Le prénom Henri Masculin

Origine :

Fête :

13 Juillet

Signification de Henri

Le prénom Henri est inspiré du grec Haimric. Henri est un homme déterminé et ambitieux. Quand il a un projet en tête, il est difficile de l’en détourner. Exigeant, il s’impose des règles strictes pour ne pas dévier de l’objectif qu’il s’est fixé et a tendance à imposer ses propres règles à ses enfants. Henri veut évoluer dans un environnement serein. Il est apprécié pour son pragmatisme et sa générosité.
Le prénom Henri est très prisé par la royauté. On peut notamment citer les rois de France Henri II, III et IV. Parmi les people célèbres, on peut citer Henri Salvador, humoriste, chanteur et musicien.

Personnalité de Henri

Une main de fer dans un gant de velours. Sous des apparences douces et calmes, ils cachent une volonté de fer et le goût du pouvoir. Intelligents, sûrs d'eux, ils ont tendance à abuser de leur pouvoir de séduction. Leur morale est un peu élastique en fonction de leurs intérêts. Attentifs, généreux, très organisés, discrets, élégants, ils ont aussi le goût du luxe.

Provenance du prénom Henri

Histoire de Henri

Etymologie de Henri

Les Henri célèbres

  • Henri ACERBI( 1785 - 1827) : médecin italien, né à Costano, en 1785, perdit de bonne heure l'appui de son père, qui exerçait la chirurgie avec distinction , et dut à la générosité d'un parent les moyens de poursuivre ses études. Les belleslettres captivèrent d'abord son imagination vive , qui lui inspira un petit poème assez faible , intitulé la Venere celeste , publié en 1809, à Milan , 1 vol. Mais bientôt il se livra tout entier à la médecine, et prit le titre de docteur à l'université de Paris. Après avoir visité les pr établissements scientifiques de l'Italie, il vint se 1ixer à Milan, où il fut nominé médecin du grand hôpital et professeur d'histoire naturelle. 11 mourut prématurément dans cette ville , le 5 décembre 1827. — En 1816, il avait donné une traduction italienne, enrichie de notes, du Traité d'hygiène et deThérapeutique de Carminati. On a encore de lui les éloges du chirurgien Monteggia , Milan , 1816 et du médecin Giannini, 1819 Ses Annotazioni di medicina prattica, Milan, 1819 sont pleines de réflexions critiques et judicieuses sur la pratique de Locatelli, qui crut devoir y répondre. Son • principal ouvrage est une Histoire raisonnée et fort intéressante, Milan, 1822 de la maladie pétéchiale qui désola la Lombardie en 1816, et qui inspira le distique suivant à un poète aigri par les malheurs de sa patrie : Ecco d'Italia i fati,tedeschi e frati. Écrivain infatigable, Acerbi était l'un des collaborateurs de la Bibliothèque italienne qui se publie à Milan. il a inséré un éloge d'Ange Politien dans les Vies des Italiens illustres. JDN.
  • Henri ADMIRAL( 1744) : né en 1744, à Aujolet, village de l'Auvergne, d'une famille de paysans, vint, comme beaucoup de ses compatriotes, fort jeune à Paris, pour y trouver de quoi vivre par les plus pénibles travaux. Après avoir été domestique de Bertin et de plusieurs parents de ce ministre, il entra gar-çon de bureau dans l'administration de la loterie. Cette administration ayant été supprimée par le gouvernement révolutionnaire, et ses protecteurs ayant émigré , il se trouva dans une position difficile et continua cependant à demeurer à Paris. Témoin , en 1795, des scènes les plus sanglantes de la révolution , il conçut une haine violente contre les chefs du gouvernement et forma le projet de délivrer la France des auteurs de tant de maux. Ce fut d'abord Robespierre qu'il voulut immoler ; mais ayant tenté vainement de pénétrer chez lui, armé de pistolets, il se décida à faire la même tentative contre Collotd'Herbois ; il se logea dans sa maison ; et, le 22 mai 1794, au moment où ce représentant montait l'escalier, il tira sur lui deux coups de pistolets chargés à balle ; mais ces deux coups firent long feu; Admirai, poursuivi, se réfugia dans sa chambre à un cinquième étage, où il se défendit courageusement. Il ne déploya pas moins de caractère dans les interrogatoires qu'on lui fit subir. « Si j'eusse « réussi , ditil , dans le projet que j'avais formé « de tuer Robespierre et Collotd'Herbois , j'aurais « été admiré de tout le monde. » Barrère fit quel- ' ques jours après, au nom du comité de sûreté générale, un rapport sur cette affaire. Dans cette pièce, Admirai fut déclaré le principal instrument du parti de l'étranger , l'agent de Pitt et de Cobourg , enfin le correspondant de tous les souverains de 1": l'Europe. A l'appui de cette accusation , Barrère produisit des lettres interceptées. On lui donnait pour complices le vieux Sombreuil, gouverneur des Invalides, un Rohan, un Montmorency et toute la famille SteAmarahthe. Ce malheureux parut devant le tribunal révolutionnaire avec plus de cinquante individus dont il n'avait jamais entendu parler. « Estce que vous avez le « diable au corps , ditil froidement à Fouquier-« Tinville, d'accuser tout te monde d'être mes co plices 1 » Et quand il entendit le sanglant arrêt qui n'en épargna pas un seul , il s'écria douloureusement : « Que de braves gens compromis pour « moil » En rentrant dans la prison, il chanta avec beaucoup de force ce refrain patriotique : Plutôt la mort que l'esclavage... On le conduisit à l'échafaud en chemise rouge ; et il périt le dernier de soixantedeux victimes qui eurent la tète tranchée en vingthuit minutes. Dans le moment où on l'attachait à la fatale planche, il dit encore : « J'ai conçu seul mon projet, j'ai voulu sau-« ver la France
  • Henri AENAE( 1743 - 1812) : né en 1745, à Oldemardum dans la Frise occidentale, mourut à Amsterdam en 1812. Il lit ses études à Francker, passa maître ès arts à Leyde en 1769 , et soutint une thèse sur le phénomène de la congélation, qui lui valut le titre de docteur en philosophie. Plus tard il fut appelé à la Baye auprès du gouvernement , et chargé de plusieurs missions diplomatiques dans le midi de l'Europe. En 1795 il fit partie de l'assemblée des savants français et étrangers réunis à Paris pour établir l'uniformité des poids et mesures. Dans les dernières années de sa vie, il remplit successivement les fonctions d'inspecteur des poids et mesures et (le membre de la commission générale de la marine. On a de lui quelques écrits estimés sur les sciences technologiques, parmi lesquels on remarque ceux qui traitent de la roue hydraulique d'Eckhard, des ailes de moulin à vent de Dyck, des instruments d'astronomie inventés par van Adam, et de l'emploi du vernier. Son rapport adressé au gouvernement de Hollande, sur les améliorations à introduire dans le système des poids et mesures, mérite aussi d'être mentionné.
  • Henri AINSWORTH : théologien anglais, d'une secte de nonconformistes, vivait à la fin du 46e siècle, et au commencement du 17°. On ne connaît ni la date ni le lieu de sa naissance. Il s'était attaché à la secte des brownistes, qui, ayant renoncé à toute çommunion avec l'Église anglicane, ne vou- laient reconnaître aucune espèce d'autorité ecclésias- tique ; ce qui lui attira une persécution cruelle sous le règne trèsintolérant de la reine Élisabeth. Ainsworth fut obligé, beaucoup d'autres non- conformistes, d'aler chercher un asile en Hollande; là il fut choisi pour ministre d'une congrégation dans laquelle l'esprit de secte suscita des disputes si violentes, qu'elles amenèrent bientôt la dissolution de la société. Tout en respectant le zèle et la piété de ces hommes qni s'exilatettt volontairement pour défendre ce qu'ils croyaient la vérité, on ne peut trop s'étonner de les voir donner le scandale de l'intolérance la plus furieuse, dans les pays Où ils allaient solliciter l'indulgence des autres communions ; et ce qui ajoutait au scandale, c'étaient les (pestions futiles qui souvent composaien le sujet de leurs querelles. On lit , dans une gistoire Presbytériens , par Heylin , qu'Ainsworth eut une dispute, accompagnée de beaucoup d'injures et d' avec un des théologiens de sa communion, sur la question de savoir si l'éphod de lin «luron était de couleur bleue ou verte. Ces divisions entre les brownistes d'Amsterdam déterminèrent Ainsworth à quitter cette ville , pour aller chercher u,ne retraite en Irlande ; mais n'y ayant pas trouvé- la tranquillité qu'il espérait, il revint en Hollande, où il resta jusqu'à sa mort, dont la cause et les circonstances sont assez singulières. Il trouva un jour, date la rue, un diamant d'une valeur considérable; il en donna avis dans les papiers publics , et il découvrit que le diamant appartenait à un juif. Celuici offrit à Ainsworth une somme d'argent, en reconnaissance du service qu'il lui rendait; Ainsworth rejeta cette offre avec fierté ; mais il demanda au juif, pour toute récompense , de lui procurer une en trevue avec quelques savants rabbins , à qui il vou- lait demander des éclaircissements sur les prophéties de l'Ancien Testament concernant le Messie. Le juif le promit , mais probablement ne se trouva pas en état de remplir sa promesse. Ainsworth renouvela ses instances, et l'on. prétend que, pour se délivrer (le ses importunités, ou par quelque autre motif impossible à deviner, le juif prit le parti de l'empoisonner. un tel crime, fonde sur un e étrange motif, est bien peu vraisemblable. Quoi pli1 en soit, la mort d'Ainsworth, dont la date est incertaine, est fixée, par quelques biographes, A l'an 1629. H a été regardé comme le plus savant théologien de son parti. Le plus considérable de ses ouvrages est une suite d'Annotations sur l'Ancien Testament dont la dernière édition , imprimée en 1 vol. , en 1659 , est devenue extrèmement rare. Ce volume contient un discours préliminaire sur 14 vie et les écrits de Moïse ; une traduçtion littérale du Penta- teuque, avec des remarques, tirées partiettlièxenlent des écrivains rabbiniques ; une dissertation sur l'authenticité du texte hébraïque ; une vie de ll& vid ; des notes sur le Livre des psagmes , et une traduction du Cantique des cantiques , avec des notes. On a aussi de lui quelques écrits de controverse , dont le titre ne mérite pas d'être rappelé
  • Henri ALBI : né à Bolène , dans le comtat Venaissin , en 1590, entra chez les jésuites à l'àge de seize ans. Après y avoir professé les humanités pendant sept ans , il étudia la théologie, qu'il professa avec la philosophie pendant douze ans, et fut successivement recteur des colléges d'Avignon d'Arles, de Grenoble et de Lyon. Il mourut à Arles, le 6 octobre 1659. On a de lui : 1° Eloges histori- ques des cardinaux français et étrangers , mis en parallèle , Paris , 164A ouvrage trèssuperticiel , dont le P. Lelong cite une édition , sous le titre de : Histoire des cardinaux illustres qui ont été employés dans les affaires d'État , augmentée des Vies des cardinaux de Bérulle , de Riche- lieu el de la Rochefoucauli , Paris , 1653 2° L'Anti- Théophile paroissial , Lyon, 1649 Bonaventure Bassée , capucin , avait publié à Anvers, en 1655, le Theophilus parochialis. Benoît Puys , curé de St- Nizier, à Lyon , en donna une traduction en 1649. Le traducteur déclarait avoir entrepris son travail pour répondre à ceux qui déclamaient contre la messe de paroisse. Albi publia, alors l'Anti- Théophile , où il attaque avec empor- tentent Puys , qui répliqua par sa Réponse chré- tienne, etc. Albi reprit la plume , et lit imprimer 30 Apologie pour l'Anti- Théophile paroissial, Lyon, 1649 sous le nom de Paul de Cabiac. L'année suivante , les deux adversaires se réconcilièrent. 4° Une traduction de l'Histoire du royaume de Tunquin et des grands progrès que la prédication de l'Evanqüe y a faits depuis l'année 1627 jusqu'à l'année 1646, composée en latin par le P. Alexandre de Rhodes , Lyon , 1651 ouvrage curieux, niais dont le style est pesant. 5° Les Vies de plusieurs personnages pieux , et quelques ouvrages de piété, dont on trouve la liste dans le t. 33 des Mé- moires de Nicéron
  • Henri ALDRICH( 1647 - 1710) : savant théologien anglais, doyen de l'église du Christ à Oxl'ord , maiuit à estminster en 1617, et lit ses premières ittulcs dans cette ville sous le docteur Richard Busby. En 1662, il fut admis au collége d'Oxford, où il prit ses degrés de docteur ès arts, le 5 avril 1669. 11 entra ensuite dans les ordres et devint professeur du collée ; 2° Principles of ancient Greek music ; 30 Memorandums made in reading ancien ; 4° Uses to which music was applied by the ancients ; 50 Epithalamium; 6° Excerpta from P. Menestrier, proportions of instruments; exotic music ; 70 Argument of ancien ; 8°, 9°, IO° et 1 I° ditto; 12° Miscellanous papers concerning ferent points in the theory and practice of music ; 130 On the construction of the organ ; 14° Fragments of a lreatise on counterpoint . Le docteur Aldrich a composé plusieurs offices, pour l'Église et un grand nombre d'antiennes qui sont restées en manuscrits, et dont l'académie de musique ancienne de Londres possède une grande partie. Dans le Pleasant musical Companion, imprimé en 1726, on trouve deux morceaux de sa composition ; : Hark the bonny Christ - church - bells; l'autre intitulé : À smoking Catch , pour être chanté par quatre hommes fumant leur pipe, d'une exécution difficile et d'un effet piquant. IIenri Aldrich mourut en 1710, à Oxford, âgé de 63 ans. Il avait demandé à être enterré , sans aucune pompe ni monument, dans la cathédrale de cette ville. F—T
  • Henri ALTING( 1583 - 1644) : theologien réformé , né en 1585, à Embden , mort en 1614, était fils du précédent. Après avoir fait ses études à Groningen et à Herborn , il accompagna le prince électoral du Palatinat dans ses voyages en France et en Angleterre, en qualité de précepteur. En 1615, il fut nommé professor locorum communiurn à Heidelberg; en 1616, directeur du Collegium sapientice, et assista au synode de Dordrecht. Lors de la prise d'Ileidelberg par Tilly, il courut de grands dangers, auxquels il échappa par sa présence d'esprit et par un concours de circonstances heureuses. Après avoir erré quelque temps , sans trouver d'asile ni d'emploi il alla, en 1624 , à la Haye , joindre son souverain, l'électeur Palatin , qui le replaça auprès de son fils, et ne lui permit qu'en 1627 de reprendre ses fonctions d'instituteur académique. Dans cette année, il accepta la chaire de professeur de théologie à Gron , qu'il occupa jusqu'à sa mort, accélérée par celle de sa fille aînée, qui le plongea dans la plus profonde mélancolie. Il ne manqua jamais de se rendre, au moins une fois chaque année auprès de son ancien souverain fugitif, qui mettait en lui la plus entière confiance. Il fut un des coopérateurs de la nouvelle traduction de la Bible en langue hollandaise , et un controversiste zélé, qui fit une guerre st ca Palatina, i bid. , 4644 ; T heologi a hislorica, une des premières esquisses de l'histoire des dogmes chrétiens, que les travaux des Allemands ont depuis ibid. et marne année Ce dernier ouvrage est peut être envisagé comme un des devanciers les plus Palatince, Amsterdam, 1646 ; Historia ecclesia- ' élevée au rang d'une des brinches les plus intéres- Nous nommerons cependant : Explicatio catecheseos de plume vigoureuse aux sociniens, aux arminiens, et même aux adhérents de la confession d'Augsbourg. sautes de l'histoire de l'esprit humain, et H. Alting Ses nombreux ouvrages , dont Bayle n'a donné qu'une liste incomplète, n'ont plus qu'un intérêt historique. distingués des Planck, des Aniigusti, et des Münscher. Son portrait est dans le Theatrum de P. Freher, part. 1, sect
  • Henri ARNAULD( 1597 - 1692) : frère du précédent, naquit à Paris en 1597, et amzonça de bonne heure le mérite qui distinguait si honorablement tous les Arnauld. 11 fut d'abord destiné au barreau. Le cardinal l3entivoglio l'emmena à Rome, et ce fut durant cette absence, qui dura cinq ans, que la cour lui donna l'abbaye de StNicolas, en 1624. A son retour, en 1637, le chapitre de Toul, dont il était le doyen, l'élut tout d'une voix pour évêque de cette ville, et cette nomination fut confirmée par le roi, à la prière du P. Joseph, capucin ; mais d'après les contestations survenues entre le pape et le roi sur le droit d'élire, Arnauld remercia. 11 refusa aussi, en 1644, la charge de visiteur général en Catalogne, que le cardinal Mazarin fit, à son refus, donner à Pierre (le Marca. En 1645, lors de la brouillerie des Barberini avec Innocent X, le comte de Lionne fit envoyer l'abbé de StNicolas à Rome, en qualité de chargé des affaires de France. Le négociateur traita en passant des affaires importantes dans les cours de Parme, de Modène et (le Plaisance, prit part aux mouvements de Naples, et, si ses conseils eussent été suivis , peut-être alors ce royaume eûtil été perdu pour l'Espagne. Arrivé à Rome, il trouva le pape aigri contre les Barberini, au point de faire saisir tous leurs biens. La première preuve qu'il donna de son habileté fut l'expédient qu'il suggéra pour empêcher la saisie du palais Barberini, un des plus beaux de l'Italie. Ce fut une vente simulée faite au roi de France, et conclue dans le plus grand secret. La nuit qui précéda celle où devait avoir lieu la saisie, les armes de France furent apposées aux quatre coins du palais, de sorte que lorsque les agents du pontife se présentèrent pour en prendre possession, ils furent obligés (le respecter une propriété devenue française. Le pape, malgré son dépit, conçut tant d'estime pour l'abbé de StNicolas, qu'il lui accorda la grâce et le retour des Barberini , négociation dont Arnauld eut toute la gloire. Aussi les cardinaux de ce nom, rétablis dans leurs biens et leurs *dignités, firent frapper une médaille en son honneur, et lui élevèrent dans leur palais une statue, avec ce vers que Fortunat avait composé pour St. Grégoire de Tours : Alpibus Arvernis veniens Mons altior ipsis; allusion aux armes et à la patrie des Arnauld, dont la famille était originaire d'Auvergne, et dont les armes étaient une montagne. De retour en France, l'abbé de StNicolas fut fait évêque d'Angers en 1649, et se voua tout entier aux obligations de son état. Il ne quitta qu'une .seule fois son diocèse, et ce fut pour avoir avec le prince de Tarente, et à la prière de ce seigneur une conférence , dont le résultat fut sa conversion et sa réconciliation avec le duc de la Trémouille, son père. Angers dut, en 1652, sa conservation et celle de ses habitants à son courage. Chassé de la ville par une troupe de factieux, il alla trouver la reine mère qui s'avançait pour punir cette révolte, et la trouvant inflexible, il lui dit un jour, en la communiant : « Recevez, ma-« dame, votre Dieu, qui a pardonné à ses ennemis en mourant sur la croix. » Ce peu de mots désarma la reine, qui ne fit éprouver aux rebelles que les effets de sa clémence. Cette doctrine devait avoir un grand poids dans la bouche d'un homme qui la suivait dans la pratique, au point qu'il était passé en proverbe que le meilleur titre pour obtenir des grâces de M. d'Angers était de l'avoir offensé. Il avait même une liste des noms de ceux qui lui avaient rendu de mauvais offices, et ne la consultait que pour leur en rendre de bons. Il allait tous les dimanches visiter l'hôpital et consoler les malades. Ceux à qui une noble fierté faisait dissimuler leur indigence étaient étonnés de voir à la fois leur secret pénétré, leur pauvreté secourue et leur délicatesse respectée par les ingénieuses libéralités de leur pasteur. Sa charité était aussi active que modeste. Un jour qu'il avait reçù une somme de 2,000 livres pour les lods et vente d'une terre, il n'accorda la diminution que lui demandait l'acheteur qu'à condition que le prix serait remis entre ses mains et non entre celles de ses gens d'affaires, qui auraient pu mettre obstacle à ses largesses. Dans une grande disette dont Angers fut désolé, le charitable évêque employa, en une seule fois, jusqu'à 10,000 livres pour ramener l'abondance; et cette libéralité fut tellement secrète, que la gloire en fut attribuée au maréchal de la Meilleraie, alors gouverneur de Bretagne, et que le hasard seul en fit découvrir l'auteur. Doux, égal, d'un accès facile, il ne rebutait jamais personne, et faisait aimer jusqu'au refus, par la bonté qu'il y mettait. Ne donnant que quatre heures au sommeil, la prièr'e, la lecture, et plus encore la visite des malades, la consolation des malheureux, ses fonctions de l'épiscopat occupaient tout son temps. Un de ses amis lui représentant qu'il devait prendre un jour de la semaine pour se délasser : « Volontiers, réponditil, « pourvu que vous me donniez un jour où je ne « sois pas évêque. » Étranger aux troubles qui agitèrent alors la France, il demeura fidèle au roi. Malheureusement la querelle du jansénisme vint iter quelque temps ses dernières années. Ami du nastère de PortRoyal, où il avait été sacré et il avait sa mère, six soeurs, cinq nièces et p usieurs de ses proches, il eut à essuyer les mêmes traverses pour la munie cause, et fut un des quatre évêques qui se signalèrent dans l'affaire du Formulaire. 11 le signa enfin, en ménageant, par une clause expresse, les intérêts de PortRoyal ; lit sa paix avec Clément IX, et ne s'occupa plus que du bonheur et de l'édification de son diocèse, conservant dans un àge avancé, comme le témoigne madame de Sévigné, toute la vivacité d'esprit des Arnauld. 11 perdit la vue cinq ans avant sa mort, et mourut le 8 mars 1692, à l'âge de 95 ans, après quarantequatre ans (l'épiscopat , pleuré de son peuple, qui le regardait comme un saint, et dont le pieux enthousiasme se disputa les moindres choses qui avaient pu être à son usage. Ses négociations à la cour de Rome et en différentes cours d'Italie ont été publiées à Paris en 5 vol. 1748, par les soins de son petitneveu, l'abbé de Pompone ; on y trouve beaucoup de particularités intéressantes. Le manuscrit en était conservé dans la bibliothèque de Lyon, où le P. la Chaise l'envoya
  • Henri ARRIGHETTO ou ARRIGO : da Setti- mcllo, poète latin du 12° siècle, naquit de parents laboureurs à Settimello, village à 7 milles de Florence. C'est lui qui nous apprend ces particularités dans une élégie dont nous parlerons plus bas. 111a4.!‘,ré l'humble état où il était né, il s'appliqua dans sa jeunesse à l'étude des arts libéraux, de la poésie et de là philosophie : il parait, d'après la mème élégie, que ce fut à Bologne qu'il lit ses études. Il était alors réduit à une telle misère, que, ne pouvant se procurer du papier ou du parchemin, il écrivait, diton, sur une vieille pelisse toute usée. Jean Villani notts apprend qu'Arrighetto se lit prètre, et qu'il obtint la cure de Calenz'ano, bénéfice d'un grand revenu, qui lui laissait le temps de s'occuper de littérature; mais que cette dignité fut pour 1M une source de disg,ràces et de persécutions. 11 eut un procès à soutenir contre l'évèque de Florence, et, après avoir mangé son chétif patrimoine sans en voir la lin, il fut obligé d'abandonner son bénéfice, et se vit réduit à mendier. L'état de pauvreté où il tomba lui fit donner le nom de Arri- go il porero . Il a raconté luimème ses disgrâces dans tm poême en vers élégiaques : de Dirersitate fortuna3 et philosophiez, Conso- bajoue, qui contient à peu près mille vers, et qu'il a divisé en 4 parties. Dans les deux premières, il se plaint de ses malheurs, et dans les deux autres, à l'exemple de Boèce, il introduit la philosophie, à laquelle il reproche tous les maux qtni a soufferts; puis il la prie de le consoler et de venir à son secours. Cette production fut estimée du temps de l'auteur, au point qu'on la lisait dans les écoles, et qu'elle était proposée pour modèle. On revint sans doute ensuite de cette opinion ,et son poême resta longtemps manuscrit dans diverses bibliothèques. Il fut publié, la première fois, sans date. Lyon, 1511, avec un commentaire ; Kenmitz, 1684 d'après une copie communiquée à ChristiaOnDaum par le savant Magliabecchi; et par Polycarpe Leyser, dans son Historia poetarum medii eti. O est redevable de la meilleure édition à DominiqueMarie Manni, Florence, 1730 avec une traduction italienne fort élégante, et souvent citée dans le Vocabulaire de la Crusca
  • Henri AUDOUIN DE CHAIGNEBRUN( 1713) : et non pas AUDOIN comme le portent les bibliographies, naquit vers 1713 ou 1714 à Chefboutonne . 11 commença ses études chirurgicales à Paris, et retourna ensuite dans son pays où il exerçait encore la médecine en 1741. Rappelé à Paris par ses anciens maitres, devenus ses amis, il fit la campagne de 17/45 en qualité de chirurgien. Chargé, à son retour, du traitement des maladies épidérhiques dans le département de l'IledeFrance, il profita de cette circonstance pour prendre des inscriptions en médecine, conformément à l'édit de 1707 ; et quant il eut rempli les conditions voulues, il alla à Montpellier recevoir le bonnet de docteur, après quoi il revint à Paris, muni du brevet de pensionnaire du roi et de médecin des épidémies dans la Généralité. 11 s'acquitta de cet emploi avec autant de zèle que d'habileté, et ne s'attacha pas moins aux épizooties qu'aux épidémies humaines ; il parcourut diverses parties de la France et particulièrement la Bric et le Beauvoisis. Cinq fois il contracta les maladies qu'il soignait avec tant de bonheur chez les autres, fut même atteint d'un charbon à la cuisse, et ne dut son salut qu'à la force de sa constitution ; il mourut le 28 février 1781, d'une tumeur carcinomateuse à la_ joue. ll a inséré un grand nombre de mémoires sui- les épizooties et les épidémies humaines, dans le Journal de médecine et dans les Mémoires pour servir àl'hisioire ancienne et moderne de la médecine. L'auteur de ces Mémoires, Goulin, témoigne une grande estime et une profonde admiration pour Audouin. 11 n'a publié à part que quatre opuscules dont le plus important est sa Relation d'une maladie épidémique et contagieuse qui a régné l'été et l'automne 1757 sur des animaux de différentes espèces dans quelques villes et dans plus de soixante paroisses de la Brie; Paris, 1762 de 59 p. Son Parallèle nouveau ou Abrégé des différentes méthodes de tailler, Paris, 4749, 6 p. ; sa lettre à M. Guattani, sur la cautérisation des plaies d'armes à feu, Paris, 1749 8 p. ; ses Cartes microscosmographiques, ou description du corps humain , imprimées en 1762, et publiées seulement en 1770 , n'ont presque aucune valeur.
  • Henri BAKER( 1700 - 1774) : naturaliste anglais, né à Londres vers, le commencement du 18' siècle, publia d'abord plusieurs ouvrages de poésie ; mais il se dévoua ensuite tout entier à l'étude de la nature. Il fut reçu en 1740, membre de la société royale et de celle des antiquaires. Ses découvertes microscopiques sur les cristallisations et la configuration des molécules salines lui valurent, en 1744, la médaille d'or fondée par sir Godefroy Copley. Il a fait, sur les polypes d'eau douce et sur d'autres petits insectes, des expériences trèscurieuses; et il a consigné les résultats les plus importants de ses observations dans deux ouvrages estimés, intitulés : l'un, le Microscope à la portée de tout le monde, traduit en français par le P. Pezenas, 1754 ; l'autre, Usage du microscope. Ses poésies sont : une Invocation à la santé ; l'Univers , poème, imprimé plusieurs fois ; et des Poésies originales, sérieuses et badines , publiées en 2 parties , en 1725 et 1726, et où l'on trouve quelques contes spirituels, mais trèslicencieux. Henri Baker s'était occupé avec succès, dans sa jeunesse, de l'instruction des sourdsmuets. Il mourut à Londres, en 1774, âgé de plus de 70 ans. Il laissa par son testament 100 liv. steri. à la société royale, pour fonder des leçons d'anatomie et de chimie. — Son fils, David- Erskine BAKER, réunissait beaucoup d'esprit et de savoir à un caractère inconsidéré. Il était marchand de profession ; mais, beaucoup plus occupé de littérature que de son commerce, on peut croire qu'il ne fit pas fortune. On a de lui des poésies imprimées dans divers recueils, et un ouvrage intitulé the Companion to the Playhouse , 2 vol. 1 764, qu'un autre auteur a perfectionné et étendu depuis, et fait réimprimer sous le titre de B iographia dra'matica
  • Henri ANTONIDES NERDENUS( 1546 - 1604) : de Naer-- den, près d'Amsterdam, né en 1546, mourut en 160i. 11 s'appelait aussi HENR1CUS ANTONIUS VAN DER LINDEN. On a de lui un System theolog , Fra- nekeroe, 1613 et Initia academice Franekeren- sis, ib., 1615 Les persécutions du duc (l'Alpe, qui lit périr son père et une grande partie de sa famille, dans le massacre de Naerden, l'avaient forcé d'émigrer dans sa jeunesse. La préface de son Syslema theologice contient des renseignements précieux sur les commencements et les progrès de la réforme dans les PaysBas.
  • Henri BACHERACHT( 1725) : médecin , né à Pétersbourg, le 27 décembre 1725, fut élevé à Moscou; et, après avoir visité les principales universités de l'Allemagne, alla recevoir le bonnet doctoral à Leyde. A son retour en Russie, l'impératrice Élisabeth le nomma médecin du corps de l'artillerie et du génie, place qu'il quitta en 1776, pour être attaché à la marine. On a de lui : 1° Disserlatio de ligamentorum iIorbis, Leyde, 175t) 2° Traité , pratique sur le Scorbut, à l'usage des chirurgiens de l'armée et de la marine russes , Pétersbourg, 1786 Ce petit traité a été traduit en français par Desbout, Reval, 1787 3° Préservatif contre les épizooties , Pétersbourg, 1772 Ce mémoire se trouve aussi dans le 21° volume du recueil de la société économique de Pétersbourg, qui l'avait couronné. 4° Pharmacopwa navalis russica, eut Calalogus omnium necessariorum medicame- ntorum, quce secundum ordinem navium rlassicarum pro ilinere in scrinio navali habere oporlet, Pétersbourg, 1784 Cette pharmacopée, qui est fort estimée, avait paru en langue russe trois ans auparavant. 5° Instruction physico- diélétique sur les moyens de conserver la santé des gens de mer , Pétersbourg , 1790, in - 8°. Bacheracht est encore auteur de quelques opuscules dont la plupart ont paru dans les mémoires de la société économique de Pétersbourg, mais dont quelques - uns aussi ont été imprimés séparément. Dans le nombre de ces derniers, nous citerons une Instruction sur l'art d'inoculer , Pétersbourg, 1769 et un Traité sur les maladies que l'abus des plaisirs vénériens fait naitre chez les deux sexes , Pétersbourg, 1765 Bacheracht fut le premier qui pratiqua l'inoculation de la petite vérole en Russie : il adopta la méthode de Dimsdale, dès qu'elle lui fut connue.
  • Henri BACIO( 1609 - 1681) : jésuite originaire d'une famille italienne, naquit à Nancy, en 1609. Ayant fait profession dans la compagnie de Jésus, à Dijon, il obtint la chaire de rhétorique au collége de cette ville, et fut ensuite chargé d'aller prècher sur divers points du royaume. Il mourut préfet des classes, à l'université de Pont-àMousson, au commencement de l'année 1681. On connalt de lui : 1° Illustrissimi ducis Bellegardii Laudatio, 1647 2° E/ ogium Ifenrici Borbonii II, 1647 Ces deux morceaux oratoires ne sortent pas de la ligne commune des écrits de ce genre, mème pour le temps où ils ont été composés
  • Henri BEDERIC : moine anglais, de l'ordre de StAugustin , et surnommé de Bury, , parce qu'il était né à StEdmund'sBury, dans le comté de Suffolk , llorissait vers l'année 1580 , sous le règne de Bichard II. Après avoir étudié dans différentes universités, il fut reçu docteur de Sorbonne dans celle de Paris , où l'on apprécia ses talents pour la prédication , qui , joints à une grande réputation d'habileté et d'intégrité dans les affaires, le firent nommer provincial général de tous les couvents de son ordre en Angleterre. Il a composé quelques ouvrages, entre autres : Leçons sur le maitre des sentences, Pierre Lombard, en 4 livres ; 2. Questions théologiques; 50 Sermons sur la Sic. Vierge ; 4° Cours de serinons pour toute l'année. Un auteur lui a re- pioché d'avoir soutenu que la Vierge Marie avait été conçue dans le péché originel , question qui avait fort agité les esprits, et divisé d'opinion les dominicains et les franciscains pendant un grand nombre d'années
  • Henri BARY( 1625) : graveur flamand fort habile, né vers 1625. Ses ouvrages , plus connus que les détails de sa vie, se font tous distinguer par une grande pureté de burin et par un faire aussi brillant que facile. Le style de cet artiste approche beaucoup de celui de Corneille Vischer, surtout dans le portrait. Les amateurs font grand cas des pièces suivantes : 1° une Vieille qui jette de l'eau par une fenètre, d'après Fr. 111 ieris; 2° une jeune Personne endormie, ayant derrière elle un jeune homme ; 5. un Mendiant et un faiseur de balais, d'après le même ; 4° l'Été et l'Automne, tableau allégorique copié sur van Dyck; 5° un Ménage rustique, d'après Pierre van Aersen ; 6° les portraits d'Hugues Grotius, de Corneille Kettel , de Michel Ruyter, de l'amiral Vlugh, de Tromp, de Jacob Baker, etc., d'après différents maîtres. Bary ne s'est pas toujours borné à imiter les autres ; il s'est montré quelquefois créateur, et l'on admire, entre autres dessins de son vention, celui qui représente une Mère donnant le sein à son enfant , ainsi que les portraits d'Erasme et de Jacques Taurinus. Les estampes de cet artiste sont tantôt marquées de son nom, tantôt des lettres initiales II. B., ou d'un chiffre formé de ces mêmes lettres
  • Henri BASNAGE DU FRAQUENAY( 1615 - 1695) : fils puîné de Benjamin, né le 16 octobre 1615, à SteMère-Église, près de Carentan, a été un des plus habiles et des plus éloquents avocats du parlement de Rouen, où il prêta le serment, en 1656. 11 avait une érudition immense et l'imagination trèsvive. Quoiqu'il fia de la religion protestante, on avait pour lui, dit Bayle, une grande estime et une amitié singulière. Ses ouvrages sont remarquables pour la méthode et pour la clarté. On a de lui : 1° Coutumes du pays et duché de Normandie, avec commentaires, 2 vol. 1678 et 1681, 1694 ; 2° Traité des hypothèques 1687, 1724. Ce traité a été contredit par Olivier Étienne, qui a publié sur ce sujet un vol. Les deux ouvrages de Basnage, dont on vient de parler, avaient été imprimés plusieurs fois séparément ; ses oeuvres complètes ont été publiées à Rouen, 2 vol 1709, 1776, par les soins de Jacques Basnage de Beauval. Lallement, premier échevin de Rouen, en donna une 4e édition avec des notes par la Guesnerie, avocat, Rouen, 1778, 2 vol. Henri Basnage mourut à Rouen le 20 ocm tobre 1695
  • Henri BASNAGE DE BEAUVAL( 1656 - 1710) : frère du précédent, né à Rouen le 7 août 1656, fut d'abord avocat au parlement, et y marcha sur les traces de son père. La révocation de l'édit de Nantes le fit, en 1687, passer en Hollande, où il mourut, le 19 *mars 1710, àgé de 54 ans. On a de lui : 1° To- lérance des religions, 1684 ; 2. Histoire des ouvrages des savants, commencée au mois de sep- tembre 1687, et finie en juin 1709, 24 vol. Lorsque Basnage arriva en Hollande, Bayle avait interrompu ses Nouvelles de la république des let- tres ; l'ouvrage de Basnage y fait suite ; il est écrit avec beaucoup de politesse, et, si les éloges y sont rares et modérés, les auteurs n'avaient à se pla ni du ton ni de la forme des jugements portés sur leurs productions ; le rédacteur respectait tous les partis et toutes les religions; on lui a cependant reproché de mêler trop souvent ses réflexions avec celles de l'ouvrage dont il parlait, de scille qu'il est difficile de distinguer les sentiments de l'écrivain des pensées de celui qui faisait les extraits. 3° Dic- tionnaire universel, recueilli et compilé par feu An- toine Furetière, 2° édition augmentée, 1701, 5 vol L'édition du Dictionnaire de Trévoux, dédiée au duc du Maine, 1704, 5 vol., n'est qu'une réimpression , sans nom d'auteur, de cet ouvrage. « Tut y est semblable, dit le P. Niceron, méthode, « orthographe, exemples... ; on y a laissé jusqu'aux « fautes d'impression ; il y a, à la vérité, quelques « additions, dont la plupart sont entièrement étran- « gères au dictionnaire. » Basnage se proposait de faire de nouvelles augmentations pour une nouvelle .3dition qu'il projetait, et qui n'a paru qu'après sa mort, 1726, 4 vol. On trouve dans les tomes 2 et 10 des Mémoires de Niceron la liste des autres ouvrages de Basnage, qui eut quelques contestations avec Jurieu
  • Henri BASSIUS( 1690) : médecin, né à Brême, en 1690, et l'un des disciples du grand Hoffmann. En 1715, il était à halle, recevant les leçons de cet habile professeur; en 1715, il voyagea à Strasbourg, à Mlle, et revint en 1718 se faire recevoir docteur à halle. Il y fut aussitôt nommé professeur d'anatomie et de chirurgie, et en remplit les fonctions jusqu'à sa mort, arrivée en 1754. La médecine alors reconnaissait en Europe trois grands mitres, Stahl, Boerltaave et Hoffmann; Bassins travailla dans la direction de ce dernier. On a de lui plusieurs ouvrages assez estimés : Disputatio de listula feliciter curanda, halle, 1718 : c'est sa thèse inaugurale, que Haller a estimée assez pour l'insérer dans SOU recueil, et que Macquart a traduite en français, Paris, 1759 2. Grundlicher m'eh Commentaires sur la chirurgie de Nuck , imprimés à Halle en 172S Mais le premier titre de Bassins au souvenir de la pos- térité est ses Observaiiones anatomico- chirurgieo- mediece, Halle, 1731 : c'est un recueil d'obser- vations toutes intéressantes, dont plusieurs ont trait à des faits rares, exposés avec candeur et clarté, ac- compagnés souvent d'assez bonnes figures; et les sciences n'étant, en dernière analyse, que des collections de faits, on ne peut trop recommander les ouvrages qui sont de ces faits des sources à la fois riches et pures
  • Henri BEAUFORT : frère de Henri IV, roi , forment un portrait d'après nature. Le cardinal, livré aux remords d'avoir fait assassiner son neveu, le duc de Glocester, a perdu la raison et veut s'empoisonner. Il excite la pitié du roi et d'un autre personnage, qui augurent mal de la vie d'un homme frappé d'un pareil genre de mort. Henri Beaufort mourut à Winchester, en 1447, six semaines après le meurtre de son neveu. Une tache encore ineffaçable à sa mémoire est d'avoir siégé dans l' tribunal qui condamna au bûcher la pucelle d'Orléans
  • Henri BEBEL ou BEBELIUS : né à Just en Souabe, de pauvres cultivateurs, florissait à la fin du 15e siècle et au commencement du 16e. Il commença ses études dans sa patrie, les continua dans diverses universités, et les termina à Tubingen, vers l'année 1496. Sans négliger de s'instruire dans le droit public, il s'appliqua plus particulièrement à l'histoire, aux langues et à la littérature ancienne, et s'y distingua de bonne heure, puisqu'en 1497, encore fort jeune, il fut nommé professeur de belleslettres à Tubingen même, et passa de la sorte, presque sans intervalle, du rang de disciple à celui de maitre. Il consacra ses leçons à expliquer les écrivains de l'antiquité, et remplit cette tâche avec une justesse de goût et de critique avant lui inconnue parmi ses compatriotes. Aussi eutil de nombreux écoliers, qui portèrent sa réputation dans toutes les parties de l'Allemagne, et personne ne lui a contesté la gloire d'avoir été l'un des premiers à introduire dans les écoles allemandes le goût de la bonne littérature, et, en particulier, celui de la pure latinité. Le bruit de son mérite ne tarda pas à venir jusqu'à l'empereur Maximilien I", qui, en 1501, lui décerna. la couronne de poète. On a de lui un nombre consi- dérable d'opuscules et de traités détachés sur des sujets trèsdivers. Plusieurs ont rapport aux antiquités, à la géographie, à l'histoire et au droit public de l'Allemagne. Voici les plus remarquables : 1° de Germanorum Antiquitate, Imperio, etc. ; 2° de Sue- vorum laudibus ; 5° de Pagis Suevorum et Neccaro flamine ; 4° Germanos autochthonas esse, etc. Il s'exerça aussi sur des questions de théologie, et l'on connaît de lui une dissertation de animarum Statu post solutionem a corpore, qui fait partie d'un recueil d'ouvrages sur le même sujet, imprimé à Francfort en 1692 ; mais presque toutes les dissertations de Bebel roulent sur des points d'histoire, de philologie et de littérature anciennes. Une des plus connues est intitulée : de Romanorum Jlagistratibus et Sacerdolibus. La plupart de ces dissertations, éparses dans des collections plus ou moins considérables, ont été réunies en un volume sous le titre de : Opus- cula Bebeliana, Strasbourg , 1515 Bebel ne s'occupa pas toujours de sujets graves. En 1506, il publia un recueil de bons mots, de contes ou d'historiettes plaisantes, où la décence n'est pas toujours respectée , et où l'on trouve quelques bouffonneries qui scandalisèrent les personnes pieuses. Il parut sous ce titre : Facetiarum Henr. Bebeiii, lib. 3; accesserunt selectce quedam Poggii Facetiœ , etc., Tubingen, 1542 et 1544 Ces facéties ont été réimprimées aussi à la suite de celles de Frischlinus, et plusieurs fois séparément. Dans sa jeunesse, Bebel aima et cultiva avec passion la poésie latine ; nous avons de lui un recueil de vers en cette langue, dans lequel on trouve des odes, des élégies , des épîtres, des satires, etc., et un petit poème en 6 livres, intitulé : Triumphus reneris, imprimé séparément, Tubingen, 1508, édition trèsrare, et avec des commentaires, ibid., 1515 Sa versification ne manque pas de facilité, ni d'une certaine élégance. Cependant on a besoin, pour lui rendre justice, de se rappeler qu'avant lui les Allemands les plus lettrés ne cultivaient guère que le latin pauvre, grossier et corrompu du moyen âge. Un autre travail de Bebel, qui n'est peut-être pas le moins curieux des siens, c'est l'interprétation en latin de toutes les locutions proverbiales qui, de son temps, avaient cours dans la langue allemande. Cet ouvrage a été imprimé avec les poésies latines et les facéties de l'auteur. Les bibliographes allemands citent de ce petit recueil une édition donnée à Strasbourg en 1512. 11 en existe une autre avec ce titre : Bebeliana Opuscula nova et florulenta, necnon et adolescentice Labo- res, etc., 1516 Le conseiller Zopf, à la suite d'an écrit sur les ouvrages et la vie de Bebel, qui a paru à Augsbourg en 1801, a fait imprimer un discours jusqu'alors inédit : de Necessitate linguce la-( ince, que Bebel avait prononcé à Tubingen en 1508, quand il y professait les belleslettres
  • Henri BENNET( 1618 - 1685) : comte d'Arlington, né en 1618, d'une famille ancienne, à Arlington, dans le canton de Middlesex, reçut sa première éducation dans la maison paternelle, et vint achever ses études au collége de ChristChurch, à Oxford, out il se fit remarquer par quelque talent pour la poésie auglaise. Lorsqu'après le premier éclat de la guerre civile, Charles I" se retira à Oxford, Henri Bonnet s'engagea dans l'armée royale. Bientôt après, le secrétaire d'État George lord Digby l'ayant choisi pour son secrétaire, cette place eût pu le dispenser du service militaire; mais, naturellement brave, il eût rougi de ne point partager les périls de son roi. Il se distingua en différentes rencontres, notamment à Andover, dans le comté de Ilamp, où il reçut plusieurs blessures! Après la fin de la guerre civile, il passa en France et de là en Italie. En 1649, le duc d'York, alors en France, le nomma son secrétaire; en 1658, Charles II le créa chevalier à Bruges, l'envoya comme ministre près la cour de Madrid, et, après son rétablissement sur le trône, le nomma son trésorier et premier secrétaire d'État en 1662. Créé baron d'Arlington l'année suivante , il était, en 1670 , un des membres du conseil désigné en anglais par le nom de Cabal, mot formé des lettres initiales du nom des cinq membres qui composaient ce conseil, savoir : Clifford, Ashley, Buckingham, Arlington, Lauderdale. 11 se vit élevé, en 1672, aux dignités de comte d'Arlington, de vicomte Thettortd en Norfolk, et fait chevalier de l'ordre de la Jarretière. En 1673, il fut un des trois plénipotentiaires envoyés par la cour d'Angleterre à Utrecht, pour ménager une paix entre l'empereur d'Autriche et le roi de France ; cette négociation n'eut point le résultat qu'on en avait espéré, et la chambre des communes présenta contre les plénipotentiaires, regardés comme les promoteurs de la guerre , plusieurs articles d'accusation. Le comte d'Arlington, sur qui on avait voulu rejeter tout l'odieux de cette affaire, se défendit avec beaucoup d'habileté et fut absous. Ayant résigné sa place de secrétaire d'État, il lut fait, en 1674, lordchambellan, « en considération de ses longs et fidèles seri « vices, particulièrement pendant les douze années « qu'il avait rempli les fonctions de premier secré« taire d'État ; » niais la faveur du roi avait cessé pour lui, et bientôt son crédit déclina au point qu'en 1675, à son retour d'un inutile voyage en Hollande, dont il s'était promis les plus grands résultats, les courtisans s'étudiaient, pour amuser le roi, à contrefaire ses manières et ses habitudes. 11 conserva néanmoins sa place de chambellan sous le règne du roi Jacques et jusqu'à sa mort, arrivée le 28 aoilt 1685. Sa fille unique, Isabelle, avait épousé, en 1672, Henri, comte d'Éuston, fils de Charles II par la duchesse de Cléveland, et qui fut ensuite créé duc de Grafton. Sans avoir des qualités brillantes, le comte d'Arlington possédait des talents solides et réels ; ce fut à l'époque (le sa plus grande faveur que les affaires de son maitre furent sur le meilleur pied, et elles commencèrent à décliner en i *même temps que son influence dans le conseil ; mais un orgueil insupportable lui avait suscité beaucoup d'ennemis puissants, et lui fit perdre ses meilleurs amis : c'est ainsi qu'il se brouilla avec le célèbre sir William Temple, dont il avait le premier fait connaître et produit les talents sur la scène politique. Son air superbe et son ton suffisant faisaient dire au due d'Ormond : « Ce lord, qui voudrait « qu'on le traitiit comme s'il était venu au inonde « avec un cordon bleu, ne se souvient plus de Henri « Bennet, qui n'était qu'un trèspetit gentilhomme. » En affectant de sévir contre les catholiques, tandis qu'il était regardé luimême comme catholique dans le coeur, ayant autrefois professé cette religion, à laquelle, si l'on en croit l'évêque Burnet, il revint à l'heure (le la mort, il se rendit également odieux aux catholiques et aux protestants. Cette conduite, tellement en contradiction avec ses sentiments connus ou généralement supposés, fut, diton, la principale cause du refroidissement du roi à son égard. Les lettres qu'il a écrites pendant la période de son ministère ont été publiées en 2 vol. en 1701. Nous ignorons si c'est la même chose que ses Lettres à sir William Temple, qui sont estimées, et dont on a publié une traduction française à Utrecht , 1701
  • Henri BERCKMANS( 1629) : peintre, naquit à Klunden, près de WillemstaGt, en 1629. Ayant cornmencé par recevoir les 1eçons de Philippe Wouwermans, de Thomas Willeborts, et de Jacques Jordaens, il ne prit ensuite d'autre traître que la nature. Il avait déjà fait des progrès dans le genre de l'histoire, lorsqu'il peignit plusieurs portraits qui, dit Descamps, malheureusement lui réussirent, de sorte qu'il ne lit presque plus d'autres tableaux. Toutefois ce malheur n'empècha point Berckmans d'acquérir une grande réputation et une fortune considérable, deux avantages que les plus grands artistes n'ont pas toujours obtenus. Il s'attacha au comte fleuri de Nassau, gouverneur de fluist, et, jusqu'à la mort (le ce seigneur, ne travailla guère Glue pour lui. A cette époque, il alla résider à M iddelbourg. Le portrait de Jean Eversten et celui du célèbre Ruyter accrurent la ienommée de Berckmans. Il peignit entre autres les compagnies des archers et des arquebusiers de Middelbourg et de Flessingue. Cet artiste, qui sut se faire distinguer dans un temps où la Hollande possédait un grand nombre d'habiles peintres , dessinait bien, avait un bon coloris et le talent de saisir les ressemblances. On ignore l'année et le lieu de sa mort. DT
  • Henri BENZELIUS( 1689 - 1758) : archevêque d'Upsal , frère du précédent. Il était né à Strengnes, en 1689, et fit ses études à Upsal. Les voyages qu'il entreprit le conduisirent à Bender, où était alors Charles XII. Ce prince, qui avait plus de goût pour les sciences et les arts qu'on ne croit communément, s'occupait du projet de faire voyager des savants dans les contrées de l'Orient. Benzelius fut du nombre de ceux qu'il désigna, et il commença son voyage en 1714. Après avoir parcouru l'Archipel, la Syrie, la Palestine et l'Égypte, il retourna en Suède par l'Italie, l'Allemagne et la Hollande. Le journal qu'il avait rédigé est conservé à Upsal en manuscrit. Une grande partie des observations du voyageur se trouve cependant insérée dans un recueil de dissertations latines qu'il fit paraître sous le titre de Syntagma dis- sert ationum in academia Lundensi habilarum, Leipsick, 1745 Henri Benzelius, après son retour en Suède, devint successivement professeur en théologie, évêque de Lund et archevêque d'Upsal, où il mourut en 1738. Il avait remplacé, dans l'archevêché, son frère Jacob Benzelius, mort en 1747, et connu par un Abrégé de théologie; une Description de la Palestine, et quelques autres ouvrages, tous écrits en latin. — Jesper BENZELIUS, de la même famille, et mort vers la lin du lie siècle, évêque de Strengnes, avait fait ses études sous le fameux Mosheim, et publia en •744, à Helmstaedt, une dissertation latine sur Jean Duroeus, Écossais, qui, dans le 17e siècle, parcourut une partie de l'Europe pour prêcher la réunion des luthériens et des calvinistes, mais qui échoua dans son entreprise, et fut maille persécuté
  • Henri BODELIO( 1760 - 1820) : médecin, né vers 1760, mort en 1820, a publié : 1 ° Mémoire sur une discussion physique contre la prétendue versatilité d'une matière sans pesanteur , Paris, 1814 2° Petite promenade physique contre l'idée deI la pesanteur de l'air, et son ressort dans un état de liberté, Paris, 1819
  • Henri BOGUET( 1500 - 1619) : grand juge de la terre de StClaude, né dans le 16e siècle à PierreCourt, près de Gray en FrancheComté, est auteur des ouvrages suivants, dont le premier était jadis trèsrecherché : 1° Discours des sorciers , tiré de quelques procès, avec une Instruction pour un juge en fait de sor- gcellerie, Paris, Binet, 1603 ; Lyon, Pillehote , 602 Lyon, Rigaud, 1607 ou 1608 et 1610, n-8°; Rouen, Osmond, 1706 Toutes les éditions de cet ouvrage sont rares, la famille de Boguet en ayant supprimé les exemplaires avec le plus grand soin. Il y décèle une extrème crédulité, et un zèle farouche qui ne dut être que trop funeste aux malheureux accusés à son tribunal. 2° Les Actions de la vie et de la mort de St. Claude, Lyon, 1609 et 1627 Cet ouvrage a été réfuté par Jacques Lectius, magistrat de Genève. 2. In consueludines generales comilalus Burgundice Observationes, Lyon, Pillehote , 1604 ; Besançon, Boguillot, 1725 C'est le premier ouvrage qui ait paru sur la coutume de FrancheComté, et il est encore estimé des jurisconsultes. Boguet fut nominé , en 1618, conseiller au parlement de Dôle ; mais son admission Clans cette compagnie éprouva de grandes difficultés, et il fallut un ordre exprès du prince pour l'enregistrement de ses lettres de nomination. On croit que le chagrin qu'il en éprouva avança sa mort, arrivée le 23 février 1619
  • Henri BOILLOT( 1698 - 1733) : jésuite , né en FrancheComté, le 29 septembre 1698, professa la rhétorique, la philosophie et la théologie dans différentes ionisons de son ordre, fut ensuite nominé recteur du collée de Grenoble, puis de celui de Dôle, et mourut en cette ville, le 5 juillet 1735. On a de lui I. Explication latine et française du second livre des satires d'Horace, Lyon, 1710, avec une Dissertalion en latin el en français sur la satire; 2° le Noyer, élégie d'Ovide expliquée en français, Lyon, 1712 2 ; 30 Maximes chrétiennes et spirituelles, extraites des oeuvres du P. Nieremberg, Lyon, 1714, 2 vol. ; 4° Sermons nouveaux sur divers sujets, Lyon, 1714, 2 vol. Dans un recueil d'odes, imprimé à Vienne en Dauphiné, 1711 on en trouve deux du P. Boillot, l'une intitulée : Philosophie préférée à la poésie; et l'autre : la Philosophie victorieuse de la poésie. Il avait commencé un ouvrage de la Recherche de la vérité, que la mort l'a empêché de terminer. —Jean BOULOT, minime, né à StMémin en Auxois, en 1658, mort à Semur, le 16 mars 1728, a laissé : 1. Lettres sur le secret de la confession, Cologne , 1705 2° la Vraie Pénitence, Dijon , 1707 — Un autre Philibert BOILLOT, piètre de l'Oratoire, est auteur d'un peme latin intitulé Passeres, et d'une autre pièce de vers français, insérés tous deux dans le 8' volume de la continuation des Mémoires de littérature. Il était né à Beaune , et mourut à Dijon, le 25 décembre 1729, à 69 ans. W—s et C
  • Henri BLACKWOOD( 1770) : viceamiral anglais, naquit en 1770. Son père était baronnet. Il entra fort jeune dans la marine royale, et dès lors se, familiarisa complètement avec le spectacle des com- bats maritimes. Il fut témoin de l'engagement du Dogger- Bank , sous l'amiral Parker, et ensuite de l'action à la suite de laquelle furent capturés les deux sloops hollandais le Pylade et l'Oreste. Il avait déjà servi sur cinq bords différents lorsqu'il fut élevé au rang de lieutenant, en 1790. L'année suivante, il fut employé sur la frégate la Proserpine. Exempt de service l'année d'après , il put venir en France, soit pour y suivre les progrès de la révolution à laquelle il s'intéressait sans l'approuver, soit pour y étudier la langue. Il séjourna d'abord à Angoulême, puis à Paris. Un émigré l'avait chargé de remettre un livre à une personne de sa connaissance : co livre contenait une lettre: Blackwood probablement n'en savait rien. Il n'en fut pas moins compromis trèssérieusement, comme agent d'une correspondance contrerévolutionnaire, jeté en prison par les ordres du conseil municipal, et plus tard traduit à la barre de la convention. Toutefois, en dépit des furibondes déclamations de Tallien, son innocence éclata. Il resta encore quelque temps à Paris , où il suivit les séances du club des jacobins. Revenu en Angleterre, il reprit du service dès le commencement des hostilités avec la France, s'acquit au plus haut degré l'estime générale ; devint premier lieutenant de l'Invincible, et y resta jusqu'après les actions des 28, 29 niai et 1" juin 1794 avec la flotte française. Sa brillante conduite dans ces divers engagements, et principalement dans le dernier, lui valut le com-,mandement de la Mégère, qui, jusqu'au 2 juin 1795, lit, partie de la flotte du canal aux ordres de lord Hower. Blackwood passa ensuite au rang de capitaine en second du Non- Pareil, destiné à la garde ide l'embouchure de l'Humber. Mais trouvant ce service peu actif, il obtint le commandement du Brillant , à bord duquel il passa deux ans dans la station de la mer du Nord, sous lord Duncan, puis un an .à celle de TerreNeuve. Il soutint alors un combat inégal contre deux frégates françaises de 44 canons , la Vertu et la Régénérée; et, malgré la supériorité de chacune d'elles en particulier, il É échappa et leur causa beaucoup de dommages. L'a— mirauté récompensa cet exploit en nommant Black-1 Wood au commandement de la Pénélope . Il fut alors employé au blocus des ports du Havre et de Cherbourg , puis dans la Méditerranée, où il fut chargé successivement , à l'entrée du détroit des Dardanelles. Une cour d'enquête et une.cour martiale acquittèrent honorablement Blackwood, qui alors passa en qualité de volontaire à bord du vaisseau amiral le Royal- George, où il servit encore avec le même zèle et la même distinction. Revenu en Angleterre, il fut nommé capitaine d'un autre vaisseau de guerre, dont il garda le commandement six ans, étant employé dans les flottes de la mer du Nord, de la Manche, de la Méditerranée. Au blocus de Toulon, il obligea à rentrer dans le port six vaisseaux de ligne français qui en étaient sortis. Il repassa ensuite le détroit, figura successivement au blocus de Brest et de Rochefort en novembre 1815, . et donna sa démission. La protection du duc- de Clarence lui valut l'année suivante le titre de capitaine de la flotte , et l'honneur de conduire en France Louis XVIII et la famille royale. Désigné aussi pour conduire les souverains alliés de France en Angleterre, il fut à cette occasion créé baronnet, contreamiral et l'un des aides de camp de marine du prince régent. En 1818, il devint groom de la chambre, titre qui lui fut confirmé lors de l'avénement de Guillaume IV. Élevé en 1819 au commandement de toutes les forces navales dans les Indes orientales, il se rendait à sa destination, lorsque le vaisseau qui le portait fut sur le point de faire naufrage devant Madère. De nouveaux arrangements pris par l'amirauté, et en vertu desquels les fonctions de commandant en chef devaient être remplies par des commodores, le firent revenir en Angleterre. La désapprobation qu'il donnait aux innovations tentées alors fut justifiée quelques années après ; mais on ne lui rendit pas le poste élevé qu'il avait dû croire le sien un instant. Seulement, en 1827, le duc de Clarence, à cette époque lord grand amiral, lui donna le commandement de la station de Chatham. Blackwood le garda trois ans selon l'usage, puis, peu content de ce pisaller, il sembla vouloir se retirer du service actif , et mourut le 17 décembre 1832, à Ballyliedy
  • Henri BOOT( 1661) : comte de Warrington et baron Delamer de DunhamMassey, en Angleterre, naquit d'une famille ancienne, en 1661. Il représenta le comte palatin de Chester dans plusieurs parlements, sous le règne de Charles ll. Son opposition au duc d'York et son animosité contre les catholiques le rendirent odieux à la cour. En 1684 il devint, par la mort de son père, lord Delamer. Il fut, vers le même temps, arrèté et renfermé à la Tour de Londres. Ayant obtenu sa liberté, il fut emprisonné de nouveau peu de temps après l'avènement de Jacques II. Il le fut une troisième fois en 1683, comme accusé de haute trahison ; mis en jugement, il fut acquitté par la chambre a publié en 1739, sous le voile de l'anonyme, un ouvrage intitulé : Considérations sur l'institution du mariage, avec des réflexions concernant la force et l'obligation du contrat de mariage, où l'on considère jusqu'à quel point les divorces peuvent ou doivent are autorisés, etc. L'auteur plaide en faveur du divorce, motivé sur la différence et l'incompatibilité des caractères
  • Henri BRENNER( 1669 - 1752) : né en Suède, l'an 1669. Charles XI ayant envoyé un ambassadeur en Perse, pour des négociations relatives au commerce, Brenner eut ordre de l'accompagner. A son retour, la guerre ayant éclaté entre la Russie et la Suède, il fut arrêté à Moscou, par ordre de Pierre I", qui ne lui rendit la liberté qu'après la conclusion de la paix, en 1721. Revenu en Suède, il obtint la place de bibliothécaire du roi, et mourut en 1752. On a de lui une relation, en suédois, de l'expédition de Pierre I" contre la Perse, et un extrait latin fort peu instruit en chronologie ; aussi ce petit extrait fourmille de fautes et d'anachronismes. Brenner dressa aussi une carte de la mer Caspienne et du fleuve Daria, qu'il suppose étre naxarte des anciens. Cette carte a été jointe à un ouvrage intitulé : 31emorabilia partis orientalis Asia
  • Henri BOYD( 1700 - 1832) : né en Irlande vers le milieu du 18° siècle, fut vicaire de Batfriland, chapelain du comte , conte, dans la manière de Spencer, 1805.5° Les Triomphes de Pétrarque , trad. en vers anglais, 1807. Henri Boyd est mort le 17 septembre 1832
  • Henri BRADSHAW : bénédictin anglais, du monastère de SteWerburge, dans le Cheshire, vers les confins du pays de Galles, florissait dans le •5° sièrle, et non dans le 14°, comme la Biographie anglaise de Watkins le dit, d'après Arnold de Wion, qui le met sous l'an 1316. En effet, il !nouent sous en VIII, en 1515. On a de lui plusieurs ouvraes, tant en vers qu'en prose, les uns en latin, les autres en anglais : 1° la Vie de Ste. Worburge, vierge; 2° de l'Antiquité et Magnificence ( le la ville de Chester : 5° une chronique, et d'autres ouvrages qui n'ont pas été imprimés.— Jean BRADSHAW, né en 1586, d'une ancienne famille originaire du Derbyshire, était président de la haute cour de justice qui lit le procès à Charles 1er, et condamna ce prince A perdre la tète sur un échafaud. Nommé président da parlement, on lui accorda une garde pour la sûreté de sa personne, un log,ement à Westminster, une somme de 5,000 liv. steel. avec des domaines considérables. Il ne jouit pas longtemps de ces récompenses, se retira du parlement, et mourut dans l'obscurité, le 51 octobre 1659, une année après la mort du protecteur, si l'on en croit des pamphlets du temps, conservés au Musée britannique. Lors du rétablissement de Charles 11, les corps de Bradshaw, de Cromwell et d'Ireton furent déterrés, pendus à Tyburn, et brûlés; mais plusieurs compilateurs d'anecdotes ont cru que Bradshaw avait fait courir le bruit de sa mort, et avait passé sous un autre nom dans les colonies, pour y jouir tranquillement de sa fortune ; les uns supposent qu'il se retira aux Barbades; d'autres, plus vraisemblablement, le font aller à la Jamaïque, conquète de Cromwell, et assurent qu'on y a trouvé son épitaphe, écrite du style du démagogue le plus ardent, et qu'on peut voir dans le Gentleman Magazine, t. 52, p. 834. — Guillaume BRADSHAW, dit l'Ancien, théologien anglais, proche parent du précédent, a publié quelques ouvrages ascétiques et théologiques, tous en anglais; le plus connu est son traité de la Justification, Londres,1615 qui a été traduit en latin sous ce titre : Dissertatio de justi ficationis doctrina, Leyde, 1618 souvent réimprimé. — Guillaume BRADSHAW, (lit le Jeune, mort évêque de Bristol, le 27 décembre 1732, n'a publiéque (les sermons
  • Henri BROKES( 1706 - 1773) : jurisconsulte, né à Lubeck en 1706, fit ses études à Wittenberg, à Malle, à Leipsick, occupa, en 1740, une chaire de droit à Wittenberg, et fut nommé, en 1768, bourgmestre dans sa patrie, où il mourut le 21 niai 1775. On a de lui un grand nombre de traités; les principaux sont : 1° Historia Pris Romani succincte, Wittenberg, 1752 et 1742 2° Collegium juris theticum, prima pris civilis fundamenta juxta seriem Pandectarum exhibens, ibid., 1753 5° de Cicerone juris rivais teste ac interprele, dissertationes ires, 1738- 59- 41; 4° Selectce Observationes forenses, Iéna, de 1748 à 1775, et Lubeck, 1765 et
  • Henri BOUCHARD : né à Lyon, fut 'l'abord avocat au barreau .le cette ville, et .les int, a la révolution de 17s9, procureur de la commune. A etablissenient du regime consulaire , il fut nomme conseiller de préfecture de la C?ited'Or, puis du membre du corps legislatif pour ce departement, et enfin appelé aux fonctions de procureur gérai à la cour impériale de Poitim, oit il er par une veritable eloquence. Ce fut à raison de ses deux titres de ',meu- t et de membre du corroi législatif, on Bouthard avait 15,011? fr. pour parler et 1 fr. pour se taire. Demeuré à la chambre des de dans les premiers temps de la restauration, il souvent a la tribune. prononea un iliscoura po tenir fordiaman•e du directeur g,eneral de la ?oliee Betignot, relativement a la celebration dimanches et fêtes, combattit les amendements favorables a la liberté de la presse, praponess au nom .le la commiasion par M. Raynouard, appuya le projet .1e, loi relatif a la restitution aux ',migres de leurs biens non vend.. et relui relatif aux douanes et a la taxe du sel. Buucliard se, lit remarquer suai dans la défense du projet de lui portant organisation de la cour de cassation, et conclut que et tribunal suprême etait institué dans l'interet unique de, gonvernenienta, et non dans celui des gt?uvernes. Non reelu a la chambre de, députes, il se fixa tout a fait à Poitiers, et fut, a course .f une longue maladie, plusieurs annees sans manoir exercer ses fonctions de procureur general, dont il conserva toujours le titre et les appointements. Ce personnage d'un mente réel, comme jurisconsulte, comme orateur et comme homme de bien. mourut a Poitiers, paelques avant la revolution de juillet. Comme procureur géneral de la cuur royale, il avait et.: remplace par M
  • Henri BOUCHON-DUBOURNIAL( 1749) : traducteur de Cervantes, naquit en 1749, à Toul. Admis dans le corps des ponts et chaussées , il fut ingénieur dans les provinces, puis professeur à l'école militaire , et ensuite chargé de la direction de plusieurs travaux importants , notamment du pont de Lampde, arrondissement d'Jssoire. La cour d'Espagne ayant , en 1783 , demandé des ingénieurs français, Bouchon y fut envoyé, et, peu de temps après, il obtint une chaire à l'école royale militaire de PortSteMarie. Dans ses excursions aux environs de Cadix , il retrouva les restes du canal construit par les Romains pour amener dans cette ville les eaux de Tempul, à travers vingt lieues de montagnes. 11 s'occupa surlechamp des travaux nécessaires pour la restauration de cet aqueduc , et présenta son plan au ministère espagnol ; mais la mort de Charles III empêcha l'exécution d'un projet qui eût pu lui faire honneur. Il revint en France à l'époque où les notables étaient assemblés pour aviser aux moyens de combler le déficit du trésor royal ; et il publia, sur l'objet de leurs délibérations, une brochure intitulée : Considérations sur les finances , 1788 , qui se confondit dans la foule d'opuscules que chaque jour voyait éclore sur cette matière. Pendant la terreur, il fut mis en prison comme suspect ; et ce fut alors qu'il entreprit une traduction du fameux roman de Don Quichotte, qui devait être à la fois plus littérale et plus complète que toutes celles que nous avions. En 1809 , il fut chargé de la reconstruction du pont de Sèvres ; mais il se vit forcé d'abandonner cette entreprise, faute de fonds pour payer les ouvriers ; il fut môme arrêté pour dettes , et resta longtemps détenu à StePélagie. Plus tard, il démontra que c'était à tort qu'on avait exercé contre lui des poursuites , et il obtint de ses associés une indemnité. En •826 BouchonDubournial publia dans les P etites- A [ fiches plusieurs avis pour demander des jeunes gens capables de copier ses manuscrits. Il exigea de ceux qui se présentaient un cautionnement , à titre de prêt , portant intérêt à cinq pour cent , et dont le remboursement ne devait être exigible qu'un mois après la sortie de l'employé. Ces remboursements n'ayant pas été effectués , Dubournial fut poursuivi comme escroc et condamné en première instance, par deux jugements successifs, à deux années d'emprisonnement; mais la cour royale le renvoya de la plainte le 8 août, et condamna les plaignants aux dépens. L'accusé était alors presque octogénaire et sourd. Ce qui intéressa les juges en sa faveur, c'est qu'il était soutenu par une, jeune femme qui disait être sa fille, et qui lui transmettait les questions adressées par le président. Dubournial est mort dans la misère à Paris , vers la fin de 1828. Peu de temps après, un particulier vint à la bibliothèque royale offrir plusieurs de ses manuscrits inédits , parmi lesquels étaient des pièces de théàtre. Outre l'opuscule sur les finances dont on a parlé, il en a publié V, un second en 1814, intitulé : Considérations sur les finances, sur la dette publique, sur la nécessité et les moyens de créer un milliard en papier- monnaie ; aussi solide et plus précieux que l'or, qui, employé à payer l'arriéré actuel , seconderait d'autant l'industrie, l'agriculture et le commerce de la France, Paris de 52 p. Enfin on a de lui la traduction des OEuvres choisies de Cervantes. Sous ce titre, Bouchon se proposait de publier le Don Quichotte avec un examen critique de ce célèbre ouvrage ; Persilès et Sigismonde , ou les Pèlerins du Nord, et les Nouvelles de Cervantes. Le Don Quichotte parut en •807, 8 vol. avec une vie de l'auteur espagnol , mais sans l'examen , resté inédit. Chénier, dans son rapport sur le concours des prix décennaux, rendit un compte trop avantageux de cette traduction : au jugement de plusieurs critiques, c'est la plus prolixe de toutes, et elle ne peut être considérée que comme une espèce d'imitation du roman espagnol, bien différente de celle qu'a donnée Florian, laquelle n'en est qu'un extrait. Le Don Quichotte fut suivi de Persilès et Sigismonde, Paris, 1809, 6 vol. et du Mari trop curieux, nouvelle tirée de Don Quichotte , ibid., et même année Bouchon, en 1822, annonça la traduction des OEuvres complètes de Cervantes, en 12 vol. 11 n'en a paru que 6 : le Don Quichotte, en .4 vol., et Persilès, en 2 vol. Les Nouvelles choisies, traduites par Bouchon, Paris, 1825 font partie de la Collection des chefs- d'oeuvre des classiques étrangers. On a publié, peu de temps avant la mort de Bouchon : Don Quichotte et Sancho Pança à Paris en 1828, par un octogénaire paralytique qui ne voit plus comme autrefois, et qui ne se croit pas moins sage, Paris, 1828, 1 vol.
  • Henri BRIGGS( 1556) : Célèbre mathématicien anglais, né vers l'an 1556, à VV arleyWood, paroisse d'Halifax, dans l'Yorkhire, lit ses études à Oxford, y enseigna luimème quelque temps les mathématiques, et fut nommé, en 1596, premier professeur de géométrie au collège de Greshatn, qui venait d'être fondé à Londres. 11 s'occupait alors de la recherche des longitudes en mer, et construisit une table pour les trouver, d'après la variation de l'aiguille aimantée, moyeu souvent essayé depuis, et toujours sans succès. L'instrument qu'il proposait a été décrit par le docteur Gilbert , dans son Traité sur l'aimant, et a été aussi publié par Blondeville, dans ses Theores of the seven, planets, Londres, 1602 Il fut trèslongtemps en correspondance avec le célèbre Usher, archevêque d'Armagh. On voit, par les lettres de ce docte prélat, publiées en 1686, que ce fut en 1615 qu'il eut la première connaissance de l'admirable invention des loga- ritales, trouvée par Jean Néper, baron de Merchiston. Briggs n'eut point de repos qu'il ne se fût procuré la satisfaction de le voir, et il fit exprès le voyage d'Écosse. Briggs sentit le premier l'étendue des progrès que la découverte des logarithmes allait faire faire à toutes les sciences fondées sur le calcul ; il en développa la théorie dans ses cours au collége de Gresham ; mais il reconnut bientôt que la forme des logarithmes adoptée par Néper pouvait être perfectionnée, ce que cet inventeur avait également aperçu. Briggs fit deu4 fois le voyage d'EcoSse pour en conférer avec lui et, après son retour, se hàta de calculer et de publier, en 1617, la première table de logarithmes ordinaires, dont l'usage est plus simple , parce qu'ils ont pour base le nombre 10, qui est aussi celle de notre système de numération. Appelé en 1619 pour remplir la chaire de géométrie, que le chevalier Henri Saville venait de fonder à Oxford, il résigna sa place du collège de Gresham, et ne quitta plus Oxford, où il partagea son temps entre les devoirs de sa charge et le calcul des logarithmes. Il s'y livra avec une telle àrdeur, qu'en moins de sept ans il calcula 50,000 logarithmes avec quatorze décimales, travail presque incroyable, si l'un considère la longueur du temps qu'exige le calcul d'un seul logarithme. Aussi cette forte application, si longtemps prolongée, finit par déranger son cerveau . 11 mourut à Oxford, dans le collége de Merton, le 26 janvier 1650, à l'âge de 70 ans. 11 a publié :1° Tables pour perfectionner la navigation ; elles sont insérées dans la 2' édition des Erreurs de la Na- vigation de Wright, découvertes et corrigées, Londres, 1610. 20 Logarith, morum Chilias prima, Londres, 1617 50 Euclidis Elementorum libri 6 primes, ibid., 1620, sans nom d'auteur. 4. Nalhe- nzatica ab antiquis minus cognita, inséré dans les Vies des professeurs du collige Gresham , publiées par Ward. 50 Arithmetica logariihmica, Londres, 1624 ; ouvrage d'un travail immense , et qui est le type de toutes les tables de logarithmes publiées dans la suite : on y trouve les logarithmes des nombres naturels de 1 à 20,000 et de 90,000 à 100,000 avec quatorze décimales ; ceux des sinus et tangentes pour chaque centième de degré , aussi avec quatorze décimales , les sinus naturels avec quinze décimales, et les tangentes et sécantes naturelles avec dix décimales. Ces tables sont fort rares; celles que Vlacq publia à Gouda, en 1628, n'en sont qu'un abrégé, les logarithmes n'y ayant que dix décimales, ce qui eu plus que suffisant, puisque ordinairement on ne fait usage que de sept. 6' Mémoire sur le passage à /a mer du Sud par le nord- ouest et la baie d'Hudson. Ce pamphlet, écrit en anglais, et publié pour la pre- mière fois en 1622, se trouve dans le t. 5 des Voya- ges de Purchas. 7. Trigonometria britannica, Gouda, ‘16M ouvrage divisé en 2 parties la 1", traitant de la construction des tables, est entièrement de Briggs ; la 2, qui indique leur usage dans la trigonométrie rectiligne et sphérique, est de Gellibrand, son ami, qui lui succéda au collége Gresham ; à la suite, on trouve les logarithmes des sinus et tangentes pour chaque centième de degre, avec quinze décimales, comme dans l'irithinetica logariffineica. Briggs avait encore écrit des commentaires sur la géométrie de P. Ramus, des remarques sur le traité de Longomontanus sur la quadrature du cercle, la description et l'usage du régulateur de Bedwell, et d'autres ouvlbages de mathématiques qui n'ont pas été publiés. Sa vie a été. écrite par le docteur T. Smith. Thomas Gataker et Isaac Barrow ont rendu un honorable témoignage au ca- ractère et aux talents de Henri Briggs
  • Henri BROOKE( 1706 - 1783) : poète anglais, naquit en 1706 d'un ecclésiastique irlandais. Il fut élevé dans le collée de Dublin, et destiné à la profession des lois. Nommé trèsjeune tuteur d'une trèsjeune cousine, il prit pour elle et lui inspira une passion qui se termina fort promptement par le mariage , puisque sa femme n'avait pas encore quatorze ans lorsqu'elle lui donna un premier enfant, qui, dans une heureuse union de 1n-ès de cinquante ans, fut suivi de seize autre , en sorte que le bonheur conjugal, qui l'avait d'abord éloigné du monde et des affaires, le força bientôt , niais qui, composé dans les dernières années de sa vie, indique le déclin de ses facultés. Des malheurs avaient contribué à les affaiblir. Quoique Brooke eût obtenu des succès, ils n'avaient pas été assez constants pour lui procurer une aisance proportionnée aux besoins d'un caractère généreux et imprévoyant. Dans le moment Aclat que lui avait donné Gustave Wasa , Garrick avait désiré de l'attacher à son théâtre. Brooke refusa ses propositions avec quelque hauteur; peut-être plus tard il aurait pu se montrer plus traitable, mais plus tard les propositions ne s'étaient pas renouvelées. il s'était vu obligé de vendre les biens qu'il tenait de sa famille, et de se réduire par degrés à l'habitation d'une petite ferme. 11 n'avait pu trouver dans son esprit, aimable et doux, plutôt qu'énergique, de quoi supporter l'adversité qui l'atteignit dans sa vieillesse. La mort de sa femme, qu'il n'avait cessé de chérir tendrement, et la perte de celui de ses enfants qu'il aimait le plus, achevèrent de ' l'accabler. Il languit quelque temps dans un état d'enfance presque absolue , et mourut en 1785. Tous ses ouvrages, excepté ses romans, ont été réunis en 4 vol. 1780. Gustave Wasa a été traduit en français par Maillet du Clairon, Londres et Paris, 1766
  • Henri BRAUN( 1732) : né le 17 mars 1732, à Tross- berg , s'est distingué par de longs et utiles travaux pour la réformation des écoles de Bavière. Il entra, en 1750, dans l'ordre des bénédictins, et fut nommé, en 1757, professeur d'allemand, de poésie et d'éloquence à Munich, et membre de l'académie des sciences. Il publia alors un grand nombre d'écrits et de recueils relatifs, soit à l'instruction, soit à l'éducation en général. Chargé, en 1777, de la direction générale des lycées, des gymnases et des écoles, tant de la Bavière que du haut Palatinat, il entreprit d'y introduire des changements utiles; mais, quoique moine luimême, dégoûté de voir l'éducation entièrement livrée aux moines, il se contenta de continuer écrire, et entreprit, d'après la Vulgate, une traluction de la Bible, qui fut arrêtée par sa mort, le ; novembre 1792. C'était, sinon un penseur'profond, ltt moins un homme d'un bon esprit, plein d'acti-- 'ité, de désintéressement, et qui a contribué à l'améioration des méthodes d'enseignement en Allemagne. Ses principaux ouvrages sont : 1° le Patriote bava-- ois , ouvrage périodique , 2 vol. , Munich, 1769, n-8°; 20 Plan pour la nouvelle organisation des icoles en Bavière, ibid. , 1770 50 Éléments d'Arithmétique à l'usage des écoles, ibid. , 4770 ; 4-0 Éléments de latin, ibid. , 1778 , in - 8° 5° Histoire de la réformation des écoles bavaroises, TranefortsurleMein, 1783 ; 6° l'Art épisto- 'Paire pour les Allemands, 4787 7. l'Année ecclésiastique catholique , Augsbourg., 1785, 2 vol. in - 8° ; 8° Synonymes latins , Augsbourg , 1790 etc. Tous ces ouvrages sont en allemand. Il a donné aussi des éditions d'auteurs classiques pour les colléges, comme Eutrope, César, Salluste, etc
  • Henri BRENKMANN : savant jurisconsulte hollandais, né à Rotterdam d'une famille allemande, exerçait avec distinction la profession d'avocat à la Haye. Frappé de la confusion qui règne dans les Patulecles de Justinien, il forma de bonne heure le projet de rétablir dans leur ordre primitif les extraits des anciens jurisconsultes, dont est composée cette vaste collection; mais il sentit bien qu'il fallait avant tout s'assurer de la pureté du texte, et résolut de n'épargner pour cela ni soins, ni dépenses. Après avoir comparé entre elles les éditions les plus estimées, et pris note de toutes les variantes, il partit en 1709 pour la Toscane, et, par la recommandation de Henri Newton, chargé d'affaires de la reine Aune, auprès du grand duc, la bibliothèque des Médicis lui fut ouverte, et il eut toutes les facilités qu'il put deirer pour collationner son recueil de variantes avec le fameux manuscrit original des Pandectes florentines ; ce travail fastidieux l'occupa quatorze mois, et son voyage entier en France et en Italie dura quatre ans. De retour en Hollande, il se retira dans le bourg de Ilenvliet, dans la SudHollande, pour travailler avec plus de tranquillité à l'exécution de son vaste plan; mais l'excès du travail abrégea ses jours, et il mourut en avril 1756, dans sa 16" année. Il laissa ses manuscrits au savant Bynkershoek, qui lui avait promis de terminer ce travail et de le mettre au joui.; mais reluici étant mort peu d'années après, sans avoir pu achever ce grand ouvrage, les manuscrits tombèrent entre les mains de GeorgeChrétien Gubauer, professeur à Goettingue, qui les acheta, en 1745, à la vente de la bibliothèque de Ilynkerslwek. On a fait usage de ce manuscrit pour l'édition des Pandecles publiée par Spargenberg ; le reste du Corps de droit forme 'le 2' vol. de cette édition. Les ouvrages imprimés , in - 12. 4° Epislola de consulibus quorum in Pandeclis nientio, 1715, se trouve dans l'Appendix faslorum consularium de Adr. Roland. 5° Historia Pandec( arum , sen fatum exemplaris Florenlini ; accedit gemina dissertaitde Amalfi, Utrecht, 1722, in 4 6° Epistola ad Franc. Hesselium, Utrecht, 1735, in.-4°. Il y discute deux lettres (le Gui Grandi et de C.G. Schwarz, sur les Pandectes. 7° D'autres opuscules, dont on peut voir le détail dans G.C. Gebauer, de Hem% Brenkmanno, Goettingue, 1764
  • Henri BREWER( 1600 - 1680) : né dans les premières années du 17e siècle, dans le duché de Juliers, étudia les belleslettres au collège des TroisCouronnes, à Cologne, et y prit le degré de licencié en théologie. Il fut successivement vicaire et chapelain de la collégiale de Bonn, recteur de l'église des religieuses de Nazareth, et enfin curé de StJacques, à AixlaChapelle, où il mourut vers 1680. Il a continué jus- qu'en 1672 l'Historia universalis rerum memorabi- hum ubique pene terrarum gestarum, qu'Adolphe . Brachelius avait commencée et que ChristianAdolphe Thundenus avait poursuivie jusqu'en 1660. Les deux continuateurs sont fort éloignés du mérite du premier auteur. Cette histoire universelle a été imprimée à Cologne, en 1672, 6 vol. On a encore de Henri Brewer : Thome a Kempis Biographia, Cologne, 1681 de 79 p
  • Henri BUNTING( 1545 - 1606) : théologien luthérien, né en 1545, à Hanovre, fit ses études à Wittenberg, et fut successivement pasteur à Grunow et à Gosslar. Des tracasseries religieuses l'engagèrent à quitter le ministère ; il se retira à Hanovre, où il vécut en sim- pie particulier jusqu'à sa mort, arrivée en 1606. On a de lui, entre autres écrits : 1° Une Harmonie des évangélistes, en latin ; 2° de Monetis et Mensuris Scripturce sacra!, Helmstaedt, 1583 et 30 Ilinerarium biblicum, qteil a écrit en latin et en allemand, Magdebourg, 1597, réimprimé en 1718 4. une Chronique du duché de Brunswick- Lunebourg continuée depuis par Henri Meibom jusqu'en 1620, et réimprimée en 1722; Chronologia, hoc est omnium temporum et arme-,un series, etc., Zerbst, 1590 ; Magdebourg , 1608
  • Henri CAPETAL : originaire de Picardie, prévôt de Paris sous le règne de Philippe V, se rendit coupable d'un crime atroce que les lois punirent, et que l'histoire a retracé pour flétrir d'un éternel opprobre ce magistrat prévaricateur. Un riche homicide, détenu dans les prisons du Châtelet , fut condamné à mort d'une voix unianitne. 11 offrit une somme d'or considérable au prévôt , s'il voulait le soustraire au supplice. Le prévôt choisit un prisonnier innocent, sans fortune et sans appui, le lit pendre sous le nom de l'homicide , et remit ce dernier en liberté sous le nom de l'innocent supplicié; mais cette grande iniquité ne tarda pas à être découverte. Le roi indigné lit faire le procès à Capetal, et il fut pendu, en 121, au même gibet où il avait fait pen- die la victime de sa cupidité
  • Henri BURTON( 1579 - 1648) : théologien anglais, naquit en 1579, à Birdsall, dans le comté d'York, et reçut son éducation à l'université d'Oxford. Il fut d'abord gouverneur des enfants de lord Carey de Lepington, depuis duc de Monmouth , dont la femme était gouvernante du prince Charles, depuis Charles Y'. Ce fut par la protection de ce lord qu'il fut nommé secrétaire du cabinet du prince Henri, et, après sa mort, du prince Charles; mais à l'avènement de celuici au trône, la place de secrétaire du cabinet ayant été donnée à l'évêque de Durham , qui l'avait exercée sous le règne précédent, Burton en conçut un tel ressentiment, qu'il se livra à des excès qui le tirent l'envoyer de la cour. En 1625, il fut nommé recteur de StMatthieu à Londres ; mais en 1636, ayant prononcé deux sermons où il s'élevait violemment contre les évêques, qu'il accusait d'un projet de ramener la religion romaine , il fut cité devant la chambre étoilée pour discours séditieux , et on le mit en prison. Ses juges , aigris par les réponses qu'il publiait et qui lui attiraient la faveur populaire , procédèrent contre lui avec une grande animosité, et, le 14 juin 1657 , il fut condamne, ainsi que deux autres accusés , à une amende de 5,000 livres, à avoir les oreilles coupées, à être mis au pilori, et à être ensuite enfermé à perpétuité, sans communication avec qui que ce fût : le tout, excepté le payement de l'amende, fut exécuté avec la plus grande rigueur. Burton soutint son supplice avec fermeté, et fut ensuite conduit au château de Lancastre, d'où il trouva cependant moyen de faire parvenir dans le public des libelles contre ses persécuteurs. En conséquence, au bout d'un an, on le transféra à l'ile de Guernesey; mais, en 1640, sa femme ayant obtenu que sa sentence fût revue par le parlement, sa route jusqu'à Londres fut un véritable triomphe; il fut partout reçu avec des acclamations et comblé de présents ; le peuple alla audevant de lui avec des branches et des fleurs dans les mains. Le parlement annula la sentence portée contre lui, et ordonna qu'en dédommagement de ce qu'il avait souffert, il lui serait accordé 6,000 livres sterling; mais les troubles survenus alors ne lui permirent pas de toucher cette somme. 11 fut seulement rétabli dans son bénéfice de StMatthieu, et mourut en 1648. Outre les deux sermons qui l'avaient fait condamner, et qu'il publia sous ce titre : Pour Dieu et pour le roi, il a laissé un grand nombre d'ouvrages en anglais, relatifs aux controverses qui agitaient alors l'Angleterre
  • Henri CAJETAN : de la maison de Sermoneto, fut fait cardinal en 1585, et envoyé en France en qualité de légat a latere, par Sixte V, au mois de décembre 1589 ; à sa suite étaient plusieurs prélats italiens, le jésuite Bellarmin, depuis cardinal, et le cordelier Panigarole, évêque d'Ast, fameux prédicateur, qui vint crier dans les chaires de Paris : Guerra ! guerra ! Henri III avait été assassiné à StCloud, et la mission du légat était de contribuer à l'élection d'un roi catholique. Henri IV avait été reconnu par un grand nombre de seigneurs catholiques et protestants; mais Philippe II, roi Le 11 du méme mois, Cajetan, suivi des principaux membres de l'Union, se rendit au Palais, où siégeait une partie du parlement de Paris pour la ligue, tandis que l'autre partie siégeait à Tours pour les royalistes. Les bulles et les pouvoirs du légat furent lus, enregistrés et publiés. Le légat, ambitionnant les honneurs suprèmes, avait voulu se placer sous le II n'était occupé, dit Cayet dans sa Chro- nologie novennaire, que de l'avancement des affaires d'Espagne. Le parlement de Tours avait rendu un arrêt portant défense de correspondre e, tie com- muniquer avec le légat, sous peine de se rendre coupable du crime de lèsemajesté. Le parlement de Paris cassa cet arrêt, et enjoignit de rendre au légat révérence et respect. Plusieurs évêques avaient été invités à se rendre dans la ville de Tours pour travailler à la conversion de Henri ; Cajetan leur écri—vit une lettre circulaire pour leur défendre de s'y trouver, sous peine d'ètre excommuniés et déposés. Tandis que le parlement de Tours faisait brûler par la main du bourreau la bulle envoyée de Borne au légat pour procéder à l'élection d'un nouveau roi de France, le parlement de Paris rendait un décret pour qu'on eût à reconnaître Charles X. Dans le même temps, le légat se réunissait aux Augustins avec le conseil de l'Union , dont il était membre, le parlement et les cours souveraines, les ambassadeurs , avec Panigarole, le jésuite « Bellarmin, etc., tua son aumônier , ce qui fit que le légat s'en retourna au plus vite, pendant « que le peuple criait que cet aumônier avait été for-« tuné d'étre tué dans une si sainte action . » Les prédications, les processions étaient l'unique remède que le iégat et les Seize opposassent à l'extrême misère des Parisiens. Le parlement avait rendu, le 15 juin, un arrêt portant défense de parler de paix avec l'hérétique sous peine de la vie. Vers ce même temps, le maréchal de Biron chargea le marquis de Pisany, qui avait été ambassadeur à Boille, d'enta—mer des négociations avec le légat, et Cajetan eut deux conférences avec lui, au palais épiscopal, où il logeait, chez le cardinal de Gondi. Cajetan mit pour première condition de la paix que le roi se ferait catholique. et Pisany n'ayant rien répondu sur cette condition, les deux conférences furent sans résultat. Depuis quelque temps, le légat était moins ardent dans ses projets. D'un côté, les affaires de la ligue prenaient une tournure inquiétante ; de l'autre, Sixte V avait édit à Cajetan pour lui exprimer son mécontentement de ce qu'il excitait l'incendie, au lieu de travailler à l'éteindre, pour lui ordonner de sortir de Paris, de se concerter avec les cardinaux de Vendôme et de Lénoncourt, comme il le lui avait précédemment recommandé. Le légat fit demander des passeports à Henri pour conférer encore avec Pisany au faubourg StGermain. On voit par là que le siége de Paris était pressé plus vivement. Bientôt les chefs de la ligue sentirent le besoin de négocier la paix. Le légat fut consulté, et il décida, le 4 août, avec Panigarole et Tyrius, 'secteur du collége des jé- suites : I° que les Parisiens, contraints par la famine, n'encouraient point l'excommunication en se rendant à un prince hérétique ; il° que les députés qui seraient envoyés à ce dernier pour le convertir Cayet dit que c'était soit secrétaire. On trouve dans la Sal yre àleuippée une épitaphe de cet aum04 nier ; elle commence par ces deux vers Celui gut gist icy fut de la gent romaine, NIctime du salut, du Cajetan légat, etc. ou soutenir les droits de l'Eglise n'étaient point compris dans l'excommunication du pape Sixte V. En conséquence de cette décision, une députation dont faisait partie le cardinal de Gondi, évèque de Paris, et l'archevêque de Lyon, alla le lendemain 'trouver le roi, qui dit : « Vous devriez mourir de « honte, vous qui êtes nés Français, de vous asser- « vir sous la domination espagnole, et d'avoir vu « mou r r 10,000 âmes de faim par les rues de Paris, « sans oser faire semblant d'en avoir regret, pour « n'offenser le légat ou messer Diego de Mendozze. » Cependant l'approche du duc de Parme, venu des PaysBas avec une armée, et qui avait fait sa jonction avec le duc de Mayenne, engagea le roi à lever le siége de Paris; les ligueurs reprirent courage , et la guerre civile se prolongea. Sur ces entrefaites, Cajetan rappelé partit pour retourner à Rome, laissant à Paris, pour le remplacer, son conseiller Philippe Séga , imbu des mêmes principes, et dévoué aux Espagnols. « Cajetan, dit l'Etoile, trouva le pape mort, « et bien à point pour lui; car il lui eût fait Iran-« cher la tète, pour avoir, contre son exprès co colonel d'un régiment napolitain , qui suivit en France le duc de Parme, et servit le parti de la ligue
  • Henri CALLISEN( 1740 - 1824) : professeur de chirurgie à l'université de Copenhague , né à Preetz dans le Holstein, le 11 mai 1740 , étudia jusqu'à l'àge de treize ans dans la maison de son père, qui était pasteur, puis à l'école de Schleswig, et enfin à Copenhague , sous la direction d'un chirurgien de régiment. Le docteur Krfigert, qui le protégeait, le reçut dans sa maison et lui permit l'usage de sa bibliothèque. La mort de son père, qui eut lieu en 1759, le força de quitter Copenhague, et d'aller s'établir à Cronenbourg , où il exerça la chirurgie. Il revint dans la capitale du Danemark, fut employé en qualité de chirurgien dans un régiment, et ensuite dans la marine, où il se distingua. Pour le récompenser de ses services, on le nomma chirurgien de réserve à l'hôpital Frédéric. Dès lors sa position s'améliora beaucoup. Il continua ses études avec un grand zèle, et obtint , en 1767, l'autorisation de voyager pendant quatre ans aux frais du gouvernement. Il séjourna deux ans à Paris et autant à Londres , où il se lia surtout avec G. Hunter. De retour à Copenhague, Callisen fut nommé chirurgien en chef de la flotte, et péu après, en 1772, il soutint sa dissertation inaugurale intitulée : de Nethodo prœsidii classis regice mitaient luendi. L'année suivante, il fut appelé à la chaire de chirurgie à l'université de Copenhague, et la société royale de médecine, établie en cette ville la mème année, le compta au nombre de ses fondateurs. Depuis cette époque , la réputation de Callisen alla toujours en augmentant. Nommé en 1801 médecin de la famille royale , il cessa au bout de quatre ans ses cours de chirurgie, au grand regret de ses élèves . Après avoir passé la première partie de sa vie dans une situation précaire, il fut comblé d'Iton- Les chirurgiens de régiment étaient traités comme les caporaux, et recevaient 6 écus de paye par 't'ois. Ayant osé se couvrir pendant un grand froid en présence d'un lieutenant, il fut accuse d'insubordination, et menace de coups de bàton et de la prison. Degoûte de cette position humiliante, il prit son congé dès le lendemain ; et, par la protection de lirfiger, fut nommé chirurgien en chef d'une frégate royale. D—h—n. Ils firent frapper une médaille d'or à son effigie avec ces mots pour devise : Senescenti doctori discipulorurn pians. C'était en 1303. D—R—R. neurs et de dignités dans sa vieillesse. Il était trèsattaché à son pays. En 1807, la place de professeur de chirurgie au collège médicochirurgical de Berlin lui fut offerte ; mais il la refusa, préférant rester à Copenhague. Callisen mourut d'une maladie chronique de poitrine le 5 février 1824 . On trouve plusieurs mémoires ou observations de cet auteur dans le recueil de la société royale de médecine de Copen- hague. Mais il s'est surtout fait connaître avantageusement par son système de chirurgie moderne, qui parut pour la première fois à Copenhague, en 1777, en un seul volume sous ce titre : Institutiones chirurgice hodiernce. L'auteur l'augmenta considérablement, et en publia une nouvelle édition en, 1788 ; il l'intitula alors Principia systematis chirurgie° hodiernœ, Copenhague , 1788, 2 vol. 3° édit., ibid. 799-1800, 2 vol. ; 4e édit., 4815-1817, 2 vol. Cet ouvrage a été traduit en allemand avec beaucoup d'additions et de notes par Ad.Ch.P. Callisen, neveu de l'auteur, Copenhague, 1822-1828, 2 vol. Il a été aussi traduit en allemand par C.G. Kuhn , 1819 , 2 vol. Ant. Cappuri, chirurgien de Lucques , en a donné une traduction italienne sur l'édition de 1788 ; elle est accompagnée de quelques notes et a été imprimée à Bologne , 1798-1800, 6 vol. La Chirurgie de Callisen est un ouvrage classique qui se distingue surtout par beaucoup d'ordre et de clarté dans l'ex- position des matières. L'auteur fait souvent des excursions dans le domaine de la médecine interne. Il a encore publié en langue danoise un ouvrage intitulé : Observations rnédico- physiques sur la ville de Copenhague, 1807, 2 vol. C'est une bonne topographie médicale de la capitale du Danemark . L'éloge de Callisen a été prononcé par le docteur Rahlff, et a paru sous ce titre : Laudatif) in memo- riam Henrici Callisenil, habita in societate regia medica Hafniensi , die 17 februar. 1825 , Rahl , med. doct., Copenhague, 1825. M. Ad.C11.- P. Cal- lisen , neveu de l'auteur, est aujourd'hui professeur à l'académie royale de chirurgie de Copenhague, et s'est fait connaitre par une Biographie des méde- cins, chirurgiens el naturalistes écrivains , vivants, chez tous les peuples civilisés , Copenhague, 1850-1834, 18 vol.
  • Henri CANISIUS : neveu du précédent, natif de Nimègue, après avoir fait ses études à Louvain, fut appelé à Ingolstadt, où il professa le droit canon pendant vingt et un ans, et mourut en 1610. C'était un savant modeste et laborieux. Son principal ouvrage est intitulé : Antique Lectiones, Ingolstadt, 4601 à 1608, 7 vol. Comme il faisait imprimer Illes pièces de ce recueil à mesure qu'il les découvrait, elles y sont mises sans ordre de dates, et dans une trèsgrande confusion. Les règles de la critique littéraire n'avaient pas été appliquées deSon temps aux monuments ecclésiastiques ; de là vient que Canisius n'a pas assez démêlé les fausses pièces des vraies, et qu'il s'est quelquefois trompé sur le nom des auteurs auxquels il les attribue. Il avait promis des notes et des éclaircissements ; mais il mourut sans avoir rempli cette promesse. Basnage a remédié à ces défauts dans l'édition qu'il en a publiée, sous le titre de Thesaurus monumentorum ecclesias- ticorum, Amsterdam, sous la rubrique d'Anvers, 1725, 7 t. qu'on relie ordinairement en 4 ou 5 vol. dans lesquels l'éditeur a fondu le supplément de Stevartius. Il mit toutes les pièces dans leur ordre naturel, remplit les lacunes à l'aide de manuscrits, y joignit les variantes, ajouta de nouvelles pièces, orna cette édition de notes pour expliquer les endroits difficiles et obscurs, et d'une savante préface, où il discute plusieurs points intéressants de l'histoire ecclésiastique. Il y lit usage de quelques variantes de Capperonier ; mais il négligea celles (lui avaient été recueillies par Gretser, et il parait qu'il ne connaissait pas le supplément au 5° tome, publié par Canisius sous le titre de Promplua- rium, qui contenait cinq pièces de plus. Tous ces ouvrages sur le droit canon ont été recueillis par Valère André, Louvain, 1644 C'est encore à Canisius qu'on est redevable de la première édi- tion de la Chronica Vidons Tununensis, Ingolstadt, 1600 ; d'une édition de l'Historia miscella de Paul Diacre, ibid., 1603 et de quelques autres ouvrages dont parle Paquot, qui, dans ses Mémoires pour servir à l'histoire littéraire des Pays- Bas donne le détail de toutes les pièces contenues dans les Lectiones antique. Le Moréri de 1759 donne aussi cette liste; mais ils ont l'un et l'autre oublié de mentionner le Prompluarium , et ne donnent que six volumes aux . Leetiones antique. — Jacques CANistus , son neveu, né à Calcar, dans le duché de Clèves, entra chez les jésuites, y enseigna les humanités et la philosophie pendant plusieurs années, et mourut le 27 mai 1647, à Ingolstadt, où son oncle l'avait attiré. Il est auteur d'un traité du baptème, intitulé : Fons mitais. On a aussi de lui Medilaliones sacre super mysteriis Christi et B. Virginis et super virtutibus ac vitiis, 1628 Hyperdualia Mariana, 1636 ; Ars artium, sen de bono mortis, 1650 Il a traduit divers sermons de ses confrères, de l'italien et de l'espagnol en latin, ainsi que les Vies des Saints de Ribadeneira, auxquelles il en a ajouté beaucoup d'autres, 1630 — Henri CANISIUS, né à BoisleDuc vers 1694, entra dans l'ordre des ermites de StAugustin, fut prieur du couvent de Tenremonde, puis à Tirlemont et à Maëstricht. Il mourut le 4 mars 1689. On a de lui; 40 Carminum Fasciculus ; 20 Manipulus sacrarum ordinationum , Louvain, 1661 3. Pax, et una Chantas, per casque chara unitas, Anvers, 1685
  • Henri CANNEGIETER( 1691 - 1770) : né en 1691, àSte en Westphalie, fut recteur au gymnase d'Arnheim et historiographe des états de Gueldre. Il commença à se faire connaitre par une bonne édition d'Avianus : Fi. Aviani Fabule, Amsterdam, 1731 Les ouvrages qu'il donna par la suite eurent principalement pour bjet les antiquités romaines et hollandaises; les plus connus sont :10 Dis- sertatio de Brittenburgo, malribus Battis, Hritan- nica herba, OC., la Haye, 1754 lig. Cannegieter y a joint quelques remarques où il ré- fute l'opinion de Munting sur l'herbu brilannica. 90 De efulata Romanorum nominum sub prfneipt. bus Ratione, Utrecht, 1758 A la suite de cette dissertatiem, on'trouve une histoire critique de l'empereur Posthumus, et l'explication d'un monument découvert à Dodenwerd. 30 De Gemma Rentinckiana, item de lside ad Turnacuen inuenta, itrenrin de Dea Buronina, Utrecht, 1761 4° Epistola de ara ad Noviomagum repe rta, etc., Arnheim, 1766 5° La Ir° édition des Tristes de Henri lIarins, dont le nom hollandais était Hen- rik ter Haer, Arnheirn, 1766 60 Deux lettres latines, dans le Museum Turirense de Hottinger, sur différentes inscriptions. Cannegieter mourut en 1770, sans avoir donné les Antiquités de Hombourg et les Monuments de la Ratavie romaine, dont il avait plus d'une fois fait espérer la publication. 11 avait aussi préparé une édition de Festus, que son lits, Hermann Cannegiter, avait promis de publier, niais cette promesse n'a pas été tenue
  • Henri CASTELA : religieux observantin, né à Toulouse, partit de Bordeaux au mois d'avril 1600, pour Borne, et ensuite...lotir Venise, où il s'embarqua pour faire le voyage de la terre sainte. Il revint à Bordeaux au mois d'octobre 1601, après avoir visité Alep. Jérusalem, le Cake, le mont Sinaï et Alexandrie. Sa relation, écrite avec simplicité, annonce un homme instruit ; il croit un peu légèrement aux miracles ; mais il est bor. observateur. Animé du véritable esprit du christianisme, il ne se permet contre les Turcs aucune de ces expressions injurieuses que leur prodiguent trop souvent les voyageurs chrétiens, et même les religieux qui ont écrit à cette époque, et pourtant il lui est arrivé beaucoup de fàcheuses aventures. Les parties les plus curieuses de son voyage sont celles qui concer- nent son excursion au nord de Jérusalem jusqu'à la fontaine Phiala, près de Kedar, et sa route depuis Rama, le long de l'ancien pays des Philistins, et à travers le désert jusqu'au Caire. Il a publié 10 Saint Voyage de Hiérusalem et du mont Sinaï en l'an du grand jubilé 1600, Bordeaux, 1603 2' édition, Paris, 1612 ; 20 le Guide et adres- se pour ceux qui veulent faire le voyage de terve sainte, Paris, 4604 ; 3° les Sept Flammes dc l'amour sur les sept paroles de Jésus- Christ attaché à la. croix, Paris, 1605
  • Henri CAVENDISH( 1733) : Ce chimiste célèbre naquit en 1755 : il était issu d'une des premières familles d'Angleterre. Second fils du duc de Devonshire, il n'eut, pendant sa jeunesse, que le sort réservé en Angleterre aux branches Cadettes, c'est-àdire une fortune très médiocre ; mais son goût pour les sciences et sa modération lui faisant la trou-. ver suffisante , il négligea tous les moyens d'en ac- quérir une plus considérable, en s'avançant dans les emplois auxquels sa naissance aurait pu le porter. Aussi ses parents, voyant qu'il n'était bon à rien, le traitèrent avec indifférence, et s'éloignèrent peu à peu de lui. Il se dédommagea en se livrant à ces sciences qu'il aimait tant, et bientôt ses découvertes lui attirèrent, en suivant ses goûts, plus de célébrité et de considération personnelle qu'il n'aurait pu espérer d'en acquérir en les contrariant. Cavendish est un des savants quiont le plus contribué aux progrès de la chimie moderne. C'est lui qui, le premier, analysa les propriétés particulières du gaz hydrogène, et assigna les caractères qui distinguent ce gaz de l'air atmosphérique. C'est à lui qu'on doit la fameuse découverte de la décomposition de l'eau. Schéele avait déjà reconnu qu'en mêlant ensemble un volume quelconque de gaz oxygène et un volume double de gaz hydrogène, le mélange bri'dait avec explosion sans laisser aucun résidu visible. Cavendish répéta cette curieuse expérience, mais avec la précision qui le caractérisait. Il enferma les deux gaz dans des vaisseaux de verre bien secs, afin de ne pas laisser échapper le résidu de leur combustion, et il trouva que ce résidu était de l'eau dont la quantité égalait, en poids, celle des deux gaz employés. Lavoisier répéta depuis cette expérience sur des volumes de gaz plus considérables , et confirma pleinement les ré- sultats de Cavendish. De son côté, Monge, à Mé- zières, obtenait des résultats semblables, sans avoir connaissance des travaux du chimiste anglais, qui parait avoir l'antériorité de la publication. On voit que cette brillante découverte n'avait échappé à Scheele que pour avoir négligé la précaution de brûler les cieux gaz dans un vase fermé. Ce même esprit de précision dans les expériences fit faire à Cavendish une autre découverte qui avait échappé à Priestley ce fut celle de la composition de l'acide nitrique, qu'il parvint à former directement en combinant par l'étincelle électrique le gaz oxygène et le gaz azote dans des vaisseaux fermés. 11 s'empressa de l'annoncer à Berthollet, qui , courrier par courrier, lui envoya en réponse la composition de l'ammoniaque, qu'il venait de découvrir : genre de correspondance qui n'appartient pas à tout le monde. Cavendish ne s'est pas moins distingué dans la physique en y portant le même esprit d'exactitude. Il était aussi trèsversé dans la haute géométrie, et il en a fait une application trèsbelle et trèsheureuse à la détermination de la densité moyenne de notre globe. Il y parvint en rendant sensible l'attraction exercée sur un petit disque de cuivre par une grosse boule de métal. L'appareil qu'il employa pour cette recherche est absolument semblable à celui que Coulomb avait inventé pour mesurer les plus petites forces, et qu'il avait nommé balance de torsion ; mais le physicien fran-çais n'avait pas songé à en faire cette application. Cavendish trouva, par ce procédé, que la densité moyenne de notre globe devait être cinq fois et un tiers aussi grande que celle de l'eau; résultat qui diffère trèspeu de celui que Maskelyne avait déduit de la déviation latérale du fil à plomb, causée par l'attraction des montagnes. Voilà quels ont été les travaux les plus importants de Cavendish. On conçoit que de si belles et de si importantes recher- ches peuvent bien illustrer une vie entière, et la rendre honorable, indépendamment des hasards de la fortune. Cependant, comme on aime à connaître toutes les particularités qui concernent les hommes célèbres, il faut bien dire aussi que , vers l'âge de quarante ans, Cavendish avait éprouvé un événement qui aurait pu mettre la philosophie et la modération à bout, dans une âme où elles n'auraient pas été si bien enracinées. Un de ses oncles, qui avait été général outre mer, étant revenu de ses courses en .1773, avait trouvé mauvais que la famille eût négligé son neveu, et, pour l'en dédommager, l'avait fait, en mourant, héritier de toute sa fortune, qui se montait à plus de 500,000 liv. de rente ; de sorte que Cavendish se trouva ainsi tout à coup le plus riche de tous les savants, et probablement aussi le plus savant de tous les riches. Cet événement ne changea rien à son caractère ni à ses habitudes. C'était et ce fut toujours le simple M. Cavendish. Il était en effet d'une simplicité vraiment originale dans sa mise et dans ses manières. Rien ne lui était plus à charge que les détails d'une maison ; aussi tout allait chez lui par des lois presqu'aussi constantes que celles des corps célestes ; tout y était réglé d'avance par des formules si exactes, qu'il n'avait jamais besoin de s'en occuper. Ses domestiques étaient comme des automates, et sa maison comme une montre qui n'aurait jamais besoin détic remontée. Ses hàbillements ne changeaient ja- mais de forme, de couleur ni de matière; constam- ment vètu de drap gris, on savait d'avance, par l'almanach, quand il fallait lui faire un habit neuf, de quelle étoffe et de quelle couleur il fallait le faire ; ou si, par hasard, on oubliait l'époque de cette mutation, il n'avait besoin, pour la rappeler, que de proférer ce seul mot : le tailleur. Cet homme, qui dépensait si peu pour luimême, était d'une gé- nérosité vraiment royale pour les sciences ou pour la bienfaisance secrète. 11 avait formé une bibliothèque immense et parfaitement choisie, qui était au service des savants et de toutes les personnes curieuses d'acquérir de l'instruction. Il avait fait faire pour cela des cartes d'entrée tout imprimées, les unes portant la simple permission de travailler sur les livres , d'autres de les emporter chez soi, suivant l'objet et les personnes ; mais, afin de n'è- tre pas dérangé par les lecteurs, il avait placé sa bibliothèque à deux lieues de sa résidence, dans le quartier où elle pouvait être le plus utile aux savants ; il y envoyait chercher les livres dont il avait besoin, il en donnait un reçu, et les rendait ensuite avec la plus grande exactitude. Noble et admirable désintéressement , qui allait jusqu'à le rendre scrupuleux à partager un bienfait publie dont luiMême était l'auteur. Avec cette simplicité et cette bonté de caractère , Cavendish ne s'était jamais marié. Quelques chagrins qu'il avait éprouvés autrefais dans ses projets d'établissement l'avaient détourné pour toujours du mariage. Il était d'une morale austère, religieux à la manière de Locke et de'Newton. 11 est mort à l'âge de 77 ans, membre de la société royale de Londres, et l'un des huit associés étrangers de l'Institut de France. On conçoit aisément qu'un homme si modéré dans ses désirs ne pouvait pas, malgré le bien qu'il faisait, dépenser 300,000 liv. de rente; aussi cette grande fortune s'estelle accrue considérablement pendant qu'il la possédait. Sa succession s'est élevée à 1 million 200,000 liv. sterl. . Il est sans exemple qu'un savant soit mort en laissant une fortune si considérable. Newton, Leibnitz, sont morts riches tous deux, mais incomparablement moins. Cela suffit toutefois pour prouver que le génie et la modération ne sont pas tout à fait incompatibles avec la fortune, comme d'autres exemples, beaucoup plus nombreux, tendraient à le faire penser
  • Henri COCHIN( 1687 - 1747) : avocat célèbre du parlement : Paris, naquit dans cette ville, en 1687. 11 avait ça de la nature les dispositions les plus heureuses, il les cultiva avec soin. 11 ne négligea aucune des udcs qui pouvaient lui être utiles dans la profeson à laquelle il était appelé, et il en est trèspeu Mit un orateur habile ne sache tirer quelque avanI ge. La science la plus essentielle à un avocat est, ms contredit, celle des lois. Cochin en puisa les ;incipes dans les livres du droit romain, qui en 'nu la principale , ou , pour mieux dire, l'unique aurce. Il ne se contentait pas de connaitre la dispotion littérale des lois, il sut encore en découvrir enchainement et pénétrer jusqu'à l'esprit du légisateur. L'histoire lui lit connaltre le droit public, cience peu cultivée en France, malgré son impor- ince, et dont nos jurisconsultes s'étaient bien moins ccupés que du droit civil. Cochin vit aussi combien es belleslettres peuvent répandre d'attrait et d'éilat sur une science aussi sérieuse et quelquefois itessi rebutante que celle des lois, et il chercha à se 'ormer le goût par l'étude des grands modèles. Sa rtémoire était excellente, et son érudition n'en était pas pour cela indigeste. La géométrie lui apprit enore à mettre de l'ordre dans ses discours, et la dialectique à rendre ses raisonnements plus justes et .plus convaincants. La morale enfin lui fournit ces rig randes pensées et ces maximes salutaires par lesquelles l'orateur devient ce que les anciens voulaient qu'•l fût, a l'homme de bien, ayant le talent de la a parole. » Cochin l'étudia dans l'Écriture et dans les sources les plus pures de la religion. Reçu avocat en 1706, il plaida sa première cause à vingtJeux ans, et il se fit remarquer au milieu des talents distingués que le barreau possédait alors. A trente ans, il avait déjà la réputation d'un avocat consommé. 11 écrivait ses plaidoyers dans les commencements avec beaucoup de soin ; persuadé que ce n'est que par un long exercice que l'on acquiert une heureuse fécondité, et que l'habitude de parler d'abord ; ibid., 1821 et ann. suiv., 8 vol. ; les OEuvres choisies, ibid. , 1775, 2 vol
  • Henri COLEY( 1633) : né à Oxford, en 1653, mort en 1690, était fils d'un tailleur, et destiné à l'état de son père ; mais ayant eu l'occasion de connaître l'astronome Leilly, il quitta l'aiguille pour l'astrolabe, et s'adonna surtout aux rêveries de l'astrologie judiciaire. On a de lui : Clavis Astrologice elimata, or a Key to whole art of Astrology, etc., Londres , 167g seconde édition augmentée. C'est un traité complet des éléments de cette science fantastique. _On y trouve l'art de dresser toutes sortes de thèmes, avec des exemples de nativités calculées. L'auteur s'efforce d'y faire concorder les principes de l'art généthliaque avec les calculs de Regiomontanus, de Keppler et des Tables rudol- phines
  • Henri COMPTON( 1632) : prélat distingué de l'église anglicane, le plus jeune des six fils de Spencer Compton, naquit à Compton, en 1652.. Après avoir terminé son éducation à l'université d'Oxford , il voyagea dans les pays étrangers, dont il étudia avec soin les Inœttm et particulièrement les langues. Il revint en Angleterre après la restauration , et accepta une commission de cornette dans le régiment des gardes; mais, se sentant peu de goût pour la vie militaire, il la quitta pour l'Eglise, entra dans les ordres à l'âge de plus de trente ans , obtint successivement différents bénéfices lucratifs , fut nominé, en 1674, évêque d'Oxford , et, en 1675, évèque de Londres. En 1676, il fut nommé membre du conseil privé. Chargé d'instruire dans leur religion les deux nièces du roi, filles du duc d'York , depuis Jacques 11, il célébra successivement leur mariage avec le prince d'Orange et le prince de Danemark. L'attachement de ces deux princesses à la religion protestante fut par la suite un des griefs de Jacques II contre l'évêque de Londres. Il avait de plus à lui reprocher la fermeté avec laquelle il s'était opposé, à la tète de son clergé, aux tentatives faites pendant les dernières années de Charles II en faveur du catholicisme . Aussi, peu de temps après l'avènement de Jacques au trône, futil exclu du du conseil privé , et dépouillé de la dignité de doyen de la chapelle. Le docteur Sharp, recteur de StGilles , ayant prononcé un sermon contre le papisme , on prétendit y trouver un manque de respect envers le roi, et de plus, contravention à la défense qui avait été faite de prècher sur des points de controverse. L'évèque de Londres reçut, le 14 juin 1686, l'ordre de suspendre le docteur Sharp rie ses fonctions. Il répondit que cela lui était impossible, parce que, dans ce cas, agissant comme juge , il ne pouvait condamner sans connaitre le crime de l'accusé, et sans avoir entendu sa défense. En conséquence de ce refus, il fut cité devant la commission ecclésiastique nouvellement établie dont il déclina la compétence. Après de longues procédu Compton avait conçu, quelques années auparavant, le projet d'amener les dissidents à se réunir à l'Eglise anglicane, 11 eut a ce sujet, avec . son propre clergé, plusieurs conférences dont il publia le résultat en 1e80. Pour les mieux déterminer à se rendre à ses instances, il entretint une correspondance suivie avec des ecclésiastiques protestants étrangers, parmi lesquels nous citerons le Moyne, professeur de théologie à Leyde; de l'Angle, l'un des prédicateurs de l'église protestante de Charonton près Paris, et Claude, autre ecclésiastique français fort distingué. Leurs réponses, publiées à la suite de l'oierage de l'évéque Stillinglleet, intitulé : Folie ou Injustice de la séparation , demeurérent coniplétement inutiles, aucun d'eux ne voulant faire le sacrifice de ses opinions ; ils ne s'accordaient que dans leur haine pour le catholicisme, qu'ils cherchaient tous à rabaisser dans l'esprit du peuple en lut donnant le à« de papisme.. D—zs. res, dans lesquelles on ne voulut entendre à aucune de ses raisons, il fut suspendu luiméme de ses fonctions, le 6 septembre 1686 : cette suspension fut un des griefs allégués ensuite par le prince d'Orange dans sa déclaration. Lorsque les nouvelles de l'arrivée de ce prince vinrent effrayer la cour, Jacques voulut apaiser le parti protestant en l'établissant l'évertue de Londres, qui ne montra aucun empressement pour reprendre ses fonctions. ll favorisa de tout son pouvoir les vues de Guillaume, et aida dans son évasion la princesse Anne de Danemark, qui, apprenant que son mari avait joint le prince d'Orange , se ?ilta de fuit' le ressentiment du roi en se rendant à Northampton , où il se forma bientôt autour d'elle une petite armée qui voulut ètre commandée par l'évèque. Celuici, dit Burnet, se laissa trop facileinent persuader de prendre cette résolution. Mais rien ne choque dans les temps de rébellion et de désordres : on ne vit dans la conduite de l'évêque que ce qu'elle avait de favorable à un changement désiré par une grande partie de la nation, et son zèle le lit appeler l'évêque protestant par excellence. Après la révolution, il seconda vivement le prince d'Orange dans toutes les mesures nécessaires pour établir son gouvernement. Compton fut réintégré dans toutes ses places par ce prince, qui le choisit pour la cérémonie du couronnement. La mètre année 1688, il fut l'un des commissaires chargés de réformer la liturgie , et nommé président de la convocation de 1689. Au commencement de 1690, il accompagna, à ses propres frais, le roi Guillaume à la Haye, où fut conclue la grande alliance contre la France. Mais, malgré le zèle qu'il déployait en faveur du nouveau souverain , il ne put obtenir le siége de métropolitain à Cantorbéry, qui fut deux fois vacant pendant ce règne. A l'avénement de la reine Anne, il jouit d'un grand crédit à la cour; dans les premiers jours du mois de mai 1702, il fut nommé membre du conseil privé, et la méme année il lit partie d'une commission chargée d'établir l'union entre l'Angleterre et l'Ecosse. On a vu que Compton avait fait de vains efforts pour réunir les dissidents à l'Eglise anglicane. L'évêque Burnet, qu'un esprit plus ardent rendait moins circonspect, et dont l'opinion était favorable aux dissidents, l'a accusé à cette occasion de faiblesse, d'entêtement et d'attachement à un parti ; Compton ne tenait probablement qu'à celui du repos. Calme dans l'a bonne et dans la mauvaise fortune, tranquille sur les vicissitudes de faveur auxquelles est exposé un homme qui approche des cours , ne cherchant que le bien, et le cherchant sans petitesse d'esprit , il travailla constamment à entretenir la bonne intelligence entre l'Eglise d'Angleterre et les autres Églises réformées. Il employa tout ce qu'il avait de crédit et de fortune à améliorer le sort du clergé pauvre. Si les troubles de son tempsyentrainèrent dans quelques La cour ecclésiastique n'osa point le priver des revenus de son évêché, parce que les légistes ayant déclaré que les bénéfices étant des francsfiefs , si la sentence avait porté sur des temporalités, l'évêque aurait pu en appeler à la cour du Banc du roi, oit il est probable qu'il efit gagné sa cause. D—z—s. démarches contraires à la dignité extérieure de son ministère, ils ne lui en firent jamais négliger les devoirs. Il mourut à Fulham, le 7 juillet 1713, àgé de 81 ans. On a de lui : 1° Une traduction de l'italien de la vie de Donna Olympia Maldachini , qui exerça une grande influence sur l'Eglise pendant le pontificat d'Innocent X , Londres, '1667. 2° Une traduction du français d'un ouvrage intitulé : Intrigues des jésuites, avec les instructions particulières de cette société à ses agens, 1669. 3' un traité de la Sainte Communion, Londres, 1677 où il n'a pas mis son nom. 4° Six lettres au clergé de son diocèse , sur différents points de doctrine , imprimées d'abord séparément , de 1479 à 1485, ensuite réimprimées ensemble, en 1686 sous le titre d'Episcopalia; 5° une lettre à un ecclésiastique de son diocèse , sur la non- résistance , écrite après la révolution, et imprimée dans les Mémoires de John Kettlewell, Londres, 1718. 11 prêchait, selon l'évêque I3urnet, sans beaucoup de chaleur, avec encore moins d'érudition ; et l'on peut juger en effet, d'après les éloges de ses panégyristes , que son ton paternel , mais simple , était plus édifiant qu'éloquent. Ce prélat se lit un délassement de la botanique, et concourut aux progrès de cette science, en encourageant et protégeant les botanistes , et en favorisant , par tous les moyens que lui donnaient sa fortune et son rang, l'introduction des plantes rares et étrangères. Sa maison de campagne de Fulham devint célèbre par le grand nombre de plantes curieuses qu'il y avait rassemblées. Ses contemporains Ray , Petiver et Plukenet indiquent souvent celles que l'on doit au goût éclairé de ce savant prélat. Trentehuit ans après sa mort, Watson rendit hommage à sa mémoire, en publiant une liste de trentequatre arbres étrangers qui ornaient encore les jardins de Fulham ; mais ce n'est que plus récemment que Lhéritier de Bretelle lui a rendu les derniers honneurs botaniques , en donnant le nom de Comptonia à un genre d'arbrisseau de la famille des amentacés
  • Henri CHICHELE( 1362) : né en 1562, fondateur du collége d'AllSouls à l'université d'Oxford, est un des personnages les plus illustres dont slonore l'Église anglicane. Après avoir été placé à l'école de Winchester, puis au INouveauCollége, où le droit civil et le droit canon partagèrent ses méditations, il parcourut rapidement, de 1592 à 1414, l'échelle des dignités ecclésiastiques. 11 dut les premières d'entre elles au patronage de l'évêque de Salisbury, Mitford. 11 venait de perdre cet ai?i généreux lorsque Henri IV l'envoya comme ambassadeur auprès du pape Innocent VII. De la coin. papale, Chichele passa bientôt à celle du roi de France, puis il revint dans l'État ecclésiastique oit régnait alors Grégoire X II. Ce pontife fut tellement satisfait de ses rapports avec le savant Anglais, qu'il lui conféra l'évêché de StDavid, devenu vacant pendant le séjour qu'il fit à Rome en 1408. L'année suivante, Chichele l'ut député, avec Hallali et C?illingdon p, pour représenter l'Angleterre au concile œcuménique de Pise, et il y fit preuve de zèle pour rétablir l'unité de l'Église catholique en concourant à la 1 déposition de deux papes rivaux et à l'élection d'un nouveau pontife, Alexandre V, qui, comme lui, avait étudié à l'université . Cette prorogation de la paix souffrit de grandes difficultés qui ne furent levées que l'année suivante, et qui permirent à Chichele de faire un long séjour à la cour de Charles VI, d'y étudier l'état déplorable du royaume, et d'y nouer des intelligences avec les pliais qui se disputaient le pouvoir et dont chacun était toujours prêt à pactiser avec l'étranger. Chichele passa le reste du règne de Henri IV tantôt dans sou diocèse de StDavid, tantôt à Londres, où ses connaissances et son habileté comme homme d'État le rendaient souvent nécessaire au monarque. L'avènement de Henri V mit le comble à sa considération ; il devint un des confidents intimes de ce prince belliqueux, reparut encore à Paris pour le renouvellement de la trève, et au retour de cette troisième ambassade fut nommé, par les moines de Canterbury, archevêque de cette métropole primatiale de l'Angleterre. Le pape n'approuva pas , l'archevêque de Canterbury se retira dans son diocèse et ne s'occupa plus que des affaires de l'Église, n1ws 'amijours sous le rapport religieux. L'hérésie de Wiclef excita surtout sois zèle : c'est aux prédications seulement de ce dernier qu'il avait, avec raison , attribué la propension générale des puissants du siècle à faire ma sur les biens ecclésiastiques. Connue antagoniste des doctrines hétérodoxes, Chichele ne fut point audessus des idées (le son temps : la persécution, non la discussion, fut son grand moyen contre (les argumentateurs qu'en effet il est difficile de convaincre dans un colloque; toutefois il fut moins sévère à leur égard que son prédécesseur Arundel. Les lollards, sectaires qui se réunirent aux wiclélites, éprouvèrent aussi sa rigueur. En revanche, il opposa une résistance opiniâtre aux prétentions toujours croissantes de la cour de Borne; et, gràce à lui, le clergé d'Angleterre se maintint, ainsi que celui de France, sur une ligne d'indépendance respectueuse vis-àvis du saintsiège. Les décisions prises par les conciles et synodes assemblés en Angleterre, sous la présidence de Chichele, froissèrent vivement le pape Martin V, dont les agents déversèrent contre l'archevêque des calomnies que l'université d' Oxford se crut obligée de repousser par un éloge public de Chichele, « le « rempart de l'Église anglaise contre l'hérésie et la « simonie, etc. , etc. , » et firent planer sur l'Angleterre la menace d'un interdit. La mort du pontife mit lin à ces hostilités, et l'harmonie se rétablit sans concessions ultérieures de part ni d'autre. Parmi les divers règlements émanés des assemblées ecclésiastiques tenues par Chichele, on doit remarquer celui de 1458, par lequel il était enjoint à tout collateur de bénéfices (le ne les accorder pendant dix ans qu'à des membres de l'une ou l'autre des deux universités. Chichele avait tenu dixhuit synodes et atteint sa quatrevingtième année lorsqu'il supplia le pape Eugène IV d'accepter sa démission. La réponse du pontife ne le trouva pas vivant ; il venait d'expirer le 12 avril 1445. Le chapitre décida que le côté de la cathédrale ou furent déposées ses cendres ne 'recevrait plus d'autres dépouilles mortelles. Chichele ,avan. fondé en 1422, dans sa ville natale, une belle collégiale à laquelle était annexé un hôpital. C'est en 1457 que fut posée la première pierre du magnifique collège d'AllSouls. Les statuts de la société, pour laquelle il obtint de Henri VI une charte et du pape une bulle de conlirmation, lui reconnaissaient le pouvoir législatif, établissaient un gardien et vingt membres, dont seize s'occupaient de droit civil et canon:et quatre d'arts, philosophie et théologie. La préférence pour les admissions dans le corps des professeurs devait toujours être accordée aux descendants de la famille Chichele. Cette clause des statuts donna matière à nombre de débats parfois risibles. Suivant les Stemmata chicheleana publiées en 1765, le sang des Chichele était alors répandu dans douze cents familles
  • Henri CHRISTOPHE( 1767) : noir créole, roi d'Haïti sous le nom d'Henri I", né de parents esclaves, le G octobre 1767, passa luimême sa jeunesse dans l'esclavage. L'almanach royal d'Haïti, publié par ses ordres, garde sur le lieu de sa naissance un silence d'autant plus regrettable que les historiens sont en d&neTd sur ce point, les uns le faisant naître dans l'île suédoise de StBarthélemy, d'autres dans la colonie anglaise de StChristophe, d'où il aurait tiré son nom , d'autres enfin dans l'île française de la Grenade. C'est là que jeune encore il aurait servi au banquet donné au comte d'Estaing , lorsque cet amiral enleva cette colonie aux Anglais. Un officier de marine, frappé de l'intelligence empreinte sur la physionomie de Ce noir, l'attacha à sa personne, l'enmena au siège de Savannah, et de là au Cap, seconde ville de la partie française de StDomingue , où il lui donna la liberté. Christophe fit alors, diton , le connnerce des hèles de somme qu'il allait chercher dans la partie espagnole. Ce qui est certain, c'est qu'il fut employé comme domestique à l'hôtel de la Couronne, la plus belle hôtellerie du Cap. Aussi, lorsque plus tard il affecta l'orgueil d'un monarque, ses détracteurs écrivaientils, dans les journaux du PortRépublicain , que ses mains royales étaient moins habiles à manier le sceptre qu'autrefois les cassero- ?Ces sarcasmes, reproduits sous mille formes clans divers écrits n'ont , il ne parait pas que Christophe se soit joint tout d'abord aux insurgés : la condition des noirs était moins dure dans les tilles que sur les ha bitations, et la sienne en particulier devait être assez douce à l'hôtel de la Couronne, dont il avait obtenu la direction. Quoi qu'il en soit, on le trouve bientôt chef de bande, parmi les hommes de sa couleur. Ce rôle lui était assigné d'avance par son activité, son intelligence et son audace. Le pillage des habitations, dans lequel il se lit toujours large part, lui procura une l?irtt.ne qui ne contribua pas moins à son élévation tille ses qualités personnelles. 11 se lit bientôt remarquer de Toussaint Louverture, généralissime des noirs dès le mois d'avril 1797. Devenu chef de brigade, Christophe concourut puissamment à l'expulsion des Anglais en 1798, et prit part à la rapide expédition qui amena la soumission momentanée de la partie espagnole . Cinq mois après, au moment où Toussaint Louverture s'occupait de réaliser pour StDomingue une constitution séparée de celle de la métropole et qui lui conférait une veritable dictature, un officier français, le chef de brigade 'Vincent, tenta de le dissuader de ce projet en lui faisant sentir que le premier dec noirs ne serait plus traité que comme tin rebelle. lais il l'ut rudement éconduit, quoique d'ordinaire Toussaint l'écoutiit favorablement, à raison de la sympathie qu'il n'avait cessé de manifester pour la cause des noirs. Vincent eut recours à Christophe, le plus accrédité des généraux de Toussaint. Il lui donna lecture de vives représentations qu'il adressait à Louverture, auquel il s'efforçait de démontrer qu'en se faisant gouverneur a vie, il attirait sur StDontingue la colère de la métropole. Chi istophe lui que ses amis durent le sollicitcr « de demander dans cette occasion le grade de gé« néral. » Cette n. )destie de la part d'un homme qui plus tard poussa la vanité jusqu'aux dernières limites paraitra plutôt de l'orgueil blessé, si l'on considère que quelques jours à peine s'étaient écoulés depuis la démarche infructueuse que nous venons de raconter. Il obtint le grade qu'il sollicitait, avec le gouvernement du Cap. Isientôt il reprit toute sa faveur et fut chargé d'arrèter Moïse, neveu de Toussaint, chef de la division militaire du nord, son supérieur, qui s'était insurgé. Christophe s'acquitta avec un rare bonheur de cette Liche difficile. Pour éviter l'effusion du sang, il se rendit au camp de Moïse avec une faible suite, feignit ?le vouloir conférer avec loi, et l'arrêta atrmilieu de son armée, qui, sur l'exhibition d'un ordre signé du nom révéré de Louverture, n'opposa aucune résistance. Celuici récompensa Christophe en lui donnant le commandement de Moïse, qu'il fit passer devant une commission militaire et fusiller. Cependant Moïse laissait des partisans, qui s'insu•gèrent au Cap dans la soirée du 21 octobre 1801, et commencèrent à massacrer les habitants connus pour leur attachement à Toussaint. Christophe, prévenu à temps, dissipa les révoltés avec tant . Suivant Pa?phile Lacroix, Christophe aurait été assez porté à se soumettre, et l'arrivée secrète de Toussaint Louverture aurait seule changé ces dispositions. Cette version a été démentie par Christophe luimême dans un manifeste au peuple haïtien du 18 septembre 1814.« Le, gouverneur général , fût envoyée par « la metropole. » Il autorisa toutefois !a municipalité à faire connaître à Leclerc que, s'il voulait suspendre son débarquement pendant quarantehuit heures, il prendrait les ordres de Louverture. Cette pacifique proposition fut rejetée. Dés lors Christophe 'l'hésita phis : car à ce relus inexplicable venaient se joindre des bruits sinistres sur une réaction violente -à la Guadeloupe , où l'esclavage, aboli depuis huit ans, était rétabli, malgré les glorieux faits grarmes (le cette colonie contre les Anglais. Christophe connaissait en (uretin rapport du consvider d'État Thibau-
  • Henri CLINTON : général anglais, servit d'abord lors de la guerre de Hanovre, et entra comme capitaine dans le régiment des gardes, en 1758. Parvenu au grade de major général, il fut envoyé, en 4775, avec Burgoyne et Howe , dans l'Amérique septentrionale, où il se distingua par sa bravoure et son activité dans la guerre contre les insurgents. Au combat de BunkersHill, près de Boston, il ra- à la charge les troupes anglaises qui avaient commencé à plier, et leur fit emporter les retranchements ennemis. Bientôt après il alla attaquer NewYork, puis Charlestown, où il échoua. Ce ne fut qu'il une seconde attaque qu'il entra dans NewYork avec l'amiral Parker, après avoir défait les Américains à l'affaire de LongIsland. Aussitôt après, Ilowe l'envoya s'emparer de RhodeIsland. Nommé commandant à NewYork , avec l'ordre de favoriser par des diversions les mouvements de Burgo? ne, il ne put d'abord remplir cette partie de ses instructions, et à peine se trouvaitil en mesure de faire une heureuse tentative, qu'il apprit la capitulation de ce général. Forcé de rentrer à NewYork, il en sortit en janvier 1778, pour aller à Philadelphie prendre le commandement en chef de l'armée, à la place de Howe, qui retournait en Angleterre. Contraint, par l'approche de Washington , d'évacuer Philadelphie, il lit une bonne retraite. A peine ai- rivé à NewYork, il alla brûler des corsaires amé- ricains réfugiés dans la baie d'Accusinet, puis il fit dans le NouveauJersey une expédition où ses troupes se conduisirent avec une barbarie sans exemple. Lorsque la saison ne lui permit plus d'agir dans les parties septentrionales, il envoya ses troupes pour s'emparer de Savannah, et s'étant luimême rendu dans la Caroline, en janvier 1779, il profita habilement de la division qui existait entre les Amérieains et les officiers français, pour s'emparer de Charlestown. Cette belleaction lui valut des remerciments de la chambre des communes. En 1780, il s'avança avec 8,000 hommes sur la flotte de l'amiral Arbuthnot, jusqu'à la vue de lthodeIsland , pour attaquer les Français nouvellement débarqués; mais les démêlés qu'il eut avec cet amiral, les dispositions que rirent les Français et les mouvements de Washington le forcèrent à abandonner son projet. Ne pouvant alors tenir la campagne, il chercha à corrompre ses ennemis, et parvint à séduire le général Arnold, qui s'engagea à lui livrer le fort où il commandait. Un mouvement séditieux s'etant manifesté dans les troupes américaines, il leur envoya des émissaires pour les engager à se réunir à lui, leur offrant de payer les arrérages ' que le congrès leur devait. Ses émissaires échouerent et furent traités en espions. On intercepta ses dépêches adressées à lord Germaine, à qui il écrivait qu'il y avait à la solde du roi d'Angleterre plus d'Américains royalistes que Washington ne comptait de soldats. Cependant, resserré de plus en plus dans la place de NewYork, par la réunion des armées française et américaine, il allait succomber, lorsqu'il reçut des renforts et se trouva à la tète de 12,000 hommes; il en embarqua aussitôt une partie pour aller secourir Cornwallis: ce général venait de capituler. Clinton voulait, en 1782, aller attaquer les établissements français dans les Antilles ; avant qu'il pût exécuter ce dessein, il fut remplacé par le général Carleton. A son retour en Angleterre, il publia un mémoire relatif à l'issue malheureuse de la campagne de 1781, Londres, 1782 Cornwallis y répondit, et Clinton répliqua. Quelque temp après, ce dernier lit encore paraître ses Observa- tions sur l'Histoire de la guerre d'Amérique, écrite par Stedman, Londres, 4784 Il obtint le gouvernement de Limerick , fut nommé membre du parlement, et il venait d'être appelé au gouvernement de Gibraltar, lorsqu'il y mourut, le 24 décembre 1795
  • Henri CONSTABLE : poête anglais du 16e siècle, descendait, diton, d'une famille du même nom établie dans le comté d'York, où il naquit. Il étudia pendant quelque temps à Oxford, et reçut en 1579 le degré de bachelier au collége de StJean à Cambridge. Edmond Bolton fait un grand éloge de lui dans son Hypercriiica. Constable publia en 1594 un recueil de sonnets dont le meilleur a pour titre the Shepheard's Song of Venus and Adonis, et se fait re- marquer par son élégance. M. Malone, qui l'a réimprimé dans les notes du 10° volume de son édition de Shakspeare, pense qu'il a paru avant le poënie de ce dernier sur le même sujet, et qu'il lui est supérieur du moins sous le rapport du goût, etc. On ne sait rien sur la vie de Constable. Le docteur Birch, dans les mémoires de la reine Elisabeth, croit qu'il est le même qu'un certain Henri Constable , zélé catholique , qui fut obligé de s'exiler d'Angleterre à cause de ses principes religieux ; et sir E. Brydg,es partage cette opinion. Constable, s'étant rendu à Londres en cachette, fut découvert et emprisonné à la Tour de Londres, d'où il sortit à la fin de 1604. On ignore l'époque de sa mort
  • Henri COOK( 1642 - 1700) : peintre anglais , né en 1642, montra. de bonne heure un goût trèsprononcé pour la peinture historique , et voyagea en Italie pour se perfectionner dans cette branche de l'art; il y étudia sous Salvator Rosa. A son retour en Angleterre, il reçut si peu d'encouragements , qu'il resta pendant plusieurs années dans une complète obscurité. Obligé . 11 termina aussi le portrait équestre de Charles II ;Ill collége de Chelsea, peignit le chœur de la chapelle de New College à Oxford, ainsi que les escaliers de la maison du Ilanelagh, et fit plusieurs autres ouvrages mentionnés par lord Orford. 11 s'était aussi essayé dans le portrait , mais les caprices tles personnes qui posaient devant lui le dégoûtèrent de ce genre et le lui lurent abandonner. Henri Cook mourut le 18 novembre 1700. On trouve des renseignements sur ce peintre dans les Anecdotes de Walpole , etc. D—z—s, Dans le Pilote de Terre- Neuve, qui a paru au dépôt général des cartes, plans et journaux de la marine eu 4781, 011 a donne nue copie exacte des plans d'une grande partie des côtes deiterreNeuve, levés tresgralids points, après la paix de 4765, par le télebre capitaine Jantes Cook, et par Michaél Lane, son successeur en cette partie, publiés à Londres par Fayer ri Bennett, dans nu atlas intitulé : the North Amarah Pilot, et oit y a joint une carte générale des bancs et des côtes qui les avoisinent. On s'est servi, quant aux bancs, de la carie anglaise sur laquelle les acores du grand banc avaient déjà été assujetties aux observations nautiques de MM. de Chabert et de Fleurieu, etc., etc. Plusieurs écrits ont paru, nonseulement en Angleterre, mais dans plusieurs autres 'pays, en l'honneur de Cook. Nous citerons 4. Éloge de Cook, par MichelAngelo Ganttu, lu à l'académie de Florence, le tt juin 47$5, et publié la même année ; 2. une Ode de M. FitzGerald; 3° une Élégie de miss Seward.— L'abbé Delille a fait suit doge dans le peine des Jardins, et tniis More a cdébré sa bienfaisance et son humanité dans son pente sur ' l'Esclavage. Sic Hugh Peser a fait construire dans sa maison deocampagne de Buckinghamshire un petit monument sur lequel est une colonne où on lit l'éloge de Cook ; isais aucun monument vraiment national n'a été élevé en son honneur. — Cook avait épousé, le 21 décetnlire 1762, miss Elisabeth Bans. Il en eut six enfants', dont trois luiburvêcurent
  • Henri COPE( 1600) : médecin irlandais, né vers la fin du 17j siècle, fit ses études médicales à Leyde, sous le célebre Boérhaave. il se fixa ensuite à Dublin, où il ezerça son art avec distinction et devint médecin du gouvernement. il est auteur d'un ouvrage intitulé : Demonstratio medico- pratica Prognosti- corum Hippocratis ea conferendo cura œgrotorum historiis in libro primo et tertio Epidemiarurn des- criptis, Dublin, 1736 ; réimprimé par les soins de Baldinger, qui y ajouta une préface, Iéna, 1771 Cope cherche à prouver dans ce livre que les aphorismes et tes pronostics d'Hippocrate sont la conséquence rihoureuse des faits contenus dans le premier et le troisième livre des Épidémies Cet ouvrage a la plus grande ressemblance avec celui d'Aubry, qui a pour titre : les Oracles de Cos. Cependant Aubry assure n'en avoir eu aucune connaissance. Ce fut seulement, ditil, quelques jours avant l'impression de son livre que le docteur Aubry lui présenta celui du médecin irlan- dais, dont il ignorait rexistance. Cope ayant adressé son ouvaage à Boérhaave, ce dernier lui envoya une lettre de félicitation, qui se trouve dans les deux. éditions de Dublin et d'Iéna
  • Henri COQUILLE DES LONGCHAMPS( 1746) : littérateur, ne en 1746, à Caen, était neveu Coquille passa le reste de sa vie dans ces modestes dit que Coquille aida beaucoup Leblond à rédiger le 2e volume de la Description des pierres gravées du duc d'Orléans , mais cette allégation, que Barbier n'appuie d'aucune preuve, parait peu l'ondée
  • Henri CORRODI( 1752 - 1793) : naquit à Zurich en 1752, et y mourut en 1793. La faiblesse de sa constitution, son 'extérieur désagréable, l'éducation triste et isolée que lui donna un père d'une dévotion sombre et sévère, étaient faites pour étouffer le génie. Celui de Corrodi, reconnu par Steinbrychel et Salomon Gessner, et favorisé par eux, sut vaincre tant d'obstacles. Corrodi se rendit à Leipzig et à Halle; Platner et Semler furent ses professeurs, et il ne tarda pas à remplir les espérances que l'on avait conçues de ses talents. Son esprit philosophique et les vastes connaissances qu'il avait acquises formaient à la vérité un contraste pénible avec son extérieur et sa timidité naturelle. De retour à Zurich, il se voua à l'enseignement des sciences mathématiques et philosophiques dans des cours privés, et ce fut presque malgré lui qu'en 1786, on le nomma professeur de droit naturel et de morale au gymnase de Zurich. Écrivain laborieux et facile, il a publié en allemand un nombre considérable d'ouvrages, dont la plupart ont paru anonymes. La philosophie, la théologie dogmatique, l'histoire ecclésiastique furent les principaux objets de ses études et de ses écrits. Son premier essai, publié par Semler, fut dirigé contre quelques points de la doctrine de Lavater. En 1781 parut son Histoire critique du Millenarisme, ouvrage plein d'érudition et d'un discernement judicieux; elle fut suivie de l'Histoire du canon des livres saints chez les juifs et chez les chrétiens. Le Recueil de ses mémoires et discours philosophiques, publié en 1786, renferme des morceaux intéressants sur les matières les plus épineuses de la métaphysique; un Journal théologique, qu'il fit paraître depuis 1781, sous le titre de Fragments pour servir à l'examen impartial des doctrines religieuses, fut fort goûté. Il y donna quelques essais de l'Histoire de la religion et de celle du fanatisme, dont il s'occupait, mais qu'il n'a point achevée. Sa probité et sa bienfaisancele firent chérir de tous ceux qui le connurent. Meister a publié une Notice sur la Vie de Henri Corrodi, Zurich, 1793 en allemand
  • Henri CROLACH : de Gotha en Saxe, a publié à Zurich, sur la fin du 16e siècle, un traité sur le pastel que produisait la Thuringe, sur sa culture, sa préparation et son usage pour la teinture des laines; voici le titre : Isatis herba, sive, de cultura Igatidis quam Gualdum vulgo vocant , quanume Thuringia producit , ejusque prœparatione ad t gendas lanas narratio, Zurich, 1575 La culture de cette plante tinctoriale, qui était abandonnée depuis près de deux siècles, a repris faveur en France, puisque l'on est parvenu à en retirer une fécule colorante qui remplace avantageusement l'indigo de l'Amérique et de l'Inde
  • Henri CUFF( 1560) : secrétaire et compagnon d'infortune du fameux comte d'Essex, naquit en 1560, d'une bonne famille du comté de Sommerset. entra en 1576 au collége de la Trinité d'Oxford, d'où il fut ensuite renvoyé pour une plaisanterie sur la singulière habitude attribuée au fondatew. de ce collége, sir Thomas Pope, homme d'ailleurs de fort bonnes mœurs, qu'on accusait de dérober partout où il allait les choses qui se trouvaient à sa convenance. Cuff conserva toute sa vie un caractère turbulent et inconsidéré qui fut cause de sa perte. Rentré au collége de Merton, il avait achevé ses études avec beaucoup de succès ; son savoir et ses talents l'avaient fait nommer à la chaire de professeur de grec à l'université d'Ox ford, et il avait été élu, en 1694, proctor de cette université ; mais les liaisons qu'il avait contractées pendant ses études avec des hommes de la cour, mêlé* dans les affaires publiques, l'activité remuante de son esprit, qui lui faisait regarder le savoir uniquement comme un moyen de fortune le déterminèrent à quitteiecette existence tranquille pour s'attacher à la fortune du comte d'Essex, qui, ayant été nommé lieutenant d'Irlande, lu prit pour son secrétaire. 11 parait avoir été de moitié dans ses projets d'ambition, et passe mêm., Pour un de ceux qui ont le plus contribué à l'y encourager; du moins, estil constant quelorsque le comte eut perdu la faveur de la reine, Cuir le dissuada constamment d'avoir recours à ces mesures) de soumission qu'attendait Elisabeth, et wrs lesquelles penchait quelquefois le comte. Ces conseils de fermeté eussent été sans doute les meilleurs suivre, si le comte eût eu à soutenir une conduite toujours également honorable et raisonnable ; mais Cuff, toujours pressé d'agir, et d'ailleurs, comme la plupart des subordonnés, s'exagérant le crédit et les moyens de son maître, sans apercevoir le: obstacles qu'il pouvait avoir à rencontrer, ne trouvait jamais;pour le tirer d'un pas hasardeux, qu'un pas plus hasardeux encore. La témérité et l'importunité de ses conseils, jointes à une sorte de rudesse dans la manière d'exprimer ses opinions, lui ôtèrent plusieurs fois la faveur et la confiance du comte d'Essex; mais il les regagnait bientôt pax une suite de l'irrésolution du comte et du goût qu'il avait d'ailleurs pourl'esprit et la conversation de son secrétaire. Une fois enfin, il ordonna à sh George Mesly, son intendant, de renvoyer Cuff d( son service ; celuici, en apprenant cette nouvelle, en fut si frappé, qu'il s'évanouit; maissir George, qui était clans ses intérêts et partageait ses opinions, éluda l'ordre, et bientôt les"nouveauxressentiment: du comte. contre la cour le livrèrent entièreinen aux conseils de Cuff et à ceux de son parti. Lors. qu'il eut été arrêté et mis en jugement, nonseulement il chargea Cuti trèsviolemment, mais il lu reprocha en l'ace d'être l'auteur de tous ses mal. heurs ; Cuff se défendit avec beaucoup de fermeté: sans accuser personne, et mourut avec un grad courage. 11 fut exécuté à Tiburn, le 30 mars 1601; Onze jours après la mort du comte. C'était un honum de beaucoup d'esprit et d'un savoir très-étendu. Or a de lui un olivrage écrit, à ce qu'on croit, en 1600, c'est-àdire, clans le temps où l'on devait le croira le plus occupé des affaires du comte et des siennes. Cet ouvrage, intitulé : Différence des âges de la vie humaine, nè fut imprimé qu'après sa mort, Londres, 1607, 1638 en anglais. 11 obtint nigaud succès, dû peut-être en partie à la destiné( de son auteur, quoiqu'on y trouve de la force (de pensées et de raisonnement, et des vues trèsphi losophiques. 11 a laissé plusieurs autres écrits qui n'ont pas été imprimés. Camden parle de lui dan: les termes suivants : Vir exquisitissima doctrina ingenioque acerrimo, sed turbido et tartuoso. Ce ugement sévère était celui d'un homme qui avait 'écu ;nec car deus la plus grande intimité, et il ne eut avoir été dicté par une pré\ e 'thon défavorable; Ida même :composé une trèsbelle epigramme recque à l'honneur de la Britannia de Camden ; 1' elle se trouve imprimée en tète de cet ouvrage. Un de ses amis, ou plutôtun plaisant, fit pour lui l'é?itaphe suivante : Dodus cras garce, famine tipi fuit alpha, At fuit infelix omega, Culte, tuum. Cela n'est, ni d'un coeur sensible, ni (fini bon C"- prit, ni d'un bon goût. Sn,
  • Henri DECREMPS( 1746) : auteur de la Magie blan- che, était né, comme il le dit luimême, à Beduer dans le Quercy, le 1" avril 1746. Pendant qu'il achevait ses études au collége de Toulouse, le hasard lui fit tomber entre les mains la Polygraphe de Trithème , où il apprit le moyen de lire les écritures les plus mystérieuses. Ses professeurs voulant éprouver son savoir lui remi- rent différents morceaux, qui n'auraient été pour tout autre que d'indéchiffrables hiéroglyphes, et il les lut trèsfacilement, excepté cependant un dans lequel on avait intercalé des signes sans valeur et dont il fallait faire abstraction pour découvrir le sens des mots. Ce premier succès accrut le goût de Decremps pour les sciences occultes, et, dans la suite, il s'y rendit assez habile pour deviner toutes les ruses employées par des charlatans plus ou moins adroits. A sa sortie du collége, ses parents voulurent l'envoyer à Cahors pour y faire son cours de théologie; mais, ne se sentant aucune vocation pour l'état ecclésiastique, il quitta furtivement la maison paternelle et prit le chemin de Paris, sans trop savoir comment il se tirerait d'embarras au milieu de cette grande ville, où il allait se trouver sans appui et presque sans ressource. En attendant que quelque circonstance heureuse le mit à même de profiter de ce qu'il savait, il prit un logement dans un des quartiers les plus obscurs pour ménager sa bourse ; et, ne sortant que lorsqu'il y était contraint, il employait toutes ses journées à lire les livres qu'il achetait sur les quais, notant avec soin tout ce qu'il y remarquait de singulier et de curieux. C'est ainsi qu'il parvint à se faire un fonds de connaissances assez superficielles, il est vrai, mais trèsvariées. Trahi par un ami dans lequel il avait placé sa confiance, il s'éloigna brusquement de Paris, et parcourut toute la France « à pied, « sans autre monture qu'un gros bâton, et sans « autre embarras qu'une écritoire , du papier et « une gourde. Le soir, il écrivait ce qu'il avait vu « dans la journée ; et c'est ainsi que se trouvèrent « composés la plupart de ses ouvrages » Il eut l'intention de s'arrê- ter à Lyon pour y donner un cours de littérature ; mais, n'ayant pu trouver d'élèves, il poursuivit sa route, visita l'Allemagne et les PaysBas, s'embarqua pour l'Angleterre et vint à Londres où il enseigna l'astronomie. Obligé d'apprendre l'anglais, il le parla bientôt facilement. 11 étudia aussi la na- «igation, et fit plusieurs voyages sur nier, dans le but de perfectionner ses connaissances géographi- ques. Il était de retour à Paris en 1783 ; l'année suivante, il y publia la Magie blanche dévoilée. Cet ouvrage, dans lequel il donna l'explication de toutes les expériences de Pinetti, prétendu physicien, mais escamoteur fort habile, obtint un trèsgrand succès. Les journaux les plus accrédités, entre autres l'Année littéraire, en rendirent un compte avantageux ; il fut traduit en anglais, et réimprimé ' dès l'année suivante tant en France qu'à Bruxelles. A cet ouvrage, Decremps en fit succéder plusieurs autres, dont on trouvera les titres à la fin de cet article : il y dévoile tous les tours de cartes, de gobelets et de gibecières qui faisaient alors l'amusement des sociétés les plus distinguées. Mais tout en s'annonçant comme l'ennemi des charlatans , Decremps l'était bien un peu luimême. C'est ainsi, par exemple, qu'après avoir, dans la Magie blan- che, décrit un tom. extraordinâlre, il en renvoie l'explication à un autre moment ; et pour avoir cette explication, il fanait acheter un autre livre de 8 pages, qui revenait Missi cher que le volume même, trouvant ainsi le moyen de vendre son ourage le double de ce qu'il l'annonçait. Il cherche, dans son Supplément à la Magie blanche, p. 261, à pallier cette turpitude, en la rejetant sur sa pauvreté qui était trèsgrande en effet, s'il est vrai qu'il pût dire avec Bias Omnia mecum porto. Comme le bénéfice qu'il faisait sur la vente de ses livres ne suffisait pas à ses besoins, Decremps prit Je parti de retourner à Londres, et il y ouvrit, pour l'enseignement de la langue française, une école qu'il eut le plaisir de voir fréquentée par un grand nombre d'élèves; mais son imprudence ne lui per-. mit pas de mettre à profit cette circonstance favo- table pour s'assurer une existence indépendante. Dénoncé, pour avoir chanté la Marseillaise dans une taverne et tenu des propos plus qu'indiscrets, il re-çut l'ordre de quitter Londres, et revint à Paris en 1793. Partisan de la révolution, mais ennemi des excès, on ne le vit point figurer, à cette déplo- table époque, dans les clubs ni dans les assemblées tumultueuses des sections ; il ne servit la cause qu'il avait embrassée qu'en cherchant les moyens Dans les Petites aventures de e itl20 Sharp, t dit, page io, a que, voulant etre l'apôtre des sciences, il aura s'il le faut, à l'exemple de M. Marat;assez de courage pour en être le martyr. » Singulier modèle qu'il avait pris là; niais Marat n'était alors cônnu que munie un mauvais physicien et un zélé philanthrope. Iis qui vont en Angleterre, contenant le parallèle es deux plus grandes villes de l'Europe, Anaster- m et Paris, 178i, 2 vol. suspecte,) id a Magie ibelannadtievidi élvionte'lé. Ce volume est orné du por- trait de Decremps. On lit audessous Il a su démasquer, dans ses heureux écrits, 1 Du grand art de jongler les trop nombreux apôtres: Il eut des envieux, niais encor plus d'amis, Et mérita d'avoir et les uns et les autres. i'6° Les petites aventures de Jérôme Sharp, Bruxeles et Liège, 1798 fig.; 7° La science sans- culotisée : Premier essai sur les moyens de faciliter l'étude de l'astronomie et d'opérer une révolution dans l'enseignement, Paris, 1'794 C'est le cours qu'il annonçait par souscription, et dont il n'a paru que cette première livraison, lancée dans le public I i eomme un prospectus. Au revers du frontispice est Ir la liste des ouvrages imprimés de l'auteur, parmi lesquels on en trouve deux en anglais, qui n'ont fncore été cités par aucun bibliographe : Philoso- rhical amusements; An essay on the art of facili- tating the study of french language. 8° Wagram- ' mes chimiques, ou Recueil de 360 figures qui expliquent succinctement les expériences par l' dication des agents et des produits à côté de l'ap- 1 pareil, et qui rendent sensible la théorie des phénomènes, Paris, 1822 de 127 pages, aec 112 planches. L'auteur, qui fait un grand étalage d'érudition, annonce qu'il a étudié la chimie sous les plus grands maitres de France, d'Italie, d'Allemagne, d'Angleterre, d'Espagne, etc. Ce volume se compose d'un abrégé, de nomeeclature chimique en six langues, et d'une application de l'algèbre à la chimie. 9° Lettre à M. de Jouy sur un article sa- tirique dela Biographie des Contemporains, et sur les inconvénients d'écrire l'h istoire contemporaine sans la savoir, Paris, 1824 C'est une réclamation contre son article, où l'on disait que Decremps avait - été victime d'une mystification de Pinetti, ce qu'il désavoue formellement, et dont nous n'avons trouvé d'ailleurs aucune trace dans les Mémoires secrets. Cette lettre est un recueil vraiment curieux de citations dans toutes les langues
  • Henri DANDOLO( 1000) : naquit vers le commencement du 1 1e siècle. Quoique d'une de ces familles de Venise qui faisaient remonter leur origine aux anciens Romains, il ne fut d'abord qu'un citoyen distingué de sa république. Habile dans la guerre, et surtout dans la politique, il s'exerça encore dans l'éloquence, science presqu'aussi utile dans un Etat aristocratique que dans un Etat populaire. Envoyé auprès de Manuel, empereur de Constantinople, pour réclamer des vaisseaux, des muni- tions et des prisonniers vénitiens que ce monar- que, au mépris du droit des gens et de la foi des traités, s'obstinait à garder, il fut victime de son dévoûment. Au lieu de lui donner satisfaction, le perfide Grec lui offrit pour toute réponse des bassins enflammés qui le privèrent subitement de la vue Les historiens nationaux affirment qu'il dut son élévation à l'intérêt que son infortune inspira; d'autres assurent que cette aventure est controu- vée, et qu'il perdit la vue à la suite d'une blessure. Quoi qu'il en soit, il fut élu doge en 1192 et débuta par une guerre soutenue avec succès contre les Pisans. Après deux batailles navales que ceuxci hperdirent, il fit avec eux une paix solide qui réta- nlit les communications et les avantages du commerce. En 1201, une circonstance inattendue accrut à jamais sa gloire et sa renommée ; les pr chrétiens se croisaient pour la quatrième fois, selon les uns, et pour la cinquième suivant les autres. Voulant éviter un long détour par terre, ils s'adressèrent au doge de la sérénissime république, et lui envoyèrent des députés, afin d'avoir des vaisseaux de transport. Celuici les reçut avec distinction, et leur facilita les moyens d'exposer en pleine assemblée le sujet de leur mission. Ville- Hardouiu, maréchal de Champagne, porta la pa- role, et pour attendrir son auditoire versa des larmes en abondance. Les princes croisés obtinrent tout ce qu'ils demandaient moyennant un prix de 80,000 marcs d'argent : cette somme était exorbitante pour le temps. Dandolo fit ajouter aux conditions du traité la promesse de 50 galères bien armées, et montées par des Vénitiens, pour faire diversion et combattre par mer, alors que les Fran- çais combattraient par terre, se réservant, en demnité de ce sacrifice, la moitié de toutes les conquêtes. Lorsqu'on fut au moment du départ, les croisés n'eurent pas assez d'argent pour compléter la somme promise. C'est là que Dandolo les atten- dait, afin d'avoir l'occasion de leur proposer un autre arrangement plus convenable aux intérêts de la république. Comme il voulait réduire Zara, échappée au joug de Venise, il leur offrit de faim ensemble la conquête de cette ville, et de les tenir quittes de ce qu'ils ne pouvaient pas payer. Ils s'y refusèrent d'abord, parce que Zara s'étant mise sous la protection du roi de Hongrie, le pape ne permettrait pas qu'on fit la guerre à un prince chrétien. Malgré cette répugnance, il fallut finir par s'y résoudre, et l'éloquence de Dandolo, en cette occasion, le sen it avec beaucoup d'avantage. 11 avait des idées fort audessus de son siècle, et ne reconnaissait pas comme légitime l'intervention de l'autorité spirituelle dans les affaires temporelles. Mais, pour faire goûter cette opinion, à la simpli- cité des barons chrétiens, il employa une dialectique non moins déliée que forte, énergique et pressante. Pour dernier moyen, il prit luimême la croix, et harangua le sénat et le peuple en des termes qui produisirent une vive émotion, et présagèrent, malgré son âge trèsavancé , le succès des plus grandes entreprises. La conquête de Zara arrêtée et convenue, la flotte parlit, et fut bientôt rassemblée devant cette ville; après qu'on eut forcé le port et livré plusieurs assauts, elle se rendit à discrétion : ce qui ne la sauva pas d'un pillage général. A cette même épo- que, le jeune Alexis, fils d'Isaac, empereur grec détrôné, mendiait dans toute l'Europe, et principalement à Venise, des secours pour rétablir son père sur le trône impérial. Dandolo se rappelant l'outrage 'que lui avaient fait les Grecs, ne laissa pas échapper l'occasion de s'en venger. De concert avec les princes croisés, il traita avec le jeune Alexis à des conditions que celuici aurait dû trouver fort onéreuses, si la nécessité ne lui avait fait une loi impérieuse de les accepter . Les croisés s'embarquèrent sur la flotte vénitienne et se rendirent devant Constantinople où ils sommèrent l'usurpateur régnant d'avoir à restituer le trône à l'empereur légitime Sur son refus, on fit le siége de Constantinople ; Dandolo se distingua dans ce siége par son habileté et sa bravoure. A la suite de plusieurs assauts, l'empereur s'évada pendant la nuit, et laissa le jeune Alexis et Isaac son père re- prendre la possession du trône Mais il survint bientôt des troubles dans la ville de Constantinople. L'accomplissement des conditions acceptées par le jeune Alexis excita le mécontentement des Grecs ils se révoltèrent contre fui. Le jeune empereur perdit la vie et fut remplacé par Murzuphle qui l'avait l'ait étrangler. Ce fiie alors que Dandolo ouvrit en plein conseil des croisés un avis qui, par sa hardiesse, les étonna tous. Il leur conseilla de s'emparer de l'empire grec. On eut de nouveau recours aux armes ; deux assauts mémorables fit rent livrés à la ville : Dandolo, monté sin. line galère vénitienne, animait les croisés par son exelii- pie. Murzuphle, voyant l'inutilité de ses efforts, prit la fuite, et les croisés entrèrent enfin triomphants dans Constantinople . Le pillage produisit des richesses immenses qui furent partagées entre les Français et les Vénitiens. Dans ce désordre, la nécessité de nommer un empereur se lit bientôt sentir, et Baudouin, comte de Flandre, fut élu à l'unanimité. Quelques auteurs rapportent que Dandolo fut dispensé de lui prêter serinent de fidélité, et que même il refusa l'empire. Il parait,. au contraire, d'après un examen plus réfléchi, que ce fut moins un refus volontaire qu'une circonspection républicaine de la part des Vénitiens ceuxci craignirent d'avoir un empereur pour doge. Mais si Dandolo renonça, ou fut forcé de renoncer à la plus grande dignité, il ne renonça pas à la possession des terres conquises. 11 fut créé despote de Romanie, et il obtint, pour la part de la république vénitienne, les iles de l'Archipel, plusieurs ports sur les côtes de l'Hellespont, de la Phrygie et de la Morée, la moitié de Constantinople en toute souveraineté, et finit enfin par acheter pour 10,000 marcs d'argent. File de Candie échue au marquis de Montferrat, terminant sa grande entreprise, ainsi qu'il l'avait commencée, par cet esprit de monopole et de trafic qui a été la source des grandeurs et des prospérité, de Venise. Censuré d'abord par Innocent III, parce qu'il détournait les croisés de la conquête dt. Jérusalem, dès qu'il eut achevé son ouvrage, il consentit à recevoir l'absolution. Pour obéir à l'esprit du temps, il recueillit à Constantinople beaucoup de reliques, notamment une portion de la vraie croix, enchâssée dans de l'or, 'qu'il envoya à Venise. Il avait aussi le dessein d'y envoyél. un monument d'un autre genre qu'on voyait autrefois sur la place du Carrousel à Paris, les quatre superbes chevaux de bronze doré qui , jadis attelés au char d'un empereur romain, avaient l'ait dans quelque ville de la Grèce ou de l'Asie l'ornement d'un am de triomphe, et qu'ensuite on avait transportés à Constantinople ; niais la mort vint le surprendre, et son successeur, Marin Zéno, eut l'avantage d'exécuter ce qu'il avait conçu. Un an après l'établissement de l'empire latin , Dandolo mourut fort regretté de ses concitoyens
  • Henri DANVERS( 1573) : comte de Daily, naquit à Dantesey, dan; le 'Wiltshire, en 1573. Après auir reçu une éducation conforme à sa naissance, il alla .servir dans les PaysBas sous Maurice, comte de Nassau, et se distingua sur terre et sur mer. Lorsqu'Llisabeth envoya des secours à Henri IV contre la ligue, Danvers marcha comme capitaine, et fut fait chevalier pour la bravoure qu'il montra dans cette guerre. Il fut ensuite employé en Irlande comme lieutenant général de cavalerie, et major général de l'armée sous le fameux comte d'Essex et sous le baron de Montjoy. Charles Dam ers, son frère aîné, ayant trempé duits les complots du comte d'Essex, avait été décapité en 1601. Après l'avénement de Jacques I", un acte du parlement rendit à Henri les biens de son frère, qui avaient été confisqués; il obtint différentes grâces, et fut nommé gouverneur de Guernesey à vie. Charles ter le créa comte de Danby, membre du conseil privé et chevalier de la jarretière. Sur la fin de sa car- rière, il encourut la disgrâce de la cour, et se retira dans sa terre de CorilburyPark, dans l'Oxfordsbire, oit il mourut le 20 janvier 4643. 11 était instruit et encourageait les sciences. Ayant remarqué que, faute d'un jardin botanique, on ne pou\ ait à Oxford se lhrer avec fruit à l'étude des plantes, il acheta un terrain considérable, le fit entourer d'un mur, y planta un grand nombre de végétaux, et le donna à l'université, avec un legs considérable pour sou entretien. 11 fonda aussi dans le Wiltshire une maison de charité et une école. — Jean DANYERS, cite\ alier, frère du précé- dent et son héritier, fut gentilhomme de la cham-' bre de Charles I. Ses folles dépenses l'avaient fait négliger par son frère. Accablé de dettes, la anit é, la faiblesse lui firent prêter l'oreille aux suggestions du parti opposé au roi ; il siégea av cc les juges de ce prince, et signa sa condamnation. Il mourut avant la restauration; mais ses biens furent confisqués en 1661
  • Henri DESMARETS( 1662 - 1741) : compositeur, né à Paris, en 1662, perfectionna ses études musicales dans le corps des pages de la musique du roi. Parmi les ci) Les alliés exigeaient que Louis XIV se chargeât seul de détrôner son petitIlls, et déjà ils se partageaient entre eux les provinces du royaume, dont la conquête lotir paraissait assurée. La paix se lit à Utrecht contre toute espérance, et la France fut sauvée. Peu de temps avant sa- mort, Louis XIV, pour avoirs mil-« lions, lit négocier pour 32 millions de billets ou de rescriptions, C'était donner 410 livres en obligations pour avoir 1oo livres en « argent. Âpres de semblables opérations' il [L'est pas étonnant , opéras dont il composa la musique, on distingue Iphigénie en Tauride, en 5 actes, paroles de Duché de Vancy, avec un prologue composé par Danchet et Campra. Cette tragédie lyrique , représentée pour la première fois en 1704, eut beaucoup de succès; elle a été reprise trois fois. Desmarets a composé aussi beaucoup de motets ; les uns ont paru sous son nom, d'antres sous le nom de Gonpalier, maître de musique de la chapelle de Versailles. Louis XIV, ayant appris que ce dernier se parait des oeuvres d'un autre, dit à Goupillier « Avezvous dn moins payé Desmarets? — Oui, « Sire, répondit le maître de chapelle. » Le roi, qui sans doute n'ignorait pas que Desmarets n'avait pas gardé le silence sur ce marché, lui fit défendre de jamais paraître en sa présence, mais Goupillier n'en fut pas moins obligé de quitter sa place. Desmarets ayant épousé en secret la fille du président de l'élection de Senlis, le père porta plainte en séduction et rapt. Desmarets fut condamné à mort. H traversa les Pyrénées, fut surintendant lie la musique du roi d'Espagne, et ensuite de celle du duc de Lorraine. Il mourut à Lunéville, en 1741
  • Henri DEVENTER : docteur en médecine, né à Deventer, capitale de l'OverIssel, en Hollande, prit le *nom de sa ville natale, comme avait fait le premier des Vanbu; cet usage, dont on voit des exemples chez les anciens, était alors assez ordinaire dans les provinces Unies. Deventer avait été orfévre dans sa jeunesse, et quitta cette profession pour l'art de guérir. 11 a joui d'une grande renom- inée à la fin du re et au commencement du 1 8° siècle, comme habile médecin, et comme grand accoucheur. Il excella dans la pratique de cet art, qu'il exerça pendant longtemps à Groningue, et dans plusieurs autres villes de Hollande. Sa répu- tation d'excellent médecin le fit appeler plusieurs fois en Danemark, pour le service du roi Chris- tian V, dont il reçut de grandes récompenses. Deventer, bien différent de la plupart des médecins de son temps, connaissait parfaitement l'anatomie et la chirurgie ; il s'occupa beaucoup de la partie de cet art qui est relative à l'orthopédie, et imagina diverses machines ingénieuses pour redresser les difformités naturelles ou accidentelles du corps hu- main. De tous les travaux entrepris par Deventer, ceux qu'il consacra aux progrès de la science des accouchements, sont aujourd'hui ses titres les plus recommandables à l'estime des savants. Nous avons de lui : 1° Novum lumen obstetricantium quo ostendi- tu r qua ratione infantes in utero tom obliquo quam recto prave siti extrahantur, Leyde, 1701 C'est dans cet ouvrage que l'auteur établit les qui résultent de l'obliquité de la matrice, et qu'il enseigne l'art d'y remédier, dans les accouchements. '2° Ulterius examen partuum di ffi- lium, lapis lydius obstretricum, et de necessitate inspiciendi cadavera, ibid., 1725 ; 3° Opera- t ionum chirurgicarumnocum lumen exhibitum obs- tetricantibus, pars secunda, ibid., 1733 Ce ' dernier ouvrage contient toute la doctrine de l'auteur sur les accouchements, aussi eu de nom- breuses éditions, et atil été traduit en hollan- dais, en allemand, en anglais et en français . 4° Un ouvrage posthume, écrit en hol- landais, stu la chartre, maladie plus connue sous le nom de rachitis, Leyde, 1739
  • Henri DIAS : nègre du Brésil, voyant que le général portugais avait confié des armes aux Indiens du chef Camaram pour combattre les Hollandais, qui s'étaient emparés de Pernambuco, vint s'offrir en 1633 au général Mathias d'Albuquerque, demandant la permission de lever un corps de gens de sa coulent.; ce qui lui ayant été accordé, il se forma un régiment d'esclaves et nègres libres sons le commandement de Dias : il déploya bientôt ses talents militaires dans cette longue guerre; sa troupe était aussi brave que bien disciplinée. Le roi Jean IV sut apprécier son mérite, et en 1644 lui conféra des lettres de noblesse, l'éleva au rang de colonel de son régiment, et le décora de l'ordre du Christ. Quand ces grâces arriNèrent à Pernambuco, le nègre Dias venait d'être blessé à la main gauche par une balle de mousquet ; mais, impatient de la lenteur de la guérison, il se la fit couper pour retourner aux combats, ne voulant pas se décorer avec l'ôrdre du Christ, e ant d'avoir l'ait quelque action éclatante, ce qui ne tarda pas longtemps. Pour conserver la mémoire des services d'Henri Dias, il existe encore à Pernambuco un régiment de milices de nègres qui porte son nom, et dans lequel ont servi plusieurs de ses descendants : ils ne se sont jamais alliés avec les blancs, voulant ainsi perpétuer une race qui est honorée dans la colonie. L'abbé Grégoire a consacré un article à Dias dans sa Littérature des Nègres, p
  • Henri DIDOT( 1765) : fils de l'habile imprimeur PierreFrançois Didot, naquit en 1765, et parmi les différentes branches qui se rattachent à la typographie, choisit l'art du graveur et fondeur en caractères. Ses premiers essais furent heureux : la belle édition de l'Imitation de Jésus- Christ, publiée par son père, en 1788, fut imprimée avec un caractère entièrement gravé par Henri, et qui annonça tout ce que l'on pouvait attendre de son goût et de son aptitude. 11 voulut d'abord perfectionner le moule en usage chez les fondeurs, puis il y substitua un nouvel outil auquel il donna le nom de moule à refouloir, et qui permettait de fondre les lettres de deux points et les caractères de fantaisie avec la plus grande précision, c'est-àdire en leur conservant constamment la même hauteur, la même approche, résultat que donnent trèsdifficilement les moules ordinaires. Cette invention obtint un prix d'encouragement à l'Exposition des produits de l'industrie française de 1806. Henri Didot, cherchant ensuite à améliorer le procédé luimême, inventa la fonderie dite polyamatype, qui, à l'action tou jours incertaine de la main, substituait l'action rigoureusement précise de la mécanique : on obtenait ainsi, avec une régularité et une promptitude encore inconnues, tous les produits de la fonderie, depuis les lettres d'affiche jusqu'aux caractères microscopiques, depuis le simple filet jusqu'à la ignette la plus délicate ou de la plus grande dimension. On doit avouer qu'il n'a manqiié à la polyamatypie que de légers perfectionnements, pour en faire une des découvertes les plus importantes du siècle. Elle valut à son inventeur une médaille d'or à l'Exposition de 1819, et plus lard la croix de la Légion d'honneur. Henri Didot a' ait gravé, de concert avec son cousin Firmin Didot, les assignats qui furent émis par la Constituante, par l'Assemblée législative et par la Convention. 11 céda son établissement vers 1830, et acheva paisiblement sa longue et honorable carrière à Saut' - les - Chartreux , près Lonjumeau , le 2 juillet 1852
  • Henri DODWELL( 1641) : savant anglais de la fin du 7e siècle, naquit à Dublin en 1641. Ayant perdu de bonne heure ses parents, il se trouva pendant quelque temps réduit à une extrême indigence. 11 fut recueilli par un de ses oncles, qui était pasteur dans le Suffolk, et qui lui fournit le'moyen de continuer ses études. On l'envoya d'abord à Dublin, puis à l'université d'Oxford, où il se distingua par ses progrès et par son assiduité au travail. 11 se tourna principalement du côté des sciences ecclé- , siastiques, quoiqu'il ait. toujours refusé d'entrer dans le clergé anglican. Ses premiers écrits sont de 1672. Ce sont deux lettres qui traitent, l'une de la réception des ordres ecclésiastiques, l'autre . Ses autres ouvrages en ce genre sont : 1° Prcelectiones Camdeniance, Oxford, 1692 ; 2° Annales Velleiani , Quinctilioni et Sta- tiani, ibid., 1698 ; 3° Exercitationes duce prima de cetate Pholaridis, et secundo de œtate Py- thagorce philosophi, Londres, 1704 4° De veteribus Grœcorum Romanorumque Cyclis, Ox- ford, 1102 ;• 5° Annales Thucydidii et Xeno- phonti , ibid., 1702 ; 6° Julii Vidalis Epita- phium, cum notis criticis et explicatione, Excester, 1711 7° De Parma equestri Woodwardiana, publiée par Th. Hearne, Oxford, 1713 11 enrichit aussi de nouvelles additions les oeuvres posthumes de Pearson sur la chronologie des pre- miers papes, Londres, 1688,. Dodwell mourut le 7 juin 1711, avec la réputation d'un homme trèssavant, laborieux, austère, désintéressé, mais singulier et paradoxal. Personne ne connaissait mieux que lui les auteurs anciens, et spécialement les antiquités ecclésiastiques ; et il a laissé des ou- vrages pleins de recherches, de critiques et d'éru- dition. Son style est d'ailleurs dur et obscur. Voyez l'A brégé des oeuvres de _ Henri Dodwell, avec une notice sur sa vie, par Francis Brokesby, Londres, 1723 Parmi les enfants qu'il a laissés, deux sont connus comme écrivains. L'aîné, Henri DODWELL, entra dans le barreau. On dit qu'il tomba dans le scepticisme par suite des opinions singulières de son père. Ce fut lui qui publia, en 1742, un pamphlet anonyme sous ce titre : Christianisme non fondé en preuves. Ce livre, écrit avec esprit et adresse , fit beaucoup de bruit alors. On reprocha à l'auteur d'attaquer la révélation, tout en affectant du zèle pour le christianisme. Doddridge et plusieurs autres lui répondirent. Voyez entre autres le jugement que porta de cet ouvrage le savant Leland, dans son Examen des déistes anglais. il y caractérise bien l'ouvrage de Henri Dodwell. — Guil- laume DODWELL, autre fils de Henri, entra dans le clergé anglican et eut plusieurs bénéfices. 11 fut, en dernier lieu, archidiacre de Berks. On a de lui un sermon contre le livre de son frère ; Libre Ré- ponse aux libres recherches du docteur Middleton, 1749 ; Réplique finale à la défense de ce docteur, publiée par Toll, 1751 ; une Dissertation sur le vœu de Jephté et un grand nombre de sermons. C'était un ecclésiastique instruit. Il mourut le 25 octobre 1785, dans sa 75« année
  • Henri DUMONT( 1610) : népii, s Liégeen i; 19, nt ses itIitksen cette • apprit à jouer de l'orgue et la compt isition. 1.a siipériorifil de ses talents engagea ses parents à le raire enir fi Paris, où il tixiii% a ment à les em?lo? el.. Les premiers nrt?rceaux qu'il Ill entendre loi attirèrent des applaudissement,. tin a someot répété qu'il fut l'un tlt?.l?r.'nlier, profess?nrs . th,011 .tpiî, avoir été un des premiers organistes de sou temps, Dumont devint maître de la musique du roi, où il remplaça Spirli et Gobent, et pendant longtemps il remplit cette place avec son confrère Robert. La reine lui fit obtenir la même place dans sa maison et le fit nommer abbé de Silly. Louis XIV, qui aimait la grandeur, désira qu'à l'exemple des lialiens, on mêlàt dans les motets des accompagnements plus travaillés et des ritournelles. Il fit prévenir Dumont de se conformer à ses intentions. Le maître de chapelle, ayant interprété trop littéralement un passage du concile de Trent4, répondit au roi qu'il ne pouvait se prêter à ce qui lui était demandé. Louis XIV, curieux d'examine• d'où pouvait naître un pareil scrupule, consulta l'archevêque de Paris pour examiner cette affaire. Le prélat décida que le concile n'axait point défendu la symphonie, mais seulement les styles de musique qui, parle peu de grax i lé. s'éloignaient trop du genre usité dans l'Église. Dumont ne partagea point cette opinion. Il obtint sa vétérance en 16,4, et mourut à Paris en 168i. On a de lui cinq grand'messes : une d'elles, connue sous le nom de messe royale, se chante encore de nos jours dans phisieurs églises, les jours de fêtes solennelles
  • Henri DUPUY( 1574 - 1646) : plus connu sous le nom d'Erycius Putennus que sous son nom flamand, Van Pelle, naquit à Venlo, dans la Gueldre, le Cr novembre 1574. Il fit ses humanités à Dordrecht, sa philosophie à Cologne, et vint ensuite, étudier le droit à Louvain, sous le célèbre Juste Lipse, avec lequel il contracta une étroite ami Le désir d'entendre les savants professeurs dont s'honorait alors l'Hale, l'engagea à en visiter les principales académies. H s'arrêta à Milan pendant quelques mois , et à Padoue, où Pinelli lui donna un logement clans sa propre maison. L'année suivante , il accepta une chaire d'éloquence à Milan, et il fut nommé, presque en même temps, historiographe du roi d'Espagne. Deux ans après, il reçut le diplôme de citoyen romain , et fut agrégé docteur à la faculté de droit. De si flatteuses distinctions le déterminèrent à se fixer en Italie, et il épousa, en 1604, MarieMadeleineCatherine Turria, d'une famille considérée de Milan. Cette alliance lui procura de nouveaux appuis. Cependant, la chaire de belleslettres de Louvain lui ayant été offerte après la mort de Juste Lipse , il saisit avec empressement cette occasion de se rapprocher de son pays et (le sa famille. Il remplit cette place pendant quarante ans; mais ce ne fut ni avec le même succès, ni avec la même réputation que sonprédécesseur. Dupuy était un homme d'une vaste lecture, mais depeu de jugement. Il connaissait bien les moeurs et les usages des anciens, niais c'était à cela que se bornait tout son savoir; il ne brillait point par l'esprit de critique, et il paraît avoir été incapable de concevoir le plan d'un ouvrage d'une certaine étendue. Chaque année il faisait paraître quelques nouveaux opuscules, et son désir d'en accroître le nombre était si grand, qu'il a fait imprimer jusqu'à un recueil des attestations qu'il délivrait à ses élèves. Un trait pareil n'annonce pas autant de modestie que le prétendent les continuateurs de Moréri. Coloriiez rapporte qu'un jour , Moret , fameux imprimeur d'Anvers, reprochait à Dupuy qu'il ne mettait au jour que de petits livres. Celuici voulut se justifier par l'exemple de Plutarque. Croyezvous donc, lui répliqua Moret , que vos livres, que je ne puis débiter, soient aussi bons que ceux de' L'apostrophe était pi- quante, mais en partie méritée. Dupuy semble avoir voulu copier en tout Juste Lipse, à qui il ressemblait, diton, de figure; mais il lui est resté. inférieur sous tous les rapports. C'était, d'ailleurs, un homme pieux, obligeant , disposé à rendre service ; il se faisait chérir de ses élèves par sa douceur et par son zèle peur leur struction et de ses COIlcilo1o.i, par los bons offices qu'il leur rendait dans toutes les circonstances. L'archiduc Albert le nomma l'un de ses conseillers, et lui confia le gouvernement du chàlean de Louvain. Il mourut en cette ville le 17 septembre 1646 àgé de 72 ans. Nicolas Vernultrus prononça son oraison funèbre. Sa vie a été publiée par Milser et son portrait a été gravé. Bayle lui a consacré , dans son Dictionnaire, un article qui renferme des particularités très curieuses. Les ouvrages de Dupuy se divisent en 6 classes : éloquence, philologie, philosophie , histoire, politique et mathématiques. On en compte jusqu'à 98 , dont on trouve la liste dans le tome 17 des 17 finoirrs de Nicéron. Les ouvrages de philologie ont été la plupart insérés dans le Thesaur. nnlit'luil. nanion, ( t grœcar., de Grievius. Olt so bornera à citer ici ceux qui peuvent donner lieu à quelques remar- ques. lisu Paoli/ Tue librorum bibliothc- cœ , imbrosin, irr, Milan, 1605, C'est un discours sur l'utili té des bibliot hèques publiques, et non pas un catalogue de la bibliothèque am brusienne, comme on le dit dans le Dictionnaire universel. On retrouve ce discours dans les différentes éditions du recueil intitulé : Suarlfi fiez sire urationes science, par le Wme auteur. 2' Cornue sivc Phngesiposia eimmeri, c, de lazu somnium , Louvain , 1608 : Anvers, 1611, 0.ford . 1634 : traduit en français par Nicolas Pelloquin, sous ce itre : Cornus , ou banquet d i.“ olu dp. eCiennWriens, Paris, 1613 La traduction est plus recherchée que l'original. 3 Il ist‘? ria? libre VI, qui irruptiones Barbarorum ira italiam continent ab aiimo 1, ï7 nd annum 973. Cette histoire a eu plusieurs éditions. Rodolpho Godefroi knichen en donna une avec des notes et des additions, Louvain,1630,iiifol réimprimée à Leipsick et encore depuis. Elle est très superficielle; l'archiduchesse Isabelle en témoigna cependant sa satisfaction à l'auteur par le don d'un collier d'or. Pielatis thau? ata in Proth? im pirthepieum unius versuin unies versus libram , sir / arum 71 umeris s! re l'omis 1022 variatuni, Anvers, 1617 de /18 pages. Cet ouvrage, dont le titre singulier peut donner une idée de l'affectation du sis le de Dupuy, roule entièrement sur un vers retourné en '1022 façons. Le voici : Tot tibi sied dotes, rirgo, quoi sidern cœlu (0. 5" Bruma sive ehimonowegniou de laulihus hiemis, ut ea poli, simum a? ud Belgas , Munich, 1619 recherché pour les jolies gra- Ce cers, imaginé par lé P. Bauhuva, jésuite de Louvain, peut réellement se retourner de 3,31a Manie: CS , comme l'a démontré Lieq. Bernoulli dans son Ars conjectandi ; mak ? aPaY routait Suivre r " égurie indiquée par le vers même s'en est tenu h Ott , nombre des étoiles fixes dans ton. les ,atalugues des anciens astre' ornes. Les amateurs de semblable: bagaeelles citent le vers suivant de Th. 'Ansi.: Ceux, ftex, fraie, lis, murs, mors, nox. pus. sors lit ria, Site, ris qui peut former 31016,800 combinaisons ditfere.tes. Vtirt_.•? Sa,lel••. 6? Circubis urbaniamis rive lioea ApKEmE?isE enin?? endia descripla, Louvain, 1632 Cet ouvrage est copié presque en entiie de celui de Bergier, intitulé : le Paint du j'nir; mais il n'y est pas cité. 7' Belli paiç . Surfera, Louvain, 1633 Cet ouNrage, dans lequel DupuN expliquait avec franchise les véritables intéréts de la politique es,. ?agnole, pensa lui faire des affaires sérieuses. On le manda à Bruxelles pour rendre compte de s,.s principes, mais il sortit d “ e cette épreuve a,e. honneur. Gaspard Baërle publia, contre le Sta tra, Anti- Pateanus, satire violente , qui n lit do tort qu'à son auteur, parce qu'elle parais.: sait au moment où Dupuy se trouvait sous 1,, poids thille accusation, et que d'ailleurs il avait raison sur tous les points, ainsi que les ?sénements le prouvèrent. 8" . 11piria bibliatheeir publute Loraniensis, Louvain. 1639 trouve à la suite le catalogue des livres de la bibliothèque de Louvain
  • Henri ELSYNGE( 1598 - 1654) : naquit en 1598, à Battersea, 1 dans le comté de Surrey. Après avoir étudié à Oxford, il voyagea durant plus de sept années. Son esprit et ses connaissances le firent rechercher pat tout ce qu'Il y avait alors de plus distingué en Angleterre. L'archevêque Latid, entre autres, lu prit en grande faVeur, et 1? fit notnmer secrétaire de la chambre des communes. Il s'y fit remarquer autant pat son aptitude à remplir ces difficiles fonctions, que par une modération et mie droiture qui, au milieu des factions qui agitaient le long parlement, lui conservèrent l'estime générale. C'est ce qui a fait dire que son tabouret était plus res- pecté que le fauteuil de l'orateur Lenthan. Lorsqu'il vit Une partie des membres de ce parlement emprisonnés ou expulsés, et le reste sè disposant à faire le procès an toi, il se retira sous prétexte de santé ; mais bientôt, réduit à une vie trop sédentaire, malheureux dans sa fortune pat la perte de sa place, et, pardessus tout, accablé des maux de son pays et de la mort du roi, il mourut en 1654, âgé de 56 ans. On a de lui : l'Ancienne Manière de tenir les parlements en Angleterre, Londres, 1663. Cet ouvrage a eu plusieurs éditions; la dernière est de 1768. Wood le croit tiré en partie d'un manuscrit du père de l'auteur, intitulé : Modus tenendi parliamentum apud Anglos. Elsynge a laissé d'autres écrits, mais qui n'ont pas été publiés
  • Henri DUROY ou DEROY ou REGIUS( 1598 - 1679) : naquit à Utrecht, le 29 juillet 1598. Après avoir étudié la médecine et s'étre fait recevoir docteur, il exerça sa profession dans sa ville natale, 1 où son habileté lui valut une chaire qu'il rem- 1 plit pendant plus de quarante ans, jusqu'à sa mort , arrivée le 10 février 1679. Lié d'amitié avec Reneri , qui enseignait la philosophie à Utrecht, il apprit de ce dernier le système de Descartes, qu'il embrassa avec une telle passion, que les ennemis du philosophe français attaquèrent violemment le professeur en médecine, et faillirent lui faire perdre sa chaire. Mais ayant voulu, pour augmenter sa réputation et son crédit, s'approprier la doctrine de Descartes, et en faire l'application à la théorie de la médecine, Duroy mit dans son plagiat si peu de délicatesse et de discernement , qu'il s'attira l'indignation et le mépris de Descartes ; ce qui porta ce médecin à abjurer publiquement le cartésianisme , en laissant toutefois subsister dans ses ouvrages la plus grande partie des idées de son maitre. Si Duroy a eu des torts graves envers Descartes, on ne peut lui refuser le mérite d'avoir défendu avec force la découverte de la circulation du sang contre les attaques peu mesurées de Primerose. Voici les ouvrages que Duroy a publiés. 1. Spongia pro entendis sordibus animadversionum Jacobi Prifnernsii _ in thcses ipsius de circulalione sanguinis, Leyde, 1640 , 1656 20 Physiologia, sive cognitiosandatis, Utrecht, 1641 3t, De hydrophobia, ibid., 164/t' 4° Funda- n'enta phqsices, ibid., 1647, 1661 c'est ce livre qui brouilla Duroy avec Descartes, parce que le premier fut accusé d'avoir inséré dans SOU ouvrage une copie presque entière du TraitéExplicatio vieil- lis humance, Utrecht, 1659 La plupart des ouvrages de Duroy portent l'empreinte de la philosophie cartésienne
  • Henri EGGESTEYN : imprimeur à Strasbourg dans Je 45° siècle , fut , à ce qu'on croit, le disciple et l'associé de Jean Mentel, ou Mentclin. Quel_ quesunes de ses éditions sont encore recherchées, ou comme éditions princeps, ou comme monuments chronologiques de l'art. On distingue surtout : Gratiani decretum cum apparatu Barth. Brixiensis , 1471 , qui nonseulement est l'édition princeps de cet ouvrage, mais, dit M. Lasema Santander : « le premier livre imprimé à « Strasbourg avec date. » 2° Clementis V consti- tutitmes cum apparatu J. Andrece, 4471 Il avait déjà paru à Mayence trois éditions de ces constitutions ; l'une d'elles est même. antérieure de onze ans à celle d'Eggesteyn, qui, toutefois, est le second ouvrage typographique de cet imprimeur, avec date certaine. 3° Justiniani institationes jans cum glossa, accedunt consuetudines feudorum , 4472 C'est la 2° édition des Institutes dont l'édition Princeps avait paru à Mayence dès 1468
  • Henri EICHHORN : médecin allemand, né a Nuremberg à la fin du dernier siècle, et mort en 1832, à la ,fleur de l'âge, était depuis deux ans professeur particulier de médecine à t;tr,ltingve, Sa mort prématurée a été une perte réelle pour la science. Dans les ouvrages qu'il a publiés, et qui sont presque tous relatifs à la variole et à la vaccine, il a montré un esprit de recherche et d'observation et des vues ingénieuses, mêlées cependant souvent à des idées systématiques et hasardées. Voici la liste de ses écrits : 1° De l'obliquité postérieure de la matrice dans son état de grossesse et de vacuité, dissertation inaugurale, Nuremberg, 1823 . '2° Nouvelles découvertes sur la préservation de la petite- vérole chez les vaccinés, et sur la physiologie pathologique empirique de cette maladie, avec quelques remarques sur le traitement des autres exanthèmes fébriles, Leipsick, 1829 . 3° Mesures que les gouvernements d'Allemagne doivent prendre pour prévenir empiétement la 'variole, avec quelques règles pratiques que doivent suivre les médecins pour préserver les vaccinés de la variole pen- dant toute leur vie, Berlin, 1829 . 4° Manuel sur le traitement et la préservation des exanthèmes fébriles contagieux, tels que la variole, les fièvres scarlatine et pétéchiale, la rougeole, d'après les principes de la physiologie pathologique empirique, Berlin , 4831 . On trouve une analyre de cet ouvrage dans les Annales littéraires de la médecine du professeur Ilecker. Le rédacteur reproche à l'auteur de n'avoir point tenu les promesses qu'annonce le titre de son livre, vu qu'il n'a parlé que comme en passant de emt. ce ne concerne pas la variole et la vacine.11 lui reproche aussi d'avoir un ton peu convenant envers les autres écrivains, et d'être moins complet dans la partie thérapeutique que dans la partie pathologique. Cependant il avoue que l'auteur a jeté une Nive lumière sur le sujet qu'il a traité, et qu'en lnidoit de la reconnaissance pour sec efforts. Eicldo a inséré quelques mémoires dans des recueils périodiques d'Allemagne. Ils traitent tons de la variole, de la vaccine et des affections de la peau, objet spécial de ses études
  • Henri ELLIS : voyagent. anglais, sers'ait dans la marine. 11 fit partie de l'expédition qui alla en 1746 chercher par la baie d'Hudson un passage au nordouest. Le comité chargé de diriger l'entreprise, lui proposa de prendre le commandement d'un navire. Quoiqu'Ellis eût déjà navigué, il refusa cette offre, parce qu'il ne connaissait nullement les mers septentrionales. Alors on lui donna la qualité d'agent du comité, avec des instructions particulières qui lui recommandaient de noter soigneusement tout ce qui concernait la géographie, l'art nautique et l'histoire naturelle, et le nommaient membre des comités chargés de dé-, eider les difficultés et les doutes qui pourraient s'élever sur la meilleure manière de procéder à la découverte projetée. L'expédition était composée de la galiote le_ Dobbs, commandée par le capitaine G. Moore, et de la Californie, capitaine Smith. On partit de Gravesend le 24 mai, on passa par les Orcades. Le 27 juin, on aperçut par les :i8° 30' de 'latitude boréale des glaçons flottants ; bientôt on fut au milieu des brumes épaisses, on vit des masses énormes de glace et des bois flottants. Le 8 juillet, on eut. connaissance des îles de la Résolution, à l'entrée du détroit d'Hudson. Arri- vés à la côte occidentale de la baie de ce nom, par les 64° près de Vile de Marbre, les Anglais mirent les canots à la mer pour explorer les côtes. Le rapport unanime du détachement qui fut envoyé à la décotiverte et dont Ellis faisait partie, fut que l'on avait remarqué plusieurs grandes ouvertures ' à l'ouest de l'île, et que la marée venait du nordest, partie dans laquelle contait la côte. On était ati 19 août ; la saison parut si avancée, que l'on remit au printemps suivant la poursuite des découvertes, et que l'on prit le parti,d'aller hiverner au fort Nelson, situé plus au sud sur la même côte, parce qu'il est le premier débarrassé des glaces. Le gouveineur du fort d'York reçut assez mal ses compatriotes, qui conduisirent leurs bâtiments dans une anse sore de la rivière Hayes, cinq milles andessus du fort d'York, par les 57. 30' de latitude. On construisit une maison pour y passer l'hi‘er. Elle fut terminée le 1" novembre. L'hiver avait commencé longtemps avant cette époque, et bientôt il fut d'une rigueur extrême. Ou avait dans la traversée cassé le thermomètre dont on s'était muni audépart d'Angleterre, de sorte 'il fut impossible de déterminer avec précision le gré du froid. L'hiver finit enfin le 6 niai 1 747 pendant il tomba encore plusieurs fois de la ige. 14e 21 juin, les Anglais voguèrent au nord s le lendemain, ils se trouvèrent au milieu des ices, dont ils ne furent débarrassés qu'au nord cap Churchill. Étant à 61° 4', Ellis, le capi- ine 3loore et dix hommes s'embarquèrent dans grand canot que l'on avait ponté, et longèrent côte de près. Parvenus au milieu d'un groupe lies près du 62°, les aiguilles magnétiques per- rent tout à coup de leur vertu. La Californie .ait de son côté envoyé un canot à la découverte. utes ces tentatives ne donnèrent connaissance le d'ouvertures qui ne répondirent nullement à .ttente des navigateurs. Ellis découvrit à la côte Telcome le cap Fry, par les 65° 5' ; enfin on s'aInça à trente lieues dans le détroit de Wager. Ellis connut que la largeur de ce bras de mer dimi- uait de dix lieues à une. Enfin le cours de l'eau d resserré de chaque côté par des rochers affreux, t coupé par une barre qui produisait une cata-. cte. Ellis la franchit ; la profondeur de l'eau qui aissait à chaque instant, le détermina à descenre" à terre au 66° et à grimper sur une éminence. 1 reconnut que le prétendu détroit se terminait par leux petites rivières, dont l'une venait directelient d'un grand lac, éloigné de quelques lieues tans le sudouest. Toute espérance de trouver un assage s'étant ainsi évanouie, il reprit avec son anot le chemin des bâtiments. On lit encore une entafive à la côte nord de la baie 'Wager : elle ne 'ut pas suivie de plus de succès que les précédentes. Ellis voulait absolument que l'on fit de nouvelles recherches le long de la côte de la baie Hepulse. On n'eut aucun égard à ses représentations, et le 15 août on sortit du port Douglas, situé dans la baie Wager. Le 29 on entra dans le détroit d'Hud- son. Une tempête affreuse sépara les deux bâti, menis, qui ne se rejoignirent que le 6 octobre aux Orcades, et mouillèrent le 14 à 'Yarmouth. Ellis publia en anglais la relation de ce voyage, sous ce titre : Voyage à la baie d'Hudson, fait par la galiote le Dobbs et la Californie en 1-7i6 et 1747, pour la découverte d'un passage au nord- oupst, arec une description exacte de la côte et un abrégé de l'histoire naturelle du pays, Londres, 1748, 1 vol. cartes et figures : cette relation a été assez mal traduite en français, Paris, 1749, 2 vol. fig. ; Leyde, 1750, 2 vol. fig. ; en allemand, avec des notes tirées du Voyage du capitaine Smith, Gottingue, 1150 fig. ; en hollandais Amsterdam, 1750, 1 vol. lig. On trouve des extraits de la relation'd'Ellis dans les tomes 14 et 15 de l'Histoire générale des voyages et dans plusieurs recueils. L'ouvrage d'Ellis commence par une his- toue des tentatives faites jusqu'en 1746 pour la découverte du passage du nordouest. Malgré le mauvais succès de l'entreprise, il revint en Angle- terre, convaincu que l'on n'avait pas pris tous les moyens de s'assurer de la réalité du passage. Il termine son livre par l'exposition des motifs qui le faisaient persister dans son opinion. 11 ne manqua pas de contradicteurs, même parmi ceux qui avaient fait le voyage avec lui. Un anonyme fit pa-'mitre l'ouvrage suivant : Relation d'un voyage entrepris pour la découverte d'un passage au nord- ouest, pour pénétrer par le détroit d'Hudson, à l'o- céan occidental et méridional, par l'écrivain de la Californie, Londres, 1749, 2 vol. iu-8°, avec cartes et figures : ce livre n'offre en quelque sorte d'un bout à l'autre qu'une réfutation de celui d'Ulis. L'auteur manifeste beaucoup d'aigreur contre Ellis et contre le capitaine du Doble, et l'intention de prouver que le capitaine et l'équipage de la Californie ont rendu de plus grands services dans cette expédition. 11 assure qu'il a dès le principe écrit de sa main ou aidé à rédiger tous les docu- mente originaux relatifs à ce voyage, tandis qu'El- lis n'a eu en main que les copies ; enfin, que ce dernier n'était pas l'agent du comité du nordouest, et qu'il n'était parti qu'en qualité de dessinateur et de minéralogiste. L'anonyme, en parlant des sauvages, a copié de longs passages de Lafitan. Sa carte des parages du nordouest de la baie d'Hudson est plus exacte que celle d'Ellis. 11 est d'aillenrs d'accord avec ce dernier pour les faits principaux, et convient que l'on n'a pas exploré assez soigneusement toutes les ouvertures qui se sont présentées. Du reste, il partage l'idée du capi- taine Middleton sur l'existence d'une mer glaciale, qui, partant de la baie Repulse, unit la baie Wel- come à celle de Baffin et au détroit d'Hudson. Cependant il croit à la réalité du passage, qu'il fonde sur la relation de l'amiral de Fonte. Aujourd'hui l'on n'a plus à concilier des opinions opposées concernant ce passage. Les voyages de Hcarne et de Mackenzie out prouvé qu'il n'existait pas dans les parages où ses partisans le supposaient, et que si l'Océan baigne de tons côtés l'A mélique au nord, c'est à une latitude si élevée, pie celte communication d'une mer à l'autre ne peut servir à la navigation . Ulis fut récompensé de ses servivices dans la marine par les places de gouverneur de la NouvelleYork, et ensuite de la Géorgie. Étant dans cette province, il écrivit à Jean Ellis une lettre sur la chaleur qui y règne. Elle est insérée dans register de 1760. Sa santé l'ayant forcé de revenir en Europe, il parcourut le midi de la France et l'Italie, où il parait qu'il se fixa. Sulzer, célèbre littérateur allemand, le rencontra à Maiseule en 1775. Ellis lui dit qu'il avait renoncé aux courses maritimes, et qu'il consacrait son loisir (n Après de fréquentes et infructueuses tentatives faites par des marins célèbres, au nombre desquels ou voit figurer lesca- pitaines Parry, Lyon, Back, John Boss et James Clark Ross, son neveu, le malheureux sir John Franklin, dont le sort inspire tant d'inquiétudes. le capitaine Inglefield, etc., etc., la certitude du passage NordOuest a été définitivement consta0..e en 180 cette découverte est due au capitaine anglais McChire, entré en 4840 dans les mers arctiques par le détroit de Behring, avec le navire l'Investivator. Après avoir longé les côtes septen- trionales de l'Amerique, et contourné l'ile Baring, MacClure est parvenu dans le détroit de Melville, d'où il s'est rendu en Angleterre sur un autre Ktiment par le détroit de Barrow et de Lancastre et la baie de Ballin, D—z—s. aux voyages sur le continent. Il était à Naples en 1805, et s'y occupait encore de recherches relatives à la marine. Il était membre de la société royale de Londres
  • Henri ENGELGRAVE( 1610) : savant jésuite de la Belgique, né à Anvers en 1610, entra dans la société de Jésus à dixhuit ans , et y fit bientôt les quatre voeux qui y étaient d'usage. Le goût que ses maitres développèrent en lui pour les auteurs profanes de l'ancienne Rome ne préjudicia point aux pen- chants religieux qui l'avaient fait entrer dans cet ordre, et ne diminua point son ardeur pour les études ecclésiastiques. La lecture des saints Pères et des auteurs théologiques allait de pair chez lui avec celle des écrivains du Latium , et son excellente mémoire conservait également ce qu'il avait lu dans les uns et dans les autres. 11 fut de bonne heure promu à une chaire d'humanités dans l'un des colléges publics tenus par les jésuites, et son mérite l'y fit bientôt élever à la charge de recteur. On le vit gouverner successivement ceux d'Oudenarde, de Cassel, de Bruges et d'Anvers , se montrant partout aussi zélé pour la piété aux jeunes gens et régler leurs moeurs suivant la morale de l'Evangile, que pour accélérer leur progrès dans la connaissance et l'amour des belleslettres latines. Lors même qu'il n'était plus chargé de les enseigner directement, il ne pouvait s'empêcher d'en donner des leçons jus- que dans les prédications qu'en sa qualité de 'sec- teur il était obligé de faire auxétudiants les dimanches et fêtes, et dans ces espèces de sermons, tous assez longs et en latin, composés ordinairement de trois parties, il amenait d'heureuses citations de Vir- gile, d'Horace, d'Ovide, de Lucrèce, de Cicéron, de Sénèque, de Pline, de ValèreMaxime, etc., qu'il associait à des passages bien choisis de StAugustin, de StLéon, de StChrysostôme, etc. Le tort de ce mélange, si à la mode dans son siècle, se fait assez généralement pardonner ici par le bon choix et l'à- propos des citations, parmi lesquelles il s'en trouve encore d'auteurs qui avaient traité en latin des matières scientifiques. On voit Engelgrave presque médecin dans son discours sur l'Annonciation de la bienheureuse Vierge Marie et l'incarnation du Verbe , où il expose aux jeunes gens les maux physiques dans lesquels entraîne le libertinage ; et ce n'est pas le seul endroit curieux des prédications de ce jésuite. 11 était versé dans presque toutes les sciences ; on lui donnait, du moins parmi ses confrères , la qualification de Officina scientiarum. La passion de l'étude, sans laquelle il n'aurait pu acquérir des connaissances aussi étendues et aussi variées, ne l'empêcha cependant point de remplir les devoirs particuliers qui lui étaient prescrits par la règle de son ordre, ni de vaquer aux fonctions du ministère sacerdotal, même au- delà des colléges. Alors même qu'il y était recteur, et qu'il prêchait avec tant d'assiduité et de soin aux écoliers, il dirigeait une de ces congrégations de séculiers que les jésuites formaient dans tous les lieux où ils avaient des éta- blissements. Engelgrave fut pendant quinze ans le directeur de celle des hommes mariés d'Anvers, et dans le même temps il allait prêcher chez les religieuses et diriger leur conscience. On le trouvait encore au confessional toutes les fois qu'on y avait besoin de lui. Devenu presque sexagénaire, et ne pouvant pluE s'adonner autant à la prédication, entreprit d'écrire un Commentaire sur les Évangi- les du carême ; mais la mort vint arrêter ce travail. Il finit ses jours à Anvers le 8 mars 4670, après avoir vu ses sermons imprimés plusieurs fois, et lus partout avec le plus vif intérêt. Ce sont : II° Lux Evangelica, sub velum sacrorum emblema- tum recondita in onni dominicas, selectà historid et morali doctrind varié adurnbrata, en 2 parties ou tomes imprimés à Anvers, le i" en 1648 et le second en /651. Il s'en fit ensuite sept autres réimpressions sous différents formats, notamment une à Amsterdam, 1655, 2 vol. 2. Lucis Evangelicce sub velum sacrorum emblematum recon- ditce pars tertia, hoc est cceleste Pantheon, sive cce- lum novum in festa et gesta sanctorum totius anni selectd historia et morati doctrin d varié illustratum, I vol imprimé par J. Busée à Cologne, en 1647 ; réimprimé par le même, Anvers, 1658 Amsterdam, 1659 3° Ccelum ernpyreum non vanis et fictis constellationum manstris bellua- rum sed divelm domus Domini Jesus- Christi, ejus- que illibatce Virginis mains Afariœ, sanctorum apostolorum, mariyrum, confessorum, Virginum splendide, etc., illustratum... morali doctrind, sa- crd ac profand historid lucubratum imprimé par J. Basée à Cologne, en 1668, réimprimé par le même, et ensuite à Amsterdam en 1669, 2 vol. 4° & Blum empyreum, pars altera, etc. Cologne, 1669, 1 vol. réimprimé par le même en et encore par un autre à Amster- dam la même année. Cette édition d'Ams- terdam sert de suite à celles des précédents ouvrages imprimés dans la même ville par la même imprimerie. Ils forment une jolie collection de six volumes, ornés d'emblèmes ou vignettes gravées en tailledouce avec la plus grande netteté. »Les idées de la plupart sont aussi délicates qu'ingé- , niaises, et il est évident que c'est Engelgrave qui lies a fournies. On voit, par exemple, au sermon sur la Circoncision , un ange qui, avec un instrument tranchant, écrit un nom sur l'écorce d'un jeune arbre ; au dessus de la vignette sont ces mots de l'évangéliste StLuc : Vocaturn est nomen ejus Jesus, et au dessous est ce demivers de l'Enéide Puichrum properat per veinera nomen. L'emblème du discours sur la Trinité est le soleil se triplant en quelque sorte sans cesser d'être unique, en se réfléchissant dans un miroir placé au bord d'un lac tranquille qui répète son image ; au dessus sont ces paroles de l'épître de StJean : Hi tres unum sunt. En citant ces emblèmes heureusement trouvés, nous conviendrons toutefois qu'il Y en a plusieurs de ridicules et de puérils. Henri Engelgrave a encore publié des Méditations sur la passion de NotreSeigneur ; mais elles sont en flamand. Elles furent imprimées à Anvers en 1670. — Il eut un frère nommé Jean- Baptiste, aussi jésuite, qui était son aîné ; il avait vu le jour en 1601, dans la même ville. On a de lui un ouvrage ascétique intitulé : Meditationes per totum annum in animes dominicas et festa, Anvers, 1654 Ce jésuite jouissait d'une grande considération dans son ordre ; après avoir gouverné le collége de Bruges, il fut à deux reprises différentes admi- nistrateur des maisons jésuitiques de la province de Flandre, alla à Rome comme député de l'ordre à la neuvième congrégation générale des jésuites, où il assista en cette qualité, et devint enfin supé- rieur de la maison professe d'Anvers. Ce fut qu'il mourut le 3 mai 1658. Scrupuleux observateur de sa règle, il poussait l'observance du voeu de pauvreté au point que si on lui donnait une sou-- Line neuve, quoique d'une étoffe simple et grossière, il la trempait dans l'eau pour qu'il n'y restât absolument rien du lustre de la fabrique. Il ne souffrait pas que l'on mit dans sa chambre des tableaux ou des images passablement dessinées, de crainte qu'elles ne parussent avoir une certaine valeur, et lorsqu'il était malade, il ne permettait pas qu'on substituât aucun met délicat à ceux de la nourriture commune du réfectoire. — Assuérus ENGELGRAVE, frère des deux précédents, bachelier en théologie et prédicateur, qui eut dans son temps quelque célébrité , entra dans l'ordre de StDomi- nique, et mourut à la fleur de son âge le 21 juil- let 4640. Il a laissé des Sermons qui se sont longtemps conservés en manuscrit dans les maisons de son ordre à Bruges et à Anvers
  • Henri ENGRAND( 1753) : naquit à StFiacre, près de Meaux, le 42 décembre 1753. Se destinant à l'état ecclésiastique, il entra dans la congrégation de StMaur, et professa successivement la rhétorique à Laon, la philosophie et la théologie à l'abbaye de StNicaise de Reims, où il se trouvait en 1789. La suppression des établissements religieux l'empêcha de suivre sa première vocation ; mais il n'en continua pas moins de se consacrer à l'enseignement, en dirigeant les études d'un pensionnat de demoiselles à Reims. Nommé conservateur des dépôts littéraires de cette ville, il en remplit longtemps les fonctions gratuitement, et dressa le catalogue de la bibliothèque publique. Il mourut le 10 octobre 482J. On a de lui : 1° Leçons élémentaires sur la mythologie, suivies d'un traité sont- maire de l'ajsologue, Reims, 1809 4' édition; 13° édition, revue, corrigée et augmentée, ibid, 1834 nouvelle édition, Limoges et Paris, 1844 2° Leçons élémentaires sur l'histoire ancienne et l'histoire grecque, ibid., 1809 3' édition; nouvelle édition, 1813. 3° Leçons élémen- taires sur l'histoire romaine, ibid., 1809 3' édition. 4° Leçons élémentaires sur l'histoire de France, depuis le commencement de la monarchie jusqu'au 18 brumaire an vue, ibid., 1809 2• édition; la 5°, publiée en 1822 , va jusqu'en 4817. 5° Principes de la langue française, rappelés à leurs plus simples éléments, ibid., 1809 2° édition ; nouvelle édition , 1$13. D'après une notice sur Engrand, insérée dans l'Annuaire du département de la Marne, pour 1824, la plupart de ses ouvrages ont eu des éditions postérieures à celles que nous avons indiquées, mais nous n'en connaissons pas les dates. Engrand a en outre laissé des manuscrits qui sont déposés à la bibliothèque de Reims
  • Henri ERNST( 1603 - 1665) : en latin Ernstius, savant jurisconsulte, né à Helinstcedt le 3 février 1603. Après avoir terminé ses études et pris ses degrés en droit, il passa en Danemarck, où il fit l'éducation des fils d'Oliger Rosencrantz ; il parcourut ensuite avec l'un de ses élèves la plus grande partie des pays de l'Europe, et à son retour de ce voyage, en 1635, fut nommé professeur de belleslettres à l'Académie de Sora. Le roi Frédéric 111 le nomma en 1665 conseiller de la cour et de la chancellerie. Ernst, également estimé pour ses lumières et pour son intégrité, partagea ses loisirs entre ses devoirs et l'eltude, et mourut à Copenhague le 7 avril 1665. 11 a publié plusieurs ouvrages, et en a laissé un plus grand nombre manuscrits. Bartholin en a donné la liste dans son Index scriptorum danorum ; ou se contentera d'indiquer les suivants: 1° Calholica juris, cum emendationibus in opera posthurna Cujacii, Copenhague, 1634 rare. 2.• Variarum observationum libri duo, Amsterdam, 1636 Otto les a insérées dans le tome 5 du Thesaurus juris Romani. 3° Ad antiquitates Etruscas quas Volaterrœ nuper dederunt obsercationes, Amsterdam, 1639 . On reprocha avec raison à Ernst d'avoir reproduit les notes de Pagan. Gaudenzio sur le même objet, sans avoir eu l'attention de le nommer. 4° Catalogus librorum biblioth. Medicece quce asservatur F lo - rentice in cœnobio D. Laurentii, Amsterdam, 164 I ibid., 1646, 1 vol. Ce catalogue n'a d'autre mérite qu'une assez grande rareté. Vander Linden, trompé par le mot rnedicece, l'a pris pour une bibliographie médicale. 5° Regum aliquot Danice genealogia et series Anonyini, ex veteri codice ms. ecclesiœ Laudunensis, quod desinit in anno chi. 1218, cum nous, Sora Ce fragment de l'histoire des rois de Danemarck fut envo).é. par And. Duchesne à Ernst, qui le publia avec de savantes remarques qui en font le plus grand prix. Ernst conjecture que cet ouvrage avait été entrepris par l'ordre de PhilippeAuguste, et que ce prince pourrait n'être pas étranger à la rédaction. fi° Methodus juris civilis discendi, Sora 1647 7° M. T'alerii Probi de nais Romanis cula observationibus, ibid., 1647 S' introductio ad veram vitam, ibid., 1643 ; Amsterdam, 1649 Cet ouvrage est mentionné avec éloge dans la biblioth. Struviana. 9° Johan. Caseiii librorum in certas classes distributio, Hambourg, 1651 petite pièce trèsrare. On doit y joindre une lettre à Just Christ. Bühmer par Jacques Burckard, professeur à Sultzbach, De vità cl. Jo. Caselii epistola, Wolfenbutel, 1707 C'est ce qu'on a de plus complet et de plus exact sur la vie et les ouvrages du savant Cliessel. :Gteettztam.og, sive cam? entatio de studiis diebus festin convenientibus, Sora, 1656 L'auteur, suivant Dav. Clément, y fait éclater une profonde érudition, un jugement exquis, une liberté chrétienne, et surtout une piété éclairée et solide. 41' Catholica j uris selecta, Greifswald,1656 12° Statera jurisprudentiœ et juriseonsulti, Arnstadt, 1662 13' Di., sertatio posthu ma de re cumnui maximeque difficillimd nempè verd philosophid, Hambourg, 1665 réimprimée sous ce titre : Aristarchus philosophicus, ibid., 1678, Joach. Hennins fut l'éditeur de cet ouvrage ; il est écrit avec chaleur, mais l'auteur s'y montre trop opposé à Aristote. On a encore d'Ernst des Notes sur la Palestine d'Heidman, sur CornéliusNépos , et d'autres écrits moins importants
  • Henri ERSKINE( 1746) : deuxième fils du dixième comte de Ruchan, naquit le ler novembre 1746 à Edimhourg. Un maître habile commença son éducation an coin du foyer paternel et sous les yeux du père, homme fort instruit. 11 fut ensuite placé au collége StAndré, visita successivement les univprsités écossaises de Glasgow et d'Edimbourg, puis, vers 1765, se mit à suivre les séances de la cour de session, à parcourir le labyrinthe des lois tant écossaises qu'anglaises, à feuilleter les commentateurs et les recueils d'arrêts, donnant souvent des entorses à la loi, et pourtant ayant souvent rang d'autorités. Ses études opiniâtres le firent recevoir membre de la faculté des avocats, en 1768. Il n'avait que vingtdeux ans à cette époque. L'éloquence judiciaire était bien loin alors, surtout en Écosse, d'offrir ce charme et cette élégance qui résultent de la clarté, de la méthode, du choix heureux des arguments, de l'enchaînement habile des faits et des déductions, de la correction et de la concision du langage. D'une part, l'état informe de la législation viciait l'esprit du légiste , et mettait le paralogisme à l'ordre du jour : point de procédure par jury dans les causes civiles, on l'avait suspendu ; point de lois conformes à l'état social moderne, et point d'uniformité dans ces lois, les coutumes féodales régissaient encore presque tous les cas ; Craig de feudis était le code : point de plaidoiries en quelque sorte, on écrivait les discours au lieu de parler, de riposter. D'autre part, l'avocat tirait à la page : il semblait que l'art suprême du jurisconsulte füt dans la circonlocution et le pléonasme ; et la verbosité, si elle n'était prise pour de l'éloquence, était pavée comme de l'éloquence. Enfin la presque totalité des Écossais en ce temps parlait un fort mauvais anglais, et les hommes le mieux élevés euxmêmes n'étaient pas toujours bien purs de cette patavinité. Quoique Henri Erskine ne possédât pas les talents transcendants de son frère Thomas , il fut pour beaucoup dans la révolution oratoire que la fin du 18e siècle vit opérer dansle barreau. Un bon goût naturel, l'avantage d'appartenir par sa naissance au monde élégant, l'habitude de versifier et par conséquent de varier de mille manières les fôrmes, les tours de la pensée pour préférer le plus heureux, qui d'ordinaire n'est pas le plus prolixe, voilà sans doute les qualités ou les tirconstances auxquelles il fut redevable des améliorations que plus que personne il introduisit dans les plaidoiries de l'autre côté de la Tweed. Mais il dut peut-être plus encore au soin qu'il avait d'assister à l'assemblée générale de l'église d'Écosse, et d'y parler sur les sujets qu'on y soumettait à la discussion. Comme là les débats avaient lieu, non par écrit, mais de vive voix, il parla, il répliqua, il improvisa, et une fois lancé dans cette voie il ne s'arrêta plus ; à mesure qu'il acquérait une qualité, il en entrevoyait une autre, et dès qu'il l'avait entrevue il ne cessait de travailler à la posséder. Pendant ce temps les causes venaient, et chaque année ajoutait à sa célébrité, qui, si elle ne fut jamais européenne, jetait du moins un vif éclat du château de Berwick à la pointede Caithness. Whig de bonne foi, Henri Erskine, malgré l'avantage matériel que souvent il eût trouvé à plaider pour les grands seigneurs, prenait en main la cause de l'humble citoyen et du pauvre, et par cette conduite, que consacrait le plus souvent un éclatant succès, il mérita d'être surnommé par toute l'Écosse l'orateur populaire, ce que les lords, dans leur dépit, traduisaient par l'orateur de la canaille, Ainsi placé, par l'accord d'un beau talent et d'un beau caractère, à la tête du barreau écossais régénéré, connu d'ailleurs comme antagoniste décidé de la guerre contre les colonies angloaméricaines, Henri Erskine fut, lors de la chute de lord North, et à l'avénement du ministère Rockingham, élevé à la place de lordavocat d'Écosse .11 devint la même année membre du parlement. Mais la haute dignité que venait de lui confier le gouvernement, et dont l'importance, beaucoup plus grande que celle d'avocat général en Angle- terre, .étant vraiment incompatible avec un bon pmvernement, ne dura pas plus longtemps que la combinaison ministérielle à laquelle il la devait. itt, dépossédaqt le cabinet Rockingham, des- itua très-.caNalièrement Henri Erskine. La faculté des avocats d'Edimbou•g protesta contre ce changement, en Le choisissant à une grande majorité, et dans les termes, les plus flatteurs, pou• son doyen,. Le ministre fut assez piqué de la leçon, pour songer encore plusieurs années après à en prendre sa revanche. Le personnel du barreau avait été modifié par des nominations nouvelles; l'int•igue et l'argent iouèrent de concert pour calomnier l'exiordavocat; la mobilité humaine aussi s'en Juda, el quelque diose, de cet esprit qui nt dire jadis : ie suis ennuyé de l'entendre appeler le Juste, » n autre fut investi dit décanat. Le h•omphe momentané des whigs, en 4802, fut stérile pour Henri Eiskine ; triais en 1806, lors de l'élévation .ale son frère. Thomas à la place de lord.-- fbancelier, il reçut derechef le litre de lordavoat, et, comme an temps de sa première apparition au pouvoir, il fut élu membre du parlement, qui commença sa dernière session le el janvier, et qui fut, peu de temps après, dissous par la couronne. Fort de sa position comme fonctionnaire, ii n'eut pas de peine à se .faire renvoyer à la nouvelle chambre ; mais VadmMistration nouvelle, privée de Fox, ne put Tenir longtemps après la mort de Le grand homme, et la chute du système entraîna ' celle de ilenri Erskine et celle de tous les boullies d'Éitat appartenant à la nuance whig. 11 donna même sa démission comme député. Il avait alors atteint cet âge oit les occupations politiques sout trop tourdes, si elles se compliquent d'une lutte; voulait bien, quoique ce aie fût pas II ne sinécure, être un des rouages du ministèrei mais il ne sé souciait plus decombattre des années pour arriver peut-être ù ce ride. Il renonça donc absolument, ·non point aux affaires judiciaires, car il tint encore son cabinet einq ans, mais aux affaires gouvernementales. On le regretta. Si pendant le court espace de temps qu'il avait rempli les fonctions de lordavocat , il n'avait pas fait d'actes métnorables, en revanche il n'avait usé à l'égard de personne des priviléges exorbitants de sa charge, et c'était un Mérite. En, fin, en 1842, il prit sérieusement congé des I•avanx auxquels il avait voué sa vie, et ne songea plus qu'à raffermir sa sauté chancelante. t'es ' voyages à Londres, des visites aux eaux tfierma-- les, des bains de mer, la vie de campagne, gour laquelle il avait une prédilection extIrêMe,"adou- cirent un peu les siniffrances de ses dernières années, et prolongèrent sa vie. ;Enfiln il succomba le 8 oetabre 48117. Henri Erskine n'a point laissé d'ouvrages, à moins qu'on ne veuille donner ce nom* quelques pièceS de poésies fugitives gui se trouvent dans divers recueils, etsigi donnent .borne idée de son talent pour la versification. On doit regretter que ses plaidoyers n'aient point été réu- nis. Circonscrits dans une sphère moins va,* que ceux de son fr'eW,''ils ont eia moins die retentissement, et cependaia ils n'ont .,tière Moins démérite. Ils offrent même de gO•ndes reisenlia'n'ees avec ces derniers. Toutes tes lu alités e Thomas Erskine, lucidité, pattititire, raisonnement; nïé,- thode; Henri les possède; setilemer,it il a moinsd'abandon, de grâce; il jette moins de Beurs sur le chemin; il passe Moins heureusement 01)7. jet à ceux qui suivent, il a la parole moins persuasive., infé•ioitité clWH:compense en l'emportant à son tour par la fdrce, par la solidité de l'érudj- . , tion et des arguments.'
  • Henri FAVIER DU BOULAY( 1670 - 1753) : né à Paris en 1670 , après avoir terminé ses études , entra dans l'ordre de StBenolt de la Congrégation de Cluny. Son talent pour la chaire l'ayant fait connaltre d'une manière assez avantageuse, ses supérieurs le firent revenir à Paris, où il prêcha plusieurs fois dans des circonstances remarquables. L'impossibilité où il était , à raison de ses études, de suivre exactement la règle de son ordre, lui fit demander sa sécularisation ; il l'obtint , et fut pourvu presque en même temps du prieuré de SteCroix de Provins. L'abbé Favier mourut à Paris, le 31 aoùt •753 , à l'àge de 83 ans. On a de lui : 1° Lettre d'un abbé à un académicien , sur le Discours de Fontenelle relatif à la prééminence entre les anciens et les modernes, Paris,1699; 2e édi- tion , Rouen , 1705 ; 2° Oraison funèbre du duc de Berry , Paris , 171t de Louis XIV , prononcée à la cathédrale de Metz , Metz, 1715 et clans le Recueil des Oraisons funèbres de ce prince, Paris, 1716 , 2 vol. 3° Épitres en vers à Racine fils, au sujet de son poème de la Grèce, Paris, 172i, 1730 40 Trois lettres au sujet des choses surprenantes arrivées à St- Médard , en la personne de l'abbé Bescherand , 1731 50 l'Histoire universelle de Justin , traduite en français , Paris, 1733, 2 vol. Le succès de cette traduction s'est longtemps soutenu ; cependant l'abbé Paul , qui en a donné une plus récente, dit que celle de Favier est incorrecte , Caillante et peu fidèle en bien des endroits
  • Henri FELTON : littérateur anglais , élève de l'université d'Oxford , où il devint principal du collége d'EdmundHall , publia , vers 1710 , une Dissertation sur la lecture des classiques, et sur les moyens de se former un style correct. Ce petit ouvrage, qu'il composa pour l'instruction d'un de ses élèves, le lord Ross, depuis duc de Rutland , et qui est écrit avec une élégante simplicité , fut reçu favorablement , et a été réimprimé plusieurs fois, notamment en 1723 et en 1757, Il aurait pu aisément faire un gros livre sur ce sujet Mais, ditil , dans sa préface, peut-étre aije , le premier d'entre les modernes, eu l'idée de coin« poser un écrit de ce genre sans la pompe , Irlandais, qui s'est fait un nom par l'assassinat de George Villiers, duc de Buckingham , était, en 1628, lieutenant dans l'arabe qui devait s'embu- quer à Portsmouth , sous le commandement de ce favori , pour aller secourir les protestants de la Rochelle. Il était courageux , mais d'un caractère enthousiaste et mélancolique. Regardant le duc de Buckingham comme le seul obstacle qui s'opposait au bonheur de sa patrie , il résolut de se dévouer pour elle , en l'immolant , et s'étant introduit dans la chambre du duc au moment de son lever , il le frappa au coeur avec un couteau, le 25 aoùt 1628. Il fut arrêté surlechamp, et ne cherchant point à se soustraire à la peine due à son attentat, il la subit avec le courage du fanatisme
  • Henri ESCHER( 1626 - 1710) : bourgmestre de Zurich , naquit dans cette ville en 1626, et y mourut en 1710. Doué de grands talents et de toutes les qualités qui forment le magistrat patriote , il eut pendant une longue série d'années une influence majeure dans le gouvernement de son canton , ainsi que dans les relations du corps helvétique. En 1665 il assista comme député du commerce à la cérémonie du serment de l'alliance entre la France et les cantons suisses, qui fut célébrée à Paris. Il se distingua surtout dans sa mission à la cour de France, en 1687. La république de Genève se trouvait lésée dans ses propriétés situées au pays de Gex : vainement elle demanda que l'affaire, renvoyée devant le parlement de Dijon , fût traitée diplomatiquement ; elle invoqua alors l'assistance de Zurich et de Berne. Une diète des cantons évangéliques fut convoquée; elle crut voir en danger les droits des pays protestants, et pour soutenir ceux de Genève elle députa le bourgmestre Escher, de Zu- rich , et le baneret Daxelhofer de Berne , à la cour de Louis XIV. Une longue discussion s'éleva sur le cérémonial qu'on devait accorder aux députés pour l'audience du roi ; ils insistèrent sur celui qui était usité précédemment, et qu'on leur refusait. Trois mois se passèrent dans cette dispute , néanmoins les députés en firent usage pour faire valoir, quoique sans succès, l'objet de leur mission près du ministère, et pour lui remettre des mémoires. Ne pouvant obtenir le cérémonial demandé, ils prirent congé; deux mattres de cérémonies venaient alors leur porter de la part du roi , et comme témoignage de sa bienveillance, des chalnes d'or, des médailles et de l'argent. Escher déclara que, pénétrés de la bonté du roi , ils ne pouvaient accepter ses dons, n'ayant point eu le bonheur de le voir ni de lui parler. Malgré toutes les instances qui leur furent faites, ils persistèrent dans leur refus. Le retour de Escher à Zurich fut une grande fète : toute la ville s'était portée au- devant de lui ; le gouvernement le remercia de la manière noble et généreuse dont il avait soutenu la dignité de son pays; il lui fit présent d'une somme d'argent qu'il convertit en médaille et chaîne d'or, qui se trouvent encore conservées par ses descendants. Pour combler ses voeux , il vit peu après revenir le gouvernement de France des rigueurs qu'il avait exercées vis-àvis la république de Genève, et par là le but de sa mission fut accompli
  • Henri EYSSON : né à Groningue, étudia la médecine à l'université de cette ville, où il obtint le doctorat en 1658.11 examina dans sa thèse inaugurale les fonctions de l'épiploon : De officio omenti. L'année suivante il publia un opuscule intéressant sous ce titre : Tractatus anatonzieus et medicus . Leclerc et Manget ont enrichi de ce double traité leur Bibliothèque anatomique. Les curateurs de l'université de Groningue, pénétrés d'estime pour Eysson, firent, à sa sollicitation, construire un nouvel amphithéâtre anatomique, dont ils lui confirrefit la direction. Le professeur justifia pleinement leur attente par le zèle infatigable avec lequel il remplit ses fonctions; ce fut principalement à l'usage des élèves qu'il rédigea un manuel d'anatomie intitulé : Collegium anatomicum, sire omnium humani corporis partium historia, examinibus ginta brecissime comprehensa , Groningue , •662 Il faut bien se garder d'imiter la crédulité d'Eysson , d'adopter aveuglément les hypothèses qu'il a émises pour soutenir son observation : De feu lapidefaeto ; in qua ejusdem in utero generatio , in abdomen irrnptio, ultra riginti annos retentio, at- lapidescentia, aliaque hue spectantia, per circumstantias et causas explicantur et confirmantur, Groningue , 1661 , Eysson a composé en outre un abrégé de médecine : Syntagma medicum minus, Groningue, 1672 et quelques dissertations peu importantes
  • Henri FIELDING( 1707) : célèbre romancier anglais, né en 1707 à Sharpham Park , dans le comté de Somerset , et descendant , l'un de ses meilleurs romans et dans lequel il s'est attaché à imiter la manière et le style de Cervantes. Le caractère intéressant et singulier de ce ministre Adams était calqué sur celui de M. Young, intime ami de l'auteur. La mort de sa femme plongea Fielding dans une sorte de désespoir, au point qu'on craignit pour sa raison. Ayant repris le dessus, il travailla à différents journaux patriotiques, et finit par accepter un emploi judiciaire dans la commission de la paix, pour le comté de Middlesex, emploi beaucoup moins considéré alors qu'il ne l'est aujourd'hui, où il se distingua par ses talents et son activité , mais sans pouvoir échapper à l'imputation de vénalité qui en Angleterre, semble être comme attachée aux emplois de ce genre. Du reste , un reproche ba- nal, imputé légèrement pour l'ordinaire, doit inspirer peu de confiance. L'un des nobles protecteurs de Fielding, le lord Lyttelton, s'est efforcé, après sa mort , d'en laver sa mémoire. Fielding garda cet emploi presque toute sa vie. Ce fut au milieu des devoirs qu'il lui imposait et de quelques travaux relatifs à ces mêmes devoirs , comme un projet pour le soutien des pauvres et quelques autres publiés en différents temps, qu'il composa Tom Jones , ou l'Enfant Trouvé , publié en 1750, ouvrage qui l'a mis au rang des écrivains les plus distingués. On y critiqua quelques irrégularités dans la conduite du héros , et ce fut peut-être ce qui rendit les critiques anglais plus réservés que les nôtres dans l'éloge d'un roman que M. de Une dame distinguée par son esprit s'étendait en société sur les motifs de la préférence qu'elle donnerait à Tom Jones sur sir Charles Grandisson , sous les rapports de frère , d'ami , d'amant et d'époux. ‘‘ Pour moi, » dit ingénument une autre femme de la société , je suis en train de lire Tom Jones , je l'ai laissé u couché avec la femme d'un autre homme. » La Harpe regardait comme « le premier roman du monde et le livre le mieux fait de l'Angleterre.» « Les romans de Fielding , dit Blair dans sa Rhétorique , se distinguent singulièrement par une « gaieté pleine de sel ; si cette gaieté n'est le pas toujours du genre le plus délicat , elle est « du moins originale et particulière à l'auteur. « Ses caractères sont animés, naturels et hardi- « ment dessinés. Les aventures qu'il raconte ten-« dent généralement à mettre en honneur Phu-« manité et la bonté.du coeur, et dans Tom Jones, « son principal ouvrage, on doit beaucoup d'éloges « à l'art avec lequel l'auteur a su conduire sa « fable et rattacher tous les incidents à ce qui « fait le noeud de l'action. » Peutetre un ouvrage charmant d'un bout à l'autre, où la plus piquante variété d'incidents sert à manifester à chaque instant la plus profonde connaissance du coeur humain, méritaitil un éloge plus animé ; mais c'est aller bien loin que de prétendre , comme l'a fait La Harpe , que « l'idée première sur laquelle tout « l'ouvrage est Witi est, en morale, un trait de « génie, » attendu qu'il n'était ni bien difficile ni bien utile et the Mock Doctor . The Intriguing Chambermaid est une imitation du Dissipa- teur de Destouches. *Quoique la plupart aient été bien accueillies du public et particulièrement celles qu'on désigne en anglais sous le nom de farces, toutes n'eurent pas un égal succès, comme on peut en juger en lisant ces mots sur le titre de l'une d'elles : telle qu'elle a été sifflée sur le Médire royal de Drurg- Lane. li t laissé deux volumes manuscrits , on the crown law, qui donnent, diton, la plus haute idée de la force et de l'étendue de son esprit. Et c'était dans les d'un mal cruel , au milieu des inquiétudes du besoin, qu'il écrivait tour à tour des traités sur les matières les plus arides, des romans pleins de sentiment et de gaieté et des comédies remplies d'esprit et de sel. Fielding était d'une taille avantageuse et d'une constitution robuste qui semblait lui promettre une plus longue vie. Ce qu'on sait de lui peut donner une idée suffisante de son caractère. Il joignait à un peu d'humeur et d'emportement, et à un goût effréné pour le plaisir, d'excellentes qualités sociales : il était compatissant , désintéressé , bon époux et bon père, autant que peut l'étre un dissipateur. On cite le trait suivant de son imprudente générosité. Ayant reçu un dernier avertissement pour payer certaine taxe paroissiale , il eut recours à son libraire Jacob Tonson , qui lui avança les dix ou douze guinées dont il avait besoin, sur un ouvrage qui était encore presque en entier dans sa tète. Avant , renferme de tristes témoignages de cette inimitié. Fielding s'était remarié après la mort de sa première femme et avait eu quatre enfants de la seconde. Ses œuvres ont été imprimées à Londres, en I 762 , en 8 volumes ; 1766, 12 vol. iiile; 1771 et 1784, 8 vol. avec un Essai sur la rie et le génie de l'auteur, par Arthur Murphy, et l'esquisse de son portrait, faite de mémoire par Hogarth, son ami, moraliste comme lui dans un art différent; Ses romans ont tous été traduits en français. Tom Joues, qui a été réimprimé dans la langue originale à Londres, 1794, 41'01. et à Paris, par Di- dot lainé, 4780, 4 vol. a été traduit en abrégé par Laplace, Londres , 47tO, 1767, 4 vol. , et en entier par Cheron , Paris , 1804, 6 vol. ; Joseph Andrews l'a été par l'abbé Desfontaines, Londres, 1743, 2 vol. souvent réimprimés , et par Lunier, Paris, 1807, 4 vol. traduction fidèle et estimée ; Amélie l'a été par M. de Puisieux , Paris, 1762, 4 vol. ; par madame Riccoboni, Paris , 1790, 2 vol. qui a fait disparattre dans sa traduction des longueurs qui dans l'original nuisent au sujet, et en 1833 , Paris, 4 vol. ; l'Histoire de Jonathan Mid l'a été par Christophe Picquet, Paris, 1763, 2 vol. et en 1833, Paris ; Julien l' A- postat l'a été à Paris en 1853 Nous ne citerons pas quelques autres écrits de Fielding qui se trouvent dans le recueil de ses oeuvres , mais qui ont peu d'intérêt hors de son pays. Un biographe français lui attribue les Mémoires du chevalier de Kilpar et Roderic R« ndonz; le premier de ces romans a été, il est vrai, dans la traduction française que nous avons sous les yeux , donné comme l'ou- vrage de l'auteur de Tom Jones; il n'est pas de lui , mais bien de M. de Montagnac ; Roderic Ran- dom est du docteur Smollett. On a publié en 1782 les Beautés de Fielding, Londres , 1 vol. On a donné en 1797 ses OEuvres complètes traduites par de Laplace , Desfontaines , Piquet et autres, Paris, 23 vol. , et en 1807 , les OEuvres choisies de Fielding , précédées d'une notice nou- velle sur sa vie et ses ouvrages avec un portrait d'après Hogarth, 5 vol. en anglais
  • Henri FINK : maitre de chapelle d'Alexandre , roi de Pologne, vers l'an MO, se distingua parmi ses contemporains comme compositeur et professeur de chant. 11 semble pourtant que le roi ne sut pas apprécier son mérite. Un jour qu'il lui demandait une augmentation de traitement, ce prince répondit : Un pinson que je fais enfermer dans une cage me chante toute l'année et tac fait autant de plaisir que vous , quoiqu'il ne me colite qu'un ducat. — FINK , le jeune, musicien érudit , vivait à Wurtemberg vers 1557. 11 publia dans cette ville : Musique pratique , contenant les exemples des différents signes , proportions et ca- nons , le jugement des tons, et des observations pour chanter avec godt. Cet ouvrage contient beaucoup de détails historiques sur les compositeurs de son temps ; mais il est devenu si rare , que de nos jours il parait impossible , il y renvoie le lecteur
  • Henri FITZ-SIMON( 1569) : habile controversiste jé- suite , était fils . Ayant été reliiché sur la promesse de mettre plus de modération dans ses discours, il alla dans les PaysBas, y composa' une réfutation de Jean Ryder , qui fut imprimée à Rouen 1608, se rendit cette même année à Rome, pour y être reçu profès des quatre vœux, et revint en Irlande continuer ses travaux apostoliques. Lors de l'insurrection de 1641 , il fut condamné à être pendu et n'échappa au dernier supplice qu'en errant dans les bois, sur les montagnes et dans les marais, toujours parcourant les villages pour instruire les enfants et fortifier les catholiques dans la croyance de l'Église. Enfin il trouva une retraite un peu moins agitée et mourut en 1641 , plein de bonnes oeuvres. Les plus connus de ses ouvrages sont : Justification du sacrifice de la Messe , 1611 , ; Britannomachia ministror. in plerisque et fidei fundamentis et fidei articulis dis-. sidentium , Douai , 1614 Il a beaucoup augmenté le catalogue des saints d'Irlande qui se trouve dans les Hiberniœ vindicioe de G.F. Verdié, Anvers, 1621
  • Henri FLOOD( 1732) : fils d'un chef de justice du tribunal du Banc du roi en friande, naquit en 1732 et fit ses premières études au collége de la Trinité de Dublin , d'où il passa vers 1749 à l'université d'Oxford. Il était doué d'une belle figure, relevée par la politesse des manières ; mais, quoiqu'avec un esprit vif et intelligent , les succès faciles que lui procuraient dans le monde ses avantages extérieurs, joints à l'influence d'un nom considéré et d'une grande fortune, l'avaient conduit à négliger d'abord la culture de son esprit. Son gouverneur, le docteur Markbam , qui fut depuis archevêque d'York, et M. Tyrwhitt , littérateur distingué , essayèrent d'éveiller son goût pour l'étude en piquant son amourpropre ; ils s'attachèrent, dans les sociétés où ils l'introduisirent, à le mettre en présence de quelques jeunes gens fort instruits et à faire tomber la conversation sur des sujets intéressants. Flood, qui dans ks réunions frivoles où il s'était trouvé jusquelà était accoutuiné à se faire écouter comme un oracle , désespéré ma de ne pouvoir même prendre part à (les discussions où il y avait des applaudissements à recueillir, se condamna volontairement à garder le silence jusqu'à ce qu'il eût suffisamment étendu le cercle de ses connaissances. Il consacra la plus grande partie de son temps au travail , avec une telle assiduité et un tel succès , qu'au bout de six mois il put se mêler sans témérité aux discussions littéraires auxquelles il avait été à peu près étranger. Il joignit l'étude des sciences exactes à celle des auteurs classiques grecs et latins, particulièrement des orateurs. Flood n'en était pas moins trèsrépandu dans le monde , et il était un de ceux qui donnaient le ton dans la bonne compagnie. En 1759 il fut élu membre de la chambre des communes en Irlande, et fut réélu dans le parlement renouvelé en 1761 , où il se distingua éminemment par une éloquence brillante et par le zèle et la persévérance qu'il mit à soutenir toute› les mesures qu'il regardait comme utiles à son pays. Telle fut celle du rappel d'une loi établie par sir Edward Poynin g, sous le règne de Henri VII, et qui , par l'effet d'une fausse interprétation, soumettait tous les actes de la législature d'Irlande à la censure d'un conseil (l'État anglais. Il parvint à opérer une réforme dans la durée des sessions du parlement d'Irlande , durée qui jusquelà s'était prolongée jusqu'à la mort du roi et qui , par l'adoption du bill « fermai , fut bornée désormais à huit ans ; cette réforme fut pour l'Irlande la source- de grands avantages politiques. Enfin , il se déclara en faveur d'une milice constitutionnelle qui pût balancer dans l'intérieur l'ascendant de l'armée. Après avoir été d'abord le chef (lu parti de l'opposition dans son pays Flood , dans les diverses administrations qui se succédèrent, se montra pour ou contre elles, sui- vant qu'elles favorisaient ou contrariaient le succès (les mesures dont il s'était fait le champion et qu'il parvint à faire adopter. Il avait accepté vers 1775 la place de conseiller d'État dans les deux royaumes, avec celle de l'un des vicetrésoriers d'Irlande ; mais il n'avait accepté qu'à de certaines conditions relatives au maintien de ses principes ; et ces principes se trouvant contrariés, il résigna la place de vicetrésorier en 1781. Son nom fut rayé de la liste des conseillers d'État. Son adhé- sion et son opposition alternatives aux mesures ministérielles lui attirèrent fréquemment le reproche de versatilité. En 1783 , la chambre des communes fut témoin d'une discussion entre Flood et M. Grattan , qui fut portée à un degré d'animosité dont il n'y a pas un autre exemple. Pour avoir l'air d'éviter les personnalités , M. Grattan dans le cours de ce débat supposait, par une sorte de prosopopée , qu'il adressait la parole à un membre du parlement alors absent , et l'apostrophait ainsi, les yeux fixés directement sur Flood Vous avez de grands talents, mais vous menez (( une vie infâme ; pendant des années vous avez « gardé un silence que vous vous faisiez payer « de vous le dis à la face de votre pays , devant tout le monde et devant vousmême ; non, vous « n'êtes pas un honnête homme. » Flood répli- qua et s'abandonna à une verve d'invectives por- tée au point que l'orateur des communes, avec l'avis de la chambre , crut devoir l'interrompre. Flood obtint cependant la permission de poursui- vre sa justification quelques jours après. Il fut élu membre du parlement anglais en 1785 pour la ville de Winchester, et représenta le bourg de Seaford dans la session suivante , depuis 1785 jusqu'à la dissolution. Le dernier discours qu'il prononça dans le parlement anglais, en 1790, avait pour objet une réforme dans la représentation parlementaire. Le plan qu'il proposa obtint l'entière approbation de Fox et des hommes les Plus éclairés. Son influence était néanmoins fort affaiblie dans les dernières années de sa vie. Les efforts violents qu'il fit pour éteindre un incendie qui s'était manifesté dans un de ses bureaux , furent suivis d'une pleurésie dont il mourut le 2 décembre 1791. Il voulut par son testament que son bien principal, après la mort de sa femme , passât au collége de la Trinité de Dublin , pour servir à la fondation d'une chaire de langue erse ou irlan- daise, et d'une autre d'antiquités et d'histoire d'Irlande, et pour être appliqué à fonder quatre prix pour des compositions en prose et en vers en irlandais, en grec et en latin. Le surplus devait étre employé pour enrichir la bibliothèque de l'université. L'éloquence de Flood était remarquable par la force du raisonnement et par la pureté et la richesse de son style plein d'images et d'allusions classiques. Il se montrait avec plus d'avantage encore quand il répondait que lorsqu'il prenait l'initiative : malheur à l'adversaire qui provoquait ses sarcasmes ! On a imprimé plusieurs de ses discours dans les parlements , un entre autres sur le Traité de commerce arec la France , 1787 des Vers sur la mort de Frédéric , prince de Galles, publiés dans la collection d'Oxford , en 1751 ; une Ode sur la renommée , 1785 ; la traduction de la première Ode pythique de Pindare , 1785. On cite, parmi des manuscrits qu'il a laissés, la traduction des deux harangues d'Eschine et de Démosthène sur la Couronne, et de plusieurs oraisons de Cicéron ; mais nous ignorons si ces traductions qu'on vantait beaucoup ont été imprimées
  • Henri FLOREZ( 1701) : savant espagnol, naquit à Valladolid le 14 février 1701. En 1715 il prit l'habit religieux dans l'ordre de StAugustin , et il se fit bientôt distinguer autant par sa piété que par ses talents. Après avoir professé la théologie pendant quelques années et publié de 1732 à 1738 un Cours de théologie en 5 volumes il se livra exclusivement à l'étude de l'histoire sacrée et profane. Lé premier fruit de ses travaux en ce genre fui sa Clave historical, Madrid, 1743 ouvrage dans le genre de l' Art de vérifier les dates. L'exactitude, l'ordre et la précision qui règnent dans son livre le firent connaître avantageusement : cet ouvrage fut réimprimé pour la huitième fois en 1764. La Espaiia sagrada, o Theatro geogra- phico- historico de la Iglesia de Espaiia, ne fit qu'accroître la réputation de Florez et lui donna la célébrité dont il jouit encore de nos jours. Depuis 1747 jusqu'à 1770, il en donna 29 volumes imprimés à Madrid. Quelques auteurs ont comparé la Espaila sagrada à la Gallia christiana ; mais pour le plan elle se rapproche beaucoup plus de l'His- toire ecclésiastique de Fleury. Quoi qu'il en soit de la justesse de l'une ou de l'autre de ces deux com- paraisons, la critique la plus impartiale reconnaî- tra toujours dans le P. Florez un historien du pre- mier ordre, soit pour le choix et la certitude des faits , soit pour la marche sùre et rapide du discours , qui prouve que l'auteur n'écrivait pas à mesure qu'il acquérait de nouvelles connaissan- ces, mais qu'avant d'écrire il était déjà maître de sa matière. Florez a eu doux continuateurs, le P. Risco et le P. Fernandez. Le premier publia le 30e volume en 1775 et le 31e en 178; recueil d'autant plus précieux qu'il renferme les ouvrages des plus anciens auteurs, enrichis des notes de l'éditeur. Florez était aussi un bon antiquaire et un excellent numismate, comme on peut le voir par son Es- paiia carpetana, et dans son livre intitulé : Medallas de las colonias, municipios y pueblos antiguos de Espaiia. Ce dernier ouvrage parut à Madrid en 1757 et 1758 , en 2 volumes grand L'auteur y en ajouta un troisième en 1773, peu de temps avant sa mort. Ce recueil, qui contient plus de trente médailles anciennes inconnues jusqu'alors, eut un grand succès, et l'Académie royale des inscrip- tions et belleslettres de Madrid s'empressa de nommer l'auteur son associé correspondant. On connaît encore du P. Florez une Dissertacion dc la Cantabria , Madrid , 1768 , in -4'; des Metno- rias de las reynas catholicas , ibid., 1770 , 2 vol. 2e édition ; un Traité sur la botanique et les sciences naturelles, etc. Il a été l'éditeur de la Relu- cion del viaje literario de Ambrosio Morales, Madrid, 1765 etc. Ce savant, occupé uniquement de ses études , sans orgueil et sans ambit ion , vécut presque toujours dans la retraite et mourut à Madrid le 20 août 1773, àgé de 72 ans
  • Henri FLORINUS : pasteur et recteur d'une école à Tawastehus en Finlande , et ensuite archi- diacre à Peniar. Il vécut dans le 17e siècle et publia Epitome theologiœ, 1667 ; Nomenclatura latino- sue- cicojinnica, 1678 Hyperaspistes , seu dfen- sor veritatis adversus errores Joli. Heseri, 1694, i n-40. Il donna aussi une édition de h. Bible en f Tuvusa , 1685
  • Henri FORESTIER( 1775) : général vendéen , était né il la Pommeraye en 1775, fils d'un pauvre cordonnier, et ne reçut un peu d'éducation que parce que sa physionomie et la vivacité de son esprit avaient frappé une dame de ce village , qui le fit élever à ses frais sous la condition qu'il se destinerait à la carrière ecclésiastique. La guerre civile ayant éclaté dans cette contrée en 1793, lorsqu'il avait à peine dixsept ans , il prit les armes pour la cause de la monarchie, comme tous les hommes de son âge , et combattit avec tant de distinction et de valeur , que dès lors on le nomma te preux chevalier. Au combat de Beaupréau, ce fut lui qui, après avoir décidé le premier rassemblement dans le village de Bauce par ses exhortations et son exemple, marcha sur StFlorent, prit les canons de l'ennemi et les tourna contre les grenadiers républicains, qui , saisis d'épouvante , se retirèrent aussitôt. Ce fut encore lui qui gagna la bataille de Génétaux , d'où il se porta sur M'ais; après quoi il surprit et battit un détachement sorti de Chalonnes, et s'empara des fusils avec deux pièces de canon. Lorsque tous les corps royalistes réunis formèrent une masse qui prit la dénomination de grande armée, dirigée par un conseil de neuf membres, Forestier, malgré sa jeunesse , fut un de ces membres. Il eut le commandement d'une division et fit à la tète de cette troupe des prodi- ges de valeur contre le général républicain Duhoux. Ce fut encore lui qui exécuta le fameux passage du pont Vérin et de la digue du moulin de Givry, où il se jeta dans l'eau suivi de 300 cavaliers , qui tramaient à la queue de leurs chevaux 500 fantassins. Forestier ne se distingua pas moins aux batailles de Doué , de Montreuil et de Saumur, et c'est alors qu'il fut nommé général de la cavalerie. A Châtillon, étant tombé dans une embuscade, il eut son cheval tué sous lui ; niais il conserva une telle présence d'esprit, que la troupe républicaine qui l'avait ainsi surpris fut ellenième faite entièrement prisonnière. A Villiers il répara par un brillant succès, centre l'avinée de Il Santerre, le désastre de Luçon. Son cheval fut encore tué dans cette occasion , percé de balles et frappé d'un boulet. Ayant mis pied à terre , il 1 . marcha l'épée à la main contre une espèce de redoute établie dans le cimetière , s'empara de ce poste important et fit prisonnier tout le corps de grenadiers qui le défendait. Il eut beaucoup de part à la victoire de Saumur, où les royalistes s'emparèrent de quarante pièces de canon et firent 7,000 prisonniers. Après le passage de la Loire, il commanda encore toute la cavalerie vendéenne dans cette désastreuse expédition , et lorsque la défaite du Mans eut rendu toute résistance impossible, il alla se réunir presque seul à un corps de chouans dans la forèt de Gàvres, et passa ensuite sous les ordres du comte de Puisaye. Ce général, ayant voulu surprendre la garnison de Rennes au commencement de 179 ; , donna à Forestier le commandement de son aile gauche. Celuici combattit encore avec beaucoup de valeur dans cette occasion ; mais l'entreprise était difficile et mal combinée. Ayant passé dans le Morbihan , il fut un des lieutenants de Georges Cadoudal; puis il se rendit en Angleterre. En 1799, il reparut dans le haut Anjou à la tète d'un parti d'insurgés. Mais après avoir eu quelque succès à Mareau contre les républicains, il fut mis hors de combat à Cerisais ; il ne reparut qu'à la pacification , où il fut amnistié, et vint à Paris pendant l'année 1801. Il se rendit ensuite à Bordeaux , et quoiqu'il fût déjà signalé par la police, il s'y procura un passeport pour Bayonne, d'où il alla en Espagne, puis à Londres. Après la rupture du traité d'Amiens, Forestier fut chargé, conjointement avec son ami Cens, de soulever la Guienne pour la cause des Bourbons. En conséquence il débarqua en Portugal en 1803, se rendit à Bordeaux par Bayonne muni d'instructions et d'argent par le gouvernement anglais. Le maréchal Lannes, alors ambassadeur à Lisbonne, ayant donné avis de cette entreprise à la police, Forestier fut recherché, mais inutilement : il avait en Guienne des amis fidèles, entre autres dans la famille de la Rochejaquelein , et surtout une dame de Saluce chez laquelle il trouva toujours un asile sûr et commode. Ses opérations devaient coïncider avec celles de Georges à Paris et s'étendre jusque dans la Vendée et à Nantes , où il y avait aussi une agence tenue par Dupérat. La découverte de la conspiration de Georges n'anéantit pas toutes les espérances de Forestier ; il partit pour l'Espagne, mais il laissa Cens à Bordeaux avec ses instructions: ce dernier ne le rejoignit que six mois plus tard, et tous deux s'embarquèrent ensemble pour l'Angleterre dans le port du Ferrol. Ses longues fatigues et plusieurs blessures graves avaient fort altéré sa santé. Il mourut à Londres le 14 septembre 1806. C'était un homme bien élevé , aussi brave que spirituel , et doué des formes les plus séduisantes. Les Vendéens l'appelaient leur Achille
  • Henri FOSTER( 1797) : navigateur anglais, était né en 1797 à Woodplumpton , dans le comté de Lancastre. Entré de bonne heure dans la marine royale, il se distingua dans plusieurs occasions, et à la paix il s'occupa spécialement des observations astronomiques, si utiles pour guider le marin dans ses courses. Les services signalés qu'il rendit dans les expéditions du capitaine Parry aux mers arctiques, lui méritèrent la médaille d'or que décerne la Société royale de la GrandeBre- tagne pour récompenser les travaux de ce genre. Le conseil de cette compagnie, voulant quu des recherches faites par un homme habile pussent éclaircir certains points de la physique du globe, restés encore obscurs, dans les parages des mers antarctiques, suggéra l'idée d'un voyage qui aurait pour but de remplir les lacunes de la science , et en même temps désigna Foster pour commandant de l'expédition ; ses voeux furent exaucés. Suivant ses instructions, le capitaine devait eonstaterla véritable figure de la terre par une suite d'observations du pendule en divers lieux des deux hémisphères septentrional et méridional , mesurer soigneusement par le moyen du chronomètre les distances méridiennes entre les différents lieux qu'on visi- terait, reconnattre la direction des courants de l'Océan , enfin s'occuper de tout ce qui concerne la météorologie et le magnétisme. La corvette le Chantickr fut équipée à Portsmouth avec tout le soin que requérait sa navigation future au milieu des glaces, et les précautions les plus grandes furent prises pour la conservation de la santé de l'équipage. Foster partit le 27 avril 1n8, et vit successivement en y séjournant, Madère, tiffe, SaintAntoine dans l'archipel du CapVert, 111e Fernando de Noronha , RioJaneiro, l'ile Ste- Catherine , Montevideo, l'ile des États à l'entrée du détroit de Le Maire, le cap Horn. Le 2 janvier 1829 il rencontra, par 60 degrés de latitude aus- trale, les premières montagnes de glaces nouan- tes; le 5, il était près de la côte du SouthShetland; le 7, il débarqua sur celle de la terre de la Trinité. Se conformant à un usage qui peut être justement appelé ridicule , il prit possession , au nom de son souverain, de cette terre située par 63 degrés 9.6 minutes de latitude, couverte de frimas éternels et fréquentée uniquement par des phoques et des oiseaux de mer. Il ne quitta ces parages glacés que le 2 mars , revint au cap Ilorn , où il eut des communications amicales avec les indigènes et le plaisir de trouver son compatriote le capitaine liing, qui, avec deux bàtiments , explorait ces parages. Foster visita ensuite le cap de BonneEspérance , SteHélène , l'Ascension, Fernando de :?oronha , Maragnan, Para sur la côte du Brésil, le golfe de Paria, l'tle de la Trinité, le port de la Guayra , et PortoBello, dans la mer des Antilles. Il fit quelques excursions dans l'isthme et alla jusqu'à Pailama ; le 5 février 18M , il descendait la rivière de Chagres dans une pirogue, lorsque, posant son pied à faux sur la toile d'un tendelet qui couvrait ses compagnons, il tomba dans l'eau. Ceuxci, avertis de sa chute par le bruit qu'elle pro- duisit , se jetèrent aussitôt à la nage et plongèrent pour le sauver ; dévouement inutile ! Ce ne fut que le 8 qu'on retira tin fleuve son corps inanimé. Il fut enterré sur la rive voisine. Le Chanticler, dont la mission était remplie , fit route vers l'Angleterre, et le 17 mai entra dans le port de Falmouth. W.ILB. Webster, chirurgien de la corvette, publia en anglais d'après son journal particulier, avec l'autorisation de l'amirauté : Relation d'un voyage l'océan Atlantique méridional j'ait sur la corvette du roi le Chanticler, dans les années 1828, 1829, 1S30, 1831 , Londres,1854, .2 vol. carte et figures. Ce livre contient des détails intéressants et souvent nouveaux sur les lieux visités dans le cours du voyage : il est terminé par un supplément renfermant ce qui est relatif à l'histoire naturelle et à la physique
  • Henri FOUQUET( 1727) : célèbre professeur de médecine à l'université de Montpellier, naquit dans cette ville en 17'27. Élevé au collége des jésuites, il se distingua par la pénétration de son esprit, et manifesta de bonne heure le désir d'étudier la médecine ; mais son père, qui le destinait au commerce , exigea le sacrifice de son goût pour les sciences. Fouquet, ne pouvant se plier aux détails de cette profession , embrassa la finance , qui ne lui offrit pas plus d'attrait. Itsuivit ensuite à Paris , en qualité de secrétaire , un homme d'un haut rang, et devint secrétaire général de l'intendance du Roussillon. Après plusieurs années, il revint à Montpellier, où il sentit se réveiller son goût pour la médecine , et quoique âgé de plus de trente ans, il commença à se livrer à l'étude de cette science. Il est vrai que son esprit y était bien préparé; il l'avait orné de connaissances étendues pendant son séjour à Paris , en fréquentant particulièrement les bibliothèques publiques , le collége de France et le jardin du roi. En 1759 il reçut le titre de bachelier, pour lequel il soutint une thèse sur la nature , les propriétés et les maladies de la fibre. Il alla se fixer à Marseille, où il exerça la médecine avec succès pendant quelques années. Il revint à Montpellier, en 1766, disputer une chaire tue la mort de Fizes avait laissée vacante , et il tixa son séjour dans sa ville natale. Fouquet publia bientôt plusieurs ouvrages qui le firent avantageu- sement connaltre. Son Essai sur le pouls parut en 1767. La doctrine de Solano, que Bordeu avait ap- pliquée aux crises des maladies, reçut une nouvelle ,xtension par les travaux de Fouquet ; il signala les caractères du pouls de chaque organe , et il établit sa division des pouls organiques : quelques médecins ont pensé que ses distinctions trop mul- tipliées ne sont point confirmées par l'observation. Ce fut à cette époque qu'il obtint la place de médecin de l'hôpital militaire de Montpellier. Sollicité par de jeunes médecins, il fit plusieurs dissertations qui furent présentées à la faculté de médecine : la plus remarquable est une Dissertation sur le tissu mu- queux; elle renferme les détails d'expériences téressantes où l'on avait fait l'injection de diffé- rents fluides dans le tissu cellulaire. Les auteurs de l'Encyclopédie le chargèrent de la rédaction de plusieurs articles importants : il leur fournit l'ar- ticle Sécrétions, dont il expliquait le mécanisme par l'application des lois de la vie selon la théorie de Bordeu ; l'article Sensibilité, à laquelle il atta- chait l'irritabilité hallérienne , qu'il appelait une branche égarée de la sensibilité, et l'article Vési- catoire, dont il expliqua le mode d'action et indi- qua les effets. Fouquet fit connattre en France par une bonne traduction les Mémoires de Lind sur les fièvres et la contagion. Il traduisit aussi l'ouvrage de Dimsdale sur l'inoculation de la petite vérole . Il y ajouta un mémoire qui con- tribua à répandre la pratique de l'inoculation; c'est sans doute une des causes qui l'empêchèrent, à un àge avancé, de se déclarer un des premiers partisans de la vaccine. Lorsqu'on lui en deman- dait la raison , il répondait : (, C'est une jeune per- sonne , et me voilà devenu si vieux , que ce n'est pas la peine de faire connaissance avec elle. Fouquet fut membre d'un grand nombre d'Acadé- » mies; il lut à celle de Montpellier un Mémoire sur les bains de terre appliqués à diverses espèces de phthisie , de scorbut, et à quelques autres maladies chroniques, et plusieurs Mémoires sur la topogra- phie de Montpellier. Il déposa dans les archives de la Société de médecine de cette ville un mémoire sur l'efficacité de l'extrait de ciguë , uni à quelques préparations mercurielles , dans les affections syphilitiques anciennes. En 1776, il concourut une deuxième fois pour une chaire de professeur de la faculté de Montpellier, et il fut l'un des candidats présentés au roi. L'inclination qu'il avait pour l'enseignement le porta à faire des cours particuliers. En 1782 , le roi le chargea, par une commission spéciale, de remplacer Imbert et Barthez , chanceliers de l'université , que d'autres places retenaient à Paris : il enseigna la physiologie pendant trois ans. La mort de Sabatier donna lieu à un nouveau concours. Fouquet, àgé de soixantecinq ans , se présenta avec une grande réputation. Le roi disposa de la chaire en sa faveur avant la fin du con- cours, et l'université applaudit au choix de la cour. Il fit des cours de séméiotique et des cours de maladies vénériennes , dont il fixait l'origine à une époque bien antérieure à la découverte de l'Amérique. Quelques années après , lorsque les écoles de médecine furent soumises à une nouvelle organisation , Fouquet fut appelé à professer le premier la médecine clinique dans celle de Montpellier ; il eut la gloire de créer et de perfectionner aussitôt im mode d'enseignement déjà adopté dans les plus célèbres universités étrangères. Il publia un Dis- cours sur la clinique , dans lequel il a tracé la mar-. che qu'il avait adoptée , et un tableau d'observa- tions recueillies dans ses leçons pendant le laps de six mois, à l'exemple de Sydenham, de Baillot' et de Stoll. Avant d'arriver au terme de sa carrière, Fouquet fut nommé médecin des salles militaires faisant partie de l'hospice civil de Montpellier, membre de la Légion d'honneur et correspondant de l'Institut. Son savoir et son expérience le faisaient regarder comme l'oracle de l'école de Montpellier, lorsqu'il mourut le 10 octobre 1806. Les principaux ouvrages de Fouquet sont : 1" Une dissertation De fibrce natura, viribus et morbis in corpore animali, Montpellier, 1759 ; 2" De corpore cribroso Hippocratis, seu de textu mucoso Bordevii, ibid., 1774 ; 3° Prœ- , lectiones nzedicce decem in Ludovicœo Monspeliensi, ibid., 1777 ; 4" Essai sur le pouls considéré par rapport aux affections des principaux organes, ibid., 1767 et 1818 5" De nonnullis nzorbis ' convulsivis oesophagii , ibid., 1778 6° Disser- tatio medica de diabete , ibid., 1783 ; 7" Ob- servations sur la constitution des six premiers mois de l'an V, ibid., 1798 8° Discours sur la cli- nique, ibid., 1803 Deux professeurs de la faculté de médecine de Montpellier, MM. Dumas et Baumes , ont payé à la mémoire de leur confrère un juste tribut. Les deux ouvrages de ces professeurs portent le même titre : Eloge de Henri Fouquet; tous deux sont et ont paru, le premier, en 4807, et le second, en 1808. Le baron Desgenettes avait promis au public un Éloge de Fouquet , qui devait entrer dans la suite des Éloges des académiciens de Montpellier, dont il a fait parattre en 1811 la première partie. Fort lié avec Fouquet, il avait sur les détails de sa vie des ilotes écrites par cet illustre médecin luimême. Il possédait aussi de lui un portrait qu'il se proposait de faire graver, afin de transmettre à la postérité les traits imposants de l'un des hommes qui ont le plus honoré l'école de Montpellier dans le 18
  • Henri FRAUENLOB( 1260 - 1317) : né à Keenigswiesen , dans la haute Autriche, fut appelé à Brünn en qualité de médecin provincial, et mourut dans cette capitale de la Moravie en •702. Ses ouvrages sont en petit nombre et ne l'enferment rien de < i> neuf. On peut cependant les consulter avec fruit, parce que les matériaux sont généralement puisés aux bonnes sources : 1" < i> Opusculum de morbis mulierum, Nuremberg, .1696 2" < i> Spolia Hippocratira , sen textus et sententiœ ex libris aphorismorum, prœnotionum, prœdi• < i> tionum, de judicationibus, Coacis prœnotionibus, et capitis rnlueribus Hippocratis collecte , Briinn , 1699 Cette espèce de manuel alphabétique offre une esquisse de la doctrine d'Hippocrate , accompagnée de courtes réflexions. 3" < i> 'fabula smaragdina medico- pharmaceutica, Nuremberg, 1669 L'auteur a également suivi l'alphabet dans ce formulaire, qui contient plus de huit cents recettes mises au jour pour la première fois : l'édition donnée en 1713 par JeanAbraham Mercklein est enrichie de nombreuses additions. 4° < i> Oniscoy ra curiosa , sen tractatus de < i> vulgo millepedibus, Brünn, 1700 Cette histoire naturelle et médicale des cloportes est < i> rédigée suivant la méthode adoptée par l'Académie des curieux de la nature, dont Frauendbrffer était membre sous le nom de < i> Herodicus. Ce n'est pas le seul tribut qu'il ait payé à cette société célèln e : il a inséré dans ses < i> Ephémérides une grande quantité d'articles dont il importe de noter les principaux en commençant par celui qui a pour objet la génération des cloportes et se rattache conséquemment à l'oniscographie. Parmi les autres se distinguent surtout la description et la cure par la diète lactée de cette singulière flatuosité ambulante, ou affection tympanitique appelée < i> nakir par les Arabes; l'observation d'une femme devenue mère plusieurs fois, bien qu'elle n'eût jamais été réglée ; enfin, celle d'une jeune fille dont l'oeil présentait une conformation trèsinsolite : la pupille avait précisément la figure d'un coeur, et la vision ne s'en exerçait pas moins dans Imite son intégrité. C. qu'il composa en l'honneur des dames; ou , en dernière hypothèse , parce que dans son assaut poétique contre le forgeron maitre Regenbogen il donna la préférence au mot allemand frau sur le mot weib, qui tous deux signifient également femme. Tout ce qui est relatif à notre auteur se ressent de la mème incertitude. Il naquit vers 1260, pratiqua longtemps son art de maitre chanteur ou pone troubadour à la cour des princes eidu sud et du nord de l'Allemagne , ne revint se fixer à Mayence que vers 1311 et s'il n'y établit pas, comme le rapporte la tradition , la première école des Meistersângers , il y forma du moins une association de chanteurs. Albert de Srrasbourg , en parlant sous l'année 1317 de la mort de ce poile , dit qu'il fut inhumé à Mayence , la veille de la StAndré, dans le parvis de la grande église près les degrés ; que son corps fut porté par les dames depuis sa maison jusqu'au lieu de sa sépulture; qu'elles y répandirent beaucoup de pleurs et versèrent sur sa tombe une si grande quantité de vin , que le parvis en fut inondé. Le monument que les femmes lui avaient élevé ayant été détruit en 1744 , on lui en éleva un nouveau en 1842. Parmi les ouvrages de Henri , on cite surtout un poème en l'honneur de la Vierge. Quelquesuns de ses vers sont imprimés dans la collection de Manesse, qui a paru à Zurich ; mais la plupart étaient inédits : on les trouvait manuscrits dans un recueil qui appartenait anciennement à la tribu des cordonniers de Colmar et dans un autre qui est à la bibliothèque du Vatican. Il inventa plusieurs rhythmes. L. Ettmiiller a publié sous le titre de Poêmes fiinéraires, sentences et chansons de Henri de Alisnie, le panégyriste des dames , la collection la plus complète des oeuvres de ce pote. Ses oeuvres brillent par la grâce et l'élévation de la pensée, mais aussi trop souvent pèchent par une grande recherche dans l'expression et dans la forme. On peut encore lui reprocher de céder trop facilement au désir de faire preuve d'érudition , défaut qui a donné lieu à l'opinion probablement erronée qu'il avait été docteur en théologie. M. Philarète Chasles, dans ses Études sur l'Allemagne , ex->, plique cette anomalie du prètrepone érotique en disant qu'à cette époque cc l'amour était placé S i haut, que la pensée ne croyait pas descen- dre en s'occupant de lui après avoir honoré Dieu. » S—L et A
  • Henri FREUNDWEILER( 1755 - 1795) : né à Zurich en 1755, fut peintre d'histoire et de portraits , d'un grand mérite. Il se rendit en 1777 à Dusseldorf, pour cultiver son art d'après les modèles qu'offrait la galerie célèbre qui s'y trouvait alors ; de là il passa dans le mètre dessein à Manheim. En 1782, il voyagea en artiste dans la Suisse italienne. Deux ans après , il entreprit un second voyage d'Allemagne et séjourna quelque temps à Dresde et à Berlin. Le prince de Dessau voulut l'attacher à sa cour ; mais Freundweiler préféra l'indépendance et revint en Suisse ; il y cultiva surtout le genre historique. La plupart des pièces qu'il composa sont tirées de l'histoire suisse : on loue la vérité de leurs détails et la beauté de leur coloris. Homme vertueux et d'un excellent caractère, bon époux , bon père et bon ami, il mourut à Zurich dans la fleur de son Age, en 1795
  • Henri FUESSLI( 1742) : célèbre peintre anglais , natif de Zurich, frère du précédent, connu comme paysagiste gracieux, comme rapide portraitiste, et qui a écrit les vies des meilleurs peintres de la Suisse. Connue nombre d'hommes distingues, Henri avait la faiblesse de ne point aimer à dire son âge. Un jour, lisant une biographie où on le faisait naitre en 17i1, il prit la plume pour substituer un 5 au chiffre final, ce qui , suivant un de ses intimes amis, eût été fort juste si en mème temps il eùt changé le 4 en 5. Toutefois, ce mot n'était que plaisant; car Henri était né en 1742. Son enfance fut celle d'un artiste. Il avait en dégoût la discipline et ne faisait rien dans son collége ; en vacances, au contraire, ou dès qu'il était libre, il s'appliquait à l'étude et déployait en mente temps des dispositions et de la persévérance. Son père voulait qu'il embrassât la carrière ecclésiastique et faisait de son mieux pour rendre cette perspective séduisante à ses yeux; mais le jeune homme , à part mètne le plaisir de faire de la rébellion, avait le goût mondain des Les Anglais écrivent toujours ,n nom Fuseli. beauxarts , et n'ouvrait la Bible qu'à cause des illustrations dont était orné le texte. Il dessinait beaucoup, et mème il peignait. Son père avait une riche collection de gravures exécutées d'après les grands maitres ; Henri la connaissait parfaitement , en copiait les morceaux qui saisissaient le plus sa jeune imagination , et distinguait les styles, les iiges, les écoles. MichelAnge était son favori. C'est lui surtout qu'à cette première époque de sa vie il aimait à reproduire. Parfois aussi il créait. On a retrouvé dans ses cartons une esquisse qu'il fit à quinze ans, sous le charme d'une fantastique ballade allemande intitulée le Sablier, et où figuraient nombre de malicieuses figures de diables s'ébaudissant à prendre les poses , faire les tours les plus grotesques. L'amour du luxe est, du moins par une de ses faces, l'amour du pittoresque et de la poésie. Il arriva un beau jour à Fuessli de se prendre de belle passion pour une étoffe de soie couleur flamine, qui brillait dans la montre d'un mercier : le voilà faisant dessins sur dessins, les vendant à Ses camarades et thésaurisant jusqu'à concurrence de la somme nécessaire pour acheter le magnifique tissu et s'en faire faire une redingote. On devine que les camarades se moquèrent du splendide accoutrement ; et telle fut l'amertume des sarcasmes , qu'ils le guérirent pour toute la vie de la manie des parures , et que son indifFérence pour la fashionabilité devint dès lors une exagération , preuve que l'exagération contraire avait régué dans cette tète artistique. Malgré ces preuves d'une vocation tout autre que celle qu'il faut à l'41ise, force fut à Fuessli d'entrer au gymnase académique et de s'y mettre à l'étude de la théologie. Il y joignit celle de l'anglais, que bientôt il comprit à merveille. C'est là qu'il fit connaissance avec Lavater. Tous deux ensemble lisaient Shakspeare , Klopstock et Wieland ; tous deux causaient poésie, physiologie et beauxarts. Réunis:par la conformité de leurs goûts comme par la différence de leurs aptitudes et de leurs études, ils se lièrent d'une amitié qui dura autant que la vie. Leurs travaux ne les occupaient pas tellement qu'ils ne trouvassent du temps pour autre chose. Sachant de science certaine qu'un magistrat fort influent du canton de Zurich se rendait continuellement coupable d'actes d'injustice, ils lui écrivirent pour le sommer de réparer ses torts, sous peine d'ètre par eux dénoncé au public. Le magistrat ne tint compte de la missive. Alors ils firent imprimer . et distribuer aux principaux membres du gouvernement zuricois une brochure intitulée : L'injuste juge, ou Plaintes d'un patriote. La brochure fit du bruit, le conseil s'en mèla , Fuessli et Lavater se nommèrent , et l'opinion se prononça si hautement en leur faveur, que l'on ne put se dispenser de décréter, sur la conduite de l'inculpé, une enquête, qui fut aussi fatale à sa réputation et à sa fortune qu'honorable pour les deux jeunes gens. Bien qu'approuvé de la majorité de la ville, cet acte de courage pourtant ne leur fit pas beaucoup d'amis dans les hautes classes. Aussi Fuessli, après avoir été reçu maitre ès arts, quitta Zurich avec son ami pour se rendre à Vienne, puis à Berlin, où ils étudièrent sous le savant Sulzer, auteur d'un excellent dictionnaire des beaux - arts et membre zélé de rente pour ne pas faire de , et d'abord il alla se montrer à la ville de Zurich , où l'amabilité de sa famille le retint six mois. De retour dans sa patrie adoptive en 1770, il eut le plaisir de s'y voir sans rival , comme connaisseur et comme peintre. L'Académie royale de peinture lui donna le titre d'associé en 1788 et celui d'académicien en 1790. En 1799 il remplaça le professeur dans la chaire de peinture à l'Académie royale , et l'occupa jusqu'en 1801 époque à laquelle des manoeuvres ennemies le forcèrent de la résilier; mais il la reprit en 1810. En 4817 il reçut le diplôme de membre de l'Académie de StLuc de Rome. En 1802 il avait profité de la paix , en se cotisant, conçurent l'idée de la galerie shakspearienne. Fuessli a fait pour cette collection huit magnifiques peintures; elles se rapportent aux sept pièces suivantes : la Tempête , le Songe d'une nuit d'été ; Macbeth, la seconde partie de Henri Hi, Henri V, le roi Leal., Hamlet. La dernière est un chefd'oeuvre, et ne le cède à aucun des ouvrages du recueil. Elle représente la ;cène du Spectre. On raconte qu'un métaphysicien fort peu crédule, en train de donner son avis sur les diverses pièces de la galerie, ayant tout à coup aperçu ce tableau de Fuessli, s'écria tout effrayé : ‹, Seigneur, ayez pitié de moi ! » La galerie de Milton se compose de quarantesept,tableaux, qui furent tous faits de 1790 à 1800, et qui furent exposés deux ans. 'fous ont du mérite, et c'est là surtout que l'artiste a déployé dans tout son luxe ce cataclysme d'imagination , cette effervescence que les timides n'ont point balancé à nommer du dévergondage. Le morceau capital de cette curieuse galerie est son Hôpital. C'est là qu'il a fait les plus grandes modifications à Milton. Ainsi les spasmes, les épilepsies , les ulcères, les catarrhes et tous ces maux qui n'affectent que le corps et qui le disloquent par d'enlaidissantes contorsions, Fuessli les a laissés de côté pour les gravures de planches pathologiques, et il s'est attaché à ces altérations, souvent plus graves , qui respectent les formes et les proportions humaines, et dont la représentation comporte quelque chose de plus éthéré. Le principal groupe du tableau est l'Aliéné, enveloppé dans une grossière couverture et chargé de fers : près de lui sa femme , épuisée de fatigues et d'angoisses, sa femme, qui vient de l'arracher au suicide, tombe presque sans connaissance sur 3 l'enfant inanimé que ne pouvait plus nourrir sa mamelle desséchée . Sur l'arrèreplan) au centre, se voit le Désespoir dressant le lit du Ma- rasme; en avant, à droite , la Mélancolie balaye le sol; puis, pour couronner cet ensemble de misères , la .1for1 brandit triomphalement audessus de tous sa faux toujours menaçante, mais lente à frapper. Après l'Hôpita/ se présentent il première ligne le Pont sur le. Chaos , la Rencontre d'Adam et d' Ère, le fière d'Eve, Salan convoquant les légions. infernales . Aujourd'hui, sans dinde, on rendrait justice i , de l'Aurore , de Satan reculant au contact de la lance d'Ithuriel . On peut y joindre le gracieux tableau de Milton dic- tant à ses filles . Quant à ses réminiscences shakspeariennes, nous retrouvons dans son evuiTe quatre fois Macbeth ; deux fois Richard III ; deux l'ois Roméo et Juliette ; deux fois 11. roi Jean . A la liste des tableaux qui compléteraient sa galerie de Shakspeare doivent ètre joints encore la Vision de la reine Catherine ; Prospero ; le Cardinal Beaufort pétrifié à l'apparition supposée de Glocester , la reine Mab . Après ces deux séries de grandes compositions, nous indiquerons : 1° Ugolin , les Françoise de Rimini . l'une de 1786 , l'autre de 1818 La Renconlre appartenait A M.Angersteini ainsi que Scène du déluge; , à la comtesse de Guildford ; lit Convocation des Ugions sataniques , après avoir lougtemps ore, le palais 'Norfolk se voyait chez sir Thomas Lawrence. voit passer et fuir devant lui); 2° les six tableaux tirés du poème des Nibelungen et qui nous montrent , l'un Sigelinde , mère de Siegfrid, éveillée par la querelle du bon et du lnauvais génie, relativement à son fils enfant ; les cinq autres : Siegfrid assassiné par Trony ; Criemhild en deuil de la mort de Sieg- frid ; Criemhild se jetant sur le corps de Sicgfrid ; Criemhild exposant le corps de Siegfrid au muas- tère de Worms , et accusant du meurtre, devant Sig- mond son père , le lord de Trony et Gonthier, roi de Bourgogne ; Criemhild frisant voir àTrony incarcéré tc; te de Gonthier son complice ; 5 Ezelin Brus de fer rêvant sur le corps de Médune, qu'il a tuée pour infidélité pendant qu'il était en terre sainte ; io la Fiancée de Corinthe ; 5° Dion voyant un spectre femelle faire le tour de son autel et renverser sa maison ; 6" divers sujets fournis par l'Ecriture sainte, comme une Scène du Déluge ; Noé bénissant safamille ; la Disparition du Christ à Emmaüs ; 7" plusieurs ouvrages purement d'imagination, M'Utile le Cardinal de Beaufort ; une Con- versation ; le Cauchemar ; la Sorcière de unit; la Jalousie ; Robin Good fellotv, c'est-àdire, à peu près, Roger- Bontemps. Ce dernier tableau nous amène à la série des ouvrages gracieux et badins de Fuessli. Tels sont : le Barde, la Descente d'Odin , les Soeurs fatales, tous trois tirés de Gray, tous trois de 1800; Céladon et Amélie , d'après les Saisons de Tomson ; la Caverne de Ruse-" croix , d'après le Spectateur ; la Grotte du Spleen, d'après la Boucle de cheveux, de Pope; Wolfram et Bertram , d'après la Reine de Aravarre; Beatrix , d'après Beaucoup de bruit pour rien ; Falstaff dans le baquet à lessive, d'après les Joyeuses dames de Windsor; ‘ Imoret délivré de l'enchantement de Busirane par Britomart, Spenser, etc., etc. Nous terminerons ce rapide parcours par la liste des ouvrages où Fliess]; s'est inspire: , d'Eschyle; Persée fuyant avec effroi l'antre de la Gorgonc , d'llésiode; Bouclier d'Achille; Hercule attaquant et blessant Pluton sur ton trône pour délirrer Thésée , et le eadavre gle Sarpédun reporté dans sa patrie par le Sommeil il la Mort , tous deux d'Homère, Iliade ; Œdipe maudissant son fils , et OAdipe arec ses filles reconnaissant les signes de sa mort , tous deux de Sophocle, 0Edipe à Colone ; Didon et Ariadne, se. le le Minotaure dans le labyrinthe , tous Jeu! de Virgile; l'Anime ressuscitant Psyché , d'après Apulée. Ses tableaux purement mythologiques sont : Amphiaraiis, Eryphile et Alcmdon , Jason apparaissant devant Pélias, à qui l'on a prMll que la rue d'un homme chaussé d'une seule sandale lui serait funeste ; Délivrance de Prométhée par Hercule : ce n'est qu'un dessin ; enfin, deux ouvrages posthume S, COMUS , Psyché. Comme professeur de peinture, Fuessli ne pouvait manquer d'avoir aussi de l'influente. Professeur, il formulait ce que peintre il exécutait, et ses deux manières de se déployer au publie se communiquaient réciproquement de la force. D'ailleurs leuessli était vraiment littérateur. Ses cours , remarquables par la l'auteur de la critique, par la science, l'étaient par l'élégance pittoresque du style et par l'heureuse disposition de tous les détails physiologi,tues, biographiques, techniques ou autres. On a de lui : 10 Réflexions sur la peinture et la sculpture grecques , suivies d'instructions pour le connaisseur, et de l'Essai de Winckelmann sur la greice dans les ourrages d'art, Londres, 1785 '24) Leçons faites à l'Académie royale de peinture, Londres, 1801 5. une édition du Dictionnaire des peintres, de Pilkington, avec additions et corrections, Londres, 1R05 4. une traduction anglaise des Aphorismes i sur l'homme , de Lavater ; 5" une traduction allemand) des LetIres de twiy Montagne. On a rn peomis de publier deux manuscrits qu'il a laissés complets, et qui contiennent , l'un, huit nouvelles leçons sur la peinture, et l'autre trois cents apho- rismes an- l'art. Ce dernier ouvrage, diton, décèle une des plus fortes tétes artistiques qui aient existé. D'autres manuscrits se sont trouvés inachevés : tels sont une Histoire de l'art moderne, commencée vers 1805, et dont il n'a écrit que de cinq à six cents pages, et d'innombeables fragments (l'un grand pol,me en allemand sur l'art. Son OEurre a été publié à Zurich , 1806 , 4 vol. 11 existe cinq portraits de Fuessli : le plus beau est a au pinceau de son ami sir Thomas Law - rence. Son buste en marbre a été exécuté par E.-11
  • Henri FUIREN( 1614) : fils de George, hérita de son père l'amour de l'étude, le goût de l'histoire naturelle, de la médecine et la passion des voyages. 11 naquit à Copenhague en 1614, commença dans cette ville le cours de ses humanités, qu'il termina à Sora. L'université de Leyde jouissait déjà d'une brillante renommée : Fuiren s'y rendit, et pendant quatre années il étudia les diverses branches de. l'art de guérir, sous les auspices des professeurs Falkenburg, Vorst, Heurn et Schrevel. 11 visita les plus fameuses écoles de France, surtout. celles de Paris et de Montpellier. Mais il conçut pour l'université de Padoue une telle prédilection, qu'il y resta six années. Il parcourut ensuite talle tout entière ; et au retour de ce voyage, non moins utile qu'agréable, il fit une excursion en Suisse, s'arrêta quelque temps à Bàle, y disserta de la manière la plus distinguée sur l'hy- dropisie ascite , et fut proclamé docteur le 14 octobre 1645. 11 désira revoir la France, dont le séjour lui avait extrêmement plu. Enfin , après treize années d'absence, il revint dans sa patrie, rapportant de ses longues courses des connaissances variées, des livres rares et une foule d'objets curieux d'histoire naturelle. Sa faible santé ne lui permit pas de se livrer avec autant d'ardeur qu'il l'aurait désiré aux travaux de cabinet. Ce fut probablement pour la même cause, plutôt que par la crainte des embarras du ménage , comme le prétendent ses biographes, qu'il demeura céliba- taire. Une gène de la respiration , qu'il éprouvait depuis son enfance, devint par degrés, comme cela n'arrive que trop souvent, un véritable asti ne, auquel il succomba prématurément le 8 janvier le9. Il légua à l'université de Copenhague et à la faculté , outre des sommes d'argent considérables, son cabinet et sa bibliothèque, dont Thomas ruiren, mort en 1675 à cinquantesept ans, a rédigé les notices : O Bariora musai Henrici Fuiren qua. academice Hafniensi legavit, Copenhague, 1665 P, Catalogus bibliothecce Henrici Fuiren , Haf- ; demi academice donatœ , Copenhague , 1660 , L'éditeur ne se borna point à mettre au jour ce catalogue; il réunit sa bibliothèque à celle de son frère , et en fit pareillement don à l'Académie. Thomas Bartholin a publié, d'abord isolément, en 1659, puis inséré dans sa Cista medica l'éloge funèbre de Henri Fuiren , son condisciple , son ;uni, son parent. On retrouve cet éloge dans les Hemorice medicorum nostri soeculi clarissimorum de Witte , et dans la Bibliotheca scrierum medi- eorum de Manget
  • Henri GALLY( 1696 - 1769) : théologien anglais, né en 1696 à Beckenhams, au comté de Kent, mort le 7 août 1769 , après avoir occupé successivement divers bénéfices dans l'Église , et la place de chapelain du roi. Il a laissé entre autres ouvrages : 1. Les caractères moraux de Theophraste , traduits du grec, avec des notes et un essai critique sur l'art d'écrire des caractères 2. Considérations sur les mariages clandestins, 1750 et 1751 avec des additions; 3° deux Dissertations contre l'usage et la méthode de prononcer le grec conformément à l'accentuation, 1754 et 1755
  • Henri GAMBEY : un de nos plus celèbres constructeurs d'instruments de précision, naquit, sinon avec le siècle, du moins trèsprès des commencements du siècle , et préluda par de fortes études scientifiques à l'apprentissage de son art. La géo- métrie , la chimie, la mécanique pratique lui devinrent familières de bonne heure ; il dessinait à merveille, rapidement, élégamment : le dessin pour lui était mie langue. Il joignait à ces talents une volonté indomptable, une persistance que rien ne pouvait rebuter. Aussi fitil de merveilleux progrès dans toutes les parties techniques de l'art, sitôt qu'il fut à demeure dans un atelier de mécanique. Heureusement, pourvu de quelque fortune, il put bientôt avoir le sien. Les premières années cependant furent laborieuses : l'entregent, l'intrigue étaient à mille lieues de son caractère ; il méditait, il inventait, les essais dévoraient son gain comme ses méditations avaient dévoré le temps. L'ignorance, la routine, les préjugés tantôt de la part des ouvriers, des seconds, tantôt de la part des clients, et même souvent de la part des uns et des autres, mettaient des bàtons dans ses roues et gênaient la réalisation de ses idées. Venait ensuite la jalousie, prompte à s'alar- mer, à s'offenser à tout succès, et surtout la jalousie des confrères, plus clairvoyante , mais plus perfide, qui sans réfuter, sans analyser, sans vociférer de manière à provoquer l'attention, passe dédaigneusement devant les merveilles, éteint, étouffe et enterre. C'était surtout contre ce sys- tème d'étouffement que dut lutter Gambey. Mais ses enterreurs ne purent , malgré leurs efforts, triompher indéfiniment de sa persévérance. Ef- frayés des hauts prix remunérateurs réclamès par les Borda , par les Fortin , quelques amateurs des sciences physiques qui n'avaient pas l'heur de puiser au Pactole du trésor, avaient été chercher le bon marché à son humble et lointain atelier de la rue du faubourg StDenis : ils y trouvèrent aussi, ils y trouvèrent surtout une précision et une été- gance à laquelle ils ne s'attendaient pas, ils admi- rèrent la justesse et l'étendue des notions scientifiques du constructeur , ils s'aperçurent que ses procédés n'étaient pas ceux de tous, qu'il avait des méthodes à lui , qu'ils se trouvaient avoir en face d'eux, au lieu d'un simple fabricant, un créateur, un futur rival des Dollond et des Ramsden. Ils ne se bornèrent pas à le penser, ils l'énoncèrent surtout dans une occasion solennelle où le patriotisme autant que l'amour de la science les inspira. C'était lors d'une de ces grandes expositions des produits de l'industrie française qui signalèrent la restauration. Trop souvent des étrangers d'élite , tout en reconnaissant la profusion , la variété, l'élégance des merveilleux échantillons échelonnés, amoncelés dans les galeries du Louvre, semblaient pourtant éprouver un malin plaisir à nous voir en arrière sur quelques points et signalaient des lacunes dans nos manufactures : c'était surtout dans la section de la mécanique que nombre de cases importantes brillaient ainsi par leur absence. Les savants qui connaissaient Gambey se hâtèrent d'aller le relancer dans l'asile de ses labeurs : ils lui reprochèrent la modestie ou l'incurie qui l'avait empèché de prendre part à l'exhibition de ce que la France possède de richesses et de ressources, de génie et de dextérité pour les mettre en oeuvre ; ils le sommèrent au nom de la gloire nationale de ne pas laisser la lice vide et comme ouverte sans coup férir aux outrecuidances étrangères. Gambey n'était pas fait pour résister plus que de raison à cet appel ; et quoiqu'il fût tard pour se mettre à l'ceuvre il s'y mit sans balancer. Deux mois après il exposait un théodolite d'une perfection presque idéale. Kater, un des membres de la société royale de Londres les plus aptes à juger de l'excellence d'un instrument de ce genre ne pouvait se lasser d'en admirer et l'élégance et la précision et répétait à qui voulait l'entendre que jamais de l'autre côté de la Manche on n'avait mieux fait . Quoi qu'il en soit , Kater aurait bien plus admiré s'il avait été au fait des procédés de l'artiste , s'il avait su par exemple que pour tracer des graduations mathématiques équidistantes, Gambey , au lieu d'avoir recours aux moyens de centrage si compliqués, si minutieux, universellement en usage parmi ses confrères jetait au hasard sur sa plateforme les cercles qu'il se proposait de diviser, et par la puissance d'un mécanisme à lui, véritable éclair du génie armé de la science frappait comme par magie , en courant, en se jouant sur le limbe métallique les points indices et germes premiers des lignes de séparation. Le nom de Gambey dèslors fut recommandé à l'attention du bureau des longitudes. Jusqu'alors ce savant comité ne s'était servi, du moins pour des observations capitales et des expériences décisives , que d'instruments en Allemagne ou chez nos voisins de la GrandeBretagne. Peu de temps après la clôture de l'exposition , un théodolite portatif fut commandé à Gambey par les célèbres astronomes et géomètres du bureau ; et l'instrument qu'il exécuta pour eux leur permit de lutter sans désavantage , tant sur les rivages d'Albion que sur les nôtres, contre ,des observateurs armés d'un gigantesque instrument oeuvre de Ramsden. Ce fut le point de départ de toute une série de théodolites d'a-'bord, mais ensuite de boussoles et d'autres instruments de précision qui ont porté le renom de la fabrication française dans toutes les contrées où les sciences sont en honneur. C'est à l'aide des boussoles de Gambey, qu'aujourd'hui l'on note tous les éléments des mystérieux phénomènes du magnétisme terrestre, cet objet capital des recherches modernes ; et on les retrouve fonctionnant en Sibérie, à Pékin, au Cap, sur les côtes du Brésil et du Chili, sur les mers de Baffin et de Behring. Déjà, ne fùtce que par ces travaux, Gambey, on peut le dire, aurait mérité que son nom fùt inséparable de l'histoire des grandes découvertes de nos jours et de l'avenir, découvertes qui fussent demeurées impossibles sans les merveilleux moyens par lui mis à la disposition des observateurs. Mais il l'associa plus étroitement encore à ceux des grands physiciens euxinèmes, en créant exprès pour eux et à leur requète ce qui n'existait pas encore. Ainsi les boussoles de déclinaison de Coulomb, dont l'exactitude tena it surtout à l'extrème délicatesse du fil , étaient et restaient imparfaites quant à la partie optique de l'appareil, d'où incertitude dans la mesure des variations de l'inclinaison ; et Coulomb n'avait pas mène essayé de corriger ce défaut, en recourant à son ingénieuse suspension : il regardait la correction comme impraticable. Gambey osa reprendre le problème et le résolut : il rectifia, il disposa l'appareil optique de façon à satisfaire aux plus minutieuses exigences du praticien. Et cependant Coulomb luimème avait prononcé le mot d'impossible. Mais pour le génie et la volonté ferme d'un artiste de la trempe de Gambey , impossible » était un mot à rayer de la langue, comme pour les invincibles bataillons que les premières années du siècle avaient vus planter leur drapeau sur les murailles de toutes les capitales hostiles. C'est en général dans tous ces cas où les savants se voyaient à la veille de heurter contre des impossibilités qu'on avait recours à Gambey. Il était en réalité la providence de l'Académie. Une difficulté se présentaitelle colossale, insurmontable, soudain l'on appelait Gambey, comme ces céle'brités médicales auxquelles on n'a recours que quand leurs confrères sont tous partis pour ne plus reparaître. On eût dit que demander à Gambey ce qui s'était fait , ce qu'on connaissait déjà , c'était lui faire injure et le méconnaître. Aussi les princes de la science ne se firentils pas faute de mettre à contribution son expérience et sa sagacité de mécanicien. C'est ainsi qu'il imagina pour Fresnel, lorsque ce savant voulut pousser ses observations sur la diffraction de la lumière audelà des limites jusqu'alors connues de la précision, un héliostat entièrement différent (le celui des'Grave- sande. C'est ainsi qu'il inventa pour Dulong, et Petit le cathétomètre ou mesureur vertical qui permet de distinguer des cinquantièmes et moins encore de millimètre dans la mesure des hauteurs verticales : le cathétomètre aujourd'hui se trouve dans tous les laboratoires de quelque importance.* C'est ainsi qu'il réussit à donner à l'Observatoire de Paris, un équatorial de dimensions énormes dont un mouvement d'horlogerie conduit la lunette, bien que le programme imposât au fabricant, condition presque irréalisable ! , l'obligation (l'employer un pendule ordinaire sans qu'il en résultât d'intermittences dans le mouvement. Ce fut là le premier instrument qu'il fabriqua pour le grand établissement astronomique (le France. Nous ne nous étonnerons donc pas de le voir figurer parmi les membres du bureau (les longitudes, en qualité d'artiste adjoint d'abord, puis avec le titre d'artiste en remplacement de M. Lerebours. L'Académie des sciences aussi l'admit dans son sein. Tant d'honneurs ne l'endormirent pas, et il continua (l'enrichir et l'Observatoire et la science par des créations heureuses et hors ligne. Nous nous contenterons de remarquer parmi cellesci sa lunette des passages, remarquable par (les moyens de nivellation tout nouveaux, et son cercle mural méridien de deux mètres de diamètre, qui peut-ètre est son chefd'oeuvre, et dont la division a été opérée par des procédés entièrement nouveaux, et dont il n'eut pas le temps de rédiger un exposé méthodique complet. On était encore en train de le monter, et ce travail avançait vers sa fin, lorsqu'il expira le 9.9 janvier 1847. Bien qu'il eût formé d'habiles élèves et que ses idées, confiées souvent dans des conversations éparses à quelques esprits dignes d'en recevoir la primeur, n'aient pas été frappées d'anéantissement par sa mort, la perte de ce rare artiste fut vivement sentie. M. Arago prononça sur sa tombe des paroles d'adieux empreintes (lu vif regret qu'il laissa, et que méritait L'accord d'un beau talent et d'un beau caractère. Il avait un patriotisme éclairé, probe, incorruptible , que quelques optimistes (lu moment sans doute auraient trouvé un peu trop démocratique. Ses vertus domestiques égalaient son génie. Son désintéressement marchait de pair avec ses vertus. 11 mourut à peu près sans fortune, quoique certes il n'eùt tenu qu'à lui de devenir riche, et qu'il n'ait jamais donné le spectacle de quelqu'une de ces excentricités qui dévorent les éléments de richesse à mesure qu'ils se produisent et s'acquièrent
  • Henri GARNET( 1555) : jésuite anglais, impliqué dans la conspiration des poudres, naquit à Nottingham, de parents catholiques , en 1555, sous le règne de la princesse Marie, et dans un temps de troubles religieux. Parvenu à l'âge d'adolescence , il fut envoyé en Italie , et y prit l'habit de jésuite à l'âge de vingt ans. Après qu'il eut achevé ses deux ans d'épreuve, il continua ses études, et eut l'avantage d'avoir pour maîtres Bellarmin et le savant Clavius : il fit sous ce dernier tant de progrès dans les mathématiques, que Clavius, l'un des bons géomètres d'alors , étant tombé malade, Carnet le remplaça dans sa chaire et en soutint l'illustration. Le P. Garnet n'était pas moins instruit dans les lettres divines et humaines. 11 savait parfaitement l'hébreu , et le professa dans le collége romain. Il y donna aussi des leçons sur les questions les plus relevées de la métaphysique. A un jugement solide et une pénétration vive , le P. Garnet joignait des moeurs simples et douces , de la candeur, le talent de persuader, et beaucoup de zèle pour la religion catholique, qu'il était affligé de voir se perdre dans sa patrie. Le désir de contribuer à l'y soutenir suivant son pouvoir, lui fit solliciter de ses supérieurs la permission de se joindre aux missionnaires qui y travaillaient. 11 ne fut point effrayé des risques qu'il 1 aurait à courir. Ayant obtenu l'objet de sa de- F mande, il passa en Angleterre en 1584. Deux ans après il fut mis à la tète de la mission, et n'omit rien pour maintenir dans la foi ancienne ceux qui la professaient, et pour y rappeler ceux qui Is'en étaient écartés. Il y avait déjà dixhuit ans II qu'il était occupé de ces utiles et périlleux travaux, lorsque des seigneurs anglais, aigris des lit persécutions qu'éprouvaient les catholiques, au · mépris des promesses que le roi Jacques ler avait el faites à son avénement au trône, et animés d'un faux zèle , résolurent de mettre fin par le plus horrible des complots aux cruautés qu'on exerçait contre eux. Leur plan était, au moyen de trentesix barils de poudre, déjà placés sous la · salle où devait se tenir le parlement, d'ensevelir sous ses décombres le roi, les deux chambres et tous les assistants. Heureusement cette trame se découvrit lorsque tout était pret pour l'exécution : mais auparavant , Catesby , homme de con- , dition , et l'un des principaux conjurés, ayant quelques scrupules qu'il voulut dissiper , s'était adressé en confession au jésuite Grienwell , et lui avait dévoilé toute la conjuration. Ce père, diton, fit tout ce qu'il put pour détourner Catesby d'un si criminel dessein : mais celuici ,.tenant à son projet, pria Grienwell de consulter Garnet, aussi sous le sceau de la confession. Garnet se trouva fort embarrassé à cette étrange ouverture. Il réprimanda sévèrement Grienwell d'avoir entendu de pareilles choses, et d'are venu les lui répéter. En même temps il lui ordonna d'user de tout son pouvoir sur Catesby pour le faire renoncer lui et ses complices à leur projet. Pour lui, retenu par le sceau de la confession, prévoyant d'ailleurs tous les maux qui résulteraient pour les catholiques d'une révélation, il garda, non sans être en proie à mille inquiétudes, son dangereux secret. Deux mois s'étaient passés depuis la punition des coupables. Ils n'avaient chargé aucun prètre catholique, aucun n'était soupçonné d'avoir trempé dans la conspiration, lorsque tout à coup un bruit se répandit que les jésuites n'y étaient point étrangers. Le ministre Cécil mit ses agents à leur recherche , et Carnet fut trouvé avec son valet chez un catholique nommé Abington. Lui et son confrère Oldecorne, connu aussi sous le nom de Hall , furent mis en prison et interrogés à différentes reprises. N'y ayant point de preuves contre Garnet, on chercha à le surprendre en lui tendant un piége. On mit Oldecorne dans un cachot voisin du sien. Un homme préposé à la garde de Garnet fut chargé de se donner pour un zélé catholique afin de gagner sa confiance. Ce rôle de perfidie fut joué avec tant d'adresse que Garnet y fut pris. Cet homme l'avertit, comme par intérêt, qu'Oldecorne était dans son voisinage, et lui montra une fente par laquelle ils pouvaient se parler. Soit que Carnet voulût se confesser, soit qu'il cherchàt quelque consolation, il hasarda avec Oldecorne un entretien dans lequel il avoua qu'il avait eu connaissance de la conspiration, aveu qui fut avidement recueilli par des gens apostés. 11 n'en fallut pas davantage pour faire déclarer Carnet coupable de haute trahison. Il allégua en vain que, ne connaissant la conspiration que par la confession, sa religion lui interdisait toute révélation à cet égard. I1 fut condamné le 8 mars 1606 à être pendu , et fut exécuté le 5 mai suivant. Il protesta de son innocence sur l'échafaud, recommanda son âme à Dieu , et demanda qu'à son occasion l'on ne traitàt pas plus durement les catholiques. Un immense concours de peuple était accouru pour voir mourir le grand jésuite , nom que donnaient à Carnet mê,me les protestants, et qu'il justifia par son héroïque courage. Ses membres, séparés du tronc, furent exposés dans différents quartiers de Londres, comme ceux d'un traltre. Les historiens anglais n'hésitent point à prononcer qu'il fut justement puni. Hume dit expressément, mais sans en apporter dé preuves, que les jésuites Tenesmond et Carnet écar« tèrent les scrupules qui retenaient encore les conjurés. » Selon de Thou , Carnet serait convenu, dans son interrogatoire, d'avoir connu la conspiration , mais seulement en général , et sans en savoir les particularités avant d'en avoir été informé en confession. Le jésuite EudîemonJean, dans une apologie composée exprès , justifie Gamet et les jésuites sur tdirs les points. 'L'abbé Millot ne trouve pas de motifs suffisants pour les accuser de complicité : enfin, ce qui parait encore plus décisif, Antoine Léfevre de la Boderie, homme éclairé et d'un caractère irréprochable, alors ambassadeur en Angleterre , depuis beaupère d'Arnauld d'Andilly, et qui, étant sur les lieux, a pu prendre des renseignements exacts, assure , dans ses Négociations , que les jésuites étaient innocents de cette atrocité. Quelques 'écrivains ont meure imputé au ministre Cécil d'avoir ourdi les fils du complot pour perdre les catholiques, et d'en avoir présenté l'appât à quelquesuns d'eux d'un esprit exalté , lesquels donnèrent dans le piége. Les jésuites ont mis Carnet au nombre des martyrs de leur ordre . On lui doit en anglais, entre autres opuscules théologiques, divers traités sur les sacrements, etc. ; ils se trouvent joints au Catéchisme' de Pierre Canisius, qu'il avait luimeme traduit en anglais , Londres, 1590; StOrner, '1622
  • Henri GLAPTHORNE : auteur dramatique anglais, vivait sous le règne de Charles I. Ses pièces, qui eurent un grand succès dans le temps, sont aujourd'hui entièrement abandonnées , quoiqu'elles ne soient pas sans mérite. Elles sont au nombre de neuf, tant tragédies que comédies, parmi lesquelles nous citons Albert Wallenstein et la Vestale. Il a aussi écrit un volume de poésies, adressées à sa maltresse , sous le nom de Lucinde
  • Henri GELLIBRAND( 1597 - 1637) : astronome anglais , né à Londres en 1597, était curé de Chiddingstone, comté de Kent, lorsqu'une sorte de passion qu'il prit tout à coup pour les mathématiques, après avoir assisté à une leçon publique sur cette science, lui fit abandonner la carrière ecclésiastique, où il pouvait cependant espérer de l'avancement. Il entra comme étudiant à Oxford , où ses progrès rapides lui méritèrent l'amitié et la protection de Henri Briggs. Ce savant professeur lui fit obtenir en 1627 la chaire d'astronomie du collége de Gresham , et le chargea en mourant, en 1630, d'achever et de publier son ouvrage intitulé Tri- gonometria britannica. Cet ouvrage fut imprimé en 1633 par le célèbre Vlacq , à Goude en hollande. Le second livre est (le Gellibrand. C'est , avec quelques petits traités tendant au perfectionnement de l'art de la navigation, à peu près tout ce qu'on connalt de lui. Il mourut le 26 février 1657, à Dge de 40 ans, avec la répu- tation d'un savant géomètre, mais qui ne devait ses progrès qu'à une application infatigable , et non à un génie naturel. 11 était fermement atta- ché au système de Ptolémée; et ne craignit pas de le défendre contre celui de Copernic , qu'il traitait d'absurdité. On peut citer parmi ses autres ouvrages son Institution trigonométrique, publiée en 1634, et réimprimée avec des additions par G. Leybourn en 1652
  • Henri GERNER( 1629 - 1700) : évêque de \Viborg en bancmarck , naquit à Copenhague en 1629, et fit ses études en Hollande et en Angleterre. Revenu dans son pays , il obtint une place de pasteur à Rircherod en Sélande. Pendant la guerre de 1657, entre le Danemarck et la Suède, son presbytère fut pillé six fois. Ayant pris la fuite, il s'entendit avec Stenwinkel , homme hardi et entreprenant, pour faire enlever l'importante forteresse de Cronemborg aux Suédois, qui s'en étaient emparés; mais il fut pris et rais en prison. Pendant plus de trois mois il fut chargé aux mains et aux pieds de chatues pesantes, et pendant six heures, on le mit à la question pour lui arracher des aveux. Son procès ayant été instruit, il fut condamné à être décapité ; niais le roi de Danemarck fit des représentations en sa faveur, et les Suédois se contentèrent de lui faire payer une forte rançon. La paix ayant été conclue en 1660, Cerner reprit ses fonctions, et eu 1653 il fut nominé évêque de Wiborg en Jutland. Il mourut en 1700, étouffé par un morceau de viande qu'il ne put parvenir à avaler. On voit encore dans l'église de de Bircherod les chaînes dont il avait été chargé dans sa prison. On a de lui divers ouvrages, dont nous citerons les suivants : Traduction d'Hésiode en vers danois, Copenhague , 1670; 2° Ortographia danica, en danois, avec une instruction sur la manière de prononcer l'anglais, Copenhague, 1679; 5° Epitome philologice danicce , en danois, ibid., 1690. — Un de ses petitsfils, Henri CERNER s'attacha à la communauté- des Hernhutes, et publia en langue danoise, à Copenhague, en 1772, une Relation de sa vie avec des renseignements sur les frères évangéliques.— GERNER , marin et trèshabile constructeur de vaisseaux, était arrièrepetitfils de l'évêque de Wiborg. Né à Copenhague en 1742, il séjourna en Angleterre, en Hollande et en France, pour y étudier l'architecture navale. Après avoir passé par les grades inférieurs de la marine, il fut chargé de diriger les constructions navales dans le grand chantier de la flotte à Copenhague; et en 1781, il obtint le titre de commandeur de la marine. Plus de cent vaisseaux de diverses grandeurs ont été construits d'après ses dessins. 11 a inventé de plus des machines propres à plusieurs usages économiques. La société royale des sciences de Copenhague lui décerna le prix pour un mémoire sur la meilleure manière de nettoyer les bassins d'eau douce, et l'admit parmi ses membres. La société économique couronna un autre mémoire de Gerner, destiné à faire connaître une méthode nouvelle de sécher les grains. Dans ses heures de loisir, il composa en danois un recueil poétique, ayant pour titre, Chants pour l'amusement des marins danois. Copenhague, 1780; ce recueil a été traduit en allemand par le professeur Christiani, de Kiel, et imprimé à Dessau en 1782. La mort du commandeur Gerner, arrivée le 27 décembre 1787, fut un deuil public; et on lui fit les obsèques les plus distinguées, pour payer un tribut solennel à ses vertus et à ses talents
  • Henri GOESEKEN( 1612) : pasteur luthérien et philologue instruit, naquit à Hanovre en 1612. Après avoir achevé ses études à Rostock, il passa en Suède : il était instituteur à Stockholm en 1634 ; ayant ensuite été envoyé sur les frontières de la Russie, à Reval, qui appartenait alors à la Suède, il s'y appliqua à l'étude de la langue du pays , exerça le ministère du St-Évangile à Harrien et à Goldenbeck, et fut enfin nommé assesseur du consistoire à Reval, où il mourut le 24 novembre 1681. Voici les ouvrages dont il est auteur : 1. Litre des chants d'église, en langue esthonienne ; 2. Manuductio ad linguam oesthonicam, Reval, 1660 L'auteur a joint à cette grammaire un dictionnaire assez étendu. Goeseken a aussi traduit en langue esthonienne l'Écriture sainte ; mais cette traduction, 1 qui forme deux gros volumes , n'a pats été publiée
  • Henri GOLTZIUS ou GOLTZ( 1558) : peintre, graveur , et dessinateur, naquit en 155'8 à i‘lulbrecht, dans Je duché de Juliers. Fils d'un peintre sur verre, son père Ini enseigna les premiers éléments du dessin, et Coornlert ceux de la gravure ; le nom de ce dernier n'a passé à la postérité qu'à la faveur de celui de son élève. e desir de faire des progrès dans son art , joint à qnelques chagrins domestiques, qui avaient altéré sa santé, le détermina d'abord à voyager en Alletpagne. Il parcourut cette contrée , déguisé sous l'habit de son valet, afin de reeueillir les observations des artistes, et savoir véritablement ce qu'on pensait de ses ouvrages. Dirigeant ensuite ses pas vers l'Italie , il séjourna à Naples et à Rome, s'appliqua à' l'Ode fie l'antique copia les ouvrages de Raphaël, et surtout ceux de MichelAnge, pour lesquels il eut tou4ours une grande prédilection. De retour dans sa patrie , Goltzius alla s'établir à Harlem, où il épousa une veuve , la mère de Jean Mathan". Il est étonnant qu'ayant étudié sous le beau Ciel d'Italie tant 'd'ouvrages remplis de grâces, il ait toujours conservé un style sauvage. Quoique savants, ses contours, en général , sont trop cahotés; le mouvement de ses figures n'a pas èette noble simplicité qu'on admire dans les maltres qui ont été l'objet constant de ses études. Goltzius a peint plusieurs tableaux d'histoire , ainsi que quelques )(irtraits d'une couleur assez vraie ; en général, ses compositions sont riches. On conpalt de lui plusieurs dessins à la plume dont les ligures sont grandes COMIlle nature. M. Leyèque, qui en a vu un dans les salles de l'Académie des beauxarts de StrétersUourg , dit que le trait de plume en est large et moelleux , etcp'ils 'n'ont point la finesse • de manière dont ce procédé est susceptible. Cet artiste avait quarante«:deux aps lorspfilpomtnença à peindre : a le considérer comme graveur, on trouvera sans doute de la bizarrerie dans ses travaux une affectation de hardiesse, de tours de force mème qui sentent la manière , peu d'har- monie dans ses effets , et peu de connaissance du clairobscur : mais malgré ces défauts , qui tiennent à son pays et à son siècle, on peut regarder ce maitre comme celui qui a enseigné la vraie route aux graveurs au burin. Ses ouvrages sont encore aujourd'hui les premiers qu'on présente pour modèles aux jeunes gens qui débutent dans la carrière. Assez varié dans ses travaux , ses tailles sont en général bien prises pour envelop- per les formes suivant les règles de la perspective; ses tètes sont touchées avec esprit, et ont de l'expression et du caractère. On sait avec quelle adresse il imitait la manière de faire des autres artistes, tant pour la composition que pour la gravure, ce qui est une preuve 4e sa grande facilité. Nous citerons à l'appui de cette observation les six estampes connues sous le nom de chefsd'ceuvre de Goltzius ; savoir : Annon- ciation , la Visitation , la Nativité, la Circoncision l' Adoration des rois et la sainte Famille , exécutées à l'imitation dç Raphaël , du parmesan du Baroche , du Bassa!! , d'Albert Durer et de Lucas (4 Leyde. La manière de graver des deux derniers y est imitée si parfaitement , qu'une épreuve de la planche , dans le style ce Durer, qui avait été enfumée , fut achetée trèscher par un amateur, qui l'avait prise pour un ouvrage de ce maitre, inconnu jusqu'alors. Indépendamment des planches que Goltzius a gravées d'après ses" dessins, et dont le nombre est considérable, il a gravé aussi , d'après différents 'mitres, tels lue Polydore de Caravage , Stradan , Raphaël , paul Véronèse, le Palme, etc. Parmi celles 1esa composition , on remarque particulièrement un enfant montant sur un chien ; les poils de cet animal sont rendus avec un goût et une vérité extraor- dinaires. Goltzius a gravé aussi un nombre de por- traits assez considérable. Son oeuvre monte à près de cinq cents sujets différents , parmi lesquels on distingue plusieurs pièces en bois et en clairobscur ou en camaïeu; ces pièces sont d'un assez bon effet. Goltzius est mort à Harlem en 1617. Parmi ses nombreux élèves, on remarque Muller, Mathan, Saenredam, de Ghein et Swanenburg. On Connaît quelques faibles productions de trois autres Goltzius , Jules, Conrad et Jacob , que l'on dit être fils ou neveux de llenri
  • Henri GOUDT( 1585 - 1630) : gentilhomme hollandais, peintre et graveur, né à Utrecht en 1585, s'appliqua dès sa jeunesse à l'étude du dessin et de la gravure ; passionné pour les beauxarts, il fit le voyage de Rome et fut fort assidu à l'Académie de cette ville. Lié d'amitié avec Elsheinier, il devint son élève et son bienfaiteur. Cet artiste ayant été mis en prison pour dettes, Goudt, loin de profiter de son malheur , acheta de lui et lui paya beaucoup audessus de leur valeur un grand nombre de petits tableaux qu'il se proposait de graver dans un genre propre à rendre le flou et l'harmonie de la peinture. Ceux qu'il a exécutés, et qui sont fort estimés, sont au nombre de sept , savoir : Il Tobie et l'ange portant le poisson, et l'Ange et Tobie traînant le poisson ; le Lever de l'aurore, paysage; Philémon et Baucis; Cérès cherchant sa fille ; une Fuite en Egypte et la Décollation de St- Jean. Après la mort d'Elsheimer, le comte de Goudt étant retourné à Utrecht , un philtre que lui fit prendre une femme qu'il aimait aliéna son esprit et détruisit sa mémoire. Malgré ce funeste accident , il profitait encore de quelques moments lucides pour les consacrer à la peinture et à la gravure. Sa manière, qui consiste dans un arrangement particulier de hachures en général fort serrées, produit un grand effet de clairobscur. Son oeuvre, composé de neuf pièces, y compris deux sujets répétés avec des différences, est assez rare et cher, surtout lorsqu'il est beau d'épreuves. Goudt est mort à Utrecht en 1630
  • Henri GRAS( 1500) : docteur en médecine agrégé au collége de Lyon , naquit vers la fin du 16° siècle à Lausanne en Suisse, où son père, qui était Lyon- nais , avait fui pendant les guerres de religion. Grâce à la bonne éducation qu'il avait reçue, Ilenri Gras se rendit non moins célèbre comme médecin que comme bibliophile. On lit dans le Traité des plus belles bibliothèques du P. Jacob qu'il possédait en 1644 onze ou douze cents volumes et trois ou quatre mille de moindre format , et que tous les jours il augmentait cette collection plus remarquable encore par le choix que par la quantité. On lui doit la publication de la majeure partie des OEuvres médicales de Jean Varand dont il avait été le disciple, et qu'il dédia à Pierre de Maridat, Lyonnais, conseiller au grand conseil de Paris. Cette édition en un volume fut imprimée à Lyon en 1657. Gras était le cousin et l'ami du médecin Charles Spon ; il mourut le 22 mai 1665. Guy Patin , qui en a parlé plusieurs fois dans ses lettres, écrivait le 2 juin suivant à André Falconet, médecin à Lyon : Enfin vous avez perdu M. Gras; il était temps qu'il mourût ; il était trop bourru et sa mauvaise humeur ne lui a pas peu aidé à quitter ce monde; il avait pourtant du mérite, mais il eût bien mieux fait de vivre comme les autres hommes
  • Henri GRATTAN( 1750) : des plus célèbres ora- teurs qu'ait eus la tribune anglaise, naquit à Dublin en 1750, acheva ses premières études avec éclat à quinze ans, et pensa un instant à se faire agréger à l'université de sa ville natale niais la difficulté des examens lui fit peur, et il résolut d'embrasser la carrière des affaires, qui était celle de son père. Il se mit donc à l'étude des lois à MiddleTemple et acquit les connaissances nécessaires pour parattre au barreau; mais à la jurisprudence se mêlèrent, presque dès l'abord, des préoccupations politiques. Le célèbre statut de 17'20, qui entre autres clauses iniques enlevait au parlement national de l'Irlande la juridiction en matière d'appel, ne pouvait man- quer de frapper un jeune légiste et, par suite, de l'entraîner à l'examen , à la critique du statut entier. Doué d'une élocution facile, abondante, d'une précision de jugeaient qui démêle les faits et les voit à nu sous leur enveloppe trompeuse, et d'une verdeur de logique qui enlève la convic- tion , il se sentit dès lors à l'étroit dans le barreau et n'aspira plus qu'a la tribune; aussi ne cherchatil que tiédement, et pour se faire illusion à luimême, à se créer une clientèle , quand enfin sa bonne étoile le mit en rapport d'affaires avec lord Charlemont. Ce vénérable type des vertus d'un autre âge était toujours plein de patriotisme , et il souhaitait de toutes ses forces, sinon l'émancipation complète, au moins un adoucissement d'esclavage pour son pays. 11 eut le double mérite de sentir que son parti avait besoin d'un orateur à la chambre, et de deviner le talent de Crattan : en conséquence, quand la mort de son frère, le colonel Caulfield, laissa un siége vide dans la chambre des communes d'Irlande, il fit tomber sur lui les suffrages de son bourgpourri de Charlemont. Les débuts de Grattan à la chambre furent foudroyants pour l'administration. Les vexations que dénonçait l'orateur étaient si vraies en fait, si inexcusables en droit; l'opinion publique fit écho si vivement à sa parole, que le ministère anglais, en dépit de tout son orgueil, crut prudent de faire, quelques concessions : le statut de 1720 fut formellement abrogé dans les clauses qui soumettaient le parlement irlandais aux lois et statuts de la GrandeBretagne , et qui donnaient même au lord lieutenant, assisté de son conseil, le droit de casser les actes des deux chambres du royaume d'Irlande . Les hommes d'État de la GrandeBretagne avaient montré tant de prédilection pour ce statut et semblaient si fermement conVaincus qu'à son exécution était attachée la domination de l'Angleterre sur l'Irlande , que les pauvres indigènes sont excusables d'avoir pris ce changement inespéré pour toute une révolution, et de l'avoir salué par des transports de joie délirants. De toutes parts pleuvaient sur Grattan les adresses de félicitation et d'encouragement des bourgs', comtés , corporations et milices. Il fut question d'une souscription pour lui ériger une statue. En homme modeste, il refusa la statue, mais il ne refusa pas les un million deux cent c mille francs que recueillit rapidement la souscription , et qui le mirent en état de figurer à côté des notabilités hostiles ou amies avec lesquelles il allait avoir à traiter. Toutefois l'enivrement ne fut point universel; la jalousie est clairvoyante; les lauriers, ou si l'on veut les cinquante mille livres sterling de Grattan , empèchèrent de dormir un nommé Flood , qui ne manquait ni d'élocution ni de perspicacité. Las d'entendre sans cesse les noms de libérateur et de sauveur, il se mit à demander de quoi l'Irlande était libérée. « Du ministère ? en aucune façon! de la domina-« lion anglaise ? bien moins encore! de quoi donc? « du statut ! eh ! qu'importe le statut : ce n'est pas « lui qui fonde, il ne fait que formuler les pré- « tentions de longue main réalisées par l'Angle-« terre et subies par l'Irlande. L'abrogation de la « formule n'entraîne pas le retrait des préten- “ tions : le ministère britannique sans doute va « trouver sa tâche en Irlande moins commode, faute de statut, mais qui en souffrira? l'Irlande! Le statut, s'il est brutal, est franc. A présent « les vicerois vont être obligés d'user de ruses ; « à l'oppression dans laquelle il y avait régularité ti et franchise, vont succéder les incertitudes et « les anomalies d'un régime non moins oppres- « seur. » Il y avait là de l'exagération , mais au fond c'était la vérité. Grattan n'avait que commencé l'émancipation de l'Irlande, et il restait bien d'autres obstacles à vaincre. Il ne semble pas avoir compris de prime abord toute l'immensité de cette tâche sociale; et, au lieu de réfléchir et de pousser à l'instant même à des mesures ultérieures, il descendit à une guerre de personnalité; la grande question de la liberté de l'Irlande s'évapora dans une querelle de vanité. Le ministère britannique en rit fort et fut bien pour quelque chose dans l'acrimonie avec laquelle les deux rivaux se déversaient la raillerie ; il donnait tout le retentissement possible aux sarcasmes amers que se décochaient les deux puissances belligé-
  • Henri GRÉGOIRE( 1750) : le 4 décembre 1750, à Vého, près Lunéville , fut successivement curé d'Embermesnil, député aux états généraux, évêque constitutionnel de LoiretCher, membre de la convention, du conseil des cinq cents et sénateur. Son existence sociale et littéraire, sa vie politique et religieuse , présentent une carrière de cinquante années qui appellent éminemment l'observation et l'intérèt à cause des graves événements auxquels il s'est trouvé mêlé. Ce qui y tient surtout une grande place, ce sont ses constants efforts pour soutenir et propager l'église constitutionnelle créée en 1791. Nous puiserons ce que nous avons à dire sur cet ecclésiastique dans des sources non suspectes, dans ses nombreux ouvrages, et surtout dans les Mémoires qu'il a laissés sur sa vie littéraire, politique et ecclésiastique , et dans la Notice historique de M. il. Carnot, qui les précède . Grégoire témoigna de bonne heure un goût décidé pour l'étude et pour l'état ecclé- siastique ; ses parents secondèrent ses premières dispositions et le firent étudier chez les jésuites , prédicateur célèbre , mort en Allemagne en 1804; le P. Lelie, 1. Ancillon fils, et celuici à M. Nicolaï, trèsconnu comme antagoniste des jésuites; mais cette démarche n'eut point de suite. Dans sa première jeunesse, Grégoire, dit un de ses biographes, se livra à l'étude du droit des gens et à celle du droit public, et luimême nous apprend, dans ses Mémoires , se sentit un penchant précoce pour la lecture des ouvrages en faveur de la liberté. Il aimait surtout celui de Boucher intitulé De justa Henrici tertii abdicatione , et les Vindiche contra tyrannos . publié par Ilubert Languet sous le nom de Junius Brutus. Ces sortes de lectures lui inspirèrent sans doute cette haine violente qu'il se vanta plus tard j. logne, avait attirés en Lorraine, entre autres So. lignac, auteur d'une Histoire de Pologne , et Gau- tier, chanoine régulier, auteur de quelques ouvrages. Grégoire était encore dans la ferveur de ses premières études lorsque l'.3icadémie de Nancy proposa pour sujet de concours l'Éloge de la poé- sie ; il entra dans la lice, et obtint le prix sur l'abbé Ferlet, son concurrent. Cet Éloge de la poésie parut en 1773 Ayant embrassé l'état ecclésiastique, Grégoire enseigna les belleslettres au collége de Pont-àMousson, et devint ensuite vicaire, puis curé d'Embermesnil , paroisse peu éloignée de celle de Vého, où il était né. 11 assure dans ses Mémoires qu'il était prêtre par choix et catholique par conviction, après avoir été dévoré de doutes par la lecture des ouvrages prétendus philosophiques. Il avait été, ditil encore, prémuni par une éducation chrétienne et raisonnée contre les dangers à courir dans la société des gens de lettres qui, bien qu'ayant vécu à la cour de Stanislas, étaient loin d'avoir ses sentiments religieux. Mais Ile toutes ses conversations avec les philosophes du siècle passé, de toutes ses lectures, il lui était resté nous ne savons quelle philanthropie rêveuse, et un plan de réfornie général dont il se liàta (le faire l'essai dans sa paroisse d'Embermes- nil. Il ne se contentait pas seulement de pourvoir aux intérêts spirituels de ses paroissiens ; sa bi- bliothèque, composée de livres ascétiques, don- vrages relatifs à l'agriculture , à l'hygiène et an\ arts mécaniques, était uniquement destinée à leur usage. Mais les limites d'une paroisse étaient trop étroites pour l'activité qui dévorait le curé d'Em- bermesnil; quelques voyages entrepris en 4784, 86 et 87, dans la Lorraine, l'Alsace, en Suisse et dans la portion de l'Allemagne qui avoisine ce dernier pays, le mirent en rapport avec plusieurs hommes distingués, notamment avec Ilirzel et Lavater. Il visita aussi Gessner, le chantre d' Abel, dans sa retraite sauvage de Silhwald. A Zurich, il tourna en ridicule les lances et les cuirasses féo- (laies conservées dans l'arsenal de cette ville, et demanda pourquoi l'on n'entourait pas d'un cadre (l'or l'arbalète de Guillaume Tell. En 1788 parut son Essai sur la régénération physique morale et politique des juifs d'environ 500 pages, couronné par l'Académie de Metz; il reprochait en termes trèsdurs aux gouvernements (le l'Europe leurs cruautés et leurs injustices envers les israélites. Cependant les bailliages de Lorraine avaient été réunis pour nommer (les députés aux états généraux. L'imagination de Grégoire, (lui rêvait depuis si longtemps la liberté et ce qu'il appelait l'affranchissement des nations, s'échauffa, et dans une Circulaire imprimée il stimula l'énergie des curés, écrasés , disaitil , par la domination épiscopale. Nommé luimême député du clergé, le premier collègue qu'il rencontra à Versailles fut Lanjuinais , et le premier engagement qu'ils contractèrent ensemble fut de combattre le despo- tisme. Le curé d'Embermesnil fut un des premiers à se déclarer pour la réunion de son ordre à celui du tiers état. il accéléra même cette réunion par une brochure I e 40 pages, sous ce titre : Nouvelle lettre aux curés. Elle est écrite avec une sorte d'impétuosité; il y déclame avec violence contre les intrigues du haut clergé et de la noblesse ; il y prédit que, si le bonheur luisait sur l'horizon de la France, il sortirait du sein des orages. Les orages ne tardèrent pas à éclater. Lorsque les trois curés du Poitou , qui étaient ses amis , se réunirent au tiers état, Grégoire écrivit au président Bailly pour lui annoncer sa résolution à cet égard; et, lorsqu'il se présenta , la salle retentit d'applaudissements. Mais , d'après l'avis de Bailly et celui de plusieurs autres membres des communes, il re- tourna dans la salle du clergé, où ils jugeaient sa présence nécessaire pour entrainer la majorité de cet ordre. Le '20 juin 1789, il assista à la séance du jeu de paume, et prêta le fameux serment avec quatre autres curés, Hesse , Ballant, Jallet, Lecesve. Il fut aussi du nombre des cent cinquante membres du clergé qui se rendirent à la séance que le tiers état tint dans l'église StLouis. A défaut de salle, ditil dans ses Mémoires, notre projet était d'aller tenir la séance au milieu de la cour du château , où surlechamp nous aurions été entourés et protégés par le peuple; et peut-être qu'avant vingtquatre heures révolues les boulets eussent attaqué le repaire de la cour. Tels étaient dès lors les voeux et l'espoir du curé d'Embermesnil. Trois jours après le serment du jeu de paume se tint la séance royale. La veille au soir, Grégoire se réunit avec douze ou quinze députés au club breton. Instruits de ce que méditait la cour pour le lendemain , la première résolution qu'ai.- rétèrent entre eux les membres de ce club fut de rester dans la salle malgré la défense du roi. Il fut en outre convenu qu'avant l'ouverture de la séance ils circuleraient dans les groupes de leurs collègues pour leur annoncer ce qui allait se passer sous leurs yeux et ce qu'il fallait y opposer. Mais, dit quelqu'un, le vœu de douze à quinze personnes pourratil déterminer la conduite de douze cents députés? Il lui fut répondu que la particule on a une force magique ; nous dirons : Voilà ce que doit faire la cour, et parmi les patriotes on est convenu de telles mesures. On signifie quatre cents comme il signifie dix. L'expédient réussit. Le roi retiré, on discuta ce qu'il fallait faire. Sieyès dit: Vous êtes aujourd'hui ce que vous a étiez hier. » La réunion des ordres étant consommée, le curé d'Embermesnil fut du secrétaire à la presque unanimité avec Mounier, Sieyès, LallyToilendal , ClermontTonnerre, Chapellier. Le 8 juillet , il parla de l'arrivée des troupes que le roi rassemblait autour de la capitale, et dit à ce sujet que, si les Français consentaient à redevenir esclaves, ils seraient la lie des nations. Quelques jours après, il appuya la proposition de Mirabeau *qui demandait l'éloignement des troupes , s'éleva avec une violence extrême contre les machinations de la cour, et proposa d'en faire la recherche , de les dévoiler, et d'établir un comité chargé d'exa- miner la conduite des ministres. Le président de l'assemblée, le vénérable Pompignan, archevèque de Vienne, ne put s'empècher, malgré sa modération, de témoigner son étonnement de ce qu'un ecclésiastique s'expliquait avec tant de véhémence. Le dimanche 12 juillet, les bruits les plus alartnants circulaient tant à 'Paris qu'à Versailles; le soir, les six à sept cents députés qui n'étaient pas allés à Paris se réunirent dans la salle des séances, quoique ce jourlà il ne dût pas y avoir de séance. En l'absence du président, Grégoire, en sa itualité de secrétaire, consentit à occuper le fauteuil. La réunion n'était pas légale, et rien n'était soumis à la délibération. Néanmoins Grégoire prit la parole, et improvisa des phrases énergiques sur ce qu'il appelait les tentatives de la tyrannie, et sur la ferme résolution qui animait les députés d'exécuter le serment prêté au jeu de paume. La séance fut déclarée permanente ; c'est la première de ce genre; les députés passèrent la nuit dans la salle, et la séance ne fut levée que le 15 juillet à dix heures du soir, après avoir duré soixantedouze heures. La destruction de la Bastille eut lieu pendant cet intervalle. Grégoire , dans ses votes, se joignit constamment à la portion la plus démocratique de l'assemblée. A la fameuse séance nocturne du 4 aoùt, il profita de l'aveugle entrai- urinent qui poussait l'assemblée à voter tant de décrets insensés, pour demander l'abrogation des annates. Le 5 octobre , il dénonça à la tribune le général de Bouillé et le fameux repas des gardes du corps. Mais, tandis qu'il montrait tant d'acharnement envers la cour et les plus fidèles serviteurs du roi, cet ardent philanthrope était plein de tendresse pour les noirs et pour les juifs; il ne laissait échapper aucune occasion de prendre la parole en leur faveur. Cependant lorsqu'on décréta la Déclaration des droits, il proposa de placer en tète de l'acte constitutionnel le nom de Dieu, et demanda qu'on y joignit une Déclaration des devoirs qui fût corrélative à celle des droits. Dans la séance du 4 septembre 1789 , où l'on discutait sur la sanction royale , Grégoire s'éleva contre le veto absolu , dont le principe lui paraissait en contradiction avec celui de la souveraineté du peuple. Ennemi irréconciliable de la noblesse et de la cour, il demanda la restitution dans les coffres de l'État d'un don de huit cent mille francs , que Louis XVI avait accordé à la maison de Polignac, à titre de dédommagement pour la perte de ses priviléges, il vota contre la liste civile de vingtcinq millions demandée par le roi. Lors de la rédaction des cahiers du bailliage de Lunéville, il avait demandé que le roi fit pensionné; et à ce sujet il déclare dans ses Mémoires qu'il est venu avec la haine profondément sentie et raisonnée de la tyrannie, et le respect également senti et raisonné pour les droits du souverain , c'est- à- dire du peuple. Son avis sur les biens ecclésiastiques fut que le clergé n'en était que le dépositaire, mais que ces biens devaient être rendus aux donateurs; que les dtmes devaient être remplacées en fonds de terres, et que les cures spécialement fussent dotées en fonds territoriaux; il publia une brochure dans ce sens. Lorsque Palissot présenta à l'assemblée l'hommage de son édition de Voltaire, le curé d'Embermesnil demanda si elle était purgée des obscénités et des impiétés qui 'déparaient les ouvrages du philosophe; l'archevêque de Paris . de Juigné, appuya cette motion , mais l'assemblée passa à l'ordre du jour. Tandis qu'on faisait les préparatifs de la fète de la fédération, Cazalès et Barnave se battirent en duel. Grégoire s'éleva contre le scandale que donnaient à la France deux de ses représentants; il demanda, mais sans succès, aux jacobins, qu'au serment civique fût ajouté celui de ne jamais se battre pour des querelles particulières; il Imprima et fit distribuer à l'assemblée un pamphlet où il conspuait les duellistes; c'est l'expression dont il se sert dans ses Mémoires, En parlant de ses relations avec la société des jacobins dont il faisait partie, Grégoire révèle dans ses Mémoires les sourdes manœuvres dont se servaient alors les membres de ce club pour entrainer l'assemblée dans leurs vues démagogiques. Le passage est curieux. « La liste de ce club , ditil, « était ornée de noms recommandables, qui raie-. pelaient l'union des lumières aux vertus; et ses « séances étaient un cours habituel de saine poli-« tique; sur cet article, il était en avant de la na-« tion, et même de la plupart des députés... Mais, « comme l'opinion de beaucoup de représentants « n'était pas toujours au niveau de la nôtre, notre « tactique était simple : on convenait qu'un de « nous saisirait l'occasion opportune de lancer la proposition dans une séance de l'assemblée na-(C tionale...; il demandait et on accordait le renvoi « à un comité où les opposants espéraient inhu-« mer la question. Les jacobins s'en emparaient. (< Sur leur invitation circulaire , ou d'après leur « journal, elle était discutée dans quatre ou cinq « cents sociétés affiliées , et trois semaines après « pleuvaient à l'assemblée nationale des adresses a pour demander un décret dont elle avait d'a-« bord rejeté le projet, et qu'elle admettait en-« suite à une grande majorité. Telles étaient les menées de ceux qui criaient si fort contre les ma- chinations de la cour. Quant à la saine politique qui était agitée dans le club des jacobins , de trop cruels événements et de trop longs malheurs ont appris à la juger. Les jacobins en poussèrent si loin les conséquences que, lorsque Grégoire re- parut au milieu d'eux , après un an d'absence, en septembre 1792 , il trouva, c'est luiménie qui le dit , leur société méconnaissable. Il n'était plus permis d'y opiner autrement que la faction parisienne; alors il demanda dérisoirement que désormais ftit affichée à la porte l'opinion qu'on serait obligé d'avoir. Cette ironie lui attira une vive improbation; il sortit, et ne remit plus les pieds dans une assemblée si ouvertement factieuse. Grégoire fut des membres les plus laborieux Ile l'assemblée constituante : président pendant six mois du comité des rapports, il en partagea les travaux avec quarante membres qui le compo- saient. Entre autres questions, il s'agissait de faire mettre en liberté quelques galériens de Fribourg en Suisse, qui, en 1781 , avaient pris part à l' du peuple contre ses magistrats; le curé d'Embermesnil fut chargé du rapport sur cette affaire; il fit adopter d'entraînement un décret qui défendit de recevoir dans les bagnes de France aucun condamné par jugement étranger, et qui remit en liberté ces rebelles. Tandis que Grégoire s'emportait à la tribune nationale contre lee oli- garques de tous les pays et contre tous ces brigands couronnés qui pressuraient les peuples , il se sentait une prédilection particulière pour les nègres de nos colonies , et c'était pour eux qu'il réservait sa charité. Aussi devintil l'un des membres les plus actifs et le président de la société des Amis des noirs, où figuraient Condorcet , Lafayette, Péthion, Robespierre, la Rochefoucauld, Ilrissot et Clavière. Il fit plusieurs rapports en leur faveur à l'assemblée ; son avis était que les nègres et les mulâtres libres devaient être assimilés aux blancs pour les droits politiques et civils , et il publia successivement de nombreux écrits dans ce sens. Le sort des noirs l'occupa toute sa vie, et jusque dans ses derniers moments. Lorsque la constitution civile du clergé eut été décrétée , le curé d'Embermesnil fut le premier ecclésiastique qui prêta le serinent; et il prononça dans cette cir- constance un discours dont le but était d'entratner la majorité du clergé. Il publia encore dans le inème but un écrit intitulé De la légitimité du se'- ment, où se trouve un aveu remarquable : « Dans « cette constitution, j'en conviens, l'autorité du « pape n'est pas assez prononcée. s Dans une des séances qui suivirent la prestation du serment, Grégoire parut de nouveau à la tribune pour éta- blir par de nouvelles considérations la légitimité du serment. Mais il fut interrompu par les vives réclamations qui s'élevèrent du côté droit. Le 18 janvier 1791, l'assemblée choisit Grégoire pour son président. Un jour qu'en cette qualité il portait des décrets au roi pour en obtenir la sanction, on lui répondit qu'il était bien fâcheux qu'il vînt à une heure à laquelle le monarque était au conseil et ne pouvait donner audience. En sortant du château, le nouveau président rencontra le duc de Liancourt, alors grand maître de la garderobe, à qui il exprima son indignation de ce que le roi n'était pas accessible au président de l'assemblée. Il retourna au château une heure après, et fut reçu avec tous les honneurs dus à ce titre. Mais cet esprit altier n'oublia point ce qu'il regardait comme un affront, et en quittant le fauteuil de la présidence, il recommanda à Mirabeau, son successeur, de ne pas laisser le pouvoir exécutif manquer au pouvoir législatif. Lorsque Louis XVI
  • Henri GRIFFET( 1698 - 1771) : jésuite, écrivain laborieux et estimable, naquit à Moulins en 1698: admis dans la société à l':àge de dixsept ans, il fut chargé presque aussitôt de suppléer le fameux P. Porte, qui professait alors les belleslettres au collée Louis le Grand, et quoique fort jeune il remplit cette tâche difficile d'une manière distinguée. Il renonça ensuite à renseignement, et prêcha à Paris et à Versailles , mais sans un grand succès; cependant le roi lui accorda le titre de son prédicateur ordinaire. Il prit avec courage la défense des jésuites attaqués par des ennemis nombreux et puissants, et après leur suppression il se retira à Bruxelles, où il mourut dans sa 74e année, le 22 février 1771 , et non pas 1774, comme on l'a dit dans le Dictionnaire universel de Chaudon et Delandine. Ses ouvrages se divisent en deux classes; les uns appartiennent à la 4héologie et les autres à l'histoire. Parmi les premiers, on se contentera de citer : 1. Année du chrétien Paris, 1747, 18 gros vol. nouvelle édition, Lyon et Paris, 1811-1812, 18 vol. ouvrage fort estimé et qui peut tenir lieu d'une bibliothèque ascétique : on y trouve, pour chaque jour de l'année, une lecture aussi instructive qu'édifiante sur l'épttre , l'évangile et la vie du saint du jour, etc. 2. Des Sermons , Paris, Desaint, 1766 ou 1767, 4 vol. Liége , 1774, 3 vol. a Quoique trèsestimables , dit l'abbé Sabatier, a quoique d'un style naturel, oratoire et assorti « aux difIVrents sujets, ils ne sont pas la partie a la plus frappante de son mérite. » L'iasuffisauce de la religion naturelle prouvée par les vérités contenues dans les livres de l'Ecriture sainte , Paris et Liége , 1770 , 2, vol. L'auteur a rassemblé dans ce recueil des pièces qui n'ont presque aucun rapport avec son titre , puisqu'on y trouve des remarques sur la version des Septante, sur la Vulgate et sur les nouveaux systèmes du P. lfardouin et de l'abbé de Villefroy. Les ouvrages historiques du P. Criflet sont ceux qui ont le plus contribué à sa réputation. On a de lui en ce genre: 1. une édition corrigée et considérablement augmentée de l'Histoire de France , par le P. Daniel, Paris, 1755-175t, 17 vol. ; Amsterdam, 24 vol. Les tomes 44 et 15 contiennent l'Histoire de Louis XIII, et le 16" le Journal du régne de Louis XIV , deux morceaux qui appartiennent entièrement à l'éditeur. Les Dissertations critiques et historiques dont il a enrichi ce grand ouvrage « sont, dit ,‹ aussi Sabatier, d'une instruction et d'une netteté avec augmentation de deux chapitres; l'un de la Vérité dans les généalogies, et l'autre de la Vérité dans les harangues rami portées par les historiens. Cet ouvrage intéressant! et bien fait, doit être, suivant l'expression du critique déjà cité, regardé comme le code de tous les historiens : on y ajoute quelquefois la Réponse de . 11. de Saini- Foix... el recueil de tout ce qui a été écrit sur le prisonnier masqué , Londres , 1770 de 131 pages. 4° Nouveaux éclaircisse- ments sur l'histoire de Marie , reine d'Angleterre Paris, 1766 5" Histoire de Tancrède de Rohan, avec quelques autres pièces concernant l'histoire de France et l'histoire romaine , Liége, 1767 6° des éditions des Mémoires du maréchal de Vieilleville , avec une préface et des notes, Paris, 1757, 5 vol. d'un Recueil de lettres pour servir d'éclaircissements à l'histoire militaire de Louis XIV depuis 1671 jusqu'en 1694, Paris,1761 -1764, 8 vol. des Mémoires de H.- Ch . de les Trémouille, 1767 des Délices des Pays- Bas Liége, 1769 , 5 vol. petit fig.; et des Mémoires pour servir â l'histoire de Louis , Dauphin de France , Paris , 1777, 2 vol. . Le P. Ceint a publié plusieurs pièces dans l'affaire des jésuites; il a fourni des matériaux pour l'Apologie de celte eeiété célèbre . 'Dans sa jeunesse avait composé des Poésies latines, entre lesmiles on distingue les hymnes pour le nouveau réviaire du diocèse de Bourges. Il avait le projet traduire toutes les Oraisons de Cicéron ; mais ne put achever la traduction que des vingt prei Mères, et Fréron dit qu'on y retrouvait la force, élégance et la vivacité de l'original. Voyez l'Éloge u Grief', dans l'Année littéraire, t. 2, 1771 - / mule GRIFFET, jésuite, frère du précédent, né à .oulins le 30 mars 1702, cultiva la littérature avec iuelque succès. On a de lui un poeme latin intiulé Cerebrum; un autre De acte regnandi, insérés ans le supplément aux Poemata didascalica, Pais , 1813 ; et une pièce de vers français ur la majorité de Louis XV; mais il est principaement connu comme éditeur des ouvrages du ). l'orée , et l'on doit Convenir qu'en es publiant, il rendit un véritable service au petit sombre d'amateurs des lettres latines
  • Henri GROVE( 1692 - 1758) : théologien presbytérien anglais, né le 4 janvier 1683, à Taunton dans le comté de Somerset , fut longtemps directeur du collége de Taunton, et se distingua par son talent pour la prédication, ainsi que par l'esprit de modération qu'il montra lors de la furieuse controverse sur la Trinité, modération qui ne manqua pas de lui faire beaucoup de tort dans son parti. Il mourut en n38, laissant quelques ouvrages estimés : Règle des récréations, cotnposée pour l'usage de ses élèves, 1708; 2. Essai de démonstration de l'immortalité de l'dme , 1718 30 Essai/ on the terens of christian communion , 4. Considérations sur l'évidence de la résurrpetion de Notre- Seigneur. 1730 ; 5. Pensées touchant la preuve d'un état futur, tirée de la raison 1730 60 Discours sur la nature et l'objet de la communion, 1732 ; 7" la Sagesse , premier principe d'action dans la Divinité, 1754 ; 8. Discours sur la foi comme moyeu de salut, 1736 ; 9° un volume de Mélanges en prose et en vers; enfin un grand nombre de sermons , les n. 588, 601 , 626 et 635 du Speeta- leur, et des OEuvres posthumes, publiées par souscription en 1741 , 4 vol. avec une vie de l'auteur
  • Henri GUNDELFINGER : Lucernois de naissance, maitre ès arts , d'abord chapelain à Fribourg, ensuite chanoine à Munster en Argovie, y florissait vers la fin du 15e siècle. Contemporain du frère Nicolas l'Ermite , il en a le premier écrit la vie , qu'il dédia au sénat de Lucerne en 1488. Il composa en 1476 une Historia austriaca , dont l'original se trouve à la bibliothèque de Vienne et dont Lambecius et Kollar ont publié des fragments considérables, l'un dans ses Commentarii de bibliotheca Vindobonensi, l'autre dans ses Analecta Vindobonensia. Gesner a donné des fragments d'un traité de Gundelfinger De thermis Badensibus , qui est daté de 1489. 11 mourut en 1491
  • Henri GUTBERLETH( 1592 - 1635) : naquit à Hirschfeld en 1592. Il fut successivement recteur de l'école de Dillenburg, professeur de philosophie et recteur à Ilerborn , recteur à Hammon , et enfin recteur et professeur à Deventer. Il mourut dans cette dernière ville à la fin de mars de l'année 1635. Ses principaux ouvrages sont : 10 Pathologia, ete. Pathologie, ou Traité des affections humaines sous le rapport physique et nzoral, Herborn , 1615; 2. Phy- sicce , etc., institution abrégée de physique ou de philo- sophie naturelle, ibid., 1623 ; Ethicoe, etc., Traité de morale en un livre ibid., 1650 ; 4° Chronolo- gia , etc. ; ce traité de chronologie ne fut imprimé qu'après la mort de l'auteur, à Amsterdam, en 1639
  • Henri HACHETTE DES PORTES( 1712) : né en 1712, au diocèse de Reims , fut nommé en 1738, chanoine de la cathédrale de cette ville. Il eut toute la confiance de M. de Mailly et de M. de Rohan, qui se succédèrent sur ce siége archiépiscopal , et une part trèsgrande aux mesures prudentes et sévères qui soutinrent les bonnes doctrines dans le diocèse. Ce pieux ecclésiastique , qui fut aussi grand archidiacre et grand vicaire , donna des preuves nombreuses de son respect pour la bulle Unigenitus. et de son zèle à obtenir des autres leur soumission à ce décret; mais ce zèle lui causa bien des contrariétés, et les jansénistes ne l'épargnèrent pas dans leur gazette. hachette fut nommé en 1748 visiteur des carmélites, fonctions qu'il remplit pendant plus de trente ans, partageant les travaux de dom la 'Faste, évêque de Bethléhem, pour rappeler et maintenir la soumission à l'Église dans plusieurs monastères de leur ordre. 11 avait compost: un catéchisme sur les affaires du temps, et ce catéchisme devint le manuel des jeunes clercs du diocèse de Reims qui aspiraient aux ordres. On le vit un jour éloigner de la tonsure dix jeunes bénédictins qui ne lui paraissaient pas suffisamment soumis. En 1719, par la protection de foyer, chargé de la feuille des bénéfices, il fut nommé à l'abbaye de Vermand , ordre de Prémontré , puis évèque de Sidon in partibus. Par ses fonctions de visiteur des carmélites, Hachette se trouva en rapports fréquents avec madame Louise, religieuse du monastère de StDenis , et l'on croit que ce fut cette princesse qui le fit nommer au siége de Glandèves. Toute sa vie cet homme pieux avait eu une dévotion spéciale au sacré coeur de Marie , et il avait tra- vaillé à la répandre surtout chez les carmélites; aussi doitil être , avec le P. Eudes, regardé comme un des apôtres du culte du coeur de la SainteVierge. En -1780 il publia un mandement pour en établir la fête dans solediocèse de Glandeves, et en 1788 une instruction pastorale sur le même sujet. La révolution vint l'arracher de son siége. En 1791 il quitta Entrevaux, où il demeurait, et se retira d'abord au PugetThénières , dans le comté de Nice , de là à Nice même , où l'évêque l'accueillit avec une affectueuse charité. Le 29 septembre 1792 la ville de Nice fut prise par les Fran-çais. Hachette la quitta précipitamment et se rendit à Fossano, en Piémont, d'où il écrivit à ses ouailles, s'élevant avec force contre le serment de liberté et d'égalité. En 1794 il se retira à Bologne avec les évèques de Grasse et de Lavaur. Là, il publia encore un mandement sur la Providence. Il était alors àgé de 83 ans, et il mourut quelque temps après sur la terre d'exil. Outre son catéchisme et les mitres pièces dont nous venons de parler, Hachette avait publié à Pesaro, en 1795, une Lettre aux missionnaires de N.D. de la Garde d'Avignon , sur la mort de M. Imbart, leur supérieur général. Enfin on a de lui : la Dé- votion au cœur de Marie , nouvelle édition considé- rablement augmentée , Paris, 1825, 1 vol. La première avait été imprimée à Nice. C'est un recueil de prières, d'exercices, d'offices, etc. On y trouve l'instruction et le mandement mentionnés cidessus. Hachette avait un frère prêtre, supérieur des carmélites de Reims, qui partagea les sentiments et les travaux du visiteur dans la réforme de la maison qu'il dirigeait. Une religieuse du même nom , leur parente , fut à cette époque supérieure de l'HôtelDieu de Reims, où elle se signala par son fanatisme janséniste
  • Henri HAFFNER( 1640 - 1702) : peintre de perspective, naquit à Bologne en 1640, d'un soldat de la garde .suisse du sénat. Son père , lui voyant des dispositions pour la peinture, le laissa maitre de suivre son goût pour les arts. Henri, après avoir reçu avec fruit des leçons à Bologne, vint à Savone , où il fut employé à peindre les ornements de l'église du StEsprit, et ceux d'un salon où Guidobono dessina les figures . Henri Haffner, appelé à Gènes , entreprit les travaux ordonnés dans le palais Brignole. Cette fois , les, figures furent faites par Piola et par Grégoire de' Ferrari. Revenu à Bologne , Henri y travailla encore plusieurs années, et mourut en 1702. Il fut enterré avec pompe dans l'église des Célestins. — HAFFNER , frère du précédent, également né à Bologne , et peintre de. perspective, demeura longtemps à Gènes. 11 y peignit les fresques fameuses de l'église de StLuc , et celles du presbytère des Pères de la congrégation de Lucques. Ses ornements à SteMarie du Refuge sont d'une telle délicatesse, qu'on les regarde comme un des meilleurs ouvrages de ce genre. Antoine se hasarda aussi à composer des figures, et laissa pour l'école des orphelins un tableau de sa main représentant la Vierge , l'enfant Jésus, et les portraits de deux orphelins de la maison. En 1704 il fut chargé de peindre la chapelle de StFrançois de Sales, dans l'église de StPhilippeNéri. Le père Garbarino, préfet de la congrégation , invita même Antoine à prendre un appartement dans le couvent, jusqu'à ce qu'il eùt fini son travail , et à manger à la même table que les religieux. Il résulta du commerce habituel que ce peintre entretint avec eux , et , qui , ayant fait profession dans le couvent des capucins de Gênes, avait ensuite cherché tous les moyens de s'enfuir et de s'affranchir de ses devoirs , Antoine Haffner crut et prouva que la vie monastique pouvait s'allier avec les travaux de la peinture. Le grandduc Jean Gaston écrivit au P. Haffner pour le prier d'entreprendre les ornements de l'autel à construire dans la chapelle des tombeaux des Médicis, et à son arrivée à Florence, il le combla d'honneurs et de richesses. Antoine Haffner mourut en 17.59., et laissa sa fortune, que les bienfaits toujours renouvelés de Gaston avaient rendue considérable, au Conservatoire de NotreDame de la Miséricorde, qui suivait les règles de StPhilippeNéri
  • Henri HAGUENOT( 1687) : né à Montpellier le 26 janvier 1687' succéda à son père , professeur de médecine. 11 enseigna avec le plus brillant succès; ses traités étaient recherchés : celui des Maladies de la tête a été imprimé en un volume in,-12, 1750, à Avignon. Il ne se piquait point, dans ses leçons, d'éblouir par des idées singulières, hardies, extraordinaires; il suivait les routes fréquentées, offrait à ses auditeurs des vérités utiles, des principes appuyés sur l'observation et consacrés par la tradition. Il y joignait le un 'érite d'une latinité pure, claire , élégante; beaucoup d'ordre et de méthode. Devenu membre de la société royale de Montpellier, il paya le tribut de cette société à l'Académie des sciences de Paris, par un Mémoire sur le mouvement des intestins dans la passion iliaque, connue sous le nom de miserere : il est inséré dans le volume de cette Académie pour 1715. L'auteur traita, deux ans après, le même sujet avec plus d'é- tendue dans une dissertation latine, publiée sous la forme de thèse. L'observation est la base de ces deux écrits estimés. Il y a dans les Mémoires de la société royale de Montpellier plusieurs autres Mémoires de sa façon sur des matières importantes, et traités d'une manière intéressante. On cite, entre autres, celui qu'il écrivit, en 1745, sur les dangers des inhumations dans les églises, et dont on peut voir l'extrait dans le Journal des savants de 1748 . II avait formé un cabinet assez considérable de livres, principalement de sa profession. Légués par lui à l'hôteldieu St-Éloi de Montpellier, ils devinrent une bibliothèque publique. II avait recueilli pendant plusieurs années la société royale dans une maison agréable et commode, qu'il avait fait construire près de la superbe place du Peyron, Il légua ses biens aux hôpitaux , et mourut le 11 décembre 1775, àgé de près de 89 ans. 11 avait une piété sincère, et répandait d'abondantes aumônes dans le sein de plusieurs familles indigentes. Haguenot jouit aussi de la réputation d'un magistrat intègre et éclairé dans la cour des comptes de sa patrie, où il fut pourvu d'une charge de conseiller. Voyez son Éloge par De natte , réimprimé presque en entier dans les Éloges des académiciens de Montpellier
  • Henri HAMEL : voyageur hollandais , né à Gorcum , était écrivain du navire le Sperber, , qui partit du Texel le 10 janvier 1653.11 mouilla le ler juin à Batevia , et en repartit le 14 pour Formose, il conduisait le gouverneur de cette lie. Le 30 juillet , les Hollandais firent voile pour le Japon. Une tempète affreuse les jeta sur la côte de Corée , ils firent naufrage. Trentesix hommes échappèrent à la mort, et tombèrent entre les mains des habitants, qui les menèrent dans l'intérieur. Après y être restés treize ans en captivité , huit de ces malheureux se sauvèrent sur une barque , abordèrent au Japon , et enfin revinrent dans leur patrie le 20 juillet 1668. Hamel, qui était du nombre de ces naufragés, publia la même année la relation de ses aventures sous ce titre : Journal du voyage malheureux du navire apervier, destiné pour Tayouan en 1655, et naufragé sur l'ile de Quelpaert... ainsi qu'une Description des pays , pro- vinces , villes et forts situés dans le royaume de Corée, Rotterdam , 1664 11 y en a des traductions en anglais , en allemand et en français. Cette dernière est intitulée Relation du naufrage d'un vaisseau hollandais sur la côte de Quelpaerts avec la Description du royaume de Corée, traduite par Minutoli , Paris, 1670, 1 vol. Comme l'on n'a pas d'autre relation d'un voyageur qui ait vu la Corée, celle de Mme!, indépendamment de l'intérêt qu'inspirent les aventures singulières de l'auteur, se lit avec plaisir. On conçoit que, gêné et surveillé sans cesse , ce voyageur a manqué de beaucoup de facilités pour bien observer ; cependant son petit livre contient des particularités curieuses. L'on ne peut guère révoquer en doute la véracité du narrateur ; car plusieurs personnes qui eurent la curiosiu: de questionner ses C0111- pignons d'infortune trouvèrent leur témoignage d'accord avec le sien. Le traducteur français observe d'ailleurs qu'il n'y a rien dans le récit de Hamel qui ne s'accorde avec ce qu'ont écrit Pala- fox et d'autres auteurs qui ont traité de l'invasion de la Chine par les Tartares. Hama, il est vrai, donne des noms de lieux différents de ceux qui se trouvent dans la carte de Corée des jésuites; mais on peul supposer que les missionnaires auront écrit ces noms en chinois au lieu de les écrire en coréen; car les deux nations ont les mèmes caracteres, quoique leur langue soit ilifférente
  • Henri HAMMOND( 1605 - 1660) : théologien anglican , né en 4605 à Chertsey, dans le comté de Surrey, f4 upait l'archidiaconat de Chichester, lorsqu'en 5 , au commencement des troubles civils, avant pris part à la tentative faite inutilement à iunbridge en faveur du roi , sa tète fut mise à prix par les rebelles. Il se tint quelque temps caché dans un des colléges d'Oxford. Il publia cnsuite plusieurs écrits relatifs aux circonstances ; accompagna en 1645 à Londres le duc de Richemond et le comte de Southampton , députés par Charles Ir pour traiter de la paix avec le parlement , et fut nommé la méme année chanoine de ChristChurch , et orateur public de l'université. Il suivit le roi , en qualité de chapelain, dans ses divers emprisonnements. Nommé sousdoyen de ChristChurch , il en fut chassé en 1648 par les commissaires du parlement, et fut retenu, avec le docteur Sheldon, prisonnier dans Oxford pendant plusieurs mois. Il resta fidèle à la mémoire de son roi , pour la cause duquel il épuisa tous ses efforts; il provoqua de toute son influence la restauration , et mourut aux premiers jours de cet événement, le '25 avril 1660, au mo- ment où la reconnaissance de Charles II l'appelait à l'évèché de Worcester, et où il se Képarait à se rendre à Londres pour travailler à guérir les plaies de l'Église. On a de lui , entre autres ouvrages : 1. Paraphrase et annotations sur le Nou- veau Testament, 1655, et 1656 avec des additions t des changements. C'est le plus important de s ouvrages. Jean Leclerc en a (tonné une tra- tion latine en 2 volumes avec des arques , Amsterdam , 1698 , 1702 et 1704. 2. Paraphrase et commentaire des Psaumes et d'une grande partie du livre des Proverbes. Tous ses écrits Ilnt été réunis en 4 volumes Sa vie a été ente par J. Fell , évêque d'Oxford
  • Henri HARDOUIN( 1724) : maitre de musique et chanoine à Reims , fut un harmoniste vraiment distingué par ses nombreuses et belles compositions exécutées dans cette ville, à Paris, dans plusieurs cathédrales du royaume, et même à Rome. Il naquit à Grandpré vers •721, fils d'un maréchal ferrant, vint à Reims dans l'âge le plus tendre, et y fut reçu au nombre des enfants de choeur de la merise. Né avec un gok trèsprononcé pour la musique, il y fit des progrès si étonnants, qu'il surpassa tous ses condisciples. Peu de temps après, ayant été ordonné prêtre, il fut mis à la tête de cette merise, l'une des meilleures de France , et d'où sont sortis des sujets remarquables. C'est dans cette charge honorable et lucrative qu'il exerça pendant près de quarante ans, qu'exempt de soins et de soucis, l'abbé Hardouin déploya ses talents musicaux. Il composa plus de cinquante messes à quatre et cinq parties vocales avec accompagnement d'orchestre , dont douze en quatuor vocal ont été gravées par Bignon vers 1764 ; un grand nombre de motets , dont plus de quatrevingts sont. encore à la cathédrale de Reims, et dont un porte le millésime de 1754. Il retoucha toute la musique du Bréviaire de ce diocèse, imprimé en 1759 par ordre de l'archevèque Jules de Rohan , et mit les hymnes et les proses de ce Bréviaire à quatre et cinq parties ; il corrigea et embellit le chant grégorien , toujours en usage dans le diocèse, et bien plus beau que celui des diocèses voisins. 11 mit en musique plusieurs offices de fètes patronales, et composa une excellente méthode pour apprendre le pla Du jour Où il fut fait maitre de musique jusqu'au moment de la révolution , l'abbé Hardouin passa la vie la plus joyeuse ; mais à cette époque lotit changea pour lui : plus de canonicat, plus de musique, et partant plus de joie... Heureusement la maison de son neveu lui fut ouverte, et il put s'y tenir tant que dura la terreur. La chute de Robespierre le rendit à la vie. Des prêtres, qui jusquelà S'étaient cachés , ne voyant plus rien à craindre, sortirent de leur retraite , firent leur soumission et obtinrent la cathédrale pour y recommencer l'office divin. Hardouin se joignit à eux, et aidé de quelques amateurs , de plusieurs artistes, . De toutes ses Messes , en y comprenant celle du sacre de louis XVI , les messes des morts en quatre parties, même le Dies ire , dont moitié se chante en solo , sont peut-être ce qu'il a fait de, mieux. Son De profundis est audessus de tout éloge ses contrepoints passent pour être uniques , et l'on ne peut entendre son 0 fui et son Regina sans être ravi et transporté. On a comparé ce compositeur fécond à Bordier et à Rousseau. Des amateurs enthousiastes de la musique allemande lui reprochent d'avoir tout sacrifié pour l'harmonie et négligé la symphonie. Ne pouvant prendre parti sur de telles contestations, nous dirons que Choron , bon juge en cette matière, fit , dans un séjour à Reims , mille instances, et toutes infructueuses , auprès de l'artiste qui donnait alors des leçons de musique aux enfants de choeur de la merise, pour obtenir de lui, à prix d'argent, celles de ses messes qui n'ont pas été gravées. Sa Méthode, nouvelle, courte et facile pour apprendre le pla à l'usage du diocèse de Reims, avec l'office de la semaine sainte, ouvrage d'une utilité reconnue, est souvent réimprimée
  • Henri HARIUS ou TER HAER( 1540) : né, à ce qu'il parait, de cultivateurs aisés aux environs de Zutphen, vers 1540, a fourni une carrière semée de contrariétés, et l'on ignore l'époque précise de sa mort. Il fit ses premières humanités à Lochem, non loin du lieu de sa naissance , d'où il passa à Louvain, et probablement ensuite à Douai, pour étudier le droit. De retour dans sa patrie, il fut avocat à Arnheim , et devint ensuite secrétaire de la préfecture à Zufphen. Quelque temps après il fut placé à la tète de l'école de cette ville ; mais les malheurs de la guerre avec l'Espagne ayant pesé spécialement sur la province de Gueldre , anéantirent la fortune de Harius, qui se retira avec sa femme et sept enfants en Westphalie, où il fut eriiployé à l'école de Paderborn. La peste le poursuivit dans cette patrie adoptive, et le reste de son histoire est inconnu ; mais il y a des preuves que du moins sa famille revint à ?????? Zutphen. Henri Cannegieter a publié à Arnheim , en 1774 , quatre livres d'élégies latines de Harius, sous le titre de Tristia : elles étaient de- meurées inédites jusquelà, et ce savant en avait acquis, dans une vente à Dortmund, le manuscrit autographe. La muse de Ilarius est assez facile, mais un peu négligée. Dans la description des malheurs de sa patrie et de ses propres Infortunes, il s'attache à imiter Ovide. FrédéricJoachim Feller, dans les Alonumenta inedita , vingtquatrième cahier, P. 480, cite : Henrici , Sicambri, Ele- giarum heroïcarum liber unus, Cologne, 1585 mais Cannegieter semble révoquer en doute l'existence de cet ouvrage, dont il avait fait inutilement la recherche. — Un autre HARms, ou Van der Huer , né à Goreum, et chanoine de la cathédrale de cette ville , a eu de la célébrité dans le même siècle comme un amateur qui avait formé une immense bibliothèque. L'empereur CharlesQuint le gratifia en 1531 d'un canonicat à la Haye; Harius s'y transporta avec ses livres, qu'il céda la malle année à l'empereur, s'en réservant la jouissance pour sa vie. Il mourut l'année suivante. Cette bibliothèque, devenue publique et mise sous la direction de Pesa ab ilyta , qui s'attacha à l'enrichir, fut dispersée dans les guerres civiles qui déchirèrent la Hol- lande vers la fin du même siècle. Jean Second a célébré ce Harius, populairement appelé de son temps Jean aux livres . Voyez aussi Lomeièr, De Bibliothecis, p. 230, et la Description. hollandaise de la Haye
  • Henri HARPHIUS : l'un des principaux mystiques flamands , né au bourg de Herp ou Erp dans la Campine, fut provincial des franciscains de Flandre et supérieur de la maison de cet ordre à Malines, où il mourut en 1478. Le cardinal Bona Je cite comme un maître des plus instruits dans la vie spirituelle, et dom Mabillon l'indique parmi les écrivains de ce genre dans son Traité des études monastiques. Moins excessif dans ses sentiments que Gerlac, Harphius semble marcher sur les pas de Tanière, avec lequel il a de l'analogie : mais il est plus élevé; et , à cet égard, il se rapproche de Rusbroeck , le plus célèbre des mystiques de son temps, et le maître de tous les autres . « Taire naître graduellement, par I« une suite d'épreuves et d'épurations, les divers « états de la vie divine dans l'âme humaine, h ,, d'abord dans chacune des facultés, et ensuite F « dans la substance entière de l'âme, possédée « alors par toute la Divinité ellemême; » ce que ik Poiret regarde comme le degré de spiritualisme le plus profond : tel est le but que Harphius s'est III proposé dans ses ouvrages, et surtout dans sa Théologie mystique, en trois livres, dont le premier est entièrement moral; le deuxième , mêlé de morale et de mysticité, et le troisième , tout mystique. L'auteur intitule celuici l'Éden des contemplatifs. Les premières éditions de cet ouvrage parurent en flamand à Anvers, 1502, et en latin à Cologne, 1538 et 1555. Mabillon désigne ces éditions comme les seules qui soient entières. Elles furent ensuite prohibées , non pour le dogme, mais pour l'opinion de l'auteur, « que « les hommes parfaits, mus par l'impulsion seule « de l'esprit divin , n'ont pas besoin de directeurs, « ceuxci étant d'ordinaire plus occupés des pra« tiques extérieures que de la vie spirituelle ; » opinion qui avait pu blesser la doctrine de l'Église romaine : aussi ce passage futil retranché de l'édition de Borne, 158i, à laquelle durent se conformer celles de Brescia , 1G01, de Cologne, 1611 , etc. Dans la version française ainsi corrigée, Paris, 1617 le traducteur, .1.B. de Machault , sieur de la Motheliomaincourt, supprima en outre la dénomination de créature éternelle donnée à l'homme, qui a pris, selon I larphius, son origine dans le temps et l'éternité. Bossuet enfin, dans ses Etats d'oraison, applique au même auteur le reproche fait par Gerson à Rusbroeck , de bous- ; sep l'allégorie du langage figuré du Cantique des cantiques, en parlant des noces spirituelles de l'épouse avec l'époux, jusqu'à prétendre que l'âme s'unit tout entière et inséparablement avec JésusChrist dans la contemplation. Quoique sans doute le bon Harphius, comme l'appelle Bossuet, ne doive point etre jugé rigoureusement, et que ses sentiments paraissent avoir été plus purs que ses expressions; ce sont néanmoins les exagérations semblables des premiers écrivains mystiques, qui, outrées encore par leurs successeurs, ont produit, surtout chez les Gemmes d'une sensibilité vive, telles que les Bourignon , les Guyon , les Jeanne Leyde , ce mysticisme exalté , d'autant plus propre à égarer l'esprit qu'il flatte davantage l'imagination
  • Henri HEADLEY( 1766 - 1788) : pote anglais , né en 1766 à Instead , dans le comté de Norfolk , mort à Norwich en novembre 1788 , à l'àge de 23 ans , publia , n'ayant pas encore vingt ans, un volume de Poésies qui sont estimées ; l'ouvrage sur lequel se fonde sa réputation est un recueil en 2 voturnes publié en 1787, intitulé : Beautés choisies de l'ancienne poésie anglaise , avec des esquisses biographiques. Ce recueil parait avoir donné en quelque sorte le signal de ces recherches dans les monuments de l'ancienne poésie anglaise , qui ont été si multipliées de nos jours. Il a travaillé au Gentleman's magazine, et à un ouvrage intitulé : 011a podrida, recueil périodique, en quarantequatre numéros, imprimés pour la deuxième fois en 1 788
  • Henri HEINE( 1799) : le poète le plus original de l'Al- lemagne depuis la mort de Goethe, naquit à Dussel- dorf, le 12 décembre 1799 , d'une famille israélite justement considérée. Après avoir fini ses études au lycée de sa ville natale, il alla suivre les cours de jurisprudence à l'université de Bonn ; il se rendit ensuite à Goettingue, puis à Berlin , où il se livra avec une curiosité assez vive à l'étude de la philosophie. C'était un esprit ardent, une imagination fantasque , et lorsque l'illustre philosophe Hegel , qui l'admit dans son intimité, lui expliquait familièrement son système , l'humoriste y puisait déjà ces inspirations agressives et railleuses qui forment le fond de sa poésie. Cette influence ne saurait être mise en doute; il faut ajouter seulement que le poète la transformait avec une verve qui n'est qu'à lui. Figurezvous le panthéisme grandiose du philosophe de Berlin, C'est du moins la date que porte son acte de baptême. Plusieurs biographes, prenant au sérieux une plaisanterie du poête, le font naître quelques semaines plus tard ‘c Je suis le » premier homme du siècle, aurait dit Henri Heine , ‘, je suis » né le janvier 1800. n Cette plaisanterie ne méritait guère d'être conservée ; elle contient d'ailleurs une erreur de calcul , et pour que Henri Heine fût né le premier jour du dixneuvième siècle, il faudrait fixer cette date au 1" janvier 1801. On peut lire sur ce point une lettre de Henri Heine luimême adressée à l'auteur de cette notice et insérée en partie dans tin article de la Revue des Deux- Mondes , r- interpr'été par un esprit tour à tour audacieux ou bouffon, représentezvous ces arcanes de la dialectique, ces rigides et mystérieuses formules traduites dans le langage de l'ironie et de l'humour; ce sera la poésie d'Henri Heine. Le système de llegel , selon la manière de le comprendre, pouvait inspirer ou une audace révolutionnaire, ou une indifférence universelle ; ces deux inspirations sont réunies chez l'auteur des Reisebilder et du Livre des chants. Tantôt, au nom de cette philosophie altière qui semblait être la révélation d'un nouveau dogme, il se mettra à la tète de ceux qu'il appelle les Chevaliers du saint- esprit, et il s'écriera Je n'ai jamais considéré la poésie que comme a un saint jouet, comme un moyen consacré à un » but céleste. Qu'on loue mes chants ou qu'on les blâme , peu m'importe. Vous placerez un glaive surina tombe, oui, un glaive ! car j'ai toujours été et il a tout compris. Le tambour bat encore , c'est Iéna, c'est Austerlitz! le poète , comme on voit , ne craint pas de braver les colères de ses compa- triotes; il prend plaisir à aiguillonner le paisible tempérament de son pays. Lui aussi, comme le tambour Legrand, il a battu la charge dans les contrées allemandes , et au bruit de ce joyeux tambour, l'esprit de 89 a pénétré partout.Ce n'est pas seulement l'histoire du tambour Legrand qui révèle sous la forme de l'humour le caractère du publiciste libéral. Les Reisebilder sont le récit d'un voyage à travers l'Allemagne, et tous les épisodes de ce voyage , tous les tableaux que l'auteur déroule ne sont pour lui que des occasions de persifler la vieille Germanie. Les guerres de 1813, en réveillant chez les peuples allemands le sentiment enthousiaste d'une patrie commune, avaient créé ce parti du teutonisme entretenu avec soin par les gouvernements hostiles à l'esprit ,de la France ; Henri Heine , comme ce vaillant Louis Bcerne, qu'il a plus tard si misérablement outragé, comprit que le teutonisme cachait la confusion d'idées la plus funeste. Les rancunes du patriotisme accoutumaient les esprits à méconnaltre les principes de 89; c'est pour dissiper les préjugés, pour percer les déclamations gonflées de vent, qu'il manie comme une épée son étincelante ironie. Le premier volume des Reisebilder avait paru en 1826, le second en 4827, les deux derniers en 1830 et 1831. Après des voyages en Pologne, en Angleterre, en Italie, dans plusieurs contrées d'Allemagne, à Berlin surtout, où l'attirait l'amitié du fougueux et malheureux poète Christian Crabbe , de la brillante Rahel Levin et de M. Varnhagen d'Ense , il s'était établi à Hambourg, où demeurait une partie de sa famille, et c'est de là qu'il partit au printemps de l'année 1831, pour fixer sa résidence à Paris. Nous avons insisté avec quelque détail sur le Livre des chants et les Reisebilder. Henri Heine est là tout entier; le poète et le publiciste sont complets dans ces deux ouvrages. Ajoutons que le Livre des chants et les Reisebilder , malgré la différence de la forme, sont unis par des liens manifestes; le poète se retrouve sans cesse chez le prosateur, comme le prosateur chez le poète. Plusieurs pièces ly- tiques, plusieurs cycles de lieds, le Retour, par exemple , et la Mer du Nord, qui ont pris leur place plus tard dans le Livre des chants, avaient paru d'abord dans le premier et le deuxième volume des Reis, bilder. Encore une fois, c'est là l'inspiration primitive, l'inspiration la plus originale d'Henri Ileine; les excitations de 1830, le désir d'étonner la France et l'Allemagne vont lui dicter d'autres oeuvres, les unes trèsspirituelles, trèsbrillantes, les autres qui méritent une condamnation sévère; les meilleures pages que tracera sa plume nous montreront toujours le développement des idées exprimées déjà dans les Ta- bleaux de voyage et le Livre des chants. Ses lettres sur la France, insérées dans la Gazette d'Augsbourg , son livre sur la philosophie et la littérature de l'Allemagne , son tableau de t'école romantique , le Salon , Atta- Troll , le Conte d'hiver et les Poésies nouvelles , renferment certainement de rares beautés. L'histoire de la pensée germanique , depuis Kant, est présentée avec une verve entratnante et contient mème des aperçus vrais, quoique l'écrivain , décidé à faire la contrepartie de l'éloquent livre de madame de Staël , exagère à dessein le caractère destructif de ces hardis systèmes où l'auteur de Connue n'a vu que l'enthousiasme du spiritua- lisme. Alia- Troll et le Conte d'hiver sont des peines satiriques où une verve bouffonne est associée à une imagination étincelante; la poésie domine dans le premier, la satire dans le second. Les Poésies nouvelles sont aussi pleines de trésors, et le gracieux Can,. oniere intitulé Nouveau printemps est une des oeuvres les plus fratches et les plus parfumées du Pétrarque germanique. Pourquoi qu'auprès de ces productions exquises l'impitoyable railleur ait tracé tant de pages sans vergogne, où il semble bafouer luinième ses meilleures inspirations? Ces fleurs si parfumées distillent du poison ; derrière les haies d'aubépine on entend but à coup le rire saccadé de Méphistophélès. Ce qu'il y a de plus fâcheux, c'est que c'est là un Méphistophélès trèsartificiel, un Méphistophélès qui a appris son rôle et qui ne le joue pas toujours sans gaucherie. Il veut avoir de l'esprit et gâte celui qu'il a. Ces accents de la débauche, au milieu des purs épanchements de la poésie, attestent souvent un procédé vulgaire quand ils n'accusent pas une imagination souillée. L'artiste et l'homme y sont également compromis. C'est aussi pendant cette période que parut ce triste livre où un des plus nobles esprits de l'Allemagne, Louis Bcerne, est l'objet de si indignes attaques. Ce livre dont le titre seul est déjà une singulière outrecuidance et un des écrits qui ont le plus irrité l'esprit libéral en Allemagne, et attiré à l'auteur les plus violentes inimitiés. Les dernières années d'Henri Heine ont été tourmentées par une maladie douloureuse et terrible. Paralysé, privé de l'oeil gauche, voyant encore un peu de l'oeil droit, mais obligé, pour percevoir un pâle rayon de lumière, de soulever du doigt sa paupière inerte, il sentait son mal faire chaque jour des progrès. Il éprouvait souvent d'intolérables douleurs. On ne pouvait songer à le guérir; tout l'art des médecins consistait ici à calmer, à engourdir les souffrances, et à prolonger d'heure en heure une vie à chaque instant menacée. Ce martyre a duré plus de cinq ans. Au milieu de tant de tortures, il avait conservé sa verve et sa gatté ; l' poétique sembla même se réveiller chez lui, aussi fraiche, aussi étincelante qu'aux premiers jours. La poésie, l'humour surtout, ce mélange de tristesse et d'ironie qui était la forme naturelle de sa pensée, était devenu pour lui un refuge d'où il bravait la douleur. Ceux qui l'ont vu dans ces dernières années conserveront le souvenir d'un esprit ailé qui s'envole et triomphe en riant des tortures du corps. C'est dans le recueil intitulé Romancero que se déploie cette sérénité victorieuse. Quelquesunes des ballades, plusieurs des pemes et des récits épiques que renferme ce volume ont leur rang assuré parmi les plus heureuses productions de l'auteur. Citons aussi trois volumes de Mélanges où sont rassemblés de brillants programmes de ballets, Faust, Diane, etc., d'ingénieuses fantaisies comme les Dieux en exil, des confidences profondément ironiques sur l'état de son âme, et surtout les admirables poésies intitulées Lazare. Une des joies d'Henri Heine, pendant la maladie qui l'enchainait sur ce lit de mort, c'était la publication de ses oeuvres en français. Malgré l'opinion contraire trèsrépandue en France et en Allemagne, Henri Heine n'écrivait pas notre langue ; il la connaissait parfaitement , il en appréciait les finesses, les délicatesses , mais il était incapable de tourner une phrase élégante et qui ne fût pas embarrassée de germanismes. Toutes les oeuvres qui ont été publiées sous son nom dans notre idiome ont été traduites de l'allemand par des littérateurs français. MM. LceweWeimar, Gérard de Nerval , d'autres encore lui ont prèté le secours de leur plume. Les dernières compositions poétiques insérées par Henri Heine dans la Revue des Deux- Mondes, le Romancero , Méphistophéla et la Légende de Faust , le Livre de Lazare , le Retour , Noureauprititemps , ont été traduites par l'auteur de cette notice. Il faut ajouter que si Henri Heine ne maniait pas élégamment la langue française, il savait apprécier en maitre les traductions que lui apportaient ses amis. C'était plaisir de l'entendre discuter un mot, proposer un tour de phrase, combiner des alliances de termes, avec le sentiment le plus fin des lois du style et des ruses de la langue. Nous parlons surtout de la traduction de ses peines à laquelle il attachait un prix particulier; dans les traductions de ses écrits en prose bien des pages lui appartiennent, et ce sont sans doute les pages que la postérité déchirera. 11 y ' a, en effet, pour le fond comme pour la forme, bien des chapitres de ses livres que ses amis eussent voulu supprimer. Que n'atil suivi leurs conseils à propos de son livre sur la france! Que n'atil effacé tant de vulgaires bouffonneries adressées aux plus illustres personnages d'un pays qui l'avait accueilli peut-être avec une trop généreuse ! On s'est demandé souvent quelle était la religion d'Henri Heine. N' israélite, il avait été baptisé dans la communion luthérienne, à Heiligenstadt, le 28 juin 1825 ; il suffit de parcourir ses écrits pour savoir qu'il n'était ni juif ni chrétien. Il n'a jamais pu se débarrasser du panthéisme de Hegel. Son admiration pour Spinosa était sans bornes. C'est au nom du spinosisme et des théories hégé- liennes qu'il a passé sa vie à persifler toutes les religions établies. Le contraste de l'infini et des formes limitées dans lesquelles l'homme est obligé d'enfermer cette conception sublime est une des principales idées qui alimentaient sa verve impitoyable. Vers la fin de sa vie, cependant, il tourna cette ironie agressive contre le Dieu sans conscience et sans volonté que le panthéisme essaye de substituer au Dieu du genre humain. Des esprits sérieux, qui souhaitaient pour cette vie de caprice et d'ironie une conclusion plus haute , espérèrent un instant que cette longue pratique de la souffrance n'avait pas été stérile pour son âme. L'ironie était décidément la plus forte ; elle avait tout détruit. L'impossibilité de croire soit à un Dieu personnel, soit à un Dieu confondu avec le monde , tel était le dernier mot d'Henri Heine, lorsque la mort estvenue mettre fin à ses souffrances dans la matinée du 18 février 1856. Henri Heine a remué trop d'idées, harcelé trop de systèmes, jeté pèlemèle trop de noms propres dans ses pages sarcastiques pour qu'il soit possible de donner en quelques lignes une appréciation complète de ses travaux; on n'a voulu ici que marquer les caractères généraux de son talent, indiquer avec impartialité le bien et le mal que contiennent ses écrits, et faire soupçonner l'action qu'il a exercée sur l'Allemagne. En effet, bien qu'il ait passé vingtcinq ans à Paris , et malgré son désir de prendre rang dans la littérature de la France , c'est à l'Allemagne que s'adressent ses ouvrages. Séparées du mouvement littéraire de son pays , les pages qu'il a signées perdent leur physionomie véritable; rattachées à cette histoire , elles acquièrent un intérèt inat- tendu. Henri Heine nous apparaît alors comme un des plus brillants initiateurs de l'esprit nouveau en Allemagne. Il est de ceux qui ont voulu arracher la vieille Germanie à ses contemplations mystiques pour l'associer bon gré mal gré à la vie de la société européenne depuis la révolution française. Ce que le publiciste Louis Bœrne, le philosophe Édouard Gans, l'historien Gervinus, bien d'autres encore à leur suite, ont essayé par des moyens plus sérieux , il l'a tenté à sa manière par l'ironie et l'humour. S'il avait mis plus de suite et plus de dignité dans sa vie , cette influence, malfaisante sur tant de points, lui eût fait une place meilleure dans l'histoire intellectuelle de l'Allemagne , et un juge impartial ne serait pas obligé d'adresser de sévères reproches à l'homme, au milieu des éloges qu'a mérités le pone. — On peut consulter, pour de plus amples renseignements , Les poésies d'Henri Heine par Gérard de Nerval ; Henri Heine, sa vie et ses écrits ; l'Histoire de la littérature allemande depuis Lessing , par M. Hillebrand , et l'Histoire de la lit- térature allemande au 19e siècle , par M. Julien Schmidt ; parmi les écrits publiés sur Henri Heine depuis sa mort , il faut citer Heinrich Heine, Erinnerungen von Alfred Meissner, 1 volume, Hambourg, 1.856. Ileber Heinrich Heine, von Schmidt- Weissenfels , I volume, Berlin , 1857. Heinrich Heine , Denkunirdigkeiten und Erlebnisse ans meinem Zusàmmenleben mit ihm , von Fried- rich Steizzmann , 1 volume , Prague et Leipsick, 1857
  • Henri HENRIQUEZ( 1701) : né en 1701 , dans le territoire (l'Otrante, d'une famille napolitaine distinguée, après avoir fait à Lecce des études qui le préparaient à entrer dans la carrière ecclésiastique, fut chargé de plusieurs fonctions importantes dans l'Etat de l'Église, et reçut, entre antres, la mission de pacifier les troubles qui agitaient la république de SaintMarin. Sa conduite conciliante lui mérita l'approbation des cardinaux, réunis en conclave après la mort de Clément XII. Envoyé en Espagne à la sollicitation de Philippe V, il y exerça la nonciature pendant dix années, et fut élevé ensuite au cardinalat par Itenolt XIV. Une légation le fixa dans la Romagne, où il protégea les lettres et les académies. 11 établit une chaire d'histoire ancienne , et une autre de philosophie morale, à Ravenne. Les jésuites se mirent sous sa protection, et l'un ?'eus publia un drame à sa louange. Le P. Carrara , théatin , composa l'oraison funèbre de ce cardinal , mort en 1756. Outre une késgie à la mémoire de Clément \Il , et un Discours pour la restauration de l'Académie de Lecce, on a du cardinal Henriques une Traduction italienne estimée de l'Imitation de Jesus- Christ , avec le latin en regard , des citations en notes, des réflexions sommaires traduites du français , et une préface qui donne l'indication d'une trentaine (le versions en italien , et contient une notice de la Contestation sur l'auteur de ce livre, dans laquelle le sage traducteur ne prend point de parti , Home, 17:ii et 1755, ? vol. sous la nième pagination ; réimprimée, sans le texte, à Venise, 1775, 1 7i2, On a prétendu que cette traduction était d'un jésuite, et que les pères de la société en avaient fait hommage au cardinal llenriquez, en le priant d'y attacher son nom, soit pour mieux la recommander, soit plutôt pour se recommander euxmêmes : mais c'est là une assertion sans preuve, et le ton noble et impartial de la préface ne permet pas de douter que la traduction qu'elle annonce ne soit le fruit des veilles de ce docte et studieux prélat
  • Henri HERMONDAVILLE : médecin et chirurgien français, vivait au commencement du 14e siècle. 11 avait d'abord enseigné la chirurgie à la faculté de médecine de Montpellier, où il fut le maitre de Gui de Chauliac. Élève de Théodoric et de Lanfranc, il propagea la doctrine de ces deux grands chirurgiens, vint ensuite à Paris, et s'associa au collée de chirurgie que venait de fonder J. Pitard, premier chirurgien de SaintLouis. Il jouit dans la capitale d'une grande réputation, et fut médecin de Philippe le Bel. Il pratiquait donc à la fois la chirurgie et la médecine. Il fallait bien qu'il fût médecin pour avoir enseigné à l'u- niversité de Montpellier; mais il est indubitable qu'il exerça la chirurgie à Paris, puisque son nom se trouve dans l'Index funereus chirurgorum Pari- ai enuo 1515 * d &aimai ce)II composa sur cet art l'ouvrage k plus complet qui t encore paru : ce livre a ben' de modele à Gad oit tlauliar, qui k rite fréquemment rumine autorité. et place l'auteur parmi les plus grands rgiens, lI ne mus sr- Mt plus nen des livres it• mondani', , que les fragments qu'en a estraits epui de (loubar. Eloy assure qu'il en existait en ln& un Manuscrit dans la lobliothe?ue de la Norbonne , ainsi que dans celle du roi cette assertion n'est pas fondée
  • Henri HIRTZWIG : poète dramatique latin, oublié jusqu'ici dans toutes les biographies, vivait au commencement du 17e siècle et remplissait les fonctions de recteur du gymnase de FrancfortsurleMein. On cite de lui deux pièces de théâtre : Belzasec tragoedia, Spire, 1615 , et Lutherus draina, 1617 La première est entièrement inconnue ; mais le drame de Luther parait être un des types de la comédie historique qu'on cherche depuis quelques années à naturaliser en France. L'auteur composa cette pièce à l'occasion du premier jubilé de la réforme évangélique. Elle fut représentée à Wittenberg par ses soins et aux frais de l'électeur de Saxe JeanGeorges , qui ne négligea rien pour donner à ce spectacle toute la pompe dont il était susceptible. Ifirtzwig lui en témoigna sa reconnaissance dans l'épître qu'on lit à la tète de l'ouvrage. Le nombre des personnages qui figurent dans ce drame n'est pas moindre de quatrevingts , et il faut y ajouter le concile de Trente tout entier, le collége des cardinaux , les étudiants de l'Académie de Wittenberg avec leurs professeurs, des courtisans , des jurisconsultes, des Espagnols, des chevaliers, des paysans, et enfin le peuple. Ainsi le théâtre devait toujours être assez bien rempli. Le plan de cette pièce est défectueux et le style en est diffus ; mais les détails piquants dont elle est semée en assurèrent le succès dans le temps et la font encore rechercher aujourd'hui des curieux. Les exemplaires en sont fort rares , même en Allemagne. Freytag en a donné quelques extraits dans l'Apparat. litterar.. t.2 , p. 1218-24. On croit pouvoir attribuer à Ilenri Ilirtzwig : Epistola ad Ba'th. J'eut: et- de prœsente gymnasii Mceno- Francoficrtani ratione et statu ; le Catal. de la BibliothecaBunaviana en cite une édition de Francfort , 4651, iii-4°
  • Henri HIRZEL( 1766 - 1833) : écrivain suisse, né le 17 août 176G à Weiningen , aux environs de Zurich, parcourut dans cette le cercle entier de ses études, et après y avoir achevé sa théologie, après avoir reçu les ordres, alla passer plusieurs années en Italie, tantôt rapide voyageur, tantôt amateur sédentaire. De retour dans sa patrie, il enseigna la logique et les mathématiques, obtint ensuite la chaire ; 9." plusieurs traductions du français, savoir : 1. de J.-11. Meister, une Esquisse biographique de Lavater, Zurich, 1802 les Nouvelles suisses, Zurich , 1825 , ; les Lettres â un ami sur la vieillesse, Winterliür, 1811 , '2. de biffin de Châteauroux, les Lettres sur l'Italie , Lcipsick , 1820, 2 vol. 3° beaucoup d'articles épars dans les Notices zurichoises de 1811 et années suivantes, dans la Feuille du matin de Zurich , 1817 , dans l'Almanach de la réforme pour 1819 et 1821. Ces morceaux décèlent chez Hirzel autant ; 5° Instruction sur l'épizootie qui frappe les Utes à cornes, ibid., 1790 et l'Introduction à la thérapeutique de cette épizootie, ibid., 1799 ; 40 Histoire des traraux de la société auxi- liaire de Zurich , 1803-1804 . Hirzel avait fondé et présidait cette société. Divers articles dans les Zurichois célèbres de L. Meister, dans le Magasin de médecine utile de J.L. Bahn , 1782-86 , dans le magasin intitulé les Naturalistes de l'Helvétie, 47R7-1789., dans le Calendrier helvétique, 4780- 1798
  • Henri HOLDEN( 1576) : savant docteur de la faculté de théologie de Paris , naquit en 1576, d'une famille hounete et considérée de la province de Lancastre en Angleterre. Après avoir fait son cours de théologie à Douai , il se rendit à Paris, y fit sa licence avec beaucoup de distinction, prit le bonnet de nocteur et eut beaucoup de part aux affaires les plus importantes qui furent portées de son temps au tribunal da la faculté. Son mérite universellement reconnu aurait pu lui procurer des bénéfices, si sa modestie ne l'eût empêché de les rechercher. Attaché à la paroisse de StNicolas du Chardonnet , il partagea son temps entre l'étude et le ministère de la pénitence. La réputation qu'il s'était acquise pour la résolution des cas de conscience lui devint funeste. Un escroc , sous prétexte de le consulter sur un point de morale, s'étant introduit dans son appartement, le força, le pistolet sur la gorge, de lui donner tout l'argent qu'il avait en sa possession. llolden, nommé membre du chapitre catholique à l'époque du rétablissement de l'épiscopat en Angleterre , prit beaucoup de part aux disputes que cet événement fit naltre parmi ses compatriotes de la communion romaine . Powden a publié à la fin de ses Remarques sur les mémoires de Panzani , Liége, 1794, la requète curieuse que ce docteur présenta, en 1647, au parlement d'Angleterre, au nom des catholiques de ce royaume , pour en obtenir le libre exercice de leur religion, sous plusieurs conditions dont voici les principales : 1. qu'ils prêteraient le serment d'allégeance au gouvernement existant 20 qu'ils seraient gouvernés quant au spirituel par des évêques titulaires , indépendants de toute autorité étrangère, moine de celle du pape, dont toutefois ils faisaient profession de reconnaltre la primauté divine, à l'exemple de ce qui se pratiquait dans tous les États catholiques, particulièrement en France; 5" que tout le clergé séculier et régulier serait tenu de se soumettre à la juridiction de ces évêques, canoniquement institués pour l'exercice du saint ministère , nonobstant tout privilége contraire, sous peine d'ètre bannis du royaume; 4° que ces évèques répondraient de la loyauté de tous les catholiques qui auraient pris l'engagementde reconnaître leur autorité; 5.qu'ils ne participeraient à aucun acte ou transaction entre particuliers contraire aux lois du royaume, comme les testaments, les mariages, etc. Le der?ier article de cette requête contenait une clause trèssévère contre les jésuites , qu'on regardait connue les principaux moteurs de l'opposition à la doctrine contenue dans les articles précédents. Ce docteur mourut à Paris en 1665, avec la réputation d'un des plus habiles théologiens de son temps, dont plusieurs se faisaient un devoir de le consulter sur leurs ouvrages avant de les rendre publics. Doué d'une justesse d'esprit admirable, il s'était particulièrement appliqué à fixer les bornes qui séparent les dogmes de la foi des opinions de l'école, dans la vue de faciliter la réunion des protestants. Nous avons de lui : Divine: jidei analysis, Paris; 1652 tra_ (luit en anglais par W. G. Paris, i658 L'édition (le 1698. est enrichie des notes (le M. d'Argentré, depuis évèque de Tulle. Elles ont I été réimprimées dans celle de Barbon, donnée par Godescard , Paris , 1767 Ce livre , de= venu classique, offre un excellent modèle de la méthode que l'auteur s'était faite pour apprendre à distinguer ce qui constitue un dogme de foi de ce qui doit titre rangé dans la classe des simples opinions théologiques. 20 Traclalus de schismate, contre Bramhall, archevêque d'Armag, suivi d'un appendix ; Tractatus de usera, qu'on trouve à la tète de l'Analyse de la foi; 4. Novum Testamentum, avec des notes marginales , courtes, mais estimées, Paris, 1660 5. Divers traités de controrerse; Epistola ad D. Arnaldum, theologicum parisiensem ; 7. Préface pour un grand ouvrage sur la vérité de la religion chrétienne, Paris Cet ouvrage qu'il avait confié à un ami se perdit pendant les désordres de la guerre civile. Dodd, qui en avait vu le plan tracé de la main, de l'auteur, l'a inséré dans son Histoire de l'Eglise. L'idée qu'on a des talents (le Holden et de sa manière de traiter les questions de 'ce genre doit en faire regretter la perte
  • Henri HOME( 1696 - 1782) : lord Kames, Écossais également distingué comme jurisconsulte et comme écrivain, naquit en 1696 à Kames, dans le comté de Berwick. Le défaut presque absolu de fortune fut un aiguillon qui le poussa à rechercher l'instruction. Reçu avocat en 1724, il publia plusieurs ouvrages estimables sur la jurisprudence. Bientôt il eut une nombreuse clientèle. 11 se délassait en se livrant à l'agriculture ; et il est le premier qui ait introduit en Écosse les améliorations de l'agriculture anglaise. Il fut élu , en 1752, un des juges de la cour de session , et parut en 1767 , en cette qualité, dans la fameuse cause de Douglas. Il devint, en 1763, un des lords du justicier, tribunal criminel en Écosse. Il mourut, le 27 décembre 178g, l'âge de 87 ans, regretté pour ses talents, ses qualités sociales et ses vertus. Sa vie, passée alternativement dans le monde, où il brillait par sa conversation , dans son cabinet, où il faisait succéder la littérature aux sciences les plus abstraites, et dans les tribunaux, n'offre aucun incident remarquable. Protecteur des lettres , de l'agriculture et des arts utiles, il a écrit un grand nombre d'ouvrages ; voici les principaux : 1°. Dé- cisions renzarquables de la cour de session, de 1716 ci 1728, 17'28, 1 vol. ; 2" Essais slIr divers sujets de jurisprudence , 1752 , 1 vol. Déci- ' sions de la Collr de session depuis sa première insti- tution jusqu'à l'année 1740 , abrégées et rédigées sous des titres convenables , en forme de dictionnaire, 1741 , '2 vol. ; 4" Essais sur diverr. sujets concernant les antiquités britanniques, 1747 , I vol. . ; 5. Essais sur les principes de morale et de religion naturelle , 1 751 ; c'est celui de ses ouvrages dont on a le plus parlé, et qui lui fait peut-ètre le moins d'honneur. C'est un exposé trop clair de la doctrine appelée depuis Nécessité philoso- phique ; doctrine qui n'avait rien d'étonnant sous la plume de Hobbes , de Collins et de David _nome, mais qui devait exciter un cri d'indignation, étant adoptée par un écrivain jusqu'alors connu par d'excellents principes de morale. On l'attaqua dans divers écrits : dans une subséquente édition de ses Essais , il changea les endroits qui avaient donné lieu à la censure , mais n'en conserva pas moins jusqu'à la mort sa façon de penser. D'un autre côté, quelques personnes, mime parmi celles qui avaient de l'instruction, confondant la néces- ........... i hé avec la prédestination , complimentèrent lord 1 'mes sur sa belle défense de la foi établie; et un ' rofesseur , dans un collége de dissenters , alla jusqu'à recommander à ses élèves les Essais sur la rurale, et la religion naturelle, comme contenant ne justification complète de la doctrine de Calin : aussi ce professeur futil destitué de ses fonctions , et exclu de la communion de sa secte. ' 6° La loi parlementaire d'Ecosse, abrégée , avec des notes historiques , 1757 , 1 vol. 70 Traités de droit historique, 1759, 1 vol. w ; 8. Les principes de l'équité, 1760 ; 9. Intro- duction à l'art de penser , 1761, I vol. C'est un recueil de maximes tirées de la Rochefoucauld et d'autres auteurs , auxquelles lord Kames a ajouté des traits d'histoire , des fables et des anec- dotes. 100 Elements de critique, 1762, 5 vol. où l'on démontre pour la première fois que l'art de la critique est fondé sur les principes de la nature humaine. L'ouvrage , écrit avec un intérêt dont le sujet ne paraissait pas susceptible , fit aussitôt oublier le Traité des études de Rollin jusqu'alors généralement adopté en Angleterre. Ces Eléments n'eurent cependant pas le don de plaire à Voltaire , qui les a traités fort lestement dans l'article de ses Mélanges littéraires intitulé A un journaliste, 1766. Il appelle l'auteur le lord Makaims, au lieu de lord Kames. 11. Décisions re- marquables de la cour de session, de 1730 à 1752 , 1766, 1 vol. ; 12. le Gentilhomme fermier, OU Essais pour perfectionner l'agriculture en la sou- mettant à l'épreuve des principes rationnels, 1776, • vol. trèssouvent réimprimé; 15. Esquisses de l'histoire de l'homme, 1773, 2 vol. 140 Eclaircissements concernant le droit commun et sta- tut d'Ecosse, J 777 , 1 vol. 15. Décisions chai- ' sies de la cour de session, de 1752 à 1768; 16. Quel- ques idées sur l'éducation , concernant principale-, ment la culture du eceur, , 1781, I vol. C'est , le dernier ouvrage de l'auteur, qui avait alors quatrevingtcinq ans. On a de lui, en outre, quelques écrits insérés dans les Essais physiques et lit- téraires , publiés par une société d'Édimbourg. Entre plusieurs opinions singulières , le lord Raines soutenait que la guerre était une bonne chose en ce qu'elle donnait lieu à beaucoup de traits de valeur etde vertu. Cela faisait sourire le docteurJohnson. « On pourrait également, ditil, « regarder un incendie comme une bonne chose; « on y voit le courage et l'adresse des pompiers « qui sont occupés à l'éteindre : que d'humanité « pour sauver la vie et les propriétés des pauvres « victimes ! Après tout, cependant , qui pourrait « dire qu'un incendie est une bonne chose? » Lord WoodhouseLee a publié, en 1807, 2 vol. les Mémoires de la vie et des écrits de H. Home de kames
  • Henri HOOGEVEEN( 1712 - 1791) : habile helléniste, naquit à Leyde à la fin de janvier 1712 , de parents extrêmement pauvres. Sa mère voulait qu'il apprit un métier ; mais son père, lui avait des sentiments plus élevés, désira qu'il reçût une éducation littéraire, et le fit entrer au gymnase de Leyde. Pendant trois ans, le jeune Hoogeveen ne répon- dit aux bontés paternelles que par une applica-, tion exemplaire et une ardeur au travail si excessive qu'elle pensa lui coûter la vie : mais ses efforts étaient sans succès. Soit que la misère eùt arrêté le développement de ses facultés, soit que l'extrême sévérité du maître qui le dirigea dans ses premières classes eût étouffé ses moyens et comme abruti son intelligence , il ne put sortir de la dernière pVce. Mais arrivé en troisième , et confié à un maitre plus humain , tout à coup il montra une facilité qu'on ne lui soupçonnait pas, et à la fin de l'année il avait surpassé presque tous ses condisciples , et ne le cédait qu'à Bur- mann Second. Ses progrès allèrent toujours crois- sant , et son noin fut bientôt si honorablement connu , qu'en 1732 il fut nommé coreeteur de l'école de Gorinchem, et, neuf mois après, appelé à Woerden pour prendre la direction du gym- nase qui venait d'y être fondé. C'était, pour un jeune homme de vingt ans , une tàche un peu forte que de conduire un établissement où tout était à. créer : mais le succès couronna son zèle et son habileté , et lorsqu'en 1759 les magistrats de Culembourg lui offrirent à des conditions trèsavantageuses la place de recteur de leur gymnase, il laissa celui de 1fVoerden dans l'état le plus Pr _......_. florissant. En 1743 il quitta Culembourg pour le i rectorat de Bréda ; puis , au bout de seize ans, celui de Bréda pour celui de Dordrecht , d'où il fut en quelque sorte arraché par les magistrats I de Delft , qui le mirent à la tète de leur école. Il mourut dans cette dernière ville en 1791, avec la réputation de grammairien consommé que lui avaient justement acquise ses Remarques sur les idiotismes grecs de Vigier, tant . Ce dernier ouvrage est tellelent étendu , tellement chargé de détails , que c'est un service à rendre aux lecteurs que de leur dire qu'il en existe un excellent abrégé par M. Schutz. Hoogeveen , quoique grammairien, avait de la facilité, peut-ètre même du talent pour la poésie. Il a composé , pour les solennités académiques , beaucoup de vers latins, des odes, des élégies, dont Saxius donne les titres et les dates
  • Henri HUDSON : navigateur anglais, s'était fait avantageusement connaître par son intrépidité et sa capacité , quand une compagnie de riches négociants de Londres jeta les yeux sur lui pour aller découvrir un passage soit par le nord, soit par le nordest ou par le nordouest. Hudson partit de Gravesend, sur la Tamise, le 1'r mai 1607 . Le 15 juin il vit la terre par 750 au nord de : il parait que c'est une partie de la côte orientale du Groenland. Il navigua pendant trois mois dans ces mers boréales, aborda quelquefois à terre , et s'éleva jusqu'au 82e degré, où les glaces lui fermèrent le passage. Il lit ensuite une tentative pour débouquer par le nord du Groenland ; arrêté par le même obstacle, il prit la route d'Angleterre, où il arriva le 15 septembre. Il repartit le 21 avril 1608, essayant de trouver le passage entre la NouvelleZemble et le Spitzberg, dont il avait reconnu les côtes l'année précédente; les glaces l'en empêchèrent et ne lui permirent pas non plus de passer le détroit , que les mécontents éclatèrent , se saisirent de Hudson , de son fils , qui n'était encore qu'un enfant , puis de Woodbouse , mathématicien , qui faisait volontairement le voyage , enfin du charpentier et de cinq matelots, et ils les mirent dans une chaloupe, ne leur donnant qu'un fusil , quelques épées et une trèspetite quantité de provisions. On n'a plus entendu parler de ces infortunés , qui sans doute périrent de misère ou furent assommés par les sauvages. Les monstres qui les avaient abandonnés avec tant de cruauté reçurent, au moins en partie, le ch1t laient h\ à leur forfait. Green et deux de ses compagnons furent tués dans une rencontre qu'ils tirent des sauvages; d'autres moururent en route : enfin, les derniers n'abordèrent en Irlande, au mois de septembre, qu'après avoir essuyé toutes les horreurs de la faim. Le navire était alors commandé par Robert Byloth , habile marin , qui fit depuis un voyage de découvertes , et un autre avec Baffin. L'on fut instruit de tous les détails de la fin de cette expédition par Habacuc Pricket, écrivain du vaisseau, que l'on soupçonna fortement d'avoir trempé dans un complot si noir, mais une protection puissante le déroba au cliàliment avec tous ses compagnons. D'ailleurs il eut l'art à son retour de relever les espérances de la compagnie par les particularités qu'il raconta , et qui donnèrent lieu de croire que la mer était ouverte à l'ouest. On l'embarqua sur le vaisseau de Button , que l'on expédia avec un autre bAtiment pour une nouvelle entreprise , et afin d'arracher, s'il était possible , Hudson et ses compagnons à leur malheureux sort. Les détails de cette dernière expédition de lludson , dans laquelle il fit des découvertes importantes, qui ont conservé son nom, se trouvent ainsi que ce qui concerne ses autres voyages dans le tome 4 du Recueil de l'urchas. Ils ont été extraits des journaux de lludson , quelquefois avec beaucoup de négligence. Les tomes 10 et 11 des Petits voyages de Debry contiennent aussi quelque chose sur les découvertes de Hudson dans le nord. Son voyage pour les Hollandais est dans les recueils publiés par cette nation. Il existe un ouvrage intitulé Descriptio ac delineatio geoyraphica dete,• tionis _ ire i sire transitas ad occasum, supra terras americanas in Chinam algue Japonem ducturi , recelas investiyati a JI. Henrico Hudson Anglo, Amsterdam , 1612 , avec une mappemonde qui représente le détroit ouvert à l'ouest. Ce n'est qu'un abrégé peu exact et trèssuccinct, en trois pages, des deux derniers voyages de Hudson : à la suite se trouvent d'autres morceaux
  • Henri HULOT( 1732) : docteur agrégé de la faculté de droit , né à Paris en 1752 , fut reçu avocat à l'àge de vingt et un ans. Lié d'une étroite amitié avec Élie de Beaumont, ils occupaient le même appartement ; mais l'un parvint à la gloire et à la richesse , tandis que l'autre lutta constamment contre la destinée et le mauvais vouloir des hommes. Peu favorisé de la fortune, il fut obligé de donner des leçons particulières de droit à quelques élèves. La délicatesse du conseil de discipline s'en émut ; il fut rayé du tableau. En vain réclamatil , par un mémoire qui reçut de la publicité , contre cet acte arbitraire , les avocats maintinrent leur décision. C'est alors qu'il entreprit un ouvrage auquel il travailla pendant vingt années , la traduction des Cinquante livres du Digeste. Encouragé par Pothier , il en fit paraltre le prospectus en 1764. Mais il rencontra des ob- stacles de tout genre, quoiqu'il eùt reçu plus de mille souscriptions. La faculté de droit , qui était en possession d'enseigner le droit romain dans un latin qui lui était propre , considéra cette entreprise comme attentatoire à ses prérogatives. Elle eut le crédit d'obtenir du ministère la révocation du privilége qui avait été.accordé à Hulot. D'un autre côté, les zélateurs du texte des lois romaines prétendirent qu'on ne pouvait les sainement en français, et que d'ailleurs ce serait risquer de multiplier les procès que de les mettre à la portée du plus grand nombre. lin anonyme publia contre le projet de traduction les Lettres d'un avocat au parlement , à MM. les éditeurs du Journal des sa- vants, Paris, 1765 Hulot répondit à cette attaque par d'autres Lettres aux auteurs du Jour- ' nal de Trévoux, Paris, 1765 Les rédacteurs de cet ouvrage périodique se prononcèrent pour Hulot dans un article détaillé qu'ils consacrèrent à l'examen des deux écrits contradictoires . Ce ne fut qu'en 1803 que les libraires Behmer et Latnort , de Metz , ayant traité avec les héritiers Ifulot, s'associèrent pour publier la traduction du corps de droit. Ils firent paraltre, (le '1803 à 1805, les Cinquante livres du Digeste ou des Pandectes de l'empereur Justinien, 7 vol. et 35 vol. Les quarante premiers livres étaient entièrement Mémoires pour l'histoire des sciences et des beaux- arts, septembre 1765, p. 707. traduits par Hulot. Les dix autres l'avaient été par Berthelot et Debras. En 1806, les éditeurs firent encore paraître les Institules de l'empereur Justinien, traduites par Ilulot suivies d'une table générale des titres du Digeste et des insti- tutes par ordre alphabétique. Cette volumineuse collection a été portéç , par les additions qui y ont été faites des autres parties du corps de droit, jusqu'à dixsept volumes L'édition originairement annoncée en 176f n'aurait eu que trois volumes L'excès du travail et les injustices qu'il avait essuyées altérèrent la santé de l'Eliot. Après avoir langui quelque temps , il mourut en 1775
  • Henri HUNT( 1773) : fameux orateur radicaliste , naquit le 6 novembre 1'775 à la ferme de Weddington . Son père, qui faisait valoir des terres, dont une partie seulement lui appartenait , tenait un rang honorable dans le canton : il descendait d'un de ces Normands qui vinrent avec Guillaume le Conquérant ravir aux Saxons et aux Angles ce qu'ils avaient ravi aux Bretons. Les ancêtres de Hunt avaient reçu, en récompense de leurs exploits, de riches terres dans les 'comtés de Devon et de Somerset; et la famille n'en fut privée qu'au temps de Cromwell, qui punit ainsi sa fidélité aux Stuarts. Cette spoliation, bien que les Stuarts ne l'eussent point réparée à leur retour, laissa toujours aux Hunt un fond d'aversion pour les successeurs des Stuarts , et conséquemment une propension à se range• sous toute bannière qui déplaisait à la maison de Hanovre. Le jeune Hunt était surtout de caractère à prendre ainsi le contrepied de ' tout ce qu'il voyait établi. De trèstonne heure il se montra opiniàtre, hargneux et frondeur. Toute subordination lui pesait. L'autorité paternelle un'ine lui semblait une tyrannie : une remontrance le mettait en fureur. C'est ainsi qu'un jour de simples représentations lui firent quitter le toit paternel : il s'enfuit à Bristol et signa son engagement comme matelot à bord d'un vaisseau négrier. Heureusement le navire ne mit point à la voile : on apprit la résolution du fuyard; des amis s'entremirent et le ramenèrent à son père. 11 arrive quelquefois qu'un jeune homme de cette trempe se signale par de rapides progrès au collège. Il n'en fut point ainsi de Hunt : il prit les langues mortes, la routine et ses maîtres en un superbe dégOût. Aussi ne puton le lancer dans aucune des carrières qui supposent des études; et, de retour auprès de son père, il le seconda dans ses travaux d'exploitation rurale. Cette vie active, au milieu d'inférieurs et sur une nature à dompter, lui convenait assez. Mais, comme son père voulait ètre maître dans sa maison, l'harmonie ne dura pas longtemps. Bientôt le jeune homme se maria, et comme on pouvait s'y attendre, son choix ne fut point ratifié par son père. Le mariage n'en fut pas plus heureux, et au bout de quelques années il se sépara de sa femme, qui semble n'avoir eu aucun tort. La mort de son père, arrivée en 1797, avait précédé cet événement et l'avait laissé à la tète d'environ quinze mille francs de revenu en biensfonds. Cependant la monotonie, la simplicité de la vie de campagne lui pesaient : ses brusqueries, ses incartades plus ou moins originales avaient trop peu de son comté ayant notifié au ministère que, prote à défendre le pays en cas d'attaque, elle ne consentirait pas à se mobiliser et à servir loin de ses foyers, Hunt, qui faisait partie de cette yeomanry, se récria sur la tiédeur et le manque de patriotisme de ses camarades, et dans une lettre qu'il eut soin de rendre publique, il déclara qu'indigné du refus qu'on venait d'articuler, il quittait à l'instant mème la yeomanry. Ce coup de boutoir contre la milice bourgeoise plut singulièrement au ministère, dont quelque agent peut-ètre l'avait provoqué; et lord Bruce écrivit surlechamp à Hunt pour lui offrir du service dans son corps. Hunt accepta. C'était débuter avantageusement dans la route de l'ambition, et avec un peu d'adresse, de patience ou d'urbanité, Hunt eût pu faire son chemin sous les auspices du cabinet. Mais il ne possédait point les deux premières qualités et il eùt rougi de la dernière, bien qu'il aimât à s'entendre appeler gentleman, et qu'il prit la qualification' de squire; il prétendit trop vite et trop haut à trop d'avancement. D'ailleurs ses formes violentes, l'ironie triviale avec laquelle il exprimait les voeux de son orgueil et son opinion sur les personnes le tirent bientôt détester. Las de ses criailleries, lord Bruce prit au bout de quelques mois le parti de lui écrire que désormais ses services étaient inutiles. Hunt irrité va lui demander une explication caté- gorique, et sur le refus de ce seigneur, il lui envoie un cartel. La réponse du lord fut une plainte au criminel devant les assises de Salisbury. Hunt commença par refuser de comparaître; mais condamné par les juges, il rappela, et cette fois consentit à se présenter et à se défendre : la cour dit banc du roi lui infligea six mois de prison, outre une amende de cent livres sterling et les frais du procès. L'irritation de Hunt contre lord Bruce était déjà devenue de la haine contre l'aristocratie; on doit deviner ce qu'elle devint sous les verrous, surtout après qu'il y eut trouvé pour compagnons Waddington et le conseiller Clifrord , tous deux privés de la liberté pour avoir proclamé la nécessité de réformer la constitution britannique. C'était au moment où commençaient à nattre en GrandeBretagne les germes de nouveaux partis politiques bien autrement divisés que les whigs et les torys. Hunt se fit, avec toute l'impétuosité de son caractère frondeur et foilgueux, le disciple des maîtres profonds, qui virent dans ce g, ntleman former, dans ce bouledogue cambrien, un portevoix des plus sonores, et qui l'initièrent complétement à leurs doctrines, issues en ligne droite de celles des jacobins. Toutefois ces principes ne purent produire d'explosion sérieuse tant que dura la guerre contre Napoléon. Les ressorts du gouvernement étaient alors trop sérieusement tendus : beaucoup de têtes turbulentes étaient dans les camps; la marine employait une infinité de gens du peuple. Hunt pendant ce temps ne put que déblatérer sur ses terres ou dans un cercle assez restreint contre Castlereagh et les coryphées du gouvernement anglais, se plaindre des taxes immodérées qui pesaient sur les propriétaires, attribuer à la guerre et aux ministres la détresse des campagnes et la sienne. Effectivement il faisait assez mal ses affaires, et en cela il ressemblait à beaucoup de ses voisins; niais les exigences de la guerre et de la dette publique n'en étaient pas les seules causes. Enfin la France succomba sous la coalition; 1814 et 1815 rendirent la paix à l'Europe. Alors l'Angleterre glorieuse et haletante moissonna les fruits amers de sa politique. L'énorme dette, le retour de la population licenciée sans avoir de quoi vivre, l'engorgement des carrières pacifiques et des ateliers industriels causèrent une agitation sourde et qui bientôt se traduisit en émeutes. Le jacobinisme, élevé à la forme scientifique et appliqué à la critique de la constitution du RoyaumeUni, prit le nom de radicalisme ; et dès lors Hunt eut trouvé son vrai théâtre et sa sphère d'action. Se roidir contre des difficultés, verser en cynique le sarcasme et l'invective sur les supériorités qui l'offusquaient et qui l'avaient froissé, promener la faux et la sape de haut en bas sur tous les points de l'édifice social, et en ruiner la hase inètne, primer parmi les tuasses, par l'intarissable flux de son éloquence souvent triviale et fougueuse et par le retentissement de ses infatigables poumons, parler du haut
  • Henri HUNTER( 1738 - 1802) : écrivain écossais, né en 1738, ou , suivant d'autres, en 1711, à Culross, dans le Perthshire , fut d'abord l'un des ministres de SouthLeith , et ensuite, pendant trente et un ans, pasteur de la congrégation presbytérienne de LondonWa11.11 joignait à beaucoup de savoir et de talent, comme prédicateur et comme homme de lettres, un esprit agréable, fait pour briller dans la meilleure société. Il mourut à Bristol le 27 octobre 1802. On cite parmi ses ouvrages, qui sont tous écrits avec goùt et d'un style facile et naturel : 1. Biographie sacrée, ou suite de discours sur les vies des patriarches, 1786 , 5 vol. suivis de trois autres en 1792 : c'est un livre qui jouit d'une grande réputation en Angleterre, et qui a eu différentes éditions ; 2" un volume de Sermons estimés; 3° la traduction en anglais des Études de la nature , traduction trèsbien faite et qui lui mérita, diton, les retnerelments de l'auteur, Bernardin de SaintPierre; •0 la traduction des Voyages de Sonnini en Égypte ; celle de la Physiognomonie de Lavater, avec des gravures superbes et imprimée avec beaucoup de luxe. C'est un des plus beaux ouvrages typographiques qui aient alors paru; chaque exemplaire se vendait quarante guinées. Hunter ne commença cette traduction qu'après être allé visiter Lavater luimorne dans son pays natal. 6. La traduction du sixième volume des Serinons de Saurin; 7° la traduction de la Vie de l'impératrice Catherine II , par Castera; 80 la traduction des Lettres d'Euler â une princesse d'Allemagne, 1795, 2 vol
  • Henri IRETON : général anglais distingué et homme d'État du parti parlementaire dans les guerres civiles du règne de Charles I", dont il fut un des juges, descendait d'une bonne famille, et fut d'abord destiné à suivre la carriere du barreau. Lors des troubles civils, frelon offrit son épée au parti du parlement, et par son habileté et la protection de Cromwell, dont il épousa la tille ; et, malgré tous ses efforts, il ne put empècher qu'elle ne fût enfoncée de toutes parts par une charge furieuse du prince Rupert, dans laquelle il fut blessé et fait prisonnier. Cromwell ayant rétabli les affaires et remporté une victoire complète, qui força le roi et le prince Itupert à prendre la fuite, en abandonnant les prisonniers qu'ils avaient faits, Ireton recouvra sa liberté quelques heures après l'avoir perdue. Il eut une grande part à toutes les opérations qui mirent d'abord le parlement I lans la dépendance de l'armée, et changerent enfin la constitution de l'État , de monarchique en répu, blicaine. Clarendon l'accuse d'avoir , ainsi que Cromwell, trompé grossièrement Ashburnham, secrétaire confidentiel du roi, pour engager ce monarque à s'évader d'Ilamptoncourt et à se rendre dans l'île de Wight, où il tomba entre les mains d'ilammonti, dévoué à Cromwell, qui l'avait nommé gouverneur tic cette lie depuis peu de jours. Après l'évasion du roi à l'île de Wight , Cromwell et frelon convoquèrent une assemblée secrete des officiers généraux, pour déterminer le parti qu'il convenait de prendre à l'égard du roi : il fut résolu dans cette conférence, précédée de jeûnes et de prières faites par ces deux chefs , que Charles tir serait poursuivi au criminel comme coupable du crime de lèsenation. Sur ces entrefaites, Ireton , chargé par le parlement d'aller avec Cromwell à ?Vestniinster, où était l'armée, pour calmer sou insubordination, qu'ils avaient euxmêmes secrètement excitée, loin de remplir sa mission , ne chercha , ainsi que son beaufrère, qu'à irriter davantage les esprits des soldats. Ceuxci , se modelant sur la secte des indépendants, née au sein du presbytérianisme, ne voulaient ni synode, ni ministres, ni prêtres, ni roi, tandis que les membres du parlement voulaient, au contraire, une démocratie royale ; que leur intention était seulement d'humilier le roi, mais de le conserver. Les deux perfides députés que le parlement avait eu l'imprudence d'envoyer semèrent adroitement le bruit qteil agissait . 11 accompagna ensuite Cromwell en Irlande , et, après l'avoir suivi dans plusieurs expéditions , fut détaché avec un corps de troupes pour attaquer Duncannon ; mais la garnison de cette forteresse lit une résistance si vigoureuse , et le gouverneur Wogam , secondé par lord CastleHaven , obtint, dans une sortie, un tels succès, que le général Ireton fut obligé de lever le siége et d'aller rejoindre le gros de l'armée , après avoir perdu la plus grande partie de son monde par les fatigues d'une campagne entreprise dans une saison rigoureuse. L'armée de Cromwell s'avança ensuite, après des succès divers, sur deux colonnes, dont l'une était commandée par Ireton , à qui le protecteur laissa même le commandement en chef avec le titre de son lieutenant et de lord député, lorsqu'il fut obligé de revenir en Angleterre pour marcher contre les Écossais, qui avaient reçu Charles II comme leur souverain. ireton montra un grand courage et une habileté peu commune ; mais ce qui le fit réussir surtout, ce furent les divisions des Irlandais entre eux , et l'insubordination des habitants et du clergé. Les mesures militaires d'Ireton étaient toujours précédées d'intrigues diplomatiques. Pour pénétrer dans Unrnerick, dont la possession lui importait beaucoup, il proposa aux habitants de lui accorder, ainsi qu'à son armée, un libre passage pour s'avancer dans le comté de Clare, promettant, en récompense, de leur laisser la libre jouissance de leurs droits religieux , civils et commerciaux , avec l'exemption d'une garnison. Ces conditions étaient au moment d'être acceptées ; mais les sollicitations de lord CastleHaven et l'arrivée d'un secours les firent rejeter. Après avoir formé le siége en règle , Ireton s'empara de la place, malgré la vive résistance qui lui fut opposée. Ce ne fut même que par suite d'une sédition qui se manifesta dans la ville qu'on lui en ouvrit les portes. Il n'excepta de l'amnistie accordée aux soldats et officiers de la garnison que vingtquatre personnes, qui furent presque toutes exécutées. Le brave Hugli 0Nial, gouverneur de la ville, qu'il avait défendue avec un courage héroïque, fut condamné à mort par Ireton et le conseil soumis à ses volontés : mais les pressantes sollicitations de quelques officiers de marque obtinrent que l'on revit son procès, et lui sauvèrent ainsi la vie ; car Ireton mourut peu après Limmerick , d'une maladie pestilentielle , ‹, sincèrement regretté , dit Gran« ger, des républicains, qui le révéraient comme r' un brave soldat, un véritable homme d'État et « un saint. » Le parlement accorda une pension de deux mille livres sterling à sa famille, et, après avoir fait embaumer son corps, le fit déposer à Westminster, dans le tombeau des rois, après des funérailles magnifiques, faites aux dépens du trésor public. 11 fut traité bien différemment quelques années après . Fleetwood , qui épousa sa veuve, lui succéda en Irlande, et, à son arrivée, trouva tout le pays soumis par les efforts de Coote, qui avait achevé ce qu'Ireton avait si bien commencé. Celuici était dur et sévère dans toutes les dispositions qu'il prenait, et probablement sincère dans ses intentions. Quoique le despotisme militaire fût l'instrument dont il se servait , il affectait un grand amour pour la liberté, qu'il annonçait être son unique but. Ses conseils eurent une grande influence sur son beaupère ; et les connaissances qu'il avait acquises dans l'étude des lois le firent employer à rédiger tous les articles qui furent insérés dans les papiers publics de son parti. Ce fut par ses suggestions que Cromwell convoqua le conseil secret dont nous avons déjà parlé, pour délibérer sur ce que l'on ferait de la personne du roi et sur l'établissement du gouvernement ; ce fut lui, enfin, qui, de concert avec son beaupère , abusant de l'exaltation mystique de Fairfax l'empêcha. de délivrer Charles , comme il parait qu'il en avait l'intention, en lui persuadant que Dieu avait rejeté ce prince, et en l'engageant à prier le ciel de les diriger sur ce qu'ils avaient à faire de la personne du monarque, déjà condamné à mort par le tribunal dont ils faisaient partie. Fairfax était encore en prières lorsqu'on vint lui annoncer que le roi était décapité. Hume accorde à Ireton de grandes qualités comme générai et comme homme d'État, tout en lui reprochant le crime dont il s'était souillé et la cruauté qu'il avait montrée dans différentes occasions, particulièrement à la prise de Colchester, où, d'après ses instances, Fairfax fit mettre à mort deux braves officiers royalistes, Lucas et Lisle, qui s'étaient rendus à discrétion. Plusieurs auteurs anglais ont parlé diversement (Vireton dans leurs ouvrages
  • Henri JABINEAU : doctrinaire, puis avocat, était né à Étampes et fit ses études à Paris : il entra chez les doctrinaires à l'âge. de seize ans, et passa le temps de son noviciat dans leur maison de StCharles. Envoyé comme professeur au collége que les doctrinaires avaient à VitryleFrançais , il y resta plusieurs années sans prendre les ordres , pour ne pas souscrire le formulaire : une circonstance particulière lui fournit enfin le moyen de se soustraire à cette formalité. La petite ville de la FèreChampenoise venait d'essuyer un incendie, et M. de ChoiseulBeaupré, évêque de ChâlonssurMarne, faisait à Paris une quête pour les pauvres habitants de cette ville, qui était de son diocèse. Poncet Desessarts, le même qui avait dépensé tant , et qui étaient favorables au schisme constitutionnel. Dans cc journal , Jabineau , sans renoncer à ses sentiments sur l'appel , combat les principes de la nouvelle Église et traite assez mal les évêques de ke parti. Les jansénistes se trouvèrent alors divisés; d'un côté étaient Jabineau, Mey, Maultrot, \'auvilliers, Blonde, le père Lambert , Piales; de l'autre, SaintMarc, Larrière , Minard, Camus, Brugières. Jabineau tomba malade au commencement de 1799., et mourut dans les premiers jours de juillet de la même année. On publia vers le mème temps une Exposition des principes de la foi catholique sur l'Église, recueillie des instructions familières de M. Jabineatt, Paris Cet écrivain était d'un caractère actif, remuant, brusque, dur et singulier. Deux avocats, 3laultrot et Blonde, qui travaillaient avec lui à la rédaction de ses Nouvelles, les continuèrent jusqu'au 11 août 1792, peut-être même un peu plus tard. Eux et les rédacteurs des anciennes , Vourellei se harcelaient réciproquement : ces derniers restèrent mattres du champ de bataille , et trouvèrent moyen de faire paraltre leurs feuilles à Paris jusqu'à la fin de 1793
  • Henri JANSEN( 1741 - 1812) : né à la Haye, en 17il, d'une branche , diton, de la famille du célèbre évèque d'Ypres , vint à Paris vers 1770. La eonnaissance qu'il avait non seulement de sa langue maternelle, mais encore de l'allemand et de l'anglais, le porta à en traduire plusieurs ouvrages en français. Il exerça pendant quelque temps le commerce de la librairie, puis devint bibliothécaire de M. de Talleyrand, prince de Bénévent, et censeur impérial. Il est mort en mai1812.C'est à lui que l'on doit la traduction de l'ouvrage de 0.Z. de Haren sur le Japon . La plupart de ses autres traductions ont été ou seront énumérées ailleurs . Ce fut avec Kruthoffer qu'il mit au jour son Recueil de pièces intéressantes concernant les antiquités , les beaux- arts, les lettres et la philosophie, 1787 et suiv., 6 vol. traduits de différentes langues. Les travaux de Jansen étant presque tous anonymes , sont mentionnés dans le Dictionnaire des anonymes par Barbier. Jansen luiinéme, en tète de son Essai sur l'origine de la gravure en bois et en taille- douce, et sur la connaissance des estampes des 15" et 16' siècles, a donné la liste de vingtquatre de ses ouvrages; mais il n'y a.pas compris sa traduction du Discours sur l'égalité des hommes et sur les- droits et les devoirs, qui en résultent, par Paulus, 1795 Les ouvrages qu'il a publiés depuis 1808 sont : 1. De l'invention d e l'imprimerie , ou Analyse des deux ouvrages publiés sur cette matière par M. Meermann, suivie d'une notice chronologique et raisonnée des livres, avec et sans date, imprimés avant l'année 1501 dans les dix- sept provinces des Pays- Bas, par J. Visser, •809 L'auteur de l'analyse est M. Henri Gockinga. Jansen a ajouté près de deux cents articles à la liste de M. Visser. 2» Recherches historiques sue l'usage des cheveux postiches et des perruques dans les temps anciens et modernes , traduit de l'allemand de Nicolaï, 1809 3" Précis d'histoire universelle , politique, ecclésiastique et littéraire, depuis la création du monde jusqu'à la paix de Schoenbrunn , traduit de l'allemand sur la 90° édition de Voyages de Mirza Abu teleb- khan en Asie, en Afrique et en Europe , écrits par lui- même en persan ; suivis d'une réfutation des idées qu'on a en Europe sur la liberté des femmes d'Asie , par le même auteur, le tout traduit du persan en anglais par C. Stewart, et de l'anglais en français, 1811, 2 vol. Il n'a été qu'édithr de l'Essai sur la législation et la politique des Romains, traduit de l'italien , 1795 Cette traduction est de M. Quêtant seul. Il est vrai que, de son côté , Jansen avait commencé à traduire cet ouvrage; mais il brûla son travail lorsqu'il eut vu celui de M. Quêtant
  • Henri HOTHAM( 1776 - 1833) : amiral anglais, était le troisième fils du deuxième lord Hotham. Né le 19 février 1776, il entra de bonne heure au service, . En 1818 il devint un des commissaires au bureau de l'amirauté, poste qu'il occupa quatre ans. Promu ensuite au grade de viceamiral , il fut chargé en 1851 du commandement de la croisière méditerranéenne. C'est dans ces fonctions que la mort le frappa , le 19 avril 1833, à Malte , cheflieu de sa circonscription maritime. PoT . ri
  • Henri HOWARD( 1769 - 1847) : secrétaire et professeur de l'Académie royale de peinture de Londres, né le 51 janvier 1769, mort à Oxford le 5 octobre 1847, fut élève de Philippe Reinagle, qui , par la souplesse de son talent , était plus que personne capable de former un bon artiste. Admis comme élève à l'Académie royale le 27 mars 1788, Howard obtint en 1790 la première médaille d'argent pour le meilleur dessin sur la nature vivante , et en même temps la médaille d'or lui fut décernée pour une peinture historique déclarée par Reynolds la meilleure de celles qu'il eût jamais vues présentées aux concours de l'Académie. Le sujet en était : Caractatus prisonnier reconnaissant le corps de son fils mort. En 1791 , Howard visita l'Italie et peignit ses deux tableaux : le Songe de Caïn et la Mort d'Abel; en 1796 il exposa une petite toile : les Planètes tirant leur lumière du soleil, idée qu'il développa ensuite dans une de ses oeuvres favorites sous ce titre : le Système solaire. Élu en 1801 membre de l'Académie royale de peinture, il fut chargé en 1814 par le gouvernement d'exécuter huit vastes transparents en commémoration de la paix pour la décoration d'un temple à HydePark, et faisant partie des réjouissances célébrées en cette occasion. Pendant l'espace de cinquantetrois ans, de 1794 'a 1847, Howard ne négligea jamais d'enrichir de quelquesunes de ses oeuvres l'exposition annuelle de l'Académie royale. Ses principales productions sont : Héro et Léandre ; Cornus écoulant les enchantements de Circé; la Querelle d'Oberon et Titania ; Leur et Cordelia ; le Lever de Vénus ; les Heures; une Femme avec une guitare, etc. On lui doit de plus un trèsgrand nombre de portraits des hommes les plus distingués de l'Angleterre. Howard ne fut jamais un grand favori du public; mais il était apprécié des critiques. C'était un classique exact et froid ; quoique doué d'un certain talent, il n'a jamais rien fait (lui soit véritablement original
  • Henri KIRCHER( 1608 - 1676) : jésuite, né en 1608 à Nuys, petite ville sur le Rhin , entra dans la société après avoir terminé ses études, et enseigna plusieurs années les belleslettres et la philosophie à Cologne. Animé d'un zèle ardent pour la propagation de la foi , il sollicita de ses supérieurs la permission de passer aux Indes ; mais, arrivé en Espagne, il ne put continuer son voyage, et s'arrèta à StSébastien , où il professa deux ans la rhétorique. De retour en Allemagne , il s'appliqua au ministère de la prédication, et résolut bientôt d'établir une mission dans le nord : il parcourut dans ce dessein le Danemarck et les pays voisins ; mais , accablé de fatigues et d'in firmités , il fut forcé de revenir à Cologne : il souffrit, les trois dernières années de sa vie, avec une résignation et une patience admirables , les , et un Choix de Sermons , Cologne, 1647
  • Henri JONES : pote anglais du 18e siècle né à Drogheda, en Irlande, était fils d'un maçon; et il exerçait Inimème ce métier tout en composant des vers, lorsque le comte de Chesterfield, étant passé en Irlande avec le titre de lord lieutenant, désira de le voir, le prit sous sa protection, et, l'emmena en Angleterre, où ii provoqua une généreuse souscription pour publier un recueil des poésies de H. Jones. 11 se chargea même de corriger sa tragédie du Comte d'Essex, son pr ouvrage, qu'il fit représenter en .1753. Mais ' tant de bontés et les caresses des grands et des gens de lettres auxquels Jones fut recommandé eurent un mauvais effet sur son caractère : il était modeste à son début, il devint présomptueux; ce qui, joint au défaut d'économie, le retint toujours dans la pauvreté dont ses amis voulaient le tirer. Il mourut en avril 1770 , dans un grenier que la pitié d'un cafetier lui avait offert. Son talent, comme pone, était assez médiocre, et luimème n'offrirait rien de remarquable, si l'on oubliait son origine et sa première profession
  • Henri JUSTEL( 1620) : fils du précédent, né à Paris en 1620, lui succéda dans la charge de secrétaire du K. Il avait hérité de son goût pour les livres et de son affection pour les savants, auxquels il rendait de fréquents services. Sa riche bibliothèque était constamment à leur disposition ; et souvent méme il leur épargnait la peine d'y faire des recherches. Il eut sujet de se plaindre des mauvais procédés du consistoire de Charenton ; mais il n'en témoigna rien , pour éviter le scandale, et n'en resta pas moins attaché à la communion dans laquelle il avait été élevé. 11 n'attendit pas la révocation de l'édit de Nantes pour se démettre de son emploi , et se retira en Angleterre , où il fut nommé bibliothécaire du roi. Il mourut dans l'exercice de cette charge, le 21 septembre 1693. Justel était un homme fort instruit et d'une extrème obligeance; c'est le témoignage que lui rendent Bayle, Ancillon, Teissier, Rich. Simon, et en général tous les savants avec lesquels il fut eu correspondance. Il a publié , avec Guill. Voet , la Bibliotheca juris canonici, Paris , 1661, 2 vol. ; collection importante et formée en partie des pièces rassemblées par son père. Ancillon nous apprend que Justel méditait un ouvrage sur les commodités de la vie , et ajoute qu'il serait à désirer qu'on en fit part au public. On peut consulter, pour plus de détails, les Mémoires concernant les vies et les ouvrages de plusieurs modernes, par Ancillon, Amsterdam, 1709 , et le Dictionnaire de Chaufepié
  • Henri KETT( 1761) : professeur et homme de lettres, né à NorWich en 1761 , passa des écoles de cette ville an collége de la Trinité dans l'université d'Oxford , et s'y fit remarquer de Warton , alors doyen de l'établissement. Se vouant à la carrière professorale , il prit le grade de maitre ès arts , devint membre du corps enseignant, étudia profondément la théologie et l'histoire ecclésiastique, et au milieu de ces travaux trouva le temps de publier nonseulement quelques compilations , mais encore des ouvrages importants , qui eurent un vrai succès, et de coopérer à la rédaction du Gentleman's magazine et d'un autre recueil périodique , l'011a podrida, à la tète duquel étaient Monro et Horne. En 1793 il se mit sur les rangs pour la chaire de poésie , mais Hurdis l'emporta sur lui. En 1808 il résigna ses fonctions, dans lesquelles il eut Ingram pour successeur, et partagea son temps entre le séjour du collége d'Oxford et les bénéfices qu'il obtint à diverses reprises. Comme beaucoup de ses collègues , il était dans les or- dres , et il avait fini par avoir, indépendamment d'un titre de prédicateur du roi à Whitehall , la cure d'llykehan , laquelle n'était guère i qu'une sinécure. ll n'eùt tenu qu'à lui d'y joindre d'autres bénéfices à son choix , parmi ceux dont son collé ;e avait la jouissance ; mais il laissa toujours de plus jeunes les obtenir. Il le pouvait. Sa fortune personnelle, celle de la femme qu'il épousa un peu tard , se montaient à plus de six cent mille francs. Il était un peu moins insensible à la gloire d'étre président du collége mais deux fois sa candidature à ce titre échoua. Sa mort fut brusque : il se croyait fort bon nageur; en visite chez un de ses amis à Stanwell , après avoir piementet copieusement déjeuné, il s'avisa de vouloir prendre un bain froid ; probablement une crampe le saisit, on ne retrouva que ses habits sur le rivage . — Les ouvra- ges de Kett sont : 10 L'Histoire interprète des pro- phéties, ou Coup d'oeil sur les prophéties de la Bi- ble et leur accomplissement, etc. , Oxford ,1798-99 3 vol plusieurs fois réimprimée depuis en 2 volumes Cet ouvrage, écrit d'un style sim- ple et populaire, est un des meilleurs qu'ait inspirés un sujet si riche et si frappant. Kett, y montre beaucoup de savoir , et , ce qui vaut mieux encore, beaucoup de sagacité à rapprocher les événements de la prédiction , à mettre en relief leur caractère inconnu , à y découvrir des circonstances et des nuances peu saisies auparavant. Tout s'enchatne avec aisance; peu ou point de controverse, mais l'art avec lequel les faits sont tantôt groupés, tantôt échelonnés, tient lieu de discussion , et l'on peut dire qu'il y a démonstration sans preuve. L'ensemble peut ètre lu avec plaisir, même par les lecteurs superficiels, et les hommes plus sé- rieux y puiseront encore des choses utiles. 2. Elé- men& généraux des connaissances , ou Introduction aux livres utiles dans les branches principales de la littérature et des arts , 1802, 2 vol. auxquels nous joindrons les Additions aux éléments généraux des connaissances , 1802 La netteté , l'exac- titude , la concision élégante sont les grands mé- rites de ce manuel, destiné spécialement aux jeunes élèves de l'université. Outre les expositions de principes et les résumés, on y trouve une partie bibliographique fort bien faite et qui indique aux lecteurs les livres où ils doivent puiser. Les Elé- ments ont eu aussi plusieurs éditions. 3° La logique rendue aisée, ou Vue succincte de la ma- nière de raisonner d'Aristote , 1809 Kett , cette fois, avait usé un peu trop de sa mé- thode expéditive : on peut le voir aux inexactitu- des , aux lacunes. à la légèreté des appréciations. La critique ne se lit pas faute de relever ces dé- fauts ; il eut le bon esprit nonseulement de ne pas s'en fâcher , de ne pas essayer de polémique , mais encore de retirer tout doucement le plus qu'il put d'exemplaires de la circulation. 4. Poé- sies de jeunesse, 1793. On ne peut louer dans ces Poésies qu'une facilité dont l'auteur a quelquefois abusé , et qu'il a souvent portée jusque dans la morale. Aussi eutil regret de ces péchés de jeu- nesse, et mitil à les faire disparaître une activité qui en a rendu les exemplaires fort rares. Quant à la valeur poétique de l'oeuvre , nous nous en tenons au jugement de l'épigraminatiste qui dit à peu près : Vois ce nez, critique perfide! Et tu diras avec raison Que si Ken n'est pas un Ovide , Du moins, ma foi, c'est un Nases. : i° Voyage aux lacs du Cumberland et du Westmoreland , 1798 . Ce voyage ne 'contient guère qu'une quarantaine de pages. 6. Sermons préchés à Oxford , 1791 D'après un legs fait par Bampton , 120 liv. sont assignées chaque année à un ecclésiastique appartenant à l'université, pour y prononcer huit discours sur des matières religieuses. Ceux de Kett firent quelque . sensation dans le temps, parce qu'il débuta par y justifier le caractère des Pères de l'Église comme historiens, contre les imputations de Gibbon , de Mi?dleton, de Priestley. 7" Emilie1809 , 3 vol. 2e édit., trèsaugmentée , 1812 ; 8° une traduction du Génie du christianisme, de Chateaubriand, sous le titre de Beautés du christianisme, arec préface et noies, 1812, 3 vol. Le titre ne porte point le nom du traducteur, mais la notoriété publique a toujours attribué cette version à Kett. 9. Mélanges, lesquels ne sont autre chose qu'une réimpression des articles en prose donnés vers 1787 à l'011a podrida. Ces légers morceaux unissent à la finesse des observations et au bon sens beaucoup de sel et d'humeur. 10° Les fleurs de l'esprit, ou Recueil de bons mots anciens et modernes, 1814, 2 vol. Kett donna aussi une nouvelle édi- tion des Beautés de la poésie anglaise, de Wadlew, 1810 , 2 vol. , avec une notice sur l'auteur. Il préparait une réimpression des Proverbes grecs de Lubin, avec traduction anglaise , et l'on en a trouvé la copie trèsavancée dans ses manuscrits. Enfin, il a laissé beaucoup de sermons manuscrits aussi, avec prière au docteur Mayor, son ami , de décider s'ils devaient ou non voir la lumière. 11 est probable qu'ils ne la verront pas
  • Henri KILLIGREW( 1612) : frère du précédent, né en 1612, fut chapelain dans l'armée de Charles ler, et, en 1642, devint chapelain de Jacques, duc d'York, et prébendier deWestminster. Après avoir souffert des suites de la guerre civile, il fut fait, à la restauration, aumônier du duc d'York, surintendant de sa chapelle, recteur de Wheatamstead dans le comté de Hertford, et mattre de l'hôpital de Savoy dans Westminster. On ne connalt de lui qu'un volume de Sermons, publié en 1685 et une tragédie, composée à l'âge de dixsept ans, et qui obtint les éloges de BenJohnson ; elle fut imprimée en 4638 d'une manière incorrecte, sous le titre de la Conspiration ; elle reparut en 1652, intitulée Pallante et Enclore. —Il fut père de KuLIGREW , née à Londres peu de temps avant la restauration, morte de la petite vérole en juin 1685 , ayant à peine 25 ans ; elle était dame d'honneur de la duchesse d'York : c'était , dit Wood, une grâce pour la beauté, une muse pour l'esprit. Elle cultiva avec succès la peinture et la poésie, fit des tableaux d'histoire, des scènes de la vie paisible et des portraits. Dryden composa sur sa mort une ode d'une certaine étendue, qui se trouve dans le recueil des poésies de cette daine, publié en 1686 en un volume P.-- Marli/ 20We KILLIGREW , seconde femme de Guillaunlie Cavendish , duc de Newcastle, morte en 1673, a laissé treize volumes d'ouvrages la plupart philosophiques, illisibles par leur obscurité. Jacques Bristow, d'Oxford, qui avait entrepris d'en traduire un volume en latin, abandonna cette tâche , après avoir vainement essayé , et fille de sir Ant. Cooke, se rendit de méme célèbre par son esprit et ses talents. Elle savait le latin, le grec, l'hébreu, et faisait des vers, dont quelquesuns nous ont été conservés par J. Harrington , et par Fuller
  • Henri KIPPING( 1623 - 1678) : philologue allemand, naquit à Rostock ou dans les environs , vers l'an 1623. Il venait de terminer ses études en recevant le doctorat, lorsque se promenant dans les environs février 1678. C'était un homme doux et affable , mais de moeurs peu réglées. On a de lui : 1° Exercitatio de creationis operibus, Francfort , 1661 ; Brème , 1R65 , et Francfort, 1678, mème format ; 2° Exercitationes sacrce de Scriptura veteris et novi Testamenti, Francfort, 1665 ; Notre et animadver- siones in axiotnata politica gallicana , etc., Brème, 1668 ; c'est une réfutation de l'ouvrage d'Antoine Aubery, Des justes prétentions du roi sur l'empire, etc.'; 4° Des dissertations : 1. De lingua primœva ; 2. De lingua hellenistica ; 3. De characteribus novis. Crénius les a insérées dans ses Ana- lecta philologico- critico- historica ; elles sont assez superficielles, même au jugement de l'éditeur, qu'on ne peut accuser de trop de sévérité. 5. Antiquitatum romanarum libri 1v. C'est le principal ouvrage de Kipping ; il a eu huit éditions , dont la meilleure est celle de Leyde, 1713, 3 vol. avec de nombreuses additions. On a encore de Kipping un Supplément u l'Histoire ecclésiastique de Jean Papus, 1662 ; 1677 On peut consulter sa vie par Jean llarvigosth , dans la dernière édition de ses Antiquitates romance , et surtout llenr.Erh. Ileeren, ° ratio de Heur. Kippingio, Brème, 1756 de 51 pages
  • Henri KNOX( 1750 - 1806) : général américain, né en 1750, se signala dès le commencement de la guerre que soutinrent les colonies anglaises de l'Amérique septentrionale pour conquérir leur indépendance. D'abord capitaine d'une compagnie de partisans , il obtint bientôt un commandement dans l'artillerie , à la demande de tous les officiers, qui avaient su l'apprécier, et, en 1776, il fut nominé brigadier, puis, en 1781 , major général. Appelé dès 1785 aux fonctions de secrétaire de la guerre, en remplacement du général Lincoln, il continua de les l'emplir après la promulgation de la nouvelle constitution des ÉtatsUnis, et sous la présidence de Washington , qui avait pour lui beaucoup d'estime. Knox donna sa démission en 1794 et rentra dans la vie privée. 11 s'était fixé à Thotnaetown, lorsque, en 1806, un fàcheux accident causa sa mort : ayant avalé un os de poulet, il succomba au bout de quelques jours
  • Henri KLIMRATH( 1807) : jurisconsulte , naquit à rasbourg, le février 1807. Après avoir fait 5es études à Paris et à Strasbourg, il prit , et se rendit à Paris, 1830-1832, qu'il quitta bientôt pour aller suivre les cours de l'université d'Heidelberg. En 1833 il revint à Strasbourg pour soutenir sa thèse de doctorat : Essai sur l'étude historique du droit. Dès ce moment jusqu'à sa mort, arrivée dans la mème ville, le 31 août 1837, il s'est occupé de l'histoire du droit, et a rédigé un certain nombre d'articles qui ont été insérés dans la Revue du progrès social, dans la Revue de législation et de jurisprudence, dans la Revue étrangère et française de législation el d'économie politique , etc. En 1837 , il publiait un trèsintéressant Mémoire sur les Olim et sur le pczrlement , dans lequel il réfutait une erreur accréditée depuis quatre siècles, et par suite de laquelle l'institution du parlement sédentaire était attribuée à Philippe le Bel, l'an 1302. Klimrath s'est occupé plus spéciale- ment de l'histoire du droit public et privé de la France, mais la mort l'a empéché d'achever les études qu'il avait entreprises. Aussi ses travaux terminés S'arrètentils à l'histoire du droit fran-çais pendant la période féodale; mais on doit apprécier la manière dont il a exposé et discuté les origines du droit, c'est-àdire l'histoire du plus ancien état social des Gaules sous les Gaulois mêmes et sous les Romains. Sans ce contenter ; 20 Im- portance scientifique et sociale d'une histoire du droit français ; 30 Programme d'une histoire du droit français ; 4" Compte rendu de l'histoire du droit français par M. F. Laferrière ; 5. Compte rendu de l'histoire des institutions judi- ciaires en France , depuis l'origine de la monarchie jusqu'ànos jours par J. P. Brewer ; 6° Compte rendu sur les origines du droit français cherchées dans les symboles et formules du droit universel par M. Michelet ; 7. Le droit français considéré dans son origine, ses caractères distinctifs, sa géo- graphie, son histoire et ses monuments ; 80 Histoire du droit public et privé de la France . Le deuxième volume contient : 1. Mé- moire sur les monuments inédits de l'histoire du droit français au moyen dge , où l'on trouve entre autres choses une Notice sur le livre de la reine Blanche et ses divers remaniements; 20 Mé- moire sur les Ohm et sur le parlement 5. Note sur le livre de jusliee et de Plet ; 40 Élude sur les coutumes ; 5. Étude his- torique sur la saisine d'après les coutumiers du nzoyen dge ; 6° Un Résumé de la philosophie du droit d'après le point de vue historique de Frédéric- J u les Stah 1
  • Henri KORNMANN( 1500) : jurisconsulte, né , vers la lin du 16e siècle, à Kirelthayn dans le Wurtem- berg , fit ses études avec distinction, et visita ensuite la France et l'Italie. Il s'arrèta quelque temps à Rome , d'où il revint à Padoue , et, ayant résolu d'y prendre quelque repos, il y composa son traité De linea amoris. De retour en Allemagne, il s'établit à Francfort, où il commença d'exercer son état; et l'on croit qu'il mourut en cette ville après 1620. Kornmann avait beaucoup d'érudition , mais il manquait de goilt et de jugement ; et les différents traités qu'il a donnés au public sont moins recherchés pour leur utilité que pour les choses singulières qu'on y trouve. On a de lui : 1° Templum nature hist°. ricum, sen de .tura et miraculis iv elementornm, Darmstadt, 1611 2° Liber de tniraculis mur- tuorum seu de varus hominum mortuorum Shigula- ribus proprietatibus etc., Francfort, 1620 5. De miraculis vivorum seu de varus hominum, etc., ibid., 1614 ce sont des recueils d'anecdotes singulières, mais peu vraisemblables ; 4. De virgini- tate, virginutn statu et jure iractatus jucundus, Francfort, 1610 réimprimé avec le suivant, Francfort, 16P9; la Haye, 1654. La plupart des questions qu'il examine dans cet ouvrage sont aussi frivoles que ridicules.. il recherche par exemple si les femmes doivent cultiver les arts, si elles sont propres aux fonctions d'ambassadeur, ou s'il, leur convient d'embrasser l'état militaire. Dans un autre chapitre, il traite des couleurs que les femmes doivent préférer dans leurs vète- ments ; et après avoir décidé qu'elles feraient bien de rejeter le rouge , le jaune , le pourpre et le noir, il les engage à choisir le bleu, parce que c'est la couleur du ciel et l'emblème de la constance; la rose, parce qu'il plalt à la vue ; le vert, parce qu'il rappelle les plantes médicales et les herbes qui sont la nourriture des troupeaux; et enfin le blanc , parce qu'il désigne la simplicité, la pureté et la candeur de l'àme. Ce court extrait suffit pour faire juger le tour d'esprit de cet auteur. 50 Linea . Les différents ouvrages de notre auteur ont été réUlliS SOUS le titre d'Opera curiosa, etc., Francfort, 1696 et 176 et les trois derniers l'ont été plusieurs fois sous le titre de Sibylla irygandriana, cru de virginitate , etc., Virginopoli , 1631 la Ilaye, 1651 Nuremberg, 1679 , 1706 Cologne, P. Marteau, 1765 et avec le Formulœ curandarum crgritudinum mer- brium, Leipsick, 1778
  • Henri KOSTER( 1793) : voyageur anglais, était né à Liverpool en 1793. Il venait d'entrer dans sa seizième année quand ses parents , alarmés de l'altération de sa santé , se décidèrent à le faire voyager vers un climat tempéré. A cette époque les contrées méridionales de l'Europe étaient fermées aux Anglais, ou bien celles qui leur restaient ouvertes n'offraient pas.un séjour convenable à un valétudinaire. Koster s'embarqua donc pour le Brésil le 9. novembre 1809. Il atterrit le 7 décembre à Pernambouc. Après y avoir passé plusieurs mois, il fit des excursions dans l'intérieur du pays , et en 1810 vit successivement Goïana , Paraïba , Seara et revint à Pernambouc. L'année suivante il alla par mer à SanLuis de Maranham pour y régler des affaires de commerce , en parcourut les environs, et le 8 d'avril partit pour l'Angleterre , où il arriva le 20 mai. Au commencement de l'hiver, ses parents lui recommandèrent de nouveau de chercher un climat plus doux que celui de sa patrie. Il prit donc passage sur un bâtiment portugais, et le 20 novembre 1811 il quitta Portsmouth. Le r décembre il revoyait Pernambouc. Après avoir derechef visité les cantons voisins, il prit à ferme, avec un de ses amis, la plantation de sucre de Jaguaribé , éloignée de quatre lieues de la côte. Le propriétaire ayant désiré de revenir l'occuper, Koster s'établit sur la plantation d'Ampaco , dans l'ile d'Itamarca , située à huit lieues au nord de Pernambouc. En 1815, des nouvelles qu'il reçut d'Angleterre l'obligèrent d'y retourner. « J'abandonnai à regret mon pro-« jet de vivre au Brésil , mais je me réjouis au-« jourd'hui d'avoir pris ce parti , » ditil dans son 'cit. Il parait que la mème cause qui l'avait d'a- .rd déterminé à s'éloigner du lieu de sa nais- nce , l'engagea encore à traverser l'Atlantique. mourut à Pernambouc le 20 mai 4820, à l'àge 1o de 27 ans. On a de lut : Travel: in Brœzil, Londres, 1816 cartes et figures; traduit par M. A. Jay .en français Ms ce titre : Voyages dans la partie septentrionale du Brésil depuis 1b09 jusqu'en 1815, comprenant les provinces de Pernambuco , Seara , Paraïba , Maragnan , etc., Paris , 1818 cartes et figures. Koster a voyagé dans les provinces du Brésil les moins fréquentées par les Européens, et sur lesquelles nous manquions de détails depuis la guerre entre les Portugais et les Hollandais, vers le milieu du 17. siècle, et que décrivirent alors Brle , Marggraf et Pison . 11 s'était presque naturalisé dans cette contrée ; il avait fini par parler le portugais avec plus de facilité que l'anglais ; il a donc été à mème de faire des observations précieuses. Doué d'un esprit judicieux et d'un caractère affable, il a considéré les hommes et les choses sans prévention et sans aigreur. On lit son ouvrage avec beaucoup d'intérèt ; c'est un des meilleurs qui aient été publiés sur le Brésil. Tout ce qui concerne les moeurs des habitants est instructif et piquant. On apprend à connaltre les Serlanejos, sorte de nomades qui élèvent des bestiaux dans les cantons presque déserts des provinces du nord, les Indiens , les nègres libres et les esclaves. Koster n'oublie pas les productions de la nature ni les procédés employés pour les cultiver. Il reconne modestement qu'il a de grandes obligations à M. Southey et à un autre de ses amis pour la rédaction de son livre ; mais le fond lui en appartient, et il est excellent. Il a emprunté de deux opuscules du docteur Manoel Arruda da Camarra , imprimé à Rio de Janeiro , ce qu'il dit des plantes du Brésil. Nous devons ajouter que la traduction de M. Jay réunit la fidélité à l'élégance. Les figures ont été dessinées par un des parents de Koster, d'après des ébauches de celuici. La carte a été esquissée d'après la grande carte de l'Amérique méridionale d'Arrowsmith , puis corrigée par le voyageur
  • Henri KRAUER( 1755 - 1827) : médecin, né en 1755 à Neuenkirch , en Suisse, était le fils d'un petit proprié- taire de campagne qui , reconnaissant son apti- tude , le mit au collége malgré l'exiguïté de ses ressources. La bonne conduite du jeune homme intéressa des personnes influentes, qui lui firent parcourir, à peu près gratis, le cercle entier de l'éducation collégiale. Usant ensuite d'écono- mie, et donnant des leçons pour subvenir aux dépenses urgentes, Krauer alla entendre, à l'université de Pavie, les dernières leçons du septuagénaire Tissot, se rabattit sur Heidelberg lorsque le vieillard abandonna sa chaire, et, après y avoir fini son cours de sciences médicales, voulut passer plusieurs années tant en France qu'en Angleterre, pour y recueillir des observations et se perfectionner dans la pratique. De retour en sa patrie , il se serait volontiers voué à l'enseignegnement , et il eût accepté la chaire de philosophie qu'on lui offrait au lycée de Lucerne, si l'on n'eût exigé à cette occasion qu'il embrassât la carrière ecclésiastique. Pénétré des idées mo- dernes mises en vogue par la philosophie fran- çaise, il refusa formellement , aimant mieux vivre pauvre médecin de campagne qu'opulent tonsuré. Il alla se fixer à Knutswyll , petite ville connue par ses bains sulfureux, et où il devint le méde- cm n des eaux. Il eut le bonheur d'y faire un assez bon mariage ; puis , quittant Knutswyll pour Kriems, il se fit insensiblement une clientèle avantageuse, acheta une propriété aux environs de Rothenbourg, et se trouvait une des notabilités du pays quand la révolution française éclata. Il en adopta hautement les principes, tout en en détestant les excès, de sorte que, lors de l'occupation de la Suisse par Brune et de la dissolution de l'ancienne fédération, qui avait duré cinq cents ans, il adhéra au système militaire qui s'installait sur les ruines du vieil ordre de choses et fut nommé membre du sénat helvétique. On sait combien de tiraillements se manifestèrent aussitôt dans la république nouvelle. Le sénat, bien que composé en majorité d'admirateurs et d'amis de la révolution, se partageait nettement en deux fractions : les exaltés, qui ne reculaient point devant les grandes mesures et qui voulaient procéder hardiment à la régénération ; les mitigés, qui recommandaient la modération et ne voulaient d'innovations que le moins possible, après mûres réflexions et graduellement. De ceuxci, beaucoup penchaient vers le fédéralisme et pouvaient un jour ou l'autre en revenir à l'ancienne constitution , ou s'accommoder avec les champions de cette forme détruite. Krauer n'appartenait point à ce parti, et, tout dévoué à la république une et indivisible, il poursuivait de toutes ses forces ce qui restait encore des ruines de l'ancien régime. Il demandait à cor et à cri des institutions démocratiques pour toute la Suisse, pensant que de cette façon la France satisferait ce qu'on nomme les cantons démocratiques et se concilierait dans les autres cantons un grand nombre d'habitants. Le chaos durait encore quand Bonaparte, vainqueur à Marengo, reconnut que l'Helvétie ne pouvait être consti- tuée que fédéralement, et décréta la dissolution des conseils législatifs . Krauer rentra alors dans la solitude de la vie privée, mais non avec le dessein d'y rester. Ses concitoyens l'élurent d'abord député à la chambre représentative qui devait siéger à Berne , puis membre de la consulta mandée à Paris par Bonaparte. Le système qui prévalut, sans être tout à fait le sien, s'en rapprochait, et du moins la fédération nouvelle n'offrait plus cet inintelligible pèlemèle de cantons, de sujets, d'alliés, de ligue suisse d'une part , de ligues grises de l'autre, etc., etc. A défaut de l'unité, la simplicité française prenait du moins possession du pays. Au retour de Paris, Krauer fut nommé membre du petit conseil , et, en 1805, il fut promu par élection à la dignité d'avoyer de Lucerne ; c'était la première fois qu'un propriétaire de campagne y parvenait. It en resta revetu huit ans, c'est-àdire autant qu'avait encore à durer la prépondérance fran- çaise. Cet espace de temps fut signalé par d'utiles mesures, parmi lesquelles nous ne balancerons pas de placer le concordat avec l'évêque de Constance. Cependant la cour de Rome lui refusa le changement des couvents de Werthenstein , de Bruch et de Rathausen en établissements d'uti- lité publique , et un bref papal, lancé à cette occasion , incrimina trèsamèrement la conduite du gouvernement de Lucerne à l'égard de l'Église, ce qui certainement était blâmer Krauer, bien que son nom ne fût pas prononcé. La proposition échoua donc contre cette résistance ; mais Krauer, tout en affectant beaucoup de calme, et de réserve en ce moment, n'en chercha que mieux toutes les occasions de déplaire et de por- ter préjudice au parti religieux. Les agents de Napoléon , qui commençait à se brouiller avec le pontife, étaient bien loin de s'opposer aux effets de cette petite rancune, qui, du reste, il faut le dire, n'empèchait pas qu'il ne voulût sérieusement et consciencieusement et qu'il n'opérât le bien de sa patrie. On doit regretter que l'esprit de parti, cette lèpre de notre siècle, se soit plu à rendre odieux ce qu'il faisait de bien, et surtout à travestir un caractère véritablement noble et désintéressé.En vain, lorsque les alliés, en dépit de la neutralité, occupèrent l'Helvétie en 1813 et 1814 , il s'éleva au sein mème du gouvernement provisoire, substitué à l'administration napoléonienne, quelques voix impartiales et modérées à l'effet de laisser à l'avoyer de Lucerne une part aux affai- res : il fut exclu totalement , et il reprit , plus pauvre qu'avant son élévation , le chemin de ses domaines. 11 n'en sortit qu'en 1819 , quand la fièvre réactionnaire s'amortit un peu , et fut nommé presque simultanément membre du collége de santé et membre du grand conseil, où, malgré son àge, il joua un rôle actif et n'omit aucune occasion d'émettre avec chaleur l'avis qu'il croyait utile. 11 eût sans doute fini par revenir à la tète des affaires , si la mort ne l'eût frappé le 25 janvier 18'27. Toujours occupé de médecine et d'intéréts locaux , Krauer a peu trouvé le temps d'écrire. Nous connaissons pourtant de lui une Ode fort belle , composée en Italie à l'occasion de la démission de Tissot , et un Discours qu'il prononça en 1807, à l'ouverture de la session du grand conseil, et où il dessine avec autant de clarté que de vigueur la situation du pays, la conduite qu'il a tenue, qu'il compte toujours tenir, et ce qu'il appelle l'obstination de la cour de Rome contre ses plans
  • Henri KUHL( 1797 - 1821) : naturaliste allemand , né à Hanau le 17 septembre 1797 , s'appliqua dès sa jeunesse à l'histoire naturelle, sous la direction de Léonard et d'autres naturalistes du pays. C'est surtout à l'étude des oiseaux de la contrée qu'il voua son temps. Dans un mémoire qu'il fit sur les chauvessouris de l'Allemagne, et qui fut inséré dans le tome 4 des Annales de la société de Wetteravie, sa patrie, il décrivit quelques espèces encore peu connues. En 1813 il succéda à Leisler dans la place de conservateur du musée de Hanau. Son désir d'étudier la nature ne le laissa pas longtemps tranquille dans cette place. Il compléta son instruction à Heidelberg, visita l'Allemagne avec Van Hasselt , naturaliste hollandais, devenu son ami. Ce fut probablement ce savant qui procura à Kuhl, en 1810 , une chaire à l'université de Groningue. Un travail qu'il lit pour la société savante de cette ville lui mérita une médaille d'or. Il visita le musée de Paris et d'autres grandes villes du continent , et accepta la mission , trèsagréable pour lui , d'explorer avec Van Ilasselt les possessions hollandaises des Indes orientales. Ce fut au mois de juin 1820 qu'il s'embarqua avec son ami pour Java ; il ne laissa pas d'examiner en passant l'histoire naturelle de tous les lieux où il pouvait débarquer. A peine arrivé à Java, il entreprit avec ardeur l'exploration de cette grande tle, si riche en productions naturelles. Il recueillit un grand nombre de plantes , d'animaux et de minéraux , et envoya en Hollande beaucoup d'observations; elles fu- rent publiées dans les journaux scientifiques. Mais cette ardeur, qui avait été sans danger en Europe , lui devint funeste sous le climat brûlant et humide de la zone torride. 11 tomba malade et mourut le 14 septembre 1821 , n'ayant atteint que l'âge de 2 ans. Vu les connaissances étendues qu'il possédait dans les diverses branches de l'histoire naturelle , et le zèle qui l'animait pour les progrès de la science , sa mort a été le motif de vifs regrets de la part des naturalistes. Selon l'ornithologiste Temminck , Kuhl était sur la voie pour devenir un second Linné. Outre le mémoire cité plus haut , il a composé Bufonii et Daubentonii jiyurarum ariutn collatarum ? domina systematica, Groningue C'est une concordance des noms linnéens avec les oiseaux des planches coloriées de Buffon; elle a été publiée par J11. Van Swinderen. Kuhl a publié aussi une Anatomie comparée et une monographie des s ges. Temminck a fait imprimer les lettres que Kuhl lui avait adressées pendant ses voyages, et qui contiennent des observations intéressantes
  • Henri KUNRATH ou KHUENRATH( 1560 - 1605) : chimiste allemand , de la secte de Paracels, naquit , vers 1560, dans la Saxe. Après avoir achevé ses études, il parcourut la basse Allemagne ; il se fit rece- voir docteur en médecine à Bâle en 15'88, prati- qua ensuite son art à Hambourg , puis à Dresde, et mourut dans cette dernière ville, le 9 septem- bre 1605, àgé d'environ 45 ans. Kunrath est un écrivain obscur et superstitieux, trèsentêté de la pierre philosophale , dont il croyait posséder le secret; ce qui ne l'empêcha pas de vivre dans la pauvreté. On a de lui : 1. Theses doctorales de signatura rerunz, Bàle , 1588 ; 2 Zebelis, regis et sapientis Arabura retustissimi, de interpreta- tione quorumdam accidentium taminternorurn quanz externoruez, sire eventuum inopinatorum, secundum lunce motum per xli zodiaci ccelestis signa , observa- tiones accuratissime lat. german., Prague, 1592 On y trouve toutes les chimères de l'astro- logie judiciaire. 30 il mphitheatrum sapientiœ œternce solius verce, Christiano- kabbalisticum, divino- magi- cum, etc., Hanau, 1609 C'est le plus curieux de tous ses ouvrages , et le seul qui soit encore recherché : il l'avait laissé imparfait; Erasme 'SVollifahrt, son ami, le termina et le publia avec une préface assez intéressante. Il en existe une réfutation manuscrite par Enwald, ministre danois, sous ce titre : Henrico- mastix anti- Coradus, etc. Les exemplaires de l'Amphi- theatrunz , avec la date de 1653, ne diffèrent des autres que par le renouvellement du frontispice. 40 Confession von Hyleglischen , etc. , en allemand. Cet ouvrage a eu plusieurs éditions, parmi lesquelles on doit distinguer celle qui fut publiée avec une Clef de la plus haute sagesse, par un anonyme, Strasbourg, 1699 Magnesia catholica philosophorum ; Explication philoso- phique du feu secret, extérieur et visible des anciens mages et des autres anciens philosophes , Strasbourg, 1608 7. Exhortation et avertissement de ceux qui aiment l'art de transmuer les métaux. 11 publia cet ouvrage en allemand, sous le nom de Ricemus Thrusibulus. Kunrath a encore publié quelques écrits moins importants, et il a laissé des manuscrits dont on trouvera les titres dans le Dictionnaire de Chaufepié. .-- KUNRATII , que l'on croit frère du précédent , est un chimiste de quelque réputation, dont on a deux ouvrages en allemand : l'Art de distiller, et un Traité de l'ellébore, du Ros Solis , de l'absynthe, du sucre, etc
  • Henri LARRIVÉE( 1733 - 1802) : acteur et chanteur célèbre de l'Opéra , naquit à Lyon le 8 septembre 1733, et vint fort jeune à Paris, où il fut d'abord garçon perruquier. Il co;fl'ait et rasait Rebel, directeur de l'Opéra, qui, frappé de la beauté de son timbre, de sts dispositions pour le chant et de ses avantages extérieurs, le fit entrer dans les choeurs, où on lui apprit la musique : On l'en tira bientôt pour l'engager comme seconde bassetaille à douze cents francs d'appointements, et trois cents francs de gratification. II débuta, le 15 mars 1755, par le rôle du grand prètre dans Castor et Pollux, le jour même que le fameux Jéliotte, qui jouait celui de Castor, parut pour la dernière fois sur la scène . Lacrivée ne tarda pas à devenir chef de son emploi. On lui a l'obligation d'avoir, en suivant les conseils de Gluck, donné plus de mouvement au récitatif, jusqu'alors tralnant et lamentable, et de l'avoir rapproché de la déclamation et même du débit de la tragédie. Les amateurs admiraient particulièrement la manière sublime dont il jouait et chantait les rôles d'Agamemnon dans Iphigénie en Aulide , et d'Oreste dans Iphigénie en Tauride, rôles qu'il avait créés sous les yeux de ce grand compositeur. Noblesse, énergie, taille avantageuse, voix sonore et brillante, déclamation juste et animée, telles furent les qualités que Larrivée possédait éminemment, et qui le distinguèrent pendant trentedeux ans sur la scène lyrique. Aucun chanteur n'articulait plus nettement les paroles : on ne lui reprochait que de chanter un peu trop du nez. Un jour un plaisant du parterre dit en l'entendant : Voi/ à un nez qui a une belle voix. Sa femme, MarieJeanne Lemierre, soeur d'un violoniste estimé, débuta en 1750 à l'Opéra, se retira en 1755, et obtint sa pension de retraite en 1778. Elle avait une voix qui se mariait admirablement avec la flûte. En 1779, on accorda également la pension à Larrivée, avec un traitement annuel de quinze mille francs, dont il jouit jusqu'en 1786. Alors il quitta le théâtre et voyagea dans les provinces, donnant des concerts avec sa femme et ses filles, qui jouaient l'une de la harpe et l'autre du violon; mais il n'y montra, comme chanteur, que l'ombre du talent auquel il devait sa réputation. Retiré au château de Vincennes, il y mourut le 7 août 1802, des suites d'une paralysie, âgé de 69 ans
  • Henri LASALLE( 1765) : publiciste français , né à Versailles vers 1765, fit de bonnes études à Paris , et fut d'abord destiné à l'état ecclésiastique, au quel la révolution le fit renoncer. 11 entra alors I dans la carrière du barreau , se fit avocat, et, comme la plupart de ses confrères, il embrassa la cause (le la révolution ; mais, d'un caractère fort modéré, il n'eut part à aucun de ses excès, et n'acquit une certaine célébrité qu'après la chute de Robespierre. Lors du 18 fructidor, le direc'. taire le nomma l'un des trois membres du bureau central chargé de la police de Paris, et que remplaça sous le consulat la préfecture de police. Loin d'exercer dans cet emploi important aucune persécution , Lasalle y rendit de nombreux services ; aussi il ne put s'y maintenir longtemps. Après son triomphe au 18 brumaire, Bonaparte le nomma commissaire général de police à Brest. Mais, encore une fois dans cet emploi, la sagesse et la modération des principes de Lasalle le mirent en opposition avec les autorités locales. 11 fut rappelé, et resta sans fonction dans un état de fortune qui prouve assez qu'il n'avait pas abusé de son pouvoir pour s'enrichir. Le gouvernement consulaire autorisait alors la rentrée de beaucoup d'émigrés , niais il ne leur rendait aucune partie de leurs biens confisqués, mème ceux qui n'étaient pas vendus ; Lasalle conçut l'idée généreuse de' provoquer là restitution de ceux de leurs bois que l'État avait encore à sa disposition, et il publia sur cette question une brochure qui eut un grand succès, niais qui déplut vivement au consul. Forcé alors de recourir à ses talents littéraires, Lasalle Im?lia plusieurs écrits et traductions de l'anglais, et en !lierne temps il concourut à la rédaction de quelques journaux , entre autres du Journal des Débats, où ses articles étaient signés S. Ce ne fut qu'en 1815, lorsqu'il revint de I'lle d'Elbe, que l'empereur consentit à nommer Lasalle commissaire général de police dans les départements de l'Est. Mais cette faveur dura peu , car il eut à peine le temps de faire une tournée sur la frontière suisse, qu'il était spécialement chargé de surveiller. Ses fonctions cessèrent avec le pouvoir de Napoléon , et il revint à ses occupations littéraires, pour ne plus les quitter jusqu'à sa mort, en 1833. Lasalle a publié : 1. Sur l'arrêté des consuls du 21 thermidor, relatif aux lois des prévenus d'émigration , Paris, 1801 C'est la brochure que nous avons diquée cidessus. 2. Sur le commerce de l'Inde, 1802, ; 3° des Finances de l'Angletet re, Paris, 1803 1° de la Neutralité des villes anséatiques , Paris, 1803 , 5. le Secret de Al Lebrun- Tossa, ou Lettre à l'auteur de Non- Révélation, suivie des Variantes qui existent entre le manuscrit de Lebrun- Tossa et le manuscrit de Conaxa. Cette brochure, en faveur d'Étienne, était relative à la discussion que fit mitre à cette époque la comédie des Deux Gendres. 6° Sur le Concordat de 1817, Paris , 1818 ; 7° Maison hospitalière, ou Projet d'un établissement destiné à recevoir les femmes domestiques aux époques où elles sont sans place, Paris, 1827 ; 8. du Prix du pain à Paris, moyen d'en arrêter le renchérissement, Paris, 1829 Henri Lasalle a publié', comme traduitde la langue anglaise : 1" Essai biographique sur AI. Percerai, ministre d'Angleterre, avec des notes , I812; 20 Recherches sur l'origine, les progrès, le rachat, l'état actuel et la régie de la dette nationale de la Grande- Bretagne , par Robert Hamilton , 1817 5° Relation d'un séjour à Alger, 1820, 8° ; 4° Essai sur l'histoire du gouvernement et de la constitution d'Angleterre depuis Henri VII jusqu'à nos jours, par J. Russell, 1822 5° une Vie du duc de Wellington, Paris, 1816 6° la continuation de l'Histoire d'Angleterre, par BertrandMoleville, formant le septième volume de cet ouvrage, et imprimé séparément sous le titre de George III, sa cour et sa famille, 4822
  • Henri LAVATER( 1560 - 1623) : naquit à Zurich en 1560, et y mourut en 4623. Il étudia la médecine dans différentes académies d'Allemagne et. d'Italie, fut nommé professeur de physique et de mathématiques à Zurich, et suivit en 1595, en qualité de médecin , la députation helvétique envoyée à Henri IV. Outre différents écrits académiques, on a de lui : Defensio medicorum galenicorum adversus calumnias Angeli Gala, 1610. — Epitome philos. naturalis, 1621. — Son fils, Jean- Henri LAVATER, né en 1611, mourut en 1691 à Zurich, où il avait succédé à Henri dans la chaire (le physique et de mathématiques. Il avait fait de bonnes études, et voyagé en France, en Angleterre , en Hollande et en Italie. Il a publié une Analyse des eaux thermales, en 1667, et des Règlements pour la peste, destinés à l'usage de la ville de Zurich, en 1668
  • Henri LAUTENSACK( 1506 - 1590) : orfévre, peintre et graveur sur cuivre, naquit à Nuremberg vers 1506, et y mourut en 1590. Son père exerçait la peinture dans cette ville . Henri alla s'établir à FrancfortsurleMein, où en 1567 il publia en un volume un Traité géo- métrique de la perspective et de la proportion de l'homme et du cheval. Sa manière de graver se rap- proche plus de l'art de forfévre que de celui du gra- veur. — Hans- Sébald LAUTENSACK, son frère, né en 1508, a gravé à la pointe et au burin. Ses nombreux paysages à l'eauforte sont estimés des connaisseurs, quoique les figures qu'il y introduit soient en géléral Un peu courtes ; mais ses portraits jouissnt d'une estime sans restriction. Ils sont teritigés au burin; l'effet en est extrèmement piquant et pittoresque. On estime particulièrement de ce maitre les pièces suivantes: l' Aveugle de Jéricho , la Chananéenne, Balaam, et David com- battant Goliath, deux jolis paysages en travers, un grand tournoi et de grandes j outes, grand en travers. Toutes ces pièces sont d'une grande rareté. Deux vues de Nitremberg, du côté du levant et du couchant, deux grandes pièces en trois feuilles chacune. Ses meilleurs portraits sont .. Paul Lau- tensack le vieux, son père, son propre Portrait, ce-. lui d'un Seigneur allemand vu à micorps : ce der. nier portrait est une grande pièce en hauteur, datée de 1554, etc. C
  • Henri LAWSON( 1774 - 1855) : astronome anglais, né à Greenwich le 23 mars1774, était fils du R. Johnson Lawson, doyen de Battle. Il fut élevé dans sa ville natale sous la direction du célèbre docteur Burney ; envoyé ensuite à Londres chez l'habile opticien Nairne, il y apprit la physique pratique; mais il n'embrassa pas la profession de son maitre, bien qu'après le décès de Nairne, arrivé en 1806, il soit resté avec sa veuve jusqu'à la mort de celleci en 1813 et ait dirigé de fait son établissement. 11 commença alors à se livrer à son goût pour l'astronomie, et fut, dès 1796, un des membres principaux de l'association scientifique dite Askesian society , qui faisait parattre ses travaux dans le Philosophical Magazine de Tilloch. En 1823 , s'étant marié , il alla se fixer à Hereford, dans le pays de sa femme; mais plus tard , ayant fait un riche héritage , il choisit Bath pour résidence. C'est là qu'il monta un observatoire dans sa propre habitation ; il le pourvut d'excel- lents instruments. En 1833, il fut admis dans la société royale astronomique de Londres; en 1810, Lawson entra dans la société royale , et com- muniqua, en 1845, à l'association britannique pour l'avancement des sciences, des Observations sur la manière d'établir des stations thermométriques travail qui lui valut, l'année suivante, une médaille de la société des Arts. En 1846 il donna comme aperçu d'un modèle (l'observatoire, la description de celui qu'il avait établi à Bath. On doit à Lawson l'invention de siéges d'une forme particulière pour l'observation des étoiles au zé- nith , siéges qu'il appela reelinca. Cette invention lui mérita encore une médaille de la société des Arts. Plus préoccupé d'observer que de composer des ouvrages, Lawson a peu écrit; il fit paraltre en 1847, une Histoire abrégée des nouvelles planètes. qui a de l'intérèt. En possession d'un magni- fique télescope de Dollond, de 7 pieds de long, Lawson se livrait avec ardeur à ses études astronomiques, et sa maison était devenue le rendezvous des savants et des amateurs qui venaient s'y entretenir des progrès de l'astronomie. Il faisait marcher parallèlement des observations microscopiques dans lesquelles il excellait. Sans enfants, Lawson vivait exclusivement pour la science, et sa femme l'aidait dans ses travaux. 11 s'occupa encore d'autres questions qui ne se rapportaient pas à l'objet ordinaire de ses recherches. Il publia en 18t43 la description de deux de ses inventions destinées à permettre de porter plus aisément les malades et les blessés ; en 1855 , il fit paraltre une brochure sur les moyens d'encourager la jeunesse anglaise à prendre du service dans l'armée. Lawson est mort à Bath le 13 août 1855, laissant par son testament des sommes considérables en charités et en oeuvres utiles. 11 avait fait don , peu de temps avant sa mort , de tous ses instruments astronomiques et météorologiques à la ville de Nottingham , en y joignant une somme de 1,050 livres sterling, à la condition qu'on y élèverait un observatoire. Cette donation fut acceptée, et la ville de Nottingham s'est trouvée ainsi dotée d'une magnifique collection d'instruments, entre lesquels on remarque un hygromètre fait par Benj. Franklin. Les papiers de Lawson sont aussi en majorité passés à l'obser- vatoire dont on lui doit la création
  • Henri LEBRET( 1630) : historien, né vers 1650 à Paris, d'une famille originaire du Vexin, nous apprend , dans la préface de son Histoire de Montauban, qu'il fut d'abord tourmenté par l'ambition, cette maladie de la jeunesse. Mais, ajoutetil , « (le grandes et légitimes afflictions et mes em- · plois, tous fort différents les uns des autres, et « tous également violents, ont changé mon tem« périment et ne m'ont laissé qu'une santé très- « imparfaite. » Peut-être de ce passage doiton conclure que Lebret avait (l'abord été militaire. Quoi qu'il en soit , dès que sa santé fut ruinée, il embrassa l'état ecclésiastique. Nommé chanoine et théologal de la cathédrale de Montauban, il en fut créé prévôt en 1663. Ce fut seulement alors qu'il employa ses loisirs ii l'étude (le l'histoire; moins, comme il le dit avec une fatuité naïve, dans le but de rechercher les applaudissements publics que pour se plaire à luimême. En 1705, il permuta la dignité de prévôt contre celle d'archidiacre. On n'a pu découvrir la date de sa mort. Ses ouvrages sont :1° Histoire de la rifle de Montauban, ibid., 1668 rare. Cet ouvrage est divisé en deux livres. I.e premier contient (le nombreuses recherches sur l'origine (le Montauban, de son église, de ses cours de justice et de ses autres établissements; le second, un commen- taire des guerres de religion dont cette ville a ét( le théàtre. 2° Abrégé de l'histoire universelle, Paris, 1675, 5 vol. Cette première partie , la seule qui ait paru, contient l'histoire ecclésiasti?ue. 3° Histoire de l'Ancien et du Nouveau Testament, avec leurs allégories et leurs morales, ibid. 1684 I. Traduction d'un ancien manuscrit ( afin contenant plusieurs choses curieuses touchant la prorince de Languedoc, 1698 P. Cet ouvrage e tresrare. Récit de ce qu'a été et de re qu'est présentement Montauban, 1701, in -8'
  • Henri LELEVEL( 1677) : né en 1665, à Alençon, entra en 1677 dans la congrégation de l'Oratoire, d'où il sortit, au bout de quelques années, pour étre gouverneur du duc de StSimon. Il avait fait une étude particulière de la philosophie du P. Malebranche, dont il donna des leçons à Paris. Voici les titres de quelquesuns de ses ouvrages, qui ont tous pour objet de défendre la doctrine de son maitre : 1. 1a Vraie et la fausse métaphysique, où l'on réfute les sentiments de Régis, avec plusieurs dissertations, etc., Rotterdam, 1694 Le P. Guigne, de l'Oratoire, en donna une édition à Lyon, et il y ajouta un petit traité de sa composition, intitulé Défense de la recherche de la vérité, contre M. Régis, suivi d'une Réfutation des répliques de M. Régis, par M. Lelevel. 2° Le Discernement de la vraie et de la fausse morale, où l'on fait voir le faux des Offices de Cicéron, Paris, 1695 3° Conférences sur l'ordre naturel et sur l'histoire, Paris , I698; 4° Entretiens sur l'histoire de l'univers, jusqu'à Charlemagne, 9690; 5° Entretiens sur ce qui forme l'honnête homme et le savant; 6° la Philosophie moderne , par demandes et par ré ponses; 7^ Réponse à. la lettre du théologien défenseur de la comédie. Ce théologien était le P. Caffaro , théatin. 80 Les Sources de la vraie et de la filasse déeotion, où l'on découvre le fond de la nouvelle spiritualité et son opposition à St- François de Sales. C'est le P. Leiong qui lui attribue cet ou' vrage, dans le catalogue manuscrit de la bibliothèque de l'Oratoire de StHonoré. TD
  • Henri LUDEN( 1780 - 1847) : historien allemand , né à Lockstadt, près de Brème , le 10 avril 1780. Après avoir reçu sa première instruction au Donischule de Brème , se rendit à l'université de Goettingue en 1779 ; il y suivit les cours de théologie , d'histoire et de philosophie, y prit ses grades dans la première de ces facultés , se destinant d'abord au ministère évangélique. Il prêcha même quelques sermons, dont l'un a été publié en 1801 ; mais se sentant une vocation décidée pour les études historiques, il résolut d'aller à Berlin se former à l'école des historiens les plus distingués que renfermait la capitale de la Prusse. 11 y passa trois années, obtint, peu après son retour à Goettingue, une place de professeur dans la faculté de philosophie à l'université d'Iéna, et, en 1810, il était nommé professeur ordinaire dans la chaire d'histoire. Quoique embrassant par ses travaux tout l'ensemble de l'histoire universelle , Liiden s'est plus particulièrement attaché à l'histoire de son pays. Il s'était préparé à l'appréciation des événements politiques par une forte étude du droit public qui lui fournit l'occasion de composer une biographie de Chr. Thomasius et de Hugo Grotius . Le droit allemand avait aussi attiré son attention, et il commença en 1811 un travail dont le premier volume seul a paru. intitulé Dissertationes mele- tematum historico- rritieorunt ad antiquum Germa- norum station. spectaniiunt, Iéna, 1811 ; il fit paraître la même année, et dans la même ville, le premier volume d'un Manuel de droit public Staatsweisheitlehre) ou de politique. C'est en 1826 que Liiden commença la publication de ses grands travaux sur l'histoire d'Allemagne par un ouvrage intitulé Histoire du peuple allemand, dont les premiers volumes furent réédités en 1833 et qu'il continua jusqu'en J 837. Cette histoire, qui parut à Gotha, ne forme pas moins de 12 volumes; elle s'arrête malheureusement en 1237. Il en donna une autre rédaction accompagnée de considérations nouvelles, sous le titre de Histoire des Allemands Geschiehte der Teutsehen), Iéna 18r12 à 18.13, 3 vol. Ecrits avec talents, ses ou\ rages peuvent être classés parmi les meilleures histoires de l'Allemagne. ',Wien, qui professait avec succès, a fait passer dans ses livres l'intérêt qu'on trouvait dans ses leçons. Il juge les événements sans passion et se montre fort avant initié à la connaissance de l'Allemagne du moyen âge. Lüden a beaucoup contribué à re- nouveler dans son pays les études historiques, dont il avait donné un nouveau plan dans une brochure intitulée Quelques mots sur l'étude de l'histoire nationale, Iéna, 1811, brochure réimprimée à Gotha en 1828. Cet écrivain a composé beaucoup d'autres ouvrages, parmi lesquels nous citerons : trucs sur la confédération du Rhin, Gcettingue, 1808; Histoire universelle des peuples et des Etats de l'antiquité, 2 vol., dont la 3' édition a paru en 1824 ; Histoire universelle des peuples et des Etats du moyen âge, Iéna, 18'21, 2 vol. le Royaume de Hanovre sous ses rapports politi- ques, 1818 , Il a traduit en allemand l'His- toire des Français de Sismondi , a joint une préface à l'édition .donnée à Leipsick en 1812 des Idées sur la philosophie de l'histoire de l'humanité, de Herder, et une autre, à la traduction faite par son fils de l'Histoire de Louis XVI, de Droz. On trouve dans le recueil de ses Opuscules , 1807, 2 vol. une histoire abrégée de Venise. Lüden commença à Weimar , en 1816, la publication des Archives générales du droit public , dont il a paru trois volumes. Dans un journal de politique et d'histoire intitulé Némésis, qu'il fit paraître à Weimar de 1811 à 1818, et dont la collection forme douze volumes, il soutint contre Kotzebue une polémique des plus vives. Lüden s'était encore occupé de littérature. 11 a traduit de l'italien les lettres de Jacopo Ortis, dont il a donné le parallèle avec le Werther de Goethe dans ses Opuscules. Il publia en 1808 des Principes d'esthé- tique, Goettingue, 1806, et la même année une étude sur sir 'William Temple. Enfin, on doit encore à cet infatigable écrivain un . 1Ianuel de droit criminel allemand général et particulier. Le mérite de Lüden lui valut le titre de conseiller intime du grandduc de SaxeWeimar.II est mort. le 9.3 mai 1847 , entouré de l'estime universelle, laissant un fils qui a acquis depuis la réputation d'un criminaliste distingué. On a publié après sa mort, Iéna, 1847 , sur les manuscrits qu'il avait laissés , d'intéressants mémoires intitulés Coup ceil sur ma vie
  • Henri LUTTERELL( 1650) : dessinateur et graveur en manière noire, naquit à Dublin vers 165'0 et florissait à Londres en 1680. Le goût du dessin lui fit abandonner l'étude de la jurisprudence, à laquelle ses parents le destinaient. Il commença par faire des dessins au crayon; mais voyant le succès qu'obtenait la gravure en manière noire, dont le procédé était encore un secret en Angleterre, il entreprit de le découvrir. Après un grand nombre d'essais, il réussit, et une de ses plan- ches représentant une vieille femme qui souffle une chandelle, eut beaucoup de vogue. 11 ignorait cependant encore le nouveau procédé. Van Somer, terme qu'il avait demandé pour le faire :tant expiré sans que l'ouvrage fût achevé , l'agent qui avait été chargé de le comman- der le fit assigner devant les tribunaux ; et l'artiste fut si outré d'un tel procédé, qu'il abandonna son travail , et éprouva un épanchement de bile qui dégénéra en hydropisie de poitrine : il essaya vainement de changer d'air, et mourut à Rome peu de mois après, tegé de 58 ans. Le tableau fut ensuite acheté par un seigneur portugais, qui le lit terminer par P. Bianchi, élève de Luti. P—s. avec lequel il s'était lié, le lui enseigna , et depuis ce moment , il grava une suite assez considérable de portraits, dont le meilleur est celui qui porte le nom de Piper the Painter Il avait aussi pour ami intime Becket, avec lequel il a souvent travaillé en compagnie
  • Henri LYTE( 1529 - 1607) : botaniste anglais, gentilhomme , d'une ancienne famille établie à LytesCarey, dans le Somersetshire, naquit en 1529 ; il fit ses études à l'université d'Oxford, voyagea dans diverses contrées de l'Europe, et, de retour dans ses foyers, consacra ses loisirs à l'étude, principalement à celle de l'histoire et des antiquités de son pays. Il composa plusieurs ouvrages conservés en manuscrit dans diverses bibliothèques, et dont Wood donne la description dans l'Athenœ avonienses . Ide seul ouvrage imprimé que l'on connaisse de lui est sa traduction anglaise de l'His- toire des plantes, de Dodoens, qu'il fit sur la version française et qu'il mit au jour en 1578. Cette édition, quoique publiée à Londres, sortit des presses de Henri Lob, à Anvers ; elle contient 779 pages avec beaucoup de gravures en bois. On y trouve décrites 1,050 espèces dont 880 sont représentées par des figures qui sont en général les mêmes que celles de Dodoens et de Lécluse. Le traducteur y en a seulement ajouté 39, dont plusieurs sont mieux gravées que celles de ses de ? anciers ; et quelquesunes, l'erica tetralix par exemple, le sont pour la première fois . La version de Ly te fut réimprimée à Londres, mais sans figures, en 1589 1619 Âmes cite encore des éditions de 1586 et 1595 ; mais elles pourraient bien, de mbine que celle de 1600 indiquée par Pulteney, ne consister que dans un simple changement de frontispice ; car Wood assure que celle de 1619 est la troisième. Séguier cite de plus une édition de 1678. Ce livre contient peu d'observations nouvelles, mais il a, du moins, sur ceux qui l'avaient précédé en Angleterre, l'avantage d'une meilleure classification ; et celui de Jean Gérard, publié en 1597, ne le fit pas oublier. Henri Lyte mourut en 1607. — Son fils, Thomas LYTE, s'appliqua principalement aux études historiques et aux arts du dessin. Il avait peint sur vélin, avec une grande délicatesse, la généalogie du roi Jacques Pr, en remontant jusqu'à Brut ou Brutus, que les chroniqueurs de cette époque regardaient eneore comme le fondateur de la monarchie. Ce petit chefd'oeuvre, orné des portraits des rois et des reines et de plusieurs miniatures, fut présenté au monarque, qui en admira le travail et récompensa l'auteur par le don de son portrait dans une boîte d'or enrichie de diamants : le prince de Galles, qui fut depuis Charles 1, lui donna aussi son portrait en or. Cette généalogie, ayant par la suite été exposée en public dans la salle de \VitaeHall , fut tellement endommagée par la foule des curieux, que l'auteur, pour en Pultency, Esquisses hist, et birr., trad. par Mllin , t. p, 35. prévenir l'entière destruction, supplia le roi de permettre qu'elle fût gravée en taille douce ; elle parut sous ce titre : the most royally ennobled Genealogy of the high and mighty prince, and re- nowned monarch James, etc. On peut voir ce titre beaucoup plus détaillé dans l'Athenez Oxonienses et dans Nicolson . Thomas Lyte mourut en 1639.— Son frère, Henri LYTE, s'appliqua aux sciences mathématiques et s'établit à Londres, où il donna des leçons de calcul ; on connaît de lui un traité d'arithmétique décimale : the Art of rens and de- cimal arithmetich, Londres, 1619
  • Henri MALLET-PRÉVÔST( 1727 - 1811) : frère allié de PaulHenri Manet , né à Genève en octobre 1727 , et mort dans la même ville en février 1811, se livra par inclination dès sa jeunesse à l'étude des sciences, et principalement à la géographie. Il publia en 1776 une Carte des environs de Genève, et des frontières des pays voisins, sur une assez grande échelle , remarquable par son inexactitude. Quelques années après, le gouvernement de Berne, voulant faire lever une carte du pays de Vaud, qui faisait alors partie de ce canton , confia ce travail à Mallet , qui s'en acquitta de manière à mériter l'entière approba- tion de la régence de Berne et l'estime des connaisseurs. Cette Carte de la Suisse romande, en 4 grandes feuilles, parut en 1761 et 176'2, gra- vée, comme la précédente, par Guillaume Delabaye. Manet mit au jour, en 1798, une Carte lénérale de la Suisse, telle qu'elle était à cette époque, c'est-àdire divisée en dixhuit cantons. Toujours animé du désir de se rendre utile, quoique ses connaissances en littérature et son esprit agréable lui eussent permis de se livrer à des travaux moins sérieux, Manet publia un Manuel métrologim , ou Répertoire général des mesures poids et monnaies, ( les différents peuples modernes et de quelques anciens, comparées à celles de France, re 802 de 80 pages. C'est encore aujourd'hui un des meilleurs manuels que nous ayons en ce nre : il est plus ample que celui de Soulet ngé dans un ordre plus commode, et il a sur lui de Pouchet l'avantage d'être établi sur Te mètre définitif. Ses évaluations laisseraient peu à désirer, si l'auteur leur eût donné la précision d'une décimale de plus, et s'il eût indiqué à chacune l'autorité sur laquelle il s'appuie. Manet fit imprimer, en 1807, une Description de Genère ancienne et moderne, suivie de l'ascension de M. de Salissure sur la rime du mont Blanc, Genève, 1807 On y trouve ce même esprit d'ordre et d'exactitude que l'auteur portait partout , et des détails trèsvrais sur cette ville intéressante: L'amour des sciences et l'habitude du travail se soutinrent chez lui jusqu'à la fin de sa vie ; et dans sa quatrevingtième année, il s'occupait encore assidûment de recherches géographiques et mathématiques, sans que ses travaux sérieux lui tissent rien perdre de l'agrément de son esprit et de la douceur de son caractère
  • Henri MAMERANUS : né dans le pas de Luxembourg, fut imprimeur à Cologne au 16° siècle, et cultiva la poésie. Il était aussi versé dans la connaissance des antiquités. 011a de lui : 10 Gratulatorium carme, ' in Philippi relis laglice, etc., adrentu in Germanium 549), in Allem , f1551, , in Belgium , qui en 1554 épousa Marie . fille de Henri VIII, roi d'Angleterre. 2^ Epithalamium ? uptiarum Phi- lippi Maria, Anglie regina , 1555 ; 3° De icone et asino , strena kalendarum januarii , anno 1556, ad amicos; 4° Priscce monetce ad hujus nos- tri temporisdicersas aliquot nationum monetas supputatio, Cologne, 1551 ; réimprimé dans la collection de Budel . - Nicolas MAMERANUS frère de Fleuri , fit ses études à Emerick , dans le duché de Clèves, chez les frères de StJérôme , autrement les clercs de la vie commune, et passa sa vie dans le palais des princes et à la cour de CharlesQuint. C'était un homme gai et plaisant. Dans sa vieillesse il devint le jouet des grands. Il ne paraissait jamais en public sans laurier, parce qu'il était poëte lauréat. Valère André, dans la seconde édition de sa Bibliotheca Belgica , lui attribue quelquesuns des ouvrages qu'il avait déjà dit être de son frère et que nous lui avons laissés. Foppens a répété cette faute, et nous l'indiquons sans la relever. On a encore de Nicolas Mameranus quelques opuscules, et entre autres : P De inrestitura reyalium Mauritio, duci Saxoniœ, 24 februar. 15! s8 Jacta, qu'on trouve dans le tome 2 des Scriptores renon germanicarum de Schard ; 2° De rebus gestis Caroli quinti , réimprimé dans le même volume. Cette histoire va de 1515 à 1548. 3° De renatione « emelt herrncum. Tous les mots de ce poëme commencent par la lettre C. Mameranus n'a pas même le mérite de l'invention de cette bizarrerie. Dès le 9° siècle, Hucbald , moine de StAmand , av ait composé, à la louange de Charles le Chauve, un poënie tautogramme, imprimé plusieurs fois, et pour la dernière à la page 89 des Amusements philologiques, par Peignot, 1808 Tous les mots commencent aussi par un C. C'est encore au retour de la même lettre que se sont asservis Henri lIarder, dans le Canum cura Cattis certain n (- amine compositum currentecalamo C. Catulli Ca- et Martin Hamconius ou Ilemkema dans son Certamen catholicorum rut?: calrinistis, 1607 ; 1612 Ce fut la lettre P qu'adopta l'lacentius ou le Plaisant, de l'ordre des frères prêcheurs, qui mit au jour un poëme intitulé Pugna porcorum, imprimé dès 1533 à Anv ers, et réimprimé plusieurs fois. Ces inutiles bagatelles ont dû coûter bien de la peine à leurs auteurs , mais n'ont plus de lecteurs depuis longtemps, et elles n'en méritent point
  • Henri MARAIS( 1764 - 1800) : graveur, né à Paris en 1764, s'est fait connaître de la manière la plus dist par la gravure d'une partie des planches qui ornent la magnifique édition du Racine de P. Didot aîné. 11 a été aussi l'un des coopérateurs les plus recommandables de Wicar dans l'entreprise de la galerie de Florence. Le Frontispice de ce bel ouvrage a été gravé par lui, sur le dessin de Monte. 11 a gravé également le célèbre tableau de Jules Romain représentant la Danse des Muses ; le Précepteur des enfants de Niobé, l'Hermaphrodite, et quelques autres sta- , tues antiques ; le Triomphe d'Amphitrite, d'après Lucas Giordano ; le Portrait de Mieris , peint par luimème ; les Trois Parques , d'après MichelAnge ; Andromède, d'après Furino , etc., et une grande partie des pierres antiques que renfer- ment les deux premiers volumes de cet ouvrage. Marais promettait de se placer au premier rang parmi les artistes ses contemporains, lorsqu'une mort prématurée l'enleva, le 11 novembre 1800, à l'âge de 36 ans
  • Henri MARTINOT( 1646 - 1725) : célèbre horloger, naquit à Paris en 1646. Son père, valet de chambre horloger du roi, ne pouvant, à raison de ses fonctions, lui enseigner les principes de son art, le mit en apprentissage à Rouen chez un habile ouvrier, qui lui fit faire de rapides progrès dans toutes les parties de la mécanique. Il obtint à douze ans la promesse de la survivance de la charge de son père, et il n'en avait que treize lorsqu'il eut le malheur de le perdre. Colbert refusa de l'envoyer en possession de cette charge parce qu'il le trouvait trop jeune; mais le roi déclara que , s'il était en état de la remplir, il voulait qu'on lui en expédiât le brevet ; et il lui commanda, en 1672, une horloge en forme de globe indiquant les divers mouvements du soleil et de la lune. Cette pièce, achevée en 1677, fut regardée comme l'un des ouvrages les plus parfaits qu'on eùt encore vus dans ce genre. Martinot exécuta ensuite l'horloge qui était suspendue au milieu du cabinet des médailles à Versailles, et la pendule à répétition et quantièmes qu'on voyait dans les appartements de Trianon ; il en fit aussi deux autres pour la chambre et le cabinet du roi à Versailles, dont la perfection étonna les connaisseurs. 11 fut nommé directeur des horloges de toutes les maisons royales, pour lesquelles il exécuta un grand nombre d'ouvrages. 11 mourut d'accident à Fontainebleau le 4 septembre 1725. Cet habile artiste était d'une délicatesse et d'une probité rares ; Louis XIV disait : « Martinot ne m'a jamais menti. » Le Dictionnaire de Moréri contient une Notice sur Martinot, rédigée par son fils
  • Henri MASERS DE LATUDE( 1725) : si connu par sa longue captivité, naquit le 23 mars i725, au château de Craisich , près de Montagnac dans le Languedoc. Destiné par sa naissance à l'état militaire, il reçut une éducation conforme aux vues de ses parents. Son goût naturel pour les mathématiques lui fit désirer d'entrer dans le corps du génie ; et à l'âge de vingtdeux ans , son père l'adressa à un de ses amis, ingénieur en chef à BergopZoom. La paix de 1748 lui ôtant l'espoir d'un avancement rapide, il revint continuer ses études à Paris. Le jeune Masers avait beaucoup d'ambition; et il imagina que le moyen le plus prompt de parvenir à un emploi considérable serait d'intéresser en sa faveur une personne en crédit. Il jeta donc à la poste , sous le couvert de madame de Pompadour , un paquet renfermant une poudre ; et pour se faire valoir près de la marquise, il courut à Versailles la prévenir d'un terrible complot tramé contre elle. Cet artifice fut découvert : Latude fut arrêté et conduit à la Bastille , où le lieutenant de police Berryer se transporta pour l'interroger. Il avoua sa faute ; mais ni son repentir tardif, ni les instances de Berryer ne purent fléchir madame de Pompadour. Transféré au bout de quelques mois dans le donjon de Vincennes, il parvint à s'évader, se réfugia dans un hôtel garni et se hâta de rédiger un mémoire au roi , dans lequel il reconnaissait ses torts et en demandait pardon, si on ne les jugeait pas suffisamment expiés par une détention de quinze mois. Le docteur Quesnay se chargea de remettre ce mémoire , mais au bout de quelques jours, Masers fut reconduit à la Bastille et jeté dans un cachot, où Berryer lui procura tous les adoucissements compatibles avec la sévérité des ordres donnés à son égard. Ce ne fut qu'au bout de dixhuit mois qu'il sortit de ce cachot pour habiter une chambre où il eut pour compagnon d'infortune un jeune homme nommé d'Alègre, de Carpentras , détenu aussi par l'ordre de madame de Pompadour. Cette conformité dans leur destinée les unit bientôt d'une amitié trèsvive, et ils osèrent concevoir le projet de s'échapper ensemble de la Bastille, où ils se croyaient oubliés. ll faut lire dans les Mémoires de Latude la manière dont ils parvinrent à fabriquer . Latude, qui l'avait suivi , ayant appris le sort de son ami , se hâta de gagner Amsterdam , où il espérait être à l'abri des recherches D'Alégre fut reconduit à la Bastille , et de là à Charenton nü Latude le retrouva au bout de vine ans, enfermé avec les loué. tude, on se promenant au haut des tours , il fut transféré, au milieu de la nuit, à Vincennes. Il n'avait fait que changer de cachot ; niais le gouverneur, Guyennet , lui accorda au bout de quelques jours une chambre et la permission de se promener dans les jardins du château. Il profita de cette facilité pour s'évader à la faveur d'un brouillard fort épais et alla chercher un asile auprès des personnes qu'il était parvenu à intéresser depuis les tours de la Bastille il écrivit de sa retraite à M. de Sartine et au duc de Choiseul , dont il sollicita une audience. Arrêté à Fontainebleau avant d'avoir pu parler au ministre , il fut encore ramené à Vincennes , un mois après son évasion et jeté dans un cachot, dont le compatissant gouverneur le fit sortir au bout. de quelque temps. Malesherbes , parvenu au ministère en 1775, voulut visiter par luimême toutes les prisons d'État. Il vit Latude, et, après avoir entendu le récit de ses infortunes, lui promit qu'elles cesseraient bientôt ; mais on lui persuada que Latude avait des moments de folie et qu'on ne pourrait lui rendre la liberté sans danger. En conséquence, le prisonnier fut transporté à l'hospice de Charenton , où il resta deux ans, recevant les secours qu'on croyait nécessaires à son état. L'ordre de le mettre en liberté fut expédié le 7 juin 1777 ; mais on lui enjoignit en même temps de se rendre à Montagnac , lieu de sa naissance , avec défense d'en sortir sans une autorisation spéciale. Après quelques démarches infructueuses pour obtenir la permission de fixer sa résidence à Paris, il venait de se mettre en chemin, lorsqu'il fut arrêté et enfermé à Bicètre , deux mois après son élargissement. Il n'eut là pour compagnons que de véritables scélérats souillés de tous les crimes ; et on ne peut imaginer tous les maux qu'il eut à souffrir de la part des employés de cette prison, gens flétris la plupart et condamnés à des peines infamantes. Il y languissait depuis plusieurs années, lorsque le vertueux président de Gourgues vint visiter Bicètre. Ce magistrat, touché de l'état dans lequel il le voyait, l'invita à lui remettre un mémoire détaillé de ses infortunes. Ce mémoire , perdu par l'inattention du commissionnaire, tomba entre les mains de madame Legros , marchande à Paris. Cette dame, après l'avoir lu.
  • Henri MAUNDRELL : voyageur anglais , était ?puis un an chapelain de la loge anglaise d'Ap, lorsqu'au commencement de 1697, quatorze ? ses compatriotes ayant formé le projet d'aller siter les saints lieux pendant les fètes (le Pilles, il se mit de leur compagnie. On partit le i février ; on gagna Tripoli et l'on suivit la 4te de la mer jusqu'à StJean d'Acre, où l'on • .nfonça dans l'intérieur. Après avoir vu Jérulem, le Jourdain, la nier Morte et Bethléem, L revint par Nazareth, Naplouse, le mont Thar, Damas, Balbek, le mont Liban et Tripoli. La relation de cette course parut en anglais sous ce titre : Voyage d'Alep à Jérusalem , à Piques de l'année 1697 , suivi du Voyage de l'auteur à Bir, sur les bords de l'Euphrate , et en ilésopotamie , Oxford , 1698 avec ligures. Cette relation fut traduite en français, Utrecht, 1705; Paris, 1706 avec figures, et du français en allemand , par LouisFr. Vischer, Hambourg, 1737 avec ligures. On la trouve dans différents recueils. blaundrell était un homme judicieux, bon observateur, instruit (Lins l'histoire et les langues anciennes. On lit sa relation avec fruit et avec plaisir. On a cité souvent ses descriptions et ses observations, notamment ce qu'il (lit des cèdres du mont Liban : il n'en vit plus que seize trèsgrands ; mais il ajoute que les petits sont en fort grand nombre. Son manuscrit contenait une trèsgrande quantité de figures ; mais les éditeurs se bornèrent à publier celles qui ne se trouvent ni dans l'ouvrage de Corneille le Bruyn , ni dans celui de Sandys; elles sont exactes. Le Voyage à Bir n'a pas été traduit en français ; c'est une relation fort sèche. Drummond pense qu'elle n'est pas de Maundrell et qu'elle a été ajoutée à son récit par une supercherie de libraire ; elle offre des erreurs grossières. Maundrell était trop instruit pour prendre les ruines d'un palais pour une cathédrale
  • Henri MAUPERCHÉ( 1606 - 1686) : peintre de paysages et graveur, né à Paris en 1606, imita le style d'Hermann Swanevelt, d'après lequel il a gravé plusieurs paysages. On présume qu'il alla se perfectionner en Italie.11était de l'académie de peinture, et, quoique simple paysagiste, il fut nommé professeur en 1655. Mais après sa mort il fut arrêté que les peintres de genre seraient exclus du professorat , règlement injuste , puisqu'il permit à Boucher et à Pierre d'être professeur , à l'exclusion d'un Vernet et d'un Greuze. On voit au château de Fontainebleau douze paysages peints par Mauperché sur les murs de la chambre où naquit Louis XIII. Le temps les a tellement endommagés, qu'il est difficile d'apprécier leur mérite ; mais les gravures à la pointe que cet artiste a exécutées , d'après ses propres compositions, attestent son talent pour le paysage ; elles sont d'une pointe ferme , savante, et forment une collection recherchée : 1° une suite de six feuilles représentant l'histoire de Tobie; 2° six feuilles de l'histoire de la Vierge, depuis l'Annonciation jusqu'à la Fuite en Egypte ; 3° deux sujets de la Bible, l'Enfant prodigue chassé par les courtisanes et le Retour de l'enfant prodigue; 4° deux paysages ornés de ruines et de figures ; 5° deux paysages montagneux ornés de fabriques et de figures, et un autre paysage avec la fable de Marsyas. Tous ces sujets sont de l'invention de Mauperché ; ceux qu'il a gravés d'après Swanevelt consistent en une suite de douze paysages en travers. Il mourut à Paris en 1686
  • Henri MEIBOM( 1555 - 1625) : l'Ancien , né le décembre 1555 à Lemgow, dans le comté de la Lippe, fut nommé en 1583 professeur d'histoire et de poésie à l'université de Helmstadt, et fut chargé en 1590 d'une mission diplomatique à Prague, auprès de l'empereur Rodolphe , qui l'anoblit et le nomma poète lauréat. Il mourut en 1625. avait le goût des recherches , et il a rendu des services importants par la publication d'un grand nombre de chroniques et de pièces originales relatives surtout à l'histoire de la Saxe. On lui doit de bonnes éditions, enrichies de notes, de la Chronique d'Albéric, chanoine d'AixlaChapellf. Le nom de cette famille était Meybaum, mais comme dant leurs ouvrages ils s'appelèrenten latin Meitomius, celui de Meibom a prévalu. Helmstadt 1584 , in - o ; de celle de Cobelin Persona, Francfort, 1599 ; de l'ouvrage de Sieidan , De quatuor summis imperiis, Helnistadt, 1586 de plusieurs monuments de l'ancienne langue saxonne ; de la He du pape Jean XXIII, par Thierry de Niem, etc. Les pièces historiques qu'il avait tirées des archives des 111Willes et des abbayes de l'Allemagne ont été réimprimées par les soins de Henri Meibom, son petitfils, sous ce titre : Opuscula historica varia ad res germanicas spectantia, partim prinzum, partinz auctius edita, Helmstadt, 1660 et elles ont été insérées dans le tome 1" des Scriptores re- voit germanicarum, par le mémo éditeur. Le 3' volume de cette collection renferme diffé- rentes pièces de H. Meiborn l'Ancien, qui avaient paru séparément et parmi lesquelles on citera Oratio de academioe Alice primordiis et incremen- tis; — Oratio de origine Helmstadii ; — De origine et officio Cancellariorum academicorunt, etc. On a de lui, comme littérateur, un recueil trèsrare intitulé Parodiarum Horatianarum libri 2 et sylva- rum libri 2, Ilehnstadt , 1588 G. Gruter eu a tiré différentes pièces qu'il a insérées dans les Delicice poetar. germanorum , t. 4. — H. MEI—mn, son petitfils, a publié le recueil de ses Poe- mata sacra, Helmstadt, 1665 Enfin il est l'éditeur des centons de Virgile ( 17111'1H centones, ibid., 1597, 2 parties et des Poésies d'Eurieius Cordus, ibid., 1616 qu'il fit précéder de la Vie de l'auteur. 11 avait traduit en allemand une Chronique des rois de Perse, d'après le latin de Reiner Reineccius
  • Henri MEIBOM( 1638 - 1700) : médecin, fils du précédent, naquit à Lubeck en 1638. Après avoir fait ses premières études dans sa ville natale, il alla continuer ses cours à l'université de Helmstadt , où il étudia la philosophie et la médecine. Il visita ensuite les PaysBas parcourut l'Allemagne , l'Italie , la France et l'Angleterre cherchant partout les moyens de s'instruire. Il prit en 1633 le grade de docteur à l'université d'Angers ; et l'année suivante il revint à Helmstadt remplir la chaire de médecine, à laquelle il avait été nommé pendant son absence. 11 fut chargé en 1678 de professer aussi l'histoire et la poésie ; et il s'acquitta de cette double fonction jusqu'à sa mort, arrivée le 26 mars 1700. Mei- Voyez le Menaglane, édit. de 1715 , t. 1er, p. 127, où l'on raconte la bévue de Meibom , qui fit le voyage de Bologne, comptant y trouVer un manuscrit entier de Pétrone, et qui fut trèssurpris d'apprendre que l'on conservait effectivement en cette ville le corps entier de StPétrone. Cette mystification, que Hirsching attribue à JeanHenri Meiborn, a été mise en vers et racontée fort plaisamment par Andrieux, qui est même parvenu réduire en vers français la note latine, source de la méprise, et supposée lue sur l'album d'un voyageur en ces termes Petronius extra Bononiœ: Hic integer servutur hodie , Quent vidisse teetor. bom, quoique fort occupé, et par les soins qu'il devait à ses élèves, et par ceux qu'il donnait aux malades, a trouvé le loisir de publier un grand nombre d'ouvrages ; ce sont pour la plupart des thèses, des programmes, des harangues, dont on trouvera l'indication , au nombre de trenteneuf, dans le tome 18 des Nemoires de Niceron et dans le Moreri de 1759. Il faut y ajouter ses Observationes rariores in subjecto anatomie° , publiées par le célèbre Haller, Gcettingue , 1751, i11-4°. On se contentera de citer ici les plus importants : 1° De incubatione in fanis deorum, me- dicinœ causa, olint facta, Helmstadt, 1659 Cette Dissertation est curieuse, et pleine de recherches intéressantes sur les pratiques employées quelquefois dans les temples du paganisme, où les malades, en y passant la nuit, apprenaient en songe quel remède devait opérer la guérison de leurs maux. On a tenté depuis de rattacher ce fait aux phénomènes que présente le sonnambulisme magnétique. 2° De vasis palpe- brarum novis epistola , ibid., 1666, in40 ; Leyde, 1723 Il y décrit avec exactitude les glandes et les vaisseaux des paupières ; mais on a cru mal à propos qu'il avait fait de nouvelles découvertes à cet égard. 3" Epistola de longœvis, ibid., 1664, in4°. Cette lettre est adressée à Auguste, duc de Brunswick, alors tigé de quatrevingtsix ans. Il y recherche les causes de la diminution de la vie humaine depuis le déluge. Dissertatio historica de metalli fodinarunt Hart- zicarum prima origine et progressa , etc., ibid., 1680 curieux ; 5° Scriptores rerum germa- nicarum , etc., ibid., 1688 , 3 vol. ; collection intéressante. On trouve le détail des pièces qu'elle renferme dans les Mémoires de Niceron , p. 377-84, et dans la Méthode d'étudier l'histoire, Pu" Lenglet Dufresnoy , t. 11 , p. 191-196. Outre les auteurs déjà cités, on peut consulter l'Eloge de H. Meibom , dans les Nova litteraria maris Balthici, année 1700, et les Athe- Lubecenses. MTS.
  • Henri MILL( 1689 - 1770) : , habile ingénieur , né à Londres en i689, n'eut, diton, peut-être point d'égal dans la science de l'hydraulique. Il fut de trèsbonne heure, et continua d'être jusqu'à sa mort, principal ingénieur de la nouvelle rivière, à Londres , et s'acquit par ses services la reconnaissance des habitants de cette capitale et de ses environs. 11 fournit aussi de l'eau à la ville de Northampton, et procura le même avantage aux superbes jardins de sir RobertWalpole , à Houghton , qui étaient auparavant tellement dépourvus d'eau, que Cibber, s'y promenant un jour , s'écria plaisamment : Sir Robert, sir Robert, voici lin corbeau qui va boire tout votre canal! H. Mill mourut en 4770
  • Henri MOLLER ou MOELLER( 1528 - 1589) : théologien luthérien , était né , vers 1528 , à Hambourg. Sa réputation le fit appeler à l'académie de Wittemberg, où il professa les langues anciennes et l'hébreu avec beaucoup de succès. Ayant refusé de signer les articles de foi dressés par le synode de Torgau , il perdit son emploi et revint dans sa ville natale, où il mourut le 26 novembre 1589. C'était un homme très- savant dans les langues; et Mélanchthon en faisait un cas particulier. On a de lui : des Commentaires en latin sûr Isaïe, Malachie, Osée, et sur les Psaumes de David : son Commentaire sur les Psaumes a été imprimé au moins deux fois, Wittemberg, 1573, 3 vol. et Genève , 1603 ; il y a ajouté une traduction dont Bèze s'est servi pour faire sa paraphrase en vers. Suivant Richard Simon, les Commentaires de Moller sont diffus, mais écrits d'un style net et clair. On cite encore de lui 1° Dissertatio in Creva Domini ; Scholie in omises prophetas ; 3° Adhortatio in cognoscendam linguam hebrœam, insérée dans le tome 5 des Declanzationes scierie. de Mélanchthon, Wittemberg , 1590 ; 4° des vers latins dans le tome 4 des Delicia, germanor
  • Henri MONOD( 1753 - 1833) : cousin germain de Jean Monod , magistrat et littérateur, naquit en 1753 à Morges, dans le canton de Vaud. Après avoir fait en Suisse ses premières études , il alla étudier le droit à l'université de Tubingue , où il se lia avec son compatriote la Harpe, devenu ensuite général et précepteur de l'empereur Alexandre, mais qui alors était proscrit pour avoir pris part à des intrigues politiques tendant à soustraire le pays de Vaud à la domination du canton , et il fut ensuite l'un des dix députés qui allèrent discuter à Paris l'acte de médiation par lequel la paix fut rétablie et maintenue pendant onze ans. La tranquillité de la Suisse ayant été assurée en 1803 par son traité d'alliance avec la France , Monod renonça à toute fonction publique et ne quitta sa famille que pour remplir quelques missions. En 1811, il se détermina à rentrer au petit conseil , dont il avait déjà été président. Lorsque les événements de 1814 remirent presque au hasard le sort de la Suisse , Monod se présenta avec des lettres de la Harpe à l'empereur Alexandre , et il en reçut la promesse que l'intégrité du territoire suisse serait respectée. Envoyé à la fin de 1814 à la diète de Zurich , il fut chargé par elle d'aller complimenter Louis XVIII. Après le débarquement de Napoléon sur les côtes de Provence , Monod eut la commission de protéger avec la milice les frontières du canton de Vaud . Enfin, quand la nouvelle constitution helvétique eut été garantie par les huit principales puissances de l'Europe , il fut nommé un des landammans de son canton et siégea au conseil d'Etat. Monod mourut le 13 septembre 1833. On a de lui : 1° Coup d'oeil sur les principales bases à suivre dans la législation de l'Helvétie , d'après un système social , Lausanne , 1799 2° Correspondance entre le colonel Desportes de Crassier et le citoyen Henri Monod , Berne , 1805 ; 3° Observations de Henri Monod sur la partie de sa correspondance avec le colonel G. Desportes; 4° des Mémoires , Francfort et Paris, 1805, 2 vol. in - 8° ; 5° le Censeur, ou Lettres d'un patriote raudois à ses concitoyens, sans nom. d'auteur, Lausanne , 1808 ; 6° la Folie du jour, ou Conversation entre quelques membres du cercle des Gobe- Mouches , sans nom d'auteur ; 7° Lettres écrites de Lausanne à S. Ex. M. le comte d'A..., ministre de..., auprès de..., 1814 P—OT
  • Henri MOYSE( 1573 - 1630) : historien écossais , né 4 Lanerk en 1573, fut successivement page et gentilhomme de la chambre du roi Jacques ; il se trouvait à Perth avec ce prince en l'an 1600 lorsque éclata la fameuse conspiration du comte de Gawry , sur l'histoire de laquelle il n'a pu cependant répandre des lumières-. Il passa ses dernières années dans la retraite et mourut à Edinibourg en 1630, âgé de 57 ans. On a imprimé en 1753 un Ndmorial qu'il avait composé sur ce qui se passait de son temps à la cour ; on y trouve des particularités curieuses et jusquelà peu connues
  • Henri MUNTING : médecin et botaniste hollandais du commencement du 17e siècle, après avoir acquis par ses cours une grande réputation dans son pays, voyagea en Angleterre, en France, en Italie et en Allemagne. Plusieurs hommes distingués, avec lesquels il s'était lié dans ces différents pays, lui firent passer une grande quantité de plantes, dont il couvrit un terrain acheté du produit de sa pratique comme médecin. Son jardin s'enrichit trèspromptement par ce moyen et devint bientôt un objet de curiosité pour les voyageurs. Ses leçons sur la culture, et Une des lettres de Monter à Grégoire a éte insérée dans le tome 1.. de la Revue encyclopédique. entre autres, sur l'art d'élever et de conduire les arbres, contribuèrent beaucoup à procurer, sous ce rapport, à sa patrie et surtout à sa ville natale, une grande célébrité. Il y mourut en 1658. On a de lui : licous universœ materia, medicœ ga- zophylacium, Groningue, 1646, petit C'est un catalogue de jardinier, qui n'offre d'autre intérêt que de donner le nombre, assez remarquable pour cette époque, des plantes, presque toutes étrangères , qui étaient cultivées dans ce jardin, en y comprenant les variétés de tulipes, d'ceillets, de jacinthes, etc
  • Henri MORGAN : fameux chef de flibustiers anglais, était fils d'un riche fermier du pps de Galles ; il s'enrôla d'abord comme matelot pour la Barbade, se rendit ensuite à la Jamaïque et bientôt s'embarqua sur un corsaire. Ses expéditions furent heureuses : il acheta un lAtirnent avec quelquesuns de ses camarades, devint leur chef ; et s'étant fait connaître par ses entreprises , notamment à la baie de Campêche , but. ordinaire de ses courses, il fut pris en amitié par Mansfield , vieux flibustier, qui le nomma son viceamiral et mourut peu de temps après, en 1668. Le commandement ne fut pas disputé à Morgan par ses compagnons, et lui fournit bient?t le moyen de devenir, par sa rare intrépidité, un des chefs les plus fameux qu'aient jamais eus les flibustiers. Après avoir fait quelques prises avantageuses, il persuada à ses camarades de ne pas dissiper follement leur argent, mais de le réserver pour de grandes entreprises. Plusieurs se conformèrent à son idée ; et, en peu de mois, il eut 12 lAtiments de différentes grandeurs et montés de 700 hommes. Il attaqua d'abord et rançonna une ville de file Cuba ; puis emporta d'assaut Porto-13ello, où il souilla sa victoire par les plus horribles excès , et eut l'audace de faire payer la rançon de cette ville par le président de Panama. Les flibustiers, s'étant embarqués sans obstacle, se transportèrent avec leurs trésors à la Jamaïque ; le butin qu'ils avaient fait leur attira de nouveaux compagnons , et Morgan, par la protection du gouverneur de l'île, obtint un vaisseau de 36 canons. Arrivé sur la côte de StDomingue, il se rend maître par ruse d'un gros bâtiment français. Tandis qu'il célèbre sa victoire par un festin où chacun perd sa raison dans le vin , le vaisseau saute en l'air. 350 Anglais et tous les prisonniers français sont engloutis dans les flots. Morgan se sauve avec 30 des siens ; mais sa flotte comptait encore 15 bâtiments et 960 hommes : une tempête lui en enleva 400 et 7 bâtiments. Alors au lieu d'aller attendre à Samana la riche flotte espagnole qu'on y épiait, il fit voile vers Maracaïbo, s'empara du fort, le détruisit, enleva l'artillerie, mit à rançon Gibraltar, ville voisine, en fit autant à Maracaïbo, après avoir incendié l'escadre ennemie, bien supérieure à la sienne , enfin sortit heureusement du lac et regagna la mer. Une tempête affreuse, qui dura quatre jours , le força d'aller se réparer à la Jamaïque en 1669. Il avait acquis une grande fortune et voulait goûter le repos ; ses compagnons, qui eurent bientôt consommé le produit de leurs pillages , le pressèrent avec tant d'instances de former de nouvelles entreprises , qu'il se rendit à leurs désirs. Aussitôt que sa ré- solution fut connue, il accourut de toutes les îles voisines des flibustiers anglais et français se ranger sous ses ordres. Il partit le 24 octobre 1670 avec une flotte de 37 voiles, la plus grande qu'un flibustier eût jamais commandée dans ces mers. Morgan avait arboré à son grand mût le pavillon royal d'Angleterre et s'était donné le titre d'amiral. Les parts du butin réglées d'avance et ses mesures prises, il annonça son projet d'attaquer Panama ; et pour se procurer des guides qui connussent le chemin à travers l'isthme qu'il fallait traverser, il fut résolu qu'on s'emparerait préalablement de l'île SantaCatalina , à l'est de la côte de Nicaragua. La tentative réussit sans perdre un homme. Morgan trouva beaucoup de munitions, laissa garnison dans le fort, emmena trois malfaiteurs pour guides et envoya en avant une partie de ses forces , commandée par un Français , pour emporter un fort situé à l'embouchure du fleuve de Chagres. Bientôt il arrive, y met garnison , adresse une courte harangue à ses compagnons d'armes, et se met en marche pour Panama , le 18 janvier 1671, avec 1,300 hommes d'élite. Après avoir essuyé des fatigues inouïes, éprouvé toutes les horreurs de la faim et soutenu plusieurs combats, les flibustiers livrent l'assaut à Panama et emportent cette ville, dont la prise fut suivie d'un pillage général. Morgan y fit ensuite mettre le feu, qui la dévora entièrement ; il expédia en croisière un bâtiment qui revint avec de riches captures , et fit battre le pays par des détachements qui ramenèrent un grand nombre de prisonniers et beaucoup de butin. Plusieurs Espagnols furent mis à la torture pour déclarer où ils avaient caché leurs effets précieux. Morgan commit des excès qui firent murmurer même ses compagnons. Plusieurs avaient formé le projet de se séparer de lui : sa vigilance en prévint l'exécution. Après quatre semaines de séjour, il abandonna les ruines de Panama , traînant après lui plus de 600 prisonniers de tout sexe et de tout âge, dont il eut la barbarie d'exiger une rançon considérable que la plupart étaient hors d'état de payer. Le 9 mars, il fut de retour à Chagres , d'où il envoya tous ses prisonniers à PortoBello, menaçant en mème temps de détruire cette ville, si elle ne se rachetait point par une grosse somme d'argent ; on la lui refusa : il tint parole. Dans le partage du butin, dont la valeur fut de plus de quatre millions de piastres, Morgan mit de côté pour lui une grande quantité de pierreries , et excita par là le mécontentement de ses compagnons à un tel point que , craignant un soulèvement , il mit secrètement à la voile avec 3 autres bâtiments, dont les capitaines n'avaient pas eu plus de bonne foi que lui. Malgré ses heureux exploits, Morgan rie songeait pas encore à quitter le métier de pirate ; il conçut mène l'idée de l'exercer plus en grand et d'une manière qui devait consolider ses succès : c'était de s'emparer de l'He Santa- i Catalina, de la fortifier et d'en faire la résidence des flibustiers. A la veille d'exécuter ce plan , il 11 apprit qu'un vaisseau de ligne anglais, arrivé à la Jamaïque , apportait une déclaration du roi d'Angleterre qui , voulant vivre désormais en bonne intelligence avec l'Espagne, défendait à aucun flibustier de sortir de Ille pour attaquer les possessions de cette puissance. Le gouverneur de la colonie était rappelé pour venir se justifier de la protection qu'il avait accordée à ces scélérats, avides de sang et de pillage. Morgan même reçut ordre d'aller eu Europe répondre aux plaintes que le roi d'Espagne et ses sujets avaient portées contre lui_ Probablement, il n'eut pas de peine à se disculper, car il revint à la Jamaïque, s'y maria , parvint à des emplois brillants et y finit tranquillement ses jours
  • Henri MURER : de Lucerne, mourut procureur de la Chartreuse d'Ittingen , en Turgovie , en 1638, dans sa 50. année. C'était un homme savant et laborieux , qui se lit connaître par son ouvrage : Helretia scinda, sem Paradisus sancto- rum Helretiœ fiorum , imprimé après sa mort, en 16k8, à Lucerne Cette première édition, ornée de 40 planches, d'après les dessins de Jean Asper, est recherchée. Un ouvrage bien plus considérable, le Theatrum Helretiorum sen Non, mente sacra Heltetiœ episcopatuum et monasterio- MIDI, l'occupa une grande partie de sa vie. On le conserve en manuscrit dans les abbayes et couvents de la Suisse , dont il renfermé l'histoire
  • Henri MURE D'AZIR( 1752 - 1826) : frère de JeanBaptiste, naquit comme lui à Giers le 3 septembre 1752. 11 l'avait remplacé dans les bureaux de l'intendance du Languedoc, lorsque en 1777 JeanBaptiste, alors consul général en Egypte, l'appela auprès de lui. Laborieux et avide d' , Mure d'Azir ne se borna pas aux travaux ordinaires du consulat et de la chancellerie, mais il s'adonna à l'étude de la langue arabe et fut bientôt en état de servir d'interprète. Lorsque Mure aîné vint en France, son frère ne quitta pas le consulat, géré provisoirement par M. Taitbout, et sur les bons témoignages de ce dernier, il fut nommé le 28 janvier 1779 viceconsul et chancelier à Maroc. Ce ne fut cependant que l'année suivante qu'il se rendit à son poste. Vers la fin de 1781, M. Chénier, titulaire du consulat général, dont la résidence était à Salé, ayant eu quelques différends a\ ec l'empereur ou roi de Maroc , se vit obligé de quitter l'Afrique en 178'2 et de revenir en France. Mure le suppléa provisoirement, à la grande satisfaction du souverain africain, qui témoigna formellement le désir de conserver toujours auprès de lui le jeune viceconsul. Le ministère français, mécontent de la manière dont M. Chénier avait été traité, hésita quelque temps sur la conduite qu'il fallait tenir. On avait d'abord résolu de rompre toutes les relations avec le Maroc jusqu'à ce qu'une satisfaction convenable eût été obtenue ; Aravis contraire finit cependant par prévaloir. Le l'prince maure ne manifestant d'ailleurs aucun sentiment hostile contre la France, on résolut de •Iliaisser Mure chargé de l'intérim du consulat général. Mais en mème temps on fit savoir aux négociants français établis dans le Maroc qu'ils ne devaient plus compter sur la protection du gouvernement , et que ce serait à leurs risques et périls qu'ils resteraient dans le pays. Presque I_tautes les maisons de Mogador, Saphi, Salé et arache liquidèrent leurs affaires et se retirèrent à Marseille. Quelques négociants, néanmoins, continuèrent de faire Je commerce par l'entremise des maisons étrangères établies à Mogador, où l'empereur de Maroc voulait concentrer toutes les affaires avec l'Europe; en sorte que les relations commerciales .de la France avec le Maroc ne furent point interrompues. Mure mit à profit la bienveillance que lui témoignait le souverain barbaresque pour entretenir ses bonnes dispogitions. Ce prince ayant fait construire à Salé deux petites corvettes qu'il avait l'intention d'offrir au Grand Seigneur et manifesté le désir de les envoyer en relàche dans le port de Toulon, afin de s'y pourvoir de quelques objets nécessaires pour compléter leur armement, Mure en écrivit au ministre, et des ordres furent immédiatement expédiés pour l'admission à Toulon des corvettes maroquines. SidiLabbas Mareno, commandant de ces 'Aliments, se rendit à Versailles comme ambassadeur de son souverain , pour renouveler les relations d'amitié entre les deux pays. Il fut trèsbien accueilli ; on le combla de présents, et lorsque les corvettes eurent été complètement approvisionnées par l'arsenal de Toulon, il les conduisit à Constantinople. Pour répondre aux avances qui venaient de lui ètre faites, le gouvernement français envoya en 1786 un nouveau consul général dans le Maroc ; ce fut Durocher. Mure, que l'empereur de Maroc appelait le joli Petit consul, accompagna son chef dans l'au-, pour récompenser, dit un rapport officiel , les services qu'il avait rendus en terminant à la satisfaction de Sa Majesté une négociation aussi délicate qu'importante. 11 resta un an environ dans cette résidence, d'où il passa le 6 août 1787 à celle de la canée, dans l'ile de Candie. Ce fut pendant son séjour 'clans cette ville qu'il épousa une jeune et belle Grecque, de Smyrne, veuve du docteur Fontana, célèbre médecin italien. Peu d'années après 1796) , il fut envoyé à Larnaca , dans file de Chypre, toujours en qualité de consul. Il s'y trouvait encore lorsque, en 1798, l'armée franraise débarqua en Egypte. Immédiatement arrêté par les autorités turques, Mure fut envoyé à Nicosie, dans l'intérieur de l'île, et fut quelque temps prisonnier dans un couvent de moines grecs. Transféré ensuite à Smyrne, on lui facilita les moyens de rentrer en France, où il resta jusqu'à la paix d'Amiens , qu'il fut nommé commissaire général des relations commerciales à Odessa. A l'époque de la funeste campagne de Russie, en 1812 , Mure d'Azir dut rentrer en France; il y demeura jusqu'à la paix générale, puis il fut envoyé à Tripoli de Barbarie en qualité de consul général et chargé d'affaires . Mais il séjourna peu de mois dans ce dernier poste. Se sentant atteint d'une maladie au coeur, il sollicita un congé pour venir rétablir sa santé dans sa patrie, en laissant pres- sentir dans sa demande le désir de se retirer tout à fait du service. Il était arrivé à Livourne lorsqu'il reçut son brevet de retraite * et l'avis que le roi l'avait nommé officier de la Légion d'honneur. Mure se fixa alors avec sa famille à Marseille, où il termina sa carrière le 26 juillet 1826, laissant sa veuve sans enfants
  • Henri MYRICKE ou MIRICKE : voyageur allemand, né à Wesel, ville de Westphalie, remplissait à Constantinople les fonctions de prédicateur de la légation néerlandaise en 1684. Le 15 janvier, il s'embarqua, puis, ayant atterri à Smyrne et débarqué à Jaffa, il s'achemina vers Jérusalem, où il entra le 6 mars. Ensuite il visita Bethléhem, Hébron, Jéricho, Samarie , Sichem , Nazareth , le lac de Tibériade, le mont Thabor, Cana , StJean d'Acre , gagna Jaffa par mer, s'arrèta dans File de Candie et fut de retour à Constantinople au mois de juin. 11 avait écrit le journal de son voyage pour ses amis d'Allemagne. Jean- Henri Reitz, son compatriote et comme lui prédicateur, ayant rassemblé les copies de ses manuscrits, y ajouta ses observations et fit paraître le tout sous ce titre Henri llyricke, Voyage de Constantinople à Jérusalem et au pays de Canaan , publié et suivi d'obserrations et d'éclaircissements , Osnabruck 1714 ibid., 1719 Augsbourg, 1789 arec un fragment du pèlerinage fait à la terre sainte, en 1523 , par 'Pierre Fuessli de Zurich. Cette édition a été donnée par C.F. Biirglein , libraire. Quoique succincte, la relation de 3Iyricke mérite l'attention ; l'auteur est bon observateur. Bien qu'il n'appartienne pas à l'Eglise romaine , il s'exprime avec modération sur ses usages et ses cérémonies , rendant justice à la bienveillance vraiment chrétienne des Pères de la terre sainte, qui reçoivent également bien tous les Européens occidentaux. Il avait apporté de l'eau du Jourdain dans une bouteille ; trois ans après , il la trouva aussi fraiche qu'au moment où il l'avait puisée dans ce fleuve. Les remarques historiques et géographiques de Reitz ont leur prix. Fuessli, né à Zurich en 1482 , fut admis dans le grand conseil en 1518, servit sa patrie et Maximilien , duc de Milan , dens leurs guerres, resta jusqu'à la fin de ses jours attaché à la foi catholique et mourut en 15'&8, lorsqu'il se préparait à retourner à Jérusalem
  • Henri NEUHAUS( 1500) : en latin Neuhusius, médecin, né à Dantzig, dans le 16e siècle, ne nous est connu que par un livret assez rare , intitulé Pin et utilissima admonitio de fratribus Rosœ- Crucis , 1618 ; 2e édition , 1622, in 8°. L'auteur y prend les titres de maitre en médecine et en philosophie, P. en Norbisch H. . Cet opuscule a été traduit en français par un anonyme Avertissement pieux et très- utile des frères de la Rose- Croix; à savoir s'il y en a , quels ils sont , d'où ils ont pris ce nom , et à quelle Cm ils ont répandu leur renommée? Paris, 162t de 6c.* pages. Cette traduction est réunie ordinairement à l'ouvrage de Gabr. Naudé : Instruction à la France . Neuhaus, après avoir établi qu'il existe une société secrète, puisqu'on a vu quelquesuns de ses agents à Francfort et dans d'autres villes d'Allemagne, conjecture que ses membres sont des adeptes réunis pour travailler au grand œuvre et à la propagation des sciences occultes; que le nom de frères qu'ils se donnent sert à marquer l'union intime qui doit exister entre eux, et qu'en révélant au public l'existence de leur association, ils se proposent d'inspirer le désir d'y être admis à ceux qui par leurs talents, leur fortune et le libertinage de leur esprit , pourraient concourir à en augmenter l'influence et à lui faire atteindre son but, qui , en résultat , parait être le même que celui qu'a manifesté plus tard la société des Illuminés. Neuhaus, qui redoutait les frères de la RoseCroix , n'ose pas s'expliquer franchement sur leur compte; mais il est aisé de deviner qu'il n'aurait pas été fâché de voir l'autorité prendre des moyens pour arrêter leurs progrès : l'écrit du médecin de Dantzig fut réfuté par un adepte , et les RoseCrois trouvèrent en Allemagne plusieurs défenseurs, dont Struvius et Jugler ont indiqué les principaux ouvrages dans la Bibi. histor. litterarice., ch. 9, De libris damnatis
  • Henri NICHOLLS : voyageur anglais, partit de Liverpool le 1" novembre 1804 sur un navire qui arriva le 14 janvier 1805 à l'entrée de la baie dans laquelle la rivière de la Croix et celle du VieuxCalabar ont leur embouchure. La société formée à Londres pour hâter les progrès des découvertes en Afrique avait eu l'idée d'expédier un agent au Calabar, dans l'espérance que par cette contrée , située à l'extrémité orientale du golfe de Guinée, ils pénétreraient plus facilement que de tout autre côté dans le Soudan, puis à Tombouctou ; Nicholls , jeune encore , n'avait pas hésité à offrir ses services , qui furent acceptés avec empressement. Toutes les îles près desquelles il passa en remontant le VieuxCalabar sont basses et couvertes de mangliers. Le chef ou le principal commerçant de la ville reçut trèsbien le jeune voyageur, quand il apprit que son but était simplement de connaître et de décrire le pays et non d'empècher le commerce des esclaves. Il en fut de même partout où il alla. A mesure qu'il avançait dans le pays, par des sentiers seulement assez larges pour le passage des bestiaux et fréquemment obstrués par les branchages des arbres, les habitants, qui n'avaient jamais vu de blancs , examinaient curieusement les longs cheveux et la peau de Nicholls , dont ils en teouvra lent la chemise .11s le recevaient de leur mieux. Au mois de mars, il succomba aux attaques de la fièvre. Les observations qu'il avait commencé à faire sont contenues dans trois lettres écrites sur les lieux mêmes et insérées dans le tome '2, p. 358, etc., des Actes de la société, Proceedings of the association for promoting the discovery of the interior part of Africa. Elles fournissent sans doute bien peu de renseignements sur les contrées dont elles traitent, mais ces renseignements portent sur un coin de terre trèspeu connu et peu fréquenté des voyageurs modernes. On regrette que Bowdich , qui avait vu ces matériaux , n'en ait pas tiré un meilleur parti pour la carte qu'il a dressée. Les détails contenus dans les lettres de Nichoirs' sur la nature du pays et sur les mœurs des habitants montrent qu'il était en état d'en donner une relation intéressante. Un chef lui assura que la rivière de la Croix venait d'une contrée plus éloignée que celle jusqu'où on l'avait remontée, parce qu'une immense chute d'eau , qui s'étend à plusieurs milles de distance, avait empêché d'aller plus avant. A partir de ce point, le terrain s'élève brusquement. Nicholls se proposait de remonter aussi haut que possible avec un canot, avant d'entreprendre son voyage dans l'intérieur. Cette rivière estelle l'issue du lac Tchad ? Es.
  • Henri OLDENBURG( 1600 - 1678) : physicien , né dans le 17° siècle à Brème, fut nommé consul de cette ville à Londres, pendant la domination de Cromwell. Ayant perdu son emploi , et obligé par sa position de chercher des moyens d'existence , il se chargea de l'éducation d'un jeune seigneur anglais , qu'il accompagna en 1656 à Oxford. Durant son séjour en cette ville , il se lia avec la plupart des savants qui concoururent à la formation de la société royale ; et, après la mort de Guill. Crown' premier secrétaire de la société, les fonctions de cette place furent partagées entre Wilkins et Oldenburg. Il s'acquitta de la tache honorable qui lui était confiée avec beaucoup de zèle , et mourut à Charlton , près de Greenwich, au mois d'aoùt 1678. C'est Oldenburg qui a publié les Transactions philosophiques , de 1665 à 1677 . Parmi les morceaux qu'il a insérés dans cette collection, l'on distingue : De l'origine et du progrès de la transfusion des liqueurs dans le sang ; — Avis sur la découverte de la tram- fusion du sang ; — Relation de plusieurs expé- riences sur la transfusion ; — Divers exemples de la propriété de la nature dans les hommes et dans les brutes; — Avis pour exciter à examiner par la térébration le suc des arbres; — Relation chronologique des incendies et embrasements du mont Vésuve, etc. Oldenburg a traduit en latin plusieurs ouvrages de Boyle , son ami ; et l'on trouve quelquesunes deses lettres à Leib- niz dans le Commercial- Ji epistolicum, publié par Col lins , Londres , I 7 1 , in - 40. Il a traduit en anglais une Explication de l'Apo- calypse, la Vie de la duchesse de Mazarin, etc. Il prenait quelquefois dans ses ouvrages le nom de Grubenda, anagramme du sien. Chaufepié a publié divers extraits assez intéressants des Lettres d'Oldenburg à Rob. Boyle . On y voit qu'il entretenait une correspondance très-étendue avec les savants les plus illustres d'Angleterre, de France et d'Allemagne. Dans le recueil des Lettres de Milton, on en trouve plusieurs qui sont adressées à Olden- burg
  • Henri OPITZ( 1642 - 1712) : orientaliste allemand et président du grand consistoire de Kiel , naquit en 1642 à Altenbourg, en Misnie ; il fit une partie de ses études à Iéna. En 1672 , il était agrégé à la faculté de philosophie. Ses vastes connaissances dans les langues orientales et dans la théologie lui méritèrent l'estime de tous les savants. Il occupa successivement la chaire d'hébreu et celle de théologie à l'université de Kiel, et mourut dans cette ville le 24 janvier 1712. Mathias Wasmuth , célèbre hébraïsant, avait cru apercevoir une étroite liaison entre tous les dialectes de l'Orient, et avait consigné ce qu'il appelait ses Découvertes dans l'ouvrage intitulé Hebraïstnus restitutus. Opitz adopta ce système en sa totalité et le poussa même plus loin. Il prétendit trouver une analogie entre le grec, l'hébreu, l'arabe, le syriaque, etc. Il développà ses opinions dans plusieurs 'traités ou dissertations. Les philologues les repoussèrent vivement; et, tout en rendant justice à la profonde érudition d'Opitz , ils le traitèrent d'homme singulier et de visionnaire. 1totermund , dans son Supplément à Joecher, a donné le Catalogue de ses ouvrages, au nombre de trentetrois ; voici les plus impor- tants : 1° Satellitium Daridis et Solomonis, Iéna, 1672, 1684 et dans le recueil de Crenius, Fascie. 1, 1691 ; 2° Dissertatio de interno Spiritus sancti testimonio , Kiel , 1701 ; 3° Grœcismus facilitati suce restitutus methodo nova, caque cum Orientalibus suis quamproxime harmonica , ibid., 1676 ; Leipsick, 1687, 1697 Cet ouvrage renferme tout le système d'Opitz. 4° Institutiones accentuationis hebrœm tabulis mn, monicis hinc et inde illustratoe, et rariis Scriptura exemplis comprobatm, Iéna, 1674 5° Atrium lingue sandre, Hambourg, 1671 souvent réimprimé. C.Ch. Degenkolb en a publié à Leipsick une nouvelle édition, 1769 Ce volume:, quoique trèsmince, contient:beaucoup de choses. Opitz analyse trèsbien le système grammatical de Wasmuth , qu'il se fait gloire de suivre pas à pas. 6° Atrium lingue arabica.. L'auteur ne s'écarte pas du plan qu'il s'était tracé dans l'ouvrage précédent. 7° Lexicon hebrœoelialdmo- biblicuni , Leipsick , 1692 ; Hambourg, 1705-1714 ; 8° Synopsis lingue, chaldaïcoe, Iéna, 1674 ; 9° Dicta dijliciliora l'eteris Testamenti enucleata ; 10° Gratnnuttica lingue persicze ; 11° De Hebrœorunt jejuniis, Kiel, 1680 ; 12° De Messin, capitis 53, Isaïe scopo unico, Kiel, 1702 Cette dissertation, où il réfute Grotius et les Juifs, n'est pas sans intérêt. 13° Biblia hebraïca ex optimis impressis et manuscriptis codicibus, itenzque J'essora, aliisque pr critiris accuratissime entendata , charartere illustri expresse, notis hcbraicis ac lemmatibus latinis instructa, Kiel , 1709, 2 vol. Cette édition de la Bible a fait la réputation d'Opitz : elle est regardée comme plus ample et plus exacte que toutes celles qui l'avaient précédée. L'auteur y avait travaillé trente ans, et avait revu les épreuves de chaque feuille jusqu'à six fois : cependant il s'y est glissé des fautes que Reineccius a relevées dans sa préface de la Bible hébraïque de 1725 Le P. Fabricy estimait beaucoup cette édition , sans s'aveugler néanmoins sur ses défectuosités . 14° ltiorount Testamentum gir syriacum cunt versione latine, Hambourg, 1694 ; 15° Theologia exegetica tabulis decem comprehensa, seu hermeneutica sacra, Kiel, 1704 ; Leipsick , 1708 Le docte Jahn faisait beaucoup de cas de l'Herméneutique d'Opitz. 160 Biblia parue hebraïca, in quibus dicta insigniora ( muiez ex codice hebrœo exhibentur, Iéna , 1673 ; souvent réimprimée jusqu'en 1772 ; 17° Psalmodie David exercitatio I , de Psalterio ejusque nominibus , psalmorum mimer° , divisione , chronologie, usu et abusu ; exercitatio 2 ( le Titulis psalmorum in genere et auctoribus psalmorunt , Iéna, 1673 Opitz s'est montré dans ses ouvrages un des plus savants hommes qu'ait eus l'Église protestante. Voyez, pour plus de détails, les articles que lui ont consacrés Chaufepié et Hirsching
  • Henri OWEN( 1719 - 1795) : théologien anglais, né vers 1719, dans le comté de Merioneth , pratiqua la médecine , entra ensuite dans la carrière ecclésiastique, où il n'occupa que les deux petites cures de StOlave et Edmonton. 11 mourut le 14 octobre 1795. Voici les titres de ses principaux ouvrages : 1° Harrnonia trigonometrica, ou Court traité sur la trigonométrie, 1748 2° le But et la propriété des miracles de l'Etriture considérés et expliqués, 1755 ; 3° Observa- tions sur les quatre Erangiles, 1764 ; 4° Re- cherches sur l'état actuel de la version des Septante, 4769 ; 5° suite de Sermons sur les miracles, pour la lecture fondée par Boyle, prononcés en 1769, 1770 et 1771, 1773,.2 vol. ; 6° Cri- tica sacra , ou Courte introduction à la critique hébraïque, 1774 avec un supplément publié en 1775 ; 7° Recherches critiques, 1784 8° Exposé historique et critique de la version des Septante , 1787 ; 9° les Modes de citation employés par les auteurs évangéliques expliqués et justifiés, 1789,• — OWEN , recteur de Warrington , dans le Lancashire, est auteur de new latin accidente, 1770 et des , Satires de Juvénal, traduites en - vers anglais, 1786, 2 vol. Il est mort en 1807. — OWEN , ecclésiastique anglais, (Il Nous avons eu sous les yeux un exemplaire de l'édition de Leyde, de 1628, où se trouve annotée , au verso du frontispice, la censure du R. P. Michel , jésuite anglais , portant que ce livre, d'un luthérien calviniste , est prohibé , et doit être purgé ter pus- gandusl des épigrammes qui sont désignées par une croix en marge, au nombre d'environ soixante et dix. Les dix livres d'é- pigrammes d'Owen en contiennent à peu près quinze cents, indépendamment des Distiques moraux et politiques. G—Ce. était recteur de Llandy Frideg , dans l'île d'Anglesey ; il exerça longtemps dans ce comté les fonctions de magistrat , et mourut à Beauma ris en décembre 1814. On a de lui le Méthodisme démasqué, 1802
  • Henri PETERSEN( 1765 - 1820) : pasteur protestant, en Suisse vers l765, fut envoyé à Strasbourg pour y faire ses études. Il s'appliqua nonseulement à la théologie, mais encore aux sciences physiques et naturelles, qu'il ne cessa jamais de cultiver. Promu au ministère évangélique, il devint pré- 73 sident du consistoire réformé de Strasbourg , ainsi que des oratoires du département de la Meurthe. Son talent pour la prédication le fit remarquer, et ses sermons étaient fort goûtés; quoique d'un style simple , ils ne manquent ni de noblesse ni d'onction. Tous sont écrits en allemand , et plusieurs ont. été imprimés. Petersen remplissait aussi les fonctions de professeur de physique, et l'on regrette beaucoup que ses observations sur le galvanisme , dont il s'était occupé particulièrement, n'aient pas été publiées. Son esprit de charité et de tolérance eut quelque analogie avec celui de Lavater , qu'il avait connu dans sa jeunesse. Il mourut à Strasbourg en 1820. On a de lui : P Prière d'inauguration de la chapelle de l'atelier de trarail à Strasbourg, 1816 de 8 pages; 2° Souvenir consacré à la mémoire de Blessiy , Strasbourg, 1817 de 40 pages
  • Henri PANTALÉON( 1522 - 1595) : historien et littérateur, né en 1522 à Bâle, de parents peu favorisés de la fortune, annonça dès son enfance des disposition pour l'étude qui décidèrent sa vocation. Un patricien nommé Rodolphe Frey, charmé de la rapidité de ses progrès dans les langues anciennes, l'admit dans sa maison et lui fit partager les soins que recevaient ses enfants. Il entra ensuite dans l'atelier de Michel Isengrin, imprimeur, à qui l'on doit quelques bonnes éditions des classiques latins ; mais il renonça bientôt à la typographie pour aller étudier à Fribourg sous d'habiles professeurs. Il revint à Bâle après une année d'absence, et, par le conseil de Simon Grynmus, il s'appliqua avec beaucoup d'ardeur à l'étude de la philosophie et des sciences naturelles. Michel Kriestein , son oncle, imprimeur à Augsbourg, l'appela dans cette ville pour lui faire achever, disaitil , ses cours académiques; mais cet oncle ayant voulu le mettre à la tète de son atelier, il le quitta pour s'attacher à César Delfini, médecin italien, qu'il suivit à et là, pendant un an, il lui servit de secrétaire et d'interprète. Ils se séparèrent trèssatisfaits l'un de l'autre, et Pantaléon, qui avait amassé une somme assez considérable, vint continuer ses études à l'université d'Heidelberg, où il prit ses premiers grades en 1541. Rappelé à Bâle dès l'année suivante, il fut attaché à l'académie pour l'enseignement du latin; mais il continua de se livrer à l'étude de la théologie et de la médecine, deux sciences qui n'étaient point alors regardées comme imcompatibles, et dans lesquelles il fit de rapides progrès. Il fut admis au saint ministère en 1545 et attaché à l'église StPierre en qualité de diacre; la place de pasteur étant devenue vacante en 1552 , il la sollicita vivement, et n'ayant pu l'obtenir, il abandonna toutes ses fonctions ecclésiastiques pour se livrer uniquement à l'étude de la médecine. L'année suivante, Pantaléon se rendit en France sous prétexte que sa santé l'obligeait à voyager, et après avoir reçu le doctorat en médecine à l'université de Valence, il visita nos provinces méridionales, observant avec soin les plantes et les productions naturelles étrangères à l'Allemagne. Il revint à Bâle en 1555, et après avoir justifié sa capacité, il obtint l'autorisation de pratiquer la médecine. Malgré les succès qu'il eut en ce genre, il consentit en 1556 à reprendre la chaire de dialectique, qu'il avait déjà remplie plusieurs années d'une manière distinguée; mais il la quitta en 1557 pour celle de physique, qui lui convenait encore davantage. Il fut élu en 1558 doyen du collège de médecine, dont il s'attacha à faire revivre les anciens règlements, tombés en désuétude, et il mérita ainsi l'estime de ses collègues. Les talents de Pantaléon comme littérateur et comme historien avaient déjà étendu sa réputation dans toute l'Allemagne. En 1566, l'empereur Maximilien II, à qui il avait dédié un de ses ouvrages , lui décerna la couronne poétique et lui accorda en même temps le titre de comte palatin, avec de grands priviléges. L'auteur eut le bonheur de jouir plusieurs années des faveurs que lui avaient méritées ses talents, et mourut le 3 mars 1595. L'année précédente, il avait célébré la cinquantaine de son mariage avec Cléophe Koêsin, dont il avait eu douze enfants. On trouvera l'épitaphe de Pantaléon dans la Basilea sepulta, p. 43. Outre quelques opuscules en vers latins, des notes, des préfaces et des corrections sur différents ouvrages sortis des presses de Froben , et des traductions en allemand des Histoires de Sléidan, de Paul Jove, de Cromer, de Nicole Gilles, de la Chronique de Nauclerus , etc., cités dans les ilthence Rauricce , on a de lui : 1° Phy- largirus et Zachœus publicanorum princeps, comce- dite , Bâte, 1546 Ces deux comédies sont trèsrares. 2° Chronographia Ecclesire christianœ, ibid., 1550 ; 3° Historia martyruni Galliœ, Ge,- mania' et Bali, et la troisième, qui est la plus intéressante, offre une espèce de galerie des contemporains de Pantaléon , qui a terminé son ouvrage par sa notice biographique. Cet ouvrage est rare, mais peu recherché, parce qu'il renferme beaucoup de détails fabuleux. Pantaléon l'a traduit en allemand, ibid., 1578, et il donnait la préférence à cette version sur l'original. 6° Diariunt historicum, ibid., 1572 rare ; 7° Omnium regurn Galliœ vine breviter illustratce atque certis epigram- matis complexa', ibid., 1574 et Denis Godefroy a inséré cet ouvrage dans l'édition qu'il a publiée de l'Histoire de Charles VIII. 8° Milita- ris ordinis Johannitaruns, Rhodiorumque aut Medi- tensium equitum historia nova, ibid., 1581 fig
  • Henri PEMBERTON( 1694 - 1771) : savant anglais, né à Londres en 1694 , étudia la médecine à Leyde, sous Boerhaave , sans négliger cependant les mathématiques , pour lesquelles il avait une sorte de prédilection. Ce fut à Paris qu'il s'affermit dans la connaissance de l'anatomie. Il revint en Angleterre avec l'intention d'exercer son art dans la capitale ; et quelques précieuses qualités qu'il possédait au plus haut degré lui promettaient des succès ; mais la faiblesse de sa santé lui fit préférer le travail du cabinet. Il se lia intimement avec le médecin Mead, Newton et d'autres esprits du premier ordre, auxquels il sut se rendre utile. Ayant été nommé professeur de médecine au collège Gresham d'Oxford , il y donna un cours de leçons sur la chimie , qu'il recom- mença plusieurs fois, et toujours en l'améliorant. Il mourut le 9 mars 1771. Son cours de chimie fut publié la même année par son ami Wilson. Le docteur Pemberton avait aidé Newton à préparer une édition nouvelle de ses Principia; et il avait rédigé un tableau des découvertes philosophiques de ce grand homme : View of sir Isaac Newton's philosophy, Londres, 1728 fig. . Parmi ses autres écrits on cite : 1° Epistola ad minuit de Cotesii inrentis curt'arum ratione quie cum circulo et hyperbole coniparationem admittunt, sun? appendice, Londres, 17'22 ; opuscule relatif au célèbre théorème de Cotes , et qui tend, selon Montucla , à établir que les découvertes mêmes de Newton se trouvent dans Barrow et Fermat , et celles de ces derniers dans Archimède. 2° Cours de physiologie en vingt leçons , Londres , 1773, en anglais ; 3° De facultate oculi qua ad diversas renon con-. spectarum distantias se accommodat, Goettingue , 1751 publié par Haller; Obserrations sur la poésie, spécialement sur la poésie épique , à l'occasion du poème de Léonidas, de Glover ; 5° Plan d'un Etat libre, ayant un roi à sa tète ; 6° Sur l'ode des anciens , morceau inséré dans la préface de la traduction de Pindare par West; 7° Sur la dispute concernant les fluxions, dans le deuxième volume des'OEuvres de Robins. 111 Traduit en franais par Roland—leVirloys , sous le titre d'Eléments de la philosophie newtonienne, Amsterdam, 17f6 ibid., augmenté de notes, observations, etc., Paris, Didot 1771, 2 vol. ; italien , Berlin, 1793 fig. Pemberton donna aussi l'édition anglaise du grand ouvrage de Newton Treatise of the inethod of fluxions and infinile serics , with ifs application to Me griômetry ni cuire fines , Londres , 1736, 1737 S., fig. ; et Buffon le traduisit en français , sous le titre de Iiiethode fluxions el des suites , Paris , 1740, i6-4., avec une préface gui prouve qu'il n'avait qu'une médiocre intelligence de cette matière, et de laquelle un ami lui fit, heureusement pour lui , retrancher une tiëtite dissertation qui l'aurait couvert de ridicule , pour le sens étrange qu'il avait donné à ces mots latins, De teffiedine quadrabili, de Viviani tvoy. Bossut , Essai sur l'histoire des mathém., 1502, t. 2, p. 60). Pemberton avait beaucoup contribué à faire connaître ce savant, encore obscur. 8° Sur la rfomation du calendrier; 9° Sur la réduction des poids et des mesures à un seul étalon ; IO. Dissertation sur les éclipses, etc. De nombreux mémoires communiqués par lui à la société royale sont imprimés dans les Transactions philosophiques , du 32' au 62° volume. Il soutint une longue controverse avec Philalethes Cantabrigiensis , dans les Ouvrages des savants , de 1737, 1738 et 1739. On lui doit une édition perfectionnée de la Pharmacopée anglaise, qu'il donna sur l'invitation du collège des médecins de Londres, 1746 ; traduite en français , Paris , 1761 Après sa mort, on trouva parmi ses papiers plusieurs écrits estimables , entre autres : Histoire abrégée de la trigonométrie, depuis ; Ménélas jusqu'à Napier; — Commentaire sur une traduction anglaise des PRINCIPIA de Newton ; — Dissertation sur la vis d'Archimède ; — Perfectionnement du jaugeage; — Dissertations sur la projection sphérique, sur celle de Mercator ; — Solutions de divers problèmes d'astronomie appliqués surtout à la navigation; — sur le calcul de la marche d'une comète dans une orbite parabolique. Suivant les biographes anglais qui nous servent de guides, les ouvrages du docteur Pemberton se distinguent par l'exactitude et la clarté ; mais le style en est diffus et l'on y voit trop le travail de l'auteur
  • Henri PIRRHING : savant jésuite, né dans un village de la Franconie, fut un des plus habiles théologiens du 17* siècle, et composa les ouvrages les plus estimés et les plus considérables de cette époque sur le droit canonique, intitulés : 10 Jus canonicum nova methodo explicatum, ad- junctis aliis questionibus, qua, ad plenam titulorurn cognitionem pertinent, Dillingen, 1674 et 1722, 5 vol. ; Venise, 1759 ; 2" Facilis et suc- cincta SS. canonum doctrina , Venise , 1694
  • Henri PIPPING( 1670) : théologien protestant , né à Leipsick en 1670, fit ses études de théologie à Wittemberg et à Leipsick , et obtint en 1693 la charge de prédicateur à l'une des paroisses de la dernière de ces villes. Il remplaça en 1709 son beaupère Seligman dans la place de premier prédicateur de la cour de Saxe, et eut le rang de premier conseiller du consistoire. Ayant soutenu à Wittenberg une thèse De jide aliena , il fut promu par cette université au grade de docteur en théologie. En 1722 , étant en chaire, il ressentit une atteinte d'apoplexie, et mourut en avril de la même année. Outre un recueil de sermons, il a publié : la collection de ses thèses académiques : Syntagma dissertat. academie., Leipsick, 1708 à la tète de la nouvelle édition faite à Leipsick en 1728, se trouve une notice biographique sur l'auteur; 2° Epistole. varice ad Seligmanum et G. H. Gcertzium 3. Arcana bibliothecce Thomance Lips. sacra, ibid., 1703; 4. Memorim theologorum nostra retate clarissimorunt decades x, ibid. 1705, 2 vol. 11 y donne la notice biographique des principaux théologiens allemands morts depuis 1683 jusqu'à 1704, pour faire suite aux recueils de Melchior Adam et de Witten. C'est une compilation sans critique puisée dans les éloges et oraisons funèbres. A la fin de la notice de chaque théologien, Pipping ajoute une liste de ses ouvrages tant imprimés qu'inédits
  • Henri PITOT( 1695) : mathématicien , né à Aramon le 31 mai 1695, fut à l'âge de vingt ans rebelle à toute instruction ; et il se fit enseigner à c ans par le précepteur de son fils pour se mettre en état de lire les ouvrages de mathématiques écrits dans cette langue, le peu de latin qu'il sut. Le hasard détermina sa vocation et changea tout à coup le jeune homme le plus dissipé en amant passionné de l'étude et de la science : un livre de géométrie qu'il vit chez un libraire de Grenoble et dont les figures piquèrent sa curiosité opéra cette révolution. Il le lut et parvint à l'entendre , se procura d'autres ouvrages du mènie genre et se trouva bientôt un fonds extraordinaire de connaissances , lorsqu'on le croyait encore à jamais incapable d'en acquérir. Quand on le vit ensuite observer les cours des astres du haut d'une vieille tour de la maison de son père avec des instruments de son invention et tracer des cadrans , on le tint pour sorcier ; mais un ami de sa famille plus éclairé découvrit en lui toutes les dispositions propres à en faire un grand géomètre et persuada à ses parents de l'envoyer à Paris. Réaumur, à qui d'abord il fut présenté, confirma cette espérance, le prit en amitié, lui fournit les moyens d'étendre ses lumières et de développer son génie en lui ouvrant sa bibliothèque : il lui prodigua ses conseils et l'associa plus d'une fois à ses travaux . Pitot l'aida dans ses expé- riences sur le fer, le vernis et la porcelaine, et dans la réunion des matériaux pour la description des arts et métiers. Ces soins n'empêchèrent pas le jeune mathématicien de sonder avec une ardeur toujours plus grande les profondeurs de sa science favorite. Il commença dès 1722 à se faire connaître du public en insérant dans le Mercure les détails et les résultats de son calcul de l'éclipse de soleil du 22 mai 1724 ; calcul dont l'observation vérifia la rigoureuse précision et la scrupuleuse exactitude. L'astronomie lui dut encore une solution trèssimple du fameux problème de Keppler sur la première équation des planètes, et une méthode analytique de tracer des lignes correspondantes à des minutes aux grandes méridiennes en 1731. Reçu en 1724 à l'Académie des sciences, il fournit aux recueils de cette société des mémoires sur les quadratures de la moitié de la courbe des arcs, appelée la compagne de la cycloïdesur les propriétés des polygones circonscrits au cercle ; — sur les machines mues par un courant ou une chute d'eau, 1725 ; — sur la force qu'on doit donner aux cintres dans la construction des grandes routes et des arches des ponts , 1726; — sur les lois générales des impulsions obliques des fluides, 1727 ; — sur le mouvement des eaux, 1730; — sur une machine de son invention pour mesurer la vitesse des courants d'eau et le sillage des vaisseaux, 1732 ; — sur la distribution et la dépense des eaux, avec des règles pour déterminer leur mesure en pouces et en lignes, 1735 ; — sur la théorie des pompes, 1735 ; — sur la théorie de la ris d'Archimède , 1736 ; — sur la jonction ou le confluent des rivières , 1738 ; — sur les opérations relatives au dessérhement des marais d'Aiguenzorte à Beaucaire, 1741 ; — sur les causes des maladies mortelles qui règnent sur les côtes de la mer dans le bas Languedoc, 17,16. Ses principes sur le mouvement des eaux furent attaqués par Dufay ; et l'Académie entière partagea d'abord l'opinion du contradicteur : mais Pitot mit en action, sous les yeux mêmes de la compagnie, un modèle de ma.: chine construit suivant sa théorie et triompha par le succès de cette expérience. Outre ses nombreuses dissertations, il a publié, sous le titre de Théorie de la manœuvre des vaisseaux, 1731 un ouvrage qui a fait oublier le livre fautif du chevalier Renau sur le mème sujet, et qui, fondé sur les principes établis par Bernoulli, en contient une démonstration plus simple et une application plus facile. Le gouvernement français adopta ce livre pour l'instruction de la marine : il fut traduit en anglais ; et la société royale de Londres en récompensa Fauteur en l'admettant au rang de ses membres. Bientôt à une vie sédentaire et jusqu'alors entièrement consacrée à de savantes méditations purement spéculatives succéda pour Pitot une vie tout active et uniquement occupée à l'application pratique et matérielle de ses théories. Il fut appelé en 1740 par les états de Languedoc pour vérifier la possibilité et pour indiquer les moyens de dessécher les marais qui .s'étendent d'Aiguemorte à Beaucaire. Il eut en Ilème temps l'inspection générale du canal royal u'il répara et perfectionna par des travaux assi- us pendant plus de vingt ans, et la direction es travaux publics dans la sénéchaussée de Ni- 'Mes, qui lui dut le rétablissement de l'usage antique des pierres milliaires sur les grandes routes et la construction de quelques beaux ponts dont celui du Gard , adossé à l'aqueduc romain qui porte ce nom , n'est point indigne de ce magnifique monument et a reçu des habitants du pays le nom de pont Pitot. Le pont de Cette, formé de cinquantedeux arches, ne fait pas moins d'hon- l'peur à son talent d'ingénieur et d'architecte. On l•econnait le mathématicien habile à la solidité de ces édifices, et l'homme de goût à l'élégance de leurs ornements et de leur coupe. Il enrichit la ville de Carcassonne des belles eaux qui l'arrosent au moyen d'un canal élevé sur ses dessins ; mais son plus bel ouvrage en ce genre est l'aqueduc de la fontaine de StClément à Montpellier, qui parcourt un espace de quinze mille mètres sur des arcades quelquefois à double rang ou creusé dans le roc sur une longueur de quatre cents mètres et qui apporte à la ville au moins quatrevingts pouces d'eau dans les plus grandes sécheresses. Cet ouvrage lui coûta treize ans de peines et de travaux ; il en a donné une notice intéressante à la société royale de Montpellier. 11 lui soumit aussi d'importantes observations sur les inondations du Rhône. Forcé par ses infirmités de songer au repos, il se retira au lieu de sa naissance et y mourut le 27 décembre 1771, après avoir reçu les sacrements de l'Eglise avec la piété la plus édifiante. l'oyez son Eloge par Grandjean de Fouchy, dans le recueil de l'Académie des sciences, 1771, H, p
  • Henri PRESCHER( 1749 - 1827) : historien allemand , né à Gaildorf dans le Wurtemberg le 19 novembre 1749, mort à Gschwend près de Welzheim le 26 mai 1827. Comme son district natal n'appartenait pas encore au Wurtemberg, le jeune Prescher, après ses premières études au lycée de la ville impériale de Ncerdlingen , fit sa théologie aux universités de Leipsick et Halle. Après quelques suffragances, il fut en 1777 nommé pasteur à Gschwend , dans la forêt de Welzheim , par les seigneurs de LimpourgGaildorfWurmbrand, qui en 1803 passèrent sous le gouvernement wurtembergeois. Prescher fut alors conservé dans sa place qui, toute modeste qu'elle était, lui suffit jusqu'à sa mort. Ses ouvrages historiques, trèsimportants par la connaissance de la domination des Romains dans l'antiquité, et pour celle des Hohenstaufen dans le moyen âge, sont Cet aventurier se nommait , suivant Denina , Sarry ; mais selon Thiébault ( Souvenir: de Berlin j c'était le libraire Zacharie; il est assez singulier que les deux seuls écrivains qui aient parlé de cette anecdote ne s'accordent pas sur le nom du pr personnage. Le premier parait douter de la vérité des faits qu'il rapporte ; mais Thiébault est entré dans des détails affligeants pour l'honneur de madame de Prémontval , par suite de sa haine contre Moulines, qu'il ne prend pas la peine de dissimuler. 4. Notices documentaires pour éclaircir l'histoire del'antique maison des échansons héréditaires de l'Empire en Souabe, ou Schenk de Limpourg et de leur pays, Francfort et Leipsick, 1775. Du temps des Hohenstaufen , les Schenk de Limpourg , échansons héréditaires de Souabe et Franconie, étaient les dynastes les plus puissants dans les territoires où les limites de la Souabe et de la Franconie s'étaient effacés : ils empêchèrent longtemps l'agrandissement du Wurtemberg de ce côtélà. Leur chef- lieu était Gaildorf, 2. Le Iturtemberg el Limpourg, essais historiques, OEhringen, 1781 ; 3° Histoire et description du comté de Lintpouy, 1789 et 1790, 2 vol. Prescher a en outre fondé deux recueils périodiques, qui, malgré leur valeur, n'ont pas pu se soutenir dans cette époque tourmentée soit par les guerres du premier empire, soit par les luttes parlementaires. Ce furent : 4. l'Ancienne Germanie, magasin historique, Ellwangen, 1804 et 1805 ; et 5° Feuilles historiques, Stuttgard, 18(8. Les articles, d'un intérêt plus général , qu'on y trouve , sont des notices sur le chàteau de Hohenstaufen, siége de cette illustre dynastie, puis la description du mur romain qui séparait les agri decumates de la libre Germanie. Prescher a poursuivi les restes de ce mur à travers le Wurtemberg, dont les trois quarts étaient romains, tandis qu'un quart, au nordest, appartenait à la libre Germanie. Les restes de ce mur, formant encore aujourd'hui une chaussée élevée, sont si indestructibles, que le peuple leur a donné le nom de mur du diable
  • Henri PURCELL( 1658) : célèbre musicien anglais, dont le père et l'oncle étaient gentilshommes de la chapelle royale à l'époque de la restauration de Charles II, naquit en 1658. Il montra de bonne heure de grandes dispositions pour la musique, et fut organiste de Westminster, n'étant àgé que de dixhuit ans. En 1682, il devint l'un des organistes de la chapelle royale. L'année suivante, il publia douze sonates pour deux violons, et une basse pour l'orgue et le clavecin ; il dit dans la préface qu'il a cherché à imiter les plus célèbres maîtres italiens. D'après la structure de ces compositions , il n'est pas improbable que les sonates de Bassani et peut-être celles d'autres maîtres italiens lui aient servi de modèle. En tète de cet oeuvre se trouve un portrait de Purcell, qui ne ressemble en aucune manière à celui que Clostermann a fait pour l'Orpheus britannicus, dont nous parlerons bientôt. Comme Purcell avait reçu son éducation dans une école de choeur, il n'est pas étonnant qu'il se soit attaché surtout à la musique d'église. 11 s'est fait dist plus particulièrement par ses antiennes, on cite celles qu'il composa, en 1687, à l'occasion de la grossesse de la reine, épouse de Jacques II, et du danger qu'avaient couru le roi et le duc d'York dans une partie musicale qu'ils avaient faite sur mer. Parmi les Lettres de Tom Brown, y en a une écrite par le docteur Blow à Henri Purcell , qui avait été son élève, dans laquelle il lui fait observer en plaisantant que les personnes de leur profession sont sujettes à une égale attraction de l'église et du théâtre, et se trouvent en conséquence dans une situation semblable à celle de la tombe de Mahomet, suspendue, dito'', entre le ciel et la terre. Cette remarque s'applique parfaitement à Purcell , qui était à peine connu que son temps fut partagé à peu près également entre l'église et le théàtre. Un pamphlet intitulé Roscius anglicanus, ou Vue historique du théâtre, écrit par Donnes, le souffleur, et publié en 1708, fait connaître plusieurs pièces de théàtre et divertissements dont la musique a été composée par Purcell. En 1691 ce musicien publia l'opéra de Dioclétien, avec une dédicace à Charles duc de Somerset , dans laquelle il dit que la musique est encore dans son enfance en Angleterre , mais qu'on peut espérer qu'elle y fera des progrès lorsque ses mattres obtiendront plus d'encouragement. Il ajoute qu'il apprend ma l'italien, qui est le meilleur maître, et qu'il étudie l'air français pour lui donner un peu plus de gaieté, etc. Le vaste génie de ce musicien, dit le docteur Burney , embrassait avec un égal succès toute espèce de composition , et il se fit également distinguer soit qu'il écrivît pour l'église ou pour le théàtre. Dans ses sonates, ses odes, ses cantates, ses chansons ou ses ballades , il a laissé bien loin derrière lui tous les compositeurs qui l'avaient précédé. Il est malheureux pour le goût et l'honneur national , ajoute le même écrivain , qu'Orlando Gibbons, Peiham Humphrey et Henry Purcell, les trois meilleurs compositeurs anglais du 17• siècle, n'aient pas eu le temps de former une école, étant morts tous les trois dans un âge peu avancé ; le premier en 1625 à 44 ans, le deuxième en 1674 à l'àge de 27 ans, et enfin Purcell le 21 novembre 1695, n'en ayant que 37. Ses amis et sa veuve, ayant réuni ses meilleures compositions, les publièrent en 1698 au moyen d'une souscription sous le titre d'Orpheus Britannicus, avec une dédicace à lady Howard, qui avait été son amie et son écolière. Le produit en fut consacré au monument qu'on lui érigea dans l'abbaye de Westminster et sur lequel fut gravée une inscription latine
  • Henri PUSSORT : conseiller d'État, était l'oncle de Colbert et dut son élévation uniquement à ce grand ministre, auquel on ne peut guère reprocher que son ambition et sa haine contre le malheureux Fouquet. Pussort se montra l'un des plus acharnés à la perte du surintendant. Il faisait partie de la commission chargée de prononcer sur son sort ; et, quoique Fouquet l'eût récusé , comme parent du président de Nesmond , il n'en persista pas moins à rester un de ses juges. Pendant les débats, il se conduisit de la manière la plus indécente ; interrompant à chaque instant Fouquet , sans motif , ou faisant des mines d'improbation qui scandalisaient les gens de bien . Lorsqu'on en vint au jugement, il opina pendant quatre heures avec tant de véhémence et d'emportement que plusieurs juges en furent scandalisés.... tl redoubla de force sur la fin de son avis et termina par dire que, pour punir le crime du surintendant, il n'y avait que la corde et les gibets; mais qu'à cause . Pussort affectait une dévotion outrée ; mais personne n'en était la dupe. Sur la demande de Colbert, il fut chargé par le roi de travailler à la rédaction des Ordonnances de 1667 et 1670 , pour la réformation de la justice et pour l'abréviation des procès. Il dressa le plan des articles et se montra l'un des commissaires les plus assidus aux séances : aussi le regarde- t- on généralement comme l'auteur de l'Ordonnance de 1667 ; mais il est certain que Colbert y eut beaucoup de part. Boileau , qui ne pouvait guère se dispenser de donner quelques éloges à l'oncle du principal ministre, l'a loué du moins avec beaucoup de mesure . Quant aux éditeurs du Procès- verbal des conférences , ils ont dépassé toutes les bornes de l'adulation , en nommant Pussort un grand homme, et en ajoutant que son attachement inviolable pour la justice était la plus excellente de ses sublimes qualités. Pussort mourut, doyen du conseil, le 18 février 1697 , à l'âge de 82 ans. Son portrait a été gravé par Ant
  • Henri RAMPEN( 1575 - 1641) : naquit le 18 novembre 17172 dans la ville de Huy, province de Liége. Ses humanités étaient à peine achevées que le désir de voir Rome lui fit accompagner un jeune seigneur liégeois qui partait pour l'Italie. 11 obtint à son retour une bourse pour faire sa philosophie à l'université de Louvain , où il suivit le cours de théologie et fut admis à la prètrise en 1597. Cette université , qui le considérait comme un de ses meilleurs élèves, le vit bientôt siéger parmi ses professeurs. Il y donna successivement des leçons de grec, de philosophie et d'écriture sainte. Son zèle et ses talents furent récompensés par la présidence du collège de SteAnne et du GrandCollége. Il mourut à Louvain le 4 mars 16111. Rampen avait publié dans cette ville, quelques années auparavant , 3 volumes de commentaires en latin sur les quatre évangiles, ouvrage qui était fort estimé des théologiens en Belgique, même dans ces derniers temps
  • Henri REBOUL( 1750 - 1839) : géologue et littérateur, né à Pézenas vers 1750, se livra de bonne heure et avec zèle à l'étude des sciences. Des recherches de physique et de chimie le firent connaître avantageusement; l'académie de Toulouse le nomma un de ses membres correspondants, et au mois d'août 1792 , au moment où les sociétés savantes allaient disparaître, il obtint la mème distinction de la part de l'Académie des sciences. En 1804 , lors de l'organisation de l'institut, ce titre lui fut rendu. A partir de 1815, la géologie. et surtout celle des Pyrénées, devint l'objet spécial des études de ce savant ; il écrivit à ce sujet un assez grand nombre de mémoires, qui sont disséminés dans le Bulletin des sciences naturelles, dans le Bulletin de la société de géologie, dans le Jour- nal de physique et dans divers autres recueils. M. Quérard en a donné la liste dans sa France littéraire, t. 12, p. '1. On doit encore à Henri Reboul quelques ouvrages publiés à part : Géo- logie de la période quaternaire, Paris, 1833 — Essais de géologie descriptive et historique, 1835, — De l'antiquité des terrains de lié- : iers et de Pézenas , 1838 La Logique ba- conienne, ou Des lois du raisonnement selon la méthode de Baron , Paris, 1835 est un opuscule qui constitue une excursion dans le domaine d'une science étrangère aux investiga- tions habituelles de Reboul. Le Dernier des Fran- carels, 183i,, 4 vol. est un roman histo- rique présenté comme la traduction des mémoires d'un troubadour, écrits en langue romane. Il a passé inaperçu. Reboul mourut le I I mars 1839, presque octogénaire, dans 1r, ville où il avait vu le jour et qu'il n'avait pas quittée, circonstance peu commune aujourd'hui. Il laissait achevé un travail considérable, auquel il avait consacré bien des années, Etudes sur la géologie pyrénéenne. Cet ouvrage , qui (levait former trois volumes, est demeuré inédit; mais il n'est pas absolument perdu pour la science : la famille du défunt a fait don du manuscrit à la bibliothèque du museum d'histoire naturelle à Paris
  • Henri REYMOND( 1737 - 1820) : évêque de Dijon, né le 21 novembre 1737 à Vienne en Dauphiné, fit ses premières études dans cette ville et prit ses degrés dans l'université de Valence. Lorsque les jésuites furent renvoyés du collège , on le nomma professeur de philosophie ; il devint ensuite curé de StGeorges, à Vienne. Deux procès qu'il eut à soutenir contre le chapitre noble de StPierre de Vienne paraissent avoir contribué à l'exaspérer contre le haut clergé. Son premier écrit : Droits du curé et du paroissien, 1776 fut supprimé par ordre du parlement de Grenoble, mais il a été réimprimé en 1791, 3 vol. Reymond se fit députer à Paris, par les curés de la province, pour réclamer l'augmentation des portions congrues. Il publia un mémoire sur cette affaire en 1780 et un autre écrit intitulé Droits des pauvres, 1781. L'un et l'autre étaient dirigés contre les gros décimateurs. Reymond se mit encore à la tète des curés pour réclamer des places dans la chambre des décimes. Il fit pour cela le voyage de Paris, obtint ce qu'il souhaitait et fut nommé député. Ces écrits et ces démarches avaient fait connaitre le curé de StGeorges dans la province et l'avaient mis en opposition avec le haut clergé. Au commencement de la révolution , il se signala par une Analyse des pr cipes constitutifs des deux puissances, avec une Adresse aux curés. On trouve des observations sur cet ouvrage dans le tome 7 de la Collection ecclésiastique, publiée sous le nom de l'abbé Barruel , et l'on y accuse l'auteur d'avancer que la distinction des hiérarchies est d'invention humaine. Reymond prêta le serment en 1791 et fut élu l'année suivante évêque de l'Isère, à la place de Pouchot , qui n'avait siégé qu'un an. Il fut sacré, le 15 janvier 1793, par Savines , évêque de Viviers. Mais bientôt les progrès de la terreur s'étendirent aussi sur le clergé constitutionnel. Reymond fut arrêté et passa près d'un an en prison. Après la chute de Robespierre, il se retira dans sa famille et fut quelque temps sans vouloir reprendre ses fonctions. Aussi , dans les Annales de la religion, journal des constitutionnels rédigé par Desbois, se plaignaiton de sa négligence. Ces plaintes réveillèrent apparemment le zèle de l'évêque de l'Isère, qui adhéra aux encycliques, assista aux conciles et prit même part à quelques actes du comité dit des Réunis. On le chargea de publier les actes du concile de 1797 et de rédiger quelques pièces relatives à cette assemblée. Il donna sa démission en 1801, comme tous ses collègues, et fut promu l'année suivante au siège de Dijon. Ses amis assurent qu'il refusa de se rétracter devant le légat ; mais il signa , en 1804, la formule prescrite par Le pape. On lui reproche néanmoins d'avoir favorisé constamment le parti constitutionnel , et les Annales de la religion citent de lui, t. 17, p. 117, un discours qui montre son attachement aux mêmes principes. D'un autre côté, l'évêque, dans un mémoire qu'il composa depuis , se vante d'avoir rétabli la paix partout , d'avoir rouvert son séminaire dès la première année, pourvu aux plus pressants besoins du culte divin , fait des conférences dans son église pendant tout un carême, lesquelles conférences furent depuis imprimées. Il assure qu'il publia plus de quatrevingts mandements ou lettres pastorales. Ce prélat ne fut pas toujours heureux dans ses démarches et ses écrits. En 1814 , il refusa de faire chanter un Te Deum pour le retour du roi. Le 22 avril 1815 , il publia une lettre pastorale où il présentait le retour de Napoléon comme un bienfait de la Providence; cette lettre était suivie d'un post- scrip- tunz fort singulier, où Reymond , se livrant à des discussions politiques, prouvait disertement qu'une nouvelle coalition était impossible. il vint à la cérémonie du champ de Mai et signa l'acte additionnel. Après le second retour du roi, il fut mandé à Paris, et on l'y retint un an. Ce fut alors qu'il composa un mémoire où il allègue des raisons tout au plus spécieuses pour sa justification. Ce mémoire, qui a été inséré dans la Chronique religieuse, t. &, p. 404, offre une espèce de biographie du prélat, et nous y avons puisé quelques traits. En 1817, l'évêque obtint de retourner dans son diocèse. Une circulaire qu'il publia le 14 septembre de l'année suivante , pour dispenser ses diocésains de l'abstinence, excita beaucoup de rumeur. Reymond mourut subitement, le 20 février 1820, au moment où il allait se mettre au lit
  • Henri RICHER( 1685 - 1748) : littérateur médiocre, né eu 1685 à Longueil , dans le pays de Caux , acheva ses études à l'université de Caen, et, d'après le désir de ses parents , se fit recevoir avocat au parlement de Rouen. Entraîné par son goùt pour les lettres, il ne tarda pas de renoncer au barreau et vint s'établir à Paris, où ses talents, sa modestie et la douceur de son caractère lui firent bientôt des amis. Après avoir publié quelques traductions en vers et des fables qui furent re-çues assez favorablement , il s'essaya dans le genre dramatique, mais avec peu de succès. Le défaut de Richer est l'absence totale de cette chaleur qui seule vivifie les productions de l'esprit et que rien ne peut suppléer. Ce littérateur , d'ailleurs estimable pour l'étendue et la variété de ses connaissances, mourut à Paris le 12 mars 1748 et fut inhumé dans l'église de StBenoît. Titon du Tillet, son ami, lui a donné place dans le second supplément du Parnasse français. On a de Bicher : la Traduction en vers des Eyloyues de Virgile, Paris, 1717 Cette version est fidèle, mais faible et décolorée ; elle a été réimprimée en 1736 , précédée d'une Vie de Virgile, assez bien faite. 2° Les Huit premières Héroïdes d'Ovide, mises en vers françois, ibid., 1723 On trouve à la suite quelques poésies de l'auteur, des Eglogues, des Cantates, dont plusieurs ont été mises en musique, etc. Richer a laissé en manu- sent la Traduction complète des Héroïdes. 3' Des Fables en vers. Les six premiers livres parurent en 1729, et les six autres en 1744. L'édition de 17&8 est précédée d'une Notice sur l'auteur. L'invention de ces fables, dit Sabatier, n'est pas heureuse; la narration en est froide, mais le style simple, clair et facile. Suivant quelques critiques, Richer a plus approché de la Fontaine que tous ses prédécesseurs . 4° Sabinus et Eponine, tragédie, Paris, 1735. Cette pièce est bien conduite ; mais elle pèche par le défaut d'intérêt. Elle eut sept représentations dans la nouveauté et n'a point été reprise. Il en existe une traduction en hollandais, et l'on assure qu'elle a été jouée souvent avec succès sur le lhéàtre d'Amsterdam, 5° Corio/ an, tragédie, non représentée, ibid. , 1745 60 la Vie de lléeenas, avec des notes historiques et critiques,.ibid., 1746 ou 1747 Elle est intéressante et pleine de recherches curieuses, tirées en partie de la Vie que Nleibom a donnée en latin du favori d'Auguste . Richer travaillait à la Vie de Scipion l'Africain pour laquelle il avait fait des recherches considérables, et il se proposait de publier le recueil complet de ses ouvrages
  • Henri RIETER( 1751) : peintre suisse, né à Winterthur en 1751 , était fils d'un artisan. Son goût trèsvif pour le dessin engagea sa mère, devenue veuve , à le mettre en apprentissage chez un peintre de la ville. De là il se rendit à Neufchàtel , pour y vivre de portraits et de leçons de dessin; mais, dégoûté bientôt de cette carrière, il partit pour Dresde, et s'y perfectionna dans la peinture sous la direction de son compatriote Graf. Il fut très- assidu à copier les chefsd'oeuvre de la galerie de cette ville. Cependant les paysages de Claude Lorrain, Berghem, Ruisdael et autres, fixèrent bientôt toute son attention, et, à l'exemple de ces maîtres, il alla fréquemment dans les environs de Dresde étudier la nature. Un voyage qu'il fit en 1775 dans la Hollande, afin d'acheter des tableaux pour le compte d'un marchand , servit à perfectionner son goût en lui faisant connaître un grand nombre de chefsd'oeuvre. S'étant enfin établi à Berne l'an 1777, il fut obligé d'abord , comme son ami Freudenberger, de faire des portraits, surtout des portraits en pied , de femmes parées à la dernière mode. Ce travail mal payé, et par conséquent mal exécuté, ennuya tellement les deux amis, que, d'après le conseil d'A,berli, ils n'eurent pas de peine à y renoncer. Rieter accompagna dès lors Aberli dans ses excursions, pour dessiner et peindre des paysages pittoresques de la Suisse. Il fit dans ces petits voyages un grand nombre d'excellentes études, les unes au crayon, les autres à l'aquarelle et même à l'huile. La cataracte de Reichenbach a été peinte aussi par lui sur les lieux mêmes. On estime, dans ses dessins, la manière large et la main exercée. JI réussit surtout dans les ciels bleus, les cascades et les rochers, ainsi que dans les éclats de soleil ; seulement on observe que, dans un âge avancé, il donna dans la manière mouchetée de Dunker. Après la mort d'Aberli, en 1786, Rieter continua la publication des paysages suisses de ce peintre; sa suite se compose de dix feuilles du petit format adopté par Aberli. Il en publia huit autres plus grandes, gravées à l'eauforte et coloriées, parmi lesquelles la fameuse cascade de Giessbach , auprès du lac de Brienz, est regardée comme un ouvrage parfait. Copier la nature avait tant d'attrait pour lui , qu'il restait des journées entières à la même place dans la campagne, sans songer à prendre de la nourriture. et le soir il se réjouissait d'avoir passé une si bonne journée. Il dessina même dans le délire de la maladie qui le mit au tombeau le 10 juin 1818. Il s'était marié en 1787 à Berne, où il fut pendant trentesept ans maitre de dessin à l'école publique. Un de ses fils a continué la publication des paysages suisses. On trouve une notice sur Rieter dans la feuille annuelle de la société des artistes, Zurich, 1819
  • Henri ROKES( 1621 - 1682) : peintre, surnommé Zorg, naquit à Rotterdam en 1621. Son père était patron de barque, et l'attention avec laquelle il veillait sur les marchandises confiées à ses soins lui ayant valu le surnom de Zorg, qui signifie soigneux, ce surnom demeura au fils. Le jeune Henri fut d'abord élève de David Téniers, dont il saisit avec bonheur l'admirable coloris. Il suivit ensuite les leçons de Guillaume Breytenweg , qui peignait, dans un genre plus relevé, ce qu'on a appelé des conversations; et il conserva, dans ses compositions, quelque chose de la manière de ce maître. Il imita aussi, avec succès, le style de Brauwer. On cite surtout de lui deux compositions, dont l'une représente une Foire à l'italienne, sur le devant de laquelle on voit une femme qui étale sa boutique, remplie de poulets, de gibier, etc. ; l'autre est un Marché aux poissons. Ces deux sujets sont ornés d'une multitude de figures d'une vérité frappante, et qui prouvent que l'artiste ne peignait rien que d'après nature. Mais le plus grand éloge que l'on puisse faire des productions de Rokes, c'est qu'elles se soutiennent avantageusement auprès de celles de Téniers. Malgré les succès qu'il obtenait dans son art, il ne voulut point abandonner la profes- Ce qui a sans doute trompé ce biographe, c'est qu'une autre traduction, aussi en vers latins, du Christus palis. par François Fabricius, de Ruremonde , a été imprimée à Anvers en 1550 sion de son père et continua d'être patron de barque. 11 ne peignait que dans ses moments de loisir. C'est par cette raison que ses tableaux sont rares et ne sont pas aussi connus qu'ils mériteraient de l'être. Le musée du Louvre possède de lui un hitérieur de cuisine. Ce peintre mourut en 1682
  • Henri SACHEVERELL( 1672 - 1724) : théologien anglais, fameux par l'éclat que donna l'esprit de parti à ses prédications, était fils d'un recteur de StPierre à Marlborough , qui en mourant laissa une nombreuse famille et trèspeu de fortune. Il naquit vers 1672 et fut élevé par les soins cl'Edouard Hearst, apothicaire et son parrain. A la mort de celui- ci, sa veuve plaça Sacheverell au collége de la Madeleine, à Oxford, où il se distingua et fut admis comme agrégé. Il fut bientôt chargé de l'éducation de la plupart des jeunes gens de qualité ou de ceux dont !es parents avaient beaucoup de fortune, et plusieurs de ses élèves se sont fait remarquer par leur talent et leur habileté. Addison. qui avait été son contemporain et son camarade de chambre au collége de la Madeleine, dans son Account of the greatest english poets, qui porte la date du ik avril 1694, lui dédia un poème d'adieu aux Muses, qu'il avait composé lorsqu'il prit la résolution d'entrer dans les ordres. Il appelle Sacheverell son ami le plus cher et son collègue. Les ennemis de celuici lui ont reproché calomnieusement son ingratitude envers ses parents et sa conduite turbulente à Oxford. Il écrivit, dans sa jeunesse, quelques petits poèmes latins et en fit insérer dans les second et troisième volumes des Muset anglicance plusieurs autres qui furent attribués à ses élèves. L'un des poèmes, qui se trouve dans ; prétendant qu'accuser la révolution d'avoir enseigné la désobéissance était une calomnie aussi noire qu'odieuse ; que le feu roi l'avait justifié par sa déclaration , en se justifiant luimême de tout projet de conquête. Il s'éleva contre la tolérance et les dissidents et déclara que l'Eglise était dangereusement attaquée par ses ennemis et faiblement soutenue par ses prétendus amis. Il sonnait la trompette et exhortait le peuple à revêtir l'armure de Dieu pour la défense de l'Eglise. Ces serinons, dans lesquels Sacheverell tournait en ridicule Burnet et d'autres prélats, et surtout le lord trésorier , désigr.é sous le nom de I'olpone C'est le titre et le principal caractère d'une pièce de BenJohnson. Ce mut Sig Oie un vieux renard , un fin matoi.. Dans /a discussion extrr'rnement 'ive qui eut lieu à la chambie haute, un pair ecclésiastique ayant dit uue l'allusion était évidente, que tout le monde reconnaissait un de leurs nobles collègues, un grand nombre de jeunes pairs s'écrièrent ri Nommez le, nommezle. e L'orateur eût xatistait à leur demande site lord chancelier luimême ne s'y fût opposé. demanda de l'avancement pour M. Benjamin tioadly, recteur de StPierre le Pauvre, qui avait professé publiquement des principes entièrement opposés à ceux de Sacheverell ; mais la reine n'eut aucun égard à cette recommandation. Devant la chambre des pairs, Sacheverell demanda en vain d'être mis en liberté sous caution. Les communes se firent, par leur sévérité excessive à son égard, beaucoup de tort auprès des gens modérés. La chambre haute lui accorda peu après la faveur que les communes lui avaient déniée, et il fit paraître sa défense. Son procès dura trois semaines ; les plus grands personnages et la reine ellemème furent présents aux débats. Sir Simon Harcourt et M. Philips, assistés par les docteurs Atlerbury, Smallridge et Friend , prirent la défense de Sacheverell. Une multitude immense l'attendait chaque jour, lorsqu'il se rendait à WestminsterHall ou qu'il en sortait ; chacun s'efforçait de lui baiser les mains et priait pour la délivrance d'un homme qu'on regardait comme un martyr. Lorsqu'il passait dans sa voiture pour se rendre au Temple où il logeait, on était forcé de se découvrir, et plusieurs membres du parlement furent maltraités et insultés à cette occasion. La populace se porta aux excès les plus violents : elle démolit plusieurs maisons, pilla celles de quelquesuns des nonconformistes les plus distingués et menaça de détruire les habitations du lord chancelier, du comte de Wharton, ‘le févèque de Salisbury, et d'attaquer même la Banque. On fut obligé de mettre sur pied beaucoup de troupes pour arrêter les désordres qui ne faisaient que s'accroître de jour en jour. Après que les conseils eurent parlé, Sacheverell prononça un discours dans lequel il justifia_ ses intentions à l'égard de la reine et de son gouvernement. Il s'exprima en ternies respectueux sur la révolution et la succession protestante ; niais il continua de défendre le principe de l'obéissance passive, comme une maxime de l'Eglise dans laquelle il avait été élevé, et s'efforça par des expressions pathétiques d'exciter l'intérêt de ses auditeurs. A peine eutil fini que les chapelains de la reine l'entourèrent, l'encouragèrent et le comblèrent d'éloges comme le champion de l'Eglise. Après une longue discussion et les altercations les plus violentes, la chambre haute le déclara coupable à la majorité de dixsept voix, tandis que trentequatre pairs protestèrent contre cette décision. Il lui fut défendu de prêcher pendant trois ans et ses deux sermons furent brûlés par la main du bourreau, en présence du lord maire et des deux sherifs de Londres et de Middlesex. Ce fut à la crainte des excès auxquels le peuple aurait pu se porter qu'on dut en grande partie la douceur de cette sentence, que les amis de Sacheverell considérèrent comme une victoire remportée sur le parti des whigs, et qu'ils célébrèrent par des feux de joie et des illuminations. La manière avec laquelle Sachevtrell fut ac- cueilli après sa condamnation , les clameurs du haut clergé et les manoeuvres secrètes de Harley et de ses partisans, les adresses qui arrivaient de toutes parts à la reine en faveur de son pouvoir absolu , de l'obéissance passive et de son droit héréditaire, déterminèrent cette princesse à se débarrasser de son ministère whig et à choisir une nouvelle administration composée de torys. Pendant sa suspension , Sacheverell avait été promu à un bénéfice dans la principauté de Galles : il alla en prendre possession avec toute la pompe et la magnificence d'un prince souverain. L'université d'Oxford le traita somptueusement ; les magistrats des villes par où il passait allaient audevant de lui ; souvent il était escorté par des corps de plus de 1,000 cavaliers. A Bridgenorth, M. Cresvell le reçut à la tète de 4,000 cavaliers et d'un nombre égal de gens à pied , portant tous des nœuds blancs brodés en or et trois feuilles de laurier dorées à leurs chapeaux. Pendant l'espace de deux milles, les haies étaient ornées de guirlandes de fleurs et les cloches étaient couvertes de banderoles et de drapeaux. La foule se pressait sur son passage et faisait entendre les cris de « Vive l'Eglise et le « docteur Sacheverell Ï L'enthousiasme et le délire étaient enfin à leur comble. Lorsque le terme de sa suspension fut expiré, on fit dans tout le royaume des réjouissances extraordinaires pour célébrer cet événement. La reine lui donna, le 13 avril 1713, le rectorat lucratif de StAn- drew's Holborn , et la chambre des communes désira qu'il voulût bien prêcher devant elle ; et lorsqu'il eut fini , elle lui vota des remerchnents pour son sermon. Cette cérémonie eut lieu le 9 juin 1713. Sacheverell avait pris pour texte le seizième verset du second chapitre de StPierre Ut liberi, eu non veluti malitiœ telamen habentes libertatern, set ut servi Dei. il releva les avantages de la paix et surtout l'utilité du cdmmerce, établit le dogme de l'obéissance passive aux termes de l'Ecriture, exalta le ministère actuel et invoqua la bénédiction du ciel sur la reine et ses véritables successeurs, en laissant assez clairement entrevoir que ce n'était pas à la maison de Hanovre qu'il faisait allusion. Aussi lorsqu'en octobre 1714 il se rendit à Londres, avec le clergé anglican pour saluer le roi George Pr, il fut tellement hué par les whigs dans les chambres du palais qu'il fut obligé de se retirer. Il jouissait à cette époque d'une grande aisance , George Sacheverell , son cousin , lui ayant légué une succession considérable dans le comté de Derby. En 1716, il fit imprimer une préface en tète de quinze discours prononcés devant l'université d'Oxford par W. Adams. Depuis on n'entendit plus parler de lui jusqu'à sa mort, arrivée le 5 juin 1724. On sait seulement qu'il eut de fréquentes querelles avec ses paroissiens. Il légua par son testa. ment cinq cents livres sterling à Atterbury, évêque de Rochester, alors exilé, et qu'on suppose avoir travaillé au discours qu'il prononça devant la chambre des pairs. La duchesse de Marlborough représente Sacheverell « comme un incen- « diaire impudent et ignorant, comme un homme « méprisé même de ceux auxquels il servait « d'instrument. » Swift dit, dans son journal à Stella, « qu'il jouissait d'un grand crédit auprès « des ministres , mais qu'il était en même temps « détesté et qu'on affectait de le mépriser.... » L'évêque Burnet le peint « comme un homme :( audacieux et insolent, avec trèspeu de reli- « gion , de vertu, de savoir ou de bon sens. » Suivant ce prélat, e Sacheverell entreprit d'obte- « nir une grande popularité par les plus insul- « tantes railleries contre les nonconformistes et « la petite Eglise, dans des sermons et des libelles « écrits d'un style bas et sans vigueur d'expres- « sioi»>. Quel que fût son caractère, dit un biographe anglais, il est évident qu'il ne dut sa célébrité qu'aux poursuites peu judicieuses et aux violences qu'on exerça contre lui
  • Henri SALT : voyageur éminent. dont les relations sont, pour les pays qu'il a parcourus, au nombre de celles qui méritent le plus de fixer l'attention des géographes et des historiens. Salt naquit à Litchfield , dans le comté d'York , et reçut sa première éducation dans une école élémentaire de cette ville. Sans doute il la termina ailleurs, puisque cette éducation était complète lorsque le goût des arts s'empara de lui, et qu'il parut vouloir s'adonner exclusivement à la peinture. A cette époque, le lord vicomte Valentia , qui avait quitté l'état militaire et qui, après un long séjour sur le continent, jouissait de sa grande fortune dans sa retraite pittoresque d'ArleylIall , résolut de se rendre utile à son pays en entreprenant un grand voyage. Il en concerta le plan avec le marquis de Wel- lesley, qui avait été gouverneur des possessions anglaises dans l'Inde , et qui pouvait ètre d'un puissant secours pour l'exécution de ce projet. Lord Valentia quitta l'Angleterre et s'embarqua sur la Minerve le 3 juin 1802. Mais, avant de partir, un de ses premiers maîtres , le docteur Hutt , lui avait présenté son neveu, FIenri Salt, et lord Valentia se l'était attaché et l'emmena avec lui en qualité de secrétaire et de dessinateur . Il était impossible. pour entreprendre avec succès un grand voyage, de faire un meilleur choix. Sait, à la connais- sance des langues anciennes et des belleslettres, réunissait le savoir de l'ingénieur pour lever des plans, le talent de l'artiste pour peindre et pour . Ces qualités le ren- daient un intermédiaire utile pour toutes les négociations. Sait, en compagnie de lord Valentia débarqua à Madère, au cap Palmas, s'arrêta un peu à SteHélène, puis au cap de BonneEspérance, où il fit une excursion dans l'intérieur du pays, toucha à l'ile StPaul , aux îles Nicobar; et. le 20 juin 1803, nos voyageurs arrivèrent à Calcutta. Alors ils entreprirent une grande tournée dans l'intérieur de l'Inde et allèrent à Beriarès et à Lucknow ; ils visitèrent les ruines de Canouge, s'embarquèrent sur le Gange, et furent de retour à Calcutta le 7 octobre. Ils se rendirent ensuite à Ceylan et y séjournèrent, puis retournèrent sur le continent ; près de Pondichéry, Salt se sépara de lord Valentia pour aller, par des sentiers dangereux et peu pratiqués , visiter les SeptPagodes et peindre ce site célèbre. En février 1804 , ils pénètrent dans l'Inde méridionale, voient Seringapatnam, font à Mysore une visite au rajah de ce pays, puis s'embarquent à Madras pour se rendre dans la mer Rouge, dont ils contribuèrent à perfectionner les cartes, en levant le plan de plusieurs baies et celui d'une fie à peu près inconnue, à laquelle lord Valentia donna son nom. Sur ces côtes désertes et dangereuses de l'Arabie et de l'Afrique que baigne la mer Rouge, plusieurs fois Salt quitta lord Valentia et débarqua sur le continent pour observer le pays, le décrire, enrichir sa collection de vues et de dessins. Ses portraits d'un Jeune pilote de Mas- souah , d'un Abyssin, d'un Samouk , prouvent qu'il dessinait aussi bien les figures que le paysage. Lord Valentia ayant eu à se plaindre de l'iman Probablement George Butt , recteur de Stanford, où lord Valentia fit une partie de ses études. On a de George Butt des ›ermous publies entre les années 17ib et 1193. Je n'ai pu , malgré mes recherches, connaltre la date de la naissance de Salt , mais il devait être fort jeune lorsqu'il s'embarqua eu 1803 , car an 1815 il passa à Paris pour se rendre an Fgypte , où il avait été nommé consul général , et , quand il fut présenté à la troisième classe de l'Institut I Académie des belles.. lettres), tout le monde tut étonné de le trouver ai jeune. de Moka , envoya Salt porter ses dépêches au gouvernement anglais de l'Inde. Salt s'einbarqua sur l'Antilope et arriva à Bombay le 9 juillet. Lord Valentia l'y rejoignit le 13 septembre. Pendant leur résidence à Bombay et à Pounah , ils firent des excursions aux Pagodes et aux fameuses grottes de Salsette et d'Elephanta. En décembre 180!s et en janvier 1805, ils retournèrent à Moka, à l'lle Dhalac , à Massouah et à Arekko, où ils crurent reconnaître l'emplacement de l'antique ville d'Adulis. Durant ses navigations sur la mer Rouge, lord Valentia étant entré en communication avec les chefs de l'Abyssinie , se décida , dans l'intérêt de son pays, a leur envoyer Salt comme ambassadeur. Celuici partit donc de Massouah avec une suite convenable et des présents, le 20 juin 1805. C'est ce premier voyage de Salt dans l'intérieur de l'Abyssinie qui forme le troisième volume de lord Valentia. Il en est certainement la partie la plus neuve et la plus importante. Ecrit en entier par Salt luinième. il intéressa vivement l'Europe savante lorsqu'il fut publié. 5-11 n'avait pas réussi complétement dans le but principal de ses négociations, il était du moins parvenu à rouvrir les communications des chrétiens d'Europe avec les chrétiens de l'Abyssinie , Interrompues depuis plus de deux siècles et demi , depuis que Soliman , en 1598, avait, par la prise de Souakem , de Massouah et de l'île Dhalac, enfermé l'Abyssinie entre le désert et la mer, et avait rendu impossible toute relation avec les peuples civilisés. Salt retourna à 1Massouah, où il rejoignit lord Valentia. Ils passèrent à Djidda , à Suez, et arrivèrent au Caire le 16 fevrier 1806 ; ils en partirent le 10 mars, après avoir visité Rosette, Berimbal Damiette, le lac Bourlos, Mansourah, Bahbiet. les restes du temple d'Isis. Enfin, après avoir bien examiné Alexandrie, dont Salt leva le plan. nos voyageurs s'embarquèrent le 22 juin, entrèrent dans le port de Malte le 2 aat ; le 26 septembre 1806 ils étaient à Gibraltar ; et juste un mois après ils prirent terre à Portsmouth, et rentrèrent dans leur patrie après une absence de quatre ans et quatre mois. Les Voyages et navigations dans l'Inde, à Ceylan , en Abyssinie et en Egypte, dans les années 1802-1806, de lord Valentia , furent, en 1809, publiés en 3 volumes avec un grand luxe de gravures et de cartes exécutées d'après les dessins et les plans de Henri Salt. Mais, indépendamment des nombreuses planches que renfermait l'ouvrage, Salt fit paraître, en même temps que le voyage, vingtquatre vues gravées en couleur, sur un grand format, qui reproduisaient les tableaux qu'il avait peints des principaux sites des lieux qu'il avait visités dans ses voyages ; ces vues, accompagnées d'une courte description ne sont pas seulement faites pour le plaisir des yeux, elles donnent une plus complète connaissance des lieux. La 17°, la 21°, la 22' planche SOnt surtout trèsremarquables, parce qu'elles nous font connaître la singulière conformation do ces montagnes isolées, qui s'élèvent abruptes OH pains de sucre audessus des plaines qui les environnent, et qu'on voit si bien du village d'Asceria à Samayut, dans la vallée de Calaat. Ces montagnes, par la facilité de s'y fortifier, ria dft , comme notre montagne de Laon en France, celle du Dunbarton en Ecosse, jouer un rôle important dans les guerres et les troubles civils. C'est dans la planche 20 de ce magnifique atlas de tableaux que se trouve la vue de l'obélisque d'Axum, à laquelle l'inscription gravée, copiée dans ce lieu et savamment commentée par le voyageur, donne un intérêt particulier. Si dans plusieurs parties de ses voyages, Salt a confirmé quelquesuns des récits de Bruce qui paraissaient invraisemblables, il en est d'autres où il l'accuse d'imposture, et quelquefois, suimit nous, sans motifs suffisants, comme quand il nie que les vestiges de cent trentetrois piédestaux, que Bruce dit avoir vus dans cette plaine d'Alcuin, n'y existèrent jamais , parce que lui, Salt, n'en a pas vu de trace, Raisonner ainsi c'est tenir peu de compte des changements qui ont pu être opérés dans un pays pendant le cours d'un demisiècle. Lorsque les voyages de lord Valentia donnaient à soli secrétaire dessinateur une célébrité si justement acquise, Salt n'était plus en Angleterre, Le vendredi 20 janvier 1809. il s'était embarqué à Portsmouth, non pour ac- compagner comme dessinateur un riche et puissant personnage ; cette fois il partait seul , et il était le chef de la mission qui lui était confiée. Le gouvernement britannique, particulièrement habile à bien choisir ses agents, avait compris, d'après le voyage de lord Valentia , tous les avantages que l'Angleterre pouvait retirer d'une alliance avec l'Abyssinie. Salt fut chargé de négocier cette alliance ; ml était porteur de présents considérables et d'une lettre du roi de la GrandeBretagne à l'empereur d'Abyssinie. Mais les guerres civiles et les querelles religieuses qui divisaient ce pays devaient rendre nuls tous les efforts de Salt pour y établir des relations durables et régulières. 11 retourna en Europe deux ans après. Son voyage n'avait pas été inutile pour les imiteras commerciaux de l'Angleterre. L'état peu pacifique de l'Europe lui avait fait prendre un long détour pour se rendre en Afrique. Comme dans son premier voyage, il avait touché à Madère, puis au cap de BonneEspérance ; mais sa navigation le long de la côte orientale d'Afrique fut presque une exploration hydrographique , et procura beaucoup de renseignements utiles sur les possessions portugaises. Salt visita plusieurs lieux sur lesquels, depuis longtemps , on n'avait eu aucune relation, Mesura , Monjou , Mozambique, Zanzibar et Pemba. Il leva le plan de plusieurs baies. En 1810 comme en 1805, son voyage en Abyssinie se borna à la province de Tigré. Il traversa le formidable défilé de Taranta et arriva à Dixan, ensuite à Antalow. Ce fut de Djibba , et un peu avant d'entrer dans Antalow, , le 10 août 1810, près de Djibba, qu'il vit ces boeufs galla , nommés sanga , si remarquables par leurs énormes cornes, allongées comme celles du cerf. Il séjourna quelque temps à Chelicut c'est en ce lieu qu'il put examiner plus à loisir les moeurs et les habitudes des Abyssins. Il passa ensuite par Agawa pour se rendre une seconde fois aux ruines d'Axum ; collationna encore l' pour la redonner plus correcte et avec un nouveau commentaire, et termina ainsi son voyage. Il retourna à Dixan , traversa les monts Assaouli , arriva à Arekko, traversa la mer Rouge et aborda à Moka ; puis, en octobre, il se rendit à Bombay, d'où il s'embarqua pour retourner en Europe. Il quitta le cap de BonneEspérance le 12 décembre , toucha à SteHélène le 20 du même mois, et, le 10 janvier 1811 , entra dans le port de Penzance à la pointe de Cornwall. Aussitôt son arrivée à Londres, il alla rendre compte de sa mission au marquis de Wellesley, ministre des affaires étrangères. Il s'occupa dès lors de la rédaction de son voyage, qui parut en 1814, avec des gravures et des cartes, comme le voyage de lord Valentia , dont le sien était en quelque sorte la continuation ou le complément. Mais il lui donna un titre monstrueusement prolixe, et qui est pour ainsi dire une table des matières. La concision du titre des voyages de lord Valentia , où le nom mème de Salt ne se trouvait pas , où ses travaux n'étaient pas indiqués , n'avait pas empêché qu'on ne distinguât particulièrement le mérite de la partie du voyage qui lui appartenait en propre, et elle fut traduite en français par Prévôt, de Genève, sous le titre de Voyage en Abyssinie , Paris et Genève, 2 vol. mais, en 1813, on publia à Paris une traduction complète des voyages de lord Valentia , en 4 volumes avec un atlas dont le titre portait qu'il était composé de cartes, de plans, d'inscriptions anciennes et de vues diverses dessinées sur les lieux par H. Salt. Ces traductions avaient accru la célébrité de Salt sur le continent. Aussi lorsque, dans l'année qui suivit la publication des voyages de lord Valentia , parut le nouveau voyage de Salt, il excita vivement l'attention publique, mais ne remplit pas entièrement l'attente qu'on en avait conçue. L'auteur n'avait presque visité que les lieux déjà explorés par lui dans son précédent voyage. Il est vrai qu'il donnait de ces lieux des descriptions plus complètes, des renseignements neufs sur les établissements portugais de la côte d'Afrique, des travaux hydrographiques précieux pour les navigateurs, et une plus complète histoire des révolutions politiques de l'Abyssinie depuis Bruce ; mais cependant ce nouvel ouvrage n'était réellement que la continuation, et en quelque sorte le quatrième volume des Voya- ges de lord Valentia. Aussi Henry, qui avait traduit ces derniers voyages, publiatil en 1816 une édition française du nouveau voyage de Salt. en 2 volumes et un atlas de 33 planches, composé de cartes , plans, inscriptions, portraits et vues diverses ; il fit preuve de jugement en abrégeant considérablement le titre de l'ouvrage original, en quoi il fut approuvé par celui dont il s'était rendu l'interprète. Salt, en passant à Paris, alla voir PierreFrançois Henry ; en témoignage de satisfaction , il lui fit cadeau d'un magnifique exemplaire du voyage de lord Valentia et du sien. Un second exemplaire de ces voyages fut donné par Salt à la bibliothèque de l'Institut de France, lorsqu'il fut présenté par un de ses membres à la classe d'histoire et de littérature ancienne , dont il avait été nommé correspondant le 8 décembre 1815. Il commençait alors un nouveau voyage, et cette fois avec tous les avantages de la fortune et de la puissance. Son gouvernement l'avait nommé consul général d'Angleterre en Egypte. Il alla résider au Caire et fut particulièrement distingué par le souverain éclairé de ce pays, MéhémetAli. Il s'adonna avec passion à l'étude de l'ancienne Egypte, à laquelle les découvertes de Champollion et d'Young. son compatriote, venaient d'attacher un intérêt spécial. Il donna un gage des progrès qu'il avait faits dans cette étude par la publication, en 185, d'un ouvrage qui fit sensation parmi les érudits , quoiqu'il n'eût que la consistance d'une mince brochure. Ce fut son Essai sur le système hiéroglyphique et phonétique du docteur Foung, arec quelques découvertes additionnelles qui le rendent applicable à la lecture des noms anciens et des noms modernes, Londres, 1825. Cet ouvrage fut traduit en français deux ans après. Il commence par une lettre de Bankes, qui , dans ses voyages, a recueilli tant de choses curieuses et en a si peu publié. A cette lettre est annexée une copie de la table d'Abydos, que Bankes a découverte et copiée le premier. Mais Caillaud, qui l'a copiée depuis, l'a publiée le premier ; et sa copie , dans plusieurs cartouches, ne s'accorde pas avec celle de Bankes. L'ouvrage de Salt apprit aussi que, d'après l'observation de Bankes, le nom du pha- rami Tirka a été effacé partout sur le fronton du petit temple de MédinetAbou et remplacé par celui de Ptolémée, circonstance dont il faut tenir un grand compte , quand il s'agit de déterminer l'âge de la construction des anciens temples de l'Egypte. Salt, malgré les promesses de son titre, ne nous parait pas avoir avancé la science du déchiffrement des hiéroglyphes égyptiens ; mais il semble qu'il a été, après celui qui a fondé cette science, le premier qui en ait fait d'heureuses applications pour donner des explications de quelques inscriptions hiéroglyphiques renfermées dans des cartouches. Plusieurs de ces explications ont été accueillies et reconnues exactes ; il en est qu'on lui a disputées, quelquesunes avec raison , et quelquesunes peut-être à tort. C'est en 1827, dans l'année où parut la traduction de l'Essai de Salt, que l'on apprit que le 3 octobre il était décédé sur la route du Caire à Alexandrie. Son corps fut transporté dans cette dernière ville, et ses funérailles furent les plus splendides de toutes celles qu'on y avait vues depuis longtemps. L'Annual register, qui raconte ce fait, ajoute qu'il laissa une fortune de deux cent mille talaris. En 1826, Salt avait fait imprimer à Alexandrie, à cinquante exemplaires seulement, un poënie intitulé l'Egypte ; sa vie et sa correspondance, éditées par M. J.C. Ilults, forment 2 volumes Londres, 1854
  • Henri SANSON( 1767) : fils et successeur du précédent, naquit à Paris, en 1767, et fut élevé avec autant de soins que le comportait la triste position de son père, auquel il succéda après sa mort, en 1793. Si Henri Sanson ne fut pas le bourreau de Louis XVI, il fut celui des nombreuses victimes de la terreur de 1793 et 1791. C'est par lui que furent exécutés la reine MarieAntoinette, sa bellesoeur Elisabeth, Malesherbes, le duc d'Orléans et tant d'autres. Du reste, son caractère, comme celui de son père, ne fut ni impitoyable ni cruel ; il était même pieux et faisait élever chrétiennement ses enfants. C'est un témoignage que lui rend encore tout le clergé de StLaurent, sa paroisse, qui en a été témoin. Il possédait dans la rue NeuveStJean un hôtel où tous les samedis il faisait une distribution de pain aux pauvres du quartier. On trouve encore sur cet homme, non moins extraordinaire que son père, dans le troisième volume de l'ouvrage intitulé Dix ans à la cour du roi Louis- Philippe, par Appert, des anecdotes curieuses et dont quelquesunes peuvent trouver ici leur place. Le fait se passait en 1835. C'est Appert qui parle · ... Lord Durham et lord Ellice, ministre de la « guerre d'Angleterre , vinrent avec mon digne « ami Bowring me visiter quai d'Orsay , pour « prendre un jour afin de nous rendre chez « Sanson , qui avait offert de monter la guillotine · pour ces messieurs. J'allai donc prévenir l'exé- « cuteur que le samedi suivant nous viendrions « le prendre. Comme c'était la première fois que « j'entrais dans sa maison ,..située rue des Marais, « il fut enchanté de rue bien recevoir. Madame « Sanson avait ouvert la porte, et lorsqu'elle « apprit mon nom, elle appela vite son mari, « qui , en nie voyant, s'empressa de retirer le « bonnet de coton couvrant sa large et haute « tète chauve. Il voulut absolument me faire « asseoir dans son fauteuil, ce qui, je l'avoue, ne « me séduisait pas du tout. Je remarquai des « gravures pieuses qui entouraient son cabinet ; « j'entendais toucher sur un piano l'air de la Muette . Je pensais à tous « les malheureux qu'il avait exécutés; je voyais « avec horreur ce glaive à deux tranchants, « marqué par deux fils, dont l'un rappelait l'exé- « cution de Lally, l'autre celle de la Barre. J'étais « impressionné, pensif, lorsque Sanson me dit « Monsieur, le fauteuil sur lequel vous êtes assis « appartient depuis bien longtemps à notre fa- « mille ; mon père et les siens y tenaient beau- « coup et s'en servaient toujours. » Je ne sais « pourquoi, mais involontairement je me levai « de suite de ce fauteuil et pris congé de M. San- « son.... Le samedi suivant, lord Durham vint « me chercher dans sa voiture ; il avait parlé à « tant d'Anglais de notre visite à la rue des Ma- « rais qu'une foule de carrosses nous suivirent, « comme si nous allions à un enterrement. Lord « Durham me demandait en route s'il ne serait « pas possible d'acheter un mouton pour le faire « guillotiner. Je lui répondis que cela donnerait « lieu avec raison à de sévères critiques , et il « n'insista pas. Arrivé rue des Marais , voyant « que nous étions au moins cinquante personnes, « j'entrai seul chez le bourreau. Il était en grande « toilette noire, et il nous conduisit sur le bord « du canal StMartin, chez le peintre gardien du « fatal instrument. Là, le caractère anglais eut « l'occasion de se montrer tel qu'il est ; chacun « voulait toucher au couperet, aux paniers, se « mettre sur la planche qui tient le corps lors-« qu'on le fait basculer, pour que la tète se « trouve juste dans la lucarne qui l'enferme et « la place audessous du terrible couteau. Sanson « avait fait monter entièrement et repeindre la « guillotine, et des bottes de paille servirent à « démontrer la terrible puissance du couperet. « Vidocq aidait Sanson et son fils dans leurs · explications.... Lord Durham, lord Ellice, Bow- « ring et tous les autres assistants y trouvèrent « un spectacle qui les intéressa beaucoup. Je « quittai Sanson en abandonnant l'immense cor- « tége.... J'engageai, sur la prière de plusieurs « amis , Sanson à diner pour le samedi suivant, « et en acceptant il osa ajouter bien timide- « ment « Mon fils , qui me remplace souvent « dans mes fonctions, serait bien heureux d'avoir « le même honneur. — Comment donc, mon- « sieur Sanson? amenezle ; j'en serai fort aise, e « répondisje. Il y eut deux réunions à ma villa « de Neuilly, où assistaient à dîner MM. de Balzac, « Alexandre Dumas, Fourier, Victor Considérant, « Harel le phrénologue, le docteur Chapelain, « représentant le magnétisme, Vidocq , Sanson « et son fils, Casimir Broussais, etc. Le dernier · diner fut fait par le cuisinier Gillard.... » Ap- pert ajoute : « Balzac, Alexandre Dumas furent « trèsspirituels dans leur conversation avec Vi- « docq et les Sanson. » On questionna le fils sur la sensation qu'il éprouvait en remplissant son triste ministère : « Je suis tout chagrin, répon- « ditil , lorsqu'on nie prévient, et j'aime bien « quand la chose est finie; mais, que voulez-« vousl c'est notre devoir, ce sont de grands « scélérats; mon père, pour les pauvres jeunes « gens de la Rochelle, si jeunes, si intéressants, « coupables seulement de s'être laissé entrainer, « a été, comme moimême, bien désolé.... Plus loin Appert donne quelques détails sur la vie privée de la famille Sanson : « C'est encore, « ditil , le bon vieux temps du Marais, le (liner « à une heure, le goilter à cinq et le souper à « huit heures, puis après, la petite partie de « piquet, toujours en famille, bien entendu. « L'exécuteur actuel a deux jolies demoiselles, « qu'il élève bien; elles sont musiciennes et pa- « raissent avoir une bonne éducation; mais très- « probablement elles épouseront des fils de bourg reaux de grandes villes.... » Appert s'est trompé dans ses conjectures sur la fortune de Sanson qui alors paraissait assez grande en effet ; mais elle s'est fort altérée depuis , et l'on sait qu'en mars 1817, le lits de celui auquel nous consacrons cette notice a perdu son emploi par suite des poursuites de ses créanciers. Quant à Henri Sanson . qui fait le sujet de cette notice, il mourut le 9.2 août 1840, à l'âge de 73 ans, après avoir rempli tous ses devoirs de religion. Comme son père, il n'avait exercé qu'a regret son redoutable ministère , et il était d'un caractère fort doux, de moeurs trèsrégulières. Grand et d'une figure assez remarquable, on le rencontrait souvent dans les rues ou à l'église et quelquefois au spectacle, surtout à celui du Vaudeville, où on l'a pu voir plus d'une fois dans le milieu du parterre, souriant aux couplets, aux gestes d'une jeune actrice. 3Iercier, qui l'a aussi remarqué à cette même place , fait dans son Nouveau tableau de Paris un portrait assez piquant de cette tète chauve, dominant le parterre et qui en avait vu tomber tant d'autres!... On a imprimé, sous le titre de Mémoires pour servir à l'histoire de la révolution française, par Sanue n , exécuteur des arrêts criminels, Paris, 1830, 2 vol. un ouvrage que Quérard attribue à l'Héritier de l'Ain, et dans lequel. entre autres erreurs, on fait vivre en 1830 celui qui expira six mois après l'exécution de Louis XVI. Il a paru , en 1863, de Nouveaux mémoires de Sanson ou plutôt une nouvelle compilation portant ce titre
  • Henri SAUVAL( 1620 - 1676) : historien, né vers 1620 à Paris, se fit recevoir avocat. Mais entraîné par son goilt pour l'érudition, il abandonna le barreau ; et ayant demandé l'entrée des archives et du trésor des chartes, il en tira des documents importants, qu'il se proposait de publier dès 1654, puisqu'il obtint cette année un privilége pour l'impression de son ouvrage. Costar, dans son Mémoire des gens de lettres célèbres de France , fait mention de Sauvai. « C'est, ditil, un écrivain « de grand travail, et qui ne réussit pas mal dans Ce n'est pas seulement dans le nectarium des fleurs que les abeilles puisent le miel ; on savait qu'elles cueillaient aussi la mielée ou mielat, que les anciens croyaient tomber du ciel, parce qu'elle était en petites gouttes eur les feuilles. L'abbé de Sauvages observa qu'il y avait deux sortes de mielée, qui , toutes deux, tiraient leur source des plantes, mais d'une façon différente. Il s'assura que l'une provenait de la transpiration de la partie supérieure des feuilles, et découvrit que l'autre tombait en effet, mais pas de bien haut !... ‘r Son origine n'est rien moins que céleste, ditil; c'est la déjection des pucerons! e La liqueur âpre qu'ils sucent à travers l'écorce prend dans leur estomac une saveur douce et agréable ; ils fabriquent réellement du miel. L'abbé de Sauvages décrit deux espèces de pucerons et voudrait que les agriculteurs cherchassent à propager les noirâtres pour augmenter la récolte des abeilles , qui parfois ne trouvent pas d'autre nourriture que la mielée. Lorsque l'abbé de G ut fut envoyé dans ce pays , en 1764, pour tâcher de découvrir l'origine des paillettes d'or que charrient le Gardon et la Cèze toy. GuA DE MALvEs), on pressa vainement l'abbé de Sauvages de s'adjo à lui; il avait déjà fait assez de recherches sur cet objet pour prévoir le résultat de nouvelles , qui fut de jeter inutilement dix mille francs dans ces rivières. D'II. F. Le Mémoire de Costar a été publié à la suite d'un opuscule de Chapelain , dans la Continuation des Mémoires de littérature, par le P. Desmolets, t. 2, p. 318. « celui qu'il a entrepris des Antiquités de Paris, « dans lesquelles il étale mille curiosités. » Sauvai ne passait pas pour modeste. 11 mourut en 1669 ou 1670, laissant en manuscrit neuf volumes qui contenaient le résultat de ses recherches pendant vingt années. Rousseau , auditeur des comptes, ami de Sauvai , entreprit de revoir et de corriger son travail; niais il mourut avant d'y avoir mis la dernière main. L'ouvrage ne parut qu'en 1711, sous ce titre : Histoire et recherches des antiquités de la ville de Paris, 3 vol. Il y a des exemplaires grand papier . On y trouve des détails curieux sur les divers accroissements de cette ville, sur ses établissements civils et religieux, ses cours de justice, ses écoles, ses églises, ses chapitres, etc., ainsi que sur les événements qui s'y sont passés depuis l'origine de la monarchie ; mais le style en ,est prolixe . LengletDufresnoy dit que le premier volume est bon, le deuxième médiocre et le troisième détestable. La Bibliothèque historique de la France offre, sous le ri° 3,1,427, une analyse de cet ouvrage, lequel est divisé en quatorze livres. ' Le premier renferme une dissertation latine du mathématicien Pierre Petit sur la véritable position de Paris. Un discours de Launoy, sur l'ancienneté de ses églises, sert d'introduction au quatrième livre; on a inséré dans le treizième la dissertation d'Aug. Galland sur les anciennes enseignes et étendards de France . On doit trouver à la fin du troisième volume, une partie séparée de !IO pages, intitulée les Amours des rois de France. Cet opuscule de Sauvai a été réimprimé plusieurs fois à la suite des Galanteries des rois de France , 1731, 1738, 2 vol. petit 1753, 3 vol
  • Henri SAVILE( 1549 - 1622) : savant anglais, né le 30 novembre i549, à Bradley, dans l'Yorkshire, acheva ses études à l'université d'Oxford , où il reçut, en 1570 , le degré de maître ès arts. Il fut élu procureur de l'université ; l'année suivante, il fut continué dans cette charge et obtint l'autorisation de donner des leçons. Dans le dessein de perfectionner ses connaissances, il fit, en 1578, un voyage en France et dans les PaysBas. A son retour en Angleterre, il fut choisi pour enseigner le grec et les mathématiques à la reine Elisabeth, qui lui témoigna depuis lors beaucoup - de bienveillance. Il fut, en 1585, nommé pr du collége de Merton ; et, en 1586, il joignit à cette dignité celle de prévôt du collège d'Eton , où il plaça d'habiles professeurs. On dit que son excessive sévérité le rendait la terreur des étudiants. Le roi Jacques ler, instruit du mérite de Savile, se proposait de l'élever aux premiers emplois ; mais il se contenta du titre de chevalier, que ce prince lui conféra dans le château de Windsor, en 1604. La mème année, il eut le chagrin de perdre son fils ; et comme il ne lui restait aucun espoir d'avoir un héritier de son nom, il résolut de consacrer une partie de sa fortune à l'avancement des lettres. Outre la belle édition grecque des OEuvres de StChrysostome, qu'il fit imprimer à ses frais et pour laquelle il dépensa, diton, huit mille livres sterling , il fonda deux nouvelles chaires à l'académie d'Oxford , l'une de géométrie et l'autre d'astronomie, dont il pourvut Henri Briggs et Jean Bainbridge , deux hommes trèsdistingués, chacun dans sa partie . Savile mourut le 19 février I6, au collége d'Eton , et fut inhumé près de son fils , dans la chapelle, où sa veuve lui fit élever un tombeau magnifique. Il était membre de la Société des antiquaires. Indépendamment de l'édition des OEuvres de StChrysostome , on doit à Savile celle du traité de Th. Bradwardin De causa Dei contra Pelagium . 11 a traduit en anglais l'Histoire de Tacite, avec la Fie d'Agricola, et y a joint des notes savantes et un Traité sur la milice des Romains. Ce traité, traduit en latin par Marq. Freher, a été imprimé séparément, Heidelberg, 1601 ; et à la suite des notes, traduit par Isaac Gruter, , Amsterdam, 1649 Cette édition, sortie des presses des Elze- viers , est recherchée. On doit encore à Saule I° Rerum anglicarum scriptores post Redan: prie- cipui , Londres, 1596 ; Francfort, 1601, même format la première édition est trèsrare ; on recherche encore la seconde, quoiqu'elle soit déparée par de nombreuses fautes typographiques. Ce recueil contient les Chroniques de Guill. de Malmesbury, de Henri de Huntingdon, Roger Hoveden , Ethelwerd, Ingulphe, etc. Savile y a joint : Fasti regum et episcoporum Angliœ usque ad lUilhelmum Seniorem; 9Oratio coram regina Rlizabetha Oxonice habita , anno 1592. Ce discours n'a été publié qu'en 1658 , par Thom. Barlow, Oxford Jean Lamphire l'a inséré dans la Monarchia britannica , 1681 3° Prœ- lectiones 13 , in principium elementorum Euclidis, Oxford , 1621 , Savile a laissé plusieurs manuscrits, entre autres des notes sur l'Histoire ecclésiastique d'Eusèbe, dont Henri de Valois a fait usage dans son édition. On peut consulter Wood., Hist. unit'. Oxoniensis , les Mémoires de Niceron, t. 16, et le Dictionnaire de Chaufepié. — Un autre Henri SAVILE, surnommé le Long, qui tirait son origine et probablement son nom de Shawill en Yorkshire , fut médecin, chimiste, mathématicien et antiquaire, voyagea en Italie, en Allemagne, etc., et mourut à Londres, âgé de 49 ans, le 29 avril 1617. 11 avait confié à Camden , pour la publier, une copie fort soignée de la Chronique d'Asser, moine de StDavid , qui fut imprimée en 1602 et reparut en 1691 , par les soins de Th. Gale. W—s. La chaire de géométrie, fondée par Savile, a été occupée par des professeurs d'un grand mérite , Wren , Wallis, Halley, Duo. Gregory, Keill , Bradley, Hornby, etc. Savile enrichit encore l'université d'Oxford d'une foule de caractères grecs pour son imprimerie, et de plusieurs livres et manuscrits précieux conservés dans la bibliothèque bodléienne. (21 Bien qu'elle soit exempte, dit Rich. Simon, des fautes grossières qui sont dans les éditions de Vérone et de Heidelberg, elle n'est pas aussi exacte que quelquesuns le prétendent; elle peut être redressée en plusieurs endroits sur les éditions de Paris et de Commelin; et c'est ce que le P. Labbe a trèsbien remarqué dans sa Dissertation sur les écrivains ecclésiastiques. D'ailleurs, ajoutetil, cette édition, qui est toute grecque, ne peut être à l'usage d'une infinité de personnes; et c'est pour cela qu'elle n'a pas eu grand cours parmi nous, si l'on excepte quelques savants de qui elle est fort estimée; aussi bien que des Grecs, qui admirent ce beau recueil, Voyez Lettres choisies de R. Simon, t. 1er, p. 108,
  • Henri SCHEFFER( 1798 - 1862) : frère du précédent , né à la Haye le 27 septembre 1798, entra dans l'atelier de Guérin avec son frère Ary, et commença de se faire remarquer comme peintre d'histoire au salon de 1824. Il s'est distingué tour à tour ou simultanément dans des genres divers l'histoire traitée en grand, les sujets religieux ou allégoriques, le portrait; plusieurs de ses tableaux d'histoire, la Bataille de Cassel, l'Entrée de Jeanne d'Arc à Or- léans , etc., ont un incontestable mérite. Il a laissé aussi d'excellents portraits ; nous citerons particulièrement ceux d'Armand Carrel , de François Arago , d'Augustin Thierry ; mais la branche de l'art où il avait acquis une supériorité véritable et à laquelle les amis de son talent ont regretté qu'il ne se soit pas plus complétement adonné, était quelque chose d'intermédiaire entre l'histoire et ce qu'on appelle communément le tableau de genre. C'étaient les sujets historiques ou anecdotiques traités dans de petites ou de moyennes dimensions avec un sentiment trèsdramatique, un grand art de composition, beaucoup de mouvement et une sérieuse et solide couleur. Personne n'a oublié, entre un certain nombre d'autres œuvres , l'Arrestation de Charlotte Corday , la grave et touchante composition intitulée la Lecture de la Bible , ni le Prêche protestant, cet émouvant épisode des dra- gonnades . Ce sont là des ouvrages qui resteront et qui constituent l'originalité véritable d'Henri Scheffer. — Henri Scheffer n'a survécu que peu d'années à son illustre frère; il est mort, après une longue maladie, le 16 mars 1862
  • Henri SCHIM( 1695) : poète hollandais, né à Maassluis en 1695, s'est distingué dans le genre religieux et biblique. On a de lui un recueil de Poésies morales et sacrées, dont fait partie un charmant poème en trois chants, intitulé le Bon- heur de la vie champêtre. Il a encore publié : Gloire de Jésus- Christ et de son Eglise , et autres poésies bibliques. Il mourut à Maassluis, à l'âge de 47 ans. De Vries s'est plu à lui rendre justice dans son Histoire de la poésie hollandaise , t. p. 121-128
  • Henri SCHMIDT( 1779 - 1857) : littérateur allemand, né à Weimar, en 1779. mort le 11 avril 1857, à N'imite. Après avoir étudié à Iéna NOUS Paulus. Fichte et Sehelling, il embrassa la carrière d'acteur à Weimar, où G•the lui prodiguait des encouragements. Sans trop briller sur la scène, il laissa cependant de bons souseuirs aux abattes de Saxe. Eu 181 % . il s'enrôla dans l'armée libératrice de l'Allemagne. il y lit la connaissance des princes d'Esterhazy , dont l'un le nomma régisseur de son théàtr• à Eisenstadt, sur le lac Neusif•lel. Plus tard, il fut appela' au theatre de la ville de Brunit , en Morin ie. Dans les derniers dix ans, Schmidt vécut à Vienne. Outre un certain nombre de pièces hongroises arrangées pour la scène allemande et de drames allemands traduits en hongrois dans l'Aurore de Bajza et Kisfaludy, on a de lui un ouvrage très- intéressant, intitulé Souvenirs d'un vétéran de lUcimar sur la rie de société, de littérature et de théâtre, Leipsick, 1856. — SCIIIIIDT , grammairien et lexicographe allemandrusse, né vers 1769, à Leipsick, où il mourut en 1851. Après avoir fini ses études, il alla en Russie comme précepteur. De retour en Allemagne vers 1813, il fut nommé d'abord lecteur et plus tard professeur de la langue et littérature russes à l'université (le sa ville natale. Presque toutes les grammaires et dictionnaires russes et grecs modernes en usage aujourd'hui en Allemagne et dans les pays germaniques et scandinaves en général sont dus à Schmidt
  • Henri SHÉE( 1739) : général et administrateur fran-çais, était né à Landrecies, le.,)5 janvier 1739 , d'une famille de noblesse irlandaise qui s'était réfugiée en France par suite de son attachement à la foi catholique. Entré au service comme cadet dans le régiment irlandais de Clarke, le 1" mars 1755, il fut nommé lieutenant en 1760, et l'année suivante sousaide major, en récompense de sa belle conduite à l'affaire de Marbourg. Créé chevalier de StLouis en 1781, il fut ensuite nommé capitaine cornette blanche au régiment colonelgénéral , puis colonel en second du régiment de Conflans , et enfin colonel du régiment colonelgénéral . La révolution française le trouva dans cette position, et, sans en devenir un zélé admirateur, il l'accepta pourtant avec une certaine satisfaction. En 1791 il obtint sa retraite pour cause de mauvaise santé, niais en 1795 il reprit une place active dans l'armée et fut promu au grade de général de brigade. C'est en cette qualité qu'il fit partie du corps expéditionnaire qui , sous Hoche et Bruix , essaya un débarquement en Irlande. Au retour de cette expédition qui ne réussit pas, il quitta définitivement le service militaire pour la carrière administrative. Le 19 février 1797, on le nomma président de la commission intermédiaire pour l'administration des pays conquis sur le Rhin, et dans ces fonctions il sut acquérir l'estime des populations par une grande probité et une extrême modération. Bonaparte, après le 18 brumaire, l'envoya à la préfecture du MontTonnerre, qu'il quitta presque aussitôt pour devenir commissaire général dans les quatre départements de la rive gauche du Rhin, nouvellement réunis à la France. Elevé au titre de conseiller d'Etat en 1801, il remplaça Lakanal, le 2.6 septembre suivant, comme préfet du BasRhin. Il se trouvait en cette qualité à Strasbourg, au mois de mars 1804, lors de l'enlèvement du duc d'Enghien, et il fut en conséquence appelé à y concourir, ou tout au moins mis dans la confidence des instructions de Caulaincourt et d'Ordener , ainsi que le général Levai ; il fut toutefois moins généreux et eut moins d'égards que ce dernier pour la position du malheureux prince ; on a même dit que ce fut iui qui, par sa correspondance administrative, donna lieu à l'arrestation. Lors de l'institution de la Légion d'honneur, il reçut la croix d'officier, puis celle de commandant de cet ordre, en 1809 le titre de comte, et enfin, le 5 février 1810, il fut fait sénateur. Comme la plupart des membres de cette muette assemblée, il vota , sans hésitation , la déchéance, parut un instant d'accord avec son neveu , le ministre Clarke, et se rallia à la restauration. Louis XVIII le créa pair de France en juin 1814, ce qui surprit un peu l'opinion royaliste. Dès lors il resta complétetnent en dehors des affaires, et mourut le 3 mars 1820, dans un âge trèsavancé. Le maréchal Mortier prononça son éloge funèbre à la chambre haute. Sa fille unique avait épousé Jacques Wulfran , baron d'Afton, autorisé pour lui et ses descendants par ordonnance royale du 11 décembre 1815, à joindre son nom à celui de Shée
  • Henri SINGLETON( 1766 - 1839) : peintre anglais, né à Londres, ers 1766, perdit fort jeune son père, et fut élevé par son oncle William Singleton , peintre en miniature, qui lui donna les premières lecons de l'art du dessin. A l'Age de dixhuit ans, il obtint la première médaille d'argent , comme prix de dessin à l'académie royale ; quatre ans plus tard, son tableau la Far d'Alexandre, d'après une ode de Dryden, lui valut la médaille d'or. Singleton s'adonna au portrait ainsi qu'au genre historique. En 1793, acheva un tableau qui représentait tous les membres de l'académie rassemblés dans la chambre du conseil ; cette production fut remarquée. Pendant plus de c ans, il envoya aux expositions (les oeuvres où les connaisseurs distinguèrent un véritable talent. En 1807, il se présenta pour remplir une place vacante à l'académie ; il ne fut pas élu ; et depuis il ine renouvela plus cette tentative. Artiste laborieux et (loué d'une trèsgrande facilité, il a beaucoup produit; et il etait fort employé par les éditeurs qui avaient besoin ( le dessins pour les gravures à joindre aux ouvrages nouveaux. Parmi ses meilleurs tableaux , on signale : Jésus entrant ti Jérusalem ; — Jésus yuerissant - reuyle- nr ; — St- Jean- BaptisteCoriolan et sa mère ; — Annibal jurant aux Romains une haine éternelle — la Prise de Serinqapataris ; — la Mort de Tippoo- Saeb ; — les Fils de Tippoo- Sarb livrés en otages. Il existe de toutes ces compositions des gravures de grandes dimensions. Les dernières années de la vie de cet artiste furent surtout employées à une série de dessins destinés à accompagner. une édition de Shakspeare. Il y a plusieurs dessins pour chaque pièce de l'immortel dramaturge. Singleton est mort le 15 septembre 1839
  • Henri SNAKENBURG( 1674 - 1750) : littérateur hollandais, né à Fauquemont, au duché de Limbourg, en 1674, mort en 1750 à Leyde, où il était recteur de l'école latine, a augmenté la collection hollandaise des Variorum, par le Quinte- Curce, qu'il a publié à Leyde, 1724 et qui l'a fait connaître comme éditeur laborieux , plutôt que comme judicieux critique. François de Haas a publié à Leyde, 1753 les Poésies hollandaises de Snakenburg, assez sévèrement jugées par de Vries dans son Histoire de la poésie hollandaise, t. 2 , p. 58 et suiv. Nous avons vu aussi de lui de nombreuses pièces de vers latins, mais qui ne s'élèvent pas non plus audessus du médiocre et qui n'ont pas été recueillies. — Dans des observations critiques sur l'ouvrage de de Vries, que nous venons de citer, on lui reproche d'y avoir passé sous silence Théodore Van SNAKENBURG, dont on estime les productions poétiques, qui se trouvent dans un recueil intitulé Proeve van Diclitoefening door A. L. F. et A. P. S., 1731. On y attribue au même de charmants contes en vers, qu'on lit dans le Spectateur hollandais de Van Elfen
  • Henri SPIERINGS( 1633 - 1715) : peintre d'Anvers, né vers l'an 1633 et élève de Paul Bril, montra un talent éminent comme paysagiste. Le séjour qu'il fit en Italie et en France ajouta à la réputation qu'il avait acquise dans son pays. Louis XIV l'honora de sa protection , et Spierings peignit pour ce monarque plusieurs beaux paysages. Sa manière de dessiner était remplie d'agrément, ses arbres d'un excellent choix de forme, sa touche délicate et son coloris d'un naturel exquis. Il enrichissait les premiers plans de ses compositions d'une grande variété de plantes, qu'il copiait toujours d'après nature, et l'ensemble de ses tableaux plaisait à l'ceil et produisait beaucoup d'effet. • t: ais ce qui distinguait surtout Spierings , c'était son habileté à imiter le style et la touche des plus fameux peintres et surtout de Salvator Rosa. Les connaisseurs les plus exercés ne pouvaient distinguer ses ouvrages de ceux de ce maître. Après un assez long séjour en France, Spierings se rendit en Italie et résida pendant plusieurs années à Bologne; à son retour, il passa en Angleterre et fit à Londres plusieurs ouvrages trèsrecommandables. Il mourut en 1715, dans un âge fort avancé
  • Henri STABEN( 1578 - 1658) : peintre flamand, né en 1578, apprit dans son pays les premiers éléments de son art. Jeune encore, il se rendit en Italie pour se perfectionner. Il choisit Venise pour séjour et le Tintoret pour maitre; mais l'ayant perdu lorsqu'il n'avait encore que seize ans, il se vit forcé de faire luimème son éducation. Il peignait en petit avec une netteté qui tenait du prodige. Ses compositions, mélange heureux du style des Flamands et des Italiens, dénotent de l'invention. Il dessinait avec agrément et disposait ses figures d'une manière judicieuse. On cite, parmi ses ,meilleurs ouvrages, un petit tableau représentant la Galerie d'un amateur, où il a introduit toutes sortes d'objets de curiosité. On voit, sur les murs, un grand nombre de peintures, toutes représentant des objets différents et terminées avec le soin le plus exquis, quoique de la plus petite dimension. Chaque tableau est parfaitement distinct et placé dans son véritable jour; la perspective en est parfaite, et la lumière et la couleur n'en sont pas moins admirables. Staben mourut en 1658
  • Henri STANDISH : d'une ancienne famille du Lancashire, entra chez les cordeliers et prit le bonnet de docteur à Oxford. Il était provincial de son ordre, lorsque les disputes commencèrent à s'élever entre le clergé et les laïques au sujet des exemptions des ecclésiastiques. 11 prêcha fortement contre ces exemptions ; et il était sur le point d'être censuré par l'assemblée du clergé, lorsque la cour le prit sous sa protection. Il fut nommé, en 1519, à l'évêché de StAsapli , et envoyé en ambassade en Danemarck. Standish se déclara fortement contre le divorce de Henri VIII, devint conseiller de la reine Catherine et mourut en 1535. On a de lui un Recueil de sermons et un Traité contre la rersiou du Nouveau Testament d'Erasme. — Jean STANDIS11, son neveu , adopta les nouvelles opinions sous Edouard VI. A l'avénement de la reine Marie, il rentra dans le sein de l'Eglise, fut fait chapelain de cette reine et chanoine de Worcester, et mourut en 1556. 11 avait publié divers ouvrages contre Robert Barnès , contre les traductions de la Bible en langue vulgaire, et un Trait( ' de l'unité de l'Eglise. montre dans tous un grand zèle contre les prétendus réformateurs
  • Henri STEFFENS( 1773 - 1845) : philosophe et littérateur, naquit à Stavangen, en Norvége, le 9. mai 1773. Ses parents se transportèrent, en 1779, à Helsingcer, et en 1787 il fut envoyé à Copenhague, afin d'y poursuivre ses études. Son intelligence précoce et ses sentiments de piété semblaient indiquer la carrière ecclésiastique comme celle qui était le mieux à sa convenance; il manifestait aussi un penchant décidé pour l'histoire na-. turelle. En 1790, il entra à l'université de Co- penhague, et il s'y distingua d'une façon brillante. En 1794 , il fut mis en possession d'une des bourses créées dans cet établissement afin de fournir à des sujets distingués le moyen de s'instruire par des voyages. En se rendant en Allemagne • Steffens fut sur le point de périr à l'embouchure de l'Elbe, le navire sur lequel il était embarqué - ayant fait naufrage. Il passa un an à Hambourg, et en 1796, il se rendit à Kiel , où il donnait des leçons; mais ses études sur les sciences naturelles l'ayant conduit à scruter les bases de la philosophie et de la métaphysique, il pensa qu'il devait se rendre maitre des systèmes de quelquesuns des plus profonds penseurs de l'Allemagne. Schelling était alors dans toute sa gloire; Steffens se transporta à léna , où enseignait ce philosophe, dont il devint un des plus fervents admirateurs. Il venait d'être nommé professeur adjoint de philosophie à Iéna, lorsqu'il se rendit à Freiberg, où il fit connaissance du géologue Werner, ce qui donna un autre cours à ses idées. Il se consacra à l'étude des minéraux, et il écri- vit des Essais de géognosie et de géologie, qu'il revit, remania plus tard et refondit en trois volumes, qu'il intitula Manuel d'orykiognosie . En 1802, il revint en Darieniarck , et ses cours attirèrent l'attention publique; mais il mécontenta quelques personnages influents , ce qui le décida à accepter, en 1804 , l'invitation d'aller occuper à l'université de Halle une chaire de professeur. Ce fut dans cette ville qu'il publia en 1806, un volume intitulé Bases fondamentales de la philosophie des sciences naturelles. II passa dans le Holstein l'année 1808, et de retour à Halle, il prit une part active aux efforts des patriotes allemands, afin de combattre la domination française. Ce rôle était loin d'être exempt de dangers ; mais Steffens y trouva un aliment pour son activité et pour son besoin d'action. Lorsqu'en 1813, les populations germaniques coururent aux armes , le professeur montra qu'il était prèt à payer de sa personne. Malgré ses quarante ans, il entra comme volontaire dans un bataillon de chasseurs; il fit la campagne que termina la bataille de Leipsick , et il servit dans l'armée prussienne en 1814 jusques après l'occupation de Paris. Le retour de la paix le rendit à ses travaux scientifiques; il fut nommé profes- seur de physique et d'histoire naturelle à Bres- lau. En 1831, il alla remplir les mêmes fonctions à l'université de Berlin, et il mourut dans cette ville, le 13 février 1845. Ce fut pendant les premières années de son séjour à Breslau qu'il écri - vit son Anthropologie, publiée en 1822 , livre dont le but est d'exposer , d'après des principes philosophiques, les relations de l'homme avec l'ensemble de l'univers. Il continua d'envisager ce sujet dans ses Feuilles polémiques pour le pro- grès de la physique spéculative ; mais on reconnut dans ces écrits un exposé des doctrines de Schelling plutôt que des faits nouveaux. L'activité intellectuelle de Stef- feus le porta d'ailleurs à traiter fréquemment des sujets variés et à se lancer dans des incursions de divers côtés. Il ne pouvait voir surgir sans élever la voix les questions qui préoccupaient le public; il aborda la politique dans plusieurs brochures, qui furent lues avec empressement : les Universités, ce qu'elles doivent ètre ; — l'Epoque actuelle et l'avenir ; — Des sociétés secrètes dans les universités . Lorsque le gouvernement prussien conçut l'idée de fusionner les diverses Eglises, Steffens combattit vivement ce projet, et il prit une part active aux controverses qui s'engagèrent à cet égard ; il écrivit, en 1824, un livre intitulé la Fausse théologie et la véritable foi, qui fit sensa- tion et qu'il fallut réimprimer, honneur accordé bien rarement à des ouvrages de ce genre. En 1825, il fit paraître un autre écrit : Mon retour au luthérianisme et ce que le luthérianisme est pour moi, profession de foi d'un genre élevé, empreinte d'un rationalisme mystique qui porte le cachet de la conviction et qui n'est pas sans originalité. En 1827, Steffens se montra sous un aspect nouveau ; il se fit romancier. : un ouvrage en trois volumes, les Familles lUalseth et Leith, fut suivi, en 1828, par un autre roman qui ne remplit pas moins de six volumes, les Quatre A. orvégiens. Plus tard parut . 1/ a/ cohn ; mais celuici ne dépasse pas deux volumes. (In sentiment moral et religieux anime d'une manière trèsprononcée ces productions; l'aspect de la Norvége, les mœurs du pays sont retracés avec une fidélité intéressante. Steffens aimait à se mettre en scène; il se plaisait fort à parler de lui, à exposer ses idées, et sous ce rapport, il se donna pleine carrière dans une autobiographie dont la composition occupa les dernières années de sa vie et qui, publiée de 1840 à 184.5, ne remplit pas moins de dix volumes. Elle présente bien des minuties et des détails sans intérêt, et en Allemagne même, elle a dû lasser la patience des lecteurs les plus intrépides; mais elle renferme des pages éloquentes. Un fragment assez étendu, Aventures sur la route de Paris, a été traduit en anglais; il présente un récit de la campagne de 1814. Un volume d'Ecrits posthu- mes, précédés d'une préface de Schelling, a vu le jour en 1847. Steffens a conservé au delà du Rhin le renom d'un penseur profond , qui aurait pu se placer au premier rang s'il avait moins disséminé ses facultés et s'il avait consenti à abdiquer le sentiment d'une personnalité exa- gérée
  • Henri STENGEL( 1750) : général français, était né vers 1750 enBavière, d'uhe famille noble', mais sans fortune. Il servitoeabordipeinclarit'deltit ans dans les, gardes palatines, qu'il-éritikta, en 176i, pour entrer au' service Fronde e&nnie sotislieutenaledanslerégiinent d'Alsate.Allut'nonliné lieutenant flans le mémo corps en 1765, et passa capitaine dans les hussards de Charnboran en 1769. Ayant quitté le 'service trois ans après , il y rentra comme major en 11g8,4a devint colonel dès les premières années de la révolution. licommandait, en 1792, le lier régiment, . 11 etit'ensuite une part trèslionorable itix pre- miers succès de BoOparte',Ékii p vint au inois','de Mars 1796 prendregle ebm6iânelérnent de'reHe armée, et fut tué le' 17 avril à la bataille de Mondovi en chargeant à la tète de la cavalerie. Le général en' chef en fit un grand éloge d'atns son rapport , et depuis il l'a encore mentionné trèshonorablement dans ses Mémoires
  • Henri STIEGLITZ( 1803) : poéte allemand , naquit en 1803, à Arolsen, dans le pays de Waldeck. H commença ses études au collège de Gotha ; et en 1820, il se rendit à l'université de Gcetiingue. Il n'avait pas d'abord un but bien précis devant lui ; son application lui concilia l'amitié du savant Bouterwerck ; mais s'étant trouvé compromis dans quelque agitation politique, il dut quitter le Hanovre. Il se retira à Leipsick , où il se consacra à l'étude de la philologie. S'étant transporté à Berlin, il fut, en I88, nommé un des conservateurs de la bibliothèque royale; et il obtint ensuite une chaire au gymnase. En 1828 , épousa une jeune fille dont il s'était épris à Leipsick. Mécontent de sos emplois, qui lui imposaient un assujettissement contre lequel il se révoltait , il se croyait doué du génie politique et appelé à de hautes destinées. Sa femme , douée d'ailleurs d'une intelligence brillante, mais exal- tée, l'entretenait dans ses illusions et contribuait à lui monter la tète. Stieglitz donna sa démission et voyagea en Russie ; niais il n'y trouva ni la fortune, ni la gloire qu'il ambitionnait. Sa femme, ne pouvant se résigner à le voir agité et mécontent , et s'imaginant qu'une secousse ranimerait sa vigueur intellectuelle, prit la résolution de se donner la mort ; elle se suicida le 29 décembre 1834, Cet événement fit grand bruit en Allemagne et fut regardé comme un acte extravagant inspiré toutefois par de nobles motifs ; niais le coup brisa Stieglitz et éteignit chez lui la faculté poétique. Recevant une pension de son oncle, le célèbre banquier, il quitta la Prusse, se rendit à Munich , y passa quelques mois, parcourut les Alpes et se transporta ensuite en Italie. Il s'établit d'abord à Rome, puis à Venise, où il mourut du choléra, le 24 avril 1849. Il n'était pas dépourvu de talent ; niais l'excentricité et le manque de goût , de but déterminé l'ont empêché d'obtenir de véritables succès. Son premier recueil portait le titre de Poemes au profit des Grecs ; il prit une part active à l'Almanach des Muses, publié a Berlin en 1829. Ses Tableaux de l'Orient méritent d'être signalés comme ce qu'il a produit de mieux ; on y rencontre diverses compositions dramatiques, entre autres une tragédie, Selim III. Les Voix de l'époque offrent de la chaleur et du mouvement. Une tragédie lyrique, la Fête de Bacchus , respire un sentiment païen et antique fort prononcé; une tendance contre la réaction spiritualiste s'y dessine nettement. Après la mort de sa femme, Stieglitz publia, en 1838, un volume intitulé Adieux à Ber- lin, , 'ère poétique ; ce livre fut suivi d'un recueil de Chants écrits dans les Alpes du Tyrol et de la Ba- vière . Pendant les dernières années de sa vie , il s'était résigné à écrire en prose, et il publia successivement des relations de voyages : le Monténégro et les Monténégrins ; l'Istrie et la Dalmatie ; Souvenirs de Rome
  • Henri STRUVE( 1740 - 1826) : célèbre chimiste et minéralogiste, naquit en Suisse vers 1740, fit de très-' bonnes études à Lausanne , puis à Tubingen , et li se lia dès sa jeunesse avec le docteur Tissot et le grand Haller, qui l'encouragèrent dans ses études 'sur l'histoire naturelle. Toute sa carrière fut con- I' sacrée à cette science. L'histoire de sa vie est tout entière dans celle des fonctions qu'il remplit 'et des livres qu'il publia dès l'àge de vingtcinq ans. 11 mourut à Lausanne, en 1826. Ses ou- vrages publiés sont : 1. Nomenclator ex historia plantarum indigenarunt Helvetiœ excerptus, enclore Albert° V. Haller, Clavimmethodi hallerianœ , etc., 1769 2° Mémoires pour servir à l'histoire physique et naturelle de la Suisse, Paris , 1788 3° Nouvelle théorie des sources salées appli - quée aux salines du canton de Berne, et suivie d'une excursion aux salines de l'Aigle, Lausanne, 1788 40 Supplément au dictionnaire de chimie de Macquer, contenant la théorie et la pra- tique de cette science, Neuchàtel, 1789 Ce supplément forme le cinquième volume d'une édition du Dictionnaire de chimie de Macquer, imprimée à Lausakne dans la même année. 50 Détails minéralogiques sur le département du Mont- Blanc, Paris, 1794 6° Itinéraire du pays de Vaud, du gouvernement d'Aigle, du comté de Neuchâtel et Valengin, Berne, i79. Henri Struve a encore publié beaucoup de dissertations et mémoires dans les Mémoires de la société des sciences physiques de Lausanne, dans la Bibliothèque médico - physique du nord de Vicat , dans la nouvelle édition des Arts et métiers imprimée à Neuchâtel, où il a fourni , entre autres, l'article sur l'art du vinaigrier. — STnuvE , médecin à Lausanne, de la même famille que le précédent, a donné : Essai ou réflexions intéres- santes relatives à la chimie, l'économie et le com- merce, avec une dissertation sur la question : Si les causes des maladies de l'âme et des nerfs ont toujours leur siége dans le cerveau, Lausanne, 1772 — une traduction de la Description des Alpes de Halfe, jointe à la traduction du penne des Alpes par le même, et quelques autres ouvrages en allemand
  • Henri SULLY : artiste anglais ; a contribué' beaucoup au s: progrès de l'horlogerie dans le 18, .siècle. Elève de Gutten, horloger à Londres, d fit sous cet habile maitre de rapides progri,s dans la Mécanique. il était doué d'un génie et dans sa première jeunesse il rnirita l'estime, dé Newton par des recherches sur les longittllieS.n11Éiiiratué par lé"goilt éles voyages et par le désirl'èle s'instruire, il passa peu de temps après en ' Hollande, puis à Vienne où lé prince Eugène le Mini.I'll *profita de ses loisirs pour perféctionner'às'itinnaissances et pour lire les Mémoires de ÉAcadémie des sciences. Ayant fait un voyage à Paris avec le duc d'Aremberg, H y rechercha la société des savants et devint bientt l'ami du célèbre Julien le Roy , vint tout à coup paralyser l'essor 'cié l'industrie. L'Angleterre profita 1 de la chute de nos manufactures pour augmenter les siennes , et Sully retourna dans sa patrie avec tous les ouvriers qu'il put décider à l'accompagner. N'ayant pas trouvé les ressources qu'il es- pérait, il ne tarda pas de revenir à Versailles. Ce fut alors qu'il exécuta sa pendule à levier pour mesurer le temps en mer, Ce beau travail lui mérita les éloges de l'académie et une penioii Sully est le sujet de plusieurs pièces de théâtre : 1. le Roi et le ministre, ou fleuri / V et Sully, par du Coudray, 1775 2. Sut/ y . el eoistosé, pièce en trois actes, par Bailleul, a ét jouée sans succès aur le théâtre de Louvois , en 1,b04; 3. Une murnée . Les ouvrages d'horlogerie de Sully ont été décrits par Lepaute , lequel a recueilli des détails sur la vie deee.t artiste. On alle Sully : 1. Règle artificielle dit temps, Paris, 1717 réimprimél avec des additions par Jules le Ray, 1737; 2° Description d'une horloge, in4.-; 30 Méthode poser régler les montres et les pendules , ibid. , 117'28, iu- 8... Il y trace le plan d'un grand Traité d'horlogerie qu'il n'eut pas le loisir de rédiger
  • Henri SWINBURNE( 1752) : voyageur anglais, naquit à Capheaton , au mois de mai 1752. Il était le plus jeune fils de sir Jean Swinburne, baronnet, et appartenait à une famille catholique du comté de Northumberland. Après avoir commencé son éducation dans une école du comté d'York , il l'alla continuer à Paris, à Bordeaux et à l'académie royale de Turin. Lorsque ses études furent terminées, il parcourut les différentes parties de l'Italie et se maria ensuite. Sa femme partageant son goût pour les antiquités, et pour les beauxarts, ils partirent ensemble vers 1774 et passèrent six ans à visiter les lieux les plus remarquables de la France, de l'Espagne, de l'Italie et de l'Allemagne. Il se lia pendant ses voyages avec tes hommes les plus éclairés des pays où il s'arrêtait et reçut des marques d'estime de quelques souverains. A son retour en Angleterre, il se retira à la campagne et publia, en 1779, ses Voyages en Espagne, 4 vol. Quatre ans après, il fit paraître le premier volume de ses Voyages dans le royaume des Deux- Siciles, auquel il ajouta un second volume en 1785.0n accorde généralement à Swinburne le mérite d'un bon observateur : ses descriptions sont vives et animées : il est le premier qui ait fait bien connaître en Angleterre les arts et les anciens monuments de l'Espagne. Le mariage de sa fille avec Paul Benfield lui fit partager les désastres de cet aventurier et le força d'aller s'établir dans la colonie de la Trinité, crû il mourut victime du climat, le 1° avril 1803. Jean Bigland a consulté les voyages de Swinburne pour la rédaction de l'Histoire d'Espagne, qui a été traduite en français, après avoir été revue et corrigée par le général Matthieu Dumas. Le Voyage en Espagne de Swinburne a été traduit en français par J.B. de la Borde, qui avait déjà traduit le Voyage dans les Deux- Siciles du même auteur , auquel on joint quelquefois, comme cinquième volume, le Voyage en Sicile, par Denon. et le Voyage de Bayonne à Marseille, traduit aussi de Swinburne, mais qui ne se trouve pas sur papier ordinaire (voii.' le Iltinuel `Enfin Ch. White a publié;' en deux Volurnes 'Leridres,'18t1,' la earrispondaiice de Switibtirne depuis 17Py jusqu'à sa Mort
  • Henri THIERRY : fils d'un libraire, fut le premier imprimeur de son nom ; il était, dit Lacaille, trèshabile et trèsentendu en son art, tant pour la correction que pour la beauté des caractères. Il a imprimé quelques volumes du Corpus juris avilis rouge et noir, publié en 1576, 5 volumes; S. Hyeronynai opera, 1582. etc. — THIERRY , neveu et successeur de Henri , se distingua aussi dans son état. Il fut grand ligueur, et l'un des imprimeurs de la Sainte- Union. C'est de ses presses que sortit le Dialogue d'entre le maheustre et le manant, contenant les raisons de leurs débats en ces présents troubles au royaume de France, 1594 ; l'imprimeur fut mandé devant le duc du Maine , qui cependant n'exerça aucune rigueur contre lui. Rolin Thierry faisait partie de la compagnie des libraires . Ce fut lui qui publia la Somme de StThomas, 1607 ; Bellarmini opera , 1613, 4 vol. fol., et autres ouvrages, au bas desquels il mettait ces mots, qui rappelaient la parenté des trois libraires : Quant bonum et quant jurundum habitare fratres in unum. L'enseigne ou marque particulière de Rolin se composait de trois tiges de ris dans un croissant, par allusion à son nom de Thier- ris, avec cet hexamètre pour devise : Poenitet wtcrnurn mens non lcr provida rite. Rolin mourut le 24 avril, en 1623. — THIERRY , fils de Rolin, né le 142 janvier 1609, fut reçu imprimeur et libraire à l'âge de vingt ans; il était de la compagnie qui avait pour marque la Grande navire, et avait pour sa marque particulière l'image de StDenis, avec ces mots : S. Dionysius, Galliarum apostolus. Il a imprimé beaucoup d'ouvrages et est mort en 1657. THIERRY , son fils, reçu imprimeurlibraire en 1652, fut le libraire de Boileau, qui le nomme dans son Epitre 10 et dans sa lettre à Brossette du 16 juin 1708, où il se vante de l'avoir enrichi. Denis, second du nom, avait pour enseigne la Ville de Paris; mais il a pris quelquefois la marque de Rolin, son grandpère. Entre les livres sortis de ses presses, on remarque l'édition augmentée et tronquée de l'Histoire de France, par Mézeray , 1685 , 3 vol. fol. Le nom de D. Thierry se trouve sur diverses éditions des OEurres de Molière, entre autres sur celle de 1682 , dont les deux derniers volumes sont intitulés OEurres posthumes. C'est dans le septième volume de cette édition qu'est le Festin de pierre. La pièce avait été imprimée conforme à la représentation; mais l'impression achevée et peut-ètre la distribution commencée, l'autorité exigea des suppressions ; ce fut surtout dans les scènes une et deux du troisième acte qu'on fit beaucoup de retranchements. Il fallut réimprimer la feuille P. du volume. Rien ne fut substitué aux passages supprimés, et l'imprimeur fut réduit à jeter du blanc dans plusieurs pages de la feuille qu'il réimprima, mais en homme adroit il k jeta dans les pages 169, 170, 179, 180, 181, 182 , où il n'y avait rien de supprimé, tandis que les pages 176 et 177 où ont été faites les suppressions, sont aussi pleines que les autres pages du volume. Les exemplaires sans cartons sont de la plus grande rareté . D. Thierry mourut en 1712
  • Henri VANDER-HAERT( 1790) : peintre et dessinateur belge, naquit à Louvain le 26 juillet 1790. Dès les premières études, il manifesta un goût particulier pour le dessin, et, à neuf ans, on le En 1007,1e château était dans une petite ile formée par la Deûle. Quelques habitations construites autour de cette ile dev en se multipliant , un bourg que Baudouin IV entoura de murailles en 1030, et auquel s'étendit la dénomination de Cas- trulli I Ilense. Baudouin V y fonda le chapitre de StPierre , en 1055; mais la dotation et la dédicace de l'église sont de 1066. fit admettre à l'académie du dessinateur Geedts. A quatorze ans, il remporta le premier prix de dessin d'après l'antique, et l'année suivante les prix de dessin d'après nature et d'ornement. il reçut aussi du même professeur des leçons de peinture. Son premier tableau , dont le sujet fut puisé à une circonstance dont le goùt pouvait s'effaroucher, mais qui était dans la nature, fut cependant peint avec une heureuse vivacité. Par une belle matinée de printemps, un paysan entre dans le jardin de VanderHaert; se croyant seul, il s'accroupit sous un groseillier fleuri et en même temps fume tranquillement sa pipe. Il se croit sans témoin ; mais le jeune peintre le voit et le croque d'abord sur une porte, puis, sans perdre une seconde, il revêt la chose du meilleur et du plus vif coloris. Acheté par un amateur de Louvain, du nom de Van Leemput - n, le panneau détaché passa, après la mort de l'acquéreur, dans des mains restées inconnues. C'est encore à cette époque que le jeune artiste fit les portraits en profil, et rangés sur une ligne, de ses compagnons d'études. Ce qui favorisa ensuite ses progrès, c'est qu'il reçut des leçons d'un des meilleurs portraitistes du temps , FrançoisXavier Jacquin. Aussi bien, n'ayant encore que dixsept ans, il fit le portrait de deux beautés louvanistes , Marie Dauw et Thérèse Jolis, et d'un fonctionnaire , le souspréfet Sterckx. Dans le dessein d'étudier et copier les productions des maîtres, il parcourut ensuite une grande partie de la Belgique, Anvers, Malines, Gand. Parmi les copies qu'il fit des tableaux les plus renommés, on cite un chefd'oeuvre de Rubens, le Chapeau de paille. VanderHaert s'appliqua à cette reproduction avec une ardeur telle que l'on crut qu'ainsi que le Pygmalion de l'antiquité, il était éperdument amoureux du gracieux objet qui faisait le sujet du tableau. VanderHaert poussa plus loin ses études; il visita Paris dans la société du peintre de fleurs Jean Van Dorne, qui venait rétablir dans cette ville sa santé. Revenu à Bruxelles, il y trouva deux grands artistes français, le peintre Louis David et le statuaire Rude, qui tous deux l'accueillirent et le conseillèrent. C'est sous leur influence qu'il étudia sérieusement l'antique et la renaissance. Il laissa le genre des Teniers et des Van Ostade pour ne s'adonner qu'au dessin. Il y passa maître, et l'architecte Vanderstraeten utilisa ses productions. Cependant le dessinateur visait plus haut, et son patron Vanderstraeten dut recourir à la ruse pour le retenir. Ses compositions d'alors, parmi lesquelles les basreliefs en grisaille de la salle du Concert noble à Bruxelles , se dist par la correction , l'élégance et la richesse de l'invention. Il ne réussit pas moins dans la lithographie, récemment importée en Belgique, et où personne ne le surpassa. Après la révolution de 1830 et vingt ans d'intervalle l'inconstant artiste revint au portrait à l'huile,s. d'abord sans trop de succès, ensuite d'une manière suivie et brillante. Le nouveau point de départ fut le portrait de la comtesse Vilain XIII', d'un coloris vrai, vigoureux et sage à la fois. Peut-être le peintre eûtil atteint à l'apogée du talent, n'eût été une nonchalance, un goût de flânerie qu'on lui reprochait justement. Il revenait toujours au dessin. En 1836, le gouvernement lui confia la chaire de dessin d'après l'antique à l'école de gravure fondée cette même année. A l'exposition , encore de cette année, on remarqua son tableau représentant la Famille Hambrouck. C'est VanderHaert qui se chargea de la partie graphique du compte rendu de l'exposition, entrepris par M. Alvin, depuis son biographe. Le Pr décembre 1845, il fut nommé membre de la classe des beauxarts à l'académie royale des sciences et des lettres. VanderHaert peignit vers cette époque, pour la questure de la chambre des représentants, les portraits du roi et de la reine des Belges. Son tableau le plus important par le nombre des figures est le portrait de famille exécuté après la mort de sa femme, Victorine Frémiet, morte en 1839. Devenu directeur de l'académie dé Gand, il mourut dans cette ville le 8 octobre 1846. Outre les ouvrages cités, on lui doit plusieurs portraits remarqués : celui du duc d'Arenberg , celui de la duchesse; — la Bataille des éperons d'or, gravée d'après de Keyss; — les Derniers moments de Charles 1er, d'après Wappers; — Marie de Bourgogne tombant de cheval, d'après Mathieu ; — une Vision de Ste- Philomène, d'après Wulfaert ; — le Jeune Tobie rendant la vue à son père, d'après Jean Van Eycken ; — l'Enfant à la levrette, d'après Eug. Simonis. M. Alvin a lu à la classe des beauxarts de l'académie de Bruxelles , le 3 novembre 1853 , une excellente notice sur VanderHaert
  • Henri VERGNIAUD( 1760 - 1844) : parent du précédent, naquit à Limoges en 1760 ou tout au commencement de 1761, et, reçu avocat, il exerça au barreau de cette ville. Il n'eut aucune part aux événements de la première ni même de la seconde phase de la révolution ; mais il commença vers 179i à se mèler à la vie politique , et fut député par StDomingue au conseil des CinqCents, où il prit peu de part aux débats politiques. Mais il utilisa son passage à Paris en contractant des liaisons qui ne demeurèrent pas infructueuses : il s'acquit notamment dans Lucien 13onaparte un ami qui, plus tard, aurait été, s'il l'eùt voulu, Les débats ne révélèrent aucune circonstance nouvelle sur la direction secrète de la politique des girondins. Aucun d'eux ne nia la négociation entamée avec la cour, par l'entremise du peintre Bou. Les dépositions établirent que , durant l'assemblée législative, Guadet, Gensonné et Brissot...allaient , avant l'ouverture de la séance , se concerter chez Vergniaud. Un fait assea singulier qui fut déposé par 1e témoin Destionr, jacobin de Bordeaux, c'est que, dans une tète brillante donnée chez Talma, les girondins avaient voulu assassiner Murat, qui avait osé s'y présenter sans être invité. Vergniaud repoussa cette calomnie; mais il ajouta que l'impression d'horreur qu'avait répandue dans cette réunion l'arrivée subite de cet homme avait causé une grande inquiétude aux femmes. 121 La société d'agriculture, des sciences et des beauxarts de Limoges ayant proposé pour sujet de prix d'éloquence l'éloge de Vergniaud, la médaille d'or fut donnée, le 24 mai 1809, à M. Gédéon Genty de Laborderie , alors étudiant à l'école de droit de Poitiers. Son ouvrage a été imprimé à Limoges, chez Dalesmes. Il n'existe point de collection des discours de Vergniaud. On • en trouve quelquesuns dams le Choix de rapports, opinions cf discours prononcés à là tribune nationale, etc., première série, Paris, 1518-1826, 24 vol. y compris la table. L'Histoire parlementaire e, rie intime de Vergniaud, par M. TouchardLafos•e, effleure it peine un sujet qui réclame encore un tratalZ approfondi. - A. son protecteur. Il ne profita , ostensiblement dumoins , de cette bonne volonté que pour faire ériger sa ville natale en cheflieu de cour d'appel. Pour lui, il ne demanda ni simple bonnet de conseiller, ni place quelconque au parquet, encore moins de présidence. Nous ne croyons pas non plus qu'il ait recherché les titres de maire ou d'adjoint : il trouvait que c'était bien assez d'assister aux sessions du conseil municipal. fi n'en vécut ni moins vénéré, ni moins tranquille, Hi moins longtemps : il était dans sa 83° année lorsqu'il mourut, le 13 juin 1844
  • Henri VERSCHUURING : peintre, né à Gorcum, était d'une complexion si faible qu'il ne put suivre la carrière des armes. dans laquelle son père s'était distingué; niais presque au sortir du berceau, il manifesta pour le dessin de rares dispositions, que Govertz se plut à développer. De chez ce maitre , le jeune Henri passa dans l'école que Jean Both tenait à Utrecht, et ne tarda Pas à s'y distinguer. Il se rendit ensuite en Italie; il habita successivement Rome , Florence et Venise , dessinant tout ce qui pouvait fortifier son talent, et il s'était déjà fait un nom comme peintre d'histoire, lorsqu'on le vit abandonner ce genre pour s'occuper exclusivement de pe des batailles. Il s'adonna particulièrement alors à l'étude des chevaux, et après un séjour de cinq années en Italie parfaitement employées, il se mit en route pour revenir en Hollande. Arrivé à Paris, il y rencontra k fils du bourgmestre Marseveen , qui l'engagea à retourner avec lui à Rome. Après un nouveau séjour de deux ans dans cette ville, il revint définitivement en Hollande. En 1672, jaloux de se perfectionner, il suivit l'armée hollandaise, dessinant les campements, les armées en bataille, les attaques, les siéges, les marches, etc.; c'est ainsi qu'il parvint à donner à ses tableaux cette vérité, cette exactitude, qui en font le plus grand prix. Comme il travaillait avec assiduité, il a beaucoup produit. Tous ses ouvrages rappellent les études qu'il avait faites en Italie. Il en retrace les monuments et les sites avec Un rare bonheur. Mais les compositions dans lesquelles il excelle sont les Batailles , les Attaques de voleurs, le Pillage des villages par des soldats : elles brillent par la vivacité; les figures et les animaux en sont cor rectement dessinés et touchés avec esprit. Le ! plus remarquable de ses ouvrages représente un Parti bleu qui pille un château , le maître de ce chàteau est lié et garrotté comme un criminel plusieurs chariots suivent avec des meubles ; la dame offre aux pillards ses bijoux et son argenterie pour sauver son mari. Tous les détails en sont finis avec autant d'art que de vérité. Ses dessins ne sont pas moins précieux que ses tableaux, et se distinguent par l'intelligence et la facilité du travail. Les habitants de Gorcum , pleins d'estime pour son talent et son caractère, le nommèrent bourgmestre de leur ville; dans cette place, il se fit chérir de tous ses administrés. Ayant été obligé d'entreprendre un petit voyage par mer, une violente tempête submergea son navire à deux lieues de Dordrecht ; personne n'échappa à ce naufrage, qui eut lieu le 26 avril 1690. On a de ce peintre quatre eauxfolles gravées avec un sentiment et un esprit qui les rendent extrêmement précieuses; mais I elles sont d'une si grande rareté, que Huber et Rost , dans le Manuel des amateurs de l'art, n'ont pu en spécifier aucune. Ce sont : io une Déroute de cavalerie; 2° un Voyageur en manteau; 3° le Dogue couché; 40 le Lévrier debout. Ce sont des ébauches trèsspirituelles : les premières épreuves de la Déroute sont avant les tailles sur le cou du cheval du cavalier portant un écusson
  • Henri VIGNIER( 1641 - 1707) : né à BarsurSeine en 1641, de la même famille que les précédents, entra dans la congrégation de l'Oratoire, où il exerça i avec beaucoup de zèle, pendant six ans, les fonctions de curé à la Rochelle. M. de ClermontTonnerre, son parent, lui donna un canonicat dans sa cathédrale de Langres, qu'il quitta ensuite pour se retirer à Paris , dans la maison de StHonoré, où il mourut en 1707. On a de lui la Con- naissance de Jésus- Christ, 1703 — des Exercices de piété, 1.703 — des Psaumes de David en trois colonnes, 1703 — Un autre V1GN1ER fit imprimer à Saumur, 1676 et 1684, un ouvrage intitulé le Château de Riche- lieu, ou l'Histoire des dieux et des héros de l'anti- quité, avec des réflexions morales en vers
  • Henri VOULLAND( 1750 - 1802) : né à Uzès en 1750, suivait le barreau de Nîmes en 1789 , et fut, à cette époque, député aux états généraux par le tiers état de sa province. On prétend qu'il dut surtout sa nomination à l'influence de Rabaut de StEtienne, protestant comme lui, qui s'en servit à cette assemblée pour les dénonciations scandaleuses dont un reste de pudeur l'empêchait de se charger luimême. Voulland fut un démagogue ardent, et les prêtres n'eurent pas de persécuteur plus déterminé. Ses premières attaques furent dirigées contre le clergé de Carpentras, qu'il peignit comme un foyer de contrerévolution ; or ce mot contre- révolution était alors synonyme des plus grands crimes. Un pareil homme était trèsutile aux vues de Rabaut, ennemi trèsprononcé du culte catholique, et qui d'ailleurs, comme on peut le voir dans ses écrits, ne trouvait rien de tolérable dans la monarchie d'alors, et prétendait qu'il fallait tout détruire 0.) M. Charles Blanc, dans son Hisloire des peintres, apprécie judicieusement le mérite de Vouet La célébrité dont ce . maitre avait joui de son vivant a rendu plus sévère le jugement . de la pos.térité. En reconnaissant la hardiesse de son pinceau, 4. l'abondance de son talent facile et simple, on lui a reproché de n'avoir eu que les éléments grossiers du clairobscur, de n'avoir pas bien senti la dégradation de la lumière et d'avoirtrop pe,nt de prof igue le sentiment ; voilà ce qui fait défaut à Simon Vouet. A sis Vierges inémes il donnait des tournures guit,dées qu'on « prenait pour de la noblesse et des airs agréables dont on mnlait. Jamais il n'eut ces traits d'inspiration sublime , jamais il ne trouva ers expressions venant des profnndeurs l'lime, qui ont fait de Lesueur, son élève, un véritable grand peintre. N'edt•il, du reste, d'autre mérite que d'avoir dirige l'école don sortircnt tant d'hommes illustres, Vouet doit occuper par cela male un rang élevé parmi les maitres dont s'honore notre pays. Ce fut un grand talent, mais tout À la surface, et sa printure , si elle peut intéresser nos yeux , ne va pas jusqu'à notre Anse." pour tout constituer sur un nouveau plan. 11 fit nommer son collègue Voulland membre de cet odieux comité des recherches qui, au nom de la liberté, ne cessa de tourmenter les meilleurs citoyens. Les troubles dont, à cette époque. Nîmes et toute cette partie du Languedoc furent le théàtre, eurent sans doute pour cause les manoeuvres de ce comité. Voulland lit pendant la session de l'assemblée constituante une multitude de rapports au nom de son conciliabule; il dénonça le baron de Marguerite, maire de Mmes, et son collègue à l'assemblée, qu'on a vu périr depuis sous la hache révolutionnaire. Il ne prit point part aux grandes questions politiques : pareilles matières étaient audessus de sa portée. Au mois de mars 1791, il fut nommé membre du tribunal de cassation, et dans le mois de septembre 179'2, député à la Convention nationale par le département du Gard, où Rabaut de StEtienne fut aussi appelé par le môme département. Mais déjà celuici exprimait d'amers regrets sur sa conduite passée : il était las, di-11 saitil luimème, de sa portion de tyrannie, et il voulait rentrer dans le chemin de l'ordre et de la justice. La fureur révolutionnaire de Voulland avait au contraire augmenté : il se jeta violemment dans les rangs des proscripteurs, et devint un des séides de Robespierre. Dans le procès du roi, il vota contre l'appel au peuple, pur la mort et contre le sursis. Sa conduite dans cette affaire et dans celle du 31 mai lui fit obtenir la présidence peu de temps après, et il fut, avant le 9 thermidor, membre du comité de sûreté générale, qui remplissait dans la convention à peu près les mèmes fonctions que le r. °mité des recherches avait remplies à l'assemblée constituante. C'était particulièrement dans le comité de sûreté générale que FouquierTainville allait chercher la liste de ses victimes. Voulland était d'une petite stature, et il s'agitait comme un forcené : dès qu'il éprouvait la plus légère contrariété, il bondissait comme un chevreau, et avait l'air d'un fou. Quand ses collègues lui parlaient des exécutions auxquelles il assistait, i! répondait : J'y rais rire de la mine que ces gueux- là font à la fenêtre. Après la mort de Robespierre, ceux qui l'avaient immolé, plutôt à leur sûreté que pour le punir de ses crimes, sentirent qu'ils 111. devaient prendre une marche différente. Ce fut alors qu'ils envoyèrent Voulland au Luxembourg, OÙ était détenue madame la duchesse d'Orléans . Bientôt, poursuivi par les thermidoriens, ce fougueux montagnard fut décrété d'arrestation , puis amnistié. 11 vécut dès lors dans l'obscurité. Logé et nourri. pendant près de deux ans, par le libraire Maiet, qui vivait luimème des profits d'une petite échoppe au PalaisRoyal, il n'avait pas de quoi payer cette généreuse hospitalité. 11 mourut, en 180'2, dans la plus profonde misère; et, ce qui est plus remarquable, dans de grands sentiments de piété, et fort repentant de sa conduite révolutionnaire. — Un autre Voulland. oncle du précédent, qui, de commandant de la garde nationale d'Uzès, était devenu général et commandant de la ville de Marseille sous le gouvernement de Robespierre, se montra un des hommes les plus sanguinaires de cette époque. Il perdit son emploi après la chute de Robespierre, et mourut dans l'obscurité
  • Henri WACHSMUTH( 1760 - 1836) : jurisconsulte allemand, naquit à Creuma le 12 mai 1760. Il fut collecteur des contributions en Saxe, avocat à Delitzsh, conseiller d'appel à Dresde de 1811 à 1815. 11 mourut le 29 février 1836, après s'être fait connaître par des comédies dans le genre de l'Ossian de Macpherson, et surtout par un ouvrage relatif à une matière importante de droit civil et intitulé la Constitution de la juridiction patrimoniale des domaines équestres
  • Henri WAGNERECK ou WANGNERECK( 1595 - 1664) : jé- suite, né à Munich en 1595, entra à seize ans dans la société, et y professa successivement avec beaucoup d'éclat les humanités, la théologie et le droit canon. Il se distingua également comme prédicateur et passa cinq ans à Lindau , en qualité de missionnaire. Revenu dans sa patrie, il continua d'y professer. Il avait soixante ans lorsqu'il fut nommé chancelier de l'académie de Dillingen, et il en remplit les fonctions jusqu'à sa mort, arrivée le i i novembre 1664. Ses confrères et même les membres les plus distingués de tous les autres ordres religieux, avec lesquels ses prédications évangéliques l'avaient mis en relation, le regrettèrent vivement. La réputation de sa capacité et de sa sagesse était si grande, que plusieurs princes d'Allemagne avaient eu recours à ses conseils en diverses circonstances importantes. Parmi ses ouvrages, qui sont en assez grand nombre et. dont on peut lire le détail dans le Dictionnaire biographique des savants de Joecher, les plus remarquables sont : 1° Thome a Kempis liber de Imitatione Christi in locus contmunes rcdactus , ouvrage dans lequel les développements, souvent isolés ou éloignés de l'auteur de l'imitation, sont réunis dans les mêmes chapitres et sous des titres spéciaux ; 2° Note in Confessiones sancti Augustini, Dillingen , 1630 . Ce sont plutôt des réflexions ascétiques à propos de StAugustin, que des notes proprement dites. 3° Theses de SS. angelorum prœdestinatione ex meritis predestinationi gratuite SS. hominum opposite, ex mente Augustini, Dillingen, 1644; 4° Antitheses catholicoe defide et bonis operibus, articul. 4, 6, 20 con fessionis Augustance opposite, Dillingen, 1645. Wagnereck y pose tous les points de croyance essentiels relativement à la grâce, à la foi et aux bonnes oeuvres, sur lesquels les catholiques diffèrent des luthériens, ou pour mieux dire des luthériens de la confession d'Augsbourg; et chemin faisant, il explique quelques points obscurs de la doctrine catholique. L'intention marquée de ces divers passages a pu donner à notre grand Bossuet l'idée première de son Exposition de la doctrine de l'Eglise catholique. 5° Vindicie adrersus pseudo- politiros et Gaspareen Scioppium in Poedia Politices ipsis suppetias ferentent, Dillingen, 1636 ; 6° Judicium theologicunt super questione : 'ln pax quemadmodunt deaiderant protestantes ait secundum de illictta. Ce jugement est précédé d'une discussion, où l'auteur ne fait preuve ni d'impartialité ni de tolérance. 7° Défense des motifs qui ont porté Christophe Berold à la foi catholique , Augsbourg, 1643 . Il avait écrit en latin sur un sujet analogue son And- Dorschœurn , ou Réfutation de Dorsche, en réponse aux réflexions publiées par ce savant théologien sur la conversion de Jean Kirchner. Voyez, pour plus de détails, Programm. funeb. Dorschœi , et Witte, Diarium biographieutn, — Simon WAGNERECK , aussi de Munich , et pro- bablement de la même famille que le précédent, n'avait que quinze ans lorsqu'il entra chez les jésuites, en qualité d'aide spirituel. Quelques années après, il remplit avec distinction la chaire d'éloquence de Munich, et se distingua par une connaissance profonde des littératures anciennes. Mais ce fut surtout à la numismatique qu'il consacra ses loisirs. Ses . 111émoires sur quelques médailles du musée de l'électeur de Bavière le firent bientôt connattre avantageusement , et sur le bruit de sa réputation , l'empereur Ferdinand l'appela à Vienne pour y mettre en ordre son cabinet de médailles antiques. Les biographes ajoutent que ce prince ne dédaignait point de le faire appeler souvent dans son palais et de s'entretenir familièrement avec lui. Simon Wagnereck mourut à Vienne le 16 mars 1657 , dans la 52' année de son âge. On a de lui, outre les mémoires cités : 1° Pietas Alariana Grœcorum ex 12 tamis menœorunt et 7 reliquis grœce Ecclesie roluminibus deprompta ; 2° une version latine du Syntagma historicum , publiée trois ans après sa mort
  • Henri WALDPOTT DE PASSENHEIM : premier grand mese des chevaliers de l'ordre Teutonique. appartenait à une des familles les plus nobles de l'Allemagne. Ses talents, sa haute naissance, les faits d'armes par lesquels il se distingua pendant la troisième croisade, notamment au siège de Ptolémaïs , le firent admettre au nombre de ceux qui reçurent le titre de chevalier teutonique. Tous les suffrages se réunirent en sa faveur à l'époque où Frédéric de Souabe et le pape Céles- tin III instituèrent cet ordre à la fois religieux et militaire , comme ceux des templiers et des hospitaliers de StJean de Jérusalem, et voulurent donner un chef à la nouvelle confrérie. Henri Waldpott continua de se montrer, par son héroïsme, ses vertus et sa piété. digne du poste éminent qu'il occupait. Après avoir renouvelé la guerre contre les infidèles et les avoir battus dans plusieurs rencontres, il triompha des entraves que les templiers voulaient opposer au nouvel institut; il lit bâtir une église et un hôpital à Ptolémaïs , pour mieux veiller au soulagement des pauvres et à la guérison des malades, que ses chevaliers, ainsi que les hospitaliers de StJean, devaient secourir et soigner euxmêmes. Il s'occupa également de compléter les statuts de l'ordre et les rédigea concurremment avec les plus sages de ses religieux. La plupart de ces lois étaient d'autant plus sévères qu'elles contrastaient avec celles que paraissaient suivre les chevaliers teutoniques pendant les dernières années de leur institut, et de même la pauvreté, la vertu et la simplicité du fondateur étaient en opposition avec l'opulence, les vices et le faste de ceux qui lui succédèrent. Henri de Waldpott mourut en 1200, après avoir gouverné l'ordre pendant dix ans, et fut enseveli à côté du duc Frédéric, dans l'église qu'il avait élevée. eut pour successeur Othon de Kerpen. Voyez Wustoehii Solli hist. teuton. equit.; Gesta Dei per Francos; Venator, , De l'ordre des chevaliers teu- tons, ch. 2, p. 10, etc
  • Henri WASER( 1742) : pasteur à Zurich , né dans cette ville, en 1741, était fils d'un boulanger, qui lui fit étudier la théologie au gymnase de sa ville natale. Doué de trèsheureuses dispositions. Il s'était occupé avec zèle et succès des sciences physiques et mathématiques, de l'économie politique et de l'histoire. Laborieux, d'un esprit et quelquefois lin peu turbulent , il devint pasteur en 1770 et perdit sa cure quelques années après, pour des imputations hasardées qu'il avait dirigées contre ses préposés. Se croyant innocent et persécuté il conot dès lors une haine passionnée et le désir de se venger de ses ennemis, dans la magistratore et dans les dignités erclé- siastiques ; mais il sut cacher cette malheureuse disposition à d'autres et probablement à luiinéme sous les dehors d'un zèle patriotique, qui lui avait inspiré ses reeherales politiques. Il fit parattre successivement différents ouvrages aussi curieux qu'instructifs sur l'économie politique. Son Essai $ lalistique sur la Suisse , un autre sur les raleurs monétaires et l'Essai sur /a ruile de Zurich parurent en 1775 et 1778. Sa Chronologie diplomatique, imprimée à Zurich, en 1780 est un excellent travail. fi a aussi donné des fragments sur l'administration de son pays dans un journal publié par SchIcezer. On lui fit un crime de ces dernières pièces , pour la publication desquelles il n'avait demandé ni obtenu la permission, obligatoire alors, des een: eurs de Zurich. Ayant été assez indiscret pour dérober d'anciens titres aux archives, des magistrats, ennemis acharnés de la publicité, lui imputèrent des projets secrets et perfides contre la sùreté et la paix de sa patrie et lui intentèrent un procès criminel ; au défaut de lois sur ces sortes de délits, dans un pays où les 'iirincipes de toute procédure civile étaient absolument méconnus, on comprend aisément comment la peur soup- çonneuse et la faiblesse des magistrats, en mème temps juges et partie, et juges absolument arbitraires. prononcèrent contre lui la sentence de mort. Il ne manqua point à ce prêtre infortuné d'éloquents défenseurs, soit parmi ses juges et au milieu de ses concitoens, soit à l'étranger. 11 arriva même qu'on fit un héros de vertu et de patriotisme. enfin un saint et an mart?r de la vérité, d'un homme qui à de borines qualités joignait de grands défauts, et qui par des folies et des imprudences s'était attiré ses malheurs. Quant à la mort qu'il n'avait point méritée, elle doit être imputée principalement au défaut de ces lois criminelles , qu'alors comme plus tard , les membres les plus instruits du gouvernement de Zurich réclamèrent vainement. Waser reçut avec résignation sa sentence , et après avoir dit les adieux les plus touchants à son père, à sa femme et à ses enfants, après avoir donné à ceuxci les meilleurs conseils , il marcha à la mort avec courage et sérénité
  • Henri WEBER : littérateur anglais, mort à York en 1818, a publié : 1° la Bataille de Flod- deryield, 1809 ; 2. Metrical romances, etc., lemans en vers des 13*, 1 4° et 15e siècles, avec une introduction et un glossaire, 1811, 3 vot 3• Œuvres dramatiques de John Ford, a une introduction et des notes explicatives. 18 2 vol. ; 4° Contes et romans populai 1812 , 4, vol. 5. OEurres de Beaumont Fletcher, avec une introduction et des notes 1812 , 14 vol. 6° Contes orientaux, ce prenant les romans les plus populaires d'origi orientale et les meilleures imitations qui en été faites par des auteurs européens ; avec traductions nouvelles et de nouveaux contes qui n'avaient pas encore été publiés, précédés d'une Dissertation , etc., 1819., 3 vol. 'Weber a donné, conjointement avec M. Jamieson, cations d'antiquités septentrionales, d'après les plus anciens romans teutoniques et scandinaves extrait du Livre des héros et du Lai des 1. ibe- lungen ; avec des traductions de contes en vers, des anciennes langues germanique , danoise, suédoise et islandaise ; des notes et des dissertations, Edimbourg, 1814 de $20 pages. On a loué dans Henri Weber une vaste érudition, le talent de hien analyser et une grande exacti- tude comme éditeur
  • Henri WHARTON( 1664) : fils d'un ministre anglican de Worstead , dans le comté de Norfolk, naquit le 9 novembre 1661. Son père, qui découvrit en lui d'heureuses dispositions pour les sciences, prit un soin particulier de son éducation. Il eut l'avantage de recevoir à Cambridge des leçons de philosophie du célèbre Newton. Cave le chargea , Londres, 1688 pour prouver que le célibat n'est ni d'institution divine , ni d'institution apostolique; qu'il est contraire à l'esprit de la religion; qu'il n'a point été généralement ordonné, ni observé dans les premiers siècles, et qu'il tire son origine des rèveries des montanistes. Cet ouvrage est rempli de recherches et de discussions savantes. 3° Defense de la pluralité des bénéfices, 1692 , composée à l'occasion d'un bill que l'on avait proposé contre cette pluralité. pour être présenté au parlement. Le docteur Newton, le savant Prideaux et autres combattirent Wharton, en admettant néanmoins des tempéraments qu'exigeait l'entretien des familles des bénéficiers , suivant l'état actuel de l'Eglise anglicane. 40 Anglia sacra , 1691, 2 vol. C'est l'ouvrage le plus généralement connu de Wharton. On trouve dans le premier volume l'histoire des églises qui avaient été possédées par les moines jusqu'en 1540. Le second contient un recueil des vies des évèques , composées par d'anciens biographes. L'auteur se proposait d'en publier un troisième, qui aurait présenté l'histoire des églises possédées par les chanoines séculiers et réguliers; mais la mort de l'archevèque Sancroft, qui l'avait engagé à se charger de ce travail, lui ôta les moyens de le continuer, et il n'a paru de cette dernière partie que : episcopis et de decanibus Land, et Assariensb. Londres, 1715 ', Anglia sacra est précieux par plusieurs monuments qui n'avaient pas encore vu le jour ou qui étaient devenus extrèmement rares, et par les soins de l'auteur à rétablir l'ordre chronologique. Il aurait été encore plus utile s'il eût revu le travail de ses copistes et s'il l'eût collationné avec les originaux ; 'mais, tout imparfait qu'il est, on ne peut travailler sur l'histoire de l'Eglise anglicane sans y avoir souvent recours. En 1693, Wharton releva, sous le nom d'Antoine Mariner, diverses erreurs qu'il avait remarquées dans l'Histoire de la réforma- tion du fameux Burnet. C'était attaquer par son endroit sensible ce prélat peu endurant. Il prétendit que son adversaire était mû par un sentiment de vengeance, parce qu'il n'avait pu réussir à lui procurer une prébende de Cantorbéry, et il lui répondit avec tant de virulence que le docteur Swift se crut en droit de lui donner (les leçons de charité. Wharton outre les ouvrages de sa composition, a donné des éditions de divers auteurs : 1° un traité du fameux Reginald Peacock, évèque de Chichester, sous Henri VI, pour établir que l'Ecriture est la seule règle de la foi, précédé d'une préface de l'éditeur sur cette matière, 1688, in4.; 9. 0 la traduction de Histoire de l'inquisition de Goa, composée en français par Dellon; 3° la traduction du grec en latin de quelques ouvrages de StMacaire, du faux Dorethée, et celle du latin en anglais de la bulle /a cama Domini, précédée de réflexions tant sur la bulle que sur l'arrêt du parlement de Paris qu'elle avait provoqué; 4° la Déclaration sur la cène , composée sous Edouard VI , par Ridley, évêque de Londres, avec un discours latin de Poynet , sous le mème roi ; 5° l'Enthousiasme ',I de l'Eylise de Rome démontré par l'histoire d'Ignace de Loyola. Cet ouvrage improuve les honneurs rendus aux saints, auxquels, s'il faut l'en croire. l'Eglise romaine rend le culte de latrie au lieu du culte de dulie. 5° Une nouvelle édition du Truité de la corruption de l'Ecriture et de la tra- dition, composé par le docteur Th. James; 7° unt révision de la version de Philothée et de NUI, rêne, par Watts; 8° une édition de divers ouvrages de Bède, qui n'avaient pas encore été publiés, du dialogue d'Egbert, archevêque d'York, et d'Oldhelm, premier évêque de Shirebourne, sur les avantages do la virginité, 1693 90 Histoire des malheurs et du procès de l'arche. tèque Laud, écrite par Laud luimime, 1693 On y trouve des pièces trèscurieuses; l'éditeur avait rassemblé des matériaux pour un second volume, que son père publia en 1700. 100 Vita Reginaldi Poli card. , écrite en italien, par Beccadelli , traduite en latin par Dudit; 11° Disceptatio super dignit. regnor. brit. et ! lait. habita ab utriusq. oratorib. in sonc. Constant., sur l'exemplaire imprimé à Louvain, en 1517: 12° Remarques sur les Mémoires de Cranmer, par strype. Wharton a contribué à l'édition des An- tiquités de l'Eylise de la Grande- Bretagne, par u. Acworth , et à celle de l'ouvrage de Godwin sur les évêques d'Angleterre. Il avait préparé une édition des Gestes de Henri II, par >l'oit de Peterborough, que 'Jeune a publiée en 1735, et une autre de la Chronique de Triveth, qui a paru en 1719, par les soins d'Antoine Hall. Enfin il 4 laissé des notes sur plusieurs anciens auteurs et des ouvrages manuscrits, entre autres une collection des historiens anglais, plus deux volumes tu Le mot ersihoustoania deàt rouit ici, comme on pourrait le croire, apeonyme ii, freneate, dc délire. Il alidal6c la niai. da déitler. de sermons, qui ont été imprimés après sa mort. Wharton avait reçu de la nature une con-. stitution robuste ; mais ses études trop assidues, le peu de soin qu'il prit de sa santé et les suites d'une médecine trop forte pour un estomac affaibli le conduisirent au tombeau le 5 mars 169Ps. On est étonné qu'un homme qui a vécu si peu de temps ait pu composer et mettre au jour un si grand nombre d'ouvrages, qui auraient semblé devoir remplir la plus longue vie. Tous ses travaux avaient été consacrés à l'histoire de son pays. Le clergé anglican lui en témoigna sa reconnaissance. Ses funérailles furent célébrées à Westminster par l'évêque de Rochester. L'archevêque de Cantorbéry et les principaux membres du clergé de Londres y assistèrent, ainsi que les élèves du collège de Westminster. C'était un homme d'un excellent caractère, d'une concep- 1 (ion facile, d'un jugement solide, d'une mémoire sûre. Il joignait à ces qualités beaucoup de modestie et de piété. Il avait été nommé, en 1689, ministre de Chorham
  • Henri WILD( 1684) : tailleur anglais, devenu célèbre orientaliste, naquit à Norwich en 1684, et étudia la grammaire à l'école de cette ville ; mais la pauvreté de ses parents s'opposa à ce qu'il fût envoyé à l'université , et il entra en apprentissage. Il y avait quatorze ans qu'il exerçait l'état de tailleur, lorsqu'une longue maladie le força de discontinuer ses travaux. Épuisé de faiblesse, il essayait de se distraire par la lecture de quelques vieux ouvrages de controverse, dont sans doute les idées l'intéressèrent peu, mais dont les nombreuses et longues citations hébaïques éveillèrent son génie pour les langues. Quoique par suite de son éducation négligée il ignoràf compiétement le latin et le grec , et qu'il se rappelàt à peine les règles de sa propre langue , il résolut d'apprendre l'hébreu , et y réussit. Ce qu'il y a de plus remarquable , c'est qu'il ne prit pas même de maître pour se faire aplanir les premières difficultés. Il se contenta d'une grammaire et d'un lexique hébreuanglais, ainsi que d'une Bible. Dans la suite cependant il étudia aussi la langue latine, si nécessaire pour quiconque veut approfondir te sens des livres saints , et lire leurs principaux interprètes ; et il parvint par les mêmes moyens à la posséder. Il y joignit peu de temps après l'étude du grec, qu'il fit marcher de front avec celle de quatre autres idiomes orientaux , et il apprit ainsi en sept ans sept langues différentes. Ces oreupations littéraires n'empêchèrent point Wild de reprendre les travaux de l'aiguille que sa position lui rendait indispensables ; mais sa pauvreté était toujours la Witte. Enfin, une rencontre imprévue le lit connaître, et le mit à sa place. Le docteur Prideaux , ayant aperçu chez un libraire de la Cité plusieurs manuscrits arabes écrits sur parchemin, revint au bout de quelques jours demander à les voir On lui répondit qu'ils avaient été vendus. — A qui'? — A un tailleur. Prideaux, après avoir pris le nom et l'adresse de Wild, courut chez lui . craignant déjà que les précieux manuscrits ne fussent devenus des mesures. Ils étaient sains et saufs, comme on peut le penser; mais on peut penser aussi que le savant fut des plus surpris lorsqu'il entendit le tailleur refuser de céder son marché. Enfin tout s'expliqua , et Prideaux , aussi charmé qu'étonné de la facilité avec laquelle il vit sa nouvelle connaissance traduire en anglais hs passages arabes les plus difficiles , intéressa en faveur de \Vil, il parvint à améliorer sensiblement sa position. Il revint à Londres en 1720, et y passa le reste de ses jours sous le patronage du docteur Mead. On ignore à quelle époque il mourut ; mais il est certain qu'il ne parvint pas à un i.‘ge avancé. Il était extrêmement modeste, et, quoique ses progrès dans les langues orientales marquassent autant de génie que de mémoire , rien n'était plus simple que sa conversation. Ou doit regretter qu'un tel homme n'ait point été secondé par de plus heureuses circonstances : il est probable que, favorise des dons de la fortune , et appliqué dès l'enfance à l'étude des langues. il serait devenu un des plus célèbres polyglottes de l'Europe. Le seul ouvrage qui nous reste de lui , et qui ait été imprimé sous son nom , est la traduction du Voyage de Mahomet aux cieux, 1731, posthume
  • Henri WINDER( 1693 - 1752) : théologien anglais , de la classe des dissenters, naquit en 1693 à Hutton- John, dans la paroisse de Graystock, en Cumberland. Il fut, à l'âge de vingtdeux ans. élu pasteur d'une congrégation à Tunley, en Lancashire, et en 1718 fut transféré, au même titre, à CastleHey, à Liverpool. 11 dirigea cette société jusqu'à sa mort, arrivée le 9 août 1752. On lui doit un ouvrage estimé, ayant pour titre : Histoire critique et chronologique de l'origine, des progrès, du déclin, et de la renaissance de la science, principalement religieuse, en deux périodes : celle de la tradition depuis Adam jusqu'à Moïse, et celle de l'Ecriture depuis Moïse jusqu'au Christ. La seconde édition de cet ouvrage fut publiée en 1759, 2 vol. ; elle est précédée de mémoires sur la vie de l'auteur
  • Henri WILSON : navigateur anglais, était capitaine de vaisseau de la compagnie des Indes, et commandait le paquebot l'Antelope, qui, étant arrivé à Macao, en juin 1783, reçut l'ordre de remettre sur- le- champ en mer. Il repartit le 21 juillet. Longtemps contrarié par les vents et le mauvais temps , le bâtiment naviguait plus tranquillement le 8 août, lersque dans la nuit il toucha sur des brisants. On aperçut le lendemain une petite tic à peu de distance. Le courage, le sangfroid et la prudence que Wilson montra dans cette occasion contribuèrent pui,saninient RU salut de l'équipage, obligé d'abandonner tdepe, qui était entièrement fracassé. On aborda sur une petite île, et bientôt des habitants d'une île voisine y parurent. Abba Thoulé, leur roi, accueillit les malheureux naufragés avec beaucoup d'humanité, leur procura les moyen % de construire un bàtiment pour retourner dans leur pays, et déploya dans toute sa conduite une grandeur d'âme qui aurait honoré le monarque du peuple le plus civilisé. Il avait si bonne opinion de ses hôtes, qu'il confia son second fils, LiBoo, au capitaine, pour qu'il le fit élever et instruire dans les arts de l'Europe; et ce malheureux jeune homme quitta le toit paternel, qu'il ne devait plus revoir, tandis que l'un des matelots de Wilson renonçait à sa patrie pour rester a vec les bons habitants des lies Peliou . Ce fait remarquable est le sujet de l'un des plus beaux épisodes du peme de l'Imagination de Delille. Le 12 novembre, le navire l'Otwoo/ ong, nommé ainsi de la petite lie sur laquelle les Anglais s'étaient sauvés, mit à la voile. Le 30, il laissa tomber l'ancre devant Macao. Wilson amena LiBoo en Europe, et débarqua à Portsmotiih le i& juillet 1784. Fidèle à sa promesse envers le roi des îles Peliou. Wilson soigna LiBoo comme son propre fils; craignant qu'il ne fût atteint de quelque maladie contagieuse, il évitait de le mener au spectacle et dans les grandes foules. Déjà le jeune prince avait fait des progrès rupides dans l'écriture et dans la connaissance de la langue anglaise , lorsqu'il fut atteint de la petite vérole, contre laquelle on prenait tant de précautions. Le 27 décembre 1784, il y succomba, et plongea dans la plus vive douleur Wilson et tous ses amis. La compagnie des Indes fit élever à sa mémoire, dans le cimetière de Rotherhithe, bourg voisin de Londres, un monument avec une inscription qui rappelle les obligations que la GrandeBretagne avait au père de cet infortuné. Wilson , qui par son seul mérite s'était élevé au premier rang dans la marine de la compagnie, continua de la servir jusqu'à un àge avancé. Sur la fin de sa vie il se retira à Colgton, où il mourut en août 1810. La grande distance qui sépare ce lieu de Rotherhithe l'empêcha seule de demander que ses restes fussent placés auprès de ceux de LiBoo. La relation du naufrage de Wilson a été écrite par tieate, et traduite en français . En 1790, la compagnie des Indes expédia deux navires chargés de présents pour Abba Thoulé. Ce prince, qui vivait encore, reconnut le lieutenant de Wilson, et il apprit avec une douleur résignée la mort de son fils ; il pensait depuis longtemps que ce malheureux avait péri par un naufrage. —WiLsoN , navigateur anglais, commanda le navire le Due que la société des missions de la GrandeBretagne arma en 1796, pour porter des missionnaires dans diverses tles du grand Océan. Il partit le 24 septembre, visita successivement Taïti, quelques tles voisines, l'archipel des Amis, les Mar- quesas, et découvrit dans sa navigation le groupe du Duff composé de quatorze Iles. Le 8 juillet 1798, le Daff mouilla dans la Tamise. La relation de ce voyage, écrite par un membre de la société, parut à Londres en 1799,1 vol. 4•. Il est rempli de détails curieux sur les lies que Wilson a vues; il fut traduit en allemand l'année suivante. L'auteur de cet article en a donné un extrait dans le tome 3 de son Abrégé des voyages modernes. Es.
  • Henri WOELFLEIN ou LUPULUS( 1470) : hagiographe, né vers 1470 à Berne, d'une famille honorable, fut recteur du gymnase de Berne, et contribua beaucoup à ranimer en Suisse la culture des lettres et surtout des langues anciennes. Au nombre de ses disciples, il compta le célèbre Zuingle , dont il devait plus tard partager les erreurs. Un cordelier milanais, envoyé dans le canton de Berne pour y,précher les indulgences accordées par le pape Léon X, choisit Woelllein pour interprète, et n'eut qu'à se louer du zèle avec lequel il seconda son pieux trafic. Cependant Woelfiein éprouvait déjà des doutes sur l'efficacité réelle des mérites qu'on acquérait à prix d'argent. Un canonicat du chapitre de Berne avait été la récompense de ses services dans l'enseignement. Néanmoins il se déclara l'un des premiers pour la réforme religieuse; et, comme tous les novateurs de la même époque, il passa de la critique des abus à celle des dogmes les plus respectables. S'étant marié en 1524, il fut privé de son canonicat ; mais, en 1527, il fut nommé secrétaire du consistoire. On ignore l'époque de sa mort ; mais on est certain qu'il survécut à Zuingle, composa son épit'aphe, en un distique latin chronographique, qu'on trouve dans les Fragments historiques sur Berne, t. 1, p. 334. Ainsi i'on ne peut placer la mort de Woelflein qu'après l'année 1531. On cite de lui : 1° la Vie de l'ermite Nicolas de Flue . Elle est écrite en latin et fut publiée en 1501. On l'a reproduite par les soins d'Eichhorn, Fribourg, 1608, 1613, et depuis à Constance, en 1631. Cette Vie est dédiée au fameux cardinal Schinner . La préface, adressée aux habitants du canton d'Underwald, a été recueillie dans les Acta sanc- torum des Bollandistes, mars, t. 3, p. 427. 2° La Vie de St- Vincent, patron de Berne, Bàle, 1517 On aperçoit déjà dans quelques passages le penchant de l'auteur pour les opinions des réformateurs
  • Henri WOLTERUS : chanoine de StAnschaire, à Bréme, vivait vers te milieu du 1.5° siècle. Il a t:yrit en latin une Chronique de Bré. ine, qui finit en 1463. Meiboinius l'a insérée dans le tome 2 de ses Scriptores renon germanicarum, Leyde, 1688, 3 vol. Cet ouvrage contient l'histoire des archevêques et de ta ville do Brème. Do v trouve des faits importants de l'histoire générale, tant ecclésiastique que politique, du temps, principalement touchant la croisade qui eut lieu en 1111.
  • Henri WORSLEY( 1700 - 1841) : général anglais, naquit vers la fin du 18. siècle. Il fit ses premières armes dans la milice du NordHampshire. 11 fit ensuite la campagne de Hollande, sous le duc d'York , et se distingua au combat de Bergen. Devenu lieutenant en 1802, il servit en Irlande jusqu'en 1804. Puis il accompagna sir Eyre Coote en Amérique, où il resta en qualité de capitaine jusqu'en 1808. Rentré en Angleterre, il fit encore partie du corps placé sous les ordres du même général et destiné aux forces envoyées devant l'Escaut. Il devint aide de camp lors du siège de Flushing et major de brigade après l'évacuation de Walcheren, et c'est en cette qualité qu'il passa en Espagne. Il se fit particulièrement remarquer durant cette campagne. 11 obtint ensuite d'aller en Portugal , mais ce fut au détriment de sa santé, et il dut retourner en Angleterre. Cependant il put reprendre son service en 1813 , et il devint lieutenantcelonel après la bataille de Vittoria. Worsley prit part ensuite et, comme toujours, se distingua à la bataille des Pyrénées et à toutes les affaires qui suivirent jusqu'à la bataille de Toulouse. Il fut envoyé à Madras en 1816, et il allait marcher contre le Peishwa et d'autres princes insurgés, quand une maladie grave le fit rentrer en Europe. Il mourut en janvier 1841. Il avait été chevalier du Bain et en dernier lieu commandant du château de Yarmouth, dans l'île de Wight
  • Henri YELVERTON( 1566) : habile jurisconsulte an- glais, né en 1566 à Islington, passa de l'université d'Oxford au collége de Gray's Inn pour y étudier le droit. Il fut nommé, en 1613, soliciteur général et obtint la distinction de la cheva- lerie par le crédit de Carr, comte de Somerset, favori de Jacques I. En 1616, il devint attorney général. Mais, ayant eu l'imprudence d'offenser le second favori du roi , le duc de Buckingham, il fut cité devant la chambre étoilée comme s'étant rendu coupable d'illégalités dans l'exercice de ses fonctions, et, par une sentence de cette cour, fut privé de sa place, condamné à l'emprisonnement et à une amende considé- fable. Cité ensuite devant les lords, il prononça un discours qui blessa nonseulement le favori, mais le souverain même. Une nouvelle condamnation lui imposa le payement de quinze mille marcs. Yelverton, réconcilié depuis avec Buckingham, acquit ses bonnes grâces, au point que ce fut par le crédit de ce seigneur, dont l'inimitié lui avait coùté si cher, qu'il fut nommé un des juges de la cour du banc du roi et ensuite de celle des plaids communs. Il mourut en possession de ce dernier emploi le 9.4 janvier 1630. On a de lui : 10 Rapports de cas particuliers à la cour du banc du roi depuis la quarante- qua- trième année du règne d'Elisabeth jusqu'à la dixième de Jacques Pr, publiés originairement en français par sir W. Wylde, 1661 et 1674; traduits en anglais et publiés ainsi en 1735 ; D0 les Droits du peuple concernant les impôts , Londres 1679; 3° plusieurs discours prononcés dans le parlement ; un entre autres imprimé dans le recueil de Rushworth
  • Henri ZIMMERMANN( 1770) : voyageur, né à Wiss-1,a, dans, le Palatinat, embrassa d'abord le métier de teinturier, et , en 1770, se conformant il l'usage , se niit à voyager ; mais , comme il ne trouvait pas à exercer partout sa profession, d fut souvent obligé de chercher d'autres ressources. A Genève il travailla cbez un fondeur et chez un doreur ; à Lyon , chez un fondeur de cloches ; à Londres chez un raffineur de sucre u Là, ditil, en véritable paladin, toujours porté « à courir , il me prit fantaisie de voir ce que « l'on fait sur mer, et lorsqu'en 1776 la Grande , Bretagne équipa deux corvettes, la Résolution « et la Découverte, pour aller découvrir de nou « veaux pays, je m'embarquai comme matelot « sur la dernière. » Zimmermann lit donc avec Cook le troisième voyage que cet illustre navigateur entreprit autour du rande. Cette expédition terminée, le matelot paladin revint dans sa patrie, en 1781. Il fut plus tard nommé patron des navires de l'électeur à Sternberg en Bavière. Comme Zimmermann n'ignorait pas que quiconque navigue sur un biltiment employé à faire des découvertes est tenu de remettre ou de détruire tous les écrits qu'il a pu composer sur cette matière , il eut la précaution de ne tenir qu'un petit journal dans lequel il inscrivait trèssommairement, en abréviations et en allemand, les événements les plus remarquables du voyage. Aidé de ce secours, il publia le résultat de ses remarques , en allemand, sous ce titre : Voyage autoto du Inonde avec le capitaine Cook, Manheitn, 178e; ibid. , 1783; ibid. , 1784 Ce volume, qui, avec la préface, ne contient que cent douze pages, offre plusieurs particularités curieuses ; les circonstances de la lin déplorable du chef de l'expédition y diffèrent. dans quelques détails, du récit de king. Les faits racontés par Zimmermann ont rappelé à l'auteur de cet article les expressions dont se servit M. Phillips, officier des troupes de la marine , avec lequel il voulait s'entretenir de ce funeste événement qu'il avait vu luimême : « C'est une triste affaire , » dit M. Phillips, puis il se tut. Zimmermann écrivant les noms des îles du grand Océan avec l'orthographe alllemande, ils expriment plus fidèlement pour les Français la manière dont ils sont prononcés; plusieurs sont oubliés. On a une traduction française de ce livre sous ce titre : Dernier voyage du capitaine Cook autour du monde, oit se trouvent les circonstances de sa mort, Berne, 1783 Roland , traducteur de ce voyage y a joint une Vie de Cook , tirée d'une feuille allemande, et dont les détails avaient été fournis par Zimmermann et par Lohman, autre matelot, son camarade. Cette version annonce un homme peu versé dans la connaissance de la langue allemande, ainsi que de la navigation et des sciences naturelles
  • Henri ZOËS en latin ZOESIUS( 1571 - 1627) : célèbre jurisconsulte , naquit en 1571 , à Àmersfort , d'une famille patricienne. Après avoir fait ses premières études dans sa ville natale, il se rendit à Lou vain, où il suivit au collége du Faucon les cours de philosophie, de rhétorique et de langue grecque. Il s'appliqua ensuite à la jurisprudence avec tant de zèle et de succès, qu'en 1597 il fut Mu par le suffrage unanime de ses condisciples doyen et fiscal du collége des Bacheliers. Ayant accompagné le jeune comte Christophe Van Etten dans ses voyages en Espagne, il fréquenta quelque temps les cours de l'université de Salamanque , dont il étonna les professeurs par son érudition. De retour à Louvain en 1603, il y prit sa licence ; et en 1606 il fut nommé professeur de langue grecque au collége Busleiden. A peine étaitil en possession de cette chaire, que Varchiduc Albert le chargea d'expliquer les Institutes à l'université. En 1619, Zoés passa de la chaire des Institutes à celle des Pandectes, et mourut le 16 février 1627. Ses restes furent déposés dans une des chapelles de l'église StPierre, avec une épitaphe honorable que Foppens a rapportée dans la Bibliotheca Belyica, p. 468. Les leçons de ce savant professeur, recueillies par ses élèves, ont été publiées après sa mort : 1° Prœlectiones aire Commentarii de jure feudorum, Louvain, 1641, in - 4° ; 2° Universum jus canonicum sive Commentarius ad Decretales epistalas Greyorii LY pont., ibid., 1647 ; et avec des additions, 1723, même format ; 3° Commentarius ad j'astitutiones juris ibid., 1653 ; Commentarius in Codicem Justinianeum, Cologne , 1660 , in•4° ; 5° Commentarius ad Digestorum seu Pandectarum juris civilis libros quinquaginta C'est l'ouvrage de Zoés qu'on a le plus souvent réimprimé. Les meilleures éditions sont celles de Louvain, 1718 et Cologne, 17361737 , 2 vol. On a le portrait de ce jurisconsulte — ZOES , proche parent de Henri, naquit en 156v, et fut d'abord secrétaire de l'évêque de Tournay, Jean de Vendwell, qui le nomma chanoine de sa cathédrale, puis official. En 1603 , il fut créé maître des requêtes au grand conseil de Flandre, et en 1615, évêque de BoisleDuc. Prélat pieux et instruit, il gouverna son diocèse avec beaucoup de zèle, et mourut le 22 août 1625, à Louvain, où il s'était rendu pour présider à l'organisation du collége de la Trinité, dont il est le fondateur. L'épitaphe qui lui fut consacrée est une copie presque littérale de celle de StCharles de Milan. On a de ce prélat la Vie, en latin, de J. de tt'endvell, Douai, 1598 — ZOES , jésuite, de la même famille que les précédents, né en 1579, Amersfort, enseigna les humanités dans divers colléges, et traduisit en flamand les ouvrages qu'il crut le plus utile de répandre dans les PaysBas. Il mourut à Malines, le 21 septembre 1628. Parmi les nombreuses traductions du P. Zoés , presque toutes anonymes, on se contentera de citer : Méthode de confession générale; Traité de la présence de Dieu, par le P. Fr. Arias le Combat spirituel du P. Jean Castaniza ; le Chemin de la vie éternelle du P. Ant. Sucquet ; le Traité de la dévotion à la sainte Vierge du P. Spinelli ; deux volumes de Lettres édifiantes, écrites des Indes orientales , par des missionnaires flamands, etc. Voy. la Biblioth. soc. Jesu du P. Southwel , p
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  • Henri BERGSON : philosophe
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  • Henri CHAPIER : journaliste
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