Le prénom Marc-Antoine Masculin

Origine :

Fête :

17 Janvier

Signification de Marc-Antoine

Marc-Antoine, combinaison de deux prénoms, n’est apparu dans le registre français que dans les années 1960. Très peu commun, il n’atteignit son pic d’attribution qu’en 1994 avec 127 naissances et fut classé la même année 31e prénom le plus donné en Corse. Demeurant jusqu’alors extrêmement rare, sa tendance actuelle est assez stable.Homme de caractère, Marc-Antoine est une personne réservée au premier abord. Discret, il n’aime pas trop se dévoiler et cache bien des secrets. Se démarquant par son côté mystérieux, la plupart du temps il est calme, posé et réfléchi. Il déteste la demi-mesure : pour lui, c’est tout ou rien. Pourtant, une personnalité touchante et attachante se cache sous ce masque. Généreux, il donne sans compter et répond toujours présent à toutes les sollicitations. Honnête et sincère, Marc-Antoine gagne facilement la confiance de son entourage.Jusqu’à ce jour, il n’existe pas de variante au prénom Marc-Antoine. Plusieurs célébrités se prénomment ainsi à l’instar du chanteur québécois Marc-Antoine Jr, du compositeur français Marc-Antoine Charpentier, du Général romain Marc-Antoine, de l’humoriste français Marc-Antoine Le Bret, du Magistrat Marc-Antoine Jamet et du dessinateur Marc-Antoine Mathieu.

Personnalité de Marc-Antoine

Côté Marc, de forte personnalité, maîtres d'eux-mêmes en toute circonstance, ils veulent sans cesse se dépasser. Volontaires, très sérieux, ils savent aussi se détendre et être gais. Réfléchis, ils n'agissent jamais à la légère. Côté Antoine, ils sont d'une énergie et d'une endurance exceptionnelle. Robustes, stables, ce sont des hommes discrets. Esprit positif et combatif, ils ont horreur d'être contredits. Autoritaires, ils aiment dominer les situations.

Provenance du prénom Marc-Antoine

Histoire de Marc-Antoine

Etymologie de Marc-Antoine

Les Marc-Antoine célèbres

  • Marc-Antoine ALAYMO( 1590 - 1662) : médecin célèbre de Sicile, naquit en 1590, à Ragalbutum, et fut reçu docteur à Messine, en 1610. En 1616 il s'établit à Palerme, et y eut les succès les plus heureux, surtout en 1624, quand la peste ravagea cette contrée. En vain lui offriton une chaire à l'université de Bologne, et la place de premier médecin du royaume (le Naples, il préféra rester dans sa patrie, à Palerme, où il avait fortement concouru à la fondation d'un collée de médecine. Il mourut en 1662 ; ses principaux ouvrages sont : 1° Discours sur les préservatifs des maladies contagieuses, Palerme, 1625 en italien ; 2° Consultatio pro ulceris syriaci nunc vagan- lis curatione, Panormi, 1632 ; 3° un traité de matière médicale de Succedaneis medicamentis , Panormi, 1637 4° des Conseils médico- poli- tiques, relativement à la peste qui avait régné en Sicile, Palerme, 11652 en italien. On a aussi de lui, manuscrits, un Traité sur la connaissance et le traitement des fièvres malignes, et des Commentaires sur les épidémies d'Hippocrate
  • Marc-Antoine ALDEGATI : professeur de ésie latine à Ravenne, en 1483, a laissé quelques poésies inédites. On cite une élégie latine, un poème latin, en douze livres, intitulé : Gigantomachia, conservé à Mantoue, dans la famille des Aldegati, et le commencement d'un autre poème intitulé : Hercu- leidos, à la louange du duc de Ferrare, Hercule I", dont le manuscrit est à Modène, dans une bibliothèque particulière. Enfin, la bibliothèque Lauren- tienne, à Florence, possède de lui quatre livres d'é- légies, dont le chanoine Bandini a donné une notice exacte, et quelques extraits dans son catalogue des manuscrits de cette bibliothèque. Cet auteur a cepen- dant échappé à l'attention de Mazzuchelli
  • Marc-Antoine AMALTHÉE( 1475 - 1558) : frère du précédent, naquit en 1475, et se fit aussi connaître par ses talents poétiques en Autriche et en Hongrie. Il fut ensuite professeur dans plusieurs villes du Frioul, et mourut à Pordenone, en 15514, figé 85 ans. On conserve, en manuscrit, un volume entier de ses poésies latines, à Venise, dans la même bibliothèque qui possède celles de Paul
  • Marc-Antoine ANTIMACO( 1473 - 1552) : un des célèbres professeurs de langue grecque qui fleurirent en Italie au 16° siècle, était né à Mantoue, vers l'an 1473. Quoique l'on eût déjà bien des secours dans sa patrie pour apprendre le grec, le désir de savoir parfaitement cette langue l'engagea, dans sa jeunesse, à passer en Grèce, où il l'étudia pendant cinq ans sous les plus habiles maîtres, et où il parvint à l'écrire et à la parler aussi facilement que le latin et l'italien. Il revint ensuite à Mantoue, et y ouvrit un cours de langue et de littérature grecques. Appelé en 1552 à Ferrare, il y professa pendant ingt ans, et y mourut en 1532, âgé de 79 ans. Il traduisit du grec en latin l'histoire de ce que firent les Grecs après la bataille de Mantinée, écrite par Gemistus Plethon, et quelques opuscules de Denys d'IX?licarnasse, de Démétrius de Phalère, et de Politien. Ces traductions furent imprimées avec un discours du même auteur, à la louange des lettre: grecques, sous le titre suivant : Gemisti Plethonis de qeslis Grœcorum post oignant ad Mantineam per capita Traciatio, duobus libris explicala, if. Antonio Antimacho interprele. Ad hère Dionygii Halicarnassei prœcepta, etc., Baie, 15W Il lit aussi un grand nombre de vers latins, presque tous restés inédits. Quelques auteurs lui attribuent huit livres d'épigrammes grecques. On en trouve plusieurs de lui, tant grecques que latines, à la louange de Pierre Vettori, à la lin du recueil des lettres de quelques savants, adressées à ce célèbre rhéteur et publiées par le savant chanoine Bandini, à Pavie, 1758
  • Marc-Antoine BARAS( 1764 - 1794) : publiciste, né à Toulouse en 1764, cultiva d'abord les lettres et la jurisprudence, disputa quelques prix à l'académie des jeux floraux, et se lit recevoir avocat au parlement ; mais il ne tarda pas à renoncer au barreau pour se livrer à l'étude de l'économie politique, science qui ne comptait alors en France qu'un petit nombre d'adeptes et de partisans. Des plans de réforme et d'amélioration qu'il soumit au jugement de Condorcet lui méritèrent l'estime de cet homme célèbre. Il reçut aussi des encouragements de Bailly et de Babaut de St-Étienne, auxquels il fut présenté dans un voyage à Paris. Son traité d' Arithmétique politique, ouvrage composé sur le plan de celui d'Arthur Young qui porte le mème titre, lui valut les suffrages des hommes éclairés. Baras se montra dès le principe partisan de la révolution. Il suivit la ligne de conduite adoptée par ses illustres amis, et partagea l'erreur dans laquelle ils étaient sur la possibilité de maintenir le trône, sans lui donner les moyens de résister aux factions. Élu en 1791 membre du conseil municipal de Toulouse, il se servit de son pour assurer l'exécution des nouvelles lois. Néanmoins il se montra constamment l'ennemi de tous les excès, et ne craignit pas de compromettre sa popularité pour soustraire aux persécutions les piètres insermentés. Une armée espagnole s'étant approchée des Pyrénées, Baras fut un des commissaires envoyés près de .1a convention par le conseil général du département, pour presser l'adoption des mesures propres à garantir la frontière. 11 était à Paris au 51 mai ; et de retour à Toulouse, dans le compte qu'il rendit de sa mission, il retraça les scènes odieuses dont il avait été le témoin avec une énergie capable de soulever l'indignation de tous les hommes généreux. Dénoncé peu de temps après comme fédéraliste, il fut ramené à Paris ; et déclaré complice d'Hébert, de Vincent, de Momoro, qu'il ne connaissait pas personnellement, dont il n'avait cessé de combattre les doctrines, il périt sur le mémo échafaud, le 13 avril .1794. Outre le traité d'Arithmétique po- litique dont on a parlé, et un mémoire plein de détails historiques d'un grand intérèt, sur la fête qui se célébrait à Toulouse le 27 mai, en souvenir de l'avantage remporté en 1591 sur les protestants, flète qu'il fit suppyimer, on a de ce jeune et malheureux écrivain un Eloge du docteur Price, Toulouse, 1791 et un Tableau de l'instruction publique en Europe, ibid., 2 vol. Cet ouvrage est si rare qu'aucun des bibliographes qui l'ont cité n'indique la date de sa publication
  • Marc-Antoine BAUDOT : médecin à Charolles, fut nominé, en 1791, suppléant à l'assemblée législative par le département de SaôneetLoire , puis, en 1792, député à la convention nationale. 11 débuta en demandant le décret d'accusation contre Dillon, Maury , Courvoisier et ChoiseulGouflier, Comme ayant été en relation avec Louis XVI. Au mois de janvier 1793, il vota la mort de l'infortuné monarque et son exécution dans les vingtquatre heures. Se trouvant en mission à Toulouse, lors du 51 mai 1795, il crut prudent de quitter cette ville, à cause des mouvements qui s'y manifestaient contre la montagne. Le 23 juillet, il fit décréter que tous ceux qui se trouveraient dans des villes rebelles, et n'en sortiraient pas dans trois jours, seraient réputés émigrés. C'est sur sa proposition que toutes les cloches des églises furent converties en canons. Il alla ensuite faire exécuter la loi du 1" août 1793, qui suspendait de leurs fonctions et remplaçait les membres des corps administratifs de Montauban. Sa mission fut étendue aux départements des PyrénéesOrieutales, de la HauteGaronne et de la Gironde ; il en renouvela les autorités, sévit contre les émigrés, les prêtres et les fédéralistes, et, de retour à Paris, rendit compte , et conduits au château de Ham. Peu de jours après, les Strasbourgeois l'accusèrent de terrorisme et demandèrent sa mise en accusation. Il trouva moyen . A cette époque, il fùt appelé à l'emploi de chef de division au ministère de la guerre, dont Bernadotte avait alors le portefeuille. Cependant Baudot avait été compris dans l'amnistie du 3 brumaire . Lorsque Bernadotte cessa d'être ministre, il revint dans ses foyers et reprit l'exer - cice de sa profession médicale. Pendant les cent jours, il remplit en Bretagne une courte mission qui lui valut d'être compris, en janvier 1816, dans la loi qui bannissait les régicides. Il se réfugia d'abord en Suisse, fut persécuté, et trouva en Belgique, à Liège, un asile où il demeura paisible jusqu'en 1830. Il est mort, il y a peu d'années, dans son pays natal
  • Marc-Antoine BONCIARIO( 1555) : savant littératébr italien du 16e siècle, ne dut qu'à luimême ce qu'il eut de renommée. 11 naquit le 9 février 1555, au village d'Antria, à environ six milles de Pérouse. Son père avait été cordonnier dans sa jeunesse, mais sa mère était tille d'un médecin, et l'uù des frères de son père était ecclésiastique et vicaire de l'archevèque de Théate, ou Chieti, dans l'Abruzze. Bonciario lit avec beaucoup de difficulté ses premières études ; la pauvreté de ses parents ne leur permettant pas de rent retenir à Pérouse, il allait tous les jours prendre des leçons dans un village à deux milles d'Antria. L'évèque de Pérouse le rencontra sur le chemin, l'interrogea, et fut si satisfait de ses réponses, qu'il le plaça dans le séminaire qu'il avait institué dans son diocèse pour les jeunes gens sans fortune qui annonçaient d'heureuses dispositions. MarcAntoine y avait atteint l'âge de quatorze ans, lorsqu'il fut attaqué d'une maladie qui lui lit perdre l'usage des mains, et bientôt presque entièrement celui des pieds. Il n'interrompit pas pour cela ses études ; il savait trèsbien le grec, le latin, et était fort avancé dans sa philosophie, quand le cardinal archevêque, son protecteur, le conduisit à Rome, et lui donna pour maitre le savant MareAntoine Muret. Bonciario, qui avait alors dixneuf ans, ne resta que deux ans à son école. Les progrès qu'il y lit engagèrent le cardinal à le renvoyer à Pérouse en 1577, avec remploi de directeur du séminaire où il l'avait fait élever. Il quitta cette direction à la mort de son bienfaiteur, y fut rappelé ensuite, et occupa de plus avec un grand succès la chaire de belleslettres. Il y renonça en 1590, lorsqu'il eut entièrement perdu la vue; niais le nouvel archevèque l'y rappela encore, et voulut qu'il reprît , malgré sa cécité, le cours de ses leçons. Il eut alors, entre autres écoliers, son propre père, qui, s'étant déterminé à entrer chez les jésuites, et ne sachant pas le latin, voulut commencer par l'apprendre. Les soins assidus de son fils le mirent, en six mois, en état d'entendre tous les livres d'église. La réputation de Bonciario lui attira des propositions avantageuses de la part des universités de Bologne et de Pise; le cardinal Borromée, archevèque de Milan, voulait aussi lui confier la (garde dela bibliothèque Ambrosienne ; mais sa cécité lui servit de prétexte pour refuser tous ces partis. 11 mourut d'hydropisie, le 9 janvier 1616. Tous ses ouvrages sont en latin. Il est surprenant qu'ayant été pendant tant d'années infirme, estropié et aveugle, il en ait pu dicter un si grand nombre, et en soigner, autant qu'il l'a fait, la composition et le style. Les principaux sont : Grammatica, Pérouse, 1593, 1600, 1601, 1630 20 Epis- toloe, in '1 libros divisœ, Pérouse,1603,160-1, 1612, 1613 3o Seraphidos lib. 3, aliaque pia poe- mata, Pérouse, 1606 Le poënie intitulé Sera- phis est en l'honneur de St. François d'Assise. 40 Idyllia et seleetarum epistolarum cenluria nova, cumdecuriis duabus, Pérouse, 1607 5° Opus- cule decem, varii argumenti, Pérouse, 1607 6. Ex/ crans, sive de ludicra poesi Dialogus, Péroue, 1607 1615 7. Triumphus au- gusius, sive de Sanctis Perosice transitais libri 4, Pérouse, 1610 C
  • Marc-Antoine BIANCHI( 1498) : jurisconsulte italien, naquit à Padoue, en 1498. lise distingua au barreau par son éloquence, 'et dans les consultations, par beaucoup de savoir, de justesse d'esprit et de probité. 11 fut nommé, en 1525, dans l'université de Padoue, troisième professeur de droit impérial ; en 1552, deuxième professeur des décrétales ; et enfin, en 1544, professeur en chef du droit criminel, place qu'il remplit jusqu'à sa mort, arrivée le 8 octobre 15 Il n'a laissé que des ouvrages de sa profession, qui sont tous écrits en latin : 1° Tractatus de indiciis homicidii ex proposa° commissi, etc., Ve- nise, 1545 ; 1549 2. Practica crimi- nalis aurea, Venise, •547 5° Cauteloe singu- lares ad reorum defensam , ordinairement imprimé à la suite de sa Practica crirninalis; 4. Tractalus de compromissis fetciendis inter conjundos, et de exceptionibus impedientibus lais ingressum, Venise, 15e réimprimé plusieurs fois
  • Marc-Antoine BLOUD( 1730 - 1780) : avocat, né à Lyon, le 21 déceml,..e 1750, se lit un nom dans le barreau de cette VilL par une élocution pure et brillante, un organe extrèmement flatteur, une éloquence douce et persuasive. Son plaidoyer pour M. Chano- Fier contre M. de Romanas, et la défense des accusés du meurtre de la fille Lerouge lui acquirent une grande réputation. Nommé échevin en 1777, il contribua à faire placer dans un des pavillons de l'hôtel de ville l'académie et la bibliothèque léguée par M. Adamoli à cette compagnie, qui l'admit dans son sein, en remplacement de l'abbé Millot , appelé à l'Académie française. Il y fit lecture de plusieurs mémoires sur les modifications et les adoucissements à faire aux lois criminelles qui régissaient alors la France, et il a laissé en manuscrit un commentaire sur le Traité des Délits et des Peines de Beccaria. Les fonctions d'assesseur criminel près la sénéchaus- sée de Lyon, fonctions qu'il remplissait avec autant de zèle que d'humanité, furent la cause de sa mort. Il lui prit une fièvre ardente en interrogeant des prisonniers, et mourut le 12 septembre 1780. Son éloge fut prononcé par de Bory, secrétaire de l'académie de Lyon. Quelquesuns de ses plaidoyers et de ses mémoires judiciaires ont été imprimés
  • Marc-Antoine BOLDETTI( 1663) : né à Rome le novembre 1663, d'une famille originaire de Lortine, s'appliqua de bonne heure à la poésie, à la ailosophie et aux mathématiques. Son étude chérie, aur la philosophie morale, était la lecture de Pluirque. 11 en avait si souvent à la bouche les précepis et les maximes, que ses camarades d'école l'aaient surnommé le Plutarque. 11 étudia ensuite les atiquités, et apprit si parfaitement l'hébreu, qu'il fut tnployé à l'écrire dans la bibliothèque du Vatican, )us le pontificat d'Innocent XII. Il fut aussi chargé 'assister à la prédication que l'on faisait aux juifs, mis les samedis, dans une église de Rome, et lioisi, par la congrégation du saintoffice' pour re- oh. tous les écrits relatifs à la langue hébraïque. :lément XI le nomma gardien des saints cimetières le Rome. Il fut, pendant plus de quarante ans, chanoine de SteMarie d'au delà du Tibre, et lit déco•er d'inscriptions et de monuments antiques la chaelle de la sacristie de cette église. Y ayant mêlé iuelques monuments précieux du paganisme , un ecclésiastique zélé lui en fit publiquement le reproJie ; mais le savant chanoine Marangoni, son collègue, qui avait le même goût que lui pour la belle antiquité, prit sa défense et fit taire le critique. Boltletti mourut à 86 ans, le 4 décembre 1749. On a de lui : Osservazioni sopra i eimiterj de' sanli martiri ed antichi cristiani di Borna, etc., ouvrage divisé en 3 livres, Borne, 1720 11 en avait composé plusieurs autres qui furent tous détruits par un incendie, en 1757
  • Marc-Antoine BOURDON DE VATRY( 1761) : frère cadet du précédent, né le 21 novembre 1761, à LoignéauPerche, lit avec distinction ses études au collée d'Harcourt , à Paris , et entra , en 1779 , dans l'administration des finances dont son père avait été premier commis. L'amitié de M. de Grasse le détourna de cette carrière pour lui ouvrir celle de la marine, plus active, plus liée au mouvement politique , et , sous ce double rapport , plus conforme à son caractère. Il suivit M. de Grasse corniste secrétaire général de l'armée , il le lit nommer ministre de la marine et des colonies, en remplacement de l'amiral Bruix , qui prit alors le commandement des armées navales de France et d'Espagne. Le premier acte de Bourdon de Vatry comme ministre fut de confier les sondes de l'Escaut à l'ingénieur Beautemps de Beaupré. De concert avec le ministre de la guerre Bernadotte, il réussit à faire parvenir 4 millions de rations à l'armée des Alpes, , adressée aux sociétés affiliées et signée Collot d'Herbois, Chénier, Fabre d'Églantine, Chabot et Xavier Audouin, que Léonard Bourdon était « auteur de plusieurs ouvrages sur l'é« ducation publique en général, et particulièrement sur la manière « de rendre pratiques à la jeunesse la liberté et l'égalité. » Mais ces ouvrages sont aujourd'hui la plupart inconnus, et tous oubliés V—vs. 59 moment où Bonaparte, arrivé d'Égypte , devint premier consul et confirma dans son ministère Bourdon de Vatry, qui offrait sa démission. Le projet de descente soumis à Bonaparte fut alors traité par lui d'expédition de luxe. Deux ans plus tard , on tenta de le mettre à exécution ; niais il n'était plus temps. Bourdon fut remplacé quelque temps après : on en donne pour motif la résistance qu'il opposa aux volontés du consul, relativement à l'envoi à Malte de deux vaisseaux chargés de vivres, dont Bonaparte voulait confier le commandement au contreamiral Pérée, alors prisonnier de guerre sur parole, et une querelle violente à l'occasion d'un munitionnaire général , dont Bourdon exigeait que les comptes fussent réglés. La perte de Malte prouva bientôt mue son opposition aux vues du premier consul était fondée sur les vrais intérêts de la France. On sait d'ailleurs comment Bonaparte avait payé la trahison de Sieyes, qui lui avait sacrifié ses collègues du directoire dans l'espoir de partager avec lui la puissance. Soit qu'il vit dans Bourdon une créature de ce directeur devenu son ennemi , soit qu'il ne le jugeàt pas de force à le seconder dans ses grands projets contre l'Angleterre , il le renvoya à Anvers avec le titre de commissaire ordonnateur pour les mers du Nord. Mais après avoir travaillé avec succès au rétablissement du commerce de l'Escaut, Bourdon fut destitué et remplacé par Forfait, sans avoir jamais pu savoir quelle était la cause de sa disgrâce. En 1801, il fut nommé chef d'administration à Lorient , puis préfet du 2e arrondissement maritime au Havre. Il perdit encore cette place pour avoir prédit le mauvais succès de l'expédition de StDomingue, qui se préparait alors. Quelque éphémère qu'eût été son existence ministérielle, il lui paraissait- d'ailleurs assez dur d'être eu sousordre après avoir dirigé, Bourdon se décida donc à quitter le service de la marine pour la carrière préfectoriale. Il fut successivement préfet de Vaucluse en 1803, de MaineetLoire eu 1S06, et de Gènes en 1809. On lui doit, dans ces deux premières préfectures, les ponts de la Durance et du Rhône , la réparation de la levée de la Loire , le lycée d'Avignon et des routes faites à neuf. Gènes lui fut redevable d'un grand nombre d'établissements publics , de routes nouvelles , de ponts sur la Serivia et sur le Pô. Les Génois, en récompense de ses services, lui élevèrent un buste en marbre. Ayant perdu cette préfecture en 1814, par la réunion de Gènes aux États de Sardaigne, il rentra au ministère de la marine sous Malouet, comme directeur du personnel et avec le titre honorifique d'intendant des armées navales. Dans les dernières années de l'empire, sa conduite modérée, et la sage indépendance qu'il apportait dans l'exercice de ses fonctions, l'avaient exposé plusieurs fois à des dégoûts de la part du ministère, qui prêtait l'oreille aux rapports absurdes ou mensongers d'une police tracassière. Cette circonstance avait disposé Bourdon de Vatry à servir avec zèle le gouvernement de Louis XVIII ; mais dans l'exercice de ses nouvelles fonctions à la marine, il eut plus d'une fois des explications trèsvives avec le due d'Angoulême, qui protégeait les prétentions d'officiers qui n'avaient d'autres titres que leur blason. Au retour de Napoléon de l'île d'Elbe, il accepta la mission de commissaire extraordinaire dans la 7' division militaire, et fut nommé préfet de l'Isère. A la seconde restauration, il disparut tout à fait de la scène politique, et obtint du roi une retraite de 6,000 francs. Il mourut à Paris, le 22 avril-1828. La médiocrité de sa fortune, après avoir occupé si longtemps des postes immenses, n'est pas un des traits les moins honorables de sa vie : à ses qualités comme administrateur il joignait un esprit cultivé et les formes les plus distinguées . CH—u et D—R—R.
  • Marc-Antoine CADAMOSTO : astronome, descendait d'une des plus illustres familles de Lodi. Dans sa jeunesse, il étudia la jurisprudence et la médecine, et reçut le laurier doctoral dans ces deux facultés. Plus tard il cultiva les mathématiques et l'astronomie, et se fit dans cette nouvelle carrière la réputation la plus brillante. A des connaissances variées il joignait une piété sincère. Ayant embrassé l'état ecclésiastique, il fut pourvu d'un canonicat dd chapitre de Lodi. Eu t 1503, étant grand vicaire, il établit une confrérie du StSépulcre. On ignore la date de sa mort. Le seul de ses ouvrages imprimé est intitulé : Compendium in usunt et operationes astrolabii Messahalce, cum declarationibus et addi- tionibus, Milan, 1507 La bibliothèque du roi en possède un exemplaire sur peau de vélin. Cet ouvrage a échappé aux reeherches de Lalandc , puisqu'il ne l'a point cité dans la Bibliographie astronom. — Marc CADAMOSTO, poète, sur lequel on n'a que des renseignements incomplets , était de la même famille que le précédent. Il avait embrassé l'état ecclésiastique , et vivait à la cour de Rome sous Léon X. Si l'on en croit Crecimbeni , Marc était en grande faveur auprès de ce pontife. Cependant il se plaint dans un sonnet d'étre réduit à un état si misérable qu'il regarderait la mort comme un bienfait. Dans un autre il dit que depuis treize ans qu'il remplit les devoirs d'un honorable prètre, et depuis dix autres années qu'il fait le métier de solliciteur, il n'a pas encore reçu la Moindre grâce, ni obtenu le plus petit bénéfice. Son recueil est intitulé : Sonetti cd altre rime, con proposte e risposte di & Md uomini degni, e con alcune novelle, capitoli e stanze, Rome, Blado, 1541 Ce volume est de la plus grande rareté. Borromeo avoue qu'il n'en avait jamais pu voir un seul exemplaire. Les nouvelles qu'il contient sont au nombre de six. Dans un avertissement dont il les a fait précéder, l'auteur dit qu'il en avait composé vingtsept autres, mais qu'il perdit son manuscrit au sac de Rome, en 1527. Jérôme Zanetti a reproduit la sixième dans le t. 2 du No- velliero italiano. Les Proposa e risposti di alcuni uomini degni sont tirés en grande partie dés apoplithegmes de Plutarque. Cette traduction avait parti séparément sous ce titre : de* più buont lori, Venise, 1545 Les Novelle ont été réimprimées, Milan , 1819 avec une préface de éditeur, le savant Scaldini
  • Marc-Antoine CAPELLI( 1500 - 1625) : de l'ordre des mineurs conventuels, naquit à Este, dans le Padouan, vers le milieu du 16e siècle. 11 prit parti pour la république de Venise, dont il était né sujet, contre l'interdit de Paul V, et publia , à cette occasion, deux écrits assez vifs, l'un en italien, intitulé : Avis sur la controverse, etc. , Venise, 1606 et l'autre, en latin, de Interdicto Pauli V, etc., Francfort, 1607 mais, soit qu'on lui eût fait des menaces, comme le prétend l'auteur de la vie de Fra Paolo, soit de luimente, il se rétracta dans la suite, alla faire une espèce d'abjuration à Bologne, devant le cardinal Justiniani, et assura la sincérité de son changement par un traité de Absolula renon sacrarum Immunitate a potestate principum laicorum, qui ne fut point imprimé ; mais tous ses autres ouvrages se ressentirent plus ou moins de sa palinodie. Capelli passa par toutes les charges de son ordre, devint qualiticateur du saintoflice, et mourut à Rome, en 1625. Il était savant dans l'hébreu, dans le grec et dans les antiquités ecclésiastiques. Ses ouvrages sont : 1° Adverses prœtensu? regis Anglia) pri? atum, liber , Bologne , 1610 2° Disputationes duce de summo pontifiée, etc., Cologne, 1621 ; dans la première dissertation, il établit la primauté de St. Pierre contre un ouvrage attribué à Antoine de Dominis ; et dans la seconde, il prouve, contre Jacques Godefroi, que les pontifes. romains lui ont succédé en cette qualité. 3° De Appellationibus Ecclesiœ A[ ricanœ ad Romanam sedem, Paris, 1622 ; 5' édition, Rome, 1722 avec la vie et la liste des écrits de l'auteur, par Jean liontoni. 4° De Cama Christi suprema, Paris, 1625 Le savant Vecchietti avait soutenu, dans son traité de Anno primilivo , que JésusChrist n'avait point mangé l'agneau pascal la veille de sa mort, ni institué l'eucharistie avec du pain azyme. C'est à réfuter cet ouvrage, condamné au feu par l'inquisition, que Capelli a consacré le sien, où il prouve que la dernière cène de JésusChrist a été une cène pascale, et qu'elle a été célébrée le lendemain du 14 de la lune de mars. L'ouvrage est bien écrit et rempli de recherches ; mais le fond de la question a été mieux traité par le P. Bernard Lamy. L'auteur en a composé d'autres qui attestent son érudition
  • Marc-Antoine CASANOVA : poète latin du 16° siècle, né à Rome, mais originaire de Como. était attaché à la famille Colonne, et, dans les différends qui s'élevèrent entre cette maison et le pape Clément VII, il lança contre ce pontife des épigrammes trèsmordantes. Il fut arrêté et condamné à mort. Clément Vil lui fit grâce ; mais il tomba dans une extrème pauvreté, fut réduit, si l'on en croit Valérianus, à mendier son pain, et mourut enfin de misère et de la peste, qui acheva de désoler Borne, après qu'elle eut été saccagée, en 1527, par l'armée du connétable de Bourbon. Ayant fait quelques années auparavant un voyage à Como pour voir sa famille, il avait été reçu à Milan avec beaucoup de distinction par tous les amis des lettres. Paul Jove loue la pureté de ses mœurs et l'amabilité de son caractère. Son principal talent était cependant celui de l'épigramme. Catulle et Martial étaient ses modèles. 11 réussit peu à imiter l'élégance et la délicatesse du premier; et, s'il imita mieux quelque chose du second, ce furent plutôt ses défauts que ce qu'il y a de fin et de piquant dans ses pensées. et dans son style. Les poésies de Casanova sont éparses dans divers recueils, et sur- tout dans les Delicia3 Poetarum Italorum
  • Marc-Antoine CESTI : récollet d'Arezzo, qu'Adami fait natif de Florence, fut un des plus célèbres musiciens (lu 17e siècle. 11 était disciple de Carissimi et contemporain de Cavalli. Ferdinand III le nomma maitre (le sa chapelle. et il parait avoir cté employé connue ténor à celle d'Alexandre VII, en 1660. Cesti ne contribua pas moins puissamment que Cavalli aux progrès de la musique dramatique. 11 s'efforça de substituer à la monotone psalmodie, qui jusqu'alors en avait fait la base, le genre gra cieux dans lequel excella son maitre, et il transporta au théâtre les cantates que Carissimi avait inventées pour l'église. 11 fit représenter sur le théâtre de Venise, de 1649 à 1669, huit obéras : Oroniéa, César amoureux, l'Esclave royal, Titus, l'Esclave fortunée, Argente, Genseric et Argia, qui, presque tous, eurent un brillant succès, et furent jouées dans toutes les grandes villes d'Italie. On croit qu'il luit aussi en musique le Pastor fido du Guarini. Il n'excella pas moins dans le genre des cantates, et en composa un grand nombre. Son style est large, plein de feu et agréable. Cesti mourut à Borne, en 1688
  • Marc-Antoine CHARPENTIER( 1634 - 1702) : savant compositeur, naquit à Paris, en 1634. A l'âge de quinze ans, il alla à Rome dans le dessein d'étudier la pe Comme il avait quelques principes de musique, en arrivant en Italie, l'entra dans une église, où il entendit un motet de la composition du célèbre Cr.- rissimi. Dès ce moment, Charpentier' abandonna la peinture pour se livrer entièrement à la musique. Carissimi, qui lui donna des leçons, trouvant en lui toute la disposition qu'il fallait pour s'attacher à un tel sujet, le mit en peu de temps en état d'être l'un des plus habiles de son temps. Les morceaux que Charpentier composa en Italie lui attirèrent une si grande réputation que les Italiens le surnommèrent le phénix de la France. Revenu dans sa patrie, le roi le nomma maitre de la chapelle de Monseigneur ; mais la jalousie de Lulli lui lit ôter cette place, qu'il joignait à celles qu'il avait déjà. Charpentier entra chez mademoiselle de Guise pour étre 'naître de sa musique, et composa un grand nombre d'excellents morceaux ; mais ensuite, piqué contre Lulli, il changea sa manière pour ne point lui tes- sembler, et ne s'attacha qu'a composer de la musi- que trèsdifficile, mais en mème temps d'une harmonie et d'une richesse d'effet jusqu'alors inconnues en France, ce qui lui attira de la part des ignorants le titre de compositeur dur et barbare. Leduc d'Orléans, qui fut depuis régent, apprit de lui la composition, et lui accorda l'intendance de sa musique. Charpentier a été l'un des plus habiles maîtres de son temps; il a composé la musique d'un grand nombre d'opéras, de ballets et de divertissements. C'est lui qui est l'auteur des airs du Malade imagi- naire, qu'on attribue A tort à Lulli. Le nombre des ouvrages dramatiques qu'il a mis en musique s'élève à plus de vingtcinq. Les dégoôts qu'il avait éprouvés par la jalousie de Lulli lui firent abandonner la scène, et il ne s'exerça plus que sur des paroles latines. Il fut nommé maitre de musique de l'église du collège et de la maison professe des jésuites à Paris, où tous les amateurs se rendaient en foule pour l'entendre. Il devint ensuite maitre de la SteChapelle, où il a été inhumé. Charpentier mourut au mois de mars 1702, dans la 68° année de son âge, après avoir professé pendant quarante ans. Il avait coutume de dire qu'il ne connaissait pour son égal que Lalouette, maitre de musique de la cathédrale. Quand un jeune homme voulait se destiner à la composition, il lui disait : « Allez en Italie, c'est « la véritable source; cependant je ne désespère pas « que quelque jour les Italiens ne viennent arepren-(« lre chez nous; mais je n'y serai plus. » On doit encore à Charpentier plusieurs recueils d'airs à boire, à deux, trois et quatre parties, des messes, des motets, etc
  • Marc-Antoine CHARRIER( 1753) : né en 1755, à Nasbinals dans le Gévaudan, de la même famille, mais d'une autre branche que le précédent, fut, dans la révolution , une des premières et des plus remarquables victimes de la cause royale. Fils d'un avocat , qui était aussi notaire à Mende , il fut destiné dès son enfance à la même profession, et fit son cours de droit à Toulouse. Mais , cédant à un penchant irrésistible pour la carrière des armes , il s'engagea jusqu'à sept fois dans divers régiments, et fut toujours racheté par sa. famille , dont , en sa qualité d'aîné, il devait être l'appui. Par le dernier de ces enrôlements , il était entré dans le régiment de Bourbonnais , où les avantages d'une belle et haute stature firent de lui un exeellent grenadier. Il passa en cette qualité trois ans à guerroyer sur les montagnes de la Corse, contre des partis d'insurgés. Lorsqu'il revint dans sa patrie , il y trouva son père mourant ; et peu de jours après il dut le remplacer dans sa charge et dans l'administration d'une fortune qui , sans être considérable , passait pour une des premières du pays. D'un caractère conciliant et juste , Charrier se lit chérir et estimer de toute la contrée ; et lorsque les états généraux furent convoqués, en 1789, le tiers état du Gévaudan le nomma un de ses députés. S'il n'y fut pas remarqué par son éloquence, il le fut au moins par la franchise et la fermeté de son opinion , et surtout par son dévouement aux principes de l'ancienne monarchie. Et ce dévouement doit parattre d'autant plus remarquable , que Charrier fut à peu près le seul avocat qui manifestàt dans cette assemblée de pareilles opinions . Siégeant constamment au côté droit, il ne se sépara pas un instant du parti royaliste ; et il appuya toutes les réclamations, signa toutes les protestations de la minorité contre les innovations des révolutionnaires. Dans la nuit des 5 et 6 octobre, il accourait au secours de la famille royale , lorsqu'il fut saisi par les brigands qui envahissaient le châ- teau de Versailles et qui, le prenant pour un garde du corps, l'avaient déjà attaché à la fatale lanterne heureusement un homme de la foule le sauva en le faisant reconnaître pour député. Après la session, Charrier se disposait à se rendre à Coblentz, auprès des princes émigrés , avec son frère, avocat connue lui, et comme lui ardent royaliste : niais les agents de ces princes leur persuadèrent qu'ils pouvaient ètre plus utiles dans leur département . u donna, avec Tabaraud, une seconde édition des Inilitutiones theologieoe du P. Valla, Lyon, 4784, G vol Quelques écrivains lui ont attribué, mais peut-étre sans fondement, le Compendium de ces mimes institutions qui parut à Lyon en 181, 2 vol. un an après la premiere édition de l'ouvrage du 1'. N'eu. V--5E. On ne pourrait guère citer que Darget, avocat de Vesoul, mort il y a quelques années, qui reçut, au retour des Bourbons, des lettres de noblesse en récompense de son dévouement. Us n'hésitèrent pas ; et Charrier se lita de retourner dans sa patrie. Là, voué tout entier au triomphe de la cause royale, et recevant fréquemment de Co- blentz des instructions et des ordres , il organisa, avec des déserteurs et des paysans , une troupe dévouée. Observé et surveillé par les clubistes et les nouvelles autorités , il fut dénoncé à plusieurs reprises, notamment à l'assemblée nationale dans le mois de février 1792 , à l'occasion du mouvement insurrectionnel que provoquèrent , dans la ville de Mende, les manifestatiA patriotiques du régiment de Lyonnais. Décrété d'accusation, le 12 avril 1792, par suite de ces dénonciations , Charrier fut obligé de se tenir caché; et dès lors il ne vécut que dans les montagnes et les forêts avec un petit nombre des siens, correspondant toujours avec Coblentz et se préparant à lever l'étendard de l'insurrection , dès que l'ordre lui en serait donné. Mais cet ordre tenait à un plan vaste , et qui leur lit connaître l'asile du malheureux Charrier. Arrêté aussitôt, il fut conduit à la prison de Rhodez . On voulut d'abord le transférer à Paris, où il eût sans doute été l'une des premières victimes immolées par le tribunal révolutionnaire , venait d'ètre institué; tuais la longueur du voyage et le peu de conliance qu' spiraient la plupart des départements qu'il fallait traverser forcèrent le parti dominant à le retenir prisonnier sur les lieux. Ce n'est que dans le mois d'août que, sur la dénonciation du député Louchet, le tribunal criminel de l'Aveyron fut chargé de le juger. Charrier parut devant ses juges avec le calme et le courage qui l'avaient partout distingué. Dévoué depuis longtemps à la mort , son unique soin fut de ne compromettre personne; et ses réponses, ses déclarations furent telles que, se chargeant lui seul de toute la responsabilité de son entreprise, il réussit mème à sauverSon frère et son aide de camp Laporte , que tant de circonstances devaient accuser. Condamné à mort le 16 août, il l'ut conduit au supplice le lendemain au milieu d'un cortége de plus de 6,000 hommes, commandés par son ancien collègue à l'assemblée constituante , CluiteauneufRandon, Un décret de la convention, du 26 juin 4793, porte : Art. 4"• « Les citoyens qui ont arrète Charrier, chef des rebelles, recevront « 5,000 liv. à titre de gratification. Art. 2. Il sera accordé une « somme de 6,000 liv. à la citoyenne Bergouynotn, pour les « preuves de courage et de civisme qu'elle a données au moment où « des rebelles voulaient abattre l'arbre de la « liberte plante s Nasbinals... Décrète en outre que les uns Pt les « autres ont bien mérité de la patrie ..... et que le président est » chargé d'écrire une lettre de satisfaction à la citoyenne lier—« yougnon. r. V--- vE. qui semblait vouloir, en un pareil moment, se venger de quelques provocations que lui avaitautrefois adressées le trop véhément Charrier. — Son frère, qui vivait encore en 1825, vint alors à Paris ; nous ignorons si le gouvernement de ce tempslà fit quelque chose pour une famille qui devait l'intéresser sous tant de rapports
  • Marc-Antoine COLONNA : neveu des deux précédents, suivit, comme eux, la carrière des armes, et se distingua au service du pape Jules Il, le plus belliqueux des successeurs de St. Pierre. Il défendit Ravenne d'une manière glorieuse en 1512. Passant ensuite au service de l'empereur Maximilien, il repoussa en 1515, dans Vérone, les attaques des Vénitiens et des Français, conduits par Lautrec. Après la paix de 1517, il entra au service de François I". Comme il s'approchait avec l'ar?ée française, en 15.22, des remparts de àlilan, que son ongle Prosper défendait, il fut tué d'un coup de toulev•ine, qu'on dit avoir été dirigé par cet oncle luiméme, qui ne l'avait pas reconnu.
  • Marc-Antoine COLONNA : le jeune, duc de Palliano, a eu le bonheur d'attacher son nom au plus grand fait d'armes du 16e siècle, la bataille de Lépante. Il avait de bonne heure embrassé la carrière des armes, par laquelle un si grand nombre de ses parents s'étaient couverts de gloire ; mais les circonstances étaient bien moins avantageuses pour la noblesse immédiate du saintsiége. Les grandes puissances qui se disputaient alors l'Italie et l'Europe entière ne voulaient plus de condouieri, et leurs puissants sujets voyaient avec jalousie l'élévation des étrangers. MarcAntoine Colonie chercha donc à se placer auprès du pape son souverain. Il tut nommé, en 15:0, général des douze galères pontificales que Pie V avait jointes à la flotte des Vénitiens et du roi catholique pour la défense de Chypre. Arrivé dans l'île de Candie, au port de la Sude, rendezvous , qui lui seul avait sous ses ordres près de cent soixante vaisseaux vénitiens; qui, , cardinal et viceroi d'Aragon, a laissé un traité contre Baronius : de Monarchia Si- cilice. On le trouve, avec la réponse de Itaronius flans la 3e partie du Thesaur. Antiq. Sicilice de Grtevius
  • Marc-Antoine DEANI( 1775) : célèbre prédicateur italien, connu sous le nom de P. Pacifico, était né le 11 septembre 17/5 à Brescia, de parents honnêtes et pieux, qui cultivèrent avec soin ses dispositions précoces. A quinze ans, il embrassa la règle des franciscains ou cordeliers; et, dès qu'il eut achevé ses études, il fut chargé par ses supérieurs d'enseigner la philosophie et la théologie dans différentes maisons de son ordre. 11 s'acquitta de cette tâche avec le plus grand succès ; mais la carrière de l'enseignement n'était pas celle dans laquelle il devait s'illustrer. La nature l'avait fait orateur. Doué d'une imagination brillante, d'une mémoire prodigieuse, il était nourri de la lecture des meilleurs écrivains anciens et modernes, et joignait à ces avantages un extérieur grave et l'organe le plus flexible. Ce fut à Ferrare qu'en 1802 il se fit enten- dra pour la première fois. L'année suivante, il prê- cha le carême à Parme avec un tel succès, que dès lors les principales villes de l'Italie se disputè- rent l'avantage de le posséder. Il parcourut successivement Venise, Milan, Florence, Rome, et partout il ne trouva que des admirateurs. Pie VII, après l'avoir entendu prêcher, en 1815, voulut lui conférer l'évêché de Zanthe et Céphalonie; mais il refusa cet honneur, disant au pontife qu'il ne désirait rien autre chose que de voir rétablir le couvent de son ordre à Brescia, pour y terminer sa vie au milieu de ses frères. 11 fit, en 1819, une nouvelle station à Rome, et reçut du pape à cette époque, avec deux médailles d'or, le titre de consulteur de la congrégation de l'Index. Au mois d'août 1824, il se trouvait à Brescia, lorsqu'il lui survint dans la main gauche IIUC tumeur, dont tout l'art de la médecine ne put arrêter les progrès; et il mourut de cette singulière maladie le 28 novembre de lamême année. Ses obsèques, auxquelles assista tout le clergé de la ville , furent célébrées avec beaucoup de pompe, et, suivant ses intentions, ses restes fu- rent déposés dans le Campo- Santo, où l'on voit son épitaphe composée par le savant docteur Labus, son ami. Le P. Pacifico n'avait publié qu'un petit nombre de Sermons et de Panégyriques, parmi lesquels on distingue son Oraison funèbre du pape Pie VII, qui contient des traits vraiment admira- bles. Pour répondre à l'impatience du public, ja- loux de posséder tout ce qu'il avait écrit, on a donné depuis sa mort une édition complète de ses OEuvres; mais elle n'a point répondu à l'attente de ses admi- rateurs; et l'on ne peut dissimuler que sa réputation en a souffert . Ou a l'Éloge historique du P. Pacifico
  • Marc-Antoine DESAUGIERS( 1742 - 1793) : né à Fréjus, en 1742, apprit la musique sans maitre, et s'initia luimême dans la science de la composition. Il ? int à Paris en 1775, et ne tarda pas à s'y faire connaitre avantageusement par la traduction des Ré- flexions sur le chant figuré, de J.B. Mancini, qu'il publia en 1776. Cet ouvrage lui mérita les suffrages de Gluck, qui, depuis, eut toujours pour lui une estime particulière. En 1779, il donna aux Italiens le Petit Œdipe, pièce en 1 acte ; e, l'année suivante, à l'Opéra, Erixène, ou l'Amour enfant, paroles de Voisenon. 11 fit paraître successivement, Florine, en 2 actes ; Lesdeux Sylphes ; les Jumeaux de Bergame ; l'Amant travesti: et, en 1791, le Médecin malgré lui, composition bizarre , dans laquelle il enchâssa , d'une manière plaisante, l'air populaire Ça ira. Desaugiers avait de la verve et de l'originalité; possédant au suprême degré la vivacité provençale, il concevait facilement et dictait avec rapidité des chants éner-' gigues et vrais. Les jolis airs des Jumeaux de Ber- game, des deux Sylphes et de Florine ont fait longtemps les délices de Paris. L'exaltation de ses idées lui avait fait saisir avec avidité l'espoir d'un meilleur ordre de choses, et l'Iliérodrame sur lu prise de la Bastille, qu'il fit exécuter à NotreDame, est un monument de son enthousiasme. Enfin, les Chants funèbres qu'il composa sur la mort de Sacchini, achèvent de prouver qu'il maniait également bien tous les tons. 11 mourut à Paris le 10 septembre 1793. Son caractère l'avait rendu toute sa vie' ennemi de cette souplesse qui ne fait que trop oublier aux grands le besoin continuel qu'ils ont des hommes de mérite. Desaugiers a laissé en manuscrit mi opéra de Bélisaire, paroles de son fils; une pièce intitulée, le Rendez- vous, et plusieurs autres ouvrages. 11 avait composé une foule de pe- tits opéras pour le_ théâtres secondaires qui existaient de son temps
  • Marc-Antoine DOMINICY( 1500 - 1650) : jurisconsulte et historien, né à Cahors dans le 16P siècle, enseigna d'abord le droit à l'université de Bourges avec une grande distinction. Il se démit de son emploi pour se livrer plus tranquillement à la ré4laction de i ses i ouvrages, et mourut à'Paris en 1650, suivant Le?glet Duticsnoy, et à Bourges en 1656 suivant Lamonnoye. 11 a essayé d'éclaircir quelques points obscurs de notre histoire; niais il n'y- a pas toujours réussi. Cependant les recherches auxquelles Ce conseil grammatical, que l'auteur avait établi chez lui, donnait ses decisions à prix the, ou moyennant un abonnement de 15 fr. par an petite indemnité necessaire aux depenses.de blissement, et utile aux amateurs euxulemes. 1.-11 s'est livré ne sont pas sans utilité; la liste qu'on t'olive de ses ouvrages dans les biographes, et articulièrement dans Moréri, est inexacte : on a cherché à- éviter le même reproche dans la suivante : 1' i de Sudario capilis Christi, liber sing Ida- ris i, Cahors, 1640 : c'est une dissertation sur le suaire ou la coiffe de JésusChrist, que l'on conservait à Cahors ; 2° i Ad canonem secunduni et quinlum concilii Agathensis et ultinzuin Ilerdensis, sice i ( i le communione peregrina, in qua obiter de censuris pontificiis et desuetudine veteris canonisas pcenilentire i, Paris, 1645 3° i Disquisitio de prœrogativa allodiorunz in provinciis Narbonensi et Aquitanica, quœ jure script i° i reguntur i, Paris, 1645 C'est tme réponse au traité du francalleu, publié par Auguste Galland, en 1637 ; Schiller l'a insérée dans le t. 3 de son recueil i de Fendis i, Strasbourg, 1695 4° i Assertor Gallicus contra vindicias Hispanicas J i.- i J. Chiftletii i, Paris, 1646 Il y a de l'érudition et de la critique dans cet ouvrage. Dominicy y établit, contre l'opinion de Chifflet, que Hugues Capet descend directement i de i Childebrand, frère de Charles Martel, et qu'en conséquence ses droits à la couronne de France étaient légitimes. Chifflet lui répondit. ChantereauLefèvre prit parti dans la querelle, et composa un traité pour prouver i que i les deux adversaires avaient confondu l'ancienne coutume des lrançais avec la loi salique. Dominicy répliqua à hantereau par l'ouvrage suivant : 5° i Assertoris ullici i circa i legis salicce intellectum, mens explicata i, Paris, 1646 6° i Ansberti Familia re- iv, d. ic. eocntitornaesL vud. C i. ndicaai tz, alarParis i, i elli Fab i i i6r 4i8et i. l. r i;- i J i. - i 4 i.. i CCI f i- i C'est i i st i ne nouvelle réponse aux deux critiques, qui s'acordaient à nier la descendance directe de Hugues Capet; mais avec des vues trèsdifférentes, puisque Chantereau était partisan de la maison régnante, tandis que Chifflet n'avait pour but que d'appuyer les prétentions de la maison d'Autriche et d'Espagne sur la France ; 7° i Mémoires des anciens comtes du pays de Quercy et comté de Cahors i; 8° i Mémoires des anciens comtes du i pays i de Rouergue i. On conserve ces deux ouvrages à la Bibliothèque nationale
  • Marc-Antoine EIDOUS : né à Marseille, fut un traducteur infatigable, mais souvent peu exact et surtout peu élégant. 11 servit quelque temps en Espagne comme ingénieur, et revenu en France, consacra tous ses moments à la littérature. Il a traduit du latin et de. l'anglais en français plus de quarante ouvrages différents qui ont vu le jour, et en a encore laissé en manuscrit. La plus importante de ces traductions est celle du Dictionnaire de médecine , à laquelle Diderot a pris part. Eidous a aussi travaillé au Dictionnaire encyclopédique. On peut voir la liste de plusieurs ouvrages qu'il a fait passer en notre langue , dans la France littéraire de M. Ersch, et dans le Dictionnaire des anonymes, par Barbier. Ce dernier observe que l'Histoire ? les principales découvertes faites dans les arts et les sciences, Lyon, 1767 quoique désignée sur le titre comme traduite de l'anglais, est indiquée dans le privilége comme étant de la composition du sieur Eidous
  • Marc-Antoine FLAMINIO( 1498) : fils du précédent, naquit à Seravalle en 1498. Il n'eut point d'autre maitre que son père, et il ne pouvait avoir ni un meilleur guide pour ses études ni un meilleur modèle pour ses moeurs; il profita également de ses leçons et de ses exemples. Il n'avait que seize ans lorsque son père, voulant envoyer en 151 t, au nouveau souverain pontife Léon X , un recueil de ses vers latins , le chargea de cette commission et lui ordonna d'offrir en même temps au pape quelquesunes de ses propres poésies. Léon accueillit avec bonté ce message, parut trèssatisfait des vers du père et du fils, récompensa généreusement ce dernier et le confia aux soins de Raphaël Brandolini , orateur et poëte , qui était logé au Vatican. Le jeune Flamini° ayant été présenté une seconde fois anapape et ayant fait devant lui de nouvelles preuves d'un talent extraordinaire , Léon X lui adressa ce vers de Virgile _ Vade nova virtute , puer, sic itur ad astra. Une autre fois encore le pape se plut à disputer avec lui devant plusieurs cardinaux sur différentes questions, et le jeune homme se tira si heureusement de cette épreuve , que le cardinal d'Aragon écrivit à son père une lettre de félicitation. JeanAntoine permit à son fils de rester à Rome ; celuici profita de ce séjour pour faire un voyage à Naples, sans autre objet que de connaître personnellement le poëte Sannazar. De retour à Rome, en 1515, il fut invité par le comte Balthazar Castiglione à l'aller voir à Urbain ; Castiglione fut enchanté de ses talents, le logea dans sa maison et conçut dès lors pour lui la plus tendre amitié. Flamini° composa pour son hôte une églogue qu'il fit imprimer avec quelques poésies latines on fut surpris de voir un style aussi formé dans un pone de dixsept ans. Vers la fin de la mème année, son père voulut qu'il joignit à ses études précédentes celle de la philosophie, et le fit partir pour Bologne, où il n'eutd'autre logement que le palais de François Bentivoglio. Sa philosophie achevée, il s'attacha à Étienne Sauli, noble génois et protonotaire apostolique ; il se rendit avec lui à Rome en 1519, et y passa plusieurs années, uniquement occupé d'études littéraires et de com- positions poétiques. Il passa du service de Sauli à celui du dataire Giberti , qu'il suivit à Padoue et à Vérone ; ce fut alors qu'il écrivit en prose latine une paraphrase sur le 12•' livre de la Métaphysique d'Aristote et une attire sur le psaume 32 , qui furent imprimées l'une à Bâle et l'autre à Venise en 1536 et 1537. Cependant, sa santé affaiblie depuis longtemps faisait craindre pour sa vie; on lui conseilla l'air de Naples, qui en effet le rétablit. Mais il courut dans ce pays des dangers d'une autre espèce. Sa piété mème et l'intégrité de ses moeurs l'y entrainèrent, en rendant spécieux pour lui les arguments dont les novateurs se servaient pour demander une réforme dans l'Église. Valdès, l'un des plus zélés, se trouvait à Naples; il sut gagner la confiance de Flamini° et l'attirer insen- siblement à ses opinions. Heureusement, ayant quitté Naples en 1511 , Flamini° rencontra à Viterbe le cardinal Polus, qui y était légat et qui le retint auprès de lui; les entretiens de ce prince de l'Église le raffermirent dans sa foi ; il le suivit en 1552 à Trente, où le concile était indiqué; mais la convocation en ayant .été retardée , il revint à Viterbe avec le cardinal, qu'il accompagna de nouveau à Trente vers la fin de 15i5 , quand le concile y fut définitivement assemblé. Le cardinal Pallavicino rapporte dans son histoire que la place dé secrétaire de ce concile fut offerte à Flamini°, et qu'il la refusa, peutcire parce qu'il nourrissait dans son Aine quelques opinions contre lesquelles, s'il l'eût acceptée, il aurait dû exercer sa plume, opinions, au reste, dont le mème historien ajoute qu'il finit par revenir. Les protestants prétendent en trouver des traces dans les poésies de Flamini°, et le pape Paul IV crut sans doute aussi les y voir, puisqu'il en défendit la lecture en 1559 ; mais ce qui fait penser qu'il eut en cela trop de scrupule ou de sévérité , c'est que ces mèmes poésies ne se trouvent plus parmi les livres prohibés dans les éditions suivantes qui furent faites de l'Index. Il parait que, sans quitter le service du cardinal Polus , Flamini° fut cependant attaché à plusieurs autres cardinaux dont il reçut des bienfaits. On voit par ses poésies mèmes qu'il le fut au cardinal Alexandre Farnèse , qui devint ensuite le pape Paul 111; que, sans compter une infinité de riches présents, ce généreux protecteur des lettres lui fit rendre un bien de campagne dont on l'avait dépouillé à la mort de son père, et qu'il l'accrut mème considérablement par ses bienfaits ; que le cardinal Rodolphe Pio lui lit don de quelques autres biens de terre ; que le cardinal GuiAscagne Sforza l'exemptait tous les ans des duales qu'il lui devait pour quelques bénéfices ; que le cardinal Benoit Accolti lui fit présent d'une tasse précieuse , etc. Le bon Flamini° jouissait ainsi d'une vie douce , aisée , considérée et plus heureuse, il en faut convenir , que celle qu'il eût pu mener s'il eût cédé sans retour aux suggestions des novateurs et à ses propres doutes. Mais il n'en jouit pas longtemps. Les incommodités auxquelles il avait été sujet dès son jeune âge revinrent avec plus de force et des symptômes plus alarmants, et il mourut universellement regretté à Rome chez le cardinal Polus, le 18 février 1550, n'étant âgé que de 52 ans. Ses poésies joignent à une rare élégance quelque chose de doux et d'aimable, comme l'était son caractère. Dans sa première jeunesse il avait payé le tribut ordinaire à la poésie amoureuse , mais son père lui fit honte de cet emploi de son talent; il le consacra dans la suite à des sujets plus graves , mais qui presque toujours prennent sous sa plume du charme et de la douceur. Ces qualités sont remarquables dans sa traduction de trente psaumes en vers latins épodiques, dédiée au cardinal Farnèse, et qu'il fit imprimer en 1516, tandis qu'il était au concile de Trente. Cette mème traduction a été mise en tète du recueil de ses poésies. Elles sont divisées en quatre parties : 1" Psalmi et hymni ; 2" Carmina de rebus divinis, dédiés à Marguerite, sœur de Henri II, roi de France; 3" Carminum libri quatuor ad Franciseum Turrianum ; 4" Ad Alexandrum Farnesium libri quinque. La plus belle et la meilleure édition est celle de Padoue, Comino , 1745 Les poésies de Flamini° y sont précédées de sa vie écrite par Fr. Marie Mancurti et suivies d'un grand nombre de lettres et de vers à l'occasion de la mort du poëte , qui témoignent que cet événement répandit à Rome et dans toute l'Italie une grande consternation. On y a joint les poésies de son père JeanAntoine et celles de son frère Gabriel : si ces dernières n'égalent pas les siennes, elles n'y sont pas de beaucoup inférieures. On trouve réunie à la traduction en vers des trente psaumes par Flamini° celle des autres psaumes par François Spinula , pete de lilaii , dédiée au cardinal Charles Borromée en 1560; de mème qu'on a joint à la version en vers français de Clément Marot celle de Théodore de Bèze , pour compléter la traduction entière des Psaumes. MarcAntoine avait publié dès 15'21 , à Bologne un Abrégé de grammaire italienne, et l'ouvrage de Bembo sur la langue, intitulé le Prose, ayant paru peu de temps après, il le réduisit dans un meilleur ordre ou par ordre alphabétique; mais l'ouvrage ne fut imprimé ainsi qu'après sa mort en •1559. L'édition donnée par Comino contient la liste exacte de tous les ouvrages, tant publiés qu'inédits de Flamini° et de ceux nièmes qui se sont perdus. Ses lettres italiennes , éparses dans divers recueils , sont écrites avec beaucoup de naturel et de simplicité. Elles furent traduites cri français avec ses épigrammes par Anne des Marguets et hnprimées à Paris en 1569
  • Marc-Antoine FOIX( 1627) : jésuite, u homme d'un esprit supérieur et fort distingué dans sa compagnie, dit l'abbé Coujet, naquit en 1627 au chàteau de Fabas , dans le diocèse de Couserans. Son père , Nicolas de Foix, descendait des comtes . vincial. C'est dans le cours des visites qu'il faisait I en cette dernière qualité qu'il mourut au collége de Billon vers le milieu du mois de juin de l'an 1687. On conne de lui les ouvrages suivants : 40 l'Art de précher la parole de Dieu, contenant les règles de l'éloquence chrétienne, Paris, 1687 L'abbé Goujet, dans le 2" vol. de la Bibliothèque française, p. 72 et suiv., en donne une analyse étendue. Suivant ce critique, « l'ouvrage du P. de a Foix est bien écrit, solide, approfondi. On y re- connalt, ditil, le savant poli et versé dansla litté« rature sacrée et profane. Le livre est plein d'ex- « eellentes réflexions, mais il y a trop de répéti« tions et surtout trop de digressions. » L'auteur pense qu'on ne peut faire de bons serinons sur la prédestination sur l'existence de Dieu , sur l'immortalité de l'Aine, quoique d'ailleurs il avoue que ces grandes vérités sont les fondements et les principes de la morale chrétienne; 2" l'Art délerer un prince, 1687 réimprimé en 1688 par les soins du P. Cernant , sous le titre de l'Art de former l'esprit et le coeur d'un prince, I 'Vol. que l'abbé Goujet croit être du P. Gisbert, aussi jésuite. On l'attribua d'abord au marquis de Vardes , puis à d'autres personnes. Le P. de Foix venait de mourir quand il parut, et n'était plus en pouvoir d'en réclamer la propriété. Les mémoires de Trévoux, composés par des jésuites, ne décident rien sur le véritable auteur de ce livre. Cependant Moréri nous apprend que le P. Lombard, aussi jésuite , attribuait l'Art d'ékree un inince au P. de Foix et avait rassemblé des preuves de nature à lever toute incertitude à ce sujet. Quoi qu'il en soit, il parait que, dans cet ouvrage, à de trèsbonnes choses sont mêlées beaucoup de trivialités
  • Marc-Antoine FORCELLINI( 1711) : poëte littérateur italien , né en 1711 à Campo , dans la Marche Trévisane , fut destiné par ses parents à l'état ecclésiastique; mais n'ayant pas cette vocation, il abandonna les études théologiques pour celle du droit. Reçu docteur à l'université de Padoue , il alla à Venise pour y exercer sa profession. S'y étant lié avec Noël Lastesio , le plus élégant pote latin de l'époque , Forcellini sentit s'éveiller en lui la passion de la poésie et le besoin de se livrel. aux études littéraires. Les ouvrages de Sperone Speroni étaient presque inconnus en Italie : on en avait fait des éditions incomplètes et fourmillant de fautes. Forcellini et son ami conçurent le projet . Lei deux amis songèrent, quelques années plus tard, à mettre leur talent poétique en commun , et publièrent en 1745 un peme en trois chants, intitulé Les fêtes d'amour de la Marche Trévisane. Ils réussirent à adopter un style si uni , à présenter des idées et des images si bien combinées , que si euxmêmes ne l'eussent avoué, on ne se serait pas douté que ce peine fût le fruit du travail de deux hommes. Admis dans l'intimité d'Apostolo Zeno , Forcellini en profita pour ramasser de riches matériaux donna plus tard au public en faisant imprimer la Biblioteca italiana del Fontanini , corredata dalle note d' Aposta° Zeno . Il publia aussi les Lettres familières de ce même Zeno , et il avait commencé une histoire de ce pone. Versé dans la langue et dans la littérature italiennes , Forcellini fit paraître te Opere di mon- signor Della Casa, Venise, 172, 3 vol. in4°. C'est sans contredit la meilleure édition des ouvrages de Della Casa : les additions et les notes que Forcellini y a faites sont fort estimées ; mais ce qui augmente le mérite de cette édition , c'est un dictionnaire qu'il y a joint et dans lequel il explique tous les mots dont s'est servi l'auteur, et qui depuis ont été oubliés ou négligés par les Italiens. Il parait qu'à cette époque Forcellini abandonna lapoésie et les étudesphilologiques afin de se consacrer à des travaux plus utiles pour lui. Reprenant la profession d'avocat, il s'y fit bientôt une haute réputation. Les Podesta vénitiens le choisirent pour leur assesseur criminel dans les tournées qu'ils faisaient dans les États de terre ferme. Le sénat le nomma consultore lorsqu'il s'agit de fixer les droits de propriété que la république de Venise et l'impératrice MarieThérèse réclamaient respec- tivement, sur les rives du Tartaro , dans le Mantouan. Accablé par l'âge et par les infirmités , Forcellini se retira à SaintSalvador, fief de la noble famille Collalte, qui le nomma juge de ses terres. Il mourut dans cette retraite en 1794. M. Gamba a publié les Lettres familières de Forcellini , Venise, 1835 et il a rendu compte de quelques petits écrits du même insérés dans différentes collections
  • Marc-Antoine FRANCESCHINI( 1648 - 1729) : peintre, naquit à' Bologne en 1648; il quitta l'école de J.B. Galli pour passer dans celle de Charles Cignani, dont il fut l'ami et le compagnon fidèle. Ce dernier voulut même l'attacher à sa famille et lui fit épouser une de ses cousines, soeur du Quaini. Beaucoup de tableaux de Franceschini , surtout ceux qu'il fit étant encore jeune , paraissent de la main de Charles. Au goût , à la recherche , à la précision de son maitre, il joignait une facilité et une fraîcheur de coloris qui lui donnèrent bientôt de la réputation. Quand il devait composer une fresque , il avait coutume de peindre son sujet sur une toile qu'il attachait, pour mieux juger de l'effet, à la place même où devait ètre la fresque. Il a peint de cette manière la voûte et la coupole de l'église du Corpus Domini , la tribune de StBarthélemi à Bologne, et à Gènes la grande voûte de la salle du conseil public : ce dernier ouvrage est de l'an 1702. En 1711 Franceschini fit un second voyage à Gènes pour peindre la voûte de l'église des pères Philippins. On voit dans le palais Spinola de la même ville un tableau de ce maitre, représentant Rébecca qui reçoit les présents d'Abraham. Ce tableau est trèsremarquable, parce que Franceschini avait quatrevingts ans quand il le commença : il parait plutôt l'ouvrage d'un jeune homme plein d'enthousiasme que celui d'un vieillard. Il mourut en 1729, àgé de 81 ans. Il avait été créé par le pape chevalier de l'ordre de l'Éperon d'or. Plusieurs princes firent de vains efforts pour l'attacher à leur personne. Luc Giordano ne fut appelé à Madrid que sur le refus de Franceschini , qu'on n'avait pu déterminer à accepter les offres de la cour d'Espagne. Les élèves de ce maitre sont le chanoine Jacques France:- chini son fils, qu'il conduisit avec lui à Gênes, Jacques Boni, Antoine Rossi, Jérôme Gatti, Joseph Podretti, Hyacinthe Garofolini et Gai tan Frattini. Jacques Franceschini quitta de bonne heure l'étude de la peinture pour se livrer à la littérature et à la théologie
  • Marc-Antoine GEOFFROY-CHATEAU( 1774) : frère puîné du grand naturaliste Étienne Geoffroy SaintHilaire, naquit à Étampes, le 18 aoùt 1774. Lieutenant dans le corps du génie militaire et bientôt capitaine, il fit les campagnes des armées Les articles critiques de Geoffroy, qui étaient éparpillés dans la collection du Journal des Débats, ont été réunis par M. Etienne Gosse en un corps d'ouvrage intéressant sous plus d'un point de vue , ct publie en 5 volumes sous ce titre Cours de littérature dramatique, ou Recueil par ordre de ma- tières des feuilletons de Geoffroy, Paris, 1819-1820; 2. édition, Paris , 1825, 6 vol M. René Périu en a fait des extraits qu'il a fait paraître sous ce titre ; Mauel dramatique à l'usage des auteurs et des acteurs , et né n ces, aire aux gens du monde qui aiment les idées toutes trouvées el les jugements tout faits, Paris, 1822 E. D—s. des Ardennes et de SambreetMeuse, sous Charbonnier et Jourdan. Lors de l'expédition d'Égypte, il s'embarqua sur l' Alceste avec son frère ; c'était au mois d'avril 1798. GeoffroyChateau prit une part remarquable à tous les travaux de cette admi- rable campagne, notamment à l'attaque de Malte et aux batailles de Chébreiss, des Pyramides, d'Aboukir et d'Héliopolis. — Le général Bonaparte avait pour lui beaucoup d'estime ; il lui confia d'abord le commandement de la province de Belbeys, entre l'Égypte et la Syrie. Ce fut à cette époque que GeoffroyChateau éleva les fortifications de la ville de Salahieh, dont il fit un point militaire de la plus grande importance. L'Histoire scientifique et militaire de l'expédition française en Égypte rapporte un trait admirable de courage et d'abné- gation de notre officier du génie. Il était atteint de la peste ; une insurrection éclate dans la province confiée à son commandement ; Geoffroy se dégage des médecins qui le retenaient et lui ordonnaient le repos, monte à cheval, comprime l'insurrection , et revient tranquillement se mettre au lit. Ses fatigues déterminèrent heureusement une transpiration abondante ; les bubons de ses aisselles s'arrêtèrent et le malade fut sauvé ! — Plus tard , le général en chef chargea Geoffroy de diriger les tra- vaux de Damiette et d'Alexandrie. — A son retour en France, le premier consul le nomma chef de l'étatmajor du génie de l'armée de réserve, com- mandée par Louis Bonaparte. Il le fit chef de ba- taillon, puis major, puis directeur des fortifications à Givet. GeoffroyChateau fut appelé par l'empereur à faire partie de la grande campagne d'Austerlitz, et chargé par lui de plusieurs directions considérables à Briinn et sur le Danube. C'est là que l'excès de ses travaux vint briser une vie si pleine, quoique si courte. Épuisé par la fatigue, GeoffroyChateau mourut à Augsbourg, le 23 fé- vrier 1806, à l'àge de 31 ans. L'Histoire scienti- jique et militaire de l'expédition française en Égypte a publié son portrait gravé en taille douce, et parlé avec éloges de sa science, de son intrépidité et de son dévouement. GeoffroyChateau était un officier instruit, zélé, actif et d'une haute portée. L'empereur appréciait sa capacité, aussi bien que son caractère. Quelque temps après sa mort, songeant à choisir un aide de camp dans l'arme du génie, Napoléon se rappela le brave et savant officier de Salahieh et de Givet, et dit au général Bertrand ce mot qui est tout une gloire, o Si Geoffroy était là I. » GeoffroyChateau a laissé des mémoires intéressants sur l'expédition d'Égypte. Le journal qu'il a tenu pendant cette guerre mémorable renferme des matériaux aussi neufs que précieux, ainsi que des travaux scienti- tiques et militaires qu'on dit trèsimportants. Sa famille se propose de publier ces manuscrits .— GeoffroyChateau a eu deux fils, qui furent adop- - ie. par un décret spécial de l'empereur. Ils sont Tous deux magistrats. L'aîné, Louis, a publié un petit ouvrage trèsoriginal intitulé Napoléon apo- cryphe : 3 éditions, 1837 1841 ; et une édition de la farce de Pathelin, précédée d'un Recueil de monuments de l'ancienne langue française, Paris, 1853 Le second fils, Hippolyte, a donné ses soins à une édition du Formulaire général de la procédure civile, Paris , 1832 , 2 vol
  • Marc-Antoine GIUSTINIANI : doge de Venise, succéda en 1684 à L. Contarini , à l'époque où l'ambition du grand vizir Cara Mustapha rendait une guerre avec les Turcs inévitable. Les 'Vénitiens , pour la soutenir, contractèrent une alliance avec l'empereur Léopold ler, et J. Sobieski, roi de Pologne, qui venait de battre les Turcs devant Vienne. Cette guerre fut signalée par la conquête de la Morée; mais la gloire en appartient moins au doge sous le gouvernement duquel elle s'accomplit qu'à François Morosini , commandant des troupes vénitiennes. Le sénat reconnaissant le choisit pour successeur de Giustiniani , mort en 1688
  • Marc-Antoine GNIPHON : vivait plus d'un siècle avant l'ère chrétienne. Né dans le Gaules, d'une famille libre, mais abandonné par ses parents, il fut exposé peu de temps après sa naissance. Le hasard , en lui conservant sa liberté , lui procura le bienfait d'une heureuse éducation. Il fit ses premières études à l'Académie de Marseille, l'une des plus célèbres du monde à cette époque. La nature l'avait doué d'un esprit ingénieux et facile, il fut de bonne heure distingué par ses talents et ses connaissances dans les langues grecque et latine. Riche des trésors de l'étude, Gniphon vint à Rome , où Lucius Plotius, son compatriote , ensei- gnait avec succès l'éloquence.. S'étant attaché d'a- bord à suivre ses leçons , il se sentit bientôt en état d'embrasser la profession de grammairien, qui n'était pas alors aisée à bien remplir, puisqu'il fallait être nonseulement trèsversé dans tous les genres de littérature , mais encore ètre en état de parler et d'écrire d'une manière agréable et solide sur un sujet donné, le plus souvent même d'enseigner publiquement les belleslettres et l'éloquence. Gniphon compta parmi ses élèves les deux plus grands hommes de Rome profane , Cicéron et César. Malgré l'affluence et le goût des auditeurs, il ne déclama jamais dans son école, se réservant de satisfaire à la' mode générale dans les occasions où l'on demandait qu'il élevât la voix au milieu d'une place publique. On a dit de ce rhéteur, par comparaison avec un de ses com- patriotes et de ses rivaux , célèbre comme lui dans l'enseignement des belleslettres, Valérius Caton, que celuici faisait des pones et l'autre des orateurs. La vie de Gniphon n'alla pas audelà de 50 ans : il trouva néanmoins, et malgré les occupations sans cesse renaissantes qui l'enchaînaient au milieu du tourbillon de Rome, le temps d'écrire. On lui attribuait un grand nombre d'ouvrages : toutefois Atteins le philologue, l'un de ses élèves, ne lui en donne que deux, écrits en latin , et regarde tout le reste comme pouvant être sorti de son école , mais non certainement de sa plume
  • Marc-Antoine HERSAN( 1652 - 1724) : l'un des professeurs les plus distingués de l'université de Paris, naquit à Compiègne en 1652 : il enseigna les humanités et ensuite la rhétorique au collége du Plessis avec un zèle et un succès extraordinaires. Ses confrères le désignèrent plusieurs fois, malgré sa jeunesse , pour la place de recteur ; mais il fut impossible de le déterminer à l'accepter. Il fut le maitre du célèbre Rollin , qu'il détermina par ses conseils à entrer dans la carrière de l'enseignement , que son disciple devait parcourir d'une manière si brillante. Invité à se charger de l'éducation de l'abbé de Louvois , il se démit de sa chaire , et eut la satisfaction d'être remplacé par Rollin. Il lui conserva toujours l'amitié la plus tendre, et lui résigna , en 1697, sa place de professeur adjoint au collége royal. Alors il se retira dans sa patrie, et s'y consacra entièrement au service de pauvres enfants. « Il leur fit bâtir une « école, dit Rollin , et fonda un maitre pour leur « instruction. Il leur en tenait lieu luimême : il « assistait souvent à leurs leçons ; il en avait « presque toujours quelquesuns à sa table ; il « en habillait plusieurs ; il leur distribuait à tous, « dans des temps marqués, diverses récompenses « pour les animer , et sa plus douce consolation « était de penser qu'après sa mort ces enfants .« feraient pour lui la même prière que Gerson « avait demandée par son testament à ceux dont « il avait pris soin » . Hersan mourut à Compiègne au mois de septembte 1724, âgé de 72 ans. Il eut, ajoute Rollin , le bonheur de mourir pauvre , en quelque sorte , au milieu des pauvres ; ce qui lui restait de biens ayant à peine suffi à un établissement de soeurs de la charité, destinées à instruire les jeunes tilles et à prendre soin des pauvres malades. Cet illustre professeur a laissé peu d'ouvrages ; niais ils sont trèsremuai- quables par la pureté du style, la noblesse des sentiments , et surtout par le goût de l'antiquité qui caractérise les bons auteurs du siècle de Louis XIV. Ce sont : 1° < i> l'Oraison funèbre du chan.- < i> cetier Letellier , Paris, 1686 Elle a été traduite en français par Bonavit, docteur de Sorbonne , ou par Noël Bosquillon, de l'Académie de Soissons, ibid. , 1688 C'est un chefd'oeuvre d'éloquence et de sentiment : %elle a été réimprimée dans les < i> Selectœ orationes , publiées par Caullyer, , 1728 20 Des vers latins, dans les < i> Selecta carmina , publiés par le morne éditeur : les différentes pièces d'Hersan sont autant de modèles, chacune dans son genre; 30 < i> Pen- sées édifiantes sur la mort , tirées des propres paroles de l'Écriture sainte et des saints Pères, Paris, 17'22, 1740 , in -12 ; 4° < i> le Cantique de Moïse après le passage de la mer Rouge, expliqué selon les règles de la rhétorique , Paris , 1700 , et inséré dans le 2e volume du < i> Traité des études. Hersan avait encore composé une < i> Rhétorique où il avait fait entrer tout ce qu'il y a de plus exquis dans les anciens ; mais, malgré son respect pour son maitre, Rollin avoue qu'il la trouve trop longue, et qu'il lui parait plus utile de recourir aux sources. On terminera cet article par le portrait que Rollin a tracé de son bienfaiteur : Je puis dire, sans flatterie , que personne n'a jamais eu plus de ,C talent que lui pour faire sentir les bons endroits « des auteurs , et pour donner de l'émulation aux 14, jeunes gens ; mais il était encore plus estimable par les qualités du coeur. Bonté, simplicité, modestie portée presque jusqu'à l'excès, dés téressement, mépris des richesses, générosité... c'était là son caractère
  • Marc-Antoine JÉMINA( 1732 - 1794) : médecin piémontais, né à VillaNova, près de Mondovi, le 10 septembre 1732, fut reçu docteur à Turin , et exerça l'art de guérir à Mondovi, où il mourut du typhus le 4 juillet 1794. On a de lui les ouvrages suivants : 1° De fibre epidemica , Mondovi , 1785 C'est la description d'une épidémie de fièvre pétéchiale qui régna dans la ville et la province de Mondovi en 1784 et 1785. Cet opuscule a été réimprimé dans le tomel0 du Sylloge opusculo- ru???, de Brera. 2. De pleuretide grue Ormeam, Ga- ressium aliaque oppida in voile Tanari fluminis silo populariter infestavit atm 1 767 , Mondovi 1789 Dans le même volume, Jémina a fait imprimer différents autres opuscules dont voici les titres : I. De carbone sive carbuneulo bovin° ; 20 Ad meum de fibre epidemica opuseulum appen- dix ; De gangrenosis lumbarum ulceribus 4. De miliarium cessatione vel saltem raritate. On trouve l'analyse de ces divers ouvrages, ainsi que la note de quelques manuscrits qu'a laissés ce médecin, dans la Biographie médicale piémontaise du docteur Bonino
  • Marc-Antoine JULLIEN de la Drôme( 1744 - 1821) : conven tionnel , né au Péage de Romans , dans le Dauphiné, en 1741, d'une famille obscure et sans fortune, se rendit à Paris dès l'âge de dixhuit ans et y continua des études à peine commencées dans sa patrie. Ne sachant pas même les premiers éléments du latin, il suivit un cours de rhétorique sous le célèbre Lebeau , et fit de tels progrès, qu'à la fin de l'année il obtint un prix d'amplification. il se fit ensuite connaltre de plusieurs personnages en crédit, notamment du célèbre abbé de Mably, qui le présenta à la duchesse de Danville, chez laquelle se réunissaient des gens de lettres et des philosophes. A la recommandation de Mably, madame de Danville chargea Jullien de l'éducation du jeune prince de Léon , son petitfils; et il eut dans le meule temps encore d'autres élèves à diriger ; ce qui lui fit une assez belle existence. Il ne s'en montra pas moins, dès le commencement, un des chauds partisans de la révolution. Son enthousiasme éclata surtout dans la correspondance qu'il eut alors avec ses amis du Dauphiné, où le mouvement révolutionnaire avait de nombreux et de vifs partisans. Ses lettres , répandues dans le départemeut de la Drôme, lui firent une réputation , et il fut nommé, en 1791, député suppléant à l'assemblée législative, où il ne siégea pas , puis député à la Convention nationale, où il siégea au sommet de la montagne. Sa première motion fut contre le général Montesquiou, que tous les soldats de son armée regardaient, disaitil , comme un trattre. Dans la séance du 26 décembre 1792, qui fut trèsorageuse, il prononça, au milieu des cris et du plus grand tumulte, un discours véhément pour appuyer la proposition de Duhem , qui avait demandé que Louis XVI fût jugé sans désemparer. a J'habite les hauteurs que l'on désigne sous le nom de Montagne , ditil ; c'est à ces Thermopyles que les Spartiates sauront mourir ' pour sauver la liberté... » Il attaqua ensuite Defermon, qui présidait, l'accusa d'une partialité réroltante pour la cause des tyrans et d'avoir eu des entretiens avec Malesherbes. Puis il ajouta : 'I Je demande que la sonnette lui soit arrachée, et qu'il aille se cacher dans le coin le plus « obscur de la salle.... Defermon répondit avec beaucoup de calme, et l'assemblée passa à l'ordre du jour. Jullien vota ensuite pour la mort de Louis XVI , sans appel et sans sursis à l'exécution , déclarant qu'il avait toujours haï les rois, et que son humanité éclairée, ayant écouté la voix de la justice éternelle , lu, i ordonnait de prononcer la mort. Dans la séance du 2 juin 1793, lorsque Lanjuinais attaquait avec tant de courage et d'énergie les auteurs de la révolution du 31 mai qui venait de se consommer, Jullien l'accusa de calomnier les habitants de Paris. Le lendemain de la révolution du 9 thermidor, le député de la Drôme demanda grâce pour son fils à peine âgé de vingt ans, ditil, et que Tallien et Carrier dénonçaient simultanément comme l'agent et le protégé de Robespierre, qui l'avait mis à la tète de l'instruction publique. Jullien déclara que ni lui ni son fils n'avaient demandé cette place, et la Convention passa à l'ordre du jour. Après la session conventionnelle , Juilien ne remplit plus de fonctions publiques , et il continua d'habiter la capitale sans faire parler de lui. En 1802 et 1803, il publia, dans le 21/ ereuee. quelques morceaux de poésie, entre autres la Nouvelle Ruth , qu'il réunit, en 1807, dans un recueil de ses oeuvres sous le titre d'Opuscules en vers, vol. de 107 pages. En 1814, il se retira dans ses propriétés du Dauphiné , où la loi d'exil contre les votants ne l'atteignit point, parce que, n'ayant pas rempli de fonctions publiques pendant les cent jours de i845, il n'avait pas signé l'acte additionnel. 11 mourut par accident le 27 eptembre 1821 „laissant deux fils , dont l'un est Jullien de Paris, dont l'article suit
  • Marc-Antoine JULLIEN de Paris( 1775) : fils du précédent, né à Paris le 10 mars 1775 , où il s'était distingué par d'excellentes études, fut envoyé pour terminer son éducation en Angleterre, dans l'année 1792, étant alors âgé de dixsept ans. Obligé de revenir promptement à Paris, à cause des lois sur l'émigration, il fut envoyé par le général Servan, ministre de la guerre, compatriote de son père, à l'armée des Pyrénées, en qualité d'aide commissaire des guerres; il y fut nommé commissaire des guerres trois mois après. Chargé en 1793, sous le ministère du général Bournonville, de remplir les fonctions d'agent supérieur du pouvoir exécutif pour le recrutement des ar- mées dans les départements des Hautes et BassesPyrénées, il procura au gouvernement, par son activité, le double du nombre d'hommes qu'on lui avait demandé. Il obtint les témoignages les plus honorables, et ne sollicita d'autre récompense que deux commissions de commissaires des guerres pour ses deux premiers secrétaires, devenus depuis ordonnateurs en chef des armées. Luimême envoya sa démission , comme n'ayant point l'âge requis, d'après une loi qui venait d'être rendue pour la place qu'il occupait. Il fut alors nominé pdjoint aux adjudants généraux; puis, appelé à Paris, et envoyé, sur la proposition du député Hérault de Séchelles, en qualité de commissaire du comité de salut public, dans les départements de l'ouest et dans les ports de nier. A cette époque, il n'avait pas encore dixneuf ans; il chercha dans cette tournée, dans laquelle il n'était chargé que d'observer l'opinion, à captiver les yeux et les esprits par des spectacles et des fêtes; et dans sa correspondance avec plusieurs membres du comité de salut public, on remarque , parmi un trèsgrand nombre de phrases dont l'exagération tient à l'esprit du temps, cette pensée souvent reproduite : qu'il fallait rendre la révolution aimable pour la faire aimer. Il eut surtout le courage et le bonheur d'arracher Nantes à la tyrannie l'un des fondateurs du Journal l'Indépendant. qui est devenu le Constitutionnel. Au mois d'octobre 1818, il fonda- la Revue encyclopédique, qui compta bientôt au nombre de ses rédacteurs les hommes les plus étui Dents de l'époque, mais qui, après 1830, tomba dans le discrédit, par suite des opinions saintsimoniennes professées par ses nouveaux rédacteurs, et finit ipar disparaître. Pendant les trois jours de la révolution dejjuillet,"jullien seconda le mouvement populaire. 11 accompagna le général Lafayette à l'hôtel de ville, mais il ne voulut accepter aucune fonction. Il se présenta seulement à plusieurs reprises comme candidat à la chambre des députés. Il ne fut pas nommé, et dès lors il consacra tout son temps aux lettres et aux sciences , faisant partie des divers congrès et sociétés scientifiques, jusqu'à sa mort, arrivée à Paris le 28 octobre 1848. On trouve dans la Biographie des hommes du jour. de Germain Sarre et StEdme, une notice trèsdétaillée sur Jullien de Paris. Cette notice, qui parait avoir (:té faite sous l'inspiration de Jullien luimême, peut servir à titre de document ; mais on ne doit la consulter qu'avec mesure. Elle est une sorte de réfutation de toutes les attaques auxquelles Jullien de Paris fut en butte. On y trouve citées, in extenso, un grand nombre de lettres et pièces qui jettent du jour sur les rapports qui existèrent entre les chefs révolutionnaires de l'époque et Jullien et l'historique assez complet de sa mission à Nantes. Ces lettres et pièces nous semblent n'avoir pu être fournies que par Jullien. 11 nous reste à donner l'indication de ses ouvrages. Nous laisserons de côté un grand nombre d'opuscules , presque tous politiques et d'actualité, pour ne citer que ses écrits principaux : 1" Entretien politique sur la situation actuelle de la France et sur les plans du nouveau gouverne ment, Paris , an 8 2^ Appel aux véritables
  • Marc-Antoine LAUGIER( 1713) : littérateur proven-çal , né à Manosque en 1713, entra jeune chez les jésuites de Lyon , et ne tarda pas à se dist par son talent pour la prédication. Appelé dans la capitale par ses supérieurs, il eut l'honneur de précher devant le roi , et parut ensuite avec éclat dans les principales chaires de Paris. Son goût pour les lettres lui fit désirer de rester dans cette ville, où il devait trouver plus de ressources pour ses études ; mais s'étant aperçu que ses confrères, fatigués des éloges qu'il recevait, se proposaient de le renvoyer en province , il les prévint, en quittant la société, où il n'était engagé que par des voeux simples. Ses protecteurs le présentèrent au ministre des affaires étrangères, qui le nomma secrétaire d'ambassade près de l'électeur de Cologne. Il habita l'Allemagne pendant tout le temps que dura la guerre de Hanovre; et il fut récompensé de ses services, en 1757, par l'abbaye de Ribeauté. Satisfait de sa fortune, il ne s'occupa plus que de la publication de ses ou- vrages, pour lesquels il avait déjà réuni de nombreux matériaux , lorsqu'une fluxion de poitrine l'enleva le 7 avril 1769. L'abbé Laugier avait des moeurs simples et douces; il aimait la retraite et le travail , et à des connaissances étendues il joignait une imagination brillante à laquelle il ne s'est que trop souvent abandonné. Il était membre des académies d'Angers, de Marseille et de Lyon. On a de lui : 1. Essais sur l'architecture, Paris, 1753 2e édition augmentée, 17!15 Cet ouvrage, qui eut beaucoup de succès, contient des observations fines et judicieuses, présentées d'une manière agréable ; mais on y trouve aussi des principes hasardés et qui ont été contredits par les artistes. On peut consulter l'Examen, etc., publié par Lafont de StYenne, Paris, 1755 ; mais surtout les excellentes Remarques critiques sur, etc., de Guillaumot ; 2. Apologie de la musique française. ibid., 1754 C'est une réponse à la fameuse lettre de Rousseau. 3. Manière de bien juger des ouvrages de peinture, ibid., 1771 ouvrage posthume , utile aux amateurs et aux artistes : il annonce des connaissances profondes de la peinture ; il est écrit d'une manière sédui- ' sante, à de trèslégères incorrections près. Le moindre défaut des notes qui sont au bas des pages, est d'étre inutiles ; elles sont d'une autre main que le texte : on y voit sans cesse l'artiste jaloux du littérateur. 40 Histoire de la république de Venise, Paris, 1759-1768, 12 vol. C'était l'histoire la plus complète et la plus exacte que l'on eût de ce gouvernement singulier avant celle qui a été publiée par M. Daru, 1819, 7 vol. Le style en est un peu prolixe et emphatique, surtout dans les premiers volumes. Ce qui prouve d'ailleurs l'exactitude de cette Histoire, c'est qu'elle a été traduite en italien, et imprimée plusieurs fois à Venise méme, notamment en 1778, 12 vol. M. Eugène Labaume en a donné un Abrégé en 2 volumes 5. Histoire de la paix de Belgrade, Paris, 1763, 2 vol. 6.1a Paraphrase du Misere, traduit . Il avait tracé le canevas d'une Histoire générale de l'Italie, d'après Muratori. Il a laissé en manuscrit une Histoire du commerce du Levant, le plan (l'une nouvelle His- toire des papes, et des notes pour la Continuation de l'Histoire dé Malte, par Vertot. Un Eloge de Laugier, par François de NeurchMeau , a été dans le Nécrologe des hommes célèbres, année 1770, p. 365. Ws
  • Marc-Antoine LEGRAND( 1673 - 1728) : fils d'un chirurgienmajor des Invalides, naquit à Paris le 17 février 1673, le jour même de la mort de Molière. Comme ce dernier, il fut à la fois acteur et auteur; comme lui encore, il fut plus goûté sur la scène française pour ses ouvrages que pour son jeu. Sa taille était petite et sa figure presque repoussante. Cette disgràce naturelle lui attira souvent des désagréments. Un jour qu'il avait été plus maltraité que de coutume, il dit au public, en annonçant le spectacle pour le lendemain : Messieurs, il vous est plus aisé de vous accoutumer à ma figure qu'à moi d'en changer. Une autre fois, étant tout aussi mal accueilli clans le moment où il se présentait pour jouer Thésée, il s'appliqua le premier vers de son rôle, et dit en montrant le parterre : Quel est l'étrange accueil qu'on fait à votre père, Mon fils Ces traits de présence d'esprit désarmaient le publie et lui valaient beaucoup (l'applaudissements. Comme auteur, il eut de nombreux succès. S'emparant adroitement de toutes les aventures du moment, il les mettait promptement sur la scène et faisait accorder au mérite de l'àpropos des suffrages qu'on eùt peut-être refusés au mérite de la composition. Il poussa cette manie de traiter des sujets de circonstance jusqu'à donner une comédie de Cartouche, non pas , comme on l'a dit, le jour même de l'exécution de ce fameux voleur, mais pendant l'instruction de son procès. De tels ouvrages n'étaient guère propres à rester longtemps en possession du théàtre ; aussi en ontils tous disparu, à l'exception de l'Aveugle clairvoyant, du Galant Coureur et du Roi de Cocagne. Si Legrand a peu fait pour sa gloire, il a du moins travaillé trèsutilement pour les intérêts (le la ComédieFrançaise, en y rappelant, à force de nouveautés, les spectateurs que leur enlevaient les autre,: troupes de ln capitale. 11 a aussi lien lité du ThhtreItalien, en lui donnant plusieurs ouvrages , et surtout en faisant , en société avec Dominique, Agnès de Chaillot et le maht,,,is » nye, parodies célèbres illnés de Castro et de Marian? e. Son talent dramatique n'est pas tout à fait à dédaigner il a beaucoup d'entente du tliéAtre, et nombre de scènes divertissantes, dont malheureusement la gaieté est quelquefois ignoble et m'aie graveleuse. on Mi attribue une comédie obscène intitulée le Luxurieux, que l'on trouve dans un petit volume intitulé Pièces libres de Ferrand et l'oésiet de rinelques mar•! auteurs sur dirers sit/ els, Londres, 171$. Se. écrits se re,- sentaient de ses moeurs : il allait, diton, fort asdinnent au caté•hisine de la paroisse de ›,1-`,111- pire, et la il recrutait (le jeunes tilles pour en faire des comédiennes ›i elles zinnonçaient du talent , oit pour s'en amuser si elles n'étaient que jolies. Il mourut ; janvier 172$, dans sa ti6'. année , laissant uu lits, comédien comme lui, qui mourut en 17ntil Le Thedtre de Legrand est en volumes in.1.2, Paris, 1':':(I-1:1-70
  • Marc-Antoine MAMBELLI( 1582 - 1644) : ésuite, né à Forli, dans la Romagne, en 1582, entra dans la société à l'âge de vingtquatre ans, remplit successivement différents emplois dans l'enseignement et dans l'administration , et mourut à Ferrare le 21 octobre 1614. Le P. Mambelli était un savant grammairien, et l'on a de lui un bon ouvrage sous le nom de Cinonio , académicien filergite ; il est intitulé Osservazioni della lingua italiana , Forli, 1685 ; tome 2, Ferrare, 1644 Cette seconde partie traite des particules, et comme elle est la plus intéressante, le P. Mambelli crut" devoir la mettre au jour la première, pensant qu'elle donnerait une idée favorable de l'ouvrage ; mais, après sa mort , l'imprimeur supprima le frontispice, qui promettait une première partie et en substitua un nouveau avec la date de 1659. La première partie tomba entre les mains de Ch. Dati , académicien de la Crusca, qui se disposait à la publier à Florence, et qui abandonna ce dessein en apprenant qu'Alexandre Baldraccani était chargé par l'académie des Filergiti de faire paraître l'ouvrage à Forli. Cette première partie traite des verbes. Quoique l'ouvrage ait vieilli , il est cependant encore estimé et recherché des curieux
  • Marc-Antoine MARTIN : poéte languedocien. Il appartenait à une famille honorable. 11 vit le le jour à Ceilhes , dans le diocèse de Béziers. Les registres de cette petite commune ayant été perdus , on ne sait pas exactement l'époque de sa naissance. On suppose qu'elle a eu lieu entre 1737 et 1744. —Martin était le plus jeune de trois garçons. L'aîné resta à la maison ; les deux autres, suivant l'usage du temps, furent destinés à l'état ecclésiastique. MarcAntoine se rendit à Béziers pour y faire ses études. Le jeune élève obtint des prix dans toutes ses classes. Doué d'une imagination ardente et d'un caractère un peu changeant, dans un moment de contrariété et de dépit il quitta la soutane d'abbé pour l'uniforme de soldat ; il s'engagea dans le régiment de Vermandois. On ne sait ni pourquoi ni comment, au bout de quelque temps, il reprit ses études ecclésiastiques. Cette seconde fois, il les continua jusqu'à la fin. Parvenu au sacerdoce , il fut nommé vicaire de Murviel , où l'avait précédé en 1766 François Martin , probablement son frère. C'est pendant son séjour dans cette paroisse , qu'il composa la pièce de vers dont nous allons parler , intitulée la Partido dé mar. Appelé ensuite au prieuré de StBarthé- lemy d'Arnoye , dans la commune d'Avesne, Martin passa quelques années dans une heureuse tranquillité, entre les soins de son troupeau et la culture de la poésie. Malheureusement, un jour, l'amour du prochain l'entraîna un peu trop loin, et force fut d'abandonner le prieuré et le pays. Par pénitence et probablement à l'instigation de l'évêque de Béziers, il prit l'habit de capucin et se rendit en mission à Smyrne. Revenu vers le commencement de la révolution , il embrassa les principes des nouveaux réformateurs, prêta le serment civil des prêtres et fut nommé évêque constitutionnel à Pégairolles. Plus tard , il obtint un petit emploi dans une administration ; mais il ne sut pas la conserver. Quelque temps après, nous le trouvons chef d'un pensionnat, à Lodève, établissement qui n'eut pas un grand succès, par la faute de l'économe, ancien récollet, un peu trop dissipateur. Martin vendit alors une propriété qu'il possédait à Pégairolles et vint s'établir à Montpellier, où il prit la qualité d'homme de lettres. Il mettait en bon français les thèses des étudiants en médecine , rédigeait des mémoires et vendait des sermons. Il est mort dans cette ville, le 3 mai I821, ne laissant pas de quoi se faire enterrer. Malgré l'irrégularité de sa conduite et l'inconstance de ses goûts , il avait quelques amis. Il était bon, sincère, infatigable au travail et ne manquait pas d'esprit. — La Partido dé mar est un petit poëme composé de 302 vers de douze pieds. On l'a imprimée dans les Poésios Bitérouésos dés 17e et 18e siècles, coumpousados per diverses autous , Béziers, 1842 . Voici le sujet de cette pièce : En 1772, plusieurs ecclésiastiques de Béziers firent une partie de mer. Pendant qu'ils s'éloignaient du rivage, d'autres prètres , qui n'avaient pas été invités , enlevèrent adroitement toutes les provisions déposées sur la plage et retournèrent à Béziers, où ils s'en régalèrent. Le mérite de ce petit poëme , sans épisodes ni digressions , consiste dans une versification bien faite , dans un style naturel et comique , et dans l'art avec lequel l'auteur a su étendre et varier le fond par des détails aussi plaisants que spirituels. — Les autres pièces patoises. de Martin ont été perdues. — Un second ecclésiastique du nom de MARTIN a écrit aussi dans le dialecte bittérois. On connaît de lui : Un biel à la fi dé sa cours° , à un dé sous amixs, et les principaux fragments de las illerreillos dé Béziés. La première de ces pièces est une peinture assez fidèle des infirmités de la vieillesse ; la seconde rappelle quelques vieux souvenirs de la cité bitteroise. Ces deux poésies ont été imprimées dans le Bouquet de cauquos flourétos cullidas sul Parnasso bitte'rois, Béziers, 1723 chez E. Barbut, p. 18, et réimprimées dans les Poésios bilérouésos
  • Marc-Antoine MILLOTET : ponte , exerça de 1594à 1633 la charge de procureur général au parlement de Dijon. Magistrat aussi intègre qu'éclairé , il fut pendant les troubles de la ligue un des plus ardents défenseurs des prérogatives royales. Ayant résigné sa charge à son fils , il vint à Paris en 1635 , et y mourut l'année suivante. Millotet avait cultivé les lettres avec un succès qu'attestaient ses nombreuses pièces de vers, en latin, en français et en italien. C'est lui qui composa le célèbre distique : 2Elna bac Henrico vulcania tilla ~ ninistrat, Ttla giganteos debellatura furores. distique placé jadis sur la porte de l'Arsenal , et attribué tantôt à Passerat, tantôt à Bourbon le Jeune . L'inscription latine de vingttrois vers, qu'on lisait au bas de l'ancienne statue équestre de Henri IV, sur le pont Neuf, était aussi de Millotet. On trouve plusieurs autres pièces de ce poète dans différentes éditions du temps. — MILLOTET , son fils, lui succéda en 1635 dans sa charge de procureur général, et mourut à Châlons en 1687 , à l'âge de 89 ans. Il avait travaillé à une Histoire de Bourgogne, restée manuscrite
  • Marc-Antoine MOZZI( 1678 - 1836) : en latin Mutius, chanoine de Florence , d'une noble famille de cette ville, y prit naissance le 17 janvier 1678. Son père se chargea de sa première instruction, et lui fit faire un cours de belleslettres et de philosophie chez les jésuites. Mozzi étudia ensuite la théologie et les lois dans l'université de sa ville natale, et fit des progrès remarquables dans les différentes branches des sciences divines et humaines. A ces connaissances il joignait le goût et la culture des beauxarts. La poésie , l'éloquence, la musique l'occupaient alternativement. Il jouait du théorbe et de la mandoline avec tant de perfection que peu de maîtres l'égalaient. Le jeune prince JeanGaston de Médicis, amateur de musique, l'appelait souvent dans son palais pour s'en faire accompagner. Il chantait avec goût et impro'sisait en vers. Cosme HI lui lit donner, en 1700 , un canonicat de la métropole. Il fallut alors se partager entre la cour et l'église : il n'abandonna pas la première, et sut remplir les devoirs du bénéfice qui l'attachait à la seconde. En 1701, il prononça, par ordre de la cour, J'Orai- son funèbre de Charles II, roi d'Espagne ; et en 1703, sur l'invitation du chapitre métropolitain, celle de Léon Strozzi , archevêque de Florence. L'académie de la Crusca se l'associa , et celle de Florence, en 170'2 , le nomma professeur de littérature toscane. L'université de la même ville le promut au grade de docteur en théologie ; et la princesse ViolanteBéatrix de Bavière le fit son théologien : distinctions qui supposent le mérite, et qui dans Mozzi ne faisaient que le récompen- ser. On a de lui : 1. Discorsi sacri, Florence, 1717. Parmi ces discours se trouvent les deux Oraisons funèbres citées cidessus. 2. Sonetti so- pra i nomi dati ad alcune daine Fiorentine dalla serenissima principessa Violanta , etc. , Florence, 1705. Cette princesse s'était amusée à donner différents noms singuliers à quarantecinq dames de la cour. L'abbé Mozzi fit un sonnet sur chacun de ces noms. 3. Istoria di S. Gresci e de santi martyri suoi compagni , conte pure della chiesa del medesimo santo , posta in Valcava di Mugello, etc., Florence, 1710 , fig. Il s'était élevé des différends sur l'authenticité des actes du martyre de ces saints. Cosme III chargea l'abbé' Mozzi d'écrire leur histoire ; on y trouve une critique judicieuse et beaucoup d'érudition. 4° Vita di Lo- renzo Bellini Fiorentino ; elle a été insérée dans le 'recueil des Fies des illustres Areadiens, part. 1", p. 108 , Rome , 1713 ; 5° Traduzione in versi sciolti degl' inni di Prudenzio , intitolati Corone Milan , 1740, etc. Mozzi mourut subitement le 4 avril 1836, âgé de 58 ans. On trouve son Eloge parmi ceux Deyli Uomini illustri Toscani, vol. 4, p. 701. — On connaît encore du nom de Mozzi , noble et ancienne famille de Bergame , laquelle tirait son nom duchâteau de Mozzo : P Ambroise Mozzi, archevêque de Bergame, depuis l'an 1112 jusqu'en 1119; 2° Achille Mozzi, au 16e siècle, qui écrivit en vers latins les Eloges des hommes illustres de Bergame , sous le titre de Tech.° ; — 30 Augustin Mozzi , jurisconsulte et recteur de l'université de Padoue, duquel on a : Disputa- tiones publicoe per octo dies agitatoe, Padoue, 1558 ; —O Pierre- Nicolas Mozzi , auteur d'un traité De contractibus , Venise , 1585 . ; — 50 enfin le chanoine comte Louis Mozzi
  • Marc-Antoine MURET( 1526) : célèbre humaniste, na- • quit au bourg de ce nom , près de Limoges , le 12 avril 1526. Il appartenait à une famille honorable ; ses panégyristes ont mème voulu lui conférer des titres de noblesse, sans autre fondement que la conformité de son nom avec celui du lieu qui l'avait vu naître. Ses professeurs lui inspirant un dégoüt invincible, il devint son propre maître, et fut, au sortir de l'adolescence, en état d'en servir aux autres. Il n'avait guère que dixhuit ans lorsque, encouragé par la bienveillance le Jules Scaliger, qu'il se plaisait à nommer son père, il expliqua Cicéron et Térence dans la maison de l'archevêque d'Auch. Il se rendit ensuite à Villeneuved'Agen pour se charger de l'éducation du fils d'un riche marchand et enseigner en même temps les classiques latins au collège de cette ville. Son séjour ne se prolongeait nulle part. Poitiers le retint peu de mois dans les modestes fonctions de répétiteur de quelques jeunes gens. Enfin une chaire lui fut offerte à Bordeaux avant 1547, et il fut un des précepteurs de Montaigne . A cette dernière époque, il professait la troisième à Paris , où il parut se fixer, et il donna vers 1552, sur la philosophie et sur les généralités du droit civil , des leçons qui attirèrent un concours prodigieux d'auditeurs. Au milieu de ses succès, on l'accusa de penchants antiphysiques enfermé dans les prisons du Châtelet, il avait. pris le parti désespéré de se laisser mourir de faim, lorsque les démarches de ses amis le rendirent à la liberté. Une retraite inhospitalière l'attendait à Toulouse. A peine y avaitil ouvert des conférences sur les éléments , et Ce jeune liormve appartenait à une famille parlementaire, fécorsle en hommes clistingt.és. 11 y a deux pièces de lui dans les JuvenilM de Muret et l'on en trouve trois autres dans Cruter et dans le 2, volume des Delicite portornm goVornm. Muret, en lui dédiant en 1554 sa traduction du 7, livre des Topiques d'A- ristote , tCi parte de .,on affection et de lent commune disgrâce ;ivec un abandon qui serait le comble de l'impudence si les bruits élevés contre lui étaient fondés. Ces bruits sont démentis par sa conduite postérieure. D'ail,eurs, quand on connaît le genie âpre, orgueilleux, exclusif et trèsirritable de la plupart des lettrés de tous deux furent condamnés à étre brùlés comme sodomistes et hérétiques, estil dit dans l'arrêt sur les registres des capitouls de 1554. Cette complication de délits porte à croire que Muret fut victime de la grossière .crédulité de ses juges et des menées de quelques envieux ardents à le perdre. Prévenu à temps de la trame ourdie contre lui, il chercha un asile en Italie et tomba malade en chemin. Le médecin appelé pour le traiter, trouvant le cas difficile, voulut entrer en consultation avec un confrère. Ils délibérèrent en latin en présence du patient, qu'a son extérieur de fugitif ils prenaient pour un misérable incapable de les entendre, et convinrent de hasarder SUIS lui un remède violent et inusité. Ces mots, no rononcés par eux : f'aciamus perieulum in anima l'eh , retentirent dans la tète de Muret, et le lendemain il recouvra ses forces pour échapper à l'épreuve meurtrière. Les flétrissantes imputations qui avaient plané sur lui en France se renouvelèrent pendant son séjour à Venise et à Padoue • mais elles tombèrent devant les témoi-,.. plages ;l'estime qu'il reçut des hommes éminents e dans la littérature. Loretlano, Contarino, Bembo, les Manuce s'empressèrent de le rechercher. Le cardinal Hippolyte d'Este , auquel il avait été recommandé par le cardinal de Tournon, le pressa de venir grossir à Rome sa petite cour littéraire. Muret avait alors trentequatre ans. La plupart des membres du sacré collège et le pape Pie V le vengèrent par leur accueil d'une calomnie expirante. Deux anciens amis de Muret, Lambin et Joseph Scaliger , avaient, contribué à la répandre en la répétant euxmêmes. Le premier s'était pris d'humeur contre Muret, qu'il accu--• sait de lui avoir volé quelques' notes sur Horace ; mais il tarda peu à rétracter les suggestions d'une aveugle animosité. Une plaisanterie avait aigri le dernier sans retour : Muret ayant imaginé de donirer comme fragments de deux anciens comiques latins quelques vers de sa composition, Scaliger avait été assez dupe pour insérer ces vers dans une édition de Varron sous le nom des auteurs supposés, Attius et Trabéas. Cette méprise jeta sur l'hypercritique un ridicule qu'il ne put jamais digérer. En 1561 , Muret accompagna Ï son protecteur Hippolyte d'Este, nommé légat a e latere en France. Il y réveilla sa vieille amitié pour Turnèbe , auquel il dédia ses scholies sur le les Philippiques de Cicéron. De retour à Rome en cette époque, les dixneuf chansons spirituelles de Muret, détestables vers français, mis en musique à quatre parties par Cl. Goudimel, Paris, 1555 Les productions oratoires de Muret, vides de pensées , ne sont remarquables que par une élocution qui parait avoir beaucoup d'affinité avec le style de Cicéron, si servilement adopté pour modèle par les humanistes de cette époque. Elles consistent en discours de congratulation. adressés au pape au nom de différents souverains par Muret, en discours d'introduction à ses leçons publiques, et en oraisons funèbres, entre lesquelles on distingue celle du roi de France Charles IX. L'orateur, comme on devait l'attendre de sa position, fait un magnifique éloge de la StBarthélemy. L'écrivain qui ptostituait ainsi sa voix ne méritait pas de s'élever à des inspira- fions éloquentes. Rien ne prouve mieux combien il en était incapable que la harangue qu'il prononça pour célébrer la victoire de Lépante. L'imagination abandonne peut-ètre encore plus Muret dans ses poésies latines. Sans parler de sa tragédie de Jules César, croquis informe de sa jeunesse, rien n'est plus froid que ses Odes, ses Hymnes , ses Elégies. On cherche en vain dans ses Satires et ses Epigrammes la pointe qu'exige ce genre. Les travaux d'érudition de Muret ont conservé plus d'estime. Ses Varice lectiones, recueil en cinq livres, de corrections et d'explications sur un grand nombre de passages des auteurs anciens, ont beaucoup contribué à les éclaircir, ainsi que ses commentaires. Ce recueil est dédié au cardinal, son Mécène, qu'il présente avec complaisance comme le généreux émule de François I", ce restaurateur des lettres, qui, s'il eût vécu plus tard, detit pas cédé Muret à l'Italie. Le savant Huet mettait les versions latines d'auteurs grecs par Muret fort audessus de celles de Lambin il les trouvait plus élégantes, et à la fois plus exactes et plus conformes au génie de l'original. Nous passerions volontiers sous silence une traduction en vers français des poésies de Muret par un sieur Moret ; mais nous ne devons pas oublier les Conseils d'un père à son fils, imités des distiques de Muret, par François de Neufchettéau, Parme, Bodoni, 1801 plusieurs fois réimprimé, et notamment Paris, sans date sous le titre de l'Institution des enfants, ou Conseils, etc. froy. l'E- loge de Muret, par l'abbé de Vitrac, Limoges, 1774
  • Marc-Antoine OUDINET( 1643 - 1712) : numismate, naquit à Reims en 1643. Après avoir achevé ses humanités avec un succès peu commun , dû particulièrement à la facilité de sa mémoire, qui lui permit, dit- on, d'apprendre toute l'Enéide en une semaine, il vint à Paris étudier la philosophie et le droit, et se fit recevoir avocat au parlement. De retour dans sa ville natale , il suivit pendant quelque temps le barreau , sans négliger le travail du cabinet; niais il ne tarda pas à renoncer à la plaidoirie, afin d'avoir plus de loisir pour apprendre les lois qu'il s'était jusquelà contenté de citer. Ainsi, comme il le disait luimême , en cessant de parler publiquement comme jurisconsulte, il commençait à le devenir en effet. Une chaire de professeur à l'université de Reims étant venue à vaquer, Oudinet y fut nominé, et il la remplissait avec distinction lorsque Rainssant, son parent, garde des médailles du roi lui proposa de venir partager avec lui les soins que demandait cette place. Oudinet, qui avait cultivé par goût la numismatique depuis sa première jeunesse, accepta celte offre, et succéda ensuite à Rainssant. Il s'acquit un honneur infini par l'ordre qu'il mit dans ce cabinet et le grand nombre de curiosités dont il l'enrichit. Louis XIV augmenta son traitement de cinq cents écus , et lui donna des marques particulières de sa *bienveillance. Il fut admis , en 1701 , à l'académie des inscriptions , à laquelle il s'empressa de communiquer les résultats de ses recherches : il mourut d'apoplexie, le 22 janvier 1712. Oudinet n'a laissé que quelques Mémoires, insérés dans le tonie 1" du Re- 1'11e Majorque , fixé à Rome, qui depuis longtemps s'occupait en particulier d'un travail de ce genre , et qui l'a mis au jour sous ce titre • Bibliolltrct scriplorum sociclnlis 1 esu supple- menla Rome, litourlié, 1814 et 1816 de 307 et 128 pages. cueil de l'académie : Dissertation sur l'origine du mot Médaille; il le fait venir de métal ; — Réflexions sur les médaille. s d'Athènes et de Lacédémone; — Observations sur deux agates du cabinet du roi, représentant des sujets mythologiques et regardées, pendant plusieurs siècles, comme des monuments chrétiens; — Dissertation sur trois médailles d'Hermonthis, de Mendès et de Jotapé. Cette pièce, dont on ne trouve qu'un court extrait dans le Recueil de l'académie, a été insérée en entier dans le tome 4 de la Continuation des Mémoires de littérature , par Desmolets, avec une lettre du P. Bougerel , contenant l'historique de cette Dissertation et des additions de Terrin. Oudinet avait adressé à Bayle un Mémoire sur Bergier, l'auteur de l'Histoire des grands chemins, et l'illustre critique s'en est servi pour l'article qu'il lui a donné dans la deuxième édition de son Dictionnaire. On conserve d'Oudinet, à la bibliothèque de Paris, l'Histoire de l'origine et des progrès de cet établissement. Boze a prononcé, à l'académie , l'Eloge d'Oudinet , et Niceron en a inséré un extrait dans le tome 9 de ses Mémoires
  • Marc-Antoine PETIT( 1766 - 1811) : né à Lyon le 3 no- vembre 1766, eut cela de commun avec d'Alembert, qu'il fut le premier de son nom : mais du moins il ne fut pas méconnu par sa mère, qui trouva légères les privations qu'elle s'imposa pour suffire aux frais de l'éducation de son fils. Ce fut à Beaujeu que Petit fit ses études. Après les avoir terminées avec succès, il eût bien voulu suivre son goût pour les lettres ; mais le désir de sa mère était qu'il embrassât la chirurgie, et il s'y conforma. fi n'avait que dixsept ans lorsqu'il obtint au concours une place de chirurgien interne à l'hospice de la Charité, à Lyon. Cinq ans après, en 1788, l'administration des hospices de Lyon décida qu'a l'avenir la place de chirurgien en chef de l'hôpital se donnerait au concours, et six années d'avance, dont les trois premières devaient se passer à Paris, et les trois dernières à Lyon, dans l'hospice même, en qualité d'aidemajor, pour ensuite occuper la première place pendant six ans. Petit, qui avait sollicité le concours, s'y présente, et l'emporte sur tous ses concurrents mais il lui fallait subvenir aux dépenses à faire pendant un séjour obligatoire de trois ans à Paris. Un homme généreux, que ses succès avaient intéressé, et qui connaissait sa position, lui remit une somme nécessaire pour ses voyages. Petit ne se contenta pas de l' qu'il recueillit dans l'école de Paris : il ' voulut aussi aller à Montpellier ; et ce fut dans cette dernière ville qu'il se fit recevoir docteur, le 25 octobre 1790. Il revint à Lyon en 1791 , et s'y trouvait, en 1793, lors du siége de cette ville. Après le siège, la persécution menaça de l'atteindre il n'était encore qu'aidemajor ; il s'éloigna, et son absence dura plusieurs mois. Mais lorsqu'il vit arriver l'époque à laquelle devait commencer son majorat, n'écoutant plus que son devoir, il vint prendre possession de son poste, et ne fut point inquiété. Les fonctions de chirurgien en chef furent remplies par lui avec zèle et habileté. Il établit une école de chirurgie clinique ; et chaque année il y prononça des discours d'ouverture. Les six années de son majorat étant expirées, il continua d'exercer son état avec distinction, jusqu'à sa mort, arrivée le 7 juillet 1811 , à Villeurbanne, près de Lyon. Il avait été, le 10 juin , nommé correspondant de l'Institut. Petit était un chirurgien instruit, habile et adroit sur cent dixsept malades qu'il opéra de la pierre pendant son majorat, cent cinq furent sauvés. Il ne lui a manqué qu'un plus grand théâtre pour avoir une trèsgrande réputation. Comme homme privé, Petit s'était concilié l'amitié ou la vénération de tous ceux lui le connaissaient. Il était sensible et humain 'nais il savait commander, dans l'occasion , à sa sensibilité, et rassurer ses malades par sa contenance et par une grande présence d'esprit. Il avait opéré de la pierre un habitant de Dijon depuis deux heures le sang coulait en abondance: Petit n'était pas sans inquiétude, quoiqu'il n'en témoignât rien ; mais le malade effrayé s'écria « C'est fait de moi, je perds tout mon sang. — « Vous en perdez si peu , » repartit le médecin avec tranquillité , « que vous serez saigné dans « une heure » : ce n'était pas l'intention de Petit ; mais l'idée imprévue d'une saignée, opposée à l'idée de l'hémorrhagie, frappa l'esprit du malade , et le rassura. Son sang ne tarda pas à s'arrêter, et il fut sauvé. Nonseulement Petit était désintéressé ; il était bienfaisant. Plus d'une fois appelé en même temps pour un homme riche et pour un indigent, il alla d'abord rendre visite à ce dernier. Souvent, après avoir donné gratuitement au pauvre les secours de son ministère , il lui donna encore le produit de ses visites auprès de l'opulence. Lorsque la fortune eut cessé de lui être contraire , il s'empressa d'aller restituer à son bienfaiteur la somme qu'il en avait reçue pour ses voyages ; mais on ne voulut pas la recevoir. «'Cet or, lui réponditon, « n'est plus à moi , je vous l'ai offert pour assu- « rer à l'humanité un talent qui lui fût utile « secourez les malheureux, et sa destination est « remplie. » Petit insista à plusieurs reprises. « Eh bien , lui répliquaton, vous ne serez que « le dépositaire de cette somme ; et je vous la « confie afin que vous en fassiez pour un autre « l'usage que j'en ai fait pour vous. » Petit remplit religieusement la condition qui lui avait été recommandée : un élève, ami des lettres, reçut de sa main les mêmes encouragements, et sous la promesse de les donner à son tour. Petit était membre de l'académie de Lyon et de plusieurs sociétés savantes et littéraires. On a de lui I. Eloge de Desault, prononcé à l'ouverture du cours d'anatomie et de chirurgie, à l'HôtelDieu de Lyon, le 5 décembre 1795 de 50 pages ; ce fut le premier éloge que l'on fit de ce chirurgien célèbre ; 2. Essai sur la mé- decine du cœur, L'on, 1806 : on y trouve quatre épîtres en vers, adressées à un jeune homme qui se destine à la médecine ; l'Eloge de Desault ; un Discours sur l'influence de la révolu- tion française sur la santé publique ; un sur la manière d'exercer la bienfaisance dans les hôpitaux; un sur la douleur ; un sur les maladies principales observées dans l'Hôtel- Dieu de Lyon, pendant neuf ans ; 3. Onan ou le Tombeau du mont Cindre, fait historique présenté, en 1809, à l'académie des Jeux Floraux de Toulouse, Lyon, 1809 Ce petit poëme est suivi de notes. 4. Des poésies dans divers recueils, et plusieurs opuscules dans les Actes de la société de médecine de Lyon, entre autres l'Eloge de Tissot. MM. Antoine Lusterbourg et Théodore Jobert, de Lyon , qu'il avait faits héritiers de ses manuscrits, ont publié une col- lection d'observations cliniques par Marc- Antoine Petit, Lyon, 1815, 1 vol. Son Eloge, par M. Cartier, lu à l'académie de Lyon, a été imprimé en 1812 un autre éloge par M. Parat, lu à la société de médecine de Lyon , est imprimé M. Dumas avait publié précédemment un Hommage rendu ri la mémoire de Marc- Antoine Petit, 1811 pièce de vers suivie de notes intéressantes
  • Marc-Antoine PINDEMONTE( 1694 - 1744) : littérateur, né en 1694 à Vérone d'une famille qui a produit un grand nombre d'hommes de mérite , était versé dans les langues grecque et latine, et cultiva plus particulièrement la poésie. Sa mémoire tenait du prodige : il n'oubliait rien de ce qu'il avait lu ; et quand il était consulté , il citait exactement le volume et la page où se trouvaient les renseignements demandés. Il remplit les premiers emplois de la magistrature dans sa ville natale, où il mourut en 1744. Outre des discours sur les règles de l'art dramatique et du poème épique, on a du marquis de Pindemonte une foule de petites pièces agréablement versifiées. 11 en avait publié un recueil , Vérone, 1721 mais son neveu Hippolyte, dont on parlera plus bas , en a donné une édition augmentée, Venise, 1776, 2 vol. Pindemonte laissait inédite une traduction en vers de l'Argonau- tique de Valérius Flaccus, terminée dès 1730 elle a été publiée par son petitneveu, Vérone, 1776 avec le texte en regard. Le savant éditeur l'a fait suivre d'une Lettre sur la traduction de Stace, par Selvaggio Prospera. — PENDEMONTE , neveu de MarcAntoine, né à Vérone en 1735, se fit connaître dès l'àge de dixhuit ans par une bonne traduction italienne du Poerne de Vida sur les Echees. — PLNDEMONTE , frère de Charles, gentilhomme du duc de HesseDarmstad , a publié : Riposta unirersale aile opere del Scip. Majfei , Vérone, 1754
  • Marc-Antoine PUVIS( 1776) : agronome français, naquit à Cuiseaux en 1776 ; il appartenait à une famille qui avait fourni des magistrats au parlement de Dijon. Il fit des études trèssolides et, en 1797, ii entra à l'école polytechnique. On peut voir à l'article Malus quels services rendit à cette époque cet établissement, lorsque nul autre moyen de s'instruire n'existait et lorsque, sous la direction des maîtres les plus habiles , des jeunes gens d'élite s'empressaient de se saisir avec avidité des trésors de la science. Sorti avec d'excellentes notes, le jeune Puvis suivit les cours d'application de l'école de ChàlonssurSaône et entra dans l'artillerie comme officier. Il servit sous les ordres d'hommes justement célèbres, Foy et Drouot. Après quelques années passées sous les drapeaux , le mauvais état de sa santé ne lui permit pas de soutenir les fatigues de la guerre gigantesque qui bouleversait alors l'Europe ; il se retira dans le domaine de ses pères, et il appliqua à l'agriculture son activité et sa puissante intelligence. Il rendit de grands services, et la reconnaissance de ses concitoyens vint le chercher dans sa retraite. Les électeurs du département l'envoyèrent au conseil général d'abord, ensuite à la chambre des députés ; il fit partie du conseil général de l'agriculture et du commerce. Toutes les améliorations introduites depuis quarante ans dans la législation et dans la pratique relatives à l'agriculture trouvèrent en lui un promoteur zélé, un collaborateur plein de dévouement. En 1814, lorsqu'une épizootie, triste fruit de la guerre , ravageait les campagnes, il provoqua les arrètés préfectoraux qui enseignaient l'abattement des animaux infestés. En 1817, prévoyant la disette qui vint frapper le pays, il indiquait les moyens les plus propres à économiser, à remplacer les grains qui allaient faire défaut et que le commerce, à cette époque, n'était pas en mesure de tirer de l'étranger, comme il le fait aujourd'hui. Puvis dirigea des recherches persévérantes sur une des branches les plus importantes de la science agricole, celle des engrais ; il fut le premier à recommander, à propager l'emploi de la marne et de la chaux pour amender les sols siliceux et argileux. Parvenu à un âge avancé, il voulut visiter l'exposition universelle de Londres, en 1851 ; le mauvais temps essuyé pendant la traversée lui occasionna un rhume qu'il négligea ; de retour à Paris , il persista à visiter les plantations de la banlieue afin de recueillir des notes pour les travaux que préparait son ardeur infatigable. Dompté par la maladie, il expira le 29 juillet, « laissant, a dit avec raison M. Barrai, « un nom qui se place à côté de Matthieu de « Dombasle et de Gasparin ; ils suivaient la même « voie , celle de l'expérience et des observations « pratiques ; l'histoire des progrès de l'agricul-« ture au 19e siècle ne les séparera pas ; elle les « mettra à la tète des fondateurs de la science « agricole. » Les ouvrages qu'a laissés cet homme utile sont nombreux ; nous citerons les principaux : Voyage agronomique dans le Beaujolais, le Forez et l'Auvergne, 1821 ; Essai sur la marne, 1826 ; De l'emploi économique de la chaux comme amendement, 1832 ; De l'agriculture du Gdtinais, de la Sologne et du Berry, et des moyens de l'améliorer, 1833 ; Lettres sur l'éducation des vers à soie, 1835 ; Des divers moyens d'amender le sol, 1837 ; Des étangs, de leur construction, de leur produit et de leur défrichement , 1844 ; Traité des arbres fruitiers , 1845. . Les articles qu'il a publiés dans la Maison rustique du 19e siècle figurent parmi ceux qui donnent le plus de prix à cet ouvrage justement estimé , et le Journal d'agriculture pratique le comptait parmi ses rédacteurs les plus dévoués
  • Marc-Antoine RAIMONDI( 1480) : célèbre graveur, naquit à Bologne en I '17:i suivant les uns, en I ii88 ,vagit les autres. Destiné d'abord à la pratique ouvrages d'orfévrerie, la vue des estampes Ibert Durer le décida pour l'étude de la gra- ., i?re en taille douce dont François Raibolini, dit le Francia, lui enseigna les premiers éléments. litant WC! à Venise, il contrefit les estampes d'Albert 1- avec tant d'adresse, qu'on prenait se, .. 01 .4 pour les originaux ; et afin de rendre encore la méprise plus facile, il imitait la mar- que de l'auteur. Albert Durer, plus sensible à un prorédé aussi peu délicat à cause du tort qu'en pouvait souffrir sa réputation qu'au préjudice Irli en résultait pour ses intéréts, adressa ses tdaintes aux magistrats de Venise, qui contrai- iirent le contrefacteur à effacer cette marque trompeuse. Ce récit , transmis par Vasari sans 1,tictitie preuve à l'appui, a été révoqué en doute par M. Benjamin Delessert , qui apporte de con- cluantes raisons à .on dire. Ayant passé à Rome fit connaissance avec Raphaël, Marc An- toirie se perfectionna dans l'étude du dessin sous la direction d'un maitre aussi renommé qui, charmé des talents qu'il développait pour la gra- vure, le chargea de reproduire un sujet de Lucrèce et ensuite ses plus beaux ouvrages. tels que le Massacre des innocents, la Ste- Cécile, le . 1Iartyrt de St- Laurent et beaucoup d'autres. fichappé au sac de Home de 1527, en abandon- t'agit a l'armée du connétable de Bourbon tout ce qu'il possédait afin de racheter sa liberté, Mare- toitoine faillit perdre la vie pour avoir gravé après Jules Romain, les estampes obscènes qui accompagnent les sonnets de l'Arétin; et Clé- ment 111 ne lui accorda sa grâce qu'a cause de la supériorité de ses talents. Cet artiste mourut vraisemblablement a Bologne, sans qu'on puisse . . 1-,reciser l'époque PE.
  • Marc-Antoine REYNAUD( 1717) : éçrivain appelant, né vers 1717, à Limoux en Languedoc, se destina de bonne heure à l'état ecclésiastique, et entra comme novice à l'abbaye de StPolycarpe de Razès, qui avait été réformée par l'abbé de la FiteMaria; mais les troubles survenus dans cette abbaye ayant porté l'autorité à renvoyer, en 1741, les postulants et les novices, Reynaud fut obligé de se retirer et trouva un asile dans le diocèse d'Auxerre, où l'évêque, M. de Caylus, accueillait les opposants des parties les plus éloignées du royaume. Le prélat conféra les ordres à Reynaud et lui donna la cure de Vaux , près f ) Voy. le Journal d'agriculture du département de la Somme, rnai 1818, et l'extrait qui en a paru dans les Annale, encyclopé.. digues, t. 3, p. 332. d'Auxerre, place que celuici occupa environ quarante ans. Il s'y montra toujours fidèle aux opinions de son patron. Tous les ans, il venait à Paris; et l'on dit qu'il ne manquait pas d'aller en pèlerinage sur les ruines de PortRoyal. Ses écrits annoncent un homme vif et même pétulant, et le style en est peu soigné; ils peuvent se diviser en quatre classes, dont la première contient ceux en faveur de l'appel et des objets qui s'y rattachent; la seconde, quelques ouvrages contre la philosophie naissante; la troisième, les écrits contre les convulsions et les secours; et la quatrième, ceux contre la constitution civile du clergé. Reynaud montra de l'ardeur dans ces différentes controverses, et surtout dans celles sur les convulsions et les secours. Les convulsions , nées autrefois sur le tombeau du diacre Pàris , continuaient encore dans l'ombre , à la honte du parti qui favorisait ces coupables folies; elles avaient enfanté les secours, nom que l'on donnait à des cruautés horribles exercées envers les convulsionnaires. On les frappait avec des barres de fer, on les perçait à coups d'épée , ou du moins on essayait de les percer, on les crucifiait même ; car on alla jusqu'à cet excès, et cela s'appelait les secourir . On doit sans doute rougir que de tels scandales aient eu lieu parmi des gens qui affichaient des principes sévères. Reynaud fut un des plus ardents à s'élever contre ces scènes insensées , et il en signala les turpitudes avec une franchise et une persévérance qui lui font honneur. Celui qu'il attaqua le plus vive- ment à ce sujet, est le P. Lambert, dominicain , qui n'a pas craint de se faire l'apologiste des plus honteux excès. Reynaud , ayant été obligé de quitter sa cure pour refus de serment, passa deux ans en prison et se retira ensuite à l'HôtelDieu d'Auxerre, puis dans une maison particulière de cette ville, où il mourut le 23 octobre 1796. On a son éloge funèbre, prononcé à Paris, dans l'église StEtienneduMont, le 19 janvier 1797 , par l'abbé Saillant, diacre aussi attaché au parti de l'appel. Nous joignons ici une liste des écrits de Reynaud : I° Un Abrégé de- la vie de Nicolas Creusot, curé d'Auxerre, 1764 2; 3° Traité de la foi des simples, 1770 ; 4° Lettre aux auteurs du Militaire philosophe, du Système de la na- lare, etc., 2 vol. 5° le Délire de la nou- velle philosophie, ou Errata de la Philosophie de la nature, par un père picpus, 1775 6° His- toire de l'abbaye de St- Polyearpe, 1775. 7. Lettre aux cordicoles , 1781 La seconde édition parut sous le titre de Lettre aux alacoquistes dits , du 15 août 1784 , 9. Seconde lettre aux secouristes, II février 1785 10° Troisième lettre aux secouristes, principalement à leur chef, le R. P. L. P . D., 5 avril 1785 11° Quatrième lettre aux secouristes , II novem- bre 1785 ; 12° Cinquième lettre aux secou- ristes, 8 décembre 1786 130 le Mystère d'iniquité dévoilé, 1788 de 360 pages; ouvrage curieux pour l'histoire des convulsions et des secours. 14. Lamentations amères, et der- niers soupirs des écrivains secouristes , même an- née ; 15° Réponse d'un curé de campagne à la motion scandaleuse d'un prêtre , 1790 ; 16° Lettre à une religieuse sortie de son couvent, 22 septembre 1790 17° Lettre d'un curé d'Avignon à un curé de cam- pagne , auteur de Constitution et la Religion par- faitement d'accord. 9 décembre 1791 18° Réponse à l'Avis aux fidèles par un janséniste jérosolomitain, 1791. La Réponse et l'Avis n'ont que 8 pages 19° Epitres et Evangiles à l'usage des malades. Il paraît que Reynaud avait encore composé un Supplément à la vie de M. Sa son , le Secourisme détruit , et un catéchisme pour prouver que la religion chrétienne est utile dans toute espèce de gouvernement; on ne sait si ce dernier écrit a été imprimé. On trouve une notice plus étendue sur Reynaud dans l'Ami de la Religion, t. 35, p
  • Marc-Antoine RODIER( 1701 - 1778) : avocat au parlement de Toulouse, né à Carcassonne le 28 mai 1701, est auteur des Questions sur l'ordonnance de Louis .. 11V du mois d'avril 1667, imprimées à Toulouse en 1761, réimprimées en 1769. Rodier donna encore ou publia, en 1766, un Recueil des édits, déclarations, arrêts du conseil et arrêts du parlement de Toulouse depuis 1667, concernant l'ordre judiciaire, où l'on trouve toutes les ordonnances de Louis XV et plusieurs autres pièces du même genre, à Toulouse, chez Bernard Pijon, imprimeur, 2 vol. Après avoir suivi longtemps le barreau à Toulouse, il revint dans sa patrie en 1763. Il avait projeté également de commenter l'Ordonnance criminelle; mais ses travaux journaliers y mirent sans cesse obstacle. Rodier mourut le 23 juin 1778
  • Marc-Antoine SABELLICUS( 1436 - 1508) : historien italien, naquit en 1436, à Vicovaro, dans la campagne de Rome, sur les confins de l'ancien pays des Sabins, ce qui lui fit substituer à son nom de Cocci° sali de Cocceius Sabellicus. Il était élève de Pomponius L&tus et fut appelé, en 1475 , à Udine, comme professeur d'éloquence. Il le fut, en la même qualité, à Venise, en 1184. La peste l'obligea , peu de temps après, de se retirer à Vérone ; et ce fut là que, dans l'espace de quinze mois , il écrivit en latin les trentetrois livres de son Histoire vénitienne; il les publia en 1487 ; et la république en fut si contente qu'elle lui assigna, par décret, une pension annuelle de deux cents sequins et le nomma en Même temps conservateur de la célèbre bibliothèque de StMarc, place qui jusqu'alors n'avait été confiée qu'aux plus grands dignitaires de l'Etat. Sabellicus, par reconnaissance, ajouta à son his- toire quatre livres qui n'ont jamais vu le jour. Il publia, de plus, une description de Venise en trois livres, un dialogue sur les magistrats vénitiens et deux poèmes en l'honneur de la république. Ces travaux et les distinctions qu'ils lui procurèrent ne l'empèchèrent point de composer beaucoup d'autres ouvrages. Le plus considérable est celui qu'il intitula Rapsodie des histoires, et qui est une histoire générale depuis la création du monde jusqu'en 1503. Cette histoire est écrite avec la critique de ce tempslà et d'un style assez dépourvu d'élégance ; elle eut cependant un grand succès et valut à son auteur des éloges et des récompenses. Ses autres productions sont des discours, des opuscules moraux, philosophiques et historiques, et beaucoup de poésies latines; le tout remplit quatre forts volumes folio. Sabelliens a encore donné des notes et des commentaires sur plusieurs anciens auteurs, tels que Pline le naturaliste, Valère Maxime, TiteLive, Horace , Justin , Florus et quelques autres. Malgré le succès de son histoire de Venise, il faut avouer, et il avoue luimême qu'il a trop suivi des annales qui n'étaient pas toujours d'une grande autorité ; il ne connut pointcelles de l'illustre doge André Dandolo, dépôt le plus authentique et le plus ancien de l'histoire des premiers temps de la république. Cette négligence, à quelque cause qu'on veuille l'attribuer, et le peu de temps qui int accordé à Sabelliens pour la rédaction de son ouvrage sont les principales causes du peu de confiance qu'il mérite, à raison des nombreuses erreurs qui y ont été relevées. Il mourut à Venise, après une maladie longue et douloureuse, en 1508. Ses ouvrages . sont : 1. Historia eerum Venetarum, ab urbe condita ad obitum ducis Marci Barbatlid, Venise, 1487 Il en existe deux traductions en italien : l'une de Matthieu Visconti de SanCanciano, imprimée vers l'année 1507 trèsrare, ne contenant que les trente premiers livres ; l'autre, par Dolce, publiée la première fois à Venise , en 1534. 2° Rhapsodim historiarum, enneades, ibid., 1498 et 1504 Chacune de ces ennéades contient neuf livres. Sabellicus en publia sept, ou soixantetrois livres, en I 498 , et trois autres ennéades, et deux livres de plus en 1504, en tout quatrevingtdouze livres. 3. Epistolœ familiares, necnon orationes et pamata , Venise, 1502 ; 4° De Vendis mayistratibus , ibid., 1488 Le recueil complet de ses ouvrages fut imprimé à Venise, 1560, 4 vol. fol. Dans le recueil des Storici t'eue- ziani , publié par Aprstolo Zeno, on trouvera une Vie de Sabellicus à la tète de son histoire. Voyez aussi Daru , Histoire de la république de Ve- nise
  • Marc-Antoine THIERRY de Ville-d'Avray : né à Versailles, fut particulièrement affectionné par Louis XVI , dont il était un des quatre premiers valets de chambre. Ce prince lui conféra le titre de mestre de camp au ré2iment Dauph et l'ordre de StLouis; il lui accorda aussi des lettres de noblesse, érigea la terre de Villed'Avray en baronnie, et lui confia différents emplois de sa maison, dont ce monarque s'était réservé la surveillance entière. Outre ce domaine, dans lequel Thierry dépensa des sommes considérables, pour y créer un château et de vastes jardins, ainsi que pour y fonder une église, il avait acquis le beau marquisat de Mauregard, près de Louvres en Parisis. Une fortune si rapide excita l'envie; mais il sut la désarmer par sa modération et son empressement à rendre service à tous ceux qui recouraient à lui. Ami éclairé des lettres et des beauxarts, Thierry leur donna des encouragements et souvent obtint des faveurs du roi pour ceux qui les cultivaient. Au mois de février 1790, il présenta à Louis XVI, en sa qualité de commissaire général de la maison du roi au département des meubles de la couronne, un Bop- port de la recette des fonds du garde- meuble qui ne sont pas provenus du trésor royal, et de leur emploi à dater du 5 mit 178 ; dépenses du garde- meuble de la couronne, pendant les années I78i et 1788, comparées à celles des années 1774 et 1778, de l'ancienne administration. Ce rapport, qui atteste l'ordre et l'économie établis par Thierry clans son administration, a été imprimé 1790. Thierry fut désigné comme ayant servi d'intermédiaire dans une prétendue négociation entre le roi , Vergniaud, Brissot, Guadet, Gensonné; et il y eut à ce sujet une explication et des débats dans l'assemblée. Quelques journaux ont raconté qu'avant la révolution, Louis XVI lui ayant demandé ce qu'il pensait de certains travaux dont ce prince faisait son amusement , Thierry s'était permis de lui répondre : « Sire, quand les rois s'occupent des ouvrages « du peuple, le peuple s'empare des fonctions « des rois. » Ces journaux ont ajouté que le monarque avait repoussé durement cette observation ; mais que, renfermé au Temple, il s'en était ressouvenu et s'était écrié : « Thierry, Thierry, « que ne t'aije écouté l » Cette anecdote, qui n'est pas dépourvue de vraisemblance, n'est cependant pas prouvée. Au milieu de la défection des courtisans, Thierry resta constamment fidèle à Louis XVI, et ce fut son attachement bien connu pour son maître qui, après le 10 aoùt, le fit conduire, sur un ordre signé Chénier, dans la prison de l'Abbaye. Il fut l'une des victimes qui y périrent dans les massacres des 2 et 3 septembre 1792. Quoique ce fait fùt notoire, le ministre Roland , poursuivant Thierry dans sa famille et dans ses biens, écrivit luimème, et avec instance, afin qu'on l'inscrivît sur la liste des émigrés ; mais la fin malheureuse du serviteur fut attestée juridiquement par sept témoins oculaires, et la saisie ne put avoir lieu
  • Marc-Antoine TREVISANO : fut élu doge de Venise, le 4 juin 1553, pour succéder à François Donato. On vantait sa piété et sa sagesse ; mais il eut peu d'occasions d'en donner des preuves pendant son gouvernement, étant mort le 31 mai suivant. Sous son règne, quoique l'Italie fût embrasée par la guerre entre Charles - Quint et Henri II, Venise, fidèle à sa politique, conserva et fit respecter sa neutralité. Il eut pour successeur François Venieri. S. S-1,
  • Marc-Antoine VINCIGUERRA : porte satirique italien, florissait vers la fin du 15. siècle. On n'a presque aucun détail sur les circonstances de sa vie. On ignore mème à quelle époque il naquit . à quelle époque il mourut. On sait seulement qu'il occupa longtemps la place de secrétaire de la république de Venise , et que , chargé en diverses occasions de missions importantes, il s'en tira avec autant d'habileté que de succès. Envoyé à Rome près du pape Innocent VIII, en qualité d'orateur de la république, il sut si bien. par sa conversation et ses talents, captiver les bonnes grâces du pontife qu'à l'instant où sa légation allait finir , celuici écrivit au doge Augustin Barberigo pour lui demander de laisser encore quelque temps le porte à sa cour. Peu d'années après , il fut expédié dans l'iie de Veglia pour la reprendre sur les comtes de Frangipani, qui en avaient usurpé la souveraineté. Ses talents littéraires ajoutèrent encore à sa célébrité et lui attirèrent des éloges non moins flatteurs et des chefs du gouvernement Ill Nous 'signalerons au sujet de Léonard un fort bon travail de M. Delecluse , publié dans l'Artiste en 1841, imprimé à part et traduit en italien. M. Rio a conmeré à L.- nard la plus grande partie de son second volume de 1'4,1 clireiten, et cette étude a également été publiée à part dee, , 12i. M. Rigollot e publié un Catalogue de l'ouvre de LéossardiParts, 1949 N'oublions pas une notice de M. Charles Clément dans la Revue des Deux- Mondes , P. avril 1860, Ld» anrd de Vinci d'après de nouveaux documents. La vie de Vinet a été écrite en anglais par M. Brown , Londres, 1828, in 50; en allemand, par G. S. Braun, halle, 1819 par le comte de Gu, lenberg, Leipsick , 1834 et des hommes de lettres les plus illustres de l'Italie. Il fut lié particulièrement avec Bernard Bembo , père du cardinal , et l'on frappa en son honneur une médaille, où d'un côté on lit autour de sa ligure : ANT. VINCIGUERRI REIP. VENET. A SECRET1S INTRGERRIMUS , et où de l'autre est représenté Apollon ou Orphée, la lyre à la main, dans un char traîné par deux cygnes, avec cette inscription : Ccelo musa ben& Cependant il ne nous reste de lui qu'un recueil de satires d'environ dixhuit cents vers , et rien ne porte à croire qu'il en ait publié davantage. Il fut le créateur de la satire en Italie ; car on ne peut donner ce nom à l'Enfer du Dante, aux trois sonnets de Pétrarque sur la cour de Rome, aux Canti carnascialeschi , ou aux burlesques et joyeux Beoni de Laurent de Médicis, et d'autre part, les satires latines de Philelphe ne peuvent, quoique échappées à la plume d'un Italien, figurer dans la littérature italienue proprement dite. L'apparition des satires vénitiennes dut donc faire sensation dans un siècle où tous les genres exploités par les poètes de la Grèce et de Rome commençaient à se reproduire sous des formes nouvelles ; aussi l'Opera nuora, tel fut le nom donné par les éditeurs à l'ouvrage du ponte, sans doute pour donner à entendre qu'il s'exerçait dans un genre nouveau , futelle reçue avec enthousiasme. Sansovino assure tenir de quelques vieillards, contemporains de la première publication, que presque tout ce qu'il y avait à Venise d'amateurs de la littérature la savaient par coeur d'un bout à l'autre. Jamais l'auteur ne se permet de personnalités, et loin de nommer les hommes pervers ou ridicules sur lesquels ordinairement la satire déverse le mépris ou le blâme, il ne les désigne pas même par des allusions ou des pseudonymes, réserve louable sans doute, mais qui ôte beaucoup d'éie nergie et d'originalité aux leçons du porte : de sorte que, malgré leurs titres , ces poésies sont moins des satires proprement dites que des chapitres de morale et de philosophie religieuses. Ses satires sont écrites en terza rima ou terzine. Il ne faut pas s'étonner qu'il y ait dans le style de Vinciguerra un peu d'âpreté et de sécheresse. L'aridité naturelle des matières, tantôt morales et tantôt théologiques, qu'il traite ex professo, sans les égayer par la censure des individus, y contribue déjà. L'emploi des rimes tierces rend ,peut-être ce défaut encore plus sensible. Il faut compter aussi pour quelque chose l'état de la langue , qui , quoique antérieurement travaillée .' par quelques hommes de génie , n'avait encore, surtout à Venise, tri cette souplesse ni cette énergie que lui communiqua bientôt après le grand mouvement de la littérature. De là ces fréquents hellénismes, ces participes absolus , ces mots purement latins bannis depuis de la langue italienne . De là aussi les contractions forcées, les syncopes trop dures et les vers accentués à la septième syllabe, sans qu'il y ait d'accent à la sixième, faute qui se rencontre assez souvent dans le Dante , mais que dans la suite on évita soigneusement. Il ne faut pas croire néanmoins que Vinciguerra n'ait pas le génie poétique. ll y a, au contraire, dans tout ce qu'il a composé. beaucoup de feu, d'énergie et de véhémence. Ses tableaux ne manquent point de couleur, et son style est presque tout en images et en figures. Ce qu'il faudrait lui reprocher, c'est peut-être la trop grande uniformité de ton, et l'audace, l'originalité, souvent excessive , de ses métaphores. , la noble Italie déchire son riche manteau et N'a point de tailleur qui puisse en recoudre les lambeaux . Plus bas : « Heureux, ditil, heureux ceux qui, dans cette s vallée de larmes , aspirent à devenir praticiens « dans le ciel! s Ailleurs un héros vole aux joules la tète haute , n'invoquant que la Fortune et ne s'apercevant point qu'il fait fumer l'encens dans une mosquée . Ailleurs encore , MarcAurèle porte le bdt de l'épouse adultère qui lui apporta pour dot l'empire romain. Ces images ne sont certes dépourvues ni de vivacité ni de justesse quelquesunes peuvent passer pour des beautés, et celles mêmes qui seraient blâmées pourraient , à l'aide d'un léger changement, devenir aussi nobles qu'uniginali.s. Il n'en est pas moins vrai qu'incultes et sans parure, telles que l'auteur nous les présente, elles sont des taches dans la composition où elles se trouvent. Un autre défaut réel est l'absence des peintures riantes ou gracieuses. A l'exception d'un passage de la sixième satire, où le style de l'auteur parait se détendre pour parler de Claudia , d'Iphigénie et des vierges de l'antiquité, il semble toujours armé de froideur et de sévérité. Après avoir ainsi fait la part de la critique, nous devons remarquer les beautés véritables, qui demandent grâce pour les défauts. L'énergie, la richesse, l'audace de la diction nous sont déjà connues ; il faut y joindre un ton de eoliviction qui va à l'âme , et une espèce d'indignation mélancolique , dont on ne trouve guère d'exemple que dans les lamentations et surtout mérite surtout d'être lu, et il est certain que le Tasse, dans la description d'Armide, en a imité beaucoup de traits. La troisième satire, adressée à un père désolé de la perte de sa fille , contient, avec des consolations spirituelles, dont la sublimité n'exclut pas le pathétique, un développement magnifique sur la fragilité des choses humaines , sur la brièveté de la vie et la toutepuissance du temps. Ce passage n'est inférieur aux belles pages de Pétrarque, dans son Triomphe du temps, que sous le rapport de l'harmonie. Dans la quatrième satire, qui semble la suite ou du moins l'appendice de la précédente, comme la seconde semble unie à la première, il passe en revue les vanités du monde et fait ressortir la lutte de l'homme avec luimême, lutte qui se termine presque toujours par la victoire des sens et le désespoir. Beaucoup d'idées de cette satire sont empruntées de l'Ecclésiaste, et le ton en est à peu près le même. La cinquième, publiée d'abord séparément , est dirigée, non pas contre les femmes, mais contre le mariage en général. Il ne faut voir ici ni un vague lieu commun, comme celui qu'a si richement brodé Boileau, ni un acte d'accusation contre les contemporaines, comme dans la magnifique et terrible satire de Juvénal , mais une dissertation en forme sur les inconvénients de la vie conjugale, surtout pour le., gens de lettres. Ennemi de toute exagération, Vinciguerra commence par dire qu'il s'adresse seulement aux sages. C'est pour eux que les avantages de l'hymen peuvent être un problème. Alors il démontre au prix de quel esclavage l'hymen vend quelquefois ses douceurs. 11 décrit les tourments attachés à la possession de la beauté, le dégoùt qu'inspire la laideur. Par un tour de force auquel on ne s'attendait pas, l'auteur a vaincu toutes les difficultés que présente une discussion si aride et si pointilleuse, et ce passage est un des plus beaux et des plus vifs de tout l'ouvrage. Ce qui achève de prouver que cette cinquième satire n'est point dirigée contre les femmes, c'est que la sixième, qui en est comme le complément, n'est autre chose que l'éloge de la virginité. Les satires de Vinciguerra, imprimées pour la première fois à Bologne Platoue de Benedetti, 1495 sous ce titre Opera nuora di 11 Anion. Vinriguerra, et ensuite, Venise, 1517 ; puis 1527 furent insérées, avec celles d'Arioste, Bentivoglio, Alamanni, Nelli, etc., par Fr. Sansovino, dans son Reruril de satires , Venise, Sansovino , pet. ; ibid., Nice, Bevilacqua . 1563 ibid., Fab. et Agostin. Zoppini. 1583 dans la deuxième de ces dernières éditions. elles forment le lire 5, p. 130-164. Une édition, intitulée Rime, etc., a été publiée depuis, Venise. Piacentini, 1738 La cinquième satire avait d'abord été donnée séparément par l'auteur luimême, sous le titre latin d' Antonii Vinciguerrœ chroniri liber, utrum deceat sapientem ducere u. rorern, an in roelibatu rivere , Bologne n95 Le portrait de l'impudicité a été inséré dans le volume de la collection des classiques de Milan intitulé Raccolta di poesie satiriche. Vinciguerra avait aussi composé une relation , plus exacte qu'élégante, de son expédition dans l'île de Veglia. Cet ouvrage, qui n'a jamais été imprimé et dont l'existence nous a été révélée par Apostolo Zeno, se trouvait manuscrit entre les mains de ce poëte, vers le commencement du 18' siècle. Voyez. pour plus de détails, Sansovino, Venise, liv. 5, p. 174, 2' édit.; Sabellico , Morin rene. iana ; les Lettres de Marsile Ficin , liv. 5 et 6, et Biblioth. de Fontanini , augmentée par Apostolo Zeno, etc., Parme, 1803 et 1804, t. p. 91, note c
  • Marc-Antoine WITTOLA( 1736 - 1797) : prévôt mitré de Bienko, en Hongrie, était né à Kosel, en Silésie, le 25 avril 1736. Etant devenu curé de SchelTer- • ling , dans l'Autriche supérieure, il embrassa avec chaleur les opinions théologiques que l'on favorisait alors dans les Etats autrichiens, et il est l'objet d'un article dans le Dictionnaire des sciences philosophiques, t. 6. Sa réfutation de Spinoza e.t une des plus considérables et des plus cunsciencieuns qui 'filent sorties de l'école .le Descartes. Il est impoNsible d'être plus exact et plus rigoureusement methudique. Il prend et critique, les un, s après les outres, toutes les principales propositions et definitions de Spinoza: mais souvent cette critique , qui s'égare dans les détails, est plus minutieuse que profonde. traduisit en allemand plusieurs livres français où elles étaient enseignées , surtout les écrits des appelants, et se mit en correspondance avec un des plus ardents de cette secte , l'abbé de Bellegarde. En mourant, l'abbé de Stock, partisan zélé des nouvelles réformes, désigna Wittola à Marie- . Thérèse comme l'homme le plus propre à lui , succéder; la princesse se contenta de donner à ce dernier la cure de Propstdorf, qui était vacante , et elle l'adjoignit à la commission de censure. Il fut destitué pour avoir approuvé la réimpression du Prospectus des Annales des jésuites, par Gazaignes. Afin de s'insinuer à la cour, Wittola parlait avec enthousiasme des réformes que Joseph II poursuivait avec tant de chaleur, et il publia alors : 1° Lettres d'un curé autrichien sur la tolérance , Vienne, 1781 et 1782 ; . 2° Texte d'un intolérant d'Augsbourg , avec les notes d'un Autrichien tolérant , Vienne, 1782 En 1784, il commença à publier la Gazette ecclésiastique, qui était rédigée dans le même esprit que les Nouvelles ecclésiastiques. Cette gazette ayant cessé en 1789, il la reprit en 1790, sous ce titre : Mémoire des choses les plus récentes sur l'enseignement de la religion et l'histoire de l'Eglise, et la continua jusqu'en 1 793. Il mourut subitement à Vienne, le 25 novembre 1797. Wittola a traduit les Actes du concile de Pistoie, avec les pièces qui y sont relatives; — les Discours de Fleury sur l'histoire ecclésiastique; — l'Abrégé de l'Ancien et du Nouveau Testament, par Mésenguy ; — le Directeur spirituel pour ceux qui n'en ont point, par Treuvé; — l'Instruction pastorale, par Rastignac ; — la Religion chrétienne méditée, par le P. *lard ; — et le Catéchisme de Bossuet. Les biographes protestants vantent fort le zèle de Wittola, et en faisant son éloge, la Chronique des honnêtes gens le désigne comme•un « ennemi des jésuites, du monachisme, ainsi que « du curialisme des Romains s
  • Marc-Antoine ZIMARA( 1460 - 1532) : médecin, né vers •460, à Galatina, dans la terre d'Otrante, fit ses cours et reçut le laurier doctoral à Padoue, où il obtint, vers 1507, une chaire de philosophie. Les guerres qui désolaient l'Italie ayant fait suspendre les cours de l'académie, il retdurna dans sa ville natale, et fut député par ses compatriotes, en 1522, près du roi de Naples, pour défendre leurs droits contre les prétentions du duc Ferdinand Castriotto, lequel avait acquis la seigneurie de Galatina. Ses talents le firent rete- nu. à Naples, où il professa la théologie. Il était de retour à Padoue en 1525, et il avait repris sa chaire de philosophie, qu'il occupa jusqu'à sa mort, arrivée en 1532. On a de Zimara plusieurs ouvrages, mélange bizarre des principes d'Aristote, de la doctrine médicale des Arabes et des croyances superstitieuses qui régnaient de son temps : 1. Tabula, et dilucidationes in dieta Aris- totelis et Arerroïs recognita et expurgata, etc., Venise, 1564. 2 vol. ; 2° Antium magico medieum, in quo areanorum magico- physieorum, signaturarum et imaginum magicarum, secundurn Dei nomina et constellationes astrorum, cum signatura planetarum constitutarum, ut et curationum magneticarum , et eharaeteristicarum, ad omnes corporis humani affectus curandos, the- saurus locupletissimus, novus, reconditus; cui me- dirait: enta etiam varia chymiea ex mineralibus et vegetalibus 'eonficiendi modus : tractatus item de rebus pur humano corpori eximiam et renustam formant inducun! : de varus Wenn metalloruni mineralium praparationibus et experimentis plu- rions , tractatio subjungitur : accessit motus per- petui mechanici, absque ullo aquœ tel ponderi.: Suivant quelques auteurs, ce poëme a été imprimé à Ve.. nise, en 1620, par Ciotti ; mais cette édition est ai rare qu'on ne la trouve indiquée dans aucun catalogue , et que Morelli ne cite l'ouvrage que sur l'autorité de Tomasini. adminiculo conliciendi documentum, Francfort, 1625 ; 3° tintri magico- medici pars secunda, in qua arcana naturoe , sympathiœ et antipathice renon in plantis, etc., omniumque corporis humani ntorborum, imprimis podagrte, hydropis, pestis epidemim, et cancri exulcerati cura hermetica, speci- lica, characteristica et magnetica continentur : ac- cesserunt portœ intelligentiarum, etc. , et canones hermetici dé spiritu, anima et corivore majoris et minons mundi, Francfort , 1626 Zintara laissa deux fils : Nicolas, docteur en droit, et Théophile, médecin, qui dut à l'exercice de son art une fortune brillante, et mourut à Lecce, en 598, à l'âge de 72 ans. Théophile est auteur un volumineux commentaire latin sur le Traité de l' cime d'Aristote, Venise, 1558. Voy., jour plus de détails, outre les auteurs cités, affuri, Scrittori neapolitani, t
  • Marc-Antoine ZONDADARI( 1658) : grand maitre de l'ordre de Malte, appartenait à une ancienne et noble famille de Sienne , et était par sa mère petitneveu du pape Alexandre VIII. Né dans cette ville le 26 novembre 1658, il fut d'abord élevé à la maison paternelle. Mais ayant été destiné, dès son bas tige, à faire partie des chevaliers de StJean de Jérusalem, il fut envoyé de bonne heure au collége des nobles de Parme , alors dirigé par les jésuites, et de là passa à Naples, où il fit pendant quatre ans ses caravanes avec une intrépidité remarqtiable. Ses exploits lui valurent un avancement rapide ; après avoir commandé pendant deux ans une des galères de la religion, il obtint du grand maître Caraffa trois commanderies. En 1701, il devint grand écuyer, maître de chambre et intime confident du grand maître don Raymond Perellos de Rocafull. Il ne se servit de son crédit que pour procurer le bien général de l'ordre, engagea le grand maître à remettre la marine maltaise sur un pied sinon formidable, du moins respectable, et lui adressa un plan financier à ce sujet. Peu après il fut décoré du titre de grandcroix , et, en 1712, il fut envoyé comme ambassadeur auprès du pape Clément XI, qui avait pour lui une estime particulière : aussi vintil à bout de terminer à la satisfaction de ses confrères les négociations dont il avait été chargé, et dont le but était de faire cesser à Malte les empiétements et la tyrannie de l'inquisition. Enfin, don Raymond étant mort, Zondadari fut choisi pour lui succéder dans le magistère, en 1720. La courte durée de son règne fut signalée par des règlements et des mesures fort sages. ll resserra les liens de la discipline , qui depuis longtemps étaient relâchés, répara les fortifications, pourvut tant à l'abondance qu'à la distribution régulière des aumônes, et s'appliqua à faire fleurir le commerce. Il obtint aussi du pape un bref portant que tout chevalier qui posséderait plus de trois cents livres de revenu serait tenu d'entretenir un homme pour la sûreté de file. Le choix qu'il fit de Ria, pour commander les galères de l'ordre, fut suivi de plusieurs prises importantes et lui valut des applaudissements universels. Il n'y avait qu'une voix sur la sagesse de son gouvernement ; et tous faisaient des voeux pour qu'il restât longtemps encore à la tète des affaires, lorsqu'il expira le 16 juin 1722, âgé de 63 ans. Antoine Manuel de Villena lui succéda. On a de Zondadari un opuscule intitulé Courte instruction sur l'ordre militaire des chevaliers de St- Jean de Jérusalem , Rome, 1719, 1 vol. ; réimprimé à Paris en 1721, et ensuite à Padoue en 1724, avec une paraphrase du psaume 41 qui est aussi de lui. Toutes ces éditions sont anonymes. Voyez Giornale de' letterati d'Italia, t. 37, p. 286 ; et les Eloyi degli uomini illustri toscani, t. 4, p

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