Le prénom Denis Masculin

Origine :

Fête :

09 Octobre

Signification de Denis

Denis est un prénom ayant plusieurs variantes dont Dennis, Denys, Dionysos et Dyonisius. Il est assez rare chez les jeunes. Les grandes lignes de sa personnalité sont la détermination, la persévérance et le calme.
Les personnalités ayant porté ce prénom sont entre autres Denis Diderot (philosophe français), Denis Manuel (acteur) et Denis de Damrémont (général français).
Les plus hauts nombres d’attributions ont été atteints entre 1949 et 1972 dont l’année pic est 1963 avec 6 155 prénommés. En 2010, le prénom est classé au 66è rang de la liste des prénoms les plus donnés. La tendance actuelle s’est stabilisée et Denis continue encore de séduire des parents.

Personnalité de Denis

Ils sont assez difficiles à comprendre, car ils dissimulent leurs sentiments. Actifs, équilibrés, ils font preuve de détermination. Courageux, ils aiment prendre des risques. Très émotifs, prompts à réagir, parlant et se confiant peu, ils réussissent dans la vie grâce à leur volonté et à leur dynamisme. En amour, leur discrétion fait tout leur charme.

Provenance du prénom Denis

Histoire de Denis

Etymologie de Denis

Les Denis célèbres

  • Denis AMELOTTE( 1606 - 1678) : prêtre de l'Oratoire, né à Saintes en 1606, entra dans cette congrégation en 1650, et mourut à Paris le 7 octobre 1678. La part qu'il eut au despotisme du P. Bourgoing, général de l'Oratoire, le rendit odieux à ses confrères. Son attachement aux principes de St. Augustin et de St. Thomas ne l'empêcha pas de marquer la plus forte prévention contre les théologiens de PortRoyal. S'il est vrai que, dans la guerre qu'il leur fit, son projet fut de s'avancer dans l'Église, il manqua son but ; car toutes ses démarches pour obtenir l'évèché de Sarlat furent inutiles. Nicole se chargea do venger ses collègues. On dit que, pour peindre son original au naturel, il alla lui faire une visite, afin de mieux rendre son air grotesque, et les grimaces dont il accompagnait tous ses mouvements. Le P. Amelotte s'en vengea en détournant le chancelier Séguier, dont il était le théologien, d'accorder le privilége pour la traduction du Nouveau Testament, connu sous le nom de Mons. Il craignait d'ailleurs que cette traduction ne nuisit à celle qu'il était sur le point de publier luimême, et qui parut en 1666-67 et 68, 4 vol. reliés en 3. Dans l'épître dédicatoire à M. de Péréfixe, archevêque de Paris, MM. de PortRoyal, sans être nommés, se trouvaient peints des plus noires couleurs. Cette épître fut supprimée après la mort de l'auteur et du Mécène, et remplacée, dans l'édition de 1688, 2 vol. par une dédicace différente à M. de Harlay, successeur de ce dernier. Cette traduction, sur laquelle est principalement fondée la réputation du P. Amelotte, a été souvent réimprimée avec des notes ou sans notes : elle était mieux écrite qu'aucune de celles qui l'avaient précédée. Le protestant Conrart , regardé comme un des hommes de France qui savaient le mieux leur langue, l'avait revue pour le style. Aussi, quoiqu'elle manque d'exactitude, quoique les notes pèchent souvent contre les règles de la critique, elle fut autrefois fort en vogue, et elle est encore aujourd'hui d'un usage assez général. On sut mauvais gré à l'auteur d'avoir représenté l'invitation de quelques évèques pour la composer, comme un ordre du clergé de France. PortRoyal l'accusa de plagiat ; il est vrai qu'il avait eu communication de la traduction manuscrite de ces savants solitaires. Richard Simon, son confrère , lui reprocha de s'être vanté dans sa préface d'avoir consulté tous les manuscrits de l'Europe. 11 est certain, et sa correspondance en fait foi, qu'il s'était donné beaucoup de peines et de soins pour se procurer les différentes leçons des meilleurs manuscrits conservés dans les principaux dépôts littéraires de France et des pays étrangers. Le P. Amelotte avait composé quelques écrits sur les affaires du jansénisme, qui ne valent pas la peine d'être tirés de l'oubli ; les vies du P. de Condren et de la soeur Marguerite du StSacrement, qui sont pleines de mysticité ; plusieurs livres de dévotion, dont quelquesuns sont restés entre les mains des fidèles
  • Denis ATANAGI : né à Cagli, dans le duché d'Urbin, fut un des littérateurs italiens les plus cé- lèbres, vers le milieu du 16e siècle. On ignore l'année précise de sa naissance; on sait seulement que, vers l'an 1552, il se rendit à Rome, dans le dessein d'y tirer parti de ses connaissances littéraires pour se placer avantageusement ; il n'y put réussir, et, après avoir perdu vingtcinq années en efforts inutiles et en vaines espérances, après avoir éprouvé des procès facheux, des maladies graves, en un mot, des contrariétés et des malheurs de toute espèce, il quitta Rome en octobre 1557, et retourna dans sa patrie, aussi pauvre qu'il en était sorti. A peine y étaitil de retour, que la réputation dont il jouissait dans les lettres et la délicatesse connue de son goût le firent appeler à la cour d'Urbin pour revoir le poème d'Amadis de Bernard° Tasso, père du Tasse. Bernard°, avant de le publier, désirait le soumettre à la censure d'Atanagi qui se rendit à ce désir, et passa cinq mois dans cette cour, occupé de la révision du poème de son ami, trèsbien traité par le duc, mais souvent forcé, par sa mauvaise santé, d'interrompre ce travail. L'ayant enfin terminé, il fit un voyage à Venise, où l'A madis fut imprimé, sans doute par ses soins, en 1560. Atanagi passa le 1este de sa vie dans cette ville, occupé de travaux pareils, de révisions, de corrections, d'éditions d'ouvrages, et tirant de ce qu'il recevait des auteurs et des libraires tous ses moyens d'exister. Il vécut ainsi dans un état toujours voisin de la pauvreté mais indépendant et assez content de son sort. 1:année de sa mort n'est pas plus certaine que celle de sa naissance. On voit seulement, par une de ses dé- dicaces, qu'il vivait encore en 1567, et par la dédi- cace d'un autre auteur, sù il est parlé de sa mort, qu'elle était arrivée avant 1574. Les principaux ouvrages qu'il a publiés, soit composés par lui, soit seulement imprimés sous son nom, sont : 1° Rhetorico- non Aristotelis, nec non paraphrasis Hermogenis Tabulce, a Dibnysio , 4thanasio collecte, Venise, 1555 2° Lettere fizmigliari di 15 yomini raccolli da Dionigi Atanagi, lib. 15, Rome 1554 5° Rime di M. Bernai- do Cappello, Venise, 1560 avec une longue épître dédicatoire de l'éditeur. 4° Sonetti, Canzoni, Rime ed Egloghe pescatorie di Berardino Rota, Venise, 1567 il publia aussi les poésies latines du même auteur, avec une préface latine de sa composition, trèsrélégumment écrite. 50 Rime e Versi latini di di- .. versi, in morte d'Irene di Spilimbergo , Venise, P 1561 Dans ces poésies recueillies par Atanagi, il y a plusieurs morceaux de lui, et il les a fait pré- céder d'une vie intéressante d'Irène de Spilimberg. 6° Delle Lettere facete e piacevoli di diversi uomini grandi e chiari e begl'ingegni, raccolte, etc., libro primo, Venise, 1561 Atanagi ne publia que ce livre; le second ne parut qu'en 1574, quelque'temps après sa mort. 7° Il libro degli Uomini il- lustri di Caio Plinio Cecilio , ridotto in lingua volgare, etc., Venise, 1 562 Le reste du titre annonce, et le livre contient en effet, les vies d'A- à lexandre, de MarcAntoine, de Caton d'Utique, de 'César et d'Octave, et de plus une espèce de traité sur les moeurs et les habitudes de César, tant à la guerre que dans le reste des actions de sa vie, recueilli de plusieurs auteurs grecs et latins, etc. Ata- nagi avoue, dans son épître dédicatoire, que l'ou- vrage n'est pas entièrement de lui ; qu'il est d'un jeune homme qu'il ne nomme pas, et dont il n'a fait , en partie , que revoir le travail. Ce jeune homme, qui se nommait Mercure Concorreggio, lui sut trèsmauvais gré d'avoir publié son ouvrage, de ne l'avoir point nommé, et de s'en être attribué une partie. Il écrivit contre lui une diatribe violet') te, sous le titre de Risposte di Illercurio Concorreggio in sua difisa, contra le calunnie date gli da Dionigi Atanagi, etc., Brescia, 1562 petit livre trèsrare. Il y traite Celuici d'insigne plagiaire, et même de scélérat. Atanagi n'ayant point répondu à cette attaque, les choses en restèrent là. On sait au reste que ce livre de Vins illustribus, dont la traduction donna lieu à cette querelle , attribué par Atanagi à Pline le jeune, par d'autres à Cornelius Nepos, à Suétone, et même à Tacite, est généralement reconnu aujourd'hui pour être d'Aurélius Victor. 8° De le Rime di diversi nobili poeti toscani raccolte da M. Dionigi Atanagi, Venise, 1565, 2 vol. Cet ouvrage est un des meilleurs de ce genre. Notre auteur y a inséré quelquesunes de ses poésies. On en trouve aussi dans d'autres recueils, ainsi I qu'un grand nombre de ses lettres en prose
  • Denis BALLIÈRE DE LAISEMENT( 1729 - 1800) : né à Paris, le 9 mai 1729, se fixa à Rouen, et dut une grande partie de sa réputation littéraire aux relations qu'il entretint avec la plupart des personnages célèbres du 18° siècle. 11 cultiva tour à tour les lettres et les sciences. On a de lui : 1° les Fêtes de l'Hymen, ou la Rose, 1746; 2^ Deucalion et Pyrrha, 4751 ; 3° le Rossignol, 1751; 40 le Retour du Printemps, 1735; 5n Zéphir et Flore, 1754; opérascomiques représentés à Rouen, et dont le second n'a pas été imprimé. 6° La Guirlande, pièce donnée en 1757 à la Foire StLaurent. 7° Théorie de la Musique, Paris, 1764 ouvrage qui , selon la remarque de Choron, repose sur un principe essentiellement vicieux, ce qui ne l'empêcha pas d'être approuvé par l'académie de Rouen, dont Ballière devint depuis viceprésident. La théorie de cet écrivain fut, quelques années après son apparition, développée par le chanoine Jamard, et plus tard l'abbé Feytou la reprit encore et l'exposa de nouveau dans l'Encyclopédie méthodique. 11 parait qu'un système peu différent avait été proposé en Allemagne dès 1741; mais il est presque certain que Fauteur français n'en avait eu aucune connaissance. 8° Éloge de le Cal, docteur en médecine , Rouen, 1769 9° Essai sur les problèmes de situation, Rouen, 1782 avec 7 planches; 10' une nouvelle édition du Gazophylacium Grœeorum de Philippe Cattier , Paris, Didot, 1790 Ballière de Laisement est mort à Rouen, le 8 novembre 1800
  • Denis BARBERET( 1714) : médecin, membre de l'académie de Dijon et (le plusieurs sociétés savantes, docteur dans la faculté de Montpellier, né dans le bailliage d'ArnayleDuc en Bourgogne, en 1714, se distingua par son activité à briguer les suffrages académiques, et son empressement à répondre aux questions que les sociétés savantes, encore dans le zèle de leur première institution, présentaient de toutes parts aux esprits avides d'instruction. Il exerça successivement la médecine A Dijon, à Bourg en Bresse, à Toulon et dans les armées ; il travailla méme à la collection académique ou recueil de mémoires, d'actes, etc., qui se publiait à Dijon, et rédigea les tables raisiamées des premiers volumes. Mais ses titres principaux au souvenir de la postérité sont : 1" deux mémoires couronnés, l'un par l'académie de Lyon, en 1762, et l'autre par celle de Besançon, en 1761, sur la meilleure manière de cultiver la vigne el de faire le vitt. On y trouve surtout des observations précieuses sur les altérations spontanées que la continuation du travail fermentatif amène chaque jour dans le vin, sur les moyens de les régler, de hâter celles qui ajoutent à ses bonnes qualités, de le maintenir le plus longtemps possible à cet état, de prévenir, suspendre celles de ces altérations qui lui sont contraires. On regrette que les connaissances chimiques actuelles n'aient pu l'éclairer et lui servir à lier tous ces faits, qui n'en sont pas moins de précieux matériaux pour une histoire du vin, ouvrage que nous ne possédote; pas encore. 2° Un mémoire couronné par la société royale d'agriculture de Paris, en 176i, sur les maladies épidémiques des bestiaux, où l'on trouve aussi les premiers germes d'une médecine vétérinaire bien ordonnée, et un des premiers essais en ce genre, Glue les médecins, égarés par des préjugés, avaient pour la plupart refusé jusqu'alors de cultiver. 3° Une Dissertation sur la nature et la formation de la gréle, dans le 1" vol. des Mémoires de l'académie de Dijon. Les sociétés de Bordeaux et de Rouen le couronnèrent aussi, la première, pour un mémoire relatif aux analogies du tonnerre et de l'électricité, 1750 ; la seconde, pour un autre, traitant de la meilleure manière d'amender les terres, 1763, prix partagé avec l'abbé Carro
  • Denis BEURÉE( 1500) : né en France, au commencernent du 160 siècle, adopta les opinions des réformateurs, et fut appelé en Suède pour être instituteur d'Eric, fils aîné de Gustave Vasa. Eric ayant conçu le projet d'épouser Elisabeth, reine d'Angleterre, Beurée fut envoyé à Londres pour négocier ce mariage, et rapporta des promesses qui ne furent cependant jamais réalisées. Parvenu au trône, Eric accorda à son instituteur des titres de noblesse, le plaça parmi les sénateurs du royaume, et le consulta dans les affaires importantes ; mais, en 1567, cette faveur se termina à Upsal par une catastrophe sanglante. Après avoir frappé de son poignard l' Sture, le roi, agité de remords, s'était enfui du palais avec quelques drabans, et parcourait les champs dans l'état le plus déplorable. Beurée s'étant présenté pour le calmer, il ordonna à ses clrabans de le percer de leurs piques. Le précepteur d'Eric lui avait donné le goût des lettres, des connaissances étendues et une trèsgrande tolérance pour les opinions religieuses ; mais il n'avait pu corriger le penchant à la mélancolie que ce prince avait reçu de sa mère, et que les circonstances politiques ccintribuèrent à développer
  • Denis BOUTHILLIER ou BOUTILLIER : avocat au parlement de Paris, se vantait d'être issu de Jean Boutiller ou Bouteiller. Loisel et surtout Pasquier ont parlé de lui en termes honorables. Il fut chargé d'une cause du plus haut Divers opuscules de Loisel, Paris,1652 p. 290. Recherches de la France t. 1er, p. 101f.intérêt, celle de la veuve de MontmorenciHallot, poursuivant les meurtriers de son mari, assassiné lâchement à Vernon par le marquis d'Alègres et Pélm, sieur de la Mothe. Ce dernier, qui seul avait été saisi et conduit dans les prisons de Rouen, parvint à se mettre sous la sauvegarde cle' la Fierté de St- Romain, qui assurait l'impunité au criminel choisi par le chapitre pour lever et porter la châsse du saint, le jour de l'Ascension . L'affaire évoquée au grand conseil fut plaidée solennellement en 1608. L'accusé fut défendu par Cerisay. Bouthillier se montra digne d'élever la voix au nom d'une mère et d'une fille affligées, « faisant paroistre, dit « Pasquier, qu'il n'estoit apprenty, ains grand mais-« Ire en sa profession d'advocat et avec une singu-« hère doctrine s'étendit en discours. » L'arrêt qui fut prononcé, le 16 mars 1608, ne porta point la peine capitale contre le sieur de la Mothe ; mais la condamnation au bannissement et les réparations civiles qui lui furent infligées mécontentèrent le chapitre, qui crut y voir une atteinte portée à ses prérogatives. Il fit paraître un écrit intitulé : Dé- fense du privilége de la Fierté St- Romain contre le plaidoyer de deux advocats du grand conseil, Rouen, 1608 Bouthillier, qui était maltraité dans ce factum, « voyant que ce n'estoit plus la cause des « dames de Ballot, mais la sienne propre, aiguisa « sa plume et son esprit, » et fit paraître une Ré- ponse sur le prétendu privilége de la Fierté St- Ro- main, Paris, Macé, 1698 Adrien Behotte, archidiacre, qui était l'auteur de la défense du chapitre, ne se tint pas pour battu et publia une Réfu- tation de la Réponse, etc., Paris, 1609 Le privilége de la Fierté, quoique contesté à diverses reprises, n'a pas moins été exercé jusqu'en 4789, avec les modifications que les progrès de la raison sociale rendaient nécessaires . On attribue à Bouthillier la Réponse des vrais catholiques françois à l'advertissement des catholiques anglois , pour l'exclusion du roy de Navarre de la couronne de France, 1588 L'auteur des remarques sur la Satyre Ménippée , sans citer le titre de cet ouvrage, dit que le Catho- lique anglois a été réfuté par M. Denis Boutillier, avocat, « catholique romain, fort honnête homme « et bon françois. » Claude Joly, dans ses notes sur la liste des avocats de l'année 1599, donnée par Loisel, nous apprend que « Bouthillier a fait aussi « un petit livre contre les prétendus droits du « royaume d'Yvetot, auquel M. Buault, professeur, « a répondu en 1651. » Les continuateurs de la Bibliothèque historique de la France du P. Lelong on't fait de Bouthillier quatre personnages différents qu'ils font exister successivement en 1588, 1622, M. Floquet, greffier de la cour royale de Rouen, a publié, en 4853, un ouvrage assez étendu sur l'origine et l'histoire du privilége de la Fierté de StRomain. Avertissement des catholiques anglois aux François ealho- lique, s du danger oit ils sont de perdre la religion, s'ils reçoivent à la couronne un roi qui soit hérétique , 1586, et autre édition, 1588 C'est une des pièces les plus vives qui aient été faites contre Henri de Bourbon. 1652, et 1706. Leur erreur principale vient de ce qu'ils ont donné cette dernière date au Plaidoyer de Denis Bouthillier pour les religieux de Marmous- lier contre le visiteur et syndic de la congrégation des bénédictins, Paris, 1606 Cette date étant substituée, comme elle doit l'être, à celle de 1706, il sera facile de rétablir l'unité de Denis Bouthillier. Les mêmes bibliographes fixent l'époque de sa mort à l'année 1622; mais il est certain que cette indication n'est pas plus juste que la première.La réponse de Buault à Bouthillier, comme on vient de le dire, ayant paru en 1651, on doit en tirer la conséquence que ce dernier vivait encore à cette époque. Il serait possible que son existence eût été prolongée jusqu'en 1652, mais alors il devait être bien avancé en âge. Quoique chargé de défendre les intérêts de plusieurs grandes maisons du royaume, telles que les Rohan, les Montmorenci, Denis Bouthillier ne négligeait pas la cause des malheureux. Il travail- bit méme la plupart du temps gratuitement pour ses parties . LMX.
  • Denis CALVART( 1565) : peintre, naquit à Anvers, en 1565. On l'appelle en Italie DEMIS LE FLAMAND. 11 vint trèsjeune à Bologne; il n'était encore que peintre de paysages. Pour apprendre à dessiner la figure, il fréquenta l'école de Fontana et celle de Laurent Sabbatini, qu'il aida à Borne ans ses travaux au Vatican. Après avoir dessiné quelque temps les peintures de Raphaël, il revint à Bologne, et y ouvrit une école, dont il est sorti cent trentesept maîtres, parmi lesquels il faut distinguer l'Albane, le Guide et le Dominiquin. Denis savait colorer à la manière des Flamands; aussi les Bolonais le regardaientils comme un des restaurateurs de leur école en cette partie de la peinture, qui, chez eux, avait déjà commencé à dégénérer. Il possédait la connaissance des deux perspectives, de l'anatomie et de l'architecture , comme on le voit dans un grand nombre de petits tableaux sur cuivre, représentant des faits de l'Ancien Testament, et dont les religieuses de son temps avaient coutume de meubler leurs cellules. Augustin Carrache et Sadeler ont gravé une partie des ouvrages de Denis. On montre dans beaucoup de portefeuilles des dessins de ce maitre, qui sont, pour la plupart, à l'encre de la Chine ou à la pierre noire. On lui a reproché une sorte de manière et d'affectation qui était sans excuse chez un homme de ce mérite, Ses figures ont quelquefois des attitudes peu nobles et trop hardies. On attribue ce défaut au caractère de Calvart, qui était ardent et porté à la violence Lanzi dit qu'il instruisait ses disciples avec patience et sagesse. Cependant on sait qu'il eut un jour la brutalité de frapper le Dominiquin, parce que ce jeune artiste, alors son élève, copiait secrètement des estampes d'Augustin Carrache. Les meilleurs tableaux de Calvart sont un St- illichel, à StePétrone, et son Purgatoire, aile Grazie, à Bologne. Les Carrache ont avoué qu'ils y avaient puisé beaucoup d'idées heureuses. Cet hommage sincère rendu par les Carrache est flat- teur pour l'école flamande. Denis mourut à Bologne en 1619. Oretti rapporte l'inscription qui fut placée sur son tombeau, dans l'église des servites
  • Denis CARLI DE PIACENZA : et MICHEL ANGELO GUATINI, tous deux capucins missionnaires, le premier natif de Reggio, et le second de Plaisance, furent envoyés au Congo en 1666, avec Pendant son séjour dans ta capitale, le conne Carletti fit parade de ses sentiments patriotiques ; c'était une ruse de diplomate. Presque républicain dans les cercles politiques, il redevenait homme de cour dans l'intimité de quelques dames aimables qui avaient eu un rang. On blAma généralement cette mesure du directoire comme puérile et impolitique. Une longue note explicative et apologétique, insérée an Moniteur et revêtue de la signature LenoirLaroche, ne lit pas revenir le public de l'opinion qu'il s'était formée sur cette affaire. Le comte Carletti fut vivement affecte de son renvoi. Aussi écrivaitil à un des conseillers de légation « rai vu souvent la mort « de prés, avec quelque courage. Je n'en ai point pour supporter le cc coup qui me frappe. » Lettre du 39 novembre I793. L—sX. quatorze autres capucins par la congrégation de la Propagande , munis d'amples pouvoirs du saintsiége, qui les autorisa même à lire les ouvrages défendus, excepté Machiavel. Ils se rendirent d'abord à Lisbonne, ensuite au Brésil, et du Brésil au Congo. Ils visitèrent StPhilippe de Benguela et Loanda. Le vicaire apostolique du Congo leur ordonna d'exercer leur zèle dans les royaumes de Bamba et de Santo, situés sur la côte entre le fleuve Zaïre et la rivière Danda. Ils baptisèrent 5,000 enfants durant le cours de leurs missions et firent quelques conversions niais le plus grand obstacle qu'ils éprouvaient était de persuader les nègres de l'obligation de se contenter d'une seule femme. Michel Angelo mourut au Congo ; Denis Carli fut assez heureux pour résister aux dangers et aux fatigues de sa mission, et pour triompher d'une longue et cruelle maladie. Il se unit en route pour revenir en Europe, s'embarqua sur un vaisseau qui partait pour le Brésil, et de là fit voile pour Lisbonne. 11 visita Cadix, fit un pèlerinage à StJacques en Galice, se rembarqua de nouveau pour retourner à Cadix ; mais le vaisseau sur lequel il se trouvait, après avoir livré combat à un corsaire, entra dans le port d'Oran, et revint ensuite à Cadix, De là Carli traversa l'Espagne, et se rendit à Barcelone, où il s'embarqua pour la Sardaigne ; il éprouva une violente tempete, fut rejeté sur la côte de Roussillon, traversa le midi de la Fiance, et se rendit ensuite à Bologne, où il rédigea la relation des voyages de son compagnon et des siens. La plus grande partie est remplie par de longues descriptions des souffrances de ces missionnaires et par des contes ridicules. Les renseignements sur la géographie et l'histoire naturelle qui s'y trouvent sont vagues, et décèlent l'ignorance des auteurs; mais il y règne une sorte de naïveté et de bonhomie religieuse qui en rend la lecture intéressante, et le peu de relations que l'on a de ce pays a fait rechercher celleci et d'autres du même genre avec plus d'empressement qu'elles ne méritent. La première édition des voyages de Carli a été imprimée sous ce titre : il Moro trasporlato in Venezia, ovrero racconti de' coslumi, trili e religioni de' popoli dell' Africa, America, Asia ed Europa, Reggio, 1672 Elle fut réimprimée en 1674à Bologne et ; et en 1687, à Bassano Une nouvelle édition de ce voyage parut à Bologne en •678 sous le titre suivant : Viaggio di D. Michel Angiolo di Gualtini e del P. Dionigi Carli atel regno del Congo, descritto per lettere con una / Mac narratione del paesc. En 1680, il en parut une traduction française, imprimée à Lyon chez Amuiry Le P. Labat l'a réimprimée dans sa Relation historique de l'Eihiopie orientale, t. 5, p. 91268. La première traduction anglaise a paru clans Churchill, Collections of voyages and travels, p. 613650. Dans la collection d'Astley , On en a donné un extrait qui a été reproduit dans l'Histoire générale des voyages de Prévôt, livre 12, ch. 12, et dans Allgemeiner Historie der Reisen, b. 4, s. 551. Il a paru une traduction allemande de la relation de Çarli, Aueourg, l 13 faite sur une des premièrea édition.* italiennes que nous avons citées.
  • Denis DIDEROT( 1713) : né à Langres en octobre 1713, était fils d'un coutelier de cette ville. Il avait un frère cadet qui se fit ecclésiastique, et qui devint dans la suite chanoine de Langres. Pour lui, on prétend qu'il résista aux vues de sa famille, qui voulut d'abord lui faire apprendre l'état paternel, et qui le plaça depuis chez un procureur. Également dégoûté de ces deux occupations, et entraîné par un goût décidé pour l'étude et la littérature, le jeune Diderot vint à Paris, où il se livra à sa passion-. Ardent et laborieux, il dévorait les livres et cherchait tous les moyens de s'instruire : ces commencements furent difficiles. Son père, mécontent, cessa, diton, de lui payer sa pension, et Diderot fut obligé de donner des leçons pour subsister. Pour comble de malheur, il se maria, ce qui dut encore augmenter ses embarras de finances. Son goût et ses besoins le portèrent donc également à écrire. Il traduisit de l'anglais l'Histoire de Grèce, de Stanyan, Paris, 1743, 3 vol. il s'associa avec Toussaint et Eidous pour la rédaction du Dictionnaire de médecine, Paris, 1746, 0 vol. ; et, en 1745, il donna l'Essai sur le Mérite et la Vertu : l'ouvrage était annoncé comme traduit de l'anglais de Shaftesbury; on peut néanmoins en regarder Diderot comme l'auteur. 11 déclare dans un avertissement qu'il a presque fermé le livre de Shaftesbury quand il a pris la plume, et qu'il s'est seulement rempli de son esprit. 11 répète plusieurs fois dans l'Essai, qu'il n'est point cte vertu sans religion ; il y combat l'athéisme comme laissant la probité sans appui, et poussant indirectement à la dépravation. L'ouvrage a, d'ailleurs, un but moral, et si on y trouve quelques traits contre le christianisme, ils ne sont ni directs ni nombreux. Les Pensées philosophiques, qui parurent l'année suivante, La Haye, 1746 n'ont déjà plus la même couleur. 11 n'y a que soixantedeux pensées, dont la plupart sont même assez courtes ; mais il y en a de hardies, et la tournure en est, en général, assez piquante : elles n'annoncent pas des idées bien fixes, et l'on dirait que l'auteur n'a pas encore pris son parti ; car s'il fait des objections contre le christianisme, il blâme ceux qui s'élèvent contre la religion dominante. 11 distingue trois sortes d'athées : les vrais, les sceptiques et ceux qui voudraient qu'il n'y mit point de Dieu, qui font semblant d'en étre persuadés, qui vivent conune s'ils l'étaient : ce sont les fan farons du parti. Diderot les déleste, parce qu'ils sont faux. 11 plaint les vrais athées ; toute consolation lui semble morte pour eux. 11 prie Dieu pour les sceptiques ; ils manquent de lumières. Ces Pensées firent beaucoup de bruit. Un arrêt du parlement de Paris, du 7 juillet 1746, les ayant condamnées au feu, ce fut un attrait de plus pour la curiosité, et on les réimprima sous le titre d'Étrennes aux esprits forts, Londres, 1757 Diderot, encore peu connu, eut le plaisir ou le chagrin de voir qu'on attribuait son ouvrage à Voltaire, dont la réputation était déjà établie. Enhardi par le succès de ses Pensées, il y fit une addition qui renferme soixantedouze pensées nouvelles : elles sont bien autrement fortes que les premières ; l'étaient même trop pour être publiées à cette époque, et il paraît qu'elles furent imprimées pour la première fois en »1770, dans le Recueil philosophique dont Naigeon fut éditeur. En 1749, Diderot donna la Lettre sur les aveugles, à l'usage de ceux qui voient . Il y mit en scène l'anglais Saunderson, aveuglené, qui au lit de la mort, pressé par un ministre de reconnaitre un Dieu créateur, s'y refuse sur ce qu'il n'a jamais rien vu de tout ce qu'on veut lui faire admirer dans la nature. L'auteur retourne en tout sens cet argument qu'il jugeait fort concluant. Il prétend que la morale des aveugles est fort différente de la ndtre, et que celle d'un sourd di fférerait encore de celle d'un aveugle . On se récria contre des assertions alors nouvelles, et le souvenir des Pensées philosophiques se mêlant à ce dernier grief dans un temps où on n'était pas encore accoutumé à ce ton et à ces principes, Diderot fut envoyé à Vincennes, où il resta trois mois et demi. Il avait déjà des amis nombreux, et avait contracté des liaisons étroites avec plusieurs des gens de lettres les plus célèbres de cette époque. 11 avait fait, vers 1742, la connaissance de Rousseau, arrivé récemment à Paris, et leur amitié subsista jusques vers 1758. Il y a lieu de croire qu'elle eût été plus durable sans le caractère ombrageux de Rousseau, qui associa Diderot aux complots qu'il croyait voir Son incrédule était malheureusement choisi : le vénérable Saunderson mourut en s'écriant entra dans ses vues. Ce fut C'était alors de Malesherbes.
  • Denis DODART( 1634) : médecin, naquit à Paris, en 1634. 11 manifesta de bonne heure de grands ta- lents, comme on le voit par les lettres de Gui Pa- tin, auquel on peut d'autant plus ajouter foi qu'il était fort sobre d'éloges. Reçu docteur en 1660, Dodart fut nommé six ans après professeur de phar- macie, et ensuite conseillermédecin de Louis XIV. En 1673, l'Académie des sciences l'admit au nombre de ses membres. Quoiqu'attaché à la cour et occupé d'ouvrages importants, il consacrait une partie de son temps au service des pauvres, et il les aidait de sa bourse comme de ses conseils. Son dés ouement pour la classe indigente l'avait forcé d'associer à ses entreprises de charité plusieurs personnes de considération, et de provoquer des se- cours pour être plus en état d'en donner. Ce dévouement contribua même à avancer le terme de sa carrière, qui arriva le 5 novembre 1707. Sa piété était éclairée, et il accompagnait, dit Fontenelle, de toutes les lumières de la raison, la respectable obscurité de la foi. Dodart étudia à fond l'histoire des végétaux, et cette étude lui fournit le sujet de plusieurs excellents mémoires, et l'avantage de composer la savante préface du livre que l'Académie fit imprimer sous le titre de Mémoires pour servir à l'histoire des plantes, Paris, 1676 Cette préface, dans laquelle il s'efforce d'encourager la recherche des propriétés des plantes par l'analyse chimique, a été publiée séparément en 1679 A l'exemple de Sanctorius, il travailla sur la transpiration insensible du corps humain, et après une série d'expériences continuées pendant trentetrois ans, il s'assura que l'homme perd beaucoup plus par cette voie dans la jeunesse que dans l'âge avancé . Le résultat de ces expériences a été im- Voici un essai curieux qu'il fit pendant le carême de 1677. Le premier jour, il pesait 116 livres I once ; le samedi, veille de Poques, c'est-àdire le 46. jour, il ne pesait plus que 107 livres I 2 onces: ce qui fait une perte de 8 livres 6 onces, ou d'environ la I Ir partie de sa substance. Il est vrai qu'il avait suivi un régime Iresaustere, et qu'il ne faisait par jour qu'un seul repas, compose de pain et de légumes, et, sur la fin du carène, de pain et d'eau. Mais il ne lui fallut que 4 jours de sa vie ordinaire pour reagner 4 livres ' • ce qui prouve qu'en 8 ou 9 jours il aurait repris son pre- mier poids, et que le corps récupère aisement ce qu'il a perdu par jetIne. primé sous le titre de Statica medicina Gallica, Paris, 1725 par les soins de Noguez, avec un recueil de différentes pièces relatives au même sujet. Dodart avait le projet de composer une histoire de la médecine ; mais, prévenu par Daniel Leclerc, il travailla à celle de la musique, et les mémoires qu'il communiqua à l'Académie sur la formation de la voix en sont en quelque sorte l' ; il y compare l'organe vocal de l'homme à un instrument à vent, système adopté dans les écoles jusqu'en 1742, époque où Ferrein en proposa un autre, qui partagea les savants : mais, de nos jours, on a rejeté les explications opposées et trop exclusives de l'un et de l'autre, et nous considérons aujourd'hui le larynx comme un instrument qui réunit les avantages et présente le double méca- nisme des instruments à. vent et des instruments à cordes; c'est même pour cela qu'il remporte sur tous ceux de la musique par l'étendue, la perfection et l'inépuisable variété de ses effets. Les Mémoires de l'Académie des sciences renferment encore divers autres travaux de Dodart, qui sont relatifs à l'histoire naturelle, à. la physique, à la médecine, etc. Fontenelle a fait l'éloge de cet académicien. — Son fils Claude- Jean- Baptiste DODART, homme de mérite, fut nommé en 1718 premier médecin de Louis XV, et mourut le 25 novembre 1730, M'âge de 66 ans. Il n'a laissé aucun écrit
  • Denis DUPONT( 1400) : en latin Ponianus, juris- consulte, naquit à Blois, d'une famille noble, vers la lin du 15e siècle, et exerça dans cette ville la profession d'avocat avec une telle réputation, que CharlesDumoulin, qui n'était pas prodigue d'éloges, l'appelle Vir opti mus et doctissiwus, blesensis advoentionis decus. Lorsque Louis XII, poursuivant l'oeuvre de ses prédécesseurs, eut résolu defixer par écrit toutes le couturnes et traditions orales que la mémoire des hommes ne pouvait plus conserver, ce fut Dupont qu'il chargea, avec trois de ses concitoyens, de rédiger les usages du Blaisois, pour former un corpsde législation qui pût servir de règleconstante aux juridictions du pays. Ce travail étant achevé fut soumis à l'assemblée des états de la province, où Dupont fut envoyé comme un des députés de la ville de Blois. Les rédacteurs de la Coutume avaient consacré, dans l'article 109, un droit de cens trèsonéreux, contrairement à l'avis 'de Dupont, qui en demanda vivement la suppression à l'assemblée ; mais tous ses efforts furent infructueux, etl'article passa. Cependant la ville de Blois se hâta de recourir au parlement, et Dupont se rendit à Paris pour soutenir l'appel. L'instance dura douzeans; enfin la lu tte fut suivie d'une victoire complète, et, par arrêt du mois de juin 1535, le parlement statua que ce droit ne pourrait plus être perçu comme cens coutumier, mais dans le cas seulement où il serait fondé en titre. Dupont, après avoir rassemblé une immense .quantité de matériaux, entreprit le commentaire de la Coutume, dont il était un des principaux auteurs. Il n'eut pas la satisfaction de voir publier son ouvrage. Ce ne fut que quelque temps après sa mort que, Pierre Dupont, son fils, élève d'Alciat, eu fit paraître les neuf premiers chapitres, à Blois, en 1556; mais, selon toute apparence, la mort surprit aussi le fils avant qu'il pût faire imprimer la suite. Le manuscrit qui la contenait fut égaré, • et ne se retrouva que cent vingt ans plus tard, dans la bibliothèque du chancelier Séguier. Ce magistrat le donna à l'imprimeur L. Billaine, qui mit ait jour l'ouvrage complet, Paris,1677, 2 vol. iufol.Ce commentaire est écrit en latin, et digne en tout de la réputation de son auteur. Sous l'ancienne jurisprudence. il était cité fré- quemmént, dans les questions féodales surtoni et, de nos jours, MM. Merlin et Toultier n'ont pas dédaigné de #appuyer quelquefois sur son autorité. On trouve, dans le t. 2, p. 192, une apologie curieuse du mariage et une critique du célibat et des célibataires, que Dupont voudrait voir, comme PSparte, frappés d'une grosse amende. Du reste, il ne s'élève pas avec moins de force contre les unions mal assorties et les mariages d'argent. La maison qu'il avait fait construireetqu'il occupait àBlois, existe encore àpeu près intacte ; mais sa famille est éteinte
  • Denis FAUCHER( 1487 - 1562) : bénédictin , naquit à Arles en 1487. Il embrassa la vie religieuse au monastère de Polinore en Italie, et, ayant acquis par ses talents et sa conduite l'estime de ses supérieurs, fut envoyé pour établir la réforme dans les maisons de l'ordre situées en deçà des monts. Il mourut à l'abbaye de Lerins en 1569. , dans un àge trèsavancé. On a de lui : 1° Ecloga de laudibus insula Lerinensis. Elle a été imprimée à la suite du poëme de Grégoire Cortèse , De situ et laudibus sacrœ insulte Lerinoe, Paris, 1597 et dans la Chronique de cette abbaye, par Barrai. 20 De contemptu mortis clegia, imprimée à la suite du précédent; 30 La Préface du Traité de StEucher, De lautlibus eremi , et celle de rinstructionede StFaust, . 11 nzonachos, dans l'édition de ces deux ouvrages, Paris , 1578 4° Annalium Prorineiœ libri V. L'original de cette histoire de Provence se trouvait dans la bibliothèque du marquis d'Aubais ; mais la vanité en avait fait altérer plusieurs passages et ajouter d'autres. Plusieurs personnes pensent que cet ouvrage n'est pas de Faucher, par la raison que Barrai n'en a fait aucune mention dans la vie de ce religieux. 5° Quelques pièces de vers peu intéressantes. Dom JeanAugustin Cradenigo, bénédictin de la congrégation dit nont Cassin , a inséré des Mémoires en italien sur a vie de Denis Faucher, dans la Nova Raccolta ropusColi scientifici de Calogera , Venise , 1759
  • Denis FABRE de l'Hérault : l'un des conventionnels les plus exaltés , était avocat à Montpellier avant la révolution. Comme la plupart de ses confrères , il en adopta la cause avec beaucoup de chaleur , et fut nominé , en septembre 1792 , député à la Convention nationale par le département de l'Hérault. Ses premiers travaux dans cette assemblée furent des rapports au nom du comité des subsistances, dont il faisait partie. Dans le procès de Louis XVI , il vota pour la mort sans appel au peuple et sans sursis à l'exécution. Il fut envoyé à l'armée des Pyrénées dans les derniers mois de 1793, avec trois autres députés; et ils adressèrent à la Convention le récit d'une défaite essuyée par les troupes françaises , mais dans laquelle , grâce à la valeur et au sangfroid de Fabre , la retraite s'était opérée en bon ordre. Les mêmes représentants rendirent compte bientôt après d'une victoire , et ils envoyèrent à la Convention , par le frère du général en chef d'Aoust , quelques drapeaux pris sur les Espagnols. Mais ces triomphes devaient peu durer. Les Français ayant été attaqués le 20 décembre 179'2 avec beaucoup de vigueur par le général Ricardos , essuyèrent encore une défaite considérable , et à la suite de laqUelle une partie du Roussillon fut envahie et Perpignan menacé. Le représentant Boisset , forcé de se retirer jusqu'à Montpellier , écrivit à la Convention nationale que l'armée française était totalement en déroute, que les places de Bagnols , PortVendres et Collioure avaient été livrées par la trahison ; et il ajouta : « Je tremble de vous faire paraitre mes « soupçons ; je crains qu'il y ait de grands coupables; « on ne sait ce qu'est devenu Fabre; et Gaston est renfermé dans Perpignan » Mais on apprit bientôt que le malheureux Fabre, faisant de vains efforts pour arrêter les fuyards , avait péri sur le champ de bataille. Aussitôt tous les généraux et les représentants euxmêmes cherchèrent à rejeter sur son imprudence sur son ignorance en tactique , tous les torts de ce revers ; on prétendit même qu'il avait seul causé la combinaison maladroite des généraux Dagobert , Turreau et d'Aoust ; qu'il avait désorganisé l'armée. Enfin on en fit le bouc émissaire de ce funeste événement . Assailli de plaintes et de dénonciations dans le même sens , le comité de salut public venait de changer la destination de Fabre , en l'envoyant à l'armée des Alpes , lorsqu'il reçut la nouvelle de sa mort. Alors la Convention , ne considérant plus que le dévouement et la mort honorable de l'un de ses membres, ordonna que les honneurs du Panthéon lui fussent décernés , et plus tard une pension fut accordée à sa veuve
  • Denis FONTANON : médecin français du 16e siècle , naquit à Montpellier, fit ses études à la célèbre université de cette ville , et obtint en 1502 une chaire de médecine qu'il occupa jusqu'à sa mort, arrivée vers 1515'. Les leçons qu'il avait dictées pendant le cours de son professorat, furent recueillies par le docteur Jean Reinier et imprimées sous ce titre : Practica medica , sive de murborum internorum curatione libri quatuor, Lyon, 1550 ibid., 1556, 1605; Francfort, 1600 ibid., 1611 ; Leyde, 1658 Les principes de cet ouvrage ne sont pas toujours fondés sur une doctrine judicieuse, et dans la méthode curative on retrouve la polypharmacie arabe. Le huitième chapitre (lu premier livre traite de la céphalalgie produite par la syphilis. Il a été extrait par Louis Luisini , qui l'a inséré dans sa collection intitulée : Aphrodisiacus. Il convient de remarquer, avec Astruc, que c'est le troisième écrit publié en France sur la maladie vénérienne. Il est, au reste, peu important et mérite la critique sévère qu'en fait Girtanner
  • Denis FOURNIER( 1600 - 1683) : chirurgien de Paris, naquit. à Lagny en Brie, au commencement du 17*, siècle , et mourut le 25 novembre •683. 11 avait un talent tout particulier pour cette partie de la chirurgie qui consiste à ajouter des membres artificiels pour suppléer aux membres naturels : c'est ce qu'en chirurgie l'on nomme i prothèse i. Fournier a perfectionné beaucoup d'instruments de chirurgie ; il en a inventé plusieurs. Voici la liste de ses ouvrages : 1° i Traité de la gangrène, et particulièrement de cc qui survient en la peste i, Paris, 1670 i l'OEconomie chirurgicale pour le r' habillement des os du corps humain, contenant rostéologie, la nosostéologie et l'apocatastostéologie i, Paris, 1671 4.; 3° i l'OEconomie chirurgicale pour le i i rétablissement des parties molles du corps humain i, i avec un petit traité de myologie i, ibid., 1671 i l'Accoucheur méthodique. qui enseigne la manière d'opérer dans tous les accouchements naturels et artificiels, tût, sûrement et sans douleur i, ibid., 1673 fig.; 5° i Explication des bandages tant en général qu'en particulier i, 1678, On trouve dans ce traité les figures gravées de tous les bandages qui étaient connus atptemps de Fournier. Quelques écrits de ce chirurgien peuvent encore étre lus avec fruit par les personnes qui s'occupent de prothèse; le reste de ses oeuvres ne présente aujourd'hui d'autre utilité que pour attester les progrès que la science a faits depuis un siècle
  • Denis GAULLYER( 1688) : naquit le 2 février 1688 , dans ce bourg de Cléry en Orléanais que la dévotion de Louis XI et d'Henri UI a rendu célèbre. Après ses premières études au collége d'Orléans, Gaullyer fit à Paris son cours de philosophie, à la fin duquel il reçut le degré de maitre ès arts. Dès lors il se fixa à ce qu'il regardait comme sa véritable vocation ; car il se crut appelé exclusivement à l'étude de la grammaire, des humanités, de tout ce qui peut semer de fleurs la carrière dans laquelle le jeune ami des lettres fait ses premiers pas. Ses écrits tendirent uniquement vers ce but. Les encouragements, ou plutôt les éloges qu'on lui prodigua, l'égarèrent au point que dans l'université de Paris il se crut seul en droit de traiter de la grammaire , de l'éloquence et de la poésie. Dans l'avertissement placé à la tète de son Abrégé de grammaire françoise, il parle de ses prétentions avec une naïveté véritablement rare. L'université de Paris le crut sur parole ; car, non contente d'adopter ses ouvrages, elle l'admit au nombre de ses membres , comme récompense de son zèle à faciliter les travaux des jeunes étudiants. De professeur de cinquième, au collége du Plessis, il parvint à la chaire de seconde, qu'il occupait lorsque son caractère impétueux devint une frénésie tellement violente qu'on fut obligé de le déposer à l'hospice de Charenton, où il mourut le 24 avril 1736. 11 nous reste de Denis Gaul' lyer : Règles pour la langue latine et françoise à l'usage des colléges de l'université, Paris, 1716, 1719, 5 part. L'abbé Goujet prétend que la cinquième partie de cet ouvrage , intitulée : Règles pour traduire le latin en français, tient au système de Gaspar de Tende, également connu sous le masque du sieur de l'Étang-. 2Q Poêmes de St- Grégoire de Nazianze, traduits en latin, avec des notes grammaticales, Paris, 1718 ; Recueil des fables d' Ésope, de Phèdre et de la Fontaine, qui ont rapport les unes aux autres, arec de petites notes françoises, I 721; réimprimé en 1728 avec des augmentations utiles; 49 Lettres de Cicéron à ses amis, rangées par ordre chronologique ; 5" Recueil des pièces de vers les plus belles et les plus faciles, tirées des poêles latins, 1722 ; Abrégé de rEpigranimaturn delectus, augmenté de quelques épigrammes d'Owen et autres modernes. Des notes de Gaullyer, les unes sont grammaticales, les autres historiques, suivant la marche uniforme adoptée dans tous ses écrits. 6° Cornelius Népos , avec des notes françoises ; 7" Abrégé de la grammaire françoise , comprenant la syntaxe, les règles de la prononciation , de l'or- thographe et de la versification, Paris, 1722 8. Traduction des épigrammes de Martial en vers et en prose. Gaullyer y met à contribution tous les poetes français ; il recourut à des amis pour le complément de sa traduction, Paris, 1738. 90 Régies poétiques, tirées d' Aristote, de Despréaux et autres célèbres auteurs, Paris, 1728 Cet ouvrage passe pour le meilleur qui soit sorti des mains de ce laborieux écrivain; l'ordre et la inéthode y rachètent ce que le style a souvent de trop lourd. La publication de ces règles de poétique occasionna de longues discussions entre l'auteur et le célèbre Rollin , qui proscrivait des premières études la lecture de Térence, qu'autorisait Gaullyer. L'université prit parti contre ce dernier. I Térence, Cicéron. César, Salluste , etc., justifiés contre la censure de M. Rollin, avec des remarques sur le Traité des études ; Paris, 1728, 1 vol. en trois parties, et de plus de 600 pages ; 11. Selecta carmina , orationesque quorumdain in universitate Parisiensi professorum, Paris, 1727, 2 vol. L'édition de ce recueil valut de nouveaux ennemis au rédacteur. Les journalistes de Trévoux s'en moquèrent en prenant le ton le plus ironique pour en annoncer la publication. Ce sont, disaientils, en trois cent cinquante (, pages, environ quatrevingtquinze petites piè« ces de vers, et quinze à vingt hymnes, compo« sées en cinquante ans par dixsept fameux « professeurs de l'université de Paris. » Gaullyer relève énergiquement cette mauvaise plaisanterie, en renvoyant ses critiques aux épigrammes, alors si multipliées, contre les jésuites. 12. Méthode de M. Lefevre pour les humanités, avec des notes par M. Gaullyer ; 13. noria , avec des notes et une traduction; première partie, Florus, avec des notes. Paris, 1733, de 16 et 248 pages. Les notes ne sont autre chose que la traduction d'environ la moitié du texte, c'est-àdire des passages les plus difficiles, renvoyée à la fin du volume. 11 se pro- mettait de donner une nouvelle édition de 1' Ap- paratus Ciceronis ; déjà mème il en avait publié le prospectus, quand sa mort en empocha l'exécu- tion
  • Denis GOBET( 1740 - 1781) : bibliographe , né vers 1740 à Paris, fils du suisse de madame de Langeac, montra dans sa jeunesse le goût le plus vif pour les livres. Ayant obtenu l'entrée de toutes les bibliothèques, lié avec tous les conservateurs, ainsi qu'avec les bibliophiles les plus distingués , il acquit assez rapidement des connaissances très-étendues dans une branche de la littérature moins cultivée alors qu'elle ne l'a été depuis. Plus tard commis de Didot jeune, il continua de fréquenter les ventes de livres, qui lui fournissaient presque toujours l'occasion de quelques nouvelles remarques. L'Esprit des journaux, de 1780 , contient l'annonce des Recherches de Gobet sur les livres imprimés sur vélin, depuis l'origine de l'imprimerie. 11 avait à cette époque décrit plus de mille ouvrages ; mais, atteint d'une maladie de langueur qui ne lui permit pas de pousser plus loin ce travail , il mourut en 1781, léguant ses notes à Théophile Barrois, son ami. Elles sont restées inédites ; mais le Catalogue des livres sur vélin, par VanPret , rend désormais inutile celui que préparait son modeste devancier. Gobet avait réuni des livres rares et des manuscrits dont le Catalogue fut imprimé après sa mort de 92 pages. On y distinguait une Collection de lettres , au nombre de 656, écrites par divers savants contemporains aux deux Spon, père et fils . Elle fut acquise par le docteur de Villiers, qui en a donné la notice dans le Journal de médecine , t. 69, p
  • Denis GODEFROY( 1549) : célèbre jurisconsulte, naquit à Paris en 1549 , de parents alliés aux familles les plus distinguées de la robe, et qui remplissaient eux mûmes d'honorables emplois. Après avoir terminé ses études classiques, il s'appliqua à celle du droit et suivit les leçons des fameux professeurs qui enseignaient alors clans les universités de Louvain, . de Cologne et de Heidelberg. De retour en France, les troubles civils qui éclatèrent de toutes parts l'obligèrent bientôt de chercher un asile dans les pays étrangers. Il se retira à Genève, où il espérait trouver le calme nécessaire à ses projets. Il y fut accueilli avec beaucoup de distinction, et nommé à une chaire de droit en 1580. Henri IV le tit bailli de Gex en 1589 ; mais cette ville ayant été prise l'année suivante par le duc de Savoie, sa maison fut pillée et il ne lui resta d'autres ressources que de passer en Allemagne. Retenu à Strasbourg il y enseigna les Pandectes depuis 1591 jusqu'en 1600, in L'édition de Francfort, 1558 , Citée par Lenglet Dufres'13Y . n'a point été connue de Fabricius, et pourrait bien être imaginaire. que l'électeur palatin le lit venir à Heidelberg, Les mauvais procédés et le sollicita de demeurer à Paris ; mais Godefroy se plaisait à Ileidelberg, où il jouissait de toute la considération due à ses talents, et il souhaitait d'y terminer ses jours. Cette attente fut déçue. La guerre qui embrasa le palatinat l'obligea . La publication en fait époque dans l'histoire de la science. Son texte , dit Camus, est celui qu'on a adopté, pour leçon commune dans les universités et au barreau, et les notes sont fort estimées . Ce corps Ce prince lui fit présent de son portrait et d'une médaille d'or. Ces notes sont trèssouvent relatives au rapprochement des antinomies ou lois qui paraissent contradictoires. G.A. Struve e recueilli les notes de ce genre , en y joignant les solutions de ces difficultés, sous ce titre Dion. Gothofredi Immo h. e. conciliatio legune in speciem pugnantium quas in nous ad Pandectas D. Golhofredus verbum immo usurpando indicare algue arguere, omissa plerumque solutione assueverat discussis contrariorum tenebris , evolvit et in concordiam adduzit G.- A. Struvius , Francfort, 1695 luici lui répondit par un livre qui termina la dispute. 4° Authores latince Lingua, in unum redarti corpus . adjertis notis , StGervais , 159:1, 1602. ou 1622 Ce volume contient différents traités d'anciens grammairiens latins, avec les notes de Godefroy sur Varron , Festns, Nonius et Isidore de Séville. On doit joindre ce recueil aux . luthores grammatira, de Putschius, parce que ces deux collections sont entièrement différentes. 5' Maintenue et défi: nse des princes sourerains et églises chrétiennes contre les attentats et excommunications des papes de Rome , 159i ; réimprimée avec quelque changement dans le titre, 1607 et insérée dans les Mémoires de la Ligue, t. 4. Cet ouvrage fut composé à l'occasion des Letires monitoriales publiées par Grégoire XIV contre Ilenri 1V ; et l'on y démontre que le pape n'a jamais cu et ne peut avoir aucune autorité sur le gouvernement temporel de la France. 6° Dissertatio de nobilitate, Spire, 16I 1 ; 7° Statuta Gallicr juxta Fran- connu, Burgundionum, Gothortim et .- Igglorurn in ea dominantium consuetudines, Francfort, 1611 C'est à tort qu'on lui a attribué Acis pour réduire les monnaies ci leur juste prix et valeur, Paris , WH puisque l'auteur prend le titre d'avocat, cidevant procureur du roi aux monnaies. Ws,
  • Denis HENRION( 1500 - 1640) : mathématicien , né en France vers la fin du 16e siècle , entra fort jeune comme ingénieur au service des ProvincesUnies. En 1607 , il vint à Paris, où il professa les mathématiques, et eut pour élèves beaucoup de jeunes gens de familles nobles. Il mourut vers 1640, après avoir publié un grand nombre d'ouvrages et de traductions dont voici les titres : 1° Mémoires mathématiques recueillis et dressés en faveur de la noblesse française, Paris, 1612 ibid., 1623 L'auteur donna en 1627 un second volume, dans lequel il inséra im Traité des triangles sphériques, et un Traité des logarithmes, qui avaient déjà paru séparément , l'un en 1617, et l'autre en 1626 ; 2° Canon manuel des sinus , Paris, 1619 ; ibid., 4623 ; 3° Cosmographie, ou Traité général des choses tant célestes qu'élémentaires, Paris, 1620, 1626, ; 4° Collection, ou Recueil de divers traités de mathématiques, ibid. , 1621 5. Notes sur les récréations mathématiques, et la fin de divers problèmes, servant d l'intelligence . 6° L'Usage du mé- Dans ces derniers temps, on a cherché ï douter de l'horrible mort inopinée de MADAME. Ors a cité une lettre de Bossuet dont l'original est perdu , rosis dont une copie s'est trouvée dans les mémoires inédits de Philibert de la Mare. L'opinion de Bossuet serait d'un grand poids ; mais elle ne nous parait pas suffisamment prouvée, et nous persistons, avec le savant baron de Walchenaer, à croire à l'empoisonnement, malgré les estimables recherches de l'honorable savant , M. Floquet. Cet ouvrage, qui depuis a été augmenté par plusieurs. auteurs, parut d'abord sous le titre de . Récréation Mathemalique, Pont-àMousson, 162t3 Cette première partie est du P. Jean Leuréchon, jésuite lorrain, qui se cacha sous le pseudonyme de H. Van Ellen , et non Van Essen, comme l'a écrit Dom Calmet dans sa Ribliolh. de Lorraine. eromrtre, qui est tin instrument géométrique peumesurer let longueurs et distances risibles , Paris, 1t;0, n ; 7* l'l'usge du compas de proportion, ibitl., 1651 ; il y en a près de vingt éditions. Les traductions publiées par Ilenrion sont : 1° les ements sphériques de Théodose Tripolitain , l'aris , 161:4; L'ouvrage de l'astronome grec est important , et la traduction dr Ilenrion, quoique faite sur une version latine, est estimée. 2" Traité der globes et de leur usage. traduit du latin, avec des notes, Paris , 1618 Le livre original est de Robert Hues , savant anglais, et fut imprimé pour la première fois à Lyon en 1595; 3" les Quinze litres des éléments d'Euclide, traduits du latin en français, avec des commentaires , Paris, 1632 Ce volume et le précédent ont été réimprimés et réunis sous le titre d'Elémerats géométriques d'Euclide, traduits et commentés par D. Ilenrion, Rouen, 1619, 2 vol. Paris, 1687), 2 vol. Un correcteur d'imprimerie ayant critiqué vivement plusieurs traductions d'Euclide et notamment celle de Ilenrion, celuici publia une Réponse apologétique pour les traducteurs et interprètes des Éléments d'Euclide, à un nommé P. Le Mardelé, avec un sommaire tic l'algèbre , Paris, 1623, »i° Tables des directions et projections de Jean de Mont- Royal (Jean Muller, dit Regiomontanus ( roy. , corrigées et augmentées, et leur usage ; traduites du latin en français avec des annotations et des figures , Paris, 1636 Enfin Ilenrion a donné une édition de la Géométrie pratique, de J. Errard, revue et augmentée , Paris , 1619
  • Denis LAMBIN( 1516) : l'un des plus savants hommes qui aient honoré la France au 160 siècle, naquit vers 1516 à MontreuilsurMer , dans la l'icardie. Il fit ses premières études au collége d'Amiens, et y professa les belleslettres pendant quelques années. Il accompagna ensuite le cardinal de Tournon à Rome, et profita de son séjour en Italie pour en visiter les principales villes, et se lier d'amitié avec les savants. De retour à Paris, sur la présentation d'Amyot et des cardinaux de Lorraine et tle Tournon, il fut nommé professeur d'éloquence au collége royal , et" l'année suivante , professeur de langue grecque. Il fit l'ouverture de ses leçons par un excellent discours, dans lequel il trace la marche qu'il se proposait de suivre, et annonce qu'il expliquera alternativement l'Iliade et les Philippiques, les deux ouvrages les plus propres à former des orateurs et des pones. Le nombre de ses auditeurs était considérable ; mais la maladie contagieuse qui dévastait Paris fit bientôt déserter son école ; elle lui enleva un neveu qu'il aimait tendrement, et il se vit obligé de chercher loin de cette ville des distractions à sa douleur. Ses leçons ne furent interrompues que peu de temps ; et quoique déjà surchargé de travail , il consentit en 1570 à expliquer Cicéron, au collége Lemoine, devant quelques élèves choisis. Lambin, témoin de nos troubles civils, en sait souvent gémi en secret. Le massacre des protestants fit sur cette âme honnête une impression terrible ; la nouvelle de la mort de Ramus, son ami, quoiqu'il ne partageât point ses opinions religieuses, lui porta le dernier coup ; il ne put y résister et succomba à sa douleur vers la fin de septembre 1572, un mois après la StBarthélemy. Il laissa de son mariage avec une demoiselle de la maison des Ursins un fils qui devint précepteur d'Arnauld d'Andilly, et qui avait aussi beaucoup d'érudition. Lambin, d'un caractère doux et modeste, eut cependant des ennemis, mais il ne les méritait pas. On l'accusa de s'approprier les recherches de ses confrères sans leur en faire honneur ; et il parait au contraire que ce fut lui qui eut lieu de se plaindre des plagiats de Muret et de son disciple Giphanius . Il eut une dis- Gbilini ne peut pas assez s'étonner que, sous un ciel aussi chargé de brouillards, la nature ait pu produire un esprit si vif et si subtil. I Theolz. d'uomini li lerati, t. 2, p. 68.) On trouvera dans le tome 4 du Menagiana pute très- vive avec Paul Manuce sur l'orthographe du mot con: un: plus dont Lambin soutenait qu'il fallait retrancher le p; et l'on assure que les deux adversaires s'échauffèrent tellement dans la discussion, que des injures ils en vinrent aux coups. Le style de Lambin est facile et pur, mais diffus et un peu lent ; et ses ennemis le caractérisèrent par le mot lambiner, qui est resté dans la langue. On a de ce savant laborieux : 1° des traductions latines des Harangues choisies d'Eschine et de Démosthène, Paris, 1565 — des Harangues de Démosthène sur la Couronne, ibid., 1587 — de la Morale et de la Politique d'Aristote , réimprimées dans les éditions de ce philosophe données par Isidore Casaubon et Duval; 2° des éditions de Lucrèce : De rerum satura, Paris, 1563 1565 1570, in 4°. L'édition de 1570, quoique peu recherchée, a encore ses partisans; Lambin y accuse Giphanius de plagiat, et celui- ci se défend en prétendant qu'au contraire Lambin lui avait dérobé un grand nombre d'explications . Le savant Sigebert liavercamp a conservé les notes de Lambin dans l'édition qu'il a donnée de Lucrèce, Leyde, 1725, 2 vol. — Des OEurres de Cicéron, Paris, 1566, 4 vol. André Schott assure que, toutes les fois que Lambin, après avoir corrigé quelque endroit de Cicéron, ajoute ces mots : Invitis et repugnantibus libris omnibus, il est certain qu'il se trompe. L'abbé d'Olivet, dont le sentiment est ici d'un si grand poids, lui reproche aussi de s'ètre trop livré à ses conjectures dans les corrections sur le texte de l'orateur romain. — D'Horace, Lyon, 1561 ; Venise, Paul Manuce, 1566 et plusieurs fois depuis à Francfort et à Paris Le commentaire de Lambin est fort estimé. — Des OEuvres de Démosthène en grec, Paris, 1570 —Des Comédies de Plaute, Paris, 1576 Cette édition, publiée par Jacques Relie, n'eut aucun succès. - Des Vies des hommes illustres de Cornélius Népos, Paris, 1569 5° Ciceronis vira ex ejus operibus collecta. Cologne, 1578 4° plusieurs discours trèsintéressants, et dont l'abbé Goujet a donné une notice raisonnée dans le Supplément du Dictionnaire de Moreri , édition de 1749; 50 des préfaces et des épltres dédicatoires qui ont été recueillies avec celles de Muret et de Louis Leroi , sous ce titre : Trium illustrium virorum prœfationes, etc., Paris, 1679 6° des lettres dans les différents recueils des Epistolse clarorum virorum. On peut consulter, pour des détails , Teissier, , Eloyes des hommes sdvantr, et Goujet, Histoire du collège royal
  • Denis LEBRUN : avocat au parlement de Paris, prêta serment en cette qualité le 2 décembre 1659. Lebrun mourut à Paris en 1708. Nous avons de lui : 1. Traité des successions , Paris, 1692, d vol. Cet ouvrage a eu plusieurs éditions; la dernière est de 1777, 2 tomes en 1 vol avec de nouvelles ,décisions et des remarques critiques, par FrançoisBernard Espiard de Saux, augmentée par un anonyme , ancien avocat. 2' Traité de la communauté entre mari et femme, arec un traité des communautés ou sociétés tacites , Paris, 1709, 1731, 1754 et 1757, 1 vol. Cet ouvrage est posthume ; il a été considérable- ent augmenté de nouvelles décisions et de notes Fi ritiquespar Augeart et Branet, avocats. On a encore de Lebrun : Essai sur la prestation des fautes, où il a examiné combien les lois romaines eu distinguent d'espèces . Ce petit ouvrage est à peine connu des jurisconsultes; il est cependant digne de leur estime. C'est une dissertation approfondie et trèssavante sur une matière difficile , et qui, pour n'être pas l'objet de dispositions expresses, a toujours donné lieu à une infinité de procès, quand il a fallu en faire l'application. Lebrun avait composé ce petit essai dans sa jeunesse; il a été publié par les soins de Loiseau
  • Denis LEBEY DE BATILLY( 1551 - 1600) : jurisconsulte français , dont le nom latinisé Dionysius Lebeus Baht- lus est plus connu, naquit à Troyes le 27 novembre 1551. Il étudia , le fit son maître des requêtes. Lebey, qui , comme la plupart des légistes, était du parti des Politiques, n'attendit pas l'explosion catholique; il quitta Paris pour n'y plus revenir, et alla chercher un refuge' à Montbéliard d'abord, où il fut témoin du colloque entre Jacques André etThéodore de Bèze, puis à Bâle, ensuite à SteMarie des Mines, et finalement à Metz, qui, quoique appartenant à la France , était en quelque sorte un terrain neutre pour toutes les opinions , et où d'ailleurs il devait trouver protection près du gouverneur, Charles de Luxembourg, par les liaisons qu'avait son beaufrère avec ce seigneur, Lebey, après deux ans de séjour dans cette ville, fut renvoyé en France avec une mission d'abord pour le duc d'Épernon et ensuite pour Henri 1V, auprès duquel il arriva pendant le siége de Rouen . 11 s'y fit surtout connaitre du sévère Du plessisMornay, et c'est, grAce à sa recommandation, gràce aussi au zèle qu'il avait déployé, qu'il dut d'être, peu de temps après son retour à Metz, nommé président de la cour de cette ville. Il n'avait guère que quarante ans à cette époque , et l'indépendance paisible dont il jouit depuis ce temps semblait lui garantir une longue existence; mourut cependant en 1600. On a de lui plusieurs ouvrages , la plupart rédigés pendant les dix années de son séjour à Metz. Le plus connu de tous est celui qui a pour titre : Dinnysii Gebei Bathilli regii Mediomatricum prœsidis Emblemata, FrancfortsurleMein , 1596 C'est une imitation des Emblemata de Boissard ; et mème les dessins qui accompagnent chaque devis sont de la composition de celuici. Les autres ouvrages de Lebey de Batilly sont : 10 Farrago prorerbiorum ; Poemata varia ; 3^ Commentarii remet Medioma_ tricensium ; Calendarium historicum cum fassis omnium gelai= ; 50 De reliquiis Gigantum, que nous avons en vain cherché dans les bibliothè- ques; 6° De iis qui se pro aliis gesserunt, c'est-à- dire des imposteurs qui ont voulu se faire passer pour d'autres ou des personnages qui, ayant voulu réclamer leur nom, leur fortune et leurs terres, ont été repoussés comme imposteurs par de puissants et tenaces héritiers; 70 Histoire de l'ordre des assassins, en francais; 8° un Trésor de la langue française; deux traductions françaises, l'une de l'Histoire d'Ecosse , de Buchanan , l'autre du De remediis utriusque fortunoe , de Pétrarque ; 10^ une édition de Pétrone, Lyon, 1574, élaborée fort à la légère pendant le voyage qu'il fit de Valence à Paris, où il se proposait d'entrer au barreau , et qu'on peut regarder comme un délassement qu'il se permit à l'issue des sévères études par lesquelles il avait fallu passer pour être reçu docteur in utroque. P-0 T
  • Denis LEMARÉCHAL( 1755 - 1851) : homme politique français, né en 1755, était négociant à Rugies lorsque la révolution éclata; il fut élu député du tiers état aux états généraux par le bailliage d'Évreux , et travailla particulièrement dans le comité d'aliénation des domaines; élu en septembre 1792 , à la convention , par le département de l'Eure, il se rangea dans le parti le plus modéré, vota la réclusion de Louis XVI et de sa famille , et leur bannissement à la paix. Dégoûté et fatigué d'une vie politique entourée alors de périls, Lemaréchal ne se représenta pas comme candidat aux conseils , et rentra dans la vie privée. Plus tard il devint maire de Rugies , et il conserva ces fonctions pendant plus de quarante années. Sous le commencement de la restauration , il fut , pendant une session , envoyé à la chambre des députés par son département. Nommé membre du conseil général de l'Eure , il en fut presque toujours réélu président. 11 est mort à Rugies , le 20 mars 1851, le dernier des membres des états généraux qui aient survécu, et l'un des derniers membres survivants de la convention
  • Denis NAULT : historien romancier, n'est guère connu que par ses ouvrages, dont la rareté fait le principal mérite. D'abord juge à Luzy près de Nevers, il occupa depuis la mème place à ToulonsurArroux , bailliage de Montcenis, et mourut en 1707. On a de lui : 1° Le trophée de la justice élevé sur le polyandre des nobles, Lyon, 1667 . C'est un ouvrage singulier où l'on fait mention, en différents plaidoyers, de Justinien et de StAugustin dès le temps de Divitiacus et de César . 20 Histoire de l'ancienne Bibracte appelée Autu n, Autun , 1688 L'auteur y montre plus d'imagination que de critique. Dans un avis au lecteur, p. 15, il promettait un second volume qui devait contenir l'histoire de cette ville depuis sa ruine par César ; mais il n'a point paru. 3' La Mort d'Ambiorixène vengée par celle de Jules- César, assassiné par Brutus, Lyon, 1688 C'est un véritable roman ; niais, comme il a le mérite d'étre trèscourt, il n'ennuie pas. Tous ces ouvrages sont anonymes ; l'auteur n'a d'article ni dans la Bibl. de Bourgogne, ni dans celle du Ni- vernais. Ws .
  • Denis NÉE( 1732 - 1756) : graveur, naquit à Paris vers 1732, et fut élève de Lebas. Il suivait encore les leçons de ce maitre lorsqu'une entreprise, qu'il exécuta à la surprise générale, et que l'on peut regarder comme un véritable tour de force, vint le tirer de la foule de ses condisciples. Les cuivres du Recueil des peintures antiques, publié par Mariette et Caylus, avaient été biffés en partie; il entreprit de les rétablir. Après avoir repoussé les parties qui demandaient à l'être, il remplit les tailles avec du blanc, enduisit les planches d'un vernis transparent , passa adroitement la pointe sur les endroits défectueux , et réussit au point que les épreuves obtenues avec ces nouvelles planches, pour une seconde édition, sont aussi belles que celles qui ornent la première. Ses liaisons avec les amateurs et les artistes les plus distingués de son temps lui procurèrent de nombreux travaux. L'amitié qui l'unissait à Masquelier leur fit confondre leurs travaux , et ils gravèrent conjointement les vignettes des Méta- morphoses d'Onde et de l'Essai sur la musique, de Laborde. Mais une plus vaste entreprise se préparait : Laborde fit exécuter à ses frais les Tableaux pittoresques de la Suisse, I vol. orné de' 430 planches. Née et Masquelier se chargèrent de l'exécution des gravures; le succès qu'obtint cet ouvrage encouragea la publication de plusieurs recueils du mème genre , parmi lesquels le Voyage en Grèce, par M. de ChoiseulGouffier, le rayage de Naples et de Sicile, par l'abbé de StNon, et surtout le Voyage pittores- que de la France , en 12 volumes contenant 8.28 planches, avec un texte explicatif, ajoutèrent à la réputation méritée du graveur. A une époque plus rapprochée , Née s'occupa de la gravure des dessins dont M. Cassas a enrichi le Voyage d'Istrie et de Dalmatie, I vol. rédigé par Joseph Lavallée. Mais l'ouvrage le plus important que l'on doive à cet artiste, celui qui lui fait le plus d'honneur, et qui par ses immenses dimensions présentait des difficultés presque c'est le Voyage de Constantinople et des rives du Bosphore, d'après les dessins de M. Melling , comprenant 5/ planches grand atlantique, accompagné d'un volume de texte. Les soins et les peines que dut se donner le graveur pour porter cet ouvrage au point de perfection où il est parvenu à le conduire sont presque incroyables, et il fallut toute sa persévérance et son habileté pour surmonter tant d'obstacles. C'est là qu'il a su faire le plus heureux usage de la machine connue sous le nom de Conté, son inventeur, pour tracer des ciels immenses et des eaux sans fin , avec une précision , une dégradation de tons , une pureté et une économie de temps et d'argent vraiment admirables. Malgré tant de travaux importants, Née est mort en 1818 dans une obscurité voisine de l'indigence, qu'il ne dut qu'à une facilité de caractère et à une libéralité qu'il ne sut jamais contenir dans de justes bornes. Outre les grands ouvrages qu'on a cités, on comialt encore de cet artiste 1° La nuit de la St- Barthélemy, d'après Gravelot ; 2° La danse aux ours, d'après Meyer ; 3° Benjamin Franklin assis dans son fauteuil, d'après Carmontelle 4° Franklin en pied, avec cette inscription : On l'a vu désarmer les tyrans et les Dieux, d'après le même ; 5° rue de la ville de Lyon et du chtiteau de Pierre- Encise , d'après Lallemand, etc. Née avait pris part aux salons de 1806,1812,1811, où il exposa notamment les Vœux du peuple confirmés par la religion , d'après Monnet
  • Denis NOLIN : avocat au parlement de Paris, renonça au barreau pour se lis rer entièrement à l'étude des livres saints et mourut au mois d'avril 1710 dans de grands sentiments de piété. Il avait formé une bibliothèque trèsriche en ouvrages de littérature et de critique sacrée : il la légua aux pauvres de sa paroisse, dont il avait été toute sa vie l'ami et le bienfaiteur. Le catalogue en a été imprimé Il a publié, sous le nom de IV. Indes , bachelier de Salamanque 1. Lettre où l'on propose la manière de corriger la version grecque des Septante, avec des éclaircissements sur quelques difficultés , Paris, 1708, iii-8° de 35 pages. Nolin conseille de corriger cette version sur le texte hébreu quand on se sera assuré de sa fidélité. Les PP. Tournemine et Souciet publièrent quelques Réflexions sur cet écrit, dans les Mémoires de Trévoux, juin 1709, et Nolin y répondit par des Obserratibns insérées dans le même journal , janvier 1710. 2° Deux Dissertations, l'une sur les Bibles françaises et l'autre sur la Lettre critique, contenant l'éclaircissement du phénomène littéraire causé par la ressemblance des pensées de l'abbé de Longuerue et de Rich. Simon, touchant les antiquités des Chaldéens et des Egyptiens, Paris, 4710 La première de ces dissertations n'est guère qu'un abrégé de l'Histoire des traductions françaises de l'Ecriture sainte , avec quelques nouvelles remarques : il y établit que Le Febvre d'Etaples est le plus ancien traducteur français de la Bible , et la seconde est l'examen d'une question de plagiat . SIMON et TOINARD). On cite encore de Nolin : Lettre à M. l'abbé B., sur la nouvelle édition des Septante, par J. Ernest Grabe, dans le Supplément au Journal des Savants, décembre 1710
  • Denis PAPIN( 1600 - 1710) : habile physicien, était né à Blois vers le milieu du 17e siècle, et de la même famille que le précédent. Il s'appliqua d'abord à la médecine; et après avoir pris ses degrés à Pa- ris , y pratiqua son art sous les yeux de ses maitres. li employait ses loisirs à l'étude de la physique, et y fit de rapides progrès, guidé par Huygens. Il s'était déjà fait connaître avantageu- sement des savants quand il passa en Angleterre, où il fut accueilli par le célébre Boyle , qui l'associa à ses expériences sur la nature de l'air, et le fit recevoir en 1681 à la société royale de Londres. Les divers mémoires qu'il inséra dans les Transactions philosophiques étendirent promp- tement sa réputation , et on lui offrit en 1687 la chaire de mathématiques à l'académie de Marbourg. Il alla prendre aussitôt possession de cette chaire, qu'il remplit avec beaucoup de succès. Ses talents lui méritèrent la bienveillance du landgrave de Hesse , prince éclairé, qui a contribué au progrès des sciences physiques dans ses Etats. Papin fut nommé, en 1699, correspondant de l'Académie de Paris, et mourut en 1710. Outre un grand nombre de lettres et de mémoires dans les Journaux des savants , les Transactions philosophiques , les Nouvelles de la république des lettres et les Acta eruditorum de Leipsick , on a . 11 existe une dissertation de D.F. Wurzer : De Papin° et machina Papiniana, Marbourg, 1809 Voyez Notice sur Papin ; Eloge historique suivi de notes et docu- ments, publiés par M. Bannistère, Blois, 1854 mémoire couronné en 1857 par la société académique de Blois
  • Denis PETAU( 1583) : jésuite et l'un des savants les plus distingués de son siècle, naquit à Orléans le 21.août 1583. 11 était petitneveu de Paul Petau, dont l'article précède. Son père, négociant, qui alliait le goût des lettres à l'esprit du commerce, cultiva ses heureuses dispositions avec le plus grand soin , et l'envoya terminer son cours de philosophie à Paris. En achevant ce cours, Denis soutint des thèses en grec et reçut le degré de maitre ès arts. Il fréquenta ensuite les leçons de la Sorbonne; et connue son caractère naturellement sérieux l'empêchait de prendre part aux plaisirs de son âge , il se délassait en allant à la bibliothèque de Paris collationner d'anciens manuscrits. Ce fut là qu'il connut a) C'est ce qu'il dit dans une lettre à Jos. Scaliger Mais c'est chose , ce me semble, si indigne de gens d'honneur d'écrire, ex professo, lei ton contre les autres , que je n'ose y penser.le savant Is, Casaubon , qui devina ses talents et l'engagea à préparer une édition des ORuvres de Synesius. Tandis qu'il s'occupait de ce travail, la chaire de philosophie de l'université de Bourges vint à vaquer ; ses amis lui conseillèrent de la demander, et il l'obtint à l'âge de dixneuf ans. Petau se destinait à l'état ecclésiastique , et , à peine entré dans les ordres, il fut pourvu d'un canonicat de la cathédrale d'Orléans ; niais ayant eu l'occasion de voir à Paris le P. FrontonduDuc, il fut si touché du tableau que ce père lui fit du bonheur dont il jouissait, qu'il renonça aussi- tôt à tous les avantages que le monde pouvait lui offrir, pour embrasser la règle de St- Ignace. Après deux années d'épreuves dans la maison du noviciat à Nancy, il alla en 1607 étudier la théologie à l'université de Pont-àMousson. Le P. Petau, destiné par ses supérieurs à l'enseignement, professa la rhétorique à Reims et à la Flèche, et fut appelé en 1618 à Paris, où sa réputation l'avait devancé; mais sa santé, qu'avait affaiblie une maladie grave, ne lui permettant pas de faire deux leçons tous les jours, on lui donna un suppléant pour le soulager et pour lui laisser le loisir de travailler aux ouvrages qu'il préparait. Il succéda en 1621 au P. FrontonduDuc dans la chaire de théologie positive ; et il la remplit pendant vingtdeux ans de la manière la plus distinguée. Les devoirs de cette place ne ralentirent. point son ardeur pour l'étude. La collation des anciens manuscrits , l'histoire et la chronologie partageaient tous ses instants; et quoiqu'il publiât presque chaque année de nouveaux ouvrages, il trouvait encore le loisir d'entretenir une correspondance très-étendue et de répondre à ses adversaires , dont le nombre croissait avec sa réputation. La critique littéraire avait alors le ton et l'emportement d'une dispute particulière, et des hommes faits pour s'estimer se prodiguaient mutuellement les injures les plus grossières, quand il leur arrivait de n'être pas d'accord sur le sens d'un passage obscur , ou sur la date d'un fait ignoré. Le P. Petau, quoique d'un caractère doux et modeste , prit le ton que ses adversaires employaient avec lui ; et l'on est forcé de convenir qu'il égala Saumaise et Scaliger par la vivacité et la dureté de ses répliques. Il promettait, depuis plusieurs années, un traité complet de chronologie ; ce grand ouvrage parut en 1627 et réunit tous les suffrages. 11 dédia en 1637 au pape Urbain VIII une Paraphrase des Psaumes en vers grecs , et le pontife , qui cultivait lui - même la poésie avec succès , fut si charmé de cet ouvrage , qu'il fit solliciter l'auteur de se rendre à Rome. « Je suis « trop vieux , réponditil , pour déménager. » Mais le modeste religieux, ayant appris que l' du pape était de le décorer de la pourpre, fut si effrayé de l'honneur qu'on voulait lui faire, qu'il tomba malade assez dangereusement ; et il ne se rétablit que lorsqu'on lui eut donné l'as- surance qu'il ne serait point forcé de quitter son humble cellule du collège de Clermont. Petau se démit en 161m de la chaire de théologie, à raison de ses infirmités ; mais il conserva l'emploi de bibliothécaire, qu'il remplissait depuis 1623, et continua de travailler à son recueil de théologie. Il mourut le 11 décembre 1652. Petau joignait à une érudition immense de l'esprit, Outre les éditions des OEuvres de Synesius, du Breriarium liistoiicum de Nicéphore, des Discours de Theinistius , des OEurres de St - Epiphane et de Julien , avec des traductions latines et des notes ; des Remarques sur le Lesicon d'Hesychius ; outre plusieurs écrits contre Saumaise, dont les premiers parurent sous le masque d'Ani. Kerkoetius tirmorieus; contre Mathurin Simon , qui l'avait accusé de s'être approprié le travail de La ubespin dans son commentaire sur les Œuvres de StEpiphane ; contre le traité de Grotius sur l'administration de la Cène , etc., on a de Petau : 1° Orationes, Paris, 1620, iii-8°. Cette édition ne contient que vingt harangues prononcées par l'auteur dans différentes circonstances; l'édition de 1653 en renferme trentecinq. 2. Opera poetica ibid., 4620 réimprimé en 1642 avec de nombreuses additions ; 3° Opus de doctrina 'emportit, ibid., 1627, 2 vol. in - fol. Ce grand ouvrage est divisé en treize livres ; les huit premiers contiennent les principes de la science des temps, et les quatre suivants l'usage de la chronologie à l'égard de l'histoire; dans le treizième le P. Petau a fait l'application de ses principes à une chronique qui finit à l'an 533 de notre ère. Fabricius la trouvait trèsexacte et regrettait que personne ne l'eût continuée. 4° Uranologia sive systema variarum auctorum qui Le P. Petau était cependant trèslié avec Grotius; mais, dé» qu'il s'agissait de la foi , il faisait taire ses affections. On lit dans le Menagiatart que Petau, persuadé que Grotius était mort catholique dans l'âme, célébra la messe à son intention. On sait jusqu'à quel point cotte opinion était fondée Iroy. GROTIUs Mais la tradition du fait de la messe dite pour Grotius s'ét,, conservée dans le collége des jésuites de Paris . troisième contient la réfutation du traité de Scaliger sur l'anticipation des équinoxes; le quatrième traite de l'année des Grecs, et en particulier des Athéniens, et contient la réfutation de la critique que Caranza avait publiée de la Doctrine des temps ; le cinquième, de l'année des Hébreux , des En ptiens et des Romains ; dans les livres sixième et septième, Petau réfute divers passages des Rxercitan'orles de Saumaise suis Solin ; enfin , dans le huitième, il fait connaître les ères et les computs dont les chrétiens orientaux se sont servis. Cet ouvrage a été réimprimé avec le précédent, Anvers , 1703 ou 170€i, 3 vo1. in - fol. Cette édition estimée est augmentée d'une préface du P. Hardouin et de sa dissertation sur les soixantedix semaines de Daniel. 5° Tabule chronologie& regum, dynastiarum, urbium, rerum virorunique illustrium a mundo candit°, Paris, 1628 max. Ces tables ont été reproduites plusieurs fois ; la meilleure édition, suivant LengletDufresnoy, est celle de Wesel, 1702. 6° Rationarium temporum in libros trederim tributunt, in quo etatum omnium sacra prolanaque historia chronologiris probationibus munira summatim traditur, Paris, 1633-163g, 2 vol. Cet excellent abrégé a eu un grand nombre d'éditions, corrigées et augmentées par l'auteur ; les meilleures sont celles de Leyde, 1710, 1724 ou 1745, avec une continuation de Jacques Perizonius. 11 a été trahit en français par Ant. Collin, par 111aucroix, par Moreau de Mautour et Dupin, avec un supplément, par Cl. Delisle. 7° La Pierre de touche chronologique, continuant la méthode d'examiner lu chronologie et en reconnaitre les défauts, etc., Paris, 1636 c'est la critique des différents ouvrages que Lapeyre d'Auzoles avait publiés sur cette matière ; mais Petau ne daigna pas nommer un adversaire qu'il regardait comme trop audessous de lui. 8° Paraphrasis Psaltnorunt omnium necnon Canticorum qua sparsi? in Bibliis occurrunt grœcis versibus edita non Latina interpretatione , ibid. , 1637 Le P. Oudin dit que cette paraphrase sera toujours admirée de ceux qui entendent Homère, et que Grotius voulait l'avoir toujours sur sa table ; elle ne fut néanmoins que le délassement de son auteur ; le P. Petau n'avait d'autre Parnasse que les allées et l'escalier du collége de Clermont. Elle offre d'ailleurs trop de monotonie , n'ayant d'autre mesure que l'hexamètre et le pentamètre. 9° Graca varii generis « aminci cum latins interpretatione, ibid. , 1611 On trouve à la fin de ce recueil quelques pièces en vers hébreux. 10° Theologica dogmata, ibid., 1644-1650, 6 vol. ; nouvelle édition augmentée et avec des notes de J. Leclerc, Anvers , 6 tomes en 3 volumes Cet ouvrage est plein d'une érudition choisie, et l'on regrette que l'auteur n'ait pas assez vécu pour le terminer. Les protestants ont tellement apprécié ce livre, dit Feller, qu'ils l'ont fait réimprimer pour leur usage ; Muratori , de son côté, en parle avec la plus grande estime , et regarde l'auteur comme le Restaurateur de la théologie dogmatique. La meilleure édition est celle ). On lui reproche aussi d'avoir paru un peu favorable aux Sociniens, en supposant que presque tous les Pères des trois premiers siècles de l'Eglise avant le concile de Nicée semblaient partager l'opinion d'Arius. Aussi Sandius et les autres antitrinitaires ontils pour ce jésuite une estime toute particulière. Mais Petau s'est en quelque sorte rétracté ou du moins expliqué d'une manière plus orthodoxe dans la préface du deuxième volume. 11° De la pénitence publique et ( le la préparation à la communion, Paris, 1644 , iti-4° ; 3e édition augmentée , ibid., 1645. C'est une réfutation (lu traité de la Fréquente communion par Arnauld et Nicole; mais elle est mal écrite , et , malgré les efforts de ses confrères , elle eut peu de succès. Quoique le P. Petau ait toujours professé la doctrine des théologiens de sort ordre , il avait , dit encore Feller , une espèce de prédilection pour les opinions dures et sévères; il était d'un naturel triste et mélancolique, et , sans ses principes religieux et son attachement à l'orthodoxie, il etlt pu donner dans des extrêmes. Outre la Vie du P. Petau par H. de Valois , à la tète de son édition des OEuvres de StEpiphane , on peut consulter la Notice très-étendue que lui a consacrée le P. Oudin dans le tome 37 des Mémoires de Niceron. Voy. aussi les Ritratti poetici , storici , etc., du. P. Bonafede, t. 9.., p. 136, Venise, 1788. Le portrait du P. Petau a été gravé par Mich. Lasne, et depuis, par différents artistes ; il fait partie du Recueil d'Odieuvre. La médaille de Petau, par Dassier, a été publiée dans le Museum Mazuchellianum, avec une courte notice sur ce savant respectable
  • Denis ROBELOT( 1763 - 1825) : fils d'un procureur au bailliage de Dijon, naquit dans cette ville le 23 mai 1763. Son père, qui comptait parmi ses clients la famille de Vogué, lui fit obtenir de l'évéque de ce nom un canonicat à la cathédrale de Dijon. 11 y avait peu d'années qu'il en était pourvu quand la révolution éclata. L'abbé Robelot, avant refusé le serment à la constitution civile du clergé, encourut la déportation, qu'il prévint en se réfugiant dans la Westphalie, où il passa plusieurs années. Rentré en Franee sous le consulat, il fit quelques éducations particulières et mourut à StDizier le 2 février 1825. L'abbé Robelot est auteur de deux ouvrages ; le premier et le plus important a pour titre De l'influence de la réformation de Luther sur la cru!. lance religieuse, la politique et le progrès des lumières, Lyon , 1822 l'autre est intitulé De l'autorité qui, prévenant les écarts de l'indépendance dans la société religieuse, civile et domestique, devient le premier de nos intérêts et le plus indispensable de, besoins sociaux, Lyon et Paris, 1824 8°. Le sujet du premier ouvrage avait été proposé en prix par l'Institut national de France; Charles de Villers le remporta et fut couronné en 1803 le lauréat avait traité ce sujet dans I'intérèt et en faveur du protestantisme. L'abbé Robelot a abordé la question au point de vue catholique , et il y a fait preuve de logique, de critique historique et d'une grande érudition
  • Denis SALOMOS( 1798 - 1857) : poëte hellène, naquit dans l'île de Zante en 1798. Après avoir été initié aux belleslettres par un prêtre de Crémone établi à Zante, il devint orphelin ; et son tuteur l'envoya compléter son éducation à Venise , et plus tard à l'université de Pavie. Les progrès littéraires du jeune Salomos firent augurer à ses maîtres que bientôt l'Italie aurait un grand poète de plus. En effet, plusieurs pièces de vers inédites, qui se trouvent entre les mains du comte Mercati à Zante, prouvent que ce présage n'était pas mensonger. Mais Denis Salomos aspirait à devenir poète grec plutôt que poète italien. Rentré dans sa patrie, il s'appliqua avec une nouvelle ardeur à l'étude de sa langue nationale. 11 se plaisait à converser avec un vieillard aveugle qui , comme l'ancêtre des poètes, parcourait la Grèce, mendiant son pain et chantant les faits mémorables de son temps. Cet infortuné avait reçu du ciel un talent extraordinaire pour la poésie ; mais sa triste condition ne lui avait pas permis de le cultiver. Toutefois, il se livrait à son inclination naturelle ses vers incultes exprimaient des idées et des sentiments qui avaient le don de remuer la libre populaire; et on y trouvait cette fraiche inspiration sans laquelle il n'y a pas de vrai poète. Salomos étudiait la poésie du peuple et surtout les chants klephtiques, où respire l'esprit indomptable de la liberté et le génie lyrique des anciens poiites. Salomos chanta d'abord les bergers et les pécheurs ; mais ensuite il prit un essor plus élevé, et il célébra les efforts de la Grèce pour reconquérir sa liberté et reprendre sa place parmi les nations civilisées. En 1823 , il composa un chant A la liberté, en cent cinquantehuit strophes, qui est regardé comme une des plus belles pages de la nouvelle poésie hellénique. Ce poème présente l'histoire de la renaissance de la Grèce les héroïques entreprises et le noble dévouement des Hellènes y sont peints avec les plus %ives couleurs. Le chant A la liberté a été traduit dans presque toutes les langues de l'Europe. Il en a paru en Italie quatre traductions, trois en vers et une en prose. Salomos a laissé trois poèmes inédits, intitulés Missolonghila Fraternité , — Lambro. Un fragment de ce dernier fait ar- demment désirer l'impression du reste. Mais telles ne paraissent pas avoir été les intentions de l'auteur, qui, par une rare modestie, ne comptait publier du Lambro que quelques épisodes ; parce que, disaitil, le tout ne s'élevait pas à la hauteur de certaines parties. Salomos possédait à un éminent degré ce qui manque le plus aux poètes , l'esprit de critique. Sa conversation en donnait des preuves trèsfréquentes. Il montrait le plus grand dédain pour ces lettrés qui veulent reconstruire eu Grèce une langue non comprise du peuple ; et il exprimait son opi- nion avec une grande verve satirique. Il poussait peut-ètre un peu trop loin son antipathie contre ce qu'il appelait les / ogiotati; mais, en général, ses observations étaient justes. Etant à Pavie, il avait connu Cesari et Monti, qui te- naient le premier rang , l'un parmi les prosateurs et l'autre parmi les poiites. Et reconnaissait le grand talent de Monti ; mais il lui reprochait un peu d'obscurité. « Monti , disaitil , est un nuage « fortement coloré. » Une fois, en parlant du même poète , il s'exprima ainsi : « Pour moi , la « poésie n'est autre chose que la raison traduite « en images et en sentiments; et Monti donnait « des images qui ne pourraient pas se traduire « en raison , des images prises non pas dans la « nature, mais dans les livres. » Ce remarquable et chaleureux poète est mort à Corfou, le 21 fé- nier 1857.11 est à désirer que le gouvernement grec donne suite au projet qu'on lui attribue de publier à ses frais les oeuvres de Salomos. Ce sera un honneur décerné à la mémoire du poète et un service rendu aux lettres helléniques
  • Denis SAUVAGE( 1520) : historien , était né vers 1520 à Fontenailles , dans la Brie. de parents nobles. On peut conjecturer qu'il lit ses études à Paris. Il avait recherché les pr de notre langue, et il se proposait de traiter en un livre particulier de l'orthographie et autres parties de grammaire française. 11 tenta d'introduire l'usage de deux nouveaux signes de ponctuation, la parenthésine et l'entrejet, qui ne pouvaient, ditil , être remplacés par la virgule et le point. Mais il fut plus heureux dans la création de quelques mots tirés du latin, si, comme il le fait entendre . L'histoire occupait spécialement Sauvage , et ses travaux en ce genre lui méritèrent la bienveillance du roi Henri 11, qui le nomma son historiographe. Il ressentit un si violent chagrin de la mort funeste de ce prince qu'il resta près de deux ans sans pouvoir reprendre ses études. On voit par ses ouvrages qu'il habitait ordinairement Lyon, soit que le séjour de cette ville lui fût plus agréable que celui de Paris, soit qu'il eût pris avec ses imprimeurs des engagements qui nécessitaient sa présence. Sorel dit qu'on lui sait bon gré de ses traductions , mais non pas de la révision et correction qu'il a faite des vieux auteurs, lesquels nous aimerions mieux voir en leur naturel . Cependant Sauvage, qui semble avoir prévu le reproche de Sorel , se vante de sa fidélité scrupuleuse « à conserver « les anciennes phrases ou manières de parler · rejetées par les antiques auteurs , afin que « telles marques leur gardent l'autorité qu'ils « doivent avoir ; ainsi, ajoutetil, nous les avons « interprétées sur la marge ou eu nos annota- « tions à la fin du livre » On ignore l'époque de la mort de Sauvage, et ce n'est que par conjecture qu'on la place vers 1587. On a de lui des traductions : 1° de l'opuscule de Plutarque Des vertus et notables faits des femmes, Lyon , 1546 ; 2° du Sommaire des histoires du royaume de Naples, par Pandolphe Collenuccio , avec le parachèvenient extrait de plusieurs bons chroniqueurs, ibid., 1546 ; 3° de la Circé de J.B. Gelli , ibid., 1550 Cette traduction a eu plusieurs éditions, ainsi que la suivante. 4° De la Philosophie d'amour , par Léon Hébreu , ibid., 1551 , it?-8° ; 5° de l'Histoire de son temps, par Paul Jove , ibid., 1552 Comme éditeur, on lui doit : les Annales et chroniques de Nicolle Gifle, continuées jusqu'au règne de François II, Paris, 1560 ; — les Mémoires de Philippe de Comines, 1552. Cette édition a servi de base à toutes les réimpressions publiées jusqu'à celle de Denis Godefroy . — Les Chroniques de Froissart, Lyon , 1559 1561, 4 tomes en 2 volumes ; ibid. , 1574 , et de Monstrelet, Paris, 1572 Ces deux éditions ont été longtemps recherchées , malgré les altérations et les corrections qu'on reproche à l'éditeur ; mais la nouvelle édition de ces deux historiens, par Buchon , est d'une supériorité incontestable. — La Chronique de Flandre, qui finit à l'année 1383, avec une continuation extraite en partie de Froissart et de Monstrelet, et les Mémoires d'Olivier de la Marche, Lyon, 1562, 3 parties Sauvage publia ces différents ouvrages sur un manuscrit de la bibliothèque de Charles de Poupet . On l'a beaucoup blâmé d'avoir rajeuni le style du chroniqueur flamand. — L'Histoire de Louis . 1. 11, par Cl. de Seyssel , Paris, 1587 Outre le Traité de grammaire dont on a parlé , Sauvage promettait un Traité de la manière d'écrire l'histoire, et un autre des différents genres de style; mais il ne put remplir ces promesses
  • Denis SIMON( 1660 - 1731) : jurisconsulte français, né vers 1660, fut conseiller, puis doyen et président au bailliage de Beauvais, où il mourut en 1731. On a de lui un ouvrage fort utile pour la biographie des jurisconsultes sous le titre de Nouvelle bibliothèque historique des principaux auteurs de droit depuis Irnerius , Paris, 1692 et 1695, 2 vol. Cette compilation, disposée par ordre alphabétique, a beaucoup servi à Taisand pour la rédaction de ses Vies des plus célèbres jurisconsultes de toutes les nations , Paris , 1721 Aujourd'hui elle est peu consultée et mériterait cependant de l'être. En Allemagne, le travail de Simon est encore cité avec estime, et il faut convenir que, même en France, nous n'avons pas d'ouvrage rédigé sur ce plan qui conduise l'histoire de la science jusqu'à nos derniers temps. Denis Simon donna en 1709 le prospectus d'une réimpression de tous ses ouvrages qui n'a pas été exécutée. On a encore de lui : 1° Traité du droit de patronage, de la présentation aux bénéfices et des droits honorifiques des seigneurs dans les églises , et un Traité des maximes du droit canonique, Paris, 1686 ; 2° Traité des droits honorifiques, par le sieur Mareschal, augmenté des arrêts servant de décision et d'autres traités du droit de patronage et des dimes , Paris, 1697, 1703. 2 vol. 3° Supplément aux mémoires de l'histoire civile et ecclésiastique du Beauvoisis , de M. Ant. Loisel et de M. P. Louvet, Paris, 1704 ; 4. Traité des dimes, Paris, 1714 , 2 vol. ; 5° de nouvelles éditions enrichies de notes de la Nouvelle pratique civile , criminelle et bénéficiale, * par Lange , et des Maximes du droit canonique de France, par L. Dubois , plusieurs fois réimprimé, ??, vol. P—N—T et Z—D.
  • Denis TALON( 1628 - 1698) : fils du précédent , naquit à Paris, au mois de juin 1628. Dès qu'il eut terminé ses cours, il obtint, avec la charge d'avocat du roi au Châtelet. la promesse de la survivance de son père à la place d'avocat général. Il n'avait que vingtquatre ans et demi quand il fut appelé à lui succéder. « Dans l'emploi, ditil, « que j'exerçais depuis deux ans, j'aurais pu « acquérir quelque facilité, si la stérilité des « affaires n'avait rendu cette jurisdiction déserte, « principalement des causes qui désirent notre « ministère; outre plus rinconsidération des jeu- « nes gens, qui préfèrent leur divertissement à « l'étude, et la paresse que je ressens naturelle- « ment en moi, me privaient de beaucoup de « lumières, que je pouvais acquérir par rassi-. Le lendemain de la mort de son père , il alla prendre place au parlement, et le même jour il fut présenté par le Tellier au roi, qui le fit conseiller d'Etat . Bientôt l'affaire du docteur Arnauld contre les examinateurs de son ouvrage sur les cinq propositions de Jansénius, et le fameux procès de mademoiselle de Montpensier contre madame d'Aiguillon et M. le duc de Richelieu , au sujet de la terre de Champigny , lui fournirent l'occasion de justifier, d'une manière brillante, toutes les espérances qu'on avait conçues de ses talents. Désigné d'abord pour instruire le procès contre Fouquet , il ne tarda pas d'être remplacé dans des fonctions qu'il n'aurait pas remplies au gré de ceux qui voulaient la perte du surintendant, et fut envoyé procureur général aux grandsjours d'Auvergne, en 1665. Il concourut ensuite à la rédaction des ordonnances regardées encore comme l'un des plus beaux monuments du règne de Louis XIV ; et il ne tint pas à Denis Talon qu'on n'entreprit dès lors , de concilier les coutumes des différentes prov ces, dont les dispositions variées étaient la source d'une foule de difficultés sans cesse renaissantes. Ses services furent récompensés, en 1693, par le , don que lui fit le roi d'une des deux charges de I président à mortier, nouvellement créées. En entendant d'Aguesseau porter, pour la première Voy. l'Averlissement en tête du tome 2 des OEuvres d'Orner et de Denis Talon, p. vii, fois, la parole comme avocat général, Denis Ta- I' Ion prédit tout ce qu'on devait attendre de lui « Je voudrais, ditil, finir comme ce jeune homme « commence. n Talon mourut le G2 mars 1698, à l'âge de 70 ans, vivement regretté de tous ceux qui l'avaient connu. On peut consulter, sur ses m' ouvrages, l'article précédent; mais c'est à tort qu'on lui a longtemps attribué le Traird de l'auto- rité des rois dans le gouvernement de l'Eglise . Son portrait a été gravé un grand nombre de fois, dans divers formats. Les amateurs recherchent surtout ceux qu'on doit au burin de Poilly et de Nanteuil
  • Denis ZACHAIRE( 1510) : , alchimiste, était né vers 1510, dans la Guyenne, d'une famille noble. Envoyé par ses parents à Bordeaux, pour y achever ses études, il fut remis aux soins d'un précepteur habile, mais entiché des chimères de lhermétisme, et qui lui inspira le goût de cette science. , qui promit de payer ce secret quatre mille écus. Cette somme devait le dédommager de tous les frais qu'il avait faits jusqu'alors en pure perte; il se rendit donc à Pau dans le mois de mai 154 ; mais, quand il eut terminé son opération, il reçut du roi, pour toute récompense, un grand merci. En retournant à Toulouse, trèsmécontent de son voyage, il alla visiter un religieux dont on lui avait vanté l'habileté dans la philosophie naturelle. Ce religieux l'accueillit avec bienveillance, le plaignit de s'être laissé tromper par des ignorants, et lui conseilla de renoncer à toutes les expériences pour s'appliquer à l'étude des bons auteurs. Cet avis lui plut, et il se promit bien d'en profiter. Après avoir réglé toutes ses affaires domestiques, il revint en 15i6 à Paris, et pendant trois ans il se livra sans réserve à la lecture des oeuvres de Raymond Lulle et du Rosariuni d'Arnaud de Villeneuve. Lorsqu'il se crut suffisamment instruit de leur doctrine, il revint dans sa terre mettre en pratique ce qu'il 'Il C'était le père de Jeanne d'Albret et l'aïeul de Henri IV. avait appris. Enfin, après beaucoup d'essais, le jour de Pâques, 1550, il mit de l'argent vif commun dans un creuset sur le feu, et en moins d'une heure il eut le plaisir de le voir converti en bon or. Il courut aussitôt à Toulouse faire part de ce succès à l'abbé et au bon religieux ; mais ils étaient morts tous les deux. Ne voulant plus habiter la 'Guyenne, il vendit tout ce qu'il possédait, paya ses créanciers, et distribua le surplus de sa fortune aux pauvres. Il partit ensuite avec un de ses parents pour Lausanne, d'où il se rendit en Allemagne. On ignore ce que Zachaire devint depuis cette époque. Le précis qu'on vient de lire de ses aventures est extrait de la préface de l'ouvrage qu'il a publié sous ce titre : Opuscule de la philosophie naturelle des métaux, traitant de l'augmentation et perfection d'iceux , avec un avertissement d'éviter les folles dépenses qui se font ordinairement par faute de vraie science, Anvers, 1567 Lyon, 15711 On a plusieurs autres éditions de cet opuscule, toutes également estimées des curieux; il est inséré dans la Bibliothèque des philosophes chimiques, t. 2, p. 4!17-58. Il a été traduit en latin. et publié avec des notes de Dom , Bâle, 1583, 1600 dans le Theatrum chirnicum, t. ter; dans la Bibl. chimica curiosa Manget, t. 2 , p. 336. Malgré les éloges donnés à l'ouvrage de Zachaire, ce serait perdre son temps que de le lire. Troy. l'Histoire de la philos. herniélig. de Lenglet- Dufresnoy, t. 1, p. 286- 306
  • Denis Affre : archevêque de Paris tombé sur les barricades en 1848
  • Denis de Damrémont : général français
  • Denis Diderot : philosophe français
  • Denis Manuel : acteur
  • Denis PAPIN : Inventeur, physicien
  • Denis Peyrony : préhistorien français

Denis année par année

Signe astrologique de Denis

Couleur de Denis

Pierre précieuse de Denis

Chiffre de Denis

Métal de Denis