Le prénom Philippe Masculin

Origine :

Fête :

03 Mai

Signification de Philippe

Le prénom Philippe signifie « qui aime les chevaux ». En plus d’être le prénom de nombreux rois, Philippe est également le prénom que porte le premier apôtre de Jésus Christ. Philippe est une personne active qui n’aime pas ne rien faire. Il est combatif et n’accepte pas les défaites. Sérieux dans tout ce qu’il entreprend, il se montre toujours prêt à relever les défis qui se présentent à lui. Philippe est aux petits soins avec sa famille. Tour à tour tendre ou exigeant, l’éducation de ses enfants passe avant tout. C’est aussi un être très romantique qui saura offrir une vie tranquille et remplie d’amour à celle qui aura la chance de l’épouser.

Personnalité de Philippe

Passionnés, émotifs, ce sont des êtres équilibrés qui aiment se battre et gagner. La compétition, ils adorent. Enthousiastes, ils entraînent leur entourage dans leur sillage. Leur forte volonté est mise essentiellement au service de leur réussite. Ce sont des hommes d'action qui font confiance à leur intuition. Légèrement orgueilleux, ils cherchent toujours à plaire. Ce sont des impatients qui veulent tout et tout de suite.

Provenance du prénom Philippe

Histoire de Philippe

Etymologie de Philippe

Les Philippe célèbres

  • Philippe ANGELI( 1500 - 1643) : peintre, né à Borne vers la lin du 16' siècle, fut nommé PHILIPPE NAPOLITAIN, parce qu'il travailla trèslongtemps à Naples. 11 avait été appelé avec beaucoup d'empressement, en 1612, à la cour de Cosme II, grandduc de Toscane, et il reçut de ce prince, ami qui a donné l'idée de ce tableau, il ne peut être de Philippe Angeli, qui mourut en 1643, époque à laquelle la Fontaine n'avait que vingtdeux ans, et ignorait encore ses heureuses dispositions pour la poésie. On a ensuite attribué ce tableau à Sébastien Ricci, né en 1659 et mort en 1754. Il est permis cependant de supposer que le sujet de la fable le Satyre et le Passant, étant emprunté des anciens, a pu étre aussi traité par Philippe Angeli
  • Philippe ACCIAJUOLI( 1637 - 1700) : poète dramatique et compositeur , né à Rome en 1657 , entra de bonne heure dans l'ordre des chevaliers . Les opéras dont Acciajuoli a fait les paroles et la musique sont : 1° il Girello , dramma burleseo per musica, Modène, 1673, et Venise, 1682 ; 2° la Damira placala , Venise , 1680; 5° l'Ulisse iii Penne, Venise, 1681 ; ?° Chi e causa del suo mal, pianga se stesso, poesia d'Ovidio e musica d'Orfeo
  • Philippe ALEGAMBE( 1592 - 1651) : jésuite, né à Bruxelles le 22 janvier 1592 , n'avait point encore achevé ses études lorsqu'il passa en Espagne pour être attaché au duc d'Ossone, qu'il accompagna en Sicile. Après avoir pris l'habit de jésuite à Palerme, il alla étudier la théologie à Rome, et fut ensuite envoyé à Gratz, pour y enseigner la philosophie. 11 parcourut ensuite l'Europe avec le jeune prince d'Eggemberg, dont il était gouverneur , et se fixa enfin à Rome, où il fut nominé préfet de la maison professe des jésuites; il mourut en cette ville , le 6 septembre 1651, à 60 ans. Alegambe est connu par une Bi- bliothèque des Écrivains jésuites. Cet ouvrage, dont Eibadineira avait déjà donné une ébauche, fut imprimé à Anvers, eu 1615 Il est remarquable par son exactitude, quoique l'on y trouve quelques traces de partialité pour l'ordre des jésuites ; il a été réimprimé, avec les additions de Sotwel, à home, 1676, petit Alegambe a écrit , en outre , spé- cialement la vie de plusieurs religieux de la mème société : Vita J. Cardin, Rome, 1640 2° Mortes illustres et Gcsta coi- uni de societ. Jesu qui, in odium fidei, ab hœreticis cet aliis occisi sunt, Rome, 1657 ; Heroes et victime charitatis societatis Jesu, Rome, 1658 C'est la liste des jésuites qui ont sacrifié leur vie pour secourir les pestiférés. Le P. Alegambe était allé jusqu'en 1647; Jean Nadasi , qui publia cet ouvrage, le continua jusqu'en 1657
  • Philippe AMICO( 1654) : de Milazzo , en Sicile , né en 1654, a publié des Réflexions historiques sur ce que des auteurs d'anciennes chroniques ont écrit au sujet de la ville de Milazzo , Catane , 1700 Cet ouvrage est écrit en italien : Riflessi istorici, etc. , ,et non point en latin, comme l'a dit LengletDufresnoy, tome 2 de sa Méthode pour étudier l'histoire. —Plusieurs autres littérateurs italiens du ménie nom ont publié des ouvrages peu importants
  • Philippe ARGELLATI( 1685 - 1755) : l'un des plus laborieux écrivains et des plus savants littérateurs de son temps, naquit vers la tin de l'année 1685, à Bologne, d'une des plus anciennes familles de cette ville , mais qui était originaire de Florence. Après avoir fait ses premières études dans sa patrie, il se rendit à Florence, OÙ il se lia avec les divers savants de cette ville, et en particulier avec le célèbre Antonio Magliabecchi. De Florence, il passa à Lucques, ensuite à Livourne, où il avait dessein de s'embarquer pour venir en France ; niais la mort d'un de ses oncles le força de retourner dans sa patrie. Ce fut alors qu'il entreprit de publier les ouvrages, tant inédits que déjà imprimés, umus veteruen scriptionum, de Muratori, 1759 Les reimpressions faites à Milan de l'ouvrao•''e du P. Marlène, de antiquis Ecclesiœ Ritibus, des Transactions phi- losophiques, du Recueil de Dissertations de divers auteurs, Milan, 1750, de Monetis Italim, et plusieurs autres. On a de plus de ce laborieux écrivain 1° Bibliotheca Scriptorum Mediolanensium, Milan, 17-15, 2 vol. ; o Biblioteca degli Volgarizza- lori italiani, Mirm, 5 vol. publiés en 1767, et un grand nombre de dissertations ou de lettres éparses dans différents recueils. Argeliati mourut à Milan, le 5 janvier 1755, après avoir eu le chagrin de perdre son fils François, qui est l'objet de l'article sutvant
  • Philippe BALDINI : était, vers la fin du dernier siècle, médecin de la famille royale de Naples. Il a composé en italien plusieurs dissertations qui roulent pour la plupart sur des objets d'hygiène. Après avoir été imprimées séparément, elles ont été réunies en un seul corps d'ouvrage sous le titre de Saggi intorno alla preservazione e cura della umana salure, Naples, 1787, 5 vol. Les principales dissertations qu'on remarque dans ce recueil sont : sur l'exercice de la chasse et ses effets; sur celui de la pêche; sur celui du cheval et de la natation ; sur les bains d'eau douce et d'eau de mer; sur l'usage des bains d'eaux minérales et de vapeurs ; sur les sorbets et l'usage des boissons à la glace ; sur les pommes de terre et les ananas; sur l'usage du vin dans les maladies, etc. Le seul des ouvrages de Baldini qui ait été traduit en français est intitulé : Manière d'élever les enfants à la main à défaut de nourrice, Paris, 1786 Cette traduction est attribuée à Lefebvre de Villebrune
  • Philippe ARRIGHETTI( 1582 - 1662) : glati !homme florentin, né en 1382, lit ses études dans l'université de Pise, et ensuite dans celle de Padoue, où il apprit la langue grecque, la philosophie d'Aristote et de Platon, sous les plus célèbres professeurs : il prit ses degrés en théologie dans l'université de Florence. Peu après, le pape Urbain VIII le nomma chanoine pénitencier de la cathédrale de la mème ville ; il fut ensuite examinateur s? nodal jusqu'à sa mort, arrivée le 27 novembre 1662. Ani gliett i était un des membres les plus distingués de l'académie florentine, et de celle des Alterati, dans lesquelles il prenait le nom de Fin-- rit°, et pour devise un raisin en fleur avec ces mots grecs : AOTE ATAION. 11 n'a rien publié; ses diffèrents ouvrages sont restés manuscrits. Negri en a donné la liste, Istor. degliScrittori Fiorentini, p.166. On y distingue : 1° la Retorica d' Aristotile, expliquée en cinquantesix leçons ; 2° la Poëlica d'A ris- loille, traduite, expliquée et récitée dans l'académie des Svogliati de Pise ; 30 Quattro Discorsi accade- mie? *, cioè del Piarere, del Riso, dell' Ingegno, e dell' Onore, récités dans l'académie florentine; 4° Ser- moni sacri, volgari, e latini, prononcés dans diverses églises ou assemblées de Florence ; !V Vita di S. Francesco Saverio, extraite de la relation faite dans le consistoire par FrançoisMarie, cardinal del Monte, etc
  • Philippe AUBERNON( 1757 - 1832) : né en 1757 à Antibes, fils d'un consul de cette ville, entra, dès sa jeunesse, dans l'administration militaire. il était, en 1792, commissaire des guerres à l'armée des Alpes maritimes, lors de l'invasion du comté de Nice, sous les ordres du général Anselme.Dans l'état de pénurie où se trouva cette armée, Aubernon rendit de grands services par son activité, et il fut bientôt nommé commissaire ordonnateur. C'est en cette qualité et de la même manière qu'il contribua beaucoup, le 4 novembre 1795, à la victoire de Loano sous les ordres de Schérer. 11 était à la tête de l'administration de cette armée lorsque Bonaparte vint en prendre le commandement dans le mois de mers 1796. Il fit sous ce général les brillantes campagnes de 1796 et 1797, jusqu'au traité de CampoFormio, et il remplissait encore les mêmes fonctions à Gales, pendant le mémorable siége que soutint si glorieusement Masséna en 1799. Ce général a rendu au zèle et à la prévoyance qu'il déploya dans cette circonstance le plus honorable témoignage. Les services d'Aubernon furent ensuite peu remarqués sous le gouvernement impérial, quoiqu'il ait été employé activement en Hollande , en Allemagne et en Illyrie ; mais on a lieu de croire qu'il ne jouit pas d'une grande faveur auprès de Napoléon. Cependant il avait été nommé officier de la Légion d'honneur, et il était inspecteur aux revues de la première division militaire. Il fut mis à la solde de retraite par l'ordonnance du roi du 1" août 1815. Il reçut plus tard la croix de StLouis, et mourut à Paris , le 4 juillet 1832. L'auteur du Bibliologue, dans son numéro du 25 janvier 1853, confondant Philippe Aubernon avec son fils, M. JosephVictor Aubernon, préfet de Versailles, et depuis pair de France, lui a attribué plusieurs écrits qui sont de ce dernier
  • Philippe BAERT : bibliothécaire du marquis de Chasteler , s'occupait par prédilection de l'étude de l'héraldique, laquelle, ainsi que nous l'avons dit à l'article d'Azévédo voy. ce nom ), absorbait alors en partie la littérature belge. C'est de lui que sont le Supplément au Nobiliaire des Pays- Bas et de Bourgogne, 2e éd., Louvain, 1772 ; et le Vrai Supplément aux deux volumes de ce Nobiliaire, ibid., 1774 Mais l'un et l'autre ont été corrigés par le comte de Cuypers, autre gé- néalogiste. Ferd.Jos. de Holleber, major des inva- lides , a donné une nouvelle édition du deuxième, corrigée et augmentée de plus d'un quart , sous le titre de Nouveau vrai Supplément , etc. , la Haye, 1774 Au t.'1", p. 216, des Acta Sanctorum Belgii , on cite un ouvrage manuscrit de Baert de Comilibus Bruxellensibus. On a encore de Philippe Baert : Essai historique et critique sur une ancienne ville et forteresse saxonne nommée Sigisbures, située dans le comté de la Marck, laquelle fut détruite au 15e siècle, 1805
  • Philippe BALDINUCCI( 1624 - 1696) : l'Un des bons écrivains d'Italie, dans le 17° siècle, naquit à Florence vers 1624. Sa famille, qui était clans l'aisance, lui fit étudier les belleslettres, et il y joignit de luimême l'étude théoripie des arts du dessin. La protection constante du cardinal Léopold de Médicis, amateur très-éclairé, lui donna les moyens de se livrer en entier à de savantes recherches sur les ouvrages et la manière des grands maîtres ; il fit, par ordre de son protecteur, un voyage en Lombardie, où il recueillit une foule de notions curieuses qui le mirent en état, à son retour dans sa patrie, de travailler à son grand ouvrage sur l'histoire des artistes célèbres, qu'il ne commença à publier qu'en 1681. Cet ouvrage lui ayant acquis une grande réputation, Christine, reine de Suède, l'engagea à écrire la vie du cavalier Bernin. Baldinucci lit à cet effet le voyage de Rome ; il y fut accueilli par tous les gens de mérite. De retour à Florence, les portes de l'académie de la Crusca lui furent ouvertes, et il y fut reçu sous le nom de Lustrai°, qu'il avait déjà pris lors de son admission à l'académie de dessin. A la mort du cardinal de Médicis, Baldinucci trouva un nouveau protecteur dans le grandduc Cosme III, qui lui laissa la direction de la belle série de dessins du cardinal, dont il avait depuis longtemps commencé la classification. D'abord il ne comptait faire qu'une table de matières, puis des tablettes chronologiques; enfin il entreprit la chronique dont nous avons déjà parlé, et qu'il intitula : Notizie de' Professori del disegno da Cimabue in quà; il la divisa en siècles et en décennales, depuis 1260 jusqu'en 1670; la mort l'empêcha de pousser cette histoire plus loin, et il ne put même achever la rédaction de la vie de Brunelleschi, de MichelAnge et de plusieurs autres artistes du premier rang qu'il avait laissés en arrière, parce qu'il considérait cette partie de son travail comme la plus difficile. La première édition des Notizie, etc., est en 6 volumes imprimée à Florence, de 1681 à 1688; et après la mort de l'auteur, par les soins de son fils et du cavalier Gabburi, de 1702 à 1728 ; 2° édition, avec les notes de Manni, en 20 vol. Florence, 1767 à 1774. Les opuscules de Baldinucci réunis forment le 21e vol. ; il contient quelques lettres, un écrit intitulé la Veillée, dialogue dans lequel il répond aux critiques qu'on lui avait adressées; un discours lu dans l'académie de la Crusca; enfin la vie des plus célèbres graveurs, intitulée Cominciamento e progresso dell' arte dell' intagliarc in rame colle vile, etc., Florence, 1686 Joseph Piacenza, architecte de Turin, avait entrepris une nouvelle édition de cet ouvrage, avec des dissertations et annotations ; il n'en donna d'abord que 2 vol. 1768-70 ; mais elle fut reprise en 1813. Baldinucci mourut en 1696, à l'àge de 72 ans. — Il laissa un fils Francesco Saverio BALDINUCCI, (lui hérita des connaissances de son père, se chargea de mettre la dernière main à cet important travail, et d'en faire jouir le public qui en désirait vivement la publication
  • Philippe ANTONINI( 1500) : savant archéologue, était né vers le milieu du 16° siècle à Sarsina, petite ville de la Romagne, très - ancienne, mais à demi ruinée. 11 embrassa l'état ecclésiastique, fut pou; vu d'un canonicat, et, sans négliger aucun de ses devoirs, consacra tous ses loisirs à la recherche et à la description des monuments de sa ville natale. 11 est auteur d'un ouvrage curieux et fort estimé : Discorsi dell' antichità di Sarsina e de costurni romani, Sarsina, 1607, 2 part. Cette édition est assez rare. La seconde, Faenza, 1769 est augmentée de dissertations par J.Ant. Azalli sur l'histoire ecclésiastique de Sarsina, et d'un mémoire de Jos. Fantini sur les origines de cette ville. L'ouvrage d'A ntonini, traduit en latin par Sigebert Havercamp, a été inséré par Burmann dans le tome 7, 2e part. du Thesaurus antiquitat. ilal. Fabretti, Malvasia , Spon, etc. , louent son exactitude à rapporter les anciennes, dont il a su conserver un grand I nombre. On lui doit encore : Supplemento della chronica dz Yerruchio , Bologne, 1621 C'est un bourg du territoire de Rimini dont l'historien est Frac. Gianettasi. W— s
  • Philippe BEAVER( 1760) : navigateur anglais, né le 28 février 1760, entra dans la marine royale en 1777, et servit pendant la guerre de l'indépendance américaine, principalement dans la mer des Antilles. Il fut nommé lieutenant après la paix, en 1784, 'et étudia les sciences qui pouvaient lui être utiles dans sa profession. Cependant le vaisseau sur lequel il était embarqué ayant été désarmé en 1791, il se trouva sans emploi et sans espoir de pouvoir en obtenir de longtemps. Impatient du repos, il con-çut plusieurs projets; enfin, de concert avec cinq autres de ses compatriotes, qui tous avaient été offi- ciers, soit dans la marine, soit dans l'armée de terre, il résolut de fonder une colonie à l'île de Boulama, sur la côte occidentale d'Afrique, dans l'archipel des Bisagots, sous le 11° de latitude nord. Beaver avait été décidé dans le choix de cette île par la description qu'il en avait lue dans les mémoires de Brue. Un acte d'association fut formé, un comité fut institué, des souscripteurs se présentèrent : la colonie avait pour objet la culture de la terre par des mains libres. On espérait parvenir par ce moyen à civiliser les nègres, à introduire parmi eux la religion chrétienne, les arts et les métiers de l'Europe. Le plan fut soumis au ministre Pitt, qui lui donna son approbation. Trois bâtiments furent frétés et partirent de file de Wight, le 12 avril 1792, portant deux cent soixantequinze colons blancs, hommes, femmes et enfants. Dès qu'ils furent arrivés dans cette île lointaine , un esprit d'insubordination et de révolte éclata parmi eux les maladies les accablèrent, et les hostilités des naturels comblèrent la mesure de leurs maux. Beaver fut l'un des membres du comité dirigeant qui montra le plus de zèle et de persévérance pour donner de la consistance à l'établissement ; les autres, et même la plus grande partie des colons, avaient pris la résolution d'y renoncer et de retourner en Angleterre, en se rendant d'abord à SierraLeone. Le 19 juillet, il ne restait plus que quatrevingtdix personnes avec Beaver. Chaque jour la fièvre dimi- fluait leur nombre ; luimême en'fut atteint, et, malgré sa ferme volonté, il fut obligé de snspendre ses travaux, et même la rédaction de son journal. Le départ d'un second navire, le 22 novembre, le priva de vingthuit de ses compagnons ; il n'en demeura plus que vingtsept, dont quatre seulement étaient en état de travailler. Néanmoins les illusions de Beaver ne se dissipaient point ; il voyait encore en espérance sa colonie riche par l'agriculture et le commerce, le sol africain défriché par des mains libres, et la traite des nègres anéantie par le seul moyen qui pouvait y mettre un ternie. il avait planté des fruits et des plantes potagères d'Europe ; queines - uns avaient prospéré. Les constructions nécessaires au bien-être et à la santé des colons touchaient à leur lin : cependant il avait été obligé de se servir pour ses travaux de l'aide d'esclaves nègres que leurs maîtres lui louaient. Le 31 octobre 1793, les colons encore vivants pressèrent Beaver de quitter l'île avec eux pour retourner en Angleterre ; il résista à ces instances : tous les jours il était menacé de désertion. Enfin, le 29 novembre, il fut contraint de céder, et partit avec six de ses compagnons sur un navire anglais destiné pour SierraLeone. Ce ne fut pas sans regret qu'il s'éloigna d'une lie sur laquelle il avait fondé de si grandes espérances. Le 17 mai •794, il aborda à Plymouth. Le 25 juin une assemblée générale des actionnaires de l'association de Boularna, pénétrée d'admiration pour la conduite courageuse, noble et désintéressée de Beaver, lui décerna une médaille d'or en témoignage de reconnaissance. 11 reprit du service dans la marine, et fut présent à la prise du cap de BonneEspérance, en 1795. 11 devint capitaine de vaisseau, et obtint en 1799 le commandement du Dolphin , frégate de 44 canons ; il se distingua en 1801 à la descente du général Albercomby en Égypte. En 1804, il calma les craintes que l'on pouvait avoir de la descente méditée par Napoléon, en discutant avec beaucoup d'habileté, dans une lettre écrite au Courrier le 16 février, toutes les hypothèses de ce projet. Il eut plus tard le commandement de l'Acosta, et joua un rôle important dans les négociations que l'Angleterre avait entamées avec les nouveaux États de l'Amérique du sud. Il se signala à la prise de la Martinique. En 1810, il fit partie de l'expédition qui s'empara de l'île de France ; il croisa ensuite avec la. frégate le Nisus, dans les mers de l'Inde. Il se livra à des travaux si pénibles pour l'exploration de la côte de Quiloa, que sa santé en fut gravement altérée. 11 mourut au cap de BonneEspérance, le 5 avril 1815. On a de lui : African Monoranda, etc. , Londres, 1805 aveC carte. M. Walckenaer en a donné un extrait dans son Histoire gé- nérale des voyages, t. 7. « Si Beaver, dit ce savant, « dit réussi dans son projet, il aurait obtenu, par « l'habileté, le courage et l'admirable constance « dont il a fait preuve, une éclatante renommée. Le « gros et prolixe volume qui contient le récit minu-« tieusement détaillé de son entreprise eût été lu « avec empressement et souvent consulté comme les premières et intéressantes archives d'un peuple « naissant ; mais le défaut de succès a plongé dans « l'oubli cette expédition et son historien. » Néanmoins ce livre contient des renseignements précieux et originaux sur Boulama et ses environs, sur les peuples qui habitent cette contrée, et sur l'établis- sement portugais de Bissa°. Un mémoire que Bea- ver adressa en 1810 à lord Mulgrave, et dans lequel il rappelle ses services, offre des particularités assez curieuses sur sa vie : cet ouvrage d'ailleurs est écrit avec facilité, et nous ajouterons que les marins y ont trouvé plus d'un renseignement utile
  • Philippe BELLO( 1666 - 1719) : littérateur napolitain, naquit en 1666, à Atripalda. Son père, habile jurisconsulte, prit le plus grand soin de son éducation; et, après qu'il eut achevé ses premières études dans sa ville natale, il alla faire son cours de philosophie à Naples , sous les jésuites. Ayant reçu le lauriell doctoral dans la faculté de droit, il exerça la profès sion , Naples, 1714 Philippe Bello mourut à 55 ans, en 1719, sans avoir pu terminer un grand ouvrage sur le droit auquel il travaillait depuis plusieurs années, et qui , d'après ses compatriotes, devait lui assurer une réputation durable. Il était membre de diverses académies. On lui doit la lita di san Sabino, vescovo di Canosa; et il a cherché dans une dissertation à prouver qu'Atripalda, sa patrie, était une colonie romaine et qu'elle fut décorée du titre (le municipe sous le nom de Tribus alta. Ws.
  • Philippe BEROALDO( 1472 - 1518) : noble bolonais, naquit à Bologne, le ler octobre 1472. Parent de Beroalde l'ancien, il fut un de ses disciples favoris et l'un des plus illustres. 11 devint luimème professeur de belleslettres à vingtsix ans, et alla professer à Borne, où il fut fait, en1514, préfet ou président de l'académie romaine. La preuve qu'il y était avant 1514, c'est qu'il était alors un des amants Le plus important et le plus estimé est celui qui a pour titre Opuseulum de felicitate. Il avait été imprimé séparément à Bologne, 1495 Cu—s. On doit encore mettre au nombre des principaux ouvrages de Philippe Beroaldo une traduction en vers latins élégiaques de l'ouvrage de Léonard Bruni : de Duobus Amaniibus Guiscard° et Sigismunda, filia Taneredi voy. Bnum), imprimée sans nom de ville ni date, et devenue trèsrare, et une dissertation intitulée Declamatio philosophi, medici, ovatovis, de exceilentia disceptan- filon, Bologne, 1497 de la belle Impériali, fameuse courtisane qui mourut cette annéelà. Il avait pour rival, auprès d'elle, et pour rival heureux, Sadolet, qui devint ensuite cardinal. Ces particularités sont consignées dans une de ses odes latines. Il eut pour amis, à Rome, Pierre Bembo, Bibbiena , Molza, Flamini°, et plusieurs autres célèbres littérateurs. Le cardinal Jean de Médicis conçut pour lui une estime particulière, se l'attacha en qualité de secrétaire, et lorsqu'il fut devenu pape, sous le nom de Léon X, lui donna, en 1516, la place de bibliothécaire du Vatican, vacante par la mort de Phedro Inghirami ; mais il faut que Léon X ait ensuite cessé de s'intéresser à lui, car Beroaldo éprouva dans cet emploi même des dégoûts et des refus de certains avantages qui y étaient ordinairement attachés ; et il en conçut tant de chagrin qu'il en mourut en 1518. Le Bembo, alors secrétaire du pape, fit en huit vers latins élégiaques l'épitaphe de Beroaldo, où il dit que ses amis, et Léon X luimême, l'ont pleuré : Unanimi raptum ante diem flevere sodales, Nec Decimo sanctle non maduere genae. Il n'était pas moins savant que le premier Beroaldo, et il écrivait avec plus de goùt, surtout en vers ; mais il était ou moins laborieux, ou moins fécond, et il n'a laissé qu'un petit nombre d'ouvrages 10 C. Taciii Annalium libri 5 priores, Rome, 1515 ; Lyon , 1842; Paris, 1606 Beroaldo dédia cette belle édition à Léon X , par qui il avait été chargé de la faire. On dit que ce pontife libéral avait payé 500 sequins le manuscrit de ces 5 livres. 2° Odarum libri ires et Epigrammalum liber unus, Rome, 1530 c'est ce que l'auteur a laissé de meilleur ; et, quoiqu'il n'y ait pas mis la dernière main, on y voit cependant briller beaucoup de génie, de vivacité, d'élégance. Ces poésies eurent un grand succès, surtout en France' où elles furent traduites jusqu'à cinq fois. Le plus célèbre de ces traducteurs est Clément Marot. On trouve une partie de ces poésies dans la 1" partie de l'ouvrage de J.M. Toscan°, Carmina illustrium poetarum Italorum. Plusieurs de ses épîtres latines sont imprimées dans différents recueils
  • Philippe BEROALDO( 1453) : l'ancien, l'un des plus célèbres littérateurs du 15° siècle , était d'une ancienne et noble famille de Bologne. Il y naquit le 7 décembre 1455. Ayant perdu son père en bas âge, il fut élevé par sa mère avec la plus grande tendresse. Des maîtres habiles furent chargés de son éducation. Il annonçait les plus heureuses dispositions, et surtout une mémoire prodigieuse. Outre les leçons qu'il 13 recevait, il travaillait en particulier avec tant d'ardeur, que, né avec un tempérament faible, il eut à dixhuit ans une maladie grave, et dont il eut peine à guérir. Dès qu'il reconnut qu'il n'apprenait plus rien de ses maîtres, il jugea que le meilleur moyen pour pousser plus loin son instruction était d'instruire les autres. Il ouvrit à dixneuf ans une école, d'abord à Bologne, ensuite à Parme et à Milan. La réputation dont jouissait l'université de Paris lui inspira le désir de la visiter. 11 vint donc à Paris, et y enseigna publiquement pendant plusieurs mois, avec un grand concours d'auditeurs. Il y serait resté plus longtemps, si sa patrie ne l'eût rappelé. Son retour à Bologne fut le sujet d'une espèce de réjouissance publique. Le célèbre Baptiste de Mantoue , ou le Mantouan, qui y était alors, lui adressa à ce sujet une longue élégie, qui commence par ce vers : Musae olim comites Beroaldo ivere Philippo. Elle est imprimée dans le 5' livre des sylves de ce poète trop fécond. L'université de Bologne conféra à Beroaldo la chaire de professeur de belleslettres, qu'il remplit le reste de sa vie avec autant d'assiduité que d'éclat. Quoique son inclination le portàt à se renfermer dans ses fonctions littéraires et dans ses travaux, les honneurs publics vinrent au devant de lui. 11 fut nommé en 1489 l'un des anciens de Bologne, et quelques années après député, par le sénat, avec Galéas Bentivoglio, auprès du pape Alexandre VI. Il fut aussi, pendant plusieurs années, secrétaire de la république. Parmi tant d'occupations, il savait se ménager des distractions et des loisirs. 11 aimait la table, le jeu, les femmes. 11 évita longtemps les liens du mariage ; il s'y soumit enfin en 1498, à l'âge de quarantequatre ans; le bonheur qu'il trouva dans son ménage l'y fixa entièrement, et le fit renoncer à la vie dissipée qu'il avait menée jusqu'alors. Il ne cultiva plus d'autres liaisons que celles qu'il avait avec les gens de lettres les plus distingués de son temps. Il en était généralement aimé. Son caractère modeste, sociable, égal, exempt de jalousie et d'aigreur lui faisait des amis de tous ceux qui entraient en relation avec lui. On assure qu'il n'eut jamais d'autre ennemi que George Mérula, qui avait le malheur de l'être à peu près de tout le monde, et qui ne se mit à haïr Beroaldo que parce qu'il le savait intimement lié avec Politien , auquel il avait déclaré la guerre. La faiblesse habituelle de sa santé augmentant avec l'âge, il fut saisi d'une petite lièvre qui parut d'abord de peu de conséquence , et à laquelle on s'efforça ensuite inutile- ment de porter remède; il en mourut le 17 juillet 1505. On lui fit des funérailles magnifiques. Il fut porté au tombeau vêtu de soie, couronné de laurier, et suivi de tout ce que Bologne avait de plus dist dans toutes les parties des sciences et dans les emplois publics. Son principal mérite littéraire est d'avoir donné de bonnes éditions des anciens auteurs latins, et de les avoir éclaircis par ses commentaires. On lui a reproché cependant, et non sans raison, une latinité affectée et vicieuse, tenant plus du style d'Apu- We que de celui de Cicéron. Ii n'avait pas non plus une critique aussi saine ni un aussi bon jugement que son érudition était étendue; les objets étaient un peu confus dans sa tète et quelquefois dans ses écrits. C'est lui, je crois, que l'on a comparé le premier à une bonne boutique mal rangée, comparaisôn , cependant, dont bien d'autres érudits ont pu, comme lui, fournir l'idée. Il publia un grand nombre d'ouvrages, dont les principaux sont : I Caii Secundi Historice naturalis libri 27, cum brevibus nous, Parme, 1476 Trévise, 1479 Paris , 1516, in - fol. Il venait d'arriver à Parme , et n'avait que dixneuf ans, quand il rédigea les notes qui accompagnent cette édition. Il avait repris cet auteur , et y avait fait d'amples commentaires; mais l'exemplaire de Pline sur lequel il les avait écrits lui fut volé à Bologne, et il mourut avec le regret de n' avoir jamais pu le retrouver. 2. Annotationes in commentarios Servii Virgilianos, Bologne, 1482 5° Propertii Opera cura commentarils , Bologne, 1487 ; Venise, 1495 ; Paris, 1604 4. An- notationes in varios authores antiquos , Bologne, 1488 ; Venise., 1489 ; Brescia, 1496. 5. Orationes , Paris, 1490 , ibid. et Lyon , 1492 , Bologne, 1 491 6° Un second recueil intitulé Orationes, Prce- fotiones, Prœlecliones, etc. , Paris, 1505, 1507, 1509, 1515 où se trouvent plusieurs opuscules d'au- ires auteurs; mais il y en a près de trente de Beroaldo, tant en prose qu'en vers . Outre ces trois éditions, il en fut fait au moins six autres, et cependant cet ouvrage est rare. 7° Declamatio ebriosi, scortatoris , et aleatoris, Bologne, 1499 ; Strasbourg, 1501 ; Paris, 1505 , in - 4' , etc. Cette dissertation singulière a été traduite , ou plutôt paraphrasée en français, et imprimée sous ce titre : Trois déclama- tions esquelles l'ivrogne, le putier et le joueur de de;, frères , debattent lequel d'eux trois , comme le plus vicieux , sera privé de la succession de leur père. Invention latine de Philippe Beroalde, poursuivie et amplifiée par Calvi de la Fontaine , Paris , 1556 Il y en aussi une traduction en vers, sous le titre de Procès des trois frères, par Gilbert Damans, Lyon, 1558 8. Il faut ajouter à cette liste plusieurs éditions d'auteurs latins, avec des notes et des préfaces, tels que Suétone, Apulée, AuluGelle, Lucain, et beaucoup d'autres, dont parle Niceron dans le t. 25 de ses Mémoires
  • Philippe BERTRAND( 1664 - 1724) : sculpteur, né à Paris en 1664, fut reçu à l'académie sur un groupe en bronze représentant l'Enlèvement d'Hélène. 11 travailla pour les églises de Paris et les maisons royales. 11 fit entre autres la Force et la Justice dans les panneaux des arcades du choeur de NotreDame ; St. Salyrus, aux Invalides ; l'Air, pour le château de Trianon. La ligure du Christ, l'une des deux qui furent longtemps placées à la Samaritaine sur le PontNeuf, était aussi de Bertrand. On lui doit encore les basreliefs de la porte triomphale érigée par la ville de Montpellier en l'honneur de Louis XIV Après avoir longtemps souffert avec constance les atteintes de la gravelle, cet artiste estimable, mais qui ne fut pas du premier rang, mourut à Paris, en 172; , à l'âge de 60 ans
  • Philippe BERTRAND( 1730) : géologue et ingénieur, né vers 1750, près de Sens, au château de la Commanderie de Launay, dont son père était régisseur, fut admis jeune dans le corps du génie civil, et employé successivement dans l'Auvergne, les Alpes et les Pyrénées. Il sut mettre à profit ses excursions pour acquérir des connaissances étendues dans les différentes branches de l'histoire naturelle , mais surtout dans la géologie. Ses études scientifiques ne le détournaient point des devoirs de son état ; et en 1769 il fut nommé ingénieur en chef de la province de la FrancheComté. Lachiche , officier du génie militaire, sollicitait à cette époque, du gouvernement, l'exécution d'un canal du Rhône au Rhin, par la Saône et le Doubs. Le mémoire et les plans qu'il avait adressés au ministre furent renvoyés à l'examen de Bertrand. Cette entreprise présentait des difficultés qu'il exagéra dans urirapport, moins peut-être par une basse jalousie, caiiilme Lachiche le lui a reproché, que par suite de la tuésintelligence qu'on a toujours vue subsister entre les ingénieurs civils et les ingénieurs militaires. Le projet du canal du Rhône au Rhin fut donc ajourné. Peu de temps après, Bertrand présenta un plan pour rétablir la navigation du Doubs à la Saône, non telle qu'elle avait existé jadis par le lit de la rivière du Doubs, mais en construisant, de Dôle à StJeandeLône, un canal qui joindrait à l'avantage d'abréger le trajet de huit lieues sur onze celui de rendre la navigation praticable en tout temps. C'était le projet proposé par Lachiche dès 1765. En supposant qu'il se fût trompé sur les nivellements et sur quelques autres détails d'exécution, il n'en avait pas moins eu le premier l'idée du canal de dérivation, et il était juste de lui en laisser l'honneur Mais Bertrand, après avoir fait exécuter le plan de Lachiche, soutint qu'il n'en avait jamais eu connaissance. Malgré toutes les réclamations de Lachiche , un arrêt du conseil du 9.5 septembre 1785, autorisant la construction du canal de Dôle à StJeandeLône, confia la direction des travaux à Bertrand, qui les adjugea le 5 novembre suivant, pour la somme bien insuffisante de 610,000 livres. Nommé en 4787, inspecteur général des ponts et, chaussées, il laissa le soin d'achever ce canal à son successeur, et vint à Paris prendre part aux travaux de la direction du génie. Depuis qu'il n'avait plus à redouter la concurrence de Lachiche, les obstacles fiel avait trouvés dans le projet de jonction du Rhône au Rhin ne lui paraissaient plus insurmontables. Il présenta donc en 1790, à l'assemblée nationale, un mémoire dans lequel il montre toute l'importance que peut avoir la réunion de ces fleuves au moyen de la rivière du Doubs ; mais n'osant pas se donner pour l'auteur de ce projet, et ne voulant pas en restituer l'honneur à Lachiche, il l'attribue aux Romains, qui paraissent en effet avoir conçu l'idée d'un plan général de canalisation des Gaules. Lachiche, comme le véritable auteur du projet, demanda que l'exécution lui en fût confiée ; mais on jugea qu'il n'était pas sans inconvénient de charger un ingénieur militaire d'un travail qui rentrait dans les attributions des ponts et chaussées. On se contenta donc de lui accorder une indemnité pour ses plans, et l'adoption du projet de Bertrand fut décidée. La traversée de la ville de Besançon offrait de grandes difficultés. Bertrand proposa de l'éviter en perçant le rocher sur lequel la citadelle est placée ; mais les négociants insistèrent pour le passage du canal sous les murs de la ville, et leur demande, appuyée par le génie militaire, a prévalu, malgré toutes les objections des ponts et chaussées. La portion du canal de Dôle à Besançon fut terminée en 1820 ; celle de Besançon à Mul?ausen, en 1829; et ecette grande entreprise fut entièrement achevée en 1852. Bertrand n'eut pas la satisfaction de voir exécuter son projet : il était mort à Paris en 1811. Depuis 1786 il était membre de l'académie de Besançon, et correspondant de la société d'agriculture du département du Doubs, depuis son organisation en 1800. Outre quelques articles insérés dans le Journal des Mines, t. 7-9, dont on trouvera les titres dans la France littéraire de M. Quérard, t. 1", p. 512-15; on a de Bertrand : 1° Projet d'un canal de naviga-, lion pour joindre le Doubs à la Saône, Besançon, 1777 de 57 p., avec un plan. Ce canal est celui . 90 Précis de l'affaire concernant le canal proposé sous la citadelle de Be- sançon, pour la jonction du Rhône au Rhin, ibid., 1805 M. Félix Muguet publia des Réflexions sur le précis, etc. 10. Avis important sur le canal de l'Ourcq, ibid., 1805
  • Philippe BINASCO ou BINASCl : poëte italien du 16e siècle, était né à Binasco, village du duché de Milan, dont il prit le nom. Il cultivait paisiblement les lettres et la poésie, à Milan, quand les Français y portèrent la guerre. Il est à croire que , soit par (les vers contre eux, soit pour d'autres raisons de cette nature, il s'attira leur inimitié particulière, car il se crut obligé de fuir dans différentes parties du Milanais; étant enfin tombé entre leurs mains, il fut jeté dans une prison humide où il perdit la vue. G hilini attribue sa fuite à la peur, et sa prison à l'impossibilité de lui et de ses parents de payer une rançon. Binasco mourut à Pavie, en 1576. Il était un des fondateurs de l'académie des Allidati de cette ville. On a de lui un volume de Rime, ou poésies diverses divisé en 2 parties, qui ne parut qu'après sa mort. La 1" partie fut imprimée à Pavie, 1588 la 2e, qu'il avait composée depuis sa cécité, le fut l'année suivante'. On trouve aussi de ses poésies dans plusieurs recueils
  • Philippe BILLONET( 1684 - 1720) : bénédictin, né à Rouen eit 1684, fit profession dans la congrégation de StMaur le 5 février 1705, et mourut à Orléans en 1720, à 56 ans. On avait une si haute idée de sa capacité, qu'il fut choisi, à l'âge de vingthuit ans, pour professer la langue hébraïque dans l'abbaye de StEtienne de Caen. Nommé plus tard pour disposer la bibliothèque du monastère de BonneNouvelle d'Orléans, qui venait d'être rendue publique, sa trop grande ardeur pour l'étude lui coûta la vie. Il a fait, de concert avec Fr. Méry, le catalogue intitulé : Bibliotheca Prustelliana , Orléans, 1721
  • Philippe BORNIER( 1634 - 1711) : né à Montpellier, le .15 janvier 1654, d'une ancienne famille de robe, fut lieutenant particulier au présidial de cette ville, et y mourut le 22 juillet 1711. Il présida pour le roi aux assemblées synodales qui se tinrent en Languedoc jusqu'à la révocation de l'édit de Nantes, dont il fut commissaire exécutent', et les deux partis rendirent justice à sa prudence et à sa modération dans ces conjonctures difficiles. On a de lui : 1° Conférence des nouvelles ordonnances de Louis XIV avec celles de ses prédécesseurs, Paris, 1678 Cet ouvrage, qui était classique pour le droit français, est relatif aux ordonnances de 1667 à 1675 pour la réformation de là justice; on en a fait au moins dix éditions; celle de 1719, augmentée par M*** , ainsi que celle de 1729, renferme de nouvelles notes ; la dernière est de 1760, 2 vol. 2° Commentaire sur les conclusions de Ranchin : Stephani Ranchini Miscellanea decisionum seu resolutionum jurés , cum nolis Bornerii, Genève, 1709 ; ibid.. 1711. Les principales questions de droit y sont décidées, tant d'après les lois romaines que par les arrêts des divers parlements de France. 5. Traité des donations, demeuré manuscrit, de même que son Traité des légitimes
  • Philippe BOSQUIER( 1561 - 1636) : religieux récollet, né à Mons, dans la Hainaut, en 1561, étudia en théologie à l'université de Paris. Ses supérieurs l'envoyèrent à Rome , où ses talents lui méritèrent la protection du cardinal Baronius. De retour en Flandre, il mit en ordre ses ouvrages , et les fit imprimer à Cologne , en 1621, 3 vol. Il mourut à Avesnes en 1636, àgé de 75 ans. Philippe Bosquier s'était acquis la réputation d'un bon prédicateur : ses sermons sont cependant infectés de tous les défauts qui déshonoraient la chaire à cette époque. La collection de ses ouvrages ne se trouve plus que dans les grandes bibliothèques ; mais on en recherche encore quelquesuns , à raison de leur singularité : Beauchamps dit que cette pièce est intitulée le Petit Rosaire des ornements mondains, mais il se trompe. 2. L'Académie des pécheurs, Mons, 1596 réimprimée sous ce titre : le Foua de l'académie des pécheurs, Arras, 1597, petit
  • Philippe BOUCHER( 1691) : né à Paris, le 15 septembre 1691, d'une famille distinguée dans le commerce, est principalement connu pour avoir été le premier auteur de l'écrit périodique intitulé : Nouvelles ecclésiastiques , ou Mémoires pour servir à l'histoire de la constitution Unigenitus. Forcé, par les recherches de la police, de se réfugier en hollande, puis à Maëstricht , il ne cessa d'y travailler pendant les deux ans que dura son exil. La plupart des discours qui se trouvent à la tête de chacune des premières années sont de sa composition. Cet ouvrage, commencé en 1727, à l'occasion du concile d'Embrun, continué par MM. de Troya, la BocheFontaine et autres, a subsisté, sans interruption, jusqu'à la l'évolution. Alors les théologiens appelés jansénistes s'étant divisés sur la constitution civile du clergé, l'abbé Jabineau, aidé de MM. Blonde et Maultrot, les continua sous le même titre, dans un sens opposé à cette constitution. La mort du directeur en chef, arrivée vers la fin de 1792, les fit discontinuer. L'abbé de StMarc, dans le parti opposé, de concert avec Larrière , les conduisit jusqu'en 1793, que l'abbé Mouton, retiré à Utrecht, s'en chargea, et elles n'ont cessé qu'à la mort de ce dernier, en 1805. L'abbé Boucher, étant écolier de rhétorique au' collége de Beauvais , avait composé , pour la fête des StsInnocents, une hymne latine que le célèbre Rollin jugea cligne de l'impression, et qui fut effectivement imprimée. Il publia , en 1731 , quatre lettres en faveur des miracles du diacre Pàris, sous le titre de Lettres de l'abbé de l'Isle, parce qu'il était alors à l'IsleAdam ). L'année suivante, il fit paraître une Analyse de l'Epare aux Hébreux , qui était le fruit de ses entretiens avec l'abbé Duguet. 11 est encore auteur du discours qui est à la tète des Lettres théologiques contre Berruyer, par l'abbé Gaultier. Ses autres ouvrages sont restés manuscrits. Ils roulent presque tous sur l'Écriture sainte, dont il avait fait sa principale étude. Il y a aussi de lui une dissertation en faveur de la primauté du pape. L'abbé Boucher n'était que diacre. Il fut tourmenté de la pierre pendant les sept dernières années de sa vie, et mourut à Paris, le 5 janvier 1768, dans de grands sentiments de piété. — Elie- Marcoul BOUCHER, docteur de Sorbonne , né à Compiègne, et mort le 19 mars 1754, a aussi travaillé aux Nouvelles ecclésiastiques, depuis 1715 jusqu'en 1735
  • Philippe BRIGANTI( 1752) : économiste italien, qui est resté presque inconnu dans les DeuxSiciles, et n'a obtenu d'article dans aucune biographie générale, naquit, en 1725, à Gallipoli. Son père, grand jurisconsiilte , le destina au barreau, et le fit recevoir avocat ; mais, s'ennuyant bientôt de son état, Philippe entra comme cadet dans le régiment Le père de Briganti était conna dans le royaume de Napla nar 511 ouvrage fort estitué, intitulé k Praticien triiiiinalide, ains : Frammenti lirici de' [ asti greci e romani, 'ecce, 1797. Tacite était son auteur favori ; il le sa- it par cœur. Briganti mourut en 180'1, et son , rps fut déposé dans le caveau de sa famille, à lé- lise des franciscains réformés de Gallipoli. . Les œuvres de Briganti ont été publiées dans ces dernières années tant à Naples qu'à Ve- ; nise, et le marquis de Tommaso, son compatriote, a fait paraitre à Gallipoli ses œuvres posthumes en 2 vol. précédées d'un éloge historique de ce célèbre publiciste, qui contient des détails curieux sur sa vie et des analyses fort étendues de ses ouvrages. Cette publication n'a pas ajouté à la réputation de l'auteur. Si ces écrits sont remarquables par la force et la profondeur de la pensée, ils ne le sont ni par l'élégance ni par la clarté du style ; et l'on ne peut clouter que ce ne soit une des causes qui ont nui à leur succès.
  • Philippe BRASSEUR( 1597) : né à Mons vers 1597, fit ses humanités dans cette ville, où il eut pour régents les PP. Jean Sébastien et Alartl Baschie, savants jésuites, dont il fait l'éloge p. 61 et 79 de son Par sanctorum martyrum. 11 étudia ensuite la philosophie et la théologie à Douai ; et, après avoir été ordonné piètre, il retourna dans sa ville natale pour s'y livrer à la prédication et à la confession jusqu'à la fin de sa vie, qui ne se prolongea guère au delà de 1650. La poésie latine, appliquée spécialement aux antiquités religieuses du Ilainaut, occupa tous les loisirs de Brasseur. Pour ne rien hasarder dans la partie historique de ses ouvrages, il visitait à pied les monastères, les églises et autres lieux célèbres de la province à laquelle il avait consacré ses loisirs et son talent. Il parcourut ainsi phis de deux cents lieues en petits voyages, qui lui occasionnèrent de grandes fatigues et des dépenses considérables. Tout le fruit que Brasseur recueillit de ses travaux et de ses publications, ce fut d'ètrè dédommagé des sommes _payées aux imprimeurs. Pagne, le seul des biographes qui ait parlé d'une manière circonstanciée de cet écrivain, donne un catalogue étendu de ses ouvrages. Ce sont pour la plupart des brochures peu importantes et en vers sur des légendes ou des miracles. Les plus remarquables sont : Sy- dera illustrium Harmonie scriptorum, Mons, 1637 Ce volume contient, en quelques vers médiocres et vagues, les éloges de deux cent quatrevingtseize personnes, dont un grand nombre ne sont ni des astres ni des illustres, ou n'appartiennent au Hainaut que d'une manière fort éloignép, comme par exemple JusteLipse, qui y est cité deux fois, d'abord parce qu'il étudia à Ath, ensuite pour avoir écrit sur la vierge de Halle, ville qui dépendait jadis du Hainaut. Ce que dit Brasseur de Jacques de Guyse, ainsi que des autres écrivains et artistes, est peu de chose. Il le fait naître à Mons, et c'est l'opinion commune, adoptée par le savant marquis de Fortin ; cependant il eût été bon de remarquer qu'un ancien manuscrit de ses chroniques, vu par le marquis du Chasteler à Vienne, indique Chièvres comme le lieu de sa naissance. Une question plus intéressante, que Brasseur n'avait garde de débattre, c'était celle de la confiance que mérite J. de Guyse. M. de Fortia ne révoque point en doute la bonne foi de cet historien. Mais n'estil pas prudent d'user d'une extrème réserve dans l'examen de tant de faits appuyés sur des erreurs évidentes, sur des titres manifestement controuvés? Ne fautil pas redouter à la fdis l'excès de la crédulité et du scepti- cisme? Au reste, il ne faut pas croire que les savants belges, en démêlant leurs origines, ne connaissaient pas J. de Guyse, et qu'ils seraient arrivés à de tout antres résultats, s'ils l'avaient eu entre les mains. Cela est plus que douteux. En effet, les Butkens, les Lemire, les d'Outreman, les ChifIlet, les Meyer, les Delewarde, etc., avaient étudié les Annales du Hainaut, ils les invoquent et les jugent en connaissance de cause. Bien plus : M. de Nelis, venu après eux, en a fait une critique à laquelle il est difficile de ne pas souscrire. Le titre de Sydera annonce que c'est la troisième et dernière partie d'un Han- nonicus Prodromus, où l'auteur devait s'occuper d'abord des saints et ensuite des dignitaires ecclé- siastiques du Hainaut. Dans l'avis au lecteur, il convient qu'il aurait pu traiter son sujet en prose, mais la prose veut des faits, des notions sûres et détaillées, et il lui en manquait encore plusieurs; néanmoins, ajoutetil, quod differtur, nt aiunt, non an fertur, ce qui est différé n'est pas perdu. Il songeait donc, car il était riche en projets, à publier une histoire littéraire du Hainaut. 2° Aquila S. Guide» ad Ursidungum prœvia, seu ejusdem vita, miracula et magnalia : subjecta aliquot ejus ecclesiœ sanctorumpanegyris, Mons, 1644 11 en avait paru une première édition sous ce titre : Ursa S. Guisleno prœvia. 5° Cervus S. Humberti, episcopi et primi abbalis Maricolensis, 20 elegiis adornatus, Mons, 1638 4° Par sanctorum Martyrum, hoc est SS. Marcellinus et Parus , Hannoniensis ecclesice paironi, 2° édition, Mons , 1645 5° Diva Virgo Camberonensis , ejusdemque ccenobii sancti quidam, reliquice plurimoe abbates mimes. tonique tnagnates in eo sepulti, Mons, 1659 6° Par sanctorum Prcesulum, id est; S. Foillanus, episco- pus et martyr, item S. Siardus, abbas ; prcemissa ori- gine monasterii ejusdem S. Foillani apud Rhodium, Mons, 1641 7' Dionysiani monasterii Sa- crarium, seu ejusdern sacroe Antiquitates, versibus illustratœ, Mons, 1641 Historiale Specu- lum ecclesice et mottasterii S. Joannis Valencenensis, Mons, 1642 2. 9° Panegyris sanctorum Han- nonice, Mons, 1644 10° Origines omnium Hannonice cœnobiorum octo libris breviter digestoe. Pertinenter subnectitur auctarium de collegiatis ejus- dem provineice ecclesiis , tnajoris opens primitias edebat, Mons, 1650 de 481 pages. Cet ouvrag,e, rédigé en prose et plus substantiel que le précédent, avait été détaché d'une compilation plus considérable intitulée : Hannonia cœnobitica. Jean Coule, abbé de Cambron , en avait déjà accepté l'hommage ; mais la mort de ce prélat, et les malheurs de la guerre avaient empèché qu'elle ne fût publiée en entier. L'auteur la gardait donc en portefeuille, et s'occupait à l'augmenter, à la corriger sans cesse, la réservant pour des temps plus sereins. Le plain en est indiqué dans la préfaces des Origines. Elle devait renfermer un grand nombre de bulles et de diplômes, avec des notices sur des écrivains monastiques. A l'apparition d'un tel livre, Brasseur fût devenu un Tite- Live; jusquelà il n'était qu'Un Curlius, par allusion à Curtior et à Quinte.• Curce: c'est du moins le compliment que lui adresse Jean Van den Zype de Malines. Valère André attribue à Brasseur une Bibliothcca flannonice, qu'il dit avoir été imprimée à Mons en 1639 mais les perquisitions de Paquot et les nôtres nous autorisent à affirmer qu'un semblable répertoire , auquel tra- • vaille, assureton, M. Delmotte, bibliothécaire de la ville de Mons, n'a jamais vu le jour
  • Philippe BRIET( 1601 - 1668) : né à Abbeville en 1601, entra dans la compagnie de Jésus à l'âge de dixhuit ans, enseigna les humanités dans différents collèges, fut bibliothécaire du collège de Paris, et mourut le 9 décembre 1668, à l'àge de 68 ans, après avoir composé plusieurs ouvrages, dont le meilleur et le plus connu est : Parallela geogra- phice veteris et nome, Paris, 16-'d8 et 1649, 5 vol. avec 125 cartes en tailledouce ; le 5° volume a pour titre : Parallela geographica Ralice veteris et novas, 1649. Il y a peu de recherches neuves dans cet ouvrage, mais il est savant et méthodique I malheureusement les trois volumes imprimés ne contiennent que l'Europe. L'Asie et l'Afrique devaient former trois volumes qui n'ont pas été publiés. Ce n'est point , comme on l'a dit parce que les maladies de l'auteur l'empêchèrent de les achever, puisqu'il n'est mort que vingt ans après, et que, durant ces vingt ans, il a publié divers autres ouvrages. D'ailleurs Lenglet Dufresnoy dit le que P. Briet avait terminé celuilà, et que le P. Hardouin supprima le manuscrit ; mais il avoue ailleurs qu'il a été trompé par un rapport inexact, et que l'ouvrage n'a pas été imprimé. Il as- sure pouirtant avoir vu les cartes gravées d'une portion de l'Asie qui n'a point paru. Quant au texte, il est certain que le manuscrit original, conservé dans la bibliothèque des jésuites, passa, à la suppression de leur ordre, dans celle de l'abbé Brotier. 2. An- nales mundi, sive Chronicon, ab orbe condito ad annum Christi, Paris, 1665 en 7 vol. Mayence, 1682 ; Venise, 1693, 7 vol. Cette dernière édition est la meilleure et la plus complète ; l'ouvrage est estimé. L'auteur suit, à peu de chose près, la chronologie du P. Pétau. 5. Theatrum geographicum Europce veteris, 1653 4° „ re- nia Delphino oblaia, nomine collegii Rothomagen- sis, Rouen, 1659 5. Elogium pains Jac. Sirmondi, S. J., Paris, 1651 on y trouve le catalogue par ordre de dates de tous les ouvrages du savant P. Sirmond. Continuatio Tursellinia- 7103 Epitomes historiarum, Paris, 1659, souvent réimprimé à la suite du Tursellin. 7. Acute Dicta om- nium veterum poetarum latinorum ; prcelixuna de omnibus iisdem poetis syntagma, Paris, 1664, 1684 et 1691 Briet a aussi fait le 5° volume de la Concorde chronologique du P
  • Philippe BUACHE( 1700) : né à Paris, le 7 février 1700, se distingua d'abord dans l'art du dessin, et commença par remporter un premier prix d'architecture ; mais Delisle le géographe se l'attacha, et il se livra tout entier à la géographie. Le roi ayant établi à Paris un dépôt de cartes, plans et journaux de la marine, sous la direction du chevalier de Luynes, le jeune Buache, quoique àgé seulement de vingt et un ans, fut nommé pour classer et met- tre en œuvre les matériaux qu'on y avait rassem- blés : il a été pendant dixsept ans attaché à ce dépôt. Il n'avait que 800 livres d'appointements par an, et refusa cependant d'aller en Russie, où Delisle l'astronome cherchait à l'attirer par des offres brillantes. Delisle le géographe étant mort, Buache s'acquitta envers son bienfaiteur par les services qu'il rendit à sa veuve, dont il épousa la fille unique, en 1729. Il la perdit peu d'années après, et se maria en secondes noces, en 1746, à ElisabethCa- therine Mirmont, bellesoeur de Pitrou, inspecteur I général des ponts et chaussées, qui avait été son premier maître. Ainsi la reconnaissance avait formé les nœuds de ses deux mariages. N'ayant point eu d'enfants, il prit avec lui deux jeunes gens de ses parents, qui l'ont aidé pendant quinze ans dans ses travaux. A l'âge de vingtfleur ans, Buache fut nominé premier géographe du roi, et ce fut en sa faveur que l'on créa aussi une place de géographe dans l'académie des sciences, dont il devint membre en 1730. 11 mourut le 24 janvier 1775, àgé de près de 75 ans. Successeur de Delisle et prédécesseur de d'Anville à l'académie des sciences, Buache est loin BoaChe publia le résultat des recherches relatives à cet objet, sous le titre de Considérations géographiques ei physiques sur les nouvelles découvertes au nord de la grande mer, appelée vulgairement la mer du Sud, avec des cartes, Paris, 1753, 5 parties ouvrage déjà imprimé en 1752, dans le recueil de l'académie des sciences. Depuis que les progrès de la navigation et les voyages de découvertes ont jeté une vive lumière sur l'état du globe vers le pôle sud, les hypothèses les plus importantes de Banche ont été trouvées fausses. On ne peut s'empècher de sourire aujourd'hui en voyant sur les cartes de cet auteur quelques petites portions de la Nouvelle-. Zélande, dont on n'avait pas encore fait le tour, et quelques autres terres moins considérables et dont l'existence est méme douteuse, converties en deux immenses continents, tout à fait distincts de la NouvelleHollande, et méme de la terre de Diémen. Buache en dessine les rivages, et nous assure gravement que le plus grand de ces nouveaux inondes doit avoir, le long et près des côtes, une chaine montagnes comme les Cordillères d'Amérique, et des fleuves aussi considérables que ceux de la Sibérie. Cette idée d'un grand continent austral a été empruntée aux anciens. Manilius en fait mention dans son poilme de l'Astronomie, et Pomponius 'Mêla y place la grande nation des Antichthones. L'Atlas physique de Bunche, publié en 1754, est composé de vingt planches, petit dont quelquesunes sont relatives au nivellement de Paris; mais on n'y a pas inséré la carte qui contient le Parallèle des fleuves des quore- parties du monde, une des plus ingénieuses de Fauteur, et une des plus utiles pour l'intelligence de son système. On la trouve dans les Mémoires de l'académie des scien- ces, année 1755, p. 587, pl. 21. Les autres volumes de ce recueil renferment différents travaux relatifs à ce système, ou à d'autres points de géographie 10 Recherches géographiques sur l'étendue de l'em- pire d'Alexandre, etc., avec 1 carte . 2° Con- sidération d'une nouvelle boussole, etc., avec 1 planche . 5. Observation sur l'étendue a la hauteur de l'inondation du ) nos de décembre 1740 . 40 Exposé d'un plan hydrographique de la tille de Paris, avec 3 cartes . 5° Essai de géographie physique, etc., avec 2 cartes . 7° Considérations géographtques et physiques sur les terres australes ou antarctiques . 80 Mémoire contenant les raiS011S d'une nouvelle disposition de mappemonde pour étudier l'histoire , surtout des premières peuplades , etc. . 100 Sur la Construction de l'ancienne carte itinéraire connue sous le nom de Peutinger . 11° Observations géographiques sur les iles de France et de Bourbon, comparées l'une avec l'autre . 12° Exposé de divers objets de la géographie phy- sique, concernant les bassins terrestres des fleuves et rivières qui arrosent la France, etc., et en par- ticulier sur celui de la Seine . luache a revu et publié, avec des changements, un assez grand nombre de cartes de Delisle, son beaupère.
  • Philippe BUISTER( 1595) : sculpteur, né à Br,uxelles en 1595, passa la moitié de, sa vie dans son pays natal, et vint ensuite se fixer à Paris, où ses talents furent utilement employés. Il fit pour le parc de Versailles un groupe de Deux Satyres , une Flore, un Joueur de tambour de basque , le Poilme satiri- que et plusieurs autres ouvyaÉ,,es. Son morceau le plus considérable est le tombeau du cardinal de la Rochefoucauld' grand aumôrfier, placé autrefois dans une chapelle de SteGeneviève.
  • Philippe BUNOU( 1680) : jésuite , né à Rouen vers 1680, y professa la théologie pendant plusieurs années, et mourut recteur du collége de son ordre à Bennes, selon quelques biographes, mais à Nantes, suivant l'abbé Goujet, le 11 octobre 1759. On a de lui un Traité des baromètres, Rouen, 1710 et un Abrégé de géographie, suivi d'un dictionnaire géographique latin el français, Rouen, 1716 Ce dernier ouvrage peut encore être utile aux jeunes gens, que l'auteur a eus en vue. Le P. Bunou cultivait la poésie française, et on a imprimé sa traduction en vers des Fontaines de St- Cloud et du Théâ- tre des Naïades, deux pièces du P. Commire , dans le recueil des poésies latines de ce dernier, Paris, 1754, 2 vol
  • Philippe BUONAMICI( 1705 - 1780) : naquit à Lucques en 4705. Après avoir rempli avec distinction une chaire d'éloquence et de poésie, il se livra à l'étude de la théologie, et fut chargé, par M. Colloredo, archevèque de Lucques, de rédiger les actes de son synode. Appelé à Borne par Lucchesini, secrétaire des brefs, il fut fait son substitut, place créée uniquement en sa faveur par Benoît XIV. Le premier ouvrage qui donna au public une idée avantageuse de ses talents fut l'oraison funèbre de Lucchesini, que sa reconnaissance pour un tel patron lui inspira , en 1745. Peu de temps après, il publia des vers estimés sur le rétablissement de la cathédrale de Bologne par Benoît XIV. Ils furent suivis d'autres compositions du mème genre en l'honneur des cardinaux Enriquez et Vàlenti. Chargé par sa république de traiter des affaires importantes avec le souverain pontife, il y réussit à la satisfaction de toutes les parties, ce qui lui valut le titre d'agent de cette république auprès du saintslége, poste honorable qu'il quitta dans la suite pour prendre la place distinguée de secrétaire des brefs pondes lettres latines, à laquelle Clément X IV l'éleva. 11 témoigna sa reconnaissance pour ce pontife par l'oraison funèbre qu'il en prononça dans le Vatican. Buonamici mourut le 50 novembre 1780. Son principal ouvrage est intitulé : de Claris pontificiarum epistolarum Scriptoribus, en forme de dialogues. La I" édition de 1753 est dédiée à Benolt XIV , et la 2", considérablement améliorée , à Clément XIV. M. Gaetan Marini a suppléé aux omissions de cette seconde édition dans son duvrage degli Archiatri Ponti fici, Borne, 1781 Buonamici publia , en 1776, la vie d'Innocent XI, qui déplut aux jésuites, par la manière dont il y parle des affaires du jansénisme. Il se proposait de ' faire paraître d'autres productions lorsque la mort l'arréta dans ce projet. Son style est simple, clair, et ne manque pas d'élégance. Ses ouvrages en latin et en italien, en prose et en vers, ont été réunis avec ceux de son frère, dont l'article suit, et imprimés à Lucques, 1784, 4 vol. sous ce titre Philippi et Castruccii fratrum Bonamicorum Lucen- sium Opera omnia
  • Philippe BUONANNI( 1638 - 1725) : jésuite, né le 7 janvier 4658, à Rome, où il est mort le 50 mars 1725. 11 a exercé avec beaucoup de distinction différents .emplois de son ordre, et a composé plusieurs ouvrages, dont la plupart traitent de l'histoire naturelle Ricreatione del occhio el della mentemell' osserva- zione delle chiocciole... con quattrocenti e cinquarta figure di testacei diversi, Rome, 1681 tra- duisit cet ouvrage en latin, afin de le rendre plus généralement utile, et il parut sous ce titre : Recrea- ho mentis et oculi in observatione animalium testa- ceorum, Rome, 1684 avec des planches contenant cent figures deplus que l'édition italienne: ce sont des observations microscopiques. 2° Obser- rationes circa viventia, Due in retins non viventibus reperiuntur, cum micographia curiosa, Rome, 1691 avec AO planches; il y décrit au microscope, les fleurs, la poussière des étamines et les graines, ainsi que de trèspetits champignons. 5' Histoire de l'église du Vatican, avec les plans anciens et nouveaux , Rome 1696 en latin , avec 86 planches. 4° Recueil des médailles des papes , depuis Martin V jusqu'à Innocent XII, Rome, 1699, 2 vol. en latin, ouvrage bien plus exact que celui du P. du 11Iolinet, dont il relève plusieurs fautes. 5° Catalogue des ordres tant religieux que militaires et de chevalerie , avec des figures qui représentent leurs habillements, en latin et en italien, Rome, 1706, 1707, 1710 et 1711, 4 vol. : cet ouvrage est précieux pour les figures et l'exactitude des cos- turnes. 6. Traité des vernis, traduit de l'italien, à Paris, 1715 70 Gabinetto armonico pieno d'instromenti sonori indicatie spiegali, Rome, 1716; ibid., 1725 avec 177 planches; savant et cu- rieux ; l'édition donnée par Hyac. Cerutti est augmentée d'une traduction française en regard du texte italien ; elle n'a que 145 planches. 8° Musoeum collegii Romani Kirche- rianum, Rome, 1709 C'est la description du cabinet du célèbre Kircher, que l'on conservait au collége Romain. Buonanni fut chargé en 1698 de le mettre en ordre; il en a eu la direction jusqu'à sa mort, et l'a beaucoup augmenté et enrichi; JeanAntoine Battara en a donné une nouvelle édition dans un nouvel ordre, Rome , 1775 Buo- nanni avait préparé une nouvelle édition de la bibliothèque ou liste des écrivains de sa compagnie; Ribadineira avait commencé cette liste, et ce n'était qu'un petit qui fut imprimé à Lyon en 1602 et 1609. Le P. Alegambe y mit la main, et en fit un volume imprimé à Anvers, en 1645. La 4e édi - tion, sous le titre de Bibliotheca Scriptorum societa- lis Jesu, a paru à Rome, en 1676, augmentée de plus de la moitié par le P. Southwel, et avec des tables alphabétique qui en rendent l'usage assez commode
  • Philippe BUONARROTI : descendant de cette illustre famille, sénateur de Florence sa patrie, auditeurprésident de la juridiction ecclésiastique , et savant antiquaire , mort le 8 décembre 1755 , a laissé : 1° Osservazioni istoriche sopra alcuni me- daglioni antichi del cardinal Carpegna, Rome, 1698, grand ouvrage estimé. 2° Osservazioni sopra alcuni frammenti di vasi antichi di vetro, ornati di figure, trovati ne cimiterj di Roma, etc., Florence, 1716 Cet ouvrage, accompagné de gravures et précédé d'une savante préface , mit le sceau à la réputation du président Buonarroti ; il contient trente et une planches gravées , dont la plupart offrent plusieurs ligures, à l'occasion desquelles l'auteur fait les observations les plus savantes sur tous les points d'antiquité qui y ont rapport. Les soixantedix dernières pages de ce volume , en a trois cent vingtquatre , sans la préface , ont pour objet trois anciens dyptiques d'ivoire : le premier représente l'apothéose de Romulus ; le second, un consul ordinaire de Rome en 511, nominé Basile ; le troisième est un de ces dvptiques que l'Église avait imités des dyptiques consulaires , et ne représente que des objets religieux. L'auteur fait briller dans cette seconde partie une érudition aussi profonde et aussi sûre que tlans la première. 5° Ad monts- Menta etrusca ope ri Dempsteriano addita Ex- plicationes et Conjectura, à la suite du t. 2 de l'E- truria regalis , publiée par Dempster. Quoique l'auteur n'y présente ses idées que sous la forme du doute, on a dit, avec raison, que ses conjectures dorment souvent plus de lumière que les assertions d'un grand nombre d'autres antiquaires. 4« Albero genealogico della nobilissima famiglia de' Buonar- roti. Cori l'a publié dans ses notes sur la Vie de Michel- Ange , composée par Condivi , Florence, 1746 G—É•
  • Philippe CAFFIERI( 1634 - 1716) : sculpteur, naquit à Rome, en 1634, d'une famille originaire de Naples, et alliée à plusieurs grandes maisons de l'Italie. Ses ancètres avaient servi avec distinction dans les ar- mées de CharlesQuint et de Philippe II. Son père était ingénieur du pape Urbain VIII, et fut tué devant une ville de guerre, en 1640, n'étant encore àgé que de trentesix ans. Le cardinal Mazarin demanda Philippe Caffieri au pape Alexandre VII, et le fit venir à Paris en 1660. Colbert lui donna un logement aux Gobelins, et l'employa dans divers travaux pour les maisons royales. Dans la suite , le ministre Colbert de Seignelay le fit nommer sculpteur, ingénieur et dessinateur des vaisseaux du roi, et inspecteur de la marine à Dunkerque. Caffieri mourut en 1716. lI avait épousé Françoise Renault de Beauvallon, cousine germaine du célèbre peintre Lebrun. Il en eut trois filles et quatre fils : FrançoisCharles, qui fut nommé, en 1695, sculpteur des vaisseaux du roi à Brest; Philippe, qui devint directeur des postes à Calais ; François , qui mourut à Londres ; et Jacques, né aux Gobelins, en 1678, qui était sculpteur et fondeur ; ce dernier travailla beaucoup pour les maisons royales , et mourut à Paris en 1755. On a de lui plusieurs bustes en bronze, parmi lesquels on remarque celui du baron de Bezenval. Il eut deux fils, dont l'aîné nommé Philippe, né en 1714, mort en -1774, se distingua en faisant avec son père divers ouvrages, entre autres la boîte en bronze destinée à renfermer la fameuse sphère de Passemant, qui avait sept pieds de hauteur. — Le second, Jean- Jacques CAF. lemeat, né en 1723, fut élève de Lemoine , et marcha dignement sur les n'aces de ses pères ; il rem-' porta mème sur eux par des travaux qui réunissent à la Ibis le goôt, l'expression et la vérité. 11 fut nommé professeur de l'académie de peinture, sculp- teur du roi, membre de l'académie des sciences et belleslettres de Rouen, honoraire de celle de Dijon. On distingue parmi ses ouvrages, qui sont en assez grand nombre, les bustes de Corneille et de Piron, qui ornent le fbyer du ThéCitreFrançais, les bustes de Quinault, de Lulli et de Rameau, qu'on voit au foyer de l'Opéra, le buste d'Helvétius, etc. En gé- néral, les bustes de cet habile sculpteur ont été trou- vés supérieurs à ses grands ouvrages, tels que la statue de Ste. Sylvie, qui est aux Invalides ; le groupe de Melpomène et de Thalie, qui a disparu dans l' de l'Odéon, etc. On distingue cependant , malgré ses défauts, la statue de Molière, faite par ordre du roi; et qui fut exposée an salon de 1787. Dans cette ligure, Molière semble épier le ridicule et les iblies humaines, et se proposer de les retracer sur la scène, avec cette force, cet esprit et cette vérite qui n'appartiennent qu'à lui. Un vaisseau eétant rompu dans la poitrine de Caffieri, il devint Sujet à des crachements de sang, dont il crut éviter les suites par de fréquentes saignées; mais ce remède, aussi dangereux que le mal , fut cause de sa mort, arrivée le 21 juin 1792 : il était figé d'environ 69 ans. Il avait été revu professeur à l'Académie en 1763. Jaloux, diton, des talents de ses confrères, et misanthrope par caractère , on l'accusait de ne jamais employer les fèves blanches dans les scrutins de réception; aussi, quand on n'y trouvait qu'une fève noire, on la nommait, en riant, la part vie Caffieri. Dans ses dernières années, il s'était défait de cette habitude
  • Philippe CALENDARIO : architecte et sculpteur italien, fiorissait à Venise en 1554. La république le chargea de construire ces superbes portiqttes, soutenus de colonnes de marbre, qui décorent la vaste enceinte de la place StMarc, et sur lesquels s'élèvent des bâtiments uniformes ornés de basreliefs et de riches peintures. Ce grand ouvrage fut généralement admiré. La république décerna de grands biens à l'architecte, et le doge mème l'honora de son al- liance. On voit à Venise d'autres ouvrages de Calen- dario
  • Philippe CALLIMACHUS EXPERIENS( 1400) : historien, né à SanGeminiano, bourg de 'a Toscane, dans le 15° siècle, était de l'illustre des » Io- naccorsi, nom qu'il changea ensuite pour celui de CALL11ACO lorsqu'il forma , avec Pomponius Lietus et autres savants, une académie, dont les membres changèrent leurs noms en noms latins ou grecs. Le surnom d'Esperiente lui fut ensuite donné à cause de sa grande expérience dans les affaires. Paul H., ayant succédé à Pie II, en 1464, ne vit pas cette aca- démie et ce changement de nom d'un mil aussi favorable que son prédécesseur. Il crut y apercevoir un mystère dangereux, et persécuta les membres de cette réunion avec beaucoup de rigueur. Callimaco eut le bonheur de se sauver, et, après avoir erré longtemps en diverses contrées, il parvint en Pologne vers 1473. 11 y fut accueilli par l'archevêque de Léopold ou Lemberg, et mérita bientôt l'estime de Casimir HI, roi de Pologne, qui lui confia l'édu- cation de ses enfants, et, quelque temps après, le fit son secrétaire. H le chargea dans la suite de plusieurs négociations importantes à 'Constantinople, en 1475; à Vienne et à Venise, en 1486. En 1488, il eut le chagrin de voir sa bibliothèque consumée par un incendie. La mort de Casimir, arrivée en 1492, ne diminua en rien la faveur dont il jouissait. Jean Albert, fils et successeur de ce roi, et qui avait été disciple de Callimaco, mit en lui toute sa - confiance, et lui fit partager son autorité. Ce haut point de gloire dura jusqu'à sa mort, arrivée à Cracovie, le 4" novembre 1496. Tous les ouvrages historiques de Callimaco sont estimés : 1° Attila, ou de Gestis Attilce , sans date Haguenau, 1531 Bide, 1541 et dans les Rerum Hungaricarunt Decades d'Ant. Bontini. 9.. Historia de rege Uladislao, seu clade Varnensi, Augsbourg, 1519 JeanMichel Bruto ne connaissait pas cette 1" édition lorsqu'il en donna une nouvelle sur un manuscrit. Il l'intitula : de Rebus ab Uladislao flungarice et Polonice v 3e gestis ad Casimirum V libri Ires, Cra- covie, 1582 11 y a joint une vie intéressante de Callimaco ), réimprimée à Cracovie, 1581 On retrouve encore cette histoire dans celle de Pologne de Martin Cromer, 1589, et dans le recueil de Bonfini, cité cidessus. 5° De Clade Varnensi Epistola, se trouve dans le t. 2 du Chro- nicon Turcicum de Lonicer, Bàle, 1556, et Franc-- fort, 1578 4° Oratio de bello Turcis infe- rendo et historia de luis Due a Venetis tentata sunt, Persis ac Tartans contra Turcos movendis, Hague- nau, 1553 5° Plusieurs ouvrages demeurés manuscrits, entre autres une histoire de ses voyages, des poésies latines, etc. Paul Jove, dans ses Elogia, fait de Callimaco un portrait peu avantageux ; il le représente comme un homme trèsadonné au vin. A la vérité, celuici avait eu dans sa jeunesse des moeurs déréglés, mais la manière dont il se conduisit en Pologne lit oublier ses premières er- reurs, et il est probable que Jove a cédé ici à un sentiment d'animosité personnelle
  • Philippe CAMUZ ou CAMUS : un des plus féconds auteurs ou traducteurs de nos anciens romans de chevalerie, florissait en Espagne dans le 16° siècle. Lenglet Dufresnoy présume que c'était un Français ou un Wallon qui s'était réfugié en Espagne. Voici les titres de ses ouvrages : le Roman de Clamades et de la belle Claremonde, livre excel- lent et piteux, translaté de ryme du roi Adenez, Lyon, Jean de la Fontaine, 1488 gothique. La 1" édit. est sans indication de lien ni date; on la croit imprimée à Lyon, vers 1480. Ce roman fut réimprimé avec quelques changements dans le titre, à Paris et à Troyes, sans date ; et à Lyon en 1(i20 Duverdier dit que Gainuz traduisit ce roman de l'espagnol, à la requète et commandement de Jean de Crouy, sieur de Chimay. 20 L'Histoire d'Olivier de Castille et Artus d'Algarbe, son loyal compagnon, et de Héleine, fille au roi d'Angleterre, et de Henry, fils dudit Olivier, qui grands faits d'armes firent en leurs temps, translaté du latin, édit. gothique. 11 en existe une autre traduction, par le Gendre de Richebourg : Aventures de Clamades et de Claremonde, tirées de l'espagnol, par M. L. G. D. B., Paris, 1735 fig., trèsrare; Lyon, 1545 ibid., Paris, 1587 Quoique le titre annonce, et que la Croix du Maine et Duverdier disent ce roman traduit du latin, la Monnoie observe qu'on a faussement prétendu que les originaux d'Olivier, de Lancelot, de Tristan, etc., avaient été écrits en cette langue. 3° La Historia de la linda Magalona, y el es forzado cavalier° Pierro, Baeça, 1628 40 Libro del esforzado cavalier° D. Tris- tan de Leonùy, de su grandes hechos in armas, Séville, 1528 Lenglet Dufresnoy croit que ce roman de Tristan est une traduction de l'anglais, faite par Camuz. 4" La Coronica de los notables ca- valleros Tablante de Ricamonte y Jofre hijo del conde de Nason. sacada de las coronicas francesas, Séville, 1629 6° La Vida de Roberto el Diablo, des- pues de su conversion llamado hombre de Dios, Séville, 1629 ; le roman de Robert le Diable est trèsancien ; il fut imprimé en français gothique à Paris, dans le 15° siècle, et à Lyon en 1496 il fait maintenant partie de la Bibliothèque bleue. La plupart des romans de Camuz, ou attribués à eamuz, sont anonymes. Barbier parle, dans son Die- Monnaire des ouvrages anonymes et pseudonymes, d'un Philippe Camuz, Poitevin, qui a traduit de Buchanan l'Histoire de Marie, reine d'Écosse, Édim- urg, 1572
  • Philippe BRUNELLESCHI( 1377) : né en 1577, à Florence. Son père était notaire , et sa mère de la maison des Spini. On soigna l'éducation de Philippe, qui devait succéder à son père ; niais l'esprit de ce jeune homme était plutôt tourné vers les ouvrages de génie que vers les affaires. Sans cesse occupé des sciences et des arts , il étudia successivement les livres saints , les ouvrages du Dante , le dessin , la sculpture, la physique, la mécanique, et la perspec- tive, dont les règles étaient à pèine connues. 11 mo- dela plusieurs figures, et exécuta des machines Cependant l'architecture était la partie qui lui plaisait le plus, et à laquelle il l'apportait ses autres études. Il n'apprit le dessin que pour pouvoir ' exprimer ses compositions d'édifices ; la sculpture, que pour les orner; la mécanique, que pour en enlever les matériaux. 11 étudia aussi à fond les ma- Ad majorent Dei gloriam. Cette devise est, comme on sait, celle des jésuites thématiques et surtout la géométrie, sous la direction de Paul del Pozzo Toscanelli. On ajoute mème qu'il dessina les vues perspectives des principaux monuments de Florence, art considéré pour lors connue trèssurprenant, et qu'il enseigna au célèbre Masaccio. Enfin , toutes ces connaissances , qui paraissent d'abord étrangères les unes aux autres, formèrent par la suite ce faisceau de lumières qui guida Brunelleschi dans ses entreprises hardies, et lui fit obtenir le titre de régénérateur de l'architecture. 11 se fit d'abord cOnnaitre comme sculpteur, et il dut ce talent à sa liaison intime avec Donatello, alors fort jeune, mais déjà trèshabile. D'après ses conseils, Brunelleschi exécuta en bois, pour l'église du StEsprit , une Ste. Marie- Madelcine , qui fut brûlée en 1171 , lors de l'incendie de cette église. Le maitre et l'élève , enthousiastes de leur art , s'exprimaient franchement sur le mérite ou les défauts de leurs propres ouvrages. Donatello, ayant terminé un grand crucifix en bois , pria son ami de lui en dire son sentiment : « Ce n'est point „dit celuici, la ligure « d'un Dieu, niais celle d'un paysan, que tu as mis « sur la croix. » Donatello, piqué de cette sévère critique , répondit : « S'il était aussi aisé de faire « que de juger, mon Christ te paraitrait divin. « Prends du bois, et essaye d'en faire un toimème.» Brunelleschi supporta patiemment cette mordante réplique, retourna chez lui , et y resta renfermé pendant plusieurs mois. Un jour, il engagea Donatello à passer à son atelier; celuici arrive , et reste stupéfait à la vue d'un Christ de inéme dimension que le sien , mais d'un style plus grand et d'une plus belle exécution. Il s'avoue vaincu , embrasse son ami , et va partout publier ses louanges. Tous deux concoururent ensuite pour l'exécution des portes de bronze du baptistère de Florence, avec Jacopo della Quercia, Lorenzo Ghiberti, et plusieurs autres. Les deux amis reconnurent la supériorité de Ghiberti , et dirigèrent le choix du publie et celui des magistrats sur son modèle, qui en efkt était un chefd'œuvre ; et mème Brunelleschi, jugé digne de seconder Ghiberti, refusa de partager l'honneur de cette entreprise. Ce sont ces mémes portes dont MichelAnge disait qu'elles méritaient d'étre les poites du paradis. Brunelleschi et Donatello, toujours amis , et désirant se perfectionner, l'un dans l'architecture , l'autre dans la sculpture , partirent Pont' Rome. Le premier vendit une petite propriété pour subvenir aux frais de leur voyage. Les deux artistes, émerveillés de tous les chefsd'oeuvre qui se trouvaient alors dans cette capitale, travaillèrent avec ardeur. Brunelleschi dessina et mesura tous les monuments antiques. Animé par deux grandes idées, il voulait recréer, en quelque sorte, l'architecture sur les principes des Grecs et des Romains, et surtout il voulait couronner d'une immense coupole , sans y employer le fer, la cathédrale de Florence, Santa Maria del Fiore, entreprise hasardeuse, dont personne n'avait osé se charger depuis la mort d'Arnolphe di Lapo. Brunelleschi ne parlait jamais de cette idée gigantesque , pas mème à son ami ; mais il y pensait sans cesse, en faisait l'objet de toutes ses recherches , et , pour assurer la réussite de ce projet, il dessinait avec soin les voûtes antiques des grandes salles des thermes , des tombeaux , des temples, et particulièrement du Panthéon. Ln 1407, les architectes et les ingénieurs du pays ayant été réunis à Florence pour donner leur avis sur les moyens de couvrir la cathédrale, Brunelleschi revient aussitôt dans sa patrie , hasarde quelques conseils, s'indigne du peu de cas qu'on en fait , et repart pour Rome. Ce qu'il avait prévu arriva : les autres artistes , ayant épuisé leurs moyens, renoncèrent à un projet audessus de leurs forces, et l'on fut obligé d'avoir recours à Brunelleschi. Alors, faisant sentir toute l'importance d'une telle entreprise, il proposa d'appeler à Florence les architectes et les ingénieurs les plus célébres , nonseulement de l'Italie, niais des pays étrangers, persuadé qu'ils ne feraient que rendre son triomphe plus complet. Les artistes accoururent de toutes parts; chacun porta un avis différent. Les uns voulaient faire la voûte de pierreponce, pour qu'elle kit plus légère; d'autres l'appuyaient sur d'immenses arcsboutants, ou bien construisaient un pilier central qui aurait soutenu la retombée d'une voûte annulaire ; enfin on proposa de remplir l'église d'une montagne de terre qui servirait de forme ou d'échafaudage à la coupole , et dans laquelle ou disséminerait une quantité de pièces de monnaie , pour ât , du gain engageât le peuple à débarrasser prompte- ment l'intérieur de l'édifice , lorsqu'il serait terminé. Brumlleschi , porta au style gothique le coup le plus funeste. Alberti et Bramante achevèrent de le détruire, en lui opposant ce mérite style antique qui atteignit bientôt à la perfection entre les mains de Balthasar Perruzzi , de SanGallo de Palladio et de Vignole ; mais il ne faut pas moins restituer à Brunelleschi la gloire de leur avoir our vert la carrière où ils ne se sont illustrés qu'en suivant ses traces. Brunelleschi avait la plus haute idée de son art et le sentiment intime de la force de son génie. Si la nature n'avait point doué cet homme relèbre d'un extérieur agréable , elle l'avait amplement dédommagé par les dons de l'esprit et par les vertus dont elle le décora. Il joignait au génie beaucoup de finesse , de facilité , et , ce qui vaut mieux, une rare bonté. Il avait beaucoup d'envieux, mais pas un ennemi ; il jugeait sans passion du mérite des autres , et oubliait souvent ses propres intérêts pour ceux de ses amis. Il se faisait aimer et respecter des ouvriers, en employant tour à tour la fermeté et la douceur ; il leur communiquait sa prodigieuse activité , et leur inspirait la plus grande confiance. Sa patrie récompensa ses longs et éclatants services, en le nommant, en 1425, membre du conseil degli Signori, place qu'il exerça avec autant d'habileté que de sagesse. Brunelleschi mourut en 1444 , âgé de 67 ans. Son convoi se fit avec solennité, et, quoique le tombeau de sa famille fiit à StMarc , on transporta son corps à SteMarie del Fiore. On lui érigea un tombeau surmonté de son buste, exécuté par Buggiano, son élève. Il avait eu quelques autres élèves, parmi lesquels on dist gue Dominique del Lago Lugano, Jérémie da Cre- mona , sculpteur qui orna Venise de plusieurs ouvrages en bronze ; Antonio et Nicolo de Florence, (lui exécutèrent , en 1461 , à Ferrare , la statue équestre du duc Borso
  • Philippe CATTIER : vivait vers le milieu du siècle. Il était avocat au parlement de Paris. L'ouvrage qui a donné à son nom quelque célébrité est intitulé : Gazophylacium Grœcorum, hoc est 1Wthodus admirabilis secundum quant infra hure sputium possit quis addiscere allumera vocabula quo- cri, etc., Paris, 1651 C'est trop promettre; niais la méthode de l'auteur petit être d'un grand mvcours pour l'étude de la langue grecque. Van BaIrishuysen, professeur à iiartovre, y lit réimprimer cet ouvrage en 1708. Abresch, qui en donna une autre édition à Vtrech , en 177, avec des notes importantes, crut devoir altérer le titre original qui était trop emphatique ; voici celui de son édition : Gazo, phylacium Grœcorunt, set, parle avec peu d'estime (l'un écrit de controverse. théologique, dont le titre parait avoir été : Catéchisme de la doctrine de Saumur, et il ajoute qu'on l'attribue à un certain Cartier, assez savant en grec, mais fort ignorant en théologie. La lettre est- datée de 1648, et il est probable que c'est de notre Philippe Cattier qu'il s'agit. B—ss:
  • Philippe CAVOLINI( 1756 - 1810) : en latin CAUUNUS, professeur de zoologie à l'université royale de Naples, membre de l'académie des sciences de cette ville, et correspondant d'un grand nombre de sociétés savantes de l'Europe , naquit à Naples en 1756. Après avoir terminé son cours de belleslettres, il étudia la physique et la chimie sous d'habiles professeurs. Le célèbre physicien della Torre l'honora de son amitié et lui le goût de l'histoire naturelle. Le zèle avec lequel il cultivait cette science ne l'empêcha pas de suivre les leçons de la faculté de droit ; et il était déjà connu comme avocat , avant d'avoir atteint l'àge fixé pour la réception du laurier doctoral. Son père étant mort dans un âge peu avancé, et à une époque voisine des débuts de Cavolini dans la carrière des lois, il l'abandonna entièrement pour se retirer dans un petit bien qu'il possédait au mont Pausilippe, dont les pieds sont baignés par les eaux de la Méditerranée , trèsabondantes en produc- tions marines et notamment en animaux rayonnés. Ce fut là qu'il commença l'étude des polypiers marins , dont il pouvait observer avec beaucoup de facilité les animaux à l'état vivant, et qu'il décrivit ensuite avec une minutieuse attention. Un jour qu'il contemplait attentivement plusieurs zoophytes , il courut le risque d'être entraîné sous les flots ; et .1a peur qu'il en conçut fut si grande qu'elle occasionna chez lui une fièvre violente qui le conduisit au tombeau, le 25 mars 1810, à peine âgé de 54 ans. M. Théodore Monticelli, secrétaire perpétuel de l'académie des sciences de Naples, a publié en latin une vie étendue de ce naturaliste, Naples, 1810 . Brugnières lui a dédié la Cavoline, genre de mollusques céplialo- phores polybranches; et le naturaliste Abildgaard a donné le nom de Cavolinea milans à une nouvelle plante qui croit sur le bord des eaux. Les principaux opuscules de Cavolini sont : 1° Progymnas- mata de veterum jurisconsultorum philosophia , Naples, 1779 2. Riflessioni sulta memoria dell' abbate Raim. de Termeyer sopra pulce ac- quajola . C'est à tort que Cavolini crut devoir confirmer la prétendue nature androgyne de cet insecte. Jurine, auquel nous devons une excellente Histoire générale des monocles qui se trouvent aux environs de Genève . 4° Alemoria per servire alla storia del fico e della proficazione relativamente al regno di Napoli, libid., t. 5, p. 219. L'auteur était à peine àgé de vingt ans lorsqu'il composa ce mémoire, qui a été reproduit en abrégé par Dominique Cirillo dans les Fundamenta botanices. 50 Memorie per servire alla storia de' polipi marini, Naples, 1785 avec 9 pl dessinées par l'auteur . 95 et 167), traduits en allemand par Sprengel, Nuremberg, 1815. On n'avait encore rien d'aussi complet sur les polypes ; et Bruguières déclare que c'est à Cavolini que nous devons une bonne partie de ce que nous savons sur ces singuliers animaux. Voy. le grand Dict. d'hist. natur., art. CAvouNE.) 6° Nuove ricerche suite gorgonie e suite madrepore, Naples, 1785 avec une planche. 7° Memorift sulla generazione dei pesci e dei granchi, Naples, 1787 lig.; traduit en allem. par Zimmermann avec quelques observations , Berlin, 1792, Cavolini, dit Cuvier, confirma , entre autres faits curieux, celui de l'hermaphroditisme constant du Serranus scriba, qui déjà avait 'été remarqué par Aristote. Cavolini a laissé un grand nombre de manuscrits accompagnés de figures, qui correspondent peu, il est vrai, avec les descriptions qu'il donne d'un grand nombre d'animaux et de végétaux. Ces manuscrits paraissent avoir été perdus en grande partie ; néanmoins quelquesuns d'entre eux, et notamment le mémoire sur la consti- tution géologique des montagnes du cratère napolitain, et l'ébauche d'un grand travail sur la génération des poissons, embrassant tous les genres, doivent se trouver en la possession de l'académie des sciences de Naples
  • Philippe CHAMPAGNE( 1602 - 1674) : peintre, naquit à Bruxelles, en 1602, de parents d'une fortune médiocre, mais honnètes gens. Il témoigna dès son enfance un penchant trèsvif pour la peinture, et en apprit les premiers éléments de deux artistes peu estimés. Fouquières, paysagiste habile, le prit ensuite en affection, et lui donna des leçons. En 1621. Champagne, âgé de dixneuf ans, éprouva le désir, naturel à tous les artistes, de voir l'Italie ; mais il crut devoir d'abord se rendre Ù Paris, sans doute pour s'y procurer, par son talent, les moyens d'exéenter son projet. Il commença par faire quelques portraits, et travailla ensuite chez un peintre nommé Lallemand, homme aujourd'hui fort inconnu , niais qui, malgré la médiocrité de ses talents, ne laissait pas d'être alors fort employé. A cette époque, Poussin, un peu plus âgé que Champagne, avait été forcé, par sa mauvaise fortune , de revenir (l'Italie , sans mème avoir pu arriver jusqu'à cette Home, dont le séjour était l'objet de tous ses voeux. Son malheur eut pour le jeune Champagne d'avantageux résul- tats. Digne d'apprécier l'invention et la fécondité qui déjà brillaient dans les compositions de celui qu'on a si bien nomme le peintre des philosophes ( les gens d'esprit, Champagne quitte Lallemand sans regrets, et va se loger au collége de Laon avec Poussin, dont les savants conseils lui furent très- utiles. Avant que les deux amis parvinssent au sort dont ils étaient dignes, le génie de l'un et les talents de l'autre avaient encore à éprouver les atte tes de l'adversité. Un artiste médiocre, nominé Duchesne, était alors peintre de la reine mère, et chargé, en cette qualité , des peintures du Luxembourg.. Poussin et Champagne furent obligés de travailler sous lui ; il employa Poussin à quelques petits ou- vrages dans les lambris, tandis que Champagne était chargé des tableaux de l'appartement de la reine La jalousie est surtout le partage de la médiocrité. ' Duchesne fut irrité de ce que les ouvrages de Champagne avait phi à la reine, et celuici, dont le caractère était doux jusqu'à la timidité, prit le parti de s'en retourner à Bruxelles. A peine y étaitil arrivé, qu'il reçut du surintendant des bâtiments la nouvelle de mort de Duchesne, et l'invitation de revenir en France. La reine lui donna un logement au Luxembourg, la direction des peintures de te palais, et une pension de 1,200 livres. Champagne alors épousa la fille de Duchesne, et peignit six tableaux pour les carmélites du faubourg StJacques; il lit de plus, a la %oCite de l'église, ce fameux cru- chefd'œuvre de perspective, qui, peint sur un plan horizontal, paraissait perpendiculaire, et trompait les yeux les plus exercés. Il travailla aussi pour camai eirRichelieu ; mais ce ne fut qu'après que Hlila reine lui en eut donné la permission. Bichelieu, peut-être encore moins sensible au mérite du pe qu'au plaisir de chagriner la reine et de faire un acte d'autorité, lit faire à Champagne les offres les plus brillantes pour l'engager à quitter cette pr et à ne travailler désormais que pour lui. Champagne se contenta de répondre que « Si Son nence pouvait le rendre plus habile peintre qu'il n'était, ce serait la seule chose qu'il ambitionne-, rait; mais que cela surpassant le pouvoir du car-« dinal, il ne désirait que l'honneur de ses bonnes « grâces. » Richelieu, frappé des sentiments généreux que cette réponse annonçait , ne peit s'empêcher de louer l'artiste et de l'en estimer davantage. Champagne, voyant sa réputation solidement établie, eut occasion de composer un grand nombre d'ouvrages, dont les plus importants furent le dôme de la §orbonne, où il peignit les quatre Pères de l'E- le Voeu de Louis . YIII, que l'on voyait à I\ otreDame , trois grands tableaux pour l'église de StGervais, dont deux sont aujourd'hui au musée du Louvre, la Cérémonie des chevaliers du St- Esprit, pour l'église des GrandsAugustins, etc. Il perdit ,41 femme et son lils, et lit un voyage à Bruxelles, où il peignit pour l'archiduc Léopold un tableau dont le sujet lui fut peut-ètre inspiré par la situation où il se trouvait : il représentait Adam et Eve pleurant la mort d'Abel. De retour à Paris, il fut élu professeur, et ensuite recteur de l'académie. Champagne jouissait d'une réputation bien établie, et le titre de premier peintre du roi paraissait degroir être la récompense de ses talents, lorsque Le-'brun, arrivant d'Italie, obtint cette place éminente. 11 est possible, il est méme probable que ce dernier lit alors agir les puissants protecteurs qu'il avait, et surtout Colbert; mais on doit avouer qu'inférieur à Champagne dans quelques parties mécaniques de l'art, Lebrun, qui, peu de temps après, conçut et exécuta les Batailles d'Alexandre, la grande galerie de Versailles, etc., avait un génie vaste bien préférable au talent de Champagne. Celuici eut du moins le nié- rite, facile pour un caractère tel que le sien, de n'ètre point jaloux de son heureux rival. Il venait de donner une autre preuve de mbdération et de désintéressement, en se laissant enlever sans murmurer la Galerie des Hommes illustres, qu'il avait eommencée, par Vouet, qui n'eut guère d'autre titre de gloire que d'avoir eu pour élèves les meilleurs artistes de ce temps. Averti, par quelques de l'approche de la vieillesse, Champagne n'eut pas de peine à se décider à la retraite, sans toutefois abandonner ses pinceaux. Il choisit PortRoyal, où sa tille était religieuse. C'est cette fille qui lui a donné occasion de faire, à soixante ans, un des plus beaux tableaux qui existent, du moins aux yeux de ceux qui mettent avant tout l'expression et le sentiment. Elle est représentée assise sur une chaise longue, et réduite à l'extrémité par une lièvre continue de quatorze mois; abandonnée des médecins, elle se met en prières avec la mère Ca- therineAgnès, et recouvre la santé. Dans cette composition, de la plus noble simplicité, Champagne n'est plus ce peintre habile, niais un peu froid, dont les compositions laissent toujours quelque chose à désirer. La ligure de sa fille, et surtout la tète, sont de ces productions sublimes que l'on n'oublie plus lorsqu'on les a vues une seule fois. Le coeur du père, dirigeant le pinceau de l'artiste, a produit un chefd'oeuvre.Outre ce tableau, le musée du Louvre eu possède encore six autres faiis par Champagne on distingue surtout celui où St. Gervais et Si Protais apparaissent à St. Ambroise. C'est un de ceux où Champagne a le mieux prouvé sa science dans les principales parties de l'art. L'aspect en est imposant et la couleur excellente, ainsi (lue le clairobscur ; et le dessin, d'une vérité qui ne laisse à désirer qu'un peu plus d'élégante. Les autres sont Si. Ambroise faisant transporter dans la basilique de Milan les corps de St. Gervais et St. Protais ; le portrait d'Arnauld d'Andilly, celui de Champagne ; l'Apôtre Si. Philippe, tableau sur lequel le peintre fut reçu à l'Académie, en 1648; une Cène, où l'on prétend qu'il a peint les portraits des plus célèbres solitaires de PortRoyal, opinion qui, toutelbis, a trouvé des contradicteurs. On voit aussi au Luxenlourg plusieurs tableaux de Champagne. Celui qui représente /a Madeleine aux pieds de Jésus- Christ , chez Simon le pharisien, est un de ses meilleurs ouvrages. La liste complète des tableaux de ce peintre infatigable serait immense, et ne peut ètre qu'indiquée. Les maisons royales, les principaux monuments publics et les églises, nonseulement de Paris, mais de plusieurs villes de France, offrent des preuves irrécusables de ses talents et de son assiduité au travail. Outre ses ta- bleaux (l'histoire, Champagne a fait un grand nombre de portraits parfaitement bien peints, d'une bonne couleur, bien dessinés , et dont on louait l'exacte ressemblance. Le roi Louis Mn, la reine mère, le cardinal, et les principaux personnages de la cour, exercèrent souvent ses pinceaux. Champagne avait pour la religion un respect qui dégénérait quelquefois en pratiques minutieuses; il en donna la preuve lorsqu'il refusa obstinément de faire le portrait de la tille d'un de ses amis qui allait se faire religieuse, parce qu'il aurait fallu la peindre un dimanche. Le mème principe de piété lit qu'il ne peignit jamais de nudités. On doit respecter ses scru- pules; niais l'art n'y a rien perdu. Il était loin d'a- voir dans le coeur ce • if sentiment de la beauté, qui seul peut rendre de tels tableaux dangereux. Imitateur servile de la nature individuelle, il rendait bien ce qu'il avait devant les yeux ; mais ce n'est point dans ses compositions qu'il faudrait chercher la gràce ou le bon goût. Extrèmement laborieux, Cham- pagne exigeait de ses élèves une grande assiduité. Il se levait à quatre heures du matin, et lorsqu'il avait employé toute la journée au travail, il dessinait encore le soir à l'académie. Cette application lui avait acquis une extrème facilité, dont il donna un jour une preuve irrécusable. Des marguilliers d'une église de Paris lui ayant demandé, ainsi qu'à plusieurs autres arristes, des dessins pour tir • bleau de Si Nicolas, Champagne peignit le tableau même, qu'il plaça dans la chapelle, au grand étonnement de ses rivaux. Au reste, cet ouvrage, exé- cuté avec tant de promptitude, n'était pas à l'abri de la critique, et on le lit sentir à Champagne, en lui demandant combien il vendrait un cent de St. Nicolas. Malgré les restrictions que l'on a dù mettre aux éloges que mérite Champagne , il est constant que c'était un trèshabile artiste, et qu'il occupe une des premières places parmi les peintres de l'école flamande, où il doit être placé, quoique plusieurs biographes, considérant qu'il a fait à Pa- ris la plupart deses ouvrages, le rangent parmi les peintres de l'école française. Il mourut le 12 août 1674
  • Philippe CLUVIER( 1580 - 1623) : en latin CeuvEnics, célèbre géographe, naquit à Dantzick , d'une famille noble et ancienne, en 1580. Son père, qui était président de la monnaie, le destinait au barreau , et l'envoya à Leyde pour étudier les lois civiles ; mais la nature lui avait marqué sa place parmi les géographes célèbres, Son aversion pour le droit l'éloi gna d'abord de la maison paternelle. Le besoin l'y ramena bientôt ; mais comme son père tenait à ses idées, et lui à ses goûts, il la quitta de nouveau pour suivre le parti des armes. Il passa deux ans cousine soldat en Bohème et en Hongrie. Dans ce même temps, le baron de Popel, son ami, fut arrèté par ordre de l'Empereur. Se regardant comme une victime, le baron composa une espèce de manifeste, dans lequel il se détendait sans ménagement pour ses persécuteurs et pour l'autorité souveraine. Cet écrit irrita l'Empereur au point qu'il demanda par son ambassadeur en Hollande l'arrestation de Cluvier, qui avait traduit en latin et fait imprimer à Leyde cette pièce hardie. Les états, qui craignaient l'Empereur, lui sacrifièrent sans peine un particulier sans pouvoir. Après une trèscourte captivité, Cluvier recouvra sa liberté, et retourna à ses études chéries. Afin de réunir en lui tout ce qui pouvait contribuer à leur progrès, il voyagea dans une partie de l'Europe, visita l'Angleterre , la France , l'Allemagne , et cette Italie qu'il décrivit ensuite avec tant d'exactitude et de talent. Versé dans la connaissance de presque toutes les langues européennes, il en parlait dix avec facilité. Il eût été à mène de laisser un bien plus grand nombre de monuments de son érudition, si une mort prématurée ne l'eût enlevé, en 1623, à l'àge de 43 ans. Voici la liste de ses ouvrages : 1° de Tribus Muni Alveis caque Osais et de quinque populis quondam accolis, dans le Recueil des Antiquités do lit Germanie inférieure , par P. Scriverius , Leyde, 1611 prélude de l'ouvrage suivant. 2° Germania3 antiquœ libri Ires, necnon Vindelicia et No- ileum, Leyde, Elzevie, 1616, ou 1651 ouvrage rempli d'érudition, mais que des conjectures hardies mettent au rang des livres qu'il faut consulter avec défiance. 5° Sicitiœ antiquce libri duo, Sadinia ac Corsica antiquœ, ibid., 1619 4. Italiu antiqua, Leyde, 1624, 2 t. en 1 vol. publié après la mort de Cluvier, par les soins de Daniel Heinsius. Il faut joindre à cet ouvrage les Annota- Houes de Lucas Holstenius , qui avait voyagé avec l'auteur, et qui le rectifie presque toujours heureusement. 5° Introductionis in universam geographiam tant veterem quam novam libri sez', Leyde, Elzevie, 1629 La meilleure édition est celle d'Amsterdam , 1729 avec des notes de J. de J. Frid. Hebei et de la Martinière
  • Philippe CHIFFLET( 1597 - 1657) : frère de JeanJacques, né à Besançon, le 10 mai •597, fit ses études à l'université de Louvain. 11 s'y lia avec le célèbre Henri Dupuis, plus connu sous le nom d'Erycius Puteanus; et, avec le temps, leur amitié s'accrut encore par la conformité de leurs goûts. Philippe Chifflet entra dans l'état ecclésiastique, et fut nommé chanoine de Besançon et grand vicaire de l'archevêque de cette ville. Il jouissait en même temps de plusieurs bénéfices, était prieur de Bellefontaine, abbé de Balerne, et avait le titre d'aumônier de l'infant , gouverneur des PaysBas. Il employa une partie de sa fortune à former une bibliothèque des livres les plus précieux. B mourut vers 1657 , ou , suivant quelques biograplies, en 1663, âgé d'environ 60 ans. On de lui : 1° Larmes funèbres sur la mort de Philippe III, roi catholique , Louvain , 1621 latin et français, en vers. Colletet , dans son recueil d'épigrammes, eu adresse une à Philippe Chifflet , au sujet de cet ouvrage. 2° Le Phénix des princes , ou la Vie du pieux Albert mourant , traduit du latin d'André Trévère et d'Erice Putean . Cette traduction est imprimée dans l'ouvrage intitulé : Pompa junebris Alberii pli, Belgarum principis, a Jacob. Franquart imaginibus expressa, Bruxelles, 1623, obI. Histoire du siège de Breda, traduite du latin d'Herman Hugon, en français, Anvers, 1651 4° Histoire du prieuré de Notre- Dame de Belleloniaine , au comté de Bourgogne, Anvers , 1651 Son ami Henri Dupuis en a donné une traduction latine. 5° Dévotion aux saintes âmes du purgatoire, Anvers, 1655 6° Concilié tridentini Canones et Decrela, cum proefatione et notis, Anvers, 1640 : les notes de ehilippe Chifflet sur le concile de Trente sont tort estimées ; s'en est fait un grand nombre d'éditions. 7° Imitation de Jésus- Christ traduite en ançois, Anvers, 16-14 fig., traduction qui a eu jusqu'à sept éditions. 90 Thomoe a Kempis de Imitatione libri 4, ex recensione Ph. Anvers, 1647 ; 2e édition , 4671 Chifflet est un des éditeurs les plus estimés de ce livre. 9° Deux Lettres touchant le véritable auteur de l'Imitation de Jésus- Christ ; elles sont imprimées avec l'avis (le Gabriel Naudé sur le factum des bénédictins , Paris , 1 651 . Le P. Niceron, et après lui d'autres biographes, ont attribué à Philippe Chifflet l'Avis de droit sur la nomination à l'archevéché de Besançon; cet ouvrage est de Jules Chifflet, son neveu, comme nous le disons à son article. Foppens , qui a copié Niceron dans sa Bibliotheca Belgica, ajoute à cette faute celle de ne pas dire dans quelle langue est écrit cet ouvrage, dont il donne le titre en latin
  • Philippe COUPLET( 1628) : jésuite brabançon, né à Malines, vers 1628, sollicita les missions, et partit pour la Chine en 1659, avec le P. Verbiest et quel-. ' ques autres jésuites, que le zèle pour la propaga- tion de la foi engageait dans la même carrière. 11 cultiva longtemps, et avec succès, les chrétientés établies dans les provinces de ce vaste empire, et fut 'Indes missionnaires de. son temps les plus profondément versés dans la connaissance de la langue, de l'histoire et de la littérature des Chinois. Ses supérieurs jugèrent à propos de le renvoyer en Europe, chargé de deux missions, l'une de rendre compte au souverain pontife de l'état florissant de ces chrétientés lointaines, l'autre d'obtenir, des maisons de sa société, un nouveau secours d'ouvriers apostoliques : ceuxci manquaient à l'abondante moisson que présentait alors la Chine, où les missionnaires les plus rapprochés se trouvaient encore à plus de cent lieues de distance les uns des autres. Le P. Couplet repassa heureusement en Europe. 11 vint àRome, fut favorablement accueilli du chef de l'Église, et eut ensuite avec le général de son ordre de fréquents entretiens, où furent prises des mesures pour pourvoir aux besoins des missions qu'il quittait. Les affaires terminées, le missionnaire voulut revoir sa patrie pour lui dire un dernier adieu. Il se rendit à Malines, où il eut la consolation de se retrouver encore entre les bras d'un père plus qu'nctogénaire, et dans ceux de plusieurs frères dont il était l'aîné. Après un court séjour dans sa famille, k P. Couplet partit pour la Hollande, où il s'embarqua pour la Chine, vers laquelle tendaient tous ses voeux, mais qu'il ne devait jamais revoir. A peine étaitil en mer qu'une tempête affreuse l'accueillit, et, dans le moment où le vaisseau éprouvait la plus violente agitation, un coffre mal assujetti s'étant détaché, l'écrasa contre les flancs du Witiment. Tel fut le déplorable genre de mort dont périt,en 1692, ce vertueux missionnaire. On doit eu P. Couplet, en société avec trois de ses confrères : Confucius, Sinarum philosophus, sine. scientia sinisa latine exposita, studio et opera Prosperi Intorcetta, Christiani Herdrich , Francisci Rougemont et Philippi Couplet, PP. stria. Jesu, libri tres, Paris, Dan. Hortemels, 1687 Ce volume, rare et recherché, contient la traduction latine de trois ouvrages moraux de Confucius, du Ta - hio , du Tchong- Young et du Lun- yu . Outre la part commune qu'a eue le P. Couplet à cette version, il a terminé tout Pou\ rage par d'amples tables chronologiques, qui exposent et comprennent toute la durée de la monarchie chinoise, depuis son origine jusqu'à l'an 1683 de l'ère chrétienne. 2° Catalogus PP. societatis Jesu, qui post obitum S. Francisci Xavierii, ab anno 1581, us- que ad 1681, in imperio Sinarvm 'idem Christi propagarunt, Paris, 1686 catalogue que l'auteur avait d'abord écrit en chinois et qu'il mit ensuite en latin. 3° Historia nobilis [ mince, Candidrp, ehristiane Sinensis, quœanno œtatis 70, viduatis 40 , decessit mu) 1680. Cette histoire édifiante fut traduite en français, Paris, 1688 elle parut aussi en espagnol à Madrid, et en flamand à Anvers en 1694. 4° Tabula genealogica trium familiarum imperialium monarchie Siniem, Paris, 1686 5° Relatio de statu et qualitate missionisSinicce, post red it uni PP . e Cantonensi exsilio, anno 1671. Cette relation se trouve presqu'en entier dans les Parali ponicnes du P. Papebroch , mois de mai, p. 126 de la collection des bollandistes. Elle parut aussi en italien, sous ce titre : Ragguaglio delle rose notabili dalla China, 1687 Le P. Couplet fut aussi l'éditeur de l'Astronomia Europa'a sub imperatore lai- taro si- nie° in lucem revocata , Dillingen , 1687 Voy. VERBIEST
  • Philippe DÉCIO : en latin Decius, jurisconsulte, fils naturel de Tristan de Dexio, qui tenait un rang distingué à la cour des ducs de Milan, et dont la famille avait tiré son nom du village d'où elle était originaire. Il naquit en 1454, et son père, qui s'était aperçu de ses heureuses dispositions, lui fit donner une éducation très- soignée. Son frère légitime, nommé Lancelot, qui professait le droit à Pavie, et auprès duquel son père l'avait envoyé, l'engagea à s'adonner, à l'âge de dixsept ans, à l'étude de cette science. Il y fit de si rapides progrès, qu'il embarrassait souvent par ses questions ses maîtres et son frère luimême, et qu'à vingt et un ans il fut en état d'enseigner. On était en usage, dans les écoles d'Italie, de mettre ensemble les professeurs également habiles ; mais leur rivalité, au lieu de tourner à l'avantage de la science, ne servait souvent qu'à en troubler l'étude. Décio, homme trèsvain, ne ménageait pas l'amourpropre de ses collègues. Il ne put s'accorder avec aucun. On le vit aller d'université en université, donnant toujours la préférence à celle qui le payait le mieux. 11 enseigna à diverses reprises le droit civil et le droit canonique, qu'il connaissait également, à Pise, à Pavie, à Sienne et à Rome, où il fut désigné auditeur de rote par Innocent VIII. Il voulait entrer dans l'état ecclésiastique, et il avait même déjà reçu les premiers ordres ; mais il abandonna cette carrière, l'illégitimité de sa naissance étant un obstacle à ce qu'il pût devenir prêtre. En quittant Rome, Decio revint à Sienne, et ensuite à Pise. Il fut appelé à Padoue en 1502, pour remplir la première chaire du droit canonique. Le roi de France Louis XII, qui était alois maître du duché de Milan, et qui avait une affection particulière pour la jurisprudence, revendiqua Décio comme son sujet. On se disputait alors un habile homme presque autant qu'une province. Les Vénitiens, après une vive résistance, cédèrent à la volonté du roi. Décio vint professer à Pavie vers la fin de 1505; il y soutint trèsbien la réputation qu'il s'était déjà faite, et au bout de quelques années, il obtint des appointements tels qu'aucun professeur n'avait encore eus. Cet état de prospérité fut suivi des plus affreux revers. Louis XII, en guerre avec Jules 11, s'adressa à des jurisconsultes pour savoir par quelles mesures il pourrait réprimer les entreprises de ce pontife audacieux. Décio était du nombre, et ce fut lui qui conseilla de faire assem- hier un concile à Pise, par quelques cardinaux mécontents. Il vint luimême dans cette ville pour en diriger les opérations. Jules 11 irrité le frappa d'excommunication. Cet anathème ne l'eût pas beaucoup troublé, si la ligue qui s'était formée contre la France ne l'avait obligé de fuir de Pavie, et après s'être emparé de cette ville, n'avait pillé sa maison et sa bibliothèque. On eut même le barbare projet de livrer à la brutalité du soldat sa fille naturelle qui était âgée de dix ans, et qu'il y avait laissée; mais les religieuses chez qui elle était la sauvèrent de cet outrage. On se contenta de la dépouiller de tout ce qu'elle avait. Décio réfugié en France y fut fait conseiller au parlement de Grenoble et professeur à l'université de Valence, où sa réputation attira de trèsnombreux écoliers. Après la mort de Jules H, Léon X, qui avait été l'élève de Décio, leva l'excommunication portée contre lui, et lui offrit une place de professeur de droit canon à Rome ; mais la crainte de déplaire au roi la lui fit refuser. 11 retourna cependant en Italie, et on l'appela à Pise, où François 1", rentré dans le Milanais, ne lui permit pas d'aller, et l'envoya professer à Pavie ; mais n'étant point payé de ses appointements, il vint à Pise et ensuite à Sienne, où il mourut le 13 octobre 1535. 11 fut enterré à Pise dans un tombeau de marbre blanc, que sa prévoyante vanité avait fait construire d'avance, et dont on se railla beaucoup à cause de l'incorrection de son style. Il composa aussi l'épitaphe qui devait y être mise. Dans ses conseils il citait quelquefois à faux, et se pliait facilement aux intentions de ceux qui le consultaient. 11 a eu cependant d'illustres suffrages, et Dumoulin n'a pas dédaigné de faire des notes sur ses Conseils et ses Commentaires sur les règles du droit. 11 a écrit aussi sur les Décrétales
  • Philippe DESRIAUX( 1758) : né en 1758, devint secrétaire du baron de Tschudi , dont il fut probablement le collaborateur dans les drames lyriques des Danaïdes, musique de Salieri, et d'Echo et Narcisse, musique de Gluck. Après la mort du baron en 1784, se trouvant sans ressources, il allait noyer son chagrin aux Porcherons. Il y fit la rencontre d'un jeune musicien allemand, Vogel, qui cherchait un poème à mettre en musi- que, comme lui cherchait un compositeur pour UD poême. Le besoin alitant que la sympathie rapprochèrent nos deux ivrognes, et leur association produisit deux opéras en 3 actes, joués à l'Académie de musique : la Toison d'or, en 1786, et Démophon, en 1789. Ce dernier dut son succès à la musique, qui était digne d'un élève de Gluck, et surtout à l'ouverture, qui fut répétée à la première représentation, et qu'on a jouée souvent dans les grandes cérémonies funèbres. L'auteur de cet article l'a entendu exécuter par 1,200 musiciens, sous la direction de Gossec, à la fête funèbre qui eut lieu au Champ de Mars en 1790, pour célébrer la mémoire des militairesmorts à Nancy. Le dernier ouvrage de Desriaux est une traduction médiocre du poème de la Création du inonde, musique d'Haydn, et cependant supérieure à celle du vicomte de Ségur. Ou croit que cet auteur de plusieurs autres pièces oubliées est mort dans la misère on à. l'hôpital dans les premières années de ce siè- cle
  • Philippe DESPLACES( 1659 - 1736) : astronome, naquit à Paris en lezio. Il reprit les Ephémérides, interrompues par Beaulieu en 1716, et en donna successive-•ment 3 vol. contenant toutes les circonstances des mouvements du soleil, de la lune et des pla nètes, pour 30 années, 1'71:i-1744. Le 1" volume parut eu 1716, le 2e en 1727, et le 3e en 1744. Ce dernier est augmenté d'une table fort étendue des longitudes des divers pays où l'on avait fait des obsers ations jusqu'alors. Desplaces est encore auteur de t rois aimées des Ephémérides de l'Académie,1706- 1708 ; et de petits calendriers qui, pendant longtemps, ont parti sous le titre d'Etat du ciel. il mot ire à Paris, au mois d'avril 1736, après avoir sers i l'astronomie par des calculs aussi exacts que les tables fondées sur des observations anciennes et les métho, des de son temps pouvaient le permettre
  • Philippe DESPONT : prêtre et docteur , comme inédit, le traité d'Évagre du Pont, De octo vitiosis cogitationibus , qui se trouvait déjà à la fin du tonie 5. Daum, et d'après lui lttig , font une longue énumération des oinTages qui auraient pu être ajoutés à cette collection. Pour la compléter, on y ajoute ordinairement l'A pparatus du P. le Nou•ry, et les diverses collections publiées par Sirmond, d'Aché•y, Mabillon, etc
  • Philippe DESPORTES( 1546) : poète français, né à Chartres en 1:i46, fut d'abord attaché à un éxèque qui l'emmena à Rome, où il apprit parfaitement l'italien. De retour en France, il suivit en Polugue le duc d'Anjou qui allait prendre possession de ce 0 royaume, et il en revint fort dégotté, apr, neuf mois de séjour. Ce prince étani flevenn roi de France sous le nom de Henri III, combla Desporu tes de bienfaits; il lui donna les abbayes de Ting', de Josaphat, de Bonp?rt, et plusieurs autres bénéfices, qui lui composèrent un revenu de 10.000 écus. On prétend que l'une de ces abbayes fut le prix d'un sonnet. Balzac disait en parlant de celle muse sim agnitiquement récompensée, « flue ce « loisir de 10,000 écus que l'abbé de Tiron s'était « acquis par ses vers, était un écueil contre lequel « 10,000 poètes étaient venus se briser. » Despq•tes nitluimême des bornes à sa fortune, en refusant l'archevêché de Bordeaux. Au reste, il flisait im noble usage de ses biens; sa bourse et sa bibliothèque étaient à la disposition des gens de lettres. Uniquement par un effet de sa p•éoccupation, il était d'un extérieur fort. négligé. Urn i011• Will sepré, unla ainsi devant Henri IV, ce prince lui demanda combien il lui faisait de pension, et. sur sa réponse, lui dit : « J'augmente votre pension d'une « telle somme , afin que vous ne Falls présentiez « pas devant moi fine vous ne soyez plus propre. » Il n'avait•pas toujours été aussi bien avec ce bon roi. A la mort de Henri Ill, il s'était fait ligueur par attachement pour l'amiral de Villars, et axait été, :ace titre, fort maltraité dansla Satire ménippée ; mais avant contribué à soumettre la Normandie à l'obéissance du roi, il obtint facilement son amitié. 11 mourut dans son abbaye de lionport, le 5 octo 4re 16?)6, iigé de 60 ans passés. Il était oncle livre intitulé : Les rencontres des Muses de leran> e et d'Italie, 1604 Il répondit de fort bonne grise « qu'il axait pris aux Italiens plus qu'on ne («lisait, et que si l'auteu• l'avait consulté, il lui « aurait fourni de bons mémoires. » Ses premiè es oeuvres, c'est-àdire ses oeuvres galantes, ont été imprimées plusieurs fois 15'79 1:i83, i11-12; 1600 ICI I Sa traduction des psaumes e eu aussi plusieurs éditions SOUS les titres suivants : Soixante psaumes de David, nuis en vers français, 1:i91, ; Cent psaumes, etc.. arec quelques cantiques de la Bible, et autres ( encres chrétiennes et prières, I: i98", 8°; Luc cent cinquante psaumes , etc. , I6113, 1601 : 160S 1; 1621 avec la musique. Dans l'édition de on trouve un sonnet qui a été retranché lors fle l'édition de 1603, et qui a donné à Desbarreaux l'idée de son célèbre sonnet. On peut à ce sujet consulter les Anecdotes sur rame Desportes et ses poésies, par DreuxDuradier, insérées dans le Conservateur de novembre .1757, et (bait on trouve un extrait dans les Récréations historiques (le Dreuxpuradier, I p. 89. On a recueilli les Imitations de quelques chants de l' Arioste, par Philippe Desportes, StGelais, JeanAntoine (1& Baïf et Loys d'Orléans, Paris, ri72
  • Philippe DEVAUX( 1761 - 1793) : aide de camp de Dumouriez, était fils naturel du prince Charles de Lorraine, et naquit à Bruxelles en 1761. Il reçut une éducation brillante par les soins de son père ; ce qui aurait dû lui inspirer quelque attachement pour l'Autriche, mais il embrassa au contraire la cause des Brabançons soulevés ; et, après leur soumission, ayant été inquiété pour sa conduite, il se réfugia en France. S'y étant lié avec Dumouriez, ce général le nomma son aide de camp et l'em- mena avec lui à l'armée du Nord. Promu au grade de colonel, Devaux remplit à l'étatmajor de l'armée les fonctions d'adjudantgénéral. Dumouriez, qui avait en lui beaucoup de confiance, le chargea, dans les premiers jouis d'avril 1793, de diriger la division de Miaczinski, de manière à s'emparer de Lille. Tous les deux furent arrêtés et conduits à Paris pour y être livrés au tribunal révolutionnaire qui les condamna à mort. Le général Miaczinski, dans la déclaration qu'il fit aux juges, soutint que Devaux avait été chargé d'une mission à Londres de la part de Dumouriez. Devaux nia ce fait, et déclara que, proscrit par les Autrichiens, Dumouriez le leur aurait livré, s'il avait refusé d'obéir à ses ordres. Il fut décapité à Paris le 17 mai 1793, et montra une grande fermeté. Dumouriez, dans ses Mémoires, dit que Devaux était doué de beaucoup d'esprit, d'une âme fière et sensible ; et qu'il ' possédait toutes les qualités nécessaires pour deve- nir un trèslion général
  • Philippe DODDRIDGE( 1702) : théologien anglais non conformiste, naquit à Londres en 1102, d'un marchand de cette ville. Il perdit à treize ans son père et sa fortune. Le docteur Clarke, ministre des non conformistes à Londres, le prit sous sa protection, n'épargna pour son éducation ni frais, ni peines, et, soit par luimême, soit par les maîtres auxquels il le confia, le mit en état de remplir, en 1722, les onctions de prédicateur. En 1723, il fut appelé par lia congrégation non conformiste de Kibworth, et en 1725 par celle de Market Harborough. Il refusa des offres phis considérables. Son liienfaiteurPaya nt engagé à tourner ses vues principalement vers l'é- ducation de la jeunesse, il ouvrit, en 1729, une académie particulièrement destinée aux jeunes "gens qui se vouaient au ministère sacré. Appelé l'Yeu de temps après à diriger Line nombreuse congrégation à Northampton, il ? transféra son académie, qui s'y augmenta considérablement, et qu'il conduisit pendant vingtdeux ans, avec un zèle le plus grand succès. 11 se livrait en même temps aux devoirs de son ministère, entre- tenait une correspondance très-étendue, et n'en a pas moins trouvé moyen de publier un grand nombre d'ouvrages, la plupart relatifs à l'éducation de la jeunesse, et tous fort estimés, quoi qu'on lui re—proche d'y avoir fort inutilement introduit des pr au moins contestés, quelques opinions calvinistes, et généralement des dogmes trop sévères et des préceptes trop rigoureux sur l'observance des pratiques du culte. Les principaux sont : I' Un volume de Sermons sur l'éducation des enfants, 1732 ; un autre de Sermons aux jeunes gens, 1735; un autre volume de sermons en 1136; 2° l'Inter- prèle des familles, ou Paraphrase et version du Nou- veau Testament, dont trois volumes furent publiés pendant sa vie, en 1139, 40 et 48, et trois après sa mort, en 1754 et 56; la septième édition, donnée par lé docteur Kippis en 1792, en 6 volumes est précédée d'une vie de l'auteur; 3° Discours pratiques sur la régénération, 1741 ; 4° les Principes de la religion chrétienne, mis en vers simples et aisés à l'usage des enfants, 1743; 5° /a Aaissance et les progrès de la religion dans l'âme, ouvrage de dévotion pratique, et le plus estimé de tous ceux de Doddridge, 1745 ; Vernede l'a traduit en fran- çais, Bâte, 1754 6° Adresse simple et sérieuse au père de famille, sur l'important sujet de la reli- gion de sa famille; '7° un recueil d'hymnes, publié après sa mort; on y trouve, sinon une poésie élevée, du moins de la facilité, de l'élégance et du sentiment. 8° Cours de leçons sur différents sujets, 1763 et 1794, 2 vol. traduits en Français sous ce titre : Cours de lectures sur les questions bis plus importantes de la métaphysique, de la morale et de la théologie, Litige, 1168, 4 vol. Doddridge, né avec une constitution extrêmement délicate, s'épuisa de travail, et mourut à Lisbonne, d'une maladie de poitrine, le 20 octobre 1151, àgé 49 ans, laissant la réputation d'un homme aussi respectable par sa piété qu'estimable par ses ta- lents, et digne d'être aimé, par un caractère rem- pli d'une douceur et d'une bienveillance qui contrastaient avec l'excessive sévérité des principes qu'il professait . J. Bertrand a traduit de Doddrige, Nouveaux Sermons sur divers textes del' Écri turc sai nte , Genève, 1759
  • Philippe DUBOIS( 1636 - 1703) : naquit à Chonain, dans le diocèse de Caen, vers l'an 1636. 11 embrassa de bonne heure l'état ecclésiastique, fut reçu docteur , et obtint un canonicat à StEtiennedesGrez, oit il se retira et mourut le 17 février 1703. On lui doit : 1° L'édition de Catulle, Tibulle et Properce, avec notes, ad usina Delphini, Paris, 1685, 2 vol. « l'é- « , Faure en fut le principal éditeur. Philippe Dubois composa l'épître dédicatoire à Letellier , et la Préface . — Un autre Philippe Demis, qu'on croit né à Coulommiers, était professeur de grec au collége de France dès 1647. 11 était trèshabile helléniste. Devenu âgé et infirme il se dénia, en 1668, de sa chaire, qui fut donnée à Nicolas Tavernier, et mourut en 1675. Goujet cite de lui deux pièces en vers grecs à la louange de Siméon de :%1nis, pièces qui se trouvent dans les oeuvres de cet auteur, publiées sous le titre de Simeonis Marotte vulgo de Muis opera omnia, 1650
  • Philippe DUMAS( 1738) : littérateur, né en 1738 à Issoudun, achina ses études à Paris au collége du • Plessis, et st perfectionna dans la connaissance de la langue grecque, qui ne comptait plus alors en France qu'un petit nombre d'initiés. S'étant fait agréger à la faculté des arts, il fut chargé d'enseigner les M'alarmés à La Flèche, puis à Metz, crot il revint à Issoudun occuper la place de principal titi collége. Des tracasseries de famille lui rendirent désagréable le séjour de sa ville natale ; et il accepta la chaire de rhétorique au cottége de Toulouse que l'archevêque de Brienne lui fit offrir en 1768. Déjà connu par quelques éditions véritablement améliorées d'ouvrages classiques, et par Al traduction des colloques d'Erasille, il consacrait tous ses loisirs à la culture des lettres. Sa tradeGon des Economiques de Xénophon lui omrit les portes de l'Académie de Toulouse, à laquelle il communiqua plusieurs Mémoires qui sont l'estés inédits. Plus tard il fut admis à l'Académie des jeux floraux; mais une mort prématurée l'enlelL quelques jours après sa réception, dans le mir d'avril 178'2. Outre des éditions des Rudiment de la langue latine, mis dans un nouvel ordre, Paris, (762 ; de la grammaire grecque de Clénard, 1763, et da Manuel des grammairiens de Nie. Mercier, 1763 on a de Dumas: 1° les Colloques choisis d'Erasme, traduits en français avec le te* en regard, Paris, 1762, in 12 ; 2° l'Economique de Xénophon, et le Projet de finance,-; du même, traduits en français, avec des notes, Paris, 1768 30 les Psaumes de David, traduits en vers latins, Toulouse, 1780 C'est, dit Poitev le cotTigé des devoirs qu'il avait donnés à ses élèves, l'oy. son Eloge de Dumas dans l'Histoire des Jeux floraux. Ws.
  • Philippe ELSIUS( 1500 - 1654) : religieux Augustin, né à Bruxelles vers la fin du 16° siècle, professa pendant plusieurs armées les humanités au collége de son ordre, dans cette ville, et y mourut en 1654. On a de lui: Encomiasticon Augustinianum in quo wrsonce ord. erenz. S. P. N. Augustini sanctitate, prœlatura, legationibus, scriptis, etc., proestantes enarrantur, Bruxelles, 1634 Dans l'épitre au lecteur, l'auteur avoue qu'il a fait quelques doubles emplois lorsqu'il a trouvé le nom d'un même personnage écrit de différentes manières dans les sources gel a consultées. 11 déclare aussi qu'il a cru devoir joindre aux illustres de son ordre tous les fondateurs ou réformateurs d'ordres et congrégations religieuses, par la raison, ditil, que tous ont plus ou moins emprunté à la règle de StAugustin. L'ouvrage est par ordre alphabétique des prénoms, et contient près de 2,500 articles; la plupart sont fort succincts, et ne donnent que des notices assez insignifiantes. Les anonymes, formant 87 articles, sont placés à la fin de la lettre N. La partie bibliographique y est traitée avèc beaucoup de négligence, et sous ce rapport la Bi- bliotheca Augustiana d'Ossinger, qui d'ailleurs est plus moderne d'un siècle, est infiniment préférable
  • Philippe FALLE( 1655) : auteur anglais , né dans l'île de Jersey en 1655, y fut quelque temps recteur de la paroisse de StSauveur. La crainte d'une invasion des Français, qui n'eut pas lieu cependant, ayant décidé les états de l'île à solliciter du gouvernement des mesures et des moyens de défense pour l'avenir, il fut un des deux députés envoyés à cet effet auprès du roi Guillaume et de la reine Marie, dont il reçut un accueil trèshonorable, et dont il obtint aisément l'objet de sa mission. Ce fut quelque temps après qu'il rédigea , en partie d'après un manuscrit de Jean Poingdestre , savant magistrat et son compatriote , un ouvrage qu'il publia en anglais, sous ce titre : Cœsarea, ou Tableau de Jersey, la plus étendue des 'les qui restent it la couronne d'Angleterre, de l'ancien duché de Normandie, 1684 avec une carte de l'île et une vue du chàteau d'Élisabeth. Ce livre eut beaucoup de succès alors, et ne le dut pas seulement aux circonstances, mais aussi au mérite qui le distingue. C'est l'ouvrage d'un bon esprit comme d'un bon citoyen. On y trouve de l'intérêt, de l'érudition, beaucoup de recherches et des vues utiles. L'lle de Jersey n'était guère connue avant lui que par une relation fort imparfaite qu'en avait donnée le docteur Heylin , et qui était presque oubliée. Falle démontre l'importance trop peu sentie dont était pour l'Angleterre la conservation de Jersey et des autres îles adjacentes. Il donna en 1734, en un volume une seconde édition (le la Casarea, revue et considérablement augmentée, et où il ajouta une lettre à lui adressée par Philippe Morant de Jersey, et contenant des remarques sur le 19e chapitre du 2e livre du Mare clausum de Selden. Lerouge a donné en 1757 une traduction de l'ouvrage de Faite , sous le titre de : Histoire détaillée des îles de Jersey et de Guernesey. On cite aussi de Falle quelques serinons. Il mourut dans un àge avancé , mais nous ignorons en quelle année
  • Philippe FERMIN : médecin et voyageur, était né à Maestricht. 11 passa en 1751 à Surinam, où il isitla à peu près dix ans. A son retour en Europe, il séjourna quelque temps à Amsterdam, puis se fixa dans sa patrie , où il devint membre de la magistrature municipale. La profession qu'il avait exercée dans la colonie de Surinam lui avait fourni l'occasion de faire des observations et de recueillir des notes sur ce que ce pays offrait de curieux. Il communiqua le résultat de son travail à des amis qui l'engagèrent à le publier. Fermin fit en conséquence paraître, en français , l'Histoire naturelle de la Hollande équinoxiale ou de Surinam, Amsterdam, 1765, 1 vol. Ce livre essuya beaucoup de critiques de la part des naturalistes et des journalistes. On reprocha à l'auteur d'avoir en quelque sorte simplement esquissé son sujet et de n'avoir pas donné plus de détails sur un pays qu'un assez long séjour l'avait mis à mème de connaître. Fermin, en homme sage, profita des critiques qui lui étaient adressées, et convint de leur justesse dans la préface de la nouvelle édition de son ouvrage qui parut sous ce titre : Des- cription générale, historique, géographique et phy- signe de la colonie de Surinam, avec figures et une carte topographique du pays, Amsterdam, 1769, 2 vol. traduit en allemand , avec des remarques, Berlin, 1775, 2 vol. fig. On trouve dans cette description tout ce qu'elle promet; c'est un des meilleurs livres qui aient été publiés sur les colonies. Cependant l'anteur n'ayant pu ètre présent quand on l'imprimait , il s'en était rapporté pour quelques descriptions locales à un de ses amis qu'il crut mieux en état que lui d'exécuter cette partie. La confiance de Fermin n'avait pas été .trèsbien placée ; il ne s'en aperçut que lorsqu'il n'était plus temps d'y remédier. Les critiques ne l'épargnèrent pas : on lui reprocha, tout en rendant justice au mérite de son ouvrage, d'avoir en quelque sorte renversé le terrain. Fermin , toujours docile, reconnut que sa description avait besoin d'additions et d'améliorations , et que notamment la partie historique demandait quelques développements. Afin de ne rien négliger de ce qui pourrait donner à son travail le degré d'exactitude désirable, il consulta les livres hollandais qui pouvaient lui fournir des lumières, et publia son troisième ouvrage intitulé : Tableau historique et politique de l'état ancien et actuel de la colonie de Surinam, et des causes de sa décadence, Maestricht, 1778, 1 vol. traduit en allemand avec quelques augmentations par F.G. Canzler, , Gcettingue, 1788,- Ce tableau peut servir de suite ou de supplément 'à la Description, qu'il rectifie en plusieurs endroits. Fermin s'est principalement attaché à raconter les principaux événements qui avaient donné naissance à la colonie, à décrire son gouvernement, et à éclairer sur lcs vices qui nuisaient à la prospérité de Surinam. Il expose les moyens de prévenir la décadence de cet établissement et se montre partout bon citoyen. Ces différents ouvrages sont écrits purement; le dernier est assez fréquemment entremêlé de réflexions exprimées avec force et concision. On a encore de lui : 1. Traité des maladies les plus fréquentes à Surinant , etc., avec une Dissertation sur le fameux crapaud de Surinant, nomméPipa, etc., Maestricht , 1764 fig. ; Amsterdam , 1765 La dissertation a été traduite en allemand et augmentée par J.A.E. Gaze, Brunswick, 1776 fig. 2. Une apologie de l'esclavage, sous le titre : Dissertation sur la question s'il est permis d'avoir des esclaves en sa possession , Maestricht, •770
  • Philippe FERRARI : religieux servite, naquit a Ovillo, village près d'Alexandrie de la Paille dans le Milanais : laborieux , avide de connaissances, il apprit les langues , cultiva la théologie et les lettres, s'appliqua surtout aux mathématiques, pour lesquelles il avait un goût particulier, et les enseigna dans l'université de Pavie avec beaucoup de réputation. Son mérite lui valut l'attention et les bontés des papes Clément VIII, Paul V, Urbain VIII ; et l'estime qu'il avait inspirée à ses confrères le fit appeler aux premières charges de sa congrégation. Il en fut élu deux fois général et deux fois vicaire général. Il mourut en 1626. On a de lui : Nova topographiafin mart rologium romanum , Venise , 1609 Epitome geographica in IV libros divisa, Pavie , 1605 , ; 3° Catalogus sanctorum Italica, Milan, 1615 Quelques portib ns de cet ouvrage ont été insérées dans la collection des Bollandistes Cataloguç sanctorum qui in ilartyrologio non suit!, Venise, 1025 5" Topographia poetica, Pavie, 1612 1697 ; 6. Lexicon geographicum , Milan , 1627, c'est le plus célèbre des ouvrages de Ferrari ; il est totalement différent de l'Epitome geographica ; les articles, toujours accompagnés de la citation des auteurs qui en ont parlé , y sont rangés selon l'ordre alphabétique de leur nom latin ; mais l'ouvrage est précédé d'un Index des noms vulgaires , avec le renvoi aux noms latins , et contenant plus de 9,600 articles. Il fut réimprimé à Paris, en 1670 par les soins de l'abbé Baudrand, qui l'augmenta de moitié, mais qui , au lieu de corriger ce qu'il y avait de défectueux, a joint de nouvelles fautes aux premières
  • Philippe FICHET DE FLÉCHY : docteur en mé- decine. On ignore le lieu et l'époque de sa naissance et celle de sa mort. On sait seulement qu'il était Français, qu'il vivait dans le 18e siècle et qu'il a publié à Paris , en 1761 , un volume , inti-' tulé : Observations sur différents cas singuliers rela- tifs â la médecine pratique, â la chirurgie, aux accou- chements et aux maladies vénériennes. Ce livre contient un grand nombre d'observations, dont plusieurs sont intéressantes par la nature des faits qu'elles renferment. L'auteur, qeui a puisé ces observations dans sa pratique, les accompagne de réflexions qui décèlent plutôt un empirique qu'un théoricien éclairé. Fichet avait servi dans les guerres d'Allemagne, sous Louis XV, en qualité de médecin des armées. 11 s'attacha ensuite à l'électeur palatin, qui le fit inspecteur général de ses hôpitaux. On voit par ses ouvrages qu'il exer- çait la chirurgie concurremment avec la médecine
  • Philippe FORNERET( 1666 - 1736) : né à Beaune le 29 janvier 1666 , sortit de France pour cause de religion , fit ses études à Francfortsurl'Oder et les acheva à Lausanne. Après avoir desservi pendant deux ans l'église de Ctipenick , près de Berlin, il fut appelé dans cette dernière ville en qualité de pasr teur de l'église française ; il mourut le 26 février 1736. Formey, qui après avoir été son catéchumène en 1720, devint son collègue en 1731 et fut depuis son successeur, se rendit éditeur des Sermons de Forneret, 1738, 1 vol. Ce recueil eut peu de succès , malgré la réputation de l'auteur. Formey raconte que Forneret n'apprenait ses sermons qu'avec une peine extraordinaire et en y employant beaucoup de temps. Il lui arriva dans sa soixantedixième année de demeurer court en chaire ; il en fit les excuses les plus humbles à l'auditoire et revint chez lui inconsolable. Isaac de Beausobre, qui apprit à quel point cet accident l'avait affecté, vint le voir ; et après lui avoir fait sentir combien à son âge et avec sa réputation il devait ètre peu sensible à cet accident, il ajouta

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