Le prénom Hugues Masculin

Origine :

Fête :

01 Avril

Signification de Hugues

Hugues est une personne particulièrement sociable. Il n’a aucune difficulté à s’intégrer et a la capacité de captiver l’attention de son interlocuteur. Hugues est un homme qui garde les pieds sur terre. Il réfléchit toujours à deux fois avant d’agir. Il prend le temps d’écouter les conseils des autres même s’il n’est pas toujours d’accord avec eux.
Parmi les Hugues célèbres, on peut citer Hugues Capet, roi de France et instigateur de la dynastie des Capétiens, Hugues-Bernard Marey, homme politique du XIXe siècle, Hugues Royer, journaliste et écrivain, Hugues Occansey, basketteur, et Hugues Duboscq, nageur.

Personnalité de Hugues

Réalistes, ils ont les pieds sur terre. Conservateurs, attachés aux traditions, ils se méfient des modes et du modernisme. Agréables à vivre, généreux, ils adorent recevoir et être entourés d'amis. Bien qu'ils ne soient pas des bourreaux de travail, leur diplomatie et la chance les aident à réussir. Ils sont possessifs et entêtés.

Provenance du prénom Hugues

Histoire de Hugues

Etymologie de Hugues

Les Hugues célèbres

  • Hugues AUBRIOT : né à Dijon, au sein d'une riche famille de la bourgeoisie, qui comptait parmi ses membres un évêque de CliàlonssurSaône, entra à la cour de France par la protection du duc de Bourgogne, Philippe le Hardi, son seigneur, et y obtint un avancement rapide. Charles V, juste appréciateur de son aptitude pour les affaires, le nomma prévôt et capitaine de Paris vers 1364. Chargé à la fois de la police, de la surveillance des métiers, vivres et marchandises, de l'administration des finances, , que le jour de St—Ni- olas, les écoliers de StNicolas du Louvre pousse— rent les réjouissances de leur feste bien avant dans la nuit. Les archers du guet, faisant leur ronde de e costélà, en saisirent quelques—uns, qu'ils trais— erent au Chastelet. Ceux qui se défendirent furent laltraités jusque dans leur propre collège, où les « archers, sans aucun respect pour le lieu, commi. « rent de grandes violences. L'université, sur la « nouvelle de cette infraction de ses privileges, de' « manda justice au roy contre le prevost de Paris ; « et le roy rendit une ordonnance, le 22 janvier Charles V plus avisé que son prévôt, aimait mieux le désavouer que de se mettre à dos le peuple bilieux de la Montagne. Mais l'université ne tint pas la réparation pour suffisante ; elle garda rancune à Aubriot, qui, de son côté, s'inquiétait peu de l'irriter davantage. Dès l'année suivante, il prétendit obliger les . serviteurs de l'université à faire le guet dans la ville ; et il fallut, dit Crévier, que le roi interposàt son autorité pour les en dispenser. En même temps, il con, tinuait la guerre contre les écoliers, et faisait dé. fense de leur vendre ou de leur prêter des armes sans sa permission expresse. Pour arrêter leurs incursions, il construisit le petit Châtelet au bout du pont StMichel, y établit un corps de garde, et y fit creuser deux cachots, qu'il appelait par dérision le clos Bruneau et la rue du Fouare. Cette dernière offense porta à son comble la colère de sa puissante nnemie : sa perte fut arrêtée et jurée. La mort de . harles V, arrivée le 16 septembre 1380, et les cm— arras dont ce déplorable événement fut suivi , ournirent à l'université l'occasion qu'elle attendait depuis. longtemps. Couvrant, comme de coutume, sa haine du manteau de la religion, elle lança contre pie prévôt l'accusation d'impiété et de sorcellerie, la grande et banale accusation du temps ; se rendit partie, et le cita devant le tribunal de l'évêque Aimeric de Maignac, qui avait aussi un vieux compte à régler avec la prévôté. En effet, il n'avait pas oublié l'affront fait à Jean de Meulan, l'un de ses prédécesseurs, par le prédécesseur d'Aubriot, Jean de Dun. L'évêque de Paris avait alors le privilége de faire faire le guet autour de NotreDame, par les officiers de sa justice, la veille de l'Assomption. En 1565, le prévôt de Paris, ayant rencontré le guet de l'évêque dans la ville, l'avait désarmé et mis en prison. Depuis cette époque, les officiers du prélat étaient obligés de porter leurs armes dans des sacs jusqu'à la cathédrale, et de les rapporter de la même manière. Outre cette injure sanglante et qui criait vengeance, on avait contre le prévôt actuel des ii griefs de plus d'un genre : messire Aubriot n'était pas dévot ; il ne se confessait ni ne communiait régulièrement ; il n'aimait pas les clercs ; il avait sans cesse l'oeil ouvert sur leurs empiétements, et ne négligeait aucune occasion de confisquer leurs priviléges au profit du roi. Qu'on se figure, si cela est possible, l'horreur qu'un tel homme devait inspirer aux gens d'Eglise. L'université, qui épiait depuis longtemps ses démarches, fit informer officiellement de sa vie, et découvrit que ses mœurs n'étaient pas régulières ; que, malgré ses soixante ans, il ne gardait pas trèsexactement la foi conjugale, négligeait une épouse vertueuse, rendait aux juives leurs enfants, qu'on avait pris pour les baptiser de force. On sut que, se trouvant un jour aux côtés du roi, il avait osé lui dire que ses prédécesseurs avaient fait une grande folie en dotant les églises de tant de revenus : c'était plus qu'il n'en fallait pour le faire condamner au feu. L'université construisit sur ces bases un formidable réquisitoire dont le religieux de StDenis nous a conservé la substance : « Aubriot était enclin au libertinage, nous dit—il ; « quelquefois il avait recours au sortilége pour faire « triompher sa passion. D'autres fois, portant le « déshonneur dans la maison d'autrui, il cherchait « à séduire par des présents les femmes dont il en« tendait vanter la chasteté ; souvent aussi il emprisonnait les maris sans motif, afin d'être plus libre « pendant ce temps de làcher la bride à ses désirs « effrénés. On le soupçonna aussi d'avoir entretenu « des liaisons illicites avec des juives..... Il témoi- · gnait pour le sacrement de l'eucharistie un mépris « injurieux. Il demandait un jour à un sergent qu'il « avait fait appeler, pourquoi il n'avait pas obéi plus « tôt à ses ordres ; celuici répondant qu'il avait été « retardé par le pieux désir de voir le corps de « JésusChrist entre les mains du prêtre : « Tu ver« ras maintenant, lui dit plusieurs fois le prévôt, si « ton Dieu saura te faire autant de bien que je pour, « rai te faire de mal. » Et en parlant ainsi il or« donna qu'il fût jeté dans un affreux cachot et mis « à la torture. Un autre jour, l'évêque de Coutances « célébrait la messe dans le chevet de l'église de « St—Denis ; lorsqu'on fut à l'élévation de l'hostie, « un religieux pria le prévôt, qui se promenait au« tour du chevet, de se prosterner; il répondit en « jurant qu'il ne croyait pas au Dieu dudit évêque, « qui, ajoutatil, ne bougeait point de la cour. Il « avait laissé passer plusieurs années la fête de « Pâques sans se confesser et sans communier, n'oh« servant pas les devoirs de la religion catholique,— « témoignant publiquement son peu de respect pour « le sacrement de pénitence, les clefs de l'Eglise, « l'autorité du clergé, dont il refusait obstinément « de suivre les avis... » Notre religieux n'élève aucun doute sur la réalité des crimes imputés auprévôt; il n'hésite pas à condamner l'ennemi de l'Eglise et de l'université ; niais, outre l'esprit de caste dont il n'était probablement pas exempt, il avait contre le prévôt des griefs particuliers dont il est bon de dire un mot. Les religieux de St—Denis avaient à Neuilly deux bacs dont ils tiraient un assez bon revenu. Aubriot, qui tranchait parfois du despote; fit • prendre, sans leur permission, un de ces bacs, et s'en servit pour réparer le grand pont, qui était rompu. Les moines, lésés dans leurs priviléges et dans leurs intérêts, portèrent plainte au parlement, qui leur fit justice, sans toutefois les satisfaire empiétement; et il est à croire que le couvent garda rancune au malencontreux prévôt, et que notre chroniqueur dut être mal disposé pour lui. Quant à J. Juvénal des Ursins, dont le témoignage est également défavorable à Aubriot, il nous suffira de faire observer qu'il était archevêque, et qu'en cet endroit de son récit, il n'a fait qu'abréger le religieux. Quoi qu'il en soit, Aubriot, comptant toujours sur l'appui de la cour, et plein , qu'il méritait d'être bridé vif. Toutefois l'université, à la prière , les Parisiens s'étant soulevés pour ne pas payer une taxe imposée sur les vivres, s'armèrent de maillets de plomb déposés à l'hôtel de ville. mirent en fuite l'évèque et le prévôt, massacrèrent les percepteurs du roi, forcèrent et vidèrent les prisons, et entre autres les oubliettes de l'évêché, où ils trouvèrent messire Aubriot. Ils le reconduisirent en triomphe à sa maison, située rue de Jouy, et lui demandèrent de se mettre à leur tète. Il feignit d'y consentir; mais il n'avait nulle envie de jouer le rôle de Marcel et de se faire démagogue. C'était un homme d'ordre et de gouvernement, un serviteur exact et vigilant des lois, attentif à les préserver de toute atteinte, excellent pour discipliner une société et la soumettre au principe et à l'action (le l'autorité publique. On croira sans peine qu'un magistrat (le ce caractère dut s'effrayer à la pensée de se mettre en révolte contre le pouvoir royal. Aussi profitatil de la nuit pour s'échapper des mains (le ses libérateurs.11 se retira dans son pays natal, et y mourut peu de temps après. — Hugues Aubriot est un (les hommes dont la bourgeoisie française peut à bon droit s'enorgueillir. Il reste aujourd'hui peu de chose de ses constructions; elles paraitraient bien chétives auprès des magnifiques et gigantesques ouvrages commencés ou achevés sous nos yeux. Mais pour apprécier le mérite et l'importance de ses travaux, il faut se reporter aux temps malheureux où il vivait, et considérer la faiblesse des ressources dont il disposait. « On doit, (( dit Voltaire, cette .justice aux hommes publics qui « ont fait du bien à leur siècle, de regarder le point « d'où ils sont partis, pour mieux voir les change« ments qu'ils ont faits dans leur patrie. La posté« cité leur doit une éternelle reconnaissance des « exemples qu'ils ont donnés, lors mème qu'ils sont « surpassés : cette gloire est leur unique récom« Dense. » C'est sans doute sous l'inspiration de cette généreuse pensée que les magistrats (le la ville (le Paris, reconnaissants de ce qu'Aubriot avait fait pour elle, l'ont tout récemment honoré d'une statue, que l'on peut voir parmi celles qui décorent l'ancienne façade du palais municipal
  • Hugues BABET( 1474 - 1556) : poète latin et philologue, était né en 1474, à StHippolyte, petite ville du comté de Bourgogne. Son père, riche négociant, favorisa son goût pour les lettres, et l'envoya continuer ses études dans les plus célèbres universités de France et d'Allemagne. Le jeune Babet se rendit bientôt trèsliabile dans les langues anciennes, et fut nommé professeur au collége de Busleiden à Louvain. Mais, avide de nouvelles connaissances , il ne tarda pas à se démettre de sa chaire , et alla visiter les académies d'Oxford et de Cambridge. Ses talents lui méritèrent partout un accueil honorable. S'étant chargé de l'éducation de quelques jeunes Anglais, il les conduisit en Italie, et profita de cette circonstance pour entendre les professeurs les plus distingués de Pavie, de Padoue et de Bologne. De retour à Louvain, il y reprit l'enseignement des langues , et partagea son temps entre ses devoirs et l'étude. Dans un voyage qu'il fit à Bàle,,i1 vit Érasme, B. Rhenanus , Grymus, etc., et se concilia leur estime. Ant. Perrenot, connu depuis sous le nom de cardinal Les Français s'étant emparés de la Lorraine en 1552 , la duchesse Christine vint chercher un asile à la cour de Heidelberg, près de sa soeur, femme de l'électeur palatin. Charmée des talents de Babet, cette princesse l'admit dans son intimité ; et sachant qu'il avait le projet de retourner clans les PaysBas , elle l'accompagna jusqu'à Louvain pour jouir plus longtemps de sa conversation. Cette ville, où il avait passé les brillantes années de sa jeunesse, était devenue sa patrie adoptive. 11 y termina sa longue carrière, le 19 août 1556. Il légua sa bibliothèque au savant antiquaire J.J. Boissard, son neveu, qui la fit transporter à Montbéliard, où elle fut détruite dans le sac de cette ville par les Lorrains. Babet avait laissé manuscrits des traités de théologie, de grammaire, de dialectique, de rhétorique, et plusieurs poèmes latins. Parmi ces poëtnes on en cite un sur les inconvénients attachés à l'emploi de précepteur, qu'il avait dédié à François Richardot, son ami, depuis évêque d'Arras. De tous les ouvrages de Babet, il ne reste qu'une églogue latine adressée à Gilb. Cousin sur la mort de Guillaume de la Baulme, son élève, et deux épîtres, l'une à Jean de la Baulme , et l'autre à Cl. Frontin. Ces trois pièces sont imprimées dans le I" volume des oeuvres de Gilbert Cousin, p. 261, 450 et 433. Dans les Epistolce laconicœ du même Cousin, on trouve trois lettres adressées à Babet ; ce sont les 55C, 50e et 85°. Boissard a publié la vie de son oncle avec son portrait, dans la Bibi. virarum, t. 1, p
  • Hugues BENCIUS ou DE BENCIIS : DE SIENNE , médecin du le siècle , mort à Rome en 1438, se distingua principalement à Ferrare et à Parme. Selon l'usage de son temps, il s'occupa surtout de commenter et de traduire les classiques grecs et arabes , c'est-àdire Hippocrate et Avicenne ; et nous avons de lui , qui professa la médecine à Padoue avec distinction, et qui est mort en 1487
  • Hugues BENTIUS( 1470 - 1448) : naquit à Sienne en Italie, vers 14.70, il professa la médecine d'abord à Ferrare, ensuite à Parme. Il passait de son temps pour un des plus habiles de sa profession et pour un savant philosophe. Il mourut à Rome en 1448, On a de lui : 1° Consilia ad omnes cegritudines, etc., 1518 ; 2° divers écrits sur Hippocrate, Galien, Avicenne, un traité de Balneis, etc. Tous ces ouvrages ont été imprimés d'abord séparément, à Venise Son premier ouvrage, sur les Aphorismes d'Hippocrate et les commentaires de Galien, imprimé dans cette même ville en 1498, a eu plusieurs éditions. — BENTIUS , né en 1517, mort en 1599, fut professeur à Strasbourg. On a de lui un Thesaurus grœcus
  • Hugues BINNING( 1627 - 1654) : théologien écossais , du comté d'Air, où il naquit en 1627, fut un des plus célèbres prédicateurs de l'époque ; mais, contrairement à l'usage alors reçu, son éloquence n'avait jamais pour but d'agiter les passions et le fanatisme des masses. Il n'en était pas moins excessivement populaire, et c'est le libre choix de ses confrères qui le fit ministre de Govan, près de Glascow. Dans cè nouveau poste, il déploya la même doucettr et la même modération que dans la chaire, et une sage tolérance fut la base de sa conduite. Antérieurement à cette époque, il avait été régent et professeur de philosophie morale dans l'université de Glascow, où il avait pris ses degrés, et il fut un des premiers à réformer le jargon barbare, si cher alors au pédantisme scolastique. Sa mort prématurée en 1654, à l'âge de 29 ans, l'enleva sans doute à de hautes destinées. On peut juger de son habileté dans l'argumentation par un mot de Cromwell. Binning avait été admis à un colloque théologique tenu devant ce chef toutpuissant, entre les presbytériens et les indépendants, et luiméfie avait pris la parole dans cette occasion. Les indépendants furent singulièrement éclipsés dans cette lutte, au grand dépit de Cromwell, qui, la conférence finie, demanda le nom de ce docte et jeune adversaire. On le lui apprit. « Oui, dit alors « le futur protecteur, c'est vrai, il nous a tous liés ; « ruais « voici qui nous déliera! » K.
  • Hugues BLAIR( 1718) : naquit à Édimbourg, le 7 avril 1718. Jean Blair, son père, était un négociant considéré de cette ville. Hugues, voué dès son enfance à l'état ecclésiastique, fut placé, en 1750, dans la classe des humanités de l'université d'Édimbourg, pour y acquérir les connaissances exigées en Écosse de ceux qui se destinent à la prédication de l'Évangile. Durant ses premières années, il ne s'était point distingué par un goût décidé pour l'étude ; ce fut seulement dans cette université que son esprit commença à se développer d'une manière remarquable. I1 étudiait encore la logique, lorsqu'il composa un Essai sur le beau, dont les professeurs furent si frappés qu'ils le désignèrent, avec des marques d'approbation particulières, pour être lu publiquement à la lin de la session. Cette distinction fit une profonde impression sur son esprit, et détermina son goût pour la belle littérature. Il montra toujours une grande prédilection pour cet ouvrage de sa jeunesse, qu'il conserva jusqu'à sa mort comme le premier titre de sa réputation. Cette réputation se répandit bientôt par le succès de ses premiers sermons, dont l'élégance, le ton noble et mesuré, l'éloquence douce et persuasive parurent destinés à faire révolution dans la manière des prédicateurs écossais, qui, à cette époque, ne cherchaient guère à se distinguer dans leurs sermons que par un mélange bizarre de trivialité et de mysticisme. Blair eut donc à braver l'usage alors établi , mais il ne lutta pas longtemps contre l'ascendant du goût régnant ; il entraîna surlechamp les suffrages, et ses sermons furent mis audessus de tout ce que l'Écosse avait produit en ce genre. En 1742, il entra clans les ordres sacrés, et fut aussitôt nommé ministre à Collesie, dans le comté de Fife. Trèspeu de temps après, il échangea cette place pour celle de ministre de la Cannongate à Édimbourg, ; et, passant successivement par des emplois toujours plus honorables, plus avantageux et plus faciles à remplir, il fut enfin•nommé, en _1758, premier ministre de l'Église presbytérienne, qu'on appelle, en Écosse, la haute Église, l'une des plus éminentes dignités de l'Église anglicane. A peu près dans le mème temps, l'université de StAndré lui conféra le titre de docteur. En 1761, il fut nommé professeur dans cette université ; il y Et un Cours de Leçons sur les principes de la composition littéraire , le premier qui eût jamais été fait en Écosse, bien qu'Adam Smith eût pu lui en donner l'idée par un essai de ce genre, que des circonstances particulières ne lui avaient pas permis d'achever. L'entreprise de Blair nuation : Chronological Tables and Maps of the history of the world, from Iheereation to the year of Christ 1814, Londres, 1845, 4 vol. avec 16 cartes. fut secondée par lord Kaims, David Hume, et tout ce qu'il y avait à Édimbourg de personnages distingués par leur rang ou leurs lumières. Bientôt après, le roi créa, dans l'université d'Édimbourg, une chaire de rhétorique et de belleslettres, dont Blair fut nominé professeur. Ses leçons que, durant vingt années, il continua tous les hivers, selon l'usage de l'université, furent suivies avec un empressement toujours croissant. Le premier ouvrage qu'il ait fait imprimer est une Dissertation critique sur les poèmes d'Ossian, qui parut en 1763. Blair était un de ceux qui avaient le plus excité Macpherson à publier les premiers fragments de ces poèmes ; il fut aussi le plus ardent à faire remplir la souscription qui mit celuici en état d'aller rassembler, dans les montagnes d'Écosse , les matériaux des poëmes publiés sous le nom d'Ossian. Il se déclara, comme de raison , pour leur authenticité , et en développa les beautés avec autant de goût que de talent. Son ouvrage , écrit avec beaucoup d'élégance , a eu un grand nombre d'éditions ; on le trouve maintenant réuni au recueil des poésies d'Ossian. En 1777, Blair fit imprimer un premier volume de ses Sermons. 11 en avait confié le manuscrit à Strahan, l'un des libraires de Londres les plus estimés, qui lui avait d'abord conseillé de ne le pas faire imprimer, parce qu'il n'en espérait aucun succès. Cependant Strahan voulut avoir l'opinion du fameux Samuel Jonhson, et le pria de lire un de ces sermons ; Johnson, après l'avoir lu, lui répondit : « J'ai lu le pre« mier sermon du docteur Blair avec un sentiment « plus fort qu'une simple approbation ; dire qu'il « est bon serait dire trop peu. » Strahan, s'apercevant alors de sa méprise, eut le lion sens et la bonne foi d'en convenir, et écrivit à Blair, en lui envoyant la lettre de Jonhson, pour lui offrir 50 guinées de son manuscrit. Le produit de la vente fut tel qu'après la publication, il crut devoir lui en donner 50 de plus. Bientôt après l'édition étant épuisée, Blair fit réimprimer ce prerhier volume, accompagné d'un second, et reçut pour chacun 200 liv. sterling. Les libraires lui en offrirent 600 du troisième, et on assure que le quatrième lui en valut 2,000. Le succès de ces sermons fut prodigieux : la mode se joignit à l'estime ; il fallait avoir lu les sermons du docteur Blair. Les ecclésiastiques, en chaire, débitaient quelquefois des sermons du docteur Blair, au lieu de ceux qu'ils auraient pu composer euxmêmes ; et si l'influence de ce nouveau genre de prédication s'est fait sentir même en Angleterre, en introduisant dans l'éloquence de la chaire des leçons de morale à la place des discussions métaphysiques, elle a été bien plus grande en Écosse, où les sermons de Blair sont généralement pris pour modèles, et où, concurremment avec ses leçons de rhétorique , ils ont répandu le goût pur et sage de la belle et saine littérature. On en a fait en anglais un grand nombre de contrefaçons, soit en Irlande, soit en Amérique. La dernière édition anglaise est de Londres, 1801, 5 vol. Il y en a deux traductions françaises, l'une par Froissard, Lausanne, 1791 ; et l'autre par l'abbé de Tressan, Paris, 1807, 5 vol. On les a traduits en hollandais, en allemand, en esclavon et en italien. Le roi George III s'étant fait lire un jour un de ces sermons, par le lord Mansfield, accorda à Blair, en 1780, une pension de 200 livres sterling, qui fut augmentée de 100 autres, lorsque, en 1783, son grand âge l'obligea de cesser ses fonctions de professeur, dont il conserva cependant les émoluments. Ce fut à cette époque qu'il s'occupa de publier son Cours de rhétorique et de belles- lettres , dont il s'était répandu dans le public plusieurs copies imparfaites, composées en grande partie de notes prises par les étudiants. Il vendit son manuscrit à Cadell, pour 1,500 livres sterling. Cet ouvrage, qui parut à Londres en 1785, 2 vol. 1798 et 1801, 3 vol. a été réimprimé trèssouvent depuis en Angleterre et en Amérique, et traduit dans plusieurs langues de l'Europe ; il y en a en français deux traductions, l'une par Cantwell, 1797, 4 vol ; la seconde, qui est bien supérieure, est de M. Prévost, célèbre professeur de Genève, à qui l'on doit d'excellents ouvrages : elle a paru, en 1808, en 4 vol. . En 1796, Blair fit imprimer à part son sermon sur la bienveillance de la Divinité, prêché devant la société instituée pour le soulagement des enfants du clergé écossais; on l'a joint depuis au quatrième volume de ses sermons. A cette époque, Blair jouissait d'une sorte d'opulence et de la plus haute considération ; il avait été intimement lié avec lord Kaims, Smith, Hume, Ferguson, mais surtout avec Robertson, qui n'a rien imprimé sans le lui soumettre. Ces deux hommes célèbres ont été constamment l'appui des talents naissants ; pendant la dernière partie de la vie de Blair, a paru en Écosse peu d'ouvrages importants pour lesquels on n'ait cherché à obtenir leur approbation. Blair entretenait en même temps des correspondances fort étendues avec ceux qui, des différentes parties de la GrandeBretagne;sollicitaient ses conseils comme homme de lettres, ou ses consolations comme ministre de la religion. il continua jusqu'à sa mort à prêcher, toujours avec un prodigieux concours, et à remplir tous les devoirs d'un ecclésiastique. Dans l'été de 1800, alors âgé de quatrevingtdeux ans, il corrigea et prépara pour l'impression un volume des sermons de sa jeunesse, qui n'a été imprimé qu'après sa mort, arrivée le 27 décembre de la même année. 11 a laissé un trèsgrand nombre de manuscrits qu'il a ordonné expressément de brûler. Les écrits de Blair sont remarquables par la pureté du goût, l'élégance et la correction du style, la sagesse, la justesse et souvent la finesse des vues, la noblesse constante et sans effort des sentiments et des idées. Dans ses sermons, il s'élève peu audessus d'une chaleur modérée et d'une douce sensibilité ; mais sa sensibilité est pénétrante et sa chaleur soutenue. Son style, s'il n'est jamais véhément, Le même ouvrage, sous le titre de Leçons, a été encore traduit par M. J.P. Quénot, Paris, 4821, 2 vol. — Le mem ouvrage, abrégé, a été traduit sur la 6' édition de Londres par s. P. H , colonel en nosactivité, Paris, 1825 est toujours animé et rempli d'images heureuses; il are avoir pris pour modèle, autant que le comportait la nature de son talent, moins souple et poins énergique, Massillon, celui de nos orateurs u'il admirait le plus. Son Cours de rhétorique et e belles- lettres est un des meilleurs qui aient été écrits dans les langues modernes. Si l'on y trouve quelquefois un peu d'abondance, quoique sans diffusion et sans prolixité, il faut songer que le maitre avait tout à apprendre à ceux qu'il instruisait. 3Iair a, plus qu'aucun de ses compatriotes, rendu ustice aux auteurs français, et s'il y manque quelquefois,ce n'est point par prévention, niais vraisemblablement par la difficulté de pouvoir bien apprécier une littérature qui n'était pas la sienne. Son caractère était, comme ses écrits, honnête, noble et sage ; son esprit était aimable et doux, sa conversation élégante et polie, sans négligence, quoique sans affectation, son maintient modeste. Blair avait été marié; sa femme était morte quelque temps avant lui ; et il n'avait eu de son mariage qu'un fils qui mourut en bas âge
  • Hugues BOYD( 1746) : né en 1746, à BallyCastle, dans le comté d'Antrini, en Irlande, eut pour père un gentilhomme nominé Macaulay, niais il prit le noni de Boyd, de son grandpère maternel. Il montra, dès son enfance, une grande vivacité d'esprit, une mémoire extraordinaire, et beaucoup de fa.eilité, qu'il employait plus volontiers à s'exercer sur des sujets de politique, qu'à se perfectionner dans les autres objets d'études sur lesquels il acquit néanmoins des connaissances , sinon trèsapprofondies, du moins fort étendues. Son goût le portait vers l'état militaire; mais son père étant mort sans faire de testament, Hugues, qui n'était que le cadet, se trouvant sans moyens de se soutenir au service, se décida pour le barreau, et vint à Londres, où, s'il n'étudia pas beaucoup le droit, il fréquenta la bonne compagnie, dans laquelle son esprit, sa figure et les agréments de son caractère le firent recevoir avec distinction, mais où il s'accoutunia à un genre de vie dont sa fortune ne lui permettait pas de soutenir les dépenses, et que cependant il ne put jamais abandonner ; en sorte qu'il passa sa vie dans des embarras de fiiitiem qu'il était sans cesse occupé à éluder, sans jamais prendre aucun parti propre à les terminer, et qui nui- sirent à la considération qu'auraient pu lui acquérir ses talents et l'indépendance de ses opinions et de son caractère. Un mariage avantageux écarta pour quelque temps ces difficultés, mais contribua peutètre ensuite à en faire naître d'autres, en lui donnant les moyens de vivre dans l'oisiveté, ce qui était conforme à son goût. Livré tout entier aux discussions politiques, qui font en Angleterre l'occupation . De ces diverses correspondances, dont quelquesunes lui ont été attribuées sans preuves suffisantes, la plus célèbre a été celle que l'on connaît sous le titre de Junius's Letters , publiées dans le Public AdverWel., durant, les années 1769, 1770 et 1771 ; réimprimées plusieurs fois séparément, notamment à Londres, en 1796, 2 vol. lig. . Ces lettres, écrites avec un rare talent, tirent un effet prodigieux, et sont encore aujourd'hui mises au nombre des ouvrages politiques les plus éloquents et les mieux écrits qu'ait produits l'Angleterre. Le style, à la fois élégant et concis, énergique et brillant, n'avait point , Paris, 1791, 2 vol. . Différentes circonstances les ont fait attribuer à Boyd ; et l'un 11 en a paru depuis quelques éditions estimées : 1°Londres, 1810.2 vol. gr. port.; 2° ibid., 1812, avec discours préliminaire, notes et facsimilé, 3 vol. 3• ibid., 1813, 1 vol. illustré;4° Paris , Bandry, 1819. 2 vol. 5° ibid., 1822, 2 vol. faisant partie de la Collection of the British prose Writers CHS.. CH—s. M. J.T. Parisot a donné une nouvelle traduction des Lettres de Junius, Paris, 1823, 2 vol. On trouve, dans le Moniteur du jer octobre 1816, une lettre dans laquelle cette opinion est consciencieusement examinée. CH—s. député au roi de Candy, qu'on voulait engager à un traité d'alliance offensive et défensive avec les Anglais. Au retour de celte mission, dans laquelle il échoua, il l'ut fait prisonnier par Ies Français, con-(luit à l'île Bourbon, et, peu (le temps après, relàelle sur sa parole. 'Revenu à Madras, il y obtint une place plus considérable, et s'occupa à rédiger différents journaux. Il mourut en 1794, àgé de 48 ans. Outre les écrits politiques dont nous avons parlé, et quelques autres du même genre, il a publié en 1679 (les extraits de plusieurs discours de lord Chatam, faits (le souvenir. Sa mémoire était telle, qu'assistant à un plaidoyer, la défense de l'accusé le frappa tellement qu'il l'écrivit en rentrant chez lui, persuadé qu'elle était du docteur Johnson : elle était en effet (le cet écrivain, qui la publia quelques jours après, et la copie qu'en avait faite Boyd se trouva, mot pour mot, conforme à l'original. Le journal (le son ambassade à Candy se trouve dans la collection de ses oeuvres
  • Hugues BROUGHTON( 1549) : théologien anglais , né en 1549, à Oldbury, dans le comté de Shrop, fut élevé à Cambridge , par la générosité de Bernard Gilpin, qui, l'ayant rencontré à pied sur la grande route d'Oxford, l'interrogea, et , content de ses réponses, l'envoya à l'école qu'il tenait à Houghton, et de là à Cambridge, où le jeune Broughton se distingua par ses progrès , particulièrement dans la connaissance du grec et de l'hébreu. En sortant de l'université, il se rendit à Londres, où sa manière , réimprim. à Londres, 1596 fig.). L'auteur prétend que la langue d'Adam et d'Éve s'est conservée jusqu'à la captivité de Babylone, et que c'est celle des saintes Écritures. Cet ouvrage ayant été vivement attaqué, il obtint la permission d'en donner publiquement des explications, une fois par semaine, dans l'église de StPaul, à la condition toutefois de déclarer le nom et la demeure de tous ceux qui composaient son auditoire ; mais les évêques lui ayant fait retirer cette permission, il continua ses explications, tantôt dans un endroit , tantôt dans un autre. En 1589, il passa en Allemagne , avec un jeune homme auquel il servait de gouverneur, et publia, à son retour en Angleterre, une Explication sur l'article de la descente du Christ aux enfers. Son opinion à cet égard, adoptée depuis par l'Église anglicane, fut reçue avec l'opposition à laquelle Broughton devait être accoutumé, et qu'il provoquait par sa dureté dans la dispute, sa violence et son opiniâtreté. 11 publia , en 1591, Treatise of Melchisedech , proving him to be Sem. Il y soutient que Melchisédech n'est autre que Sem, fils de Noé. Peu content de son pays, il passa presque tout le reste de sa vie à voyager, prêchant et disputant, surtout avec les juifs, qu'il avait fort à ceeur de convertir, souvent avec les catholiques romains, et même avec les protestants. Il attaqua fort rudement le fameux Bèze, dans une lettre en grec adressée aux Genevois, Mayence , 1601 Ses talents le firent accueillir avec distinction par plusieurs prélats catholiques, entre autres par l'archevêque de Mayence, auquel il dédia sa traduction en grec des prophètes hébreux ; mais il n'est point vrai , comme on l'a dit , qu'on lui ait offert le chapeau de cardinal s'il voulait embrasser le catholicisme. Il fut longtemps prédicateur à Middelbourg ; sa santé commençant à décliner, il revint en 1611 en Angleterre , où il mourut en 1612. C'était un homme d'un profond savoir et d'une grande application à l'étude , à laquelle il donnait souvent jusqu'à seize heures de la journée, mais d'un caractère peu traitable et entier dans ses opinions. Il s'était fait en Angleterre tin grand nombre de partisans , qui l'aidèrent souvent de leur bourse , et qui accompagnèrent son convoi avec de grandes marques de regret. La plus grande partie de ses ouvrages , écrits en anglais ou en latin, a été imprimée à Londres en 1662, 1 vol. Loués avec excès par les savants de ce temps, ils sont aujourd'hui entièrement oubliés
  • Hugues CARBONEL : Français de nation, de l'ordre des frères mineurs de l'étroite observance, fleurit vers l'an 1620. On a de lui : 1° Discours sur le mauvais riche et le Lazare ressuscité, Paris, 1616; 2. Sermons sur les Evangiles de Caréme, Paris, 1620
  • Hugues BRUNET( 1223) : troubadour, né A Rodez, mort en 4225. On le destinait à l'état ecclésiastique, mais il entra par goût dans une autre carrière, où il eut tour à tour pour protecteurs son seigneur ie comte de Rodez, le comte de Toulouse, k dauphin d'Auvergne et le roi d'Aragon. Ses pièces roulent sur des sujets souvent traités par les poètes proven- çaux. Dans ses chansons, il se plaint de la rigueur des dames ; dans ses petits poèmes, il déclame contre la dépravation des moeurs. Il parait qu'il eut en effet à se plaindre des dames et des grands ; car la belle Galiana, bourgeoise d'Aurillac, etant aimée du comte de Bodv, lui szerilia Brunet qui l'adorait. Congédié par elle, il se retira de désespoir dans un monastère de chartreux, où il passa le reste de ses jours
  • Hugues CLAPPERTON( 1788) : célèbre voyageur anglais, naquit en 1788, à Annan , ville du comté de Dumfries, en Écosse. Sa famille, assez ancienne, parait avoir eu quelque illustration dans l'Eglise et dans l'armée; mais son père George Clapperton, n'était qu'un simple chirurgien de la petite ville d'Arman. Hugues ne reçut aucune instruction classique : seulement, lorsqu'il sut à peu près lire et écrire, on lui apprit un peu de mathématiques considérées surtout dans leur application à la théorie de la navigation. Il montra une aptitude assez remarquable pour ce genre d'étude qui 'préparait sa destinée de voyageur; et dès lors il fit preuve de qualités non moins essentielles pour cette rude vocation, c'est-àdire d'une bonne santé et d'un tempérament de fer qu'aucune variation de l'atmosphère ou des saisons ne pouvait atteindre. A dixsept ans, il s'embarqua, comme novice, à bord d'un navire de fort tonnage, qui faisait le commerce entre Liverpool et l'Amérique du Nord, et il traversa ainsi l'Atlantique à plusieurs reprises, se faisant distinguer entre tous ses compagnons par son sang- froid, son adresse et son intrépidité. Dans un de ses séjours à Liverpool, il fut arrèté pour une légère contravention aux lois de douanes, et n'échappa à un emprisonnement dont il était menacé qu'en prenant du service sur un WU ment de la marine royale. Ainsi ce furent le hasard et la nécessité d'expier une faute presque insignifiante qui lui firent faire le premier pas dans une carrière où il devait acquérir tant de gloire. Il ne tarda pas à être élevé au grade de midshipman, le premier degré, comme on sait, de la hiérarchie dans l'étatmajor naval. En 1813, l'amirauté ayant résolu d'instruire les équipages de la marine britannique au maniement régulier du coutelas, ou sabre d'abordage, dont jusqu'alors ils s'étaient servis sans en soumettre l'usage à aucun principe fixe, choisit Clapperton et quelques autres midshipmen, adroits comme. lui dans tous les genres d'exercice, pour leur faire prendre à Portsmouth des leçons du fameux maitre d'escrime Angelo, qui leur enseigna dans toute sa perfection le maniement de cette arme redoutable. Ils furent ensuite répartis, en qualité d'instructeurs, sur la flotte; et Clapperton se trouva placé à bord du vaisseau de soixantequatorze, l'A- sie, où le viceamiral sir Alexandre Cochrane avait son pavillon. L'Asie, qui était alors à Spithead, ne tarda pas à faire voile vers les côtes du Canada, où l'amiral allait prendre le commandement des forces navales de l'Angleterre chargées d'exécuter d'assez grandes opérations dans ces parages. Pendant tout ce trajet, qui se prolongea par une relâche aux Bermudes, le jeune midshipman remplit ses nouvelles fonctions de manière à faire admirer de tout le monde, et des officiers comme des matelots, tous également empressés aux mèmes leçons, sa mâle beauté, son assurance de marin déjà consommé, et cette ardeur à laquelle s'animait d'un nouveau feu l'enthousiasme militaire de tout l'équipage. Rien n'égalait en méme temps la gaieté conimunicative de son caractère : il savait à propos charmer l'ennui du voyage par quelques vifs refrains, débiter de joyeux contes, peindre des décorations pour les jeux scéniques qu'on im- provisait à bord du vaisseau, esquisser des vues, croquer des caricatures; en un mot, il se montrait à toute heure comme le plus amusant personnage que l'on pût voir, et il exerçait sur tous ses compa- gnons, depuis l'amiral jusqu'aux mousses, un grand et facile ascendant. Toutefois il crut devoir les quitter à son arrivée sur la côte de l'Amérique septentrionale, pour se diriger vers les grands lacs où Ne passaient les plus sérieuses actions de la guerre contre les ÉtatsUnis, et pour trouver là des aventures plus appropriées à sa nature entreprenante. Il se rendit à Halifax et de là dans le haut Canada, ois on lui donna bientôt, avec le grade de lieutenant, le commandement de la goélette la Confiance, dont l'équipage C;tait composé de tout ce qu'il y avait d'hommes réputés indiseiplinables dans l'escadre anglaise. En peu de temps, il sut les habituer à une subordination tellement rigoureuse, que la Confiance tut eitee dés lors pour son exacte discipline, comme elle l'avait été précédemment pour son indocilité. Dans les l'alles que lit parfois sa goélette le long des rives spacieuses du lac Erié et du lac Huron, Clapperton se faisait mettre à terre, s'enfonçait dans les bois et revenait ensuite avec de fraîches provisions, résultat d'une chasse heureuse. Les rapports qu'il eut avec les naturels du pays, dans ces excursions rapides, lui donnérent, dès cette époque, du goût pour une existence romanesque et demisauvage, et il conçut sérieusement le dessein de résigner sa commission à la lin de la guerre, et de se faire volontairement un des hôtes des N i ei I les forêts américaines. Mais sa passion pour les aven- tures et pour une vie excentrique devait ètre amplement satisfaite, plus tard, sur un autre théâtre et avec plus de profit pour sa patrie, avec plus de gloire pour luimême. En 1817, après la dissolution de la flottille anglaise qui occupait les lacs de l'Amérique, le lieutenant Clapperton fut mis à la demisolde comme beaucoup d'autres officiers, et se retira à Lochniaben, en Ecosse, où il consacra environ trois années aux délassements de la vie rurale. En •820, il se lia à Edimbourg avec le docteur Oudney, chirurgien de la marine, qui lui donna la première idée de tenter de nouvelles découvertes en Afrique, et se le lit adjoindre comme compagnon pour le voyage qu'il allait entreprendre luiinème an Bornou, par la route de Tripoli. Le docteur (levait s'établir au Bornou avec le titre de consul et la mission de protéger le commerce britannique. Un autre compagnon lui fut encore donné, quoiqu'il ne l'eût pas demandé; ce fut le lieutenant Denhain, mort depuis colonel, et qui devait, de la résidence consulaire du docteur, prise pour point de départ, diriger ses recherches vers Tombouctou. Ils pouvaient compter heureusement, pour le succès de leur entreprise principale, qui était (le parvenir au Bornou, sur le grand crédit dont l'Angleterre jouissait auprès du pacha de Tripoli, et sur l'influence que ce pacha exerçait luinième jusque vers le centre de l'Afrique. Partis ensemble de Fripoli, vers la lin de 1821, avec une caravane de marchands arabes, Denham, Clapperton et Oudney se rendirent par Sockna à Mourzouk, capitale du Fezzan. Les deux derniers firent de là, à l'ouest de à lourzouk, mie excur- sion dans le pays des Tonaldis, peuples errants qui paraissent ètre de la race des Berbers, et qui diffèrent essentiellement des Arabes par leurs mœurs et leur caractère. A l'est du Fezzan sont répandues les peuplades des Tillons, qui semblent ètre originairement de la même famille que les Touariks, mais Plus doux, et, il est vrai aussi, moins aventureux et moins intelligents. C'est entre les régions habitées par ces deux peuples (l'une race commune , les Touariks et les Tibbous, que les trois voyageurs trouvèrent et suivirent, à travers le désert, la route qui conduit du Fezzan au Bornou, et qu'aucun Européen n'avait encore parcourue. Ils eurent ainsi à franchir, pour atteindre de ce premier royaume au second, un espace d'environ dix degrés de latitude, presque entièrement couvert d'un sable mélangé de sel, et jalonné en quelque sorte par les cadavres des malheureux esclaves nègres , qui, trahies de toutes les parties du Soudan ou Nigritie, au marché de Tripoli, expirent en chemin, de soif, de faim ou de fatigue. Ils parvinrent enfin sur les bords du lac de Tchad, situé entre le douzième et le v
  • Hugues DELAISTRE : occupait en 1610 une place de lieutenant, soit général, soit particulier, à Langres, sa patrie. 11 avait été pendant la Ligue avocat général à la chambre de justice de Châlons. Tels sont les seuls renseignements que l'on ait sur sa vie. Il est auteur de quelques ouvrages curieux et dont voici les titres : 1° De l'Etre perpétuel de l'empire français par l'éternité de cet 'État, ou Re- montrances faites aux ouvertures, 1591 ; 2° Deux discours prononcés en la chambre de justice séant à Chdlons, I 595 3° Deux discours français sur les diverses occurrences et nécessités de ce temps, Paris, 1610 ; 4' Premier plan du mont- de- piété français, consacré à Dieu, Paris, 1611 de 1,140 pages. On connait encore de Delaistre un petit ouvrage latin qui parut en 1599, à Paris, sous le titre suivant : Felicioribus summi nzagistratus auspiciis, leetissimo sapientissimoque D. Pompo- nio Bellevreo ad dignitatem cancellarii divin° mu- acre erecto verissimi Hugonis Loestreei, juris utrius- que doctoris, Psychagogia
  • Hugues DESTREM( 1758 - 1803) : né à Foujaux en 1758, était commerçant dans le Languedoc, lorsqu'il fut élu dé- pisté de l'Aude à l'assemblée législative. Ses p cipes furent d'abord modérés, et ses connaissances spéciales le firent nommer membre du comité du commerce, où il se livra à d'utiles travaux. Ce l'ut sur sa proposition qu'après les *massacres de Versailles en septembre 1792 on supprima la haute cour de justice établie à Orléans. A la lin de la session législative, il remOit les fonctions de com- missaire du gouvernement près l'administration , municipale de Toulouse, et le département de la HauteGaronne le nomma en 1798 député au conseil des CinqCents. Il s'occupa dans cette assemblée de différents travaux sur les impositions et les finance, et s'opposa particulièrement au rétablissement de l'impôt sur le sel. Uni au partie des démagogues, il fut porté par eux à la place de secrétaire du conseil dans le mois d'adit 1699. Il dénonça dans ft même temps une insurrection royaliste, qu'il disait près d'éclater dans les envi- ions de. Toulouse, proposa des moyens de répres- sion vigoureux et appuya fortement Jourdan, qui demandait que l'on déclarât la patrie en danger. Devenu à cette époque un des meneurs du club qui se réunissait au Manége, il s'opposa vivement à la révolution du 18 brumaire, et lorsque Bonaparte entra dans la salle du conseil des CinqCents à StCloud, Destrem, le frappant sur l'épaule, l'apostropha en lui disant : « C'est donc pour cela («pie vous avez remporté tant de victoires ? » Bo- naparte étant sorti, Dest rem appuya la proposition de Talion, qui demandait que les troupes stationnées à StCloud fussent mises à la disposition du corps législatif, et qu'un message adressé au conseil des Anciens pour l'inviter à retourner à Paris. « Les circonstances, ditil, ne nous permet-« tent point de rester ici ; il faut aller à Paris pour « recouvrer notre indépendance. » Le conseil n'ayant adopté que la partie de la motion relative à l'envoi du message, Destrem reprit : « Cela rie « peut suffire ; vous avez des mesures urgentes à « prendre. Sans entrer dans le détail de la validité « de la nomination et des observations faites sur vo- « tce garde, et sur celui qui doit la commander, je « demande que vous déclariez la permanence. » Bonaparte triompha malgré ces réclamations ; la constitution directoriale fut abolie, et les consuls firent inscrire Destrem sur la liste de proscription qui nit décrétée, mais presque aussitôt annulée. On se contenta, pour le moment, de l'envoyer en surveillance dans sa cômmune; mais les persécutions contre les républicains ayant recommencé lors de l'attentat du 3 nivôse, il fut arraché à sa paisible rretraite pour aller expier dans l'exil mi crime auquel, ainsi que ses confrères, il était notoire qu'il n'avait pris aucune part. Déporté à Pile d'Oléron, il y mourut en 1805, au moment où l'empereur, cédant aux prières de son fils, lui avait permis de revenir dans sa patrie
  • Hugues DONEAU( 1527) : en latin Donellus, jurisetin- · ulte du 16e siècle, naquit à ClnilonssurSaône, en Après avoir fait ses études en droit à Tououse et à Bourges, sous les plus célèbres profes-,eurs de ce temps, il fut jugé capable d'enseigner aimême dans la dernière de ces villes, à l'âge de ans. Il y eut successivement pour collègues, 'aven, Cujas et François Hotman. Ayant em-?rassé le protestantisme dès sa plus tendre jeu-'esse, il se %it en danger lors de la StBarthélemy; ,es écoliers allemands le sauvèrent, au moyen d'un téguisement. En sortant de France il s'arrêta quellue temps à Genève, d'où il passa dans le l'ala-'inat, et enseigna le droit civil à l'uni‘ersité de leidelberg. On l'appela à Leyde, en 1575, pour ?, emplir les mêmes fonctions ; mais l'imprudence m'il eut de se mêler des affaires publiques, dans. on pays ag,ité de tant de factions, le força de le quitter et de retourner en Allemagne, où il prolessa à Altorf le reste de sa vie. Il mourut le 4 mai 1591, âgé de 64 ans. Doneau avait une mémoire prodigieuse : on prétend qu'il savait par coeur tout 'le corps de droit. II était aussi bon littérateur qu'habile jurisconsulte : ses écrits s'en ressentent ; il ? réunissait l'agréable à l'utile, mérite rare dans les ouvrages de ce genre. Il se fit tort par l'acharnement qu'il montra contre Cujas, dont il chercha vainement à détruire la réputation, soit de vive. '›oix, soit par écrit : il eut pourtant, dans une dispute avec lui, l'avantage de la bonne cause. Jean de Montluc, évêque de Valence, ayant été député à la diète de Pologne, pour y travailler à l'élection lu duc d'Anjou , trouva les esprits très- Xl. prévenus contre ce prince, à cause de la part qu'on lui attribuait dans l'affaire de la StBarthélemy. Il publia une apologie, oit il tâcha sinon de justifier, du moins d'excuser le massacre. Doneau y fit une réponse %intente, sous le nom de Zacharie l'ornester. Cujas crut devoir à l'amitié qu'il avait pour Mouline, (le répondre à Doneau sous un nom supposé. Les ouvrages de Doneau consistent en des traités particuliers, I m des commentaires sur divers titres du Digeste, et du Code ; ils avaient été publiés séparément ou à Paris, à Francfort, à Heidelberg, à Leipsiek, etc. Scipion Gentilis, son élève, qui fit son oraison funèbre, publia ses oeuvres posthumes, Hanau, 1601 d'après des manuscrits qu'il avait dans sa bibliothèque , et auxquels il mêla, diton, beaucoup de sa façon. les Allemands, qui savent encore apprécier le mérite de nos anciens jurisconsultes, si oubliés parmi nous, ont fait réimprimer les ouvrages des plus fameux. Ceux de Doneau ont été publiés sous le titre de Commentaria juris cit'ilis, par Kônig, 1 vol. Nuremberg, Raspe, 1801 à i84P. 'L C'est par erreur glue dans lm dictionnaire on a parlé d'une édition en volumes l., réimprimée à Lucques, en 12 %ultimes dont le dernier parut, diton, en 1170. Comment à Lucques auraiton porté à 12 volumes des matériaux qui n'avaient fourni que •1 volumes à l'éditeur allemand? BI.
  • Hugues FALCAND : historien du 12e siècle. On croit qu'il était né en Normandie , et qu'il avait été amené en Sicile dans sa jeunesse par ses pa- n rents. Il a écrit en latin l'histoire des événements arrivés en Sicile de 1146 à 1169. Cet espace de vingttrois ans comprend le règne de Guillaume SUrnOnliné le Mauvais , et une partie de celui de Guillaume II, c'est-àdire l'une des époques où ce beau pays a été le plus agité par des troubles. Falcand avait été le témoin de tous les faits qu'il rapporte, et l'air de bonne foi qu'on remarque dans ses récits lui a mérité la confiance des écrivains postérieurs. Il dédia son ouvrage à Pierre, trésorier de l'église de Palerme, par une épître qui n'est pas datée, mais que l'on croit n'avoir été composée qu'en 1189, peu de temps après la mort de Guillaume II. Ce fut Gervais de 'fournay, chanoine de Soissons, qui publia le premier l'Histoire de Falcand , sur un manuscrit de la bibliothèque de Mathieu Longuejoue, évoque de cette ville, Paris, 1550 elle fut insérée ensuite, d'après un manuscrit plus correct , dans les Rerum sicularum seriptores , Francfort , 1570 ; elle a été réimprimée depuis dans la Bibliotheca sicula de Carusio, t. 1; dans les Scriptor. rerum italicarum de Muratori, t. '7, et enfin dans le Thesaur. antiquitat. Sicilice de Burmann , 5e part. Thomas Fazelli, dans son Histoire de Sicile, attribue l'ouvrage dont on vient de parler à un certain Guiscard ou Guichard, fondé sur ce que son nom se trouve en tète d'une ancienne copie qu'il a eue entre les mains; mais cette preuve ne parait pas suffisante pour dépouiller Falcand de la possession où il a été confirmé par tous les critiques italiens , d'étre regardé comme le véritable auteur d'un ouvrage si souvent réimprimé sous son nom
  • Hugues FARMER( 1714) : théologien anglais nonconformiste , était issu d'une trèsbonne famille , et naquit en •714, près de Shrewsbury. il termina ses études théologiques à Northampton , sous le respectable docteur Doddridge. Sa première situation fut celle de chapelain d'un riche dissenter nommé Coward , connu par les singularités de son caractère autant que par son zèle religieux. Ce fut lui qui fit construire à Walthamstow un temple où se réunit bientôt une congrégation composée des hommes les plus riches de la secte , et dont Fariner fut nominé ministre. Une de ses bizarreries était de fermer de trèslionne heure dans l'après dtnée la porte de sa maison , et de ne plus l'ouvrir à qui que ce fût jusqu'au lendemain matin. Son chapelain ayant un jour oublié l'heure fixée, fut obligé d'aller chercher un glte ailleurs. Il le trouva chez un M. Snell , solliciteur et homme de mérite , et depuis ce moment n'eut pas d'autre domicile pendant plus de trente ans. Farmer fut nommé en 1761 l'un des prédicateurs d'une congrégation de dissenters , à Londres. Son caractère et son éloquence lui acquirent une grande réputation, qui s'accrut encore par la publication de ses ouvrages. C'est en 1761 que parut sa Recherche sur la nature et le but de la tentation ( le Notre- Seigneur dans le désert, où il s'attache à démontrer que cette tentation n'eut lieu que dans une vision qui présenta au Sauveur la vue (les travaux de son ministère futur. On remarqua dans cet ouvrage une profonde connaissance de la littérature sacrée et profane, un jugement sain , beaucoup de clarté et de force de raisonnement. L'auteur y ajouta de nombreux arguments dans une seconde édition qu'il en donna en 1765. Il publia en 1771 une Dissertation sur les miracles , qui a pour objet de prouver qu'ils sont les arguments d'une interposition divine et des preuves absolues de la mission et de la doctrine d'un prophète. 11 fut accusé d'avoir, dans la composition de cet ouvrage , profité , sans en faire l'aveu , d'un traité sur le menue sujet , publié par Lemoine ; mais cette imputation était trèsinjuste, comme on en put juger par l'Examen de ce traité , qu'il fit imprimer en 1772. Fariner donna en 1775 un Esscti sur les démoniaques du Nouveau Testament, où il cherche à prouver que les maladies attribuées à des possessions du démon sont l'effet de causes naturelles, et non de l'action de quelque malin esprit. Cet essai fut attaqué avec chaleur par un théologien anglican, le docteur Guillaume Worthington , dans sa Recherche impartiale au sujet des démoniaques de l'Evangile, etc., 1777. Fariner y répondit en 1778 , par ses Lettres au docteur Worthington. L'ouvrage ayant été également attaqué avec habileté, mais avec beaucoup d'aigreur , par un nonconformiste , le docteur Fell , dans un traité intitulé les Démoniaques, 1779, Fariner, en y répondant d'une manière indirecte dans le cours de son dernier ouvrage , The Preva knce , etc., c'est-àdire l'opinion de la croyance universelle de l'adoration des esprits humains chez les anciennes nations païennes, établie et démontrée, traita ce théologien avec une sévérité qui parut excessive aux yeux du public. Fell répliqua en publiant, en 1785, l'Idoldtrie de la Grèce et de Rome, distinguée de celle des autres nations païennes, dans une lettre au révérend Hugues Former. Farmer, qui n'aimait pas la controverse, ne reprit point la plume. Il résigna successivement ses fonctions ecclésiastiques , après avoir été quarante ans pasteur de la congrégation de Walthamstow. mourut dans ce hameau le 6 février 1787, et fut enseveli dans le même tombeau que son ami Snell. Hugues Farmer unissait aux qualités éminentes qui distinguent ses ouvrages les qualités aimables qui brillent dans le inonde et font rechercher la société. On ne lui a reproché qu'une réserve déplacée dans l'aveu de ses opinions religieuses. Tous ses ouvrages avaient pour but commun d'établir que l'univers est gouverné par Dieu seul, et ils passent pour les meilleurs qui aient été publiés dans le même but. Il avait laissé un grand nombre de lettres, de serinons et autres manuscrits de sa composition , qui furent livrés aux flammes après sa mort , conformément à ses désirs. Ils furent longtemps regrettés; mais il ne parait pas qu'on y ait beaucoup perdu , s'il faut en juger par quelques extraits , tels qu'un fragment de Dissertation sur l'histoire de Balaam , qui ont été publiés en 1805, à la suite des Mémoires sur la vie et les écrits de Hugues Far- mer, par un de ses amis, Michel Dodson, Londres
  • Hugues FAVOLI( 1523 - 1585) : né à Middelbourg , en 1525 , d'un père pisan , d'une mère zélandaise , après avoir fini ses basses classes dans sa ville natale , fut envoyé continuer ses études à Padoue , et s'y appliqua à la philosophie et à la médecine. En 1545, il voyagea à Rouie et à Venise, et rencontra dans la dernière de ces villes l'ambassadeur que CharlesQuint envoyait auprès de la Porte Ottomane, Celuici y emmenait, comme son secrétaire de légation, Matthieu Laurin , de Bruges, ancien condisciple de Favoli. Laurin obtint de l'ambassadeur l'admission de Favoli au voyage de Constantinople. Favoli , en s'en retournant, visita quelques îles de la Grèce, et revint l'hiver suivant à Venise, d'où il se rendit dans les PaysBas. La ville d'Anvers le nomma son médecin pensionnaire vers 1563, et il y mourut en 1585, àgé de e ans moins deux jours. L'épitaphe en trois distiques latins qu'il s'était faite dans sa dernière maladie fut gravée sur sa tombe, dans le cimetière de la cathédrale. A côté de la médecine, Favoli cultivait avec affection les muses latines. Son principal ouvrage est une Description en vers latins de son voyage à Constantinople , sous le titre de Hodoeporici Byzantini , libri III ; il l'a dédié au cardinal de Granvelle, Louvain, 1563 la facture (les vers n'est généralement pas mauvaise. Cette relation se trouve réimprimée, avec quelques retranchements, dans le recueil de voyages en vers latins que Nicolas Reusner a publié à Bâle , en 1580 On a encore de Favoli : Enchiridion orbis terrarum , carmine illustratum , Anvers , 1585 et une brochure où il examine quomodo Deus locutus sit cum prophetis
  • Hugues GAUTHIER : médecin du roi , docteur en médecine de l'université de Montpellier et de la faculté de Paris, naquit à Riceys, en Bourgogne, et mourut vers 1778. Sa vie n'a rien fourni aux biographes qui soit digne d'être transmis à la postérité ; mais, outre plusieurs mémoires insà.és dans différents recueils, il a laissé les ouvrages suivants : 1 , Montalbanais, docteur en médecine de Montpellier, médecin du roi , a écrit un petit Traité de la maladie vénérienne , 1617 ; compilation audessous du médiocre. CH- T
  • Hugues GOURRAIGNE : médecin , né en Gascogne, reçut le bonnet de docteur à Montpellier, devint professeur à la faculté de médecine de la meme ville , et y mourut en 1755. Le grand nombre de dissertations qu'il fit soutenir dans les écoles sur différents points de doctrine fort intéressants lui acquirent pendant sa vie beaucoup de réputation par leur ton piquant et paradoxal ; mais sa gloire n'a pas été plus durable que le mérite éphémère des productions sur lesquelles elle était fondée. 1. Sa dissertation De respiratione • Montpellier , 1729 a pour principal objet de prouver que la poitrine se dilate d'une manière passive par l'action de l'air pendant l'inspiration. Réponse au Journal des sa- vants sur la respiration, ibid., 1750 , c'est un mémoire dans lequel l'auteur défend contre les critiques les opinions avancées dans la précédente dissertation. 3' Tractatus de febribus , j. uxta circulationis leges , ibid., 1730, 173 ; 40 Dis- sertationes medico- chirurgicce , juxta circulationis leges , ibid., 1731 La première de ces dissertations traite des tumeurs en général, de leurs causes, de leur nature et de leurs différences ; la seconde et dernière a pour objet les tumeurs en particulier et leur traitement. 5" De * terri usu et abusu in medicina , ibid., 1736 , 6' De na- tura et cousis fluiditatis naturalis et deperditœ obi de diluentibus et emollientibus , de lactis natura et usibus in medicina, ibid., 1741 La nature du sang , les causes de sa fluidité , les médicaments délayants et émollients, la nature et l'usage mé- dical du lait, sont les objets dont traite cette dissertation ; mais on n'y trouve guère 'que des idées générales , plus ou moins vagues et quelquefois même hypothétiques. 7. De sanguinis missione. Peu satisfait des théories de Bellini, Silva , Martin , Tralles , etc., sur la saignée , l'auteur cherche à les combattre par des raisonnements qui ne sont pas toujours solides, et par des hypothèses qui n'ont pas plus de réalité que celles qu'il cherche à renverser. 8° Pathologiœ conspectus Mmes, 1743 Courraigne ne considère, dans cette dissertation , que les maladies internes. 9" Ph ysiologiœ conspectus. Montpellier, 1743 Q. m 100 estio. nes medicoe pro regia cathedra vacante Monspelii. Ces questions, proposées par les plus célèbres médecinà de Montpellier , ont pour objet l'influence de l'imagination des mères sur le foetus. L'auteur soutient qu'elle n'est pas la cause des monstruosités qu'on lui attribue vulgairement
  • Hugues GROTIUS( 1583) : savant hollandais, naquit à Delft le 10 avril 1583, d'une famille dist il eut pour père Jean de Groot, bourgmestre de cette ville , et curateur de l'université nouvellement fondée à Leyde. Ce magistrat était profondément versé luimême dans la littérature ancienne, dans la jurisprudence, dans la philosophie, et les muses latines ne lui étaient point étrangères. Dès son enfance , notre Grotius annonça les dispositions les plus extraordinaires, et il a fait exception à la plupart des génies précoces, en tenant tout ce qu'il avait promis. 11 ne comptait pas encore sept ans quand son père le confia aux mitres les plus habiles, pour le fortifier dans ses études du latin et du grec. On a conservé de lui des vers latins qu'il composa à l'âge de huit ans. A onze, il fut envoyé à l'université de Leyde, où Dotiza le père célébra son arrivée par une élégie latine remplie des éloges et des présages les plus flatteurs. Il demeurait à Leyde chez le célèbre François Junius , théologien non moins sage que profond philologue. Scaliger, Vulcanius, Merula, le distinguèrent , et non van Grood , comme l'a imprimé Camus , Bibliothèque choisie de Livres de droit, à la suite de ses Lettres sur la profession d'avocat , t. 1 , p. 215 de la 3« édition , Paris, 1805. bientôt parmi leurs disciples. Son oncle, Cor- neille Grotius, enseignait à Leyde le 'droit; D'el- cat , la théologie ; Snellius, les sciences exactes tous le virent fréquenter leur auditoire. Il publia, à cette époque, deux pièces de vers latins, et une Ode pindarique en grec , adressée au prince d'Orange. En 1597, il soutint deux thèses de philosophie, et il chanta Ileinri IV dans une pièce intitulée, Triumphas Gallicus, parodia Catulliana il la dédia à Paul Choart de Buzenval , alors ambassadeur de France à la Baye. Grotius fournit à pas de géant sa carrière académique. Au bout de trois ans de séjour à Leyde, il accompagna en France l'amiral de Zélande et le grand pensionnaire Barneveld, que les états généraux envoyaient en ambassade à Henri IV. Ce bon roi distingua le jeune Grotius; il le décora d'une chaîne d'or, et dit en le montrant à sa cour : l'oilà le miracle de la Hollande ! Grotius resta à peu près un an à Paris. Le président Jeannin le combla des plus flatteuses distinctions. Henri de BourbonCondé, premier prince du sang, qui n'avait encore que dix ans, se plaisait beaucoup avec lui, et le nomma son secrétaire. Grotius prit ses degrés en droit à Orléans; niais ses parents pressèrent son retour en Hollande. Fâché de ne pas avoir été à portée , pendant un an de séjour en France, de faire la connaissance personnelle de l'illustre J.A. de Thou , il lui en témoigna son regret par lettre aussitôt après son retour à Delft .11 cultiva beaucoup , par la suite l'amitié et la correspondance de ce grand homme, auquel il communiqua plusieurs renseignements précieux pour son histoire. Ayant été agrégé la mème année au barreau de la Haye, Grotius s'établit dans cette résidence. Son père l'y mit en pension chez le vénérable Uitinbogaert , chapelain du prince Maurice de Nassau. Cet ecclésiastique n'unissait , dans un degré peu commun , le savoir, l'éloquence, la modération et la piété. Grotius ne tarda pas à le regarder comme son second père. 11 s'appliqua à la plaidoirie avec non moins de succès que de zèle : cependant il ne négligeait point sou étude favorite des classiques grecs et latins, et il publia, cette mème année , son 41Iar1ianus Capella, avec de savantes notes, qui firent l'étonnement des connaisseurs. En tète de l'ouvrage , déjà prêt depuis un an , se trouve le portrait du prince de Condé, auquel il est dédié. , le commentaire est précédé du portrait de Grotius luimème , âgé de quinze ans , et revêtu de la chaîne d'or qu'il devait aux bontés du roi de France. Au bas de ce dernier portrait se lit ce distique latin Quem sibi quindenis Astrzea sacravit ab annis , Talis Hugeianus Grotius ora lero. Jusquelà Grotius réunissait assez ordinairement le nom de baptême de son père au sien , et il les fondait ensemble dans celui d'Hugeiaaus. Il adressa aussi , la même année, une élégie latine au jeune prince de Condé : elle annonce de grands progrès dans cette sorte de composition. Mais il fit preuve d'un autre genre de connaissances , bien moins commun à son âge, dans sa traduction du traité de Simon Stevin , mathématicien du prince Maurice de Nassau , qui par ordre de ce prince avait composé un petit ouvrage destiné à apprendre aux pilotes à trouver les ports des différentes parties du monde. Grotius rififitula A tlIEVEUpET.tWil , et le dédia à la république de Venise , dont il avait connu en France l'ambas- sadeur Contarini , et dont l'intérêt aux progrès de la navigation ne le cédait pas à celui des Hollandais. Il est étonnant que Brandt, biographe si exact de Grotius, ait oublié de mentionner cette Production. L'année suivante , il publia ses Aratcea , ce monument si précieux des connaissances astronomiques des anciens , et il les dédia aux Etats de Hollande et de Westfrise. Notions exactes , talent pour la poésie, saine critique éléments d'érudition orientale, distinguent ce nouvel ouvrage , qui eut un succès extraordinaire parmi les hommes dignes de l'apprécier, et valut à Grotius les suffrages ies plus honorables. Les Muses étaient toujours son délassement favori : la religion, la patrie, ses affections personnelles et le cercle toujours croissant de ses relations, ne le laissaient pas manquer de sujets pour la poésie. Ce siècle était pour la Hollande une époque féconde en prodiges. Depuis trois ans, les Flamands , les Autrichiens et les Espagnols faisaient le siége d'Ostende, qui bravait leurs efforts r 'unis. Cette résistance excitait le plus vif intérêt : Grotius composa , en onze vers alexandrins, une prosopopée de la ville d'Ostende , qui passa dans le temps pour un chefd'oeuvre. Les plus beaux esprits de la France la traduisirent en vers fran-çais. Malherbe , même, lui fit cet honneur. Casaubon la mit en vers grecs. L'original fut , par une Méprise bien flatteuse, attribué à Scaliger. Grotius entreprit même de chausser le cothurne trois tragédies latines de sa composition se suivirent d'assez près ; l'une, sur la disgrâce et la fuite d'Adam , l'autre, sur ia passion de NotreSeigneur ; la troisième, sur l'élévation de Joseph en Egypte , sous le titre de Sophompaneas . La première parut à Leyde en 1601. On croit qu'elle n'a pas été inutile à Milton pour son Paradis perdu. Grotius, qui avait donné à cette pièce une place dans ses Sacra, imprimés à Leyde en 1601, ne l'admit pas dans le recueil de ses poésies, que publia en 1616 son frère Guillaume. Son Chris- tus patiens , imprimé à Leyde en 1608 , fut traduit en anglais par Sandes; et Grotius fut trèscontent de cette traduction , dédiée au roi d'Angleterre. Mais il fut surtout infiniment flatté de voir son Sophompaaeas traduit par k'auile/, le coryphée du Parnasse hollandais, et sa pièce ne pouvait recevoir en effet un plus grand honneur. Le recueil desSacra , qui parut à la Haye en 1601 ecntenait, avec 'Vidimus exul. quelques paraphrases de psaumes; d'autres , d'hymnes tirées des quatre Évangiles et du livre des Ariel des iipôtrrs, etc. Ce recueil , devenu rare , a été depuis réimprimé à Dordrecht , par le savant libraire Van Bram. C'est à cette époque que Grotius conçut l'idée d'écrire l'histoire des grands événements au milieu desquels sa patrie jouait un rôle si distingué : il y fut déterminé en partie par l'exemple et les conseils de l'illustre de Thou. Sur la proposition de Barneveld, les États de Hollande nommèrent Grotius leur historien , par une résolution du 9 novembre 1601. les modiques honoraires de cette place furent successivement augmentés, en récompense du zèle qu'il apportait à son travail. A la même époque, Ilenri IV songeait à mettre Grotius à la tête de sa biblio- thèque : tuais les difficultés qui avaient empêché la nomination de Casaubon s'aplanirent, et Grotius, ayant obtenu , le 12 novembre 1607, la place d'avocatfiscal général de Hollande et. de Zélande , travailla l'année suivante à son traité de la liberté des mers . Les prétentions exclusives des Espagnols sur la navigation des Indes, prétentions émises dans des négociations de paix qui s'ouvrirent à cette époque, y donnèrent naissance. l'ouvrage de Grotius marque dans cette mémorable controverse. 11 publia l'an 1610 son traité De antiquilate reipublicie Wa- rka,. que son piere l'aida ensuite à traduire en hollandais, et dont lei États de Hollande lui témoignèr Gifu Illippi regis usque ad durias anni % OU, et au mois de septembre 1612 il en remit le manuscrit entre les mains (le Barneveld , qui le mois suivant le présenta aux Etats. Ceuxci nominèrent une commission pour exami- fier si la publication pouva:t en avoir Wu immédiatement , ou s'il convent.:it de la retarder. Ce dernier avis prévalut, et Grotius n'a pas eu la satisfaction de voir l'ouvrage imprimé de son vivant. Il ne l'a el: line douze ans *rés sa mort Pr lus suifis de ses dei l\ fds Corneille et Pierre
  • Hugues KELLY( 1739 - 1777) : Irlandais, né en 1739, sur les bords du lac Killarney, , fut successivement tailleur pour femmes, écrivain public, auteur et avocat. Quoiqu'il n'eût point fait d'études classiques, son talent se forma par la lecture et par la société des gens de lettres, et ses ouvrages eurent du succès. Il mourut en 1777, àgé de 38 ans. On a de lui : La Fausse délicatesse, comédie, 1768; 2° Un mot suffit au sage, comédie, 1770; 3° L'Ecole des femmes , comédie , 1774; 4° Le Roman d'une heure, parade , 1774 ; 5° Clémentine, tragédie , ' 1771 ; 6° Thespis , peme dans le gout de la Rosciade de Churchill , 1767; 7° Un roman intitulé Mémoires d'une fille du monde , plusieurs fois réimprimé et 8° L'Homme raisonnable, comédie , 1776. Les représentations de cette pièce furent interrompues par une cabale populaire , parce que l'auteur avait écrit quelquefois en faveur du gouvernement. Les oeuvres d'Hugh Kelly ont été recueillies
  • Hugues KOLLONTAY( 1750 - 1812) : l'un des chefs des der- fières révolutions de Pologne , s'y montra si exalté , qu'on l'appelait le Robespierre de la Po- logne. Né le ler avril 1750 , dans le Palatinat de Sandomir , d'une famille noble , mais peu riche, il fut destiné à l'état ecclésiastique , fit ses études à Rome , suivit la carrière des lettres , et devint recteur de l'université de Cracovie. Après s'ètre occupé pendant douze ans de l'éducation publique, il fut appelé au sein de la diète en 1788, et vit s'ouvrir un champ plus vaste à son ambition. Il publia différents écrits pour préparer l'opinion publique en faveur des lois que méditait cette assemblée , et fut ensuite un des pr rédacteurs de la constitution du 5 mai 1791 , qui tendait à assurer un gouvernement plus stable à la Pologne , surtout en remplaçant le droit d'élection par l'hérédité du pouvoir souverain. Il fut à cette époque élevé à la dignité de vicechancelier de la couronne ; mais cette constitution ayant été renversée en 1792 par les armées russes , Kollontay fut contraint de se réfugier el, pays étranger. S'étant retiré à Dresde, avec Ignace Potoei , il reçut de Kosciuszko , à la fin de 1793, avis de l'insurrection que l'on projetait en Pologne mais l'un et l'autre jugèrent le moment peu favorable et les moyens insuffisants. Bien qu'on les ait signalés tous deux comme les auteurs du mouvement de 1791, il paralt certain que cette levée de boucliers ne fut point leur ouvrage, qu'ils la trouvèrent prématurée, et qu'ils ne s'y joignirent que lorsqu'il fut impossible de la retarder. L'effervescence de la jeu- nesse polonaise, la crainte qu'avaient les insurgés d'être découverts , et surtout le licenciement des troupes que voulurent effectuer les Russes, furent les principales causes qui précipitèrent ce mou. veinent. Cependant les correspondances que Kollontay avait conservées dans le canton de Cracovie y avaient préparé le peuple à l'insurrection. Après les succès obtenus par les insurgés au combat de Wraclawice , Kosciuszko songea à établir dans la capitale du royaume un conseil national pour gouverner et diriger la révolution. Kollontay, qui l'avait rejoint, fut aussitôt nommé membre de ce conseil et chargé des finances. Né avec un caractère inflexible et exalté , il fut détesté du parti royaliste, qui lui reprochait d'avoir plaidé, étant vicechancelier, la cause des serfs, qui l'ac- cusa , en 1794, de viser à la destruction de la noblesse, enfin d'aspirer au rôle de Robespierre, et d'avoir , ainsi que son collègue Potoçki, été cause de la mort des prisonniers que le peuple avait pendus , comme vendus à la Russie. Quoi qu'il en soit de ces accusations , que plusieurs circonstances semblaient justifier , Kollontay fut, de tous les chefs insurgents, celui qui se montra ' le plus favorable à une révolution démocratique. Après la perte de la bataille de Maciejowice, on prétend qu'il se brouilla avec son ami Ignace Potoçki , qui commençait à le trouver exagéré. ',Cette mésintelligence fut au reste plutôt soup-çonnée qu'aperçue, et ils continuèrent d'agir de concert jusqu'à la prise de Varsovie mais c'est à la fin même de sa carrière politique que Kollontay fut le plus vivement attaqué par ses ennemis. On l'accusa , ainsi que Zaionczek , d'avoir voulu faire égorger le roi , sa famille, ses partisans et les prisonniers russes, afin de contraindre le peuple et l'armée à se défendre jusqu'à la dernière extrémité, en ne leur laissant aucun espoir de pardon , et, d'après son caractère connu , cette accusation n'est pas Arrêté quelque temps après en Gallicie, où il s'était réfugié, il fut enfermé à 01- mutz jusqu'à l'avénement d'Alexandre , qui demanda sa liberté à l'Autriche , et l'obtint sans peine. Une circonstance assez remarquable de cette captivité, c'est qu'il fut renfermé longtemps dans la même prison que la Fayette, avec qui, du reste, il n'eut point de rapports, tous les deux étant tenus au secret le plus rigoureux . Lorsqu'il eut recouvré sa liberté, il parut ne vouloir plus se mêler des affaires de son pays que par ses vœux et par les soins qu'il donna à plusieurs jeunes officiers de sa famille, que le parti patriotique a toujours vus dans ses rangs. Après le traité de Tilsitt , il lui fut permis de se fixer dans le duché de Varsovie, et il y mourut en 1812, avant l'invasion des Français. On a de lui : 10 Une collection de Discours prononcés sur divers sujets ; 2. Essai sur l'hérédité du & due de Pologne. I vol. ; 3. Lettres d'un ano- nyme ci Stanislas N. illalachowski, maréchal de l'assemblée, etc., 1788-1789, 4 vol. C'est une longue dissertation sur la réforme du gouvernement. 4. L'Ordre physique et moral, OU l'Exposition des droits et des devoirs de l'honanieDe l'établissement et du renversement de la con- stitution du 3 mai 1791 , Metz et Léopol , 2 vol. Cet ouvrage fut écrit de concert avec Dinochowski et Potoçki. 6. Derniers avis aux Polonais ; 7^ Réflexions sur le gouvernement du grand- duché avec cette épigraphe : Nil desperindism , 1801, in -8.. Il laissa en outre beaucoup d'écrits politiques inédits , entre autres une réfutation de l'Histoire de l'anarchie de Pologne, par Rulhière. Raczynski a publié Stan Oswiecenia, Posen , 1812, 2 vol. Kollontay y peint l'état de l'instruction populaire en Pologne, vers le milieu du 18° siècle, d'une manière intéressante et véridique. Récemment on a extrait de ses écrits posthumes une série de recherches historiques : Badania histo- ryczne , Cracovie , 1844 , 3 vol. J. Sniadecki a publié un Tableau de la vie littéraire de Kol- lontay
  • Hugues LIBERGIER ou LE BERGER( 1200 - 1263) : architecte de Reims, né vers le commencement du 13e siècle, s'illustra par la construction du portail, des deux tours, de la nef et des deux ailes de la belle église, aujourd'hui détruite , de StNicaise de Reims, à laquelle il travailla depuis 1229 jusqu'à sa mort, arrivée l'an 1263. Robert de Coucy acheva cet édifice. Libergier fut enterré devant l'église qu'il avait bâtie, sous une pierre blanche qui fut mise ensuite à l'entrée de la nef de la cathédrale. On y voyait sa ligure ciselée en plomb ; il portait dans sa main gauche la moitié de l'église de StNicaise et tenait dans sa droite une règle et un compas : autour de cette pierre on lisait son épitaphe. « C'est la preuve d'une « intelligence peu commune dans Hugues Liber« gier, dit l'abbé Pluche, d'avoir risqué avec suc« cès, sur des appuis aussi délicats que l'étaient « les deux tours de cette magnifique église, dix « pyramides en pierres, dont les deux grandes « avaient cinquante pieds de hauteur sur une « base de seize pieds ; comme c'est une sage ré« serve dans l'architecte de la cathédrale, Robert « de Coucy, de n'avoir pas chargé ses deux tours « du fardeau fort supérieur des deux pyramides « qui auraient pu les terminer. Ce que Libergier « a fait de plus beau n'était peut-ètre pas son « portail, où les ornements avaient été jetés « à pleines mains : l'ordonnance également sim« pie et majestueuse des dehors de son,église « attachait bien autrement les yeux attentifs; la « justesse des proportions, la hardiesse du dessin « et de l'exécution, la délicatesse et la noble sim« plicité étaient les principales beautés qu'on y « admirait. Les deux architectes avaient employé « tout ce que l'art, joint à l'expérience, leur avait « appris de plus délicat et de plus- achevé pour « en faire un des plus beaux monuments de « France et peut-être de l'Europe
  • Hugues MAC-CURTIN : savant irlandais, était principalement versé dans la connaissance de la langue et de la littérature de sa patrie. Il a publié à Paris en 1732 un dictionnaire anglais et irlandais, auquel il joignit une grammaire irlandaise, expliquée en anglais pour faciliter à ses compatriotes l'étude de cette langue, dont la plupart ignorent les principes; l'anglais étant la seule langue enseignée dans les écoles, et employée dans les actes publics. Ce dictionnaire est le premier livre imprimé en France dans lequel on ait employé des types irlandais, qui y sont même longtemps après demeurés rares, puisque dans le Dictionnaire , irlandaislatin d'O'Brien, publié chez Valeyre en 1768 on n'a fait usage que des types latins. La grammaire irlandaise de MacCurtin , avait déjà paru à Louvain, 1728
  • Hugues MARET( 1726 - 1785) : médecin, né à Dijon en 1726, dans une famille où la chirurgie était exercée depuis plus d'un siècle, obtint fort jeune mie assez grande réputation dans la pratique. il publia plusieurs écrits sur l'inoculation , et parvint à faire adopter presque généralement, en Bourgogne, une méthode qui comptait alors autant d'adversaires qu'en a eu depuis la vaccine. Il fixa, l'un des premiers, l'attention du gouvernement sur le danger des inhumations dans les églises , et contribua ainsi à la sage ordonnance qui supprima les cimetières publics dans l'enceinte des villes. Maret fut l'un des trois professeurs qui se chargèrent, en 1773, d'ouvrir des cours gratuits de chimie et de botanique dans le jardin des plantes établi nouvellement à Dijon par le respectable le Gouz de Gerland . Il s'appliqua fort tard à la chimie, eut le courage de se mettre au nombre des auditeurs de GuytonMorveau, son ami, fit des progrès rapides et fut bientôt en état de se livrer à des expériences neuves, et qui poussées plus loin eussent considérablement ajouté à sa réputation. Il avait donné une impulsion nouvelle à l'académie de Dijon en excitant plus spécialement ses confrères à la culture des sciences. L'académie de Dijon devint sous ses auspices l'émule de l'université d'Upsal ; et par elle furent connus en France les travaux de Scheele et de Bergman. La carrière laborieuse de Maret fut quelquefois troublée par des discussions polémiques auxquelles il n'eut pas le bon esprit de se refuser et qui lui causèrent quelques chagrins . Il était censeur royal, correspondant de l'Académie. des sciences de Paris , membre de plusieurs académies étrangères et presque de toutes celles , il parvint à afrèter les ravages de ce redoutable fléau ; mais atteint luimême de cette maladie, il y succomba victime de son dévouement le II juin 1785. Il a laissé plusieurs enfants, entre autres M. Maret duc de Bassano , dont l'article suit. Outre des mémoires sur l'inoculation et sur l'usage des eaux minérales, de nombreuses observations dans Fresne SIMarnez est un village de Bourgogne enclavé dans la Fr.incheComte; il fait partie aujourd'hui de l'arrondissement de Gray, département de la Hante Satine. la Gazette de santé, des mémoires sur la pulmonaire et sur l'utilité des vésicatoires dans les pleurésies et les péripneumonies , etc. , on a de lui : 1° Essai sur les fièvres épidémiques, dans le Recueil de l'académie de Dijon, t. 1 , p. 125, et séparément., Dijon, 1775 9° llémoire sur la méridienne, ibid., t. 2, p. Ir. ; > Mémoire sur les bains d'eau douce et d' eaude mer, couronné en 1767 par l'académie de Bordeaux, Paris, 1769 , sur les exhumations du charnier des Innocents. 7° Les Eloges de Rameau , de le Gouz de Gerland , de Durey de Noinville , dans les Mémoires de l'académie de Dijon et dans le Nécrologe des honimes célèbres de France. Maret a eu part, avec Guyton de Morveau et Durande, à la rédaction des Eléments de chimie théorique et pratique, Dijon, 1777, 3 vol. Quoique secrétaire d'une académie, il n'avait pas de style ; son élocution est pénible, inélégante et décousue. On lui reproche aussi d'avoir abusé des résumés en forme de tableaux. — Son oncle, Jean- Philibert MARET, chirurgienmajor de l'hôpital général et pensionnaire de l'académie de Dijon , né dans cette ville en 1705 , mort le 1,1 octobre 1780 , a laissé quatorze observations importantes et quatre mémoires insérés dans le Recueil de la inème académie
  • Hugues MÉTEL ou METELLUS( 1080 - 1157) : poCe et littérateu• du 12e siècle, était né vers l'an 1080 à Toul, d'une des premières familles de cette ville. Sa mère , restée veuve de bonne heure , prit le plus grand soin de son éducation; elle l'envoya à l'école du docteur Ticelin , habile instituteur, qui lui fit faire de rapides progrès dans les sciences et les arts cultivés alors. Métel visita ensuite les principales villes de France et d'Italie, et suivit à Rome les leçons des plus célèbres professeurs ; mais entraîné par l'exemple de ses camarades , il ne tarda pas à se livrer à tous les désordres d'une vie licencieuse. Il ouvrit enfin les yeux sur ses nombreux égarements ; et , ayant quitté l'Italie il vint se placer sous la discipline d'Anselme de Laon, savant théologien. Par le conseil de son maître, il embrassa la vie religieuse dans l'abbaye des chanoines réguliers de StLéon de Toul ; mais il lui fut plus facile de prendre l'habit que les vertus de son nouvel état. Tourmenté sans. cesse par le souvenir du monde auquel il avait renoncé, du fond de son cloître il adressait des lettres aux plus grands personnages , non pour leur demander des conseils, mais pour leur donner des avis, et, plus encore, comme il en convient, dans l'espoir que sa correspondance avec les hommes célèbres sauverait son nom de l'oubli. Dans toutes les lettres que nous avons de lui , on voit percer la vanité la plus extraordinaire ; mais c'est dans la cinquanteunième qu'il a surtout cherché à donner une haute idée de ses talents et de leur universalité. A l'en croire , il était presque constamment sorti victorieux des disputes de l'école, et il ne le cédait à personne pour les connaissances en grammaire , philosophie , rhétorique , musique, mathématiques et astronomie; enfin, ajoutetil, « je pouvais, en me tenant sur un pied, coin« poser jusqu'à mille vers ; je pouvais faire des « chants rimés de toute espèce ; j'étais en état de et l'autre dans celle de SteGeneviève. Hugo, abbé d'Estival, en a extrait cinquantecinq Lettres et quelques Fragments de différentes pièces de vers, qu'il a publiés dans le tome 2 des Sacrœ antiquitatis monumenta . On trouvera une analyse intéressante des Lettres de Métel dans l'Histoire littéraire de la France, t. 12, p. 495-510. Mabillon avait déjà publié celles qui sont adressées à StBernard , dans l'édition des oeuvres de ce Père : parmi les autres, on en distingue une à Abélard, dont Métel condamne les erreurs avec beaucoup de sévérité, deux à Héloïse, une à Gerland , écolàtre de Besançon , à Alberon , évêque de Mayence , etc. Les lettres de Métel les plus importantes ont été traduites par Fortia d'Urban dans son écrit intitulé Histoire et ouvrages de H. Métel, ou Mémoires pour servir à l'Histoire eccle'siastique du 12e siècle, Paris, 1839 Les vers latins de Métel , recueillis par son éditeur, ne donnent pas une bien grande idée de son talent pour la poésie ; la meilleure pièce est la première : D'un loup qui se fit ermite; mais, par malheur, elle n'est point de Métel , et c'est par erreur que son éditeur la lui attribue. Cette fable est de Marbode , évêque de Rennes , et on la trouve dans les OEuvres de ce prélat. Dom Calmet attribue , avec assez de vraisemblance , à Métel , la chronique en vers intitulée Garin le Loherans; mais les auteurs de l'Histoire littéraire de la France ne partagent point cette opinion , par la raison qu'il est parlé , dans l'ouvrage, de la commune de Metz, dont l'établissement n'eut lieu qu'eu 1179, c'est-àdire plus de vingt ans après l'époque fixée pour la mort de Métel. 11 ne nous est pas possible de résoudre cette difficulté. Quoi qu'il en soit, dom Calmet a publié un long et curieux extrait du roman de Garin, à la suite du tome 1" de l'Histoire de Lorraine, dans les Preuves, col. cuxxxv ; cet ouvrage, plein de récits fabuleux, n'en est pas moins trèsutile pour la connaissance du langage , des coutumes et des moeurs des Lorrains au moyen âge
  • Hugues MICHAUD DE CORCELLES( 1400 - 1572) : naquit au commencement du 15e siècle en Savoie , d'une famille dont la noblesse remonte au 10e siècle, et qui s'est alliée aux plus illustres maisons du pays , notamment à celles de Salles , de Menthon et de Conzié. D'abord conseiller et secrétaire du duc de Savoie , Charles III , Hugues Michaud le servit avec autant de zèle que d'habileté dans les guerres contre la France et contre les Genevois. Il était auprès de lui en 1536, lorsque ce prince, retiré dans son château de Nice, résista avec En 1852 la Biographie universelle eut à défendre sa propriété contre les graves atteintes d'une contrefaçon. l a maison Firmin Didot frères entreprenait la publication d'un Dictionnaire biographique. Cette publication s'intitulait Nouvelle biographie universelle, ancienne et moderne, et elle s'attribuait en même temps le droit de ',cendre dans notre ouvrage un grand nombre d'articles, parce qu'ils étaient signés par des auteurs dont les ouvrages étaient tombés dans le domaine public. Une instance correctionnelle dirigée contre MM. Firmin Didot frères s'ensuivit. On déniait à Michaud la pensée , la direction, la création de la Biographie universelle; bornant son rôle à celui d'un simple collecteur d'articles. Différents mémoires furent rédigés de part et d'autres jeoy. le Journal de la librairie, ann. 1852, 1853, 1854 et 1855) et des pièces nombreuses vinrent prouver le rôle de directeur éminent que Michaud avait joué dans la composition et la publication de la Biographie. La cause de la Biographie universelle fut défendue en première instance et en appel à Paris, à Amiens, à Orléans, par M‘,, Marie et Bethmont , alors bâtonnier de l'ordre des avocats à Paris , et devant la cour de cassation par M. Gronalle. Divers jugements et arrêts différents quant au résultat juridique , mais unanimes sur le mérite et l'importance de Michaud dans la création de l'oeuvre , furent rendus. La propriété de la Biographie et de ses articles fut définitivement sauvegardée au nom de la loi violée par la contrefaçon. Sans nous étendre sur ce sujet , il nous suffira de renvoyer le lecteur curieux de plus longs détails sur cette haute question de propriété et de jurisprudence aux préfaces des tomes 12 et 13 de notre édition, où nous en avons raconté les péripéties successives et reprbduit textuellement les arrêts clètinitifs intervenus. E. D—s. tant d'énergie et refusa de livrer à ses ennemis ce dernier asile. Le duc de Savoie ayant envoyé peu de temps après son jeune fils EmmanuelPhilibert auprès de CharlesQuint, lui donna pour guide et conseiller intime Hugues Michaud , qui suivit ce prince dans ses glorieuses campagnes des PaysBas. L'Empereur fut tellement satisfait des services que Michaud rendit au jeune duc et à luimême, que, par lettres datées de Bruxelles, le 15 février 1519 , il le créa chevalier et comte palatin d'Empire, avec « pouvoir de légitimer les bâtards, de « créer (les notaires, d'affranchir les serfs, et au- · tres prérogatives des comtes palatins. » Le duc de Savoie ajouta à ces récompenses d'autres faveurs non moins précieuses. Michaud ne se sépara plus d'Emmanuel Philibert : il était auprès de lui à la glorieuse bataille de StQuentin , et il l'accompagna encore quand ce prince revint dans ses Etats , qui lui avaient été rendus par la paix de CateauCambrésis en 1559. Hugues Michaud fut alors chargé d'aller reprendre possession en son nom de la Bresse et du Bugey. Revenu auprès de son souverain, il continua à jouir de toute sa faveur , fut nommé son premier secrétaire et en même temps maitre des comptes à Chambéry. mourut dans cette ville en 1.572, laissant plusieurs enfants de Nicolle des Molettes, qu'il avait épousée en 4564. Sa postérité s'est divisée en plusieurs branches, dont l'une est fixée depuis longtemps à Nice , et l'autre dans la terre de Mognard, puis dans celle d'Albens. De la première sont issus les deux célèbres guerriers , qui , devenus aides de camp généraux de l'empereur Alexandre , le servirent avec tant d'éclat dans ses dernières campagnes, et dont l'aîné , ayant rempli en 1811 la mission de rétablir VictorEmmanuel sur le trône de Sardaigne, reçut de ce prince , à cette occasion, le titre de comte de Beau- Retour. Le second, marchant à côté de l'empereur Alexandre, au siége de Thorn, en 1813 , eut le bras emporté par un boulet de canon
  • Hugues MONTBRUN : lieutenant général des armées françaises et gouverneur de l'ouest de StDomingue , fut arrêté par ordre de Rigaud, commissaire du directoire, et conduit prisonnier en France en 1796. Ses opinions politiques le firent regarder à cette époque dans les conseils législatifs comme une victime d'ordres arbitraires ; et le directoire, sur le rapport de Blad, demeura chargé en novembre, même année, de le faire juger sans délai. Une commission fut même nommée aux cinqcents pour presser les moyens d'accélérer son jugement ; mais ce ne fut que vers la fin de mai 1798 que le conseil de guerre de la 7' division militaire fut convoqué à Nantes à cet effet. Le général Montbrun, accusé de haute trahison, fut acquitté à l'unanimité, mais ne recouvra pas d'activité. 11 mourut quelques années plus tard
  • Hugues PICARDET : né à Mirebeau, en Bourgogne, de parents obscurs, exerça pendant c ans les fonctions de procureur général au parlement de Dijon sous Henri III, Henri IV et Louis XIII. Il demeura fidèle aux deux premiers pendant les troubles de la Ligne et il eut la satisfaction de marier sa fille à l'un des plus illustres chefs de la magistrature, 1.A. de Thou. Le terme de ses travaux fut celui de sa carrière. Il venait de résigner sa charge entre les mains du conseiller Lenet, le même à qui madame de Sévigné trouvait un esprit si piquant, lorsque la mort l'emporta le 9.9 avril i61, à 81 ans. On a de lui : 10 Remontrances faites en la cour du parlement de Bourgogne, Paris 1618 et 1624 ; 92 Remontrances sur l'édit de Nan- tes, les duels , les blasphèmes, etc., non comprises dans le volume précédent, Dijon, 1614 30 L'assemblée des notables à Rouen , Paris , 1617 ; 40 L'assemblée des notables tenue à Paris, années l66 et 169.7, Paris, 165'2 Les résolutions prises sur différentes propositions concernant la justice, la police et les finances de l'Etat, sont rapportées dans ce volume avec les harangues des personnages les plus influents. — Picardet publia l'Histoire des guerres soutenues par les Français en Italie , par George Fiori écrivain qui vivait au commencement du 16e siècle. Cette éditi6n, mentionnée par Maittaire dans ses Annales typographiques, est dédiée au chancelier Sillery et porte pour titre : Georgii Flori , furiscons. Mediolane- nsis , de bello Italico et rebus Gallorum prœclare gestis libri 6 ; seilieet de Ca- roli VIII expeditione Neapolitana libri duo, de Lu- dorici expeditione Bononiensi , de bello Ge- nuensi et Germanico libri 4, Paris, 1613 On voit par ce seul énoncé que l'historien milanais est favorable à la France : aussi repoussetil continuellement les traits lancés contre notre nation par Guichardin et les annalistes contempo- rains. Denis Godefroy a inséré dans son Histoire de Charles VIII la plus grande partie de cet ouvrage de Fiori. FT.
  • Hugues SALEL( 1504) : né à Casals, dans le Quercy, en 1504 , embrassa l'état ecclésiastique et obtint les bonnes grâces de François PC, qui lui donna plusieurs bénéfices considérables et lui accorda en outre le titre de son poêle, en lui demandant de traduire l'Iliade en vers. Salel se mit à l'oeuvre, mais avec la lenteur qu'on apporte d'ordinaire à tout travail officiel; il n'acheva que les douze premiers livres, en vers de dix syllabes, d'une désespérante médiocrité. Il paraphrase sèchement le texte grec et n'a jamais ni couleur ni vie. Telle fut cependant l'avidité avec laquelle cette triste production fut accueillie du public que les libraires la mirent au jour par fragments, à mesure que Salel les leur livrait. Les deux premiers livres parurent à Lyon en 1542.; les livres 3 à 9 arrivèrent successivement; les dix premiers furent réimprimés en 1515, et en 1546 avec addition du onzième. Le douzième se trouva dans l'édition de 1570. Salel étant mort sans terminer le treizième, Amadis Jamyn acheva cette malheureuse version , revit l'ceuvre de son devancier, et le tout parut à Paris en 1580. Trentehuit années s'étaient écoulées entre le début et l'achèvement de l'entreprise. L'édition de 1580 fut réimprimée plusieurs fois, notamment à Paris en 1584, à Rouen en 1605. Ronsard accorda de grands éloges à ce travail ; il écrivit des vers où il prétend que Salel mourut à la lieur de l'âge, par suite de l'inimitié des dieux protecteurs des Troyens, qui avaient déjà rendu si misérable la vie d'Homère. Le début de l'Iliade, dédié à François 1", dont Priam fut l'aïeul, montrera si tous ces éloges étaient bien mérités le te suply, Deesse gracietu,e Vouloir chanter lire pernicieuse Dont Achilles fut tellement cspris Que par icelle un grand nombre d'espris Des princes grecs par dangereux encombre Firent descente aux infernales ombres.... A la suite d'un poème de Jean du Pré, le Palais des nobles darnes, OR trouve un Dialogue entre Jupiter et Cupidon, composé par Hugues Salel , et daté de Lyon le .9.4 août 1534. Quelques autres pièces de vers du même auteur se rencontrent à la suite des odes d'Olivier de Magny, Paris, 1559
  • Hugues SAMBIN : architecte , élève de MichelAnge, naquit à Dijon, selon l'abbé de Marolles, et non à Vienne, comme le prétend Allard dans sa Bibliothèque du Dauphiné. La première de ces deux villes conserve encore un assez bon nombre de ses ouvrages , dont le style n'a point vieilli, et qu'il exécuta presque tous avec Gaudrillet , son gendre, homme d'une habileté consommée dans la menuiserie. Le beau portail de l'église StMichel et les petits dômes qui surmontent ses trois arcades furent élevés sur les dessins de Hugues Sambin; le basrelief du Jugement dernier, qu'on admire dans le même vaisseau, est encore de sa main, et Dijon lui dut en outre le plafond de la chambre des comptes, les formes de l'abbaye de StBénigne et une partie de celles de l'église StEtienne. Il fit hommage au comte de Chabot, gouverneur de Bourgogne, de son OEurrc de la diversité des ternies dont on use en architecture, Lyon, 1572 Ce livre renferme trentesix planches en bois, bien gravées et dessinées avec soin. Sambin, dans l'épitre dédicatoire de son livre, le donne comme un essai et promet une production bien plus importante pour Fart qu'il cultivait. Il ne parait pas qu'il ait tenu parole. Draud lui attribue, sous le titre de Termes d'hommes et de femmes, ornés de leurs hases, corniches, frises, etc., 1111 livre qui pourrait bien être le même que le précédent
  • Hugues TARAVAL( 1728 - 1785) : peintre et graveur, naquit à Paris en 1728; son père, Thomas- Raphaël, mort à Stockholm, en 1750, avec la qualité de peintre du roi de Suède, avait étudié la peinture à Paris, et on lui doit quelques portraits estimables. Le jeune Taraval obtint , eu 1756 , le grand prix de peinture sur le sujet de Job exposé aux repro- ches de sa femme; à son retour de Rome, il entreprit un voyage en Danemark et en Suède ; puis l'académie royale de peinture de Paris l'agréa, le 3 aoùt. 1765, et le reçut définitivement, le 29 juillet 1769, pour son plafond représentant le l'Hom- plie de Bacchus, qui fait encore partie de la décoration de la galerie d'Apollon, au Louvre; il ne faudrait pas prendre trop au sérieux la critique qu'a faite très- légèrement de cette oeuvre Ba- chaumont, qui renroye à la tarerne le personnage ventru du dieu du vin et les appas grossiers de sa compagne ; Hugues fut successivement nommé adjoint à professeur de l'académie, le 4 juillet 1778; professeur le 3 septembre ; — 1775 : l'As- somption de la Vierge ; — 1781 : la Sibylle de Cumes et la Nativité, tableaux destinés à la décoration de la chapelle du palais de Fontainebleau; — 1783 : Sacrifice de Noé au sortir de l'arche; — 1765 : Le dernier ouvrage de Taraval, et que le roi lui avait commandé, fut Hercule enfant étoufant deux ser- pents dans son berceau. Taraval mourut à Paris, au X galeries du Louvre, le 19 octobre 1785. On doit s'étonner que les biographes aient laissé son nom dans l'oubli ; sans être un peintre de premier ordre, Taraval cependant a laissé des œuvres dignes de perpétuer sa mémoire; on ne saurait lui re- Lettres sur les peintures, sculptures et gravures de messieurs de l'Académie royale, etc., Londres, 1780, p, 61. connaître dans sa manière une grande originalité, mais il a su respecter les saines traditions de son époque , il s'est montré dessinateur sérieux, peintre un peu froid, sans grande imagination, mais correct; son portrait de Louis XV obtint un vrai succès. Nous pensons donc accomplir un acte de justice en faisant figurer dans les colonnes de ce recueil le nom de Taraval. Le musée de Stockholm possède son portrait peint par luimême; il a gravé une planche, devenue rare, d'après le Tintoret, Scène de bal à Venise; Clément a gravé une Ste- Famille, d'après lui ; et C.G. Schnetz, une Bacchante se préparant à un sacrifice et une Jeune ouvrière accablée de som- meil. — Taraval eut un frère, nommé Louis- Gustave, né à Stockholm, en 1737, qui fut pe et graveur, et un neveu, Jean- Gustave, né à Paris, grand prix de Rome en 1782, qui mourut, en 178!s, pensionnaire à Rome
  • Hugues VANDER-GOES( 1366) : peintre, né à Bruges vers l'an 1366, fut élève de Jean Van Eyck, et se distingua par l'élévation de son génie. Il fut un (les premiers à employer le procédé de la peinture à l'huile. Parmi les ouvrages de ce peintre que le temps et les révolutions ont épargnés, on cite particulièrement celui qui est placé dans l'église de StJacques de Gand , et qui orne l'épitaphe de WouterGaultier. Il représente la Vierge. La tète en est gracieuse et d'un beau caractère ; l'exécution est d'une grande propreté et d'un extrême fini ; le fond , les terrains, les herbes, les cailloux, tout est imité avec la plus grande précision. mais avec cette sécheresse qui est un des caractères distinctifs des productions de cette époque. On vante encore son tableau dont le sujet est Abigaïl qui vient au- devant de David. Le roi est représenté à cheval , à la tète de ses gens ; Abigaïl, entourée de ses femmes, s'approche de lui. L'air de modestie répandu sur toute sa personne est admirable, et toute la composition est disposée de la•manière la plus ingénieuse. On conservait dans l'église de StJacques de la ville de Bruges un tableau d'autel , qui fut épargné lors des révolutions dont cette ville fut le théâtre; mais un peintre ignorant le choisit pour y écrire en lettres d'or les tables de la loi de Moïse. Dans la suite, ce tableau fut nettoyé avec précaution ; on parvint à faire disparaître le mordant de la couleur d'or, et c'est ainsi qu'on put le sauver. Le musée du Louvre a possédé quatre tableaux précieux de ce maître, restitués à l'Autriche en 1815 , et représentant une Ste- Famille , un St- Jean- Baptiste, un St- Jean et un St- Jérôme formant les volets du tableau précédent, et une Pastorale, P—s.
  • Hugues Aubriot : prévôt de Paris emprisonné pour avoir protégé les Juifs
  • Hugues AUFRAY( 1929) : auteur, chanteur et compositeur français
  • Hugues Capet : roi de France, fondateur de la dynastie des capétiens
  • Hugues Clovis : homme politique et poète français
  • Hugues de Saint-Victor : philosophe et théologien français
  • Hugues le Grand : comte de Paris et duc de France, père d'Hugues Capet
  • Hugues MARET : Ministre et Duc de Bassano

Hugues année par année

Signe astrologique de Hugues

Couleur de Hugues

Pierre précieuse de Hugues

Chiffre de Hugues

Métal de Hugues