Le prénom Vincent Masculin

Origine :

Fête :

22 Janvier

Signification de Vincent

Le prénom Vincent tire ses origines du latin Vincentius.
Vincent est un homme courageux. Il n’a peur ni des chemins tortueux ni de s'exprimer. Hyperactif, il ne tient pas longtemps en place. Il veut être dans le feu de l’action et fait tout pour atteindre ses objectifs. Il accorde beaucoup d’importance aux valeurs familiales. Loyal en amitié, il respecte la vie privée et les secrets de ses amis.
Le prénom Vincent est porté par un grand nombre de célébrités notamment Vincent Van Gogh, dessinateur et peintre néerlandais, et Vincent Rouil alias Vincent Lagaf’, humoriste français. Ce dernier est également connu en tant que réalisateur de film.

Personnalité de Vincent

Leur volonté est inébranlable et leurs principes moraux très rigoureux. Ils sont tolérants, voire indulgents. Fiers de leur personne, assez orgueilleux, courageux et déterminés, ce sont des passionnés. Ils s'intéressent à tout ce qui touche à la spiritualité. Ceci ne les empêche pas d'être pragmatiques. L'amour est pour eux un sentiment grave avec lequel on ne badine pas. Ce sont plutôt des solitaires, mais qui restent toujours ouverts et accueillants.

Provenance du prénom Vincent

Histoire de Vincent

Etymologie de Vincent

Les Vincent célèbres

  • Vincent AMATO : gentilhomme de Cantazaro, ville du royaume de Naples, publia , en 1670, des Mémoires historiques de sa patrie, qu'il appelle rififis- trissima, famosissima e fedelissima citai di Canta- zaro.— Un autre Vincent Am ATO, Sicilien, né en 1629, fut un savant compositeur de musique, et a laissé 10 Sacri Coneerti, à deux, trois, quatre et cinq ?ou, avec une messe à trois et quatre, Palerme, 1656 ; 2° ', fessa e Salmi di vespro e compieta, à quatre et cinq voix , ibid. ; 1656 ; 30 l'Isauro , opera di l'icelui° d'Amal°, Aquila, 1664
  • Vincent AURIA( 1625 - 1710) : poète et historien, naquit en 1625 à Palerme, d'une illustre famille qui prétend descendre desj Doria de Gènes. Il était fils de Frédéric et neveu de JeanFrançois Auria, deux jurisconsultes qui s'étaient acquis une assez grande réputation par divers ouvrages maintenant oubliés. Après avoir terminé ses études en droit, Vincent reçut le laurier doctoral en 1652, à Catane, et l'on s'attendait à le voir briller au barreau ; mais il abandonna bientôt la jurisprudence pour se livrer à la culture des lettres. ll fut pourvu de la charge de chancelier du royaume de Sicile, et mourut à Palerme, le 6 décembre 1710, dans un âge avancé. Les ouvrages d'Auria sont trèsnombreux. On en trouve la liste dans la Bibliolh. Sicula de Mongitore, t. 2, p. 274. Les suivants sont les seuls qui soient encore recherchés : 1° Dell' Origine ed Anlichila di Cefalu, cilla di Sicilia , notifie hisloriche , Palerme, 1656 Cet ouvrage est rempli d'érudition. Il a été traduit en latin et inséré par Sigeb. Ilavercamp, avec des notes, clans le Thesatt•. Sieilice, t. 14. 2' La Gioslra, discorso hislorico, ibid., 1690 C'est une dissertation sur l'origine des tournois, dans laquelle l'auteur donne quelques détails sur ceux qui ont été célébrés en Sicile. 5° Historia cronologica de' vicere da Sicilia, dell' anno 1409, ibid., 1697 ouvrage plein de recherches et trèsutile à consulter. e La Verita storica svelala , ib., 1702 : c'est la défense des illustres Siciliens que Philadelplie Mugnoz avait traités avec trop de ménagement dans son Nuovo Laerlio. 5° La Sicilia inventrice , ib., 1704 Auria fait honneur à ses compatriotes d'une foule d'inventions et de découvertes que d'autres nations seraient fondées à réclamer; mais l'ouvrage n'en est pas moins curieux. L'éditeur Mongitore y a fait des additions. On a d'Auria quelques canzone dans le dialecte sicilien, insérées dans les Rime di Poeli siciliani, 3 vol. collection rare publiée de 1647 à 1655. Mais il a laissé plusieurs volumes de vers latins et italiens, qui, malgré les éloges de Mongitore, n'ont point trouvé d'éditeur. Parmi ces ouvrages manuscrits, on distingue : Discorso istorico dell' origine de' parlamenti e de' loro donalivi net regno di Sicilia, que l'on dit plein de recherches. Outre la Bibliolh. Simla, on peut consulter sa vie par Mongitore, traduite en italien et insérée par Crescimbeni dans les Vite degli Arcadi illustri, t. 5, p
  • Vincent BARRAL : né à Nice, embrassa la vie monastique dans l'abbaye de Lérins, et y fit profession le 12 mars 1577. Il reçut le bonnet de docteur en théologie, fut fait abbé titulaire, et mourut à Palerme, en Sicile, au monastère de StBenoît. On a peu de documents sur la vie de ce religieux ; mais la compilation dont il est l'auteur doit sauver son nom d'un injuste oubli. Cette compilation a pour titre : Chronologia sanctorum et aliorum virorum illustrium ac abbatum sacrce insulte Lerinensis, etc., sumptibus P. Rigaud, Lyon, 1615 Située sur la côte de Provence, au midi de Fréjus et d'Antibes, l'île de Lérins occupe une grande et belle place dans nos fastes ecclésiastiques; elle fut, au 5° siècle, la retraite où se formèrent les saints, le séminaire d'où sortaient les grands évêques des Gaules, et l'académie où s'élevaient les savants. St. Honorat, qui plus tard occupa le siège d'Arles, avait fondé un monastère à Lérins vers l'an 410; là venaient se réfugier, comme dans un port assuré et propice à tout le monde , les hommes qui portaient dans le coeur quelque triste plaie, ceux qui avaient senti ce coeur brisé par quelqu'une des peines de la vie, ceux qui se trouvaient agités de cette inquiétude sans but qui souvent précède de grands maux. Bientôt, avec l'immense concours des solitaires que recevait cette paisible retraite, l'Occident put se vanter aussi de sa Thébaïde, qui, dans ses sages institutions, rappelait quelque peu les règles et les statuts des Pères de l'Égypte. « Quelle assemblée de saints, dit Eucher, « quelle famille de pieux personnages n'aije point « vue là I » Le même auteur fait un magnifique éloge tant de Lérins que des cénobites qui la peuplaient. Césaire d'Arles, Homélie 25 ; Hilaire, Oraison funèbre de St. Honorat ; Sidoine Apollinaire, Lettre à Faustus , et d'autres écrivairiS qui avaient passé par cette solitude, épuisent pour elle toutes les formes de la louange. Or, Barrai, dans sa Chronologie, s'est proposé de réunir, comme en un seul faisceau, toutes les richesses littéraires qui se rattachent à Lérins. Son livre nous offre•donc la vie de St. Honorat, les oeuvres de Salvien, le Commo- nitorium de Vincent, etc., quelques pièces de vers, des hymnes, et des notices intéressantes. Tout cela, s'il faut le dire, n'est pas trèsbien réparti ; il y a confusion, embarras des matières; les textes, pour l'ordinaire, manquent de pureté ; mais, en somme, la Chronologie de Barral peut être fort utile à ceux qui s'occupent d'antiquités ecclésiastiques ; et l'on y trouve des documents que l'on chercherait vainement ailleurs. Un article assez étendu sur Barral est inséré dans la Bibliotheca Benedictino- Cassinensis d'Armellini, t. 2, p. 16 , et dans D. Ziegelbauer, In port um religionis candis semper lidissimum ; S. Beata et felix insula Lerinensis, qua quum parvula et plana esse videatur, innwnerabiles tamen montes ad ccelum misisse cognoscitur. Fratribus insinuans quantos illa insola plana Niserit iu coelum montes ,.. Historia rei litterarice ordinis S. Benedicti, t
  • Vincent BARTOLUCCI( 1753 - 1823) : né à Rome, de parents pauvres, le 22 avril 1733, et orphelin de père dès le berceau, avait pour mère une femme de coeur et d'esprit, qui dirigea sa première éducation et l'anima à l'étude en lui rappelant le nom de Jules Bartolucci ou Bartolocci , religieux de StBernard, qui s'était fait une haute renopimée d'érudition. Le jeune \* jurent Bartolucci lit des progrès rapides, et eut le bonheur d'obtenir la protection de l'abbé comte Gregory 11Iarcorengo, avocat à la rote romaine. Ce fut sous la direction de ce savant prélat qu'il termina ses études de droit civil et de droit canon à l'université dite la Sapirn: a, et qu'il débuta de la manière la plus distinguée au barreau de Rome. Il fut élevé par le pape Pie VI à la place La gravure ainsi nommée représente lo sommeil de l'enfant Jésus contemple par sa mère, d'après Annibal Carrache. Le méme sujet :avait déjà été gravé par Henzalman, ainsi que par Picart le Romain. La suite de portraits des personnages illustres du temps d'Henri VIII, gravés et imprimes en couleur par Bartolozzi, d'après Holbein, est encore recherchée des amateurs. premier président de la cour impériale de Rome. En février 1811, il l'appela à son conseil d'Etat en service ordinaire. Bartolucci fut bientôt distingué par l'empereur qui, présidant souvent le conseil d'État, put apprécier ses connaissances profondes et positives en jurisprudence ; il le chargea de rapports sur des lois importantes, et le récompensa par les titres de comte et de commandeur de l'ordre de la Réunion. Dans cette position, Bartolucci qui se trouvait en rapport journalier avec les ministres, fut à même de rendre au département de Rome des services importants. A la restauration, Bartolucci, de retour à Rome, fut rendu par Pie VII à ses fonctions d'avocat fiscal. Le cardinal Consalvi, ministre d'Etat, le chargea de la rédaction du décret par lequel ce pontife rendit aux séculiers les places dans la magistrature des légations, et réforma la procédure vicieuse des tribunaux , en diminuant le nombre de ceux d'exception, qui se montaient à vingtquatre, en sorte que chaque dignité, chaque profession avait son tribunal spécial , ce qui éternisait les procès. Doué d'un coeur sensible , Bartolucci dans sa prospérité se montra toujours reconnaissant envers le prélat Grégory, son premier protecteur. Il mourut à Rome, en 1825. G—G—Y et D—R—R.
  • Vincent BELLINI( 1802) : La plupart des biographes placent la naissance de ce compositeur au 28 septembre 1804, d'autres la retardent jusqu'en 1808; des renseignements plus exacts pris sur les lieux mêmes nous apprennent qu'il était né le 1" novembre 1802, à Catania, ville située au pied de l'Etna, et con' struite sur les laves éteintes de cet immense volcan. Son père, Rosario, était musicien fort médiocre, et l'on en peut dire autant de son grandpère, qui pourtant avait été élève du célèbre Piccinni, Ce fut celuici qui dirigea les premiers pas du jeune Vincent, car Rosario ne destinait point son fils à suivre sa profession ; il le réservait, disaitil, pour une plus noble carrière. Heureusement cette idée fut abandonnée, et l'on obtint qu'il fût envoyé à Naples aux frais de la commune, pour y étudier la composition. En conséquence il entra au collége de musique en 1819. Son application et l'aménité de son caractère ne tardèrent pas à lui faire obtenir une place gratuité dans cet établissement, héritier des attributions, mais non pas de la gloire des anciens conservatoires napolitains. Les premières études de comme l'a cru Warton, mais dans ces petites éminences qui se trouvent sur la langue de tous les animaux. G—É. Ou ne trouve cependant pas dans ce recueil ses deux lettres italiennes au savant Antoine Vallisnieri ; la première où il explique comment l'air pénètre dans les oeufs, et la seconde qui a pour objet l'introduction de l'air dans notre sang : elles sont dans les vol. 2 et 4 du journal de' litteroli d'Italia. Bellini a composé en mire lu Bucehereide, Florence, 1729 Ce poéme original et bizarre ne fut imprime qu'après la mort de l'auteur. Il est divisé en deux parties, dont la première est une espèce de dithyrambe, et la seconde est subdivisée en quatre autres, le tout précédé d'un discours en prose nonmoins original que le poême. Dans celuici, le ton est tantôt badin et tantôt sérieux, et, au milieu des plaisanteries, l'on y trouve souvent des traits de philosophie, de morale et de l'érudition la plus relevée. C'est, si l'on veut, un poème à demi burlesque; mais il ne faut pas Aire médiocrement instruit pour le gui ter, et nem pour l'entenore. Les sonnets et autres poésies de Bellini sont répandus dans plusieurs recueils, et l'on trouve dans le vol. Er, part. 5 des Prose florentine, trois lettres de lui, pour la défense d'un de ses sonnets accusé au tribunal de l'académie de la Crusca, dont il était membre. Il y montre une grande connaissance des finesses de la langue et de la poésie toscane ; exemple commun dans la littérature italienne d'une réunion des sciences et des talents littéraires, qui place à un rang inférieur les savants qui ne sont que savants. G.É. Bellini semblèrent n'avoir aucun but déterminé; il ne montrait en général qu'une capacité médiocre, aussi commençatil le chant et divers instruments sans faire, comme exécutant, de notables progrès. On ne le remarqua au milieu de la masse des élèves que lors de ses premiers essais de composition. Il - travailla d'abord pendant deux ans avec Giacomo Tritto, élève de Durante, et auteur de deux ouvrages didactiques peu importants ; ce maître était alors presque nonagénaire, et mourut en 1824; Bellini passa sous la direction de Zingarelli, qui paraît l'avoir souvent négligé, le trouvant paresseux et inappliqué, et lui reprochant surtout sa manière d'écrire superficielle et incorrecte, qui, disaitil, ne pouvait le conduire à rien. C'était s'exprimer d'une manière bien absolue, et l'auteur de Romeo avait ici le tort assez ordinaire des vieux professeurs, qui, n'envisageant l'art que sous un seul aspect, confondent le style avec l'imagination. L'élève essaya, pour se former le goût et apprendre à connaître les effets, de mettre en partition des quatuor de Mozart ou de Haydn; mais le courage l'abandonnait le plus souvent au milieu de ce travail, qui aurait pu être si fructueux, et qui en somme fut presque perdu pour son instruction. On a imprimé que Bellini avait été chassé du conservatoire par Zingarelli précisément pour s'être adonné au travail dont on vient de parler : cette opinion n'a aucun fondement. Tout au contraire, l'élève, pendant les dernières années de son séjour au collége royal de musique, devint maestrino dans l'établissement, ce qui correspond à ce que nous appelons répétiteur. Il est fort remarquable que ses premiers essais aient été des morceaux de musique instrumentale : on connaît de lui quinze symphonies et plusieurs petites pièces pour flûte, clarinette, piano, etc.; tout cela n'est pas même d'une satisfaisante médiocrité. On en peut dire autant de trois messes avec orchestre et d'une douzaine de psaumes, le tout écrit pendant son séjour au collége. Ces compositions , empreintes d'une facilité fort négligée, trahissaient à chaque instant le peu d'instruction de l'auteur, sans offrir rien qui s'écarta notablement des formes reçues : néanmoins elles donnaient des espérances, et furent favorablement accueillies ; la bienve?nance des amateurs se trouvait naturellement encouragée par le caractère aimable de Bellini et l'affection que lui portaient ses camarades. Mais ce ne fut qu'au moment où il quitta le conservatoire, qu'il fut possible d'entrevoir son avenir. Le petit opéra d' Andelson et Salvina, donné en 1825 dans le local même du collége, lui fit de nombreux partisans, en même temps qu'un autre succès lui procurait l'avantage de débuter dans la carrière dramatique avec un éclat peu ordinaire. Un usage fort louable veut qu'à Naples le plus considéré des maestrint, quelque temps avant sa sortie du collége, reçoive, pour la mettre en musique, une cantate destinée à être chantée, sur le grand théàtre de SanCarlo, à l'une de ces fêtes appelées grau gala, qui ont lieu aux anniversaires de la naissance des membres de la famille royale et à autres jours consacrés par l'usage à ces sortes de solennités , qui réunissent tout ce que la ville de Naples offre de plus illustre et de plus opulent. On conçoit qu'après avoir obtenu les suffrages d'une pareille assemblée, on peut aspirer à d'autres succès; or, celle qui entendit la première fois la cantate d'Ismene reçut si favorablement cet essai, que le directeur du d'atm, qui était alors Barbaja, sentant qu'il avait épuisé tout le suc des belles compositions qui devait à peine survivre une année au compositeur et mourir plus jeune que lui, et, comme lui, à l'apogée de sa gloire. Bellini n'écrivit rien durant le cours de l'année 1832 , il voulait revoir sa patrie et ses amis ; il se rendit donc d'abord à Rome, puis à Naples et en Sicile. Partout il reçut l'accueil que méritaient ses talents et son caractère ; toutes les bouches répétaient le nom et les airs du jeune maitre qui avait su se créer un style à lui propre : jamais novateur n'avait obtenu des succès moiris contestés, jamais les acclamations, 1 compagnes des triomphes, n'avaient retenti avec ' plus d'ensemble et d'unanimité. Telles étaient les dispositions du public, lorsque Bellini se rendit à Venise et donna, pour le carnaval de 1855, l'opéra de Beatrice di Tenda, qui fut joué au théàtre de la Fenice et assez froidement reçu ; cet ouvrage s'est un peu relevé plus tard ; mais à l'exception de Fin, troduction et de quelques passages, il est en général faible, et l'on ne saurait partager l'opinion de son auteur, qui le regardait comme son chefd'oeuvre. Un travers assez commun chez les compositeurs et les poêles est de se montrer mauvais juges de leurs propres travaux, et témoigner de la prédilection pour les ouvrages où ils sont restés inférieurs à euxmêmes. Le peu de succès de la Beatrice fut bientôt oublié. 11 était réservé à Bellini d'obtenir un honneur inusité jusqu'à lui, et qui devait puissamment contribuer à sa fortune et à sa réputa- tion. La direction du TheitreItalien de Paris, lasse des succès douteux de quantité de pièces empruntées aux théàtres de la péninsule, et ne pouvant plus alimenter la scène des seuls opéras de Rossini, résolut de faire composer expressément un ouvrage nouveau, et s'adressa naturellement au compositeur le plus en vogue. Bellini fut donc mandé pour écrire la musique des Puritani di Scozia. Avant de commencer cet ouvrage, qui devait être le dernier, il voulut étudier le goût des Parisiens, et ne négligea aucun des moyens d'obtenir leurs suffrages; il y réussit par suite d'une application dont il sentait la nécessité, et qui lui fournit les ressources nécessaires pour donner à son nouvel opéra un cachet particulier qui le différenciait jusqu'à un certain point de ses compositions antérieures. Les efforts du mu' sicien, admirablement secondés par ceux des meilleurs chanteurs lyriques de l'époque, furent couron' nés du plus beau succès. Bellini fut alors nommé membre de la Légion d'honneur, et reçut du gouvernement les marques de distinction les plus fkuteuses. La direction de l'Académie royale de musique prit avec lui des arrangements pour un opéra français ; il devait, après l'avoir mis en scène, retour- ner dans la ville qui avait applaudi à ses premiers débuts, et composer un autre ouvrage pour le théâtre SanCarlo ; mais une mort prématurée vint terminer sa courte et brillante carrière. La constitution de Bellini avait toujours été délicate ; le travail obstiné auquel il se livra pour la composition des Puritani, peut—être le changement de climat, de régime et d'habitudes, peut-être aussi un peu trop de goût pour le plaisir, telles furent les causes qui précipitèrent la fin de ses jours. On avait craint qu'il ne fût attaqué de phthisie ; il parait cependant que ce fut une maladie intestinale qui le conduisit au tombeau. Il mourut le 23 septembre 1855, dans le viltage de Puteaux, où il s'était établi pour échapper à l'excessif fracas de la capitale. Le caractère de Bellini fut toujours honnête et bienveillant; sa physionomie était des plus agréables, sa taille moyenne et bien prise ; il avait les cheveux blonds, et ses yeux Meus respiraient la douceur et la sensibilité ; en un mot, l'aspect habituel de son visage annonçait cette douce mélancolie de Pine, ce rêve perpétuel d'un bonheur inconnu qui semblent se reprod uire dans plusieurs des morceaux qu'il a écrits. Si l'on veut bien déterminer le caractère distinctif de ses compositions, on ne risque rien de généraliser ; car, à l'exception de ses deux premiers opéras, que l'on ne cite que pour mémoire, Bellini n'a eu véritablement qu'un seul genre, qui commence au Pirata et ne change plus ; les différences assez notables que l'on remarque en rapprochant Norma et les Puritani de ses autres pièces ne sont pas assez importantes pour constituer ce qui s'appelle une manière. Pour bien se rendre compte de la nature du talent de notre auteur, il faut reporter ses regards sur la situation de la musique scénique en Italie lors de ses premiers débuts dans la carrière. Les compositions de Rossini avaient fait à juste titre, pendant quinze années, les délices de l'Europe; mais, comme il arrive presque toujours, ses imitateurs n'avaient produit, à bien peu d'exceptions près, que des copies faibles et décolorées dans lesquelles se montraient à découvert le défaut d'invention, la mesquinerie (les formes et des proportions. Bellini comprit cela et jugea qu'une musique dont le mérite principal consisterait dans la juste expression (les sentiments, et dont l'effet se lierait immédiatement à celui des paroles et s'identifierait en quelque sorte avec cellesci, pourrait être gatée d'un public depuis longtemps étourdi, assourdi et presque absorbé par cette multitude de combinaisons instrumentales, qui, mises en oeuvres par d'inhabiles mains, avaient fini par n'ètre plus que du bruit. Quant à la forme particulière de ses mélodies, il ne fit autre chose que se souvenir des charmants airs de sa patrie, que le séjour de Naples ne lui avait pas fait oublier; c'était beaucoup se restreindre, mais son but était manqué s'il eût trop élargi le cercle qu'il traçait autour de lui. En effet, le principal mérite des méloiiles de Bellini consiste dans une pensée d'un petit nombre de mesures qui ne recevra, d'ordinaire, ni complément ni développement , elle restera nue, isolée, sans autre point d'appui et de jonction que les paroles qui l'auront inspirée; elle n'aura ni nuances ni gradations; elle ne sera ni sublime ni pompeuse ; quelquefois même on pourra lui trouver de la trivialité; mais tous ces défauts, elle les rachètera par une qualité inappréciable, la justesse et la vérité. L'expression musicale, chez Bellini, vous apparaîtra toujours telle qu'elle est réellement en lui—même, telle qu'elle s'est offerte d'abord à lui et telle qu'il l'a sentie; il vous faut la sentir comme lui, et vous croiriez qu'elle vous appartient, car il ne l'a séparée de vous que par un cristal transparent qui, sans la grossir ni l'amoindrir, sans lui apporter la moindre modification, la laisse simplement briller de son propre éclat. Cette pensée primitive, qui est tout chez notre compositeur, lui suffit pour captiver un auditoire, et son expression vraie se trouve en même temps si claire qu'elle peut être aisément saisie de tout le monde. Estelle livrée à un artiste doué d'un bon sentiment, et dont la corde expres- sive vibre à l'unisson de celle du compositeur, l'expression fournie par celuici se prête aisément à devenir touchante et même sublime, uniquement parce qu'elle est parfaite de justesse et de vérité. 11 faut convenir du reste que, à cet égard comme à tant d'autres, Bellini s'est trouvé singulièrement favorisé par les circonstances qui l'ont placé, dès le commencement, entre un poile, homme d'esprit et (le goût, et les plus habiles chanteurs de l'époque. Il est incontestable qu'il doit beaucoup à ceuxci, et il serait ridicule de n'en pas convenir ; aussi c'est en grande partie l'exécution irréprochable des Puritani qui a fait mettre cet ouvrage sur la même ligne que Norma, auquel il est réellement fort inférieur, quoique beaucoup plus travaillé, et quoique l'on reconnaisse à chaque instant les efforts du compositeur pour se déprendre (le ses habitudes et pour éviter ses négligences. En effet, les incorrections abondent dans les partitions de Bellini ; en général, son orchestre est d'une maigreur, d'une stérilité qui ne peut s'excuser que par des enthousiastes, mais peut-être ses mélodies ontelle gagné à être présentées dans cet isolement : il eût fallu, pour bien faire, qu'il se fût créé un système d'orchestration analogue à son système de chant déclamé ; or il n'était pas assez habile harmoniste pour cela. Comme mélodiste, il mérite aussi de graves reproches; ainsi, à peine a - t- il exposé sa pensée, qu'il l'abandonne surlechamp . le voilà errant à l'aventure jusqu'à ce qu'il trouve le moyen de ramener son motif, qui reparaîtra sans que le moindre artifice harmonique vienne en l'éveiller l'intérêt. 11 ne comprend aucunement l'effet vocal du trio, du quatuor, etc., ces beaux ensembles qui abondent dans les partitions de Rossini, et que l'on retrouve encore quelquefois chez ses imitateurs, ne se rencontrent jamais dans Bellini. Ses morceaux, quelle qu'en soit l'espèce, sont parfois hachés, écourtés, mal ménagés ; ses parties chantent bien, en général, mais d'une manière trop peu variée ; enfin, il se dispense sans façon d'écrire des ouvertures. Bellini n'a donc été ni grand harmoniste ni grand mélodiste; le mérite qui lui est propre est celui d'une expression simple, juste, claire et précise. Aussi, quoique ses ouvrages aient contribué à modifier le système lyrique des Italiens, il n'a point fait et ne pouvait faire école. On impose des règles et des habitudes aux élèves , on ne saurait leur donner une organisation, et c'est à la sienne seule que Bellini a dû toutes ses inspirations, tout ce qui, dans la musique, est vraiment à lui, tout ce qui a fait le charme et le succès de ses compositions
  • Vincent BENINI( 1713) : médecin, né à Bologne en 1715, finit ses études à Padoue, et y fut reçu docteur. En exerçant la médecine, il ne cessa point de cultiver les lettres , et surtout la poésie italienne. Il traduisit en vers libres la Syphilis de Fracastor. L'imprimeur Comino préféra cette traduction à plusieurs autres qui avaient été faites du même poénte, et l'inséra à la fin du 2e volume de son édition des poésies latines de Fracastor, de Fumano, et du comte Nicolas d'Arco, 1739, 2 vol. Une autre traduction italienne de la Syphilis parut à Bologne en même temps ; l'auteur, nommé Sébastien degli Antonj, qui était aussi médecin, critiqua celle de son concurrent ; mais l'avantage est resté à la traduction de Bellini. 11 a aussi publié des notes sur le peine de la Collivazione de Louis Alamanni, Padoue , 1745 et des notes latines sur les œuvres de Celse, insérées dans le 2' vol. de l'édition de cet auteur et de Sainmonicus , Padoue, Comino, 1750
  • Vincent BIGNOTTI( 1764 - 1831) : à Verceil, en 1764, fils d'une pauvre veuve, fit ses premières études dans sa patrie, et obtint une bourse au collége royal des Provinces à Turin. En 1788, il fut reçu docteur en théologie, puis nommé chanoine de la métropole de Verceil. Orateur distingué, il fut chargé , en 1806, d'un Discours sur le rétablissement de la religion pais l'empereur Napoléon, imprimé à Verceil 11 a publié les ouvrages suivants en italien : 1° Collection de poésies diverses, 1784 et 1787, ; e le Baume salutaire, ou Réflexions philosophiques et morales: 50 Éloge du bienheureux Amédée, duc de Savoie, à l'occasion de la solennité célébrée le 20 avril 1823, pour la translation du corps de ce prince dans une châsse d'argent de 50,000 francs donnée par le roi CharlesFélix ; Verceil, 1825 L'orateur dit qu'au 12° siècle on se disputait les os et les cendres des saints sans se soucier de l'or ou de l'argent, mais que les voleurs du 18° méprisèrent les reliques en s'emparant des ornements précieux. Bignotti fut victime du jeûne et des privations qu'il s'imposait par dévotion : il mourut en 1851, et fut enterré, par une distinction particulière, dans la cathédrale de Verceil. G—GY
  • Vincent BEROALDO : fils de Beroaldo l'ancien, n'est mis au nombre des écrivains bolonais que pour avoir fait une explication de tous les mots employés par le Bolognetti, dans son peine intitulé il Costante. Bolog,netfi était frère utérin de Beroaldo. Celuici écrivit son explication sur un manuscrit original du poème, qui était en 20 chants. 11 mourut en 1557, et laissa ce manuscrit entre les mains d'un de ses amis, nommé JeanBaptiste Maltacheti ; niais le Costante, qui ne fut imprimé qu'en 8 chants, en 1565, ne l'ayant encore été qu'en 16, en 1566, Maltacheti ne jugea à propos de publier de l'explication laissée par son ami que ce qui regardait ces 16 premiers chants. Il la fit paraître sous ce titre : Diehiarazione di Pale le voci proprie del Costante, poema di Francesco Bolognetti , Bologne, 1570, 4° . Ni les 4 derniers chants du poème, ni leur explication, n ont jamais été imprimés
  • Vincent BORÉE : jurisconsulte savoisien, s'était fait quelque réputation par ses productions littéraires. Elle diminua insensiblement, dès qu'il eut publié le Florus de 10 maison de Savoie, Lyon, 1654, ouvrage qui fut supprimé. C'est probablement au même auteur que l'on doit les Princes victorieux, tragédies françaises, Lyon, 1627 Ces tragédies sont : Rhodes subjuguée par Aimé V, comte de Savoye ; Béral victorieux sur les Genevois ; Tomyre victorieuse, _ Achille victorieux. Les trois dernières sont dédiées à des privtces de Savoie. On trouve à la suite la Justice d'amour, pastorale, et les Peintures morales, non drame, c'est un recueil de plusieurs pièces en prose et en vers
  • Vincent BOURN : poète anglais, mort le 2 décembre 1747, associé du collége de la Trinité , Cambridge, est auteur d'Un volume de p oésies latines, imprimé d'aborq qimprimé en 1772. C'est un recued de petites pièces de vers, moitié sérieuses, moitié badines, qui est fort estimé des amateurs de poésie latine. C'est une chose fort rare, a dit un bon juge, qu'un auteur toujours amusant et toujours moral, qui vous fait rire sans que ce soit aux dépens de personne. — Samuel BOURN, théologien anglais du 18" siècle , l'un des pasteurs des congrégations réunies des dissidents à Birmingham et à Coseley, mourut à Norwick, en 1796. Il est auteur de sermons estimés. On a publié, en 1808, les Mémoires du revérend Samuel Boum, etc., avec ton appendice
  • Vincent BORGHINI( 1515 - 1580) : savant bénédictin, naquit à Florence , d'une famille noble, le 29 octobre 1515. Entré dans l'ordre de StBenoit avant seize ans , il fit profession , l'année suivante , le 24 juin 1552, et se livra avec tant d'ardeur à l'étude des langues anciennes et de la philosophie , qu'il devint sujet à des maux d'estomac , pour lesquels il fut, pendant plusieurs années, entre les mains des médecins. 11 fut appelé de bonne heure aux emplois de l'ordre qui exigeaient le plus de capacité. 11 était prieur du monastère de Florence, lorsque le granddue, Cosme 1", le mit, en 1552, à la tète de l'hôpital de SteMarie des Innocents. Les services qu'il rendit dans cette place justifièrent amplement le choix du prince. Il paya les dettes, augmenta les revenus , répara les bàtiments , en fit de nouveaux, réforma les abus, et opéra, dans le régime intérieur de cette maison, des améliorations de toute espèce. Cette conduite lui mérita l'estime générale, et celle , de toute la famille du grandduc. Alexandre de Médicis , nommé archevêque de Florence en 1574, étant obligé de rester à Borne , lui donna sa procuration pour prendre possession de cet archevêché. François , successeur de Cosme I", lit plus , il lui offrit l'archevêché de Pise. Borghini refusa , et , se sentant utile où il était , aima mieux y rester. Il mourut le 15 août 1580 , et fut enterré avec beaucoup de pompe dans l'église de cet hôpital , qu'il avait administré pendant près de trente ans , avec tant de zèle , de désintéressement et de lumières. C'était un des hommes les plus savants qui vécussent alors à Florence. 11 était lié d'amitié avec la plupart d'entre eux , principalement avec Pierre Vettori , Varchi, Valori, Torelli , et Léonard Salviati. Le Tasse avait pour lui la plus haute estime, et le consultait sur ses ouvrages. Son portrait est un de ceux qui ornent les voûtes Borghini eut la principale part à ce travail; et on le , croit, de plus , le seul auteur des Annotazioni e Discorzi qui parurent l'année suivante , au sujet de cette correction. 11 était aussi trèsinstruit des principes des arts, et son goût éclairé inspirait tant de confiance aux peintres et aux architectes les plus habiles, qu'ils lui soumettaient leurs dessins et leurs plans. C'est ce qui engagea le grandduc Cosme à le choisir pour son lieutenant , ou viceprésident, dans la célèbre académie del Disegno. On n'imprima de lui qu'après sa mort deux volumes de discours importants pour l'histoire de Florence , et qui parurent sous ce titre : Discorsi di monsig. D. Vincenzo Borghini, parte prima, recati a lace da' deputati per suo testamento, Florence, 1584 Ce volume contient sept discours, savoir : de l'Origine de la ville de Florence ; de la Ville de Fiesole ; de la Toscane et de ses villes ; des Municipes et Colonies des Romains ; des Colonies latines ; des Colonies militaires ; des Fastes romains ; et de la Manière de citer les années. — Discorsi , etc., seconda parte, Florence , 1585 Ce 2' volume n'a que cinq discours : des Armes et des Familles florentines ; de la Monnaie florentine ; si Florence fut détruite par Attila et reconstruite par Charlemagne; si l'empereur Rodolphe rendit à Florence sa liberté; de l'Église et des eéques de Florence. On a recueilli plusieurs de ses lettres , qui sont des espèces de traités sur les arts et sur d'autres objets, dans les Prose Fiorentine, clans les Lettres sur la peinture, la sculpture et l'architecture , et clans d'autres ouvrages de ce genre. G-É
  • Vincent CABOT : jurisconsulte du 16e siècle, né à Toulouse, disputa, à l'âge de vingtquatre ans, une chaire de droit canon à Paris. Sur sa réputation , il fut appelé à Orléans par l'université, et pendant quatorze ans , il y professa le droit public et privé. Sa célébrité toujours croissante le fit rappeler dans sa patrie par Dufaur de StJorry, premier président du parlement de Toulouse. 11 y remplit pendant vingtdeux ans la chaire confiée à ses soins, avec d'autant plus de succès qu'il cherchait moins à montrer son savoir qu'à le communiquer à ses élèves. Léonard Campistron rapporte qu'il disait à ceux qui auraient désiré plus d'ornement et d'éloquence dans ses leçons « qu'il était seulement « gagé du public pour enseigner avec fruit, et non « pour paraître vainement éloquent ou savant. » 11 ne méprisait pourtant pas l'éloquence; mais il préférait une clarté simple à la pompe des paroles. Il mourut au commencement du 17e siècle. On a de I riui : 1° Laudatio funebris D. Michaelis Violeei, Or- léans, 159'2 2 Variorum juris publici et pri- vati Dissertationum libri duo, Orléans, 1598 50 Un Traité des bénéfices , que J. Doujat publia en 1656 sous le nom de J. Dut, et dont il a depuis reconnu Cabot pour l'auteur. 4°. Les Politiques de Vincent Cabot , publiées par Léonard Campistron, Toulouse , 1650 C'est le 1" volume d'un ouvrage projeté par Cabot, et qui devait avoir 28 livres. Il n'en avait achevé que six ; l'éditeur, qui les revit et les mit en ordre, les dédia au cardinal de Richelieu. Il rapporte qu'en 16'21, il les avait présentés aux ministres , au parlement et à l'université de Paris , et qu'on s'accorda généralement à reconnaître que Cabot y avait mis « plus de secret de cette science qu'on en trouvait dans tous les autres « livres qui en avaient traité jusqu'alors
  • Vincent CALDERON DE LA BARCA( 1762) : peintre et paysagiste, probablement de la mètne famille que le poêle de ce nom, naquit à Guadalaxara en 1762. 1.1 fut élève de François Giosa et peignit dans la manière de ce maitre ; mais enlevé aux arts à l'âge de 32 ans , il n'eut que le temps de donner de brillantes espérances. On a de lui de bons portraits. Son ouvrage capital est un tableau d'église qu'il lit pour les prémontrés d'Avila.
  • Vincent CARAFFA : frère du précédent, se fit jé- suite à l'âge de seize ans, parvint, en 1645, à être élu le septième général de sa compagnie, et mourut en 1649, âgé de 74 ans. Il a laissé quelques ouvrages de piété. Sa vie a été écrite en italien par Dan. Bartoli, Rome, 1651 ; traduite en français par Thomas Leblanc , Lyon, 1652 et en latin par Jacques Hantin , Liège , 1655 — Charles CARAFFA , fils de Fabrice Caraffa, prince de la Roccella, fut évêque d'Aversa, nonce apostolique, puis légat en Allemagne près de Ferdinand II, sous le pontificat d'Urbain VIII et mourut en 1644. Il est auteur d'un ouvrage intitulé : Commentaria de Germania sacra res( aura( a, Cologne, 1659 ; cet ouvrage, qui a été traduit en français par le président Cousin , concerne l'état de la religion en Allemagne, depuis l'an 1620 jusqu'en 1629; une seconde édition, Francfort,1641 contient une deuxième partie ou continuation jusqu'à 1641, faite par un anonyme. — Charles- Marie CARAFFA , dernier des princes de la Roccella et de Butero, premier baron du royaume de Naples, et grand d'Espagne, fut ambassadeur extraordinaire d'Espagne à Rome en 1684 , et mourut sans enfants en 1695, âgé de 49 ans. C'était A homme trèssavant dans les belleslettres, les langues, l'art oratoire, la philosophie, les mathématiques et le droit. On aile lui : Opere poli- liche christiane, 1692 divisées en 5 parties, dont la 1" concerne le prince, la 2° l'ambassadeur, et la 3 est une critique de la Raison d'Etat de Machiavel : les deux premières avaient déjà été imprimées séparément. C. T-1%
  • Vincent CARDONE : religieux dominicain, né dans l'Abruzze citérieure, s'amusait à ces sortes d'ouvrages qui n'ont guère d'autre mérite que celui (le la difficulté vaincue. Ayant naturellement peine à bien prononcer la lettre r, il composa d'abord un petit volume dans lequel cette consonne ne se trouve pas une seule fuis, excepté dans le titre ; il l'intitula : la R sbandita, supra la potenza d'aurore, et le publia sous le nom de Jean- Nicolas CiminelloCardone, qu'il avait porté dans le monde, Naples, 1614 Le succès de ce premier ouvrage engagea Cardone à faire le même travail successivement sur chacune des lettres de l'alphabet ; cet ouvrage de patience, qu'il intitulait Aqaba° distrutto, étant achevé, il était en route pour le dédier au duc de Savoie, lorsqu'il mourut à peine àgé de VI. 25 ans : il venait d'entrer dans l'ordre de StDominique
  • Vincent CARTARI( 1500) : naquit à Reggio, dans les premières années du 16° siècle. On ne connaît aucun détail sur lui ni sur sa famille ; seulement unc, lettre qui lui fut écrite par Barth. Ricci nous apprend que Cartari fut attaché au cardinal Hippolyte est insérée dans le recueil di tutti gli ana- chi pot* , imprimé à Milan en 1745. Cartari, s'étant aperçu qu'il ne suffisait pas de traduire cc poéme d'Ovide , mais qu'il était encore nécessaire de l'expliquer en plusieurs endroits , joignit à sa version un dialogue qui peut servir de commentaire aux Fastes, et qui est intitulé : il Flavio intorno a' Fassi volgari , Venise, 1555 Flavio est le nom d'un des interlocuteurs (le ce dialogue. Cette première édition de la traduction , et plus encore cet opuscule qui en est le commentaire, sont (l'une extrême rareté. 2. Il Compendio istoria di mons. Paolo Giovo, con le postille, Venise , 156'2 ouvrage estimé. 3° Le Immagini degli Dei de- gli antichi, relie quali si conlengono gli idoli, cerirnonie, etc., Venise, 1556 dédié au prince Louis d'Este, qui fut peu de temps après cardinal. Cet ouvrage eut un grand succès; l'auteur profita des observations qui lui furent faites, revit entièrement son travail, l'augmenta , et le publia de nouveau à Venise, 1571 Il fut réimprimé, ibid., 1580 et 1592 ; à Padoue, 1605 et en 1608 avec des additions de César Malfatti ; puis à Venise, en 1609 Le savant Laurent Pignoria de Padoue perfectionna encore cet ouvrage , et en publia une nouvelle édition à Padoue, en 1615 ; réimprimée à Venise, 1625 ; à Padoue, 1626; enfin à Venise, 1647 et 1674 : les dernières édi tions sont les plus estimées. Ce traité a été traduit en français par Antoine Duverdier , Lyon , 1610 d'après l'édition italienne imprimée dans la terne ville, en 1581
  • Vincent CHALONS( 1642 - 1694) : né à Lyon, vers 1642, entra dans l'Oratoire en 1660, et se distingua à Paris par son talent pour la chaire. Le président de Harlay l'engagea à se charger de l'éducation de son fils, mort conseiller d'État. Le magistrat, mécontent de la plupart des ouvrages qu'on avait alors sur l'Histoire de France, lui traça le plan d'un abrégé tiré des sources même, où, laissant à part une infinité de faits dont la connaissance est inutile à un magistrat, il s'attacha surtout aux événements importants, à l'origine de nos usages, des dignités du royaume, à l'établissement des corps de magistrature et d'enseignement, sans négliger les grandes révolutions. Le P. Chalons entra parfaitement dans les vues de de Harlay. L'ouvrage ayant passé de la bibliothèque de ce magistrat dans celle de Chauvelin, depuis garde des sceaux, fut imprimé en 1720, sous le titre d'Histoire de France jusqu'à la fin du règne de Louis XIII , Paris, 5 vol. réimprimée en 1741. Elle est encore consultée, quoique superlicielle et souvent peu exacte sur notre droit public. On a encore du P. Chalons un ouvrage intitulé : Règles de la poésie française, Paris, 17'26, 1 vol. 11 est mort chanoine de la cathédrale du Mans, le 24 juillet 1694
  • Vincent COCO( 1770) : né à Campnmarano, dans le aume de Naples, en 1770, fut destiné dès l'en- ce à la carrière du barreau, et vint dès l'âge de lixsept ans à Naples pour y taire son droit. Mais il L)rit peu de goût pour ce genre d'etude; et s'étant lié ivec Cirillo, Delco et surtout Galanti, qui brillaient alors dans cette capitale, il se montra comme eux l'un des plus zélés dieiples de l'école de Vico et de Filangieri. De telles liaisons . Après la bataille de Marengo, Coco se hâta de retourner en Italie. Forcé de s'arrêter à Milan, il y fut accueilli par le président Melzi, qui lui confia la rédaction d'un journal officiel qu'il venait d'établir sous le titre de Giornale Italiano. C'était le temps où tout en Italie, comme en France, devait tendre à l'établissement du pouvoir impérial. Cette tendance était tort éloignée sans doute des idées que Coco avait jusquelà manifestées. Cependant il montra dans son journal assez de flexibilité ; et lorsqu'Eugène Beauharnais fut viceroi de la Lombardie, il coiti- nus de le rédiger dans un esprit tort peu déinocra- tique ; mais son crédit s'affaiblit considérablement. 11 travaillait dans le même temps à une espèce de roman philosophique sous le titre de Platone in Italia, traduzione del grec°, Milan, 1806, 5 vol. C'était une faible imitation du Voyage d'A- naeharsis de Barthélemy. Elle eut cependant un grand succès en Italie, et l'on sait que Coco y contribua beaucoup luimême en lui prodiguant sans cesse dans son journal des éloges outrés et qui étaient répétés par la plupart des journaux de la péninsule. Le parti philosophique des autres contrées le vanta également avec complaisance, si bien qu'il eut plusieurs éditions, et fut traduit en plusieurs langues, notamment en français , par Bertrand Barère, sous le titre de Voyaye de Platon en Italie, Paris, 1807, 5 vol. Lorsque les Bourbons furent expulsés de Naples , en 1806 , pour y faire place à Joseph Bonaparte, Coco se hâta de retourner dans sa patrie, et il y fut trèsbien accueilli par le nouveau roi, qui le nomma membre de la cour de cassation , du conseil d'Etat, et le créa commandeur de l'ordre des DeuxSiciles. Ayant été député vers Napoléon, en 1810, il reçut de lui l'ordre de la Couronne de fer. Murat, qui venait de remplacer Joseph sur le trône de Naples, accorda les mêmes avantages que son prédécesseur à Coco , et lui donna IM emploi important dans la direction du trésor public; mais cet emploi ne convenait ni à ses goûts, ni à ses connaissances. E désirait vivement en obtenir un autre dans l'enseignement, et même remplacer l'avocat Zurlo qui était ministre de l'intérieur. N'ayant pu y réussir, et ayant vu rejeter un long projet qu'il avait rédigé pour son nouveau système d'enseignement, il en conçut un tel dépit, qu'après les désastres de Russie, en 1815, regardant déjà comme près d'être renversé le trône de Joachim, il manifesta le désir qu'il avait de voir une nouvelle révolution s'opérer dans sa patrie. La restauration de 1815 l'ayant trouvé dans cette espèce d'opposition, Ferdinand IV, en remontant sur le trône, lui conserva son emploi de directeur du trésor ; et Coco se vit au milieu d'une cour qu'il avait autrefois attaquée avec beaucoup de violence. Cette position était embarrassante, et elle luicausa plus d'un désagrément. Un jour qu'il s'entretenait avec le plus jeune des fils du roi, ce prince, qui ne connaissait pas plus sa conduite antérieure que ses écrits, lui témoigna le désir de lire son Histoire de la révolution de Na- ples, où il ignorait sans doute que l'auteur s'était livré aux plus violentes attaques contre le roi et tous les siens. Coco , ne doutant point que cette demande ne fût préméditée, en conçut une telle in ' quiétude, que sa tête, déjà un peu faible, se dérangea complétement.11 rentra chez lui dans une sorte de délire, et jeta au feu la plupart de ses manuscrits, au nombre (lesquels il s'en trouvait de regrettables, notamment une espèce de suite à son Voyage de Platon, dans laquelle il avait établi avec quelque érudition, mais sans probabilité, que les chants i 1110mère ne sont pas d'origine grecque, mais bien italienne. Coco vécut encore dix ans, d'une modique pension qu'il dut à la faveur royale; niais sa raison ne revint point. 11 mourut à Naples, le 13 décembre 1825, des suites d'une fracture de la cuisse. Une longue notice sur ce savant parut à cette époque dans l'Anthologie de Florence
  • Vincent CHIARUGI : exerça l'art de guérir i Florence, 05- 171):, 5 vol. i11-8"; traduit en zillemand, Lei?siek, 1i9:;, 5 vol. Ce tr;iiie de la folie est hast; sur la pratique tic l'auteur dans l'hôpital StBoniface. Le 1" volume traite de la folie en général, le 2' des différentes espèces de folie, enfin le 5° renferme cent histoires particulières de malades atteints d'aliénation mentale, à plus de la moitié (lesquelles sont joints les détails de l'autopsie cadavérique. Cependant Pinel ?retend que l'auteur n'a tait que suivre les routes battues. 2° Saygio leoreiico- pralico ssulle nlaltcllie culante sordide osservate ncl R. Spedale di S.- Bonilacio di Firenze , Florence , 1799 , 2 vol. nouvelle édition revue et augmentée, Florence, 1807, 2 vol. 5' Saggio di ricerche sella pcllagra, Florence, 1814
  • Vincent CONTENSON( 1640) : né vers 1640, dans l'ancien diocèse de Condom, entra chez les dominicains à l'àge de dixsept ans, se fit une réputation couame prédicateur, et mourut à Creil, dans le diocèse de Beauvais, où il venait de prêcher l'Avent, le 27 décembre 1674. 11 a laissé un ouvrage assez estimé, intitulé : Theologia mentis et tordis. Aussitôt après sa mort, on l'imprima à Lyon en 9 vol. ; on en donna une seconde édition augmentée, dans la mène ville, en 1687, 2 vol. Contenson a voulu faire disparaître l'aridité des scolastiques par de nombreuses citations de tout ce que les Pères ont écrit de plus solide et de plus beau sur le dogme et sur la morale. Il traite des matières de la grâce, non d'une manière sèche et spéculative, mais dans le goût de St. Augustin. On trouve sa vie dans le t. 5 (le l'Histoire des Hommes illustres de l'ordre de St- Dominique
  • Vincent CONTARINI( 1577) : littérateur, né à Venise, en 1577, s'était acquis une telle réputation , que les magistrats de Padoue, pour le fixer dans cette ville, créèrent en sa faNeur une chaire extraordinaire d'éloquence grecque et latine. 11 n'était alors lié que de vingtsix ans. Il professait encore à Padoue en 1614 ; mais des tracasseries qu'il éprouva le déterminèrent à donner sa démission. Il se retira d'abord à Rome, où il passa deux années. Il entreprit nti voyage dans l' Istrie pendant l'été de 1617; l'extraie chaleur qu'il eut à souffrir, et pcut-ètre le chagrin qu'il conservait d'avoir quitté sa place, le rendirent malade; il se lika de se rendre à Venise, où il mourut peu de jours après. Muret et J usteLipse étaient au nombre de ses amis ; il écrivit cependant contre Lipse, et avec trop peu de nifhiageInca'. Oit u de Cuntarini ; 1° Varia? s? il tcCliu?( UOi liber, in quo muftis veteruin cum greecorum' tien laiinorum scriptorum loci illustrantur atque emendantur, Venise , 1606 rare. L'édition d'Utrecht , 1754 , a l'avantage d'être aug,mentée des remarques de Nicolas Bond. 20 De Frumcntaria Romanorum Largitione, et de militari Romanorum stipendia commentarius, Venise, 1609 Wesel, 1669 Le premier de ces traités a été inséré dans le t. 7, et le second dans le t. 10 du Thesaurus Anliquit. Rom. de Grœvius
  • Vincent DANTE( 1530 - 1576) : petitfils de PierreVincent, fut architecte, peintre et sculpteur. Il naquit à Pérouse en 1530. Il s'appliqua d'abord à l'orfévrerie, et surpassa tous les orfévres de son temps. Quoique fort jeune encore , il travaillait ses ouvrages avec un art inconnu jusqu'à lui. Dante n'avait que vingt ans lorsqu'il jeta en fonte la statue du pape Jules 111 qu'on voit encore aujourd'hui sur la place de Pérouse et qui passe pour un chefd'œu- vie. Cosme de Médicis, granddue de Toscane, le nomma son architecte. Dante fit pour ce prince différents ouvrages en marbre et en bronze. Il fit pour l'Escurial les dessins que le grandduc envoya directement à Philippe 11, roi d'Espagne. Il travailla aux obsèques de MichelAnge, et en 1560, il recueillit fort adroitement les eaux perdues de la fontaine de Pérouse. Vincent Dante mourut en 1576. 11 avait deux frères, dont l'un fut bon dessinateur et excellent coloriste. Vincent l'employa plus d'une fois dans ses travaux ; ils firent ensemble plusieurs fresques à Rome. Jérôme eût peut-être atteint à la réputation de son frère s'il n'eût pas été enlevd à la veinture à la fleur de son âge. 11 n'avait que 33 ans
  • Vincent DUCHESNE( 1600) : religieux bénédictin, né à Besançon, dans le 17' siècle. Les arts mécaniques lui doivent plusieurs procédés ingénieux ; un entre autres pour scier le marbre. Ililattait d'avoir trouvé le secret de rendre la pierre impé- nétrable à l'eau salée. C'est sur ses dessins qu'ont été construits l'abbaye de StPierre, de Chàlons, et le monastère de son ordre, à Morey, ei FrancheComté. Ce qui lui fait le plus d'honneur, c'est d'avoir été admis à expliquer au roi Louis XV une méthode de son invention, au môyen de laquelle il prétendait qu'on pouvait apprendre à écrire dans trois heures. C'est le sujet d'une gravure datée de 1716, au bas de laquelle on lit les vers suivants En trois heures de temps le roi sait bien écrire, Par un secret nouveau que tout le monde admire, Et le seul dom Duchêne, enfant de Besançon, Sut faire ce prodige en moins de six leçons. Vincent Duchesne a laissé des mémoires sur la FrancheComté, dont Boulainvilliers a inséré un long extrait dans le tome 4 de son État de la France, édition de 1752. Cet extrait contient des renseignements exacts sur la province au moment de sa réunion à la Fi anee ; mais les noms propres et les noms de vines y sont défigurés par des fautes d'impression
  • Vincent FABRICIUS( 1612 - 1703) : né. à Hambourg, le 25' septembre 161ï, fit ses études à l'université de Leyde, et y prit ses grades en médecine en 1631. Il s'était déjà fait connaître par un talent assez remarquable pour 1;1 poésie latine, et même il avait publié, deux ans auparavant, un recueil de vers, à la sollicitation de Daniel Heinsius, son hôte et son ami. Il s'appliqua ensuite à l'étude du droit, et ses progrès ne furent pas moins rapides que ceux qu'il avait faits dans d'antres sciences. I: évêque , premier pasteur de l'église de StNicolas, à Stettin, docteur en théologie à Wittenberg, s'appliqua aux langues orientales, qu'il étudia à Leyde et àtirecht.11 mourut le 11 novembre 1705, Agé de 61 ans , après avoir traduit de l'hébreu le Commentaire de R. Dav. Kimehi sur Malachie , et publié en allemand quelques serinons et divers traités de théologie polémique , dont on peut voir le détail dans le Dict. de
  • Vincent ESPINEL( 1544 - 1634) : pote espagnol , naquit à Ronda , ville du royaume de Grenade, vers 151i. Dès sa première jeunesse, la pauvreté extrême où il se trouvait l'obligea de quitter sa patrie pour aller chercher ailleurs des moyens de subsistance. On ignore le lieu où il fit ses études; on sait cependant qu'il commença un cours de théologie à Malaga , où, toujours dans l'indigence , il est vraisemblable qu'il n'existait que des secours qu'il recevait aux portes des couvents. Espinel avait du goût pour la poésie , et , dans les loisirs que lui laissaient ses études , il composait en langue vulgaire des cantiques sacrés pour les fêtes solennelles. Ces premières productions furent accueillies favorablement, et le firent connaitre de A. L. Pacheco , alors évêque de Malaga. Ce prélat, s'intéressant à ses malheurs, l'aida par ses bienfaits à prendre l'habit ecclésiastique. On voit par les éloges qu'Espinel lui défère dans ses ouvrages combien il fut reconnaissant de cette faveur. Son protecteur étant mort, il passa à la cour pour solliciter quelque avancement ; mais trompé dans son attente, il se consacra exclusive- Non senza sospelto di veneno. CARDELLA MeMOrie de' cardinali, t. 5, p. 268. ment à la poésie , où, de jour en jour', il fit de nouveaux progrès. On le regarde comme l'inventeur des Decimas , ou comme celui au moins qui leur donna une forme régulière , en augmenta l'harmonie , et les rendit propres à traiter plusieurs sujets. C'est pour conserver le souvenir de leur inventeur qu'on les appela Espinelas. Outre quelques compositions dans ce mètre et plusieurs épîtres , il mit en vers l'Art poétique et les Odes d'Horace , qui eurent beaucoup de succès; l'Art poétique surtout a toujours passé pour un ouvrage classique dans ce genre , jusqu'à une nouvelle traduction qu'en a donnée de nos jours don Thomas de Iriarte. Cet habile écrivain a su éviter le principal défaut qu'on reproche à la version d'Espinel, qui est d'être quelquefois prolixe et languissante. Indépendamment de ces ouvrages, on a d'Espinel la Casa da memoria , peme où il met en scène les poètes les plus illustres de son temps , et un roman, Relations de la vie de l'écuyer Oliregon) où règne une saine critique , assaisonnée de la. plus fine plaisanterie. Espinel était doué d'une vaste érudition ; il était trèsversé dans les languies anciennes et modernes ; il suivit toujours les meilleurs modèles , et , quoiqu'il n'ait pas beau- coup écrit , il jouit en son temps de la plus grande réputation , et fut considéré comme un des meilleurs potes de son siècle pour la pureté de son style et la fécondité de son imagination. Espinel était aussi un excellent musicien , erdans une époque où l'on ne connaissait qu'un petit nombre d'instruments peu perfectionnés, la guitare était en Espagne un instrument fort à la mode , comme l'était alors le luth en Italie. Ce fut Espinel qui écrivit sur le jeu du premier de ces instruments, ajouta une cinquième corde aux quatre qu'il avait auparavant , et en tira des sons plus doux et plus Les decimas sont des stances de dix vers de huit syllabes chacun. Le premier vers rime ordinairement avec le quatrième et le cinquième ; le second avec le troisième, le sixième avec le septième et le dixième, et le huitième avec le neuvième. Ce mètre , à quelques difîérences près, a été adopté par plusieurs poees français, comme Fénelon , J.B. Rousseau, Lefranc de Pompignan , Delille et autres. Cet ouvrage est dédié à l'illustrissime seigneur cardinalarchevêque de Tolède , dom Bernard de Sandoval et Roxas , le modèle de la vertu et le père des pauvres; par maître Vincent Espinel , chapelain du roi notre seigneur à l'hilpital royal de la ville de Rondo, Madrid, 1618, 1 vol. petit 287 feuillets 11 se divise en trois relations , comprenant ensemble soixantequatre chapitres , qui renferment presque autant de morale que de récit. Parmi des traits heureux, on y remarque le mauvais goût et les défauts ordinaires des anciens auteurs espagnols. Il est chamarré de citations latines et bigarré d'italien et de portugais , parce que l'auteur fait parler tons ses interlocuteurs dans leur langue naturelle. Ce roman a été traduit en français par Vital d'Audiguier , sous le règne de Louis XIII. Il parait que Le Sage a eu connaissance de l'original ou de la traduction , et qu'il y a puisé sans scrupule quelques passages pour son Cil Blas , son Eslevanille Gonzalès et son Bachelier de Salaman- que; mais il se les est appropriés en les embellissant. Le début de Gfl lilas, qui ressemble à celui de la vie de Marc Obregon , a pu faire croire à Voltaire que le premier de ces romans était entièrement calqué sur le second ; la traduction des sommaires de tous les chapitres de l'ouvrage espagnol , par M. le comte François de Neufchâteau , a prouvé la fausseté de cette accusation. On la trouve dans le mémoire qu'il a fait imprimer en tête de l'édition de Cil Béas , donnée par Didot l'aîné en 1819 3 vol. . Le même académicien a également démontré dans ce mémoire l'injustice de l'allégation du P. Isla. IL A—T. harmonieux. Le mérite d'Espinel , au lieu de lui attirer les faveurs de la cour ou de lui procurer la protection de quelque puissant Mécène , ne fit que lui susciter un grand nombre d'ennemis , dont l'envie et la méchanceté parvinrent à faire échouer tous ses projets et ses espérances. On applaudis- sait à ses productions , et on le laissait gémir dans la misère ; malgré ses talents utiles et agréables, il fut toujours oublié. La conduite la plus irréprochable ne le garantit pas des traits de la calomnie , et la même pauvreté qui présida à sa naissance , l'accompagna jusqu'au tombeau. Il mourut à Madrid, en 1651, àgé de 90 ans. Ses ouvrages furent imprimés dans la même ville, en 1591 Quelquesunes de ses compositions se trouvent aussi dans plusieurs Cancioneros espagnols ou collections poétiques. La 4c édition des Relations de l'écuyer don Marc de Obregon a été donnée, à Madrid 180 , .2 vol. sans tables ni sommaires de chapitres
  • Vincent FORMALEONI( 1740) : historien, né vers 1740 à Venise, embrassa d'abord le commerce de la librairie , et plus tard acquit un atelier typographique d'où sont sortis un assez grand nombre d'ouvrages , plus remarquables par la correction que par la manière dont ils sont exécutés. Il prolita du loisir que lui laissait son commerce pour perfectionner ses connaissances en histoire et en géographie, et s'acquit ainsi la réputation d'un savant. En 1777, il publia Descrizione topografica e storica del Dogado di Venezia avec une carte. C'est le premier volume d'une collection intitulée : Topografica descrizione delle provincie lTenete in terra ferma . Formaleoni , dans la partie historique de cet ouvrage , réfute l'opinion que Venise doit son origine à de pauvres pécheurs , et cherche à prouver que sa marine a , dès le principe , été sur un pied très respectable. Ayant découvert dans les manuscrits de la bibliothèque de StMarc le Portulan, c'est-àdire le recueil des cartes hydrographiques d'André Manco , il obtint du conservateur, l'abbé .Morelli, la permission d'en faire graver quelques cartes, qu'il publia dans le tome ti d'une continuation italienne de l'Abrégé de l'histoire des voyages, avec une dissertation intitulée : Illustrazione di due carte antiche della biblioteca di San- Marco, che dimostrano l'isole Antillie, prima della scoperta di Cristoforo Colombo. Cette publication, qui, plus tard , a longtemps exercé la sagacité de Buahe et des géographes français les plus célèbres, ne produisit alors aucune sensation en Italie , et Formaleoni se vit obligé de renoncer à l'édition qu'il avait projetée du Portulan de Bianco , pour laquelle il avait déjà fait des frais assez considérables. Mais le ministre de France Vergennes, informé de sa situation, vint à son secours et lui lit parvenir une somme qui lui permit de continuer son commerce. Dans le même temps, Toaldo lui donnait, dans son Saggio di studi veneti, des éloges qui le consolèrent un peu de l'indifférence de ses co Encouragé par les suffrages d'un homme aussi distingué, Formaleoni mit au jour en 1783 la Storia curiosa delle aventure di Caterino Zeno . Il annonçait que cet ouvrage était imprimé sur un manuscrit authentique de la bibliothèque de StMarc; mais il fut bientôt démontré que c'était luimême qui l'avait composé, d'a- près les écrits des anciens navigateurs vénitiens, et qu'il y avait ajouté de son propre fonds des particularités évidemment apocryphes. La même année , il publia : Saggio sulla nautica antica de' Veneziani Dans ce petit ouvrage consacré tout entier à la gloire de sa patrie, il relève non sans quelque exagération les services rendus par les Vénitiens , nonseulement à la marine , mais encore à toutes les sciences. C'est ainsi qu'il essaye de prouver que cette nation a connu l'usage de la boussole bien longtemps avant l'époque à laquelle on en fait communément remonter la découverte, et qu'il affirme que c'est des Vénitiens que Regiomontanus tenait la connaissance de la trigonométrie . Cet ouvrage de Formaleoni fut inséré presque en entier dans l'Encyclopédie méthodique, Dict. de marine, sans indiquer l'auteur auquel on faisait de si larges emprunts. Ce fut pour signaler ce plagiat qu'il fit paraître : Apologia del Saggio della nautica, etc., Trieste, 1784 de 16 pages. Formaleoni travaillait depuis plusieurs années à l'histoire du commerce, de la navigation et des colonies des anciens dans la mer Noire. 11 en publia les deux premiers volumes sous ce titre : Storia filosofica e politica della narigazione, etc., Venise, imprimerie de l'auteur, 1788 Le premier volume contient l'histoire de la mer Noire, depuis les temps les plus reculés jusqu'à l'avénement de Soliman II à l'empire ; et le second l'hydrographie ancienne du PontEuxin. Les deux volumes inédits devaient renfermer les preuves et le dictionnaire géographique ancien et moderne de tous les lieux situés sur les bords de la mer Noire. La partie imprimée de l'ouvrage a été traduite en français par le chevalier d'Hénin de Cuviilers, alors chargé d'affaires de France à Venise. 11 avait déjà traduit l'Essai sur la marine ancienne des Vénitiens, 1788 On cornait encore de Formaleoni Venezia illustrata, colle vedute pic cospicue, c c., 1791 obi., avec 25 pl. gray. par Zuechi pour un autre ouvrage, et dont les cuivres étaient usés. Daru cite plusieurs fois Formaleoni dans son Histoire de Venise; mais en avertissant de se tenir en garde contre le patriotisme de cet écrivain, qui le porte toujours à exagérer le mérite et les services des Vénitiens
  • Vincent GALILEI : gentilhomme de Florence, lion moins diStingué par les qualités de l'esprit que par les dons de la fortune , épousa en 1562 Julie, fille 4Ie Cosme Venturi, de l'illustre famille des Ammanati de Pistoie ; et de ce maiage naquit le célèbre Galileo Galilei , l'un des hommes dont s'honore le plus justement l'Italie moderne. Vincent se chargea de veiller sur l'éducation de son Ils, et lui inspira le goùt des mathématiques : il les avait cultivées luimême avec succès ; mais c'est principalement à ses talents comme musicien qu'il dut sa réputation. Il joignait la théorie la plus étendue à la pratique de ce bel art : cependant, dans la contestation qui s'éleva entre lui et Jos. Zarlino, au sujet de la musique des anciens, l'avantage resta tout entier à son rival. Àpostolo Zeno , dans ses notes sur Fontanini , les met tous les deux sur la intime ligne, et les appelle i duo gran- maestri. Vincent Galilei mourut vers la fin du 16e siècle. On connaît de lui les ouvrages suivants : Dialogo della musica antica e moderna in sua difesa contra Giuseppe Zarlino , Florence, 1581, 2t- édition, 160'2 flg. ; // Fronimo, dialogo sopra arte del bene intavolare e rettamente sonore la musica, Venise , I585 . ; 5. Discorso intorno ail' opere di Gius. Zarlino e altri importanti particolari attenenti alla musica, Florence , 1589 , W—s.
  • Vincent GALILEI : fils naturel de l'illustre Galileo Galilei , étudia les mathématiques avec succès, et aida son père à vérifier plusieurs expériences, notamment celles qui avaient pour but rapplication dû pendule aux horloges. Galileo 'mourut avant d'avoir pu connaître les résultats de cette ingénieuse idée ; et Vincent était occupé de faire construire une machine sur le plan qu'en avait laissé son père , lorsqu'il fut enlevé aux sciences en 1649. Ainsi , c'est Huyghens qu'on doit regarder comme le véritable auteur d'une découverte à laquelle on doit le perfectionnement de l'horlogerie . Vincent Galilei n'avait pas seulement des talents pour les sciences, il cultivait aussi la littérature ; et Tiraboschi dit qu'il était bon poëte. On conservait de lui , dans la bibliothèque Nani à Venise, une traduction italienne, in quarta rima, des prétendues Prophéties de Merlin. Ws.
  • Vincent GIUSTINIANI : patricien , d'une illustre famille génoise , possédait une précieuse collection de statues et de monuments de l'antiquité. Elle a été gravée par les plus habiles artistes du 17. siècle , et publiée sous ce titre : Galleria Gius- tiniana , Rome , 1640, 2 vol. qui renferment trois cent vingtdeux planches. Les cuivres ayant été conservés, on en a tiré depuis 1750 de nouvelles épreuves; mais les amateurs donnent la préférence aux exemplaires d'ancien tirage. — GiusTumNi , en latin Justinianns, savant bibliographe , descendait de Léonard Taranchetti , jeune plébéien génois, à qui son refus id'entrer dans la conjuration de Fiesque mérita l'honneur d'ètre adopté par les Giustiniani. En 1597, Fabio fut admis à Rome dans la congrégation des Filippini . Son goût pour l'étude engagea ses supérieurs à le charger de la bibliothèque de leur maison de Santa Maria in Valicella. Cet emploi lui fournissait l'occasion d'étendre ses connaissances , et il sut en profiter. Le crédit du cardinal Giustiniani , son parent, le fit nommer en 1616 à l'évèché d'Ajaccio. Dès lors il se livra tout entier à l'administration de son diocèse avec un zèle infatigable. Ce digne prélat mourut le 3 janvier i627, à 48 ans, et fut inhumé dans sa cathédrale , où son frère lui fit placer une épitaphe que Nicéron a rapportée dans ses Mé- moires, t. 58, p. 256. On a de Giustiniani : I. dex universalis alphabeticus materias in omni fa-, cultate pertractans , ennui- mine seriptores el loeos designans , Rome ,1612 vol. rare. Quoique cet ouvrage ne soit pas exempt d'erreurs, il n'a pas laissé d'avoir son utilité. Dans ses jugements sur les écrivains, Giustiniani montre beaucoup de discernement et d'impartialité. 2. Tobias expiana- tus , sive , etc. , Rome , 1622 ; Anvers, 169; 30 Quelques opuscules dont on croit inutile de transcrire les titres, parce qu'ils n'offrent plus aucun intérêt. On les trouvera dans les mémoires de Nicéron, loc. cit
  • Vincent HOUDRY( 1631 - 1729) : jésuite, né en 1631, à Tours ou aux environs cle cette ville, fut destiné d'abord à l'enseignement , et professa les humanités , la rhétorique et la philosophie ; il s'appliqua ensuite à la prédication, et occupa trente ans les chaires des principales villes du royaume. ll partagea le reste de sa vie entre la prière et les travaux du cabinet ; parvint à un âge trèsavancé sans cesser de jouir de la santé la plus ferme, avantage qu'il parait avoir moins dû à la force de sa constitution qu'à la régularité de sa conduite, et mourut à Paris, au collége Louis le Grand, le 29 mars 179.9, dans sa 98e année, avec le regret, diton, de ne pas pousser sa carrière à un siècle. C'était un homme extrêmement laborieux : il passait les jours et une partie des nuits à lire ou à écrire, et cependant jamais il ne se servit de lunettes. Travaillant avec une extrême facilité , il ne retouchait presque jamais ses ouvrages : c'est dire assez qu'ils sont écrits d'un style lâche et diffus. On a de lui : 1^ Des Poésies latines, parmi lesquelles on cite un Poéme sur l'imprimerie, et un autre de la Collation, où l'on remarque, diton, des descriptions trèsagréables de la fraise , du melon , etc. ; 2. Des Sermons sur ni Par miss Damer. tous les sujets de la morale chrétienne , Paris, 1696 et années suivantes , 20 vol. ; on doit y joindre : Traité de la manière d'imiter les bons prédicateurs , avec les tables pour les différents usages qu'on peut faire des sermons sur tous les sujets , etc., Paris, 1702 Ce recueil n'est point estimé. 5° Bibliothèque des prédicateurs, Lyon, 171'2-35, 22 vol. avec les suppléments. Le traité du P. Gisbert, De l'éloquence chrétienne dans l'idée et la pratique, forme le vingtdeuxième volume . L'édition de Liège, 1716, 4 vol. , ne contient pas les suppléments. Cette vaste compilation a été traduite en allemand, Augsbourg, 1739 M. Brunet en a indiqué la division et l'ordre des volumes dans son excellent Manuel du libraire. L'auteur a mis à contribution les sermonnaires anciens et modernes ; mais on lui reproche de n'avoir pas montré assez de discernement dans le choix des morceaux qu'il rapporte. L'ouvrage du P. lloudry , malgré ses défauts , est utile aux ecclésiastiques ; mais le Dictionnaire apostolique du P. Hyacinthe Montargon , rédigé sur le mème plan, peut leur en tenir lieu
  • Vincent JOANÈS( 1523 - 1581) : célèbre peintre espagnol, naquit à Fuentedelalliguera, près de Valence, en 15.G..)3. Il étudia en Italie, mais il ne fut pas, comme le dit Palombitio, élève de Raphaël, ce dernier étant mort trois ans avant la naissance de Joanès. Il est certain , néanmoins, qu'il suivit le Ce livre, que l'on croit imprimé Neustadt, ou plutôt à Ileidelberg en 1596 , est divisé en trois parties, qui ont ensemble 780 pages. Rhetieus en avait, diton, luimême publié l'ébauche 601s ce titre Canon doctrine triangulorum nunC denuo summo d i! igentia ed il us , HenriPierre. La date manquait a l'exemplaire de Lalande; mais Murhard place cette édition à l'an 1580. Gesner en cite une de Nureinberg , 1551, échappée aux recherches de Lalande, ut nui doit être la première. style de ce maitre et qu'il fut un de ceux qui en approchèrent de plus près. Joanès étant devenu ainsi le chef de l'école de Valence, il n'est pas étonnant qu'elle ait produit de si habiles peintres, leur premier maitre ayant formé son talent sur les chefsd'œuvre de ce grand artiste. Et telle a été la réputation de cette école, que Mengs luimême, pendant son séjour en Espagne, parmi les élèves espagnols qu'il admettait, préférait toujours ceux qui avaient appris à Valence les principes de leur art. Joanès , avec un mérite supérieur, était d'une piété exemplaire, et il n'entreprenait jamais de peindre Ange d'aucun saint destinée à être placée dans un temple sans s'y être préparé par la prière et les sacrements. La plupart de ses ouvrages se trouvent dans les églises de Valence, et le nombre en est considérable, puisqu'on le porte à plus de quarante tableaux, parmi lesquels on distingue un Christ mort soutenu par des anges, le Sauveur au milieu de deux prophètes, un St- François de Paule , et surtout une superbe Cène qu'on admire dans l'église de StNicolas, etc. Les connaisseurs faisaient beaucoup de cas de quelques productions de ce peintre qu'on a vues jusqu'en 1814 dans le muséum de Paris. Le principal mérite de Joanès consiste dans une exacte correction de dessin, dans la force, la grâce, la majesté et l'expression de ses figures et dans la vérité de son coloris. Joa- nés mourut à Valence en 1581; il laissa un fils , peintre assez habile , mais qui fut loin d'égaler son père
  • Vincent KADLUBEC ou KODLUBKO : historien polonais, de l'ancienne famille des Rosa, né à Karwow, près d'Opatow, , en Gallicie , fut prévôt de Sendomir ; il fut nommé évêque de Cracovie en 1208, et chargé, en 1214, par Leszko le Blanc, de conduire la princesse Salomé à Haliez, où elle épousa Kolloman , fils d'André, roi de Hongrie ; il se démit, en 1218, de son évêché, pour entrer dans une maison de l'ordre de Meaux, à Jendrzeiow, , en Gallicie, où il mourut le 8 mars 1223, après y avoir passé cinq années comme simple religieux , dans la plus stricte observance de la règle. Il fut enterré au milieu du choeur, où on lit son épitaphe. Nous avons de lui : Historia Polonica, cura commentario anonytni, dont il a paru deux éditions, l'une à Dobromisl, en 1612, et l'autre à Leipsick, en 1712, à la suite de l'histoire de Dlugosz. Le commentateur anonyme y a joint un précis des événements qui se sont passés depuis 1'202 , époque où Kadlubek avait fini son ouvrage , jusqu'à l'année 145f. Dans les trois premiers livres de son histoire , Kadlubek a rassemblé , à l'invitation du rd Casimir, et publié en forme de lettres les entretiens que Jean, archevêque de Gnesne, et Matthieu, évoque de Cracovie, morts dans le 12e siècle , avaient eus ensemble sur l'histoire de leur patrie. « Les évèques Jean et Matthieu, dit l'auteur, tous « les deux avancés en tige et respectables par leur « sagesse, dissertaient sur l'origine et l'accroisse« ment de notre république. Je inc rappelle « parfaitement les discours que tenaient ces deux « personnages , dont l'autorité est pour moi a d'un si grand poids. » Dans le premier livre , Jean et Matthieu. exposent, en dixsept lettres, fort au long , et avec une surabondance puérile d'érudition toutes les fables que des traditions populaires avaient répandues en Pologne sur les premiers chefs de la nation polonaise , sur leurs guerres avec la reine Sémiramis, avec Alexandre le Grand , avec Jules César. Matthieu raconte ; Jean propose ses doutes et fait ses réflexions. Le commentaire qui suit chacune de ces lettres ajoute toujours aux fictions du texte. Le second livre commence à l'élection de Piaste, en 842; le troisième finit en 114G , au temps de Boleslas le Crépu. Le quatrième livre , qui est exclusivement l'ouvrage de Kadlubek , n'est point, comme les trois premiers , rédigé en forme de lettres ; il comprend vingtsept chapitres avec leur commentaire. On y trouve les faits qui sont arrivés sous Miecislas le Vieux , sous Casimir Il et sous Leszko le Blanc, jusqu'en 1202. Cet ouvrage a tous les défauts que l'on reproche aux productions littéraires des 12' et 45e siècles. Cependant l'auteur est vrai et fidèle, quand il a pu sortir enfin des temps fabuleux qui entourent le berceau de la monarchie polonaise ; il a recueilli des matériaux pour l'histoire des onze premiers rois et ducs chrétiens de la dynastie des Piastes. Les princes évèques de Warmie avaient dans leur bibliothèque, à Heilsberg, un manuscrit qui contient la chronique de Kadlubek , celle de Martin Gallus , et une troisième écrite par un auteur anonyme. Une note ajoutée au manuscrit dit qu'il a été écrit en 1426 pour Pierre de Schamotula , castellan de Posen. Le comte Grabowski, prince évêque de Warmie, le fit publier en 1749, à Dantzig; mais ce que dans cette édition l'on appelle la Chronique de Kadlubek n'est qu'un extrait de l'ouvrage historique dont nous venons de parler. Le copiste de Schamotula, au lieu de transcrire fidèlement le texte qu'il avait sous les yeux, ne fit que l'abréger; il suit Kadlubek pas à pas , en se servant des mèmes expressions, mais sans s'attacher à l'ordre que l'auteur avait adopté
  • Vincent LAISNÉ ou LAISNAS( 1633 - 1677) : , fameux prédicateur, né à Lucques le 15 février 1633, fut appelé à Marseille par un de ses oncles, et y fit ses études au collége des PP. de l'Oratoire. 11 entra ensuite dans cette congrégation, et fut successivement chargé de professer les humanités et la rhétorique dans différents colléges. Ses supérieurs - présent, le voyant trembler, envoya un aide de camp sur le théâtre pour le rassurer. Quand on disait à Lais qu'il avait bien chanté, il avait coutume de répondre : En ce cas- là, j'ai nneux accentué qu'il. l'ordinaire. Il est mal nommé Charles dans la dernière édition de la Bibliothèque historique de France. lui ayant permis de renoncer à l'enseignement pour suivre la carrière de la chaire , il ouvrit à Avignon des conférences publiques sur l'Écriture sainte , dans lesquelles il développa beaucoup de talent et d'érudition. Il vint ensuite à Paris, et il fut chargé de prononcer l'oraison funèbre du chancelier Séguier, dans l'église de l'Oratoire. Madame de Sévigné , qui assistait à cette cérémo- nie, a rendu compte , dans une de ses Lettres à sa fille , de l'impression que fit sur elle le discours du jeune orateur. . Cependant les dictionnaires historiques assurent qu'on a publié à Lyon ses Conférences sur le concile de Trente. Un magistrat d'Aix conservait en manuscrit, dans sa bibliothèque, les Conférences du P. Laisné sur l'Écriture sainte, en 4 volumes
  • Vincent LEBLANC( 1554) : voyageur français, né à Marseille en 1551. Son père, ancien négociant au Levant , était copropriétaire d'un navire qui faisait le commerce de cette contrée; il n'est donc pas étonnant que , dès l'âge le plus tendre, Vincent Leblanc ait eu, suivant ses propres expressions, une trèsgrande inclination à voyager. 11 n'avait pas encore atteint sa quatorzième année que , poussé du désir de courir le monde , il résolut, en 1567, de s'embarquer à bord d'un navire qui partait pour Alexandrie ; comme son père lui en avait toujours refusé la permission, il prit secrètement le chemin de la Ciotat. Ramené bientôt à sa mère, il fut sourd à toutes les exhortations qu'elle lui fit pour le retenir ; de sorte qu'elle lui permit de s'en aller sans que son père en sût rien. Il monta donc en cachette sur le navire qui le conduisit à sa destination. Après huit mois de séjour au Caire , Leblanc, revenant il) On y trouve Epigrammala in obeliscum a Sirto V erectum. — Gallia ad summ. ponlificem. — Ad eumdem carmes eucharisticum. — Aquce felices ad Sixtum V. — De morte Anna. Ducis de Giviosa. — IlyacinIkus , sive de B. Hyacinthe polono libri duo. — Parcenesis ad Heuricum IV. Tous ces opuscules avaient été imprimés séparément à Rome ou à Paris. en France sur le même bâtiment , fit naufrage sur les côtes de Candie. Le consul de France à la Canée recueillit notre voyageur, le garda chez lui près de sept mois, et lui fournit les moyens d'aller à Jérusalem. Leblanc prit terre à Tripoli de Syrie, à la suite d'un marchand , parcourut tout ce pays, ainsi que la Palestine , la presqu'lle dn mont Sinaï et les trois Arables ; il vit les deux T illes saintes de la Mecque et de Médine, visita les côtes du golfe Arabique, et , après avoir atterri plusieurs fois au port d'Aden , il en partit pour Ormus, alors entrepôt d'un commerce immense. Leblanc et son maltre débitèrent ensuite leur; marchandises avec grand profit dans la Perse et la Babylonie, jusqu'à l'Euphrate. lis poussèrent dans le Nord jusqu'à Samarcand, revinrent à Aden , suivirent les côtes d'Arabie, du Mekran et de l'Inde jusqu'à Diu , Cambaye, Goa , et aux portes de la côte de Malabar , puis les côtes de Coromandel et du Bengale , celles de la presqu'île orientale de l'Inde ; enfin ils virent Pégou , Martaban, Malacca, Siam, Sumatra, Java. En revenant des Indes orientales , la première terre où de abordèrent, en naviguant à l'ouest vers l'Afrique, fut la grande île de SaintLaurent ou Madagascar. De là ils longèrent la côte orientale du continent, pénétrèrent dans l'intérieur, et entrèrent en Abyssinie , dont le souverain est appelé le Prestejan. Ils s'avancèrent par terre jusqu'au Caire; et, au bout de huit mois de voyage à travers l'Afrique, arrivèrent à Alexandrie. Après y être restés quelques jours , nous eu partîmes , dit ; la mort empècha celui- ci d'achever son travail qui fut terminé par Coulon . Leblanc ne vécut pas assez pour voir parattre cette relation; on peut présumer qu'il cessa de vivre vers 1640, par conséquent dans un tige trèsavancé. Le livre dont il avait fourni les matériaux fut publié avec ce titre les Voyages fameux du sieur Vincent Leblanc, 'Var- , qu'il a faits depuis l'dge de douze ans jusques le soixante , aux quatre parties du monde, Paris, 1649 ibid., et Troyes, 1658 Dans cette deuxième édition , Coulon a omis la dédicace et l'avis au lecteur qui se trouvent en tète de la première, laquelle porte le seul nom de Bergeron comme éditeur. Celui de Coulon est ajouté au titre de la deuxième. Les Voyages de Vincent Leblanc sont trèsdécriés : Flacourt, Ludolf, la Martinière l'accusent de raconter des choses imaginaires. La Boullaye le Gouz et Tournefort le traitent avec plus d'indulgence. Leblanc était un homme trèsignorant, qui a raconté sans discernement tout ce qu'il entendait. Son excursion dans l'intérieur de l'Afrique mérite d'être examinée avec attention ; c'est, avec sa description du Pégou et des royaumes voisins, ce que son livre contient de plus intéressant. En général , il a soin d'avertir qu'il n'est pas allé dans tel pays dont il ne parle que d'après ce qu'il a appris de la bouche d'autrui
  • Vincent LEONIO( 1650 - 1720) : littérateur italien, naquit en 1650 d'une famille noble . Mais ses conseils et les ouvrages de ses élèves contribuèrent, plus encore que l'établissement de l'académie , à cette heureuse résolution. Ses poésies, après avoir été publiées dans diverses collections, ont été réunies dans le grand recueil Delle rime e delle prose degli Arcadi. On trouve quelquesunes de ses élégies dans PArca- dum Carmina, pars prior, Rome, 1757. Leonio avait rassemblé un grand nombre d'observations, de recherches et de notices pour un Traité complet de la poésie pastorale, qu'il se proposait de publier. Cet ouvrage, que la mort ne lui permit pas d'achever, existe en manuscrit dans la belle bibliothèque de Campello, à Spolète. On a inséré dans le tome 2 Delle vite degli iArcadi illustri l'éloge du prélat Justin Ciampini , par Leonio. Ce littérateur mourut à Rome, le 26 juin 1720 , dans les sentiments de religion les plus édifiants
  • Vincent LÉOTAUD( 1595 - 1672) : jésuite, a mérité une place Iffistinguée parmi les géomètres de son temps. Il naquit en 1595, à la ValLouise, dans le diocèse d'Embrun , contrée célébre par les prédications de St-'Vincent Ferrier. Après avoir terminé ses premières études il entra dans la société, où il ne tarda pas à se faire connaitre avantageusement. Il enseigna les mathématiques pendant quatorze ans au collége de Dôle , qui jouissait d'une grande célébrité; et il contribua à en étendre la réputation. Il passa ensuite au collége de Lyon ; et sur la fin de sa vie, il se retira dans la maison de son ordre à Embrun , où il mourut en 1672. On a de lui : 1. Geometricce practicoe ele- meula, ubi de sectionibus conicis habet quirclam insi- gnia , Dôle , 1651 Il dédia cet ouvrage à Jean Boyvin , alors conseiller au parlement, homme d'un rare mérite . 2. Mag- netologia sive nova de magneticis philosophia, Lyon 1648 suivant Lalande , et 1668 suivant le P. Sotwel ; 5. Ely- mon quadraturce circuli hactenus editorum celeber- rime, etc., Lyon, 1653 C'est une réfutation de l'ouvrage publié quelques années auparavant par le P. Grégoire de StVincent, fameux jésuite flamand, qui se flattait d'avoir trouvé le moyen de résoudre le problème de la quadrature du cercle. Quelquesuns des disciples du P. de StVin cent répondirent au P. Léotaud , qui leur répli- - qua par l'ouvrage suivant : 40 Cyclomathia seu de multiplici circuli contemplatione libri 3, ibid., 1663 Cet ouvrage est suivi d'un traité étendu sur la quadratrice de Dinostrate, où l'auteur déve- loppe quelques propriétés non encore aperçues de cette courbe ; 5, Institutionunz arilleme- ticarum libri 4 , ibid., 1660, in4°. Il a laissé en manuscrit : Analemnata sec planisphœria multipli- cia, et quelques ouvrages moins importants
  • Vincent LOMBARD de Langres( 1765 - 1830) : >), né dans cette ville, vers 1765 , fit ses études au collége des PP. de la Doctrine chrétienne à Chaumont , où le fameux Manuel , qui fut depuis procureur de la commune de Paris, était alors professeur. Lombard , lié avec Danton , son compatriote , adopta les principes de la révolution, et fut élu président de la société populaire de VilleneuvesurYonne. On ne lui reproche aucun acte sanguinaire , si ce n'est qu'il rédigea et signa une lettre d'adhésion envoyée à la convention au sujet de la mort de MarieAntoinette. Étant venu à Paris, il y connut Barras, qui devint son protecteur, et le fit nommer juge au tribunal de cassation. Lombard cultivait en même temps les lettres, et il donna au théâtre quelques pièces peu importantes , mais remarquables par l'esprit et l'originalité. En octobre 1798, sur la recommandation de Treilhard, il fut nommé envoyé extraordinaire de France près la république batave, et, dès son arrivée à la Haye , il demanda au gouvernement de ce pays une amnistie générale pour les délits révolutionnaires. Il fut rappelé en juillet 1799, et quelques mois plus tard la chute de son protecteur, au 18 brumaire , l'éloigna pour toujours des fonctions publiques. Il mourut à Paris en 1830. On a de lui : 1° le Banquier, ou le » go- dant de Genève, comédie, Paris, 1794 2° Eeole des enfants, ou Choix d'historiettes instruc- tives et amusantes propres à former le cœur de l'en- fance , lui faire haïr le vice et aimer la vertu, Paris, 1795 , 3 vol. C'est une collection de divers ouvrages précédemment publiés par Lombard. 3° Les Tombeaux, ouvrage philosophique, 1796 4° Neslie , poëme, 1798 ; 50 le Journaliste, ou l'Ami des moeurs, comédie en un acte et en vers , 1798 6° le Meu- nier de Sans- Souci , vaudeville , 1798 ; 70 les Téte. s à la 'filas, vaudeville, 1799 8° OEuvres , 3° édition , 1801 ; 9° Péters , ou le Petit Chevrier, 1805 ; 1806 ; 100 Berthe, ou le Pet mémorable, anecdote du 9° siècle, 1807 ; 11. Joseph, peme en verset en huit chants, 1807 ; 12° le XLP siècle , peme , 1810 13° Contes militaires: le Grenadier fran- çais , le Conscrit, le Hussard, le Canonnier et le Chasseur, suivis du XIXe siècle , poëme , 1810 une 50 édition est augmentée de l'Invalide et autres contes inédits ; 14. Le 18 brumaire, ou Tableau des événements qui ont amené cette jour- née , 1799 faussement attribué à Rcederer ; 150 l'Athée, ou l'Homme entre le vice et la vertu, 1818 pièce en 5 actes, en vers, reçue au ThéâtreFrançais pendant trente ans ; mais dont les gouvernements qui se sont succédé ont toujours empêché la représentation; 16° un Mé- moire pour FaucheBorel contre Perlet , Paris, 1816 ; 17° les Soure- airs, ou Recueils de faits particuliers et d'anecdotes secrètes , pour servir à l'histoire de la révolution 1818 L'auteur, qui, en rapportant certains faits, s'appuyait sur le témoignage du maréchal Lefebvre , fut contraint par celuici de se rétracter, et retira l'ouvrage de la circulation. 18° Mémoires d'un sot, contenant ses niaiseries his- toriques , révolutionnaires et diplomatiques , 1820 ; 19° Gaspard de Limbourg, ou les Vaudois; suivi de Léonce de Surville , 1821, 3 vol. 200 Mémoires anecdotiques pour servir à l'his- toire de la révolution , Paris , 1823 , 2 vol. C'est en grande partie la reproduction des Souve- nirs et des mémoires d'un sot. 21. Décaméron fran- çais, nouvelles historiques et contes moraux, 1828, 2 vol. 22° Mémoires de l'exécuteur des hautes œuvres , pour servir à l'histoire de Paris , pendant le règne de la terreur, Paris, 1830 , publié sous le pseudonyme d'A. Grégoire. Lombard de Langres a concouru à l'Histoire de la révolution par deux amis de la liberté, ouvrage écrit dans un esprit révolutionnaire, mais où l'on trouve beaucoup de faits curieux. Il fit paraître en 1793 , au ThéâtreFrançais, une pièce intitulée les Prétres et les rois , ou les Français dans l'Inde, que sagement il n'a pas livrée à l'impression. Lalande l'ayant placé dans son Dictionnaire des athées, Lombard réclama fortement dans les journaux contre cette assertion , en décembre 1805 , et il apostropha durement l'astronome incrédule. Lombard était un homme de beaucoup d'esprit, que la révolution avait seulement entraîné
  • Vincent MARENCO( 1752) : des comtes de Castella-. monte, naquit à Dogliani , en Piémont, le 28 décembre 1752. Il fut avant sa vingtième année reçu docteur ès lois à l'université de Turin, et élevé bientôt à l'emploi d'avocat général. Ce fut pendant qu'il occupait cette charge que Marenco publia son petit poème : le 1,.. acanze , Turin, Soffietti , 1775 de 38 pages). A cet ouvrage, qui était en vers sciolti, il en ajouta un autre en terza rima qui avait pour titre la Pallia . Ces deux compositions firent avantageusement connaître Marenco, et la Gazette littéraire de Milan (15 mars 1775 avait loué dès le principe la vivacité d'imagination de l'auteur, l'harmonie de ses vers , l'élégance de son style. En 1784, il fut créé vicesecrétaire de l'académie des sciences, office qui ne l'empêcha pas de s'occuper de poésie, et de publier, entre autres compositions, une tragédie de Ménécée, qui fut représentée au théàtre Carignan , puis imprimée à Turin , en 1790, dans le Teatro popolare:• Les petits poèmes que Marenco donna successivement rappellent assez , dans le vers m'oit°, la manière de Parini, sans avoir ce je ne sais quoi de léché qu'Alfieri blàmait dans l'auteur du Jour. Dans le genre anacréontique , Marenco se rapprochait de Savioli , plutôt par une certaine teinte de pensée que par la forme extérieure du langage. En 1791, Marenco publia un poème latin en deux livres : De phthisi, Turin de 30 pages. Cet opuscule rappelle plus d'une fois, par l'élégance du style et la vivacité des images, les bons endroits de la Syphilis de Fracastoro. Dans le premier chant , l'auteur décrit les symptômes de la plithisie et indique les divers remèdes qu'il y faut apporter ; dans le second, il parle du régime que l'on doit suivre quand on est en voie de convalescence. Quelques épisodes viennent jeter de la variété et du charme à travers l'aridité naturelle des détails. En 1792 , Marenco, ayant été appelé à l'office de payeur, fut envoyé à l'armée de Nice par délégation du contrôle général , où il se vit atteint d'une grave maladie de foie, par suite des fatigues qu'il avait fallu endurer. En 1794, il fut appelé à la direction de quelques hospices militaires, et y resta jusqu'en 1800 , où il fut agrégé au collège des belleslettres, nommé membre de la commission d'instruction publique et directeur général des hôpitaux militaires. Ces diverses occupations ne l'empêchèrent pas de publier un autre poème didactique en trois livres, intitulé Osiris, sire de legunt origine, Turin, 1797 . et un petit poème en vers italiens : la Tomba del secolo Turin, 1801. L'exactitude et l'habileté que Marenco apportait dans ses diverses charges le firent juger digne d'un poste plus élevé. En 1801 , il fut chargé d'arranger les commandements de la 7e division militaire , et élevé au grade de chef de division de l'instruction publique et de la guerre, puis nommé membre du collège 'électoral du département du Pô et de la commission créée en Piémont par le général Menou. Les divers emplois par lesquels Marenco passa successivement ne l'enrichirent pas. Après avoir été prié , en 1806 , par la direction du lycée, de faire un cours de littérature italienne, et avoir occupé en 1807 la place de professeur d'éloquence latine à l'université , puis en 1808 celle de professeur des pages de Leurs Alesses Royales, il se vit bientôt privé de tout emploi et muni d'une trèsmodique pension , avec laquelle il traîna une pénible existence jusqu'en 1813 , qu'il mourut. Indépendamment des ouvrages que nous avons mentionnés, il composa beaucoup de petits poèmes en vers italiens et en vers latins, dont la liste a été donnée par Vallauri, Storia della poesia in Pienionte, Turin, 1841 t. 2, p. 404 et suiv. Le même écrivain a donné la Biographie de Marenco, ibid., p
  • Vincent MAROCHETTI( 1768 - 1820) : né à Bielle , en Piémont , vers 1768 , entra de bonne heure dans un couvent de religieux de StPaul. Après avoir fait profession et reçu les ordres , il parcourut les villes voisines , où il s'acquit quelque réputation comme prédicateur. Cependant les armées de la république avaient envahi le Piémont, les idées nouvelles étaient dans toute leur effervescence ; Marochetti se laissa entraîner par le courant , jeta son froc et se prépara à prendre une part Pour juger à quel point Marnix n bien mérité de sa langue maternelle , il faut voir l'Histoire de la langue hollandaise, par M. Ypey , et l'Histoire de la poésie hollandaise, par M. de Vries . Ces deux ouvrages sont écrits en hollandais. M—On. active aux événements. Après la bataille de Marengo , il fut choisi pour remplir les fonctions de secrétaire général de la commission du gouvernement provisoire, composée de trois membres, Botta , Giulio et Bossi , dont le prénom de chacun était Charles , ce qui faisait dire au peuple : « Nous n'avions qu'un Charles , maintenant nous en avons « trois. » En d'autres termes : « Nous avons trois rois au lieu d'un. » Marochetti avait fondé à Turin un journal intitulé Gazette subalpine; mais s'étant permis de grossières invectives contre quelques religieux de StFrançois de Paule , son journal (lut cesser de paraître. Nommé en 1801 professeur d'éloquence italienne à l'Université, il occupa cette chaire avec distinction jusqu'en 1803 , époque à laquelle il fut envoyé comme souspréfet à Chivaz. Ce fut là qu'il épousa civilement une demoiselle Isola. il vint quelque temps après à Paris, et, quoiqu.il n'eût pas fait un cours régulier de droit , il fut nommé avocat à la cour (le cassation et au conseil d'État. En 1814, son épouse eut des scrupules sur la validité d'un mariage qui ne pouvait être reconnu par l'Eglise ; elle abandonna son mari pour se retirer à Rome , où elle passa à de secondes noces. Marochett; mourut en 1820, laissant deux fils, dont l'un est le célèbre sculpteur à qui l'on doit la statue équestre d'EmmanuelPhilibert
  • Vincent MIGNOT( 1730 - 1790) : , neveu de Voltaire, né à Paris vers 1730, d'une famille originaire de Sedan, et qui y établit une manufacture de draps, embrassa l'état ecclésiastique , et fut pourvu de plusieurs bénéfices , entre autres de l'abbaye de Sellières en Champagne ; mais il n'était pas prêtre . 11 obtint aussi une charge de conseiller au grand conseil , et il s'en démit en 1765, parce qu'il crut ses prérogatives attaquées il ne conserva que le titre d'honoraire. Il signa comme témoin, avec M. le marquis de Villevieille, la profession de foi que fit Voltaire dans sa dernière maladie; et ayant caché la mort de son oncle il transporter ses restes à Sellières , où ils furent déposés dans un caveau avant l'arrivée de l'ordre de l'évêque de Troyes, qui défendait de leur donner la sépulture . L'abbé Mignot fut un des légataires de Voltaire : il fit un noble usage de sa fortune, dont il employa la plus grande partie à soulager les malheureux. mourut en 1790. Grimm a tracé, dans sa Correspondance, un parallèle assez plaisant de l'abbé :Vignot et de Voltaire. « L'oncle, ditil , est sec « comme une allumette , le neveu est gros comme « un tonneau ; l'oncle a des yeux d'aigle, le ne- « veu a la vue basse. Tout ce qui les rapproche « c'est que le neveu est un fort honnête homme. « et que l'oncle est un bienfaisant, malin et « charmant enfant. n . L'abbé 'Vignot était laborieux et trèsinstruit. On a de lui : 1. Histoire de l'impératrice Irène, Amsterdam , 1762 ; elle a eu beaucoup de succès. On y trouve de l'impartialité , mais peu d'exactitude dans les citations. 2° Histoire de Jeanne Pe, reine de Naples, la Haye , 1764 L'auteur manque de vigueur et son style de pureté. 3. His- toire des rois catholiques Ferdinand et Isabelle, Paris , 1766, 2 vol. ; sujet bien choisi , mais exécuté médiocrement. L'auteur ne cite presque jamais les sources où il a puisé; mais on 1oit qu'il n'a guère consulté que Mariana et Ferreras. 4. Histoire de l'empire ottoman, depuis son origine jusqu'à la paix de Belgrade en 1740 , ibid., 1771, 4 vol. traduit en allemand par Wachsmuth , Mitau, 1774; 3 vol. et en anglais par A. Hawkins, 1788 4 vol. : c'était l'histoire la plus exacte et la plus intéressante qui eût encore paru de ce vaste empire I Barbier le nomme Claude , dans led Tables du Diction- e des an, nynws. il y a beaucoup de recherches et de faits importants tirés des meilleures sources. 5° Traités de Cicéron sur la vieillesse et l'amitié, traduits en français, Paris, 1780 ; volume tiré à cinquante exemplaires, pour être distribués en présent. 6° Quinte- Curce et les suppléments de Freinsheim, traduit en français, avec le latin en regard, ibid., 1781 , 2 vol. Cette traduction n'a, sur celle de Vaugelas, que l'avantage de quelques expressions plus modernes
  • Vincent MINUTOLI( 1640 - 1710) : littérateur , né à Genève vers 1640, descendait d'une noble famille lue-- quoise , dont une branche s'est établie à Florence dès la fin du 13° siècle et y a rempli les premiers emplois . L'un de ses aïeux embrassa la réforme et se fixa à Genève. Vincent fut admis au saint ministère et appelé en Hollande pour y exercer les fonctions du pastorat.; mais une intrigue galante dans laquelle il fut compromis l'obligea de résigner son bénéfice. 11 revint à Genève, et fut nommé en 1676 professeur d'histoire et de belleslettres à l'académie. La régularité de ses moeurs lui mérita d'être réintégré en 1679 dans la compagnie des pasteurs : il fut désigné bibliothécaire en 1700, et il mourut en 1710 dans un âge avancé. Minutoli, pendant son séjour en Hollande, s'était lié d'une étroite amitié avec Bayle , et il entretint constamment avec lui une correspondance trèsactive sur des objets de littérature et de philosophie. Outre quelques pièces de vers latins , dont on trouvera les titres dans le Dictionnaire de Moréri , et dans l'Histoire littéraire de Genève, par Senebier, , on a de lui : 1° une Lettre à Jurieu, insérée dans la Chimère de la cabale de Rotterdam; 2° Histoire de l'embrasement du pont du Rhône, Genève, 1670 ; 3° Dissertation sur un monument trouvé dans le Rhône en 1678. C'est une petite statue représentant un druide. 4° L'Eloge de Spon, imprimé par extrait dans les Nouvelles de la république des lettres , juin 1686 ; 5° les Dépêches du Parnasse, ou la Gazette des savants , Genève , 1693 11 n'a paru que cinq numéros de ce journal, que l'auteur discontinua parce qu'on en publiait à Lyon une contrefaçon qui lui enlevait ses abonnés. Minutoli a traduit du flamand la Relation du naufrage d'un vaisseau hollandais sur la côte de l'ile de Quelpaert , avec la description du royaume de Gorée, Genève, 1670 ; de l'allemand, le Journal de Just Collier, résident à la Porte pour les états généraux, ibid., 1672 et de l'italien, la Vie de Galeace Carracciolo, etc., ibid., 1681 11 a laissé en manuscrit des Harangues , citées par Bayle avec éloge, et des traductions du traité de Léon de Modène Des cérémonies des juifs, et de l'ouvrage de Pierius Valerianus De infelicitate litteratorunz. ' Ws
  • Vincent MIRABELLA( 1570 - 1624) : savant antiquaire , né en 1570 à Syracuse d'une famille noble, s'appliqua avec une égale ardeur à l'étude des mathématiques , de la géographie et de l'histoire. Il cultiva aussi la poésie et la musique ; mais il ne regarda les arts que comme un délassement. La douceur de son caractère et ses talents lui firent de nombreux amis. 11 était membre de l'académie des Lyncei de Rome et des Oziosi de Naples. Il mourut en 1624 à Motica , et fut inhumé dans l'église SteMarié des Grâces, où l'on voit son épitaphe rapportée par Mongitore. Plusieurs écrivains, entre autres Cluvier le géographe •ont parlé de Mirabella avec éloge. On cite de lui : P Palerme, 1606 Ce volume ne renferme que le premier livre ; on ignore s'il a eu une suite. 2° Dichiarazioni della piaula dell' antiche Syracuse, e d'alcune celte medaylie d'esse e de' principi che quelle possedettero, Naples, 1613 figures. Cet ouvrage, rare et curieux, a été inséré par Jacques Bonanni dans le tome 2 Dell' antica Siracusa. Palerme, 1717; il a été traduit en latin et imprimé dans le Thesaur. antiquitatunt de Burmann , t. 10. Mirabella a laissé en manuscrit une Histoire de Syracuse. Ws.
  • Vincent MONTI( 1754) : célèbre poète italien , naquit le 17 février. 175 , à Fusig,nanod'une famille aisée qui prit le plus grand soin 'de son éduca- tion. Après avoir fait ses premières études à Majano, il fut envoyé au séminaire de Faenza où il porta l'habit ecclésiastique, ce qui lui valut d'être longtemps appelé l'abbé Monti, bien qu'il n'eût reçu aucun des ordres sacrés. Pour nous servir Ces deux ouvrages furent reproduits avec des changements et additions par les fils de l'auteur, Pétrone et Gaétan , sous le titre d'Indices botanici et materice medice , Bologne, 1753 On doit encore à Gaétan la traduction d'italien en latin de l'Histoire des plantes rares de Jacques Zannoni , Bologne , 1742 avec 185 planches.
  • Vincent NIEMOJOWSKI( 1784 - 1834) : homme d'État polonais ; issu d'une famille distinguée, il naquit le 5 avril 1784 à Slupin , près de Cracovie. Après avoir étudié le droit à Balle et à Erlangen, il remplit des fonctions administratives à l'époque où subsistait le grand duché de Varsovie sous la protection de Napoléon. Appelé en 1818 à la diète polonaise , Niemojowski se fit remarquer par son opposition contre la Russie. Ce rôle périlleux le désignait à de sérieuses rigueurs. Arrêté, puis remis en liberté, il fut en 1825, lorsqu'il se rendait de nouveau à la diète , ramené sur ses terres par fa force armée et soumis à une surveillance sévère. Lorsque là révolution de 1830 éclata, il la salua avec enthousiasme et il devint membre du gouvernement national, niais après les massacres qui ensanglantèrent Varsovie au mois d'août, il se démit de ses fonctions. Après la prise de la capitale de la Pologne, il suivit les débris de l'armée à Modlin et il se refusa à capituler avec les vainqueurs. Fait prisonnier par les Russes, il fut condamné à mort, niais on se borna à le retenir longtemps prisonnier ; désigné pour être transporté aux mines de la Sibérie , il mourut vers la fin de 1834, lorsqu'il était en route pour se rendre à cet affreux exil. Les fatigues et la douleur le délivrèrent d'une existence qui n'était pour lui qu'un fardeau intolérable depuis la chute de la patrie à laquelle il avait voué toutes ses affections. — Son frère Bonaventure NIEMOJOWSKI, né le 4 septembre 1787, étudia dans des universités allemandes, et après de longs voyages en Allemagne , en Angleterre et en France, il obtint en 1820 un siège à la diète polonaise. Supérieur à son frère sous le point de vue des talents oratoires , il se plaça près (le lui à la tète de l'opposition faite à la Russie. Arrèté également en 4825, il fut soumis à une longue captivité. La révolution de 1830 lui confia des emplois importants ; d'abord ministre de la justice, il fut après la chute de Chlopicki chargé du portefeuille de l'intérieur. Partisan de l'abolition du servage dans les provinces insurgées de la vieille Pologne, il donna sa démission lorsque la diète se fut refusée à sanctionner cette mesure. Lorsque Varsovie fut tombée au pouvoir des Russes, il fut à la tète du gouvernement polonais qui siégea à Zakroczyn , mais qui m'eut qu'une hien courte existence ; se réfugiant ensuite en Prusse, il se rendit à Paris, où il mourut le 15 juin 1835, après avoir publié en 1833 un ouvrage en langue polonaise : Sur les derniers événements de la révolution de Pologne
  • Vincent NOVELLO( 1781 - 1861) : compositeur de musique italien, né à Londres de parents italiens en 1781, mort à Nice le 20 août 1861. Egalement dist par son talent sur l'orgue et par le mérite de ses compositions de musique religieuse, cet artiste jouissait en Angleterre de beaucoup de considération. Il était organiste de l'ambassade portugaise à Londres, en même temps que mem- bre de la société philharmonique. Il a publié successivement : 1. Selection of sacred music, Londres, 1811, 2 vol. ; 2° A collection qf motets for the olertory , and other pieces princi- pally adapted for the morning service, Londres, sans date, 12 livr. . Les critiques anglais ont fait l'éloge de ces deux ouvrages dans le Quarterly musical magazine. Novell° s'est particulièrement distingué par ses : 3° Gregorian hymns for the evening se;-- vice, Londres, sans date, 12 livr. Elles sont arrangées à six voix réelles en harmonie moderne. 4. Douze messes faciles pour un chœur restreint, Londres , sans date, 3 vol. 50 Dix- huit messes de Mozart avec accompagnement d'orgue ou de piano, ibid. ; 6. Dix- huit messes de Haydn avec accompagnement d'orgue ou de piano , ibid .; 7° Collection des oeuvres de musique d'église de Purcell, Londres , sans date ; 8° Esquisse biographique du compositeur de musique Henry Pune. ll, d'après les meilleures sources, Londres, sans date — Novello a laissé un fils, Jean- Alfred, qui est éditeur de musique à Londres, et une fille, Claire- Anastasie, née à Londres le 10 juin 1818. Après avoir étu- dié le chant et l'harmonie sous Robinson à York et sous Choron à Paris, en 1829, elle se présenta aux premières scènes lyriques de l'Europe, où elle parvint bien vite à se faire nne carrière brillante
  • Vincent PALMIERI( 1753 - 1820) : professeur de théologie à Pavie, né à Gènes en 1753, entra dans la congrégation de l'Oratoire, fondée en Italie par StPhilippe Néri, et en sortit pour remplir les places de professeur d'histoire ecclésiastique et de théologie dogmatique, d'abord à Pise, puis à Pavie. Il se trouvait dans cette dernière école avec Tamburini, Zola et les autres partisans des réformes opérées sous Joseph II , et il fit cause commune avec eux. Quoique étranger au diocèse de Pistoie, il voulut prendre part au synode tenu en 1786 par l'évêque de cette ville, et fut un des théologiens de cette assemblée et un des promoteurs de ses décrets. En 1797 , il donna la démission de sa chaire, .quitta Pavie, et se retira dans sa ville natale. Quelques prêtres génois, amis de la révolution française , avaient formé une académie pour en propager les principes; parmi eux étaient Solari, Molinelli, Degola : Palmien i se joignit à ces ecclésiastiques patriotes, et signa la lettre de C0111111Ulli011 qu'ils adressèrent le 23 octobre 1798 au clergé constitutionnel de France, et qui fut lue dans le concile dit national en 1801 Palmieri mourut le 13 mars 189.0 : il s'é- tait répandu qu'avant de mourir il avait rétracté ce qu'il avait dit dans plusieurs de ses ouvrages contre les droits du saintsiége; niais ses amis assurent qu'il a persévéré jusqu'à la lin dans les mêmes sentiments. Ses principaux écrits sont 1111 Traité historique , critique et dalmatique des indulgences, 1788, 9, vol. qui a été réfuté par le P. Anfossi , dominicain , maitre du sacré palais à Rome; — la Liberté et la loi ronsidéréeg dans la liberté des opinions et la tolérance des cultes, qui a été aussi critiqué et qui était une suite du plan formé par l'académie dont on a parlé; — une défense de ce même ouvrage en 3 petits volumes ; — une Defense du dogme de la confession auriculaire, contre Ranza ; la Per- pétuité de la foi de l'Eglise catholique concernant les dogmes des indulgences, Gènes , 1817 2. C'est une réponse au P. Anfossi. — Enfin une Analyse raisonnée du système des incrédules, 7 vol. Ces ouvrages sont en italien
  • Vincent PETAGNA( 1734 - 1827) : médecin italien, connu par des écrits remarquables sur la botanique et l'entomologie, naquit à Naples en 1734. Il fit de trèsbonnes études chez les jésuites, et se livra aussitôt après à son goût naturel pour la médecine et toutes les sciences qui s'y rapportent, principalement la botanique et l'entomologie. Ayant été connu du prince de Kaunitz , dans une mission que ce diplomate autrichien eut à remplir auprès de la cour de Naples, il l'accompagna ensuite dans plusieurs voyages en Allemagne et en Italie, étudiant partout la nature et se mettant en relation avec les savants et les sociétés littéraires et scientifiques. Ce fut ainsi qu'il put former des collections précieuses de plantes et d'insectes. Revenu dans sa patrie , il y fut nommé professeur de botanique à l'université; et, tout en remplissant les fonctions de cette place, il s'occupa de réunir ses collections et de rédiger ses ouvrages qui furent successivement imprimés sous ses yeux; savoir 1° Institutiones botanicœ , Naples, 1785, 3 vol. Le premier volume sert d'introduction, et présente une analyse de différents systèmes botaniques; les autres contiennent un Species plantarum qui n'est qu'une reproduction de l'ouvrage de Linné. 2. Specimen insectorum Calabrice Ulterioris , ibid., 1786 figures ; réimprimé à Utrecht; 3° Inst; tutiones entomologicoe , ibid. , 1790, 2 vol. figures. C'est une description des insectes de toute l'Europe, compilée d'après les ouvrages de Fabricius et autres , mais qui renferme quelques descriptions neuves des insectes du royaume de Naples et de Sicile. 4° Delle facoltà delle piaule, ibid., 1797, 3 vol. 8°. C'est un traité fort utile, où sont indiquées toutes les qualités des plantes pour l'usage médical et domestique. Petagna mourut à Naples le 6 octobre 1810. 11 était membre de plusieurs académies et corps savants, notamment de la société royale de Londres et de celle de Florence. — Il existe un voyage intitulé Viag gio in alcuni luoghi della Basilicata et della Calabria Citeriore nel 1826, Naples, 1827, par L. Petagna, botaniste aussi, puisqu'il donne à la lin de cet ouvrage un catalogue de plantes recueillies durant ce voyage; mais la date ne permet pas de confondre cet auteur avec Vincent Petagna
  • Vincent PLACIUS( 1642 - 1699) : né à Hambourg le 4 février 1642, est le second qui ait publié un livre sur les ouvrages anonymes ; et c'est à ce titre qu'il mérite une place dans les dictionnaires historiques. Son père était médecin. Après avoir fait ses premières études dans sa patrie, Vincent alla d'abord à Helmstadt, puis à Leip.sick, pour se perfectionner dans les sciences. Il voyagea ensuite en Italie, en France, et fut reçu à Orléans licencié en droit. De retour à Hambourg en 1667, il se fit avocat, mais ne renonça pas aux lettres. On lui donna en 1675 la chaire de morale et d'éloquence qu'il occupa jusqu'à sa mort, arrivée le 6 avril 1699 à 57 ans, et non 59, comme dit le P. Niceron. Il légua sa bibliothèque, composée de 4,000 volumes, à la ville de Hambourg et ses biens pour l'entretien de quelques étudiants. Niceron, dans le tome 1'r de ses Mémoires, a donné la liste des ouvrages de Placcius, qui ne s'élevaient pas à moins de trentetrois. Ce sont des opuscules de jurisprudence, de philosophie, de rhétorique, de poésie; un traité De arte excerpendi , 1689 etc. Placcius parlait mieux qu'il n'écrivait; son style est lourd et obscur. De sesnombreux écrits, on ne cite plus guère que son Theatrum anonymo- runi et pseudonymorum. Dès 167 Ji, il avait mis au jour, sous le titre De scriptis et scriptoribus anonymis et pseudonyntis syntayma, I vol. in4°, qui n'était que le prélude d'un ouvrage plus étendu. Geisler, qui avait déjà écrit sur les anonymes, n'en avait découvert que cinquante, et désirait donner une nouvelle édition de son opuscule. Il offrit à Placcius de lui communiquer ses matériaux ; mais comme ils étaient trèsabondants, Placcius préféra en faire un ouvrage à part. Il fut aidé. dans ce travail par Van Mastricht , syndic de Brème , Mellenius, premier médecin de l'électeur palatin, et Foglius, professeur de Hambourg. Ce livre eut des admirateurs, des censeurs et des imitateurs . L'auteur s'occupa de le perfectionner. Mais ayant appris que Baillet travaillait à un traite sur la même matière, il lui Cil proposer ses notes manuscrites, sous la condition que l'ouvrage serait écrit en latin. Cette condition ne fut pas la cause du refus de Baillet , qui répondit que d'ailleurs il ne voulait parler que des auteurs dont on avait pris les noms pour publier des ouvrages auxquels ils étaient étrangers. Placcius alors fit un appel à tous les savants, et publia cet appel sous ce titre : Invitatio amica ad Antonium lfagtiabeechum, aliosque illus- tres et clarissintos litterarioe caque rei librarite pro- ceres, fautores, peritos, super symbolis, promissis partim et destinatis ad anonymos et pseudonymos deteetos et detegendos, 1689 Cette invitation ne fut pas stérile ; et Placcius se disposait à donner sa seconde édition lorsqu'il mourut. Il en chargea Van Mastricht, qui pendant sept ans chercha vainement un libraire qui voulùt s'en charger. Ce fut avec le secours de Matthias Dreyer, chanoine de Hambourg, que l'ouvrage parut sous ce titre Vincentii Placei theatruni anonymorum et pseudonymorum, Hambourg, 1708 en deux parties. L'avis au lecteur et la vie de l'auteur sont de J.A. Fabricius; mais le Commentatio Editoris de summa et seopo opens est signé Matthias Dreyerus. La première partie comprend les anonymes ; la seconde les pseudonymes. Le premier chapitre de la première partie traite De biblicis scriptoribus anonymis; et à la suite on trouve quinze chapitres et un appendice tels qu'ils étaient dans la première édition, le tout comprenant 617 articles. C'est après tout cela que vient le chapitre deuxième des théologiens ; le troisième est consacré aux jurisconsultes, le quatrième aux médecins ; les historiens, les philosophes, les moralistes, les philologues, les poètes, les auteurs allemands, les belges, les anglais, les fran-çais, les italiens, ont chacun un chapitre; le seizième comprend les auteurs en diverses langues ; enfin le dixseptième a été réservé aux rabbins, qui seuls ont fourni 519 articles ; le total des seize premiers chapitres est de 2,777 numéros, parmi lesquels il en est beaucoup qui sont doublés et même sextuplés. La deuxième partie, où celle des pseudonymes, contient 2,930 articles rangés par ordre alphabétiques des auteurs dont les livres portent les noms. Les traités de Deckherr, du P. Vinding , de Bayle, l'opuscule de Fr. Geisler, et une lettre de J.Fr. Mayer , sont suivis de deux tables : 1° des ouvrages anonymes; 2° des auteurs tant anonymes que pseudonymes. Les dixsept divisions ou classes sous lesquelles sont rangés les ouvrages anonymes sont un embarras pour ceux qui ont besoin de se servir du livre de Placcius. Si l'on ajoute à cela que les citations inutiles sont multipliées, que les titres des livres sont traduits en latin , que les noms des auteurs sont souvent défigurés , que souvent encore les ouvrages sont faussement attribués à tels auteurs, on est tenté d'approuver le jugement sévère de Prosper Marchand , qui l'appelle Mare magnum erratorum. L'ouvrage peut être consulté avec fruit; mais il faut que ce soit avec précaution. On ne doit point, au reste, oublier que Placcius a en quelque sorte ouvert la carrière, ce qui est un titre à l'indulgence et à la reconnaissance du lecteur. Quelques corrections ou additions à son travail sont données par J. Fabricius dans son Historia bibliothecoe Fabricianœ , partie 3, p. 139-171. Les ouvrages de Heumann et Mylius sont des suppléments au Theatrunt de Placcius . Pour les livres français, Placcius ne dévoile guère que cinq cents anonymes
  • Vincent PRIESSNITZ( 1799) : l'inventeur de l'hydrothérapie empirique, naquit le 4 juillet 1799 à Grœfenberg , petit hameau perdu dans les montagnes de la Silésie autrichienne, à dixhuit mille pieds audessus du niveau de la mer. Ses parents étaient de petits cultivateurs montagnards qui ne donnèrent , quoi qu'on en ait dit, aucune instruction à leur fils. Priessnitz, en effet, ne sut jamais lire ni écrire. Son enfance s'écoula au milieu d'une nature sattvage et dans les rudes travaux de la pauvreté. Trèsjeune encore, il remarqua que ses compatriotes guérissaient les bestiaux atteints de contusions et d'entorses au moyen de compresses d'eau froide. Observateur déjà très- sagace, Priessnitz soigna de cette façon les chevaux de son père , et lui aussi obtint des guérisons promptes et radicales, quoiqu'il s'abstînt de prononcer les paroles cabalistiques dont on accompagnait ce traitement dans le pays. Peu à peu il devint maître dans l'art vétérinaire et acquit une sorte de réputation qui s'étendit dans tous les environs. Il monta alors un cabaret , premier théAtre de ses consultations et de ses succès. Un accident , qui pouvait avoir pour Priessnitz les suites les plus graves, fut la cause occasionnelle de sa fortune et de sa gloire. Ren- versé à terre par un cheval emporté , il eut de fortes contusions au bras gauche et deux côtes fracturées. Les chirurgiens qu'on appela près de lui essayèrent vainement de remédier au déplacement des fragments et déclarèrent que si le malade recouvrait la santé, il serait contrefait pour toujours. Priessnitz entreprit alors de se guérir luiméme. S'appuyant contre une chaise et dilatant sa poitrine par une forte inspiration, il parvint à faire reprendre aux côtes fracturées leur position normale, puis, retenant énergiquement sa respiration , il se fit entourer le corps d'un bandage mouillé. La guérison fut complète l'hydrothérapie empirique était née. Bientôt Priessnitz vendit son cabaret pour exercer la médecine ambulante. Les instruments de sa médication étaient bien simples : c'étaient des éponges et des compresses imbibées d'eau pure. Ses succès furent nombreux, et , au bout de peu de temps , les populations simples et superstitieuses au milieu desquelles il exerçait son art l'écoutèrent comme un oracle. On abandonna la médecine traditionnelle et les médecins pour exécuter les remèdes d'un homme qui guérissait souvent, si ce n'est toujours, et passait pour ètre un peu sorcier. Malgré les cures multipliées de Priessnitz, les médecins du pays ne voulurent pas le reconnaître pour un membre de la famille d'Esculape , et , loin de partager l'enthousiasme général , ils profitèrent de ce qu'il n'avait pas de diplôme pour l'appeler devant la justice. Malgré son incontestable supériorité sur les docteurs du pays, l'excabaretier fut condamné. La protection des gens qu'il avait soignés ne lui offrant pas des garanties suffisantes de sécurité , il passa la frontière et alla exercer la médecine dans la Silésie prussienne. Là encore il eut le bonheur de soulager et de guérir des malades, mais le malheur plus grand de déplaire aux médecins , et il fut obligé de quitter la Prusse et de revenir en Autriche. On avait prétendu que les éponges du guérisseur contenaient des médicaments et que là était tout le secret de son talent. Mis au défi , Priessnitz lacéra publiquement ses éponges, et on vit qu'elles ne renfei'maient que de l'eau claire. Revenu eu Autriche plus persévérant et plus heureux que jamais dans l'art de guérir, Priessnitz obtint en 1830 , du gouvernement, l'autorisation d'employer sa médication au traitement des maladies. Sa clientèle prit dès lors un essor immense. Ce ne fut pas seulement de toutes les villes d'Allemagne qu'on vint le consulter, l'Europe entière , l'Asie, le nouveau monde lui envoyèrent des malades. Aux paysans et aux montagards succédèrent des clients riches et puissants. Des princes, des souverains s'adressèrent à l'ancien cabaretier et lui demandèrent la santé qu'aucun docteur d'aucune faculté n'avait pu leur donner. Il faut bien le dire, l'engouement général était justifié, et des guérisons presque miraculeuses couronnaient les efforts de Priessnitz. Pourtant cet homme n'avait aucunes connaissances en physiologie ni en anatomie, et , comme nous l'avons dit , ne savait même pas lire et écrire. Mais il avait un grand jugement , un talent d'observation remarquable et une mémoire prodigieuse. Soignant mille malades à la fois , il se souvenait du traitement qu'il avait prescrit à chacun. On estime que le nombre des personnes qui ont eu recours à lui s'éleva à quarantesept mille environ. Priessnitz était hautain, égoïste et avide. Il n'a pas laissé d'élèves ; mais ses incontestables succès avaient attiré à Grœfenberg un certain nombre de médecins qui étudièrent les résultats de sa pratique et créèrent à leur tour des établissements d'hydrothérapie. Il est presque inutile de dire que Priessnitz acquit une fortune considérable qu'On évalue à 8 ou 10 millions environ. Cette situation exceptionnelle , qu'il avait obtenue sans les médecins et malgré eux , lui avait inspiré un dédain profond pour l'art médical et ses adeptes. Il a manqué à Priessnitz l'éducation première, que rien ne remplace, et des notions scientifiques indispensables à quiconque veut exercer l'art de guérir. Avec de tels éléments, il fût devenu un médecin illustre et un des grands bienfaiteurs de l'humanité, tandis qu'il n'a été qu'un empirique de talent. L'expérience seule fut son guide. C'était beaucoup , niais ce n'était pas assez ; aussi essuyat•il des revers qui furent la conséquence de son défaut de connaissances médicales. Se sentant gravement atteint par la maladie à laquelle il devait succomber, il employa en vain toutes les ressources de l'hydrothérapie. Sa mort eut lieu en 1859.. — Il est utile d'examiner avec quelques détails le mode de traitement inventé et appliqué par Priessnitz. Il renferme : io le régime, 2° l'exercice, 3° l'administration de l'eau froide à l'intérieur, 4° la sudation , l'application de l'eau froide à l'extérieur. — 1° Le régime. Priessnitz voulait qu'on mangeàt beaucoup , afin de réparer les pertes que les transpirations abondantes occasionnent à l'organisme. Il exigeait que les aliments fussent ingérés froids, se fondant sur l'expérience suivante qu'il avait faite. Deux porcs ayant été nourris, l'un avec des aliments froids , l'autre avec des aliments chauds, le premier fournit des intestins blancs et parfaits pour la consommation , tandis que les intestins du second étaient ramollis et malades. Les viandes rôties , le poisson , le lait , les légumes et les fruits étaient abondamment servis sur la table de Priessnitz; niais les aliments étaient préparés d'une manière trèssimple, car, à l'exception du sel , tous les condiments en étaient exclus. La seule boisson permise à Grmfenberg était l'eau froide saris aucun mélange. 2. L'exercice. Il était regardé comme indispensable pendant toute la durée du traitement. Les malades devaient faire chaque jour de longues promenades. Des femmes délicates, de faibles jeunes filles étaient obligées de remplir l'office de portefaix et de bûcherons, en sciant et en fendant du bois. Les occupations sédentaires, les longues études étaient sévèrement interdites. Ainsi le voulait l'impérieux dictateur de Grœfenberg. 3^ L'administration de l'eau froide à l'intérieur. Les malades buvaient, en moyenne, vingt à vingtcinq verres d'eau par jour. La température du liquide était de + 8 à A- 12 degrés centigrades. La localité fournissait du reste une eau admirablement belle et limpide. 4° La sudation. Le patient était enveloppé dans un drap mouillé et recouvert ensuite de plusieurs couvertures de laine. Il attendait alors dans une immobilité absolue que la sueur se déclarât, et il s'écoulait parfois six et huit heures avant qu'il pût obtenir ce résultat. Priessnitz, en agissant ainsi , voulait expulser au dehors la matière morbifique. Dans d'autres cas on roulait également les malades jusqu'au col dans une couverture de laine et on les recouvrait avec plusieurs autres couvertures ou avec des édredons. Ils restaient dans cet état jusqu'à ce que la transpiration arrivât, ce qui , en hiver, était souvent fort long. Dès qu'elle commençait, on ouvrait les fenêtres et on faisait boire aux sujets un peu d'eau froide, de quart d'heure en quart d'heure. La sueur devait durer, selon les maladies, depuis une demiheure jusqu'à vingt heures. Lorsqu'on voulait faire cesser l'épreuve , on débarrassait les malades de leurs couvertures, et on les plongeait dans un bassin rempli d'eau froide. Par la suite, Priessnitz renonça presqu'entièrement à ce genre de traitement , soit qu'il n'en ait pas obtenu tous les résultats qu'il en attendait, soit que de graves accidents l'en aient dégoûté. 5° Application de l'eau froide à l'extérieur. Priessnitz apportait une assez grande variété dans ses moyens d'appliquer l'eau froide à l'extérieur. Il faisait plonger les malades en pleine sueur dans un baquet d'eau froide , comme nous l'avons dit un peu plus haut ; c'était ce qu'il appelait le grand bain. Pour le bain partiel , les malades étaient placés dans une baignoire contenant seulement de vingt à quarante centimètres d'eau , à une température variant entre 18 et + 4 degrés Réaumur. Des aides vigoureux trempant leurs mains dans l'eau frictionnaient les baigneurs, qui restaient quelquefois dans les baignoires pendant huit à neuf heures. On renouvelait l'eau du bain au fur et à mesure qu'elle se réchauffait. Priessnilz prescrivait aussi le bain de siège , le bain de pieds , des bains locaux pour les yeux , les mains, etc... Lorsqu'il voulait provoquer un effet excitant et révulsif, il ordonnait l'emploi de l'eau pendant cinq à dix minutes à la température de + 2 à + 4 degrés Réaumur, concurremment avec des frictions très-énergiques. Si au contraire il voulait obtenir un effet sédatif ou résolutif , il employait l'eau à + n degrés Réaumur pendant un laps de temps qui variait entre quinze minutes et une heure. Les albsions, les lotions , les douches , le drap mouillé , les compresses, la ceinture humide étaient autant de moyens dont Priessnitz se servait avec le plus grand succès. Son but était toujours de débarrasser le sang des matières peccantes qu'il contient en plus ou moins grande quantité. Telle fut la médication hydrothérapique inventée par Priessnitz, telles furent les idées théoriques de ce guérisseur célèbre. En laissant de côté l'exagération de certains procédés adoptés par lui, on ne peut disconvenir qu'il n'ait rendu à l'art de guérir un immense service, et n'ait obtenu des cures inespérées. Qu'on n'aille pas croire toutefois que ses succès furent constants : l'hydrothérapie, telle qu'il la pratiquait, lui infligea quelquefois de cruels mécomptes. Il ne pouvait en être autrement; tout innovateur dans la pra-?igue médicale est exposé aux mêmes dangers. D'ailleurs Priessnitz ne possédait pas la science du diagnostic, sans laquelle il n'est pas de médecin. La gloire du paysan de Grmfenherg sera d'avoir montré la route que la génération médicale actuelle parcourt avec tant d'éclat. Du vivant de Priessnitz et depuis sa mort , des établissements hydrothérapiques ont été créés de toutes parts; des médecins de talent ont épuré sa médication de l'empirisme rigoureux absolu et parfois aveugle qui pesa sur ses commencements. Ils pratiquent l'hydrothérapie d'une façon plus rationnelle, en s'aidant de toutes les découvertes modernes en chimie , en physique et en physiologie. L'industrie ellemême a prêté son concours à la science en perfectionnant les instruments incomplets et grossiers dont se servait le père de l'hydrothérapie. Il n'y avait, effectivement à Grmfenberg ni douche en pluie , ni bain de siège à eau courante, ni douche mobile, ni douche ascendante, etc. Dans ces vingt dernières années, au contraire, on a vu s'élever des maisons spéciales d'hydrothérapie où l'on a mis à profit tout ce que la mécanique et l'hydrostatique ont inventé de plus ingénieux et de plus parfait. Bien plus, on a construit au Croisic, petit port de mer du département de la LoireInférieure , un établissement modèle où l'hydrothérapie est pratiquée avec de l'eau de mer, plus stimulante et plus tonique que l'eau douce. On comprend aisément la puissance d'une pareille médication et sa supériorité sur l'hydrothérapie ordinaire. Si Priessnitz revenait un seul jour parmi les vivants , il verrait que les médecins qu'il dédaignait si fort, ont cependant fait preuve de jugement et d'impartialité en proclamant euxmêmes l'utilité de sa découverte, et que l'art médical qu'il a conspué avec tant de hauteur marche , lui aussi , vers le progrès , adoptant avec enthousiasme, quelle qu'en soit l'origine, tous les moyens qui peuvent alléger les souffrances de l'homme et prolonger sa vie
  • Vincent RACHETTI ou RACCHETTI( 1777) : médecin italien, né à Créma le 17 mai 1777 d'une famille aisée, étudia la philosophie et les mathématiques à Lodi, puis le droit à l'université de Pavie. Reçu docteur en 1798, il abandonna aussitôt cette carrière pour se livrer à la médecine et prit ses degrés à l'université de Padoue. Ce fut aussi dans cette dernière ville qu'il se fortifia Toilette ou costume, tout ce que portait mademoiselle Rachel participait à sa distinction et ne faisait qu'un avec elle. Avant Bajazet , il semblait que la tunique grecque ou romaine dût être son unique vêtement; à la première représentation de Bajazet, qui fut pour elle line mauvaise soirée, elle n'eut que le succès de son costume oriental. Elle eut aussi le succès de son armure dans Jeanne d'Arc, celui de ses coiffures de pampres dans Horace et Lydie et dans le Moineau de Lesbie, et, ce qui semblera plus singulier encore , celui de ses chapeaux dans Lady Tartuffe. Quand la tragédienne voulait être une femme à la mode, la mode pouvait prendre leçon d'elle. dans la langue grecque et suivant les leçons du célèbre Cesarotti . Revenu dans sa ville natale, il y exerça la médecine jusqu'en 1802 , époque à laquelle il se rendit à Milan , où il ne tarda pas à se faire de puissants protecteurs. François Melzi, alors viceprésident de la république italienne, lui procura la place de secrétaire de la direction centrale de la santé au ministère de la guerre. En 1807 , Rachetti fut nommé premier médecin de l'hôpital de Créma, et peu après professeur de physique au collée de cette ville. Trois ans plus tard , il fut appelé à Pavie pour y occuper la chaire de pathologie, de médecine légale et de police médicale. Dans ses leçons de pathologie, il aimait à s'étendre sur la force vitale et à démontrer que la physiologie était fille de la pathologie à laquelle, de son côté, elle a rendu depuis de grands services. Ennemi des systèmes de Darwin et de Brown , il s'arrêtait volontiers à les réfuter , et apportait dans ses arguments tant de subtilité que ses élèves avaient bien souvent de la peine à le comprendre. Mais, dans les questions de médecine légale et de police médicale, il donnait moins de cours à son imagination et ne s'écartait guère de la méthode scolastique. La chaire de clinique médical,. étant devenue vacante, en 1816 , par la mort de Raggi , Rachetti le remplaça pendant quelque temps ; mais atteint d'une maladie causée par l'excès du travail et qui sur ses facultés intellectuelles, il fut obligé de renoncer à l'enseignement et de se retirer dans sa ville natale, où il mourut le 9 avril 1819, après deux années de souffrances physiques et morales. Il avait publié : I. Teorica della prosperità fisica delle nazioni , nei rapporti d'economia publica, ossia esposizione dei principi politici che servono di base a lutta l'opera, Milan, 1802, t. ler, Ire partie Ce livre fit assez de sensation dans le monde savant pour être l'objet d'un examen spécial. Une commission fut nommée à cet effet, mais son jugement fut peu favorable, ce qui dégoûta Rachetti, et l'ouvrage ne fut pas continué. Au reste, le plan dans lequel il l'avait conçu était trop vaste et dépassait évidemment les forces d'un homme. On lui reprocha aussi de s'y montrer trop optimiste. Malgré ces défauts, la Théorie de la prospérité physique des mitions offre des aperçus neufs, ingénieux , et annonce un homme profondément versé dans l'économie politique et la jurisprudence. L'auteur n'avait cependant alors que vingtcinq ans. 2° Trattato della milizia dei Greci antichi colla versione del libro di Tatti. d'ilrriano , ouvrage dédié à Napoléon et qui offre des chapitres pleins d'érudition. Nous citerons entre autres celui qui concerne les éléphants considérés comme machines de guerre. 3° Della struttura , delle funzioni e delle malattie della mi- douta spinale, Milan, 1816 Ce traité des maladies de la moelle épinière est estimé. Le célèbre Rasori en rendit compte dans les opuscoli clinici ; et voici en quels termes il en apprécie la valeur littéraire, après l'avoir loué sous le rapport scientifique : « Ce livre est écrit « d'une manière peu commune aux savants d'au-« jourd'hui , tant il y a de justesse dans les ex- « pressions , d'élégance dans les phrases, d'art « dans les périodes. Seulement un oeil de lynx pourrait peut-être parci parlà découvrir quel- « ques traces d'affectation. » Rachetti s'était aussi occupé de poésie, et ses intimes se rappellent lui avoir entendu lire quelques fragments d'une tragédie où il y avait de la verve et de la correction. 11 était de plus musicien et touchait parfaitement du piano, sur lequel il exécutait même des airs de sa façon. L'un des amis de Rachetti, M. G. del Chiappa, lui a consacré une notice dans la Biographie des Italiens illustres, publiée à Venise par le professeur Tipaldo
  • Vincent RAMONDINI( 1758) : naturaliste italien, naquit le 10 octobre 1758 à Messine, où son père était pharmacien. Après avoir achevé le cours de collége dans sa ville natale, il alla étudier la médecine à Naples et se fit recevoir docteur. Toutefois il ne s'adonna pas à l'exercice de cet art, auquel il préféra la chimie et la minéralogie, ce qui lui valut d'ètre choisi par le gouvernement pour visiter la nitrière naturelle de Molfetta et d'ètre compris au nombre des jeunes gens , qui furent envoyés en 1789 en Hongrie pour étudier les procédés employés dans l'exploitation des minéraux. Après trois années d'études au collège de Schemnitz, Ramondini, accompagné de 3Iélograni, parcourut scientifiquement toute la Hongrie, la Transylvanie, la Pologne, la Gallicie , la Bohème, l'Autriche et le Tyrol. Il s'arrêta quelque temps à Freyberg pour suivre les leçons de Werner sur la minéralogie. La Saxe lui calta à elle seule une année de pérégrinations, tant les minières d'Ert- zeburge et celles de Harz lui offrirent d'intérêt. En 1794, il passa en Angleterre et visita les pr cipales mines dont ce pays est si riche. Il ne fut de retour à Naples qu'en 1796. Peu de temps après il fit partie d'une commission chargée de reconnaître une prétendue carrière de charbon fossile dans la province de Salerne, et d'examiner les fours de Marino et de Cannetto. De là il passa en Calabre pour y visiter les minières de Stilo et les fonderies de la Mongiana ; mais les convulsions politiques auxquelles le pays fut en proie l'obli- gèrent de revenir à Naples avant d'avoir pu faire tout le bien qu'il projetait. En 1801 , il fut de nouveau envoyé en Calabre pour dresser, conjointement avec Savaresi, la carte géographique et minéralogique de ces contrées. Cependant il ne coopéra pas à l'exécution entière de ce travail, car il fut dans l'intervalle mppelé à Naples pour occuper une chaire à l'université et diriger le musée de minéralogie. On doit à Ramondini la découverte d'une nouvelle substance vomie par le Vésuve et à laquelle il donna le nom de Zut-- lite, en l'honneur du comte Zurlo, son protec- teur. Ramondini mourut à Naples le 15 septem- bre 1811. On a de lui : 1° Lettera sulla nitriera neurale del Pulo di Molfetta, nella terra di Bari in Puglia, Naples, 1788, iii-8° ; 2° Memoria sulla preparazione della canapa, etc. . Il a de plus laissé en manuscrit un Traité élémen- taire de minéralogie. MM. Tondi et delle Chiale ont consacré chacun une notice à ce savant naturaliste
  • Vincent REQUENO Y VIVÈS( 1743 - 1811) : S'avant littérateur et numismate, naquit én 1743 à Calatraho, dans l'Aragon, et à l'âge de quatorze ans embrassa la règle de StIgnace. Lors de la suppression des jésuites, il's'etnbarqua pour l'Italie avec un grand nombre de ses confrères et s'établit à Rome, où il ne tarda pas à se faire connaltre par son érudition et son goût pour les antiquités. 11 profita de la permission accordée aux jésuites espagn6ls dè rentrer dans leur patrie, .et fut nommé membre de l'acadéhiie royale des‘Sciences d'Aragon et conservateur du cabinet de médailles de cette Société. Informé du rétablissement des jésuites dans le royaume des DeuxSiciles, il se hâta de retourner en Italie, dans le dessein de se réunir à ses anciens confrères; mais il mourut à Tivoli le 17 février 1811 à 68 ans. Outre un ouvrage ascétique , on a du P. Requeno : 1° Saggio sud lista- bilimento dell'antica arte de' grecie de' romani pittori, Venise, 1781 Sous le titre modeste d'essai, le savant auteur donne un 'traité complet de la peinture chez les anciens et les divers procédés employés par les artistes grecs et romains. Cet ouvrage , plein de recherches et d'expériences curieuses, a été réimprimé avec des additions et des corrections, Parme, 1787, 2 vol. Principi, progressi, perfezione, perdita et rista- bilimento dell' antica arte di parlare da Mugi in. guerra, etc., Turin, -1790 c'est un traité des signaux des anciens. Depuis la renaissance des sciences, un grand nombre de savants s'étaient occupés de recherches sur cet objet important; et plusieurs même avaient tenté des expériences dont le résultat a produit enfin la découverte du télégraphe, qui fera passer avec honneur le nom de Chappe à la postérité . 3° Scoperta della chironomia, ossia dell' arte di gestire colle mani, Parme, 1797 La manière de se faire entendre par le moyen des doigts est fort ancienne. On trouve parmi les oeuvres de Bède tin opuscule De loquela per gestunz digitorum, avec des gloses. Fabricius a rapporté, dans la Biblioth. latin., les différentes éditions de ce traité; et à cette occasion il indique tous les auteurs parvenus à sa connaissance qui ont écrit sur l'art de parler avec lés doigts. Cet art, pèrfecticinné par Pereire dans le siècle dernier , est presque sans utilité depuis que l'abbé de l'Epée et Sicard ont trouvé une méthode bien supérieure pour instruire les sourds et muets . 4° Saggi sur ristabilimento dell' arts di dipingere ah' encausto degli antichi, ibid., 1798, 2 'vol. Caylus s'était occupé le premier avec shccès de la recherche des procédés qu'employaient lès anciens pour peindre à l'encausti- que ; mais le P. Requeno a fait de nouveaux essais trèsintéressants qui rendent son ouvrage précieux pour les artistes. Il faut joindre aux deux volumes qU'on vient d'indiquer un Appendice, Rome, 1806 50 Saggio sur ristabilimento dell' acte armonica de gréci c romani rantori, ibid., 1798, 2 vol. iti.89; ouvrage chrieux et plein de recherches comme tous ceux de l'auteur; 6011edallas ineditas antiguas existentes en el muse de la 'real sorieda'd Aragcmesa, Saragosse, '1800 imprimé aux frais de l'aca-, démie. Cet ouvrage est divisé en detix parties, dont la première contient des remarques sur des explicatiOns données par quelques numismates ét de nouvelles conjectures sur diverses médailles. 70 Tamburo, stronzento di prima necessità per rego- lamento delle truppe, 'perfezionato, Rome, f807 L'auteur y présente les moyens de changer le bruit du tambour en sons harmonieux et propres à se marier avec la voix . 8. Osserva- zioni mita chirotipografia ossia antica are di stol. pare a tnano, Rome, 1810 il y a des exemplaires sur vélin. Dans cet opuscule, le P. Requeno cherche à prouver que l'imprimerie était connue et pratiquée bien avant le 45e siècle, quoiqu'elle n'eût pas atteint la perfection à laquelle l'ont portée Guttemberg et Schceffer . On trouve une notice sur Requeno dans le supplément de Caballero à la Biblioth. soc. Jesu; mais elle est incomplète
  • Vincent ROTA( 1703 - 1785) : poête italien, naquit à Padoue en 1703. Après avoir achevé ses études au séminaire de cette ville, il se voua à l'état ecclésias- tique, dont ses goûts paraissaient devoir l'éloigner. Il aimait la poésie, la peinture, la musique et même la broderie ; il fut très lié avec Tartini, qui ne dédaignait pas de le consulter sur ses ,'ompositions musicales. Rota, cédant aux invitations du prince Gabrieli, son élève, se rendit à Rome, où il était encore appelé par son amour P° ur les arts. Après y avoir passé quelques années, il revint à Padoue, où il mourut le 10 septembre 1785. On a de lui : 1° cinq pièces de théâtre, imprimées à différentes époques — la Zoccoletta pietosa; — la Morta riva; — il Pastor geloso ; — il Fantasma ; — Lavativo ; et trois inédites : - il Pisciatojo ; — la Balia ; — il Menoriale ; 2° l'Incendio del tempio di S.- Antonio di Padora, poéme en six chants, Rome, 1749 et réimprimé à Padoue en 1753; 3° une Navetia, à l'imitation des contes de Boccace, publiée pour la première fois par le comte Ant.Mar. Borromeo, à la suite de la Notizia de' novellieri italiani, édition de Bassano, 1794 ; 4° i Salmi penitenziali, traduits en tercets, et l'Arte di disa- morarsi , traduit d'Ovide, en vers blancs; 5° des Dialogues et des Epitres en latin , langue qu'il écrivait avec autant de facilité que l'italien. Voyez Alernorie intorno alla vita « d agli ameni studj abbate Vine. Rota , Padoue, 1798
  • Vincent SABLON : écrivain du 17° siècle, né à Chartres, a laissé une traduction en vers de la Jérusalem délivrée , traduction souvent peu fidèle, toujours complé- tement dépourvue de grâce et imprimé que le Siècle de Louis X1 V parut pour la premère fois en 1752. Sa mémoire le trompait. 01] bien il ne voulait pas reconnaître cette première édition parce qu'il la trouvait trop défectueuse. existé. Un autre ouvrage de Sablon, d'un genre différent, a repris quelque valeur, grâce à sa rareté et à l'empressement avec lequel les hommes studieux recherchent aujourd'hui les livres relatifs à l'histoire particulière des provinces et des villes de France. Il s'agit de son Histoire de l'église de Chartres, abrégé de celle de Roulliard , et qui fut imprimée à Paris en 1677, en 1 volume in -12. Les bibliographes indiquent d'autres éditions de 1671, 1673, 1677, 1707, 1714 et 1715. Il est à croire que plusieurs d'entre elles n'ont d'autre motif d'existence qu'un simple rajeunissement de frontispice; mais la chose vautelle la peine d'être vérifiée?
  • Vincent SALVA Y PEREZ : bibliographe et littérateur espagnol , naquit à Valence, où il se livra à l'étude de la philosophie, de la théologie et du droit, sans négliger les langues anciennes, dans lesquelles il fit de tels progrès, qu'à l'âge de vingt ans il était en état de professer le grec à l'université d'Alcala. Lorsque la guerre qui devait désoler l'Espagne pendant quelques années vint à éclater en 1808, il revint dans sa patrie et chercha des distractions dans des recherches appliquées aux langues vivantes et surtout à celles de l'Espagne. Son goeit pour les livres le porta à adopter la librairie pour profession, niais encore plusbibliophile que bibliopole, il réservait habituellement pour lui les ouvrages rares qui venaient en ses mains. En 1820, le régime constitutionnel domina un instant en Espagne, et les habitants de Valence choisirent Salva pour les représenter aux cortès. Il se rangea dans les rangs du parti libéral avancé, aussi lorsqu'à la fin de 18'23 les armes françaises eurent rétabli Ferdinand VII sur son trône, Salva jugea prudent de s'expatrier, afin de se soustraire aux colères de la réaction absolutiste. Il alla s'établir à Londres, où il s'occupa à la fois de littérature et du commerce des livres. Il publia en 1826 et en 18'29 deux catalogues, où se trouvent indiqués un grand nombre d'ouvrages espagnols rares et intéressants; des notes critiques et bibliographiques ajoutent du prix à ces inventaires que le savant auteur du Manuel du libraire a mentionnés avec éloge. Salva donna aussi ses soins à l'édition du Romancero que Depping publia à Londres en 1825 et au Diccionario ingles- espaiiol de Sevane ; il fournit de bons articles de littérature et de bibliographie au Repertorio americana œuvres périodiques que rédigeaient des réfugiés. En 1830, il se transporta à Paris, et il se livra avec zèle à des travaux modestes mais utiles. Sa Grammatica castillana est arrivée en 1852 à sa neuvième édition, et la même année a vu paraitre la cinquième édition de la Grammaire des écoles, abrégé du travail plus étendu que nous venons d'indiquer. 11 revit et augmenta de plus de vingt mille articles une réimpression du Dic- tionnaire de l'académie espagnole ; il introduisit également des améliorations importantes dans le Diccionario latino- espanol de Valbuena, et il mit au jour une traduction de Cornelius Nepos qu'il enrichit de notes instructives . En 1833, il reçut l'autorisation de revenir dans sa patrie; mais il ne voulut point en profiter tant qu'elle ne s'étendait pas à ses compagnons d'exil , et ce ne fut qu'en 1835 qu'il revint à Valence. Il s'y occupa surtout de littérature et de bibliographie. Sa collection de livres espagnols précieux et rares était une des plus belles qu'il y eùt dans la Péninsule, et il fournit à divers journaux, notamment au Lice° Valenciano , de trèsbons articles sur des questions de littérature. Il lit quelques voyages à Paris, où il avait confié à son fils la direction d'un établissement de librairie qui a été liquidé depuis. En 1836, le régime parlementaire ayant été rétabli en Espagne, il fut derechef député aux cortès, et il remplit pendant quelques sessions l'emploi de secrétaire de cette assemblée. Les dernières années de sa vie, qui se termina à Valence en 1851, s'écoulèrent dans une paisible retraite où l'accompagna l'estime générale
  • Vincent SCAMOZZI( 1552) : l'un des plus illustres ar- chitectes modernes, naquit à Vicence, en 1552, et fut initié dans les premiers éléments de son art par JeanDominique Scamozzi, son père, ar- penteurgéomètre, qui ne manquait pas de con-
  • Vincent TAGEREAU : avocat au parlement de Paris, dans le 17« siècle, était né dans l'Anjou. Il est principalement connu par un Discours de l'impuissance de l'homme et de la femme, qui paraît avoir été composé pour une affaire particulière à laquelle il s'intéressait. Tagereau prouve, dans cet ouvrage, que le congrès est déshonnête, impossible dans son exécution , plus propre à égarer sur la question qu'on veut décider qu'à faire découvrir la vérité . L'édition de 16i9 offre des additions et des retranchements qu'on ne trouve point dans celle ( le 1611 , que Bouchel a insérée dans sa Bibliothèque du droit français. Ce traité ne diffère de celui d'Hotman sur le même sujet qu'en ce que Tagereau y a mis plus d'ordre et a discuté quelques questions de plus. Il est encore auteur du Vrai praticien français, Paris, 1633
  • Vincent TANARA( 1600 - 1667) : né à Bologne vers le commencement du 17. siècle, fut élevé à l'académie des Ardenti ou del Porto , et passa sa jeunesse entre les travaux de la guerre et l'amusement de la chasse, qu'il aima passionnément. Rien n'annonçait en lui le talent de l'écrivain , lorsque, admis à la familiarité du cardinal Sforza , il se sentit épris de l'amour de l'étude à la vue d'une est divisé en sept livres, dont chacun a un titre particulier, savoir le Pain et le Vin ; — la Vigne et les Abeilles; — la Basse- cour ; — le Pota- ger; — le Verger; — les Champs ; — la Lune et le Soleil. L'édition de 1648 contient un petit supplément sur les qualités du chasseur. 11 existe plu- sieurs réimpressions de cet ouvrage, qui, bien qu'il renferme quelques observations curieuses , ne fait pas beaucoup regretter la négligence qu'on a mise à la publication des autres traités du mème auteur sur la pèche, la chasse, et le Maitre d'hô- tel, ou le Seigneur de son château . Tanara mourut à Bologne, vers 1667. Voyez Fantuzzi , Scrittori bolognesi, t. 8 , p
  • Vincent VIVIANI( 1622) : l'un des plus grands géo- I piètres du 17° siècle, naquit à Florence, le 5 avril 1622, d'une famille patricienne. Le P. Sébastien de PietraSanta, cordelier, son maitre de logique, lui ayant dit qu'il n'y avait pas de meilleure logique que la géométrie, il s'appliqua surlechamp à l'étude de cette science, et y fit des progrès si rapides, qu'au bout de quelques mois il fut en état de lire et d'expliquer, sans aucun secours, le quatrième livre des Elémenis d'Euclide, Galilée , vieux et aveugle , se chargea de l'initier aux mystères les plus profonds de la géométrie; et Viviani conçut bientôt une telle estime pour son maitre, qu'il regarda toujours comme son plus beau titre de gloire celui de dernier élève de Galilée. Après la mort de ce grand homme, il se plaça sous la conduite du fameux Torricelli , qu'il compta comme son second maitre. Il n'avait que vingtquatre ans quand il forma le projet de réparer la perte du traité De loris solidis, d'Aristée l'ancien. N'ayant pour se guider qu'un seul passage de Pappus d'Alexandrie, il se trouvait dans la nécessité de deviner ce qu'Aristée avait dit ou pu dire. Ce fut pour cette raison qu'il intitula son ouvrage : Divinatio in Aristeum. Des affaires domestiques, des maladies et les différentes commissions dont il fut chargé par le grandduc de Toscane ne lui permirent pas de terminer alors ce beau travail. Dans ses loisirs trop courts, Viviani s'occupa d'un autre ouvrage du même genre, puisqu'il s'agissait encore de deviner. Apollonius de Perge avait rassem- blé, dans huit livres, tout ce que les anciens géomètres ont écrit sur les sections coniques. On croyait les quatre derniers livres perdus; mais on savait que, dans le cinquième, Apollonius traitait des lignes droites les plus grandes et les plus courtes, c'est-àdire des questions qu'on nomme aujourd'hui de maximis et de minimis. Ce fut ce livre qu'il se proposa de restituer, au milieu des distractions continuelles qui le tourmentaient. Son travail était déjà fort avancé, lorsqu'en 1656 le médecin Borelli découvrit dans les manuscrits de la bibliothèque Laurentine, à Florence , une traduction arabe de l'ouvrage d'Apollonius . Borelli , charmé de sa découverte, obtint du grandduc la permission de porter le manuscrit à Rome, et le fit traduire en latin par le savant maronite Abraham Echellensis. Cette version, terminée au mois d'octobre 1658 , fut imprimée l'année suivante. Mais Vi- , l'inscrivit sur la liste des savants étrangers auxquels Louis XIV faisait éprouver les effets de sa munificence. Le grandduc Ferdinand avait nommé successivement Viviani son géomètre, maitre de mathématiques des pages. et professeur à l'académie de Florence; il le fit ensuite son premier ingénieur, et, en 1662 , le chargea de régler avec Cassini , le traducteur de Lucrèce, travaillait sur le même sujet , il voulut essayer de le gagner de vitesse; mais d'autres occupations l'empêchèrent de mettre la dernière main à cet ouvrage. Celui de Marchetti parut en 1669 , et devint entre les deux concurrents le sujet d'une discussion dans laquelle l'avantage fut à Viviptii, plus savant géomètre que son rival. C'était pour assurer à Galilée la possession de quelquesunes de ses découvertes qu'il avait pris la plume contre Mar- chetti. Ce fut encore dans l'intérêt de la gloire de son maitre qu'en 1674 il publia l'ouvrage suivant : Quinto libro degli Elementi d'Euclide, ovrero la scienza unirersale delle proportioni spie- gala colla dottrina di Galileo. Il y joignit , sous le titre de Diporto geometrico , la solution d'une douzaine de problèmes, proposés par un anonyme de Leyde, qu'il résout au moyen de l'analyse ancienne, avec beaucoup plus de simplicité et d'élégance qu'on ne pourrait le faire par l'analyse algébrique. Cet ouvrage est d'ailleurs remarquable, dit Montucla, par quantité de détails intéressants sur la personne et les dernières années de Galilée et sur la vie de Torricelli, ainsi que sur leurs ouvrages , exécutés ou projetés . Quelques problèmes proposés par Corniers, prévôt de Ternant, étant tombés, en 1677, entre les 'nains de Viviani, il en donna la solution sous ce titre : Enodatio problematum uni- versis geometrispropositorum, etc., Florence avec une dédicace aux mAnes de Chapelain, dans laquelle il témoigne le regret de n'avoir pas trouvé plus tôt l'occasion de lui prouver sa reconnaissance pour tous les services qu'il avait reçus de lui. Viviani, dans sa préface , montre beaucoup de répugnance pour ces sortes d'énig- mes savantes qu'on ne propose d'ordinaire que lorsqu'on se croit certain d'en avoir le mot. Cependant, en 1692 il fit insérer dans les Acta eruditorum Lipsiens., sous le nom de A. D. Pio Lisci pusillo geometra . Membre de l'académie del Cimenté:), de celle des Arcadiens et de la société royale de Londres, il fut, en 1699, admis à l'académie des sciences dans la classe des associés étrangers, et Louis XIV lui fit offrir la place de son premier astronome. Viviani s'excusa de l'accepter par attachement pour son pays, comme il avait déjà refusé les offres du roi de Pologne, Casimir; mais il n'en éprouva pas moins une vive reconnaissance pour le grand prince, dont les bienfaits venaient le chercher, quoiqu'il ne fût pas né son sujet; elle éclata d'une manière ingénieuse dans l'inscription : 2Edes à Deo date, qu'il fit placer sur la façade du palais qu'il avait construit des dons de Louis XIV. C'était une allusion heureuse au premier nom du roi , et à la manière dont cette maison avait été acquise. Viviani n'avait point oublié son premier maître dans le plan de cette maison; le buste en bronze de Galilée est sur la porte, et son éloge, ou plutôt toute l'histoire de sa vie , . Ce grand géomètre employa le reste de sa vie à terminer la Dirination d'Aristée, qu'il dédia à Louis XIV, et mourut comblé d'honneur et de gloire à Florence, le 22 septembre 1703. à l'Age de 82 ans. Il fut inhumé dans l'église SteCroix, non loin de Galilée. Un tombeau de marbre y réunit, depuis 1735, les restes vénérables du maitre et du disciple. Outre les ouvrages déjà cités, on a de Viviani : 1. De maximis et minimis geometrica di- rinatio in quintum ronieorum ilpollonii Pergei nunc desidcratum , Florence, 1659, gr. trèsrare : Formazione e misura di tutti i cieli con la Anagramme de Postre- mo Galilei discipulo. struttura e quadratura esatta dell' inter° e delle parti d'un nuoro cielo ammirabile, cd uno deyli an- tichi delle volte regolari deyli architetti, 1692 Viviani s'y borne à l'énoncé de ses propositions, en supprimant les démonstrations. Quelques années après, le P. Grandi s'occupa de les rechercher, et les publia sous ce titre : Geometrica divinatio Virianeorunt problematum. 3. De locis solidis secunda dirinatio yeometrica in quinque libros injuria temporum amissos Aristei senioris geometrœ , ibid., 1701 Il faut convenir, dit àlontucla , qu'on réduirait ce volume à quelques pages, en se servant de l'analyse algébrique. L'auteur y a joint les plans et la description de sa maison. 40 Eu- clidis i dodici libri degli elementi piani e solidi, tradotti , spiegati ed illustrati , ibid., 1769, 2 tomes, 5° Des Lettres dans la Fie de l'auteur, par Fabroni, et dans les Codd. mss. della librar. Nanni. On sait que Viviani avait composé sous le titre de Geometria moralis un traité dans lequel il appliquait, autant qu'on le peut, la géométrie à la morale chrétienne; mais il ne s'est pas retrouvé parmi ses manuscrits. On peut consulter, sur ce grand géomètre, les Eloqes de Fontenelle ; les Mémoires de Niceron, t. .24; le Dictionnaire de Chaufepié, et enfin la Storia della letteratura italiana de Tiraboschi, t. 8, p. 258-64. Une médaille frappée en son honneur est figurée dans le Museum Illazzuchellianunt, t. 2, pl
  • Vincent VOITURE( 1598) : bel esprit du 17' siècle, que ses contemporains. par courtoisie, nommaient de Voiture, naquit à Amiens en 1598. Son père était un riche marchand de vins , suivant la cour, jouant gros jeu, tenant bonne table; et, comme assez souvent ces deux avantages ont approché les conditions, il était admis dans la société des grands , et s'y trouvait fort à son aise. Il entendait parfaitement le piquet, et c'est de son nom qu'est dérivé le terme de carré de Voiture. Elevé à pareille école , le jeune Voiture se forma de bonne heure aux manières de la cour, et l'on ne peut douter que ce ne fût à ses succès et à ses agréments comme homme du monde qu'il dut en grande partie sa réputation littéraire. 11 fut élevé à Paris, et fréquenta successivement les colléges de Calvi et de Boncours. On trouve dans les recueils imprimés du premier de ces colléges deux pièces du jeune Voiture, l'une en vers latins, l'autre en vers fran-çais, sur la mort de Henri IV, sous l'année 1612. La même année on publia une autre pièce latine de sa composition, intitulée Hymnus virginis seu Astrer. Enfin, en 1614, des Stances adressées à Monsieur , frère du roi , le firent connaître de ce prince , qui, par la suite , le combla de bienfaits. Ce furent là les seules pièces de Voiture publiées de son vivant. Dès sa jeunesse il fut fort bien venu auprès des dames de la cour; et, si certaine anecdote rapportée par Ménage n'est point apocryphe , sa santé ne s'en trouva pas aussi bien que sa fortune. Admis à l'hôtel de Rambouillet , où Julie 'd'Angennes, depuis duchesse de Montausier, tenait, ainsi que sa mère, le sceptre du bel esprit ou plutôt du mauvais goût, Voiture devint le héros de cette société. Il possédait un talent extraordinaire pour amuser les grands , entendant à merveille la raillerie , et sachant égayer les entretiens les plus sérieux , sans tomber dans le burlesque , genre ignoble qui avait été fort en vogue sous le dernier règne. Il portait dans le grand inonde une noble hardiesse tempérée de douceur et de civilité polie, qui semblait le mettre de pair avec les plus hauts personnages; aussi futil chéri et honoré des grands au delà de sa condition. Les plus illustres protecteurs semblèrent se disputer à qui pousserait sa fortune avec le plus de zèle. Le comte d'Aveux, le cardinal de la Valette, le comte de Guiche, le maréchal de Schomberg, Chavigny , le président de Maisons, etc. , tels étaient les protecteurs ou plutôt les amis de Voiture. Il eut également part à la plus intime familiarité du jeune duc d'Enghien. Le comte d'Avaux, dont Voiture avait été le condisciple au collège de Boncours, et le cardinal de la Valette furent les premiers qui le produisirent à la cour. Il devint introducteur des ambassadeurs de Gaston , duc d'Orléans , dont le caractère politique fut si peu digne d'estime , mais qui, dans son intérieur, était un homme aimable, un excellent maître, jaloux de s'entourer de gens de lettres , d'artistes , et trèscapable de les apprécier. Durant les démêlés de ce prince avec le roi son frère, Voiture suivit Gaston en Lorraine, à Bruxelles et dans le. Languedoc. Ses lettres datées de Nancy attestent combien il trouvait la cour de Lorraine maussade, en comparaison de l'hôtel de Rambouillet. Du Languedoc, Voiture fut envoyé par Gaston en Espagne, pour obtenir du duc d'Olivarez des secours contre le roi de France. La facilité, l'élégance avec les quelles il parlait la langue castillane avaient déterminé ce choix. Cette négociation ne parait pas avoir eu de grands résultats ; et dans une lettre datée de Madrid, 13 mars 1633 , Voiture nous apprend que les irrésolutions de MONSIEUR en furent la principale cause. Quoi qu'il en soit, notre poète réussit merveilleusement à s'insinuer dans l'esprit d'Olivarez, qui conçut pour lui une grande estime. Ce ministre prenait plaisir à s'entretenir avec lui, et ce fut sous ses auspices que l'envoyé de Gaston fit un voyage de curiosité dans le midi de l'Espagne, et jusque sur les côtes de Barbarie . Les lettres dans lesquelles Voiture décrit son séjour en Espagne et son excursion en Afrique sont assurément des meilleures qu'il ait écrites. Elles offrent des détails pleins d'intérêt , et ' sont d'un style naturel, mérite qu'on retrouve rarement dans le reste de sa correspondance. Ecrivant à mademoiselle Paulet des côtes de Barbarie , il termine, en signant Voiture l'Africain, une épître remplie d'allusions ingénieuses aux romans de chevalerie, dont la lecture occupait beaucoup les habitués de l'hôtel de Rambouillet. Sa lettre à Chaudebonne sur Grenade et l'Andalousie est un chefd'oeuvre. On peut en dire autant de celle qu'il écrivit de Madrid à Puylaurens, confident de Gaston, pour se plaindre de la prolongation forcée de son séjour en Espagne. Cette épître est un modèle de louange noble et délicate. Le moment vint enfin où, après avoir passé plus de quinze mois en Espagne, il triompha des obstacles politiques qui le retenaient, et reçut l'autorisation de partir. Son retour n'était pas exempt de danger : il ne pouvait passer par la France sans risquer d'être pendu , comme luimême le dit dans ses lettres. Il s'embarqua donc à Lis-' bonne, au mois de décembre 1633, au risque de tomber entre les mains des corsaires qui infestaient toutes les mers. Arrivé sain et sauf à Douvres, il alla visiter Londres, et revint à Bruxelles, où il reprit ses fonctions auprès du duc d'Orléans, qui, à la recommandation de MADAME, le récompensa par un brevet de trente mille livres . Ce prince s'étant réconcilié, en 1635, avec le roi son frère , Voiture , sans manquer à la reconnaissance envers son ancien maitre, profita de la protection du cardinal de la Valette pour se faire bien venir de Richelieu. La lettre qu'il écrivit au sujet de la prise de Corbie sur les Espagnols le rendit surtout agréable à ce ministre, qui attachait beaucoup de prix au suffrage d'un des plus beaux esprits de son temps. Là, Voiture, s'élevant à de hautes considérations politiques, loue le cardinal avec autant de vérité que de noblesse. Le nom de celui à qui elle est adressée a été passé sous silence par le discret éditeur de la correspondance; mais on ne peut douter que ce ne soit un des serviteurs du duc d'Orléans , que l'auteur voulait engager à suivre son exemple Il était en correspondance suivie avec le cardinal de la Valette; et cette partie de ses lettres ne laisse pas d'offrir quelques allusions aux événements militaires de l'époque. Mais ce qui intéresse surtout, c'est de voir l'intimité familière que le goût des lettres, toujours si honorable pour les grands seigneurs, avait établie entre le fils du marchand de vin de IX cour et l'héritier de l'orgueilleux duc d'Epernon. Voiture fut envoyé à Florence, en 1638, pour notifier au grandduc la naissance du fils de Louis XIII. Ce voyage ne fut pas sans danger; car k Piémont, qu'il lui fallait traverser, était à la fois infesté de brigands du pays et rempli de troupes espagnoles ; mais le poète s'exprimait en italien avec tant de facilité que, dans deux endroits où il y avait gar- o.) La lettre que Voiture écrivit à cette princesse à cette occasion n'est qu'un tissu de compliments fades et quintessenciés. oison espagnole, on le prit pour un gentilhomme savoyard. Voulant se préserver des attaques des bandits, il se mit sous leur garde. De Florence, où il reçut les plus grands honneurs, Voiture se rendit à Rome, où son principal soin paraît avoir été de solliciter un procès pour la maison de Rambouillet. Il fut accueilli avec une bonté particulière par le cardinal Barberini. De retour en France, il suivit le roi à Grenoble, où ce prince, accompagné de Richelieu, s'était rendu pour conférer avec la duchesse de Savoie. Cette même année Voiture perdit le cardinal de la Valette ; mais la mort de son protecteur ne paraît point avoir nui à sa fortune. Il fut du voyage de la cour à Amiens, l'année suivante. Deux ans après, il accompagna le roi et son ministre à Lyon , Avignon , à Narbonne, à Mmes, et les lettres qu'il adressa de ces différentes villes à mademoiselle de Rambouillet offrent quelques allusions aux grands objets politiques de ce voyage. Dans la première, datée de Lyon, il parle de la peur que Richelieu eut de périr en descendant le Rhône. « Son Eminence ne veut pas se noyer, « ditil, pour ce que cela nuiroit aux desseins « qu'il a sur k Boussillon. » C'est dans ce voyage qu il écrivit à Chapelain une lettre devenue fameuse, comme monument de mauvais goût. « Certes, lui ditil, quand il me vient en la peu « sée que c'est au plus judicieux homme de notre « siècle, à l'ouvrier de la couronne impériale , « au métamorphoseur de la Lionne, au père de « la Pucelle que j'écris , les cheveux me dressent « en la tète si fort, qu'il semble d'un hérisson. « Mais . Je pensois Voltaire , dans une lettre à la présidente de Bernières, f iit à cette dame une application trèsheureuse de ces quatre derniers vers, Monsieur, frère du roi, quatorze cents louis dans une seule séance. Le marquis de Pisani, qui l'honorait de son amitié, avait perdu au jeu tout son argent, et ses équipages au siége de Thionville. Voiture s'empressa de lui envoyer cent pistoles; mais pour ne pas blesser la délicatesse de ce seigneur, il se servit de cette tournure ingénieuse « .... M'imaginant que comme « je jouai pour vous à Narbonne, vous avez peut-« être joué pour moi à Thionville. et que c'est . Tout à fait étranger à la langue grecque, il avait coutume d'excuser son ignorance par une plaisanterie qui parait bien fade, niais que ses contemporains n'ont pas dé- (!l On voit dans une lettre de Voiture à Costar que ce ne fut pas pendant bon sejour i Corne qu'il fut élu academicien huma- vigie, comme le prétend 'auteur du premier supplément de Moréri ; a'tI exit pris la peine de lire les lettres de celui dont il donnait la biograkhte, il eût évité cette faute , et surtout le tort d'accuser d'erreur Pelision, Titon du Tillet et les autres biographes qui ne l'avaient pas commise.
  • Vincent VOLPICELLA( 1748 - 1833) : jurisconsulte italien, naquit à Molfetta, dans la Pouille, le 15 avril 1748, d'une noble famille napolitaine. Il fit de solides etudes sous la direction d'un oncle maternel, le cavalier CharlesNicolas Boccapianola. s'appliqua surtout avec ardeur à la jurisprudence, où il devait d'autant plus réussir qu'il joignait à l'éloquence qu'il sut acquérir de nombreux avantages physiques. Il se fit en outre remarquer par la constance de ses principes lors des révolutions qui vinrent changer l'état des choses dans le royaume de Naples. Et ces pr se résumaient dans son éloignement pour la forme républicaine et la domination étrangère. Ceux qui le connaissaient ne furent donc pas surpris de son refus d'accepter les fonctions de président de la cour d'appel d'Altamura. Toutefois il ne refusa point le titre gratuit d'avocat au conseil d'Etat et de membre de la chambre de discipline des avocats, dont il fut élu président en 1817. Après la révolution de 1820, il fat appelé par le roi Ferdinand, qui l'estimait parti- culièrement, à faire partie de la junte d'instruc- tion publique, ainsi que de la commission con- sultative temporaire. Nommé ensuite juge à la cour suprême de Naples, il s'acquitta de ces fonctions avec une intégrité qui lui valut l'estime de tous. Une attaque d'apoplexie mit fin, le 6 août 1833, à la vie de ce magistrat, aussi intègre qu'éclairé. Ses principaux ouvrages sont 1° Commentaire sur la coutume de Naples au sujet de la succession des collatéraux, Naples, 1780 2. Comme quoi les frères utérins ou consan- quine, quoique non issus du côté duquel le fief est émané, sont néanmoins aptes à succéder, aux termes des lois dit royaume et en vertu des pririléges de la baronnie, au , fief de leur frère defunt , Naples, 1789 Volpicella fait preuve dans cet bu- vrage de sa parfaite connaissance des lois féo dales. 3° Du tribunal compétent au sujet des sueres- nous laissées par des Militaires, Naples, 1793, 4° Examen de la question de savoir si les lois I et 11 du titre du code des secondes noces ont jamais été en vigueur en Eu- rope, Naples, 1798, L'autetir se prononce pour la négative. 5. Discours sur la nécessité éco- nomique de fixer les payements qui devront se faire en espèces sonnantes , Naples, 1799 60 Du cas or) l'on peut introduire l'instance dite inog- cieuse soit contre la femme donataire, soit contre le mari, Naples
  • Vincent WING : astronome anglais, à l'égard duquel on possède fort peu de renseignements biographiques, vivait au 17' siècle. On ignore la date de sa naissance et celle de sa mort. Ses ouvrages , nécessairement arriérés par suite du progrès de la science , ne sont pas sans mérite ; ils révèlent une application sérieuse et des connaissances étendues pour l'époque. La plus importante de ces productions a pour titre Astronomia Britannica, Londres , 1669 ; elle est divisée en cinq parties, et elle se termine par un recueil d'observations. La théorie planétaire de Wing est fondée sur les systèmes de Copernic et de Kepler ; il supposa que les orbites planétaires sont des ellipses et que le soleil est placé dans un foyer central, et, d'accord avec d'autres écrivains de l'époque, il regarde l'autre foyer de chaque orbite comme étant le centre du mouvement moyen et uniforme de la planète. Parmi les observations astronomiques, la plupart se rapportent à des passages de Mercure sur le soleil et à des éclipses du soleil et de la lune. , Une des cinq parties de cette Astronomia est consacrée à la trigonométrie ; elle contient des démonstrations assez compliquées des théorèmes qui se rapportent à cette branche des mathématiques. En 1651 , Wing avait fait paraître un autre traité d'astronomie écrit en langue anglaise, quoique le titre fùt en latin, selon un usage alors repandu Harmonicon calme; on y trouve des chapitres entiers qui n'ont pas été reproduits dans le volume de 1669, notamment la réfuta- tion de l'idée que les planètes sont attachées à des sphères solides et transparentes. Une table de logarithmes pour les dix mille premiers nombres, une autre des sinus et des tangentes pour chaque minute de la boussole font partie de l'Harmonie.. Wing eut des querelles avec un autre astronome du temps, J. Street, mais ces débats n'offrent aujourd'hui aucun intérêt. Il ·rédigea des Ephémérides qui parurent de 1659 à 1671, et un almanach qui, après sa mort, a ·longtemPs continué de paraître sous son nom. Z
  • Vincent WISNIEWSKI( 1781) : astronome et géographe russe, naquit en Pologne en 1781. Il fit à Berlin, sous la direction de Bode, les études qui devaient lui assurer un rang si éminent parmi les savants. Recommandé , en 1803, par son maitre à un autre savant, l'académicien Schubert, il fut nommé aide à l'observatoire de l'académie de StPétersbourg. Devenu membre adjoint de ce corps savant dès l'année suivante, Wisniewski consacra les deux premières années de cette position nouvelle à des observations sur les oppositions planétaires , qui furent aussitôt publiées. De 1808 à 1812, l'astronome russe entra en lice avec ses confrères les plus renommés de l'Europe, et souvent il dut à une grande puis- sance d'observation de l'emporter sur eux. Cette faculté lui valut de la part de l'un de ces savants, Bessel, la qualification de « virtuose en fait d'ob- « servations ». Lorsque, par exemple, à la mifévrier de 1807, les autres astronomes avaient perdu de vue la comète de cette année, Wisniewski la suivit jusqu'au 27 mars ; et, l'année suivante, presque à la même date, il découvrit à son tour une planète télescopique, qu'un Français, Pons, avait découverte, de son côté , trois jours plus tôt, à Marseille; enfin , ce fut Wisniewski qui ressaisit seul, en 1812, la comète mémorable de 1811, disparue à deux reprises, et, s'il en faut croire le compte rendu de son académie, il l'aurait poursuivie deux semaines après qu'elle eut été perdue de vue par tous les astronomes. Ce résultat, si intéressant, ne fut pas obtenu, comme on le pourrait croire, parmi les facilités d'un observatoire régulier, mais durant un voyage pour une mission géographique. Les observations de Wisniewski furent utilisées par Argelander dans son travail considérable sur l'orbite de la comète de 1811. Voici comment un astronome, dont le jugement a déjà été cité , Bessel, s'exprimait au sujet des découvertes de l'observateur russe dans une lettre adressée à Bode « Les observations de M. Wisniewski, faites en- tre le 19 juillet et le 5 aotlit 1812 à Novo- Tcherkaesk, offrent sans contredit le plus grand intérêt. Elles sont uniques en leur genre , ai- tendu qu'à l'exception de la comète en que- tion aucune n'a été observée dans de pareilles circonstances, c'est-àdire après sa conjonc- tion supérieure avec le soleil, et surtout étant si peu lucide. » « J'admire , écrivait le même savant au secrétaire perpétuel, M. Fuss , cet « explorateur sans pareil qui , derechef, a de- vancé de beaucoup les efforts de tous les au-« tres astronomes et, en conséquence, a fort per-« fectionné la théorie des comètes. » Wisniewski n'était pas seulement un astronome hors ligne, il fut aussi un grand géographe. S'associant à la pensée de Struve , il détermina les deux tiers des points astronomiques qu'embrasse à elle seule la Russie sur un espace de 40 degrés de longitude et 22 de latitude, depuis la ville de Mézène , au nord, jusqu'au mont d'Elbrous, au midi, et depuis Libau, à l'ouest, jusqu'à la chaine de l'Oural, à l'est. Or, jusqu'à Wisniewski on n'était parvenu qu'à déterminer 67 points de ce vaste empire. L'habile académicien savait suppléer aux imperfections des instruments au commencement du siècle. Il se servait comme d'un instrument universel du sextant de Troughton, mesurant dix pouces au rayon et accompagné d'une longuevue de Ramsden et de den chronomètres de poche. Mais si cela suffisait pour les latitudes, il n'en était pas de même des longitudes. De là les longs voyages de l'académicien russe. Il fallait guetter les auscultations sidérales, aller et revenir, afin d'achever de se procurer pour les longitudes treize points fondamentaux qui , avec les trois uniques précisés antérieurement , lui donnèrent le réseau de seize villes principales disséminées dans la Russie européenne et devant servir de points de départ pour les opérations ultérieures. Il fallut, .en outre, s'attaquer par anticipation au calcul de toutes les occultations d'étoiles, devant se produire durant ses voyages; sans se laisser arrêter par l'imperfection des tables astronomiques d'alors, l'astronome russe fit ce travail et publia régulièrement ses calculs dans les annuaires de Bode. Il introduisit ainsi le premier cet élément dans les éphémérides astronomiques annuelles, Toutefois, en présence du vaste espace qu'il s'agissait de déterminer, ces bases eussent été insuffisantes si Wisniewski n'eût eu recours au procédé que Struve appelle l'interpolation chronométrique. Tout occupé de ses observations et des calculs qu'elles exigeaient , le savant, dont on rappelle ici les travaux , ne trouvait pas le temps de publier ses études géographiques. Cependant , il fournit au général Schuberth les données nécessaires à la rédaction des cartes exactes et précises de la Russie. Et c'est lui qui a posé les bases d'une géographie de cet empire. Le premier aussi il détermina l'élévation de l'Elbrous, qu'il donna pour le sommet le plus élevé de l'Europe. Tant d'explorations et de fatigues altérèrent dans ses dernières années la santé de ce courageux savant. Il perdit peu à peu la faculté de l'ouïe; ce qui l'entraîna sans doute à rompre tout commerce avec le monde proprement dit , car il remplissait scrupuleusement ses devoirs d'académicien. On le voyait venir aux séances son chronomètre régulateur à la main. Ce qu'il perdait des discussions scientifiques, il s'efforçait de le retrouver dans la lecture des procès- verbaux ou en interrogeant ses voisins. Un autre détail touchant, c'est que, valétudinaire , il se faisait porter sur un brancard non - seulement aux séances, mais jusqu'au haut de la tourelle de l'observatoire pour y soigner ses chronomètres. On rapporte à ce sujet que, pendant dix ans de voyage , il ne chercha le sommeil que dans une espèce de fauteuil pour que rien ne pût faire dévier ses chronomètres de la pose verticale. Wisniewski mourut en 1855. Les divers travaux et observations de ce savant se trouvent consignés dans le recueil des Mémoires de l'académie dont il fut membre. Nous citerons : 1° Observations sur la grande comète de 1812 , t. 6 du recueil; 2. Mesure de la hauteur du mont Elbrous au- dessous du nireau de la mer, 1820 , t. 7, même recueil ; 3° Vérification de la latitude de l'observatoire impérial des sciences de St- Pétersbourg , ibid. ; 4. Diamètre de la lune déduit des occultations d'Aldebran , 182'2 , t. 8 ; 5. Longitude de Stavropol déterminée par l'observation des occultations des étoiles 10 20 :t a du taureau; 6° avec M. Schuberth, Passage de la co- mète de 1819 au méridien; 7. Longitude de Kherson déterminée par les occultations de In des poissons et du T du taureau ; 8° Longitude d' Orenbourg, déterminée par l'observation de l'occultation de l'étoile 96 du verseau; 9. Longitude de Catherinenbourg déterminée par l'observation de l'occultation Aldebran, 1824, t. 9; 10• Longitude d'Astrakan obserrée par les occultations d'étoiles par la lune, t. 10 ; 11. Longitude de Tambotc déterminée par l'observation de l'étoile I 8 8 par la lune, ibid
  • Vincent Auriol : homme politique français, président de la République
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  • Vincent de Beauvais : auteur d'une importante encyclopédie
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  • Vincent LAGAF : animateur
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  • Vincent PEREZ( 1964) : Comédien
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