Le prénom Armand Masculin

Origine :

Fête :

23 Décembre

Signification de Armand

Armand est d’un tempérament émotif, mais montre ses qualités d’intuition et d’imagination en toutes circonstances. Ce prénom est associé à une personne très intelligente qui est parfois dotée d’une moralité quasiment exaspérante. Armand est d’un esprit profondément généreux, obéissant aux principes fondamentaux de la vie sans se soucier des conséquences, même si celles-ci se répercutent sur lui-même. Mettant la franchise au-dessus de tout, il est également pourvu d’une sensibilité accrue face aux situations d’embarras, préférant lui-même se sacrifier pour le bien de ses proches.

Personnalité de Armand

De nature inquiète, peu expansifs, émotifs, ils sont intuitifs et très intelligents. D'une moralité à toute épreuve, ils mettent la franchise au dessus de tout. Sérieux, actifs, efficaces, ils savent aussi profiter des bons moments de la vie. Très sociables, ils aiment se retirer, seuls, pour se ressourcer. Ce sont des protecteurs qui rassurent.

Provenance du prénom Armand

Histoire de Armand

Etymologie de Armand

Les Armand célèbres

  • Armand GENSONNÉ( 1758) : né à Bordeaux le 10 août 4758, suivit la carrière du barreau dans sa patrie avec assez de succès, se jeta dans la révolution comme la plus grande partie des jeunes gens de son âge et de son état, et fut membre du tribunal de cassation, lors de la fondation de ce tribunal. Quand il fallut ensuite nommer des députés à la seconde assemblée nationale , Gensonné obtint facilement les suffrages de ses compatriotes. Il forma , dès ce moment, avec ses collègues Guadet et Vergniaud, une espèce de triumvirat bordelais , connu sous le nom de faction de la gironde ou des girondins ; parti malheureux, qui, après avoir été la principale cause de l'entière destruction de la monarchie, devait périr bientôt luimême de la manière la plus déplorable. La population de Bordeaux manifestait alors des idées trèsvoisines du système républicain. Forts de cet assentiment , ces députés ou du moins les trois personnages que nous venons de nommer, et auxquels il faut joindre un autre de leurs collègues, nommé Grangeneuve , firent serment d'établir ce système, et prouvèrent par leur conduite qu'ils voulaient y être fidèles. Le commerce des colonies, et particulièrement de StDomingue , faisait la prospérité de Bordeaux. Avant d'être député, Gensonné avait adressé à l'assemblée constituante, au none des Bordelais, un factum, dans lequel il prétendait prouver que l'indépendance des hommes de couleur ne pouvait qu'être favorable aux colonies. Cette opinion, qu'on cita dans l'assemblée constituante, lorsqu'elle s'occupait de leur sort, contribua beaucoup aux déterminations funestes qu'elle prit sur cet objet important. Avant d'entrer dans l'assemblée législative, Gensonné avait, en exécution d'un décret de l'assemblée constituante , été envoyé dans les départements de l'Ouest pour voir quel était l'esprit des habitants relativement à la nouvelle constitution civile du clergé. Il fit son rapport à l'assemblée législative , dans les premiers jours de son installation, et déclara que presque personne ne reconnaissait les prêtres qui avaient prêté serment à cette constitution , en faisant sentir qu'il serait impossible de la faire adopter. Malgré cette déclaration , Gensonné prit part à toutes les mesures de rigueur, à tous les actes tyranniques dont les prètres fidèles .furent les victimes. Il fut membre du comité diplomatique que l'assemblée législative créa aussi dans son sein, comme un de ses moyens pour renverser l'autorité royale, et qui en effet y contribua beaucoup. Ce député discutait avec assez d'art, et suivait avec opiniâtreté les opinions qu'il voulait faire triompher. Railleur et caustique, il saisissait à propos les moyens qui produisent de l'effet dans une grande assemblée ; et il obtint de cette manière un certain ascendant. Ce fut lui qui, au nom du comité diplomatique, proposa un décret d'accusation contre les deux princes frères du roi, le prince de Condé, le vicomte de Mirabeau et le marquis . Ce fut Gensonné qui, toujours au nom du comité diplomatique, présenta le 21 avril 1792, dans une séance du soir, le texte du décret qui déclarait la guerre à l'empereur d'Allemagne, comme souverain d'Autriche , de Bohème et de Hongrie. Cette résolution, qui a été suivie . Gensonné vota cet appel ; mais, le voyant rejeté, il vota pour la mort et contre le sursis à l'exécution. 11 s'opposa à ce qu'un mémoire du ministre d'Espagne fùt entendu , et ne voulut pas non plus qu'on examinât le jugement. En cela il se montra plus implacable que son ami Guadet, qui manifesta une opinion différente. Gensonné parut néanmoins s'intéresser à la jeune princesse fille du roi et à Louis XVII son frère : il demanda que la municipalité fût responsable de leur sûreté ; mais cette preuve tardive d'humanité ne servit qu'à fournir des armes à ses ennemis. Dès lors Robespierre poursuivait avec un acharnement excessif le parti de la Gironde , et ne cessait d'ameuter par ses discours la populace, qui était entièrement à sa disposition. Les girondins avaient aussi pour adversaires Marat , qui , bien que méprisé dans l'assemblée , était cependant redoutable par son audace, et Danton, qu'ils poursuivaient indirectement en dénonçant chaque jour les assassins de septembre. Vergniaud, Guadet et Censonné, qui tous trois avaient beaucoup de talent , se partageaient les rôles dans cette terrible lutte en se chargeant (le paraître au combat alternativement, soit pour l'attaque, soit pour la défense. L'assemblée conventionnelle présentait alors un spectacle épouvantable. Les discours les plus violents animaient les passions, déjà naturellement portées à la dernière exaltation ; alors les cris, les huées, les applaudissements, les bravo des députés et des tribunes faisaient retentir les voûtes de la salle ; et la multitude répandue au dehors y répondait par de véritables hurlements. Malgré l'épouvante que faisait naître un pareil état de choses, on y entendait quelquefois des sorties assez plaisantes ; et c'était précisément ce qui faisait le plus d'effet. Censonné traçait un jour à la tribune un tableau hideux des horreurs qui s'étaient commises ; et du geste et de la voix il en désignait clairement les auteurs, lorsque l'un tl'eux s'écria : Mais ils a ont sauvé la patrie. — Oui , répliqua Gensonné ; comme les oies du Capitole. » Il est impossible (l'imaginer l'effet que produisit ce sarcasme ; ceuxci riaient, ceuxlà applaudissaient ; d'autres huaient ou criaient comme des forcenés : jamais on n'entendit un pareil vacarme. Gensonné se défendit avec assez de succès jusqu'à la défection du général Dumouriez, avec lequel il entretenait une correspondance particulière. Mais après cette défection Robespierre le fit plus aisément passer pour un trattre. Ce fut dans cette circonstance périlleuse que le 19 avril 1793 Gensonné demanda la convocation des assemblées primaires, seul moyen qui restât à son parti pour échapper à la proscription dont il était menacé. Déjà au commencement de mars une section de Paris , dite (le Bon Conseil, avait demandé leur tète. Gensonné et les siens avaient repoussé cette attaque avec avantage ; mais leurs ennemis revinrent bientôt à la charge. Cette fois ce fut la section (le la Halle au blé, dirigée par Réal, qui sollicita leur expulsion de l'assemblée, et lit adopter ce système de persécution par le corps entier de la cité, qui vint en cette qualité faire à la barre la même demande. Gensonné fut ensuite luimême particulièrement compromis dans la correspondance du général Miasinski, l'un des officiers de Dumouriez, que le tribunal extraordinaire, nommé depuis tribunal révolutionnaire, avait condamné à mort. Une commission fut chargée d'examiner sa conduite ; et bientôt la révolution du 51 ruai , dirigée contre son parti, arriva. Il fut arrêté le 2 juin avec plusieurs de ses collégues, détenu pendant quelque temps au Luxembourg, puis envoyé au tribunal révolutionnaire, qui le condamna à mort avec vingt et un de ses collègues le 31 octobre 1793
  • Armand GOUFFÉ( 1773) : vaudevilliste et l'un des plus agréables chansonniers du 19e siècle, naquit vers 1773. 11 s'était déjà distingué par des essais heureux dans la littérature légère, lorsqu'il se joignit à cette réunion de joyeux viveurs qui , après les terribles scènes de la révolution , renouèrent la chahue de la vieille frivolité française et fondèrent la société des Dîners du Vaudeville et ensuite celle du Caveau moderne. Dans cette gastronomie chantante qui eut tant de succès après •804, Gouffé brilla aux premiers rangs et il se plaça à côté de Desaugiers, un de nos poiles les plus populaires. Ses couplets ont beaucoup du naturel et de la naïveté bachique de Panard , dont il aimait beaucoup les productions, et ses admirateurs le saluèrent du nom de Panard du 19', siècle. Parmi les chansons dues à la verve d'Armand Gouffé et dont la vogue universelle n'est pas encore oubliée, nous nous bornerons à rappeler celle qui à la fuis a pour titre et pour refrain : Plus on est de fous plus on rit. La gaieté cependant ne devait pas exclure chez lui la gravité, car il vivait d'un emploi fort grave. Jusqu'en 1827 il occupa la place de souschef au ministère des finances. Au commencement de cette année il obtint sa retraite, et peu de temps après il alla vivre auprès de sa fille unique mariée à Beaune, où les souvenirs des espiègleries de Piron durent plus d'une fois le faire sourire, en mène temps que sa verve semblait devoir se ranimer au centre de tous ces crus bourguignons qu'il avait tant chantés. Cependant, il parait dès lors s'etre commandé un silence qui se prolongea jusqu'à sa mort , survenue à Beaune le 30 octobre 1845. 11 a publié : Cange, ou le Commissionnaire bienfaisant, l'ait historique en un acte, 1795 en collaboration avec Villiers. Le sujet de cette pièce fut traité sur presque tous les théâtres par d'autres auteurs. 2. Les deux Jocrisses, ou le Commerce à l'eau , vaudeville en un acte, Paris, •796 5' ilddaed, fils de Gros- Jean, parodie d'Oscar, fils d'Ossian, en deux actes , Paris, 1796 en collaboration avec Rouhier Deschamps; 4. Nicodème à Paris, ou la Décade et le dimanche, vaudeville eu un acte, Paris, 1796 en collaboration avec Rouhier Deschamps ; 5° Coco- Rico, folievaudeville en un acte, Paris, 1797 6° la Nouvelle Cacophonie, ou Faites donc aussi la paix, impromptu pacifique en un acte, Paris,1797 ; 7. Tivoli, ou le Jardin à la mode, vaudeville en un acte, Paris,1797 « Minent Marot, vaudeville anecdotique en u n acte, Paris, 1799 en collaboration avec Georges Duval; 9° Gilles aéronaute, ou l'Amérique n'est pas loin, comédieparade en un acte, Paris , 1799 en collaboration avec Buhan et Desfougerais; 10. le Val de Vire , ou le Berceau du vaudeville, divertissement en un acte et en prose, Paris, 1799 en collaboration avec Georges Duval; 11u le Directeur dans l'embarras, prologue 12° Garrick, ou les Deux auteurs angtélis comédie en un acte , Paris , 1800 en collaboration avec Georges Duval ; 13. Vade à la Grenouillère, folie en un acte, Paris , 1800, ; 14° le Chaudronnier de St- Flour, comédie en un acte qui eut un grand succès, Paris, 1801, en collaboration avec Ilenriquez; 15° Cri- Cri , ou le Mitron de la rue de l'Oursine , folie en un acte , Paris , 1801 en collaboration avec Georges Duval ; 16° Piron à Beaune, ânerie anecdotique en un acte, Paris , 1801 , en collaboration avec Georges Duval; 17° Ballon d'essai, ou Chansons et autres poésies , Paris , 1802 ; 18" Clémence Isaure , ou les Jeux floraux, comédie en un acte, Paris, 1803 en collaboration avec Georges Duval ; 19° Monsieur Seringa, ou lu Fleur des apothicaires , parade en un acte, Paris , 1805 en collaboration avec Georges Duval et Tournay ; 200 Ballon perdu , ou Chansons et poésies nouvelles faites depuis la publication du Ballon d'essai, Paris, 1804 ; 21° le Médecin turc, opérabouffon en un acte , Paris, 1804 en collaboration avec Villiers; 22" l'Intrigue dans la hotte, vaude ville en un acte , Paris , 1806 ; 2e édition , 1809; 23" Encore un Ballon , ou Chansons et poésies nouvelles , Paris , 1809 ; 210 le Mariage de Charles Collé, ou la- Tète à perruque , vaudeville en un acte, Paris, 1807 en collaboration avec Brazier et Simonnin ; le Dernier ballon, ou Recueil de chansons et autres poésies nouvelles. Paris , 1813 Qui l'aura, ou l'Impromptu de village, divertissement en un acte, Paris, 1813 ; 27e Monsieur Beldam, ou la Femme sans le vouloir, comédie en un acte, Paris, 1816 avec P. Vil liers ; 28" le Duel et le déjeuner ou les Comédiens vengés, comédie anecdotique en un acte , Paris, 1818 seconde édition avec des additions, Paris, 1825 en collaboration avec P. Ledoux ; 9.9° Monsieur Mouton la Journée mystérieuse, vaudeville en un acte, Paris, 1818 en collaboration avec Paul de bock; 30o le Retour à Valenciennes , ou Rentrons chez nous, vaudeville en un acte, Paris , 1818 en collaboration avec Belle ; 31. la Tante et la nièce ou C'était moi . comédievaudeville en un acte, Paris, 1823 en collaboration avec Belle; 5:2' l'Ophicléide ou le Serpent moderne. chanson dédiée à M. Labbaye, inventeur de cet instrument , Paris, 1827 etc._ 33° Armand Gouffé est auteur de bon nombre d'autres pièces qu'il a composées, soit seul, soit en collaboration , et dont la plu- ' part n'ont pas été imprimées; 3-1° il est l'éditeur des ° Encres choisies de Panard , précédées d'une notice sur la vie de cet auteur, Paris, 1808, 5 vol. ; 35° beaucoup de ses chansons ont été insérées dans divers recueils lyriques qui se publiaient à Paris , tels que les Diners du Vaudeville, le Caveau moderne, le Chansonnier francais le Chansonnier des demoiselles, l'.- rmanach littéraire, le Nouvel almanach des Muses et autres
  • Armand MARRAST( 1801) : publiciste et homme politique, naquit le 5 juin 1801 à StGaudens . Son père, JeanFrançois Marrast, avait occupé la charge de procureur au sénéchalat de Toulouse ; plus tard, il acheta une étude d'avoué à StGaudens. Ce fut au collège de cette ville qu'Armand reçut sa première éducation. Son père mourut en 1810 ; la veuve, sans fortune et ayant à sa charge une nombreuse famille, ne put qu'à force de sacrifices suffire à l'éducation de ses enfants , et Armand Marrast était à peine àgé de seize ans qu'il dut songer à venir à l'aide de sa mère. 11 s'était fait rapdement remarquer parmi ses camarades; on lui confia en 1817 la classe des élèves du premier àge, et dès l'année sui\ ante, il était nommé au collége de StSever professeur de troisième , et peu de temps après, professeur , qui , le distinguant de la foule de ses élèves , l'admit dans son intimité et lui confia bientôt le cours spécial des conférences de philosophie. Dès cette époque cependant, Marrast commençait à s'initier à la politique. La mort de Manuel , au mois d'août 1827 , avait été l'occasion d'une manifestation de la part des écoles. Marrast s'était fait remarquer parmi les principaux organisateurs de cette manifestation. Signalé par l'autorité, il fut contraint de résigner les modestes fonctions qu'il occupait. Dès lors son sort se décidait ; il se jeta définitivement dans la carrière de la politique. La Tribune venait d'être fondée par Auguste et Victoria Fabre ; Marrast écrivit dans cette feuille dès. son origine ; mais jusqu'en 1830 il n'y inséra que des articles de philosophie. La révolution de juillet .ouvrait aux hommes nouveaux une carrière plus facile à parcourir. Le nom de Marrast commençait à percer. En 1829, il avait professé à l'Athénée des arts un cours de philosophie qui avait attiré sur lui l'attention de plusieurs personnages distingués ; la même année, il avait publié un Examen critique du Cours de philosophie de Ill. Cousin, Paris qui, s'il ne présentait point toujours les règles d'une bonne théorie philosophique , n'en mettait pas moins en relief les qualités d'un esprit original et d'un polémiste brillant. Marrast, qui avait salué avec enthousiasme la révolution de juillet, fut un moment attaché à la rédaction du Courrier de Paris, qu'il quitta bientôt pour la rédaction en chef . Il n'entre point dans le cadre de notre recueil de retracer les luttes politiques de la Tribune. Organe de l'opposition la plus avancée , feuille de lutte plutôt que de principes , patronant toutes les idées de la liberté absolue , arborant ouvertement le drapeau du républicanisme, la Tribune fit au nouveau gouvernement une guerre de tous les instants , qui , dépassant souvent la mesure , attira sur elle les rigueurs de la justice jusqu'au moment où elle dut suspendre sa publication. Parmi les poursuites éclatantes qu'elle subit , il en est une principalement que nous devons rappeler. En 1833 la Tribune, ayant été citée à la chambre des députés pour un article dans lequel cette assemblée était directement accusée de corruption et traitée de chambre prostituée , Armand Marrast prit la défense du journal en qualité de rédacteur en chef, assisté de Godefroy Cavaignac, l'un des principaux rédacteurs. On peut voir les détails de cette affaire dans les journaux du temps et dans l'Annuaire historique de Lesur, pour 1833 , p. 178 et suiv. Armand Marrast et Godefroy Cavaignac ne plaidèrent ni les circonstances atténuantes, ni la nonculpabilité; ils prirent devant l'assemblée une attitude presque aussi agressive que l'article incriminé luimême, persistant et allant jusqu'à prétendre prouver leurs imputations. Le gérant de la Tribune fut condamné par une forte majorité à trois ans de prison et dix mille francs d'amende. Armand Marrast fut compromis dans les événements d'avril 183 , dont la Tribune était en quelque sorte le journal et qui amenèrent sa suppression. Arrèté et inculpé, il écrivit de sa prison une brochure : Vingt jours de secret, ou le Complot d'avril, Paris qui lit sensation et n'eut pas moins de quatre éditions dans la même année. Mais le 12 juillet 1835, alors que les débats devant la chambre des pairs au sujet des affaires d'avril touchaient à leur terme, Armand Marrast parvint, avec vingthuit de ses coaccusés, à s'évader de la prison de StePélagie. On assura dans le temps que la police n'ignorait pas les préparatifs de cette évasion et qu'elle la favorisa mème pour diminuer la tache judiciaire de la cour des pairs. Marrast se réfugia en Angleterre, où il se maria et d'où il adressa au National des lettres politiques qui furent remarquées. Il ne rentra en France qu'en 1841. Nommé rédacteur en chef du National, il reprit dans ce journal son opposition ardente contre le gouvernement de juillet; mais il lui donna une allure plus modérée et plus constitutionnelle. Si le National, sous la direction de Marrast, ne garda pas toute l'autorité que lui avait acquise le talent d'Armand Carrel , il lui acquit en retour , par sa verve et l'arme du sarcasme qu'il maniait supérieurement, beaucoup de vogue et de popularité. Inférieur comme penseur et théoricien à Armand Carrel, Marrast avait des qualités plus redoutables , sinon pour les idées, au moins pour les personnes. Sa plume, vive , souple , gracieuse et mordante, excellait dans l'épigramme ; aussi s'y complaisait - elle presque exclusivement. Il déploya surtout ces facultés dominantes de son esprit dans ses comptes rendus parlementaires , qui firent à cette époque le succès du National et qui sont un modèle de ce genre (le polémique , consistant non à réfuter ses adversaires par l'ascendant du raisonnement, mais à les cribler sans pitié des mille pointes du ridicule. Le National se montra fort indulgent pour le ministère de M. Thiers, et il appuya
  • Armand SÉGUIN( 1765) : célèbre fournisseur de la république, fut un de ceux qui gagnèrent le plus d'argent dans ce facile métier. Né vers 1765 à Paris, où son père était intendant trésorier du duc d'Orléans , il se livra de bonne heure à l'étude des sciences naturelles, se lia avec plusieurs savants, surtout avec ceux qui embrassèrent le plus cha udement la cause de la révolution, entre autres Fourcroy et Berthollet. L'excessive consommation de souliers que les armées fran-çaises firent dans les années 1793 et 1794 ayant épuisé tous les moyens ordinaires, le comité de salut public fit appel à tous les industriels, à tous les hommes de science dans cette partie. Berthollet désigna alors son ami Séguin, qui depuis longtemps s'occupait d'une nouvelle méthode de tanner le cuir, et cette méthode fut aussitôt soumise à des expériences, qui eurent un plein succès et d'où il résulta qu'il y avait économie pour la ma pour un plus long usage et surtout pour le temps de la préparation. Dès lors tout fut mis à la disposition de l'inventeur ou se disant tel ; car on lui a contesté nonseulement l'invention , mais le perfectionnement de cette méthode, qni consiste principalement dans l'emploi de la chaux ; ce qui était depuis longtemps connu, mais rarement usité, à cause de la cherté et d'autres causes qui ont empêché de l'adopter généralement. Séguin n'eut donc que le mérite de l'avoir indiquée dans un moment d'urgence, et ce service lui fut assez bien payé. Fourcroy fit, dans la séance de la convention nationale du 14 nivôse an 3 , un rapport très-étendu, dont toutes les conclusions furent en fa- i veux de la grande découverte qui devait opérer une révolution dans la chaussure des nations, et qu'il fallait même craindre, ditil, de faire connaître trop tôt à nos ennemis. Pour assurer d'aussi importants résultats, le rapporteur proposa de céder à l'instant même à Séguin l'île de {1} On raconte que ce prince, ayant appris que son trésorier, qui avait toujours à sa disposition de très—fartes sommes, en abusait, et qu'il avait fait de grandes pertes au Jeu, le prévint un jour que le lendemain il voulait vérifier su caisse. Comme cette caisse présentait réellement alors un grand déficit. Séguin courut à la hâte chez ses amis et parvint â se mettre au niveau , de manière que le prince trouva tout en règle, et que le caissier se crut sauvé; mais le duc garda la clef de son trésor quand il fut bien assuré qu'il n'y manquait rien , et Séguin fut remercié. Sèvres tout entière , ainsi qu'une autre propriété non moins considérable près de Nemours, afin qu'il pût y former aussitôt deux établissements de tannerie. On lui fit même encore d'autres avances pour ses outils et le payement de ses ouvriers ; enfin on lui assura la fourniture générale et exclusive de toutes les armées de la république. On conçoit que dans une telle position la fortune de Séguin soit devenue considérable , rapide, et qu'elle dut aller toujours croissant tant que dura la république. Mais il n'en fut point ainsi lorsque Napoléon devint le maure. On sait la guerre qu'il fit aux traitants de toute espèce et comment, aidé par le conseiller Defermon, il trouva des moyens de leur faire rendre gorge par des taxes arbitraires ou des avanies souvent réitérées. On sent que dans ce système Séguin ne pouvait pas être oublié. Soumis l'un des premiers à d'énormes restitutions, il les paya d'abord ; mais il s'en lassa bientôt et se laissa traîner en prison sans qu'on pût lui en faire payer d'autres. Il prit même le parti de rester sous les verrous jusqu'à ce que la Providence l'en délivrât. Il s'était fait arranger dans la prison un appartement, où il recevait beaucoup de monde et où, avec un peu de philosophie et de gaieté naturelle, il était aussi heureux qu'on peut l'être en prison. Cette captivité ne finit qu'à la chute de l'empire. Alors Seguin alla habiter son beau chàteau de Jouy, et, n'ayant plus à faire autre chose que de jouir de ses immenses revenus, il s'y livra à toute l'expansion de son caractère original et bizarre. Sans parler de sa manie d'écrire à tout propos de petites brochures, principalement sur les matières de finances, il avait encore la manie d'acheter de très - beaux chevaux qu'il léchait dans son parc, où ces animaux vivaient et paissaient à leur gré. Il donnait aussi quelquefois dans ce même parc de grandes fêtes, où il se plaisait à admettre pèlemêle, sans distinction, tous les curieux de la ville et de la campagne. Un jour, il voulut qu'une de ces fêtes fût terminée par un feu d'artifice, et il en fit arranger les fusées de telle sorte que, couchées horizontalement, elles vinrent frapper au visage tous les assistants, en blessèrent plusieurs et mirent en fuite tous les autres , qui tombaient dans des chaussestrapes , perfidement couvertes de fleurs. On a dit, ce qu'il est difficile de croire, qu'en ce moment Séguin, caché dans un bosquet d'où il voyait tout, riait tout ihaut de sa malice. Il était d'ailleurs bienfaisant : en l'an 8 , il offrit au ministre de l'intérieur, pour les pauvres, cinquante mille mottes à brûler, qui provenaient probablement de ses tanneries. Il faisait des pensions à plusieurs artistes, entre autres à Cambini , dont la musique l'avait quelquefois amusé. Pour satisfaire ce goût, il ne se refusait aucune dépense, et il en était de même de sa manie des chevaux et de quelques autres objets. Sous ce rapport du moins, on ne peut pas dire qu'il fût avare. Ce n'était pas non plus paf avarice , mais par l'excès de son originalité, qu'il laissait sou bel hôtel de la rue de Varennes, son Be de Sèvres et même son château de Jouy dans un état complet de délabrement et de désordre. Doué de beaucoup d'imagination et n'ayant rien à faire, il ne pouvait attirer l'attention que par son excentricité et ses bizarreries. On a encore cité de lui un trait assez remarquable, mais que nous ne croyons pas entièrement, parce qu'il eût dépassé toutes les bornes et touché de près à la démence; que c'eut été d'ailleurs une insulte que Napoléon n'aurait pas laissée impunie. Ayant appris que Séguin possédait quatre magnifiques chevaux , l'empereur les lui fit demander plusieurs fois , et enfin lui envoya trente mille francs pour les payer. Séguin, ayant refusé cette somme, descendit dans la cour où les chevaux se trouvaient, et, les ayant tués de sa propre main, il fit venir l'officier chargé de la commission impériale et lui montra les quatre cadavres gisant sur le pavé, disant qu'il pouvait les emmener. Il est bien sûr que tant que dura le règne de Napoléon Séguin éprouva plus d'une contrariété, et que son repos et sa fortune ne furent jamais bien assurés. On doit croire que dans cette position ce fut avec beaucoup de satisfaction qu'il le vit tomber, et qu'il salua l'avènement de Louis XVIII. Le gouvernement de ce prince lui fut d'autant plus agréable, qu'ainsi que d'autres fournisseurs il avait encore à régler avec l'Etat quelques comptes arriérés, s'était bien gardé de réclamer à Napoléon , et qu'il eut le bonheur de se voir payer intégralement par le gouvernement de la restauration. Ainsi le fournisseur de la république, Séguin, fut un des hommes qui durent le plus au retour des Bourbons. Il ne manqua aucune occasion de leur témoigner son dévouement, et dans chaque brochure qu'il publia dès lors il leur exprima son zèle. Quant à lui, il ne payait pas tout à fait aussi bien ses créanciers, et l'on sait que souvent il ne s'acquitta que quand il y fut contraint par les huissiers. Décidé à ne jamais donner un écu qu'en cédant à la force, il ne voulait pas que les agents du fisc entrassent jamais chez lui sans rompre une chaîne qu'il faisait placer en travers de la porte, et que ces messieurs brisaient sans peine, étant prévenus d'avance. Ils en dressaient procèsverbal et faisaient même encore d'autres frais, que Séguin payait surlechamp. Armand Séguin mourut en 1835, laissant à des collatéraux une succession considérable, et qui a donné lieu à plusieurs procès. Il était membre correspondant de l'Institut à la résidence de Sèvres , depuis sa création , en 1795, et il y avait fait plusieurs lectures , entre autres sur le quina et sur le cinabre. Outre différents , Mémoires insérés dans des recueils scientifiques, notamment dans le Journal de physique, ainsi que dans les Annales de chimie, dont il était un des rédacteurs depuis 1800, on a de lui : 1. Mémoire sur la combustion du gaz hydrogène dans les vaisseaux clos , lu à l'Académie des sciences , le 21 mai 1791, par Fourcroy, Vauquelin et Séguin, 1791 ; 2. Rapport à l'Institut sur la manière de tanner les cuirs, 1796 ; 3. Aux créanciers compris dans l'arriéré, Paris, 1816 ; 4. Observations succinctes sur quelques points de finances, Paris, 1816 ; 5° Observations sur les emprunts , sur l'amortissement et sur les compagnies financières , Paris , 1817 ; 6° Nouvelles observations, etc., ibid., 1817 ; 7° Des finances de la France, 1818 ; 8° Observations sur le mode de libération de la France, 1818 ; 9° Observations sur quelques propositions du discours à la chambre des députés par M. Laffitte , le 31 mars 1818 , Paris, 1818 ; 10° Observations sur un ouvrage de M. F. D. B., ayant pour titre : Quelle sera notre position financière en 1821 ? Paris, 1818 ; 11° Observations sur un ouvrage de M. le duc de Gaète, ayant pour titre : Aperçu théorique sur les emprunts , Paris , 1818 ; 12° Observations sur un plan de finances proposé par M. Lette, 1818, ; 13. Projet de l'emprunt qui doit achever la libération de la France , 1818 ; 14° Aperçu sur la situation financière de la France, 1819 ; 15° Observations sur les comptes par exercice et sur les comptes de gestion , 1819 ; 16° Observations sur un moyen donné par la loi de réduire les impositions, 18t9 ; 17° Observations sur un ouvrage de M. Bricogne, ayant pour titre : Situation des finances , etc. , 1819 ; 18° Observations sur les courses de chevaux en France , 1820 ; 2' édit. , 1821 ; 19° Observations sur les résultats possibles du projet de loi relatif au mode de payement du premier cinquième des reconnaissances de liquidation, 1821 ; 20° Observations sur les courses du Champ de
  • Armand SÉVILLE : littérateur, mort en 1847, avait débuté par quelques pièces de théâtre, composées en société avec plusieurs auteurs; il publia aussi un roman, des chansons et d'autres écrits. Il se fit maitre de langues, et, en 1824, il était rédacteur en chef du 'journal le Mentor. On a de lui : 1° le Quaterne, vaudeville en un acte, en prose, Paris, 1801 2. le Café du rentriloque, folievaudeville en un acte, en prose, 1804 3° J'essaye, monologue en prose, mêlé de vaudevilles, 1805 4° Un quart d'heure dramatique, folievaudeville en prose, 1805' le Portefeuille galant, recueil varié et amusant, 1805 ; 6° le Dernier Bulletin, ou la Paix! impromptu en un acte et en prose, mêlé de vaudevilles, 1806 7° llétusko, ou les Polonais, mélodrame en trois actes et en prose, 1808 8° Précis de l'histoire de France, depuis l'établissement de la monarchie jusqu'au règne de Napoléon It", 1813 9° le Chansonnier joyeux, première année, 1813 10° Laissez- moi faire, ou la Soubrette officieuse, 1813 11° l'Habit de cour, ou le Moraliste de nouvelle étoe, 1815, 3 vol. ; 12. la Liquidation, vaudeville en un acte et en prose, 1826 13° la Famille Gérard, ou les Prisonniers français, tableau militaire en un acte, 1826 Armand Séville a donné une édition de la Grammaire française de Lhomond, revue et augmentée, Langres, 1812 ; Neufchàtel, 1813, 1824 ; nouselle édition, à laquelle on a joint mie idée de la grammaire générale, Paris, 1812
  • Armand ASSANTE : acteur, a notamment joué dans "Striptease"
  • Armand de Kersaint : marin et homme politique français
  • Armand DE LAS CUEVAS : cycliste
  • Armand de Rancé : réformateur de l'ordre cistercien et abbé de NotreDamedelaTrappe à Soligny
  • Armand FALLIERES : Président français 1906 - 1913
  • Armand JAMMOT : ProducteurTV
  • Armand Jean du Plessis : cardinal de Richelieu, homme politique français
  • Armand LANOUX : écrivain
  • Armand Ménard : dit Dranem, chanteur de caféconcert
  • Armand MESTRAL : acteur, a notamment joué dans "Le grand pardon"
  • Armand Salacrou : auteur dramatique français
  • Armand T. Hue de Miromesnil : homme politique français

Armand année par année

Signe astrologique de Armand

Couleur de Armand

Pierre précieuse de Armand

Chiffre de Armand

Métal de Armand