à Rome, et mérita toujours l'approbation du public. Un des opéras qui lui fit le plus d'honneur fut i l'Orvie i i fano i , joué dans cette même ville au théâtre i Capra ii ira i, durant le carnaval de 1781 . Il y avait à ce théâtre une fameuse bassetaille toscane , qui a fait depuis les délices de Londres. Dans ce même temps , chantait au théâtre i de la Valle i une autre bassetaille non moins fameuse , Renucci , qui, plusieurs années après, a joui i d'un i égal i succès i à la cour de i Vienne i. Cimarosa, qui travaillait pour ce dernier théâtre, était l'objet constant de l'admiration des Romains; mais cette fois il en souffrit la plus cruelle des insultes : son opéra fut sifflé , tandis que celui de Cazzaniga ne recevait que des applaudissements. C'est depuis cette époque que la réputation de Gazzaniga augmenta , quoique son talent fût, en réalité , bien inférieur à celui de Cimarosa. Cependant le public , en sifflant l'opéra de ce dernier, crut moins faire une injure à ce maitre jiistement célèbre qu'à l'un de ses protecteurs que les Romains ne voyaient pas de bon oeil. Gazzaniga passa ensuite à difl'érentes cours d'Allemagne , comme Esterhazy , Saxe , Bavière, etc. De i retour en i Italie , il se i retira à i Vérone, où il était maitre de chapelle à la cathédrale lorsqu'il mourut, en 1810. Le style de ce maitre était sage , pur et expressif; mais il n'avait rien de saillant, ni de cette i verve i, de ce feu , de ce caractère original qui appartiennent au génie. D'après ce qu'en disent les plus experts dans son art, il entendait mieux la partie vocale que l'instrumentale. Un seul opéra de Paesiello, de Cimarosa et de Guglielmi , aurait fourni à Gazzaniga de suffisants matériaux pour écrire avec succès six de ses meilleurs opéras. Il réunit souvent dans ses compositions le mélodieux de Sacchini et la simplicité d'Anfossi ; mais il ne put jamais s'égaler au premier. Cependant , après 'fritta , Nazolini , Per, etc. , dont il fut contemporain , il peut cire compté parmi les bons compositeurs d'Italie. Gerber en fait des éloges dans son i Histoire de la musique i
  • Joseph GENESIUS : historien du BasEmpire, florissait vers le milieu du '10e siècle. Jean Scylitza est le seul auteur contemporain qui l'ait nommé, mais sans entrer dans aucun détail à son égard. Le P. Labbe , trompé sans doute par quelque faute de copiste, a cru devoir distinguer Genesius de Josephus Bgsantinus ; mais FabriCius rejette cette opinion comme n'étant nullement fondée. L'histoire qui porte le nom de Genesius fut entreprise par l'ordre de Constantin Porphyrogénète elle confluence à l'année 815, et comprend les règnes de Léon l'Arménien, Michel lé Bègue, Théophile son fils, et Basile le Macédonien, mort en 886. JeanAndré Bosius eut le projet de la publier; mais, en mourant, il ne laissa que quelques notes en marge d'un manuscrit que l'on conserve à la bibliothèque de l'Académie d'Iéna. George Schubart, et , après lui , Godefroi Wagner, en annoncèrent des éditions. Godefroi Oléarius, après avoir revu le texte de Genesius avec le plus grand soin, le traduisit en latin , et en expliqua par des notes les passages les plus difficiles. Son travail était prêt à voir le jour en 1726. Enfin l'Histoire de Genesius a été imprimée , pour la première fois, en grec et en latin, sur un manuscrit de la bibliothèque de Jean Mencken Burekard , Venise, 1733 Ce volume, dans lequel on a réuni plusieurs autres opuscules sur le même sujet, se joint à la collection de l'Histoire byzantine, imprimée au Louvre. Freytag, d'après LengletDufresnoy, , cité une édition de l'Histoire de Genesius, Venise, 1570 mais on doit la regarder comme imaginaire, puisqu'elle a été inconnue à tous les savants cités dans cet article comme ayant travaillé sur le mètne ouvrage , et qui, par cette raison , auraient eu tant d'intérêt à se la procurer
  • Joseph GENNARI( 1721) : littérateur, né en 1721 à Padoue , d'une famille honorable, donna dès sa première jeunesse des marques si particulières de la vivacité de son esprit , qu'à peine sorti des écoles il fut admis dans l'Académie des Ricovrati , et dans la société naissante des Orditi , qui ne subsista que peu d'années, mais dont les membres, en perdant le titre d'académiciens, n'en conservèrent pas moins un zèle ardent pour les progrès de la littérature. Gennari, se destinant à l'état ecclésiastique, acheva ses cours de théologie, reçut dans cette faculté le laurier doctoral , et , pourvu d'un modeste bénéfice , consacra ses loisirs aux lettres et aux sciences. Quoiqu'il appréciât l'importance et l'utilité des mathématiques, il préféra cependant la littérature légère. Sa liaison intime avec Brunacci , qui travaillait alors à l' Histoire de l'Eglise de Padoue , fortifia son goùt pour les recherches historiques. Les divers opuscules qu'il publiait chaque année, soit en vers , soit en prose, étaient favorablement accueillis du public italien ; mais , de toutes ces pièces, auxquelles il n'attachait pas luimême une grande valeur, puisqu'il n'y mettait pas son nom, aucune n'eut plus de succès que son Epitre contre les novateurs , qui , prétendant enrichir la belle langue du Tasse et de 1'Arioste, en altèrent la pureté. Lorsqu'elle parut, elle fut attribuée au célèbre Algarotti; et son éditeur l'a insérée dans le recueil de ses OEuvres. Les talents de Gennari lui méritèrent l'honneur d'être nommé secrétaire perpétuel de l'Académie des Ricovrati ; et cette compagnie ayant été transformée en une Académie des sciences, des lettres et des arts, il en devint l'un des membres. Il songea trop tard à rédiger l'Histoire de Padoue, pour laquelle il n'avait cessé de recueillir des matériaux, et mourut avant d'avoir pu la publier, le dernier jour de l'année 1800. Outre des Lettres et des Extraits dans les douze premiers volumes des Illemorie per service istoria letteraria, on a de Gennari des Dissertations dans différents recueils périodiques et dans les Mémoires de l'Académie de Padoue. Il a surveillé l'impression de la belle édition du Courtisan de Castiglione , publiée par Comino, 1796 et celle de l'Asino, poënle de Dottori , sortie des mêmes presses la même année qu'il a fait précéder d'une Vie de l'auteur. On lui doit encore : 1° une double Traduction , en vers latins et italiens, de la célèbre Elégie de Gray, le' Cimetière de campagne , Padoue , 4772 ; 2° Dell' antico corso de' fiumi in Padova , 1776 3° Annali della città di Padova, Bassano, Brunacci légua k manuscrit de cet ouvrage t Gennari, qui négligea de le publier ; et maintenant on ignore ce qu'il est devenu. 1804, in4°. Cet ouvrage posthume a été publié par Floriano Caldani, neveu du célèbre anatomiste , qui l'a enrichi de la Vie de l'auteur et d'une Notice détaillée de ses différents écrits, imprimés ou inédits. Sa Correspondance littéraire est conservée dans la bibliothèque du séminaire de Padoue. Zendrini lui a consacré dans la Biographie universelle italienne une Notice dont on s'est servi pour la rédaction de cet article
  • Joseph GIANNINI( 1773) : professeur de médecine' à Milan , naquit le 9 février 1773 à Parabiago , village situé non loin de la capitale de la Lombardie autrichienne. Il reçut sa première éducation dans les séminaires d'Arona et de Monza, et alla ensuite terminer son cours de belleslettres au collége de Goda. Son père, qui voulait faire de lui un théologien , l'envoya au séminaire de Milan mais à peine sa première année scolastique étaitelle terminée qu'il déclara son goût pour la médecine. L'année suivante il alla à Pavie, dont l'université était illustrée par les Frank, les Scarpa et d'autres professeurs, sous la direction desquels il fit ses études médicales. 11 y reçut le bonnet de docteur à la fin de l'année 1796. Après deux ans de stage, ayant obtenu la faculté d'exercer sa profession , il passa dans sa patrie comme médecin ordinaire, et s'occupa aussitôt de combattre la doctrine de Brown, doctrine qui, à cette époque , quoique désapprouvée par les vieux médecins, était, comme toutes les nouveautés, accueillie par la jeunesse. Il composa ensuite un ouvrage ayant pour titre : Saggio sulla diagnosi delle ma- allie nervose ed Wiamatorie, qui n'a été publié iu'en 1800, dans les Mémoires de médecine dont mus parlerons plus bas; Le système de Brown 'ut bien combattu , mais il ne fut pas renversé omplétement, car il n'y a rien de pire que les ectaires en fait de science. Giannini cependant wouva jusqu'à l'évidence que le nombre des maadies sthéniques imaginées par 13rown n'était pas ‘xact, et que le praticien dans sa clinique rencontre auvent des maladiesqui ne sont ni sthéniques , ni as- bénignes, ni locales, car nous voyons des maladies, elles que l'hystérie, , les fièvres internittentes, entretenues par la force de l'habitude. e célèbre chirurgien Monteggia approuva fort es doctrines du jeune médecin, qu'il exhorta tans une lettre flatteuse à venir s'établir àèlilan. 'iannini suivit ses conseils, et, la moine année, il mblia le premier volume de son ouvrage intiulé Armorie di medicina, dont les trois autres olumes parurent en 18O2, Milan Dans ces mémoires de médecine on trouve : 1. Deux Lettres sur l'état du Brownianisme en Europe. Elles sont dressées par l'auteur à ses amis les docteurs 'ittoni et Beretta ; il y expose ses recherches sur la nature des doctrines du célèbre médecin anglais. 2. Observations sur les fumigations nitreuses. Giannini pense que les fumigations de Smith sont préférables à celles de Morveau, qui causent souvent des toux et des irritations à la gorge. Ces observations ont été approuvées par Fourcroy. 50 Extrait d'un mémoire de Girtanner sur l'irrita- bilité, considérée comme la vitalité dans les êtres organisés ; 4. Dello spasimo, dissertation du docteur Jacques Stenart, traduite du latin ; 50 Dell' angina tonsillare, dissertation du docteur lloggart Toulonia, traduite du latin ; 6. Osservazioni sulla Farnzacopea di Brugnatelli ; 7. Dell' efficacia del vapore nitroso nel prevenire e distruggere il contag- gio cite è origine delle febbri di prigione; 8. Tran- sunto dei rappurti j'alti dalla cummissione delegata all' institut nazionale delle scienze di Parigi, su i rapporti delle sperienze Jatte dal professore Volta di Paria suit eletiricità; 9. Breve memoria al comi- tato governativo della repubblica cisalpina, sulla ne- cessità di propagare tra nui il vajuolo vaccina ; 100 Sul vajuolo taccino; 1 0 Risultati d'osservazioni e sperienze sull' innestagione del vajuolo vaccina, Milan, 1802. Toutes ces notices sur l'utilité de la vaccine méritèrent à l'auteur le titre de membre du comité à Milan. Ces écrits ayant fait connaitre avantageusement le docteur Giannini, il fut attaché comme professeur de clinique au grand hôpital de liIan, et plus tard proclamé le chef d'une nouvelle école, lorsqu'en 1805 il publia le premier, et en 1809 le second volume de son grand ouvrage : Della natura delle febbri e dei me- todi di curarle , con alcune deduzioni sulla natura delle convulsioni, sue estinzione delle febbri conta- giose, sud uso delle immersioni fredde e raide, sulla esistenza ed indole della complicazione morbosa, sulla relativa modificazione da introdursi nell' indi- cazione curativa, Milan, 1805 et 1809, 2 vol. Il serait impossible d'en donner ici l'analyse , qui exigerait des observations sur les cinquante maximes que l'auteur a mises en avant pour le traitement de différentes maladies . Cet ouvrage a été en partie traduit en français par M. Heurteloup, premier chirurgien des armées, Paris, 1809, 2 vol. Le docteur Jouenne a extrait du second volume , qui restait inconnu , les articles qui concernent la goutte et le rhumatisme, avec des notes du docteur Marie de StUrsin , Paris, 1819 Les nouvelles théories de Giannini à l'égard des maladies, et en particulier de la nature des fièvres, ont été diversement appréciées dans les écoles ; et , tandis qu'elles donnaient lieu à des discussions entre les théoriciens , elles servaient rarement de guide aux praticiens dans l'exercice de la clinique, du moins en France. Giannini était devenu le médecin du prince Eugène , viceroi d'Italie, et tous ses succès avaient excité de vives jalousies. On publia contre lui à Milan en 1810, dans les Annales des sciences et des lettres, un article trèsoutrageant, auquel il répondit par une brochure intitulée Risposta ad un articolo deglI Armai di scienze e lettere Cette réfutation imposa silence à ses adversaires, et la première édition de son ouvrage sur la nature des fièvres, qui avait été tirée à deux mille exemplaires, fut aussitôt épuisée. Une seconde édition fut imprimée sous ce titre : Della natura delle febbri, etc., con appendice sue erronea divisione delle malattie in asteniche ed in steniche , Naples, 1817 , 2 vol. Le chef d'une nouvelle école , lorsqu'il est sage et prudent, profite de la critique pour améliorer son système : ainsi Giannini , pourvu de nouvelles expériences et de nouveaux exemples, était prét à modifier le sien et à expliquer plusieurs phénomènes avec plus d'exactitude ; il avait déjà entrepris l'ouvrage suivant Elementi di me- dicina fonclati supra nuove viste , di fisiologia ; di anatomia e di materia medica, ouvrage qui aurait peut-ètre arrèté la nouvelle secte que Tomasini avait cherché à propager. Dans ce livre, Giannini expose se théories sur l'influence du fluide électrique dans l'économie animale ; il expose aussi les appareils organiques et les principes matériels avec lesquels ce fluide impondérable , après s'être développé, se met en équilibre dans le corps humain ; l'ordre avec lequel il est poussé ou retenu est ainsi la cause de différentes maladies, contre lesquelles le savant docteur propose des remèdes convenables. Mais sa mort, arrivée à Milan le 18 décembre 1818, priva la science des nouvelles lumières que ce praticien éclairé, et particulièrement estimé par les Anglais, n'aurait pas manqué de répandre. G—G—Y. (U Cette production, à côté de vues judicieuses , renferme des idées bizarres et des conseils parfois dangereux, notamment lorsque l'auteur recommande les immersions d'eau froide dans le traitement de la plupart des maladies qui sont accompagnées de fièvre. - R—D—
  • Joseph GIBALIN( 1592 - 1671) : jésuite, né à Mende en 1592, mort recteur du collége de la Trinité à Lyon , le 14 décembre 1671. Il était entré en religion en 1607 ; avant son rectorat il avait professé huit ans la scolastique, et près de dix ans la morale. On a de lui plusieurs ouvrages théologiques, dont les PP. de Backer ont donné la liste dans leur Biblio- thèque des écrivains de la société de Jésus , t. 2, p. 251. Le plus estimé a pour titre : Scientia canonica et hieropolitica, Lugduni, 1670 , 3 vol. Parmi les pièces liminaires sont des strophes en latin dans lesquelles le P. Menestricr XVI. vite son collègue à mener une vie plus reposée et à surseoir aux folio avant que la mort vienne l'y contraindre. L'archevêque de Lyon , Camille de Neufville, avait une estime spéciale pour ce religieux, dont la vertu comme la science étaient alors en grand renom A
  • Joseph GLANVILL ou GLANWILE( 1636 - 1680) : né à Plymouth en 1636 , élève de l'université d'Oxford, obtint en 1666 la cure d'Abbeychurch à Bath „ devint en 1678 prébendier de l'église de Worcester, et mourut à Bath le 16 novembre 1680, à l'âge de 41. ans. Cet écrivain, le premier qui en Angleterre ait présenté le scepticisme sous une forme systématique , mérite une attention plus marquée que celle qui lui a été accordée jusqu'à ce jour; on est étonné de voir que Brucker ne lui ait donné aucune place dans son His- toire critique de la philosophie. II y a deux sortes de scepticismes essentiellement distincts , dont l'un, en professant un doute absolu, tendrait à condamner la raison humaine à une léthargie mortelle ; dont l'autre , ne produisant qu'un doute relatif, excite au contraire la raison, • par une sage défiance d'ellememe , à un plus sévère examen. Le premier n'est qu'une arme de destruction ; le second est un instrument de censure et d'épreuve. C'est au second que Glanvill voulut donner un appareil systématique, en traçant une route moyenne entre le dogmatisme , qui affirme tout aveuglément , et le pyrrhonisme qui nie tout d'une manière aussi aveugle. Deux partis existaient alors en Angleterre ; l'un abusait du nom de la philosophie pour accréditer l'athéisme l'autre abusait du nom de la religion pour justifier la superstition : Glanvill déplorait ce double égarement ; il sentit que la philosophie ellemême invoquait une réforme ; il travailla à la préparer plutôt qu'à l'exécuter luimême : c'est sous ce point de vue que ses écrits doivent être étudiés et jugés. Les deux principaux , tous deux en anglais, sont l'un : La vanité du dogmatisme, ou de la confiance dans nos opinions , rendue manifeste dans un traité sur les bornes étroites et l'incertitude de nos connaissances et de leurs principes, avec des réflexions sur le péripatéticisme, et une apologie de la philosophie, 1661 l'autre , Scepsis scien- tifica, ou l'Ignorance avouée, chemin de la science. essai sur la vanité du dogmatisme et de la confiance dans nos opinions. suivi d'une réponse à Thomas Albius, Londres, 1665 Le dernier de ces deux écrits lui valut l'honneur d'être reçu membre de la société royale de Londres. Montaigne et Charron paraissent lui avoir servi de guide; et il a beaucoup emprunté à l'un et à l'autre; il parcourt les principaux objets des connaissances humaines, et s'attache à montrer à l'égard de chacun d'eux la faiblesse et l'impuissance de la raison. La doctrine péripatéticienne et les systèmes de Descartes, qu'il parait spécialement avoir en vue de combattre , lui fournissent euxmémes des armes ; il essaye de trouver aussi dans les rapides progrès que la physique avait obtenus à cette époque des motifs pour mieux faire sentir notre ignorance dans l'étude de la nature. Hobbes est l'objet fréquent de ses critiques. En général il cherche à prévenir l'abus des spéculations rationnelles ; et c'est dans les écarts auxquels elles ont conduit qu'il prend les considérations propres à inspirer cette défiance. Ses vues sur la source des erreurs humaines sont présentées avec beaucoup de netteté et de méthode, souvent d'une manière neuve. La manière dont il traite la grande question de la causalité est d'autant plus remarquable, qu'elle semble avoir ouvert la route à Ilume, dans une recherche qui a produit de nos jours une des plus grandes révolutions que la philosophie ait éprouvées. Suivant lui nous savons seulement que les choses se rencontrent et se suivent, mais non qu'elles s'engendrent ; nous voyons leur rapport de coïncidence , mais non le noeud qui les unit : ainsi la relation de Perla à sa cause est pour nous un fait et non une loi véritable. Glanvill compare le dogmatisme à une prison étroite dans laquelle l'esprit humain est enfermé, et hors de l'enceinte de laquelle ses regards ne peuvent s'étendre Fruit de l'ignorance et de l'orgueil, le dogmatisme est le père des erreurs ; le scepticisme est appelé à lui servir de remède, non par des « négations aussi arbitraires, ruais en pesant avec impartialité les preuves. » On comprend qu'a l'époque surtout où il écrivit , Glanvill dut être pris par un grand nombre de lecteurs pour un sceptique absolu, et dut être traité comme tel ; les partisans des systèmes régnants voient souvent avec plus d'humeur les hommes qui provoquent les discussions que ceux qui rejettent leurs doctrines sans examen : Glanvill fut donc vivement attaqué ; il se justifia dans sa réponse à Thomas Albius ; il entreprit aussi l'apologie de la philosophie , et il crut que ce droit appartenait surtout à ceux qui la rappelaient dans sa véritable car- rière. Chose singulière et qui n'est cependant pas sans exemple ! cet écrivain, qui avait nonseulement montré mais exagéré la faiblesse dela raison humaine, lui paya luimême un étrange tribut ; et, après avoir combattu le dogmatisme scientifique, nonseulement ilcéda luimême à des superstitions vulgaires, mais il entreprit de les accréditer dans ses Considérations philosophiques touchant l'exis- tence des sorciers et de la sorcellerie , publiées en 1666 L'aventure d'un prétendu tambour qu'on entendait, disaiton, toutes les nuits dans la maison d'un habitant du comté de Wilt , aventure qui fit beaucoup de bruit en 1665, et qu'on suppose avoir fourni à Addison l'idée de la comédie du Tambour, semble avoir donné occasion à cet ouvrage. On pourrait croire qu'il ne fut qu'un simple jeu de la part de Granvill , et que notre philosophe avait seulement pour but de tourner en ridicule la crédulité de ses compa- triotes. Mais cet écrit donna lieu à une controverse qui ne finit qu'avec la vie de Glanvill. laissa à sa mort un écrit intitulé Sadducismus triomphons, qui fut imprimé en 1681 réim- primé avec des additions en 1682, et traduit en allemand en 1701 ; il y avait rassemblé vingtsix relations du même genre que celle du Tambour, pour établir sur une suite de faits l'opinion qu'il avait exprimée dans ses Considérations philoso- phiques. Glanvill soutint une cause plus honorable lorsqu'il entreprit l'apologie de la société royale de Londres, sous le titre de Plus ultra, ou Pro- grès et avancement de la science depuis le temps d'Aristote, 4658 Il avait cherché à réfuter un ecclésiastique qui avait prétendu qu'Aristote réunissait plus de connaissances qu'on n'en pouvait trouver dans cette société, ou meule dans le 17e siècle tout entier. Il s'attira par là, à luimême, un adversaire assez violent dans la personne de Stubs, médecin de Warwick; mais après une dispute fort animée il n'en fit pas moins l'éloge de son antagoniste dans son sermon funéraire, lorsque celuici fut enlevé à la vie par un accident. On a encore de J. Glanvill les productions suivantes : 10 Lux orientais, 1662 ; 20 Phi- losophia pia ou Discours sur le caractére religieux et la tendance de la philosophie expérimentale, 1671 ; :5. Essais sur différents sujets de philosophie et de religion, 4676 ; 4° un Essai sur l'art de prêcher, 1678 b des Sermons. On a aussi publié après sa mort, en 1681, des sermons et autres ouvrages posthumes en un volume Son style est clair, facile et animé
  • Joseph GOIFFON( 1600 - 1751) : de la mène famille que le précédent, né à Cerdon , dans le Bugey, vers la fin du 17e siècle , embrassa l'état ecclésiastique; il entra dans la carrière de l'enseignement, et devint principal du collége de Thoissey en Dombes. Le duc du Maine le nomma son aumônier. Il était associé de l'Académie des sciences pour la classe d'astronomie. D'Alembert ayant eu une dispute assez vive avec le P. Tolomas, Goff« prit le parti du philosophe , et fut un des membres de l'Académie de Lyon qui donnèrent leur démission parce que cette compagnie refusa d'exclure le jésuite. Il mourut en 1751. On a de lui 10 un Discours latin sur la naissance du Dauphin, intitulé Felix syderum situs nascente serenissimo Delphino, 1731 et avec une traduction française, Paris, 1738 2° Harmonie des deux sphères céleste et terrestre, ou la Correspon- dance des étoiles aux parties de la terre , Paris, 1731 ; 1739 Cet ouvrage , dit Lalande , contient des éléments d'astronomie et de géographie , et principalement la comparaison des déclinaisons des étoiles sous les latitudes terrestres. L'auteur fut un exemple assez rare du goût pour l'astronomie dans une province éloignée de la capitale
  • Joseph GORIONIDES ou BEN GORION : nommé Jossiphon par les juifs, passe parmi eux pour être le méme que l'historien Josèphe ; quelques hébraïsants ont même soutenu cette opinion. Cependant un examen attentif de l'ouvrage attribué à Gorionides, des nombreuses interpolations, des fables, des noms modernes qu'il contient, doiz, convaincre que l'auteur est tin compilateur, sans goùt et sans critique, de l'ancien historien. On place son âge par induction au 8e ou au 9e siècle. Quel que soit, au surplus, le rabbin connu sous le nom de Joseph Gorion , il est certain qu'on le donne pour l'auteur d'une chronique dont il existe deux exemplaires ou éditions, l'une entière, l'autre abrégée. Cette dernière est la plus exacte : elle a été imprimée pour la première fois, non pas à Constantinople, mais à Mantoue, antérieurement à 1480, ainsi que l'a démontré M. de Rossi
  • Joseph GRAMBERT( 1761 - 1829) : littérateur, né en 1761 à Villeneuve près de LonsleSaulnier, était par sa mère, neveu du médecin Giraud, connu surtout pour son * pitre du diable à Voltaire. Après avoir terminé ses études il vint à Paris , et son cousin l'abbé Giraud, dont on a quelques jolies pièces de vers dans les Recueils du temps, le plaça comme précepteur. Dans ses loisirs il culti- • vait aussi la poésie. Il concourut pour le prix proposé par l'Académie française sur le dévouemettt héroïque du duc Léopold de Brunswick ;, et son ode, qu'il fit imprimer, lui valut une mention dans le Petit almanach de Rivarol. Comme tant d'autres, ne voyant dans la révolution que la ré- forme des abus, il en adopta les principes et se fit affilier à la société des jacobins. Mais, effrayé de la marche des événements, sa raison s'égara. Dans son délire il se persuada que, devenu suspect aux révolutionnaires, il était placé sous la surveillance d'un espion invisible qui ne le quit- tait ni jour ni nuit et qui lisait même dans sa pensée. Pour échapper à ce surveillant incommode, il ne trouva d'autre parti que de revenir à Lons- leSaulnier, où il recouvra peu à peu la tranquil- lité. Plus tard il obtint un emploi dans les bureaux de l'administration départementale , il le quitta pour entrer comme professeur de rhéto- rique dans un pensionnat, et finit par ouvrir à LonsleSaulnier une école de grammaire latine. Il fit paraltre au mois de février 1815 un opuscule intitulé la Voltairiade, ou Aventures de Voltaire dans l'autre monde , occasionnées par un événement arrivé dans celui- ci de 93 pages. Cet opuscule, en prose mêlée de vers, se ressent de la bizarrerie de l'auteur ; en voici l'analyse : C'est fête aux enfers , les démons sont réunis pour célébrer le décret de la convention qui proscrit en France l'exercice du culte catholique. Voltaire réclame l'honneur d'avoir contribué plus que personne à renverser le christianisme ; Satan lui conseille d'ajouter à sa gloire en détruisant l'Élysée. Le philosophe s'introduit furtivement dans le séjour des àmes heureuses ; mais, reconnu par l'abbé Nonnotte qui l'asperge d'eau bénite, il est forcé de s'éloigner de l'Élysée avec le regret d'y laisser Voisenon , la Beaumelle et Desfontaines. Grambert mourut le 11 janvier 1829, à 68 ans. On a de lui des Mémoires, conservés par ses héritiers, niais qui vraisemblablemènt ne seront jamais imprimés
  • Joseph GRANDET( 1646 - 1724) : hagiographe, né à Angers en 1646, embrassa l'état ecclésiastique, et, après avoir passé quelques années au séminaire de StSulpice à Paris, fut ordonné prêtre par son évêque, Henri Arnauld. Son zèle pour la discipline et sa charité envers les pauvres le rendirent bientôt le modèle de tous ses confrères. Plusieurs d'entre eux offrirent la démission de leurs bénélices en sa faveur ; mais il les refusa tous , et il fallut un ordre exprès d'Arnauld pour le déterminer à accepter la cure de SteCroix d'Angers en 1685. Cependant il ne cessa pas d'habiter le sémi- naire, dont il était déjà supérieur ; et malgré les soins que réclamait sa paroisse , il continua toujours de veiller sur un établissement dont il pouvait ètre regardé comme le second fondateur. Sur la fin de sa vie, il résigna sa cure, et se prépara à la mort en multipliant ses bonnes œuvres. Ce pieux et savant ecclésiastique mourut à Angers, le ler décembre 47t, dans sa 79e année. On a de lui : 1° la Vie de mademoiselle Anne de . 111ele un , fondatrice des hospitalières de Bauge, Paris, 1687 Cet ouvrage n'ayant pas plu à la princesse d'Espinoy, il en retira les exemplaires , et le fit réimprimer avec des corrections; la première édition est fort rare. 2. La Vie d'un solitaire inconnu, qu'on a cru être le comte de Mord, ibid., 1699 L'opinion de Grandet sur la personne de ce solitaire, mort le 24 décembre 1691 a l'ermitage des Gardelles , a trouvé des contradicteurs. Le P. Griffet, dans son Traité des preuves de l'histoire, discute avec beaucoup de sagacité ce point historique ; et sans prétendre résoudre absolument le problème, il résulte de ses recherches une grande vraisemblance en faveur du système de Grandet , dont le livre est d'ailleurs fort eu- vieux, même sous d'autres rapports. 5. Vie de Ga- briel Dubois de la Ferté , cheralier de Malte, ibid., 1712 4. Vie de M. Crétey, curé de Baran- thon, diocèse d'Avranches, Rouen , 1722 5° Vie de Louis- Marie Grignion de Montfort, mis- sionnaire apostolique, Nantes, 1724 6° plusieurs ouvrages ascétiques peu importants , dont on trouvera la liste dans le Dictionnaire de Moréri, édition de 1759. On conservait en manuscrit au séminaire d'Angers les Mémoires de Grandet, pour servir â l'histoire ecclésiastique de la province d'An- jou. W--- L.
  • Joseph GRAS( 1752 - 1837) : né à Lyon en 1752, fut reçu avocat au barreau de cette ville en 1775, et y occupa bientôt un rang honorable. La révolution l'investit, en floréal an 5, de fonctions judiciaires subalternes qu'il devait perdre après la journée du 18 fructidor. Rendu tout entier à ses travaux de défenseur officieux, c'était le nom qu'on donnait alors aux jurisconsultes plaidants, il continua de se livrer à la discussion des affaires devant les tribunaux. La collection des mémoires qu'il rédigea pour éclairer les principales causes confiées à ses soins formerait plusieurs volumes. A la réorgani- sation du barreau en l'an 12 , Gras dut trouver sa place dans le conseil de discipline. Il s'y fit remarquer par son élocution brillante et correcte. Il fut élu, en mal 1815, membre de la chambre des représentants, par le collége d'arrondissement de Lyon , et fit partie de la commission chargée de faire un rapport sur ie message relatif au départ de l'empereur Napoléon i' pour se rendre à sa destination. L'entrée des alliés à Paris ne permit pas au corps législatif de se réunir pour entendre ce rapport. En '1818 , Gras terminait sa carrière d'avocat et entrait dans la magistrature supérieure avec le titre de conseiller à la cour royale de Lyon. En 4822 la Société royale d'agriculture lui ouvrait ses portes et recevait de lui plusieurs communications importantes, sur les ir- rigations, sur la pépinière départementale du lihdne CL sur les ineonrruients des droits d'usage dans les foe*. Joseph Gras est mort à Lyon le 20 juillet 1857
  • Joseph GRASSI( 1799) : philologue piémontais, secré taire perpétuel de l'Académie des sciences de Turin , classe des sciences morales et des belleslettres, naquit dans cette ville le 50 novembre •779. Ses parents, qui voyaient en lui des dispositions pour les sciences et les lettres, mais qui n'etaient pas riches, l'envoyèrent aux écoles gratuites pour recevoir les premiers éléments d'instruction. Lorsqu'il put ètre admis aux études de la logique et de la physique, l'université de Turin fut fermée , par suite de l'invasion des Français . qui occupèrent alors la Savoie et Nice. ge historique du comte Joseph- Antoine Satuzzo, général darlalitrie , commandant et chancelier de la dix- septième cohorte de la Légion d'honneur en Piémont, vice- président de l'Académie impériale des sciences, décédé en 1810. Cette biographie ne fut imprimée qu'en 1831 à Turin, après la mort de l'auteur; mais le manuscrit, qui avait déjà été lu et agréé par les savants, lui procura des protecteurs utiles, pour le temps où les services rendus sous la domination des Français devinrent une cause de proscription. Grassi, familiarisé avec la langue française qu'on avait introduite dans les tribunaux et les administrations, composa encore : Aperçu sta- tistique de l'ancien Piémont . Turin , 1813 , Il avait pris pour modèle l'histoire statistique de l'arrondissement de Lanzo , département de l'Eridan, que nous avions publiée CH 1802. A la restauration du mois de mai 1811, Crassi, dépourvu d'emploi, inais jouissant LXXIIII. Dans ce manuscrit, le grand général parle en bon politique des moyens de donner à cet état une stabilité sous la domination impériale; savoir : Limiter les priviléges des assemblées, réprimer l'orgueil des grands, ériger des forteresses„ réformer les statuts. Montecucculi avait observé tous les genres d'oppression qu'on faisait supporter au pays; il avait aussi observé la tendance , réimprimé avec des additions importantes, ouvrage dont il se reconnut alors l'auteur,. jO Aforismi militari del Montecuccoli, ossia memorie intorno ail ara della guerre , Turin , 1821 , 2 vol. Le poile Foscolo en avait déjà donné une élégante mais incomplète édition, dédiée au général Caffarelli ; celle de Grassi fut jugée la meilleure. Au milieu de tant de travaux scientifiques, Grassi, dont la vue était fort affaiblie , devint entièrement aveugle en 1823. Malgré ce malheur, personne n'ambitionna sa place de secrétaire perpétuel; il reçut mème encore le titre d'intendant honoraire, avec une pension sur le trésor; ce qui lui donna les moyens d'avoir un copiste pour préparer, sous sa dictée, une nouvelle édition du Dictionnaire militaire , qu'il s'occupait d'enrichir de nouveaux articles, lorsque, le 22 janvier 1831 , ayant été surpris d'une attaque de convulsions nerveuse, il mourut subitement à Turin. 11 eut néanmoins le temps de confier son manuscrit à quatre de ses collègues de l'Académie, qui ont rempli ses intentions en faisant imprimer une édition du Dictionnaire mi- litaire en 4 volumes , aux frais de la société. typographique. Dans cet ouvrage, les édi- teurs ont indiqué, à côté de chaque mot, le mot français ou latin correspondant, avec la citation des auteurs; ils ont aussi noté quelques passages de l'Histoire militaire ancienne, et le dernier volume contient l'index alphabétique des mots fran-çais avec lesquels les mots italiens sont en rapport. C'est un livre précieux et rempli d'érudition. On a publié à Turin, en 1836, 1 vol. de Lettres inédites, adressées par Ugo Foscolo à Joseph Grassi
  • Joseph GRUENPECK( 1473 - 1500) : prêtre, secrétaire de l'empereur Maximilien , astrologue et médecin, naquit en '1473 à Burgiîausen en Bavière, et mourut dans la Styrie , vers le milieu du 16e siècle. Ses ouvrages, extraordinairement rares , tiennent une belle place parmi les hieunabu/ a de la typographie allemande. Voici les plus remarquables : 1. Jose- phi Gruenpeck Pronosticon, sive Judicium ex con.. junctione Saturni et Juris decennalique revolutione Saturai , ortu et fini antichristi ac aliis quibusdam interpositis prout ex sequentibus claret preambulis hic inseritur, Vienne, 1496 On n'en connaît qu'un exemplaire, qui appartient à la bibliothèque impériale de Vienne. 2- Tractants de pestilentiali scorra , sive main de Franzos , remediaque ejusdem continens , compilants a venerabili viro magistro 80 Joseph Gruenpeck de Burghausen , Augsbourg, 4O6 3' traduction du même ouvrage en allemand, SOUS ce titre : Eulogium de seorra ppstilentiali, avec une figure astronomique gravée en bois, Augsbourg, 1496 Dans ses ouvrages contre la maladie honteuse , Gruenpeek l'appelle le mal français. 4. Jose/)/ u Gruenpeck Bajoarii comedie utilissime anznem blini sernzonis elegantiam continentes , etc., Augsbourg, 1497, On n'en connaît que deux exemplaires. 5° Libellas de mentulagra, alias morbo gallico. Dans le Procemium on lit ilatum in natali solo Burekhqu- sen , mai 1503 réimprimé la même miné:. à Augsbourg et à Venise. 6. Speculunt natures celestis et propheticoe visiouis , Ratisbonne, 1508 avec figures,. réimprimé en allemand à Nuremberg, 1508 , et à Leipsick. 70id reverendissimos et illustrissimus principes , Philip- pum et Johanneen Frisingenss. et Ratisponenss. ercle- siarum episcopos , salubres exhortatio JosephiGraen- peck in litterariarum renon et unicersorum graduum don bonorum tam dignitatum grarissimam facturant, Landshut, 1515, 80 Dialogus epistolaris doc- loris Jose/) hi Gruenpeck ex Burghausen, in quo Ardis quidam l'un: orant imperatoris mathematicus disputai cum Mamalucho quodamde christianorum sede elTur- corumecta , Landshut, I Cet ouvrage, dédié à CharlesQuint, fut réimprimé en allemand aussi à Landshut et la même année. 9. Sur les grandes tribulations actuelles qui ont duré pendant les mille dernières années , Strasbourg, sans date 10° Pronostics du docteur Joseph Gruenpeck . depuis la trente- deuxième année jusqu' à la quarantième de Charles- Quint , Nuremberg, sans date Au manuscrit de cet ouvrage , qui se trouve à la bibliothèque impériale de Vienne, est joint de la main 'de Gruenpeck : 11. Explication relative à la comète qui , en 1531, a paru pendant soixante et onze jours ; Sur la conjonction des planètes à la constellation des poissons , sans indication de lieu et sans date 15. Explication des signes extraordi- naires qui ont paru dans le ciel pendant le temps de la diète , adressée aux États de l'empire et datée de Constance , sans indication de lieu et d'année; 14° iVaissance astrologique du chdteau et de la ville capitale de Styrie , sans indication de lieu ; 15° Histoire de Frédéric III et de Maximilien , ouvrage posthume imprimé à Tuhingue, 1721 16° Horoscope de Maximilien ler , qui se trouve en manuscrit à la bibliothèque impériale de Vienne. Après avoir parcouru l'Italie, la Hongrie et la Pologne, Gruenpeck entra en 1498 au service de l'empereur. Le 10 mars 1500 il représenta, avec Pierre Bonomus et quelques amis, une pièce joyeuse intitulée Ludus Dianoe , en présence de l'empereur, qui était venu avec sa cour paset le carnaval à Lintz. Cette pièce parut la même année à Nuremberg
  • Joseph GUYS( 1611) : né à la Ciotat en 1611, prit l'habit de l'Oratoire en 1b22. Pendant soixantedeux ans qu'il vécut dans cette congrégation , il fut toujours regardé comme un prêtre éclairé, laborieux, recommandable par ses vertus et ses bonnes oeuvres. Il se rendit surtout utile par les missions qu'il fit dans le diocèse d'Arles et dans d'autres cantons de sa province. 11 y consacrait deux ou trois mois de chaque année ; et, plus goûté que ses confrères, l'avantage qu'il avait sur eux de parler parfaitement le patois provençal, faisait que ses instructions , remplies de sentences ou de proverbes du pays, se trouvaient parfaitement à la portée de ses auditeurs , et laissaient une impression extraordinaire dans leur esprit. Ce res- ectable missionnaire mourut en réputation de ainteté le 50 janvier 1694. Il avait publié en 1675 me Description des arènes ou de l'amphithédtre l'Arles : cet ouvrage , regardé comme le meilleur lue nous ayons sur cet ancien monument des Honains, a été imprimé à Arles, chez Mesnier, vec des figures de l'amphithéàtré , tel qu'il était utrefois, et tel qu'il est aujourd'hui. — Jean- Baptiste GUYS, natif de Marseille , de l'Académie e Caen , a publié la Baguette mystérieuse; Térée , tragédie en cinq actes et en vers , où l'on a trouvé de la facilité et quelquefois de la chaleur ; Abailard et Héloise , drame en vers libres , réimprimé en 1 755 avec trois autres pièces, par le libraire Duchesne , dans un recueil publié sous le titre de Thédtre bourgeois. Ce drame, dont la versification a mérité les inèmes éloges que la tragédie de Térée, est d'une composition bizarre. Abailard y est apporté dans un fauteuil après l'opération violente qu'il a subie, et il s'établit entre Héloïse et son amant une conversation ridicule. La situation est tellement absurde, qu'on est surpris de la trouver dans un auteur qui avait déjà composé une tragédie. Au reste , ni l'une ni l'autre de ces deux pièces n'a été représentée
  • Joseph HAGER( 1757) : orientaliste, né le 30 avril 1757, et non en 1750, comme le disent la plupart des biographes, d'une famille allemande établie à ?Milan, entra jeune encore dans la congrégation de la propagande à Rome, après avoir fait ses études à Vienne. Il s'appliqua aux langues orientales, et il signala ses connaissances au monde savant par les preuves qu'il fournit publiquement, à la suite d'un voyage en Sicile, et une enquete faite par une commission napolitaine dont il avait été membre , de la fourberie commise par l'abbé Vella dans la production de la prétendue collection de chartes arabes de l'Égypte et de la Sicile. On augura favorablement d'un jeune orientaliste qui maniait la critique avec un esprit aussi judicieux. Mais plus tard il n'essuya luimème que trop fréquemment les attaques des savants. Dans ses voyages entrepris en Allemagne et en Angleterre, l'examen des principales bibliothèques et musées de ces pays lui avait inspiré le désir de s'appliquer à l'étude du chinois , étude qui ne comptait alors que deux ou trois sectateurs en Europe , et pour laquelle on n'avait que trèspeu de secours. Cependant Hager se crut trop tôt en état d'entreprendre un Dictionnaire chinois dont il publia le prospectus à Londres. Quelques dissertations et articles qu'il avait donnés sur cette langue firent croire aux savants qu'il était digne d'etre chargé d'une entreprise semblable. On avait à l'imprimerie royale, à Paris, cent dixsept raille caractères chinois gravés par les soins de Fourmont. L'idée de les employer à la confection d'un dictionnaire avait été suggérée au gouverneraient, et Napoléon avait saisi cette idée dans l'espoir , où les divers écrits de Ilager sont critiqués avec virulence. Klaproth raconte qu'à peine arrivé à Berlin , linger s'enferma avec lui et lui proposa de faire un Dictionnaire chinois , quoiqu'ils ne sussent encore la langue ni l'un ni l'autre. Lors de la suppression de l'université, de Pavie, Hager fut nommé conservateur de la bibliothèque de Milan. Cependant, après la révolution de 1814, il retourna à l'université de Pavie. 11 y mourut en 1819, laissant toujours en doute la question de savoir s'il était profondément instruit dans l'idiome chinois. Outre la brochure contre l'abbé Vella , imprimée en allemand sous le titre d'Observations sur une fourberie littéraire . Leipsick , 1799 il a publié les ouvrages suivants, écrits en diverses langues et imprimés en partie avec beaucoup de luxe : 1° An explanation of the elementary characters of the chinese, explication des caractères élémentaires du chinois, avec l'analyse de leurs anciens symboles et hiéroglyphes, Londres , 1801 Selon Klaproth , cette explication des deux cent quatorze caractères fondamentaux n'est qu'une traduction trèsfautive du travail de Fourmont. Parmi les diverses hypothèses avancées dans cet ouvrage, Hager soutient que Pythagore a puisé sa sagesse chez les Chinois. 20 Dissertation , on the newly discovered bail bylonian inscriptions , Londres , 1801 avec fig. ; 3. Monument de Yu, ou la plus ancienne inscription de la Chine, suivie de trente- deux formes d'anciens caractères, avec quelques remarques sur cette inscription et sur ces caractères, Paris , 1802 Il s'agit du monument posé par Yu en commémoration de la Teande inondation qui avait ravagé la Chine deux mille deux cent quatrevingtdixsept ans avant notre ère. Elle se trouvait copiée dans l'Encyclopédie apportée du Japon par Titsingh, et la Bibliothèque royale à Paris en possédait deux autres copies , dont une avec une traduction frahçaise du P. Amyot. Klaproth accuse nager d'avoir rendu l'inscription méconnaissable en la produisant en caractères modernes, et d'avoir pris toutes ses remarques dans l'Histoire de la Chine du P. de Mailla. 4° Panthéon chinois, ou Parallèle entre le culte religieux des Grecs et celui des Chinois, avec une nouvelle preuve que la Chine a été connue des Grecs, Paris, 1802 Dans cet ouvrage , l'auteur a entassé les hypothèses et exagéré les effets de l'influence des Chinois sur l'ouest de l'Asie. Hager rend compte à sa manière, dans la préface, du travail dont il avait été chargé à Paris, et traite fort mal ses prédécesseurs, tels que Fourmont et de Guignes. 5. Description des médailles chinoises du Cabinet impérial de France , précédée d'un essai de numis- matique chinoise, Paris , imprimerie impériale , 1805 avec planches et une carte de Barbié du Bocage, représentant la route d'une caravane grecque à la Chine. En donnant l'histoire des monnaies de la Chine, qui , suivant Klaproth , est copiée dans un traité chinois dont il existe des traductions manuscrites en Europe , l'auteur discule la signification du mot sérique par lequel, selon lui , les anciens désignaient la Chine , pays qui leur fournissait la soie. Une autre discussion insérée dans cet ouvrage traite (les vases murrhins chez les anciens, vases que Hager regarde comme ayant été, faits de la pierre chinoise appelée ru, le néphrite des minéralogistes modernes. On retrouve au reste dans la numismatique chinoise de Hager son goût pour les hypothèses. 6° Elements of tue chinese language , Londres, 4806 , 2 vol. 7° Memoria sulla bussola orientale, Pavie , 1810. Ilager fut un des premiers qui prouvèrent que la boussole est connue depuis longtemps en Chine. Klaproth , en venant après lui soutenir la inème thèse , n'a fait aucune mention du travail de son prédécesseur ; mais dans son pamphlet il prétend que Ilager s'est borné à copier les écrits des jésuites missionnaires. 8° Illustrazione d'uno zodiaco orientale del gabinetto delle medaglie di S. M. à Pariyi , Milan, 4814 avec fig. Dans ce zodiaque , trouvé sur les bords du Tigre en Asie , Ilager ne voit que trois des signes de nos zodiaques ; d'où il conclut que les autres signes n'étaient pas encore adoptés à l'époque où ce monument chaldéenpersan fut fait. En revanche, l'auteur y reconnatt la représentation du dieu syrien Bal ou Iléliogabal, et il va jusqu'à supposer que la pierre sur laquelle le zodiaque est sculpté est un aérolithe. 9° Minière dell' Oriente, ibid.+ 1811 ouvrage dont le but est de prouver que les Turcs ont eu autrefois des relations avec la Chine, et en ont reçu quelques usages; 10c' Epigrafi cinesi di Quangton, Milan, '1816 ; 2d édit., 1817 ou explication des inscriptions faisant partie d'un tableau topographique de la ville de Canton , avec des détails sur des usages pratiqués en Chine ; 41. Observations sur la ressemblance que ton découvre entre la langue des Russes et celle des Romains, Milan , 1817, espèce de tour de force soutenu par l'érudition et les conjectures
  • Joseph HALL( 1574) : évêque anglican , né le 1er juillet 1574 à Ashby de la Zoucli, dans le comté de Leicester, étudia à Cambridge, où il donna de bonne heure et avec succès, pendant deux ans, des leçons de rhétorique, et publia quelques ouvrages de poésie. Après avoir été attaché à la personne d'Edmund Bacon , qu'il accompagna en Flandre, il obtint par le crédit d'Édouard , lord Denny, depuis comte de Norwich , la cure de Waltham Holy Cross au comté d'Essex , où il resta vingtdeux ans , malgré les offres généreuses du prince Henri. Il occupa ensuite d'autres bénéfices, devint chapelain du roi , et en 1618 prit part au synode de Dort. Il fut élevé en 1627 à l'évêché d'Exeter, et transféré en 1641 à celui de Noreich ; mais ayant , conjointement avec quelques autres évêques , protesté contre la validité de toutes les lois qui pourraient être faites durant leur absence forcée du parlement, il fut détenu quelque temps à la Tour, et dépouillé de la plus grande partie de ses biens. Il mourut le 8 septembre 1656, âgé de 82 ans. C'était un homme d'esprit et de savoir, religieux , modeste et tellement ami de l'étude qu'il désirait sérieusement que sa santé lui permit de s'y livrer, même avec excès. On cite parmi ses ouvrages : 1° Virgidemiarum libri , satires en six livres, 1598-99; réimprimées en 1753 Les satires qui composent les trois premiers livres y sont désignées comme des satires sans dents; les autres, comme des satires mordantes. On voit , par le prologue, que l'auteur se regardait comme le premier Anglais qui eût écrit en ce genre. 2° Lettres mêlées, dédiées au prince Henri; la mode d'écrire un livre dans une suite de lettres était alors une nouveauté en Angleterre, quoique commune ailleurs. Alundus alter et idem ; fiction satirique savante et ingénieuse, où il passe en revue les vices des différentes nations, Utrecht, 1643 On trouve jointes à cette édition , qui n'est pas la pi.emière de l'ouvrage , la Cité du soleil par Campanella, et la Nouvelle Atlantide du chancelier Bacon. Le Alundus alter et idem avait été traduit en allemand , Leipsick, 1613 fig. 4. Quo vadis? 011 Censure des voyages que font ordinaire- • ment les Anglais sur le continent ; 5° Centurie de méditations ; 6° le Sénèque chrétien, traduit en 1628 Outre ses satires, les ouvrages de Hall forment ensemble 5 volumes et Bayle en parle avec beaucoup d'éloge. M. Josias Pratt a réuni et publié les OEuvres complètes de l'évêque Hall, mises en ordre et revues , avec un ample index , Londres , 1 81 0 , 10 vol
  • Joseph HARTZHEIM( 1694 - 1763) : jésuite savant et laborieux, naquit à Cologne en 1694 , d'une famille dist dans la magistrature. Admis à l'âge de dixsept ans dans la société, il professa quelque temps les belleslettres dans sa patrie, et fut ensuite envoyé à Milan pour y remplir la chaire des langues orientales. Il acheva de prendre ses degrés en théologie dans la maison des jésuites d'Arone ; il fut à portée d'y voir plusieurs fois le fameux manuscrit de l'Imitation sous le nom de Gersen; et il partagea l'opinion de ses savants confrères les PP. àlusca et Casati de Milan, que ce manuscrit n'était point antérieur au lb'. siècle . De retour à Colf)gne , il fut chargé d'enseigner la philosophie et la théologie, et d'expliquer les saintes Écritures. Malgré cette double tâche, il remplissait tous les devoirs de son état avec le plus grand scrupule, et il trouvait encore le loisir de s'occuper de travaux importants. Schannat étant mort avant d'avoir pu mettre en ordre les matériaux qu'il avait recueillis pour la collection des Conciles d'Allemagne, le P. Hartzheim fut désigné par la voix publique pour le remplacer dans la direction de cette en- treprise , et justifia la confiance qu'on avait eue dans ses talents, en publiant les quatre premiers volumes de ce précieux recueil. Il venait de tee.. miner le cinquième , lorsqu'il mourut à Cologne le 17 mai 1763, âgé de 69 ans. L'un de ses confrères , le P. Herman Scholl , fit paraitre ce volume , précédé de son éloge et de la liste de ses ouvrages. On se contentera de citer ici les principaux : 1" Somma historice omnis ab exordio rerum ad Christum natum, 1718; Luxembourg- , même année , 2" Dissertationes duce historico- cri- ticce in sacram Scripturarn Ces dissertations sont estimées. 3° De initio metropoleos ecclesiasticoe Colonice disquisitio . Cologne, 1731 de 32 pages; Disquisitio secunda historieo- canonica, et disquisitio tertia critica ibid. , 1732 , 4°. Il y soutient contre Ignace Rodrigue que la dignité archiépiscopale a commencé dans l'église de Cologne avec StMaterne, son premier évêque , et qu'elle n'a été que renouvelée et non pas établie au 8e siècle. 4" Inscriptionis Hersellensis Ubio- Ro- mance explanatio , ibid., 1745 Les Ubiens habitaient l'électorat de Cologne et le duché de Juliers; 5" Bibliotheca Coloniensis in qua vit& et libri typo vulgati et mss. recensentur omnium archiclio- ceseos Coloniensis indigenarum et incolarum serip- toron: ; accedunt vitae pictorum , chalcographorum et typographororn , ibid., 1747 Cette thèque est rédigée en forme de dictionnaire, et par ordre de prénoms; ruais les différente tables qu'on trouve à la fin en rendent l'usage trèsfacile. Jugler nous apprend qu'elle commençait déjà à être rare en 1762, et il désirait qu'il se rencontrât quelque savant capable d'en donner une nouvelle édition augmentée; 6° Cataloges historico- criticus mss. bibliothecœ ecclesiœ metropolitanœ Coloniensis; ibid., 1752 ; 7° Historia rei numarice Coloniensis , ibid., 1734 Cet ouvrage contient les monnaies des archevêques de Cologne, celles des ducs de Juliers , et enfin celles de la ville de Cologne
  • Joseph HASLEWOOD( 1769 - 1833) : bibliophile ,• né à Londres le 5 novembre 1769 , et mort le 21 septembre ,1833 à Kensington, avait été procureur dans la capitale, et avait assez gagné dans cette carrière pour s'adonner à la dispendieuse manie des ama- teurs de vieux livres. Sa collection était précieuse et sous quelques rapports incomparable : nulle part on n'eût trouvé en si grande profusion l'Art de pécher à la ligne, l'Art de la fauconnerie. Mais ce n'est pas seulement comme propriétaire de livres qu'Haslewood se fit remarquer. Voulant augmenter en Angleterre le nombre des bibliophiles, il eut part à la fondation du club de Roxburgh ; il reproduisit par des réimpressions de luxe, dont quelquesunes calquées sur l'ori- ginal , plusieurs raretés bibliographiques inacces- sibles à la bourse du commun des acheteurs, et à plusieurs d'entre elles il joignit des explications sous forme de notes, notices, préfaces, etc. Tels furent surtout le fameux livre de St- Albans , et le Journal de Dnunken Barnab . Enfin, il a donné au Gentleman's magazine beaucoup d'articles signés Eu. Hood , et parmi lesquels on a distingué sa Notice sur les anciens thédtres de Londres , et une suite d'articles intitulés Feuilles volantes
  • Joseph HAYDN( 1732) : Le village de Rohrau, situé sur les frontières d'Autriche et de Hongrie, est devenu à jamais célèbre par la naissance de ce grand artiste. 11 y vit le jour le 31 mars 1732. Son père, pauvre charron, savait jouer quelques airs sur une espèce de harpe dont il accompagnait les chansons de sa femme. Ces concerts rustiques suffirent pour développer le génie musical du petit Sepperl . Il cherchait à y prendre p'art en figurant un violon avec une petite planche et une baguette. Le maître d'école de Haimbourg, petite ville voisine , frappé de la justesse avec laquelle l'enfant observait la mesure , pria le père de le lui confier. C'est cet homme qui eut la gloire , dont il ne se doutait assurément pas alors, de faire solfier la première gamme au grand Haydn, et de lui mettre les premiers instruments entre les mains. ilaydn aimait à se rappeler que c'était lui qui était chargé des timbales les jours de l'arrivée du seigneur , ou lorsqu'il y avait grande fête à l'église. « D'ailleurs, disaitil, j'étais encore plus battu que je ne bat« tais mes timbales; et c'était presque tous les jours abstinence pour mes camarades et pour « moi. » Il y avait environ deux ans que le petit Sepperl était dans cette chétive école, lorsque le maitre de chapelle Reiter, qui dirigeait à la fois la musique de la cour et celle de la métropole de Saint-Étienne de Vienne, vint faire une visite au doyen de Haimbourg , son ancien ami. Il lui dit qu'il cherchait quelques enfants place l'anecdote la plus ridicule qu'il soit possible d'imaginer. Selon ce crédule écrivain , pour conserver à l'enfant le timbre argentin de sa voix, il aurait été trèssérieusement question de recourir à une opération qui l'eùt peut-être conduit à remplir à la chapelle ou au théàtre l'emploi de soprano , mais qui, bien plus sûrement encore, eût étouffé dans sa fleur le génie destiné à en- Framery, Notice sur, Haydn. On regrette de voir ce conte absurde reproduit, d'après cette brochure, dans le Dictionnaire des musiciens. Il a passé mémo jusque dans un éloge d'Haydn, lu publiquement à l'Institut. On lui donne pour garant un compositeur trèsconnu ; mais les témoignages les plus authentiques ne permettent pas d'ajouter la moindre toi à cette fable. Il eût suffi, d'ailleurs , à celui ou à ceux qui l'ont inventée, de se rappeler que le lieu de la scène était à Vienne, sous le règne de MarieThérèse, et que les moeurs ni les lois n'y ont jamais autorisé un attentat qui , aujourd'hui même , serait puni à Borne ou à Naples d'une peine capitale. fauter tant de chefsd'oeuvre. Forcé de quitter la maltrise de la cathédrale de Vienne, Haydn se vit livré à luimême à l'âge où il commençait à entrevoir toutes les difficultés qui attendent dans sa carrière l'artiste sans fortune et sans protecteurs. Il n'avait pour asile qu'un galetas à peine éclairé par une lucarne. Son indigence semblait rebuter ceux auxquels il se proposait pour donner des leçons de musique. La seule consolation qu'il trouva dans son affreuse détresse, fut un vieux clavecin qui se tenait à peine sur ses pieds. L'infortuné jeune homme eut enfin le bonheur de faire la connaissance d'une demoiselle de Martinez, qui était liée avec le célèbre Métastase. Il lui enseignait le chant et le clavecin, et elle lui donnait la table et le logement. Ce fut alors qu'une même maison posséda , dans deux chambres situées l'une audessus de l'autre, le premier pone lyrique du siècle et le premier symphoniste du monde. Mais, poete Cesareo , et comblé des faveurs de la cour, Métastase vivait au sein des jouissances, tandis que le pauvre musicien passait les journées . C'est à peu près vers ce temps qu'il rencontra le compositeur italien Porpora , dans les entretiens duquel il avouait franchement qu'il avait puisé des notions trèsutiles pour le développement de son talent. Quelques oeuvres en avaient déjà donné l'opinion la plus avantageuse , lorsque le destin, las de le poursuivre , lui procura la connaissance du prince Antoine Esterhazy, amateur passionné de l'art, etbienfaiteur généreux de tous les artistes. Son successeur, le prince Nicolas, s'attacha défini-
  • Joseph HEINZ : peintre célèbre, natif de Berne , se trouva vers la tin du 10, siècle au service de l'empereur Rodolphe , à Prague, en Witte temps que Jean Dac, Spranger, Ilufnagel , Brugle , Roland Savary, Jean et Gilles Sadeler et quelques autres. Il fut envoyé en Italie par l'empereur pour y dessiner les plus belles statues ainsi que les meilleurs tableaux, et le succès de sa mission lui valut la protection spéciale de cc prince. Il a fait pour l'empereur beaucoup d'ouvrages dont la plupart ont été gravés par Sadeler, par Lucas Kilian, et Isaac Meyer, de Francfort. On conserve d'autres de ses tableaux à Berne et à Zurich. Sa manière approche do celle du Correggio. 11 mourut à Prague, Agé de -11 ans. — Son fils, du mème nom , fut également pe il travailla surtout à Yenise, reçut des distinctions honorables du pape Urbain VIII, et fut renommé pour ses petits tableaux pleins d'idées singulières, de songes, d'enchantements, de chimères, de métamorphoses, etc
  • Joseph HUDDART( 1741) : fils d'un cordonnier du village d'Allenby, dans le duché de Cumberland, naquit en 1711. Son père voulut l'élever pour l'état ecclésiastique, mais le jeune Iluddart n'eut tir goût que pour les mathématiques et 13 marine. Un heureux hasard servit ses penchants. Vers l'77 de grandes troupes de harengs vinrent visiter le golfe de Forth. Cette bonne fortune engagea tous les hibitants d' Allenby à se livrer à la pèche de ces poissons. Iludilart le cordonnier s'y adonna comme ses voisins : son fils , charmé d'avoir une occupation conforme à ses goûts, alla dans tir petits navires à la pèche du hareng, et s'y familiarisa avec la vie de mer. Depuis lors , cet élément fut sa carriere. Après la mort (le son père, il continua d'etre intéressé dans les pecheries en prenant le commandement d'un petit brick qui transportait des cargaisons de poissons a divers ports, surtout en Irlande. Dans les moments de repos il étudia la construction navale et l'astronomie, pour devenir un marin accompli. Il parvint en effet à réunir à un haut degré de connaissances pratiques une science ires - pro- fonde. Il en a fourni la preuve dans la construction d'un navire tipi est sorti tout entier de ses mains, et dans les cartes marines qu'il a dressées et qui sont fort estimées. Depuis 1768 jusqu'en 1775 il fit tous ses voyages dans le navire qu'il avait construit et dans k tuème espace de temps il sonda les divers ports et les haies du canal de StGeorge. Ses cartes nautiques, lorsqu'elles furent publiées, excitèrent l'attention tic plu' sieurs savants marins; et la compagnie des Indes parvint à l'engager à son service. Oins son premier voyage aux luttes en 1775 et 1:7i, il dressa la carte de la côte occidentale de Sumatra. De retour en Angleterre, il reprit le commandement de son propre navire et fit un voyage en Amérique. Un marchand de géographie le chargea ensuite de dresser la carte du canal de St- George. Ilutklart acheva en 177-; ce travail difficile, dont l'exactitude 3 été reconnue par les plus habiles ingénieurs marins. L'année d'après il reprit du service dans la compagnie des Indes, et fit dans l'espace de dix ans quatre voyages en Asie , avec la qualité de capitaine de navire. Il leva le plan de toute la péninsule depuis Bombay jusqu'à Coringo. Il profita de l'éclipse des satellites de Jupiter pour déterminer la longitude de Bombay avec plus d'exactitude que les géographes n'avaient pu le faire. A son retour dans sa patrie en 1788, il publia une Esquisse du détroit de Gus- par , passage entre les îles de Banat et Billiton. La compagnie des Indes, pour le récompenser des services qu'il avait rendus à la navigation en général et au commerce de la compagnie, l'admit au nombre de ses directeurs. Iluddart dressa ensuite la carte des îles occidentales de l'Écosse. Il enrichit de plusieurs mémoires utiles les Transactions de la société royale de Londres, qui l'avait appelé dans son sein. La perte des ables que son vaisseau avait essuyée par suite d'une tempête pendant son premier voyage aux Indes lui fit diriger son attention sur les moyens (le perfectionner la partie de la corderie. Ayant obtenu un brevet our ses améliorations , il établit une corderie 'après son nouveau plan à Marypo•t. H fallut uelque temps pour que les marins sentissent les avantages de l'invention de Huddart. L'inventeur avait déjà renoncé à l'espoir du succès , lorsqu'enfin les câbles de sa fabrique furent introduits et adoptés dans la marine. Une honnête aisance fut la récompense d'une vie aussi laboieuse. Le capitaine Iluddart la termina en 1816, - ans une retraite paisible. Plusieurs de ses cartes nautiques:passent pour les meilleures qui existent. Elles sont le principal titre de leur auteur à l'estime du monde savant
  • Joseph ISCANUS : pone latin . Ce peme fut imprimé pour la première fois à Bâle , en 1541 à la suite de la version latine de l'Iliade , par N. Valla et V. Obsopœus. Cette édition est trèsfautive. Une autre parut dans la même ville, 1575 On reproduisit cet ouvrage dans les éditions grecques et latines d'Homère, données à Bàle, 1585 et 1606 Dans toutes ces éditions, le travail d'Iscanus est imprimé sous le nom (le Cornelius Nepos. Ce fut Dresetnius qui restitua ce poëlne à son vérita- hie auteur, dans l'édition qu'il en donna avec des notes, Francfort, 1623 Jean Morus le lit réimprimer à Londres, 1675 Il se trouve dans les éditions de Dictys et de Darès d'Amster- dam, 1702. Iscanus, qui dédia son peule à Baldwin, arclaevèque de Cantorbéry, avait laissé d'autres ouvrages, qui so,nt encore inédits; c'étaient 10 Une Antiochéide, ou la guerre d'Antioche et les exploits de Richard ler, roi d'Angleterre; 2° Un Panégyrique à Henri II; 3. De l'éducation de Cyrus; 40 Des Epigrammes et autres poésies ; 5° Des Nupe amatorice
  • Joseph JACOPI : professeur de physiologie et d'anatomie comparée dans l'université de Pavie, en 1813, mort dans la méme ville, était l'élève de prédilection du célèbre professeur Antoine Scarpa . Jacopi lui était adjoint pour l'école de chirurgie pratique, et paraissait devoir, à raison de ses connaissances et de ses talents, être l'émule et le continuateur de son maître. L'Italie le perdit en juin 1815; presque au moment où il publiait un ouvrage en deux volumes, trèsremarquable par l'ordre et la clarté des théories chirurgicales qu'il y expose. On y retrouve la manière d'enseignement et d'exécution par laquelle Scarpa avait illustré, de nos jours, l'école de Pavie. Cet ouvrage est intitulé Prospetto della scuola di cirtirgia pratica della regia università di i'avia per tanna scolastico 1811 et 1812, Milan, 1813
  • Joseph JACOTOT( 1770) : cousin du précédent, s'est rendu célèbre par une méthode qui a reçu de lui le nom , qu'il étudia les mathématiques. Sorti du collége troisième insigne en rhétorique, à l'àg,e de quatorze ans, Jacotot continua ses études, aidé des conseils de son cousin , qui lui servit toujours de père. Il obtint à dixneuf ans la chaire d'humanités au collége de Dijon, suivit simultanément des cours de droit et se fit recevoir avocat. Il embrassa avec ardeur les principes de la révolution et figura dans la société populaire de Dijon. ll exerçait encore les fonctions de professeur d'humanités, lorsque, en 1791, il abandonna ses paisibles occupations et s'enrôla dans un bataillon de la Côted'Or, où ses talents le firent nommer par ses camarades capitaine de l'artillerie. Ce fut en cette qualité, qu'il servit à l'armée commandéepar Dumouriez; qu'il se trouva aux siéges de Valenciennes et de Lyon ; et qu'il prit une part active à diverses affaires, entre autres à celles de la MontagnedeFer, près Louvain , et de Pellemberg. Au mois de novembre 1793, les ministres des contributions et de la guerre lui donnèrent l'ordre de se rendre à Paris, où il fut placé dans le bureau central de la régie des poudres et salpêtres. L'année suivante , il était secrétaire de Pille, commissaire de l'organisation et des mouvements des armées de terre; et il n'avait pas encore atteint vingtcinq ans , lorsqu'il fut nommé substitut du directeur des études de l'école centrale des travaux publies, appelée depuis école polytechnique. Entré dans cet établissement le leç décembre 1794, Jacotot remplissait depuis six mois les fonctions il passa de la chaire des langues anciennes à celle de mathématiques transcendantes du lycée de Dijon ; qu'en 1806 on le nomma professeur suppléant à l'école de droit, et en 1809 professeur de mathématiques pures à la faculté des sciences. La même année, il obtint le grade de docteur ès sciences; il était déjà docteur ès lettres et docteur en droit. Lorsque les Autrichiens occupèrent Dijon en 1814 , Jacotot, naturellement frondeur et caustique, dont les idées libérales étaient connues et qui passait pour exercer. beaucoup d'influence sur la population, fut enlevé par eux pour servir d'otage. Rendu peu après à la liberté, il revint à Dijon, où , pendant les cent jours de 1815, ses compatriotes l'élurent député à la chambre des représentants. Il réussit -à faire échouer ses amis au collége d'arrondissement; mais ils coururent le faire nommer au collége de département, où il ne pouvait entrer. Élu ainsi malgré lui, à une grande majorité, Jacotot considéra cette persévérance de volonté comme un ordre auquel il devait obéir; il accepta en disant aux `lecteurs : u Je n'approuve pas votre ,C choix; mais,puisque vous l'avez voulu si obstiné- ment, je le veux aussi et ne puis maintenant que ‹, vous féliciter de l'énergie et de l'inflexibilité de votre vouloir. Puissent être ainsi voulues toutes les représentations nationales! » Jacotot prit une part active aux débats de la chambre en ferait mieux connaltre le caractère distinctif. Le maitre de l'enseignement universel n'est en effet qu'un guide qui montre à l'élève le chemin qu'il doit suivre; c'est à celuici à marcher seul et à se rendre lui- même habile dans la branche qu'il cultive, en regardant, en réfléchissant et surtout en répétant sans cesse ce qu'il a découvert et trouvé par ses propres el forts dans la science à laquelle il s'est voué, et en comparant ce quigl veut apprendre à ce qu'il sait déjà. La méthode de l'enseignement universel, et Jacotot n'en a jamais disconvenu, n'est pas entièrement neuve ; mais ce qui doit la faire préférer aux autres, disent ses partisans, c'est que,dans ces dernières, l'instruction de soi- mème n'est qu'accessoire et souvent purement accidentelle, tandis qu'elle constitue, au contraire, le caractère principal de l'enseignement universel. Quant à la tendance, de cette méthode, elle con- siste surtout en ce que les élèves se forment une idée claire de l'analogie, plus facile à sentir qu'à expliquer, qu'il y a entre les différentes branches des connaissances humaines, de même qu'entre les différentes modifications que subit l'enseignenient dans ces diverses branches. Comme il est important, dans son appréciation, de faire attention à la manière d'en introduire l'usage, il est à craindre, dit encore le rapporteur , qu'on ne trouve pas beaucoup d'instituteurs qui sachent l'appliquer aussi,bien que M. Jacotot ; qui joignent comme lui à des connaissances profondes et variées, et au talent de s'emparer de la confiance des élèves en leur inspirant de la confiance en euxmêmes, celui i. L'enseignement universel n'est pas une nouveauté, dit Jaeotot écarter les obstacles et à faire éviter les écueils qu'à montrer la route. Toutes les méthodes anciennes différent essentiellement de l'enseignement universel : car, dans ces méthodes, le maitre explique et interprète les principes et les regles de l'art ou de la science qu'il enseigne, tandis que dans l'enseignement universel, au contraire , le maitre, pénétré de la méthode d'apprendre par soiinéme, ne doit être considéré que comme un compagnon de voyage qui fait k chemin 'lifte l'éleve, attire son attention sur chaque mot, sur chaque syllabe, sur chaque lettre dont une phrase est composée ; lui fait trouver des rapprochements, k force de répéter sans cesse et de se défier de sa mémoire. On pourrait peut- étre reprocher à la méthode, ajoute M. Kinker, de trop exiger , approuvée par le roi, consentit à donr? esti encore ses soins à l'école normale , en déclinan toute espèce de responsabilité si l'on introdeait en quoi que ce fût l'ancienne méthode. Dit avec !e prince royal , soit avec le roi des aysRas, ni qu'il ait été chargé de la surveillance 'aucun établissement d'instruction publique. enflant les deux années qu'il resta encore à ,ouvain , il continua de donner des conseils aux lèves des institutions qui avaient adopté sa méhode, et, malgré la défaveur attachée à ce titre uprèsdes examinateurs officiels, un grand nombre 'Murent de brillants succès dans les examens mblies qu'ils eurent à soutenir. 11 ne se passait )as de jour que Jacotot ne reçût la visite des iomtnes les plus distingués, nonseulement du 'oyaume des PaysBas 'et de France , mais encore l'Allemagne, d'Angleterre, et même de Russie et les ÉtatsUnis d'Amérique. Presque tous rentraient dans leur patrie enthousiasmés de la méthode et de son fondateur . Vivement attaqué, tourné en ridicule dans quelques journaux et clans des écrits publiés par des perSonnes envers lesquelles il s'était montré trèscommunicatif, Jacotot n'a *jamais voulu répondre aux critiques, mais il était devenu extrémement susceptible. Cette susceptibilité disparaissait néanmoins quand il s'apercevait qu'on désirait véritablement connattre sa méthode et les meilleurs moyens de l'appliquer à l'enseignement.11 montrait alors une extrême bonhomie, souffrait sans impatience les contradictions et s'empressait de résoudre les difficultés qu'on lui soumettait. Le 9 aoùt 1830, il quitta pour toujours la Belgique et se rendit à Paris. C'est là que nous avons eu l'avantage de le voir et de nous entretenir avec lui sur la méthode de P enseignenzent universel, dont nous avions déjà pris une idée dans les ouvrages du fondateur, clans ceux de ses partisans et de ses adversaires, et en visitant les institutions où cette méthode était suivie. Nous bornant en général au rôle de rapporteur dans l'aperçu que Casimir Périer, alors député de l'Aube, qui avait envoyé 8CS deux fils , avec M. Froussard , leur professeur? pour visiter Jacotot, lui écrivait le 22 février 1829 : ‘‘ La simplicité des u moyens est le comble de l'art dans les clisses matérielles ; vous u avez , monsieur, résolu le problème pour les choses intellec« tuelles en réduisant à son expression la plus simple, et conséa quemment la plus rationnelle, le moyen d'instruire et de s'in4‘ struire , devenu dès lors le plus rapide et le plus fécond en u résultats. La découverte que la société vous doit promet les u plus avantageux résultats et honorera à jamais votre nom. a M. Froussard fait un éloge semblable de cette méthode, qu'il avait étudiée pendant son séjour à Louvain , dans son Rapport à la Société des méth, des de Paris, où il cite une multitude de faits à l'appui de l'opinion qu'il émet en faveur de Jacotot et de son mode d'enseignement. M. Baudouin , avocat à la cour de Paris , a passé un mois à Louvain , d'après le désir que lui avait exprimé M. de Vatimesnil , alors ministre de l'instruction publique de France. Il a publié à son retour un long rapport sur la méthode de l'enseignement universel, qu'il trouve admirable par sa simplicité , qui n'abrége pas seulement le temps de l'instruction , mais fournit au pauvre le moyen d'instruire lui- même son fils, etc. MM. de Lasteyrie, Clément Désormes, Boutmy, etc., s'accordent dans leur opinion en faveur du mode d'enseignement de Jacotot. nous en avons dons; il y a vingthuit ans , nous reconnaissions cependant avec M. Duriveau, l'un des adversaires les plus prononcés et les plus habiles de l'enseignement universel, qu'en adoptant pour l'instruction de la jeunesse des ee méthodes radicalement nouvelles, on a toujours contre soi une masse énorme de probabilités . » Mais nous ajoutions , et sur ce point nous étions d'accord avec M. Kinker, ,, à mettre les pères de famille pauvres et ignorants, c'est- à- dire ne sachant ni lire ni écrire, en état d'enseigner à leurs enfants la lecture, l'écriture, les sciences, etc., en un mot ce qu'ils ignoraient. Ses obsèques furent célébrées sans ostentàtion ; mais quatre à cinq cents personnes accompagnèrent sa dépouille mortelle jusqu'au cimetière du PèreLachaise ; plusieurs discours furent prononcés sur sa tombe par des professeurs, des élèves et même des femmes. M. Gannat a embaumé son corps, d'après la demande de ses disciples , sans vouloir accepter de rétribution , s'estimant heureux, leur atil écrit , d'avoir été choisi. Un monument doit être élevé à sa mémoire ; et M. de Cubières, ministre de la guerre , son ami et son disciple , a souscrit des premiers et accepté la présidence de la commission de ce monument . J. Jacotot avait épousé,
  • Joseph JAUFFRET( 1781 - 1836) : le dernier des quatre frères de ce nom , naquit à la RoqueBrussane , le 6 décembre 1781. Dès l'àge de vingt et un an, il entra, en qualité de chef du secrétariat, à la direction des cultes , dont Portalis était chargé. C'était l'époque où se préparait le concordat entre le gouvernement français et la cour de Rome . Jauffret fut témoin de tout ce qui se fit à cette occasion , et cette circonstance contribua beaucoup à développer en lui le penchant pour l'étude des questions ecclésiastiques qui l'a distingué plus tard. Il ne quitta point le ministère des cultes à la mort de Portalis, en 1807, et continua d'y remplir diverses fonctions, notamment celles de secrétaire général. Admis, en 1814, comme maitre des re- quêtes au conseil d'État, il s'y fit une réputation de savoir et d'impartialité. Depuis lors, tout en se consacrant aux devoirs de sa charge avec une assiduité fatale, peut-être, à sa complexion déli- cate , il s'occupa , jusqu'en 1836, d'écrits sérieux, la plupart touchant les matières dont il avait fait l'objet de ses plus habituelles méditations. A cette dernière époque, il était le doyen des maltres des requêtes et à la veille d'occuper la première vacance parmi les conseillers d'État, lorsque la mort le frappa, le 9 mars 4856. On a de lui : 1. Exa- men des articles organiques, publiés à la suite du concordat de 1801, dans leurs rapports avec nos libertés , les règles générales de 1' 4lise et la polie de l'État , 1 81 7 20 Examen du projet de loi relatif au nouveau concordat, 1817 3. Mé- moires historiques sur les affaires ecclésiastiques de France pendant les premières années du 19e siéele, 1819, 3 vol. Jauffret avait préparé, avant sa mort, une nouvelle édition de cette curieuse rela- tion historique. 4. Des missions en France, 1820 5o de la juridiction épiscopale , à l'occasion d'un écrit de Lanjuinais contre les nouvelles nfli- cialités, I 8Mdes recours au conseil d'Eiat, dans les cas d'abus en matières ecclésiastiques. 1825 Cet ouvrage a eu une deuxième édition en 1830. 7. Du célibat des prétres, à l'occasion d'une ordonnance rendue par le président du tribunal de première instance du département de la Seine, 18428 réimprimé, dans le mois qui suivit sa publication , avec le jugement du tribunal. Les talents de J. Jauffret ne se bornaient point aux connaissances spéciales à ses fonctions. Il était membre des Académies ou sociétés savantes de plusieurs villes de France, Paris, Lille, Marseille, Abbeville; et il cultivait avec distinction l'art de la peinture, qu'il avait étudié sous David. L'Ami de la religion, dans le numéro du 30 avril 1836, contient une notice sur J
  • Joseph JOUBERT : jésuite, né à Lyon, est connu par son Dictionnaire français- latin, tiré des auteurs originaux et classiques de l'une et de l'autre langue, Lyon, 1709 i° ; ibid., 1759- Cet ouvrage, autrefois estimé et digne de l'ètre, n'a plus cours depuis les travaux plus complets de Noël , de Wailly, etc. Joubert composa son Dictionnaire au collége de la Trinité de Lyon, où il fut longtemps préfet des basses classes, et où il mourut, suivant Colonia , le 20 février 1719, suivant Feller et Sabatier, vers 1724. Voyez, sur ce Dictionnaire , les Mémoires de Trévoux, avril 1710, p. 149.6 et suiv. — On a du P. Joubert quelques panégyriques imprimés sous un autre nom que le sien. C'est une chose assez singulière que ce père , qui excellait pour le choix des mots et de la phrase, eut un assez mauvais style dans ses compositions . C'est Joubert qui sut inspirer l'amour de la poésie latine â l'auteur du Prcedium rusticunz
  • Joseph JOLY( 1772) : littérateur, naquit le 13 septembre 1772 , à Salins, de préparer les lois organiques de la nouvelle constitution. !dais cette excursion passagère &iris le domaine de la politique ne lui fit point négliger la culture des lettres. Son seul délassement était de fréquenter les spectacles ; les principaux acteurs étaient alors dispersés. Mademoiselle Raucour, qui songeait à les réunir au théâtre Louvois , dont elle avait la direction , chargea Joly de composer un ouvrage dramatique propre à faciliter cette réunion, et dont elle lui donna le sujet. C'est ainsi qu'il fut amené à composer Sophocle et Aristophane, comédie enE.) actes et en vers , représentée en 1797 au théâtre Louvois. Cette pièce, pour laquelle il avait eu pour collaborateur un autre de ses confrères à l'Oratoire, le P; Rallier, fut froidement accueillie ; dégagée de quelques longueurs , elle obtint un plein succès à la seconde représentation . En 1799, Joly fut nominé conservateur des établissements d'arts et de sciences à Florence ; mais à ce poste il préféra bientôt celui de secrétaire de Reinhard , commissaire du gouvernement fran-çais en Toscane. Il était de retour à Paris en 1801, époque où il voyait souvent Mercier, le drama- turge et Bernardin de StPierre. En 18O, l' ayant proposé , pour le prix de poésie, l'Indépendance de l'homme de lettres, Joly voulut traiter un sujet qui convenait si bien à ses idées. Il n'obtint pas le prix ; mais il n'en fit pas moins imprimer son Épitre Epflre sur l'indépendance des gens de letlres, etc., Paris, 1805 de 14 pages. réputation dans les arts du dessin. Indépendamment de l'Epitre dont on a parlé, on connalt de Joly les traductions suivantes : 1° Les Aventures de Sapho , prétresse de Mytilène, trad. de l'italien , Paris, 1803 2. Les Fables de Gay, trad. en vers français, Paris, 1811 fig., précédées d'une notice sur l'auteur ; 3° La Mère intrigante, traduit de l'anglais de miss Edgeworth, Paris, 1811, 9. vol. 4' L'Ennui, ou Mémoires du comte de Glenthorn, trad. de l'anglais du même auteur, Paris, 1812, 2 vol. 2e édit., 1823, 3 vol. 5° Fanai, ou les Mémoires d'une jeune orpheline et de ses bienfaiteurs. trad. du même auteur, Paris, 1812., 3 vol. ; 6. Les Deux Griselidis, histoires, trad. de l'anglais, l'une de Chancer, et l'autre de miss Edgeworth. Paris, 1813, 2 vol. ; 7° Vivian , OU l'Homme sans caractère, trad. de l'anglais de miss Edgeworth Paris, 1813, 3 vol. ; 4 Traduction en vers français des fables complètes de l'hèdre, et des trentedeux nouvelles fables publiées d'après le manuscrit de Péroti, avec le texte en regard et des notes, Paris, 481 Le traducteur a reproduit dans eette édition le texte de Schwab pour les anciennes fables, et celui de Jannelli pour les nouvelles. La préface et les notes sont d'un homme çle goùt et d'un littérateur exercé , et la poésie ne mangue ni d'aisance ni de facilité. La traduction des anciennes fables de Phèdre reparut la même année précédée d'une Épitre du traducteur à un écolier de sixième. 9° Chants guer- riers d'une amazone moderne, en vers, Paris, 1815 100 Vabinore , ou le Cœur et l'Imagination, trad. de l'anglais de miss Benger, Paris, 1846 2 vol. ; 11. L'Italie avant la d . mination Romains, trad. de l'italien de Micali, Sur la 2. édition, Paris,1824, 4 vol. avec atlas. Joly a eu Fauriel pour collaborateur dans cette traduction, qui a été revue par Gence et RaoulRochette, dont le nom seul parait sur le frontispice. 12° Le Répertoire de littérature ancienne et moderne contient quelques articles de Joly, entre autres deux Notices sur Gay et sur Yriarte, avec quelquesunes de leurs fables traduites en vers français. Joly a été l'éditeur de l'Almanach des Dames pour les années 1801-1803, Tubingue et Paris, 3 vol. Il a laissé manuscrits de nombreux ouvrages, entre autres Elfride, tragédie en 5 actes et en vers; un recueil de Fables nouvelles , dont quelquesunes ont paru dans lesjournaux quotidiens ; des Traductions en vers des Odes et de l'Art poé- tique d'Horace ; des Satires de Perse et de Juvénal, de plusieurs morceaux de Tibulle, d'Ovide , de Virgile , etc.; du Premier navigateur, peme de Gesner; de l'Essai sur la critique, et de la lettre d'Héloïse, de Pope ; des Saisons de Thompson, et des Fables d'Yriarte; des Études littéraires sur Cicéron, Juvénal, Tacite, etc
  • Joseph JOUBERT( 1754) : ancien inspecteur général et conseiller de l'université, naquit a Montignae (département de la Ikirtlogne,, k 6 mai 174. A quatorze ans, il avait terminé ses études. Envoyé à Toulouse pour y étudier les lois, il préféra la carrière da lettres, et entra d'abord dans J. congrégation de la //octroie où, sans prononce de vœux, d professa quelques classes avec distillelion. Mais la délicatesse de sa constitution l'ayant forcé 'le renoncer a l'enseignement, il vint a Paris, à rage de vingtdeux ans, et ne larda pas etre introduit et remarqué dans la société des hommes de lettres du temps. 11 connut Diderot, d'Alembert, Marmontel, Laharpc, Rivarol, et contracta avec Fontanes une liaison que la mort seule a pu rompre. Tous deus vécurent, jusqu'en 1790 dans une étroite communauté de sentiments et d'idées. A cette époque , Joubert, du par ses compatriotes, et sans l'avoir sollicité, juge de paix du canton de Montignac, ne crut pas pouvoir refuser ce témoignage d'estime. Il exerça pendant , deux ans cette magistrature, avec le zele et Far- , deur qu'il apportait dans l'accomplissement de tous ses devoirs. Ce ne fut qu'apres k U thermidur qu'il revint à l'aria. Quelques années plus lard, Fontanes, qui s'était lié, à Londres avec M. de Chateaubriand, voulut qui sou tour Joubert devint son ami. Plusieurs pasaagrs des oeuvres de notre grand écrisain Vtuoignent dr la tendre et profonde affection qui l'unit en effet à Joubert. La ne se bornaient pas les amitiés illustres que celuici comptait dans la vie. Sa mort, arrivée le 4 mai lett, fut pleurée par tous crus qui l'avaient connu. La nature de son esprit et l'estrenie délicatesse de sa santé semblent lui avoir interdit les longs travaux. Il n'avait publie, pendant Sa vie, que quelques articles non signés dans les journaux. Mais il a laissé un nombre lmconsidérable de réflexions, de minimes et de petieées, écrite' au crayon, et, pour ainsi dire, en courant, sur ile petits cahiers, qui se sont heu- reusement conservés. En I ts38 , mitaine Joubert, sa veuve, sentant sa tin approcha, confia a M. 'le Chateaubriand, qui sutilut bien l'accepter, le soin d'extraire et de faire imprima quelques portions de ces matériaux en desordre. Malheurrusement , elle ne les avait réunis qu'en partie, et les projets rapides (le la maladie faisaient a l'illustre éditeur la lui de terminer ce travail u la tâte. 13 volume qui renferme les Peaet441 de Joubert, tiré a un trrspent nombre d'exemplaires, et distribué seulement a quelques amis, suffit pour donner une haute nia de l'esprit et de l'aine de son auteur Mau un y trouve un grand nombre de fautes typographiques, d'erreurs, d'obscurités ou de redites, qui seraient de nature à compromettre son succès, s'il était livré à une véritable publicité. Une 6hlion plus complète et plus ehàtiée de ces Pensé,: a été donnée, suivie des lettres de Joubert à ses amis, et précédée d'une notice sur sa vie, son caractère et ses travaux , Paris, 1842, 1$49, 2 vol.
  • Joseph JOUVE( 1701 - 1750) : jésuite français, né à Embrun le ler novembre 1701 , mourut le 2 avril 1750. Il s'engagea jeune dans la société , y remplit pendant un temps les fonctions du professorat, et sur la tin de sa vie se mit à écrire. 11 avait du goùt pour l'histoire et les choses de l'Orient; mais, comme à tant d'autres de ses ingénieux confrères, le sérieux, la persévérance lui manquaient. Il n'avait pas cet indomptable besoin de vérité, premier caractère de l'historien , et croyait trop que le style, que l'imagination peuvent y suppléer; il ne connaissait pas les langues orientales, le chinois, le mantchou , en aucune façon. Ces petits inconvénients ne l'empêchèrent pas d'écrire, à l'aide des relations tant imprimées que manuscrites des missionnaires j:suites à la Chine , et principalement à l'aide des Annales de la Chine, du P. Mailla , une Histoire de la conquéte de la Chine par les Tartares litant- choux, Lyon, 1754, 2 vol. Cet ouvrage, publié sous le pseudonyme de Vojeu de Brunein, était utile et se recommandait de luimême , par l'actualité du sujet, puisque la dynastie des Taïtsing ou Mantchoue, élevée en 1662 au trône du Céleste Empire, régnait alors et règne encore aujourd'hui. Jouve y ajouta une table chronologique des événements antérieurs à cette grande révolution, table rétablissant la concordance entre les supputations chinoises et celles de l'Ancien 'festament , depuis le déluge jusqu'à notre ère. Passant ensuite de l'extrémité du continent asiatique à l'Asie antérieure, il réunit ce que les anciens, en grec et en latin , ont écrit sur Palmyre et sur la grande reine, pour composer une Histoire de Zénobie, Paris, 1758 Ce morceau , publié sous le pseudonyme d'Elvoy de Hauteville , fut accueilli trèsfavorablement. Cependant, s'il est vrai que la lecture en soit facile et attachante , il faut dire que le style en est prolixe et lâche ; que Jouve vise à l'effet et ne rachète pas le vice de ses prétentions par ce brillant, par cette vigueur qui doivent rendre la critique indulgente ; 'que quelquefois il se laisse entrainer à l'abstrait du romanesque; qu'il y a souvent chez lui inintelligence du sens des faits , et cela , parce qu'il ne pénètre pas assez ce que c'était que le monde romain, quelle opposition profonde il y avait entre les deux mondes romain et oriental , et jusqu'à quel point pourtant le second avait agi sur le premier, _ qu'il voulait achever de se subordonner ou de s'assimiler, et qui réagissait de toutes ses forces contre cette action. Nous ne répéterons pas ce que nous avons dit plus haut , qu'il eùt fallu de plus pouvoir lire les auteurs orientaux , non pas qu'aucun ait tracé l'histoire de Palmyre, mais parce que de leur lecture résulte une multitude de notions dont l'ensemble fait comme respirer une atmosphère syriaque et arabe, Vatmosphère du désert et du bazar, et que 'lierne ne comprenant que tes rois de Chassan et d'Irah du 5. siècle, on remontera parfaitement par la pensée, aidée contre un antagoniste au moins l'égal (l'Aurélien, et il ne manqua point d'appeler sa Zénobie l'impératrice reine
  • Joseph KEBLE( 1632 - 1710) : jurisconsulte anglais, né à Londres en 1632, étudia à Oxford, et résida ensuite dans la société des avocats de Gray's Inn , où il se fit remarquer par une assiduité étonnante au travail de la plume. il transcrivait nonseulement les rapports et les jugements du tribunal du banc du roi à Westminster, mais tous les sermons prononcés matin et soir dans la chapelle de Gray's Inn. Il transcrivit ainsi plus de quatre mille sermons. Ce qui n'est pas moins étonnant , c'est qu'il ne manqua pas à une seule des séances du tribunal du banc du roi , quoiqu'il n'y défendit jamais une seule cause, et n'y exprimàt jamais une opinion. Il mourut subitement, en 1710. On a de lui : I. Explication des lois contre les récusants, abrégée, 4681 2. Guide des juges de paix, pour faciliter l'exercice de leurs fonctions , 1 683 ; '3. Rapports écrits au tribunal du banc du roi , depuis la douzième jusqu'à la trentième année du règne de Charles II, 1685, 3 vol. 4° un Essai.sur la nature humaine ou la créa- tion du genre humain , et un autre sur les actions humaines; 5, une Table nouvelle desStatuts , publiée en 1674. Il a laissé cent gros volumes et plus de cinquante gros écrits de sa main
  • Joseph KIMCHI : docteur juif, fils du rabbin Isaac , fiorissait à Narbonne vers l'an 1160 de J.C. Le Scialscéleth Hakkabbala dit qu'il était fort savant dans les sciences cultivées parmi les juifs. Il écrivit sur la grammaire et sur la controverse. On a de lui : 1° Sepher ziccaron , ouvrage qui annonce des connaissancés,profondes dans la langue hébraïque, et qui à été souvent cité par les grammairiens postéi•etirs, et notamment par son fils David Kiinchi ; il n'a point été imprimé, non plus que les autres ouvrages de JOseph Iiiinchi; 2. Sepher haéinunà ; ouvrage qui parait n'avoir pas été connu de Richard Simon, niais que IVOlf a cru clèvoir distinguer des autres écrits du théine auteur. Il est bon d'observer que le Sepher haéinunà appartient autant à la polémique qu'a la graMinaire. 5° Mtchaïnoth hascèm . Joseph Kiinchi s'y montre très, acharné contre JaiisChriSt et sa sainte loi. L'ouvrage est dirigé Contre Pierre Alphonse, juif converti , suivant Scheni Tov ben Isaac Si)rot , dans son livre intitulé Lapis lydius. Sepher heberit ; 5. Le livre révélé : tous les deux roulent sur la foi ; 6° Le sicle du sanctuaire. qui contient des cantiques en vers hébraïqtles. La bibliothèque bodléienne en possède un exemplaire manuscrit, qui avait appartenu à Édouard Pococke. 7° Un commentaire sur Jérémie, dont le fameux Reuchlin fit autrefois présent à une bi?liothètine d'Allemagne; 8° Des Commentaires peu cônnus sir la lbi et sur les prophèteS; 9° Enfin des Expositions sur les psaumes et sui- les prévedies de Salomon ; elles Ont été terminées par le rabbin Jonas de Cirône. On en trouve un exemplaire danS la bibliOthèque du Vatican
  • Joseph LAKANAL : homme politique et membre de l'Institut . « Les savants, » écrivait Laplace, a après les jours lamentables de 1793 et 1794, « sauront transmettre à la postérité les noms « de ceux qui , dans la crise qu'ils viennent « d'éprouver, ont constamment lutté contre la . — Quand Lakanal se vit, lui, obscur et inexpéri- menté , en présence de tels hommes et à la veille de tels événements, il se demanda ce qu'il pourrait faire, ce qu'il ferait pour son pays. Pour le modeste Oratorien, le moindre rôle suffirait, pourvu qu'il y fùt utile. A d'autres donc les succès de la tribune , les hautes influences politiques ; à d'autres, l'éclat du pouvoir. Pour lui , il ne savait ou croyait ne savoir qu'une chose : enseigner ; il résolut de s'occuper des écoles. Lakanal exprima kne le désir de faire partie du Comité d'instruction publique , et il y devint presque aussitôt le collègue de Sieyès, de son compagnon d'études Dans la belle notice qu'il a lue à la séance publique annuelle de l'Institut, le 2 mai lbe, M. Mignet dit : . Lakanal par-« tageait les idees les plus extrèmes du temps. Il croyait la France, 4g malgré son étendue et ses traditions, capable de se gouverner tl avec la liberté la plus absolue dans l'égalité la plus nouvelle ; et 44 il vota l'établissement de la république. Il regardait l'autorité ‘. monarchique comme une inconséquence aux yeux de la raison, et comme un attentat envers le peuple; et il en vota o Le malheureux Louis XVI lui parut coupable parce qu'il « avait été roi , et traitre envers la revolution pour en avoir o réprouvé quelques entreprises ou pour l'avoir sourdement me-« nacée' bien qu'il l'eût si faiblement combattue; et il vota sa 44 mort. Vote à jamais déplorable, qui frappa du même coup la « liberté avec la monarchie, et la justice avec le monarque ; 44 vote ingrat envers cette grande race clts conquérants natio-'s naux et des organisateurs populaires de la France , qui , après ‘g lui avoir donné l'unité territoriale la plus forte , la législation .‘ civile la plus perfectionnée, lui reconnaissaient les droits pu-44 litiques les plus étendus; vote cruel et inhabile , qui, par a le meurtre royal , devait conduire à tant d'autres meurtres, .4 et livrer la révolution ensanglantée à l'anarchie et au despoo tisme. théologiques Daunou, de Grégoire, presque aussi dévouéque Lakanal luimême aux sciences et aux lettres; de Chénier, de David , de Fourcroy, de Boissy d'Anglas, des évoques de Nancy et de Beauvais, et de plusieurs anciens membres des corps enseignants , les uns principaux de colléges, les autres recteurs d'universités. Entre tous ces noms, les uns dès lors historiques, d'autres destinés à le devenir, et la plupart honorablement connus à divers titres, celui de Lakanal était peut-ètre le plus obscur de tous. L'Oratorien s'attendait à rester perdu dans la foule, et ce serait, pensaitil , rester à sa place. Mais, en ces temps, on jugeait vite les hommes. Peu de semaines s'étaient écoulées que Lakanal passait, selon l'expression de Grégoire, pour la cheville ouvrière du comité, et que ses collègues lui déféraient la présidence par un vote presque unanime. Et depuis, pendant toute la durée de la Convention , Lakanal se vit , presque sans interruption, réélu, chaque mois, membre du Comité d'instruction publique par l'Assemblée, et président par le Comité. Il avait donc maintenant le pouvoir comme la volonté, ce sont ses propres paroles que nous reproduisons, « de servir son « pays en défendant la cause des lettres...; de « sauver les sciences et ceux qui les honoraient « par leurs travaux...; de combattre le vanda- « lisme en provoquant l'établissement des insti-« t'ilions consacrées à l'instruction publique. « Voilà, ajoutetil, mon point de départ irré-« vocablement arrèté ; voilà la mission toute spé- o claie que je m'étais assignée. o Et jamais mission ne fut plus compléteinent, plus heureusement remplie. Tout ce qu'il s'était promis à luimême, Lakanal l'accomplit. Placé entre le Comité des finances, qui ne connatt qu'un besoin , l'économie, et la foule de ceux qui ne voient dans les sciences, les lettres et les arts, qu'une inutile aristocratie de l'esprit, Lakanal semble devoir toujours échouer, et presque toujours il réussit. C'est une lutte où, durant trois innées, la victoire, souvent empor- tée de vive force , parfois aussi adroitement obte- nue, reste à la bonne cause. — Une fois cependant il n'en fut pas ainsi. Lorsque vint la question des académies, Lakanal voulait la conservation de ces grandes compagnies qui, pour avoir été fondées par des rois, n'eussent pas moins honoré la République, et qui déjà venaient de la servir. En mai 1793, il réussissait nième à faire rendre en faveur de l'Académie des sciences un décret qui, sauvegar- dant pour le présent ses intèrèts financiers, semblait par cela même garantir son existence dans l'avenir. Mais là Convention ne tint pas l'enga- I Il Nous ne pouvons , faute d'espace , citer la lettre tout entière, par laquelle le secrétaire de l'Académie des sciences remerciait Lakanal , au nom de cette illustre compagnie, du décret ..le mai 1793. Nous nous bornerons à en transcrire quelques lignes : . Citoyen législateur, l'Académie des sciences a reçu, 44 avec le plus vif interèt , la lettre que vous aviee écrite pour lui annoncer le décret rendu pa.r la convention nationale... 4. Vous avez acquis des droits à la reconnaissance des veritaWea 44 savants. L'Académie en particulier connaît tout le prix de ce o que vous avez bien voulu faire pour elle, et j'ose vous assurer qu'elle n'en perdra jamais le souvenir, n gement implicite que Lakanal avait essayé de lui faire contracter; et toutes les académies coupables du double crime d'une royale origine et d'habitudes aristocratiques, furent abolies au nom de l'égalité. Nous les verrons bientôt , sur l'initiative de Daunou et par les efforts de Lakanal, renaltre dans l'institut, plus brillantes et plus respectées que jamais. — Après ce revers , suivons Lakanal dans see bienfaisants succès . Le peuple , Vainqueur de Louis XVI au 10 août, le poursuivait encore clans ce qui lui avait appartenu : il voulait extirper du sol de la France jusqu'aux souvenirs de la monarchie, et à ce titre, les monuments, les objets d'art, ornements des demeures royales , tombaient de toute part sous des mains égarées. Lakanal, indigné surtout des dévastations commises sous les yeux 'Iléales de la Convention dans le jardin des Tuileries, les dénonce énergiquement, et les fait réprimer par un premier décret. Quelques semaines après, le .1 juin 1,93, il demande de nouveau la parole : o Les monuments nationaux, s'écrietil, reçoivent tous les jours les outrages o du vandalisme. Des chefsd'oeuvre sans prix a sont brisés ou mutilés. Les arts pleurent ces a pertes irréparables. 11 est temps que la Convention arrête ces farouches excès.... C'est au notn de la cité entière que je veius demande de o protéger les arts. » Et Lakanal propose et obtient que le décret précédemment voté soit étendu à la République entière. —Ce décret conservateur est suivi, à six jours de distance, d'un autre plus important encore : après les intéréts des arts, ceux des sciences. De création royale comme les académies, et méme plus royal qu'elles, car il formait, depuis plus d'un siècle et demi, une annexe de la illaison du roi, le Jardin des Plantes eût sans nul doute subi le méme sort. Mais Lakanal prévint le coup. Et par cet exemple, qui nous est mieux connu que tout autre, que l'on juge Lakanal. Il apprend un matin que des vandales , expression dont lui même s'est servi , vont attaquer devant la Convention l'établissement exroyal. Le mème jour, à trois heures, il est chez Daubenton , appelle au conseil Thouin et Desfontaines, et reçoit d'eux, avec de précieuses notes, un mémoire rédigé en 1,90 pour l'Assemblée constituante. Le lendemain, 10 juin 1793, il est à la tribune, et les vandales, rendus muets par la surprise, l'entendent lire un rapport écrit durant la nuit, et présenter un vaste projet aussitôt converti en loi : le Jardin royal les plantes était érige: en Muséum national d'histoire naturelle. Ainsi fut sauvé en vingtquatre heures, et sauvé par une mesure qui, en Il) Revers et succès, nous ne nous occupons que des grandes mesures d'intérêt général Four les sciences, les lettres et les arts. Suivre dans le détail les services d'un homme qui eut de fait, durant trois ans , la direction et la haute administration de l' publique, serait ici de toute impossibilité. 2) Geoffroy SaintHilaire, Études progressives, Discours prêlim., p. 10. le transformant, l'agrandissait, un établissement qui , sous sa forme actuelle, admiré et partiellement imité par toutes les nations , reste dans son harmonique ensemble unique encore en Europe . — Le 19 et le 25 juillet sont encore dans la vie de Lakanal deux dates mémorables : l'une rappelle la loi relative à la propriété littéraire et artist1que, l'autre, l'établissement du télégraphe. La loi du 19 juillet n'est pas, au même titre que les pré- cédentes , sou oeuvre personnelle. Les princi- paux membres du Comité d'instruction publique y concoururent ; mais le rapport est assurément son ouvrage : son style et sa pensée y sont également reconnaissables : Comment croire , ditil , qu'une aussi grande révolution que la nôtre ait été nécessaire pour nous ramener, sur ce point comme o sur tant d'autres, aux simples éléments de la a justice la plus commune?... Des pirates litté- Oint oublié au Museum celui qui avait été en 1793 le sauveur ut le second le activité. Son rapport est du 25 juillet ; un mois après on pouvait communiquer de Paris à la frontière du Nord; et le lerseptembre, patriotique inauguration d'un art tout français, Carnot lisait à la tribune une dépèche ainsi conçue : « Citoyens, « Condé est restitué à la république : / a reddition « a eu lieu ce matin à six heures I , — La loi sur la télégraphie est la dernière mesure importante que l'on ait due à Lakanal en 1793. Deux décrets sur l'organisation générale de l'instruction publique, rendus le 15 et le 19 septembre, tous deux pleins de vues hardies et fécondes , mais tous deux et peut-ètre inexécutables , avaient été en partie préparés par Lakanal; mais il n'en fut ni le rédacteur, ni le rapporteur. La corrention lui avait confié une importante mission qui, durant plusieurs mois , le tint éloigné de Paris . En juillet 1794, nous le retrouvons à la tribune. S'inspirant des grandes vues développées par Condorcet devant l'Assemblée législative, il propose et défend avec chaleur un vaste projet de loi sur l'instruction primaire. Mais, cette fois, il a pour adversaire Robespierre luimème. Le ler juillet, dans ce même mois qui allait voir sa chute et sou supplice, Robespierre , et c'est presque sa dernière victoire , fait rejeter le projet de loi. « Il avait ses « vues, » s'écrie Lakanal vivement irrité d'un échec si dommageable au pays, pour faire repousser « nos idées régénératrices!... Ils avaient leurs « motifs pour vouloir tout couvrir de ténèbres, « ces tyrans prèts à traiter de ériminels ceux qui « auraient parlé d'instruction et de lumières ! » — Aussitôt après le 9 thermidor, dès que « la tèmpète, dit Lakanal, a cessé de soulever les flots , » il se met à l'oeuvre , ou plutôt il redouble d'activité. En huit mois, d'octobre 1194 à juin 1795, il pré- pare, présente et fait voter cinil décrets qui restent pour sa mémoire et pour la Convention autant de titres d'honneur. Les lois du 29 octobre 1794, du 2 avril et du 24 juin 1795 , dates que l'histoire doit enregistrer , fondent trois grandes institu- tions, l'Ecole normale, l'École des langues orien- tales, le Bureau des longitudes ; celles du 17 novembre 1794 et du 25 février 1795 organisent les écoles primaires et les écoles centrales. C'est l'édifice tout entier de l'instruction publique qui vient d'être reconstruit. C'est Lakanal , la recon- naissance des contemporains a pris soin de le pro_ clamer , qui prit , au Comité Voy. plus bas. pour « enseigner non les « sciences, mais l'art de les enseigner; » cette grande école dont Carat disait : « Il faut qu'elle « soit la première du monde! » et qui le fut ; où Lagrange , Laplace, Monge, Berthollet, Haüy, Daubenton , Bernardin de SaintPierre eurent pour auditeurs Fourier , Lacépède , et tant d'autres devenus nos mattres illustres : réunion sans exemple de professeurs admirés et de disciples déjà renommés. —Estce parce que la création des autres écoles jeta moins d'éclat? Les documents nous manquent ici pour déterminer ce qui, dans l'oeuvre collective du Comité, fut l'oeuvre propre de Lakanal. Un seul point excepté, l'organisation de dixneuf écoles centrales due à l'activité toute personnelle de Lakanal , ses travaux et ceux de ses collègues se sont dès longtemps confondus dans un effort commun vers le hien public , et les témoins ne sont plus qui pouvaient dispenser à chacun sa part de dévouement et d'honneur. — Nous avons dit que Lakanal avait accepté une mission. 11 fut envoyé avec des pouvoirs illimités dans le Lot, le LotetGaronne, la Gironde, la Dordogne. On sait comment la dictature fut en générai exercée par .des hommes, les uns faibles de caractère et s'exaltant par la peur, les autres fanatiques et absolus et s'exaltant par la passion. Au moment du départ de Lakanal , le principal chef de la Montagne lui donna sur la conduite à tenir dans cette partie, naguère si agitée, de la République, un conseil aussi violent que laconique, et dans le style de l'époque. Tape dur! lui ditil comme résumé. Lakanal eut le courage et le bonheur de ne pas suivre ce conseil. 11 sut être utile et rester humain. Il établit à Bergerac une manufacture d'armes où se fabriquèrent vingt mille fusils; il réunit près de la ville un dépôt de quatre mille chevaux, et, ainsi qu'il le dit luimème dans son rapport , il n'ordonna point d'arrestation. Et , C voilà ce qu'il osait dire», écrivait en 1795 l'honorable Baudin des Ardennes ; « voilà ce dont je « l'ai entendu se vanter dans un temps où il y « avait du danger à le faire. » S'il prononça quel- quefois des paroles regrettables, il ne commit ja- mais d'actes cruels; il en fit plusieurs de généreux. Étant en tournée dans les départements du sudouest, il avait découvert la retraite où se ca- chait un prêtre insermenté, son ancien camarade d'études à l'Oratoire, Le représentant du peuple devait le faire arrêter; ce fut luimême qui le sauva. Il le conduisit la nuit jusqu'à la frontière . Une telle action s'appelait alors un crime capital! A la mème époque, le Comité de salut public recevait de Périgueux une dénonciation contre Lakanal. Elle fut examinée, reconnue fausse, et reni7oyée à Lakanal luimême. La lettre suivante fut sa vengeance : Au citoyen L... père. J'avais reçu la a mission expresse de te faire arrèter, parce que tu a avais signé une pétition calomnieuse contre moi. a Mais lorsque Lakanal est juge dans sa cause, a ses ennemis sont assurés de leur triomphe : il a ne sait venger que les injures de la patrie. Je « t'obligerai lorsque je le pourrai. C'est ainsi que a les représentants du peuple repoussent les outrages. Tu as cinq enfants devant l'ennemi a c'est une belle offrande à la liberté. Je te dé-« charge de la taxe révolutionnaire. LAKANAL. » - Voilà ce que fut Lakanal en mission ! Le voici à son retour. Après le 9 thermidor , on trouve dans les papiers de Couthon une dédicace trèscom- promettante de l'abbé Sicard. Lakanal le sait à peine qu'il court au nouveau Comité de salut public : il tâchera que l'affaire soit étouffée. On l' dans le bureau de son collègue : celuici est absent. Lakanal n'hésite pas un instant ; la page fatale est arrachée , et quand revient le conventionnel : « Vous n'avez plus rien contre Sicard, lui dit Lakanal. Il n'y a plus de coupable que C, moi. » Le conventionnel s'emporte d'abord c'est un abus de confiance que le comité punira! Mais sa colère dure peu : il prend la main de Lakanal et lui dit : Vous étes toujours le même. Heureux celui qui, à une telle époque, méritait qu'on lui dit une telle parole ! —Tel fut Lakanal à la Convention. 11 eut l'exaltation des hommes de son temps, et parfois leur langage dur et acerbe. Mais la source mème où se passionne sa parole est celle où il puise ses généreuses inspirations. Et quand finit la dictature conventionnelle , il a le droit de dire : a J'ai souvent fait le bien; j'ai a quelquefois empêché de faire le mal. » — Lorsque la Convention se retira , Lakanal , envoyé au conseil des CinqCents par l'Ariège et quatre autres départements, y siégea jusqu'au 20 mai 1797. 11 y continua son rôle d'ami , de dé- fenseur des sciences et des lettres. Bien que toujours ardent républicain, l'homme politique ne se montra qu'une seule fois. Il resta fidèle à la mission qu'il s'était donnée. Son titre principal fut, à cette époque , l'organisation de l'Institut. Talleyrand , sous l'Assemblée constituante , et surtout Condorcet, sous la Législative, dans son immortel Rapport sur l'organisation générale de l'instruction publique , avaient proposé la création Notes recueillies par nous en 1838. Nous lisons dans les mêmesnotes ces paroles de Lakanal, textuellement reproduites : ‘, Je n'ai jamais eu sur mes mains une goutte de sang, ni deo dans une obole mal acquise. » d'un grand corps scientifique et littéraire , clef de vate de toutes nos institutions intellec- tuelles. Daunou , en i794, avait fait inscrire cette féconde pensée dans la Constitution ellemême, et il en avait, de plus, fait décider la réalisation immédiate par le mémorable décret du 25 octobre 1795. Il restait à organiser l'Institut , et ce fut l'ceuvre de Lakanal. Préparée par lui dans les derniers temps de la Convention , elle fut achevée au commencement du Directoire. Ce point historique a été contesté, mais il est mis hors de doute par des documents authentiques, comme nous l'avons ailleurs fait voir, et comme l'a aussi reconnu M. Mignet dans l'Éloge de Lakanal, qu'il a récem- ment prononcé dans une séance publique de l'Académie des sciences morales et politiques. a A « trois membres de notre compagnie, ditil, revient a le principal honneur de cet incomparable établis-,, sement où l'esprit humain , représenté tout à « la fois dans l'unité de sa nature et dans la variété de son action, reçut de la loi et eut dans « l'État la mission de recueillir toutes les découa vertes et de perfectionner à la fois les arts et les a sciences. Ces trois membres sont M. de Talle)'-(C rand , qui le proposa dès l'Assemblée constia tuante ; M. Daunou, qui le fit décréter par la a Convention; M. Lakanal, qui l'organisa sous»? a Directoire. Depuis 1793 , ce dernier n'avait pas a cessé de travailler à la formation de cette as- « semblée représentative de la science, de la pensée, de l'imagination et de la parole humaines. a C'est le témoignage que lui rendit solennelle- « ment Lalande le jour même de l'inauguration a de l'Institut, comme interprète, disaitil , de la reconnaissance des savants. M. Lakanal eut de « plus l'honneur de désigner les quarantehuit premiers membres qui durent élire tous les au-« tres. La fécondité intellectuelle de la France « «ait encore si grande qu'il put proposer des « noms accueillis avec enthousiasme et admirés a du monde entier. En tète de son éclatante liste « apparaissaient Lagrange , Laplace , Monge « Haüy , Fourcroy , Darcet , Jussieu , Daubenton, a Lacépède , Adanson , Sieyès , Bernardin de « SaintPierre, Daunou , Garat , Delile, Lebrun a Houdon , Grétry , etc., qui s'adjoignirent bien-« tôt Cuvier, Berthollet , Cabanis, Chénier , Si-« card , David , Laharpe , et nommèrent à son « tour Lakanal , chargé, avec Sieyès , d'ètre le législateur réglementaire de l'Institut. M. Laka- « nal ne fut point élu pour ses livres, mais pour « ses actes. 11 est vrai que ses actes avaient été ou a de notables services rendus à l'esprit humain, ou « d'utiles pensées transformées en institutions. » — Après avoir accompli tant d'honorables tra- vaux , Lakanal crut sa mission terminée. « Mon « unique ambition , ditil , fut toujours de servir a mon pays en défendant la cause des lettres. Le pays était victorieux de l'Europe; il résolut d'abandonner la vie publique. Élu en 1798 membre du Corps législatif par le département de
  • Joseph LAMBERT( 1654) : fils d'un maitre des comptes, naquit en 1654 à Paris, prit le bonnet de docteur de Sorbonne, et eut le prieuré de Palaiseau, près Paris. 11 se distingua par la pratique exemplaire de toutes les vertus qui forment un digne ecclésiastique. Dès l'âge de trente ans il se consacra à la chaire dans l'église StAndré des Arcs, sa paroisse. Ses instructions solides, pleines donction, d'un style simple, niais touchant, attirèrent parmi ses auditeurs un grand nombre de protestants, et il eut le bonheur d'en convertir plusieurs. Zélé pour le maintien de la discipline ecclésiastique, il écrivit contre l'abbé Boileau sur la pluralité des bénéfices, et ce fut à sa réquisition que la faculté de théologie lit un décret qui déclara nulles les thèses de ceux qui s'y seraient nommés titulaires de plus d'un bénéfice. Les pauvres avaient été toute sa vie l'objet de ses sollicitudes; sur la fin de ses jours, il se consacra entièrement à leur service. Les revenus de son prieuré, sa plume, ses instructions, tout fut pour eux, et afin que sa charité contribuât à leur soulagement après sa mort , il fonda des écoles gratuites. C'est au milieu de ces tendres soins, dont sa douceur et sa modestie relevaient encore le prix, qu'il termina sa carrière, en 172'2 , victime de la pénitence et d'un travail non interrompu. Il avait la confiance de plusieurs prélats, entre autres celle du cardinal de Noailles, qui l'aimait et le considérait beaucoup. Ses ouvrages sont : 1. Discours sur la vie ecclésiastique, Paris, 1702, G2 vol. Ce sont des conférences faites à Amiens et à Paris. 2° L'Année évangélique, ou Homélies, Paris, 1693-97, 7 vol. 1740, 8 vol.; 1761, 7 vol. nouvelle édition, Avignon, 1826, 5 vol. 3° Épîtres et Évangiles de l'an- née, avec des réflexions, 1713; 4° les Ordinations des saints , Paris, 1717 5° la Manière de bien instruire les pauvres, Rouen, 1716 Pa- ris, 1722 Paris, 1789, 1830 ; 6. His toires choisies de l'Ancien et du Nouveau Testament; 7. Instructions courtes et familières pour les dimanches et fêtes, 1721 ; 8° Instructions sur les commandements de Dieu , 47422; 90 le Chrétien instruit des mystères de la religion et des vérités de la morale, 1729 ; 10. des Lettres de controverse et plusieurs autres petits ouvrages. On remarque dans toutes les productions de ce saint prètre, qui pour la plupart ont été souvent réimprimées , un esprit nourrrde la lecture des livres sacrés, une éloquence pleine d'onction , malgré la simplicité du style, qu'il ne soignait pas beaucoup, n'écrivant guère que pour les pauvres et pour les gens de la campagne; des règles de conduite utiles et exactes
  • Joseph LANCASTER( 1778) : célèbre par le système d'éducation qui porte son nom, quniqtfil n'en soit pas l'inventeur, naquit à Londres, le 25 novembre 1778, d'une famille pauvre et obscure. Son père, après avoir servi comme soldat, devint un simple ouvrier gagnant sa vie à fabriquer des tamis. Malgré la misère de ses parents, il faut néanmoins que le jeune Lancaster ait eu des maltres et reçu quelque instruction, puisque, avant l'âge de vingt ans, on le voit ouvrir une école pour les enfants pauvres, dans le faubourg de Southwark, paroisse de StGeorge'sFields. Il y mit en pratique, sur une grande échelle, le plan d'éducation que le docteur Bell avait fait connaltre le premier dans le RoyaumeUni, et ne tarda pas à obtenir de brillants succès. Il popularisa bientôt la méthode de l'enseignement mutuel, mode si expéditif et si peu coûteux d'instruire un grand nombre d'enfants pour ainsi dire simultanément et sans maitre. Dès 1800, trois cents enfants suivaient ses leçons, et le nombre en augmenta chaque jour. Grâce aux encouragements pécuniaires qu'il reçut de toutes parts, Lancaster put réduire les frais déjà si minimes, et il n'hésita même pas à annoncer que désormais l'enseignement serait gratuit dans son école. L'opuscule qu'il publia en 1805, SOUS le titre d'Amélioration de l'éducation, eut un immense succès; de grands personnages , parmi lesquels nous citerons le due de Bedford et lord Sommerville, se déclarèrent ses protecteurs , et d'abondantes souscriptions lui permirent de construire , en 180/ , un vaste local dans lequel il comptait mille élèves dès 1805. Il créa en même temps une école pour deux cents filles, qui, sous rinspection de ses deux soeurs, apprirent d'après sa méthode la lecture, l'écriture, le calcul et les travaux habituels des femmes. Le roi d'Angleterre George Hl, qui avait appris ses succès , désira le voir, le combla d'éloges, et souscrivit en sa faveur, ainsi que la famille royale, pour des sommes considérables. Ce fut à cette époque qu'il donna à sa méthode le titre de système royal lancastérien d'éducation, et qu'il parcourut l'Angleterre pour y établir des écoles sur le modèle de celle qu'il dirigeait à Londres. Si Lancaster avait de puissants protecteurs, il avait aussi de redoutables antagonistes. Le haut clergé anglican, auquel ses succès avaient donné de l'ombrage, et qui feignait de croire que la propagation de sa méthode et.- tait l'Église en péril , parce que Lancaster, qui était quaker, admettait des enfants de toutes les sectes, le lit attaquer dans des pamphlets qui le présentèrent comme un homme dangereux. Les calomnies qu'on répandit contre lui diminuèrent rapidement le nombre de ses souscripteurs, et une association à la tète de laquelle se trouvait nonseulement tout le haut clergé anglican, mais où l'on voyait male figurer le prince régent, lui opposa le docteur Bell , qui reçut des sommes importantes pour fonder une école rivale. Dès lors les établissements de Lancaster allèrent en déclinant , et la diminution des souscriptions ne lui permettant plus de payer les dépenses qu'ils occasionnaient, il eùt été réduit à abandonner son entreprise si deux amis généreux, Corston et Fox, ne se fussent engagés à acquitter ses dettes. Ils formèrent, en 1808, avec lui, utae société où il eut la direction exclusive de l'enseignement. Ce fut alors qu'il visita de nouveau les différentes parties du RoyaumeUni, faisant des cours et donnant des instructions pour là création d'écoles semblables à la première. En 181e, il ouvrit à LowerTooting une espèce de séminaire dans lequel il chercha à appliquer l'enseignement lancastérien ou mutuel aux sciences et aux langues; mais, malgré ses nombreux prospectus remplis de pompeuses promesses, peu de personnes venant à son secours, ses dettes s'accumulèrent, il fut déclaré en état de faillite et obligé , nous ne ferons que mentionner les deux premiers. Par l'enseignement mutuel, le plus simple et le plus économique des trois modes ou formes cités plus haut, un seul maitre suffit à une école de cinq ou six cents enfants, sans qu'il en résulte la moindre confusion, le moindre retard. Des tableaux pour la lecture, l'écriture, l'arithmétique, etc., qui durent plusieurs années, suffisent à tous les élèves, qui n'ont besoin que d'ardoises et de crayons, et se passent de livres, de papier, de plumes, d'encre, etc. Divisés par groupes d'un certain nombre d'élèves, ceuxci sont distribués dans chaque groupe, sui- vant leur degré précis de capacité actuelle, en sorte que le plus capable occupe momentanément la première place, qu'il perd s'il fait une faute, et dans laquelle il est remplacé par l'élève qui se sera montré à un instant donné son supérieur. Celuici à son tour cédera bientôt la place qu'il avait obtenue s'il fait une faute et qu'elle soit corrigée par un autre concurrent. C'est ainsi que dans l'enseignement mutuel , comme le dit de Gérando , chaque enfant observe ses égaux , est observé par eux, déploie à chaque instant tout l'effort dont il est capable, monte, descend, re- monte incessamment au niveau de son mérite. Dans l'enseignement mutuel , l'action du maitre est moins immédiate que dans les deux autres modes d'enseignement : il agit par l'organe des moni- teurs, il respire en eux, il se multiplie par eux ; c'est lui qui les forme , qui les dirige. L'élève, dans les fonctions de moniteur, revoit ce qu'il a déjà appris, s'en rend compte, et par là se onfirme , se perfectionne dans ce qu'il sait. Les changes qui s'opèrent entre les élèves doublent cs forces de chacun. L'instruction descend mieux leur portée, dans chaque degré, en leur arrivant ,ai' le canal de leurs camarades. Nous avons vu lue ce n'était point à Lancaster que l'on doit le uode d'enseignement qui porta quelque temps on nom , et qu'il n'a fait que s'emparer du sys- ème publié en Angleterre par le docteur Bell, ,ystème presque ignoré dans sa patrie, que le weinier mit en pratique avec une activité et un r.èle qu'on ne peut que louer, sans avouer la source ni il avait puisé. Cette méthode au surplus n'ap- )artient ni à l'un ni à l'autre ; elle était connue pratiquée dans l'Inde dès les temps les plus re- , si l'on s'en rapporte aux récits des voyaeurs qui ont visité cette contrée, entre autres à ceux de l'Italien Pietro della Valle , qui s'y trouvait en 1618 ; et des voyageurs écrivant au commencement du 14e siècle affirment l'avoir vu pratiquer à cette époque en Turquie . Il avait été recommandé par Érasme, l'un des principau4 restaurateurs des études modernes , dit M. de Gérando , et le sage Rollin l'avait vu employer à Orléans, et l'avait jugé digne d'attention. Madame de Mainten on l'avait introduit à StCyr, et à son exemple plusieurs congrégations religieuses, livrées à l'éducation des filles , en avaient adopté des parties plus ou moins nombreuses. Dès 1717 ou n'élue 1741, Herbault, que de Gérando appelle Ileurbault, avait formé dans l'hospice de la Pitié, près du jardin a) Voici comment s'exprime ce voyageur : Mais afin de profiter du temps qui se passa à disposer toutes . ces choses, je demeurai sur le vestibule du t. mp Athènes ancienne et moderne, état présent de l'empire des Turcs, contenant la vie du sutan Mahomet IV, par de la , Guillotière, 1675. des plantes, une école de trois cents enfants, Isoumis à ce mode d'instruction et de discipline si rapide et si économique, et le chevalier Paulet avait conçu en 1772 le plan d'un institut militaire, , auquel il put donner, quelques années plus tard, de l'extension par la protection du roi Louis XVI, et où l'on habituait les différents élèves à professer en sousordre, et à mériter de devenir matires à leur tour pour les langues , les mathématiques et les arts d'agrément ; la police et presque toute l'administration leur étaient confites, etc. Ce fut bien postérieurement qu'en Angleterre Bell et Lancaster organisèrent leur système sous deux formes différentes, dans deux ordres d'écoles rivales, quoique fondées sur un principe commun. Il avait été propagé en Amérique, essayé en Russie et en Suisse , lorsque après 1814 M. le comte Alexandre de Laborde introduisit en France l'enseignement dit lancastérien, qu'il était allé étudier en Angleterre, qu'il combina avec la méthode de Bell, et qui fut d'abord assez défavorablement accueilli du gouvernement , parce qu'il avait été appliqué pour la première fois dans les centjours, sous le ministère de Carnot . 11 a fait depuis de grands progrès dans ce pays, ainsi que dans le reste de l'Europe, quoiqu'on assure que les Allemands se montrent disposés àsl'abandonner, et il a été reporté en Asie, perfectionné par des missionnaires anglais de différentes communions. Comme toutes les nouveautés, accueilli d'abord en France avec un vif enthousiasme, il fut ensuite traité avec une excessive sévérité. On compta parmi ses adversaires de bonne foi des personnes pieuses et très-éclairées, et il eut en mème temps pour partisans des hommes non moins recommandables sous les memes rapports. On en a fait tour à tour une invention capable . d'illustrer toute seule le siècle qui l'a vue naltre , OU un mode d'instruction qu'il fallait se hâter de proscrire, parce qu'il était en opposition avec la religion, la saine morale et les gouvernements monarchiques. Ses admirateurs ont prétendu que la plupart de leurs antagonistes jugeaient la Mé- thode avant à l'usage des écoles, 1808 50 Notice sur les progrès du plan de Joseph Lancas.. ter pour l'éducation des enfants, 1810 ; 6. Rap- port sur les progrès de Joseph Lancaster depuis 1798, 1811 7. Substance d'une leçon pronon- cée à la taverne des francs- maçons , 1812 8. Oppression et persécution, Bristol, 1816
  • Joseph LANGE( 1500 - 1630) : ou Langius, philologue, né au 46' siècle à Kaiserberg, dans la haute Alsace, était savant dans les langues anciennes; il abjura le luthéranisme, et fut nominé, peu de temps après, professeur de grec et de mathématiques au collége de Fribourg, en Brisgau. Il s'acquitta de cette double fonction avec assez de succès, et mourut vers 1630. On lui doit des Editions de Perse et. de Juvénal ; de Martial , etc., avec des Index trèsamples ; et il est auteur des ouvrages suivants : 10 De obitu Georgii Cala. Inini ode. Strasbourg, 1557 2° Florilegium, ibid., 1598 C'est un recueil alphabétique de sentences, d'apoplithègmes , de comparaisons, d'exemples et d'hiéroglyphes : un pareil livre aurait sans doute sou utilité s'il était composé avec goût; mais Lange ne fit que copier les compilateurs qui l'avaient précédé , et entre autres, Th. ilibernicus , auteur des Flores Duclorum, ouvrage rempli de fautes, au jugement de Bayle. 3° Polyanthea nova, Genève, 1600 Lyon, Troy. M. Van Hultbem, dans son intéressant Disc- ure sur l'élu/ rennes el moderne de l'agriculture et de la bolarnigue cleuu les paysBeeliand,1131i1, p. 14. 12 La Bibliotheque de Paris posskde un exemplaire de son édition de Juvénal, Fribourg, 1606 avec des note. manuscrites de Rico'. Rigault. 1604; Francfort, 1607. C'est encore une compilation du mème genre que la précédente. 11 avait déjà paru deux ouvragessous le meine titre, l'un de Doininicus Nanus Mirabellius , et l'autre de Matern. Cholin, libraire à Cologne ; c'est pour cette raison que Lange intitula le sien Polyarithea nova. Il iy en a un quatrième : Polyanthea norissima, et un cinquième: Florilegium magnum sets Polyanthea , etc., Lyon, 1659, 2 tom. . Comme Lange avait négligé d'indiquer les sources où il avait puisé, Jacques Thomasius l'inscrivit dans la liste des plagiaires. Les dernières éditions , de Lille , sont exemptes de ce défaut. 4° Othe Horatii in locos communes digeste, Hanau, 1605 ibid., 1614; 5° Anthologia sive Florileyium rerwn et materiarum selectaruna ex probatis scriptoribus collecta, Strasbourg, 1615 avec des additions, ibid., 1662 6° Tyrocinium grcecarum litterarum , Fribourg, 1607 7° ildagia sive sententiit proverbiales, grec , latin et allemand , 1596; 8° Elementale tnathematicum logisticce, astronomicce et theoricce planetarum, Fribourg, 1612 ibid., 1627. Isaac Ilabrecht en a donné une édition avec des notes et des planches, Strasbourg, 1625. W—se
  • Joseph LANGE( 1751 - 1829) : célèbre acteur du théâtre de Vienne , naquit le 4 er avril 1751 , à Wurtzbourg, où son père fut employé comme secrétaire de légation auprès du cercle (le Franconie. Il montra de bonne heure beaucoup d'inclination pour la peinture et cultiva ce talent, aidé de M. Reimoald , alors chancelier du prince évèque de Wurtzbourg. Après la mort de çe dernier il quitta son pays , et passa à Vienne où il trouva son frère alné, alors placé auprès d'une famille trèsdistinguée. Ce fut dans ce temps que se manifesta chez lui le goùt de l'art dramatique. Les deux frères, pleins d'enthousiasme pour le speee tacle, s'associèrent quelques jeunes gens et établirent un théâtre de société. Le célèbre Sonnenfels, en ayant été instruit, fit appeler les frères artistes, les engagea à représenter une petite pièce chez lui, et les décida à se consacrer tout entiers au théâtre. L'alné mourut quelque temps après; mais le cadet s'acquit, par ses talents une grande renommée et obtint pour toujours la faveur des Viennois. On pouvait dire de lui ce que madame de Staël a dit de Talma : Il y a dans la voix de cet homme je ne sais ,( quelle magie, qui , dès les premiers accents, (C réveille toutes les sympathies du coeur ; le « charme de la musique, de la peinture , de la (‘ sculpture , de la poésie , et pardessus tout , du o langage de l'âme, voilà ses moyens pour déve- lopper, dans celui qui l'écoute, toute la puisa sance des passions généreuses ou terribles. » Lange se forma d'après la manière française, mais il eut peut-ètre plus de naturel et plus de sensibilité. Il se retira dans un âge trèsavancé, et mourut vers 1829. Lange n'avait jamais négligé la peinture ; on a de lui plusieurs compositions tirées de l'histoire des saints. L'église de Nicolsbourg conserve un tableau fort estimé de cet artiste, dont la femme était une cantatrice distinguée
  • Joseph LANJUINAIS : né en Bretagne, entra d'abord dans l'ordre de StBenolt, et y professa la théologie. Des querelles de couvent lui tirent abandonner son monastère, son ordre , sa patrie. S'étant retiré à Moudon , en Suisse, il y embrassa la religion réformée, et devint principal de l'école. 11 est mort vers 1808. C'était un homme d'une imagination vive et d'une grande instruction. On a de lui : 1. le Monarque accompli, ou Pro liges de bonté , de saroir et de sagesse, qui font l'éloge de S. H. I. Joseph II, et qui rendent cet auguste monarque si précieux à l'humanité, discutés au tribunal de la raison el de l'équité, 1774, 3 vol. petit L'auteur s'est servi de ce cadre pour exposer sa façon de penser sur beaucoup de su- jets : en général , il professe les doctrines philosophiques. Sur quelques points cependant, téls que le commerce des blés, la nobfesse commer-çante, il diffère d'opinion avec les économistes. Il demande à grands cris la tolérance religieuse, l'abolition de la traite des nègres, la suppression graduelle des couvents , etc. Quoique imprimé hors de France , et depuis deux ans, ce livre attira l'attention de Séguier, avocat général , qui, le 7 mai 1776, à la suite d'un réquisitoire, en obtint la proscription comme séditieux, etc. Turgot venait de quitter le ministère; et l'on croit que c'était contre lus principes du ministre disgracié que l'avocat général était bien aise de se prononcer. Cet arra fut cause des réimpressions qu'on lit, en 17,7 et 1780, du Monarque accom- pli. 20 Manuel des jeunes orateurs, ou Tableau histo- rique et méthodique de l'éloquence, 1777, 2 vol. 30 Supplément à l'Espion anglais, ou Lettres intéressantes sur la retraite de M. Necker, sur le sort de la France et de l'Angleterre, et sur la dé- tention de M. Lingua à la Bastille, 1781, petit formant le tome 1 le de la collection . Il y a eu plusieurs réim- pressions. 4° Un Éloge de Catherine II. qui étàlt alors vivante. 5° Une traduction des Méditations de Dodd ; 6. Esprit du pape Clément X1V. mis au jour par le R. V. B., confesseur de ce souverain pontife, et dépositaire de tous ses secrets, traduit de l'italien par l'abbé C..., 1775. C'est une satire des abus et des erreurs qu'il reproche à l'Ëglise ro- maine. Ce livre fut sévèrement défendu en France : il est anonyme; mais on y retrouve les principes du. Monarque accompli, et il est avoué par l'auteur du Supplément à l'Espion anglais . On a souvent confondu Joseph Lanjuinais avec son pa- rent JeanDenis
  • Joseph LANZONI : célèbre médecin et antiquaire italien, vint au monde le 26 octobre 1663, à Ferrare. Dès ses plus jeunes ans il montra beaucoup d'inclination pour l'étude, et des dispositions que la tendresse de parents éclairés sut cultiver habilement. Aussi fitil des progrès rapides dans la carrière des sciences. En 1683 il reçut le double titre de docteur en philosophie et en médecine, et l'année suivante, malgré sa jeu. nesse, il obtint une chaire qu'il conserva jusqu'à sa mort, arrivée le 1er février 1730, C'est moins comme médecin qu'il s'est distingué que comme érudit passionné pour le travail de cabinet. Il y consacra tout son temps, qu'il partageait entre la lecture des ouvrages sur l'art de guérir et celle des cours d'antiquités, Ainsi que la plupart de ceux qui se laissent guider par un véritable esprit philosopbique, et auxquels le vulgaire des prati- ciens reproche de n'avoir cette opinion que par défaut d'expérience, il n'avait pas beaucoup de confiance dans le pouvoir de la médecine, c'est-àdire qu'il ne croyait pas à tous ces prétendus miracles, à cette puissance merveilleuse des médecins dont on se plalt à faire si grand bruit. Il comptait peu sur les remèdes, principalement sur ceux qui résultent d'une association de drogues diverses, et la saignée, aidée du régime, était à peu près le seul auquel il accordàt une efficacité incontestable. Presque toutes les académies de l'Italie l'avaient admis parmi leurs membres, et il appartenait à celle des Curieux de la nature sous le nom d'Epicharale. Uni à une femme d'une rare fécondité, il obtint d'elle dixsept Ills, à seize desquels il eut la I bouteur de survivre. Ses ouvrages, assez nombreux, ont été réunis sous ce titre : Opera ontnia medico- phyrica et philoso- pliica. P? rn edita hactenus tues inedita. Laus.anne, 178, 5 vol. Les plus remarquables sont Citrologia curiosa. seu euriosa citri descriptif). Fer- rare, 1690 réimprimé en 1705 De Balsamatiie cadarentm , Ferrare , 16M , ; réimprimé à Genève en 16î.)6, à Ferrare en 1704, et à C,enève en 1707; Dissertztio de latrophysieis Ferrariensibus qui rnetlicinam suif scriptts extirpiez- rue. Bologne, 1690;
  • Joseph LAVINI : savant chimiste et physicien, Italien, membre . Lavini était docteur en philosophie et professeur adjoint de chimie et de pharmaceutique à l'université de Turin. Il fut appelé dans les derniers temps de sa vie au conseil supérieur militaire de santé du Piémont; il appartenait à la société agricole de Turin. Lavini est mort au mois de janvier 1847. Z
  • Joseph LEGROS( 1739) : l'une des plus belles hautescontre qu'on ait entendues à l'Opéra, naquit le 7 septembre 1759, à Monampteuil, village du dio_ cèse de Laon, et fut d'abord enfant de choeur à la cathédrale de cette ville. Sa réputation le fit appeler à l'Académie royale de musique,où il débuta, le 1er mars 1764, avec le plus brillant succès, par le rôle de Titon, dans l'opéra de Titon et l'Aurore. tl consola le public de la retraite de Jeliotte, qui depuis dix ans n'avait pas été remplacé . Legros était un peu froid comme acteur; mais pouvaitil ne pas l'être dans des rôles et dans des opéras à la glace ? En revanche , sa voix était admirable, et s'identifiait avec les rôles d'Orphée, d'Achille, de Renaud, d'Atys et de Pylade, dans les chefsd'oeuvre que Gluck et Piccini semblaient avoir créés exprès pour la faire briller . Electrisé par le génie de çï's grands compositeurs , Legros se montra dès lors plus digne de seconder Larrivée . Nourri luimème des bons principes du maltre de chapelle de Laon, il donna en 1775, à l'Opéra, l'acte d'Hylas et Sylvie, dont il refit la en société avec Desormery père. A ses talents, il joignait des qualités estimables; et l'abbé Lemonnier, son ami , qui se piquait aussi d'avoir une belle hautecontre, abandonnait parfois Perse et Térence pour chanter avec lui. Legros était bel homme ; mais son embonpoint étant devenu excessif, il fut obligé de quitter le théàtre, en 1783, avec sa pension de retraite. Il s'était chargé en 1777 de l'entreprise du Concert spirituel, qu'il continua de diriger jusqu'à la suppression de cet établissement , en 1791. Des connaissances rares dans cette partie, une impartialité favorable aux talents médiocres, qui souvent lui durent leur réputation, un zèle infatigable et des soins ingénieux pour attirer les plus célèbres virtuoses de l'Europe, ont mérité à Legros le souvenir et la reconnaissance des amateurs. Retiré à la Rochelle, il y mourut le 20 décembre 1795. - LEGROS, coiffeur de dames, d'abord cuisinier, avait composé sur l'art de la cuisine un livre resté manuscrit , qui devait servir pour la ville et pour l'armée. La casserole ou le peigne en main , Legros se plaignit toujours d'étre en butte à l'envie; et pour lui imposer silence, il exposa en 1763 un étalage de trente poupées toutes coiffées, à la foire de StOvide , et publia son Livre d'e. stampes de l'art de la coiffure des dames françaises, gravé sur les dessins originaux, av, c un traité pour entretenir et conserver les cheveux naturels, Paris , 1765 de 54 pages, avec 28 coiffures coloriées. Le quatrième supplément, contenant 65 pages et 22 gravures, parut en 1770. Cet ouvrage offre toutes les coiffures à la mole pour la cour, la ville, le bal et le théàtre, et fit sensation parmi les gens du beau inonde; mais il fut le terme de la gloire et de la carrière de Legros. Ce malheureux, àgé de 60 ans , fut étouffé dans la funeste nuit (lu 30 mai 1770 , aux fètes du mariage de Louis Mil. Sa veuve, n'ayant pu rentrer chez elle, revint sur le champ de mort, vers les trois heures du matin, et fouilla tranquillement dans les poch,s de son mari pour avoir ses clefs, sans s'embarrasser du cadavre, qui fut au nombre des cent trentedeux enterrés le 31 mai et le 1« juin dans le cimetière de la Madeleine. La mort de Legros délivra d'un rival redoutable un autre perruquier, nominé Lagarde, qui, deux mois après, publia un nouvel ouvrage intitulé le Coiffeur d'hommes et de femmes
  • Joseph LENTI( 1605 - 1640) : biographe, né en 1605, à Ascoli, d'une famille noble, a mérité une place dans le catalogue assez étendu des savants précoces. 11 n'avait que dixsept ans lorsqu'il publia un ouvrage intitulé Prœclara . facinora clarorum As- culanornm exposita, Rome, 1622 Ce volume, devenu trèsrare , contient les éloges de quinze des plus illustres citoyens (l'Ascoli. Lenti , après avoir terminé ses études, vint établit' sa résidence à Venise, où il ne tarda pas à se faire estimer par ses talents et par ses qualités personnelles. On dit qu'il était doué de tant (l'agréments physiques, que les peintres se plaisaient à copier sa figure comme objet d'étude. Une mort prématurée l'enleva en 1640, à l'àge de 35 ans. Léon Allatius lui a consacré un article dans ses Apes iiebanœ
  • Joseph LENOBLE( 1753 - 1829) : compositeur distingué naquit à Mannheim le 1" septembre 1755. On a de lui une foule d'oeuvres pour piano et violon, des quatuors. des septuors, qui eurent un grand succès à la tin du siècle dernier. Il a fait, de moitié avec Méhul, la musique d'un opéra en trois actes intitulé Lausus et Lydie ; et seul , la musique d'un opéraballet , l'Amour et Psyché , dont l'abbé de Voisenon avait composé le peine. Il est encore auteur de plusieurs oratorios, dont l'un, celui de Joad. fut exécuté aux concerts spirituels en 1785. Des circonstances indépendantes de la volonté des auteurs ont empoché la représentation de Gaussés el Lydie. ainsi que celle de l'Amour et Pie hé. Les partitions manuscrites de ces deux ouvrages, qui renferment , diton , des beautés du premier ordre, ont été déposées à la bibliothèque de Paris. Lenoble est mort à Brunoy le 15 décembre 1829
  • Joseph LESURQUES( 1763) : né à Douai en 1763, exécuté en place de Grève le 30 octobre 1796, est un des exemples les plus déplorables qu'offrent nos annales judiciaires de l'incertitude de la justice humaine. Juges de Lesurques, quelle fut votre erreur! a dit un de nos devanciers ; quels ,C doivent être vos remords ! s Malheureusement, par un respect malentendu de la justice judiciaire, les hommes de loi se sont depuis plus de cinquante ans réunis avec une persévérance sans exemple pour accumuler tous les sophismes de tribune ou de palais qui pouvaient faire obstacle à la réhabilitation de la mémoire de l'infortunée victime, et pour empècher les divers gouvernements qui se sont succédé en France d'accorder à sa famille de justes réparations. Heureusement, l'opinion publique n'a jamais pris le change, et elle a constamment flétri le jugement de Lesurques. Lesurques appartenait à une famille honnète ; il reçut une excellente 'éducation qui lui inspira l'amour des arts. Il servit pendant assez longtemps dans le régiment d'Auvergne, et lorsqu'il quitta le service , il obtint, dans les bureaux du district , une place de chef. Il ne tarda pas à contracter un mariage avec une demoiselle de bonne famille. La dot de sa femme et les émoluments de sa place , joints à son patrimoine et à d'heureuses spéculations, lui composèrent un revenu de dix à douze mille livres. Devenu père de plusieurs enfants, il conçut le projet, à l'âge de trentetrois ans, de venir s'établir à Paris pour y suivre leur éducation, et loua un appartement rue Montmartre, chez l'ancien notaire Momet. Lesurques connaissait un sieur Guesno qui tenait une maison de roulage à Douai; il lui avait mème prété une somme de deux mille francs. Guesno vint le voir pour s'acquitter envers lui et l'invita à déjeuner. Guesno logeait chez un sieur Richard, né à Douai comme lui. Ce Richard, qui menait une vie dissipée, était lié avec un individu nominé Couriol. Richard fut du déjeuner. Couriol survint et fut invité à se mettre à table. Cette réu- StEdme , Répertoire général des Causes célèbres , ancien- nes et modernes , 2* série , t. 4, p. 217 1834. nion eut lieu quatre jours après l'affreux événement auquel Lestirques était tout à fait étranger et qui pourtant lui coûta l'honneur et la vie. Au mois de floréal an 4 , six individus formèrent à Paris le projet d'arrèter le courrier de la malle, sur la l'otite de Lyon, pour la voler. Ces misérables se nommaient Vidal, Couriol, Rossi, Dubosq, Durochat et Bernard. Ce dernier se chargea seulement de procurer quatre chevaux de selle à ses complices; mais il n'eut point de part directe à l'exécution de cet horrible attentat, qui fut consommé le 8 floréal . Les routes étaient alors infestées de brigands qui, sous prétexte d'opposition au gouvernement, arrètaient les diligences et les courriers. Le bruit de cet événement qui venait de se passer aux portes de la capitale sur une route trèsfréquentée répandit l'alarme élans les esprits, et le gouvernement, pour fixer toutes les incertitudes et dissiper les rumeurs, en fit exposer les détails dans le Journal de Paris en ces termes : « Les assassins du cour- « rier de Lyon étaient au nombre de cinq , dont « un avait pris place à côté de lui a ; « les quatre autres étaient par- « tis le matin de Paris. Ils étaient tous à cheval. « Trois d'entre eux avaient chacun une valise vide; « le quatrième en avait deux. On les a vus passer « à VilleneuveSaintGeorges. C'étaient des jeunes « gens bien mis, Ils dinèrent à Montgeron , puis « s'arrètèrent à Lieursaint. Un d'eux y fit raccom- « moder ses éperons, dont les chalnons s'étaient « brisés. Arrivés au lieu dit Entre les deux cuberges , ils se sont cachés dans l'épaisseur des bois en attendant l'arrivée de la malle. Au moment « convenu pour l'assassinat, le scélérat qui était « dans la voiture s'est jeté sur le courrier et lui « a donné en mème temps un coup de poignard « dans le coeur et un coup de rasoir à la gorge, « le tout avec une telle célérité que le postillon ne s'en est pas aperçu. Le courrier n'a pu jeter « un seul cri. Cependant les quatre complices se « sont avancés, et ont obligé le postillon à con- est monté « sur le cheval de selle du postillon, et tous cinq « ont repris la route de Paris. On les a vus « repasser par « VilleneuveSaintGeorges » . « Le che- « val du postillon a été retrouvé à la place du « Carrousel, où il est demeuré attaché la journée « entière. Les voisins, voyant que personne ne le réclamait, en ont averti la police, qui, d'a- « près quelques soupçons, en a donné connais- « sance au mattre de poste. Celuici a reconnu I (< son cheval. ON PEUT REGARDER CES FAITS COMME « CERTAINS. » Ce récit fut, en effet, bientôt confirmépar les premières informations judiciaires. On découvrit bientôt que Bernard avait fourni les quatre chevaux. On l'arrèta. Les quatre autres complices s'enfuirent ou se cachèrent. Les quatre assassins avaient été vus , par un grand nombre de personnes, à Montgeron , où ils avaient dlné, où ils avaient joué au billard, et à Lieursaint, où ils s'étaient arrêtés. Cependant Guesno était allé à ChàteauThierry pour ses affaires. Couriol s'y rendit aussi et alla loger dans la même maison que lui. On l'arrêta, on saisit ses papiers, ceux de Guesno, et mème du sieur Bruer, leur hôte. Ces deux derniers, mandés à la police, partirent exempt de tout reproche. On les remit en liberté. Couriol seul fut retenu. Guesno ayant obtenu la permission d'aller reprendre ses papiers au bureau central de la police, le malheur voulut qu'il rencontràt Lesurques. Il lui proposa de l'accom- pagner dans cette démarche. Lesurques y consentit. Les deux amis entrèrent au bureau. Comme ils attendaient leur tour pour être admis auprès de l'officier de police judiciaire Daubenton, ce magistrat s'occupait d'interroger d'autres témoins sur l'assassinat du courrier de Lyon. Deux femmes qu'on avait amenées de Montgeron à cet effet prétendirent reconnaltre dans Lesurques et Guesno les deux hommes qui avaient dîné et pris le café à Montgeron le jour de l'assassinat. Il parut d'abord inconcevable à Daubenton que deux des complices de ce meurtre poussassent l'audace jusqu'à venir se mettre sous sa main. Cette réflexion lui échappa en présence des gendarmes et des agents qui se trouvaient dans son cabinet, Il réitéra même, avant de faire entrer Lesurques et Guesno, cette observation aux deux femmes, et les invita à prendre bien garde de se tromper, attendu que leurs déclarations pouvaient conduire ces deux hommes à la mort. Elles persistèrent, et un mandat d'arrêt fut lancé contre eux. Par une fatalité sans exemple, la déposition des deux femmes était fondée sur la ressemblance parfaite des deux amis avec les assassins Dubosq et Vidal, vé- ritables auteurs du crime et qui ne furent arrétés que plus tard. La nouvelle de l'arrestation de Lesurques consterna sa famille et ses amis. Tous s'empressèrent de lui donner les marques du plus vif intérét. Comment concevoir, en effet , qu'un homme qui possédait une fortune de plus de dix mille livres derente, qui jusqu'alors avaitjoui d'une réputation sans tache, n'eût quitté son pays que pour venir commettre un assassinat dont le produit se serait borné à une somme de vingt mille francs à partager avec cinq complices? Quoi qu'il en soit, l'instruction se poursuivait avec rigueur et promptitude. Appelées aux débats où figuraient, à côté de Guesno, de Lesurques et de Bruer, Couriol , Richard et Bernard , les deux femmes de Montgeron s'obstinèrent dans leur dé- claration, Guesno la fit tomber en prouvant jusqu'à l'évidence son alibi. Il en fut de mètne pour Bruer, qu'un aubergiste de Lieursaint prétendait reconnattre. Lesurques se croit aussi sûr qu'eux de démontrer son innocence, bien que nonseule- ment les deux femmes, mais encore d'autres témoins, affirment le reconnaltre. Pour attester
  • Joseph LIARD( 1747 - 1832) : ingénieur français, né à Re. sièresauxSalines , en Lorraine , le 17 décembre 1747. Fils d'un architecte renommé, il entra dès sa plus tendre jeunesse à l'école des ponts et chaussées, et fut nommé en 1769 contrôleur des travaux de la généralité de Paris et des travaux maritimes de Caen. On lui confia la direction de plusieurs autres ouvrages (Ions la Picardie et dans le Hainaut, et son habileté étant de plus en plus reconnue, les états de Bretagne le nommèrent, en 1784, ingénieur en chef de la navigation de cette vaste province. La même année, le gouvernement le chargea d'une mission en Hollande ; et il en profita pour visiter et étudier les admirables travaux hydrauliques de ce pays. Revenu en France, il dirigea la construction d'un pont sur la Loire, à Roanne, et fut nommé en 1 791 ingénieur en chef du département du Doubs. Cette contrée montueuse, dont les communications étaient si difficiles , fut bientôt sillonnée dans tous les sens par de belles et excellentes routes. Promu au grade d'inspecteur divisionnaire, Liard rédigea en 1805 le projet si important et si longtemps attendu de la jonction du Rhône au Rhin par le moyen d'un canal. Seul chargé de la direction de cette grande entreprise, il la conduisit si heureusement, que le Rhône et le Rhin sont en communication depuis 1832, et que Liard a pu voir luimème les bateaux arriver de Marseille à Strasbourg. Ce canal, après avoir été appelé successivement canal Napoléon et canal Monsieur, est appelé aujourd'hui tout simplement canal de jonction du Rhône au Rhin. Liard fut nommé en 1814 commandant de la Légion d'honneur et chef du génie de la garde nationale de Paris, avec le titre de général de brigade. Il mourut en 1852 dans sa maison de campagne près de Besançon, à l'âge de 84 ans. Son buste, exécuté par Iluguenin , a été placé dans la bibliothèque de Dôle
  • Joseph LIESGANIG( 1718 - 1799) : astronome, naquit à Gratz en Styrie, le 24 juin 1718. Après avoir terminé ses études, il entra chez les jésuites et fut chargé de l'enseignement des mathématiques dans différents colléges. A la suppression de cette société, ses talents le firent employer par la cour d'Autriche. Il avait fait en 1765 le voyage de Venise pour voir, à son passage dans cette ville, le célèbre Lalandé, qui admira son esprit et son zèle . Liesganig fut nommé directeur des bàtiments et de la navigation dans la province de Gallicie ; et il mourut à Lemberg le 4 mars 1799. On a de lui : Dimensw raduum meridiani Viennensis et Ilungarici, Vienne, 1770 Cet ouvrage contient les détails de la mesure d'un degré du méridien , qu'il avait exécutée sur les frontières de la Hongrie et de l'Au. triche . Le P. Liesganig avait déjà rendu compte de sa méthode dans un mémoire dont le Journal des savants, année 1767, a donné l'analyse. Le baron de Zach a publié les Observations faites à Vienne par Liesganig, depuis 1755 jusqu'en 1774, dans son Journal ( l'astronomie. année 1801. On doit encore à ce savant religieux une bonne Carte de la Gallicie orientale
  • Joseph LIEUTAUD( 1703 - 1780) : né à Aix en Provence, en 1703, était le plus jeune de douze frères. Formé par les conseils de son oncle Garidel, célèbre botaniste, il étudia la médecine à Montpellier et se fit une réputation en province avant de se produire dans la capitale. Appelé à Versailles, en 1749, pour y remplir la place de médecin de l'infirmerie royale, il fut reçu à l'Académie des sciences en 175. Ayant été nommé médecin des enfants de France en 1755, il devint premier médecin du roi à l'avénement de Louis XVI. Cet habile praticien mourut à Versailles le 6 décem?re 1780. Des confrères rassemblés autour de son lit lui proposaient différents remèdes. — leur ditil, je mourrai bien sans tout cela ! Cepen- dant le mourant croyait à la médecine ; mais il ne pensait pas qu'elle pût faire des miracles : sage et prudent, il ne se passionnait pour aucun système ; et quoique son coup d'oeil fùt aussi pénétrant que juste, il savait attendre et disait souvent : Natura morborum medicatrix. Plus attaché à l'observation de la nature qu'à l'étude des livres, il n'aimait pas à chercher dans les ouvrages des autres ce que la pratique pouvait lui apprendre. Le nombre des corps qu'il avait disséqués avant l'âge de quarante ans était si grand, que, dans une critique de son Exposition anatomique, on calcule que ce nombre exigeait à peu près cent quatre ans de dissections. On ignorait sans doute, dit l'Histoire de l'Académie, que le secret de ne point perdre de temps est plus que le secret de le doubler. Lieutaud trouva des amis zélés dans ceux mêmes dont il n'adopta pas les idées, ou même dont il critiqua les opinions, tels que Sénac et \Vinslow ; et c'est une preuve que la bonté de son caractère égalait ses lumières. Ou a de lui : 1. Elementa physiologice, 1749 L'auteur y a recueilli les expériences et les observations nouvelles des physiciens et des anatomistes les plus habiles. 2. Anatomie historique et pratique, Paris, 1750 La meilleure édition est celle qui renferme les notes et les observa- IIlions de Portal , Paris, 1776, 2 vol. ; 3. Sytroptis unirerste praxeos medicoe . 1763 et 1778, ;vol. Cet ouvrage est remarquable par exactitude, l'ordre et la clarté. e Précis de la matière médicale, 1770, 1781, 2 vol. C'est une traduction du 2. volume de la Synopsis : elle peut suffire aux médecins qui veulent se borner à des idées succinctes, mais claires et justes, sur les vertus et les doses des médicaments. 5. Précis de la médecine pratique, 1776, 2 vol. Cet abrégé, justement critiqué par Cullen , contient l'histoire des maladies dans un ordre tiré de leur siége. Ce n'est guère qu'une traduction du far vo- lume de la Synopsis. 6° Historia anatomico- tnedica, Paris, 4767, 2 vol. ; 7° un grand nombre de Dissertations séparées, imprimées à Aix ; et des Mémoires, parmi ceux de l'Académie des sciences , et par Condorcet
  • Joseph LONGHI( 1766) : _ Mellite graNeur. né à .M,inzà.. dans la Lombardie. en 1766', etudia à Rome _ en conservant l'habit ecclésiastique, que ses parents lui avaient fait prendre comme moins dispendieux. Il parvint à un rare talent dans l'art de la gravure. Ce fut à l'école de Volpato qu'il reçut ses premières leçons. Il grava d'abord un Génie de la musique, de Guido Reni , puis un St- Jérôme de Daniel Crespi , le portrait de Rembrandt et plusieurs tableaux de ce maître, tels que l'Éthio- pien, le Bourgmestre, etc. Ce fut surtout, comme Rembrandt , par l'effet magique du clairobscur qu'il se fit admirer. La révolution d'Italie l'ayant ramené dans sa famille, en 1797, à Milan , les Français comme les Italiens y rendirent justice à ses talents. La Décollation de St- Jean- Baptiste, d'après Gérard Dow, qu'il fit paraître à cette époque, eut beaucoup de vogue. Excellent dessinateur , il pouvait , avec son crayon seulement, obtenir d'aussi grands succès qu'Isabey en avait en France ; mais à cet avantage , que le célèbre Morghen ne posséda point , Longhi joignit celui d'un burin non moins parfait, dans une manière différente. L'extrême délicatesse qu'il réunit à la précision et à la fermeté exige un talent peut-être supérieur à celui qu'il faut pour des gravures où le trait se fait sentir davantage aux regards de ceux qui ne sont point artistes, et qui croient y trouver plus de vigueur. Aucun graveur de nos jours ne rendit les chairs avec autant de vérité que Longlii, dont les figures , surtout dans le nu, font oublier aux connaisseurs qu'elles ne sont qu'en noir. C'est ce que l'on a remarqué dans la gravure qu'il lit en 1810 de la Madeleine couchée, du Corrége, qui est dans la galerie de Dresde. La délicatesse et la transparence qui distinguent cette peinture se retrouvent dans la gravure avec la même perfection de contours et tout le caractère de l'original. Ces divers mérites se montrent peut-être à un degré plus éminent encore dans une Galatée nue flottant dans une conque sur les eaux, que Longhi grava en 1813 , d'après un tableau de l'Albane. Doué de beaucoup d'instruction et d'imagination, cet artiste ne pouvait rester dans la sphère de copiste. Il composa et grava, en 1814, un sujet du ler livre des Métamorphoses d'Onde : la naïade Syrinx poursuivie par le dieu Pan. Ses connaissances littéraires l'ont aussi fait briller dans l'institut du royaume d'Italie, où il n'était entré que comme artiste. On y entendit avec beaucoup d'intérêt la lecture de plusieurs fragments d'un ouvrage qu'il avait entrepris sur l'histoire de son art, que, dans son enthousiasme, il mettait audessus de la sculpture et mème de la peinture. fi avait commencé la gravure d'un tableau de Raphaël , le plus beau sans doute de tous ceux que ce grand peintre ait faits dans la manière de son, maître , le Pérugin ce tableau représente les Epousailles de la sainte Vierge. Le dessin que Longlii en exposa au salon de Milan, en 1812, ravit tous les connaisseurs par la manière intelligente et précise avec laquelle il avait reproduit l'original. La belle école royale de gra- vure que Milan possède dans le palais des Arts eut Longhi pour professeur , et, sous lui , il en sortit des élèves célèbres . Le viceroi, Eugène Beauharnais, lui avait conféré l'ordre de la Couronne de fer. Vers 1813, il lui demanda son portrait, qui n'était pas encore fort avancé en 1814, quand le gouvernement changea. Eugène, retiré en Bavière, insistait pour avoir ce portrait, et Longhi l'achevait, lorsqu'un jour, dînant chez le comte de Saurau, gouverneur autrichien , celuici lui demanda de quel ouvrage il s'occupait. Longhi répondit sans détour qu'il terminait le portrait d'Eugène Beauharnais, et le gouverneur n'en parut point étonné; mais ayant réfléchi le lendemain aux inconvénients politiques d'une pareille déclaration en présence de plusieurs convives, et surtout à l'idée de voir le cidevant viceroi, dans son grand costume, offert à l'admiration de toute l'Italie , il fit enlever le cuivre de chez Longhi , en l'assurant qu'il en serait indemnisé, et que l'ouvrage serait envoyé au prince pour lequel il l'avait entrepris; mais de tout cela il ne fut rien. Du reste , Longhi se trouva par là dispensé de s'arrêter plus longtemps à une oeuvre qui avait perdu de son intérêt ; et les amateurs y gagnèrent de voir plutôt achever la belle gravure des Épousailles de la sainte Vierge. La mort le prit au moment où il terminait un de ses Ouvrages les plus importants, dans la même dimension que Morglien avait fait la Transfiguration, ce fut le Jugement universel, d'après MichelAnge . Longhi mourut à Milan, le 2 janvier 1831 . Cet habile artiste était de la plupart des sociétés savantes de l'Europe
  • Joseph MARCHENA( 1768) : littérateur, naquit en 1768 à Utrera, dans l'Andalousie. Ses parents lui firent faire d'excellentes études et le destinaient à" l'état ecclésiastique ; mais , s'étant livré à la lecture des ouvrages de la nouvelle école philosophique française, malgré la sévère prohibition qui les frappait en Espagne, le jeune Marchena ne tarda pas à manifester des opinions qui devaient lui attirer les rigueurs de l'inquisition. Menacé d'être arrêté, il se réfugia en France, où la révolution venait d'éclater et où il fut accueilli avec empressement. Ses talents, sa facilité prodigieuse à parler et à écrire plusieurs langues lui permirent même de jouer un rôle assez impor- tant, et lui valurent l'amitié de Brissot et d'autres girondins. Après le 31 mai, il se retira à Caen avec Louvet et quelques autres députés qui s'efforçaient de relever leur parti ; mais , obligé de fuir, il fut arrêté à Bordeaux et transféré dans les prisons de Paris. Dans cette position critique, il fit preuve de courage et de dévouement à la cause qu'il avait embrassée. Robespierre, en envoyant à l'échafaud Danton, Lacroix, Camille Desmoulins , etc. , avait épargné Marchena ; celuici ne craignit pas de le braver, et osa lui écrire sur une feuille de papier : Tyran , tu m'as oublié . 1 Le tyran monta sur l'échafaud à son tour, et Marchena , rendu à la liberté, fut admis dans les bureaux du comité de salut public et attaché à la rédaction du journal l'Ami des lois, que diri- geait Poultier ; mais il perdit bientôt ces deux emplois, soupçonné par son parti d'opinions ré- trogrades. Pour se venger de sa destitution, il lança contre les chefs du parti triomphant , Tallien, Legendre et Fréron, plusieurs pamphlets qui lui attirèrent de nouvelles persécutions et le firent proscrire après le 31 vendémiaire, sous le prétexte qu'il avait pris part au soulèvement des sections de Paris contre le pouvoir législatif. A cette époque , un de ses amis , l'ayant rencontré armé d'un sabre qui était plus grand que lui, dit en riant : Marchena, vous êtes attaché it votre sabre. Amnistié peu après , il reparut dans l'arène de l'opposition en attaquant dans plusieurs pamphlets le directoire luimême, qui lui appli- qua la loi sur les étrangers et le fit conduire en juin 1797 jusqu'à la frontière suisse. Mais, sur la demande de Marchena , Je conseil des CinqCents intervint et lui confirma les droits de citoyen français, dont il avait paisiblement joui pendant cinq années. Revenu à Paris, il fut choisi pour secrétaire par le général Moreau , qu'il ac- compagna à l'armée du Rhin. Pendant son séjour à Bâle, Marchena fut l'auteur d'une mystification qui eut quelque retentissement. Il avait composé une chanson fort leste, qui lui attira une sévère réprimande de la part de Moreau. Pour se disculper auprès du général , il assura que cette chanson n'était qu'une traduction d'un passage de Pétrone encore inédit, et, deux jours après, il présenta au général un fragment qu'il disait avoir extrait d'un manuscrit fort ancien de la bibliothèque de StGall. Le Satiricon de Pétrone offre de nombreuses lacunes , et Marchena, profitant de cette circonstance , avait rempli l'une d'elles avec tant d'art que son interpolation sem- blait devenir nécessaire à l'intelligence du récit et faire partie du texte. Il avait d'ailleurs si bien imité le ton, l'esprit et le style de Pétrone, que lorsque le prétendu fragment fut publié, plusieurs savants s'y laissèrent tromper ; on fit même une sorte d'enquête , et l'authenticité du frag- ment fut reconnue et annoncée dans les journaux par l'un des plus célèbres critiques de l'Allemagne. Marchena tenta quelque temps après de renouveler la même fraude pour Catulle. 11 prétendit avoir découvert dans un papyrus d'Herculanum quarante vers inédits de ce poëte, mais cette fois il rencontra un rude jouteur dans M. Eischtzedt, professeur à Iéna , et la mystification retomba sur son auteur. Moreau ayant demandé à son secrétaire une statistique de quel- ques contrées de l'Allemagne , Marchena , qui ne savait pas encore un mot d'allemand, se mit avec ardeur à l'étude de cette langue, et, chose il parvint en peu de jours à lire les principaux ouvrages qui avaient été faits sur ce sujet. Son rapport obtint les éloges des généraux et fut d'une grande utilité. Lorsque Moreau re- vint à Paris, Marchena l'y suivit et lui resta aussi attaché dans la mauvaise que dans la bonne fortune. Ce ne fut qu'en 1808 qu'il retourna en Espagne avec Murat, qui l'emmena à Madrid comme secrétaire. A peine arrivé, il fut arrêté par ordre du grand inquisiteur, qui, malgré l' du général français, refusa de le mettre en liberté. Alors Murat envoya délivrer son secrétaire par une compagnie de grenadiers. Quand le trône d'Espagne fut donné à Joseph Bonaparte, Marchena fut chargé de la rédaction du journal officiel , et nommé chef de la division des archives au ministère de l'intérieur ; il obtint même de faire imprimer aux frais du gouvernement tous les ouvrages qu'il traduirait du fran-çais. 11 fit représenter en espagnol, sur le théâtre dell Principe, le Tartufe et le Misanthrope de Molière ; sa traduction eut beaucoup de succès et lui valut d'être nommé chevalier de l'ordre que le roi Joseph avait créé à son avénement. En 1813, il suivit les Français dans leur retraite, et vint habiter successivement Nîmes, Montpellier et Bordeaux, où il publia des traductions de quelques ouvrages de Voltaire, de Rousseau et de Montesquieu. La révolution qui éclata en 1820 l'attira de nouveau en Espagne ; mais, repoussé par les libéraux, qui le considéraient comme un afrancesado , c'est-àdire comme une créature de l'exroi Joseph, il se trouva dans un ntrême embarras, et mourut peu de temps après son arrivée dans un état voisin de la misère. Cependant ses funérailles se firent avec quelque pompe et plusieurs discours furent prononcés sur sa tombe. Marchena était un trèspetit homme, d'une figure de satyre , d'une fort mauvaise ternie , et se croyant néanmoins fait pour plaire à toutes les femmes, ce qui lui donna souvent de grands ridicules. Ses ouvrages sont : 1° Réflexions sur les fugitifs français, Paris, 1795 2' le Spectateur français, 1796 tome 1" qui n'eut pas de suite; 3. Essai de théologie , Paris, 1797 Cet ou- vrage fut réfuté par le docteur Heckel. 4. Frag- mentunt Petronii ex bibliothecœ Sancti- Galli anti- quissinto manuscripto exceptum, nunc primum in lurent editunt : gallice vertit ac notis perpetuis Iravit Lailemandus, sacrce theologiœ dodo'', Bâle, 1800 C'est de ce fragment qu'il a été Parlé plus haut. 5° Description des provinces bas- ques, insérée dans les Annales des voyages; 6° Le- çons de philosophie morale et d'éloquenc. e, Bordeaux, 1820, 2 vol. C'est un recueil de morceaux choisis , de poésie, d'histoire, de philosophie et d'éloquence , tirés des meilleurs écrivains espa- gnols , et précédés d'un discours préliminaire sur l'histoire littéraire de l'Espagne et sur les rapports de ses vicissitudes avec les vicissitudes politiques. Marchena a encore donné plusieurs traductions, dont le choix suffirait pour faire connaître ses goûts et ses opinions. Ce sont : 1° Coup d'œil sur la force, l'opulence et la population de la Grande- Bretagne, par le docteur Clarke. Marchena y a joint la correspondance inédite du docteur Tucker et de D. Hume, Paris, 1802 20 L'Emile de J.J. Rousseau, Bordeaux, 1817, 3 vol. ; 3° Lettres persanes de Montesquieu , Nimes , 1818 et Toulouse, 1821 ; 40 les Contes de Voltaire, Bordeaux, 1819, 3 vol. 50 Manuel des inquisiteurs, il l'usage de l'inquisition d'Espagne et de Portugal, par l'abbé Morellet , Montpellier, 1819 ; 6° l'Europç après le congrès d'Aix- la- Chapelle, par de Pradt, Montpellier, !8O ; 7° De la liberté religieuse, par Benoît, ibid. 8° Julie, ou la Nouvelle Héloïse, par JeanJacques Rousseau, Toulouse, 1821, ts vol. 11 avait entrepris une traduction en espagnol de l'Essai sur les moeurs du siècle de Louis XIV, laquelle probablement ne fut pas terminée et n'a pas vu le jour, plus que sa notice sur le poête espagnol Mellendès Valdès
  • Joseph MAHÉ( 1760) : naquit le 19 mars 1760 à Arz, petite fie du Morbihan, située à une lieue et demie de Vannes.11 entra au séminaire, et, après avoir terminé son cours de théologie , il fut nommé vicaire à kervignac, et attaché peu après, avec le même titre , à la paroisse de StSalomon de Vannes. Pourvu d'un canonicat en 1802 , Mahé occupa ses loisirs par l'étude. En 1806, le P. David, ancien religieux de Prières, s'étant démis des fonctions de bibliothécaire de la ville de Vannes, fit agréer pour son successeur l'abbé Mahé, qui fut en même temps nommé aumônier du col- lège. La réaction politique et religieuse suscitée par les événements de 1815 lui ravit son emploi de bibliothécaire et celui d'aumônier. Le premier fut supprimé à l'instigation de quelques personnes qui, sous le prétexte d'une dépossession antérieure , réclamèrent et obtinrent d'une administration complaisante la majeure partie des livres de la bibliothèque. Ainsi fut anéanti un établissenient à l'accroissement duquel Mahé avait puissamment contribué. Quant à ses fonctions d'aumônier, la révocation en fut provoquée par suite de l'ouvrage qu'il publia sous ce titre : Dialogue sur la grâce efficace par elle- même, entre Philocaiis et Aléthozède, Paris, 1818 Cet ouvrage, où Mahé réfutait les doctrines professées par les jésuites dans deux missions qu'ils venaient de faire à Vannes , fut dénoncé à M. de Bausset, évêque de cette ville , comme entaché de jansénisme et renfermant des propositions contraires à l'orthodoxie. On vit, ou plutôt on feignit de voir dans Mahé un nouveau Pascal , et dans ses Dialogues de nouvelles Provinciales. M. de Bausset, malgré son esprit de tolérance , ne put s'empêcher de reconnaître que quelquesuns des reproches adressés aux Dialogues étaient fondés ; dès lors ce fut pour lui un devoir d'en interdire la lecture aux jeunes séminaristes, et, par une conséquence naturelle , de retirer à leur auteur ses fonctions d'aumônier. Mahé souscrivit aux décisions de son supérieur ecclésiastique , et arrêta , par la suppression de son livre , le scandale dont il avait été le prétexte. Libre désormais de tous devoirs publics, il se livra avec ardeur à ses études favorites; l'archéologie occupa presque tous ses instants. Depuis un assez grand nombre d'années, il employait ses vacances à explorer et à dessiner les nombreux monuments qui couvrent le sol du Morbihan. Ce qui n'avait d'abord été pour Mahé qu'un simple objet de curiosité devint insensiblement le but de recherches savantes qu'il réunit et coordonna dans son Essai sur les antiquités du Morbihan, Vannes , 1825 avec planches. Luimême dessina et M. Lebot fils grava les planches représentant un grand nombre de monuments et d'objets d'art recueillis dans les fouilles. Ce livre, meilleur pour le fond que pour la forme , est écrit sans prétention , mais avec une grande clarté. Tout ce qui se rattache à la nationalité bretonne est discuté ou décrit. Les antiquités historiques du Morbihan , son commerce maritime célébré par César et Diodore de Sicile, ses colonies, ses guerres, le véritable nom de sa capitale , la nomenclature et la description des monuments celtiques, la philologie bretonne, y sont traités avec une rectitude de jugement qui a réuni la presque unanimité des suffrages. Quelques légères dissidences d'opinion sur la véritable situation de l'ancienne capitale de la Venétie armoricaine, sur la destination des Tumulus ou Barows , et sur la statue de Quinipily, déterminèrent le spirituel et caustique auteur des Let- Ires morbihannaises, insérées dans le Lycée armoricain, à entamer avec le savant chanoine de Vannes une polémique qui commença par la lettre publiée dans le tome 7, p. 507 et suivantes du Lycée. Mahé y répondit dans le tome 8 , p. 120-124. Une nouvelle lettre qui se trouve dans le même volume, p. 240-250, motiva une réplique de Mahé, aussi insérée dans ce volume, p. 453-458. Cette discussion se termina par une troisième Lettre morbihannaise , t. 9, p. 80-90. Les critiques que renfermaient les Lettres morbihannaises portaient plus particulièrement sur les antiquités monumentales. La partie de l'ouvrage qui traitait des moeurs du pays encourut d'autres reproches ; on trouva que l'auteur s'était trop complu dans le récit des contes de sorciers et autres croyances populaires qui font le charme des veillées du pays , et que , loin de chercher à les déraciner, il semblait s'être proposé de les propager. Cette accusation, qu'aurait dû repousser le caractère seul de l'auteur, tombe devant la lecture de plusieurs passages de son livre, où, s'appuyant sur la physique, il explique certains phénomènes naturels, M. de Fréminville ayant publié, deux ans après, la première partie de ses Antiquités du Morbihan, Mahé lui adressa une lettre qui se trouve dans le 10e volume, p. 378- 390 du Lycée, lettre dans laquelle il combattit plusieurs des opinions émises par ce savant archéologue. Un extrait de la réponse qu'y fit M. de Fréminville fut inséré dans le tome 11 du même recueil, p. 97-99. Les antiquités nationales n'étaient pas les seules à l'étude desquelles Mahé se fût voué ; celles des Grecs et des Romains avaient été de sa part l'objet de recherches profondes et suivies. C'est ainsi que, M. de Penhouet, autre antiquaire breton , ayant , dans le 5° volume du Lycée, p. 410 , avancé sur l'autorité de Sidoine Apollinaire que les prètres toscans pouvaient à leur gré , et à l'aide de moyens empruntés à la physique , faire tomber la foudre , cette opinion paradoxale lui attira une réfutation de Mahé, insérée, comme la réponse de M. Penhouet, dans le tome 6 du recueil déjà cité. On lui attribue encore , indépendamment des ouvrages déjà cités, un Traité sur l'espérance chrétienne, qu'il aurait composé dans sa jeunesse, niais de la publication duquel nous n'avons trouvé aucune trace. mourut à Vannes le 4 septembre 1831. P. LT
  • Joseph MALLIOT( 1735) : suivant d'autres biographes ?1 mi.or , archéologue , naquit à Toulouse le 10 mars 1735. 11 se destina d'abord au barreau. qu'il quitta ensuite pour se livrer à l'étude du dessin. En 1763 il fut nommé professeur de dessin à l'école de Sorrèze , et en 1765 professeur de fortification au lycée de génie, d'artillerie et de marine à Toulouse. Plus tard il obtint la place de professeur à l'école centrale et fut membre de l'Athénée de Toulouse. Il est mort dans cette ville en 1808. On lui doit : Recherches sur les cos- tumes, les moeurs, les usages religieux, cirils et mi- litaires des anciens peuples, d'après les auteurs cé- lèbres et les monuments antiques, Paris , 1804 3 vol. avec planches. Cet ouvrage, dit Quérard , a pour but de faciliter aux artistes l'étude des costumes et mœurs de l'antiquité et de leur épargner un temps précieux. L'auteur a voulu offrir un ouvrage élémentaire complet sur le costume des anciens et ne présenter que des exemples dont l'authenticité est prouvée par des monuments et par des auteurs célèbres, dont il a eu soin d'indiquer le nom à côté de chaque sujet. Le 1" volume contient dans un grand détail le costume, les moeurs, usages des Romains d'a- près les médailles et plusieurs autres monuments antiques en suivant les différents usages depuis Romulus jusqu'aux derniers empereurs de Constantinople. Le 2' volume renferme des détails du même genre sur plus de trois cents peuples ou villes de l'Eùrope, de l'Asie et de l'Afrique, notamment sur les Grecs, les Gaulois, les Étrusques et les Égyptiens, et de même sur les chrétiens des premiers siècles de l'Église. Le 3' volume , qui offre un grand intérêt national , est exclusivement consacré aux costumes , moeurs et usages des Français, depuis le commencement de la monarchie jusqu'au règne de Louis XIV. Les gravures sont toutes tirées des médailles et des monuments de chaque époque. L'ouvrage de Maillot a été traduit en allemand, Strasbourg, 18! On doit encore à Maillot plusieurs mémoires, une Notice . sur le palais de justice de Toulouse, une autre sur St- Antoine de T., une autre sur les bibliothèques publiques de Toulouse, des/ / recdercaes historiques sur les capitouls , etc. 11 a laissé manuscrites des Reeherches historiques sur les antiquités, les curiosités, les établisse- ments, les principaux endroits, certains usages de Toulouse, et sur la vie de quelques artistes qui fi- rent l'ornement de cette ville
  • Joseph MANDRILLON( 1743 - 1794) : littérateur, né en 1743 à Bourg eu Bresse, fut destiné par ses parents à suivre la carrière du commerce , et , après avoir achevé ses études et passé quelques années dans une maison de banque, il lit un voyage en Amérique pour y former des relations. A son retour en Europe , il \ int se fixer à Amsterdam où il ouvrit un comptoir, et partagea son temps entre les affaires et l'étude. 11 prit parti dans les discussions politiques qui éclatèrent en Hollande à cette époque , et publia quelques écrits dans le sens des novateurs. 11 adopta les principes de la révolution française , et revint en France, où se lia avec les royalistes constitutionnels. Lors de l'établissement du régime de la terreur , il chercha vainement à s'opposer à la faction qui couvrait la France d'échafauds. Arrêté comme prévenu d'entretenir des correspondances avec le duc de Brunswick, il fut traduit au tribunal révolutionnaire, et condamné à mort le 7 janvier 179'1, à l'âge de .51 ans. On cite de lui : P le Voyageur américain, ou Obserrations sur l'état actuel, la culture et le commerce des colonies britanniques en Amérique, etc., Amsterdam, 1783, Cet ouvrage est traduit de l'anglais. Mandrillon l'a fait précéder d'un Précis historique , dans lequel il s'efforce de prouver que la découverte de l'Amérique n'a pas été moins funeste à l'ancien monde qu'au nouveau. 2° Le Spectateur américain, ou Remarques générales sur l'Amérique septentrionale, etc., ibid., 1784 ; Bruxelles, 1785 On y trouve . Fragments de littérature et de politique, suivis un l'oyage à Berlin , ibid. , 178i; Paris, 1788, n-8e ; 4" Prux patriotiques , Bruxelles , 1789 5. Mi/ noires pour serrir a l'histoire de laérolution des Prorinces- Unies , en 1787 , Paris, I 791 Mandrillon était membre de plusieurs académies
  • Joseph MANGILI( 1767 - 1829) : professeur de médecine à l'université de Pavie, naquit le 17 mars 176.7 à Caprino, dans le Bergamasque. Dès l'âge de dixneuf ans, il était professeur de belleslettres à Bergame , où il avait fait ses études , mais il rofonça à son emploi pour aller étudier à Pavie les sciences naturelles. Après avoir été reçu docteur en médecine , il fit des excursions scientifiques dans le midi de l'Italie. Spallanzani étant mort en 1799 , Mangili fut proposé par le célèbre Scarpa pour lui succéder à l'université; il y enseigna avec distinction, réorganisa le musée d'histoire naturelle, l'enrichit de sept mille nouvelles pièces, dont la plupart provenaient de ses dons se lia intimement avec Mascagni et surtout Fontana. C'est ce savant professeur qui détermina l'action déprimante et controstimulante du venin de la vipère, et lui trouva un antidote dans l'ammoniac. On lui doit aussi de nombreuses découvertes zoononiiques qu'il a publiées dans les Nuove ricerche zootomiche sopra demie specie di conchi- glie bzvalvi, Milan, 1804 Son livre intitulé Sec ggio di osservazioni per service alla storia dei mammifeiri soggeti a periodico letargo, Milan , 1807 a obtenu les éloges de tous les savants. Mangili mourut à Pavie en novembre 1829. Outre les ouvrages cités, on a encore de lui : 1° un Muge de llascheroni et de Fontana; 2° Brai cenni sulla epistola zootomica del professore Otto di Breslaria al celeber- rimo Blumenbach, Pavie, 1828 ; 3° Dell' organo regolatore del vol de' pipistrelli , mémoire intéressant qui n'a été publié qu'après la mort de l'auteur
  • Joseph MARCHAND( 1803) : missionnaire, martyr en Cochinchine , et parmi les glorieuses victimes des dernières persécutions celle qui peut-être a le plus souffert, naquit en 1803 à Passavant , dans le diocèse de Besançon. Il partit du séminaire des missions étrangères en 1829 , et l'année suivante il entra dans la haute Coch , où il exerça les fonctions du saint ministère pendant plusieurs années avec un zèle tout apostolique. Lors de la persécution suscitée par le roi Minh - Menh en 1833 , Marchand ne quitta point sa résidence , cherchant de cabane en cabane ou dans la forêt prochaine un asile de quelques heures , lorsque le danger devenait pour ainsi dire présent. Une guerre civile s'étant déclarée vers la même époque, le chef des rebelles, nommé Khôi , voulut attirer les chrétiens dans son parti , et parvint à faire enlever Marchand qu'il fit conduire à la ville de Saïgon , alors au pouvoir de l'insurrection , ainsi que toute la Cochinchine méridionale. Marchand rejeta les propositions de Khôi ; mais il demeura prisonnier durant deux ans dans la citadelle de Saïgon. Au bout de ce temps, l'armée royale, ayant assiégé et pris la ville le 6 septembre 1835, fit un carnage universel de tous les habitants, réservant seulement pour un supplice plus solennel et plus barbare , outre quatre chefs des rebelles , un enfant de sept ans, fils de Khôi, qui avait péri pen- dant le siège , et le missionnaire européen , que sa captivité justifiait contre tout soupçon de coniplicité , mais que la haine du tyran contre la religion chrétienne associait aveuglément à tous les crimes. Les six victimes réservées furent mises dans des cages de fer et transférées à la capitale. Marchand fut soumis à des tortures plus cruelles que ses compagnons. On vit, dans un de ses interrogatoires, les bourreaux lui déchirer la chair des cuisses et des jambes avec des tenailles froides , et les brûler ensuite avec d'autres tenailles rougies au feu. Le saint prêtre, au milieu de ces excessives douleurs, protestait contre toute participation à la révolte et répondait avec une sagesse admirable aux questions qui lui étaient adressées sur la religion chrétienne. Le 30 novembre 1835, jour fixé pour le supplice, une scène plus horrible encore que la première s'accomplit avant le martyre même. Le cortége des condamnés s'arrêta devant la maison de la ques- tion. Le missionnaire fut étendu sur la terre, et cinq bourreaux, armés de tenailles rougies, saisirent violemment les chairs des cuisses et des jambes, à peine cicatrisées. Après quelques le mandarin lui adressa cette demande « Pourquoi, dans la religion chrétienne, arrache-« ton les yeux aux moribonds ? — Cela n'est « pas : je ne connais rien de semblable, » répondit le confesseur. Après une torture nouvelle, le mandarin reprit : « Pourquoi les époux se pré- « sententils devant le prêtre, près de l'autel? — « Pour faire bénir leur alliance par le prêtre. » Une troisième torture fut infligée au patient, et le mandarin reprit : « Quel pain enchanteur donne- « ton à ceux qui se sont confessés, qui les atta- « clic si fermement à leur religion? — Ce n'est « point du pain qu'on leur donne , c'est le corps « de Notre Seigneur JésusChrist, devenu la nour- « riture de l'Arne. » Après ce premier supplice, on se remit en marche. Le missionnaire presque expirant était porté sur un brancard ; sa bouche était comprimée par un frein, afin de l'obliger au silence. Arrivé sur la place de l'exécution , on l'arrache du brancard, on l'attache par le milieu du corps à une potence. Deux bourreaux armés de coutelas lui prennent les mamelles, les coupent d'un seul coup , et les jettent sanglantes à leurs pieds. Ils passent derrière la potence, et d'un autre coup tranchent deux énormes morceaux de chair, et bientôt deux lambeaux des jambes sont encore abattus. La nature épuisée succombe enfin ; la tète s'incline et l'hile du martyr s'envole vers le ciel. La tète est tranchée par les bourreaux inassouvis ; le corps est fendu en quatre parties et haché , les débris sont semés en haute mer. La tète fut portée dans les principales villes du royaume , dans chacune desquelles elle fut exposée durant trois jours. Tel fut ce martyre, accompli seulement il y a vingtcinq ans dans cette Cochinchine où nos armes ont été si glorieuses, sans avoir encore imposé le respect de la liberté religieuse au tyran qui règne aujourd'hui sur ces contrées. Nous attendons et nous espérons un traité solennel, protégé par une colonie française : nos vaisseaux ont déjà pris la mer, et vont bientôt déployer le drapeau français devant les rivages du royaume annamite
  • Joseph MARCHI( 1795 - 1860) : antiquaire italien, né à Udine le 22 février 1795. Il entra de bonne heure dans la compagnie de Jésus ; mais, plus attiré par l'étude de l'archéologie que par les travaux de la prédication et la controverse théologique, il se livra tout entier à des recherches d'érudition. \ ussi futil appelé en qualité de professeur des 4elleslettres au collége romain. Sa parfaite connaissance de la langue latine fut souvent mise à ,_.ontribution par le gouvernement papal pour les inscriptions placées sur les monuments. C'est lui notamment qui composa celle du riche et magnifique autel exécuté à Rome par le prince Alexandre Torlonia , pour l'église de NotreDame de lioulognesurMer. Le P. Marchi fonda le musée , le Latran ; il agrandit et enrichit le célèbre musée kircherien du collège romain. Dans les dernières minées de sa vie, il y passait des années entières, ce fut là que la mort vint le frapper le 10 fé-, rier 1860. Le P. Marchi a écrit un assez grand nombre de dissertations archéologiques; mais les ileux ouvrages principaux qui ont le plus solidement établi sa réputation sont : l'/ Es grare del muse° Kireheriono orrero le monete primitive de' popoli dell' Italia media ordinate, descritte e qu'il publia avec son confrère Pietro Tessieri. Cet ouvrage est un des meilleurs traités de numismatique italique qui aient paru. Il obtint à l'Académie des inscriptions et belleslettres de France le prix l'Ondé par Allier , dont il lit les dessins et le logAi sr. pra rarchilellura , Iilan, 1770), Dcnina ayant répété ce reproche dans uns Rico/id:joui , un otlicier français le réfuta, pent-étre trop durement, dans le Journal de Bouillon, août 1775, p. 138. texte. C'est une description des Catacombes où l'on voudrait rencontrer plus de critique, mais où l'auteur a déployé incontestablement une grande science. Marchi a laissé en outre beaucoup d'écrits inédits , dont la publication a été confiée au P. R. Garucci , archéologue éminent. D'un caractère aimable et obligeant, le P. Marchi mettait libéralement son savoir à la disposition des artistes et des curieux , et il est un de ceux qui ont le plus contribué à entretenir à Rome , dans ces derniers temps , le goût des lettres savantes
  • Joseph MARQUETTE : jésuite , né à Laon , fut missionnaire au Canada , dont il parcourut presque toutes les parties. Comme sa vertu le faisait respecter des Indiens, l'intendant Talon le choisit, avec Jolyet, bourgeois de Québec , homme d'esprit et d'expérience, pour aller reconnaître de quel côté un grand fleuve situé à l'ouest des lacs, et nommé Michassipi ou Mississipi , dirigeait son cours. On savait seulement que ce n'était ni au nord ni à l'est ; et l'on se promettait les plus grands avantages dans le cas où il irait à l'ouest ou au sud. Marquette et son compagnon s'embarquèrent, le 13 niai 1673 , sur la rivière des Outagamis , qui se jette dans le lac Michigan , la remontèrent jusqu'à sa source, et descendirent l'Ouisconsing jusqu'au Mississipi par 42' 30' de latitude nord. Depuis le 17 juin ils suivirent le cours de ce grand Ileuve, dont la largeur et surtout la profondeur leur parurent répondre à l'idée qu'en avaient donnée les sauvages. Les voyageurs , arrivés au pays des Akansas vers 33° de latitude , considérèrent qu'avec cinq autres Français qui montaient leurs deux canots , la prudence ne leur permettait pas de trop s'engager dans un pays dont ils ne connaissaient pas les habitants. D'ailleurs ils ne pouvaient plus douter que le Mississipi n'eùt son embouchure dans le golfe du Mexique ; en conséquence, ils remontèrent le fleuve jusqu'à la rivière des Illinois, où ils entrèrent. Arrivés à Chicagou , sur le lac Michigan , ils se séparèrent ; Marquette resta chez les Miamis, qui habitaient le fond du lac, et Jolyet alla rendre compte de son voyage à Québec. Les Miamis reçurent trèsbien Marquette , qui vécut parmi eux jusqu'à sa mort, arrivée le 18 mai 1675, à l'instant qu'il venait de dire la messe près d'une petite rivière où il était entré en allant de Chicagou à Michillimakinac. Cette mort et le départ de Talon firent perdre de vue le Mississipi, qu'un autre Français descendit le premier jusqu'à la mer . La relation de Marquette parut d'abord dans un petit volume publié par Thévenot pour faire suite à sa grande collection, et intitulé Recueil de voyages, Paris, 1681, 1 vol. Ce volume contient la table des 4 volumes folio ; ensuite on trouve celle des matières que renferme la suite. Le premier morceau que l'on y voit est intitulé Voyage et découvertes du P. Marquette et du sieur Jolyet dans l'Amérique septentrionale. Il est précédé d'une carte du cours du Mississipi jusqu'à l'endroit où les voyageurs étaient arrivés en le descendant
  • Joseph MARRYAT( 1757 - 1824) : négociant et orateur anglais, était né en 1757 à Lothbury. Sa famille , originaire d'East Bergholt , jouissait de quelque considération, quoique médiocrement favorisée de la fortune, et son père, qui finit par habiter Bristol , passait pour excellent médecin . Son éducation fut poussée j usqu'-à la rhétorique exclusivement , et bien que toute sa vie il eût montré un vif désir d'acquérir des connaissances nouvelles, déterminé de bonne heure à suivre la carrière commerciale, au lieu de celle des sciences , il n'alla finir ses études à aucune université. Envoyé d'abord dans l'île de Grenade, il eut, pendant un séjour de plus de dix ans , occasion de parcourir tout l'archipel des Antilles et les côtes de l'Amérique, qui en étaient les plus voisines, et de se mtttre parfaitement au fait de tous les détails de culture et de commerce relatifs à ces localités. Se trouvant à Boston en 1788, il demanda et obtint la main de miss Charlotte Gear, troisième fille d'un colon, grand loyaliste et pour qui cette fidélité au souverain avait été la seule cause de bien des désagréments , et ce n'est point exagérer que d'attribuer principalement à l'influence de ses paroles l'échec qu'éprouva la proposition ministérielle en présence de la législature. Marryat mourut le 12 janvier 18214 d'un commencement d'ossification du cœur. Parmi les personnes qui payèrent un tribut de regrets à sa mémoire , on remarqua lord Liverpool. On n'a de Marryat qu'un seul ouvrage proprement dit : ce sont des Pensées sur l'utilité qu'il y aurait à établir une nouvelle banque , arec une charte, 1811 Mais deux de ses discours prononcés à la chambre des communes ont été imprimés. L'un est la Réponse à la motion ( le . Nanning sur les assurances maritimes , 1810 l'autre a pour titre : Obserrations sur le rapport de la commission chargée de l'examen du projet sur les assurances maritimes, 1810 On trouve beaucoup d'autres discours , fort longs , dans les journaux du temps
  • Joseph MASCARDI : né à Sarzane , dans l'État de Gènes, et fils et frère de jurisconsultes habiles, associa les études de cette profession aux devoirs de l'état ecclésiastique , qu'il avait embrassé. Successivement vicaire général de StCharles Borromée , l'illustre archevêque de Milan , et revêtu du même caractère à Naples, à Padoue et à Plaisance , il remplit avec une ardeur infatigable les intervalles de ses fonctions par la composition du grand ouvrage auquel il dut sa célébrité et qui parut à Turin, en 1624, sous le titre de Conclusiones omnium pobationunt quœ ira utroque fora quotidie versantur, citai additionibus Joanis Aloysii Riccii canonici Neapolitani, et Bartol. Nigri, 3 vol. Cette théorie de la preuve en matière civile , criminelle et canonique , rebute par l'immensité des détails auxquels est descendu l'auteur ; mais resserrée dans ce qu'elle a d'important par une main exercée, elle serait au nombre des traités les plus usités de la jurisprudence. C'est ce qu'avait senti Leibniz, à qui les longs ouvrages ne faisaient pas peur. Dans sa Nouvelle méthode pour étudier et enseigner la jurisprudence, il met sur la même ligne le livre de Mascardi et celui de Ménochius sur les présomptions et il les qualifie de traités qui manquent au complément de la science. Quoiqu'il ait été fait un abrégé du premier par J.J. Stimpelius, Leipsick , 1677 , et Cologne, 1685 on doit regretter que Leibniz luiméme ait laissé sans exécution sou projet de reproduire sous une forme abrégée la substance de ces deux productions importantes. Mascardi survécut peu à l'achèvement de son livre. Protonotaire apostolique et coadjuteur de l'église d'Ajaccio, il mourut dans sa ville natale en se rendant à Rome pour solliciter une bulle d'institution d'évêché dans la première de ces deux villes
  • Joseph MASSERIA( 1725) : avocat, né à Ajaccio , vers 1725, a mérité, par son courage, une place parmi les martyrs de la liberté de sa patrie. Averti , en 1763 , que Paoli était sur le point de se mettre en marche pour attaquer la citadelle d'Ajaccio , Masseria écrivit à ce général que depuis longtemps il méditait de se rendre maître de cette forteresse par un coup de main , et que maintenant plus que jamais il avait espoir de voir son projet couronné de succès , puisque Paoli voulait y concourir. Il ajouta dans sa lettre qu'il croyait utile qu'en attendant , le général fit rapprocher ses bandes armées des environs, et surtout des éminences qui dominent la ville, alin d'être à même d'accourir à son secours au premier signal. Cette proposition, aussi audacieuse qu'inattendue , embarrassa singulièrement Paoli , habitué depuis longtemps à se tenir en garde contre les piéges de ses ennemis , et à se défier des offres téméraires que lui faisaient chaque jour des esprits exaltés ou même des traîtres. Il garda le silence sur cet étonnant message, espérant pénétrer plus tard les véritables intentions
  • Joseph MAZZINGHI( 1768 - 1844) : compositeur et pianiste, né en 1768 à Londres de parents italiens, était fils de l'organiste de la chapelle portugaise de cette ville , qui lui enseigna la musique et le piano. Il reçut ensuite des leçons de composition de JeanChrétien Bach et des conseils de Bartolini , d'Anfossi et de Sacchini , dans les sé- jours que firent à Londres ces illustres composi- teurs. A dix ans, Joseph Mazzinghi était déjà capable de remplacer son père comme accompagnateur à la chapelle portugaise ; à dixneuf, il tenait le clavecin au ThéâtreItalien. Telle était sa mémoire et sa facilité que , lors de l'incendie de cet établissement en 1789, il fit un tour de force dont peu de mtrsiciens eussent été capables. On venait de jouer la Locanda de Paisiello ; l'ou- vrage avait obtenu un succès d'enthousiasme la partition et les parties étant brûlées , tous les amateurs se désespéraient à l'idée qu'il faudrait attendre qu'une partition nouvelle eût été copiée et envoyée de Naples. Au moyen des parties Fifchant restées entre les mains des acteurs , aidé de sa mémoire et de son intelligence, Mazzinghi parvint en quelques jours à refaire l'instrumentation , et l'on se servit de son travail , qui ne parut pas inférieur à la composition réelle du maître napolitain. Il composa ensuite un assez grand nombre d'opérascomiques anglais et de ballets; on trouvera les titres de quatorze d'entre eux dans la Biographie universelle des musi- ciens. Mazzinghi avait d'abord écrit un opéra italien, il Tescwo , et plusieurs œuvres de musique instrumentale, composées principalement de quatuors pour flûte , violon , alto et pianoforte; de soixantesept sonates pour piano seul, divisées en vingtdeux œuvres; de musique pour instru- ments à vent, et de petits morceaux faciles pour divers instruments. On cite quarante et une oeuvres de lui en ce genre. Enfin il est auteur d'une petite méthode de piano à l'usage des commen-çants , intitulée Tyro- ilInsicus , being a complete Introduction to the piano- forte, publiée à Londres , chez Clementi. Tous ces morceaux eurent dans leur temps beaucoup de succès, sans cepen- dant sortir du pays où ils avaient pris naissance et dans lequel l'auteur s'était acquis une grande réputation et une fortune considérable, moins encore par ses compositions que par les leçons de piano qu'il avait données dans les hautes classes de la société anglaise. Mazzinghi est mort dans le courant du mois de mai 1844
  • Joseph MAZZOLA( 1748) : professeur de peinture et directeur de la galerie impériale de Milan, naquit Je 5 décembre 1748 , à Valduggia , dans le Vercellais. Il étudia les premiers éléments de son art à Varallo, qui avait été la patrie de plusieurs artistes distingués, et passa en 1770 à l'école de, Ferrari, à Parme. Les succès qu'il y obtint atti- rèrent l'attention du roi de Sardaigne, Victor Amédée III, qui lui fournit les moyens d'aller en 1774, se perfectionner à Rome, sous la direction du célèbre Antoine Mengs Et non d'Herculanum, comme Lalande et d'autres écrivains l'ont écrit mal à propos, trompés par l'équivoque du mot Heracleenses. petit village à quelques lieues de sa patrie. Depuis lors, il produisit un grand nombre d'ouvrages qui le mirent au premier rang des peintres contemporains. Nominé peintre du roi en 1789, il fut chargé d'exécuter pour l'Académie des scien- ces le portrait de VictorAmédée. Quand le roi CharlesEmmanuel IV, son successeur, fut chassé de ses Etats , Mazzola se retira dans sa patrie et s'y livra paisiblement à son art. Il se rendit en 1802 à Milan, où il employa son talent à faire des portraits et obtint en peu de temps une grande réputation. L'année suivante il fut atteint d'une tumeur à la main droite , et bientôt la gangrène se déclara. L'amputation du poignet devenait indispensable. L'artiste, qu'une telle calamité venait surprendre à l'apogée de son talent eût préféré la mort à une telle mutilation ; aussi avant de s'y résoudre , il essaya de peindre avec la main gauche, et ce ne fut qu'après s'être assuré de la réussite qu'il abandonna la main droite au bistouri du chirurgien. Deux mois après il peignait le Génie de l'art pleurant sa disgrâce. )Jaz- zola fut présenté à Napoléon lors de son couron- nement à Milan en 1805 , et nommé plus tard professeur à l'école de Brera, puis vicedirecteur de la grande galerie. Il devint directeur en 1814, après le rétablissement de la domination autri- chienne, et mourut le 26 novembre 1838, à l'àge de 90 ans
  • Joseph MEAD : capitaine de vaisseau anglais, mort en 1799 à Sherbourne, près Warwick, à l'àge de 92 ans , est l'inventeur d'une machine pour nettoyer l'intérieur des vaisseaux en mer. Cet appareil est connu parmi les matelots sous le nom de Mead's hog . Mead est auteur d'un Essai sur les courants en mer , qui lui valut les remerciments de l'amirauté. — Un autre MEAD fut médecin de Charles II. et agent de ce prince en Suède, vers le milieu du 17° siècle. 11 a donné au thatre quelques comédies
  • Joseph MÉRILHOU( 1788 - 1856) : avocat, ministre de la justice , conseiller à la cour de cassation, pair de France , grand officier de la Légion d'honneur, naquit à Montignac , département de la Dordogne , le 15 octobre 1788. Admis au serment d'avocat au mois de niai 1810, il prit place au barreau de Paris et se fit remarquer en plaidant plusieurs causes avec distinction. Présenté par la cour impériale de Paris comme candidat à la place de conseiller auditeur, il fut nommé à ces fonctions par décret du 4 février 1814. Promu pendant les centjours à la place de substitut du procureur général , il fut destitué par une ordonnance du 18 septembre 1815 qui , en instituant la cour royale de Paris , prononça l'élimination de dixhuit magistrats. Mérilliou reprit sa robe , est la loi du 8 octobre 1830 qui appliquait le jury aux jugements des délits de la presse. Nommé le 2 novembre ministre de l'instruction publique et des cultes , il ne conserva que deux mois ce ministère , et cependant il eut le temps de préparer la loi du 2 février 1831 qui consomma l'émancipation des juifs en mettant à la charge du trésor public le traitement des mi- nistres israélites. Le 27 décembre 1830 , il remplaça Dupont comme garde des sceaux, et donna sa démission quelques mois après, en refusant de signer la destitution de M. Comte , procureur du roi à Paris. 11 fut élu député dans quatre arrondissements. Ce ne fut que l'année suivante , et par ordonnance du 22 avril 1832 , qu'il fut nommé conseiller à la cour de cassation. Il apporta dans ces nouvelles fonctions toutes les qualités qui 1 avaient fait distinguer au barreau la science du jurisconsulte , l'élévation des idées, l'indépendance des opinions. Attaché d'abord à la chambre criminelle , ensuite à la chambre Civile, il tint dans l'une et l'autre une place distinguée, aussi remarquable par la lucidité et la dialectique de ses exposés dans les rapports que par la puissance de sa parole dans les délibérés. Il avait repris facilement les habitudes judiciaires qui avaient commencé sa carrière , et se plaisait dans l'exercice de ses fonctions de conseiller. Un peu inactif vers la fin de sa carrière , le vieux lutteur se réveillait lorsqu'une question mettait en péril les principes qu'il avait autrefois défendus , et il demeurait fidèle aux doctrines de sa vie. Promu le 3 octobre 1837 à la dignité de pair, il prit part à plusieurs discussions , notamment sur la liberté d'enseignement, et fut le rapporteur de plusieurs projets de loi. Telle fut la vie de Mérilhou, et quoique brièvement retracée , ses actes ont pu faire apprécier son caractère honorable et la distinction de son esprit. L'un de ses confrères , Philippe Dupin , en a fait une remarquable appréciation : « Mérilhou tient « un des rangs les plus distingués parmi les « hommes qui honorent la France, nonseule- « ment par leurs talents , mais , ce qui est bien « plus rare dans un siècle de bassesse et de cor« ruption comme celui où nous vivons , par une « noble indépendance et par l'énergie d'un beau « caractère. Défenseur sincère et zélé des libertés « publiques , patron généreux et désintéressé de toutes les infortunes, confiant dans se§ amitiés « autant qu'inébranlable dans ses principes « accessible à toutes les séductions de quelque « lieu qu'elles viennent, parce qu'il agit toujours « par conscience , jamais par ambition ; capable « de ces dévouements sublimes qu'inspirent les « convictions profondes jointes à l'amour sacré du « devoir, et au milieu d'une carrière publique si « honorable , toujours simple et bon dans la vie « privée, nul n'a marché avec plus de franchise « dans la route du vrai, avec plus de fermeté dans « celle du bien. Il y a quelque chose d'antique , « et, si je puis parler ainsi, de catonien dans cette « âme forte et pure. » Mérilhou est mort à Paris à l'âge de 68 ans, le 18 octobre 1856
  • Joseph MERLI( 1759 - 1829) : ingénieur hydraulique, naquit à Milan, d'une famille aisée , en août 1759. 11 reçut une éducation soignée et étudia les mathématiques sous l'habile Frisi. Après avoir occupé diverses places importantes, il était, dans les dernières années du royaume d'Italie, surintendant des fortifications avec le grade de colonel, puis directeur des études à l'hospice des orphelins de militaires. Il avait publié fort jeune un travail estimé sur la table parabolique de Regis et plus tard un savant Mémoire pour la solution de questions sur la conduite des eaux. C'est un appendice à l'ouvrage de l'illustre Romagnosi sur le même sujet. Merli mourut à Milan le 28 avril 1829, laissant plusieurs manuscrits que son héritier, l'ingénieur J.B. Mazzeri , était chargé de publier, et dont le plus important a pour titre : Traité sur différents genres de courbes
  • Joseph MERVESIN : littérateur peu connu, natif d'Apt , en Provence , fit profession dans l'ordre non réformé de Cluny et fut pourvu d'un prieuré. Une Histoire de la poésie française, fruit de ses loisirs, parut à Paris en 1706 ; elle était dédiée à la duchesse du Maine , et fut accueillie par les journalistes avec une bienveillance extraordinaire, qu'expliquait mais ne justifiait point le mérite unique de l'auteur, celui d'avoir entamé le premier cette matière. Des recherches superficielles, des résultats mesquins appuyés sur une critique peu sûre et sur des matériaux insuffisants, n'étaient pas ce qu'on devait attendre d'un bénédictin. Le succès de ce livre trouva dès l'origine un contradicteur, peu redoutable il est vrai , dans un gentilhomme provençal , Remerville de StQuentin. Mervesin défendit son essai contre le critique : celuici répliqua ; et ces débats profitèrent quelque peu au public par les changements que Mervesin fit à son ouvrage dans une édition donnée à Amsterdam en 1717, et augmentée d'un Traité de la versification française. Un sujet bien futile renouvela les hostilités entre Remerville et Mervesin. Celuici avait avancé qu'on pouvait composer un discours entier où ne se rencontrerait pas la lettre R ; son adversaire traita cette idée d'extravagance; et il y eut bien du papier barbouillé dans cette ridicule dispute, dont on peut chercher les traces dans le Mercure de juin 1741. Mervesin mourut en 1721, dans sa ville natale , victime de son dévouement envers des pestiférés. Il laissa beauboup de poésies manuscrites et le canevas d'une Histoire de la rhétorique française. Il est aussi l'auteur de l'Histoire du marquis de St- AndréMontbrun, Paris, 1698
  • Joseph MEZZOFANTI( 1771 - 1849) : célèbre linguiste italien, était né à Bologne le 19 septembre 1771 ; il fut élevé dans sa ville natale , embrassa l'état ecclésiastique, et, signalé pour sa prodigieuse mémoire, fut attaché en qualité de bibliothécaire à la bibliothèque de sa ville natale. Mezzofanti avait profité du séjour des années françaises dans Bologne, où se trouvaient des soldats de toutes les nations, pour apprendre la plupart des idiomes de l'Europe. Il avait pour les parler une incroyable facilité. Il excellait surtout à manier les divers dialectes d'une même langue ; c'est ainsi qu'il apprit une foule de patois , tant de l'Italie que de la France, de l'Allemagne et des pays slaves. On assure qu'il était parvenu à savoir plus de cinquante idiomes différents. En 1831 , Mezzofanti fut mêlé aux événements qui amenèrent l'occupation d'Ancône par les Français. 11 avait fait partie de la députation qui s'était rendue à Rome pour faire des représentations au pape. Mais, l'ordre rétabli, le gouvernement pontifical tint à s'attacher un homme qui jouissait d'une si grande réputation : 3Iezzofanti fut nommé évêque , et appelé en 1833 à la place de secrétaire de la propagande, laissée vacante par la nomination du cardinal Mai au poste de garde de la bibliothèque Vaticane. Nul n'était plus apte à ces fonctions; Mezzofanti. d'un caractère ouvert et affable, dirigeait les études de langues de ce collège, et trouvait près des élèves, en les interrogeant, un moyen de s'entretenir dans la pratique des langues qu'il avait apprises et d'en apprendre de nouvelles. La position médiocre dans laquelle il avait longtemps végété l'avait rendu d'une extrême parcimonie, et on l'accusa souvent d'avarice. Mezzofanti obtint le chapeau de cardinal le 13 février 1838. Il mourut à Naples le 14 mars 1849. Le nom de ce savant était devenu européen ; les étrangers allaient le voir à Rome comme une curiosité. Plusieurs académies de l'Europe l'élurent au nombre de leurs membres. C'était, au reste, plutôt un linguiste qu'un philologue ; il avait une aptitude rare à attraper l'accent des divers pays. Il parlait l'allemand et le français avec une telle perfection qu'il était. impossible de reconnaltre en lui un italien. Voyez, sur cet homme remarquable, l'ouvrage de M. Malavit intitulé Esquisse historique sur le cardinal ilezzofunti, Paris, 1853
  • Joseph MIACKZINSKI( 1750 - 1793) : général français , né à Varsovie en 1750, se rendit fort jeune en France, et se montra dès le commencement de la révolution un de ses plus chauds partisans. Dumouriez lui procura un avancement rapide, et le fit nommer vers la fin de 1792 commandant d'une division de l'armée des Ardennes, avec le grade de maréchal de camp. Quelques mois après, il le mit à la tète d'un corps de troupes légères, qui occupaient Bolduc, et ce fut là que Miackzinski, surpris par les Autrichiens le 1.' mars 1793, se vit obligé d'effectuer sa retraite au milieu de l'armée du prince de Cobourg. 11 perdit beaucoup de monde à Aix - la - Chapelle, et parvint cependant à rejoindre la grande armée, où il eut part à tous les événements de la désastreuse retraite des PaysBas. Arrivé sur la frontière de France dans les premiers jours d'avril, il fit tous ses efforts pour seconder Dumouriez dans son projet de soustraire la France au joug de la convention nationale, et ce général l'ayant chargé de s'emparer de Lille, il entra avec une faible escorte dans cette place, où il fut arrêté et conduit à Paris par ordre des représentants commissaires de la convention nationale. Traduit au tribunal révolutionnaire qui venait d'être établi, il y fut condamné à mort le 17 mai 1793. Miackzinski chercha en vain à se soustraire à la mort en annonçant d'importantes révélations. La convention nomma des commissaires pour l'entendre ; mais ses déclarations se bornèrent à des assertions vagues et sans preuves contre les députés Lacroix et Gensonné. Il recueillit cependant ses forces pour aller à l'échafaud et montra du courage lorsqu'il v fut conduit, sur la place Louis XV, le 25 mai 1793. BertrandMoleville assure que ce général lui avait proposé, dans le mois de juillet 1792 , d'épier les démarches de Dumouriez , et même de faire envelopper et tailler en pièces l'avantgarde de l'armée qui était confiée à ce général , si l'on voulait lui donner deux cent mille francs : cette proposition fut rejetée par Louis XVI avec tout le mépris qu'elle méritait
  • Joseph MICALI( 1770 - 1844) : célèbre antiquaire et historien italien, né vers 1770 à Livourne, d'une famille de négociants. Il compléta sa première instruction par des voyages en Italie, en France et en Allemagne , et , de retour en Toscanee , se livra tout entier à des études sur les antiquités de sa patrie. C'était le moment où de nombreuses dé- On peut citer encore celle de C.G. Kratzenstein , décrite dans le Journal de physique de 1782, et dont Lalande parle avec admiration dans le Journal des savants . couvertes archéologiques commençaient à agrandir le champ de nos connaissances sur l'art étrusque et la civilisation des anciens peuples italiques. Micali mit à profit ces documents pour écrire une Histoire de l'Italie avant la domination romaine, Florence, 1810, 4 vol. oeuvre d'une érudition solide et profonde, qui lui valut une place distinguée entre les savants italiens. RaoulRochette l'a traduite en français. Micali en publia en 1831 une 2e édition fort améliorée, et pour laquelle il avait fait d'immenses recherches et amassé un nombre prodigieux de matériaux, qui lui servirent à composer un nouvel ouvrage, l'Histoire des peuples antiques de l'Italie , publiée à Florence en 1832 , et dont il donna une 2e édition en 1835 et 1836. A ces ouvrages, Micali a joint de curieux atlas, où sont figurés une foule de monuments nouveaux fournis par les fouilles de la Toscane et de l'Italie méridionale. Il a réuni en outre dans un ouvrage spécial , comprenant un volume de texte et un de planches , et intitulé llionumenti inediti a illustrazionc della storia degli antichi popoli italiani, les monuments les plus intéressants entre ceux qui étaient de nature à éclairer l'histoire primitive de la péninsule italique. Frappé de l'analogie de l'art italique avec les créations plastiques de l'Asie, Micali a soutenu l'origine orientale des Etrusques, et appuyé ses idées de rapprochements, sinon toujours concluants, au moins fort ingénieux. La réputation que Micali s'était acquise l'avait fait nommer membre d'un grand nombre d'académies de l'Europe ; il était correspondant de l'Institut de France. Il mourut à Florence Je 28 mars 1844. Il a laissé en matériaux une Histoire du commerce de l'Italie au moyen âge et fourni des articles à la Nicot- a biblioteca italiana
  • Joseph MITCHELL( 1684 - 1738) : auteur anglais, né vers 16811, était fils d'un tailleur de pierres. Il s'attacha tellement à sir Robert Walpole , qui de son côté le traita trèsgénéreusement, qu'on l'appelait communément le poëte de ce ministre. Par suite de son inconduite et de son imprévoyance, Mitchell n'eut jamais qu'une existence précaire. Ayant un jour confié le mauvais état de ses finances au poëte Aaron Hill , l'ami de tous les malheureux , celuici, fort gèné alors luimême, lui abandonna la propriété d'une de ses tragédies, l'Extravagance fatale. Cette pièce parut sous le nom de Mitchell , mais il eut ensuite assez de délicatesse pour la désavouer et la rendre au véritable auteur, en se contentant du produit considérable qui en accompagna le succès. Mitchell mourut en 1738. On a de lui des poésies, 1729, 2 vol. et la Belle montagnarde, opéra, 1731 Ces ouvrages ne s'élèvent pas audessus du médiocre
  • Joseph MOJON( 1776 - 1837) : chimiste auquel on doit de nombreuses et importantes découvertes, naquit le '27 août 1776, à Gènes, où son père était pharmacien et professeur de chimie. Déjà riche d'une éducation toute scientifique , Joseph suivit la carrière paternelle. Il se fit recevoir docteur en médecine et publia , peu de temps après, un livre intitulé Lois de physique et de 'mathéma- tiques, dans lequel il exposait , en style aphoristique, les axiomes fondamentaux de la géométrie, de l'hydrostatique, de la mécanique , de l'électricité, etc. Cet ouvrage l'ut la base de sa réputation , et lui valut d'être nommé , en 1800, professeur de chimie à la place de son père, admis à la retraite. Depuis, il publia une longue série d'observations et de découvertes, qui le. placèrent au premier rang des chimistes contem- porains. L'une d'elles surtout mérite de fixer l'attention , soit par son importance , soit par l'anachronisme que commit en 1820, l'Académie des sciences de Paris, anachronisme que M. Libri a relevé dans un article de, la Revue des Deux- Mondes, du 15 mars 1832. Sur la proposition de M. de Humboldt, l'Académie décerna à M. Oërsted, deCopenhague, le prix Montyon de 10,000 francs pour avoir découvert la propriété qu'a un courant électrique d'aimanter les aiguilles d'acier. Or J. Mojon avait, dès 1804 , annoncé cette propriété dans l'Essai théorique et expérimental sur le galvanisme, par le professeur Aldini . Izarn, dans son Manuel sur le yalvanisme , faisait aussi hommage de cette découverte au chimiste génois : « D'après les « observations de J. Mojon , ditil, les aiguilles « non aimantées , soumises à un courant galva « nique , acquièrent une sorte de polarité. » Ainsi , ne peut douter, malgré l'imposante autorité de l'Académie des sciences , que la priorité n'appartienne au chimiste génois. Si celuici La 2e édition renferme quelques expressions désobligeantes contre Simpson qui venait de publier sur le mème sujet un traité, où Moivre était mentionné honorablement; Simpson répliqua, en 1743, avec décence dans un Appendix; et Moivre, dans l'édition de 1750, montra la politesse convenable. n'a pas réclamé contre une décision qui l'en dépouillait, c'est qu'une protestation répugnait à sa modestie , et qu'il cultivait la science par amour de la science, sans songer à la gloire qui devait lui en revenir. D'ailleurs, il ne se croyait aucun droit à un prix institué plusieurs années après la publication de la découverte , et le prix une fois décerné était irrévocable. En 1806, il publia son Cours analytique de chimie, vrai chefd'oeuvre par la conception du plan , la clarté et la précision; aussi, dès 1808 , le gouvernement du royaume d'Italie ordonna que cet ouvrage servît de guide dans toutes les écoles. Après plusieurs mémoires, entre autres, surie sulfate de magnésie que l'on prépare à Sestri et sur la source de pétrole découverte à Amiano, dont il fit servir le bitume liquide à l'éclairage de la ville et à conserver le potassium et le sodium dans leur état de pureté, il donna une excellente analyse des eaux thermales de Voltri et d'Acqui. A la oléine époque, il parvint à extraire de fruds sauvages, jusqu'alors inutiles, une eaudevie excellente. Les procédés qu'il mit en usage, et qu'on trouve décrits dans la Bibliothèque médicale de Paris , furent bientôt employés nonseulement dans le duché de Gènes, mais encore en Toscane et surtout en Corse et en Sardaigne. Lorsque Davy passa par Gènes, en 1826 , il l'associa à ses cu- rieuses expériences sur l'air marécageux et sur la torpille électrique. Après avoir professé a l'université , pendant trentesix ans , J. Majon demanda et obtint sa retraite, avec l'intégralité de son traitement; il fut alors nommé président de la faculté des sciences physiques et lettres, mais il ne jouit pas longtemps de cet honorable repos, car il mourut des suites de la grippe, le 21 mars 1837. J. Mojon n'avait pas voulu se marier, afin d'être tout entier à ses travaux ; il était à la fois professeur de chimie, directeur d'une vaste manufacture de produits chimiques, conseiller du magistrat de santé, et membre d'un grand nombre d'académies. 11 appartenait, depuis 1832 , comme membre honoraire, à la société des sciences physiques et chimiques de France, à laquelle Julia de Fontenelle, secretaire perpétuel , lut , quelques mois après la mort de l'illustre chimiste , une intéressante notice biographique. Voici la liste complète.de ses ouvrages : 10 Leggi di fisica e matematica, Gènes 1799 2. Memoria sopra un nuovo instrumento per misurare la densità c combustibilità de' . fluidi, Gènes, 1801 ; 30 Descrizione mineralugica della . Liguria , Gènes, 1802 ; 4° Osserva zioni sopra la tavola delle espressioni numeriche di ibid ; 5° Memoria supra il solfato di ma gnesia che si prepara al monte della Guardia, Gènes, 1805 ; 6° Osservaziuni supra una nuova sorgente di petroleo , ibid.; 7° Analisi delle arque termali di Foltri, ibid; 8° Corso analitico di chimica, Gènes , 1806 , 2 vol. Cet excellent ouvrage a été réimprimé à Gènes, en 1811 et 1818; à Milan, en 1815; à Livourne, en 1815 et 1816, etc.; il a été traduit en français par M. Bompois , pharmacien en chef de l'armée d'Italie, Gènes et Paris, 1808, 2 vol. ; et en espagnol, par M. Carbonell, Barcelone, 1818. 90 Analyse des eaux sulfureuses d'ilcqui, Gènes, 1808 ; 100 Sopra l'arqua cita di corbezzoli e del roco, Gènes , 1810 , ; il° Illemoria sopra la natura del boraee brntto o thinkal e sali' clerc acetico, ibid. ; 12° Analisi del gia lo indiano ossia cromato di piombo , proveniente dalle isole Manille, dans les Mémoires de l'académie des sciences de Turin, t
  • Joseph MOLLET( 1758 - 1829) : né à Aix en Provence, le 5 novembre 1758, fut d'abord professeur de physique au collège de l'Oratoire dans cette ville, et passa ensuite , avec la même qualité , à l'école centrale de Lyon , où il enseigna longtemps. 1.1 était rentré dans sa patrie depuis quelques années lorsqu'il mourut , le 30 janvier 1829. On a de lui : P Etude du ciel, ou Connaissance des phénomènes astronomiques mise à la portée de tout le monde , Paris , 1803 ; 2° Discours sur l'influence des sciences sur le commerce et les arts , Lyon , 1812 ; 3° Eloge historique de Jean- Emmanuel Gilibert , Lyon , 1816 ; 4° Mécanique physique, ou Traité expérimental et raisonné du mouvement et de l'équilibre dans les corps solides , Avignon , 1818 ; 5° Hydraulique physique, ou Connaissance des phénomènes que présentent les fluides , soit dans l'état de repos , soit dans celui de mouvement , Lyon ; 6° Cours élémentaire de physique expérimentale , Lyon et Paris, 1822 ; 7° Mémoire sur la composition et sur l'action de la pile voltaïque, Lyon, 1823 8° Gnomonique graphique, ou Méthode simple et facile pour tracer les cadrans solaires sur toute sorte de plans , en ne faisant usage que de la règle et du compas , suivie de la Gnomonique analytique, Paris , 1827 — MOLLET , négociant de Genève et commis à la chambre de cette ville, né en 1728, et mort en 1779, est auteur de deux ouvrages publiés sous le voile de l'anonyme : 1° Lettre à ill. Jean- Jacques Rousseau sur la fête donnée en 1761, à l'occasion de l'exercice prussien introduit à Genève dans la milice bourgeoise, Genève, 1761 ; 2° Lettres de Sophie à une de ses amies, Genève , 1779, 2 vol. — MOLLET, député à la convention nationale pour le département de l'Ain, vota dans le procès de Louis XVI l'appel au peuple, la détention jusqu'à la paix et le sursis à l'exécution. Après la session conventionnelle , il se retira à Belley, sa patrie , où il mourut en mars 1834. M—D
  • Joseph MONTERCHI : antiquaire et garde du cabinet des médailles du cardinal Carpegna, en a publié un choix sous le titre de Scelta de medaglioni più cari, etc., Rome, 1679 Ce volume contient vingttrois médailles , dont une d'Antinoiis et les autres de différents empereurs, depuis Antonin Pie jusqu'à Constantin ; il a été inséré presque en entier, avec les gravures, dans le Giornale de' letterati di Roma, même année. On attribue assez généralement les explications J.P. Bellori , par la raison que l'auteur parle, dans la neuvième , de sa description de la Co bonne Antonine ; niais rien ne devait l'empêcher de mettre son nom à la tète de cet ouvrage s'il en eût été le véritable auteur ; et il est probable qu'il n'y a fourni que l'article qui a donné lieu aux conjectures des bibliographes. Il en a paru une traduction latine, avec le nom de Monterchi , Amsterdam , 1685 ; elle est moins rare que l'original italien. Monterchi, ou Bellori, n'est pas le seul antiquaire qui se soit occupé de faire connaître les raretés du musée du cardinal Carpegna
  • Joseph MONTEIRO-da-Rocha( 1735 - 1819) : mathématicien portugais, naquit vers 1735 dans la province de Minho. Elevé au collége des Jésuites, il se distingua par des progrès si étonnants , que ses supérieurs l'engagèrent à entrer dans leur ordre. Monteiro y consentit ; mais les tHuites ayant été expulsés du royaume quelques années après , il se fit séculariser et obtint ainsi de rester dans sa patrie. Lorsque 1 université de Coïmbre fut réformée par Pombal, Monteiro fut chargé de la chaire de phoronomie. Il devint ensuite professeur d'astronomie et vicerecteur de l'université. Ce fut en cette dernière qualité qu'il prononça un discours latin fort éloquent dans lequel il fit l'éloge du ministre pombal, ce qui devait paraître extraordinaire dans la bouche d'un jésuite. Monteiro contribua à la rédaction des statuts de l'université de Coïmbre , et ce qu'ils renferment de mieux lui appartient. Il dirigea longtemps l'Observatoire de cette ville , et fut le rédacteur des Ephémérides qui ont été publiées. Ce savant avait été nommé précepteur de dom Pedro‘et de dom Miguel, mais il n'en exerça jamais les fonctions. Monteiro mourut en 1819. Il était membre de l'académie de Lisbonne et de plusieurs autres sociétés savantes ; il possédait des connaissances aussi étendues que variées, et l'on assure qu'à l'époque de la réforme des études, il fut reconnu capable de remplir toutes les chaires. Outre plusieurs travaux sur les mathématiques pures et appliquées, Monteiro a laissé des Mémoires sur l'astronomie pratique , qui ont été traduits en français par M. ManodPedro de Mello , Paris, 1808
  • Joseph MONTI( 1682) : professeur d'histoire naturelle à l'université de Bologne, naquit dans cette ville en 1682. Accoutumé dès sa plus tendre jeunesse à la culture des plantes médicinales, il voulut connaître avec exactitude toutes celles qu'il voyait mentionnées par les auteurs. Ses lectures, le soin qu'il prit de rassembler un grand nombre de plantes dans un jardin qui lui appartenait, ses excursions sur tous les points du territoire bolonais et sur la chaîne voisine des Alpes, le rendirent tellement habile que plusieurs profes- seurs distingués d'Italie et des pays étrangers eurent plus d'une fois recours à ses lumières. Il menait de front avec la botanique l'étude des IP autres branches de l'histoire naturelle ; et il avait formé une collection de minéraux , de pierres et de coquillages , qu'il ne cessa d'enrichir qu'au moment où il fut chargé de la direction du musée de l'institut de Bologne. Il remplit en 1720 une chaire d'histoire naturelle , et une autre de matière médicale en 1736. Marsigli ayant fait don au sénat, en 1727, de quatorze caisses qu'il avait rapportées de la Hollande et qui contenaient des objets précieux pour la zoologie et la botani- que , Monti en fit le classement avec son fils Gaétan, qui lui fut adjoint à dixsept ans, et qui à cet tige s'était déjà fait connaître avantageusement des savants. Monti coula des jours heureux au milieu d'un jardin botanique confié à ses soins , et il termina sa laborieuse carrière le Œuvres d« philosophe bienfaisant, Paris, 1763 t. p. 21. Cette narration intéressante a étt souvent réimprimée. 4 mars 1760. On a de lui : 1° De monumento di- luviano super agro Bononiensi detecto dissertatio , Bologne, 1719 fig. L'auteur, dans les deux premiers chapitres, expose l'état du globe, avant et après le déluge , et reproduit fort succinctement quelquesunes des idées de Burnet , de Woodward , J.J. Scheuchzer et autres. Dans le troisième chapitre, après avoir cité comme une des preuves du déluge la présence dans les montagnes d'une grande quantité de corps marins et autres pétrifiés , il décrit le monument qui lui a donné l'idée de sa dissertation. Ce monu- ment, également pétrifié, et dont il donne le dessin, est une portion d'une tète de morse, ou vache marine, trouvée par un paysan. 2. Catalogi stirpium agri Bononiensis Prodromus gramina ac hujusmodi complectens , etc. , Bologne 1719; fig. Ce trèspetit ouvrage est divisé en plantes graminifaides, qui sont les céréales, les cypéracées", le jonc , la massette; et en graminées proprement dites, telles que l'ivraie , le phalaris, le panic, l'avoine, etc. On n'y trouve ni méthode, ni tableaux ; et il ne peut être utile que comme offrant des matériaux pour cette portion de la flore du pays. Ce travail est donc loin d'offrir les avantages des graminées de Rai et de Tournefort. L' Agrostographie de J.J. Scheuchzer parut la même année' mais plus tard. Monti ne cite que le prodrome de cet auteur. 3° Plantarunt varii indices ad usum denzonstrationum quce in Bono- niensis archigymnasii public° horto quotannis ha- bentur, ibid., 1724 Sous ce titre l'on trouve réunis : 1. une histoire fort succincte de la botanique, dans laquelle l'auteur mentionne plus particulièrement les Italiens et les directeurs du jardin des plantes de Bologne, et qui contient quelques détails intéressants ; 2. Plantarum genera a botanicis instituta juxta Tournefortis methodum ad proprias classes relata ; 3. Index plantarum que medicum usum recipi soient ; 4. Plantarum elenchi in classes dispartiti , juxta facultates quibus in se ntedica poilent. Ce sont de simples catalogues sans phrases. fo Exoticorum simpliciunz rnedicamento- 711111 varii indices , etc., ibid., 1724 50 une douzaine de mémoires dans le Recueil' de l'institut de Bologne. Micheli a donné le nom de Montt- a à un genre de la famille des portulacées. D—u et F—T
  • Joseph MOREL( 1500 - 1595) : surnommé le Prince, né à Arbois dans,le 16° siècle, s'était fait la réputation d'un bon officier dans les guerres qui désolèrent à cette époque le comté de Bourgogne. Henri IV, occupé à combattre les Espagnols, refusa de recormaitre la neutralité du comté et donna l'ordre à Biron de pénétrer dans cette province. A l'approche des Français, le capitaine Mord se retira dans Arbois et en fit fermer les portes. La viiin'étant revétue que d'une simple muraille sans aucune fortilicatiun extérieure, ne pouvait opposer une longue résistance à une armée victorieuse ; mais Mord avait l'espoir d'obtenir des conditions favorables pour ses concitoyens. Cependant l'ar- tuée de Biron . forte de t 5,000 hommes, était a rrètée depuis trois jours devant les murs d'Arbois. Le quatrième jour. le canon des assiégeants arant renversé une partie des murailles, Mord l fut pris sur la brèche qu'il défendait vail!amment et conduit à Biron : général lui reprocha, dans les termes les plus durs, d'avoir contrevenu aux lois de la guerre en se défendant dans une place non tenable et le fit pendre le 7 aoùt 1595 à UiI tilleul qu'on soit encore à l'entrée de la promenade d'Arbois et qui est devenu un objet de vénération pour les habitants. Henri IV sauva cette malheureuse ville que Biron voulait brûler pour la punir de sa résistance. Après le départ des Français, les restes de Morei furent inhumés dans la chapelle StRoch sous une tombe décorée d'une épitaphe latine que composa Jean poete dont on a quelques pièces devenues rares froy. . La mère de Mord, déjà avancée en alge, ne survécut pas longtemps à la douleur de s'étre vue privée. d'une manière si cruelle, du « bàton de vieillesse sur lequel, après Dieu, elle avait placée son espoir n. Elle fit plusieurs legs pieux par son testament rédigé avec une touchante simplicité et qui a été inséré avec une .‘ otire sur Joseph Mord dans Pinnuaire du Jura pour 1807
  • Joseph MORETTI( 1783 - 1853) : savant italien , était né à Pavie en 1783. A peine àgé de vingt ans , il faisait des cours de chimie à l'université de sa ville natale, et il fut successivement appelé, en 1807, i à la chaire de chimie et d'histoire naturelle au lycée d'Udine , et en 1812, à celle de chimie , d'histoire naturelle , de botanique et d'agriculture au lycée de Vicence. Nommé en 1813 professeur, à Milan , au lycée de Porta- Nuova , et directeur du laboratoire de chimie près du bureau des salpêtres , il conserva cette double position jusqu'en 1832, époque à laquelle il fut ap- pelé à la chaire de botanique de l'université de Pavie. Moretti était passionné pour l'étude, et son esprit investigateur enrichit de nouvelles découvertes les di%erses branches des sciences qu'il Ctliii? a. En 1808, il découvrit dans l'indigo traité avec le nitre un acide propre à donner des sels détonants. Ses expériences, décrites dans le Journal de Passeriano du 26 mai 1808, et dans hi Journal de physique de Parie, t. 7, p. 417, furent confirmées quinze ans plus tard par Liebig. En même temps il enrichissait la botanique d'utiles obsen allons et de descriptions de nouvelles variétés de plantes. on doit à Moretti divers écrits ou traductions, par exemple : De qui- busdo? plantis halite; — les Eléments d'écono? ie rurale, de Traumann ; les Eh: menti de philoso- phie chimique, de D4vy ; le Dictionnaire de chi- mie, de Klaproth et Wolf , auquel il ajouta de bonnes notes et observations ; bon nombre d'articles insérés dans différents journaux et recueils italiens. L'un de ses meilleurs écrits est le Prodromo d una monogrqlia della specie del ge- nere monts , fruit de vingt années d'études. II y décrit l'histoire de ces plantes depuis le monts niyra , la seule qu'on comiùt au temps de Pline, jusqu'au ? O1'113 neorettiana, qu'il découvrit et qui porte son nom. Mais l'ouvrage auquel le nom de Moretti est particulièrement attaché, c'est la Biblioteca agraria, dans laquelle il recueillit et mit à la portée de tous , avec une grande profondeur de doctrine et de pratique, tout ce qui avait été écrit de tous temps et dans toutes les branches de l'agronomie. Joseph Moretti est mort à Pavie le 2 décembre 1853
  • Joseph MOROSI( 1772) : mécanicien, naquit le 26 juin 1772 à Ripafratta, petit village de Toscane. Après avoir reçu d'un de ses oncles, curé de Caprono , la première éducation littéraire , il se rendit à Pise, où il étudia la rhétorique au collége des chevaliers de StEtienne et la philosophie à l'Université. La douceur de son caractère jointe à la pureté de ses moeurs le faisait destiner par ses parents à l'état ecclésiastique ; mais, entraîné irrésistiblement vers l'étude des sciences exactes, if s'y livra tout entier et devint, après plusieurs années d'un travail opiniâtre, l'un des plus habiles mécaniciens de son temps. La première production de son génie fut la machine qui sert à démontrer physiquement la parabole résultant de la combinaison du mouvement uniforme horizontal avec le mouvement vertical produit par la gravité. Il construisit ensuite un automate , joueur d'échecs, qui fut jugé supérieur à celui de Kemplen, et valut à son auteur d'être nommé un des directeurs du Musée d'histoire naturelle de Florence et professeur suppléant de physique expérimentale à l'Université de Pise. Le grandduc de Toscane , Ferdinand III , lui accorda en outre une pension de six cents francs. Morosi fit peu après un métier au moyen duquel un seul homme pouvait tisser deux bas de soie à la fois. Après la conquête de la Toscane par les armées républicaines en 1799, il vint en France et visita en observateur éclairé les principales villes manufacturières. Nommé en 1801 professeur de mécanique à Milan , il y fonda un établissement pour la filature (lu coton à l'aide de machines hydrauliques; c'était le premier que l'Italie possédât en ce genre. En 1807 il fut chargé par le gouvernement d'une mission scientifique en France, en Allemagne et en Hollande. Il y étudia les différents procédés pour les apprêts de la laine et du coton ; visita les hôtels des monnaies, les maisons de travail forcé et volontaire ; revint à Milan avec plus de quatre cents mémoires et trois cents dessins, dont plusieurs furent mis à exécution , et coopéra à la réforme du monnayage à Milan, à Venise et à Bologne. Il fut aussi chargé de diriger le timbre et le poinçonnage des objets d'or et d'argent. Le gouvernement l'ayant envoyé une seconde fois en France et en Suisse , il en rapporta un grand nombre de modèles et plusieurs machines fort coùteuses qui , cédées ensuite à des fabricants ,rendirent les plus grands services à l'industrie italienne. Après le retour de la domination autrichienne , Morosi continua d'occuper les emplois que lui avait confiés le gouvernement précédent , et , lorsque les infirmités l'obligèrent en 1832 à demander sa retraite , l'empereur François ler lui conserva l'intégrité de son traitement. Morosi mourut le 27 septembre 1840, dans une maison de campagne qu'il possédait à Cocombola Il était chevalier de plusieurs ordres et membre de l'Institut italien. M. le chevalier Labus lui a consacré une notice dans le tome 1" des Annali Tell' Institulo Lombardo
  • Joseph NADAUD( 1700 - 1792) : né à Limoges vers le coin- 1 1 Son véritable crime, et le seul qui snit prouve, c'est d'être entré dans la ligue des nobles hongrois. Toutes les autres accusations paraissent n'avoir été imaginées que pour affaiblir l' mencement du 18° siècle, montra dès sa jeunesse un goût trèsvif pour l'étude de l'histoire et s'appliqua dès lors à déchiffrer les monuments et les vieilles chroniques. Ayant embrassé l'état ecclésiastique, il fut pourvu de la cure de St- Leger la Montagne , puis de celle de Teijac au diocèse d'Angoulême. L'aisance que lui donna ce dernier emploi lui permit de se livrer avec plus de succès à ses études favorites , et il ne négligea rien pour leerendre utiles. Recherches, voyages, dépenses, rien ne fut épargné pour obtenir les renseignements qui lui étaient nécessaires. En peu de temps il connut tout ce que le Limousin renfermait de précieux sous ce rapport, et il se forma une collection trèsconsidérable. Ce savant mourut en 1792. L'abbé Vitrac a publié la liste suivante de ses écrits : Etymologie des tilles, bourgs, lieux remarquables du Limousin ; 2° Mé- moires encoyis à l'abbé d'Expilly , pour la confec- tion de son grand dictionnaire des Gaules et de la Fronce 'roy. EXPILLY); 3. Mémoires pour l'histoire du Limousin; 40 Pouillé du diocèse de Limoges 50 Nobiliaire du Limousin ; 6° Note sur les littéra- teurs limousins; 7° Catalogue des éeèques de Li- moges, des abbés de St- Martial , de Si- Augustin de St- Martin ; des abbesses de la Règle, des Allois. — Chronologie des seigneurs suzerains de Limoges, des yourerneurs généraux, intendants. Ces chronologies ont été imprimées dans le calendrier de Barbon, 1770-1785
  • Joseph NESSI( 1741 - 1821) : médecin, né à Como le 11 niai 1741, fut reçu docteur en chirurgie à l'université de Pavie, et fit sa pratique dans les plus célèbres hôpitaux de l'Italie. Médecin dans les troupes autrichiennes , il abandonna ce service en 1768 etfut nommé médecin en chef de l'HôtelDieu de Como. En 1772, il parvint à extraire, de l'estomac d'une jeune demoiselle , deux aiguilles et quatre épingles qu'elle avait avalées pour se suicider. Cette opération lui valut la place de professeur de chirurgie à l'université de Pavie. Fatigué de ses travaux , il obtint en 1790 d'être admis à la retraite; mais peu d'années après il fut rappelé à son poste et n'obtint sa retraite définitive qu'en 1808. Il reprit alors l'exercice de sa profession à Como ; et en 1820, le célèbre Scarpa s'étant démis de la place de directeur de la faculté de médecine dans l'université de Pavie, le gouvernement l'offrit à Nessi , qui la refusa à cause de son âge avancé. Il mourut en 1821 . Son meilleur ouvrage est l'Art des accouchements , qui a été traduit en plusieurs langues et adopté dans plusieurs universités. Il en préparait une seconde édition quand il mourut. Si Nessi , doué d'une grande érudition et plein de connaissances ac- quises par une longue pratique , avait eu un esprit plus vif et plus de profondeur dans ses pensées, il occuperait certainement une des pre- mières places parmi les médecins contemporains. Ses ouvrages sont : 1. Lettes- a sulla morte d'une donna seguita poche ore dopo il parto , Como , 1772 ; 2° Osserrazioni medico- chirurgiche sopra due aghi, quattro spilli, e due pezzetti di vetro cavati da une mantmella , Como , 1778 ; 30 Istituzioni di chirurgia , Pavie, 1780 ; Arte ostetricia teorico- pratica , Pavie, 1790 ; 5. Discorsi sopra le precipitate sepolture , 1801 ; 6. Oratio academica de rini usu ad sanita- tem conservandam et n'altos moi- los curandos, Paris, 1807 ; 7. Discorso accademico sulle forze della na- tura per isbarazzarsi dai fcti sriluppati ed intrati nell' addotnine alla lacerzazione dell' utero , Pavie, 1808 ; 8. Discorso intorno ail' Tiso dell' acqua corne remedio intorno ed esterno , Como , 1811 ; 9. Discorsi sulle forze della natura per sanare moite malattie interne , Corne, 181'2
  • Joseph NOGARI( 1699 - 1763) : peintre, né à Venise en 1699, étudia les premiers principes de son art sous Pilloni , et passa ensuite dans l'école de Balestra , célèbre peintre véronais , établi alors à Venise. Les progrès de l'élève furent rapides, et bientôt il se plaça au rang des artistes les plus distingués. Il travailla pour le duc de Modène, pour le roi de Sardaigne et pour le roi de France. Parmi ses nombreuses productions, on estime particulièrement une Charité, et le Silence, ou l'Enfant Jésus dormant dans- les bras de sa mère, tableau qui rappelle la fameuse Nuit du Corrége. Les ouvrages qu'il exécuta dans les églises de Venise prouvent qu'il possédait les talents nécessaires pour les grandes compositions. Le fond de ses figures à micorps est dans le goût de Rembrandt ; l'oeil du spectateur se promène à l'entour, le coloris est vigoureux et les demiteintes sont délicates. Nogari mourut à Venise en 1763. Peiroleri a beaucoup gravé d'après ce peintre
  • Joseph NOLLEKENS : sculpteur anglais qui, s'il ne fut pas trèshabile , acquit cependant une fortune considérable, était fort admiré en Angleterre, quoique son style fût mesquin et de mauvais goût , comme celui de l'école française sous Louis XV. On cite de lui une Vénus, à laquelle il travailla longtemps. Il mourut en 1823 à l'âge de 85 ans, laissant trois cent mille livres sterling dont il fit trois legs de cinquante mille livres sterling chacun : l'un au roi d'Angleterre, l'autre à M. Douce, commentateur de Shakspeare , et le troisième au docteur Kerrick , bibliothécaire à Cambridge. M. Douce, comme légataire universel, eut le reste de la fortune. Cette succession donna lieu à un procès en France, où Nollekens avait des fonds placés, et il parut à cette occasion un mémoire imprimé en 1833 à Paris sous ce titre Succession de M. Joseph Nollekens, célèbre sculpteur anglais, petitfils de M. JeanBaptiste Nollekens et de dame AnneAngélique Leroux , décédé à Londres en 1823, laissant une fortune de plus de trois cent mille livres sterling , environ huit millions
  • Joseph OLIVI( 1769 - 1795) : célèbre naturaliste, naquit en 1769 à Chioggia, dans les Etats de Venise. Aprè: avoir terminé ses études, il fut admis à seize ans dans la congrégation de Philippi; mais sa , santé chancelante l'obligea bientôt d en sortir, et il vint à Padoue demander à la médecine quelques soulagements à ses souffrances. Les docteurs lui ayant conseillé l'exercice et le changement d'air, il parcourut les bords de l'Adriatique, recueillant des plantes , des insectes et faisant d'utiles observations. Il rectifia dans des mémoires adressés à l'académie de Padoue, diverse erreurs des naturalistes sur la reproduction des plantes marines et s'attacha surtout à l'examen des conferves. C'est ainsi que se nomment ces amas de filaments veretres qui recouvrent les eaux stagnantes pendant une grande partie de l'année. Aux observations de Fontana et de Corti sur les conferves , il en ajouta de nouvelles, détermina leurs différentes espèces, et resta convaincu que c'étaient de véritables cryptogames. n'ayant d'autre mouvement que celui que l'air leur imprime. Mais cette opinion, accréditée en !Oie par Olivi, n'est plus depuis longtemps celle des naturalistes , qui s'accor. Le travail qu'il entreprit pour tu Voyez 1s Rccherches icraceopiques sur les coaferres , M. Girod Chantrans, l'ares, 1802, 1n-4", ng. col., et rilieoitc des cosferres d'eau douer , par Vaucher, Genéve, 1803 . déterminer l'influence de la lumière sur les végétaux lui fit beaucoup d'honneur. Il est impossible de rappeler ici tous ses titres à l'estime des savants ; mais on doit faire connaître l'ouvrage dans lequel il a consigné ses principales observations, et qui suffit pour lui donner une place honorable parmi les naturalistes du 18° siècle. Il est intitulé Zoologie Adriatire, ossia Catalogo degli I onimali del go. lfo e delle lagune di Venezia , Bassano, 1792 fig. Après avoir décrit avec isexactitude les bords du golfe de Venise, la nature wet l'origine des substances qui les composent, et fait remarquer le rapport des êtres organisés avec les sites où ils naissent et prennent leur accroissement, Olivi distribue en cinq ordres ou lasses les animaux qu'il a recueillis , et dont le uelquesuns étaient échappés aux recherches de Linné. Il s'attache surtout à faire hien con ', naître les nouvelles espèces, qu'il nomme et Frange d'après leur organisation. Cet ouvrage, qu'Olivi n'eut pas le temps de compléter comme il en avait l'intention, étendit sa réputation dans toute l'Europe. Les académies de Berlin , de Copenhague, de Prague, etc., s'empressèrent de s'associer l'auteur, et le sénat de Venise créa pour lui la charge de surintendant de l'agriculture et de l'économie politique. Mais Olivi ne jouit pas longtemps de ces honneurs ; son état empirait chaque jour, et il mourut de plithisie à Padoue le 30 août 1795 , à l'âge de 9.6 ans. Cesarotti prononça son éloge funèbre , et Pompilio Pozzetti en a publié un second dans le tome 9 des Mentorie della societe ital. Des monuments lui ont été érigés à Padoue et à Chioggia, sa patrie. La traduction italienne de l' Abrègd des transactions philosophiques est enrichie de dissertations d'Olivi sur les conferves infusoires, sur les coralines, sur la lave du Vésuve, etc. On trouve des notices sur ce savant naturaliste dans la Letteratura veneziana de Moschini, t. er, p. 21, et dans la Storia della letteratura italiana de Lombardo, t. 2, p
  • Joseph ORIENT( 1600 - 1747) : peintre de paysages, né sur la fin du 17e siècle à Buebach, près d'Eisenstadt, Disserlazioni varie ilaliane alla gloria ecclesiaslica apparI lenenti, Rome, 1780 dans la basse Hongrie, fut élève de Faistenber1 ger, sous la direction duquel il ne tarda pas à devenir l'un des plus habiles paysagistes de l'Allemagne. Epris dès sa jeunesse de la plus vive passion pour la chasse, c'est au milieu des forêts et des campagnes qu'il puisa cette connaissance vive et variée des phénomènes de la nature, qui contribue d'une manière si puissante à la vérité de ses tableaux. Il se servait, pour copier exactement les sites qu'il voulait peindre, d'une glace un peu convexe, derrière laquelle il appliquait une couche de noir. La facilité que ce procéda; lui donna pour représenter tantôt le fond d'une forêt, .tantôt une plaine d'une vaste étendue, tantôt un site pris à vol d'oiseau, lui permit d'imiter avec succès les ouvrages des premiers artistes hollandais en ce genre. On n'estime pas moins les tableaux dans lesquels il a recherché la manière du Guaspre, dont la galerie du prince de Lichtenstein lui offrait les plus beaux modèles. Un des sujets qu'il traitait le plus volontiers c'étaient des Orages et des Coups de vent. Quelquesuns de ses paysages représentent des forêts dont la cime est courbée par la tempête; le ciel est voilé d'épaisses vapeurs ; on voit la pluie tomber à torrents, mais des échappées de lumière font pressentir la lin de la tourmente. Le pinceau séduisant de ce peintre se plaisait à rendre également ou les montagnes escarpées du Tyrol , couvertes de sombres sapins, ou les bords sinueux du Rhin, bordés de roseaux. Il ressemble quelquefois à Breughel et à Savery ou à Sachtleveen et à Grillier. Mais, quel que soit le maitre qu'il imite, il est toujours piquant par quelques beautés originales. Ses compositions sont vastes et riches, et les différents plans y sont parfaitement sentis et déterminés. Sur la fin de sa vie, cependant, il laissait apercevoir un peu de manière dans le feuillé des arbres de ses premiers plans. Au commencement, c'était lui qui peignait les ligures qui se trouvent dans ses tableaux de petite dimension ; mais comme il les peignait avec difficulté, et que d'ailleurs il sentait que c'était la ripartie faible de ses ouvrages, il prit le parti d'en confier l'exécution à Ferg, à Janneck, à Querfurt et à Canton . C'est à Vienne qu'Orient a exécuté le plus grand nombre de ses ouvrages. • Ce peintre a formé plusieurs habiles élèves, parmi lesquels on remarque Ferg, Lauterer et Thurner. Son portrait a été peint en grand et en petit par Janneck. Il mourut à Vienne le 17 mars 1747
  • Joseph OUDEAU( 1607 - 1668) : l'un des premiers prédicateurs qui aient cherché à corriger l'éloquence chrétienne des défauts dont l'avaient infectée le mauvais goût et l'imitation exagérée des orateurs profanes , était né à Gray en 1607. Sa reconnaissance pour les jésuites , ses premiers maîtres , le détermina en 1626 à entrer dans la société ; mais il ne voulut point s'y attacher par des voeux irrévocables. Après avoir professé pendant sept ans les humanités et la rhétorique, il se livra tout entier à la prédication avec un succès que ne justifient qu'en partie les sermons qui nous restent de lui. Il brilla tour à tour dans les principales chaires de Paris et de Lyon , et se retira sur la fin de sa vie à Besançon , où il mourut dans de grands sentiments de piété le 25 octobre 1668. On a de Joseph Oudeau 1° les Panégyriques des fondateurs des ordres religieux, avec une préface où il est traité de l'artifice du panégyrique, Paris , 1664 ; 2° l'Illustre criminel, ou les Inventions merveilleuses ( le la colère de Dieu dans la punition du pécheur, représenté par le roi Bal- thazar, Lyon, 1665 C'est un recueil de sermons pour l'Avent. L'auteur nous apprend qu'il y a travaillé pendant dix ans. 3° Panégyriques pour toutes les fêtes de la Ste- Vierge, ibid. , 1665 4° le Prédicateur évangélique, ou Discours pour tous les jours du carême, ibid ., 1667 ; 5° le Banquet d'Elie, ou les Merveilles de la table de Jésus, ibid., 1668 Ce sont des sermons pour l'octave de la fête du StSacrement W—s.
  • Joseph PAELINCK( 1781 - 1839) : peintre belge, né le 20 mars 1781 à Oostaker, , près de Gand. Après avoir suivi les cours de l'académie dans sa ville natale, il se rendit à Paris, où il eut pour maitre David, alors dans tout l'éclat de sa célébrité. Le jeune Paelinck traita - les sujets mythologiques , qui étaient à la mode à cette époque. Son tableau du Jugement de Pdris obtint à Gand le prix dans un concours qui avait été ouvert. L'artiste retourna dans sa ville natale , et il y dirigea quelque temps l'école de dessin ; mais bientôt il partit pour l'Italie, et il séjourna huit ans à Rome. Entre autres productions importantes qu'il y exécuta , on distingue deux compositions d'une grande dimension : Rome sous la domination Auyuste , et la Découverte de la vraie croix, œuvre destinée à l'église StMichel à Gand. Paelinck quitta enfin les bords du Tibre pour rentrer de nouveau en Belgique. En 1815, le roi des PaysBas le nomma peintre de la cour. Parmi les diverses toiles qu'exécuta alors cet artiste, on remarque, à cause de la délicatesse du pinceau, la Toilette de Psyché. Il peignit beaucoup de portraits : tous les membres de la famille royale posèrent devant lui. La mort le frappa à Bruxelles le 19 juin 1839
  • Joseph PASINI( 1696 - 1770) : né à Turin en 1696, embrassa l'état ecclésiastique , se livra de bonne heure à l'étude de la langue hébraïque et fut nommé bibliothécaire de l'université de Turin. Il avait le titre de conseiller du roi de Sardaigne et mourut à Turin vers 1770. Parmi ses ouvrages, nous citerons 1° De prœnpuis Bibliorurn linguis et rersionibus, Padoue , 1716 ; 2. Dissertationea seleetœ in Pentateuchnnt , 1722, in - ; 3. Grarnmatiees linguce sanetœ institutio , Padoue, 1739 ; ibid . , 1756 ; 4. Vorabolario 1737, 2 vol. dont il y a plusieurs éditions et un abrégé fait par l'auteur luimème; 5° Sto- ria del Nuoro Testansento, con aleune reflessioni more ed osserrationi , Turin , 170 ; Venise , 1751 ; Codiees manuscripti bibliotherce regice Taurinensis athenai per Zinguas digest**, Turin, 170, 4 vol. , fig.. Pasini eut pour collaborateurs de ce catalogue Antoine Rivautella et Fr. Beria. Malheureusement ces deux volumes offrent un trèsgrand nombre d'erreurs et la description des manuscrits laisse fort à désirer
  • Joseph PELLERIN( 1684 - 1782) : célèbre numismate, né à MarlyleRoi, près de Versailles, le 27 avril 1684, lit ses études à Paris. Au sortir de ses classes de philosophie , il apprit l'hébreu , le syriaque et l'arabe sous Pinsonnat , Henrion et Pétis de la Croix, tous habiles professeurs au collége royal. Indépendamment de ces langues savantes, qui, avec le grec et le latin, avaient fait la base de ses premières études, Pellerin avait aussi appris l'italien, l'anglais et l'espagnol. Ce fut même principalement à la connaissance de ces trois langues modernes qu'il dut son entrée en 1706 dans les bureaux de la marine, où il fut aussitôt employé à faire les traductions et les extraits de toute la correspondance du ministère dans ces trois langues. Une frégate du roi ayant, en 1709, enlevé de nuit à l'abordage une frégate espagnole venant de Barcelone et destinée pour Gènes, où elle devait débarquer l'archiduc d'Autriche, on saisit à bord plusieurs lettres chiffrées qui contenaient des choses secrètes fort importantes. Quoiqu'il semblât au premier que ces lettres ne fussent pas déchiffrables sans la clef du chiffre, Pellerin parvint à les lire en peu de jours. Les unes, en français, étaient pour la cour de Turin ; les autres, en italien , étaient pour la cour de Naples. Torcy, alors ministre des affaires étrangères, à qui l'on rendit compte de cet effort de pénétration du jeune employé, voulut le voir et l'entretenir en particulier, non seulement pour lui témoigner sa satisfaction, mais encore pour savoir comment et par quel procédé il avait pu opérer ce déchiffrement, ainsi que pour avoir des éclaircissements sur quelques endroits un peu obscurs des lettres italiennes. Le jeune Pellerin satisfit plei- nement le ministre sur tous ces points. Dès lors, Pontchartrain, secrétaire d'Etat de la marine, jeta les yeux sur lui pour en faire son secrétaire de cabinet, place qu'il occupait lorsque à la mort de Louis XIV la marine fut administrée par un conseil. Le comte de Toulouse, grand amiral de France, en étant devenu le chef, Pellerin, qui était resté attaché au secrétariat de ce conseil, eut, dans l'exercice de ses fonctions, le bonheur de plaire à ce prince, qui le fit commissaire de la marine en 1718, l'envoya servir dans les grands ports, et le destina en 1723 à aller faire l'inspection générale des classes de matelots dans tous les ports du royaume. Pellerin se disposait à partir pour cette mission, lorsque les conseils de la régence furent supprimés. Alors Maurepas remplaça Morville au département de la marine. Le nouveau ministre, qui avait besoin de s'entourer d'hommes de mérite, garda près de lui Pellerin et le fit commissaire général. 11 fut plus tard nommé premier commis de la marine, sous le ministère de Machault. Les talents, l'activité, la fermeté, et tout à la fois l'obligeance qu'il montra dans sa carrière administrative, lui avaient concilié l'estime générale. En 1745, les infirmités commençant à l'assaillir, il demanda et obtint une honorable retraite. Son fils, qui avait servi dans les grands ports de France, et qui avait fait plusieurs campagnes sur les vaisseaux du roi, fut admis à lui succéder dans le même emploi. Ce fut alors que, rentré dans la vie privée, et pour charmer ses loisirs autant que pour faire diversion à ses souffrances, Pellerin songea à lire, à expliquer, à mettre en ordre et à classer méthodiquement plusieurs médailles que sa place et ses relations pendant quarante ans avec les marins l'avaient mis à portée d'acquérir, d'abord par curiosité , ensuite par goût pour les monuments antiques. Des médailles samaritaines et phéniciennes, s'étant trouvées parmi celles qu'il avait recueillies, lui rappelèrent ses anciennes études des langues orientales; il fut enchanté d'avoir cette occasion de s'y livrer de nouveau ; il se remit également à l'étude du grec et du latin, pour pouvoir consulter les auteurs anciens dans leur propre langue et autant que possible sur les textes originaux. Tels furent l'origine et le motif de la magnifique collection de médailles qu'il forma pendant les quarante années à peu près qu'il vécut encore après s'être retiré des affaires. Les explications qu'il donna de ces médailles et les commentaires, la plupart trèslumineux, dont il accompagna ses descriptions. forment le fond et la matière de l'ouvrage qu'il publia, de l'an 1762 à l'an 1778, à Paris, sous le titre de Recueils de médailles de rois , peuples et tilles, etc., en 10 volumes y compris les Suppléments, lettres et additions . Avant Pelle- Pellerin avait une sorte de passion pour la numismatique. Ce zèle ardent s'était si peu refroidi avec les années, qu'étant plus que nonagénaire et aveugle il composa et écrivit lui- même, à l'aide d'un procédé fort ingénieux, le dernier volume de son ouvrage intitulé Additions, etc., qui contient la description de plusieurs médailles inédites extrêmement importantes, et entre autres celle d'Euthydème , roi de la Bactriane, à peine connu par quelques passages de Polybe. Notre vénérable antiquaire ne pouvait couronner plus glorieusement sa carrière numismatique que par cette précieuse médaille qui est encore unique à ce moment. Frappé de la haute importance de cette collection, le roi l'acheta en 1776 pour trois cent mille francs. De trente- deux mille cinq cents médailles dont elle se composait, suivant le procèsverbal de cession, il y en eut, en défalquant les doubles réservées pour des échanges, dixsept mille trois cent dix qui entrèrent dans les diverses suites du cabinet royal , ce qui en éleva la totalité à environ quarantequatre mille. Le roi consentit à laisser Pellerin jouir de sa collection jusqu'à sa mort, qui eut lieu à Paris le 30 août 1782. Il était dans sa 99e année. Son portrait, gravé avec la devise Animo maturus et œro, se voit à la tète du premier volume de ses Recueils. Un autre portrait, plus grand, le représente entouré de ses médailles les plus rares; celuilà est trèsrecherché
  • Joseph PALMIERI( 1674 - 1740) : peintre , naquit à Gènes en 1674. Orlandi le compte parmi les plus grands artistes de l'Europe. Cette louange peut paraître exagérée , à moins qu'elle ne se rapporte qu'aux tableaux d'animaux et de nature morte, dans lesquels il est vrai que Palmieri eut peu de rivaux. La réputation de ses tableaux était tellement étendue que la cour de Portugal voulut en posséder un certain nombre. Il faut avouer également que, dans ses tableaux d'histoire, il s'est montré un peintre spirituel et d'une belle magie de couleur , harmonieux et plein d'agréments dans ceux où les ombres n'ont pas passé au noir. Le coté par lequel il pèche est le dessin, quoiqu'il eût appris cette partie de l'art d'un peintre florentin qui paraît lui avoir donné d'excellents principes; il a su cependant les déployer dans son tableau de la Résurrection, que l'on voit dans l'église StDontinique de Gènes, et dans quelques autres de ses productions exécutées avec plus de soin et dans lesquelles les professeurs les plus habiles seraient embarrassés de rien reprendre. Palmieri mourut à Gènes en 1740
  • Joseph PARENT-RÉAL( 1768 - 1834) : ancien législateur et tribun, était né à Ardres, près StOmer, au mois d'avril 1768, Son père, qui avait servi dans la gendarmerie de Lunéville, voulait d'abord le faire entrer dans ce corps; mais le jeune ParentRéal se destina au barreau . Il termina au collège de SteBarbe , à Paris , ses études commencées à StOmer et chez les oratoriens de Boulogne. Le • 6 février 1790, il fut reçu avocat au parlement de Paris, durant les vacances extraordinaires qui précédèrent. la suppression de cette cour. Il en exerçait les fonctions à StOmer, lorsque , malgré son jeune âge et à la faveur de dispenses , il fut nommé secrétaire en chef de l'administration du district de Calais. Il conserva ce titre jusqu'en l'an 3, époque à laquelle il accepta les fonctions de juge de paix du canton d'Ardres. A l'installa- [ion du directoire exécutif, il devint successivement souscommissaire près de l'administration municipale de StOmer et près de l'administration centrale du département du PasdeCalais. Il déploya quelque rigueur dans ces fonctions et parvint à maintenir l'ordre par une proclamation énergique où il déclara « qu'il sévirait également contre les disciples de Marat et contre le cern-. 2" Du régime - municipal et de l'administration de département, Paris, 1820 ; 3° Notice nécrologique sur P.- L. Lacre- telle, membre de l'Institut, Paris, 1825 extrait de la Revue encyclopédique dont ParentRéal était un des collaborateurs ; 4° Questions politi- ques : de la pairie; de la loi électorale; des admi- nistrations municipales et de département ; des sociétés particulières s'occupant de questions politi- ques; de la peine de mort; du procès des anciens ministres de Charles X ; de la republique et des partis, Paris, 1830 On doit à ParentRéal la troisième édition du Pouvoir municipal de Henrion de Pansey , Paris, 1833 précédée d'une introduction de l'éditeur, qui avait publié aussi une notice nécrologique sur ce magistrat dans la Revue encyclopédique, avril 1829, p
  • Joseph PARIS-DUVERNEY : célèbre financier, était le troisième de quatre frères qui eurent une grande part à l'administration des finances sous Desmarets, le duc de Noailles et d'Argenson. L'aîné se nommait Antoine, le second la Montagne, et le quatrième Montmartel ',1. Ils étaient nés à Motus, dans le Dauphiné, où leur père tenait une petite auberge à l'enseigne de la Mon- tagne, dont le second garda le nom. Les frères Pàris furent assez heureux pour rendre un service important au munitionnaire de l'armée d'Italie , qui n'avait pas eu le temps de former es magasins; ils préservèrent ensuite le Daubiné des horreurs de la famine , en faisant rriver des blés de la Bourgogne qui en avait en ‘ bondance. Au lieu de leur témoigner la rocounaissance qu'on leur devait niais qu'ils ne demandaient pas, on les accusa de monopole ; et ils furent obligés, pour se mettre à l'abri des poursuites de l'intendant, de chercher un asile idans la capitale du royaume. Duverney entra giii service dans la garde royale; et ses frères trouvèrent de l'emploi dans les bureaux du munitionnaire de l'armée auquel ils avaient eu k bonheur d'être utiles. Leur bonne conduite leur mérita bientôt de l'avancement et la confiance de leurs supérieurs. En 1704, l'allié des Pàris, ayant été chargé de la direction des vivres de l'armée de Flandre, s'associa ses trois frères dont il connaissait le zèle et l'activité; et , triomphant des obstacles de tout genre occasionnés par la pénurie des finances et par les revers de nos armées, il pourvut à la subsistance éloigna momentanément des affaires les frères Paris, qui eurent beaucoup de peine à être liquidés de leurs créances. Cependant le duc d'Orléans s'occupait des moyens de réparer le désordre des finances et de combler le déficit occasionné par les dernières guerres. Le régent obligea les frères Pàris de se charger du bail des fermes; et dès la première année , ils en augmentèrent le produit de plusieurs millions, par le bon ordre qu'ils établirent dans la comptabilité ivoy. PAcciou), et par des opérations sa gement combinées qui tournèrent au profit de l'Etat, sans accroltre la charge des contribuables. Du, erney présenta au prince différents plans de finances qui reçurent son approbation . La plus importante de toutes les opérations dont les frères Pàris furent alors chargés est celle du visa, qui, en écartant tous les titres falsifiés ou usuraires, diminua la dette de l'Etat de trois cent trentesept millions, et raffermit le crédit ébranlé par la crainte d'une banqueroute. Mais l'Ecossais Law , ayant séduit le régent par son système , réunit le bail des fermes à la compagnie des Indes el s'opposa au succès des plans que les frères Pris avaient imaginés pour éteindre dans dix ans la dette de l'Etat. sans accroltre les impôts. Duverney pensa qu'il était de son devoir d'éclairer le régent sur les suites qui résultaient déjà de la confiance aveugle de ce prince dans les promesses de Law , et lui remit un mémoire dans lequel il prouvait qu'en moins de dixhuit mois li Ce fut alors que Duverney rédigea, de concert avec ses frères Traité des monnaies de France , depuis le commencement de la monarchie , 4 vol. ; — Traité des domaines du roi, depuis leur origine , 4 vol. ; — Traité des gabelles de Fronce, 4 vol. ; — Traite des rentes depuis François Pr, 9 vol.; — Traité des colonies frtinçoises , 1 vol.; — Traité des chan'« croie' ou stipprimres depuis 1689, 6 vol. ; Depouillentent des droits éta- bles soir les marchandises , depuis 1664, 4 vol. ; — Traité de l'origine des fermes , 1 vol. On doit en outre à Duverney une Histoire du système el du visa , 4 vol. la dette du royaume était augmentée de huit pour un. Le prince communiqua ce mémoire à Law; et celuici, furieux d'avoir été démasqué, fit exiler Duverney avec ses frères dans le Dauphiné. La chute du système qu'ils avaient prédite termina l'exil des frères Pâris; on se hâta de les rappeler pour les cônsulter sur les mesures les Plus propres à réparer le mal qu'ils n'avaient pu empêcher. Duverney conseilla d'assurer le payement des dettes réelles, et de recourir au visa pour tous les papiers du système , dont l'Etat ne pouvait être garant pour leur valeur fictive : en fut chargé avec ses frères , et ils s'acquittèrent, dit Voltaire, avec un talent prodigieux de cette opération de finances et de justice, la plus grande et la plus difficile qui ait jamais été faite chez aucun peuple . Dans le même temps Duverney pourvoyait aux différents services; et il se chargea de l'exécution des mesures adoptées par le conseil de santé, pour arrêter les progrès de la contagion dans les provinces méridionales. Il fournit de sa propre caisse les fonds nécessaires pour les médicaments et les vivres qu'on faisait passer dans la Pro- vence dévastée par la peste. Des services si im- portants méritaient des récompenses extraordi- naires : les frères Pâris reçurent des lettres de noblesse; et le cardinal Dubois fit créer quatre charges d'intendant des finances pour les quatre frères. Mais leur fortune rapide avait soulevé contre eux trop de passions basses pour qu'ils ne craignissent pas de leur fournir de nouveaux aliments. Duverney remercia le ministre , et lui demanda pour toute grâce de prier le roi d'écrire au pape, pour faciliter son mariage avec sa nièce . La découverte de cette intrigue indisposa contre Duverney le cardinal, qui prenait chaque jour plus d'ascendant sur son auguste élève. La disgrâce du premier ministre entraina celle de son protégé. Duverney fut accusé d'avoir conseillé l'établissement d'im- pôts qui déplaisaient moins en euxmêmes que par leur nouveauté; et l'on crut devoir éloigner de la cour les frères Pâris : ils furent exilés en 1726 , dans quatre endroits différents. Duver- La dette fut reconnue de près de seize cent tràite et un millions numéraire effectif en argent. ;2) Ce fut dans le moment où l'envie était le plus acharnée contre eux , que Crébillon eut le courage de dédier à Pâris l'aîné sa tragédie de Pyrrhus. ney se retira dans un village près de Langres, chez uni ami qui avait eu assez de courage pour lui offrir une retraite dans le malheur; niais, au bout de quelques jours, il fut arrêté dans cet asile et conduit comme un criminel à la Bastille, d'où il ne sortit qu'en 1728. Malgré un arrêt solennel qui le déclara innocent de toutes les préventions que ses ennemis avaient élevées contre lui , il fut renvoyé en exil , où il passa quelque temps , oecupé de mûrir et de développer divers plans qu'il avait conçus dans l'intérêt. de J'Etat. Le ministère sentit enfin la nécessité de rappeler un homme si digne de toute sa con - fiance; et, depuis 1730 , Duverney ne cessa d'être consulté sur toutes les opérations de finances les plus délicates. Ce fut lui qui fit adopter, en 1751, le projet de l'école royale militaire ; et il en fut nommé le premier intendant, avec le titre de conseiller d'Etat. L'activité qu'il avait conservée dans un âge avancé ne lui permettait pas de jouir tranquillement de la fortune qu'il avait acquise par d'honorables travaux. Il prenait part à toutes les grandes entreprises de commerce, et se plaisait à aider de ses conseils et de son crédit les négociations qui lui en paraissaient dignes. Duverney mourut le 17 juillet 1770. Comme il n'avait point eu d'enfants de son mariage , il institua son légataire le comte de La Blache, devenu fameux par son procès contre Beaumarchais, qui réclamait une somme de quinze mille francs , d'après un compte réglé avec Duverney, peu de mois avant sa mort . On attribue à Duverney un ouvrage estimable, Examen du livre intitulé Réflexions politiques sur les finances et le commerce, par de Tott , 1740, 2 vol. Voy. le Dia des anonymes, par Barbier). Le général Grimoard a publié les Correspondances du maréchal de Richelieu , de StGermain et de Bernis avec Duverney; on y trouve des matériaux utiles pour l'histoire. Jean PMUS DE MONT—MARTEL, frère cadet de Duverney, dont il partagea les travaux , fut nommé, en 172'2., garde triennal du trésor royal ; il devint banquier de la cour, et acquit, par ses talents et sa fortune, Une telle influence, qu'il fixait le taux de l'intérêt de l'argent , et qu'il était consulté sur le choix des contrôleurs généraux. On trouve une Notice sur sa vie, avec son portrait, dans la Galerie française, 1771. — Son fils , le marquis de Brunoy , héritier de son immense fortune, mais non de ses talents , n'est connu que par ses dépenses excessives et par son goût s gulier pour les céremonies religieuses. Ayant, diton , employé cinq cent mille livres pour une procession , ses parents demandèrent son interdiction et l'obtinrent, après des débats qui retentirent dans toute la France. Un anonyme a publié : les Folies du marquis de Brunoy, Paris, 2 vol. On doit à Luchet : Histoire de MM. Pcivis, ouvrage dans lequel on montre °minent un royaume peut passer , dans l'espace de cinq ans, de l'état le plus déplorable à l'état e plus florissant, 1776, petit Cet ouvrage, que Luchet assure avoir composé sur un Mémoire de Duverney, est écrit d'un style diffus et emphatique; mais il renferme quelques détails — PARIS DE MEYZIEU , neveu des précédents, sortit du service avec le rang de lieutenantcolonel, et obtint la promesse de la survivance de la charge d'intendant de l'école militaire. Il a publié une lettre sur cet établissement, Londres, 1755 et il a fourni au Dict. encyclopédique l'article qui concerne cette école. On lui attribue le Tremblement de terre de Lisbonne , pièce que, suivant l'abbé Laponie, il aurait rédigée avec Du Coin , sort secrétaire voy. ANDRÉ;. Meyzieu mourut le 6 septembre 1778. Il avait une riche bibliothèque dont le catalogue a été imprimé à Paris, 1779, in - 8". Si l'on en croit Peignot, la fameuse bibliothèque vendue publiquement à Londres, en 1791, et dont le catalogue publié sous ce titre : Bibliotheca elegantissima Parisina, est trèsrecherché des amateurs, aurait été formée par Pàris de Meyzieu
  • Joseph PARINI( 1729) : littérateur italien , naquit le 22 mars 1729 à Bosizio, dans le Milanais. Ses parents étaient pauvres ; il embrassa d'après leurs conseils l'état ecclésiastique; et, afin de pourvoir à ses plus urgents besoins, il se vit contraint de travailler pendant quelques années chez un avocat. Mais un penchant irrésistible l'entraînait vers la poésie; et il négligeait souvent Suarez et Barthole, pour ne s'occuper que de la lecture de Virgile, Ilorace, Dante, Arioste, et autres classiques latins et italiens. En 1752, il rit imprimer à Lugan quelques compositions anacréontiques, qui eurent de la vogue et le firent recevoir dans l'académie des Trasformati, où il eut occasion de se lier avec des auteurs déjà célèbres. D'autres compositions, non moins applaudies, l'appelèrent ensuite à l'Arcadie de Rome et à d'autres sociétés littéraires d'Italie. Ces succès, cependant, n'améliorèrent pas sa fortune; et il dut accepter l'emploi de précepteur, successivement, dans les nobles familles de Borromeo et de Serhelloni. Se livrant alors à son goût dominant, il étudia de nouveau le grec et devint un des premiers poètes et hellénistes de l'Italie. Il se distingua comme bon critique dans l'Examen qu'il publia en 1756, des Progrès des Lettres humaines, ouvrage de Bandicta , où cet auteur traite sans ménagement le P. Segneri. Parini prit victorieusement la défense de ce célèbre prédicateur contre les assertions hasardées de Bandiera. Le triomphe littéraire qu'il remporta quelque temps après sur le P. Brandi' ne s'obtint qu'aux dépens de sa délicatesse. Branda , dans son ouvrage De la langue toscane, avait justement critiqué Maggi , Tanzi et Balestreri, qui, avec un véritable talent poétique, se plaisaient à écrire dans le barbare et insipide dialecte milanais. Le P. Branda avait, en outre, été maître de Parini dans le collège Arcimboldi à Milan ; et ce dernier lui avait d'assez grandes obligations pour lui devoir au moins des ménagements. Cependant l'ouvrage qui établit la réputation de Parini fut un petit poème intitulé 11 Jlaitino , qui parut en 1763. A cette époque, le comte Firmian était gouverneur de la Lombardie autrichienne, où il faisait renaître l'es sciences et les arts . Déjà il avait accordé sa protection spéciale au marquis Beccaria, à Pierre et Alexandre Verri ,`voy. ces noins, et à d'autres littérateurs distingués, lorsqu'il voulut connaître l'auteur du Manin°, et lui confia la rédaction de la Gazette de Milan. Parini s'acquitta de ce travail avec succès, et donna lieu dans une occasion à une plaisante équivoque. A mesure qu'il écrivait, il plaçait la copie manuscrite dans une espèce de guichet, d'où l'imprimeur la tirait chaque fois qu'il en avait besoin. Son tailleur ayant passé devant ce guichet, et ayant besoin de papier pour faire des mesures, aperçut le manuscrit qu'il crut avoir été mis là comme au rebut ; il le coupa, sans s'embarrasser de ce qu'il contenait. Quand Parini apprit l'accident, ne pouvant pas se rappeler le contenu du dernier feuillet, qui était celui que le tailleur avait enlevé, et la gazette étant sous presse, il imagina d'y suppléer par la notice suivante, tout à fait de son invention, et qu'il mit sous la rubrique de Rome « Le saintpère Ganganelli , pour bannir à jamais le crime de la castration, « malheureusement trop répandu en Italie, or- « donne qu'on ne reçoive plus ni dans les églises, « ni sur les théâtres des Etats romains, aucun « chanteur qui ait subi cette opération infamante ; « il engage, en outre, tous les princes chrétiens a à promulguer cette même défense dans leurs « Etats. » Cette nouvelle supposée fut répétée par la gazette de Leyde et par les journaux fran-çais, de sorte que le pape en reçut des compliments publics des protestants, des catholiques, et surtout des philosophes. Alors parut, sur ce bref, une épître en vers, qui passa pour être de Voltaire, mais dont l'auteur était Ch. Bordes, de Lyon. Elle finit ainsi Aimez un peu moins la musique Et beaucoup plus l'huinanité. Malgré toutes ces félicitations, la castration n'a paru cesser que depuis l'entrée des Français en Parini en fut quitte pour voir démentir sa fausse nouvelle dans le Diario di Roma. Après la publication du Mottino, il mit au jour, à différentes époques, d'autres petits poëmes qui en sont la suite, tels que le Midi, le Soir et la Nuit, dont nous parlerons plus bas. Le comte Firmian, de plus en plus favorable à son nouveau protégé, lui confia la chaire de belleslettres et d'éloquence dans les écoles palatines ; et, après leur suppression, il lui conseiva le même emploi dans le collége de Brerae . Les leçons de Parini étaient trèssuivies, et il avait tous les moyens de s'en acquitter avec 'succès : clarté, précision, savoir, éloquence et désir de faire de bons élèves. Il remplit avec un égal honneur la chaire de beauxarts, qu'il obtint quelques mois après en conservant toujours la première. En 1776, il fut admis dans la société patriotique de Milan, qu'on venait de créer, et qui le choisit ensuite pour faire l'éloge de l'impératrice MarieThérèse . Parini en chargea un de ses amis « Quel éloge puisje faire de l'impératrice? disait- « il ; elle n'a été que généreuse ; donner aux « autres, c'est plutôt une politique qu'une vertu » Cette impertinence lui attira _quelques désagréments son Mécène, le comte Firmian, venait de mourir; mais, heureusement pour Parmi, la princesse MarieBéatrix d'Este, épouse de l'archiduc Ferdinand , gouverneur du Milanais , le prit sous sa protection. Quand l'empereur Léopold arriva dans la capitale de la Lombardie , il voulut voir Parini, lui lit un gracieux accueil, et le nomma préfet des études de Brera. Bonaparte, lors de son entrée à Milan; le nomma fun des officiers municipaux . Âgé de soixantesept ans, et affligé d'une cataracte à l'oeil droit, il eut la faiblesse d'accepter cette place. Cependant, il sut, par sa fermeté et sa prudence , comprimer les factieux, et épargner à la ville bien des malheurs : « On « ne gagne pas les esprits, disaitil, par la persé- « cution ; on n'obtient pas la liberté avec la cence et les crimes. On gouverne le peuple « avec du pain et de bons conseils ; il ne faut « pas le contrarier dans ses préjugés, mais les « vaincre par l'instruction , par l'exemple, plus « encore que par les lois. » Le chirurgien Buzzi lui fit habilement l'opération de la cataracte dont il souffrait depuis plusieurs mois ; et il reprit alors ses études avec la même assiduité qu'auparavant. Plutarque était un de ses auteurs favoris ; aussi l'appelaitil le plus honnête homme parmi les écrivains. Parini avait le jugement sain et le coeur droit et bienfaisant; il aimait une liberté raisonnable, et il condamna toujours les excès commis au nom de cette liberté qui n'est souvent qu'un prétexte aux diverses passions. Il se trouvait un jour à l'hôtel de ville , au milieu de gens dont il soupçonnait la probité un inconnu, étant venu présenter une requête, se tenait le chapeau à la main , et dans le ma tien le plus respectueux. Parini , qui l'avait reçu avec politesse lui dit : « Point de façon , mon « ami , couvrezvous la tète, et prenez garde à « vos poches. » Le général Despinoy ayant adressé des reproches amers et même des menaces aux officiers municipaux, Parini, qui était présent, dit en se tournant vers ses collègues « Peu s'en faut que Monsieur ne fasse remonter « nos écharpes jusqu'au cou , pour le serrer en- « core davantage au nom de la liberté. » Un furieux, qui se trouvait un soir au spectacle à côté de Parini , voulait lui faire crier avec d'autres énergumènes : « Mort aux aristocrates I » Parini répondit d'une voix forte : — « Mort à per- « sonne.... pas même à vous qui êtes un fac- « Lieux. » Un fanatique lui reprocha un jour d'avoir fait l'aumône à des Allemands prisonniers. — « Je la ferais, dit Parini, à un Turc , à « un Juif, à toimême qui ne la mérites pas. » Dans ces temps des troubles, il répétait souvent à un de ses amis « Etesvous aujourd'hui aussi honnète homme que vous l'étiez hier ? » A la rentrée des Autrichiens dans Milan, il eut à souffrir quelques persécutions ; elles lui causèrent une maladie de langueur qui le conduisit au tombeau. Il chercha dans la religion les consolations que le monde lui refusait, et il nourrissait, diton, sa piété par la vue des figures admirables du Cénacle de Léonard de Vinci: mais il ne put terminer la Dissertation qu'il se proposait de publier sur ce chefd'oeuvre . Il ne se coucha pas durant sa maladie ; et, une heure avant sa mort, il dicta au mathématicien Brambilla un sonnet improvisé sur la fragilité de la vie. Sentant les forces lui manquer, il se jeta sur son lit ; et, après avoir fait ses adieux à ses amis « Je me console, ditil, avec l'idée de la Divinité; « car je ne trouve d'autre règle pour la justice « humaine que dans la crainte ou l'espérance « d'un éternel avenir. » Ce furent ses derniers mots , et il expira aussitôt après, le 3 septembre 1799. Parini fut. un des meilleurs poCes lyriques de l'Italie : il avait un talent remarquable pour l'ode, ainsi qu'il l'a prou,é dans celles qui ont pour sujet la Chute, la Tempête, la Musique, la Nécessité, l'Auto- da- fé , la Guerre, etc. Il s'essaya avec succès dans la poésie dramatique, et donna, pour l'arrivée de l'archiduc Ferdinand à Milan, son opéra d'Asranio in Alba. Ce furent pourtant, comme nous l'avons dit, ses quatre petits poémes, la Matinée, le Midi, le Soir, la Nuit, qui établirent sa célébrité. On y trouve une satire de la vie que menaient les nobles milanais des . deux sexes. L'ironie est d'autant plus fine, qu'elle est soutenue par un style élevé et plein d'images. 'Il décrit leurs mœurs et leurs occupations dans. les quatre parties du jour, employées à leur toilette. à leurs visites , à leurs somptueux Il) Voy. le Cénacle de Léonard de Vinci, par M. A. Guillon 1811 Avantpropos , p. xvt r. repas, à leurs promenades, à leurs sociétés, jeux de hasard, spectacles, etc. On peut dire de lui ce que disait Voltaire de l'abbé Guénée, auteur des Lettres de quelques juifs.,. 11 mord jusqu'au « sang, en faisant semblant de baiser la main. » Si Alfieri a créé en Italie un nouveau style tragique, Parini s'en est fait un pour la satire, dans laquelle il s'est éloigné de la route tracée par l'Arioste, Salvator Rosa, Adimari, etc. Ses poënies sont écrits en vers libres non rimés, les plus difficiles de la poésie italienne. Frugoni , ayant lu la Matinée, dit : Je reconnais à présent que je n'ai jamais su faire de vers libres, moi qui c, et dédiées au censul Bonaparte. A la tète se trouve la vie de Parini , par l'éditeur , écrite d'un style diffus et prétentieux. line autre édition en 2 volumes parut à Milan en 1825, et les Opere scelle ont élé réimprimées plusieurs fois. Les Quatre parties du jour à la ville ont été traduites en français , Paris, 1776 une autre traduction a été publiée, Paris, 1811s existe un volume publié à Milan en 180'2 : Lettres de deux amis sur la vie et les écrits de Pariai. 13s.
  • Joseph PASTA( 1742 - 1823) : parent du précédent , né à Bergame en 1742, et mort en 1823 , fut protophysicien de Bergame et médecin du grand hôpital de la même ville. Ses principaux ouvrages sont : e De sanguine et sanguineis concretionibus per anatonzen intlagatis et pro causis morborum habitis quœstiones medicce, Bergame, 1786 ; 2n La tolleranza filosofica delle malattie, assurazioni medice pratiche, Bergame, 1788 Ce volume rontient encore 33 lettres d'Antoine Cocchi sur le même sujet. 3° Del corragio nelle malattie, Parme, 1792 traduit en français par Jouenne, Paris, 182'N, iii.-18; Della facoltà dell' opio nelle malattie veneree, Bergame, 1788 , i11-8° ; traduit en français par Brion, Lyon, 1816 5° Galateo dei medici, Rome, 1792 ; traduit en français par Bellay, sous le titre de Galatée des médecins , Lyon, 1798 de 70 pages. C'est un petit traité sur les devoirs des médecins. 6° Delle aque minerali del Bergamasco, Bergame , 1794 7° Dei bagni minerali di Trescorre , Bergame , 1806 8° La musica medica , Bergame , 1822 Joseph Pasta a encore publié en 1802 un éloge du célèbre Linné et un autre éloge de l'abbé Géroni , bibliothécaire de Bergame. Il est aussi l'auteur de l'ouvrage sur les écrits et la doctrine d'André Pasta , dont nous avons parlé dans l'article précédent
  • Joseph PATRAT( 1732 - 1801) : né à Arles en 173± ou environ, et mort le j juin 1801, embrassa d'abord la profession de comédien, puis celle d'auteur ; à ce dernier titre il a obtenu quelque succès. La liste de ses compositions dramatiques s'élève à cinquantesept, suivant sa famille. Nous sommes loin d'avoir pu nous procurer tous ses ouvrages; et cela vient sans doute de ce que Patrat les a donnés en divers pays. Voici la liste des pièces imprimées que nous connaissons : les lieux morts; — l'Anglais, ou le Fou raisonnable; — les Déguisements amoureux, ou la Résolution inutile; — le Présent, ou l'Heureux quiproquo ; — les Deux grenadiers on les Quiproquo; — l'Officier de fortune, ou les Deux militaires; -- l'Heureuse erreur; — l'Amour et la Raison, ou les Volontaires orléanais; — les illéprises par ressemblance; — Isabelle de Rosalro; — le Complot inutile ; — les Deux frères, imités de l'allemand ; — la Pension genevoise, ou l'Education , reproduite sous le titre de la Pension des jeunes demoiselles ; — François et l'alignai.; — les Alliants protées; — Jlirza , ou le Prtjugé de l'amitié; — Prologue ; — Honneur et indigence; — le Sourd et l'Aveugle ; — la Petite rusée; — Toberne, ou le Pêcheur suédois; — la l'engeance; — l'Orpheline; — la Féte du coeur; — l'Heureuse ressource, ou le Pouvoir du zele; — Il ne faut pas condamner sans entendre ; — l'Espiègle ; — le Répertoire, prologue ; — les Contre- temps réduits en un acte ; — le Déserteur retouché. Les pièces qui n'ont pas été imprimées sont : le Valet mal servi ; — Hennerdl de St- Méry; — la liarmesse, ou la Foire allemande; — Toilette et Louis; — Adélaïde de liirral; — le Point d'honneu•; — les Etrennes, ou les Débats des muses; — le Conciliateur à la mode, ou les Etrennes du public
  • Joseph PECCHIO( 1785 - 1835) : littérateur italien, naquit à Milan en 1785; après avoir étudié le droit à l'université de Pavie, il revint dans sa ville natale, et en 1810 il obtint la charge d'aideconseiller d'Etat pour les départements des finances et de l'intérieur du royaume d'Italie. L'établissement de la domination autrichienne dans la Lombardie amena sa révocation ; il mit à profit ses loisirs pour écrire un Essai historique sur l'administration financière du ci- devant royaume d'Italie de 1802 à 1814; on y trouve des renseignements utiles pour l'histoire de ce royaume éphémère. En 1819, il fut nommé membre de la Congregazione ou assemblée provinciale à Milan , mais en 1821, étant impliqué dans une tentative d'insurrection contre le gouvernement autrichien, il fut forcé de chercher un refuge en pays étranger. Il se rendit d'abord en Suisse, et passa bientôt en Espagne, où le régime constitutionnel venait de s'établir, amenant avec lui une agitation qui fascina Pecchio et qu'il retraça d'une façon animée dans un volume de lettres publiées en italien. En 1822, il se transporta à Lisbonne, où il . trouva également un nouveau gouvernement se substituant au régime absolu ; il peignit ce qu'il avait sous les yeux dans ses Lettere a lady C. O. dal Portogallo. Bientôt l'intervention armée de la France vint renverser toutes les constitutions qui étaient encore si jeunes dans la Péninsule; Pecchio resta dans le pays tant que les adversaires du despotisme purent s'y maintenir; il était à Cadix lorsque, dans l'automne de 1823, cette ville capitula ; il s'embarqua pour l'Angleterre avec d'autres émigrants, et vécut quelque temps à Londres. En 1825, le comité philhellène le chargea avec le comte Gamba de porter aux Grecs une somme de soixante mille livres sterling, fruits d'un emprunt qui venait d'être conclu. Après avoir remis ces fonds au gouvernement à Nauplie, Pecchio passa à Smyrne, et revint ensuite en Angleterre. Il écrivit une Relazione degli avvenimenti della Grecia, qui fut traduite en anglais, en allemand et en français. Après avoir successivement habité Nottingham et York, où il donnait des leçons, Pecchio épousa en 1828 une Anglaise qui avait quelque fortune, et il vint s'établir à Brighton, où il passa le reste de sa vie occupé de travaux littéraires, et où il mourut au mois de juin 1835. Parmi ses divers ouvrages, tous en italien, on distingue : Observations demi- sérieuses d'un exilé sur l'Angleterre, suite d'esquisses sur les usages et coutumes britanniques retracées avec entrain et fidélité; Vie d'Ugo Foscolo; Histoire de l'économie publique en Italie, Lugano, 1829 cet ouvrage, le plus important qu'ait écrit Pecchio, a reçu les éloges des juges lés plus compétents sur de pareils sujets. Plusieurs des écrits du réfugié italien ont été traduits en français, notamment ses Lettres écrites d'Espagne et de Portugal, mais l'intérêt qui s'y attachait dans leur nouveauté a disparu depuis longtemps. Pecchio laissa inachevée une Histoire critique de la poésie anglaise, dont il avait fait paraître en 1834 4 volumes et qui, inspirée par une critique sage et éclairée, n'offre cependant pas assez de mérite pour avoir produit une sensation un peu vive
  • Joseph PELLETIER( 1788 - 1842) : chimiste français de premier ordre, né à Paris le 22 mars 1788, mort dans la mème ville en 1842. Fils du chimiste Bertrand Pelletier. Joseph, marchant sur les traces de son père, étudia les sciences physiques et naturelles. Vivant sous les yeux de ce mentor éprouvé, il l'aida dans ses recherches, perfectionna ses observations, et fut bientôt en mesure de le dépasser par des découvertes qui perptueront sa mémoire. On lui doit celle de la plupart des bases salifiables végétales, parmi lesquelles plusieurs, telles que la quinine, sont devenues des médicaments universels. Le mémoire publié à ce sujet valut à Pelletier, de la part de l'Académie dès sciences, un prix de dix mille francs décerné en 1827, et de la part du gouvernement la nomination à une chaire de l'école de pharmacie de Paris. Peu avant il avait été reçu dans le sein de l'Académie de médecine nouvellement fondée. La croix de la Légion d'honneur et d'autres distinctions ne se firent pas attendre, de même que son admission dans diverses sociétés savantes françaises et étrangères. Comme membre du comité de salubrité publique, Pelletier a , pendant trente ans , mérité grandement de l'assainissement de Paris. Voici les titres de ses ouvrages : 1° Faits pour servir à l'histoirede l'or, Paris, 1816 ; 2° Examen chimique du lichen qui croit sur la fausse angosturc , ibid., 1817; 3° Recherches chimiques et physiologiques sur l'ipécacuanha , ibid., 1817; V Notice sur la matière verte des feuilles , ibid., 1817; 5° Mémoire sur un nouvel alcali, la strychnine, ibid., 1818; 6° Examen critique de la cochenille et de sa matière colorante, ibid., 1818; 7° Examen critique de plusieurs végétaux de la famille des colchidées • ibid., 1820; 8° Analyse chimique du quinquina, suivie d'observations médicales sur l'emploi de la quinine et de la cinchonine, ibid., 1821 Ce fut là le célèbre mémoire couronné. Découvert par Mutis et autres naturalistes colombiens, le quinquina fut d'abord employé tel quel contre les fièvres. Bientôt on reconnut que la vertu curative résidait dans un de ses principes chimiques, la quinine, tandis que l'autre, la cinchonine, avait beaucoup moins d'efficacité. Extrait de la racine du quinquina et uni à l'acide sulfurique, ce principe, sous la forme de sulfate de quinine, a beaucoup plus de vertu, en même temps que son emploi est beaucoup moins cher que celui de la racine dans son intégralité, dont les forêts, par suite des coupes trop fréquentes, menaçaient en même temps de disparaître entièrement. 9° Mémoire sur la brucine; 10° Mémoire sur la vératrine, etc
  • Joseph PIERMARINI( 1734 - 1808) : célèbre architecte italien, né à Foligno le de diamètre ; Ce travail fut l'objet de l'attention du célèbre mathématicien Boscovich , qui recommanda au père de Joseph d'envoyer son fils à Rome afin de se livrer sérieuse- ment à l'étude. Arrivé dans cette capitale, Pier- marini , qui atteignait déjà sa vingtième année, se consacra avec ardeur aux mathématiques et à l'architecture. Il étudia d'abord sous Poggi, ensuite sous Vanvitelli , qui conçut pour lui un vif attachement, et qui lui fournit les moyens d'acquérir une solide instruction pratique, chose facile sous la direction d'un maitre occupé sans relâche d'une foule de travaux. Lorsque Vanvi- telli se rendit à Naples afin de construire le palais de Caserta , il emmena avec lui Piermarini qui le seconda dans la direction de cette vaste entreprise. Plus tard Vanvitelli fut appelé à Milan afin de présider à la restauration d'un palais destiné à l'archiduc. Ferdinand : il se fit suivre de Pier- marini ; mais ayant d'autres travaux , il se contenta de tracer quelques dessins généraux , d'exposer ses idées, et il recommanda son élève comme fort en mesure de le remplacer. C'est ainsi qu'en 1769 Piermarini se trouva installé à Milan avec le titre d'architecte de l'archiduc et d'inspecteur général des bâtiments. L'académie des beauxarts à Brera ayant été instituée , il y fut nommé professeur d'architecture. Pendant trente ans, il fut constamment employé à Milan, et cette cité lui doit la majeure partie des édifices élevés durant cette période. Le théâtre de la Scala suffirait seul à la gloire de Piermarini ; il restaura et refit, en les embellissant, un grand nombre de constructions publiques ou particulières. On lui doit les palais Greppi , bloriggia , Lasnedi, Litta , Sannazari , Casani , la somptueuse et vaste façade du Palazzo Belgioso et l'une des façades du palais de l'archevêque. Le Monte de Pieta, le Monte Na- poleone, les Luoghi Pii, le Teatro della Canobbiana, la Porta Orientale, d'autres édifiées publics encore, attestèrent ses talents et son activité. Il dirigea aussi de grands travaux pour l'embellissement de la ville, tels que l'ouverture de plusieurs rues, celle de la Piazza del Tagliamento, la création presque entière du nouveau quartier appelé la Contrada di san Redegonda; le jardin public et les bâtiments qui en font partie furent de mème exé- cutés d'après ses plans. Il n'enferma point son activité dans l'enceinte de Milan, car il fut l'ar- - chitecte de l'élégante villa impériale à Monza, ainsi que de la villa d'Adda à Casano et de la villa Casani à Desio ; il compléta l'église de cette dernière localité. Après une longue et fort laborieuse carrière, il ressentit d'autant plus vivement le besoin du repos que les agitations politiques, les fréquents changements de domination lui avaient rendu le séjour à Milan à charge. 11 revint dans sa patrie et acheva ses jours dans la paisible cité de Foligno, se livrant constamment à ses études favorites et trouvant des distractions dans une importante bibliothèque qu'il avait formée et qui était riche surtout en ouvrages relatifs aux beauxarts. Il mourut le 18 février 1808. L'académie de Breta à Milan rendit hommage à sa mémoire en lui faisant élever un monument dans l'edifice qu'elle occupe
  • Joseph PLANCHE( 1763 - 1853) : professeur de rhétorique au collège Bourbon et conservateur honoraire de la bibliothèque de la Sorbonne, né à Paris en 1763, mourut dans la même ville à l'àge de 90 ans, le 19 mars 1853. Planche fut élève et professeur de la maison de SteBarbe dès les premières années de sa fondation ; il occupa plus tard avec éclat la chaire de rhétorique du lycée Bonaparte. il a puissamment contribué à ranimer et à vulgariser en France l'étude de la langue grecque ; c'est bien assurément son plus grand titre à la reconnaissance publique ; les travaux de ses devanciers étaient trop incomplets pour que le grec pût être facilement abordé dans les &cies. A une érudition profonde Planche joignait les qualités de l'esprit les plus vives; il versifiait aussi facilement en latin qu'en français. Il a cultivé jusqu'à ses derniers moments ses études favorites , et en lui s'est éteint, on peut l'affirmer, un des professeurs dont le nom s'est rendu le plus cher par de longs et d'illustres services. La vie du savant se résume dans l'énumération de ses ouvrages, c'est pourquoi nous nous bornons à offrir le détail de ceux de Joseph Planche. On a de lui : P Cours de littérature grecque, ou Recueil des plus beaux passages de tous les auteurs grecs les plus célèbres dans la prose et dans la poésie, avec la traduction fran-çaise en regard et une notice historique et littéraire sur chaque auteur, Paris, 1827-1829, 7 vol. ; 2° Nouveau cours de théines grecs à l'usage des colléges ; 12° la Politique de Plutarque, traduite du grec en français avec des notes littéraires, historiques et politiques, Paris, 1841, 2 vol. 13° les Carlovingiennes, couplets chantés dans les banquets annuels de la StCharlemagne au collége royal de Bourbon , Paris, 1827 ; no Dictionnaire du style poétique dans la langue grecque, avec la concordance des trois poésies grecque, latine et française, Paris, 1849
  • Joseph PLANTA-SUS( 1744 - 1827) : philologue et historien, fils du précédent, naquit le 21 février 17U dans le pays des Grisons, et fut, dès son enfance, emmené en Angleterre par son père, le révérend André Planta, qui exerça à Londres depuis 1752 les fonctions de ministre de l'Eglise réformée allemande. Après avoir fait ses premières études dans la maison paternelle , le jeune Planta alla les compléter dans différents colléges étrangers, d'abord à Utrecht, où il suivit les leçons du célèbre Saxius, qui parle de lui avec beaucoup . Il passa ensuite à l'université , et l'on en tira à part quelques exemplaires qui furent distribués aux amis de l'auteur. Nommé, après la démission du docteur Horsley, premier secrétaire de la Société royale , Planta en remplit les fonctions pendant vingt ans avec zèle et talent. En 1799 il succéda au docteur Morton dans l'emploi de premier bibliothécaire du Musée britannique et eut. souvent occasion de faire apprécier aux étrangers qui visitaient cet établissement la politesse exquise de ses manières et l'étendue de ses connaissances. Lorsque les empiétements de Napoléon menacèrent la république helvétique d'une ruine prochaine, Planta, mt1 par son amour du pays natal , composa en anglais une Histoire de la confédération helvétique depuis son origine, Londres, 1800, 2 vol. Cet ouvrage, fait d'après les autorités les plus imposantes, et surtout d'après la célèbre histoire de Muller, fut trèsbien accueilli du public et réimprimé en 1807, 3 vol. Après le rétablissement de l'indépendance suisse , en 1815 , l'auteur résuma son travail et fit avec les documents les plus nouveaux une histoire supplémentaire intitulée Tableau de la restauration de la république helvétique, Londres, 1821 Ses recherches historiques et ses nombreux emplois ne l'avaient pas empèché cependant de s'occuper de la bibliothèque confiée à ses soins ; car, convaincu de l'insuffisauce du catalogue des manuscrits cottoniens de Smith, il en avait, dès 1802, dressé un nouveau . Etant arrivé à un âge avancé, il résigna tous ses emplois, excepté celui de bibliothécaire, qu'il conserva jusqu'à sa mort, arrivée le 3 décembre 1827. Le Gentleman's Magazine lui a consacré une notice biographique
  • Joseph PLASSCHAERT( 1761 - 1821) : né à Bruxelles en 1761, de l'une des familles les plus opulentes de la bourgeoisie, lit de trèsbonnes études au collége de cette ville et fut admis fort jeune dans l'administration autrichienne comme auditeur. Il ne prit en conséquence aucune part aux révolutions qui éclatèrent dans son pays en 1789, Lors de l'invasion des départements frontières de la France par les armées de l'Autriche, en 1793, il fut employé dans l'administration que forma cette puissance sous le nom de Junte administra- tire des provinces conquises. Après les revers de la coalition, en 1794, et l'abandon des PaysBas, qui en fut la suite, Plasschaert se retira des affaires publiques et ne s'occupa que de littérature et de la conservation de sa fortune, qui dès lors était considérable. Ce ne fut qu'en 1801 qu'il parut vouloir se rattacher au nouveau gouvernement, et que, distingué par M. Doulcet de Pontécoulant, qui venait d'être nommé à le préfecture de la Dyle, il fut créé chef de ses bureaux, puis conseiller de préfecture, remplaçant souvent ce magistrat dans ses fonctioris, lorsqu'il était obligé de s'absenter. Il fut ensuite nominé membre du corps législatif, puis maire de Louvain, et il était sans doute destiné à de plus hautes fonctions , lorsque le gouvernement impérial tomba et que la Belgique fut séparée de la France. Alors il donna sa démission de maire, et parut décidé à vivre dans la retraite, où il composa deux brochures qui lui firent beaucoup de partisans parmi les libéraux. La première, intitulée Esquisse historique sur les langues considérées dans leurs 7- apports avec la civilisation et la liberté des peuples , avait pour but de démontrer l'impossibilité d'interdire en Belgique l'usage de la langue française dans les affaires de la justice et de l'administration. La seconde, intitulée Essai sur la noblesse, les titres et la féodalité , également remarquable par des opinions libérales et presque ré- volutionnaires, lui valut une grande popularité. Il fut alors nommé membre de la seconde chambre des états généraux , où il se rangea du parti de l'opposition , et vota d'abord pour l'abolition de la traite des nègres, puis contre le projet de loi sur le recrutement et contre le budget. Mais les fatigues du système représentatif altérèrent bientôt sa santé. Il donna sa démission en 1819. L'envoi qu'il en fit aux états de sa province fut à la seconde chambre l'objet d'une longue discussion , mais on finit par reconnaître la légalité de la marche qu'il avait suivie, et il alla vivre en paix dans ses terres. Il mourut à Louvain en 1821 et fut enterré en grande pompe
  • Joseph POCHARD( 1715 - 1786) : pieux ecclésiastique, né en 1715 à la Cluse, bailliage de Pontarlier, fut, à peine âgé de vingt et mi ans, nommé directeur du séminaire.de Besançon, position qu'il conserva jusqu'à sa mort, arrivée le 25 août 1786. C'est à lui qu'on doit la révision du Missel et du Bréviaire du diocèse de Besançon , imprimés par ordre du cardinal de Choiseul, et regardés comme des modèles en ce genre. Il a eu la plus grande part à l'ouvrage intitulé Méthode pour la direction des cimes dans le tribunal de la pénitence, et pour le gouvernement des paroisses . Cet ouvrage , imprimé pour la première fois à Neufchâteau , cii 1772 , par ordre de l'évêque de Toul , à l'insu des auteurs , a eu une foule d'édi- tions qui prouvent son utilité. Celle de Besançon, 1817, 9.‘ vol. est précédée de l'éloge historique de Pochard , par M. R... , ancien curé de LonsleSaunier, et ornée en outre du portrait trèsressemblant de ce vénérable ecclésiastique , gravé à l'eauforte, par M. Borel, directeur de l'école de dessin de Besançon. Cet éloge avait été inséré dans le Journal ecclésiastique de l'abbé Barruel , mai 1788
  • Joseph PORTA( 1520 - 1570) : peintre, naquit à CastelNovo di Garfagnana en 1520. Resté orphelin en bas àge, il se rendit à Rome, où il entra dans l'écol,F du Florentin Fr. Salviati , dont il prit le nom par reconnaissance. C'est de là que lui vient le non. de Salviati le jeune, sous lequel il est souvent désigné. Son maître ayant été appelé à Venise par le patriarche Grimani pour peindre son palais, il le suivit dans cette ville, dont les agréments le séduisirent au point qu'il résolut d'y fixer sa demeure. La noblesse lui confia plusieurs travaux importants, entre autres la façade du palais des Priuli, à Trévise, qu'il orna de plusieurs figures allégoriques. Dans une des salles, il peignit la Manne dans le désert. Ce tableau , remarquable par la science du dessin, la beauté des nus et le naturel des attitudes, appartient encore à la manière qu'il s'était formée à Rome; mais dès cette époque il ne suivit plus que le style de l'école vénitienne. Il peignit à fresque la façade de plusieurs palais, et l'ouvrage qui lui fit le plus in II fut frappé d'une apoplexie foudroyante, au milieu de la rue, le 19 septembre précédent; comme il était seul et que les papiers qu'il avait sur lui n'indiquaient ni son nom ni son adresse, aucun des passants ne le reconnut, et il fut porté dans un corps de garde le plus voisin, puis dans un hospice, d'où l'on fit insérer dans le journal du lendemain son ,i2nalement avec l'indication de quelques lignes de grec et de latin, et d'une équation algébrique tracée au crayon dans son portefeuille. Ses parents de son absence, le reconnurent facilement à cette désignation ; et leurs soins prolongèrent de quatre jours son existence. Voy. les détails de ses derniers moments dans les Archives de Kcenigsberg , de 1811, n° 11, p. 213 en allemand. d'honneur en ce genre fut celle du palais Lore- dano , aujourd'hui détruite. La fameuse biblio- thèque de StMarc devait être décorée des pe des plus fameux maîtres du temps. Porta fut chargé de l'exécution des trois tableaux ronds qui se voient dans le sixième compartiment de la voûte. Dans le premier, il peignit le Courage qui méprise la Fortune; dans le second, l'Art et la Physionomie, Plutus et Mercure; dans le troi- sième, la Figure nue de la Guerre assise sur une pièce de canon. Cette dernière est surtout remarquable par la vigueur du coloris et la vérité des tons. Ces nombreux travaux , où il signala sort talent pour la fresque, ne l'empèchèrent pas d'orner de ses tableaux à l'huile plusieurs des églises de Venise. Les plus remarquables sont St- Cüme et St- Damien guérissant un malade, dans l'église de StZacharie, et surtout la Déposition de croix, que l'on conserve dans l'église de StPierreMartyr. Ces différents travaux ayant fait connaître Porta d'une manière avantageuse, il fut appelé à Rome par le pape Pie IV pour contribuer à l'embellissement de la salle royale du Vatican , commencée par Perino del Vaga , Daniel de Volterre et d'autres artistes également célèbres, sous le pontificat de Paul III. Il eut pour compétiteurs dans cet important travail les deux frères Taddeo et Frédéric Zuccaro , le Samac- chini et Fiorini de Boulogne; et quoique Vasari donne la préférence aux tableaux de Taddeo, le pape et toute la cour furent tellement charmés de l'ouvrage de Porta, qu'il fut question un moment d'effacer toutes les autres peintures de cette salle et de les lui donner à refaire. Il avait représenté Alexandre III donnant sa bénédiction à l'empereur Frédéric Barberousse au milieu de la place St- Marc, à Venise. Ce sujet lui permit de déployer sa science en architecture et le brillant de son pinceau. dans la peinture des costumes et des ornements vénitiens. Ce qui distingue cet artiste, c'est un mélange du Caractère florentin avec le coloris plus vif et plus saillant de l'école de Venise. Ce style plaisait au Titien , qui fut l'ami de Porta , et il lui mérita d'être choisi avec Paul Véronèse et les plus habiles artistes de Ve- nise pour décorer la bibliothèque de StMarc. 11 mourut dans cette ville en 1570, âgé de 50 ans seulement. Ayant fait une étude approfondie des mathématiques, il avait composé quelques traités sur divers points de cette science; mais dans sa dernière maladie il jeta au feu tous ses manuscrits, dans la crainte que quelque autre ne s'en fit honneur. Il n'était pas moins versé dans l'architecture. Enfin ce maitre s'est fait connaître comme excellent graveur en taille de bois. Les morceaux qu'il a exécutés en ce genre sont d'une excessive rareté. Les plus célèbres sont : un Christ en croix, cité par Papillon dans son Traité de la gravure en bois, et une Académie des sciences et des arts, belle composition décrite par Huber et Rost, et qu'il a gravée d'après son propre dessin. Le musée du Louvre ne possède qu'un seul tableau de Joseph Porta : c'est Adam chassé du pa- radis terrestre. Sort Enlèvement des Sabines a longtemps fait partie de la galerie du PalaisRoyal. André Zucchi et quelques autres Vénitiens ont gravé d'après ce maître, et Pierre Tanja a gravé le beau Christ mort que possède la galerie de Dresde
  • Joseph PRIESTLEY( 1733) : savant théologien et célèbre physicien anglais, né en 1733 à Fieldhead, près de Leeds, étaitfils d'un marchand qui professait la religion calviniste ou presbytérienne. • Doué de dispositions trèsheureuses, il s'appliqua d'abord, dans les écoles où il fut placé, à l'étude de diverses langues, et notamment de l'hébreu. Il montra du penchant pour l'arianisme et se pénétra dès lors de la lecture des ouvrages de Hartley, lecture qui eut de l' sur ses opinions. Au sortir de ses classes il obtint l'emploi de ministre d'une faible congrégation à Needham Market, en Suffolk, et trois ans après, un emploi pareil à Namptwich en Cheshire. Il se livra dès lors à l'enseignement de la jeunesse, et en même temps à des expériences de physique, science pour laquelle il avait conçu une sorte de passion , et où il a trouvé ses véritables titres à l'estime publique. Une grammaire anglaise, composée sur un nouveau plan en faveur de ses élèves, et qui est encore en usage aujourd'hui , le fit connaître comme auteur en 1761. Il y relevait dans les ouvrages de David Hume quelques incorrections de style que ce grand historien fit disparaître dans les éditions suivantes. Sur la renommée du savoir et des talents de Priéstley, les chefs de l'académie dissidente de Warrington le choisirent pour y enseigner les \langues. Il joignit bientôt à ses leçons des cours d'histoire et de politique générale; et plein des objets qui l'occupaient journellement, il confia au papier le fruit de ses méditations. De ce travail résultèrent son Essai sur le gouvernement, un Essai sur un cours d'éducation libérale, et ses Tablettes biographiques , dont l'idée et l'exécution ont été généralement approuvées . Un voyage qu'il fit à Londres l'ayant mis en rapport avec B. Franklin, Watson et Price, ces savants l'encouragèrent dans le dessein de donner une Histoire de l'électricité. Cet ouvrage parut en 1767. A la suite d'un exposé clair et bien fait de l'origine et des progrès de cette branche de la science, on y trouvait décrites plusieurs expériences nouvelles et ingénieuses, prémices heureuses de cet esprit inventif et pénétrant qui depuis a si fort distingué Priestley dans le domaine de la physique. Réimprimé plusieurs fois, traduit dans les lan4les étrangères, ce livre ouvrit les portes de la société royale à son auteur, qui fut par la suite attaché à presque toutes les académies des sciences. Après un séjour de sept années à Warrington, Priestley alla s'établir à Leeds; et cette translation donna une direction nouvelle à ses pensées. Mis à la tète d'une congrégation de dissidents, il reprit avec ardeur ses études théologiques; et la lecture d'un opuscule du docteur Lardner le rendit socinien. Un grand Chantreau a donné cette carte en français à la suite de sa traduction des Tables chronologiques de Jacq. Blair, 1795 Au reste la grande carte historique de Priestley n'est guère qu'une imitation de la Mappemonde historique publiée en France dès 1750 lvoy. BARBEAU DE LA BRUYÈRE). XXX1V. nombre d'écrits de controverse se succédèrent rapidement sous sa plume. IIeureusement cependant la théologie n'absorba point toute sou attention. Le moyen qu'il employait pour prolonger sans fatigue le travail, était d'en varier l'objet; et la physique ne fut pas négligée. Habitant dans le voisinage d'une brasserie, il se mit à examiner l'effet que produit, sur les animaux et sur la flamme de bougie, ce fluide gazeux qui s'échappe de la bière en fermentation, qu'on appelait alors air fixe, et qu'on nomme aujourd'hui gaz acide carbonique. Ses expériences le conduisirent à construire un appareil simple destiné à imprégner l'eau de ce fluide, appareil qu'il rendit public en 1771 Dans un mémoire , lu la même année à la société royale, et qui obtint la médaille de Copley destinée au meilleur travail de physique produit dans l'année, il annonça. entre autres découvertes, celle du gaz nitreux , et l'usage qu'il en faisait pour éprouver la pureté des airs différents. Après avoir reconnu que l'air commun vicié par la combustion, la fermentation, la respiration , la putréfaction, était constamment rétabli dans sou état naturel par fa propriété qu'ont les végétaux de lui rendre ses principes vivifiants, il parvint en 1.774, en appliquant la chaleur d'un verre ardent à des chaux de mercure, à obtenir pure et isolée cette portion, la seule respirable de l'air atmosphérique que les animaux consomment, que les végétaux restituent, que les combustions altèrent. Il la nomma l'air déph/ ogistiqué; c'est ce que nous nommons atigene, et ce que la chimie moderne a reconnu comme le principe de la combustion et de la respiration, ainsi que l'élément essentiel à presque tous les acides. Priestley prouva luinièrne , par ses expériences lues à la société royale en 1776, que l'oxigène agit sur le sang au travers des vaisseaux du poumon, et que c'est à son action qu'est due la couleur rouge du sang artériel. La théorie de Lavoisier se fonde principalement sur les expériences de Priestley et sur celles de Cavendish ; cependant Priestley ne voulut jamais l'adopter, et persista à soutenir celle du phlogistique , malgré les réfutations les plus péremptoires. Le succès qu'avait obtenu son Histoire de l'électricité lui donna l'idée de traiter sur le même plan celle de quelques autres sciences , et, en 1772 , il publia par souscription l'Histoire et l'état actuel des découvertes relatives à la vision, à la lunzière et aux couleurs Mais l'ouvrage ayant été froidement accueilli du public, ce contretemps lui fit tourner ses vues d'un autre côté. Après une résidence de six années à Leeds , il accepta l'offre que lui fit le comte de Shelburne de venir habiter près de lui eu Wiltshire à titre de bibliothécaire; mais le vrai but de ce seigneur, en se l'attachant, était de jouir de la société d'un homme instruit. Une position aussi avantageuse laissait à Priest- 45 ley assez de loisir pour ses occupations favorites. Ce fut là, en effet, qu'il étendit sa réputation comme physicien. Il augmenta de beaucoup la dissertation qui avait été couronnée par la société royale, et en dédia en 177,1 à lord Shelburne une seconde édition. 11 en a publié successivement six volumes, les trois premiers sous le titre de Expériences sur les clifirentes espèces d'air; les trois autres sous celui de : Expériences sur di, rentes branches de la philosophie naturelle. Dès l'apparition de ses premiers volumes, Priestley se vit comblé d'honneurs littéraires; heureux s'il n'eût pas été détourné de travaux précis , récompensés par des découvertes importantes, pour être lancé sans retenue dans les spéculations vagues de la métaphysique! En 1775, il publia un Examen. de la doctrine du sens commun, telle que la concevaient les docteurs Reid, & nui° et Osecald ; il y traitait ces savants avec une dédaigneuse arrogance dont il se repentit, diton, par la suite. Cet examen n'était que le prélude du dessein qu'il avait de mettre dans un plus grand jour la théorie d'Hartley sur l'entendement humain , ce qu'il effectua peu de temps après; mais les hommes sages lui surent peu de gré d'avoir rendu moins rebutante l'exposition d'un système aussi peu démontré qu'aucun autre, et dont un esprit faux peut tirer des conséquences dangereuses. Déjà il avait avancé publiquement la doctrine de la nécessité philosophique; ce fut dans une dissertation mise en tète de l'ouvrage d'Hartley qu'il commença d'exprimer quelques doutes sur la spiritualité de l'âme humaine. Accusé à cette occasion d'incrédulité et même d'athéisme, il n'en fut pas effrayé; il avait pour principe constant de soutenir sans ménagement ce qui lui paraissait la vérité, quels que pussent être les résultats d'une telle conduite. Il crut devoir faire un aveu plus positif de sa conviction d'une âme matérielle, et publia en 1767 ses Recherches sur la matière et l'esprit, où il donna l'histoire des doctrines concernant l'âme, et produisit hardiment le système qu'il avait adopté. Ce volume fut suivi d'une Défense de l'unitarianisme, ou de la simple humanité du Christ, en opposition à sa préexistence , avec une Défense de la doctrine de la Nécessité, On peut présumer que la défaveur attirée sur lui par ces écrits fut la cause du refroidissement que lord Shelburne lui témoigna vers ce temps. Ils se séparèrent peu après, mais sans éclat ; et, suivant une convention antérieure, Priestley toucha exactement, depuis ce jour jusqu'à sa mort, une rente annuelle de cent cinquante livres sterling. Il alla s'établir alors à Birmingham, déterminé sans doute par la facilité que ce séjour lui offrait de disposer d'ouvriers habiles pour la construction de ses appareils de physique, et par l'avantage d'y trouver réunis plusieurs chimistes et mécaniciens distingués, notamment Watt, Withering, Bolton et hier. Des amis de la science, qui partageaient aussi ses opinions religieuses, se cotisèrent pour subvenir aux frais de son nouvel établissement. On le choisit bientôt pour occuper une place de pasteur dans la principale église dissidente de la ville; et cette circonstance ramena plus que jamais son attention sur les matières théologiques. Il publia son Histoire des corruptions du christianisme et l'Histoire des premières opinions concernant Jésus- Christ, ouvrages qui le mirent vivement aux prises avec M. Badcock et le docteur Horsley. Il réclama avec beaucoup de chaleur, en faveur des dissidents, les droits qu'on leur refusait, écrivit jusqu'à vingt volumes pour proclamer leurs plaintes , n'obtint rien pour eux , mais se lit au moins regarder comme le plus habile et le plus. dangereux des adversaires de la religion dominante. Aussi étaitce une grande recommandation aux bienfaits du gouvernement que d'avoir combattu les opinions de Priestley; on dit que plus d'un ecclésiastique en fut récompensé par l'épiscopat. 11 disait assez plaisamment à cette occasion « C'est donc moi qui ai la feuille des bénéfices d'Angleterre! » Ses Lettres familières aux habitants de Birmingham exaspérèrent ses ennemis peut-être moins encore par le caractère des opinions qu'il exprimait, que par le ton de plaisanterie ironique qui y régnait. C'est ainsi qu'il s'était pour ainsi dire signalé luimême à l'animadversion populaire, quand la diversité .les opinions relatives à la révolution française vint augmenter l'irritation. On dut le supposer favorable à ce grand événement. Aussi les chefs de la république le proclamèrent citoyen français et membre de la convention , pour prix de la réponse en forme de lettres qu'il fit aux célèbres Réflexions d'Edmund Burke sur les suites probables de la révolution française. S'il ne put exercer les fonctions de conventionnel , il se para du moins toujours du titre de citoyen français, qu'il ne devait sans doute qu'à une méprise, puisque .l'écrit qui le lui procura est uniquement en faveur des dissidents anglais. Au contraire de ce qui se passait ailleurs, les émeutes à Birm menaçaient les révolutionnaires; mais ils n'en célébrèrent pas moins, par un banquet, l'anniversaire de la prise dt la Bastille le 14 juillet 1791. Le docteur Priestley évita de s'y trouver; on l'accusa cependant d'avoir provoqué cette bravade ; et la populace, après avoir détruit le lieu de réunion des convives , se dirigea vers sa maison, où tout fut, en peu de moments, la proie des flammes et du marteau. Il perdit en cette occasion une riche bibliothèque, son cabinet de physique, une foule de papiers précieux. Les maisons de plusieurs de ses amis eurent le même sort ; et le désordre dura trois jours. On fit une enquête, quelques dédommagements lui furent alloués; mais l'intérêt et la libéralité de ses admirateurs firent davantage pour le consoler de sa catastrophe. Etant allé à Londres, il obtint la place de ministre de la congrégation d'Hackney, que la mort de son ami le docteur Price venait de laisser vacante. La ressource, inappréciable dans toutes les fortunes, d'un goût vif pour l'étude, aurait pu lui faire oublier ses malheurs, s'il n'avait pas éprouvé aussi dans la capitale les mauvais effets de l'animadversion publique, qu'à la vérité son caractère n'était pas propre à adoucir. « Comment les préventions des Anglais, « dit un écrivain qui paraît impartial , auraient- « elles pu cesser, lorsque contre toute raison il « accusait les magistrats, le clergé, et même le « gouvernement de ce qui avait été commis par « une populace effrénée, et qu'il appelait du « peuple et des lois de l'Angleterre à des asso-« ciations étrangères ! » Priestley, harcelé dans son pays, résolut d'aller chercher le repos en Amérique. Il choisit sa résidence à Northumberland, ville de Pensylvanie ; et, voulant désormais se borner aux travaux du cabinet, il refusa une chaire de chimie qui lui fut offerte à Philadelphie. Les premiers temps de son séjour dans le nouveau monde furent moins heureux toutefois qu'il ne l'avait espéré : l'administration de John Adams lui témoigna de la défiance; mais il en fut autrement quand M. Jefferson occupa la présidence. Aussi lui dédiatil son Histoire ecclésiastique, à laquelle il travaillait depuis longtemps. Une maladie qu'il essuya en 1801, et que l'on a attribuée au poison , affaiblit extrêmement ses organes digestifs, et, de ce moment, il ne fit plus que languir. Son esprit cependant ne perdit presque rien de sa force et de son activité. C'est dans l'intervalle qui s'écoula depuis son dépérissement graduel jusqu'à mort, arrivée le 6 février 1804, qu'il composa, entre autres écrits : Jésus et Socrate comparés; et Comparaison des différents systèmes des philosophes grecs avec le christianisme. Quelques minutes avant d'expirer, il se fit transporter dans une chaumière. Il exprima jusqu'au dernier moment sa persuasion d'un état futur, où la punition ne sera que correctionnelle, et où les êtres raisonnables finiront par être tous heureux. Retraçons en peu de mots le caractère du docteur Priestley comme homme et comme savant. On est disposé à penser qu'il était naturellement bon et bienveillant ; il l'était même envers les animaux , ainsi qu'on peut en juger par la joie qu'il témoigna lorsqu'il découvrit que l'air nitreux pouvait, dans les expériences faites pour éprouver la pureté des différents airs, remplacer les petits animaux dont il causait à regret les souffrances. La constance de son amitié pour le docteur Price, malgré la différence de leurs opinions, et quoiqu'ils aient souvent écrit l'un contre l'autre, est honorable pour tous deux. On le trouvait habituellement doux , facile et modeste. Il n'était point jaloux, même de sa propre gloire; il lui suffisait que le bien se fit, n'importe par qui. Il est affligeant de voir la société humaine mise en péril par des hommes tourmentés d'un faux zèle philanthropique; mais cette inconséquence est assez commune. Comme physicien et comme chimiste , les talents de Priestley furent de premier ordre. Ses recherches et ses écrits ont beaucoup contribué à l'avancement de la science. Il sut d'abord trèspeu de chimie; et c'est à son ignorance sur ce point que luimême attribuait l'originalité de ses résultats; plus instruit, il se fût borné commodément à suivre quelque route tracée, au lieu qu'il fut obligé de s'en frayer une en redoublant les efforts de son esprit investigateur. « On peut « affirmer, dit Aikin, que la chimie pneumati-. » Le nombre de ses ouvrages, dans la liste donnée par Rotermund, s'élève à cent quarantecinq, et leur collection forme 70 volumes Parmi ceux dont nous n'avons pas encore parlé, nous citerons les Institutions de la religion naturelle et révélée, 1772-1774, 3 vol. ; des Notes sur l'Ecriture, 4 vol., et un grand nombre de morceaux insérés dans les Transactions philosophiques, dans le Monthly Magazine, le Medical Repository, le Journal de Nicholson, etc.; — Essai sur le phlogistique, traduit en français par Adet, Paris , 1798 ; — des Leçons sur l'histoire; — Leçons sur l'art oratoire et la critique. Ses Expériences sur les différentes espèces d'air ont été traduites en français par Gibelin , 1777, 9 vol. figures. Dans sa Réponse à luge de la raison, de Th. Payne, il se montre l'admirateur de Robespierre. Sa grammaire anglaise a été traduite en français par F'.M. Bayard, 1796 , Il) Zélé pour l'unitarianisrne, Priestley voulut donner à sa petite Eglise un culte , des prières et une liturgie. Ce fut l'objet d'un de ses écrits où il permet à chacun indifféremment d'administrer la cène. Il rédigea un journal Theological reposilory, 1777-1758, 6 vol. et il invitait à lui envoyer des recherches sur la religion. Quoique son christianisme se réduisit à peu de chose, il publia néanmoins des Lellres à un philosophe incrédule. Il adressa des lettres aux juifs pour les presser de reconnaitre JésusChrist pour le Messie, et écrivit contre Gibbon, contre les disciples de Svedenborg, contre l'Age de la raison de Th. Payne, contre Volney et son livre des Ruines, contre l' Origine des cultes, de Dupuis, etc.; chaque année voyait éclore de lui des ouvrages où il soutenait d'une main la révélation et l'ébranlait de l'autre. P—C—T. Ses lettres en réponse aux réflexions de Burke l'ont été également, 1791 On a publié en 1806 , en anglais , les Mémoires du docteur Priestley, 2 vol. continués jusqu'à sa mort par son fils Joseph Priestley; et Observations sur ses écrits, par Th. Cooper et Wm. Christie. Sa vie , par J. Corry. a paru en 1805 Son Eloyc historique a été lu à l'Institut en 4805 par l'auteur de cet article
  • Joseph PULAWSKI( 1705) : célèbre patriote polonais , l'auteur premier de la confédération de Bar, naquit vers 1705. Il était d'assez chétive noblesse, et les biens dont il hérita étaient grevés d'hypothèques et de procès qui en réduisirent considérablement le revenu. Heureusement il était doué à un rare degré de l'esprit des .affaires. Il parvint à rétablir les siennes, et ce qu'il y a de certain, c'est qu'il s'acquit graduellement une trèsbelle fortune et qu'il acheta la starostie Warka. Beaucoup de riches seigneurs au reste lui remirent la conduite de leurs procès et s'en trouvèrent bien. C'est ainsi que pendant un temps il eut pour clients les Czartoryski. Ceuxci , diton , eurent à se plaindre de lui , et ils lui retirèrent leur confiance avec des formes qui témoignaient un trèsvif mécontentement. De là peut-être la haine de Pulawski contre StanislasAuguste, qui, comme on le sait, était neveu des Czartoryski, et ses liaisons avec le parti des républicains . Dans l'interrègne du .1" octobre 1763 au 17 septembre 1764 , Pulawski se montra trèsopposé, mais sans caractère officiel, aux candidatures qui tenaient plus ou moins directement à la maison Czartoryski , c'est-àdire à celle d'Adam Czarto- ryski , à celle de son cousin Poniatowski , à celles d'Oginski et de Lubomirski , gendres des deux oncles de ce dernier. Quand, en 1767, se forma, sous le grand référendaire Podoski , la confédération des malcontents, dont le but tendait au renversement de Stanislas, et que Catherine, dans les commencements, favorisait en secret, il en fit partie à titre de nonce ; et quand plus tard cette réunion de cent quatrevingts confédérations particulières fut transférée de Radom à Varsovie, conformément aux ordres du prince Repnine, il l'y suivit. Mais déjà Catherine avait changé et ne voulait plus que Stanilas fût détrôné ; dès lors évidemment les coalisés de Radom , que leur séjour dans Varsovie tendait à soumettre aux russes, ne pouvaient plus guère espérer d'atteindre leur but. Aussi leur opposition aux idées de Repnine futelle flagrante dès l'ouverture de la diète de 1767. Pulawski, jusqu'à ce moment , avait à peine été remarqué de Repnine, qui , s'il en avait entendu parler, ne voyait en lui qu'un avocat, c'est-àdire un parleur. Cependant comme l'évêque de Cracovie, Getan Soltyk, le logeait dans son palais et lui témoignait grande confiance, il soupçonna que la dextérité de cet adroit légiste pourrait devenir redoutable. 11 chercha l'occasion de l'humilier. Un jour qu'il lui parlait, il se couvrit. Pulawski l'imite à l'instant. Repnine fait un mouvement pour le frapper, mais sans se livrer à cette première impulsion. Pulawski garda de cette entrevue un ressentiment profond , auquel du reste il n'avait pas besoin d'être excité. 11 continuait toujours ses services auprès de Soltyk , notamment pour les relations que ce prélat entretenait avec l'évêque de Kaminiec , le vénérable Krasinski , et avec celui de Kiev, JosephAndré Zaluski . On sait qu'il y avait entre Krasinski et ses deux collègues cette différence que ces derniers faisaient de l'opposition ouverte , tandis que celle de l'évêque de Kaminiec était sourde. Quand Soltyk et Zaluski eurent été enlevés pour être conduits en Sibérie, Krasinski devint le chef du parti patriote, et Pulawski, fidèle à la cause polonaise, se trouva un de ses agents directs. Mais il n'en subordonna pas plus ses vues à celles de l'évêque , et l'on aperçut toujours en lui l'homme de l'opposition avancée et téméraire. En effet, Krasinski ne voulait d'insurrection, de confédération , que lorsque les Russes auraient évacué la Pologne ; et, bien que ceuxci n'eussent aucune envie de s'en retirer, il était rationnel de penser que la peur d'une guerre avec la Porte devait les y amener . Mais Pulawski regardait ces ménagements comme inutiles et même comme funestes, d'une part à cause des pillages, des excès de toute nature sans cesse commis par les Russes en pleine paix, de l'autre parce qu'il pensait que, sous un prétexte ou sous un autre , les Russes perpétueraient leur séjour dans le royaume, peut-être enfin parce qu'il voyait dans l'insurrection de la Pologne contre les Russes le moyen le plus simple de mettre fin aux tergiversations du sultan, et de le déterminer à faire la guerre au czar en dépit de ses ministres vendus et de son moufti gagné aux vues de la Russie. Il résolut en conséquence de former une nouvelle confédération ayant le même but que celle de Radom, et il lui destina pour chef suprême et définitif le prince Radziwil, alors absent et proscrit, pour chef provisoire le comte Krasinski, frère de l'évêque. Ce comte avait de la fortune , de l'influence , du dévouement, un beau nom, et n'était pas difficile à gouverner Pulawski, même à la seconde place, n'en devait pas moins être l'âme de la confédération. Muni de quelques sommes d'argent, il quitta la capitale du royaume avec ses trois fils et son neveu, conjointement avec Krasinski , et se rendit à Léopol , dans la Russie polonaise . Dans cette ville , où chaque grand de la Pologne avait son hôtel, des hommes d'affaires et des régisseurs, il trouva beaucoup de faveur pour ses projets : l'archevêque seconda ses démarches; il y eut des dames qui engagèrent leurs bijoux pour concourir à la délivrance de leur patrie. Mais le commandant de Léopol était dévoué à Poniatowski. Il s'alarma de la présence simultanée de Pulawski , de Krasinski , et des allées et venues perpétuelles du premier. Les deux patriotes alors se dirigèrent vers la petite ville de Bar en Podolie , à cinq lieues de Kaminiec, à sept des frontières turques, et ils y posèrent les fondements de- la confédération de Bar . Le manifeste par lequel ils se déclarèrent ainsi en hostilité armée avec le gouvernement n'eut d'abord que huit signataires, dont les cinq Pulawski et Krasinski. Conformément à ce qui a été noté plus haut, ce dernier reçut le titre ostensible de maréchal de la confédération, tandis qu'en réalité les confédérés réservaient la suprême autorité à Radziwil et ne voyaient dans Krasinski que son substitut. Pour Joseph Pu- lawski, il fut chargé des fonctions de maréchal des troupes. Le but de cette confédération était, suivant les huit chefs, la rénovation de la confédération de Radom. Sur sa bannière était un aigle blessé avec ces mots , Aut vincere aut mori , et Pro religions et libertate. La religion, en effet, était aussi en cause. Pulawski crut aussi pouvoir, par une proclamation adressée au détachement russe de Winnicza, inviter les officiers de tout rang, livoniens, cosaques, etc., à faire cause commune avec les Polonais, comme alliés dans la foi. Aucun, on le pense bien, ne fut tenté de se rendre à cette invitation , et même, en fait de Polonais, les deux maréchaux ne virent d'abord sous leurs drapeaux que 300 hommes, dont moitié était venue des terres de Krasinski , et moitié des domaines de Pulawski. Mais ce premier noyau se grossit rapidement leur nombre monta bien vite à 1,200, à 2,000, et enfin à 8,000. Bientôt ils occupèrent le couvent, la for-. teresse et la ville de Berclichef ; mais vainement ils pensèrent à s'emparer de Kaminiec, ce qui eût ouvert les hostilités avec beaucoup d'avantage , et déterminé des adhésions en plus grand nombre, ce qui aussi aurait permis aux patriotes de se livrer moins fréquemment au pillage sur les terres des nobles non encore ralliés. La précipitation avec laquelle Pulawski avait levé l'étendard fut la cause principale qui empêcha ce résultat ; le célèbre comte Zamoyski , auquel il offrit la direction suprême et que même on regardait à la cour de Varsovie comme le moteur invisible de ce qui se passait à Bar, refusa de faire cause commune avec les insurgés; et l'évêque de Kaminiec improuva publiquement cette prise d'armes inopportune. Toutefois, puisque enfin c'était un fait accompli , il l'accepta et se mit immédiatement à visiter les cours de Dresde, de Vienne, de Versailles, pour les déterminer à seconder le mouvement des Polonais. Catherine, au contraire, jeta le masque : trèspeu de temps auparavant, elle avait donné ordre de retirer de la Pologne les troupes russes qui y vivaient à discrétion ; quand une fois la confédération de Bar eut donné le signal de la résistance armée, nonseulement Repnine reçut contreordre, mais encore sept régiments de ligne russes et 5,000 Cosaques arrivèrent avec une forte artillerie. Cependant ils n'attaquèrent pas pour commencer : ils se contentèrent d'avancer de plus en plus pour resserrer les confédérés et leur couper la communication des palatinats voisins. Ils manoeuvrèrent si bien en effet que les insurgés n'avaient plus les mouvements libres que du côté de la Turquie. Mais alors ceuxci marchèrent aux Russes et engagèrent plusieurs combats où force leur resta, et dont le résultat fut de rompre le cordon sur plusieurs points. C'est après ces premières escarmouches que Pulawski publia sa fameuse proclamation qui commence par ces mots : Enfin, grâce à vous , braves Polonais , , » Ces légers avantages, que l'attitude simplement défensive des Russes rendait plus frappants, devaient, réunis à la justice de la cause dont Pulawski venait de se poser le défenseur et à la nécessité pour la Pologne de se débarrasser de l'oppression russe si elle voulait exister comme nation , donner à la manifestation de Bar un immense retentissement. Le roi même, tout subjugué, tout surveillé qu'il était par Repnine, restait indécis et l'eût été encore bien plus si les confédérés eussent proclamé suffisamment haut qu'ils ne voulaient pas son renversement , mais sa délivrance. Le sénat. à plus forte raison, ne désapprouva qu'en termes modérés la levée de boucliers des Podoliens , et consentit à entrer en conférence avec les chefs des confédérés. Mokranovski, l'auteur même de la motion adoptée, partit accompagné de plusieurs commissaires pour s'aboucher avec eux. Ce résultat était grave , car en droit les hostilités étaient suspendues pour tout le temps que dureraient les conférences, et la confédération de Bar devenait légale suivant la vicieuse constitution de Pologne, qui autorisait en certains cas, et moyennant certaines formes , ces démonstrations armées. Les Russes, au mépris de l'armistice et , tombèrent sur les Polonais, leur tuèrent beaucoup de monde par surprise, saccagèrent Terespol et couvrirent nonseulement la Podolie, mais une foule de districts, de sang et de ruines, puis appelèrent les Cosaques Zaporovski pour achever leur ouvrage. Le bruit courut même que les trois fils de Pulawski étaient restés sûr un des champs de bataille pendant les petits engagements qui eurent lieu ; niais aucun ne périt. Tout l'acharnement que déployèrent les Russes dès ce moment n'empècha pas qu'il ne se formât sur l'entrefaite une deuxième confédération à Podhaicz, pour tout le pays de Haliez , sous le comte Marien Potoçki. Pulawski, sur sa demande et malgré la résolution sage, mais irréalisable, prise dans les premières assemblées, de se défier des grandes familles , lui fit accorder par les confédérés de Bar le brevet de régimentaire. Malheureusement les troupes de cette confédération furent mises en déroute par les Russes. Podhaicz tomba aux mains de l'ennemi, et Potoçki se vit réduit à chercher un refuge en Moldavie. Pulawski alla recueillir leurs débris. C'est en ce moment que 111 La proclamation, ou, si l'on veut, le manifeste, que publia Pulawski à cette époque, contient, au milieu de quelques puérilités déclamatoires el d'injures peu diplomatiques, soit contre la nation russe en général , suit contre Catherine en particulier, beaucoup de traits véritablement éloquents, et n'est pas absolument dépourvue de sagesse.
  • Joseph QUARIN( 1733 - 1814) : médecin célèbre, naquit à Vienne le 19 novembre 1733. Son père, méde- cm n distingué de cette ville, lui procura une excellente éducation. A l'âge de quinze ans, le jeune Quarin fut reçu docteur en philosophie, et à dixhuit ans, il obtint à Fribourg, en Brisgau , le grade de docteur en médecine. D'après l'invi- tation de Van Swieten , il se livra à l'enseignement , et il fit à l'université de Vienne, en 1754 et en 1756, des cours sur l'anatomie et la matière médicale. Il continua ensuite ses leçons à l'hôpital des frères de la Charité, dont il fut le médecin pendant vingthuit ans. En 1756, il fut nommé conseiller aulique et médecin inspecteur de la basse Autriche. Ce fut vers cette époque que Storck, son maitre, fit retentir l'Europe des succès qu'il prétendait avoir obtenus de la ciguë contre les affections cancéreuses. Quarin fit des essais sur ce médicament, et il en publia les résultats en 1761. Quelques années après, il donna au public un traité des fièvres, que suivit bientôt après son traité des inflammations. Ces deux ouvrages eurent un grand succès en Allemagne, et furent traduits en anglais et en italien. Peu s'en fallut que la carrière de notre médecin ne fût ici terminée : il fut atteint en 1772 d'une fièvre putride, qui mit sa vie dans le plus grand danger. II reçut à ce sujet, comme il l'a consigné dans ses écrits , des témoignages du plus vif intérêt de la part des habitants de Vienne , et il dut son rétablissement aux bons soins de Storck, son ami. Les travaux de Quarin lui avaient acquis une juste célébrité : l'archiduc Ferdinand étant tombé dangereusement malade à Milan, en 1777, Quarin y fut envoyé par MarieThérèse pour diriger son traitement ; il fut assez heureux pour rétablir la santé du prince, qui, par reconnaissance, le fit nommer son médecin. En 1781, Quarin reproduisit son traité des fièvres et celui des inflammations, réunis en un seul corps d'ouvrage. Emonnot en a donné une traduction française en 1800. Quarin étant de retour à Milan , l'empereur Joseph II le nomma médecin de l'hôpital général, et quelque temps après, son premier médecin. 11 profita de l'influence que lui procurait ce poste éminent pour perfectionner l'instruction médicale et améliorer le système des hôpitaux. Des écoles de clinique , qu'il établit, ont depuis servi de modèle à celles qui ont été formées en Italie et en France : il procura la fondation d'hôpitaux et s'occupa de surveiller leurs moyens de salubrité. Dans la vue de donner à ces établissements toute la perfection dont ils étaient susceptibles, il fit un voyage en France, en Angleterre, en Italie, pour visiter ceux de ces différents pays, afin de connaltre ce qui avait trait à leur économie, à leur assainissement et à leur administration. Les occupations nombreuses de Quarin ne lui permirent pas de continuer ses fonctions à l'hôpital général : il s'en démit en 1791 ; mais l'activité de son zèle pour tout ce qui intéressait l'exercice de sa profession ne se ralentit pas : il remplit six fois les fonctions de recteur à l'université, et il publia divers ouvrages sur la médecine et notamment ses Observations pratiques sur différentes maladies. Ce dernier ouvrage a été traduit en français par M. SteMarie, sous le titre impropre d'Observa- lions pratiques sur les maladies chroniques, 1807 Quarin jouit de son vivant d'une grande 1 réputation, et ses services furent honorablement récompensés. Les sociétés de médecine de Copenhague, Londres, Venise, Vienne l'admirent au nombre de leurs associés. Dans la dernière maladie de Joseph II, ce monarque ayant demandé à Quadri ce qu'il pensait de son état, celuici eut la candeur de lui répondre qu'il ne restait aucun espoir et que Sai\Iajesté n'avait que peu de jours à vivre. L'empereur lui sut gré de cette franchise ; il lui décerna le titre de baron et lui fit présent de mille souverains d'or . En 1797, Quarin reçut le titre de comte, et en 1808, le cordon de l'ordre de StLéopold. Son buste, exécuté en marbre en 1802, fut placé avec solennité dans la salle consistoriale de l'université. Ce respectable mé- decin est mort le 19 mars 1814. Les ouvrages de Quarin ont eu peu de succès en France : ils n'y ont guère été connus que par les traductions trop tardives d'Emonnot et•de M. SteMarie; ils sont remplis de vues pratiques trèssages ; mais ils pèchent par des divisions peu exactes et par des théories erronées sur les fièvres, théories qui régnaient. au moment où ils ont été publiés. En voici la liste : 10 Tentamina de eieuta, Vienne. 1761 ; 2° Methodus medendarum febrium, ibid., 1772 3^ ilethodus medendi mationes , ibid., 1774 ; 4° nouvelle édition de ces deux derniers ouvrages sous ce titre : Dc curandis febribus et inflammationibus commentatio, ibid., 1781 ; 5° Tractons de morbis oculorumDe entomia noxa et utili physico- medice consi- derata; 7° Considérations sur les hôpitaux de Vienne , en allemand , 1784; 8' Animadversiones practicce in diversos morbos , ibid., /786 L'auteur avait annoncé des observations sur la digitale et une pharmacopée, qui n'ont pas été publiées
  • Joseph QUER Y MARTINEZ( 1695) : botaniste espagnol , né en 1695 à Perpignan, y reçut sa première éducation et se livra à l'étude de la botanique, de l'anatomie et de la chirurgie. Il fut ensuite nommé chirurgienmajor d'un régiment espagnol , et resta , comme son père , attaché à son ancienne patrie , quoiqu'il fût devenu Fran-çais par la cession de sa ville natale à la France. Quer alla successivement herboriser dans les provinces orientales de l'Espagne, sur les côtes d'Afrique , où son régiment faisait partie de l'expédition d'Oran ; à Naples, en Sicile, où il fut nommé chirurgienmajor de plusieurs hôpitaux, et dans les autres parties de l'Italie, où il cultiva aussi la chimie. Revenu en Espagne en 1737, il s'établit chez le frère de son colonel, le duc d'Atrisco, devenu son Mécène. Il mit en ordre ses collections, et forma dès lors le projet de composer une Flore espagnole, pour laquelle il réunit encore dans son pays de nombreux matériaux. En 17U il revit l'Italie en qualité de chirurgienmajor de l'armée , et sut allier les devoirs nombreux de sa nouvelle place avec le commerce des naturalistes italiens et les excursions botaniques. Lors de l'attaque du camp de Viterbe par les Allemands, ne voulant pas quitter le duc d'Atrisco au moment du danger, il fut fait prisonnier, niais bientôt relàché après avoir été dépouillé de tous ses vêtements, ne conservant que son herbier, qu'il avait confié au trésorier général de l'armée. A la paix, il revint en Espagne par le midi de la France, où il vit Sauvages et Barrère. Accueilli par la duchesse d'Atrisco, devenue veuve, il profita de sa protection pour semer dans ses jardins les nombreuses graines que ses voyages. lui avaient procurées, ainsi que celles que de nouvelles excursions en Espagne lui rapportèrent et celles qu'il continua de recevoir de France et d'Italie. Il ne tarda pas à manquer d'espace , et alors il fit l'acquisition d'un jardin dans le voisinage, où en peu d'années il réunit plus de deux mille espèces. Cet établissement, le premier de ce genre qui fut formé en Espagne, accrut beaucoup sa réputation et répandit le goût de la botanique. Les succès de Quer donnèrent à Charles III l'idée de créer un jardin de botanique dans le potager du Prado ; mais ce projet ne fut mis à exécution que sous Ferdinand VI, en 1755. Les plantes cultivées dans le jardin de Quer firent le fond de celui du roi, et luimême en fut nommé le professeur. Les premiers progrès de la botanique en Espagne furent dus aux cours qu'il fit en cette qualité, à ses conversations avec les jeunes gens qui visitaient en grand nombre ce jardin, autant peut-être qu'à sa flore. Quer renonça dès lors presque entièrement à la pratique de la chirurgie , qui lui avait été trèsutile, et se consacra exclusivement à la botanique. Il avait précédemment visité l'Estramadure et la chaîne des Pyrénées, où il observa le lagopède et le chamois, dont le quatrième volume de sa Flore, p. 158, 513 et suivantes , contient des descriptions détaillées et intéressantes. 11 explora ensuite la vieille Castille et les provinces maritimes du nordouest. Au retour de ce voyage il s'occupa de la rédaction de sa Flore espagnole, et mit en ordre les matériaux qui devaient remplir les derniers volumes; mais il n'eut pas la satisfaction de terminer cet ouvrage. ll mourut d'une fièvre inflammatoire le 19 mars 1764. Avant Quer, la botanique était trèspeu cultivée en Espagne. Il convient luimême, et c'est aussi l'opinion de Rodriguez , que les Espagnols n'avaient aucun botaniste marquant à opposer à .ceux des autres nations. Laguna , moins naturaliste que médecin, n'était connu que par un commentaire sur Dioscoride. Hernandez, Garcias ab ITorto , Acosta , Monardès avaient fait connaître un grand nombre de plantes utiles des deux Indes; mais ils avaient trèspeu avancé la botanique. Jacques Salvador, contemporain et ami de Tournefort, était seul nommé avec distinction, quoiqu'il n'eût rien publié. Les plantes de l'Espagne n'étaient connues que par les herborisations ou les ouvrages de l'Ecluse, Tournefort, Ray, Barrelier et Ant. de Jussieu, Leeffling et d'autres étrangers. Quer fut le premier Espagnol qui publia un travail sur les plantes de son pays. Les quatre premiers volumes de son ouvrage parurent en 1762, sous le titre de Flora Espaitola, o historia de las plantas que se crian en Espaita, etc. Madrid , avec une petite dédicace au roi , une petite carte de la Péninsule et 188 planches. Le premier volume se compose : 10 d'une lettre du P. A.J. Rodriguez à Quer, sur l'état de la botanique en Espagne et la Flore de Quer; 2' d'un avis au lecteur annon-çant une suite de mémoires spéciaux qui n'ont point été publiés; 3° d'une introduction; 40 de la traduction espagnole de l'hagogé de Tournefort; 5° d'une analyse des méthodes botaniques. L'auteur les passe toutes en revue : il donne la préférence à celle de Tournefort, dont il est grand admirateur, et se montre fort injuste envers Linné, dont il critique les défauts sans parler des immenses services que ce grand homme avait rendus à la botanique. Le second volume contient un avis au lecteur, dans lequel Quer cherche à prouver, par de nouveaux faits et de nouveaux arguments, que le système sexuel est totalement dépourvu de fondement; un petit dictionnaire botanique; une liste des auteurs espagnols qui ont écrit sur l'histoire naturelle ; enfin le commencement de la Flore, dont les troisième et quatrième volumes comprennent la continuation. Les descriptions en sont fort détaillées, et elles sont accompagnées de tout ce que l'auteur a pu rassembler d'intéressant sur l'utilité des plantes et leurs propriétés chimiques. Cette flore est disposée par ordre alphabétique, ce qui l'a empèchée d'avoir tout le succès qu'elle méritait sous quelques rapports. Quer n'a tenu aucun compte de la réforme opérée par Linné dans l'étude de l'histoire naturelle, et ne cite sa synonymie que rarement et d'une manière incomplète. La cryptogamie y est omise presque en entier, tandis que les coraux, coralines, etc., y figurent parmi les plantes, Quer regardant encore la question comme indécise, quoique B. de Jussieu eût prouvé, vingt ans auparavant, qu'ils appartenaient au règne animal. Enfin dans cet ouvrage, qui n'est point un traité de matière médicale, les détails sur les propriétés sont hors de proportion avec la botanique pure. C'est ainsi, par exemple, que dix pages sont consacrées à l'aloès, vingt au bouleau , quarantedeux à la ciguë, etc. Ces défauts ne doivent pas empêcher de reconnaître les services rendus par Quer à la botanique, et c'est avec raison que Lceffling lui consacra le genre Querra, de la famille des légumineuses, qui fut adopté par Linné luimême. Ortega , continuateur de cette Flore, obligé de suivre le même ordre, a su du moins éviter quelquesuns de ces défauts. Les cinquième et sixième volumes parurent en 1784, Madrid avec le portrait de Quer et 24 planches. Le cinquième est précédé d'un éloge historique de Quer, d'où nous avons tiré les détails biographiques de la présente notice. Le quatrième se terminait par le genre Cornus; mais Quer avait laissé des matériaux jusqu'au genre Siun'. Ortega en profita , donnant toutefois moins d'étendue à l'exposé des propriétés et en retranchant les analyses chimiques. Il a également abrégé la synonymie , ne citant que Tournefort , Linné, quelquefois Laguna et un petit nombre d'autres, et il a trouvé le moyen de rendre la Flore utile en rapportant, dans un tableau de concordance, les genres de Quer aux classes de Tournefort. En un mot, la seconde partie de la Flore est fort supérieure à la première. Elle n'est pourtant pas exempte de défauts particuliers à Ortega. Ainsi la plus grande confusion règne dans les graminées, presque toutes rangées sous le nom général de ; gramm. Deux espèces d'eschara, T. , et cinq de / ithophitoa, T. , sont maintenues dans le règne végétal, quoique Ortega dise en note que ces dernières n'en font point partie. Il cite exactement la synonymie de Linné; niais il n'adopte aucun de ses genres. Enfin cet ouvrage, pour l'exposé des caractères génériques et les descriptions spécifiques, n'est nullement au niveau de la science telle qu'elle était à cette époque, et il est fort inférieur aux Décades du même auteur
  • Joseph QUIROGA( 1707 - 1784) : jésuite, naquit, en 1707. à Lugo, dans la Galice, d'une ancienne et noble famille. Dans sa jeunesse , il étudia les tnathématiques avec succès, fut admis à l'école de la marine et fit plusieurs voyages sur mer. Il prit ettsuite l'habit de StIgnace et sollicita de ses supérieurs la petmission de passer eh Amérique, pour y prêcher l'Evangile. Dans le mèrne temps, il reçut du roi d'Espagne, Philippe V, la commission de visiter la terre Magellanique, qui n'é- tait encore connue qu'imparfaitement; de s'assurer des ressources que le pays pouvait offrir, et de déterminer les points les plus propres à l'établissement de ports et de rades pour les bàtiments du commerce. Le P. Qùiroga , parti sur un vaisseau que commandait un excellent officier, se rendit d'abord à BnenosAyres. Dein de ses confrères, attachés à la mission du Paraguay, et dont l'un parlait la plupart des langues de cette partie de l'Amérique, lui demandèrent l'honneur de partager les dangers de cette expédition. Après avoir terminé les préparatifs de son départ, il mit à la voile de MonteVideo le 27 décembre 1745 ; et , porté par un vent favorable, atteignit sa destination sans aucun accident. Tandis que ses compagnons, escortés de quelques soldats, parcouraient à pied l'intérieur du pays, le père Quiroga , monté stir tine chaloupe, en visitait les côtes pour signaler lês rochers à fleur d'eau dont elles sont bordées, et pour déterminer avec précision l'étendue et les avantages des havres et des ports naturels qu'il reconnaissait sur sa route. Le résultat de ce voyage ne fut point aussi important qu'on aurait &I l'attendre du zèle du P. Quiroga. Ses compagnons , après s'être avancés jusqu'à quatorze lieues du détroit de Magellan, sans rencontrer aucun habitant, se virent pressés par le manque de vivres et obligés de gagner la côte, dont ils ne s'étaient pas trop éloignés. Les provisions du aisseau étaient presque épuisées, et on avait perdu l'espoir de les renouveler il fallut donc songer au retour; et le P. Quiroga arriva le 4 avril 1746 à BuenosAyres, trois mois et quelques jours après en être parti. Il s'empressa d'envoyer à Madrid les observations qu'il avait recueillies dans son voyage, et qui furent déposées aux archives de la marine . Peu de temps après, il fut chargé de tracer la limite qui sépare les provinces espagnoles des portugaises dans l'Amérique méridionale. Dès qu'il eut terminé tette opération importante, il revint en Europe, et se rendit à Rome, pour y exposer l'état des missions dans , a été imprimé parmi les pièces justificatives, dans le tome 3 de l'Histoire de Paraguay, par le P. de Charlevoix . On n'a de lui qu'un seul ouvrage impritné : Tratado del arte verdadero de nategar por circulo paralelo a la equinozial, 1784. ananuel Mendez , son neveu, qui fut l'éditeur de ce traité, annonçait la publication prochaine d'un opuscule latin de son oncle , dont il a donné l'analyse : De rotione inve- niendi longitudinem in mari, ope solis, lune planetaruni et stellartina fixarum; mais il n'a pas tenu sa promesse. On conserve à Bologne plusieurs manuscrits du P. Quiroga : sur la manière de connaître la longitude en mer par l'observation des taches du soleil, de la lune, des éclipses, dès satellites de Jupiter, et de la bonssole; — sur l'art de fabriee,È les boussoles ; — sur les ventilateurs; — sur le moyen de faire marcher les vaisseaux dans les temps Calmes ; — sur là construction de barques et de ponts d'une grande légèreté; — sur un moulin à vent dônt les ailes, placées horizontalement, ne petivent éprouver aucun accident par le changement subit de l'air; sur la construction d'oiseaux artificiels, etc. On peut consulter le sOppidtnent à la Bib. Soc. fest 1
  • Joseph RAABE( 1782 - 1849) : peintre et architecte allemand, né en 1780 à DeutschWartenberg, en Silésie , mort à Breslau le 10 janvier 1849. Homme d'une grande capacité, Raabe commença par étudier les sciences militaires dans l'école du génie à Berlin. Il arriva bientôt au grade de lieutenant dans l'étatmajor général prussien. En même temps , il s'occupa de pe à l'huile et en miniature, et fit quelques voyages en France et en Italie. Après avoir exposé à Berlin et à Breslau divers tableaux sur lesquels les connaisseurs rendaient un jugement trèsfavorable, il devint vers 1810 peintre de la cour de HesseDarmstadt, et en 1814 professeur de dessin et de peinture à l'académie de Bonn. Dès 1816, il était peintre de la cour de Saxe et membre de l'académie des beauxarts de Dresde. Ce fut pour elle que Raabe prit en Italie, dans les années 1818 à 1$24, une foule de copies des tableaux des grands maîtres, à la gouache et à l'huile. Vers 1840 enfin, il fut rappelé en Silésie et placé à Breslau comme professeur de dessin à l'école des beauxarts et d'architecture civile. Raabe a été un homme rempli de connaissances variées, et qui apporta en même temps dans l'exercice de l'art un goût trèspur et trèsdistingué. Parmi ses copies , on remarque la belle toile de la Madone et l'Enfant Jésus, par Bagnacavallo, de l'école romaine, copie exécutée en 1824 et si parfaite qu'elle tient parfaitement lieu de l'original et qu'elle passe pour un des grands ornements de la galerie de Dresde. Quant à ses propres compositions, nous relevons surtout une toile de vingttrois pieds de haut et de douze pieds de large, et représentant St- Pierre et St- Paul, de grandeur colossale. Dans les nues plane JésusChrist, avec le globe, ayant des anges à ses côtés. Les églises de StPierre, de StJean de Latran, le Colysée, etc., de Rome servent de repoussoir. Ce magnifique tableau se trouve dans l'église principale de NaumbourgsurlaQueiss . Une autre toile, qui est placée dans celle du village de Werthau , en Silésie , représente la Madone avec l'Enfant Jésus dans le trône des nues, auquel un paysage local sert de repoussoir. La galerie de Dresde renferme enfin de Raabe une certaine série de dessins et de peintures sur XXXV. l'Antique histoire de la Germanie et de l'Allemagne au moyen âge. On a en outre de lui beaucoup de paysages, tant d'après nature que de fantaisie
  • Joseph RADDI( 1770) : botaniste italien , naquit à Florence le 9 juillet 1770, de parents honnêtes, mais pauvres. Devenu orphelin de bonne heure, il entra comme apprenti dans le laboratoire d'un pharmacien. Son goût pour les sciences natu- relles ne tarda pas à se révéler , et il montra de si heureuses dispositions que son patron le prit en amitié et le fit connaître aux naturalistes les plus distingués, entre autres Octavien Targioni Tozzetti, professeur de botanique; Fabbroni, directeur du muséum d'histoire naturelle, et le docteur Attilio Zucca, préfet du même musée. Ce dernier le fit employer dans le jardin de botanique et voulut l'avoir auprès de lui pour l'aider dans ses travaux. Raddi n'avait alors que quatorze ans. Passionné pour l'étude des plantes, il parcourut plus de la moitié de la Toscane et forma un herbier trèscomplet de cette contrée. Ses travaux lui donnèrent bientôt quelque répu- tation, même à l'étranger, et il obtint du grand- cc Les romans infernaux de la noire Radcliffe o ont été réunies, en 1843, en 2 volumes petit M. LefebvreDeumier a consacré une notice à Anne Radcliffe dans ses Etudes biographiques et littéraires de quelques célébri- tés étrangères , Paris, 18;i4. Walter Scott a, de son côté, écrit la , vie de cette romancière. duc Ferdinand III un emploi honorable dans le musée de physique de Florence. En 1817, il fut chargé par le' gouvernement de faire un voyage scientifique au Brésil, et après un séjour de six mois dans ce pays, il en rapporta une riche collection de plantes et d'animaux. Le gouvernement français ayant décidé d'envoyer .en Egypte une commission, à la tète de laquelle se trouvait Chanipollion , afin d'examiner les inscriptions hiéroglyphiques dont cette partie de l'Afrique est si riche, le grandduc de Toscane profita de cette circonstance pour adjoindre quelquesuns de ses sujets aux savants français. Ce furent MM. Hippolyte Rosellini , professeur de langues orientales à l'université de Pise ; Gaétan Rosellini, son oncle, et Raddi , comme naturaIl' listes ; enfin MM. Alexandre Ricci et Angellini, comme dessinateurs. Partis au mois de juillet 1828, ils allèrent débarquer à Alexandrie et s'avancèrent jusque dans la Nubie. Après plusieurs mois de travaux et de courses pénibles, Raddi fut atteint d'une violente dyssenterie ; mais malgré les progrès du mal et les avis de ses amis, qui le pressaient de retourner en Italie, il ne voulut point interrompre ses recherches et remplit sa mission jusqu'au bout. Déjà il s'était rembarqué à Alexandrie pour revenir en Europe; niais il fut contraint de relâcher à Rhodes, où il succomba le 6 septembre 1829, laissant à ses amis le soin d'apporter en Italie les collections aussi nombreuses que variées qu'il avait faites. Le grandduc de Toscane conserva à sa famille, comme pension, le traitement dont il jouissait et acquit son herbier particulier pour le réunir à celui de Pise. Presque tous les écrits de Raddi ont été insérés dans des recueils, tels que les Actes de l'académie des sciences , les Mémoires de la société italienne, les Opuscules scientifiques de Bologne , le Journal de Pise, l'Anthologie de Florence, etc. Tous les ouvrages qu'il a publiés séparément ont rapport aux plantes cryptogames, dont il avait fait une étude particulière dès sa jeunesse. Ce sont 1. Selle specie nuove di fun ghi ritrorate ne' contorni di Firenze e non registrait? nella 13e editionc del sistema di Linneo. Florence, 1807; 2° Sulle specie num e rare di piante critto- game ritrovate ne' contorni di Firenze, 4808; 30 ilungermanographia etrusca , Florence, 1818; 4. le Crittogame Brasilia. , Florence, 1822; 5° Plantai- wu Brasiliensium nova godera et species nova' vel minus cognitœ, Florence, 1825, ire partie. Ce dernier ouvrage, le plus important de Raddi , est malheureusement resté incomplet. Il contient la description de cent cinquantesix espèces de plantes appartenant au genre des fougères et représentées dans quatrevingt dixsept planches. Raddi était connu des botanistes les plus célèbres de l'Europe, qui lui ont presque tous rendu l'hommage le plus flatteur dans leurs ouvrages. Le P. Léandre da Sacramento, professeur de botanique à RioJaneiro, a donné à une plante le nom de raddia ou raddifia, que de Candolle a conservé dans ses classifications. Raddi luimème n'avait pas été avare de cette sorte d'hommage envers ses amis, car on trouve dans ses écrits plusieurs genres de plantes nouvelles , classées SOUS les noms de fossombronia, corsinia, bellincinia , fabronia, pellia , reboulia , antoiria, olfersia, rhumhora, bertolonia, leandra, mallhi- sonia , macroceratides et schnella, qui toutes rappellent des hommes plus ou moins illustres dans la science
  • Joseph RAGUSA( 1560 - 1624) : jésuite , né à Giuliano, en Sicile, vers 1560, entra dans la société en 1575, ayant à peine quinze ans accomplis. Il enseigna la philosophie à Paris et la théologie à Padoue, à Messine, à Palerme. Il avait mis un ordre admirable dans ses occupations. Les heures en étaient réglées, soit pour la prière, soit pour ses différentes études, et cet ordre n'était jamais dérangé. Dans sa jeunesse, il s'exerça à la prédication, et son éloquence simple et persuasive avait un charme auquel il était difficile de résister. Ragusa gouverna quelques colléges en qualité de recteur, dirigea les études pendant plusieurs années et mourut à Palerme le 25 septembre 1624, à l'âge de 64 ins, après en avoir passé cinquante dans la société. Il a laissé : I. Commentaria ce Disquisitiones in tertiam divi Thom' partent, Lyon. 1619-1620, 2 vol. Dans le premier, il traite du mystère de l'incarnation ; dans le second, de NotreSeigneur JésusChrist per se, c'est-àdire de ejus unitate et officio. 2. De justificatione et pcenitentia , 2 vol. ; 3° De baptismo et eucharistia commentariunt in prirnam Secundce; 4° De nature et gralia, etc
  • Joseph RAFFAELLI( 1750) : jurisconsulte italien , naquit le 26 février 1750 à Catanzaro, en Calabre, d'une famille aisée. Après avoir suivi le cours de collége jusqu'en rhétorique, il alla étudier la philosophie à Naples, puis le droit, et, conseillé par Tanucci , il entra dans la carrière du barreau , à laquelle son mérite le rendait particulièrement propre. Il n'avait guère plus de vingt ans lorsqu'il plaida pour la première fois; ce fut pour une malheureuse qu'on accusait de sorcellerie. Son éloquence fut telle que nonseulement la prétendue sorcière fut acquittée, mais que le roi Ferdinand IV, ayant reçu de son ministre de la justice une copie du mémoire de Raffaelli , ordonna qu'il fùt inséré dans la Collezione delle scritture di regia giurisdizione, où il se trouve au tome 9, et que les tribunaux fermèrent dès lors l'oreille à toutes les accusations de cette espèce. Ce succès répandit rapidement le nom du défenseur, en sorte qu'il devint un des avocats de Naples les plus occupés. Recherché surtout par les administrateurs des communes qui avaient à se plaindre de l'empiétement des seigneurs, il prit, dans l'espace de peu d'années, la défense d'un nombre considérable d'entre elles. Compromis ensuite dans les événements politiques , il fut condamné à l'exil en 1799. Après un séjour de quelques mois à Turin, il alla se fixer à Milan, où il fut nommé en 1801 professeur de droit public , puis en 1805 membre des commissions législatives du royaume d'Italie. Dans l'intervalle, il avait publié le discours prononcé à l'occasion de l'ouverture de son cours et un ouvrage intitulé Progetto e motivi del nuovo codice. Ses emplois ne l'empèchaient pas d'exercer la profession d'avocat, et plusieurs de ses plaidoyers obtinrent un grand succès. Nous citerons les deux qu'il composa en faveur d'un musicien célèbre et des Polonais, plaidoyers qui furent imprimés et eurent différentes éditions en peu de mois. Rappelé à Naples en 1808 par le roi Joachim, Raffaelli fut fait chevalier de l'ordre des DeuxSiciles, puis nommé procureur général près la cour de cassation. Deux ans plus tard , il entra au conseil d'Etat, dans la section de législation, dont il devint ensuite président, et fut chargé de traduire en italien le code civil français. Son travail fut imprimé; mais il n'obtint pas l'approbation du gouvernement. Raffaelli fit en outre partie des com• missions établies pour l'élection de la nouvelle magistrature, pour l'exécution des lois qui abolissaient le régime féodal et pour la réforme des lois pénales. Le conseil d'Etat ayant été supprimé au retour des Bourbons, Raffaelli passa dans la commission consultative suprême, au conseil des grâces, et fut du nombre des jurisconsultes auxquels on confia la rédaction d'un nouveau code ; mais il renonça en 1819 à tous ses emplois,. et se retira dans sa maison de campagne, où il mit à exécution un grand ouvrage qu'il méditait depuis longteffips et pour lequel il avait réuni d'immenses matériaux. Nous voulons parler de la Nomotesia pende , qui, comme le titre l'indique, enseigne la science de faire de bonnes lois sur les délits et les peines. A défaut d'idées nouvelles , Ratraelli porta dans son travail beaucoup d'ordre, de clarté, sut éviter et rectifia même les principales erreurs de ses devanciers. On pourrait seulement lui reprocher d'avoir introduit dans son livre une foule de grt'cismes qui en rendent parfois la lecture pénible. Les cinq volumes qui ont été publiés ne contiennent que les trois premières parties, et il s'apprêtait à en donner la continuation lorsqu'il succomba en février 1826, à l'âge de 76 ans. Raffaelli était membre de l'académie italienne et de plusieurs autres sociétés savantes
  • Joseph RAULIN( 1708) : médecin , né en 1708 à Ayguetinte, dans le diocèse d'Auch , prit ses degrés à la faculté de Bordeaux et exerça d'abord son art à Nérac, mais avec assez peu de succès. Montesquieu , ayant eu l'occasion d'apprécier ses talents, engagea Raulin à s'établir à Paris, et il s'y fit bientôt connaître par des ouvrages qui décelaient un observateur judicieux et un habile praticien. Dès ce moment, il fut consulté dans tous les cas importants, et sa réputation s'étendit de la capitale dans toute la France. Nommé mé- decin ordinaire du roi et inspecteur des eaux minérales, il fut chargé par le gouvernement de rédiger (Efférents écrits propres à éclairer les jeunes praticiens et à répandre dans les campagnes des idées utiles. A des connaissances étendues dans toutes les branches de l'art de guérir, Raulin joignait toutes les qualités du coeur. Il mourut à Paris le 12 avril 178!1. Malgré les progrès que l'art médical a faits, la plupart de ses ouvrages peuvent encore être lus avec fruit, à raison du grand nombre d'observations neuves qu'il y a consignées, presque toutes fondées sur sa propre expérience ; le style en est d'ailleurs clair et concis, mais peu élégant. On en trouvera le catalogue dans le Dictionnaire d'Eloy et dans la France littéraire d'Ersch. Les principaux sont 1° Traité des maladies occasionnées par les promptes variations de l'air, Paris, 175'2 on doit trouver à la suite une Lettre contenant des observations sur le Toenia; 2° Traité des affections vaporeuses , ibid . , 1758 , in -12 ; 3° Traité des fleurs blanches, avec la méthode de les guérir, ibid., 1766 , 2 vol. ; traduit en allemand par Riederer, Nuremberg, 1793 1.t° De la conservation des enfants, ou Moyens de les fortifier et de les préserver et guérir des maladies , ibid., 1768, 2 vol. nouvelle édition augmentée, 1779, 3 vol. traduite en allemand, Leip- sick, 1769-1770, grand ; 5° Instruction suc- cincte sur les accouchements , ibid., 1769, 1770 ; traduite en allemand par FrançoisMatthieu Alix, Langensalza , 177`.'2 ; et Fulde, 1775 6° Traité des maladies des femmes en couche, 177! ; traduit en allemand par Burdach , Leipsick, 1773 ; 7° Traité analytique des eaux minérales , ibid . , 1772-1774 , 2 vol . 8° Parallile des eaux minérales de France arec celles d' Allemagne, ibid., 1777 ; 9' Examen de la houille, regardée comme engrais, ibid . , 1775 ; 10° Traité de la phthisie pulmonaire, 1782 ; 2° édit., 1784, 2 vol. C'est un des meilleurs ouvrages de Raulin ; il a été traduit en allemand par Grunmann , avec des notes de B. Ch. Vogel, Iéna, 1784
  • Joseph REDI( 1665 - 1726) : peintre, naquit à Florence en 1665 et fut élève de Gabbiani. Il se distingua surtout par la correction et l'élégance de son style et fut envoyé à l'académie florentine, que la libéralité du granddue Côme I LI entretenait à Rome, où Ciro Ferri et Carle Maratti le perfectionnèrent dans son art. A son retour, il orna de ses ouvrages les palais du grandduc et plusieurs églises de Florence. Ses compositions allégoriques décèlent un génie fécond et poétique. L'Angleterre possède de ce maitre plusieurs beaux ta- bleaux , tels que l'Apparition de César à Brutus, Cincinnatus nommé dictateur. et la Continence de Scipion. Redi peignait le portrait dans le meilleur st?le. 11 parcourut une partie de l'Italie pour y dessiner les restes les plus remarquables de l'antiquité. Ses dessins ont été par la suite gravés et publiés. Le czar Pierre, dans ses voyages, ayant eu occasion de voir quelques ouvrages de Redi , en fut tellement charmé que, de retour dans son pays, il envoya quatre jeunes gentilshommes à Florence pour qu'ils apprissent la peinture sous cet habile maitre et pussent introduire le goût des beauxarts en Russie. Lorsqu'ils revinrent à Moscou , l'empereur, extrèmement satisfait de leurs progrès, résolut d'ériger dans cette ville une académie de peinture et d'en confier la direction à Redi. Il lui offrit un traitement considérable pour l'engager à se rendre eu Russie; mais l'artiste fut retenu par les instances de ses amis. 11 mourut à Florence en 1726. Outre que son dessin est élégant et correct, sa couleur a de la suavité et offre un heureux mélange des qualités de Carle Maratti et de Ciro Ferri. Ses poses sont bien choisies, et ses portraits expriment à un haut degré le caractère de ses modèles. Enfin, dans toutes les parties de son art, il montre une imagination féconde, une grande liberté de main et une entente particulière de la composition
  • Joseph REED( 1723 - 1787) : auteur dramatique anglais , naquit en 1723 à Stockton, surie Tees, dans le comté de Durham. Son père était cordier et ses ancêtres, depuis trois générations , n'avaient su, ditil ;luimême , ni lire ni écrire. Après avoir fait quelques études, il fut destiné à suivre la profession paternelle. Dominé par un goût vif pour la litté- rature dramatique, i! eut cependant le bon esprit de subordonner son penchant à son intérêt. Aussi fitil dans sa profession une fortune considérable. Il avait déjà publié en 1745 une comédie intitulée le Galant suranné, composée à dixneuf ans, et un poëme sur la mort de Pope, lorsqu'il vint s'établir près de Londres. Ayant confié en 1658 sa comédie intitulée le Bureau d enregistre- ment à Foote, qui lui avait promis de la faire représenter, celuici , dont la conscience était fort peu timorée, trouvant dans cette pièce un rôle à sa convenance, ne fit point de difficulté de s'en emparer, pour l'introduire, quatre années après, dans sa propre comédie du Mineur. Reed, indingé, rechercha la protection de Garrick , mais avec si peu d'adresse qu'il s'en fit un nouvel ennemi. Sa pièce néanmoins fut jouée et applaudie; mais la représentation fut précédée et suivie d'une foule de tracasseries. Les mêmes embarras se renouvelèrent à l'occasion de sa tragédie de Didon, et le public l'en vengea également par l'accueil qu'il fit à cette production en 1767. Tom Jones, opéra qu'il donna en 1769, eut encore plus de succès. Son dernier ouvrage dramatique, joué en 1776, a pour titre : les bnpos- leurs , ou Remède contre la crédulité. Le sujet est tiré du roman de Gil lilas. Après s'être à diverses reprises brouillé et réconcilié avec Garrick, leur liaison se rompit encore, et cette fois ce fut sans retour. Cependant, dans la querelle virulente qui s'éleva entre le Roscius anglais et l'irascible kenrick , Reed se prononça noblement en faveur du premier, et même avec tant de chaleur, que les lettres qu'il publia dans ce démêlé furent attribuées à Garrick lui - même. Joseph Reed mourut le 15 aoùt 1787. On a aussi de lui : le Guide du nzarchand, espèce de Barème, 176'2 , fort usité en Angleterre ; des tragédies burlesques et divers pamphlets
  • Joseph RESSEL( 1793 - 1857) : ingénieur allemand de premier ordre, né à Chrudim dans la Bohème en 1793, mort à Laybach en Carniole dans la nuit du 8 au 9 octobre 1857 .11 était, depuis l'an 1820, placé à Trieste dans l'administration des forêts de la marine , où il arriva au rang d'intendant. C'est le premier inventeur, par ordre de date, de l'hélice à vis, appliquée à la navigation des bateaux à vapeur. Il inventa son hélice de propulsion dès 182li ou 1825, et obtint un privilège le 11 février 1827, de la chambre des domaines de Vienne. Pour perfectionner sa découverte, en même temps que pour l'appliquer en grand, il vint en 1829 à Paris, où il trouva des encouragements , mais intéressés. Après s'être laissé arracher son secret, sans en toucher la récompense, il rentra découragé dans sa patrie. On ne sait pas trop ce que devint son invention à Paris. Sauvage , qui obtint son privilége eh 1832, a, pat une singulière ressemblance, eu le mède malheur que Ressel; étant mort dans un état misérable , il n'en a pas davantage recueilli les fruits. 11 en fut autrement en Angleterre. Un fermier anglais un peu lettré, nommé Smith, et qui faisait son passetemps des études mécaniques, reçut en 1835 un privilége de son gouvernement et construisit en 1836 un bateau à vapeur mù par une hélice à vis, qui étonna tout le pays. Le gouvernement autrichien , qui reconnut trop tard la faute d'avoir laissé Ressel porter son invention ailleurs, s'adressa en 1852 à celui d'Angleterre, pour demander, au nom de son intendant des foréts, le prix proposé par eamirauté britannique pour l'inventeur ou les inventeurs de la Vis de propulsion. Mais le gouvernement anglais, sans Cependant l'avouer, voulut en faire une affaire de patriotisme local. Après avoir fait attendre sa réponse pendant six ans, il répondit, quelques mois après la mort de Bessel, an gouvernement autrichien, que le prii ayant déjà été donné, il n'y avait plus à y revenir. Ressel a fait quelqties autres inventions, qui sont également tombées dans l'Oubli, farde d'encouragement au moment favorable
  • Joseph REYRE( 1735 - 1812) : né à Eyguières, en Provence, le 25 avril 1735 , fit ses études au collège des jésuites d'Avignon, et, aussitôt après les avoir achevées, entra dans leur société. Dès que son noviciat fut terminé, on l'envoya professer au petit collège de Lyon. Il passa de là au pensionnat d'Aix, dont il fut nommé préfet. Résolu de se consacrer au sacerdoce, il retourna sur les bancs étudier la théologie, au collège d'Avignon, et fut ordonné prêtre le 28 juin 1762. Les circonstances avaient fait hàter son ordination et celle de plusieurs autres de ses confrères. La société des jésuites touchait à la fin de son existence en France, où elle fut supprimée par arrêt du parlement de Paris le 6 août 1762 ; mais elle continua d'exister dans le Constat. En faisant ses voeux de profès, Reyre fit aussi celui d'aller précher la foi aux idolàtres , si ses supérieurs le lui ordonnaient. Un panégyrique de StPierre d'Alcantara, prononcé à Carpentras , et une Oraison funèbre du Dauphin, prononcée à Avignon, furent ses débuts dans la carrière de la chaire. Lors de l'occupation du Comtat par les armées françaises, Reyre se retira au sein de sa famille, mais n'y resta pas oisif. Il s'occupa de quelques ouvrages, et surtout de sermons; il eut bientôt composé un Avent et un Carême; et ce fut avec succès qu'il prêcha successivement à Arles, Alais, Nîmes, in M. J.- 13.— Victor Offroy, épicier, a fait imprimer l'Hymne au soleil, et plusieurs morceaux du même genre mis en vers I français ) , Paris, 1822 Montpellier, etc. ; on l'appelait le Petit Massillon. Etant venu à Paris, en 1785, il y publia son & oie des jeunes demoiselles; ce qui lui fit accorder une pension par l'assemblée du clergé. Pendant son séjour dans la capitale, Reyre s'établit dans la communauté des eudistes et se livra au ministère de la chaire. Distingué par l'archevêque, il fut chargé de prêcher, dans la cathédrale, le carême de 1788. Il allait mème être prédicateur du roi lorsque la révolution arriva. Dès les commencements, Reyre revint à Eyguières, il s'y tenait tranquille, mais il n'en fut pas moins incarcéré sous le règne de la convention. Il recouvra sa liberté au 9 thermidor an 2 , jour de la chute de Robespierre; il vint alors à Lyon, auprès d'un neveu, et donna des soins à l'éducation et à l'instruction de sa famille. Ce fut pour ses petitsneveux qu'il rédigea plusieurs de ses ouvrages; mais le climat de Lyon ne convenant plus à son âge, il alla définitivement habiter Avignon. Là , malgré quelques infirmités, effets de la vieillesse, il continua de travailler. Outre les volumes qu'il a publiés à cette époque, il composa, pour l'usage d'un ecclésiastique dont les talents n'égalaient pas le zèle, un carême tout entier et un cours de prônes, tout différents de ceux qui ont vu le jour. Il mourut le 4 février 1812. Sa carrière n'a pas été brillante; mais, ce qui vaut bien mieux, elle a été utile : c'était toute son ambition. Ses nombreux ouvrages sont depuis longtemps dans les mains de la jeunesse; la plupart ont eu plusieurs éditions ; en voici la liste : P l'Ami des enfants, 1765 ce n'était alors qu'un petit volume; l'édition de 1777 a été revue et augmentée par Bisouard , maître de grammaire à Dijon. En revoyant et augmentant son livre , l'auteur l'intitula le Mentor des enfants , ou Recueil d'instructions , de traits d'his- toire et de fables nouvelles, propres à fornier l'esprit et le coeur des enfants, 1786 la 14r édition est de 1821 ; 2° Oraison funèbre du Dauphin. Avignon, 1766, ouvrage non mentionné dans la Bibliothèque historique de la France; 3° l'Ecole des jeunes demoiselles, ou Lettres d'une mère vertueuse à sa fille, avec les réponses de la fille à sa mère, 1786, 2 vol. 12; la 6' édition est de 1813; 40 Anecdotes chrétiennes, ou Recueil de traits d'his- toire choisis, 1801, 12. La 3. édition a paru en 4810; la 5e édition, en 1819. Quelquesunes de ces anecdotes étaient inédites ; les autres sont tirées des sources les plus authentiques. 5° Le Fabuliste des enfants et des adoles- cents, 1803 en 4 livres ; 1805, en 5 livres ; la 4e édition est de 1812, et en 7 livres. Ce n'est pas une compilation de fables de divers auteurs ; toutes les fables sont de Reyre, qui n'avait pas la prétention d'être poéte, mais qui voulait donner des leçons profitables : il atteignit son but. Trop souvent le conteur immole la morale aux grâces; Reyre a quelquefois négligé les grâces pour la morale. Mais si son style n'est pas toujours élé- gant, il est toujours pur, correct, facile, clair et naturel. L'auteur avait inséré plusieurs de ses apologues dans son Ami, ou Mentor des enfants; et Bérenger en avait mis quelquesunes dans son Fablier de la jeunesse et de l'âge mur, publié en 1801. 60 Bibliothèque poétique de la jeunesse , ou Recueil de pièces et de morceaux de poésies , 1805, 9. vol. 7° Prônes nouveaux en forme d'ho- mélies, ou Explication courte et familière de l'Evan- gile, de tous les dimanches de l'année, pour servir à l'instruction du peuple des villes et des campagnes, 1809, 2 vol. la 3e édition est de 1812. Ces Prônes ont été traduits en italien. 8° Petit Carême en forme d'hom4lies, 1809, g vol. 90 Supplément aux Prônes nouveaux et au Petit carême en forme d'homélies, ou Instructions courtes et familières sur les principales fêtes de l'année, 1811 Ces trois derniers ouvrages ont été réunis et réimprimés sous le titre d'Année pasto- rale , 1813, 5 vol. 10° Méditations évangé- liques pour tous les jours de l'année, 1813, 3 vol. ouvrage posthume, en tète duquel est une Notice sur la vie et les ouvrages de l'auteur, Son Panégyrique de St- Pierre d'Alcantara, les Sermons qu'il prêcha luimême, ceux qu'il composa pour un ami , les petits traités d'histoire, de grammaire, de géographie, qu'il avait rédigés pour ses petitsneveux , n'ont point été imprimés. Peu de temps avant sa mort, il avait commencé un second recueil de prônes; il n'en avait écrit que quarante pages quand il cessa de vivre
  • Joseph RISUENO( 1650 - 1667) : peintre et sculpteur, naquit à Grenade vers l'an 1650.11 fut élève d'Alphonse Cano dans les deux arts de la peinture et de la sculpture. Ce grand artiste étant mort en 1667, Risueno ne suivit plus d'autre maitre que la nature. 11 avait une méthode dont la pratique a été utile à tous les artistes qui l'ont adoptée; c'était de modeler en argile les figures qu'il voulait peindre ou sculpter. Ses compositions pittoresques en acquéraient plus d'effet et de vérité; et ! l'étude particulière du modèle y ajoutait la perfection des détails qu'une maquette, quelque parfaite qu'elle soit , n'aurait pu lui donner. Antoine Palmitin°. avant été chargé , en 1712, de venir peindre la chartreuse de Grenade , fut frappé du talent de Risuefio, et se lia avec lui d'une étroite atiiitié. Il le pria de l'aider dans l'exécution des travaux qui lui était confiés; Risuefio s'en acquitta d'une manière tellement supérieure, que Palomino le proclama le plus grand dessinateur de l'Andalousie ; et à cette époque cette assertion était la vérité: Mais la peinture ne l'occupait point exclusivement , et. il exécuta comme sculpteur plusieurs ouvrages remarqua - bles , où l'on reconnaissait le ciseau hardi de son maître. Plusieurs des églises de Grenade 'sont ornées de ses ouvrages de sculpture et de pe Ces derniersSe font remarquer par Un bon goidde dessin et' une couleur pleine de douteur et d'harmonié.' É'et artiste mourut à Grenade en 1721 Ps.
  • Joseph RIPAMONTI ou RIPAMONTE : historien italien, naquit a Tignone, dans k Milanais, vers la fin du 16« siècle, embrassa l'état ecclésiastique et devint historiographe du roi d'Espagne et chanoine de la Scala à Milan. On lui doit 1• Historier palrire enediolanensis bled x; 2° 1- historia. erelesim mediolonensis lsbrd vu; 3° & Meici arehieni, ropi llediol. rrruen qe, tele vt, Historier patrirr derades ab eiano 1314 , quo Cale/ rus desinit, ad exressum Catoli If, Milan, 1648, â vol. C'est la continuation de l'Hia. tarin pairie de Tristan Calcin , rot. ce noua). Les ouvrages de Riparnonti jouirent d'abord d'une grmide vogue, parce qu'a l'epequ• t?ii Ils parurent régnait le goût de l'emphase et de l'enflure, ut qu'ils étaient écrits dans le style du teinte Par la suite. outre ces défauts, ou leur reprocha de contenir un grand l'omble d'erreur» matérielles
  • Joseph RITCHIE : voyageur anglais, né à Otley tans le Yorkshire , était secrétaire du consulai anglais à Paris lorsque, informé des efforts faits par l'Angleterre pour obtenir ales renseignements exacts sur l'intérieur de l'Afrique , il s'offrit à l'asaneiatien africaine it Londres, et fut mis en mesure par cette société d'entreprendre un voyage par le nord de l'Afrique, d'où il devait chercher à pénétrer jusqu'à Tombouctou. A Malte, il prit avec lui un officiodm marine; Lyon 1: voy. ce nom',, et un matelot. Les trois voyageurs se rendirent à 'Tripoli, où ils. se revêtirent: d'habits musulmans, d'après les conseils du pacha de cette régence, et se firent enseigner les rites et les prières de l'islamisme. S'étant pourvu d'une pacotille de marchandises et d'un grand nombre de chameaux, Ritchie partit, le 25 mars 1819, river ses compagnons de voyage, sous la protection de MohammedelMoukin, bey da Fezzan , qui retournait à Mourzouk sa capitale et qui leur garantissait tous les secours pour leur expédition dans l'intérieur. Jusqu'à cette ville, leur voyage n'éprouva point d'obstacles et semblait annoncer d'heureux résultats: mais pendant leur séjour à Mourzouk leurs malheurs commencèrent. Le bey, homme froidement cruel et perfide, empeau] Ritchie de vendre ses marchandises : n'ayant plus de fonds, celui ci éprouva de grandes privations; et, par surcrutt de malheur, les trois Européens se ressentirent de l'influence maligne du climat. Racine fut celui qui en souffrit le plus ; bientôt son mal fut incurable, et il mourut le 20 novembre 1819. Ses deux compagnons de voyage l'ensevelirent en récitant publiquement des passages du Coran, après avoir fait en secret le service funèbre suivant le rite anglican. A peine Ritchie étaitil enterré, qu'un courrier apporta des lettres de change pour deux mille lim sterling, accordées par le gouvernement anglais au jeune voyageur auquel il avait donné le titre de viceconsul à Mourzoock. Cette somme qui était donnée pour la totalité de l'expédition , une bonne partie en (tait déjà dépensée et ce qui en restait n'aurait pas suffi pour continuer à parcourir l'Afrique. Le capitaine Lyon publia à Londres. en 4821. le rétit de cette •expédition , qui a servi du moins à mieux faire connaître le Fezzan : en a paru un abrégé en français, par 'Ed. Gauttier, Paris. 1821, 2 vol
  • Joseph RITSON( 1752) : savant critique anglais, né en 1752 , à StocktonUponTees, dans le comté de Durham , parcourut obscurément la carrière de la jurisprudence. Son goût le portait à étudier tes antiquités de son pays et à éclaircir les ouvrages des anciens poètes ; mais il montra, dans l'exercice de la critique littéraire, un malheureux esprit de dénigrement qui tenait à son tempérament habituellement sombre ; sa physionomie paraissait s'humaniser seulement à la vue des livres gothiques, dont il était particulièrement avide. Peu l'égalaient dans l'art de fixer des dates et d'assigner aux fragments anonymes leurs véritables auteurs; mais son style est dépourvu d'agrément ; et il avait adopté une orthographe bizarre, qui rend la lecture de ses écrits encore plus pénible- On cite de lui : 1° Ohserrations sur les trois volumes de l'Histoire de la poésie anglaise, par Warton, 1783 ; 2° Recueil choisi de chansons anglaises , t 783 , 3 vol. 1803, 3 vol. 3° Remarques critiques et éclaircissements sur le texte et les notes de la dernière édition de Shakspeare , etc., sur l'édition donnée par illalone, 1790 ; 6° Anciennes chansons du temps de Henri I11, jusqu'à la révolution , 1790 Une autre édition revue et augmentée parut en 1829, 2 vol. 7" Anthologie anglaise, choix de poésies, 1792-1793, 3 vol. ; 8° Chansons écossaises, avec la musique originale, 1794, 2 vol. 9° Robin Hood, recueil de tous les anciens poèmes , chansons et ballades relatifs à ce fameux proscrit avec des anecdotes historiques sur sa vie, 1795, 2 vol. réimprimés en 1A13 avec des augmentations; c'est le résultat de longues et patientes recherches. 10° Poèmes sur des événements intéressants du règne d 'Edouard Ill, écrits en 1352, par Laurent Merrick, avec une préface, une dissertation , des notes et un glossaire,. 4795, 3 vol. in7-8°, 11° Biographia poetica, catalogue des poètes anglais des 121, 13*, tv, 15' et 16' siècles, avec de courtes notices sur leurs ouvrages, 1801 1802 2. Vie du roi Arthur d'après les anciens historiens et les documents authentiques, Londres , 1825 13" Mémoires sur les Celtes avec un dictionnaire celtique et une bibliographie, Londres, 1827 ; 14° Annales des Calédoniens, Pictes et Eco- sais, Ediwbourg, 1828 ; 1 5° Contes de fées recueillis pour la première fois et accompagnés de deu. c dissertations sur les pygmies et sur les fées , publiés d'après les, manuscrits inédits de J. Ritson . par son neveu, Londres , 1 831 ; 16° Lettres de Ritson , éditées par son neveu Joseph Frank, avec sa Vie, par sir Harris Nicolas, Londres, 1833. I7° Essai sur l'abstinence des aliments tirés du règne animal, comme devoir moral pour l'homme, 1803. Si l'auteur observait pour luimême le. régime pythagorique qu'il recommandait, il n'en avait pas recueilli, à ce qu'il paraît, les avantages qu'on peut s'en promettre. Les sentiments dangereux et impies qu'il avait trouvé moyen d'exprimer en traitant un pareil sujet empêchèrent pendant quelque temps aucun libraire de se charger du livre. C'était évidemment l'ouvrage d'un cerveau dérangé. Peu de temps après,: la conduite de Ritsou obligea de s'assurer de sa personne; et renfermé dans une maison de fous, à Hoxton, il y mourut au bout de quelques jours, le 3 septembre 1803. Cet homme affichait des principes républicains et une haine prononcée contre son roi. On lui a d'ailleurs reproché d'a-. voir reproduit avec peu d'exactitude les anciennes productions littéraires qu'il a mises au jour d'a--? près des manuscrits. Un archéologue anglais, J. Ilazlewuod, a mis au jour à Londres, en l824, une notice sur la vie et les publications de Ritson. R1TSON était un jeune homme plein d'imagination et d'ardeur, qu'une mort prématurée enleva aux lettres. Né, en 1761, près de. Penrith, il fut maitre d'école. étudia la médecine à Edimbourg et vint à Londres. Là, sans ressources pécuniaires, il rédigea des thèses que lui payaient des condisciples qui s'en faisaient honneur. Il composait alternativement des vers,' des articles médicaux pour la ilonthly revint>, et d'autres écrits. Déçu dans ses espérances exag& rées , et se croyant abandonné du monde , il mourut de chagrin à lslington, en 1789, n'ayant que 27 ans. On a de lui un Hymne à Vénus. tri- 40; la préface de la Description des lacs, par Clarke, une traduction en vers de la Théogonie d' Hésiode. Joseph et Isaac Ritson ont une place dans les Calamities of authors par israéli
  • Joseph ROBERTSON( 1728 - 1802) : littérateur anglais, né en 1728 à Knipe, en Westmoreland , où son père était marchand de drêche, fit ses études à Oxford ; il obtint, en 1752, une cure à Raleigh, en Essex , et fut nommé , en 1779, vicaire à HornCastle, dans le Lincolnshire. On a peu de détails sur sa vie : seulement on sait qu'il était trèsattaché à la constitution et à la religion de son pays. Comme ecclésiastique , il s'est fait connaître par un sermon prèché à Westminster, le jour de pénitence et de prière, 1761 : The Subversion of an- rient Kingdonts considercd. Il se distingua dans la littérature par son esprit critique, par ses connaissances dans les langues, l'histoire et l'éducation, et par un style pur et clair. Depuis 1764 jusqu'en 1785 , il fut un des collaborateurs les plus actifs du Critical Review, auquel il a fourni, dans l'espace de ces vingt années, deux mille six cent vingt extraits d'ouvrages. On distingue dans ce nombre des articles sévères sur Johnson et sur Blair. 11 a écrit, en outre : 1° Introduction to the study of police literature, 1782 Ce petit ouvrage, destiné à l'instruction des gens du monde, contient, entre autres objets, une histoire de la ponctuation depuis les Grecs et les Romains. La théorie de la ponctuation y est traitée avec tant de détail, qu'on y trouve jusqu'à quarantequatre règles de logique sur la virgule. 2° The Parian chronicle, or tue chronicle of the Arundelian ntarbles with a dissertation concerning ils authenticity, 1788 Robertson fut un de ceux qui attaquèrent l'authenticité de ce monument, sur lequel les savants sont à peu près d'accord aujourd'hui. Robertson fut combattu par Hevlet, qui publia : t'indication of the authenticity of the Parian chronicle. 3° An essay on the education of Young ladies, 1788. L'auteur s'élève contre l'étude des langues étrangères, surtout du français, qui, selon lui, prend trop de temps aux jeunes Anglaises. Essay on the nature of the english verse, with directions for reading poetry, 1799. Robertson a donné une traduction du Télémaque, avec des notes, et une vie de Fénelon , 1795. Il a été l'éditeur des sermons posthumes du docteur Gregory Sharpe ; d'Algernon Sydney's Discourse on ! iouvernment, avec des notes historiques, 1 vol. ainsi que des Commentarii de se trouvent dans l'édition de 1818, 3 vol. et dans celles de 1828, 4 vol. et 1845, 2 vol. Cependant le tout est loin de donner l'histoire de toute l'Amérique ; il n'y est question que des colonies espagnoles, et l'on n'y trouve rien sur le Brésil, sur l'Amérique anglaise, les établissements des Français, des Hollandais, etc. — Les Essais historiques sur la vie et les ouvrages de Robertson, écrits à sa prière par Dugald Stewart , ont été traduits en français par J.G. Ymbert, Paris, 1806 — Les Œuvres complètes de Robertson, traduites de l'anglais par Suard, Morellet et Campenon , et précédées d'un Essat sur la vie de l'auteur par ce dernier, ont été publiées, en 1817-1821, en 12 volumes elles se trouvent également dans la collection du Panthéon littéraire, avec une Notice de Buchon' Paris , 1836, 1843, 2 vol. Les éditions anglaises des oeuvres de Robertson sont trèsnombreuses; on estime surtout celles d'Oxford , 1825, 8 vol. ; de Londres, 1827, 8 vol. avec la vie de l'auteur par Dugald Stewart; de Londres, 1831 , grand compacte. Les 3 volumes publiés à Paris , en 1828 , par le libraire Baudry, sont exécutés avec soin. A. B—T et E. Ds. morbis quibusdam, de son ami Clifton Wintting-_ am, 1781. 11 mourut le 19 janvier 1802
  • Joseph ROSSET( 1706) : habile sculpteur, rié en 1706 à StClaude, eut comme le Puget la gloire de se former sans maitre. La vue de quelques copies de bans modèles et de quelques basreliefs, qu'il parvint à se procurer, échauffa son génie et lui fit deviner les merveilles de l'antique. Il travaillait avec la même dextérité toutes sortes de matières, et l'ivoire, si dur et si cassant, semblait s'amollir sous ses doigts comme une pâte. Voltaire, en lui permettant de faire son buste, étendit au loin la célébrité de Basset ; mais cet artiste, simple et modeste, ne songea même pas à profiter de la vogue pour augmenter le prix de ses ouvrages, li multiplia les portraits du philosophe de Ferney pour répondre au désir de ses admi rateurs. Après en avoir vu quelquesuns, le roi de Prusse écrivait Il n'y a per-« sonne qui sache donner la vie à un buste « comme le sculpteur de FrancheComté. » Rosset a exécuté un grand nombre de sujets religieux , d'un fini remarquable et qui sont trèsrecherchés. Ses vierges surtout ont un caractère presque divin. Falconet, en admirant un St- Jé- rôme sorti des mains de cet artiste, s'écriait que Rosset avait certainement fait son cours d'Italie où il avait étudié les grands maîtres au moins dix ans, et jamais on ne put lui persuader qu'il n'était pas sorti de sa petite ville. Rosset a cependant figuré une fois à une exposition de Paris, en 1779 ; ce fut à celle qu'avait organisée, rue StAndré des Arts, le sieur Pahin de la Blancherie, sous le nom de Salon de la correspondanre. Aux avantages qu'on lui offrit pour l'attirer à Paris, il préféra la modeste existence dont il jouissait dans sa patrie, où il mourut trèsregretté le 3 décembre 1786, à l'âge de 80 ans, laissant trois fils, héritiers de ses vertus et de ses talents, mais qui n'ont point obtenu la même célébrité. Le marquis de Villette a publié sur Rosset une Notice dans le Journal de Paris du 5 janvier 1787, insérée depuis dans les OEurres de l'auteur
  • Joseph RUSIECKI( 1770 - 1851) : colonel polonais, né en 1770, débuta dans la carrière militaire en 1787, prit part à la guerre contre les Russes en 1792 et combattit sous les ordres de Kosciusko en 1794. Après le démembrement de la Pologne, il chercha, comme tant d'autres de ses compatriotes, la réalisation de ses espérances patriotiques sous les drapeaux de la république française. Il fit les campagnes d'Italie et prit part à l'expéditian de StDomingue sous Rochambeau. Sa bravoure lui valut le grade de lieutenant dans la 2e division de cuirassiers, commandée par le général d'Hautpoul, mort dans ses bras sur le champ de bataille d'Eylau. Pendant la réorganisation de cette division décimée par les boulets ennemis, quelqu'un de la suite de Napoléon ayant fait observer, en désignant le lieutenant Rusiecki, qu'il n'avait pas la taille de cuirassier, l'empereur le fit descendre de cheval et, se mettant dos à dos avec lui , s'écria : c, Vous vous trompez, monsieur, ce n'est ‹, pas un nain : il est de nia taille » et, en même temps, il le promut au grade de capitaine dans le même corps. Nommé chef de bataillon en 1812, il fit la campagne de Russie et celle d'Allemagne en 1813. Enfin, dans la guerre de l'indépendance polonaise, en 1831 , il commandait le 22e de ligne. Forcé, à la suite de ces événements, de quitter la Pologne, il se réfugia en France, et il est mort à Vierzon le 27 juillet 1851
  • Joseph SALIO( 1700 - 1737) : littérateur italien, né à Padoue eu 1700, appartenait à une famille noble, et dès sa jeunesse cultiva la poésie, pour laquelle il avait un goût prononcé. Ses talents et ses succès lui ouvrirent les portes de l'académie des réfu- giés, dont il devint le secrétaire perpétuel. Mort dans un âge peu avancé, le 24 avril 1737, il a laissé néanmoins des productions qui font regretter qu'il n'ait point vécu plus longtemps, On a de lui : 10 Pénélope, tragédie, Padoue, 172-1 ; 2° Othon, tragédie, 1736 ; 3. Examen cri- tique de quelques écrivains 4° Dieu rédempteur, poème en six chants, in otava rima. C'est l'ouvrage capital de Salio, celui qui a fondé sa réputation. La pureté et l'harmonie de l'élocution, la grâce et la majesté des images caractérisent ce poème , qui n'est point sans analogie avec la Messiade de Klopstock , dont il n'a cependant ni la vigueur ni l'étendue
  • Joseph SALOMON( 1793 - 1856) : mathématicien allemand, né le 22 février 1793 à Wurzbourg , mort à Vienne le 2 juillet 1856. Il était professeur de mathématiques à l'école polytechnique et se-. crétaire général de la société générale des assu- rances mutuelles sur la vie. 11 a traité toutes les parties des mathématiques, avec leurs applications à l'astronomie, aux banques, etc. Voici les Litres de ses ou' rages : 10 Manuel d'arithmétique et d'algèbre, Vienne, 1821 ; 5e édit., 1852 ; 2° nalyse élémentaire, ibid., 1821 ; 3° Géométrie élé- mentaire, 1822 ; 3° édit., 1847 ; 4° Tableaux mé- triques des poids, mesures et monnaies des dirers Etats, 1823 ; 5° Manuel de la trigonométrie plane et sphérique, i8n; 2e édit., 1852 ; 60 Recueil de formules, problèmes et exemples de l'arithmétique et 24 algèbre, 1824; 4° édit., 1853 ; 7° Essai d'ensei- gnement populaire de l'arithmétique, I 825; 8° Tables des logarithmes , depuis I à 10,800 ; les loga- rithmes des sinus et tangentes, de seconde en se- conde, pour tous les degrés du quart de cercle; ibid., 1827, in4°. Elles ont été favorablement accueillies aussi en France. 9° Recueil de pro- blèmes et axiomes géométriques, 1832 ; 100 Recueil de formules, problèmes et exemples de la goniomé- trie, 1843 ; 11° Compendium de l'analyse supé- rieure, 1844; 12ole Papier de monnaie autrichien, a en particulier l'emprunt de la loterie d'Etat, 1846 ; 13" les Sections coniques, ou Eléments de géométrie analytique, 1851 ; 14° Manuel des ma- thématiques élémentaires pour les classes usuelles supérieures, 1854
  • Joseph SARCHIANI( 1746) : né en 1746 à SanCasciano, en Toscane, commença ses études dans sa patrie et alla les achever à Florence. Il y apprit les mathématiques, la philosophie, et y recueillit les dernières leçons du célèbre helléniste Ange In Cette différence de dato ne vient que d'une confusion du chiffre romain avec le chiffre arabe. M. Ricci, dont il devait être le successeur. Destiné au barreau, il suivit les cours de droit à l'université de Pise, où il fit la connaissance de monsignor Fabroni , qui le jugea digne d'être l'un des collaborateurs du Giornal de' laterati. Parmi les réformes opérées en Toscane par le génie éclairé de Léopold, celle qui avait rapport à la liberté du commerce y fit éclore un grand nombre d'écrits. Ils furent provoqués par le grandduc luiméme, qui avait déposé son projet au palais de la commune pour que chacun eût le droit de le lire et de l'examiner. Sarchiani publia sur cette question deux ouvrages conçus dans un remarquable esprit de sagesse. Nommé professeur de littérature grecque et appelé ensuite à la chaire d'éloquence toscane, fondée par la république florentine pour l'explication du Dante, il se montra à la hauteur de sa double et honorable tâche. Sous le nouveau gouvernement, ce professeur fut placé à la tète des archives diplomatiques de Florence, qu'il sut défendre contre les demandes réitérées de la commission qui dépouillait l'Italie au profit de la France. Proclamé membre de l'académie de la Crusca, il travaillait à rassembler des matériaux pour une nouvelle édition du vocabulaire de la langue italienne. Il fut aussi secrétaire de la société des Georgojili , pour laquelle il composa plusieurs éloges d'aca- démiciens défunts, et à laquelle il légua en mourant le Traité inédit de l'art vétérinaire de Pelagonius , auteur latin , que , d'après le manuscrit unique de Politien, Sarchiani avait copié, corrigé et traduit en italien. Il est mort le 18 juin 1821. Ses ouvrages sont : 1' Ragionamenti sut comme, cio , arti e manifatture della Toscana , Florence, 8° ; 2° illenzorie economiche , politiche, ibid. 30 Tranato d'agricoltura di Soderini, ibid., 1811 C'est la première partie d'un grand ouvrage de JeanVictor Soderini, dont le manuscrit est conservé à la bibliothèque Nlagliabechiana , en quatre gros volumes ; "éditeur y a joint une savante préface, dans laquelle il rend compte de tout l'ouvrage
  • Joseph SARTI( 1730 - 1802) : compositeur italien , naquit à Faenza, en 1730. Sa réputation fut précoce comme son talent. A vingtsix ans, il reçut l' de se rendre à Copenhague en qualité de maitre de la chambre du roi et des princes. Quelques ouvrages qu'il y écrivit trompèrent l'attente du public ; peu satisfait de son séjour dans le Nord, il se hâta de rentrer en Italie, où il devint maître de chapelle du conservatoire de la Pietà, à Venise. Plus heureux qu'il ne l'avait été à l'étranger, il vit ses opéras couronnés (lu plus grand succès. Celui de Giulio Sabino , chanté en même temps par Pacchiarotti , à Venise, et par Marchesi, à Milan, enleva tous les suffrages et accrut la réputation de l'auteur. Cette pièce n'était pourtant pas sans défauts ; mais la faiblesse de l'harmonie y restait cachée sous le charme d'une mélodie agréable. Appelé en 1782 à Milan , Sarti y composa quatre opéras pour k théâtre et quelques motets pour la cathédrale, dont il venait d'être élu directeur d'orchestre. Il ne s'y arrèta pas longtemps, s'étant engagé au service de l'impératrice de Russie, qui l'avait séduit par ses offres. Arrivé à StPétersbourg, au printemps de 1785, il y débuta par un concert spirituel, qui fut exécuté par soixantesix voix et cent cors, outre l'accompagnement ordinaire d'instruments à cordes et à vent. 11 faut croire que ces grands moyens ne produisirent pas beaucoup d'effet sur les auditeurs ; car, pour le Te Deum chanté après la prise d'Okzakow, Sarti enrichit son orchestre d'instruments d'une autre espèce empruntés au grand maître d'artillerie, et que l'on braqua dans la cour du château. En 1786, il composa son Armide , qui fut trèsapplaudie. Catherine II lui en témoigna son admiration en l'élevant au rang de la première noblesse et en le nommant directeur du conservatoire de musique d'Ekatherinoslaw, avec un traitement con- ' sidérable. Sarti expiait ses faveurs par le dépérissement de ses forces. Il s'était décidé à se transporter en Italie pour y rétablir sa santé, lorsque, atteint par une hydropisie de poitrine, il mourut à StPétersbourg, le 28 juillet 1802 , âgé de 72 ans. Une partie de sa musique a été gravée à Londres , à Amsterdam et à Vienne
  • Joseph SAURIN( 1659) : frère du précédent, naquit en 1659 à Courtaison , dans la principauté d'Orange, où son père était alors ministre. Il eut toutes les qualités du prédicateur. Devenu ministre à Eure, en Dauphiné, à l'âge de vingtquatre ans, il s'emporta, dans un de ses sermons, à l'occasion de mesures que prenait le gouver- nement pour resteindre les privilèges des protestants, ce qui l'obligea de se retirer à Genève et de là dans le canton de Berne , où il obtint la cure de Berchier, l'une des plus considérables du bailliage d'Yverdun. Des circonstances fâcheuses, racontées diversement par lui et par ses ennemis, le forcèrent de se réfugier en France pour y faire abjuration du calvinisme. L'espèce de roman qu'il trace de son évasion , dans son factum contre Rousseau, porte qu'ayant refusé de signer le fameux Consensus de Genève, par lequel on condamnait la doctrine des théologiens réformés français, sur la grâce universelle, l'imputation du péché d'Adam et les points voyelles du texte hébreu , on lui suscita de grandes tracasseries. L'aigreur qu'on y mit commença à lui rendre suspects les sentiments de ses adversaires, qui lui parurent excessifs. La lecture des livres de Bossuet contribua encore à lui dessiller les yeux, de sorte qu'il demanda un saufconduit à ce grand évêque pour venir conférer avec lui sur les points controversés. Ses ennemis présentent autrement les choses. Ils racontent que Saurin s'était rendu coupable de plusieurs vols , et que ce fut pour s'arracher aux poursuites de la justice qu'il prit le parti de se sauver en France et d'y faire abjuration. Cette accusation est fondée sur l'aveu qu'il en fait dans une lettre au ministre Gonon, son ami, imprimée de son vivant dans le Mercure suisse , sans avoir jamais été contredite , sur les actes de la procédure criminelle commencée à ce sujet et qui se conservent dans la chancellerie de Berne , dont Rousseau se procura la communication par le moyen du comte du Luc et qui furent publiés en 1741 , par l'abbé d'Olivet, dans la Bibliothèque raisonnée. Boindin prétend même qu'il conserva en France cette basse inclination. Quoi qu'il en soit, il fit son abjuration en 1690, et il fut. présenté par Bossuet à Louis XIV, qui lui donna quinze cents livres de pension ; s'étant alors livré à l'étude de la géométrie , ses progrès rapides le mirent bientôt en état d'entrer en lice avec les plus fameux géomètres, avec Huygens, contre lequel il défendit les tourbillons de Descartes, et avec Rolle, le plus fameux algébriste de ce temps - là , sur les infiniment petits. Le Journal des Savants, auquel il travailla depuis 1702 jusqu'en 1708, lui fournit plusieurs occasions de faire briller ses talents dans cette partie. Ses travaux en géométrie furent interrompus par le fameux procès des couplets attribués à Rousseau. Saurin en sortit triomphant après six mois de prison. Il n'est pas vraisemblable qu'il en fût l'auteur. On ne sait pas trop d'où l'on a pris , dans la nouvelle édition de la Bibliothèque historique de la France, article 47650, que Saurin, au moment de mourir, avait déclaré et signé qu'il en était l'auteur. La chose n'était guère possible, vu le genre de sa mort ; mais il paraît qu'il trempa dans toute cette intrigue et que l'exemplaire envoyé chez Boindin , qui fit éclater l'affaire , sortait de chez lui. Saurin avait été reçu de l'Académie des sciences en 1707, et il orna le recueil de cette compagnie de plusieurs mémoires très- profonds sur les courbes de la plus vite descente, sur la pesanteur suivant le système cartésien, sur la nouvelle méthode des tangentes des courbes, etc. Saurin mourut le 29 décembre 1737, d'une fièvre léthargique. On reconnaissait en lui un esprit élevé, du courage et de la vigueur d'âme, qui rendaient ses passions plus difficiles à réprimer, un caractère ferme, incapable de se désister d'une résolution, Avril 1736, p. 72-80. La lettre est datée du 13 juillet 1639. mais capable de tout faire pour y. réussir. Sa philosophie était rigide : il pensait assez mal des hommes, et il le leur disait en face avec énergie; cette franchise lui attira beaucoup d'ennemis. Son aventure d'Yverdim a laissé .du louche sur les motifs de son changement de religion ; mais sa conduite depuis son entrée en France semble avoir été conforme aux règles de l'honneur. Voltaire a voulu le justifier, mais sans preuve suffisante ; d'ailleurs il insinue que Saurin sacrifia sa religion à son intérêt, et qu'il se joua de Bossuet, « qui crut avoir converti un ministre « et qui ne fit que servir à la petite fortune d'un ,). S'il était vrai que Saurin eût sacrifié sa religion à son intérêt et qu'il eût soutenu ce sacrifice par une hypocrisie de quarante ans , cette circonstance prêterait matière à bien des soupçons sur l'affaire des couplets et sur les aventures où sa probité fut compromise. TD.
  • Joseph SAUVEUR( 1653 - 1716) : naquit le 9k mars 1653 à la Flèche, où son père était notaire. Il fut muet jusqu'à l'àge de sept ans ; l'organe de la voix ne se développa ensuite chez lui qu'avec beaucoup de lenteur, et il ne l'eut jamais bien libre. Il lit ses études dans un collège de jésuites ; mais, avant qu'il y arrivât, son gat pour la mécanique s'était déjà manifesté. Dès l'enfance, il était machiniste, construisait de petits moulins, faisait les siphons avec des chalumeaux de paille, des jets d'eau, etc. « il était, dit Fontenelle, l'ingé-« rieur des autres enfants , comme Cyrus devint « le roi de ceux avec qui il vivait. » Cette passion exclusive pour les objets de précision et de calcul le rendit un fort médiocre écolier de rhétorique : les chefs- d'oeuvre des orateurs et des poêtes de l'antiquité n'avaient aucun attrait pour lui ; un mauvais traité d'arithmétique lui tomba par hasard sous la main : il en fut charmé et l'apprit seul. La première ambition des jeunes Français et même des étrangers, qui désirent se livrer aux sciences et aux arts , est de pouvoir habiter Paris Sauveur s'y rendit à pied en 1670. Se trouvant à Lyon , il avait voulu entendre la fameuse horloge de la cathédrale de StJean , construite , en 1598, par le Suisse Nicolas Lippius. On sait que cette horloge offrait plusieurs phénomènes mécaniques à l'admiration de la multitude pour qui la mesure très- précise du temps est de peu d'importance ; Sauveur, par le simple examen extérieur de ces phénomènes, devina le mécanisme intérieur. Un de ses oncles, chanoine et grand chantre de Tour-' nus, lui avait promis de subvenir, par une petite pension, à son entretien à Paris ; mais c'était sous la condition qu'il y ferait les études nécessaires pour entrer dans l'état ecclésiastique. Malheureusement le Traité d'Euclide, dont il apprit les six premiers livres en un mois et sans maître, et les leçons du physicien Rohault attirèrent bien plus fortement son attention que ses cahiers de théologie. Il essaya d'abord de changer la carrière ecclésiastique contre celle de la médecine ; mais son oncle lui ayant retiré sa pension, Sauveur fut obligé d'enseigner les mathématiques, et s'adonna sans réserve à ces sciences et à leurs applications. A cette époque, le peu de personnes qui s'occupaient de géométrie étaient isolées de la société et. semblaient former une classe à part. Sauveur fut moins sauvage que ses confrères. Sa sociabilité lui valut quelques connaissances agréables et utiles. Nous mentionnerons les services que lui rendit madame de la Sablière , qui pendant plus de vingt ans logea chez elle la Fontaine. Sauveur n'avait que vingttrois ans lorsqu'un illustre élève, le prince Eugène, le prit pour son maître de géométrie. Un étranger, de trèshaute naissance, voulut apprendre de lui la Géométrie de Descartes : Sauveur ne connaissait pas encore le Traité de ce grand philosophe. En huit jours et autant de nuits d'étude, il se mit en état de le professer ; il se livra pendant l'hiver à ce travail opiniâtre , bien plus par goût que par spéculation , ne s'embarrassant nullement si son feu était allumé ou éteint . et se trouvant à l'apparition du jour transi de froid sans s'en être aperçu. La chaire de mathématiques de Ramus étant devenue vacante au collége royal, Sauveur aurait pu concourir avec beaucoup de chances de succès pour l'obtenir ; mais une condition imposée à chaque concurrent était de prononcer, de mémoire, un discours de sa composition ; et Sauveur, ne voulant pas ou n'osant pas s'y soumettre, se retira du concours. Il s'occupa, depuis 1678 jusqu'en 1680, de la résolution de divers problèmes relatifs à la théorie des probabilités applicable aux jeux. En 1680, il fut nommé maître de mathématiques des pages de madame la Dauphine, et, en 1681, il alla faire à Chantilly, avec Mariotte, des expériences sur les eaux. Le grand prince Louis de Condé prit beaucoup de goût et d'affection pour lui. Il le faisait souvent venir de Paris à Chantilly et l'honorait de ses lettres. Ce fut pendant le temps de ces voyages, et vraisemblablement par suite de l'impulsion que lui donnaient ses entretiens avec un guerrier illustre, qu'il entreprit la composition d'un traité de fortifications. Voulant joindre la pratique à la théorie, il alla au siège de Mons, eu 1691. c, Il y C? montait tous les jours la tranchée. Il exposait « sa vie seulement pour ne négliger aucune struction, et l'amour de la science était devenu « chez lui un courage guerrier. Le siège fini , il « visita toutes les places de Flandre. Il apprit le « détail des évolutions militaires, les campements, « les marches d'armées, enfin tout ce qui appar-,< tient à l'art de la guerre, où l'intelligence a pris « un rang audessus de la valeur même. » Revenu dans la capitale, il s'occupa de diverses recherches et travaux qui avaient pour objet l'application des mathématiques : méthodes abrégées pour les grands calculs, table pour la dépense des jets d'eau, cartes des côtes de France, réduites à la même échelle et composant le pre• mier volume de l'ancien Neptune français; concordances des poids et mesures de différents pays ; méthode pour le jaugeage des tonneaux ; problèmes sur les carrés magiques, etc. Il entendait la théorie du calcul différentiel et intégral , nouvelle de son temps, et il s'en est même servi, mais il n'en faisait pas beaucoup de cas. Il désignait par l'épithète d'infinitaires les partisans de cette théorie, que le 18e siècle a bien vengée de ses dédains. Il obtint, en 1686, au collège royal, la chaire de mathématiques, que la condition de la harangue à réciter lui avait fait manquer huit. ou dix ans auparavant. Il n'écrivait point ses le-çons, les improvisait autableau et achetait à la fin de l'année une des copies manuscrites qu'on en avait faites sous sa dictée. Le plaisir de professer, surtout quand il rencontrait des auditeurs attentifs et intelligents , lui faisait souvent oublier l'heure , et il aurait prolongé ieéfiniment ses leçons, si un domestique n'eût été chargé de l'avertir lorsque leur durée excédait certaines limites. Enfin, en 1696, il fut nommé membre de l'Académie des sciences. Ses droits à un pareil honneur étaient incontestables; cependant rien de ce qu'il avait fait jusqu'alors ne jetterait du lustre sur sa mémoire, si, à dater de sa réception à l'Académie et pendant les vingt dernières années de sa vie, il ne se fût occupé à créer une nouvelle branche des sciences physicomathématiques , qu'on désigne par le nom d'acoustique musicale , création qu'il est assez singulier de devoir à un sourd , et que l'on n'a pas , ce semble, assez fait saillir dans les notices biographiques.publiées jusqu'ici sur cet estimable savant. La théorie du sors, envisagée sous le point de vue musical, était encore, à la fin du 17e siècle, à peu près au même point où les anciens nous l'avaient laissée. C'est à Pythagore qu'on doit les premières expressions , en nombre , des rapports des longueurs des cordes, qui , à identité de matière et à égalité de grosseur et de tension , font sonner à ces cordes les principaux intervalles. On sait d'ailleurs que, dans son école, les explications des phénomènes du monde, tant intellectuel que physique, se liaient à des notions généralisées de musique, d'harmonie, à de prétendues puissances des nombres. Cependant les décou- vertes de Pythagore, malgré les développements qu'on leur a donnés après lui et les diverses applications qu'on en a faites, ne pouvaient point être regardées comme constituant une branche des sciences physicomathématiques. Le domaine de ces sciences a été accru d'une importante conquête à la fin du 17e et au commencement du 18e siècle, et c'est à Sauveur qu'on doit cette conquête. Chose étonnante, ce savant, à qui nous devons l'acoustique musicale, avait la voix et l'oreille fausses ; il était obligé , dans ses expériences, de se faire seconder par des musiciens trèsexercés à apprécier les intervalles et les accords. Cette position de Sauveur rappelle celle du professeur Saunderson , aveugle de naissance et commençant un cours de philosophie naturelle par des leçons sur la lumière . Les premiers détails publiés sur ses recherches d'acoustique se trouvent dans le volume de l'Académie des sciences de 1700 ; mais ses premiers travaux sur cette matière datent de 1696 une partie des leçons qu'il donna au collège royal , en 1697, eut pour objet la Musique spéculative, dont il dicta un traité. ll se refusa aux instances qu'on lui faisait pour l'engager à publier ce traité, par diverses raisons qu'il expose dans son Mémoire sur le système général des intervalles des sons, etc. ; l'une desquelles est relative à l'attention qu'il avait donnée postérieurement aux phénomènes des sons harmOniques. On savait avant Sauveur que lorsque, cale- ris paribus, deux cordes avaient leurs longueurs dans le rapport de 1 à 2, ou dans celui de 2 à 3, ou dans celui de 3 à , etc., la plus courte sonnait respectivement l'octave , la quinte , la quarte, etc., du son rendu par la plus longue ; il était assez aisé d'en conclure que les rapports entre les nombres de vibrations de ces cordes, pendant un même temps, une seconde par exemple, étaient les rapports inverses de leurs longueurs. Avec de pareilles notions, on peut, dans tous les temps et dans tous les lieux , disposer sens le secours de l'oreille un système de cordes sonores, de manière qu'elles rendent des sons ayant entre eux des intervalles déterminés ; ainsi sachant que la lyre en trépied de Pythagore sonnait les modes dorien, lydien et phrygien, tut consultant d'ailleurs les détails qu'Athénée nous a transmis sur cet instrument, on a les moyens d'obtenir une série de sons dans les mêmes rapports entre eux que ceux de cette lyre antique. Mais s'il s'agissait de réunir à la condition de l'égalité des rapports celle de l'identité des sons, la solution du problème serait impossible, les anciens ne nous ayant laissé aucun moyen de re- trouver l'unisson d'une des cordes de leu" r système musical. Peut-être avaientils comme nous de ces instruments métalliques, connus sous le nom de diapasons, qui gardent et transmettent un son fixe. Mais ces instruments sont altérables et pé- rissables, et le problème de la réhabilitation de l'unisson doit pouvoir se résoudre sans égard à la conservation d'aucun monument matériel. C'est ce que Sauveur a fait le premier, en assignant le nombre absolu ou effectif de pulsations ou de vibrations que fait, dans un temps donné et dans des circonstances déterminées , soit un tuyau d'orgue, soit une corde sonore. Ainsi il a trouvé que la corde sonnant l'ut double octave audessous de l'ut de la clef, à l'unisson du tuyau d'orgue, à bouche, de huit pieds ouvert, vibrait cent vingtdeux fois dans une seconde ; et comme sa solution fournit des règles certaines pour mettre une corde sonore quelconque en état de vibrer un nombre de fois assigné pendant un temps donné , ou saura dans tous les temps et dans tous les lieux reproduire l'unisson soit de notre ut, soit de toute autre corde de notre système musical , par des opérations absolument indépendantes de l'usage d'aucun conservateur matériel d'unisson. Un mot maintenant au sujet d'un premier moyen employé par Sauveur pour déterminer, par le fait, le nombre d'oscillations de la colonne d'air en mouvement dans un tuyau d'orgue qu'on fait résonner, moyen assurément original et ingénieux. Les facteurs avaient depuis longtemps remarqué le phénomène suivant : lorsque deux tuyaux d'orgue sonnent ensemble, le son résultant éprouve des augmentations d'intensité ou renflements périodiques et instantanés, qu'ils appellent battements ; ces battements ont lieu à des intervalles de temps égaux et d'autant plus longs que les intervalles musicaux entre les sons simultanés sont plus petits. Sauveur vit l'explication de ce phénomène dans les coïncidences périodiques des oscillations des colonnes d'air respectives en mouvement dans chaque tuyau ; lorsque ses coïncidences ont lieu, les deux oscillations contemporaines font sur l'organe une impression plus forte que lorsqu'elles sont successives. Supposons que le rapport des nombres respectifs d'oscillations soit celui de 8 à 9 ; chaque huitième oscillation du tuyau le plus grave et chaque neuvième du plus aigu auront' lieu ensemble et frapperont l'oreille par un battement qui ne se reproduira qu'à la fin de la période suivante, de huit pour l'un et neuf pour l'autre. Or, le parti à tirer de ce fait pour en déduire le nombre absolu, par seconde, des oscillations qui ont lieu dans chaque tuyau, est manifeste ; il ne s'agit que de combiner les données çi, Il s'agit de calculer le poids avec lequel la corde doit être tendue pour donner, par seconde, le nombre de vibrations demandé; voici la règle de calcul . Le mètre étant l'unité de longueur, et le gramme l'unité de poids , faites le triple produit dont les facteurs sont : 1" la longueur de la corde; 2° le poids de la partie de celle corde comprise entre les deux chevalets ou points d'appui; 3. le carré du nombre de vibrations qu'on veut obtenir; divisez ce triple produit par le nombre 9,8088, cl le quotient sera le poids cherché. Le nombre diviseur est, en mètres, le double de l'espace que parcourt, pendant la première seconde de sa chute, un corps grave, tombant dans le vide, sans avoir reçu d'impulsion initiale. qu'il fournit avec la théorie transmise par Pytha- ligore, de laquelle on conclut, pour un intervalle de sons fixé à volonté , les rapports des nombres d'oscillations qui ont lieu dans un même temps et par conséquent entre deux battements. On peut toujours d'ailleurs opérer sur des sons assez graves et assez rapprochés pour que le nombre des battements , pendant une ou plusieurs secondes , puisse être compté, et ce nombre connu donne immédiatement le nombre absolu des oscillations entre deux battements. Soit, comme précédemment, le rapport des nombres d'oscillations contemporaines, celui de 8 à 9, qui répond à peu près à un intervalle de 1/6 d'octave, et supposons qu'on ait compté quatre battements par seconde de temps , on en conclura surlechamp I que le plus grave des deux sons donne trentedeux oscillations pendant le même temps, et que le plus aigu en donne trentesix. On voit par là comment Sauveur a ramené à des quantités sen-, sibles et appréciables des mesures qu'il eût été impossible d'obtenir immédiatement. Ce premier travail était fait en 1700 ; il a repris le problème appliqué aux cordes vibrantes dans son Mémoire sur les rapports des sons des cordes d'instruments de musique aux flèches des courbes et sur la ? wu- velte détermination des sons fixes , et là il déduit, à priori, sa solution des principes de la dynamique. Il est à remarquer que cette solution analytique lui donne, pour les cordes à l'unisson des tuyaux, des nombres de vibrations doubles de ceux des oscillations conclues pour les tuyaux ; mais il explique fort bien comment cette dissidence apparente confirme ses résultats au lieu de les infirmer. Les différents volumes des Mémoires de l'Académie des sciences de Paris, qui renferment l'exposé des recherches de Sauveur sur l'acoustique musicale sont : Détermination d'un son fixe, détails sur les expériences par les battements cidessus mentionnés ; — Application des sons harmoniques à la composition des jeux d'orgue; — Méthode générale pour former I. les systèmes tempérés de musique, et choix de celui . qu on doit suivre; — Table générale des systèmes tempérés de musique ; — Rapport des sons des cordes d'instruments de musique auxflèches des courbes et nouvelles déterminations des sons fixes. Le mérite d'avoir posé les bases de l'acoustique musicale met Sauveur en grande recommandation parmi les physiciensgéomètres ; les classements et les nomenclatures des divisions de l'octave qu'il avait proposés n'ont pas perpétué son souvenir chez les musiciens praticiens, qui ne parlent plus, si toutefois ils en ont jamais parlé, de ses mérides, heptamérides, décamérides, etc. Le volume de l'Académie de 1703 renferme un Mémoire sur le frottement d'une corde autour d'un cylindre immobile ; la question était alors curieuse et nouvelle. Sauveur fut marié deux fois. Il fit, diton, rédiger et signer le contrat et convint d'ailleurs de tous ses arrangements avec la famille de sa future épouse, avant sa première entrevue avec elle, dans la crainte de n'être pas assez maitre de luimême après cette entrevue. Il fut plus hardi ou se possédait mieux lors de son second mariage. Il mourut le 9 juillet 1716, à de 63 ans. — Son fils, l'abbé SAUVEUR, est auteur d'un Calendrier perpétuel contenant les années grégoriennes et juliennes, présenté à l'Académie des sciences, qui en trouva la forme nouvelle, simple, ingénieuse et commode
  • Joseph SCHREYVOGEL( 1768 - 1832) : littérateur allemand , né à Vienne, en 1768, alla s'établir, vers l'âge de vingtcinq ans, à Iéna, où il prit part à la rédaction de divers journaux. Dégoûté de cette besogne aride, il revint, en 1802, dans sa patrie, et il fut 11011)Illé secrétaire du théâtre de la cour en remplacement de Kotzebue. Deux ans après , il résigna ces fonctions, et il ne s'occupa plus que d'écrire des oeuvres dramatiques et de diriger des théâtres. 11 avait, sous ce rapport, des qualités précieuses, de l'activité, du tact ; le succès auquel s'éleva le théâtre , du Burg fut presque exclusivement son oeuvre. ' Il sut remanier et faire applaudir des imitations de quelquesuns des chefsd'oeuvre du vieux théâtre espagnol , tels que Don Gutierre et La vie est un songe de Calderon , et Dolia Diana de Moreto. Les productions de Schreyvogel ont de la correction et de l'élégance, sans pouvoir prétendre à des qualités bien supérieures. ll écrivit aussi des nouvelles, qui ne s'élèvent pas audessus d'une honnête médiocrité. Un choix de ses écrits a paru en quatre volumes . Des changements apportés dans la direction des théâtres le firent , au mois de mai 1832 et contre son gré, mettre à la retraite; mais il n'eut pas longtemps à souffrir tle cette disgrâce : une attaque de choléra l'enleva le 28 juillet de la même année
  • Joseph SÉDILLOT( 1745 - 1825) : né à Vire , en 1745, appartenait à une famille de médecins et suivit la même carrière. Venu de bonne heure à Paris, il obtint au concours la place de chef du service médical et chirurgical à l'hospice de la Salpêtrière, où il enseigna l'anatomie et la chirurgie. Lié avec Vicqd'Azyr, il improvisa un jour pour lui une leçon que le savant professeur n'avait pas en le temps de préparer. Sédillot prit le grade de docteur en médecine à la faculté de Reims, devint membre du collège et de l'académie royale de chirurgie de Paris et autres sociétés savantes et s'adonna spécialement à l'art des accouchements. Il mourut le 15 février 1825. Il a inséré dans le premier volume du Journal général de médecine, rédigé par son frère , deux observations intéressantes : l'une sur un coma convulsif, avec une gourme répercutée, suivi de mort; l'autre sur une crevasse du vagin et du col de la vessie, suite de gangrène, guérie sans fistule. — SÉDILLOT , docteur en médecine, frère du précédent, naquit le 13 janvier 1757, à VeauxdeCernay. Après avoir perdu son père, il vint à Paris et fit de bonnes études au collège du CardinalLemoine. 11 suivit ensuite les cours des professeurs les plus célèbres de l'époque , devint élève des hospices de la Salpétrière et de la Pitié, puis entra à l'hôtel des Invalides, dont l'illustre Sabatier était le chirurgien en chef. Au mois d'août 1784, Sédillot se fit recevoir docteur en médecine à Reims et choisit pour sujet de sa thèse la question suivante : An sit cerebro peculiaris motus? Bientôt il devint médecin de la maison de Condé. Après avoir fourni quelques articles à l'ancien Journal de médecine, il publia , en 1791, des Réflexions sur l'état présent de la chirurgie dans la capitule et sur ses rapports militaires, suivies d'un plan pour le traitement des maladies de la milice nationale puis, en 1795, des Réflexions historiques et physiologiques sur le supplice de la guillotine où il combat les idées de survie et d'ar- lifèredouleur dans la tète après la décapitation. Il s'élève avec force contre l'invention de la guillotine , dont il croit que l'application facile a prodigieusement multiplié le nombre des victimes. Les sociétés savantes ayant été supprimées sous la terreur Sédillot conçut l'heureuse idée de remédier à la suppression de l'académie de chirurgie et de la société royale de médecine, pour conserver les bonnes traditions et concourir aux progrès des sciences médicochirurgicales. Il éprouva d'abord des obstacles à la réalisation de son projet; mais , à force de soins èt de démarches actives , il parvint à son but en constituant une société, qui tint ses assemblées à l'hôtel de ville de Paris, sous le nom de société de médecine du département de la Seine. Il en fut nommé secrétaire général et fit servir ces hautes fonctions à la création d'un journal de médecine , qu'il rédigea pendant vingtcinq ans et dont il fit paraître soixantetrois volumes En établissant ce moyen de communication entre les médecins de la capitale et ceux des départements et même de l'étranger, Sédillot rendit à la science un service d'autant plus signalé qu'il n'existait en France à cette époque aucun journal de médecine et que le sien régna seul pendant cinq ou six années. Malgré ses nombreuses occupations, Sédiliot trouva le temps de publier des mémoires sur des sujets variés, tels que l'emploi de l'éther acétique, les poids et mesures dans leur application à l'usage médical, la patente de médecin, l'éloge du professeur Sabatier, un mémoire intéressant sur la rupture musculaire, dont il lut la première partie à l'Académie des sciences, des observations sur l'emploi du phosphore et du muriate de baryte dans la paralysie et les affections cancéreuses, plusieurs opuscules sur la fièvre jaune, différents articles dans le grand Dictionnaire des sciences médicales , des notes sur la vaccine et le virus vaccin, et en dernier lieu un mémoire sur les revaccinations, qui a été imprimé parmi ceux de l'académie de médecine, dont il était membre depuis sa fondation. Il a publié en société avec Ch. Pelletier fils les Mémoires et observations de chimie de Bertrand Pelletier, Paris, 1798, 2 vol. édition à laquelle il a joint un éloge de l'auteur, son beaufrère . Sédillot était médecin consultant des maisons royales de la Légion d'honneur, chevalier de cet ordre, associé ou correspondant d'un grand nombre de sociétés nationales et étrangères, administrateur du bureau de bienfaisance du deuxième arrondissement de Paris. Arrivé à un àge avancé, il dut renoncer à la pratique, et il termina sa carrière le 5 août 1840, dans sa 84° année, laissant deux fils, qui exercèrent comme lui l'art de guérir
  • Joseph SEGUY( 1689 - 1761) : abbé de Genlis et chanoine de Meaux , était né à Rodez en 1689. Après de bonnes études, il cnitiva la poésie et l'éloquence, surtout celle de la chaire. Bientôt il parut à la cour et dans la capitale avec distinction , comme orateur chrétien. Choisi, en 179.9, pour prêcher le panégyrique de StLouis, en présence de l'Académie française, cette compagnie fut si satisfaite de son discours qu'elle demanda pour lui l'abbaye de Genlis ; et le cardinal de Fleury, alors premier ministre, voulut bien l'accorder. De tels succès excitèrent l'envie. On prétendit qu'il n'avait pas composé luimême ce panégyrique, et que Lamotte en était l'auteur. Seguy ne répondit pas à cette injuste imputation. D'autres discours du même mérite, ou d'un mérite supérieur, notamment un bel éloge de Louis XIV, prononcé devant l'Académie, et l'oraison funèbre du ma-' réchal de Villars, pièce trèsdistinguée qu'on ne lui disputa point, prouvèrent qu'il n'avait pas besoin de s'adresser à autrui pour produire d'excellents ouvrages. En 1732, il remporta le prix de poésie à l'Académie française. Cette pièce et la belle oraison funèbre du maréchal de Villars lui en ouvrirent les portes. Adam, secrétaire des commandements du prince de Conti et l'un des membres de l'Académie française, étant mort, Seguy lui succéda et fut reçu le 15 mars 1736. Son discours de réception et la réponse de l'abbé de Rothelin, en qualité de directeur, se trouvent au cinquième volume des harangues prononcées par les académiciens . Seguy remplit avec beaucoup d'exactitude , pendant plusieurs années, les devoirs que lui imposait son nouveau titre, et partagea avec zèle les travaux de la compagnie. A ce talent, il joignait une véritable piété. Son âge avançant, il crut devoir renoncer aux choses du monde pour ne plus s'occuper que de celles d'une autre vie. Retiré à Meaux, il sut y remplir avec une édifiante assiduité ses devoirs de chanoine, « cherchant, dit le duc de Niver- Page 182 et suiv. ,, à cacher sa vie et sa gloire dans une
  • Joseph SENTIES( 1756 - 1824) : littérateur, né à Toulouse vers 1756, fut longtemps employé dans l'admi- 01 A.M. Lottin fut éditeur de cette première édition , et non de la seconde, revue par Wailly, qui est de 1771. A. 13—T. nistration de la loterie à Paris, où il mourut le 3 janvier 1824 , après avoir publié sous le voile de l'anonyme : 1° Doléances des dames de la halle, 1789 ; 2° la Pauvre Orpheline, ou la Force du préjugé, Paris, an 9 , 2 vol. in -12; 3° le Joueur, ou le Nouveau Stukély, par madame de D***, auteur de la Pauvre Orpheline, Paris, Barba, 1807, 2 vol. Ce titre, le Joueur, etc., fut substitué par le libraire à celui que Senties avait donné à son ouvrage : les Tripots, ou Mémoires pour servir à l'histoire des maisons de jeux; ce changement n'empêcha pas la saisie du livre, probablement à la requête de l'administration des jeux ou du fameux Bernard, dont il froissait les intérêts. Le livre fut sévèrement prohibé, et la police , que Bernard payait fort bien, y tint la main. Senties fut un des rédacteurs de la Notice sur Ahmed, bey de Soliman, réfugié, en France, 1814
  • Joseph SERVAN( 1741 - 1808) : frère du précédent, à Romans le 14 février 1741, entra dès sa jeunesse dans la carrière des armes, et fut officier du génie, puis sousgouverneur des pages de Louis XVI. Avant que la révolution éclatât, il en avait adopté les principes ; et ce fut dans cet esprit qu'il publia, en 1780, le Soldat citoyen, vol. Il concourut, vers le même temps, à l'Enryelopédie, et rédigea pour cet ouvrage plusieurs articles sur l'art militaire. S'étant fait remarquer dès le commencement de nos troubles politiques, il fut nommé, en 1790, colonel de l'un des régiments de la garde soldée de Paris, formée avec les gardes françaises, puis maréchal de camp et enfin ministre de la guerre. Servan voulut aussitôt forcer le monarque à sanctionner le décret qui ordonnait la formation d'un camp sous Paris et la déportation des prétres non assermentés. Enfin, il montra tant d'exaltation, que le roi se vit obligé de révoquer sa nomination. L'assemblée nationale décréta alors , que le ministre renvoyé avait bien mérité de la patrie ; et dés que le trône fut renversé par la révolution du 10 août 1792, cette assemblée se hâta de rendre le portefeuille de la guerre à Servan. Mais ce ministre fut distancé par de plus exagérés que lui. Il montra une hésitation qui leur déplut, à l'époque des massacres de septembre et lorsque les Prussiens pénétrèrent en Champagne. Voyant alors qu'il ne pourrait pas parcourir toute la carrière qui venait de s'ouvrir, il donna sa démission le 14 octobre 1792. On lui confia le commandement de l'armée des Pyrénées occidentales ; mais, accusé peu de temps après par Robespierre et par Chabot, il se démit encore , 'Servan fut employé dans les départements méridionaux et devint, sous le consulat, président du conseil des revues et commandant de la Légion d'honneur. Il mourut à Paris le 10 mai 1808. On a encore de lui : P Projet de constitution pour l'armée française, 1790 de 40 pages ; Histoire des guerres des Gaulois et des Franfais en Italie, depuis Bellovèse jusqu'à la mort de Louis 1805, t. 2 à 7 Le général Jubié a rédigé l'introduction, formant le premier volume de ce grand ouvrage, qui n'est guère qu'une compilation dans laquelle les militaires seulement pourront trouver quelques faits utiles
  • Joseph SERVIÈRES( 1781 - 1826) : auteur dramatique, né à Figeac, dans le Quercy, le 20 juillet 1781, fit Les dieux à Tivoli, ou l'Ascension de l'Olympe, folie non fastueuse, arlequinadeimpromptu en un acte et en vaudevilles, Paris, 1800 2° le Bouquet de pensées pour l'an X, 1801 3" avec Francis et Belargey) la Martingale, ou le Secret le Père malgré lui , comédievaudeville en un acte et en prose, 1801 ; 5° le Téléyraphe d'amour, comédie en un acte, en prose, »Ade de vaudevilles, 1801 ; 6° Rembrandt, ou la Vente après décès, 'vaudeville anecdotique en un acte, 1801: 7. Fontenelle, comédieanecdote en un acte, en prose et en vaudevilles, 1802 ; 8. Monsieur Botte, ou le Négociant anglais, comédie en trois actes et en prose, imitée du roman de PigaultLebrun, 1803 ; 9° Fanchon la vielleuse de retour dans ses montagnes, comédie en trois actes, en prose, mêlée de vaudevilles, 1803 ; 1 1° les Charbonniers de la Fora noire, comédie en trois actes, mêlée de vaudevilles, 1804 ; 12° 'avec C. Henrion) Drelindindin, ou le Carillonneur de la Samaritaine, parade en un acte et en N audevilles, 1803 ; 13° Jean Bart, comédie historique en un acte, en prose et en vaudevilles, 1803 ; li° Un quart d'heure d'un sage, vaudeville en un acte, 1804 ; 15° Jocrisse suicide, drame tragicomique en un acte et en prose, 1804 ; 6° avec Durnaniant) Brisquet et Jolicœur, vaudeville en un acte , 1804 ; 17° Bombarde, ou les Marchands de chansons, parodie d'Ossian, ou les Bardes, mélodrame lyrique en cinq actes, 1804 ; 18° la Belle Milanaise, ou la Fille femme, page et soldat, mélodrame en trois actes, à grand spectacle, 1804 ; 19° Toujours le meure, vaudeville en un acte, 1804; 20° le Dansomane de la rue Quincantpoix, ou le Bal interrompu, folievaudeville en un acte, 1804; 21° Jeanneton colère, vaudeville grivois en un acte, 1805 ; 22° les Nouvelles Métamorphoses, vaudeville en un acte, 1805 ; 23° Alphonsine, ou la Tendresse maternelle, mélodrame en trois actes et en prose, tiré du roman de madame de Genlis , 1806 ; 24° Madame Scarron, vaudeville en un acte, 1806; 25° Monsieur Girafe , ou la Mort de l'ours blanc, vaudeville en un acte, par M. Bernard, de la rue aux Ours, 1807; 26° Arlequin double, vaudeville en un acte, 1807 ; 27° La pièce qui n'en est pas une, dialogue analogue aux prologues et épilogues, 1809. On attribue à Servières deux autres pièces : l'Amant comédien et Les trois n'en font qu'un, ainsi qu'un écrit intitulé Revue des thedtres. Plusieurs chansons tirées de ses vaudevilles ont été insérées clans le Chansonnier . fran-çais et autres recueils lyriques
  • Joseph SIMONELLI( 1649 - 1713) : peintre, naquit à Naples en 1649. Il avait d'abord été laquais du Giordono. En voyant les ouvrages de son maître, le goût de la peinture s'empara de lui, il étudia ceux qu'il trouva sous sa main, et il devint en peu de temps un copiste exact de ses compositions et un excellent imitateur de son coloris. Il ne fut pas aussi habile dans la partie du dessin ; cependant, on vante comme une production des plus étudiées et des plus correctes, comme une de celles qui approchent de trèsprès les meilleurs ouvrages de Giordono, le tableau qu'il a peint dans l'église de Montesanto et qui représente St- Nicolas de Tolentino. Simonelli mourut à Naples, en 1713
  • Joseph SOCHER( 1755 - 1821) : philosophe allemand, naquit en 1755 à Peutingen, en Bavière ; il devint membre de l'académie des sciences de Munich et il fit partie du parlement bavarois; sa vie ne paraît pas d'ailleurs avoir offert de circonstances remarquables. Dans son Appréciation des nouveaux systèmes en philosophie , il se montre partisan des idées de Kant, mais ses études se portaient spécialement sur l'histoire de la philosophie ancienne. Son Esquisse des systèmes philosophiques depuis les Grecs jusqu'à Kant n'est guère qu'un résumé assez sec; en revanche, son ouvrage sur les Ecrits de Platon révèle des qualités sérieuses; il discute l'authenticité de quelquesuns des écrits compris dans les oeuvres du disciple de Socrate. et qui ne s'accordent pas toujours avec les doctrines émises dans d'autres dialogues. Avec la hardiesse de critique dont l'Allemagne offre tant d'exemples, Socher tranche la difficulté en retranchant des écrits authentiques de Platon le Parménide, le Sophiste, le Politique et le Critias ; mais cette hypothèse est loin d'avoir obtenu le suffrage de tous les érudits. Socher est mort en 1821
  • Joseph SMITH( 1805) : fondateur de la secte des mormons, ou, comme ils se qualifient euxmêmes, des « saints des derniers jours », naquit dans la petite ville de Sharon, Etat de Vermont , le 23 décembre 1805. Son enfance ne fut pas accompagnée des signes mystéIieux qui annoncent un prophète. Il était le tquatrième enfant d'un Smith qui en eut neuf, et que de mauvaises spéculations jetèrent du négoce !dans l'agriculture. Obligés d'émigrer à Palmyra, dans l'État de NewYork, les Smith vécurent d'un petit domaine acquis des débris de leur fortune, et ce fut là que Joseph s'éleva entre le travail ''des champs et l'école, plus porté vers l'école à cause de son état maladif. Sa mère, Lucy Mach, qui , plus tard , publia ses mémoires , ne cite de ce premier temps que le courage déployé par son fils dans une opération chirurgicale où on eut à lui enlever un os carié. L'enfant ne montrait pas d'ailleurs de dispositions extraordinaires; il ne se distinguait des autres élèves que par une tenue plus réservée et un sentiment moral plus développé. Ce n'est qu'en 1820 que sa vocation éclata, et ici il faut écouter Joseph Smith luimême, qui raconte les faits dans son Livre de Mormon. « J'a-« vais quinze ans, ditil. Dans un grand revival tenu à Manchester , presque toute la famille de « mon père avait embrassé la foi presbytérienne. XXXiX. « Moi j'éprouvais de grandes perplexités. Un « instant j'inclinai vers les méthodistes; mais je fus retenu par l'esprit (le confusion qui régnait « dans leurs diverses chapelles; toutes ces que- relies d'Eglise me répugnaient profondément. « Que faire?. Quel parti prendre? Un verset d'une « épître de StJacques me tira de cette indécision. « Si quelqu'un manque de sagesse, (lit ce verset, qu'il la demande à Dieu, et la sagesse lui sera donnée. » Pénétré de cette lecture, je résolus de m'adresser directement au TrèsHaut. Pour cela , je me retirai dans un bois par une belle « matinée de printemps, en 1820; me voyant ,( bien seul, je m'agenouillai et priai avec fer- veur. Au plus fort de cette prière, j'eus une vision. Une colonne de lumière plongea pour « ainsi dire sur moi, et dans le nimbe qu'elle formait j'aperçus deux personnages qui flot- talent dans l'air avec une splendeur et une ma-« jesté incomparables. L'un d'eux m'appela par « mon nom, et me montrant son compagnon de gloire : « C'est mon fils bienaimé, ajoutatil; écoutezle. » Nulle occasion n'était meilleure « pour savoir laquelle de toutes les sectes était à préférer. J'interrogeai làdessus les deux per- onnages. lis me répondirent qu'aucune de ces r, religions n'était la véritable, et qu'avant peu il me serait donné làdessus de plus complètes informations. L'entretien continua sur des su-, jets qu'il m'est interdit de traiter, et quand je revins à moi, j'étais couché sur le dos, les yeux fixés au ciel. » Cette première vision en annon-çait une seconde, qui devait être plus décisive ; niais soit que Joseph Smith ne se trouvât point eu état de grâce, soit que les personnages surnaturels eussent de la besogne ailleurs, trois ans s'écoulèrent sans qu'il fût donné suite à ces ouvertures descendues d'en haut. Joseph avoue luimême qu'il s'était un peu gâté et qu'il avait cédé au courant des séductions mondaines. Enfin, et probablement dans une période d'amendement, la vision subsidiaire arriva. Voici comment Smith en parle dans son livre « C'était, ditil, le 21 sep- tembre 1823. Je venais de me mettre au lit « comme à l'ordinaire, en suppliant le Seigneur de me pardonner mes folies et de se manifester enfin à moi, quand tout à coup je vis, eu « pleines ténèbres, ma chambre s'éclairer sou- dainement comme en plein midi. J'ouvris les yeux ; une figure resplendissante flottait, pour ainsi dire, devant moi. Elle était telle que « je n'ai rien vu de pareil icibas. A travers « une robe d'une éblouissante blancheur , on pouvait apercevoir sa poitrine découverte. Cette apparition était radieuse et glorieuse au delà de toute expression. Au premier moment, j'eus peur ; mais, sur un mot du visiteur, je me ras- surai. Il me dit qu'il se nommait Néphi et que Dieu l'envoyait vers moi pour m'indiquer une grande oeuvre à accomplir. On devine dans quelle extase je l'écoutais. Il ajouta qu'un livre 61 écrit sur des lames d'or, était déposé dans la contrée, et que sur ce livre étaient tracés à la fois l'Evangile rétabli dans sa pureté et Pori- gine et l'histoire des anciens habitants du con-« tinent américain. Quant à l'interprétation de ce livre, il n'y avait point de souci à en avoir. Encadrés dans des baguettes d'argent, deux « pierres ou verres, nommés l' Urimm et Thurne( niim, étaient enfouis près du livre, et il suffirait aux voyants de porter ces pierres à leurs yeux pour lire couramment dans l'Evangile nou-« veau. » Voilà la première légende de Joseph Smith, racontée par luimême. Nous abrégerons les développements qu'il en donne. Désormais les apparitions se succèdent ; les anges hantent le chevet de Joseph. On ne lui livre le secret du mystérieux dépôt • que peu à peu et détail par détail. Sur le flanc d'une colline , dans le comté d'Ontario, reposait le livre sacré. Des indications précises sont données au prophète, et un jour il le trouve, tel qu'il a été décrit, avec ses lames d'or, sous une pierre d'une grande dimension. Tout auprès se trouvaient un pectoral et les fameux verres cités, UrimmThummim, qui consistaient, (l'après la mère de Joseph « en deux dia- mants triangulaires, enchâssés et montés en argent, de façon à ressembler à d'anciennes « lunettes. » Quant aux lames, vérification faite, elles n'avaient que la couleur et l'apparence de l'or. Leur surface, de sept pouces de large sur huit de long, était couverte de caractères parfaitement gravés et de forme égyptienne. Ce fut en 1827 seulement que Joseph Smith fut autorisé à emporter ces précieux symboles de la nouvelle foi. Jusquelà il avait assez pauvrement vécu. Tous les membres de sa famille avaient été peu à peu obligés de louer leurs services, et luimême travaillait à salaire dans une mine d'argent. Il venait même alors de se mettre en ménage; une jeune fille, Emma Hale, l'avait épousé contre le gré de son père, qui se souciait peu d'une alliance avec un visionnaire. Une brouille s'en était. suivie; Joseph restait seul à lutter contre le besoin. Il se décida alors à exploiter en grand la seule industrie à laquelle il fût propre. la mise en oeuvre d'un mécanisme religieux de son Il avait préparé l'instrument, il ne lui restait plus qu'à le produire. Comment allaitil s'y prendre, lui qui n'avait qu'une ébauche d'éducation? Comment pouvaitil , par des moyens naturels, arriver à une conception qui, en dehors de la singularité, pût tromper les yeux des érudits et revêtir de faux semblants de science archéologique? Voici ce qu'on raconte à ce sujet : Quelques années auparavant, un prédicateur presbytérien, nommé Salomon Spalding, avait composé un roman mystique intitulé le Manuscrit trouvé, qui contenait, le récit des aventures des dix tribus dispersées d'Israël et l'itinéraire qui avait conduit ces tribus (le Jérusalem en Amérique. C'était une cruvre de fantaisie qui, faute de trouver un libraire, était restée dans les pa piers de l'auteur et y avait été recueillie après sa mort. Par quelle circonstance ce manuscrit tombatil dans les mains de Joseph Smith? Futil détourné ou volé, comme on le dit? On n'a làdessus que des conjectures. Quoi qu'il en soit, dès que l'oeuvre de Smith eut paru, plusieurs personnes crièrent au plagiat. Elles déclarèrent sous serment que ce n'était qu'un arrangement du roman de Spalding, et dans bien des passages, une reproduction à peu près littérale. Telle est la version qui circula dans le public ; il va sans dire qu'elle n'eut pas cours dans l'Eglise des mormons. C'est dans son sein un article de foi que Joseph Smith n'eut d'autre assistance que celle de ses anges familiers. De décembre 1827 à février 1828, il copia le livre sacré et le traduisit ensuite au moyen de l'Urim , les lunettes divines. Dès qu'il eut achevé la traduction, tout lui fut enlevé, plaques d'or et lunettes. L'original alla sans doute se renfermer de nouveau dans un gîte plus mystérieux pour l'édification des générations à venir. Il y avait néanmoins une épreuve à faire : c'était de savoir jusqu'à quel point ces caractères inconnus étaient accessibles à la science moderne. Un nouvel initié, Martin Harris, se chargea de cette vérification. Muni des plaques et des passages traduits, il se présenta chez un orientaliste de NewYork , le professeur Anthon. Ici encore les versions diffèrent. A en croire les mormons, le professeur reconnut dans les caractères de « l'égyptien réformé »; il ajouta qu'ils étaient un mélange d'égyptien, de syriaque, de chaldéen et d'arabe. Quant à la traduction, il la déclara irréprochable. Voilà le récit de Martin Harris. Mais le professeur Anthon était loin d'en confirmer l'exactitude. Quand on l'interrogeait sur les plaques et sur leurs inscriptions, il ne se cachait pas pour dire que c'était la plus effrontée jonglerie que l'imagination humaine eût inventée. Il fallut dès lors se passer de la collaboration des savants, et renfermer la préparation de l'oeuvre dans un cercle d'initiés. Celui qui assista le plus utilement Joseph Smith fut un maitre d'école de village, nommé Olivier Cowdery. Il tint la plume et arrangea les matières à mesure que le prophète les tirait (le son cerveau. C'est ainsi que le Livre de Mormon fut mis en état de voir le jour; ce livre résumait la foi nouvelle. Voici au fond de quoi il s'agit.
  • Joseph SOUBERBIELLE( 1754 - 1848) : chirurgien à Paris, né à Pontacq , le 19 mars 1751, fut un des plus zélés détracteurs de la méthode inventée par le frère Côme en 1779, pour l'opération de la pierre, et se montra en conséquence fort opposé à la lithotritie inventée par le docteur Civiale. Trèslié avec les principaux auteurs de notre première révolution , et surtout avec Robespierre, il se montra fidèle à ces principes jusqu'aux derniers temps de sa vie, et nous l'avons alors entendu dire encore que Maximilien avait été calomnié. Souberbielle est mort à Paris en 1818. Il avait été, en 1793, l'un des jurés du tribunal révolutionnaire, et l'on eut à lui reprocher la mort de beaucoup de victimes de cette époque, entre autres celle de la reine MarieAntoinette. On a de lui : 1. Recueil de pièces sur la tithotontie et la lithotritie, 1828 - 1835 2' Observations sur l'épidémie dyssentérique qui a régné à l'école de Mars, au camp des Sablons, dans l'an 2 de la république , avec l'indication des moyens employés pour la combattre, 1832 3. Quelques remarques sur les deux derniers écrits de M. Ciriale, intitulés : 1. Considérations pratiques sur la méthode suspubienne; 2. Quatrième lettre sur la lithotritie, octobre 1833; — Lettre de Souberbielle à l'Académie des sciences, sur la etatistique des affections calculeuses présentée par M. Ciriale dans la séance du 26 août 1823 ; — Renseignements adressés à l'Académie des sciences sur quelques points de la statistique des affections calculeuses, 1833 ; — Encore les chiees de M. Civiale, Paris, 1831 4° Académie de médecine, candidature de Ji. Souberbielle dans la section opératoire, 1835
  • Joseph SOUHAM( 1760 - 1837) : général français, né le 31 avril 1760, à Lubersac, de l'une des premières familles de la bourgeoisie, eut une jeunesse trèsdissipée et, à peine sorti du collège, s'engagea dans le régiment de RoyalCavalerie. D'une force, d'une taille prodigieuse et d'une valeur à toute épreuve, il réunissait tous les avantages qui font réussir à la guerre. Cependant il ne servit pas longtemps dans ce corps, où les lois du temps lui promettaient peu d'avancement. Il en était sorti lorsque la révolution commença. Il s'enrôla alors dans un bataillon de volontaires nationaux du département de la Corrèze, qui le nomma son commandant. Ce fut à la tète de cette troupe qu'il fit, sous Lafayette et Dumouriez, les premières campagnes de cette guerre, qui devait ètre si longue. 11 se dist particulièrement à Jemmapes , puis à Montassel, à Courtray et à Nimègue, dont il s'empara de la manière la plus glorieuse dans le terrible hiver de 1795. Il était alors général de division et lié intimement avec les chefs de cette armée , Pichegru et Moreau; mais, d'un caractère entier et difficile, il eut plusieurs altercations avec les représentants que la convention nationale envoyait à toutes les armées avec des pouvoirs souverains. C'est par suite de ces différends qu'il fut envoyé dans la Belgique pendant quelques mois avec un commandement qu'il quitta en 1796, pour etre mis à la tète d'une division de l'armée du Rhin, sous Pichegru, puis sous Moreau. La disgrâce de ces deux généraux lui devint bientôt funeste, et il cessa d'être employé sous le gouvernement directorial , jusqu'à ce que Bonaparte, s'étant emparé du pouvoir, le remit en activité ; mais il tomba de nouveau en disgrâce lors de la conspiration de Georges Cadoudal, où il se trouva compromis. Renfermé dans la prison de l'Abbaye , il fut tenu longtemps au secret. N'ayant pu le faire condamner sans preuves, Napoléon le destitua de son grade, et il ne consentit à le réintégrer qu'en 1808, pour lui donner le commandement d'un corps d'armée en Catalogne. Souham y battit d'abord les Espagnols à Olt, puis à ‘ralse, et défendit bravement la place de Vich contre O'Donnell, qui commandait un corps beaucoup plus nombreux que le sien. Marchant ensuite à la tète de ses colonnes, il fut percé audessous de l'oeil d'une balle qu'il fit extraire à l'instant sur le champ de bataille, et lorsque les soldats, frappés d'épouvante, le croyaient mort et commençaient à se retirer, il parut soudainement au milieu d'eux et les conduisit à l'ennemi , qui fut repoussé et mis dans une déroute complète. Cependant. à la fin de cette glorieuse journée, Souharn s'aperçut de l'irritation que tant de mouvements causaient à sa blessure ; il s'arrêta alors et se fit sérieusement panser; mais elle était à peine cicatrisée qu'il reçut l'ordre d'aller rallier les débris du maréchal Soult imy. ce nom), qui venait d'essuyer un grave échec en Portugal. Il lit d'abord lever le siège de Burgos ; puis, ayant marché contre Wellington, il le battit dans plusieurs occasions, particulièrement à Torquemada et à la célèbre position des Aropiles, où Donnadieu se couvrit de gloire à la tète de son régiment. Si Souham eût été secondé dans ses brillantes attaques, e'en était fait de l'armée anglaise; mais le roi Joseph . qui devait le soutenir, resta immobile à Madrid. A la suite d'une discussion trèsvive avec ce prince. Souham partit pour la France. C'était à la lin de 1812; Napoléon le chargea aussitôt d'organiser, à Mayence, un corps d'année, qui bien que composé de conscrits pour la pus grande partie. obtint à Lutzen et sur les rives de l'Elbe, contre l'empereur Alexandre et le roi de Prusse en personne, un succès si complet que Napoléon dit que, a depuis vingt ans qu'il commandait n des armées. il n'avait pas encore vu autant (, de bravoure et de dévouement. n Quand il demanda à Souham ce qu'il désirait pour récompense d'un si bel exploit, ce brave général ne voulut pas autre chose que la délivrance du général Dupont , son compatriote et son ami, qui. depuis trois ans, était prisonnier au clulteau de Ilam. Cette grilre lui fut accordée avec le titre de grandoftieier de la Légion d'honneur. Il avait reçu depuis plusieurs années celui de comte. Dans la campagne de France, qu'amena l'invasion des alliés en 181%, Souham commanda encore une division,' et il se distingua particulièrement à Nogent et à Montereau, où il couvrit la retraite. Il faisait partie du corps d'armée de Marmont à Essone, lorsque ce maréchal effectua sa défection pour se rendre à Versailles. Nous ignorons si Souham lit quelques efforts pour le détourner de cette résolution, ou si, connue l'ont (lit ses détracteurs, ce fut lui qui donna le premier l'ordre et l'exemple de cette défection. Cela seulement est certain qu'une fois arrivées à Versailles, les troupes, avant reconnu qu'elles avaient été trompées, s'insurgèrent spontanément, et que plusieurs coups de fusil furent tirés sur le général Souham, qui se vit obligé de prendre la fuite. Il se soumit aussitôt après le rétablissement de la branche des Bourbons, fut créé chevalier de StLouis et nommé commandant de la 20. division militaire. N'ayant pas été employé dans les centjours (le 18I:i par Napoléon, qui sans doute ne lui pardonnait pas sa conduite à Essone, il fut v au retour du roi comme inspecteur général d'infanterie, puis, peu de temps après, comme gouverneur de la 5. division. Ayant obtenu sa retraite quel- ques années plus tard, il mourut dans son pays, au milieu de sa famille, en 1837
  • Joseph SPECKBACHER( 1768 - 1820) : un des chefs de l' du Tyrol en 1809, naquit en 1768, au village de Rinn, près d'Innsbruck. Il consacra sa jeunesse à la chasse du chamois, et il acquit dans les montagnes une renommée due à son audace, à son agilité et à la précision de son coup d'œil. Vieil ami de l'aubergiste André Hofer, il s'unit à lui pour diriger la levée en masse des Tyroliens, lorsque l'Autriche, espérant pren- dre sa revanche des désastres d'Austerlitz , déclara la guerre à la France. Le 19. avril, Speckbacber, , reconnu par une troupe nombreuse de montagnards comme leur chef, attaqua une gar- oison bavaroise qui était à Hall, la mit en déroute et força un corps de cavalerie qui arrivait d'Innspruck à mettre bas les armes. Il montra autant de valeur que d'habileté aux combats des 25 et 29 mai, qui jetèrent les Bavarois hors du Tyrol tout entier. Son fils, àgé de dix ans, se tenait constamment à ses côtés au milieu du feu. Mais ces succès ne pouvaient qu'être éphémères : Napoléon, que ses ennemis croyaient occupé en Espagne, était revenu avec la rapidité de la foudre; il avait battu les Autrichiens à Eckniuhl, à Ratisbonne , et après un échec momentané à Essling, il avait obtenu à Wagram un triomphe complet. Le Tyrol fut cédé à la Bavière, et des forces nombreuses marchèrent de tout côté pour le soumettre. Les montagnards se disposèrent à une résistance désespérée, et plusieurs combats, livrés du 6 au 13 août et dans lesquels Speckbacher se montra ce qu'il était toujours, tournèrent d'abord à leur avantage. Le maréchal Lefebvre dut reculer et évacuer le pays, mais bientôt, ayant reçu des renforts considérables, il revint à la charge. Après diverses rencontres, dont il sortit avec bonheur, Speckbacher fut enfin battu Je 16 octobre; son fils fut fait prisonnier, et luimême n'échappa que trèsdifficilement. Le Tyrol avait dû se soumettre ; Hofer et quelquesuns de ses compagnons avaient été fusillés; Speckbacher, vivement traqué, ne sauva sa tète qu'en se réfugiant au milieu des glaciers et des neiges. Après les plus rudes privations, il réussit à gagner le territoire autrichien , et il atteignit Vienne au mois de mai 1810. 11 fut accueilli comme le méritait son dévouement; le gouvernement lui accorda le traitement d'un colonel , et il fut mis à la tête d'une colonie établie dans la Transsyl- vanie pour recevoir les Tyroliens fugitifs. Lorsqu'en 1813 , la guerre éclata de nouveau, il courut dans le Tyrol afin de provoquer l'insurrection ; mais la Bavière ayant presque aussitôl accédé à la coalition , les montagnards ne trouvèrent plus d'ennemis à combattre. Speckbacher passa le reste de sa vie dans un repos qu'entourait l'estime de ses compatriotes. Il mourut en 1820
  • Joseph SWAAN( 1774 - 1826) : savant professeur hollandais, né, en 1774, dans la Nordholland, acquit de profondes connaissances dans tous les genres et entra aussitôt après dans la carrière de l'enseignement. Il fut d'abord principal du collège de Vianen, puis auteur des écoles latines et professeur de chimie à l'école de médecine de la petite ville de Thoorn, où il mourut en 1826. Zélé partisan des nouvelles doctrines, Swaan écrivit dans les journaux plusieurs articles sur l'ouvrage de Dacosta Contre l'esprit du siècle, publié en 1823. Indépendamment de beaucoup de dissertations dans les journaux et divers recueils, on a de lui une traduction en langue hollandaise, faite concurremment avec le docteur iorrilzma, de deux savants mémoires sur l'ophthalmie de l'armée des Pays- Bas et sur l'air atmosphérique et son influence sur l'économie animale. Swaan avait annoncé une traduction en vers hollandais des fables du baron de Stassart ; mais la mort ne lui a pas permis d'achever cet ouvrage
  • Joseph SPENCE( 1698) : littérateur anglais, né en 1698 à Winchester, reçut son éducation à l'université d'Oxford , prit le grade de maître ès arts en 1727, et se fit connaître la même année par un Essai sur la traduction de l'Odyssée, de Pope. Dans cet écrit, qui sans être profond témoignait d'un certain goût, l'auteur se montra si favorable au célèbre traducteur, que celui•ci désira connaître son apologiste et l'admit bientôt dans son intimité . En 1728, Spence fut élu professeur de poésie à l'université d'Oxford, et il occupa cette place pendant dix ans. Depuis, il voyagea en Italie avec le jeune duc de Newcastle. Lorsqu'il quitta son élève, en 1712, il fut présenté par l'université pour un bénéfice ecclésiastique dans le comté de Buckingham ; l'ayant obtenu, il résida néanmoins à Byfleet, dans le comté de Surrey, où son ancien élève, le duc de Newcastle, avait mis à sa disposition une habitation fort agréable. Peu de temps après, il fut nommé professeur d'histoire moderne à Oxford. Cet emploi lui laissant beaucoup de loisir, il publia , en 1717, son principal ouvrage, intitulé Recherches sur les rapports qui existent entre les écrits des poêles romains et ce qui reste des anciens artistes pour les expliquer les uns par les autres, I vol. Le public accueillit favorablement cette production ; et quoique Gray en parle avec quelque mépris sous le rapport de l'érudition, d'autres écrivains distingués ont loué le savoir de l'auteur et l'élégance de son style. En 1751, il fut installé à la prébende de Durham. Sa dernière publication fut une édition des Remarques sur Virgile, par Holdsworth, accompagnées de notes et d'observations. Peu de temps après, le 20 aoùt 1768, on le trouva mort dans un canal de son jardin, à Byfleet, où il était tombé, à ce qu'il paraîtrait, dans un état de paroxysme, car l'eau n'était pas assez profonde pour le couvrir. Spence, d'un caractère bienveillant et sociable, sut se faire beaucoup d'amis. Il s'empressa constamment de mettre au grand jour le mérite inconnu et obscur, comme on peut le voir dans ses remarques et notices sur Stephen Duck, sur Robert Hill, le tailleur savant . Les morceaux qu'il a insérés dans plusieurs recueils périodiques ont été recueillis et Warton, dans son E'sai sur Pope, assure avoir vn un manuscrit de Spence avec des notes marginales écrites de la main de ce grand poéte, qui reconnaissait presque toujours h justesse dcs obst.rvations de son critique et ne demandait que rarement grâce pour quelques vers favoris. publiés avec d'autres écrits de cet auteur sous le titre de Moralités, 1753. Dans cette publication , Spence prend le nom de sir Henry Beaumont, sous lequel il s'est caché pour d'autres ouvrages. Il avait fait une collection d'anecdotes concernant les écrivains célèbres, recueillies dans ses entretiens avec Pope et d'autres gens de lettres. Cette collection, formant plusieurs volumes manuscrits, était restée dans les mains du duc de Newcastle. On a cru que Johnson en avait fait des extraits pour ses Vies des poires; ce que l'on a pu vérifier depuis, puisque cette collection a été imprimée sous ce titre : Anecdotes, observations et caractères concernant des livres, des personnaqes , etc., recueillis dans la conversation de Pope et autres personnages célèbres de son temps, par Joseph Spence ; publiés pour la première fois d'après des documents oriyinau. r, avec des notes et la vie de l'auteur, par S. lUeller Singer, Edimbourg, Constable, 1820
  • Joseph SPORENO( 1490 - 1560) : historien, naquit à Udine, vers 1490, d'une famille originaire de Scutari, ce qui l'a fait surnommer par quelques historiens Scumrino. Il fit ses études dans son pays, où il devint notaire, ce qui ne l'empêcha pas de cultiver avec ardeur les lettres grecques et latines. 11 mourut vers l'an 1560. On a de lui l'histoire du Frioul, sous le nom de Forum Julium, divisée en cinq livres, et se recommandant par une grande érudition. Cet ouvrage a été imprimé dans le troisième volume des MisceHanee del Lazzaroni, Venise, 1740; mais l'éditeur s'est trompé en rat- tribuant à Jos. Liruti. On trouve encore quelques poésies de Sporeno dans les oeuvres de ce mérne Liruti: CY.
  • Joseph STORY( 1779 - 1845) : célèbre jurisconsulte amériWin , né le 18 septembre 1779 à Marblehead, près de Boston , se consacra de bonne heure à l'étude du droit et conquit promptement uite place armi les avocats les plus renommés de Boston. En 806, il fut élu membre de la chambre des reprélitants du Massachussets; il en deN int le présient, et, en 1809, il entra au congrès. Le pré- le sident Madison le nomma en 1811 juge à la cour suprême de justice des EtatsUnis. Il avait été un des chefs du parti démocratique, mais il renonça complètement à la politique afin de se consacrer exclusivement à ses fonctions et à ses travaux sur la jurisprudence. En 1829, il accepta une chaire au collège Harvard, à Cambridge Massachussets), et il occupa cet emploi jusqu'à sa mort, survenue le 10 septembre 18i5. Ses leçons sur le droit des gens, sur le droit maritime et commercial, attirèrent une foule d'auditeurs, et son autorité devint prépondérante dans l'Amérique du Nord et en Angleterre. Parmi ses nombreux ouvrages on distingue ses Commentaires sur la constitution des Etats- Unis . Ses traités sur le Con- fit des lois, sur la Loi des cautions, sur les Plai- doyers en équité, sur la Jurisprudence des cours d'équité, sur la Jurisprudence relative aux lettres de change eaduction allemande, Leipsick, 18%5', se recommandent tous par la clarté du style. la netteté des déductions, la connaissance parfaite des questions. Il s'amusa aussi à écrire quelques pièces de vers, et en 1835 il publia un volume de Mélanges de littérature, de critique et dr poli- tique ; on y remarque le ju- gement le plus sain et des connaissances aussi étendues que variées. La vie de Story, accompagnée d'un choix de sa correspondance, a été écrite par son fils et mise au jour à Londres en 1851
  • Joseph STRASZEWICZ( 1801 - 1838) : écrivain polonais, né à Varsovie en 1801, lit ses études dans cette ville et y puisa le plus ardent désir de voir la régénération de sa patrie. Ayant pris beaucoup de part à l'insurrection du 29 novembre 1830, il fut obligé de s'expatrier après la défaite de l'insurrection et se réfugia à Paris, où il jouit pendant le reste de sa vie des faibles secours qu'accordait aux réfugiés politiques le gouvernement de LouisPhilippe, s'occupant en même temps de publications historiques, où l'on trouve quelques renseignements utiles sur les dernières révolutions. Straszewicz mourut à Paris, le 5 mars 1838. Les ouvrages qu'il a publiés sont : 1° Les Polonais et les Polonaises dela révolution du 29 no- vembre 1830, ou cent portraits des personnes qui ont figuré dans la dernière guerre d'indépendance polonaise, avec le fac- simile de leurs signatures lithographiées sur dessins originaux par les' artistes les plus distingués, et accompagnés d'une biographie pour chaque portrait, Paris, 1832-1837, 20.Iivraisons chacune de cinq planches avec texte; 2" les Femmes célèbres de tous les pays, leur rie et leurs portraits lithographiés d'après les dessins des plus habiles artistes, Paris, 1833 et avec portraits. Cet ouvrage, entrepris avec la duchesse d'Abrantès, et qui devait avoir cinquante livraisons, en est resté à la deuxième ; 3" Emilie Plater, sa rie et sa mort, 183i, vol. iii-8°, avec portrait et une préface par Ballanche; 4 Ar- mée polonaise : révolution de 1830. Costumes de toute arme et tout grade; notice historique sur c. Les Nuits de Straparola étaient tombées dans un oubli qu'elles sont loin de mériter. Plus amusant que beaucoup d'ou- vrages analogues qu'un réimprime fréquemment , ce livre mérite de plus une certaine attention S cause de l'influ,rice considérable qu'il a exercée sur la littérature. Il a fourni aux conteurs ita- liens beaucoup de matériaux, et les écrivains français ne se sont pas fait faute d'y puiser. u Ainsi s'exprime M. Janne. Disons aussi qu'un savant allemand, Schmid, a publié, en 1817, à Berlin, le premier volume d'une traduction de titraparola; elle comprend dixhuit contes accom- pagnés de remarques pleines d'érudition. chaque régiment arec les portraits des principauz généraux, Paris, 1837 Cet ouvrage, qui devait, comme les Femmes célèbres, être composé d'un grand nombre de livraisons, n'en a eu que deux. 50 La nuit du 29 novembre 1830, à Var- sovie, Paris. 1835, vol. avec huit lithographies. Straszewicz s'est encore fait l'éditeur de divers ouvrages de Lelewel, entre autres d'une Numismatique du moyen àge, 1835, du Pythias de Marseille et de la géographie de son temps, 1836
  • Joseph STRUTT( 1749 - 1802) : antiquaire anglais, dessinateur et graveur au pointillé et au lavis , né le '27 octobre 1749, entra, à l'âge de quatorze ans, en apprentissage chez le peintre WilliamWynne Ryland et se fit recevoir, en 1770, élève à l'académie royale, où il obtint les médailles d'or et d'argent la première pour un tableau à l'huile et la dernière, pour la meilleure figure acadéL nuque. Le sujet de son tableau était tiré de l'Enéide, et son triomphe fut d'autant plus éclatant que le célèbre Hamilton avait été son compétiteur. En 1770, le directoire du muséum britannique le chargea de quelques dessins. Les richesses réunies dans cette collection d'objets d'art et de science tournèrent son attention vers l'archéologie, et deux ans plus tard , il publia : Des antiquités royales et ecclésiasti- ques de l'Angleterre et, en 1774, le premier tome des Essais sur les meurs, les usages, les armes, les vêtements, etc., des habitants de l'Angleterre , depuis l'invasion des Saxons jus- qu'au règne de Henri VIII. Le second tome parut en 1775, et l'ouvrage entier fut réimprimé en 1797. Il est trèsrecommandable par les recherches et par les gravures qui l'accompagnent. En 1777 et 1778, Strutt publia une Chronique de l'Angleterre, 2 vol. qu'il voulut et ne put étendre, comme il le voulait, jusqu'à six, faute , sous le titre d'Angleterre ancienne, avec 67 planches, 2 vol. Les planches qui devaient servir à la traduction de la deuxième partie ont été gravées, mais n'ont pas été publiées, cette version n'ayant pas été imprimée. En 1801, Strutt publia les Jeux et amusements du peuple anglais avec 40 gravures, production qui, par la nouveauté du sujet et par la manière dont I il fut traité, eut un grand succès. L'auteur mourut le 15 octobre 1802. La bonté de Strutt le fit chérir de tout le monde ; ses connaissances dans l'histoire de son pays et ses talents comme artiste lui assignent une place honorable dans la biographie. Il a gravé en outre en points rouges : 1° Vénus naissante portée dans Vile de Chypre par l'Amour et le Désir ; 20 Pandore remettant la boite fatale à Epiméthée ; 3° le Roi Candaule et Gygès, d'après Lesueur ; 4° America, sujet allégorique sur la guerre de l'Angleterre contre les EtatsUnis , d'après RobertEdge Pène ; 5° cinq sujets allégoriques peints par Stothart et tirés du roman mystique anglais intitulé Bunyan's Pilgrim. Il a laissé quelques manuscrits, que son fils a publiés : 1. la Reine Hoo- Hall, roman du vieux temps; et le Vieux temps, drame, 4 vol. ; 2. l'Epreuve du crime, ouTraits d'ancienne superstition , conte dramatique, etc., en vers
  • Joseph SULKOWSKI( 1774) : d'origine polonaise, naquit en 177% dans le palatinat de Posen. Elevé ear les soins de son oncle, le prince Auguste ,dkowski, ses progrès dans les sciences mathématiques furent rapides. Il entra fort jeune au fl,- ice de la république. Après l'issue malheu- reuse de la campagne de 1792, qu'il fit contre les Russes dans l'armée de Lithuanie, il se rendit à Paris. Il y obtint une recommandation pour Descorches, envoyé extraordinaire de la république française près la Porte Ottomane. Son intention était de passer aux Indes pour servir sous TippoSaeb. A son arrivée à Constantinople, on apprit l'ifisurreCtion de 1791 et la proclamation de Kosciuszko comme généralissime. L'enthousiasme de Sulkowski se réveilla. Chargé des instructions secrètes de Descorches, il partit pour le quartier général de K.osciuszko; il ne parvint pas au terme de sa destination. La prise de Wilna et de Varsovie par les Russes, la perte de la bataille de Macicikuowice portèrent le dernier coup à l'héroïque Pologne. Sulkowski au dés-. espoir revint à Constantinople, puis en France. Il fut nommé par le directoire exécutif capitaine adjoint à l'étatmajor de l'armée d'Italie. Il s'y fit remarquer par sa bravoure et la supériorité de .- son mérite. — Le général en chef Bonaparte ne 1 ! tarda pas à lui accorder sa confiance et son amitié. Sulkowski s'offrit de luimème pour emporter les redoutes du fort StGeorges; le jeune et intrépide officier réussit dans cette périlleuse entreprise. Attaché dès lors à la personne du général en chef, il devint son aide de camp, et depuis cette époque ils ne se quittèrent plus. Il le suivit en Egypte, prenant part à toutes les' actions glorieuses qui portèrent si haut le nom français dans ce pays. Sulkowski parvint bientôt au grade de général de brigade. Il reçut de nombreuses blessures au combat de Ssaalehhieh. Il était à peine rétabli quand éclata l'insurrection du Caire; n'écoutant que son ardeur impétueuse pour la réprimer, il tomba percé de coups en allant reconnaltre l'ennemi. Ainsi finit , dit M. Denon dans son Voyage en Egypte , un des officiers les plus distingués de l'armée. Min d'honorer sa mémoire, le général en chef ordonna qu'un des forts du Caire porta à l'avenir le nom de Sulkowski. — Sulkowski était membre de l'institut d'Egypte. Le premier volume de la Dérade égyp- tienne contient de lui une description de la route du Caire à Ssaalehhieh. On petit consulter, sur les démarches faites par Sulkowski en faveur de la Pologne, les mémoires d'Oginski, tome 2, page2.t 9 , et l'Histoire du légions polonaises, par Léonard Chodzko, tome 1, page 160 et suivantes. — M. Hortensius de StAlbin , conseiller à la cour impériale de Paris, ancien député, a publié très- jeune encore un livre intéressant suri. Sulkowski et intitulé Mimoires historiques, politiques ri taires sur les récolutions de Pologne, 1792, 179%, la campagne d'Italie, t 796 . 1797, l'expédition du Tyrol et los campagnes d Egypte, 1798, 4799, Paris, 1832. L'auteur l'a écrit d'après des notes de son père, ami intime du général. Ce travail a été fait sous les yeux de l'historien moderne qui a voué son talent et sa vie à la cause de son pays, M. Léonard Chodzko. — Dans cet ouvrage, toute l'histoire de la Pologne gravite autour d'un de ses plus nobles enfants; il peut ètre à bon droit revendiqué pour la forme, te fond et la rédaction par relui qui l'a signé. C'est donc à tort que cette Biographie unirerselle, dans sa première édition . avait reproduit à l'article Sulkowski une assertion erronée de la France littéraire, que le manuscrit de ces mémoires aurait été pris dans les papiers de Barras. Une telle supposition à l'égard d'un homme aussi honorablement connu que M. II. de StAlbin ne pouvait subsister dans cette deuxième édition. — Le prince Jean St i.kowsKt, probablement de la inème famille que le précédent, était propriétaire dans le duché de Bilitz , de la Silésie autrichienne. Ses affaires étaient en mauvais état lorsqu'il se mit à la suite de Napoléon en 1811 et reçut de lui le grade de colonel. Depuis, ayant agi dans un sens opposé aux puissances copartageantes, la cour de Vienne l'exila dans ses terres, avec défense d'eu sortir sans la permission du gouverneur de la provinre. JI s'en échappa et arriva à Vienne sur un bateau; la police le découvrit et saisit chez lui plusieurs exemplaires d'un libelle; elle le renvoya dans ses terres et chargea les tribunaux d'instruire son procès; mais il s'évada encore. Le ministre de la police prussienne le fit arrêter de nouveau le 20 mai 1815, en Silésie, et il fut conduit dans une forteresse , où il resta longtemps détenu. L—si—x et E
  • Joseph SZYMANOWSKI : né en Pologne, mourut en 1801. On a de lui une élégante traduction en vers polonais du Temple de Guide et des poésies fugitives qui respirent le bon goût et le sentiment de l'harmonie. Elles ont été recueillies après sa mort et publiées dans le Choix d'auteurs polonais, en 26 volumes, Varsovie, 1803-1805
  • Joseph TAMBRONI( 1773) : littérateur , né à Bologne en 1773, fit ses études à l'université et, en 1794, obtint au concours la place de paléographe ou d'inspecteur aux archives de la même ville. Lorsque les armées françaises débordèrent pour la première fois en Lombardie , il se rendit à Milan , afin de prendre part aux événements qui se préparaient dans cette contrée. II s'attacha au sort de Marescalchi , qu'il suivit au congrès de Rastadt et à Vienne, en qualité de secrétaire de la légation cisalpine. Sitôt que la guerre éclata, en 1799, entre la France et l'Autriche, Tambroni, qui, après le départ du ministre, en avait rempli les fonctions, quitta Vienne et revint à Mem), où il fut nommé soussecrétaire du direetoire. Les revers des armées républicaines l'obligèrent de chercher un asile dans les montagnes de la Savoie, qu'il regarda ensuite comme une seconde patrie , s'étant allié à une famiile de Chambéry. Après la bataille de Marengo et la nouvelle organisation donnée à la république, Tambroni fut attaché à la légation italienne à Paris , et il y occupa postérieurement la place de chef de divi- sion du ministère des affaires étrangères, dirigé par son ancien protecteur, le comte Marescalchi. Eu 1809, il fut nommé consul à Livourne et, deux ans après , transféré avec le même titre à Rome, où il s'entoura de savants et d'artistes. A la chute du gouvernement impérial, en 1814, Tambroni, rentré dans la vie privée, eut part à la rédaction du Giornale arcadie°, où il fit insérer un assez grand nombre d'articles. Ces travaux et son goùt pour les arts lui méritèrent d'être admis à l'Arcadie, à l'académie de StLuc, à la société archéologique, à la Tibérine de Rome et à l'académie impériale et royale des beauxarts de Vienne. Il était décoré de l'ordre de la Couronne de fer et appartenait, depuis 1804, à l'Institut de France en qualité d'associé étranger. Tambroni est mort à Borne le 10 janvier 1824. Ses ouvrages sont : I° Compendio delle storie di Polonia , Milan, 1807, 2 vol. 2° Ode, Milan, 1816 3° A S. . 11. Francesco impe- ratore e re, ode, ibid. 4° Leuera di tin impiegato diplomatie° nella corie del Brasile , UN suo amico in Italia , 1816 dell belle arii, in Roma ; 4° La letturà d'ana tra- gedia ; — Il Parcendore del villaggio OU Quanti sTaddei; — Il matrimonio per contradizione , comédies; 5° une traduction italienne d'Eutrope
  • Joseph TASTU : littérateur français, né à Perpignan , exerça longtemps à Paris la profession d'imprimeur; en 4816, il épousa mademoiselle Vdiart, qui, après son mariage, s'est acquis, grilce à ses poésies, une juste célébrité. Plus tard Joseph Tastu , renonçant à la typographie, fut admis dans l'administration de la bibliothèque SteGeneviève et devint l'un des conservateurs de cet important dépôt littéraire. 11 est mort au mois de janvier 1849.1l s'était surtout occupé de recherches sur la langue et la littérature catalanes, mais ses travaux à cet égard , auxquels il ne donna pas la dernière main , sont demeurés inédits, à l'exception d'une notice que, de concert avec Buchon , il rédigea au sujet d'un atlas catalan du ne siècle , notice insérée dans le tome Vs du recueil des Notices et extraits des ma- nuscrits, où elle occupe centcinquante pages. Tastu avait écrit un voilume qui parut en 1837 : l'Empereur Napoléon, tableaux et récits, M- 8°
  • Joseph TASSET( 1732) : musicien, naquit à Chartres le 8 décembre 1731 Comme la plupart des artistes qui se sont fait un nom il fut précoce; à six ans, il jouait si bien de la flûte qu'il en donnait, diton, des leçons à un seigneur anglais. Il fut élève de Blavet et le surpassa bientôt. A l'àge de seize ans, il débuta au concert spirituel, et son nom retentit dans tous les journaux du temps. Bientôt après il passa en Angleterre. Le fameux Hœndel, déjà vieux et aveugle, voulut l'entendre et l'applaudit avec enthousiasme. Joseph Tasset devint la première flûte de l'Europe. Parmi ses élèves, on remarquait la duchesse d'Hamilton , depuis duchesse d'Argyle, et miss Gardner, si célèbre par sa beauté. Il eut des amis puissants à la cour ; et, parmi ceux qui faisaient le charme de sa vie privée, il comptait Sterne, Ferguson et Guthrie. Indépendamment des flûtes à trois , quatre, cinq et six clefs, dont il fut l'inventeur, il en créa une qui en avait dixhuit, et qu'il réserva pour son usage. Cet instrument, étonnant par son mécanisme, et qu'il travailla luimême en entier, fit l'admiration des connaisseurs en Angleterre. Il lui germettait de jouer dans tous les tons possibles, ayant une étendue et des sons absolument nouveaux et d'une justesse parfaite. Joseph Tasset avait composé une autre flûte à plusieurs clefs, beaucoup plus grosse et plus longue que les flûtes ordinaires; il s'en servait pour faire, dans des trio, la partie de basse. Ces deux flûtes n'ont point été données au public. L'auteur de cet article conserve la première. On a de Joseph Tasset plusieurs oeuvres qui ont obtenu les suffrages des gens de goùt ; mais l'extrême difficulté de ses sonates est reconnue, et il est peut-être le seul qui ait su les jouer parfaitement. s'était retiré à Nantes en 1786. La révolution le frappa dans sa fortune et dans ses enfants : il supporta ses malheurs avec la force du sage. Il jouissait de l'estime publique, accordée à ses vertus en- core plus qu'a ses talents , lorsqu'il mourut , le 5 septembre 1801, à l'âge de 68
  • Joseph TAVELLI( 1764 - 1784) : théologien italien, naquit à Brescia en 1764, d'une famille riche, et fut confié par son père à Joseph Zola, supérieur du collége germanique. 11 se livra , jeune encore, à l'étude des Pères et adopta, sur plusieurs points de doctrine et de tradition, les sentiments de son maître, un de ceux qui étaient le plus zélés pour les réformes introduites par Joseph II. Il mourut à Pavie, le 24 octobre 1784, n'étant âgé que de 20 ans. Zola écrivit sur sa mort une lettre qui fut insérée dans les Annales ecclésias- tiques de Florence, où il vante beaucoup les heureuses dispositions de Tavelli. On a de lui deux écrits italiens 1. Essai de la doctrine des Pères grecs touchant la prédestination et la grike, Pavie, 178'2 2. Apologie du bref de Pie VI, à M. Martini, ou la Doctrine de l'Eglise sur la lec- ture de l'Ecriture sainte en langue vulgaire, Pavie, 1784 Voyez sur ces écrits et sur l'auteur les Nouvelles ecclésiastiques de 1784 et 1785; il est inutile de dire qu'on y exalte trop le méritt, de ces écrits oubliés aujourd'hui
  • Joseph TEXEIRA( 1543 - 1604) : dominicain portugais, né en 1543, de parents nobles, prit l'habit religieux en 1565 et ne tarda pas à se distinguer dans la double carrière de la prédication et de l'enseignement. Ses confrères venaient de l'élire prieur du couvent de Santarem, quand la mort du roi Sébastien , suivie, bientôt après, de celle du cardinal fleuri , laissa le Portugal en proie aux troubles d'un interrègne. Les Portugais, croyant mettre le pays à l'abri de l'invasion des Espagnols, reconnurent les droits . Dès ce moment , le P. Texeira lia son sort à la fortune de ce prince, et rien ne put ébranler sa fidélité. Il le suivit en France , où les succès des Espagnols l'obligèrent de chercher un asile, et s'étant embarqué sur la flotte commandée par Phil. Strozzi , il fut fait prisonnier au combat des Tercères et reconduit en Portugal. Ayant trompé la vigilance de ses gardiens, il se hilta , qui connaissait son dévouement et son habileté , le chargea d'une mission de confiance à Lyon. Elle se Ilattait sans doute qu'on ne soup-çonnerait pas un religieux de St Dominique d'ètre l'un de ses envoyés. Mais quelques mots échappés au P. Texeira le rendirent suspect aux ligueurs. Sa cellule fut visitée pendant qu'il était absent : on découvrit la preuve qu'il entretenait une correspondance avec la cour, et il ne lui resta d'autre parti que celui de la fuite. Le P. Texeira se réfugia près de Henri III, à Tours. Il 'l'hésita pas à reconnaltre Henri IV, qui le maintint dans la charge de conseiller et prédicateur . Il fut présent à l'abjuration de la pr de Condé , qui In Elle l'avait nommé précédemment son prédicateur. se fit à Rouen, en 1596, entre les mains du cardinal de Florence, légat du saintsiége, et fut désigné pour l'instruire et la diriger dans le catholicisme. Quelques auteurs placent en 1610 la mort du P. Texeira ; d'autres la reculent jusqu'en 1620 ; mais l'Estoile lève toute incertitude à cet égard : « Sur la fin de ce mois, ditil , mourut, dans le couvent des jaco- « birrs de Paris, François Texeira , Portugais, « moine de l'ordre de StDominique, homme de · bien, meilleur Français qu'Espagnol, grand gé- « néalogiste et assez docte pour un moine ; au « reste , homme pacifique et formel ennemi de · toute ligue et faction, ce qui le rendait odieux « à beaucoup de son couvent. Il venait fraîche- « ment d'Angleterre, où il avait été par le corn- « mandement du roi, qui lui avait donné cent « écus pour son voyage. Etant là, il avait vu le cc roi d'Angleterre, auquel il avait fait présent « de la généalogie qu'il avait faite et avait été « fort bien vu et reçu de Sa Majesté, étant près Pierre de l'Estoile ajoute que l'on soup-çonna qu'il avait été empoisonné à Paris. On a du P. Texeira : 1° De Portugallice ortu , regni initiis, denique de rebus e regibus universoque i- egno prœclare gestis compendium, Paris, 1582 de 70 pages, trèsrare. Duard ou Edouard Nunez, juif converti, ayant censuré cet ouvrage par ordre de Philippe II, Texeira lui répondit par le suivant : 2° De electionis jure quod competit tiis Portugallensibus in augurandis suis regibus ac principibus, Lyon, 1589 Il en parut une deuxième édition, 1590 avec une préface signée Pierre Oliert , qui contient des particularités curieuses sur l'auteur; et une troisième à Paris, 1595 sous ce titre : Speculum tyrannidis Philippe regis Castilloe in usurpanda Portugallia. 3° Exegesis chronologica, sive explicatio arboris gentilitiœ Galliarum regis lienrici IV, etc., Tours, 1590 avec des additions , Leyde, 1592; ibid., 1617, même format. Cette dernière édition a reparu sous la date de 1619, avec le titre suivant : Stemmata Francia? item Navarrœ regum a - prima utriusque gentis origine. Cet ouvrage a été traduit en français par C. de Heris , dit Coqueriomont, Paris, 1595 4. Explicatio genealogia? Henrici II Condeœ principis, Paris, 1594 ; traduit en français par J. D. M. , ibid., 1596 5° Reniera ab Henrici Borbonii Francia' proto- principis majoribus gestarum epitome, Paris, 1598 avec l'ouvrage précédent ; 6° Généalogie de la maison de la Trimouille, Paris, 1596 , , cité Et non pas Montbelliard, comme on lit dans Niceron, suivi par Chaufepié. dans la Bibliothèque historique de la France , no 44299; 7° De flainmula seu vexillo S. Dionysii vel de orimphla aut aurillamma tractatus , ibid., 1598 ; 8° Adventure admirable par de- vers toutes autres des siècles passés et présents , qui contient un discours touchant les succès du roi de Portugal dom Sébastien , depuis son voyage d'Afrique, auquel il se perdit en la bataille qu'il eut contre les infidèles en 1578, jusqu'au 6 de janvier présent an 1601, traduit du castillan, Paris On peut consulter le Dictionnaire de Bayle ; la Bibliothèque du P. Echard, t. 2, p. 419 ; les Mémoires de Niceron , t. 5 , et le Dictionnaire de Chaufepié
  • Joseph THURMER( 1789 - 1833) : architecte bavarois, né à Munich, le 3 décembre 1789, fit ses études architecturales à l'académie de sa ville natale, où le professeur Fischer en particulier encouragea ses premiers travaux. Un prix qu'il obtint en 1817, pour un dessin d'architectonique dont il était l'auteur, lui permit de faire ce qu'il désirait depuis longtemps, un voyage à Rome. Trois ans plus tard, il fit avec Hubseh, Heger et Koch, un autre voyage artistique; il visita la Grèce et mit à profit son séjour à Athènes en relevant et dessinant avec soin les monuments existant encore dans cette capitale de la civilisation antique. En 1821, grâce à la continuation de sa pension par le roi Maximilien de Bavière, Thurmer put retourer à Rome. Il consigna dans deux ouvrages les observations qu'il avait faites et recueillies durant ces voyages. Le premier de ces ouvrages parut à Rome , 1823-1826, sous ce titre hies et monuments d'Athènes; l'autre, également à Rome, 1826-1832, et ayant pour titre Collection de monuments et édifices romains des 15° et 16° siècles. En 1827, Thurmer devint professeur suppléant d'architecture à Dresde. Enfin, en 1832, il obtint le titre de premier professeur, Une mort prématurée, à Munich , ne permit pas à cet artiste distingué de donner toute la mesure de son talent. Ses élèves lui ont consacré un modeste monument en souvenir de leur juste estime
  • Joseph TOALDO( 1719 - 1798) : professeur de l'université de Padoue, naquit en 1719, à Pianezze, petit hameau près de Vicence. Envoyé au séminaire de Padoue pour y apprendre les belleslettres et la théologie, il se livra avec ardeur aux sciences. Nommé archiprêtre d'un village voisin , il ne cessa de donner à l'étude le temps qu'il pouvait dérober à ses devoirs. Un sentiment de reconnaissance envers sou maitre lui dicta une notice trèsdétaillée sur la vie de l'abbé Conti , pour ètre placée en tète de ses ouvrages. Il avait déjà composé une préface et des notes pour une réimpression des oeuvres de Galilée, pour laquelle il lui avait fallu lutter contre trois censeurs, qui exigeaient la suppression des fameux dialogues sur le système du monde. Appelé, en 1762, à occuper une chaire de géographie physiq te et astronomique à Padoue, Toaldo obtint la permission de fonder un observatoire. Il profita d'une ancienne tour qui avait servi aux Eccelins pour y placer ses instruments et pour y continuer les observations de son prédécesseur . Dans un essai météorologique, il établit des pr pour calculer avec probabilité les accidents futurs de l'atmosphère. Il rendit un compte plus satisfaisant de sa théorie, en répondant à une question de l'académie de Montpellier sur l'application de la météorologie à l'agriculture. Son mémoire fut couronné, et il attira l'attention des savants sur cette partie peu cultivée de la physique. Toaldo travaillait de son côté à confirmer son système par tous les moyens que pouvaient lui fournir son instruction et son expérience. Ayant remarqué qu'au bout de dixhuit ans, les phénomènes météorologiques recommencent et se succèdent à peu près dans le même ordre, il dressa les tables de trois de ces périodes, auxquelles il donna le nom de Saros, et que les astronomes appelèrent aussi cycles Toaldini. Il rédigeait en même temps un journal destiné à répandre ses découvertes. Embrassant dans ses observations tout ce qui pouvait lui servir à déterminer l'influence des astres, il publia une dissertation sur la chaleur de la lune et sur la force d'attraction que cette planète exerce sur la terre. Sa théorie fut attaquée par le P. Frisi, auquel Toaldo répondit par un mémoire. Partisan zélé des découvertes utiles, ce professeur fit sentir les avantages des conducteurs électriques, et il arma l'observatoire de Padoue du premier paratonnerre qu'on ait élevé dans les Etats vénitiens. Plein de zèle pour les progrès des sciences, on le voyait publier tous les ans quelque nouvel ouvrage. Sa méthode pour déterminer les longitudes, ses tables de vitalité, son discours sur les hivers extraordinaires, ses traités d'astronomie, de trigonométrie et de gnomonique, furent surtout remarqués. Il embrassa la défense de Leibniz contre Deluc relativement à la descente du mercure dans le baromètre. Les journaux italiens, les actes de la société palatine, ceux des académies de Paris, de Berlin et de Londres contiennent plusieurs dissertations de Toaldo, dont Lalande entretenait souvent l'Académie des sciences. Frappé d'un coup d'apoplexie, qu'on crut l'effet de quelques chagrins domestiques, ce savant mourut à Padoue, le 11 décembre 1798. Ses principaux ouvrages sont : P Trigonometria piana e sferica, colle tarole trigonotnetriche , Padoue, 1769 réimprim., ibid., 1772, 1794 2° Saggio tneteorologico sella sera influenza degli astri, ibid., 1770 réimp., ibid., 178t et 1797 trad. en français par Daquin, Chambéry, 1784 , 4., et en allemand par Feldban, Berlin, 1786 3° Novae tabule baroinetri oestusque maris, Padoue, 1771 ; 4° Della maniera di difendere gli edifizi dal fulmine, Venise, 177e, ; 5° Compendio della sfera e di geographia, ibid., 1773 6° Nuova apo! ogia de' conduttori tnetallici, ibid. , 1771 ; trad. en français par Barbier de Tinan , Strasbourg, 1779 7° la lleteorologia applicata all' agricoltura, ibid., 1775 ; trad. en français, en allemand et en espagnol ; 8° Sagyio di studj veneti nell' astronomia - e nella marina, ibid. , 1782 9° De methodo longitudinum, ex observato transita limæ per meridianum, Padoue, 1781 10° Trattuto di gnomonica, Venise, 1789, ; 11° Schediasmata astronomica, Padoue, 1791, 4.; 12° Discorso sopra i barometri, contiene la difesa di Leibniz., dans le 5° volume du journal de Modène ; 13° De
  • Joseph TOMASELLI( 1733 - 1818) : naturaliste, né en 1733. à Soave , près de Vérone, embrassa l'état ecclésiastique , s'éloignant de la société, qu'une surdité précoce lui rendait peu agréable. Accueillant les doutes de son compatriote Lorgna sur une prétendue découverte de Requeno , il publia un ouvrage contre la nouvelle manière de peindre à l'encaustique et s'exposa aux reproches de Tiraboschi, qui l'accusait d'avoir défiguré un passage de Pline. Lorsque les Vénitiens cherchaient à établir des nitrières artificielles pour se mettre à l'abri des vexations du fisc, Tomaselli fit paraiire trois dialogues sur la fabrication du nitre. Engagé dans ces travaux, il sentit la nécessité de se fortifier dans l'étude de la chimie, dont il fit par la suite son occupation favorite. Partisan des nouvelles théories, il ne craignit pas de se mesurer avec le P. Pini, qui jouissait d'une grande réputation comme chimiste, et il défendit la nomenclature de La- voisier contre les attaques de ce critique. Il cultivait aussi l'histoire naturelle et appelait souvent l'attention des académies sur des inventions relatives à l'industrie et à l'agriculture. En 1795, il fut élu membre de la société agricole de Vérone, qui a couronné plusieurs de ses ouvrages. Tomaselli, qui jusqu'alors avait négligé son style. se crut obligé d'écrire en académicien, et lorsqu'on le chargea de continuer les observations météorologiques (le Cagnoli, il fit une étude approfondie des auteurs classiques, pour rédiger ses notes avec élégance. En général, ses ouvrages annoncent plus de patriotisme que de savoir, et la réputation du savant y reste toujours audessous des efforts du citoyen. Il est mort à Venise le 2 décembre 1818. Ses principaux écrits sont 1° Cerografïa, Vérone, 1785 ; 20 Dialoghi sopra l'arte di Pare il nitro, suivi d'un mémoire sur la conservation des vers à soie, ibid., 1792, iu-80; 3° Riposta all' osservazioni del P. Pini su/ la nuova teoria e nomenclatura chimica, ibid., 1793 4° Analisi de' vegetabili, per arrirare alla conoscenza de' generi et delle specie, ibid., 1794, 2 vol. C'est un extrait de la Flore française de Lamarck. Tomaselli a publié aussi des manuels de botanique, de minéralogie et de zoologie. 5° Teorie generali di agricoltura, ibid. , 1796 ouvrage couronné: 6° Alezzi di remeriere la sepcie hovina, ibid., 1798 couronné. Voyez Del Bene, Elogio dell' abbate Totnaselli, ibid
  • Joseph TORELLI( 1721 - 1781) : littérateur, était fils d'un négociant de Vérone, où il naquit en 1721. 11 étudia d'abord chez les frères Ballerini , comme s'il avait dû embrasser l'état ecclésiastique; mais envoyé à l'université de Padoue, il y fit son cours de droit et s'exerça dans les langues savantes. Décoré du bonnet de docteur, il revint dans sa patrie, où, plongé dans l'étude, il ne voulut accepter aucune charge publique. Néanmoins le même homme qui avait refusé les places de professeur à l'université de Padoue, de secrétaire de l'académie de Mantoue, de gouverneur de Milan , et d'inspecteur général des études au collège militaire de Vérone, se chargea de solliciter, au nom de quelques sociétaires d'un cercle institué à Vérone, en 1710 , l'intervention du sénat vénitien pour obliger les jeunes dames à n'y paraître qu'en vertugadin et en fontanges. Ses connaissances plus variées que profondes le mettaient en rapport avec des savants, des littérateurs et des artistes. Il traduisait Plaute, jugeait le Dante, expliquait les antiquités de Vérone, cultivait les mathématiques , achetait des tableaux , classait des médailles. Il avait aussi rassemblé les matériaux pour la vie de MalTei, qu'il n'a point publiée, et une collection de livres précieux , dont hérita le chapitre de Vérone. Il entreprit un grand travail sur Archimède, dont l'édition posthume parut à Oxford, en 1792. Il a épuré le texte de la première, exécutée à Bille, en 1544, et mécontent des versions latines de Jean de Crémone et de Frédéric Commandino, il en a donné une nouvelle traduction qu'il a enrichie des commentaires d'Eutocius, de plusieurs de ses observations et d'une notice sur Archimède. Cette édition, la plus complète que l'on possède de cet ancien géomètre , fait suite à l'Euclide de Gregory, et à l'Apollonius de Halley. Torelli mourut à Vérone, le 18 août 1781. Ses ouvrages sont : 1° Somnium Jacobi Pindemontii Padoue, 1743 C'est un discours académique sur la prééminence des lettres ou des armes. 2° Animadversiones in hebraïcum Exodi librum et in grceca? LAX inierpretationem, Vérone, 1774 On lui répondit par l'ouvrage suivant : Risposta , 1744 Dialogue. satirique contre les casuistes. 4° 7'raduzioni poeliche , o sic tentativi per ben tradurre in verso, Vérone, 1746 5° De rota sub aquis circumacta , ibid., 1747 Projet d'une nouvelle machine hydraulique, exposé dans une lettre à Poleni. 6° Traduzione de' due priori libri dell' Eneide, ibid., 1749 7° Lettera al marchese Maffei, sopra un' antica iscrizione grecs, ibid., 1750 ; 8° Scala de' meriti a capo d' anno , traitai geometrico , ibid., 1751 L'auteur essaye de représenter par une courbe la progres- sion des intérêts d'un capital quelconque. 9° De nihilo geometrico libri II, ibid., 1758 , in - 8° ; 10° Geometrica, ibid., 1769 Ces deux ouvrages ont pour but d'établir la supériorité de la géométrie des anciens sur le calcul infinitési mal des modernes. 11° Lettera sulla chnominazione del corrente anno, ibid., 1760 ; 12° Lettera intorno a due parsi del Purgatorio Dante, ibid., 1760 ; 13° 11 Pseudolo , commedia di Plauto , con alcuni idilli di Teocrito e di illosco, Firenze, 1765 ; 14° Inn a Maria Vergine, Vérone, 1766 ; 15° Laiera a miladi Vaing- Reit , etc., ibid., 1767 ; 16° De probabili vita morumque regula, Cologne , 1774 17° Demonstratio antiqui theorematis de motuum commixtione, Vérone, 1774 ; 18° Elegia sopra un cimitero campestre , traduit de l'anglais de Gray, ibid., 1776 ; 19° Poemetto di Catullo intorno aile nozze di Teti e di Peleo , traduit du latin , ibid., 1781 , in - 8° ; 20° Lettera sopra Dante contra Voltaire , ibid. , 1781 ; 21° Lettera ail' autore delle Virgiliane , di P. Paladinozzo di i1lontegritti , ibid. , 1787 ; 22° Elementorum prospectivce libri II, ibid. , 1788 Ouvrage posthume, publié par J.B. Bertolini. 23° Archimedis qua, supersunt omnia cum Eutocii Ascalonitœ commentariis, cum nova versione latina, etc., Oxford , 1792 ; 24° Poesie, con alcune prose latine, Vérone, 1795 Voyez une notice latine sur la vie et les écrits de Torelli par Sibiliato, placée en tète de l'édition d'Archimède : Pindemonte, Elogio di Torelli , dans les Memorie della società italiana , t. 2, part. 2 ; et Ugoni, Letteratura italiana del 18 seculo, t
  • Joseph TORRUBIA( 1600 - 1768) : historiographe des fran ciscains, naquit vers la fin du 17e siècle, à Grenade, en Espagne, où il entra dans l'ordre de StPierre d'Alcantara. Ayant été appelé dans les Pies Philippines comme missionnaire et secrétaire du P. Foguéras, commissaire général du Mexique. les ordres religieux que ce commissaire devait réformer se soulevèrent contre lui , et Torrubia, jeté en prison , ne fut délivré qu'après une captivité de quatre mois, par le syndic général des franciscains , qui le renvoya à Cadix. S'étant rendu à Rome et ayant été relevé des voeux qu'il avait faits dans l'ordre de St Pierre d'Alcantara. Torrubia embrassa celui des Franciscains, où il parvint aux premières dignités. Dans ses voyages en Asie, en Amérique, quand ses fonctions le lui permettaient, il s'appliquait à l'histoire naturelle ; il fit surtout un recueil de fossiles trèsrares. En 1732 , il était gardien d'un couvent dans les îles Philippines. Après avoir parcouru toutes les provinces de l'Amérique méridionale, et après avoir fait un assez long séjour à Canton, en Chine, il revint, en 1750, dans sa patrie, d'où il fit trois voyages à Rome. Il mourut en 1768, dans le monastère d'Aracceli. Connaissant plusieurs langues américaines, asiatiques et euro péennes, il s'était formé une riche bibliothèque, et son érudition lui avait acquis un grand nom à Rome aussi bien qu'en Espagne. Les personnes du plus haut rang venaient le visiter dans sa cellule , et Benoît XIV, par égard pour son âge et pour ses hautes qualités, le faisait asseoir en sa présence. Il a publié en espagnol 1° Cérémoniel romain des religieux deschaussés de St- François, dans la province de St- Grégoire des Philippines, Manille, 1728 ; 2° Dissertation historico- politico- géographique des lies Philippines; propagation du culte mahométan en icelles, etc.. Madrid , 1736 et 1753 3° Traité critique, Madrid , 1738 Cet écrit, dirigé contre un religieux de son ordre, traite de différentes matières qui ont rapport à celui de StFran - çois. 4° Oraison funèbre du vénérable frère Louis, religieux deschaussé de St- François dans la Vieille- Castille, Madrid, 1737 5° Analyse historie°. critique de St- Gilles, 1738 6° Dissertation historico- critico- apologétique sur la patrie de St- Martin de l'Ascension de Loynaz, Madrid, 1742 ; 7° Description poétique de la plante gia , qui se trouve dans les campagnes de la Havane, 1749 ; 8° Dialogues de morale, Léon, 1651 9° Chanson contre les francs- maçons, Madrid, 1759. ; 10° Introduction à l'histoire naturelle de l'Espagne, Madrid, 1754, t. 1" en allemand, avec 14 gravures, Halle, 1773 L'auteur a réimprimé à Rome, en italien, la Gigantologia espatiola, qui appartient à cette première partie. La seconde, qui est restée manuscrite, a pour titre Traité des insectes. 11° Chronique de l'ordre séraphique, Rome, 1756 12° Sur le livre de l'Oraison , par St- Pierre d'Alcantara, Madrid, 1759. Les ouvrages en vers de Torrubia se trouvaient, en 1775, à Madrid, dans la bibliothèque de J.J. Lopez Sedano
  • Joseph TRAPP( 1679) : poète anglais, né à Cherington, dans le comté de Gloucester, en novembre 1679, remplit différentes fonctions ecclésiastiques dans lairEglise anglicane, fut professeur à l'université d'Oxford, cultiva en même temps les belleslettres et surtout la poésie, et mourut le 22 novembre 1747. On a de lui : 1° Abramule , ou l'Amour et l'Empire , tragédie représentée en 1704; 2. Prœlectiones poetiece. Ce sont les leçons qu'il donnait en latin, 1718, 3 vol. ; elles ont été aussi publiées en anglais, 1742. 3° Caractère du parti actuel des whigs , Londres, 1711 ; Virgile, traduit en vers libres. L'auteur prétend avoir rendu la pensée du poète latin plus fidèlement que Dryden; mais sa traduction est faible et prosaïque. 5° Anacréon et le Paradis perdu de Milton, traduits en latin. Il a composé, sur différents sujets, de petits poèmes latins, dont quelquesuns ont été insérés dans les Musœ anglicanœ. Parmi ses pièces en vers anglais, on remarque celle qu'il écrivit sur les Quatre fins dernières de l'homme, dont il donna un exemplaire à chaque paroissien de l'église à laquelle il était alors attaché. Depuis 1725, Trapp a publié ses Notes sur les Erangiles, ses Sermons et la Défense de l'Eglise anglicane contre l'Eglise romaine. — TRAPP , fils du précédent, a publié : P Vie de Linné, arec la liste de ses ouvrages et la Vie de son fils, traduit de l'allemand en anglais, Londres , 1794 ; Voyage à Madagascar et dans les Indes orientales, avec les Mémoires sur le commerce en Chine, par Brunei, traduits en anglais , Londres, 1793
  • Joseph TOWERS( 1737 - 1799) : écrivain anglais, naquit en 1737, à Londres, dans le faubourg de Southwark , où son père était bouquiniste. La facilité qu'il eut ainsi de s'instruire par la lecture décida sans doute la carrière qu'il parcourut avec quelque distinction. A l'àge de douze ares il fut placé chez un papetier pour faire les commissions, et fut mis ensuite en apprentissage chez un imprimeur. Déjà muni d'un fonds d'instruction assez variée, il continua à l'augmenter dans ses moments de loisir et apprit alors le grec et le latin. Ses lumières précoces et ses réflexions le conduisirent à faire abjuration de la doctrine de Calvin ; et ce fut pour exposer les motifs de cette démarche qu'il composa son premier écrit, intitulé Examen des véritables doctrines du christianisme, 1763. fi exerçait alors son état à Sherborne ; il vint l'année suivante résider dans la capitale, où il publia un pamphlet sur les libelles, dans un moment où Wilkes et sen parti avaient donné à ce sujet un intéiêt nouveau. L'imprimeur auquel Towers était attaché, ayant conçu le projet de publier, par livraisons périodiques , une suite de notices biographiques sur les hommes distingués de l'Angleterre, le chargea de cette compilation, dont le premier volume in - 8°) parut en 1766, sous le titre de Biographie britannique. Les six volumes suivants sont égaletuent de lui ; mais les trois derniers sont d'une autre main. Cet ouvrage, qui ne porte pas le nom de Towers, est assez estimé. L'auteur essaya ensuite de faire le commerce de la librairie; mais il n'y réussit point. En 17711, il fut ordonné prédicateur parmi les nonconformistes, et peu de temps après, fut élu pasteur d'une congrégation. Il échangea cette fonction, eu 1778, contre celle de prédicateur du matin , à Newington Green, où le docteur Price prêchait l'aprèsmidi. Peu d'événements politiques de quelque importance se passaient sans lui inspirer une brochure où il se prononçait fortement contre les mesures et les soutiens du ministère. Malheureusement il ne sut pas se dégager de l'influence de l'esprit de parti ; et c'est un reproche qu'il a encouru particulièrement comme coopérateur du docteur Kippis à la nouvelle édition de la Biographia britannica : on l'accuse de n'avoir pas, dans les articles sortis de sa plume, rendu justice au clergé anglican, dont il s'était séparé. Plusieurs opuscules publiés par lui ayant paru mériter de survivre aux circonstances qui les avaient fait naître, il les réunit et les livra de nouveau à l'impression, en 1796, 3 vol. On y remarque les écrits suivants : Justification des opinions politiques de Locke, en réponse au docteur Tucker ; Observations sur l'histoire d'Angleterre de Hume ; Observations sur les droits et les devoirs des jurés; Essai sur la vie, le caractère et les écrits de Samuel Johnson. Ou a imprimé, sous le nom de Towers, des mémoires sur la vie de Frédéric Il, roi de Prusse, 1788, 2 vol. Cependant la biographie de Chalmers ne fait pas mention de cet ouvrage, dont l'auteur a essuyé le reproche de n'avoir pas toujours puisé à des sources pures. Towers mourut le 20 mai 1799. — TowEss , maitre de l'école grammaticale de Tunbridge, mort le 5 janvier 1779. , a donné une traduction anglaise des Commentaires de César, 1755
  • Joseph TRENEUIL( 1763) : naquit à Cahors, le 27 juin 1763. Après avoir terminé avec succès ses humanités dans sa ville natale , il vint faire son droit et prendre ses grades à Toulouse. Une distribution des prix que l'académie des Jeux Floraux propose annuellement à l'émulation des jeunes poètes lui révéla tout à coup le secret de son talent ; et trois couronnes successivement remportées prouvèrent bientôt qu'il ne s'était pas mépris sur sa vocation. En effet, on put remarquer dans un de ses premiers essais, le poème sur l'Esclavage des nègres, cette chaleur de sentiment, cette énergie d'expressions qui sont restées le caractère distinctif de ses ouvrages. Appelé bientôt après à diriger l'éducation de l'héritier d'un grand nom , Treneuil se dévoua aux persécutions qui ne tardèrent pas à frapper la famille de son élève, dont il partagea constamment les fuites , l'exil et la captivité. Heureusement échappé à tous ces dangers , il se chargea d'une autre éducation dans une famille non moins distinguée, celle de Beaumont, où sa conduite et ses principes laissèrent des souvenirs et des regrets également honorables. Il ne montra pas de sympathie pour la révolution, dont il s'attacha plutôt à célébrer les victimes. Un décret impérial ayant ordonné l'érection de trois autels expiatoires dans l'église de StDenis, en réparation du régicide commis envers les cendres de soixantesix rois, Treneuil saisit cette circonstance et publia les Tombeaux de St- Denis, composés depuis longtemps sur le théâtre même du sacrilége. Les autels ne s'élevèrent point alors ; mais le poème fut reçu avec reconnaissance et fixa sur l'auteur, encore , les regards du public et l'attention du gouvernement. Murat, dont Treneuil avait été le condisciple, sollicita et obtint pour lui une place de conservateur à la bibliothèque de l'Arsenal. De nombreuses éditions des Tombeaux confirmèrent bientôt le jugement que l'on en avait d'abord porté et méritèrent au poète l'une de ces couronnes décennales que 1810 devait distribuer avec tant de pompe et de solennité ; ruais cette fête triomphale fut ajournée. Des événements d'un autre genre occupaient alors l'attention de l'Europe : le mariage de Napoléon avec une archiduchesse d'Autriche, et la naissance de leur fils. La réputation de Treneuil , sa récente victoire dans la lutte décennale et la place surtout qu'il tenait du gouvernement ne lui permettaient pas de garder le silence dans ces graves circonstances. Il Je rompit, mais on n'a point oublié les leçons courageuses par lesquelles le poète sut tempérer des éloges commandés par le sujet, et toujours renfermés dans les bornes d'une juste mesure. Toutefois on s'aperçoit aisément, à la lecture de ces pièces , de la position forcée où se trouvait l'écrivain. Ce n'est plus cette abondance de sentiments, cette vigueur de pinceau que l'on avait reconnues dans les Tombeaux de St- Denis, et que l'on retrouva ensuite dans l'Orpheline du Temple, le Martyre de Louis XVI, et la Captivité de Pie VI , quand la restauration lui permit de les publier. Quoique souvent réimprimés , ces différents poèmes ne pouvaient se promettre qu'une existence éphémère, tant qu'ils resteraient épars et , isolés. Treneuil s'occupa du soin de les réunir ; et ce recueil, nouveau dans notre langue, parut en 1817, 1 vol. précédé d'un Discours sur l'élégie héroïque, qui est luimême un trèsbel ouvrage. L'auteur préparait une seconde édition lorsqu'une longue et cruelle maladie l'enleva aux lettres et à l'amitié, le 7 mars 1818 . Conservateur , depuis plusieurs années , de la bibliothèque de l'Arsenal , il avait été placé en 1814. à la tète de cet établissement. Des qualités estimables relevaient dans Treneuil les talents de l'écrivain. On lui reprochait , il est vrai , un désir effréné de gloire, une insatiable avidité d'éloges ; mais il est juste d'observer qu'il 11) La File nuptiale , imprimée dans le recueil intitulé l'Hymen la Naissance.— Ode Mir la nao,sonce du roi de Rome, 1811 , archevêque de Paris ; celui du baron DES ADRETS, etc
  • Joseph TRUMAN( 1631 - 1671) : théologien anglais, appartenait à une bonne famille et naquit au mois d'avril 4631 ; il termina ses études au collége [ de Clare, à Cambridge, et embrassa la profesM sien ecclésiastique ; il refusa de se soumettre à l'acte de conformité passé en 1662, et fut privé, pour ce motif, d'un bénéfice auquel il avait été • nommé; il mourut chez un de ses amis à Sulton, le 29 juillet 1671.11 laissa quelques écrits : la Grande Propitiation, 1669 ; Essai sur le redressement de certaines opinions contraires à la doctrine de l'Eglise d'Angleterre, 1671, etc. Après avoir été longtemps oubliées, ces productions ont été I. signalées comme offrant des modèles de raison- . nement profond et d'aperçus de métaphysique trèsremarquables. Elles ont été réunies et réimpri- mées en 183!.1 en un volume en tète duquel sè trouve une notice biographique composée par M. Henry Roger, qui s'est efforcé de rassem- bler les renseignements, peu étendus , qu'on possède sur la vie de Truman, et de faire ressortir tout son mérite. Ces sympathies ne sont pas d'ailleurs sorties d'un cercle assez restreint, et Truman est demeuré fort peu connu de la masse du public
  • Joseph TUROT( 1760 - 1825) : né en Champagne, vers 1760, était de la même famille que RoyerCollard et comme lui vint trèsjeune à Paris, où ils se trouvèrent placés sous les auspices de Danton , leur compatriote, qui, pour nous servir de ses expressions , les mena brailler dans les clubs des jacobins et des cordeliers . Plus avancé que son cousin dans le parti révolutionnaire, il s'attacha davantage à Danton et eut par conséquent beaucoup plus à souffrir de sa chute . Ce ne fut qu'après la mort de Robespierre, tombé sous les coups des thermidoriens, qu'il recouvra Un peu de crédit, sous l'influence de Barras et de Fouché. Il publia alors quelques brochures politiques , auxquelles il ne mit point son nom, et concourut à la rédaction de plusieurs journaux dans le sens révolutionnaire. Ayant pris quelque part à la révolution du 18 brumaire , qui porta Fouché au ministère de la police, il en devint secrétaire général ; mais il ne conserva cet emploi que peu de temps et se consacra exclusivement, dès qu'il l'eut perdu , à la rédaction de la Gazette de France, dont il était propriétaire. Toujours fort inconstant dans ses projets et ses opinions, il vendit bientôt ce journal à Bellemare, ancien rédacteur du Grondeur, journal trèsroyaliste, et qui avait été, comme tel, condamné à la déportation au 18 fructidor. Turot, renonçant alors aux publications politiques, se jeta dans des entreprises de fournitures militaires, qui ne lui réussirent pas mieux, car il fut accusé de concussion en 1806 et traduit à un conseil de guerre, qui l'acquitta, mais qui ne lui rendit pas son emploi. Il revint à Paris, où il resta sans fonctions ostensibles jusqu'en 1815, après le retour de l'ile d'Elbe. Fouché, ayant alors recouvré le portefeuille de la police, l'en nomma secrétaire général dans le département du Nord ; mais il perdit encore une fois cet emploi après le second retour de Louis XVIII. Forcé alors de vivre dans la retraite et n'ayant plus de fonctions, il mourut à Paris, le 18 mars 1825. Outre un grand nombre de brochures anonymes, il avait publié, en 1799, sous son non) : lie l'op- position et de la liberté de la presse. On lui a attribué l'épigramme à laquelle donnèrent lieu les dévastations de l'Helvétie, en 1798, sous la direction de Rapinat . On a même dit que ce fut à cette éphémère composition que Turot dut la disgràce dans laquelle il tomba; mais ce n'est qu'une conjecture douteuse , car nous avons connu plusieurs personnes qui se la sont également attribuée sans recevoir de démenti
  • Joseph VACCAJ( 1791 - 1850) : compositeur italien, nue à Tolentino en 1791. Venu à trois ans à Pesaro avec son père, employé dans cette ville, il y fil ses études. A douze ans, il apprit le clavecin, et quelques années après il alla étudier le droit à Rome ; mais la musique lui fit négliger la jurisprudence. 11 prit des leçons de chant et de contrepoint. Venu vers la fin de 1811 à Naples, il y reçut des leçons de Paisiello sous les yeux duquel il écrivit l'Ommaggio della gratitudine, cantate; puis Andromeda , autre cantate; enfin des compositions d'église. En 1814, il fit représenter I solitari di Scozia, opéra semiseria, et en 1815 il donna au théâtre SanBenedetto de Venise l'opéra de Malrina, un acte. Il fit suivre cette oeuvre du ballet de Gamma, Regina di Galliria, représenté à la Fenice en 1817 ; de il Lupo d'Ostenda, représenté en 1818 ; de Tirnurkan, joué en 1819, et de deux derniers ballets : Alessandro in Babilonia et Ifigenia in Aulide, représentés en 1820. Puis Vaccaj se voua tout entier à l'enseignement du chant dans diverses villes : Venise. Trieste, Vienne. A Milan, en 1894, il écrivit Pietro il grande, ossia il Geloso alla tortura, opéra bouffe , qui fut joué à Panne , et la Pastorello feudataria , représentée à Turin. En 18'25, ti donna au théàtre StCharles de Naples Zadig ed Astartea. Revenu à Milan, il y fit jouer son meilleur ouvrage, Giulietta e Romeo et le Fuccine di Norvegia , suivi de Giovanna d'Arco , joué à Venise, de Bianca di Messina, joué à Turin ; de Saladino, représenté à Florence, enfin de Saulle, donné à Milan. A Paris, où Vaccaj vint en 1829, il enseigna le chant avec une supériorité remarquée. En 1831, il professa à Londres. De retour en Italie après 1830, il travailla de nouveau pour le théâtre , écrivit une Jane Gray pour la célèbre cantatrice Malibran, puis la Sposa di Messina . En 1838, il succéda à Basili dans les fonctions de censeur du conservatoire de Milan et de premier maitre de compositions de cette école. Depuis il ne composa plus que pour l'église. On lui doit aussi des canzonnettes , publiées à Milan. Vaccaj est mort vers 1850
  • Joseph VALART( 1698) : grammairien et critique, naquit au hameau de Fortel, près de Hesdin , diocèse d'Amiens, le 25 décembre 1698 , de parents réduits à l'indigence. 11 servait régulièrement la messe dès sa plus tendre enfance à l'abbaye de Carcarnp, voisine de la chaumière qu'habitait sa famille ; un religieux, qui lui trouvait de la capacité, se chargea de lui apprendre le peu qu'il savait luimême ; l'élève répondit parfaitement à ses soins, et ses progrès lui valurent le patronage de quelques personnes cha- ritables qui envoyèrent le jeune Valart au collège d'Amiens. Après avoir réalisé, sous ses nouveaux maîtres, les espérances qu'il avait données, ce jeune homme embrassa l'état ecclésiastique et ouvrit à Amiens une école que ses talents firent prospérer rapidement. 11 fit paraître alors une suite de livres élémentaires qui attestaient son zèle pour la simplification des études. Tels furent ses Particules françaises es latines; son Syllabaire français ; son Dictionnaire latin , approuvé par Rollin et d'Olivet, Paris', 1735 et 17!2 son introduction à la géographie , refondue depuis ; Selecta e Cicerone et varus auctoribus lova, extrait méthodique où se présente d'abord le texte disposé sans inversions, avec la traduction interlinéaire , etc. , etc. Un caractère insouciant et fantasque lui fit refuser la direction du collége d'Abbeville et les offres que lui faisait d'Olivet pour l'attirer à Paris. Le grand nombre de ses élèves suffisait à ses besoins comme à son ambition. Cependant le temps que mettait Valart à la composition de ses ouvrages, la mort d'un oncle dont il recevait des secours , et plus que tout cela , une incurie sans exemple, amenèrent ses affaires à un désordre absolu. Il était sur le point de former un établissement d'éducation à Lille, lorsqu'il y renonça tout à coup par un de ces mouvements de bizarrerie qui lui étaient ordinaires. Réduit quelque temps à une existence embarrassée , desservi auprès de l'évêque, aux oreilles duquel on fit retentir l'accusation banale de jansénisme, il trouva enfin un asile dans la maison de M. de Brunville, fermier général à Guise, qui le choisit pour précepteur de son fils. Son humeur inquiète et les dégoûts que lui inspira la médiocrité de son élève, le rendirent Les auteurs de la France littéraire avaient d'abord placé sa naissance â Hesdin; mais ils se rectifièrent dans le 3» volume en la fixant à Frévent. Desessarts fait naître Valart dans le diocèse d'Amiens , à Sertel, nom qu'on ne trouve pas dans le Dictionnaire général de la France; c'est sans doute l'oriel qu'on a voulu dire. , Mercier de StLéger , Querlon et le P. Desbillons . Ni le nombre, ni le talent de ses adversaires n'effrayèrent Valart ; il répondit à chacun d'eux séparément ; et dans sa réplique au P. Desbillons, il fit une nouvelle revue de l'Appeliez, où, cette fois, il signala jusqu'à cent soixantedix fautes, au lieu de quatrevingtdix. 11 est bien vrai que Valart est trop pointilleux dans sa critique, et même quelquefois ; mais on doit convenir aussi qu'il y montre une rare connaissance des finesses de la langue latine. Par suite de son inconstance, il abandonna sa chaire, avec la promesse d'une pension de six cents livres que Gribeauval, lieutenant général d'artillerie, son élève, fit augmenter de deux cents livres. En sortant de l'école militaire, précédé d'une voiture chargée de sa bibliothèque, on l'entendit dire : « Grâce à Dieu , je ne laisse « point ici de latin. » En 1772 , Valart partit à pied de sa province pour revenir dans la capitale embrasser encore ses amis ; un de ceux qu'il affectionnait le plus était l'abbé Goujet, trop connu par ses inimitiés contre les jésuites pour que cette liaison laissât à Valart la possibilité d'obtenir le moindre bénéfice. 11 mourut dans le lieu de sa naissance le 2 février 1781 Mémoires de Trévoux, juin 1766. ,3) Affiches de province , 21 et 28 janvier 1767. fixe la mort de Valart à l'année 1786. meut essentiellement variable, et qui ne se pliait point aux convenances de la société, son esprit désordonné et son penchant à la causticité, qu'il satisfaisait sans ménagement, l'éloignèrent toujours de la fortune à laquelle ses travaux lui donnaient droit. Ses écrits sur la grammaire sont plus remarquables par la justesse et la clarté que par des vues qui lui soient propres. Barbier accuse Valart de plagiat. tt C'était, . On doit à Valart les édi-, 'onssuivantes: I° Thom. a Kempis de Imitation, ' hristi libri i.. Paris, Barbou, 1758 ; reroduite en 1764 et on 1773. On préfère l'édition } ubliée par Beauzée . Valart se lattait d'avoir corrigé dans la sienne plus de it cents fautes, d'après la confrontation de huit „manuscrits ; il y joignit un petit dictionnaire déjà l'imprimé chez Lottin en 1749, sous le titre de Dictionariunt vorum minus latinarunt rel aliud sign,: licantiunt quant apud auctores elassieos, et une Dissertation française, dans laquelle il cherche à prouver que l'abbé Gersen est le véritable auteur . 3° Oridii opera, ibid., 1762, 3 vol. ; 4° Horatii opera, ibid., 1763 On préfère à cette édition celle de 4775 , soignée par Lallemand. 5° Vegetii Institutiones rei militaris , ibid., Didot, 1762 , petit 12 ; 6° Frontini Stratagemata , ibid., 1763 ; 7° Horatii opera, ibid., 1770 ; 8° A. Celsi de re medica, ibid. , 1772 Il a traduit en français : l'Imitation de vingtquatre pages. Il y relève quatrevingts fautes dans deux pages du premier volume; elles furent corrigées dans l'édition suivante des Tablettes; mais Lenglet n'en garda pas moins rancune à son censeur. 8° Prosodie francaise , Paris, 1749 ; 9° Dictionnaire des mots latins les plus communs, où les mots tant dérivés que composés se trouvent après les simples, Paris , 1756 ; t O. - thode pour la traduction du français en latin, ibid., 1759 11° Dialogi selecti ad - usum scholœ regio- militaris, ibid. , 1761 ; Examen de la latinité du P. . Iourency de 24 pages ; Réponse à Fréron, 37 pages ; A Mer- cier de St- Léger, 42 pages ; Réponse aux deux dernières apologies de la latinité du P. Joureuey, l'une par . 11. de Querlon et l'autre par le P. Des- , jésuite; arec l'examen ( le plusieurs fables latines de ce dernier, et une, entre autres, de vingt- huit vers, où l'on montre jusqu'à quatre- vingt- trois fautes, 1767 de 252 pages. La Réponse à Querlon forme une partie séparée de douze pages. Le Recueil de ces différents opuscules ne se trouve que bien rarement complet. 13° Supplément à la grammaire générale de Beauzée; sur les gallicismes, les latinismes, l'usage de , le supin , etc., Paris, 1769 de 48 pages. C'est une réponse solide à Beauzée , qui le traitait avec mépris comme grammairien. 14° Lettres de Cicéron mises à la portée des enfants, ibid., 1771 Quelques années avant sa mort, cet infatigable humaniste promettait des éditions corrigées, sur les meilleurs manuscrits, de Salluste, de Juvénal et Perse, Cornelius Népos, Phèdre, Pomponius Mela, un petit traité latin de Mythologie , l'Analogie de la langue latine, et un nouveau Dictionnaire latin, qui lui avait déjà coûté quaranteans de travail, et dont les essais en ce genre qu'il avait publiés n'étaient que des fragments ; mais il paraît qu'il l'abandonna sur l'observation d'un ami qui pensait que le cadre des auteurs auxquels il empruntait des locutions était trop resserré, et que la division des matières était poussée à l'excès, pénible et peu naturelle. Valart ne bornait pas ses recherches à la langue latine ; il s'était assidûment occupé d'un vocabulaire étendu de plusieurs langues, auquel se rapportait la note qu'il inséra dans le Mercure de novembre 1737, touchant les étymologies de la langue celtique. On ignore ce que sont devenus ses manuscrits. Si l'on en croit Sabatier de Castres, Valart a corrigé les épreuves du Meursius de Barbou, 1774 Il eut part, en outre, à l'édition de Plaute donnée par Capperonnier, en 1759, et c'est à lui qu'appartient la critique du Suétone de Laharpe, insérée dans le premier volume de l'Année littéraire. On trouve une notice sur Valart, par le P. Daire, dans le Magasin encyclopédique, année 1812, t. 4, p. 99-156; elle offre des détails curieux, mais elle contient aussi beaucoup de verbiage et d'inutilités
  • Joseph VALADIER( 1762) : architecte italien, naquit à Rome, le 14 avril 1762. Il manifesta de bonne heure un goût trèsvif pour les mathématiques et l'architecture. Mais son père songeait à lui faire suivre sa propre profession : celle de fondeur de métaux. Le jeune Joseph ne répondit au désir paternel que par un éloignement qui n'était point douteux. Le père, honoré de la bienveillance pontificale , s'adressa alors au pape Pie VI luimême , pour avoir raison de la persistance de son fils. Le pape se prêtant à cette intervention bénévole, voulut bien causer avec Joseph, et pour lui faire peur de la concurrence: « Il y a au moins cent architectes, ditil au jeune « homme. — Bienheureux saintpère, répondit « Joseph, le mal ne sera pas hien grand s'il y en « a cent et un. n Louis ne contraria plus dès lors la vocation de son fils; il le fit même instruire dans tout ce qui pouvait faire de lui un architecte accompli. A l'âge de 13 ans, Joseph obtint la médaille d'or au concours de StLuc. En 1796, il éleva avec un remarquable succès le dôme de Spolète. Il plaça ensuite avec la même supériorité la grande horloge de la Basilicate. Ce fut encore Joseph Valadier qui traça l'enceinte de la place du Peuple , d'où il imagina de donner ouverture jusqu'au mont Pincio. D'autres grandes constructions lui furent dues ensuite à Rimini, la restauration du dôme; à Urbin, la réédification de l'église métropolitaine; à Orvieto, celle également du dôme. En 1805, il restaura les ornements du pont Milvio. A Rome, sur la voie Babbaino , il bâtit le palais du comte Lucernati ; il imagine un chemin conduisant de la place d'Espagne , encore au mont Pincio. En 1806 , l'infatigable architecte élève la façade de l'église StPantaléon, ainsi que la façade et l' de StJulien. Il construit le baptistère de SteMarieMajeure. Enfin , il faut ranger parmi ses oeuvres, une partie de la galerie Torlonia ; le couvent de SteFrançoise Romaine; la nouvelle lanterne sur le port de la grande Rive ; la décoration des églises de StNicolas dans les Liens, de StBarthélemy et d'Alexandre de Bergamase ; enfin, le palais du prince Poniatowski. Valadier présida à la préparation de diverses fêtes publiques ou privées, et il s'en acquitta toujours d'une manière artistique et grandiose. Dans le nombre de ces représentations, nous citerons celles qu'il imagina pour recevoir Pie VII revenant dans la ville pontificale. Valadier fut architecte de la basilique du Vatican, — de la Propagande, — directeur de la chalcographie, membre de la commission des antiquités, du conseil des arts, etc. 11 faisait partie de plusieurs académies, parmi lesquelles celles de Mantoue, de Florence, de Bologne; enfin, l'institut de France, etc. Il fut aussi chevalier de plusieurs ordres, de la Légion d'honneur, de l'Eperon d'or, de la Couronne de fer, notamment. Il mourut en février 1839. Il a été publié une Notice sur cet artiste
  • Joseph VALLAPERTA( 1755 - 1829) : compositeur de musique religieuse, naquit à Metz°, le 18 mars 1755. Quoique confié à des maîtres médiocres, il fit de rapides progrès dans l'art musical. A Venise, où il débuta comme professeur de clavecin, il publia trois sonates pour cet instrument. Etabli ensuite à Dresde, en 1789, il y fit paraître un concerto, encore pour le clavecin , avec orchestre. Venu à Parme, en 1790, pour y solenniser une ascension aérostatique , il y composa à cette occasion une cantate. Il devint ensuite maître de chapelle de l'église d'Acquila, dans les Abruzzes. De là datent ses principales oeuvres d'église Esechia , 11 trionfo de Davide et 11 roto de Jefte , que l'on considère comme des compositions de mérite. A Milan, où Vallaperta revint en 1803, il écrivit pour les églises de cette ville des morceaux de musique estimés, dans le nombre trois messes de Requiem et un Miserere. Cet artiste mourut en 1829
  • Joseph VALLA : natif de Lhôpital , dans le Forez, fit ses études à Montbrison, entra dans la congrégation de l'Oratoire, y professa les humanités et la philosophie dans le collége de Soissons et la théologie dans le séminaire de la mèrne ville. Le collège de Lyon ayant été confié à l'Oratoire, M. de Montazet réclama le P. Valla cffltme son diocésain , pour y remplir le même emploi qu'il avait occupé dans le séminaire de Soissons. Cet archevêque, voulant établir l'uniformité d'enseignement dans son diocèse , proposa aux différents professeurs de s'en partager les traités , afin que de leur travail , revu en commun, pût résulter un corps complet de théologie , pour être enseigné dans l'espace de trois ans, auquel il avait fixé le cours des élèves. Le P. Valla fut le seul qui entra dans les vues de M. de Montazet. Il se retira alors dans la maison de l'institution, pour y continuer son travail sans distraction. L'ouvrage fut imprimé en i 782, sous ce titre : Institutiones theologice e, 6 vol. L'auteur en publia, la même année, en un seul volume , un Compendium à l'usage des jeunes gens qui se préparaient aux examens de l'ordination. Le P. Valla, éclairé par l'épreuve de l'enseignement, donna, en I 78Ps, une seconde édition de l'ouvrage entier, avec des corrections et précédé d'un mandement de M. de Montazet, où étaient tracées les règles à suivre dans l'étude et dans l'enseignement
  • Joseph VALLETTA( 1636) : littérateur bibliographe, né le 6 octobre 1636 à Naples, se distingua d'abord dans la profession d'avocat, et se fit une réputation telle que le grandduc de Toscane, voulant l'attirer à Florence, lui offrit le titre de sénateur, qu'il refusa , ne voulant pas quitter sa patrie. Il lisait avidement tous les livres qui lui tombaient sous la main, et l'on eût pu l'appeler, suivant l'expression de Caton , un dévoreur de livres, helluo librorunt. Il forma, en peu de temps, une bibliothèque de dixhuit mille volumes bien choisis ; et ce fut surtout à cette collection , unique à cette époque chez un particulier, qu'il dut sa réputation. Mabillon, Montfaucon, Burnet, Rogissart, de la Seine, font de grands éloges de la complaisance et de la politesse du propriétaire, qui prêtait ses livres à tous ceux qui en avaient besoin, et qui, lorsque quelque illustre étranger se rendait à Naples , allait ordinairement à sa rencontre à plusieurs milles de la ville. On a écrit qu'il était alors le seul Napolitain qui parlât anglais . Après une longue et douloureuse maladie, il mourut le 7 mai 1714. Le Giornale de' letterati d'Italia, que nous venons de citer, dit qu'il avait composé un ouvrage trèssavant sur la procédure dans les causes qui ont rapport à la religion, et que cet ouvrage fut traduit en français et en latin. Le même journal fait mention d'un autre ouvrage de Valletta sur une nouvelle monnaie frappée à Naples. Il fit , en outre, plusieurs traductions de l'anglais
  • Joseph VARIN( 1740 - 1800) : célèbre graveur, né à ChâlonssurMarne le ii mai 1740, s'honorait de compter parmi ses ancètres Jean \Tarin . 11 eut pour premier maître son père, graveur sur métaux , qui avait fondé , en 1755, une école gratuite de dessin à Châlons, où il enseignait en même temps les éléments de la géométrie, de l'architecture, de la perspective et de la fortification. Joseph fit des progrès rapides sous un tel maitre et fut bientôt en état de se perfectionner à Paris, où il se rendit avec son frère, en 1760, et où il trouva dans les Crozat, les Caylus, les Dargenville, les Watelet, des protecteurs et des amis qui lui donnèrent les plus grands encouragements. C'est à la vue des productions les plus célèbres que les frères Varin sentirent naître en eux une noble émulation. Joseph avait déjà débuté par un Si- François anachorète, du chevalier de la Touche, gravé dans le genre du dessin ; mais il ne continua pas longtemps ses essais en ce genre et se livra à différents travaux d'architecture, de géographie et de topographie, bien plus analogues à ses premières études. Il fut chargé par les états de Bourgogne, en 1755, de la gray ure d'une partie de la grande carte de la province, dont il lit aussi les ornements ; ce travail lui valut une médaille et l'honneur d'ètre présenté au roi avec les députés des états. D'autres ouvrages lui firent obtenir le diplôme de membre associé de l'académie de Dijon. Parmi les nombreuses productions dues au talent de Joseph Varin , nous citerons le Traité d'architecture de Blondel , qu'il grava de concert avec StAubin ; celui de fortification du marquis de Montalembert, gravé en société avec Percier, et ensuite les cartes et ornements d'inscription qui devaient servir de clef à l'ouvrage de Belin et Berthier, intitulé Instruction pour la marine royale. En 1766, Rouilléd'Orfeuil , intendant de la province de Champagne, et le conseil municipal de Reims, voulant perpétuer par la gravure les fêtes données dans cette ville au sujet de l'inauguration de la statue pédestre de Louis XV, invitèrent les frères Warin à exécuter ce travail sur les dessins de Moreau et de Blaremberghe, et sous la direction de Cochin. Lorsque les estampes en furent présentées au roi par les ministres, les auteure graveurs furent admis à l'audience donnée aux députés de la ville, dont le conseil les gratifia d'une médaille en témoignage de sa satisfaction. En 1774, l'abbé de StNom ayant publié son Voyage pittoresque de Naples et de Sicile, les frères Varin réunirent de nouveau leurs talents pour l'exécution des gravures de cette superbe édition. Joseph travailla ensuite aux belles planches qui ornent l'édition du Voyage en Grèce de ChoiseulGoullier. On duit encore au burin de ce laborieux artiste, d'abord pour l'oeuvre de l'architecte le Doux , la Vue générale de la ville de Caux et des édifices qui la décorent; celles des villes d'Aix , Besançon et Neufchâtel; ensuite pour l'oeuvre de Louis, la Vue et perspective de la superbe place de Bordeaux, celle du thécltre de cette ville, prise les Vues de la salle de comédie à Nantes; celle du Palais- Royal, jardin et galerie, ainsi que du Palais de Justice a Paris; celle du Palais, place et prisons ( le Caen, du Palais des états à Dijon, etc., etc. Mais ce qui acheva de fonder sa réputation, ce sont les planches dont le Tableau de l'Empire ottoman, par le chevalier d'Ohsson Mouradja , est enrichi , ainsi que celles du Voyage pittoresque de Syrie, de Phénicie et de Palestine, de l'infatigable Cassas. Après avoir perdu par la révolution le fruit de ses économies , il termina sa laborieuse carrière le 6 novembre 1800, dans la 61° année de son âge
  • Joseph VASSELIER( 1735 - 1798) : à Rocroy en 1735, était employé dans l'administration des postes et premier commis , quatrain cité sans nom d'auteur, par Voltaire, clans son Dictionnaire philosophique, au mot Caton
  • Joseph VELLA( 1751) : né à Malte en 1751, chapelain de l'ordre, et faussaire littéraire, est connu à ce dernier titre. Devenu prêtre et se trouvant à Palerme, en 1782, j'accompagna Mohammed ben Othmaii dans la visite que cet ambassadeur marocain fit à l'abbaye StMartin. Ayant appris de Louis Moncada, gentilhomme sicilien, que depuis longtemps on croyait posséder un manuscrit arabe, qui remplissait une lacune de près de deux siècles dans l'histoire de la Sicile , pendant le moyen âge, il imagina , après le départ de Mohammed, de dire que cet Africain avait trouvé dans la bibliothèque de StMartin un manuscrit contenant la correspondance entre les gouverneurs arabes de la Sicile et leurs mattres les souverains de l'A- frique. Un prélat , Airoldi, archevêque d'Héraclée, ajouta foi à cette fable et pria Vella de traduire en italien le précieux manuscrit. Or, le Maltais ne savait d'arabe que ce que lui en avait enseigné un Turc au service du prince de Cassaro. Toutefois, il supposa avoir établi une correspondance avec Mohammed , et bientôt après il annonça la découverte à Fez d'un second exemplaire du manuscrit de l'abbaye de StMartin, mais plus étendu ; puis la découverte d'un autre ouvrage qui servait de continuation à celuici , et qui était relatif à la domination des Normands en Sicile ; enfin une suite de médailles confirmatives du contenu des manuscrits. Airoldi pourvut à toutes les dépenses que la publication de l'ouvrage exigeait. Sous les auspices du prélat parut, en 1789, le premier volume du Codice diplomatico di Sicilia sotto il governo degli Arabi , publicato per opera e studio di Alfonso Airoldi, etc. C'était une traduction italienne faite par Vella du manuscrit arabe ; Airoldi y avait ajouté des notes et une longue préface ou introduction. Cinq autres volumes virent le jour ; le sixième, qui est de 1792, devait être encore suivi de deux autres. A l'apparition du premier, des doutes furent élevés par beaucoup de savants, l'abbé Grégorio en particulier, sur l'authenticité du texte original. Airoldi résolut de le faire imprimer, et pour cela il acquit de Bodoni une fonte de caractères arabes. Vella, loin d'être effrayé par les doutes manifestés sur le Codice diplomatico, fit parattre à Palerme, en 1793 , aux frais du roi de Naples , le premier volume de deux éditions , dont la pr dans le format contenait le texte arabe avec la traduction italienne du prétendu manuscrit découvert à Fez , et intitulé A'itah divan Mesr, ou Libro del consiglio d'Egitto. On imprimait le second volume, lorsque, après plusieurs examens, l'imposture devint évidente aux yeux les plus fascinés. Les savants allemands et français entrèrent dans l'arène. Tous , moins l'orientaliste Tvchsen , signalèrent ce faux littéraire auquel Villa, peur faire diversion, en ajouta un autre, qui consistait à annoncer la découverte d'un Code normand, qui résolvait en faveur de la prérogative royale les privilèges féodaux dont les seigneurs réclamaient le bénéfice. Comme à la date de cette prétendue découverte, la royauté, entraînée par l'esprit du temps, méditait d'en finir avec la féodalité, on fit fête à Vella et on le chargea de traduire et de publier la prétendue charte normande. Cependant Airoldi avait fait venir-à Palerme un savant orientaliste viennois, pour se faire rendre compte du mérite et de la valeur des découvertes de Vella. Malheureusement pour celuici, après une consciencieuse investigation, et comparaison faite des manuscrits prétendus découverts par Vella Hager les déclara de pure invention. Vella finit par avouer luimême ce qu'il avait fait ; il fut, en 1796, condamné à quinze ans de prison ; le bénéfice de StPancrace, une pension qui avait été accordée à Vella , et ses autres biens furent, sauf une rente alimentaire de trentesix onces d'or, adjugés au fisc jusqu'à remboursement des dépenses faites par le trésor royal pour le / Citai), etc. Ce qui était imprimé du second volume fut détruit; et ce qu'il y a de singulier, c'est que le jugement fut porté par ce même Alphonse Airoldi qui avait été si longtemps sa dupe. Vella est mort en 1814 dans l'obscurité et le mépris. M. J. nager a donné sur ses deux publications désignées aussi, l'une, sous le titre de Code martinien , l'autre, sous celui de Code normand, une brochure allemande, dont la traduction française est intitulée Relation d'une insigne imposture littéraire, découverte dans un voyage fait en Sicile , en 1794 , par M. le docteur Bayer, Erlang , 1799 Silvestre de Sacy, qui a rendu compte de la relation , etc., dans le Magasin encyclopédique, 5e année, t. 6, p. 330-356, a fourni de Nouveaux renseignements sur l'affaire de Vella dans le même journal, 6° année, t. 5, p
  • Joseph VISCONTI ou VICECOMES( 1500 - 1633) : savant li I turgiste italien, né à Milan, vers la fin du 16° siècle , d'une famille illustre et féconde en hommes de mérite, fut choisi par le cardinal Frédéric Borromée pour travailler, de concert avec Rusca , Collio , etc. , dans la bibliothèque ambrosienne, que ce prélat venait de fonder, pour mettre en ordre les livres, les manuscrits, et en tirer tout le parti possible. Dans la répartition que l'on fit des matières, les rites ecclésiastiques échurent à Visconti , qui remplit sa tâche avec beaucoup d'érudition. Sa modestie I, surpassait encore l'étendue de ses connaissances. Il mourut en 1633. Nous avons de lui : e De capitations liber , Milan , 1611 Cet opuscule n'a que dixneuf pages; il est fort rare. 2° Observationes ecclesiasticoe, Milan, à vol. également rare. Le premier volume traite des rites et cérémonies du baptême , et il porte la date de 1615. On l'a réimprimé à Paris Le second traite des cérémonies de la confirmation, avec la date de 1618. Le troisième traite des anciens rites de la messe, avec la date de 1620. Le quatrième explique les vases et les ornements dont se servaient anciennement les prêtres dans le saint sacrifice de la messe ; il est de 1626. Cet ouvrage est plein de détails curieux. Le style en est simple , clair et méthodique ; mais Dupin reproche à l'auteur de s'être souvent appuyé , pour établir l'antiquité de certaines cérémonies , sur des monuments dont l'authenticité n'est rien moins qne démontrée. On trouve l'analyse des divers ouvrages de Visconti dans la Bibliothèque ecclésiastique de Dupin, t. 17, édit. p. 93-102. Le volume qui concerne les cérémonies du baptême a été réimprimé à Paris, 1618 On attribue à Visconti quelques autres opuscules. Foy. son Eloge dans l'ouvrage de Boscha , De origine et statu biblioth. ambrosiance , p. 142, et dans la Bibl. script. mediolan. d'Argelati; l'Athénée de Picinelli, etc
  • Joseph VIVIEN( 1657) : peintre au pastel, premier peintre de l'électeur de Cologne, né à Lvon en . 1657, se rendit à Paris à l'âge de vingt ans, pour s'y perfectionner dans les arts du dessin, dont il n'avait reçu jusquelà que des leçons mé- diocres. Ayant eu le bonheur de se faire présenter à Lebrun , il obtint de ce maître des conseils qu'il eut bientôt mis à profit. En peu de temps il se plaça au premier rang des peintres .de portrait. Quoique ses ouvrages à l'huile lui eussent mérité d'honorables suffrages , il appliqua tous ses soins à chercher dans le pastel une force de ton et des effets qu'on n'avait point encore su tirer alors de ce genre de peinture. Sa réputation s'en accrut à un tel point, que les plus grands personnages de l'Europe voulurent avoir des pastels de sa main. Doué d'une facilité et d'une hardiesse d'exécution dont on n'avait eu que peu d'exemples, il représentait des familles entières en pied et de grandeur naturelle, et trouvait moyen de grouper ainsi jusqu'à douze ligures dans un espace où des peintres ordinaires n'auraient pu placer que quatre ou cinq personnages; aussi ne peuton se dispenser de le compter parmi les artistes du siècle de Louis XIV qui ont le mieux entendu la composition. Ses ouvrages les plus remarquables furent la Famille de Monseigneur , et la Fa- mille électorale de Bariére, tableau destiné à réconcilier entre eux les membres de cette maison souveraine, que des intéréts politiques divisaient depuis longtemps. Lorsque ce dernier morceau auquel Vivien avait travaillé dixhuit ans , fut achevé, l'auteur, à qui Louis XIV en avait déjà fait compliment, voulut porter luimème son ouvrage en Allemagne. Il le présenta, en effet , à l'électeur de Cologne , prince de la maison de Bavière; mais peu de jours après il mourut d'une fluxion de poitrine dans le palais électoral de Bonn. Vivien ne fut pas du nombre des artistes qui eurent à se plaindre de la fortune. Ses talents furent toujours payés avec libéralité. Le roi lui avait accordé une pension. avec un logement gratuit au Louvre et aux Gobelins. L'académie royale de peinture l'avait admis dans son sein le 30 juillet 1701, et Pavait ensuite élu conseiller le 28 septembre 1703. Enfin il était premier peintre des électeurs de Bavière et de Cologne. Les mémoires du temps parlent de lui comme d'un homme dont l'esprit était vif et gai, et qui par son désintéressement s'était concilié l'estime générale. Aux tableaux que nous avons cités il faut ajouter ceux qu'il composa pour sa réception à l'académie ; les portraits d'André Hameau , de Nicolas Blampignon, docteurs de Sorbonne , de la comtesse d'Arc°, du roi d'Espagne Phi- lippe , de Joseph Clément de Barière, électeur de Cologne , et de l'abbé Rignon . Les ouvrages de Vivien sont devenus rares. On sait que la peinture au pastel, déjà passée de mode, ne résiste guère aux injures du temps. On voit, dans les galeries de Versailles un portrait de Fénelon par Vivien. Quoique la réputation de Vivien ait baissé depuis longtemps, on lui rend toujours la justice de dire que nul peintre de portrait ne l'a surpassé pour la science du dessin, la fratelieur du coloris, l'exactitude de la res- semblance et le beau choix de l'imitation. Vivien a été gravé par B. Audran , J. Audran, Drevet, Duflos, Edelinck , Flippart, J.B. Grateloup, J.B. Poilly, Probst , F.I. Spatt , H. Sper- ling, D. Sornique , C. Vermeulen , J.A. Zhn- mermann; on lui doit une Adoration des mages, peinte en 1698, pour la corporation des orfévres de Paris , qui en fit don à l'église NotreDame; enfin il a exécuté son propre portrait qui est conservé dans les galeries des Uffizi à Florence
  • Joseph WEIGL( 1766 - 1846) : compositeur de musique, naquit à Eisenstadt, en Hongrie, en 1766. Fils d'un musicien attaché à la chapelle. du prince Esterhazy, il étudia à son tour la musique à Vienne sous des maîtres tels que Haydn, Salieri et Albrechtsberger. Adjoint à la direction de l'Opéra par Salieri , Weigl devint ensuite maitre de chapelle de l'Opéra italien au temps de l'empereur Léopold. Lors de la représentation de sa pièce intitulée l'Uniforme, l'impératrice MarieThérèse chanta dans la première partie de l'ouvrage. 11 mourut à Vienne le 23 février 1846. Il avait fait de nombreuses partitions ; la meilleure est la Famille suisse, 1809. Ses oratorios sont remarquables; on y distingue particulièrement celui qui a pour titre la Passion de Jésus
  • Joseph VOLPI( 1680 - 1756) : historien italien, naquit à Bitello, le 15 octobre 1680, d'une famille qui remontait à Guillaume Volpi , brave cavalier guelfe du 14. siècle. A seize ans, Joseph s'était rendu à Rome pour y entrer dans la carrière ecclésiastique; mais des circonstances nouvelles décidèrent son père à lui faire prendre un autre parti. En effet, son oncle François de Nicole, appelé par le pape Clément XI à l'évêché de Capaccio, voulut l'avoir avec lui dans son diocèse. 11, Joseph l'y suivit. Enseveli dans la solitude de Ir cette petite ville, il en rechercha, pour utiliser ses loisirs, les antiquités et les souvenirs diocésains. De là son ouvrage intitulé Chronologie des évêques de Capaccio , 1720 précédé néan- moins d'une étude sur sa propre famille, ayant pour titre : Généalogie de la famille de t'api, publiée sous l'anagramme de Jules Puppese, 1718 Mais son œuvre la plus considérable fut l'Histoire des Visconti et des événements auxquels l'Italie s'est trouvée mêlée aux époques où ils vécu- rent, Naples, 1737-1748 qu'il entreprit à la prière de la mère de sa femme, qui était une Visconti. On sait, au surplus, le rôle considérable de cette famille dans l'histoire de la Péninsule. Volpi espérait jeter un nouveau jour sur les annales italiennes, quand la mort le surprit le 28 février 1756
  • Joseph WISMAYR( 1767 - 1858) : littérateur allemand , naquit à Freysing le 30 novembre 17 67 . Il fut préfet de la maison d'éducation de Salzbourg, conseiller de la direction générale des écoles et des études ,1) Le mot covenant, en histoire eccItsiastique, désigne un contrat ou convention passée entre des Etos,als presbytériens, en ratiné Itet, pour Je «tahitien de certains articàee de la doctruie presbytérienne contre toute innovation. Le serinent exigé pour ce maintien reçut le nom de covenant , et ceux qui m'y obligewent etaient appelé cone na nier s 'Encyclopédie cinglai« de John Selby Howard, au mut Covenano. de Munich; conseiller supérieur de l'enseignement, et, en dernier lieu, membre du conseil supérieur des études. Enfin, il fit partie de l'académie royale des sciences. Wismayr mourut le 9 juillet 1858, laissant les ouvrages suivants to Principes de la langue allemande, 1795, 2 parties; 2° Germes et fruits pour l'encouragement et l'ennoblissement de la jeunesse, 1797, 2 vol.; 30 Petite théorie de la langue allemande, 1797 et 1821, 9° édit.; 4° Ephilmérides de la littérature italienne à l'usage des Allemands, 1800: 5° Pan- théon de l'Italie. ; 6° Biographies des Italiens les plus remarquables, 1818, 3 parties
  • Joseph WALCHER( 1718 - 1803) : conseiller de l'empereur ' d'Autriche, professeur de mécanique et d'hydraulique à l'académie de MarieThérèse, né le 6 janvier 1718, à Linz, entra, à l'âge de dixneuf ans, dans la société de Jésus. Porté par inclina-' lion vers les mathématiques et la physique, il profitait de tous les moments dont il pouvait disposer pendant ses vacances pour suivre les travaux hydrauliques faits le long du Danube , et il observait en même temps la construction, la direction des grandes roues. Ayant ainsi affermi ses études par les connaissances pratiques, il commença, en 1750, ses cours publics de mathématiques à l'université de Vienne et au collège de Marie - Thérèse. Ses leçons attirèrent l'attention du gouvernement, qui lui proposa des fonctions en rapport avec les connaissances I qu'il avait acquises. En 1773, il fut nommé direc- teur de la seconde division de navigation sur le Danube et , en 1784, assesseur à la direction supérieure des bâtiments, d'où il passa à la commission des bâtiments de la cour. Il prit une part trèsactive aux travaux hydrauliques qui, de son temps, furent entrepris dans le Tyrol, sur l'Adige et surtout le long du Danube. Malgré ses grandes occupations, il reprit, en 1797, ses leçons sur la mécanique et l'hydraulique au collége de MarieThérèse. Il y établit un cabinet, où l'on voit en petit tous les travaux hydrauliques qu'il a fait exécuter. C'est aussi à lui que l'université doit son cabinet de physique. Elle le nomma , en 1802, directeur des sciences mathématiques et physiques. Walcher mourut le 29 novembre 1803. Il a laissé sur ses travaux beaucoup de manuscrits. Voici ce qui en a été publié 1. Sur les montagnes de glace en Tyrol , Vienne , 1773 e Précis des cours publics sur la mécanique , à l'usage des élèves , Vienne , 1776 ; 3° Notice sur les travaux qui , depuis l'an 1778 jusqu'en 1791, ont été faits le long du Danube pour la sûreté de la navigation, avec un supplément sur les courants du Danube, Vienne, 1791 avec gravures. — Son neveu , M. Jacques- Franrois WALCHER , né à Paris , en 1793, s'est distingué comme artiste sculpteur. L'art lui doit plusieurs statues estimées et de plus un des basreliefs de l'arc de triomphe
  • Joseph WARTON( 1722) : littérateur anglais, critique distingué, descendait d'une ancienne et honorable famille de Beverley, dans le comté d'York, et avait pour père Thomas Warton, professeur de poésie à l'université d'Oxford, et vicaire de Ba-- 44 singstoke, dans le Hampshire. Joseph, né en reçut de son père sa première instruction, et fut admis au collège de Winchester, où il s'associa aux veilles poétiques du jeune Collins, son condisciple, et donna des marques d'un talent précoce. Il passa ensuite au collège d'Oriel à Oxford. Quelques poèmes, entre autres l'Enthousiaste ou l'Amant de la nature, l'Indien mourant, Ilanelagh- house, satire en prose, le firent connaître avantageusement. Le premier de ces opuscules, imprimé en 1745 fut inséré plus tard dans la collection poétique de Dodsley. Il s'occupa en même temps avec son frère de publier les poésies de leur père. Joseph entra dans les ordres en 1744, et obtint en 1748 la cure de Winslade. Lui et son frère avaient adopté de bonne heure des idées particulières sur le caractère de la poésie; ils distinguaient le savoir, la morale, l'élégance, en vers, la poésie didactique, d'avec la véritable poésie d'instinct, celle à laquelle aucune étude, aucun art, ne saurait atteindre, sans une vocation naturelle. L'invention et l'imagination sont les principales facultés du poète . Joseph Warton exprima d'abord son opinion à cet égard dans la préface d'un volume de ses Odes, publiées en 1746, et composées dans la vue, ditil, de sevrer le public de cet amas de poésie didactique et de morale rimée dont il était accablé. On a distingué surtout dans ce volume l'Ode à l'imagination. Après son retour d'un voyage dans le midi de la France, où il avait a,!compagné le duc de Bolton, il s'occupa de mettre au jour une édition de Virgile, en latin et en vers anglais; la traduction de l'Enéide est de Chr. Pitt ; celle des Eglogues et des Géorgiques est de l'éditeur, à qui l'on doit aussi toutes les notes et trois essais sur la poésie pastorale, didactique, épique. Une dissertation de Warburton sur le sixième livre de l'Enéide ; un commentaire sur le caractère d'Iapis par Atterbury, et sur le bouclier d'Enée par Whitehead , le poète lauréat, contribuent à enrichir cette édition, qui étendit la réputation de son auteur ; commencée en 1748, elle fut terminée en 1753, en 4 volumes il en parut peu d'années après une deuxième Irès•perfectionnée. On a jugé la traduction de \\•anon supérieure à celle de Dryden pour la fidélité, à celle de Trapp pour la versification , mais dénuée de force et d'éclat. En 1753, le docteur Johnson le pressa de prendre part à la rédaction de l'Aventurier, suite d'essais, entreprise récemment par Hawkesworth, en l'informant qu'on lui avait réservé la partie de la critique littéraire. Environ vingt numéros de ce recueil sont de Joseph Warton, et se distinguent par un goùt délicat : l'un sur le personnage du roi Lear; le n.101 sur les imperfections du Paradis perdu,- . les n°' 75, 80, 83 sur l'Odyssée, qu'il égale à l'Iliade. Le premier volume du plus célèbre de ses ouvrages, Essai sur le génie et les écrits de Pope, dédié au docteur Young, auteur des Pensées nocturnes, parut sous le voile de l'anonyme en 1756, et fut bien reçu des lecteurs. Le mérite du livre justifiait cet accueil ; cependant, le rang assigné parmi les poètes à l'auteur de l'Essai sur l'homme heurtait l'opinion qui dominait alors généralement. Pope, suivant Warton, est un grand poète, mais non pas le plus grand; ce titre n'appartient qu'à celui qui brille éminemment par l'invention et l'imagination. On pense que ce fut le cri de l'opinion publique en faveur d'un écrivain favori qui ralentit l'ardeur de Joseph Warton pour achever son ouvrage , dont le second volume ne parut que trentesix ans après le premier. Mais un autre motif se joignait sans doute à celuici. Warburton, l'ami et l'exécuteur testamentaire de Pope, s'était en quelque sorte ,'Margé de protéger sa mémoire, et ne souffrait pas qu'on portât la moindre atteinte à sa renommée. L'auteur de l'Essai devait des ménagements à ce grand critique, qui fut l'ami de son frère, et dont la haine d'ailleurs était redoutable. Ce qui fortifie cette supposition, c'est que, Warburton étant mort en 1779, le second volume de l'ouvrage de Warton parut trois ans après. Le biographe finit par assigner la place de l'auteur de l'Essai sur l'homme audessous de Spenser, de Shakespeare et de Milton, mais audessus de Dryden; si Dryden, ditil, est un plus grand génie, Pope est un artiste plus parfait. Cette décision n'a pas eu l'assentiment général. L'Essai sur Pope a été réimprimé plusieurs fois, notamment en 1806, en 2 volumes En 1755, Joseph Warton avait été élu second maître de l'école de Winchester ; il en devint premier maitre en 1766 ; peu d'hommes convenaient mieux à cette place, pour le savoir, l'urbanité, la sagacité à discerner le génie naissant, l'empressement à lui ouvrir la route des succès : aussi plusieurs de ses élèves se sont distingués dans la littérature. il fut lié avec des hommes du premier ordre, notamment Johnson, Burke et Reynolds, comme lui membres du club littéraire; avec le docteur Lowth , évêque de Londres, qui contribua à son avancement dans la carrière ecclésiastique en lui conférant, en 1782, une prébende à StPaul de Londres, et une cure qu'il échangea ensuite pour celle de \Vickham. En 1788 , une autre prébende à Winchester, et la cure d'Upham, ajoutèrent encore à sa fortune. Le goût qui régnait de son temps pour la lecture des anciens poètes anglais lui fit penser qu'on ne relirait pas avec moins de plaisir quelques anciens critiques ; et dans cette attente, il réunit, en 1784, en un volume la Défense de la poésie, par Philip Sydney, et les Observations sur rdoquence et la poésie, par Ben Jonson. Ce petit volume est devenu trèsrare. La résignation de sa place d'instituteur, en 1793, lui ayant donné du loisir, il accepta la proposition que lui fit une compagnie de libraires de diriger une édition des OFurres de Pope; elle fut terminée en 1797, 9 vol. Cette édition, précédée d'une notice biographique, était la plus riche en éclaircissements, et la plus complète qui eût paru jusqu'alors ; elle est même trop complète, et on lui a justement reproché de renfermer des morceaux qui ne méritaient pas d'être conservés. On a aussi accusé l'éditeur d'avoir admis ces pièces dans l'intention de justifier l'opinion qu'il avait exprimée sur le poète de Twickenham ; mais cette imputation ne peut être qu'une calomnie. L'éditeur a refondu et réparti dans des notes la substance de son Essai sur Pope. Le premier volume de cet Essai avait été réimprimé en 1782, avec des améliorations, lors de la publication du second volume. Joseph Warton cultiva les lettres jusqu'à son dernier jour ; il avait préparé deux volumes d'une édition de Dryden, lorsqu'une maladie de reins termina sa laborieuse carrière le 23 février 1800. Ses paroissiens lui firent ériger dans da cathédrale de Winchester un monument, d'après un dessin de Flaxman. Les manières de cet écrivain respiraient la bonté, l'aménité, l'obligeance; il n'était point avare des trésors intellectuels qu'il avait amassés. Homme du monde, recherchant la compagnie des femmes, maniant tour à tour les armes du raisonnement et d'une inoffensive plaisanterie il différait, par les agréments extérieurs de son frère, avec lequel il vécut d'ailleurs dans une constante union. Sa mémoire était trèsornée; il possédait parfaitement les littératures française et italienne. Comme poète, on lui trouve plus de pureté, plus d'élégance que de force. On peut supposer que l'étude qu'il rit de la critique concourut à ralentir l'élan de son imagination. Ses odes ont eu le désavantage de paraître en même temps que celles de Collins, et ont nécessairement perdu à la comparaison. Son mérite principal est d'avoir été un critique éclairé, savant et judicieux. a Il a fait voir, dit Samuel « Johnson, comment le front de la critique peut « être adouci , comment elle peut charmer et « plaire, avec toute sa sévérité. » Joseph Warton conçut et abandonna successivement le projet de deux autres ouvrages; le premier aurait traité de la renaissance des lettres ; le second était une histoire de la poésie en Grèce, à Rome, en Italie, et en France, d'Homère à Nonnus, d'Ennius à Boèce, de Dante à Métastase, et de Guillaume de Lorris à Voltaire. Un de ses élèves, M. John Wool, a publié, en 1806, un volume de Mémoires sur Joseph , on lit une Ode sur la mort de l'auteur, par une dame; cette dame était sa tille, Jane Warton, qui mourut à Wickham, en 1809, à de 87 ans. Nous ignorons si John Warton , docteur en théologie , mort vers 1 82 , est de la même famille. On a publié en 1826 un volume de ses écrits, sous le titre de Tableaux d'agonie et Conversations pastorales
  • Joseph WARNER( 1717 - 1801) : phirurgien distingué, me?bre de la société des sciences à Londres , naquit en 1717, à file d'Antigoa, sur une terre qui, dans la suite, fit partie de son héritage. Sa famille, qui était opulente et que différentes circonstances avaient rendue propriétaire de l'anneau célèbre que la reine Elisabeth avait donné au comte d'Essex , l'envoya de bonne heure en Angleterre , où il fut élevé au collége de Westminster. A dixsept ans , il passa sur les bancs de l'école de chirurgie et de médecine, et après avoir étudié pendant sept ans sous le célèbre Samuel Sharpe , il fut nommé professeur adjoint d'anatomie à l'hôpital de StThomas, puis professeur en titre. Lors de la malheureuse tentative que le prétendant lit en 1745, Warner quitta sa place pour suivre, en qualité de volontaire, k duc de Cumberland vers les frontières d'Ecosse. Mais il fut rappelé pendant le cours mème de la campagne pour occuper à l'hôpital de Guy l'emploi de premier chirurgien, dont il remplit les fonctions, ainsi que celles du professorat pendant quarantequatre ans, avec la plus grande réputation. Il passa la fin de sa vie dans une retraite qu'il s'était choisie aux environs de Londres, et mourut àgé de plus de 84 ans, le 24 juillet 1801. Warner passait à juste titre pour un des premiers chirurgiens de son époque; il contribua puissamment à la fondation de l'école chirurgicale de Londres, devenue depuis si célèbre. Nominé, eu 1775, membre de la société royale des sciences, dont par conséquent il lit partie pendant quarantesix ans , il lit insérer dans les Transactions de ce corps savant plusieurs traités et dissertations. Il a aussi publié des écrits plus considérables, entre autres : 1° Cases in surgery , ou Cas qui surviennent dans la chirurgie, Londres, 175%; 4. édition , 1784 ; traduit en allemand, Leipsick , 1787, in- 8.; J° Description de l'ail humain, des parties qui l'avoisinent, de leurs maladies et des méthodes à suivre pour opérer leur guérison, Londres, 1769, iii-8°, 2° édit. ; 3. Traité de la cataracte ; ti° Account of Me testicles, ( heir comment corerinys and coula, and the diseases to which they are habit, Londres, 4774 , in - 8° ; traduit en allemand , Gotha , t 775. G—Y et P—OT.
  • Joseph WARREN( 1741) : homme politique américain, naquit à Roxbury, dans le Massachussetts, en 1741. Son père était uniquement adonné à la culture des champs et au jardinage, et il donna son nom à une espèce de pomme inconnue alors en Amérique. C'est en voulant cueillir un de ces fruits que la branche se brisa et qu'il tomba inanimé sur le sol. Son fils Joseph avait seize ans lorsqu'il perdit ainsi son père. Sa mère le fit instruire avec soin, d'abord à l'école de Roxbury, ensuite au collège Harward. Au sortir de ces premières études, il entra dans la carrière médicale, et à vingttrois ans, il commença à exercer la médecine à Boston. Il parait qu'il réussit surtout à guérir ceux de ses clients qui étaient atteints de la petite vérole. La réputation qu'il s'acquit alors fut telle que, lorsque la guerre éclata, on le nomma chirurgien général de l'armée; mais, comme il n'accepta point ces fonctions, il fut élu major général. La direction que prirent alors les affaires du pays le jeta bientôt dans la vie publique, où il porta cette ardeur d'esprit qui l'avait fait réussir dans la carrière médicale. On le vit bientôt parmi les plus énergiques défenseurs de la liberté. Il prit en quelque sorte en main les affaires de la cité, où il exerçait sa profession, pendant que des citoyens placés sur le premier plan, tels que les deux Adam, Robert Treat Paine, Elbridge Gerry, allèrent représenter la colonie au congrès continental. Warren avait cela de remarquable qu'il alliait des talents qui n'avaient rien de belliqueux, l'éloquence entre autres, aux talents du guerrier. t1 usa souvent de sa facilité à parler en public , uniquement pour conseiller à la foule d'éviter les mouve- ments tumultueux et de ne demander qu'aux formes légales le redressement des griefs dont elle pouvait avoir à se plaindre. Lors de l'organisation des pouvoirs politiques du Massachussetts dans le sens démocratique, en 1774, Warren fut élu délégué au congrès de la province, puis président de cette assemblée , en mème temps que membre du comité de salut public. Il devint par là le directeur des affaires civiles et militaires du pays , en quelque sorte un dictateur. Le congrès organisé à Salem alla siéger à Concorde, puis, quelques jours avant la bataille de Lexington. à Watertown . Nul doute qu'on n'ait dû à la vigilance et à l'active énergie de Warren la sage, quoique persistante résistance opposée alors par les Américains aux armes britanniques. Ce que voulaient les Anglais, c'était de surprendre les Américains dans leurs campements. Warren s'aperçut de ce dessein et sut le déjouer. Les mesures qu'il prit alors contribuèrent au succès si important qu'eurent les Américains à la journée de Lexington . Ce succès fut suivi des résolutions suivantes, prises par le congrès du Massachussetts : il serait levé une armée de 30,000 hommes, chargée de la défense de la NouvelleAngleterre, et l'on inviterait les autres Etats du pays à fournir leurs contingents. Le 21 mai, le général Warren fut élu commandant en chef des forces du Massachussetts. Il s'acquit bientôt la confiance de l'armée. Les troupes anglaises avaient pris position sur les frontières .le Boston. Exécutant les décisions du conseil de guerre, Warren ordonna , le 16 juin, au colonel Prescott de s'avancer vers Charlestown et d'occuper et fortifier Bunkers Hill. L'action s'engagea le lendemain. Les Anglais s'attaquèrent surtout aux travaux de défense et aux redoutes des Américains. Warren se présenta dans la chaleur de l'engagement. Lui montrant les redoutes, le général Putnaru lui dit qu'elles étaient le point de mire de l'ennemi, que de leur prise ou de leur résistance dépendait le succès de la journée. Poursuivant alors sa route , il rencontra le colonel Prescott, qui lui offrit de prendre ses ordres: « C'est à moi de prendre les vôtres, lui répondit « Warren; donnezmoi seulement un mousquet. « Je viens recevoir vos leçons et non vous en « donner. » Ces paroles, dignes de l'antiquité, méritent d'autant plus d'ètre notées que Warren n'avait fait qu'exécuter les plans du conseil de guerre et non les siens lorsqu'il ordonna de fortifier Charlestown. Après un triple assaut, les Anglais emportèrent les travaux des Américains. La troisième attaque de l'ennemi vit tomber le courageux Warren ; une balle l'avait frappé à la tète. Le compte rendu de cette meurtrière bataille, adressé au congrès, mentionna cette glorieuse fin de Joseph Warren. « Sa mémoire « sera honorée, portait ce document, tant que « la valeur et le patriotisme seront en honneur « parmi les hommes. » Le congrès vota l'érec- tion d'un monument destiné à perpétuer le sou- venir de ce grand citoyen ; mais cette résolution de la législature n'a pas reçu d'exécution
  • Joseph WASSE( 1672 - 1738) : savant anglais, né dans le comté d'York en 1672, fit ses études à Cambridge, obtint la cure d'Aynhoe en Northamptonsbire, et fut lié avec Clarke et Newton , dont il partagea l'ariani,rne. Telle était son érudition que le docteur Bentley disait Quand je ne serai plus, Wasse sera l'homme le plus savant « d'Angleterre. » Il mourut le 19 novembre 1738. On a de lui : 1° une édition de Salluste, 1770 dont il avait corrigé le texte, après avoir conféré près de quatrevingts manuscrits, ainsi que quelques éditions trèsanciennes ; 2° des Essais dans la Bibliotheca litteraria, recueil périodique, dont le docteur Jebb était l'éditeur. On prétend que ce fut la longueur de ces essais, particulièrement la vie de Justinien, remplissant seule deux numéros entiers, qui, rebutant les lecteurs, fit tomber le recueil, au dixième numéro. Il en reste un volume terminé en 1724. Les Transactions philosophiques contiennent, du même auteur. trois Mémoires : sur la différence de la hauteur du corps humain du tnatin au soir; sur les effets de la foudre le 3 juillet 1775, en Northamptonshire; description d'un trem- blement de terre, en octobre 1731, dans le même comté. Ce savant a coopéré trèsactivement à l'édition de Thucydide qui porte le nom de Duker, Amsterdam, 1721, 2 vol
  • Joseph WEBER( 1753 - 1825) : philosophe allemand, naquit à Bain, dans la Bavière, en 1753; il embrassa la carrière ecclésiastique, et, après avoir longtemps professé la philosophie et la physique aux colléges de Dillingen et de Landshut, il devint vicaire gé- néral à Augsbourg. Après avoir adopté les pr de Kant, il se rapprocha de ceux de Schelling; il a laissé un grand nombre d'ouvrages sur la physique, l'éducation, la théologie, la philoso- phie. On peut citer parmi ces productions écrites en langue allemande : Propositions de philosophie théoritique, 1785; — Fil conducteur pour des le- cons sur la théorie de la raison, 1788 ; — Essai pour adoucir les jugements sévères portés sur la philosophie de Kant, 1793. D'autres écrits venus plus tard indiquent des modifications survenues dans les idées de l'auteur : ilétaphysique des choses sensibles et de ce qui est au- dessus des sens, 1801 — Manuel de la science de la nature, 1805 ; — la s cule vraie philosophie, 1807 ; — la Philosophie, la eligion et le Christianisme réunis pour la gloire et te bonheur de l'homme, 1808 ; — la Physique con- sidérée scientifiquement, ou Dynamique de la nature, Iti 1819; — Science de la nature matérielle, ou Dyna- mique de la nature, 1821. Weber avait aussi écrit en latin des cours de logique et de métaphysique pour les écoles. Toutes ces productions sont aujourd'hui délaissées. Weber est mort en 1825
  • Joseph WEBER( 1755) : sous le nom duquel ont été publiés les Mémoires concernant Marie- Antoinette, naquit à Vienne en 1755, fils d'un conseiller de la magistrature. Sa mère, MarieConstance Hoff- man, fut choisie, trois mois après la naissance de Weber, pour nourrir l'archiduchesse MarieAntoinette , et une sorte d'affectueuse intimité XL1V. s'établit entre la future reine de France et son frère de lait, qui partageait ses jeux. Weber désirait vivement suivre à Paris MarieAntoinette, appelée à devenir l'épouse de Louis XVI, mais il n'obtint cette permission de la part de l'empereur Joseph II qu'après de longues années. En 1782, il arriva à Paris , et fut nommé dans les finances à un modeste emploi qui l'attachait à la cour, et qu'il conserva jusqu'en 1789. Dans la journée du IO août, il se signala par son dévouement à la cause royale et courut de graves dangers. Dénoncé pour le zèle dont il avait fait preuve pour la défense de la famille royale, il fut arrêté et détenu à la Force. Il eut le bonheur d'échapper aux massacres des 62 et 3 septembre, et, déclaré innocent par la section de l'Arsenal, il quitta la France et se réfugia d'abord en An- gleterre ; puis il suivit le due de Choiseul à Bruxelles et fut présenté à l'archiduchesse Ma rieChristine, alors gouvernante des PaysBas, qui lui lit un accueil flatteur et mérité. Un peu plus tard, au mois d'octobre 1792, Weber fut chargé par le comte de Metternich d'aller porter à l'em- pereur d'Allemagne l'assurance de la prochaine coalition contre la France. Weber ne rentra plus en France, et dès lors sa trace se perd. Il est mort dans l'obscurité et nous n'avons pu décou- vrir en quelle année ; ce fut toutefois après 1822. C'est sous son nom que furent publiés en 180à, Londres, 3 vol. les Mémoires concernant Marie- Antoinette, qui furent réimprimés par les frères Baudouin dans la Collection des mémoires relatifs à la rérolution française, Paris , 1822 , 2 vol. avec des notes et des éclaircissements historiques de MM: Berville et Barrière. Cette réimpression donna lieu à un procès entre Weber et les frères Baudouin. Ces derniers alléguaient que Weber n'était pas l'auteur des -- 711 fre3 en question, auxquels il n'avait que prêté son nom et seulement fourni quelques notes, et, à l'appui de leurs dires, ils recon- naissait les avoir rédigés en partie d'ap