Le prénom Adam Masculin

Origine :

Fête :

17 Juin

Signification de Adam

Prénom du premier homme dans les religions monothéistes, Adam fut très répandu, particulièrement au Moyen-Âge. Depuis des siècles, ce prénom est largement attribué dans les pays chrétiens et musulmans. À titre d’exemple, en Irlande, pays très catholique, Adam figure parmi le top 5 des prénoms masculins. En France, la tendance du prénom Adam est relativement stable. Adam est une personne charismatique et ambitieuse. Leader né, Adam dispose d’une autorité naturelle et d’une grande force de persuasion. Il se distingue aussi par son courage à toute épreuve et son esprit combatif. Il ne recule devant aucun obstacle pour accomplir ses projets. Le prénom Adam connaît différentes variantes, notamment Adams, Adamo, Adama, Adan, Adnet, Adanet, Adenot et Adnot. Plusieurs personnalités portent ce prénom, dont l’économiste et philosophe du XVIIIe siècle Adam Smith, le bassiste du groupe britannique U2 Adam Clayton, le chanteur du groupe Maroon 5 Adam Levine ainsi que les acteurs américains Adam Brody, Adam Goldberg et Adam Sandler.

Personnalité de Adam

Plutôt secrets et réservés, ce sont des êtres assez durs avec eux-mêmes. Travailleurs obstinés, ils n'abandonnent jamais ce qu'ils ont entrepris. Disciplinés, méthodiques, ils aiment l'ordre. Esprit pratique, pas compliqués, posés, ils rassurent leur entourage. Ce sont des charmeurs, exclusifs et passionnés en amour. Ils ont le sens des affaires et sont économes.

Provenance du prénom Adam

Histoire de Adam

Etymologie de Adam

Les Adam célèbres

  • Adam ADAMI( 1610) : bénédictin, né à Mulheim, près de Cologne , en 1610 , abbé de Murhart en Souabe, et évêque d'Hiérapolis. En 1643, les prélats du duché de Wirtemberg le chargèrent de les représenter dans la négociation du traité de Westphalie. Il écrivit l'histoire de ce traité sous ce titre : Arcana pacis westphalicce , FrancfortsurleMein Cet ouvrage est fait avec esprit et impartialité. Comme la 1" édition était trèsfautive , J.God. de Meiern en donna une nouvelle en 1737, sous ce titre : torica Belatio de pacificalione Osnabrugo- Monasleriensi, etc. Cette édition fut faite sur le manuscrit original qui se trouvait à Hildesheim
  • Adam ANDERSON : écrivain écossais, qui vivait dans le 18' siècle. 11 fut premier commis d'un bureau de finances, et occupa plusieurs autres places à Londres. On a de lui un savant ouvrage sur l'histoire du commerce, intitulé : Historical and chronological Deduction of trade and commerce. La première édition parut en 1762. Il y en a eu plusieurs autres ; la dernière est de 1801, en 4 vol. trèsbien exécutée. L'auteur est mort en •775
  • Adam BODENSTEIN( 1528 - 1577) : médecin spagyrique, né en 1528, à Wittemberg, était fils du précédent. 11 n'avait que vingt et un ans à la mort du fameux Paracelse , en sorte qu'il ne put • employé depuis par Maynard. De Thou fait mention de Bodenstein dans son Histoire , et Teissier a reproduit dans ses Eloges des hommes savants, t. 3, p. 136, ce passage, amplifié d'un extrait des Vite medicorum de Melchior Adam. Outre des traductions latines de quelques écrits de Paracelse, on a de Bodenstein Epistola ad Fuggeros in qua argumenta alchymice infirmantia et confirmantia adducuntur. De Podagre prœservatione. De Herbis duodecim zodiaci signis dicatis. Isagogen in rosarium chymicorum Arnoldi de Villanova. Ces ouvrages ont été réunis en un volume Bâle, 1581
  • Adam BILLAUT( 1602) : connu sous le nom de MAITRE ADAM, et surnommé le Menuisier de Nevers, ou le Virgile au rabot, naquit le 31 janvier 1602, non pas à StBen ainsi que l'ont avancé la plupart des biographes, mais à Nevers mème . Ses parents, simples cultivateurs, lui tirent apprendre la lecture, l'écriture, puis le métier de menuisier ; et, pendant plusieurs années, rien ne trahit la vocation poétique du jeune artisan. La mort de sa mère, enlevée par la peste qui désola Nevers de 1627 à 1629, lui inspira des stances qu'on peut regarder comme la première révélation de sa muse. Néanmoins il n'essaya d'abord sa verve naissante que dans les moments de loisir que lui laissait le travail de ratelier. L'abbé de Marolles apprécia l'un des premiers le talent original de Billaut : il le recommanda vivement au duc de Nevers et à ses filles, les princesses Anne et Marie de Gonzague. Cellesci voulurent voir le nouveau boëte, et lui prodiguèrent des encouragements. En 1638, maître Adam vint à Paris pour y plaider contre le curateur de sa femme. Il eut l'heureuse audace d'adresser une épître au cardinal de Richelieu, qui lui accorda une pension. Bientôt ce fut à qui suivrait l'exemple donné par le ministre, et le menuisier de Nevers, devenu presque à la mode, compta parmi ses Mécènes le duc d'Orléans, le due de Guise, le grand Condé , en un mot les premiers seigneurs de la cour. La singularité que présentait un artisan poète avait mis en émoi les beaux esprits du temps ; pour le célébrer dignement, ils crurent devoir épuiser sur son métier • L'acte de naissance d'Adam Billant, retrouvé depuis peu clans les archives de Nevers, ne laisse plus aucun doute sur cette circonstance. tous les traits de mauvais goût possinles . L'Un prétendit que maître Adam avait fait des chevilles avec les lauriers du Parnasse ; l'autre, que les Muses ne voulaient plus s'asseoir que sur des tabourets façonnés de sa nain ; un troisième soutint qu'il avait fait une échelle pour escalader le Parnasse ; un quatrième déclara que, pour lesvers comme pour le nom, il était le premier homme du monde. Enfin Ragueneau, pâtissier, et Réault, serrurier, qui faisaient aussi des vers, lui adressèrent chacun un sonnet. Celui dti. pâtissier finissait par cette pointe : Avecque plus de bruit tu travailles sans doute, Mais pour moi je travaille avecque plus de feu . Corneille et Rotrou paraissent les seuls qui l'aient loué sérieusement ; encore ce dernier ne peutil s'empècher de faire un double concetti sur le nom et la profession du poète. On a reproché à Billant d'avoir sollicité sans pudeur les récompenses et les éloges ; mais il faut bien que la générosité et l'enthousiasme de ses admirateurs n'aient pas été dul'ables, puisqu'il fut obligé de reprendre son métier de menuisier. On le voit, en effet, renoncer, au bout de quelques années, au commerce des grands, et, dégoûté de leurs promesses et de leurs louanges, quitter Paris pour rentrer dans sa paisible demeure et dans ses modestes habitudes d'artisan nivernais. Quelques biographes cependant ont exagéré sa misère. On sait que la princesse Marie de Gonzague l'avait placé comme huissier à la chambre des comptes de Nevers, et que ce fut meme en cette qualité qu'il fit en Italie un voyage, dont les détails nous sont restés inconnus. Le duc de Nevers lui avait aussi donné en usufruit une maison connue sous le nom de Ravelin ou la maison des Arquebusiers, qui appartient encore à la ville. Ce fut dans cette habitation que mourut Adana, le 19 juin 1662, dans sa 61' année. Son épitaphe latine, composée par l'abbé Bertier, prieur de StQuaize, se lit en tète du Vilebrequin. Son portrait, peint, A ce que l'on croit, par Chauveau, a été placé dans la salle des séances du conseil de la commune de Nevers. Cette ville possède en outre le buste de son poète, exécuté par notre célèbre sculpteur David. Adam Billant s'était marié de bonne heure, mais il vécut longtemps séparé de sa femme : elle, lui donna une tille et plusieurs fils. L'un d'eux embrassa l'état ecclésiastique; un autre périt à la fleur de l'âge, et son père a déploré cette mort dans une pièce pleine de L'abbé de Marolles n'avait pas rassemblé moins de soixantedix pièces de vers adressées à maitre Adam, en français, en latin, en grec, en italien, en espagnol. On trouve ce recueil dans l'édition des Chevilles de 46i4, sous le titre d'Approbation. du Parnasse. La nouvelle édition de 4842 n'en donne qu'un extrait. Réault était établi à Nevers, et Ragueneau tenait boutique à Paris. Aucune biographie ne contient de détails sur ces deux artisans. Outre le sonnet dont il est ici question, on connaît de Ragueneau une ode irrégulière intitulée les Consolations données à M. l'abbé de Ponlchasteau sur la mort et, trespas de réminentdsime cardinal de Lyon, son oncle, grand aumo, s- nier de France. Ce cardinal était AlphonseLouis llUplessis de Richelieu, frere du célèbre ministre de ce nom, et qui Mourut à Lyon le 23 mars 1653 sentiment. Les poésies de maître Adam sont moins remarquables par le style et la correction que par le naturel, la verve et la fécondité. On ne peut nier qu'elles ne tirent un certain relief du contraste qu'elles offrent avec le métier qu'exerçait l'auteur ; cependant plusieurs n'ont pas besoin de se recommander de leur origine, et se distinguent par le choix des expressiOns autant que par l'élévation des sentiments et la délicatesse des pensées. Nous ne pouvons mieux faire que de citer ici quelques lignes dans lesquelles M. Ferdinand Denis a présenté sous leur véritable jour le caractère et le talent de celui qui ne mérite ni les éloges ironiques ou exagérés de ses contemporains, ni les dédains de quelques littérateurs superficiels. « Moins heureux que les meistersanger de l'Allemagne, qui ranimaient entre « eux leur verve ou lents élans religieux, maître « Adam, n'étant pas compris des artisans ses con« frères, se vit obligé de chanter pour les grands. , trouvant une rime heureuse « entre les verres, faisant adroitement une chanson « comme il fabriquait un escabeau. Eh bien, nous « devons le dire maintenant, Adam Billant est un de « ces poètes au coeur triste, aux pensées élevées, qui « ne peuvent trouver leurs inspirations que dans la « solitude, et qu'on forçait à entonner un chant ha« chique, à animer de bruyantes orgies, où, misé« table con':ive, il excitait autant la raillerie que « l'admiration. Ce fut cette contrainte, sans doute, « qui développa en lui une àpreté cynique, une verve « grossière qu'on voudrait ne pas trouver dans ses « ouvrages. Je ne sais, mais on se sent saisi d'une « indignation involontaire, d'une pitié profonde, en « voyant un homme de génie qu'on force à se dé« grader, à louer, à réjouir, quand une voix harmo« pieuse le conviait à chanter la douleur ». Maitre Adam a laissé trois différents recueils de ses ouvrages : 1° les Chevilles, publiées par les soins de l'abbé de Marolles, Paris, 1644, Toussaint Quinet portrait. La seconde édition parut à Bonen en 1654, petit C'est dans les Chevilles que se trouve la chanson : Aussitôt que la lumière, etc., seul monument vraiment populaire en France d'un pote sorti du peuple ; seulement il faut se rappeler qu'elle a subi, avant de nous parvenir, de nombreuses altérations. 2. Le Vilebrequin, dont l'abbé Bertier fut l'éditeur, Paris, 1663, Guillaume de Luyne Voltaire ne parle de Billant que très—légèrement; cependant il cite avec éloges le rondeau Pour te guérir de.eette eeiatique, etc. et le trouve préférable à beaucoup de rondeaux de Benserade. Laharm, dans son Cours de littérature, a completement oublie notre poète. Extrait de la Notice biographique mise en tète de l'édition des Poésies de maitre Adam publie° à Nevers en 1842. Ce recueil est en général trèsinférieur au premier, et se ressent de la vieillesse de l'auteur. 5° Le Rabot, qui n'a jamais été imprimé, et dont on n'a pu retrouver le manuscrit, malgré les recherches faites dans les plus anciennes bibliothèques de Nevers. Quelques personnes pensent que cet ouvrage a été refondu dans le Vilebrequin. M. Pissot a fait paraître en 1806 : Œuvres de maître Adam, Paris, 1 vol. portrait. Quoique le titre semble annoncer une collection complète, il est facile de se convaincre que ce n'est qu'une réimpression des Chevilles. Enfin on. a publié : Poésies de maitre Adam Billant, etc., précédées d'une Notice biographique et littéraire par M. Ferdinand Denis, et accompagnées de notes par M. Wagnien, avocat, Nevers, 1842, J. Pinet, grand avec un Appendice de 59 p., contenant les pièces qui n'ont pu faire partie du volume. Cette belle édition, la seule complète, est ornée de plusieurs portraits et de deux vues du Nivernais; elle est déjà rare, parce qu'elle n'a pas été tirée à un grand nombre d'exemplaires. — Philipon et Christian le Prévot ont fait représenter sur le théfitre du Vaudeville en l'an 4 : Maitre Adam, menuisier de Nevers, comédie eu 1 acte mèlée de couplets, imprimée l'année suivante avec (les notes; mais on ne connaît plus guère que : les Chevilles de maitre Adam, ou les Mecs artisans, de MM. Francis et Moreau. Ce charmant vaudeville, joué pour la première fois en décembre 1805, au théàtrc Montansier, s'est soutenu au répertoire pendant plus de vingtcinq ans ; il a été repris au théàtre du Vaudeville en 1841, et encore aujourd'hui. les troupes de province ne choisissent pas (l'autre pièce d'inauguration, lorsqu'elles ont à se présenter devant un public nivernais. Les Chevilles de maître Adam ont été imprimées en 1806, en 1825 et en 1841 dans la France dramatique. — On peut consulter, au sujet d'Adam Billant : le Parnasse français de Thon du Tillet, p. 275 ; le Dictionnaire historique et critique de Bayle, au mot BILLAUT; la Bibliothèque française de l'abbé Goujet, t. 17, et la Notice biographique de M. Ferdinand Denis., déjà citée dans cet article
  • Adam BLACKWOOD( 1539) : né à Duniferling, en Écosse, en 1539, d'une noble et ancienne famille d'Écosse, étudia à Paris sous Turnèbe et Dorat. Après la mort de Robert Reid , son grandoncle, évêque des Orcades, chef du parlement d'Écosse, et qui avait été successivement ambassadeur à Rome, en Angleterre et en France, il alla dans son pays recueillir les débris de sa fortune, d'où les troubles de religion l'obligèrent bientôt de repasser en France. Marie, reine d'Écosse, et douairière de Poitou, qu'elle possédait par engagement, le fit conseiller au présidial de Poitiers. 11 devint, dans la suite, conseiller secret de cette princesse, passa et repassa souvent la mer, pour lui rendre tous les services qui étaient en son pouvoir, et mourut à Poitiers, en 1613. Ses oeuvres latines et françaises furent publiées par les soins de Gabriel Naudé, chez Cramoisy, 1644 On y trouve : 1° Adversus Georgii Buchanani dialogum de jure regni apud Scotos, pro regibus Apologia, ouvrage bien écrit, savant, oit l'on .voit que l'auteur était également ha- bile dans la jurisprudence, la théologie, l'histoire et la politique. C'est ce qu'il a fait de mieux. 2° De Vinculo religionis et irnperii. Il attaque vivement le fameux traité de Bicher, de ecclesiastica et politica Potestate ; il soutient le pouvoir absolu et l' des rois. Cependant on l'accusa d'y avoir inséré des principes de tyrannicide : il se récria fortement sur ce point, dans une apologie qui forme la 5' partie de ce traité, où il fait voir combien il avait eu à souffrir des fureurs de la Ligue. Le style de cet ouvrage est pur, mais trop déclamatoire; il y a trop de digressions, quelques contradictions, et peu de liaison dans les principes. 5° Des poésies latines, parmi lesquelles on distingue l'Apothéose de Charles IX, qui offre de l'imagination et de beaux vers. 4° La Relation du Martyre de Marie Stuart, reine d'Écosse, Anvers, 1588 ouvrage écrit avec chaleur, et même avec l'amertume que lui devaient inspirer les traitements cruels et injustes qu'on avait fait souffrir à sa souveraine. Blackwood excite tous les rois de l'Europe à venger sa mort, et va même jusqu'à leur déclarer que, s'ils ne prennent ce parti , ils sont indignes de régner. Les bienfaits qu'il avait reçus de Marie, et la confiance dont elle l'avait 'honoré, doivent lui faire pardonner ses déclamations outrées contre la reine Elisabeth. Il a encore fait quelques autres pièces de peu d'importance. — Henri BLACKWOOD, son neveu, né à Paris, professeur en médecine et en chirurgie au collège Royal, mort à Rouen, le 17 octobre 1654, était un homme de beaucoup de talent, mais trèsinconstant , philosophe, orateur, médecin, soldat, courtisan, voyageur et intrigant dans tous ces états. On a de lui quelques ouvrages, entre autres les Pronostics d'Hippocrate,traduits en latin , Paris, 1625
  • Adam BURSIUS( 1500) : littérateur polonais, était né dans le 16° siècle, à Brzecie, ville de Cujavie , où le prince Radzivil fit imprimer, en 1565, une édition de la Bible polonaise, devenue excessivement rare par le soi si avec lequel les catholiques en supprime-. rent les exemplaires . 11 fit ses premières études à Lemberg, et vint les achever à Cracovie, où il fut reçu docteur en philosophie. Les talents qu'il dé- 1 veloppa dans son examen lui méritèrent l'estime de ses juges, et il fut retenu pour la première chaire de professeur qui viendrait à vaquer. De l'université de Cracovie il passa à celle de Zamoski; et sa réputation y attira un grand nombre d'élèves. S'étant marié, les soins qu'il devait à sa famille ne le détournèrent point de ses occupations habituelles. Tout le temps qu'il ne consacrait pas à ses élèves, il le [sassait dans son cabinet, relisant sans cesse les écrits des anciens philosophes, d'après lesquels il s'était fait une règle de conduite dont il ne s'écarta jamais. Il avait l'esprit vif, une dialectique pressante, et parlait avec beaucoup d'éloquence. Son principal ouvrage est intitulé : Dialectica Ciceronis, qua dispersé in scriptis reliquit maxime, ex stoico- rum sententia, cum commentariis quibus ea partim supplentur, partira illustrantur, Samoscii, Martinus Lenscius, 1604 Il est trèsrare. Debure en a donné la description dans la Bibliograph. instruct., n° 2442, où il nous apprend que la cause de sa rareté vient de ce qu'une grande partie des exemplaires a été submergée avec le vaisseau qui la portait. Juste Lipse en faisait beaucoup d'estime. Fabricius souhaitait qu'on en donnât une nouvelle édition. On connaît encore de Bursius : Vila et Obilus Joh. Za- tnoscii, dans le recueil ries poésies latines de Sim. Simoniscky, Leyde, 1619 On conserve dans la bibliothèque de Zaluski des harangues grecques de Bursius. Sa vie a été publiée par Sim. Stravolsky, dans les Scriplor. Polonicor. Ilexalontes, Breslaw, 1754 p
  • Adam BUSSEY( 1500 - 1714) : né à Langres, à la fin du 16' siècle, fut un mathématicien distingué et devint le premier ingénieur militaire de France, sous Louis XIIf, qui le chargea de fortifier Arras, Pignerol , Perpignan , Mézières et plusieurs autres places importantes. Le grand maitre de Malte l'appela pour diriger les fortifications de Malte, et lui accorda pour récompense le titre de chevalier. Bussey a laissé des mémoires manuscrits sur l'art militaire et de nombreux plans de fortifications de villes. Il présenta à Charles III, duc de Lorraine, le projet d'un canal de jonction de la Seine à la Moselle. Cet ingénieur vivait encore en 1651. On ignore l'époque de sa mort
  • Adam BRUXIUS ou BRUGHIUS : médecin si- lésien, s'est distingtié dans le luitlibre des savants du 17° siècle qui cherchaient à retrouver l'art de la mnémonique, pratiqué par les anciens, et qu'on a prétendu remettre en. vogue de nos jours. Sous le nom emprunté de Sebald' Smaragisius, il publia d'a- bord le résultat de ses recherches sous ce titre : Ars reminiscentice, Leipsick, 1608 Ce premier ouvrage, qui ne contient guère que des considérations générales sur les avantages de l'art mnémonique, ayant en du succès, il publia deux ans après son grand ouvi.age : SiMonida redivivus, seu Ars memorioe et oblivionis tubes coMprehensa, cum no- menclatore mnemonico, Leipsick, 1610 ibid., 16i0 C'est un des ouvrages les plus complets.' que nous ayons sur cette matière ; les mots, les phra- ses, l'ordre chronologique, tout y est réduit en tableaux. Quant au noiriericlateur mnémonique, dont ilauteur vante la eande utilité, niais dont il n'indi- que pas l'usage, il parait au ',rentier coup d'oeil nié- ire qu'une puérilité : cependant Daniel Morhof pense qu'avec un peu de sagacité l'on pourrait s'en servir utilement
  • Adam CHENOT( 1721) : médecin, naquit à Luxembourg en 1721. Son père, qui était meunier, lui donna cependant une éducation assez soignée. Il se rendit en 4746 à Vienne pour y étudier l'art de guérir, sous van Swiéten, qui le lit envoyer, en 1755, à Cronstadt, pour y traiter la peste, qui y faisait de grands ravages. Les habitants niaient, comme ils le tirent plus tard à Moscou, la présence de la maladie, Chenot la déclara pour ce qu'elle était réellement, et il donna pendant deux ans des preuves de son intrépidité et de son dévouement Tibur secourir les malheureux : il fut nommé ensuite médecin de la peste à Bermanstadt. L'impératrice MarieThérèse lui conféra, en 1770, le médaille d'or de première classe et le nomma trois ans après protomédecin de Siebenburg-. C'était une récompense bien faible pour les services qu'il avait rendus. Il mourut le 9 niai -1789. Ses écrits sont : 1° Tractatus de peste, Vienne, 4766 trad. en allemand par Schweighart, Dresde, 1776 2° Historia peslis Transilvanicce annorum 770 et 1771, opus posthumum, jussu regio edidit et proefatus est F. Schvaud, Bade, 1799 On a encore publié en 1798 des écrits posthumes qu'il a laissés sur les établissements de police médicale dans la peste
  • Adam CHIUSOLE( 1728) : naquit en 1728, dans ce même village de Chiusole dont il a été question dans l'article précédent. Après avoir fait ses études à Sienne, chez les jésuites, il se livra tout entier à la poésie et à la peinture ; il y joignit aussi le gofit de la musique ; il étudia pendant plusieurs années la peinture à Rome, sous le célèbre Battoni et sous d'autres grands maitres, et acquit des connaissances étendues dans l'architecture, l'anatomie, la plastique. il avait son logement clans le palais du grand connétable Lorenzo Colonna, qui avait été son condisciple, et voyait aussi familièrement les princes Borghèse et Albani. Il avait formé à Roveredo une espèce (le galerie fort curieuse, qu'il comptait laisser, avec tous ses biens, au cardinal Scipiun Borghèse, son protecteur particulier, sous la seule condition d'entretenir à ses frais trois élèves dans les trois arts da dessin ; mais le cardinal mourut avant lui. Chiusole lut lait comte du sacré palais, et chevalier de l'Eperon d'or, par le pape Benoît XIV. Frédéric le Grand, à qui il avait envoyé un tableau et quelques livres (le sa composition, lui offrit la place d'inspecteur de la galerie royale de Berlin, avec la surintendance des beauxarts dans son royaume. Chiusole refusa la place, et se contenta de l'honneur. H écrivait avec facilité, soit en vers, soi' en prose; son style était trèsclair, mais sans force. En poésie, de même qu'en peinture, il essaya de tous les genres, depuis le lyrique jusqu'au dramatique. Il soumettait ses productions à la censure de ses plus célè?res contemporains, et particulièrement à celle tic Métastase et de l'habile peintre Cignaroli. Il mourut de la petite vérole à Roveredo, le 1" juin 4787. Il a publié les ouvrages suivants : I° Componimenti pue- ( ici sopra la pillura trionfante; 2' dell' A rte pittorica libri 8, colt' aggiunta di componimenli diversi; 5° de' Precetti della pittura libri 4 in versi, etc., qui est le même ouvrage corrigé et refondu entièrement; 4° ltinerario delle pâture, sculture, cd architteture più rare di molle città d'Italia; 5° il perfetto Modello del calor militare raffigurato in Tederigo il Grande, componimento drammalico; 6° Componimento drammatico in Iode di Callerina II, etc. ; 7° Componimento per il felice arrive a suoi Feudi del conte Cesare de Cas( elbarco, etc.; 8° Componirnenli poelici per lo tenente Maresciallo Giaucarlo Partini ; 9° Sopra Onore, leurra ad' un amico; 10° Sopra il theatro delle piccolo cillé, luttera; 11. Sopra il villagio dello Chiusole Leurra; 12° della Vila nubile, e cavallcresca ; 15° Notizie antiche e moderne della voile Lagarina, e degli uomini illustri della medesima; 14° Componimento poelico alla santità di Benedetto XIV R
  • Adam CLARKE( 1760 - 1832) : ministre méthodiste, naquit en 1760, à peu de distance de Londonderry en Irlande, où son père était à la fois laboureur et maitre d'école. Quelques ecclésiastiques de la secte fondée par Wesley, trouvant dans cet enfant obscurle germe de talents qui pourraient un jour propager leur doctrine, s'appliquèrent à le développer. Le fondateur du méthodisme étant venu visiter l'école nouvelle de Kingswood, l'examina luimême, et le trouva digne, dès sa dixneuvième année, d'être admis parmi les prédicateurs ambulants. Bientôt un canton lui fut assigné. Il prêcha, et la foule se pressa autour de lui. Ses sentiments étaient élevés, sa parole et son geste trèsanimés. Il eut plus d'une fois occasion de montrer autant de courage que d'éloquence; et l'on cite une ville où la populace, après l'avoir maltraité, lui luit un licou et voulut l'expulser au sondu tambour ; mais Adam fit tète à l'orage ; et alors les meneurs, admirant son intrépidité, le protégèrent euxmêmes. Après avoir répandu le méthodisme en diverses provinces, il vint à Londres, et y vécut plusieurs années du produit de travaux littéraires et bibliographiques, dont le Mérite le fit entrer dans la société des antiquaires, et dans l'académie royale d'Irlande. Vers 1806, il fut nommé bibliothécaire honoraire de l'institution de Surrey, et, en '1 un des souscommissaires des archives publiques. Ayant fait, à ce dernier titre, des recherches fructueuses, ii rédigea plusieursrapports sur l'utilité et les moyens de donner un complément et une continuation des Foedera de Bytner ; et les commissaires décidèrent qu'il serait fait une nouvelle édition de cet important ouvrage. Le docteur Clarke y travailla avec un de ses fils et M. Ilolbreke; niais n'en put voir au plus que deux volumes imprimés. Un autre ouvrage l'occupait depuis longtemps; c'ét'ait un commentaire sur la Bible. 11 vécut assez pour en voir la publication et le succès; et il en préparait une 2e édition, quand la mort le frappa. Vers 1815, sa santé lui rendant nécessaire un air plus pur, il était venu habiter, à Millbrook en Lancashire, une maison agréable, que des amis généreux avaient achetée pour lui. Ce fut lit qu'en 1818 il reçut deux prètres boudhistes venus de Ceylan avec le désir d'ètre instruits dans la religion chrétienne. Au bout de n gt mois, Clarke, convaincu de leur sincère conversion, leur administra le baptême ; mais, retournés à Ceylan, ces hommes y reprirent leurs fonctions de grands prètres. D'après le conseil de Clarke, la conférence établit une mission dans les ides Shet- land ; et aujourd'hui la société compte dans son sein plus de 1,400 de ces insulaires. En 1823, il fixa sa résidence dans la paroisse de Buslip, à dix milles de Londres. 11 venait de visiter sa province natale, où il s'attachait à répandre l'instruction et même le bien-être matériel, lorsque le choléramorbus l'enleva, le 26 août 1852. 11 est mort pauvre, et a laissé six enfants. Un de ses proches, M. B. Clarke, a publié sa Vie religieuse et littéraire, Londres, 1855, 5 vol. Le livre sur lequel repose sa réputation, et qu'il avait composé sans aucun aide, sans méme un copiste, est le commentaire intitulé : les Saintes Ecritures, etc., avec les leçons marginales, un recueil de textes parallèles, de longs sommaires à chaque chapitre, un commentaire et despotes critiques, 1810-1826, 8 vol. Ses autres écrits sont: 1' Dissertation sur l'usage et l'abus du tahe, 1797. 2: Dictionnaire bibliographique, contenant un tableau chronologique des livres les plus curieux dans toutes les branches de la littérature, depuis l'enfance de l'imprimerie jusqu'au commencement du 19e de, suivi suivi d'un Essai sur la bibliographie, et d'un tableau des meilleures traductions anglaises de chaque classique grec et. latin, 180'2, 6 vol. et 5° Mélanges bibliographiques, ou Supplément au Dictionnaire bibliographique, jusqu'en 1806, 2 vol. et 4° Abrégé du Directoire chrétien de Baxter, 1801, 2 vol. 50 Histoire des anciens Israélites et leurs moeurs, etc., d'aprés Claude Fleury, avec une vie de l'auteur, 1805 6° Succession de la littérature sacrée, en un arrangement chronologique des auteurs et de leurs ouvrages, depuis l' des caractères alphabétiques jusqu'à l'an 5i5 de N.S., 1807 et I" vol. 7° Histoire sacrée et pro/ 'anedu monde parallèle r ai' Shuckford, comprenant les observations de l'évêque Clayton sur 1(511. 'rage, avec des cartes géographiques, 1808, 4 vol. 8° Récit de la dernière maladie et de la mort de Richard Porson. 9° Réflexions de Sturm, 4 vol. 100 Observations de Harmer, avec sa vie. 11° Claris biblica, ou Abrégé de la science biblique, 1820 12° Mémoires de la famille Wesley 15° Trak volumes de serinons
  • Adam DICKSON : agronome écossais, né à Albermaly, dans le comté d'EstLothian, reçut une trèsboime éducation à l'université d'Édimbourg, et fut, dès son enfance, destiné à l'état ecclésiastique par son père, qui luimême était ministre. Il montra trèsjeune un goût prononcé pour l'agriculture, dont il observait les procédés avec soin, et les progrès qu'il fit furent rapides, car il unit toujom's la pratique àla théorie. Nommé, en 1750, ministre de Dunse dans le Berwickshire, il y résida vingt ans, pendant lesquels sa vie fut partagée entre ses devoirs de pasteur et des travaux agronomiques. « Observant avec peine, dit son « biographe, que les ouvrages publiés en Angle- « terre sur l'agriculture étaient mal calculés pour « le sol et le climat d'Écosse, et qu'ils consistaient « plutôt en spéculations théoriques qu'en faits « appuyés sur l'expérience, il se détermina à com- « poser un traité d'agricultuie sur un nouveau « plan. Le 1" volume en fut publié en 1764, et « le 2e quelques années après. Cet ouvrage a « été regardé depuis comme le livre le mieux « adapté à la pratique de culture écossaise, et « même comme le plus judicieux qui ait été publié « sur ce sujet dans la GrandeBretagne. » Après vingt années de séjour à Dunse il fut transféré dans l'EstLothian, son pays natal, où il mourut, le 24 mars 1776, des suites d'une chute de cheval. On a publié douze ans après sa mort son traité de l'Agriculture des anciens, qui a été traduit par M. Pâris, Paris, 1802, 2 vol. C'est le meilleur commentaire qu'on eût encore fait sur les XI. Rei rusticce Scriptores, et les connaissances de l'auteur en agriculture l'ont mis à même d'éclaircir plusieurs difficultés dont les autres commentateurs n'avaient pu venir à bout. B--- G- T.
  • Adam DUNCAN( 1731) : vicomte de Camperduyn, , et sui' ie avec tant de succès t?sr Nelson à 41bouk.ir et à Trafalgar. Cette tact 'que consiste à couper la ligne, à envelopper par pelotons les vaisseaux ennemis ainsi i,olés et à les détruire successivement. La seconde particularité, c'est que tous les coups tué, s.t 62i) ; pour les Anglais à 228 tués et à 1 2 1)lessé- L'amuirai en chef de M'inter et ses deux eontreami•aux étaient au nombre des blessés. De Winter mourut peu de temps après son arrivée en Angleterre. Duncan fut créé vicomte de Catnperduyn avec un revenu de 2,000 livres sterling. Le parlement lui vota à l'unanimité des remercimenls, la Cité lui offrit nne épée d'honneur, et il resta investi du commandement de la flotte de la mer du Nord, renforcée par la division du v iceaniiral Mitchell, chargé d'es- corter le convoi qui transporta ,le corps d'armée destiné à agir en faveur du stathouder. Après le débarquement de ce corps commandé par le général Abercromby , et la prise du fichier., le Niceamiral Mitchell, entrant dans le Texel, vint mouiller bord à bord de l'escadre hollandaise aux ordres de l'amiral Stoory, et la somma de se rendre. dans une heure. L'état d'insubordination des équipages ne permettait aucune résistance, et Stoory dut se rendre. En 1800, lord Duncan fut enfin relevé par le viceamiral Archibald, et put aller jouir d'un repos devenu bien nécessaire à sa santé, malgré sa constitution athlétique. 11 avait plus de six pieds, et sa physionomie, reproduite par Danlorre dans un tableau du combat de Camperdnyn, exprimait la sérénité qui en lui s'alliait à une grande fermeté de caractère. Retiré dans son pays natal, il ? mourut le 4 août 1804 , laissant le souvenir d'un homme profondément religieux et trèsdévoué à son pays
  • Adam ELSHEIMER ou ELZHEIMER( 1574) : peintre célèbre, que Fon connaît aussi sous les noms d'Adam Tedesco et d'Adam de Francfort, était né, dans cette ville, en 1574. Son père, riche tailleur, ayant re- mare son goilt pour les arts, le plaça dans l'atelier de Philippe tiffenbach, habile peintre , qui l'initia promptement dans tous les secrets de la peinture. Il se rendit ensuite à Rome, où son lié talent se développa par l'étude des ouvrages des grands maîtres. D'un caractère mélancolique, il se plaisait au milieu des ruines et des sites sauvages IR qui donnent aux environs de Rome un aspect si remarquable. C'est là que, pendant des journées entières, il méditait sur les beautés agrestes de la nature, et cherchait des sujets de composition. Sa mémoire était si fidèle qu'après plusieurs jours il rendait avec une exactitude étonnante les moindres objets qui rayaient frappé dans ses promenades solitaires. Quoique ses tableaux fussent trèsre,-! cheréhés des amateurs, comme il travaillait lentement, il gagnait à peine pour subvenir aux besoins de sa famille. L'état malheureux dans lequel il voyait ses enfants vint aggraver ses dispositions à la Mélancolie, et il mourul de chagrin, à Rome, en 16'20, à l'âge de 46 ans. Les tableaux d'Elsheimer sont d'un fini précieux. Ils sont peu nombreux et presque tous de petite dimension. Cet artiste entendait parfaitement le clairosbcur; aussi peignitil souvent des effets de nuit. Ses paysages sont admirables, et l'on voit dans la plupart de petites figures touchées avec beaucoup d'esprit et de vivacité,. Uti de ses élèves:, JacquesErnes[Thomas Jamais nom n'a. été plus souvent défiguré que celui de cet artiste: Flue. Lecomte le nomme Ouctenbach ; Papillon de la Ferté, Offenbach ; te Diziareario di Bassano, Ussenbach; et le Dic—tionnaire universel, Offembacii. Hagelsteen de Lindau, a si bien saisi sa manière que souvent d'habiles connaisseurs y ont été trom- pés. On a d'Elsheimer quelques estampes à l'eauforte trèsestimées. Dans l'ancienne galerie du duc d'Orléans, on voyait deux tableaux de ce maître : un Clair de lune, et des Bateliers se chaufrant, pen- dant la nuit, sur le bord d'un canal. Avant 1815, le Musée de Paris en possédait cinq : la Rencontre du prophète Elie et d'Abdias ; le Samaritain; la Fuite en Egypte, tableau regardé comme le chefd'oeu- vre d'Elsheimer ; un Paysage, avec des ruines, éclairé par le soleil couchant ; et Stellio changé en lézard par Cérès. Ces trois derniers tableaux ont été gravés. On a le portrait d'Elsheimer gravé par Hollar
  • Adam FERGUSON( 1724 - 1816) : célèbre écrivain écossais, naquit en 179.1 à Logierait, dans la paroisse de Dunkeld, près de Perth, et était fils du ministre du lieu. Le maitre de l'école de Perth, où il fut envoyé, déméla bientôt ses heureuses dispositions. Il entra en 1739 à l'université de StAndré, où il obtint une bourse. Admis ensuite à celle d'Édimbourg, il y eut pour amis et pour émules Blair, Robertson, Hume et quelques autres jeunes gens qui depuis sont devenus des hommes célèbres. On lui offrit la place de chapelain d'un régiment de montagnards écossais employé dans la guerre contre la France; mais il fallait pour recevoir les ordres justifier de six années d'études en théologie, et Ferguson n'en avait que deux. L'assemblée générale fit une exception à la règle en faveur de son mérite extraordinaire; il alla alors joindre le régiment, qu'il ne quitta qu'à la paix d'AixlaChapelle . De retour en Écosse, il y sollicita une petite cure, qu'il ne put obtenir. Ses sermons, trop profonds et trop métaphysiques pour l'intelligence de simples laboureurs, n'étaient pas propres à lui donner de la popularité. Il alla rejoindre son régiment en Irlande, et le quitta tout à fait en 1757, lorsqu'il accepta l'emploi de gouverneur des enfants de lord Bute. En 1759 il fut nominé professeur de philosophie naturelle à l'université d'Édimbourg; il échangea cette chaire en 1761 pour celle de philosophie morale , à laquelle il était encore mieux préparé par son goût et par la direction de ses études. C'est en 1767 qu'il publia à Londres son premier ouvrage : Essai sur la société civile , ouvrage qui le plaça au rang des plus profonds penseurs de son pays. Cet essai a été traduit en allemand , Leipsick, 1768 en français par Bergier, Paris, 1783, 2 vol. ou 1796 en suédois, 1790 Ferguson revint visiter quelque temps après son village natal , et épousa une nièce du célèbre chimiste Joseph Black. Il publia en 1769 ses histiiiliions de philosophie morale qui n'étaient que la substance de ses leçons à l'université. Elles furent réimprimées à Mayence et à Francfort et à Bàle', 1800 traduites en allemand par Garve, Leipsick, 1772 et en français par Reverdit , Genève 1775 Sa liaison avec David hume, qui lui avait montré une bienveillance constante et active, le lit soupçonner d'une teinte d'irréligion. C'est sans doute par l'effet de cette prévention qu'on ne le vit plus occuper ni mème solliciter aucun cm- ploi ecclésiastique. Vers 1775 il accompagna pen- dant dixhuit mois, en qualité de gouverneur, le jeune comte tle Chesterfield dans ses voyages sur le continent. En 1776 il réfuta quelques assertions de l'ouvrage du docteur Price sur la liberté civile et religieuse , mais sans se dispenser de rendre justice aux talents et aux intentions de son adversaire. La composition du plus important de ses ouvrages, l'Histoire des progrès et de la chute de la re, pa Mir& rametine. l'occupait depuis long- temps; il en fut détourné en 1778 par sa nomination à la place de secrétaire des cinq commissaires chargés d'aller proposer des arrangements pacifiques aux Américains. Il reprit son ouvrage aussitôt après son retour, et le publia enfin en 178'2, en trois volumes avec six cartes géographiques. Ferguson s'était proposé de faire pour la république ce que Gibbon avait fait pour l'empire romain , et son ouvrage est un des plus approfondis qui aient paru en Angleterre sur cette matière. Considérant son sujet en philosophe , il néglige les pestits détails pour traiter à fond les grands événements et développer l'influence qu'ils ont pu avoir sur la constitution de l'État. 11 passe iresrapidement sur les premiers siècles de Home. Parmi les anciens , Polybe est l'auteur auquel il s'attache de préférence, et lorsque ce guide lui manque il en imite bien l'esprit et la manière. Il y fait preuve de connaissances militaires que ses fonctions auprès du régiment des montagnards l'avaient mis à portée d'acquérir. Son style est noble et élégant ;quoique un peu diffus, quelquefois mème obscur par la longueur de ses périodes. L'érudition qu'il a répandue dans cet ouvrage n'en rend pas la lecture pénible, parce qu'elle est bien adaptée au sujet. Ferguson résigna en 1784 sa place de professeur de philosophie morale, où il fut remplacé par M. Dugald Stewart , et s'occupa ensuite de la publication d'une analyse de ses leçons, qui avaient eu tant de succès par leur mérite propre et par la grâce que leur pretait son élocution. Elle parut sous le titre de Principes des sciences morales et politiques, 170'2, 2 vol. Schreiter en donna une traduction allemande, augmentée d'une dissertation sur l'esprit de la philosophie de Ferguson, 1796 et il en existe une traduction française, par A. D., Paris, 1821, 2 vol. 11. Pictet a donné d'amples extraits du mime ouvrage dans la Bibliothèque bri- tannique. Ferguson lit peu de temps après un voyage en Italie moins encore pour y rétablir sa santé un peu altérée que dans la vue de recueillir des documents authentiques qui pussent lui servir à perfectionner Son Histoire de la république ro- maine dans une nouvelle édition. Elle parut en effet à F4limhourg en 1799 , avec des corrections importantes. Il en a paru une autre à Londres en 1805, 5 vol. L'ouvrage a été traduit en ita- lien; il l'a été librement en allemand , avec des remarques par C.D. B. , Leipsiek, 1781-85, 5 vol. il l'a été en français , Paris, 1784, 7 vol. et avec cartes; Bergier a eu aussi part à cette traduction. L'Histoire de la république romaine a été encore traduite par J.B. Breton, Paris, 1803, 10 vol. Adam Ferguson jouissait d'une certaine aisance, qui était principalement le fruit de ses travaux littéraires. Le gouvernement y avait ajouté le bienfait d'une pension, qui n'était pas le salaire d'une plume servile; car il n'avait guère Pris de part active aux discussions politiques de son temps. Sou caractère était modeste et g.rnéreux , et son extérieur noble et prévenant. Il vivait en 1800 , retiré dans une campagne voisine d'Édimbourg, où il est mort au mois d'avril 1816
  • Adam FUMANI( 1500 - 1587) : pare latin , né à Vérone au commencement du 160 siècle, étudia les langues anciennes sous le célèbre professeur Romulo Aime°, et y fit de trèsgrands progrès. Il embrassa l'état ecclésiastique , fut pourvu d'un canonicat à la cathédrale de Vérone , et partagea dès lors ses loisirs entre ses devoirs et l'étude. Il était en correspondance avec le Berni, Fracastor et les autres potes les plus célèbres de son temps. Le pieux et savant évèque Giberti lui témoignait une affection particulière. Ce prélat étant mort en 1541, Fumani se chargea de prononcer son oraison funèbre ; mais, à la vue du cercueil qui renfermait le corps de son bienfaiteur , il ne put contenir ses larmes, et son émotion ayant gagné ses nombreux audi- teurs, il en résulta une scène extrèmement attendrissante. Fumani accompagna le cardinal Polo, nominé légat en Flandre ; il le suivit ensuite au concile de Trente , et il fut élu l'un des secrétaires de cette fameuse assemblée. Il tomba malade en 1561; et Aug. Negrini célébr4 son rétablissement par un poi'me latin , qui a été imprimé. Fumani mourut en 1587 , dans un âge avancé. On a de lui 1" De Basilii magnimoralia etascetica e grœco in latin. conversa, Lyon, 1540 ; creationem Sixti (- amen, Vérone, 1585 3" des vers italiens, dans les recueils du temps ; et des vers latins dans les Deliche itatorum , t. ; 4" Logices libri quinque ; ce poi,me a été imprimé, pour la première fois , dans la 2e édition des OEuvres de Fracastor, publiée par Comini , Padoue , 1739 Toutes les règles de la logique y sont expliquées avec une clarté et une élégance admirables. On doit ètre étonné, dit Tiraboschi , que Fumani ait pu réussir à faire sur un sujet si aride un poënie aussi agréable et aussi bien écrit. On a réuni , à la suite de cet ouvrage, des poésies grecques, latines et italiennes du méme auteur : ces dernières prouvent qu'il possédait toutes les finesses de sa langue, et qu'il ne la maniait pas moins heureusement que le latin
  • Adam FUMÉE( 1430) : seigneur des Roches, était né en Touraine vers 1450. Il étudia la médecine à l'université de Montpellier, et l'exerça ensuite avec un tel succès que, sur sa réputation , le roi Charles VII le nomma son premier médecin, avec un traitement considérable. Après la mort de ce prince, il resta attaché à la personne de Louis XI, ; mais on n'est pas parvenu à les découvrir. 4. Histoire des guerres laites par l'empereur Justinien contre les Vandales et les Goths, traduite du grec de Procope, Paris, 1587 Il a aussi traduit du mènie auteur les six livres De ( Winchs, si l'on en croit Fabricius. . I/ atin FumÉc , sieur de MarlyleCh A- tel , neveu des précédents, a traduit de l'espagnol de F. Lopez de Gomara , l'Histoire générale des Indes occidentales et Terres- Ventes, Paris On conne encore plusieurs écrivains de la mème famille : — Antoine FUMÉE, sieur de 131andé, conseiller au parlement de Paris, président à Rouen, et enfin maitre des requètes. On lui attri- bue trois traités : De eo quod interest, De substitu- tionibus, De conjunctionibus, Lyon , 1536 , insérés depuis dans les Tractatus juris universi ; un Panégyrique au roi de France et de Pologne, Pars, 1574 et les Histoires de la constitution du monde, contenant les interprétations des docteurs ecclésiastiques sur les premiers chapitres du premier livre de Moïse, ibid., 1574 — Gilles a publié le Miroir de loyauté, Ou l'Histoire déplo- rable de Larbin, prince d'Écosse , et d'Isabelle fante de Galice, sujet tiré de l'Arioste et mis en vers français, Paris, 1575, — Jacques FUMÉE a laissé les ouvrages suivants : De l'origine et pro- grès des chevaliers de . 1Ialte, Paris, 1604 l'Arsenal de la milice française , ibid., 1607
  • Adam LAXMANN : officier russe, était lieutenant d'infanterie, et en garnison à Irkoutsk en Sibérie , lorsqu'en 1792 il fut chargé par le gouverneur général de ce pays d'une mission importante. Un négociant japonais avait été jeté, avec son navire et sa cargaison de grains , sur Amtchika , l'une des iles Aléoutiennes, entre l'Asie et l'Amérique. Échappé à la Mort avec son équipage , le Japonais fut conduit au Kamtchatka, puis à Okhotsk, port de la Sibérie , sur le grand Océan , et enfin à Irkoutsk. Les Japonais se montrèrent si satisfaits 3 , des délégués de l'autorité suprême du Japon arrivèrent à Nimrd. Laxmann et ses compatriotes, invités à se présenter devant eux , entendirent la lecture de la réponse de l'empereur. Ce monarque refusait aux Russes la permission . Ce fut sur le rescrit impérial du Japon , remis à Laxmann, que de Krusenstern fut admis en 1801 dans le port de Nangasaki. Sa relation, quoique succincte , est trèsintéressante par les détails qu'elle fournit sur le Japon
  • Adam LITTLETON( 1627 - 1694) : savant anglais, né en 1627, à HalesOwen , dans le Shropshire, exerça les fonctions de ministre de l'Église et de maître d'école. On lui conféra, en 1670, le degré de docteur en théologie sans qu'il eût pris les degrés de bachelier et de maitre ès arts , en considération de son mérite extraordinaire. Il possédait, en effet, des connaissances très-étendues en différents genres , et contribua particulièrement à mettre l'étude de la langue latine en honneur dans son pays. 11 mourut à Chelsea, dont il était pasteur, le ler juillet 1694, après avoir été maître de l'école de Westminster, prébendier de la cathédrale de cette ville et chapelain de Charles II. On a de lui, entre autres : 1° un Dictionnaire latin, grec, hébreu, anglais, trèsestimé, Londres, 1679 2° Elementa religionis , sive quatuor capita catechetica totidem linguis descripta , in usum scho- larum, 1658 3. Soixante et un sermons, 1680 4. Préface des OEuvres de Cicéron, Londres, 1681, 2 vol. 5. la traduction de l'ouvrage de Selden , Jani Anglorum facies ( litera, avec des notes, publiée sous le nom de Redman Westlote, 1683 — Edouard LITTLETON , sousmaitre de l'école d'Eton, ministre de MapleDerham, dans le comté (l'Oxford, et chapelain de Leurs Majestés, a publié quelques petits pemes parmi lesquels on cite celui qu'il composa SUI' une araignée. Il mourut en 1734. Un recueil de ses sermons fut imprimé après sa mort
  • Adam LONICER( 1528 - 1586) : médecin et naturaliste , fils du précédent , naquit à Marpurg en 1528. Son père lui enseigna les langues anciennes et la philosophie, et à l'âge de dixsept ans il fut reçu maître ès arts. 11 alla ensuite à Francfort étudier la médecine ; mais les troubles religieux qui éclatèrent alors dans cette ville ne lui permirent pas d'y prolonger son séjour. Il fut appelé sur la fin de l'année 1517 à Freyberg , pour y professer les belleslettres , et il exerça cet emploi pendant quatre ans avec beaucoup de succès. Son goût pour la médecine s'étant ranimé , il se rendit à Mayence, où il passa deux ans dans l'école du docteur Osterode ; et il revint ensuite à Marpurg occuper la chaire de mathématiques. Il y reçut le doctorat en 1554 ; et le même jour il épousa la fille de Christian Egenolphe , fameux imprimeur de Francfort. Les curateurs de l'académie de Mayence lui adressèrent vers le même temps sa nomination à la chaire de professeur en médecine ; mais il préféra la place de médecin pensionné du sénat de Francfort qu'il remplit pendant trente- deux ans avec un zèle qui ne se démentit jamais. Il mourut le 19 mai 1586. Lonicer fut trèsutile à son beaupère, en remplissant dans son atelier les fonctions de correcteur ; on lui doit plusieurs éditions estimées d'ouvrages de médecine et d'histoire naturelle. On cite de lui Methodus rei herbariœ , et animadversiones in Galenum et Avicennam, Francfort, 1550 ; 2° Naturalis historia? opus novum plantarum , animalium et metallorum , ibid., 1551-55, 2 vol. fig. Ce n'est guère qu'une compilation Eloy, dans son Dictionnaire de médecine et après lui les auteurs du Dictionnaire universel en citent une édition de 1530, qui est évidemment imaginaire, puisque Adam Lonicer n'avait alors que douze à treize ans elle serait de 1640, selon Lipenius. des différents écrits qui avaient paru jusqu'alors sur l'histoire naturelle ; mais les faits y sont ran gés dans un meilleur ordre, et l'on y trouve des détails curieux. Cet ouvrage a été traduit en alle mand et souvent réimprimé dans cette langue. 3° Un Traité des accouchements , ib., 1573 JeanAdam Lonicer, son fils, est édi teur des deux ouvrages suivants , composés par son père : 4° Omnium corporis humani affictuum explicatio tnethodica, Francfort , 1591 8° ; 5° De purgationibus, libri tees, ex Hippocrate, Ga leno, liai° et Mesve deprompti, ibid., 1596 Adam est encore auteur d'un Traité d'arithméti que en latin. — LON10ER , médecin , qu'on a souvent confondu avec son père et même avec son aïeul , naquit à FrancfortsurleMein en 1557. Il cultiva la littérature et la médecine avec un égal succès , et obtint après la mort de son père la place de médecin pensionnaire de la ville de Francfort. Il était l'ami des fameux gra veurs de Bry ; il leur fut trèsutile pour la publi cation de plusieurs ouvrages. Il a publié des poésies latines sous le nom de Teucrius Annœus Privatus ; et l'on a encore de lui : 1° renatus et Aucupiutn , iconibus artificiosissimis ad vivum ex pressa et succinctis rersibus illustrata : accedunt Herculis Strozzœ de venatione carmen et Adriani Cardinalis de venatione aulica carmen; necnon Gra tii, J!. Aurel. Olympii Nemesiani et Joan. Darcii de venatione et canibus carmina, Francfort, Feyra bend , 1582 de 78 feuillets. Ce volume est orné de 40 estampes sur bois , gravées avec une correction et une délicatesse extraordi naires par Just Amon ou Ammonius. 2° La tra duction latine de l'Histoire du Brésil et de la Navigation de Hugues Linschoten; dans la Collec tion des grands voyages, de Th. de Bry ; 3° la 3° et la 4e partie de la Bibliotheca cal cagraphica de J.J. Boissard, Francfort, 1598-99, W—s.
  • Adam LUX( 1766) : homme politique , né aux environs de Mayence en 1766 , vivait à Kostheirn , près de cette ville, avec sa femme et ses enfants, sur sa terre, qu'il cultivait sans négliger les lettres ni l'étude de nos écrivains philosophiques. 11 était docteur en philosophie de l'université de Mayence. La révolution française, qui avait excité quelques sympathies en Allemagne, surtout aux bords du Rhin , trouva dans le jeune Adam Lux un de ses plus fervents zélateurs. Son pays ayant, sous l'influence de nos armées, témoigné le dé- sir de se réunir à la France, Lux fut élu membre d'une convention qui prit la qualité de rhénogermanique. Honoré de la confiance de ses concitoyens et chargé, avec Patocki et Forster, fils du célèbre voyageur , de porter à Paris la demande de la réunion de son pays au nôtre, il l'obtint facilement, .comme on s'en doute, et elle fut décrétée par la convention na- tionale le 31 mars 1793. Doué d'une âme honnête et sensible , Lux fut profondément affligé du spectacle que lui présentait la capitale de la France. L'abominable Marat, traduit au tribun; 1 révolutionnaire, y avait été acquitté, et , de là, porté en triomphe par la populace, dont il éta t l'instigateur et l'idole, jusque dans la conventicn nationale. L'attentat du 31 mai , exécuté contre les girondins, avait assuré le triomphe des hon.- mes violents. Lux , à cet aspect inattendu , 1: e put retenir l'indignation dans son âme ardente et généreuse; il publia une brochure intitulée: 'Iris aux citoyens franfais, par Adam Lux , député ex- traordinaire de Mayence 13 juillet 1793. C'était là un acte courageux ; il ne servit qu'à le désigner plus particulièrement à la haine dcs maratistes, qui ne lui pardonnèrent pas de flétrir les septembriseurs, de dévoiler leurs complices et de témoigner son « estime à ces généreux dé- « fenseurs de la république qui , sous le nom de « rolandins, girondins et de côté droit, ont cons- Lux ne borna pas là les manifestations de son opinion. Charlotte Corday , croyant prévenir la guerre civile, avait poignardé Marat le 13 juillet, le jour même où paraissait la brochure dont nous venons de parler. La célèbre héroïne fut exécutée le 15. Lux, qui la vit monter à l'échafaud, rayonnante de beauté et non moins belle de sérénité et de modestie , fut à peine rentré chez lui, qu'il consigna sur cette noble victime de nos effervescences politiques, ses idées particulières dans un écrit auquel il donna le simple titre de Charlotte Corday Il le publia le 19 juillet et le signa ainsi : Adccm Lux, citoyen français ; finissant par ces mots : « Je cherchais ici le règne de « la douce liberté, mais je trouvai l'oppression « du mérite et de la vertu, le triomphe de l'i- « gnorance et du crime.... 11 ne me reste plus « que deux espérances : ou de mourir sur cet « échafaud honorable, ou de concourir à faire « disparaître vos mensonges, alin que votre ty- « rannie finisse avec l'erreur, et qu'au mérite lieu « de sa mort , Charlotte Corday ait une statue « avec cette inscription Plus yrande que Bru- « lus I » Ces deux brochures unt été, au mois de niai 1795, réunies et réimprimées à Strasbourg de 46 pages, par les soins de G. 'Wedekind, officier de santé, qui les a fait précéder d'une préface dans laquelle il fait l'éloge de Lux. Quelques jours après le 31 mai, désespérant de la cause à laquelle il s'était voué tout entier , le jeune Mayençais forma le projet d'aller se poignarder à la barre de la convention. après avoir adressé à la montagne une sévère apostrophe. Péthion et Guadet lui tirent sentir l'inutilité d'une telle action, qui n'aurait guère ému Robespierre, ni BillaudVarenne ni Couthon et leurs adhérents. Epris de Rousseau, il aurait OUIU être inhumé à Ermenonville, à peu de distance du tombeau de ce philosophe. Accusé d'avoir, outre la publication de ses brochures signées, fait afficher des placards anonymes contre les auteurs du 31 mai , Adam Lux, que madame Roland appelait un excellent homme, ne tarda guère à périr sous la hache du bourreau. Traduit au tribunal révolutionnaire, peu de jours après l'exécution des girondins, il y fut condamné à mort et exécuté le 4 novembre 1793. Il mourut avec la plus grande fermeté. « Je vais donc enfin être libre « s'écriatil; si j'ai mérité la mort, ce n'est pas « au milieu des Français que je devais la trou- « ver
  • Adam MICKIEWICZ( 1798 - 1855) : célèbre poète polonais, né en 1798 à Nowogrodek , en Lithuanie , d'une famille noble peu fortunée. Son père exerçait la profession d'avocat. Après avoir reçu sa première éducation dans sa ville natale, Adam Mickiewicz alla compléter ses études au gymnase de Minsk, et les termina à l'université alors trèsflorissante de Wilna , où son oncle, l'abbé Mickiewicz, était doyen de la faculté des sciences. Doué d'une grande facilité de compréhension , d'un extrême désir de savoir. il acquit une instruction étendue et variée, s'initia à la physique et à la chimie vers lesquelles le portait un goût prononcé, approfondit l'histoire politique et littéraire, se familiarisa avec les classiques anciens et les chefsd'oeuvre des principales langues modernes qu'il avait apprises de bonne heure et qu'il parlait couramment. Etatit à \Vilna , il forma avec d'autres étudiants des réunions littéraires où s'entretenaient l'enthousiasme des belles choses et le culte des lettres polonaises. Mickiewicz, toutefôis, ne manifesta de penchant prononcé pour la poésie qu'au moment où la soeur d'un ami, dont il était épris , la belle Marie Wereszczakowna , éveilla en lui un talent qu'il ignorait. Il avait eu la douleur de voir la femme selon son coeur donner sa main à un autre ; sa peine s'exhala dans un poème intitulé Dziady , charmante composition dont le sujet est emprunté à une solennité religieuse des temps du paganisme en Lithuanie ; Mickiewicz y a ajouté plus tard une troisième partie. L'accueii fait à ce premier essai décida de sa carrière ; il se mit à composer des pièces détachées, des ballades, des romances, des sonnets, puis donna un petit poème intitulé Grazyna, qui fut imprimé à `Vibra en 1822 , la même année que Dziady: la publication de cette légende en vers , où l'auteur retrace l'histoire d'une princesse lithuanienne au temps du paga- nisme slave, fut en Pologne le signal de la guerre des classiques et des romantiques. Cependant Mickiewicz , dont l'instruction avait été remarquée par ses maîtres , obtint une place de régent de latin et de polonais au gymnase de Kowno. la suite des manifestations antirusses qui se produisirent en 1823 à l'université de `Vilna, et qui provoquèrent les rigueurs du gouvernement de StPétersbourg, le jeune poète, accusé d'appartenir à l'association des philomathes, fut. arrêté, longtemps détenu, enfin relâché faute de preuves, mais interné à StPétersbourg. La publication de son Ode à la jeunesse appela sur lui de nouvelles rigueurs; il fut exilé à Odessa. La vue de la mer Noire et des beaux paysages de la Crimée lui inspira plusieurs jolis sonnets , fort admirés, qui lui valurent la protection du prince Galitzin, alors gouverneur de Moscou ; ce haut fonctionnaire voulut s'attacher l'auteur , et en 1823 les Sonnets de Crimée furent imprimés à ses frais , ils ont été depuis traduits en allemand par Schwab dans le Deutschen Musenalmanach de 1833. Mickiewicz , ayant obtenu son rappel il y ajouta encore quelques vers dans l'hôtel de ville de Varsovie. Ce chant entretint l'enthousiasme et eut toute la puissance de ceux de Tyrtée. Après la défaite de l'insurrection, Mickiewicz, forcé de fuir, gagna Dresde, et y résida quelque temps, puis vint se fixer dans l'été de 1832 à Paris, où il avait déjà fait parattre, en 1828, grâce à la libéralité de la comtesse Ostrowska , une édition complète de ses poésies en 3 volumes ; et peu de temps après son établissement dans cette ville , il ajouta à cette Mition un nouveau volume. Quoique publié dans un pays où le polonais est presque totalement ignoré , et ne s'adressant par conséquent qu'aux seuls réfugiés- polonais que leur condition précaire ne mettait guère en situation . L'avantdernière, précédée d'une Préface d'Alexandre Chodzko, est de 1848 et forme 4 volumes Le malheur avait développé dans l'âme naturellement mystique de Mickiewicz un sentiment religieux qui devint de plus en plus exalté, et finit même par prendre le caractère de l'illuminisme. Les premiers symptômes de cette tendance du grand poète se manifestent dans son ouvrage intitulé Ksiegi narodu polskiego i pielgr; ymstwa , écrit en style biblique, et qui parut à Paris en 1832. On cri a donné des versions allemandes et françaises. L'auteur y assigne le caractère de l'ancienne et de la future prose polonaise. Ou trouve dans ce livre de belles images et de nobles pensées, mais associées à des idées bizarres. En 1834 parut le Pan Tadeusz, poème qui fut aussi bien accueilli et que M. Spazier a traduit en allemand. C'est le tableau le plus vrai , le plus vivant que l'on ait tracé du caractère et des moeurs polonais. Cependant l'auteur de tant de chefsd'oeuvre avait à lutter contre la gène et tralnait dans l'exil une existence difficile. Une chaire lui fut proposée à l'université de Lausanne en 1839 , il l'accepta. Peu après, un célèbre philosophe français, M. V. Cousin, eut l'heureuse idée ; mais le public n'y fit aucune attention. Presque réduit à l'indigence , il obtint de Napoléon 111, alors prince président, une modeste place de bibliothécaire à la bibliothèque de l'Arsenal, qu'il occupa jusqu'à sa mort. La guerre de Crimée avait ranimé ses patriotiques mais vaines espérances ; il reprit avec le jeune prince Wladislas Czartoryski son projet d'organiser une légion polonaise, et se rendit dans ce but à Constantinople; il y mourut d'une attaque de choléra le 26 novembre 1855. Son corps fut rapporté à Montmorency où il est enterré. Ses compatriotes lui ont fait élever à Posen un monument qui est liceuvre du sculpteur Oleszinski. Les principales poésies de Mickiewicz ont été traduites en français par Christien Ostrovski . On possède aussi de lui un grand nombre de pièces détachées et d'articles. Il a luimême traduit en français son poëme de Pharis , et dédia cette pièce au sculpteur David d'Angers, qui avait fait son médaillon. Ses romances cl' Alf et d'Aldona ont été mises en musique par une pianiste célèbre , madame Marie Pzymanowska, dont Mickiewicz avait épousé la fille
  • Adam NEUSER( 1500 - 1576) : théologien, naquit au 16e siècle, dans la Souabe, de parents luthériens. Après avoir terminé ses études, il embrassa les pr de la réforme de Calvin , et , s'étant établi dans le Palatinat, parvint à gagner les bonnes grâces de l'électeur, qui le nomma pasteur de l'église StPierre de Heidelberg. Ce prince ayant voulu en 1569 introduire dans ses Etats la police ecclésiastique de Genève, Neuser s'y opposa fortement , prétendant que cette entreprise était contraire à la parole de Dieu. L'électeur indigné le révoqua de sa charge et le raya de la liste des candidats pour la chaire de théologie de l'université : ce double affront ne fit qu'accroître la haine de Neuser contre l'autorité temporelle, et il espéra parvenir à secouer ce joug en introdui- sant le socinianisme dans le Palatinat. Il associa à ses projets Jean Sylvanus , pasteur de Laden- bourg, Georges Blandrata, médecin du vaïvode de Transylvanie , et quelques ministres qui partageaient ses idées d'insubordi- nation. Neuser et Sylvanus , qui étaient à la tète du complot, crurent devoir songer à s'assurer la protection du sultan Sélim , dans le cas où ils échoueraient ; mais, trahis par l'ambassadeur du vaïvode de Transylvanie , qu'ils avaient chargé de cette négociation, leurs lettres furent remises à l'électeur palatin , qui les fit arrèter tous les deux. Sylvanus fut décapité en 1572 ; Neuser, plus heureux, s'échappa de sa prison , et, après avoir erré quelque temps, arriva à Constantino- pie, où il prit le turban ; il y mourut le 12 octo- bre 1576 d'une maladie honteuse, suite de ses débauches . Cet apostat a écrit un grand nom- bre d'ouvrages qui ont été recueillis par les soci- niens ; mais la Bibliothèque des anti- trinitaires, qui le nomme Neusner, n'en cite qu'un seul Scopus septimi capitis ad Romanos Neuser a trouvé assez récemment des défenseurs en,Alle—magne, qui prétendent justifier sa retraite à Constantinople , "où ils soutiennent qu'il se conduisit d'une manière irréprochable. 1" partie, p. 318. On trouve une autre Lettre du même Neuser, contenant l'apologie de sa conduite, dans les illelanges tirés de la bibliothèque de Wolfenbuttel , t. 3 ; elle est datée de Constantinople, le mercredi avant Pâques de l'année 1574
  • Adam PYNAKER( 1621) : peintre hollandais, né en 1621 dans un petit bourg non loin de Delft, qui lui a donné son nom, était fort jeune lorsqu'il fit le voyage d'Italie. Il s'arrèta trois ans à Rome pour y copier les plus beaux tableaux modernes et les chefsd'oeuvre de la sculpture antique. Il ne passait pas un jour sans visiter la campagne de Rome pour en dessiner les points de vue les I plus pittoresques. Fortifié par un exercice aussi continu de son art, il revint en Hollande, et ne tarda pas à y donner des preuves multipliées de son habileté. A l'époque où il retourna dans sa patrie, l'usage était d'orner les appartements de grandes toiles sur lesquelles on peignait des paysages ou des vues de villes. Pynaker, dont le talent était apprécié, fut chargé de décorer de cette manière les premières maisons de la Ifol- lande; ttialS , dû grthd regret des amateurs, la mode des tentures en étoffes et des lambris en menuiserie vint régner à son tour, et les pe qu'ils remplacèrent furent reléguées dans les greniers, C'est ainsi qu'on vit disparaître la plus grande partie dés productions de Pinaker ; heureusement ses tableaux de chevalet sont restés pour conserver sa réputation. C'est dans ces petites compositions qtl'il s'est montré habile paysagiste. On distingue la forme et le port des différentes espèces d'arbres; sa couleur est toujours aimable et vraie; ses lointains et ses ciels sont vaporeux ; il traite surtout d'une manière supérieure les oppositions et les dégradations entre les divers plans de ses tableaux. Le musée du Louvre a trois sujets de ce maitre : 1° Une tour au pied de laquelle est une barque à l'ancre. Sur le devant, des passagers débarquent d'une felouque avec leurs bagages. 2° Paysage, dans lequel on voit un muletier arrêté à la porte d'une auberge ; 3° autre Paysage représentant des villageois qui gardent leurs bestiaux ; sur le devant on voit une vache seule. Pynaker mourut en 1673
  • Adam SMITH( 1723) : économiste célèbre et principal fondateur de l'économie politique , naquit , le 5 juin 1723, à Kirkaldy, en Ecosse, où son père, qu'il perdit quelques mois après sa naissance, exerçait l'emploi d'inspecteur des douanes. A l'âge de trois ans, Adam Smith fut enlevé par des chaudronniers; mais on ne tarda pas à le re- trouver et à l'arracher de leurs mains. Il commença ses études dans une école de grammaire de Kirkaldy , d'où il passa , en 1737 , à l'université de Glascow, , où il eut pour maitre Hutcheson , dont les idées philosophiques ne furent pas sans influence sur les siennes, et de là, en 1740, au collège de Baliol, à Oxford. La constitution faible et délicate du jeune Smith le mettait dans l'impossibilité de se liv rer aux amusements de son âge qui exigeaient de la force et de l'activité ; et cette circonstance fortifia de bonne heure ses dispositions naturelles pour les occupations de l'esprit, et surtout pour les études sérieuses. Les mathématiques et la philosophie naturelle furent les premières sciences auxquelles il s'appliqua pendant sou séjour à l'université de Glascow, sans négliger les belleslettres et les recherches spéculatives, qui charmaient davantage son esprit. L'étude de la nature humaine dans toutes ses branches , et plus particulièrement celle de l'histoire politique du monde, auxquelles il s'adonna, après son retour d'Oxford, ouvrirent un champ vaste à sa curiosité et à son ambition, et en développant son génie ardent , elles satisfirent sa passion dominante de concourir au bonheur et à l'amélioration de la société. Ce fut aussi à cette période de sa vie qu'il cultiva avec le plus grand soin l'étude des langues. Sa mère, qui désirait lui faire embrasser l'état ecclésiastique, l'avait envoyé, à cet effet, à Oxford; mais après sept années de résidence, en 1748 , il retourna en Ecosse, parce qu'il ne se reconnut aucune disposition pour cette carrière. C'est à cette date que se place son intimité avec un autre personnage devenu historique, Hume dont les doctrines différèrent tant des siennes. Smith commença alors à donner des leçons de rhétorique et de belleslettres à Edimbourg. En 1751, il fut nommé professeur de logique à l'université de Glascow , et l'année suivante , il obtint dans la même université la chaire de philosophie morale. Les matières qui faisaient l'objet de son ensei- gnement devinrent des études à la mode, et ses opinions le sujet principal des discussions et des entretiens des cercles et des sociétés littéraires. On s'arrêtait même avec complaisance à quelques particularités de prononciation, certaines nuances d'accent ou d'expression propres au professeur. On allait jusqu'à les imiter. Il est à regretter que les cours qu'il donna , en ces deux qualités, et qui lui valurent une grande réputation, n'aient pas été publiés. Ils ne sont connus que par les parties qu'il en a fait entrer dans ses principaux ouvrages et par l'esquisse générale que Dugald Steward en a tracée en écrivant la vie de Smith pliquait en effet à faire l'histoire de la jurisprudence publique et privée, et à indiquer l'action des arts qui contribuent à la subsistance et à l'accumulation de la propriété, sur les lois et sur les gouvernements ; il exami- nait enfin, dans la quatrième, les règlements po- litiques fondés moins sur les principes de la justice que sur l'utilité et les convenances ; c'est, sous ce point de vue qu'il envisageait les institu- tions politiques relatives au commerce, aux fifiances, aux établissements ecclésiastiques et militaires. De ces quatre parties de son cours de philosophie morale , deux seulement nous sont connues, à savoir : sa doctrine morale et sa doctrine économique. 11 ne paraît pas que Smith ait rédigé sa Théologie naturelle. Et quant au Traité de droit civil et politique, annoncé dès 1759, oui n'en saurait trop regretter la perte. En effet, Smith se proposait, d'après le plan venu jusqu'à nous, de retracer en même temps l'histoire et la théorie du droit depuis les temps les plus reculés. Aucune position sociale ne pouvait être plus favorable que cet enseignement pour mettre en lumière les talents d'Adam Smith. Dans ses cours , il s'abandonnait sans préparation à son éloquence, et débitait ses leçons d'une manière Le docteur Blair reconnaît , dans une note de sun Cours de rhétorique, qu'il a beaucoup profité d'un traité manuscrit sur le même sujet, composé par Adam Smith , son ami, et que celui ci lui avait communiqué. simple et tout à fait exempte d'affectation. Comme il paraissait prendre le plus vif intérêt au sujet qu'il traitait, il manquait rarement d'exciter le même sentiment dans l'esprit de ses auditeurs; et personne ne savait mieux que lui captiver leur attention. Bientôt sa réputation s'étendit, et les ,étudiants vinrent en foule à Glaseow pour l'entendre. Adam Smith ne s'était encore fait con-'tiaitre que comme professeur, et il n'avait rien publié lorsqu'en 1754 il inséra , dans le second numéro de la Revue d'Edimbourg , une lettre adressée aux rédacteurs de ce journal ; elle contient une critique du dictionnaire de Johnson et un tableau rapide de l'état des sciences et des lettres en Europe à cette époque. Cette lettre a été traduite en français par P. Prévost, qui l'a fait entrer dans son édition des œuvres posthumes d'Adam Smith. En 1759, il fit paraître sa Théorie des sentiments moraux, qui fit grande sensation en France et en Angleterre, et à laquelle il ajouta ensuite une Dissertation sur l'origine des langues, et sur le génie derent des langues mères et de celles qui en sont dérivées. Cette dissertation a été traduite par A. M. H. Boulard, sous le titre de Considérations sur la première formation des langues, etc., Paris, 1796 et en 1809 par Manget, sous le titre d'Essai sur la formation des langues. Vers la fin de 1763, Charles Townsend lui proposa d'accompagner le duc de Buccleugh 'dans ses voyages. Les avantages qu'on lui fit, et le désir qu'il avait de visiter le continent, déterminèrent Adam Smith à accepter cette proposition et à se démettre de sa place de professeur, au grand regret de l'université. Ce docte corps consigna sur ses registres la peine que lui faisait éprouver cette séparation. On y rendait hommage « à ses vertus distinguées et ses qualités aimables. » Enfin on y appréciait « l'heureux talent qu'il possédait de jeter du jour sur les sujets les plus abstraits. » Après avoir passé peu de jours à Paris avec le duc de Buccleugh, ils s'artétèrent dixhuit mois à Toulouse, et se rendirent ensuite à Genève, en traversant le midi de la France. Ce fut durant cette tournée qu'Adam Smith recueillit sur l'état intérieur de ce pays les informations dont il fit usage plus tard dans son grand ouvrage. Au mois de décembre 1765, ils revinrent à Paris, et Adam Smith s'y servit des lettres de recommandation de son ami David Hume , pour se lier avec les hommes les plus célèbres du parti philosophique, et particulièrement avec les économistes, tels que Turgot et Quesnay ; et cette circonstance a pu faire croire que c'est dans leurs entretiens qu'il aurait puisé les principes qu'il développa dans ses Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations. sans doute que sa pensée ne put que se fortifier au contact de ces grands économistes, mais on ‘ient de voir qu'il avait professé sur les matières économiques avant de se rendre en France, et qu'il était en possession des matériaux de son ouvrage. De retour en Angleterre, à la fin de 1766, il vécut dix ans dans la retraite à kirkaldy, auprès de sa mère, occupé d'études sérieuses, malgré les instances de ses amis, et de Hume en particulier, qui considérait une grande ville comme la seule résidence convenable aux gens de lettres. « Je 1eux savoir ce que vous avez fait », écrivait en 1769 le philosophe à l'économiste. « Je n'ae-« cepterai point l'excuse de votre santé, ajoutait-« il quatre ans plus tard. En vérité vous finirez « par rompre entièrement avec la société, au dé-« triment de chacune des parties intéressées. » Adam Smith ne fit , dans l'intervalle , que de courtes excursions à Londres et à Edimbourg ; mais il répondit aux reproches qu'on lui adressait en publiant, au commencement de 1776, ses Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations , 2 vol. Cet ouvrage lui fit bientôt une réputation européenne. Deux ans après sa publication, le duc de Buccleugh, son élève, obtint pour lui l'emploi de commissaire des douanes en Ecosse, qui le fixa à Edimbourg, où il passa les douze dernières années de sa N ie, jouissant d'une fortune fort supérieure à ses besoins. Les infirmités de la vieillesse, dont il commença de bonne heure à sentir les approches , lui rappelèrent, mais trop tard , ce qu'il devait au public et à sa propre réputation. Les principaux matériaux des ouvrages qu'il avait annoncés étaient réunis depuis longtemps; on prétend même qu'il songeait à publier une critique . Adam Smith, quoique d'une humeur douce, égale et même assez enjouée, ne paraissait point né pour le commerce du monde. L'abstraction continuelle de ses pensées le rendait inattentif aux objets ordinaires de la vie, et lui causait souvent des distractions ou des absences si singulières, que suivant l'un de ses biographes, elles ont été à peine surpassées par l'imagination d'Addison et de la Bruyère. On lui a fait un reproche d'avoir publié, après la mort de David Hume , la vie de ce célèbre sceptique écrite par luimême, et d'y avoir joint des remarques qui donnaient lieu de supposer qu'en matière de religion ses opinions différaient peu de celles de son ami. Cette publication fut réfutée dans une lettre anonyme adressée à l'auteur par le docteur Horne, qui lui opposa des arguments pressés et vigoureux , relevant gaiement le ton solennel qu'Adam Smith avait cru devoir adopter, en prouvant par certaines anecdotes relatives à Hume, que le récit de sa vie contient des inexactitudes frappantes, et qu'à l'époque où l'on suppose qu'il jouissait d'une parfaite tranquillité d'esprit, aucun de ses amis ne se serait hasardé à faire mention en sa présence du docteur Beattie, sans le mettre dans un état d'irritation trèsviolent . Sa Théorie des sentiments ntoraux a eu un grand nombre d'éditions en Angleterre; elle a été traduite plusieurs fois en français, d'abord sous le titre de Métaphysique de l'âme, ou Théorie des sentiments 'moraux, Paris, 2 'vol. par un anonyme. Barbier , dans son Dictionnaire des anonymes, parle d'une traduction anonyme du même ouvrage, publiée également en 176.1, mais en 2 volumes il l'attribue à Eidous. Le catalogue de la bibliothèque de Paris en cite une autre de l'abbé Blavet , Paris, 1771k, 2 vol. ; nouvelle édition, Paris , 1775, 1797, 2 vol. Madame de Condorcet a traduit aussi la Théorie des sentiments moraux, Paris, an 6 , B vol. sur une édition à laquelle Adam Smith avait fait, pendant sa dernière maladie, des changements considérables. Cette dame a placé en tète un avertissement et y a ajouté la traduction des Considérations sur l'origine et la formation des langues, par le même auteur, et huit lettres sur la sympathie, dans lesquelles elle critique quelques parties du système adopté par Adam Smith. C. T. Kosegarten en a donné une version allemande, avec un commentaire, Leipsick , 179! « Vivement frappé « de la nécessité de donner à la morale une base « vraiment scientifique qui se suffit à ellemême, , chercha cette « base dans la sympathie. Hutcheson, son maitre, « avait entrevu un peu vaguement ce principe « de la nature humaine , alors qu'il le plaçait « dans le sentiment de bienveillance qui nous « fait trouver notre bonheur dans celui d'autrui, « Smith l'analysa avec finesse et profondeur, « l'éleva à la hauteur d'un principe universel, et « soutint même que la sympathie était. le phéno-« mène éminent de la nature humaine, et que « sans elle l'humanité ne serait point. Ce système « se trouve développé d'une manière indécise et « quelquefois même contradictoire dans sa Théoee rie des sentiments moraux. Après avoir Coin « inencé, dans cet ouvrage, par poser le fait de « la sympathie , Smith admet en principe que « nous commençons par juger les autres, et « qu'ensuite nous nous jugeons nousmêmes. Se « Ion lui , nous jugeons sous trois points de vue « différents les affections et les actions. Nous les « jugeons sous le rapport de la convenance, sous « le rapport de la justice ou de l'obligation mo-« rale, et enfin sous le rapport du mérite; et « prétend que ces trois jugements sont fondés sur « la sympathie... La sympathie une fois établie « comme première loi morale, Smith a passé aux Il conséquences et en a fait découler les vertus, « qu'il distingue en vertus aimables et en vertus « austères. Relativement à quelques unes del « premières, telles que l'humanité, la pitié, etc., « qui sont plutôt des qualités aimables que des « vertus, il a facilement démontré qu'elles avaient « la sympathie pour base; mais il a dû échouer « dans les autres. La sympathie, en effet, étant « involontaire et fatale, si la vertu était placée « dans la sympathie , elle serait nécessairement « aussi involontaire et fatale, et il ne dépendrait cf pas de nous d'être vertueux ou vicieux. Il n'y « aurait donc point de vertu dans le système de « Smith, puisque, suivant lui, la vertu est dans « la sympathie, et qu'il est manifeste que la sym « pathie est involontaire... La Théorie des sentie fut d'abord insérée par fragments dans le Journal de l'agriculture, des arts et du commerce, d'Ameilhon, et réimprimée à part d'abord à Yverdon, en 6 petits volumes ensuite en 2 forts volumes Londres , 1788, et enfin en l'an 9 , 4 vol. Cette dernière édition, la seule que Blavet ait reconnue et qui porte son nom, vaut mieux que les précédentes. Roucher en avait aussi fait parattre une en 1790 , 4 vol. mais on ne retrouve pas Smith dans cette traduction, et il parait que le volume de notes que Condorcet devait y ajouter n'a pas été imprimé. Germain Garnier en a donné uné autre en l'an 9 ; il l'a fait précéder d'une préface, qui est à elle seule un ouvrage, dans laquelle il analyse le système d'Adam Smith. Il a placé à la tin une notice sur cet écrivain ; une seconde édition de cette traduction a été publiée en 189.2, 6 vol. dont un volume de notes. Enfin il en a paru en 1843 une troisième édition , précédée d'une notice biographique par Blanqui, avec des commentaires de plusieurs économistes; elle est sans contredit infiniment supérieure à toutes celles précédemment parues. Ceux qui ont écrit sur l'économie politique peuvent être divisés en trois classes principales. Les anciens économistes, parmi lesquels nous citerons Thomas Mun, Petty, Ustariz, Melon, etc., ne voyant de richesse que dans l'or et l'argent ou la monnaie, pensent que le seul moyen d'enrichir ou d'appauvrir une nation, consiste dans l'augmentation ou la diminution de la masse d'argent qu'elle possède. Ils donnent la préférence aux impôts indirects, vantent les avantages de la consommation et du luxe, et ne considèrent point les emprunts comme nuisibles aux Etats. Nous rangeons dans la seconde classe les encyclopédistes, qu'on a appelés les économistes français, ou simplement les économistes, et qu'on pourrait nommer les doctrinaires du 18. siècle ; le médecin Quesnay en est considéré comme le chef . Ils regardent la terre comme la source unique de toutes les richesses des nations, considèrent le travail des manufactures comme stérile, blâment les prohibitions et les droits qui frappent les produits de l'industrie domestique et étrangère , et enfin tous les impôts indirects, et ne permettent aux gouvernements qu'un impôt unique, l'impôt foncier. La troisième classe se compose des économistes anglais et de la plupart des économistes modernes, qui, enthousiastes des maximes d'Adam Smith, bien qu'ils aient souvent des opinions différentes, ne voient, comme lui, la richesse que dans le travail, réprouvent, comme les économistes français, les douanes, les primes, les prohibitions, et veulent s'en remettre uniquement à l'intérêt privé du soin de ce qui concerne l'intérêt général. Quant à Adam Smith luimême, l'habitude qu'il avait prise depuis longtemps d'étudier les faits, de les rapprocher, d'en tirer les conséquences, l'amena à donner à la science économique ce caractère de certitude que Grotius et Montesquieu avaient su imprimer au droit des gens et à la science politique. A ses yeux , la richesse est le produit nonseulement de la fécondité du sol, mais, ainsi qu'on vient de le voir, du travail. Ce grand principe , il le pose dès le début. : « Le travail annuel d'une nation, • ditil, est le fonds primitif qui fournit à sa con-. Après avoir posé son premier principe, Adam Smith divise le travail en travail productif et en travail impro- ductif, et ne reconnaît comme productif que le travail matériel, celui qui se fixe et se réalise sur une chose vénale, qui dure au moins quelque temps après que le travail a cessé. Suivant Adam Smith, l'intervention des gouvernements produit un effet tout contraire à celui qu'ils se proposent; et ils doivent éviter de se mèler des affaires de leurs sujets, se borner à les protéger, en laissant à la concurrence une libre carrière, au commerce intérieur et extérieur une liberté complète, sans l'entraver par un système de douanes, de prohibitions et même de primes, qu'il considère comme de l'argent fort mal employé. En un mot, et tout le cours de son ouvrage l'y entraîne, Smith fait la guerre au monopole. « La violence et l'injus- « tice de ceux qui gouvernent le monde, ditil « à cette occasion, sont un mal qui date de loin, « et contre lequel la nature des affaires humaines « laisse peu espérer de remède certain. Mais la « basse rapacité, le génie monopoleur des négo- « ciants et manufacturiers sont des vices incor « rigibles sans doute, mais que l'on peut facile « ment empêcher de troubler le repos de qui que « ce soit, si ce n'est de ceux qui y sont en proie. » Adam Smith a jeté les semences d'une vive émulation dans les nations civilisées. Son mérite est d'avoir dévoilé le mécanisme intérieur de l'orga- nisation sociale dans les rapports des divers entre eux; d'avoir révélé des rapports qui échappaient à l'observation commune sur la monnaie, sur les banques, sur les lettres de change, sur la composition des revenus particu- liers, sur les impôts, etc. Sa théorie repose sur une observation plus profonde et plus exacte des faits dans toutes leurs conséquences. 11 n'y a rien d'idéal ni d'absolu dans les méthodes de perfec- tionnement qu'il expose. Ses principes ne sont que les faits bien jugés et bien décrits; et ce qui le distingue des économistes du 48' siècle, c'est qu'en livrant ses maximes au public , il a su se défendre du dédain doctoral, de la prétention des découvertes, de l'absolutisme, de l'abus de la gé- néralisation des idées. On peut consulter sur Adam Smith le tome 6 du Dictionnaire des sciences philosophiques, qui rend compte à la fois des doctrines du philosophe et de l'économiste, et l'Histoire de l'économie politique, par Blanqui, où l'on trouve une claire et exacte analyse des Recherches ;r la richesse des nations. Voir aussi le Manuel d'économie politique de M. Baudrillart
  • Adam STRUENSÉE( 1708 - 1791) : théologien danois, naquit le 8 septembre 1708, à NenRuppin, dans la Marche de Brandebourg. Son père, honnète tisserand, lui donna une éducation analogue à ,son modeste état, mais qui, sous le point de vue moral, ne laissa rien à désirer. Le jeune Struensée , fréquenta l'école de sa vire natale et fit de tels progrès que dès lors il put être l'instituteur des - enfants de son frère aîné. Après avoir commencé ses études académiques à Halle, il les continua à Iéna, attiré surtout par les leçons du savant Buddœus. Ce professeur l'accueillit avec bonté et lui confia l'instruction de son fils. Sous ses auspices Struensée se forma, parmi les étudiants et les gens de lettres, une société qui se réunis- Li, famille Struensée, proprement Stronwensee mer nrrt- geure), descend ,un marin de Lubecle , uui, dans un momeni de danger, osa seul conduire au port une flotte richement chargée et fut décoré par la république de ce nom honorable destiné à conSerVer le souvenir de sen courage. sait tous les dimanches, pour s'entretenir sur des objets religieux et sur la Bible. Ce fut dans ces réunions que Struensée se lia avec la secte des frères Moraves et avec son fondateur, le comte Zinzendorf. Cependant il resta fidèle à sa communion, et il accepta , en 1730 , la place de chapelain du comte de SaynetWittgenstein , à Berleburg, et fut , nommé, par le roi de Prusse, en 173'2, pasteur d'une paroisse de la ville de Halle. Le roi de Danemarck Frédéric V l'appela, en 1759, auprès de lui, à Gottorp, pour rrêcher devant la cour; et, dès l'année 1760, il fut nommé surintendant , général des duchés de Holstein et de Sleswig, place trèsimportante. li mourut en 1791. Ses deux fils sont devenus célèbres
  • Adam WALKER( 1731 - 1821) : physicien anglais qui s'est instruit sans maitre, naquit sur les bords du lac Windermere, dans le comté de Westmoreland, en 1731. Son père, occupé dans une manufacture d'étoffes de laine, le retira de l'école avant qu'il sût lire. Mais un travail mécanique n'arrêta point l'essor de cet enfant, qui employait ses loisirs à imiter en plaine campagne, d'après les modèles qu'il avait sous les yeux, des moulins à blé, à papier, à foulon. Ayant emprunté des livres, afin de pouvoir lire sans être interrompu, il se choisit une retraite dans un buisson et s'y bâtit une petite habitation. On lui offrit la place de maitre d'études dans l'école de Ledsham , en Yorkshire, et il accepta cet emploi d'autant plus pénible pour lui qu'il était souvent obligé d'apprendre pendant la nuit ce qu'il devait enseigner le lendemain. Trois ans après, il fut choisi maitre d'écriture et de calcul à l'école gratuite de Macclesfield, et ce fut dans l'espace des quatre années où il conserva cette place qu'il se fortifia, par ses études solitaires, dans la connaissance des mathématiques. Un petit négoce qu'il entreprit eusuite ne lui réussit pas. Revenu à ses occupations favorites, il se mit à donner, d'abord à Manchester, puis dans les grandes villes des trois royaumes, des leçons publiques d'astronomie qui eurent du succès. Le docteur Priestley l'encouragea à les répéter à Londres, où il ouvrit chaque hiver des cours qui furent trèsfréquentés. Le collège d'Eton, ceux de Westminster, de Winchester et d'autres grandes écoles s'empressèrent de profiter de son talent pour l'enseignement. Ses études, la préparation de ses leçons, la composition de quelques écrits et des inventions aussi ingénieuses qu'utiles remplirent la carrière laborieuse d'Adam Walker, qui mourut à Richmond, le l février 1821, àgé de 90 ans. On a de lui : 1. Analyse de leçons sur la philosophie expéri? entale 2. Appréciation philosophique des causes et des effets du mauvais air dans les grandes villes et des moyens de le combattre, iii- 8°; 3. Pourquoi certaines cheminées fument et moyen d'y remédier; &° Idées suggérées dans une excursion en Flandre, en Allemagne, en Italie et en France, 1791 5° Remarques faites dans un voyage de Londres aux lacs de Westmoreland et de Cumberland, dans l'été de 1791 ; suivies d'une esquisse de la police, de la religion , des arts et de l'agriculture de la France, faite dans une excursion à Paris, en 1785, 1792 6• Système de philosophie familière, en une suite de leçons, accompagnées de planches, 1799 7° Traité sur la géographie et sur l'usage des globes ; 8° des morceaux insérés dans divers magazines , dans les Transactions philosophiques et dans les Annales d'agriculture d'Arthur Young. On cite parmi les nombreuses inventions dues à son génie plusieurs machines propres à élever l'eau ; trois méthodes de pomper facilement l'eau des vaisseaux en mer; des voitures mues par le vent et la vapeur; l'eidouranion ou orrery transparent; les phares à rotation de Ille de Scilly; une barque qui va contre le courant de l'eau ; un bateau à curer les rivières au moyen du courant ou de la marée; un instrument qui marque à la fois la direction et la force du vent , l'heure du temps, la quantité des pluies, la hauteur du baromètre, la sécheresse et l'humidité de l'air, etc. — Son fils, lUilliam WALKER, né à Kendal, en Westmoreland, en 1766, commença, n'étant encore âgé que de seize ans , à expliquer publiquement l'usage de l'eidouranion inventé par son père , et composa un Epilome d'astronomie, avec les nouvelles découvertes, 1798 Il est mort le 14 mars 1816
  • Adam WEISHAUPT( 1748) : philosophe illuminé, naquit à logolstaten , en 1748. Il y fit ses études classiques sous la direction des jésuites. Reçu docteur *en droit, en 1768, il obtint une place de répétiteur dans cette branche de l'enseignement suPpérieur. En 1772, il fut nommé professeur extraordinaire de droit, et, trois ans après, professeur ordinaire de droit naturel et de droit canon , en même temps qu'il obtenait le titre de conseiller palatin de Bavière. Comme il était le premier laïque qui eùt été chargé de l'enseignement du droit canon à Ingolstadt, cette chaire ayant toejours été occupée jusquelà par un ecIlielé:;iastique de quelque ordre religieux ; comme eil mettait beaucoup de sincérité et d'indépendance dans ses leçons, ce qui plaisait singulièrement à la jeunesse de toutes les facultés; et comme enfin il se montrait surtout fort opposé aux jésuites , dont l'ordre venait d'être aboli , mesure dont il donnait volontiers les raisons : il rencontra une forte opposition , surtout parmi le clergé catholique , devenu trèspuissant sous le roi CharlesThéodore de Bavière. Etroitement uni de pensées et de sentiments avec un certain nombre d'hommes d'un esprit un peu mystique, il chercha à faire pénétrer dans le monde ses idées philanthropiques et cosmopolitiques, et devint ainsi le créateur et le chef de l'ordre des Illuminés : excellente occasion pour ses ennemis politiques et religieux de l'accuser d'hérésie et de le persécuter. Il résigna son office de professeur en 1785, et se rendit à Gotha, oùle duc régnant le nomma conseiller de légation. Il y enseigna depuis 1786 comme simple particulier sans aucune opposition. Il y mourut le 18 novembre 1830 , à l'âge de 83 ans. — C'est en 1776 , le 1" mai , qu'il fonda l'ordre des illuminés; il le nomma un instant l'ordre des perfectibilistes. C'était une société secrète , dont les règlements étaient sévères ; elle avait ses chefs , ses récompenses et ses châtiments. Les simples eembres faisaient profession d'une obéissance 'veugle à leurs supérieurs. Cette discipline avait été empruntée en partie aux jésuites. On trouve d'autres détails intéressants sur cette espèce de secte dans toutes les histoires de l'illuminisme, notamment dans l'ouvrage du constituant J .J. Mounier , intitulé De l'influence attribuée aux philosophes, aux francs- maçons et aux illuminés sur la révolution de Fiance , Paris, 1822. Weishaupt en'était ni conspirateur ni révolutionnaire ; il n'avait d'autre but que de dissiper i ignorance et la superstition, de fonder, par des moyens tout pacifiques, ce qu'il appelait le royaume universel de l'humanité; la propriété privée, occasion de bien des maux dans la société, devait disparaître ; à plus forte raison devaient tomber les privilèges de la naissance et autres , qui sont comme des barrières entre les hommes. Tout père de famille devait être pontife et roi dans sa maison. 01) s'est demandé si cette souveraineté domestique s'accorde bien avec la suppression de la propriété privée, et l'on a cherché à rattacher à ce système celui que SaintSirnon a voulu depuis établir en France. — Les principaux ouvrages de Weishaupt ont un caractère de philosophie antikantien prononcé, surtout au point de vue spéculatif. En morale au contraire , Weishaupt s'est assez rapproché de Kant pour que l'abbé Baruel, dans son Histoire de l'illuminisme , ait cru pouvoir faire du philosophe de Koenigsberg un chef des illuminés. Mais cet aperçu est d'autant moins heureux que Kant est un des esprits les plus exempts de mysticisme. Nous mentionnerons particulièrement les ouvrages philosophiques de notre auteur. En voici la liste : P Du matérialisme et de l'idéalisme , Nuremberg , 1786 et 1788 ; 2° Apologie du mécontentement et du mal , Francfort , 1787 Francfort et Leipsick, 1790, 2 vol. ; 3° Doutes sur les idées kantiennes touchant l'espace et le temps , Nuremberg, 1787 ; 4° Des principes et de la certitude de la connaissance humaine , Nuremberg , 1788 ; 5^ Des intuitions kantiennes et des phénomènes, Nuremberg , 1788 ; 6° Pythagore, ou Réflexions sur l'art secret du monde et de la politique, FrancfortsurleMein, 1790-1795 , 2 vol. 7° De la vérité et de la perfection morale, Regensberg , 1793-1797, 3 vol. ; 8° De la connaissance de soi- même, ses obstacles et ses avantages, Regensberg , 1794 ; 9° La lanterne de Diogène , ou Examen de notre moralité et de notre civilisation actuelles, Regensberg, 1804 ; 10° Matériaux pour servir à la connaissance du monde et des hommes, Gotha, 1810, 3 vol. ; 11° De la dépense publique et de l'impôt , avec des observations en sens contraire par le docteur Ch. Frohn, Landshut, 1890 ; 12° Du système de l'impôt, etc., Landshut, 1820
  • Adam WIDENFELDT ou WINDELFETS( 1617) : jurisconsulte, né vers 1617, dans le diocèse de Cologne, n'est connu que par un opuscule intitulé Monita salutaria B. Maria' Virginis ad cul- tores suos indiscretos , Gand, 1673 de 20 pages. Cet opuscule fit beaucoup de bruit l'année suivante, il en parut trois traductions françaises, à Gand et à Lille, toutes anonymes. On n'a pas encore découvert les auteurs des deux premières traductions : la troisième est attribuée au P. Gerberon . L'ouvrage de Widenfeldt était revètu de l'approbation de plusieurs docteurs en théologie et de celle de M. de Barbier le nomme Windelfels dans son Dictionnaire des anonymes; mais on n'a pu découvrir sur quoi il se fonde, puisque ) 'auteur des Afonita n'a point signé cet ouvrage, et qu'il n'est pas nommé une seule fois par les bibliothécaires de Cologne et des PaysDas. Choiseul , évêque de Tournay ; il n'en fut pas moins attaqué comme renfermant des maximes impies et scandaleuses, et le P. Bourdaloue reçut de ses supérieurs l'invitation de l'anathématiser en chaire. L'évêque de Tournay se crut donc obligé de justifier l'approbation qu'il avait donnée à l'ouvrage. et il le fit dans une lettre pastorale où il s'attache à montrer que les Monita salutaria ne contiennent rien qui tende à diminuer la dévotion à la sainte Vierge, et que le seul but de l'auteur est d'empêcher que cette dévotion ne dégénère en idolàtrie. Les esprits étaient trop échauffés pour se calmer à la voix du prélat; mais le temps a fait justice des écrits publiés de part et d'autre dans cette dispute. Widenfeld, qui l'avait excitée sans le vouloir, n'en vit pas la fin; il mourut le 2 juin 1677
  • Adam WILLAERTS( 1577 - 1640) : peintre, naquit à Anvers, en 1577. La peinture et la poésie furent l'occupation de toute sa vie; mais c'est surtout comme peintre qu'il s'acquit une réputation méritée. Il excellait à peindre des vues de rivières avec de petites embarcations, des marines de petites dimensions, des rivages , des marchés aux poissons des incendies , des cabanes, des vaisseaux, des barques de pécheurs remplies de petites figures d'une teinte extrèmement délicate, et dont les mouvements naturels et saisis avec intelligence ajoutent un prix infini à ses compositions. Sa couleur était line et transparente, mais quelquefois un peu grise; ses tètes bien choisies et ses tableaux bien compris. Malgré le mérite des ligures qu'il introduit dans ses ouvrages, on peut leur reprocher d'être prises dans une nature trop commune, et le temps qui a fait passer ses tableaux au noir leur a ôté une partie de leur mérite : il s'était fixé à Utrecht, où il mourut en 1640. — Abraham WiLLAF.RTS, lils du précédent , naquit à Utrecht, en 1613. Après avoir reçu de son père les premiers éléments de la peinture et s'être perfectionné sous Jean Bylaert, il vint en France, où il entra dans l'école de Vouet. Il acquit, sous ce dernier maître, un talent assez distingué pour mériter d'ètre attaché comme peintre au comte Mauricede Nassau. Lors de l'expédition d'Afrique, il fut embarqué sur la flotte hollandaise en qualité de simple soldat, et il profita des loisirs que lui laissait le service militaire pour peindre les usages et les sites les plus remarquables du pays d'Angelo , où il avait débarqué. De retour de cette expédition, il fut de nouveau employé par le comte Maurice, pour lequel il lit plusieurs ouvrages. De Bruxelles Willaerts alla habiter pendant quelque temps Amesfort , où il fut occupé par l'habile architecte Van Vempres. Il vint enfin se fixer à Utrecht, où il mourut
  • Adam ZALUZANSKI DE ZALUZAN( 1500) : médecin et botaniste, était né dans la Bohême, vers le milieu du 16° siècle, d'une famille noble. Ayant été pourvu d'une chaire de médecine à l'université de Prague. il la remplit avec beaucoup de zèle et fut honoré de la confiance des grands de Bohème et d'Allemagne, entre autres des princes de Brunswick et Lunebourg, qui recoururent fréquemment à ses lumières. On a de Zaluzanski 10 jjetliodi rei herbariœ libri tres, Prague, 1592 Nuremberg ou Francfort, 1604, in40. La première édition est excessivement rare . C'est à tort que l'auteur, dans la préface, se vante d'être le premier qui ait donné quelque forme à la science botanique, en rangeant les différentes espèces de plantes d'après leurs carac- 'fières distinctifs, puisqu'il n'a fait qu'intervertir ll'ordre de*classification adopté par Dodonée , 'ce nom) et sans utilité réelle . Cet ouvrage, dont le P. Voigt a donné un extrait curieux dans les Acta lineraria Bohentiœ et Illoraviœ, t. 1", p. 79, 360, et t. 2, p. en. mérite à peine d'être remarqué après ceux de Dodonée, Dalecharnp, Lécluse, Lobel , et surtout de Césalpin, déjà On lui a fait honneur de la découverte du In Notice des ouvrages de Gasp. Scholl, par Mercier de SaintLéger, p. 48, note 3. Haller, Bibi. bolanica. sexe des plantes; mais il n'en dit guère plus sur ce sujet que les anciens et Césalpin , c'est-àdire qu'il ne distingue ni ne décrit les deux sexes. Cette doctrine ne reçut un commencement de développement que plus tard , dans les écrits de Joach. Camerarius et surtout de Vaillant ; Linné enfin la mit hors de doute par de nombreuses observations et la fit adopter par l'application qu'il en fit à un système ingénieux. 2° Apothe- carioruni regulee et nive medicinarum, Prague, 1592. Il remplissait cette année les fonctions de recteur de l'université. 3« Animadversiones in Ga- lenum et Avicennam; 4° ° ratio de consensu ordi- num regni Bobeinim integra ccena sacra utentium, et quid inter se derant ; 5° flarmonia confes- sionum orthodoxarum regni Bohentiœ , Prague 1609. Voyez Boit. Balbini Bohemice docta, t
  • Adam ANT : chanteur
  • Adam Billaut : dit Maître Adam, menuisier, poète et chansonnier français
  • Adam CLAYTON : U2
  • Adam de La Halle : trouvère et auteur dramatique français
  • Adam Dollard des Ormeaux : héros français
  • Adam François van der Meulen : dessinateur, peintre et graveur français d'origine flamande
  • Adam GOLDBERG : acteur, a notamment joué dans "Il faut sauver le soldat Ryan"
  • Adam Mickiewicz : poète polonais
  • Adam Smith : philosophe et économiste écossais
  • Adam Brody : Adam Brody est un acteur et un musicien américain.
  • Adam Sandler : Adam Sandler est un acteur, un humoriste, un scénariste et un producteur américain. Il est également musicien.
  • Adam Levine : Adam Levine est un chanteur et un guitariste américain. Il est le leader du groupe Maroon 5.

Adam année par année

Signe astrologique de Adam

Couleur de Adam

Pierre précieuse de Adam

Chiffre de Adam

Métal de Adam