Le prénom Ange Féminin

Origine :

Fête :

05 Mai

Signification de Ange

Les prénommés Ange sont hypersensibles et ne supportent pas qu’on se moque d’eux. Ils prennent tout au sérieux, d’où la nécessité de bien mesurer ses paroles en leur présence. Ils se caractérisent par leur tendresse et leur noblesse d’âme. Ils sont aux petits soins avec les personnes qu’ils aiment et font tout pour leur faire plaisir. Obstinés, ils terminent toujours ce qu’ils commencent. Ils remuent ciel et terre pour arriver à leurs fins et ne renoncent pas face aux obstacles. Le prénom Ange est fêté le 5 mai en hommage à Saint Ange, un carme palestinien qui a choisi de consacrer sa vie entière à prêcher la bonne parole en Sicile.

Personnalité de Ange

Doués d'un très belle imagination et hyper-sensibles, ce sont aussi des êtres obstinés qui savent ce qu'ils veulent. Réservés, pudiques, peu bavards, on peut leur faire confiance sans réserve. Très sociables, tolérants et très doux, ils rassurent leurs proches. En amour, ils sont passionnés, exigeants et fidèles.

Provenance du prénom Ange

Histoire de Ange

Etymologie de Ange

Les Ange célèbres

  • Ange BEOLCO ou BIOLCO( 1502 - 1542) : citoyen de Pa- doue, né vers l'an 150'2, est plus connu dans la lit- " térature italienne sous le nom de Ruzzante, dont on va voir plus bas la signification. S'étant senti, dès sa jeunesse, du talent pour la poésie, il reconnut bientôt qu'il y prendrait difficilement sa place parmi les Bembo, les Speroni, et tant d'autres qui florissaient alors, et, pour fuir toute concurrence, il résolut de n'écrire que dans le patois de son pays ou dans le dialecte padouan. Il lit de longs séjours dans les campagnes des environs de Padoue, et y apprit si bien le langage des paysans, que, revêtu de leur costume, il était pris par euxmêmes pour l'un d'entre eux. Il se mit alors à composer de petites pièces dans cette langue ; et, lorsqu'il allait masqué les réciter dans les villages, il était suivi et entouré par le peuple, qui était ravi de l'entendre. Sa petite troupe était composée de jeunes gens bien nés, comme lui, dont l'un s'appelait, dans ses rôles, il Menai° ; l'autre, il Vezzo, etc. ; son nom à lui était il Ruzzante : c'était dans toutes ses pièces le rôle principal, et il le jouait avec tant de naturel et de vérité, qu'identifié pour ainsi dire avec ce personnage, on ne l'appela et il ne s'appela plus luimême, autrement que le Ruzzante. En composant pour le théàtre, il mit sur la scène les autres patois de la Lombardie, et Riccoboni, dans son Histoire du Théâtre italien, lui attribue l'introduction des rôles du Pantalon vénitien, du docteur bolonais, et de l'Arlequin de Bergame. Il mourut à 40 ans, le .17 mars 1542. Ses comédies et ses autres ouvrages, publiés d'abord séparément à Venise, depuis 1548 jusqu'en 1556, furent recueillis en un seul volume sous ce titre : Tutte l'Opere del famosissimo Ruzzante, di nuovo e con somma diligenza rivedule e couette, etc., Vicence, 1584 réimprimé ibid. , 1598 et 1617, in. 8°. Ce recueil contient : 1° cinq comédies : la Piovana, l'Anconi ; 2° deux dialogues en patois, ou langue rustique du padouan ; 5° trois discours, ou orazioni, dans la même langue, et quelque autres morceaux, remplis de facéties ei d'originalité
  • Ange BOLOGNINI : médecin et chirurgien, né dans le voisinoge de Padoue, eut quelque réputation vers le commencement du 16° siècle dans l'université de Bologne, oui il enseigna la chirurgie. Il était de l'école des arabistes, et grand partisan d'Avicenne, qui servait de texte à ses leçons. Il passe pour avoir préconisé le premier l'usage des frictions mercurielles dans le traitement de la maladie vénérienne. Il nous reste de lui un traité sur la cure des ulcères externes : de Cura ulcerum exteriorunt et de unguentis communibus in solutions continui libri duo, Bologne, 1514 ; Pavie, 15'16 avec d'autres pièces ; 1556 Zurich, 1555 et qui fait partie du Recueil chirurgical de Gesner. 11 contient toutes les formules pharmaceutiques du temps, ce qui le rend bon à consulter sous ce rapport
  • Ange CANINI( 1521) : d'Anghiari en Toscane, né en 1521, fut un trèshabile grammairien, au juge- ment de Downe, de G.J. Vossius, de Lancelot, de Lefèvre, de Scaliger. A la connaissance de la langue grecque, qui lui valut ces honorables suffrages, Canini joignait la connaissance de l'hébreu, du syriaque et des autres langues orientales. Il erra longtemps, enseignant toutes ces langues, à Venise, à Padoue, à Bologne, à Rome, en Espagne. François Ier l'attira à Paris pour être professeur à l'université, et il est assez singulier que du Boulay et Crévier ne fassent aucune mention de Canini dans leurs histoires de l'université. Ce fut à Paris, et non en Hongrie, qu'il eut pour écolier André Dudith. Il fut ensuite attaché à Guillaume Duprat, évêque de Clermont, et mourut en Auvergne en 1557. Nicolas Antonio cependant, sur le témoignage de François Foreiro, le dit mort à Séville, et, à ce titre, lui a donné place dans sa Ribliotheca Extero- Hispana, faisant partie de sa Bibliotheca Hispana noya. Voici la liste des ouvrages de Canini : 1° de Loris S. Scripturce hebraicis Commentaria, imprimé avec les Quinquagenee d'Antoine de Lebrija, Anvers,"1600 20 de Hellenismo, 1555 ; réimprimé avec les notes de Charles Hauboès, Paris, 1578 et Londres, 1615 réimprimé à Leyde, en 1700, par les soins de Thomas Crenius, qui, outre quelques notes, y a ajouté une préface, dans laquelle il donne la liste des hommes et des femmes illustres qui s'appelaient Ange; 5. Institutio- nes linguarton syriacce, assyriacce et thalmudicoe una cutis cethiopicce et arabicoe collatione, quibus addita est ad calcem N. T. multorum locorum historica enarratio, Paris, Charles Estienne, 1554 4- Grammatica grœca, Paris ; 5° une version latine du commentaire de Simplicius sur Epictète, imprimée à Venise, 1546 ; ibid. , 1569
  • Ange CAPPEL : seigneur du Luat, frère du précèdent, fut secrétaire du roi et traduisit : 1.1a Vie d'A- grieola, par Tacite, Paris, Denis Dupré, sans date de 55 feuillets; 20 le traité de la Clémence, par Sénèque, ibid., 1578; o le 1" livre des Bienfaits du mente, ibid., 4580; 423 divers morceaux sur la vertu, qu'il intitula le Formulaire de la vie humaine, Paris, 1582. 1,a Croix du Maine dit qu'il avait aussi traduit les Histoires du même auteur, niais que, dans son temps, elles n'avaient pas encore vu le jour. L'ouvrage le plus curieux d'Ange Cappel est son Avis donné au roy sur l'abbréviation des procès , 1562 il le publia de nouveau, avec de grands changements, sous ce titre : l'Abus des plaideurs, Paris, 1604 dédié au roi llenri IV. 11 propose de punir par des amendes tous ceux qui plaidraient témérairement et perdraient leurs procès. Ange Cappel se fit graver sous la forme attribuée aux anges, au corn- ._ mencement de ce livre, arec un quatrain contenant un éloge bien digne de l'orgueil du costume. Cet orgueil fut puni par cet autre quatrain, attribuait satirique Rapin, et qtti peut donner une idée des aménités littéraires de ce tempslà De peur que cet ange s'élève Comme Lucifer autrefois, Il le faut faire ange de Grève, Et charger son dos de gros bois. Ysouard C1PPEf„ Mi des Seize, signa la lettre que le conseil des seize quartiers de Paris envoya au roi d'Eatragne Philippe li , par le P. Matthieu, jésuite, et dans laquelle Philippe était prié de donner è la France un roi « de son estoc et de sa main.» Après la réduction de Paris , 'esouard Cappel fut chassé de celte ville. « C'était, dit l'Etoile, un grand « ligueur et un vrai Espagnol
  • Ange COLOCCI( 1467) : naquit en 1467 à lési, dans la Marche d'Ancône. Envoyé à Rome pour y faire ses études, il apprit sous les plus habiles maîtres le grec, le latin, sa propre langue, et le provençal, que L'Art de dîner en ville a été inséré dans le recueil intitulé: les Classiques de la table, Paris, 1813-4, 1 vol. fig. Selon Tiraboschi, ou en 1460, selon le recueil du P. Calogert, - • s les jeunes Italiens bien élevés apprenaient alors. famille était noble et ancienne. François Colocci, oncle, lit, pour se rendre maitre d'Iési, une .entative malheureuse, qui obligea toute la famille i sortir de l'État ecclésiastique, et à se retirer à Na les. Auge s'y lia bientôt avec tous les petes célè - ares qui y florissaient alors, tels que Pontanus, Sanlazar, Lazzarelli, Surmonte, Altilius et plusieurs mires. A l'exemple de la plupart d'entre eux, il liangea son nom en celui de Colotius Bassus. Six innées après, il fut rappelé dans sa patrie, où il re- ;ut de ses concitoyens un accueil qui fut suivi de : e émoignanes de leur confiance : ils le chargèrent, cn 1498, d'une ambassade auprès du pape Alexanire VI. Il ne put revoir Rome sans t'uriner le dessein de s'y fixer, et il obtint successivement de la tour romaine des emplois honorables et utiles. Rithe de ses propres biens et des revenus de ses plates, il tenait un grand état ; sa maison, sa riche bibliothèque, ses superbes jardins étaient ouverts aux littérateurs et aux savants. Il y recueillit l'académie romaine, qui était errante et dispersée depuis la mort de Pomponius L&tus, son fondateur. Il avait été mariée deux fois; resté veuf de sa seconde femme, il prit l'habit ecclésiastique, et reçut de Léon X, qui le nomma son secrétaire, la survivance ide l'évêché de Nocera; Clément VII l'y confirma, y ajouta le gouvernement d'Ascoli, et le députa dans plusieurs cours de l'Europe pour former cette ligue qui fut si funeste à Rome, au pontife et à Colocci luimême. Lors du trop fameux sac de Rome, en 1527, il reçut les insultes les plus graves, vit sa 11 maison brùlée avec toutes les richesses littéraires et les chefsd'oeuvre des arts qu'il y avait rassemblés, et ce ne fut qu'en payant de fortes sommes qu'il racheta sa liberté. Il alla passer quelques mois dans sa patrie, pour réparer les pertes qu'il avait faites. il retourna ensuite à Rome, et fut mis, en 1537, en possession de l'évèclié de Nocera. Il ne le garda qu'environ neuf années, le céda en 1546 à l'un de ses neveux, et mourut à Rome, le ler mai 1549. Sa vie a été donnée en latin par Frédéric Ubaldini, Rome, 1675 L'abbé Lancelotti a publié à Rome , en 1772, les poésies itPliennes et latines d'Ange Colocci, précédées de sa vie et du catalogue de ses ouvrages; ils sont plus nombreux qu'importants. On y distingue quelques opuscules de philosophie et de mathématiques ; tout le reste appartient aux belleslettres
  • Ange FAGGI ou de FAGGIIS( 1500) : appelé aussi quelquefois Sangrino, parce qu'il était né dans un château de ce nom au royaume de Naples, vers l'an 1500, entra dans l'ordre de StBenoit , congrégation du MontCassin , et s'y rendit célèbre nonseulement par de nombreux ouvrages, mais encore par des qualités personnelles extrêmement recommandables. Religieux inviolablement attaché à sa règle , il remplissait les devoirs de son état avec une exactitude exemplaire. Zélé pour la discipline , de moeurs irréprochables, de la charité la plus compatissante envers les pauvres , sévère pour luiméme , indulgent pour les autres , à moins que le bon ordre n'en souffrît, habile dans les affaires, Faggi était un modèle de toutes les vertus. Son temps était partagé entre les offices, où il était fort assidu, et le travail, auquel il se livrait sans relâche ; les langues grecque et latine lui étaient aussi familières que celle du pays où il avait été élevé. Dans toutes il composait en vers avec une étonnante facilité et sur quelque sujet qu'on lui proposât. Il avait fait profession au MontCassin en 1519. Il devint abbé de ce monas- tère et eut la supériorité de plusieurs autres. La présidence de sa congrégation était triennale ; elle lui fut déférée à deux reprises, et son gouvernement fut remarquable par la sagesse qu'il mit dans son administration. Le pape Pie V avait pour lui une estime particulière , et le fit inquisiteur de la foi. Étant parvenu à un grand âge , dom Faggi se démit de toutes ses places pour ne plus songer qu'à Dieu. Il mourut au MontCassin en 1593, àgé de 95 ans. Ses principaux ouvrages sont : 1. In Psalterium Davidis , redis et prophetœ clarissimi , paraplerasis vario metri genere exculta , Venise, 1575 2. Poesis christiana in quatuor libros distincte , Padoue, 1565 Les nombreuses pièces de ce recueil roulent toutes sur des sujets de piété ; Speculum et exemplar christicolarum , seu vite B. patris sancti Benedicti , monadormez patriarchoe sanctissimi , Florence , 1626 ; Rome , 1687 ; 4° Traité sur l'oraison des quarante heures , Florence , 1583 ; 5. Vita sanctœ Virginie . Marias , carmine elegiaco , Vérone , 1649 ; 6. Officium 40 horarum , vario metri genere , Florence , 1583; 7° Sentinzents d'un pécheur en présence du très- St- Sacrement, en vers héroïques, Florence, 1583; 8° Psautier de la sainte Vierge, en prose et en vers saphiques ; 9° Éloge en vers du P. dom Paul Picco de Pavie, imprimé parmi ceux de Paul Prosper Martinengo ; IO. Dialogues sur les noms donnés là Dieu dans les livres saints. On a en outre de dom Faggi des hymnes, des éloges, des vies de saints, des sermons , des homélies et d'autres ouvrages restés manuscrits , et dont on trouvera la liste dans la bibliothèque générale des écrivains de l'ordre de StBenolt
  • Ange EVERARD( 1647) : peintre, dit le Flamand, parce que son père était de la Flandre, naquit à Brescia, en 16'17. 11 fut d'abord élève de Jean de Hert, peintre d'Anvers ; puis il passa à l'école de François Monti , dit le Bressan , dont il s'appropria la manière et le coloris. Jaloux (le perfectionner son talent, il se rendit à Rome pour y étudier les ouvrages des grands maltres, particulièrement les batailles du Bourguignon. Après deux ans de travaux assidus il revint dans sa patrie, où le mérite de ses productions et les agréments de son esprit lui procurèrent beaucoup de succès; il n'en jouit que peu de temps , et mourut dans sa 31e année
  • Ange FABRONI( 1732) : célèbre biographe italien du 18° siècle, doit à ce titre occuper une place distinguée dans un ouvrage tel que le nôtre. 11 naquit le 7 septembre 1732, à Marradi, dans cette partie de la Romagne qui est, depuis le 15. siècle, réunie au grandduché de Toscane; sa famille y avait été riche et puissante, mais la fortune de son père était bornée, et il était le dernier de onze enfants. Après de premières études, faites dans sa patrie, il obtint en 1750, à Rome, une place dans le collége Bandinelli , fondé par un boulanger de ce nom pour l'éducation d'un certain nombre de jeunes Toscans. Les élèves de ce collége étaient admis aux cours de celui des Jésuites. Fabroni suivit; deux cours de rhétorique, l'un le matin , l'autre le soir. Son professeur du soir était excellent, celui du matin était le plus inepte des professeurs ; il donnait quelquefois pour devoir à ses écoliers une de ces petites antiennes que l'Église chante aux fêtes des saints. Fabroni aima mieux passer pour inepte luimême aux yeux d'un tel maître que de se distinguer dans ce genre de compositions ; mais ayant trouvé , dans la classe du soir, l'occasion de faire un discours latin contre les plagiaires qui se font une réputation aux dépens des auteurs qu'ils ont pillés , ce discours reçut dans le collége une approbation générale , et donna de grandes espérances de son auteur. Il était à Rome depuis trois ans, et avait, dès la première année, perdu son père, qui l'avait laissé sans fortune. Il avait étudié la logique , la physique, la métaphysique, la géométrie , et sentait la nécessité de se livrer à des occupations utiles , lorsqu'il fut présenté au prélat Bottari , vieillard triste et sévère, qui lui fit cependant un trèsfavorable accueil. 11 fut même arrangé entre eux , peu de temps après, que Fabroni remplirait pour lui les fonctions d'un canonicat de SteMarie in Transtevere. Bottari était un des soutiens du parti janséniste ; pour lui plaire , Fabroni se mit à étudier la théologie et à traduire en italien des ouvrages français, tels que la Préparation à la mort, du P. Quesnel , les Principes et règles de la vie chrétienne , de Le Tourneux, et les Maximes de la marquise de Sablé ; ce dernier ouvrage était accompagné d'amples commentaires. Ils parurênt tous trois chez Pagliarini, qui était le libraire ordinaire de la secte; ainsi, un élève des jésuites fit ses premières armes littéraires sous la bannière de Jansénius. 11 remarqua bientôt que les livres qui réussissaient le mieux à Rome étaient écrits en latin ; il s'était habitué, dès sa jeunesse, à écrire élégamment en cette langue : le premier ouvrage latin qu'il publia fut une Vie du pape Clément X11. Elle est fort médiocre, au style près ; mais il serait difficile de la juger plus sévèrement qu'il ne la jugeait luimême. Le cardinal Neri Corsini en fut cependant si satisfait, qu'il fit les frais de l'impression , et récompensa en outre magnifiquement Fabroni. Peu de temps après il fut choisi par le maltre du sacré palais pour prononcer devant Benoît XIV, dans la chapelle pontificale , un discours latin sur l'Ascension ; le pape , à qui il le présenta, reçut cet hommage avec une bonté particulière, et saisit, peu de temps après, l'occasion de lui faire du bien. La princesse Camille Rospigliosi avait laissé en mourant une somme d'argent qui devait être partagée entre des jeunes gens auxquels il était imposé pour condition d'être citoyens de Pise , d'étudier la jurisprudence , et d'avoir pris tous leurs degrés dans cette faculté. Les ancêtres de Fabroni avaient été admis, dès le commencement du i7° siècle, parmi les patriciens de Pise ; il avait fait son droit à Césène, et y avait été reçu docteur ; enfin, depuis plusieurs années, il joignait l'étude des lois à celle de la théologie ; il demandait donc à avoir part au legs de la princesse ; il éprouvait de la part de la famille des refus que Benoît XIV fit cesser en disant seulement qu'il désirait qu'on ne lui fit pas d'injustice. Fabroni put alors vivre avec plus d'aisance, et se laissa , pendant quelques années , entraîner à la dissipation du monde, sans cependant interrompre ses études ni perdre le got'it des bonnes moeurs. La jurisprudence ecclésiastique était toujours robjet particulier de ses travaux ; il étudiait surtout à fond le Jus ecclesiasticum de Van Espen ; il resserrait ou étendait le texte de cet auteur, et y faisait des additions et des notes; enfin, il avait fait, sur ce livre, un nouveau livre qui aurait pu être utile pour l'étude de cette branche du droit; mais il ne l'a point publié, et n'y a jamais mis la dernière ,nain. Au bout de huit ans, terme auquel expirait le bienfait des Rospigliosi, il quitta enfin ce genre d'étude, qu'il n'avait embrassé que par convenance et par raison, et il se livra entièrement aux belleslettres. 11 prononça en latin , dans l'église de SteMarie, l'oraison funèbre du prétendant Jacques Stuart ; le cardinal d'York , fils de ce prince, présent à cette cérémonie , fut ému jusqu'aux larmes, et témoigna par un présent considérable sa satisfaction à l'orateur. Ce fut vers ce tempslà que Fabroni conçut l'idée d'écrire en latin les vies des savants Italiens qui ont fleuri dans le 17. et le 18° siècle , ouvrage qui devint dès ce moment le principal objet de ses recherches, de ses travaux, et qui a le plus contribué à sa réputation. Il en publia le premier volume en 1766 ; il avait donné, peu de temps auparavant, une traduction italienne des Entretiens de Phocion, de l'abbé de Mably. Cette publication ne fut pas généralement approuvée : à Venise surtout quelques patriciens regardèrent l'austérité de moeurs recommandée aux républiques par Phocion comme une censure de la licence que le sénat était accusé d'autoriser parmi le peuple pour le distraire et l'asservir. Ils voulurent faire censurer l'ouvrage et prohiber la traduction ; mais la partie la plus sage du sénat bltima cette rigueur, et permit qu'on en fit , à Venise imtine, une seconde édition. Cependant l'admiralion de Fabroni pour un philosophe qui enseignait des choses qu'à Rome , selon ses propres expressions, on ignore ou l'on méprise ; son éloignement pour les démarches et pour les complaisances qui conduisent aux honneurs, et enfin, s'il faut l'en croire , l'inimitié des jésuites, à qui ses liaisons avec Bottari le rendaient suspect; toutes ces causes s'opposaient à son avancement, et l'écartaient du chemin de la fortune ; il céda enfin aux instances d'amis puissants qui l'appelaient à Florence; il s'y rendit en 1707, et le grandduc Léopold lui donna, comme on le lui avait fait espérer, la place de prieur du chapitre de la basilique de StLaurent. il partagea son temps entre les fonctions religieuses de sa place, qu'il remplissait avec beaucoup d'exactitude , et ses travaux littéraires , qui devinrent son seul amusement , ayant dès lors , à la musique près , renoncé aux plaisirs du monde qui prenaient à Rome une partie de son temps. Deux ans après il obtint tin congé pour aller à Borne revoir ses anciens ami, I Clément XIV , qu'il avait compté au- riterefois parmi ses protecteurs, et qui venait d'are au pontificat, lui fit le plus gracieux accueil, le nomma , presque malgré lui , l'un des prélats i de la chambre pontificale, et fit pour le retenir à I Home les plus grands efforts ; mais Fabroni , attaché par la reconnaissance au grandduc, qui venait encore de le créer provéditeur de l'université de 111 Pise et prieur de l'ordre de StEtienne, résista aux offres et aux instances du pape, sur les promesses duquel il fait d'ailleurs entendre assez clairement ii, qu'il ne fallait pas toujours se fier; après avoir fait ' un voyage à Naples, où il fut reçu avec bonté par la reine, et bien vu des gens de lettres et des savants, il retourna directement à Florence. 11 profita de son crédit auprès du granddue pour obtenir la permission de tirer des archives de Médicis des lettres de savants du 17' siècle, adressées au cardinal Léopold de Médicis, qu'il publia en deux volumes, et qui jettent bèaucoup de lumière sur l'histoire littéraire de ce tempslà. Il engagea un certain nombre de gens de lettres à entreprendre avec lui le journal dé Letiernti de Pise, dont ils firent parattre, par an , quatre volumes, et dont il fournissait luimème une grande partie. Cette entreprise lui occasionna un surcrolt de travail souvent excessif, et lui attira, comme il arrive toujours , beaucoup de désagréments ; mais il la soutint avec courage, et poussa jusqu'à cent deux volumes la collection de ce journal. Au milieu des travaux dont il était occupé, il apprit que le granddue l'avait choisi pour précepteur de Sed hœc Ronce ses enfants. 11 craignit que cette faveur n'excitiit contre lui l'envie ; et, ne pouvant se soustraire au joug honorable qui lui était imposé, il crut devoir s'éloigner de Florence jusqu'au moment où il devrait entrer dans les fonctions de son emploi. Il demanda donc la permission de voyager; le grandduc nonseulement le lui permit, mais lui fit compter par le trésor de l'ordre de StEtienne la somme nécessaire pour son voyage. Fabroni vint à Paris, y fit un assez long séjour, passa en Angleterre, où il ne resta que quatro mois, et revint en France. A Londres comme à Paris, il vit ce qu'il y avait , qui interrompit les communications entre la 'Toscane , la Lombardie , Venise , et plusieurs autres États avec lesquels il avait besoin de correspondre pour alimenter son journal. Ses autres travaux souffrirent aussi des circonstances publiques ; cependant à Lucques, où il alla passer deux mois en 1800, il écrivit encore les Vies de deux savants ; mais il sentit les premières atteintes de douleurs de goutte, qui augmentèrent bientôt au point de lui interdire toute espèce de travail. Lorsqu'elles lui laissaient quelque intervalle, il revenait aux objets habituels de ses études; niais en 1801 il se fit en lui un changement de goûts et de volontés ; il dit adieu aux occupations littéraires, et se livrant exclusivement à celles qui avaient la religion pour objet, il n'écrivit plus que des ouvrages de dévo- i tion , tels que, pour la Fe'te de Noél, en 1801 , pour I Notre- Dante de Bon- Secours, en 1803. A cette der- nière époque de sa vie, il se reprochait quelques légèretés et quelques traits de passion qui lui étaient échappés dans ses écrits ; il se repentait surtout d'avoir dit, en parlant des jésuites, qu'ils étaient comme les cochons, qui , lorsque Vous en avez bkssé un, fondent tous ensemble sur vous ; et il est vrai que cela n'était digne, ni d'un aussi bon chrétien, ni d'un aussi élégant écrivain. C'était dans la Vie d'Aposta° Zeno qu'il avait écrit cette phrase ; et, par un oubli des bienséances presque incroyable dans un homme tel que lui., il avait dédié et adressé cette Vie au célèbre Tiraboschi , son ami, qui avait été jésuite, et qui, malgré la douceur , deux lettres adressées à Fabroni, pour combattre son opinion. 30 Laurentii Medieis Alagnifici vita, Pise, 178i, 2 vol. traduite en français par M. de Sérionne, Berlin, 1791 Le premier volume contient l'histoire; le second, les notes, les monuments et pièces justificatives. Ces monuments précieux, la plupart inconnus jusqu'alors, et que l'auteur eut le premier l'idée et la permission de tirer des archives de la maison de Médicis, rendirent tout nouveau cet intéressant sujet. Cette histoire de Laurent le Magnifique , écrite avec beaucoup d'ordre , de clarté, d'élégance et d'impartialité, donna, pour la première fois, une idée juste du plus grand homme de cette maison célèbre et de l'un des Plus grands hommes des temps modernes. M. Roscoc, en suivant la même marche , en puisant dans les mêmes archives , y a fait de nouvelles découvertes, et a produit, dans sa langue, un ouvrage encore meilleur; mais ce n'est pas peu , qui s'éleva , par la faveur du peuple, audessus des grands et des nobles. On n'y voit peut-être pas assez, comme dans son germe, l'étonnante fortune et la haute destinée de cette famille de commerçants, qui devint peu de temps après une dynastie de souverains. 5. Leonis X, pontificis maximi, vita, Pise , 1797. Dans cette vie d'un grand protecteur . Cette histoire embrasse toute la durée de l'université de Pise , depuis son origine jusqu'à la fin de la domination des Médicis. Un ie volume devait comprendre l'histoire de l'université sous les grandsducs de la maison et Laurent et taus les antres Médicis. jet d'une nouvelle édition des Lettres de ce grand homme , où ils auraient ajouté toutes celles qui sont encore inédites. Elles devaient être précédées d'une nouvelle Vie de Pétrarque , écrite en latin comme les Lettres. Fabroni l'avait composée avec un soin particulier ; le malheur des temps ayant empèché cette publication intéressante , il donna son manuscrit à Bodoni, qui l'imprima. L'ouvrage contient peu de choses nouvelles , et n'est à peu près qu'un abrégé de ce que d'autres avaient déjà écrit ; mais il se fait lire avec plaisir , et cette édition est recherchée par ceux qui aiment à voir élégamment imprimés les livres élégamment écrits. Elogj , Pise , 1786 et 1789, 2 vol. Après avoir tant écrit en latin à la louange de ses illustres compatriotes , Fabroni voulut aussi leur consacrer des éloges en langue italienne : parmi ceux que contient le premier de ces deux volumes , il y en a trois qui se trouvaient déjà dans ses Vies latines ; ils ne sont point traduits , mais refaits , et peuvent être regardés comme nouveaux ; les autres le sont entièrement. Ils ne sont pas tous consacrés aux sciences ; on y trouve ceux de deux grands poi.tes , Frugoni et Métastase. Le second volume renferme , outre les éloges de plusieurs savants italiens , ceux du roi de Prusse Frédéric 11 et du grand peintre Raphaël Mengs. 9. Eloyj di Dante Alighieri, di Angelo Poliziano, di Lodovico . 1riosto, e di Torquato Ta. eso . Parme , flodoni , 18O6. 10° Il faut aussi compter parmi les bons ouvrages que Fa?roni écrivit dans sa langue nationale la traduction abrégée (le l'un de ceux qui firent , dans le siècle dernier , le plus d'honneur à la nôtre , le Voyage du Jeune Anacharsis en Grèce. « Rien d'essentiel « n'est omis dans votre ouvrage , écrivit l'abbé Barthélemy à son élégant abréviateur ; j'ai ad- miré le choix et la liaison tics faits , la pro« priété des ternies et la rapidité du style. o Ce travail , qui aurait suffisamment occupé un autre écrivain , ne fut pour Fabroni qu'un délassement, lorsqu'il était à la fois occupé tic la composition de son Histoire de l'université de Pise et de plusieurs autres grands ouvrages. Il y a des moments Clans la vie de l'homme de lettres où l'activité de l'esprit supplée.à la brièveté du temps
  • Ange FIRENZUOLA( 1493) : célèbre auteur italien du 16e siècle, naquit à Florence le 28 septembre 1495 d'une famille originaire du bourg de Firenzuola , situé au pied des Apennins, entre Bologne et Florence. Son bisaïeul était venu s'établir dans cette dernière ville sous la protection de Cosme de Médicis; son aïeul y avait acquis droit de cité et l'avait transmis à sa famille sans autre nom que celui de Firenzuola , tiré du lieu de leur origine. C'est sans fondement que Negri et d'après lui Niceron et quelques autres donnent à cette famille le nom de Nannini. Ange fit une partie de ses études à Sienne et l'autre à Pérouse, où il se lia d'amitié avec le fameux Pierre Arétin. Il le retrouva ensuite à Rome, où il suivit quelque temps, mais sans profit pour sa fortune , la carrière du barreau , et l'on voit, par quelques lettres qu'ils s'écrivirent , que les moeurs de Firenzuola ne valaient pas beaucoup mieux que celles de son ami. On assure cependant qu'il prit l'habit des religieux de Vallombreuse , et qu'il obtint successivement dans cet ordre les deux abbayes de SteMarie de Spolète et de StSauveur de Vajano. Tiraboschi répugne à le croire : Nonseulement, ditil , sa vie ne fut pas digne d'un religieux, mais il n'y a aucune trace, ni du temps où il entra dans l'ordre, ni de celui où il fit profession, ni du séjour qu'il ait fait dans aucun monastère ; quant aux deux abbayes qu'on dit qu'il avait obtenues, il peut n'en avoir été qu'administrateur ou commendataire , etc.; mais il parait que ces doutes ont peu de force contre les assertions de tous les auteurs qui ont écrit la vie de Firenzuola : on cite des actes où il est désigné positivement sous le titre d'abbé, et un chapitre général où tous les Prélats de son ordre se réunirent, et où il assista comme eux. L'Arétin lui dit aussi dans une de ses lettres : ,. Le second volume est rempli tout entier par une imitation de l' Ane d'or d' Apulée, où le traducteur se substitue luimème à la place du Lucius de l'auteur latin, met la scène en Italie et sème les aventures du roman de détails qui lui sont personnels. Le troisième volume est divisé en deux parties : l'une contient les rime ou poésies diverses, dont les plus nombreuses et les meilleures sont satiriques et dans le genre burlesque; l'autre, deux comédies en prose, i Lucidi , qui sont imités des Hénechmes de Plaute, et la Trinuzia, pièce à triple intrigue et fort libre , qui a plus d'un rapport avec la Calandria du cardinal Bibbiena. Ces deux comédies, ainsi que les autres écrits en prose du Firenzuola , font autorité dans la langue et sont souvent citées dans le grand vocabulaire de la Crusca
  • Ange FORTE ou FORTIO : exerçait la médecine à Venise au commencement du 16» siècle. 11 était fort entiché de la peste dore si fa conoscere l'esse? suo , etc. , Venise, 1556 1" De mirabilibus humanœ vite naturalia fundamenta, Venise, 1515, 1555 5. Ileritatis redivine nidifia, Venise, 1511, i n-8.. — FORTE OU Foto, mathématicien de Home au méme siècle, a publié un livre assez rare intitulé : De re militari et varus instrumentis belli, Venise ,1:,51 Il est écrit en vers grecs modernes fig
  • Ange GALLUCCIO( 1593 - 1700) : jésuite , né à Macerata , dans la marche d'Ancône , en 1593, se fit un nom par ses talents oratoires ainsi que par l'élégance et la facilité de sa versification ; il professa l'éloquence dans le collége de Rome pendant vingtquatre ans , avec un applaudissement général, et mourut plus qu'octogénaire , le 28 février 1674. On a de lui plusieurs Sermons et Discours d'apparat, oubliés depuis longtemps : mais on cite encore quelquefois son Histoire de la guerre des Pays- Bas, depuis l'année 1595 jusqu'à la trêve de 1609, en latin , Rome, 1671, 2 vol. ; en Allemagne, en 1677, 2 vol. elle a été traduite en italien par Jacques Cellesi, jésuite
  • Ange FUMAGALLI( 1728 - 1804) : savant historien de la ton.hardie , et abbé de l'ordre tic CReaux, mort à Milan k 12 mars 1801, était né dans cette ville, en 1728. Il entra dès sa jeunesse dans l'ordre que nous venons de nommer , et y associa aux études de la profession monastique et de la théologie, celles des langues orientales et de l'histoire de sa patrie. Il trouvait beaucoup de ressources pour cette dernière dans les riches archives de son couvent, qui était l'antique et célèbre abbaye de StAmbroise, à laquelle appartenaient encore des droits de souveraineté sur plusieurs fiefs de la Lombardie. Les premiers fruits de ses études furent deux dissertations publiées lorsqu'il n'avait encore que vingtneuf ans : l'une traitait de l'Origine de tido- tritrie, et l'autre d'un manuscrit grec de la liturgie ambroisienne. L'érudition du jeune Fumagalli embrassait également les sujets littéraires et les sujets religieux : s'il écrivait la vie de François Cicercio , savant du 16e siècle, il écrivait aussi celle du père abbé Rancati, qui avait pris une si grande part aux épineuses questions du jansénisme. Ses supérieurs l'envoyèrent à Rome, on il enseigna tout à la fois, comme professeur, la théologie et la diplomatie. Revenu à Milan, en ri75, il y fut d'abord lecteur en son monastère ; et bientôt il en devint abbé, exerçant en cette qualité les droits souverains dont nous avons parlé tout à l'heure. Parmi ces droits était celui d'une papeterie et d'une imprimerie indépendantes de l'autorité des ducs de Milan ; Fumagalli en profita , mais seulement pour l'intérêt et l'instruction de ses compatriotes. Il y fit imprimer, nonseulement les ouvrages d'érudition historique qu'il composait luimême , mais encore ceux que d'autres écrivains estimables avaient composés dans le même genre. ce fut ainsi que les presses de l'imprimerie de StAmbroise enrichirent l'Italie d'une trèsbelle édition de l'Histoire des arts du dessin chez les an- Cens, de Winckelmann , traduit de l'original allemand en italien par l'abbé Amoretti, et accompagnée des savantes notes de Fumagalli. La prospérité territoriale de sa patrie occupa ses méditations autant que la gloire de la province lombarde. Il fit des mémoires intéressants et utiles sur l'irrigation des prairies, sur les terrains de la 1,ornbardie qui avaient été plantés d'oliviers depuis le te jusqu'au IO° siècle, et sur d'autres objets d'économie rurale. Dans leur publication , il ne s'y désignait point comme auteur , soit pour en laisser la gloire à sa congrégation , soit peut-être parce que les règlements de son ordre ne le permettaient pas. La même modestie se remarqua au frontispice de son important ouvrage des Institutions diploma- tiques, sujet qui n'avait pas encore été traité en Italie avec un aussi grand détail, et que Fumagalli exposa d'une maniNe tellement supérieure, que cet ouvrage y est encore regardé comme classique. Le savoir de l'auteur est vaste et profond dans tous ses écrits ; on y admire son courage infatigable dans les pénibles recherches qu'il a faites , et dont il donne l'important résultat. Son style enfin n'est pas moins élégant que pur et correct. Lors de la création de l'institut des sciences, lettres et arts du royaume d'Italie, Fumagalli fut choisi des premiers* pour donner de l'illustration à cette compagnie naissante; et il y était un des trente membres que pensionnait le gouvernement. La suppression de son ordre devint pour lui la cause d'un chagrin mortel ; il n'y survécut , sur les causes et les suites de la guerre de Frédéric Barberousse contre les Milanais. 6" Storia delle ( titi del diseqno presso gli antichi, di Giovanni Winckelmann, con note, Milan, imperiale monistero di St- imbrogio maggiore, 1779, deux tom. 7. Delle antichità Longo- hardico- Hilanesi illustrate con dissertazioni, ibid., 1792, 1. vol. i". 8. Delle istituzioni diplomntiche Milan, 1802, 2 vol. Cet ouvrage et le suivant, ayant été imprimés après la destruction de l'ordre des cisterciens, portent le nom de l'auteur. 9° C0- dire diplomatie° Sant- Ambrosiano, contenente i di- Ami e le carte de secoli e IX cite esistemano nell' archivio del monistero di S. . Imbrogio, Milan, 1805, vol. Cette collection, accompagnée d'un trèsgrand nombre de notes judicieuses et très-érudites, n'a été publiée qu'après la mort de Fumagalli. L'abbé Amoretti, à qui il l'avait laissée, la donna au public , en y ajoutant un éloge de l'auteur. 10. Memoria storica cd economica sult ir- rigatione de' prati , insérée dans le 2, tome des actes de la société patriotique d'agriculture de Milan; 110 Memoria storica sulresistenza degli uli- retti in alcuni luoghi della Lombardia dal secolo quarto al deeimo, dans le même recueil au 5e tome. Ces deux mémoires sortirent en 1789 et 1795 des presses de l'imprimerie de StAmbroise. 120 Abozzo della polizin del regno Longobardico ne' due secoli i1fI e IX, Bologne , 1809 i", et dans le tome I" des . 11entorie di letteratura dell' Istituto GN.
  • Ange GAMBIGLIONI ou DE GAMBIGLIONIBUS ou DE ARETIO : l'un des plus célèbres jurisconsultes du 15e siècle, était d'Arrezo, petite ville de Toscane. Il fréquenta dans sa jeunesse les principales universités de l'Italie, et eut le bonheur de compter parmi ses maltres Jean d'Imola, Paul de Castro , etc. Ayant reçu le laurier doctoral à Bologne, il fut pourvu de la charge d'assesseur au tribunal de Pérouse , et il remplit ensuite les mêmes fonctions à Rome et à Citta di Castello. Plus tard il fut revêtu de la dignité de lieutenant de sénateur à Rome; et enfin il obtint la place de questeur ou trésorier à Norcia , dans l'Ombrie. Accusé de malversations dans l'exercice de cette place, il fut mis en prison; et, si les jurisconsultes d'Italie ne se fussent réunis pour solliciter sa grâce, il aurait terminé ses jours sur un échafaud. On peut conjecturer cependant qu'il était victime de quelque calomnie , puisque, à peine sorti de prison , il fut nommé professeur des instituts à l'Académie de*Ferrare. Il remplit quelque temps la même chaire à Bologne ; mais, en 141.5, il était déjà de retour à Ferrare, dont il ne s'éloigna plus que momentanément; il jouissait d'un traitement de mille livres, somme trèsconsidérable pour cette époque. En 1451 il fit un voyage à Milan. Son nom cesse de figurer sur le tableau des professeurs de Ferrare en 1 i65, et l'on croit que cette année fut celle de sa mort. Mazzuchelli lui a consacré dans les Scrittor. italian. , t. 1, p. 998, une notice fort exacte , tirée en grande partie de la Vie de ce jurisconsulte, par Thom. Diplovatazio . Les ouvrages de Gambiglioni ont joui pendant longtemps d'une juste célébrité; mais ils ne sont plus recherchés qu'à raison de leur date, et comme des monuments typographiques; les principaux sont : 10 Tractatus maleficiorum cum omnibus additionibus , Mantoue, Petrus Adam, 1472, gr. de 128 f., première édit., et le premier livre imprimé dans cette ville. Une autre édition, également de 1 i72, est décrite par le P. Audifredi dans le . Catalog. edit. Romanor., P. 121. On fait encore quelque cas de l'édit. de Paris, Gering, 1476 20 Lectura super institutis , Rome , 1.178, 2 vol. édit. princeps , trèsrare; Solemnis et aurea lectura super titulo de actionibus institutionunz , Toulouse , 1480 Tractatus de criminibus , Paris, Gering-, 1476 On peut consulter, pour le détail des ouvrages de Gambiglioni et de leurs différentes éditions, les Annales typograph. de Panzer
  • Ange GOUDAR( 1720) : né à Montpellier vers 1720 , était fils d'un inspecteur du commerce. Venu de bonne heure à Paris, il y fit de médiocres études et publia cependant plusieurs ouvrages d'économie politique. En 1761 il passa en Angleterre, et composa quelques pamphlets relatifs aux démêlés survenus entre le comte de Guerchy , ambassadeur de France, et le chevalier d'Eon. Il s'y maria avec une jeune et jolie veuve, nommée mistriss Sara, sans fortune, mais qui avait de l'instruction. Les deux époux, ayant quitté Londres, parcoururent la Hollande, la France , l'Italie , et arrivèrent à Naples vers 1767. Là, Goudar se fit maitre de langues et publia une grammaire française et italienne assez esti mée ; mais sa femme, plus encore peutare que sa grammaire , lui procura des élèves d'un rang distingué. Ce n'était pourtant qu'un prélude à de plus hautes faveurs. Pour contrebalancer l'ascendant que la reine Caroline avait pris sur Ferdinand IV, des courtisans imaginèrent de tirer parti des attraits de madame Gondar; et son mari , plus ambitieux que jaloux , entra parfaitement dans leurs vues. Lorsque le roi allait à la chasse , Sara se trouvait toujours sur son passage ; quand il venait au théâtre , elle était dans une loge en face de la sienne ; si bien qu'à la fin elle fut remarquée par le prince. Dès lors les époux Goudar menèrent un grand train : ils avaient un palais, une cilla ; mais cette prospérité ne fut qu'éphémère. L'oeil investigateur de Caroline avait suivi toute cette intrigue ; et un beau jour la favorite et son mari reçurent l'injonction de quitter Naples sous vingtquatre heures et de sortir du royaume. Pendant son séjour dans ce pays, Gondar avait fait paraitre un ouvrage où il proposait diverses réformes administratives ; avant son départ il en publia l'apologie dans une lettre adressée au marquis de Tanucci ; ce qui n'empêcha pas que son livre ne fût lacéré et brûlé par la main du bourreau. Le couple exilé se rendit successivement à Rome, à Florence , à Lucques , d'où l'esprit réformateur de Goudar le fit successivement expulser ; à Venise il faillit être arrété. Il résida quelque temps à Bologne, où il donna des leçons de langue française ; mais en butte, lui et Sara , à une foule d'épigrammes et de railleries, auxquelles l'originalité de son costume prêtait encore, il abandonna l'Italie pour aller en Hollande ; c'est là qu'il se sépara de sa femme. H était à Paris au commencement de la révolution , et publia quelques pamphlets politiques qui n'améliorèrent pas sa position , car il mourut dans la misère en 1791. Ses ouvrages, dont la plupart ont parti sous le voile de l'anonyme , sont : 1. Pensées diverses, ou Réflexions sur divers sujets , Paris , 1748 , I 750 ; 2. Testament politique de il. I, ouis , flandrin, Genève, 1755 ; 7'. 'Union, 1756. C'est une satire contre les fermiers généraux. 30 Nouveaux motifs pour porter la France à rendre libre le commerce du Levant, Avignon , 1755 40 les Intérêts de la France mal entendus dans les branches de l'agriculture. des finances et du commerce, Amsterdam , 1756, 3 vol C'est un des meilleurs ouvrages 4e Goudar. Grimm en fait. l'éloge dans sa Correspondance . Il a été réimprimé, en 1 761 , avec les dis' cours politiques de David Hume et autres écrits sur l'économie politique, collection en cinq volumes dont il forme les deux derniers, et traduit en allemand par Alb. Philippi en 1765. 5. Relation historique du tremblement de terre sur venu à Lisbonne, etc., la Ilaye , 1756 ; 6° Dis cours politiques sur le commerce des ; biglais en Portugal, Paris , 1756 7° Journal de la conquête du Port- llahon, 1756 ; 8° la Paix de l'Europe , ou Projet de pacification générale, etc., Amsterdam , •757 ; ibid., 1761 ; 9° Débats au parlement d'Angleterre au sujet des affaires générales de l'Europe, traduits de l'anglais , Londres , 1758 ; 10° Lettre à un académicien de Paris sur la nourelle ehez, rue semer, 1758 ; 11" l'Année politique. contenant l'état présent de l'Europe, Avignon , 1759 ; 12. / 1. IntiBabylone . Ou Réponse à la Imre& Babylone de Monbron , Londres, 1759 ; Obserrations sur les trois derniers balletr qui ont paru aux Italiens et aux Français, 17:;9 ; 14° ilemoires pour servir à l'hi? toire de Pierre II) . empereur de Russie, Francfort , 1765, ; ; l'Espion chinais, ou l'Enroyé secret de la cour de Pépin, Cologne, 1766, 1768 . 1774, 6 vol. 1: 1; 16.) Grammaire française , à l'usage des Italiens, 1770 17. Naptes: ce qu'il faut faire pour rendre ce pays 'tarissant, Amsterdam , 1771 C'est cet ouvrage qui fut brûlé . 18° Considérations sur les causes de l'antienne faiblesse de l'empire de Russie, et de sa nourelle puissance, Amsterdam, I772 19° Plan de réfiffme proposé aux cinq correcteurs de Venise arturllement en charge, arec un sermon évangélique pour élerer la république dans 10 crainte de Dieu, Amsterdam ; De la mort de Ricci , général des jésuites , Amsterdam , 177:i 21. Essai sur les moyens de rétablir l'état temporel de l'Eglise , Livourne, 1776 22. l'Espion français à Londres, ouvrage destiné à faire suite à l'Espion chinois, Londres, I7it,), 2 vol. ibid., 1780, 2 vol. 23.. le Brigandage de la musique italienne, Amsterdam et Paris, 1781 24. L'histoire des Grecs, ou de ceux qui savent corriger la fortune au jeu, 17:S ; réimprimée en 17;5, sous le titre d'Histoire des fripons , et attribuée à Pierre Rousseau , serait de Goudar suivant plusieurs bibliographes. La Correspondance littéraire secrète le fait aussi auteur de l'Autorité royale indépendante dts parlements, 1788 — Sara GOLDAR, femme du précédent, après avoir été abandonnée par lui en llollande, vint à Paris, où se trouvait alors sun mari, dont elle resta séparée, et mourut vers 1791. On conne d'elle : 1. Remarques sur les anecdotes de madame du Barry , Londres, 1777 ; 2. OEuvres mêlées, Amsterdam , 1777,2 vol. Ce sont des Lettres adressées au comte Alexis Orlon- sur le carnaval de Naples; à milord Tilney sur les divertissements de l'automne en Toscane, etc.; on y trouve inéme une lettre à la république de Lucques ; enfin, douze autres sur la musique italienne et sur la danse, dont les deux premières avaient paru séparément avec l'initiale du mari, sous cc titre : _ Remarques, etc., ou Lettres ( milord Pembrdke , 17';5, PItT.
  • Ange MANRIQUE( 1577 - 1649) : né à Burgos , vers 1577, d'une famille distinguée, entra de bonne heuité dans l'ordre de Citeaux. Ses talents l'appelèrent à divers emplois ou charges , et Philippe IV le nomma , en 1645, évêque de Badajoz ; il mourut quatre ans après, en 1649, après avoir composé plusieurs ouvrages, dont Nicolas Antonio donne la liste dans sa Bibliotheca hispana . Le seul important est intitulé Annales cistercienses , seu verjus ecclesiastici annales a condito Cistercio , Lyon, Laurent Anisson , 1642-1649, 4 vol. ; « ouvrage estimé, dit LengletDufresnoy « , quoiqu'il ne soit eas fait « avec cette scrupuleuse exactitude qu'on te- cherche à présent dans ces sortes d'ouvrages. » — Sébastien MANRIQUE , religieux de l'ordre de StAugustin , était aussi Espagnol ; il a du moins écrit dans cette langue. Antonio n'indique toutefois ni la date de sa naissance , ni celle de sa mort , ni le lieu où il naquit , ni même l'ordre auquel il appartient ; il se contente de dire : Nes- rio quis. Sébastien Manrique fut missionnaire apostolique dans les grandes Indes, et y séjourna de 1628 à 1641 ; à son retour, il publia un hinerario de las missiones en la India oriental , con una summaria relacion del imperio de XaZiahan Corrombo, Gran iiiogoi , g de otros regs infideles , Rome , 1649, in4°. Léon Pinel°, qui donne à l'auteur le titre de procureur de la province de Portugal à Rome , dit que l'ouvrage est mal écrit, et encore plus mal imprimé ; on peut néanmoins Y trouver de précieux détails sur les missions des augustins dans l'Hindoustan
  • Ange MATTEACCI( 1535 - 1600) : jurisconsulte italien , né en 1535 à Marpstica, dans le Vicentin , étudia le droit à l'université de Padoue et se rendit à Venise, où il se lit un nom comme avocat et comme savant. Il fréquentait assidùment les réunions littéraires qui se tenaient chez le nonce Fachinetti et chez le sénateur Veniera. Matteacci possédait les talents les plus opposés: habile avocat, il était encore mécanicien consommé. Il exécuta plusieurs machines de son invention. Appelé à l'université de Padouepour y expliquer les Pan- hetes , il ne reçut le titre de professeur qu'en 1589 et ne cessa d'enseigner qu'à sa mort, arrivée le 10 février 1600. SixteQuint l'avait deux fois appelé à Rome pour le consulter, et l'empereur Rodolphe II lui avait conféré successivement les titres de chevalier et de comte. Matteacci a laissé : 1° De ria et ratione artificiosa finis unirersi , libri , Venise, 1591 , 159:3 et 1601 ; 2° Apologia adrersus Ronifacium Rogerium, etc., Padoue, 1591 ; 3° Tractants de partit oetrimestri, et ejus natura adrersus rulyntom opiniunem , libri 10, Francfort 1601 ; 4° Epitome legatorum et fideicom? issuru? methodo Oc ratione diyesta , Venise, 1600 , et Francfort, 1601 ; 5° De jure l'euetOrillit et jurisdirtione maris .- Idriatici , Venise , 1627
  • Ange MAZZA( 1741) : un des plus grands poètes :ontemporains de l'Italie, naquit à Parme, d'une 'amine noble, le H novembre 1741. 11 fit ses I iremières études à Reggio, où il eut pour pro-. esseur de philosophie et de grec le célèbre Spal- anzani. Il composa dès lors plusieurs pièces de ters qui se répandirent en peu de temps dans es principales villes de l'Italie, et plurent telleuent à l'abbé Salandri , professeur de Padoue, pli vint exprès à Reggio afin de connaître le eune poète. Mais si grand que fût le succès de . es premiers essais , ils étaient encore trop emweints du mauvais goût qu'avait introduit l'école le Frugoni pour laisser deviner jusqu'où s'élè-07erait le génie de leur auteur. Après avoir teruiné son cours de collége , Mazu se rendit à 'université de Padoue et s'y livra à l'étude de hébreu et de l'anglais. Ayant traduit en vers le loëline d'Akenside , sur les Plaisirs ie l'imagination , il porta son manuscrit à l' chargé de la censure des livres , afin Feu obtenir l'approbation. Celuici était un moine "gnorant ; il parcourut rapidement le titre, toisa e traducteur avec dédain et lui dit brusquement: Il s'agit des plaisirs de l'imagination, l'auteur est anglais , le traducteur un jeune homme ; l'on n'imprimera point. » Mazza eut beau prier, I supplier Sa Paternité de lire au moins le mausent , comme il était de son devoir, lui assuant qu'il n'y trouverait rien de contraire à la eligion ni aux moeurs : tout fut inutile ; le moine . iitêté répliqua : « L'on n'imprimera point. — . Je m'inclino jusqu'à terre devant Votre Pater- nité, repartit le poète ; mais ce livre sera im- primé, et j'aurai même l'honneur de vous en « offrir un exemplaire. » Cela dit, il prit congé de l'inquisiteur, qui trépignait de colère. Gace à l'intervention de Gaspard Gozzi auprès du gou- vernement vénitien , le livre fut en effet imprimé, mais avec la rubrique supposée de Paris. Rappelé dans sa patrie en 1768, par le ministre du Tillot, Mazza fut d'abord nommé secrétaire de l'univer- sité, puis professeur de littérature grecque. Tandis qu'il poursuivait avec éclat le cours de ses le-çons, il obtint un succès d'un autre genre , non moins flatteur sans doute , mais qui faillit lui devenir funeste. Jeune et beau , il avait inspiré une vive passion à une grande dame ; malheureusement il avait pour rival un militaire , qui se vengea des dédains dont on l'accablait, en se portant contre lui aux voies de fait les plus outrageantes. Mazu , ne maniant pas l'épée avec autant d'habileté que la plume , céda le terrain à son adversaire et se retira à Bologne. Là , tout entier à ses travaux littéraires, il agrandit encore le cercle de ses connaissances, suivit les cours de l'abbé Stellini , étudia les sciences exactes, le droit et la théologie. 11 prit même en 1777 l'habit ecclésiastique, et rentra peu après dans sa patrie; mais étant tombé grièvement malade, il crut s'apercevoir que sa mort n'aurait pas inspiré une grande douleur à ses héritiers. Pour tromper leur avidité, son premier soin , à peine guéri fut de quitter l'habit ecclésiastique et d'épouser Catherine Strocchi , une des plus charmantes personnes de Parme. L'étude approfondie qu'il avait de la langue et de la littérature anglaises, avait répandu sur ses poésies immédiatement postérieures à la traduction d'Akenside une légère teinte bri- tannique qui lui attira d'amères critiques. Ses ennemis dirent que ses poésies étaient un chaos. Gozzi répondit que de ce chaos sortirait l'ordre. En effet, Mazu publia bientôt quelques odes qui obtinrent les applaudissements universels : son hymne sur l'Harmonie fut particulièrement goûté, et lui valut d'abord le titre de chantre de l'har- monie, puis le surnom d' Armonide Elideo, lorsqu'il fut reçu à l'académie des Arcades de Rome. entreprit ensuite la traduction des odes de P , et en publia une partie ; mais Cesarotti et Métastase lui ayant représenté qu'avec son génie, au lieu de s'amuser à ce genre de travail, il devait s'occuper uniquement de compositions originales, Mazu , qui du reste avait bien la conscience de son talent, composa de nouvelles odes qui mirent le sceau à sa réputation. Toutefois, sa gloire ne grandit pas sans obstacle ; elle avait rencontré, dès le début, de nombreux et puissants détracteurs , parmi lesquels JeanBaptiste Fontana et Vincent Monti furent les plus acharnés. On re- grette pour l'honneur de ce dernier qu'il se soit abaissé jusqu'à traiter son rival de « poète de quatre sous , » et qu'il n'ait pas craint d'employer même les armes de la calomnie. Plus Mazu usait de modération et de dignité dans ses réponses, plus Monti mettait de fureur dans ses invectives. Malgré l'intervention du P. Affo , de l'éditeur Bodoni et d'autres personnes influentes , l'ani- mosité des deux grands poètes durait depuis plu- sieurs années et s'envenimait chaque jour da- vantage , lorsqu'une circonstance fortuite amena tout à coup leur réconciliation. Monti arrive un matin à Parme , et descend à l'hôtel de la Poste pour changer de chevaux et continuer sa route ; quelqu'un court annoncer son arrivée à Mazu , qui , au lieu de Monti comprend Pindemonte, avec lequel il était fort lié. Il se hâte donc d'aller à sa rencontre , et demande où est le poète. Monti , qui était déjà remonté en voiture , se montre à la portière : « Eh ! qui m'appelle ? ditil. — C'est, « répond Mazza , un poète que vous haïssez. — « Je ne hais personne , reprend Monti , et vous « moins que tout autre. » A ces mots , ils se jettent dans les bras l'un de l'autre , s'embrassent, à plusieurs reprises comme d'anciens amis , et, après un court entretien, ils se séparent parfaitement réconciliés , du moins en apparence. Quoique depuis ils se soient donné des marques réciproques d'estime , on peut croire que Monti conserva au fond du coeur un reste de rancune ; car lorsque Mazu eut réimprimé sa Grotte platonique, il parut, dans le Polygraphe de Milan, un article peu bienveillant, que tout annonce avoir été écrit par l'auteur de la Bassvilliana. Le père Bettinelli s'était aussi montré hostile à notre poète. Lisant un jour , dans une assemblée publique, l'ode intitulée l'Aura armonica, jJ maltraitait déjà les premières strophes, quand arrivé à ces deux vers ill'apriro il varco e lacquero E le , la plume lui tomba des mains , et il avoua n'avoir pas la force de critiquer un si beau poème. En effet, cette ode est admirable d'un bout à l'autre. Métastase considérait les vers que nous avons cités comme dignes d'être mis au rang des exemples du sublime proposés par Longin. Hors les petites tracasseries que lui suscitait l'envie de ses rivaux, Mazu vécut heureux au sein de sa famille , et parfaitement étranger à toutes les commotions politiques. Frappé de paralysie dans sa vieillesse , il languit deux ans , et mourut à Parme, dans la nuit du 10 au II mai 1817. Ses funérailles furent magnifiques ; on prononça son oraison funèbre , on fit graver son portrait , et quelques années plus tard , son buste fut placé solennellement dans le vestibule de l'université. On peut le regarder comme le régénérateur de la poésie italienne ; il la ramena dans la voie du beau et du vrai , loin de laquelle l'avaient jetée les écrivains du 17° siècle. Ses poésies théologiques et philosophiques occupent la première place après celles de Dante ; mais la recherche des rimes , les difficultés étudiées pour se donner le plaisir de les vaincre , l'âpreté de certains sujets faisaient dire à Cesarotti que « Mazu voulait « danser avec les ceps aux pieds, et voler a;\ , 17n ; Poésies, Pise, 1790, 3 vol. — l'ers sur l'harmonie, Florence, 1795 — Sonnets sur l'harmonie , Parme , 1801 ; — Stances à Cesarotti , Plaisance , 1809 , , et Parme, 1810 ; — Odes, Parme, 1815 — 0Eurrespoétiques, Parme, 1819, 5 vol . ; — OEucres complètes, Parme, Paganini, 1821, 6 vol. M. Pezzana , littérateur distingué, a inséré une intéressante biographie d'Ange Mazu, dont il avait été l'ami, dans sa continuation de l'ouvrage du P. Affo sur les écrivains parmesans
  • Ange PANDOLFINI( 1360) : économiste italien fort estimé, qui cependant a été jusqu'ici oublié nonseulement dans toutes les Biographies , mais même par Tiraboschi et par Ginguené, dans leurs Histoires littéraires, naquit en 1360, à Florence d'un négociant qui avait amassé à Naples une fortune considérable. Il entra de bonne heure dans les emplois publics, fit partie de la seigneurie de Florence en 1397 et 1408, et fut chargé de missions importantes auprès du pape Martin V, de l'empereur Sigismond et du roi Ladislas. Il obtint de ce dernier, en 1411 , la cession du territoire de Cortone, comme indemnité des pertes que les marchands florentins avaient éprouvées à Naples. Revenu dans sa patrie, Pandolfini fut élu trois fois gonfalonier, en 1414 , 1420 et 1431. Dans l'intervalle, il remplit la charge de grand consulteur, et dut, en cette qualité, interposer son autorité dans les petites querelles qui divisèrent longtemps ses concitoyens. Si l'on avait suivi ses avis, la république n'eût point fait en 1529, contre Lucques, une guerre désastreuse. Pandolfini était l'ami de Cosme de Médicis, surnommé l'Ancien ou le Père de la patrie. Il combattit son bannissement et provoqua son retour. Malgré cela, il ne put obtenir de Cosme, devenu maitre absolu, la grâce de Palla Strozzi, parent de sa femme. Le chagrin qu'il en éprouva le fit renoncer aux affaires, qui d'ailleurs prenaient une direction entièrement opposée à ses opinions et à ses vues. Il passa les douze dernières années de sa vie dans sa magnifique villa de Signa, où il eut l'honneur d'être visité par trois souverains, le pape Eugène IV, le roi René et le duc de Milan, François Sforce. Pandolfini conserva une grande vigueur de corps et d'esprit jusqu'à sa mort, arrivée en 1446. On a de lui un Traité du gouvernement de la fa- mille , aussi remarquable par la pureté du style que par la sagesse et quelquefois par l'originalité des pensées. Rien de plus amusant que les conseils qu'il adresse à sa femme et les invectives qu'il lance contre les emplois publics. M. Valery a traduit quelques extraits de ce livre dans les Curiosités et anecdotes italiennes , Paris , 18462 en les faisant précéder d'une notice sur l'auteur. Les meilleures éditions du Traitai° del governo della famiglia sont celle de Florence, 1734 et celle de Milan, 1811 Cette dernière, outre la Vie de Pandolfini écrite par son contemporain Vespasien de Besticci, et quj était déjà dans l'édition précédente, contient les notes et observations d'Ant.Fortunato Stella. Mathieu Palmieri avait dédié à Pandolfini son traité De la vie civile
  • Ange PARTICIPATIO ou PARTICIACCIO : , ori- ginaire d'Héraclée, fut élevé à la dignité ducale par les Vénitiens, dont il avait été le libérateur dans un moment de danger. Obelerio était doge, et avait mendié l'appui de la France contre son prédécesseur, lorsque simple particulier et conspirateur impuissant il avait été contraint de chercher un asile dans ce royaume. Pépin , fils de Charlemagne et roi des Lombards , venait de s'emparer de l'Istrie et du Frioul : il écrit à Obelerio de se joindre à ses troupes prêtes à envahir la Dalmatie , ne soupçonnant pas un refus de la part de son ancien protégé. Le doge ne put engager les Vénitiens à seconder un voisin déjà trop puissant, qui occupait presque toute la rive occidentale de leur golfe. Pépin irrité, livre aux flammes Aquilée et Héraclée. Les Vénitiens , soutenus par une flotte grecque, ayant répondu à ces hostilités, il leur enleva la tour de Brondolo, les îles de Chiozza et de Palestrine, entra dans :11biola , et se présenta devant Malamocco , siège du gouvernement, qui n'avait pour défense que son étroit canal. Participatio , que la déposition du doge laissait pour chef à une population abattue, l'entraîna tout entière à Rialto, où un bras de mer plus étendu pouvait favoriser une vigoureuse résistance. Les vaisseaux de Pépin , attirés près de la terre par les bàtiments légers des Vénitiens , éprouvèrent , quand la marée vint à baisser, le désavantage d'une immobilité forcée, et ne purent se retirer qu'en grand désordre. Le roi lombard s'en vengea par la dévastation des îles qui étaient en son pouvoir. Parficipatio , élu doge en 806 et assisté de deux tribuns annuels, eut à réparer ces désastres. L'année suivante, il conclut un traité qui plaçait la république sous la protection de l'empire de Constantinople, et satisfaisait à un double intérêt en facilitant son commerce au Levant , et en lui donnant un appui politique trop éloigné pour devenir oppresseur. Rialto demeura le centre du gouvernement. Soixante petites îles qui l'environnaient furent jointes par des ponts et comprises dans une enceinte : tels furent les commencements de Venise. Participatio fit construire à Olivolo une église cathédrale et un palais ducal sur le même emplacement que le palais d'aujourd'hui. Nlalamocco, Palestrine, Chiozza se relevèrent de leurs ruines; Héraclée reparut sous le nom de Città- Nuova. Participatio gouverna pendant dixhuit ans , et maintint l'Etat dans une longue paix que deux événements troublèrent à peine. Le patriarche d'Aquilée, suivi de la noblesse du Frioul, attaqua le patriarche de Grado, et fut battu par l'armée vénitienne, qui exerça de cruelles représailles sur les côtes du Frioul. Une conjuration ourdie par trois chefs fut étouffée par la punition de ses auteurs. Participatio associa successivement à son autorité Jean et Justinien, ses fils. — Celuici , faible de corps et de courage. succéda en 827 à son père. C'est sous ce doge que fut transféré d'Egypte à Venise le corps de l'évangéliste StMarc. Ces vénérables restes étaient gardés par deux prêtres grecs dans une église d'Alexandrie. Dix vaisseaux vénitiens stationnaient dans la rade. Un de leurs capitaines engagea les deux prêtres à lui céder les reliques de l'apôtre : ils coupèrent avec précaution l'enveloppe qui les renfermait, et pour que le zèle des fidèles ne se refroidit point, ils y substituèrent le corps de StClaudien. Celui de StMarc arrivé à la flotte, fut caché dans des voiles et attaché à une antenne. La vigilance musulmane fut trompée; le vaisseau chargé de ce dépôt fut en vain assailli par une tempète, suivant le récit du vieil historien Sabellicus ; le saint fut porté à la chapelle ducale au milieu d'un enthousiasme universel, et son nom devint un cri de ralliement national. Le doge Justinien légua une somme pour la construction d'une église de StMarc , et mourut peu de temps après.— Urso PARTICIPATIO, Septième doge de cette famille en 912, est plus connu sous le nom de Badoero
  • Ange POLITIEN( 1454) : littérateur célèbre, né le 14 juillet 1454 à MontePulciano, petite ville de Toscane, a tiré de là le nom de Poliziano , sous lequel il est généralement connu , mais son véritable nom , celui qu'il tenait de son père , n'est pas trèsfacile à déterminer. Quelquesuns disent qu'il s'appelait Bassi , d'autres Cini , d'autres encore Ambrogini , et cette dernière opinion, soutenue par Crescimbeni dans son Histoire de la poésie vulgaire, s'y trouve appuyée d'un diplôme conservé aux archives de Florence et qui confère le titre de docteur en droit canon à Ange, prieur séculier, fils du docteur Benoît Ambrogini:de Monte- , Puiciano Serassi, le meilleur biographe d'Ange Po- .. . titien , s'en tient à cette indication et croit que c'est par abréviation que certains contemporains d'Auget° Ambrogini l'ont nommé Gini ou Cini. Son père , quoique peu riche , l'envoya de trèsbonne heure aux écoles de Florence. Ange y étudia, sous Cristoforo Landino, les lettres latines; sous Andronic de Thessalonique, les lettres grecques , Marsile Ficin l'initia dans la philosophie platonicienne et Jean Argyropule dans celle d'Aristote. Ses progrès furent si rapides qu'il osa commencer, bien jeune encore, une traduction d'Homère en vers latins. Ses talents précoces n'étaient connus que de ses maîtres , lorsque ses Stanze sur un tournoi où Julien de Médicis avait brillé en 1468 lui valurent tout à coup une réputation brillante. Dès lors la faveur et l'amitié même des chefs de la république florentine lui furent acquises. Il ne fut reçu dans la maison des Médicis qu'à cette époque : Boissard Mencke et Bayle se trompent lorsqu'ils supposent qu'il y avait été élevé aux dépens de Côme , le Père de la patrie : Politien, qui a souvent parlé des bienfaits dont le combla Laurent, n'a jamais dit un seul mot de ceux de Côme, qui était mort dès 1464 ; et ce silence doit suffire contre une hypothèse qui n'est soutenue d'aucune preuve positive. Ces Stanze, qui eurent une si heureuse influence sur la destinée de Politien , ont obtenu et mérité de si grands éloges, elles occupent encore un rang si honorable parmi les chefsd'oeuvre de la poésie italienne, que G se refuse à croire qu'elles soient l'ouvrage d'un poëte de quatorze ails, quoi qu'en aient dit tous les biographes et quoiqu'en effet l'année 1468 soit bien celle des jeux où brillèrent les deux fils de Pierre de Médicis, Laurent et Julien. Il croit. plus raisonnable de retarder jusqu'à l'année 1473 la composition des Stanze : Luca Pulci n'avait chanté que le tournoi de Laurent; Politien, à l'àge de dixneuf ans, chanta celui de Julien et en fut magnifiquement récompensé par Laurein, qui dirigeait alors les affaires de la république. Il parait même qu'entré dans la maison des Médicis, Politien s'est peu occupé de son poëme : il n'eut pas le courage de l'achever quand il en eut vu tomber le héros sous les poignards des Pazzi en t78; en effet, l'ouvrage n'est pas terminé, il s'arrête à la quarantesixième stance du second livre, quand Julien ne fait encore que se disposer au combat. Quelle que soit la date de cette composition , il est certain que le jeune poète devint bientôt l'instituteur des deux : c'était encore un hommage aux Médicis; c'était aussi une relation fort instructive que le public , comme Laurent, accueillit avec reconnaissance. A vingtneuf ans, Politien, appelé à remplir une chaire de littérature grecque et latine, y obtint d'éclatants succès. Il attirait à lui les auditeurs qui jusqu'alors s'étaient pressés autour de Démétrius Clialcondyle, savant grec , qui ne possédait pas au mèine degré que • lui l'art de plaire en instruisant. En même temps qu'il professait avec tant de soin et d'éclat, il continuait de se livrer à des travaux solitaires. Dès 1487 il avait achevé une traduction latine d'Ilérodien , qu'on l'a fort injustement accusé d'avoir dérobée à Grégoire Tiphernas ou à Ognibene de Vicence. Politien l'avait entreprise par ordre d'Innocent VIII, à la cour duquel il accompagnait l'un de ses disciples, Pierre de Médicis. Le pontife, satisfait de la version qu'il avait coin - mandée , écrivit une lettre au traducteur en lui envoyant deux cents écus d'or, afin qu'il piàt, à l'aide de cette gratification, se consacrer plus facilement aux travaux littéraires. La situation de Politien était assez heureuse pour lui rendre de tels cadeaux : pourvu par les soins des Médicis, d'abord d'un riche prieuré, puis d'un canonicat dans l'église métropolitaine de Florence; nourri, entretenu dans le palais de ses protecteurs , Politien, libre d'inquiétudes sur sa propre fortune, fouillait à loisir les trésors de l'antiquité. Un prince qui s'était fait homme de lettres, Pic de la Mirandole , partageait ses travaux et l'aidait dans ses recherches. Leur zèle, celui de Jean Lascaris et de quelques autres savants, le bon goût et la munificence de Laurent créèrent en fort peu d'années cette bibliothèque Laurentienne qui fut longtemps la plus riche de l'Europe. En disposant, en dépouillant tant de chefsd'œuvre antiques , Politien fit ses . 1/ é/ allges ou Misceihniea, recueil d'un genre encore nouveau qui inspirait et propageait le goût de la littérature classique. Malgré le désordre d'un tel ouvrage, ou peut-être même à cause de la variété et de l'incohérence des articles qui le remplissent, on le lut avec avidité, et bien que Politien eût plutôt rendu un service que composé un bon livre, sa réputation s'étendit dans l'Europe entière. Après avoir professé les belleslettres, il enseigna la philosophie avec non moins de succès. Des contrées les plus lointaines accouraient des élèves avides de l'entendre. Parmi eux on distinguait Will. Grocyn et Thomas Linacer, deux Anglais, dont le premier devint professeur à l'université d'Oxford ; le second , habile médecin et laborieux traducteur. Politien eut aussi pour disciples les fils de Jean Texeira , chancelier du royaume de Portugal , par l'entremise duquel il obtint du roi Jean II l'autorisation d'écrire, soit en latin , soit en grec, les expéditions des Portugais dans les Indes. On travaillait dans Lisbonne à rassembler les matériaux de cet ouvrage quand l'auteur qui devait les mettre en œuvre mourut à l'àge de 40 ans, le 9../ septembre 1494. S'il fallait en croire des bruits rapportés par Paul Jove , cette mort prématurée n'aurait pas une cause honorable Politien, dans le délire d'une passion infàme, serait tombé sans voix, sans connaissance et sans vie. Une autre tradition recueillie par Balzac et par divers auteurs donne du moins à cette passion un objet plus naturel et suppose que celui qu'elle consumait expira en la chantant, ou que, de désespoir, il se brisa la tète contre les murs de sa chambre. A l'exemple de Serassi et de Tiraboschi , nous aimons mieux nous en rapporter à Pierius Valerianus, qui, dans son livre De infeli- citate litteratorum, assure que la mort de Laurent de Médicis en 1492, l'affaiblissement de la puissance de cette Maison et les malheurs qui la menaçaient en 1194, quand Charles VIII entra en Italie, causèrent la maladie à laquelle succomba Politien. Durant sa courte carrière , remplie par d'immenses travaux , il eut à soutenir plusieurs querelles littéraires , malheur auquel n'échappait alors aucun des beaux esprits italiens. Dès le commencement du 450 siècle, la critique avait pris un caractère d'amertume et de violence dont elle ne s'est jamais radicalement guérie. Philelphe et Poggio avaient laissé en ce genre des exemples difficiles à surpasser : il est triste d'avouer que Politien n'est pas resté fort audessous de ces modèles. Son ennemi le plus acharné fut Georges Mérula d'Alexandrie , célèbre professeur à Milan . Une correspondance amicale avait existé entre eux avant la publication des Miscel- lanea. Mérula, trouvant dans ce recueil des obser- vations qu'il se proposait de mettre au jour luimême et la réfutation de quelques opinions qu'il avait déjà publiées, se fâcha, menaça, invectiva et se mit à composer contre son ancien ami un libelle diffamatoire qu'à la vérité il n'imprima point, mais qu'il lisait à tout venant. Politien, après quelques tentatives inutiles de réconciliation, se défendit par une satire où Merula , diton , sous le nom de Mabilius , est indignement outragé. A la vérité , il n'est pas prouvé que Mérula soit désigné sous le nom de Mabilius : Bayle en doute, malgré l'assertion de plusieurs savants et particulièrement du feuillant Pierre de StRomuald ; mais que ce soit Mérula ou tout autre, Bartholomeo Scala , Calderino , Novato , Tarcagnota , Marulle, toujours estil certain qu'Ange Politien a vomi contre quelqu'un ce torrent d' grossières. Mérula , dans les derniers jours de sa vie, au mois de mars 1494, déclara qu'il mourait l'ami de Politien et désavoua dans son testament ce qu'il avait écrit contre un si digne émule : repentir honorable et véritablement religieux , mais qu'on a .bien moins imité que les honteux égarements qui le provoquaient. Politien était fort laid , à ce que dit Paul Jove : Facie ne- quaquam ingenua ac liberali , enormi prœsertint naso subluscoque oculo. Ses ouvrages peuvent se diviser en trois parts , selon qu'ils sont écrits en italien, en grec ou en latin. Les premiers ne sont pas assez nombreux , car l'opinion qui lui attribuait le Nouante maggiore de Luca Pulci est dénuée de toute raison, et nous n'avons guère ici à joindre aux Stanze qu'une Canzone transcrite par Crescimbeni et l'Orle°, petit poème dramatique composé à la hàte avec une exquise élégance et que Ginguené distingue comme « la première « représentation étrangère à ces pieuses absur-« dités qu'on appelait des mystères » . un livre d'épigrammes grecques et quelques épîtres dans la même langue ont suffi pour montrer que l'auteur l'avait profondément étudiée et qu'il avait acquis le talent de l'écrire avec infiniment de goût et de pureté. Ses œuvres latines sont, en vers , des épigrammes , une élégie et quatre petits poèmes ; en prose , les Miscellanea, la version d'Hérodien , d'autres traductions d'ouvrages moins étendus, Plusieurs de ces épigrammes, un peu trop analogues à certaines compositions de la littérature grecque, paraissent de na—ture à confirmer les soupçons répandus sur la moralité de Politien. Quelques- unes de s,s productions, en vers latins, sont aussi fort libres , et on pourrait signaler comme exemple d'un cynisme dégo : il a préparé l'édition publiée par Zuichem , de la Paraphrase grecque des Institutes de Justinien, par Théophile, et le manuscrit des Pandeetes conservé à Florence a longtemps fixé son attention ; il a laissé des re- marques sur ce recueil célèbre. Quoiqu'il fût ecclésiastique et obligé , en sa qualité de chanoine métropolitain , d'expliquer au peuple l'Ecriture sainte, quoiqu'il eût étudié l'hébreu et le droit canon, il ne paraît pas qu'il ait beaucoup cultivé la théologie, et même, s'il fallait en croire Vivès, il avait trop peu de goût pour la lecture des livres saints. Mélanchthon dit qu'il regrettait comme perdus les moments qu'il avait jadis passés à réciter son bréviaire ; mais ces calomnies ont été réfutées par des passages de ses lettres où il parle de ses exercices religieux ; et d'ailleurs Tiraboschi observe que le protestant Mélanchthon pouvait avoir ses raisons pour prêter au savant florentin des propos aussi peu chrétiens. Les ouvrages d'Ange Politien auraient été recueillis et imprimés à Florence dès 1482, à Brescia en 1U6 et de nouveau à Florence en 1497, si l'on s'en rapportait à Maittaire ; mais ses indications sont fautives : la première édition des OEuvres de Politien est celle d'Aide, Venise, en 1498 et suivie de celles de Paris, Badius, 1512 et 1519, dans le même format; de Lyon, chez les Gryphe, 1528, 1533, 1545 2 vol. La plus complète a paru à Bâle en 1553 ; c'est la seule qui renferme l'Histoire de la conjuration des Pazzi qui avait été publiée à part en 178, in.-4., probablement à Florence, et que J. Adimari a réimprimée à Naples , en 1769 On recherche l'édition originale des Hiscellanea, Florence, 1489 plus que celles de Brescia, 1496 ; de Venise, 1508; de Bâle, 1522, toutes aussi Les Stanze ont été imprimées à Bologne avec l'Orfeo , en 1494 : il en existe une édition sans date et sans nom de ville ; on la croit de Florence et de la fin du 15' siècle. Entre les suivantes, qui sont au nombre de vingtcinq à trente, nous n' La meilleure édition de l'Orfeo est celle de Venise , 1776, L'éditeur en a fait disparaître les vers saphi- ques à la louange du cardinal Gonzaga , que les éditions antérieures mettaient dans la bouche d'Orphée, mais que l'on n'a pas trouvés dans les anciens manuscrits. diquerons que celles de Florence, 1513 des Aide, 1513 à Venise; des Junte, mème format, 1518 , à Florence; de Padoue, chez Comino, par les soins des frères Volpi, 1728, 1751, 1765 de Bergame, 1747, ro ; de Venise, 1761 de Parme, chez Bodoni, 1792 ; de Florence, 1794 ; de Brescia, 1806 enfin, de Pise, 1806 avec un grand luxe typographique. Les Stance ont été insérées dans la Biblioteca poetica italiana de M. Buttura , Paris, Didot, 1820 — Paul Jove a le premier composé une notice de la vie et des travaux d'Ange Politien, et quoiqu'elle soit fort courte, on y a relevé plusieurs inexactitudes ; mais les hommages qu'y reçoivent le talent et la science de l'auteur des Manu et des Aliscellanea n'ont pas été contestés. Erasme , après avoir déclaré qu'Ange est d'un esprit tout à fait angélique, ajoute, sans jeu de mots, qu'il excellait dans tous les genres de composition : rarum nature mira- culunt ad quodcunique scripti genus applicaret ani- mum . Les deux Scaliger, J.G. Yossius , Giraldi , Barth, Huet, Crescimbeni, Tiraboschi, la plupart des écrivains italiens et parmi nous Ginguené ont porté le méfie jugement. Varillas, dans ses Anecdotes de Florence, ne donne sur la vie d'Ange Politien que des notions incomplètes ou fausses on consultera avec bien plus de fruit l'article de Bayle; le livre de Fr.-0t. Mencke intitulé Historia rite inque lutteras nteritorum Angeli Politiani, Leipsick, 1736, in4°, et surtout La vita di Ang. Poliziano, rédigée par Serassi, publiée à la tète de l'édition des Stanze, 1747, à Bergame, et réimprimée dans quelques éditions suivantes du même ouvrage. — Quatre autres écrivains ont porté le nom de POLITIEN : t Bartolomeo POLIZIANO qui, né aussi à MontePulciano, fut l'un des secrétaires du pape Martin V et contemporain de Léonard Arétin , du Pogge , de Francesco Barbaro. Ils ont parlé de lui nonseulement comme d'un littérateur alors connu par des poésies, par d'autres productions , mais aussi par une excessive vanité : il se fit construire par le Donatello un magnifique mausolée de marbre dans l'église de MontePulciano , où il a été en effet enterré vers 1475. 2. Gio- Illaria POLIZIANO , ou plutôt POLUZIANO . 3. Giov. Angelo POLIZIANO , natif de MontePulciano et qui vint enseigner la logique à Poitiers vers le commencement du 17° siècle. Il parait qu'il se fit protestant , car il a eu Daillé pour disciple et il a écrit contre Bellarmin deux publiés l'un et l'autre à Amberg en 1604 sous les titres de Philosophia eucharistica et de Sophistica eucharistica. 4. An- toine- Laurentin POLMEN , qui, après avoir été professeur de logique à Pise, vint à Padoue en 1604 et publia un dialogue De risu, un traité De relis eorutn que motibus et un livre De natura lo- gieoe. Sa mère était de la famille de SteAgnès, pour laquelle, dit Bayle, les habitants de Monte- Pulciano ont beaucoup de dévotion
  • Ange ROCCA ou ROCCHA( 1545) : savant philologue et antiquaire, naquit en 1545 à RoccaContrata dans la marche d'Ancône. Destiné par ses parents à la vie religieuse, il prit à sept ans l'habit des ermites de StAugustin, à Camerino, d'où il alla continuer ses études dans différentes villes. Le P. Ossinger dit qu'il obtint le laurier doctoral à Padoue et qu'il y fut retenu comme professeur ; mais les deux historiens de cette université n'en font aucune mention. Après avoir rempli différents emplois dans son ordre et donné des preuves de son esprit et de sa capacité dans les langues grecque et latine et dans l'érudition sacrée et profane, il fut appelé par ses supérieurs à Rome en 1579, et attaché comme secrétaire au vicaire général. Le pape Sixte V, instruit de son mérite, lui confia en 1585 la surveillance de l'imprimerie du Vatican, et l'admit en même temps dans la congrégation établie pour la révision de la Bible . Dix ans après, il fut revêtu de la dignité de sacristain de la chapelle apostolique, et, en 1605, nomméévèque de Tagaste . Depuis quarante ans, ce prélat employait les revenus d'une abbaye que le pape lui avait conférée à se procurer les meilleurs ouvrages dans tous les genres; et, en 1605, il fit don de cette précieuse collection au couvent de son ordre à Rome, sous la condition qu'elle serait ouverte au public tous les matins. Cette bibliothèque appelée Angélique, du nom de son fondateur, est le premier établissement de ce genre à Rome, et c'est aujourd'hui une des pr ayant été enrichie à diverses époques, notamment par la réunion de celles de Pignoria , d'Holstenius, du cardinal Passionei, etc. Le P. Rocca mourut en cette ville le 8 avril 1620, et fut enterré dans l'église de StAugustin avec une épitaphe honorable. Il est auteur d'un grand nombre d'ouvrages sur des matières de théologie, de morale, de philosophie, de liturgie, d'histoire, de grammaire, etc. On y trouve beaucoup d'érudition ; mais il ne faut y chercher ni méthode, ni critique. Le recueil en a été publié sous ce titre A. Rocco» opera omnia, tempore ejusdem auctoris impressa, nec non autographa , et & mec in Angelica bibliotheca originaliter asservara , etc. , Rome, 1719, 2 vol. in fol . Le frontispice de cette édition a été renouvelé en 1745 . Le P. Niceron a donné les titres de tous les ouvrages dont se compose cette collection, au nombre de quarante et un
  • Ange RUMPLER( 1462 - 1513) : chroniqueur allemand , né en R62, près de Munich, fut, pour la poésie latine, l'élève de Conrad Celtes , écrivain dont les ouvrages sont encore recherchés des curieux. En 1480, Rumpler embrassa la vie monastique dans le couvent de Formbach, dont il fut nommé abbé en 1501, et où il mourut en 1513. Ses vers sont perdus où restés inédits; mais il a laissé une Histoire du monastère de Formbach, qu'on trouve dans le tome 1" du Thesaurus anecd. de dom Bernard Pez , et une chronique , qu'OEfels a comprise dans son recueil des Scriptores Boici, t. jer, p. 89, et qui peut fournir aux historiens désireux de débrouiller le chaos des annales de l'Allemagne méridionale quelques renseignements intéres - sants
  • Ange SANUDO : fils du précédent, lui succéda l'an 1220 , à l'âge de vingt- six ans. Il ne crut pas devoir se déclarer ouvertement contre Vatace , qui venait de remporter une victoire signalée sur Robert de Courtenai ; cette réserve piqua Robert, et Sanudo ne fut point invité à se réunir aux autres princes pour la défense de l'empire latin. Le duc de l'Archipel ne dissimula pas son dépit, mais il ne laissa pas d'armer quatre galères, qu'il tint prêtes à tout événement. Jean de Brienne, successeur de Robert, tira de l'inaction Sanudo, qui contribua beaucoup à détruire la flotte de Vatace et se signala, pendant le reste de la guerre, par une foule d'exploits brillants. Il fit consentir Brienne à la trêve de deux ans que lui demandait Vatace , et, à l'expiration de ce terme, il revint à Constantinople avec ses galères. De nouveaux succès rendirent son nom redoutable dans l'Orient. Respecté de ses voisins et chéri de ses sujets, il mourut à Naxie en 1254. — Son fils Marc SANUDO tenta vainement d'aider les Vénitiens à réprimer la révolte des Candiotes appuyés par Vatace. Prévoyant que de nouveaux sacrifices de sa part seraient inutiles, il ramena sa flotte dans l'île de Naxos, menacée par les Grecs. Cette conduite le fit accuser d'avoir traité secrètement avec Vatace ; mais il méprisa cette imputation , peut-être mal fondée, et se livra tout entier aux soins du gouvernement. La paix dont jouissait Naxos sous ce sage prince faillit etre troublée par l'abolition du culte d'un prétendu St- Pachis, auquel les Grecs attribuaient la vertu de rendre l'embonpoint aux malades. Sanudo, reconnaissant des traces du paganisme dans les cérémonies et les pratiques dont ce culte était accompagné, fit abattre l'autel du saint. Les habitants du voisinage se soulevèrent ; niais Sanudo fit construire, pour les tenir en respect, un château que les Grecs nomment ilpano Castro, dont il reste encore des vestiges. Le duc de l'Archipel s'unit aux autres princes latins pour défendre l'empereur Baudouin contre lesattaques de Paléologue ; niais ils ne réussirent qu'a retarder de quelques années la chute de l'empire de Constantinople. Obligé de mettre ses propres Etats à l'abri d'une incursion, le duc se rendit à Milo, que sa situation exposait davantage aux entreprises de Paléologue. Les Grecs en avaient déjà chassé les Latins et s'étaient emparés de la forteresse. Avec le secours de quelques aventuriers français, il reprit cette île, se contenta de punir les quatre principaux chefs de la révolte et fit grâce aux autres coupables. Pendant qu'il travaillait à réparer les fortifications de Milo, Sanudo mourut subitement, en 1263. Ses restes furent rapportés à Naxie et ensevelis dans le tombeau de son père. Il laissait deux fils, Guillaume et Marc. — SANUDO , l'aîné, monta sur le trône à l'âge de vingttrois ans. 11 signala son zèle pour le rétablissement de l'empire latin ; mais tous ses efforts et ceux des croisés furent inutiles par la division que la diversité d'intérêts amena parmi les chefs de l'entreprise. A l'exemple des Vénitiens, Guillaume venait de traiter luimême avec Paléologue, quand il mourut vers 128g. — SANUDO , son fils aîné, avait hérité de sa valeur. Elevé dans les camps des Vénitiens, il s'était fait avant l'âge la réputa-' tion d'un grand capitaine. 11 renouvela malgré lui l'alliance que son père avait faite avec l'empereur grec; niais il s'opposa de tout son pouvoir aux progrès du schisme, que protégeait Andronic, et défendit au patriarche de Naxie de prêcher ses erreurs. Nicolas se signala dans la guerre des Vénitiens contre les Génois; mais ayant été blessé dans un combat sur mer, il fut fait prisonnier et n'obtint sa liberté qu'a la condition de ne plus porter les armes contre Gènes. Il résolut alors de suivre l'exemple des chevaliers de Rhodes en faisant la guerre aux Turcs. Avec deux 'vaisseaux, il parcourut les côtes de l'Asie, enleva plusieurs bàtiments aux Ottomans, détruisit, pilla leurs établissements maritimes, et revint à Naxie chargé de richesses. 11 aida Benoît Zacharie, capitaine génois, à s'emparer de l'île de Scio, et mourut à 46 ans, sans postérité. — &MIN/ , son frère, lui succéda. Ce prince avait manifesté dans sa jeunesse son inclination pour l'état ecclésiastique , et il se disposait à recevoir les ordres, quand il fut appelé au trône ducal. Menacé par Marc , son frère cadet., prince entreprenant, il lui céda l'île de Milo et maria sa fille unique, nommée Florence, à Jean Carcerio, prince de Nègrepont, qui lui succéda dans le duché de l'Archipel. On peut consulter pour de plus grands détails l'Histoire des anciens ducs de l'Archipel Paris, 1698
  • Ange SIMONETTA( 1400 - 1472) : né à Caccuri en Calabre, vers l'année 1400, passa au service de François Sforza , auquel Polixène Ruffo avait apporté en dot cette terre et plusieurs autres fiefs. Devenu le secrétaire de ce condottière, qui avait pris le titre de marquis de la Marche , et, quelque temps après, il fut nommé gouverneur de Lodi. Dès que Sforza parvint au duché de Milan, Cecco fut pourvu de plusieurs fiefs, entre autres de la terre de Sartirana , dans la Lomelline. Sa fidélité, ses lumières et la généreuse protection qu'il accordait aux lettres et aux arts en avaient fait le personnage le plus influent dans l'Etat ; mais cette faveur excita la jalousie des courtisans, qui jurèrent sa perte et osèrent mème demander son renvoi. Le duc, qui ne pouvait se passer de ses services, répondait à ceux qui lui parlaient contre Simonetta qu'il aurait voulu avoir son portrait en cire, s'il était obligé de se passer de l'original. A la mort de François Sforza, Cecco continua ses fonctions sous GaléazMarie ; et lorsque celuici tomba sous le poignard , Simonetta fut au nombre de ceux qui, dans un moment aussi difficile, surent conserver la frau-- quillité publique. Il assista de ses conseils la duchesse Bonne de Savoie, qui administra pendant la minorité de son fils Jean Galéaz ; et il fit preuve de fermeté et de prévoyance , en profitant de la révolution excitée par les Fieschi à Gènes pour bannir de Milan ceux qui se proposaient de les imiter. Mais il ne l'emporta sur des ennemis puissants que pour être la victime des intrigues d'un ignoble adversaire. Un certain Tassino, de Ferrare, s'était emparé du coeur de la régente. Cecco méprisa d'abord l'amant de la duchesse, et ne s'aperçut du danger que lorsque ce favori eut obtenu le rappel des exilés , entre autres de Louis le Maure, le plus redoutable d'entre eux ; ce fut alors qu'il dit à la régente : Je perdrai « la tète , mais vous ne conserverez pas l'Etat. s En effet, peu de temps après le retour de Lodovic Sforza, ce vénérable ministre fut enfermé dans le château de Pavie et dépouillé de toutes ses propriétés, qui furent partagées entre ses accusateurs. Après avoir subi plusieurs fois la torture, il eut la tète tranchée, le 30 octobre 1480. — Jean SIMONETTA, historien, frère du précédent, partagea avec lui la faveur de François Sforza, auquel il fut trèsdévoué. Ferdinand , roi de Naples, lui donna, en 1460, l'investiture des fiefs de Roccella et de Motta di Neto en Calabre. Milan et Gènes lui accordèrent le droit de bourgeoisie, et le duc Galéaz-3larie lui fit présent de la terre de StGeorge , dans la Lomelline. Reconnaissant de ces bienfaits, qu'il tenait en grande partie du premier Sforza, il écrivit la vie et les exploits de ce guerrier, dont il avait été secrétaire intime. Enveloppé dans la disgrâce de son frère, il fut comme lui mis à la torture, et exilé à Verceil , en 1480. Louis le Maure respecta sa vie, n'osant pas envoyer à l'échafaud celui qui avait illustré la mémoire de son père. On ignore la date de la mort de cet historien ; on sait seulement qu'il dicta son testament en 1491 ; et l'épitaphe qu'on lisait dans l'église de NotreDame des Grâces à Milan fait supposer qu'il cessa d'être exilé à la fin de ses jours. Son ouvrage est intitulé De rebus gestis Francisci Sfortice ducis , libri 31, Milan, Zarot, 1480 et 1486 Muratori, qui l'a inséré dans les Scriptores rerum ital., vol. 21 , y a marqué les événements, en y ajoutant quelques renseignements sur l'auteur ; traduit en italien par Christophe Landino, ibid., 1490 et par Sébastien Fausto, Venise, 1543 La traduction de Landino fut aussi réimprimée à Venise, en 1544 8°. Cette histoire commence à la première arrivée d'Alphonse en Italie, en 1424, et se termine en 1466, à l'époque de la mort de François Sforza. Le 'style en est assez correct et les faits sont racontés avec une précision que l'on trouve rarement dans les ouvrages de ce temps. La bibliothèque de Paris possède le seul exemplaire de cet ouvrage, en latin, imprimé sur vélin. C'est celui que l'auteur destinait à Louis XI, et qui fut ensuite offert à Charles VIII. La même bibliothèque possède aussi l'exemplaire sur vélin de la traduction italienne de Landino, présenté à Louis le Maure, avec son portrait en miniature. Voyez pour d'autres renseignements Sassi, Historia typograph. niediol., et Argelati, Biblioth . script. mediol., vol. 2, part. 2.— Boniface SIMONETTA, neveu du précédent, s'étant embarqué dans un port de la Pouille pour rejoindre sa famille à Milan, tomba entre les mains des pirates, auxquels il parvint à se soustraire. il entra dans l'ordre de Cîteaux ; et fut élu abbé de StEtienne del Corno, au diocèse de Lodi. En 1480, année si fatale à sa famille , il chercha un refuge à Rome , et reçut l'hospitalité chez le cardinal Cibo, qui fut ensuite élevé à la tiare, sous le nom d'Innocent VIII. On doit à ce religieux : De persecutionibus christianoe dei et romanorum pontificum , Milan, 1492 réimprimé à Bâle en 1509. Cet ouvrage a été traduit en français par Octavien de StGelais, évêque d'Angoulême. L'auteur y présente l'état de l'Eglise, et les persécutions auxquelles elle a été exposée sous chaque pontife, depuis StPierre jusqu'à Innocent VIII. La narration est interrompue par l'insertion de deux cent soixantedixneuf lettres, la plupart. relatives à des objets étrangers au sujet. Simonetta a encore laissé un discours, De pare servanda, et plusieurs lettres insérées dans différents recueils. Voyez Sassi, Historia typogr. mediol., p. 343, et Litta, Famiglie celebri italiane, Milan, 1820
  • Ange VERGANI( 1700) : grammairien italien, né dans la seconde moitié du 18' siècle, était, suivant les uns, du Piémont même ou des environs de Gènes, selon les autres, d'Avignon, où l'italien avait non moins cours que le français, et qu'ha- bitaient quantité de familles italiennes. Celle de Vergaiii , la finale l'indique assez, était de ces dernières. 11 était assez fréquent alors que des jeunes gens mal dotés de la fortune, mais ayant reçu le bienfait d'une éducation scolaire dont le point de départ était l'étude des deux langues, allassent utiliser hors de leur cité natale, en France surtout , ce qu'ils savaient et pouvaient apprendre à d'autres mieux que personne. Telle fut la voie que suivit Vergani. Nous ne le suivrons pas dans ses diverses pérégrinations ;à Lyon, en Lorraine et ailleurs), pas, plus que dans ses situations distinctes, tantôt à la veille de commencer ou commençant une éducation particulière, tantôt revenant aux leçons en ville. S'exprimant parfaitement en notre langue, lucide, bref, s'entendant à merveille à simplifier les difficultés, il formait rapidement des élèves, et à son école l'apprentissage de la langue était de bonne heure attrayant, au lieu de n'offrir que ronces et épines. La renommée de cet enseignement simplificatif, s'il nous est permis d'user du terme le plus apte à peindre la chose, le fit admettre à donner des leçons d'italien à qui voulait les prendre au collége de la Marche. La révolution, en disloquant l'Université de Paris, ainsi que tant d'autres institutions du passé, dérangea l'existence si paisible de Vergani. On assure que, sans prétendre émigrer le moins du monde , l'exprofesseur du collége de la Marche passa le détroit et qu'il ne reparut en France que lorsque la réorganisation du pouvoir, au 18 brumaire, et les suites de la victoire de Marengo eurent fait renattre le culte de Cimarosa et de Paesiello. Le collége de la Marche exista longtemps encore après la chute du trône; seulement il changea de nom et s'appela Collée des Colonies, où l'on admit des élèves de couleur venus d'Amérique, pour prouver que la différence de couleur n'avait aucune influence sur les 'excites intellectuelles. L'exprofesseur d'italien 'fut gardé comme professeur d'anglais. C'est à la nécessité de parer au déficit des leçons qu'est due l'idée qui vint alors à Vergani de publier des ouvrages d'enseignement. Il commença modestement en 1804 par un remaniement de la vieille et inhument trop vantée grammaire de Veneroni. Bientôt, comprenant que la grammaire retouchée n'était pas de vente facile et courante, il donna d'autres éléments en son propre et privé nom. Puis, ce nom ayant conquis dans sa sphère une certaine renommée , vint l'ère des compilations, un peu plus lucratives pour lui et fort lucratives pour les libraires. 11 lui fut même demandé 'car il possédait l'anglais et il avait enseigné sinon l'anglais à des compatriotes, du moins l'italien à des Anglais, sans l'intermédiaire du français) d'élaborer ou plutôt de décorer de son nom des éléments de grammaire anglaise analogues à ceux de sa grammaire italienne. Le produit de ces ouvrages donna à Vergani quelque aisance. Il mourut vers 1813 à Paris. Voici la liste des publications qu'on lui doit, et dont il serait inutile ou fastidieux de détailler au grand complet toutes les réimpressions ou contrefaçons, les unes pures et simples, les autres avec modifications : 1° Grammaire de Veneroni , simplifiée et réduite à rings leçons arec des thèmes, des dialogues et un petit recueil de traits historiques en italien, à l'usage des commençants, Paris, an 8 ; 2° édit. , an 9 , etc. , etc. Bientôt il ne fut plus nécessaire , pour la vente , de garder inscrit en tète le nom du pseudoflorentin de Verdun, et il disparut du frontispice c'était justice. A Vergani reviennent de droit toutes les menues améliorations qui caractérisent son livre. Vergani peut etre nommé le Lhomond de la grammaire italienne. Perretti donnait vers le inème temps une grammaire à coup sûr plus minutieuse, plus philologique ; Biagioli, un peu plus tard, en élaborait une plus considérable et que certes l'appendice prosodique met hors de pair. Mais il s'agissait de savoir grâce auquel des trois grammairiens un élève au bout d'un temps donné saurait le plus d'italien et s'acquitterait le moins mai soit d'un thème , soit d'une version ; il nous semble que l'avantage ne resterait ni à l'un ni à l'autre des deux rivaux de Vergani. 2° Grammaire anglaise sinzplifiée et réduite à vingt et une leçons, nombreuses éditions dont seulement les premières par Vergani luimème , les 4° et 5• et beaucoup d'autres par Ilamonière, 1814 , 1820, 1825, 1829, 1833, 1836 et les dernières, depuis 1843, par Salder qu'on pourrait qualifier de Briecolani du Vergani anglais. 3° Trois petites chrestomathies italiennes, savoir : I. Barconti istorici messi in lingua j'ahana, etc., bien moins pâteux que les nouvelles de Franc. Soave, etc. , trèsfréquemment réimprimées, rééditées, réamplifiées ; w. .N'uora scella di Parole, norelle lettere e poesie italiane , ton un trattato della poesia ital. ; Vergani compense ici la langue que quelques juges seraient tentés de reprocher à son premier livre en le mettant en parallèle avec ta grammaire de Biagioli ; 3. liellezze della poesia italiana, tracte dai più celebre et posthume ; avec un traité de la poésie italienne et de courtes notes à l'usage des étrangers, par Pianesi, 1818 ; 4° une chrestomathie anglaise, une seule : l'nglish institutor, or usuful and intersaining passage in prose selected from the mort minent english writrrs and designed for the use and improrement, of chose who learn that language, Paris, an 9 et 2• ou 3° édit
  • Ange VERGÈCE : habile calligraphe, était né dans file de Crète. Son écriture grecque était si belle, qu'elle servit de modèle à ceux qui gravèrent les caractères de cette langue pour les impressions royales, sous François le'. Ce monarque, qui avait fait venir Vergèce de Venise, lui fit dresser le catalogue des manuscrits de sa bibliothèque, dont le nombre n'allait pas, en 1544, au delà de deux cent soixante. Les poinçons et matrices, ouvrages de Garamond , après avoir été regardés longtemps comme perdus, ont été retrouvés depuis à l'imprimerie nationale, par le savant de Guignes. Henri 11 fit copier par Vergèce le Cynegeticon ou poëlne de la chasse, d'Oppien, pour Diane de Poitiers. L'exemplaire, relié, portait d'un côté les armes du roi , de l'autre le portrait de sa maîtresse. C'est. d'après les caractères de cet Oppien que Robert Estienne fit graver les siens. On dit que le proverbe écrire comme un ange fut fait pour Vergèce, qui vécut jusque sous le règne de Charles IX. Au talent de si bien écrire, Vergèce joignait quelques connaissances. Il traduisit du grec en latin le traité de Plutarque : De fluriorum niontium nominibus, Paris, Ch. Estienne , 1556 Voy. le Die!. de Bayle. qui a écrit Ver- gerins , et celui de Prosper Marchand , au mot VERGÈCE
  • Ange VETTORI : médecin italien , sur lequel les biographes nationaux n'offrent que des renseignements incomplets. On conjecture qu'il llorissait à Rome dans le I 7. siècle , et qu'il y mourut avant l'année 1640. On a de lui : 1. De palpitatione , potite et médecin, était né, le 9.2 décembre 1697, à Ortiglia dans le Mantouan. Ayant achevé ses cours avec succès, il reçut le laurier doctoral, et partagea sa vie entre la pratique ib. son art et la culture des lettres. Ses Itinees , qui se distinguent par la pureté du style et la sagesse des pensées, lui ouvrirent les portes des princi- pales académies de l'Italie. Il mourut à Mantoue le 8 janvier 1763. On cite de lui : Un Recueil de poésies , Milan, 1744 réimprimé plusieurs fois; et une Histoire de la pire, Mantoue, 1756 Victor, marié deux fois, avait eu vingtcinq enfants, dont la plupart moururent en bas Age. Parmi ceux qui lui survécurent, quelquesuns cultivèrent la poésie, à son exemple, mais non pas avec le môme succès
  • Ange Martel : dit Étienne Martellange, architecte français
  • Ange Pitou : chansonnier et journaliste français

Ange année par année

Signe astrologique de Ange

Couleur de Ange

Pierre précieuse de Ange

Chiffre de Ange

Métal de Ange