Le prénom Nicolas Masculin

Origine :

Fête :

06 Décembre

Signification de Nicolas

Nicolas est de nature dynamique. Il adore travailler et il a l’habitude de s’investir à fond dans ce qu’il fait. Ne connaissant pas la fatigue, Nicolas cherche toujours des choses à faire. Il adore faire des découvertes et par là-même approfondir ses connaissances. Ce prénom est porté par des célébrités notamment Nicolas Antoine (théologien du XVIIème siècle), Nicolas Sarkozy, Nicolas Cage ou encore Nicolas Gogol. Les Nicolas sont célébrés le 6 décembre pour rendre hommage à Saint Nicolas, un célèbre évêque de Myre connu pour sa grande charité. Ce prénom est aujourd’hui très connu dans le monde entier.

Personnalité de Nicolas

Ils rêvent toujours d'un monde parfait et font beaucoup de projets, mais qui n'aboutissent pas toujours. Fiers, distants, ils ne supportent pas la médiocrité. Ce sont des hommes très actifs, qui entreprennent plusieurs choses à la fois. Calmes, pondérés, tolérants, ils sont dotés d'un sang froid étonnant. Ils ont une âme de chef et aiment commander. Ce sont des amis sûrs, mais ils recherchent davantage la solitude et la tranquillité.

Provenance du prénom Nicolas

Histoire de Nicolas

Etymologie de Nicolas

Les Nicolas célèbres

  • Nicolas ANDRIA( 1748 - 1814) : médecin , naquit à Massafra, le 10 septembre 1748. Quoique d'une famille aisée, comme le biographe Vulpes le remarque avec une espèce d'étonnement , il s'appliqua de bonne heure à l'étude, et vint achever son cours de droit à Naples. En le terminant, il publia une thèse sur les servitudes ; mais ennuyé bientôt de la profession d'avocat, il l'abandonna pour se livrer à l'étude de la médecine, science dans laquelle il fit de rapides progrès. En 1777, il fut nommé professeur d'aP:ri- culture à l'université de Naples ; et en 1801, il obtint la chaire de physiologie qu'il remplit pendant sept années d'une manière brillante. Chargé depuis de l'enseignement de la théorie médicale, il fut, en 1811, pourvu de la chaire de pathologie et de noso- L'abbé d'Andrezel se plaignit vivement d'avoir été déguenillé par la censure dans le Journal des curés , et il fit insérer dans le numéro suivant cet erratum « Une « lacune assez considérable se fait apercevoir dans l'article signé « D. du n° 460 de ce journal, MM. les abonnés sont priés de n'en « pas accuser le rédacteur de l'article, qui n'a pu ni la prévoir ni la « prévenir. » Le censeur était M. l'abbé Cottret, depuis évéquenipartibus, qui ne lit au reste que suivre les instructions qu'il avait reçues. logie, avec le titre de doyen de la faculté ; mais ses infirmités l'obligèrent de donner sa démission en 1814, et il mourut le 9 décembre, à l'àge de 66 ans. Ses restes furent déposés dans le tombeau de l'habile anatomiste Antoine Sementini , né la même année qu'Andria, et mort quelques semaines avant lui. 11 était en correspondance avec Spallanzani, Baller, Tissot, etc. On a de lui : 1° Traitai° delle asque minerali, Naples, 1775 2° édition, corrigée, ibid., 1783 Dans cet ouvrage , qui fut trèsbien accueilli de ses compatriotes, Andria s'attacha surtout à décrire les eaux minérales d'Ischia, de Castellaniare et de Naples. 2. Littera suie aria fessa, ibid., 1776 Cette lettre. est adressée au mar- quis de Tanucci, conseiller d'Etat du roi des DeuxSiciles. Quoique anonyme, on en reconnut facilement Fauteur à l'élégance du style et à la nouveauté des idées. 30 Instiluliones philosophico- chimicœ. Ces éléments de chimie ont été réimprimés plusieurs fois. La meilleure édition est celle de 1803, dans laquelle l'auteur a substitué les principes de Lavoisier à ceux de Stahl, qu'il avait suivis jusqu'alors. L'explication de la combustibn qu'on y trouve ressemble beaucoup à celle que le célèbre chimiste Thompson a donnée depuis de ce phénomène. L'ouvrage a été traduit en italien par Vulpes en 1812. 4° Elementa physiologica : il y suit presque constamment Haller ; cependant il s'écarte de son sentiment au sujet de la génération, et admet avec Bonnet la préexistence des germes. 5° Elementa medicina theurelicœ , Naples, 1787, traduit en italien par le fils d'Andria , 181.4. Cet ouvrage, qui, s'il n'a pas précédé les éléments de médecine de Brown, a paru du moins dans le même temps, offre une analogie frappante avec celui du docteur écossais. Comme Brown, Andria pense que toutes les maladies n'ont que deux causes : l'excè› de force ou l'excès de faiblesse, et sur ce principe il base leur traitement. 60 Disserlazione sulla teoria della cita, Naples, 180A. Le principe vital, suivant Andria , réside dans le fluide galvanique, et il en place le siégé dans le cerveau et les nerfs. 7° Historia materiœ medicœ, ibid., 1788. Cet ouvrage a été complété et traduit en italien par le docteur Tattro en 1815. 8° Institutiones medicce pratiern , ibid., 1790, traduit en italien en 1812, par le mème, avec des notes. Dans cet ouvrage. Andria parle avec détail des maladies du diaphragme ; et, suivant son biographe, il est le premier qui ait éveillé l'attention des praticiens sur les diverses affections dont, ce muscle est susceptible 11 a laissé manuscrits des Élé- ments d'agriculture. Vulpes a publié l'Elogio storico d'Andria dans le Giornale enciclopedico di Na- poli
  • Nicolas ANDRY( 1658 - 1742) : surnommé BOISREGARD, né à Lyon en 1658 , sans fortune , vint à Paris étudier en philosophie, au collège des Grassins , où il se fit répétiteur pour subvenir aux frais de ses études en théologie. Il devint professeur au collège des Grassins , et , en 1687, il commença à se faire connaître dans les lettres par sa traduction de Panégyrique de Théodose le Grand, par Pacatus, et par un ouvrage intitulé : des Sentiments de Cléarque sur le Dialogue d'Eudoxe et Pilante, où il attaquait les opinions philosophiques du P. Bouhours. Dégoûté de la théologie, il étudia la médecine, fut reçu. docteur à Reims, et , en 1697, à la faculté oie Paris. Un peu de mérite , et un grand talent d'intrigue , le firent connaître et réussir; il fut nommé successivement professeur au collège royal, censeur, et collaborateur au Journal des Savants. Malgré les justes préventions qu'avait inspirées la manière adroite dont Andry avait préparé ses succès , et malgré son caractère satirique et emporté , qui ne lui faisait épargner ni rivaux ni amis, il fut, en 1724, élu doyen de la faculté. Les premiers temps de son décanat furent marqués par les vues les plus sages ; frappé de la supériorité de talent qu'exige l'exercice de la ?édecine , Andry voulut lui assurer la prééminence sur la chirurgie, et lit conserver à la faculté le droit d'inspection qu'elle avait toujours eu sur les chirurgiens ; mais, en même temps, il voulut assujettir les élèves médecins à des études chirurgicales ; il fit aussi décréter que nul chirurgien ne pourrait pratiquer l'opération de la taille qu'en présence d'un médecin , etc. Bientôt il voulut dominer la faculté ellemême , et aspira dès lors à faire nommer Helvétius, son ami , premier médecin du roi , et protecteur de la faculté ; mais , deviné par cette compagnie , qui reconnut dans cette apparence de zèle l'ambition particulière du doyen , il ne lui pardonna pas de lui avoir fait éprouver un refus. Dès ce moment Andry s'efforça de perdre ceux des membres de la faculté qui s'étaient opposés à son projet, et, dans cette vue, il ne rougit pas d'altérer l'opinion que cette faculté avait émise sur la bulle Unigenitus, afin de lui nuire dans l'esprit du ministre. L'affaire se termina à sa honte, en 1726, et , pour prévenir un semblable abus , il fut décidé que les decrets de la faculté seraient dorénavant signés par plusieurs docteurs , afin que le doyen ne pût rien y changer. L'on devine la haine que, dès lors, la faculté porta à Andry ; elle s'augmenta encore par les querelles particulières qu'il eut avec plusieurs de ses membres, Hecquet, Lémery, le célèbre J.L. Petit , et par divers écrits polémiques et injurieux auxquels ces querelles donnèrent lieu. Andry ne fut pas réélu doyen. La composition . e Traité de la génération des vers dans le corps de l'homme, ouvrage qui a été plusieurs fois réimprimé, traduit en plusieurs langues ; la 1" édition parut en 1700. Lémery en imprima une critique assez sévère dans le Journal de Trévotix, pour se venger de celle qu'Andry avait faite de son Traité des aliments; Valisnieri l'attaqua avec moins de ménagement encore ; il valut à notre satirique l'épithète d'homo vermiculosus, parce qu'il ne voyait que vers partout et dans toutes les maladies. Andry répondit à toutes ces censures, en publiant , sur le même sujet, en 1704 , Paris , ses Éclaircissements sur le livre de la génération des vers dans le corps de l'homme, contenant des remarques nouvelles sur les vers et les maladies vermineuses. 30 Remarques de médecine sur différents sujets, principalement sur ce qui regarde la saignée et la purgation, Paris, 1710 4° Le Régime du carême , considéré par rapport à la nature du corps et des aliments , Paris , 1710 ; Traité des aliments du carême , Paris, 1715, 2 vol. , puis 3 vol. , parce qu'on y a joint l'ouvrage précédent. Dans ces trois productions , l'auteur a pour but de réfuter toutes les opinions d'Hecquet , et la discussion des faits n'est pour lui qu'un prétexte de faire la guerre. 5° Le Thé de l'Europe, ou les Propriétés de la véronique, Paris, 1704 , Reims, 1746, 1747 6° Examen de différents points d'anatomie , de chirurgie , de physique et de médecine, Paris, 1725 Ici Andry fait une critique trop amère du fameux Traité sur les maladies des os, de J.L. Petit , ouvrage qui étonna alors , et à juste titre , la chirurgie européenne , et contre lequel Andry, dans son zèle amer et injuste, réunit des accusations trèssouvent fausses , telles que celles qui traitaient de chimérique la rupture du tendon d'Achille. 7° Remarques de chimie touchant la préparation de certains remèdes , Paris , 1755 ; écrit polémique encore , et dirigé contre la première édition de la. Chimie médicale de Malouin. 8° Cléon à Eudoxe, touchant la prééminence de la médecine sur la chirurgie , Paris , 1738 , où l'auteur veut prouver, par l'ancienneté des usages et la raison ellemême, la justice de la conduite qu'il avait tenue à cet égard pendant son décanat. 9° Orthopédie, ou l'Art de prévenir et de corriger dans les enfants les difformités du corps , Paris 1741, 2 vol. , fig. ; Bruxelles, 1743, 1 vol. , fig. Andry est encore auteur de quelques thèses. Il a fourni des articles de médecine au Journal des Savants, depuis 1702 jusqu'en 1739. Dionis, son gendre , a publié (le lui un Traité sur la Peste, qu'il avait dicté en français , au Collége royal , par ordre du régent. Du reste , le caractère de tous ces écrits confirme le jugement que nous avons porté sur Andry ; aucune de ces grandes vues spéculatives et pratiques qui rappellent la médecine antique d'Hippocrate , l'observation de la nature , et la counaissance de ses lois ; tout y est sacrifié à cet esprit de satire qui seul a semblé exciter l'auteur à prendre la plume; aussi , de nos jours, où l'intérêt des controverses locales est évanoui, ces productions sontelles oubliées, et n'ornentelles plus que la bibliothèque de nos plus infatigables érudits. C
  • Nicolas AAGARD( 1612 - 1657) : naquit en 1612, à Viborg. Après avoir achevé ses études à l'université de Copenhague, il visita les principaux États de l'Europe pour étendre ses connaissances. De retour en Danemark , il embrassa l'état ecclésiastique et cumula quelque temps les fonctions du pastorat avec celles de recteur d'une école. En 1647, il fut nommé professeur (l'éloquence à l'académie de Sore , et bientôt il joignit à cette chaire les places de conservateur de la bibliothèque et de secrétaire de l'académie. Diverses thèses et plusieurs opuscules lui avaient déjà mérité la réputation d'un savant philologue et d'un habile critique; et il s'occupait de travaux plus importants, lorsqu'une mort prématurée l'enleva, le 22 janvier 1657. On cite de lui : de Stylo Novi Testamenti; de Usu syllogismi in theologia; de Oplimo Genere oratorum ; Prolusiones in Tacitum , Sceoë Animadversiones in Ammianum Marcellinum contra Boxhorn, Soroè, 1654 de Ignibus sublerraneis; de Nido phœnicis MBN.
  • Nicolas AGERIUS ou AGER : professeur de médecine et de botanique à Strasbourg , était contemporain et ami des deux frères Bauhin ; il leur a communiqué plusieurs plantes nouvelles qu'il avait observées. Depuis , en mémoire de cet auteur , on a désigné par le nom d'ageria une espèce du genre Pœderota, qu'il avait fait connaître le premier. Agevins avait aussi , sur la philosophie physique et sur l'histoire naturelle , des connaissances fort étendues ; il est auteur d'un ouvrage sur les zoophytes, intitulé : Disputatio de zoophytis , Argentorati , 1625 , et d'un ouvrage , de Anima etegelaliva, Argentorati, 1629 Carrière lui attribue encore : Thèses méd. phys. de homine sono et de dysenteria, Argent., 1595 , de anfractibus mesaroei , ibid
  • Nicolas ABRAM : né en 1589, à Xaronval, village de la Lorraine, entra, en 1616, chez les jésuites, fut appelé à professer la théologie à Pont-àMousson , remplit cette chaire durant dixsept ans, et mourut dans ces fonctions pénibles, le 7 décembre 1655. Modeste jusqu'à la simplicité, et ne soupçonnant pas son mérite, il porta la défiance de soimême à un degré rare parmi les gens de lettres. Ses ouvrages sont : I' un savant Commentaire en 2 vol. , sur quelques harangues de Cicéron; Paris, 1651. Les excellentes observations qu'il contient se trouvent noyées dans une diffusion qui en rend la lecture trèspénible. Osorius et d'Olivet ont beaucoup profité de ce commentaire; on en a détaché les analyses, qui sont plus estimées que le commentaire même , Pont-àMousson , 1633. 2° Une édition de Virgile, avec des notes Rouen , 1653, 37, 48, 82; Pont à Mousson, 1635, et Toulouse, 1644; ouvrage plus estimé que le précédent, parce qu'il est plus précis, plus clair , et que l'auteur réussit assez à expliquer les endroits difficiles; 3° des Questions théologiques, sous ce titre : Pharus Veteris Testamenti, Paris 1648; 4° un Commentaire sur la Paraphrase de St Jean, en vers grecs, par Nonnus, que Simon met audessus de tous ses autres ouvrages; 5° un traité latin de la Vérité et du Mensonge ; 6° un Abrégé des Rudiments de la langue hébraïque, en vers latins; 7° l'Histoire de l'Université de Pont- à- Mousson , en latin, où, dit Chevrier, entre une foule de traits intéressants, on trouve des petitesses capables de jeter du doute sur les faits les plus importants du reste de l'histoire. D. Calmet se proposait de la faire imprimer à la suite de sa Bibl. de Lorraine ; mais il en fut empêché par des personnes intéressées à ce que différentes particularités contenues dans cet ouvrage ne fussent pas rendues publiques. On trouve la liste de ses ouvrages dans Bayle, Sotvell , etc. N—L. •
  • Nicolas ACCIAIUOLI( 1310 - 1366) : grand sénéchal de Naples. Sa famille était originaire de Brixia , et tirait son nom du commerce de l'acier, qui était sa profession. Elle se divisa en plusieurs branches, dont une s'établit à Florence, où elle obtint un rang distingué sans quitter son commerce; c'est de cette branche que naquit Nicolas, le 12 septembre 1310, à Florence. La source de sa fortune à Naples fut l'ascendant qu'il prit. par les agréments de sa ligure et de son esprit sur Catherine de Valois, veuve de Philippe, prince de Tarente, qu'on appelait l'impératrice de Constantinople. Elle lui confia l'éducation de son fils Louis de Tarente. Il resta fidèle à ce prince dans les circonstances difficiles où le jetèrent les malheurs de la reine Jeanne I", qu'il conduisit à Avignon lorsqu'elle vint s'y réfugier ; et, lorsque Louis l'eut épousée solennellement, il disposa tout pour leur entrée à Naples et leur couronnement. C'est par la reine Jeanne qu'il fut fait grand sénéchal , et chargé de l'administration du royaume , pour récompense des services qu'il lui avait rendus. Il fut un de ses plus fidèles ministres; seul incorruptible, au milieu d'une cour licencieuse, il travaillait avec persévérance à réparer les maux que Jeanne attirait sur son royaume par ses crimes et ses imprudences. Il fut des derniers à quitter Naples lorsque la reine fut réduite à s'enfuir, et que le roi de Ilongrie envahit le royaume pour venger son frère André, époux de Jeanne, qu'elle avait fait périr. Acciaiuoli alla demander des secours aux Florentins , ses compatriotes, et sut les intéresser en faveur de la petitefille du roi Robert, leur fidèle allié. Par leur aide, et avec l'appui des généraux qu'il avait gagnés, il ramena Jeanne dans Naples en 1355, et leva, par son crédit , une armée auxiliaire pour chasser les condottieri qui ravageaient le royaume; mais la cour, toujours indigente, ayant refusé une solde à cette armée, elle alla tout entière se joindre aux ennemis. Le grand sénéchal mourut en 1366, comblé d'honneurs et de richesses. Sa Vie, écrite par Matteo Pahnieri, a été imprimée au t. 13e de la Collection des Historiens d'Italie
  • Nicolas ADAM( 1716 - 1792) : né à Paris, en 1716, fut élèvé de Louis le Beau, et , à son tour, professa pendant plusieurs années avec distinction l'éloquence au collége Lisieux. Le duc de Choiseul, qui avait beaucoup d'amitié pour lui , l'envoya à Venise , comme chargé d'affaires auprès de la république. Adam y resta douze ans. Il revint en France, où il donna quelques livres élémentaires, et mourut à Paris en 1792. On a de lui : 1 ° la Vraie Manière d'apprendre une langue quelconque, vivante ou morte , par le moyen de la tangue française, 1787, 5 vol. plusieurs fois imprimés ; ils contiennent : I' Grammaire française ; 2° Grammaire latine ; 3° Grammaire italienne ; 4° Grammaire anglaise ; 5° Grammaire allemande. 2° Les Quatre Chapitres, de la Raison, de l'Amour de soi , de l'Amour du prochain , de la Vertu, 1 780 ouvrage que l'auteur, dit Desessarts , avait présenté sous quatre faces , en bon et en mauvais latin, en bon et en mauvais français, 3° Traduction littérale des OEuvres d'Horace, 1787, 2 vol. 4° Traduction littérale des OEuvres de Phèdre. 5° Traduction italienne de Phèdre. 6° Traduction littérale de Rasselas , roman de Johnson. 7° Traduction littérale de Caton, tragédie d'Addison. 8° Traduction littérale de l'Essai sur l'homme, de Pope. 9° Traduction littérale de la première Nuit d' Young. 10° Essai sur l'Éducation de la jeunesse, Londres et Paris, 1787 Adam savait presque toutes les langues de l'Europe , et possédait à un rare degré le talent de communiquer ce qu'il savait
  • Nicolas ALAIN ou ALANUS( 1500) : médecin, né dans la Saintonge au 16' siècle , n'est connu que par l'ouvrage suivant : de Santonum regione et illus- tribus familiis brevis nec minus elegans Tractalus; Saintes, 1598 de 39 pages. Ce petit volume trèsrare est recherché des curieux. L'auteur était mort après les premières guerres civiles. Son fils Jean Main, avocat au parlement de Bordeaux , ayant, longtemps après , retrouvé cet opuscule , s'empressa de le publier pour sauver de l'oubli les recherches et le nom de son père. On y trouve quelques détails sur les procédés qu'on employait alors dans la Saintonge pour fabriquer le sel
  • Nicolas ALAMANNI( 1585) : Grec d'origine, naquit en 1585, et fut élevé à Rome , où il enseigna la rhéto- rique et la langue grecque. Son mérite le fit nommer secrétaire du cardinal Borghèse , et ensuite bibliothécaire du Vatican ; il mourut à Rome en 1626. On a de lui : 1° une traduction latine de l'Histoire secrète de Procope, accompagnée de notes, Lyon, 1623 réimprimée dans la belle édition de Procope, grec et latin , Paris , de l'imprimerie royale , 1663 t. 2 , part. 2 , niais sans les notes ; 2° de Lateranen- sibus Parietinis, ab illustr. et Ber. D. Franc. Barbe- rino restitutis, Dissertatio historica, figuris ceneis il- lustrala , etc. , Rome , 1625 réimprimée dans le Thesaur. Antiquitat ttaliœ , t. 8 , part. 4 ; et quelques autres ouvrages moins importants
  • Nicolas ALBERGATI( 1375 - 1443) : cardinal, né à Bologne en 1375. Sa famille, l'une des premières de la ville, le voulait faire jurisconsulte ; mais une vocation ardente le jeta, à vingt ans, dans les ordres sacrés ; il revêtit l'habit des chartreux, et s'acquit bientôt une réputation de sagesse et de science qui le conduisit rapidement aux plus hautes dignités. En 1417 , le pape Martin V, dont l'élection venait d'apaiser les troubles intérieurs de l'Eglise, voulut employer l' d'Albergati sur ses compatriotes à les ;amener sous l'autorité temporelle du pontife dont ils s'étaient affranchis. Albergati, sincèrement dévoué au saintsiège, fut nommé évêque de Bologne ; il put alors exposer ouvertement ses doctrines en faveur de la domination absolue du pape. Pendant longtemps la vénération dont ce prélat était l'objet balança le mécontentement que ses tendances inspiraient aux Bolonais ; mais, en 1420, une révolte éclata, et il faillit être assassiné. Le pape vint à son secours, et, pour laisser aux esprits le temps de se calmer, l'envoya en France comme nonce apostolique. Sa mission avait pour but un accommodement entre Charles VI et le roi d'Angleterre Henri V, mais elle fut rendue sans objet par la mort des deux princes . En 14e, Albergati reçut le titre de cardinal de SteCroix de Jérusalem ; son zèle s'en accrut encore, et ce zèle, souvent exagéré , fut la cause immédiate d'un nouveau soulèvement des Bolonais, plus redoutable que le premier , car le palais épiscopal fut pillé, et, de leur propre autorité, les habitants élirent un autre évêque. Le cardinal se refugia auprès du saintpère, qui le retint deux ans à Rome ; une nouvelle ambassade en France lui fut ensuite donnée. En 1451, Eugène IV, successeur de Martin, envoya Alberg,ati présider le concile de Bàle ; mais là, des difficultés imprévues se présentèrent : Albergati soutenant que le concile empiétait sur le pouvoir du pape , et le concile, de son côté, se plaignant des mesures prises par Albergati, et qui n'allaient pas moins qu'à la négation de l'autorité du concile luimême , un flou- veau schisme faillit éclater, et le cardinal de Ste- Croix revint à Rome sans avoir pu accomplir sa mission. Alors le pape lui adjoignit trois cardinaux, et les quatre prélats dirigèrent de concert la 17e session, qui eut lieu à Bâle, en 1433. Cette fois, le concile se débarrassa de l'opiniâtre Albergati en le chargeant d'un insignifiant message pour Eugène IV. Il ne se tint pas pour battu, et nous le retrouvons à Bàle, le 14 avril 1436, faisant l'ouverture de la 24e session. Toujours mêmes dissentiments, mêmes obstacles. Albergati reprend la route de Rome, et obtient du pape, en 1437, une bulle qui transfère le concile de Bàle à Ferrare. Une partie des prélats obéirent, se constituèrent en synode à Ferrare le 10 janvier 1438, et tout ce qui avait été ou serait fait à Bâle, depuis la bulle, fut déclaré nul de tout point. — L'Orient of- frait alors un spectacle déplorable ; une catastrophe approchait à grands pas ; les Turcs s'étaient déjà montrés plusieurs fois devant Constantinople, qu'ils ne prirent cependant que quinze années plus tard. Dans cette situation désespérée, Jean Manuel Paléologue, l'avantdernier empereur grec, se rendit en Italie, accompagné des hauts dignitaires de l'Église d'Orient, et,proposa au pape Eugène la réunion définitive de l'Eglise grecque à l'Église latine : il espérait par là se donner pour auxiliaire contre les Turcs toute l'Europe catholique. Une session du concile fut employée, en octobre 1438, à discuter les principaux points de cette question, si souvent débattue et toujours ajournée. Cette fois encore, le concile, que présidait Albergati, se sépara sans rien conclure. L'année suivante, Alber- gati fut nommé successivement grand pénitencier de l'Église, puis trésorier du pape, en remplacement du cardinal des Ursins. Cette dernière fonction l'obligeait à une résidence habituelle auprès du saintpère. C'est en revenant avec lui de Florence, où la peste qui désolait Ferrare avait chassé le concile, qu'Albergati, attaqué de la pierre depuis longues années, fut forcé de s'arrêter à Sienne, et y mourut le 9 mai 1443, âgé de 67 ans. Ce prélat joignait à un caractère ferme et droit un esprit éclairé, laborieux, infatigable; sa piété était sincère et profonde, mais il la poussait parfois jusqu'à l'intolérance. Thomas de Sazzanne et /EneasSylvius , qui devinrent papes par la suite, sous les noms, l'un de Pie II, l'autre de Nicolas V, avaient été ses secrétaires. Il fut canonisé en 1745, par Benoît XIV, aux termes d'un bref qu'on peut lire en tête d'un Recueil de piè- ces pour servir à l'histoire d' Albergati Rome, 1745
  • Nicolas ALEXANDRE( 1654 - 1728) : bénédictin de la con, grégation de St- Maur , né à Paris, en 1654, d'une famille distinguée, et mort à StDenis, en 1728, est connu par deux ouvrages : 1° la Médecine et la Che- rurgie des pauvres , Paris , 171 4 ; 2 Diction- naire botanique cl pharmaceutique , ibid. , 1738 Le premier l'enferme des remèdes choisis, peu coûteux, et faciles à préparer, pour les maladies et externes ; le deuxième expose les principales propriétés des minéraux , des végétaux et des animaux employés dans la médecine. On ne peut qu'applaudir aux intentions louables et au zèle de l'auteur ; mais la médecine a trop souvent à gémir de la confiance qu'inspirent à des gens peu les connaissances puisées dans des ouvrages aussi incomplets
  • Nicolas AMENTA( 1659 - 1719) : né à Naples en 1659, fut, pendant ses quatorze premières années, affligé d'une maladie des yeux, qui le força de rester tout ce temps enfermé dans une chambre , sans voir le jour. Dès qu'il en fut guéri, il fit des progrès rapides dans ses études, fut reçu docteur en droit, et se distingua bientôt, à Naples, dans la profession d'avocat. Il fit son délassement de la culture des lettres, et s'appliqua surtout à l'étude de la langue toscane, qu'il écrivit avec une grande pureté, et sur laquelle il a laissé des observations, et d'autres écrits. On a de lui : 1° sept comédies en prose, savoir : la Costanza, il Forca , la l'ante, la Somiglianza, la Carlotta, la Giustina, et le Gemelle, que l'on compte parmi les meilleures de son temps. 2° Rapporti di Parnaso, etc., 1" partie, qui n'a pas été suivie d'une 2', Naples , 1710 Ces rapports sont dans le genre des Ragguagli di Parnaso de Boccalini, sinon que ceuxci roulent souvent sur la politique et sur la morale, au lieu que ceux d'Amenta n'ont pour objet que l'histoire littéraire et des matières d'érudition. 3° Des observations sur il Torlo e'l drillo del non si pue), etc., ouvrage sur la langue italienne, par le P. Daniel Bartoli, sous le nom de Ferrante Longobardi, publiées avec l'ouvrage même, dans l'édition de Naples,1717 et réimprimées de même avec des remarques de l'abbé Cito ; Naples, 1728 4° Della Lingua nobile d' I talia , etc., autre ouvrage sur la langue, divisé en deux parties, publié à Naples, eh 1723 5° Les vies de deux hommes de lettres, monsignor Scipion Pasquale de Cosenza , et Lionardo, poète napolitain. 6° Vingtquatre Capitoli, ou pièces satiriques, dans le genre des Capitoli du Berni, du Lasca, et autres poètes burlesques, Naples, 1721 7° Des Rime, ou poésies diverses , éparses dans différents recueils. Amenta mourut à Naples, le 21 juillet 1719
  • Nicolas AMHURST( 1600 - 1742) : écrivain anglais, né à Marden, dans le comté de Kent, vers la tin du 17' siècle. C'était un homme de beaucoup d'esprit, mais sans moeurs. Sa mauvaise conduite l'ayant fait chasser d'Oxford, où il était membre du collège de StJean, il s'en vengea par deux poèmes satiriques : Oculus Britanniae , et T'erra filins. Il alla s'établir à Londres , où il publia un volume de Mélanges, et quelques autres essais ; mais il est plus particulièrement connu comme ayant eu part à la rédaction d'un ouvrage périodique intitulé : the Crafaman, auquel travaillèrent aussi lord Bolingbroke et Pulteney, depuis comte de Bath. Cette feuille, dirigée contre le ministère du chevalier Robert Walpole, eut un succès si prodigieux, qu'il s'en débitait 10 à 12,000 exemplaires par jour. Ce succès n'augmenta point la fortune d'Amhurst , qui , après la chute du ministre , quoiqu'il fut un de ceux qui y avaient le plus contribué par leurs écrits, ne reçut aucune récompense , n'obtint aucune place, et fut entièrement oublié du parti qu'il avait si bien servi. Il mourut, à ce qu'on croit, de chagrin, en 1742, et dans un état si misérable, que son imprimeur, Richard Franklin, fut obligé de payer son cercueil. On a aussi de lui une Épître à sir John Blount, 1720 ; le Général anglais, poème consacré à la mémoire de Jean , duc de Marlborough ; Strephon vengé, satire contre les toasts d'Oxford ; la Convocation, poème en cinq chants, dirigé contre le haut clergé ; la traduction de quelques poèmes latins d'Addison
  • Nicolas BAFFA : savant napolitain, et l'un des érudits italiens le plus profondément versés dans la langue grecque, vers la fin du 18° siècle, fut une des victimes immolées par la cour de Naples, lorsqu'elle revint de Sicile, après la retraite des Fran-çais en 1799. Pour juger cet événement, il faut se i, l'appeler qu'il n'y avait eu à Naples ni sédition, ni révolte ; que le roi était parti clandestinement, lors- que ses sujets lui offraient de mourir jusqu'au &r- nier, pour le défendre contre les Français ; que ceux- ci étant entrés aussitôt à Naples, personne méme n'avait pu fuir, et que tont le crime des Napolitains, distingués dans tous les genres, qui périrent après le retour du roi, avait été de céder à la force, et d'accepter des fonctions, ou de prendre une part quelconque dans un ordre de choses qu'ils n'avaient nullement contribué à établir
  • Nicolas ARNOLD( 1618 - 1680) : naquità Lesna, en Pologne, 2 17 décembre 1618. Après avoir étudié avec succès ous les plus habiles maîtres de Lesna et de Dantzick, 1 fut placé, en 1639, à la tète de l'école et de l'église le Jablonow. Les talents qu'il montra dans cette )lace engagèrent ses supérieurs à l'envoyer dans les miversités étrangères, afin qu'il y trouviit, pour per-1:ectionner ses études, les secours qui lui manquaient Jans sa patrie. En 1641 , il arriva à Franecker, et wivit les leçons de Makowski, du fameux Cocceius, de Vedel, de Cloppenburg. il alla passer, en 1645, quelques mois dans les universités de Leyde, de Groningue et d'Utrecht, pour y écouter Voet, Spanifeim, et quelques autres savants théologiens. On lui confia, en 1645, la direction d'une petite église hollandaise, laquelle il s'attacha tellement, que des offres plus brillantes ne purent la lui faire quitter. Cocceius ayant été appelé par l'université de Leyde, la chaire de théologie qu'il occupait à Franecker resta vacante; les magistrats la donnèrent à Arnold, en 1651, et, trois ans après, ils y joignirent la place de prédicateur académique. Arnold, qui possédait parfaitement le hollandais, et s'était, dès les premières années de son séjour en Hollande, exercé avec succès au ministère de la parole, se fit, dans ces nouvelles fonctions, une fort grande réputation. Ses ouvrages sont écrits en latin, et appartiennent presque tous au genre dogmatique et polémique; il suffira d'en indiquer quelquesuns : 1. Scopce dissolutce II. Echardi, Franecker, 1654 e Lux in tenebris, etc. , ou Défense et Conciliation des passages de la Bible dont les sectaires se servent pour établir leurs erreurs, 2 vol. ibid. , 1662; et 1665 5. Atheismus so- cinianus J. Bidelli refulatus, ibid. , 1659, in -4. ; 40 oraison funèbre de Christ. Schotanus, professeur à Franecker, ibid. , 1671 Arnold mourut le 15 octobre 1680. — Michel ARNOLD, un de ses fils, mort le 28 mars 1758, à Harlem, où il était ministre du saint Évangile, a publié, en 1680, à Franecker : Codex talmudicus l'amid. , etc. , avec une traduction et des commentaires. Cet ouvrage a été inséré dans le tome 5 de la Mishna de Surenhusius. On connaît encore de lui des Méditations chrétiennes, écrit ey hollandais et publiées à Harling, 1687 et une oraison funèbre du prince Henri Casimir, Leuw. 1697
  • Nicolas ARNU( 1629 - 1692) : théologien célèbre, né à Mérancourt, près de Verdun , le '1 septembre 1629, eut dans sa jeunesse une existence fort malheureuse. Orphelin dès l'enfance, confié à un tuteur qui le maltraitait et le privait même du nécessaire, il ne pouvait étudier qu'a la dérobée et consacrait à cultiver son intelligence précoce le peu de loisir que lui laissaient les travaux de la campagne, incompatibles d'ailleurs avec la délicatesse de sa constitution. Las enfin d'un joug insupportable, il quitte le village et arrive à Paris, espérant obtenir une bourse ou quelque pension gratuite; mais, privé de protecteurs, il se trouva bientôt sans ressources et forcé pour vivre de se mettre aux gages d'un gentilhomme catalan, qui l'emmena à Perpignan, où il lit d'excellentes études classiques. Ainu entra dans l'ordre de StDominique en 1644, et suivit des cours de philosophie et de théologie à Gironne, à Puycerda, d'où ses supérieurs l'envoyèrent à Urgel enseigner les belleslettres. Ordonné prêtre, on le vit professer pendant sept années consécutives, avec une réputation croissante, la théologie à Tar- ragone, puis à Perpignan, qu'il habita dix années. Ce fut dans cette dernière ville qu'on lui accorda la première chaire et la place de préfet du collége. Ses sermons ne lui firent pas moins d'honneur que ses cours, et, en 1665, Thomas de Rocaberti, général de l'ordre, lui confia les fonctions de régent du col-. lege StThomas de Rome. Élevé ensuite à la chaire de métaphysique à l'université de Padoue, sa répu- tation devint européenne, et il fut compté parmi les premiers théologiens du I7e siècle. Arnu, mort à Padoue en 1692, a laissé beaucoup de manuscrits qui n'ont pas été publiés. Les ouvrages suivants sont les seuls qui soient cités par les biographes I° Clypeus philosophice Thomisticoe, Béziers, 167'2, 6 vol. 2e édition entièrement remaniée, ayant pour titre : Philosophie° Syntagma, Padoue, 1686, 8 vol. ; O Doetor angelicus, divus Thomas di- vine° voluntatis et sui ipsius interpres, 4 vol. Les deux premiers ont paru à Rouie en 1679 ; les deux autres à Lyon en 1686. L'auteur en a publié une seconde édition une année avant sa mort. On lui attribue encore des Réflexions morales sur la ligue entre l'Empereur et le roi de Pologne contre les Grands Seigneurs. C'est une compilation indigeste de pronostics et de prophéties peu digne de la plume d'Arnu, et .qui fut imprimée à Padoue en 1684
  • Nicolas ARRIGHETTI : né à Florence, où il mourut eu 1659, se distingua dans plusieurs genres de littérature, et principalement dans les mathématiques, dans la philosophie platonique, dans les sciences naturelles, et dans les belleslettres. Il fut un des plus illustres élèves du célèbre Galilée, et il remplit une place distinguée dans l'académie floren- Cette traduction est supérieure à celles qui l'ont précédée. Elle a été réimprimée par M. Buchon dans la collection du Panthéon lit- téraire. C. W—R. tine et dans celle de la Crusca. C'est dans la première qu'Arrighetti occupa la charge de conseiller depuis '1614 jusqu'en 1625, qu'il fut nommé consul. 11 fut aussi l'un de ceux qui formèrent à Florence l'académie platonique, rétablie par le grandduc Ferdinand, et par le prince, depuis cardinal, Léopold de Toscane. Il fut choisi pour composer le discours d'ouverture, qui se trouve dans les Prose Fio- rentine. Ce fut alors qu'il entreprit de traduire en langtte toscane les dialogues de Platon ; il était près de terminer ce travail quand la mort vint le surprendre. Son neveu, le célèbre Charles Dati, prononça son éloge à l'académie de la Crusca, le 15 niai 1645 ; on le trouve dans le mème recueil des Prose Fiorentine. Les ouvrages imprimés d'Arriglietti, sont : Delle lodi del sig. Filippo Florence, 1614 et dans la première partie du 3e voltune des Prose Fiorentine ; Orazione reei- - tata al serenissimo g ra n dura di Toscana Ferd n a n don esequie della granduehessa sua madre, Florence, 1651 et dans la première partie du 4' volume des Prose Fiorentine; 3 enfin, Orazione Talla da lui nel dai o spiegare Platone; Cicalata sopra il Citriolo; Ciealala in iode della Torta, tous trois imprimés dans le recueil déjà cité. Ces Cica/ ate, autrefois en usage dans l'académie florentine, étaient, comme on sait, des discours ironiquement sérieux sur des sujets plaisants, comme ici le cornichon, ou le concombre ou la tourte. Arrig,hetti a laissé, en outre, un trèsgrand nombre d'ouvrages manuscrits en vers et en prose, conservés dans plusieurs bibliothèques
  • Nicolas ASCELIN ou ANSELME : religieux missionnaire, fut envoyé, par Innocent IV, vers un des généraux mongols, en 1247, suivit le sud de la mer Caspienne, traversa la Syrie et la Perse, et se présenta devant BajuNovian , un des chefs mongols, qui probablement campait, avec ses nomades, dans le Chowarezem. La relation de ce voyage, moins importante que celle de Carpin, a peu contribué aux progrès de la géographie de cette Partie de l'Asie. Le bon religieux, observateur crédule et superficiel, n'entre dans quelques détails que relativement à son séjour parmi les Mongols. Son journal ne nous est pas parvenu en entier ; ce que nous en avons nous a été conservé par Vincent de Beauvais, qui tenait cet extrait de Simon de StQuentin, compagnon d'Ascelin, et qui l'inséra dans son Miroir historique. Bergeron l'a traduit en fran-çais dans son recueil, à la suite de la relation de Carpin, Paris, 1631 L
  • Nicolas AUGER : Ce comédien, après avoir joué avec beaucoup de succès l'emploi des valets, sur le théâtre de Vienne en Autriche , vint débuter à Paris, le 14 avril 1765, dans le même emploi. Ses débuts furent trèsbrillants, puisque Armand, qui était depuis quarante ans en possession de ces rôles, dit, en le voyant, qu'Auger le ferait un jour oublier. Cependant, le public, après avoir cédé au charme de la nouveauté, ne fut point injuste envers un comédien célèbre, et, quoi qu'on ait publié, Préville conserva la faveur Bout il jouissait,'et que nulle co paraison ne pouvait lui enlever. Auger était grand; sa taille était bien proportionnée ; sa ligure convenait parfaitement à l'emploi qu'il avait choisi; sa physionomie avait de la mobilité, et il en abusait quelquefois, en se laissant aller à des grimaces, à des charges outrées; il en introduisit même dans quelques rôles qui auraient dû lui imposer de la retenue ; telle est celle du gros bâton de réglisse qu'il offrait dans la scène où, jouant le Tartufe , il cherche à séduire Elmire ; plaisanterie indécente qui a longtemps été répétée comme une tradition théâtrale. 11 avait demandé à débuter dans la tragédie; le froid accueil qu'il reçut dans les rôles d'Huascar et de Warwick lui prouva que le cothurne ne lui convenait pas : il a pourtant joué avec succès quelques rôles qui exigent de la noblesse, tels que celui du commandeur, dans le Père de famille. Auger quitta la comédie en 1782, et mourut à Paris, le 26 février 1783
  • Nicolas BALBANI : de la ville de Lucques, fut ministre de l'église italienne à Genève, où il publia en italien une vie du marquis Galeazzo Caracciolo, dans laquelle, comme le titre l'annonce, on voit un rare et singulier exemple de persévérance dans la piété et dans la vraie religion, Genève, 1581 Cet ouvrage , qui eut dans le temps beaucoup de succès, fut traduit en français par Vincent Minutoli, Genève, 1601 Il a été aussi traduit en latin, 1596 et en anglais par W. Crashaw Balbani mourut en 1587
  • Nicolas BALZE( 1733) : naquit à Avignon, en 1733, • SIGNATURES DES AUTEURS. L. R—E. LA 11 EN AUDI ÈRE. Ls. LANG L L—S—E. LA SALLE. L—T—L. LALLYTOLENDA L• L—x. LACROIX. M—A. MELDOLA M—B—N. MALTEBRUN. M — D. MICHAUD • M—D j. MICHAUD junior. M— E. MENTELLE. M—x. MONTCLOU X LA- VILLENEUVE NL. NOEL. P—C—T. PICOT. PE. PONCE. PAROLETTI. P—N. POLAIN. P—RT. PHILBERT. P—x. PUJOULX. QRv. QUATREMÈREROISSY. R—G. ROIFENSBERG . R—L. ROSSEL. R—T. ROQUEFORT. SD. SUARD. S. D. S —Y. SILVESTRE DE SACY. S—É SOULIÉ . S. H. STAELHOLSTEIN . S—i. SALFI. S —R. STAPFER • S—S-1 SIMONDESISMONDI. ST—T. STASSART . S—Y. SALABÉRY. T— D. TABARAUD. U-1. USTÉRI. V— N . VILLEMAIN. V. R— D . V. ROSENWALD. V—R—x. VITAL—Roux. V— S. VILLERS. V—S —I. VISCONTI V. S— L. VINCENS STLAURENT . V. S. M. VIALART STMORYS. V—T . VITET. V—VE. VILLENAVE. V. W. VAN WIN. W —S. WEISS. • X—s. Revu par SUARD. Z. ANONYME. SIGNATURES DES AUTEURS DU DEUXIÈME VOLUME. MM. A. BT. A. BEUCHOT. A—D. ARTAUD. A—D—R AMARDUVIVIER. A—G—R . AUGER. A—L—E. A LLONVILLE A. L. M. A. L. MILLIN A—o . ARAGO . A. P. A. PÉRICAUD. A—T.' AUDIFFRET . A. V—U A. VITU. B —BE. BALBE . B—E. f. BARANTE fils. B. C —T. BENJAMIN CONSTANT. B—F—S. BONAFOUS . B —G. BO URGOING B—L— M. BLUMM. B—N. BEGIN. B—P BEAUCHAMP. B—R. j. BARBIER jeune. B—SS. BOISSONADE. B—T. BIOT • C. et A—N. CHAUSSIER et ADELON. C. D—s. C. DESPORTESBOSCHERON. C—G. CADET GASSICOURT. CH—S. CHÉSUROLLES . C—L—T. COLLOMBET. C —N. CASTELLAN. C —O. CONSTANCIO. C - R. CLAVIER. C—S—A. CORRÉA DE SERRA. C. T—Y. COQUEBERT DE THAIZY. C—U. CATTEAU. C —V—R. CUVIER. C. W—R. CH. WINTER D—B—G. DAREMBERG. D—B—S. DUBOIS. D—G. DEPPING. D. L. DE L'AULNAYE. D—L.—E. DELAMBRE. L D—AI—T. DEMUSSETPATHAY. D. N—L. DE NOUAL LA HOUSSAYE. D—P—s. Du PETITTHOCARS. D—R—R. DUROZOIR. D—S. DESPORTES. D—T. DURDENT. D—V—S DEVISMES D—z—s. DEZOS DE LA ROQUETTE . E— D. ESMÉNARD. E—K—D. ECKARD. E—S. EYRIÈS. FA. FORTIA D'URBAN. F—E. • FIÉVÉE. F—LL. FALLOT . F.P—T. FABIEN PILLET. F—T—S. FÉTI S. G—É. GINGUENÉ. G—G—Y GRÉGORY . G. P—T. }G. PEIGNOT. P—T. G— R. GROSIER. et—S. GALLAIS. G—TH—R. GAUTHIER. G—T. GUIZOT. G—Y. GLEY. G—z. GÉRUZEZ. H. D—z; H. DESPREZ. H. L—P—E. }H. DE LAPORTE. L—P—E. J.—A. DE L. J.A. DE LAFAGE. J— D—N. JOURDAN. J—N. JOURDAIN. K. ANONYME. L. LEFEBVRECAUCHY• L—B—E. LABOUDERIE. L. G. LE G LAY. LI. LIBRI. L—M-- X
  • Nicolas AVANCINUS : jésuite, originaire du Tyrol, fut professeur de rhétorique, de morale et de philosophie à Gratz, et professeur de théologie morale et scolastique à Vienne. Il a écrit un assez grand nombre d'ouvrages, parmi lesquels on remarque : 1° Imperium Puma» - Germanicum , sive, Elogia quinguaginta Ccesarum Germanorum Vienne, 1665 2° Vila et docirina Jesu Christi, Vienne, 1667, 1674 traduit en français par le P. Desruelles, Paris, 1672 et 1715 ; l'abbé de StPard, exjésuite, a donné une nouvelle traduction de cet ouvrage, Paris, 1775, 2 vol. ; 3° Poesis lyrica, Vienne, 1670 et Amsterdam , 1 711 ; 4° Poesis dramatica, Cologne , 1675-79
  • Nicolas ANTELMI : chanoine et vicaire général de Fréjus, dans la première moitié du 7° siècle, rendit de grands services au chapitre de cette église, en lui faisant restituer les titres et les documents dont ses archives avaient été dépouillées. Il les recher cha de tous côtés à grands frais, souvent même au péril de sa vie, et les réunit en deux gros volumes. Il exerça quarante ans les fonctions de syndic géné ral du clergé, et assista, en cette qualité, à l'assemblée qui se tint à Paris dans les années 1605 et 1606. était très - lié avec le savant protecteur des lettres Peiresc, et c'est lui qui a fourni aux frères Gaucher et Louis de SteMarthe, pour leur Gallia Christiana, le catalogue des évêques de Fréjus, qu'il a rédigé sur les plus anciens documents de l'évêché. Il est mort le 2 mars 1616. Nicolas Antelmi a écrit des Ackersaria, qui sont cités à la page 170 du traité de Joseph Antelmi, de Initiis Eeclesim Forojuliensis, Aix, 1689
  • Nicolas ANTHOINE : fanatique du 17' siècle, naquit à Briey en Lorraine, de parents catholiques. 11 étudia successivement à Luxembourg, à Trèves et à Cologne, sous la direction des jésuites. De retour dans sa famille, il se mit en relation avec Paul Ferri , ministre protestant à Metz, et il embrassa le calvinisme. Il fut envoyé à Sedan, puis à Genève, pour étudier la théologie. Ayant fait une lecture assidue de l'Ancien Testament, et ne pouvant éclaircir des difficultés qu'il trouvait dans le Nouveau, il prit la résolution de professer le judaïsme. 11 retourna à Metz, découvrit son projet aux rabbins de cette ville, et demanda la circoncision. La synagogue l'adressa aux juifs de Venise, qui le renvoyèrent à ceux de Padoue. Là il ne put encore obtenir ce qu'il désirait. Les juifs, craignant de s'attirer de mauvaises affaires, n'osèrent pas l'admettre parmi eux, et lui dirent qu'il lui suffisait d'étre bon israélite dans le fond de son coeur, sans professer extérieurement la loi de Moïse. Anthoine revint à Genève, dissimula sa croyance, et fut nommé, par le synode de Bourgogne, ministre à Divomie, dans le pays (le Gex. 11 prenait toujours pour textes de ses serinons des passages de l'Ancien Testament, ne rapportait à JésusChrist aucune des prophéties que les chrétiens lui appliquent, et ne parlait mème jamais de lui. Cette conduite fut remarquée par plusieurs personnes, qui conçurent des doutes sur la foi de leur pasteur. Celuici en fut et la crainte d'étre dénoncé le lit tomber en démence. Dans son délire il proférait des imprécations contre Jésus—Christ et l'Évangile. 11 offrait de mettre sa main au feu pour prouver la vérité de ce qu'il avançait, et déliait les ministres qui étaient venus le voir d'en faire autant. S'étant échappé pendant la nuit, il arriva aux portes de • Genève, dont les magistrats le firent conduire à l'hôpital. Après un traitement convenable, son esprit se calma ; il luit plus de modération dans ses paroles , niais il persista dans son attachement au judaïsme. Tous les efforts pour le ramener à la foi chrétienne furent inutiles. Alors on procéda juridiquement contre lui. Paul Ferri écrivit de Nez une lettre dans laquelle il attribuait les égarements d'Anthoine à une extrême mélancolie ; mais ce malheureux n'en fut pas moins condamné à cire étranglé sur un bûcher et ensuite brûlé. En vain les ministres protestants de Genève demandèrent pour lui un sursis aux magistrats ; la sentence, prononcée le 20 avril 163'2, fut exécutée le même jour. On trouva parmi les papiers d'Am hoirie quelques prières, une profession de foi judaïque en 12 articles, qu'il avait envoyée au conseil pendant sa détention, un écrit contre la Trinité, une explication de plusieurs passages de l'Ancien Testament, etc.
  • Nicolas ANTONIO( 1617) : né à Séville, en 1617, y fit ses humanités et sa philosophie chez les dominicains, et alla achever ses études à Salamanque, sous les plus célèbres professeurs, entre autres sous D. Fran-çois Ramos del Manzano. Il revint à Séville, où, plongé dans l'étude, il passait tout son temps dans le couvent des bénédictins. Benoît de la Serra, abbé de ce monastère, y avait rassemblé une riche bibliothèque. Ce fut là qu'Antonio composa sa Bibliothèque espagnole. Son ouvrage était trèsavancé, et il le porta à Rome, lorsqu'en 1659 il y fut envoyé par Philippe IV, avec le titre d'agent général des affaires concernant la couronne d'Espagne, les DeuxSiciles et l'inquisition. Il occupa cette place pendant vingtdeux ans. Charles 11 le rappela à Madrid, et le lit entrer dans son conseil. Malgré les fonctions qu'il avait remplies, Antonio, qui distribuait ses biens aux pauvres, se trouvait dans le besoin ; et ce fut sans qu'il l'eût demandé que le pape Alexandre VII lui donna un canonicat à Séville, sur la recommandation du cardinal d'Aragon. Antonio mourut à Madrid, en 1684, chevalier de l'ordre de StJacques. On prétend qu'on trouva dans ses papiers un brevet de membre du conseil suprème de justice : il est certain cependant qu'il n'exerça pas cette charge. On a de lui : 10 de Exilio , sive de exilii Pcena antiqua et nova, exsulumque conditione et juribus, libri Ires, Anvers, 1641 ; 1659 Seelen, qui cite la première édition, dit que l'auteur n'avait quo vingttrois ans lorsqu'il composa cet ouvrage trèsestimé. 2° Bibliotheca Hispana nova, sen Hispanorum qui sive Latina aut populari, sive alia quais lingua script aliqui4 consrgnaverunl, Rome, 1672, 2 vol. ; nouvelle édition donnée par François Perez Bayer, de Valence : Madrid, Ibarra, 1783, 2 vol. Antonio, suivant l'usage de son temps, a rangé les auteurs dans l'ordre alphabétique de leurs prénoms. C'est peut-ètre un défaut ; pour y remédier, il a multiplié les tables. La première donne les noms de famille ; dans la seconde, les auteurs sont classés par pays; la troisième est consacrée aux ecclésiastiques séculiers; la quatrième aux ecclésiastiques réguliers; la cinquième les distingue par leurs emplois ecclésiastiques; la sixième par leurs emplois civils; la septième est une table systématique ; on y voit que cent soixante auteurs espagnols ont écrit sur l'immaculée conception de la Vierge. 5° Bibliolheca Ilispana velus compleclens scriplores qui ab Oclaviani Augusti imperio usque ad annum. M floruerunt, Rome, '1696, 2 vol. Le titre contient une grosse faute d'impression, en annonçant que l'on y parle des auteurs depuis le règne d'Auguste jusqu'en l'an M ; il faut lire : M D . Antonio n'avait pas laissé à ses héritiers de quoi faire imprimer cet ouvrage; le cardinal d'Aguirre en fit les frais, et confia la direction de l'édition à Emmanuel 3Iars, savant Valencien. Les auteurs y sont rangés par ordre chronologique; les tables y sont aussi multipliées. La Bibliolheca nova, quoique publiée la première, n'est que la suite de la Bibliotheca velus, qui a été réimprimée aussi par les soins de Bayer, Madrid, Ibarra, 1788, 2 vol. Ces deux ouvrages sont connus sous le nom de Bibliothèque espagnole. Baillet ne faisait pas de difficulté de les préférer à tout ce qui avait paru dans ce genre, mème au P. Alegambe, pour quelques points. « La « critique de l'auteur, ditil, est saine, son latin est « pur, son style n'est point rampant; niais quelque-« fois, et rarement, obscur et embarrassé : ce qu'il « faut attribuer à la longueur des phrases, qu'il en-« trelace, de temps en temps, les unes dans les autres. « Sa préface est une pièce fort belle et très judi-« rieuse. » Mor?of cite l'ouvrage d'Antonio comme un modèle. David Clément dit que c'était la meilleure de toutes les Bibliothèques qu'il connaissait, excepté celle des PP. Quétif et Échard. Seelen et D. Clément reprochent seulement à Antonio d'avoir rendu les titres des ouvrages méconnaissables, en traduisant ces titres en latin, au lieu de les rapporter dans leur langue. 4° Censura de historias fabulosas, obra pustuma, Valence, 1742 ouvrage orné de cartes, et publié par D. Grégoire Mayans y Siscar
  • Nicolas BACCETTI( 1567 - 1647) : Florentin, naquit vers l'an 1567. Il prit l'habit dans l'ordre de Cîteaux, et fut successivement abbé de plusieurs couvents de cet ordre. Il le fut, entre autres, de celui de la Miséricorde de Settimo, hors de Florence, dont il écrivit savamment l'histoire. Il mourut zIgé de près de 80 ans, en 1647. Son principal ouvrage est cette histoire de l'abbaye de Settimo, publiée, longtemps après sa mort, par le P. Malachie d'Inguimbert, de ,Carpentras, religieux du même ordre, théologien lin grandduc de Toscane, et depuis archevêque de Théoclosie. Cette histoire, remplie de recherches curieuses, et accompagnée de notes et d'une préface de l'éditeur, est intitulée : Nicolai Baccetti, Florenti ni, ex ondine Cisterciensi abbatis, Septimiance Historiœ lib. 7, etc., nome, 172.1
  • Nicolas BACHELIER( 1500) : sculpteur et architecte, né dans le16e siècle, à Toulouse, d'une famille originaire de Lucques, alla, dans sa jeunesse, à Rome, où il eut l'avantage d'entrer dansl'école de MichelAnge. Le goût qu'il y puisa lui donna un juste éloignement pour la manière mesquine et gothique, alors répandue dans le midi de la France, comme dans presque toute l'Europe ; mais Bachelier ne pouvait opérer, au fond de sa province, un changement subit dans les arts. On en eut la preuve lorsque, après sa mort, plusieurs de ses sculptures furent dorées, opération qui fait disparaître presque totalement aux yeux la grâce des contours et la finesse du travail. Elle n'a presque jamais été employée qu'à ces époques de décadence, où, selon un mot connu d'Apelles, on s'efforce de faire riches les ouvrages qu'on ne peut faire beaux. On ignore l'époque précise de la mort de Nicolas Bachelier; on sait seulement qu'il travaillait encore en 1553
  • Nicolas BACON( 1510 - 1579) : célèbre jurisconsulte anglais, et père du fameux François Bacon, baron de Veru- lam , naquit en 1510 , d'une famille ancienne, à Chislehurst, dans le comté de Kent. Il étudia à Cambridge et à Paris, et s'attacha principalement à l'étude du droit. De retour en Angleterre, il obtint la faveur de Henri VIII, qui, lors de la réformation d'Angleterre, lui donna, dans le comté de Suffolk, plusieurs domaines provenant du monastère de St—Edmund'sbury, et le nomma procureur de la cour des tutelles. Il conserva cette place sous le règne , d'Édouard VI ; et, malgré la faveur de Henri VIII, , sa prudence le sauva de la persécution sous le règne de la reine Marie. La reine Élisabeth le créa cheva—lier, et le nomma , en 1558, garde du grand sceau, et membre de son conseil privé. Il eut une grande part à l'établissement de la religion protestante en Angleterre , et s'attira par là la haine des catholi—ques. Malgré son zèle et les services éminents qu'il avait rendus, ayant osé, dans les débats concernant la succession au trône, se montrer d'un avis opposé à celui du favori, le comte de Leicester, il lui fut défendu de reparaître à la cour et dans le conseil niais il parvint ensuite, par la médiation de Cecil, à rentrer en grâce auprès de la reine , et fut de nou—veau Filme du conseil. Il fut nommé , en 1568 et en 1571, pour présider les commissions chargées d'examiner les plaintes réciproques de la reine Marie d'Écosse et de ses sujets rebelles, Il mourut en 1579, _ âgé de 09 ans, après avoir occupé vingt ans la place de garde du grand sceau, avec la réputation d'un homme également sage et habile. 11 se montra constamment fidèle à la devise de ses armes : Media- cria firma. La reine Élisabeth étant allée le visiter à Redgrave, lui dit que sa maison était trop petite pour lui « Non, madame, réponditil; mais Votre « Majesté m'a fait trop grand pour ma maison. » Sur la fin de sa vie, il avait pris un embonpoint excessif, ce qui fit dire à Élisabeth que « l'âme de sir (( Nicolas était bien logée. Il a laissé quelques traités de politique et de législation, et un commen- taire sur les douze petits prophètes ; mais aditn de ces ouvrages n'a été imprimé. — Sa femme , Amie BACON, joignait à beaucoup de savoir une piété solide et les vertus de son sexe. Elle a traduit de n—talien en anglais vingtcinq sermons de Bernardin Ocina, sur la prédestination, etc., publiés en 1550 et , du latin , de l'évèque Jewel, une Apologie de l'Eglise anglicane, imprimée en 1564 réimKimée en 1600 Ses deux fils , Antoine et François Bacon , durent à ses soins leur première éducation.
  • Nicolas BARAT( 1600 - 1706) : né à Bourges, dans 17° siècle, fit ses premières études à Sens et vint les achever à Paris. Bien qu'il eût amassé, jeune encore, les trésors d'une vaste érudition qu'il pouvait rendrc plus fructueuse pour lui, il se contenta d'un chétif emploi de sousmaitre au collège Mazarin. Adonné à l'étude des langues orientales, il devint l'élève de Richard Simon et le collaboratour du P. Thornassin, qui, sans son secours, n'eût pu achever le Glossarium universale hebraicum. . Cet ouvrage fut publié, après la mort de l'auteur, par les soins de Barat et du P. Bordes, Paris, 1697 Le P. Bougerel dit qtte Barat et le P. Bordes mirent à la tète du Glossarittm du P. Thomassin, outre sa vie, une préface en 4 parties, où ils exposent son système. C'est une erreur : cette préface est du P. Thomassin ; les deux éditeurs la traduisirent seulement en latin, tout en la rangeant dans un nouvel ordre, et en s'efforçant de rendre, avec le plus de fidélité possible, les idées et le style de l'auteur.Barat aida beaucoup de ses lumières J.B. Duhamel, pour l'impression de la Bible que ce sa—vaut publia en 1706, Paris, Mariette 11 s'était surtout chargé de comparer la Vulgate avec le texte hébreu et d'expliquer les passages obscurs sur lesquels les interprètes différaient de sentiment. L'éditeur parle avec reconnaissance, dans sa préface, de ce qu'il doit à Barat; il l'appelle : Inter alios vie dodus, isque in lectione Scripturarune volute tritus, caque in. critica sacra exercitatus. Barat mourut en '1706, dans un àgc peu avancé. Son éloge fut prononcé par l'abbé Paul Tallemant à l'académie des inscriptions et belleslettres. 11 était entré dans cette compagnie comme élève, sur la désignation de Despréaux . Barat était fort charitable envers les pauvres, qualité d'autant plus méritoire qu'il avait peu de moyens pour satisfaire ce généreux penchant. Il répandait méme avec joie jusqu'à son nécessaire. Il avait formé une collection de livres curieux sur lesquels il amassa les matériaux d'un travail critique. Ces observations furent publiées après sa mort sous le titre de Nouvelle bibliothèque choisie, oit l'on fait connaitre les bons livres en divers genres de littéra- . « Le P. Thomassin se plaignait La classe des élèves fut supprimée en 1716, et remplacée par un nombre égal d'associés. L'éloge de Barat est inséré dans les Mé- moires de l'académie des inscriptions el belles- lettres t. p. 345, et dans l'Histoire de cette aeadéme , 1. I", p. 41. Éloge historique de M. Simon, à la tète de ses Lettres choisies, par Bruzen de la Martinière. Amsterdam, 1750, 4 vol. I. er, p. 98. « de sa trop grande et trop continuelle application à « l'étude, comme s'il eût prévu dès lors que ces « grands travaux pourraient épuiser ses forces et « abréger sa vie . » 11 avait entrepris la traduction en latin de la Bibliothèque rabbinique de Schabtaï, qu'il se proposait de publier avec des re- marques et des additions considérables. Ce dessein ne put être exécuté
  • Nicolas BARNAUD( 1500) : protestant, né clans la petite ville du Crest, en Dauphiné, dans le $6C siècle, voyagea pendant une partie de sa vie, en France, en Allemagne, en Suisse, et en Espagne. 11 exerçait la médecine, et trouvait dans son état des moyens de vivre dans les différentes villes où le conduisaient son humeur vagabonde et la crainte des châtiments que lui méritait sa hardiesse à manifester ses opinions religieuses et politiques. Il s'appliqua longtemps à la recherche de la pierre philosophale, et il a publié un grand nombre d'ouvrages d'alchimie, dont on trouvera les titres dans les Bibliothèques de van der Linden, Mercklin, Borel, Lenglet Dufresnoy, etc. ; mais nulle part d'une manière aussi exacte et aussi détaillée que dans le Dictionnaire de rrosper Marchand , à son article. Des critiques qui ne connaissaient les ouvrages de Barnaud que par les titres, étonnés de leur multitude , ont pensé que Prosper Marchand avait confondu plusieurs auteurs du mémo nom, mais ils n'ont pas su que tous les ouvrages de Barnaud avaient été mis dans un seul volume, qui forme le 3- du Theatrum chemicum publié par Zetzner, à Strasbourg, en 4659 ; et ils cons ien dront qu'il n'est pas extraordinaire qu'un seul homme ait pu composer ce volume. Barnand était lié avec Socin, et il traduisit un de ses ouvrages : ( le l'Autorité de la sainte Écriture, 1592. Après la journée de la StBarthélemy, il se réfugia à Genève, et y lit imprimer, sous le nom d'Eusèbe Philadelphe, le Réveil- matin des Français et de leurs voisins, 157i Cet ouvrage, traduit en latin , reparut la même année, et, comme l'original, sous la fausse indication d'Édimbourg; il est entièrement dirigé contre les instigateurs des massacres qui venaient d'avoir lieu ; mais l'auteur s'était exprimé avec si peu de ménagement sur leur compte, qu'il en fut désapprouvé même par ceux de son parti, qui craignirent les suites de cette levée de boucliers. On raconte qu'un gentilhomme nommé Latin, ayant rencontré Barnaud seul dans une des rues de Mlle, lui donna un soufflet, en lui reprochant amèrement le tort que son imprudence faisait aux protestants. La Monnoie croit que Nicolas Barnaud est le véritable auteur d'un ouvrage fort rare et trèsancien, intitulé : le Miroir des Français, contenant l'état et maniement des affaires de France, tant de la justice que de la police, mis en dialogue par Nicolas Montand, 1582 Comme la Monnoie ne dit pas les raisons sur lesquelles il fonde son opinion, on ne peut savoir jusqu'à quel degré elle mérite confiance. Prosper Marchand, dans son Dictionnaire, de Lisle De Sales , dans son ouvrage intitulé Malesherbes ; et enfin Barbier, Dictionnaire des ouvrages anovymes et pseudonymes, adoptent l'opinion de la Monnoie, sans examen. Le Miroir des Français .est dédié à Louise de Lorraine, reine de France, épouse de Henri III. Parmi les moyens que l'auteur pour la réforme du royaume , on en trouve plusieurs qui ont été mis en usage par les révolutionnaires de 1789, tels que la vente des biens du clergé, la déportation des prêtres, leur mariage , la fonte des cloches, le maximum, rétablissement d'une milice sédentaire , formée de tous les ordres de citoyens, etc. Le même esprit qui règne dans cet oui vrage parait en avoir dicté un autre, qui avait paru un an avant celuici, intitulé : le Cabinet du roi de France, dans lequel il y a trois perles d'inestimable valeur, 1581 ou 1582 réimprimé à Londres, 1624 L'auteur est désigné sur le frontispice par les initiales N. D. C., qu'on peut rendre par _ Nicolas de Cree. Ws.
  • Nicolas BARTHÉLEMY( 1478 - 1531) : poète latin, presque inconnu, était né en 1478, à Loches, petite ville de la Touraine. Ayant embrassé la règle de StBenoit, il fut élu prieur de Fretteval, près de Vendôme et Châteaudun, et ensuite de NotreDamedeBonneNouvelle à Orléans. 11 profita de son séjour en cette ville pour suivre les leçons de l'université, qui jouis- sait alors d'une assez grande réputation, et s'y fit recevoir docteur en droit. Il était l'ami du savant Guillaume Budé, comme on le voit par une longue lettre badine qu'il lui adressa sur l'inutilité de l'étude . Barthélemy n'en continua pas moins de cultiver avec ardeur les différentes branches de la littérature H mourut après l'année 1551. On cite de lui : 1. Epigrammata, Momice, Edyllia , etc., Paris, 1514 ; 2 parties , la 1re de 48 pages, et la 2e de 111, non chiffrées. Les épigrammes ont été réimprimées en 1532 Suivant de la Monnoie, c'est d'un hendécasyllabe de Barthélemy que Rabelais a tiré le conte de Dodin et du Cordelier, qu'on lit dans le Paniagruel, liv. 3, chap. 23. 2° De Vila activa et contemplativa liber unes, ibid., 1523 3° Ennœce , ibid., 1551 4° Christus xilonicus, ibid., 1551 C'est une tragédie en 4 actes. Elle a été réimprimée , Anvers, 1537 Panser en cite une édition de Paris, 1529. Suivant quelques autres bibliographes, il en existe une quatrième, Cologne, 1541 Cette pièce n'en est pas moins trèsrare. Barthélemy a laissé plusieurs ouvrages inédits, entre autres : I. Une Vie du roi Louis XII, qui était conservée dans les manuscrits de la bibliothèque Colbert, et qui avait appartenu à André Duchesne. Théodore Godefroy en a inséré un fragment dans la Vie de Charles VIII, Paris, 1627 et Denis Godefroy l'a reproduit dans un recueil sur le règne de ce prince, p. 255. 2° Une Vie de Charles d'Orléans, dans la bibliothèque du Vatican, parmi les manuscrits de la reine de Suède, n° 868. La notice que Niceron a publiée sur Barthélemy, dans le tome 58 de ses Mémoires, 279-82, quoique diffuse, est incomplète. On peut encore consulter sur ce poète la Biblioth. curieuse de David Clément, t. 2,p. 454. — Nicolas BARTHÉLEMY, avocat à Senlis, et officier du comte d'Harcourt, est auteur de l'Apologie du banquet sanctifié de la veille des Rois, Paris, 1664 2 de 156 pages. Cet ouvrage a eu plusieurs éditions qui sont également recherchées. Le but de l'auteur est de prouver que les amusements qui ont lieu à cette époque de l'année ne sont condamnables que par l'abus qu'on en peut faire. 11 proteste que son livre était terminé avant la publication de l'ouvrage de J. Deslyons , théologal de Senlis, sur le même sujet, et qu'ainsi son intention n'a point été d'en faire la critique. « Ce serait, ditil, jeter des pierres contre « le soleil, parce qu'il est trop éclatant, et combattre « le tonnerre, parce qu'il fait trop de bruit. D'ail« leurs, je révère trop la main qui a conduit la , « plume de cet oeuvre, et ai trop de respect pour la « vertu et la doctrine éminente de l'auteur. » Tous les éloges et toutes les protestations de Barthélemy ne purent faire »prendre le change à Deslyons, qui le réfuta solidement dans la préface des Traitez singuliers et nouveaux contre le paganisme du Roy boit
  • Nicolas BAUDEAU :
  • Nicolas BAUDIN( 1750 - 1803) : capitaine de vaisseau et botaniste, naquit vers 1750, à l'île de Rhé, fut destiné de bonne heure au service de mer, et fit ses premières campagnes sur des bâtiments de commerce. Il fut compris par le maréchal de Castries dans la nouvelle organisation de la marine royale, en 1786, avec le titre de souslieutenant de vaisseau. Quoi qu'il en soit, il avait quitté la France peu de temps après, et commandait dans l'Inde un navire expédié de Livourne, sous pavillon autrichien, par François II, pour faire des recherches sur l'histoire naturelle. Il fit encore mi second voyage aux Antilles pour le mème objet, et revint en France, où il offrit la collection qu'il avait formée pour l'Autriche au gouvernement français , qui, en récompense, le nomma capitaine de vaisseau, et lui confia les deux corvettes le Géographe et le Naturaliste, avec la mission d'aller compléter la reconnaissance des côtes de la NouvelleHollande . On lui doit des renseignements utiles à la navigation, sur la grande baie nommée par les Hollandais Dirk hertogs, et par Dam- pier, baie des Chiens marins. Le capitaine Baudin a reconnu la plus grande partie des côtes nordouest de la NouvelleHollande, et s'est assuré que les bancs et les rescifs dont elles sont, pour ainsi dire, hérissées, en rendent l'accès impraticable. La plus importante des découvertes faites pendant ce voyage est celle de la côte sudouest de cette grande ile, depuis le détroit qui la sépare de la terre de VanDiemen, jusqu'à l'extrémité orientale de la terre de Nuyts, qui avait été reconnue peu de temps auparavant par le contreamiral d'Entrecasteaux . Le capitaine Baudin, parvenu à l'île de France, deux ans après son départ d'Europe, fut attaqué d'une maladie occasionnée par les fatigues de sa longue navigation, et mourut le 16 septembre 1803, sans avoir recueilli le fruit de ses travaux, et sans s'ètre justifié de beaucoup d'imputations graves. Péron , l'un des naturalistes qui l'avaient accompagné dans son expédition, et qui avait beaucoup à se plaindre de lui, a publié la relation d'une partie de ce voyage, sous le titre de Voyage aux Terres australes, par les frégates le Géographe et le Naturaliste, Paris, 1807-9 , 5 vol. Le nom de Nicolas Banat ne se trouve pas même cité une seule fois dans cette relation. ED. Il était en outre chargé de reconduire le jeune ChinoisASam dans sa patrie. Baudin avait avec lui plusieurs naturalistes, entre autres Pérou et M. Bory de StVincent
  • Nicolas BAUDOT DE JUILLY( 1678 - 1759) : né à Paris, le 17 avril 1678, d'un receveur des tailles de Vendôme, fut subdélégué de l'intendant à Sarlat, et mourut le 29 aoùt 1759. 11 est auteur de quelques ouvrages, et de romans historiques écrits avec beaucoup d'art et de méthode : 1° Histoire de Catherine de France, reine d'Angleterre, 1696 e Quoi« que le sujet de cet ouvrage (et des deux suivantq « soit tiré de l'histoire, et que tout y soit vrai dans « les principaux événements , dit le P. Lelong, « néanmoins l'auteur a avoué qu'il ne s'en faisait « pas honneur. Cependant l'Histoire de Catherine « n'a rien de fabuleux. » Lenglet Dufresnoy y trouve même « beaucoup de goeit et d'exactitude. s 2° Germaine de Foix, 1701 2. 50 Histoire secrète du connétable de Bourbon 1696 4° Relation historique et galante de l'invasion d'Espagne par les Maures , 1699, 4 vol. 1722, 4 vol. Ces trois ouvrages sont à peu près du mime genre que le premier. Les antres sont plus solides ; l'ordre et le style en font le principal mérite , l'auteur n'ayant consulté que les livres imprimés. 5° Histoire de la conquéte d'Angleterre par Guillau? e, duc de Normandie, 1701 6' Histoire de Philippe- Auguste, 1702, 2 vol. 7° Histoire de Charles VII, 1697, 2 vol. réimp. en 1754. 8° Anecdotes ou Histoire secrète de la maison otto- Man, 1722, 2 vol. et 1724, 4 vol., que l'on attri bue aussi à madame de Gomez. 9° Trois ouvrages qu'il a publiés sous le nom de mademoiselle de Lussan : Histoire de la vie et du règne de Charles VI, 1T55, 9 vol. Histoire du règne de Louis XI, 1755, 6 vol. Histoire des révolutions de Naples, 1757, 4 vol. Quelques personnes lui attribuent une Histoire des hommes illustres tirée de Brantôme; d'autres , en plus grand nombre , croient que cet ouvrage n'existe pas
  • Nicolas BAUMANN : docteur en droit, secrétaire d'État du duché de Juliers, professeur d'histoire à Rostock, mort en 1526. Quelques biographes ont avancé qu'il était l'auteur de la fameuse satire intitulée Rainier le Renard, qui passe généralement pour être de Henri d'Alkmar. Cette erreur, qui s'est glissée aussi dans l'Atlas ethnographique oie M. Adrien Balbi , a été accréditée par George Rollenhzgen dans la préface de son Froschmaeusler, ou Nouvelle Batrachomyomachie, Magdebourg, 1598 et le savant Morhof l'a répétée dans le r chapitre de l'ouvrage intitulé : Unterricht von der teutschen Sprachen und Poesie, 1682. La question de l'origine de la fable du Renard a été débattue dans un grand nombre d'ouvrages, parmi lesquels on peut consulter avec fruit les suivants : Hoffmann, Fundgruben , part. 1", p. 240-242 ; le même , Home belgicce, part.1", p. 125-128; le même encore, Anzeiger für Kunde der deutschen mittelalters, juin 1853, p.115 et 111; J.F. Willems, Messager des sciences et des arts, 5° liv., 1853,p. 529-551; J.C11.41.Gittermann , Ueber die quellen des plattdeutschen Ge- dictas, etc., Hanov. Magaz., 1828, p 680-690, ainsi qu'une dissertation de Schrader dans le même recueil , 1829, p. 521-528, 555-556 ; enfin , les écrits relatifs à l'histoire littéraire de J.G. Eichorn , L. Wachler, A. Koberstein, Floegel, Tiaden, Horn, L. Meister, E.J. Koch , F.II. von der Hagen et J.G. Busching, C.H. Jordens, Fr. Bouterweck, Th. Heinsius, etc., Brunet, Nouvelles recherches , et surtout Reinhart Fuchs von Jacob Grimm, Berlin, 1854 enfin les articles de Raynouard, dans le Journal des savants
  • Nicolas BAYON( 1570) : docteur en théologie, chanoine et préchantre de la cathédrale de Verdun , naquit à Pont-àMousson, vers l'année 1570. 11 mit au jour :10 de Sacramentis et Sacrificiis misse° , Verdun 2. De decem Prœceptis Decalogi et et uinque Preceplis Ecclesice , Verdun, 1622 5. Solutions des cas de conscience , etc., Verdun, au Ces différentes productions, imprimées par François et Jean Dubois, sont munies du suffrage du princeCharles de Lorraine, évêque de Verdun, qui félicite messieurs du chapitre d'avoir un confrère digne d'éclairer son siècle
  • Nicolas BAZIN( 1656) : graveur, né vers 1656, à Troyes, vint de bonne heure à Paris, où il reçut des leçons du célèbre Claude Mellan. A la pratique de son art il joignit le commerce des estampes et fit travailler pour son compte un grand nombre de jeunes gens. Son fonds se composait presque uniquement de portraits et de sujets de dévotion, tous que par cette raison les marchands désignent encore sous le nom de format Bazin. On a de lui des pièces sous la date de 1705; et, comme on n'en connaît pas de postérieures, il est assez vraisemblable qu'il mourut cette Cette maison est aujourd'hui occupée par un établissement de bains. On lit dans la cour sur le fronton de l'ancienne école l'in—scription suivante AEre D. D. Michaelis Le Masle, Regia sanctioribus Consiliis, Pronotarii Apostolici Prœcentoris et Canonici Ecclesiœ Parisiensis, prions ac domint Des Roches, etc. M. Antonio Lemoine Parisino Decano anus R. S. II. MDCLXXV111. D—R—R, même année ou du moins peu de temps après. Cet artiste était trèslaborieux ; il a gravé d'après le Corrége, le Baroche, le Guide, Philippe de Cham- pagne, Lebrun et plusieurs autres peintres italiens et français ; mais ses compositions sont seules recherchées des amateurs. Michel Huber, dans le Ma- nuel des curieux, t. 'I, p. 227, cite de Bazin onze portraits et autant d'autres estampes, dont deux trèsgrand une Femme vêtue à la mode et une Dame de qualité prèle à entrer dans le bain. Ces deux morceaux forment pendant. Il est étonnant que Grosley n'ait fait aucune mention de cet artiste dans ses Mémoires sur les Troyens célèbres, où il parle, avec de grands détails, de personnages moins dignes de cet honneur
  • Nicolas BÉATRICE( 1507) : graveur au burin, connu aussi sous le nom italianisé de BEATRICI ou BEATRICETTI, naquit à Lunéville, vers 1507 . A l'exemple d'un grand nombre d'artistes lorrains, il fit le voyage de Ruine pour y perfectionner ses études. Admis chez Augustin Vénitien, en 1552, il travailla dans la manière de ce maitre. Son oeuvre est recherché. L'abbé de Marolles n'en avait pu réunir que cent douze pièces dans son riche cabi- net . On estime surtout les compositions de Béatrice pour la correction du dessin. Il s'attachait à ne prendre ses modèles que parmi les grands maltics , tels que Raphaël , MichelAnge , Jules Romain, etc., et savait se pénétrer de leur génie. Il continua de résider à Borne après la mort d'Augustin Vénitien. Il est probable qu'il revint en Lorraime vers 1558, car on connaît de lui une gravure repré- sentant le Siége de Thionville, par le duc de Guise, datée de cette année. Mais il faudrait admettre qu'il retourna à Rome en 1559, puisque c'est alors qu'il y fit paraitre la Bataille des Amazones, gravée d'après un basrelief en marbre et reproduite par le P. Montfaucon, dans son Antiquité expliquée . On ignore l'époque de la mort de Béatrice : il vivait encore en 1562, date de la publication de sa gravure du Jugement dernier. Les autres pièces remarquables de ce maitre sont : 1. Joseph expliquant ses songes à ses frères, d'après Raphaël : elle passe pour son chefd'œuvre; 20 Sainte Élisabeth, reine de Hongrie, d'après le Titien ; 3° l'Annonciation, la Samaritaine et la Conversion de Si. Paul, d'après MichelAnge; 4. Psyché , d'après Raphaël , pièce d'une grande beauté, suivant l'abbé de Marolles; 5. le Combat de la raison et de l'amour, d'après Bandinelli, etc. « La plupart de ses estampes sont « marquées de son nom; une partie porte les lettres « B. F., ou N. B., ou N. B. L. F. ; d'autres « enfin ont un monogrannne désigné à la planche « 2. »
  • Nicolas BEAUJON( 1718 - 1786) : né à Bordeaux, en 1718, d'une famille commerçante, et dont le frère était avocat général de la cour des aides de cette ville, fut successivement banquier de la cour, receveur genéral des finances de la généralité de Rouen, trésorier et commandeur de l'ordre de StLouis, et conseiller d'État à brevet. Beaujon joignait à une fortune déjà considérable une grande intelligence dans les affaires. Il fut chargé, dans un moment de disette, de procurer du blé à la ville de Bordeaux. Cette opé ration, retardée par quelques obstacles, le rendit suspect au parlement, qui voulut sévir contre lui. Il fut obligé de s'enfuir, et vint se réfugier à Paris, où le gouvernement le prit sous sa protection et le chargea de diverses opérations financières, qui l'élevèrent à un degré d'opulence extraordinaire. Il jouit de ses richesses en épicurien recherché, mais modeste et paisible, et les dépensa, en grande partie, en bienfaits utiles. L'hospice qui porte son nom, situé à Paris,. dans le faubourg du Roule, fut établi et doté par lui avec magnificence. L'acte de fondation est du mois de juillet 1784. Cet établissement était destiné d'abord à l'éducation gratuite de vingtquatre enfants de l'un et de l'autre sexe, nés dans la commune du Roule, autrefois séparée de Paris. Le gouvernement en a fait depuis un hôpital pour les malades. Beaujon avait donné à son hospice les terrains, lesbàtiments, la chapelle, les vases sacrés, et 25,000 livres de rentes pour l'entretien des desservants et des instituteurs. Cette donation avait été revêtue de lettres patentes enregistrées au parlement. Le testament de Beaujon contenait pour plus de 3 millions de legs particuliers. Bavait été marié. 11 mourut, à Paris, le 26 décembre 1786, sans lais- ser d'enfants
  • Nicolas BEAUZÉE( 1717 - 1789) : de l'Académie fran-çaise, né à Verdup, le 9 mai 1717, mourut à Paris, le 25 janvier 1 789. Les sciences exactes furent le premier objet de ses travaux ; mais il les quitta bientôt pour l'étude des langues anciennes et modernes. Après la mort de Dumarsais, il fut chargé des articles de grammaire de l'Encyclopédie, et, si l'on n'y retrouve pas la précision de son devancier, au moins la justesse et l'exactitude n'y laissent rien à désirer. Ces articles, joints à ceux de Marmontel sur la littérature, forment une collection intéressante, sous Je titre de Dictionnaire de Grammaire et de Littéra- ture, Liége, 5 vol. ou 1789, 6 vol. On a encore de lui : 1. Grammaire générale, ou Expo- sition raisonnée des Eléments nécessaires pour servir de fondement à l'étue. le de toutes les langues, Paris, 1767, 2 vol. . « C'est, dit l'abbé Barthélemy, « la description de la région métaphysique de la gra 6. Une traduction de l'Imitation de Jésus- Christ , Paris, Barbou, 1788,4l réimprimée un grand nombre de fois et On lui doit aussi la publication de l'Optique de Newton, traduite par le fameux Marat, Paris, 1787, 2 vol. i1--8°, et une édition trèsaug- I mentée du Dictionnaire des Synonymes du P. de Livoy, 1778 Littérateur instruit et laborieux, Beauzée ne fut pas moins estimable comme homme et comme citoyen. Philosophe sans ostentation , et religieux sans grimace; droit, simple, modeste, et plus indulgent pour les autres que pour luimême, il sut, « dit le chevalier de Boufflers, conserver sa franchisell « et sa neutralité au milieu de la guerre éternelle 1 « des passions et des cabales; et, content du modique « fruit de ses travaux littéraires, sa modération lut « tint lieu de fortune. » I.e roi de Prusse avait voulu l'appeler à Berlin ; mais il eut la sagesse de préférer à ces offres brillantes sa patrie, et la satisfaction de siéger à l'Académie française, dont il était un des membres les plus assidus et les plus utiles. Il y avait succédé à Duclos, et y fut remplacé par le célèbre auteur du Voyage du jeune A
  • Nicolas BÉGUIN : chanoine de l'église de Reims, sa patrie, mort en 1574. On a de lui un livre intitulé : de Paschate dominico libri Ires, 156
  • Nicolas BÉRAULD( 1473 - 1550) : naquit à Orléans, en 1475, et mourut en 1550. Selon l'usage du temps, il avait latinisé son nom, et s'appelait Beraldus Aurelius. C'est sous ce nom que son ami Nicolas Bourbon, poète latin, le' désigne dans une pièce de vers. Bérauld, dit Moréri, fut précepteur d'Odet de Coli- gni, cardinal , de l'amiral de Coligni son frère , et de Châtillon. Érasme, en plusieurs endroits ; 3° Syderalis Abyssus, Paris, 151I ; '1° Dialogus quo raliones explicantur quibus dicendi ex tempore facultas parari potest, etc., Lyon, 1554 ; 5° de J'Irisprudedia vetere ac novitia ° ratio, etc., Lyon, 1555; 6° Enarratio in psalmos 70 et 150, Paris, 1529 Bérauld fut trèsestimé d'Étienne Poncher, évèque de Paris, et depuis archevèque de Sens, grand ami des lettres et de ceux qui les cultivaient. — Son fils , né à Orléans, embrassa la religion calviniste. Il composa des poésies en grec et en latin. Trèsversé dans la langue grecque, il l'enseigna successivement à Montbéliard , à Lausanne, à Genève, à Montargis , où il fut principal en 1571, et enfin à la Rochelle. Il fut choisi par Henri Estienne pour traduire les deux livres d' Appien, qui contiennent les guerres d'Annibal et celles (l'Espagne
  • Nicolas BERGASSE( 1750) : naquit à Lyon, en 1750, d’une famille originaire d’Espagne, et qui depuis longtemps était venue se fixer dans le midi de la France, et d’abord à Tarascon. il était le troisième de cinq frères dont l’aîné, établi à Marseille, faisait le commerce de la commission, et dont deux autres se trouvaient à Lyon, à la tète des messageries . Nicolas Bergasse suivit la carrière du barreau. C’était un usage établi à Lyon, qu’un avocat nouvellement reçu fût désigné, par l’autorité municipale, pour prononcer une harangue le jour de StThomas, en présence de tous les fonctionnaires et du public ; et ce jourlà l’orateur jouissait de toutes les prérogatives du prévôt des marchands. Bergasse n’avait que vingtdeux ans lorsque, invité par les magistrats , il prononça un discours sur l’honneur, en 1772. Un autre discours lui fut demandé, en 1774, dans la même circonstance , et il choisit pour sujet l’humanité des juges dans l’administration de la justice criminelle. Bergasse croit que l’humanité seule peut écarter du juge trois vices funestes, la prévention, l’ar_..ception des personnes, et l’esprit de dureté engendré par l’habitude de juger. Ce discours ne fut imprimé qu’en 1787, à Paris, et comme pour faire tomber le bruit qui attribuait au président L’un d’eux , Dominique, périt sur l’échafaud , à Lyon , dans l’aftieuse anarchie de 1795 ; il fut condamné , le 19 frimaire an 2, par la commission révolutionnaire, comme ennemi des droits de l’hennie, de l’égalité, de l’indivisibilité, des bonnets rouges, etc. Dupaty le Itt’èrnier mémoire de Bergasse, dans le Procès Kornmann. En 1774, il fit imprimer, dans lu Gazelle de France, des Réflexions sur les préjugés, et il prononça, à l’hôtel de ville de Lyon, un discours sur cette question : Quelles sont les causes générales des progrès de l’industrie et du commerce, et quelle a été leur influence sur l’esprit et les moeurs des nations? Ainsi, dès son début dans les lettres, Bergasse s’annonça comme moraliste, orateur et publiciste; et dès lors il se montra ce qu’il fut toujours, homme de conscience, homme de vertu et de principes austères. Son imagination vive et portée à l’enthousiasme put seule lui faire accorder trop de latitude et trop d’empire à une science nouvelle qui commençait à se répandre en France. En 1784, il publia ses Cqnsidérations sur le magnétisme animal, ou sur la théorie du monde et des dires organisés, d’après les principes de M. Mesmer de 119 pages. On lui reprocha d’attaquer, dans cet ouvrage, d’ailleurs écrit avec un talent remarquable, toutes les doctrines des médecins, toutes les théories des physiciens , sur le système des mondes, tous les principes des moralistes et des législateurs sur le système social, et tous les principes qui dirigent les arts dans leur création. Il y avait sans doute beaucoup : « Dans la société même qui me « convient le plus, tout ce qui a l’air d’une discos-« sion me rappelle bien vite au silence. »Cependant toute science, comme toute cause judiciaire, a besoin d’examen, de raisonnement, de discussion ; et Bergasse, orateur éloquent et passionné, mais homme de conviction, saura plus facilement entraîner que convaincre. Dès l’abord, avant d’être monté sur un grand théâtre, et encore inconnu, il se montre avec candeur plein de sa propre estime, et il ose dire «. Vous savez si quelqu’un, quand je voudrai parler, « peut faire taire, avec plus d’empire et de fierté « que moi, la calomnie. » On a dit qu’il croyait alors au somnambulisme magnétique, et qu’il n’eut, pendant plusieurs années, après 1784, d’autre médecin qu’une servante, douée « de cette seconde « vue, de cette intuition merveilleuse qui devine à « la fois la maladie et le remède. » Bergasse était venu s’établir à Paris. Trois procès célèbres et une comédie, en donnant en France un grand ébranlement aux esprits, ont accéléréré la révolution. Ces procès furent celui des trois hommes condamnés à la roue, en 1784 ; celui du collier, en 1786, et celui de Kornmann, en 1788. La comédie fut le Ma- nage de Figaro. Dupaty, Cagliostro et d’Eprémes- nul, Bergasse et Beaumarchais imprimèrent le mouvement précurseur. Le mépris fut alors versé sur tout ce qui soutenait encore la vieille monarchie, sur la cour, la noblesse, le clergé et la magistrature. La force peut se défendre contre la haine : elle tombe devant le mépris. Les fondements de l’antique édifice étaient minés lorsque le 14 juillet arriva. Le procès de Kornmann , qui occupa le public pendant plus de deux ans, fit la réputation de Bergasse elle fut alors à son apogée , et depuis elle sembla plutôt descendre que monter. L’éclat mémorable de cette cause fit perdre de vue , dans les salons, l’assemblée des notables qui avait occupé tous les esprits. On commença à parler beaucoup moins de Necker et de Calonne, que de Bergasse et de Beaumarchais. Dès lors les pamphlets dont fat assailli l’auteur du Mariage de Figaro , pièce qui avait eu déjà plus de cent représentations, furent plus avidement recherchés que tous les écrits publiés sur la , au principal ministre , et au ministre de la maison du roi . « Je sais, di- est dédié au roi : « Sire, lui disait Bergasse, un homme de bien « dépose, dans les mains de Votre Majesté , son « honneur, sa liberté, sa vie. Il est menacé; il pou-« vait fuir. En pensant à la noble action qu’il a « faite, et aux vertus personnelles de Votre Majesté, « il demeure. » Dans ce mémoire, Bergasse dénonce à Louis XVI ses ministres, et attaque les opérations du gouvernement. Il n’en fallait pas tant pour le succès, qui fut prodigieux. On n’osa arrèter cette publication, et le roi défendit que l’auteur fût inquiété. Bergasse avait adressé ce mémoire à la reine, et il lui disait, dans une lettre qui n’a pas été publiée : « On trompe Votre Majesté, madame, et on « la trompe d’une manière bien cruelle. 11 faut cepen-« dant que l’erreur dans laquelle on persiste à l’en-« tretenir se dissipe, et qu’avant que de plus grands « maux n’arrivent, elle soit avertie du bouleverse-« ment affreux qui se prépare. » C’est le 11 août 1788 que Bergasse écrivait ces paroles prophétiques. 11 ajoutait : « Les personnes qui connaissent les qua-« lités particulières de Votre Majesté sont indignées de « la manière dont des ministres, justement délestés, « osent calomnier des intentions bienfaisantes, attri-« buant à elle seule le e désordres qu’ils ont provo- « qués, etc. » C’est dans ce second mémoire que, parlant de Beaumarchais, Bergasse dit : Il sue le crime. Son éloquence est vive, ardente, passionnée ; sa dialectique plus déliée que serrée; sa métaphysique recherchée; son style assez souvent incorrect, néologique et d’un goût peu épuré. Parfois sa force est de la déclamation, et sa chaleur ressemble à de la frénésie. Mais le talent est incontestable et élevé. L’auteur dit des vérités utiles et hardies. Cependant il attaque, comme étant les fautes nouvelles du gou- vernement de Louis XVI, des maximes d’administration qui avaient été constamment suivies depuis le règne de Louis XIV. On voit que Bergasse se croyait déjà un homme important dans l’État ; il disait, avec un singulier abandon d’amourpropre : La fière et imposante destinée que le ciel m’a départie ; ailleurs : Le ciel m’a destiné à dire toutes les vérités, j’en aurai le courage. Toutes les vérités se pressent dans mon sein; ailleurs encore : Je porterai l’éloquence humaine jusqu’où elle peut aller. Avec des hommes tels que Bergasse et Beaumarchais, la cause devait finir par passer bientôt des clients aux avocats euxmêmes. Ils plaidèrent donc l’un contre l’autre devant la tournelle du parlement. Bcrgasse avait conservé, depuis deux ans, tous ses avantages sur son adversaire. Le public lui savait gré d’avoir attaqué le gouvernement ; le parlement avait été loué, défendu par lui, et il avait pour lui le parlement, qu’il se vantait d’avoir seul fait revenir de son exil à Troyes. Bergasse était dans la même position oit s’était trouvé Beaumarchais en 1774. Il plaida le 19 mars 1789, et eut à se défendre contre les avocats Bonnet, Delamalle, Bimbert et Martineau, défenseurs de la dame Kornmann, de Daudet de Jossan, de Beaumarchais et du prince de Nassau. Ses adversaires lui reprochaient de n’avoir entrepris ce procès que par soif d’une grande célébrité , et Ber.gasse répondait ingénument : « J’ai fait des mémoires qui « m’ont rendu célèbre, à ce qu’on assure ; et, parce « que ces mémoires m’ont rendu célèbre, on en a « conclu à l’audience que je n’avais écrit que pour « la célébrité.» Il disait dans un autre écrit : « Pen-« dant sept audiences j’ai demeuré devant eux, « écoutant avec une patience bien étrange tout ce « que la méchanceté humaine peut inventer de men-« songes, de sophismes, de calomnies. » Et il se récriait contre le système odieux des quatre avocats et contre leur inconcevable délire. Une seule citation suffira pour faire connaître jusqu’où allait, à cette époque, la liberté des plaidoiries : « Ces hommes « pervers que j’ai accusés devant vous... comme ils « sont loin de me connaître I comme il e se doutent « peu de l’élévation et en même temps de la sévé- « rité des principes auxquels j’obéis... Qu’ils appren- « lient que, quels que puissent être encore leurs com-« plots, leurs intrigues, leurs perfidies ; à quelques « vexations que je me trouve encore réservé, je ne ces-« serai jamais de les poursuivre; que tant qu’ils se-« ront impunis, je ne me tairai pas ; qu’il faut qu’on « m’immole à leurs pieds, ou qu’ils tombent aux « miens. L’autel de la justice est dans ce moment « pour moi l’autel de la vengeance; car, après tant « de forfaits, la justice et la vengeance ne sont qu’une « même chose à mes yeux ; et sur cet autel, désormais funeste... je jure que jamais il n’y aura de « paix entre nous ; que je serai sans cesse au milieu « d’eux, comme une providence qui éclate parmi des « pervers; que je ne les quitterai plus, que je ne me « reposerai plus, que je m’attacherai à eux comme « le remords à la conscience coupable ; que jamais, « non jamais, je n’abandonnerai ma tâche commen-« cée, jusqu’à l’instant solennel où, en prononçant « sur cette masse d’attentats, les magistrats qui m’é-« coutent auront obtenu de nouveaux droits à la re-« connaissance de la nation entière, attentive à la « destinée de cette cause mémorable. Et vous, qui « présidez ce tribunal auguste , vous l’ami des moeurs « et des lois, vous dans lequel nous admirons tous, « à côté des talents qui font le grand magistrat, les « vertus simples et douces qui caractérisent l’homme « de bien et l’homme sensible..., recevez mes ser-« ments. » Dans tout ce procès, Bergasse parut couvrir d’une éloquence violente et emportée la faiblesse des preuves. Il peint Beaumarchais comme un homme exécrable, « dont on ne peut plus parler « sans employer quelque expression extraordinaire , parce que les « expressions communes deviennent insuffisantes « quand il faut peindre tant de scélératesse. » Il lui contestait les mémoires qui firent sa célébrité ; il accusait l’exlieutenant général de police d’avoir prostitué madame Kornmann à la société de Paris la plus infâme et la plus corrompue; il appelait le syndicadjoint de la ville de Strasbourg , « un intrigant scandaleux, connu par ses « mœurs impures, ses escroqueries, etc. » Attaquant ensuite les avocats, il disait : « Je les défie de faire « imprimer leurs plaidoyers.... Ils ne doivent pas « oublier que j’ai formé contre eux une opinion re- « doutable dans l’Europe entière, en publiant mes « mémoires. » Ainsi, depuis plus de deux ans, la fougueuse éloquence d’un orateur toujours homme de bien et toujours indigné était restée la même. « Je nommerai tout le monde, s’écriaitil, et j’en « contracte l’engagement. Ni les dignités, ni le cré- « dit, ni le pouvoir, ni la naissance, ne soustrairont « qui que ce soit à mes justes plaintes... Je me rc-« proche maintenant d’avoir été trop modéré... J’ex-
  • Nicolas BERGERON( 1500) : avocat au parlement de Paris, naquit à Béthisy, dans le duché de Valois, vers le milieu du 16’ siècle. La Croix du Maine le qualifie « d’homme trèsdocte et bien versé en sa profession, « sans faire mention des langues grecque et latine, « et autres sciences qu’il a apprises ès plus célèbres « universités de France. » Loisel nous apprend que Bergeron « ne brillait pas dans la plaidoirie, quoiqu’il « fust docte aux bonnes lettres et en droict. » 11 avait rassemblé les matériaux d’une Histoire valésienne touchant la louange et illustration tant du pays que de la maison royale de Valois ; mais il n’en lit paraître qu’un extrait intitulé : le Valois royal, Paris, 1583 Cet extrait, qui eut beaucoup de succès, fut remanié par Ant. Maldrue , prieur de Longpont, qui publia , en 1622 , un livre sous le même titre, avec des augmentations. Bergeron peut ètre considéré comme le premier auteur de ces tables synchroniques qui présentent, d’un seul coup d’oeil, la série des Principaux événements de l’histoire, Ce 3 fut en 1562 qu’il publia à Paris, chez Vascosan, un Sommaire des temps , qui reçut l’accueil le plus favorable, et fut souvent réimprimé. La dernière édition faite du vivant de Fauteur, parut sous la dénomination de Table historiale , contenant an abrégé de ce qui est advenu de plus notable depuis le commencement du monde jusqu’à présent , Paris, 1584. 11 avait composé un trèsgrand nombre d’ouvrages sur les matières les plus diverses. On trouvera dans La Croix du Maine cette nomenclature où l’on remarque l’Arbre universel de la suite et liaison de tous les arts et sciences, d’où l’on pourrait inférer que Bergeron aurait aussi le premier conçu cette vaste pensée de présenter dans un seul tableau l’ensemble, la liaison et la génération des connaissances humaines ; mais ce travail n’ayant pas été publié, le mérite de l’invention semblerait devoir appartenir à Christophe de Savigny , qui mit au jour, en 1587, l’ouvrage intitulé : Tableaux accomplis de tous les arts libéraux, etc., Paris, Jean et François Gourmont frères D’un autre côté, nous apprenons de Savigny luimime, « que son bon ami et conseil M. Bergeron lui a « prété la main à dresser les tableaux qu’il offre au « public. » On lit aussi, au verso du frontispice du livre de Savigny, un avis des imprimeurs, portant ‘que l’ouvrage « a passé par la lime de M. Bergeron, :cc qui a suppléé l’absence et défaut de l’auteur. » Ainsi la coopération bien établie de Bergeron et de Savigny à l’Encyclopédie, ou la Suite et Liaison de tous les arts et sciences , ne permet plus de séparer leurs noms, lorsqu’on revendiquera pour la France l’honneur d’avoir découvert la tige où viennent se rattacher toutes les branches des connaissances humaines, et d’avoir, la première, développé leur enchaînement par la configuration de l’arbre encyclopédique. Bergeron ajouta un sixième tableau Concernant la théologie, à la Partition générale de tous les arts libéraux. C’est dans le sens des explications où l’on vient d’entrer qu’il faut entendre la note de Rigoley de Juvigny, mise à la suite de En une feuille el placard . Le chancelier Bacon, ne vers la mème époque , publia VOIS le même temps son Arbre généalogique, ou Système raisonne des connaissances humaines. Le célébre voyageur la Pérouse avaii considérablement étendu, dans tontes ses ramifications, cet aile généalogique, sur une feuille grand—aigle, contenant deux ceni quatrevingts cercles ou divisions. Ce grand havait, de sa main, es1 dans le cabinet de l’auteur de cette note, et atteste les vastes con-»aissances de cet infortuné navigateur. V—VE. La première planche gravée des tableaux de Savigny port Cette Partition se rectifie en divisions et subdivisions for nombreuses. Dans le Manuel du Libraire de M. Brunet, e édition t. 5, p. 295, une faute d’impression défigure cet ouvrage. On y li le mot portion au lieu de celui de partition. On trouve, à la suit, de cet article, une note assez curieuse, dans laquelle ce savant bi, bliographe attribue à Bergeron la première idée de la création d l’Arbre encyclopédique. M. l’abbé Boulliot n’hésite pas à reporter lotit le mi rite de cette invention à Christophe de Savigny. Les vues exprimée dans le corps de notre article peuvent concilier ces diverse opinions, l’article BERGERON de la Bibliothèque française de la Croix du Maine. Nous y apprenions, d’une manière assez vague, qu’il a fait une Encyclopédie, Iraduite en portugais par Villalobos. Cette note, au surplus, n’est qu’un tissu d’erreurs grossières. On y attribue à Nicolas Bergeron une histoire des Canaries que son fils Pierre publia comme éditeur. On place la date de la mort du père en 1625, bévue qui a été répétée par les continuateurs de la Bibliothèque historique de la France , tandis que, dans un autre passage du mime livre, cette date est fixée à l’année 1584 . Barbier, qui a donné, dans son Examen critique des Dictionnaires historiques , un article incomplet sur Bergeron, dit qu’il mourut avant l’année 1584. Une indication qui nous est fournie par la Croix du Maine ne permet pas d’adop- ter ce sentiment. « Le sieur Bergeron, ditil, llorist « à Paris , cette année 1584 , non sans prendre la « peine de profiter au public, en toutes façons di-(t gnes d’un homme vertueux. » Si l’on s’en rapportait à l’avis des frères Gourmont, imprimeurs, en tète de l’ouvrage de Savigny, Bergeron eût été encore vivant en 1587, puisqu’il aurait revu et corrigé le livre de son ami ; mais si l’on considère que le privilége obtenu pour l’impression des Tableaux accomplis est de 1584, que Bergeron a pu les faire passer par sa lime avant cette époque, rien trempècitera d’adopter l’opinion commune qui fixe la date de sa mort à la tin de l’année 1584. La bibliothèque de Nicolas Bergeron est vantée pour le grand nomNre des manuscrits et des mémoires de littérature et d’histoire qu’elle contenait. Les ouvrages de Bergeron dont nous n’avons pas encore park sont :10 Procès uerbal de l’exécution testamentaire de feu Pierre de let Ramée, dit Ramus, touchant la profession des mathématiques, instituée par lui, Paris, Jean Riche », 1576 Le célèbre Ramus avait choisi Bergeron et Antoine Luise! pour ses exécuteurs testamentaires. Cet opuscule est relatif à une disposition de son testament, qui créait une chaire de mathématiques au collège royal. 2 Js regis Henrici III adventum carmen, Paris, 1574 , 5. Description de l’Estai, gouvernement et justice de France, Paris, nicher, 1574. « Ledit œuvre entier n’est encore imprimé, « dit la Croix du Maine, niais seulement la table du « dessein et projet (l’icelle. » L’abbé Gouget lui attribue un écrit satirique intitIé : Admonitio Plu-(ont usi in gratiam Bergeron ii, juriseonsulti, ad AL Bressium, Paris, 1580 Maurice Ries- sieu, qui avait été pourvu de la chaire de mathématiques fondée par Ramus, s’était permis contre Bergeron des attaques que le pseudonyme Philomusus cherche à repousser. Déjà ce Bressieu avait été cité en justice par Bergeron, et condamné à lui faire réparation. Bergeron fut l’éditeur du recueil des opuscules de Ramus et d’Orner Talon, qui parut en 1577 P. Rant. professons regii et Audomari Tale Collectanea, proefationes, episiolce, orationes, Paris L’édition de la Gramère francoëse de Ramus, qui parut en 1587, contient des additions de Bergeron. è Il revisa et recorrigea un ouvrage de Claude d’Es. pence, intitulé : Breta notables Traités, l’un desquels enseigne combien les lettres et les sciences sont utiles aux rois ; l’autre contient un discours et la louange des trois lys de France, Paris, Auvray, 1575 , in 8°. Il enrichit la e édition des Arréts de Papon, publiée en 1584, de plusieurs décisions notables qu’il avait eu soin de recueillir luimême, peine que Papou n’avait pas toujours prise. On croit qu’il eut quelque part à la rédaction du commentaire de Dumoulin, sur la coutume de Paris. Il cultiva aussi la poésie grecque, latine et française ; on trouve des vers de sa façon dans plusieurs recueils du temps
  • Nicolas BERGEAT( 1732) : chanoine de Reims, naquit dans cette ville en 1732. Son père. bailli et lieutenant général de police, obtint pour lui de l’archevéque un canonicat, lorsqu’il était à peine agé de seize ans. Fait vidame de la mérne église en janvier 1758, il se distingua par ses connaissances en physique et dans les beauxarts, par des poesies spirituelles, et par des epigranunes tellement caustiques que, sous ce rapport au moins, elles peuvent aller de pair avec ce que JeanBaptiste Rousseau et Piron ont fait de plus incisif. I succéda en 1768 à Desanti, poêle de la ville de Reims , et lit avec l’abbé Déloge les devises et inscriptions pour les tètes (pie cette ville donnait aux sacres, naissanees, mariages et entrées dans ses murs des rois, reines, princes et princesses. Li révolution lui a? ant enlevé une grande partie de ce qu’il possédait, il accepta la place de conservateur du dépôt des arts, établi dans l’ancienne maison des Magneuses, et formé de tableaux, gra- ‘tues, morceaux de sculpture et autres objets précieux, provenant des eg,lises et monastères, et mitves des nouveaux iconoclastes ou Vandales du 18‘ siècle. Le conseil municipal, voulant utiliser ce dépôt, le transfera dans l’hôtel de ville, en lit un muséum et en conserva la direction eabbé Bergeat, qui éprouva, vers 1802, un accident factieux. La mitre de l’archevêque Hincmar , couverte de pierreries, le beau ciboire en or donné par Louis XVI, lors de son sacre, ouvrage de l’orfévre Germain, et d’autres objets précieux, se trouvèrent un jour enlevés du musée, quoique enfermés dans une armoire à trois clés, dont l’une était entre les mains du souspréfet, l’autre entre celles du maire, et la troisième entre les mains du conservateur. On voulut faire accroire que des voleurs avaient fait cette capture, quoiqu’il ne se fût trouvé aucune effraction ni aux portes de la salle ni a l’armoire. La justice simula un commencement de procédure : le conservateur et les gardiens du musée furent mandés devant le magistrat de sûreté ; niais personne ne fut dupe de cette comédie, qui n’empécha pas de croire que les objets disparus avaient été enlevés par ordre supérieur. Bergeat se plaignit avec amertume, et il a toujours pensé qu’on aurait pu lui épargner ce désagrément. Il mourut le 12 novembre 1815. C’était un homme aimable et spirituel mais d’un caractère satirique, ce qui le fit soupçonner d’être l’auteur de l’ Avis aux curieux, bibliothèque choisie, imprimé à Reims en septembre 1758, avec les lettres initiales B... B. D. T., qui pouvaient s’ex- pliquer par Renaud Florentin , rue du, Tambour, Ce libelle injurieux, diffamatoire, rempli de calomnies contre la plus grande partie des chanoines de l’église métropolitaine de Reims, fut condamné, par sentence du 21 octobre 1758, à ètre lacéré et brûlé par l’exécuteur de la haute justice ; mais il ne fut pas prouvé que Bergeat en était l’auteur. Les deux épigrammes suivantes peuvent donner une idée de ce qu’il a fait dans ce genre ; la première est de l’année 1800 : Trois prélats réunis vont sacrer un confrère Ils auront tout au plus cent pistoles entre eux ; Quel que soit l’appareil qui couvre leur misère, Ils ne serontjamais que quatre sacrés gueux. _ Menton de bouc, front de Chinois, 0Eil de satyre et langue de vipère, Eu quatre mots, la Ferronière, J’ai peint ton coeur et ton minois. On a de Bergeat des poésies anacréontiques imprimées, des fables, épîtres, épigrammes, etc., dans le manuscrit de M. Raussin père, à la bibliothèque de Reims. 11 avait traduit de Catulle, de Martial , du Pogge et d’Owen tout ce que ces poètes avaient fait de plus libre. Avec d’autres poésies il en avait formé un recueil de 4 à 500 pages qui s’est trouvé perdu lorsqu’on vendit sa bibliothèque et son cabinet de physique
  • Nicolas BERGHEM( 1624) : naquit à Harlem, en 1624.11 reçut les premières leçons de peinture de son père, Pierre van H4erlem, artiste médiocre ; il passa ensuite sous des maîtres plus habiles, entre autres van Goyen et Weninx. On rapporte qu’un jour, poursuivi par son père, il se réfugia dans l’atelier de van Goyen, qui tàcha de le garantir, en criant : Berghem , c’est - àdire , cachez le , et que ce fut l’origine du nouveau nom qui lui resta. Les heureuses dispositions de Berghem pour la peinture se développèrent rapidement, et il acquit de bonne heure une grande réputation. L’amour de son art et l’empressement du public à rechercher ses ouvrages le rendaient trèsassidu au travail ; mais cette assiduité fut encore augmentée par l’avarice de sa femme aussi méchante que son mari était doux, elle le dominait au point de le retenir chez lui du matin au soir, de ne lui permettre aucun moment de repos, et de s’emparer de tout l’argent qu’il gagnait; logée audessous de son atelier, elle l’excitait à travailler en frappant d’un bàton au plancher, lorsqu’elle ne l’entendait ni chanter, ni agir. Berghem se consolait de ces persécutions en reprenant ses pinceaux : son seul plaisir était de peindre; en été, il se mettait à l’ouvrage dès quatre heures du matin, et ne quittait que le soir. Une facilité extrême lui rendait le travail toujours agréable, et c’est en chantant qu’il composait d’ordinaire et qu’il exécutait ses tableaux. Il n’éprouvait d’autre contrariété que celle de ne pouvoir librement satisfaire son goût pour les estampes. Ce goût louable, puisqu’il tenait à son art, l’obligeait d’emprunter de l’argent de ses élèves, qu’il ne leur remboursait qu’en trompant sa femme sur le produit de ses tableaux. Il parvint de cette manie à se former une riche collection qui fut chèrement vendue après sa mort. Les ouvrages de cet artiste sont aussi nombreux qu’estimés; ils font l’ornement des plus belles galeries, et ils ont un caractère de gràce et d’originalité qui les fait reconnaître au premier coup d’oeil : leur charme distinctif résulte principalement d’une touche brillante et facile, d’un coloris séduisant, et de compositions à la fois naturelles et ingénieuses. Berghem, sans sortir presque de son atelier, observa beaucoup la nature ; longtemps retiré au château de Bentheim, il ,jouissait à toute heure de l’aspect de la campagne, trouvait à son gré des modèles parmi les troupeaux du voisinage, et n’avait qu’a contempler les groupes et les jeux des villageois pour obtenir le sujet des scènes les plus intéressantes aussi réussitil à peindre également bien le paysage, les animaux et les figures ; et, si quelques peintres ont traité ces parties isolément avec plus de perfection, aucun n’a su les réunir avec plus de goût et de variété. La critique sévère pourrait quelquefois lui faire un reproche de sa trop grande facilité ; désirer plus de naïveté et moins d'art dans ses imitations de la nature; un dessin plus étudié, plus correct dans ses figures d'animaux; enfin une coulêur plus vraie, sans cesser d'être riche et vigoureuse, et dont l'éclat ne nuise jamais à l'harmonie ; mais les légers défauts de cet artiste sont rachetés par de si brillantes qualités, qu'on s'accordera toujours à le ranger parmi les paysagistes les plus célèbres. Il mourut à Harlem, en 1683, âgé de 59 ans. Carle Dujardin et Glauber furent ses élèves. Berghem a gravé à l'eauforte des études d'animaux dessinées d'après nature ; l'esprit et la finesse de leur exécution les rendent précieuses aux yeux des connaisseurs. On voit au musée du Louvre neuf tableaux de ce maitre; les plus remarquables sont un grand paysage entrecoupé de masses d'arbres et de rochers; une Vue des côtes de Nice ; une Vente d' animaux dans les ruines du Colisée, et un Abreuvoir
  • Nicolas BERGIER( 1567) : naquit à Reims, le 1" mars 1567, et non 1557, comme l'ont dit Bayle, 111oréri et Niceron. Après avoir achevé ses études à l'université de cette ville, il fut précepteur des enfants du comte de StSouplet, grand bailli de Vermandciis, qui lui témoigna toujours sa reconnaissance des soins qu'il leur avait donnés. 11 se fit ensuite recevoir avocat, fut nommé professeur en droit, puis syndic de la ville, place dans laquelle il fut continué pendant plusieurs élections. Ses talents et ses qualités personnelles le firent chérir de ses concitoyens, qui lui donnèrent une preuve de leur confiance, en le chargeant de leurs intérêts à Paris. Dans les différents séjours qu'il y fit, il eut l'occasion de se lier d'une étroite amitié avec Dupuy et Peiresc ; il sut aussi mériter l'estime et l'amitié du président de Bellièvre , qui lui fit obtenir le brevet d'historiographe, et une pension de '100 écus. Bergier était allé passer quelque temps à Grignon, maison de campagne de cet illustre magistrat, lorsqu'il y fut saisi d'une lièvre qui le conduisit au tombeau, le 18 août 1623, dans sa 57e année. Le président de Bellièvre honora sa mémoire d'une épitaphe que l'on trouve en tête des deux principaux ouvrages de Bergier. Le nom de Nicolas Bergier est particulièrement connu des savants par son His- Loire des grands chemins de l'empire romain : il l'entreprit, encouragé par son ami Peiresc, qui lui fournit même plusieurs pièces nécessaires à son travail. il parut pour la première fois en 1622, grand Cet ouvrage fut généralement estimé et recherché ; mais comme il était devenu rare, JeanLéonard, libraireimprimeur de Bruxelles, en donna une édition sur un exemplaire corrigé par l'auteur, et la publia à Bruxelles, 1728, 2 vol. à laquelle il joignit la Carte itinéraire de Peutinger, réduite. par George Hornius, et qui marque les distances des villes et des places de l'empire romain. Cette édition fut bientôt suivie d'une troisième plus ample, Bruxelles, .1756, 2 vol. Toutes deux sont également recherchées, quoique la première soit plus belle et mieux imprimée. Cet ouvrage, nécessaire à toutes les personnes qui font une étude sérieuse de l'histoire romaine, renferme une foule de choses curieuses, niais disposées avec trop peu de soin et de méthode ; ces défauts, et celui de diffusion qu'on lui a reproché dans ces derniers temps, sont ceux du siècle où écrivait Bergier. Il a été traduit en latin par Henri Chrétien nenninius, professeur à l'université de Duisbourg, qui y a fait de savantes notes. On y a joint les remarques de l'abbé Dubos. Cette traduction a été insérée dans le tome 10 du Trésor des Antiquités romaines de Gmvius ; niais il est faux que le livre de Bergier ait été traduit en latin et en italien par le P. Benoît Bacchini, comme l'a avancé Bayle. Ce qui peut l'avoir induit en erreur, c'est que le P. Bacchini. avait effectivement travaillé à un ouvrage intitulé : de Viis antiquorum Romanorum per ltaliam, et qui, s'il eût été achevé, aurait pu servir à éclaircir plusieurs endroits du livre de Bergier, dont il doit ètre bien distingué. Bergier avait beaucoup travaillé à l'histoire de sa patrie; mais il n'eut pas le temps de terminer son ouvrage. Le président de Bellièvre et Charles Dulys, avocat général de la cour des aides, dépositaire de son manuscrit, et intimes amis de l'auteur, avaient disposé André Duchesne à l'achever; déjà l'hôtel de ville de Reims lui avait ouvert ses archives; mais le chapitre ayant refusé à Duchesne l'entrée de son cartulaire, l'ouvrage fut abandonné, et la ville de Reims fut privée d'une histoire civile écrite sur un plan étendu, qui n'a été qu'imparfaitement remplacée par celles qui ont été données depuis . Jean Bergier, fils de l'auteur, ne voulant pas que l'ouvrage de son père fût eut ièrement perdu, publia les livre qui étaient achevés, avec les sommaires des 14 autres livres, qui donnent une idée du plan vaste de Bergier, et les fit imprimer sous le titre de Des-- sein de l'Histoire de Reims, Reims, 1635 On a encore de Bergier : 1. un ouvrage peu commun,' intitulé : le Point du Jour, ou Traité du commen- cement des jours et de l'endroit où il est établi sur la terre, Reims, 16'29 La première édition est de Paris, 1617 sous le titre d' Archemeron, OU Traité, etc. Le but de l'auteur est de prouver l'importance de déterminer un point sur la terre où commencerait le jour civil, afin d'éviter toute contestation sur le moment de la célébration des fêtes dans le monde catholique. 9Le Bouquet royal, Pa- ris, 1610 Reims, 1637 augmenté. Il serait injuste de ne pas dire que, depuis la composition de cet article, la ville de Reims a trouvé un monographe distingué dans M. Varin, professeur de l'université, qui a publié les Archives de la ville de Reins, collection de pièces inédites pouvant servir à Phis- toire des institutions dans l'intérieur de la cité, Paris, 1839, 2 vol. Z—o. C'est la description des devises et inscriptions pour l'entrée de Louis XIII dans Reims, et la dernière édition renferme de plus la description du sacre du même roi, par Pierre de la Salle. 50 Des poésies latines et françaises, fort médiocres, insérées dans divers recueils, notamment dans celui de plusieurs inscriptions pour les statues de Charks VII et de la Pucelle d'Orléans, donné par Charles Dulys, Paris, 1628 Bergier composa encore, en 1612, une Vie de St. Albert, sur l'invitation de l'archiduc Albert d'Autriche; niais cet ouvrage, que le prince récompensa par le don d'une chaîne d'or, n'a point été imprimé, non plus que d'autres de peu d'importance que ses descendants conservent en manuscrit, ainsi que le portrait de leur auteur à l'àge de cinquantedeux ans. La Nouvelle Bibliothèque historique de France lui attribue encore : Police générale de la France, Paris, 1617 : je n'en ai aucune connaissance
  • Nicolas BEURREY ou BEUREY DE CHÂTEAUROUX : né à FontenayleComte, d'une famille "bourgeoise, entra dans l'état ecclésiastique, où il se fit remarquer par son savoir. On lui doit un livre estimé, qui a pour titre : Question de l'usure éclaircie, Paris, 1786-87, 4 vol.
  • Nicolas BERNIER( 1661 - 1734) : né à Mantes en 166 mort à Paris en 1734, fut successivement maître de la SteChapelle et de la chapelle du roi. L'amour de son art l'ayant engagé clans sa jeunesse à faire le voyage d'Italie, il ne trouva d'autre moyen pour connaître les partitions de Caldara, fameux compositeur qui jouissait à Rome d'une grande réputation, que de se faire recevoir chez lui en qualité de domestique. Ayant un jour trouvé sur le bureau de ce maitre un morceau de musique qui n'était point terminé, il l'acheva. Cette aventure le lia intimement avec Caldara, et contribua à lui faciliter les moyens de se perfectionner dans son art. Bernier fut un des musiciens les plus versés dans la science du contrepoint, et l'école qu'il fonda en France jouit longtemps P—X
  • Nicolas BOILEAU-DESPRÉAUX( 1636) : frère cadet des deux précédents, naquit le ler novembre 1656, à Crosne, près de Paris, selon Louis Racine; à Paris selon le plus grand nombre des biographes. Quelquesuns d'entre eux ajoutent cette particularité, qu'il vint au monde dans la chambre même oit la F Satyre Ménippée avait été composée, dans une maison qui est au coin du quai des Orfèvres et de la rue de Harlay. Il commençait ses études au collège d'Harcourt , lorsqu'il fut atteint de la maladie de la pierre. Louis Racine dit que l'opération fut trèsmal faite, et que Boileau s'en ressentit toute sa vie. On a raconté qu'il avait essuyé, étant encore au berceau, un autre accident auquel Helvétius attribue la disette de sentiment qu'il a remarquée, ditil, dans tous les ouvrages de ce grand poète. L'anecdote d'Ilelvé- tius a été souvent répétée par ceux qui, comme lui, ont voulu faire croire que Boileau avait de la sécheresse dans l'esprit, ce qu'il fallait d'abord prouver avant d'en chercher la cause. Dès qu'il fut en état de reprendre ses études , il entra au collège de Beauvais, où il fit sa troisième sous Sevin, qui distingua ses dispositions pour la poésie. Cependant Boileau montra moins son talent par les vers qu'il faisait alors, que par sa passion pour la lecture des grands poètes de l'antiquité. Comme la plupart des jeunes gens qui ont le goût des vers, il commença par une tragédie ; il racontait luimème dans la suite, que, dès le premier acte, il avait introduit quatre géants sur la scène. On voit par là que, dans son début, il n'avait point rencontré son talent. Le génie que la nature lui avait donné fut longtemps un secret pour sa propre famille. Son père disait souvent, en le com- parant avec ses frères : « Pour Colin, c'est un bon « garçon qui ne dira jamais de mal de personne. » Sa jeunesse ne fut pas heureuse; il n'avait qu'un an lorsqu'il perdit sa mère ; pendant plusieurs années, il n'eut pour logement , dans la maison paternelle, qu'un cabinet étroit audessus du grenier ; il habita ensuite au grenier mèrae, ce qui lui faisait dire plaisamment : Je suis descendu au grenier. Après avoir achevé ses études , il suivit quelque temps le barreau, et fut reçu avocat à l'àge de vingt et un ans mais les livres d'Accurse et d'Alciat , dont il s'est moqué dans le Lutrin , ne pouvaient plaire au disciple d'Horace et de Juvénal. 11 déserta bientôt l'antre de la chicane , au grand scandale de sa famille , et surtout de son beaufrère Dongois , qui jugea dès lors que le jeune Despréaux ne serait qu'un sot toute sa vie. Boileau peint luimême, dans une de ses épîtres , la surprise de ses parents lorsqu'il suivit son penchant pour la poésie Un coq d'Inde l'avait mutilé. Fils, frère, oncle, cousin, beaufrère de greffier, Pouvant charger mon bras d'une utile liasse, J'allais loin du Palais errer sur le Parnasse; Ma famille en pâlit, et vit en frémissant Dans la poudre du greffe un poète naissant, Cependant il ne céda pas d'abord à son inclination, et passa par la Sorbonne pour arriver au Parnasse. De Boze dit qu'il obtint, en cour de Rome, le prieuré de StPaterne, qui lui valut 809 livres de rentes, et qu'il le rendit huit ou neuf ans après, avec tout ce qu'il avait touché. Mademoiselle Poncher de Breton. ville, qu'il aimait, se faisait alors religieuse, et cette restitution servit à la doter. Ce ne fut qu'après avoir essayé &plusieurs états différents que Boileau sentit enfin Que son astre en naissant l'avait formé poète, et qu'il se livra tout entier aux lettres. Sa première satire annonça ce qu'on pouvait espérer de son talent. Pour apprécier la correction de style et l'élégante versification qu'on trouve déjà dans cette satire, il faut se reporter au temps oit elle fut composée. A cette époque, on applaudissait, il est vrai, aux chefsd'oeuvre de Corneille, aux premières pièces de Molière; mais Chapelain était encore l'oracle de la littérature française, et l'Académie portait le deuil de Voiture. Lorsque les sept premières satires de Boileau parurent avec le discours adressé au roi, en 1666 , elles eurent un succès prodigieux, « non pas , dit Laharpe , parce « que c'étaient des satires, mais parce que personne « n'avait encore si bien écrit en vers. » Boileau était le premier qui eût appris aux Français à chercher le mot propre, à lui donner sa place, à faire valoir les mots par leur arrangement, à relever les petits détails, à cadencer la période ; enfin à connaître toutes les ressources de la langue poétique. Voilà ce qu'on dut admirer dans Boileau dès les premiers pas qu'il fit dans la carrière, et ce qui lui mérita les plus honorables suffrages. Nous ne citerons ici qu'une autoi ité qui en vaut beaucoup d'autres. Molière devait lire quelques chants de sa traduction de Lucrèce dans une société où se trouvait Despréaux ; celuici lut d'abord sa satire adreAée à Molière, sur la Difficulté de trouver la rime. Quand Molière l'eut entendue, il ne voulut plus lire sa traduction, disant qu'on ne devait pas s'attendre à des vers aussi parfaits et aussi achevés que ceux de Despréaux , et qu'il lui faudrait un temps infini s'il voulait travailler ses ouvrages comme lui. On a reproché à Boileau d'avoir souvent dit en beaux vers des choses futiles. Voltaire, en comparant les sujets des satires de Boileau avec ceux que Pope a traités, disait Qu'il peigne de Paris les tristes embarras, Ou décrive en beaux vers un fort mauvais repas, Il faut d'autres objets à notre intelligence. On doit cependant faire observer ici que, dans la sa On remarquera comme une singularité qu'elles furent réimprimées en 1668, à Amsterdam, avec les premiers Contes de la Fontaine, I vol. tire du mauvais repas, remplie de vers que tout le monde a retenus, le poète jette adroitement plusieurs détails accessoires à son sujet, qui ne sont point sans intérêt pour le fond; il ne faut pas oublier d'ailleurs que Boileau a fait les satires sur les Folies humaines, sur la Noblesse, sur l'Homme, où le sujet, il est vrai, est moins approfondi que dans les satires de Pope, mais qui renferment une morale saine et pure : les idées peuvent en paraître dépourvues d'originalité; tout ce qui est dicté par la plus saine raison ne peut longtemps être neuf, et la vérité finit toujours par prendre une physionomie commune. Au reste, je ne sais s'il appartient aux poètes d'ètre de profonds penseurs, 'et si l'on peut exiger d'eux autre chose que le mérite si rare de faire de beaux vers : c'est le style qui seul fait vivre leurs ouvrages, et donne à leurs productions l'importance qu'elles doivent avoir. Le mérite du style se trouve dans toutes les satires de Boileau; il est toujours vrai dans ses tableaux comme dans ses jugements. La satire adressée à son esprit sera toujours regardée comme un modèle, et doit plaire surtout à ceux qui savent qu'il est plus facile d'exprimer en vers des* maximes de morale, que de réunir l'élégance et le bon ton à une plaisanterie piquante et ingénieuse. Je ne dirai rien des satires sur l'Équivoque et sur l'Homme, les plus faibles de toutes, ni de la satire sur les Femmes, contre laquelle on cite encore une assez bonne épigramme de Fontenelle. Dans ce dernier ouvrage , Boileau revient trop souvent sur la même idée ; son plus grand défaut est d'ètre monotone et de manquer de gaieté dans un sujet où la gaieté était nécessaire. Lorsque Boileau composa sa satire contre les femmes, il était arrivé à un àg,e où il avait le malheur d'être dés dans leur cause , et ses vers s'en ressentent quelquefois. Il avait publié ses meilleures satires à trente ans. A l'âge de la maturité, il composa ses épîtres, qui sont plus estimées aujourd'hui que ses satires. La versification y offre plus de souplesse et de gràce, le style, plus de naturel et d'égalité, plus de couleur et d'énergie ; on y trouve des pensées plus fortes et mieux enchaînées entre elles : en relisant son épître sur le Passage du Rhin, on regrette qu'il 'n'ait pas exercé son talent dans l'épopée. Homère, pour peindre la majesté du roi des rois, aurait envié à Boileau ces deux vers admirables : Louis, les animant du feu de son courage, Se plaint de sa grandeur qui l'attache au rivage. Boileau, inférieur à Horace dans ses satires, Ta surpassé dans plusieurs de ses épîtres. Après avoir créé, en quelque sorte, la langue poétique, et produit des modèles dans plusieurs genres, il avait acquis le droit d'être le législateur du Parnasse ; il fit l'Art poétique, ouvrage qui l'emporte de beaucoup sur l'Epitre aux Pisons, pour la régularité du plan, le bonheur des ;transitions, et l'élégance ferme et soutenue du style. rTous les genres y sont définis avec autant de précision que de goût ; jamais on n'y sent l'aridité des préceptes. Le poète avait beaucoup de difficultés à 'vaincre, et les plus beaux morceaux de son poëme sont ceux qui étàient les plus difficiles à faire : on est !liché seulement qu'il ait oublié de parler de l'apologue, et qu'il ait mis trop d'importance au sonnet. Le début du poème pourrait être plus heureux ; le 4° chant commence par une satire déplacée. Malgré quelques légers défauts, lorsque l'Art poétique de Boileau parut, il fit la loi, nonseulement en France, mais chez les.étrangers, qui le traduisirent. Comme tous les législateurs, Despréaux fit des mécontents; mais il fut dédommagé de leurs clameurs par les suffrages des gens de goût. Il allait bientôt produire un autre chefd'œuvre, qui devait répondre à ceux qui l'accusaient de manquer de fécondité, et ne trouvaient dans son talent ni variété ni souplesse. Un pupitre placé et déplacé avait jeté la discorde dans un chapitre de Paris ; le président Lamoignon délia le poète de traiter ce sujet, et Boileau fit le potine du Lutrin. Dans cet ouvrage, il porta beaucoup plus loin que dans aucun autre l'art d'ennoblir les petits détails ; le début surtout en est trèsheureux, et vaut mieux que celui de l'Art poétique. Les quatre pre- miers chants du Lutrin n'ont rien de comparable en leur genre dans aucune langue , et surpassent de beaucoup, pour l'invention, pour la richesse et le naturel des peintures, pour la perfection du style, la Boucle de cheveux enlevée de Pope, à laquelle ce poème a été quelquefois comparé. Après avoir rappelé les titres ‘‘éritables de Boileau aux éloges de la postérité, nous ne parlerons point de son ode sur /a Prise de Namur, qui fut si amèrement critiquée, et cependant traduite en vers latins par le sage Rollin, ni de ses épigrammes, petites pièces dans lesquelles il s'est montré si inférieur à luimême. Nous ne parlerons pas non plus de sa prose, qui est toujours claire, correcte, mais qui manque de couleur et d'har- monie , si on excepte cependant son dialogue des Héros de roman, qui rappelle quelquefôis la finesse et l'esprit de Lucien. Il nous reste à donner une idée du caractère de Boileau, de l'influence qu'il a eue sur son siècle et sur les progrès de notre littérature. Ses satires durent lui faire beaucoup d'ennemis; mais il eut le bon esprit de ne jamais répondre à ceux dont il avait blessé l'amour propre, et de se livrer de bonne gràce à leurs épigrammes. Ses amis lui faisaient un jour des représentations sur le genre qu'il avait embrassé : « Je serai honnête bouline, « leur ditil, et je n'aurai rien à craindre de leurs « attaques. » Madame de Sévigné dit, en parlant de Boileau, qu'il n'était cruel qu'en vers. Ses lecteurs s'étonnaient de ne voir en lui qu'un homme doux et candide , et sa conversation, comme il le dit luimême, n'avait ni griffes ni ongles. Nous ne citerons que deux traits pour faire connaître la bonté et la générosité de son caractère. Le célèbre Patru fut obligé de vendre sa bibliothèque pour vivre ; Boileau l'acheta , en paya le prix, et ne voulut en jouir qu'après la mort de Patru. La pension de Corneille ayant été supprimée, Despréaux courut chez le roi pour l'engager à la rétablir. Il offrit le sacrifice de celle dont il jouissait luimème, disant qu'il ne pouvait, sans honte, recevoir une pension, tandis qu'un homme tel que Corneille en était privé. De pareilles tions rachètent bien des satires, lors même qu'elles raient quelque chose de répréhensible. Boileau rant lu devant Louis XIV sa Première Épitre .au •i, ce prince fit répéter trois fois les vers sur Titus, donna de grands éloges au poète. Despréaux fut pmmé historiographe de France avec Racine ; ces _ux grands poètes suivirent quelquefois le roi à emée, mais ils n'ont rien laissé sur les événements dont ils furent témoins. Quand je faisais le métier de satirique que j'entendais assez bien, disait Boileau, on m'accablait d'injures et de menaces; on me paye bien cher aujourd'hui pour faire le métier d'historiographe que je n'entends pas. » Ce fut Boileau qui vint pprendre à Louis XIV la mort de Racine. Le moarque l'écouta avec attendrissement , et lui dit Monsieur Boileau, j'aurai toujours une heure par semaine à vous donner. » Boileau cependant ne evint plus à la cour. « Qu'irai je y faire, disaitil, je ne sais plus louer? » Tant qu'il y parut , il y onserva la dignité de son caractère. Un courtisan ui disait un jour, dans l'antichambre du roi, que ce prince faisait chercher Arnauld : « Le roi est trop : heureux pour le trouver, » répondit le poète. Boi- eau se montrait homme de lettres, même à la cour, :e qui devait l'y faire parai tre étranger. Un jour qu'il ,tait dans la galerie de Versailles avec Valincour et Racine, ils furent assaillis par trois ou quatre jeunes gens de la cour, grands admirateurs de Quinault et de Benserade. « L'un d'eux , continue Despréaux, « commença par nous demander s'il était bien vrai 4 que nous missions si fort ces deux poètes audessous « d'Homère et de Virgile ? — C'est, leur répondisje, « comme si vous me demandiez si je préfère les « diamants de la couronne à ceux que l'on fait au « Temple. » Bientôt la discussion s'engagea sur Homère ; elle devint même si vive, que Boileau fut sur le point de faire éclater sa liberté satirique. « Il me « serait peut-être échappé, ajoutetil, quelque sottise, . « plus grande assurément que celles d'Homère, si heu-. La postérité n'oubliera point les services que Despréaux a rendus aux lettres françaises; il découragea la médiocrité, et sa louange alla toujours chercher le véritable talent. 11 apprit à Racine, comme il le dit luimème, à faire difficilement des vers faciles , et défendit Ândrollutque contre l'hôtel de Rambouillet. Lorsque Racine, d'après le peu de succès d'Athalie , crut qu'il s'était trompé, Boileatt lui dit ces paroles remarquables, que le jugement de la postérité a si bien confirmées: « C'est votre chefd'œuvre ; je m'y connais, le pu-« blic y reviendra. » Quand Louis XIV lui demanda quel était l'homme de génie qui honorait le plus son règne : « Sire, réponditil , c'est 'Volière. » On aime à voir cette union entre les grands poètes du siècle de Louis XIV, comme on aime à voir celle,' qui régnait entre Horace et Virgile. Racine aimait tendrement Boileau. Il lui écrivait en 1687: « Je « meurs de peur que votre mal de gorge ne soit « aussi persévérant que mon mal de poitrine; si cela « est , je n'ai plus d'espérance d'être heureux, ni « par autrui ni par moimême . » Il lui disait en mourant : « Toute ma consolation est de mourir « avant vous. » Après avoir souffert plusieurs années, et survécu à un grand nombre de ses amis. Boileau mourut d'une hydropisie de poitrine , le 15 mars 1711 . Il laissa en montrant presque tous ses biens aux pauvres. Il avait coutume de dire, dans les derniers temps de sa vie : « C'est une grande. « consolation pour un poêle qui va mourir, que « de n'avoir jamais offensé les moeurs. » Ce dernier trait achève de le caractériser. Parmi les éloges qu'on a faits de Boileau, on doit remarquer ceux de Daunou et d'Auget' ; le premier a été couronné par l'académie de Nîmes, en 1787, et celui d'Auget P' l'Institut , en 1805. La vie de Boileau a été écrite par Desmaizeaux, Amsterdam, 1712 Les principales éditions des oeuvres de Boileau sont: .10 celles de Brossette, à Amsterdam, avec les ligures de Bernard Picard, en 17.18 , 2 vol. papier, format ordinaire ; 1 vol. grand papier; en .1729 , 2 vol. et en 1722, 4 volumes 2° Celle qu'accompagnent les remarques de Brossette, publiée par Souchay, à Paris, en 1740. avec des ligures gravées par Cochin fils, en 2 vol. Il s'est élevé de nos jours une faction littéraire intitulée romantique, qui, se disant ennemie de l'école classique, frappait de ses anathèmes Racine et Boileau, connue des esprits étroits, de petits génies. Enfoncé Racine ! enfoncé Boileau! tel était le cri de guerre de ce parti ridicule, dont le mépris public a fait justice ; car. On attend encore de la part de ses adhérents les chefsd'oeuvre qui devaient enfoncer les grands hommes du grand siècle. D—R—R. Extrait d'une lettre inédite qui est entre les mains de M. Villenave. Boileau avait été inhumé à l'église paroissiale de StEustache ; lors de la violation des tombeaux pendant la révolution, ses ' cendres furent transférées au musée des PetitsAugustins. Elles y demeurèrent jusqu'au .14 juillet 1849, qu'elles furent portées à l'église de StGerma dans Pune des chapelles de taquelle une inscription bimulaire énonce cette translation. A cette occasion, le comte Daru, au nom de l'Académie française, et PetitRadel, au nom de celle des inscriptions et belleslettres, prononcèrent chacun un discours en l'honneur du poète qui avait élé de ces deux académies. Toutefois, l'ancienne pierre tumulaire de Boileau restaurée se trouve encore dans l'église de StEustache, appli-. quée sur une des parois du choeur. DRR. celle qu’à donnée Lefèvre de StMarc, avec les mêmes remarques, en 5 vol. figures, Paris, 1747, et Amsterdam, 1772 ; 4° celle du dauphin, Paris, Didot, 1789, 2 vol. et 1788, 3 volumes ; 5° l'édition avec les notes et les commentaires de Daunou , imprimée à Paris en 1809, -3 vol. ou 5 vol. : l'édition de 1717 est la Ails plus recherchée. Ces œuvres contiennent ses satires, les épitres, son Art poétique, son Lutrin, ses épigrammes et quelques autres pièces de poésies franchaises et latines, son dialogue de la Poésie et de la Musique , le dialogue sur les Héros de roman , sa traduction du traité du Sublime de Longin', et ses Réflexions critiques sur cet auteur. Le Lutrin a été Taduit en vers latins , ainsi que l'Art , poétique. Dans les Mélanges de literature el d'histoire, par le baron de Villenfagne, 1 ' Liége, 1788 on trouve une lettre de Boileau qui n'a été admise dans aucune édition de ses œuvres. On a deux Bolceana : l'un publié par Delolme de Monchesnay, 1742 avait déjà 'paru dans édition des œuvres de Boileau, 1740, 2 vol. , l’autre se trouve à la suite des Lettres familières le 4141. Boileau Despréaux et Brossette, publiées par Cizeron Rival, Lyon, 1770, 3 vol., petit Les poésies de Boileau ont été traduites en vers latins par A. D. Godeau, ancien recteur de l'université, Paris, 1757 Rollin, Grenan, Langlet, Hennegrave, Vaesberge, Vandebergue, et plusieurs autres auteurs, ont aussi traduit en vers latins diverses pièces de Boileau. On trouve, dans les œuvres choisies de la Monnoie , une version grecque de la satire des Embarras de Paris. Boileau fut un des Depuis l'édition de Daunou, il a paru une foule d'éditions de Boileau, dont l'indication se trouve dans la France littéraire de N. Quérard. 11 nous suffira de mentionner les principales : 1° celle de P. Didot, 3 vol. Paris, 4815, précédée de l'éloge de Boileau et d'une notice biographique, par Auger. C'est une des meilleures éditions sans notes; elle fait partie de la Collection dédiée aux amateurs de l'art typographique. 2° Autre de P. Didot, dédiée au roi, ; Paris, 2 Vol. gr. ornée de neuf vignettes. 3. Celle du pro-! fessent' Amar, avec un nouveau commentaire , Paris, Lefèvre 1821-24, 4 vol. recommandable par les notes et, les notices ' littéraires. 4° Celle de M. de St - Surin , avec un commentaire , ' Paris, 1821, 4 vol. avec ligures. « C'est , dit M. Quérard, « l'édition la plus exacte et la plus complète quant au texte et 1 « aux notes de Boileau luimène, et aux variantes des anciennes « éditions. » 5° Celle de M. ViolletLeduc, avec les commentaires, • Paris, 4821, 4 vol. Cette édition contient, outre les anciens commentaires, des notes de l'éditeur. 6° OEuvres de Boileau coblationnées sur les anciennes éditions et sur les manuscrits, avec des notes historiques et littéraires, et des recherches sur sa vie, sa famille et ses ouvrages, pdr M. Berriat - StPrix, professeur à la faculté de droit de Paris, 4 vol. 1850. Ces 4 vol. ont paru de 1830 à 1834, quoique tous soient datés de 4830. Pour la partie bibliographique, M. Berriat est supérieur à tous ceux qui l'ont devancé. Il donne de visu la description de plus de 360 éditions de Boileau. On doit citer aussi le tableau généalogique de la famille du poète, qui est le fruit d'immenses recherches, et qui, typographiqueutent parlant, est un chefd'oeuvre . - On a imprimé une infinité d'éditions de Boileau pour les classes; nous citerons 4° celle de MM. Noêl et Pianche, Paris, foret, 1824, 1 vol. accompagnée de notes faites sur Boileau par les commentateurs ou littérateurs les plus distingués, tels que Laharpe, Mar- montel, Lebrun, Daunou, etc., etc., ainsi que de tous les passages que l'auteur français a imités des auteurs grecs et latins ; 2° celle de A. M. D. G. , Lyon et Paris, 1822-1854, 2 vol. Dans cette édition, M. Longuet a refait quelques vers, et en a supprimé sept à huit cents DRR. auteurs du grand ouvrage qui a pour titre : Médailles sur les principaux événements du règne de Louis le Grand, Paris , 1725 Quelques savants croient que Boileau et Racine sont les auteurs de la Campagne de Louis XIV, ouvrage imprimé sous le - nom de Pellisson , et que Fréron fils a reproduit sous ce titre : Éloge historique de Louis XIV sur ses conquêtes , depuis 1672 jusqu'en 1678 , par Racine et Boileau , Amsterdam , 1784 L'éditeur s'est servi d'un manuscrit de la bibliothèque de Valincour, et Val le tenait de Boileau. Enfin, pour ne rien laisser désirer sur l'indication des travaux littéraires de cet homme célèbre , nous dirons qu'il fut chargé, avec Racine, de corriger le style des Constitutions de la maison de StCyr, rédigées par madame de Maintenon et madame de Brinon, et imprimées à Paris en 1700
  • Nicolas BERNOULLI( 1695 - 1726) : Nous avons présenté sous ce nom deux savants; nous ajouterons ici que le premier, né à Bàle, le 10 octobre 1687, mort le 29 novembre 1759, fils d'un frère des précédents , fut l'éditeu• de l'Ars conjectandi de son oncle Jacques ; qu'il résolut plusieurs des problèmes proposés aux géomètres par Jean Bernoulli, et que la solution de l'un de ces problèmes contient le germe de la théorie des conditions d'intégrabilité des fonctions différentielles. Il a été professeur de mathématiques à Padoue, ensuite professeur en logique, et enfin en droit à Bàle, membre de l'académie de Berlin, de la société royale de Londres , et de l'institut de Bologne. Il n'a point publié d'écrits séparés ; on trouve quelques morceaux de lui dans les oeuvres de Jean Bernoulli, dans les Acta eruditorum de Leipsick, et dans le Giornale de' letterali d'Italia. — Le second Nicolas BERNOULLI , ne à Bàle, le 27 janvier 1695, fils aisé de Jean, annonça (le bonne heure de grandes dispositions, et fut, à ce qu'il parait, l'objet des prédilections de son père, qui le lança luiméme dans les mathématiques, après qu'il eut étudié en droit et pris le grade de licencié. Dès l'àge de seize ans, Nicolas Bernoulli soulageait son père dans sa correspondance avec les géomètres ; il voyagea en Italie et en France , fut appelé à Pétersbourg pour y professer les mathématiques avec son frère Danic=4, en 1725, et y mourut le 26 juillet 1726. Avant d'aller à Pétersbourg , il fut professeur de droit à Berne, et fut aussi membre de l'institut:de Bologne. Son éloge se trouve dans le t. 2 des CO mmentarii acad. Pctrop. Le 1" volume, ainsi que les Acta eruditoruin, contiennent quelquesuns (le ses mémoires. Plusieurs de ces derniers sont insérés dans les oeuvres de son père
  • Nicolas BÉRONIE( 1742 - 1820) : philologue , né à Tulle en 1 742 , embrassa l'état ecclésiastique, et à la suppression des jésuites , fut nommé professeur d'humanités au collége de sa ville natale , place qu'il remplit vingt- cinq ans avec un zèle infatigable. En récompense des services qu'il avait rendus dans l'enseignement, on voulut le nommer à une cure d'un revenu considérable ; niais il sollicita luimème une paroisse plus petite , afin d'avoir plus de loisirs pour se livrer à ses goûts studieux. A la création des écoles centrales, il fut élu bibliothécaire de celle du département de la Corrèze , et il s'empressa de disposer dans un ordre convenable les livres dont la garde lui était confiée. Ces écoles ayant été remplacées par les lycées, la place de Béronie se trouva supprimée. Il revint alors avec une nouvelle ardeur aux étndes grammaticales et philologiques. Depuis longtemps il rassemblait des matériaux pour un dictionnaire du patbis limousin. Ce travail lui fournit l'occasion d'entrer en correspondance avec Raynouard, de l'Académie française, dont il re-çut d'utiles conseils et des encouragements. Sur le rapport de Raynouard , le ministère avait accordé des fonds pour la publication de cet ouvrage , et l'impression en était commencée , lorsque Béronie mourut à Tulle, au mois de décembre 1820. M. J.Aug. Vialle, un de ses amis, fut désigné par le pré- fet du département pour terminer la publication de La traduction française de cet ouvrage a été insérée dam le Journal des Mines, et a paru séparément sous ce titre : Observa- tions sur les mines de mercure du Palatinat el du pays de Deus-- Ponts, Paris, 1796 Les 3' et 4 volumes du même journal contiennent encore quelques autres articles du baron de Berold gen • Z—o. l'ouvrage qui, parut enfin sous ce titre : Dictionnaire du patois du bas Limousin, et plus particulièrement des environs de Tulle, etc., Tulle , 1825 de 554 p., non compris les préliminaires. 11 est précédé d'une courte notice sur l'auteur. La préface offre des recherches intéressantes sur l'origine du patois limousin , que Béronie fait dériver du roman ; des remarques grammaticales et orthographiques, digues de fixer l'attention des linguistes , et enfin des observations sur les mots particuliers à ce dialecte, et dont les équivalents dans le français n'ont ni la même grâce ni la même énergie. Chaque mot est accompagné de signes prosodiques qui en détermi- nent la prononciation, et suivi de sa définition d'a- près les autorités les plus respectables. L'ouvrage est terminé par une table des gasconismes ou fautes contre la langue les plus communes aux habitants du Limousin. M. Raynouard en a rendu un compte trèsfavorable dans le Journal des savants, février 1824. C'est une des sources les plus abondantes où peuvent puiser les personnes curieuses de connaître les origines de la langue française
  • Nicolas BONET : religieux franciscain du 14r siècle, surnommé k Docteur profitable, à l'égard duquel les bibliothécaires de son ordre ont fait des recherches si peu satisfaisantes qu'ils ne s'accordent inéme pas sur le lieu de sa naissance. Quelquesuns le croient Espagnol, d'autres Italien ou Sicilien, et enfin d'autres Français. La chose n'est I bas assez ' importante pour donner lieu à une discussion ; et cet auteur n'aurait pas mérité de plac.e dans ce dictionnaire s'il n'avait pas fait (lu bruit pendant quelque temps par une opinion extrèsnement singulière, pour ne pas dire absurde. Il avan;a, dans un de Filles ouvrages, que ces paroles de JésusChrist sur la ' croix : Femme, voilà votre fils, avaient produit l'ef- let d'une transsubstantiation réelle; en sorte qu'au moment même Si. Jean était devenu le fils (le la 'Vierge. On ne se persuadera pas que lionet ait pu trouver des sectateurs; le fait est pourtant vrai, et leur nombre devint même si grand qu'on se vit i obligé de les combattre sérieusement ; mais on ' n'employa des deux côtés que l'arme du raisonnement. On a de Bonet : 1° Posiilla in Genesim : 2. Cons- ment . super quatuor libros Sententiartsna ; 3° Inter- pretationes in prcecipuus libros Aristotelis, proesertim Metaphysicam. Ce dernier ouvrage a été imprimé, . Venise, 1505
  • Nicolas BONDT( 1732) : naquit en 1732, à Voorbourg , ville des PaysBas. Il commença à se faire connaître par une thèse sur l'épître apocryphe de Jérémie, qu'il soutint à Utrecht, en 1752, sous la présidence du célèbre Wesseling : elle a été imprimée. En 1754, il donna, dans la même ville, une édition trèssoignée des Lectiones varice de V Contarini. Son Histoire de la Confédération des Previnces- Unies parut à Utrecht en 1756 ; il y joignit un commentaire sur le préambule et les pre- miers chapitres de l'acte d'Union. Cette même année, il publia une dissertation de Polygamia, qui lui mérita le degré de docteur en droit. On a encore de lui un recueil des harangues de Burmann ; la Haye, 1759 Il avait promis une édition des Ethioviques d'Héliodore ; mais il abandonna la littérature pour les affaires. A juger de Bondt par ce qu'il avait écrit et par les éloges de ses contemporains, il aurait pu se faire un nom distingué dans les lettres savantes. Burmann , dans ses notes sur l'Anthologie latine, l'appelle ju-- venis egregius, jurisconsullus erudilionis et ingenii non nisi praiclara minantis. Il est mort en 1792. Quelques bibliographes le disent éditeur du livre : Triga Opuseulorum criticoruen rariorum, Utrecht, 1755 Ce recueil, qui a été aussi attribué à van der Km , contient les Loci aliquot restituti de P. Avellanus, les Annotationes et les Opiniones de Mazzio
  • Nicolas BERTHOLON : que l'on désigne quelfois sous le nom de BERTHLON DE STLAZARE, parce qu'il appartenait à la communauté des lazaristes, dans laquelle il entra fort jeune, naquit à Lyon et y mourut en 1799, après avoir été successivement professeur de physique à Montpellier, et professeur ; I I ° 21/ émoires sur tct théorie des incendies, etc., ibid., 1787 ; 12' sur le basalte de SI- Ilibary, Montpellier, 1781 15" Preuves nouvelles de l'efficacité des paratonnerres, INIontpellier et Paris, 17M IP lu Nature considérée sous ses différents aspects, Paris, 1787-89, 9 vol. : ces trois derniers ouvrages ont été faits en commun avec Hoyer ; 15" Atlas moderne portatif, précédé des éléments de la géographie, seconde édition, Lyon et Paris, 1804 fut aussi pendant quelques années l'éditeur d'un journal d'histoire naturelle , commencé en 1787, et du Journal des Sciences utiles, fondé en 1791 : il a inséré quelques mémoires dans le Journal de Physique, et a eu part à la partie Physique de l'Encyclopédie méthodique. Cus.
  • Nicolas BERTIN( 1667 - 1736) : peintre, né à Paris, en 1667, fut un de ces artistes estimables qui, s'ils ne reculent pas les bornes de l'art, ne contribuent pas du moins à sa décadence, et dont les ouvrages ne déparent aucune collection. Son père était sculpteur, et lui donna les premières leçons du dessin. Bertin étudia ensuite sous d'autres maîtres, dont les plus distingués furent Jouvenet et Bon Boullongne. Il obtint le prix à dixhuit uns, fut protégé par Louvois, et envoyé à Rome en qualité de pensionnaire du roi. Une passion qui a souvent arrêté plus d'un artiste dans sa carrière , l'amour , séduisit un instant Bertin, et eut sur sa destinée une influence remarquable. Sa figure et l'agrément de ses manières plurent à une princesse romaine dont les parents firent craindre à Bertin les effets de leur vengeance. Il ne put éviter que par la fuite la mort dont ils le menaçaient. En passant à Lyon, il fit plusieurs tableaux pour des amateurs, et revint ensuite à Paris. 11 était âgé de trentesix ans, lorsqu'en 1703, il fut reçu à l'académie , sur un tableau représentant Hercule qui délivre Prométhée. Professeur en 1716, et ensuite adjoint à recteur, il fut nommé, par le duc d'Antin, directeur de l'académie de Rome ; mais le souvenir de son intrigue, et les motifs toujours subsistants de ses craintes, lui firent refuser cette place honorable et recherchée. Bertin travaillait avec facilité, et fit beaucoup de tableaux pour les églises de Paris, le château de Trianon, la ménagerie, etc. Les étrangers , et particulièrement les électeurs de Mayence et de Bavière , apprécièrent aussi les productions de son pinceau. Ce dernier voulut l'attirer à Munich, où il refusa de se rendre. Il mourut célibataire dans sa ville natale, en 1736, à l'âge de 69 ans. Bertin se distingua par un goût de dessin ferme et correct, qui tient de celui des Carrache; ses compositions sont sages et bien entendues; l'expression, celte partie de l'art si précieuse et si difficile, est portée dans ses figures à un degré trèssatisfaisant. On trouve peu de ses tableaux dans les collections publiques. Un des meilleurs est celui qu'il fit pour l'église de StGerma et qui représente St. Philippe baptisant l'eunuque de la reine de Candace. Bertin était d'un caractère réservé, trèsreligieux, et avait la faiblesse de ne souffrir qu'avec peine les conseils de la critique
  • Nicolas BŒRNER( 1693 - 1770) : médecin, né à Schmieritz, dans la Thuringe, le 27 janvier 1693, perdit son père de trèsbonne heure. Sa mère ayant trop peu de fortune pour faire les frais d'une éducation dispendieuse, il entra comme apprenti chez un apothicaire de Frauenbourg. Au bout de quelques années, il fut envoyé à Tina, dans une autre officine, où il passa encore trois ans. Il pouvait donc se croire destiné à la profession de pharmacien, lorsque les circonstances développèrent en lui le goût de la médecine, et lui inspirèrent le désir de l'apprendre. Voulant toutefois se ',perfectionner dans l'art pharmaceutique, qu'il sentait devoir lui être fort utile dans sa nouvelle carrière, il parcourut successivement diverses officines à Francfort, Strasbourg, Landau, Spire et Worms. Ses voyages terminés, il revint chez lui; mais à peine trois mois s'étaientils écoulés, qu'un gros marchand de Francfort lui écrivit de se rendre à Coblentz, où il l'avait recommandé au pharmacien du prince électeur de Trèves. Boerner se mit aussitôt en route, malgré la rigueur de la saison, et arriva en 1717 à sa destination. Ayant appris la mort de sa mère, il alla recueillir un modeste héritage; et, après avoir mis ordre à ses affaires, il vint à Iéna, bien résolu d'y étudier la médecine, depuis si longtemps l'objet de ses voeux. Les deux Wedel, Slevogt et Teichmeyer furent les maitres dont il suivit le plus assidûment les leçons. Lorsqu'il se crut assez avancé dans la théorie, il voulut s'essayer dans la pratique, se rendit, d'après les conseils d'un ami, d'abord à Frenkenthal, puis à Gicfser ; alla prendre le grade de docteur à Iéna, et se fixa enfin à Neustadt sur l'Orta, où il mourut vers 1770. L'académie des Curieux de la nature l'avait admis au nombre de ses membres en 1737, sous le nom d' Astérion II. Il a publié : 1° Dissertatio exhibens rorem marinum , Iéna , 1725 2° Traité rationnel des sciences naturelles , Leipsick, 1755 ibid., 1741 5° Le Mé- decin de soi- méme, ou Traité d'hygiène domestique , Leipsick, 1744 ibid., t. 1", 1747, t. 2, 1748 Cet ouvrage est sans contredit un des meilleurs qui aient paru sur la médecine populaire. L'auteur a eu le bon esprit de sentir qu'on ne peut tracer au peuple que des préceptes , Leipsick, 1752, 2 vol. C'est un trèsbon aperçu des soins qu'exigent les enfants, les femmes enceintes, les accouchées et les nourrices. Bcrrner a inséré aussi quelques observations dans les Actes des Curieux de la nature. J- D- N
  • Nicolas BOINDIN( 1676) : fils d'un procureur du roi au bureau des finances, à qui il succéda dans cette charge , naquit à Paris , le 29 mai 1676, avec tous les signes d'une mort prochaine. Son enfance valétudinaire tourna au profit de sa raison et de son esprit. Au lieu de courir et de jouer comme les autres enfants, il se livrait à la réflexion et à l'étude. Voulant savoir les raisons de tout, et peu content de celles qu'on lui donnait , il contracta de bonne heure l'habitude de cette incrédulité qu'on le vit pousser aussi loin qu'elle pouvait aller. En 1696, il entra dans les mousquetaires, et en sortit au bout d'un an à cause de la faiblesse de sa constitution. 11 y avait alors à Paris un café que fréquentaient les beaux esprits, et qui était, comme le dit Boindin luimème, la pépinière de toutes les académies. 11 y devint fort assidu, et s'y lia particulièrement avec Saurin et Lamotte. il lit, en société avec ce dernier, la comédie des Trois Gascons, et celle du Port de mer, qui est restée au théâtre . Le Bal d'Auteuil et le Petit- maitre de robe sont de lui seul. En 1706, il fut reçu à l'académie des inscriptions et belleslettres, pour laquelle il composa quatre mé- moires, dont deux sur le théàtre des anciens, et deux sur les tribus et les noms des Romains. D'autres dissertations sur la langue et la poésie lui auraient ouvert les portes de l'Académie française; mais l'athéisme, dont il faisait profession publique, l'en fit écarter par le cardinal de Fleury. Ce fut à peu près le seul désagrément que ses opinions lui attirèrent. 11 a expliqué luimême pourquoi elles ne lui furent pas plus nuisibles. 11 dit un jour à un homme qui pensait,comme lui, et qu'on voulait : « On vous tourmente, parce que vous êtes « un athée janséniste; mais on nie laisse en paix, « parce que je suis un athée moliniste. » On sait quelle persécution le dernier de ces partis faisait alors éprouver à l'autre. Boindin, incommodé, sur la fin de ses jours, d'une fistule qui devint incurable, mourut le 50 novembre 1751, âgé de 75 ans. L'Église voulut lui refuser la sépulture ; mais on obtint qu'il serait enterré sans pompe et sans bruit, à trois heures du matin. Il fut le seul membre de l'académie des belleslettres dont on n'ait point parlé à la séance publique qui suivit sa mort. Trèsmaltraité dans les fameux couplets attribués à J.B. Rousseau, il refusa de croire qu'ils fussent de ce poète, et même laissa un mémoire qui fut imprimé après sa mort, vù il accuse de cette infamie, Saurin, Lamotte, et un joaillier, nommé Malaffaire. Ce Mémoire pour servir à l'histoire des couplets de 1710, attribués faussement à JI. Rousseau, fut imprimé à Bruxelles, 1752 On trouve à la suite un extrait des récolements et confrontations de Guill . Arnould, Charles Olivier et Joseph Saurin, et la copie figurée des trop fameux couplets intitulés le Véritaole paquet. Si Boindin avait voulu dire la vérité, il le pouvait mieux que personne, puisque c'était à lui que le paquet fut adressé. Voltaire a vivement combattu ce Représentée à Paris en 1704, et publiée en 1769 sous le pseudonyme Lagrange. Cette pièce, représentée en 1702, est fort libre. Le roi fit faire, par le marquis de Gesvres, des réprimandes aux comédiens sur ce sujet ; et ce fut depuis ce tempslà, diton, que les pièces de théâtre furent soumises à la censure. . On trouve en tète de ce recueil un mémoire qu'il a fait luimême sur sa vie et sur ses ouvrages , et où il parle de son esprit et de ses connaissances avec une confiance qui choque un peu les usages reçus; mais il n'y parle point de sa brusquerie et de sa dureté, qui n'étaient pas moins réelles : c'est lui que Voltaire a peint, sous le nom de Bardou, dans le Temple du goût : Un raisonneur avec un fausset aigre, etc
  • Nicolas BION( 1600 - 1733) : cosmographe et marchand de globes et de sphères, était né vers le milieu du 17° siècle. Joignant à la pratique la théorie de son art, il publia plusieurs ouvrages estimables, et reçut le titre d'ingénieur du roi pour les instruments de mathématiques. 11 mourut à Paris, en 1735, âgé de plus de 80 ans, laissant un fils qui a continué son commerce. On a de lui : 1. Usage des globes célestes et terrestres et des sphères, suivant les différents systèmes du monde, imprimé pour la première fois en 1699. Cet ouvrage fut amélioré successivement par l'auteur; l'édition la plus ample est celle de Paris, 1751 fig. C'est, dit Lalande, le livre le plus élémentaire et le plus clair qu'il y ait en français pour les premiers principes de l'astronomie :. il était question de le réimprimer en 1779. Il a été traduit en allemand par Ch.Phil. Berger, Lemgow, 1736 2. Traité de la construction et des principaux usages des instruments de mathématiques, Paris, 1752 . Il a été traduit en allemand par 3.Gabr. Doppelniayer, Leipsick, 1713 ; Nuremberg, 1721 ; et en anglais par Stone, avec des augmentations utiles, Londres, 1723 et 1738 Bion, dans la préface de l'édition de 1725, nomme, parmi les personnes qui l'ont aidé de leurs conseils, Lahire, Cassini et Delisle le jeune. Cependant on l'accuse dans le Journal des savants d'avoir copié de longs passages des Expériences de physique, imprimées en 1718, sans indiquer la source à laquelle il avait puisé. L'auteur des Nouvelles de la république des lettres tui avait reproché d'avoir inséré dans son livre de l'Usage des globes. etc., le Traité de cosmographie de Pierre Courtin sans le nommer. 3° Description et usage d'un ( planisphère nouvellement t construit, Paris, 1727 Le portrait de Bion a été gravé On lit au bas ce vers tiré des Fastes d' Ovide : Admovet fille oculis distantia sidera nostris, que le pote Roy a traduit avec autant de fidélité que de précision par celuici : Les astres, par son art, s'approChent de nos yeux. Le Dictionnaire des Artistes, par Fontenai, contient une notice sur Bion qu'on aurait pu rendre facilement plus complète
  • Nicolas BISCHOP( 1400) : en latin ÉPISCOPUS célèbre imprimeur de Bâle, naquit à Weissembourg en Alsace, vers la fin du 15e siècle. Trèsversé dans les langues grecque et latine, il cultiva la typographie avec le plus grand succès. Le fameux Jean Froben lui donna sa fille en mariage ; et, à la mort de celuici, arrivée en 1527, Bischop s'associa avec Jérôme Froben, fils de Jean, et par conséquent son beaufrère. Ces deux imprimeurs entreprirent la collection des Pères grecs; Érasme nous apprend qu'ils la commencèrent par les ouvrages de St. Basile le Grand. Les premières éditions où se trouve le nom de Bischop datent, selon les Annales de Panzer, de 1529. Tous les auteurs qui ont traité de l'histoire de la typographie s'accordent à louer la probité et les talents de Bischop ; il jouissait d'une grande considération parmi les savants ; Conrad Gesner lui dédia le dernier livre de ses Pandectes. Cet imprimeur avait pour devise une crosse épiscopale surmontée d'une grue, symbole de la vigilance. Il est sorti un grand nombre d'ouvrages de ses presses, et tous sont remarquables par la sévérité de la correction , la netteté du caractère, et la beauté du papier. ltischop a laissé un fils qui a aussi exercé l'art de l'imprimerie
  • Nicolas BLANCARD ou BLANCKAERT( 1625 - 1703) : naquit à Leyde, d'une famille noble, le 11 décembre 162b. Boxhorn et le célèbre Golius furent ses professeurs Il n'avait pas tout à fait vingt ans, lorsque la chaire d'histoire du gymnase de Steinfurt lui fut offerte. Il la quitta , en 1650, pour aller professer l'histoire et les antiquités dans le gymnase de Middelbourg, qui venait d'être fondé ; Mais bientôt cet établissement fut négligé, et Blancard, qui y était resté seul, l'abandonna eu 1666, pour se retirer à HeerenVeen, en Frise, où il exerça la médecine. Au mois (le novembre 1669, il fut nommé à la chaire de langue et d'histoire grecques, vacante dans l'université de Franeker, par la mort de Pierre Moll. Ses principaux ouvrages sont : une édition de QuinteCurce, avec des notes, Leyde, 1649 ; 2' un Florus, avec ses notes et celles Variorum,• ibid., 1650 réimprimé en 1690 à Franeker 5° une édition de l'Histoire d'Alexandre par Arrien, Amsterdam, •668 4° Arriani Taclica, Pcriplus, de Venatione ; Epicleli Enchiridion, etc., Amsterdam, 1683 ; Harpocrationis Lexicon, Leyde, 1685 6° Philippi Cyprii Chronicon Ecclesice grœcce, Franeker, •679 : cet ouvrage était inédit ; Blancard l'a donné d'après un manuscrit venu de Constantinople, et l'a traduit en latin ; 7° Thomce Magistri dictionum atticarum Eclogoe, Franeker, 1690 réimprimé en 1698, avec (les notes de Lambert Bos. Dans la bonne édition de Thomas, donnée en 1757 par Bernard, on a suivi le texte de Blancard, et conservé les remarques de Bos. Le 2e volume du recueil épistolaire de Bormann contient trois lettres de Blancard ; la première traite de quelques passages d'Arrien ; la seconde, de la vigne d'or du temple de Jérusalem ; la troisième, de la déesse Nehalennia. Il avait commencé à travailler sur Thucydide et sur le glossaire de Cyrille ; mais les graves et nombreuses infirmités dont il fut attaqué vers 1690 le forcèrent d'abandonner toute occupation littéraire. Il mourut le 15 mai 1703, âgé de 78 ans
  • Nicolas BLANENSTEIN : chapelain du chapitre épiscopal de Bàle vers 1460. On a de lui une chronique abrégée des évèques (le Bàle, et trois volumes sur la guerre des Suisses contre Charles le Hardi, duc de Bourgogne. Ces ouvrages manuscrits se trouvent clans la bibliothèque de Bâle.
  • Nicolas BOURBON( 1503) : né à Vandeuvre, près de BarsurAube, en 1505, d'un maitre de forges, se rendit si habile dans les belleslettres, et surtout dans la langue grecque, que Marguerite, reine de Navarre, lui confia l'éducation de Jeanne d'Albret, sa fille, mère de Henri IV. Après quelques années de séjour à la cour, Bourbon, qui en était dégoûté, se retira à Cande, petite ville sur les confins de l'Anjou et de la Touraine, où il avait un bénéfice, et il y mourut dans une heureuse indépendance après l'année 1550. Il s'était adonné à la poésie latine. D'illustres contemporains, tels qu'E- rasme,7'aul Jove, SteMarthe, faisaient cas de ses vers; Lancelot en a inséré quelquesuns dans son Epigrammatum Deleetus ; Scaliger, au contraire, l'appelle un poète de nul nom et de nulle considération. On a de Bourbon : Ntegar, Paris, Vascosan, 4553 Les éditions de Lyon, Gryphe, 4558 et Bâle, 1510 beaucoup plus amples, et divisées en 8 livres, portent le titre de Nugarum libri ° do. Le titre de Nuge , que Bourbon donna à son livre, lui attira cette épigramme de Joachim du Bellay : . Paule, tuum inscribis Nugarum nomine librum : In loto libro nul melius titulo. Bourbon, dans ses oeuvres nouvelles, Ne montre pas un grand talent ; Mais, en les nommant Bagatelles, Il fait preuve de jugement, Au surplus on aurait tort de juger ce poète d'après les éloges exagerés ou les épigrammes de ses contemporains. Ceux qui aiment encore assez la poésie latine pour lire les poèmes de Bourbon trouveront, comme nous, qu'il maniait avec grâce et facilité la langue de Virgile, et qu'il savait donner un tour ingénieux aux idées les plus communes; témoin son poème de la Forge, Ferraria, qui se trouve dans les trois éditions que nous avons citées. Cet ouvrage Joffre quelques détails curieux sur les travaux des forgerons : Fauteur, dit Baillet, le composa à l'âge P de quatorze ans, pour faire honneur à la profession de son père. Il insiste sur les dépenses qu'il fallait que son père renouvelât chaque semaine poen. ses >ouvriers. Il les met tous en action, à la coupe du bois, à la mine, au nettoyage et au transport du métal , enfin au fourneau et à la forge. Il ne laisse à son père, dont il fait le plus touchant éloge, que le soin de surveiller tous ces ouvriers et de fournir aux dépenses de la fabrication. 2° Podologia, sire de puerorum moribus libellus, Lyon, 1536 Ce sont des distiques moraux que Jean des Calmes d'Amiens jugea si beaux et si utiles à la jeunesse, qu'il les enrichit d'un commentaire, qu'il lit imprimer avec le texte, Paris, lei. 3') Une pièce de vers à la tète de la traduction française du Courtisan de Balthasar Castiglione, .1538 1° Tabello elementarioe pueris ingenuis perneeessarioe, Paris, 1539 réimprimées à Lyon la même année. Ce sont de courts éléments de grammaire grecque et de grammaire latine, suivis de maximes pour les enfants, et d'autres pièces, dont quelquesunes sont extraites des Nue& 5' In Francisci Valesii regis obitum, inque Henriei ejus filai regis adventson Dialogus, 1547 On avait encore tant d'estime pour les poésies de Bourbon, dans le siècle de Louis XIV, que Philippe Dubois en donna une édition ad usum Delphini, Paris, 1685, 2 vol. Ce poète trouvait si belle la paraphrase des psaumes en vers latins par Buchanan , qu'il disait qu'il aimerait mieux l'avoir faite que d'étre ar chevèque de Paris. Bourbon a composé un grand nombre d'épitaphes : nous citerons celle de la duchesse de Chateaubriand, qui est pleine de grâce et de poésie, et celle de Louise de Savoie, maîtresse de François ler, , Où l'on remarque ce vers : Regis mater eram et populi
  • Nicolas BOURBON( 1574 - 1614) : petitneveu du précédent, naquit, en 1574, à BarsurAube, lit ses études à Paris sous Passerat, et devint successivement professeur .as de la statue de Henri 1V. Rien On a imprimé à Paris, en 1751, à la lin du t. 2 des Mémoires historiques, critiques el littéraires de Bruys, un Borboniana, ou Fragments de littérature et d'histoire de Nicolas Bourbon. Ce poète tenait chez lui, à l'OratoireStHonoré, une espèce d'académie où se rendaient plusieurs gens de lettres, Gassendi, entre autres, et (les hommes du monde, attirés par sa réputation et par l'intérèt qu'il savait répandre dans sa conversation. Gui Patin, l'un des membres les plus assidus de cette académie, en avait recueilli, en 24 cahiers sous le titre de Borboniana, les traits les plus curieux. Ce recueil, que Gui Patin avait laissé à son fils, fut conservé en feuilles détachées parmi les papiers de M. de Chevanes, avocat de Dijon, qui en avait eu plusieurs autres cahiers qu'on ne put retrouver. Joly, éditeur (les Mémoires de Bruys, le fit imprimer dans cet état informe. Le manuscrit dont il s'est servi ne commence qu'à la p. 15 et finit à la p. 55 et dernière. On y a ajouté des choses qui ne peuvent point appartenir au recueil original qui fut terminé en 1638, puisqu'on y trouve des anecdotes de 16i4, année de la mort de Bourbon
  • Nicolas BOURRELIER( 1630) : prêtre, nt à Besançon Nem 1650, servait dans l'armée espagnole comme soldat, et s'était trouvé au fameux siège de Barcelone. On sait que cette ville fut défendue par les Français pendant quinze mois, et qu'elle ne se rendit pie le 13 octobre 1652, par suite de l'infidélité de Marsin, qui abandonna la place pour venir joindre le prince de Condé, alors du parti de l'Espagne. De retour en FraiaileComté , Bourrelier composa, sur les événements dont il :t'ait été témoin, un poême intitulé : Barcelone assiég, 'e par nier el par terre, géminante prosopopée, Besançon, Couché, 1657 de 136 pages, dédié à Juste de Itye, bailli de Mie, marquis de Varambor. On trouve à h lin du volume la note suivante : a L'autheur, a comme témoin oculaire de ce siée, en a descrit u les principaux surets, et divisé en prose françoise, s avec le plan de la ville, des forts d'Espagne et a des principales attaques de mer et de terre, qu'il a fera part aux amis curieux. » On voit, par cette note, que l'auteur ne connaissait pas la langue dans laquelle il écrivait. L'ouvrage dont il est question est sans doute la Relation en prose divisée en quatre " parties, citce par tous les biographes, qui se copient les uns les autres, sans examen et sans scrupule. Cet _ ivrage n'était point imprimé en 16S7, et il ne l'a . is été depuis. — Il ne faut point confondre cet uteur mec Nicolas Bortes:LIER DE MAI.PAS, né à Dôle, le 24 décembre 1606. Celuici étudia au collége e Louvain, sous le célébre Dupuy, plus connu sous le nom d'Eryeius Puteanus. 11 dédia au pape U•bain V III un ouvrage intitulé : niant pontificalis, qui lui salut sa protection. En 1652, il prononça l'oraison funebre de Cleriadus de Vergy, gouverneur de FrancheComté, fut nommé conseiller au priment de cette province en 1674, et mourut à Dôle eu 16S1
  • Nicolas BOUCHER( 1528) : évêque de Verdun, naquit le 14 novembre 1528 , à Cernai , en Dormois, au diocèse de Reims. Son père , qui n'était qu'un simple laboureur, le soutint de ses épargnes à l'université de Paris. Après y avoir pris le grade de maitre èsarts , il fut appelé à Reims, par le cardinal de Lorraine, pour enseigner la philosophie dans la nouvelle université. Il s'acquitta de cet emploi avec l'applaudissement général ; il devint recteur de l'université, supérieur du séminaire, chanoine de la cathédrale. Le cardinal, son protecteur, le chargea de l'éducation de ses neveux , et lui procura , en 1585, l'évêché de Verdun. Jean de Rembervillers, élu par le chapitre , d'après la forme du concordat germanique , lui disputa ce siégé. Il soutint son droit par une savante et éloquente apologie, intitulée : Firdunensis episcopatus N. Bocherii, Verdun, 159i où il se justifia pleinement du crime d'intrusion , et prouva que l'église de Verdun n'était point comprise dans le concordat germanique. Clément VIII jugea le procès en sa faveur. Boucher, clans ce haut degré d'élévation, n'oublia point l'état obscur d'où il était sortit ; il sut unir la simplicité évangélique à la décence qu'exigeait sa dignité. 11 n'enrichit point ses parents aux dépens de l'Église, remplit avec zèle et édification les devoirs de l'épiscopat , combattit les nouvelles erreurs par ses écrits et par ses sermons ; niais sa reconnaissance envers les princes lorrains l'avait engagé dans le parti de la ligue. Il mourut le 19 avril 1595. Parmi les ouvrages qu'il avait composés , on connaît une Apologie de la morale d' Aristote, contre Oiner Talon, Reims, 1562, et l'oraison funèbre du cgaucardinalinaal les de Lorraine , Paris, 1577 , la même année, sous ce titre : Caroli Lotharingii cardinalis et Francisci ducis Liiterœ et Arma traduit en français par Jacques Tigeon , sons cet autre titre : Conjonction des lettres et armes des deux frères , princes lorrains , etc., Reims, 1579, C'est en Corse que Boucheporn se lia eparn se lia avec la famille du célèbre violoniste Baillot. ; cette pièce contient des détails curieux sur les princes lorrains ; mais elle est défigurée par des déclamations contre Henri III , à l'occasion de l'assassinat des deux héros de l'auteur aux états de Blois, eu décembre 1588
  • Nicolas BRIGHAM : né à Coversham, dans la province d'Oxford, d'une famille originaire de celle d'York, cultiva la poésie dans sa jeunesse puis se livra à l'étude des lois et de l'histoire. mourut à Westminster, en dans un àge peu avancé, n'ayant encore eu le temps que de publier les ouvrages suivants : 1° de remit i i bus renon Inemorabiliton. C'est une collection dont Rale a tiré ditTérents matériaux pour son Summarium illus- liiiini maj. Britann. Scriplor. 20 Des mémoires en forme de journal, divisés en 1'2 livres. 5° Différentes pièces de poésie
  • Nicolas BRIOT : tailleur général et graveur, des monnaies de France sous Louis XIII, s'est mortalisé par l'invention du balancier. Avant lui, toutes les monnaies se frappaient au marteau, d'où résultait une Inégalité d'empreinte trèsfavorable aux faux monnayeurs. Briot proposa, en 1615, les Rai- sons, moyens et propositions pour faire toutes les monnaies du royaume à l'avenir uniformes, el faire cesser toutes falsifications, et les . mettre en ferme générale Comme toutes les inventions qui tendent à simplifier la ma ce projet essuya de vives oppositions par les remontrances de la cour des monnaies, et les factums des monnayeurs, qui craignaient de perdre leur gagnepain. Il y eut quatorze pièces imprimées, dont trois de Briot sur son invention. Après des essais répétés, un arrêt du conseil de 1625 lui donna la ferme des monnaies pour un an, par forme d'épreuve; mais la fabrication au marteau ne fut absolument proscrite que par un édit de mars 1645. Les contrariétés qu'on opposait à Briot l'avaient déterminé à porter son invention aux Anglais, qui surent l'apprécier et employèrent le balancier avant nous. Cet artiste s'occupait depuis longtemps du perfectionnement des machines à monnayer. En 1617, on fit l'épreuve de quatre nouveaux instruments de son invention, savoir : un instrument à ciseau, un laminoir, un coupoir, et un quatrième outil que Poullain décrit d'une manière fort obscure, mais que M. Rochon prouve être un instrument destiné à marquer sur la tranche. — Simon BRIOT, religieux bénédictin, mort en 1701, est auteur d'une Histoire de l'abbaye de Molesme, au diocèse de Lan- grès ; elle se conservait manuscrite dans la bibliothèque de cette abbaye
  • Nicolas BRIZART : natif d'Attigny, dans les Ardennes, florissait vers le milieu du 16' siècle. 11 fit ses études à Reims, puis se fixa dans la capitale, où il professa longtemps les humanités au collège de la Marche. On a de lui des poésies latines divisées en 2 parties, et imprimées à Paris eu 1556, 1 vol
  • Nicolas BRAZIER( 1783 - 1838) : né à Paris, le 17 février 1783. Son père, maître d'écriture, tenait une petite pension, faubourg du Temple, et occupait sous Louis XVI un emploi d'écrivain du cabinet du roi, emploi qui lui fut rendu à la restauration. Il était auteur d'une espèce de grammaire, que son fils avouait assez plaisamment n'avoir jamais ouverte, et qui du reste né vaut pas la peine d'être consultée . Quoique lils d'un instituteur, Nicolas Brazier était sans éducation première. Bien jeune encore, ses parents le placèrent dans une fabrique de bijouterie, et c'est entre le sertis et la facette que se développa son talent pour la chanson. Le bon Dieu lui avait dit chante, comme au pauvre petit Béranger, et Brazier se prit tout joyeusement à fredonner de gais et vifs refrains. Armand Gouffé, à qui il fut présenté à l'époque où se reconstitua le caveau, reconnut, dans les premiers essais de l'apprenti bijoutier, de la verve, de l'esprit naturel, le germe enfin d'un talent véritable. Mais il lui signala aussi, et ce fut un bonheur pour le jeune homme, des fautes de goût et de langage impardonnables, mémo à un chansonnier. A cette époque, Brazier quitta la bijouterie pour une modeste place clans l'administration des droits réunis. Bientôt après il lit jouer, sur le petit théàtre des Délassements, sa première pièce intitulée Lisette toute seule , en collaboration avec Simonnin ; puis une seconde : l'Ivrogne tout seul, et tout lier de ce double succès, il déserta encore l'octroi pour se livrer exclusivement à la littérature On a de lui : l'Art de l'écriture simplifié, Paris, 1793 ; 3• édition, 1795, et un Traité analytique de la langue française, extrait de la grammaire géuérale, Paris, 1805 D—R—R. dramatique. Mais il n'oublia point les conseils d'Armand Gouffé, et déjà àgé de plus de vingt ans, déjà chansonnier et auteur joué, il eut le courage d'aller tous les matins, le rudiment dans sa pocle, à un collége de la rue StAntoine, où il étudia avec assiduité en cobnpagnie d'enfants de treize et quatorze ans. Brazier ne devint pas savant, il en convenait luiméme, de vive voix et par écrit, avec trop de facilité peut-être, car de complaisants confrères abusèrent de ce sincère aveu pour lui faire une réputation de complète ignorance qui s'accrédita de toutes parts. La Biographie portative des contemporains l'accuse d'avoir fait graver dans son chapeau ex libris Brazier : c'est là une plaisanterie bien plus vieille que notre auteur, et dont on a injustement chargé sa tète innocente .. *Voici une anecdote plus exactement vraie, mais qui prouve tout au plus une grande légèreté. C'était en 1815 : le Nain Jaune reprochait au chansonnier royaliste de ne savoir pas l'orthographe. Brazier ayant lu l'article écrivit, ab irato, une réponse fulminante. Hélas ! au numéro suivant, le journal rapporta la justification du chansonnier, tendant à prouver qu'il savait l'orthographe. Elle commençait par le mot jamais si facile à écrire; et, malheureusement une apostrophe parfaitement distincte, impossible à nier, s'était glissée entre le j et l'a du premier mot de la lettre justificative. Brazier, membre du caveau moderne, se trouva fréquemment en rapport avec des hommes d'esprit, et se lia d'a, initié avec des auteurs possédant quelquesunes des qualités dramatiques qui lui manquaient , et ces nombreuses associations donnèrent naissance à une multitude de tableaux populaires pleins de vie et d'observation. L'École de village, les Vendanges de Champagne, le Coin de rue, les Bonnes d'enfants, les Cuisinières, le Soldat laboureur, les Ouvriers, les Rouliers, le Maitre de forges, en collaboration avec M. Dumersan ; Quinze Ans d'absence, le Cidevant Jeune Homme, la Corbeille d'oranges, le Savetier et le Financier, Préville et Taconnet, la Carte à payer, en collaboration avec M. Merle; Je fais mes forces, avec Désaugiers; la Croix d'or, le Philtre Champenois, avec M. Mélesville : tels sont les pins jolis vaudevilles auxquels, de 1803 à 1838, Brazier ait attaché son nom. Il changea souvent de collaborateurs, comme pour augmenter le nombre de ses amis ; mais, jusqu'au bout de sa carrière, il associa sa verve non épuisée au talent, à l'habitude scénique de ses anciens confrères. La légèreté d'esprit de Brazier, sa patience sitôt à bout de recherches, son peu de raison ne lui permirent guère de travailler seul. Sur 215 pièces dont se compose son bagage dramatique, il en est 10 à peine qu'il ait écrites sans collaborateur. Ce En pareil cas ou ne prèle qu'aux riches. Nons Wons connu Brazier attaché eu 1815 et 1816 à la Gazelle de France, à laquelle il fournissait ce qu'on appelle les faits Paris. La plupart de ses notes prêtaient à rire par lenr salve insignifiance, sans parler des fautes de grammaire et d'orthographe. D—R—R. On peut voir, dans la France littéraire de M. Quérard, la Lisle . complète des pièces de Brazier et de ses collaborateurs jusqu'en 1828 n'est pas qu'il manquât d'idéesmères, mais il lui était impossible de les coordonner. Toutefois son imagination, vive à l'extrème, son esprit original, son entrain, sa gaieté, sa facilité pour tourner tin couplet faisaient de lui un excellent collaborateur, et l'on peut dire que sa part dans les ouvrages en a trèssouvent décidé le succès. Pendant la restauration, le général Lauriston, qui avait une grande affection pour Brazier, l'avait fait attacher à la bibliothèque particulière de Louis XVIII. En allant faire sa première visite à son chef, le savant auteur du Dictionnaire des ouvrages anonymes, le vaudevilliste l'aborda par un compliment d'une naïve originalité. « Monsieur, lui ditil, vous pensez bien que ma « place est la récompense de mon dévouement, et non « une obligation de travail. » Barbier ne voulut pas l'entendre ainsi, et Brazier reconnut bientôt que si la place lui convenait quant aux émoluments, il ne convenait pas à la place quant à l'ordre et à l'exactitude qu'elle réclamait. néanmoins le gouvernement sembla partager la manière de voir de l'employé, et non celle du bibliothécaire, car Brazier cessa de remplir ses fonctions, mais il toucha une petite pension. Brazier se croyait alors un homme politique ; il publia en 4824, chez Bapilly, boulevard Montmartre, 25, un recueil de chansons faites dans un esprit tout dynastique et en faveur des Bourbons. Ce petit volume est intitulé Souvenirs de dix ans. Si l'auteur avait remonté plus haut dans ses souvenirs, il eût retrouvé une chanson sur la naissance du roi de Rome, qui lui fut remise en mémoire par l'auteur du Dictionnaire des Protées modernes, et dont voici un couplet : Nous faisions tous des vœux Pour demander aux dieux Un prince héréditaire, Qui fût Semblable à son père. Le sort nous est prospère. Chantons ce princelà : Le voilà. Les Bourbons n'inspirèrent guère mieux que Napoléon II le chansonnier Brazier. Ses refrains politiques sont fort médiocres, heureusement il a publié depuis deux autres volumes de chansons où n'entrent pour rien la politique et l'esprit de parti . Là éclate sa verve caustique et chansonnière, là brille toute sa gaieté ; c'est comme un reflet de la grâce, de l'humeur bachique et de la douce philosophie de Désaugiers, après lequel il marche incontestablement. Ces chansons gagnaient à ètre chantées par l'auteur, qui savait tour à tour entraîner, émouvoir, attendrir. Brazier ne se contenta pas de ses succès de table et de théâtre; pour prouver, sans doute, que l'âge avait apporté du sérieux à son esprit, il s'avisa Les dernières éditions sont de 1835 et 1836, chez Barba, PalaisRoyal, et chez Perron'', rue des FillesStThomas, 1. notices sur la Chanson et sur les Cochers. Enfin, peu de temps avant sa mort, il fit imprimer l'Histoire des petits Théettres de Paris , chronique amusante et curieuse, quoique superficielle et parfois erronée, des archives dramatiques de la France. Les amis de Brazier l'ont surnommé le la Fontaine .
  • Nicolas BRETEL : sieur de Grémonville, président au parlement de Rouen, fut ambassadeur (le France à Venise, de 1643 à 1617. La relation son anibassade se conservait manuscrite en 1 vol. dans la bibliothèque de StGerma de même que ses négociations à Rome; et l'extrait de ses négociations à Vienne, en 1671, se conserve à la bibliothèque impériale. On a encore de lui une I relation de la bataille de la Marfée, près Sedan, 1641, insérée dans les Mémoires de Montrésor, Leyde, 1665
  • Nicolas BRUSSEL : auditeur des comptes, né à Paris, où il est mort le 8 janvier 1750, a laissé I° un Nouvel Examen de l'usage général des fiefs en France pendant les 110, 12% 15° et 14C siècles, Paris, 1727 et 17i0 , 2 vol. ouvrage sur lequel on peut consulter le Journal de Verdun, de septembre 1727. 11 est cité avantageusement par le président Hénault et par l'abbé de Mably ; 20 Recherches sur la langue Jatine, principalement par rapport au verbe, Paris, 1747, 2 vol. — Pierre BR USSEL, neveu du précédent, et aussi auditeur des comptes, mort vers 1781, est auteur de deux ouvrages burlesques : la Promenade utile et récréative de deux Parisiens , en cent soixante- cinq jours , Avignon et Paris, 1768, et Paris, 1791 , 2 vol. C'est la relation d'un voyage de Brussel en Italie. e Suite du Virgile travesti, ou Livres 8; 9, 10, 1 1 et 1'2, la Baye , 1767 Scarron n'avait donné que les sept premiers livres de l'Enéide travestie; Moreau de Brasey en avait déjà publié une suite en 1706. Chavray de Boissy cite quelques petites pièces de vers de Pierre Brussel, dans son livre : l'Avocat, ou Réflexions sur l'exercice du bar- reau, Paris, 1778 Il y fait un grand éloge de cet auteur, et dit qu'il cultivait avec le même succès les belleslettres, la poésie, la musique et la pe A
  • Nicolas BRUYN( 1671 - 1752) : pale hollandais, né en 1671, à Amsterdam, où son père était pasteur d'une tounnune protestante. Nicolas Bruyn s'adonna au commerce, et fut, jusqu'à sa mort , teneur de livres chez un marchand. Le sujet de son premier essai poétique fut le tremblement de terre qui s'était fait sentir en Hollande l'an 1692. llpublia ensuite quelques piètes sur des sujets religieux, sous ce titre : Aandaglige Bespiegelingen. Quelques années après, il lit une tragédie intitulée : l'Origine de la liberté de Rome, à laquelle il en lit succéder six autres, qui toutes eurent du succès, et sont restées au répertoire dtt théâtre d'Amsterdam. Trois petits voyages d'agrément qu'il lit avec ses amis lui fousfirent le sujet de deux jolis peines, qu'il nonsma Arcadie de Clèves ri de Sud- Hollande, et Arcadie de Nord- Hollande; fun et l'autre ont été publiés par ses amis , avec des notes historiques. Ce cadre lui pie beaucoup , et il composa encore un Voyage le long de la ricière de Vechte, et un autre dans les environs de Harlem. Bruyn a fait en outre beaucoup de pièces en vers sur différents sujets, des épigrammes , des inscriptions , des dialogues, des monologues , des mélanges , etc. Toutes ses poésies ont été recueillies en 1 t vol.
  • Nicolas CALLIACHI( 1645) : né à Candie en 1615, en sortit à l'àge de dix ans, vint étudier à Rome, et, après dix années d'études, fut reçu docteur en philosophie et en théologie. En lit66, il fut appelé à Venise pour y professer les langues grecque et latine, et la philosophie d'Aristote; en 1677, il alla à Padoue, oit il professa successivement la logique (l'Aristote , la philosophie, la rhétorique. Il garda cette dernière chaire jusqu'à sa mort, arrivée le 8 mai 1707. On a de lui quelques discours qu'il prononça en diverses circonstances. Il avait composé plusieurs autres ouvrages, dont il n'a été publié que les suivants : I. de Ludis scenicis eimorum et pantomi- morum, edcntciI. À. Madero, Padoue, 1715 et dans le t. 2 du NOV143 'Thesaurus Antiquitalum Romanarum de Sallengre. Ce traité, qui fait connaitre le théâtre grec et romain mieux qu'on ne l'avait connu jusquelà , était resté dispersé parmi les papiers de l'auteur, qui était mort sans y avoir mis la dernière main ; le dernier chapitre est mème demeuré imparfait. L'ouvrage est curieux, et mérite d'être lu. `2.° De Gladiatoribus ; de Suppliciés serve- rum ; de Osiride ; de Sacris Eleusiniis eorumque mysteriis. Ces quatre dissertations ont été publiées par le marquis Poleni, dans le 5e volume de ses Uirlusque Thesauri Antiquitatum romanarum gra- carumque nova Supplemenia
  • Nicolas BURGUNDIUS ou BOURGOIGNE( 1586) : jurisconsulte célèbre, naquit à Enghien, au comté de Hainaut, le 29 septembre 1586. Il cultiva d'a bord les muses latines, et écrivit ensuite l'histoire avec succès. Il était avocat à Gand lorsque Maximi- lien, duc de Bavière, lui donna, en 1627, la première chaire de droit civil à l'université d'Ingolstadt, et le nomma bientôt après conseiller et historiogra- plie. L'empereur Ferdinand II le créa comte palatin. Rappelé dans sa patrie, en 1659, il entra au conseil de Brabant. Burgundius avait un grand talent pour l'intelligence des coutumes. Il était souvent cité au barreau, et jusqu'a nos jours, sur cette partie de la jurisprudence, il a fait autorité comme Dumoulin, Coquille et d'Argentré. Ses principaux ouvrages sont 1° Poemata, Anvers, 1621 2° Historia Ba.: varica, seu Ludovirus IV imperator ac ejus vita cl res geste, ab anno 1515 ad annum 1547, Anvers, 1629 ; Helmstaed, 1705 édition donnée par Just.Christ. Bobiner ; et Halle, 1708 50 Historia Belgica, ab anno 1558 ad annum 1567, Ingolstadt, 1629 et 1645 Cette histoire des premiers troubles des PaysBas se termine à l'arrivée du duc d'Albe ; elle est exacte et estimée. Ad consuetudines Flandriœ Tractatus, Leyde, 1651 et 1655 Ce savant ouvrage comprend douze traités et commence par des réflexions générales sur l'origine des lois et des coutumes. 5° De duobus Reis, Louvain, 1657 6° Coin mentarius de erictionibus, Cologne, 1662 Tous les ouvrages de Burgundius sur le droit ont été réunis en 1 vol. imprimé à Bruxelles en .1674. - BURGUNDIUS OuBOURGOINGNE , contemporain de Nicolas et de Gilles, est connu par deux ouvrages rares et singuliers qui ont pour titre l'un Lingue Vitia et & media emblematicc exprcssa, Anvers, 1651, oblong, fig. ; l'autre : Mundi Lapis Lydius, sive vanitas per veritatem falsi accusata et convicta, Anvers, 1659
  • Nicolas BUSI : sculpteur, né en Italie, niais connu seulement par les ouvrages qu'il lit en Espagne. Il passa la plus grande partie de sa vie à Murcie, où les productions de son ciseau furent très:estitubes, et payées des sommes considérables. 11 eut le titre de sculpteur de Philippe IV, et lit le buste de ce prince, ainsi que celui de la reine mère. Selon Palomino Velasco, ces bustes sont des chefsd'oeuvre. 11 mourut dans un âge avancé, en 1709, dans la chartreuse de Valence
  • Nicolas CABRISSEAU( 1680 - 1750) : théologal re'lleims, naquit à Rethel, le 1" octobre 1680 ; fut considéré par Letellier, archevê.que de cette ville; persécuté par son successeur, Mailly, comme appelant ; frappé, en 1722, d'une lettre de cachet qui l'exilait à trente lieues de Reims; employé à Paris par le cardinal de Noailles ; enfermé à Vincennes sous Vintimille destitué de sa théologale par arrêt du conseil, et exilé à Tours, où il mourut (l'une attaque d'apoplexie, le 20 octobre 1750. On a de ce docteur ° Discours sur les devoirs des sujets envers leur sou- verain, prêché lors du sacre de Louis XV, en présence de la cour. 20 Instructions courtes et familières sur le Symbole, Paris, 1728, et ibid., 1742, 2 vol. 50 Discours sur les vies des saints de l'An- cien Testament, Paris, 1752, 6 vol. Suivant quelques personnes, le fond de cet ouvrage est de l'abbé Legros, ou plutôt de l'abbé Rogier. 4° Instne- lions chrétiennes sur les huit béatitudes, Paris, 1752 et plusieurs fois réimprimées. 50 Réflexions morales sur le livre de Tobie, Paris, 1756 6° Instructions chrétiennes sur le sacrement de ma- riage, Paris, 1757 Cabrisseau est encore auteur de quelques cantiques et de plusieurs brochures sur les affaires de la constitution Unigenitus. Il a été l'éditeur d'un petit ouvrage de l'abbé Legros, intitulé : Motifs invincibles d'attachement à l'Eglise romaine, ainsi que des Méditations sur l'épitre aux Romains et sur la Retraite de huit jours, du même
  • Nicolas CAMPANI( 1400) : pote dramatique, surnommé il Strascino, mot dont la décence ne permet pas de donner ici Déquivalent én français, était né vers la fin du 15° siècle à Sienne. D'un caractère facétieux et d'une gaieté intarissable, il fit les dé- lices de ses compatriotes, qui se plaisent à des spec- tacles dont ne s'accommode pas aussi bien la déli- catesse de leurs voisins : mais on ignore les particularités de la vie de ce personnage. Tout ce qu'on sait, c'est qu'il était membre de l'académie des Rozzi. On connaît de lui quatre comédies rustiques ou églogues, car elles portent aussi ce dernier titre il Coltellino, il Strascino, il Magrino et enfin il ' Berna. Les trois premières sont citées dans la Dra- maturgia de l'Allacci, dans l'Histoire du thédtre ita- lien de Riccoboni, etc. ; mais la quatrième n'est que dans le Calalogue de Pille. Quoiqu'elles aient été réimprimées plusieurs fois à Venise et à Florence, séparément ou dans des recueils, les pièces dc Campani sont trèsrares, même en Italie. On ne les trouvait pas dans la bibliothèque de Fioncel , 12 plus riche collection de livres italiens qu'ou ait vue en France, et on les chercherait inutilement à la bibliothèque du roi. La plus connue des pièces de Campani, c'est le Straseino, dont le nom lui est resté. On en compte au moins cinq éditions. La première est de Sienne, 1519, et la plus récente de Ve- nise, 1592 On doit encore à cet écrivain facétieux un poème in ottava rima, dont le sujet n'est autre que la maladie à laquelle les Français ont donné le nom de mal de Naples; il est intitulé Lamento di quel tribulato di Strascino sopra el male incognito, clic traita della patienza ed impatienza, Venise, 1523 de 28 feuillets. Les biographes en citent d'autres éditions de 1529, 1537 et 1621 niais les curiew: recherchent surtout l'édition originale. On trouve de notre auteur des capitoli dans le second livre des Rime de Berni, et dans d'autres recueils du même genre
  • Nicolas CAMUSAT( 1575 - 1655) : chanoine de Troyes, oit il naquit en 4575 et mourut le 20 janvier 1655. C'était un piètre vertueux, dont toute la rie fut partagée entre l'étude et les devoirs de son état. Il était simple dans son maintien, charitable envers les pauvres; la recherche des antiquités de son pays fut surtout l'objet de ses travaux. On en a la preuve dans les (mirages suivants : 1° Chronologia ab or- bis origine ad annum Christi 1220, coin appendice tuque dd annum 1225, Troyes, 1608 Cette nique, assez exacte, mais plus utile pour l'his- pK de France que pour celle des autres royaumes, - est l'ouvrage d'un religieux prémontré, nominé Ro- bert. L'abbé Lebeuf en a fait imprinier deux suppléments dans ses Piéees jitstifieatires pour l'histoire d'Auxerre. Les préMontrés de Lorraine en avaient promis une édition plus exacte que celle de CRIT111- sa t, mais elle n'a point vu le jour. 20 Promptuariuni saeraruni antiquitatum Trieassince diayesis , etc., ibid., 1610 Cette collection contient des pièces curieuses et de savantes notes. Pour l'avoir complète, il faut qu'il y ait à la lin un A actuariat,/ , qui manque dans la plupart des exemplaires. On reproche à Camusat de n'y avoir pas suivi l'ordre chronologique. 5° Historia Albigensium, sets sacri belli in cos, arum 4289 suscepti, etc , ibid.,1615 L'auteur de cette histoire, publiée par Camusa1, est un moine de Cileaux, nommé Pierre des Vaux de Cernai, témoin oculaire des événements en rapporte. Sorbin a donné une traduction française de cette histoire. 40 Mélanges historiques, ou Recueil de plu- sieurs actes, traités, etc., pour sertir à l'histoire, de- puis 1390 jusqu'en 1580, ibid., 1619 : il y a des exemplaires qui portent la date de 1644; mais c'est la même édition. Cette collection renferme des pièces curieuses, parmi lesquelles on distingue les deux suivantes: Recueil sommaire des propositions et con- clusions faites en la chambre ecclésiastique des états de Blois de 1576, par Guillaume de 'faix, doyen de l'église de Troyes. L'auteur, ennemi des factions, y découvre les vues secrètes de l'assemblée, et remarque que, parmi les .membres du clergé, les seuls évêques demandèrent la publication du concile de Trente, et que les chapitres, abbés et communautés s'y opposèrent. L'autre pièce est intitulée : Mémoires militaires du sieur de Mergey, gentilhomme champenois. C'était un bon et franc huguenot, qui écrivait simplement, en 1613, ce qu'il avait vu. 11 y a des détails curieux sur la Stliarthélemy, où Fautent' avait couru de grands risques. Camusat publia les Mémoires divers touchant les différends entre les maisons de Montmorenci et de Châtillon, etc., composés par Christophe Bicher, ambassadeur de Fran-çois 1" et de Henri II en Suède et en Danemark, Troyes, 1625; livre curieux et estimé. Il a fourni à Duchesne, à d'Aehéry et à d'autres savants, beaucoup de pièces qui ont été insérées dans leurs collections. Charles V, en considération du P. de Villiers, dominicain, son confesseur, depuis éveque de Troyes, avait enrichi la bibliothèque des jacobins de cette tillé d'un grand nombre de manuscrits précieux, et obtenu de Grégoire XI une bulle d'excommunication contre ceux qui les détourneraient ou les altéreraient : malgré cette précaution, un prieur, qui en ignorait le prix, les vendit à un papetier qui les mit dans la cuve; Camuse instruit, mais trop lard, de ce vandalisme, ne put sauver du naufrage que des fragments de St. Prudence, et là charte de l'ancien coutumier de Champagne, qui est aujourd'hui à la bibliothèque royale
  • Nicolas CAPASSO( 1671) : porte napolitain, d'un génie original, et dont le style, dans le dialecte de son pays, est reptrdé comme l'un des plus vifs et des plus piquants, naquit à Fratta, au royaume de Naples, en 1671. Il était docteur en droit, et professa in tangue jure, dans l'université de Naples. Il fit quelques ouvrages relatifs à sa profession; mais ils sont moins connus que ceux qui étaient analogues à son génie : ce sont des poésies latines et napolitaines, Naples, 1780 Sa traduction napolitaine de l'Iliade est regardée comme son chefd'œuvre. On y reconnait peu le chefd'œuVre d'Hotnère : c'est une parodie, que ceux qui entendent bien cette langue, fertile en toutes poétiques, en expressions figurées, et en métaphores, trouvent remplie de sel et d'originalité. Capasso mourut à Naples en 1746. — Le inème pays a produit un autre CAPASSO , peut-ètre de la inème famille, médecin de profession, né à Grumo, et mort à Naples, en 1755. Il a laissé un ouvrage latin sur l'histoi•e de la philosophie, ml ituld : hlisloriœ philosophioe Synopsis, sive de origine el progressa philosophice; de vitis et systernatibus omnium philosophorum, etc.; il est divisé.en -1 livres, et dédié au roi de Portugal , Naples, 17e
  • Nicolas CARON( 1700) : né à Amiens en 1700, apprit à graver sur bois de Michel Papillon, qui est regardé comme le restaurateur de cet art. Les ta- lents de Caron n'étaient pas bornés à la gravure ; il avait étudié la géométrie, la mécanique, et avait fait dans ces sciences des progrès trèsremarquables. En 1759, il fut reçu membre de la soeiété littéraire militaire de Besançon , et il mettait la dernière main à quelques ouvrages qui auraient ajouté à sa réputation, lorsqu'un accident épouvantable vint détruire toutes ses espérances et le plonger dans le plus grand des malheurs. Il avait entrepris un petit voyage pour se délasser de ses travaux; étant entré dans une auberge où se trouvaient déjà quelques chasseurs, il prit un de leurs fusils, et, ente maniant, tua un homme qui était en face de lui. Art-été et conduit en prison, il lui fut facile de se justifier ; niais l'homme qu'il avait tué était un père de famille, et on le condamna à des dédommagements considérables envers ses enfants : il ne put les payer, fut retenu à la Conciergerie, y languit plusieurs années, et mourut en 1768. Papillon dit que Caron était trèssupérieur aux autres artistes de son temps, et que, s'il se fùt appliqué à dessiner la ligure, il aurait pu égaler les Lesueur. Il avait gravé les planches d'un dictionnaire héraldique, et composé une Méthode géométrique pour di- viser le cercle, et une Table pour faciliter l'extrac- lion des racines. On trouvera des gravures de cet • artiste au cabinet royal des estampes, n° 1028, entre autres, son portrait à grosses tailles; mais son chefd'œuvre dans ce genre est le portrait de Papillon, placé audevant du Traité de la gravure en bois, et qu'on attribua dans le temps à Papillon luimême
  • Nicolas CATINAT( 1637 - 1712) : maréchal de France, d'une famille originaire du Perche, lits du doyen des conseillers au parlement de Paris, naquit dans cette ville, le I er septembre 1657. 11 sentit de bonne heure qu'il n'aurait jamais les qualités nécessaires à un avocat, puisqu'il quitta le barreau pour les armes, après avoir perdu une cause dont la justice lui paraissait évidente. Il entra dans la cavalerie, chercha toute les occasions de se distinguer, et se fit, en effet, remarquer, en 1667, à l'attaque de la contrescarpe de Lille, par Louis XIV, qui lui donna une licutenance dans le régiment des gardes. Les grades auxquels il s'éleva peuvent ètre remarqués par les actions d'éclat qu'il lit à Maëstricht, Besançon, Senef, Cambray, Valenciennes, SaintOmer, Gand, Ypres. Ayant été blessé à la bataille de Senef, il reçut du grand Condé ce billet honorable pour tous les deux : « Personne ne prend plus que moi d'intéret « à votre blessure ; il y a si peu de gens comme vous, « qu'on perd trop quand on les perd. » Le roi, justement alarmé des dispositions du due de Savoie, lui déclara la guerre , et envoya contre lui Catinat, nommé lieutenant général ; il gagna, le 18 août 1690, la bataille de Staffarde, et, le 4 octobre 1695, la bataille de la Marsaille, s'empara de la Savoie et d'une partie du Piémont, encourageant les soldats par son exemple, ajoutant à ses privations pour diminuer celles de son armée , et s'en faisant adorer par la bonhomie de ses manières et par cette gaieté qui abandonne rarement les Français au milieu des fatigues de la guerre. La relation qu'il envoya à la cour, après la victoire de Staffarde , était si honorable pour tous les officiers sous ses ordres, qu'on aurait pu croire que lui seul n'avait été pour rien dans cette mémorable action. Créé maréchal de France en 1695, il était encore en Piémont lorsqu'il en re.
  • Nicolas CAUSSIN( 1583) : fils d'un médecin de Troyes, naquit dans cette ville en 1585, et entra chez les jésuites en 1607. Il enseigna les belleslettres à Rouen, à Paris, à la Flèche, et „sut si bien se concilier l'affection (le ses écoliers, que, lorsqu'il avait prononcé quelque harangue en public, ils le portaient, diton, en triomphe sur leurs épaules, et le promenaient aussi par la ville avec de grandes acclamations. Ses succès dans la chaire le produisirent à la cour. Le cardinal de Richelieu, peu satisfait du P. Gordon, confesseur de Louis XIII, le fit remplacer par le P. Caussin, dont la candeur et la simplicité semblaient devoir écarter tout ombrage touchant le crédit que le confesseur pourrait avoir sur l'esprit de son pénitent. Les raisons qui avaient dicté ce choix le firent juger peu propre à la place par ses supérieurs ; mais ils ne purent ni le déterminer à la refuser, ni obtenir de lui qu'il ne se conduirait que par leurs conseils. Richelieu, inquiet de la liaison qui existait entre Louis XIII et mademoiselle (le la Fayette, engagea le P. Caussin à persuader au roi de la laisser entrer en religion, comme elle le sollicitait. Le confesseur réussit au gré du ministre ; mais il n'en continua pas moins à s'entendre avec elle pour insinuer au roi le renvoi du cardinal. Les motifs de cette intrigue, tels qu'ils sont exposés dans?la correspondance du P. Caussin avec son général, étaient que Richelieu favorisait la circulation de divers écrits contre l'autorité du pape ; entretenait le trouble dans l'Église ; qu'il grevait le peuple d'impôts ; qu'il soutenait les Hollandais rebelles contre leur souverain légitime ; formait des alliances avec les Turcs contre les princes chrétiens, si évidente, c'est-àdire la quadriseclion de l'angle. a Peur Ôter « tout prétexte, ditil en terminant, j'assure les quatre cercles cou« centriques égaux, et qu'il faut nécessairement savoir la quadrature « du cercle pour le diviser ainsi. » Collection de M. Villenave. 53 et avec les souverains hérétiques contre les puissances catholiques. Grotius, qui était alors à Paris, (lit effectivement qu'après la disgràce (lu confesseur, on trouva chez lui des extraits de différents auteurs qui condamnaient ces sortes d'alliances. Le monarque, qui savait mauvais gré à son confesseur de l'avoir induit à permettre la retraite de mademoiselle de la Fayette, lui proposa de soutenir ces griefs devant le cardinal. Il y consentit. La conférence eut lieu à Ruel, en présence du roi. Richelieu, prévenu par le roi luimème, n'eut pas de peine à détruire les fâcheuses impressions que le P. Caussin avait données au monarque sur son compte, et, dès le lendemain, le jésuite, qui n'occupait son poste que depuis neuf mois, fut relégué, d'abord à Rennes, puis à Quimper. Cette disgrâce fut ainsi annoncée dans la Gazelle ( le France : « Le P. Caussin a été « dispensé par S. M. (le la plus confesser à l'avenir, (( et éloigné de la cour, parce qu'il ne s'y gouver« nait pas avec la retenue qu'il devait, et que sa (( conduite était si mauvaise, qu'un chacun, et son « ordre même, a bien plus (l'étonnement de ce qu'il « a tant demeuré en cette charge, que de ce qu'il « en a été privé. » C'est du fond de sa retraite que le malheureux exilé écrivit à son général cette lettre longue et curieuse que Henri dé StIgnace a fait imprimer dans le Tuba magna miment clangens sonum. 11 y attribue sa (lisgràce au refus de révéler certaines choses qu'il ne tenait de son royal pénitent que par la voie de la confession, aux scrupules qu'il avait fait naître dans la conscience du iiième prince sur sa conduite envers la reine mère, alors retirée en pays étranger; à ses remontrances sur les alliances avec les princes infidèles ou hérétiques, et sur l'appui donné aux hollandais rebelles. Il reproche à ses confrères (le l'avoir lâchement abandonné au ressentiment du cardinal ministre. On voit néanmoins, par les mémoires manuscrits de la Marre, qu'ils refusèrent au cardinal (le l'exclure (le leur compagnie, et même de l'envoyer en Canada, sous prétexte que cette mission étant une preuve d'estime et de bonne opinion, personne désormais ne voudrait se présenter pour la remplir. Le P. Caussin n'eut la permission (le revenir à Paris qu'après la mort de Louis XIII, et il regagna les bonnes grâces de sa société par la troisième Apologie pour les religieux ( le la compagnie ( le Jésus, contre l'université, qu'il publia A Paris, 1644 C'est dans cette aille qu'il termina sa carrière, le 2 juillet 1651, après quatorze jours de douleurs incroyables, qu'il appelait un bain de délices, en comparaison de tout ce qu'il avait souffert à la cour. Le P. Caussin avait publié dans sa jeunesse diverses pièces latines en vers et en prose, dont la meilleure est intitulée de Eloguentia sacra et humana. Il donna depuis un grand nombre d'autres ouvrages (le dévotion, dont le plus fameux est sa Cour sainte, 5 vol. dont la vogue prodigieuse fit dire dans le temps, («lue « le P. Caussin avait mieux fait ses affaires à la cour « sainte qu'A la cour de France ; » elle fut imprimée une infinité (le fois, et traduite dans toutes les languies; aujourd'hui elle est devenue ridicule par le style suranné dans lequel elle est écrite, et par les contes burlesques dont elle est remplie. Quelquesuns de ses livres sont singuliers par leur titre, tels que la Vie neutre des filles dévotes qui font état de n'élre ni mariées ni religieuses, Paris, 1644 c'est une vie de Ste. Isabelle, soeur de St. Louis, tirée de la Cour sainte. 11 a aussi composé Réponse à la théologie morale des jésuites. Quelques personnes recherchent encore sa Symbolica iEgyptiorunt Sapientia, Paris, 1618 et 1654, : on trouve dans la première partie les emblèmes d'Orus, et dans la deuxième des réflexions sur les hiéroglyphes
  • Nicolas CHAMBON DE MONTAUX( 1748) : médecin e't maire de Paris dans la révolution, était né à Brevannes, village de la Champagne, en 1748- 11 fit ses études à Paris, et il exerça d'abord sa profession à Langres, d'où il revint dans la capitale pour acquérir . Un autre CHAMBON, qui n'a point d'article dans les biographies, est auteur d'un Éloge historique de la raison, prononcé dans une académie de province en 1774 Cette facétie, dans le genre de l'Éloge de la folie qu'Érasme avait publié deux siècles auparavant, a eu plusieurs éditions. Voltaire écrivait à d'Alembert, le 15 juin 1774 : « Mon cher maitre, « le petit discours patriotique de M. Chambon a « réussi chez tous les étrangers : c'est le premier « éloge vrai que j'aie jamais lu
  • Nicolas CHAPERON( 1596 - 1647) : peintre et graveur, naquit à Châteaudun, vers 1596. Placé de bonne heure dans l'atelier de Simon Vouet, il s'adonna d'abord à la peinture ; mais la gravure à l'eauforte fit bientôt après sa fortune et sa gloire. 11 alla à Rome, où il grava les peintures du Vatican connues sous le nom de Bible de Raphaël. Cette suite, composée de cinquantedeux morceaux, parut en 1658 ; elle est en général bien dessinée, et passera toujours gour une bonne copie des excellentes peintures de Raphaël niais on y chercherait vainement cette correction de style, cette pureté de dessin, et surtout cette noble vérité d'expression qui caractérise les originaux. Chaperon semble avoir marqué luimême la place qu'il devait occuper parmi les graveurs de Raphaël, en mettant son portrait au pied du buste de ce grand taître ; ce morceau, qui est en tête de la Bible de aphaël, et qui sert de titre à l'ouvrage, fait autant d'honneur au talent qu'à la modestie de Chaperon. A son retour de Rome, cet artiste vint s'établir à Paris, où il grava plusieurs pièces remarquables palnue pointe trèsspirituelle. Il a représenté, dans un cadre de sculpture antique, Henri IV àgé de quarantedeux ans; on voit au bas du portrait, en forme de basrelief, le roi blessé par Châtel : cette gravure anonyme est trèsrare. 11 existe un autre portrait de Henri IV gravé par Chaperon en 1595; dans celuici l'on voit une bataille audessous du portrait. Les amateurs recherchent moins cette gravure que la première, sans doute parce qu'elle est moins rare. Chaperon composait avec imagination ; on retrouve le peintre dans les pièces qu'il a gra- vées d'après:ses compositions; presque toutes repré- sentent des bacchanales. Chaperon mourut à Paris, en 1647
  • Nicolas CHARPY( 1600) : né à SteCroix, village de Bresse, près de Montluel, au commencement du 176 siècle, fut Suivant Charpy, l'Antechrist devait mitre dans Je 17e siècle, et sa puissance être détruite par un lieutenant de .1ésusChrist, de la race de Juda ; sous le règne de ce lieutenant, les juifs rebâtiraient Jérusalem, et deviendraient les maitres de toute la terre enfin , , 0 8 0 ans après l'ascension de Jésus- ., Ille, tous les hommes seraient rétablis dans la . stice originelle , et passeraient sans mourir de la tu terre au ciel. « On ne peut nier, dit l'abbé Goujet 0« , que ce « fanatique n'eût beaucoup étudié l'Écriture sainte. » Il l'avait lue dans les langues originales ; mais, malgré ces secours, il donna dans des écarts, parce que son imagination était son seul guide. Il l'avait vive féconde et assez juste mémo pour découvrir des rapports, mais il les a poussés à un excès intolérable. Charpy soumit son livre au grand Arnauld, qui en donna mie réfutation imprimée sous ce titre : Re- marques sur les principales erreurs d'un livre inti- tulé : l'Ancienne nouveauté , etc., avec une préface de Nicole, Paris, 1663 et avec une nouvelle préface et des additions de l'abbé de Bonnaire, Paris, 17$5 Il parait que Charpy renonça de bonne foi à ses erreurs. Dupin, et après lui, D. Calmet, disent qu'il embrassa l'état ecclésiastique, prit ses degrés en théologie, et mourut en 1670. On a encore de Charpy : 1° le Juste Prince, ou le Miroir des princes en la vie de Louis XIII, Paris, 1658 20 Elogium cardinalis Mazarini apologeticum, sen historice Gallico- Mazarinoe compendium, en vers latins, Paris, 1658, 2e édition Il prend dans cet ouvrage le titre de conseiller d'État. 5° Caté- chisme eucharistique en deux journées, Paris, 1668 Goujet lui attribue la Vie de Si. Gaétan de Thienne , fondateur des clercs réguliers , Paris, 1657 ; mais il est plus que probable que cet ouvrage appartient à Gaétan Charpy. Nicolas a encore laissé manuscrits des commentaires latins sur les prophètes, les Psaumes et l'Apocalypse. — Louis de Ste- Croix CHARPV, de la nième .famille que le précédent, est auteur d'une Paraphrase du psaume 81 sur la naissance du dauphin; des Saintes Ténèbres, en vers français, Paris , 1670 d'une Epitre à l'hiver, sur le voyage de la reine de Pologne; et enfin de l'Abrégé des grands , ou de la vie de tous ceux qui ont porté le nom de grand, en vers latins et français, Paris, 1689 — Jean ClIARPY, abbé de SteCroix. L'abbé de Marolles en parle avec éloge dans son dénombremedt des auteurs, imprimé à la suite de ses Mémoires. On lui attribue une Pa- raphrase en vers des Lamentations de Jérémie, et quelques poésies à la louange de Louis X111. — Gaétan CUARPY, né à Miicon , au commencement du 17' siècle, entra dans la congrégation des clercs réguliers, connus sous le nom de thicains, et devint supérieur de leur maison de Paris , où il mourut en 4685. Il a traduit du portwic'ais en français l'Histoire de l'Ethiopie orientale de Jean de Santo, dominicain, imprimée par les soins de ses confrères, Paris, 1684 et a laissé manuscrits plusieurs autres ouvrages, parmi lesquels on distingue une traduction de l'italien en français de la Relation de la mission faite en France par les théatins en 1644
  • Nicolas COËFFETEAU( 1574 - 1623) : né à StCalais , petite ville du Maine, en 1574, entra dans l'ordre des dominicains à l'âge de quatorze ans. Ses supérieurs l'envoyèrent à Paris continuer ses études ; il y lit de si grands progrès, qu'à vingt et un ans il fut nommé professeur de philosophie. Il se fit ensuite recevoir docteur en théologie, et prêcha avec applaudissement dans les principales églises de la capitale. Henri IV ayant désiré de l'entendre, en fut tellement satisfait qu'il lui donna le titre de son prédicateur, et, quelque temps après, le chargea de répondre à l'avertissement de Jacques I", roi de la GrandeBretagne , aux monarques catholiques. Coêffeteau s'acquitta de cette commission avec beaucoup de zèle. On lui en donna bientôt après une nouvelle, plus délicate et plus difficile. Antoine de Dominis, connu par son savoir, par son éloquence et par ses malheurs, suite de l'inconstance de son caractère, venait d'atta- quer la puissance temporelle des papes. Grégoire XV , invita Coéffeteau à prendre la plume pour le réfuter,. etlt paraître sa réponse en 2 vol. hifol. y préparait une suite, que la mort l'empêcha d'alever. Coêfteteau était parvenu dans peu d'années ax premiers emplois de son ordre. En 1617, il avait .é nominé évêque de Dardanie, administrateur du iocèse de Metz , et en 1621, évêque de Marseille. ne put prendre possession de ce siège, et mourut Paris, d'une goutte remontée, le 21 avril 1623, ;é de 49 ans. Les ouvrages de controverse n'oftrant lus aucune espèce (l'intérêt , nous ne rapporterons oint ici les titres de ceux de Coétteteau : on les trouera dans le t. 3 (les Mémoires de Niceron. Nous nous mtenterons de dire qu'il s'était lait la réputation d'un Introversiste raisonnable, et que ses écrits dans ce enre ne sont point défigurés, comme la plupart de :ux du même temps, par des injures ou des ahsurités. Il avait encore composé quelques ouvrages de iété, entièrement oubliés aujourd'hui, et dont nous e parlerions pas s'il n'en avait pas écrit plusieurs en ers français. Ses vers sont fort médiocres, et on a eu (l'être surpris qu'après la mort de l'auteur on ait ongé à recueillir ceux qu'il avait laissés manuscrits. tené le Masuyer, Parisien , publia en 1627 a Marguerite chrétienne de Coë flëleau, hymne con- criant la vie el le martyre de Ste. Alarguerile, et une 'araphrase du Stabat. En 1606 , Coêfteteau avait léjà donné , une Paraphuse en vers de la 'rose du SI- Sacrement, composée par St. Thomas l'Aquin. L'ouvrage qui lui avait fait le plus de répuation est sa traduction de Florus; elle parut en 1621, nfol., tut l'éimprimée plusieurs fois dans le même ormat, et prônée pendant quelque temps commue le lietcliceuvre (le la langue trançaise. Vaugelas la citait .omme un modèle. Coêffeteau avait fait suivre cette raduction d'une Histoire de l'empire romain, depuis auguste à Constantin, niais cette continuation est fort nédiocre. Il avait encore abrégé et traduit en fran-:ais 1' Argenis , roman politique de Barclay, Paris, 1621 avec le Promenoir de la reine à Compiègne
  • Nicolas COLOMBEL( 1646 - 1717) : naquit à Sotteville près de Itonen, en 1646, et mourut à Paris en 1717. Il fut placé de bonne heure dans l'atelier de Lesueur, et ne tarda pas à devenir le meilleur élève de ce grand maitre. Il le quitta pour se rendre à Borne, où les tableaux de Laphail et du Poussin furent pour lui l'objet de nouvelles études; il en lit des copies est iniées. Le tableau qui représente les Amours de Mars el de Rhéa le fit recevoir à l'académie, à son retour à Palis. Plusieurs ouvrages de Colombel font encore l'ornement des belles galeries ceux qui représentdit Orphée jouant de la lyre, Moïse saucé des eaux, et Moïse défendant les filles de Jéthro, sont regardés comme ses plus belles compositions. L'ordonnance en est froide et symétrique, mais d'un excellent goût; la perspective en est savante, et les fonds d'architecture magnifiques. Quelquesuns des tableaux de Colombe' ont été gravés. Celui qui représente Jésus guérissant les deux aveugles de Jéricho l'a t'qê. par Michel Dossier en 171'2. Nicolas Colombe' est le seul artiste disti n f2ué qui soit sorti de l'atelier de Lesueur. Il avait beaucoup d'amourpropre, et critiquait souvent avec amertume les ouvrages de ses confrères, qui ne manquaient pas de s'en venger
  • Nicolas CHESNEAU( 1521 - 1581) : en latin QuEactmus, né en 1521, à Tourteron , près (le Vouziers en Champagne, enseigna d'abord les belleslettres au collège de la Marche, puis fut chanoine et doyen de StSymphorien de Reims. Il joignit l'étude de l'histoire au goût des recherches littéraires, lit ses délassements de la poésie, et mourut à Reims, le 19 août 1581, après avoir légué sa bibliothèque au couvent des minimes de cette ville. On lui doit la première édition de l'historien Flodoard, dont le texte latin n'avait point encore été publié, lorsqu'il en donna une traduction française, sous ce titre : Histoire de l'église de Reims, en 4 livres, Reims, 1581 Chesneau n'a Induit qu'une partie de cette histoire, quise termine à l'an 948, et ne s'est point assujetti au texte de son auteur qu'il nomme Tloard ; il en a transposé et retranché divers endroits. Ses autres ouvrages sont : 1° Ilexastichorum moralium libri duo, Paris, 1552, in fol. ; 9.° Epigrammatum libri 2 , Hendecasyllaborum liber, et Sibyllinorum oraculorum Periocha, Paris, 1552 5° Poetica Neditatio de vita et morte D. Franc. Picart, 1556 Nic. Querculi in fortunam jocantem carmen heroicum, unirersam belli apud Belges gesti historiam complectens, Paris, 1558, in 80; 5° Avis et Remontrances touchant la censure contre le. c anlitrinitaires, traduit (lu latin du cardinal Hosius, Reims, 1575 6° Psalterium decaehorduen Apollini's et novera Musarum, Reims, 1575 pièce faite à l'occasion du couronnement de Henri Ilf. L'auteur la publia la même année en français, et lit d'autres poésies de circonstance ; il écrivit encore quelques autres ouvrages de controverse, et traduisit en français, diapres la version latine de Surins, le traité de la Messe érangéliçue, composéen allemand par Fahri d'Heilbronn. — Jean CuEsNEAu, secrétaire du chevalier d'Aramont, envoyé à Constantinople sous François eu 1546, écrivit la relation de ce voyage, dont le manuscrit, provenant de la bibliothèque de Baluze, se trouve à la bibliothèque royale
  • Nicolas CHESNEAU( 1601) : médecin, né à Marseille en 1601, était oncle du célèbre grammairien Dumarsais. Il mérite d'occuper une place di›tinguée parmi les observateurs. Chaque jour il notait les cas les plus intéressants que lui offrait une pratique étendue. Il traçait avec soin l'histoire des maladies qu'il avait occasion de traiter, et formait de ces notes un recueil qu'il destinait à l'instruction de son fils unique ; mais ce fils préféra la théologie à la médecine. Trompé dans son attente, Chesneau en conçut un tel chagrin , qu'il abandonna pendant plusieurs années son important travail. Il le reprit enfin, et le publia sous ce titre : Obscrv dionum libri quinque, quibus accedunt ordo remediorum phubeticus, ad omnes fere morbos conscriptus, sicut et Epitome de natura et viribus luti et aquarum Barbotanmium, Paris, 1672 L'cpitome sur la nature et les propriétés des eaux de Barbotan fut imprimé séparément l'année suivante. L'auteur l'avait déjà publié en français, sous le titre de Dis cours et abrégé des vertus et propriétés des eaux de Barbotait, en la comté d'Armagnac, liordeaux,162. On doit encore à Chesneau une Pharmacie théorique, Paris, 1660, 1682 Conrad Victor Schneider a écrit contre ce médecin plusieurs dissertations : de Spasmo cordis ; de spasmorum Subjeelo de . Apoplexia, etc. On ignore la date de la mort de Chesneau ; il l'apporte qu'il petdit ses dents molaires à vingttrois ans, et que, jusqu'à l'àge de soixantehuit, il souffrit des douleurs atroces causées par des fluxions réitérées. G
  • Nicolas CHESNÉCOPHORUS( 1500) : chancelier de Suède, né dans la province de Néricie vers le milieu du 16* siècle, lit ses études en Allemagne, avec un succès brillant, et devint professeur à Marbourg. En It:02, Charles IX, qui venait de monter sur Je trône, l'appela en Suède et le nomma chancelier. Cc prince eut toujours une grande confiance en lui, et l'employa dans les affaires les plus importantes. Pendant les années 1610 et 1611, le chancelier fut envoyé, en qualité de ministre de Suède, à Copenha- gue et à plusieurs cours (l'Allemagne. On prétend qu'il voulut engager le roi à statuer, dans le code du pays, que tout gentilhomme qui n'aurait pas fait des progrès satisfaisants dans les sciences perdrait ses titres et ses droits. Chesnécophorus publia quel- ques ouvrages, dont le plus remarquable est celui qui a pour titre : Exposé des motifs qui ont engagé les états de Suède à ôter la couronne au roi Sigismond. Cet ouvrage, écrit en suédois, devait servir d'apo- logie à Charles IX, qui avait combattu Sigismond, son neveu, et qui l'avait remplacé sur le trône. — Jean CHESNÉCOPHORUS fut le premier professeur de médecine établi par le gouvernement de Suède à l'université d'Upsal. Il obtint cette place en 1615, et mourut en 1655. On a de lui un recueil de dis- sertations académiques sur divers sujets de physique et d'histoire naturelle, publiées successivement sous ce titre : Dissertationes de plantis, Upsal, 16:0- 16-26 et un ouvrage en suédois, contenant des avis aux voyageurs qui parcourent des pays fectés de maladies contagieuses. CAU et D—P—s.
  • Nicolas CHEVALIER : ministre protestant, né dans la Flandre française, vivait en Hollande au commencement du 18' siècle, et a publié les ouvrages suivants 1° Histoire de Guillaume III, roi d'Angleterre, par médailles, inscriptions, et autres monuments, Amsterdam)), 1692 , fig. 2. Des cription d'une antique pièce de bronze, avec une Description de la chambre des raretés de l'auteur, ibid., 1694 5° Dissertation sur les médailles frappées sur let paix de Ryswick, ibid., 1700 4° Lettre écrite à un ami d'Amsterdam, sur la question si l'an 1700 est le commencement du 18° siècle, avec un almanach perpétuel frappé en médailles, ibid. ,1700 5° Description dc la pièce d'ambre gris que la chambre d'Amsterdam a reçue des Indes orientales, pesant 182 livres, avec un petit traité de son origine et de sa vertu, ibid. , 1700 Cette masse considérable d'ambre gris provenait du cabinet de raretés que le célèbre botaniste Rumpf avait formé à Amboine, pendant qu'il en était gouverneur. 6° Explication de deux calendriers perpétuels composés suivant le Vieux et le Nouveau Testament, ibid. , 1700 7° Le Jubilé universel de l'an 1700, publié par la bulle d'Innocent XII du 28 mars 1699, ou Considérations sur cette bulle, pour' montrer l'abus des jubilés qui se célèbrent depuis 400 ans dans l'Église romaine, avec (les figures et des médailles, ibid., 1701 8. Description de la chambre de raretés de la ville d'Utrecht , 1707 , avec trentesix planches et seize pages de texte pour l'explication ; vingtcinq planches contiennent les Figures de trois cents médailles et monnaies. Cet ouvrage fut réimprimé avec quelques augmentations sous ce titre : Recherches curieuses d'antiquités reçues d'Italie, de Grèce et d'Égypte, et trouvées à Nimègue, à Santon, à Wittenbourg , à Bill- ton et à lougres, contenant aussi un grand nombre d'animaux, de reiinéraux, dc plantes des Indes, qu'on voit dans la chambre des raretés d'Utrecht, Utrecht, 1709 , lig. 9° Relation des campagnes de l'an 1708 et 1709, Utrecht, 1709, in fol. , 1711 10' Relation des fêtes données parle duc d' Ossone, en 1715, pour la naissance du prince Ferdinand de Castille, Utrecht, 1714 lig
  • Nicolas CHOLIÈRES : avocat au parlement de Grenoble, a publié quelques ouvrages, que leur rareté, bien plus que leur mérite, fait encore rechercher: 1. les Neuf Matinées du seigneur de Cholières, dédiées à Monseigneur de Vendôme, Paris, 1585, suieies d'un autre vol. 2° Les Après- Dînées du seigneur de Cholières, Paris, 1587 ou 1588 Antoine du Breuil réunit, en 1611 et 1613, ces deux ouvrages sous le titre de Contes et Discours bigar- rez, déduits en neuf matinées et après- dînées du car- naval, Paris, 4610, 1612 ou 1613, 2 vol. Ce sont des contes dans lesquels on trouve de l'érudition, quelques faits littéraires, et une censure grossière des moeurs du temps. Les réflexions de l'auteur sont triviales, souvent indécentes, et le style est audessous du médiocre. 3° La Guerre des masles contre les femelles, en trois dialogues, avec les Mé- langes poétiques du sieur de Cholières, Paris, 1588, petit L'édition de Paris, Cilles Robinot, 1614, petit est probablement la même que la précédente avec un nouveau litre. 4° La Foret nuptiale, 1600
  • Nicolas CHORIER( 1612 - 1692) : né à Vienne, en Dauphiné, le 9 septembre 1612 , montra de bonne heure beaucoup d'ardeur pour l'étude, et obtint des succès qui le déterminèrent à suivre la carrière des lettres. Il voyagea d'abord dans une partie de la France, lit quelque séjour à Paris, et, ayant ensuite été reçu avocat, il en exerça la profession au parlement de Grenoble, où il mourut le 14 aoùt 1692, accablé d'infirmités, fruits de la dépravation de ses moeurs. Sa mauvaise conduite l'avait réduit à la misère, et il fut généralement méprisé. Ses écrits sont :1° l'Élo9c de trois archevêques de Vienne du nom de Tillars, Vienne, 1640 e Magistratus causarumque patroni Icon absolutissima , Vienne , 1646 50 La Philosophie de l' honnesle homme, pour la. conduite de ses sentiments et de ses actions, Paris, 1648 4° Projet de l'histoire du Dauphiné , Lyon, 1654 5° Recherches sur les antiquités de la ville de Vienne, métropole des Allobroges, Lyon,1659 C'est une mauvaise compilation dépourvue d'ordre et de critique. Les trois dissertations sur l'origine de la ville de Vienne, par où commence cet ouvrage, se retrouvent dans le suivant. e Histoire générale du Dauphiné , 2 vol. Le 1", qui va jusqu'au 11` siècle, parut en 1661, à Grenoble ; le 2e, qui s'étend jusqu'à l'année 1601, a été imprimé à Lyon en 1672 ; il est devenu trèsrare. Cette compilation n'a d'autre mérite que celui de contenir beaucoup de faits, mais ils sont noyés dans un déluge de réflexions triviales et puériles. L'auteur adopte sans examen les traditions les plus absurdes, et tout ce qu'il a écrit jusqu'à la réunion du Dauphiné à la France ne doit être consulté qu'avec beaucoup de précaution ; depuis cette époque, les nombreux documents qu'il avait à sa disposition lui ont fourni les moyens d'être plus exact. 7° Histoire généalogique de la maison de Sassenage, branche des anciens comtes de Lyon et de Forez , Grenoble, 1669, et Paris, 1696 Cet ouvrage a été inséré dans le 2° vol. tin précédent. 8° Le Nobiliaire du Dauphiné, Grenoble, 1697, 4 vol. La 1" édition de ce recueil fut imprimée à Grenoble en 1671, 4 tomes en 2 vol. sous le titre d'État politique de la province de Dauphiné. En 1672, il en parut,à Grenoble un supplément en 1 vol. 1. a vérité est souvent altérée dans ce livre, qui n'a été fait que pour flatter les prétentions de quelques maisons de la province. 9° Histoire du Dauphiné abrégée pour M. le dauphin, avec un armorial des maisons nobles de cette province , Grenoble , 1674, 2 vol. De Petri Boessatii equitis et coulais palatini, viri clarissimi , Vita, libri duo, ad Franciscion Duguoeum, regi ab intimis consiliis, virum Cette date 'est celle de l'extrait baptistère de Nie. Chorier. Jusqu'ici tous les biographes l'avaient fait mitre en 1609. , 1757, 2 parties en 1 vol. ; celle donnée par Meunier de Querlon, qui ,1 vol. ou 2 vol. qui se joignent à la collection Barbon ; celle de Carin, Londres, 1781, 2 vol. assez jolie, mais peu correcte. L'Aloysia a été traduite par l'avocat Nicolas, fils de l'imprimeur de Chorier, sous le titre d'Académie des Dames, ou Entretiens galants d'A loysia, Grenoble, 1680, 2 vol. souvent réimprimés, notamment en 1730, 1776 et de nos jours. Une autre traduction , 2 vol. Ch. Nodier a dit plusieurs fois, dans le Journal des Débats, que Camille Desmoulins avait traduit l'ouvrage de Chorier. « Peut-être lui atil attribué, (lit Barbier, la réim« pression que nous venons de citer. n Chorier a encore publié des mémoires, des consultations et quelques autres ouvrages de circonstance. Cet écrivain avait des connaissances et de l'érudition , mais il manquait de goùt et de critique. Il a beaucoup écrit et n'a pas fait un bon livre. Son style, en dépit des louanges que lui donne Gui Allard, est incorrect et barbare ; cependant ses ouvrages latins, et surtout ses vers, ne sont pas dépourvus d'une certaine élégance. Une Histoire de la vie et des ouvrages de Nicolas Chorier écrite avec beaucoup de soin a été insérée dans les Mélanges biographiques ci bibliographiques de MM. Colomb de 'Satines et Jules Olivier, t. 1", pages 1-50
  • Nicolas CIRILLO( 1671 - 1734) : médecin et physicien, né près de Naples, en 1671, fut nommé professeur_de physique à l'université de cette ville en 1703, et l'année suivante, second professeur de médecine tique. En 1718, Cirillo fut associé à la société royale de Londres, dont Newton était alors président. Il mourut à Naples en 4754, âgé de 63 ans. Il fut chargé d'observer et *d'écrire les Ephémérides mé- téorologiques de Naples, et publia successivement 10 une Dissertation sur l'usage de l'eau froide dans les fièvres, insérée dans le 56e vol. des Transactions philosophiques; 2° Mémoire sur les tremblements de terre, à l'occasion de celui que l'on avait ressenti à Napres en 1751 ; 5° deux dissertations, dont l'une sur le vif- argent, et l'autre sur le fer
  • Nicolas CIRCIGNANO( 1516 - 1588) : parce qu'il naquit à Pomérancia en Toscane, en 1516, était déjà assez bon peintre lorsqu'il vint à Borne. Les nouvelles études qu'il lit dans cette capitale le placèrent en peu de temps au rang des meilleurs artistes. Sa manière de composer était grande et hardie, son dessin pur et correct. Il fut jugé digne de travailler aux loges et aux salles du Vatican. Il savait travailler la fresque cl'une manière grande, et il entendait surtout parfaitement l'art de peindre de vastes rompositions d'appareil. On voit de loi e très grands ouvrages dans StLaurent in Damas°, tels que le martyre de ce saint. Circignano mourut à Honte en 1588, âgé de 72 ans, laissant un fils surnommé comme lui il Pomerancio , qui fut son élève et qu'il associa à ses principaux ouvrages. On trouve dans les tableaux (l'Antoine la mème franchise dans le dessin, une manière de peindre grande et décidée. Ces deux peintres ont fait en commun presque tontes les grandes compositions que nous avons citées. Antoine lit pour des thèses plusieurs dessins qui furent gravés (le son temps ; on y retrouve le talent de composition qui recounnande ses peintures. Antoine Circignano mourut à nome, en 1619, âgé (le 60 ans
  • Nicolas CISNER( 1529 - 1583) : savant luthérien, né en 15'29, A Morbach, petite ville du Palatinat, lit ses études à Heidelberg, se rendit ensuite à Strasbourg, oit il étudia la théologie sous le célèbre Martin Bucer, son parent, et de là à Wittemberg., pour y entendre Mélanchthon, dont la réputation s'étendait déjà dans toute l'Europe. L'offre d'une chaire de professeur extraordinaire de morale, avec des appointements considérables, le rappela à Heidelberg en 1552; mais la peste qui désola cette ville l'année suivante le, détermina à passer en France, où il étudia le droit à Bourges, Angers et Poitiers. Il visita ensuite l'Italie, et prit le bonnet de docteur à Pise. L'électeur palatin, Frédéric Ill, le rappela une seconde fois à [leidelLerg, pour succéder à Baudouin dans la chaire de droit civil. Nommé recteur de l'université en 1563, il quitta cette place pour celle de conseiller à la chambre impériale de Spire, qu'il conserva quatorze_ ans. A son retour, l'électeur lui donna le titre de son lieutenant civil et de professeur extraordinaire de droit ; mais il ne jouit pas longtemps de ces nou- velles dignités : une attaque de paralysie, après l'avoir tourmenté deux anisées, termina ses jours, le 6 mars 1583, comme il achevait sa 54° année. Les études sérieuses auxquelles Cisner s'adonna Particulièresuent ne l'empêchèrent pas de cultiver les lettres, et. on a de lui de bons vers latins, cntre autres un poème sur la naissance de JésusChrist, estimé des connaisseurs; mais ses travaux historiques sont plus généralement connus et appréciés. On lui doit de bannes éditions cl:.s . 4nnales de Bavière d'Aventinus , de Hisioire de Saxe de Krantz, du Recueil des historiens allemands de Schard. en promettait une nouvelle de ce recueil, dans un meilleur ordre et avec des additions considérables; tuais ses occupations et sa mon prématurée ne lui permirent pas de dégager sa parole. Les opuscules historiques de Cisner, les discours qu'il avait prononcés dans plusieurs occasions, et ses poésies, ont été publiés par Juste Ileuber, son parent, avec un éloge de l'auteur, en 1 vol. Francfort, 1611, sous cc titre : Nie. Cisneri jurisconsult., polyhist., orator. et port. celeberr., Opuscula historica et poli- tico- philolagica, distribua in libres 4. On trouvera le détail des pièces qui y sont renfermées dans le t. '22 des Mémoires de Niceron
  • Nicolas CLAVENA( 1500) : né à Belluno, dans l'État de Venise, vers la lin du 16° siècle, exerça la pharmacie dans sa ville natale. S'étant livré à la recherdie des plantes, il parcourut les Alpes et les montagnes de l'Italie; il trouva sur le mont Cerva une Plante qu'il crut être une absintlie, et qui lui parut avoir de grandes propriétés. Il en lit une confection, pour le débit de laquelle il obtint un privilège, et il composa un petit traité à ce sujet sous ce titre Historia de absynthio umbelli Pro, dont il donna la ligure, Ceneda, 1609 il fut réimprimé à Venise en 1610 et 1611 l'auteur ajouta à ces dernières éditions un traité sur une autre plante Historia scorzonerce item. Dans cet ouvrage, il prétendait que cette absinthe n'avait encore été découverte par personne. Sprechi attaqua cette prétention dans un livre auquel il donna le titre d'An- Iabsynthium ; il y démontre, niais très- durement, qu'elle avait déjà été décrite et figurée par Lécluse. Cette plante n'est pas du genre des absinthes ; elle fait partie de celui des achillées ou millefeuilles ; et la nomme aujourd'hui Achillea Clarence, pour rappeler les travaux mie cet auteur a faits à son sujet, et qui ont toujours un certain mérite. — Jacques- Antoine CLA TEM, ecclésiastique, protonotaire aliastolique, chanoine et doyen du chapitre de la cathédrale de Trévise, a vécu vers le milieu du 17° siècle. Il a composé sur les vertus des plantes un gros volume qui parut à Trévise en 1618, et qui%, par une espéce de ira tic mots, il a intitulé : Claris Caverne, aperiens naturae thesauros, etc. Le fond de cet ouvrage est puisé dans l'Histoire des plantes, dites de Lyon, commencée par Dalecharnp, et ne con- siste que dans la citation des plantes et de leurs vertus, rangées suivant l'ordre alphabétique des mala- (lies auxquelles on croit qu'elles. sont utiles. Séguier, dans sa Bibliothèque botanique, a confondu cet auteur avec Nicolas Clavena
  • Nicolas CLÉMENT( 1647 - 1712) : né à Toul, en 1647, était trèsjeune lorsque Carcavi , alors bibliothécaire de Colbert, remploya à mettre en ordre et à copier le recueil des mémoires du ministère de Mazarin. Le protégé suivit son protecteur à là bibliothèque du roi. En 1670. Clément . lot commis à la garde des estampes et des planches gravées. Lorsque Melchisédech Thévenot se démit, en 1692, de sa place de sousbibliothécaire, Clément lui succéda. C'était à lui qu'on devait les catalogues qui avaient servi au réconcilient de la bibliothèque du roi, lait en 1684 sous l'abbé de Varès. Les manuscrits étaient alors au nombre de 10,542, sans compter ceux de Brienne et de Mézerai ; les imprimés montaient à 40,000 , et remplissaient seuls 7 volumes Clément avait fait, en outre, le catalogue des livres doubles. Mécontent , et quoiqu'une partie eût été recouvrée , Clément ; inconsolable d'avoir été la cause de cet accident , traîna une vie languissante pendant quelques années, et mourut le 16 janvier 1712. Il n'avait jamais eu d'autre récréation que d'arranger une collection de portraits qu'il avait commencée dès sa première jeunesse. Il en avait environ 18,000, rangés en plus de cent ponefeuilles, et dont il avait fait le catalogue en 3 vol. Il légua cette collection à la bibliothèque du roi. Clément, tout entier à ses lenctions. a fait peu de chose pour sa gloire ; cependant il a publié, sous le nom d'An- timon, une Dékase de l'antiquité de la ville et siége épiscopal de Toul , '1702 , in 8°, contre le Système chronologique et historique des évéques de Toul, par l'abbé liiguet. C'était Clément qui avait recueilli les lUémoires sur la paix de Munster, que publia J. Aymon
  • Nicolas CLÉNARD ou KLEINARTS( 1495) : né à biest dans le brabant, le 5 décembre 149%, lit ses études à Louvain, embrassa l'état ecclésiastique, et se livra surtout à l'étude des langues anciennes. Il prolessa avec distinction au collège de Louvain le grec et l'hébreu. Ce fut dans le 'Dème temps qu'il conçut le projet d'étudier l'arabe, afin d'approfondir l'hébreu , dont un grand nombre de mots se retrouve dans cette langue. Sans le secours d'aucun maitre, sans autre moyen qu'un désir ardent de savoir, et le Psautier de Nebio, il parvint à connaltre les lettres arabes, à décomposer les mots et à se former un dictionnaire. Tandis qu'il était tout entier dans cette étude, Ferdinand Colon, chargé de former la bibliothèque de Séville, et d'acquérir des savants pour sa patrie, passa par Louvain, et proposa à Clenard, dont le mérite s'annonçait avec un Urand éclat, de l'accompagner. Cette proposition fut acceibs, avec d'autant plus d'empressement, qu'il avait éprouvé quelques désagréments à Louvain, et qu'il espérait trouver en Espagne des moyens efficaces pour se perfectionner dans l'arabe. Il partit pour ce royaume vers 1552, passa par Paris, oit il vit Huilée, et se rendit à Salamanque, où il subsista quelque temps en enseignant le grec, le latin et l'hébreu, sans abandonner l'arabe. A. l'invitation do l'évéque de Cordoue, il suivit l'éducation du viceroi de Naples. Quelque temps après, il accepta une chaire dans l'université de Salamanque, et il y avait douze jours qu'il y professait, lorsqu'il fut appelé par le rni de Portugal, Jean Ill, pour achever l'éducation de son frire, depuis roi sous le nom de Henri I' r. Quatre ans après son arrivée à Evora, le prince, son éleve, ayant 'été nommé à l'archevèché de Braga, il l'y aecompagna, et professa le latin dans le collége fondé par lui dans cette ville, jusqu'à l'arrivée de Jean Vasée. Toujours dominé par son goût pour l'arabe, il :se songeait qu'au tnoyen de se perfectionn•r dans cette langue. Il est impossible de faire connaitre tous les sacrifices, toutes les démarches qu'il lit pour rencontrer quelqu'un qui contait bien cette langue et pût la lui enseigner; enfin le gouverneur de Grenade, sous la condition qu'il apprendrait le grec à son fils, lui facilita les moyens de recevoir des leçons d'arabe d'un esclave maure qui était à Almeria. Cependant l'instruction qu'il recevait ne répondant pas à ses espérances, Clénard s'embarqua pour l'Afrique, et arriva à Fez le 4 mai 1510. Tels avaient été ses efforts, qu'il fut en état de soutenir une conversation en arabe avec le roi de cette sale, à qui on le présenta. Il y resta prés d'un an et demi, et mourut à son retour à Grenade, en 1h42. On a de Clénard : Teinta in Grammatica? hetercram, Louvain , 1529 : cette grammaire, quoique h èsimparfaite , obtint beaucoup de succès, à cause de l'esprit de méthode qui y régne. CinqArbres, professeur d'hébreu au collége royal de France, en a donné une nouvelle édition, corrigée et enrichie de notes, en 13111; elle a été réimprimée plusieurs lois. 2° Institutiones l glue grcecce, Louvain, 1550 : l'épitre dédicatoire est datée de Louvain, avril 1550. Clenard composa cette grammaire en s'aidant des conseils de Lescius; dès 1528, il suit commencé à l'écrire, et il voulait la faire imprimer en 1529. Nous ignorons ce qui l'en empêcha. Cet ouvrage, que Clénard ne put perfectionner, obtint néanmoins le plus grand succès. Il s'en fit de nombreuses réimpressions, et plusieurs savants hommes, parmi lesquels on compte Sylburge, Autesignan, Henri Estienne, II. Guillon, Vossius, etc., ne dédaignèrent point d'en donner des éditions et de les enrichir de notes On estime surtout l'édition donnée par G.J. Vossius, en 1652, et depuis réimprimée plusieurs fois. La grammaire de Clénard, plus , ou moins corrigée et augmentée, fut reçue dans nos colléges jusqu'au moment où Furgault publia la sienne, et encore soutintelle quelque temps la concurrence. 5° Matai- dianes Grœcanicce, Louvain, 1531: la dédicace est datée de juillet 1531 ; elles obtinrent moins de succès que sa grammaire. Ces méditations ne contiennent rien autre chose que le texte de la lettre de St. Basile à St. Grégoire, de Vita in soliludine ageitdu; ce texte est accompagné d'une version littérale et d'une analyse grammaticale. 4° Epistolarum libri duo, Louvain, 1550 L'édition de 1551, ibid., est moins rare. Léditeur est Masson le jeune, fils de ce Lato?us, à qui les premières lettres de Clénard sont adressées. La i" édition ne contenait que les lettres à Masson et à lloverius ; la 2e comprenait toutes celles qui, avec ces premières, composent le •" livre dans les éditions postérieures à 15ti6. Vers cette époque, Ch. Lécluse rapporta d'Espagne plusieurs lettres (le Clénard, dont il donna une copie à Plantin, et celuici les publia à Anvers, en 1566 sous ce titre : Nie. Clenardi Epiaolarum libri duo : ces lettres, écrites dans un latin peu correct, mais où les qualités du cœur et de l'esprit brillent à chaque page, sont d'une lecture trèsagréable et supérieures à celles de Busbec. L'un écrivait en homme d'Etat; l'antre, homme d'esprit, et doué de beaucoup de sensibilité et de gaieté, assaisonne ses lettres, ou de ces effusions (le sentiment qui captivent l'intérêt, ou (le ces saillies heureuses, de ces rapprochements ingénieux qui ôtent aux discussions littéraires leur sécheresse et leur monotonie. Celles qui sont adressées à Masson et à Vasée se distinguent surtout par ces qualités. On voit, par quelquesunes de ces lettres, que Clénard goûtait beaucoup l'idée d'apprendre le grec et le latin par l'usage, sans entrer dans les subtilités (le la théorie grammaticale. Outre ces ouvrages imprimés, on attribue encore à Clénard une granmiaire latine et une grammaire arabe restées manuscrites. 11 parle (le ce dernier ouvrage dans ses lettres, ainsi que d'un lexique arabe qu'il venait d'achever. Son intention était, à son retour à Louvain, d'y professer l'arabe, de traduire le Coran, d'en composer la réfutation dans la mime langue, de la faire imprimer et répandre dans tout l'Orient. Cette idée, née de sa piété vive et sincère, le soutenait, le charmait dans ses fatigues et ses travaux; il y revient souvent dans le cours de ses lettres, et. déclare l'intention où il était de travailler toute sa vie à exécuter cette pieuse entreprise. Callenberg a célébré ses efforts dans une petite pièce ayant pour titre : Clenardi eirea Muhamedorum ad Christum conversionem Conata, Balle, 1742 Patmi les élèves que Clénard forma en Espagne, on doit distinguer un nègre qui, sous le nom de Jean Latinus, enseigna depuis la rhétorique an collége de Grenade, et dont on a un petit poème intitulé : de Navali Joannis Austriaei ad Eehinadas insulas Victoria, etc
  • Nicolas COQUELIN ou COCQUELIN : docteur de Sorbonne, chancelier de l'église de Paris, ancien curé de StMerry et censeur royal, mourut en janvier 1695. On a de lui : Interprétation des Psau- mes de David et des cantiques qui se disent tous les jours de la semaine dans l'office de l'Église, avec le latin à côté, et un Abrégé des vérités et des mystères de la religion chrétienne, Paris, 1686 réimprimé à Limoges et à Toulouse, 1812 2° Ma- nuel d'Epictète, avec des réflexions tirées de la ? flo- rale de l'Evangile, Paris, 1688 5° Traité de ce qui est da aux puissances et d: la manière de s'ac- quitter de ce devoir, ibid., 1690 C'est une réfutation du livre de Jurieu, intitulé le Vrai Sys- tème de l'Eglise. On trouve dans le Journal des Sa- vants, 1686, édition une harangue latine prononcée par Coquelin, le 20 février de cette armée, et im éloge de Louis XIV en vers latins
  • Nicolas CULPEPER : astrologue anglais, étudia quelque temps à Cambridge. Mis en apprentissage chez un apothicaire, il s'occupa particulièrement des chimères de l'aStrologie, sur laquelle il a écrit plusieurs ouvrages, dont le plus connu est son Herbier , il prétend enseigner sous quelles planètes croissent les plantes, et, d'après cette connaissance, quelles sont leurs bonnes et mauvaises qualités. 11 a donné aussi quelques traductions de livres latins. 11 était fort en vogue de son temps, et donnait, diton , gratuitement ses avis aux indigents. Il mourut dans Spitalfields en 1654
  • Nicolas CONTARINI : doge de Venise , Ide la noème famille que les préédeuls, successeur (le Jean Cornaro, fut élu au commencement de janvier •650, et ne régna qu'une année; mais cette année rut marquée par deux grands désastres pour la répnblique. Charles de Gonzague, due de Nevers, à (pli les Vénitiens croyaient avoir assuré la succession du duché de MalltOtte, et qa'ils avaient maintenu dans ses nouveaux États par d'énormes sacrifices, fut surpris par les Impériaux dans s:i ca' pitale, le 18 juillet 1650, et réduit à fuir dans le Ferrarais, tandis que Mamoue était saccagée par les Allemands avec une excessive cruauté. En nu'ine temps la peste se répandit dans toute l'Indic, ; elle enleva plus de 60,000 funes dans «Venise seule, et 500.000 dans l'État vénitien. Nicolas Contarini mourut le 2 avril 1G31, suivant Palatin et le sénateur Dieno, et vers la I; n de .1650 selon Muratori ; il eut pour successeur François Erizzo
  • Nicolas CONTI : en latin DE COMITIBUS, voyageur du 15e siècle, était d'une ancienne famille noblede Venise. Sc trouvant dans sa jeunesse à Damas, en 1419, il y apprit l'arabe, et s'étant réuni à une caravane, il traversa le désert, vit Babylone, Bassora , et s'embarqua à l'embouchure de l'Euphrate. Après avoir touché à Calcun , à Ormuz, puis à Calatia, trèsbeau port de Perse, où il s'arrêta quelque temps pour apprendre le ;persan , il prit l'habit du pays , qu'il garda durant tout son voyage. Il fit ensuite société avec des Maures et des Persans pour affréter un navire, arriva à Cambaye, d'où il longea la côte de Malabar, s'arrèta dans les ports les plus commerçants , et pénétra plusieurs fois assez avant dans- la presqu'ile de l'Inde, probablement pour suivre les affaires de son négoce. Il visita ensuite Ceylan, puis Sumatra, qu'il appelle aussi Taprobane. Il resta un an dans cette dernière fie , vint àTenasserim , ensuite aux bouches du Gange. Il reMonta ce fleuve, y navigua trois mois jusqu'à des montagnes où se trouvent leseescarboucles, retourna à Ceruovem, d'où il alla par terre à Radia, traversa ensuite des montagnes et des déserts peudant un mois, et se trouva sur les bords d'un fleuve appelé Ava, qui est plus considérable que le Gange. y ayant navigué longtemps, il trouva une ville du même nom quelques usages de ce pays lui partirent trèssinguliers. Sa relation nous le montre ensuite à Mangi , puis à Catai et à Cambalu ; il y alla sans doute par terre ; mais comme il se trouve après son séjour à Ava une lacune dans le texte, nous ne savons pas comment il entra en Chine, ni ce (lui lui arriva durant son voyage. Il descendit après cela le fleuve d'Ava jusqu'au port de Zactour ; et après avoir navigué sur la mer, il aborda à Pancaunia, seul endroit de l'Inde où croisse la vigne. Une autre lacune interrompt encore ici le fil de la narration de Conti. Nous le trouvons ensuite dans l'Inde intérieure, d'où il arrive en cieux mois aux deux Javas, qui sont les confins du inonde. 11 y séjourna neuf mois avec sa femme, ses enfants et ses compagnons, et il en dome une description très-étendue. Il retourne au Couchant , et, après une navigation de deux mois, aborde à la côte de Malabar ; il la prolonge jusqu'à Calecut, traverse la mer des Indes, touche à l'île de Socotora, à Aden, puis à la côte d'Éthiopie et à divers ports de la mer Rouge , dont la navigation est trèsdifficile. Il fut deux mois à arriver au mont Sinaï, traversa le désert, et entra au Caire, où sa femme et deux de ses fils moururent. Il arriva en 1444 à Venise, après vingtcinq ans d'absence. Conti, dans ses longs voyages, avait été obligé de renoncer à la foi chrétienne pour sauver sa vie; et, désirant obtenir l'absolution de son apostasie. il alla l'implorer du pape Eugène 1V. Ce, pontife l'accueillit avec bonté, le réconcilia avec l'Eglise, et lui ordonna pour pénitence de raconter en toute vérité ses aventures au Poggio, son secrétaire. Celuici les écrivit en- latin; mais il parait qu'il ne les publia pas, ou que le livre devint trèsrare. En effet, Rainusio, qui a inséré la relation de Conti dams le tome I er de son recueil, dit qu'il Jechereha en vain dans toute l'Italie, qu'il ua put en trouver qu'un exemplaire fort défectueux en langue portugaise, et qu'il fut obligé de traduire en italien. Il ajoute qu'Emmanuel r, roi de Portugal, ayant entendu parler de cette relation, avait jugé qu'elle pourrait fournir des lumières aux capitaines etipilotes qu'il envoyait dans l'Inde, et donna ordre de la traduire à Valentin Fernandez. Celuici, dans son épître dédicatoire, adressée au roi, dit que les Portugais qui ont découvert l'Inde ont trouvé les choses conformes au récit de Ccfnti, qui a parcouru aussi les Indes et ceux qu'avait vus MarcoPolo, auquel il ajoute un nouveau témoignage. Les observations de Conti sont exactes et judicieuses ; il décrit bien. Il raconte des fables, c'était le goût du temps; mais il n'exagère point, ce qui imprime à son récit le sceau de la bonne foi. La relation de ses aventures ne comprend que'la moitié de son ouvrage; le reste offre une description de l'Inde, remplie de faits qui durent être bien précieux pour les lecteurs dans un temps où ce pays n'était pas, à beaucoup près, aussi connu qu'il l'est aujourd'hui
  • Nicolas COPPOLA : mathématicien, prètre séculier, et auparavant frère de la charité, naquit à Palerme, passa en Espagne et mourut à Madrid en 1697. Ses ouvrages, écrits en espagnol, lui firent une grande répytation; nous en donnerons les titres en français : I° , Résolution géométrique des deux proportions, etc., Madrid, 1690 2° Cer- titude des opérations de la trisection de l'angle et formation de l'heptagone, 1692 5° Clef géo- métrique du résultat el de la démonstnition de la trisection de l'angle par le moyen des lignes com- mensurales du carré, 1695 40 Forme et me- sure des cieux, etc., 1694 — Jean- Charles COPPOLA, poète italien, est auteur d'un ouvrage dramatique intitulé le Nozze degli Dei, Florence, 1657 et d'un poème qui a pour titre : Maria concetta, Florence, 46
  • Nicolas COPERNIC( 1473) : naquit à Thorn en Prusse, le 18 février 1473, d'une famille distinguée . Zernecke dit cependant qu'il Mait lits d'un paysan serf, et que son nom était Zopernick. M. Michel Podezaszynski, ancien redacteur du Journal de Varsovie, dit dans ses Fragments sur la littérature ancienne de la Pologne, que le père de Kopernic, etabli à Thorn quelques années avant la naissance de son ilustre fils, était bourgeois de Cracovie et avait pour femme une Allemande- Après avoir appris, dans la maison paternelle, les lettres grecques et latines, il alla terminer ses études à Cracovie : il s'appliqua à la philosophie, à la méde- cine, et obtint dans cette dernière science le grade de docteur ; mais comme, dès ses plus jeunes années, il avait montré une passion ardente pour les maillé- filmiques, il en suivit surtout les leçons avec avidité. Il étudia également l'astronomie et se familiarisa avec l'usage des instruments. Frappé de l'éclat que Regio- montanus jetait alors danscettescience, il résolut de faire un voyage en Italie, afin de visiter cet homme célèbre, et, pour ne rien perdre de ce que ce voyage pourrait lui offrir d'instructif, il s'appliqua au dessin et à la peinture , à quoi, diton, il réussit parfaitement. Il partit en effet à vingttrois ans pour l'Italie. Il s'arrêta d'abord à Bologne pour entendre l'astro- nome Dominique Maria, qui bientôt , charmé de sa sagacité, l'admit dans sa société la plus intime. Il lit à Bologne quelques observations astronomiques. De la étant passé à Rome, il fut bientôt aussi étroitement lié avec Regiomontanus. On lui confia une chaire de mathématiques, qu'il remplit avec beaucoup de distinction. Il continua aussi d'observer le ciel, et, après quelques années, il revint dans sa patrie , où il fut accueilli trèsfavorablement pour ses grandes connaissances et pour l'aménité de ses moeurs. Enfin il vint se fixer à Frauenburg, où son oncle, évêque de Warmie, le pourvut d'un canonicat . Cependant, I ayant eu des démêlés à soutenir et des prétentions injustes à combattre, il ne jouit pas tout de suite du loisir que cette place lui promettait. Mais son bon droit, aidé de sa constance, l'emporta compléternent, et il jouit enfin d'un sort tranquille ; alors il distribua pour toujours son temps entre trois occupations principales, qui étaient d'assister aux offices divins, de faire gratuitement la médecine pour les pauvres, et de consacrer le reste à ses études chéries. Quel que . fût son éloignement pour les affaires , il ne put refu- ser l'administration des biens de l'évêché qu'on lui confia plusieurs fois pendant les vacances du siege . Cette commission exigeait de la probité et du cuti- Polonaise de la famille de Watzelrod. On a 14..ancoup écrit sur la question de savoir si Copernic était Allemand ou Polonais. Le grand Frédéric a ecrit à ce sujet, dans sa correspondance avec Voltaire, des opinions contradictoires ; M. de lach soutient 11 avait obtenu Padoue le grade de docteur en medecine, lorsque, en 4504, il fut inscrit au nombre des academiciens de Cracovie, titre qui etait alors d'un haut prix. On voit encore à Allenstein lu tnaison qu'il habitait à cette époque. Il y avait fait pratiquer, aux murs de sa chambre, des trous pour obsener le passage des astres par le méridien. On montre aussi les ruines d'une machine hydraulique dans le genre de celle de Marly, qu'il avait construite pour elever l'eau d'un ruisseau à Frauenburg, rage; il fallait défendre les droits de l'évêché contre les chevaliers teutoniques, alors trèspuissants : Copernic ne se laissa ni éblouir par leur autorité, ni intimider par leurs menaces. Si l'on rapporte ces détails, qui semblent étrangers à sa gloire, c'est pour montrer que, dans ce caractère, l'esprit d'étude et de contemplation était uni avec la fermeté et la constance, qualités non moins nécessaires que le génie pout atlaquer et renverser des préjugés consacrés par la croyance des siècles. Copernic avait vu les plus cé- lèbres astronomes ses contemporains. Il connaissait les travaux des anciens, et il etait aussi étonné de la complication de leurs systèmes que de leur discordance et du peu de symétrie qu'ils supposaient dans l'arrangement de l'univers. Il entreprit de relire encore une fois tous ces systèmes, de les étudier comparativement, de chercher dans chacun d'eux ce qu'il y aurait de plus vraisemblable, et de voir s'il ne serait pas possible de réunir le tout en un seul système plus symétrique et plus simple. Dans cette variété de sentiments, il s'arrêta bientôt à deux opinions qui méritaient principalement d'étre distinguées : celle dee Égyptiens, qui faisaient tourner Mercure et Vénus autour du soleil, niais qui mettaient Mars, Jupiter, Saturne et le soleil luimême en mouvement autout de la terre ; et celle d'Apollonius de Perge, qui choisit le soleil pour centre commun de tous les motive- nients planétaires, niais qui rait tourner cet astre autour de la terre comme la lune , arrangement qui devint le système de TychoBrahé. Ce qui attacha surtout Copernic à ces idées, c'est qu'il trouvait qu'elles représentaient admirablement les excursions limitées de Mars et de Vénus autour du soleil; qu'elles expliquaient leurs mouvements, tour à tour directs, stationnaires et rétrogrades; avantage que le dernier de ces systèmes étendait même aux planètes supérieures. Ainsi déjà les planètes astronomique; n'étaient plus pour lui de simples jeux de l'imagination ; il les éprouvait par l'expérience ; il avait trouvé les conditions auxquelles il fallait les obliger de satisfaire ; et la partie la plus difficile de sa découverte était déjà faite, puisqu'il connaissait les moyens de les juger. D'un autre côté, il vit que les pvtliagoriciens avaient éloigné la terre du centre di inonde, et qu'ils y avaient placé le soleil. Il lui parut donc que le système d'Apollonius deviendrait plus simple et plus symétrique, en y changeant seulement cette circonstance, de rendre le soleil fixe au centre, et de faire tourner la terre autour de lui. Il avait bien vu aussi que Nicétas, Iléraclide et d'autres philosophes, tout en plaçant la terre au centre du monde, avaient osé lui donner un mouvement de rotation sur elleinique, pour produire les phénomènes du lever et du ' coucher des astres, ainsi que l'alternative des jours et des nuits. Il approuvait davantaze encore qui, ôtant la terre du centre du monde, ne lui avait pas seulement donné un mouvement de rotation sur ellemême autour d'un axe, mais encore un mouvement de circulation annuel autour du soleil ; et, quoiqu'il pût paraitre alors difficile et même absurde d'ôter la terre du centre, pour en faire une simple planète, cependant, comme il vova;• que les astronomes avaient eu jusqu'à lui la liberté de feindre à volonté des cercles dans le ciel pour représenter les phénomènes, il crut qu'il lui serait également permis d'éprouver s'il ne pourrait pas inventer quelque autre arrangement qui étabfit un ordre plus simple dans les mouvements des astres. Ce fut ainsi qu'en prenant ce qu'il' avait de vrai dans chaque système, et re- jetant tout ce qu'il y avait de faux et de compliqué, il en composa cet admirable ensemble que nous non-11110es le système de Copernic, et qui n'est réelle- ment que l'arrangement véritable du système pla- nétaire dans lequel nous nous trouvons. Copernic commença vers l'an 1507 à arrêter ses idées et à écrire ses découvertes; mais, comme nous l'avons déjà fait voir, il ne se bornait point à vouloir accor- der les apparences les plus générales; il sentait que, pour ...prouver son système, il fallait entrer dans le détail et dans le calcul même des phénomènes particuliers; qu'il fallait en déduire des tables de tous les mouvements célestes, qui donnassent le moyen de les prédire avec toute la simplicité, toute la précision que semblaient promettre la grandeur de l'idée, et les premières épreuves qu'elle avait subies. Ce fut le travail de toute sa vie. Il se mit à faire des observations , à.réunir celles qu'il ne pouvait se procurer par luimême, et s'attacha surtout à tirer de sa théorie les phénomènes qui jusqu'alors avaient paru les plus compliqués du système du monde, tels que les stations et les rétrogradations des planètes, et la précession des équinoxes. Enfin, quand il crut avoir assez d'observations et de preuves, il entreprit d'exposer l'ensemble de ses découvertes dans un ouvrage divisé en 6 livres , qu'il intitula : de Orbium cceles- lium Revolutionibus, et qui soumet à une seule idée toute l'astronomie. 11 y expose ses opinions à peu près dans l'ordre où nous les avons présentées. 11 paraît que tout cet ouvrage était terminé vers l'an 1550. Copernic avait alors cinquante- sept ans. Déjà le bruit de ces idées nouvelles s'était répandu : les astronomes les plus célèbres en désiraient le déve- loppement avec impatience ; on le pressait de les publier; il résistait, il attendait encore ; il corrigeait chaque jour les données que lui fournissaient de.observations plus exactes, il ajoutait ce que des réflexions nouvelles lui avaient appris ; enfin, il faut le dire, il craignait d'exposer son repos, en se livrant au jugement de ses contemporains, et cette crainte était malheureusement fondée. Il n'y a rien de si sin. de soi, ni de si intolérant que l'ignorance. Montre; la vérité aux hommes, si l'objet ne les intéress:_! guère, ils pourront vous le pardonner ; mais si voir voulez détruire en eux une opinion qu'ils ont depuL, longtemps admise, fûtce un préjugé sans fondement et sans preuve, n'importe, il suffit qu'ils l'aient admis constamment pour que leur orgueil s'offense de vous voir devenir plus difficile qu'eux. L'exemple 0) En 4584, TychoBraln envoya Matis, l'un de ses élèves, mesurer à Frauenburg 13 hauteur du pôle sur la tour où Copernic avait fait ses observations. 11 conservait avec un soin religieux l'ins:riiment parallactique, composé de deux règles en buis divisées chacone en 4414 parties, que Copernic avait fabriqué luimême pour son Ione. en fut frappant à l'égard de Copernic. Pendant que les savants les plus distingués, que les seuls juges de ces matières se rangeaient à ce qu'ils connaissaient de ses idées, la foule s'en inquiétait ; la plupart les regardaient comme des chimères absurdes. On alla jusqu'à tourner Copernic en ridicule dansune comédie publique, comme Socrate l'avait été autrefois par Aristophane ; mais le caractère respectable de ce grand homme, et peut-être, plus que tout, le silence qu'il avait gardé jusqu'alors, le préservèrent contre l'insulte, et celui qui l'avait si indignement attaqué ne reçut que des mépris. Que l'on s'étonne après cela que Galilée et Descartes aient été persécutés, et que Newton ait hésité à donner au monde ses grandes découvertes I Cependant Copernic sentit qu'en retardant plus longtemps'la publication de ses recherches, il laissait à l'ignorance un champ plus libre, et que l'exposition de vérités si évidentes, accompagnées de preuves si nombreuses et si palpables , se- rait le meilleur moyen de réfuter l'accusation d'absurdité dont on qualifiait ses opinions. Il permit donc à ses amis de publier son livre, qu'il dédia au pape Paul HI. « C'est, ditil à ce pontife, pour que « l'on ne m'accuse pas de fuir le jugement des per-« sonnes éclairées , et pour que l'autorité de Votre « Sainteté, si elle approuve cet ouvrage, me garanti tisse des morsures de la calomnie. » L'ouvrage s'imprima à Nuremberg, par les soins de Rhéticus, l'un des disciples de Copernic. L'impression venait d'ètre terminée et Rhéticus envoyait à Copernic le premier exemplaire, lorsque celuici, qui avait joui toute sa vie d'une santé parfaite, 'commença à étre attaqué d'une dyssenterie qui fut suivie presque aussitôt d'une paralysie du côté droit. En méme temps sa mémoire et son esprit s'affaiblirent. Le jour même de sa mort, et seulement quelques heures avant qu'il rendit le dernier soupir, l'exemplaire de son ouvrage, envoyé par Rhéticus, arriva; on le lui mit dans les mains; il le toucha, il le vit , niais il était alors occupé d'autres soins. 11 mourut le 24 mai 1543 , àg. Le premier ouvrage où soient annoncés les travaux de cet illustre astronome est la lettre que Rhéticus publia séus ce titre : Ad clar. y. d. Je. Schonerum, de libris Revolutionum, eruditiss. vit i et mathematici excellentiss. rev. doctoris Copernici Toruncti, canonici Varmiensis, per quent- dam juvenem mathemalicce studiosum , narrait.° prima, Dantzick, 15i0, ; réimprimé avec un éloge de la Prusse, Bàle, 1541 Les ouvrages que nous avons de Copernic sont : 1. de Orbium « y- lestium Revolutionibus libri sex, Nuremberg, 4543, petit de,196 feuillets; reimprimé à Bâle, 1566 avec la lettre de Rhéticus. Nie. Muter en donna une nouvelle édition, avec quelques notes, sous le titre d'Asironomia instaurata, Amsterdam, Son tombeau, qui ne se distinguait pas de celui des antres chanoines, fut orné, en 1581, d'une épitaphe latine par l'évèque Cranter, le TiteLive de la Pologne. 11 existe à Varsovie un monument en l'honneur de Copernic executé par Thorwansen aux frais de la nation polonaise, au moyen de souscriptions; les 40,000 florins qui manquaient pour compléter les dépenses furent payées par le savant ministre d'Etat abbe Statue, , que la Pologne a perdu eu 1826. 1617 et 1640 un traité de trigonotné.trie, avec des tables de sinus, sous ce titre : de Lateribus et Angulis triangulorum, etc., Wittemberg, 1542 il se trouve aussi dans l'ouvrage précédent ; 30 Theophylacti scholastici Simocattoe Epistolco mo- rales, rurales et amatorke, cum versione latin& Copernic avait présenté en 1521, aux états de sa province, un ouvrage sur les monnaies, et l'on conservait encore de lui plusieurs traités manuscrits dans la bibliothèque des évêques de Wiarmie . Sa vie a été écrite par Gassendi, à la suite de celle de 'Tycho- Bralié, Paris, 1654 B—T.
  • Nicolas COP : fils du précédent, professeur au collége de Ste. Barbe, élu recteur de l'Université de Paris en 1533. Ce savant serait passé inaperçu probablement dans la longue liste des érudits ordi- naires du 166 siècle, si un incident de sa vie ne lui eut fait jouer un certain rôle dans les luttes de la réforme en France ; l'année de sa nomination fut aussi celle de la mort de la duchesse d'Angoulême, Louise de Savoie, mère du roi, quelque peu sbup-çonnée de porter des sympathies aux doctrines luthériennes dont sa fille la célèbre Marguerite, reine de Navarre, était une des ferventes adeptes. 1.e nouveau recteur n'était pas luimême complètement étranger aux opinions nouvelles, et il laissa percer sa partialité dans une circonstance où il put se croire à couvert derrière le nom toutpuissant de la sœur de François ler. Dans son zèle pour la doctrine réformée , cette princesse, secondée par l' de Guillaume Parvi, prédicateur du roi, l'un des secrets apôtres de la réforme, parvint à faire adopter au roi, eém li-ère, un livre de prières traduit en français; c'était une atteinte officielle aux prescriptions de la cour de Rome, qui exigeait alors que les prières, comme les livres saints, ne I fussent pas livrées au public en langue vulgaire. Marguerite, ellemême, fit imprimer un livre en vers intitulé le Miroir de l'dme pécheresse. Ces deux livres contenaient des omissions qui étaient la né gation de certains articles de l'orthodoxie catholi- - que. On n'y parlait ni des saints, ni du purgatoire. La Sorbonne s'émut en raison même de la puissance des délinquants, et crut devoir faire une justice éclatante de ces deux ouvrages. Elle les condamna publiquement et les signala, en chaire, à l'indignation des fidèles. Malheureusement on ne s'en tint pas là. Quelques moines fanatiques firent jouer au collége de Navarre une comédie où la reine Marguerite était représentée sous les traits d'une furie, ét où les outrages les plus s'ang,lants lui étaient prodigués. La soeur chérie de François 1" n'eut, point de peine à obtenir de ce monarque la satis- faction d'une pareille injure. Les auteurs de la pièce satirique furent emprisonnés, mais ce châtiment ne termina pas la querelle. Le recteur de l'Université crut devoir intervenir, et, ne partageant pas les opinions de la Sorbonne, Cop prononça, en présence des facultés, un discours véhément contre les censures dont les ouvrages de la reine de Navarre avaient été l'objet. L'ordre des cordeliers, était, on le sait, à cette époque l'un des plus ardents défen- seurs de l'orthodoxie catholique. En 1525, ils avaient dénoncé l'évêque de Meaux, Guillaume Bri-çonnet , comme atteint des opinions nouvelles, et cette dénonciation avait été sur le point de lui faire perdre son évêché. Pour parer le coup il avait été obligé de disperser le petit troupeau qu'il cathéchisait autour de lui, et de montrer contre le luthéranisme une ardeur qui alla jusqu'à la persécution. Enhardi par ce premier triomphe et sans s'arrêter au privilége de l'université, les cordeliers dénoncèrent Nicolas Cop au parlement. Ce corps était alors présidé par Pierre Liget, créature du cardinal Duprat qui fut le promoteur des mesures les plus impitoyables contre le protestantisme. Ce corps luimême avait déjà donné des témoignages nombreux de son dévouement aux idées anciennes. Plusieurs individus suspectés d'hérésie avaient été condamnés par lui à être brûlés vifs, et le poète Clément Marot luimême n'avait échappé à une condamnation que par la protection de lettrespatentes spéciales obtenues de François I". Dans cette occasion le parlement se montra plus rigoureux que jamais. 11 manda le recteur de l'Université à sa barre et en même temps, à ordonna l'armstation d'un étudiant complice sans doute du recteur, et qui, après avoir fait son droit à Orléans, habitait Paris, au collége de Forté. Cet étudiant n'était rien moins que Jean Calvin, dont le nom devint bientôt après si célèbre et si funeste à l'Église de Rome. Cependant le rec- teur ne manqua pas , suivant l'usage , d'invoquer les priviléges de l'Université, et dans une assem- blée, tenue le 19 novembre aux Mathurins, tout en niant les propositions, moins une, que lui prêtaient ses dénonciateurs, il se mit sous la protection de l'Université, et signala avec force l'atteinte portée aux immunités de cette corporation dans sa per- sonne. Ce discours excita une vive émotion; la délibération fut trèsagitée, et finit par cette résolution arrêtée : Que l'Université blâmait les procédés employés, qu'elle protestait contre l'acte qui ap- pelait son recteur devant un tribunal autre que le sien, sans même qu'elle eut été prévenue, et que les dénonciateurs de ce dignitaire seraient appelés euxmêmes devant le tribunal universitaire. Le recteur cependant n'osa point pousser les bonnes dispositions de l'assemblée, et ses résolutions jusqu'au bout, car il trouvait une vive opposition dans les doyens de la faculté de théologie et de la faculté de droit. — La lutte au dehors prenait tou- tefois des proportions redoutables. Investi de tou- te la puissance judiciaire , le parlement était adversaire que ne pouvait dédaigner même un recteur de l'Université de Paris, quoiqu'appuyé sur les immenses priviléges de cette institution. Le parti réformé venait d'ailleurs de perdre un appui secret, mais considérable auprès du roi par la mort de sa mère. Cop jugea plus prudent de céder à l'orage, et s'enfuit bientôt à Bâle . L'Université, voyant 'que son recteur abandonnait la place à ses ennemis, se résigna à se taire, se contentant d'établir par térim, le procureur de l'Université Arnoult Monard, pour recevoir les serments jusqu'à l'élection d'un autre recteur. Dès ce moment Nicolas Cop rentra dans une telle obscurité, que, le lieu et l'époque de sa mort même sont restés ignorés
  • Nicolas CORDIER( 1682 - 1766) : prètre, naquit an navre en 1 682. 11 est auteur d'une Instruction des pilotes, en 5 parties, qui sont : le Pilotage, les Tables de dé- clinaison, et le Journal de navigation. Cet ouvrage est fout estimé. L'auteur fut professeur hydrographe du roi à Dieppe, où il est mort en 1766. Pendant Plus de quaranteans qu'il occupa cette place, il a fait un nombre considérable de bons élèves. Son père était aussi auteur de plusieurs petits ouvrages de navigation, et a dressé quelques carte.; marines, estimées dans le temps. — Frunçois CORDIE11, sieur des Maillets, fut quelque temps dans la congrégation de l'Oratoire, qu'il quitta vers 1680, et mourut en 1695. On a de lui le Manuel chrétien, et la Vie d'Anne des Anges, carmélite, Paris, 1694 — Claude- Si- mon Celant Elt , chanoine d'Orleans, né dans la même ville en 1704, y mourut le 17 novembre 1772. après avoir publié une Vie de la mère de Chantal, fonda trice de l'ordre de la Visitation, Orléans 1752
  • Nicolas CORNET( 1592 - 1663) : docteur en théologie de la faculté de Paris, de la maison et société de Navarre, maquit à Amiens en 1592. Après de bonnes études, il entra chez les jésuites, où,i1 se perfectionna, et se rendit tellement habile dans les littératures grecque et latine, qu'il prononça, aux grands applaudissements de ceux qui l'entendaient, un discours en français et dans ces deux langues. Après avoir passé quelques années chez les jésuites, il vint à Paris étudier en théologie, et s'attacha à la maison de Navarre. Il y obtint le bonnet de docteur, en 1626, devint ensuite grand martre du collège de Navarre et syndic de la faculté de théologie. Son mérite le fit connaître du cardinal de Richelieu , qui voulut en faire son confesseur ; mais, soit modestie, soit qu'il lui parfit délicat ou dangereux de se charger d'une pareille conscience, Cornet refusa cet emploi; seulement il entra dans le conseil du cardinal. On croit qu'il aidait ce prélat dans les ouvrages de piété et (le théologie qu'il composait, et on lui attribue la belle préfaces des Méthodes de controverse, le meilleur des ouvrages de Richelieu. C'est vers ce temps que commencèrent à s'agiter, avec beaucoup de chaleur, les questions sur la gràce, et qu'on vit figurer dans cette lutte des hommes du premier mérite, tels qu'Arnauld, Pascal et les autres solitaires de PortRoyal. Cornet, en sa qualité de syndic (le la faculté, s'était vu obligé de lui dénoncer sur ces matières quelques propositions qui lui avaient paru suspectes dans les thèses de jeunes bacheliers , qu'il avait rayées, et qu'ils y avaient rétablies. Parmi ces propositions se trouvaient les cinq condamnées depuis, comme extraites du livre de Jansénius , évêque d'Ypres, intitulé Augustinus. Antoine Arnauld, qui soutenait les sentiments opposés, se plaint du docteur Cornet en plusieurs endroits de ses écrits. Il lui reproche d'avoir falsifié Cajetan, (l'avoir reconnu pour orthodoxe la doctrine de lui , Arnauld , et de s'être ensuite déclaré contre ; de s'être mis à la tète de ses ennemis ; d'avoir corrompu les conclusions (le la faculté de théologie, et commis d'autres falsifications ; d'être favorable à l'ultramontanisme, etc. Ces imputations paraîtraient graves, si on ne savait que l'esprit de parti grossit tous les objets, et qu'il faut se défier de ce que font et disent les gens les plus recommandables , quand ils en sont animés. Quoi qu'il en soit, Cornet vécut estimé et honoré. Il lit par son testament beaucoup de legs pieux, et mourut au collège de Boncourt, le 12 avril 4663. Il fut inhume dans la chapelle de ce collège, où Bossuet, qui avait été son élève et qui n'était point encore évèque, prononça son oraison funèbre.« Puis« je, disait ce grand homme, puisje refuser à ce « personnage quelques fruits d'un esprit qu'il a « cultivé avec une bonté paternelle dès sa première « jeunesse, ou lui dénier quelque part de mes dis« cours, après qu'il en a été si souvent le conseil « et l'arbitre ? » LY.
  • Nicolas COSCIA( 1682 - 1755) : né à Bénévent, dans le royaume de Naples, le 25 janvier 1682, fut fait, en 1725, cardinal et archevêque de Bénévent par Benoît XIII. Il avait cite le domestique et le confident de ce pontife avant bar I exaltation. Il jouit, sous son règne, d'un grand crédit dont il abusa, et qui lui lit beaucoup d'ennemis. On l'accusait de concussions, d'extorsions 1.1 de rapine,. Benoît XIII étant mort le 21 février 1730, le cardinal Coscia, poursuivi par la haine publique, se'rdugia chez le prince de Caserte; mais k' sacré collége le fit revenir à Rome, où il rentra, le 27 mars, avec une escorte chargée de le protéger contre lit fureur du peuple. Il assista an conclave qui nomma Clément XII successeur de Benoit. Le nouveau pontife exigea que Coscia se démit de son archevêché, et défendit de sortir de l'état ecclésiastique. i.e à peine instruit de celle disgrâce, lit sonner It'S cloches pour les morts. Trois processions ,lennelles, avec exposition du saintsacrement, fient 'faites en actions de grâces. On voulut incendier le palais glu cardinal, et ses armes arrachées furent trainées dans les rues de Rome. Bientôt, on instruisit son procès. Déclaré coupable de dilapidations et d'abus de pouvoir, Coula fut enfer?é au château SaintAnge, et condamné à restituer tout ce qu'il avait pris. Il mourut à Naples en 1755
  • Nicolas COURTIN : professeur d'humanités à l'université de Paris, mort à la lin du Ir siècle, cultiva la poésie française, mais sans aucun succès. Son poème de Charlemagne, ou le Rétablissement de l'Empire romain , Paris, 1666 2, est audessous du médiocre. Il avait le projet de donner une suite à cet ouvrage ; un motif de dévotion l'en empêcha. Toujours passionné pour son héros , au lieu de célébrer ses conquêtes, il crut plus utile de le montrer dans sa pénitence. Il divisa ce nouveau poème en cinq chants , et la raison qu'il en donne, dans sa préface est le rapport de ce nombre dux « cinq plaies mortelles du Sauveur. » Charlemagne pénitent fut imprimé à Paris en 1687 avec deux autres poèmes chrétiens du même auteur, les Quatre Fins de l'homme et la Chute d'Adam. On a encore de lui un Peme sur la nouvelle con- quête de la Franche- Comté, Paris, 1694 Courtin , sans talent pour la poésie, était aussi savant que laborieux; il fut désigné par Huet et le duc de Montausier pour travailler à la collection des auteurs classiques pour l'éducation du dauphin, et ce fut lui qui publia le Cornelius Nepos, Paris, 1675 avec des notes pour en éclaircir le texte. Cette édition est estimée, et c'est par une erreur grave que les éditeurs du Nouveau Dictionnaire historique l'attribuent à Antoine Courtin , dont il a été.question dans l'article précédent
  • Nicolas COUSTUREAU : sieur de la Taille, président en la chambre des comptes de Bretagne, intendant général de la maison de Montpensier, mort en 1596, avait laissé en manuscrit la Vie de Louis de Bourbon, surnommé le Bon, premier duc de Montpensier, depuis 1336 jusqu'en 1579. Jean du Bouchet la finit et la publia
  • Nicolas COUSTOU( 1658) : habile statuaire, né à Lyon le 9 janvier 1638, apprit les premiers pr de son art sous son père, qui était sculpteur en bois, et vint à Paris à l'âge de dixhuit ans, receNoir des leçons plus savantes de Coysevox, son oncle. Il remporta le grand prix de l'Académie à l'âge de vingt-Émois ans, et fit le voyage de Rome avec la pension du roi. Il s'appliqua principalement, dans cette vine, à étudier les ouvrages de MichelAnge et de l'Algarde, et il fit la copie de l'Hercule- Commode que l'on voit dans les jardins de Versailles. Comme l'original porte quelquesuns des caractères qui décèlent déjà l'époque de la décadence de l'art, Coustou se crut permis de ne s'y pas attacher servilement. Après trois ans d'absence, il revint à Paris, et vit soij talent recherché. En 1693, l'Académie le reçut dans son sein. Un basrelief de marbre représentant la joie des Fran- çais lors du rétablissement de la santé de Louis XIV, fut son morceau de réception. L'ouvrage le plus important de Coustou fut alors le groupe qui représente la jonction de la Seine avec la Marne. Ces deux figures ont neuf pieds de proportion, et sont accompagnées de figures d'enfants qui tiennent les attributs de ces rivières. Ce morceau capital, d'abord .destiné aux jardins de Marly, est à présent aux Tuileries. On voit encore, dans le même jardin, quatre ouvrages de cet artiste, deux retours de chasse, figurés par des nymphes, dont chacune est groupée avec un enfant, la statue de Jules César, et surtout le Berger chasseur. On estime moins les deux chasseurs qu'il avait faits pour le jardin de Marly; l'un vient de terrasser un sangliers et est prêt à lui donner la mort : l'animal est une belle imitation du sanglier antique de Florence ; l'autre tient un cerf par le bois, et va lui plonger le couteau dans la gorge. On blâme le costume de ces deux figures ; on y retrouve un goût français trop opposé au goût pur de l'antique ; mais on retrouve tout le talent de Coustou dans le groupe de Tritons qui décore la cascade rustique de Versailles ; on l'admire encore plus dans la descente de croix, qu'on appelle le Voeu de Louis XIII, et qui était placée au fond du chœur de NotreDame, à Paris. C'est, suivant DandréBardon, un chefd'ceuvre qui renferme tont ce que. le grand caractère de dessin et le majestueux pa- thétique de l'expression ont d'intéressant. On voyait aussi du même artiste, dans cette église, un S.• Denis en marbre, et le crucifix élevé audessus de la grille du chœur. C'est de lui qu'est le tombeau du prince de Conti qu'on voyait autrefois dans le chœur de l'église de StAndré des Arcs, et celui du maréchal de Créqui, aux Jacobins de la rue StHonoré. 11 fit pour la ville de Lyon la figure en bronze de la Saône, de dix pieds de proportion, qui ornait le piédestal de la statue de Louis XIV. Cet artiste a travaillé jusqu'à l'âge de 76 ans, et le dernier de ses ouvrages, que la mort ne lui a pas permis de terminer, est l'un des plus estimés. C'est tur basrelief en médaillon, représentant le Passage du Rhin; on le voyait autrefois à Versailles, dans le salon de la Guerre : il est maintenant au musée des Monuments français, ainsi que plusieurs autres de ses ouvrages. Coustou a fini sa carrière laborieuse le I" mai 1733. 11 s'est distingué par l'esprit de ses conceptions et l'agrément de son exécution. Ses formes ont de la pureté; mais on ne trouve pas dans ses ouvrages le caractère sage de l'antique ; on pourrait lui reprocher de s'être , trop pénétré du goût français, et d'avoir eu plus d'agrément que de grandeur. Cousin de Contamine, de Grenoble, a publié son Éloge historique, Paris, 1737 La 2e partie renferme la description raisonnée de ses ouvrages. Plusieurs de ses basreliefs sont gravés dans la Description des Invalides, et Cochin a gravé trois statues d'après A—s.
  • Nicolas COVELLI( 1790) : de l'Académie des sciences de Naples et professeur de botanique et de chimie à l'école vétérinaire de cette ville, naquit à Cajazzo, le 20 janvier 1790. Ses humanités terminées, il fut envoyé à Naples, vers la fin de 1809, pour y étudier la médecine et les sciences naturelles. La suphiorité qu'il montra , son penchant décidé pour la chimie, la botanique et la minéralogie, le firent choisir pour aller se perfectionner à Paris aux frais de l'État. 11 y resta jusqu'à l'époque de 1815, et retourna alors dans sa patrie , chargé d'une riche moisson de connaissances, puisées à l'école des Haüy, des Lamait, des Defontaines, etc. Aussitôt après son arrivée à Naples, toutes ses pensées se dirigèrent vers le Vésuve, dont il résolut d'étudier les phénomènes et les produits , non plus empiriquement, mais par l'analyse chimique, dans des observations multipliées et faites avec suite et bonne foi. Jusqu'à Corelli, la plupart des ouvrages publiés sur le Vésuve, tous ces prétendus traités ? ésuviens, à l'exception d'un trèspetit nombre, auraient mérité , ainsi que le dit Brocchi, d'étre donnés en proie au volcan dont ils ont si mal parlé. Le premier ouvrage que Covelli publia sur ce sujet a pour titre : Histoire des phé- nomènes du Vésuve, arrivés pendent les années 1821, 1822 et partie de 1823, avec les observations et les expériences faites par M. Monticelli et N. Co- velli. Cette histoire renferme un grand nombre d'observations intéressantes et des faits nouveaux. On y trouve la preuve que les roches volcaniques en fusion ne renferment aucune particule charbon- lieuse, comme quelques naturalistesl'avaient pensé; le résultat de nombreuses expériences faites pour connaître l'état électrique de la lave et de l'air au milieu duquel elle coule ; la température d'un courant de cette lave, la nature chimique des vapeurs qui s'en échappent, etc. Covelli découvrit, parmi les produits du Vésuve, le soufre et l'acide sulfu- reux qu'on n'y avait pas observés jusquelà. Il fit avec soin l'analyse de la lave et la donna, savoir : dans sa composition minéralogique, comme une pâte basaltique renfermant de l'angite, de l'amphigène , du mica , de l'olivine et de petits noyaux de pierre ponce noire qui font corps avec la lave; et dans sa composition chimique, partie soluble, comme composée de chlorure de sodium unie à une petite quantité de chlorure de potasse et de sulfate de chaux, dans la proportion de 9,29 pour cent. Ces expériences et ces découvertes furent fai- tes en 1822. L'année suivante, Covelli découvrit la présence de deux substances nouvelles, le prolosulfate et le chlorure de manganèse. Il remarqua l'absence absolue de l'acide hydrosulfurique dans les vapeurs du Vésuve , et démontra ainsi l'erreur des personnes qui attribuaient la formation du soufre à la décomposition du gaz hydrosulfurique en contact avec l'air. Il observa les divers modes d'a- L;régation des matières vomies par le Vésuve, suivant qu'elles se trouvent exposées seulement à l'influence de la chaleur et des vapeurs gazeuses, ou suivant qu'elles se trouvent en conta cj avec l'eau; il fit voir que l'obsidienne du Vésuve pro- vient de la fusion d'une lave amphigénopyroxéni- que, etc. Pour savoir comment procédait Covelli afin d'arriver à des résultats aussi importants, il faut recotuir au livre luimême. En 1825, toujours de conced avec M. Monticelli, il publia le premier volume de son'Prodronie de la minéralogie visu. vienne, renfermant l'orictognosie. L'Essai de litho- logie césarienne, publié par le chevalier Gioeni, en 1790 , est le premier ouvrage un peu exact que nous possédions sur l'orictognosie du Vésuve; mais il est encore loin d'être complet. Gioeni y décrit quatorze espèces minérales de ce volcan qui n'avaient point encore été observées. A l'époque où Covelli publia son Prodrome, on en connaissait quarante : il en décrivit quarantedeux autres, parmi lesquelles six espèces tout à fait nouvelles, la columua, l'humboldilite, la davyna, la cristianite, la cavolinite et la biotine. A l'exception de la davyna, qui se trouve dans le traité minéralogique de M. Beudant, nous ne pouvons assurer que ces espèces aient été adoptées par les minéralogistes actuels. A cette liste déjà bien longue, COVCili ajouta quatrevingtneuf formes secondaires d'espèces minérales qui n'avaient point encore été distinguées par les élèves de l'école orictographique fondée par Haiiy. Il est à regretter qu'une mort prématurée l'ait empêché de publier les deux derniers volumes de son Prodrome, qui devaient contenir la descrip- tion des minéraux composés ou agrégés, et les faits généraux, les phénomènes observés au Vésuve "'dans les diverses érùptions de ce volcan. Peut-être existentils manuscrits parmi ceux qu'il a laisssés en mourant ; c'est ce que nous ignorons. Il serait difficile de déterminer quelle part revient à Covelli , et pour pr cipes accidentels le mica et le fer oxydulé. 5. Ob-\ ervations sur les insectes habitant dans les crevases du Vésuve. Ces insectes sont aptères;carnivores, i st vivent à une température de 600 Réaumur. Leurs larves ellesmêmes peuvent y être vues.. Ces obser- vatiDns sont communes au professeur Costa. 0° - verte du bisulfure de cuivre . '70 Du trisulfure de ' Cette découverte , faite pendant l'année 1826, , . trouve consacrée par un mémoire lu dans les séances de l'Académie de Naples. 8° Essai sur le tremblement de terre qui se fit sentir dans Pile d'Ischia le 2 février 1818. 9° Mémoire sur la beudantine, nouvelle espèce minérale du Vésuve. Le roi venait de nommer Covelli professeur de chimie 'appliquée aux constructions, à la direction des ponts et chaussées du royaume, lorsque la mort L'enleva à la science, dont il avait si bien mérité par ses nombreux travaux, à peine âgé de quarante ans, le I '‘i décembre 1829. M. Maravignal, profes- seur de chimie à Catane, a publié son éloge dans les Actes de "Académie gioeniene de cette N ille , dont Covelli était membre correspondant
  • Nicolas CRAIG( 1549 - 1602) : en latin Cragius, né à Rypen dans le Jutland, vers 1549, fit ses études à Wittemberg, sous Mélanchthon, et, à son retour en Dane- mark , fut nommé recteur de l'école de Co- penhague. 11 se démit de cette place au bout de deux ans, et, quoiqu'il fût marié, entreprit tui voyage pour son instruction. Il vint en France où il se lia d'une amitié constante avec Scaliger, partagea son temps entre l'étude des belleslettres et celle de la jurisprudence, prit des degrés en droit et se fit recevoir docteur de la faculté de Bourges. 11 ne fut pas plutôt de retour en Danemark, que la place de 4'ecteur de l'université de Copenhague lui fut déférée, ainsi que la chaire de grec dans la même université. Trois ans après, il fut chargé d'enseigner en même temps l'histoire. Le chancelier du royaume, Nicolas Kaas, qui appréciait les talents de Craig, le fit désigner pour accompagner l'ambassadeur Flenon Bilde, que Christian IV envoyait en Écosse réclamer l'exécution du contrat de mariage de la reine, princesse danoise ; il s'ac- quitta de cette négociation avec une grande dexté- rité. En 1597, il fut 'envoyé en Pologne, et l'année suivante en Angleterre, au sujet d'une infraction commise par des marchands anglais au traité sur la pêche. 11 prononça devant la reine Elisabeth une harangue qui lui parut si belle qu'elle en désira une copie. . Cependant il n'obtint point la justice qu'il deman- dait. 11 retourna en Pologne en 1600, pour ap- puyer les droits de l'électeur Joachim Frédéric sur la succession de la Prusse. Rien ne pouvait le dé- tourner de son goût pur les lettres, et c'était tou- jours avec empressement qu'il venait reprendre ses fonctions académiques. Nommé recteur de l'u- niversité de Copenhague, il fut ensuite principal du collée de Sera, et mourut peu de temps après, le 14 mai wa. On a de lui : 1° une Grammaire latine, 1578 : elle est remplie d'excellentes observations, et beaucoup plus méthodique que celles qui avaient paru jusqu'alors ; 2° Titi Livii et Sal- lustii sententiose dicta, 1582 ; 3° De republica La- cedemoniorum libri quator, et Ileraclides de poli- tiis libellus, grec et latin, Heidelberg, 1593 et Leyde, 1670 : cet ouvrage est trèsestimé, et l'édition de Leyde est la meilleure ; 4° Panegy- ricus Christian° IV, Danice regi dictes •1601 : il prononça ce discours au sujet de l'érection de l'Académie de Sora; 5° Annalium libri qu ti, quibus res danicoe ab excessu regis Friderici I, ac deinde a Christiano III gestœ ad annum usque 1550, enarrantur ; Copenhague, 1737 C'est à la demande du ministre que Graig entreprit cet ouvrage qu'il n'eut pas le loisir de terminer. Tous les matériaux qu'il avait réunis avec beaucoup de .temps et de soins périrent dans un incendie. Etien- ne, fils de Jean Stephanius, fut chargé de le continuer, et c'est aux soins de Gramm qu'on doit la seule édition qui en ait paru. 6° Craig a publié une édition des Di fférentice Ciceronis, 1589, ouvrage d'un écrivain danois du moyen âge, et il en promettait une de l'Histoire romaine d'Erbern, du même pays
  • Nicolas CRASSO : noble vénitien, historien et jurisconsulte, auteur de plusieurs ou \ rages estimés, naquit dans le 16' siècle, et publia : 1° Elogia patritiorunb Venetorum, belli pacisqueartibus illus- triant, Venise, 1612 réimprimé dans la collection de Burmann, tome 5; 2° Andreoe Mauroceni senatoris vita, Venise, 1622 3° De juris- dictione reipublicce Venetœ in mare Adriaticum, Eleutheropoli, 1619 : c'est une lraduction latine de la lettre de Fr. de Ingenuis contre J.B. Valenzola; 4° Antiparcenesis ad cardinale» z Baronium pro reipublica Veneta, Padoue, 1606 réimprimé à Francfort, en 1613 et 1621; 5° De forma reipublicce Venetce liber , dans le 5° tome du Trésor des antiquités de Burmamt; 60 De Pisaurce gentis origine et proestant ia, Venise, 1652 ; 7° Annotationes in DonatiJannotii dia- logum de republica Venetorum et Caspar. Conta- reni de magistratibus et republica Venetorum lib. 5, Venise, 1612 réimprimé à Leyde, Elzévir, 1642 On trouve à la suite de ces annotations le traité De forma reipublicce Venetoe, publié séparément par Burinant)
  • Nicolas CRELL : docteur en droit et chancelier de Christian 1" électeur de Saxe, voulut introduire le calvinisme dans sa patrie. Le prince étant mort, Creil fut détenu pendant dix ans et décapité le 28 septembre 1601. Le lendemain de cette exécution, Blum, ministre protestant, prononça en son honneur une oraison funèbre, qui donna occasion une enquête faite en 1603 à Brême. Creil avait travaillé à des notes sur la Bible dans le sens de Calvin. On avait commencé à publier à Dresde, en 1593, la version allemande de la Bible, par Luther, avec ces notes; on en était à la fin des paralipomènes, lorsqu'à la mort de Christian ter l'ouvrage fut supprimé, et tous les exemplaires furent sequestrés. - CRELL , ministre protestant à Altenbourg, a écrit : 1° Spicilegiuln poeticum, id - est Sylloge carminum miscellaneorum, Leipzig, 1629, ' ; 2° Anagramatismorum sylloge n, 1631 3° Breviarnm etymol. N. T., Altenbourg ; 4° Syllabus grceco- biblicus, Al- tenbourg, 1646, et quelques autres ouvrages pour l'étude de l'Écriture sainte. - CRELL , professeur de métaphysique et de théologie à Francfortsurl'Oder, mort en 1664, a écrit de Difticultate cognoscendoe veritatis in artibus et disciplinis. 11 changea son nom de Wolfgang en celui de Wolgang, qui signifie bon pas en allemand, ou d'Evodius, qui a la même signification en grec. - CRELL , professeur de philosophie a Leipzig, né en 1671, mort le 15 novembre 735, a écrit : 1° De iocustis non sine prodigio imper in Germania conspectis, Leipzig, 1693 ; 2° De eoquod in Anacreonte venustum et delicatum est. Leipzig, 1706 ; 3° De Junio Bru- to reipublicœ romance auctore, Leipzig, 1721 4° De C. Mutio Sccevola C. regis parricida, 1722 5° De C. M. Coriolano tribunatus et patrice poste. Leipzig, 1722. ; 6° De Aurelio Antonino, Leipzig, 4725 7° De publics cere- mania qua urbes condebantur, et de saliaribus car- minibus, Leipzig, 1732 Ces ouvrages, et quelques autres du même auteur, dont on trouve la note dans Saxius, ont été imprimés ensemble à Halle, 1776
  • Nicolas CRÉPU( 1680 - 1761) : né à Bruxelles en 1680, avait passé une partie de sa vie à la guerre en qualité de lieutenant au service d'Espagne ; c'est au milieu du tumulte des camps qu'il devint peintre. Il avait quarante ans quand il quitta le service pour se livrer entièrement à la peinture, et vint s'établir à Anvers. Les peintres qui travaillaient dans cette ville ne purent se défendre d'un sentiment d'admiration en voyant les ouvrages de Crépu. Cet artiste avait l'art de bien composer ses tableaux, et quoique moins précieux que van Huysum , Mignon et de Heem , il savait donner beaucoup de légèreté à ses fleurs; son pinceau est plein de grâce et de facilité. Rappelé à Bruxelles, par l'admiration de ses concitoyens, il vint s'y fixer. Un soir qu'il rentrait chez lui, il se sentit tout à coup saisir par les épaules ; il mit l'épée à la main, et fondit sur son ennemi qu'il renversa par terre'; il approche; quel fut son étonnement ! il voit un cerf étendu à ses pieds; il le traîne chez lui, le coupe en pièces , et le fait saler ; mais la terreur a bientôt pris la place de l'étonnement, quand il apprend que cet animal appartient au gouverneur de Bruxelles, qui a mis tous ses soins à l'apprivoiser. Le gouverneur était violent ; Crépu prévoit son courroux; il n'est rien qu'il ne fasse pour l'éviter; il se sauve par son grenier sur le toit des maisons , et se réfugie chez un particulier qui lui apprend que les ordres sont donnés pour l'amener mort ou vif; mais le gonYerneur révoque bientôt l'ordre qu'il a donné, et fait assurer le peintre de sa protection. Crépu revint à son atelier et continua à faire des tableaux qui furent trèsrecherchés. Il s'était surtout exercé à peindre les campements et les garnisons où il s'était trouvé, et ces différentes peintures sont également estimées. Cet artiste mourut à Bruxelles en 1761
  • Nicolas CRESCENZI ou CRESCENZO ou CRESCENZIO : médecin napolitain, publia au commencement du 18e siècle deux ouvrages qui influèrent trèsavantageusement sur l'exercice de la médecine : 1° Tractatus physico- medicus, in quo nzorborum explicandorum, potissimum febrium, nova exponitur ratio : accessit de medicina et medico clialogus, Naples, 1711 ; 2° Baggionamenti intorno alla vitam medicina dell' acqua, coll' aggiunta d' un breve metodo di praticarsi acqua ançhe da coloro cite non sono medici, Naples, 1727 L'art de guérir était infecté par la ridicule théorie chimique et la pratique incendiaire de van lielmont et de Sylvius de le Boë. Crescenzi démonIra les dangers des remèdesréchauffants qu'on prodiguait de la manière la plus abusive dans le traitement des fièvres. Il leur substitua, avec le plus éclatant succès, l'emploi des rafraîchissants en général, et plus spécialement .encore de l'eau froide et glacée. 11 indiqua les règles à suivre dans l'usage de ces moyens efficaces, et les précautions qu'ils exigent. Ses recherches ont éclairci plusieurs points de physiologie, et surtout le mouvement en quelque sorte péristaltique des vaisseaux sanguins artériels. On lui doit aussi une notice biographique sur Léonard de Capua, et quelques poésies estimées, parmi lesquelles se trouve une tragédie. — PCRESCENZI , médecin de Palerme, mourut au commencement du 17e siècle, laissant un Traité sur . les maladies épidémiques qui avaient ravagé sa patrie. On l'a publié sous ce titre : De morbis epidemicis qui Panormi vagabantur anno 1575, seu de peste, ejusque nature et prœcautione tractatus, Palerme, 1624
  • Nicolas DEBRAIE : en latin de Braia, écrivain I du 13' siècle, est auteur d'un poème intitulé : Gesta Ludovici VIII, où il décrit en 1,800 vers hexamètres k règne de ce prince, qui ne contient que peu d'événemeats considérables. 11 le dédia à Guillaume d'Auvergne, mort évèque de Paris, en 1248. A. Duchesne l'a fait imprimer dans le 5e volume de ses Scriptores h istoriee Franco- rum coœtanei , sur un manus- crit tiré de la bibliothèque de Besly. La versification de ce poème est mauvaise ; cependant on y trouve quelques morceaux écrits d'une manière agréable, et d'autres qui prouvent que l'auteur ne manquait pas d'imagination
  • Nicolas DENIS : né à Tours, fut gouverneur, lieutenant général pour le roi, et propriétaire d'une partie de l'Acadie et du Canada. Ayant obtenu la concession de la contrée qui s'étend depuis le cap Canceaux jusqu'à Gaspé, il partit pour l'Amérique, en 1632. Les propriétés étaient si peu assurées dans ce pays lointain, que Denis, qui avait fait des établissements importants dans ce qui lui apparte- nait, eut à soutenir une guerre en règle contre ses propres compatriotes. Ces divisions lui causèrent le plus grand tort; un incendie acheva de le ruiner. « Depuis cet accident, dit Charlevoix, il n'a plus « été en état d'entreprendre rien de considérable; « et ce fut un grand malheur pour cette partie de « la NouvelleFrance , qui n'a jamais eu un rom-(( mandant plus capable et plus appliqué. s Denis de retour en France, après un séjour de quarante I, ans dans l'Amérique, durant lequel il avait visité une grande partie des possessions françaises, publia le résultat de ses observations sous ce titre : Description géographique et historique des e6tes de l'Amérique septentrionale avec l'histoire naturelle de ce pays, Paris, 1672, 2 vol. On voit dans ce livre, dédié au roi, que Denis connaissait parfaitement le pays oit il commandait, et les vrais moyens d'en tirer un parti avantageux pour la France. Il dit que les bois de construction que l'en peut s'y procurer, et la pèche de la morue, valent des trésors. Le premier il a décrit avec détail les procédés de cette pèche ; et, comme il était marin, il ne laisse rien à désirer sur ce sujet. Il entretient peu le lecteur de ses aventures personnelles, et lut offre diverses particularités sur les sauvages, n'on- bilant rien de ce qui peut donner une idée exacte du pays qu'il avait si longtemps habité
  • Nicolas DENISOT( 1515 - 1554) : né au Mans en 1515, était peintre, graveur, poète latin et français. 11 passa en Angletem, et mérita d'ètre nommé précepteur des trois soeurs Anne, 'Marguerite et Jeanne de Seymours. De retour en France, Denisot vécut dans l'intimité des plus beaux esprits, et fut recherché pour son amabilité dans les compagnies les plus brillantes. Ses tableaux n'étaient pas estimés de son temps; ses poésies ne le sont plus malgré les éloges de Ronsard, Muret, Bellay, Belkaliet autres contemporains. Il mourut à Paris en 1554. On a de, hi i : Cantiques et Noëls, imprimés au Mans sans date; 2° Recueil des cantiques du premier adcé- nement de J.- C., Paris, 1553 Ces Cantiques La première partie de ce t. 14, finit nec l'article Hypothèque ; la 2e partie, imprimee ii l'imprimerie nationale, n'a que 21 feuilles ou 468 pages, et il n'en est reste en France que 25 exemplaires, Paillon ayant ete exportee en Ingleterre aYee licence, au moyen d'un nouveau titre. sont an nombre de 13. Duverdier a transcrit dans sa Bibliothèque le 1 et le I I° ; 30 la Traduction en quatrains français des distiques latins composés Pu'. les trois soeurs de Seymours, à l'honneur de Marguerite de Navarre, imprimée dans le Tombeau de cette princesse, Paris, 1551 4° quelques Pièces de vers, dans les recueils du temps. Il a composé des vers mesurés à la façon des Latins due à un poète nommé Mousse! , qui a eu des imitateurs jusque dans le siècle dernier. On croit que Denisot a eu part aux Colites, Devis et joyeuses Récréations, de Desperiers . il signait quelquefois ses sers : conte d'Alsinois, anagramme de Nicolas Denisot. Fran- çois I" dit un jour que ce comté n'était pas d'un grand revenu, puisqu'il ne rapportait que six noix. - DENISOT , avocat de la même s ale et de la même famille, mort eu 1707, est, diton, le Hagen du Roman comique de Scarron. - DENtSOT , né dans le diocèse de Chartres, reçu docteur à la faculté de médecine de Paris, le 26 novembre 4548, exerça son art pendant plus de c ans, avec une grande réputation, et mourut en 1595. Après sa mort, Guillaume Joli, illustre I dans la robe, avait acheté toute sa bibliothèque. Il trouva dans ses papiers 'un poème sur les apho- rismes d'Hippocrate, rédigé en vers grecs et la- tins, fort beaux. Ce magistrat en fit présent à la faculté, en le lui envoyant asec une belle lettre écrite en grec. Jacques Denisot, petitfils de Gérard, et secrétaire de M. le Chancelier, a fait impri- mer ce poème grec et latin, Paris, 1631, avec quelques épigrammes du mème auteur. Gui Patin a traduit en latin la lettre grecque du magistrat
  • Nicolas DACK ou DACKE : paysan suédois, né dans la province de Smolande. Les habitants (h cette province, et surtout les laboureurs, s'étant soulevés contre Gustav e "Vasa, pour obtenir le rétablissement de l'ancienne religion, et la diminution des impôts, Dake se mit à leur tète et les con- duisit contre les troupes du roi. Les succès qu'il obtint dans plusienrs rencontres lui donnèrent de l'importance. 11 entra en négociation avec Savante Sture, avec quelques princes d'Allemagne, et même, à ce qu'on prétend, av ec l'empereur. Gustave lui ayant fait proposer une entrevue, il refusa et continua de combattre. Le roi parvint enfin à diminuer le nombre de ses partisans, en gagnant les uns et en effrayant les autres, Dake se vit peu à peu abandonné, et fut réduit à errer dans les bois, où quelques soldats le rencontrèrent et le tuèrènt à coups de fusil en 1543. Son corps, transporté à Calmar, fut écartelé et sa tête placée sur la roue, avec une couronne de cuivre. On a conservé longtemps en Smolande le bâton qu'il portait quand il fut tué, et qui était le seul moyen de défense qui lui restât
  • Nicolas DALAYRAC( 1753 - 1809) : compositeur célèbre, mort à cinquantesix ans, a mis en musique 56 opéras. 11 naquit à Muret, en Comminges, le 13 juin 1753. Son père, subdélégué de la province, le destinait au barreau, et ce ne fut qu'avec difficulté que le jeune homme obtint un maitre de violon, qui lui fit bientôt négliger Cujas et Barthole. Le père se fâcha, retira le maitre, et Dalayrac, pour pouvoir étudier sans être entendu de ses parents, montait tous les soirs sur le toit de sa maison. Les religieuses d'un couvent voisin, attirées par ses accords, vendirent son secret ; et le père, vaincu par sa persévérance, le laissa libre de suivre son penchant. Bientôt même, désespérant d'en faire un jurisconsulte, il le plaça parmi les gardes du comte d'Artois, et l'envoya à Paris en 17; i. Dalayrac ne tarda pas à. se lier avec Grétry, StGeorges, et surtout avec Langlé, duquel il apprit les éléments de la composition. Ses premiers essais dans la carrière furent des quatuors de violon, écrits av ec autant . Ses derniers moments furent un délire continuel. 11 croyait composereet dictait des chants à ceux qui l'entouraient. Il fut inhumé dans son propre jardin, à FontenaysurBois. Son buste, exécuté par Ca•tellier, a été placé dans le foyer de l'OpéraComique. Voici la liste de toutes les compositions tic Dalayrac dont le titre au moins nous est connu : l'Éclipse totale, le Petit Souper, le Che' valier à la Mode, 1782; le Corsaire, 1783 ; les Deux Tuteurs, 1784; la Dot, l'Amant statue, 178:i ; Vinet, 1786 ; . 1zémia, Renaud d' ist, 1187 ; Sargines, 1788 ; Raoul de Créquy, les Deux petits Savoyards, Fanchette, 1789; la Soirée orageuse, 17.90; Philippe et Georgette, Tout pour l'amour, Camille, ou le Souterrain, 1791 ; Ambroise, ou Voilà ma journée, qui fut représenté pour la première fois le jour même de la mort de Louis XVI, 179:3; Arndt, Marianne, la Pauvre Femme, 1795; la Famille Américaine, 1796; Glanure, la Maison isolée, 1797; Primerose, 1798; Adolphe et Clara, Laure, 1799 ; Catinat, le Pocher de Leucade, Maison à vendre, 1800; la Boucle decheveux, 1801 ; Picaros et Diégo, 1803 ; Une heure de mariage, la Jeune Prude, 1804; Gulistan, 1805 ; Lina, 1807 ; Élise- Hortense, Alexis Cette pièce, dont les paroles sont de M. Dupaty, a été imprimée; elle est précédé d'un prologue à l'honneur de Dalayrac. ou l'Erreur d'un bon Père, la. Tasse de glace, la Tour de Neustadt, l'Actrice chez elle, Agnès et Oli- vier, Urgande et Merlin, la Prise de Toulon, Adèle et Dorsan, la. Jeune Prude, . Koulouf ou les Chinois, ; le Chdteau de Mon- tenero, paroles d'Hoffmann, 24 vendémiaire an 7; Roméo et Juliette, dont la bibliothèque du Conser- vatoire possède un exemplaire manuscrit; le Pete et le Musicien, opéra posthume, représenté, longtemps après sa mort, et enfin un grand opéra donné à l'Aeadêmie de musique, le Pavillon du Calife. Les auteurs qui ont le plus travaillé pour lui sont : Marsollier, Monvel et Lachabeaussière. La Vie de Da- layrac, par R. C. G. P. , a été publiée à Paris, 1810
  • Nicolas DAMIRON( 1785 - 1832) : médecin militaire et frère ainé du philosophe de ce nom, naquit en 1785 aux environs de Lyon. 11 fit acte de dévouement auprès des blessés d'Austerlitz, fit la campagne de Naples en 1806 et celle de Moscou en 1812 : il reçut la croix de la réunion à Moscou même. Fait prisonnier à Vilna, en 1813, l'empereur Alexandra lui donna la liberté dès 1814, en reconnaissance de mesures sanitaires que ses sacres conseils avaient inspirées. llfut attaché à l'hôpital de Bezançon pen- dant la restauration de 1814, et quand vinrent les CentJours, l'armée du Nord et les champs de Waterloo virent briller son zèle. 11 fut ensuite, comme tant d'autres et pour la même cause , réformé et mis en demisolde jusqu'en 1819, époque où, ré dans le service actif, il fut nommé médecin adjoint du ValdeGrâce : Broussais alors y fégnait. Sans se montrer ouvertement hostile au système dominant de l'irritation, Damiron se conduisit avec une indépendance et ;me modération exemplaires, niais qui eurent peu d'imitateurs. Pour la défense comme pour l'attaque, il est aisé d'être violent, c'est-àdire excessif; c'est un écueil où se heurlent fréquemment l'incapacité, l'inexpérience et la faiblesse. On se croit fort parce qu'on est absolu, et l'on court droit à l'absurde pour aveu trop abondé dans son opinion ou pris trop de soin de ses préjugés. On ne suit les traces de la 'Vérité qu'en la poursuivant sans préoccupation et sans prétendre la devancer. Tel était le docteur Damiron : il n'imposa à ses élèves le joug d'aucun s?stème, et il n'en accepta luimême aucun. Son esprit judicieux se retrouve tout entier dans quelques articles qu'il avait rédigé polir l'ancienne Révue Encyclopédique. celle de 1817 à 1828.11 prit parti pour la cantérisalion desboutons de la petite vérole, espérant par là, comme M. Bretonneau de Tours, mitiger la violence de cette maladie et en diminuerles accidents. Homme excellent autant qu'excellent médecin, il y avait également à profiter dans ses leçons, dans son expérience et son commerce. D'une santé chancelante, il commit la faute de se marier à un âge où, selon les conditions physiologiques, le mariage abrége ou prolonge la vie. 11 mourut à Paris en 1832, après avoir avec son frère visité la Bretagne et la Normandie, et passé quelques jours aux eaux de Bagnols. Le docteur Datniron avait reçu, vers r 4820,1a décoration de la Légion d'honneu en com- pensation de la croix de la réunion que les traités de 1815 avaient supprimée
  • Nicolas DESGALLARDS : et non Pierrsh eu latin Gailasitss, ministre de Cenève, fut envoyé à Londres en 1:?? pour y établir une Eglise française, et assista en 1561 au colloque de Poissy. L'F.glise de Genève rasait piété à celle de Paris pour cette circonstance. Il était ministre de l'Eglise d'Orléans en 1564. « Cals in, dit Bayle, le considéw rait beaucoup, et eu était si considéré qu'il trou« sait en lui un copiste. « On a de Desgallards : 1° Commentarii in Exodurn cum textu biblico, Genèse, f 560 2° Assertio de divina Christi filii Dei essentia advenais Neo- Arionos, Orléans, 1588 *. S'il faut en croire Du v erdier, Desgallards attrait traduit cet onvrage en français sous le titre de Défensede la divine essence de J.- C., fils de Dieu, contre let nouveau . x. Ariens, Lyosi, 1;i66 L'exemplaire porté au catalogue de la bibliothèque nationale est en latin, et le titre donne Desgallards pour auteur. 3* Une traduction latine de la briee'e instruction pour armer tout bon fidèle contre ka erreurs dee Anabaptistes. t° Une taduction latine du petit Traité du mème auteur sur la rechrrche des reliques. : i° Quelques autres traducti?ns du mènie auteur indiquées par Bayle. Desgallards est auteur de la Préface mise à la tète du V,ureau Testament dans l'édition de la Bible de Lits in donnée chez Conrad Badius, 1561 (hi croit qu'il a trasaillé avec Bée : i l'Histoire ecclésiastique des Églises réformém; mais ce qui le recommande à la postérité est son édition de St. (renée, que Fabricius n'a pas dédaigné de mentionner dans se• notes sur St. Jérôme, et qui parut taxis ce titre : D. Irentri episcopi Lugdunensis opera, seu libri quinque adersus portentasas hœretes l'a. Lentini et aliorum. accuratitit ( rani antehac emrndata ; additis gracia quo, reperiri potuerunt, opera et diligentia Nicolai (; albuii, und cura ejusdein annotationibus, Paris, 13i0
  • Nicolas DESMARETS( 1725) : physicien, naquit, le 16 septembre 1725, à Soulaines, petit bourg de Champagne , d'une famille palme. Sa première éducation fut si négligée qu'à quinze ans il savait à peine lire. 11 perdit alors son père ; et son tuteur, censeillé par le curé du lieu, le plaça pensionnaire au collège de l'Oratoire à Troyes. Ses progrès furent si rapides que ses maîtres le dispensèrent bientôt de payer une pension que son tuteur n'acquittait qu'avec beaucoup de peine. Leur intérêt le suivit hors du collège où il venait d'achever ses études ; à son départ ils le recommandèrent à leurs confrères de Paris. Desmarets trouva dans le produit de ses leçons, comme répétiteur de mathématiques, des ressources pour suivre ses cours de physique, de chimie et de mécanique appliquées aux arts. Il participa dans le même temps à la ré- daction du Journal de Verdun. En 1753, il rem- porta le prix à l'Académie d'Amiens sur la question relative à l'ancienne jonction continentale de l'Angleterm à la France ; et dans son mémoire il se décida pour l'affirmative , non d'après de simples hypothèses, mais sur des faits positifs. Ce succès lui mérita l'estime de d'Alembert, et, par suite, la protection de Turgot, de Malesherbes, de Tel tdaine, qui s'empressèrent de lui fournir les moyens de cultiver son goût pour les sciences. De 1757 à 1759, il fut chargé par Trudaine de visiter les principale fabriques de draps pour recueillir les meilleurs procédés, et préparer des règlements propres à donner un plus grand développement à cette branche d'industrie. Ce fut d'après les renseignements fournis par Desmarets que Duhamel rédigea l'Art du drapier dans la collection de l'Académie des sciences. En 1761, il visita les fromageries de Lorraine et de FrancheComté, dont le gouvernement désirait introduire les procédés en Auvergne, et rapporta des notes qui lui servirent plus tard à ré- diger, pour l'Encyclopédie méthodique, l'Art de fa- briquer des fromages. La même année, il accom- pagna Boulin, alors intendant de Bordeaux, dans la visite qu'il fit de sa généralité, pour en connaître les besoins, et préparer les éléments d'un cadastre de la Guienne. En 1762, il fut nommé par Turgot inspecteur des manufactures du Limousin, et quelques années après il publia , sous le titre d'Ephé- mérides, une statistique de la généralité de Limoges, remarquable par sa précision et par la justesse des aperçus. En 1763, chargé de visiter les papeteries de l'Auvergne, il profita de l'occasion pour étudier le PuydeDôme, et reconnut, dans les colonnes de basalte qui forment la base de cette montagne , le produit des volcans qui jadis ont bouleversé la surface de cette province. Il soumit cette découverte à l'Académie, et partit en 1765 pour l'Italie avec le duc de La Rochefoucauld. Les deux voyageurs rencontrèrent le basalte dans les monis Euganéens, à Radicofani, à Bolsena, à Montefiascone ; mais partout ils observèrent en même temps les traces des érl iptions volcaniques. Pendant son séjour à. Rome, où Desmarets poursuivit ses études minéralogiques jusque dans les musées, au rand effroi des conservateurs, il se lia étroitement avec Winckelmann, qu'il avait même décidé à faire le voyage de France . En 1768, il fut envoyé dans la Hollande pour examiner les machines et décrire les procédés employés dans les papeteries; il y retourna dans le même but en 1777; et cette double excursion eut tout le résultat qu'on en de- vait attendre pour le perfectionnement des papeteries françaises. Adjoint au mois de janvier 1771 à l'Académie des sciences, il fut, la même année, chargé de l'inspection des manufactures de Champagne, et fit ensuite lever et graver sous ses yeux par Pasumot une carte minéralogique des montagnes de l'Auvergne sur une trèsgrande échelle. Mais, désirant toujours la perfectionner, il n'en donna des épreuves qu'à quelques amis, et n'en livra longtemps après au public que les fragments nécessaires à l'intelligence de ses mémoires. Le contrôleur général des finances s'avisa de trouver, en1781,que la place d'inspecteur des man u factures était incompatible avec les fonctions d'académicien. Desmarets, qui, toujours occupé de recherches scientifiques, n'avait pas eu le temps de songer à sa fortune, l'ut donc réduit, après tant d'utiles travaux, au chétif traitement de membre de l'Académie. Il supporta cette disgrâce inattendue avec le calme d'un homme qui ne connaît d'autre besoin que celui de l'étude ; niais ses amis tirent valoir ses droits, et il ne tarda pas à être attaché comme inspecteur à la manufacture de Sèvres. Ce fut d'après ses conseils que Tolosan , alors prévôt des marchands de Lyon, y fit venir, en 1787, d'Angleterre plusieurs métiers à tricot , qui furent distribués aux fabricants. En 1788 le roi nomma Des- Dans les Lettres familières de Winckelmann on en trouve ?luotre adresséeS Desmarets, du I 4 juillet 1766 an 2 t février 1767. r79arets inspecteur général, directeur des manufac- ms de France. Il en exerça les fonctions jusqu'en 2, qu'il fut jeté dans un cachot ; et, malgré son évouement constant au bien public, il n'échappa que par miracle aux égorgeurs de septembre. Déjà membre du bureau de consultation des arts et métiers, créé par Louis XVI, il fit partie de la commission temporaire qui sauva de la destruction tant de monuments précieux, sous le règne de la terreur. Plus tard il accepta, quoique septuagénaire, la place de professeur d'histoire naturelle à l'école centrale de la Seine. Lorsque son grand âge le força de renoncer à l'enseignement, il n'en conti- nua pas moins d'être utile par ses conseils aux fabricants et même aux simples ouvriers, dont il préférait la conversation à celle des savants, parce qu'il les jugeait plus exempts de tout esprit de système. Son éloignement pour la dispute l'empêcha de prendre aucune part à celles que fit naître entre les géologues son opinion sur la nature du basalte. Il avait fait dans sa jeunesse presque tous ses voya- ges à pied, vivant de pain et de fromage , accos- tant de préférence le mineur, le forgeron, le ma-çon, qui lui apprenaient toujours quelque chose. Cette vie actise et frugale contribua beaucoup à le faire jouir d'une santé inaltérable. Régulier dans l'emploi de ses journées , il poussait cette régularité jusqu'à la minutie. « Personne, dit Cu\ ier, ne « se sommait de lui avoir vu changer la forme « de ses Nètements, et, jusqu'à ses derniers jours, « sa perruque et son habit ont rappelé à peu près « les modes en usage sous le cardinal de Fleury. » Cet homme respectable mourut le 28 septembre 1815, âgé de 90 ans. Son Éloge a été prononcé par M. Silvestre à la société d'agriculture , et par Cuvier à 1' ‘- cadémie des sciences en 1818, le même jour qu'il y prononça celui de Werner , le plu› illustre des adversaires de Desmarets. Les unissions nombreuses et les fonctions publiques dont il a presque constamment été chargé ne lui ont pas laissé le loisir de se livrer à des travaux d'une cer- taine étendue. Si. l'on en excepte son Dictionnaire de la géographie physique, Desmarets n'a guère publié que des opuscules ou des mémoires disséminés dans les journaux scientifiques, dans les recueils de l'Académie et de l'Institut, ou bien enfin dans l'Encyclopédie méthodique, dont il fut un des plus utiles collaborateurs. Nous nous bornerons à citer 10 Une édition améliorée des Expériences physico- mécaniques de Ilauksbée , qui mérita l'honneur d'être mentionnée dans les Mémoires de l'Académie des sciences, année 1754 ; — une édition du Louguertunia ; plusieurs articles dans l'Encyclopédie de Diderot et d'Alem- bert, et des notes avec Darcet sur les Questions na- turellesdeSénèque, traduction de Lagrange. 2° Dis- sertation sur l'ancienne jonction de l'AJigleterre à la France, Amiens, 1153 3° Éphémérides de la généralité de Limoges, 1765Con- jectures physico- mathématiques sur la propagation des secousses dans les tremblements de terre, 1766 50 Mémoire suries principales 10a11i pulat ions qui sont en usage dans les papeteries de Hollande . Réimprimé séparément, Paris; 1774 6° Mémoire sur l'origine et la nature du basalte à grandes colonnes polygones, détermi- nées par la nature de cette pierre observée en Auvergne . Dans ce mémoire, qui est le premier titre de Desmarets comme géologue, il confirme tous tes aper-çus de Guettard sur l'existence des volcans en Auvergne ; mais, au lieu de trois cratères, il en indique soixante. Après avoir démontré que le basalte, dont on attribuait la formation à la mer, est une production volcanique, il démontre que cette pierre est une roche granitique ou nu porphyre plus ou moins altéré par l'action du feu. Ce fait important, qu'il a eu le bonheur de découvrir et de constater, suffit, suivant l'expression de Cuvier, pour garantir à son nom une durée égale à celle dont jouissent les noms des plus illustres académiciens. 7° Mé- moire sur les prismes qui se trouvent dans les cou- ches horizontales des environs de Paris . Sur la consti- tution physique des couches de la colline Mont mar- Ire . — Sur la détermination des trois époques de la nature par le produit des volcans . — 8° l'Art de construire le métier à bas, — celui du cartier; — celui du cartonnier; — celui de conserver et de faire cuire les chdtaignes; — celui de fabriquer les fromages ; — celui de fa- briquer le papier. Ce dernier a été réimprimé séparément en 1189 9° Le Dictionnaire de géographie physique de l'Encyclopédie méthodique, 17984 828, 5 V ol . avec un atlas de 48 caties. Cet ouvrage a été continué et mis au niveau de la science par MM. Bory de StVincent, Doin, Ferry et Huot. IO' Carte de la partie volcanique du dépar- tement du Puy- de- Ddrne. Cette carte, l'un de ses ous rages les plus recommandables, a été publiée en 1823 par son fils, M . AnselmeGütan Desmarets, de l'Académie des sciences
  • Nicolas DESMARETS : élève et neveu de Colbert, fut d'abord maitre des requêtes, ensuite des finances . En 1702, il remplaça Rouillé du Coudray dans l'une des deux places de directeurdes finances créées par Louis XIV, en 1701. Enfin, le 27 février 708, Chamillart lui remit le contrôle général des- finances. Colbert était mort en 1683, et déjà il avait eu quatre successeurs. Lepelletier créa des édits bursaux et des charges nouvelles : ce furent ses seules ressources. Il se démit 11 volontairement, en 1680, et fut estimé sans être re- gretté. Pbelippeaux de Pontchartrain prit l'administration dans les temps les plus orageux. Louis XIV avait six armées sur pied. Les dépenses étaient prodigieuses. On créa des charges sans nombre, on eut recours à de nouvelles impositions, et déjà l'édifice élevé par Colbert, fondé sur le crédit et Fur la confiance, et qui paraissait inébranlable, menaçait ruine de tontes parts. Chamillart, honnête homme et mauvais ministre, remplaça Pontchartrain, en 1699. Louis XIV avait alors presque toute l'Europe contre lui. Les assignations du trélitor royal sur les revenus publics, données par anticipation, l'usage des billets de monnaie, fabriqués sans mesure, l'abus de toutes les ressources, le défaut de remboursement aux échéances, le MOU\ , ce qui fait près Oe 4 milliards au cours actuel. Les revenus de la couronne, sur lesquels on anticipait depuis long- temps, étaient consommés plusieurs années à l'ït- v ance. Toutes les richesses du royaume étaient Passées ou dans les pays étrangers, ou entre les mains des partisans. Les troupes n'étaient point payées ; le soldat avait à peine des souliers. Quoique l'ouverture de la campagne de Flandre approchât, il n'avait été fait aucune disposition pour le, vivres, pour les remontes, pour les recrues. 11 n'? avait point d'argent à l'épargne, et l'on ne pouvait plus compter sur les emprunts. Desmarets s'oc- cupa d'abord de reconnaitre les dettes de l'État, et les papiers dont le discrédit avait fait resserrer les espèces, et rendait les paiements impossibles. avait su ranimer la confiance et rendre à l'argent sa circulation. Tout prenait déjà une face nouvelle, lorsque le terrible hiver de 1709 vint rendre plus pénible le fléau d'une guerre longue et malheu- reuse. Desmarets eut le talent de toujours substi- tuer habilement de nouveaux moyens, lorsque les premiers s'usaient ou s'affaiblissaient. Les deux charges de directeurs des finances, dont il possédait l'une, et d'Armenonville l'autre, furent supprimées. Ces charges avaient coûté chacune 800,000 livres. 11 rétablit le crédit et ranima le mouvement dans toutes les branches Où il était éteint. Il restait pour la valeur de 72 millions de billets de monnaie dans les caisses royales ou dans les mains des particu- liers. 11 crut que le meilleur fllÙYCfl de les retirer était la refonte des espèces. 11 fit rendre, au mois de mai 1709, un édit, statuant que ceux qui apporteraient aux changes et aux hôtels des monnaies cinq sixièmes en espèces anciennes ou réformées, et un sixième en billets de monnaie, recevraient tout argent comptant, et que les billets de monnaie seraient biffés en leur présence. La sagesse des opérations de Desmarets, sa droiture, sa prudence et son courage mirent la France en état de rejeter les propositions humiliantes des conférences de Gertruydemberg . La paix d'Utrecht avait mis un ternie aux agitations de l'Europe. Desmarets médi- tait les moyens de réparer les désordres que de grandes secousses et de longs malheurs avaient dans l'administration des finances, quand cette administration lui fut ôtée dans le commencement de la régence . Cinq ans s'étaient à peine écoulés, lorsqu'en 1720, Desmarets avait déjà eu six successeurs. StSimon le représente comme un « homme de bon sens, mais « lourd et lent, parlant avec assez d'agrément ; « dur, emporté et dominé par une humeur intrai- « table. » Voltaire, après avoir dit que ce ministre était « zélé, laborieux , intelligent, » ajoute : « « fut immolé à la haine publique, et ses succes- « seuls le firent regretter. » Il mourut en 1721, laissant un fils qui devint célèbre, le maréchal de Maillebois. Desmarets fit imprimer un Mémoire sur l'administration des finances, depuis le 20 février 1708 jusqu'au ter septembre 1715. La première édi- lion de ce mémoire, plusieurs fois _réimprimé, est de 1716 On le trouve,aussi dans les Annales politiques de l'abbé de StPierre. 11 prouve, dit l'auteur du Siècle de Louis XI V, que Desmarets « avait des talents, une grande modestie, et des « intentions droites. On peut le regarder comme « modèle de la manière simple, noble, respec- « tueuse et ferme, qui convient à un ministre « obligé de rendre compte de son administration. « Il y parle avec friinchise des opérations injustes « en ellesmêmes, auxquelles il a été forcé par le « malheur des temps, pour prévenir de nouveaux « malheurs et de plus grandes injustices . » L'auteur du Financier citoyen prétend que les calculs de ce mémoire sont presque tous faux dans Lenglet Du fresnoy Jetrouive très- curieux. « Il vient, ditil, .de main de maître ; mais il n'a « pas tout dit
  • Nicolas DÉYEUX( 1753 - 1837) : chimiste habile et pharmacien instruit et scrupuleux, qui, du choix du docteur Corvisart, devint pharmacien de l'empe- reur. Dans un art fertile en substitutions journalières et fort exposé à toutes sortes de fraudes, Déyeux s'était fait une grande réputation d'exac- titude et de probité. Il avait composé, avec le célè- bre Parmentier , Sur le lait, un savant mémoire qui fixa l'attention des chimistes de l'empire. Son talent en fait d'analyses l'avait placé à un rang élevé parmi les pharmaciens de son temps, et ce fut sans étonnement qu'on le vit nommer profes- seur de pharmacologie à la Faculté de médecine, puis membre de la section des sciences de l'Institut. Il publia quelques Analyses d'eaux minérales, une en particulier, fort remarquable pour l'époque, des eaux de Passy. Il était au rang des professeurs qui furent exclus de l'école de médecine après l'émeute scandaleuse du 18 novembre 1822 ; mais il se consola aisément d'une destitution imméritée qui, si elle retranchait de ses rentes un traitement annuel de 12,000 francs, le dispensait, par compensation, de l'ennuyeux assujettissement de répéter souvent les mêmes choses. 11 refusa de rentrer dans sa chaire, 'rede- venue libre en 1830. Jouissant dès lors d'une entière liberté, la seule chose qui jusquelà eût manqué à son bonheur, il quitta presque entièrement son hôtel de la rue de Tournon pour sa maison confortable de Passy) où il vécut encore de longs jours, honoré de l'estime publique. Né à Paris vers 1753, il mourut à Passy le 27 avril 1837. 11 a eu pour successeur à l'École de médecine M. 3.B. Dumas et à l'Institut M. Th. J. Pelouze
  • Nicolas DIOT( 1744) : évêque constitutionnel de la Marne, naquit à Reirns, le 4 janvier 1744, de parents peu aisés, qui, aidés de quelques personnes bienfaisantes, parvinrent à lui donner de l'éducation. ll se distingua pendant le cours de ses études par les plus heureuses dispositions. Plusieurs discours, qu'il eut occasion de prononcer, lui méritèrent des éloges et la protection de Desaulx, chancelier de l'université de Reirns, auquel il témoigna sa reconnaissance par quelques vers assez bien tournés , et que Desaulx communiqua à l'abbé Batteux, son ami. Cet académicien les trouva aussi fort bons, et il conseilla•au jeune poëte de venir à Paris : Diot ne demandait pas mieux ; il partit, et à son arrivée dans la capitale en 1769, Batteux le fit entrer chez Pignon, fermier général, pour y être précepteur. L'évêque d'Auxerre, qui fréquentait cette maison, en fit son secrétaire. Diot resta peu de temps dans cette place, le caractère et les manières de l'évêque ne lui convenant. pas ; toutefois, il en obtint un canonicat, qu'il permuta contre la petite cure de StBrice, village à une lieue de Reims. 11 y resta depuis 1771 jusqu'en 1786. A cette époque il fut pourvu d'un canonicat de la collégiale de StSymphorien, qu'il ne garda qu'un an, et qu'il permuta encore pour la cure de Yendresse, où il se trouvait quand, en mars 1791, les électeurs du département de la Marne le proclamèrent leur évêque. 11 prit aussitôt possession du palais archiépiscopal, qui était encore richement meublé, dans le même état que l'archevêque l'avait laissé ; et il adressa au clergé une lettre pastorale. Le 14 juillet, jour anniversaire de la prise de la Bastille, il célébra pontiflealement la messe sur un autel de la patrie, élevé à l'entrée des promenades de la ville. Le 2 octobre, il donna un mandement dans lequel les prêtres insermentés étaient injuriés d'une manière scandaleuse. « Lévites sé« ducteurs ou séduits, disaitil, dont le fanatisme « couvre de honte t'ordre sacerdotal, et fait à la « religion une plaie peut-ètre irréparable sous le « faux prétexte de défendre la foi qui n'est point « attaquée, et d'éviter un schisme qui n'existe pas, «mu dont ils sont les seuls coupables. Les verra« ton encore longtemps. résister aux lois les plus « saintes, manquer.à leurs devoirs les plus sacrés, « faire trafic d'impostures et de calomnies ; semer « la, discorde , souffler la rébellion, appeler la « guerre, et, d'anges de paix qu'ils devraient être, « devenir des perturbateurs et des ministres de « mort! » L'évêque de la Marne ne jouit ni longtemps ni en paix des honneurs de sa. prélature. Après les massacres de septembre 1792 et d'autres événements déplorables en 1793, quelques prêtres constitutionnels levèrent le masque et livrèrent euxmêmes à la dérision et à l'opprobre leg débris du sanctuaire qu'ils avaient profané, et Diot fut réduit à un tel point d'avilissement qu'il donna, le 9 novembre 1793, dans sa cathédrale, la bénédiction nuptiale à l'un de ses grands vicaires, qui épousait sa cousine ; et il le félicita de ce qu'il se mettait audessus des préjugés en alliant aux [ une- lions du sacerdoce les douceurs de l'hymen. Peu de jours après, toutes les églises furent fermées, et les prêtres qui s'y trouvaient encore cessèrent toutes fonctions. Diot, fort embarrassé, prit part aux fêtes impies, à toutes les profanations de ce temps; enfin il composa des couplets qui furent chantés dans les saturnales du culte de la Raison. 11 se vit bientôt contraint néanmoins de quitter Reims, et se retira dans le village de Champigny, où il resta jusqu'en 1795, après la chute de Robespierre. Alors l'évêque de la Marne essaya de reprendre ses lbnctions; et il adressa un mandement aux fidèles de son diocèse , en invitant et pressant même les catholiques qui rejetaient sa communion de se réunir à lui. Les prêtres catholiques repoussèrent ses offres et exercèrent leurs fonctions au nombre de vingt dans la même église, mais à des heures différentes. Bientôt les prêtres constitutionnels cessèrent euxmêmes de le reconnaître. Se voyant ainsi abandonné et méprisé, Diot, obligé encore une fois de quitter Reims, alla s'établir curé de VilleenTardenois, à quatre lieues de cette ville. Toutefois ses fonctions épiscopales n'étaient pas encore tout à fait finies. En juillet 1797, il tint Reims un synode pour la nomination des députés au concile dit national, qui eut lieu à Paris au mois de septembre suivant. Le 9 novembre 1800, il sacra dans la cathédrale un curé de Dunkerque pour occuper le siége que Fénelon avait illustré . En avril 1801, il tint un autre synode pour adhérer au décret de pacification, publié audit concile national le 24 septembre 1797. Les catholiques du diocèse de Reims lui répondiredt par une lettre imprimée, sous le titre de Réponse des catholiques à la Lettre, prétendue pastorale , du citoyen Nicolas Diot . Le 31 décembre 1802, Mot mourut à Reims dans un état voisin de la misère, n'ayant pour tout bien que la tenue des livres d'un fabricant, son titre d'évêque constitutionnel, qu'il ne voulut jamais quitter, et ses habits pontificaux, qui décoraient encore sa chambre quand il rendit le dernier soupir
  • Nicolas DONIS : moine bénédictin du monastère de Reichenbach en Allemagne,,florissait dans le milieu du 15° siècle. Il fut à la fois bon théologien, astronome et géographe. Trithème nous apprend qu'il existe de lui des lettres écrites avec élégance à divers personnages; mais il est principalement connu par son travail sur la géographie de Ptolémée et les cartes dont il l'a accompagnée. Jac. Angelus avait, en l'an 1410, traduit cet ouvrage sur l'original grec, ou revu l'ancienne traduction. il dédia ce livre à Alexandre y . On l'imprima, Dans le beau manuscrit latin de la lahotbilne nationale, avec la dédicace, à 'Vicence en 1475 : c'est la première édition du géographe grec qui ait paru, mais elle était sans cartes. Cependant il existait dans les manuscrits de la Géographie de Ptolémée, des cartes qui avaient été dressées dans le 5e• siècle par Agathodémon d'Alexandrie. Doni les vit, et entreprit de les refaire. Il y joignit trois cartes modernes pour l'Italie, l'Espagne, la Scandinavie et la France. Il revit et corrigea la traduction de Ptolémée par Angelus; il composa un index pour tous les lieux dont il est question dans cet ancien géographe, en indiquant pour chacun d'eux les principaux traits de l'histoire ecclésiastique qui les concernent. Enfin, il ajouta encore à l'ouvrage de Ptolémée un abrégé de géographie dans le genre de celui de Solin, ou un traité sur les Merveilles et les lieux célèbres du Monde, de Locis ac bus mundi. Doni envoya en 1468 une copie degon ouvrage au duc Borso d'Este : ce travail fut généralement admiré. Marsilio Ficino en fait un grand éloge dans une lettre écrite à Frédéric, duc d'Urhin. Donis, encouragé par ce succès, augmenta et perfectionna son ou rage, et en présenta au pape Paul II, en 1471, une copie plus correcte, accompagnée de 32 cartes. Dans le Ptolémée, imprimé à Bologne, et qui porte par erreur la date de 1462 , et dans celui dé Rome de 1478, que l'on considère communément comme la première édition avec cartes , on parait avoir profité du travail de Donis; mais les auteurs ne le citent pas. Ceci nous porte à croire que le beau manuscrit latin de Ptolomée de la bibliothèque nationale, n° 4802, et qui renferme la traduction de Jac. An- geins, avec des cartes semblables à celles de Donis, est postérieur au travail de ce dernier, c'est-àdire à 1471 ; cependant à la page 123, il est dit que Pe- Il existe un manuscrit de ce Premier travail de Donis avec la dedicace à Borsa d'Este, 'a la bibliothèque nationale , 4495. mais, à la vérité, il manque dans plusieurs exemplaires, ainsi que Pinilex des noms de lieux. 11 est rare aussi de trouver des exemplaires avec toutes les cartes. Enfin, il y en a de tirées sur vélin qui diffèrent dans quelques lignes de ceux qui sont imprimés; mais dans l'édition de 1486, on a dressé pour les deux cartes modernes de la Scanie et de la Dacie des tables de longitude et de latitude pareilles à celles de Ptolémée, et on les a insérées au texte de l'ouvrage du géographe grec. Le de Locis ac lflirabilibus mundi a souvent été réimprimé dans diverses éditions de Ptolémée faites à Home et ailleurs, sans qu'on ait eu soin d'avertir qu'il était de Donis, et on a de même copié ses cartes modernes. D'après ce que nous venons de dire, il parerait que Donis serait le premier auteur moderne qui aurait composé des cartes géographiques graduées; les porlulans manuscrits, qui lui sont antérieurs, ne portent point de graduation, mais seulement des rhumbs de vents. Mais il existe à la bibliothèque nationale un trèsbeau manuscrit grec, no 1401, que les auteurs du catalogue , considèrent comme étant du 14C siècle : les cartes qu'il renferme sont graduées, d'une exécution supérieure à celles de Donis, et semblent avoir servi de type à celles du Ptolomée de 1178, gravées par Buckinck : ce sont les mêmes couleurs et le même genre cle dessin. 11 n'y a point de cartes modernes dans ce manuscrit, et on trouve à la fin une apostille oit il est dit que les cartes sont celles d'Agathodémon. Cependant nous ne pensons pas qu'il existe aujourd'hui aucun manuscrit connu qui nous représente les cartes qu'Agathodémon avait composées. 11 paq rait que ces cartes n'étaient autre chose que les positions, placées d'après la longitude et de latitude indiquées dans l'ouvrage qu'elles accompa gnaient, sans aucune configuration des pays. Voici comme Donis s'exprime à ce sujet dans sa préface : « Dans les plus anciens exemplaires grecs ou « latins de la géographie de Ptolémée, on ne peut « distinguer sur les cartes ni les climats, ni la po- « sition, ni les formes des îles, des États, des ports, « des fleuves et des montagnes. Je les ai donc mar- « gués et entourés par des lignes, afin qu'on pet « les distinguer facilement , mais « seulement tous ceux que Ptolémée a décrits. J'ai « dessiné chaque chose selon sa forme et ses véri- « tables dimensions. J'ai ajouté , en faveur des « hommes studieux, les cartes modernes de l'Es- « pagne, de l'Italie, et même de la Scanie, de la « Norwége, de la Dacie et des îles adjacentes , « dont ni Ptolémée, ni Strabon, n'ont donné la des- « cription ; de manière que je vous soumets, tout « ce qui est entouré par les eaux de l'Océan, afin « que vous puissiez contempler l'univers qui doit « tomber à vos pieds et être soumis à votre puis- « sauce. » WR. Il ne parle pas de la France, qui cependant se trouve dans l'édition de 1482.
  • Nicolas DORIGNY( 1657 - 1746) : fils et frère des précédents, peintre et graveur, naquit à Paris en 1657. Après avoir suivi le barreau et s'être fait avocat, Dorigny quitta la robe pour se livrer à l'étude du dessin et de la peinture. Enfin, entraîné irrésistiblement vers la gravure, il se livra tout entier à la culture thi cet art. VOtilânt: étudier Id dein à fond d'après les prothictiens des; grands inaltres„ il entreprit le s.oyage d'Italie; out il séjourna vingthuit ans. De retour dans sa patrie; il fut appelé à Londres en 1711, pour y graver les célèbres cartons de Raphaël qui sont au château d'Hamptoncourt. Dorigny revint en 1719, revêtu, par Georges 1, roi d'Angleterre, de la dignité de chevalier. En 1725 l'Académie de peinture de Paris lui ouvrit ses portes, et le réent professent. Ses principaux ouvrages sont : St. Pierre guérissant les boiteux à la porte du Temple, d'après le Cive; le Martyre de St. Sébastien, d'après le Dominignin; la Coupole de l'église de SteAgni, en '7 planches, d'après Clro Feri ; la Vierge et l'enfant Jésus, d'après LutIbert' ; St. Bernard reçu dans l'ordre de Citeaux, d'après Joseph Passari ; l'Adoration des rois, d'après Carle Maratte; /a Mort de Ste. Petronille, d'après le Guerchin, et St. Pierre Marchant sur les eaux, d'après Lanfranc. Mais, de toutes les productions de cet artiste, /,.:! Descente de croix de Daniel de Volterre ; les Car- tons d'Hamptoncourt, et surtout la Transfiguration. Sont les plus estimées; cependant, si l'on peut re- piocher aux traductions récentes de ce chefd'oeu- vre de la Mollesse et de la rondeur, on peut à juste titre reprocher à Daim d'avoir mis de la manière et de la dureté dans la sienne. Dorigny avait un travail savant, facile, mais il n'approche cependant pas de la grâce, du moelleux et de la correction de Gérard A udean, qui, jusqu'ici, a conservé le sceptre de la gravure dans le genre de l'histoire, avantage qu'Edelinck seul pourrait prétendre de partager avec lui. En général les hachures de Dorigny sont raides, et trop larges dans les fonds. Il ne mettait pas assez d'exactitude dans ses tètes et ses mains, lesquelles cependant sont touchées avec esprit, Mais peut-être plutôt dans le sien que dans celui des maîtres qu'il traduit. Il mourut à Paris en 1746, dans un âge fort avancé
  • Nicolas DORTOMAN( 1500 - 1596) : né dans la ville d'Arneim, en Hollande, au commencement du I 6e siècle, tudia la médecine à Montpellier, et y reçut le bonet de docteur. Peu de temps après, une chaire tant venue à vaquer dans cette école célèbre, il y , it appelé par le suffrage unanime de ses maîtres. 'envi IV le nomma son médecin ordinaire, et ne essa de lui donner des marques de confiance. Une 3Ill'CC d'eaux minérales, sitnée à quatre lieues de tontpellier, au village de Balaruc, attirait la foule es malades du temps de Dortoman. Ce professeur' If le premier qui détermina la qualité, les pro-, riétés médicinales de ces eaux, et qui enseigna la nanière de s'en servir. Son ouvrage est intitulé Causis et Afrectibus thermarum Bt1, Ittc narum r, rco inteivallo a Mon, pelliensi orbe distantiunr, ibri duo, Leyde, 1579 Dortoman n'a point té, comme quelques biographes l'ont dit, premier lédecin de Charles IX et ensuite de Henri IV. Le tre d'archiater, que prenaient les médecins ordi- aires des rois, a pu donner lieu à cette erreur. .es premiers médecins prenaient celui d'archi- trorum cornes. Dortoman mourut à Montpellier n 1596
  • Nicolas DOXAT( 1682 - 1738) : naquit à Yverdun en 1682. Dès l'âge le plus tendre il manifesta une si grande ardeur pour l'état militaire, que ses parents lui donnèrent i me éducation conforme à. ses goûts. 11 avait à peine dixhuit ans lorsqu'il s'engagea dans un régiment hollandais, commandé par son oncle, le brigadier Sturler ; il y resta trois ans, et son engagement expiré, il retourna dans sa patrie afin de se fortifier dans les connaissances qui lui manquaient. Doxat obtint en 1707 une souslieutenance dans les gardes de l'électeur palatin; il suivit en Flandre l'armée des alliés, se distingua dans plusieurs affaires, et particulièrement au siége de Lille en 1708. Ses talents, plus connus de ses chefs, lui firent délivrer la commission de lever le plan des différents siéges qui avaient eu lieu dans les cam- pagnes de 1'709 et 1710. Il continua à se faire re- marques. par son courage et sa capacité dans les af- faires où il se trouva. Son mérite ne resta pas sans récompense; il devint successivement lieutenant, adjudant capitaine de cuirassiers et ingénieur du prince Eugène, auquel il rendit de grands services. Enfin il reçut encore le brevet de lieutenantcolonel et de lieutenant quartiermaitre de l'armée. C'est en cette qualité qu'il fit la campagne de 1717, contre les Turcs, et qu'il se troua à la fameuse journée de Belgrade. Ayant suivi en Sicile le géné- rai comte de Merci, il reçut à la bataille de Fran- cavala une blessure à la cuisse, qui le rendit boi- teux pour le reste de ses jours. Le prince Eugène le chargea de fortifier Belgrade d'après les plans qu'il avait communiqués au conseil. Doxat fut nommé, en1/ 22, colonel d'infanterie, directeur des fortifications du royaume de Servie, avec des pouvoirs très-étendus. lin témoignage de la satisfaction que méritaient ses travaux, on lui délivra le brevet de généralmajor, et l'almée suivante, en 1134, il ' fut chargé d'une mission importante , en Suisse. Ayant achevé sa négociation, et se trouvant dans sa patrie, il demanda d'y finir ses jours. Le prince Engène lui répondit que l'empereur avait encore besoin de lui, et qu'il exigeait qu'il se rendit à Belgrade. Doxat obéit à cet ordre. Ses deux protecteurs vinrent à mourir; des envieux qui ne pouvaient lui pardonner ses succès et ses talents, parce qu'il était étranger, cherchèrent tous les moyens de le perdre : ils y réussirent. Le comte de Palfi, général de l'armée destinée à agir contre les Turcs, en 1737, voulut que Doxat fist chargé du commandement de l'avantgarde. La ville de Nissa ayant été réduite, on lui en confia la défense; mais axant d'avoir pu réparer les fortifications il fut attaqué par des forces supérieures. Le général ottoman le fit sommer de rendre la place aux mêmes conditions auxquelles elle avait été livrée. Doxat proposa et obtint une suspension d'armes jusqu'à ce qu'il eut reçu les ordres du maréchal de Seckendorf, qui était à Sabatz. Des cet intervalle, le pacha de Sophie, arrivé avec un renfort, déclara que si la reddition n'avait pas lieus dans le jour il passerait la garnison au fil , de l'épée. En vain la capitulation lui futelle opposée, il ne voulut rien entendre. Dans une pareille extrémité, Doxat fit assembles' les officiers de la garnison, (pli tous, vu l'urgence, opinèrent de rendre la place, qui n'était pas tenable. Cette affaire qui, d'après les lois de la guerre, n'était nullement répréhensible, fut portée au conseil de l'empereur, qui n'ayant aucun égard aux mémoires •ustificatifs envoyés par Doxat, aux supplications des généraux qui intercédèrent en sa faveur, au npmbre de ses sen ires et de ses blessures, le condamna à mort, le 17 mars 1738. La sentence fut mise à exécution trois jours après. Doxat entendit son jugement avec résignation ; il mourut avec ce cou-- rage qu'il avait tant de fois montré dans les com- bats
  • Nicolas DRABICIUS( 1597) : fils du bourgmestre de Strassnitz en Moravie, naquit dans cette ville vers l'an 1597, et devint en 1616 ministre à Draholuss. En 1029, les édits sévères rendus contre les protestants l'obligèrent à se retirer à Lednitz, en Hongrie. BientAt il se dégoûta des fonctions ecclésiastiques, épousa la fille d'un marchand de drap, ouvrit une boutique, s'adonna à la boisson, et prit insensiblement des habitudes toutes séculières. Ses confrères, scandalisés de son relâchement , voulurent le faire suspendre de ses fonctions. Pour conjurer l'orage, il s'amenda, contrefit l'inspiré, et feignit d'avoir des révélations : la première date du 23 février 1638. L'esprit lui annonçait que de nombreuses armées venues du Nord soumettraient la maison d'Autriche; pie d'autres, parties de l'Orient, seraient commandées par le prince Ragotski. Il lui était enjoint, de plus, d'annoncer à ses frères que la puissance divine vengerait leur injure, et les rétablirait dans leur pays. Malgré ces prédictions, les impériaux obtinrent plusieurs succès sur les réfugiés, et s'emparèrent de la ville de Lednitz, où Drabiciiis s'était retiré. Le prophète, irrité, é,crivit à Ragotski, POUF le sommer d'attaquer les Autrichiens, le menaçant de la colère céleste et d'une ruine totale qui n'épargnerait pas même mingenten ad pari etem Le prince ne tint compte de ces menaces, et resta dans l'inaction jusqu'à sa mort, arrivée en 1652. L'esprit avait nommé pour coadjuteur du prophète, J. Amos Comenius, autre fanatique . Ce dernier parvint, en 1654, à faire réintégrer Drabicius dans ses fonctions ; il fit même imprimer ses prophéties, mais n'osa pas d'abord les distri- huer. Cependant les événements démentaient de plus en plus ces prédictions, et la maison d'Autri- che résolut enfin de se délivrer du soidisant illuminé. 11 fut arrêté en mai 1671, conduit à Presbourg, puis à Vienne, où les tribunaux le condamnèrent à mort. Après de vaines instances pour lui faire désavouer ses prophéties, on lui coupa la tête et la main droite, qui furent brûlées avec un exem- plaire de ses oeuvres, et ses cendres furent jetées dans le Danube. Cette exécution se fit à Presbourg, le 17 juillet 4671 . Le lendemain on ordonna, sous peine de mort, à tous les possesseurs du livre précité, d'en rapporter les exemplaires entre les mains de la justice. Les révélations de Drabicius, jointes à celles de Christophe Kotter et de Christine Poniatove, ont été traduites en latin par Comenius luimême. En voici le titre exact : Lux in tenebris, hoc est prophetia donum quo Deus Ecclesiam , sub tempos horrendce ejus in Evangelio persecutionis, extrema'- que dissipationis, ornare ac paterne solare digna- tus est, submissis, de statu Ecclesice in terris prcr- senti et rnox futur°, revelationibus verè divinisanno 1616, osque ad annum, 1656, etc., 1657, hi-4°; 4665, in4°, 2 vol. . Ce recueil a eu d'autres éditions, et n'en est pas moins rare .- Jean Feler publia contre ces rêveries, Ignis fatuus Nicolai Drabicii ; J.D. Koeler a publié une disser- tation de Drabicio, Altdorf, 1721 11 existe un programme sur le même sujet, de Casp. Jencher, Wesel, 1746; on peut aussi consulter l'Histoire de la folie humaine, par Adelung, t. 2. D. L. Chr. Recht a publie en allemand une Notice détaillée de deux éditions de ces prophéties dans lé liestische Hebopfer, t. 5, p. 75 et suivantes.
  • Nicolas DUBOIS DE RIAUCOURT : conseiller d'État du duc de Lorraine, et intendant de ses armées, fut envoyé en Espagne, en 16i, avec le dée d'une Notice sur M. Dubois, et comprend no planches relatives au Bourg, à la Collégiale, el au Chàteau de Nencihel. La 2' partie t'enfermera les antiquites celtiques et romaines, . avec Atlas historique pour la Suisse romande ; et la 5' Offrira les sceaux, les medailles, et les monnaies de Neuclettel, dessines par Dubois avec une rare perfection. Les planches gravees de la première ?artie laissent beaucoup à desirer quant à leur exécution. — Outre les ouvrages que puas avons déjà titis, on doit à Dubois de Montperreux les opuscules suivants : Geog? osliche R•? eleungere ilbet- Lithauen, insere dans le t. 6 des Aechie fer m ineralogie, geognosie, du docteur Karsten, Berlin, 1854, ; 2" Krear8i011 aux rapides de t'Araxe, dans tes Nouvelles annales des colites. Paris,8:,16 ; Lettres sur les principaux phénomènes géol4i- ques du Caucase et de la Crimée, atiressees à M. Élie de mont, Paris, 6 nui 18•7, et inserves dans le Bulletin de la Société géologique de France, reunien extraordinaire à Alençon, septembre 1857, avec une plato.lw. Des Tumulus, del des : Vantelles et des Remparts de la Russie occidentale, en trois, articles, inseres dans l'Annuaire des voyages et de la géographie, Paris, Gèle, I ols et 1847; 5. Le. Chdleau de Pounié, •?i- sode de l'histoire de Lithuanie, insert") dans la Revue suisse, na- ment de septembre 18f6; La Bataille de Grandson, impri,„, dans le ettheilungen der Zarischenantiquarischen Gesellschaft ; t. 2 ; et quelques manuscrits sur la collegiale de Payerne etsur l'eglise de Roma qui scruta publies probablement, avec les dessins qui les accompagnent, dans la ev partie des monuments de Neucleltel. Voyage autour du Caucase, etc., etc. leprofesseur Charles Godet, et M. Brossct , que j'ai déjà marquis du Châtelet, pour solliciter la liberté do duc Charles IV . Il s'acquitta de cette commission importante avec beaucoup de zèle; cependant le duc ne rentra dans ses États qu'après le traité des Pyrénées. Dubois a publié l'Histoire de l'emprisonnement de Charles IV, dite de Lorraine, Cologne, 1688 Don Calmet, et les commentateurs de Moréri, qui l'ont copié, se sont trompés en distinguant cette Histoire des Négociations faites en cour d'Espagne pour lai iberté de Son Altesse Dubois a laissé manuscrits plusieurs autres ouvrages relatifs à l'histoire de Lorraine
  • Nicolas DUCHEMIN( 1500 - 1565) : né à Provins vers le commencement du 16' siècle, était fils d'un graveur en caractères. 11 suivit l'état de son père, et se distingua particulièrement dans la gravure , la fonte des caractères et l'impression de la musique. On lui doit: 1° Missce modulatce sans date : c'est un recueil fort rare de messes mises en musique par Goudimel, par Orlande Lassus, Philippe de Mons et autres compositeurs de son temps, à l'exemple des collections de messes publiées par Michel Thouloze ; 20 plusieurs recueils de Chansons spirituelles avec les airs notés ; 3° des psaumes avec la musique ; 40 l'Art, science et pra- ticque de plaine musique, et de l'institution musi- , très- ut i le, profitable et familière, nouvellement composée en français sans date (I 556‘. On croit que Duchemin cessa de vivre en 1365
  • Nicolas DUMONT( 1500) : né à Saumur, flans le III. siècle, exerça la pKessi?n de c.rreetenr d'Unprinierie à Paris. C'était ni' t•èshabile granitliai•ien ; il savait le geec, le latin, et réunissait des connaissances très-étendues dans dill'érentes pa•ties. Lacroix du Maine en parle a‘ec de grands Mais on doit remarquer qu'il avait pris soin do l'impression de biblii ihbllt•. Il avait composé plusieurs petites pièce, historiques, qui sont dei cimes tellement rares qu'?lles ont échappé aux recherches de Fi.vret de rontette. On en trou- liothiqiip. (t Lacroix du Maine. Il a Ivailttit en Franeais les Histoires dive•-,, CO: et h., ries tirs Empereurs romains, par Atireliiis Victor. I.es ripe des Empereurs ont (t( itreilnéeS ?I l'ails, en 157.7. 'mie l'Histoire de fuctit,, traduite par Se? 'sel. On ignore l'ép?que de la mort de Dumont ; il aurait mérité une place dans ta 'enturia illustrium rorreelnrum de Zellne•
  • Nicolas DUPONT : grammairien instruit , sur lequel on n'a que des renseignements incomplets, se fit recevoir, en 1698, avocat an parlement de Paris , et, sans le'prliger le travail du cabinet, chercha dans les lettres une utile distraction. Honoré de l'estime de l'abbé Bignon, ce fut à sa demande qu'il composa l'Essai,. sur lu manière de traduire les lumps prnmex français en latin, Paris, 1710 Ce petit ouvrage est fort curieux ; suivant l'abbé Goujet, c'est un des livres qu'il faut lire au moins une fois . On connaît encor de lui : Examen critique du d'orthographe de l'abbé Regnier- Desmarais, Paris, 1813 Dans cet écrit, dit le même critique, il y a des remarques dont on peut profiter, et que Replier n'aurait lias dû négliger. Au surplus, son système tend à rapprocher l'orthographe do la prononciation, et a déjà été réfuté plusieurs fois
  • Nicolas EHRENSKIO( 1674 - 1728) : amiral suédois, né à •Abo, en Finlande en 1674 , entra de bonne heure dans la marine, mais ses premières actions ne sont pas connues. On sait seulement qu'en 171 il commandait comme contreamiral une flotte de in gt vaisseaux de ligne et quelques frégates , dans les eaux de Finlande, lorsque Pierre I" parut dans les mêmes parages avec trente vaisseaux de ligne , quatre•vingts galères, cent chaloupes canonnières et 20,000 hommes à bord. L'amiral Apraxin avait le commandement en chef, le czar, sur l'a% is, à ce qu'on prétend, du sénat, s'en étant désisté pour servir comme contreamiral. Les deux flottes se rencontrèrent au mois d'août, à la hauteur des îles Aland, et le combat s'engagea. Les Suédois , quelque inférieurs qu'ils fussent en force , se défendirent pendant trois heures, et endommagèrent plusieurs bâtiments de la flotte russe avant que celleci obtint la victoire. Le czar s'était attaché principalement au vaisseau que montait l'amiral Ehrenskio, et parvint à s'en emparer. Cette victoire, la première que les Russes 1emportaient sur mer, fut célébrée à StPétersbourg de la manière la plus solennelle. Pierre se rendit ensuite au sénat, tenant l'amiral suédois par la main, et demanda aux sénateurs s'ils le trouvaient digne maintenant de commander en chef ? Il n'y eut qu'une voix pour applaudir le monarque et le proclamer viceamiral. Ehrenskio fut traité avec oistinction par le vainqueur, qui rendit justice à ses talents et à son courage. 11 n'obtint cependant la liberté de retourner en Suède, qu'à la conclusion de la paix, en 1721. Lorsqu'il partit de StPétersbourg, Pierre lui fit présent de son portrait richement orné Peu après son retour, Ehrenskio l'ut nommé viceamiral et directeur de l'amirauté. à Carlscrona, où il mourut à la fin de 1728. 11 avait des connaissances profondes en physique, en géoMétrie, en astronomie. Pendant son séjour à StPétersbourg, il fit plusieurs instruments, parmi lesquels on distingua surtout un astrolabe universel, dont il parut une description clans les Acta litteraria Succice , 1723
  • Nicolas ELLAIN( 1534 - 1621) : né à Paris en 4534, s'appliqua d'abord à l'étude du droit, et se fit recevoir avocat au parlement. Au bout de quelques années, il renonça à la jurisprudence pour étudier la médecine, acquit en peu de temps la réputation d'un praticien habile, et mourut en 4621 doyen de la faculté de Paris, à l'âge de 87 ans. Ellain avait du goût pour la littérature, et il a cultivé la poésie avec quelque succès. On a de lui : 1° des Sonnets, Paris, 1561 L'abbé Goujet trouve du naturel et de la facilité dans sa versification ; 2' Discours panégyrique à Pierre de Gondy, évêque de Paris, sur son entrée dans cette ville, ibid., 1570 Cette pièce est en vers ; 3° Ad cardinalem Rettensem nuper pileo cardinalitio donatum, carmen, ibid., 1618 Le seul ouvrage de médecine qu'il ait publié est un Advis sur la peste, Paris, 1606 réimprimé en 1623 avec celui d'Antoine Mizauld, intitulé : Divers Remèdes et Préservatifs contre la peste. Ws.
  • Nicolas ENGELHARD( 1696 - 1764) : naquit à Berne le 3 septembre 1696, et s'appliqua avec succès aux mathématiques et à la philosophie. Après avoir fait un voyage en Hollande, il fut nommé profes- seur de mathématiques à l'université de Duisburg, en 1723. Cinq après il devint professeur de la même science à Groningue, où il mourut le 10 juillet 1764. Outre plusieurs dissertations, il a publié des Remarques sur la physique de Mus- schenbron, en 1'738 ; des Institutions de philoso- phie, en 1732 ; l'Othon Groninganum, etc
  • Nicolas FABRIS( 1739 - 1801) : habile mécanicien d'Italie et prètre de l'Oratoire , mort le 15 août 1801 , à Chioggia , où il était né en 1759, commença d'abord par travailler avec son frère l'abbé François Fabris, moins célèbre que lui, à l'analyse et à la classification des étres marins de l'Adriatique. L'étude des mathématiques, qu'il entremèlait à ce travail, se combinant avec son goût pour la musique , lui fit faire de tels progrès dans la science théorique et même pratique de cet art , qu'il nié- • ita d'être consulté en plusieurs discussions qui y qvaient rapport. Il inventa pour l'harmonica de ranklin un pianoforte avec un registre et des °Liches, comme encore une table de progressions larmoniques , pour accorder promptement et fa.ilement, sans avoir besoin d'organiste, les instruments à clavier. Parmi les autres inventions, assez nombreuses , qu'il fit dans le mène genre , fut celle d'un clavecin au moyen duquel les notes frappées par les touches étaient en inique temps écrites par elles : expédient déjà tenté avec quelque succès . On lui dut aussi une petite machine fort simple, par les ressorts de laquelle une main de bois battait toutes sortes de mesures. Son talent en mécanique ne se borna pas aux choses musicales. Il imagina un genre de tonneau dans lequel l'air ne pouvait s'introduire à mesure qu'on le vidait , parce que sa cavité diminuait dans la iuèine proportion que le vin qui y était contenu. Il trouva le moyen d'écrire aussi vite que la parole la plus précipitée sans abréviation et sans rature. La recherche du mouvement perpétuel l'occupa ; et il imagina pour le trouver une espèce de pendule sans rouages, sans contrepoids : le seul artifice de l'aimant en était le moteur. 11 construisit encore une horloge (111i marquait, dans le rapport le plus exact , les heures italiennes et les heures françaises, avec les minutes et les secondes respectives ; les équinoxes et les solstices y étaient intime indiqués. Son penchant naturel pour la tnéca- nique ne le détourna cependant point des études théologiques. Ses supérieurs le jugèrent digne d'enseigner les jeunes élèves de la congrégation; l'évèque (le Chioggia le choisit pour son conseil ; et il prècha méme avec succès la religion qu'il pratiquait avec exactitude. — Son frère acné , Joseph t'ABRIS , médecin , fut le premier à mettre en système la botanique de sa patrie et à en répandre la connaissance de concert avec son compatriote Barthélemi Bottari
  • Nicolas FALCUCCI( 1200 - 1411) : ou NICOLAS DE FLORENCE, célèbre médecin que la plupart des biographes ont confondu avec son compatriote le savant Nicolas Niccoli , était né vers le milieu du 15e siècle, d'une des plus illustres familles de la Toscane. Nourri de la lecture des ouvrages d'Ilippocrate, de Galien et d'Avicenne , il obtint dans l'enseignement et dans la pratique de son art une réputation très-étendue. Ses contemporains le surnommèrent le Divin. Ce titre fut la récompense des services qu'il avait rendus à sa patrie et à l'humanité. 11 mourut en 1411 , et fut inhumé de Florence, où ses ancêtres avaient leur sépulture. Un de ses descendants y fit rétablir en 1615 son épitaphe : elle est rapportée dans les Elogi deyli illustri uomini toscani, t. 5, p. 15; niais c'est par erreur que la date de sa mort y est indiquée en 1•12. On a de Falcucci : Sermones medicinales septal?, Pavie, 1174 , édition originale. Cet ouvrage a été réimprimé plusieurs fois dans le 15° et le 17e siècle. Le premier traité concerne l'hygiène; le second, la thérapeutique; le troisième , les organes dont le siége est dans la tète; le quatrième, les organes internes; le cinquième, l'estomac et ses fonctions ; le sixième , la génération; et enfin le septième, la chirurgie et ses principales opérations. C'est donc, comme on voit, un cours complet de la doctrine médicale au commencement du 15e siècle , et sous ce rapport seul cet ouvrage mériterait déjà l'attention des praticiens. Les différentes parties dont il se compose ont été publiées plusieurs fois séparément , à l'époque où il servit comme de base à l'enseignement dans les plus célèbres facultés de l'Italie. Haller reproche à Falcucci d'avoir reproduit la plupart des opinions des médecins arabes, sans les modifier ou les rectifier comme il l'aurait pu par ses propres expériences ; mais il n'en considère pas moins la lecture de cet ouvrage comme trèsutile aux jeunes médecins. Portal , dont le jugement est ici d'un si grand poids, partage l'avis de Haller . Indépendamment de ce cours de médecine, on doit à Falcucci : Commentaria super apliorismos Hippocratis , Bologne , 1522 ; Liber de medica materi a , Venise , 1555 , et enfin un opuscule sur les fiévres , inséré dans le recueil De febribus opus aureum , Venise, 1576 La bibliothèque impériale possède de ce grand médecin quelques manuscrits dans lesquels il est mal nommé Nicol. Falcone. Mais c'est par une grave erreur qu'on lui a longtemps attribué Antidotarium Nicolai . Cet ouvrage est de Nicolas , médecin de Salerne, qui vivait au moins un siècle avant Falcucci, puisqu'il en existe à la bibliothèque de Florence un manuscrit, sous la date de 1270 ( voy. . 1aVie d'Ambroise le Camaldule ou Traversari , par Mehus , en tète de ses Lettres, p. 25; la Storia della letteratura italiana de Tiraboschi , etc
  • Nicolas FALLET( 1746 - 1801) : fils d'un chapelier de Langres, naquit dans cette ville le FI septembre 1746; envoyé à Paris pour y travailler chez un procureur, il y arriva avec le souvenir d'une passion malheureuse et une trèsgrande répugnance pour la procédure ; aussi au lieu de s'occuper de procédure, il fit des vers et se lia avec Duruflé et Gilbert. Les poésies de Fallet appartiennent généralement à l'école de Dorat. Il mourut à Paris le 22 décembre 1801. On a de lui : Mes Prémices, 1773 recueil de poésies; le Phaéton, poème héroïcomique en six chants, imité de l'allemand de Zacharie , 4775' reproduit en 1776; 5° les Aventures de Chœréas et de Callirhoé, trad. du grec, 1775-76, huit cahiers formant un volume, réimprimé en 1784; 4° Mes Bagatelles-, ou les Torts de ma jeunesse, recueil sans consé quence, Londres et Paris, 1776 on y re trouve le poème de Phaéton; 5° De la Fatalité, épître précédée d'un discours sur quelques objets de la littérature et de la morale, 1779 6° l'ibère et Sérénus, tragédie en cinq actes et en vers, 1782 A la première représentation de cette tragédie, un des spectateurs entendant dire qu'elle était de Fallet, répondit : Eh bien, fallait pas faire ça. » Ce calembour fit presque tomber la pièce, et elle n'eut que dix représentations ; cependant on en fit une seconde édition, 1783 Le ThéàtreItalien lui accorda meule les honneurs de la parodie , en jouant le Tibère, parodie de Tibère et Sérénus, par M. Radet. La tragédie de Fallet n'a jamais été reprise; elle est oubliée depuis longtemps; Grimm et la Ilarpe s'accordent pour ne pas en faire l'éloge. Les auteurs du petit Almanach des grands hommes disent : , Paris, 1783 Cet ouvrage, représenté à Fontainebleau le 12 septembre 1783, n'y eut point de succès; on dit même u qu'il n'y avait pas un seul plat de passable dans ces deux soupers, » Cette pièce, remise en deux actes, fut représentée à Paris sur le Théàtrettalien le 8 mai 1784 , sous le titre de : les Deux Tuteurs. Fallet avait donné sur le même théàtre, le 2G août 1786, les Fausses Nouvelles, opéra comique, dont Champein avait fait la musique , et sur le ThéâtreFrançais, le 49 juin 1788, une tragédie en cinq actes et en vers, intitulée Alphée et Zarine . Le sujet des Fausses Nouvelles n'était autre chose que le Double veuvage de Dufresny ; la pièce de Fallet n'était qu'en deux actes. Il a travaillé pendant quelque temps à la Gazette de France, a fourni des articles au Journal de Paris, des poésies à l'Almanach des Muses; enfin il a coopéré au Dictionnaire universel, historique et critique des mœurs, lois , usages et coutumes civiles , 1772, 4 vol. Costard en avait rédigé un volume et demi, Fallet en rédigea un demivolume , et Contant les deux derniers
  • Nicolas FARET : un de ces auteurs médiocres qui durent toute leur célébrité aux satires de Boileau. Chacun se rappelle ces vers : Ainsi' tel autrefois qu'on vit avec Faret Charbonner de ses vers les murs d'un cabaret, et beaucoup de personnes, prenant à la lettre ce trait épigrammatique , ont pensé que Faret était un ivrogne. Il ne haïssait pas les plaisirs de la table, niais il ne donnait dans aucun excès , et il était même d'assez bonne compagnie. 11 dit à ce sujet dans un de ses ouvrages , « que la commodité de son nom , qui rimait trop bien avec cabaret , a était en partie cause de la réputation de buveur que les poëtes du temps, entre autres StAmand , a son ami , s'étaient avisés de lui faire. » Faret , né à BourgenBresse , languit quelque temps à Paris sans pouvoir trouver de l'emploi. Ayant fait connaissance avec Boisrobert, qui était alors en crédit, il entra comme secrétaire chez le comte d'Harcourt, à la fortune duquel il eut l'honneur de contribuer. On raconte que le cardinal de Richelieu , sentant la nécessité d'abaisser la maison de Lorraine, dont l'orgueil et le pouvoir lui portaient ombrage, suivit le conseil que Faret lui fit donner par Boisrobert , et sema habilement la division dans cette illustre famille, en comblant de biens les princes cadets au préjudice de la branche aînée. Par ce moyen , le comte d'Harcourt se vit promptement élevé aux premiers emplois , et il ne fut point ingrat envers l'adroit secrétaire à qui il était redevable de cette rapide fortune. Faret était lié avec Vaugelas, qui lui avait d'abord rendu le service de le produire dans le monde, et envers qui il se comporta, dans la suite, de la façon la plus généreuse. II fut également l'ami de Molière le tragique , de StAmand dont il a été parlé plus haut , et surtout de CoMeteau. Pélisson nous le représente sous les traits d'un gros homme de bonne mine, qui avait les cheveux châtains et le visage haut en couleur; nous ne voyons pas trop ce que le portrait , ou plutôt le signalement d'un mauvais écrivain en prose et en vers peut avoir ; 5. Préface audevant des oeuvres de StAmand , 4629; Honnête homme , ott l' Art de plaire à la cour , 1650 i"; 7" Poésies diverses insérées dans les recueils du temps. Faret fut membre de l'Académie française , à la fondation de laquelle il contribua beaucoup , et dont il rédigea même les premiers statuts
  • Nicolas FARIN( 1600 - 1675) : historien, né dans le 17. siècle à Rouen , embrassa l'état ecclésiastique , et ayant obtenu le modeste prieuré de NotreDamedeVal, partagea sa vie entre ses devoirs et la recherche des antiquités de sa ville natale. Il mourut en 1675. On a de lui : Histoire de la ville de Rouen, 1668 , 3 vol. Cet ouvrage est écrit d'un style simple et clair; les faits y sont rapportés avec exactitude; et l'on y trouve une foule de détails intéressants et curieux. L'édition qu'on vient il) Tous les bibliographes lui donnent le prénom de Fra. pis; mais M. Guilbert k nomme Nicolas, et l'on a dû croire qu'il était mieux informé que ses devanciers. de citer est devenue trèsrare; c'est pourtant la seule que les amateurs doivent rechercher. Les suivantes ont été retouchées par Jean le Lorrain , chapelain de l'église métropolitaine, mort en 1710, Rouen, 1706 et 1710, 3 vol. et par dom Ignace , chartreux de Rouen , réfugié à Utrecht, 1751 et 1738, 6 vol. ou 2 vol. Mais les nouveaux éditeurs, sous le prétexte de rajeunir le style un peu vieilli de l'ancien historien, et de retrancher de son ouvrage quelques faits qu'une critique plus éclairée ne pouvait admettre, lui ont enlevé ce caractère de bonhomie et de naïveté qui en faisait tout le charme. On doit encore à Faria : La Normandie chrétienne , ou l'Histoire chrétienne ; première partie contenant histoire des écèques qui sont au nombre des saints , Rouen , 1669 On trouve dans les Mémoires biographiques de M. Guilbert, t. 1, p. 431, une Notice sur Farin
  • Nicolas FATIO DE DUILLER( 1664 - 1753) : géomètre, naquit à Bâle le 16 février 1661. Il fut élevé à Genève, et reçu bourgeois de cette ville en 1678. Il demeura quelque temps à Paris et à la Haye, passa ensuite à Londres, et adopta l'Angleterre pour patrie. ratio donna de bonne heure des preuves d'un génie fécond et universel ; à dixsept ans il écrivit à Cassini une lettre qui renfermait l'essai d'une théorie pour la recherche . On trouve dans presque tous les numéros du Gentlemen's magazine, pour les années 1757 et 1738, des écrits intéressants de Fatio. Il y en a sur la parallaxe du soleil, sur la réfraction causée par l'at- mosphère de la lune , sur la gravitation universelle, sur les orbites stéréographiques, les centres de gravité et l'horlogerie. Il en est un surtout, dans le numéro d'avril 1738 , curieux par son objet. L'auteur imagine que les mouvements célestes se font à rebours; il donne un système rétrograde du inonde, et montre ses usages pour la navigation et l'astronomie. — FATio , géomètre , frère aîné du précédent , fut aussi membre de la Société royale de Londres. Il eut le savoir que donnent le travail et l'application; et privé du génie qui crée, il fut obligé de suivre les routes tracées , sans pouvoir s'en ouvrir de nouvelles. Il a fait quelques observations sur l'histoire naturelle des environs du lac de Genève; elles sont à la suite de l'histoire de cette ville, par Spon , encore diton que son frère y a une grande part
  • Nicolas FAULCON( 1200) : né en Poitou dans le 15e siècle, fut secrétaire de Jean Ilayton , de la famille royale d'Arménie ; il écrivit sous sa dictée, en 1305, une Histoire de l'Orient en langue vulgaire, et la traduisit en latin deux ans après. Cette traduction resta longtemps cachée dans la poussière des bibliothèques; mais Jean Molther s'en étant procuré une copie, la publia à Ilaguenau en 1529 elle fut ensuite insérée dans le Recueil de Grynîeus , Bâle, 1532-1i55 Reineccius en donna une bonne édition, avec des notes , Ilelmstadt, 1585 I", à la suite de l'ouvrage de Marc Polo , De regionibu. s- orientalibus . Enfin André Muller lit réimprimer ce recueil avec des corrections dans le texte et des additions importiuutes, Berlin, 1671 L'ouvrage de Ilayton est estimé pour les faits curieux qu'il renferme, et surtout pour l'exactitude des détails géographiques; il a été traduit , d'après la version de Faulcon , en flamand, en italien, en français et en anglais. On indiquera ces différentes traductions à l'art. My-1.0N. Le traducteur latin est mal nommé . tia/- mi dans quelques manuscrits ; La Croix du Maine, dans sa Bibl. française, le nomme Falcoin. Mol- Yossius, Muller, etc. , le nomment Falconi; mais Fabricius a trèsbien prouvé que son véritable nom est celui qu'on lui donne au commencement de cet article. La famille Faulcon subsiste encore à Poitiers, et a produit des imprimeurs distingués dans leur art
  • Nicolas FAVIER( 1500) : né à Troyes, dans le 16e siècle, succéda à son père dans la place de conseiller au parlement de Paris, et obtint dans la suite la direction des monnaies du royaume. On ne peut indiquer l'époque de sa mort , et c'est seulement par conjecture qu'on la place vers 1590. Favier est auteur des ouvrages suivants : 1° Figure et exposition des pourtraicts et dictons contenus és médailles de la conspiration des rebelles de France , opprimée et éteinte par le roi le 21 « mit 1572, Paris, 1572 Ce volume est rare et curieux. On y trouve l'empreinte de la médaille frappée par l'ordre de Charles IX, pour perpétuer le souvenir de la StBarthélemy. Elle a pour légende ces mots : Virtus in rebelles; et ceuxci : Maus excitavit juseltitiam ; 2" Discours sur la mort de Gaspard de Coligny, qui fut amiral de France, et de ses complices, Il„ 572 Cette pièce, qui est écrit&en vers, con- i :ent l'apologie du meurtre de Coligny; 50 Recueil pour l'histoire de Charles IX, avec l'histoire abrégée de sa vie, Paris, 1575 C'est, dit Lenglet Dufresnoy, plutôt un panégyrique qu'une histoire. Il y a dans le même volume des pièces de Belle- hforest et de Sorbin. On remarquera que Favier, qui montrait tant de zèle contre les protestants , avait deux neveux conseillers au bailliage de Troyes , qui furent chassés de cette ville en 1589, pour avoir laissé, paraître quelques penchants aux opinions dont leur oncle était l'enneini si déclaré. - FAVIER , pone français, qu'on croit de la même famille que le précédent, est auteur d'un peine intitulé : l'Adonis de cour, divinisé par douze Nymphes, Paris, 1614 C'est une allégorie à la louange de Gaston , frère de Louis XIII; il y a , diton , de l'invention dans cet ouvrage , et quelques morceaux écrits agréablement. - FAVIER assista , en qualité de procureur du roi, à la conférence de Coudray, qui avait pour objet de fixer les limites de la France d'après les bases arrêtées au congrès de Nimègue. Malingreau, procureur du roi d'Espagne, ayant publié un écrit dans lequel il prétendait prouver que la France exigeait au delà de ce qui lui avait été promis, Favier lui répondit avec beaucoup de force , et obtint ce qu'il demandait. Les Actes de , la conférence de Coudray, imprimés en 1681 contiennent plusieurs autres pièces de Favier. 11 a laissé en manuscrit un Traité de la Régale , conservé à la Bibliothèque impériale
  • Nicolas FEDERMANN : voyageur allemand, était né à Ulm en Souabe. 11 embrassa l'état militaire, et y acquit une expérience qui fit agréer ses services par les Welser, riches négociants d'Augsbourg, auxquels CharlesQuint concéda la province de Venezuela , dans l'Amérique méridionale, en payement des sommes qu'il leur avait empruntées. Devant en faire la conquête à leurs frais , ils s'engageaient à équiper quatre vaisseaux , à emmener des troupes espagnoles, et à construire deux villes et trois forts dans les deux années qui suivraient leur arrivée ; ils devaient, en outre, envoyer dans ce pays cinquante mineurs alterna mis. Federmann , nominé capitaine d'une compagnie de soldats espagnols et accompagné de mineurs , s'embarqua, le 20 octobre 1529, à SanLucar de Baramcda en Andalousie : le vaisseau fut poussé sur Lancerote, une des Canaries , où des Arabes, venus des côtes d'Afrique voisines, attaquèrent les Européens et leur firent des prisonniers au nombre desquels se trouvait Federmann. Sorti de captivité , il continua sa route, et atterrit à StDo'flingue , où déjà la population indigène était presque totalement exterminée, et enfin arriva près de Coro. Le gouverneur A. Dalfinger étant parti de cet établissement à la fin de juin 1530, Federmann le remplaça. « Me voyant, ditil, dans « la ville de Coro, avec beaucoup de troupes, sans « occupation, je me déterminai à entreprendre un « voyage dans l'intérieur , ou vers la mer du Sud, (C espérant y faire quelque chose d'avantageux. « Mes préparatifs terminés le 12 septembre, je me « mis en route avec cent dix Espagnols à pied et « seize à cheval , accompagnés de cent indiens qui « portaient nos vivres et tout ce qui était néces « saire pour notre subsistance ou notre défense. » Il est trèsdifficile de constater le point auquel Federmann et ses compagnons parvinrent , ni de reconnaltre les peuplades chez lesquelles il passa, la plupart n'existant plus aujourd'hui. En suivant sa marche aussi exactement qu'il est possible , on conjecture qu'ils s'avancèrent dans le S.-0., à peu près à cent cinquante lieues, jusqu'aux premiers contreforts des Andes. Parfois les Indiens se défendirent avec tout le succès que permettaient les moyens dont ils disposaient. Les Européens éprouvèrent des pertes assez fortes , et Federmann fut blessé. Ces échecs furent vengés cruellement sur les malheureux Indiens. Federmann, chargé d'un mince butin en or, revint vers la côte et la suivit jusqu'à Coro, où il rentra le 17 mars 1551 , et remit l'autorité entre les mains d'A. Dalfinger. La fièvre l'y retint jusqu'au 9 décembre ; alors il partit pour StDomingue, et , le 16 janvier 1532, débarqua heureusement à Séville. Il salua l'empereur, qui se trouvait à Medina del Campo. Enfin le 31 m'a il revit Augsbourg. Il y écrivit la relation de son voyage , la laissa aux mains de Jean Kiell'aber , son beaufrère , bourgeois d'Ulm, puis il alla de nouveau tenter la fortune en Amérique : ignore l'époque de sa mort. Sa relation parut en allemand, sous ce titre : Belle et agréable narration du premier voyage de Nicolas Federmann le jeune , d'Ulm , aux Indes ( le la mer Océane , de tout ce qui lui est arrivé dans ce pays jusqu'à son retour en Espagne ; écrite brièvement et divertissante à lire , Haguenau, 1557, Ce livre est curieux par les détails qu'il offre sur les Indiens, sur leurs moeurs et sur la manière dont on s'y prenait pour les soumettre : l'auteur s'exprime avec une naïveté qui gagne la confiance. Jean de Laet, dans son Histoire des Indes, parle de l'expédition de Federmann. L'ouvrage de ce dernier , devenu extrêmement rare, est omis dans les Biographies allemandes. M. Ilenri Ternaux l'a traduit en français , et l'a inséré dans le recueil qu'il a publié sous ce titre : Voyages, relations et ilémoires originaux pour servir à l'histoire de la découverte de Amérique, publiés pour la première fois en français, Paris,1837. Quant au second voyage de Feciermann , nous ignorons s'il a été imprimé ou Meillû écrit
  • Nicolas FERGOLA( 1753 - 1824) : professeur de mathématiques transcendantes à l'université de Naples, et membre de l'Académie royale des sciences de la même ville , naquit en 1753 , et mourut en 182i. H s'occupa spécialement de la géométrie des anciens. Voici la liste de ses principaux ouvrages, dont plusieurs ont été analysés dans les journaux du temps 1. Solutiones novorum quorunzdam problematum geo- metricorum , 1779 ; ; 4Øo Principi d'astro- nomia . Les problèmes des contacts , le théorème des côtés et les sections angulaires , le problème inverse des forces centrales, des problèmes sur les courbes, la théorie des lieux géométriques du deuxième ordre , ont été insérés dans le tome ler des Mémoires de l'Académie royale de Naples
  • Nicolas FERRAR( 1591 - 1637) : savant et pieux Anglais, fils d'un riche négociant , naquit à Londres en 1591 ou 159'2. Doué d'une mémoire forte et d'une précoce , à six ans il savait déjà par coeur des portions considérables de l'Ancien et du Nouveau Testament, de la Chronique d' Angleterre et du Martyrologe de Fox. A treize ans , on le plaça à l'université de Cambridge. a On reconnaissait sa a chambre , dit l'évêque Turner , à la dernière a chandelle éteinte la nuit , et la première Mitla mée le matin. » Mais sa constitution délicate se trouvant beaucoup affaiblie par tant d'application à l'étude , son médecin conseilla de le faire voya- ger, et il partit à la suite de la princesse Élisabeth, l'une des filles de Jacques le, mariée au comte Palatin. Ferrar quitta la princesse en Hollande et. alla seul visiter l'Allemagne. La peste faisait alors, à ce qu'il parait , des ravages dans ce pays. Lorsqu'il voulut passer en Italie , il fut en conséquence obligé de faire une espèce de quarantaine. C'était le temps du carme ; il le passa presque entière- ment sur une montagne couverte de thym sauvage et de romarin , dans l'abstinence et la méditation, ne descendant que rarement pour prendre ses repas , composés d'huile et de poisson. C'est là sans doute qu'il prit ou du moins fortifia le goût qu'il montra ensuite pour la vie solitaire et contemplative. Il alla ensuite à Padoue, où il étudiait la médecine , lorsque le faux bruit d'une persécution contre les protestants lui fit quitter le pays précipitamment. Il vint à• Marseille s'embarquer pour l'Espagne, et ayant reçu à Madrid des nouvelles inquiétantes sur sa famille , il retourna en Angleterre en 1618. Après la mort de son père, il se chargea de l'administration des affaires commerciales de sa maison , et y montra une aptitude qu'on n'aurait pas dù attendre d'un homme de son caractère. Nommé en 1624 membre du parlement , il réalisa l'année suivante son projet favori de s'éloigner entièrement du fracas du monde. Sa famille et quelques amis , partageant ses goùts et ses sentiments, se retirèrent dans le manoir de LittleCidding au comté de Huntingdon , et y établirent une école pour les enfants des deux sexes. Il était le médecin et le pasteur de ce petit troupeau ; de jeunes femmes, vêtues de noir , soignaient les malades et les vieillards. Ferrar se levait régulièrement à une heure du matin , et quelquefois passait toute la nuit dans son église. Il composa dans sa retraite des Traités sur diffé- rents sujets, des Dialogues , des ouvrages d' his- toire , des Fables et des Essais pour l'usage de sa famille ; des Harmonies des Evangiles , en anglais et en plusieurs autres langues , où il fut aidé mème , diton, par des femmes de sa congréga- tion . On a remarqué que le docteur Priestley, (1 On peut voir dans les Papiers relatif- 8 au monastère de Little- Gidding, par 5. Worthington , insérés à la suite des V diciœ antiquitatis Academiœ Oxoniensis, par Thomas Key, Ox- qui a fait aussi une harmonie des Évangiles, cent soixante ans après , a suivi la mime méthode que celle de Ferrai.. Cet dernier reçut souvent des visites d'étrangers et de personnages illustres notamment celle de Charles 1". Il fit briller sur la place où il voulait être enterré les romans et les pièces de théâtre qu'il avait conservés, et fit ensuite creuser sa fosse. En sortant d'une sorte d'extase qu'il eut peu de moments avant de mourir, il assura qu'il venait d'assister à une fête céleste. Il mourut le 5 novembre 1657. Ses admirateurs lui donnaient le surnom de Séraphique; mais il a dû être jugé plus froidement dans les temps modernes. Il fut enthousiaste , superstitieux sans doute , mais il ne fut pas intolérant. Son siècle et son éducation font son excuse. L'évoque Turner a publié une notice sur sa vie ; François Peck en a écrit une autre qu'il destinait à l'impression mais le manuscrit s'en étant égaré, M. P. Peckard, allié par un mariage à la famille •de Nicolas Ferrar , rédigea de nouveaux mémoires sur la vie de ce dernier , d'après les mêmes papiers originaux sur lesquels Peck avait composé sa notice. Ces mémoires ont paru en 1790
  • Nicolas ESCHIUS( 1507 - 1578) : né à Oostwick, près BoisleDuc, en 1507, après des études convenables, embrasa l'état ecclésiastique. Ayant reçu l'ordre de prêtrise, il alla à Cologne , où son savoir et sa piété lui valurent l'offre honorable de se charger de l'éducation du jeune duc de Juliers. La vie de la cour ne convenait aucunement au caractère d'Eschius ; les moeurs n'y étaient point exemplaires, et il lui eût été pénible d'ètre le témoin des désordres qui y régnaient. Il s'excusa d'accepter cet emploi, et préféra Il a été fait du discours contre Ctésiphon, adopté par les classes, de nombreuses éditions dont il est inutile de parler. Nous mentionnerons seulement l'édition avec notes , donnée par M. l'Ecluse, Paris, Delalain, 1821 et celle de M31. Panay et Durouchail , Paris , Lesage , 1523 — Parmi les éditions du Discours sur la couronne, nous en citerons une revus et corrigée par C. M. E., ancien professeur Paris, MaireNyon , 1827 ; une autre avec des notes et des analyses en Iran Sais par V. H. , Paris , Delalain , 1828 Les Harangues d'Ir: scene et de Démosthène sur la couronne ont été traduites par M. P.A. Plougoulm, Paris , Hachette, 1S34, grand On doit de plus une traduction des CEuvres complètes de Démosthène et d'Eschine à M.J.F. Stiévenart. On trouve enfin dans la collection des Classiques grecs de M. Didot une édition d'Esrhine, texte grec et version latine , due aux soins de M. traiter. E. D—s. gainage de Diest, et le gouverna jusqu'à sa mort. 11 forma divers autres établissements pieux. 11 mourut en 1578, âgé de 70 ans. Arnould de Jean, qui liai succéda dans la direction du béguinage de Diest , a écrit sa vie. On a d'Eschius : Exercices de piété, en latin , Anvers, 1565 et 1569 ils ont été traduits en flamand, et imprimés en 1715 avec la vie d'Eschius, traduite dans la munie langue ; 2. Isagoge ad vitam introversam capessend am, à la tète d'un livre intitulé : Templum anime, attribué à une sainte fille dont on ignore le nom, et publié par Eschius, Anvers, 1565 5,, la traduction du flamand en latin d'un Livre de spiritualité de cette méme fille , sous le titre de Margarita evangelica . Cette édition parut en 1545. Eschius estimait beaucoup ce livre, et se décida à le traduire , parce que l'édition flamande faite par le chartreux Loé'ritis était défectueuse. Il a été plusieurs fois réimprimé en latin , en français, en tlamandeten allemand
  • Nicolas ESPINOSA( 1500) : poifte espagnol , était né dans le 16' siècle, à Valence, d'une famille considérable de cette ville. Il partagea sa vie entre l'étude de l'histoire et la culture des lettres. Admirateur du génie de l'Arioste , il n'entreprit pas, comme l'ont cru quelques biographes, de donner une traduction du Ro/ and à l'Espagne, qui possédait déjà celle de Jérôme de Urrea ; mais dans un poëme qui est comme la continuation de celui de l'Arioste, il se proposa de venger ses compatriotes du soup-çon que l'auteur de la Chronique de Turpin a fait planer sur la loyauté espagnole, en attribuant la défaite de Roland à la ruse et à la trahison. Ce peme, intitulé La segunda parte del Orlando, con el rerdadero successo de la famosa batalla de Ronce- ralles, ruina y muerte de los doce pares de Francia, fut imprimé pour la première fois à Saragosse, en 1555 11 a été reproduit dans le même format, Anvers , 1557, et Alcala , 1559. Toutes ces éditions sont également rares; mais les amateurs paraissent donner la préférence à la première. Le peme d'Espinosa , comme celui de l'Arioste , est écrit en octaves; il a 55 chants. Dès la première strophe, l'auteur fait connaitre que son but est de célébrer les exploits des guerriers espagnols; et il annonce qu'il ne s'arrêtera point aux récits fabu- leux de Turpin. On doit encore à Espinosa la traduction en espagnol de l'abrégé de l'histoire de Naples, par Colenucio , Valence, 1565 Le traducteur vivait à cette date, mais on n'a pu découvrir celle de sa mort
  • Nicolas EVERARDI : en hollandais Klaas Everts, né à Grypskerke , en Zélande, a été un des meilleurs jurisconsultes et des magistrats les plus distingués de son temps. Après avoir fait de bonnes études à Louvain, il y fut crée: docteur en droit en 1493 , et il y professa luiméme cette science pendant quelque temps. En 1498, il passa comme juge pour les affaires ecclésiastiques à Bruxelles, fut nommé ensuite chanoine de la collégiale de StGui à Anderlecht, doyen de SteGudule de Bruxelles , conseiller de In cour supréme de justice des PaysBas à Malines, et enfin, en 1509, président de la haute cour de justice de Hollande et de Zélande , à la Ilaye. Il remplit pendant' dixhuit ans ce dernier ministère avec la plus honosaide réputation de talent et de probité. Ce fut par sa bouche qu'en 1515 CharlesQuint, qui n'était encore que prince royal d'Espagne, annonça aux états de Hollande son dessein de se faire inaugurer comte de Hollande , à Dordrecht. Ce prince le rappela ensuite à Malines, et il mourut dans cette ville, à l'âgé de 70 ans, en 1552, laissant huit enfants, dont cinq fils, qui tous ont été des hommes de mérite, mais parmi lesquels on distingue surtout le célèbre pete latin Jean Second , et ses deux frères Nicolas Gradius et Adrien Marius. Leurs productions poétiques latines ont été réunies dans le recueil intitulé : Trium fratrum telgarum poe- mata et effigies, Leyde, 1612. Nicolas Everardi est auteur de 1° Topica juris , sive loci arguntentorunt legaks , dont la première édition est de Louvain, 1516 et qui ont été réimprimés plusieurs Consilia sive responsa fiais, Louvain, 15M; Jacques Molengrave les a réimprimés avec des additions en 1577, et ils ont eu encore d'autres éditions
  • Nicolas EYMERIC : natif de G irone , entra dans l'ordre des frères prêcheurs, en 1331, à l'Age de 14 ans. Il devint le plus célèbre canoniste de son temps, et fleurit sous les pontificats d'Innocent VI et ses successeurs. Il fut fait inquisiteur général , en 1556 , par Innocent VI, et Grégoire XI le nomma son chapelain et juge des causes d'hérésie. Ce fut lorsqu'il occupait le second de ces emplois qu'il écrivit son fameux Directoire des inquisiteurs. Dans le schisme qui divisa l'Église par la double élection d'Urbain VI et de Clément VII, Eymeric s'attacha au parti de Clément, et suivit ce pape à Avignon. De retour dans l'Aragon, son caractère inflexible ne fit qu'augmenter le nombre d'ennemis qu'il s'était déjà attirés par l'intolérance d'un zèle exagéré. Mais l'ennemi le plus terrible pour lui, ce fut le prince Jean , fils de Pierre LX. d'Aragon ; ce roi l'exila enfin de ses États. Eymcric se réfugia alors à Avignon , où Clément VII le reçut trèsfavorablement. Il jouit constamment de la bienveillance de ce pontife , ainsi que de celle de son successeur, Benolt XIII , jusqu'à ce que , accablé par l'àge et les infirmités , il retourna dans sa patrie, où il mourut en 1599. Ses principaux ouvrages sont : Tractatus Ires de logica , de principibuS nalwralibus in I librum physicorum Arisiotelis ; J'ractoêus de potestate papali ; Tractatus coutres Universitatem Parisiensrm Dei ecclesiam impugnantem, ReSpOIPSi011eS ad X.11X quœstiones , etc. Mais parmi ces ouvrages et autres qu'il écrivit, celui qui fit le plus de bruit fut son Directorium inquisilorum, Barcelone, 1505; Rome , 1578 , avec les Scholies et les Commentaires de Puna, ibid., 1::i87; Venise, avec les Commentaires, 1596 . Ce livre est partagé en trois parties; la première et la deuxième sont consacrées à établir les pouvoirs des inquisiteurs contre les hérétiques et les fauteurs d'hérésies, et la dernière explique la manière de procéder contre eux. Le Directoire soumet les rois euxmêmes à son terrible tribunal. On voit , par les maximes extraordinaires répandues dans cet ouvrage , dans quel esprit l'auteur l'a composé , et l'on s'étonne On doit à l'abbé Morellet un bon abrégé du Directoire des inquisiteurs, sous k titre de Manuel des inquisiteurs à l'usage des inquisitions d'Espagne et de Portugal , etc. , Lisbonne , 1762 On y a joint une courte histoire de l'établissement de l'inquisition dans le royaume de Portugal. Le Manuel des inquisiteurs a été inséré en 1769 à la fin d'une nouvelle- édition de l'Histoire des inquisitions de l'abbé Goujet, 2 vol. E. Ds. qu'un homme doue: d'un véritable talent, peu commun alors, ait pu se laisser entraîner par un zèle mal entendu. Ce fut le trop fameux Torquemada qui le premier mit en pratique les horribles principes d'Eymeric, lors de l'établissement de l'inquisition en Espagne , en 1480 , sous le règne de Ferdinand et d'Isabelle. Heureusement les successeurs de Torquemada se désistèrent de son système de rigueur. Cependant, quelque redoutable que ce tribunal ait été dans son origine , il faut aussi convenir que l'Espagne lui est peut-être redevable de la tranquilltié dont elle a joui pendant que les guerres de religion ensanglantaient le reste de l'Europe. On a souvent accusé ce tribunal d'avoir nui au progrès des sciences et des arts , de même qu'on le représentait partout comme injuste , cruel et arbitraire ; cette accusation n'était peut-être pas alors dénuée de fondement. Ne voulant point passer les bornes que nous nous sommes prescrites, pour éclaircir ces points, nous engageons nos lecteurs à consulter M. Alex. de la Borde dans son Itinér. descr. de l'Espagne, t. 5, p. 1 et 22; et, sans entrer dans une discussion étrangère à cet article , plaignons ces temps de barbarie où la superstition et le fanatisme tenaient souvent lieu de religion , et réjouissonsnous de ce que , par le progrès des lumières , nous n'avons plus à redouter les bûchers de Torquemada , ni à frémir sur les terribles maximes d'Eymeric
  • Nicolas FERRETI : habile grammairien du 15e siècle, ouvrit à Venise une école qui fut fréquentée de toutes les parties de l'Italie, et publia plusieurs ouvrages qui ajoutèrent encore à sa réputation. Le recueil en a été imprimé à Venise en 1507 Cette édition , remarquable par la beauté de son exécution , est dédiée au doge Léonard Loredano. Parmi les opuscules qu'elle contient on doit distinguer celui qui a pour titre : De eloquentia lingue latine servanda in epistolis, et orationibus componendis prœcepta. On en connaît deux éditions séparées l'une de Forli, 1495, et l'autre de Paris, sans date. On ignore les particularités de la vie de N. Ferreti ; mais on sait qu'il mourut en *l53. — FERRETI , jurisconsulte, fils du précédent, naquit à Ravenne en 1480. Après avoir fait d'excellentes études sous la direction de son père , il fréquenta les universités d'Italie et fut reçu docteur en droit. 11 dut à son seul mérite des protecteurs puissants qui se chargèrent de sa fortune. Le pape lui conféra les titres de chevalier et de comte du palais de Latran , et l'empereur CharlesQuint le nomma intendant de la Pouille. Ferreti était doué d'un caractère affable ; il aimait la justice et la rendait avec impartialité. Aux qualités de l'honnête homme il joignait les vertus du chrétien. Plein de zèle pour le ma de la foi , il avait entrepris un ouvrage contre les protestants ; mais il mourut avant de l'avoir terminé, à SanSevero dans la Pouille, en 1517 ; il était alors âgé d'environ 60 ans. On a de lui 10 Consilia et traduira vain, Venise , 1562 2. De re et disciplina militari unicus tractatus , Venise , 1575 : cet ouvrage est trèsrare. Ferreti se proposait de le dédier à CharlesQuint; mais il mourut avant d'avoir pu exécuter son pro- jet, et ce fut son fils qui en resta chargé. On trouve en tête la Vie de l'auteur, par Jérôme Rossi , son compatriote et son ami ; 3. De jure et re mire, et de ipsius rei navalis et belli aquatici prœceptis legitimis liber, Venise , •579, IP. Suivant David Clément, cet ouvrage n'est pas moins rare que le précédent. 11 a été réim- primé dans les Tractatus magni universi ju, is, t. 1, Venise, 1584. On a inséré dans le mème volume deux autres opuscules de Ferreti , l'un De publicanis munerib- us et oneribus , et l'autre De duello. — FERRET' , frère du précédent , né à Ravenne en 1482 , embrassa l'état ecclésiastique et parvint par ses talents aux premières dignités de l'Église II fut d'abord pourvu de l'évêché de Milazzo en Sicile, gouverna ce diOtèse avec sagesse pendant plusieurs années, et fut ensuite titansféré ù Lavello au royaume de Yaples. Il se démit de cet évèché à raison de son geand Age , et mourut quelque temps après, en 1551. Cet illustre prélat, dit Tiraboschi , fut un écrivain infatigable , et il est peu de genres de littérature qu'il n'ait cultivés, comme le prouve le catalogue de ses- ouvrages publié par l'abbé Ginanni . Les opuscules qu'on a imprimés de Ferreti sont peu f ; mais on distingue parmi ses manuscrits des Alémoires relatiff à l'exarchat de lia- renne, un poënie sur la fondation de Rovigo , qu'on avait attribué par erreur à François Bansoni, et un autre De Hadria civitate. On peut consulter pour plus de détails la Bibliothèque des écrivains de Ravenne
  • Nicolas FITZ-HERBERT( 1550) : en latin Fierbertus, petitfils de sir Anthony et cousin de Thomas FitzHerbert, naquit en Irlande en 1550. Vers 157'2, il abandonna volontairement son pays et son patrimoine pour cause de religion , alla étudier la jurisprudence à Bologne, vint ensuite à Rome, et dès 1587 vécut dans la famille du cardinal Guillaume Man, chez lequel il demeura jusqu'à sa mort, arrivée en 1612. On a de lui les ouvrages suivants, imprimés à Rome : O Oxoniensis in Anglia Academice descriptio, 1602 ; 2. De antiquitate et continuatione eatholicce religionis in Anglia, 1608 ; 30 Vitoe cardinalis Alani epitome , 1608 Il avait écrit une vie plus étendue de ce cardinal, que des raisons d'État l'empêchèrent de publier. On lui doit une traduction latine (lu Garde° de J. della Casa, publiée avec le texte italien, 1595 ; Padoue, 1729
  • Nicolas FORTEBRACCIO : condottiere italien au 15e siècle, était neveu du fameux Braccio di Montoue. Après la mort de ce général , il commanda longtemps les troupes que Braccio avait formées et qui conservaient son nom. Fortebraccio servit les Florentins en 1429 contre Volterre et Lucques. Il passa ensuite au service du pape Eugène IV , puis, sur quelque mécontentement, il lui déclara la guerre en 14ï3.11 avait déjà conquis une grande partie de l'État ecclésiastique, lorsqu'il fut blessé (lems une bataille à Capo di Monte en 1155. Il expira peu de jours après
  • Nicolas FEUILLET : pieux et zélé chanoine de StCloud , se rendit célèbre dans le 17e siècle par ses prédications et par son zèle pour les conver- sions. Sa morale était sévère, et c'était par la voie étroite qu'il conduisait au salut ceux qui lui donnaient leur confiance. Ses discours étaient plutôt remplis d'onction qu'éloquents. Il parlait avec une liberté vraiment apostolique, même aux personnes les plus qualifiées, et ne craignait point de leur reprocher < i> ce qu'il trouvait en elles de répréhensible. Cette sainte hardiesse lui avait fait appliquer ces paroles du psaume 118 : et d'un mérite trèsdistingué , mais livré au libertinage et se faisant gloire de son incrédulité. Sa < i> mère, femme d'une vertu et d'une pi ém été inen- tes, souhaitait ardemment la conversion de < i> son fils. Il se trouva malgré lui , ou plutôt par une disposition de la Providence, entrain é en 1661 à un sermon que Feuillet prêchait à StNicolasdesChamps. Le sujet était la < i> fausse pénitence. 11 fut si vivement ému du ton et du discours du prédicateur, qu'il lui échappait des sanglots et qu'il répandit un torrent de larmes; il résolut de changer de vie et s'adressa à celuilà même dont les paroles avaient eu tant de pouvoir sur son esprit. Ce sage directeur lui fit lire le Nouveau Testament, lui enseigna l'humilité, la pénitence et la prière. Sa conduite devint aussi édifiante qu'elle avait été dissipée, et il mourut saintement dans un âge peu avancé. Feuillet a écrit l'histoire de cette conversion, imprimée pour la première fois en 1712, un vol. Dans ce volume, qui a été fort répandu et qui offre une lecture très-édifiante, se trouvent plusieurs lettres de Feuillet, et à la suite du volume une < i> Harangue du même à la reine d'Es- pagne, lorsque cette princesse partit pour aller joindre le roi nouvellement devenu son époux; enfin une < i> Lettre au duc d'Orléans. Le livre a eu plusieurs autres éditions, dans lesquelles on a le sermon de la . < i> fausse pénitence, qui avait converti Chanteau. Feuillet mourut à Paris le 7 septembre 1695, âgé de 71 ans. Son corps fut porté au cimetière de StCloud, et son portrait fut gravé par Edelink. C'est de cet homme apostolique que Boileau a dit : Et laissez à Feuillet réformer l'univers. Outre l'histoire de la conversion de M. de Chanteau, l'on a de Feuillet des < i> Lettres et une < i> Oraison funèbre de madame Henriette d'Angleterre, duchesse d' Orléans
  • Nicolas FILLEUL( 1530) : poète français, né à Rouen vers 1330, fit ses études à Paris avec assez de succès et se livra ensuite uniquement à son goût pour la littérature. Ou ignore l'époque de sa mort. Il a publié les ouvrages suivants : 1. le Discours, Rouen , 1560 C'est un recueil de' sonnets moraux , parmi lesquels il s'en trouve quelquesuns de trèsbons; 2" Achille, tragédie, Paris, 1564, in4°. Cette pièce avait été représentée au collége d'Harcourt, le 21 décembre 1563; elle manque d'action et se passe tout entière en récits ; les Théâtres de Caillou , Rouen, 1566 L'auteur a donné ce titre à son recueil , parce que les pièces qui le composent avaient été jouées à Gaillon , en Normandie , en présence de Charles IX et de toute la cour. Ce volume , qui est rare et recherché des curieux, contient les Naïades, Charlot, Thétis et Francine , églogues dialoguées; Lucrèce , tragédie avec des choeurs, et les Ombres, comédie en 5 actes et en vers. On ne peut rien imaginer de plus froid et de plus insipide que les quatre églogues. La tragédie de Lucrèce est un peu moins mauvaise, et présente quelque intérêt dans les dernières scènes. Les Ombres sont moins une comédie qu'une pastorale dans laquelle le poète célèbre le pouvoir de l'amour ; 4° la Couronne de Henri le Victorieux, roi de Pologne , Paris, 1573; On conne encore de Filleul la traduction en vers français d'un peme latin d'Angiello , adressé à Catherine de Médicis. Suivant Lacroix du Maine, Filleifl avait composé plusieurs autres tragédies latines et françaises; mais il est probable que ces ouvrages se sont perdus
  • Nicolas FLAMEL : écrivain libraire juré en l'université de Paris , est un des hommes sur le compte desquels s'est le plus exercée la crédulité publique. On ne connalt ni le lieu ni la date de sa naissance, car il n'est pas certain qu'il fût natif de Pontoise. On ne peut citer de lui que les actions relatives à son état , des acquisitions de maisons et de rentes, des procès, des fondations d'ceuvres pies, son testament et sa mort. Que disonsnous? Flamel est plein de vie: Paul Lucas l'a rencontré dans ses voyages ; il a encore six siècles à parcourir ; c'est, en un mot , un de ces heureux adeptes auxquels Dieu n'a pas dédaigné d'ouvrir les trésors de sa grâce infinie. Telles sont du moins les rèverics que débitent les philosophes hermétiques, et voici , suivant eux , comme il en advint. En 1557 , en 1557 , disonsnous, la Providence fit tomber entre ses mains un vieux livre tracé sur écorce d'arbre, XIV, qu'il acheta deux florins. Ce livre avait trois fois sept feuillets, était enrichi de figures peintes; il n'y avait pas jusqu'au couvercle qui ne fût chargé de caractères mystérieux. En tète on lisait Ilahraham , Juif, prince , prètre , lévite , astrologue et philosophe, à la nation des Juifs que l'ire de Dieu a dispersés dans les Gaules, salut. On peut juger ce livre , car il s'en trouve des copies dans les cabinets des curieux : il a pour objet la transmutation métallique. Possesseur d'un si rare trésor , Flamel se mit à l'étudier sans relâche; mais ce fut vainement , car il n'est pas plus intelligible que les autres écrits des philosophes. Il passa vingt et un ans dans une application continuelle, dans les prières, dans les larmes, dans des travaux infructueux; ce qui ne peut guère s'accorder avec les devoirs de son état et les détails contentieux dont on le voit sans cesse occupé. 11 est bon d'observer d'ailleurs que ce nombre vingt et un est mystérieux ; c'est aussi celui des feuillets du livre. Au bout de ce temps, désespérant de parvenir sans secours à l'intelligence des hiéroglyphes d'Abraham, il entreprend un pèlerinage à Compostelle , pensant y trouver quelque juif plus savant que lui. Or dom Pernety vous apprendra ce que , en langage hermétique, on entend par un voyage. Son voeu accompli , il rencontre dans la ville de Léon un médecin juif nommé maitre Candies , auquel il s'ouvre sur le sujet de ses peines. D'après les détails qu'il lui donne verbalement, le médecin explique plusieurs emblèmes ; mais il fallait voir le livre, et Flamel n'avait osé le confier aux hasards d'un pèlerinage. Les deux nouveaux amis résolurent donc de revenir ensemble à Paris, où Flamel allait voir mettre un tenue à ses anxiétés. Vain espoir ! A Orléans, le médecin tombe malade et meurt . L'écrivain, inconsolable , rentre seul dans ses foyers. il travaille encore trois ans inutilement . Enfin, le lundi 7 janvier 1382 , environ midi , par l'intercession de la bénotte vierge Marie, il fait la projection sur demilivre de mercure , qui est converti en pur argent, meilleur que celui de la minière. 11 n'avait donc encore que l'oeuvre au blanc ; mais, le 25 avril suivant , il l'eut au rouge. Il le répéta depuis une seule fois, car il ne lit en tout que trois projections. Ici nous devons avertir que , si l'on consulte l' Art de vérifier les dates , on y trouvera que le 17 janvier 1382 fut un vendredi et non un lundi , et la dissemblance est trop grande, soit en français, soit en latin, pour qu'on puisse attribuer l'erreur aux copistes; mais il est évident que l'oeuvre sur la lune devait être fait un 1) L'auteur de cet article possédait une copie trèsprécieue . En 1561 , cent quarantetrois ans après sa mort, Jacques Gohorry, dit le Parisien , que l'on peut regarder comme l'inventeur, ou du moins le promulgateur de cette fable, publia sous le tif re de Transformation mdtallique, trois anciens traités en rhythme français , savoir : La fontaine des amoureux de science, par Jean de la Fontaine , de Valenciennes; les Remon- trances de Nature à l'alchimiste errant , avec la ré- ponse, par Jean de Meung, et le Sommaire philoso- phique , qu'il attribue à notre écrivain. Lenglet a inal annoncé ce recueil dans sa Bibliothèque. Dans une espèce de préface mise au Sommaire, Gohorry débite a peu près ce que l'on a lu cidessus. Ce Sommaire, nommé aussi le Roman de Flamel et composé de six cent cinquantesix vers, a été réimprimé avec les mêmes pièces , Lyon , 1589, 1618 et il est rare de toutes les éditions. Il se trouve encore au tome 2 . Ce sont des roues de char changées en matras. Il n'est pas jusqu'à l'écritoire de Flamel qui ne devienne le vase philosophique , et n'ait, comme la Trinité, trois parties distinctes ne bisant qu'un seul tout. On attribue encore à Flamel 1" le Désir désiré ou Trésor de philosophie , autre- ment le Livre des six paroles, qui se trouve avec le Traité du soufre, du Cosmopolite, et l'OEuvre royale de Charles tl; Paris; 1618,1629 et dans la Bibliothèque de Manguin ; 2. Le grand esclaireisse- ment de la pierre philosophale pour la transmutation Adclung s'est plu, dans son llisloire des folies humaines, à rassembler une multitude d'ouvrages sous le nom de Flamel peine bien inutile, puisque aucun n'est authentique. de tous métaux , Paris , 1628 ; Paris , Lamy 1782 Ce n'est qu'un extrait de l'Elucida- rium chimirum de Christofle de Paris. Dans la réimpression servant de supplément à la Biblio- thèque des philosophes chimiques, est annoncée une nouvelle Vie de Flamel qui n'a point été publiée. L'éditeur promet également un ouvrage intitulé La Joie paifaicte de moi Nicolas Flamel et de Per- nelle , ma femme , qui n'a point parti , et l'on petit aisément s'en consoler ; 5 la Musique chimique, opuscule trèsrare; fkci Annotata ex N. Flamello, au tome I" du Theatrum chimicum ; Commentatio in Dion sii Zacharii opusculo chemico , au 2e volume de la Bibl. de Manget. Ce commentaire est évidemment supposé , puisque Zachaire est postérieur à Flamel ; La vraie pratique de la noble science d'alquemie ou les laveures, manuscrit que les dévots à Flamel regardent euxmêmes comme douteux ; 7" tardant hieroyly phica et carmina glue in varus Lutetiœ lapidibus oiiuz videbantur , etc. , manuscrit Cite par Borel et qu'il dit être différent du livre publié par la Chevalerie ; 80 Dont Pernety, dans les observations qu'il a publiées sur l'histoire de Flamel , parle d'un psautier manuscrit , daté de IiI t, sur les marges duquel était un Commentaire philosophique de la façon de notre adepte; 9° enfin, comme si les livres précités n'étaient pas assez obscurs par euxmêmes, un certain Denis Mob- ilier, se qualifiant de chevalier de l'ordre du Christ, a mis en chees en douze clés l'alchimie de Flamel. Cet utile travail est manuscrit. Mais il faut maintenant considérer le bon Flamel sous un aspect moins ridicule: De son temps , l'état qu'il exerçait était trèslucratif. L'imprimerie n'était pas encore inventée, et les manuscrits se vendaient à un si haut prix , que les riches seuls pouvaient s'en procurer. On a vu d'ailleurs qu'a la profession d'écrivain Flamel joignit celle de libraire. Il est done peu surprenant que cet homme laborieux, intelligent et d'ailleurs peu délicat sur les moyens d'acquérir , quoique dévot en apparence, soit parvenu à une assez grande aisance. 11 épousa, vers 1568, une veuve nounnée Pernelle ou Perette, qui lui apporta quelque bien. Nous avons , il en fit hAtir une rue de Montmorency , lieu où, disent les historiens du temps, y aroit grants punaisies de boes, et l'agrandit par acquisitions subséquentes. Une La soif de l'or et la crédulité ont fait , à diverses reprises, tenter des fouilles dans cette maison. On a prétendu que des étrangers trouvèrent dans les caves un grand nombre de creusets remplis d'une matière noire et poudreuse, dont ils s'emparèrent. C'est un de ces contes qui ne sont appuyés sur aucune preuve. La dernière tentative, exécutée par des gens qui s'étaient offerts pour faire réparer la maison , et qui abandonnèrent ensuite leur entreprise, n'eut aucun succès. Iscription mise sur la porte de cette maison nous apprend que Flamel exigeait de chaque locataire >de dire chascun jour une patenostre et un ave- maria pour le salut des trépassés. 11 édifia deux des arcades du charnier des Innocents, fit construire au mème lieu un tombeau pour sa femme, éleva le petit portail de StJacques de la Boucherie, celui de SteGeneviève des Ardents , celui de la chapelle StGervais. Voilà à peu près à quoi se bornent ces constructions si vantées. Pernelle mourut le 11 septembre 4397. Lés deux époux s'étaient fait un don mutuel, que Pernelle avait annulé par son testament , puis rétabli par un codicille. L'abbé Yillain , par le relevé le plus exact des biens des deux conjoints, a montré qu'à la mort de Pernelle ils formaient un capital de 5,300 livres tournois , représentées en 1761 , date de son ouvrage , par la somme de 38,859 liv. Au décès de Flamel , arrivé le 22 mars 1418, la totalité de ses revenus se montait à 676 livres 5 sols tournois, formant, toujours en 1761 , 4,596 livres de rente. Ce revenu, sans doute , est considérable ; mais il n'excède pas néanmoins, ce qu'a pu amasser, dans un état trèslucratif, un homme économe et laborieux. 11 n'a surtout aucun rapport avec les trésors immenses dont on l'a fait possesseur, avec les sept paroisses dont il était seigneur , les quatorze hôpitaux qu'on lui doit et qui n'existent que dans l'imagination des philosophes. Flamel fut enterré dans l'église de StJacques de la Boucherie, dont il avait institué les marguilliers ses exécuteurs testamentaires. En lisant son testament, en se rappelant ses diverses fondations, on se convaincra qu'il eut toute sa vie beaucoup plus d'ostentation que de véritable piété. Ces inscriptions , ces basreliefs disséminés partout, cette affectation de multiplier sa figure et celle de sa femme dans les diverses églises auxquelles il fit travailler, en sont une preuve sans réplique. Sous les dehors d'une austère dévotion il cachait à la . fois l'avidité d'acquérir et l'orgueil de parattre un des premiers dans sa paroisse. On ne doit donc pas s'étonner si , méme de son vivant, il passa pour beaucoup plus riche qu'il ne l'était réellement. A la mort de sa femme , il fut imposé à 100 livres de droits envers le roi, et l'on a prétendu que , lorsque les malheurs de Charles VI forcèrent le gouvernement à faire contribuer les citoyens les plus opulents, Cramoisy., maître des requètes, vint rendre visite à l'écrivain, dans l'intention d'obtenir "de lui une somme considérable. Les biens de Flamel une fois multipliés dans l'opinion, on voulut en découvrir la source. Les uns ont dit qu'il les tenait des juifs qui, chassés de la France, l'avaient chargé du recouvrement de leurs créances. Le président Hénault , SaintFoix et d'autres ont démontré l'absurdité d'une pareille origine. L'auteur du Comte de Gabalis émet , ironiquement OU sérieusement, une assez bizarre opinion. Il admet l'acquisition des figures d'Abraham, juif; mais ce livre , suivant lui, n'était qu'un indice emblématique des divers lieux où les juifs, expulsés du royaume , avaient enfoui leurs trésors , et ce fut le rabbi Nazard qui lui en donna l'interprétation. Au reste , Villars connaissait mal Flamel puisqu'il en fait un chirurgien et qu'il le fait voyager à Rome et à Naples. Quant aux prétendus résultats de l'oeuvre hermétique, on a vu cidessus ce qu'il en faut penser. L'abbé Villain a publié à Paris , 1761 , in -12 : Histoire critique de Nicolas Flamel et de Pernelle sa femme. Ce livre est comme la suite d'un autre que. l'on doit y joindre, puisqu'il y est aussi question de Flamel : Essai d'une histoire de la paroisse de St- Jacques de la Boucherie, Paris , 1758 Dom Pernety, toujours ami du merveilleux , fit sur l'histoire de Flamel quelques observations dans l'Année littéraire. L'abbé Villain y répondit par : Lettre à API**, sur celle que dom Pernety a fait insérer dans une des feuilles de 3f. Fréron , contre l'Hist. crit. de Flamel, Paris, 1762
  • Nicolas FONTAINE : né à Paris et fils d'un maitre d'écriture , perdit son père n'ayant encore que douze ans. 11 avait pour parent le P. Grisel, jésuite, qui voulut bien en prendre quelque soin et dont le projet était de le faire entrer dans la maison du cardinal de Richelieu. Il introduisit le jeune Fontaine dans le monde. Celuici, né avec un goût naturel pour la retraite , se prêta peu aux vues de son parent ; il conçut même le projet ; 3° le Psautier, traduit en français avec de courtes notes , tirées de St- Augustin, Paris, 1674 Les notes sont en latin ; elles furent données en français en 1676; Io Explications du Nouveau Testament , tirées de St- Augustin et des autres Pères latins , Paris , 1675, 2 vol. il y a une autre édition en 2 volumes 1°, Paris, 1685; 5° les huit Béatitudes , Paris, 1 vol. ; Méditations pour la semaine sainte , Paris , 1678 ; Vies des patriarches avec des réflexions tirées des Saints- Pères, 1 vol. '1685, dont deux autres éditions en 1685 et 1695; 8° Vies des yprophètes avec des reexions tirées des Pères de l'Eglise, Paris, 1685 et 1693, 1 vol. 9. Vies des saints pour tous les jours de l'année, Paris , 1679, 1 vol. 1001es O DE LAVENT avec des réflexions , Paris , 1 vol. 11" Traduction française du Paradisus animer christiancv d'Horstius : cette traduction porte le titre d'Heures chrétiennes, Barbier, d'après le témoignage de l'abbé de StLéger dit que le nom de l'auteur de l'Abrégé sur le Nouveau Testament, caché sous celui de Marsilly, , n'est point Nicolas Fontaine, mais Prévost, chanoine de 1‘.1elun en 1695. Paris , 1685 et 1715 , 2 vol. ; 12" Instructions chrétiennes sur le sacrement de mariage et l'éducation des enfants , traduites du latin de Lindenbrogius , Paris, 1679 ;13° Prières tirées de l'Ecriture sainte pen dant la messe, Paris , 1685; 14. le Dernier jour du monde ou Traité du jugement dernier, Paris ,l 689 ; 15° le Dictionnaire chrétien, Paris, 1691 , 1 vol. nouvelle édition, Paris, 1712 ; leImitation de Jésus- Christ avec des réflexions sur le premier livre, Paris, 1694 ; 17° Traité de la conversion dupé cheur, Paris, 1677 ;18° Mémoires pour servir à l'histoire de Port- Royal, Utrecht, 1736, 2 vol. Ils sont plus riches en réflexions morales qu'en faits, quoique l'auteur y parle des plus célèbres personnages à qui cette maison doit sa renommée ; 19° Traduction des homélies de St- Chrysostome sur les épîtres de St- Paul, 7 vol. ouvrage qui fut pour.Nicolas Fontaine l'occasion d'amers chagrins. On l'accusa d'y avoir renouvelé l'hérésie de Nestorius. Le P. Daniel et le P. Rivière, jésuites, écrivirent à ce sujet. Le P. Quesnel leur répondit. D'autres écrits encore intervinrent dans ce différend. Fontaine avait gardé le silence : voyant néanmoins que l'on continuait de l'attaquer , il prit le parti d'écrire à M. de Harlay , archevêque de Paris, une lettre aussi humble que soumise. Il y faisait la profession de foi la plus catholique sur le point controversé; il offrait sa rétractation sur tout.ce qu'on croirait répréhensible dans sa traduction , et rime il y fit mettre plusieurs cartons. Cela n'empêcha point M. de Harlay de condamner l'ouvrage , et Fontaine reçut avec beaucoup de patience cette humiliation : il semblait que là devait se terminer la querelle. On continua , dans différents écrits, d'accuser Fontaine : quelquesuns disent qu'alors il prit luimême sa défense , soutint qu'il avait traduit fidèlement StChrysostome et entreprit de prouver que plusieurs Pères s'étaient exprimés de même que ce saint docteur; d'autres prétendent que l'écrit intitulé Avertissement, dans lequel se trouve cette défense, n'est point de Fontaine, et qu'il l'a désavoué, fia sous son nom. Cette dernière opinion paraît plus conforme au caractère de Fontaine , naturellement modeste et doux , et à la conduite qu'il avait tenue à l'égard de M. de Harlay : en tout cas, il est certain qu'il persista dans sa rétractation et le plus humble désaveu de tout ce qu'on pourrait trouver de répréhensible dans son livre
  • Nicolas FONTANUS : ou plutôt Fonteyn , médecin hollandais du 17" siècle. Quoiqu'il ait exercé pendant longtemps avec honneur sa profession à Amsterdam et enseigné publiquement l'anatomie dans cette ville , où il avait reçu la naissance , il n'est guère connu que par ses ouvrages , qui sont assez nombreux :1° Institutiones pharmaceuticœ ex Bauderonio et Dubois , in pharmacopœorum gratiant potissimum concinnatœ , Amsterdam , 1633 ; 2° Florilegium medicum , in quo flores universce medicinœ, tain theoricce quanz practicce, per partes distinctas proponuntur, et rails, utilibus, illustribusque quoestionibus exornantur, Amsterdam, 1637 ; 3° Responsionum et curationum medicinaliwn liber anus, Amsterdam, 1639 C'est un recueil de lettres médicales adressées à Fontanus, qui fait sur chacune des réflexions, des commentaires dont la théorie est presque constamment empruntée de Galien. Quelquesunes de ces lettres contiennent des histoires curieuses, mais dont l'authenticité est parfois suspecte. On y voit avec surprise, pour ne rien dire de plus,' un individu muet et imbécile recouvrer, peu d'heures avant de mourir, la parole et la raison ; 4° Observationum rariorum analecta , Amsterdam , 1611 Dans cet écrit , analogue au précédent, on trouve un exemple intéressant de laryngotomie pratiquée avec autant d'habileté que de succès ; 50 Syntagma medicum de morbis mulierum, in quatuor tomos distinctum, Amsterdam, 164i ; Venise, 1649 Ces quatre•tomes ne forment qu'un trèspetit volume; 6° Fons sive origo febrium, earunzque reinedia, Amsterdam , 1644 . Fontanus a donné en outre une édition méthodique des Aphorismes d'Hippocrate , enrichie d'un Mémoire sur l'extraction du foetus ; il a publié des commentaires , des remarques sur le traité des maladies des enfants , de Sébastien Austrius, sur l'anatomie d'André Vesale, sur la médecine pratique de Rembert Dodoens
  • Nicolas FOREST-DUCHESNE( 1595) : jésuite, puis religieux de l'ordre de Clteaux, né à Reims vers l'an 1595, entra dans la société à l'Age d'environ dixsept ans. Après avoir enseigné dans différents colléges , suivant l'usage des jésuites, il obtint 41e, ses supérieurs la permission de voyager ; il parcourut l'Italie et visita Rouie. On ignore ce qui le porta à changer d'institut ; mais il demanda au P. Mutio général de la compagnie, et obtint la permission de passer dans l'ordre de Clteaux. Il conserva au reste sous son nouvel habit tout son attachement pour son premier état et les principes qu'il y avait puisés, comme le témoignent la plupart des écrits qu'il composa depuis, relativement aux opinions alors débattues ; ee qui l'a rendu fameux dans l'histoire du jansénisme. Il obtint une abbaye , et à la tète d'un de ses ouvrages il prend le titre d'abbas Eseuriensis . Néanmoins, dans la liste des abbés de ce monastère donnée par les auteurs du Galli, Paris, 1650, ; 7" Lettre d'un théologien un sien ami , pazfaitement guéri du jansénisme, contenant quelques avis sur les canons du concile d'Orange, Paris, 1650 Le P. Gerberon, dans son Histoire du jansénisme, parle de ces diffVrents ouvrages avec peu d'estime pour eux et pour leur auteur. Ce n'est pas à un juge aussi attaché au parti contraire qu'on peut s'en rapporter ; mais ces écrits, étant de circonstance, ont aujourd'hui peu (l'intérêt
  • Nicolas FORTEGUERRI ou FORTIGUERRA( 1674) : de la même famille, que l'on nomme le Jeune pour le distinguer de l'ancien , cardinal , nommé Nicolas comme lui, fut un personnage grave dans l'Église V IX/ et un poète joyeux sur le Parnasse. 11 naquit à Pistoie en 1674. Jacques Forteguerri , son père, qui joignait à un esprit cultivé le goût des arts et même le talent de peindre, voulut qu'il reçût sa première éducation dans la maison paternelle ; le jeune homme y montra des .dispositions rares, une mémoire surprenante et un goût trèsvif pour les poètes. Il apprenait rapidement des pames entiers ; il les récitait avec beaucoup de gràce et avec une voix douce et flexible, qui avait un charme particulier. 11 entrait à peine dans l'adolescence lorsqu'il perdit son père : il se rendit à Pise pour étudier la jurisprudence et pour achever ses autres études sous les habiles maitres qui professaient alors dans cette célèbre université. Il ne se borna donc pas aux leçons de droit du savant Joseph Averani, l'un des premiers légistes de son temps : l'éloquent Bene Averani, frère de celui- ci, Laurent Bellini , et surtout Alexandre Marchetti , le traducteur de Lucrèce, l'eurent parmi leurs disciples les plus assidus. Reçu docteur en 1695, il partit pour Rome, où il ne tarda pas à se faire de nombreux et puissants amis. La première occasion qu'il eut d'y paraltre fut l'oraison funèbre d'Innocent XII , qu'il prononça au Vatican , aux funérailles de ce souverain pontife. Peu de temps après, le pape Clément XI ayant nommé légat auprès de Philippe V AntoineFélix Zondari , celuici ne crut pouvoir mieux faire que d'emmener avec lui un jeune homme aussi distingué par ses connaissances, ses talents et ses qualités aimables que l'était Forteguerri. Ils s'embarquèrent pour l'Espagne : leur navigation ne fut pas heureuse ; une tempête horrible les tint pendant trois jours et trois nuits entre la vie et la mort. Après avoir été jetés sur les côtes barbaresques, où ils couraient plus d'une sorte de dangers, ils abordèrent enfin en Sardaigne et y furent retenus plusieurs jours par le gros temps. La santé de Fortegtterri en fut considérablement dérangée : un séjour de vingtdeux mois en Espagne ne l'ayant pas remise, il prit le parti de retourner à Rome et le. Si l'auteur y plaisante quelquefois sur des objets qui devraient pire étrangers à la poésie badine , et qu'un homme de son , état devait surtout respecter , c'est qu'il voulut se livrer sans gène à tout l'essor de sa verve, dans la confiance où il était que cette débauche de son esprit ne deviendrait jamais publique ; car on s'accorde à reconnaltre que ses moeurs étaient aussi pures que sa foi : mais il ne put se défendre de cordier ce poi'me à quelques amis, de leur en laisser mème prendre des copies ; il le communiqua entre autres au cardinal Corneille Bentivoglio, son ami , son protecteur, et poete comme lui ; et ce fut Cui Bentivoglio, neveu du cardinal , qui le fit imprimer quelques années après la mort de son oncle et celle de Forteguerri. En mème temps que ce dernier composait son Ricciardetto , il travaillait à une élégante traduction italienne des comédies de Térence en vers blancs ou sciati, qui ne parut non plus qu'après sa mort. Il avait traduit de n'élue cinq comédies de Plaute ; mais, au grand regret de ceux qui les avaient lues et qui les mettaient de pair avec celles de Térence, sa traduction de Plaute s'est perdue. 11 avait pour ce comique latin une prédilection marquée ; il avait composé dans le style de Plaute des apologues latins, et il récitait souvent de mémoire et he plus gaiement du monde des scènes entières de ses comédies. Ces goùts aimables ne lui avaient point nui sous les pontificats de Clément XI et d'Innocent XIII : celui de Benoît XIII lui fut moins favorable ; il eut beaucoup à souffrir de l'humeur difficile et de l'inimitié personnelle du cardinal Coscia, qui était alors toutpuissant ; mais il retrouva toute sa faveur auprès de Clément XII, qui monta en 1750 sur le trône pontifical. Ce pape aimait la poésie , et Forteguerri ne se trouvait jamais seul auprès de lui sans réciter quelques passages de son peine, auxquels ce bon vieillard prenait un extrême plaisir. En 1753, au moment où ni Forteguerri ni personne de la cour de Rome ne s'y attendait, Clément XII le nomma au secrétariat important de la congrégation de_ dix cardinaux qui a reçu, de l'objet de son institution , le titre De propaganda fide. On s'attend encore moins à voir un homme de ce caractère et si bien traité par la fortune, mourir de chagrin ; c'est pourtant à cette cause qu'on attribue sa mort. Le pape lui destinait un nouveau secrétariat supérieur au premier ; le cardinal Corsini voulut absolument y porter un de ses favoris, homme sans mérite : Forteguerri , pour ne se pas faire un ennemi du cardinal , cessa de suivre cette affaire auprès du pape. Celuici lui en sut mauvais gré, et traita métue de refus cet acte de réserve politique. Le repentir qu'en eut Forteguerri fut si grand , qu'il tomba malade ; les forces de l'âme et du corps l'abandonnèrent en mème temps ; une humeur qui se porta violemment sur ses oreilles rentra dans la masse du sang, et après environ cinq mois de maladie il mourut le 17 février 1735, âgé de 71 ans. Peu de temps avant sa mort, il fit brûler devant , a spese di Francesco Pitteri, librajo Veneziano, 1738 et En tète des manuscrits de ce poème facétieux , l'auteur avait jugé plaisant de mettre le nom savant de Carteromaco, rendu célèbre dans l'érudition par un de ses an- Iares. L'éditeur, ne voulant pas nommer le prélat orteguerri par ménagement pour l'Église , dopta ce déguisement et de plus feignit de l'avoir ait imprimer à Paris. L'édition parut la première; elle est fort belle, enrichie du portrait de l'auteur et de vignettes gravées en tète de chacun des trente chants, représentant la principale 'action que ce chant renferme. Le débit en fut si rapide , que la seconde édition parut dès la moine année ; elle est et n'a aucun des ornements de la première. Le Richardet a été traduit ou imité en vers français . 3" In Iode delle nobili ara della pittura, della scultura e dell' architettura. — Rogionamento allegorico intorno ail' origine delle cose.— Discorsopastorale per la pericolosa infermità e ricuperatu salute del santissimo pontefice Clemente 11.— Risposta in forma di lettera familiare ad A lfesibeo Cario , custode d'Areadia; quatre morceaux insérés dans le e volume des Prose degli Arcadi, et qui prouvent que Forteguerri n'écrivait pas moins bien en prose qu'en vers. 11 faut y ajouter sa lettre à Aci Delpusiano , qui précède son poème de Richardet et qui est un modèle de goùt et de bonne plaisanterie. 4° Rime , dans le 2e et le 8° volume des Rime degli Arcadi ; dans le recueil donné par le Gobbi et dans d'autres recueils. 5" Raccolta di rime piacevoli di Nicole, Fortiguerra, etc., parte prima, Unes, 1763. Cette première partie, contenant onze épitres familières, n'a pas été suivie d'une seconde ; elle a été réin:- primée avec les autres Rime de l'auteur, Pescia, 1780
  • Nicolas FOUQUET( 1615) : surintendant des finances, naquit à Paris en 1615. Destiné à suivre la carrière de la magistrature dans les emplois les plus bril- lants, il reçut une éducation conforme aux vues de sa famille , et se fit bientôt connattre d'une manière favorable. Il fut fait maitre des requêtes à vingt ans ; et il n'en avait que trentecinq lorsqu'il fut pourvu de la charge , alors si importante, de procureur général au parlement de Paris. Pendant les troubles du royaume , il se dévoua entièrement aux intérêts de la reine mère et mé- rita ainsi la protection dont cette princesse l'honora constamment. Le désordre des finances, occasionné par des guerres longues et ruineuses et par les dilapidations des courtisans, faisait désirer d'en voir confier l'administration à des mains habiles. La reine mère indiqua Fouquet , et il fut nommé surintendant en 165'2. Il fit face quelque temps à toutes les dépenses par son seul crédit. Il engagea ses biens et ceux de son épouse , em- prunta sur sa signature des sommes considérables du cardinal Mazarin luimême et parvint de cette manière à déguiser la pénurie du trésor royal. Mais enfin le roi , étonné de voir les revenus de l'État se consommer à payer des intérêts, et les dettes s'accrottre chaque année dans une progression effrayante , voulut connattre par luimême la cause de ce désordre. Il s'adressa pour obtenir les renseignements qu'il souhaitait à Colbert, dont Mazarin lui avait vanté le zèle et la capacité. Colbert joignait à des talents supérieurs une grande ambition : il jugea l'occasion favorable pour perdre le surintendant, qu'il aspirait en secret à remplacer ; et en éclairant le roi sur les fautes de l'administration de Fouquet, s'il ne les exagéra pas, il s'abstint du moins de donner les raisons qui pouvaient les rendre excusables. Dès qu'on put soupçonner la faveur de Colbert , tous les courtisans se rangèrent de son côté : on ne parla plus au roi que des prodigalités du sur , et on lui insinua que l'embarras des finances n'était causé que par ses dilapidations. Fouquet avait acquis la propriété de , et il en avait augmenté les fortifications ; on cher- cha à lui en faire un crime et à persuader au roi que son projet était de s'emparer de la Bretagne et de s'en déclarer le souverain. Fouquet , par une conduite peu réfléchie, avait donné lieu aux pro- pos de ses ennemis : il avait eu aussi le tort de faire construire dans la terre de Vaux, aujourd'hui Villars, un palais qui surpassait en beauté StGer- main et Fontainebleau, les deux seules maisons Le roi , dit Voltaire, demandait quelquefois de l'argent à Fouquet , qui lui répondait : cc Sire , il n'y a rien dans les coffres de Votre Majesté ; mais M. le cardinal vous CO prêtera. » de plaisance habitées par le roi. Le palais, dit Voltaire , et les jardins lui avaient coûté dixhuit millions, qui en valent aujourd'hui plus de trenteeinq. Au moment où sa disgrâce était près d'éclater , il y donna à Louis XIV une fête qui surpassa par sa magnificence tout ce qu'on avait vu jusqu'alors. On y représenta pour la première fois les Feicheux de Molière , avec un prologue composé par Pelisson à la louange du roi. Mais rien ne pouvait apaiser le monarque irrité ; et sans les prières de la reine mère, il aurait fait arrêter le surintendant le jour même de la fête. Ce qui avait achevé , diton , d'allumer la colère de Louis XIV , c'est qu'il apprit que Fouquet avait eu des vues sur mademoiselle de la Vallière, pour qui il commençait à sentir une vraie passion. Le roi dissimula son ressentiment et affecta de parler à Fouquet avec plus de confiance que jamais. Fouquet crut avoir triomphé de ses ennemis et se flatta même d'obtenirla place de premier ministre, vacante par la mort de Mazarin. Sa qualité de procureur général le rendant justiciable des seules chambres assemblées, on l'engagea à se défaire de cette charge, sous le prétexte que tant qu'il la conserverait le roi ne pourrait paslui donner le cordon de ses ordres, comme Sa Majesté en avait l'inten- tion. Il se laissa persuader et vendit cette charge pour 1,400,000 francs, qu'il fit porter à l'épargne. Quelques jours après le roi partit pour Nantes, afin de s'assurer de BelleIsle s'il était nécessaire, et Fouquet l'y suivit, quoique malade de la fièvre . Il reçut dans la route plusieurs avertissements des trames qu'on ourdissait contre lui, mais il n'en voulut rien croire. Le lendemain de son arrivée il se rendit au conseil à son ordi- naire, eut avec le roi un entretien de deux heures, et en retournant chez lui , le 5 septembre 1661, il fut arrêté par d'Artagnan , capitaine des mousquetaires, qui le conduisit au château d'Angers, d'où il fut transféré à Amboise, à Vincennes, à Moret, et enfin à la Bastille, Fouquet soutint sa disgrâce avec beaucoup de fermeté; il ne laissa échapper aucune plainte et ne montra nulle répugnance à obéir aux ordres du roi. Sa mère , en apprenant cette nouvelle, se jeta à genoux en s'écriant : « C'est à présent, mon Dieu , que j'es- ,< père du salut de mon fils! o Cependant les scellés furent mis sur les papiers de Fouquet et des commissaires nominés pour les examiner et en dresser l'inventaire. Un chiffon écrit il y avait plus de quinze ans, et trouvé avec d'autres papiers destinés à être brûlés comme inutiles, servit de base au procès que l'on com- mença à instruire contre lui. C'était une espèce de mémoire rédigé par Fouquet dans le temps de la On voyait partout dans cette maison les armes et la devise de Fouquet; c'est un écureuil avec ces paroles Quo non ascen- dant ! OÙ ne monteraije point » Le roi se los fit expliquer. L'ambition de cette devise ne servit pas à apaiser le monarque. Les courtisans remarquèrent que l'écureuil était peint partout poursuivi par une couleuvre , qui était les armes de Colbert. iVourmaE, Siècle de Louis ..\I •plus haute faveur de Mazarin , et dans lequel il indiquait la conduite à tenir par sa femme pour déjouer quelques projets contre sa liberté ou sa fortune. On voulut voir, ou on vit effectivement, dans ce mémoire un plan de conspiration. Une commission composée d'hommes choisis dans les parlements du royaume fut établie pour juger Fouquet, et le chancelier Seguier, le plus implacable de ses ennemis, voulut luimème la présider. Fouquet se plaignit de l'incompétence de ses juges et déclara qu'il ne reconnaitrait jamais leur autorité. Obligé, malgré ses protestations , de paraître devant eux, le chancelier l'invita à préter le serment accoututné. « Je ne le puis, dit Fouquet, « et j'en ai déjà donné les raisons. » Pendant toute la durée des interrogatoires , il parla presque constamment avec calme et modération. Il exa- minait les chefs d'accusation et les discutait avec une éloquence douce et persuasive, dont ses juges finirent par craindre l'effet. Les plus acharnés à sa perte demandèrent qu'on lui enjoignit de se borner à répondre aux questions qui lui seraient adressées, mais heureusement leur demande n'eut pas de suite. Un jour, après qu'il eut cessé de parler, Pussort, l'un de ses juges et oncle de Colbert, se leva en disant : « Dieu merci, « on ne se plaindra pas qu'on ne l'ait pas laissé « parler tout son soûl. » Quand on lui eut donné lecture du projet trouvé dans ses papiers : « Mon-« sieur, ditil au chancelier, je crois que vous ne a pouvez tirer autre chose de ce papier que l'effet « qu'il vient de faire, qui est de me donner beau- « coup de confusion. — Vous ne pouvez pas nier, « lui répondit le chancelier, que ce soit un crime a d'État. — Je confesse, reprit Fouquet, que c'est ,« une folie et une extravagance, mais non pas un « crime d'État. Un crime d'État, c'est quand on ,« est dans une charge principale, qu'on a le secret « du prince, et que tout d'un coup on se met du a côté de ses ennemis, qu'on engage toute sa fa-. Madame de Sévigné, Gourville , mademoiselle de Scudéry, St-Évremont , parlèrent aussi et agirent en sa faveur; Hénault versa tout le fiel de la satire contre le persécuteur de Fouquet; Loret perdit sa pension pour avoir fait son éloge dans le Mercure burlesque ; La Fontaine plaignit ses malheurs dans une élégie touchante et chercha à adoucir la sévérité du roi par de beaux vers . La chaleur que mirent ses amis à le défendre et la pitié qu'inspirent toujours de grandes infortunes lui sauvèrent la vie. Après trois années employées à l'instruction de ce procès à jamais célèbre, Fouquet, sur le rapport de MM. d'Ormesson et de SteHélène, fut condamné à la confiscation de ses biens et au bannissement. De vingtdeux juges qui opinèrent, neuf seulement osèrent conclure à la mort. Si l'on réfléchit que presque tous les juges de Fouquet étaient ses ennemis déclarés, que depuis le moment de sa disgràce Colbert et Letellier n'avaient cessé de travailler à sa perte, il est bien difficile de croire qu'il fût coupable des crimes qu'on lui imputait. La destination de l'écrit dont ses adversaires se prévalurent tant leur ôtait tout prétexte de l'accuser d'avoir voulu troubler le royaume : car s'il avait ajouté aux fortifications de BelleIsle, ce n'était que d'après l'autorisation expresse du roi , et il pensait si peu à s'en faire une retraite, que, lorsque d'Artagnan le conduisit en prison , ayant aperçu un de ses domestiques, il l'appela et lui dit « Que le roi soit obéi à « BelleIsle comme moiméme. Enfin, et cette raison parait sans réplique, s'il eût vraiment conspiré, il aurait eu des complices, et jamais on n'en a cité un seul. Le roi commua l'arrèt de Fouquet en une prison perpétuelle. Il partit pour la citadelle de Pignerol sous une forte escorte et fut traité dans la route avec une grande sévérité. Dans les premiers moments à chercha à fléchir le roi par l'aveu de ses torts et l'expression de son repentir ; mais voyant que toutes ses prières seraient inutiles, il cessa d'écrire et se résigna à son sort avec une constance qui a été admirée mème de ses ennemis; il trouva des adoucissements dans les secours de la religion , et mourut dans de grands sentiments de piété , le 25 mars 1680, à l'âge de 65 ans , dont il avait passé dixneuf en prison. Son corps fut transporté à Paris et inhumé dans le couvent des FillesSteMarie de la rue StAntoine. Fouquet, dit son historien, avait du génie, de l'esprit, des talents, de la grandeur d'Arne ; mais il portait cette dernière qualité à l'excès, et l'on peut dire que, s'il se fût montré moins libéral et moins ami de ceux qu'il aimait, il eût été bien plus heureux. Ces derniers mots peignent si bien son caractère, le genre de torts qu'il a pu avoir, et la véritable cause de tous ses malheurs , qu'on ne doit rien y ajouter. On a dit que Fouquet était sorti de prison peu de temps avant sa mort, mais c'est une fable qui ne mérite aucune croyance. D'Auvigny assure qu'il composa dans sa prison divers ouvrages de piété, dont quelquesuns ont Nymphes qui lui devez vos plus charmants appas, Si le long de vos bords Louis porte ses pas, Tâchez de l'adoucir, fléchissez son courage; Il aime ses sujets , il est juste, il est sage; Du titre de clément rendezle ambitieux C'est par là que les rois sont semblables aux dieux. Du magnanime Henri qu'il contemple la vie; Dès qu'il put se venger , il en perdit l'envie. été donnés depuis au public , tels que les Conseils de la sagesse, ou Recueil des maximes de Salomon Paris, 1683, 2 vol. qu'on attribue aussi au P. Boutauld , jésuite. Il laissa de son mariage avec MarieMadelène de CastilleVillemareuil , sa seconde femme , une fille mariée à Crussol d'Usez , marquis de Monsalez , et trois fils , HenriNicolas Fouquet, comte de Vaux ; CharlesArmand, prêtre de l'Oratoire, et Louis, marquis de BelleIsle. On peut consulter, pour plus de détails : Vie de Nicolas Fouquet, par d'Auvigny, t. 5 des Vies des hommes illustres de France ; 2. Recueil des défenses de M. Fouquet , 1665-1668, 15 vol. 50 Les Lettres de madame de Sévigné à M. de Pomponne, t. 10 de l'édition de Paris, Bossange , 1802. M. Modeste Paroletti a publié : Sur la mort du surintendant Fouquet, notices recueillies à Pignerol, Turin, F. Galletti , 18l,
  • Nicolas FOULON( 1742) : bénédictin de la congrégation de StMaur, né le 4 mars 1742, à MarcillysurSaône , diocèse de Dijon, était parent de dom Clément, savant bénédictin , et ce fut sans doute cette parenté qui l'attira dans la congrégation de StMaur, où dom Clément était considéré pour son savoir. Celuici demeurait dans le monastère des BlancsManteaux, à Paris, où le jansénisme dominait. Le jeune Foulon adopta les opinions de son oncle et s'éprit mètne des folies des convulsions. Son premier écrit parait être une Fie de St- Robert, abbé de Molesmes, avec un office propre; Troyes,1776 Peu après parut à Orléans un livre sous ce titre : Prières particulières enforme d'office ecclésiastique , pour demander à Dieu fa conversion des Juifs et le renouvellement de l'Eglise , 1778 Les prières sont de Foulon et la préface de dom Poisson , son confrère. On n'y parle que de la vieillesse de l'Église, de la défection des pasteurs, de l'apostasie générale , etc. Le goût de Foulon pour la liturgie le fit choisir pour rédiger le nouveau bréviaire de la congrégation de StMaur. 11 résidait alors aux BlancsManteaux , et c'est là qu'il prépara l'édition qui parut en 1787, 4 vol. Ce bréviaire est fort singulier; on y parle beaucoup de châtiments, de défections, de mallises trompeurs, de faux prophètes, de la venue d'Élie, etc. On n'y fait mention d'aucun des saints qui ont appartenu aux jésuites. Foulon omet également StPie .\r, StThomas de Cantorbéry , St- Jean de la Croix, StPhilippe Néri, SteChantal; StVincent de Paul même n'y est pas nommé. On y a changé les prières les plus anciennes et les plus autorisées. .Ce bréviaire ne porte aucune approbation du général des bénédictins, ni rien qui en prescrive l'usage dans la congrégation. 11 ne fut donc point régulièrement adopté; cependant il parait qu'on commençait à s'en servir dans quelques maisons quand la révolution arriva. Cette époque démasqua Foulon : cet homme qui affectait des principes si sévères n'avait plus rien des habitudes d'un religieux. 11 finit par s'échapper du monastère avant même que les religieux en fussent expulsés. 11 se retira à Montmorency, où son ami Cotte était curé constitutionnel. Là vivaient aussi deux demoiselles Marotte du Coudray. L'une épousa Foulon, et l'autre Cotte . Le 10 septembre 1792 Foulon et la cadette dts demoiselles du Coudray se présentèrent à la municipalité et y firent une déclaration que nous avons trouvée sur les registres de l'état civil. Ils y disent qu'ils vivent ensemble depuis plusieurs années, qu'ils ont eu une fille née le 21 septem- bre 1791, et qu'ils n'avaient pas voulu reconnattre sous leur nom parce que leurs parents s'opposaient à leur union ; qu'ils la reconnaissent aujourd'hui; qu'ils veulent vivre en légitime mariage, et qu'ils n'attendent pour cela que la loi qui doit régler les mariages civils. Pour bien entendre cet acte étrange , il faut se rappeler que la législation sur le mariage n'était pas encore changée au commencement de septembre 1792, et qu'on attendait un décret que l'assemblée législative préparait sur cette matière , lequel fut en effet rendu le '20 du mime mois. Le 11 janvier 1793, Foulon et MarieLouiseFrançoise Marotte du Coudray se présentèrent à la municipalité et y contractèrent devant l'officier civil. L'acte de reconnaissance de l'enfant né en 1791 est rappelé dans l'acte de mariage, et la déclaration du 10 septembre 1792 y est qualifiée de mariage provisoire; c'était le style du temps. Pendant la terreur, Foulon s'était retiré au faubourg Marceau. 11 eut plusieurs enfants, et sa position fut quelque temps fort gênée. Plus tard il obtint une place d'huissier au conseil des Cinqcents , puis au tribunat. En dernier lieu il était huissier du sénat, et il a conservé cette place jusqu'à sa mort, arrivée le 13 juillet 1813. L'abbé Grégoire lui attribue un Traité inédit en faveur du mariage des prêtres. Foulon travailla longtemps à une Histoire élémentaire, philosophi- que et politique de l'ancienne Grèce, qui vit le jour en 1801, 2 vol. Cet ouvrage, par demandes et par réponses, est d'une forme peu attrayante; aussi, quoiqu'il ait demandé beaucoup de recherches et qu'il embrasse beaucoup d'objets, il n'a point eu de succès, et l'on n'a pas lieu de regretter que l'auteur n'ait pas publié les autres ouvrages du même genre qu'il avait annoncés à la fin de sa préface. Aucun dictionnaire historique n'a parlé de dom Foulon; ce qu'on vient de lire est extrait d'un article plus étendu qui a paru dans l'Ami de la religion, du 19 avril 1S8
  • Nicolas FRAGONARD : peintre d'histoire , mort à Paris le 22 août 130G, àgé de 74 ans, quitta fort jeune le notaire chez lequel son père l'avait placé, pour suivre les écoles de dessin. Parvenu par son travail à la réputation d'homme distingué, il aimait à raconter comment il s'était formé de Millième et rapportait assez plaisamment, dans le cours (le sa narration , que la nature , en le pous- sant à la vie, lui avait dit avec malice : Tire- toi d'affaire comme lu pourras. En effet, il mit à profit la leçon. Élève de François Boucher, Fragonard adopta les principes de son maltre ; mais guidé encore plus par ses dispositions naturelles que par les leçons du peintre , il se forma néanmoins un genre à lui. Comme Boucher, il mit trop d'affectation dans la distribution de ses groupes et dans l'expression des figures qu'il représentait ; mais ses compositions sont mieux raisonnées, plus nobles et plus poétiques. Fragonard remporta le grand prix de peinture et partit pour Rome. La superbe Italie, où résidaient les chefsd'oeuvre de l'antiquité, ainsi que les plus belles peintures des temps modernes, loin (l'augmenter en lui le goût du travail et de lui inspirer le désir de rectifier son talent, produisit l'effet contraire ; car il convenait qu'à son arrivée à Rome, les peintures de nos maîtres les plus celèbres lui avaient paru tristes, monotones, et qu'elles l'avaient entièrement déouragé. a L'énergie de MichelAnge m'effrayait, disaitil; j'éprouvais un sentiment que je ne pouvais remire ; en voyant les beautés de Raphaël , j'étais ému jusqu'aux larmes et le crayon me tombait des mains; enfin je restai quelques mois dans un état d'indolence que je n'étais pas le maure de surmonter, lorsque je m'attachai à l'étude des peintres qui me donnaient l'espérance de rivaliser un jour avec eux : c'est ainsi que Baroche , Piètre de Cortone , Solimène et Tiépolo fixèrent mon attention. » A son retour de Rome ,* Fragonard entreprit pour sa réception à l'Académie un tableau représentant Corésus et Callirhoé. Dans cette heureuse disposition , l'artiste veut se surpasser : il s'enferme dans son atelier, où, profondément pénétré de cette idée, il exécute un tableau dans lequel on admirait une belle ordonnance et des effets de lumière nonseulement piquants, mais encore dirigés avec adresse. L'ouvrage eut un grand succès et fut agréé avec distinction par les académiciens. Il peignit de suite la Visitation de la Vierge, pour le duc de Gramont. Cependant Fragonard s'aperçut bientôt de la faiblesse de ses études; il sentit combien il lui serait difficile (l'occuper la première place, s'il consacrait uniquement ses pinceaux à la représentation (les grands sujets ( l'histoire : il s'adonna au genre érotique , dans lequel il réussit parfaitement. Sacrifiant ainsi la gloire au plaisir et au badinage , Fragonard fut un peintre à la mode. Ses petits tableaux et ses dessins lavés au bistre , si remarquables par des pensées neuves et ingénieuses, étaient enlevés dès qu'ils voyaient le jour. Les amateurs se disputaient à l'envi ces productions frivoles, et on les voyait continuellement, dans l'atelier du peintre, le presser de dessiner devant eux des scènes qui charniaient tout le monde. Ce fut dans le temps (le cette grande vogue qu'il fit paraître son tableau (le la Fontaine d'amour, celui du Sacrifice de la rose et du Serment d'amour. Il peignit , pour le marquis de Ferri, un tableau dans la manière (le Rembrandt, représentant l'Adoration des bergers; et comme l'amateur lui en demandait un second pour servir de pendant au premier, l'artiste , croyant faire preuve de génie, par un contraste bizarre , lui fit un tableau libre et rempli de passion connu sous le nom de Verrou. On ne peut se dissimuler que les compositions licencieuses de ce peintre n'aient souvent effarouché la vertu et alarmé la pudeur. Sous ce rapport on (lira : Fragonard est coupable, et l'on ne saurait approuver, même en admirant le peintre, le génie dont le résultat allume des passions dangereuses et tend à la corruption des moeurs. Les épigrammes d'un peintre valent quelquefois celles d'un poste. En 1773, Fragonard fut chargé de peindre le salon de mademoiselle Guimard : elle fut représentée en Terpsichore, avec tous les attributs qui pouvaient la caractériser de la manière la plus séduisante. On raconte que les tableaux n'étaient point encore terminés, lorsqu'on ne sait pourquoi elle se brôuilla avec son peintre et en choisit un autre. Fragonard, curieux de savoir ce que devenait l'ouvrage entre les mains de son successeur, trouva le moyen, quelque temps après, de s'introduire dans la maison. Apercevant dans un coin une palette et des couleurs, il imagine surlechamp le moyeii de se venger. En quatre coups de pinceau, il efface le sourire des lèvres (le Terpsichore et leur donne l'expression de la colère et de la fureur, sans rien ôter d'ailleurs au portrait de sa ressemblance, quoiqu'il eùt également touché aux yeux. Cela fait il se sauve au plus vite, et le malheur veut que mademoiselle Guimard arrive ellemême quelques moments après avec plusieurs de ses amis , qui venaient juger les talents du peintre, Quelle n'est pas son indignation , en se voyant défigurée à ce point! Mais plus sa colère éclate, plus la caricature devient ressemblante. Ce qui caractérise principalement les ouvrages de Fragonard , c'est une sorte de magie et de féerie. Il touchait tour à tour ses pinceaux , sans oser en prendre un d'une main assurée : ses peintures se ressentent de cette indécision. Son style est agréable, sans être déterminé ; son dessin est gracieux, sans être arrêté. Sa couleur est factice et sans vigueur; elle ressemble à une vapeur aérienne qui aurait emprunté des reflets de l'arcenciel. La nature avait doué Fragonard de toutes les qualités propres à former un homme habile; mais, d'une part , ebtralné par l'influence vicieuse de l'école dans laquelle il avait étudié, et de l'autre se livrant tout entier au goût frivole de son siècle , il a entièrement négligé les plus belles parties de l'art, qu'il aurait pu traiter avec avantage, s'il avait voulu s'y livrer. C'est ainsi que Fragonard marchait à la fortune sur un chemin semé de roses, lorsque la révolution vint le surprendre dans sa course. Il perdit la majeure partie dé la richesse qu'il avait amassée , pour ainsi dire, en badinant avec ses crayons et ses pinceaux : il ne peignit plus et mourut malheureux
  • Nicolas FRANCHIMONT DE FRANKENFELD : médecin allemand du 17. siècle, seigneur de Nemischel , Nalschowitz et liniowitz , comte palatin archiàtre et conseiller des empereurs Ferdinand III et Léopold 1`r, physicien juré du royaume de Bohème, professa pendant quarantetrois ans la médecine à l'université de Prague et mourut le 23 février 168t, laissant quelques ouvrages qui ne justifient point les titres brillants dont il fut décoré : Nexus galeno- hippocraticus de passione hypocondriaca , Prague , 1675 , in -4' ; Lithotomia medica , sen tractatus lithontripticus de calculo refluai et vesicœ, Prague, 1683 Le compilateur de cette rapsodie insignifiante attribue au bois néphrétique et méme au verre pilé la faculté de dissoudre la pierre dans la vessie. On trouve en outre dans ce pitoyable écrit plusieurs traits d'une crédulité tellement absurde, que la plume se refuse à les retracer. Mais Franchimont était riche; il était revètu d'emplois éminents; il était l'ami du prince : aussi les courtisans lui. assignèrentils une place distinguée parmi les plus grands hommes du siècle, et sa mort fut déplorée comme une calamité publique par le professeur JeanFrançois Loew : Anatomi« protonzedici , seu ° ratio funebris in Nicolaum Franchimontium, Prague, 1684
  • Nicolas FRANCO( 1515) : savant littérateur , poëte satirique et licencieux , naquit, â Bénévent vers 1515, ou plutôt vers 1505 . Après avoir proba- a) Cette incertitude sur l'époque de sa naissance vient de la date d'un de ses ouvrages . Franco en eut pour lui et se vanta dans la suite d'être l'auteur de plusieurs livres qui avaient paru sous le nom de l'Arétin. L'Arétin le nia, constamment ; mais , comme le dit trèsjuste- ment Tiraboschi , entre deux hommes de cette espèce, dont l'un donne un démenti à l'autre, il est trop difficile de choisir. Cette amitié ne pouvait durer longtemps. L'Arétin publia en 1537 le premier volume de ses Lettres, qui eut un trèsgrand succès. Franco en fut jaloux; il publia les siennes en 1539 dans le mème format que celles de l'Arétin ; leur amitié était déjà refroidie : la dernière lettre de ce volume, adressée à l'Envie, parut à l'Arétin le lui être à luimême; il éclata contre Franco, qu'il diffama dans des lettres rendues publiques' et qui lui répondit sur le même ton. Après cet éclat Franco, ne se croyant plus en sùreté à Venise, en partit pour venir en France ; mais il s'arrêta en Piémont et séjourna quelque temps à Casal , où il publia, sous la date de Turin , 1541 , ces infâmes sonnets contre l'Arétin , auxquels il donna le nom de Priapée. 11 y fut cependant protégé par le gouverneur de cette province et reçu membre de l'Académie des Argonautes , qui avait alors beaucoup de célébrité. Il se rendit ensuite à Mantoue; et, quoiqu'on y eût imprimé quelquesunes de ses poésies maritimes, composées pour l'Académie des Argonautes , il fut réduit par la misère à tenir une école d'enfants. A Rome , où il se transporta sous le pontificat de Paul IV, il osa faire imprimer un commentaire latin sur la Priapée attribuée à Virgile : il l'avait fait longtemps auparavant, puisqu'il en parlait en 1511 dans une épître à son imprimeur, qui accompagne sa Priapée italienne, comme d'un ouvrage fini et prêt à paraître. Le savant la Monnoie s'est donc trompé en disant dans ses notes sur Baillet, t. 4 , édit. de 1722 , page 585, que Franco s'était avisé, étant déjà vieux , de commenter les Priapées. L'édition de ce commentaire et même le manuscrit furent saisis et jetés au feu par ordre de Paul IV ; et , sans la mort de ce pontife, ses lettres, imprimées en 1539 , il y en a plusieurs adressées au roi François Ier, au duc et à la duchesse d'Urbin , et à d'autres grands personnages, sous la date de 1531. Or, s'il n'avait eu que vingtsept ans en 1542, il n'en aurait eu guère plus de quinze en 153l, et il n'est pas croyable qu'à cet àge il pût entretenir de telles correspondances. Il parait donc qu'il y a erreur dans la date du portrait; qu'il faut lire dEt. ana. XXXVII , au lieu de XXVII-, et qu'ainsi Franco était né vers 1505. l'auteur n'eût pas échappé à des peines plus graves. Sous le pontificat de Pie IV Franco, soutenu, diton , par la puissante protection nobile fecit opus. Mais il vaut mieux voir dans ce supplice, ordonné par un Si saint pontife , une vengeance trop sévère des moeurs publiques que l'effet d'un ressentiment particulier. Quoi qu'il en soit, les ouvrages connus de cet auteur se réduisent aux neuf arti- cles suivants : Ternpio d'Amr°, Venise , 1536 C'est un petit poème en octaves , dédié alla signora ilrgentina Rangona, Suivi de deux Can: ooi et de sept Madrigali clu mème auteur; 2" Il Petrarchista , nel gliale si scuoprono nuovi secreti copra il Petrarcha, e si danno a leggere molle letlere che il medesimo Petrarcha in lingue Toscana scrisse a diverse persone , Venise , Giolilo, 1539, 1541 et 1543 - Ce dialogue entre deux que l'auteur appelle Coccio et Sannio contient des choses qui pourraient paraître curieuses, si elles avaient quelque authenticité, telles surtout que des lettres italiennes de Pétrarque à M'Anna Loura; mais, outre le peu de confiance qu'inspire un tel éditeur, il écrivit luiméme à François Alunno, en lui envoyant son Petrarchista : u Quoique tout ce que j'y ai mis soit un « songe , vous le regarderez comme une vision, à cause de votre amitié pour moi. » Cc dialogue fut réimprimé dans le siècle suivant avec un autre du même genre et sur le même sujet SOUS ce titre commun : Li due Petrarchisti, dialoghi di Niecolo Franco e di Ercole Giovannini , ne' quai con vaga disposizione si scuoprono bellissime fiintasie copra il Petrareha , Venise, Barezzi ,14g3 3. le Pis- tole volgari di Niccolo Franco, Venise , 1538 , 1541 4P Dialogo doue si ragiona delle Relkzze, Casai , 1541 ; Venise, 1542; Dia/ oghi piacerdi, Venise, Giolito , 1542, in -8. ; 1554, 1559 . 6° / a Prrapea, Turin , 1541 1546 , idem; réimprimé deux ans après avec les filme dirigées comme la Priapea, et avec lu tau me indécence contre l'Arétin sous ce titre : Delle rime di AL Niccolo Franco contro Pietro Ménage , en citant ce distique , se moque avec raison de la faute de quantité que l'auteur a commise en faisant brève la troisième syllabe du mot cocota riam , qui est longue; en effet, c'est la seconde qui est longue dans ce vers. Cette faute est venue de l'habitude défectueuse qu'ont les Italiens de prononcer le latin à l'italienne, deplacer l'accent dans un mot latin sur la méme syllabe oit il se place dans le mot italien correspondant, et de faire longues, en lisant les vers latins, toutes les syllabes où ils mettent cet accent. Aretino e della Priapea del medesimo, terza edizione colla giunta Cli molli sonelli nuovi, Con grazia e privilegio Pasquillico, 1548 Les Rime contiennent 257 sonnets contre l'Arétin, dans un style dont l'Arétin luimême aurait eu peine à égaler la virulence et l'obscénité ; suit un Capitolo ou chapitre satirique intitulé : Il Testament° del delicato. La Priapea vient ensuite et comprend les 175 sonnets contre l'Arétin , qui avaient déjà été imprimés deux fois. Ces trois éditions sont devenues presque également rares. Molini a fait réimprimer la Priapea avec le Vendemmiatore du Tansillo , à Paris , 1790, sous cette fausse date : A PE—KING, rognante Lien- Long , nel X U111 secolo, in -8°. L'avis de l'éditeur mis en tète de ce volume est de l'abbé StLéger ; 7° la Philena, istoria amorosa, Mantoue, Ruffinelli , 4547 Cette histoire amoureuse est prodigieusement ennuyeuse; c'est un roman en 12 livres et un Volume de 468 feuillets, ou 936 pages, dont il est absolument impossible d'achever la lecture; 8° Dialoghi maritimi del Bottazzo , ed demie Rime maritime di M. Niccolo Franc°, Mantoue, 1547 9° On avait toujours ignoré que Franco dit traduit l'Iliade d'Homère en vers italiens et en octaves. On retrouva vers 1711 cette traduction écrite de la main méme de l'auteur , et ce manuscrit passa dans la bibliothèque particulière du pape. C'est ce que nous apprend un paragraphe du Giornale de' lelterati d'Italia, t. 6, , Venise, 1711, page 532. Depuis un siècle que cette traduction est placée dans la bibliothèque pontificale, i1 ne parait pas que personne s'en soit occupé et qu'on ait eu la curiosité de savoir ce que ce pouvait cire que l'auteur de l'Iliade traduit par l'auteur de la Priapea
  • Nicolas FRAXINIS ou DESFRESNES : plus communément nommé Deleuze, théologien de Louvain, chanoine de StPierre de cette ville, visi- teur des livres en l'université, a été oublié par Fr. Swert, par Valère André, par Foppens, et n'a point place dans l'ouvrage de Paquot : il vivait au 16e siècle. D. Calmet lui attribue une traduction de la Bible. C'est une erreur et en voici la source : ce fut lui que les docteurs de Louvain chargèrent de la révision de la Bible par J. le Febvre d'Étaples , édition connue sous le nom des docteurs de Louvain . Il a laissé quelques autres ouvrages : 1. La Péré- grination spirituelle vers la Terre sainte, comme en lerusakm, en Bethléem , etc., composée en langue thyoise par Pascha , et translatée, Louvain , 1566 réimprimée sous ce titre : Les Pérégrina- tions, etc., composées en langue toscane par Pas- eha , 1576 M. BoucherLaricharderie a admis dans sa Bibliothèque des voyages cet ouvrage, qui est un livre ascétique , et c'est parmi les livres ascétiques en effet qu'il figure dans le Catalogue de la Bibliothèque du roi, D., 5979. 2. Les Heures de N.- D. nformées, corrigées, et par le commande- ment de Pie, pape cinquième du nom, publiées, etc., le tout translaté du latin en françois, 1577 Guillaume Gazet dit qu'il a donné une traduction française de l'Hortalus animce , et qu'il a travaillé à la version des Heures latines- françoises, qui sont peut-être celles que nous avons citées
  • Nicolas FRENICLE( 1600) : poëte français, né à Paris en 1600 , s'appliqua dès sa première jeunesse à lu culture des lettres. Ce n'était pas, si on l'en croit, l'amour d'une vaine renommée qui avait déterminé son penchant , mais le besoin d'exprimer son admiration pour les beautés de la nature et de célébrer le bonheur dont il jouissait à la campagne. Cependant on sait qu'il fit des démarches pour être reçu à l'Académie française : elles furent inutiles, eùt l'appui de Colletet et surtout de Chapelain , qui jouissait alors d'un grand crédit. Chapelain, dans ses notes sur les écrivains de son temps, a porté ce jugement de Frenicle Il écrit purement, et, par ses ouvrages en vers, il « fait voir une veine aisée, mais sans fond et sans élévation. Frenicle avait acquis la charge de conseiller à la cour des monnaies par son mariage avec la fille de Jacques Cartais. Cet emploi ne pouvait contrarier en rien son goût pour la littérature, et il s'y livra toute sa vie avec plus d'ardeur encore que de succès. Sur le retour de l'âge il eut du regret de s'ètre plutôt appliqué aux fables du Parnasse qu'aux vérités du Calvaire; et il chercha à réparer ce tort par la composition de quelques poésies chrétiennes. Il mourut en 1661 dans de grands sentiments de piété. Son portrait a été gravé par Mathieu. On lit au bas un quatrain qui lui promet l'immortalité pour avoir relevé les autels d'Apollon. On a de Frenicle I. Premières oeuvres poétiques , Paris , 1625 Ce volume renferme trentesix élégies, où Frenicle dit avec assez d'esprit et dans un style assez coulant beaucoup de sottises galantes ; il contient aussi des stances, des odes, des sonnets et des rondeaux. Frenicle retoucha ces différentes poésies et les fit réimprimer avec des hymnes, des églogues, etc., Paris, 1629 DesforgesMaillard dit qu'on trouve de l'esprit et du feu dans les hymnes de Frenicle , des grâces et de la douceur dans ses églogues ; mais qu'il est diffus, inégal , et qu'il néglige souvent l'exactitude et la pureté de l'expression. 2- Palémon , fable bocagère et pastorale en cinq actes et en vers, avec des choeurs, Paris, 1632 C'est une imitation du Pastor fido, trèsinférieure sans doute à l'original , mais cependant assez bien écrite. 30 La Niobé , tragédie en cinq actes et en vers, ibid., 1632 Cette pièce n'a point été représentée. 4. Les Entretiens des illustres bergers, ibid., 1634 Il parait avoir choisi ce cadre pour y faire entrer dans la première partie les églogues et les madrigaux qu'il n'avait point encore publiés. La seconde partie contient une comédie pastorale en cinq actes, intitulée La fidèle ber- gère ; pièce , dit le rédacteur de la Biblioth. du thécitre français , sagement et froidement écrite, et qui n'offre aucun intérèt. 5. Jésus- Christ crueifid, poëlne , ibid., 1636 6. Hymne de la Vierge, ibid. , 1641 '7. Paraphrase des psaumes de David, ibid., 1661 ; 8. Hymne de St- Bruno, fondateur des Chartreux. sans date C'est la vie en abrégé et le panégyrique de ce saint. Frenicle annonçait encore un poëlle de la Conversion de Claris, mais qui n'a point paru
  • Nicolas FRÉRET( 1688) : pensionnaire et secrétaire perpétuel de l'Académie des belleslettres, naquit à Paris le 15 février 1688, de CharlesAntoine Fréret, procureur au parlement. On peut dire de cet homme extraordinaire qu'il n'eût pas d'enfance, puisque chez lui l'àge destiné aux études élémentaires fut rempli tout entier par les travaux de l'âge mûr. 11 avait à peine atteint sa seizième année, que déjà il possédait parfaitement les ouvrages chronologiques de Scaliger , de Dodwell , d'Ussérius, il avait mème, dès cette époque , commencé pour son usage particulier, un Dictionnaire mythologique, qui s'est trouvé parmi ses papiers. L'établissement des académies, si favorable au progrès des lumières et au commerce des esprits, excitait alors une émulation universelle, et le goût des sociétés littéraires était devenu à la 'mode , par la même raison qui fait de nos jours tomber les mémes institutions dans l' et le mépris : elles étaient nouvelles, et elles ne le sont plus. Fréret, admis en 1707 dans l'une de ces sociétés , y produisit successivement neuf mémoires concernant des points d'antiquité grecque, tels que les cultes de Bacchus, de Cérès , de Cybèle et d'Apollon. Ces travaux auraient honoré la vie d'un homme ordinaire : ils sont perdus dans la sienne. Il semble qu'il soit de la destinée de tous ceux que la nature a distingués de leurs semblables par de grandes qualités , que la société les exerce à son tour par de grandes épreuves. Le goût dominant qui entrainait Fréret vers les lettres fut violemment combattu par celui de ses parents, qui l'avaient destiné à la profession du barreau : mais dans ces sortes de luttes, la victoire reste toujours au génie, et les forces qu'on lui oppose ne servent qu'à redoubler la sienne. Après quelques essais infructueux , auxquels l'avait obligé sa soumission aux volontés d'un père, il sortit d'une carrière ingrate, et le seul fruit qu'il recueillit de ses efforts fut d'avoir confirmé sa vocation naturelle en essayant d'en suivre une autre. Rendu aux études qu'il aimait, il ne le fut pas encore à lui- même. Il avait plutôt arraché qu'obtenu une tolérance, qu'on lui faisait acheter chaque jour par des contrariétés nouvelles : mais les charmes d'une passion satisfaite en font oublier les entraves. Il puisa dans ses livres, avec les connaissances dont son esprit était avide, les ressources propres à fortifier son caractère. Bientôt il n'eut plus d'autre société que celle des auteurs qu'il avait choisis pour guides et pour modèles,
  • Nicolas FRIZON : jésuite, né à Reims, quoique quelques biographes le disent Lorrain , peut-ètre parce que dom Calmet l'a placé dans sa Bibliothèque de Lorraine, ou parce qu'il passa la plus grande partie de sa vie dans cette province , enseigna dans les colléges des jésuites un assez grand nombre d'années. Ses supérieurs lui ayant accordé sa retraite , il employa le loisir qu'elle lui procurait écrire « pour s'instruire et pour « servir à l'édification des personnes de sa robe ; » ce sont ses expressions. On ne sait point l'époque de sa mort : il parait qu'elle eut lieu dans la première moitié du 18e siècle. Les ouvrages qu'il a donnés sont: 1° La Vie de Jean Berchmans , jésuite, Nanci, 1706 ; Paris, 1739, 1755 ; souvent réimprimée depuis. Il la composa pour l'usage et l'instruction des novices de la société. 2" La rie du cardinal Bellarmin, Nanci, 1708 ; Avignon , 1827, 2 vol. Il eut en vue dans la publication de ce livre'ceux de ses confrères qui , « déjà foinés et éprouvés , sont jugés « dignes d'étre employés à d'importants minis« aères ; » et il leur offre dans le savant cardinal un modèle. 3° Les Méditations du II. P. Louis Du-- pont , en français, Châlons, 1712. Par cet ouvrage il voulut, ditil, satisfaire la dévotion de ceux qui dans son ordre étaient chargés des offices domestiques, et répondre au désir d'un grand nombre de personnes de ,piété qui le lui avaient demandé. .4" L'Histoire d'Eléonore d'Autriche, mère du duc Léopold I et épouse du duc Charles V, Nanci, 1727i 8" ; 5° la Vie de Sigisbert , Nanci, 1725 6° la Vie de la mère Élisabeth de Ranfaing , in- stitutrice des religieuses du Refuge à Nanci, Avignon, 1735 Collet en a inséré un extrait dans ses Histoires édifiantes en Turquie, en Perse, en Arménie, en Arabie et en Barbarie, Paris, 1730 de 647 pages. — FRIZON , aussi jésuite, et poiite latin, né à Périgueux en 1628, entra chez les jésuites à l'àge de seize ans et y enseigna les humanités pendant quinze années. 11 professa ensuite la rhétorique, puis s'étant engagé à la société par les quatre voeux , il fut chargé d'expliquer l'Écriture sainte, emploi qu'il exerça pendant trois ans : enfin il fut proposé à la direction du noviciat à Bordeaux. A ces occupations il joignit le culte assidu des Muses latines, et laissa dans ce genre un grand nombre d'ouvrages, dont on peut voir le détail dans Mortri. Nous indiquerons seulement : 1° Sylvarum labri IV, Paris, 1653 : Parthenicw liI. n Ires, accessit fidei triumphus , Paris, 1657 ; 3. De nostrorum temporum rebus clarissimis poemata varia , Poitiers, 1661 , ; avec une continuation , sous le titre de Corollaria poetica, ibid , 1666 ; 4° Poen'affiné Uri ses, Lyon , 1666 ; Panegyri- cris in Franciscum Salesium , prononcé en 1662, et inséré avec les Panégyriques de SteRadegonde et du comte Sérin dans le recueil des Panégyriques choisis de la société, Lyon , 1667 ; 6° diverses poésies de circonstance qui, après avoir paru séparément, ont été réunies en 4 volumes sous le titre d'Opera poelica, Paris, 1676 ; 7° De poemate libri tres , ad usum familiarem et christianum accommodati, Bordeaux , 16i42, iiile. L'auteur y donne sur l'art poétique des règles qu'il a voulu mettre à la portée de la jeunesse. Il y exprime le désir que ce soit principalement sur des sujets chrétiens que la poésie s'exerce. Il y fait quelques critiques, mais sans aigreur, et plutôt sous la forme oratoire que sous celle du genre. 8° Furstembergiana, libri quatuor•, Bordeaux, 1684, Ce sont des pièces relatives au prince Ferdinand de Furstemberg, évoque de Munster. Frizon y a joint une Dissertation sur les critiques anciens et modernes : cette dissertation passe pour un morceau estimable . Morérl se trompe en attiibilant à Léonard Frizon la Vie de Bellarmin, qui est de Nicolas. 11 y a dans les écrits de Léonard de la facilité et de l'élégance, de la douceur dans ses vers, un choix heureux dans les sujets qu'il traite, de la fécondité dans l'invention et de la clarté dans l'expression. Quelques critiques lui ont reproehé de n'are pas toujours assez chàtié, et d'avoir beaucoup puisé dans Lucain. Il mourut à Bordeaux le 22 février 1700
  • Nicolas FROUMENTEAU : nom sous lequel s'est caché un écrivain protestant du 16 siècle, qu'on n'est pas encore parvenu à découvrir. Le seul ouvrage en tète duquel on lit ce nom, est intitulé le Secret des * finances de France , découvert et dé- parti en trois livres , et maintenant publié pour ouvrir les moyens légitimes et nécessaires de purger les dettes du roi, décharger les sujets des subsides imposés depuis trente- un ans, et recouvrer tous les deniers pris it Sa ilajesté , 1141, 3 tomes réunis ordinairement en un volume sans nom de ville ni d'imprimeur. M. Brunet assure qu'il en existe deux éditions sels la même date, et qui ne diffèrent que par le plus ou le moins de beauté du papier. Au revers du frontispice est un avis de l'imprimeur qui demande griice pour les fautes qu'il aura pu commettre dans l'impression d'un livre si impatiemment attendu, que les feuilles en étaient enlevées de dessous la presse. Vient ensuite répttre .dédicatoire à Henri III, roi de 1.'rance et de Pologne ; cette pièce est datée de Paris, le janvier 1581 L'auteur y annonce au roi qu'il se propose de lui prouver par des preuves authentiques, que dans l'espace de trente et un ans il a été payé, par le pauvre peuple , quinze milliards deux cent quarantesix initiions trois cents et tant de mille écus, qui ne sont point entrés dans les coffres de l'État; et il lui demande , au lieu de créer de nouveaux impôts pour acquitter les dettes du royaume, qui se montent. à cent millions de livres, de répartir cette somme entre les familles qui se sont nouvellement enrichies. Je m'offre, ajoutetil, à faire le département , et de les égaler, s'ils veulent, et que vous me le commandiez, si justement que pas un d'eux n'aura Occasion de se plaindre. Cette épltre est suivie d'une espèce d'introduction qui contient le stmimaire des cahiers présentés aux états de Blois par les députés des différents ordres , lesquels, après de longs débats, prient h.outrienteau de rassembler leurs plaintes et d'en fariner un tableatt pour être mis sous les yeux du roi. Suit l'état des recettes et des dépenses légalement faites depuis in L'un des personnages qui a, dans cette assemblée, les fonctions de calmer les députés des provinces , porte le nom de liaradvie , dans lequel on retrouve celui de Barnaud; ce qui semble encore appuyer les conjectures que l'on s'est pertnist, dur Je véritable auteur des ouvrages indiqués dans cet article • . * Nous ne partageons pas du M. Weiss sur l'identité de Barnaud et deProumentau; le triste ride de député courtisan que l'auteur lui donne dans l'assemblée des députés provinciaux à Paris en 1580, sa théorie sur « tes peuples maigres, moins fré- “ tillons et propres à la rebellion que les peuples gras, si contraires aux opinions de Fronmentau , ne hou: permettent pas de penser qu'il ait voulu se peindre sous un aussi odienx person-, nage, A. 1519 jusqu'à 1581 , dont il résulte que dans cet - espace de temps il a été perçut quatorze cent c millions, qu'il en a été employé neuf cent vingtsept millions deux cent six mille francs, et que par conséquent , au lieu d'un déficit, il devait rester en caisse cinq cent vingtcinq millions sept cent quatrevingtquatorze mille livres. On doit remarquer que cet état n'est revêtu d'aucune signature; niais il est daté du 31 janvier 1581. Le second et le troisième tome contiennent le tableau , diocèse par diocèse , des impôts ordinaires ou extraordinaires levés sous le régime de Henri III , et comparés à ceux qui existaient sous Louis XII, de manière à présenter l'accroissement rapide de toutes les charges publiques. A la suite de chaque article est une note des villages incendiés, ruinés ou détruits ,*et des individus massacrés depuis l'origine de la guerre de religion. Ces détails suffisent pour faire apprécier cet ouvrage vraiment curieux , et qui serait trèsimportant si l'on connaissait les sources où l'auteur a puisé, et le degré de confiance qu'on peut ajouter à tous ses calculs . 2" Le Cabinet du roi de France, dans lequel il y a trois perles d'inestimable valeur, etc., 1581 2" édition, I58 Cet ouvrage, rédigé dans le mème esprit que le précédent, est dédié au roi par une épître datée de novembre 1581. La ressemblance du style et la conformité des principes l'ont fait attribuer, par quelques personnes, à Frounienteau. Lamounoye pense qu'il est de Nicolas Barnaud du Crest ; et les initiales N. 1). C., qu'on voit au frontispice , appuient cette conjecture . Ainsi , en admettant que les deux ouvrages dont on vient de parler soient sortis de la n'élue plume , il paraît que c'est à Barnaud qu'on en doit faire honneur. Une seule difficulté se présente, et la voici : comment Barnaud auraitil pu se procurer des renseignements aussi détaillés et aussi exacts en apparence, sur la situation des finances du royaume? Mais cette objection disparaitra si l'on réfléchit Ce qui doit contribuer à lui donner une certaine autorité c'est que tous les détails sont catégoriques et très précis , et ont une apparence d'exactitude bien difficile à imiter par un faiseur ; nulle part on ne trouve de vagues déclamations, niais partout le langage simple, et vigoureuxbde la vérité, une grande intelligence et une haute raison ; une autre considération encore plus puissante, c'est le triste état de la France sous le rapport des finances et de la criminalité pendant ces trent,: et une années . Pour quiconque connaît l'histoire et se rappelle les 1,200 Français exécutés pour la conspiration d'Amboise, téta- blissement momentané de l'inquisition, les cruautés de Montluc et des Adrets , l'affreux massacre de la StBarthélemy, qui coûta la vie à plus de 60,000 personnes, cinq guerres civiles consécu- tives , les pieuses rigueurs de la ligue, etc., Froumenteau ne paraîtra aucunement exagéré quand il nous dit /4 que la France // est une vraie litière sur laquelle sont étendus plus de brave., u et excellents hommes qu'il n'aurait fallu pour conquérir l'Europe 36,300 prud'hommes massacrés , 1,200 femmes ou filles étranglées ou noyées, 656,000 soldats, tous naturels i/ français, y ‘,nt perdu la vie; 12,300 femmes et tilles violées ‘‘ 7,000 à 8,000 maisons briilées , et ce qui rend cette litière fort // triste et déplorable, c'est qu'elle est regardée par plus de trois ‘‘ millions de personnes tous appauvris , ruinés et détruits. n Tous ces chiffres sont établis par des listes spéciales , diocèse par diocèse , dans toute la France en un mot, comme l'a dit M. Joseph Garnier, juge trèscompétent en pareille matière, le livre de Froumenteau est l'inventaire des exactions et des iniquités du temps. A. que par sa réputation dans le parti des réformés, Barnaud a pu et dû mème se trouver en rapport avec des hommes d'état qui lui auraient fourni les matériaux dont il a fait usage. 3" Traité de la Po- lygamie sacrée : c'est le titre d'un troisième ouvrage qu'on croit sorti de la mème plume que les précédents, et dans lequel l'auteur s'efforce, comme dans le Cabinet, de prouver qu'il serait trèsavantageux de réunir à la couronne les trop grandes richesses des moines et du clergé. Le Duchat qui le cite dans ses Notes sur 10 Confession de Sancy, en l'attribuant avec les deux autres à Froumenteau, ne dit pas s'il a été imprimé; mais on ne le croit pas, car il n'est indiqué dans aucun catalogue
  • Nicolas FULLER( 1557 - 1622) : théologien et critique anglais, naquit à Southampton, en 1557. Après ses premières études dans l'école de cette ville, le docteur Horne, évêque de 'Winchester, le prit chez lui , les lui fit continuer, et l'employa en guet,: de secrétaire. En 1584, après la mort de cet évêque et celle de son successeur, le docteur Watson , auprès duquel il avait rempli les mêmes fonctions, il accompagna à Oxford les fils d'un gentilhomme du Hampshire; et poursuivant ses propres études en même temps qu'il dirigeait leur éducation, il acquit de la répeation pour son érudition dans la littérature sacrée, et pour sa sagacité comme critique. Nominé à un petit bénéfice dans le Wiltshire, il y passa une partie de sa vie, entièrement occupé de travaux littéraires. Il fut nommé, sur la fin de ses jours, prébendier de Salisbury et recteur de Bishop Waltham. Il mourut en 1622. On a de lui , Miscellanea Meologica, imprimés d'abord en trois livres à Heidelberg, 1619. ensuite en 1616, à Oxford , avec l'addition d'un quatrième livre , puis à Londres, en 1617. Il y ajouta, en 1622, deux nouveaux livres, sous le titre de Mis- cellanea sacra , Leyde Tous ces mélanges se trouvent dans le neuvième volume des Critici et dans le Synopsis criticorum de Pool. Il a laissé d'autres savants ouvrages de philosophie en manuscrit, qui se trouvent dans la bibliothèque Bodléienne à Oxford. — Un autre Nicolas FULLER , qui vivait dans le même temps, s'attira le ressentiment de l'archevêque Bancroft , pour avoir défendu contre lui un ministre et un marchand d'Yarmouth, accusés de nonconformité. Représenté au roi comme défenseur des nonconformistes, il fut mis en prison , où il demeura jusqu'à sa mort. On a de lui son plaidoyer à cette occasion, imprimé en 1607 et réimprimé en 1641
  • Nicolas FURGAULT( 1705) : naquit, le 20 octobre 1705, à StUrbain, à une lieue de Joinville, diocèse de ChâlonssurMarne. Après avoir fait ses études avec succès à l'abbaye de StUrbain, près de Joinville, sous la direction des bénédictins, il vint à Paris, où il perfectionna le goùt qu'il avait pour les langues latine et grecque. Il occupa d'abord au collège Mazarin la chaire de sixième, et bientôt après, celle de troisième , qu'il conserva jusqu'au temps où il devint professeur émérite de l'université. Trèszélé pour les progrès de ses élèves, il enseigna avec distinction, et s'acquit l'estime générale. ‘ Izilgré son air sévère, il ne manquait pas d'une certaine aménité qui souvent tempère l'amertume de l'enseignement, tant pour le maître que pour la jeunesse. Sur la fin tle sa vie, les troubles révolutionnaires ayant éclaté, l'université fut détruite et les biens qu'elle possédait furent dissipés. Furgault , ainsi que la plupart de ses collègues, se vit donc obligé de quitter Paris : il se retira dans le lieu de sa naissance, où il passa le reste de ses jours avec une de ses nièces, qui lui prodigua tous les soins que demandait son grand âge. Il l'avait priée de lui faire tous les jours, après son dinet', une lecture de quelques morceaux de Sénèque, en lui recommandant de l'éveiller si elle voyait qu'il se fût endormi. Elle eut cette complaisance pendant un assez long temps. Mais un jour qu'elle lui lisait un passage du traité de ce philosophe sur la brièveté de la vie, elle crut s'apercevoir qu'il dormait un peu plus qu'à l'ordinaire, et s'approcha de lui pour le tirer de son sommeil : il avait cessé d'exister. Ainsi s'éteignit ce vieillard respectable , le 3 nivose an 3 , après avoir parcouru une longue et honorable carrière. Les ouvrages qu'il a donnés au public pour l'instruction de la jeunesse sont : 1" Nouvel abrégé de la grammaire grecque, Paris , 17 i6 ; réimprimé plusieurs fois depuis jusqu'en 1780, et depuis cette époque réimprimé après avoir été retouché par M. Janet. L'université en fit constamment usage, parce qu'elle en trouva les principes trèsclairs et trèsméthodiques. 20 Abrégé tle la quantité ou mesure ( les syllabes latines, ibid. , 1769 Quoique l'auteur ait donné à cet ouvrage le titre modeste d'Abrégé, il n'en est pas moins vrai qu'il renferme tout ce qui est indispensable, nonseulement pour connaître la structure d'un vers, mais encore pour sentir toute l'énergie et tous les différents genres de beautés de la poésie latine. Les autres prosodies qui ont paru depuis sont plus qu'insuffisantes, et trèssouvent fautives. Cet ouvrage eut beaucoup de cours dans l'université pendant plus de cinquante ans, et il a été souvent réimprimé. 3° Dictionnaire d'antiquités grecques et romaines, Paris , 1768 et 1786, petit Le rédacteur de cet article, qui s'honorait d'ètre l'un des anciens disciples de Furgault , en fit paraitre une 3e édition augmentée en 1809, gr. comme il avait donné, en 1807, la 9e édition de l' Abrégé de la quantité, et, en 1813, une édition, de méme fort augmentée, de la Grammaire grecque , réimprimée en 1815, Paris, veuve Nyon 4° Dictionnaire géographique historique et mythologique portatif, ibid., 1776 , petit 5° Les principaux idiotismes grecs, avec les ellipses qu'ils renferment, Paris, 1784 ; cet ouvrage fait suite à sa Grammaire grecque; 6. Les ellipses de la langue latine, précédées d'une courte analogie des différents mots appelés parties d'oraison, Paris, 1780 chez madame Nyon
  • Nicolas FUSS( 1754 - 1825) : secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences de StPétersbourg , naquit en 17d 1, à Bâle. 11 y suivit les leçons ; 9." De la division du rho? livide en quatre parties égales , par deu, r lignes droites qui se coupent o angle droit ; 3a Eclaircissements sur l'intégration de l'équation diférentiellt ydy X P y d d. Q d . 17 ; in Solution de quelques problèmes relatif au développement des lignes courbes à double courbure. Ces trois mémoires sont insérés dans le turne 3 du recueil de l'Académie . Zi° _ Recherches sur deux séries dont la sommatio? a été proposée par laSociété royale des sciences de Copenhague, insérées dans le tome 7 du même recueil . Nous citerons encore de lui un 1: luge de Léonard Euler, arec une liste emplit, de ses ouvrages , St - Pétershou rg , 1783 , .1', traduit en allemand , Base', 178? Nicolas Fuss était conseiller d'Etat, chevalier des ordres de StWladimir de la troisième classe, et membre de diverses académies. Il est mort le 2 décembre 1825. On trouve sa biographie détaillée dans erffistoire ( le l'Académie de St- Pétersbourg pendant ' l'année 1825AI a laissé un fils qui , comme lui , a rendu d'utiles services aux sciences. II était de l'Académie de StPétersbourg , et il remplaça son père dans les fonctions de secrétaire perpétuel. Il est mort jeune en 1839
  • Nicolas GALEOTTI( 1692 - 1758) : jésuite italien , d'une maison noble de Pise, né à Vienne en 1692, professa en 17'25 la physique à Macerata , et, de 1728 à 1749, la rhétorique à Home, où il mourut en 1758. l'était versé dans les antiquités grecques et latines. Outre des éloges funèbres et des extraits d'écrivains grecs, il a publié : 1. Museum Odescakum , sive Thesaurus antiquarum genzmarum , etc., cm commentariis, Rome, 1747 ou 1751 en deux parties. C'est la description de la superbe collection d'antiques du prince Odelcalchi : les figures, en 103 planches, sont gravées par le fameux Pietro SteBartoli : les explications du P. Galeotti sont estimées des savants. 2° Imagines prcepositorum genernlium Soc. Jesu delineatœ et œneis f mis pressce ab Arnold. Westerhout, ibid., 1748 maj. Ce volume renferme quinze portraits gravés avec soin , et accompagnés de courtes notices en latin et en italien, par le P. Galeotti. Ce savant religieux a aussi enrichi de notes les Gemma, an- tiquai litterata, de Ficoroni, Rome, 1757
  • Nicolas GALMICHE( 1761 - 1833) : député du département de la HauteSaône, né en 1761 , à Vesoul, d'une bonne famille de la bourgeoisie , acheva ses étu- des à l'université de Besançon , se fit recevoir avo- rat au parlement, et revint dans sa ville natale, où il ne tarda pas à mériter la réputation d'un habile jurisconsulte. A la création des écoles centrales il fut nommé professeur de législation à celle de Vesoul, et justifia ce choix en s'attachant à former des élèves dont plusieurs remplissent ma avec distinction des places dans la magistrature. Sa chaire ayant été supprimée, il reprit ses fonctions d'avocat et continua d'itre employé dans toutes les causes importantes. En 1814 , il fut nommé viceprésident du tribunal civil de Vesoul; puis en 1822, élu membre de la chambre des députés par le collége de son département. Il proposa dans cette session plusieurs amendements favorables à l'agriculture; mais il eut le regret de ne pouvoir en faire adopter aucun. Réélu la mime année, il continua de signaler son zèle dans les bureaux et dans les commissions, dont il fut plusieurs fois rapporteur, et reçut la croix de la Légion d'honneur. A l'expiration de son man-. dat , il pria les électeurs de reporter leurs suf- frages sur un autre , et cessa de faire partie de la chambre. Sa santé déjà chancelante ne fit que décliner, et il mourut le 16 novembre 1833. 11 a laissé manuscrit un Cours complet de droit, que les instances (le ses élèves et de ses amis ne purent le décider à livrer à l'impression
  • Nicolas GANDO( 1700 - 1767) : habile fondeur en caractères, né à Genève vers le commencement du 18e siècle, mort à Paris vers 1767, vint établir dans cette dernière ville une fonderie qui eut dans le temps une espèce de célébrité ; mais il se distingua surtout par le succès avec lequel il réussit à perfectionner l'impression de la musique. Son fils, PierreFrançois, né à Genève en 1733, mort à Paris vers 1800, était associé à son commerce et à la composition de ses ouvrages ; ils ont publié : 1. Épreuves des caractères de la fonderie de Nicolas Gando, Paris, 1745 contenant quarantehuit caractères différents, outre quinze alphabets de lettres de deux points ; 2. Recueil d'ornements qui comprennent différentes combinaisons de vi- gnettes, 1745 ; 3° Autre ornement en forme d'un portail de temple, sans date , composition singulière; 4. Lettre de François Gando le jeune, graveur et fondeur de caractères d'imprimerie, Paris, 1758 de 11 pages. Elle est dirigée contre Fournier le jeune, et avait déjà paru , à quelques changements près, dans le Mercure de juillet de la même année, p. 175; 5° Observations sur le Traité historique et critique de M. Fournier le jeune , sur l'origine et les progrès des caractères de fonte pour l'impression de la musique, Berne et Paris, 1766 de 27 pages. On y trouve six morceaux d'ancienne musique provenant du fonds de Ballard, et un motet imprimé à la manière de Gando, avec une presse dont il se dit l'inventeur, où les notes et les lignes s'impriment ensemble avec une trèsgrande précision . Fournier répliqua quelque temps après; et sa Réponse s'ajoute au tome 2 de son Manuel typographique, dont elle forme les pages 289-306. ll y accuse fortement les Gando de plagiat , et critique vivement leur musique imprimée. Cependant le Pseaume CL, petit motet, par M. l'abbé Roussier, imprimé avec les nouveaux caractères de Gando et fils , offre la beauté d'une tailledouce , et l'oeil en est plus agréable que ceux des essais que Fournier avait donnés dans son Traité historique et critique. Les portées, parfaitement dressées et sans la moindre solution de continuité, dans cette musique de Gando, semblent prouver que l'impression s'en est faite en deux temps. Gando père était mort pendant cette discussion. Ses descendants paraissent n'avoir pas donné de suite aux procédés pour l'impression de la musique ; 'nais ils ont continué de graver et de fondre des types; et c'est de leur fonderie que vient le beau caractère parisienne qui a servi à imprimer le Nouveau dictionnaire de porhe français et anglais de M. Th. Barrois, petit chefd'oeuvre typographique qui a figuré, en 1806, à l'exposition publique des produits de l'industrie française
  • Nicolas GERVAIS( 1630 - 1681) : né à Parlerme en 1630, mort en 1681.11 était marié et exerçait la profession d'apothicaire. Après la mort de sa femme , il entra dans les ordres. On a (le lui quelques ouvrages de pharmacie : Antidotarium panormi- tanum pharmaco- chimicum , Panormi, 1669 2° Succedanea, ibid. , 1670 ; Norma tyro- nunz pharmacopolarum galeno spargyrica, Neapoli, 1675 ; Bizarrie botaniche dalcune simpli- cesti di Sicilia, Naples , 1673 Augustin G ER VAIS , fils tIC Nicolas, devint un médecin célèbre et donna à Palerme en 1700 une édition des oeuvres de son père, sous ce titre : ( i'ervasius rediVirus , sou Ni cotai Gervasii antidotarium panormita111Wl galeno- chymicum
  • Nicolas GAUGER( 1680 - 1730) : né auprès de Pithiviers, vers 1680 , crut pouvoir trouver à Paris un heureux supplément à la modicité de sa fortune. Il avait, d'après son inclination , étudié de bonne heure cette partie de la physique qui s'appuie sur des expériences. 11 s'attacha , sans charlatanisme, à répéter ces mêmes expériences en présence de plusieurs personnes, dont la générosité lui fournit le moyen de subsister avec honneur. Tranquille du côté de l'existence, il voulut s'adjoindre d'utiles amis. Son caractère , son genre d'étude, lui valurent l'intimité du P. Desmolets , de l'Oratoire, et du chevalier de Louvitle, avec lesquels il entretint, jusqu'à sa mort, une correspondance littéraire. Le chevalier de Louville disait à qui voulait l'entendre que Gauger était celui de tous les physiciens qui parvenait aux plus sûrs résultats en faisant les expériences de Newton. Notre physicien mourut en 1730, après avoir publié : 1° Mécanique du feu , ou fart d'en augmenter les effets et d'en diminuer la dépense; première partie, contenant le Traité des nourelles cheminées qui échauffent plus que les cheminées ordinaires, et qui ne sent point sujettes û fumer, Paris , 1713, 1749 orné de douze planches; ouvrage qui a été souvent réimprimé , et traduit en différcntes langues , et dans lequel on trouve une grande partie des inventions en ce genre qu'on a depuis données comme- nouvelles. On retrouve la description de ces cheminées et de poètes fort sains , a double courant d'air, de l'invention du mème auteur, dans la Collection des machines, de l'Académie, année 1720, nos 218 à 2422. Le procédé de Gauger ayant ét,' suivi, pour la premiere fois, par un chartreux , feere de l'auteur, les cheminées faites d'après les mêmes principes prirent le nom de cheminées à la chartreuse. 2" Lettre sur la réfrangibilité des rations de la 'lanière et sur lettes couleurs , arec le pl; in d'un traité général sur la lumière , •728 ; 3" Lettre à l'abbé Conti . noble italien donnant solution des dif- ficultés de Rizetti contre la différence de réfrangibilité des rayons de lumière , et de Mariolle contre l'immutabilité de leurs couleurs, 17'28. Cette lettre, ainsi que la précédente, se trouve dans le tome 5 des Mémoires de littéral. du P. Desmolets. 4. Théorie des nouveaux thermomètres et baromètres de toutes sortes de grandeurs, Paris , 1722. D'après le titre , nous apprenons que Gauger était avocat au parlement (le Paris et censeur royal des livres
  • Nicolas GAUTHEROT( 1753) : né à Is sur Tille en 175$, prit à la cathédrale de Dijon, où il avait été enfant de choeur, les premières leçons de musique ; il devint l'un des plus savants démonstrateurs pour le clavecin et la théorie musicale. Musicien profond, Gautherot n'exécutait pas; mais il savait par des principes surs enseigner les combinaisons infinies qu'offre la musique ; et il s'était attaché à fonder sa Théorie des sons sur l'application et l'examen des vibrations de divers instruments, et principalement du tam- tam des Chinois. 11 s'occupa aussi des sciences physiques et des mystères de l'électricité et du galvanisme, découvertes dont il cherchait à pénétrer les causes et sur lesquelles il lut plusieurs mémoires à la première classe de l'Institut. Ses Recherches sur l'action de l'électricité dans les appareils galvaniques ont été consignées dans le Journal du galvanisme , de M. le docteur Nauche, année 1803. Gautherot y a constaté, par des observations faites avec soin, l'influence de l'humide dans le développement de l'électricité galvanique et assigné le rapport que la surface des métaux peut avoir avec ce développement. Il s'occupait de recherches et d'expériences nouvelles dans cette partie de la science à laquelle il sacrifiait son temps, sa fortune et mème sa santé lorsqu'il mourut à Paris le 929 novembre1803
  • Nicolas GAUTHIER( 1500) : né à Reims dans le 16e siècle, fit ses études au collége de Sedan, où il soutint deux thèses, le 26 décembre 1607 et le 9 mars 1609 , sous la présidence du célèbre Tilenus. Né catholique romain , il avait embrassé les erreurs de la réforme et était devenu surveillant du consistoire de Sedan. Après une abjuration solennelle , il composa et publia : 1- Découverte des fraudes sedanoises par la confrontation du catéchisme de Jacques Cappel, ministre et professeur en théologie à Sedan, prétendant confirmer par l'Ecriturc la confession de foi des Eglises prétendues réformées de France, avec les XL articles de ladite confession , Paris, 1618 , Cappel répondit à cet ouvrage par un Avertissement à Nicolas Gauthier sur un livre intitulé : Découverte des fraudes sedanoises , etc. 2. L' Anti- ministre ou Réponse à ( avertissement de Jacques Cappel, ministre à Sedan, sur la Découverte des fraudes sedanoises, Reims, 1618 suivi de trois pièces de vers adressées à Jacques Cappel ; 5° Les livres de Babel linguenotte, par quatorze puissantes raisons et motifs pour en faire sortir toute dme désireuse de son salut, Reims, 1609 Ce livre est rare
  • Nicolas GÉDOYN( 1667) : prêtre, naquit à Orléans le r juin 1667. Sa famille , d'une noblesse ancienne , avait peu de fortune ; elle s'éteignit en lui , quoique son père eût laissé onze enfants. Dans son bas âge on le crut mort à la suite , Amsterdam, Van Ilarrevelt, 1767. Ces réflexions sur le goût déposent quelquefois contre celui de l'auteur ; Voiture et la Fontaine, St-Évremont et la Bruyère, y sont placés sur la mème ligne. L'auteur du Siècle de Louis XIV avait , dès son enfance , connu particulièrement Gédoyn, qui était le voisin et l'ami de son père. Il prétend « qu'il aurait voulu « qu'on eùt pardonné à la religion des bons au« teurs de l'antiquité, en faveur de leur mytholo- gie. » Il ajoute qu'il avait composé contre le peine de Milton quatre dissertations trèscurieuses, qui n'étaient point imprimées. D'Alembert , dans son Histoire de l'Académie française , transcrit avec complaisance de longs passages des OEuvres diverses de Gédoyn ; il les commente , et il (,n conclut qu'il n'avait ni les préjugés de sa robe ni ceux de l'érudition. Il semble que ces deux écrivains célèbres soient bien aises de prèter leurs opinions à Gédoyn. Tout ce qu'un lecteur impartial peut inférer de ses ouvrages, c'est qu'admirateur passionné des orateurs et des pones de l'antiquité, il est rarement juste envers les modernes pour ce qui est du ressort des belleslettres. Il offre souvent des aperçus pleins de sens et de vérité ; mais sa vivacité naturelle s'oppose à ce qu'il mette à tous ses jugements les modifications nécessaires ; au reste , on voit partout l'homme de bien , qui pense d'après luiméme , et qui s'énonce avec franchise
  • Nicolas GERVAISE( 1663) : né à Paris en 1662 ou 1663, était fils d'un médecin en réputation attaché au surintendant Fouquet. II embrassa de bonne heure l'état ecclésiastique. A peine âgé de vingt ans, l'abbé Gervaise partit avec des missionnaires pour le royaume de Siam, où il séjourna environ quatre ans. Avide d'instruction, il étudia avec soin les moeurs, les usages, le caractère et jusqu'à l'histoire des habitants , et peu de temps après une Description historique du royaume de Macassar . Ce savant ecclésiastique avait amené avec lui , des Indes orientales, deux fils du roi de Macassar. Plus capable qu'aucun autre de suivre leur éducation, puisqu'il était à peu près le seul homme de France qui sût parler la langue de ces enfants , il fut chargé par Louis XIV de les instruire dans la religion catholique. Cette tàche remplie, il devint curé de Vannes, en 13retagne, puis prévôt de Suèvres , dans l'église , nous avons de l'abbé Gervaise, la Vie de St- Martin , évêque de Tours , et une Histoire de Boèce, séna- teur romain, avec l'analyse de tous ses ouvrages, etc., divisée en deux parties ; cette dernière production est supérieure à tous les autres écrits de l'auteur : on y trouve une critique saine et des recherches approfondies. Gervaise l'avait dédiée à Louis XIV ; mais ce prince étant mort avant que l'impression du livre fùt terminée , l'abbé présenta cet ouvrage à Louis XV, sans néanmoins supprimer l'épltre dédicatoire au feu roi. Sire, dit Gervaise au jeune monarque, cet ou« vrage que j'ai l'honneur de présenter à Votre Majesté est le dernier monument du zèle que a j'ai eu pour la gloire du roi votre bisaïeul ; il « devient le premier hommage que je viens rendre à Votre Majesté , comme à mon roi , à mon seigneur particulier et à mon abbé... » Nous avons aujourd'hui quelque peine à comprendre comment le roi de France pouvait n'ètre , à cette époque, que le seigneur particulier d'un de ses sujets, et surtout pour quelle raison ce sujet l'appelait son abbé. L'histoire de Touraine nous explique cette double énigme. Gervaise était, comme nous l'avons dit, prévôt de Suèvres; or, ce domaine était à ce qu'il parait un des plus anciens arrièrefiefs de la couronne, et les rois de France étaient de droit abbés de StMartin, dont la prévôté de Suevres dépend. Gervaise avait entrepris et presque terminé des ouvrages consith lorsque son zèle pour la religion l'entraîna de nouveau au delà des mers. Au nombre de ses productions, qui n'ont pas vu le jour, on compte une vie de StLouis , dont la préface et l'épltre dédicatoire étaient achevées, et qui (levait former deux volumes Cet auteur avait aussi commencé la vie de 31. de Rancé , abbé et réformateur de la Trappe. Des ordres supérieurs , dont on ne connalt pas les motifs , l'obligèrent à abandonner ce travail
  • Nicolas GHEZZI( 1685) : jésuite italien , naquit à Domaso , sur le lac de Côme, en avril 1685. Il entra dans la compagnie de Jésus en 1705 , et s'appliqua d'abord avec succès aux sciences physiques. Ou a de lui un Traité sur l'origine des fontaines et la manière d'adoucir l'eau de la mer, Venise, 17 Lorsque dans plusieurs écrits on publia les doctrines spécieuses sur le probabilisme et sur le rigorisme , le P. Nicolas mit au jour, pour la défense des principes de son ordre, un Essai de suppléments théologiques , moraux et critiques, né- cessaires pour l'histoire du probabilisme et du rigo- risme , Lucques, 1715, 1 vol. Cet essai, qui fit beaucoup de bruit, irrita extrèmement les adversaires de Ghezzi, qui se déchainèrent contre lui. Il ne perdit cependant pas courage, et il donna sur l'interminable controverse du probabilisme ses Principes de la philosophie morale com- parés avec les principes de la religion catholique. Milan, 1752 , 2 vol. Cet ouvrage est écrit en forme de dialogue , et l'auteur s'y montre aussi grand philosophe que bon théologien. Tout y est exposé avec clarté , force et précision. Cependant Ghezzi se laisse un peu trop emporter par son zèle, et voulant accabler ses adversaires, il se permet de reproduire certains traits piquants et male odieux. La publication de cet ouvrage avait déjà éprouvé quelques difficultés de la part de l'inqui- siteur, difficultés que le marquis Pallavicini, ami Ghezzi, parvint à surmonter ; mais ayant attiré de nouveau "attention des censeurs, il fut mis à l'index. Le cardinal Landi , qui s'intéressait au P. Ghezzi , arrèta le coup prèt à tomber ; il ob- tint des censeurs de lie pas procéder à la condanination de cet ouvrage, et d'accord avec eus, le P. Ghezzi rédigea une Déclaration sur quelques ropositions, et la publia à Côme en 1754. Soit ue, même dans cette protestation , il eût laissé chapper quelque trait contre les jansénistes, oit que ce fût un effet de la malveillance de ces erniers contre lui et ceux de sou ordre, cette éclaration parut tout à fait altérée dans le Jour- al ecclésiastique du 20 novembre de la même nnée 1754. Après cette dernière guerre , le Ghezzi s'adonna entièrement à l'étude de la )4signe, et ne s'occupa plus de réfuter les docrines des jansénistes , dont les disputes avec les 'ères de la compagnie allaient toujours croissant. 1 avait un soin infini de sa santé , et il craignait urtout les impressions de l'air. Sous une immense )erruque , il portait sept bonnets l'un sur l'autre, qu'il ôtait et remettait sans cesse. Il était d'un àge avancé, lorsqu'un jour ayant ôté quelquesuns de ces bonnets, et l'air étant venu à changer, if oublia de les remettre. Un rhume de cerveau, dont il fut saisi, dégénéra bientôt en un catarrhe qui l'emporta en peu de jours , le 13 novembre 1766
  • Nicolas GNEDITSCH( 1784) : l'un des meilleurs poëtes modernes de la Russie , naquit à Pultawa le 2 février 1784. Après avoir étudié au séminaire de sa ville natale, au collége de Karkhof, , puis à l'université de Moscou, il fut attaché au département de l'instruction publique , et nommé en 1817 conservateur de la bibliothèque impériale de StPétersbourg. Doué des plus rares talents pour la poésie , il ne tarda pas à briller sur le Parnasse moscovite. Gracieux dans l'idylle , pathétique dans la tragédie, sublime dans la haute poésie , son génie savait se prèter à tous les genres. 11 traduisit en prose le Roi Lear, tragédie de Shakspeare; puis , en vers, Tancrède, de Voltaire. Cette pièce fut représentée pour la première fois en 1810, sur le théâtre impérial de StPétersbourg, et on. l'y joue encore avec succès. Dans ces deux traduc- tions, Gneditsch a reproduit avec autant de fidélité que d'elégance les beautés les plus remarquables des auteurs originaux. La Naissance d'Homère, poëme en deux chants , de sa composition, ajouta encore à sa renommée ; mais le plus beau fleuron de sa couronne poétique , c'est sa traduction de l'Iliade en vers hexamètres. Il ne voulait d'abord que continuer une traduction de ce poëme en vers alexandrins rimés, commencée par Kastroff, , célèbre poëte russe du 18e siècle, mais que la mort l'avait empêché de terminer. Déjà Gneditsch était fort avancé dans la version des six derniers livres où son devancier s'était arrété , lorsqu'il aban- donna tout à coup son travail pour refaire une traduction complète de l'Iliade en vers hexamè- tres russes. Ce rhythme, plus rapproché de celui Cette treiziéme édition , composée de trois tomes , distribués en douze volumes , est terminée par des tables alphabétiques très-étendues et polyglottes des noms triviaux et systématiques. Mais l'ouvrage est exécuté sans discernement. C'est une compilation informe , inutile au professeur, et plus propre à égarer l'élève qu'à l'éclairer et à l'instruire. En effet, sous prétexte de donner une synonymie complète , le rédacteur entasse au hasard tous les noms qu'il trouve dans les divers auteurs, sans s'apercevoir que tel animal, telle plante, tel minéral ont été nommés différemment par divers naturalistes, tandis que souvent la même dénomination a été donnée à des objets différents. Cette double erreur, dont le travail de Gmelin offre des milliers d'exemples , prouve que cet écrivain trop fé- cond n'avait que des connaissances superficielles , et n'étudiait point le livre de la nature. C. 117101 de l'original , plus large que celui du vers alexandrin , et affranchi de la rime , lui offrait d'immenses avantages; la langue russe d'ailleurs se prête avec facilité à toutes sortes d'inversions, et, comme le grec , elle admet une foule de mots composés. Toutes ces circonstances permirent au poëte traducteur de rendre souvent le texte homérique vers pour vers, et meme mot pour mot, et de lui conserver en même temps sa force , sa gràce , son harmonie. S'il est vrai, comme l'atteste Schleezer , qui avait fait une étude approfondie des idiomes moscovites, que a l'Iliade, a traduite en langue slavénorusse, doit remporter (, la palme sur toutes les traductions, n on ne trouvera point exagérés les éloges magnifiques donnés à celle de Gneditseh , nonseulement par ses compatriotes, mais par les savants étrangers versés dans la littérature de son pays. Il a fait aussi des Idylles qui présentent un tableau pittoresque et fidèle de la vie champêtre dans les climats du Nord .—Gned i tsch mourut à StPétersbourg au commencement de 1833. Il était conseiller d'État et membre de l'Académie impériale. M. Émile Dupré de StMaur a traduit en français, et inséré dans son Anthologie russe, plusieurs fragments des œuvres (le ce poëte
  • Nicolas GOBET( 1735) : connu surtout connue éditeur des Anciens minéralogistes de la France, était né vers 1755 d'une famille originaire dans sa visite , l'une des victimes de la malignité de luire, lui permit de prendre une copie des .11é- moires du cardinal de la Valette, dont il possédait ie manuscrit original; et Gobet, de retour à Paris, les oit imprimer en 177Ï . L'année précédente il avait acquis la charge de garde des archives de Monsieur; et quelque temps après il y joignit celle de secrétaire du conseil du comte , ibid., 1777 de 9 pages ; Lettres critiques sur l'histoire de Flandre et sur les droits du roi sur la ville d'Hesdin ; 4° Examen d'une dissertation sur les comtes d'Hesdin. On ignore si cet ouvrage et le précédent sont imprimés. 5^ Sacre et couronnement de Louis Xia, précédé de recherches sur les sacres des rois de France depuis Clovis, et suivi d'un journal historique de ce qui s'est passé dans cette brillante cérémonie , Paris , 1775 , grand fig. , volume rare. Gobet eut pour coopérateur dans ce travail l'abbé Pichon . On lui doit encore les éditions avec notes des Essais sur l'étain et le plomb , par J. Key, des OEuvres de Palissy , des Anciens minéralogistes de France, Paris, 1775, 2 vol. ; et des Observations de Pallas sur la formation des montagnes, ibid. , 1782, Faujas de StFond , son ami , lui fournit des notes pour l'édition de Palissy. Les Anciens minéralogistes, ou plutôt les Anciens métaltuegistes , comme on l'a déjà remarqué, sont précédés de recherches historiques sur la police des mines en France , et d'une notice des surintendants des mines, depuis la création de cette charge jusqu'à sa suppression. Le choix 'des différentes pièces qui composent ce recueil pourrait are meilleur, car quelquesunes n'ont d'autre mérite que celui d'être trèsrares ; mais il en est d'autres qui seront utilement consultées, si ce n'est: par les métallurgistes, du moins par les personnes qui aimeront à connaître l'origine et les progrès des sciences. On a fait à Gobet le reproche de n'avoir nommé qu'une seule foi.s dans ses notes Monnet , dont il a copié Exposition des mines; encore n'estce que pour le rabaisser et le mettre fort audessous de Sage, le professeur de docimastique.
  • Nicolas GODIN ou GODDIN : médecin de la Pajarini, Vossius et Tiraboschi , placent Ant. Godi à Panne° 1413; ainsi les continuateurs de Mureri ont commis • une grave erreur en fixant sa mort à l'année 1545. ville d'Arras, où il parait être né, vivait au commencement du 16e siècle. Il a publié : 1. la Chirurgie pratique de maitre Jean de Vigo, divisée en deux parties, arec les aphorismes et les carions de la chirurgie , Paris , 1531 ; Lyon , 1;137 20 De chirurgia militari : ce petit ouvrage , traduit en français par Jean Blondel , de Lille , sous ce titre : la Chirurgie militaire très- utile à tous chirurgiens, etc., Gand, 1553 Anvers, 1558 traite des plaies d'armes à feu , de la peste, de la dyssenterie, etc., mais d'une manière trèsgénérale, et d'après les principes de Galien. L'auteur y a consacré un chapitre aux erreurs que commettent les chirurgiens dans le traitement des maladies : il se plaint beaucoup de l'audace des charlatans et des empiriques de son siècle , non moins coupables et presque aussi impudents que ceux de nos jours; mais il substitue à leurs pratiques dangereuses des moyens qui ne sont pas toujours sans inconvénients
  • Nicolas GODONESCHE( 1600 - 1761) : graveur, né à Paris vers la fin du 17" siècle, fut mis à la Bastille en 1731 , pour avoir gravé les estampes d'un ouvrage de l'abbé Boursier, fameux appelant, intitulé Explication abrégée des principales questions qui ont rapport aux affaires présentes La suppression de cette brochure la fit rechercher par les curieux, et peut iiième lui donner , encore à présent , quelque prix, quoique les traits satiriques qu'elle renferme n'aient plus rien de piquant. Godonesche resta peu de temps enfermé ; mais il perdit sa place de garde des médailles du cabinet du roi, placequi était à peu près sa seule ressource. 11 avait publié les Médailles du règne de Louis XV, 1727 ; et il en donna en 1736 une seconde édition qui contient cinquantequatre planches Ce recueil a été continué par Fleurimont jusqu'à la paix d'AixlaChapelle, 1748 ; et cette dernière édition renferme soixantedixhuit planches ou médailles. Le duc de la Vallière possédait un manuscrit sur vélin, exécuté par Godonesche, et contenant : Idée du cabinet du Roi pour les médailles ; tètes des douze Césars, dessinées sur l'antique ; pierres antiques du cabinet du Roi. Cet artiste mourut à Paris le 29 janvier 1761
  • Nicolas GOULET( 1745 - 1820) : architecte, né à Paris eu 1745, mourut dans cette ville en janvier 1)20 ; il était alors adjoint au maire du sixième arrondissement, architecte du cadastre et chevalier de la Légion d'honneur. On a de lui :1. Sur les moyens d'éviter les incendies et d'économiser le bois dans la construction des beiments ; c2( ' Inconvénients des fosses d'aisance , et moyen de les supprimer, Yverdun et Paris, 1785 C'est dans cet écrit que parait avoir été puisée l'idée des fosses inodores, exécutées depuis. 3° Dissertation se' les murs des quais , sur les trottoirs et les fontaines de Paris. Ces trois ouvrages ont été réimprimés dans les Observations sur les embellissements de Paris, 1808. Recueil d'architecture civile , contenant les plans, coupes et élévation des chdteaux, maisons de Campagne situés aux environs de Paris , 1806, 1807, vol. fig.; 5. Description des fêtes à l'occasion du mariage de Napoléon, Paris, 1810 1,,e texte du 3e volume de la Description de Paris et de ses édifices , de Landon , Paris , 1806-1809 ; 2° édit., 1818 ; 7° Quelques poésies légères éparses dans divers recueils
  • Nicolas GOULU( 1530 - 1601) : professeur au collége royal de France, né en 1530, dans un village près de Chartres, était fils d'un vigneron qui, lui voyant , et succéda à son beaupère, en 1507, dans la chaire de grec du Collége royal. Pendant près de quarante ans qu'il donna des leçons, il y fut si assidu, dit Goujet, que, s'il en eût omis une seule sans une cause indispensable, il aurait cru manquer à un devoir essentiel : l'âge ne ralentit point son zèle. 11 tomba en faiblesse en descendant de sa chaire, et fut emporté chez lui , où il mourut, en 1601, à 71 ans. Il laissa deux fils, Jean et Jérôme Goulu, dont on parlera ciaprès. On a de lui : 1. Oratoric e jacultatis breve compendium ex Cicerone et Quintiliano collecium, Cologne, 1559 2° I,t Ciceronis doctrinam topicam brevis commentatio ex Aristotele et apis, Paris, 1560 Epitome in universanz Cice ranis philosophianz, ibid., 1564 4° la traduction latine des 1/./ panes de Callimaque, avec des notes, ibid., 1571 celle (le douze Sermons de StGrégoire (le Nysse, ibid., intême an née 5° un recueil contenant la traduction latine de la Paraphrase d'Apollinaire sur les psau• mes; la Paraphrase en vers grecs du Magnificat, du Cantique de Siméon, de celui de Zacharie; une Hymne â la gloire de Jésus- Christ, et une Préface en vers grecs sur la Paraphrase d'Apollinaire, ibid., 1580 6° la traduction latine de la Dispute de Gregentius, archevêque de Tapha, avec le juif Herbanies, ibid., 1586 , 4». Jolly, dans ses Remarques sur le dictionnaire de Bayle, dit que Goulu fut en son temps un poëte banal , comme sou beaupère Dorat, et que l'on ferait un juste vohune des vers grecs dont il avait orné les livres de ses amis
  • Nicolas GRANUCCI( 1530) : conteur italien, né à Lucques vers 1530, a publié les ouvrages suivants : 1° l'Eremita, la carcere e il diporto, opera nella quale si contengono novelle, cd allie case mo- rali, etc., Lucques, 4569 rare. Ce volume renferme quatorze nouvelles, dont les sujets sont trèsintéressants. On trouve à la suite l'Epitome des actions les plus mémorables faites par les Turcs pendant l'année 1566 ; les Vies de Tamerlan et de Scanderbeg ; l'origine des chevaliers de StJean de Jérusalem et la description de Ille de Malte. 92° La piacevol ? lotte el lieto giorno, opera morale, Venise, 1574 C'est un second recueil de onze nouvelles qui ne sont pas moins agréables que les précédentes. Ilaym en cite une édition de Lucques, 4566 Granucci a mis en prose laenéséide de Boccace, précédée d'un petit dialogue, Lucques, 1579 Il avait déjà donné une édition estimée de l'Urbano, du nline auteur, ibid., 1562
  • Nicolas GRIMALDI( 1645 - 1717) : cardinal, né à Gênes le 6 décembre 1645 , après avoir rempli successivement divers emplois importants , fut décoré de la pourpre romaine par le pape Clément Xi en 1706, et mourut à Rome le 25' octobre 1717, à l'âge de 71 ans, laissant à son neveu une succes- sion estimée quatre cent mille écus romains , ou plus de deux millions. — GRIMALDI , cardinal, né à Gènes le 15 novembre 1674 , fut envoyé à Avignon en 1704 , avec le titre de nonce extraordinaire; en 1705 il se rendit à Bruxelles, et remplit ensuite avec distinction les nonciatures de Pologne et d'Allemagne. Créé cardinal en 1730, il fut nommé quelques mois après légat à Bologne. Il y tomba malade d'épuisement, et les médecins lui conseillèrent d'aller à Naples par mer, persuadés que l'air de cette ville serait avantageux à sa santé; mais, dans la traversée, il fut saisi d'un vomissement violent, dont il mourut avant d'étre arrivé à sa destination , le 17 novembre 1753, à 59 ans
  • Nicolas GRILLO-CATTANEO( 1759) : né à Gènes le 26 aoùt 4759, d'une famille patricienne, fut placé par ses parents dans le collége de Parme , où les gentilshommes les plus distingués de l'Italie recevaient à cette époque une éducation brillante et solide. Doué était profondément attaché aux anciennes institutions, il détestait les innovations politiques , religieuses et rhème littéraires; plein 41e franchise, il désapprouvait le régime impérial, et s'opposa vivement a quelques projets sur les études. Cette opposition lui devint funeste; il fut d'abord privé de sa Place de recteur, et plus tard il reçut ordre de se rendre à Paris, où étaient alors gardées comme otages les personnes les plus distinguées. Ce ne fut qu'après un an d'exil qu'on lui permit de retourner à Gènes ; mais ensuite, tourmenté de nouveau , il se retira dans une maison de campagne en Savoie , où il demeura jusqu'à ce que les Anglais ayant réorganisé l'ancienne république génoise , en •814, il fut appelé par le gouvernement provisoire pour y diriger le ministère de l'instruction publique. Après la réunion de Cènes au royaume sarde, Grillo fut nommé président de la direction des études, et il garda cette place jusqu'en 1821. De nouvelles contrariétés l'engagèrent ensuite à demander sa retraite, qui lui fut accordée; le roi CharlesFélix le nomma grandcordon .de l'ordre de StMaurice et StLazare. Il se retira alors dans ses terres pour n'en plus sortir, et il y est mort le 22 juillet 1834. On a de lui : •° une traduction en vers italiens des Poésies de l'ope, Finale, 1779 , 2. Poésies diverses, dans la collection de poëmes choisis des auteurs génois, Gènes, 1789 , 5. Psaumes de David, ibid., 1805, 2 vol. Cet ouvrage a été réimprimé sous le titre de Paraphrase poétique des psaumes de David, ibid. , 1823, 3 vol. ; ' cette seconde édition , faite sous les yeux de l'auteu•, contient plusieurs additions; 4° Paraphrase poétique des cantiques des prophètes, ibid. , 18625; 5. Proverbes de Salomon paraphrase en vers blancs avec des notes, ibid, 18'27 6° Lamentations de Jérémie , paraphrase poétique en vers lyriques avec des notes, ibid., 1828 On a imprimé quelques autres pièces détachées du marquis Grillo, qui a laissé plusieurs manu-. seras. Il est , comme nous l'avons dit, un des auteurs des Éloges historiques d'André Doria et de Christophe Colomb , qui furent imprimés à Panne en 1781
  • Nicolas GROZELIER : prétre, né à Beaune en 1092, entra dans la congrégation de l'Oratoire à l'âge de dixhuit ans, et enseigna successivement les belleslettres, !a philosophie et la théologie dans différents eolléges. 11 se délassait de ses travaux en cultivant la poésie, et l'on cite de lui un assez grand nombre de petites pièces qui au mér;te de l'àpropos joignent presque toujours celui d'être écrites d'un style facile et naturel. Le P. Grozelier mourut le 19 juin 1778. On a de lui : 1 Observations curieuses sur toutes les parties de la physique, tirées des meilleurs écrivains, Paris, 1719, 17'71 , 4 vol. Le premier volume de cette compilation , tirée des Transactions phi- losophiques, du Journal des savants, et autres grandes collections de ce genre , est en entier du P. Bougeant. Grozelier le fit réimprimer en 1726 avec un second volume ; le troisième n'a été publié qu'en 1730 et le quatrième en 1771. 2. Prose sur la résurrection de Jésus- Christ, par le P. Voisin , traduit en vers français, ibid., 1742 ; 30 Pastorale sur le mariage du Dauphin, ibid., 1747 ; 4', Recueil de fables, en vers français, ibid., 1759 Nouveau recueil de fables, divisé en six livres, ibid., 1768 Ces fables, dit 111. Philippon de la Madelaine, se lisent avec plus de plaisir que celles de la Mothe et de quelques autres faibles imitateurs de la Fontaine. 5. Dissertation dans laquelle on s'attache Li prouver que St- Ennodius , ére'que de Pavie, est né à Arles, el que tous ses parents y demeuraient. El le n'a point été imprimée. Gandelot, dans son His- taire de la ville de Beaune , p. 210, donne la liste des autres ouvrages du P. Grozelier, qui tient un rang honorable parmi les soixantedouze écrivains, savants ou littérateurs , qu'a produits cette ville , en dépit des sarcasmes attribués à Piron
  • Nicolas GRUDIUS : fils du président Nicolas Everardi , naquit à Louvain , d'où il prit le nom de Gradins, cette contrée ayant été anciennement habitée par les Grudii. Unissant au talent de la poésie latine celui de l'administration et une profonde connaissance du droit, il remplit, soit dans les PaysBas, soit en Espagne, des places distinguées, sous les règnes de CharlesQuint et de Philippe 11. Successivement trésorier des États du Brabant, secrétaire de l'ordre de la Toison d'or, dont il était lui- nième décoré , et conseiller d'État, il fut encore chargé de plusieurs missions importantes, et se maintint , par la manière dont il s'en acquitta, dans le plus honorable crédit. Pierre Nannius, dans ses mélanges , le loue de son application, de son , de son caractère loyal et serviable. Le peu de détails que l'on a sur la vie de Grudius est tiré de ses poésies, qui forment la partie la plus considérable du recueil publié par Vulcanius, Leyde , •612 sous ce titre : Poemata et effigies trium fratrum Belgarum . Les poésies que notre auteur a fournies à ce volume sont trois livres d'élégies, dont le premier dans le genre érotique ; trois livres fort étendue sur la mort de Marguerite d'Autriche, gouvernante des PaysBas, et une apothéose de Maximilien d'Egmond, comte de Buren, mort en 1548. Vulcanius et Scriverius déclarent qu'ils n'ont pu se procurer ce dernier recueil. Par les Fanera de Grudius on voit qu'il survécut nonseulement aux auteurs de ses jours et à ses deux femmes , mais encore à la plus grande partie de sa famille, sinon à toute. Elle était composée de cinq frères et d'une soeur, tous, mème la dernière, qui fut religieuse, élevés dans l'amour et la culture des lettres. Jean Second remercie quelque part cette dernière des vers latins qu'elle lui avait envoyés. Crudius doit t'Ire parvenu à un àge avancé : il est assez souvent question dans ses poésies de ses cheveux gris. Il s'était luimet. construit , de son vivant, mi tombeau à Als et la dernière pièce de ses Minera est propre épitaphe. Les poésies de Grudius nouL semblent frappées au bon coin, et elle ne sont point déplacéc. à côté de celles de ses frères. Grudius s'était lié dans ses voyages avec les hommes de lettres les plus considérés de son temps , tels qu'Achille Statius, LouisAngeAndré de Résende, Jérôme Vida, etc., et il se plaisait à entretenir une correspondance suivie avec eux. Envoyé à Venise par Philippe II, en 1571, il termina ses jours dans cette ville, où le sénat et le peuple lui firent des obsèques dignes de son rang
  • Nicolas GUALTIERI( 1700) : médecin naturaliste, né en Toscane au cOintueneement du 18e siècle, après avoir terminé ses études avec la plus grande distinction , fut nommé professeur en médecine à l'université de Pise. Devenu émérite en l742, il obtint une pension, et se retira à Florence, où il devait trouver plus de ressources pour terminer les ouvrages qu'il avait commencés. L'Académie de botaniete et le collége de Médecine de cette ville s'empressèrent de se l'associer ; mais malheureusement une mort prématurée l'enleva aux sciences en 1747. On a de lui plusieurs dissertations, dont la plus remarquable est intitulée Ri- flessioni sopra l'origine delle fontane, LucqueS,I725 mais son principal ouvrage, celui qui a le plus contribué à l'épandre son nom en Europe, est le suivant : Index testarunz conchgliorum grue asservantur in m'Iseo Mc. Gualterii et methodice exhibentur, Florence, 1742, grand Ce bel ouvrage est orné de 110 planches; on recherche surtout les exemplaires dont lei planches ont été mises en couleur
  • Nicolas GUARCO : doge de Gènes de 1378 à 1383, était d'ttne famille illustre, mais dans l'ordre populaire. La maison de Guarco a donné trois doges à Gènes; et, comme celles d'Adorno' et de Fregose, elle avait un parti nombreux qui excita plusieurs guerres civiles dans le but unique de mettre un Guarco à la tète de l'État. Le règne de Nicolas fut illustré par les plus brillantes actions de l'histoire de Gênes. C'était précisément l'époque de la guerre de Chioggia , ou quatrième guerre maritime, entre les Vénitiens et les Génois; et jamais ces deux peuples n'avaient mis sur mer des flottes plus puissantes ou ne s'étaient livré des combats plus acharnés. Dans ce nième temps, Isnard de Guarco , frère du doge , défit, le 22 septembre 1380, la compagnie de l'Étoile, bande nombreuse d'aventuriers, que Bernabô Visconti, seigneur de Milan , envoyait pour former le siége de Gênes. Cette victoire parut si importante que les Génois l'ont célébrée dès lors par une fête annuelle. — Antoniottù DE GUARCO , doge de Gênes de 1394 à 1404, fut élu par un parti dans la plus grande fureur des guerres civiles de Gènes. Il disputa la couronne ducale tour à tour à Atitoniotto Adorno , à Pierre Fregose et à Antoine de Montalto. Chassé à plusieurs reprises par la violence des factions , il fut aussi plusieurs fois rétabli. Enfin , lorsque Gènes fut tombée au pouvoir du maréchal de Boucieault, au nom du roi de France, la tète de Guarco fut mise à prix, et il fut assassiné à Pavie en 1404. — Un Isnard DE GUARCO , de la même famille , fut aussi doge de Gènes en1436 ; Ce gros volume donne seulement les corrections de disqueutequatre ou auteurs différents; mais il le fait avec le plus minutieux détail. L'errata de la Bibliolleeca SS. Palrum de itarg. de la Bigne, édition de 1589, y occupe seul 234 pages. L'ouvrage est terminé par deux petits index prohibitgrum as? exp4gnanclorum , de 1603 et 1605, servant de supplément à echli du concile do trente. mais, au bout de sept jours, il fut chassé du trône par Thomas Fregose
  • Nicolas HARTSOEKER( 1656) : métaphysicien , géomètre et physicien hollandais, naquit à Gouda , en 1656. Destiné d'abord à occuper, comme son père, une chaire de ministre de la religion réformée, l'amour des sciences lui fit prendre une autre direction. Dès l'âge le plus tendre, il ne se plaisait qu'a observer le ciel, et à lire dans tous les almanachs les passages qui pouvaient concerner les phénomènes astronomiques. Ayant appris qu'il existait une science du cours des astres, il voulut l'étudier malgré les obstacles que lui opposait son père. Le fruit de ses modiques épargnes, et ce qu'il put emprunter à ses compagnons d'étude, satisfirent à peine aux frais de sept mois de le- çons de mathématiques. Il passait les nuits à étudier cette science; et de peur qu'une lumière indiscrète ne le trahit, il garnissait avec des cou- vertures les fenêtres de son modeste réduit. C'est dans ces moments d'un travail opiniâtre, qu'il dut au hasard une découverte remarquable. Ayant un jour présenté un fil de verre à la flamme d'une bougie, il s'aperçut que l'extrémité de ce verre prenait une forme sphérique ; et se rappelant alors une expérience faite par Leuwenhoek , il construisit des microscopes presque aussi parfaits que ceux de ce célèbre observateur, mais qu'il se procurait d'une manière beaucoup plus facile. Possesseur de ce précieux instrument, il se hâta de pénétrer dans les secrets les plus cachés de la nature, et ne tarda pas à découvrir l'existence des animaux spermatiques. Le mouvement rapide de ces animalcules, leur forme de grenouille, leurs grosses tètes , et les filaments qui les terminaient, tout excitait la curiosité du nouvel observateur. Ce phénomène lui parut si étrange, que pendant deux ans, il douta de sa réalité; mais enfin ayant confié sa découverte à deux physi- ciens, dont l'un était son maitre de mathématiques, il fit avec eux de nouvelles expériences, et reconnut que ces êtres singuliers existaient sous des formes différentes dans d'autres substances animales. Obligé , sur la fin de 1674 d'aller perfectionner ses études à Leyde, il suspendit ses observations, et ne les reprit qu'en 1677. Les ayant communiquées à Huyghens, qui venait d'arriver à Leyde , il fut encouragé dans ses recherches par ce grand homme, qui l'emmena à Paris, où Hartsoeker se lia intimement d'amitié avec Cassini. C'est d'après les de cet astronome qu'il s'occupa de la construction des télescopes. Ses essais furent d'abord infructueux; mais il parvint enfin à en construire de plus parfaits que ceux de Campani, qui passaient alors pour les meilleurs. En 1694 parut son Essai de dioptrique, ouvrage qui ne traite pas seulement de cette science, mais danelequel l'auteur donne une théorie générale des lois de la nature , et cherche à rendre raison des phéno- mènes les plus surprenants, tels que la dureté, l'élasticité, la transparence et l'opacité des corps. Il serait trop long de suivre Hartsoeker dans ses diverses hypothèses , qui , suivant Leibnitz , sont assez ingénieuses, mais dont la plupart reposent sur une philosophie trop audacieuse, et sont loin de donner des raisons suffisantes de tous les phénomènes qu'il croit pouvoir expliquer Le système général d'Hartsoeker, qui est exposé avec beaucoup de détails dans ses Principes de phy- sique, publiés en 1696, fut attaqué dans le Jour- nal des Savants de la même année , par un professeur de mathématiques, nommé Lamontre ; mais les objections que lui opposa ce savant ne le découragèrent pas; bien loin de là, ayant su avec adresse engager Leibpitz à lui communiquer cer- ! Illies observations , il les reproduisit dans ses Kelaireissements sur les conjectures physiques , et les .ombattit avec peu de ménagements. Hartsoeker ne mit pas plus , lui dépeignait Hartsoeker comme un homme plein d'arrogance , qui avec des connaissances trèssuperficielles traitait indignement dans ses écrits les hommes du premier mérite , et osait regarder l'ouvrage admirable de Newton comme rempli de choses futiles et valant encore moins que les qualités occultes des anciens. D'un autre côté, Hartsoeker ne ménageait pas davantage Leihnitz, dont il attaqua vivement le système des monades et celui de l'harmonie préétablie; mais dans toutes ces discussions il était moins animé par l'envie que par son goût passionné pour la controverse ; de là vient qu'il n'a jamais adopté entièrement le système d'aucun philosophe. Ennemi de celui du vide, il se déclara néanmoins contre les cartésiens, dans le système desquels il regardait le mouvement comme impossible. Prenant un milieu entre les deux hypothèses, il se donna ainsi la satisfaction d'être l'antagoniste de mieux sectes rivales. Quoique peu mesuré dans ses procédés, Hartsoekyr n'était point d'un commerce désagréable et dangereux dans la société; au contraire, cet état . Forcé en 1696 de s'éloigner de Paris, à cause du mauvais état de ses affaires, il se retira à Rotterdam , où il mit au jour son Traité de phy- sique. C'est à cette époque qu'il fut présenté au czar Pierre le Grand. Ce prince qui voyageait ayant demandé un professeur de mathématiques aux magistrats d'Amsterdam, ils lui indiquèrent Hartsoeker. Celuici se rendit auprès de Pierre, et le charma autant par sa conversation que par les observations intéressantes qu'il le mit à portée de faire sur Jupiter et sur Saturne. Le czar lui ayant proposé de le suivre en Russie, Ilartsoeker ne voulut pas s'éloigner d'Amsterdam. Les magistrats firent alors élever un observatoire sur l'un des bastions de la ville d'Amsterdam , et lui procurèrent les moyens de construire un grand miroir ardent. Le landgrave de HesseCassel et l'électeur palatin lui témoignèrent aussi une estime particulière, et assistèrent même à ses travaux. Ce dernier ne cessa de le solliciter , pen- dant trois ans, de le venir joindre. Enfin Hartsoeker accepta la place de professeur de mathématiques et de philosophie, que ce prince lui proposait, et se rendit auprès de lui à Dusseldorf en 1704. C'est dans ce tempslà qu'il fit plusieurs voyages en Allemagne , visitant les savants et observant les curiosités naturelles. A Cassel , il alla voir le miroir ardent de Tschirnhaus , et à Hanovre , il fut présenté à l'électeur par le célèbre Leibnitz. Il revint ensuite à Cassel , et se déroba de nouveau aux instances du landgrave , en rejoignant l'électeur palatin à Dusseldorf. Ce prince, grand amateur des sciences, lui ayant parlé avec admiration du miroir ardent de Tschirnhaus, Hartsoeker, à sa grande surprise, en fit fondre trois pareils dans les verreries de Neubourg. 1.a princesse palatine s'étant retirée en Italie à la mort de l'électeur, Hartsoeker, comblé de bienfaits, résista encore aux sollicitations du landgrave, et alla finir ses jours à Utrecht dans le sein de sa famille. Il y mourut en 1725. On dit que dans ses derniers moments il se repentit d'avoir écrit contre l'Académie des sciences, et qu'il tenta de composer à ce sujet une rétractation que la mort ne lui laissa pas le temps d'achever. Il avait été reçu dans cette compagnie célèbre en 1699, en qualité d'associé étranger. L'Académie de Berlin se l'était aussi agrégé
  • Nicolas GUEUDEVILLE( 1650) : journaliste, compilateur et traducteur médiocre, né à Rouen vers 1650, était fils d'un médecin de cette ville. Après avoir terminé ses études, il embrassa la vie religieuse dans l'ordre de StBenolt , et l'on assure qu'il annonçait des talents comme prédicateur. Mais la singularité de ses opinions et la hardiesse avec laquelle il parlait des choses les plus res- pectables lui attirèrent des reproches de la part de ses supérieurs. Craignant alors qu'on ne lui intligetit les punitions qu'il avait méritées, il s'enfuit en escaladant les murs de son couvent, et se retira en Hollande, où, bientôt après, il fit profession ouverte de calvinisme. Il s'établit vers 1690 à Rotterdam, s'y maria, et ouvrit une école pour l'enseignement du latin. Mais il s'ennuya de ce genre de vie; et comme il ne manquait pas d'une certaine facilité de style, il résolut de se faire une ressource de sa plume. S'étant rendu à la Haye , il y publia l'Esprit des cours de lEurope. journal qui dut toute sa vogue aux traits satiriques qu'il contenait contre les ministres de France. Le comte d'Avaux , alors ambassadeur en Hol- lande, obtint la suppression de cette feuille; mais Gueudeville en reprit, trois mois après, la rédaction, sous le titre de Nouvelles des cours de l'Europe, et elle continua d'avoir un grand succès, tant que les circonstances lui fournirent les moyens d'amuser la malignité publique. Cet écrivain mourut dans la misère à la Haye , Vers 17'20. Bayle, . 2- Dialogue du baron de la Ho; itan et d'un sauvage dans l' Amérique, Amsterdam, 170e et à la suite du Voyage de la llontan, ibid., 1728 C'est une critique trèsamère des usages de l'Église romaine. 3° Le Grand Thézitre historique, OU Nouvelle histoire uni- verselle , Leyde, 1705 , 5 vol. C'est une traduction libre d'un ouvrage allemand d'Ilnliof, les gravures en font le principal mérite. 40 Atlas historique, OU Nouvelle introduction à l'histoire avec un supplément par Limiers, Amsterdam, 1713-21, 7 vol. La partie géographique est trèssoignée, suivant LengletDufresnoy; on serait plus difficile aujourd'hui. Les dissertations historiques, qui sont de Gueudevilie, ne fournissent rien d'instructif. 5. Le Censeur, ou le Carac- tère des mœurs de la Haye, ibid., 1715, 6. Parallèle de Paul III et de Clément XI, suivi de Pensées libres, à la suite des Maximes politiques de Paul III, la Haye, 1716 On a encore de Gueudeville des traductions trèsdéfectueuses, et qui cependant ont eu quelque succès : 1° de l'Éloge de la folie, par Érasme, Leyde, 1713 Amsterdam , 1728 fig.; corrigée par Meunier de Querlon , 1751 et enfin retouchée par Falconet, Paris, 1757 9... De l'Utopie tle Thomas Morus, Leyde, 1715, ou Amsterdam, 1730 fig.; 30 des Colloques d'Érasme, Leyde, 179.0, 6 vol. , fig.; 40 du Traité de Corneille Agrippa sur la Noblesse et ex- cellence du sexe féminin , avec un autre sur l' certitude et vanité des sciences , Leyde, 1726, 5 vol. petit in -8° ; et enfin, 5. des Comédies de Plaute, Leyde, 1719, 10 vol. C'est une imitation libre et tellement défigurée, que ceux qui sont le plus familiarisés avec l'original doivent avoir peine à y reconnaitre les productions de ce célèbre pone tragique. Gueudeville croit ajouter à la gaieté, à l'esprit de son modèle, en lui prêtant des plaisanteries burlesques ou insipides; et il parle des libertés qu'il s'est permises avec un ton qu'on n'excuserait pas même dans un écrivain du premier ordre : attribue encore à Gueudeville un Éloge de la goutte. différent de ceux qu'ont publiés Étienne Coulet et Coquelet; mais c'est une erreur. Gueudeville n'est que l'éditeur de l'Éloge de la goutte par Coulet; et il y joignit une traduction française de l'Éloge de la fièvre quarte, du latin de Guill. Ménapius, confondu mal à propos avec Gilles Ménage dans le beau Catalogue de la biblio- thèque de M. de MacCarty. Les rédacteurs du Cata- logue de la bibliothèque du roi attribuent aussi a Gueudeville l'Éloge de l'ivresse, qu'on sait être de Sallengre
  • Nicolas GUIBAL( 1725 - 1784) : fils du précédent , naquit à Lunéville le 29 novembre 1725. Il quitta ses études pour la sculpture , et celleci pour la peinture. Il travailla d'abord à Nancy chez Claude Charles, élève de Çarle Maratte. Il vint ensuite à Paris , où il eut des succès , puis à Stuttgard , d'où le duc de Wurtemberg le fit partir pour Rome en le chargeant d'y composer quatre tableaux. Il se lia intimement dans cette ville avec Mengs. Après y avoir passé quatre années, il revint en Allemagne et fut nommé premier peintre de la cour de Stuttgart , où il fit quinze plafonds au nouveau chàteau ; il était employé en même temps comme architecte , professeur des arts du dessin et directeur de la galerie de tableaux. Quoique fort occupé par le duc son bienfaiteur, il travailla aussi pour l'électeur palatin et pour les villes de Soleure , Manheim , etc. Il mourut à Stuttgart le 3 novembre 1784. Outre ses tableaux d'histoire et de paysage, tant à l'huile qu'à fresque, on a de lui : 10 Éloge historique de M. Mengs , 1781 de 63 pages, retouché par M. L.T. Hérissant , et reproduit en 1782 dans les OEuvres de Mengs, traduites par Doray de Longrais ; 2° Éloge du Poussin, couronné à l'Académie de Rouen , Paris, 1783
  • Nicolas GUIBERT( 1547 - 1620) : médecin , né vers 1517 à StNicolas en Lorraine, fit ses études à l'université de Pérouse, et y reçut ses degrés; il voyagea ensuite pour acquérir de nouvelles connaissances et s'arrêta enfin à CastelDurante , où il commença à pratiquer son art avec succès. Quelque temps après il fut présenté, quoique étranger, par le collége des médecins de Roule , pour la place de médecin en chef d'une des provinces de l'État ecclésiastique : il la quitta au bout de deux années pour s'attacher au cardinal d'Augsbourg, personnage infatué des rêves de l'alchimie. Guibert cultivait luimême cette prétendue science avec beaucoup d'ardeur, et son titre d'Adepte lui avait, dans ses voyages, procuré des ressources et la bienveillance de toutes les personnes qui poursuivaient alors la découverte de la pierre philosophale. Son nouveau patron avait déjà fait de grandes dépenses pour se rendre maître de ce précieux secret; Guibert lui en conseilla d'autres, et l'engagea à faire traduire en latin les OEuvres de Paracelse; niais réfléchissant enfin sur la vanité de cette science , il quitta sou protecteur et s'en revint dans sa patrie , plus pauvre qu'il n'en était parti. Il s'établit d'abord à Vaueouléurs; mais ses confrères , jaloux de la supériorité,qu'il annonçait, s'attachèrent à décrier sa pratique, et réussirent à l'éloigner. On croit qu'il chercha pour lors un asile en Allemagne : du moins il y fit imprimer contre les alchimistes un ouvrage qui lui attira de fâcheux démêlés avec André Libavius. Celuici , à défaut de raisons, lui prodigua des injures; mais Guibert outrepassa les bornes de la défense, en employant les amis qu'il avait à Rome pour faire mettre à l'index la réponse de son adversaire. Il mourut vers 1620 dans un âge avancé , et probablement à Toul , dont l'évêque s'était déclaré son protecteur. D. Genet dit que les ouvrages de Guibert prouvent beaucoup d'esprit , mais autant de crédulité et de superstition. En voici les titres : Assertio de murrhinis, sive de lis quœ murrhino nomine exprimuntur, adrersus quosdam de iis minus recte disserentes, Francfort, 1597 Il y réfute l'opinion de Baronius, qui prétend que la myrrhe des anciens n'est autre que le benjoin , et soutient, d'après Mathiole, que ces deux substances odorantes ne doivent point être confondues; il établit ensuite que les vases murrhins n'étaient point faits de myrrhe ni de benjoin , mais de la pierre précieuse connue sous le nom de chalcédoine ; que le vin murrhin était ainsi appelé du grec lilpov, et qu'on doit entendre par là tout vin dans lequel on avait infusé des aromates. JeanFréd. Christius a donné l'analyse de cet ouvrage dans sa Dissertatio de murrhinis veteruin, et il a été réimprimé à Rome , 1752 fig. 2° Alchymia ratione et experientia ita demum viriliter impuguata et expuplata, Strasbourg, 1603 C'est l'ouvrage que Libavius réfuta avec tant d'emportement. 5. De balsamo ejusque lacrymis, quod opobalsamum dicitur, ibid., 1603 ; 4° De interitu alchemioe metallorum trausinutatione tractatus aliquot; accedit apologia in sophistam Libavium furentem calumniatorem, Toul, 1614 Dans un des traités qui composent ce recueil, il cite I3arnaud comme l'auteur du livre De tribus impostoribus. ouvrage qu'on sait n'avoir jamais existé que dans l'imagination dé quelques écrivains . 50 La Grammaire guibertine , Toul , 1618 , rapportée sur le témoignage de D. Caltuet. Guibert promettait plusieurs autres ouvrages , dont le plus important avait pour titre : Cribrum lier- meticce medicince , sive iatrochimice. — s
  • Nicolas GURTLER( 1654 - 1711) : né à Bàle le 8 décembre 1654 , fut successivement professeur de théologie à Herborn ; de théologie, de philosophie , d'histoire et d'éloquence à Ilanau ; de théologie à 13réme , à Deventer, et enfin à Franeker. Il mourut le 9.8 septembre 1711, avec la réputation d'un des plus habiles théologiens protestants de son siècle. Ses ouvrages sont : 10 lin Lexique latin, grec , allemand , français, Bâle , 1682, etc. ; 1715, 1731 2^ une Histoire des templiers, en latin, accompagnée d' Observations ecclésiastiques ; la meilleure édition est celle d'Amsterdam, 1705. Elle a été insérée dans l'Histoire des templiers, par Dupuy. Institutiones theologicoe , qui parut
  • Nicolas HABERT : religieux bénédictin de l'abbaye de Mouzon , au diocèse de Reims , fut élu prieur claustral de cette abbaye en 1608. 11 y mourut en 1658, peu de temps avant que la réforme de StVannes y fût introduite. 11 est auteur d'une Chronique latine de l'abbaye de Mou- zon, Charleville, 168, I vol. — HABERT , prémontré de la réforme de cet ordre, reli- gieux trèsversé dans l'histoire, vivait dans la première moitié du 18e siècle. On a de lui un ouvrage en deux tomes, entrepris spécialement pour jeter de la lumière sur ce qu'étaient, sous la première et la deuxième race, les mariages des princes francs , qu'on voit avoir plusieurs femmes à la fois. Le P. Habert y soutient qu'Alpaïde, source maternelle de la deuxième race, mère de Charles Martel et bisaïeule de Charlemagne, était épouse légitime, quoique prise par Pépin d'Héristal , du vivant de Plectrude, dont il avait des enfants. Ce sentiment est aussi celui de Frette- gaire, d'Aimoin et de plusieurs modernes. Habert traite de fable ce qu'on raconte des vives remontrances de StLambert, évoque de Maëstricht, à, Pépin , au sujet de son commerce avec Alpaïde , et de l'assassinat de cet évoque par le frère de cette princesse , pour la venger de ce qu'elle regardait comme un outrage. 11 est certain que plusieurs écrivains attribuent ce meurtre à un autre motif. Selon le P. Habert, l'usage du temps permettait aux princes le changement de femmes ou leur pluralité; ce et c'est, ditil, insulter aux . Quoi qu'il en soit de cette opinion, il est à regretter que le livre du P. Habert soit demeuré inédit, à cause de la mort de ce religieux, arrivée avant qu'il pût le publier, d'autant que dom Mabillon et d'autres savants, qui en avaient pris connaissance , l'avaient jugé digne de leur approbation. On présume que le manuscrit était resté dans la bibliothèque de StPaul de Verdun, dispersée au moment de la révolution
  • Nicolas HABICOT( 1550 - 1624) : célèbre anatomiste, était né vers 1550, à Bonny, dans le Gâtinais. Ayant étudié la chirurgie à Paris, il trouva durant les guerres civiles de fréquentes occasions d'exercer ses talents et de montrer son habileté; ce qui le .7i;r fit attacher comme chirurgien à l'IldtelDieu et i aux armées. Agrégé depuis au collége de SaintI. Côme, ses leçons accrurent encore sa réputation. Chéri de ses nombreux élèves et aimé des grands, il jouissait du fruit de ses travaux, lorsqu'il fut jeté malgré lui dans une longue et fâcheuse que-1 relie avec J. Riolan . On découvrit en 1613, près du château de M. de Langon en Dau- phiné . Rn tombeau qui renfermait des ossements d'une grandeur extraordinaire. Ces os, , envoyés à Paris, y furent soumis à l'examen des anatomistes. llabicot prétendit, dans sa Gigantos- téologie , que c'étaient ceux d'un géant qui, d'après ses calculs, aurait eu treize pieds. J. Riolan, caché sous le masque d'un écolier en médecine. attaqua l'opinion du professeur, et démontra que la plupart de ces ossements appartenaient à quelque grand quadrupède; mais il ne se contenta pas d'avoir raison ; il se permit, dans sa Gigan- tomachie . les injures les plus grossières nonseulement contre Ilabicot, mais contre la classe des chirurgiens. Ilabicot ne répondit pas; mais Ch. Guillemeau vint se mêler à la querelle , et dans un Discours apologétique touchant la vérité des géants accusa vivement llabicot de n'avoir pas su mettre son opinion à l'abri de la Critique , et rendit en même temps à Riolan toutes les injures qu'il avait eu le tort de prodiguer aux chirurgiens. llabicot , craignant qu'on ne le soup- IlTonnât d'être l'auteur de ce discours, s'empressa de le désavouer ; mais la querelle, que Guillerneau avait peut-ètre.eu l'intention de terminer en don- nant également tort aux deux adversaires , se ranima bientôt, et produisit de nouveaux écrits I dans lesquels chacun soutint son sentiment avec la même opiniâtreté. Cette longue dispute n'em- pêcha pas Habicot de continuer ses travaux habituels. Il conserva jusqu'à la tin de sa carrière l'estime publique, et mourut le 17 juin 162i, regretté de ses élèves et de ses confrères. Aucun de ses contemporains, dit Haller , n'avait fait autant de dissections que Habicot; aussi ses descriptions sontelles beaucoup plus exactes que celles des autres anatomistes. H avait plus étudié les cadavres que les livres, puisqu'il parait qu'il n'a pas même connu les ouvrages de Vessie. Ainsi l'on peut conjecturer qu'il dut à son seul talent pour l'observation plusieurs découvertes, sans qu'il soit cependant possible de les lui attribuer, par la raison qu'on les retrouve dans d'autres ouvrages imprimés la même année que les siens. On a de lui : 1. Pro- blèmes sur la nature , préservation et cure de la ma- ladie pestilentielle, Paris, 1607 Habicot Les curieux trouveront la liste de tous les écrits auxquels donna lieu cette découverte dans le Dictionnaire de Prosper Marchand, au mot anzigigant. d9te et à part. jaeq. Es,,,,. Marchand, trompé par les journaux, nomme ainsi l'auteur de l'Histoire véritable du géost Teutobichus, Paris, 1613 lequel était, comme on sait, Jacq TISSUT, médecin empirique du Dauphiné. On trouve aussi quelques pièces- sur ce prétendu géant dans les Jugements sur les ouvrages nouveaux , t. 6, p. 217-230. avait eu l'occasion d'observer trois fois la peste à Paris dans vingtcinq ans, en 18ô, en 1596 et 1606. Cet ouvrage n'a point l'importance qu'on lui suppose. L'auteur y signale les bons effets de la saignée, des purgatifs et de la thériaque ; mais il proscrit l'usage de l'arsenic. 2° La semaine ou pratique anatomique, ibid., 1620 réimprimé en 1660. Cet ouvrage renferme quelques découvertes ; Portal en a donné l'analyse dans son Histoire de l'anatomie . t. p. 54I , en signalant les erreurs qui s'y trouvent et en accordant à l'auteur les éloges qu'il mérite. Personne avant Habicot n'avait donné la description des nerfs et des muscles avec autant d'exactitude. Winslow a reconnu qu'il avait été précédé par llabicot dans la découverte des muscles interosseux de ta main ; triais Portal la réclame pour Riolan . 30 Paradoxe myologiste , par lequel il est démontré que le diaphragme n'est pas un seul muscle, Paris, 1610 40 Gigantostéologie , ou discours des os d'un géant . ittitl,, 1613 de 63 pages, encore recherche'. Cet opuscule fut le signal de la querelle sur les géants. 5° Réponse à un dis- cours apologétique. etc., ibid ., 1615 rare ; 6" Problèmes médicinaux et chirurgicaux, ibid., 1617, 4.. Ces problèmes, au nombre de douze, ne méritent pas d'être cités. 7. Antigiyantologie , ou Contre- discours de la grandeur des géants , ibid., 1618 de 182 pages. C'est sa seule réponse à Riolan. On doit convenir que Ilabirot ne se montre pas difficile sur le choix des faits qu'il trouve favorables à son opinion. Pour prouver qu'il n'est pas impossible qu'une femme de moyenne taille mette au inonde un géant , il cite l'exemple de Marguerite, comtesse de Flandre, qui d'une seule couche eut trois cent soixantetrois enfants... 8' Question chirurgicale, par laquelle il est démontré que le chirurgien doit assurément pra- tiquer l'opération de la bronchotomie , ibid., 1620 de 108 pages. On y trouve une description anatomique du larynx. Pour plus de détails, on peut consulter l'éloge de Habicot dans les Recher- ches sur l'origine de la chirurgie , p. 270-87. Le Dictionnaire de Moréri en offre l'abrégé. On a le portrait de cet anatomiste, format gravé par Th: de Leu
  • Nicolas HARDING ou HARDINGE( 1700 - 1758) : auteur anglais, né en 1700, mort le 9 avril 1758, fut membre et principal secrétaire de la chambre des com- munes, et l'un des secrétaires de la trésorerie. Il épousa une fille du fameux comte de Camden. joignait à beaucoup d'érudition du talent pour la poésie latine et anglaise, dont il a donné des preuves dans quelques ouvrages de peu d'étendue, remarquables surtout par ce que les Anglais nomment humour. Le recueil de ses poésies en latin se trouve dans le tome 6 de Musoe anglicanœ. Ce fut d'après ses conseils et par ses encouragements que M. Stuart entreprit son voyage à Athènes. — Son fils George HARDING a publié quelques écrits de politique et de littérature
  • Nicolas HARPSFIELD : historien et controversiste anglais, montra dès sa jeunesse d'heureuses dispositions pour les sciences.et pour la vertu. Il fut élevé dans le Nouveau Collége d'Oxford, oit, sans négliger l'étude des belleslettres, il s'appliqua plus particulièrement à celle du droit canon, et fut pronpu en 1544 à la place de principal de l'école de droit appelée Whitehall. Deux ans après on le nomma professeur de grec dans l'université. 11 était, dit Leland , attirer linguœ interpres facilis , disertus, aptes, etc. Sous la reine 3larie il se fit recevoir docteur en théologie et devint archidiacre de Cantorbéry. Au commencement du règne d'Élisabeth on le choisit, conjointement avec d'autres théologiens catholiques, pour entrer en conférence contre ceux de la nouvelle Église. Sur son refus de se conformer aux changements faits dans la religion, il fut privé de ses places, de ses bénéfices et enfermé à la tour de Londres, où il resta plus de vingt ans, jusqu'à sa mort, arrivée en 1585. Cette longue détention lui donna le loisir de composer divers ouvrages en faveur de la cause qui la lui avait attirée. En voici la liste : 1. Dialogi sex contra summi pontificotas , monasticoe citai, sanctorum, sacrarum imaginum oppugnatores et pseudo- martyres, publié sous le nom de II / an Cope , Anvers, 1566, ; 2. Historia anglicana ecclesiastica , a prinzis ventis susceptœ fidei incunabulis ad nostra fere tempora deducta. publiée par le P. Richard Gibbon, Douai , 1622 Cet ouvrage est rempli de recherches. On prétend que l'éditeur en a supprimé ou altéré les endroits où l'auteur parlait des différends survenus entre la cour d'Angleterre et la cour de Rome, ce qu'on pourrait vérifier en comparant l'imprimé avec le manuscrit autographe qui se conserve dans la bibliothèque cottonienne. 3. Historia hœresis Wicklefiance. Cette histoire est réunie avec l'ouvrage précédent. 4° Chronicon e diluvio Noe ad annum 1555, en vers latins ; 5. Impugnatio contra Lem Honorii papœ primi ad Cantabrigenses ; 6° Traité sur le mariage, composé à l'occasion du prétendu divorce entre le roi Henri VIII et la reine Catherine, en trois livres. C'est un manuscrit composé, selon Wood, au commencement du règne d'Élisabeth , que l'on conserve dans la bi-' bliothèque du Nouveau Collége d'Oxford.Ce traité est curieux par les détails que l'auteur y donne sur ce qui s- e passa dans l'université, lorsqu'on voulut engager ce corps à approuver le décret de divorce entre Henri VIII et Catherine d'Aragon. 70 Vie de Cranmer ; c'est sur la foi de l'abbé Legrand que nous attribuons cette vie au docteur Harpsfield
  • Nicolas HARSCHER( 1683 - 1742) : savant professeur, naquit à Bâté, en 1683, d'une famille distinguée dans la magistrature et qui a produit plusieurs hommes de mérite . Après avoir terminé ses études classiques, il s'appliqua à la médecine, et reçut le doctorat à l'àge de vingt ans. Il choisit pour sujet . et belli civilis inter Pompeium et Coesarem gesti extenduntur et in exemption dit'inationis civilis proponuntur, Marbourg, 1710. Pour plus de détails, on peut consulter l'Athente Rauricoe. W--- s.
  • Nicolas HAUTEVILLE( 1600) : prêtre, docteur en théologie de la faculté de Paris , était, à ce que l'on croit , né en Auvergne, et florissait dans le 17. siècle. 11 est auteur de plusieurs ouvrages qui prouvent , sinon une grande justesse de jugement, au moins une certaine facilité dans l'esprit , et des connaissances profondes dans les Sciences ecclésiastiques. Ce sont : 1° Explication du traité de St- Thomas Des attributs de Dieu, pour former l'idée d'un chrétien savant et spirituel ; 2° l'Art de bien discourir, suivi de l'esprit de Raymond Lulle, Paris, 1666 de 24 et 540 pages. Ce livre parait fait pour donner aux orateurs de la chaire ou du barreau le moyen de ne jamais demeurer court, et de pouvoir pérorer plusieurs heures de suite sur un sujet quelconque. La deuxième partie offre une vie détaillée de Raymond Lulle , l'exposé et la justification de sa doctrine, l'acte de son martyre, en langue catalane, etc., enfin la Bibliographia Lulliana, ou catalogue de ses ouvrages tant imprimés que manuscrits. 30 L'Art de prêcher, ou l'Idée du parfait prédicateur. Paris, 1683 L'auteur annonce qu'il se propose d'y offrir des règles distinctes et faciles pour composer un sermon; il établit ensuite que toutes ces règles se trouvent dans chaque article des ques- tions de la Somme de StThomas, et en donne la preuve par huit discours composés d'après ce pr cipe ; il s'appuie constamment d'exemples tirés des ouvrages du méme saint, dont il avait fait une étude particulière. 4° L'Examen des esprits, ou les E . tretiens de Philon et de Polialte, où sont examinées les opinions les plus curieuses des philo- sophes et des beaux esprits. Examen ler , Paris , 1666 1672 5° L'His- toire royale, ou les plus belles et les plus curieuses questions de la Genèse, en forme de lettres , Paris, de Bats, 1667 6° les Caractères , ou les Peintures de la vie et de la douceur du B. François de Sales, Lyon , 1661 de 486 pages. Cet ouvrage, mèlé de vers, est divisé en deux par-, tics : de la vie extérieure et de la vie intérieure du saint prélat. 7°. Actions de St- François de Sales, ou les plus beaux traits de sa rie , en neuf panégy- riques , avec des remarques tirées de ses manuscrits , et qui n'ont point encore vu le jour, Paris, 1668 8' Origine de la maison de Sales, soit la maison naturelle , historique et chronologique de St- François de Sales, divisée en trois parties, Paris, Jacquart, 1669 réimprimée à Clermont SOUS Ce titre : Histoire de la maison de St- François de Sales, 1669 La vie de CharlesAuguste de Sales, neveu de °StFrançois, et l'un de ses successeurs, remplit la troisième partie de cet ouvrage . L'abbé d'Hauteville , faisant imprimer à Lyon sa Théologie angélique, en 1658, et ayant fait le voyage d'Annecy pour la dédier à l'évêque de Genève , ce prélat, charmé de son es-' prit, voulut l'attacher à son diocèse, et lui donna en 1659 un canonicat dans sa cathédrale. Hauteville resta en Savoie jusqu'à la mort de son bienfaiteur, arrivée en 1660
  • Nicolas HAXO( 1750) : général français, né à Ltival en Lorraine, vers 1750, s'enrôla dans le régiment de Touraine dès sa jeunesse , et y servit comme grenadier pendant plusieurs années. Revenu dans sa famille, il était, à l'époque de la révolution de 1789, conseiller au bailliage de SaintDié. Il fut fait dès le commencement commandant de la garde nationale de cette ville, et en cette qualité fit partie de la députation qui fut envoyée à la fédération des Vosges le 7 mars 1790. Le commandant général de cette fédération, vieillard qui ne se sentait pas en état de commander, pria Ilaxo, de concert avec les autres députés, de lui servir de major général , çe qu'il accepta à la grande satisfaction de tous les gardes nationaux, car il s'en tira fort bien. Plus tard , lors de la première assemblée électorale, il fut nommé président, et bientôt après membre du conseil général du département. La même année il fut élu président du tribunal de SaintDié. En 1791 , à l'appel des premiers bataillons de volontaires, il s'enrôla et partit à la tète du 3e des Vosges, qui le nomma son commandant. Ce bataillon , envoyé à l'armée de Custine, concourut à la prise de Mayence en 1792. Lors du siége de cette ville par les Prussiens, en 1795, Haxo, dont le bataillon faisait partie de la garnison , fut nommé chef de brigade. Après la capitulation , la garnison partit en poste pour la Vendée, et le brave Haxo fut alors nommé général de brigade, puis général de division. a A la bataille de Chollet, , son sangfroid et la précision de ses manoeuvres ramenèrent la vie- toire, prote à échapper aux républicains. » reprit ensuite Noirmoutier, où il eut le tort de se livrer à des cruautés qui , bien que des représailles trop ordinaires à cette époque, ont obscurci la gloire de ses derniers exploits. Chargé de poursuivre Charette, il s'acquitta de cette mission difficile avec une ardeur incroyable, et qui devait être cause de sa mort. S'étant imprudemment avancé à la tète d'un faible détachement, il fut percé d'une balle à la cuisse, et son cheval fut renversé au même moment. Haxo, se voyant abandonné des siens, s'adossa contre un arbre, et dans cette position il osa encore braver toute l'armée royale, et repoussa à coups de sabre les premiers qui se présentèrent; mais à lafin , entouré et désarmé, il fut percé de balles. C'était un homme d'un grand courage et d'une haute stature, chéri de ses soldats, estimé mème de ses ennemis, et qui dans cette guerre d'extermination avait fait preuve d'une modération bien rare. En apprenant sa mort, Charette donna des marques d'une vive émotion et demanda pourquoi on ne l'avait pas pris vivant. — « C'est, lui diton, « parce qu'il n'a pas voulu, se rendre. » La convention , qui donnait à tous les exploits de cette époque un caractère faux et romanesque dont ils n'avaient pas besoin , déclara , sur un rapport de Barère, que le général Haxo s'était tué luimème, pour ne pas tomber vivant dans les mains des brigands; et pour cela elle ordonna par un décret que son nom fùt inscrit sur un monument qui est encore à faire. Sa mémoire n'en tiendra pas moins dans l'histoire une place trèshonora?le
  • Nicolas HEINSIUS( 1620) : philologue hollandais, digne fils du précédent, naquit à Leyde le 2,9 juillet 1620 , et y reçut, sous les auspices paternels, l'éducation littéraire la plus soignée. Les mêmts études qui illustraient l'auteur de ses jours, devinrent une sorte de passion pour lui. Il voyagea en Angleterre en 1642; mais ayant trouvé les Anglais peu communicatifs de leurs trésors littéraires, il ne fit pas un long séjour chez eux ; il y. collationna cependant quelques manuscrits d'O- vide , de ce pate qui devait un jour lui avoir tant d'obligations. Il eut besoin en 1644 de prendre les eaux de Spa, et il a consacré, dans une belle élégie latine , sa reconnaissance pour le bien qu'il en éprouva. A son retour de Spa, il parcourut la Belgique, y forma des liaisons utiles, et acquit de nouvelles richesses pour son Ovide. L'année suivante, il retourna à Spa, et vers l'automne il se rendit à Paris, où son mérite et' son nom le mirent aussitôt en relation avec les hommes les plus distingués, et où toutes les bibliothèques furent ouvertes à ses recherches : il y publia un recueil de ses poésies latines, et dut être flatté du succès qu'elles obtinrent. Il brûlait du désir d'aller en Italie , et il se satisfit l'année suivante; mais successivement malade à Lyon et à Marseille, il le fut encore à Pise et à Florence, ce qui ne l'empêcha pas de mettre à profit son séjour dans ces deux dernières villes. L'année suivante, il visita Rome, où il eut spécialement à se louer des bons offices du savant Luc Holstenius. Entre plusieurs communications utiles, ce ne fut pas pour Heinsius l'une des moins précieuses que celle de l'ouvrage grec , inédit , de Jean Lydus , sur les magistratures des Romains, ouvrage que nous devons seulement depuis peu au savant M. Hase. De Borne, Heinsius se rendit à Naples; il n'y manqua ni de doctes personnages , à voir, ni de bibliothèques à consulter. Les troubles sanglants qui éclatèrent à Naples vers la fin de l'été de 1647 décidèrent son départ pour Livourne, d'où il se dirigea sur Venise. Cette ville répondit aussi peu à son attente, qu'il eut lieu d'être satisfait de Padoue. Il publia dans celleci, en 1618, sous le titre d'Italica , deux livres d'élégies , qui eurent en Italie le plus grand succès. Les Hollandais lui reprochent d'y avoir un peu trop déprécié son sol natal; témoin ce distique Di facerent , tractu nasci licuisset in Mo I Patria , da veniam; rustica terra tua est. A son retour en Hollande, ardemment désiré par son père, Heinsius ne s'arrêta guère qu'à Milan, où la bibliothèque Ambrosienne lui ouvrit ses trésors. Enfin , après trois ans d'absence, il revit Leyde; mais son séjour s'y borna à quelques mois. Les douceurs de l'indépendance et de la vie privée allaient cesser pour lui; il céda en 1649 aux avances qui lui furent faites par Christine, reine de Suède, pour aller augmenter sa cour lettrée : il s'établit à Stocklplin en 1650. La reine le chargea de faire des achats de livres et de manuscrits pour sa bibliothèque. n Il se fit estimer « par son caractère sage et modéré, et , loin de tirer parti de la générosité de Chris-. » Mais Heinsius rencontra à Stockholm l'ardent ennemi de son père , Saumaise, et celuici s'associa Nichon Boue-. delot pour abreuver de dégoûts le savant hollan- dais. La muse de Heinsius le vengeait de son implacable adversaire , et une malveillance aussi obstinée que celle de Saumaise pour les Heinsins peut seule excuser une pièce aussi virulente que le Scazon in Alastorem , qui se trouve dans les Poemata de Nicolas Heinsius, p. 165-177 . Cependant Heinsius parcourut l'Italie dans tous les sens pendant deux années consécutives, pour faire à Christine des acquisitions intéressantes, soit en livres et e» manuscrits, soit en antiquités et en médailles. Saumaise n'avait cessé d'intriguer contre lui pendant son absence; mais le crédit de Bochart balança cette haineuse influence. Saumaise mourut en 1653, dans un voyage qu'il fit aux eaux de. Spa. Heinsius retourna l'année suivante à Stockholm ; ce ne fut guère que pour demander à Christine, Il paraît même qu'il n'y réussit pas du tout. dont les goûts commençaient à se diriger dans un autre sens, la liberté de se retirer, et le remboursement des sommes qifil avait à réclamer. Sa lettre, en forme de placet, est extrèmement remarquable; elle se trouve dans la Sylloge episto- larun: de P. Burmann, t. 5, p. 766 et suivantes. La reine de Suède chercha à dissuader Ileinsius de son projet bien arrèté ; mais, le 7 octobre 1654, les états de hollande le nommèrent leur résident à Stockholm, ce qui le lit rester, sous de nouveaux rapports, dans cette capitale. Au mois de février 1655, ayant perdu son père, il prit le parti de revenir dans sa patrie. Comme Grotius, il faillit périr dans la traversée; mais, plus heureux que lui, il échappa à une maladie qui le retint à Dantzick pendant trentesix jours. A son retour à la Haye , les états , pour lui témoigner leur satisfaction de sa conduite en Suède , lui offrirent la légation de Prusse ou celle de Danemarck l'état dit la santé de Ileinsius l'empocha d'accepter. Il s'établit à Amsterdam en 1656, et y fut nommé secrétaire de la ville. Le repos du reste de ses jours fut troublé par un malheureux procès que lui suscita une courtisane qu'il avait connue à Stockholm , et qui prétendait avoir sur lui des droits , qu'il n'a jamais voulu reconnaltre. En 1658, il abdiqua son secrétariat, et alla s'établir à la Haye. Ovide, Virgile, Valérius Flaccus, la muse latine et une correspondance littéraire fort étendue , occupaient les loisirs que lui laissait son procès. Il parait qu'il songea aussi à continuer les Annales de Grotius depuis 1609; mais ce projet n'eut pas de suite. Renvoyé en Suède. , il rencontra dans sa route sa débitrice Christine, qui allait en Danemarck : elle Je combla de distinctions flatteuses; mais il n'y gagna pas autre chose. Louis XIV le comprit, à cette époque, dans le nombre des savants étrangers auxquels il accorda des pensions ; mais le poste que Heinsius occupait auprès de la cour de Suède l'empècha de jouir de cette faveur. Il se livrait toujours à ses études favorites. Ce fut bien malgré lui qu'il se vit, en 1667, chargé d'une mission auprès du czar de Moscovie. Il revint encore à la Ilaye en 1671 , mais avec une santé bien délabrée. Les calamités publiques le conduisirent l'année suivante dans l'OstFrise, puis à Brème , Minden, Paderborn, Mayence, Worms, Spire, Heidelberg. De retour à la Haye , il s'y occupa principalement de Valérius Flaccus et de Pétrone; enveloppé dans de nouveaux procès , Je dégoût qu'il en éprouvait le poursuivit jusqu'à sa campagne de Maarssen, dans la province d'Utrecht, où il s'établit vers le mois de décembre 1674. Enfin il chercha le repos dans la petite ville de Viane , où son ami Grœvius se plaisait à le visiter. Des affaires de famille l'ayant ramené à la Ilaye , il y mourut àgé de 61 ans, le 7 octobre 1681 , entre les bras de Grœvius, qu'il chargea de ses dernières instructions pour la reine de Suède, pour le grandduc de Toscane, pour le savant évèque de Paderborn , et pour le duc de Montausier, à qui , en 1666, il avait dédié ses poésies latines. Le Journal des sa- vants, de 1682, après l'avoir comblé d'éloges, regrette le malheur qui le fit 'mitre dans une religion où il finit ses jours ; ce qui répond au reproche d'apostasie, qu'entre tant d'autres la calomnie avait fait à Heinsius. La tombe paternelle le reçut à Leyde, dans l'église StPierre. P. Burmann le jeune, qui a écrit sa vie , placée en tète de ses Adeersaria, observe que , comme il fut fils unique et mourut célibataire , le célèbre nom de Heinsius s'éteignit avec lui ; ce qui, pourtant, ne parait s'appliquer tpt'à sa branche, témoin l'article suivant. On a de lui 10 Claudien, avec des notes, Leyde, 1650 et plus complet, à Amsterdam, 1665 2. Ovide, avec des notes, ibid., 165, 1661 1668, 3 vol. Ces notes se trouvent retou- chées et plus complètes dans l'Ovide de P. Buemanu, 4 vol. 30 Virgile, sans notes, Amsterdam , 1676; et Utrecht , 1704 Le commentaire de Heinsius sur Virgile a paru dans l'édition de cet auteur, donnée par P. Burmann. 40 Valerius Flores:, sans notes , Amsterdam 1680 P. Burmann a depuis publié les notes de Heinsius sur ce poige, Amsterdam, 17O ; et Leyde, 1721 5° le mème a imprimé dans ses diverses éditions les remarques de Heinsius sur Silius Italicus , sur Pétrone , sur Phèdre; Snakenburg , celles sur Quinte- Curce; et Broekhuizen , celles sur Tibulle. 6° Un grand nombre de lettres de Heinsius se trouvent dans la Sylloge epistolarum de P. Burmann , 5 vol. Burmann parle d'autres lettres inédites dans ses notes sur l'Anthologie latine, t. 1, p. 295. 7° I'. But, mann le jeune a publié Nie. Heinsii adversariorum libri V, suivi des notes du mème sur Catulle et sur Properce. Burinann cite itérativement, dans son Anthologie, les notes inédites de Ileinsius sur Tacite, sur l'auteur De dari: oratoribus , sur les Catalecta veterurn poetarum, etc. Broekhuizen, Van Santen, etc., se plaisent aussi à le citer fréquemment. l'eu de philologues ont exercé sur les pones latins une critique aussi ingénieuse que celle de Nicolas Heinsius. 8° Poernata; la meilleure édition est celle d'Amsterdam, chez Dan. Elzevier, 1666 dédiée par l'auteur au duc de Montausier : elle se compose de quatre livres d'élégies, de trois de silves, dont le premier, sous le titre particulier de Christina augusta ; de deux de Juvenilia ; d'un de Saturnalia , où, sous les noms supposés de Corne/ jas Cos- sus , et de Franciseus Santra, il harcèle deux mauvais poetes latins de son temps, Corneille Bojus et François Planta; enfin de deux livres d'adoptiva , le premier d'étrangers, le deuxième de Hollandais, avec un appendice. Le 111èMC volume offre les poemata de Janus Rutgersius. Il est peu de pones latins modernes qui, pour l'élégance et la pureté, approchent de He sius. Laurent Van Santen , dans ses Delicia, poe- tira , a recueilli de lui cinquantedeux pièces inédites
  • Nicolas HENEL( 1582) : historien silésien , naquit en 4582 à Neustadt , dans la haute Silésie , étudia le droit à Breslau et à Iéna , voyagea ensuite en Allemagne, en Hollande , en France et en Italie , et reçut à Bàle le degré de docteur en droit. A son retour, Henel fut nommé vicechancelier du duché de Munsterberg , conseiller impérial , et dans la suite syndic de la ville de Breslau. Il mourut le 23 juillet 1656. Il est auteur de plusieurs ouvrages historiques sur la Silésie ; quelquesuns ont été publiés : In Siks ographia et Breslographia, Francfort , 1613 Cet ouvrage fut froidement accueilli par le public. L'auteur composa dans la suite , Silesiographia renovala et Breslographia renovata , qui n'a pas été imprimée à part, niais qui se trouve insérée dans les Scriptores rerum Silesiacarum , publiés par Sommersberg; 2° Commentarius de veteribus Jetis , quorum legibus justitiœ Romance templum exstructurn est, Lei psick , 1641 ibid., 1654 Ce livre peut être regardé comme un recueil de panégyriques plutôt que comme un ouvrage utile aux recherches historiques. Le style en est trop affecté. 5° Otium Vratislaviense , h. e. variarum observationum oc commentationum liber, Iéna , 1658 Cet ouvrage posthume fut publié par C.F. Henel , fils de l'auteur; on trouve dans ce mème volume : Epistola de studiojuris , et auctarium sen dissertatio de primotu D. Petri, ac per hune Pontificis Romani in Ecclesia Christi. Les autres ouvrages de Ilenel., Silesia togata; Genealogice omnium pene ducum ; Adversaria Silesiaca, etc., n'ont pas été livrés à l'impression
  • Nicolas HENRION( 1663 - 1720) : né à Troyes le G décembre 160 , entra d'abord dans la congrégation de la Doctrine chrétienne, par déférence pour le père Gauthereau , son oncle , qui en était général : il professa quelque temps , et ayant perdu , par la mort de son oncle, le peu de vocation qu'il pouvait avoir pour l'état religieux , il se fit relever de ses engagements et s'empressa de se marier, afin de s'attacher irrévocablement pour cette fois au monde , qu'on avait voulu lui faire quitter. Il embrassa quelque temps la profession d'avocat, et l'abandonna pour se livrer au goût ou plutôt à la passion qu'il avait conçue pour les médailles et les pierres gravées. L'exavocat comme l'exdoctrinaire ne fut guère plus fidèle à ses médailles qu'il ne l'avait été à sa chaire et à ses causes : il acquérait avec ardeur ces pièces curieuses et s'en défaisait avec empressement. Cependant , tout en se séparant de ses médailles, il ne s'attacha que plus fortement à la numismatique : c'était le moyen de prévenir le dégoût de la possession , auquel il paraissait disposé. Sa réputation d'homme savant dans cette partie si importante pour l'histoire lui ou% rit les portes tle l'Académie des inscriptions, en 1701. Il y fit lecture d'une foule de dissertations , dont on trouve seulement des extraits dans la collection tle cette savante société, tels que l'ébauche d'un Nouveau système sur lee médailles samaritaines, qui présente des vites neuves , etc. L'auteur de son £loge, dans l'histoire de l'Académie des inscriptions , s'exprime ainsi dans un passage que se sont approprié, sans en indiquer la source , M. Chaudon , dans son Nourean Dictionnaire historique . et Desessarts, dans ses Siéeles littéraires: n M. Henriot' avait entrepris un ima mense travail sur les poids et les mesures des a anciens Pour en donner à l'Académie un « avantgoût précieux , il y apporta , en 1718, une a espèce de table ou d'échelle chronologique de a la difl'érence des tailles humaines , depuis la u création du monde jusqu'à JésusChrist ; il y a assigne à Adam cent vingttrois pieds neuf pouces a de haut, et à Eve, cent dixhuit pieds neuf pouces trois quarts : d'où il établit une règle de pro- u portion entre les tailles masculines et les tailles a féminines, en raison de vingtcinq à vingtquatre : a mais il ravit bientôt à la nature cette majestueuse a grandeur. Selon lui , Noé avait déjà vingt pieds a de moins qu'Adam ; Abraham n'en avait plus . f,es pièces de ce procès ont été recueillies par Bernard, dans ses Nouvelles de ta république des lettres, 170, janvier et aotlt. Les réveries d'Ilenrion sur les poids et les mesures des anciens paraissent lui avoir coûté la vie : il se livrait a ce travail avec une telle ardeur, qu'il y épuisa ses forces, et mourut à l'age de 57 ans, le 21, juin 17e
  • Nicolas HEURTELOUP( 1750) : célèbre chirurgien militaire, naquit à Tours le 26 novembre •750. Ses parents, peu favorisés des dons de la fortune, lui firent faire quelques études partielles; mais Penfaut suppléa par ses propres moyens à l'éducation incomplète qu'il avait reçue. Doué d'une téèsbelle figure , d'un caractère doux , d'un esprit pénétrant, il se concilia l'amitié générale; et plusieurs Mécènes s'empressèrent de seconder ses heureuses dispositions. line religieuse de la Charité, nommée Agathe Boissy, remarquable par son instruction variée, enseigna au jeune Heurteloup les éléments de la chirurgie, lui a; prit à saigner, à extraire les dents, et à connaltre les plantes usuelles. Il partit en 1770 pour la Corse, en qualité de chirurgien-élève. Son nouveau séjour lui offrit l'occasion de continuer ses travaux scientifiques, d'examiner des productions naturelles curieuses, d'étudier la langue, la littérature et la musique italiennes. Heurteloup profita de tous ces avantages; et son zèle, aussi éclairé qu' , fut récompensé, en 178'2, par l'honorable emploi de chirurgienmajor des hôpitaux de la Corse. En 1786, il fut appelé, avec le 'Dème grade, à l'hôpital militaire de Toulon ; en 179'2, il devint chirurgien consultant des armées du Midi et des Côtes; et , l'année suivante, il prit place parmi les membres du conseil de santé, où il a constamment siégé depuis. C'est dans l'exercice de ces nobles fonctions qu'il déploya ce rare talent ad- ministratif, cette probité scrupuleuse, cette justice sévère et cette active philanthropie dont son âme généreuse était pénétrée. On vit cet homme, que des chagrins particuliers avaient rendu un peu hypocondriaque, et par suite fier, susceptible et morose , prendre un air affable et presque suppliant, pour gagner à la médecine militaire des sujets distingués par leur mérite et leurs vertus. Au mois de septembre 1800, il reçut le brevet honorable de premier chirurgien des armées françaises : en 1808, il se rendit à la grande armée pour remplacer un collègue qui jouissait, à juste titre, de la plus belle réputation, M. Perey. Le plus bel éloge qu'on puisse faire d'Heurteloup , c'est de dire qu'il marcha sur la mème ligne que son prédécesseur. c, Berlin, 1808 qu'il J inséré dans son journal, et dont plusieurs ellenk• plaire. ont Cté tirés séparément
  • Nicolas HONIGER( 1500) : philologue allemand , était né dans le 16e siècle , à Konigshoven , petite ville de Franconie: Il consacra sa vie à la culture des lettres avec beaucoup de zèle; mais ses utiles et nombreux travaux n'ont pu garantir son noua de l'oubli. Cité pour quelquesunes de ses traductions par Frics dans son abrégé de la Bibliothèque de Gesner, il l'a depuis été par d'autres bibliographes qui ne nous ont transmis que les titres de ses ouvrages sans y joindre aucun renseignement sur l'auteur. C'est à lui que l'on doit l'édition du Dictionnaire grec de Budé, Bâle, 1585, in fol., avec des corrections. Il a traduit en allemand : 1. Description de l'empire ottoman, avec l'histoire des Turcs, Bâle, 1573, 1583, 3 vol . ; 2° une histoire abrégée des papes , ibid., 1586 3° Examen du concile de Trente, par Innocent Gentillet, ibid., 1587 4° Histoire du nouveau monde, de Jérôme Benzoni . Cette version fait partie de la Collection allemande des grands voyages publiée par Isaac et Théodore de Bry. Les curieux recherchent de Honiger l'ouvrage suivant : Propugnaculum eastitatis ac pudicitice, fortitudinis constantiœque tom virginum quam uxorum, Bâle, 1554 ou 1575 Les deux éditions de ce livre sont également rares
  • Nicolas HORREBOV( 1712) : frère du précédent , magistrat et voyageur danois, était né à Copenhague le 47 septembre 1712. 11 devint assesseur de la cour de justice de cette capitale , et ensuite du tribunal suprème. En 1750, le gouvernement danois l'envoya en Islande , pour prendre connaissance de l'état de cette Ile. A son retour, en 1751, Horrebov offrit à son souverain le résultat de ses travaux et de ses observations : il mourut dans l'île de Men en 1760. On. a de lui : 1° Disp. 11 de methodo pascali , Hafniœ , 1733 et 1735; e De novo micrometro , ibid. , 1734; 3° Geometria practica, part. prima, ibid., 1736; 4" De jure priacipis aggratiandi in causis homicidii , ibid. , 1739 ; 5° Relations authentiques de l'Islande , Copenhague, 1750, 1753 , vol. avec carte. Cette description , scrupuleusement exacte, fait bien connaltre l'Islande. L'auteur a eu en quelque sorte pour but principal de réfuter les erreurs qu'Anderson avait accumulées dans son livre . Il le blâme beaucoup, ainsi que Blefken , et en revanche donne des éloges à Arngrill Jonas et à Thorlacius. On reproche à 'lorrybov un style lâche et diffus , et un ton de plaisanterie peu convenable dans un livre historique, mais qu'il a cru peut- étre nécessaire pour amuser son lecteur. La carte a été copiée et dressée sur un dessin original fait par les ingénieurs du roi. Horrebov a déterminé la véritable position de l'Islande, d'après les observations qu'il avait faites à Bessested ; et il a reconnu que cette lie était située quatre degrés plus à l'est qu'on ne le croyait. L'ouvrage d'Horrebov a été traduit en allemand, Leipsick, 1753 , vol. en anglais, 1758, vol. C'est sur la première version qu'il l'a été en français, sous ce titre : Nouvelle description physique, historique , civile et politique de l'Islande, Paris, 1764 , 2 vol. On ne sait pas pourquoi le traducteur a fait d'llorrebov un ministre du saint Évangile. E—s et D—z—s
  • Nicolas ISTHVANFIUS : noble hongrois, après avoir fait ses études avec succès dans sa patrie, fut envoyé par ses parents en Italie, où il fréquenta, pendant plusieurs années, les leçons des professeurs les plus distingués des universités de Pavie et de Bologne. 11 s'appliqua particulièrement à l'étude des langues anciennes et modernes , et il vint à bout de les parler presque toutes avec facilité. Il Lit ensuite ses premières armes sous le fameux comte de Mn, et signala sa valeur dans plusieurs occasions. Il reçut de nombreux témoignages d'estime de l'empereur Maximilien Il, et fut honoré de la confiance particulière de son fils Rodolphe, roi de Hongrie. Ce prince le chargea de négocier la paix avec les Turcs, voisins toujours redoutables, même après des revers , et il s'acquitta de cette commission avec autant de prudence que d'habileté. Istlivanfius obtint, en récompense de ses longs services, la place de vicepalatin de Hongrie , et il sembla , en l'acceptant, avoir renouvelé l'engagement de se dévouer tout entier au bien public. Sur la fin de sa vie il entreprit d'écrire l'histoire des événements qui s'étaient passés de son temps et auxquels il avait eu une part qui le rendait plus propre que personne à l'exécution de ce projet. Il n'avait pas terminé cet important ouvrage, lorsque , se rendant à Presbourg pour assister au couronnement de Mathias 11, en 1608, il fut attaqué d'Une paralysie du côté droit, qui le priva entièrement de la faculté d'écrire ; il se contenta d'en dicter sommairement les quatre derniers livres à un secrétaire, et mourut octogénaire le Icr avril 1G15. Il légua son manuscrit au cardinal Pierre Pazman, son ami, archevêque de Gran, qui le fit imprimer SOUS ce titre : Historiarutn de rébus Hungaricis libri XXXIV ab an. 1490 quo Math. Corvinus rex Hung. fato fondus est, ad Mathiam usque Il, Cologne, 1622 ; réimprimé trèsfautivement dans la même ville, 1662 et 1685, avec une continuation fort médiocre du P. Ketteler, depuis l'an 1606, où se terminait l'ouvrage d'Isthvanfius, jusqu'à 1718 , et enfin Vienne, 1758 Cette histoire est estimée pour l'exactitude des faits, la vérité des détails et la clarté du style. La Vie d'Isthvanfius, par Thom. Balasfy, évoque de Presbourg, a été insérée par Fr. K6Ilar dans son Supplément à Lambécius, et elle a reparu avec des notes dans le Me? or. Hudgarorum scriptis notorum d'Alexis llorany, 1776 WS.
  • Nicolas JACQUES( 1780 - 1844) : peintre miniaturiste de mérite , né à Jarville, près Nancy, en mars 1780, mort à Paris le 21 mars 1844, fut élève de David et d'Isabey. Ses portraits se distinguent par leur exacte ressemblance et par la finesse de leur exécution. 11 a peint l'empereur Ntipoléon Pr, l'impé- ratrice Joséphine, la reine de Hollande, la princesse Stéphanie de Baden avec sa fille enfant, le prince Oscar de Suède, la princesse Amélie de Bavière, qui épousa le prince Eugène , la princesse Borghèse , enfin à peu près tous les personnages marquants du premier empire. En 1810, il exposa un magnifique portrait de mademoiselle Mars; il peignit madame de Lavalette, ainsi que son mari , et, en 1815, après la fuite de ce dernier, reproduisit en les réduisant ces portraits , qui furent offerts, montés sur des bagues, aux trois Anglais qui avaient sauvé M. de Lavalette. Le portrait de madame de Lavalette qui se trouve dans les recueils de portraits historiques est fait d'après la miniature de Jacques. En 1816, il fit un superbe portrait du prince de Saxe- Cobourg pour ètre envoyé à la princesse Charlotte d'Angleterre. Sous la restauration, il fit une grande et trèsbelle miniature d'après le duc d'Orléans . Ce portrait fut reproduit à l'infini par l'auteur, plus ou moins réduit , pour ètre envoyé dans les cours étrangères ou offert par le prince à ceux qu'il favorisait ou distinguait. Tous les princes de cette maison furent peints par Jacques lorsqu'ils étaient enfants on adolescents. 11 peignit aussi madame la duchesse d'Orléans et la princesse Adélaïde. 11 exposa le portrait du général Lafontaine, de madame Gavaudan , de madame Rigaut de l'OpéraComique, etc., etc.; fit un beau portrait de Georges Cuvier qui fut gravé, un portrait L la sépia de Benjamin Constant, qui servit depuis aux peintres d'histoire qui eurent à reproduire ses traits; un superbe portrait de Chopin le pianiste, etc
  • Nicolas JADELOT( 1738 - 1793) : savant médecin , né à PontaMousson en 1738, était fils d'un professeur à l'université de cette ville. Après avoir terminé ses études d'une manière brillante , il prit ses degrés en médecine, et obtint au concours, en 1763, la chaire d'ailatoinie et de physiologie qu'il remplit avec beaucoup de distinction. L'université ayant été transférée à Nancy en 1768, dadelot vint habiter cette ville, où il soutint la réputation qui l'y avait précédé. ; sur l'usage des verres concaves dans la myopie ; sur les maladies produites par la suppression de la transpiration insensible ; sur les différentes révolutions qu'a éprouvées l'art de guérir ; et enfin sur un agneau dépourvu de tète ; 2° quelques Opuscules en faveur de l'université de Nancy, et sur la nécessité et les moyens d'y perfectionner l'enseignement de la médecine ; . 6. Eloge histo- rique de- Bagard, médecin ordinaire du roi de Polo- gne, ibid., 177 Les notes qui suivent cet éloge sont dirigées contre les membres du collége de médecine qui élevaient des prétentions contraires aux intérêts de l'université. M. Harmand prit la défense de ses confrères, et Jadelot répliqua par une Lettre d'un professeur en méde- cine à un docteur de 13 pages; Physica honzinis sani, sive Explicatio functionum corporis humani, ibid., 1781, 2 vol. 2 ; réimprimé à Vienne en Autriche, 1782 et traduit en allemand, Iéna, 1783 Cet ouvrage est , et Jadelot en préparait une édition perfectionnée d'après les dernières découvertes mais sa mort l'empècha de la donner. 8. Phar- macopée des pauvres, ibid., 1784 C'est le recueil des formules des remèdes les moins coûteux et les plus faciles à préparer ; son fils en a donné une nouvelle édition. On cite encore de cet habile médecin un Discours qu'il prononça en 1770 à l'Académie de Nancy, le jour de sa réception , sur l'abus de l'esprit de calcul dans l'étude de l'économie animale; un autre sur l'analogie de l'é- conomie animale et de l'économie végétale; un Mé- moire sur la topographie médicale de la Lorraine; une Dissertation sur le fluide électrique de l'atmo- sphère el son usage da. ns l'économie animale, etc. Lamont:eux a lu l'Eloge de Jadelot à l'Académie de Nancy , et on en trouve l'analyse dans le Pré- cis des travaux de cette compagnie pendant les années 1811 et 1812, p. 69. et suivantes
  • Nicolas JARRY( 1620) : supplérn. n° Si. 6. Prières dévoies 1645 ; 7. Heures de Notre- Dame, 1647 de 120 feuillets vélin. Jarry s'est surpassé dans ce chefd'œuvre ; 8° Vicium B. IlariceVirginis, I618 Ce petit volume, exécuté pour M. de Rebé, archevêque de Narbonne, a été acquis par le rédacteur de cet article pour la bibliothèque de Besançon ; 9. Petit office de la Ste- Vierge, ac- compagné de plusieurs autres prières, 1650 de 159 pages vélin ; vendu trois cent deux francs en 1811 n° 58 ) ; 100 Preces christianoe cum parvo officio B. illariœ Virginis , 1652 ; 11. Les sept offices de la semaine avec leurs litanies, 1653 ; 12. Office de la B. Vierge Marie, 1655 ; 13. Les sept offices pour la semaine, 1659 de 74 feuillets vérin ; 44' L'office de la Vierge et l'office de Ste- Anne, 1660 vélin ; 150 Les sept offices pour la semaine, 1665 de 128 pages, décoré de fleurs peintes : vendu huit cents francs ; 16. L'office de la Vierge sur vélin ; 17. Livre de prières dévotes 180 Petit livre de prières de 58 feuillets vélin , n. 39); 49° Adonis, peme de la Fontaine avec miniatures. Ce volume précieux , exécuté pour le surintendant Fouquet , a été en la possession de M. Chardin , amateur de livres, à Paris . 200 Airs nouveaux de la cour. avec des initiales peintes en or ; 21° Un recueil de poésies de Tristan l'Hermite commençant par l'Ode à Madame, Noble sang des rois d'Idumée écrit sur vélin. LaporteDutheil attribuait à Jarry ce joli manuscrit, acquis en 1739, pour la biblio- thèque . — Madelon JARRY , sieur de Vurigny, gentilhomme du Maine , mort en 15'73 à l'âge de 40 ans, avait composé une histoire de France , intitulée Des faits des Françoys ; mais Fontette croit qu'elle n'a jamais été imprimée. — François JARRY , prieur de la Chartreuse de N.D. de la PréelèsTroyes, dans le 16e siècle, a publié : Description de l'origine et première fonda- tion de l'ordre sacré des Chartreux, Paris, 1578 en vers latins et français. Les vers latins, qui avaient déjà été imprimés sans nom d'auteur à Paris, 1551 étaient écrits sur les murailles du petit clottre des Chartreux de Paris : c'est le même poëlne quiest joint et sert d'explication à la Vie de St- Bruno, gravée d'après Lesueur
  • Nicolas IDMAN : savant suédois du 18e siècle, est auteur d'un ouvrage , en langue suédoise, ayant pour titre : Recherches sur le peuple finois d'après les rapports de la langue finoise avec la langue grecque. Cet ouvrage, savant et plein de rapprochements ingénieux, a été traduit en français par Genet fils , Strasbourg , 1778
  • Nicolas JENSON( 1410) : célèbre imprimeur, naquit à Langres vers 1410 ; il fut d'abord graveur que Fust et Schceffer mirent une date au Psautier imprimé par eux en 1457. Si l'on Les pièces d'un procès que Guttemberg eut à soutenir, en 1439, contre les frère, de son associé, André Dritzehem , prouvent qu'à cette époque Guttemberg imprimait déjà à Strasbourg. admet l'opinion de ceux qui placent à l'année 1 188 la mission qui aurait été donnée à Jenson par Charles VII, ce serait donc un an après l'impres- sion dit qu'on trouve cités dans le Decor puellarum trois ouvrages que Jenson n'a impritnés qu'en 1171. Cette erreur n'est pas la seule du même genre que Jenson ait, diton, commise : l'ouvrage qui a pour titre : Pratris Joannis ad fratres suos cartusienses de humilitate interiori, porte la date de 1100 au lieu de 1480; un autre ouvrage, sorti aussi des presses de Jenson en 1480, porte la date de 1580. On peut voir à l'article CRUNINGER que 'beaucoup d'autres imprimeurs du 15. siècle out commis des erreurs semblables, que l'on doit attribuer à l'inexpérience des ouvriers employés par les premiers imprimeurs. Mais, malgré ces fautes, •enson fut un trèshabile imprimeur, et lesouvrages sorlis de ses presses sont encore aujonrd'imi re- gardés comme des chefsd'oeuvre. Par l'invention du caractère romain, il a apporté une bien grande amélioration à l'art typographique, en rendant la lecture lies ouvrages imprimés beaucoup plus fadie qu'elle ne l'était lorsqu'on employait les caractères gothiques. Sous le titre : Esame su i principi della franrese ed italiana tipografiea onvero storia critica di Nicolao Jenson, Jacques Sordini a publié un ouvrage divisé en trois parties qui ont paru successivement en 1796, 1797 et 1798. La troisième partie renferme la liste des ouvrages imprimés par Jenson. Le p1us ancien est, suivant Sardini, Euscbii l'amphi fi de evange- lira prœparatione Georgio Trapezuntio interprete, 1170 Depuis 1470 à 1481, près de cent cinquante ouvrages sortirent des presses de Jenson. Pour récompenser ce graveur distingué, cet illustre imprimeur, le pape Sixte IV le décora du titre de cornes palatinus. Les imprimeurs du 15. siècle se plurent à reconnattre et à publier les services que jenson avait rendus à l'imprimerie, var on lit suri plusieurs ouvrages du 15° siècle qu'ils ont été imprimés inelytis instrumentis Jenson, ou inelytis famosisque eharacteribus optimi quondam in hac arte magistri N. Jenson. D'après cette dernière souscription , qu'on lit sur un ouvrage imprimé en 1583, on a pensé que Jenson était mort avant cette époque— tenson s'était associé un Français nommé Jean Febvre, né comme lui à Langres, et qui fut plus tard imprimeur à Turin , où iI a publié, sous le nom de Fabri , de nombreux ouvrages . Rome et d'autres villes d'Italie et d'Allemagne eurent au 16 siècle des imprimeurs du noria de Jenson, que l'on croit étre les descendants ou les parents de Nicolas Jenson. Lorsque, au 16.3 siècle, on cherchait à remonter à l'origine de l'imprimerie , quinze vides se disputèrent cette importante découverte, et parmi elles se trouvait Venise, qui réclamait pour Nicolas Jenson l'honneur d'avoir été le premier imprimeur. Si aujourd'hui il est bien reconnu que Nicolas Jenson n'a aucun droit à la découverte de l'imprimerie, il est certain qu'après Guttemberg et ses associés, Jenson doit Ore regardé comme l'imprimeur le plus célèbre, puisqu'il est l'inventeur du caractère romain, avec lequel sont imprimés la plus grande partie des ouvrages qui ont été publiés depuis trois siè- cles
  • Nicolas JOLY-CLERC : naturaliste, né à Lyon, se consacra fort jeune encore à l'état ecclésiastique, ainsi que son frère, et entra dans la congré- ga Gon des bénédictins de StMaur ; mais il s'occupa moins de théologie et même d'histoire, cette étude favorite de l'ordre de StBenoît, que de botanique et , par suite , de l'histoire naturelle en général. Ces travaux un peu profanes, s'ils ne lui tirent prendre un peu en dégoût l'état monastique , ne contribuèrent pas à ranimer sa vocation. Aussi vitil sans chagrin la révolution séculariser les couvents et condamner, en exigeant le serment à la constitution civile du clergé , la plus grande partie des ecclésiastiques à résilier ou à perdre leur position. On a dit que son frère ; grâce à ce bouleversement subit, devint, de chanoine de StPaul à Lyon, évoque constitutionnel de cette ville, et se .hâta de nommer son frère grand vicaire. Mais l'évêque constitutionnel de Lyon , de 1791 à 1794, fut Lamourette, et quand Lamourette cessa Je l'être , en mourant sur l'échafaud , la terreur ne lui donna pas de remplaçant, et probablement JolyClerc était réduit à se cacher. Lorsqu'il fut possible de reparaître sans danger pour sa vie, mais sans vicariat comme sans canonicat, force lui fut de chercher des ressources extraordinaires. 11 sollicita et obtint la chaire d'histoire naturelle à l'école centrale de l'Oise. Là , non content de l'auditoire masculin obli gé qu'il entretenait des beautés des trois règnes, il imagina de faire aux dames de Beauvais un cours public de botanique. Tout alla bien tant qu'il ne s'agit que de tiges, de racines, de cotylédons et de pétales : mais quand le bon bénédictin, qui ne possédait sans doute pas l'art de gazer assez la nudité des descriptions et de Iller délicatement une phraséologie diaphane pour les uns, inintelligible pour les autres, en fut verni à l'anatomie du pistil, et au rôle des houpes qui couronnent les étamines, et à l'absorption du pollen, et aux polyandries de Linnée, etc., etc., la transparence des détails effaroucha la pudeur des mères, toujours;craintives pour leurs tilles, et JolyClerc, à la séance suivante, n'eut à débiter de l'organographie qu'aux banquettes. Il continua encore quelques années ses fonctions à l'école centrale, y mêlant des travaux de librairie et contribuant non par des découvertes, mais par des résumés, par des compilations bien faites, à la propagation de la science. En 18O, son frère et lui obtinrent du saintsiége une cédule qui les rendait à l'état laïque. C'était en quelque sorte un bill d'indemnité pour le premier, qui s'était marié. Notre naturaliste n'était pas dans ce cas. Il Survécut à ce frère , mort vers 1812 , et ne mourut qu'en 1817, le 0 février, à StePérine de Chaillot. Outre une nouvelle édition des Éléments de bota- nique de Tournefort, Paris, 1797, 6 vol. outre une traduction, qui est la première en français, du Système sexuel des végétaux de Linnée , 47J8 2e édit., 1810 outre la Cryptogatnie complète du même auteur, traduite aussi pour la première fois du latin en français, sur l'édition de Gmelin, et enrichie de notes, notions préliminaires, etc., on a de lui 1° un Cours complet et suivi de botanique. Lyon, 1795 ; 2° Principes de la philosophie du bo- taniste, ou Dictionnaire interprété et raisonné des principaux préceptes et des termes que la botanique, la médecine, la physique et l'agriculture ont consacrés à l'élude et à ta connaissance des plantes, Paris, 1798 3° Phytologie universelle, ou Histoire naturelle et méthodique des plantes , de leurs pro- priétés, de leurs vertus et de leur culture, Paris, 1799, 5 vol. 4° Cours de minéralogie rapporté au tableau méthodique des minéraux donnés par Daubenton, Paris, 1802 5. Dictionnaire rai- sonné et abrégé d'histoire naturelle par d'anciens professeurs, Paris, 4806, 2 vol. Pour ne rien omettre des oeuvres de JolyClere, nous mentionnerons enfin son Apologie des prêtres mariés, ou Abus du célibat prouvé aux prêtres catholiques par le citoyen . 1** 3", Paris, 1798
  • Nicolas JONGE( 1727) : écrivain danois, fils de Pierre Nielsen, reviseur de la chambre royale des comptes, qui était en même temps jaugeur de navires , et arrièrepetitfils de Nicolas de Jonge, célèbre négociant d'Amsterdam, naquit à Copenhague, le 29 août 1727. Après avoir reçu une bonne éducation scolaire , il embrassa la carrière ecclésiastique, et fut nommé prêtre ou curé de la paroisse eAllislov, en Sélande, où il mourut dans un àge trèsavancé. Il a publié un grand nombre d'ouvrages : 1° Synopsis geographiœ universalis captai discentium accommodata, Copenhague, 1754 Il en a été publié une seconde édition, corrigée et augmentée, accompagnée de cinq cartes géographiques, Copenhague et Leipsick., 1758 20 Vie du vice- amiral Just Juil, Copenhague, 1755 traduite en allemand par Monge' , ibid., 1756 5. Plicedri fabularum tEsopiarum libri 17 captui tyronum accommodat; par N. Philomusum , ibid. , 1756; 4° Histoire uni- verselle de Louis Holberg. traduite en partie d'après le compendium latin de cet écrivain, mais néanmoins considérablement améliorée, et en partie augmentée, avec les histoires de plusieurs États européens, et continuée, Copenhague, 1757 avec une introduction du conseiller d'État Kali; 5° Collegium biblicuin, continent historiain sacram Veteris et Novi Testamenti, cum pree fat. , Johan. Otton. Bangii, ibid., 1760 6. Voyage d'Avieux, traduction, ibid., 1759, 6 vol. 7° Géographie de Wcerner, traduction, ibid., 1753 2e édition , ibid., 1776 8. Géographie de Louis Holberg, ou Description du inonde, d'après le petit compendium latin de cet écrivain , mais considéra- blement augmentée et ornée de cartes géogra- phiques, en trois tomes, ibid., 1759, 1761 et 1763 9. Archivaritts homileticus. Recueil de dispositions sur les textes évangéliques des dimanches et fêtes, extraits des écrits des *hommes les plus célèbres, en six parties, ibid., 1763, 1767 et 1769 la 4e partie a paru en 1774 et la be partie, également en 1777. Cette 5e partie a paru séparément la même année, 1777, sous le titre de Géographie de la patrie, et la 6., imprimée en 1779 est intitulée Description géo- graphique du royaume de Norvége, des îles Fœroe, de l'Islande et du Groenland. 400 Nuptialia, 1762 2e édition, ibid., 1770 11" neralia , ibid. , 1769 12. Vies des éréques évangéliques du diocèse de Sélande, avec leurs portraits, publiées par Jonas Haas, ibid., 1761 La vie des huit derniers est l'ouvrage de Jonge ; mais celle des sept premiers est de Casp.Pet. Rothe. 13. Atlas des écoles. ibid., 1772 14° Essai d'un Lexicon scholasticutn latino- danicutn, ibid., 1773 ; 15° Réponse au nouvel examen critique de la description chorographique du royaume de Danemarck, ibid., 177'7; 16. Description compate de la résidence royale de Copenhague, ilre partie, ibid., 1783 Dzs.
  • Nicolas JOUBERT : que par erreur on a appelé INHIERT, et connu sous le nom d'Ascoul.EvENT , ou ENGOULEVENT, avait sous Ilenri IV le titre de Prince des sots, mi Prince de la sotie, c'est-àdire des fous. Il ne parait pas qu'il fùt attaché particulièrement à la cour , quoique cependant il fût pensionné. Dreux du Radier dit qu'il n'y a point de doute que Nicolas Joubert, sieur d'Engoulevent, prince des sots et chef de la sottise, ne soit l'Engoulevent de la Satyre Menippée et de la Confession de Sancy française , et par des Annotations sur l'orthographie de M. Jou- bert. Ces annotations sont de Christophe de Beauchatel 'oncle de l'auteur), qui pouvait mieux que personne connaltre le système d'écriture de Joubert , « parce que tditifl dez long tams j'écri, sous luy, et ay transcrit beaucoup de ses evures 1. tnri,i I el 0 en minus thi s p e opur dncoi pn leermuennet i càI épee idnedcrce• t tl ee plus exactement possible la prononciation , sans introduire de nouveaux caractères. . Nicolas Joubert eut à soutenir des procès contre les comédiens de l'hôtel de Bourgogne et contre le cessionnaire d'un de ses créanciers. Les curieux trouveront quelques détails à ce sujet dans les Récréations historiques de Dreux du Radier, qui renvoie luimême aux Registres de la cour et au Recueil des plaidoyers de maitre Julien Peleus. On n'a, du reste, aucun renseignement sur la patrie et la mort de ce grotesque personnage
  • Nicolas JOUIN( 1684 - 1757) : pote satirique et janséniste, naquit à Chartres en 1684.- On ne connaît rien de sa vie ; on sait seulement que, après avoir exercé le commerce de la joaillerie, il s'établit banquier à Paris, où il mourut le 22 février 1757. Il était lié avec l'abbé Grécourt , et pendant près de trente ans il publia des satires et des libelles contre les jésuites et contre les prélats qui voulaient que, dans leurs diocèses, les curés se conformassent à la bulle Unigenitus. La foule de petits pamphlets en vers et en prose que l'on doit à ce pone théologien, se fait remarquer par un ton plus que grivois, et en mème temps par l'érudition mal employée des noies explicatives. La médisance et la calomnie prennent dans sa prose un caractère sérieux, qui contraste avec le ton burlesque de ses vers. Son début poétique avait été une cantate StIr les Tuileries, imprimée en 1717. En 179, l'archevèque de Paris, Vinti- mille, ayant suspendu de l'exercice de ses fonctions le curé de Sarcelles, du Ruel, qui avait refusé d'accepter la constitution Unigenitus, le parti janséniste prit fait et cause pour cet ecclésiastique , et , à cette occasion , Jouin composa, sous le nom de Sarcelles, des harangues en vers et en patois, qui étaient censées adressées par les habitants du village de ce nom à M. de Vintimille. 1" La première, qui parut en 1730, est dirigée contre les prétendus désordres introduits dans les paroisses gouvernées par des prètres dévoués à la constitution. 9.0 La secbnde , qui est d'avril 1731, développe l'esprit et le caractère que les jansénistes attribuent aux jésuites, et porte pour premier titre : Les habitants de Sarcelles désabusés au sujet de la constitution Unigenitus. Elle est suivie, dans les premières éditions, d'une épigramme ordurière contre le P. Girard ; puis, dans toutes, d'une lettre du cardinal de Tournon écrite de la Chine, le 6 octobre 1706, à M. Conon, vicaire apostolique d'une des provinces de cet ,empire, sur les procédés dont ce dernier avait eu à se plaindre de la part des jésuites. 5. et 40 La troisième et la quatrième préconisent les prétendus miracles qui s'opéraient sur le tombeau du diacre PAris, et attaquent l'ordonnance de l'archevèqw: contre ces ridicules momeries. 50 La cinquième est un remerciement adressé à M. de V dans un style non moins irrévérencieux que les précédentes satires, au sujet de la ré du curé du Ruel. 6. et 7° Jouin composa aussi deux Sarcelles contre Languet de Cergy , archevêque de Sens , au sujet de son mandement du 6 avril 1739, ordonnant d'enseigner le nouveau catéchisme qu'il avait donné à son diocèse; elles sont d'avril et de mai 1740. 8., 9. et 10. Des Sarcelles furent aussi adressées au 'roi : la première, sous ce titre : Les très- humbles el très- rupectueuses remoutrances des habitante du village de Sarcelles au Roy, au sujet des affaires présentes du parlement de Paris ; elle n'a pas été réimprimée dans l'édition de 1764 ; la seconde, intitulée Harangue des habitants de la paroisse de Sarcelles au Roy , est précédée d'une sorte de désaveu de la précédente, ainsi que du remerciement à M. de Vintimille ; la troisième contient Les irès- hum/ des remerciements des habi- tants de Sarcelles au Roy, au sujet du retour du parlement de Paris . Le cardinal de Fleury, premier ministre, est fort maltraité dans la première de ces satires. On en jugera par ces vers; Ce clabaud Que je votiarrions sur l'échanut Si sa subtile hipocrisie Ne vous cachoit sa perfidie. La onzième Sarcelle est adressée à l'archevêque de Cambrai, SaintAlbin, qui avait donné à Paris, le 25 juillet 1741 , un mandement contre une consultation d'avocats de Paris en faveur de cer- tains jansénistes de Cambrai. Cette pièce viru- lente était précédée d'une épigraphe doublement injurieuse pour les moeurs et la naissance illégitime de ce prélat : Spurii non sunt ad ordines admittendi et ii connes qui ex legitiinis nuptiis non sunt prote- cati. 12° L'archevèque de Paris, Chris- tophe de Beaumont, ne fut pas moins que son prédécesseur en butte a la verve de Nicolas Jouin , qui composa contre lui sa douzième Sar- celle, particulièrement dirigée contre les jésuites. Dans les notes se trouve une Requête du bourreau d'Orléans coutre les jésuites de cette ville . qui avaient usurpé sur ses droits , en déchirant solennellement plusieurs livres de PortRoyal, dans la chapelle de leur maison, le 8 septembre 1710. Cette pièce de vers ne parait point étre de Jouin. 13° Harangue des habitants de la paroisse de Sar- celles à monseigneur Christophe de Beaumont de Reparfunt, etc. . L'auteur de cette pièce fut mis à la Bastille, et l'on a prétendu que c'était par la trahison de son fils. 140 La quatorzième et dernière Sarcelle a pour titre. : le Voyage de Groslé , ou la Surprise des habitaiits de Sarcelles , non réimprimée, ainsi que la précédente , dans l'édition de 1764. Toutes ces pièces sont accompagnées de notes où l'abus de l'érudition théologique se méle aux anecdotes les plus ordurières , aux imputations les plus scandaleuses. Elles sont en patois de l'ile de France, c'est-àdire en français grossier, et sont à peine lisibles aujourd'hui. On n'imaginerait pas la vogue qu'eurent les Sarcelles , si l'on ne savait avec quel enthousiasme l'esprit de parti accueille tout ce qui le flatte. Lors de l'abolition de la société de Jésus, ces Sarcelles furent réimprimées avec une sorte de luxe sous ce titre : le Vrai reeueil des Sarcelles, mémoires, notes et anecdotes intéressantes sur la conduite de l'archevêque de Paris et de quelques autres prélats français ; le Philatanus et le Portefeuille du diable, ouvrage absolument nécessaire à ceux qui veulent prendre une juste idée des maux que l'Église a soufferts pendant le règne de la ci- devant soi- disant surjeté de Jésus . L'avertissement qui précède le Phi/ obi/ ms annonce que ce poërne, qui n'est point de Jouin , mais bien de Gréeourt , a pour objet de montrer que la constitution thiige, oitas est l'oeuvre des jésuites . 11:jà le Portefeuille du diable, OU Suite de Philotanus, peine dédié à madame Galpin , avait été publié séparément en 1753 Dans ce recueil se trouve encore le Dialogue entre deux bourgeois de Paris, au sujet de l'enterrement de 411. Cell . On avait refusé les sacrements, mais non la sépulture ecclésiastique, à cet ancien recteur de l'université, qui passait pour janséniste. Vient ensuite une satire fort licencieuse , dirigée contre daine Robin, veuve du sieur Herbert de Moysaut, que l'ancien évèque de Mirepoix, Boyer , et l'archevéque de Beaumont venaient de nom- , sur P : lir des pendus, ou Histoire véritable et remar- quable arrivée à l'endroit d'un R. P. de la compagnie de Jésus , Turin , Alétophile , 1732 Cette pièce a été réimprimée depuis, avec des augmentations sous ce titre : Moeurs des jésuites, leur conduite sacrilège dans le tribunal de la pénitence, avec des Remarques critiques, etc. ; 2 les Regrets des jésuites au sujet du nouveau Bréviaire de Paris ; la Réponse de l'archevêque aux jésuites, en vers avec des notes, 1736 ; 3') Chanson sur le P. Couvrigny 5. le Philotanus moderne, 1740 . Cette production est bien de Jouin, et c'est ce qui a sans doute porté quelques critiques à lui attri- buer le Phi/ utanas ; 60 Procès contre les jésuites , pour servir de suite aux causes célèbres ; Pièces et anecdotes intéressantes , etc. (Utrecht , 1755, 2 vol. C'est une réimpression de la plupart des ouvrages déjà cités. On a attribué à Jouin et aux frères Quesnel de Dieppe : le véritable Almanach nouveau pour l'année 173, ou le nouveau Calendrier jésuitique , extrait de leur martyrologe, ménéloge el nécrologe, Trévoux pour la plus grande gloire de la société. Jouin avait composé des mémoires pour servir à l'histoire du cardinal de Tencin, dont il laissa le manuscrit au maréchal de Noailles
  • Nicolas JUEL( 1629) : lieutenant général amiral en Danemarck, l'un des hommes de nier les plus remarquables de son temps, était né le 8 mai 1629, d'une famille ancienne et illustre. Après avoir terminé ses études à l'académie de Soroe , il se rendit en France et en Hollande, pour s'instruire dans la navigation. En 1652 , il fit une campagne sur la flotte hollandaise commandée par Martin Tromp. Cet habile amiral étant mort, Juel servit sous Ruyter, qui succéda dans le commandement de la flotte. La paix entre la Hollande et l'Angleterre ayant été conclue, les États le nommèrent capitaine d'un vaisseau de guerre , et il suivit encore Ruyter dans la mer Atlantique et dans la mer Méditerranée. Lorsqu'il eut acquis la connaissance de la théorie et de la pratique d'un art auquel il s'était voué, Juel retourna en Danemarck pour payer à ce pays le tribut de son zèle patriotique. La guerre étant venue à éclater entre le Danemarck et la Suède, en 1656 , il donna bientôt des preuves de sa capacité. Commandantune escadre, en 1659 , il rendit des services impor- tants pendant le siège de Copenhague , et contri- bua aux avantages que remportèrent les amiraux hollandais Opdatn et Ruyter , envoyés dans la Baltique pour soutenir le roi de Danemarck. La réputation de Juel était établie; et il fut un des premiers que Christian V décora de l'ordre de Danebrog, qu'il avait fondé nouvellement. Dans ce même temps, vers l'année 1675 , la guerre se. renouvela entre le Danemarck et la Suède. En 1676, après avoir fait plusieurs croisières dans la Baltique et avoir remporté plusieurs avantages, l'amiral Juel, commandant dixhuit vaisseaux, se dirigea vers l'He de Gotland. .A rrivé sur la côte au milieu d'une violente tempête, il fit dès le lende- ' main une descente; et, secondé par le chef des troupes de débarquement, il se mit en possession de 111e. La nouvelle de cet événement donna les plus vives alarmes à la Suède, et le gouvernement fit aussitôt mettre en nier une Hotte considérable; elle était forte de quarantequatre vaisseaux de ligne ; le vaisseau amiral Portait cent trentequatre canons et avait à bord près de mille hommes ; niais l'amiral Creutz, guerrier plein d'honneur et de bravoure, n'avait pas assez d'expérience dans la marine; et, parmi les officiers qu'on lui donna, il y en avait peu qui eussent fait descampagnes maritimes. Au commencement du mois de juin 1676, Juel, qui commandait vingtcinq vaisseaux de ligne , découvrit la flotte suédoise. Le 4 du 'lierne mois, vers le soir, un engagement eut lieu entre les Iles de Bornho'n et de Rugen. Malgré la grande infériorité du nombre, l'amiral danois soutint le choc ; la nuit mit fin au combat. Le lendemain matin, il recommença , et les deux flottes firent un feu soutenu pendant Vingtquatre heures; celle de Suède s'éloigna ayant perdu une galiote de dix canons. La nouvelle de ces combats étant arrivée à Co- penhague, le roi nomma l'amiral Juel gouverneur de l'ile de Gotland, et lui envoya le lieutenantamiral Tromp, fils du fameux Martin Tromp, avec quatre vaisseaux danois, trois hollandais et deux frégates. Les Danois s'étant approchés de trèsprès de la flotte ennemie, celleci fut obligée de se ranger en bataille, le 11 juin, dans la matinée, au sud de I'lle d'Oéland, et le combat s'engagea. Les Suédois se défendirent avec beaucoup de courage; mais un accident terrible jeta la consternation parmi eux. Le vaisseau les Trois- Couronnes, de cent trentequatre canons, monté par l'amiral Creutz , attaqua le Christian V. où commandait l'amiral Juel : celuici fit un tel feu, que la mer se couvrit de fumée. Les canonniers suédois qui, selon les ordres de leur chef, avaient rangé tous les canons du côté opposé aux Danois, en faisant la manoeuvre pour tirer leur bordée, oublièrent d'attacher les canons et de mettre un contrepoids pour établir l'équilibre. Le vaisseau pencha , et il fut impossible de le relever ; pendant qu'il renversait , le feu prit aux poudres, et il sauta en l'air avec l'équipage. L'amiral Creutz, un grand nombre d'officiers et de volontaires, et près de huit cents soldats périrent dans cette catastrophe. La flotte suédoise voulut reculer, mais elle était serrée de trop près. Le viceamiral Uggla , qui montait l'Épée, de quatrevingtseize canons, se défendit pendant trois heures contre Tromp ; mais enfin un brùlot mit le feu à son vaisseau qui fut réduit en cendres ; il ne se sauva que cm- quante hommes d'un équipage de plus de six cents. Ce second malheur obligea les Suédois à chercher leur salut dans la retraite, en forçant de voiles pour échapper à l'ennemi. Ils perdirent cependant encore cinq vaisseaux (lui coulèrent à fond, et trois qui tombèrent entre les mains des Danois. Juel , après avoir réparé ses vaisseaux dans I'lle de Bornholm , vint croiser (levant Helsingborg, dont le roi de Daneinarek se rendit maitre en personne. Tromp fit une descente à Ystad, et s'empara également de cette place pour les Danois. Pendant que le roi de Suède cherchait à réparer sur terre les pertes que lui avaient fait éprouver les combats maritimes, et qu'il obtenait divers avantages en Scanie , Juel poursuivait ses brillants succès. Il eut un engagement près de Rostock avec l'amiral Sjœblad , sorti du port de Gothenhourg, et resta mattre du champ de bataille. Pendant qu'il était occupé à remettre en (qat ' ceux de ses propres vaisseaux qui avaient souffert, il eut avis que l'amiral suédois Horn avait paru à la hauteur de I'lle de Meen , près de Falsterlbo, avec trentesix vaisseaux. Il en rassembla vingtcinq , qu'il répartit en trois escadres; celle des Suédois était divisée de 'Dème. Après avoir reçu du roi l'ordre de livrer le combat , Juel voulut approcher à petites voiles de la baie 'de Iiieege. Les Suédois réussirent à le prévenir; et la flotte danoise fut dispersée par les vents contraires. Mais Juel l'ayant rassemblée, il lit ses dispositions pour l'attaque, et arriva sur l'ennemi le 1" juillet 16-;7. On se battit (les deux côtés avec fureur. Six vaisseaux suédois s'attachèrent au Chriitian V, monté par l'amiral danois, le démâtèrent et le désemparèrent. Juel passa sur le Frédéric Ill, continuant avec calme à donner ses ordres; mais les ennemis s'acharnèrent de nouveau contre lui, et firent un si grand feu , que le vaisseau fut également désemparé. Juel passa , dans cette extrémité , sur la Charlotte- Amélie. Il y soutint encore un feu terrible , et aurait peut-étre été coulé à fond , si deux de ses capitaines n'eussent enfin réussi à repousser les Suédois. Pendant ces engagements, les amiraux danois Rotsten et Span avaient mis en fuite plusieurs vaisseaux sué- dois, qui s'étaient détachés de la ligne pour sauver Je Dragon , maltraité dès le commencement du combat. Lorsque Juel eut été dégagé, la flotte suédoise renonça à combattre : malgré ses eflorts, elle avait perdu quatre à cinq vaisseaux et plusieurs frégates. Elle se retira vers I'lle de Bornholm, et Juel la poursuivit jusqu'à l'entrée de la nuit. Le lendemain parut une escadre auxiliaire hollandaise : l'amiral danois profita de ce renfort pour enlever ou détruire trois vaisseaux suédois qui s'étaient retirés dans la rade de Malmoe sous le canon de la citadelle : deux furent pris, et le troisième devint la proie des flammes. Cette vic- toire produisit la plus grande sensation en Danemarck ; le vainqueur fut reçu à ia cour avec les plus grands honneurs; le roi le nomma lieutenant général amiral et fit frapper deux médailles en souvenir de ses exploits. Il est représenté sur l'une en buste avec le bâton de commandement. Cependant la guerre de terre continuait en Scanie et sur les frontières ticNorvége. Juel fut envoyé avec vingtdeux vaisseaux du côté de Calmar. Il ne put réduire cette place , mais il opéra quelques descentes dans la province de Smoland et dan.: l'ile d'Oeland. Une expédition à I'lle de Rugen, et divers engagements avec les vaisseaux sui'dois, il remporta encore des avantages , augmentèrent sa gloire : le roi le créa chevalier de l'Éléphant, en 1679. La paix avait été conclue la méme année ; mais il s'éleva, peu après, de nouveaux nuages, et il y eut des négociations tresactives entre le Danemarck et la France. En 1683, le marquis de l'reuilly, lieutenant général tles armées navales de France, arriva au mois de juillet dans la rade (le Copenhague, avec une escadre partie (le Brest et forte de treize vaisseaux. Elle venait au secours (lu roi de Danemarck, pour prévenir la jonction des vaisseaux hollandais avec ceux de Sui:de et pour einpècher que les Suédois ne fissent passer (les troupes en Allemagne. Juel la joignit avec trente et un vaisseaux. Toute cette flotte alla croiser dans la Baltique jusqu'à l'entrée (le l'hiver. Les instructions du marquis de Preuilly portaient de se conformer aux ordres du roi (le Danemarck ; et le commandant (le l'escadre française se fit un honneur (le servir sous un aussi grand homme (le tuer que Juel. Une nouvelle récompense attendait le héros de la marine danoise : le roi lui fit don, pour lui et ses descendants, de l'ile de Taasing, près de la Fionie. Comblé de gloire et d'honneurs, il mourut à Copenhague, le 8 avril 1697, dans sa 68. année. Ses qualités morales égalaient ses talents militaires. Il était modeste, doux et charitable. 11 ne parlait jamais de ses faits d'armes, et quand (l'autres en faisaient mention en sa pré- sence : C'est à Dieu , tlisait- il , qu'en est dil thon- neur. Sa femme, Marguerite (litent, fonda le couvent ou la communauté (le ltoskild pour les demoiselles nobUs. — Son frère , Jean Jun remplit plusieurs charges importantes, et fut cré:: baron de Julinge. Il assista plusieurs fois Nicolas filet dans ses opérations navales, et le roi lui con- féra le titre de général amiral. En 1679, il fut envoyé comme ministre plénipotentiaire pour négocier la paix de Lund. On a de lui un petit ouvrage en latin intitulé : la litkrarism stqdia affectus, Soroe, 1651 On trouve des renseignements détaillés sur la famille Juel dans les Portraits historiques des hommes illustres de Dane- marck
  • Nicolas KAAS( 1535) : chancelier de Danemarck , d'une ancienne maison de ce pays , naquit en 1535. 11 visita, dans sa jeunesse , les principales universités d'Allemagne, pour se perfectionner dans ses études, et il fit même un cours de théologie sous le célèbre Mélanchthon. Trois ans après la mort du chancelier Friis , en 1573 , il fut élevé à la même dignité. Le roi Christian ler n'étant âgé que de onze ans lorsqu'il fut élu, à la mort de Frédéric Il, son père, en 1588, on nomma quatre régents ; et le chancelier Kaas prit le premier rang parmi eux. Il se conduisit avec une grande prudence dans les affaires les plus délicates. En 1594, ses forces s'affaiblirent , et il fut atteint d'une maladie mortelle. Christian se rendit auprès de lui et le remercia des soins qu'il avait pris de son éducation et du gouvernement. Le jeune roi n'était pas encore couronné. « Sire , lui dit le chancelier d'une voix mourante , je me souviens d'avoir promis olontiers cette collection un peu diffuse , mais qu'on la consulte avec fruit sur le caractère, sur la vie du secrétaire et l'histoire de son temps. Elle est dans le goùt du siècle, et mème les diplomates italiens écrivent souvent aujourd'hui en s'entourant de semblables détails et en s'appuyant de ces arguments propres à soutenir leurs observations, à faire juger favorablement de leur zèle ; et ce qu'ils écrivent ainsi, on le lit avec fruit . Les Legazioni offrent quelques tninuties, mais on lit l'ensemble avec intérêt ; et les Fran-çais, en souriant de quelques injustices à leur sujet, voient avec plaisir la France jugée par un Machiavel. Par exemple, dans un portrait des Français qui, à la vérité, ne fait point partie des lettres des Lega. zioni , mais qui est évidemment une opinion de l'auteur formée dans ses voyages de France , il dit que nous avons la foi du tain- Nous réfutons avec liberté Ginguené, parce que d'ailleurs nous ne faisons pas difficulté de déclarer que sa notice sur Machiavel Histoire littéraire d' 'lotie) est un morceau du plus grand mérite, auquel les littérateurs d'Italie ont accordé d'honorables éloges. la guerre. En effet, les combinaisons du secrétaire se rapportent à celles de Végèce. Son principal objet est de faire valoir les avantages de l'infanterie dans un temps où ce service était généralement en discrédit ; et ses théories ont obtenu un si heureux succès, qu'on pourrait lui attribuer le retour de la bonne tactique et la perfectinn que cet art a pu atteindre de nos jours. Algarotti rend à ce sujet une exacte justice à Machiavel lorsque, dans son quatrième Discours sur les études de Palladio , il veut faire entendre que ce célèbre architecte apprit l'art militaire dans les écrits du secrétaire florentin. Frédéric II a décrit en vers agréables quelquesuns de ces préceptes militaires ; et, en France, nous avons un ouvrage intitulé Instructions surie fait de la guerre, extraites des livres de Polybe, Frontin, Végi, , llIachiarello et plusieurs antres bons auteurs, Paris, 1553. Les Discours sur Tite- Lire, écrits vers 1516, à l'époque de sa disgràce , prouvent que les principes de l'auteur étaient uniformes et constants, et que ses vues, ses observations, ont toujours un c.araetère de justesse, de profondeur et de gravité. « La république romaine présentait, dit Ginguené « . Il ne balance pas « à les regarder comme la première cause de la « liberté de Rome. Voyez sur quelles fortes rai- « sons il fonde l'utilité, la nécessité des accusa- « tions publiques , et avec quelle justesse cc il distingue les effets de l'accusation , ceux de « l'adulation et de la calomnie . » Les Sioric florentine, ouvrage dans lequel Fauteur a d'abord décrit les événements qui détruisirent l'empire romain , sont une imposante composition, qui mérite à Machiavel un rang à part parmi les historiens , puisque les anciens même n'avaient pas laissé de modèle dans ce genre. Le premier livre fait connaître la science , la péné- tration de cet écrivain. On peut croire que Bos- suet s'était rempli d'admiration pour cette manière franche , hardie, rapide et indépendante, lorsqu'il conçut le plan de son Discours sur l'histoire universelle. La narration dans les sept autres livres marche avec la même vivacité. Cet ouvrage fut sans doute le dernier de l'auteur. On croit qu'il le termina en 1525 : il v oulait , diton , le continuer ; et les fragments qu'on a recueillis après sa mort donnent du poids à cette opinion. Le caractère du style de Machiavel surtout dans les Storie et dans la Fie de Castrue- cio, est l'élégance et la simplicité. On le trouve toujours plein de grâces sans artifice et de charmes sans insipidité, clair sans être verbeux, concis sans obscurité et sans prétention au mystérieux. Voilà le jugement qu'en portent les Italiens, premiers juges de cette question. Quoique le principal mérite du secrétaire florentin consiste dans la science du gouvernement, science dans laquelle il n'a été supassé ni chez les anciens ni chez les modernes , il a droit aussi à une place honorable parmi les auteurs comiques. La Man- dragola , suivant Voltaire , l'emporte sur toutes les comédies d'Aristophane. Machiavel a composé en outre la Clizia, le Maschere, etc., la charmante nouvelle de Belphégor. L'Asino d'oro et i Capitoli rappellent la manière de Dante ; et l'on est encore à concevoir comment un homme si profondément versé dans les calculs politiques a.pu s'entretenir si agréablement avec les Muses, et acquérir des succès dans le genre lyrique, dans le genre épique ; prendre tour à tour le ton sérieux , le ton gai, quand il semble que chacun de ces genres demande une étude et une disposition particulières. Sans entrer dans de plus grands détails sur les autres compositions de Machiavel , nous nous arrêterons un instant sur celui de ses écrits qui a excité le plus d'attention, le Traité du Prince. Cet ouvrage , où le féroce Borgia est, suivant la supposition de plusieurs écrivains , présenté comme un modèle aux souverains qui veulent gouverner euxmêmes, a acquis en Europe une déplorable célébrité. La première édition connue est celle qu'Antoine Blado d'Asola mit au jour à Rome le janvier 1532 ; elle est accompagnée d'un privilége du pape Clôment VII, et dédiée à Philippe Strozzi. Bayle parle d'une édition de 1515 que personne n'a vue. Les Giunta réimprimèrent le Prince la même année 1532 et en 1540. Les fils d'Aide le
  • Nicolas MAES ou MAAS( 1632 - 1693) : né à Dort, en 1632, fut élève de Rembrandt , dont il imita d'abord la manière avec tant de succès , que ses tableaux étaient estimés presque à l'égal de ceux de son maitre. Son pinceau était plein de douceur et sa couleur franche et vigoureuse. Mais l'appât du gain le fit renoncer à ce genre , pour adopter celui du portrait, beaucoup plus lucratif. Comme il saisissait parfaitement la ressemblance et qu'il peignait avec une extrême facilité, il fut bientôt en vogue , et sut profiter de la faveur du public pour acquérir une fortune considérable. C'est surtout à Amsterdam , où il s'était établi, qu'il fit la majeure partie de ses portraits. avait fait le voyage d'Anvers pour y admirer les tableaux des peintres fameux que possédait alors cette ville , et la vue des ouvrages de Rubens , de Van Dyck et de Jordaens lui fut extrêmement utile. Il renforça son Coloris , déjà trèsvigoureux. Quoiqu'il eût abandonné la manière de Rembrandt , il ne cessa jamais de lui rendre justice et de publier hautement que ses propres ouvrages étaient bien inférieurs à ceux de ce grand maitre. Maes joignait à un esprit aimable et enjoué des formes pleines de politesse et d'aisance qui le faisaient rechercher dans les meilleures sociétés. Il mourut en 1693., après avoir longtemps souffert de la goutte.— Arnoul/ VAN MAES OU MAAS naquit à Gouda en 1620, et fut élève de David Teniers. Il profita des leçons de son maitre et apprit de lui à imiter la nature dans toute sa naïveté. Il peignait de préférence des noces de village, des assemblées de paysans, et ses tableaux sont recherchés des connaisseurs. Il est vrai qu'ils sont rares , Van blaes étant mort fort jeune , au retour d'un voyage qu'il avait fait en France et en Italie pour se perfectionner dans son art. Il avait appris de Persyn la gravure à l'eauforte, et. les amateurs font cas de quelques ouvrages qu'il a exécutés de cette manière. — & rd; Mus ou MAAS naquit à Harlem, en 1656, et fut successivement élève de Henri Mommers, de Berghem et de Huctenburg. Il se serait montré le rival du second de ces maîtres, si Huctenburg ne lui eût inspiré le goût des tableaux de batailles, pour lequel il avait luimême le plus grand talent. Maes étudia les chevaux et leurs mouvements, et réussit à les rendre avec une grande vérité. Les tableaux de ce maitre qu'on voit en Hollande représentent des chasses , des batailles et des cavalcades. Il gravait avec succès à l'eauforte. On connaît de lui quelques morceaux de sa composition, exécutés d'une pointe facile et spirituelle , et qui consistent en une suite de moyennes pièces représentant des soldats , des chevaux , etc., et la Vierge et l'Enfant Jésus , avec deux anges, morceau estimé et marqué 111aes fecit in aqua forti. — Godefroi MAEs, né à Anvers en 1660 , fut élève de son père, peintre inconnu, et nommé comme lui Godefroi ; mais les modèles que le jeune Maes avait sous les yeux , dans sa ville natale, étaient suffisants pour le diriger. 11 fit bientôt de tels progrès qu'on ne craignit pas d'égaler ses ouvrages à ceux de Rubens. Quelle que soit l'exagération d'un tel éloge, elle prouve du moins le mérite de cet artiste, et l'académie d'Anvers s'empressa de l'admettre dans son sein, sur son tableau représentant les Arts libéraux. En 1682, cette compagnie le choisit pour directeur. Il fut chargé alors de l'exécution de plusieurs grands ouvrages , parmi lesquels on distingue le illartyre de Ste- Lucie, qu'il fit pour le corps des selliers et bourreliers d'Anvers , et qui est placé dans l'église NotreDame ; et le Martyre de St- Georges , qui décore le maitre-. autel de l'église de ce nom à Anvers. La com- position en est pleine de beautés, et l'on y recon- naît un artiste qui a fait une étude particulière de Pierre de Cortone et du Poussin. En général, ses tètes sont bien coiffées, le costume y est bien observé , sa couleur est ferme et vigoureuse, l'air circule dans ses tableaux , la touche en est large, facile, et il peut passer pour un des bons artistes de l'école d'Anvers. Il a composé un grand nombre de dessins qui se font remarquer par les mêmes qualités
  • Nicolas MARCELLO : doge de Venise , élu le 13 août 1k73, pour succéder à Nicolas Trou était àgé de soixanteseize ans, et procurateur de StMarc. La république était engagée à cette époque dans une guerre avec les Turcs ; en même temps elle avait commencé les intrigues par lesquelles elle se soumit File de Cypre, sous prétexte de défendre la reine Catherine Cornaro ; mais Marcello ne fut à la tète de la république que quinze mois. Il mourut le li décembre 1!7, et eut pour successeur Pierre Mocenigo
  • Nicolas MAHUDEL( 1673) : savant antiquaire et numismate , né à Langres le '21 novembre 1673, dut sa première éducation à un médecin nommé Mariette, homme instruit, mais bizarre, et dont il partagea toutes les opinions singulières. Ses études terminées, il entra au noviciat des jésuites à Nancy , et il en sortit au bout de huit jours pour se rendre à la Trappe , où il ne put demeu- rer une année entière. 11 revint à Langres et se détermina , par l'avis de Mariette, à s'appliquer à la médecine. 11 alla suivre à Montpellier les le-çons des plus fameux professeurs , prit ses degrés ; et il commençait à pratiquer son art avec quelque succès, lorsqu'il voulut se faire agréger au collège des médecins de Dijon ; mais ayant refusé de se soumettre aux conditions qu'on exi- geait de lui, il alla s'établir à Lyon. 11 y était en 1709 l'un des principaux acteurs des savantes conférences qui se tenaient chaque hindi chez le trésorier Lavalette, en présence de l'intendant Trudaine, qui les avait d'abord établies chez lui. Mahudel y lut un grand nombre de dissertations, dont quelquesunes sont insérées , par extraits, dans le Journal de Verdun . 11 vint ensuite se fixer à Paris , où il mena une vie trèslaborieuse, partageant son temps entre la pratique de la médecine et l'étude de l'antiquité. 11 fut nommé en 1716 à une place d'associé de l'Académie des inscriptions, et se montra fort assidu aux séances de cette compagnie, où il lut un grand nombre de mémoires sur des points d'histoire. Le valet de Mahudel ayant remis au lieutenant de police des lettres que celuici écrivait en Espagne , il fut arrêté et conduit à la Bastille, où il resta enfermé quelques mois. Il se démit en 1744 de la place d'académicien ; et l'on dit qu'il y fut obligé à raison de l'éclat qu'avait fait son double mariage. Mahudel mourut à Paris, dans de grands . Il avait formé une collection d'antiques, et des recueils d'estampes et de portraits qui ont passé dans le cabinet du Louvre. Sa bibliothèque était considérable et bien choisie ; il la vendit en 1745, se réservant seulement 1,200 volumes , tous d'un petit format. On cite de lui : 40 Lettre contenant l'explication d'une scription antique gravée sur une pierre trouvée dans la ville de Calahorra, Trévoux, 1708 ° Dissertation historique sur les médailles antiques d'Espagne et les monnaies, etc., Paris, 1725 Io. On la trouve quelquefois réunie à la traduction de l'Histoire d'Espagne, de Mariana , imprimée la même année. :I° Lettre sur une médaille de la ville de Carthage , ibid., 1741 ; traduite en latin sous ce titre : Nora nummi in ro- lonia kartagine africana percussi explicatio, Leip- sick , 1742 , 4° Catalogue historique d'un laraire curieux, ibid., 1746 C'est la description de son cabinet d'antiquités. 5° Des Dis- sertations dans le Recueil des Mémoires de l'Aca- démie des inscriptions; 6° Médailles sur la régence, avec les tableaux symboliques de Paul Poisson de Bourralais, premier maltotier du royaume, et le songe funeste de sa femme , Sipar , Pierre le Musca , 1716 ; 7° L'Histoire des médaillons. composa cet ouvrage à la Bastille , et il disait qu'on n'en avait tiré que quatre exemplaires . Mahudel a fait des additions et des corrections à l'Histoire naturelle du cacao et du sucre, par M. de Chélus , Paris , 1719 ; et il est éditeur des Nouvelles lettres de GuiPatin , tirées du cabinet de Spon et de l'Utilité des voyages , par Baudelot de Dairval , Rouen , 1727, 2 vol. ; enfin il a laissé en manuscrit une Bibliothèque des illustres Lan- grois , pleine, dit Michault, d'excellentes recher- ches
  • Nicolas MALEBRANCHE( 1638) : né à Paris, le 6 août 1638 , était fils d'un secrétaire du roi , trésorier des cinq grosses fermes : les infirmités conti- nuelles qu'un défaut de conformation lui causa dans son enfance obligèrent ses parents de lui donner une éducation domestique , jusqu'à ce qu'il fût en état d'aller en philosophie au collége de la Marelle, d'où il passa en Sorbonne pour y suivre son cours de théologie. Son goût pour la retraite et pour l'étude le lit renoncer à un cano- nicat de NotreDame, qui lui était destiné, et le conduisit en 1660 dans la congrégation de l'Ora- toite. Engagé par le P. Lecointe à s'occuper de l'histoire ecclésiastique, il lut en grec Eusèbe, Socrate , Sozomène et Théodoret : niais les faits ne se liant point dans sa tète , il se dégoûta de ce genre de travail. Richard Simon voulut alors l'attirer à l'étude de l'hébreu et de la critique sacrée, dont il ne recueillit d'autre fruit que de pouvoir lire la Bible dans le texte original. Etant entré par hasard dans une boutique de libraire, on lui présenta le Traité de l'homme, de Descartes. Quoique cet ouvrage posthume soit un des moins estimés de ce grand philosophe, Malebranche fut frappé, dit Fontenelle,comme d'une lumière toute nouvelle qui en sortait. Il entrevit une science dont il n'avait point d'idée et il sentit qu'elle lui convenait. Il lut ce livre avec un tel transport que des battements de cœur l'obligèrent plusieurs fois d'en interrompre la lecture. Dès lors il quitta toute autre étude. comme ne donnant qu'une connaissance trèsimparfaite de l'homme. Il se rendit méme si familier les ouvrages de son maitre qu'il se flattait d'étre en état de les rétablir, au moins pour les pensées, s'ils venaient à se perdre. Le fruit de ses méditations fut d'abord le premier volume de la Recherche de la vérité, imprimé en 1674, sur l'approbation de Mézerav, le docteur Pirot ayant refusé la sienne , dans fa crainte de se compromettre avec les anticartésiens qui régnaient alors en souverains dans les écoles. Le livre eut un succès prodigieux ; les éditions s'en multiplièrent rapidement et toujours avec des augmentations considérables , soit pour éclaircir les principes de l'auteur. soit pour répondre aux critiques. L'édition la plus complète est celle de 1712 , vol. L'abbé Lenfant le traduisit en latin , 1712. sur la ie édition de de 1678. 11 en parut deux versions anglaises ; et à la tète de l'une d'elles se trouvent la Vie de l'auteur et l'histoire de ses démélés aveç Arnauld et Regis, par Levassor, son ancien ami. Il en existe aussi une en grec vulgaire. On fut frappé de la méthode admirable qui règne dans tout l'ouvrage , de la sagacité avec laquelle l'auteur démèle la source de nos erreurs dans les sens, dans l'imagination, les inclinations, les passions. et de la justesse des moyens qu'il indique pour s'en préserver. Le but général de ce livre, dont tous ceux que illalebranche composa depuis ne sont que le développement, est de faire voir l'aecord de la philosophie de Descartes avec la religion, et de prouver que cette philosophie produit plusieurs autres vérités importantes dans l'ordre de la nature et dans celui de la grâce. Descartes avait donné une explication bien plus lumineuse qu'aucun de ses prédécesseurs de l'union de line et du corps . Malebranche agrandit l'idée de son maître. Le premier n'avait point parlé de deux autres unions encore plus importantes, puisqu'elles deviennent la règle de nos devoirs et le principe de toute la morale. 11 s'agit de lu- t!) Le fait est que Descartes avait établi la distinct 4... n plutid que l'union de l'âme et du corps, en partant de la distinction des deux attributs essentiels qui les caractérisent ; la pensée et l'étendue. Malebranche , en développant les idées de son maitre, se trouve conduit à un nouveau point de vue sur le mode de communication des deux substances et sur l'union de l'âme et du corps en particulier, considérée par Descartes comme un fi/ i/ primitif, aussi inexplicable que sa création : de l'incompaiibi- lité de leurs attributs , Malebranche conclut l'impossibilité d'une communication naturelle et immédiate entre elles. Il Faut donc recourir à un intermédiaire essentiel qui assure leur correspon- dance; cet intermédiaire est Dieu qui modifie l'inne àl'occasion des mouvements du corps, et meut le corps à l'occasion des pen- sées de l'âme ; et cela en vertu des lois générales qu'il a établies ou s'est imposées , etc, Z. mon que nous avons avec ies corps qui nous env ironnent , et de celle de notre àme aN cc Dieu En approfondissant la nature de l'àme , Malebranche s'attache à démontrer que les pensée, de l'âme ne peuvent être causes physiques de, mouvements du corps, ni les mouvements dti corps causes physiques des pensées de l'àme parce qu'il i l'y a aucun point de contact entre ces! deux substances; qu'ils ne sont réciproquement que des causes occasionnelles de tout ce qui se 1 passe en nous ; que tout cela a lieu en vertu de I la loi générale que Dieu s'est imposée d'exciter dans notre esprit certaines pensées, dès que le mouvement produit dans les organes par le contact des corps étrangers se serait communiqué à certaines parties de notre cerveau. Il suit de là que Dieu seul étant la cause véritable de tous les mouvements de notre corps et de toutes les affections de notre âme, lui seul peut, absolument parlant, nous rendre heureux ou malheureux. De là les grands rapports qui existent entre le Créateur et la créature. Ceux de l'homme avec un Dieu rédempteur ne sont pas moins impor- tants. Quelque grand, quelque parfait qu'on stip- pose le monde, il ne peut , à raison de sa nature finie, répondre à l'action d'un Dieu, qui est d'un P' infini. Dieu ne se serait donc jamais déterminé à le créer si le Verbe divin n'eût , par son oblation, rendu les créatures dignes de son action infinie : c'est donc en vue de l'incarnation et pour la gloire de JésusChrist que Dieu a pris le dessein de se produire au dehors et de créer le monde. . Mais comme Dieu n'agit que par des volonté générales, que par des voies simples et uniformes, soit dans l'ordre de la nature, soit dans celui del la gràce, il entre dans l'un et l'autre des défauts. qu'il n'aurait pu empècher que par des v olontés particulières peu conv enables à sa grandeur, peu dignes de sa sagesse. Ayant donc yu de toute éternité tous les mondes possibles et toutes 1 les voies possibles de produire chacun d'eux , il a dû préférer celui qui pouvait être produit et conservé par des voies qui , jointes à l'ou\ rage mème, devaient l'honorer davantage et contribuer le plus à la gloire de son Fils. C'est en suivant cette idée que Malebranche répond aux grandes difficultés élevées contre la Providence ; qu'il entreprend d'expliquer les miracles de l'Ancien Testament , la propagation du péché originel, le mystère de la prédestination , l'accord de la liberté et de la grAce, et en général tous les phénomènes, tous les mystères qui , dans les deux ordres, confondent notre raison. Ce système était étroitement lié dans tous ses points par des rai- sonnements enchaînés les uns aux autres. 11 fal- lait en attaquer les principes, ou se rendre nécessairement aux conséquences que l'auteur en tirait, selon les formes rigoureuses de la logique. Parmi ces principes, les uns étaient incontestables, tels que celuici , que Dieu se propose toujours des fins dignes de lui , mais dans l'application
  • Nicolas MALERMI ou MALERBI ou MANERBI( 1430) : le plus ancien traducteur de la Bible en italien, naquit à Venise vers 1430. On ignore la manière dont il employa sa jeunesse ; mais , déjà avancé en âge, il embrassa la règle des camaldules dans l'abbaye de StMichel in Murano , et dès lors il partagea son temps entre l'étude et les devoirs de son état. Ayant remarqué qu'il n'existait encore aucune traduction complète de la Bible en langue vulgaire , il résolut de faire ce présent à l'Italie. Il ne mit que six mois à terminer son travail, et, dans la crainte sans doute d'ètre préenu par quelques concurrents, il le livra aussitôt à l'impression. La lersion de Malermi fut achevée d'imprimer le ter août 1471, et il en parut une seconde deux mois après , dont l'auteur est resté jusqu'à présent inconnu à tous les bibliographes. Le talent que Malermi venait de montrer par la traduction de la Bible ne pouvait manquer d'accrottre pour lui l'estime de ses confrères. Il fut en effet élevé peu de temps après à la dignité d'abbé de StMichel de Lémos. Il était en 1480 à l'abbaye de Classe , près de Ravenne, d'où il revint à StMichel de Murano ; et l'on conjecture qu'il y mourut vers la fin du 15e siècle. Outre sa Version de la Bible, dont les curieux recherchent encore les anciennes éditions, on lui doit celle de la Légende des saints, de Voragine, N'enlise Cette première édition, dont il existe des exemplaires sur vélin, est trèsrare. Parmi les Vies rédigées par Voragine, on en trouve quelquesunes de la composition du traducteur qui font plus d'honneur à sa piété qu'à son goût et à sa critique
  • Nicolas MANUEL( 1484 - 1530) : originaire de l'ancienne maison de Cholard , en Saintonge , et dont une branche s'établit à Berne, naquit dans cette ville en 11184 , et y mourut en 1530. Il eut Lupulus pour précepteur dans les belleslettres , et l'on assure que Titien fut son maître dans la peinture. Il fit de grands progrès dans cet art, niais ne l'ayant exercé qu'en fresque , ses travaux se sont perdus . On en cite la Danse des morts à Berne, dont les figures représentaient des personnes connues et qui alors étaient vivantes ; elle a été copiée par Kauw et Stettler ; une Passion de Jésus- Christ; la Séduction de Salomon par des femmes. On conserve cependant encore quelques dessins et quelques tableaux de sa main. 11 accompagnait ses fresques de vers assez instructifs et satiriques. Dans ses écrits , il combattit les abus et les désordres du clergé catholique. Plusieurs comédies et d'autres pièces en vers qu'on a de lui sont trèscaustiques. Ces pièces avaient été jouées publiquement avec un grand succès vers le temps de la réformation , dont Manuel fût un des zélés défenseurs ; il fut employé dans nombre de députations en Suisse, et prit une trèsgrande part aux événements de cette époque
  • Nicolas MARCHANT : médecin de Gaston, duc d'Orléans, et habile botaniste, enrichit le jardin du roi d'une belle collection de plantes étran- gères. Ce savant et laborieux naturaliste, qui était docteur en médecine de l'université de Pa- doue, fut reçu à l'Académie des sciences, à la formation de cette compagnie, en 1666, et mourut en 1678. Il est probablement l'auteur des Descriptions des plantes données par l'Académie, 1676 et publiées par Dodart ; il en ap portait dans toutes les séances. On connaît de lui trois observations, insérées dans les Mémoires de cette société, t. I et 10 ; et il a laissé en manuscrit le catalogue des plantes dont la France a dû l'acquisition au duc d'Orléans, depuis 1648 jusqu'à 1659, celui des plantes qui croissent dans un rayon de quarante milles autour de Paris, et un autre de celles qui croissent au bord de l'Océan , depuis le Havre jusqu'à Dunkerque, rédigé en 1649. Ces trois ouvrages se trouvaient dans la bibliothèque de Bernard de Jussieu en 1768. — Jean MARCHANT, fils du précédent, avec lequel Rozier l'a confondu , fut reçu membre de l'aca- démie en 1678 , et nommé titulaire de la troi- sième place de pensionnaire botaniste , lors du renouvellement de cette compagnie, en 1699.11 mourut en 1738, et avait, ainsi que son père, le titre de directeur de la culture des plantes du jardin du roi. On a de lui un grand nombre de descriptions de plantes et d'observations , insé- rées ou mentionnées dans le Recueil de l'Acadé- mie, depuis 1678 jusqu'à 1735, et dans le tome) de Machines. On en peut voir les titres dans la Bibliothèque botanique de Séguier. Le fils a consa- cré à la mémoire de son père la marchantia, dont on connaît huit espèces en France; c'est un genre de la famille naturelle des hépatiques; elle croit dans les lieux humides et ombragés
  • Nicolas MASSA : célèbre médecin du 16e siècle, était né à Venise, où il pratiqua son art avec beaucoup de succès. Il y enseigna aussi l'anatomie ; et le traité qu'il a laissé sur cette science, quoique renfermant plusieurs graves erreurs, ne lui en a pas moins mérité une place parmi les plus grands anatomistes. 11 s'appliqua au traitement des maladies vénériennes ; et, à l'exemple de Béranger de Carpi il y employa utilement les frictions mercurielles. 11 parvint à un àge fort avancé , fut affligé dans sa vieillesse par la perte de la vue , et supporta cette privation avec beaucoup de courage et de résignation. Il mourut en 1563, ou, selon d'autres, en 1569 ; cette dernière date est celle de l'érection du tombeau que sa fille lui fit élever dans l'église StDominique. Riolan et quelques autres anatomistes ont attribué à Massa la découverte des muscles pyramidaux ; mais Éloy croit que le seul qu'il ait trouvé est le muscle cremaster. Il a décrit le premier, avec exactitude , la cloison du scrotum et les canaux des caroncules au travers desquels les urines sont filtrées. 11 a poussé plus loin que tous ses prédécesseurs les recherches sur la vessie; mais il était réservé à Lieutaud de donner une exacte description de cet organe Massa a découvert que la langue est musculeuse et couverte d'une double g enveloppe ; enfin il s'est attaché particulièrement à observer et à décrire les divers accidents produits par le mal vénérien, ayant disséqué à cet effet les cadavres d'un grand nombre d'individus morts de cette affreuse maladie. On a de lui : 1° Liber de Morbo gallico, Venise, 1532, 1559, iii-4° ; Lyon , 1534 ; nouvelle édition augmentée d'un traité : De potestate ligni indici , etc., Venise, 1563 C'est un ouvrage trèsintéressant. Luvigini l'a inséré dans son Recueil des écrivains qui ont traité de la même matière, t. 1, p. 36 ; et il a dédié cette collection à Massa luimême , comme à l'homme qui avait rendu le plus de services en contribuant à diminuer les effets de ce redoutable fléau • . Anatomies liber introdurtoius, Venise, 1536, 1539 , 1559 On y trouve , entre autres choses neuves, le détail de l'opération césarienne (lui ne fut pratiquée en France que près de cinquante ans plus tard. 3° De febre pestilential i , peteci ils , morbillis, variolis et apostematibus pestilentialibus, ac eorum omnium curatione, etc., ibid., 1540, 1556 ; 4° Epistolœ medicinales, ibid., 15442, t. 2, 1550 Lyon, 1557 ; Venise , 1558 ; 5° Examen de rente sectione et sanguinis missionc in febribus ex humorum putredine ortis , etc. , ibid. , 1560 , 1568 Portal a consacré à Massa , dans le tome de son Histoire de l'anatomie , un article fort curieux , dans lequel il signale ses erreurs et fait l'énumération de ses principales découvertes
  • Nicolas MASSON DE MORVILLIERS( 1740 - 1789) : né vers 170 à Morvilliers , village de Lorraine , vint achever ses études à Paris et se fit rec voir avocat au parlement. Il ne fréquenta cependant point le barreau et partagea son temps etltre la culture de l'histoire et celle de la poésie. M. le duc d'Harcourt, gouverneur de Normandie, le choisit pour secrétaire général ; et cet emploi lui facilita son admission dans les meilleures sociétés. 11 réussissait particulièrement dans l'épigramme , et il en a composé quelquesunes que Laharpe a trouvées assez bonnes pour les insérer dans sa Correspondance littéraire : on en trouve d'autres non moins Mg piquantes dans la Correspondance de Grimm. Masson de Morvilliers mourut à Paris le 29 septembre 1789. On a de lui : Abrégé elémentaire de la géographie universelle de la France, Paris, 1774, 2 vol. ; — de l'Italie, 1774 ; — de l'Espagne et du Portugal , 1776 Ces trois 1 Abrégés eurent quelque succès ; et l'auteur devint peu de temps après l'un des collaborateurs de 'l'Encyclopédie méthodique, et fut chargé avec Robert de la rédaction du Dictionnaire de la géograehie moderne. Il y refondit ce qu'il avait déjà pu' blié sur l'Espagne; mais on lui fit voir qu'il avait trop déprécié la littérature de ce pays . Il donna quelques mois avant sa mort un volume d'OEuvres mélées en vers et en prose, 1789 C'est le recueil des pièces fugitives qu'il avait insérées dans 'Almanach des Muses et dans quelques autres collections littéraires. Toutes ne sont pas également bonnes ; mais, outre les épigrammes, on y distingue quelques épîtres écrites avec beaucoup de verve et de facilité. On a publié en 1810 un Choix des poésies de Masson , précédé d'une Notice sur sa vie , à la suite de celles de Barthe , etc., Paris
  • Nicolas MAUROYENY : nommé hospodar de Valachie, en J 787 après Alexandre Maurocordato, dut son élévation au fameux capitanpacha GaziHassan, dont il avait été le drogman. La cour de Constantinople ayant déclaré la guerre à celles de St- Pétersbourg et de Vienne , Mauroyeny montra tant de zèle pour les intérèts de la Porte, qu'il obtint l'honneur insigne , et sans exemple pour un Grec, de commander un corps de troupes ottomanes. A la tète de 18,000 hommes, dont un tirs était des chrétiens valaques et bulgares, il ouvrit la campagne en 1788, entra dans la Transylvanie, et remporta les premiers avantages sur les Autrichiens en enlevant plusieurs fois leurs avantpostes, qui ne purent résister aux charges de la cavalerie turque. En récompense de ces succès qu'il souilla par des ravages inutiles, il reçut du grand vizir un sabré et un cafetan. Moins heureux dans les campagnes suivantes, et battu deux fois par les Autrichiens, il fut obligé de se replier dans la Bulgarie. Voulant reprendre l'offensive, il repassa le Danube non loin de Wid- din, et se retrancha près de Kolafat, en 'Valachie ; mais il fut forcé dans cette position par le comte de Clerfayt, le '26 juin 1790, et laissa 1,500 hom- mes sur le champ de bataitrè. Cette défaite causa sa perte. Déjà son protecteur avait succombé . Le nouveau grand vizir et plusieurs pachas , jaloux des premiers succès de Mauroyeny, présentèrent sa défaite et les conférences qu'il avait eues quelques mois auparavant avec le prince (le Cobourg , généralissime de l'armée impériale , comme un plan concerté de trahison , et arrachèrent au sultan Sélim III qui l'estimait, l'ordre de son exil. La résistance de l'hospodar à s'y soumettre suffit au grand vizir pour résoudre sa mort. Séparé de ses troupes et attiré dans le camp de ce ministre, le malheureux prince offrit vainement d'embrasser l'islamisme, dans l'espoir de sauver ses jours. Il fut exécuté au mois d'octobre 1790 ; et sa tète, envoyée à Constantinople, fut exposée à la porte du sérail. La famille de Mauroyeny se réfugia , avec une partie de ses trésors, à Carlsbourg, en Transyl- vanie ; et le titre d'hospodar fut rendu à Mauro- cordato , qui recouvra la Valachie , l'année suivante
  • Nicolas MAYEUR( 1748) : voyageur et interprète du gouvernement français à Madagascar, naquit en 1748. il n'avait que deux ans lorsque ses parents allèrent habiter l'Ile de France. En 1774, il fit partie de l'expédition du baron de Béniowskv qui, ayant fondé l'établissement de Louisbour'g dans l'île de Madagascar, le nomma lieutenant et premier interprète. Un homme aussi versé que l'était Mayeur dans la connaissance de la langue et des moeurs malgaches , ne pouvait manquer de rendre au gouvernement de grands services ; aussi Béniowsky l'employatil à parcourir les diverses parties de l'île, à conclure des alliances avec les chefs , à établir des relations de commerce, enfin à recueillir des renseignements sur l'histoire et la géographie de cette contrée peu connue. Le premier voyage entrepris par Mayeur, d'après les ordres de Béniowsky , eut pour but d'explorer le pays des Saklaves et d'établir une communication entre la baie d'Antongil et celle de Moringano. Il partit le 29 avril 1774, avec I une escorte d'Européens et de naturels. Quelques jours après une partie de ses compagnons tombèrent malades, en sorte qu'il mit un mois pour se rendre à Antanghin, village saklave, où il aurait dÙ arriver en dix jours. Sa présence inspira une inquiétude mortelle au petit chef soumis au joug despotique du puissant roi des Sakfaes Mayeur avait jugé l'endroit convenable pour l'établissement d'une traite ; niais il ne put obtenir le consentement du chef , qui, malgré sou désir de faire amitié avec les Français , n'osait rien décider avant de connaître le sentiment du roi. Notre voyageur prit sur lui d'y faire construire les magasins et d'y laisser ses marchandises sous la garde d'une partie de son escorte; puis il se dirigea vers Bombétok, où résidait le roi, mais il ne put atteindre ce village. Les oh- stacles surgissaient à chaque pas sur sa route. s chefs lui refusaient des guides, ou le tromient sur la distance qu'il avait encore à par- ' courir. Il s'en plaignit un jour avec véhémence ici la réponse qu'il reçut d'un Malgache : « Je crois bien que tu as des ordres pour faire dili- « gence, mais ceux qui te les ont donnés ne sa-« valent pas qu'il y a dans ce pays un grand . osa par sa fermeté aux naturels et leur échappa 11 accélérant sa marche. Arrivé à Antanghin , il .cleva le poste en toute hâte et se remit en route )our Louisbourg , où il arriva le 20 septembre. ,e 14 novembre suivant, Mayeur eut la mission l'explorer le nord de Madagascar, depuis la baie l'Antongil jusqu'au cap d'Ambre, de visiter la 'ôte et les îles situées entre ce cap et la baie de 'assandava , de faire connaître le nom français , ur tous ces points et de conclure partout des lliances. L'exposé seul des objets de ce voyage, :ui dura plus d'un an, suffit pour en indiquer importance. Mayeur exp!ora les embouchures de toutes les rivières qui se jettent à la côte nordest, visita les baies d'Andrava , de Louké, etc., dont , un siècle auparavant, les forbans avaient eu seuls connaissance, et, traversant l'île au nord de ces grands ports, il parcourut la côte nordouest, se rendit dans les îles voisines, parmi lesquelles il signala celle de Nossébé, où la France vient de former un établissement. Le troisième voyage de Mayeur eut lieu du 20 janvier au 2 décembre 1777. Béniowsky, abandonné pat. la métropole , avait été reconnu ampanzaka- bd par les principaux peuples de Madagascar, et s'occupait, avec son génie ardent et audacieux , de régulariser ce singulier empire. Il chargea Mayeur d'une mission secrète chez les peuples du sud et du centre de Pile, qui n'avaient pas souscrit à son élévation . L'infatigable interprète pénétra donc , à travers les forêts et les montagnes désertes de l'intérieur jusque chez les Betsilos , conclut , au nom de son gouvernement , avec le chef de ce peuple intéressant, une alliance scellée par les cérémonies solennelles du serment de sang, puis se dirigea vers la province d'Ankova, dont le prince désirait aussi faire le serment d'alliance. Le peuple hova annonçait déjà ce qu'il devait être plus tard sous la direction d'un homme de génie. Ses lumières et son industrie se montraient en tout, dans la culture difficile du riz, dans l'éducation des vers à soie , dans le tissage et la te des étoffes de soie , de coton et de fils de bananier, dans la fonte et le travail du fer, dans la construction des maisons, etc. Mayeur vit avec admiration les marchés publics établis dans chaque canton et où se rendent en affluence des marchands de provinces éloignées. Après avoir fait le serment d'amitié avec le roi et enrichi son journal d'observations nombreuses et intéressantes , il quitta Ankova ; et , traversant le pays des Bézonzons, il arriva dans celui des Bétanimènes , d'où il gagna Foulpointe. Deux autres voyages furent entrepris à Ankova par Mayeur, tant comme envoyé du gouvernement que comme particulier, pendant lesquels il assista aux guerres qui précédèrent l'avénement de DianAmpouine, Je père de Radama. En 1786, à peine de retour d'un de ses voyages , il reçut de l'île de France l'ordre de se rendre chez les peuples du nord pour les détourner de l'obéissance qu'ils avaient jurée à leur ampanzaka- bd Béniowsky. Cette mission eut un plein et fatal succès ; Béniowsky, abandonné par les Malgaches abusés, tomba sous les balles des Français, qui, sans le savoir, arrêtèrent ainsi pour un siècle peut-être les progrès de la civilisation à Madagascar. La conduite de Mayeur fut, en cette circonstance, une exception à la droiture ordinaire de ses sentiments : il devait beaucoup à Béniowsky ; et, quelque péremptoires que fussent les ordres émanés du gouvernement de l'île de France, la reconnaissance lui prescrivait de ne point se charger de leur exécution. Il est probable qu'il fut poussé par des rap- ports mensongers à servir contre son ancien chef. Peut-être aussi se laissatil entraîner par le plaisir qu'il éprouvait à faire des harangues dans la langue malgache. En 1794 . il fut envoyéà Madagascar pour apaiser les différends qui s'é- taient élevés entre le roi de Foulpointe , Zakavola, et les traitants européens : « Je me trouvai « alors à Foulpointe, dit un voyageur dans ses « notes inédites , et j'assistai au grand kabar « . Dans ce fameux kabar, il pérora en mal- « gache avec une telle éloquence, que le roi K Zakavola , qu'on n'avait jamais vu ému , en « répandit des larmes. » Depuis cette époque. Mayeur demeura à l'Îlede France, où il mourut en 1813. Il avait l'habitude de porter le costume pittoresque des chefs malgaches. En 180i, M. Barthélemy de Frobenille, alors à la tète du Journal de Plie de France, se chargea de la rédaction des voyages de Mayeur, qui, étant tout à fait illettré. n'avait gardé que des notes presque inintelligibles. Ce travail , qui est des plus curieux et des plus intéressants, forme un volume d'en- viron 800 pages
  • Nicolas MERCIER( 1500 - 1657) : laborieux grammairien, à Poissy vers la fin du 16. siècle, s'attacha particulièrement à l'étude des langues anciennes, et , par le crédit d'Alphonse de Richelieu , cardinal et archevêque de Lyon , fut nommé régent de troisième et sousprincipal du collège de Navarre. Il remplit ce double emploi d'une manière trèsdistinguée, et mourut en 1657. On a de lui 10 le Manuel des gramniairiens; cet ouvrage, devenu classique, malgré le défaut de méthode, la prolixité et l'incorrection de style qu'on lui reproche, a eu un grand nombre d'éditions ; il est divisé en trois parties : la première traite des élégances de la langue latine ; la seconde, de la formation des verbes grecs , des accents et de la syntaxe ; et la troisième, de la prosodie latine. Philippe Dumas, professeur de rhétorique à Toulouse , a retouché le style du Manuel, y a fait quelques additions et corrections et en a publié une édition, Paris, 1763, iii-1, qui a servi de base à toutes les suivantes; Boinvillers a reproduit cet ouvrage sous le titre de Manuel desitu-( liants , 1810 2. De conscribendo epigram- mate , Paris, 1651 Ce petit traité, devenu assez rare , est estimé. 3. De ojiciis seholastico- rum, sire de recta ratione proficiendi in litteris virtute et moribus , ibid., 1657. Cet ouvrage est écrit en vers élégiaques ; mais les notes ajoutées P' r l'auteur en facilitent la lecture aux jeunes gens, auxquels il est particulièrement destiné. On trouve à la suite de ce peme le traité d'Erasme De civilitate morum puerilium, avec la traduction en vers latins, par François Hoem , de Lille , et quelques extraits des Colloques. On doit encore à Mercier une édition des Colloques d'Erasme, purgée des passages obscènes, et précédée de la Vie de l'auteur avec la liste de ses ouvrages. On ne doit pas confondre Nicolas Mercier avec un autre écrivain du même temps , et probablement de la même famille, puisqu'il se dit né à Poissy , à qui Ion doit quelques brochures aujourd'hui sans intérêt. On peut consulter, pour plus de détails, les Remarques sur les ouvrages de Mercier, dans le tome 7 des Mémoires de d'Artigny , p
  • Nicolas MESNAGER( 1665) : , habile diplomate français , fils d'un négociant de Rouen, né dans cette ville en 1665, y exerçait la profession d'avocat, lorsqu'en 1700 il fut nommé par les négociants députés près le conseil de commerce établi à Paris. D'Aguesseau, qui présidait ce conseil , l'ayant apprécié , en parla si avantageusement à Louis XIV, que ce monarque l'envoya deux fois en Espagne pour calmer l'inquiétude i1 Barbier, Dictionnaire des anonymes et pseudonymes, 2' éd., 1523, t. 2, p. 181, n° 8832, a dit : Il existe un exemplaire de ‘r cet ouvrage sur lequel Napoléon a écrit beaucoup de notes per:" dant son séjour à SteHélène,» t2 Ce tome ici' fut réimprimé en 1801 à Paris, par Magimel. lai M. Guilbert, dont nous citons l'ouvrage à la lin de cet article, prétend que Mesnager s'appelait Lebaillif, et qu'il ne changea de nom qu'après le traité d'Utrecht. Comme il se préparait à rendre compte de sa mission à Louis XIV, dit cet écrivain, le roi l'arrêta par ces paroles : t‘ Je sais tout ; sous avez bien mé'u nagé mes intérêts. » De là son surnom de Mesnager. Cette historiette est inventée à plaisir; nous nous sommes assurés aux archives que , lors de l'ouverture du conseil de commerce qui eut lieu le 24 novembre 1700, ce diplomate fut désigné dans le procèsverbal qui en fut dressé sous le nom de Mesnager, qu'il signait ainsi dans toutes ses dépêches antérieures aux conférences d'Utrecht, dont nous avons eu communication. C'est à tort queVan Poolsum, clans son Histoire du congrès d'Utrecht, Torcy, dan, ses Mémoires , et Anquetil, dans son Histoire de Fronce , le nomment Ménager. de la cour de Madrid sur le commerce que les Français faisaient dans la mer du Sud. 11 fut chargé la seconde fois d'arrêter avec cette cour un plan général pour le commerce des Indes. La matière dont il remplit ses missions lui valut la décoration de StMichel. La connaissance qu'il avait acquise de tout ce qui concerne le commerce des Indes lui fit concevoir le projet d'assurer, de concert avec l'Espagne , le commerce de toutes les nations de l'Europe au nouveau monde. Le roi goûta ce projet, et Mesnager fut envoyé à la Haye, en décembre 1707, pour le communiquer aux chefs de la république. Les instructions dont il était porteur lui donnaient le titre de conseillersecrétaire du roi, et elles l'autorisaient à accorder le renouvellement du traité de commerce conclu à Ryswick, le tarif de 166!s, l'annulation des arrêts postérieurs, et la suppression du tarif de 1669, contre lequel les états généraux avaient souvent élevé des réclamations. Le roi de France s'engageait en outre à leur faire obtenir de son petitfils le rétablissement des droits et franchises dont ils jouissaient à la mort de Charles II, dans tous les Etats de la couronne d'Espagne. Mesnager avait reçu l'ordre exprès d'écouter sans aigreur toutes les propositions, quelque extravagantes qu'elles pussent être, et de les réfuter par de bonnes raisons. Comme cette mission devait être tenue secrète dans la crainte que les Anglais et les autres membres de la grande alliance n'en prissent ombrage, il correspondit avec les ministres , sous le nom supposé de Le Teron; il leur adressait toutes ses dépêches, dont la plupart même étaient chiffrées, par l'intermédiaire de banquiers et de marchands de Paris ; et pour mieux déguiser encore l'objet de sa mission , il n'entretenait ses prétendus correspondants que d'opérations de commerce. Il mena en Hollande une vie extrêmement errante , ayant des conférences avec Vanderdussen , Duvenwoirde et Heinsius , tantôt à Delft , tantôt à la Haye. S'il ne réussit pas complétement, par suite des prétentions exagérées des Hollandais, qui demandaient, pour préalable, la renonciation de Philippe V au trône d'Espagne, la cession des villes de Furnes, Menin, Condé, Maubeuge, etc., il remplit du moins le principal objet de sa mission , celui de dissiper les défiances relativement au commerce des Indes. Il revint en France dans le mois de mars 1708, et y reçut beaucoup d'éloges sur sa conduite. Quelque temps après, le président Rouillé ayant été envoyé auprès des états généraux pour traiter de la paix , proposa d'admettre Mesnager aux conférences, afin d'examiner avec lui les bases d'un commerce réciproquement avantageux; mais les députés hollandais ne voulurent pas y consentir, persuadés, disaientils, que Mesnager y viendrait entêté de ses idées , sans vouloir entrer dans les vues générales. Ils ajoutèrent qu'il pouvait tout aussi bien mettre son plan sur le papier, et en- voyer son mémoire. On sait que la mission de Rouillé n'eut point de résultat. La reine Anne, qui souhaitait vivement la paix avec la France , ayant changé son ministère qui s'y était toujours opposé , des négociations s'ouvrirent directement entre ce royaume et l'Angleterre , par l'intermédiaire de l'abbé Gauthier . Avant de conférer, la reine exigeait une réponse par écrit au mémoire que Prior avait remis au ministre du roi à Fontainebleau. La demande était embarrassante ; et le danger paraissait égal d'y satisfaire ou de refuser. Mesnager prit le sage parti de rédiger le mémoire qui lui était demandé , et joignit à ses réponses par écrit un second mémoire contenant un plan de commerce, dans l'intérêt de toutes les nations. Ces deux mémoires plurent infiniment à la reine et à ses ministres. Cette souveraine fit connaître à son conseil , le 25 août , la mission de Mesnager, et donna des ordres pour adoucir l'ennui qu'il devait éprouver de se tenir enfermé, et caché aux yeux du public , et pour qu'il fût défrayé pendant son séjour à Londres. Des difficultés s'étant élevées dans la première conférence, Mesnager renvoya en France l'abbé Gauthier, qui revint avec des instructions dont le ministère anglais fut trèssatisfait. Quelque temps auparavant , ce cabinet avait critiqué les pouvoirs qui autorisaient Mesnager à traiter et à négocier arec les ministres de tous les princes et Etats en guerre arec la France, etc.; il demanda que ces pouvoirs fussent restreints , puisqu'il ne s'agissait à Londres que de traiter avec l'Angleterre seule; et Louis XIV en fit expédier de nouveaux qui ne laissèrent plus rien à désirer. Pour témoigner au diplomate français la satisfaction qu'il éprouvait, le grand trésorier le retint familièrement àsouper, et lui dit qu'il en usait avec lui comme avec un ami. Malgré ces apparences Ce fut à cette époque que Mesnager donna sa démission de député au conseil de commerce pour la ville de Rouen, et fut remplacé par David Lebwillif, avec lequel on l'a confondu. Les divisions qui régnaient alors en Angleterre avaient em. pêché la reine Anne de recevoir Alesnager avec un caractère ostensible pour ne pas effaroucher le parti de l'opposition, qui avait à sa tête le célèbre Marlborough. de bonne intelligence, les négociations furent plusieurs fois sur le point d'être rompues ; et ce ne fut que le 8 octobre que les préliminaires, formant trois actes séparés , furent signés par les secrétaires d'Etat anglais, et par Mesnager. Le lendemain , sur l'invitation de Bolingbroke , le négociateur français fut conduit en secret à Windsor, et introduit par un escalier dérobé dans l'appartement de la reine , qui l'accueillit de la manière la plus gracieuse, et lui dit en le congédiant : « Je n'aime point la guerre, et je « contribuerai de tout mon pouvoir à la terni« ner au plus tôt. » Ce fut après cette entrevue que le comte d'Oxford, tendant la main à Mesnager, lui adressa ces paroles : Duabus igitur gentibus faciamus unam gentem amicissimam. Mesnager s'embarqua deux jours après pour la France. Les articles qu'il avait signés furent tous approuvés, et servirent de base aux instructions que le roi donna peu de temps après, pour les conférences d'Utrecht . Ce fut en janvier 1712 que les états généraux délivrèrent les passeports destinés au maréchal d'Uxelles, à l'abbé de Polignac et à Mesnager, que Louis XII' avait nommés ses plénipotentiaires au nouveau congrès. Les conférences commencèrent le 29 du même mois. On procédait avec une excessive lenteur, qui s'augmentait par les difficultés sans cesse renaissantes des puissances opposées à la paix , lorsqu'un événement, peu important en apparence, vint y apporter de nouveaux obstacles. Les domestiques du comte de Rechteren , député de la province d'OverYssel , ayant prétendu avoir été insultés par les laquais de Mesnager, Rechteren les excita à se venger et eut l'imprudence de dire tout haut, lorsqu'ils eurent maltraité les gens du plénipotentiaire français, qu'il les récompenserait toutes les fois qu'ils en agiraient ainsi, et qu'il les chasserait, s'ils ne le faisaient pas. Cette affaire produisit beaucoup de bruit : des factums parurent de part et d'autre, et Louis XIV, en apprenant ce qui s'était passé, donna ordre à ses plénipotentiaires de suspendre toute négociation jusqu'à ce qu'ils eussent obtenu satisfaction de l'insulte faite à l'un d'eux. Les états généraux furent obligés de s'humilier ; ils désapprouvèrent solennellement la conduite de Rechteren, et le remplacèrent. Les autres difficultés ayant été aplanies , des traités entre la France , l'Angleterre , les états généraux , le Portugal, le duc de Savoie et l'électeur de Brandebourg, furent signés le 11 avril 1713, par le maréchal d'Uxelles et Mesnager pour la France , et par Le premier contenait les demandes de l'Angleterre et les réponses de Louis . 11V ; le second concernait le duc de Savoie, et le troisième comprenait les articles proposés par la France pour arriver à la paix générale. Les ministres anglais avaient 'l'abord désiré qu'elles eussent lieu à la Have , niais Mesnager fit sentir l'inconvénient de traiter dans uneville où Heinsius avait tant de prépondérance. Il offrit Utrecht, Liée ou AixlaChapelle. i3i L'abbé de Polignac , créé cardinal , était retourné en France au mois de février 1713. Sa nouvelle dignité, dont la dé- les plénipotentiaires des Etats qui y avaient I iguré. A son retour d'Utrecht , le négociateur français fut parfaitement reçu du roi, qui lui accorda une pension de dix mille livres. Mais il ne jouit pas longtemps de cette faveur et de la gloire qu'il avait acquise, car il mourut d'une appoplexie sanguine le 15 juin 1714. A un grand sens, à une instruction peu commune, surtout en ce qui était relatif aux affaires commerciales, Mesnager joignait une rare modestie, , et les Mémoires biograph . et littéraires des hommes célèbres de la Seine- Inférieure, par Guilbert, Rouen, 1812, 2 vol. ; mais ce dernier ouvrage offre peu d'exactitude
  • Nicolas MEUSY( 1734 - 1772) : écrivain ascétique, était né en 1734, de simples cultivateurs, à Villersexel , petit bourg de FrancheComté. Après avoir terminé ses études avec succès, il embrassa l'état ecclésiastique et se voua à l'instruction des habitants de la campagne. Il mourut vicaire de la paroisse de Rupt en 1772, à l'âge de 38 ans , victime de son zèle pour les malheureux atteints d'une maladie épidémique. Il a publié : 1° le Code de la religion et des moeurs, Paris , 1770, 2 vol. C'est un recueil des principales ordonnances de nos rois relatives à la religion. On peut regarder cet ouvrage, dit Fréron, comme un tableau législatif de la France sur cette importante matière. 2° le Catéchisme historique , dog- malique et moral des fêtes , Vesoul , 1771 ; ouvrage utile et souvent réimprimé
  • Nicolas MIGNARD( 1608 - 1695) : peintre , naquit à Troyes en 1608. Son père , suivant l'abbé de Monville, biographe de Mignard, était d'origine anglaise. 11 s'appelait Pierre More, et servait , avec six de ses frères, tous officiers d'une belle figure. dans les armées de Henri IV. Le roi , les voyant un, jour réunis, leur dit en plaisantant : Ce ne u sont pas là des Mores, ce sont des Mignards » ; et ce dernier nom leur resta. Mais des documents , découverts récemment, infirment les assertions de l'abbé de Monville et prouvent que le père de Mignard portait son nom de Mignard dès le commencement de la ligue. Le jeune Nicolas reçut dans sa ville natale les premières notions de son art. il se rendit ensuite à Fontainebleau , où la vue des ouvrages dont le Primatice, Freminet, mettre Roux et autres habiles artistes avaient orné ce château sous les auspices de François Pr et de Henri IV, lui fit sentir le besoin d'acquérir de nouvelles connaissances. Le séjour d'Italie lui sembla propre à remplir ses vues. Il se mit en route, et en passant par Avignon , il y peignit pour un amateur une galerie dans laquelle il représenta l'histoire de Théagène et Chariclée. Cette galerie, divisée en plusieurs compartiments, passe pour un de ses meilleurs ouvrages. Sur ces entrefaites , il devint épris d'une jeune personne et fut sur le point de renoncer à son voyage ; mais l'amour de son art l'emporta. Arrivé à Rome, il ne cessa pendant deux ans d'étudier les chefsd'oeuvre que renferme cette ville. Il revint alors à Avignon, et y fixa son séjour après avoir épousé celle qu'il aimait. C'est ce qui lui valut le surnom de Mignard d'Avignon, pour le distinguer de son frère Pierre , que son long séjour à Rome a fait appeler le Romain . Le cardinal Mazarin, se rendant à StJeandeLuz, où il accompagnait Louis XIV, qui allait épouser l'infante MarieThérèse, eut occasion d'apprécier le talent de Mignard : il se ressouvint de lui lorsqu'il fut de retour à Paris, et l'appela dans cette capitale, où Mignard mérita bientôt la protection du roi, qui lui fit faire son portrait, ainsi que celui de la reine. La plupart des seigneurs voulurent avoir leur portrait de sa main. Parmi les portraits qu'il peignit à cette époque, on distinguait celui de la princesse d'Elbeuf en Ste - Cécile. Ces travaux ne l'empêchèrent pas d'exécuter pour les chartreux de Grenoble deux grands tableaux d'histoire qui soutinrent sa réputation. C'est en ce temps qu'il fut admis à l'académie de peinture, dont il devint par la suite professeur et recteur. Le roi , qui ne l'avait point oublié, le chargea de décorer son appartement du rezdechaussée aux Tuileries. Il y représenta ce monarque sous l'emblème du Soleil guidant son char. Louis XIV fut tellement satisfait de cet ouvrage, qu'il lui ordonna de peindre sa grande chambre de parade dans le même château. L'artiste mit tant d'ardeur à répondre aux désirs du roi, qu'il fut attaqué d'une hydropisie dont il mourut à Paris, en 1668, généralement regretté pour la noblesse de son caractère et pour ses talents. Il avait dans l'imagination plus de sagesse que de chaleur. Il a surtout réussi dans les sujets qui exigent plutôt l'expres- sion des affections douces que celle des passions violentes. Ses compositions rappellent en quelque sorte l'Albane : elles sont généralement ingénieuses; son pinceau est flou ; ses attitudes et ses airs de tète ont de la grâce , et son dessin ne manque pas de correction. Il est aussi connu comme graveur à l'eauforte. On a de lui en ce genre cinq pièces , qu'il a exécutées d'après les peintures d'Annibal Carrache, dans la galerie Farnèse. On a gravé d'après Mignard cinquante morceaux , dont les principaux sont : 1" le portrait du duc d'Harcourt, connu sous le nom de Cadet à la Perle; 2° celui de Brisacier ; 3° celui d'EmmanuelThéodore de la Tour d'Auvergne, duc d'Albret; 4° une Ste- Famille; 5° le portrait de Pierre Dupuis , peintre du roi. Toutes ces pièces sont d'Antoine Masson . 6° Enfin un Portement de croix, gravé par Boulanger. — Pierre MIGNARD , frère du précédent, naquit à Troyes en novembre 1.610. Son père le destina d'abord à la médecine; mais son goût pour le dessin se manifesta presque au sortir de l'enfance , et à l'âge de douze ans il avait fait un tableau où était représentée toute la famille du médecin chez lequel on l'avait placé. Son père ne put résister à une vocation aussi prononcée, et le confia à un nommé Boucher, peintre de Bourges, d'où, par les soins du maréchal de Vitry, il passa sous la direction de Vouet, qu'il ne tarda pas à égaler. Le jeune artiste , frappé de la beauté des tableaux que le maréchal de Créqui avait rapportés d'Italie, résolut de visiter cette contrée. Arrivé à Rome en 1636 , la première personne qui s'offrit à sa vue fut Dufresnoy, qui avait été son condisciple chez Vouet. Tout devint commun entre eux, et jusqu'à la mort ils ne cessèrent d'être liés de la plus étroite amitié. Les travaux que Mignard entreprit le firent bientôt connaître. Ses portraits obtinrent surtout un tel succès, que le pape Urbain VIII voulut être peint par lui. Dans ses moments de loisir , il étudiait les ouvrages de Raphaël , de MichelAnge et d'.Annibal Carrache, dont il tachait de s'approprier les qualités. Le cardinal (lu Plessis le chargea de copier la galerie Farnèse, peinte par ce dernier artiste. Le musée du Louvre possède les études qu'il fit à cette occasion. Ce sont douze grands dessins aux crayons noir et blanc, sur papier gris , représentant les cariatides dont le Carrache a décoré la voûte de la galerie Farnèse. Du Fresnoy l'ayant engagé à visiter Venise pour en étudier les grands coloristes il se rendit à ce conseil , et, pendant son séjour, il fit les portraits du doge et de plusieurs patriciens. De là il parcourut une partie de l'Italie , et revint à Rome , où le pape Alexandre VII lui commanda son portrait. La perfection de ses peintures de Vierges lui mérita d'être comparé par les Italiens euxmêmes à Annibal Carrache. On leur donnait le nom de mignardes, et ce nom , que l'on a depuis voulu faire passer pour un reproche , était alors l'expression de l'admiration qu'il inspirait. Pendant son séjour à Rome, il fut appelé, en concurrence avec Pietre de Cortone , pour peindre le tableau du maître - autel de StCharles de Catenari. Il fit pour esquisse un tableau terminé qui représentait St- Charles administrant la communion à des mourants. Les connaisseurs applaudirent à cet ouvrage , et cependant Pietre de Cortone fut préféré. On ignore ce qu'est devenu ce tableau , qu'on peut regarder comme son chefd'œuvre ; mais la gravure magnifique qu'en a faite F. de Poilly suffit pour assurer la gloire du peintre. Après avoir demeuré en Italie vingtdeux ans, dont la plus grande partie à Rome, il fut rappelé en France par Louis XIV. Il revint alors dans sa patrie , malgré l'union qu'il venait de contracter avec la fille d'un architecte romain, jeune et belle, et la peine qu'il éprouvait de quitter le Poussin , avec lequel il s'était lié d'amitié. Il s'arrêta près d'un an à Avignon, auprès de son frère ; il séjourna ensuite à Lyon , où il exécuta quelques tableaux, et arriva enfin à Fontainebleau, où le cardinal Mazarin le présenta au roi et à la reine mère, dont il lit les portraits. Pendant son séjour en Italie, il avait cultivé la peinture à fresque , genre auquel l'humidité de nos climats sera toujours un obstacle, mais qui, par la promptitude qu'exige ce travail, demande de l'artiste autant de vivacité que de sûreté dans l'exécution. Mignard fut chargé de peindre à fresque la coupole du ValdeGrâce , qui venait , d'être terminée. Cette vaste composition de plus de deux cents figures , dans laquelle il a représenté la reine Anne d'Autriche introduite dans le paradis par SteAnne et StLouis, est aussi remarquable par la beauté des figures que par celle du coloris, et elle l'emporte sur tous les ouvrages du même genre dus aux peintres nationaux. Molière célébra ce bel ouvrage dans une pièce de vers intitulée la Gloire du Val- de- Grtice, qui malheureusement, ne répond ni au génie du poète ni au talent de l'artiste. Celui - ci avait peint à fresque, en concurrence avec Lafosse, la chapelle des fonts, à StEustache. Ces peintures ont été détruites lors de la reconstruction de la façade de cette église. On a également détruit les belles peintures dont Mignard avait orné la petite galerie de Versailles et l'ancien cabinet du grand Dauphin. Il serait trop long de rappeler tous les travaux dont cet habile artiste fut chargé. Lorsqu'il revint en France, Lebrun, honoré de la protection de Louis XIV et soutenu par Colbert, exerçait une influence presque despotique dans l'empire des arts. Mignard, qui avait le sentiment de son mérite, refusa de plier sous le joug universel : il ne voulait rien devoir qu'à luimême , et , pour braver en quelque sorte son rival , il refusa d'entrer à l'académie de peinture, fondée sous les auspices de Lebrun , et se fit nommer président de l'académie de StLuc. Son amourpropre avait été justement blessé de la supériorité qu'affectait le premier, qui ne pouvait voir sans jalousie les succès de Mignard. On ne sait si le même sentiment l'animait à son tour ; mais un préjugé favorable pour son caractère , c'est le nom de tous ceux dont il s'honora d'être l'ami, et parmi lesquels brillent au premier rang Molière, la Fontaine, Racine et .Boileau. Son esprit orné, son amabilité faisaient rechercher sa société. On connaît de lui plusieurs mots piquants. Il peignait Louis XIV pour la dixième fois, et comme il le regardait attentivement, le prince lui dit : « Mignard , vous nie « trouvez vieilli ? — Sire, répondit l'artiste , il · est vrai que je vois quelques victoires de plus « sur le front de Votre Majesté. » Cette repartie flatta extrêmement le monarque, qui ne cessa de le protéger et qui l'anoblit en 1687. En 1690, après la mort de Lebrun , il le nomma son premier peintre et directeur des manufactures royales. Mignard ne refusa plus alors d'entrer à l'académie de peinture, et le même jour il fut reçu académicien , professeur , recteur, directeur et chancelier. Il mourut à Paris en 1695. On ne peut disconvenir que ses ouvrages justifient eu grande partie les faveurs dont il fut comblé. Outre ses peintures du ValdeGrâce, celles dont il a décoré le château de StCloud suffiraient pour fonder sa réputation. Dans la galerie , il a représenté en cinq compartiments Apollon sur son char et les Quatre Saisons. Le cabinet de Diane, qui termine cette galerie , renferme quatre tableaux tirés de l'histoire de la déesse. Enfin, dans la grande salle, appelée salon de Mars, il a peint en cinq compartiments . 1Iars et Vénus enveloppés dans les rets de Vulcain , les Cyclopes , l'Olympe, etc. Le musée du Louvre possède de lui douze tableaux : 1° le portrait en pied de àlignard ; 2° Jésus sur le chemin du Calvaire succombant sous le poids de la croix, tableau de chevalet ; 3' portrait de Louis, Dauphin, dit Monseigneur , fils de Louis XIV ; 4° portrait de madame I de Maintenon ; 5° la Vierge présentant une grappe de raisin à l'enfant Jésus, tableau connu sous le nom de Vierge à la Grappe. Il a été gravé par Roullet. 6° Ste- Cécile chantant sur la harpe les louanges du Seigneur. Ce tableau de chevalet, gravé par Duflos, est, ainsi que le précédent, un de ses ouvrages les plus célèbres ; tous deux sont remarquables par la fraîcheur du coloris et la grâce de la composition. 7° Un Ecce- Homo ; 8° une Vierge en pleurs ; 9° St- Luc peignant la Vierge ; 10° la Foi; 11° l'Espérance ; 19Neptune offrant ses richesses à la France, allégorie à Louis XIV. Mignard peut être regardé comme le plus habile coloriste du siècle de Louis XIV. Ses carnations sont vraies et harmonieuses ; il sait habilement opposer les unes aux autres les plus riches couleurs, et augmenter ainsi l'éclat de ses tableaux ; son pinceau est moelleux et plein de légèreté. Quant à l'ordonnance de ses compositions, elle est bien entendue, riche ou gracieuse, et se distingue par la noblesse de la pensée ; mais il rend faiblement l'expression des passions ; il manque de chaleur et d'énergie, et le fini qu'il donne à ses ouvrages les rend généralement froids. Tant qu'il fut protégé par Louis XIV, tant qu'il eut pour amis et pour défenseurs les hommes les plus illustres de son siècle, il fut accablé I le louanges ; mais après sa mort, les académiciens, dont il avait refusé d'être le confrère aussi longtemps que vécut Lebrun , devinrent ses détracteurs, et c'est à leurs efforts continus que l'on peut attribuèr le changement qui s'est opéré dans les idées à son égard. S'il le cède à Lebrun pour la richesse de l'imagination , la grandeur de la composition , si l'enthousiasme l'anime rarement, il est toujours exact, agréable et spirituel. 11 fut mis durant sa vie à côté de son rival : la postérité, plus équitable, ne lui accorde que le second rang; mais il est un des artistes de son siècle qui font le plus d'honneur à la France. Il faut observer que, lorsqu'il vint à Paris, il avait près de cinquante ans. Les ouvrages d'après lesquels on le juge ordinairement ne peuvent être considérés que comme des productions de sa vieillesse , et c'est sur ceux qu'il a exécutés en Italie qu'il serait juste de l'apprécier. Mais n'eûtil fait que des portraits , il n'en mériterait pas moins un rang trèsdistingué dans les arts. Le portrait de madame d'Hervart, l'amie de la Fontaine, et dont Mignard avait orné tel de peintures à fresque, passait pour son chefd'oeuvre. On connaît l'anecdote du perroquet de cette dame , qu'on entendit souvent dire à son portrait : Baisez- moi, ma maitresse. Les meilleurs maîtres qui ont gravé d'après Mignard sont G. Audran , Nanteuil, Masson, Michel Lasne, Drevet, Jeaurat , etc. Son oeuvre se compose de cent quarantesept pièces. Il a gravé luimême à l'eauforte une Ste - Scolastique aux pieds de la vierge. — Pierre MIGNARD , architecte, fils de Nicolas et neveu du précédent, naquit à Avignon en 1640. Il parcourut l'Italie et la France pour y étudier et lever les plans des plus beaux monuments d'architecture. Il vint rejoindre à Paris son père, qui s'y était fixé, et la réputation que lui avait acquise l'abbaye de Montmajour, près d'Arles, lui lit obtenir dans la capitale plusieurs constructions importantes, parmi lesquelles on doit citer la façade de l'église StNicolas et la porte StMartin. Si ce dernier monument n'offre point la perfection de celui qui est dû au génie de Blondel, il donne cependant une idée avantageuse des talents de Mignard et doit passer pour un des monuments les plus remarquables de Paris. L'abbaye de Montmajour, à laquelle il avait mis tous ses soins, ses bâtiments commodes et immenses, composés de trois étages voûtés, ayant des murs de face de six pieds d'épaisseur, construits en pierre de taille, paraissaient indestructibles. Mais un jour, pendant que les bénédictins étaient à l'office, le feu prit à une poutre qui traversait une cheminée; en un instant, les combles furent embrasés, et l'étonnement des moines fut extrème lorsqu'ils virent le feu sortir du milieu des murs de face. On s'aperçut alors que les maçons, pour finir plus tôt leur besogne, avaient caché des fagots dans l'épaisseur (les murs. Franque, architecte de la ville d'Avignon, reconstruisit cette abbaye et suivit scrupuleusement les plans et les dessins de Mignard. Cet artiste avait été l'un des six membres qui fondèrent en 1671 l'académie royale d'architecture. 11 y était professeur lorsqu'il mourut à Paris en 1725
  • Nicolas MONARDÈS( 1500) : médecin , né à Séville , au commencement du 168 siècle , prit ses degrés à l'université d'Alcala , et, de retour dans sa patrie , y pratiqua son art avec une réputation qui bientôt s'étendit au loin. Il s'attacha à l'étude de la botanique et publia, sur les propriétés des plantes employées en médecine , plusieurs ouvrages estimables , qui furent traduits en latin , en français et en italien. il mourut à Séville en 1578, dans un àge avancé. On cite de lui : 1° De secanda versa in pleuritide inter Grcecos et Arabes concordia, Séville , 1539 ; Anvers , 1564 8° ; 2° De rosa et partibus ejus; de succi rosarum temperatura ; di rosis persicis seu alexandrinis ; de malis , citris , aurantiis et limoniis, Anvers , 1565 ; 3° Libro de dos medicinas eccelentissimas contro todo venez° , Séville , 1569 et 1580 Les deux contrepoisons dont Monares exalte l'importance sont la pierre de bézoard St la scorsonère. 4" Libro que trata de la nieve , ibid., 1571 C'est un traité sur les effets des boissons rafraîchissantes et en particulier sur l'usage de la glace, dont il dit que les Espagnols ne sont jamais incommodés. 5° De las cosas que si traen de las Indias occidentales , que sirven al uso de medicina. Cet ouvrage est divisé en trois parties. Les deux premières furent d'abord imprimées séparément. L'auteur les réunit ii) Cette édition contient le texte grec. Dans la préface, Mo- nantheuil revendique cet ouvrage pour Aristote, à qui Fr. Patrizi et Jos. Cardon l'avaient ôté ; et son opinion a prévalu parmi les savants. toutes les trois dans l'édition deSévi le, 1574 qu'il dédia au pape Grégoire XIII , et les fit suivre de ses dialogues sur la pierre de bézoard, etc., sur la neige , et d'un troisième traité encore inédit : De la grandeza del hierro , touchant les propriétés du fer dans les maladies causées par les obstructions. Tous ces différents ouvrages ont été traduits en latin par Ch . Lécluse . Linné cite un Jean 1410NARDÈS dans sa Bihlioth. botanica, et lui attribue quelques lettres et des Notes insérées dans l'édition des Œuvres de Mesué, Leyde, 1556 ; mais ce médecin n'est point connu et il est piobable qu'il ne faut pas le distinguer de notre auteur
  • Nicolas MYREPSUS : médecin grec, naquit à .Alexandrie , ce qui l'a fait surnommer Nicolas d'Alexandrie. Le professeur Heck.er de Berlin pense, d'après un passage de George Acropolite , qu'il vivait à la cour des empereurs grecs de Nicée , de 1222 à 1255, pendant que les empereurs français régnaient à Constantinople. Il avait le titre d'actua- m'us, dignité que les empereurs grecs accordaient à un grand nombre de médecins. Nous avons de cet auteur un recueil de formules médicales, qui est divisé en quarante - huit sections d'étendue trèsinégale, et contient deux mille six cent c formules de remèdes. 11 connut la médecine arabe et celle de l'école de Salerne et compila partout chez les médecins qui l'avaient précédé des recettes pour composer son livre. 11 était déjà avancé en âge quand il le publia, puisqu'il y parle du pape Nicolas III , qui régnait de 1278 à 1280. Cet auteur a été quelquefois confondu avec Nicolas Prœpositus , médecin de Salerne, qui a écrit, comme lui, un antidotaire. 11 parait que Myrepsus a profité de l'ouvrage de ce dernier, ainsi que de celui de Mesue, médecin arabe.„Le texte grec de l'ouvrage de Myrepsus n'a été- jamais imprimé ; il en existe plusieurs manuscrits dans la Bibliothèque de Paris mais nous en avons deux traductions latines ; la première, qui a pour auteur Nicolas Rheginus Cala-- ber, a été imprimée à Ingolstadt en 1541, incom- plète et infidèle ; la seconde , de Léonard Fuchs, a paru en 1519 , sous le titre suivant : Nicolai llyrepsi Alexandrini, medicamentorum opus, in sec- hiones quadraginta oct j1 a Leonardo Fu- rhsio medico, e grœco in latinum recens conversum, luculentissimisque annotationibus illustratum, Bâle, 1549 Cette traduction a été souvent réimprimée , notamment à Lyon , 1550 8° , à Venise, 1551 et 1602 , à Paris , 1567 , à Nuremberg , 1658 On la trouve aussi dans les . 1Iedicoe anis prinripes de Ilenri Estienne
  • Nicolas NICCOLI( 1363 - 1437) : l'un des premiers Italiens qui se soient occupés à recueillir les manuscrits des anciens auteurs, était né à Florence en 1363. Son père , qui avait amassé de grandes richesses par le commerce, l'obligea de suivre la mème carrière ; mais le fils, entraîné par son goût pour l'étude, apprit en secret le latin et fréquenta ensuite l'école de Louis Marsigli , religieux augustin. Niccoli fit de rapides progrès sous cet habile maître : doué d'une mémoire étonnante, il devint trèssavant dans l'histoire, la géographie, les antiquités et la théologie. Son ardeur pour s'instruire était si grande qu'il se rendit à Padoue uniquement pour transcrire les œuvres latines de Pétrarque, regardé alors comme le plus élégant des écrivains modernes. Devenu maître de sa fortune, il l'employa à se procurer les manuscrits des meilleurs ouvrages grecs et latins, qu'il faisait rechercher dans toute l'Europe ; et il entreprit luimême plusieurs voyages dans ce but. Il contribua à attirer à Florence Manuel Chrysoloras , Guarini, Aurispa, Philelphe, qui y répandirent le goût de la langue grecque : il se montra le protecteur généreux de tous les jeunes gens qui annonçaient d'heureuses dispositions, et un grand nombre lui furent redevables de leurs progrès dans les lettres ; car il s'empressait de communiquer les trésors littéraires qu'il avait entre les mains, et il ne parlait qu'avec indignation de l'égoïsme de ces riches amateurs qui gardent pour eux seuls les livres dont ils se trouvent possesseurs. Un homme d'un aussi noble caractère eut cependant des ennemis, et ce fut parmi les savants que ses bienfaits avaient appelés à Florence : presque tous crurent avoir à se plaindre de Niccoli , et Philelphe est allé jusqu'à lui reprocher de l'avoir fait expulselr par jalousie de la chaire à laquelle il l'avait fait nommer. Niccoli fut moins sensible à d'injustes accusations qu'a l'abandon de Léonard Bruni, qui cessa de le voir dans un moment où il avait le plus besoin de la consolation de ses amis : il rompit publiquement avec Bruni, mais Tiraboschi l'a justillé complètement des reproches do Philelphe , homme trèssaviint , mais plein de vanité et d'un caractère difficile. Pogge réconcilia deux hommes qui n'avaient pas cessé de s'estimer. Boccace avait légué ses livres au couvent du StEsprit de Florence ; et depuis ils étaient relégués dans une espèce de galetas, abandonnés à la poussière et aux insectes : Niccoli fit construire et disposer à ses frais un local plus digne d'un tel présent. Il mourut àFlorence le 23 juin 1i37. Pogge, dont il avait été l'ami et le bienfaiteur, prononça son Eloge funèbre . Par son testament, il laissa sa bibliothèque, composée de 800 volumes, nombre considérable pour le temps, à la disposition du public , et nomma des curateurs pour la conservation de ce précieux dépôt. Niccoli avait dérangé sa fortune par ses libéralités : Cosme de Médicis se chargea de payer toutes ses dettes, sous la condition qu'on le laisserait maître des manuscrits ; et il les fit placer POUF l'usage public dans le monastère des dominicains de StMarc. Telle est l'origine de la bibliothèque Marcienne, l'une des plus fameuses de l'Italie. Niccoli avait copié ou corrigé de sa main un trèsgrand nombre de manuscrits ; et on peut le regarder en quelque sorte comme le père de cette critique qui a pour but d'épurer le texte des anciens auteurs . C'était un homme trèssavant ; et quoiqu'il n'ait laissé d'ouvrage d'aucune sorte, dit Tiraboschi , il est juste que sa mémoire soit à jamais conservée dans les fastes de la littérature italienne. On trouve plusieurs lettres adressées à Niccoli dans les Recueils d'Ambroise le Camaldule et de Léonard Bruni. Giannozzo Manetti a écrit sa rie dans le Specimen histor. leiter. Florentinœ . Outre Tiraboschi , on peut consulter les Dissert. Vossiane d'Apost. Zeno, t
  • Nicolas NICOLE( 1701 - 1784) : architecte , auquel il n'a peut-être manqué qu'un plus grand théâtre pour obtenir une réputation digne de ses talents, naquit en 1701 à Besançon, de parents peu favorisés de la fortune. Mis en apprentissage chez un serrurier, il se rendit fort habile dans l'art de · travailler le fer ; mais étant allé à Paris pour se perfectionner dans son état, il ne tarda pas à y renoncer pour suivre les leçons de Blondel , qui venait d'ouvrir un cours gratuit d'architecture. ll fit de rapides progrès sous cet habile maître, et, de retour à Besançon, il fut chargé de la construction de l'église du Refuge, dont la jolie façade a été gravée plusieurs fois. Il donna ensuite le plan de la collégiale SteAnne de Soleure, et fut invité par le conseil à se rendre en cette ville pour en diriger les travaux. Cette église, dont on a justement critiqué les détails , et celle de SteMadeleine de Besançon, qui n'a jamais été achevée, sont les deux plus grands ouvrages dont Nicole ait été chargé. Honoré de la confiance les intendants qui se succédèrent dans l'administration de la province de FrancheComté, il fut consulté sur tous les projets de construction et d'embellissement exécutés de son temps. Il était doué d'une imagination trèsvive, et il reproduisait toutes ses idées avec la même rapidité qu'il les avait conçues : à défaut de crayon . la Isite d'un compas ou un morceau de charbon NF suffisait pour esquisser les plans les plus .Vastes et en faire apprécier les différentes par- lies. Les compositions de Nicole pèchent surtout par cette recherche d'ornements, trop éloignée Ide la simplicité des anciens, que son défaut de fortune ne lui avait pas permis d'aller étudier ,ea. Italie. Quoique trèsoccupé de son état, il "but toujours dans la médiocrité, paie qu'il ne réclamait jamais ses honoraires. Cet artiste mourut à Besançon le 22 janvier 1784. ri avait inventé dans sa vieillesse, et il exécuta luimême, • un fusil qui se chargeait par la crosse et dont la batterie était mobile , de manière qu'en la tournant on obtenait successivement huit détonations. 11 avait laissé un grand nombre de plans qui ont été dispersés et un Traité d'architecture qu'on croit perdu. Son portrait peint par Wyrsch, professeur de dessin à l'école de Besançon, se voit au musée de cette ville
  • Nicolas NOËL( 1746 - 1832) : docteur en médecine, naître ès arts en l'université de Paris, naquit à Reims le 27 mai 1746, et y mourut le 11 du même mois 1832. Né avec un caractère original et indépendant, et doué d'un grand amour pour le travail, il a dit luimême dans une brochure intitulée Noël à ses concitoyens que sa vie a toujours été, pendant les soixante-111« trois années qu'il étudia , exerça et enseigna « l'art de guérir, comme chirurgien et comme « médecin , extraordinairement active. » Au cri dieépendance jeté dans le nouveau monde, à Phzladelphie, le 4 juillet 1776, Noël alla se ranger sous les drapeaux du général Washington. Il partit de Paris le 1" décembre de cette même année 1776 pour l'Amérique septentrionale, avec Ph.Ch.J.B. Tronson du Coudray, frère du cé- lèbre avocat , muni d'un brevet de chirurgien major des colonies, que lui avait donné le docteur Franklin. Après son arrivée à Philadelphie, le congrès lui en délivra un autre de chirurgien major de l'armée américaine, avec invitation de s'y rendre immédiatement, ce qu'il fit ; mais il n'y resta que jusqu'au mois de janvier 1778. Le congrès le nomma alors chirurgienmajor du vaisseau de guerre le Boston , pour accompaguer l'ambassadeur américain John Adams en France et le conduire au docteur Franklin. De nouveaux ordres l'envoyèrent en Amérique, et peu de jours après son débarquement à Boston, il alla reprendre son service à l'armée américaine. Rappelé par la Luzerne, ambassadeur français , et par BarbéMarbois, consul général, résidant tous les deux à Philadelphie, ils le chargèrent du service des hôpitaux de terre et de mer, qui furent établis aussitôt l'arrivée aux EtatsUnis de la flotte française, commandée par le général Rochambeau. La paix étant signée en 1783 et l'indépendance des EtatsUnis reconnue , Noël revint en France l'année suivante avec la Luzerne. Le magnétisme animal faisait alors beaucoup de bruit à Paris le marquis de Lafayette voulait le connaître, et dès l'arrivée de Noël dans la capitale , il le présenta au fameux Mesmer, pour qu'il l'instruisit de la nouvelle découverte dont il était le propagateur. Ce médecin allemand et les deux magnétiseurs en chef, Bergasse et Maxime de Puységur, la lui expliquèrent. On désirait que le magnétisme animal fût porté en Amérique , et Noël était celui qui devait l'y introduire. Des propositions avantageuses et très- propres à le fixer dans son pays natal firent avorter ce voyage ; au nouveau monde, il préféra Reims, y retourna, et fut nominé sur la fin de 1785 chirurgien en chef de l'HôtelDieu. Cette place ne l'empêcha pas de faire en avril de l'année suivante un voyage en Angleterre. Un poste fixe n'était nullement de son goût. Ses concitoyens s'étaient trompés, et il s'était trompé luimême en acceptant cet emploi important : aussi la révolution, qu'il vit avec plaisir, le replaça- t- elle dans son véritable élément, en lui rendant cette vie active pour laquelle il était réellement né. Nommé vers la fin de 1792 un des chirurgiens en chef de l'armée du Nord , lors de la conquête de la Belgique, il s'y rendit, et en 1793 il quitta ce poste et passa au conseil de santé des armées fixé à Paris. Sur la fin de cette mème année, le ministre de la guerre et le comité de salut public le nommèrent inspecteur général du service de santé des hôpitaux aux armées du Nord. De retour à Paris , il fut envoyé à l'armée de l'Ouest pour inspecter les hôpitaux de la Loire et de la Vendée, ceux des ports de mer et plus particulièrement ceux de Nantes. Son inspection terminée, Noël revint à Paris prendre son service au conseil de santé. il avait à peine terminé le rapport général sur tous les hôpitaux qu'il avait visités, lorsqu'il apprit que le ministre venait de le choisir pour aller aux Pyrénées orientales et occidentales inspecter et organiser également tous les hôpitaux de cette armée. Trop fatigué et trop épuisé pour se permettre d'entreprendre une pareille mission, il demanda et obtint la permissiob de retourner à Reims reprendre les fonctions de chirurgien en chef des hôpitaux civils et militaires, dont il avait été précédemment chargé. Plus tranquille, et s'apercevant des fâcheux résultats qu'avait amenés la suppression des universités et des écoles de médecine, Noël chercha à y porter remède. Ayant fait l'acquisition de l'ancien cimetière de la paroisse de StPierre. il y établit en 1799 une école de médecine gratuite. La chapelle de ce cimetière fut transformée en amphithéâtre, et tous les jours, sans exception, de jeunes étudiants recevaient , le matin et le soir, des leçons sur quelque partie de l'art de guérir. Cet utile établissement , qui faisait honneur au bon coeur de Noël, cessa quand, en 1808, Fourcroy, grand maître de l'université ou directeur de l'instruction publique , établit à l'HôtelDieu une école secondaire de médecine. Toutefois son jardin botanique, créé par lui dans le même emplacement et entretenu à grands frais , resta ouvert. — Peu partisan du magnétisme animal, qu'il regardait comme une folie, quoique magnétiseur luimême; n'ayant presque pas de confiance dans l'électricité médicale et point du tout dans l'application des sangsues; antagoniste des médecins, quoiqu'il se fût fait recevoir docteur en médecine en 180i, et cela à l'âge de soixante ans, ii nous serait impossible de suivre Noël dans tous ses systèmes de médecine et de chirurgie souvent contradictoires. Nous nous bornerons à indiquer les ouvrages qu'il a écrits pour et contre, et nous finirons par dire qu'il est fâcheux que, avec des talents peu communs, de l'esprit et de grandes connaissances dans son art, Noël se soit cru obligé de faire, dans un de ses derniers ouvrages, sinon son apologie, du moins l'énumération de tous les titres qu'il avait à la considération publique. On a de lui : to Traité historique et pratique de l'inoculation, Reims, 1789 ; 2° Analyse de la médecine et parallèle de cette prétendue science arec la chirurgie, Reims, 1790 ; 3° Dissertation sur la nécessité de réunir les connaissances médicales et chirurgicales , Paris, 1804 4° Réfutation d'un mémoire sur l'hygiène publique de la ville de Reims, adressé aux étudiants en médecine , Reims ; 5° iVoel à ses concitoyens, Reims, 1826 6° Observations et réflexions sur la réunion de la médecine à la chirurgie, Reims, 1828
  • Nicolas OERN( 1600) : Lapon. se lit connaître par plusieurs aventures et composa des livres. Il était né dans Je 17' siècle, et avait eu 'occasion d'acquérir plus d'instruction que n'en ont ordinairement ses compatriotes. Charles XI , qui voulait se servir de lui pour introduire en Laponie la langue suédoise et la connaissance de l'Evangile, lui fit faire quelques études à Stockholm, où il avait été amené jeune, et l'envoya ensuite à l'université de Wittemberg. Ordonné prêtre à son retour, Oern alla en effet prêcher la foi à ses compatriotes mais bientôt dégoûté de leur genre de vie, et voulant se faire un nom , il entreprit des voyages ; et, après avoir parcouru plusieurs pays, il s'arrêta en Allemagne, où il prit le titre de prince de Laponie. Il fut présenté à Louis XIV en 1706. Une princesse allemande, qu'il avait su captiver, lui promit de l'épouser mais on fit des recherches sur son origine avant que le mariage fût conclu, et, la fraude ayant été découverte, le prétendu prince fut chassé. Il passa en Russie, où, livré à la crapule, sa mauvaise conduite le rit enfermer, en 1715, dans les prisons d'Astracan. Les uns prétendent qu'il y mourut ; d'autres rapportent qu'il eut recours à l'intercession du roi d'Angleterre, qui parvint à le délivrer, et qu'il continua ses courses pendant quelques années encore. Il se vantait d'avoir appris le français en un mois , le russe en six sema ines , et le calmouk en vingthuit jours : il savait aussi le persan, le mongol et le romaïque. On a de Nicolas Oern deux ouvrages allemands qu'il composa pendant ses voyages ; le premier parut en 1707 et contient une Description de la Laponie ; le second, imprimé en 1708, a pour titre Lettres du fameux voyageur et prince lapon , l'icolas Ocrn, écrites pendant ses voyages à ses compatriotes, ; tous deux sont en allemand. Voy. Warmlioltz , vol. 17, Biblioth. histo- rique de Suède, L 1, p. 261 ; et Hallebeck, Disser- tatio historica de Xic. Oern, st' principern Laponioe professa Lund, 1808, de 10 pages
  • Nicolas OLAHUS( 1493 - 1568) : archevêque et palatin de Hongrie, né, en janvier 1493, à Hermanstadt, d'une illustre famille qui tirait son origine des princes de Valachie, mérita , par ses talents, la confiance de Marie, veuve de Louis II, et roc-! compagna dans les PaysBas, dont elle était gouvernante, avec le double titre de conseiller intime et, d'intendant des finances . Au bout de quelques années, ses services étant devenus inutiles, il revint à la cour de Hongrie, où il fut accueilli par le roi Ferdinand , qui lui conféra la dignité de chancelier, et le nomma, en 15n, évêque de Zagrab. Il passa , quatre ans après, à l'évèebé d'Agria ; contribua puissaminent à la défense de cette ville , assiégée en 1552 Par les Turcs, en ranimant le courage des habitants et de la garnison , et fut récompensé du zèle qu'il avait montré par l'arelievêché de Gran ou Strigonie. Olabus admit les jésuites dans son diocèse , et leur lit obtenir le collège de Tyrnau , le premier qu'ils aient eu en Hongrie , et qui a produit un grand nombre de mathématiciens et d'astronomes. Il établit dans la même ville un séminaire pour les jeunes clercs, el; y tint deux synodes , dont les actes ont été imprimés à Vienne, en 1560. Nommé, en 156'2, palatin de IIongrie , ce fut Olahus qui eut l'honneur de couronner Maximilien II, à Presbourg. Cet illustre prélat mourut à Tyrnau, en 1568. we'était un homme plein d'érudition pendant son séjour à Bruxelles, il avait composé quelques opuscules qu'il ne voulut pas publier avant de les avoir revus scrupuleusement ; mais les affaires importantes dont il ne cessa d'être occupé ne lui permirent pas d'accomplir son projet. On a de lui : 1° Une histoire d'Attila, publiée en 1538 , et réimprimée à la suite de l'Historia Pannonica Ant. Bontini ; 2° Hungaria , sire de originibus Yeutis, etc., liber singularis; Compendiarium ehronieon. Ces deux opuscules, qui sont très- , ont été publiés pour la première fois, par Matthieu Belius, dans le tome le' do la Noti- tia Hinigarice noue, avec une préface qui contient quelques détails sur &Latins ; et A.F. Kollin. Ics a réunis avec l'Attila dans une nouvelle édition, Vienne, 1763, grand Mais la source la plus abondante où l'on puisse trouver des renseignements sur la vie et les ouvrages de ce prélat est l'Histoire des palatins de Hongrie par le P. Muszlia , Tyrnau 1752
  • Nicolas ORESME : l'un des premiers écrivains du ne siècle , fut toujours classé dans la nation normande, à l'université de Paris ; et l'on doit accueillir la conjecture d'Huet, qui désigne Caen comme le lieu de sa naissance, fondé sur ce qu'on trouve fréquemment le nom d'Oresme dans cette ville et à des dates trèsanciennes . Quoi qu'il en soit, Nicolas Oresme fut docteur en théologie de la faculté de Paris; il devint en 1355 grand maitre du collège de Navarre, où il avait été élevé, et y imprima un mouvement heureux au\ études. Successivement archidiacre de Bayeux , doyen du chapitre de Rouen , trésorier de la C'est à tort que les auteurs du Gallia christiana le font naître à Bayeux ; suivant la tradition du pays, il était du village d'Allemagne, près de Caen. SteChapelle de Paris , et célèbre au loin par ses connaissances eu philosophie et en mathématiques, il fixa l'attention du roi Jean, qui le donna pour précepteur à son fils en 1360. Trois ans après, Oresme fut envoyé à la cour du pape Urbain V, à Avignon , et prononça en présence de tout le sacré collège un discours trèshardi sur les dérèglements des princes de l'Eglise. Cette harangue, insérée par Flaccius Illyricus dans son livre des Témoins de la vérité, et réimprimée à part à Wittemberg , 1604, par Salomon Gesner , fit accuser Oresme d'hérésie ; mais il fut bientôt disculpé. Son élève , devenu roi sous le nom de Charles V, le nomma évêque de Lisieux en 1377 ; ce prince rechercha ses conseils dans les matières d'administration, et y déféra souvent. Les registres de la chambre des comptes déposent de la libéralité du monarque envers son ancien précepteur. Celuici mourut dans le cheflieu de son diocèse , le II juillet 1382. Ses ouvrages sont : 1° une traduction des Ethiques ou Morale d'Aristote, entreprise par ordre de Charles ,V, Paris , 1488 , in - fol. ; 2* une version de la Politique d'Aristote , ibid. , 1489, 2 vol. 3° les livres Du ciel et Du monde, traduits du même auteur ; 4° ; 7° Un écrit assez singulier, imprimé par Martène et Durand dans le neuvième volume de leur Collection des anciens écrivains et monuments ecclésiastiques , sous le titre de Liber magistri Nicolai Oresme , de finti - Christo ejusque nzinistris, ac de ejusdem adventu , signis propinquis simul ac remotis, quatuor continens par-. Au reste , ces versions de la Bible en langue vulgaire paraissent avoir été émises dans le but d'opposer un antidote à celles dont se servaient les Vaudois et autres novateurs
  • Nicolas ORLANDINI( 1554 - 1606) : premier historien de l'institut des jésuites, naquit en 1554 à Florence, d'une famille patricienne , et fut admis dans la société à l'Jge de dixhuit ans. Destiné par ses supérieurs à la carrière de l'enseignement, après avoir régenté quelques années, il devint recteur du collége de Nola , puis directeur du noviciat à Naples, place que, malgré sa grande jeunesse, remplit avec beaucoup de prudence. Appelé à Rouie pour être employé à la secrétairerie géle:- rale, il se lit remarquer par la facilité de sa rédaction, et fut chargé de travailler à l'histoirde son institut. Malgré la délicatesse de sa sante, il avait terminé la première partie de ce graial ouvrage lorsqu'il mourut , le 27 niai 1606, ilgé de ;i:e. ans. Outre les A/ 11114eT huent socitiatis, de 1583 - 1585 , et la Vie de Pierre Forre, l'un d dix premiers compagnons de Stlguace, Lyon. 1617 , ibid., 1652, et le cinquième celle de Claude ; ibid., 1661. Sacchini étant mort avant d'avoir mis la dernière main à la Vie d'Aquaviva , ce fut le P. Pierre Possin qui fut chargé de la terminer et de la faire paraitre. Le célèbre Jouvanci, désigné pour continuer cet important ouvrage, publia en 1710 à Rome un sixième volume , qui contien1 tout ce qui s'était passé de plus important dans la société , de 1591 à 1616 , et enfin le P. Jules Cordara fit paraitre en 1750 un septième volume, qui renferme une partie du 17e siècle. Cette collection est rare et recherchée ; on la trouve difficilement complète en France , à raison de la suppression rigoureuse qui fut faite du volume de Jouvanci (roy
  • Nicolas ORSINI( 1442) : comte de Pitigliano, général des Vénitiens pendant la ligue de Cambrai, naquit en 1442 , et ne s'éleva que fort lentement à la réputation militaire qu'il obtint au commencement du 16. siècle. Son caractère réservé et sa prudence habile ne pouvaient le distinguer dans un rang subalterne, où ses rivaux l'éclipsaient par une valeur plus brillante. Ce fut seulement lorsqu'il approchait de sa soixantième année qu'il fut mis à la tète des armées vénitiennes, et qu'il y acquit la réputation du plus sage, du plus circonspect des généraux italiens, et de celui sous les ordres duquel une armée courait le moins de danger. Quand la république fut attaquée par la puissante ligue de Cambrai, elle crut devoir associer le comte de Pitigliano au bouillant et impétueux Barthélemy d'Alviano, pour que les qualités et les défauts de l'un tempérassent ceux de l'autre. Mais une opposition trop forte entre leurs caractères et leurs plans de guerre causa la défaite de tous deux à la bataille d'Agnadel, le 14 mai 1509. Cette bataille, engagée contre l'avis de Pitigliano , fut peut-être perdue par sa faute; car il fut accusé d'avoir abandonné son rival , qui fut fait prisonnier. Pitigliano , demeuré seul à la tète des armées vénitiennes, poursuivit sans obstacle son système favori de temporisation. Malgré les désastres de l'Etat , il rassembla de nouvelles troupes, et il leur rendit le courage. A leur tète, il surprit Padoue le 17 juillet 1509, et cet événement a été célébré jusqu'à nos jours par une fête solennelle comme le premier succès qu'ait eu la république de Venise après les calamités dont elle avait été accablée. Pitigliano s'enferma ensuite dans Padoue avec la fleur de la noblesse et de l'armée vénitienne, pour défendre cette ville contre Maximilien , qui en entreprit le siége et qui fut valeureusement repoussé. Mais, à la suite de ce siége , Pitigliano, épuisé par les fatigues de la guerre, mourut à Lunigo , à l'âge de 68 ans. Le sénat de Venise lui fit élever une magnifique statue dans l'église des StsJeanetPaul, où son corps fut inhumé
  • Nicolas OSTOLOPOFF : conseiller d'Etat et littérateur russe, mort à Astracan, le 18 mars 1833, àgé de 50 ans , s'est fait connattre par plusieurs publications estimées de ses compatriotes : 1. Re- cueil de poésies ; 2. Eugène, ou l'Education moderne, roman moral; 3° Discours sur la poésie épique ; P10 Dictionnaire raisonné de la poésie ancienne et moderne, SaintPétersbourg, 1821, 3 vol. C'est J'ouvrage capital d'Ostolopoff, et celui qui a fondé sa réputation. Dès 1806, la société libre des amateurs de la littérature, des sciences et des arts de SaintPétersbourg , l'avait chargé de ce travail, dans lequel il fut encouragé par l'académie impériale, et qu'il exécuta avec un talent remarquable. L'exactitude des préceptes, le choix judicieux des exemples ont placé ce dictionnaire au rang des livres classiques de la Russie. 5° Clef des œuvres de Derjavine, avec une courte notice sur la vie de ce poële célèbre, Saint- Pétersbourg, 1822 C'est un savant commentaire sur les ouvrages de Derjavine , qu'ostolopoff avait connu personnellement. Il indique les circonstances qui donnèrent lieu à leur composition , en explique les passages difficiles, et cite les morceaux des autres poetes que le grand lyrique russe a imités; puis il rapporte des particularités intéressantes, tant sur lui que sur ses contemporains, et présente un tableau littéraire de la Russie sous le règne de Catherine II. Ostolopoff rédigea, en 1816, un journal intitulé l'Ami de la littérature; enfin, il traduisit de l'italien les reillées du Tasse (roy. J. COMPAGNONI
  • Nicolas OVANDO( 1660) : commandeur de l'ordre d'Alcantara , fut nommé en 1501 gouverneur de I'lle Espagnola , en remplacement de Bovadilla , dont la conduite imprudente menaçait cette colonie d'une ruine prochaine ( voy. BOVADILLA Ovando ne put partir que le 13 février 1502, et arriva le 15 avril au port de SantoDomingo. Il se fit aussitôt reconnattre; et après avoir commencé une information contre Bovadilla et ses partisans , il les fit tous embarquer pour l'Espagne. Les nouveaux règlements qu'il publia d'abord par ordre du roi, en faveur des Indiens, adoucirent le sort de ces infortunés. Le bon ordre et la tranquillité régnèrent dans l'île. Mais Ovando partageait la haine de son prédécesseur contre Colomb : il refusa de le recevoir lorsque, au commencement de son quatrième voyage , ce grand navigateur voulut aborder à l'Espagnola pour réparer son vaisseau ; et quand, après avoir terminé son expédition , il atterrit dans la plus grande détresse à la Jamaïque , Ovando , loin de lui envoyer du secours, dépêcha auprès de lui un émissaire chargé d'épier ses actions et le laissa languir près d'un an exposé à toutes sortes de calamités. Cependant Colomb étant venu à StDomingue, il le reçut avec de grandes marques de respect et le logea dans sa maison. A ces vaines marques de considération il en joignit de plus éclatantes de son aversion; car il mit en liberté les chefs des mutins que Colomb avait amenés enchatnés, et menaça tous ceux qui avaient fait leur devoir de rechercher leur conduite. D'ailleurs il semblait , suivant la réflexion de l'historien de StDomingue, que la qualité de gouverneur général fût contagieuse, et qu'elle transformAt les hommes du caractère le plus doux et le plus modéré en tyrans suscités pour la destruction des Indiens. Ovando, bien qu'on loue d'ailleurs sa sagesse et sa piété, eut recours à des moyens atroces pour contenir ces malheureux dans la soumission. Des Castillans, fauteurs de troubles et de désordres, lui mandèrent qu'Anacoana, princesse qui régnait sur le territoire de Xaragua , où est aujourd'hui Léogane , méditait quelque mauvais dessein qu'il importait de prévenir. Anacoana , remplie de bons sentiments pour les Espagnols, les avait toujours bien traités; mais elle n'avait été payée que d'ingratitude. Quoique Ovando connût bien ceux qui lui donnaient cet avis, il se rendit, à la tète de 300 hommes de pied et de 60 chevaux, auprès d'Anacoana, après avoir publié qu'il voulait recevoir luimême le tribut de cette princesse,- qui s'était déclarée dans tous les temps en faveur des Espagnols. A cette nouvelle, Anacoana montra de grands témoignages de joie, et, à la tête de tous ses vassaux elle vint à la rencontre d'O. vando. Elle ordonna des fètes qui durèrent plusieurs jours. Ovando annonça qu'il voulait lui en donner une ',Ie dimanche suivant, et l'engagea d'y inviter toute sa cour. A un signal convenu, les Espagnols firent main basse sur les Indiens. Les caciques furent liés aux poteaux qui soutenaient la salle, à laquelle on mit le feu. Anacoana , conduite à SantoDomingo, y fut jugée, et condamnée à ètre pendue. Des historiens espagnols prétendent que tous ces malheureux avouèrent qu'ils avaient conspiré contre les Espagnols; mais Herrera ne cesse de répéter que les indices et les preuves du complot ne venaient que d'un ramas de misérables qui s'étaient autrefois révoltés contre Colomb , et qui , réfugiés dans les Etats d'Anacoana , reconnurent ainsi la généreuse hospitalité qu'ils en avaient reçue. Il traite l'action d'Ovando de barbare, plus barbare, s'écrietil, que les barbares mêmes; et Las Casas l'a dévouée à l'exécration de la postérité. Après le massacre de Xaragua, où périt un nombre infini d'Indiens de tout àge et de tout sexe, Ovando fit marcher des troupes contre ceux qui s'étaient réfugiés dans les tles voisines ou dans les montagnes; les chefs furent tués, ou pris et condamnés à mort. Dans l'espace de six mois il n'y eut pas un insulaire qui ne fût soumis au joug del Espagne. En 1507 il ne restait plus dans Espagnola que soixante mille Indiens; ce nombre ne suffisant pas pour les services que les Espagnols exigeaient d'eux , Ovando fit enlever, avec l'aveu de sa cour, les habitants des Lucayes : une grande partie mourut de chagrin ; et en peu d'années cet archipel fut entièrement désert. D'un autre côté , Ovando gouvernait les Espagnols avec une sagesse et une justice peut-être égales à la cruauté dont il usait envers les Indiens. Il faisait exécuter les lois avec impartialité , ce qui accoutuma la colonie à les respecter. Il fonda plusieurs villes nouvelles, et s'efforça de porter l'attention des Espagnols vers une branche d'industrie plus utile que celle de chercher de l'or dans les mines. Des cannes à sucre avaient été apportées des Canaries dans la seule vue de faire une expérience : bientôt elles furent cultivées; on vit se former de vastes plantations , et le sucre devint la source la plus abondante des richesses de l'Espagnola. Un établissement fut essayé à PortoRico ; des voyages furent entrepris par divers aventuriers, entre autres par Sébastien d'Ocampo, qui le premier reconnut que Cuba était une fie. En 1508, Ovando perdit son gouvernement, qui fut donné à Diego Colomb, fils de l'amiral. On a prétendu qu'Isabelle avait sollicité Ferdinand de le rappeler, ne voulant pas mourir sans assurer la punition du massacre de Xaragua. D'ailleurs Ovando s'était brouillé avec Fonseca, ministre des Indes. Toutefois il fut trèsbien accueilli par Ferdinand, et finit ses jours dans une retraite honorable. 11 avait composé un journal de ses campagnes, qui n'a pas été publié
  • Nicolas PATOUILLET( 1622 - 1710) : jésuite , né à Salins en 1622, fut destiné de bonne heure à la carrière évangélique, et , après avoir prêché dans les principales villes du royaume , fut nommé supérieur de la mission française à Londres : il remplit longtemps cet emploi difficile; et ayant obtenu la permission de déposer un fardeau que l'âge lui rendait pénible, il se retira dans la maison de son ordre à Besançon , où il continua de se livrer à la direction des âmes jusqu'à sa mort, arrivée le ler novembre 1710. C'était un homme d'une austère probité : un de ses pénitents lui ayant déclaré qu'il avait légué aux jésuites toute sa fortune, qui était considérable, le P. Patouillet lui représenta qu'il avait des parents pauvres, ses héritiers naturels, et plaida leur cause avec tant de chaleur, qu'il parvint à faire annuler le testament qui les dépouillait. On a du P. Patouillet : 1° Sentiments d'une cime pour se recueillir en Dieu , Besançon , 1700, in - 12 ; 9nem Francise° de Sales , episcopo Genevensi, paneqyricus , dictes Camberii , poser. ides no- remb. ris , 1662 : prœmittitur epist. ad Franc. Bertrand de Chamousset. - PATOUILLET , frère du précédent , né à Salins en 1631, se distingua également dans la carrière de la chaire. Les succès qu'il obtint lui méritèrent la bienveillance de l'archevêque A.P. de Grammont, qui , voulant le fixer dans son diocèse, le pourvut de plusieurs bénéfices. 11 venait d'être nommé abbé d'Acey, lorsqu'il mourut à Salins le 6 janvier 1696 , à l'âge de 62 ans. On a de lui : Oraison funèbre de Marie- Thérèse d'Autriche, reine de France, Besançon , 1684
  • Nicolas PAVILLON( 1532) : aïeul de l'évêque d'Aleth et bisaïeul d'Etienne Pavillon , naquit à Tours en 1534, et se fixa à Paris, où il exerça avec distinction la profession d'avocat. Il se livra aussi,à des études littéraires et historiques, notamment à la traduction du grand commentaire d'Eustathe sur Homère . et à celle du géographe Denys d'Alexandrie. Ces ouvrages n'ont pas été publiés, et probablement même ils ne furent pas achevés. Les écrits que Pavillon a fait paraître sont : 1° les Sentences de Théognis, poète grec, traduites en français, Paris, 1578 ; 20 Discours sur l'histoire des 'polonais et l'élection du duc d'Anjou, avec une e'pitre au roi de Pologne sur sa bienvenue à Paris Paris, 1573
  • Nicolas PAVILLON( 1597 - 1677) : évêque d'Aleth, né à Paris le 17 novembre 1597 d'un auditeur à la chambre des comptes, entra de bonne heure dans l'état ecclésiastique ; il fit ses humanités au collége de Navarre et son cours de théologie en Sorbonne. Il mêlait l'exercice des bonnes oeuvres à l'étude des connaissances de son état, et sa piété le fit remarquer de StVincent de Paul, qui l'admit dans ses conférences du mardi à StLazare et l'employa dans sa mission. L'abbé Pavillon ne voulut recevoir le sacerdoce qu'à trente ans; il était cité comme un de ceux qui secondaient avec le plus de zèle les efforts de plusieurs hommes recommandables pour établir une bonne discipline dans le clergé. Sans être attaché à aucune paroisse, il exerçait assidûment le ministère, se livrait à la prédication, visitait les hôpitaux et dirigeait beaucoup de personnes pieuses. V de Paul l'indiqua comme un sujet digne de l'épiscopat, et le cardinal de Richelieu le fit nommer en effet à l'évèché d'Aleth, en Languedoc. Pavillon n'accepta ce fardeau qu'avec beaucoup de répugnance; il fut sacré en 1639 et se rendit aussitôt dans son diocèse avec la ferme intention de ne plus revenir à Paris. Le spirituel et le temporel de l'évêché avaient été également négligés et offraient une ample matière à son zèle. Le prélat établit un séminaire dans sa propre maison, institua des conférences ecclésiastiques, tint des synodes fréquents; visita exactement son diocèse, forma des écoles pour les deux sexes et fit des règlements sages, auxquels sa conduite et sa vertu donnaient une nouvelle autorité. Ennemi déclaré de tout relâchement, il alla jusqu'à mettre en pénitence publique les pécheurs scandaleux et jusqu'à excommunier ceux qui résistaient à ses monitions. Cette sévérité excita de vives plaintes et donna lieu à des procès : mais l'évêque ne se départit jamais du plan qu'il avait adopté, et l'estime qu'on avait pour lui à la cour prévalut sur les réclamations de tous ceux dont il cherchait à réprimer les désordres. Il eut aussi quelques démêlés avec les religieux de son diocèse : il avait d'abord appelé pour le seconder des missionnaires de la congrégation de StVincent de Paul et des jésuites; mais il les congédia ensuite. Sa charité parut avec éclat dans une épidémie qui affligea son diocèse en 1651 ; il allait de tous côtés visiter les pauvres et les malades et ne montra pas moins d'ardeur pour secourir les victimes de la guerre, lors d'une invasion que les Espagnols firent dans son diocèse. Deux af- faires particulières troublèrent son épiscopat. Il était lié avec le docteur Arnauld et avec les amis et les partisans de ce docteur. Ces relations l'entraînèrent dans quelques démarches qui ne furent pas généralement approuvées; Vincent de Paul en écrivit à l'évêque et lui fit des observations auxquelles celuici ne se rendit pas entièrement. Toutefois, ce ne fut qu'après la mort de StV que ce prélat se déclara tout à fait. Il donna le 1" juin 1665 un mandement dans lequel il distinguait le fait du droit dans la signature du formulaire. Ce mandement fut condamné à Rome et à Paris, et il s'ensuivit de longues négociations qui furent terminées en 1668 par une lettre que l'évêque d'Aleth et ses trois collègues adressèrent au pape et dans laquelle ils assuraient qu'ils avaient souscrit et fait souscrire aux constitutions apostoliques suivant l'intention du saintsiége. Cette déclaration , que le pape dut croire sincère , arrêta les poursuites et amena ce qui fut appelé la Paix de Clément IX : on peut en voir les détails dans l'Histoire des cinq propositions, de l'abbé Dumas. Au milieu de ces disputes, le même prélat avait publié un nouveau rituel pour son diocèse ; les instructions en avaient été revues par Arnauld : le pape condamna ce livre par un décret du 9 avril 1668. Pavillon défendit son rituel par une ordonnance, le fit imprimer de nouveau et y joignit les approbations de quelques évêques ses amis. On trouva de l'affectation et une sorte de bravade dans cette impression : plus tard, l'évêque envoya au pape un mémoire où il semblait flotter entre la soumission et le désir de soutenir son ouvrage. Ce prélat, recommandable par son zèle, sa régularité, ses immenses charités et ses travaux, mourut dans sa ville épiscopale le 8 décembre 1677. Le Nécrologe de Port- Royal entre dans quelques détails sur les vertus de cet évêque ; on peut voir aussi les Mémoires pour servir à la vie de M. Pavillon, 1733, in•12, et la Vie de 11 . Pavillon, 1739 M. Barbier dit que ce dernier ouvrage est de Lefèvre de StMarc et de la Chassagne et qu'il a été composé sur les mémoires dressés ou revus par Vaucel : l'abbé Goujet prétend, dans la dernière édition du Moréri, que ces derniers Mémoires n'ont jamais existé
  • Nicolas PEETERMANS( 1829 - 1861) : littérateur belge, né en 1829 , mort le 30 novembre 1861 à Seraing , dont il était bourgmestre. Après avoir fait ses études à l'université de Liége, il se consacra au barreau , mais sans renoncer au penchant qui l'entratnait vers la littérature. Il a publié sur le Prince de Ligne un travail curieux et qui a obtenu un légitime succès; il a également donné des notices sur plusieurs écrivains belges du 16° et du 17e siècle. Il coopéra avec M. Helbig à la mise au jour d'un recueil intéressant : les Fleurs des vieux poiles liégeois. Fort jeune encore', il avait pris part à un livre de fantaisie satirique : le Diable à Bruxelles. Membre de plusieurs sociétés savantes, il aurait certainement rendu d'importants services aux études qu'il chérissait , si la mort n'était pas venue l'atteindre à 39
  • Nicolas PEROTTI( 1430 - 1480) : célèbre grammairien, était né en 1430 à Sassoferrato , petite ville sur les confins de l'Ombrie et de la Marche d'Ancônè, d'une famille qui se prétendait alliée à la maison de Levis. Envoyée dans sa jeunesse à l'académie de Bologne, il reçut des leçons de Nicolas Volpe, de Vittorino de Feltre ; et il fit de rapides progrès sous ces habiles maîtres. Le défaut de fortune l'obligea d'accepter une chaire dans cette même académie qui venait d'être témoin de ses premiers succès. 11 y professa la rhétorique et la poésie d'une manière si brillante que le sénat de Bologne le choisit en 1452 pour haranguer l'empereur Frédéric III à son passage dans cette ville. La jeunesse de l'orateur et ses talents précoces intéressèrent Frédéric , qui l'honora de la couronne poétique et lui fit expédier des lettres de conseiller impérial. Perotti adressa la même année au pape Nicolas V la traduction des cinq premiers livres de Polybe, les seuls que l'on con-'dit alors, et le pontife lui accorda une gratification pour l'encourager à continuer ce genre de travail. Ce fut peu de temps après qu'il se rendit à Rome ; il y fut accueilli par le savant Bessarion , qui le combla de témoignages d'affection et contribua beaucoup à son avancement. Apostolo Zeno prétend que Perotti ne vint à Rome qu'en 1458 ; mais un bref du pape Calixte III du 8 juillet 1456 prouve qu'à cette époque il remplissait les fonctions de secrétaire apostolique et que ses services lui avaient déjà valu le titre de comte du palais de Latran. Les devoirs que lui imposait cette place n'empêchèrent pas Perotti de donner des leçons publiques sur la langue latine. Il prit Martial pour sujet, moins pour éclaircir les passages obscurs de cet auteur que pour avoir l'occasion de contredire Domit. Calderino , dont le caractère lui avait déplu . 11 fut nommé en 1458 archevêque de Siponto ou de'Manfredonia, dans la Pouille; niais ses talents le rendaient nécessaire à Rome, et il fut autorisé à se reposer sur•un vicaire de l'administration de son diocèse. Perotti eut part à toutes les affaires importantes traitées de son temps ; il fut pourvu en 1465 du gouvernement de l'Ombrie et en 1474 de celui de Pérouse. Mais les hautes fonctions dont il était revêtu ne ralentirent point son ardeur pour les lettres. Il passait tous les moments qu'il pouvait dérober aux affaires dans la petite île de Ceniipera, près de Saîsoferrato qu'il s'était plu à embellir et à laquelle il avait donné le nom de Fugicura. li y avait formé une bibliothèque , qu'il orna des bustes des hommes les plus célèbres, et donna ainsi à Paul love l'idée de sa galerie . Ce fut dans cette retraite que Perotti mourut, le 13 décembre 1480. Torquato Perotti, qui se flattait d'une origine commune avec l'archevèque de Manfredonia , lui fit élever en 1623 un monument dans la principale église de Sassoferrato , avec une inscription trèshonorable, niais qui manque d'exactitude .0n a répété, d'après Suivant Apostolu Zeno, Perotti Professa non—seulement la rhétorique et la poésie, mais encore la philosophie, et même la médecine, à l'université de Bologne, de 1451 à 1458. On a démontré qu'il n'était plus à Bologne en 1456; et il est peu vraisemblab'e qu'il y ait jamais professé la médecine. Buonamici en a inséré un extrait dans le livre De claris pontifie. scriploribus, p. 179. . Les bibliothèques d'Italie possèdent un grand nombre de harangues, de lettres et d'autres opuscules de Perotti , dont Apostolo Zeno a recueilli les titres avec son exactitude ordinaire dans l'ouvrage cité à la fin de l'article. Outre la traduction de Polybe, souvent réimprimée, mais dont l'édition de Rome, 1473, est une rareté typographique , du Discours de Basile sur l'envie, du Serment d'Hippocrate, etc., on a de cet écrivain : 1° Rudiment« grammatices, Rome, 1473 C'est la première édition qui eut un tel succès, qu'elle fut réimprimée quatre fois à Rome dans l'espace de trois ans , et qu'il s'en fit dix à douze éditions dans le reste de l'Italie et, à. Paris avant la fin du siècle. Erasme l'a citée avec éloge; niais elle n'est plus recherchée aujourd'hui que par les curieux. '2. In C. Plinii secundi proemium conatnentariolus; c'est la préface de l'édition que Perotti publia, en 1473, de l'Histoire naturelle . 3° ° ratio pro regis Romanorum Frederici jucunda receptione, ex parte cornmunitatis Bononiensis. Cette harangue a été dans l'édition de 1475 de la Margarita poetica d'Alb. d'Eyb . 4° Cornucopia sire commentaria lingue latinoe. Cet ouvrage, le plus important de ceux qu'a laissés Perotti, n'est pas un dictionnaire, comme on pourrait le croire d'après le titre, mais un commentaire sur le livre des Spectacles et le premier des Epigrammes de Martial. Il paraît que Perotti avait renoncé à terminer l'explication d'un poete si rempli d'obscénités et qu'il ne destinait point son travail au public. Ce fut Pirro Perotti , son neveu , qui le fit imprimer à Venise en 1489 avec des additions et une préface qui contient quelques détails assez intéressants. L'explication des passages licencieux appartient uniquement à l'éditeur, qui en convient luimême. Cette première édition est trèsrare ; mais les curieux recherchent davantage celles qui sont sorties des presses des Aides Venise, 1499, 1513 et 1526 Il y a 111. On doit remarquer que Zeno s'est cependant trompé en attribuant à Perotti l'Oraison funèbre de Bessarion ; elle est de Nicol. Capranica, évêque de Fermo. . . Scriverius découvrit le premier que Perotti avait inséré dans son commentaire une fable qui ne différait que par quelques mots de celle de Phèdre Arbores in. tutela deorum; niais loin d'accuser l'auteur moderne de plagiat, il en tira la conséquence que les fables que nous avons sous le noin de Phèdre n'étaient pas l'ouvrage de l'affranchi d'Auguste. Dans un voyage qu'il fit en Italie, d'Orville trouva à la bibliothèque Ambrosienne un manuscrit autographe de Perotti qui, parmi plusieurs fables imitées d'Esope, d'Avienus, etc., en contenait plusieurs de Phèdre ; et il adressa une Notice sur ce recueil à Burmann, qui l'a insérée dans la préface de l'édition de Phèdre, Leyde, 1727 . Ou peut donc conjecturer avec assez de vraisemblance que Perotti avait cru pouvoir sans inconvénient s'approprier les fables de l'auteur ancien, restées jusqu'alors inconnues. Néanmoins quelques critiques ont mieux aimé prétendre que l'archevêque de Manfredonia est le véritable auteur des fables attribuées à Phèdre, et J.F. Christ, entre autres , a publié une savante dissertation pour établir ce sentiment, qui n'a cependant pas prévalu. Les vingtcinq fables tirées du manuscrit de Perotti, et qui ne se trouvent pas dans les anciennes éditions de Phèdre, n'ont été imprimées que de nos jours . 5° De generibus tnetrorum ac de Horatii et B& W metris. Cet opuscule, publié à la suite de l'ouvrage précédent, a été inséré dans un recueil de traités d'anciens grammairiens, Venise, 1497 On peut consulter, pour plus de détails, les Disserta:. Vossiane, d'Apostolo Zeno, t. p. 256-24; les Mémoires de Niceron, t. 9 , et la Storia leiter. . de Tiraboscbi , t. 6, p. 1130-1133
  • Nicolas PERROT D'ABLANCOURT( 1606 - 1664) : traducteur français qui jouit encore d'une certaine célébrité , quoique la plupart de ses traductions aient été surpassées depuis longtemps , naquit le 5 avril 1606 à ChàlonssurMarne, d'une ancienne famille de robe. Son père , qui cultivait les lettres, prit le plus grand soin de son éducation et l'envoya continuer ses études à Sedan , où Perrot acheva ses humanités à treize ans. Il étudia ensuite la philosophie sous un instituteur particulier, et, après avoir fréquenté les cours de l'université de Paris, il se fit recevoir avocat au parlement. Il avait été élevé par son père dans les principes de la réforme ; niais un de ses oncles, conseiller de grand'chambre , qui se proposait de lui résigner sa charge, le détermina à rentrer dans le sein de l'Église romaine. Son oncle , voyant qu'il montrait peu d'inclination pour la magistrature , lui donna le conseil d'embrasser l'état ecclésiastique, persuadé qu'il deviendrait un jour un grand prédicateur mais Perrot préféra une vie indépendante à toutes les espérances de gloire et de fortune , et en renonçant au barreau , il ne voulut s'imposer aucun devoir qui pût gêner ses goûts. Libre de tous ses moments, il en consacra une partie à l'étude des lettres et donna le reste aux plaisirs de son âge et à la société de quelques hommes instruits qui s'assemblaient chez le fameux Patru. En lisant par hasard quelques traités de controverse il fut ramené à ses premières erreurs dans le temps même que son oncle, voyant qu'il gardait leeélibat, travaillait à lui faire obtenir un bénéfice. Pour éviter les reproches que pouvait lui attirer ce nouveau changement, il passa en Hollande et s'établit à Leyde, où Saumaise lui conseilla d'étudier l'hébreu. Il visita ensuite l'Angleterre et fut vivement sollicité par lord Perrot, son parent, de s'y fixer près de lui ; mais il était trop désintéressé pour sacrifier son pays et ses amis à l'espérance de posséder une grande fortune. Il revint donc à Paris , où ses amis se plaignaient de sa trop longue absence, et il y partagea son temps entre l'étude et l'éducation de ses neveux , qu'il eut le plaisir de voir répondre à ses soins . L'Académie française l'admit en 1627 au nombre de ses membres, à la place de Paul Hay du Châtelet. Colbert proposa en 466t à Perrot de se charger d'écrire l'histoire de Louis XIV ; et il se disposait à revenir habiter Paris pour être plus à portée de recevoir les instructions nécessaires : mais le ministre ayant dit au roi que d'Ablancourt était protestant : « Je ne veux point, répondit ce prince, ,; mais ce fait a été démenti par ses amis. Perrot était d'un caractère doux et affable; sa conversation était pleine d'intérêt : il avait de l'imagination, du goût et de l'esprit, et il aurait pu facilement s'élever au rang d'auteur ; mais il répétait à ses ainis qu'il valait mieux traduire de bons livres que d'en faire de nouveaux , qui , le plus souvent, ne contiennent rien de neuf. Les traductions de d'Ablancourt eurent un grand succès lors de leur publication : elles sont bien écrites, mais le style eu est un peu suranné, et d'ailleurs, comme on sait, Perrot prenait une telle liberté dans ses traductions, que ses contemporains euxméines les appelaient de belles iVidèles. Outre la préface de l'Honnête femme . 2o Quatre Oraisons de Cicéron . 5' La Retraite des Dix-. 11ille de Xénophon, ibid., 1648 ; 6° les Commentaires de César, ibid., 1650 Cette traduction a été retouchée par l'abbé Le Mascrier et ensuite par Wailly. 7' Les OEuvres de Lucien , Paris, 1654,- 1655;2 vol. ibid., 1664, 3 vol. La liberté qu'il se donnait d'ajuster les auteurs à sa mode lui a été, dit Niceron , d'un grand usage dans cette traduction, qu'on peut appeler avec raison le Lucien d'Ablancourt, puisque ce n'est proprement qu'une imitation libre et un nouvel ouvrage de sa façon. L'édition d'Amsterdam, 1709, `2 vol. petit est recherchée à cause des gravures. 8° L'Histoire de Thucydide, Paris, 1662 fol. Les curieux font quelque cas de l'édition d'Amsterdam, 1713, 3 vol. 9' Les Apophthegmes des anciens , tirés de Plutarque, etc., Paris, 1664 et Amsterdam, 1730, bonne édition ; 10° les Stratagèmes de Frontin , ibid., 1664. Le traducteur y a joint un petit Traité de la bataille des Romains . 11° La Description de l'Afrique, traduit de l'espagnol, de L. Marmol, ibid., 1667, 3 vol. 4°. Cette version , que Perrot avait laissée imparfaite, fut terminée par Patru , son ami , et publiée par Richelet. Sa Vie se trouve dans les OEuvres de Patru. D'Olivet y a fait quelques additions dan's l'Histoire de l'Académie fran-çaise. On peut encore consulter le Dictionnaire (le Bayle avec les Remarques de Joly et les Mémoires de Niceron, t. 6 et 10. Le portrait de D'Ablancourt n'a point été gravé
  • Nicolas PETIT-PIED( 1630) : savant canoniste, né à Paris vers 1630, fut reçu docteur de Sorbonne en 1658, obtint en 1662 la charge de 'conseiller clerc au ChAtelet , et fut pourvu peu après de la cure de StMartin. En 1678 , il eut une vive contestation avec les conseillers clercs , au sujet de la présidence qu'il réclama comme doyen de la Compagnie , en l'absence des lieutenants du roi ; et en 1682 un arrêt du conseil le maintint, ainsi que tous les clercs, dans le droit de présider, qu'on avait essayé de leur enlever. PetitPied avait. composé, pendant l'instruction de ce procès , un Traite du droit et des prérogatives des ecclésiastiques dans l'administration de la justice séculière, Cet ouvrage, qui a joui longtemps d'une grande estime, fut imprimé à Paris, en 1705, L'auteur, qui depuis la suppression de sa cure avait obtenu un canonicat de l'église NotreDame , mourut la même année
  • Nicolas PETIT-PIED( 1665 - 1747) : théologien appelant , né à Paris le li août 1685, était neveu du précédent. Il reçut en 1699. le bonnet de docteur en Sorbonne en 1701 , il obtint une chaire d'Ecriturc sainte dans cette école célèbre. La part qu'il prit la rem année au cas de conscience sur la distinction du fait et du droit fut la première cause de ses traverses. Ce docteur, qui avait promis de se soumettre au jugement du cardinal de Noailles sur cette affaire, l'ayant ensuite refusé, persista seul dans sa première décision : il fut exilé à Beaune, d'où il alla rejoindre le P. Quesnel en Hollande. Là, son attachement pour cette cause se fortifia de plus en plus, et produisit chaque année de nouveaux écrits sur le formulaire, sur le silence respectueux, et sur d'autres matières analogues. fi attaqua surtout les jésuites et M. de Bissy, évêque de Meaux, dont il prétendit réfuter les ouvrages. Des Réflexions qu'il publia 'sur un mémoire trouvé dans les papiers du duc de Bourgogne, et imprimé par ordre du roi, parurent fort déplacées dans un moment où toute la France pleurait la mort de ce prince, et elles furent condamnées au feu par un arrèt du parlement de Paris. Il fut un des plus ardents contre la bulle Unigenitus, qu'il combattit dans des brochures, des mémoires, et même dans des ouvrages assez étendus; il y a entre autres de lui sur cette matière un Examen theologique de l'instruc- tion pastorale du clergé, 3 vol. et des Ré- pons. aux Avertissements de M. Longuet, évêque de Soissons, 5 vol. Rentré en France sous la régence , il fut rétabli par la nouvelle Sorbonne, puis exilé à Issoudun : la délibération qui lui rendait tous ses droits fut biffée sur les registres. On l'accusa d'avoir, de concert avec Jubé, curé d'Asnières, près Paris, autorisé des innovations clans la liturgie, et surtout dans la célébration de la messe . PetitPied combattit de toutes ses forces l'accommodement de 1720, et réappela ; peu après, M. de Lorraine, évèque de Bayeux, le nomma son théologien, et PetitPied rédigea pour ce prélat plusieurs mandements. On alla pour l'arrêter à la mort de cet évêque; mais il se retira encore en Hollande, d'où il ne revint qu'en 1754. Son zèle et la fécondité de sa plume ne se démentirent point dans ce nouvel exil : outre quelques écrits sur les matières du jansénisme, il en composa sur divers sujets, entre autres sur l'usure, et prit part à l'ouvrage de Legros, Doqma Ecclesire eirca usu- ram. Les folies des convulsions, la manie du figu- risme et la partialité de la Gazette ecclésiastique trouvèrent constamment en lui un improbateur, ce qui ne contribua pas peu à lui faire obtenir la permission de revenir en France. Une dispute s'engagea entre lui et d'autres appelants au sujet du Traité dc la confiance chrétienne de Fourquevaux PetitPied blainait plusieurs expressions de ce traité, et il exposa ses raisons dans trois lettres successives qui parurent en 1733 et 173%. D'Etemare, Legros, Fourquevaux et quelques anonymes lui répondirent. Le point de la dispute entre eux était assez subtil, et roulait sur les divers degrés de la crainte et de la confiance chrétiennes, et sur la diminution ou l'augmentation relative de ces deux vertus. Cette première controverse en amena une autre où Mariette joua le principal rôle . PetitPied ne publia sur cette querelle incidente que de Nouveaux éclaircissements sur la crainte et la confiance, I" niai 1735 Enfin, une troisième dispute éclata encore quelques an- nées après, à l'occasion d'une Suite de ses Eclair- eissements, 1740 , et d'un Dernier éclaircissement sur la distinction des vertus théologales, 1741 . La question avait changé d'objet, et roulait sur la nature et la distinction des vertus théologales. PetitPied fut appuyé dans cette circonstance par le docteur Delan , et combattu par Boursier et les frères Desessarts. L'auteur des Nouvelles reproche vivement à PetitPied de s'être écarté de la doctrine de PortRoyal et des appelants, et de s'être permis contre ces derniers des traits assez piquants. Ces débats occasionnèrent en effet entre eux quelque refroidissement : au surplus les appelants seuls prirent part à ces controverses, dont l'objet était fort métaph?sique, et où il n'est pas sûr que les contendants s'entendissent toujours bien euxmêmes. Au milieu de ces différends, PetitPied prêta sa plume à Bossuet, évêque de Troyes, pour défendre quelques innovations introduites par ce prélat dans son missel : on convient que le docteur est auteur de trois instructions pastorales publiées sous le nom de Bossuet, en 1737 et 1738. PetitPied mourut à Paris le 7 janvier 1747. Il avait laissé quelques manuscrits, entre autres, l'Examen pacifique de l'aeceptation et du ond de la bulle Unigenitus, qui vit le jobr en i, 749, 3 vol. L'éditeur Nivelle y mit une . ongue préface historique, où il raconte avec beaucoup de détail ce qui à rapport à la vie et aux ouvrages de PetitPied ; cette préface a été altérée dans une édition suivante. Un autre ouvrage posthume de PetitPied est le Traité de la liberté, 1755, iti-4°, dont Nivelle se rendit encore éditeur. Gourlin lui adressa cinq lettres sur cette édition, 1756, 2 vol. et prétendit y trouver des idées nouvelles sur l'obligation de rapporter ses actions à Dieu et sur la manière dont la grâce opère en nous. L'éditeur défendit la mémoire de son ami. Nous ne donnerons point ici la liste des écrits de PetitPied ; elle est tout entière dans Moréri , qui cite quatrevingtun ouvrages. Il nous suffit d'indiquer les sujets sur lesquels ce docteur s'est exercé, et ce que nous en avons dit fera voir en lui un des écrivains les plus féconds et les plus subtils de son école. C'était d'ailleurs un homme aussi doux dans la société qu'inflexible dans ses opinions
  • Nicolas PICCININO : un des plus grands gé- néraux de l'Italie dans le 15e siècle, né à Pé- rouse d'une famille distinguée, s'était attaché dès sa première jeunesse à Braccio de Montone , chef de la noblesse émigrée de Pérouse , et ensuite prince de cette ville. Braccio était le général le plus celèbre de son temps et le créateur d'une milice qui conserva longtemps son nom. Piccinino fit ses premières armes sous cet illustre capitaine, et en 1417 il était déjà compté parmi ses meilleurs lieutenants. Chargé d'une expédi- tion dans la Campagne de Rome , il y fit preuve de valeur et d'activité; mais , après quelques succès, il fut battu et fait prisonnier par Sforza, et resta quatre mois dans sa captivité. Racheté par Braccio de Montone, il continua de le servir avec beaucoup de dévouement et de valeur. Cependant il eut le malheur d'être cause (le la ruine et de la mort de ce grand général. Pendant le siége d'Aquila , où Braccio fut attaqué par une armée fort supérieure à la sienne, composée des troupes du pape et de la reine de Naples, Piccinino fut chargé, le '2 juin n2, de veiller aux portes d'Aquila pour empècher les sorties des assiégés; mais lorsqu'il vit son chef engagé dans un combat dangereux , et presque accablé par le nombre, son ardeur l'emporta au milieu des ennemis : il abandonna sou poste pour courir au secours de Braccio , et les habitants d'Agnila profitant de cette faute , fondirent sur les derrières de l'armée , et déterminèrent la déroute dans laquelle celuici fut tué. Cependant les soldats et les compagnons d'armes de Braccio, ne voulant point se séparer après sa défaite, choisirent Piccinino pour les commander. Ils continuèrent à porter le nom de milice de Braccio et à maintenir leur première rivalité contre la milice de Sforza. Mais il semblait que ce fût le sort de Piccinino de n'arriver à la célébrité que par des désastres. Il s'était engagé au service des Florentins avec les débris de l'armée de son 'naître, lorsque, le I.' février •1425' , il fut surpris à Marradi par les paysans du Val de Lamone. Le comte Oddo , fils de Braccio de Montone, 'fut tué en combattant vaillamment auprès de lui. Piccinino demeura prisonnier, et fut conduit à Faenza avec les principaux officiers de son armée. A la fin de l'année 1425, Piccinino quitta le service des Florentins pour entrer à celui du duc de Milan , PhilippeMarie Visconti, et dès lors, jusqu'à la fin de sa vie, il lui fut constamment attaché. Plus heureux dans cet emploi qu'il ne l'avait été au commencement de sa carrière militaire , il remporta sur les bords du Serchio , le '2 décembre 14:30 , une grande victoire sur le comte d'Urbi!' et l'armée florentine qui assiégeait Lucques. Dans l'année 11131, il vainquit Carmagnole et les Vénitiens à Soncino et à Crémone, et, en 1432, il battit de nouveau dans la Valteline les Vénitiens, qui avaient fait périr Carmagnole, le plus redoutable antagoniste de Piccinino. Tous les regards étaient fixés sur les deux généraux qui restaient encore, et dont la gloire remplissait et partageait toute l'Italie. François Sforza commandait les troupes formées par son père , et Piccinino celles que Braccio avait disciplinées. Une rivalité de glbire , de pouvoir, de richesse, divisait les deux armées autant que les deux généraux ; elles recherchaient les occasions de se combattre : tout le pouvoir était dans les camps, et la guerre ou la paix dé- I , pendait bien plus des passions des capitaines que de l'intérêt des Etats. En 1434 , François Sforza tenta , pour son propre compte , la conquête de la Marche d'Ancône : Piccinino accourut, sans ordre, sans obéir à aucun prince, et il arrêta ses . progrès. Rappelé de cette province par le duc de "..Milan , il battit près d'Imola , le 28 août 1434 , :1' Gattamelata, général des Vénitiens, et Nicolas de Tolentino, général des Florentins. Leur armée ; presque entière, forte de plus de 6,000 gens ' d'armes, demeura prisonnière. François Sforza, : pendant ce temps, s'était engagé au service des Florentins, et Piccinino eut bientôt de nouvelles occasions de le combattre : il le fit avec peu de succès dans la Lunigiane, au printemps de l'année 1437. Mais il s'en vengea sur les Vénitiens, commandés par le marquis de Mantoue : il les défit sur les bords de l'Adda , le 20 mars et le 20 septembre. Sforza seul pouvait disputer la victoire à Piccinino : tout autre général succom- bait à son ascendant. Le 21 mai 1438, Nicolas Piccinino enleva la ville de Bologne au pape Eugène IV, avec lequel le duc de Milan était alors en paix. Il fit de mème révolter toute la Romagne : Imola , Forli, Faenza et Ravenne se soumirent à lui. Il enleva CasalMaggiore aux Vénitiens, ravagea le territoire de Brescia, et mit le siège devant cette ville. Gattamelata avait été envoyé pour la délivrer il le battit, dévasta le Véronèse et le Vicentin , et réduisit toute cette province à son obéissance. Le comte François Sforza, appelé par les Vénitiens et les Florentins du royaume de Naples, ne put l'empècher de détruire la flotte que les Vénitiens avaient fait construire sur le lac le Garda. Cependant ce général , l'ayant surpris le 9 novembre 1439 au château de Ten , dans la vallée de Lodrone, dispersa sbn armée ; Piccinino luimême aurait été fait prisonnier, si un paysan ne l'avait emporté dans un sac sur ses épaules au travers de l'armée ennemie. François Sforza, ne sachant où il était , pressait le siége du château de Ten , espérant l'y faire prisonnier, lorsqu'il apprit que ce général , rassemblant les soldats échappés à sa défaite, s'était emparé de Vérone par escalade. Cependant une forteresse dans cette ville , le château de StFélix , était demeurée entre les mains des Vénitiens. François Sforza y entra dans la nuit du 20 novembre : il attaqua vigoureusement Piccinino , et après lui avoir tué beaucoup de monde, il le contraignit à sortir de Vérone. Piccinino continua cependant le siége de Brescia ; et il en confia le commandement au marquis de Mantoue , lorsqu'en 1440 le duc de Milan le chargea d'envahir la Toscane. Cette expédition ne fut pas heureuse : il fut battu à Anghiari le 29 juin par les troupes des Florentins qu'il avait trop méprisées. Machiavel cite cette bataille en preuve de la mollesse avec laquelle se faisait alors la guerre. Il assure que, dans un combat de quatre heures, où une grande armée fut mise dans une entière déroute , il ne périt qu'un seul homme, encore étaitce pour avoir été jeté par terre et ensuite foulé sous les pieds des chevaux. Après sa défaite, Piccinino revint én Lombardie, et ses soldats, dépouillés par les vainqueurs de leurs chevaux et de leurs armes, le suivirent presque tous à pied. Le duc de Milan épuisa son trésor pour les équiper de nouveau, et, dès le 13 février 1441 , Piccinino ouvrit la campagne avec 8,000 chevaux et 3,000 fantassins. En peu de temps il s'empara de toutes les forteresses du Bressan et du Bergamasque, et le 25 juin il remporta un avantage signalé sur le comte François Sforza , son constant adversaire. Mais pendant ce temps même, Piccinino traitait avec le duc de Milan, son maître, pour obtenir de lui, en récompense de ses services, une souveraineté à laquelle d'autres généraux s'étaient élevés avant lui par la mème voie. Il lui demandait la seigneurie de Plaisance, et comme Visconti n'avait point de fils ou d'héritiers naturels, il croyait pouvoir l'engager plus aisément à démembrer son héritage. D'autres généraux du duc formaient, dans le même temps, des prétentions semblables : celuici, impatienté de leurs instances, préféra traiter avec son ennemi. Il offrit en mariage au comte Sforza Blanche, sa fille naturelle, avec deux villes pour dot, et un espoir éloigné de lui succéder. Cette négociation secrète fut poursuivie au milieu des armes la trêve fut publiée inopinément le 3 août 1441. Piccinino, quoique déchu par là de ses espéran- ces, s'empressa de rendre au comte Sforza une visite solennelle, témoignage éclatant de la haute estime que ces deux grands hommes conservaient l'un pour l'autre. Mais, malgré son alliance avec Sforza , le duc de Milan revint bientôt au désir d'abaisser ce puissant général , déjà souverain de la Marche d'Ancône, et dès l'année suivante il chargea Piccinni° de recommencer la guerre contre lui. Ce général se rendit à Bologne , dont la souveraineté lui était restée dès l'an 1438, et de là , tombant à l'improviste sur la Marche d'An- cône, il enleva Todi au comte Sforza, entra dans Assise le 30 novembre par un aqueduc, et livra cette ville au pillage. L'année suivante, il étendit ses conquêtes dans la Marche, secondé par le roi Alphonse de Naples, qui, à cette époque, l'adopta dans la maison royale d'Aragon , et lui permit d'en prendre le nom et les armes. Il avait d.e même été adopté par le duc de Milan dans la maison Visconti, et cet honneur avait déjà été accordé dans ce siècle à d'autres généraux. Mais la carrière de Piccinino, si brillante dans son milieu , devait être marquée par des revers à son commencement et à sa fin. Bologne se révolta contre lui le 5 juin 1443 , et son fils François y fut fait prisonnier. Le 8 novembre de la même année, Piccinni° fut forcé dans ses retranchements par le comte Sforza , à Monteloro , près de Rimini , et son armée fut mise en déroute. Il laissa à son fils, qu'il avait racheté, le soin de la rassembler de nouveau , et il se rendit à Milan, où le duc l'invitait à son conseil. Il y reçut la nouvelle que cette seconde armée, qui était cam- pée devant Fermo, avait été attaquée et mise en fuite par le comte Sforza le 19 août 1444, et que tion fils était de nouveau prisonnier. Frappé de cette suite de revers , il tomba malade de douleur, et mourut le 15 octobre 1444. Ses fils, François et Jacques, héritèrent du commandement de son armée, qui conservait encore l'ancien esprit de Braccio de Montone, et s'honorait de porter son nom. L'esprit de Braccio avait aussi paru animer le général qu'il avait formé. Picci- nino se distinguait, comme lui, par uneactivité sans égale, par une vive rapidité dans ses mar- ches et ses attaques, et par une grande connaissance des lieux où il combattait. Mais sa valeur l'emporta souvent, et comptant trop sur la fortune, il lui donna, par sa témérité, plus d'une occasion de 1( trahir. S. SI.
  • Nicolas PICCINNI( 1728 - 1800) : musicien célèbre de la grande école d'Italie, naquit en 1728 à Ban, dans le royaume de Naples. Des dispositions trèsprécoces engagèrent son père à le placer au conservatoire de Sant' Onofrio, qui était dirigé alors par le fameux Leo. Le jeune Piccinni ne reçut d'abord de leçons que d'un maître subalterne, homme trèsmédiocre et fort entêté. L'élève se rebuta et se mit à travailler seul. Ce fut ainsi que, sous la seule inspiration de son génie, il composa une messe à l'âge de quinze ans. Leo la lit exécuter en sa présence et le réprimanda de cette audace. Mais, frappé en mème temps du germe de talent qui brillait dans cette composition informe, il se chargea luimême de l'instruction du compositeur. Leo mourut : Durante lui succéda. Piccinni lui inspira une affection particulière, « Les autres sont mes écoliers, disaitil, ,< mais celuici est mon fils. » Après avoir été présomptueux et téméraire dans son adolescence, Piccinni devint d'une circonspection excessive. Il prolongea volontairement ses études au conservatoire jusqu'à la douzième année. Il débuta dans la carrière dramatique en 175k par un opéra bu/ a sur le théâtre de StCharles, à Naples. Ce ne fut que deux ans après qu'il donna sa Zénobie, première tragédie lyrique où il rit l'essai de ses forces. Cet essai fut trèsheureux et décida de sa vocation. C'était peu de chose encore cepen- dant auprès du succès qui l'attendait à Rome. On y joua en 1760 sa fameuse Cecchina, plus connue chez nous sous le nom de la Bonne Fille. La tète en tourna à toute l'Italie; on en cite des traits presque incroyables. Contre l'usage commun, un homme distingué avait fourni le poème c'était Goldoni. La Cecchina méritait l'attention des amateurs en ce qu'elle offrait le premier modèle de ces grands morceaux d'ensemble ap- pelés liliales, genre porté si haut depuis par Cimarosa et bien plus encore par Mozart. Piccinni ajouta bientôt à sa réputation par son Olympiade: I il avait à lutter contre le souvenir de la musique de Pergolèse et de Jomelli ; il en triompha com- piétement. Depuis quinze ans, il était l'idole des Romains, lorsque l'envie lui suscita un rivai, et, bientôt nié/Ille voulut lui imposer un maitre. On refusa un de ses ouvrages pour faire place à un opéra d'Anfossi. Affligé de tant d'ingratitude , Piccinni revint à Naples, où la faveur constante du public lui promettait des jours heureux, quand il reçut des propositions qui influèrent sur le reste de sou existence. M. de Laborde, valet de chambre de Louis XV et grand amateur de musique, avait fait des offres séduisantes au compositeur napolitain, et celuici était sur le point de les accepter, lorsque le roi mourut. Le marquis de Caraccioli obtint de la nouvelle reine la permission de renouer cette négociation; et Piccinni, dans l'espoir d'être utile à sa nombreuse famille, quitta l'Italie, où il laissait une renommée acquise par cent trente ouvrages, tant sérieux que comiques. Àrrivé à Paris dans les derniers jours de l'an 1776, il fut logé rue StHonoré en face de la maison où demeurait Marmontel. Cet académicien se chargea d'apprendre le français à l'artiste italien qui n'en savait pas un mot. Il avait déjà formé le projet de lui faire mettre en musique six opéras de Quinault qu'il avait retouchés ou marmontélisés, comme le disaient les plaisants de l'époque. Le poème de Roland servit aux premières études de Piccinni. Chaque mot y était chargé des signes prosodiques usités pour les langues anciennes. Marmontel soutenait trèssérieusement qu'il ferait à volonté des dactyles, des spondées, des anapestes dans ses vers pour les rendre plus propres au rhythme musical. C'est ainsi que syllabe à syllabe, pour ainsi dire, il guida le musicien dans la composition de Roland, le premier de leurs ouvrages. Ils éprouvèrent beaucoup de peine à le faire représenter. C'était au commencement de 1778. L'illustre chevalier Gluck, qui venait de donner Armide, était alors dans toute sa gloire. Ses admirateurs, au premier rang des-. quels figurait tout le personnel de l'Opéra s' en quelque sorte, qu'un Italien osât se produire dans une carrière couverte des trophées du régénérateur de la scène lyrique. Les répétitions de Roland furent si orageuses, que Piccinni tomba dans le désespoir : le succès ne lui en parut que plus doux. Il acheva d'oublier toutes ses peines quand la reine MarieAntoinette daigna le choisir pour son maître de chant. Protectrice éclairée des arts-, cette princesse, qui avait hautement rendu justice au génie créateur de Gluck, témoigna le désir de voir cesser la division qui avait éclaté entre l'auteur d'Armide et celui de Roland, ou du moins entre leurs admirateurs. La réconciliation se fit dans un souper ; ce qui n'empêcha point les hostilités de recommencer dès le lendemain avec une nouvelle vigueur. Tout Paris prit une part. si active à cette guerre musicale, qu'il n'y a nulle exagération à dire que la société n'a pas ëté plus violemment agitée depuis par les opinions politiques, du moins quant à la multitude des pamphlets et à la virulence des diatribes. La fureur des deux partis fut portée au comble lorsque Piccinni, égaré par de mauvais conseils, donna son Iphigénie en Tau- ride au moment même où celle de Gluck mettait le sceau à la gloire de ce génie sublime. Mais ce fut à cette époque même qu'il quitta la France. Piccinni s'y serait alors vu sans rivaux , si son compatriote Sacchini ne fùt arrivé. Leurs ouvrages se croisèrent, sans rallumer néanmoins la guerre d'où l'on sortait à peine. Piccinni donna successivement : Atys, Didon, Diane a Endymion et Pénélope. Il avait consacré dans l'intervalle quelques instants de loisir à h composition de deux opéras comiques : le Dormeur éveillé et le ; aux lord. Nommé depuis 1782 directeur de l'école royale de chant, il semblait chercher le repos dans les fonctions de cette place, lorsque la révolution le priva de ses traitements et de ses pensions. Il prit la France en dégoût et revint à Naples en 1791. L'accueil plein de bonté que lui fit le roi son souverain lui promettait des jours heureux; mais il eut la maladresse de mani- fester des opinions révolutionnaires qu'il avait puisées à Paris. La disgrâce la plus complète en fut la conséquence immédiate. Après plusieurs années traînées dans l'abandon et l'indigence, il obtint un passeport pour Venise, et il en profita pour revenir en France : c'était vers la fin de 1799. Le directoire ne lui accorda qu'avec peine un traitement médiocre. Sa santé dépérit rapidement et. il mourut paralytique à Passy le 7 niai 1800. — Piccinni a laissé plus de cent cinquante ouvrages dramatiques de divers genres : bidon est celui qui est resté le plus longtemps au théâtre. I Son caractère dominant est une mélodie touchante, un style clair et facile, une grande élégance de formes, mais quelquefois aussi un manque de nerf et de couleur. C'est à ce dernier défaut qu'il faut attribuer la froideur qui nuit à l'effet de la représentation théàtrale. Ce fut un malheur pour Piccinni d'être tombé en arrivant en France sous la tutelle d'un homme aussi étranger à ce qu'exige l'art musical , ou plutôt aussi barbare sous ce rapport que Marmcintel. Les critiques outrées, les grossières invectives dont cet académicien accabla l'immortel Gluck, tant en prose qu'en vers, attestent assez qu'on ne le calomnie pas ici. Laharpe était de la même force et en a laissé les mêmes preuves. Ces hommes et d'autres d'aussi mauvais conseil dominèrent Piccinni , tandis que le màle génie de son rival maîtrisait les poètes qu'il admit à travailler avec lui et faisait la loi au public luimème. Ginguené a donné une Notice sur la rie et les ouvrages de Piccinni, Paris, an 9 de 144 pages
  • Nicolas PISANI : amiral vénitien du 14e siècle, né d'une famille illustre , fut destiné à la marine au temps où la navigation des Vénitiens était à son plus haut point de prospérité. Leur commerce dans la mer Noire , la Grèce , l'Asie et l'Egypte apportait chaque jour d'immenses richesses dans leur patrie, et une population nombreuse dans toutes les ?les de la Lagune et sur toutes les côtes qui l'entourent ne vivait que de la mer. Les Génois seuls pouvaient disputer aux Vénitiens l'empire de la Méditerranée. De là leur rivalité et les guerres fréquentes et acharnées qui s'allumèrent entre ces deux peuples. Ce fut dans la troisième de ces guerres, de 1350 à 1355, que Pisani acquit une grande célébrité. Les historiens vénitiens, se bornant à cette époque à consigner dans leurs chroniques les événements publics, n'apprennent rien sur Pisani avant ou après cette troisième guerre. Dès le commencement des hostilités, Nicolas fut chargé de commander une flotte de vingt galères qu'il conduisit dans les mers de la Grèce. Après avoir laissé plusieurs vaisseaux dans le port de Chalcis et l'fle d'Eubée, il vint à Constantinople pour y négocier une alliance entre sa république et l'empereur grec. Il y donna rendezvous à toutes les galères vénitiennes éparses dans les mers du Levant, et il se forma ainsi une seconde flotte de 32 galères avec laquelle il alla débloquer la première que l'amiral génois assiégeait à Chalcis. Il réunit en même temps sous son pavillon de nouveaux renforts qui lui étaient envoyés par les Vénitiens et les Aragonais, leurs alliés, et le 13 février 1352 il vint avec une flotte de 70 galères attaquer Paganino Doria, qui, avec 61 galères, occupait l'ouvert ure du Bosphore de Thrace. Aucune bataille navale ne fut jamais signalée par plus de dangers et plus de bravoure d'une et d'autre part. La tempête qui s'éleva pendant le combat, les écueils dont sont semées ces mers étroites et la nuit la plus noire qui enveloppa les deux flottes pendant qu'elles étaient aux prises, au lieu d'effrayer les combattants, semblaient redoubler leur rage. Le matin qui suivit cette nuit épouvantable, Nicolas Pisani , qui se sentit le plus faible , sortit avant le point du jour de la baie de StPhocas , où il était en présence de l'ennemi, et il se retira dans le port de Thérapée après avoir perdu 26 galères et près de4,000 hommes mais il avait causé à l'ennemi un dommage qui égalait presque le sien. Les Vénitiens ne vou- (u Voy. la Notice sur une médaille de Philippe- Marie Vis- conti, duc de Milan, par 'Paon d'Annecy, Paris, 1816 p. 31. Noyez aussi le Museum Mazzlichdlianurn, où se trouve, entre autres, le médaillon de Leonello , marquis d'Este, avec la date de 1444, et le nom du graveur. lurent point convenir que le combat du Bosphore fût une défaite ils continuèrent le commandement à Nicolas Pisani : ils rétablirent sa flotte, et, avant la fin de la campagne suivante, cet amiral fut vengé de cet échec le 29 août 1353, devant la pointe de la Loiera en Sardaigne, où Sa flotte, forte de 70 galères, attaqua celle de Grimaldi, qui n'en comptait que 52. Malgré leur valeur, les Génois succombèrent au nombre. Pisani leur prit ou leur coula à fond 33 galères. Il conduisit en 1354 sa flotte en Sardaigne; mais rappelé par ses compatriotes que Paganino Doria menaçait, il alla chercher cet amiral dans les mers de la Grèce avec 35 galères. Ne l'ayant point trouvé, il relâcha dans PortoLongo, près de Modon, pour faire radouber une partie de ses vaisseaux, tandis qu'il s'était embossé avec l'autre à l'entrée du port. Dans cette position , la témérité de son adversaire et sa propre présomption le perdirent. Il laissa entrer dans le port, dont il gardait l'ouverture, une partie de la flotte génoise. Elle lui paraissait marcher à une perte certaine mais ses vaisseaux, au fond du port, ayant été surpris et brûlés , il se vit bientôt entouré, et ses matelots, frappés d'une terreur panique, refusèrent de combattre. Il fut fait prisonnier avec sa flotte tout entière le 3 novembre 1354 : pas un vaisseau et pas un homme n'échappèrent ; et Pisani , conduit à Gènes, orna le triomphe de Son vainqueur. Quand les deux républiques Cirent la paix, au mois de mai de l'année suivante, Nicolas fut relâché , et il termina ses jours dans l'obscurité
  • Nicolas PITAU( 1633 - 1724) : graveur au burin, naquit à Anvers en 1633 environ. Quelques personnes le font naître à Paris ; mais cette assertion n'est appuyée d'aucune preuve. Son père , nommé Jacques, lui enseigna les éléments de la gravure, cultivait luimême avec quelque succès. Il parait que c'est vers 1660 que Nicolas vint à Paris. La manière qu'il adopta fut celle de Jean Poilly ; mais il sut donner à ses tailles un style Plus mâle et une plus grande vigueur. Le talent supérieur avec lequel il grava plusieurs sujets donna de lui la plus haute idée. Mais c'est surtout dans la Ste - Famille que Raphaël avait peinte pour François I", et qui est le plus bel ornement du musée du Louvre , que Pitau mit le comble à sa réputation. Cette gravure, dit « Watelet, dans son Dictionnaire des beaux- arts, « est un chefd'oeuvre pour la beauté de l'outil, « la pureté du dessin, la vigueur et la justesse « de l'effet. Le caractère de Raphaël n'a peut-« être jamais été mieux saisi dans aucune es- « tampe. L'amateur qui la préférerait au même « tableau gravé par Edelinck pourrait donner « des raisons plausibles de son choix. » Une des qualités distinctives de ce bel ouvrage, c'est le sentiment de la couleur qui y domine et qui prouve que Raphaël était dans le cas de donner des leçons aux artistes même dans cette partie de son art. Parmi les ouvrages assez nombreux que l'on doit au burin de Pitau, on distingue une suite de seize portraits, au nombre desquels les plus remarquables sont ceux de StFrançois de Sales, d'Olivier Cromwell, de StVincent de Paul, de Colbert; un portrait anonyme d'un homme à micorps, avec des médailles au bas. Les sujets historiques qu'il a gravés d'après différents maitres sont au nombre de douze, et s'ils ne s'élèvent pas à la même hauteur que sa Ste- Fa- mille, ils suffiraient pour faire la réputation d'un autre artiste. On peut voir le détail de ces divers ouvrages dans le Manuel des amateurs de l'art d'Huber et Rost. Pitau mourut à Paris en I 72i, selon Basan, et en 1676, suivant Watelet. Cette dernière date parait être la plus exacte; car depuis 1670, on ne voit aucune estampe de cet artiste. — Son fils, Nicolas PITAU cultiva également la gravure. Le seul morceau authentique que l'on connaisse de lui est le portrait du comte de Toulouse, (l'après Gobert, au bas duquel il a mis : Nie. Pilait junior sc. On peut présumer que c'est à lui que doit s'appliquer l'année 17%, indiquée par Basan comme étant l'époque de la mort de son père
  • Nicolas PITIPOFF( 1800 - 1850) : général et littérateur petitrussien , né près de Pultava vers 1800, mort en 1850 dans le Caucase. Après avoir fait ses premières armes sous Yermoloff contre les Tcherkesses, dans les années 1825 et 1826, il servit en Arménie sous Paskewitch contre les Persans. Pendant les guerres de Pologne il ne joua qu'un rôle secondaire, mais dès l'apparition de Chamyl, en 1835 , Pitipofl' fut renvoyé dans le Caucase comme hetman des Cosaques tchernomoriens ou de la mer Noire. Plus tard il fut placé à la tète de ceux du Don. Comme tel il mourut dans la campagne de 1850. Pitipoff a traduit dans le dialecte petitrussien , le plus gracieux de tous les dialectes russes 1° Choix des Harmonies et Méditations de Lamartine, vers 1833 ; 2° Choix des Odes et ballades de Victor Hugo, 1840 ; 3° Choix des Orientales et Chants du crépuscule, de Victor Hugo, 1845; 4° Choix de chansons de Schiller, Goethe , Coleridge, Thonzas Moore, etc., 1847 ; 5° Poésies originales en dialecte petit- russien, etc
  • Nicolas PORPORA( 1685 - 1767) : surnommé le Patriarche de l'harmonie, naquit à Naples en 1685. Il devint en peu de temps l'élève le plus distingué du célèbre Scarlatti. Dès qu'il se sentit en état de faire usage des leçons de ce grand maître, il entreprit de voyager. Son opéra d'Ariane, qui eut le plus I grand succès à Vienne, le fit bientôt connaître si avantageusement qu'il fut demandé à la fois par les théâtres de Londres et de Venise. Il n'avait pas trentesix ans qu'il avait déjà composé plus de cinquante opéras. La cour de Saxe, qui a toujours accordé une protection éclatante à l'art musical , offrit à Porpora la direction de la chapelle et du théâtre de Dresde. Les princesses voulurent recevoir de ses leçons, et ses succès dans tous les genres furent tels que Hasse luimême ne put dissimuler la jalousie qu'il en ressentait. Porpora acheva de le désespérer en faisant disputer et même enlever la palme du chant à la cantatrice Faustina, sa femme, par une jeune Italienne, nommée Mengotti, qu'il s'était plu à former. Porpora fut invité à se rendre une seconde fois à Londres par les amateurs de la musique italienne. Mais il y trouva un illustre rival qui, indépendamment de son génie, avait pour lui l'opinion publique. Malgré les efforts que fit le fameux chanteur Farinelli pour assurer le triomphe de la musique de Porpora , dont il se glorifiait d'être l'élève, les Anglais se pronon- cèrent pour Haendel leur idole. Cet échec sem- Na refroidir le zèle du compositeur italien pour le théâtre, et il se mit à cultiver un genre tout nouveau pour lui. Il publia des sonates de violon qui réunirent les suffrages des connaisseurs. Porpora était regardé comme un des premiers clavecinistes de son temps : c'était aussi un homme d'esprit ; on cite plusieurs mots qui le prouvent. Des moines lui vantaient avec enthousiasme les vertus et la piété *de leur organiste : « Je vois, « répondit Porpora , que cet homme accomplit à « la lettre le précepte de l'Evangile, car sa main « gauche ne sait pas ce que fait la droite. » Tous les ouvrages que Porpora composa pour le théâtre sont tombés dans l'oubli ; mais on conserve, aux archives de la Pietà à Naples, plusieurs morceaux de musique sacrée qui attestent le beau génie et la belle manière de ce maitre. Il avait connu la richesse ; ses libéralités sans bornes le réduisirent, dans sa vieillesse, à un état voisin de l'indigence. Il mourut à Naples en 1767, âgé de 89
  • Nicolas POTIER DE BLANCMESNIL( 1541 - 1635) : président au parlement de Paris , était né dans cette ville en 1541, d'une ancienne famille de robe. Jacques Potier, son père, conseiller au parlement, avait mérité les éloges du chancelier de Lhospi-, tal et du célèbre Bodin , qui , dans son Traité de la république, le cite comme un modèle de dés téressement et de fermeté. Nicolas se montra digne de marcher sur les traces d'un tel père. Nommé conseiller en 156, il fut pourvu trois ans après de la charge de maître des requètes et enfin en 1578 de celle de président à mortier. Il resta constamment fidèle à ses devoirs. Aussi, pendant les troubles de la Ligue, futil en butte aux persécutions. Arrêté d'abord par BussyleClerc , le chef des Seize, et conduit à la Bastille avec les membres les plus distingués du parlement, il fut relâché quelques jours après; mais quand Henri IV se fut rendu maitre des faubourgs de Paris, quelques ligueurs, ayant remarqué que le président Potier avait le visage plus riant que de coutume, l'arrêtèrent de nouveau, et commencèrent à lui faire son procès comme suspect et attaché au Béarnais . Il allait être pendu lorsque Mayenne, qui conservait pour ce magistrat une vénération que l'on ne pouvait refuser à sa vertu , le tira luimême de prison; alors Potier, se jetant aux pieds du duc, lui dit : « gneur, je vous ai obligation de la vie; mais « j'ose vous demander un plus grand bienfait, « c'est de me permettre de me retirer auprès de « mon légitime roi je vous reconnaîtrai toute « ma vie pour mon bienfaiteur ; mais je ne vous servir comme mon maître. » Le duc de Mayenne, touché jusqu'aux larmes, le releva, l'embrassa et lui permit de se rendre auprès de Henri IV. Potier fut nommé président de la chambre du parlement établie à Chàlons, et il continua de donner des preuves de sa fidélité et de son dévouement pendant tout le règne de ce prince. Son fils aîné , l'évêque de Beauvais , étant venu le trouver aux Augustins, où le parlement siégeait alors et où il présidait la grand'chambre , pour l'entretenir du bruit qui courait dans la ville de l'assassinat du roi , le pressait de profiter pour s'en aller d'un carrosse qu'il avait amené, le président Potier, élevant la voix, répondit à son fils que l'Etat et la patrie exigeaient de lui de ne pas s'éloigner dans cette occasion , mais de mourir s'il était nécessaire pour assurer l'obéissance due au fils de Henri IV, et il exhorta les autres membres du parlement à ne pas quitter leurs siéges. La reine Marie de Médicis récompensa Potier de ses services en l'honorant du titre de son chancelier. Il mourut le ler juin 1635, à l'àg,e de 94 ans, ayant conservé jusqu'au bout le libre exercice de toutes ses facultés. Il avait eu plusieurs enfants. Les seuls qu'on doive citer sont : René POTIER, mort évêque de Beauvais en 1616, et Augustin POTIER, qui lui succéda dans cette dignité. Augustin était à Rome lors de la mort de son frère et y fut sacré dans l'église de StLouis des Fran-çais. Il obtint depuis toute la confiance d'Anne d'Autriche, qui l'avait nommé son grand aumônier la reine , déclarée régente du royaume, eut la pensée de faire de cet évêque un ministre ; mais il n'avait pas la connaissance des affaires et était hors d'état de l'acquérir. Il ne doutait de rien, décidait, tranchait avec la légèreté de l'ignorance. La France, disaitil, n'est pas plus difficile à gouverner qu'un diocèse. Il signifia un jour à l'ambassadeur des ProvincesUnies que les Hollandais ne devaient plus compter sur le secours de la France, à moins qu'ils ne se fissent catholiques. Il fut bientôt renvoyé dans son évêché, privé de l'espoir du cardinalat dont on l'avait flatté, et mourut le 19 juin 1650, dans son château de Bresle. Le portrait de ce prélat a été gravé par Rousselet, grand
  • Nicolas POTIER DE NOVION( 1618 - 1697) : de la même famille que le vertueux Blancinesnil, naquit en 1618 et fut destiné par son père à suivre la carrière de la magistrature. Nommé cônseiller en 1637 et président en 1645 , il soutint avec chaleur les droits du parlement contre la cour, et joua un rôle dans les troubles de la Fronde, où il fut arrêté avec Broussel ; l'on fut forcé ensuite de le mettre en liberté. Le président de Novion finit par faire sa paix avec le cardinal Mazarin, rendit un arrêt sanglant contre les ennemis du ministre et fut récompensé de sa docilité par la place de secrétaire des ordres. Appelé eii 1678 à la première présidence du parlement, il ne tarda pas d'abuser de l'autorité qu'il avait sur cette compagnie. « On s'aperçut, dit StSi-, gouverneur de « Paris, qui pria le roi de permettre que Novion « pût donner sa démission » . Novion avait été élu membre de l'Académie française après la mort d'Olivier Patru. Ses talents et son élo- quence le rendaient digne de cet honneur : il tenta vainement d'empècher un éclat dans l'af- e faire de Furetière avec l'Académie au sujet du dictionnaire . Après son exclusion du parlement, il se retira dans sa maison de P Grignon, où il mourut le 1" septembre 1697, à I l'âge de 75 ans. — André POTIER DE Novioiv, son petitfils, reçu président au parlement en 1689, remplaça de Mesmes dans la première présidence en décembre 1723. « Il n'avait rien de son aïeul, « dit Duclos; moins éclairé , mais trèshonnête, « fort instruit de la procédure et peu de la juris-« prudence, avec moins de paresse, il eût été un « excellent procureur : il fut un trèsmauvais « premier président. Brusque, sauvage, inabor- « dable, il se sauvait du palais et des affaires « pour aller dans son ancien quartier causer « dans la boutique d'un charron , son voisin et « son ami particulier. » Avec ce caractère , Novion s'ennuya bientôt de la contrainte du palais; il donna sa démission en 1711 et se relira dans sa terre de Grignon, où il mourut le 22 septembre 1731, à l'àge de 72 ans. On lui attribue, du moins en partie, le Mémoire pour le parlement contre les ducs et pairs, présenté à Mgr le duc d'Orléans, régent, ouvrage plein de méchanceté et souvent de mauvaise foi
  • Nicolas PSAUME( 1518) : en latin Psahneus, pieux et savant prélat, né en 1518 à ChaumontsurAire, dans le Barrois, était fils d'un pauvre laboureur. Il fut élevé par les soins d'un oncle, qui, voyant en lui de véritables dispositions, lui fit continuer ses études dans les universités de Paris, d'Orléans et de Poitiers, et lui résigna en 1538 son abbaye de StPaul de Verdun. Deux ans après, Psaume embrassa la règle des Prémontrés; ayant été ordonné prêtre, il revint à Paris faire un cours de théologie et soutint plusieurs thèses qui commencèrent sa réputation. Au chapitre général de la congrégation, il réunit la majorité des suffrages pour la place de supérieur ; mais il ne fut point confirmé dans cette dignité, par suite de quelques intrigues. Il alla peu de temps après à Rome solliciter la canonisation de StNorbert et à son retour il passa par Trente, où le concile venait d'être convoqué : il fit part à cette assemblée des mesures qu'il jugeait les plus propres à arrêter le relâchement de la discipline dans les communautés religieuses. En 1548 , le cardinal de Lorraine, qui connaissait les talents de Psaume, lui donna l'évêché de Verdun , privé depuis longtemps d'un pasteur. Psaume assista l'année suivante au synode de Trèves, et, en 1550, il fut député au concile de Trente, où il prononça deux discours, l'un sur l'abus des bénéfices possédés en commende et l'autre sur les droits des évêques , dont il montra l'institution divine dans la personne des apôtres. Ce fut alors, diton , que les réflexions de quelques prélats italiens provoquèrent la fameuse réponse de Danes ; d'autres auteurs attribuent cette réponse à Psaume luimême. Les besoins de son diocèse l'obligèrent d'y revenir à la fin de la session , et il ne négligea rien pour le préserver de l'hérésie. L'empereur CharlesQuint ayant assiégé Metz en 1552, les habitants de Verdun effrayés résolurent :le rétablir et d'augmenter les fortifications de cette ville. Leur évêque donna dans cette circonstance l'exemple des sacrifices pécuniaires et se mit luimême à la tète des travailleurs, portant, comme un simple ouvrier, des matériaux dans une hotte. La démolition de l'antique abbaye de StPaul, située sous les remparts , ayant été jugée nécessaire à la défense de la ville, il y donna son consentement, quoique à regret, et la fit reconstruire à ses frais dans l'endroit où naguère elle subsistait encore. Rien n'égalait le zèle et la vigilance de ce prélat : il déjoua tous les projets des séditieux et sut les contraindre enfin à respecter le calme dont jouissait son diocèse. Les fauteurs de l'hérésie ayant tenté de surprendre Verdun dans la nuit du 2 au 3 septembre 156e, Psaume prit si bien ses mesures qu'ils furent repoussés avec perte d'un grand nombre des leurs. Il retourna la mème année avec le cardinal de Lorraine au concile de Trente et fut nominé secrétaire de la congrégation chargée de présenter les décrets sur la réforme des évêques. Après la clôture du concile, il se hâta de revenir dans son diocèse pour remédier aux désordres qui s'y étaient introduits pendant sou absence et y fit recevoir le concile, dont il publia les actes dans un recueil dédié au cardinal de Lorraine. Ce digne prélat mourut le 9 août 1575 et fut enterré dans son église cathédrale, où l'on voyait son tombeau décoré d'une épitaphe qu'il s'était composée. Outre des éditions des Statuts du synode de Trèves, des Actes du concile de Trente, du Missel et de quelques autres livres à l'usage de son diocèse, on a de lui 10 Exposition de la Messe, 1554; 2. Préservatifs contre les changements de religion, Verdun, 1563 3° le Vrai et naïf portrait de l'Eglise catho- lique, Reims , 1574 Medulla votorum et sententiarum Patrum concilii Tridentini super proe- cipuis materiis propositis in congregationibus ab adventu card. Lotharinginci cum episcopis Gallis ad finem concilii. Le journal des opérations du concile a été publié par Hugo , abbé d'Estival , dans le tome 1er du recueil intitulé Sacra antiqui- tatis monumenta, précédé d'une vie de l'auteur. D. Cahnet reproche à l'abbé d'Estival d'avoir retranché près de la moitié du manuscrit qu'on lui avait communiqué et que l'on conservait à l'ab- baye de StVannes . Quelques ouvrages de Nicolas Psaume sont restés manuscrits. On.peut consulter la vie de ce prélat dans l'Histoire de Verdun , p
  • Nicolas PUZOS( 1686) : célèbre accoucheur, naquit à Paris en 1686. Fils d'un ancien chirurgienmajor des armées, qui servait encore en cette qualité dans une compagnie de mousquetaires, il fut destiné à la même profession. Après avoir fait d'excellentes études et suivi un cours de philosophie à l'université de Paris, le jeune Puzos s'adonna tout entier aux travaux qu'exigeait son entrée dans la carrière médicale. De 1703 à 1709 , il servit dans les hôpitaux militaires, fit plusieurs campagnes et arriva au grade de chirurgien aidemajor. Au milieu des embarras et des occupations qui l'accablaient , il parvint à obtenir la maîtrise en chirurgie. Rendu ensuite à la vie civile , il trouva dans Clément , l'ancien ami de son père et le plus célèbre accoucheur de cette époque, un protecteur qui lui communiqua les premiers principes de l'art des accouchements et lui abandonna une partie de son immense clientèle. Puzos fit dans cette carrière des progrès rapides, et sa réputation devint considérable. Membre de l'académie de chirurgie dès la formation de cette compagnie, il en fut nommé vicedirecteur en 1741 et bientôt après directeur. Les fonctions de censeur royal pour les livres de chirurgie lui furent confiées à la mort de Petit, et en 1751, le roi lui accorda des lettres de noblesse. Ce praticien célèbre ne jouit pas longtemps des honneurs qui avaient été la récompense de trente ans d'exercice et d'efforts pour l'avancement de son art. Tombé malade en mars 1753, il mourut le 7 juin suivant. Puzos était actif , laborieux , infatigable. A l'académie de chirurgie, il se fit remarquer par la sagesse qu'il portait dans les discussions, par l'ardeur et la bonne foi avec lesquelles il recherchait la vérité, par l'empressement qu'il mettait à recueillir les bonnes observations. Il rendit à l'art des accouchements un important service en démontrant les avantages que l'on trouve, dans les pertes de sang survenues durant la grossesse , à perforer la membrane, à solliciter et à activer les douleurs; en un mot , à déterminer un accouchement naturel aussi prompt que le permettent les forces de la femme. Cette méthode, qui tient le juste milieu entre une inaction prolongée , presque constamment funeste, et une précipitation non moins dangereuse, permet souvent de sauver à la fois la mère et l'enfant : aussi estelle généralement adoptée par les meilleurs praticiens. Puzos donna des détails précieux alors sur les mouvements de la matrice , sur les conformations vicieuses du bassin, sur les moyens à employer soit pour rendre l'accouchement moins long et moins laborieux , soit pour extraire le placenta. On lui doit aussi des préceptes judicieux concernant la pratique du toucher. Sa vie ayant été presque exclusivement consacrée à la pratique, il n'a publié qu'un seul écrit : Mémoire sur les pertes de sang qui surviennent aux femmes grosses , sur le moyen de les arrêter , sans en venir à l'accouchement , Ikt sur la méthode de procéder à l'accouchement , dans les cas de nécessité, par une voie plus douce et plus sure que celle qu'on a coutume d'employe•. Ce travail est inséré dans le second volume des Mémoires de l'académie royale de chirurgie. Puzos avait consigné la plupart de ses remarques pratiques dans des cahiers recueillis après sa mort par MorissotDeslandes, qui les mit en ordre , les revit, les enrichit de notes et les fit imprimer sous ce titre : Traité des accouchements, contenant des observations importantes pour la pratique de cet art; deux petits Traités, l'un sur quelques maladies de la matrice et l'autre sur les maladies des enfants du premier ( ige; quatre Mémoires, dont le premier a pour objet les pertes de sang chez les femmes et les trois autres les dépôts laiteux, Paris, 1759 L'éditeur a enrichi ce livre d'une préface et de la traduction d'une dissertation de Grantz sur la rupture de la matrice
  • Nicolas POUSSIN( 1594) : naquit aux Andelys le ' 15 juin 1594 . Il était orignaire de Soissons et le fils de Jean Poussin, qui servit sous Charles IX, Henri III et Henri IV. Il montra de bonne heure un goût prononcé pour le dessin, et durant les leçons de latin qu'on lui avait d'abord fait donner il ne cessait de tracer des ligures sur les marges de ses livres ou sur les murs de la classe. Quentin Varin , peintre de Beauvais, eut le mérite de reconnaitre et de développer les dispositions du Poussin , en l'encourageant et lui donnant des soins. Le jeune élève apprit de lui, entre autres procédés , à peindre en détrempe avec d'autant plus de facilité qu'une conception vive , jointe à un sentiment juste des rapports, le portait à exprimer rapidement et avec un certain goût ce qu'il voyait et imaginait. La sphère de ses idées s'étendant , une imitation mécanique et servile ne pouvait lui suffire : il se rendit à dixhuit ans dans la capitale, à l'insu de son père. Recommandé par son seul talent, il trouva dans un jeune gentilhomme de Poitiers un amateur de peinture, qui l'accueillit et lui procura les moyens de s'instruire. Mais, dans la disette des peintres d'histoire, l'art, qui avait été importé d'Italie, dégénérait presque en naissant. Ni Jean Cousin ni Freminet n'avaient formé d'écoles. De l'atelier de Ferdinand Elle, de Malines, peintre de portraits , Poussin eut bientôt passé dans celui de Lallemand, peintre lorrain. Il n'y resta pas longtemps. Il fit, par le gentilhomme poitevin , une connaissance trèsutile, celle d'un mathématicien du roi aux galeries du Louvre, possesseur d'une belle collection de gravures d'après Raphaël et Jules Romain, et même de dessins originaux de ces deux maitres. La pureté de correction du premier et la fierté de dessin du second devinrent l'objet des études du Pous- Les actes de juin 1591 manquent dans les registres civils de la ville des Andelys. sin : ce fut véritablement là sa première école, 1 I. et la source où il puisa, suivant Bellori, le lait de la peinture et la vie de l'expression. Malheureusement, ayant cédé par reconnaissance aux promesses de son jeune protecteur, il l'accompagna dans le Poitou ; mais la mère du gentilhomme ne vit dans le peintre qu'un pur domestique, et , au lieu de travaux d'embellissement, Je Poussin fut chargé par la dame des soins éco- nomiques du château. Dégoûté de cet emploi, il repartit en parcourant la province. Il peignit des paysages pour le château de Clisson, une Baccha- nale pour le château du comte de Cheverny , et un St- Francois et un St- Charles Kmroulée pour les capucins de Blois. A son arri-ée à Paris , une maladie de fatigue et d'épuisement l'ayant rappelé dans sa ville natale pour ik'y rétablir, il ne reprit le chemin de la capitale u'avec le projet d'aller à Rome se perfectionner. Il tenta vainement deux fois ce voyage. La première fois, il parvint jusqu'à Florence ; mais c'était probablement avant les préparatifs ordon- leés en 16'20 par Côme II pour les fiançailles du une duc, époque à laquelle il eût pu être occupé Florence avec Jacques Stella, qui n'y vint point ntérieurement, comme le suppose Papillon de la erté. La deuxième fois, il ne dépassa pas Lyon, fJ, après avoir abandonné gaiement à la For- une , comme il le disait , son dernier écu , il resta usqu'à ce qu'il eût acquitté en tableaux une dette ontractée avec un marchand. Ce fut à son retour e Florence que, logeant à Paris , au collége de aon, il connut Philippe de Champaigne , qui vint demeurer et qui profita de ses conseils après voir quitté l'atelier de Lallemand. Ils furent employés ensemble sous un sieur Duchesne, autre artiste médiocre, chargé de diriger les travaux de peinture au Luxembourg. Mais la médiocrité jalouse ne les occupa guère l'un et l'autre, et surtout le premier, qu'a de petits ouvrages secondaires , ce qui laissait à peine ercer le mérite du Poussin. Ce grand peintre tait destiné à ne devoir son élévation qu'à lui- éme. Après son voyage de Lyon , ayant con- ' ouru en 1623 pour une suite de tableaux com- andés par le collége des jésuites à propos de la canonisation de leur fondateur, la grande habi- tude qu'il avait acquise dans la peinture en dé- trempe lui fit produire en moins d'une semaine ix tableaux, qui, sans être terminés dans les étails , furent préférés pour la grandeur des conceptions et la vivacité des expressions à ceux de ses concurrents. Ces peintures, où déjà brillait le génie poétique, attirèrent les regards du cavalier Marini, qui lui offrit un logement et l'occupa aux dessins de sujets tirés de son poëme d'Ado- nis. Quel que fût le dessein du Poussin de suivre Marini, qui retournait à Rome et eût voulu 0 l'emmener, il crut devoir terminer auparavant pour la corporation des orfévres un tableau de la Mort de la Vierge, destiné à l'église Notre- Dame de Paris. Enfin il entreprit pour la troisième fois le voyage de Rome, où il arriva au printemps de 1624. Poussin rejoignit à Rome Marini , mais ne put jouir longtemps du plaisir de visiter les monuments avec son ami. Le poëte en partant pour Naples , où il mourut , le recommanda , par l'entremise de Marcello Sacchetti, aux bonnes grâces du cardinal Barberini, neveu du pape Urbain VIII. Mais, par un nouveau contretemps, le prompt départ du cardi- nal pour ses légations de France et d'Espagne, laissa le Poussin à luimême, et la protection du légat lui valut seulement l'entrée du musée Barberin. Ainsi, l'homme de génie qui avait été présenté à la cour du prélat comme ayant una furia di diarolo fut contraint de donner deux tableaux de batailles pour quelques écus. La copie d'un Prophète, qu'il avait peint pour une trèsmodique somme, fut vendue par un artiste du pays à un prix double de l'original. Cependant, tandis que l'école du Guide, branche bâtarde de celle des Carrache, et qui ne s'est que trop longtemps propagée en Italie et en France, remplaçait l'école d'Annibal par de faux agréments ou une brillante facilité, et proscrivait son plus digne rejeton , Poussin , associé par l'infortune au sculpteur flamand François Duquesnoy, allait avec lui étudier les antiques et les modeler pour en enrichir ses tableaux : il se préparait à yenger le Dominiquin. L'Algarde, ami du Flamand, devint probablement celui du peintre français, qui a pu mesurer avec cet ami la statue d'Antinoüs, suivant ce que rapporte Félibien d'après un mémoire de Jean Dughet , sans qu'il faille induire d'une erreur de Bellori à ce sujet que les dessins donnés par celuici des mesures de cette statue soient inexacts. Poussin dut étudier surtout les belles formes d'enfants avec Duquesnoy, qui a excellé à cet égard dans ses figures entières comme l'Algarde dans ses basreliefs. L'un et l'autre cherchaient le bon goût de l'antique, en y associant quelquefois ou y ramenant les formes de la nature et celles même de l'art, d'après les conseils du Poussin. C'est dans cette vue qu'il considérait avec eux à la villa Ludovisi les Jeux d'enfants ou d'Amours du Titien , meilleur coloriste que dessinateur , sans les prendre servilement pour modèles. Il estimait beaucoup le faire de ce grand peintre, de même que sa manière de toucher le paysage, dont il a sans doute profité. Il craignait trop, disaitil, que le charme du coloris lui fit oublier ou négliger la pureté du dessin. Il s'attacha principalement aux beautés expressives, conçues comme l'objet particulier et général du dessin, et comme peignant par un trait vif et précis le langage de la pensée et du sentiment. De là cette disposition à rechercher dans l'antique ce beau idéal ou intellectuel et en même temps moral qui le portait à l'étude des sujets historiques les plus propres aux développements nobles et expressifs de la composition et du style. Quoique les figures antiques fussent regardées par lui comme la source des beautés où presque toutes celles de la nature avaient été fondues ou épuisées, elles n'offraient plus qu'un petit nombre d'attitudes et d'expressions déter - minées. 11 fallait les mettre en action, les diversifier, les disposer suivant les lieux, les temps, les moeurs, les usages, dans le vaste champ, soit profane, soit surtout sacré, que sa religiosité embrassait. 11 dut suppléer à ce qui lui manquait pour compléter l'étude agrandie de l'art. Dans cette vue, il méditait partout et observait dans les villas , dans les places, dans les églises de Rome; il notait sur ses tablettes toutes les actions qui l'intéressaient et le frappaient le plus. Il remarquait les effets de l'optique et des autres phénomènes dans la nature, comme ceux de l'art dans les monuments et dans les ouvrages des grands maîtres. 11 s'instruisait des théories de la perspective dans Matteo Zoccolini, de l'architecture dans Vitruve et Palladio, de la pe dans Alberti et Léonard de Vinci. Il étudiait l'anatomie, non plus seulement dans Vésale , niais dans les dissections de Nicolas Larche; le modèle vivant dans l'atelier du Dominiquin, et, pour l'élégance des formes, dans celui d'André Sacchi ; enfin les plus beaux traits de poésie et d'histoire dans Homère et Plutarque, et surtout dans la Bible. Ses études spéciales en peinture avaient principalement pour objet le caractère moral, et les affections de l'âme les plus propres à l'exprimer et à le développer. Pendant que les jeunes peintres allaient en foule copier à StGrégoire le Martyre de St- André du Guide , Poussin s'était attaché presque seul à celui du Dominiquin. Mais bientôt, ayant fait remarquer la force d'expression de ce tableau, il parvint à y ramener l'attention de la plupart des autres peintres. L'auteur, alors malade et qu'il ignorait vivre encore, l'apprenant, se fit transporter sur le lieu et embrassa comme ami celui qui rétablissait l'honneur de l'art en même temps que la mémoire de l'artiste méconnu. Un autre tableau, la Communion de St- Jérôme, fut, sinon présenté au Poussin comme de la vieille toile pour peindre dessus, du moins tiré par lui de l'espèce d'oubli où l'avait fait reléguer l'accusation de plagiat . Son mérite original fut, selon Fuesli, le sujet d'une leçon publique du Poussin, qui , assimilant ce tableau, ainsi que la Descente de la croix de Daniel de Volterre, à la Transfiguration de Raphaël, le proclama, comme on sait, l'un des trois chefsd'oeuvre de la pe Tout en préférant ouvertement le Dominiquin au Guide, la prudence et la modération du Poussin l'empêchèrent de prendre aucune part aux querelles des deux artistes rivaux. 11 louait dans les maîtres de chaque école ce qu'ils lui offraient d'estimable. Le Caravage était le seul qui lui partit dégrader la peinture par l'imitation affectée d'une nature vulgaire et basse, moins excusable encore en Italie qu'en Flandre. Cependant vers l'époque du retour du cardinallégat, soit instigation de la part d'Italiens jaloux, soit animadversion contre les Français, à cause du peu de succès de la légation, Poussin fut attaqué par des soldats près de MonteCavallo, en regagnant son logis. Il se para en vain de son portefeuille, et reçut un coup de sabre entre le Premier et le deuxième doigt. Depuis cet événement, notre peintre prit et ne quitta plus le costume romain. Echappé à cet accident, occasionné par l'habit français , il ne put éviter l'atteinte d'une maladie grave , qui fut peut-être causée par cette suite d'études, de courses et de travaux pénibles , et qui lui attira des soins plus qu'hospitaliers , dont les motifs ne pouvaient etre dus qu'a la considération et à l'estime. Il avait été recueilli dans sa maladie par l'honnête famille de Jacques Dughet, son compatriote, chez lequel il recouvra la santé. Poussin, par re- connaissance, épousa en 1629 une des filles de son hôte, AnnaMaria, qui l'avait soigné avec sa mère. Il n'en eut point d'enfants ; mais il adopta l'un des jeunes frères de sa femme, qui hérita de son nom comme de son talent pour le pay- sage . La dot, employée à l'acquisition d une petite maison sur le mont Pincio, d'où l'on jouissait des plus beaux aspects de Rouie, et qui avait à côté la maison de Salvator Rosa et en face celle de Claude Lorrain, ne tourna que plus tard au profit du peintre et à l'avantage de l'art. Plusieurs tableaux historiques lui furent d'abord commandés à l'arrivée du cardinal Barberini. Selon Bellori et Félibien, le premier dont on le chargea fut la Mort de Germanicus. Ce tableau , par la sévérité de la composition , la profonde affliction d'Agrippine, couverte d'un voile, l'attitude des chefs debout, la lance à la main, attentifs aux derniers mots du héros, l'apparition aux regards du mourant d'une ombre sous la draperie, levant un glaive vengeur, et dépeignant par cette allégorie les sentiments que la peinture ne peut exprimer, annonçait le grand talent de l'auteur pour la composition expressive et dramatique. L'allégorie cessait ainsi d'être accessoire : par le caractère moral qu'il lui donnait , elle devait devenir essentiellement historique comme dans le Corio- lan , où , en faisant apparaître le génie tutélaire de Rome avec la Fortune désolée et gisante derrière le groupe de la famille en pleurs, il découvre le noble motif qui désarme la vengeance du général romain. Le second sujet qu'il eut à traiter, et que Passeri dit être le premier, fut la Prise de Jérusalem, où le peintre se montrait déjà savant dans les usages et les costumes des anciens. Le cardinal ayant fait présent de ce tableau à l'ambassadeur impérial, le prince d'Echemberg, Poussin en composa un autre , qu'il enrichit de la pompe triomphale représentée dans les basreliefs de l'arc de Titus et qui fut aussi donné en présent. La protection du cardinal 13arberini valut encore à l'artiste français, par la bienveillance du commandeur Cassiona del Pozzo. d'être employé à peindre un grand tableau du Martyre de St- Erasme, pour être copié en mosaïque à la basilique de StPierre. Une telle faveur, accordée rarement aux étrangers, dut exciter la jalousie des nationaux, et ce tableau, qu'il exécuta dans la manière du Dominiquin, et qui eut pour pendant celui du Valentin , son ami et son compatriote, put lui attirer des ennemis ou des détracteurs. Passeri témoigne que le Poussin affirmait n'avoir reçu aucune récompense pour son tableau, soit par l'effet d'une disgrâce, soit par la malignité de l'intendant des travaux ; cependant, selon Torrigio, cité par Bonanni, le tableau lui aurait été payé cent écus romains. Quoi qu'il en soit , c'est là que parait s'être borné le petit nombre d'ouvrages dont il fut chargé par le gouvernement pontifical et pour le légat; mais ils lui valurent l'amitié particulière et constante du chevalier del Pozzo, de Turin, qui occupa ou recommanda son talent, et dont le cabinet lui fut ouvert pour ses études d'antiquités, ainsi que la bourse pour ses avances et ses besoins. Rarement peignitil dans la suite des tableaux d'une grande dimension , si ce n'est pour quelques églises ou galeries étrangères. L'Idole de Dagon tombant devant l'arche , ou la Peste des Philistins, qu'il exécuta en 1630 pour le sculpteur Matte°. moyenant soixante ou peut-être même quarante écus, en fut acheté mille dans la suite par le duc de Richelieu ; il contenait une multitude de figures renfermées dans un espace d'une médiocre étendue , mais assez grand pour y développer les scènes de terreur et de pitié par les circonstances tirées nonseulement de l'action, mais du lieu de l'événement. L'auteur parait y avoir eu en vue les anciens et Raphaël pour le style et l'expression. Mais il agrandit en maitre sa composition, en subordonnant ses expressions à son sujet, en y rattachant les épisodes et les accessoires dont il le fortifie et l'enrichit, en coordonnant de plus, dans les fonds et les sites dont il l'accompagne, la perspective locale, la teinte des ciels, la couleur des fabriques à l'intérêt de la scène. Si ces édifices, dans la ville idolâtre d'Azoth, se ressentent de l'étude des fabriques de Rome profane, l'effet total n'en rend que plus frappante la chute de l'idole superbe devant l'arche sacrée, et si le peintre a su pousser l'horreur jusqu'à faire sentir le dégoiàt qui naît de l'infection , à l'exemple de Raphaël , c'est du moins un homme du peuple, qui se bouche d'une main les narines et indique par ce signe ' la partie menacée; mais de l'autre main il écarte un enfant du sein empesté de la mère, action morale qui ennoblit son geste et qui ajoute à l'effet pathétique général. Nous nous sommes arrêté à quelquesuns de ces tableaux, qui, sans être encore les chefsd'oeuvre de leur auteur, manifestent le grand talent de réunion des qualités qui constituent le poëte moral et l'historien dramatique. La suite de la vie du Poussin, tout entier à son plan de travail , et pouvant changer de lieu et de sujet, mais jamais de vue ou d'objet , ne fit que les développer et les porter à un haut degré de perfection , ce qui nous dispense de nous étendre longuement sur le plus grand nombre de ses tableaux, répandus dans les cabinets et les musées ou décrits fréquemment dans les livres, et multipliés si diversement et tant de fois par les gravures. Les tableaux de chevalet surtout , tels que celui de la Peste des Philistins, offrant plus d'économie de temps et de moyens, et un champ plus convenable à la vivacité de conception et à la précision d'esprit de l'auteur, renfermaient aussi des poëmes entiers dans des cadres plus bornés, plus commodes à examiner, plus faciles à transporter et à reproduire ils furent vivement goûtés et propagèrent rapidement la réputation du Poussin. Des découvertes d'antiquités, en enrichississant l'art, telles que celle de la Noce dite aldobrandine, dont il fit des copies, l'attachaient de plus en plus à l'étude de l'antique, et la mosaïque de Palestrine, représentant des scènes d'Afrique exécutées par des artistes grecs , lui servit pour les fabriques de plusieurs de ses compositions; cela explique comment , pour contraster peut-être, il a introduit quelquefois dans l'Egypte ancienne des temples d'un goût grec, comme il a, par un motif analogue, employé des édifices du style romain dans des sites de la Grèce , ce qui semble moins disparate. Poussin , d'un caractère généreux et reconnaissant, dessina , conjointement avec Pietro Testa , pour le commandeur del Pozzo , dont le cabinet d'antiques et de médailles était à sa disposition , les vues principales des antiquités de Rome , faisant partie des nombreux volumes de cette collection. Il composa aussi pour lui, avec tout le soin préliminaire qu'il mettait à mo- deler, à grouper et à disposer ses figures, la première suite des Sept sacrements, conçus et traités avec toute la dignité, l'esprit et l'intérêt du sujet, quoique la proportion des figures soit inférieure à celle de trois palmes qu'offrait le précédent tableau. Cette composition vraiment religieuse, multipliée bientôt par le burin de Jean Dughet, son plus jeune beaufrère, et l'objet continuel des visites des voyageurs étrangers, acheva de porter au loin la réputation de son savant auteur. Il reçut des commandes pour Naples, pour l'Espagne, et fit pour le marquis Amédée , del Pozzo, à Turin, le Passage de la mer Rouge et l'Adoration du veau d'or, dont un second tableau I périt presque entièrement lors d'une révolution à Naples. Beaucoup de demandes lui furent faites pour la France : Major è longinquo reverentia. Il travailla pour la duchesse d'Aiguillon et pour le maréchal de Créqui. Ce fut à Rome et non à Lyon que Jacques Stella , étant à la suite de cet ambassadeur, se lia d'amitié avec Poussin et s'attacha même à lui comme peintre au point que plusieurs de ses tableaux, entre autres ceux d'une suite de la Passion, ont été attribués au Poussin et rangés dans l'ceuvre de ce maître au cabinet du Louvre. L'un et l'autre continuèrent à correspondre lorsque Stella, de retour à Paris, en 1637, fut logé au Louvre en qualité de peintre du roi, avec M. de Chanteloup, devenu maître d'hôtel de Sa Majesté , devenu aussi l'ami et même pour la vie le correspondant de notre artiste. Poussin fit un grand tableau pour la collection de M. de la Vrillière, secrétaire d'Etat, Camille renvoyant les enfants des Falisques, sujet qu'il traita aussi dans une moindre dimension. Un premier tableau du Frappement du rocher , dans cette dernière proportion, que l'on préférait, fut composé pour M. Gillier, , attaché à M. de Créqui , non pour Stella, qui en fit seulement l'objet de ses observations, comme on le verra au sujet de la secoude composition. Celui de la Manne suivit et fut exécuté pour M. de Chanteloup. En y travaillant, l'auteur écrivait à Stella s qu'il avait « trouvé une certaine distribution et certaines « attitudes qui faisaient voir dans le peuple hé- « breu , en même temps que la misère, la dou-« leur et la faim, la joie, l'admiration et la reconnaissance, toutes choses exprimées avec « un mélange de femmes, d'enfants et d'hommes d'âge et de tempérament différents , » etc. En effet, les circonstances diverses que l'historien ne peut rendre que successivement et que le peintre a su exprimer simultanément sans rompre l'unité de lieu y concourent différemment au sujet, comme les mouvements divers à l'unité d'action. Si l'antique, dont l'auteur était plein, lui a fait élever son sujet jusqu'à l'idéal, et si l'on croit voir qu'il retrace dans ses figures et ses groupes la Niobé, l'Antinoüs, les Lutteurs, Laocoon, Sénèq' ue, etc., on reconnaît aussi qu'il s'est approprié ses modèles en leur donnant la pose, l'expression et le mouvement convenables à l'action. Il a saisi l'esprit général plutôt que la lettre du texte. On découvre de plus dans ses figures nonseulement ce qu'elles font , mais ce qu'elles ressentent. Un homme grave et âgé, considérant l'action d'une femme qui prête son sein à sa mère en donnant seulement des larmes à son enfant , attire l'attention sur cet acte de piété extraordinaire. Ce trait parle ainsi à l'esprit et à l'âme; il fait à la fois compdtir et penser. Tel est le caractère général qu'on retrouve surtout dans les compositions dramatiques du Poussin, qui se distinguent par ce concours d'action si vrai et si naturel , et cet accord si beau du sentiment et de la réflexion , qui attache et qu'on partage et admire en même temps. Ce furent moins toutefois peut-être ces sujets touchants, mais sévères, devenus plus tard l'objet de savants entretiens, que les scènes mythologiques, telles qu'Arniide et Renaud, pour Jacques Stella, et plusieurs bacchanales, ainsi qu'un Triomphe de Neptune, pour le cardinal de Richelieu, exécutés dans un style plus conforme à la mollesse ou à la gaieté du sujet, qui accrurent le désir qu'avait témoigné le ministre au secrétaire d'Etat, M. des Noyers, d'engager Poussin à venir se fixer à Paris. L'artiste philosophe, moins ami des honneurs que de son repos, jouissant des douceurs d'une vie paisible, quoique laborieuse, au sein de sa famille et de ses amis de Rome, eût préféré suivre, disaitil , le Chi sic bene , non si muova, d'autant plus qu'il était sujet depuis quelques années à une incommodité de la vessie. Dans une réponse à M. de Chanteloup du 15 janvier 1639, il lui mandait qu'il avait été ébranlé par sa lettre jointe à celle de Lemaire , peintre du roi, dans la résolution de rester à Rome; mais qu'il y servirait volontiers le roi aussi bien qu'à Paris en tout ce qui lui serait commandé. Ce ne fut qu'après avoir reçu l'invitation même de M. des Noyers, accompagnée d'une lettre du monarque, qu'il annonça ses dispositions pour son départ en automne. Cependant ses motifs de santé et peut-être aussi des pressentiments d'agitation et de trouble succédant à des jours sereins, tels qu'il nous en a dépeint dans ses tableaux, lui faisaient retarder son voyage ; il désirait même s'en dégager, quoique le roi , par sa lettre, en le choisissant pour son peintre ordinaire, l'eût assuré gracieusement « que ses services « seraient aussi considérés en France que ses « ouvrages et sa personne l'étaient à Rome ». L'année entière s'étant vainement écoulée, M. de Chanteloup hâta un voyage projeté en Italie et vint à Rome, d'où il emmena son ami en France avec Gaspar Dughet, vers la fin de 1640. Un carrosse du roi conduisit Poussin de Fontainebleau à Paris au logement qui lui était destiné dans le jardin même des Tuileries. L'illustre artiste fut présenté par M. des Noyers au cardinal, qui l'embrassa. Il fut de suite accueilli honorablement à StGermain par le roi, qui, s'étant mêlé exprès dans la foule des courtisans, fut distingué sans peine par Poussin , s'entretint longtemps avec lui, et, dans sa satisfaction, dit en se tournant vers les courtisans : « Voilà Vouet ,( bien attrapé. » Bellori, en faisant connaître la lettre même où Poussin mande ces détails au commandeur del Pozzo, rapporte aussi un brevet de Sa Majesté du 20 mars 1641 , qui nomme ce savant artiste son premier peintre ordinaire, et lui donne la direction générale de tous les ouvrages de peinture et d'ornements de ses maisons royales. in Jean LEMAIRE, né à Dammartin en 1597, étudia sous Claude Vignon et alla en 1613 à Rome, où il se distingua par de grands ouvrages à fresque. Revenu à Paris en 1623, il peignit à Bagnolet, mais principalement à Ruel , chez le cardinal de Richelieu, des tableaux de perspective des plus surprenants. De retour à Rome, il y travailla sous la direction du Poussin, avec d'autres artistes français , à des copies de tableaux de la galerie Farnèse pour f. de Chanteloup. If revint ensuite à Paris , oû, étant logé en qualité de peintre du roi dans un des pavillons des Tuileries, un incendie consuma ses effets; il se retira et mourut à Galon en 1659.
  • Nicolas PONCE( 1746 - 1831) : graveur et littérateur, né à Paris le 12 mars 1746, fit ses études au collège d'Harcourt. S'étant appliqué particulièrement au dessin, il se détermina pour la gravure en tailledouce et fut successivement élève de Pierre, pre- !nier peintre du roi ; de Fessard et de N. de l'Adl- nay, membres de l'Académie. Ayant adopté avec beaucoup de zèle la cause de la révolution, il fut chef de bataillon dans la garde nationale de Pa- ris en 1792. Modéré et Constitutionnel , il expia ces torts par des persécutions. Commandant aux Tuileries le 30 juillet en l'absence du chef de la légion, il fit toutes les dispositions de défense lors de l'arrivée des Marseillais , et il accompagna Louis XVI pour visiter les différents postes. Comme graveur, Ponce a publié : P les Illustres Français, commencés en 1790 d'après les dessins de Marillier, , terminés en 1816 , et contenant 56 planches grand ; 2° les Peintures antiques des bains de Titus et Livie, 75 planches, 1815. Cet ouvrage, dont l'édition italienne n'était pas connue en France, contribua beaucoup à perfection- ner la décoration architecturale. 11 a été réim- primé en 1838 , Paris 3. Les Vues de ' St- Domingue • ouvrage fait pour accom- paŒner le recueil des lois et constitutions de cette colonie, par Moreau de StMéry ; 40 la Guerre d'Amérique, 16 planches Ponce est éditeur de la Bible des 300 figu- res et de la belle édition de la Charte, dédiée au roi, ornée d'estampes. Il a gravé aussi toutes les figures de l'édition de t'Arioste, par Dussieux. On trouve des gravures de cet artiste dans la plupart des belles éditions des auteurs les plus célèbres et des collections d'estampes publiées de son vivant. Partageant son temps entre la culture des arts et celle de la littérature, il a remporté un prix d'histoire à l'Institut sur ce sujet : Quelles sont les causes qui ont amené l'esprit de liberté qui s'est manifesté en France en 1789 ? an 9 ; trois mentions honorables à trois différentes classes de cette compagnie savante : 1° Sur le caractère de bonté et les devoirs de l'honune public, an 10 . Ce sujet fut retiré du concours à cause des circonstances. 2° De l'influence des beaux- arts sur l'industrie commerciale , an 13 ; 3. Sur le gouvernement de l'Egypte sous les Romains, 1807. Il a publié les mémoires suivants : Quelles ont été les causes de la perfection de la sculpture antique? ait 9 2° Pour quels objets et il quelles conditions con- tient- il à un Etat re'publicain d'ouvrir des emprunts . publics? an 9 Le sujet fut retiré. 30 Quelle a été l'influence de la réformation de Lu- ther sur la situation politique des différents Etats de l'Europe et sut. les progrès des lumières? an 13 . On a encore de lui : P Le Lavater historique des femmes célèbres des temps anciens et modernes 2e édit., 1809, 1810 ; 2° Consi- dérations politiques sur les opérations du congrès de Vienne et sur la paix de l'Europe, 1815 11 a imprimé différents mémoires sur l'histoire, la littérature et les arts dans le Moniteur, le 411a- gasi7i encyclopédique, le Mercure, le Journal de Paris, etc. Enfin il était un des collaborateurs de la Galerie historique de Landon et de cette Bio- graphie universelle. Plusieurs académies le comptaient parmi leurs membres. Le gouvernement de la restauration lui avait accordé la croix de la Légion d'honneur, et il venait de célébrer avec sa femme, trèsbien portante comme lui , la c quantaine de son mariage , lorsqu'il mourut , le 22 mars 1831, dans l'ancien couvent des feuillantines, qu'il avait acquis pendant la révolution. M. Mirault a lu en juin 1831, à l'athénée des arts, une Notice sur Ponce, qui appartenait à cette so- ciété
  • Nicolas RAFFRON-DUTROUILLET( 1709 - 1700) : né à Paris en 1709 , dans une condition obscure, vivait tellement ignoré avant la révolution de 1789 qu'il nous serait impossible de dire quelle était sa profession lorsque, déjà octogénaire, il fut nommé député de Paris à la convention nationale en septembre 1792 , avec Marat , Robespierre, etc. Sa première motion dans cette assemblée fut pour appuyer la proposition de Gensonné, lequel, poussant à l'extrême un dés qui depuis a trouvé peu d'imitateurs, proposa de décréter que tous les membres de la convention nationale renonçassent pour leur vie entière à toutes fonctions publiques. RaffronDutrouillet exprima le même voeu u et y ajouta la proposition de bâcler dans un an la constitution qu'il s'agissait de faire. Dans le procès de Louis XVI, il vota pour la mort dans les vingtquatre heures. Sur la question de l'appel au peuple , il exprima ce vote : « Je dis avec « assurance , tranquillité et fraternité Non ». Dans la séance du 14 juin suivant, quand il fut question d'assurer aux députés l'inviolabilité de leurs opinions par un article de la constitution , Raffron s'y opposa formellement, déclarant que ce serait un brevet d'impunité pour les traîtres, et demanda au contraire que les représentants du peuple qui auraient manifesté « des sentie fussent jugés et punis. 11 se montra même un des plus ardents à poursuivre Carrier et Lebon. Enfin il demanda la restitution aux familles des biens des condamnés. Réélu au conseil des CinqCents par le département du Nord après la session conventionnelle, il présida le premier cette assemblée comme doyen d'âge et s'y fit d'ailleurs peu remarquer. 11 cessa d'en faire partie en 1797, et vécut dans l'obscurité d'où la révolution l'avait tiré jusqu'à sa mort, qui eut lieu vers la fin de l'année 1800
  • Nicolas RAIEWSKI( 1771) : l'un des généraux les plus distingués de l'armée russe, était issu d'une famille noble originaire du Danemarck qui s'établit en Pologne, d'où elle passa en Russie dans le 17" siècle. Sa mère était la nièce du prince Poteuikin, et son père, colonel d'infanterie, mourut en combattant les Turcs à Jassy. Nicolas naquit à St Pétersbourg en 1771 et fut inscrit dans les gardes de Semenowski à l'àge de quatre ans. Successivement sergent et lieutenant dans ce corps d'élite , il passa dans l'armée de ligne avec le grade de major en 1789, fit en cette qualité les campagnes contre les Turcs, puis celle de Pologne sous les ordres de Markoff. Nommé, en 179'2, colonel d'un régiment de dragons, il fit la guerre de Perse en 1795, et se distingua aux affaires de kur et à la prise de Derbent. Ayant quitté le service à l'avènement de Paul lei, par suite d'une disgràce dont la cause est restée inconnue , il n'y rentra qu'en 1801 comme général major, à la demande dé l'empereur Alexandre. Employé comme tel en 1805, sous le prince Bagration , à l'avantgarde de l'armée qui s'avança en Allemagne , il combattit à Dierstein , à Hollabrum, et concourut à assurer la retraite jusqu'à Austerlitz, où il se distingua encore par son courage et son habileté. En 1807 , il servit de nouveau contre les Français à Petterwald , à Gutschtadt , à Heilsberg, et enfin à Friedland , où il commanda tout le corps d'avantgarde et fut blessé d'une balle à la jambe. La paix de Tilsitt lui donna quelque repos; mais, dès le commencement de 1809, il dut marcher contre les Suédois, et concourut à l'invasion de la Finlande, ce qui lui valut le grade de lieutenant général. En 1810, il marcha contre les Turcs, et dirigea les attaques de Silistrie et de Schumla avec tant d'habileté et de valeur qu'il reçut une épée d'or avec cette inscription : Pour la bravoure. Mais ce fut surtout dans la mémorable campagne de 1812, contre l'armée de Napoléon, que ce général s'illustra par les plus brillants exploits. Il commandait un corps d'armée à l'aile gauche des Russes , sous Bagration , ayant devant lui le maréchal Davout. Repoussé par le corps d'armée de ce général , beaucoup plus nombreux que le sien et qu'il n'avait pas craint d'attaquer dans sa redoutable position de Soultanowska , il vint se renfermer dans Smolensk. Attaqué par Napoléon en personne et après avoir repoussè des assauts meurtriers, il se retira en bon ordre, formant toujours l'arrièregarde jusqu'à Borodino. Il commanda une division de l'aile gauche à cette sanglante bataille, et remplaça clans le commandement de tout le corps d'armée son digne chef Bagration, lorsque ce prince fut mort sur le champ de bataille . Sa troupe y périt presque tout entière. Deux mois plus tard, il soutint encore des attaques aussi rudes que meurtrières à MaloIaroslawitz. Chargé aussitôt après, avec Platow et Miloradowitsch, de suivre les colonnes françaises dans leur déplorable retraite, il les atteignit et les battit en plusieurs occasions, notamment à Kranoy et sur la Bérésina. Dans la campagne de Saxe, en 1813, Raiewski eut le commandement de tous les grenadiers russes, et il combattit à la tète de cette formidable troupe à Bautzen et à Reichenbach. Après la rupture de l'armistice et la réunion de l'Autriche à la coalition, il passa avec son corps d'armée sous les ordres du généralissime Schwarzenberg , et concourut à la bataille de Dresde, puis à celle de Culm , où le corps de Vandamme mit bas les armes, et enfin à celle de Leipsick, où le sort de tant de nations fut décidé. Il y commandait encore le corps des grenadiers au centre des armées de la coalition, réunies sous les yeux de leurs souverains, et jusqu'à six fois il repoussa dans la position de Wachau les attaques des réserves de Napoléon. Blessé grièvement d'une balle à la poitrine, il fut porté sur un brancard par ses grenadiers jusqu'à Weimar, et contre toute attente, il guérit promptement et put reprendre son poste sur les bords du Rhin , où on le chargea du blocus de Belfort. Lors de l'invasion de 181%, il passa dans l'armée du comte de Wittgeinstein , et ce général ayant été blessé à Barsyr- Aube , il le remplaça dans le commandement, et concourut aux succès qu'obtinrent les alliés à Arcis, à la Fère champenoise, et enfin sous les murs de Paris, dans la journée du 30mars. Les décorations de StGeorge et de MarieThérèse furent le prix de ces derniers exploits. Dans la campagne de 1815, Raiewski commandait un corps d'armée, mais il n'eut point occasion de combattre. Retourné dans sa patrie, il y vécut dans ses terres, se reposant de ses longues fatigues et continuant à jouir de la faveur d'Alexandre , surtout de celle du grandduc Constantin, qui avait été longtemps le compagnon de ses travaux guerriers. Il mourut dans ses terres vers 1840. RAIEwsKI , mort à Koursk le 13 mars 1832, était de la mène famille. Il a publié : 1° quelques morceaux de poésie , disséminés dans différents recueils; 2° le premier volume des Principes de stratégie de l'archiduc Charles d'Autriche, 1818 traduit en russe; 3° des Mémoires sur les campagnes de 1813 et 1814, Moscou , 1822, 2 vol
  • Nicolas RAPIN( 1540) : littérateur poitevin, naquit vers 1540 à FontenayleComte d'une famille distinguée. Après avoir achevé ses études à Poi- tiers, où il se lia d'une amitié durable avec Louis et Scévole de SteMarthe, il fut reçu avocat au parlement. Quelque ,temps après, il fut pourvu de la charge de vicesénéchal de Fontenay, et il la remplit avec une fermeté qui , dans ces temps de trouble , l'exposait à de continuelles récriminations. Ses ennemis travaillèrent à faire supprimer sa place comme inutile ou du moins à la faire donner à quelque autre ; mais il déjoua toutes leurs intrigues , et quoi qu'en ait dit Scaliger, il n'eut pas de peine à démontrer son innocence et leur méchanceté. Rapin assistait en 1579 aux grands jours de Poitiers, et il fut du nombre des poëtes qui célébrèrent la Puce de mademoiselle Desroches . Charmé de son esprit, le président Achille de Harlay devint son protecteur, et, l'ayant fait venir à Paris, lui procura la charge de lieutenant de robe courte. Bientôt après , il fut honoré par Henri III de celle de grand prévôt de la connétablie, et le zèle qu'il montra pour le service du roi lui suscita de nouveaux ennemis. Ceuxci , plus adroits ou plus puissants que les premiers, vinrent à bout de le faire priver de son emploi et bannir de Paris ; mais il appela de cette sentence et fut réintégré dans ses fonctions. Rapin embrassa le parti de Henri IV avec ardeur ; il signala son courage à la bataille d'Ivry, sous les yeux du maréchal d' Aumont, et célébra cette victoire dans des vers qu'il eut l'honneur de présenter au roi. Il ne servit pas moins utilement la cause royale en couvrant de ridicule ses adversaires, dans la fameuse Satyre Ménippée , à laquelle il eut beaucoup de part . Moins affaibli par l'âge que par ses travaux, il se démit de sa place en 1599 et se retira dans une jolie maison qu'il avait construite près de sa ville natale. La culture des lettres et les soins de l'amitié y remplirent agréablement ses loisirs. Ne pouvant résister à l'envie de revoir encore une fois les amis qu'il avait laissés à Paris, il se mit en route pendant un hiver rigoureux ; mais il tomba malade à Poitiers et y mourut le 13 ou le 15 février 1606. Ses restes furent rapportés à Fontenay sans pompe, comme il l'avait désiré. Il chargea par son testament Scévole de SteMarthe et Jacq. Gillot de rassembler ses poésies et de les publier. Ce recueil parut sous le titre d'OEuvres latines et françaises de N. Rapin, Paris, 1620 Il contient deux livres d'épigrammes latines, des élégies, quelques autres petites pièces , des traductions ou imitations des Satires et des Epitres d'Horace , et de n) Outre les pièces de vers qu'il a fournies à cette ingénieuse satire , on attribue à Rapin les harangues du recteuf Rose, de l'archevêque de Lyon et d'Angoulevent. « On a peine à comprendre, dit un critique, comment des écrivains, se disant catholiques, s'amusèrent à ridiculiser et à calomnier la ligue catholique, sans montrer la moindre humeur contre la ligue huguenote qui, depuis longtemps, portait le fer et le feu dans toute la France il ne faut donc pas être surpris Si Rapin fut regardé par les catholiques comme un huguenot déguisé. La plus grande partie des poésies latines de Rapin a été insérée dans le tome 3 des Delicice poetar, Galiorum. l'Art d'aimer d'Ovide ; des odes , des stances et des sonnets sur divers sujets ; les sept Psaumes de la pénitence ; des vers mesurés, rimés et non rimés , essai déjà tenté sans succès par Baïf, Desperriers et autres , et qui l'a été depuis par différents poëtes . Viennent ensuite les oeuvres en prose, qui consistent en des traductions de la belle préface adressée par l'historien de Thou à Henri IV , et de l'Oraison de Cicéron pour Marcellus. L'Eloge de Rapin, par Scév. de SteMarthe, termine ce volume, dans lequel on a réuni les vers latins et français composés à sa louange sous le titre de Tumulus N. Rapini. On estime beaucoup les épi-,' grammes latines de Nic. Rapin ; mais ses vers français sont tombés dans l'oubli , et il faut, dit Brossette, estimer terriblement la poésie antique pour s'amuser à les lire ). Dreux du Radier prétend au contraire qu'il n'était pas moins bon poete français que latin , et que ses imitations d'Horace ont le tour heureux, naïf et délicat de l'original. Outre les ouvrages compris dans le recueil dont on vient de donner l'analyse, on a de Rapin : le Vingt- huitième chant de Roland le furieux, de l'Arioste, montrant quelle assurance on doit avoir aux femmes, Paris, 1572 cette traduction est écrite en stances de huit vers ; 2° les Plaisirs du gentilhomme champêtre; cette pièce fait partie d'un volume intitulé les Plaisirs de la vie rustique, Paris, 1583 On peut consulter pour de plus grands détails Bayle et l'abbé Joly, les Armoires de Niceron, t. 25, mais surtout la Bibliothèque du Poitou, par Dreux du Radier , qui a corrigé les erreurs et les omissions de ses devanciers. Une notice sur Rapin, due à M. Giraud , se lit dans le Bulletin du bibliophile, 1850 , p
  • Nicolas RATTI( 1759) : archéologue italien, naquit le 19 mai 1759 à Rome, d'une famille de négociants originaire de Gènes. Il fut envoyé de bonne heure chez les pères des écoles pies, et tels furent ses progrès que, n'ayant pas encore atteint l'àge de quinze ans, il faisait déjà partie de l'académie des Varii , rétablie par le père du célèbre archéologue EnniusQuirinus Visconti. Ratti se destinait d'abord à l'état ecclésiastique, et il se fit recevoir docteur en théologie ; cependant il n'entra pas dans les ordres et finit même par quitter l'habit ecclésiastique. Choisi en 1785 pour accompagner JulesCésar Zollio, archevêque d'Athènes et nonce apostolique auprès de la cour de Bavière, il resta deux ans à Munich, puis revint à Rome, où il fut nommé , le 13 avril 1787, secrétaire du collége des avocats consisto- riaux. Le cardinal Innocent Conti le donna ensuite pour précepteur à son pupille, le duc François Sforza Cesarini. L'éducation de celuici achevée , Ratti devint archiviste et secrétaire de la famille, fonctions qu'il conserva toute sa vie, et qu'il cumula avec les emplois du gouvernement. Le pape Léon X11 ayant établi la nouvelle chancellerie de l'université romaine, le nomma directeur de son propre mouvement. Avec plus d'ambition, Ratti aurait pu parcourir une brillante carrière , car, outre le souverain pontife que nous venons de nommer, il était particulièrement estimé du roi de Saxe, Antoine. Celuici lorsqu'il apprit la mort de ce savant, arrivée le 12 janvier 1833, ne dédaigna pas d'adresser à son fils aîné une lettre de condoléance. Ratti avait épousé en 1805 la fille de Pierre Angeletti, peintre de quelque réputation. Ses restes furent déposés, ainsi qu'il _en avait manifesté l'intention, dans l'église de SteMarie in Vallicella , où on lit son épitaphe. Le Diario di Roma et le Giornale arcadico , lui ont consacré l'un une notice nécrologique, l'autre un éloge plus étendu, qui fut imprimé séparément avec une dédicace au P. Degola , secrétaire de la congrégation de l'Index. Ratti avait publié : 1° Let-. tera sopra Ucci sione dei CCCI1 Tabi al signor . , Rome, 1784. 2' illentoria sulla vita di quattro donne illustri della casa Sforza , e di Non. signor Virginio Cesa- rini , Rome, 1785. 3° Della fan'tiglia Sforza, Rome, 1794-1795, 1" et 26 partie, 2 vol. 40 Selecta doctorum viroruna testinzonia de Camilla Valentia, fi: mina soi temporis proestantissiina in union collecta et adnotationibus aucta, Rome, 1795. 50 Istoria di Gen zano con note e documenti, Rome , 1797 . 60 L'Autenticita degli alberi genea- logici stampati del sig nor duca Conti- Sforza- Cesa- rini nel sominario della causa romana primogeniturao de comitibus dintostrata contro le false imputazioni del difensore del signor principe Rus- poli. Lettera apologetica a sehiarimento della pre sente causa, ed illustrazione della storia della nobi- - lissima fantiglia Conti, Rome , 1821 ; 7° Nuovi documenti in conferma dell' Autenticita, etc., Rome, 1824. C'est un supplément à la pièce précédente qui fut publié à l'occasion d'un procès entre les familles Sforza et Ruspoli. 8. Lestera al signor avvocato Carlo Tea , commissario delle antichita, sul di lui Parallelo : « Giulio 11 ron Leone X; Rome, 1822. Ratti y réfute l'opinion émise par Charles Féa, que,« le règne de Jules H fut vérita- « blement l'époque où Rome se releva et eut une « grandeur stable, tandis qu'elle déclina rapide- « ment sous les pontificats de Léon X et de Clé- « ment VII, après avoir eu une splendeur éphé- « mère. » 9° Sulle rorine del tempio della Pace, dissertazione. Rome, 189.3 ; 10° Sulla vita di Giusto Conti, romano poeta volgare del secolo XV, Notizie, Rouie, 189.4; 11° Dissertazione sulla basilica Libe- n'ana , Rome, 1825, dédiée au pape Léon XII, lui avait été archiprêtre de cette basilique; 12° Lettera al canonico Domenico lloreni sopra un preteso deposito di Michel Angelo Buonarotti. L'au- teur y apporte de nouveaux arguments à l'appui de ceux que l'abbé Moreni, dans un examen critique d'une médaille de MichelAnge représentant llindoAltovito , avait déjà donnés pour prouver qu'un tombeau attribué à cet illustre sculpteur n'était point de lui. En reconnaissance de ce service, Moreni dédia à l'alti son édition des Lettere di Carlo Dati , Florence, 18'25; 13° Sopra flua iscrizione Ficulense scavata nella tenuta della Ce- sarina, colla quale s'illustra raidira Fieulea, Rome, 189.6. L'auteur y détermine la situation de cette ville antique. 14° Sopra un antico sarcofago cris- tiano, Rome, 1827 150 Notizia della chiesa interna del romano archigimnasio, Rome , 1833, dédiée au cardinal Pierre.François Galeffi. Ratti fut surpris par la mort au milieu de l'impression de cet ouvrage. Il avait encore donné plusieurs dissertations aux Actes de l'académie d'archéologie: 10 Sulla villa di Ponzpeo nell' agio Albano ; 20 Dissertazione intorno ad una iscrizione antica rinrenuta nel territorio di civiia Lavini a , spettante alla citta di Lanuvio ; 3° Sulle opere, di beneficenza de' cristiani de printi Ire secoli t. 3); 4° Delle arti d'Italia ne' primi Ire secoli di Roma; della eognizione de' Romani de' cosi detti vasi etrus-. Membre de l'académie archéologique, Ratti l'était aussi de l'académie de la religion catholique, où il avait lu ;le 30 juillet 1827) une dissertation qui n'a pas été imprimée et dans laquelle il démontrait que « la révélation est prouvée par le sentiment « universel de toutes les nations et de leurs légis- « lateurs
  • Nicolas REUSNER( 1545) : jurisconsulte, poëte et compilateur, naquit le 2 février 1545 à Lœwen- berg ou Lembeg , en Silésie, d'une des familles les plus distinguées de cette province. 11 annonça de bonne heure des dispositions peu communes pour les lettres , et l'on assure même qu'à onze ans il faisait des vers latins fort agréables. Après s'être perfectionné dans la connaissance des langues anciennes, il se rendit à Wittenberg, attiré par la réputation de Mélanclithon. Ce savant mourut avant l'arrivée de Reusner en cette ville, où celuici fit néanmoins son cours de philoso- plie, et il alla ensuite étudier le droit à Leip- sick. La curiosité le conduisit en 1565 à Augs- bourg pour voir les cérémonies de la diète; mais l'ouverture de cette assemblée ayant été prorogée d'un an, pour ne pas rester oisif il se chargea de donner des leçons de littérature latine. Quelques pièces de vers qu'il offrit aux principaux membres de la diète le firent connaître avantageusement , et le duc de Bavière le nomma professeur de belleslettres au collège qu'il venait d'établir à Lauingen , et dont Reusner devint recteur par la suite. 11 retourna pour la seconde fois, eu 1582, à la diète d'Augsbourg, et y• fut accueilli par les plus grands seigneurs avec les égards que l'on doit aux talents. L'année suivante, il se fit recevoir docteur en droit à l'université de Bâle, et aussitôt il fut revêtu de la dignité d'assesseur de la chambre impériale de Spire et nommé professeur à l'académie de Strasbourg, où il remplit pendant cinq ans la 'chaire des institutes. Sa réputation le fit appeler, en 1589, à l'académie d'Iéna, dont il fut deux fois recteur, et à laquelle il rendit d'importants services. L'empereur Ro- dolphe II lui décerna la couronnne poétique dans une assemblée solennelle et le créa comte pala- tin. Il fut député de l'électorat de Saxe en 1595, à la diète de Pologne , où les princes allemands formèrent une ligue contre les Turcs. Reusner mourut pendant son second rectorat à Iéna , le 12 avril 1602. Il fut inhumé dans un tombeau qu'il s'était fait construire et qu'il avait décoré d'une épitaphe peu modeste. Niceron a donné', dans le tome 27 de ses IlléniOireS, le catalogue de cinquantetrois ouvrages de Reusner ; ils sont tous assez rares, niais peu sont recherchés. Ses compilations et ses traités de droit sont oubliés, même en Allemagne. Parmi ses autres productions , on ne citera que celles qui peuvent encore mériter l'attention des curieux : I. Descrip- tio oppidi Lavingœ ad Danubiunt, additis in fine aliquot elogiis, Lauingen , 1567 ; 2° Pria- cipunt et ducum Venetorunt liber, ibid. , 1579 80; 30 Polyanthea sive Paradisus poeticus, Bâle, 1579 Cette compilation est divisée en sept livres : le Verger, le Parterre , la Mé- tairie, le Jardin , la Volière , le Vivier et la Grotte. 40 Hodœporicorunt sive itinerunt toues fere orbis libris septem, ibid., 1580 trèsrare. Freytag a donné la description de ce recueil vraiment intéressant, dans l'ildparatus litterarius, t. 3, p. 370-390. 11 renferme soixantequinze voyages d'auteurs anciens et modernes, tous en vers, excepté ceux de Pétrarque dans la Palestine et de Félix Petancius dans le Turquie. 5. Ent- blenzatum libri iv, et Ayalmatum sive emblematunt sacrorum liber anus; accesserunt stemmatunt sive armorum gentilitiorunt libri tres, Francfort, 1581 recueil digne de l'attention des amateurs à cause des belles estampes en bois de Virgile de Solis et de Jost Amon. 6° Icones seu imagines viro- rum litteris illustrium , quorum ifide et , dessinés et gravés en bois par Tobie Stimmer, excellent artiste. Reusner a mis un distique au bas de chaque portrait et l'a fait suivre de l'épi- taphe monumentale du personnage en style lapidaire, ou d'une courte notice tirée de Paul Jove, de Théodore de Bèze, etc., accompagnée d'éloges en vers extraits de divers auteurs dont il donne la liste. 7' Icones sire imagines tira, litteris clam- min viroruni Jialur , Grayice, Germanie, Galliœ, 1q nylia., Hungariœ, cum elogiis varus , Bâle , 1589, iii-8°. Ce volume contient quatrevingtonze portraits gravés par le même artiste. Il est moins rare en France que le précédent , avec lequel Niceron parait l'avoir confondu ; mais tous les deux méritent également d'être recherchés par les amateurs. 8° iEnigmatologia sets sylloge : oenig- tnatunt et gryphorunt convivalium, Strasbourg, 1589 compilation singulière; 9° Opera poetica, Iéna , 1593 Ce volume renferme des élégies, des sylves, des épigrammes, dont un livre d'épigrammes grecques, des odes, des épodes , des épîtres et plusieurs poërnes. Les meilleures pièces de Beusner ont été insérées dans le tome 5 des Delicice poetar. germanorunt ; 100 Orationes panegyricce, Iéna, 1595 , 2 vol. : le premer contient quinze discours sur. des sujets de morale, et le second quinze sur l'utilité de la jurisprudence et les différentes méthodes d'étudier cette science; IP Epistola- rum turcicarum rariorum aucturtim libri XIV Francfort, 1548 120 De urbibus germanice liberis sive imperialibus libri duo ;. in quibus prœter canna descriptiones , rariorunt auctoruna leguntur elogia, ibid., 1602 ; 13° Anagranintatogra- phia, accessit Gui!. Blanc libellus de ratione ana- grammatismi , Iéna , 1602 ; 140 Narrationes remua memorabiliunt in Pannonia sub l'arcaruni inzperatoribus à capta Constaniinopoli usque ad ami. 1500 gestarum, Francfort. 1603 On peut consulter, pour de plus grands détails, les Mêmoires de Niceron. Le portrait de Nie. lieusnet fait partie du tome ier de la Biblioth. calco- graphica de J.J. Boissard
  • Nicolas RÉVAI( 1751 - 1807) : savant hongrois, né en 1751, religieux des écoles pies , professeur de littérature à l'université de Pesth, est mort dans la même ville , le I" avril 1807. Le recueil de ses ouvrages a paru à Raab, en 1787. 11 était poète, philologue et grammairien ; ses poésies sont inégales , et l'on n'y observe pas toujours ce génie qui caractérise le vrai poëte. Parmi ses ouvrages en prose , on peut remarquer ses Antiquités hon- groises , et sa Grammaire hongroise , ou Elabora- tior grammatica hungarica, ad genuinam patrii sermonis indolem fideliter exacta, affiniunique l guarum adnziniculis locupletius illustrata, Pesth , 1805, 2 vol. C'est Révai qui a principalement répandu en Hongrie l'esprit de recherches et de critique, qui distingue depuis quelque temps les savants de ce pays. Voyez un article de M. Beroni, dans le Mercure étranger, en 1813, n° 6
  • Nicolas REVETT( 1721 - 1804) : architecte anglais , né en 1721 dans le comté de Suffolk, s'est fait un nom en coopérant avec James Stuart aux Antiquités d'Athènes, dessinées et mesurées, 4 vol. Ces deux amateurs de l'antiquité se virent pour la première fois en 1750 à Rome, où leur noble passion les avait conduits, et c'est de Revett que SOII compatriote y reçut les premières leçons de son art. De Rome, ils partirent ensemble pour Athènes, visitèrent Smyrne, Salonique, les îles de l'Archipel, et , après une absence de cinq années, revinrent ensemble en Angleterre. Pour l'appréciation de l'ouvrage qui fut le fruit de leurs explorations, nous devons renvoyer à l'article STUART, nous bornant ici à ajouter quelques détails sur la publication successive des volumes dont il est composé. Le premier parut à Londres en 1762 ; le deuxième , dont le texte est principalement de Revett, reçut quelques additions de William Newton qui , conjointement avec Reveley, surveilla aussi l'impression du troisième volume; ce dernier parut en 1794. Les trois volumes contiennent 281 planches gravées par les meilleurs artistes. Enfin, le quatrième, comprenant 70 planches, rie vit le jour qu'en 1815, par les soins de J. Taylor. La préface contient quelques détails sur la vie de Nicolas Revett. Les Antiquités d'Athines ont été traduites.en fran-çais par L. F. Feuillet et publiées par C. F. Landon. Nous avons sous les yeux l'édition 4 volumes, dont le premier offre sur le frontispice le portrait en médaillon de Stuart, comme celui de Revett orne le titre du quatrième . Le traducteur reconnaît avoir été secondé dans son travail par les conseils du savant Dufourny. En 1766, Revett partit, accompagné de Chandler et Pars, pour visiter l'Asie Mineure , et le résultat de leur séjour dans cette contrée fut le beau livre intitulé les Antiquités ioniennes, '2 volumes qui a été également traduit par Feuillet. Dans ce nouvel ouvrage, les dessins et les mesures, toujours prises avec une exactitude rigoureuse, sont dus à Revett; les vues sont de Pars; le texte en grande partie est de Chandler. On cite plusieurs monuments construits en Angleterre sur les dessins de Revett, notamment, dans le comté de Hertz, une église en style grec. Après avoir survécu seize ans à son principal collaborateur et avoir vu l'estime publique récompenser ses travaux, Revett mourut à Londres, âgé de 84 ans, le ler juin 1804
  • Nicolas RIGAULT en latin Rigaltius( 1577) : savant 'etgalkitietit'philologue;naquit à Paris en 1à7 7 . Sailrfe était médecin : le fils annonça dès sa I ntiièrejelnieSse ,,des talents extraordinaires - kiiii ' , Ws` Tettre;, anse Baillet.etdi.lefecker l'ont- Aile piiiihrà éruditspréteces:Iprès avoir lieYé "Sës,étedés ,sinsles' jésuites, qui cher-•Ytièrelit iiiiitilenient de'le retenir, il serendit -#`pdiliers" poUryfaire son Courade droit. Quel- -4tiès ')^.1ièëes ..dé l'ers latins 1)5 'qu'il publia tandis In U ,,,IqqK le,,loiq kluti , ii, - 1.Dketii dtilttelierTeiteide,* tetitepames 1,1;tigati1t , ine.reues 4 Putiers en 1696; mais il ne paraît pas avoiï tu tie d' élà1t'ratiteiiii ite.' Ï?tilies per/te:WU*, et .41e encoreetuidletl, rnériteéP4rit Vamitié,de ,Seévole,de,SteMlartheet des' autres littérateurs: qbi,alors faindentLforrtement, de Poitiers. ii revint,ensuite,à Pari4, etoeétarit lait recevoir avocat, fréquenta, bte bariloar;, riais entralnt par sen, goût pour, lré ru di troti , irelsranca bientôt à?sa prcrfieasiol4itialislaquelleorepréteild diàibleor& qu'il, ireet, 83.4 • • ,Yi 1,1,1 ' et tUrtetnidore , ainsi que des anciens auteurs andirocriiiques, on lui doit des editionsv tenrichieb de corrections,. d observations , et de .iiottutM dei Phèdre e- Martial, de Juvépaleevae.lasatire.de!Suipicia , de Tertullien.; de MinutluciFélix, de ,St'Cyprien ettle Connnodien. parmi.. e'est probablement r la même,, que celle qui,se trouve indiquée dan&tle çatalogue ,de,Ja biblioWque de Paris, sous.la date de 1599t..Rigault ,publilaila troisième iditionisous ce titre,: Yunus fm, rueitieuut site tWelualia ad ritue prisci feirreris ; eunt appendice' . 0e- p42rasiti3iet aseeataioribia, et Juliani imperator. ifejetoia acil ;/ Jltraiidrinos, gr P a ris, , 460,11, Cette!satire a éteréirnprimée,à la suite'de. A'euvrage de -41, Kirchmann iDefuneributs Romagiommeillannbotirg 16,0àçi des le recueil iintitulé aemilutiii,parmsiticum, Nuremberg , if l665; ,dans quelqueelautres collections de. pièces satiriques et entiii,diine le tonie 1" de- Ms/ vire Mont- neur—Eile n'avait pourtant point, été composée, iginame, l'ont crunBayle7etreelques autresau-- llemrs, contre ce faineux,parasite , était iinceinteefrlors de sa, publication . ,Iteriossarium tactienai otizobarbarion;,. de merbo, rom significatione guce ad novellas impp. gui in Ofiente postJustinianune regnaverunt, de re tari constitutiones pertinent, Paris, 1664 , paes, ouvrage rare et curieux. Freytag en .ardonné;la description avec un extrait dela pré-'tee' Analecta litteraria, p, 782 et 783. arehier. Rothornagensis, e véteri eter,, 109kiÇceita, eue notis; accessit Dissertatio et 1., atdevici X11, privitegium in gratiam feretri . eui coeiXseei, i. XP144 16O, 16$, , 1 iti4v,..0Dans,.,sat ,dissertatiom .Bigaultei réfute da fable du .dragon.; quIliregar4e.00eriin0ble_ifinnlie ment du privtilége de4e,, fienté t,011 rebtliàSepiift StRomain , t Ad . ! iBellot I JUi,i Mpolirlit i i; çe i sittiekt 5. Rei, ancipitrariœ actipturrinee, pri. fflini, effli aecessie, liber Si i rum, rcipoiii, yr. /la t pkitViNjiAt% recueltrareet rechenehé‘igur.lequoi,on peqtepnsulter la mBiblioikèqueides thereuticograem,#« Rich. l'alternant. 111L'ilitrtmet Jen ta,denné,le,dees cription d'ans le! Manuel de. iibraire , vag,. IXIM4, TRIUS,PÉPAGOKÈNE et P. GiLlet,). 6? Ileimgrarig sive 'fi nium re91411d0rUMISeip1are3 eeekresoteatiqh nihus; ibid . 4, 4613 Lou il 644.,,iin4N Qu-, lrOUTe 414 liste, des , auteurs dont seleornposeieetle ec#11eree tion dans les Analeetà de Treytag,.ip,iiii81, et dans .1é'. Répertoire . bibliogruphiguttusi, iverse4,,Xior.s.). iie j.) vim.,.. t« satyrai. Juvenaliswitians reditioni de Paie fdt«141 in.12. Heur .Christ., Herniittleti ineérée,4.4EIS 4# prolégomènes de sa dieUe édition de ..iiurepai .. 8° La continuation de l'aiweirAide de Thou ,, i en 3 livres, comprenant les.,anmies 1607 à Ii610..Lepremieriliv1'eiavaii,Iparg-41Puf l'édition de Genève, 16'20, .dont .cinerPilittr Rigault prit, soin Ais.. se, . trouNent,400.!letimintif, dans 1/édition , de Londres 4733, ePils onliessé dans la 'traduction frança ise .1.9° lie lege sendieoeis dicta; Obserratio duplex, ne/i et inséréepar GiritrYiut; d@j1P.,,Itl.tigme's du 7'he5ant, , antiquit. Roinlie. ffli, lig Lifilfiteetili Puteani, Paris4.&652ou tineti3,,ili4,°4gtte,iVi(ttIM et, Dupuy testi estimée,-, .ellekii, miTtlei olle(ire44(d 1 'de ,Bats 'iliitye. seleetor,. aligtiot, pirueuig, j.. pwirm, 1081,, t On iia,pas' cet .deve4q110,1W«iiçie aeticlé de quelques opusculeg,cités peeilefgem, dont le • catalogue' des , ouvrages i de, iftigam1.41it d'ailleurs, incompletitet ioexact..Ypyeg 4toVe- moires ti 21. Osii trouve ,fioelpoileit gra,3e0,pa,r lEdeling ,. avec /une 'Ttotice , iparl Perrault 1,,,,d0mts le téine 2 des etnimesiiilitstree figiatiftrffltefter, 94ce 'pendant le 17.., siècle
  • Nicolas RITTERSHUYS( 1597 - 1670) : l'un des fils du précédent, naquit à Altorf le là février 1597. Comme son père, il cultiva la littérature grecque et latine, et suivit des cours de jurisprudence à l'université d'Helmstadt. Il se livra aussi à l'étude des mathématiques, de l'histoire, surtout des généalogies. Après avoir parcouru la France, l'Angleterre, l'Italie, la Pologne, le baneinarek, la Ibllande, et noué des relations avec les savants bele ces différents pays, il revint .à Altorf, reçut rie , isagogicon disciplinoe moralis ; 3° Flac. Cresconii Corippi de laudibus Justini rlug, minoris libri 4, ranz nous, Altorf, 1664 ; réimprimé par les soins d'André Goetz, 1743 ; Genealogiœ imperatorum , ducum, aliorumque procerum orbis Loties, deducte ab anno Christi 1400 ad annum 16611, cum supplementis et diversis accessionibus , Tubingue, 1664-1688, 7 tomes en 4 volumes C'est l'édition la plus complète de cet ouvrage, qui, malgré quelques inexactitudes, est recherché et fort estimé. Les parties supplémentaires sont de JacquesGuillaume Inshoff ( vrai. ce noire
  • Nicolas ROBERT( 1600) : peintre en miniature et graveur à la pointe, né à Langres vers le com- mencement du 17e siècle, s'attacha particulièrement à figurer les plantes, et il acquit dans ce genre une habileté qui n'a pas été surpassée, car il approcha de la nature autant qu'il est pos- sible, en sorte que, s'il fut célèbre comme ar- tiste, il acquit une gloire plus solide par les services qu'il rendit à la botanique. La peinture de fleurs était restée en faveur depuis les der- fières années du règne de Henri IV. La reine et, à son imitation , les dames de la cour ayant pris plaisir à broder, leur goût les porta à reproduire une des plus belles parures de la nature; c'était pour leur fournir des modèles que Vallet avait fait un recueil de plantes qui fut imité et copié par d'autres. Robert se fit connattre par la célè- bre Guirlande de Julie t- oy. MONTAUSIER) , dont il peignit les fleurs. Une occasion se présenta pour rendre son talent plus utile. Gaston d'Orléans, ayant pris le gotit le plus vif pour la connaissance de la culture des plantes, appela prés de lui dans sa retraite à Blois, les personnes les plus distinguées dans la botanique, comme Brunier et Marchant, Français et Morisot), Ecossais; voulant rendre plus durables les connaissances qu'il acquerrait avec eux , il leur associa Robert pour les fixer par son pinceau. C'est ce qui a fait mal à propos penser à Séguier que ce peintre était né à Blois. Il commença d'abord à représenter les fleurs qui frappaient le plus par leurs brillantes couleurs, comme toutes les variétés de tulipes; mais à l'école de Morison, il apprit à ne pas dédaigner les plus communes. C'est ainsi qu'il signala une découverte de son auguste protecteur en figurant une des plus petites espèces de trèfle, celui qu'on a surnommé semeur, que ce prince avait cueilli dans le parc de Chambord, et il reconnut bientôt que c'était à l'avantage de son talent qu'il s'appliquait à reproduire des objets méprisés jusqu'alors. Robert peignait aussi les oiseaux et autres animaux curieux que Gas- ton se plaisait à réunir dans une ménagerie. 11 résulta de cestravaux la collection la plus magnifique qu'on eût encore vue. A la mort de ce prince, Colbert l'acheta au nom de Louis XIV, et il pourvut à sa continuation en attachant le peintre au cabinet du monarque; il lui fut alloué cent francs pour chaque plante dessinée sur vélin; depuis ce moment, Robert se fit une sorte de scrupule d'employer son pinceau pour d'autres que pour un si généreux protecteur; mais il trouva le moyen d'être plus directement utile aux progrès de la botanique. L'Académie des sciences, dès sa fondation, avait conçu le projet de travailler en commun sur les différentes branches des sciences naturelles. Dodart, entre autres, traça un plan pour écrire l'Histoire des plantes. Ce plan consistait à décrire et à faire figurer chaque année un certain nombre de plantes nouvelles que l'on devait livrer successivement au public par l'impression et la gravure; il fut publié en 1676 sous le titre de Projet de l'histoire des plantes. Dans le chapitre 2, intitulé Figures des plantes, l'auteur expose ce qu'il croit le plus convenable pour les rendre parfaites, et c'est ce qu'avait déjà exécuté Robert ; il l'annonce ainsi : « Nous faisons dessiner toutes les figures par le « peintre dont feu Monsieur s'est servi avec le « succès que l'on sait, et il les dessine toutes sur « pied, parce que nous avons désiré qu'elles fus- « sent plus garnies que celles qui sont peintes « dans les volumes des plantes de feu Son Altesse « Royale. On a pourtant été contraint de copier « sur ces originaux quelques plantes trèsrares, « qui ne fleurissent et ne portent ici que très- « rarement. » Mais Robert ne se contenta pas de les dessiner ; il entreprit de les graver luimême sous la direction d'A. Bosse; il concourut avec lui pour produire le chefd'oeuvre de la gravure appliquée à la botanique dans les trenteneuf planches qui font suite à ce projet d'histoire. Les descriptions qui les accompagnent sont de Nicolas Marchant; et, suivant l'usage de ce temps, elles sont imprimées sur le verso des planches, ce qui les dépare. Nous ne pensions pas à la date de cet ouvrage quand nous avons parlé de la magnificence de celui de Rheede; car ayant paru en 1676, il l'a devancé de deux ans, et cependant il le laisse fort audessous de lui sous tous les rapports, et il ne faut pas en être surpris , puisque, même à présent, il n'a pas encore été égalé . Ce ne sont cependant que des eauxfortes, mais pratiquées à la manière de Bosse, au vernis dur. Aussi Dodart disaitil : « Nous « préférons la gravure à l'eauforte à toutes les « autres, parce qu'elle a plus de liberté, qu'elle « est plus prompte et plus aisée, et qu'elle n'a « guère moins de netteté que la taille douce, « pourvu qu'elle soit bien traitée. » On ne peut disconvenir qu'elle n'ait été exécutée supérieurement par le maître et son habile élève. Ce livre, format atlantique, a vingtdeux pouces de haut sur quinze de large; il est orné d'un frontispice dessiné par Sébastien Leclerc et gravé par Goyton. Louis XIV se trouve au milieu d'une salle ; les membres de l'Académie l'entourent avec respect et lui indiquent leurs travaux. Par une fenêtre, on voit l'Observatoire en construction. Dans une vignette des plus spirituelles, le même Leclerc a représenté de nouveau les membres de l'Académie; mais, n'étant plus contraints par le respect, ils sont groupés familièrement autour d'une table, où ils travaillent à l'histoire des plantes; le costume et l'attitude de ces personnages sont si naturels qu'on devait, dans le , temps , appliquer facilement le nom à chacun d'eux c'est un charmant tableau de famille. D'autres ornements sont également dignes de ce beau siècle. Quant à l'objet principal , la figure des plantes , il est parfaitement rempli. Jamais on n'a mieux saisi la nature, le port ou l'ensemble, et les détails ne sont pas moins vrais ; quoique les fleurs soient bien soignées, elles sont souvent dessinées à part; quelquefois les premiers moments de la germination s'y trouvent. Les racines, quelque compliquées qu'elles soient, . Séguier fut chargé par Bignon de mettre en ordre les vélins alors déposés à la bibliothèque du roi : il les rangea suivant la méthode de Tournefort, et dans sa Biblio- theca botanica , sous l'article Robert, il donna un catalogue des plantes gravées ; mais il est incomplet, car il n'en cite que deux cent quarantetrois espèces. Antoine de Jussieu inséra dans les Mémoires de l'Académie, en 1727, l'Histoire de ce qui a occasionné et perfectionné le recueil des peintures des plantes et animaux, sur les feuilles de vélin, conservés à la bibliothèque d« roi . Elles furent continuées d'abord par Joubert; mais, comme il était plus exercé dans le paysage que dans ce genre, il céda la place à Aubriet . Outre quelques recueils particuliers de dessins de Robert, on a de lui les ouvrages suivants 1° Varice cc multi- formes florum species expressce ad vivum et ceneis tabulis intim , Paris, Poilly 31 planches; 2° Divers oiseaux dessinés et gravés d'après le na- turel, ibid., idem, 31 planches 3° Divers oiseaux dessinés d'après le naturel, Paris, Van Merle, 1673 4° Recueil d'oyseaux les plus rares, tirez de la ménagerie royalle, Paris, G. Audran, 1676 obl., 24 planches
  • Nicolas ROLIN( 1300) : chancelier de Bourgogne, né dans le 14e siècle à Autun, était originaire de Poligni . On le voit figurer dès 1407 dans les assemblées du parlement. 11 fut créé maître des requêtes en 1419, et chargé par le duc Philippe le Bon de poursuivre la punition des meurtriers C'est ainsi qu'il écrivait son nom , qu'on trouve de différentes manières dans les historiens contemporains. Voy. Dunad, Nobiliaire du comté de Bourgogne , p. 164. de Jean Sanspeur . Le zèle que Rotin montra dans cette circonstance mémorable lui mérita toute la faveur de Philippe, qui le fit chevalier et, en tilt lui confia les sceaux de Bourgogne. Le chancelier n'oublia point qu'il devait son élévation à ses talents et à la culture des lettres, il en devint le protecteur et prit toutes les mesures pour l'établissement de l'université à Dole. Il avait une érudition peu commune pour le temps et y joignait de l'éloquence et de la fermeté. Luttant contre les entreprises des grands vassaux , il se rendit odieux à la noblesse; niais il n'en poursuivit pas moins avec urage l'exécution de ses projets. Jean de Gran- , d'une des premières familles de Bourgogne, ayant donné le signal de la révolte, il le fit arrêter; et malgré les instances de ses parents, et du comte de Charolais laimème, Jean de Granson. convaincu d'avoir pris les armes contre son souverain , fut exécuté à mort . Rolin eut part à tous les traités de son temps, ainsi qu'à la rédaction de la coutume de Bourgogne. Il se maintint pendant quarante ans dans !a plus haute faveur, et mourut le 28 janvier 1461 dans la ville d'Autun , où il fut inhumé. S'il avait amassé de grandes richesses, il sut en faire un noble usage. En 1443, il établit à Beaune un hôpital pour les pauvres malades et pourvut à leurs besoins . Autun lui dut la fondation de sa collégiale, et il dota celle de Poligni. Rolin fut un digne exemplaire met archétype de tout savoir, piété et honneur, « dont il fit miraculeuses preuves ès affaires du « bon duc Philippe, qui de tout en tout se reposoit « sur la sagesse, savoir et conduite de ce prudent « chancelier » . Pierre Palliot a laissé en manuscrit une vie du chancelier Rolin, dont il existait des copies dans les bibliothèques du président Bou hier et de Fontette. — Jean ROL1N, cardinal, l'un des fils du chancelier, avait hérité de ses talents et de sa bienfaisance. Reçu docteur en droit canon , il devint successivement protonotaire et conseiller du duc de Bourgogne. Le Dauphin le choisit pour son confesseur. Il parvint , en 143i , à l'évêché de Chàlon , d'où il fut transféré, en 1436. sur le siége d'Autun. Il rebàtit la cathédrale, détruite par un incendie , et ta pourvut de tous les objets nécessaires à la dignité du culte. Sur la présentation du duc de Bourgogne, le pape Nicolas V le créa cardinal en 1449. Après avoir gouverné son diocèse avec sagesse pendant près d'un demisiècle, ce prélat mourut à Auxerre le 9.3 juin 1483. Ses restes furent transportés avec pompe dans la ville épiscopale et placés dans la chapelle Ill Par égard pour sa famille, Jean de Granson fut étouffé entre deux matelas, dans sa prison de Poligni, et enterré dans l'église des Dominicains de cette ville . Cet événement est de l'année le5. de sa famille. Le cardinal Rolin fit diverses fondations pieuses aux églises de Poligni
  • Nicolas ROSEN DE ROSENSTEIN( 1706) : médecin suédois , né en 1706 dans la Gothie occidentale , commença les études de sa profession à l'académie de Lund , mais les moyens pécuniaires trèsbornés de son père, simple curé de village , ne lui permettant pas un long séjour à l'académie , il fut obligé de chercher une place d'instituteur dans la capitale. Pour son bonheur il en trouva une dans la maison d'un habile médecin ; Rosen devint son élève, tout en faisant l'éducation du fils de son maitre ; il traduisit aussi pour les libraires afin d'améliorer sa situation. Ayant achevé ses études de médecine à Upsal, il inspira bientôt une telle confiance dans ses connaissances que la faculté de médecine lui donna une place d'adjoint, quoiqu'il n'eût encore que vingtdeux ans. Il sentait néanmoins tout ce qui lui manquait pour devenir bon médecin. Invité à conduire le jeune comte Posse dans ses voyages sur le continent, Rosen profita de cette occasion pour voir les hommes les plus célèbres et les meilleures institutions relatives à sa science. En Allemagne, il fréquenta les cours publics d'Hoffman ; par la Suisse et le Piémont, il se rendit à Paris et de là en Hollande, où il s'instruisit auprès de Muschenbroeck et Boerhaave ; à Harderwyck , il prit le degré de docteur et publia une thèse académique. De retour à Upsal , en 1731, il reprit ses modestes fonctions d'adjoint et fit bientôt jouir les étudiants des vastes connaissances qu'il avait amassées. On date de son retour les progrès que la science de l'anatomie a faits en Suède. L'université d'Upsal fut si convaincue de son mérite, que lorsque l'académie de Lund appela Rose') à une chaire de physiqUe les professeurs d'Upsal , voyant que l'université n'avait pas le moyen d'augmenter les appointements d'adjoint pour retenir le savant médecin , résolurent de se cotiser afin de lui faire un sort égal à celui qu'on lui offrait. Quelque temps après. son mérite fut récompensé par des honneurs et des emplois : il fut nommé médecin du roi, assesseur du collége de médecine, professeur et archiatre , enfin chevalier de l'Etoile polaire. Il fut aussi anobli et prit le nom de Rosen de Rosenstein. L'étude de la médecine devint, sous sa direction , florissante à Upsal. Les élèves accoururent en foule, et Rosen devint chef d'une école d'où sont sortis un bon nombre de médecins habiles. Il donnait ses soins à la cour ; il contribua beaucoup à propager en Suède la pratique de l'inoculation et reçut des états du royaume, en 1769, un présent de cent mille ryksdales après avoir inoculé avec succès la famille royale. Il entretenait une correspondance avec Haller, Van Swieten , Zimmerman , Tissot et d'autres médecins célèbres. Bose') mourut à Upsal le 16 juillet 1773 ; l'académie des sciences de Suède fit frapper une médaille en son honneur. Il a publié divers ouvrages , tels qu'un Compendium anatomicum, un Traité des maladies des enfants , qui a été traduit en diverses langues, et une Pharmacie domestique et de voyage. Dans l'ouvrage sur les maladies des enfants, on trouve le premier traité complet sur le croup. Sculzenhein a fait l'éloge de Rosen de Rosenstein; on trouve aussi une notice sur ce médecin et une liste de ses ouvrages dans la troisième édition de la traduction allemande de son Traité sur les maladies des enfants, par J.A. Murray, Goettingue et Gotha, 1774. C'est en l'honneur de son frère, également habile médecin et botaniste, que Thunberg a donné le nom de Rosenia à une plainte
  • Nicolas ROSEN DE ROSENSTEIN( 1752) : secrétaire d'État et académicien suédois, fils du précédent, naquit le 12 décembre 1752 à Upsal. Le roi le nomma, à l'âge de dixsept ans, gentilhomme servant à la cour, ce qui ne l'empêcha pas de continuer ses études et de subir en 1771, avec beaucoup d'éclat, l'examen exigé pour entrer dans la chancellerie royale, où il devint simple copiste en 1773. puis inspecteur. Le 12 octobre 1778, il fut nommé secrétaire du cabinet des affaires étrangères, fonctions dans lesquelles il se fit remarquer par la supériorité et la variété de ses connaissances. Admis dans la société nommée Utile dulci • où Kellgren , Edelcrantz et plusieurs autres savants avaient créé leur réputation, il s'y fit connaitre en 1780 d'une manière brillante par un éloge du conseiller de Bjerken. Ce discours fixa l'attention de la reine LouiseUlrique. Cette princesse , protectrice des arts et des lettres, voulant donner encore une occasion au jeune orateur de se distinguer, le chargea de prononcer l'éloge du conseiller de Stoberg et le nomma en 1782 secrétaire de l'académie des belleslettres qu'elle avait fondée. Depuis cette époque, Rosenstein jouit d'une grande faveur auprès du roi Gustave III, qui le nomma secrétaire d'ambassade à Paris ; et il s'acquitta de cette mission avec autant de zèle que d'intelligence. Pendant son séjour à Rome, en 1784, ce prince lui ayant ordonné de venir l'y joindre, il se lia dans cette capitale avec beaucoup de savants et de littérateurs , notamment le cardinal de Bernis, qui , pénétré de son mérite , en fit un si grand éloge au roi de Suède que ce prince le choisit pour précepteur du prince royal GustaveAdolphe. Voulant se rendre plus digne de cette haute confiance, Rosenstein retourna à Paris, où par l'entremise de l'ambassadeur suédois , le respectable comte de Creutz, il fut admis dans les cercles les plus brillants et fit connaissance avec les hommes les plus remarquables de cette époque, d'Alembert, Marmontel , Condorcet, etc. Le 1" novembre 1784, il fut rappelé à Stockholm et placé auprès du prince royal , avec le titre de conseiller de la chancellerie royale. En 1785, le roi le fit secrétaire du chancelier de l'université d'Upsal , place où se déploya toute son ardeur et son amour pour les sciences. Le mérite de Rosenstein détermina bientôt Gustave III à le charger de rédiger les statuts et les priviléges de l'académie que ce prince créa en 1786, et dont il le fit un des membres et le secrétaire perpétuel. Rosenstein justifia ce choix par son zèle et son dévouement pour l'académie et par ses travaux , qui eurent pour résultat de grandes améliorations dans la langue suédoise. On peut dire que toute l'activité littéraire de Rosenstein remplit l'académie, car les mémoires de cette société contiennent à chaque page quelqu'une de ses productions. Parmi les nombreux éloges biographiques qu'il composa on peut citer celui de d'Alembert. L'académie des sciences l'élut aussi un de ses membres en 1788. Dans les écrits qu'il lui communiqua, on doit remarquer son ouvrage classi que sur les lumières, qu'il publia en 1793, lorsqu'il quitta la présidence. Ce livre peut être regardé comme une des meilleures productions de l'esprit humain. L'érudition et le jugement brillent à un égal degré dans les préfaces et dans les commentaires dont Rosenstein a enrichi les OEuvres poétiques de madame Lenngren et de Kellgren , et celles de l'orateur Lehnberg. Pour reconnaître tout le mérite de ce savant littérateur et les nombreux services qu'il lui avait rendus, l'académie fit frapper, le 10 octobre 1821, une médaille représentant d'un côté son portrait en buste et de l'autre l'étoile polaire, entourée de constellations avec cette inscription Centrale et nobile sidas. Les fonctions de précepteur du prince royal cessèrent le ter novembre 1795, et Rosenstein reçut une pension de deux mille rixdales , avec le titre de Landsbofding . En 1796, il fut nommé membre du conseil générai du roi et particulièrement chargé des affaires de la Poméranie ; l'année suivante, directeur de l'académie militaire, et, en 1801, membre du département d'instruction au collège de la guerre. Il avait déjà été, en 1787, décoré de l'ordre de l'Etoile polaire, et le 9 décembre 1802 il en fut commandeur. Il adoptait alors cette devise Se, vare modum, qu'il eut sans cesse sous les yeux, surtout dans les événements qui se passèrent. en 1809, lors de la chute de GustaveAdolphe ; var/. GUSTAVE 1V). Patriote zélé et depuis longtemps partisan de toutes les doctrines libérales, Rosenstein adopta le changement de gouvernement et il fut un des membres de la régence qui gouverna provisoirement après la déposition du prince dont il avait été le gouverneur. Dans le mois de juin de la même année, il fut nommé secrétaire d'Etat des affaires ecclésiastiques , charge qu'il garda pendant toute sa carrière publique. A ce titre, la Suède lui est redevable de plusieurs institutions pour l'instruction publique et de nombreuses améliorations dans cette partie importante de l'administration. Le corps médical , qui dans son grand maître voyait avec plaisir le fils de l'un de ses plus illustres professeurs, fit sculpter son buste et le plaça dans la salle des séances du collège de santé. Rosenstein avait déjà dans sa jeunesse la vue faible ; dans un àge avancé, et surtout dans les dernières années de sa vie, il devint presque entièrement aveugle, au point qu'il était obligé de se faire lire les actes nombreux qui concernaient ses fonctions. Parvenu à soixantedix ans, Rosenstein fut obligé. à son grand regret, de quitter les fonctions publiques; mais il ne put vivre longtemps dans cet état de nullité : l'ennui le gagna, et il mourut le 7 août 1824. Pour connaître tous les ouvrages de Rosenstein, il faudrait. lire les mémoires des sociétés savantes dont il faisait partie. C'est là seulement qu'on peut voir ses nombreuses productions, qui en remplissent chaque page et qui ont enrichi la langue suédoise d'une manière vraiment admirable
  • Nicolas ROSSI( 1711) : savant bibliophile, naquit en 1711 à Florence , d'une famille ancienne, mais mal partagée des biens de la fortune. A l'exemple de son frère aîné, qui se fit depuis une réputation comme jurisconsulte , il s'appliqua dès sa jeunesse à la culture des lettres avec beaucoup d'ardeur. Après avoir terminé ses humanités d'une manière brillante, il étudia la philosophie et les mathématiques et se perfectionna dans la connaissance de l'hébreu et des langues anciennes par la fréquentation des savants. A vingt ans, il se rendit à Rome, où ses talents et sa modestie lui méritèrent bientôt des amis. Sur leur recommandation , le cardinal Alexandre Falconieri le choisit pour secrétaire, et, l'ayant admis dans son intimité, lui fit embrasser l'état ecclésiastique pour pouvoir lui donner des bénéfices. Après la mort de son protecteur, Rossi passa comme secrétaire au service de la noble famille des Corsini , et il justifia si bien la confiance de ses nouveaux patrons qu'ils lui conférèrent une riche chapelle à leur nomination. Les devoirs de sa place ne ralentirent point son ardeur pour l'étude. Devenu l'émule et l'ami de tous les savants qui se réunissaient au palais Corsini , l'abbé Rossi les surpassait tous par son érudition bibliographique. Bornant ses dépenses au strict nécessaire, il parvint à se former une bibliothèque précieuse par le choix des ouvrages et par la belle condition des exemplaires. Sa collection d'auteurs classiques, imprimée dans le 15e siècle, était la plus nombreuse qu'eilt jamais possédée à Rome aucun particulier, aussi la trouveton citée souvent par les PP. Laire et Audifredi, dans leurs Histoires de la typographie romaine. Modeste autant que laborieux, l'abbé Rossi semblait craindre l'éclat d'une vaine renommée. On n'a de lui que quelques pièces italiennes dans des recueils, mais on sait qu'il avait composé beaucoup de vers, principalement dans le genre berniesque , et plusieurs ouvrages en prose. C'est à l'abbé Rossi qu'on est redevable d'une bonne édition des OEuvres de Jean de la Casa, Rome, 1759-63, 2 vol. enrichie de deux préfaces élégamment écrites et de différentes pièces qui n'avaient point encore paru. Il se proposait de publier aussi l'Aminte du Tasse, avec des dissertations et un commentaire qu'on a trouvés dans ses papiers. En 1780, l'abbé Rossi ressentit une première attaque d'apoplexie, qui le priva de l'usage de la main droite. La diète et les secours de l'art l'avaient cependant rétabli , mais ayant voulu faire extirper une loupe volumineuse qu'il avait à la tète, et dont le poids s'était augmenté au point de lui paraître insupportable, cette opération fut suivie d'une seconde attaque, qui l'enleva le 3 mai 1785. Sa bibliothèque fut achetée treize mille écus romains par le duc Barlhél. Corsini , qui l'a réunie à celle du cardinal Néri , son oncle, pour en faire jouir le public. Le catalogue en a été publié par Pierre Palearini, Rome, j786 de '276 pages, précédé d'une Fie de rahbé Rossi en latin. La première partie contient l'indication des manuscrits au nombre de quatre cent quinze, et la seconde celle des livres imprimés, distribués par siècles de l'impression, par ordre de matières et par ordre alphabétique des noms d'auteurs. Cette triple division, incommode en ce qu'elle force à multiplier les recherches au lieu de les diminuer, ne sera sans doute point adoptée par les catalographes français.- Le volume offre à la fin une récapitulation, par formats, des principales éditions des classiques grecs et latins que contenait cette riche collection
  • Nicolas ROZE( 1745 - 1819) : musicien français , d'une famille originaire de Givry, naquit à Bourgneuf, diocèse de Chancit" , le 17 janvier I7g5. La beauté de sa voix et ses dispositions précoces le firent, à sept ans, recevoir à la maîtrise de Beaune, où il se trouva sous la direction de l'abbé Rousseau , depuis maître de chapelle à Tournay , l'un des plus habiles professeurs de son temps. D'après ses conseils, il fit de grands progrès dans la composition ; mais on lui défendit bientôt cet exercice, dans la crainte qu'une application soutenue ne nuisit au développement de sa voix. Roze, que sa vocation appelait à ni Le 20 janvier, suivant le Dictionnaire des musiciens, par Choron et Fayolle; mais on a préféré la date donnée par LaBorde, qui tenait de l'abbé Roze luimême, son ami, tous les détails dont il a composé son article, l'état ecclésiastique , après avoir terminé ses humanités et sa philosophie, fut admis au séminaire d'Autun. 11 y resta deux ans, pendant lesquels il composa plusieurs morceaux de pla qu'il eut le plaisir de voir adopter dans le diocèse. Dès qu'il eut reçu les ordres, il revint prendre possession de la maîtrise de Beaune. En 1769, il fit exécuter dans cette ville une messe qui lui mérita les suffrages de tous les musiciens de sa province. Il s'empressa de l'apporter à d'Auvergne, surintendant de la musique du roi , qui l'invita à travailler pour le concert spirituel. Un motet qu'il y fit exécuter eut le plus grand succès, et, peu de temps après, il fut nommé maître de chapelle de la cathédrale d'Angers. Pendant cinq ans qu'il habita cette ville , il y ranima le goût dé la musique et réussit à établir des concerts, qui se sont soutenus après son départ. Il revint, en 1775, à Paris occuper la place de maître de chapelle des StsInnocents. Sa réputation attira dans cette église un si grand concours de curieux que les paroissiens n'y trouvaient plus de place : ils s'en plaignirent, et l'archevêque ordonna de tenir les portes de l'église ouvertes pour les secondes vêpres. Peu flatté sans doute de n'avoir pour auditeurs que des gens du peuple, Roze donna sa démission en 1779, et, n'ayant pu se faire agréger à la chapelle du roi , il partagea son temps entre la composition et ses élèves , parmi lesquels il suffit de citer Lesueur. Connu seulement comme musicien, l'abbé Roze eut le bonheur d'échapper à la proscription des ecclésiastiques; mais la révolution, en le privant de ses élèves, lui ôtait sa seule ressource. 11 supporta sans se plaindre les privations et les contrariétés qu'il eut à souffrir dans ces temps malheureux. Cédant aux instances de ses amis, il fit exécuter en 1802 une messe à StGervais. Quelques motets et le vivat qu'il composa pour les fêtes que donnait le gouvernement d'alors tirèrent l'abbé Roze de l'oubli. Bonaparte lui fit offrir la maîtrise de sa chapelle; mais il refusa cette place lucrative,, parce qu'elle l'aurait obligé de se charger en même temps de la direction de l'Opéra. Il fut nommé , en 1807 , bibliothécaire du Conservatoire, emploi dans lequel il succédait à Langlé. Il présenta , en 181!r, à l'Institut, une méthode de pla qui fut adoptée par les maisons d'éducation . L'iige n'avait point affaibli ses facultés. Il fit exécuter, dans la chapelle des QuinzeVingts, en 1818, le 21 janvier, une messe de Requiem, regardée comme un de ses chefsd'oeuvre. L'abbé Roze mourut à StMandé, le 30 septembre 1819. 11 était membre de l'athénée des Arts et associé de l'académie de Dijon , dont les Mémoires pour 1820 contiennent une notice sur ce compositeur. D'un caractère doux et obligeant, il avait eu pour amis les musiciens et les amateurs les plus distingués. 11 a légué, par son testament, au Con- servatoire ses oeuvres, qui consistent dans des messes , motets , etc„ dont plusieurs sont regardés comme classiques. Laborde a publié le Système d'harmonie de l'abbé Roze, dans son Essai sur la musique, t. 3, p. 475-483. On a son portrait en médaillon, gravé d'après Cochin, eu 1780
  • Nicolas RYCKX( 1637) : naquit à Bruges vers l'an 1637. Il s'adonna de bonne heure à la peinture, et, pour sortir de la route suivie par la plupart des peintres, il parcourut une partie de l'Orient, afin de trouver une nouvelle nature et des objets moins connus. Il résida longtemps en Palestine et à Jérusalem; il dessina les lieux les plus célèbres de ce pays; il observa avec soin les moeurs et les costumes des habitants, suivit les caravanes et parvint à recueillir ainsi les sujets dont il enrichit ses tableaux. A son retour en Europe, revenu dans sa ville natale en 1667, la société de peinture qu'elle possède s'empressa de l'admettre au nombre de ses membres. Ses ouvrages ne tardèrent pas à obtenir une grande vogue. Sa manière se rapproche de celle de Van der Kabel; mais il est plus clair; son dessin est moins découpé et moins sec, et son paysage est de bon goût. Il peignait avec beaucoup de facilité. Ses compositions représentent en général des caravanes et des vues de la Palestine; elles sont abondantes et animées par des figures d'Arabes, de chameaux, de chevaux , touchées et dessinées d'une manière spirituelle et piquante; sa couleur est excellente, et dans le genre qu'il a adopté il tient le premier rang dans son pays
  • Nicolas SABOLY( 1614) : poëte provençal, maître de chapelle à StPierre d'Avignon, né à Monteux. près de Carpentras , en 1614 . — Sei parents étaient protestants. Il commença ses études au collège des jésuites d'Avignon, qui l'élevèrent dans la religion catholique, et les continua chez ceux de Carpentras. — Il montra de bonne heure un goût décidé, une véritable passion pour la poésie et la musique. — Son éducation terminée, il embrassa l'état ecclésiastique. Il fut d'abord recteur d'une chapellenie, fondée au maîtreautel de la cathédrale de Carpentras. Il devint ensuite bénéficier, maître de musique et organiste de l'église StPierre d'Avignon. Malgré le vif désir qu'il en avait, il ne put jamais obtenir le titre de chanoine. Son chapitre, avec lequel, du reste, il vivait en bonne intelligence, resta constamment sourd à ses sollicitations. — En 1658 , l'université d'Avignon lui conféra le grade de bachelier ès lettres. A cette époque, c'était sans doute un grand honneur. — Saboly s'est acquis une grande réputation comme poëte et comme musicien. Il doit cette réputation à ses noëls. Il en a composé quatrevingtun. Ce sont autant de petits drames naïfs et variés, pleins d'originalité et de grâce, où se révèlent tantôt le gros rire de nos aïeux , tantôt les plus tendres délicatesses du sentiment . On y remarque des aperçus piquants, des mots heureux, une touchante simplicité et, le plus souvent, une grande connaissance du coeur humain. Ces noëls sont accompagnés d'une musique qui mérite des éloges et qui n'a pas été sans influence sur leur popularité. — Chantées d'abord dans le comtat Venaissin, les poésies de Saboly se répandirent bientôt dans la Provence, le Languedoc, et même dans le reste de la France . Ces hymnes font encore les délices de nos contrées méridionales et même des gens de goût. Il y a de l'élévation dans le noël intitulé N'autrei très Bountian ; du sentiment dans celui qui a . Il fut inhumé avec honneur dans l'église de StPierre. La ville d'Avignon a donné son nom à la rue où il demeurait. Sa maison porte aujourd'hui le n° 6. — L'édition originale des noëls est devenue excessivement rare ; elle est intitulée Lei noué dé san Pierré, en Avignoun , Avignon, chez Pierre Orfray Elle est composée de six recueils publiés en 4669, 1670, 1671, 1672, 1673 et 1674. Il en existe un exemplaire à la bibliothèque de l'arsenal à Paris provenant de la bibliothèque la Vallière. Cet ouvrage a été réimprimé un grand nombre de fois. Nous connaissons onze éditions publiées à Avignon 7, 1763, 1774, 1820, 1824, 189, 1839 et 1845) et deux edi. fions publiées à Carpentras . La plupart de ces éditions portent pour titre : Re- cueil de noëls provençaux, composés par.... Dans les dernières, on a ajouté le noël fait à la louange de Saboly et le noël des Rois , par Domergue, doyen d'Arençon. Voyez aussi Li noué de & d'obi, Peyrol et J. Roumanille, emé de vers de J. Reboul, Avignon, 1852 . Requien se proposait, il y a quelques années, de donner une édition de luxe avec un portrait de l'auteur. Boudin a publié un petit poëlne intitulé Lou soupa de Saboly , précédé d'une notice sur ce poëte
  • Nicolas SALA : compositeur italien, l'un des plus savants élèves de Leo, était maître de chapelle et professeur au conservatoire de la Pietà, à Naples. Il avait consacré le cours d'une vie longue et laborieuse à la formation d'une suite méthodique de modèles sur toutes les parties de la composition. En 179k, ce travail précieux fut publié aux frais du roi de Naples, et avec une extrême magnificence, sous le titre de Regole del contrappunto pratico Déjà l'Europe accueillait ce nouveau code de la composition musicale , lorsqu'un événement malheureux vint le ravir à l'empressement général. Au milieu des désordres qui éclatèrent à Naples en 1799, les planches de l'ouvrage de Sala, déposées à l'imprmerie royale, furent volées et dispersées. Les exemplaires en devinrent trèsrares ; et le fruit de tant de travaux n'aboutit qu'a le faire regretter. On doit savoir gré aux éditeurs des Principes de composition des écoles d'Italie de l'idée qu'ils ont eue de reproduire la plus grande partie des modèles de Sala dans leur ouvrage, qui n'est que la réunion de ceux des plus célèbres compositeurs italiens. Sala mourut en 1800. presque centenaire
  • Nicolas SANDERS ou SAUNDERS( 1527) : en latin Scinderas, né vers l'an 1527, à Chariewood, dans le comté de Surrey, était professeur royal en droit canon dans l'université d'Oxford, à l'avènement de la reine Marie. Appelé à la place de secrétaire de celte princesse pour sa correspondance latine, il refusa , préférant la vie tranquille et studieuse du cabinet. S'étant retiré à Rome, il fut reçu docteur en théologie et ordonné prètre. Le cardinal Hosius l'emmena au concile de Trente, en qualité de secrétaire ; puis, dans ses diverses missions , en Pologne, en Prusse et en Lithuanie, où il aida ce prélat à rétablir la discipline ecclésiastique. Sanders alla ensuite résider à Louvain, où il travailla pendant douze ans, avec plusieurs de ses compatriotes, à la composition de divers ouvrages de controverse. Il fut nommé, en 4579, nonce en Irlande. Camden prétend que cette mission, concertée avec l'Espagne, avait pour objet d'y entretenir l'insurrection du comte Desmond, et qu'après la déroute de l'armée catholique. Sanders se sauva dans les bois, où il périt de faim. Wood assure au contraire que , quelques jours avant la bataille, il mourut d'une dyssenterie, entre les bras de l'évêque de Killaloe, sur la fin de 1580. Les protestants n'ont pas épargné sa mémoire. Les catholiques avouent qu'il avait un zèle trop exalté, et lui reprochent d'avoir enseigné que l'Eglise et le peuple ont le pouvoir de déposer un souverain apostat, lorsque la religion y est intéressée. Ses ouvrages confirment assez cette idée ; les principaux sont 1. Traité de la dernière c;, ne contre Jeu- el et Nou- el, Louvain, 1566 et 1567 2. Traité des images, ibid., 1567 3^ De Ecclesia Christi, ibid., 1566; StOmer, 1624 4° Traité de l'usure, Louvain, 1568. ; 5° De typica et honoraria imaginum adora- houe, ibid., 1569 Sacrificii missœ ac. ejus partium explicatio, ibid.. Anvers, 1573; 6° Quod Domitius in sexto cap. ban. de sacramento eucha- ristiœ proprie sit locutus, Anvers, 1570 70 De visibili monarchia Ecclesite, Louvain, 1571 fol. ; Anvers, 1581 ; Wurtzbourg, 1592, rédigé d'après les principes des ultramontains ; 8° De origine et progressu schismatis anglicani libri Ires, Cologne. 1585; Rome, 1586 ; Ingolstadt, 1588. C'est la plus connue et la plus violente de ses compositions. Les deux premiers livres, seulement, sont de lui ; le troisième est d'Edouard khiston. L'ouvrage a été traduit en français par Maucroix , Paris, 1678. 2 vol. On a de Sanders plusieurs autres écrits de controverse. Ces divers ouvrages sont énumérés en détail dans le Manuel du bibliographe anglais de Loconder ; et Wood , dans ses Athens oxenienses, a inséré une biographie de Sanders
  • Nicolas SANSON( 1600) : le créateur de la géographie en France , était natif d'Abbeville, où, depuis plus d'un siècle, sa famille était admise aux charges municipales. Né le 20 décembre 1600, il était l'aîné des trois fils de Nicolas Sanson, lequel souhaitait que tous ses enfants cultivassent la géographie; mais celui qui fait l'objet de cet article répondit le mieux à ses vues. Après avoir achevé ses humanités avec succès au collège d'Amiens, il revint dans sa famille et se livra tout entier à l'étude de cette science. Il avait à peine seize ans, lorsque, mettant à profit les travaux d'Ortelius et de Gérard Mercator, il parvint à dresser une carte de l'ancienne Gaule, supé- Les cartes de Sanson sont bien défectueuses, dit Longuerue, j'en conviens; mais c'est lui qui a commencé, et qui nous a mis en train et en goùt de géographie. Avant lui qu'avionsnous Lorsgues... rieure à celles de ces maîtres ; cependant il en retarda la publication, dans la crainte qu'on ne l'attribuât à son père. S'étant marié de bonne heure et forcé par son peu de fortune de subvenir aux besoins de sa famille, il embrassa le commerce ; mais le temps qu'il cuntinuait de donner à l'étude l'empèchait de suivre ses affaires; il éprouva des pertes considérables , céda ce qui lui restait à ses créanciers et vint à Paris en 1627, apportant sa carte de la Gaule. Le succès qu'elle obtint lui mérita la protection du cardinal de Richelieu. Il fut présenté au roi Louis XIII, qui reçut de lui quelques leçons de géographie et le nomma ingénieur en Picardie. Il se rendit aussitôt à sa destination , visita les différentes villes de la province pour en examiner les travaux et revint dans Abbeville, dont il fit réparer les fortifications. Les devoirs de sa place ne ralentirent point son zèle pour la géographie, et il publiait presque chaque année de nouvelles cartes. Louis XIII vint, en 1638 , en Picardie pour ètre plus à portée de surveiller les opérations de l'armée, et, pendant le séjour qu'il fit à Abbeville, il logea dans la maison de Sanson, auquel il témoigna les plus grands égards. Sanson accompagnait le roi dans ses différentes excursions, et plusieurs fois il fut appelé au conseil. Ayatat à se plaindre du marchand qu'il chargeait de la vente de ses cartes , il s'établit, vers 1640, à Paris pour en surveiller le debit, qui faisait sa principale ressource. II reçut, peu de temps après, le brevet de géographe ordinaire du roi , avec un traitement de deux mille livres, et fut nommé conseiller d'Etat; mais il n'en prit point le titre, dans la crainte, diton que ses enfants ne s'en prévalussent pour se dispenser de continuer l'étude de la géographie. Attaqué par le P. Labbe au sujet de la carte de la Gaule, il lui répliqua vivement, et il se proposait de relever en détail les nombreuses méprises de son adversaire ; mais le chancelier Seguier les réconcilia et détermina Sanson à jeter au feu le reste de son manuscrit. Nicolas mourut à Paris , le 7 juillet 1b67, et fut inhumé dans la chapelle basse de StSulpice. Outre ses trois fils, dont on parlera cidessous, il a formé plusieurs élèves, parmi lesquels Duval , son neveu et le père du célèbre Guillaume Delisle. Il a rendu d'importants services à la géographie ; mais on lui reproche avec raison d'avoir travaillé avec trop de précipitation et de n'avoir pas assez profité des découvertes astronomiques pour donner ' à ses cartes le degré de perfection dont elles étaient susceptibles. Fréret en a signalé les défauts dans deux lettres sur Guill. Delisle , insérées l'une dans le Mercure, mars 1726, et l'autre dans le tome 10, 2. partie, des 41/ émoires de Nicéron. La seconde est une réponse à la notice Ses cartes étaient son pain. Il avait affaire à 'Melchior Tavernier, qui était un Arabe et le récompensait mal. Il rencontra mieux dans Mariette; avec tout cela il était bien pauvre. Ibid. sur les Sanson , dont l'auteur, pour relever le mérite de ces géographes, cherche à rabaisser celui de Delisle . Outre un trèsgrand nombre de cartes qu'on petit se dispenser d'indiquer, puisqu'elles ont été surpassées depuis longtemps I.), on a de Nicolas Sanson : 1° Galliw antiquœ descriptio geographica , 1627 , en quatre feuilles et deux de supplément ; 2° Grœcioe antiquœ descriptio geographica, 1636 30 l'Empire romain, 1637, en quinze cartes ; Britannia, ou Recherches sur l'antiquité d'Abbe- ville, 1638 Dans cette dissertation savante et curieuse, Sanson cherche à prouver qu'Abbe- ville est la Britannia de Strabon , et qu'elle a fourni la première colonie qui s'est établie dans la GrandeBretagne, pays auquel elle a donné son nom. Il y traite en passant des voyages de Pythéas et de l'antiquité de Marseille. 5° La Franee, 164% en dix cartes, cinq latines et cinq fran- çaises; 6. Tables méthodiques pour les dirisions des Gaules et de la France, 16%% repro- duites par ses fils, en 1696, et avec des correc- Lions r.t des additions par Robert de Vaugondy, en 1742; 7° l'Angleterre, l'Espagne, l'Italie et l'Allemagne , 1644 quatre cartes ; 8° le Cours da Rhin , en neuf cartes, avec une table alphabétique des villes, 1646 9° ha Pharum Galliœ antiquœ Pliai. Labbe disquisitiones geographicir , Paris, 16!s-1%8 Ces deux premières parties, les seules qui aient paru , ne contiennent les remarques de Sanson que sur les deux premières lettres de l'alphabet, et cependant il relève plus de quatre cents erreurs ou plagiats de son adversaire. 10n Remarques sur la carte de l'ancienne Gaule jointe à la traduction des Commentaires de César de Perrot d'Ablancourt, 1647 ou 1651 Elles sont savantes ou instructives. 110 L'A3ie, en quatorze cartes. 1652 12° Indrx geographicus, 1653, ; 13° Geographia sacra ex Veteri et Nor° Testamento descripta et in tabulis quatuor concinnaia, 1653 1665, mèrne format; avec des notes de Jean Leclerc, 1704 . Les dissertations géographiques ont été traduites en français et insérées dans l'édition de la Bible de Sacy, 1717 Robert de Vaugondy a profité du travail de Sanson dans sa Géographie sarrée. 14° L'Afrique, 1656 avec dixneuf cartes . On conserve à la bibliothèque de Paris une Dissertation manuscrite de Sanson sur le Portus lccius , qu'il place à Boulogne . Son portrait a été gra‘é par Edelinck, format W—s, 01 Cette Notice fut publiée i ar Niettron , t. 1:3, p, 210..236. On l'attribue à MoulartSanson ou it l'abbé Perrier, tous deux petits. fils de Nicolas. C'était un entété ; et , quoique les Portugais eussent fait graver it Rome leurs belles estampes de l'Ethlopie, il continua, pour n'en avoir pas le démenti , à redonner toutes les anciennes fautes que ROI p.,re et lui avaient faites. Longueruana. On voyait aussi dans la collection de l'abbé de Tersan un
  • Nicolas SANSON : l'aîné des fils du précédent, fut tué d'un coup de mousquet à la journée des barricades , en défendant le chancelier Seguier contre la fureur de la populace . 11 n'était Agé que de 22 ans et venait d'obtenir le titre de géographe ordinaire du roi. On lui attribue : Traité de l'Europe, en discours avec vingt cartes françaises et neuf latines. — Guillaume SANSON , le cadet des trois frères, continua, de concert avec Adrien, le commerce des cartes et des livres de géographie. Outre de nouvelles publications des cartes de sou père, on lui doit : 1° Introduction à la géographie, Paris, 1681 3 parties; réimprimée avec de nouvelles cartes et des explications plus détaillées, 1690, 1705, 171%. et 2*ln geographiam antiquani JIich.- Ant. Baudrand disquisiiiones geographicœ, ibid., 1683 , in -12 . 11 y défend la mémoire de son père contre les attaques de Baudrand et relève en mèrne temps les nombreuses erreurs de ce géo- graphe ; il en signale jusqu'à six cents dans la première lettre de son Dictionnaire. 3° Dissertation sur ce que Dominique Cassini dit des conquéte3 des Gaules dans son Traité d'astronomie. Il y prétend Prouver. contre Cassini, que la Celtibérie et la Galatie n'étaient point des pays maritimes, et qu'il n'a jamais existé sur les rives du PontEmin de peuples appelés CeltoScythes. Cette pièce n'a pas été publiée; mais on en trouve un extrait assez étendu dans le Journal des Savants, année 1697, p. 111-116. L'auteur promettait de l'insérer dans un recueil de traités sur l'ancienne Gaule. commencé par son père et auquel il avait mis la dernière main. 4° Lettres sur les change- ments qui se trouvent dans la carte de l'Asie mise au jour par de Fer . Guillaume mourut le 15 mai 1703. Il a laissé des remarques en manuscrit sur la Notice des Gaules de Valois. — , Idrien SANSON, géographe ordinaire du roi, comme ses deux frères, eut part aux dif- férents ouvrages de Guillaume. Il cultivait aussi la philosophie et les lettres avec quelque succès. Dreux du Radier a recueilli, dans ses Récréations historiques , un sonnet d'Adrien qui mérite d'ètre lu. Il mourut le 7 septembre 1718, laissant son fonds de cartes et de livres géographiques à Pierre Moulart Sanson , son neveu. Moulart , mort le 30 juin 1730, eut pour successeur son neveu Robert de Vaugondy
  • Nicolas SCHMID( 1606 - 1671) : ou Ciintzel de Rotenacker, paysan savant de Rotenacker, village aux environs de Gera, en Saxe, naquit le 20 janvier 1606, et ne savait pas encore lire à l'âge de seize ans. 11 l'apprit alors d'un valet de son père, ce qui mécontenta beaucoup celuici. Mais comme le valet luimême ne savait pas lire couramment tous les mots, Cüntzel, en assistant les dimanches au sermon, profita de la prononciation du curé. Un de ses parents, notaire, lui apprit à lire, à écrire le latin et à comprendre les mots les plus faciles. Le même notaire lui fut utile pour l'étude du grec, de l'hébreu, du syriaque, de l'arabe, du persan, de l'arménien, de l'éthiopien , etc. A table , Schmid avait toujours auprès de lui un livre ; il vaquait d'ailleurs à ses devoirs ordinaires et à tout ce qu'exigeait sa condition de paysan : c'était la nuit qu'il s'occupait de ses études philologiques. Il écrivait en caractères étrangers sur les murs de la grange où il travaillait ; et pendant qu'il battait le blé, il apprenait les différentes langues. Entre autres écrits, il a traduit l'Oraison dominicale en cinquante et une langues. Il s'appliqua aussi avec succès à la médecine et à l'astrologie, il apprit la marche des planètes, commença, en 1653, à publier un almanach, et mourut en 1671, à l'âge de 65 ans
  • Nicolas SARRABAT( 1698 - 1737) : physicien, né le 9 février 1698 à Lyon, était fils d'un peintre qui ne manquait pas d'un certain talent dans son art. Après avoir achevé ses études avec succès sous les jésuites, il embrassa la règle de StIgnace. Sou goût le portait vers les sciences. Il remporta trois prix à l'académie de Bordeaux en 172.7 pour une nouvelle hypothèse sur les variations de l'aiguille aimantée ; et les deux années suivantes pour des mémoires sur la cause de la salure de la mer et sur celle de la variation des vents ; dans l'intervalle le P. Sarra bat avait été nommé professeur royal de mathématiques à Marseille. Avant fait un voyage à Paris, par ordre de ses supérieurs, il y mourut le 27 avril 1737. Outre les trois pièces dont on a parlé, le P. Sarrabat a publié : Dissertation sur la circulation de la séve dans les plantes, 1733 . Il l'avait Sa Vie, écrite en italien par Bianchi Giozini, a été publiée à Zurich , 1836. 2 vol. Mi, Ses trois premières dissertations ne contenaient guère que des raisonnements et des hypothèses ; mais celle- ci est fondée sur ses expériences. C'était surtout en plongeant le bout des tige, de plantes dans le suc du Phytqacen qu'il essaya de découvrir la envoyée à l'académie de Bordeaux sous le nom de la Baisse, parce qu'on l'avait prié de ne plus paraitre dans la lice pour ne pas décourager les autres concurrents. L'académie ayant reconnu le véritable auteur sous ce déguisement, le prix fut retiré et le sujet changé . On trouve plusieurs articles du P. Sarrabat dans les Mémoires de Trévoux : — Lettre en réponse aux objections sur son système des causes de la salure de la mer, janvier 1730. — Lettre au P. Castel , contenant un essai sur l'union de l'àme et du corps, décembre même année. — Lettre sur un tremblement de terre qui s'est fait sentir dans le Comtat Venaissin, et sur les aurores boréales, juillet 1731. — Réponse aux objections du P. Haulzein, jésuite allemand , contre le système de la salure de la mer, août 1734. — Lettre au P. Castel, sur un phénomène d'agriculture, août 1735. On lui doit aussi quelques observations astronomiques; il découvrit le premier la comète de 1729, et il s'empressa de la signaler à l'Académie des sciences . Pernetti, qui était entré avec lui chez les jésuites , nous apprend que le P. Sarrabat était grand , d'une physionomie qui annonçait le feti et l'élévation de son esprit, et d'un commerce fort doux ; il n'avait jamais eu de passion que pour les sciences
  • Nicolas SAUNDERSON( 1682) : le plus célèbre des aveugles savants, professeur de mathématiques à l'université de Cambridge, et associé de la société royale de Londres, naquit en 1682, à Thurlston dans le comté d'York, où son père était employé à la perception de l'excise. Il n'avait qu'un an quand la petite vérole le priva nonseulement de la vue , mais même de ses prunelles qu'un abcès détruisit entièrement ; de sorte qu'il ne conserva pas plus d'idée de la lumière et des couleurs que s'il eût été aveugle en naissant. Il fut envoyé de bonne heure à une école à Penniston , où il reçut les éléments des langues grecque et latine. Au sortir de cette école , son père lui enseigna les premières règles de l'arithmétique , et son génie commença dès lors à se révéler. Il fut bientôt en état de faire de longs calculs par la force de sa mémoire ; et il se forma des méthodes nouvelles pour résoudre plus promptement ces petits problèmes que l'on pro-- pose aux commençants , afin d'éprouver leur habileté. A dixhuit ans, il eut l'avantage d'être présenté à Richard West, grand amateur des mathématiques , lequel , frappé de sa capacité extraordinaire, lui apprit les principes de l'algèbre et de la géométrie et lui donna tous les encouragements qui dépendaient de lui. Saunderson trouva un autre maitre dans le docteur Nettleton, et profita si bien de leurs leçons, qu'en peu de temps il eut épuisé leur savoir et put, diton, leur rendre en instruction plus qu'il n'avait reçu d'eux. Après avoir passé quelques mois dans une école, près de Sheffield, il se retira dans une campagne, où il poursuivit ses études, presque seul , sans autre secours qu'un livre et qu'un lecteur. Dès lors aucune difficulté ne pouvait plus l'arrêter : il en trouvait rapidement la solution. Les ressources pécuniaires de sa famille étant trèsbornées, il se flatta d'obtenir une chaire de mathématiques; et son inclination le conduisit à l'université de Cambridge en 1707. La société du collége de ChristChurch, charmée de posséder un génie aussi étonnant, lui donna un logement, l'usage de sa bibliothèque et toutes sortes d'avantages. Saunderson éprouva d'ailleurs , en cette occasion , la bienveillance généreuse du professeur 'Whiston. Il professa d'abord, en qualité de lecture-. L'ouverture de son cours attira un grand nombre de savants et de curieux. Sa première leçon roula sur les éléments des mathématiques, l'optique et l'arithmétique universelle de Newton ; et là , certes, un vaste champ était ouvert à son génie. C'était un spectacle fait pour exciter la curiosité publique que celui d'un jeune aveugle donnant des leçons d'optique, et discourant sur la lumière et les couleurs, expliquant la théorie de la vision , l'effet des verres convexes ou concaves , le phénomène de l'arcenciel et d'autres objets de la vue. Après avoir enseigné publiquement la philosophie newtonienne, Saunderson se lia avec son illustre auteur, dans la conversation duquel il eut l'avantage de pouvoir éclaircir les parties de ses ouvrages qui offrent le plus de difficultés. Il conçut une profonde ad- miration , bientôt accompagnée d'une vive reconnaissance pour ce grand homme, qui contribua à lui faire obtenir la chaire de mathématiques fondée par le docteur Lucas. Whiston venait d'être destitué ; personne n'était jugé plus capable de le remplacer que Saunderson, mais il lui manquait le degré de maître ès arts exigé par les statuts ; et ce degré lui fut conféré par une faveur extraordinaire, motivée sur son rare mérite. Son élection eut lieu en novembre 1711. Il prononça un discours d'inauguration écrit en latin, d'un style qui prouvait que l'auteur s'était formé à l'école de Cicéron. Il avait perfectionné ses études classiques au point d'entendre les ouvrages d'Euclide , d'Archimède et de Diophante, lus dans l'original grec. Il se maria en 1723 et devint père de deux enfants. Lorsqu'en 1728 George II visita l'université de Cambridge , il exprima le désir de voir le professeur aveugle ; et dans cette occasion Sa Majesté le créa docteur en droit. La constitution naturellement forte de Saunderson commençait à se ressentir de l'influence d'une vie trop sédentaire et d'une application trop continue. Il éprouva, pendant plusieurs années, un engourdissement dans les membres , qui se termina par une mortification incurable du pied ; et il mourut le 19 avril 1739, âgé de 57 ans. Il eut plus d'admirateurs que d'amis. Son esprit vif et caustique n'épargnait personne. Il pensait que la vérité doit toujours s'exprimer sans ménagement , mais il abusait de ce principe : l'effet d'une telle conduite fut de lui susciter un grand nombre d'ennemis. Newton parait avoir été du petit nombre de ceux dont il a constamment respecté le caractère. Saunderson convenait que plus d'une fois il avait cru devoir adopter un avis différent sur les objets traités dans les ouvrages de sir Isaac ; mais qu'un plus mûr examen lui avait toujours fait reconnaître que luimême était dans l'erreur. Il avait la malheureuse habitude de jurer, et il était connu pour son impiété. On a dit que le ministre qui l'assista dans ses derniers moments, ne pouvant réussir à le convaincre de l'existence d'un créateur, • par le tableau des merveilles de la création, merveilles qu'un aveugle ne pouvait guère voir, finit par en appeler au témoignage de Clarke et de Newton, qui tous deux avaient proclamé une intelligence suprême ; et que le mourant, se rendant à l'autorité de ces grands noms , s'écria : 0 Dieu de Clarke et de Newton , rernis- rnoi dans ion sein! » Mais cette anecdote a été reconnue fausse . On a peine à concevoir d'abord comment un aveugle a pu se distinguer dans les sciences mathématiques ; mais si l'on réfléchit que les idées de quantité, sont les principaux objets des mathématiques peuvent s'acquérir par le sens du toucher aussi bien que par celui de la vue ; qu'une attention fixe et soutenue est la principale disposition pour cette étude, et que les aveugles sont nécessairement moins distraits que les autres hommes , on pensera peut-ètre qu'aucune branche de la science n'est mieux adaptée à leur situation. Saunderson dut dans l'origine la plupart de ses idées au sens du toucher, qu'il avait d'une délicatesse exquise, comme l'ont ordinairement les aveugles. Cependant il ne pouvait pas distinguer les couleurs au moyen de ce sens ; et on l'a fréquemment entendu dire que c'était prétendre à l'impossible. mais il discernait avec beaucoup d'exactitude la moindre inégalité. le moindre défaut de poli sur une surface. C'est ainsi que, dans une suite de médailles romaines, appartenant à l'université de Cambridge, il sut distinguer les pièces authentiques d'avec les fausses, quoique ceLlesci eussent été assez bien contrefaites pour tromper un connaisseur qui en avait jugé par les yeux. Le toucher lui servait à distinguer aussi avec une grande justesse la moindre variation dans l'atmosphère. On l'a vu, dans le jardin du collége, un jour qu'on y faisait des observations sur le soleil, signaler chaque nuage qui interrompait l'observation, presque aussi exactement que ceux qui y voyaient. il savait quand un objet quelconque était placé devant lui , ou quand il passait près d'un arbre, pourvu du moins que le temps fût calme : il formait alors son jugement sur la pression différente de l'air sur son visage. Les personnes privées des yeux sont communément douées d'une oreille sûre et délicate, et Saunderson le fut au plus haut degré. Il appréciait promptement jusqu'à la c partie d'une note ou d'un ton. Dans ses jeunes années, il avait appris à jouer de la Hôte ; et le talent qu'il y déployait annonçait de si heureuses dispositions pour la musique que l'on peut supposer que s'il se fuit livré à cet art, il n'y eût pas moins excellé que dans les mathématiques. La perfection de son ouïe lui suffisait pour reconnaître des personnes avec lesquelles il avait autrefois causé ; il discernait même par ce moyen les différentes localités : il jugeait de la grandeur d'une salle où on l'introduisait, de la distance où il se. trouvait de la muraille ; et s'il avait une fois marché sur le pavé retentissant d'une cour, d'une place publique. etc., et qu'il y fût dans la suite conduit de nouveau, il pouvait indiquer précisément l'endroit du lieu où il était, uniquement Voy. la Lettre de Gervaise Holmes À l'auteur de la Lettre sur les aveugles , contenant le véritable récit des der-- nières heures de Saunderson , Cambridge, 1750 de 60 pa- ges. On y relève plusieurs faussetés avancées dans l'ouvrage de Diderot. par Je son qu'il rendait. Saunderson avait écrit sur presque tous les points des mathématiques, pour l'usage de ses élèves, mais d'abord sans rien destiner à l'impression. Ce ne fut que sur les instances de ses amis, qu'il rédigea en anglais, ses Eléments d'Algare et y mit la dernière main. Ils ne parurent qu'après sa mort à Cambridge, I 1740, 2 vol. ornés de son portrait, et pré- cédés d'une notice sur sa vie. Ils sont estimés et ont été traduits en français, par de Joncourt Amsterdam, 1. 7b6, 2 vol. 4°. Parmi les autres écrits qu'il a laissés, on cite avec IF éloge des commentaires sur les Prinripia , qui en expliquent les parties les plus difficiles et souvent ajoutent au fond. Ils ont été publiés en latin à la fin de son traité sur les fluxions, ouvrage estimable qui parut en 1756, 8°. Ses leçons manuscrites sur presque toutes les parties dela philosophie naturelle mériteraient également d'être imprimées. On a dit que Saunderson avait le premier imaginé la décomposition du cube en six pyramides égales et semblables. Le premier volume de ses Eléments d'algèbre offre la description d'une manière de faire les opérations de l'arithmétique par le seul sens du toucher. C'est ce que l'on a nommé Arithmétique palpable; Montucla en donne la description dans le tome I.. des Récréations mathématiques p
  • Nicolas SCHARFENBERGER : savant imprimeur de Cracovie au 16' siècle, fit une traduction en polonais de tous les livres du Nouveau Testament, qui fut publiée à Cracovie en 1556, à l'époque où la réformation avait gagné un grand nombre de partisans en Pologne. Peu de temps auparavant avait paru la traduction du Nouveau Testament en langue polonaise par Jean Scklutian, qui dédia son travail au roi Sigismond Auguste. Scklutian fut d'abord moine en Pologne; avant adopté le luthéranisme, il se rendit à Koenigsberg et établit dans cette ville une imprimerie, d'où sortirent, comme de celle de Seharfenberger, plusieurs ouvrages importants, tant en polonais qu'en latin
  • Nicolas SCHATTEN( 1608 - 1676) : jésuite, naquit en 1608 en Westphalie. Il fut chargé par Ferdinand de Furstemberg, évêque de Munster, d'écrire l'histoire de cette contrée, et s'y livra tout entier; mais la mort ne lui laissa pas le temps de publier son travail, et l'enleva en 1676. Ferdinand, en honorant sa mémoire de regrets et de larmes, donna ses soins à la publication des deux ouvrages suivants 1° Historia Westphalioe , Neuhaus, 1690 histoire savante, mais partiale ; 2° Annales Paderbornenses, Neuha us, 1693 ; ouvrage fort estimé, exact et plein de recherches suivant Lenglet, et qu'on peut regarder comme la continuation du précédent. Schatten avait publié, deux ans avant sa mort, une espèce de livre de controverse contre un certain Nifanius, auteur luthérien, qui avait voulu prouver en 1670, que Charlemagne n'avait pas été un vrai catholique romain, et que Luther par sa réformation n'avait fait que rétablir des usages fort différents de ceux de l'Eglise catholique, et déjà introduits par ce prince dans l'église saxonne. Schatten intitula sa réfutation : Carolus Magnus , Romanus imperator et Francorum rex, romano - catholicus Neuhaus 1674 Nifanius répondit en 1679; mais le livre de Schatten ayant eu peu de débit les libraires voulurent lui donner un nouveau cours en le reproduisant sous ce titre : Discursus histo- rico- politico- moralis de vita Caroli Magni, Francfort, 1700
  • Nicolas SCHMITTH : né à œdenbourg, en Hongrie, entra dans la compagnie de Jésus, professa les humanités et la théologie dans plusieurs maisons de cet ordre et devint recteur du collége de Tirnau, où il mourut en 1767. C'était un homme d'une vaste érudition et qui en même temps écrivait avec autant de pureté que d'élégance. On a de lui : 1° Series archiepiscoporum Strigoniensium, Tirnau , 1751, 2 vol. 2° Episcopi Agrienses, jide diplomatica concinnati, 1758 ; 3° Imperatores ottomannici, a capta Constantinopoli, cum epitome principum Turrarum r ad annum 1718, Tirnau, 1760, 2 vol. Cette histoire des empereurs ottomans est la con-, tinuation de celle du P. François Borgia Keri . Regardée comme une des meilleures que l'on possédât alors, elle peut encore aujourd'hui être consultée avec fruit
  • Nicolas SCHWEBEL( 1713 - 1773) : philologue, né en 1713 à Nuremberg, était fils d'un meunier. Dès son enfance, il apprit la musique et fut bientôt admis à la société des concerts. Cependant son le portait vers les lettres ; et avec le secours qu'il reçut des protecteurs que lui avait acquis son talent comme musicien, il put bientôt se livrer à l'étude des langues anciennes. Après avoir achevé ses humanités au gymnase de sa Ille natale, il fréquenta l'académie d'Altorf Pour se perfectionner dans l'histoire, le droit et les mathématiques. Muni de lettres de recommandation de Schwarz , il visita ensuite les académies de Leipsick, \Vittemberg, Iéna ; et partout il obtint l'accueil le plus favorable. En 1737, il revint prendre le doctorat à l'université d'Altorf, et il accompagna l'année suivante, à Vienne, un jeune patricien , en qualité de gouverneur. Rappelé par ses amis à Nuremberg, en 1743, il fut aussitôt nominé recteur du gymnase où il avait fait ses premières études ; et, en 1750, il joignit à cette charge la chaire de langue grecque, dont il prit possession par un discours : De caria grawc lingturfortuna ab antiquioribus jam iode temporibus ad Caroli Magni usque tempora. L'édition qu'il publia des Poésies de Rion et Moschus, Venise, 1756 1), étendit sa réputation dans toute l'Allemagne. Cependant les Acta cruditor. Lipsiensium en rendirent un compte peu favorable. Schwebel soupçonna Reiske ; goy. ce nom) d'être l'auteur de l'article et lui répondit, avec une violence qui n'était pas dans son caractère, par un pamphlet intitulé Refutatio censura, ineptœ, quam anonymus quidam censor Actis eruditorum adrersus liionis et Moschi Idyllia.... inserendam curant L'indécente attaque de Reiske ne lit aucun tort à Schwebel dans l'esprit des savants. Plusieurs sociétés littéraires d'Allemagne s'empressèrent d'ajouter son nom à leurs listes ; et diverses académies lui firent des offres a‘antageuses dont, par des circonstances singulières, aucune ne se réalisa. Schwebel fut , en 176%, nommé recteur et professeur du gymnase carolin d'Anspach, avec un traitement honorable. Il partagea dès lors ses journées entre les devoirs de sa place et divers travaux littéraires, et mourut le 7 décembre 1773. Outre un assez grand nombre de dissertations, dont on trouvera les titres dans le tome 2 des Vite philologorum de Harles, on doit à Schwebel des éditions de la Stratégie d'Onosauder, Nuremberg, 1762 accompagnée de la traduction française du baron de Zurlauben, et d'un savant commentaire dans lequel il a fondu les notes inédites de Jos. Scaliger et d'Isaac Vossius, tirées de la bibliothèque de Leyde ; — des Ellipses grecques de Lambert Bos, ibid. , 1763 surpassée par celle de 0.H. Schaeffer, 1808 ; — des Institutions militaires de \'égèce , ibid., 1767, ; et enfin des Stratagèmes de Frontin, Leipsick, 1772 Cette édition, comme la précédente, est enrichie de notes des meilleurs critiques et des remarques de l'éditeur. Schwebel préparait une édition du Recueil des tacticiens grecs. A l'exemple de Schütz , qui venait d'abréger l'Antiquité expliquée du P. Montfaucon , il se proposait de donner l'abrégé du Musée romain et du Musée étrusque de Go.ri . Il en publia le prospectus, en 176k, sous ce titre Notitia supplementorum ad cl. illuntefalconii antiquitates grœcas et romanas. Ce projet resta sans exécution. Harles nous apprend cependant qu'il a vu les premières feuilles de l'ouvrage imprimées . On peut consulter pour les détails les Vite philologorum de Harles, t
  • Nicolas SCILLATI : médecin et philosophe de la fin du 15" siècle , composa divers traités de médecine, un eptre autres sur la maladie véné- rienne, qu'il écrivit à Barcelone eu 1494, et un autre, d'une utilité plus contestable, sur les avantages de la pauvreté, De felici philosophe- joui paupertate appetenda, 1196 sans de lieu. Cette cause a été soutenue par des écrivains plus modernes, tels que Bartoli Tilenius , etc
  • Nicolas SÉJAN( 1745 - 1819) : organiste, né à Paris , en 17I15, eut pour maitre Forqueray et toucha, dès l'âge de treize ans, à StMerry, un Te Deum improvisé, qui fut admiré de tous les maîtres de cette époque. Deux ans après, il obtint au concours l'orgue de StMerry, et en 1767, ayant été nommé l'un des quatre organistes de NotreDame, il devint le collègue de Daquin, de Couperin et de Balbàtre. Enfin il fut organiste du roi et plus tard professeur au conservatoire de musique. Il était organiste des Invalides, et il avait recouvré son emploi à StSulpice, lorsqu'il mourut le 18 mars 1819. On a de lui trois ouvrages gravés : 1° un livre de six sonates de piano, avec accompagnement de violon ; 2° un recueil de rondeaux et airs dans le genre gracieux ; 3° un oeuvre de trios, avec accompagnement de violon et de basse
  • Nicolas SIMI( 1530) : astronome, né à Bologne, vers l'année 1530, fit ses études à l'université de cette ville, et fut reçu docteur en philosophie, en 1548. Il s'appliqua surtout à l'astronomie, qu'il professa aux écoles publiques jusqu'à l'année de sa mort, arrivée le 1" octobre 1564. Ses ouvrages sont : 1° Theorica planelarum in compendium redacta, Venise , 1551, et Bâle, 1555 ; 2' Ephemerides annorum 15, ab anno Christi 1554 ad 1568 , ad meridianum Bononiœ. Canones, usum ephemeridum explicantes, Venise, 1554 ; 3° Tractatus de electionibus , de mutatione aeris , de rero- ' lutionibus annorum et alia, ibid., 1554 ; Indroductorium ac summarium totius geographioe , Bologne•, 1563 La bibliothèque de l'institut de Bologne conserve quelques ouvrages inédits (lu même auteur. Voyez Fantuzzi, Notizie degli scrittori bolognesi, t. 8, p
  • Nicolas SOLTIKOFF( 1736) : cousin du comte Yvan, naquit le 31 octobre 1736, et fit comme lui son apprentissage dans le métier des armes sous les yeux du feldmaréchal Pierre SoltikofT. Pour prix de sa conduite aux combats d'Egersdorff, de Zorndorff et de Francfortsurl'Oder, il devint successivement major, lieutenantcolonel et enfin colonel. En 1761 , il fit partie d'un corps détaché de l'armée et eut part à la prise de Colberg. L'année suivante, il fut fait général major et commanda les troupes russes en Pologne, pendant la révolution. Il fut décoré de l'ordre de SteAnne, en 1766 • et, quelque temps après , de celui de l'Aigle blanc. En 1767, il fut élevé au grade de lieutenant général , fit une campagne contre la Turquie, reçut, en 1769, l'ordre de StAlexandre Newsky ; fut nommé , en 1773 , général en chef, et placé auprès du grandduc, depuis Paul ler. Il accompagna ce prince dans ses voyages en France et dans les autres parties de l'Europe. Ce fut à son retour que l'impératrice le nomma son aide de camp, lui conféra l'ordre de StAndré et te mit, eu 1783 , à la tète de l'éducation de ses petitsfils, les grands - ducs Alexandre et Constantin. En 1788, Soltikoff obtint l'ordre de StWladimir de la première classe ; et pendant la guerre de Turquie, de Suède et de Pologne, il dirigea le département de la guerre. Fait comte, en 1792, et promu au grade de feldmaréchal , en t796, il devint, en 1812, président du conseil d'Etat et de celui des ministres, fut élevé, en 1814, à la dignité de prince de Russie, et mourut peu de temps après. C'était un homme d'un esprit fin et délié ; habile courtisan, il n'était pas moins considéré dans les circonstances graves, où il était toujours consulté comme un homme de trèsbon conseil. — Le comte Sergius SOLTIKOFF, de la même famille, fut le premier favori de Catherine II, lorsque celte princesse était encore grandeduchesse. L'impératrice Elisabeth , qui fut informée de son lui donna une mission en Suède, et le tint éloigné dans une sorte d'exil où il mourut
  • Nicolas SORET : prètre et poëte, né dans le diocèse de Reims. était , au commencement du 17° siècle, maitre de gr3mmaire des enfants de chœur de la cathédrale de Paris, voilà tout ce qu'on sait de lui Il a publié : I° In Céciliade, ou le Martyre sanglant de Ste- Cécile, patronne des mu- siciens. Paris. P. Rezé, 1606. Cette tragédie rare est en cinq actes et en vers. On peut en voir l'analyse dans la Bibliothèque du Médire ! rem- it) 11 ne s'y trouve, dit Sorel , rien de ni problematiq , e qu'on ne conruisse bien que tut cela est à l'avautage de cette i lustre compagnie. Le public en jugea autrement. Cet ouvrage n'est pas I, seul que Sorel ait fait contre l'Acatiénde française. Il est encore l'auteur . l'oy. l'Histoire de l' - Academie , edit. t. ler. p 63. Il Un bibliographe fort instruit et fort ztlé, M. Paul Lacroix, attribue avec beaucoup de vtaisemblInce t Sorel un ouvrage allégorique intitulé n du var, unie de F'isquen, re , Paris 1662 in -12, avec une carte de ce pays imaginaire. , Paris, 1608 Outre les églogues, au nombre de cinq, dédiées à la reine, le volume contient plusieurs autres pièces, tant latines que françaises, de Soret et de ses amis, parmi lesquelles on distingue le célèbre poète latin Jean Morel, principal du collège de Reims, dans l'Université de Paris. 3° l'Elec- lion divine de St- Nicolas à l'archevêché de illyre , avec un sommaire de sa vie, en poêrne dramatique sentencieux et moral, Reims, Nic. Constant, 1624 Cette pièce, plus rare encore que la précédente , ne porte sur le titre que les initiales du nom de l'auteur. Il la dédia à son parent Coquillart, vicelieutenant du conseil politique des habitants de Reims. Elle fut publiquement repré- sentée dans de StAntoine de cette vide, le 9 mai I624, par les jeunes gens dont les noms se lisent à la fin du volume. Cette pièce singulière n'entre dans les compositions dramatiques que parce qu'elle est à plusieurs personnages. C'est une histoire de StNicolas, en dialogues et sans distinction d'actes, mais à grand spectacle et dont la représentation a dei coeiter fort cher. « On y « voit, dit SteBeuve , la pièce est précédée de jeux de mots à l'archevêque de Reims, aux Rémois, et d'une oraison jaculatoire. Le bibliophile Jacob dit que Suret écrivait avec assez de pureté, sinon d'élégance. On a encore de Soret des stances et le Reminis- caris des Rochelois , dédié au roi Louis X111, Reims, 1628; un poème champêtre sur la naissance du Dauphin, etc
  • Nicolas SPECIALE( 1200 - 1444) : né à Noto, en Sicile, vers la lin du 13e siècle, est l'auteur d'un travail historique resté longtemps inédit et publié par Baluze, d'après un manuscrit de la bibliothèque de Paris, dans le supplément de l'ouvrage de Marca, intitule Illarca Hispanica, Paris, 1688 p. 597. Il a été postérieurement inséré, par Muratori, dans sa grande collection des Scriptores rerum italicarum, t. 10, p. 915. Mongitore s'est trompé en disant que le premier éditeur de cet ouvrage était Pierre de Marca luimême. Cet ar- chevêque, mort en 1662, n'a pu surveiller aucune des éditions du Marra Hispanica, qui ne parut qu'en 1680. L'Histoire de Speciale, divisée en huit livres, embrasse une période de cinquante- cinq ans, depuis les Upres siciliennes, en 1282, jusqu'à la mort de Frédéric ler d'Aragon, en 1337. Cet ouvrage contient des renseignements exacts sur cette longue lutte dans laquelle la Sicile fut engagée par l'effet du traité conclu entre Jacques 1" et Charles II d'Anjou. L'auteur y donne aussi plusieurs détails sur la grande éruption de l'Etna, arrivée le 28 juin 1329, et dont il parle comme témoin oculaire. Speciale avait été envoyé, en 1334, à la cour d'Avignon, pour y apporter au nouveau pape les félicitations de Frédéric. Cette circonstance, l'identité du nom et du lieu de naissance, l'ont fait confondre, par quelques écrivains, avec Nicolas SPECIALE qui fut viceroi de Sicile, depuis 1423 jusqu'en 1432. Ce dernier avait inspiré une grande estime à Alphonse V, qui le combla de bienfaits et le chargea de plusieurs missions importantes auprès de Jeanne II, de l'empereur Sigismund et du saintsiège. Il fut fait prisonnier à la bataille navale de Ponza, en combattant à côté du roi, le 5 août 1435, et mourut à Noto, le 13 février I ii4. On ignore la date de la mort de Speciale l'historien
  • Nicolas SPEDALIERI( 1741 - 1795) : publiciste, né, en 17,,t1, à Broute, en Sicile, fut élevé dans le séminaire de Monréal, où il apprit la théologie sous l'archevèque Testa de Palerme. Quelques opinions répandues dans une thèse qu'il soutint pour entrer dans les ordres, attirèrent sur lui la censure de ses supérieurs, et il dut se soumettre à la revision de la chambre apostolique. Le P. Ricchieri, que le pape avait chargé de cet examen, présenta un rapport favorable à l'auteur, qui fut invité de se rendre à Rome. C'était le moment où les ouvrages philosophiques faisaient le plus de bruit en Europe. Voulant mettre d'accord la philosophie avec la religion, Spedalieri rapprocha l'une de l'autre et crut prouver que les droits de l'homme, tels qu'on venait de les proclamer en France, étaient tous établis dans l'Evangile, dont les dogmes lui paraissaient plus que suffisants pour fonder la société sur les bases de l'égalité et de la justice. Dans cet ouvrage, Spedalieri aborda les questions les plus délicates et ne recula pas même devant la théorie du régicide, qu'il essaya de justifier par la doctrine de StThomas. Seulement, il n'accordait le droit de détrôner un tyran qu'à la dernière extrémité, avec les plus fortes restrictions, et sans déguiser aucun des dangers auxquels on reste exposé après un remède aussi violent. Du reste, dans le cours de ce traité, l'auteur se livre à de longs développements pour prouver que les idées religieuses sont l'appui le plus ferme des corps politiques ; que la religion révélée est la seule capable de fixer la destinée et le bonheur d'un peuple, et que le moyen le plus puissant pour arrèter les progrès de la révolution était de relever le trône et l'autel. Cet ouvrage ne satisfit ni les orthodoxes ni les philosophes. Spedalieri en attendant recevait les félicitations des universités de Padoue et de Pavie, tandis que son livre, repoussé de la plupart des Etats italiens, lui avait suscité une foule de contradicteurs. Les auteurs du journal ecclésiastique de Borne, le P. Tamagna, professeur au collége de la Sapience, l'abbé Bianchi, un anonyme et le P. Toni, clerc régulier, l'attaquèrent vivement dans leurs écrits. Ce dernier, qui avait emprunté le nom de son imprimeur , s'attacha surtout à démontrer que le troisième livre de l'opuscule De regimine principum, imprimé parmi les oeuvres de StThomas, et auquel Spedalieri s'en était rapporté pour autoriser le tyrannicide, ne doit pas être attribué à ce saint docteur, comme Bellarmin et le P. Labbe l'ont cru. Spedalieri , assailli par tant d'ennemis, aurait succombé, si ses protecteurs n'avaient fait valoir les services qu'il avait rendus à la religion par ses réfutations de Fréret et de Gibbon. Par ce moyen il obtint un bénéfice à la basilique Vaticane, malgré la constitution de Léon X, qui prescrivait de n'accorder cette faveur qu'à des Romains. Spedalieri mourut à Rome, le 21 novembre 1795, laissant les ouvrages suivants : dell' Esame critico del cristianesimo di & n'et, Assise, 1791, 2 vol. et Rome, 1778, Confutazione dell' esame del cristianesimo facto da Gibbon, nella sua Storia della decadenza, Plai- sance. 1798, 2 vol. ; 3° De' diritti del uomo, libri 6, ne' quali si dimostra elle la phi sicura custode de' medesimi nella societa civile, e la religions cristiana, Assise, 1791 avec le portrait de l'auteur, et Gènes, 1805, 2 vol. ; traduit en allemand, Passau, 1795, 2 vol. rio Difesa de' diritti dell' uomo dello Spedalieri, in risposta al Bianchi, ibid., 1793 On pourra consulter les ouvrages suivants, qui contiennent la critique des Diritti dell' uomo de Spedalieri : 1° Tamagna, Due Lettere sull' opera de' diritii dell. uomo, Rome, 1799 ; 2° Doctrina di Spedalieri sulla sot-- ranita confutata da per se stessa : discorso d'un sacerdote romano ; 3° Bianchi , Lestera dell' Adriatico sopra era de' diritti dell' uomo, Venise, 1793 ; 4' Salomoni , Raggua- glio del giudizio formato de
  • Nicolas SPINELLI : jurisconsulte, connu sou, le nom de Spinelli de . Vaples, pour le distinguir du suiNatit, avec lequel on l'a souvent confondu , joua un grand rôle sous le règne de Jeanne IF., dont il sut captiver la faveur. Il ava:t élé d'abord chanoine de l'église de Naples, cl abbé dans plusieurs couvents; mais ses frères n'ayant point eu d'enfants, il crut devoir rentrer dans le monde, demanda sa sécularisation , et même la faculté de se marier. Il professa succes- sivement la jurisprudence dans les universités de Naples, de Padoue et de Bologne. Les Floren- tins lui firent des offres pour l'attirer chez eux mais il ne parait pas qu'il se soit rendu à leurs invitations, car, en 131;2, il quitta cette dernière ville et alla solliciter à la cour d'At ignon l'intervention du pape Innocent VI pour apaiser les discordes qui agitaient les républiques de Flo- rence et de Pise. C'était assez l'usage de ce temps d'employer les savants dans les négociations diplomatiques. Urbain V le prit à son service, et, en 1367, il le renvoi a eu Italie pour engager les Florentins à se diclarer contre Bernabo Visconti, seigneur de 11ilatt. Spinelli re% int encore Une fois à Florence, décoré du titre de nonee apostolique. et accompagné de Napoléon Orsini, chargé comme lui par le pape de traiter avec cette république en faveur de l'empereur Charles IV. Enfin, sous Grégoire Xi. il fut nommé avocat consistorial et employé dans plusieurs missions importantes. La réputation qu'il s'était arquise en Italie fixa sur lui l'attention de Jeanne I", qui l'appela auprès d'elle en qualité de membre de son conseil et l'éle% a ensuite à la dignité de grand chancelier. Habitué à se voir traiter avec égard par les souverains pontifes, Spinelli fut trèssensible à un alTront qu'il essuya de la part d'Urbain Vl. Ce pape, qui avant son élection était doublement sujet de Jeanne tr• en sa qualité de Napolitain et d'archevèque de Bari. se trouva tout à coup en ètre devenu le maitre par les prétentions du saintsiége sur le royaume de Naples. La reine s'empressa de lui adresser ses félicitations ; et pour que cet hommage fùt plus éclatant, elle nomma une députation composée des personnages les plus marquants de la cour, entre autres du chancelier et de son propre mari, Othon de Brunswick. Urbain VI les reçut avec bonté, et un jour qu'il les admit à un grand repas, auquel il avait invité les ambassa- deurs des autres puissances, il ordonna tout haut à son maitre d'hôtel de donner à Spinune place moins distinguée que celle qu'il aNi t déjà occupée. Le ministre obéit, mais il jura E, DCRAZ). Spinelli, qu'on déclara responsable de la conduite de la reine, 'épouillé de toute sa fortune, vint chercher un asile à Padoue, où il reprit les fonctions de professeur de droit ; mais il jouissait d'une si haut. renommée, qu'il ne tarda pas à trouver un protecteur. JeatiGaléaz Visconti . qui l'avait connu du temps de son frère, au mariage de Violante Visconti ;nec le marquis de Montferrat, le nomma son conseiller et mit en lui toute sa confiance. En 1:192, il le chargea de négocier avec la ligue guelfe la paix qui fut signée à Gènes. Peu après son retour à Milan, Spinelli fut envoyé en France , en 1394, avec une mission secrète auprès de Louis d'orléans, qui, par la démence du roi , s'était placé à la tète des affaires. C'est là que se termine la carrière publique de ce diplomate ; on n'a pu recueillir aucun renseignement sur les dernières années de sa vie. Pendant son séjour à Padoue. il composa des commentaires sur plusieurs parties du (4.04 romain + niais on ne connait d'imprimé que : 1• Leciura uper tribus posterioribui libris Codieit, Pavie, 1491 Leetura in ali- quoi tituba prima. partis Infortiati. Parmi les (euvres de Barthole, Venise, 1605, 3° Lee- t ara super Institutionibus imperialibu., Turin, I 5 1 g 4° Additiones, xeu alacfer ad Constitutiones et Capitula renni neapolitani Naples, 15:i I. 5° euod doaores et niediei non teneantur ad roue- tas, sans date. Spinelli écrivit cette consultation étant professeur à Bologne. à l'occasion d'une question qui s'était élevée dans le duché de Savoie. Elle est suivie de l'opinion de deux autres jurisconsultes. l'oyez Tafuri, Sfritiori Napoletani, t. 3, p. 151, et Giustiniatti, Serittori legali regna di % amis*, t. 3, p
  • Nicolas STÉNON( 1638) : anatomiste , né à Copenhague, en 1638, était fils d'un orfévre au service de Christian IV. Il fut élevé dans les pr les plus austères de la religion luthérienne ; et, destiné à la médecine, il étudia sous Thomas Bartholin et suivit les leçons de Borrichius et de Paulli. Peu après avoir été reçu docteur au collége de Copenhague, il se rendit à Leyde, attiré par la célébrité de François Sylvius, et fit connaissance avec Blasius, auquel il montra , sans défiance, le conduit parotidien, qu'il venait de découvrir. Obligé ensuite de justifier la priorité de cette découverte , que Blasius avait cherché à lui ravir, il prouva que son compétiteur n'avait su bien marquer ni le commencement, ni la fin de ce canal, dont il paraissait ignorer aussi l'usage. Ce canal excréteur de la parotide, auquel on donne aussi les noms de conduit de Sténon'ductus Stenonianus), de conduit parotidien et de conduit salicaire supérieur, est formé par la réunion successive de nombreux conduits excréteurs trèsdéliés, fournis par chacune des grenulations ou cellules plus ou moins arrondies qui composent le parenchyme de cette glande salivaire. Chacun de ces petits conduits excréteurs, en se réunissant avec ses voisins, forme successivement des rameaux un peu plus forts, des branches, et enfin le tronc principal du conduit sténonien. Ce conduit sort de la partie antérieure et externe de la glande, se porte presque horizontalement en avala sur la face externe du muscle masseter, se contourne sur son bord antérieur, s'enfonce dans le tissu graisseux de la joue, traverse une ouverture pratiquée au milieu des fibres du muscle buccinateur, et aboutit dans la bouche, au niveau de la seconde dent molaire supérieure, à trois lignes environ de la réunion de la joue avec les gencives correspondantes. Warthon en avait déjà signalé l'orifice, et l'on en trouve aussi quelque traces dans les écrits de Galien. Sténon , qui a suivi ce conduit dans toute sa longueur, l'a confondu avec celui des glandes sousmaxillaires, et il était réservé à Richard Hale d'en donner une description plus exacte . Pour se défendre contre Blasius, Sténon avait été obligé de revenir sur ses propres découvertes; ce qui lui donna l'occasion d'en faire de nouvelles. il s'arrêta surtout à examiner l'humeur visqueuse qui sort des amygdales, et qu'il vit suinter aussi du voile du palais. Il conclut, après un grand nombre de recherches, que ce sont principalement les artères qui fournissent la matière de la sécrétion sali- Voici ce que Thomas Ilartholin écrivait à Sténon au sujet de cette découverte Oum IVarthono tandem partilam mereris, quod intericri illius duclui , exteriorem addax, sicque sTlivr fontes delegode quit, ue niutia hactenus mufti s. imettorti, i 12, Philosoph. Transactions, t. 6, part. 3. vaire, en rejetant l'hypothèse de Warthon, qui supposait que le suc des glandes était séparé par les nerfs. Sténon combattit également l'opinion de Bits , qui prétendait que nonseulement la salive , mais toutes les humeurs aqueuses , provenaient du canal thoracique. L'anatomiste danois prouva que ces sécrétions s'opèrent au moyen des vaisseaux sanguins ; car elles sont plus ou moins abondantes, selon que le sang coule avec plus ou moins de vitesse. Sténon dirigea ensuite son attention vers l'organe de la vue, dont il a décrit plusieurs vaisseaux, surtout une glande placée à l'angle interne de l'oeil d'un veau. On serait peut-être fondé à lui reprocher d'avoir pris la caroncule lacrymale pour une glande , et de n'avoir pas répété ses expériences sur le corps humain, où il juge, par analogie, que les mêmes parties doivent se rencontrer. Il donna ensuite un extrait de ses travaux sur la structure du nez; il prétend qu'audessous de l'os etlunoïde, il se trouve deux canaux qui se dégorgent dans le sac lacrymal ; qu'il en est d'autres qui rampent sur les parties latérales du tomer, et qui communiquent avec des canaux particuliers, qui se propagent jusqu'aux cartilages des narines. Il a encore décrit quelques glandes de la membrane pituitaire, et a découvert dans les moutons des canaux distincts et séparés dans les narines, qui s'ouvrent à côté du rouler, qui percent les os maxillaires derrière les dents incisives, et qui se réunissent en un tronc vasculeux , béant dans la cavité de la bouche. Le Traité des glandes contient des découvertes importantes, que Haller avoue lui avoir été trèsutiles pour expliquer les différentes sécrétions des humeurs. il fut suivi de celui des muscles, dont l'auteur indique vaguement la structure. Son but principal est le coeur, et il calcule avec assez de précision la force avec laquelle le sang est chassé dans les artères. ll a été le premier aussi à émettre des idées raisonnables sur la structure de ce viscère, auquel les anciens attribuaient un parenchyme particulier . Sténon le considère comme un assemblage de fibres, musculaires au milieu, et tendineuses à leurs extrémités : elles sont séparées et distinctes les unes des autres, comme les fibres des autres muscles : elles sont plissées, obliques, droites et quelquefois même circulaires Selon lui , la plupart se réunissent dans le ventricule gauche ; quelques- unes se prolongent dans l'intérieur des cavités du coeur ; tuais d'autres se replient vers la pointe, pour reparattre à la surface. Cette description est trèsobscure dans l'ouvrage de Stemm , qui lie paraît pas s'ètre formé une idée assez nette de la véritable structure du coeur. Ses recherches ont pourtant le mérite d'ètre anté- oi Cette opinion a été presque générale chez les anciens. On ne e.nnait qu'un seul écrivain d'Alexandrie qui , dans un ouvra:e ,ur le u'fr, ins.é parmi les teueres d'Il, 'picrate, donne Cerr•e,t, eut à ce I. / 1, 1,• rieures à toutes les autres, et d'avoir conduit Lower à des résultats beaucoup plus satisfaisants. Trois ans après la publication de ces traités particuliers, il mit au jour ses Eléments de myologie, où il entre dans les plus grands détails sur la structure et la contraction des muscles, parlant plutôt en géoinétre qu'en anatomiste; car il emploie les mathématiques pour en montrer la configuration, et pour en déterminer les mouvements. Ce traité est accompagné d'une lettre à Thévenot , dans laquelle Sténon rend compte de la dissection d'un requin pris devant le port de Livourne, en 1666. Sténon s'était livré à des observations particulières sur les dents de ce poisson , et il croyait que la substance des dents, tendre dans son origine, durcit peu à peu, en commençant par les extrémités. Continuant ses recherches sur les animaux, il se proposa d'approfondir les mystères de la génération. 11 établit entre les bornoies et les brutes plusieurs comparaisons, qui peuvent être regardées comme un des meilleurs essais d'anatomie comparée. Il adopta les idées de Malpighi sur la structure musculeuse de l'utérus, sur l'incubation des oeufs et le développement de l'embryon dans les mammifères. Il était plongé dans ses études, à Amsterdam , lorsqu'il apprit la mort de sa mère. Il alla passer quelque temps à Copenhague qu'il quitta de nouveau pour parcourir la France et l'Italie. En 1664, il vint a paris, pour y reprendre ses travaux anatomiques. Il assistait régulièrement aux assemblées qui se tenaient chez Thévenot, avec lequel il fut intimement lié. 11 y annonça ses découvertes et y lut un Mémoire sur le cerveau , eu se plaignant du peu d'attention accordé jusqu'alors à cet organe . Il tourne en ridicule l'opinion de ceux qui ne le considéraient que comme une masse informe de la substance blanche et grise ; et il propose une nouvelle méthode de dissection, qui consiste à suivre les filaments nerveux qui traversent la substance médullaire. 11 ne se dissimule pas la difficulté et l'imperfection de cette méthode ; mais il la regarde comme préférable à toutes les autres. Il réfuta l'idée de Willis sur la double rangée de fibres dans les corps striés, fixa la position et la structure de la glande pinéale, et démontra qu'elle n'était nullement susceptible des mouvements que Descartes lui avait attribués , sa pointe étant toujours tournée vers le cervelet. 11 blâma aussi plusieurs figures de Willis, comme inexactes , rejeta les dénominations de males et de testes, signala la valvule qui recouvre le quatrième ventricule, et crut prouver que le troisième ne communique qu'avec les deux latéraux. Pendant son séjour à Paris, Sténon eut occasion de connaître Bossuet, qui était alors trèszélé pour la conversion des protestants, et qui tàcha d'opérer celle d'un homme si célèbre : mais Sténon fut d'abord peu sensible à l'éloquence Voy. Journal des savants, ann, 1670, p. 8. de ce grand évêque, dont il n'oublia cependant pas les conseils. En s'éloignant de la France , il franchit les Alpes, visita les différentes capitales de l'Italie et alla s'établir à Florence, ville non moins illustre par les souvenirs passés, que par la présence de Redi , de Dati , de Viviani, de Magalotti. Ils rendirent tous hommage au mérite de l'illustre voyageur, qu'ils jugèrent digne d'appartenir à l'académie del Cimento. Un seul homme ne parut pas approuver ces témoignages ; ce fut JeanAlphonse Borelli , qui , dans l'introduction de son ouvrage sur la statique des animaux, attaqua les opinions de Sténon sur la structure et l'action des muscles. Celuici fut dédommagé de ces critiques par l'accueil que lui firent le grandduc Ferdinand H et son frère Léopold , qui le comblèrent de faveurs , surtout depuis qu'il se fut décidé à embrasser la religion catholique . Il rend compte luimême des motifs qui avaient décidé sa conversion . Ce fut vers ce temps qu'il écrivit une dissertation dans laquelle il discute plusieurs faits géologiques. Le grandduc, qui l'avait nommé son médecin , lui fournit tous les moyens nécessaires pour étendre ses recherches. Il avait mis à sa disposition les cabinets d'histoire naturelle de Florence et de Pise, et lui faisait présent de tous les objets qui pouvaient exciter la curiosité d'un naturaliste. Sténon composa plusieurs mémoires sur les muscles des aigles; sur le mouvement péristaltique des intestins du chat ; sur les tumeurs des conduits biliaires , et sur le mouvement du coeur, qu'il vit souvent se ranimer sous la pression des doigts. 11 répéta cette expérience
  • Nicolas STOFFLET( 1751 - 1796) : général vendéen, était fils d'un meunier de Lunéville, où il naquit. en 17M. Il servit pendant quinze ans dans le régiment de Lyonnais, y fut caporal de grenadiers et eut le bonheur de sauver la vie à son colonel, le comte de Colbert Maulevrier, dans un péril imminent. Ce gentilhomme, par reconnaissance, l'em mena dans ses terres en Anjou et en fit son gardechasse général. En mourant, il le recommanda à son fils, qui eut pour lui les mêmes égards. Stofflet vécut ainsi, fort content de son sort, jus- qu'au temps de la révolution , dont les excès l'indignèrent. Connu dans le canton par sa bravoure et son activité, il fut choisi pour chef, le 11 mars 1793, par quelques jeunes gens de Maulevrier et des environs. Sa troupe s'étant grossie, il se joignit à Cathelineau pour attaquer Chollet, et cette ville. quoique défendue par une assez nombreuse garnison , ne put résister à l'impétuosité des royalistes. Après avoir combattu vaillamment à la journée de Fontenay, le 24 mai suivant, Stofflet fut nommé commandant de cette ville, et il ne la quitta que pour aller audevant du général républicain Ligonier, qui menaçait Chollet. S'étant avancé jusqu'à Villiers, il s'empara de ce poste et ne céda qu'à une extrême supériorité de nombre. Quelques jours après, il se trouva à l'attaque de Saumur et fut chargé, avec les Angevins, d'occuper les hauteurs afin de contenir le château. Au mois de juillet 1793, il rejoignit Lescure à Chollet. Voulant attaquer Westermann, posté sur les hauteurs de Montg,aillard, où il était difficile d'arriver jusqu'à lui , Stofflet proposa de faire marcher l'armée par la route de Maulevrier à Châtillon; mais cette route était sous le feu de l'ennemi. Lescure combattit vivement sa proposition , et , ne pouvant vaincre son opiniâtreté, il s'écria : « Que « ceux qui veulent périr suivent Stofflet ; pour « moi , je prends une route opposée. » Tous les soldats quittèrent Stofflet, et luimême se vit contraint de suivre Lescure. On surprit les républicains en plein jour : Stofflet tourna leur position, coupa leur retraite et les mit dans la déroute la plus complète. Le 15 juillet , il fut nommé par les chefs vendéens major général de l'armée catholique et royale. Le 14 septembre de la même année, de concert avec d'autres chefs, il attaqua le corps de Santerre à Doué et fut frappé d'un coup de feu à la cuisse . Le 15 octobre, les républicains ayant attaqué Châtillon, Stofflet se trouva enveloppé par l'ennemi : sautant à bas de son cheval, il gagna un champ voisin , fut arrêté par des chasseurs et se dégagea à coups de sabre. Dans la sanglante et malheureuse bataille de Chollet, il attaqua l'aile gauche des républicains avec la Rochejaquelein : déjà il s'était emparé de leur artillerie , lorsque, par une manoeuvre habile, le général républicain Haxo parvint à le tourner et reprit tout ce qui était au pouvoir des Vendéens. Stofflet passa la Loire avec l'armée royale, et le 26 octobre, il eut la plus grande part à la victoire obtenue sur le général Léchelle, près de Laval, en se glissant avec sa troupe derrière les colonnes ennemies. Il eut un cheval tué sous lui dans la mêlée et ne cessa de combattre qu'après avoir achevé la défaite des républicains. Il suivit ensuite l'armée royale à l'attaque de Granville et dans sa marche en Bretagne. Quand les malheureux Vendéens, battus et désespérés, mé- connurent la voix de leurs chefs, Stofflet seul conserva de l'ascendant sur cette multitude en désordre; Talmont étant près de s'éloigner, il se met à la tête d'un piquet de cavalerie, court au rivage et trouve le prince sur le point de s'embarquer avec l'abbé Bernier ; il l'empêche de se déshonorer, le ramène à l'armée et suspend le bras des Vendéens prêts à l'égorger. A la bataille qui fut donnée sur la route d'Antrain , en avant de Dol, Stofflet, qui avait en tête le général Marceau et qui fut mal secondé, résista faiblement : un brouillard extraordinaire s'étant élevé des marais qui entourent Dol , il se vit obligé de se retrancher dans un bois avec deux pièces de canon, fut repoussé par les républicains et, manquant de cartouches, regagna Dol avec les fuyards. Le combat ayant recommencé le lendemain , il repoussa deux fois l'ennemi , qui toujours revenait à la charge. A l'attaque du Mans, le 12 décembre, après avoir combattu vaillamment à côté de la Rochejaquelein, voyant que tout était désespéré, il donna lui même l'exemple de la fuite. Il suivit bientôt après la Rochejaquelein, repassa la Loire avec lui surquelques planches liées à la hâte, et ces deux chefs se mirent à parcourir le haut Anjou, rassemblant les débris fugitifs du parti royaliste . A la nouvelle de la mort de ce général . On imputa aux conseils de Bernier ce crime, qui flétrit si malheureusement les lauriers de Stofflet. Ce fut peu de jours après ce funeste événement que, de concert avec Charette, il attaqua StFlorent, et que, dans le moment décisif, ii éloigna sa troupe, de peur, aton dit, de procurer à son rival un triomphe trop brillant. Il en fut encore à peu près de même à l'attaque de Chalans , où il arriva trop tard. A la tète d'une centaine de ses chasseurs, il rallia les fuyards et , les forçant de faire face à l'ennemi, les préserva d'un carnage complet. S'étant alors séparé mécontent de Charette, il regagna le haut pays et fixa son quartier général à la Merozière, où•il convoqua un conseil qui nomma Bernier commissaire général de l'armée catholique. Dès lors Stofflet se laissa entièrement conduire par les conseils de cet ecclésiastique, et au travers d'une foule de mesures oppressives , on ne peut nier qu'il ne fit prendre à l'insurrection de l'Anjou un caractère imposant. Il y réunit tout le territoire qui avait été soumis à Marigny, voulut y établir une sorte d'administration et créa un papier monnaie , dont il fit mettre pour six millions en circulation, forçant les habitants à le recevoir. De pareilles décisions, prises sans l'avis des autres chefs, mécontentèrent excessivement Charette; il manda Stofflet à son quartier général , pour qu'il eùt à rendre compte de sa conduite, et prononça la nullité de toutes ses opérations. Le curé de StLaud, à son tour, répondit, au nom de Stofflet, avec beaucoup de violence au manifeste publié par Charette , et la division des deux royalistes, signe précurseur de leur ruine, éclata sans retour. Ce fut à cette époque que Charette traita de la paix avec les républicains, et que Stofflet résolut à lui seul de continuer la guerre. Cependant à la fin il fallut céder à la nécessité et traiter aux mêmes conditions que Charette. Seulement Stofflet insista , par ses envoyés à Nantes, sur l'entier remboursement des bons royaux , ce qu'ils ne purent obtenir, Il eut alors le chagrin de voir ses principaux officiers l'abandonner pour s'attacher à Charette et faire partie de l'armée du centre. Averti que , s'il ne se rendait point en hâte au château de la Jaunais, où se tenaient les conférences, Charette signerait sans lui et entraînerait une partie de l'armée d'Anjou, il partit accompagné de quelques officiers, Ayant appris en arrivant que le traité était conclu et que Charette était absent, il se crut joué, se mit en fureur et s'éloigna au galop, en criant avec ses chasseurs : Au diable la république! au diable Charette ! Le lendemain, il envoya un détachement de cavalerie pour arrêter Sapinaud, commandant de l'armée du centre, qui avait traité de son côté; mais heureusement ses soldats ne purent le trouver. Plus tard, il lit saisir Julien Prodhaume au milieu de sa division et donna ordre qu'on le traduisit à Maulevrier, où le conseil militaire le condamna à mort. Stofflet se proposait de punir ainsi tous ceux qui avaient manifesté l'intention de se réunir à Charette. Mais les républicains lui enlevèrent alors la plus zrande partie de ses postes, et ce fut en vain qu'il tenta de soulever fa masse des habitants de l'Anjou , ce fut en vain qu'il prononça la mort de tous ceux qui refuseraient de combattre sous ses ordres : il ne parvint à réunir par de tels moyens que 5 à 6,000 hommes, avec lesquels il tâcha de reprendre StFlorent, évitant prudemment une action générale contre un ennemi supérieur. Serré de près par la cavalerie d'élite, il eut recours à une ruse pour se dégager et parvint ainsi à déconcerter les plans de l'ennemi. Cependant, abandonné des chefs de la basse Vendée, il chercha à lier ses opérations avec celles des royalistes d'outre Loire, et il leur envoya deux députés, écrivant au général Canclaux pour lui dire qu'il se joindrait à la pacification des royalistes de Bretagne. 11 demandait en conséquence que les républicains évacuassent l'Anjou. Canclaux ne lui accorda rien , si ce n'est la faculté de se rendre aux conférences de Mortagne, qui furent sans résultat. Stofflet s'enfonça alors dans la forêt de Vezin, qu'il abandonna presque aussitôt. Les colonnes républicaines la fouillèrent inutilement. Il combattit encore longtemps; mais enfin les envoyés de la convention s'étant adressés au curé de StLaud, il y eut, le 2 mai 1795, une entrevue dans un champ près de StFlorent, et le traité fut arrêté sur les mèmes bases que celui de la Jaunais. Stofflet reçut deux millions pour les frais de la guerre. Il obtint 2,000 gardes territoriaux, soldés par le trésor public, et il promit de livrer son artillerie . Cet arrangement fait , il publia une adresse aux habitants de son arrondissement pour les engager à la paix. Peu de temps après, le marquis de Rivière, aide de camp du comte d'Artois, étant venu dans la Vendée pour chercher à réconcilier Charette et Stofflet , ce dernier y consentit et livra pour gage de la paix Delaunay, qui s'était réfugié près de lui et que Charette fit massacrer. Mais bientôt, mécontent de ne jouer qu'un rôle secondaire , il s'éloigna encore de son rival , et, le voyant disposé à recommencer les hostilités, il voulut à son tour entrer en négociations avec les républicains. Le général Hoche, lui ayant de- En faisant son accomniodeisaent avec les républicains, Stofflet exigea le rappel du comte de Colbert Maulevrier, son ancien seigneur, et sa réintégration dans ses biens. mandé une entrevue, il s'y rendit, et dans la conférence qui eut lieu près de Chollet, le 12 septembre 1795, il fit des protestations de soumission et mème de zèle pour la république. Cependant, vers le mois de janvier 1796, s'étant laissé gagner par les pressantes sollicitations de Charette et des agents du comte d'Artois , qui le fit lieutenant général et chevalier de StLouis, il se décida à recommencer la guerre ; mais il ne trouva plus les mêmes dispositions dans les habitants de l'Anjou. Il fit une proclamation pour rappeler aux armes ses compagnons. u Volez au o combat , leur disaitil , je vous y précéderai ; « vous m'y distinguerez aux couleurs que por- « tait Henri IV à Ivry. e Tous ses efforts ne parvinrent qu'à réunir 3 ou 400 hommes. Sa position devenant alors trèscritique, il sollicita une entre..ue du général Caffin. Dans cette conférence, on le rassura ; mais le générai Hoche était décidé à s'emparer de Stofflet , auquel il réservait le sort de Charette ; il fut servi par des espions et des traîtres qui épiaient tous les mouvements du chef de l'Anjou. Par une marche nocturne, un détachement vint entourer la ferme où Stofflet s'était réfugié. Le chef de bataillon Loutil, qui demanda à s'y introduire, ayant répondu : Royaliste, les portes s'ouvrirent , et les républicains aperçurent Stofflet luimême, avec deux aides de camp et trois domestiques; ils le sommèrent aussitôt de mettre bas les armes, et Loutil, avec un sergent et deux grenadiers, s'avança pour le saisir; il résistait de toutes ses forces , décidé à mourir en se défendant. Mais la lutte était trop inégale; il fut bientôt désarmé et lié, ainsi que son aide de camp Lichtenheim et Moreau, son fidèle domestique, qui n'avait pas voulu le quitter. Tous les trois furent conduits à Angers et traduits à la commission militaire, qui les condamna à mort. Ils se bandèrent mutuellement les yeux, s'embrassèrent et moururent avec courage le 23 février 1796. Le cri de Vive le roi ! précéda leur dernier soupir. Stofflet était âgé de 44 ans. Cet homme courageux , né dans une condition inférieure de la société, n'était pas tout à fait dépourvu d'instruction. D'une extrême vivacité, il ne sut pas toujours contenir l'indignation que lui faisait éprouver toute espèce d'injustice, de vexation ou de lâcheté. Il fut d'abord saris ambition, n'ayant d'autre désir que de voir la cause de la monarchie triompher, et il ne pensa jamais à l'élévation que ce triomphe pouvait lui procurer. Il disait souvent que son bonheur serait de pouvoir reprendre sa bandoulière chez M. de Maulevrier, quand la royauté serait rétablie. Dans les derniers temps , le curé de StLaud abusa indignement de sa franchise et de sa crédulité, et si ce transfuge ne le livra pas luimême aux républicains, on ne peut du moins nier que dès lors il préparait sa défection
  • Nicolas STORCH( 1400) : l'un des chefs des ana-'baptistes et le fondateur de la secte des pacificateurs, était né, vers la fin du 15e siècle, à Stolberg dans la Saxe . Moins éloquent et moins instruit que Luther, dont il adopta les principes, il avait des manières plus douces, plus insinuantes et possédait à un degré supérieur le talent de se mettre à la portée des intelligences vulgaires. Son air modeste et pénitent prévenait d'avance en faveur de ce qu'il allait dire. Mais sous un extérieur humble et mortifié. Storch cachait une âme ardente et le désir de se faire remarquer dans les événements dont il était le témoin. Il confia d'abord à quelques amis ses idées particulières sur la réforme religieuse qui s'effectuait en Allemagne. Elles n'étaient que la conséquence naturelle, mais outrée, des principes posés par Luther, qui n'avait pas prévu qu'en rejetant toute autorité, il avait fourni à ses disciples des armes dont ils se serviraient tôt ou tard contre luimême. Ainsi Luther avait établi qu'on est justifié par la foi, et non par les sacrements. Storch en tira la conclusion que les enfants n'étaient point justifiés par le baptèrne, puisqu'ils ne pouvaient avoir la foi, et que tous les chrétiens devaient être rebaptisés . Le chef de la réforme avait enseigné qu'on ne doit admettre, en matière de foi , que ce qui est contenu dans l'Ecriture ; et son disciple proscrivit connue dangereux les Pères, les conciles et même les belles-'lettres. Storch donna d'ailleurs la plus grande latitude à la liberté de conscience, en annonçant que c'est de Dieu seul que nous devons attendre des lumières propres à nous faire distinguer la vérité d'avec l'erreur ; et qu'ainsi l'unique application du chrétien doit être de consulter l'esprit intérieur et de s'abandonner à l'inspiration. C'était placer sur la même ligne les hommes instruits et les ignorants; et il ne pouvait manquer de se faire parmi ces derniers un grand nombre de partisans. Les élèves des universités furent charmés d'entendre dire qu'ils ne seraient plus forcés d'étudier. A Wittemberg, ils brûlèrent publiquement tous leurs livres en signe de réjouissance. Luther devint furieux eu apprenant ce désordre, et il obtint de l'électeur de Saxe un ordre de bannissement contre Storch et ses adhérents. Ut) Ce nom signifie en français une cigogne. Storch le traduisit . grec par Pclargus. , Storch s'enfuit dans la Silésie et vint à bout de gagner à ses opinions une grande partie des habitants de Freistadt. Les troubles que sa présence excitait dans cette ville l'en ayant fait bannir, il se rendit, en 1527, dans la Pologne, où il jeta les fondements de la secte qui prit le nom de frères moraves ou hernhutes . Obligé de quitter la Pologne, il alla chercher asile en Bavière. L'àge et l'expérience l'avaient éclairé sur l'abus qu'on pouvait faire de ses principes. Il leur fit subir divers changeinents et donna des bases plus sages et plus solides à l'anabaptisme, qui s'est perpétué jusqu'à ce jour sous diverses dénominations . Quant à Storch, consumé par les douleurs d'une maladie aiguë, il mourut à Munich, en 1530. Outre l'Histoire du P. Catrou , on peut consulter sur l'anabaptisme les principaux historiens de la réforme, tels que Seckendorf, etc.; Arnold Mehov : Historia anabaptistica, Cologne, 1627 J.H. Ottius, Annales anabaptistici, Bêle, 1672 etc
  • Nicolas TACCOLI( 1690 - 1768) : historien italien , né à Reggio en 1690 et mort dans la même ville en 1768, était tellement prévenu en faveur de l'ancienneté et de la noblesse de sa famille qu'il se proposa d'en dresser la généalogie. Mécontent de ce que Bacchini en avait déjà publié à Rome, il compulsa les archives, déroula les parchemins, examina les chartes qui pouvaient l'aider; mais, lorsqu'il eut rassemblé plus de matériaux qu'il n'en fallait pour sort but, il composa un ouvrage plus étendu sur l'histoire de son pays. Ce travail se ressent du premier plan : on y parle beaucoup plus des personnes que des choses; de y règne d'ailleurs un tel désordre et le nombre. des renseignements utiles y est si borné que l'on ne peut presque tirer aucun parti de cette lourde compilation, décorée mal à propos du titre d'histoire. Les ouvrages de Taccoli sont : Appendici tee correlative alla discendenza Taccoli , 1727, ro Une notice de M. Jeandet, insérée dans les Pales français 11862, 4 vol. mérite d'être lue. Bourguignon lui- même, l'auteur de ce travail, a étudié avec amour l'écrivain dont il parlait. Il signale les Bigarrures comme un livre rempli de choses amusantes, curieuses et même instructives, de l'avis de Bayle. C'est une espèce de petite arche qui a sauvé du naufrage des àses les 'rais types de l'esprit français; malheureusement ce te arche a relâché en des eaux fangeuses qui l'ont toute souillée. Il y a dans les kscrnignes dijoianaies un fond de gaieté franche et Les Mémoires de Trévoux, atm. 1765, p. 1131, contiennent une note sur un autre traité sur la danse, presque aussi rare que celui de Jean Tabou rot C'est la Charégraphie, ou l'Art de décrire la danse par caroclères, figures et signes démoustratifs , par Feuillet, Paris, 1700 de 106 pages, texte gray. ; on en a l'abrégé sous •e titre : Elements de chorégraphie, contenant la escription de tous les pas et les mouvements en usage dans la danse, etc., par Malpied de 38 pages, texte grau. C'est une réponse au P. ljacchini. '2° Com- pendia delle diramaz, ioni o $ ieni disrendenze de' Tarroli, con alcune memorie istoriehe più rimarea- bili della , cittit di Reggio, Reggio, I MI La seconde partie de cet ou' rage sert de premier vo- p H 'urne à l'histoire de Reggio : les deux derniers ',.! ' rirent sous le titre suivant : ilemorie storiche dia cilla di Reggio di Lombardia, 2° partie, p Parme 17e18, et 3. partie, Carpi • 1769 30 Enta: dative della dieendenza Tareoli, Parme, 1752- C'est tin supplément au n° 1. Voyez Tirabosrhi. Bibliot. llodenese, t. 5, p. 161. Aus. Imi
  • Nicolas TALON( 1605 - 1691) : jésuite. né à Moulins, en 1605, s'engagea de. bonne heure dans l'état. religieux , et, après avoir, suivant l'usage de l' consacré plusieurs années à l'enseignement des humanités et à la prédication, employa le reste de sa vie à la rédaction de divers ouvrages ascétiques, qui sont maintenant oubliés. C'était, suivant l'abbé d'Artigny , un homme d'esprit, d'une imagination N' v e et un bon écrivain pour l'époque. Il mourut à Paris, en 1691, à l'àge de 86 ans. Outre une Oraison . fun? hre de Louis XIII et la Description de lit ponipe _ funèbre du prince dm Condé , on cite du P. Talon : 10 Illistoire sainte, Paris, 1610 et années suiv., 4 tomes H avait conçu le projet d'écrire une histoire des juifs, qui fût à la fois édifiante et agréable. Cependant il finit par se borner à choisir les principaux événements , qu'il distribua par chapitres. D'ailleurs il ne se fit aucun scrupule de paraphraser les discours qui ne sont qu'indiqués dans le I texte, et d'y joindre des détails et des réflexions qui lui appartiennent en propre. Rien n'est plus singulier que celles qu'il fait sur le pouvoir de la beauté, dans le chapitre où il représente Esther ' aux pieds d'Assuérus. L'abbé d'Artigny les a trouvées si plaisantes, qu'il les a rerueillies dans ses Mémoires, t. 4., p. 138-148. Toutefois cet ouvrage a été réimprimé dans divers formats. 11 en existe une belle édition Paris. Cra- Il moisy, 4 665 , 2 vol. 2' l' Histoire sainte du Nou- veau Testament, ibid., 1 669 , 2 vol. C'est la suite de l'ouvrage précédent ; mais elle ne re-çut pas le même accueil. N'ayant pas été réim- primée, elle est devenue rare saris être recher- chée. 3° la Vie de St- François de Sales, ibid.. 1650 audevant des œuvres de ce saint. dont le P. Talon est l'éditeur, ibid., 1661 et séparément, 1666 . Nancy, 1769 et mise en style moderne par l'abbé de Baudry, Lyon, 1837, in 18. 4° les Peintures chrétiennes, ibid., 1667, 2 vol. ornées de ?.00 gravures. 5° la Vie de St- François Borgia, ibid., 1671 Le portrait du P. Talon a été gravé par Heer
  • Nicolas TARTAGLIA( 1500 - 1557) : géomètre , né au commencement du 16° siècle, était fils d'un messager de Brescia, surnommé le Carallero, à cause d'un cheval qui l'aidait à remplir ses commissions. Quelque faibles que fussent ses profits, ils lui suffisaient pour l'entretien de sa famille , et sa mort la plongea dans la plus horrible misère. Nicolas, orphelin à l'Age de six ans, ne commençait qu'à peine à épeler, et ce fut presque tout ce qu'il apprit des autres ; car lorsqu'il voulut s'exercer à écrire, il dut s'arrêter à la moitié de l'alphabet, n'étant pas en état de payer son maitre. Pour comble de malheur, il reçut cinq coups de sabre des soldats de Gaston de Foix, qui, lors de la reprise de Brescia, en 1512 , poursuivirent cet enfant jusque dans la cathédrale, où ils le laissèrent sans connaissance, sur les marches de l'autel. La moins grave de ses blessures lui fendit les lèvres et lui causa un embarras dans la prononciation; ce qui l'exposa aux railleries de ses camarades. On l'appela Tartaglia le Bègue, et ce nom lui demeura , ses parents ne lui en ayant point transmis . En dépit de tous Ces détails nous ont été conservés par Tartaglia luimême, qui en parle dans son livre intitule Quesiti ecl invenzioni diverse les obstacles qui s'opposaient au développement de son génie, il s'éleva au premier rang des mathématiciens de son siècle. Dénué de tout moyen d'instruction, il se mit à étudier tous les livres qui lui tombaient sous la main, préférant ceux où il apercevait des calculs et des figures de géométrie. Après quelques années d'aussi singulières études , il fut en état d'enseigner luimême ce qu'il avait si péniblement appris et passa dix années à Vérone , expliqua les éléments d'Euclide à Vicence, remplit une chaire de mathématiques à Brescia et revint encore à Venise, où il mourut, en 1557. Lié d'abord avec Cardan, auquel il s'empressait d'annoncer toutes ses découvertes, iTartaglia ne consentit à lui communiquer:celle de la solution des équations cubiques, qu'il venait de faire d'une manière fort ingénieuse, qu'après en avoir reçu le serment du secret le plus inviolable. Cardan ne tint aucun compte de sa promesse et s'appropria la nouvelle méthode, qu'il publia dans le traité intitulé De arte magna. Tartaglia s'en plaignit amèrement, en criant au parjure; et une réponse orgueilleuse faite à ses réclamations le mit dans une telle fureur qu'il pensa en perdre l'esprit. Ne songeant plus qu'à humilier son rival, il eut recours à une sorte de duel littéraire alors en usage. Les deux champions, après s'ètre quelque temps provoqués par des problèmes, s'envoyèrent des cartels, dans un desquels Tartaglia, qui se montrait le plus emporté, menaçait Cardan et son disciple Ferrari de leur laver la tète ensemble, et d'un seul coup, ce que ne saurait faire aucun barbier d'Italie . Cependant , quel que fût son désir de se mesurer avec le maître, il dut se contenter Voy. Fantuzzi, Scrillori Bologneli, t. 9, p. 100. Milan , en prenant un chemin détourné pour éviter quelque embûche du côté des partisans de son adversaire. Ainsi se termina ce débat qui, loin de contribuer aux progrès de la science , détourna deux hommes habiles de leurs études méthodiques et paisibles. Ce que les mathématiques doivent à Tartaglia, c'est la solution des équations du troisième degré, par des formules , auxquelles on a injustement conservé le nom de Cardan; des méthodes, devenues inutiles de nos jours, pour construire les problèmes d'Euclide, avec une seule ouverture de compas ; quelques théories sur les progrès des coefficients des termes d'un binome et sur le mouvement des projectiles. Il doit être aussi regardé comme un des premiers qui aient appliqué les mathématiques à l'artillerie et à l'art militaire. Ses ouvrages sont : 0 Nuova srienza cioe invenzione nuovamente trovata , utile per ciascuno speculativo matematico bombardiero, ed altri , Venise, 1537 et ibid., 1550, 1551 et 1583, avec un suppl