Le prénom Samuel Masculin

Origine :

Fête :

16 Février

Signification de Samuel

Samuel est un prénom masculin notamment connu dans les pays anglo-saxons. Il s’est nettement imposé durant le XIXe siècle, mais son succès s’est atténué depuis. Samuel réapparaît dans les registres des prénoms à partir des années 1960 et sa tendance est relativement stable.
Les principaux traits de caractère des Samuel sont leur sensibilité, leur détermination, leur côté rebelle ainsi que leur nature possessive. Leur personnalité est teintée d’idéalisme, de passion, de spiritualité et de dévotion.
Les variantes de Samuel sont entre autres Samuele (italien), Sam, Sammy, Samy, Samya, Sammie et Shemuel.
Nombre de célébrités se prénomment Samuel dont Samuel Morse (peintre), Samuel Beckett (poète, dramaturge), Samuel Cooke (musicien et compositeur) et Samuel de Champlain (cartographe et navigateur).

Personnalité de Samuel

Ce sont des êtres équilibrés. Volontaires, actifs, ils sont capables de tout risquer pour une cause juste ou tout simplement pour aider un ami. Leur générosité est sans limite. D'esprit vif et rigoureux, ils respectent scrupuleusement les règles de vie qu'ils se sont fixées. Leur autorité naturelle les conduit souvent à prendre des responsabilités. En amour, il leur est bien difficile de résister à leur pouvoir de séduction.

Provenance du prénom Samuel

Histoire de Samuel

Etymologie de Samuel

Les Samuel célèbres

  • Samuel ADAMS( 1722) : membre du congrès américain, fut un des principaux auteurs de la révolution des EtatsUnis. 11 était né à Boston, le 27 septembre 1722. Après avoir fait partie de la législature américaine pendant dix ans, il devint, en 1774, membre du congrès général, et se montra dès lors l'un des chefs les plus audacieux du parti de l'indépendance. Ce fut à lui que l'on dut en grande partie l'opposition si vive qui se manifesta de bonne heure dans cette province contre les lois fiscales de l'Angleterre. Quoiqu'il fût déjà fort âgé à l'époque des premiers troubles , il ne cédait à personne ni par la vivacité de ses idées , ni par son activité à les mettre à exécution. C'est lui qui , le premier, donna l'idée d'organiser les sociétés populaires de manière que toutes correspondissent ensemble, et eussent un point central dans celle de Boston. Cette organisation , qui créa une espèce d'État dans l'Etat,fut un des plus puissants leviers de la révolution. Adams s'impatientait de ce que les hostilités ne commençaient pas assez tôt entre les colonies et la mère patrie , et on l'entendit s'écrier , à la nouvelle des premiers coups de fusil tirés à la bataille de Lexington : « Quelle glorieuse matinée que celleci » 11 fut aussi le premier à élever ses vues vers l'indépendance , même au moment où les partisans les plus chauds de la liberté américaine ne visaient encore qu'au redressement de quelques griefs. Élu plusieurs fois, par l'État de Massachusset , membre du congrès, il y soutint vivement le parti de l'indépendance. Il voulait qu'il n'y eût point de troupes réglées, et qu'à l'imitation des Romains , tous les Américains fussent soldats. 11 n'aimait pas Washington; la prudence et la circonspection du général ne pouvaient plaire à cet esprit ardent et inquiet. On pense mème qu'il ne fut pas étranger au projet formé, en 1778, pour lui ôter le commandement de l'armée , et le donner au général Gates. Sans songer aux obstacles inséparables d'une grande entreprise , il aurait voulu qu'on exécutàt ses plans avec la mème rapidité qu'il les formait. Il fut un des auteurs de la constitution de l'État de Massachusset , et devint membre du sénat quand elle fut adoptée. Partisan outré de la démocratie , on lui reprochait de consulter plutôt sa bibliothèque que l'expérience , et de passer toujours par les Grecs et les Romains pour arriver aux Anglais et aux Américains. Cependant il parait qu'il était revenu depuis à des idées plus saines , car il employa dans la suite soute son influence à former une armée et à établir un gouvernement mixte. Son extérieur simple et mesquin semblait contraster avec la force et l'étendue de sa pensée. 11 eut le bonheur de vivre assez longtemps pour voir les efforts qu'il avait faits pour l'indépendance de son pays couronnés du plus heureux succès. Il est mort pauvre, comme il avait vécu. On l'a surnommé le Caton de l'Amérique. Ses écrits ne consistent qu'en quelques brochures et différents articles politiques insérés dans les journaux. Sa correspondance avec le président John Adams a été imprimée en 1800
  • Samuel ARNOLD : musicien organiste , et compositeur de la cour du roi d'Angleterre, né en Allemagne, et mort à Londres, le 2-2 octobre 1802, à l'àge de 65 ans. Il a donné sur les théàtres de cette ville un trèsgrand nombre d'ouvrages , dont quelquesuns sont conservés. On estime surtout son oratorio de la Guérison de Saül , exécuté en 1767, et celui de la Résurrection , exécuté en 1770. Ces deux ouvrages eurent le plus brillant succès ; les chœurs du premier sont regardés comme ce qu'Arnold a produit de plus beau. Il a en outre publié , à diverses époques, quinze volumes d'ariettes , de canons , de sonates , d'ouvertures et de concertos pour le clavecin. Il était un des disciples et des admirateurs de Haendel. Il se chargea, en 1786, de l'édition des ouvrages de ce célèbre compositeur, arrangés pour le clavecin. Les opéras italiens de Haendel ne font point partie de ce magnifique recueil
  • Samuel AURIVILLIUS : Suédois d'origine, prit le bonnet de docteur en médecine à Goettingue en 1750. Il s'établit ensuite à Upsal, où il fut successivement nommé bibliothécaire de l'université , professeur d'anatomie , à la place de N. Rosen , enfin professeur de médecine. Il mourut prématurément en 1765. 11 a publié ou présidé plusieurs dissertations. Voici le titre des quatre qui ont le plus d'importance : Diss. de vasorum pulmonal. et cavitalum tordis inoequali Amplitudine, Goett., 1750 ; e Diss de hes° Motu intestin. vermiculari, Upsal, 1759 Disput. de Naribus internis, ibid., 1760 ; Diss. exhibens Hydrocephalum an- forum A5, ibid., ri 63, - Charles AuRivm- Lius, mentionné par Haller , par Boehmer Scrip. hist. nat. ), et par Choulant , a donné : 1° Ex op. cosmogr. Ibn Alwardi particula lat. versa, Upsal, 1752 travail plein d'érudition ; 2° de Camph. cum olco express. juncta, ibid., '1758; 3° de Nomin. animal. quce leguntur Esaice, 15, 21, ibid., 1776
  • Samuel AYSCOUGH : laborieux écrivain anglais, né à Nottingham, où il commença à étudier sous Johnson. Son père ayant éprouvé des revers de fortune, le jeune Ayscough fut retiré de l'école, et devint domestique d'un meunier. En 1770, un homme généreux qui avait été son condisciple, apprenant sa misère, le lit venir à Londres pour lui procurer un emploi au musée Britannique. Là, ses talents commencèrent à être remarqués, et ses appointements augmentèrent jusqu'à ce qu'il fût nominé adjoint bibliothécaire. Tous ceux qui s'adressaient à liai pour des recherches s'accordent à louer sa complaisance. 11 entra clans les ordres, et obtint le bénéfice de StGillesdesChamps. Peu de temps avant sa mort, arrivée en 1805, le lorcl chancelier lui donna le bénéfice de Cudham, dans le comté de Kent. Ayscough eut l'honneur de prêcher pendant quinze ans, à StLéonard, un sermon annuel devant la société royale. On a de lui en anglais : 1° Remarques sur les lettres d'un fermier américain de St- Jean de Crèvecœur. 2° Catalogue des manuscrits du musée Britannique, Londres, 1782, 2 vol. et le Catalogue des livres du même musée, 1788, 2 vol. 5. Tables de cinquantesix vol. du Gentleman's Magazine, celles du lionthly Review, du British crilic, des oeuvres de Shakspeare, etc. Ayscough eut part au classement des archives de la Tour de Londres. — George- Édouard AYSCOUGH, officier anglais, fils du docteur Ayscough, doyen de Bristol, et d'une soeur de lord Lyttleton, a publié : 1° Sémiramis, tragédie, 1777 ; Lettres d'un officier dans les gardes, à son ami en Angleterre, contenant quelques remarques sur la Fronce et l'Italie, 1778 et une édition des oeuvres mêlées de son oncle, lord Lyttleton, 1775, B—n j.
  • Samuel APOSTOOL : prédicateur de l'Eglise des mennonites, à Amsterdam, a donné son nom aux apostolici, apostoliens, une secte des anabaptistes, qu'on appelle waterlandins, parce qu'elle s'est particulièrement répandue dans le Waterland, contrée de la NordHollande. En 1664, ces mennonites du Waterland , qu'on distingue des mennonites flamands, et qu'on appelle aussi mennonites relâchés , se subdivisèrent en cieux partis , les gaienistes , ayant pour chef le médecin Galenus Abraham de Haan, et les adhérents de Samuel Apostool. Galenus voulait admettre clans la société religieuse dont i! était un des ministres tous ceux qui croyaient la divine origine des livres saints, pourvu que leurs mœurs fussent pures et leur réputation de probité intacte : sans le dire ouvertement, il se rapprochait beaucoup des opinions des sociniens. Samuel Apostool , tout en défendant les dogmes caractéristiques des mennonites sur l'absurdité du baptême des enfants , sur l'inutilité des magistrats dans le royaume de JésusChrist, sur la forme visible , t. 1, p
  • Samuel BADCOCK( 1747 - 1788) : savant critique et théologien anglais, était fils d'un boucher, et naquit à SouthMolton, dans le comté de Devon, en 1747. Ses parents, qui étaient dissidents, le destinèrent à l'état ecclésiastique. Dans l'école où il fit ses premières études, il se lia avec quelques condisciples induits des principes du méthodisme, et ne put se défendre d'entrer dans les erreurs de ce sombre fanatisme; mais il revint par la suite à des idées plus justes et plus rassurantes sur le culte qu'exige le Dieu des chrétiens. La lecture de quelques écrits du docteur Priestley opéra ce changement ; mais peut-ètre, en s'éloignant des idées étroites et superstitieuses des méthodistes, Badeock allatil trop loin dans un sens opposé. 11 parut adopter la doctrine des unitaires, et s'approcher du socianisme. Badcock est auteur de quelques morceaux de critique, qui se trouvent dans dill'érents ouvrages périodiques anglais, notamment dans le - 31- onthly Review. Un des principaux est la critique d'un ouvrage qui a fait beaucoup de bruit, sous le titre de Thely ph h oie, publié par un ministre nommé Madan. 11 a publié aussi un examen de l'anthentieité des peines de Rowley, et celui de quelques ouvrages du docteur Priestley. On reconnait, dans tous les 'ouvrages de Badcock, beaucoup d'érudition et un esprit juste et étendu. Il mourut à Londres, en 1788. — Richard BADCOCK, botaniste distingué, a observé au microscope la structure des anthères, leur développement, et l'émission du pollen dans plusieurs espèces de plantes. En 1746, il a donné à la société royale de Londres : Observations microscopiques sur les fleurs du houx et de la gre- nadille; et : Lettre Rader, sur la poussière fécondante de l'if. Ces deux opuscules ont été insérés dans le 44e vol. des Transactions philosophiques, numéros 479 et 480, SD.
  • Samuel BAUR( 1768 - 1832) : biographe, né à Ulm, le 31 janvier 1768, avait pour père un changeur qui, né pauvre, s'était à force d'économie élevé à cette position. Destiné dès son enfance à l'état ecclésiastique, il fit ses premières études au gymnase de sa ville natale; puis, en 1791, il fut envoyé à l'université d'Iéna. Aux études théologiques que lui imposait sa vocation, 1 joignit celle . De là il passa en 1800 à Goettingue. A cette paroisse , édit., 1829. 5° Nouveau Dictionnaire manuel historique; biographique et littéraire, Ulm, 1807-16, 7 vol. Cet ouvrage a obtenu quelque réputation. 6° Tableaux des révolutions, soulèvements, etc., les plus remarquables, ibid., 1810- 18, 10 vol. 7° Faits mémorables de l'histoire des hommes, des peuples et des moeurs, ibid., 1819-29, 11 v. 8° Livre de Conversations historico- biographiques, ibid., 1822-51, 7 vol. 9° Cabinet historique de raretés, Augsbourg, 1826-51, 6 vol. On voit que presque tous ces ouvrages appartiennent à la classe de simples compilations. Parmi ses traductions nous citerons celle des Observations sur le sérail du Grand Seigneur, par Tavernier, Memmingen, 1789 ; de Gonzalve de Cordoue, Berlin, 1795, 2 vol. ; des Caractères de la Bruyère, Leipsick, 1790, et de la Correspondance de Duval avec A. Sokolov, Nuremberg, 1792, 2 vol. Baur avait aussi donné beaucoup d'articles biographiques à l'Encyclopédie d'Ersch et Gruber
  • Samuel BERNARD( 1615 - 1687) : peintre et graveur, né à Paris en 1615, fut le père de Samuel Bernard, riche financier. Il a fait plusieurs tableaux à la gouache et en miniature, et divers sujets d'histoire; sa gravure d'Attila, d'après Raphaël, a du mérite. Il fut professeur de l'académie de peinture, et mourut en 1687
  • Samuel BERNARD : fils du précédent, fut un des plus célèbres traitants enrichis sous le ministère de Chamillard. Sa fortune s'élevait à 33,000,000 de capital ; il en fit, diton, un trèsnoble usage. Louis XIV eut besoin d'avances, et Bernard les ac- corda, après s'en être fait toutefois prier par le grand roi, qui ne dédaigne pas de faire sa cour au financier. On eut encore recours à lui, pour le même service, sous le règne de Louis XV. Bernard répondit au tiers chargé de cette négociation : « Quand on a besoin des « gens, c'est bien le moins qu'on en fasse la de-« mande soimême. » Il fut donc aussi présenté à Louis XV, qui lui dit des choses flatteuses et char-, gea un des seigneurs de sa cour de lui faire les hon- neurs de la demeure royale. Bernard fut appelé le sauveur de l'Elat. Tous les courtisans lui firent fête ; il dîna chez le maréchal de Noailles, soupa chez la duchesse de Tallard, joua et perdit tout ce qu'on voulut. On se moqua de ses manières un peu bourgeoises; et il prèta les millions qu'on lui demandait. Cette anecdote, contée trèsadéablement palcette mème madame de Tallard, et accompagnée de détails trèspiquants, a été recueillie par un homme de l'ancienne cour et de beaucoup d'esprit, le comte de Lauraguais, qui a bien voulu communiquer son manuscrit à l'auteur de cet article. Bernard était (l'ailleurs trèsbienfaisant. De pauvres militaires avaient recours à lui et n'en éprouvaient presque jamais de refus. A sa mort, on a trouvé pour plus de 10,000,000 d'argent prèté dont il n'a jamais été rien remboursé. Bernard était hardi et heureux dans ses opérations. Il invita un jour à dîner chez lui une personne trèsdistinguée, à qui il avait promis du vin de Malaga, dont il ne croyait pas que sa provision fût finie. Au dessert, le maitre d'hôtel annonça qu'il n'y en avait plus. Bernard, plus piqué encore que confus de cette petite disgrâce, fait partir sur- lechamp, en poste, un de ses commis pour la Hol- lande, avec ordre d'acheter pour son compte tout le vin de Malaga qui serait dans le port d'Amsterdam. Il y fit un gain immense. Plusieurs personnes le croyaient de race juive, ce qui n'a jamais été prouvé. Il en plaisantait luinième assez agréablement. « Qu'on me fasse chevalier, disaitil, et alors mon nom , « ne choquera plus personne. » En effet, il fut ano- bli. 11 acheta plusieurs terres titrées, entre autres, le comté de Coubert ; et, pendant les dernières années de sa vie, on ne le nomma plus que le ( lacet- lier Bernard. Un de ses fils, président à l'une des chambres des enquêtes du parlement, portait le nom de Rieux; l'autre s'appela le comte de Couberl; son petitfils, AnneGabrielHenri Bernard , prévôt de Paris, se faisait appeler le marquis de Boulainvil- lers. Samuel Bernard maria sa fille au premier pré- sident Molé, et fut ainsi le grandpère de la duchesse de CosséBrissac. Sa famille se trouva par la suite alliée à de trèsgrands noms, tels que les Biron, les Duroure et les Boulainvilliers. Bernard fut l'ami du garde des sceaux Chauvelin, et lui resta fidèle dans sa dis,Pràce. On prétend qu'il était superstitieux, et qu'il croyait son existence attachée à celle d'une poule noire, dont la mort fut l'époque de la sienne. Il ne mourut, au reste, qu'à l'àge de 88 ans, en 1739
  • Samuel BOCHART( 1599) : né à Rouen, en 1599, d'un ministre protestant, était neveu, par sa mère,du célèbre Pierre Dumoulin, ministre de l'église de Paris. On l'appliqua de bonne heure à l'étude, et il y réussit si bien , qu'à Page de quatorze ans il composa quarantequatre vers grecs à l'honneur de Thomas Dempster, son professeur, qui les mit à la tête de son Antiquitalum romanoru Corpus. Après avoir fini ses humanités et sa rhétorique, il alla étudier la philosophie et la théologie à Sedan ; il suivit à Londres Cameron , qu'on croit avoir été sort professeur à Saumur, vint à Leyde, puis en Francei où on le donna pour pasteur à l'église de Caen. Ce fut alors qu'il eut ces célèbres disputes ou conférences avec le P. Véron, jésuite, et auxquelles le duc de Longueville assista fréquemment. La Géographie sacrée, que l3ochart publia ensuite, augmenta tellement sa réputation, que Christine de Suède lui écrivit de sa propre main pour l'engager à venir à Stockholm. l3ocliart fit ce voyage en 1652, avec Huet, qui en a écrit la relation en vers latins. Bochart fut trèsbien accueilli ; mais l'abbé Bourdelot, médecin de cette princesse, jaloux de l'estime qu'elle témoignait à Brochant, joua à celuici quelques tours assez bouffons. Il persuada à cette reine que ce savant jouait admirablement de la flûte, et il fallut que, bon gré mal gré, il embouchât cet instrument. On raconte aussi que, dans sa complaisance excessive pour la majesté royale représentée par une jeune femme, il mit bas son manteau de prédicant pour jouer au volant avec cette reine, véritablement digne du titre de fantasque. 11 devait lire dans une assemblée quelque chose de son Phaleg, et la reine avait dit qu'elle voulait y être ; mais Bourc.elot l'en détourna sous prétexte de sa santé. De retour à Caen l'année suivante, Bochart y jouit plus que jamais de la considération générale, et s'y maria. Il n'eut de son mariage qu'une fille, qui fut attaquée d'une maladie de langueur. Le chagrin qu'il en ressentit lui glaça le sang, et l'emporta tout d'un coup, le '16 mail 661, au fort d'une> dispute qu'il eut avec Huet, au milieu de l'académie de Caen. Un savant qui mena de la sorte meurt véritablement au champ d'honneur. Il n'était encore que dans sa 686 année. Bochart était d'une érudition profonde; il possédait la plupart des langues orientales, l'hébreu , le syriaque , le chaldaïque et l'arabe. Il E voulut même, dans un âge assez avancé, apprendre l'éthiopien. 11 était d'une modestie et d'une , candeur encore plus grandes que sa science ; mais comme tous les érudits entichés de la langue qui fait l'objet favori de leurs études, il ne voyait que du phénicien partout, même dans les mots celtiques. Au défaut des mots de la langue phénicienne, dont il ne subsiste aucun monument, il appelait phéniciens tous les mots hébreux. De là le grand nombre d'étymologies chimériques dont fourmillent ses ouvrages, qui ont été recueillis à Leyde, sous ce titre : Sam. Bochart Opera omnia; hoc est : Phaleg, Chanaan, seu Geogr. sacra, et Hierozoicon, seu de animalibus saufs sacra Scripturce, et dissertationes varice, Leyde, 1675, 2 vol. 1692, 1712, 3 vol. Les principaux traités qu'on y trouve sont : 1° Geographia sacra, divisée en 2 parties, dont la première, intitulée Phaleg, traite de la dispersion des nations, et la seconde, sous le titre de Chanaan, des colonies et du langage des Phéniciens. Dans cet ouvrage, Bochart est parvenu à expliquer le premier une partie de la scène du Pcenulus de Plaute, où le Carthaginois Hannon s'exprime dans sa langue maternelle. Son travail a servi de base aux efforts subséquents des érudits, et sa manière de diviser les mots a été suivi dans les éditions postérieures. 2° De , Enea3 in. Item Adventu, traduit en français, et imprimé avec la traduction de l'Enéide par Segrais, à qui ce traité était adressé ; il se trouve dans ses oeuvres, sous ce titre : Num 1Eneas Tuera in Italia ? 3° Hierozoicon, sive Historia animalium sacra, Scripturce. Cet ouvrage, qui, ainsi que les autres du même auteur, avait été imprimé séparément, a été réimprimé à Leipsick, 1795-96, 3 vol. par les soins de Rosenmüller, , qui y a ajouté des notes. Parmi les nombreuses dissertations qui composent ses ouvrages, les plus curieuses sont celles où il traite du boue émissaire, de l'usage des boeufs dans les sacrifices, des mandragores, du nom de lortues donné aux autels, de la colombe de l'arche de Noé, et de celle du baptême de JésusChrist; des chevaux du soleil ; des animaux fabuleux, tels que le phénix, le gryphon, les dragons; des veaux d'or ; une autre en 1661, contre le R. P. jésuite la Barre, touchant la tolérance du luthéranisme, décidée dans le synode national de Clearenlon. Dans les Amé- ni ministre à Alençon, et qui a publié quelques savantes dissertations. Bayle nous apprend qu'il fut traduit en justice pour avoir, contre les défenses, donné aux ministres de son culte le titre de pasteurs
  • Samuel BODMER : de Berne, boulanger de proession, s'appliqua à la géométrie, et y réussit si bien, ju'il fut employé par la république de Berne à lever me carte de cet État.11s'enecquitta d'une manière sa.isfaisante, et leva aussi des plans de différentes parties le la Suisse. Il dirigea les travaux pour la construc.ion du nouveau lit qu'on donna au torrent nommé Cander, audessus de Thun. Cette opération remar"t'able et importante , qui préserva une contrée _tendue d'inondations et (le l'infection (les marais, rut exécutée d'après les mêmes principes qui diri;ent aujourd'hui les travaux pour le desséchement les marais de la Linth. Les ouvrages de Bodmer sont conservés dans les archives de Berne. 11 mourut vers 1721
  • Samuel BISHOP( 1731 - 1795) : professeur et poête anglais, issu d'une bonne famille du comté de Worcester, naquit à Londres au commencement d'octobre 1731. Quoique d'une constitution délicate, il s'appliqua de bonne heure aux études sérieuses. Telle était son aptitude qu'à l'âge de neuf ans il expliquait le Nouveau Testament en grec. Envoyé au collége dit Merchant Taylor's School, â l'âge de douze ans, il en devint l'élève le plus distingué. L'histoire et la poésie se partageaient alors ses moments. Dans la suite il donna la préférence à la dernière. En 1750, il fut admis au collége de StJean à Oxford, dont il devint membre en 1753, et où l'année suivante il prit le degré de bachelier. Entré dans les ordres, il fut envoyé à la cure de Headley , qu'il abandonna momentanément pour raison (le santé. Lorsqu'il y fut revenu, il partagea son temps entre l'université, ses devoirs sacerdotaux et ses dé' lassements poétiques, jusqu'en 1758. Il se fit alors recevoir maître ès arts, quitta Headley, fixa sa résidence à Londres, fut élu sousmaitre à Merchant Taylor's School, et obtint la cure de SteMarieAbcharch, ainsi que la place de lecteur à StChristophe. En janvier 1783, il fut choisi pour maître en chef de Merchant Tayror's School ; et, quelques années après, il joignit à cette place la survivance de StMart que la compagnie de Merchant a- T ylor's lui déférait comme récompense de ses longs ill services, et le rectorat de Ditton, bénéfice que lui donna le comte d'Aylesford sur la recommandation de Warden, évêque de Bangor. De graves infirmités troublèrent la félicité ddnt ces avantages lui eussent permis de jouir, et causèrent sa mort, à la lin de novembre 1795. L'année suivante furent publiées par souscription ses oeuvres poétiques, Londres, 1796, 2 vol. C'est surtout dans les sujets familiers qu'il excelle : là il a de la vivacité, de la grâce, du sentiment, quelquefois de la force ; il passe avec bonheur du grave au doux, (le l'instructif au badin. Ses images sont variées; niais dès qu'il s'éloigne de cette sphère, il est audessous de luimème, on sent qu'il n'est plus sur son terrain. Il essaya, diton, (le travailler pour le théâtre ; mais il trouva peu d'encouragements dans une carrière fort contraire aux fonctions ecclésiastiques. Bishop avait aussi du talent pour la poésie latine, et il le prouva par la publication de ses Feriœ poelic®, 1763-64. Enfin on a de lui (les serinons sur des sujets de morale pratique, 1798. La vie de Samuel Bishop a été écrite par Thomas Clave_; elle se trouve à la tète des enivres poétiques
  • Samuel BLANQUET( 1600 - 1750) : médecin et naturaliste, naquit vers la fin du 17e siècle, dans le diocèse de Mende. Après avoir achevé ses cours à la faculté de Montpellier, il reçut le doctorat, et revint dans sa patrie, où il ne tarda pas à se faire connaître. 11 fut un des médecins appelés à combattre la peste, qui s'était déclarée dans le Gévaudan en 1722. 11 rendit compte de ses observations, ainsi que des moyens qu'il avait employés, dans une lettre à Dodart, qui la lit imprhner. C'est un de 9 pages, dont on trouve l'analyse dans le Journal des Savants, même année. Blanquet employait ses loisirs à l'étude de l'histoire naturelle; et il communiquait ses remar- ques à l'académie de Béziers qui le comptait parmi ses membres 'correspondants. 11 mourut à Mende, avant l'année 1750, puisqu'il n'en est fait aucune mention dans la France littéraire d'Hébrailh. Outre la lettre dont on a parlé, on connaît de ce médecin 10 Examen de la nature et vertu des eaux du Gévau- dan, Mende, 1728 2. Discours pour servir de plan à l'histoire naturelle du Gévaudan, lu à l'assemblée des états ,de ce diocèse, le 13 février 1750 sans date ni lieu d'impression. 5° Epistola de aqua quo in Saxa obrigescit, Mende, 1751 Cette lettre, adressée par l'auteur à l'académie de Béziers, contient une description trèsbien faite des grottes de Merveis, près de Mende, qui produisent en abondance des stalactites. Elle fut traduite en français par Bouillet, secrétaire de l'académie, lequel en fit lecture à la séance publique du 6 décembre même année. — Antoine- Athanase BLANQUET, petitfils du précédent, né à Mende, le 13 septembre 1734, suivit la carrière administrative et remplit les fonctions de subdélégué de l'intendance du Languedoc. Il rendit d'importants services à cette province en y introduisant des méthodes de culture, dont sa propre expérience lui avait fait connaître les avantages. Dans ses loisirs, il se délassait avec les muses latines. On cite de lui trois poèmes, restés probablement inédits, puisqu'on ne les trouve mentionnés dans aucun catalogue : Opotheca, sive Pomarium Mimatense ; — Ludicra stir- pium Gebalensis ; — Psyche, sen hortorum Origo. Antoine Blanquet mourut à Mende, le 11 décembre 1805
  • Samuel BREWER : botaniste anglais, mérite, par sa liaison intime avec le célèbre Dillenius, qu'il aida beaucoup dans la composition de son Synopsiso, d'étre placé au rang des hommes qui ont le plus contribué aux progrès de la botanique en Angleterre. Originaire de Trowbridge, dans le Wiltz, Brewer s'adonna d'abord au commerce, prit un intérêt dans une manufacture de draps, lit de mauvaises affaires, et dut au dérangement de sa fortune de pouvoir consacrer de longs loisirs à la culture des sciences naturelles. En 1726, il suivit Dillenius dans le pays I ' de Galles, à Anglesey, à l'île de Man, résida plusieurs années à Bangor, à Snowdon, rassembla des i échantillons de tout ce qu'il trouvait de rare ou d' et mit de la sorte Dillenius à mème de livrer au public, en 1741, son Historia niuscorum. Brewer, n'ayant qu'un patrimoine fort modique, était alors fixé à Bradford, où Riehardson, qui habitait près de là, l'aidait de ses bienfaits. Il y vécut trèsretiré depuis 1724 jusqu'en 1745, époque de sa mort. On trouva dans ses papiers un Guide du botaniste presque terminé. Les naturalistes du pays regrettaient beaucoup que cet ouvrage n'eût point paru. BN
  • Samuel BOYSE( 1708) : fils de Joseph Boyse, t?éologien non conformiste, naquit en 170N, et fut eleve dans une école de Dublin, d'où il passa à l'univercite de Glascow. Il épouea, à l'Ace de vingt ans, une fille, «mune lui, sans principes et gins mœurs; et, après avoir entièrement ruiné son père par ses extravagances, il vint à Edimbourg, où ses talents lit, teraires lui tirent des amis et des protecteurs. Il publia, en 1731, un volume de ses poésies, suivies dit ' 'Miran de Ciliés et d'une lettre sur hi liberté. Malgré son inconduite et la bassesse de ses manières, plusieurs personnes considerables, parliculierement la duchesse de Gordon, cherchèrent à lui étre utiles; mais son ineuticiance rendit vains tous leurs ta. 'Fiimhé dans l'indigence, amblé de dettes .le riseprie, il quitta Edinbourg, regretté seulement de ses créanciers, et vint à Londres, où il subblet» du produit •k ses écrIlg et des secours de la ',nie; mais sa personne et sa conversation n'étaient plie faites pour prévenir en sa faveur. On le voit, en 1740, mitait à la dernière extrémité de la misère humaine, ne pouvant sortir de son galetas, faute d habits et de linge, sans draps dans son lit, enveloppe seulement dans sa couverture, où il avait pratiqué un trou pour y pa'ser le bras. C'est dans cet end que, plaeant le papier sur son genou, il écrivait du mieux qu'il pouvait de iniserablee sers, qu'il vendait sus éditeurs des journaux pour avoir du i?aitl. En 1745, étant a lieading, il fut chargé, conjointement aise Henri, de la cionpilation d'un ouvre.. intitule : Renie historique des érénemenis de l'knrope, depuis le commenerment de la guerre arec l'Espa9no en 1750 l'insurrecti? n d' it'eosse en 17 ?5, etr., swirie de Illistoire impartiale de la d•re.ere rébellion. 1p47, 2 vol. . Il traduisit ...nit.• le Traite sur l'existence de Dieu, per On remarqua vers ce temps un changement heu• ceux dans son caractère et dans sa conduite; mais ea liante derlinait visiblement. Il mourut reu de temps aprell, en niai 1749, et rut enterré aux frais de as pariiiese. Au génie poétique il joignait quelque talait peur la peinture et pour la n'inique, et il etait trèsverse dans la science du blason. Deux volumes de ses poésies ont été publiés en 1752 beau. coup d'autres, dont on pourrait former quatre volumes, ont été imprimée, dans des ouvrages périodiques et d'autres recueils anglais. Son meilleur ouvrage est un poeine intitulé la Divinité, réimprimé pour Fa troisième Ibis en 1752 et que Fielding et Ilervey ont cité avec beaucoup d'éloge
  • Samuel BUCHHOLZ( 1717 - 1774) : né à Pritzwalk, dans la Marche de Prignitz, le 21 septembre 17-17 , fit ses études à Halle, fut nominé, en 17 i4, corecteur à Werben ; en 1757, recteur à 1lavelsberg, et mourut à Crernmen, le 29 avril 1774. On a de lui beaucoup de recherches historiques intéressantes, qui, si elles ne forment pas une histoire, sont trèspropres à en fournir les matériaux. Ses principaux écrits sont : 1° Essai d'une Histoire du duché de Jlicklen bourg, Rostock , 1755 2° Dissertation sur l'ancien état géographique de la Marche électorale de Brandebourg, Berlin , 1761 3° Essai d'une Histoire de la marche électorale de Brandebourg, 4r° partie, contenant les temps anciens, Berlin , 1765 ; 2' partie , histoire du moyen âge , ibid., 1765 3°, .10, 5° et 6° parties, histoire moderne jusqu'à la paix de Hubertsbourg, 1767-1775 4° Con- stantin le Grand, ibid., 1772
  • Samuel BUTLER( 1600) : poête anglais, né à Strensham dans le comté de Worcester, non pas en 1612, connue on l'a imprimé plusieurs fois, niais en 1600. Son père, simple fermier, avait assez d'aisance pour lui faire faire à l'école de grammaire de Worcester de bonnes études qu'il acheva à l'université de Cam- bridge. Revenu dans son pays, il fut commis d'un juge de paix, qui, ayant démêlé son goût et ses dispositions pour la littérature et les arts, lui laissait assez de loisir pour s'en occuper. Il entra ensuite, on ne sait en quelle qualité, chez la comtesse de Kent, chez qui se réunissaient plusieurs savants. Elle avait pour intendant Selden, qui encouragea particulièrement le jeune Butler dans ses travau...: littéraires. On ne sut en quelle qualité il fut attaché à la comtesse de Kent, combien de temps il resta à son service, et pourquoi il la quitta. Les vicissitudes de sa situation le placèrent ensuite dans la famille de sir Samuel Luke, personnage considérable par sa naissance et sa fortune, ardent puritain, qui s'attacha depuis à la cause de Cromwell. C'est alors que Didier conçut l'idée du fameux poëme d'Hudibras, ouvrage qui a fait sa réputation, et qui, par la nature du sujet, par les circonstances dans lesquelles il a été publié, ainsi que par l'originalité du talent qu'on y remarque, ne pouvait manquer d'avoir un brillant succès : on dit que c'est sir Samuel Luke lui-- même que le poëte a voulu peindre dans le person- nage d'Hudibras. L'objet du poëme est de tourner en ridicule le fanatisme et l'extravagance féroce des sectes religieuses et des factions politiques qui ont bouleversé l'Angleterre dans les dernières années du règne de Charles ier, et ont à la lin fait péri r ce prince sur un échafaud. Voltaire a reeiarqué que ce poënie rappelait à la fois le roMan . Bien n'est plus propre à donner quelque idée du ton et du genre Celte traduction, rouvraie de TownlaY, fut piaillée par ramé Tnberville tqérdain, avec déS remarques par Larcher. On trouve dans le Magas. in eticyclopédIque, 2 année, I. 4, p. 227, la clef d'Iludibras.— Nouvelle édition, Paris, 4820, 3 vol. U, ornés de 45 fig. d'après Hogarth, et augmentés d'une clef générale d'HudiProS par Lottin le jeune, et d'une notice sur Townlay. réputation, qu'il ait vécu dans une cour brillante et spirituelle, et qu'il y ait eu pour protecteurs et même pour amis des hommes trèsdistingués, on ne connaît de sa vie aucune circonstance remarquable ; ce qui parait le plus certain, c'est qu'il vécut et mourut pauvre. Au retour du roi Charles H, le moment semblait arrivé où la loyauté pouvait espérer d'être récompensée. Cependant Butler fut seulement nominé secrétaire du comte de Carbury, président de la principauté de Gallus, qui lui procura le gouvernement de LudlowCastle, quand la cour des Marches ou frontières fut rétablie. A cette époque de sa vie, il épousa mademoiselle Hébert, personne d'une bonne famille, et vécut avec le bien de sa femme; il avait étudié le droit anglais; mais il n'exerça jamais l'état d'homme de loi. « Elle avait « de la fortune, dit le biographe inconnu de « Butler, mais celleci fut perdue, ayant été mal « placée. » Ce fut en 1665 qu'il publia la première partie du poème d'Hudibras, composée de trois chants, que, suivant Prior, le suffrage et l'influence du comte de Dorset firent connaitre à la cour. Quand eet ouvrage eut été lu, il fut nécessairement adMiré. Le roi le cita, les courtisans l'étudièrent, et tout le parti des royalistes l'applaudit. Tout le monde s'attendait à voir tomber une pluie d'or sur l'auteur, qui certainement participait aussi à cet espoir géné- ral ; mais il n'en fut rien. Charles H se borna à une gratification passagère. En 1664 parut la seconde . partie d'Hudibras. La curiosité de la nation se réveilla ; limeur fut de nouveau loué et sentit renaître ses espérances ; mais les éloges furent sa seule récompense. Suivant Wood , dans les Athenae Oxonienses, Clarendon lit espérer à Butler qu'il aurait des emplois lucratifs et honorables ; niais cette promesse ne fut jamais accomplie. On prétend que le roi, qui l'aimait, lui donna 50t) guinées. Cependant on ne voit nulle part que cette f? aveur momentanée soit prouvée. Wood rapporte 'qu'il fut secrétaire de Villiers avec de Buckingham, lorsque celuici était chancelier de Cambridge : ce fait est révoqué en doute par le biographe inconnu, qui convient que le duc fut souvent son bienfaiteur. On raconte encore qu'à la sollicitation de Wicherley, le duc s'était déterminé à représenter au roi que c'était une tache pour la cour qu'un sujet aussi fidèle, qu'un poète aussi distingué restât obscur et dans le besoin. Un rendezvous même fut assigné pour que Buckingham présentât Butler au roi. Butler et Wicherley s'y rendirent exactement : le duc y vint ; mais, comme si le diable s'en fût mêlé, dit le narra- teur anglais, la porte de la salle où ils étaient assis était restée ouverte, et le duc qui était auprès, aper- cevant un courtisan libertin qui passait lestement avec deux femmes do plaisir, quitta surlechamp Wicherley et Butler pour un autre genre: d'occupa- tion à laquelle il était plus disposé qu'a, rendre ser- vice au mérite négllgé. Depuis ce moment jusqu'au jour de sa mort Butler n'éprouva pas le moindre effet de la promesse que ce seigneur lui avait précé- demment faite. Cette histoire est attestée par quel- ques vers satiriques que Butler n'eût certainement pas faits contre un homme qui aurait eu quelque droit à sa reconnaissance. Malgré cet injuste oubli, il continua de suivre son projet, et publia en 1678, une troisième partie, mais qui n'est pas encore la fin du poème. Il est impossible de deviner jusqu'où il s'était proposé originairement de le pousser, et par quels événements il aurait terminé l'action. Pour en finir sur la triste existence de Butler, il fut obligé de recourir à quelques amis afin d'en obtenir les secours plus urgents. 11 mourut en 1680. Il n'est pas mème resté de cette époque une simple tombe funéraire avec une inscription qui atteste son existence. Après avoir sollicité sans succès une souscription pour qu'on le plaçât dans l'abbaye de Westminster, de Longueville, un des amis du défunt, le lit enterrer à ses frais dans le cimetière de CoventGarden. Le docteur Simon Patrick lut les prières funéraires. Environ soixante ans après, M. Barber, imprimeur, lordmaire de Londres, qui était dans les principes de Butler, lui lit ériger à ses frais un monument en marbre à l'abbaye de Westminster. Ainsi, celui qui, pendant sa Vie, ne trouva pas toujours un protecteur qui lui donnât à dîner, obtint, soixante ans après sa mort, un tombeau à côté de ceux de ses rois. On prétend que le peu de générosité qu'il avait éprouvée de la part des hommes puissants qui se déclaraient ses protecteurs lui inspira à la fin le dégoût de la cour, et lui donna de l'humeur contre les courtisans. On trouve des traces de ce mécontentement dans quelquesuns de ses derniers ouvrages, et d'une manière trèsmarquée dans le poème d'Hudibras à la cour, qu'on lui a attribué, et qui parait destiné à faire la quatrième partie d'Hudibras. Le nouveau poème ne parut qu'après sa mort, dans un iecueil en 5 petits volumes, intitulé : OEuvres posthumes de JI. Samuel Butler, et précédé de sa vie, mais dans lequel se trouvent plusieurs pièces qu'on ne croit pas de lui. On a fait depuis en Angleterre plusieurs éditions d'Hudibras; la plus estimée est celle qui a paru en 1744 avec des notes de Zacharie Grey, 2 vol. et celle de Londres, 1795, 5 vol. exécutée avec beaucoup de luxe. En 1815, M. Thyer de Manchester a imprimé sous ce titre Butler's Remains, ou Restes de Butler, 2 volumes, qui sont incontestablement de ce poète. Aucune des pièces insérées dans ce recueil ne peut nous faire connaitre ni sa vie ni son caractère. Une d'elles, pliant dans la lune, nous montre qu'il fut du nombre de ceux qui tournèrent en ridicule l'étaLlissement de la société royale de Londres, dont les ennemis étaient alors trèsnombreux et trèsacharnés. Comme prosateur, Samuel Butler a acquis quelque renom par son Traité sur la Raison et ses Carac- _ ares imités de Théophraste. Samuel Johnson a fait une vie de Butler, traduite par A.M.H. Boulard, insérée dans le Mercure étranger, no 21, année 1816, et imprimée séparément, Paris, 1816, brochure de 16 p
  • Samuel BRUNO ou BRAUN( 1500) : chirurgien, né à Bide, vers la fin du 16° siècle, fut, dès sa jeunesse, animé du désir de parcourir les contrées lointaines. 11 alla en Hollande, s'embarqua, en 1611, à bord d'un navire qui allait au Congo, et, jusqu'en 1621, lit trois voyages le long de la côte d'Afrique, jusqu'à Angola, etdeux voyages dans la Méditerranée. Ses relations n'ont pas tant pour objet les détails de la navigation, que ceux des actions où il s'est trouvé et des pays qu'il a vus, et où il a séjourné; l'exactitude de ses observations se trouve confirmée par les rapports des voyageurs qui, postérieurement, ont vu les mêmes contrées. Comme chirurgien, son attention se porte sur les effets pernicieux du climat de la côte d'Afrique, mortel pontles Européens qui ne sont pas tempérants. De retour de ses voyages, Bruno en écrivit la relation en allemand. Elle a été publiée par les héritiers de de Biy, dans leur collection allemande des Petits Voya- L'école philosophique allemande s'est beaucoup occupée de Bruno dans ces derniers temps; et les plus distingués d'entre les philosophes modernes de cette nation ont tiré parti de ses oeuvres. Parmi ceux de notre époque, M. de Schelling s'est le plus ap- proché de lui quant à la métaphysique et la manière d'envisager la nature. Il a meme choisi son nom pour titre d'un de ses ouvrages : Bruno, ou Recherches sur le principe divin ou naturel des choses, Berlin, 4802. Olt peut voir encore sur Bruno et sur ses écrits : Doc- trines de caèbres physiciens, par !limiter, Sulzbach, 11121, 3ecahier, et les Operc di Giordano Bruno, publiées par M. Adolphe Wagner, Leipsick, 1830, 2 vol. Enfin M. G. Frwrer a donné à Paris une édi- lion des ouvrages (le Bruno écrits eu latin Jortlani Bruni Nolani Sertpla quer redegit oninia, I vol. ges en 1625, puis traduite en latin, et insérée, comme supplément, à la suite de la 1" partie de leur édition latine des Petits Voyages, sous ce titre : Appendix regni Congo, qua continentur navigatio- nes quinque Samuelis Brunonis civis et chirurgi Ba- sileensis, etc., 1625, avec des figures. Cet appendix n'a été imprimé qu'une fois. Le traducteur signe J. L. Gotefridus ; Meusel pense que c'est un nom qui désigne J. Ph. Abelin. Les estampes jointes aux relations de Bruno paraissent avoir été imaginées d'après ses récits, et pour orner le texte. Ce qu'elles offrent de plus intéressant est la forme des habitations des nègres
  • Samuel CHAMPLAIN : premier gouverneur de la NouvelleFrance ou Canada, né à Brouage, se distingua de bonne heure dans la marine, et set-- % it, pendant la guerre de 1505, sur les côtes de Bretagne contre les Espagnols. Immédiatement après la conclusion de la paix, il fit un voyage aux Indes occidentales, où il resta deux ans et demi. Sa fortune était vraisemblablement trèsmodique; car Henri IV, voulant se l'attacher, lui fit à son retour une pension qui lui donna les moyens de se maintenir honorablement auprès de sa personne. Le commandeur de Chaste, gouverneur de Dieppe, obtint du roi, peu de temps après, la commission de faire de nouveaux établissements dans l'Amérique septentrionale , et eut le désir d'engager un homme du mérite de Champlain dans cette grande entreprise; celuici y consentit trèsvolontiers. Henri IV lui permit de faire ce voyage, et le char, gra de lui en rendre directement tm compte fidèle. Champlain s'embarqua à Honfleur sur le vaisseau de PontGravé, marin trèsexpérimenté de StMalo, avec lequel il lit par la suite beaucoup d'autres voyages et se lia d'une étroite amitié. Le vaisseau partit le 15 mars 1605, et mouilla le 24 mai dans le fleuve StLaurent. Ils s'embarquèrent ensuite dans de petits bâtiments, et remontèrent le fleuve jusqu'au saut StLouis, où Jacques Cartier s'était également arrêté en 1555, pendant son second voyage. Champlain, après avoir visité les rives du fleuve, revint en France, et présenta au roi le récit de son voyage. La narration en a été publiée à Paris en 1605 sous ce titre : des Sauvages, oit Voyage de Samuel Champlain, etc. Le commandeur de Chaste était mort pendant son absence, et le privilége qu'on lui avait accordé avait été donné au sieur de Mons, gouverneur de Pons, qui, voulant faire lui- même le voyage de l'Amérique, engagea Champlain à l'accompagner. Jusqu'alors on avait eu le projet Champlain entra dans la rivière (les Outaouais, qui se décharge dans le fleuve StLaurent , à l'extrémité occidentale de l'île de MontRéal. Il remonta cette rivière, avec des peines infinies, jusqu'à un lac situé à environ soixantequinze lieues de son embouchure ; mais il fut obligé de s'y arrêter : les peuples du bord de ce lac n'ayant point de communications avec ceux qui habitent au nord, le convainquirent qu'il avait été mal informé; ce ne fut cependant qu'avec répugnance qu'il revint sur ses pas, parce que, se trouvant alors par 47° (le latitude, il croyait avec raison n'ètre pas à plus de soixantequinze lieues marines des côtes de la baie où les Anglais avaient pénétré. En 1615, Champlain remonta une seconde fois la rivière des Outaouais; mais il la quitta avant d'arriver au lac où il avait pénétré dans le voyage précédent. H s'avança dans l'ouest, en faisant une partie du chemin par terre et l'autre en canot; enfin il parvint sur le bord occidental du lac Huron; il en côtoya les bords du sudest ; ensuite se dirigea au sud, et vint par terre jusqu'au lac Ontario, qu'il traversa ; et, après avoir aidé les Hurons dans la guerre qu'ils étaient venus faire aux Iroquois, il hiverna avec eux. L'été suivant , il retourna à Québec. Jusqu'alors Champlain s'était plus occupé de reconnaître le pays et d'établir des relations avec les sauvages qu'à consolider son établissement ; il revint en France dans l'intention d'y travailler sérieusement. Son projet était de fortifier Québec, d'y faire transporter des habitants pour cultiver la terre, et de rendre sa nouvelle colonie indépendante de la métropole, à l'égard (les subsistances. Il revint, en 1620, s'y établir avec toute sa famille, et eut la qualité de gouverneur. L'établissement était alors en trèsmauvais état ; tout semblait s'opposer à l'exécution de ses projets. La compagnie qui devait faire les frais des fortifications refusa longtemps les fonds nécessaires ; ce ne fut qu'en 1624 qu'il put parvenir à entourer Québec de remparts, et à le mettre à l'abri du coup de main : c'était alors si peu de chose, que on n'y comptait que cinquante habitants. L'admiiistration éprouva sur ces entrefaites de nouveaux l'augments. Le duc de Ventadour, nommé viceoi la NouvelleFrance, accueillit Champlain, lui était venu solliciter de nouveaux renforts, le confirma dans son gouvernement, et lui accorda la ?lupart de ses demandes. Champlain se rendit, , ans perdre de temps, à Québec ; mais les renforts qu'on devait lui envoyer éprouvèrent des retards ; des accidents imprévus les empèchèrent ensuite d'arriver. En 1627, l'Angleterre, voulant secourir la Rochelle, assiégée par le cardinal de Richelieu, déclara la guerre à la France. David Kerk, Français, natif de Dieppe, et réfugié en Angleterre, vint sommer la ville de Québec de se rendre ; Champlain lui fit une réponse si fière, qu'il renonça à son entreprise ; mais, en sortant du fleuve StLaurent, il rencontra la flotte qui venait ravitailler Québec, et s'en empara. La colonie fut privée ainsi (les secours et des vivres, dont elle avait un besoin urgent. Pour comble de malheur, la récolte fut mauvaise ; enfin la disette devint si grande au mois d'avril suivant, que l'on ne se nourrissait plus dans le fort que de racines que l'on allait chercher dans les bois. Kerk vint le sommer une seconde fois, et il fut livré par capitulation. Champlain arriva en Europe immédiatement après la conclusion du traité de paix de 1629. Le Canada fut restitué à la France, et il y retourna avec tout ce qui était nécessaire pour redonner de la consistance à cette colonie, longtemps abandonnée. En effet, c'est à dater de cette époque qu'elle a reçu quelques degrés d'accroissement. Les sauvages, qui, rebutés par les mauvais traitements des Anglais, s'étaient tenus éloignés de Québec pendant tout le temps de letir domination, accoururent de tous côtés dès que Champlain en eut pris possession au nom du roi de France. On chercha (l'abord à entretenir des relations plus Manies avec eux ; on essaya d'établir des missions chez les Hurons,. où l'on espérait pouvoir faire, par la suite, des établissements plus solides. Un collége fut fondé, en 16M, à- Québec, où l'on devait élever plusieurs enfants des sauvages dans la religion chrétienne, dans l'espoir de la propager, d'adoucir insensiblement les mœurs des habitants (lu pays, et de les familiariser avec notre langue et nos habitudes. Champlain n'eut pas la satisfaction de voir les premiers effets de cet établissement ; il mourut à la lin de la n'élue année. Tous les historiens s'accordent à louer sa bravoure, son désintéressement, la solidité de son jugement et la pureté de ses intentions. Sou courage et sa constance à supporter l'intempérie des saisons et les privations de toute espèce lui firent surmonter tous les obstacles. En un mot, c'est à lui seul que l'on dut l'établissement de la ville de Québec et de la colonie du Canada. Si cette colonie a été longtemps sans recevoir des accroissements, on ne doit l'attribuer qu'aux mauvaises intentions des diverses sociétés de marchands dont elle a, en quelque sorte, dépendu. D'un tempérament fort et robuste, il endurait les plus grandes fatigues, allait visiter les sauvages, accompagné uni- cillement de guides et de quelques Européens ; dirigeait son canot sur les rivières, le huilait luimême, lorsqu'il fallait remonter les rapides qui s'y rencontrent fréquemment. La facilité avec laquelle il se pliait à leur manière de vivre lui avait gagné leur amitié. 11 savait en mime temps se faire respecter ; la confiance qu'ils avaient en lui parait n'avoir pas eu de bornes. Champlain vivait avec sécurité au milieu d'eux, les accompagnait presque seul dans leurs expéditions de guerre, et la victoire s'est toujours rangée de leur côté, lorsqu'ils ont été dociles à ses conseils. L'habileté, l'intelligente avec laquelle il savait disposer ces l'aillas d'hommes ignorants et indisciplinés, et profiter de la supériorité que lui donnaient les armes à feu, est trèsremarquable. Dans l'action qui eut lieu contre les Iroquois près du lac Champlain, il n'était accompagné que de deux Européens, qu'il plaça aux ailes; pour lui, il resta au centre, derrière les rangs, et dès qu'on fut à la portée du trait, il s'avança seul, à vingt pas, sur les ennemis, qui firent halte, et le contemplèrent en silence. D'un seul coup, il tua un chef et deux des leurs; ses compagnons, placés dans les broussailles, abattirent les deux autres chefs ; aussitôt on fondit sur l'ennemi, et il fut mis en déroute. Dans une autre occasion, il s'agissait d'enlever un fort en bois, dont toutes les parties étaient solidement liées; il lit construire un cavalier en charpente, qu'il fit garantir du feu par des peaux ; on l'approcha des remparts, et plusieurs Européens, qui s'y étaient logés, abattirent à coups de fusil un grand nombre d'ennemis. Champlain, pendant ce temps, protégeait ceux qui venaient, à l'abri de leurs boucliers, mettre le feu aux fortifications. L'indocilité des sauvages lui fit perdre, cette fois, tout le fruit de ses seins et de ses dispositions ingénieuses ; la confusion finit par devenir si grande, qu'il ne put jamais les rallier; il fut abandonné, et reçut deux blessures qui le mirent hors de combat. Champlain publia son premier voyage, comme on l'a dit, en 1604. La collection entière a été imprimée chez Jean Collet, à Paris, en 1652 ; niais la meilleure édition est celle de Paris, 1649, iri-4°, avec une carte. Elle comprend ses navigations et ses découvertes par terre, depuis 1605, époque du premier voyage, jusqu'à la prise de Québec par David Kerk, en 16-.29. Les faits y sont racontés avec simplicité, et l'on n'y trouve rien qui n'annonce un homme capable et de bonne foi. Cependant Marc Lescarbot, qui a écrit l'histoire de la NouvelleFrance, tout en rendant une justice éclatante à son mérite et à ses bonnes qualités, lui reproche trop de crédulité. Ce reproche est fondé sur une fable rapportée à la fin du premier voyage que l'on vient de citer. Champlain parle d'un. monstre épouvantable, appelé le gougou, qui, comme le Gargantua de Rabelais, mettait les vaisseaux dans sa poche, et mangeait les hommes. A la vérité, il nomme celui qui lui a débité cette fable ridicule. Lescarbot, qui ne connaissait pas la collection de ses voyages, avait raison de l'accuser; mais la postérité doit le laver de ce reproche; car, dans la dernière édition de ses voyages, on a supprimé tous ces contes, indignes d'un homme sensé. Champlain a donné, à la fin de cette édition, un catéchisme en langue des sauvages, et un Traité de la marine et du devoir d'un bon marinier, dans lequel se trouvent réunies toutes les connaissances des marins de son temps. Il nous confirme dans l'opinion que l'on ne se.servait alors que de l'astrolabe et de l'arbalestrille ; ainsi il n'est pas étonnant que les latitudes (1.'111 a observées soient quelquefois en erreur (l'un demidegré. Les règles qu'il donne pour construire les cartes marines nous apprennent que l'on se servait de relèvements faits à la boussole et des distances estimées au simple coup d'oeil; elles devaient donc étre trèsimparthites. L'objet le plus curieux qu'on y trouve a rapport à l'instrument que l'on appelle loch, et avec lequel on mesure le sillage des vaisseaux. Il parait que la plupart des marins de tous les pays estimaient, de son temps, le chemin que faisait leur vaisseau, au simple coup d'œil, ainsi que la distance des objets, et que ce n'est que peu avant 1652, année de la publication de son Traité de navigation, que l'usage du loch a été adopté en France. Le premier essai en avait été fait en Angleterre, en 1570 ; ainsi on a été près de soixante ans avant de s'en servir. Champlain, qui en avait reconnu l'utilité, en donne la description et l'usage, et le recommande connue un instrument nouvellement inventé en Angleterre, et trèssupérienr à tout ce qu'on connaissait : il cite des exemples propres à confirmer ce qu'il en dit
  • Samuel CHANDLER( 1693 - 1766) : théologien anglais nonconformiste, naquit en 1695, à Hungerford, dans le 60 comté de Berk. Après avoir fait d'excellentes études, il entra dans les ordres. Son talent comme prédicateur le lit nommer, en 1716, pasteur d'une congregaiion presbytérienne à Peckham, près de Londres. Il se maria peu de temps après; mais, s'étant laissé entraîner dans la funeste spéculation de la mer du Sud, il y perdit toute la fortune que sa femme lui avait apportée , au moment où une famille assez I nombreuse la lui rendait le plus nécessaire. Il ouvrit alors à Londres un magasin de librairie, sans cependant négliger ses fonctions pastorales. Choisi comme prédicateur d'une assemblée religieuse qui se tenait dans la capitale , il y prononça quelques sermons sur les miracles de JésusChrist et sur la vérité de la religion chrétienne, qu'il réunit en forme de traité, et publia, en 17'25, en 1 vol. inti- tulé : Défense de la religion chrétienne. Cet ouvrage étendit beaucoup sa réputation. L'archevèque Wake, à qui il en envoya un exemplaire, lui écrivait : « Je « ne puis m'empêcher d'étre surpris de trouver tant « de savoir et un sens si droit dans un homme de « votre état, et l'on doit regretter que vous ne coulus distingués de son parti. Il mérite aussi (rétro cité comme auteur du projet d'un fonds de secours en faveur des veuves et orphelins des ministres dissi., dents. Outre les ouvrages dont nous avons fait men., tion , il en a publié plusieurs autres et quelques pamphlets. Conrormément à ses désirs , le docteur Ainory lit imprimer, en 1768, 4 vol. de ses sermons, et en 1777 parut sous son nom un vol. intitulé : Paraphrase et noies suites Epitres de St. Paul aux Gables el aux Ephésiens, avec un commentaire sur les deux Epares de St. Paul aux Thessaloniciens, — Edouard CHANDLER, prélat anglais, a publie, au commencement du 18e siècle, une Défense du Chris- t ianisme par les prophéties, qui a eu plusieurs édi-' Lions, et quelques autres ouvrages de peu d'importance
  • Samuel CHAPPUZEAU : né à Genève, de parents pauvres, fut élevé dans la religion réformée, vint chercher fortune à Paris, et, n'ayant pu réussir, parcourut l'Allemagne, où il exerça la médecine, lit des livres, et enseigna les humanités. Il fut précepteur de Guillaume 111, roi d'Angleterre, gouverneur des pages du duc de BrunswickLunébourg, et mourut à Zell, vieux, aveugle, et dans l'indigence, le 18 août 1701. Ses ouvrages ne sont que trop dignes de sa mauvaise fortune. Mauvais poète, mauvais traducteur et mauvais historien, il publia : 1° les deux premiers volumes des Voyages de J.- B. Tavernier en Turquie, en Perse a aux Indes, Paris, 1682 Il les mit en ordre, et les rédigea; mais il en diminua le mérite par les ornements qu'il voulut y introduire. Le 5° volume est dû aux soins de Lachapelle, secrétaire du président de Lamoignon. 20 Lyon dans sa splendeur, ou Description de la ville de Lyon, 1656, in•P. 5° En- tretiens familiers d'Erasme, traduits du latin, Paris, 1662 : Colomiès, dans sa Bibliothèque choisie, parle avec mépris de cette traduction et de son auteur. 4' Projet d'un nouveau Dictionnaire histori- que, géographique, philosophique, etc.; Chappuzeau prétend que Moréri profita de son manuscrit. 50 L'Europe vivante, ou Relation historique et poli- tique de tous les Étals de l'Europe, 1666 et 1667 6° Relation de l'estai présent de /a maison électorale et de la cour de Bavière, Paris, 1675 7° Le Théâtre françois en trois livres, oit il est traité de l'usage de la comédie, des auteurs qui soutiennent le théâtre, et de la conduite des co- médiens, Lyon , 1674 livre sans or die et sans exactitude. 8° La Nase enjouée, ou le Théâtre cornique, Lyon, 1667 Ce recueil contient : le Cercle des Femmes, comédie en 5 actes et en vers; il l'avait d'abord écrite en prose sous ce , titre : les Secrets du lit nuptial; le Partisan dupé, en 5 actes et en vers; la Dame d'intrigue, ou le Riche vilain, idem; le Col Maillard, en 1 acte et en vers de quatre pieds ; les Eaux de Pirmont, en 5 actes et en vers; Damon et Pithias, tragicomédie en 5 actes et en vers; Armetzar, ou les Amis enne- mis, tragicomédie. La plupart de ces pièces furent représentées sur les thatres de l'hôtel de Bourgogne ou du Marais; quelquesunes à Lyon et en Allemagne. Toutes furent imprimées séparément à Paris, Amsterdam ou Lyon, de 1657 à 1672. Le soin qu'eut l'auteur de faire réimprimer plusieurs de ces pièces sous un nouveau titre indique assez le peu de succès qu'elles eurent. Du Cercle des Da- mes, il fit l'Académie des Dames; du Riche mécon tent, le Partisan dupé; de Damon et Pithias, les Parfaits amis, ou le Triomphe de l'Amour et de l'Amitié. L'abbé de la Porte prétend que, du côté de l'intrigue et de l'invention, Chappuzeau n'est pas sans mérite; niais il avoue que ses vers sont détestables
  • Samuel CHASE( 1741 - 1811) : juge de la cour suprême des États Unis, fils d'un ministre anglican venu d'Angleterre, naquit dans le Maryland, le 17 avril 1741. Ce fut à Baltimore qu'il reçut de son père les premiers éléments de l'éducation. Il étudia ensuite les lois à Annapolis, et ne tarda pas à se faire distinguer par ses talents, aidés d'une stature imposante, d'une voix sonore et d'une grande facilité d'élocution. Ayant montré une vive opposition à l'acte du timbre, il fut nommé au congrès général de Philadelphie du mois de septembre 1774, et y figura pendant plusieurs années. Ce fut lui qui dénonça comme traître M. Zubly, délégué de la Géorgie, et le força de prendre la fuite. En 1776, le congrès le chargea, avec Franklin et Carroll, d'une mission dans le Canada, afin de se concilier la bonne volonté des habitants. Lorsque la proposition pour l'indépendance fut portée devant le congrès, comme il lui avait été défendu de voter en sa faveur par la convention de Maryland, il traversa immédiatement la province, réunit plusieurs meetings, et les adresses qu'ils firent à la convention furent tellement nombreuses et si impératives, que ce corps se vit obligé de changer sa première décision. Muni alors des pouvoirs néces- saires, Chase retourna de nouveau au congrès, et arriva assez à temps pour voter avec ses collègues en faveur de l'indépendance. Invité en 1785 à assis-. ter à un club de jeunes gens qui se tenait à Balti- more, il fut tellement frappé des talents déployés par W. Pinkney, à cette époque garçon apothicaire, qu'il se déclara le protecteur de ce jeune homme, parvenu depuis à une haute destinée. La même année, il se rendit en Angleterre pour réclamer, au nom de l'Etat de Maryland, une somme trèsconsidérable qui avait été confiée à la banque d'Angleterre, et sur laquelle cet État recouvra bientôt, gràee Û ses soins, environ 650 dollars. Pendant son séjour it Londres, Chase lit la connaissance de Pitt, de Fox et de Burke, et en 1786, il retourna à Baltimore, sur l'invitation du colonel Howard, qui lui lit cadeau d'un square de dix lots de terre sur lequel il construisit une maison. Après avoir rempli à Annapolis les fonctions de recorder à la satisfaction de ses concitoyens, il fut nommé, en 1788, juge prési- dent d'une cour pour le comté de Baltimore. En 1790, il était membre de la convention de Mary- land chargée d'examiner la constitution des Etats- Unis, qu'il ne trouvait pas assez démocratique, et l'année suivante, il fut nommé président de la cour générale du Maryland. Il lit preuve d'une grande fermeté, lorsqu'en 1794, à l'occasion d'une émeute , il lit arrêter , comme coupables d'en avoir été les chefs, deux hommes qui jouissaient d'une grande popularité. Comme ils refusaient de fournir caution, il donna l'ordre au sherif de les mettre en prison. Celuici ayant témoigné la crainte d'éprouver de la résistance : « Ap-« pelez alors la milice, s'écria le juge.— Mais, mon-« sieur, répondit le shérif, personne ne voudra venir. « — Dans ce cas, sommezmoi de me présenter, lui devant la chambre des représentants comme accusé de malversation dans difféventes affaires politignes, mais il fut définitivement acquitté par le sénat le Z; mars 1805. Sur les huit charges qui pesaient sur lui, il obtint dans cinq la majorité, qui fut contre lui dans les trois autres, quoiqu'elle ne s'élevàt pas au nombre requis des deux tiers. Après son acquittement , il reprit sa place à la coursuprème. Dans les premiers jours de 1811, sa santé commença à faiblir, et il mourut le 19 juin de cette année, à l'àge de 70 ans. Chase défendit de mettre aucune inscription sur sa tombe, demandant seulement qu'on y gravàt, avec son nom, la date de sa ,naissance et celle de sa mort. C'était un homme de talent, doué d'un grand courage et de beaucoup de fermeté, mais d'un caractère malheureusement trop irascible. Les débats de son procès put été recueillis et publiés
  • Samuel CLOSIUS : savant philologue, né à Breslau , se distingua par son talent pour la poésie latine, et reçut la couronne de poi,te impérial. Ayant été plusieurs années gouverneur du dernier comte AugusteLouis de Barby, il fut nommé en 1669 prévôt d'une paroisse de Magdebourg, où il mourut en 1678. Il a publié : 1° Brunellus Nigelli et Vetula Ovidii, none ex Illustri quadam Saxoniœ inferioris bibliotheca deprompta, VVolfenbuttel, 1661 Le premier (le ces deux petits poëlnes est une espèce de satire en vers élégiaques composée vers l'an 1200 par Wireker Nigellus, bénédictin et grand chantre de Cantorbéry, contre les mieurs corrompues de son temps, et surtout contre Guillaume de Longchamp, évêque d'Ely. L'autre poème , attribué sans fondement à Ovide, est en vers hexamètres, et paraît l'ouvrage de quelque moine du moyen àge. Bradwardin et Roger Bacon en ont cité (les passages. Il avait déjà été publié, mais moins correctement, à Cologne en 1470, et à Lubeck en 1471. Il est divisé en 3 livres, et Manuce ne le connaissait pas bien , puisqu'il en parle comme de trois ouvrages différents, intitulés : de Vetula , de Quatuor Humoribus et de Ludo latrunculorum. Jo. Marii Philelplzi Epitomata , ibid. , 1662 Bibliolhecœ Auguste Wolferbytanœ generalis Sciagraphia , ibid., 1669 : c'est un tableau de ce qu'était alors la riche bibliothèque de Wolfenbuttel; on doute que cet ouvrage appartienne à Closius. 4° Quelques poésies latines imprimées séparément en 1690, et plusieurs lettres conservées ,;n manuscrit dans la même bibliothèque. On peu consulter à ce sujet Burckhard, Comm. de bibliot. Wolierbyt., part. 1, p. 110 et 148
  • Samuel COBB : poète anglais, maître de l'école de grammaire de l'hôpital du Christ, mort à Londres, en 1715, se distingua par son savoir, son esprit et son goût. On a de lui, entre autres ouvrages estimés, des Remarques sur Virgile, et un recueil de poésies publié en 1700 11 a eu part à la traduction anglaise de la Callipédie, par Ilowe, et à celle du Lutrin de Boileau, par Ozell. Ses autres productions connues sont : 1° le conte du Meunier de Chaucer ; 2° une traduction du Muscipula ; 3. le Chêne et la Ronce, conte. Son excellente ode, the female Reign, a été imprimée dans la collection de Dodsley, et ensuite dans le Gentleman's Magazine de 1753, avec des changements par le docteur Wattes, qui la considérait comme le meilleur morceau pindarique qu'il eût jamais lu, opinion partagée par le docteur Warton dans une de ses notes sur les ouvrages de Pope. D—R—s et X—s.
  • Samuel COLLINS : médecin anglais, reçut le doctorat à Oxford, en 1659. Peu de temps après, il se rendit en Russie, et demeura neuf ans à la cour du czar. De retour en Angleterre, il fut agrégé au collége des médecins de Louches, et devint médecin de la reine. Il mourut au commencement du Ise siècle, après avoir publié les ouvrages suivants : 10 l'État présent de la Russie, Londres, 1671 ; 20 Systema anatomicum of the bot/ of man, birds, beasts, fishes, with lis diseases, eetand cures, Londres, 1685, 2 vol. L'auteur réuni, dans cet immense traité, l'anatomie humai', et comparée, la physiologie, la patlaeogie et la tili rapeutique. Parmi des assertions vagues et des opiniorr, paradoxales, on trouve des observations Wel ressantes, et même de véritables découvertes. L'auteur a décrit et figuré, avec beaucoup de soin , le cerveau des poissons, dans lequel il a aperçu les vaisseaux lymphatiques. Il réfute victorieusement l'hypothèse de Willis sur l'origine et les fonctions des nerfs vitaux et animaux. On trouve dans le même ouvrage des observations sur l'anatomie des plantes, des fleurs et sur la génération des fèves. — qn autre Samuel COLLINS, d'Arcliester, a publié, en 1717, un ouvrage en anglais, sur la culture des ar- res fruitiers et des melons
  • Samuel CLARKE( 1675) : célèbre phflosophe et théologien anglais, né à Noorwich, le 11 octobre 1675, dans le 1Norfolkshire, étudia d'abord au eollége de sa ville natale, puis à l'université de Cambridge. Edouard Clarke, son père, était alderman de M'Or- wich, et fut pendant plusieurs années député au parlement. La .physique de Rohault, entièretnent fondée sur les principes du cartésianisme et traduite en mauvais latin, était alors la base des études mathématiques. L'Essai site l'entendement humain par Locke venait à peine de paraitre, et il n'y avait igts encore longtemps que Bacon avait ouvert à l'Angleterre philosophique la route de l'empirisme. Des subtilités théologiques, l'argumentation vide et captieuse de la scolastique appliquée à l'étude des livres saints, un écho affaibli de la voix de Deseartes, déjà si puissante sur le continent : voilà quelles furent pour le jeune élève de Cambridge les premières révélations de la pensée philosophique. Doué d'un esprit clair et d'un bon sens admirable, Clarke sut choisir entre l'esprit du moyen tige et l'esprit nouveau. Les tendances élevées du cartésianisute influèrent sur les premiers développements de son intelligence, et la trace s'en retrouve encore dans les œuvres i)lus importantes des dernières années de sa. vie. Clarke cependant se livrait à l'étude de la théo- logie, et étudiait les livres sacrés dans les originaux grecs et hébreux. Bientôt il entra dans les ord..es, et, s'étant lié avec le docteur William Whiston, professeur de mathématiques à Cambridge et ' chapelain de l'évêque de Noorwich , il fut recommandé à cet éveque, ami zélé de la science, et nommé bientôt son chapelain à la place de Whiston , qui venait d'être promu à un bénélice. Clarke fut traité dans la maison de l'évêque de Noorwich comme un ami et comme un frère, et vécut douze ans avec lui dans la plus grande intimité. Ce fut entre ses mains que l'évêque, en mourant, remit toutes les affaires de sa famille. Clarke avait joint à ses fonctions de chapelain quelques bénéfices de peu de valeur. En 1704, il fut choisi pour prononcer les sermons fondés dans la paroisse de StPaul par Robert Boyle, et connus en Angleterre sous le nom de Boyle's Lectures. Seize sermons prononcés dans l'espace de deux ans, et imprimés pour la première fois en 1705 et 1706, furent le début de Clarke dans la métaphysique. Il y traitait de l'existence et des attributs de Dieu. En 1706, l'évêque de Noomich lui lit donner la cure d'une paroisse de Londres, puis le présenta à la cour, où il fut bientôt nommé chapelain de la reine Arme, et, en 1709, recteur de StJantes. 11 avait publié, (luisant cet intervalle, différents écrits théologiques. En 17.12, parut son ou \lage intitulé : de la Doctrine de rEeriture muret- l'au la. Trinité. On crut y découvrir une forte icinte de la doctrine des antifrinitaires, professée par ses amis Newton et le docteur Winston. Celuici, sans assurer que ce fussent les opinions du docteur Clarke, nous apprend, dans les mémoires sur a vie, 1730 qt:e, depuis quelques années, il avait cru remarquer que les études du docteur Cfarke SOL l'Écriture sa:nte l'avaient fort ébranlé au sujet _de la doctrine de la "frinité, qu'il ne croyait pas appartenir à la primitive Église. Quoi qu'il en soit, la chambre basse de l'assemblée du clergé porta I lainte contre l'ouvrage (le Clarke, comtne attaquant la doctrine reçue, et tendant à inquiéter les esprits; mais la chambre des évêques, désirant éviter tout ce qui pouvait causer quelque trouble, obtint de Clarke une explication, pie beaucoup de personnes ont regardée comme une rétractation, et que Winston en particulier accuse de n'è,tre pas tout à fait aussi sincère et aussi conforme au sens des Écritures qu'il l'aurait désiré de son ami ; niais si elle ne sastislit ni la chambre basse du clergé, qui la trouva insuffisante, ni ses amis, qui la trouvèrent trop positive, elle fut adoptée par les évèques, qui ne demandaient qu'à prévenir des disputes, toujours O uisibles à la religion. Avant la publication de l'ou- vrage, le lord Godolphin et quelques autres ministres de la reine Anne avaient voulu engager Clarke à ne point le faire paraître; il s'était refusé à leurs sollicitations, et il ne semble pas qu'il en soit résulté pour lui aucun inconvénient; mais, dans ›on Explication , il promit de ne plus écrire ni prècher sur le sujet de la Trinité. En 17.15 et 1716, il soutint contre Leibnitz une dispute sur la philosophie naturelle et la religion, et en particulier sur la liberté et la nécessité. Leur correspondance sur ce sujet a été publiée en 1717. En 1727, on lui offrit la place de directeur des monnaies, vacante par la mort de Newton. Il la refusa, comme trop etrangère à ses fonctions ecclésiastiques; mais celui qui fut nommé à sa place donna, à ce qu'il parait, 1,000 livres sterling pour faire passer à un de ses fils une place d'écrivain du roi. Clarke mourut le 17 mai 1729, âgé de 54 ans. avait épousé la fille unique du docteur Lokwood, ministre dans le Norlolkshire ; il en eut sept enfants, dont deux moururent avant lui, et un troisième quelques semaines après.— Clarke, comme presque toutes les grandes intelligences de son temps, a été à la fois théologien et philosophe. Mais il est facile de séparer ces deux côtés de son esprit : la division a été faite par luimême. Ses traités de métaphysique pure, qui forment la plus petite, mais la plus importante partie de ses oeuvres, peuvent être détachés de la partie théologique et étudiés à part pour faire comprendre le rôle de Clarke dans le mouvement intellectuel duir siècle. Son principal titre philosophique, c'est la réunion d'arguments à priori, desquels il conclut l'existence et les attributs de la Divinité. C'est la chimère éternelle des philosophes de tous les figes de prouver l'existence de Dieu, soit en remontant des effets à la cause, du fini à l'infini, soit - en tlescendant de la cause à l'effet, et en illuminant des lumières de l'idée nécessaire les objets cont et finis. Cercle vicieux des deux côtés! Tirer l'infini du fini, créer la conception de l'étre nécessaire en entassant les uns sur les autres tous les êtres contingents, c'est là une absurdité ralpable, et tons les arguments à posteriori, excellents pour le vulgaire, et lorsqu'ils ne sont donnés que comme affirmation, se refusent à produire la certitude métaphysique. Clarke l'avait compris. C'est de la méthode contraire qu'il voulut obtenir la preuve irréfutable de l'existence de Dieu. La conception de sa propre contingence engendre inévitablement citez l'homme la conception d'un être nécessaire. Cette conception est frappée à son apparition d'un caractère naturel de réalité. 'l'elle est, dans toute sa simplicité, la marche de l'esprit humain ; mais cette idée obscure et cuti fuse qui se présente, non comme une déductiou logique, mais comme une manifestation, comme une afdrmation de soi, le philosophe voudra l'éclaircir. Ici est le danger. Une idée obscure n'est pas une idée absente, et éclaircir n'est pas créer. C'est cependant ce que va tenter le philosophe. L'idée naturelle de l'être et l'être luimate constituent à ses yeux une dualité qu'il faut dédoubler : de l'un de ces côtés d'une conception unique, if conclut l'autre, et reconstruit le tout avec la certitude d'avoir crée par la vertu d'un syllogisme ce qu'il n'a fait qu'analyser d'une façon illégitime. Ainsi Clarke prouve Dieu par une abstraction inséparable de l'existence de Dieu, par la nécessité de Dieu. Ici, on le voit, là priori donne pour conclusion l'existence divine, qui ellemême est la base de tout l'argument. Plus tard, lorsque par la réflexion et par la lutte Clarke eut inhi sa pensée, l'argument qui jusqu'alors n'avait rien de bien nouveau prit un caractère plus original et plus sérieux. Ce n'est plus de la nécessité, mais des idées de temps et d'espace qu'il conclut l'existence divine. L'idée première de cet argument appartient à Newton, et Clarke l'a formulé dans ses Lettres. Il faut voir, dans les réponses de Leibnitz, conitnent le puissant dialecticien confond par sa haute raison les sophismes de Clarke et de Newton. La réalité prétendue de l'espace et du temps est dé- truite aisément par Leibnitz, et les conceptions de temps et d'espace réduites à n'étre plus que des abstractions de l'esprit. Un argument faux, voila done, en résumé, ce qui appartient en propre au philosophe anglais. Mais ce qu'il ne faut pas oublier, c'est que si Clarke n'eut ni originalité vraie, ni puissance logique, au moins ses tendances furent toujours nobles et élevées, ses intentions honorables. Cartésien par le point de départ, il protesta toujours contre les développements dangereux de la doctrine cartésienne. Spinosa, Collins, Hobbes, Dodwell, représentants du spiritualisme exagéré, du matérialisme, du scepticisme, il les combattit tous avec plus de bon sens que de profondeur. Clair, mais diffus, il emprunta à ses adversaires des armes qu'ils maniaient mieux que lui, et résista selon ses forces à cette tendance dangereuse qui eut t'alitait l'Angleterre philosophique sur la route de l'empi risme.— Les
  • Samuel CHYDENIUS( 1727) : physicien et mécanicien, né en Finlande, l'année 1727, fit ses études à Upsal sous Linné, Vallérius et Klingenstiern. 11 publia, pendant son séjour dans cette ville, deux dissertations intéressantes, l'une sur la diminution des eaux dans le golfe de Bothnie, l'autre sur l'utilité des canaux de navigation en Suède. Ayant été placé à l'université d'Abo comme adjoint de la faculté de philosophie, il établit à ses frais un laboratoire de chimie, et répandit le goût de cette science parmi les jeunes gens. Son zèle pour la prospérité de la Finlande lui lit entreprendre les voyages les plus pénibles, qui avaient principalement pour blt le nivellement des terrains, les sondes des lacs et des rivières, et la construction des canaux. En descendant un torrent rapide, il se pencha pour considérer les dimensions des eaux, et, la barque ayant éprouvé en mème temps une secousse, il tomba llans le torrent, qui l'entraîna, et son corps ne frit retrouvé que huit jours après. Cet accident, arrivé le 11 juillet 1757, enleva, dans la force de l'âge, un homme qui eût pu liendre encore les services les plus importants à sa patrie
  • Samuel CLARKE( 1623 - 1669) : savant orientaliste, naquit fl:akley, dans le condé de Northampton, en 16'25. Elève du collége de Merton à Oxford, il y prit, en 1648, le degré de maitre èsarts, et, l'année sui- vante, fut nommé architypographe de l'université de cette ville. En 1656, il prit la direction du pensionnat d'Islington , près de Londres, ce qui ne l'empi.1%ba point de donner ses soins et de contribuer, par ses travaux, à la confection de la Bible polyglotte de Walton. Au bout de huit ans d'exercice de celte plare, il retourna à l'université, y exerça son emploi d'arehit ypographe jusqu'à sa mort, arrivée à Oxford, le 27 clécembre 1669. Clarke était éga!ement versé dans la connaissance du grec et du latin, et dans celle des langues orientales. On a de lui : 1° Varice Lectiones et bbservationes in eh aidai- cern paraThrasim, inséré dan, le 6e voltn»e de la Bible de Walton ; r Scient ia met- rica et rhythmica, seu 7'ractatus de prosodia arabica ex autoribus praba- tissimis ( rida, Oxford, 1661 à la suite de l'édition (lu Carmen Tograï, donnée par Poeocke 3" Stplimuni Bibliarum polyglottum volumen, cum Versionibug anPiqui! sitrilS iman delle- rira ( d'Ulm sed syricris, œthiopicis, copticis, arabieis, persicis, contextum : ce dernier ouvrage est resté manuscrit; 4' Paraphrastes chaldoeus in lihrum Paralipomenon le docteur Edmood Castel] s'est servi de cet ouvrage pour la composition de son Lexicon heptaglotton; 50 Masseceth Boracoth. Titulus talmudicus in quo agitur de benedictionibus, prœcibus et anionibus gratiarum, adjecta versione latine in tisuni studio- sorum litterarum talmudicarum, Oxford, in œde Christi, 1667 Clarke a encore revu les épreuves des textes originaux de la Bible dont nous avons parlé cidessus
  • Samuel CLARKE : théologien anglican, sous le protectorat de Cromwell et le règne de Charles II, mourut le 25 décembre 1682, avec la réputation d'un excellent prédicateur et d'un homme plein de probité et de talents. Ses nombreux ouvrages eurent beaucoup de vogue dans leur nouveauté, et sont encore lus aujourd'hui ; les plus estimés sont : 1° Vies des théologiens puritains; 2° le Martyrologue; 50 la Moelle de l'histoire ecclésiastique et l.^ Vies de qvelques personiages éminents du siècle passé, Londres, 1683 Sax lui attribue aussi une Histoire de la vie de la reine Elisabeth, Londres, 1682 en anglais, ainsi que les précédents. —Son fils, Samuel CLARKE, a publié de bonnes annotations sur la Pible, imprimées avec le texte sacré, une concordance de la Bible, un traité de l'autorité divine de l'Ecriture, etc. 11 mourut le 2; février .1701, agé de 74 ans
  • Samuel COOPER( 1738 - 1799) : ecclésiastique anglais, ministre de GreatYarmouth et recteur de Morley et de GreatYelverton, dans le comté de Norfolk, mort en 1799, âgé de 61 ans, a laissé des sermons et d'autres écrits de morale, de controverse et de piété, dont nous ne citerons que les suivants : 1° Défini- tions et axiomes relatifs à la charité, aux institutions charitables, et aux lois concernant les pauvres, 1764 2° Lettre à l'évéque de Gloucester, oie la Mis- sion divine de Moïse est vengée contre les fausses terprétations des amis et des ennemis de l'auteur, et où l'on démontre clairement que ses mérites, comme écrivain, sont bien au- dessus des éloges de ses admira- teurs les plus ardents, 1766 '4° Explications de différents textes de VEcrilure, en eqatre clisser- •...- , _ _ tations,— sur les chdtiments éternels ;— sur Jésus- Christ maudissant le figuier ;— sur les traduetions inexactes; — sur la tentation de Jésus- Christ , I vol. 8°. 4' Les Premiers Principes du yout; er- liement civil et ecclésiastique, esquissés dans des lettres au docteur Priestley, à l'occasion de sa lettre d Edmund Burke, 1791
  • Samuel COOPER( 1609 - 1672) : peintre, né à Londres, en 1609, était fils d'Alexandre Cooper, bon peintre de portraits, qui, après s'être formé sous les grands maîtres de l'école hollandaise, avait été appelé en Suède par la reine Christine. Samuel se livra au même genre de peinture, sous la direction de son oncle Hoskins, et le traita avec tant de succès, qu'il s'acquit par ses ouvrages le surnom de petit van Dyck. Cet artiste vint en France, où il peignit le portrait de plusieurs hommes célèbres du temps, et fit admirer la gràce et la fidélité de son pinceau. Il revint enfin dans sa patrie, et mourut à Londres, le 5 niai 1672. Le temps n'a encore porté aucune at- teinte à sa réputation; ses portraits, qui représentent presque tous des personnages éminemment historiques, sont toujours fort recherchés et méritent de l'être. Il a peint d'une manière bien remarquable Cromwell et ses principaux partisans, tels que Thur- low, Fairfax et autres. Ces différents portraits ont été gravés par G. Vertue, J. Houbracken et G. Valck; le portrait de Cooper luimême a été gravé par Chambars. Ses deux meilleurs portraits sont ceux de Cromwell et d'un certain Swinglield. Il pei- gnit plusieurs tableaux d'une dimension extraor- dinaire pour la cour d'Angleterre , et, à cette oce; enfin Strutt cite encore deux artistes du même nom qui ont vécu en Angleterre vers 1730, et dont les ouvrages sont assez recherchés
  • Samuel COSTER : fondateur du théâtre d'Amsterdam, doit avoir fourni une assez longue carrière, bien crue l'on ne connaisse ni la date précise de sa naissance, ni celle de sa mort. Dans une épître en vers hollandais, que Pierre Corneille Hooft, à peine âgé de dixneuf ans, adressa de Florence, en 1600, à l'ancienne chambre des rhétoriciens d'Amster- dam, il est question de Coster comme donnant d'ho- norables espérances, et ces espérances, il ne les démentit pas. La plus ancienne de ses pièces, inti- tulée Divertissement rustique, ou Dialogue entre maitre Cagnard, charlatan, et Jeannot Malherbe, son valet, porte la date de 1615; la plus récente, sa tragédie de Polyxène, est de 1644. On a de lui, en tout, cinq pièces dans le genre cornique, et six tragédies. Son Iphigénie - est celle qui fit le plus de bruit. Des pasteurs de l'Église réformée cru- rent se reconnaître dans son grandprêtre Euripyle; ils firent tout pour lui nuire, et l'invectivèrent même en chaire. Coster trouva dans les magistrats de dignes protecteurs ; sa pièce fut maintenue au théâtre, et elle continua à valoir beaucoup d'argent aux pauvres. Coster est certainement, à la naissance de l'art, un poète trèsremarquable ; le langage des passions ne lui est pas étranger ; ses caractères sont bien soutenus; sa versification est facile ; son style "a souvent de l'énergie, de la noble§se : on lui reproche de s'être trop livré à sa facilité. « S'il eût voulu travailler son génie, dit « Brandt, il aurait pu rivaliser les plus grands poë-« tes. » Jusqu'à lui, la scène avait appartenu aux soidisants rhétoriciens, dont les représentations, d'abord gratuites, furent ensuite soumises à une rétribution en faveur des pauvres. Hooft, Coster, Vondel, Brédéro, les coryphées de l'art dramati- que en Hollande, commencèrent par être joués ainsi. Du 2 juillet 1615 jusqu'au mois d'avril suivant, les pièces de Brédéro et de Coster valurent seules, à l'hospice des vieillards, un bénéfice net de 2,000 florins. A cette époque, Coster forma 'un nouvel établissement sous le titre d'Académie : il trouva dans les rhétoriciens jaloux et dans le clergé beaucoup d'opposition ; mais il trouva aussi quelque encouragement : le magistrat lui accorda un local sur le Keisersgracht; il y éleva, à ses frais, une gTande charpente eu bois, et l'ouverture du nouveau théâtre se fit en 1617. Au mois de septembre de la même année, Coter traita, pour un terme de six ans, avec les directeurs de la maison des orphelins d'Amsterdam ; ceuxci prirent à leur compte tous les frais de son académie, en se réser- vaut un tiers du bénéfice, et lui abandonnant les deux autres tiers. Dès 1622, la maison des orphe- lins fit l'acquisition de tout l'édifice et de l'attirail attenant; ce ne fut qu'en 1638 que l'ancienne charpente fut convertie en maçonnerie, et l'académie en théâtre. Coster, incapable d'une basse jalousie, a le mérite d'avoir mis au théâtre les chefsd'œu- vre de ses contemporains Vondel, Hooft, etc., et d'avoir ainsi, peu à peu, éliminé de la scène les productions des rhétoriciens, devenues indignes du progrès de l'art dramatique. C'était, à tous égards, un homme recommandable, et qui jouissait de beaucoup de considération ; il était docteur en médecine, et dans des vers de Vondel, qu'on lit au bas de son portrait, peint par Sandrart, ce poëte le loue d'avoir donné ses soins gratuits à l'hôpital d'Ams- terdam pendant plus d'un demisiècle. Outre ses Pièces dramatiques, les recueils du temps offrent quelques autres productions éparses de Coster, mais où l'on ne reconnaît pas toujours la même facilité
  • Samuel CRADOCK : recteur de NorthCadbury, dans le comté de Somerset, en Angleterre, fut dépouillé de cette place, comme non conformiste, en 1662, ouvrit sous le règne de ,Charles II une école particulière, et mourut le '7 octobre 1706, âgé de 86 ans. C'était un homme d'un excellent caractère, dont tout le monde faisait l'éloge à une époque où les ecclésiastiques, divisés en partis, ne songeaient guère qu'à se déchirer les uns les autres. On dis- lingue parmi les ouvrages qu'il a laissés : 1° l'His- toire de l'ancien et du nouveau Testament ; 2° l'His- toire apostolique ; 3° l'Harmonie des quatré évangélistes, revue par Tillotson, qui sauva le manuscrit des flammes dans le terrible incendie de Londres en 1666. — Luc CnAnocx, peintre anglais, mort en 1717, a fait des tableaux qui sont ,recherchés, surtout ceux qui représentent des oiseaux
  • Samuel CRELLIUS( 1657 - 1747) : fils de Christophe, naquit en 1657. 11 fut aussi socinien antitrinitaire. Ministre d'une église unitaire sur les frontières de la Pologne, il se retira, sur la fin de ses jours, parmi les collégiants à Amsterdam, et y mourut le 9 juin 1747. 11 a écrit un grand nombre d'ouvrages, parmi lesquels on distingue : 1° Duce considerationes vocum, terminorurn et phrasium quce in docirina Trinitatis a theologis usurpantur, Amsterdam, 1684 2° Fides primoruni christianorum ex Barnaba, Hernia et Clemente romano demonstrata defensioni fidei Nicence ; G. Bulli opposita, Londres, 1697 : il publia ce volume sous le nom de Lucas Mellierus, anagramme de Samuel Crellius ; 3° Cogitationum novarumde primo et secundo AdoMO, sive de ratione salutis per ilium amissce, per hnnc recuperatce, compendium, 1700 4° Defensio confessionis fidei unitariorum impugnatce in Berolinensibus actes, 1'720 ; 5° Initium Evangelii S. Joannis apostoli ex antiquitate ecclesiasticarestitutum- itidernque nova ratione illustratum, etc. 1726 publié sous le nom de L. 11f. Artemonius , parce qu'il est dans le sentiment de cet ancien auteur sur J.C. Les initiales L. M. signifient Lucas Mellierus, anagramme expliqué cidessus. Ce traité est, au reste, une réponse à celui de Grabbe, qui avait attaqué le Fides prirnorum christianorum. C'est contre PInitium Evangeiii, et par allusion au nom sous lequel Samuel Grellius l'a publié, qu'est dirigé l'A nti- Arte- 7/ i 0711. US de Baratier
  • Samuel CROXALL : écrivain anglais du 18e siècle, entra dans les ordres, occupa plusieurs bénéfices considérables, et gouverna en grande partie l'église d'Hereford pendant les dernières années de l'évêque Egerton. Il mourut en 1752, dans un âge avancé. On a de lui, entre autres ouvrages : 1° Deux Chants originaux, en imitation de la Reine des fées de Spenser. C'est une satire de l'administration du comte d'Oxford. Croxall était dévoué au ministère whig de la fin du règne la reine Anne, auquel il devait son avancement; dans un sermon prêché solennellement devant la cour, il ne craignit pas de présenter le portrait d'un ministre d'État, méchant et corrompu , dans lequel on reconnut sir Robert Walpole. 2° La Vision, poème adressé au lord Halifax, 1115 ;3° la belle Circassienne, 1720 sans nom d'auteur. Un ecclésiastique ne pouvait guère avouer une pareille production ; c'est une imitation libre, ou plutôt licencieuse du Can tiques des cantiques. On y trouve un vrai talent poétique qui, joint à la nature du sujet, lui a valu un succès peu honorable; il y en a eu plusieurs éditions, dont la huitième est de 1765. 4° Un Recueil de fables d'Ésope et autres, traduites en an. glais, avec des applications instructives, 1722, Ce recueil est fort en usage dans les écoles en Angleterre. 11 a été imprimé pour la neuvième fois en 1770, 1 vol. 5° La politique de l'Écriture, 1735, 1 vol. 6° le Manuel royal, poème qu'il publia en 1750, arec une préface où il attribue cet ouvrage à André Marvel ; 7° la traduction en vers de quelques parties des Métamorphoses d'Ovide; 8° des Sermons. Xs.
  • Samuel CRUMPE( 1766 - 1796) : médecin anglais , né en 1166, exerça sa. profesion à Limerik en Irlande, et mourut dans cette ville le 27 janvier 1796, après avoir publié deux ouvrages intéressants, écrits l'uu et l'autre en anglais : Examen de la nature et des propriétés do l'opium , dans lequel on présente l'analyse de cette substance médicamenteuse, sa manière d'agir sur l'économie animale, son emploi dans les diverses maladies , etc., Londres, 1793 traduit en allemand par Paul Cheel, Copenhague, 1'796 traduit une seconde fois dans la même langue, Leipzig, 1797 Cette opiologie est, sans contredit, la plus complète qui existe. Elle contient plus encore que ne promet le titre, qui pourtant est fort détaillé. Crumpe enseigne la manière de cultiver la plante et d'en retirer le suc. Il prétend avoir extrait du coquelicot , qui croît en abondance au milieu de nos champs, un opium parfaitement semblable à •celui du pavot somnifère de l'Égypte. On pourrait néanmoins reprocher à l'auteur quelques réflexions hasardées relativement à l'action de l'opium sur nos organes sains et malades. 2° Essai sur les meilleurs moyens de procurer de l'emploi au peuple ; couronné par l'Académie royale d'Irlande, Dublin, 1793 ; 1795 traduit en allemand, sur la 2° édition, avec des notes supplémentaires, par Chr. Aug. Wichmann, Leipzig, 1796
  • Samuel DALE( 1650 - 1739) : né en 1650, mort en 1739, fui pharmacien à Braintrée, dans le comte d'Essex. et ensuite médecin à Bucking. Il a publié plusieurs ouvrages sur l'histoire naturelle , la botanique, la médecine et les antiquités : les plus importants sont : .1° un Traité de matière médicale. Londres, 1693 Brême, 1696 Il en parut à Londres un Supplément en 1705 on l'inséra dans les éditions suivantes : Brème, 1707 1113 Londres, 1710 1737 Leyde, 1739 L'auteur décrit les plantes d'une manière trèsméthodique, avec la désignation des caractères, de leurs genres, de leur espèce, et donne les synonymes, en suivant la mé- thode de Rai. 'Voisin et ami de ce célèbre naturaliste, il se livra sous sa direction à l'étude des végétaux, et plus d'une fois, comme celuici le témoigne, il lui procura des plantes rares qui n'avaient point encore étti observées en Angleterre. Il s'occupa aussi de la culture des plantes exotiques, et on lui doit l'introduction en Angleterre, et par suite en Europe, de plusieurs végétaux curieux; la plupart venaient de la Caroline; et lui avaient été envoyés par Catesby. 2° Dale a donné les descriptions de quelques quadrupèdes ou mamnifères de la Virginie et de la NouvelleAngleterre Transact. philosophiques, t. 39; 3° un autre mémoim à la société royale, sur la génération des anguilles 5. Ap- pendix et additions sur l'Histoire naturelle de Harwich , et des cbtes voisines, à la suite de l'Histoire et des Antiquités de cette ville, par Silas Taylor, Londres, 4130 et 1732 avec 14 planches. Linné a donné à un genre de plantes le nom de Dalea, pour conserver ,le souvenir dit zèle et des travaux de ce médecin naturaliste ; depuis il avait été confondu avec les psoralea, mais il a été rétabli avec raison par les botanistes ré- cents. 11 comprend plusiewis arbustes léguminem du cap de BonneEspérance
  • Samuel DANIEL( 1562 - 1619) : poète et historien anglais, né en 1562, près de Taunton, dans le comté de Somerset, étudia à l'université d'Oxford, qu'il quitta de bonne heure pour se livrer uniquement au goût de la poésie et à l'étude de l'histoire. Il fut d'abord précepteur d'Anne Clifford, qui, devenue comtesse de Pembroke, s'honora depuis par son amour pour les lettres. A la mort de Spencer, Daniel fut nommé poète lauréat par la reine Elisabeth. Anne, femme de Jacques ler, qui goûtait beaucoup sa conversation, leachoisit pour un des gentilshommes de sa chambre privée. 11 avait loué près de Londres une petite maison et un jardin, oit il allait jouir de la solitude, et où il composa la plupart de ses ouvrages dramatiques; il en revenait pour se délasser de ses travaux littéraires parmi les beaux esprits de la cour. Il mourut en octobre 1619 à Beckington, dans le comté de Somerset. Son meilleur ouvrage est une Histoire d'Angleterre, dont la première partie, divisée en 3 livres, fut imprime à Londres en 1613 et la seconde, qui va jusqu'à la fin du règne d'Edouard III, parut en 1618. L'ouvrage a été réimprimé en 1621, 1623 et 1634. Jean Trussel en a donné une continuation jusqu'au règne de Richard III , Londres, 1650 ; mais cette continuation eet fort pour le fond et pour le style, à l'ouvrage de Daniel. Le style de ce dernier est pur et élé- gant. « Son anglais, dit le docteur Kennet, est beau- « coup plus moderne que celui de Milton, quoi-« qu'il vécût avant lui; mais Milton, ajoutetil, « préféra, si l'on peut s'exprimer ainsi, d'écrire « dans un langage de cent ans en arrière. » Les réflexions dont Daniel a semé son Histoire sont trèsjudicieuses et d'un écrivain qui avait étudié les hommes hors de son cabinet. Ses autres ouvrages, composés presque tous pour la cour, sont I° la Complainte de Bosamonde , 1594 2° Lettres d'Octavie à Marc- Antoine, I 611, 8° ; ces deux pièces sont écrites à la manière d'Ovide ; 30 le Triomphe de l'Hymen, tragicomédie pastorale, 1623 2e édition; 4° la Vision, ou la Sagesse des douze Déesses, 1604 mascarade allégorique où les douze déesses représentent les bienfaits dont jouit la nation anglaise sous le règne paisible de Jacques 1". Ce qu'il y a de singulier dans cette mascarade, qui fut représentée à Hamptoncourt par des personnes de la cour et où la reine faisait le rôle de Pallas, c'est que Vesta, qui représente la Religion, y était babillée en reli- gieuse avec une robe blanche semée de flammes d'or. 5° L'Arcadie de la reine, tragicomédiepasto- rale, 1623 ; 6° Cléopettre, tragédie, 159,4; 7° Phi- Iotas, tragédie, 1611 La représentation de cette tragédie rencontra quelque opposition, parce qu'on crut voir dans Philotas le portrait du malheureux comte d'Essex, ce qui obligea l'auteur à se justifier de cette accusation dans une apologie imprimée à la fin de la pièce. 8' Histoire des guer- res civiles entre les maisons d' York et de Lancas- tre, poème en 8 chants, Londres, 1604 et 1623 avec le portrait de l'auteur; 9° Dé- fense de la rime, 1611 1001a Souffrance d'un infortuné, qui, étant surpris en mer par une tem- pête, et ayant dans sa barque deux femmes reçut de Neptune l'ordre de jeter à la mer l'une d'elles à son choix pour apaiser la tempête. On voit, par la lecture du poême, que le personnage se décida à sacrifier la femme qu'il aimait, mais dont il_n'élait pas aimé. Ces ouvrages, et quelques autres encore, ont été publiés ensemble, Londres, 1623 et 1718, 2 vol. sous le titre d'OEu- vres poétiques de M. Samuel Daniel, auteur de l'Histoire anglaise. Les vers de Daniel, peu lus aujourd'hui, sont assez doux, plus exempts que la plupart de ceux que l'on composait de son temps, de pédanterie et de mauvais goût, quelquefois touchants, mais presque toujours lâches et prosaïques
  • Samuel DESMARETS( 1599) : latin Maresius, né it Oisemont en Picardie, le 9 août 1599, était si faible dans son enfance qu'il ne pouvait se tenir sur ses jambes, et . Il resta si petit jusqu'à l'âge de vingt et un ans, qu'on l'appelait le Petit Proposant. Cependant il crut jusqu'à sa vingtcinquième année, et devint d'une taille raisonnable. Dans son enfance il ne vécut . A peine y avaitil passé quatre mois, qu'il l'ut appelé à Sedan pour y remplacer Jacque. Cappel, ministre et professeur de théologie ; il s'\ maria en 1628, passa à Maestricht en 1632, à BoisleDuc en 1636, à Franeker en 1640, puis à Groningue en 1643, et fut appelé à Leyde en 1673; mais avant de pouvoir se rendre à ce poste, il mourut à Groningue, le 18 niai de la même année. Bayle a parlé de Desmarets avec le plus grand éloge, et dit « qu'il fit beaucoup de tort aux jansé- « nistes sans y penser, en déclarant que leurs api- « nions étaient les mêmes que celles des réfor- « més. » Burmann, dans son Trajectum eruditum, le représente comme un homme d'un caractère virulent, et qui ne ménage aucun des théologiens de son temps. Samuel Desmarets a fait un trèsgrand nombre d'ouvrages dont on trou\ e la liste dans les Mémoires de Niceron, qui en compte 100, et dans les Mémoires de Paquot, qui rapporte les lutes de 104. L'auteur se proposait de les recueillir en 4 volumes le 1" eût contenu tout ce qu'il avait donné au public avant ; le 4e, sous le titre général de Impietas triumphata, aurait offert trois traités particuliers. Cette édition ne pouvait s'exécuter que du vivant de l'auteur; ses ouvrages' sont sans intérêt aujourd'hui. Son Collegium the, logicum, sire breve Systema universce theologice, a. eu 4 éditions, 1645, 1649, 1656, 1673 11 donna, avec Henri Desmarets, son fils aine, né à' Sedan, et ministre à Delft, une édition de la sain, Bible française, de la version de Genève, Amster- dam, L. et D. Elzevier, 1669, 2 vol. Ce livre, est d'une exécution typographique trèsbelle, mais les fautes d'impression sont nombreuses, et le travail des éditeurs n'a aucun mérite au jugement de R. Simon . A. B—T
  • Samuel DUNN : géomètre anglais du 18° siè, aie, natif du comté de Devon, enseigna les mathématiques et l'astronomie à Crediton, son pays natal, puis à Chelsea, ensuite à Londres, et fut chargé de l'examen des aspirants de marine au service de la compagnie des Indes. 11 fonda une chaire de mathématiques à Tiverlon, et publia quelques outrages utiles, dont voici les titres : 1° Leçons sur l'astronomie et la philosophie des comètes, 1759; 2° Introduction nouvelle et générale à l'astronomie pratique, 1775; 3° le Guide du navigateur dans les mers orientales ou indiennes, 1776; 4° Nouveau Manuel de navigation pratique, ou Guide dans les mers des Indes, 4778; 5' des Observations astronomiques imprimées dans les Transactions philosoph igues. Dunn mourut en 1792
  • Samuel DREW( 1765) : historien du pays de Cor- nouailles, naquit le 3 mars 1765, dans une chau- mière des environs de StAustell. Son père était excessivement pauvre ; et, bien qu'il connût le prix d'une bonne éducation, il n'envoya Samuel que pendant quelques mois aux petites écoles de son village. Un peu de lecture et d'écriture , tels furent les seuls élé- ments d'instruction qu'il reçut dans cette première période de sa vie. A peine âgé de sept ans il eut le malheur de perdre sa mère ; et cet accident inter- rompit brusquement son cours d'études ; car, im- médiatement après, son père le mit en apprentis-, sage. Drew essaya divers métiers, et finalement se décida pour celui de cordonnier. Les mauvais traitements qu'il essuya chez son maitre l'engacreèrent à le quitter avant que le terme fixé pour la durée de l'apprentissage fùt écoulé, et il alla le terminer dans une autre boutique à Milbrock, d'où au boa de trois ans, il revint à StAustell et y prit la direction d'un atelier de chaussures pour une personne qui exerçait la profession de relieur. C'est pendant ce laps de temps que, saisi d'un violent désir d'apprendre, il se mit avec autant d'ardeur que de persévérance à suppléer, par la lecture, à ce qui lui manquait du côté de l'éducation. Il avait toujours singulièrement aimé à lire ; et dès son premier apprentissage il lisait régulièrement le Cau- seur de la semaine, petite feuille hebdomadaire alors trèsrépandue dans les comtés de l'ouest. A mesure que Drew lisait, il s'apercevait davantage du nombre immense de choses qui lui restaient à savoir. Quelque douloureuse que dût être pour lui cette idée, il ne recula point devant elle ; il lut ton- jours armé d'un dictionnaire anglais, pour se ren- dre compte du sens précis de chaque mot; il lut beaucoup, et se livra spécialement à l'étude des sciences élémentaires, base de toute éducation. Tant d'efforts furent récompensés par le succès le plus complet. Cependant, imbu de croyances antireligieuses, qui s'exhalaient souvent en plaisanteries contre le christianisme et l'anglicanisme, il vit mourir à l'âge de vingtdeux ans son frère, qui peu de temps avant sa maladie était devenu méthodiste. Le regret de cette perte l'engagea bientôt dans la même secte ; quelque temps après, il un — preditateurs . de Thomas Payne. I ;99 2* édition. 1803; ro 1820 Cet opuscule, dirigé contre 41rM . %id à l'auteur les éloges de l'A n uex) tiJ- ' doisim hautement la préfémnce sur son .Lagoinste, et conunença ri'letitation. 2* Obier- is iets sur les anecdote% du methodisme de Poltehele, 400 ; r Essai sur iiimmabiriabté et l'immortalité e I'dme, etc., 1802; 2' eres% n'appelle tson aide pour démontrer aortalité de Pune que les fortes de.» la raison dee considérations physiques dont on peut miter qu'aucune ne soit noti•elle, bien que l'état lel des sciences lui eût permis d'en rajeunir ,tplete.inent le. plus grand nombre. 4* Eigsai sur identité' et sur la résurrectikm generale du corps h u-, n, 1'09. iii-8•; 2* édition, 1822; 5* Traite de trama et des aliribuis do Dieu, 1810, 2 vol. ' 0I-1% rage capital fut composé par 1)rt.%.- sur disnonct. de deux prit, l'un de. 30,000, l'autre de eio francs, fondés par un gentleman pour les ex uk.tIleurs traités sur ce sujet. 11 manqua le* I nuis (l'important* suffrages k consolèrent de e ,Irment. Dress publia son ou% rage, et % lx- nieras lue envola le diplome de 1* un* qu'il passât par les formalités Je» e - Fie da docteur Culer, 1816 :* Ii de Cornouailles, 1820-1821, %al h it aussi «cira à h ptiésie, 1111,1k. I. e, ovres en ('r genre qu'une Eksi sur L i commerçant do St *./1111.. P—ot
  • Samuel EGLINGER( 1638 - 1733) : né à Bâle en 1638. 11 se voua à la médecine et aux mathématiques sous de trèshabiles maîtres, et avec beaucoup de succès. Il étendit ses connaissances dans les voyages qu'il fit en Italie et en France. En 1665 il obtint la chaire de mathématiques à Bâle. ll a donné plusieurs dissertations de médecine , et il mourut le ?..7 décembre 1673. — EGL1NGER , né à Bâle en 1645., mort dans la même ville, le V août 4711, se voua à la médecine, et augmenta ses connaissances dans les différents voyages qu'il fit en France, en Angleterre, en Allemagne et dans les PaysBas. Il occupa les différentes chaires de médecine établies à Bâle, et fut un grand praticien. Il n'a publié que des dissertations, de même que son Cils Christophe, médecin et professeur de rhétorique à Bâle, mort en 1733
  • Samuel ENGEL( 1702 - 1784) : géographe, naquit à Berne en 1702. Dès sa jeunesse, il se voua à la culture des lettres, et leur resta fidèle toute sa vie. 11 voyagea d'abord en Allemagne et en Italie , fut ensuite nommé bibliothécaire de sa ville natale , puis oc-- cupa des places dans les bureaux de l'adminis- tration. Il entra dans le conseil souverain, en 1145, et il obtint successivement les bufflages d'Aarberg, d'Orbe, d'Echallens et de Tscharlitz. 11 contribua à faire adopter le système des greniers d'abondance, dans sa patrie , et en surveilla la construction. Réuni au célèbre Haller, il favorisa l'établissement de l'hôpital des orphelins, et la fondation de la so- ciété .économique : de Berne. 11 se montra bon pa- triofe dans toutes les occasions , et chercha enfin à propager les bons principes en agriculture. mourut, dans sa patrie, le 28 mars 1781. C'était on homme trèsinstruit et doué de sagacité. il s'est principalement occupé des questions relatives à la navigation du nordouest. Dès 1735, il inséra, dans le Journal helvétique , un mémoire dans lequel il développait les raisons qui lui faisaient regarder le passage du !grand Océan dans la mer du Nord, par la ruer Glaciale, comme possible. Ce fut cette production qui parut ensuite sous le titre suivant 10 Mémoires et Observations géographiques et cri- tiques , sur la situation des pays septentrionaux d'Asie et d'Amérique, etc., Lausanne, 1765 avec cartes. 11 le traduisit luimême en allemand, Leipsick , 1772 Après avoir soigneusement comparé entre elles toutes les relations des voya- ges dans le Nord , Engel cherche à prouver qu'il est possible de gagner le grand Océan en naviguant par le nord. Son hypothèse se fonde sur une opinion dont la fausseté a depuis été reconnue, c'est que l'eau de la mer ne peut geler. Le livre d'Engel ayant produit une certaine sensation en France et en Angleterre , et plusieurs personnes ayant sou-- tenu que la mer n'était pas navigable dans les pa- rages septentrionaux, la société royale de Londres invita le roi à ordonner une expédition maritime au pôle arctique. L'expédition eut lieu sous le commandement arctique; capitaine Phipps , et son résultat ne fut pas favorable aux assertions d'Engel. Il fit sous ses yeux, traduire en allemand la relation de ce voyage , et y ajouta des notes et des observations. Cette version parut à Berne, en 1777 avec figures. 2° Essai sur cette question: quand et comment l'Amérique a- t- elle été peuplée d'hommes et d'animaux? par L. B. D. E., Amsterdam, 1767, ou 5 vol. Engel soutient, dans ce livre, qu'avant le déluge les eaux n'étaient pas aussi abondantes fiteelles le sont aujourd'hui, et que les deux hémisphères n'étant pas séparés par une distance aussi considérable, le passage de l'ancien au nouveau monde était plus facile. Il ajoute que l'Atlantide des anciens était située entre l'Afrique et l'Amérique , et servait , par consé- quent, à rapprocher les deux continents ; qu'il y avait aussi alors un passage de l'océan Boréal dans le grand Océan, que l'Amérique avait eu des habitants dès tes temps les plus anciens, qu'il lui en était plus arrivé du midi que du nord de l'Asie, et que le déluge n'avait pas été universel. Beaucoup de discussions relatives à l'éclaircissement de la Bible sont aussi traitées dans ce livre, où la ques- tion qui, d'après le titre , en devrait faire le sujet principal, n'occupe que trèspeu de place, ce qui a fait dire à quelqu'un que l'auteur s'y occupait de tout, excepté de ce qu'il annonçait. 3° Mémoire sur la navigation dans la nier du Nord, depuis le 63° de latitude vers le pôle, et depuis le 10° au 100° de lon- gitude, Berne, 1779, un vol. avec une carte. Engel en revient toujours à la possibilité de la navigation dans l'océan Boréal. 11 indique une route qu'il croit sûre pour y parvenir, et donne d'ailleurs des renseignements curieux sults les pays situés dans ces parages glacés.. 4° Remarques sur la partie de la relation du voyage du capitaine Cook qui concerne le détroit entre l'Asie et l'Amérique , avec une carte, Berne , 1781,1 vol. Ces remarpies avaient paru en allemand, l'année précédente, en un volume Engel se défend, en homme qui est pénétré de la bonté de sa cause, contre les raisonnements de Cook. Ces deux ouvrages , et en général tous ceux qu'Engel a écrits en français sont si remplis de germanismes que la lecture en est trèsfatigante. 5° Bibliotheca selectissima, sive catalogus tibrorum in omni genere scientiarum ra- rissimorum, quos nunc venum exponit, cum notés perpetuis, Berne, 1743 Ce catalogue est encore estimé à cause des anciennes anecdotes et des notes qui s'y trouvent répandues. 6° Instructions sur la pomme , de terre, Berne, 1772-74,2 vol . en allemand_ 7" Mémoire sur la rouille du fro- ment, Zurich, 1758. D'après cet ouvrage , écrit en allemand, il parait que celle maladie des blés avait été inconnue en Suisse jusqu'alors. 8° Plusieurs autres ouvrages sur l'économie rurale, imprimés séparément ou insérés dans les mémoires de la société économique de Berne 1760 et années suivantes. Les soins d'Engel pour faire réussir, pendant la disette de 1772, la culture des pommes de terre, lui valurent , de la part de la ville de Nyon, une médaille avec cette inscription : In sig- riurn gra E—s.
  • Samuel FABRICIUS( 1500) : d'Eisleben , en Saxe , né à la fin du I6e siècle , était ministre à Zebest , quand il publia sa Cosmotheoria sacra, FrancfortsurleMein , 1625 ; réimprimée à Bâle ,1675', , avec des considérations sur les bienfaits de Dieu. Ce sont des réflexions sur le psaume 104e ; elles durent naissance , dit J. Fabricius , aux Conciones du même auteur sur le même psaume , divisées en sept livres : dans le premier , il parle du monde en général; dans le second , du ciel , des nuages et de l'air ; dans le troisième' des anges ; dans le quatrième, de la terre et des eaux; dans le cinquième , de la pluie et des fruits de la terre ; dans le sixième , du soleil , de la lune et des étoiles ; dans le septième , de la mer.—FARRicurs , ministre à Berne dans le 17. siècle , a donné : 1° Conciones in prophetas minores, 1641 ; 2° Conciones sacra? in Decalogum, 1649 ; 3° Conciones sacre festivitatibus ennuis habite, 1656 4° In CL psalmos Davidis et aliorum prophetartina conciones sacre, 1664
  • Samuel FANCOURT : théologien anglais du 18e siècle, fut pendant longtemps pasteur d'une nombreuse congrégation de protestants dissenters à Salisbury. Il avait du talent pour la prédication et pour l'enseignement , mais l'éloignement qu'il manifesta pour le dogme calviniste de la réprobation indisposa contre lui ses confrères, et i 1 en reçut tant de désagréments, qu'il fut obligé de quitter sa place. Étant venu à Londres , où il soutint encore plusieurs controverses et exerça son ministère, mais sans aucun établissement fixe, il y établit , entre 1740 et 1745 , les premiers abonnements de lecture qu'on ait connus en Angleterre ; mais cette ressource , à laquelle il joignit l'enseignement de la langue latine, ne put le sauver de la misère lui assaillit sa vieillesse. Il eut bientôt une foule d'imitateurs , qui furent plus heureux que lui, et il ne recueillit de ses efforts que des dettes , des reproches et le. découragement. Sa bibliothèque passa dans les mains de ses créanciers , et il vécut des secours de la pitié jusqu'à sa mort, arrivée le 8 juin 1768, dans la 9Je année de son age
  • Samuel FABER( 1657 - 1716) : recteur du collége de StGilles, à Nuremberg , naquit à Altorf , le 3 mars 165'7. Son père , Jean - Louis Faber , pote couronné connu par quelques poésies latines, et régent de cinquième à Nuremberg, étant mort en '1678 sans lui laisser de fortune , il ne put achever le cours de ses études qu'en consacrant une partie de son temps à corriger des épreuves pour les libraires. Ses talents pour la poésie le firent admettre , en 1688 , dans l'académie établie à Nuremberg , sous le nom de société des fleurs de la Pegnitz. Il y reçut le nom de Ferrand II , et c'est sous ce nom académique qu'il publia sa traduction allemande de la Consolation des goutteux de Jacques Balde. Deux ans après , il fut appelé au collége de StGilles en qualité de co recteur , et en obtint le rectorat en 1706. Il y mourut le 10 avril 171G, après avoir publié un assez grand nombre d'ouvrages historiques et de morceaux d'éloquence et de politique. Le plus connu est son Histoire de Charles XII , roi de Suède , en dix parties , formant 7 volumes ; mais le plus singulier de ses ouvrages , et qui mériterait d'ètre plus connu , est son Orbis terrarum in nuce, Nuremberg , 1700 avec 4:7 planches en tailledouce. C'est un cours d'histoire et de chronologie où , par le moyen de figures composées de la manière la plus ingénieuse , et des petits vers rimés allemands qui les accompagnent, tous les traits caractéristiques des principaux événements et leur date précise se fixent dans la mémoire avec la plus grande facilité. Ce travail est trèssupérieur à ce qui avait été fait en ce genre par Buno , en 1672 , et par Winckelmann, en 1698. La première idée du Monde dans une noix est due à Greg.And. Schmid , jurisconsulte de Nuremberg , et fut exécutée après sa mort, d'abord par Chr. Weigel , qui le publia en 1697 avec 49 planches ; mais ce livre se trouvant d'un prix trop élevé pour l'usage des étudiants , Faber réduisit les planches au format , y ajouta les petits vers rimés qui en font le principal mérite , et publia séparément un texte explicatif aussi en allemand. Il projetait de donner , d'après ce cadre , un cours d'histoire beaucoup plus détaillé , dont il composa , sous le titre d'Historia antediluviana , un spécimen qui ne parut qu'après sa mort, Nuremberg , 1717 JeanDavid Koeler donna , en 1726 , une nouvelle édition du Monde clans une noix , corrigée et refondue pour le dernier siècle et chaque année ; Weigel publia une nouvelle planche gravée pour la continuation de cet ouvrage , dont Matt. Cramer donna en 1772 une traduction française inférieure à l'original, parce que les petits vers allemands , étant traduits en prose française non rimée , n'offrent plus le mème secours pour la mémoire. C. M. P
  • Samuel FORMI : chirurgien , né à Montpellier, entra au service du roi contre la Ligue et assista au siége de Paris en 1590. A la paix, il retourna dans sa patrie, où il jouit d'une assez grande réputation , qui lui mérita l'honneur qu'on lui fit d'associer ses observations à celles de Rivière, célèbre professeur de la faculté de médecine de Montpellier. Formi nous a laissé un livre séparé intitulé Traité chirurgical des bandes , lacs , empld- tres, attelles et bandages , Montpellier, 1651 Cet ouvrage contient beaucoup de remarques critiques sur la chirurgie du temps, et malgré les immenses progrès que l'art a faits depuis l'époque oit Formi écrivait , on trouve encore dans son livre des choses utiles à consulter
  • Samuel FOOTE( 1719) : comédien et auteur comique anglais, surnommé le moderne Aristophane, naquit en 1719 d'une trèsbonne famille, à Truro, dans le comté de Cornouailles. Il manifesta de trèsbonne heure une facilité singulière à imiter le ton, les manières et les ridicules des autres. Son père , membre de la chambre des communes , le destinait à la carrière du barreau et le fit entrer au collége de InnerTemple; mais il ne montra que de l'aversion pour l'étude de la jurisprudence et n'y fit presque aucun progrès. Le mauvais état de sa santé lui ayant fourni un prétexte pour aller passer quelque temps à Bath , il se lia dans ce séjour de dissipation avec des libertins de bon ton , y prit le goùt du luxe et la funeste passion du jeu. Il parait que la mort de son père l'avait alors rendu maitre d'une assez grande fortune qu'il eut bientôt dissipée. Il contracta même des dettes qu'il ne put payer; ce qui le fit passer quelque temps dans la prison nommée Me Flect. Il devint acteur par nécessité et débuta en 17'14 à Londres sur le petit théâtre de Hay- llarket par le rôle d'Othello et quelques autres rôles tragiques , qui ne convenaient ni à sa figure ni à ses moyens ; il n'eut aucun succès. Importuné cependant par ses créanciers, il lui fallut chercher une autre ressource; et l'on rapporte qu'il se tira d'embarras par le stratagème suivant : Un de ses amis, M. Delaval, depuis sir Francis Blake Delaval, ruiné comme lui par ses extravagances, ayant formé le projet de se marier pour rétablir ses affaires, Foote promit de lui trouver un bon parti. Il connaissait une dame fort riche qui voulait se marier, niais qui n'avait pas encore fait un choix ; il lui conseilla de consulter sur un objet aussi important un prétendu sorcier, dont il lui vanta beaucoup la pénétration. lin autre ami de Foote se chargea de faire le rôle de sorcier ; il fit apparaître aux yeux de la dame une figure de grandeur naturelle portant les traits de sir Francis, désigna l'époque et le lieu où elle devait le voir luimême pour la première fois et les habits qu'il porterait ce jourlà. Elle fut tellement frappée de la coïncidence de chaque circonstance avec la prédiction , qu'elle donna peu de jours après sa main à sir Francis, qui , pour reconnaitre ce service de Foote , lui fit une pension. Foote loua alors une maison de campagne où il recommença à vivre avec une magnificence dont il pressentait bien luimême la courte durée. ll donnait un jour à , l'imprimeur trouva la plaisanterie fort mauvaise; il attaqua Foote en justice et le fit condamner à une forte amende. Johnson , craignant d'être à son tour livré à la risée publique , déclara qu'il avait acheté un énorme bâton , dont if comptait se servir à la première imitation. Foote , bien averti , le laissa tranquille. Ses succès dramatiques se soutenaient toujours; mais les magistrats de Westminster, irrités contre lui et autorisés d'ailleurs par un acte du parlement qui limitait le nombre des théâtres, envoyèrent à IlayMarket, un jour de représentation , une escouade de constables qui firent vider et fermer la salle. En 1766, dans une partie de plaisir, il lui arriva de se casser la jambe en tombant de cheval ; on parla de faire l'amputation; le duc d'York, qui l'aimait et qui avait été témoin de l'accident, le décida à se laisser opérer, en lui promettant d'obtenir pour lui une patente ou permission à vie de tenir son théâtre ouvert au public pendant la clôture des deux principaux théâtres de Londres, c'est-àdire depuis le 15 mai jusqu'au 15 septembre. Foote, que sa jambe de bois n'empêcha point de continuer à paraître sur le théâtre et qui en tira même les moyens de jouer certains rôles, devint alors plus que jamais le favori du public. Avec un peu d'économie il aurait pu amasser une fortune considérable par les recettes qu'il faisait ; mois quelques heures passées dans les tripots de Bath en avaient bientôt absorbé le produit. Foote vivait dans la familiarité des nobles et mème des princes; mais il y vivait comme un homme qui amuse et ne savait pas se relever par son caractère de l'abaissement attaché à un pareil métier. Comme le plaisir était l'occupation de sa vie, l'argent était le but de toutes ses actions. Il s'était fait du scandale un moyen de fortune et Itemployait de la manière qui lui paraissait le plus profitable. La duchesse de Kingston avait fait parler d'elle d'une manière peu avantageuse. Il lui donna dans une comédie qu'il préparait un rôle sous le nom de lady Killy Crocodile, et eut soin que son projet parvint aux oreilles de la duchesse, qui , comme il yavait bien compté, voulut acheter son silence; mais les prétentions de Foote furent si extravagantes , qu'elle trouva meilleur marché de s'adresser à l'autorité ; et Foote , obligé de retrancher le rôle de lady Kitty sans se le faire payer, encourut de plus le ridicule attaché à l'avidité dupée. Les médecins lui avant conseillé de faire un voyage en France , il fut frappé à Douvres d'une attaque de paralysie dont il mourut presque subitement le 21 octobre 1777. Il fut enterré à Douvres ; mais on lui a érigé depuis un monument dans le cloître de l'abbaye de Westminster. H était aussi amusant dans la société que sur le thatre ; on en peut juger par le passage suivant de la rie de Samuel Johnson, qu'a publiée Boswell. C'est Johnson lui-' mème qui parle avec toute la familiarité de la conversation , et son témoignage est peu suspect, car on a vu qu'il n'était pas disposé pour Foote d'une manière favorable : « La première fois que « je me trouvai en société avec Foote , ce fut à « l'hôtel Fitzherbert. Ayant assez mauvaise opi « pion du personnage , je pris la résolution de ne « pas m'amuser de ses saillies, et il est fort diffi« elle d'amuser un. homme contre sa volonté. Je « dînai d'un air triste, affectant de ne pas laper « cevoir ; mais le drôle fut si comique que je me « vis forcé de poser ma fourchette et mon cou« teau, et renversé sur ma chaise, d'éclater de « rire franchement. Ah ! monsieur, ajoutait John « son, sa gaieté était irrésistible. » On cite de lui un grand nombre de traits et de mots piquants. Le suivant ajoutera à l'idée qu'on a pu prendre de son esprit et de son impudence. A la fin d'un grand diner le lord Sandwich , un peu échauffé par le vin , dit à Foote : « J'ai souvent pensé à la « catastrophe qui terminera vos jours; niais je « crois que vous devez mourir ou de la y... ou du « gibet. » Foote lui répondit : « Cela dépendra « des circonstances ; c'est selon que j'embrasserai « la maitresse ou les principes de votre seigneu « rie. » On a de Foote vingtdeux pièces, qu'on ne peut pas proprement appeler des comédies et qui pèchent surtout par l'irrégularité du plan ; mais on y trouve beaucoup de vivacité et de gaieté , et la lecture mème en est fort amusante. Elles ont néanmoins perdu leur piquant , qui , étant fondé sur des ridicules individuels, a dù disparaitre en partie avec les individus qu'il ridiculisait. 11 faut excepter de ce jugement la comédie du Mineur, l'une de ses meilleures pièces, dirigée contre la bigoterie et la secte des méthodistes. Il a beaucoup emprunté à Molière et à d'autres auteurs. On a imprimé sous son nom et sous le titre de Théeitre comique, en 5 volumes un recueil de comédies traduites du français. Après le Mineur, on cite encore avec distinction sa pièce du Chevalier et celle du Diable boiteux . M. William Cooke a publié les Mémoires de Samuel Foote, arec un recueil de ses bons mots , anecdotes , jugements authentiques , etc., la plupart inconnus, et trois de ses pièces de thédtre non impi mées dans ses oeuvres , Londres, 180, 3 vol. Arthur Murphy, son ami, avait rassemblé des matériaux pour écrire aussi la vie de cet homme singulier ; il en a mène laissé des fragments qui ont été imprimés dans la Vie d'Arthur Murphy
  • Samuel FOSTER( 1600 - 1652) : mathématicien anglais, né dans les premières années du 17e siècle ou les dernières du 16r, fut élevé à l'université de Cambridge et s'appliqua de bonne heure à l'étude des mathématiques, où il obtint de son temps une réputation , 165i i"; 5° Le secteur perfectionné , ibid., 1661 4. Mélanges ou Veillées mathématiques , 1659 On remarque dans ces Mélanges l'Epitome d'Aristarque de Samos, De magnitudine et luné», et la traduction latine des Lemmata d'Archimède , faite par Jean Greaves sur un manuscrit arabe, revue et corrigée par Foster . Il avait fait des observations d'éclipses et avait inventé et perfectionné plusieurs instruments d'astronomie et de mathématiques. — Deux autres savants du nom de FOSTER ont également écrit sur tics objets de mathématiques. Guillaume FOSTER a publié en 1633 la traduction anglaise de deux ouvrages composés en latin par Oughtred, géomètre fameux dans son temps et dont il avait été le disciple : l'un sur des cercles de proportion, espèce de cadran logarithmique; l'autre sur un instrument horizontal servant à résoudre tous les problèmes qui exigent ordinairement l'usage du globe, et à tracer des cadrans sur toutes sortes de plans. — Marc FosTER publia en anglais en 1690 une Trigono. métrie arithmétique , dans laquelle il donne le moyen de résoudre tous les triangles rectilignes par l'arithmétique simple et sans le secours des tables
  • Samuel GALE( 1682 - 1754) : antiquaire anglais , frère du précédent, né à Londres en 4682, exerçait les fonctions d'arpenteur à l'hôtel des douanes de cette ville lorsqu'il mourut le 10 janvier 1754. Il fut un des restaurateurs de la société des Antiquaires de Londres en 1717, et en fut le premier trésorier. Le peu de ses ouvrages qui ont été imprimés, prouvent beaucoup d'érudition et de sagacité. Ils se bornent à une Histoire de la cathédrale de Winchester, Londres , 1715, commencée par Henri, comte de Clarendon , et continuée jusqu'à ce jour, avec des planches ; et à quelques mémoires imprimés dans l' Arcluvologia et dans la Bibi. top. britannica
  • Samuel FRITZ( 1653) : jésuite, né en Bohème en 1653, alla comme missionnaire au Pérou en 1685. Les bords du Maranon , ou fleuve des Amazones , étaient habités, à l'est de la Cordillère des Andes, par des Indiens aussi grossiers que les Mes. Fritz, dès 1686, commença ses travaux avec tant de succès, qu'en peu de temps il convertit des peuplades entières. Mais les fatigues de son ministère lui causèrent une maladie qui l'obligea de se faire transporter au Para , colonie portugaise à l'embouchure du fleuve, plutôt qu'à Quito, où le voyage eût été plus difficile à cause des montagnes qu'il eût fallu traverser, et eût métne été plus long , car les conquètes spirituelles de Fritz s'étendaient déjà jusqu'au confluent du RioNegro et du Marafion , à six cents lieues à l'est de Ilorja dans le Pérou. Il partit le 51 janvier 1689, et ne put arriver au Para que le 11 septembre suivant. Le gouverneur de cette ville le prenant pour un espion, le fit emprisonner et le tint étroitement enfermé jusqu'au mois de juillet 1691. Il le mit enfin en liberté, sur les ordres réitérés de la cour de Lisbonne, qui le blàma de sa conduite et lui enjoignit . On la trouve dans le tome 8 de la seconde avec un abrégé de ses Mémoires sur le fleuve dont elle décrit le cours. Ulloa dit qu'elle manque d'exactitude, parce que Fritz n'avait pas eu les instruments nécessaires pour observer les latitudes et les longitudes, ni pour connaltre la direction des rivières et déterminer les distances ; mais que , comme on n'en avait point encore publié d'autre où l'origine et le cours des eaux qui se jettent dans le Marafion et le cours Renie de ce fleuve fussent marqués jusqu'à la mer, elle ne laissa pas d'ètre bien reçue. La Condamine , qui a parcouru la mèche route que le P. Fritz, à qui il donne le nom d'Apdtre du Maranon , déclare que la carte de ce missionnaire est un morceau précieux et unique, et qu'elle prouve l'habileté de son auteur. Ailleurs il dit : « Le P. Fritz, sans pendule et sans lunette , n'a a pu déterminer aurtin point en longitude. Il « n'avait qu'un petit demicercle de bois de trois « pouces de rayon pour les latitudes ; enfin il « était malade quand il descendit le fictive jus« qu'au Para. Il ne faut que lire son journal , dont a j'ai une copie, pour voir que plusieurs obstacles « alors et à son retour à sa mission ne lui per« mirent pas de faire les observations nécessaires « pour rendre sa carte exacte, surtout vers les « parties inférieures du fleuve. Cette carte n'a été « accompagnée que de quelques notes sur la même « feuille, sans presque aucun détail historique. » La copie du journal tht.P. Fritz avait été tirée sur l'original déposé dans les archives du collége des jésuites de Quito. L'original de la carte, oÙ les degrés du grand cercle ont près d'un pouce, était heureusement tombé entre les mains de la Condamine, à la veille d'are consumé par le temps, l'humidité et les insectes, qui détruisent tout dans les pays chauds. Ce savant académicien , en publiant sa carte du Maration, marqua par des lignes ponctuées les erreurs qui se trouvaient sur celle du P. Fritz, et rendit par là un double service à la géographie. Ce missionnaire avait montré que le Napo , qui passait encore pour la vraie source du Maration, du temps du P. d'Actinha , n'était qu'une rivière subalterne qui grossissait de ses eaux celles des Amazones ; mais il plaça la source de celleci dans le lac de liauricocha , près de Guanuco, à trente lieues de Lima , d'où elle sort en portant d'abord le nom de Tunguragua. Les auteurs du liereurio peruano ont pensé qu'il avait commis une erreur , et que la rivière qui devait porter le nom de Marafion , comme ayant en sa faveur le cours le plus long, le volume d'eau le plus considérable à sa jonction avec l'autre, enfin l'histoire, la tradition et les observations des voyageurs, était l'Ucayal, formé luimême de deux branches , dont l'Apurimac est la plus forte et prend sa source dans un chatnon des Andes , à peu de distance au nord d'Arequipa. Le crédit que les jésuites avaient justement acquis parmi les savants explique pourquoi la :nomenclature du P. Fritz avait été généralement et implicitement adoptée
  • Samuel GLASSE( 1733 - 1812) : théologien anglican , l'un des chapelains ordinaires du roi et prébendier de StPaul à Londres, se distingua comme prédicateur et comme magistrat. On a de lui , outre des sermons imprimés séparément : lo Cours de leçons sur les files religieuses, 1797 2° Explication claire et pratique des commandements . 1801 50 Adresse d'une daine de qualité à ses enfants , au dernier période d'une maladie de langueur, ouvrage indiqué comme traduit du français, 1777, 1779, 2 vol. Ce théologien est mort à Londres le 9. 3 avril 181e, à 79 ans. — Son fils, GLISSE , recteur d'Ilanwell, dans le comté de Middlesex , chapelain du duc de Cambridge et du lord Sefton , mort le 50 octobre 1809, à l'âge de 50 ans, unissait beaucoup d'esprit et d'érudition à une imagination brillante. Possesseur d'une fortune considérable , son goût pour le luxe et pour les plaisirs de la table le plongea dans des embarras qui ,joints à d'autres dégoûts, paraissent avoir abrégé sa vie. Il a publié, entre autres ouvrages : 1° une traduction en vers grecs de la tragédie de Caraetacus, par Mason , 1781 ; 2° une autre du Samson Agonistes , de Milton , accompagnée d'une version latine, 1788; 5° Contemplations sur l'Histoire sainte, rédigées en langue moderne, d'après les ouvrages de l'évèque Hall, 1793, 4 vol
  • Samuel GRINGALET( 1663) : aventurier , naquit en 1663, non pas à Genève, comme il le disait, mais I Versoy, pays de Gex , d'une famille pauvre et obscure. I'lacé par ses parents à Genève pour y Apprendre l'état de relieur, il ne put jamais en venir à bout ; mais il prétendit , en revanche, avoir fait dans l'atelier de son maitre un cours complet de philosophie par infusion. Sa mère, devenue veuve, le retira d'apprentissage, et pour s'en débarrasser le lit entrer comme laquais chez le ba- ron de Prangin. Son nouveau maitre levait alors en Suisse un régiment pour le compte de la république de Venise; il y incorpora Gringalet, qui fut envoyé avec le régiment d'abord en Dalmatie, puis dans la Morée, où, si on veut l'en croire, il se signala par des faits d'armes inouïs. Mais, convaincu de vol, il déserta pour se soustraire au châtiment, et parvint, non sans beaucoup de peine, à regagner Genève, où il arriva dans l'état le plus misérable. Un des magistrats, touché de pitié, lui facilita les moyens de se rendre en Hollande. Ce pays était en guerre avec la France, et , à qui nous devons la plupart de ces détails, dit que Gringalet « était le plus sale, le plus malin « et le plus incommode de tous les fous avec les- « quels il avait été successivement renfermé dans « cette prison. » En vain il offrit au ministre d'étre son espion en Angleterre ; il ne recouvra la liberté qu'il la paix générale. Sorti de prison le 4 juillet 1715, il se lita de se rendre à Londres; et l'on peut conjecturer qu'il obtint du gouvernement anglais quelques secours, à raison de la longue détention
  • Samuel GROSSER( 1664) : philologue, naquit en 1664 à Paschkerwitz en Silésie, étudia à l'université de Leipsick , fut recteur de l'école d'Altenbur?..„ et, depuis 1695, recteur de celle de Gorlitz dans la haute Lusace. Dès 1712 il fut membre de l'Aca- démie des sciences à Berlin. Il jouissait comme philologue d'une grande réputation. Pendant quarante et un ans il dirigea l'école de Gorlitz et forma deux mille trois cent quarantesept élèves. Crosser termina sa carrière laborieuse le 21 juin 1736. De ses nombreux ouvrages en allemand et en latin nous citerons : 1. Otium ulysseum stuiliosce juventatis , 011 Geog aphia quadripartita , gœodotico- physica- politico- historica, tabulis synopticis digesta. Francfort et Leipsick, 1696 ibid., 1698 2. la Contemplation du inonde. en tableaux , Leipsick, 1718 5. Pham: intellectus , sire logia electiva. methodo neo- veterum digesta, Leipsick, 1697 C'est, des ouvrages de Crosser, celui qui est le moins recommandable ; car, si nous ajoutons foi à la critique de Saxius, la dialectique de l'auteur est inepte et barbare. 4. Fila Christiani Illeisii, cern commentario de scriptis ejus. I,eipsick, 1710 5. Curiosités historiques et politiques des margraviats de la haute et de la basse Lusace , Leipsick et Bautzen , 1714 Grosser a publié aussi un grand nombre de dissertations latines : de Bal- lis imperatorum aureis Gorlicii , inséré dans le second volume des Script. rer. lusat. d'Hofmann ; De feminarurn mentis in rempublicam colla- tis • etc
  • Samuel HALLIFAX( 1733 - 1790) : évêque anglais du 18e siècle, était fils d'un apothicaire et naquit en 1733 à Mansfield, dans le comté de Derby ; il fut successivement professeur d'arabe et de droit civil à l'université de Cambridge, évêque de Glocester, et ensuite de StAsaph , et mourut le 4 mars 1790 , âgé 60 ans, laissant la réputation d'un savant théologien, d'un habile jurisconsulte et d'un éloquent prédicateur: .0n a de lui une Analyse du droit civil romain comparé avec les lois d' Angleterre, etc., 1774 ; des sermons estimés et l'analyse de l'ouvrage de Joseph Butler intitulé Analogie de la religion naturelle et révélée avec la constitution et le cours de la nature. Il a été l'éditeur des sermons du docteur Hogden
  • Samuel GUICHENON( 1607 - 1664) : historien , né à Màcon en 1607, était fils d'un chirurgien protestant. Après avoir achevé ses études, il visita l'Italie, et pendant son séjour dans ce pays, ou peu après son retour en France , il abjura le calvinisme et revint à la religion de ses ancètres. Philibert Collet et quelques autres écrivains rapportent qu'il y fut déterminé par un rêve dans lequel il crut voir StFrançois d'Assise qui l'exhortait à rentrer dans le sein de l'Église. Quelque temps après il reçut ses degrés en droit et commença d'exercer la profession d'avocat à Bourg en Bresse. Il épousa une riche veuve, dont la fortune le mit à mème de renoncer à son état et de se livrer entièrement à son goùt pour les recherches historiques. obtint bientôt par ses ouvrages une réputation très-étendue, et on peut dire que jamais auteur ne fut aussi magnifiquement récompensé. Nommé historiographe de France, de Savoie et de Dombes, il fut créé chevalier de l'empire et de l'ordre des I SSts Maurice et Lazare. Louis XIV lui fit expédier des lettres de noblesse conçues dans les termes les plus honorables ; enfin il ne cessa pas d'ètre comblé de faveurs et de présents par la duchesse de Savoie, Christine de France. Il mourut à Bourg le 8 septembre 1664, âgé de 57 ans , et fut dans l'église des dominicains de cette ville, où l'on voyait son épitaphe. Ses principaux ouvrages sont : 1. Histoire de Bresse et de Bilgey, justifiée par chartes , titres , chroniques , etc., Lyon , 1650 : on s'accorde à louer l'exactitude de cette histoire ; cependant Collet en avait rédigé une critique très- ample , et que Papillon trouvait juste. L'intérèt des familles nouvellement anoblies en empècha la publication. 20 Histoire gé- néalogique de la royale maison de Savoie, prouvée' par titres. etc., ibid., 1660, 9. tom. fig.; édi- tion préférée pour la beauté à la réimpression de Turin, 1778, 5 vol. Quoique les éditeurs de celleci eussent promis une continuation jusqu'à nos jours , cette édition se termine, comme l'ancienne, à l'année 1660. Cet ouvrage est trèsestimé ; il a été abrégé par Math. Kraemer , Nuremberg, 1670 5. Bi- bliotheca Sebusiana, sive rariarum chartarum diplo- matum. etc., nusquarn antea editarum centurice duce cum nous. Lyon, 1660 2' édition, augmentée de quatorze pièces de la troisième centurie, ibid., 1666 Ce recueil précieux a été inséré, par Christ.God. iloffinann, dans le tome ler de la Nova scriptor. rarissim. collectio et il forme le cinquième volume de la nouvelle édition de l'Histoire de Sa- voie. On a encore de Guichenon : Episcoporum Bel- licensium chronologica series . Paris, 164'2 le Projet de l'histoire de Bresse et de Bugey; le Dessein de l'histoire généalog. de la maison de Savoie et de la principauté de Dombes : toutes ces petites pièces sont trèsrares. 11 a laissé en manuscrit l'Histoire de, cette principauté ; des Remarques sur Mézeray et sur les Mémoires de la maison de Vienne , par Guinnemand, et une Histoire de Chris- Cette Histoire de Dombes , entreprise par ordre de mademoiselle de Montpensier, était terminée et prête pour l'impression en 1663 ; mais cette princesse ayant exigé des changements qui auraient dissimulé ou déguisé des vérités historiques, l'au- teur, pour empêcher qu'on ne lui attribuât l'ouvrage si on le publiait après sa mort avec de telles altérations , en retint une copie , et y joignit une lettre en forme de protestation. Ce manuscrit, de près de lluO pages se conservait à Bourg en 1786 ; et Lalande en donna un long extrait dans le Journal des savants , p. l.57. Voyez aussi la note de Mercier SaintLéger, dans le même journal, p. 497. 11 a passé depuis à la bibliothèque de Lyon , ainsi qu'une Genealogie cies comtes de Provtnce et de Forcalquier, écrite par Guichenon en 1653.Voyez les Manuscrits de la blbliolitègue de Lyon, par M. Delandine , t. 1, p. 186, et t. 2, p. 67. tine de France , duchesse de Savoie. On peut consulter sur cet auteur, outre la Bibliothèque de Bour- gogne, les Mémoires de Niceron , t. 31; sa Vie par Hoffmann , et les Dictionnaires de Bayle et de Chauffepié. — GUICHENON , religieux augustin , son neveu, a publié une Histoire de Bresse , abrégée de celle de son oncle, et une Vie de Camille de Netiville de Villeroy, ar- chevêque de Lyon , Trévoux, 1695
  • Samuel HARTLIB : savant anglais, était d'origine polonaise. Plusieurs de ses ancétres avaient été conseillers privés de l'empereur d'Allemagne et d'autres princes. Il vint en Angleterre en MW, et publia dès l'année suivante, à Londres, une Re- lation de ce qu'on venait de tenter pour ménager une paix religieuse parmi les protestants. Au milieu des agitations , qui est encore fort estimé; 20 Une Méthode pour ap- prendre promptement la langue latine, 1654 30 des Considérations concernant la réformation po- litique et religieuse de l' Angleterre , 1647, etc. Il fonda une école pour l'instruction des enfants des gentilshommes , et c'est ce qui, à ce qu'on présume, occasionna le traité de Milton sur l'éducation, qui est dédié à Hartlib. Son zèle désintéressé, qui lui coûtait de trois à quatre cents livres sterl. par an, avait épuisé son patrimoine. Le gouvernement lui fit une pension annuelle de trois cents livres sterl., qu'il appliqua également au bien public; mais elle cessa de lui être payée à la restauration. L'insouciant Charles II ne se piquait pas de distinguer et d'encourager les hommes qui n'étaient qu'utiles. Sans moyens d'existence, chargé de famille, d'ans et d'infirmités, Ilartlib exprima quelques plaintes, et adressa au parlement une pétition, dont le résultat ne nous est pas connu, non plus que la date et les circonstances de sa mort
  • Samuel HEARNE( 1745) : voyageur anglais, naquit en 1745. Le peu d'inclination qu'il montrait pour l'étude, et l'ardeur qu'il témoignait pour la profession de marin , engagèrent sa mère, restée veuve , à le conduire ellemême à Portsmouth quand il n'était encore âgé que de onze ans. Il s'embarqua sur le vaisseau du capitaine depuis lord Hood. On était alors en guerre; Hood ne tarda pas à combattre, et fit plusieurs prises; il dit à Hearne qu'il aurait sa part du butin ; celuici le pria de tout donner à sa mère , qui saurait mieux l'usage qu'il conviendrait d'en faire. A la fin de la guerre, Hearne voyant qu'il avait peu d'espoir d'avancement dans cette partie, quitta la marine royale, et entra au service de la compagnie de la baie d'Hudson. Son activité, son intelligence, un vif désir d'entreprendre quelque découverte - qui fût utile à ses semblables , le firent bientôt distinguer des autres contremaltres des bâtiments de la compagnie qui naviguaient dans la baie. Il effectua en 1768 un voyage vers le haut de cette haie , pour améliorer la poche de la morue , et contribua , par ses recherches , à faire mieux connattre les côtes de ces parages. Les directeurs de la compagnie , instruits de son zèle, pensèrent que personne ne convenait mieux pour l'exécution de deux projets qui les occupaient depuis longtemps ; l'un était la découverte du passage au N. O., tant (le fois tentée sans succès ; l'autre, colle d'une mine de cuivre, située trèshaut dans le nord , près de l'embouchure d'un fleuve qui coulait dans cette direction , et dont les récits des Indiens avaient donné connaissance dès 1715. Quelques tentatives faites pour y arriver par mer n'avaient pas réussi. Enfin , en 1768 , des Indiens du nord ayant apporté au fort anglais de nouveaux renseignements sur ce fleuve , et un morceau de cuivre qu'ils disaient proveni r de la mine voisine, le gouverneur transmit ces nouveaux détails à la compagnie, en les lui recommandant comme dignes de son attention. La découverte fut résolue. Hearne, désigné pour cette expédition , partit le 6 novembre 1769 , accompagné de deux blancs et de quelques Indiens ; aucun de ceuxci ne connaissait le grand fleuve de la mine de cuivre. On fit route à l'O. N. O.; la neige couvrait la terre; le sol était inégal , rude et pierreux ; on allait à pied ; chacun tirait un traineau. L'on n'avait encore fait que deux cents milles, lorsque le chef des Indiens et sa troupe'abandonnèrent Hearne , qui le 30 revint sur ses pas, et le 11 décembre fut de retour au fort , à son grand chagrin , et à la surprise extrême du gouverneur. Cette Mésaventure ne découragea pas Hearne il se disposa pour un second voyage ; mais il ne prit point d'Européens avec lui cette fois, ayant reconnu qu'ils n'étaient d'aucune utilité, à cause du peu d'égards que les sauvages avaient pour eux. Le 3 février 4770, il se mit en route à peu près dans la même direction que la première fois, avec un Indien qui, suivant son récit, était allé bien près du fameux fleuve, et en mena cinq autres. Arrivé en mars à 58. 46' de latitude boréale, et à 5. 57' à l'ouest du fort, Hearne, sur les représentations de son guide, s'arrêta en attendant que la belle saison permit de s'avancer au nord. Il s'occupa, pendant son séjour, à mettre son journal en ordre, et à dresser sa carte. Vers la fin de l'hiver, il fut quelquefois réduit à une grande détresse. Le 24 avril, il se remit en route. La troupe était augmentée; elle se monta graduellement jusqu'à six cents personnes. On était parvenu au 63.10' de latitude, et à 10. 40' à l'ouest du fort, lorsque le 12 août le quart de cercle de Hearne fut renversé par un coup de vent et brisé. Cet accident lui fit prendre le parti de retourner au fort. Le lendemain, des Indiens du N. O., qui venaient (l'arriver, lui enlevèrent la plus grande partie de ses effets les plus utiles , et son fusil ; ce vol le mit trèsmal à son aise. Heureusement il rencontra le 20 novembre un chef indien plus honnête , nominé Matonnabi, lequel pourvut à ses besoins, et lui promit de le mieux guider dans une nouvelle entreprise s'il voulait la tenter. Ilearne ne demandait pas mieux. Il rentra dans le fort le 25 novembre. Matonnabi proposa un nouveau plan de voyage , qui faisait honneur à sa pénétration et à son jugement. Hearne s'empressa de l'adopter, et muni d'un nouveau quart de cercle, il partit le 7 décembre. La route que prit la nouvelle troupe fut dirigée plus à l'ouest que les deux premières fois ; le pays qu'elle parcourut était de même inégal , caillouteux , entrecoupé de lacs et de petites rivières, stérile et peu habité ; le 23 avril 1771 , l'on marcha droit au nord; l'on était alors par le parallèle du 60e degré de latitude , et à plus de six cents milles à l'ouest du fort. L'on fit halte à quelque distance pour construire des canots, afin de traverser les lacs. Hearne vit arriver plus de deux cents dont la plupart venaient pour les mêmes motifs sur les bords du lac où il était campé. Quoique l'on fût à la fin de mai , le temps était froid; il tombait de la neige et de la pluie; en s'avançant au nord, la température fut la même au milieu du mois de juillet. Le 22 juin , la troupe rencontra les Indiens de la mine de cuivre , que Hearne dépeint comme des hommes obligeants. Il traversa ensuite la chatne des monts pierreux. et le 13 juillet il arriva enfin sur les bords du fleuve de la mine fameuse , objet de ses recherches. Ce fleuve était peu large et rempli de cataractes. Ce fut peu de jours après que ce voyageur infatigable eut la douleur de voir ses compagnons de voyage , qui n'avaient eu que de bons procédés pour lui, se souiller par le massacre d'une petite horde d'Esquimaux qu'ils surprirent pendant la nuit massacre prémédité depuis plus de six semaines , commis de sangfroid , et accompagné de toutes les atrocités imaginables. Il faut dire à la louange de Matonnabi , fit tout ce qu'il put pour détourner sa tribu et les autres Indiens de cet acte de férocité. Le 17 juillet, Hearne aperçut au nord la mer, qui s'étendait de l'est à l'ouest. Il continua ses observations jusqu'à l'embouchure du fleuve, et vit qu'il n'était guère navigable que pour un canot. 11 aperçut de la glace au large , et des phoques couchés sur les glaçons; le rivage était couvert d'oiseaux de mer. Dans les tentes des malheureux Esquimaux il avait observé des ossements de baleine; toutes ces circonstances lui firent penser que c'était la mer qu'il avait devant lui elle était remplie d'Iles et d'écueils; la glace ne commençait à fondre qu'à environ trois quarts de mille de la côte. Les Indiens du pays lui dirent qu'elle était toujours gelée. 11 détermina la latitude de cette embouchure à 71. , et conformément à ses instructions il prit possession du pays au nom de la compagnie. Il alla ensuite reconnaltre la mine de cuivre, située
  • Samuel HEINICKE( 1725 - 1790) : instituteur allemand des sourdsmuets, naquit en 1725 à Nauschlitz, près de Weissenfels en Saxe. Heinicke se livra (l'abord chez ses parents à l'agriculture, jusqu'à sa vingtquatrième année : il fut ensuite garde du corps de l'électeur de Saxe; et son séjour à Dresde le mit à portée d'acquérir des connaissances assez étendues. Il quitta le service militaire, et étudia en 1757 à l'université de Iéna. Le comte de Schimmelmann , à Hambourg, lui confia depuis l'éducation de ses enfants, et il resta pendant dix années dans la maison du comte. Heinicke avait beaucoup médité sur l'instruction des sourdsmuets : la place de chantre à Eppendorf, , qu'il accepta lorsqu'il eut quitté le comte Schimmelmann , lui offrit l'occasion d'essayer sa théorie sur un sourdmuet qu'il trouva dans cette commune. Sa méthode eut le plus grand succès : on lui envoya des élèves de divers endroits, et sa réputation détermina l'électeur de Saxe à créer à Leipsick , en 1778, un pour l'instruction de cette classe malheureuse, et la direction en fut confiée à Heinicke. Malgré les résultats de sa méthode, qui, sous quelques rapports , surpassait, diton , celle de l'abbé de l'Épée, on a accusé Heinicke , avec raison, d'avoir traité ses élèves trop brutalement. Mais son premier genre de vie lui avait donné un caractère brusque , qui se manifeste jusque dans ses écrits, où beaucoup d'idées neuves et ingé- nieuses manquent leur but par la grossièreté de son style, rempli d'invectives les plus véhémentes contre les auteurs contemporains. Toutefois , on ne peut refuser à Ileinicke la justice d'avoir été l'un des premiers qui, dans le nord de l'Allemagne, se soit occupé avec succès d'instruire les sourdsmuets. Cet jnstituteur mourut le 30 avril 1790 : sa veuve continua de diriger son école. Heinicke a publié une vingtaine d'ouvrages ; voici les titres des principaux : 1. Histoire sainte de l'Ancien Testament à l'usage des sourds- muets, Hambourg, 1775 L'auteur n'en a donné que la première partie. 20 Observations sur les muets et sur la parole, en forme de lettres, ibid., 1778 11 n'en existe également qu'un premier volume. 30 De la manière dont se forme la pensée chez les sourds- muets, et des mauvais traitements auxquels ils sont exposés par des soins et des méthodes d'en- seignement déraisonnables, Leipsick, 1780 ; 40 Découvertes importantes en psychologie et sur le langage humain, ibid. , 1785 , n ; $. Axiomes de Moses Mendelssohn expliqués d'après la méthode de Kant , avec une critique par Frédéric Nicolai , Cd- (len , 1787 60 Clavicula Salomonis , ou les Clefs de la plus haute sagesse expliquées. Presbourg, 1789, 2 vol. 7. Dictionnaire de la critique de la raison pure et des ouvrages philosophiques de Kant, ibid. , 1789 Schlichtegroll , dans le premier volume de son Nécrologe, 1790, attribue à Heinicke ce dictionnaire. Meusel dit seulement qu'il est auteur de la préface. Le Mercure allemand, le Musée allemand, le Journal du fanatisme et de la civilisation, les Apologies publiées par Kausch à Leipsick et le Journal allemand pour l'Allemagne , renferment plusieurs articles fort intéressants de Heinieke. Le Magasin hanovrien , 1773, p. 1485, a publié une instruction sur la manière d'insinuer aux sourds- muets des idées abstraites, et de leur apprendre en très- peu de temps à lire et à parler à haute voix. Ce mémoire est de Heinieke et de Wittenberg, éditeur de la Gazette d'Altona. On trouve une notice assez détaillée sur la vie et la méthode de cet instituteur, dans le Chronologue de Weckhrlin, no 6, p. '277-288
  • Samuel HENZI ou HENTZY : de Berne, fut capitaine au régiment des gardes du due dr Halite; ·le retour dans sa patrie. Il s'occupa de mathématiques et de poésie. Conjointement avec,d'autres [ourgeois de la ville, il demanda , en i74-1, au gaulent... ment de Iltnse . quelques changements ,Lios km élections , sou% k rapport du régime représentatif les vingtquatre signataires de celle Iritilion furent tous bannis pour un temps plus meittS long. Le hannisaement de Henri fut de I jus; il les passa à Nenfelintel, où, firkle aux muses, il publia trois numéros de la ilvesalerie du Perde computs des couplets, des odes, rie. Rrirnu a lierne, il gouttai emporter dr vite forer ·.. qu'il n'atait pu obtenir par les remontrances. i lie conjuration rut lieu, dans le but dr montuérir d'anciennes libertés, dr mettre fin a l'aristocratie du goutertirment et de changer sa contribution. Le complot fut dérouter': plusieurs .kt chefs furent arretés et condamnés è la mort. g hors toit dans le conseil se prononeerent I. la eli meure , et ne turent point éroutée,. ei se frontal parmi les rondatimés. Il fut di- ,,pité le 10 juillet 17te. Jusqu'à son dernier torii( il montra un grand courage. Lessing en ./. tait le lierus d'une de ses tragédies. Flogel , 'fans son ilibieenr da lorei,a/oe, p. '1t; et suiTantes, reganle lient, connue le premier des poetes aile - 1s dans ire genre dr poésie. — Son Ills, Ro- , nasal, naquit à Herne en 1111, et mourut s Haye, en tegm, gourerneur des pages du dernier peiner d'Orange. Il avait entrepris, aire son compairiote Magner, l'édition d'un grand et bel oseirage , sous te titre de lier remempaides des u. aatalael de la Suies,. deseneees et coterie., - -3 gators.. « rire icurr deseriiiitea. Amsterdam, grand qui consiste en quarante te s, dessinées par Wolf et quelques autres pr es, gravira a Pans par lininet et Deteourtis, et Luipritiii:es en couleur. — I., mère de no-' .lie, ru quittant la Suisse, ares la mort de Inari , C041pira «SI itl? trell venger l, tue- ., Il ti, truies en rendant dcs scrviers a un grand nombre de us compatriotes
  • Samuel HOOD( 1724) : amiral anglais, né en 1735 ou en 1724, suivant d'autres biographes, à Butleigh, paroisse du comté de Somerset, dont son père était ministre, est mort en 1816. La situation de son village près de la mer décida sa vocation , et il s'embarqua, dès l'âge le plus tendre, à bord d'un vaisseau de guerre , comme aspirant de marine. Au commencement de la guerre de sept ans, il fut élevé au grade de capitaine, et obtint bientôt après le commandement de la Vestale, frégate de trente- deux canons, avec laquelle , après avoir quitté Portsmouth sous les ordres de l'amiral Holmes, il s'empara de la frégate française la Bellone, le 13 février 1759, à la suite d'un combat de quatre heures. Il fut présenté au roi George II par lord Anson , alors à la tète de l'amirauté, qui lui fit donner, comme récompense, le commandement de l' Afrique , de soixantequatre canons. Au commencement de la guerre d'Amérique , il se trouvait à la tète de la station de Boston : nommé baronnet et amiral dès 1780 , il combattit avec succès le comte de Grasse en février 17a2; mais il ne put cependant empêcher la prise de StChristophe . L'amiral Hood commandait en second, sous sir George Brydges, depuis lord Rodney, au combat mémorable que celuici livra , le 14 avril suivant, au comte de Grasse, qui'fut fait prisonnier . Dans son rapport à l'amirauté, sir George Brydges fit connaître tout ce qu'il z—s.
  • Samuel HORSLEY( 1733) : savant prélat anglais, né en 1733, fit ses premières études à Cambridge, et passa en 1768 à Oxford comme gouverneur particulier d'Heneage , comte d'Aylesbury , alors lord Guernsey. Ce fut là qu'il publia en 1770 une belle édition des inclinations d'Apollonius. Promu à différents bénéfices, élu en 1767 membre et en 1773 secrétaire de la société royale , il enrichit de plusieurs écrits les Transactions philosophiques. Vers 1783, il se fit remarquer par la chaleur avec laquelle il prit les intérêts de cette société dans la contestation qu'elle eut avec sir Joseph Banks, son président , et il prononça à cette occasion plusieurs discours fort animés qui sont imprimés dans la Relation authentique des dissensions de la société royale, 1784, et dans des Observations du docteur Kippis sur le méine sujet. llorsley se retira volontairement de la société à l'occasion de la réception d'un homme éminent en dignité, réception qu'il désapprouvait hautement; il fit ses adieux en ces termes : « Je quitte ce temple « où la philosophie présidait autrefois, et où New« ton fut son ministre. » La controverse qu'il soutint victorieusement contre le matérialisme et la nécessité philosophique dont le docteur Priestley s'était déclaré le champion, et contre les attaques portées à la divinité de JésusChrist dans l'Histoire des corruptions du christianisme , fit un honneur infini à ses sentiments comme à ses talents polémiques. Protégé par sa réputation et par son élève, qui disait que ceux qui défendaient l'Église devaient être soutenus par l'Église , il ne pouvait guère manquer d'obtenir de l'avancement. Il venait d'être nommé prébendier de l'église de Gloucester lor,squ'il fut élevé en 1788 au siége épiscopal de StDavid , qu'il échangea en 1793 pour l'évèché de Rochester et le doyenné de Westminster. En 1802, il fut transféré à l'évèché de StAsaph. Son opposition à l'espèce de fureur démocratique qui dominait alors une grande partie des esprits, opposition qu'il manifesta dans ses discours à la chambre des pairs, lui attira quelques sévères réprimandes et éleva contre lui la clameur populaire qu'il méprisa. Sa mort fut, à ce qu'il parait, l'effet du chagrin qu'il ressentit de la perte du lordchancelier Thurlow , son protecteur et son ami. Il avait quitté Londres dans un état de santé parfaite , pour aller- à Brighton visiter le noble lord. 11 apprend sa mort en arrivant, tombe malade et meurt peu de jours après, le 4 octobre 1806. Horsley était un homme d'une vaste et profonde érudition , orateur et écrivain éloquent, d'un esprit plein d'énergie, mais ardent , comme on peut en juger par ses écrits; d'un caractère ferme dans ce qu'il croyait juste, charitable et désintéressé , mètne jusqu'à l'excès. Les plus importantes de ses nombreuses publications sont : 1° une édition des OEuvres d'Isaac Nettdon, 1779-1785, 5 vol. Cette édition, qu'il a accompagnée d'un commentaire, est un des ouvrages les mieux exécutés par la typographie anglaise ; elle fut annoncée au prix de cinq guinées, et se vend aujourd'hui dix, ce qui prouve sans doute en sa faveur; mais ceux qui ont consulté l'édition des Principia, publiée par les PP. Jacquier et Leseur, minimes , n'hésitent pas à donner la préférence à cette dernière. 2. Des Traités de controverse, contre le docteur Priestley, imprimés pour la troisième fois avec des additions considérables, en 1793, 1 vol. 3° un traité anonyme trèsestimé Il s'attacha surtout à prouver l'ignorance et l'infidélité de son antagoniste dans les matières sur lesquelles il prononçait avec tant d'assurance. Celuici parut d'abord espérer de convertir Horsley et de lui inspirer des remords. Mais, assailli de nou- veaux coups, il ne put que l'injurier en l'accusant de falsifier l'histoire et de diffamer le caractère des morts. sur les Propriétés des langues grecque et latine, 179G 4° une traduction anglaise du prophète Osée, avec des notes , 4 801 ; réimprimée en 1804 avec des additions ; 5. Euclidis elementorum libri priores 12, ex Commandini et Gregorii versio- nibus latinis, etc., Oxford, 1802 6° Euclidis datorum liber cura additamentis necnon tractatus alii ad geometriam pertinentes , ibid. , 4803 ; 7° des Sermons qui ont été réunis au nombre de neuf, précédés d'une dissertation sur les prophéties du Messie répandues parmi les païens, 1815 8. des Discours éloquents , prononcés dans la chambre des lords , dirigés en partie contre les principes de la révolution française , contre la traite des nègres , etc. On cite principalement un discours qu'il prononça devant cette chambre dans l'abbaye de Westminster, le 30 janvier 1793, au sujet du supplice de Louis XVI. On a publié depuis la mort de llorsley le livre des Psaumes , traduits par lui de l'hébreu, avec des notes, 1815, 2 vol. ; et 2 vol. de ses Sermons; ils ont été réimprimés en 181G, Londres, 3 vol. — HoRst.Ey , mort le 12 décembre 1731, fut membre de la société royale de Londres et pasteur d'une congrégation de dissenters à Morpeth dans le Northumberland. 11 a laissé un ouvrage estimé, imprimé en 1732 sous le titre de lit romana, divisé en trois livres , où l'on trouve un vaste et savant tableau des vestiges des monuments romains dans la GrandeBretagne
  • Samuel ISARN( 1637) : né à Castres en 1657, était fils de Jean Isarn, greffier en chef de la chambre de l'édit. Il se lia d'une étroite amitié avec Pélisson, et se rendit à Paris pour le voir en 165'2. Introduit par son ami chez mademoiselle de Scudéri, il en devint éperdument amoureux ; mais Paisson , malgré sa laideur, qui , suivant madame çle Sévigné, dépassait toute permission , lui fut préféré. Isar') publia, en 1660, un opuscule intitulé la Pistole parlante, OU la Métamorphose d'un louis d'or ; réimpritné sous le titre de Lettre galante ( i mademoiselle de Scudéri, et plus tard encore, sous celui d'Histoire d'un louis d'or. L'édition la plus recherchée des amateurs est intitulé le Louis d'or politique et galant, Cologne, 1695 La Monnoye l'a inséré dans le Recueil de pièces choisies tant en vers qu'en prose, t. 2, p. 9.40-'274.2 , SOUS CC titre: le Louis d'or, à mademoiselle de Scudéri. Isarn, dans sa pièce, avait fait l'éloge de Mazarin en huit vers. Dans sa réponse , mademoiselle de seudéri l'exhorte à faire quelque ouvrage plus « grand à la louange de ceux qu'il a loués en huit vers seulement. » Cet opuscule, plein de verve et de gràce, lui mérita l'avantage d'ètre choisi par Colbert pour accompagner en qualité de gouverneur, dans son voyage auprès des cours étrangères , le marquis de Seignelay , son fils. Après avoir rempli cette mission avec autant de talent que de probité, harn eut ses entrées à la cour ; il en profita , et aurait obtenu de l'avancement , si une mort prématurée n'était venue le frapper. Un laquais de M. de Seignelay ayant emporté par inadvertance la clef de la chambre dilsarn, celuici, qui y était renfermé, s'y trouva mal, ne put appeler du secours , et mourut ainsi misérablement. — 1SARNGREZES , avocat , de la mème famille , était membre de l'Académie de Castres et faisait agréablement des vers. On cite de lui : 10 Elégie sur la mort de Balzac ; 2' Ma- drigaux galants ; 30 Sonnet sur le songe d'un amant favorisé par sa maltresse ; 4. Madrigal sur un baiser, 5. Vers sur le poënie de Sarrazin intitulé La défaite des bouts- rimés ; 6. Vers mis dans un tronc pour les pauvres , gardé dans une rue par deux demoiselles. IsarnGrezes vivait de 1659 à 1699 environ, 74.
  • Samuel JEBB : médecin anglais du 18e siècle, natif du comté de Nottingham, fut d'abord biblio- thécaire de Jeremy Collier, célèbre parmi les non-- jureurs. Ayant épousé une parente d'un apothi- caire en réputation , il prit de lui des leçons de pharmacie et de chimie , et le goût pour la profession de médecin, qu'il exerça ensuite avec beaucoup de succès à Strafford, tout en cultivant les lettres, qui avaient eu ses premiers hommages. Il mourut en 1772. Il a publié, entre autres ouvrages : 1. S. Justini martyris cum Tryphone dia- logus, 1719, in -8. ; 2" De vita et rebus gestis Maria Scotorum reginœ, Franciœ dotariœ , quœ scriptiJ tradidere authores xvi, 1725, 2 vol. ; 3" un ; 5. une édition de 1' 0 pue tiiajus (le Bacon, inprimée par Bowyer, 4731 ; Humphr. Hodii 9, de Grœcis illustribus linguce grœcce Iitterarunique humanioruin instauraturibus , etc., nrœmiititur de vita et scriptis ipsius Hamphredi dissertatio, authore S. Jebb, Londres, 17,12 Il fut en 1722 l'éditeur de la Bibliotheca litteraria, savant ouvrage dont il ne parut que dix numéros, œù l'on trouve quelques morceaux intéressants. — Sir Richard JEBn , son fils, fut l'un des médecins extraordinaires du roi d'Angleterte
  • Samuel JESI( 1789 - 1855) : graveur en tailledouce dist né à Milan en 1789, mort à Florence le 17 janvier 1853. Parmi ses principales productions nous signalerons sa gravure du tableau d'Agar du Guercin , et celles de la Vierge et de St- Jean, et de St- Étienne, par le frère Barthélemy, qui se trouvent dans la cathédrale de Lucques. Il mit cinq ans à graver les portraits du pape Léon, du cardinal Rossi et de Jules de Médicis qui se trouvent dans la galerie Pitti à Florence. En 1842, il commença à créer des caractères pour la calcographie, et après de savantes recherches dans ses voyages à Paris et à Londres, où il étudia les divers procédés employés pour la gravure , il fit connaitre ses procédés en 1846 , et fonda une école. En 1849 il grava la Vierge à la vigne de Raphaël avec une grande perfection
  • Samuel JOHNSON( 1649) : théologien anglais, né en 1649, fut nommé, en 1670, recteur de Corr , et devint ensuite chapelain de lord Guillaume Russel. Le duc d'York s'étant déclaré catholique, les protestants attaquèrent avec violence ses droits à la succession au trône; et Johnson, entre antres, publia à cette occasion, en 168'2, un traité intitulé Julien l'Apostat contre le docteur Hicks, le champion de l'obéissance passive, qui répondit par un écrit intitulé Jovien. Johnson répliqua sous ce titre , les Artifices de Julien pour miner et extirper le ehristianisnze ; mais il ne publia point son manuscrit. Il fut cependant mis en prison et condamné à payer une amende de cinq cents marcs . Du reste, l'infortune n'abattit point son courage : animé par Ilampden, qui était son camarade de prison, il lit imprimer et répandre, en 1686, une Adresse à tous les pro- testants de l'armée, adresse pour laquelle il fut condamné à payer une seconde amende, h être dégradé de la prêtrise, à figurer deux fois au pilori, et à être fouetté depuis Nevegate jusqu'à Tiburn. Ses amis demandèrent qu'on lui épar- gnàt la fustigation, mais Jacques répondit que, 0 puisque Johnson avait la ferveur du martyre, il 0 était bon qu'il le souffrit. » Il le souffrit en effet, nonseulement avec fermeté, mais avec joie. (11 Ce traité a été traduit sen français sous ce titre : Julien l'Apostai ou Abrégé de sa rie, avec une comparaison du papisme et du paganisme , 1688, bans indication de lieu, petit Dans la cérémonie de sa dégradation , on oublia de le dépouiller de sa soutane ;.ce qui, rendant l'exécution imparfaite, lui conservà sa cure. Après la révolution, le parlement déclara nul et illégal le jugement prononcé contre lui : le roi lui offrit le riche doyenné de Durham; mais il voulait un évèché, lui qui n'avait jamais possédé qu'une cure de quatrevingts livres sterling de revenu. Le docteur Tilloison lui fit obtenir une pension de trois cents livres et plusieurs gratifications; ce qui ne l'empêcha pas de se plaindre jusqu'à sa mort , survenue en 1703. Ses écrits contre le roi Jacques ont été réunis en un VOlUllie 1710, et il en a été fait une deuxiente édition en 1713
  • Samuel JOHNSON( 1709) : littérateur anglais justement célèbre comme biographe, comme critique, comme philologue, comme moraliste et comme poile, naquit le 18 septembre 1709, à Litchtield, dans le condé de ‘Varwick,. Son père était un libraire de cette ville, fort at- taché à la cause de la dynastie des Stuarts cependant il sut accorder , par des arguments qu'il croyait bons , la ténacité de ses principes avec le serment de fidélité qu'il lui fallut prêter à la maison régnante. Nos opinions les plus affer- mies, nos habitudes les plus constantes, ne sont le *plus souvent que la suite des premières idées qui nous ont frappés, et des premières inclinations que nous avons contractées. L'homme n'est que l'enfant développé. Samuel Johnson, élevé par un père royaliste et par une mère pieuse, fut constamment le zélé défenseur du trône et de l'autel. Lontemps pauvre et obscur, il .ne cessa jamais d'écrire pour le soutien du pouvoir et la distinction des rangs. De crainte ?lu'on ne portât atteinte aux bases de l'édifice social , il défendait jusqu'aux restes de la féodalité : il ne pouvait souffrir sans impatience qu'on blâmât Charles II, et il le justifiait toujours avec chaleur, mème après avoir accepté une pension du roi régnant. Ainsi ses opinions politiques ne s'accordaient avec aucun des partis qui divisaient les hommes de son temps. Zélé tory, il repoussait comme pernicieuses toptes les doctrines des whigs, favorables à la liberté : royaliste de la vieille roche, c'est-àdire jacobite , il n'était pas éartisan de la maison de Hanovre, et il regardait les concessions faites par la couronne à la chambre des communes comme les suites funestes d'une révolution qui mettait en danger le pouvoir royal. Il en était de même de ses opinions religieuses : à l'époque d'un relâchement universel, lorsque les écrits des Hume, des Bolingbroke, des Voltaire , des Rous- seau, des Diderot , faisaient le plus de sensation, Samuel Johnson fut un chrétien fervent. Quoiqu'il ait payé le tribut aux passions humaines, jamais sa foi ne fut ébranlée. Il ne pouvait supporter qu'on attaquât aucune des sectes chrétiennes, et il les considérait plutôt comme séparées par la politique que par le fond mème de leur croyance. H était fermement attaché à l'6glise anglicane ; mais ensuite il préférait le catholicisme à toutes les autres communions : il n'entreprenait rien d'important sans adresser à Dieu• une prière spéciale , qu'il avait soin On appelait ainsi , d'après le nom du roi Jacques , ceux qui étaient restés attachés à la dynastie dus Stuarts. ' Grand, fort et robuste, il était sujet à des tics convulsifs ; ce qui, joint à son allure dégingandée, à, la gaucherie et à la rudesse de ses manières, ajoutait encore à sa difformité naturelle. Mais dès son plus jeune âge aussi, la force de son esprit se manifesta ; il surpassa tous ses camarades dans l'école où on l'avait mis. Son père, qui désirait développer de si heureuses dispositions, lui obtint la place de gouverneur du fils d'un homme riche, qui se rendait à Oxford pour continuer ses études. Après deux ans de séjour, Samuel Johnson fut quitté par son élève : il resta encore au collége, mais privé d'appointements, et dans une détresse qui affligeait ses camarades, dont son orgueil refusait les secours. Ce motif lui fit, à son grand regret, abandonner l'université sans avoir pu prendre ses degrés. Pendant son séjour, il y avait déjà donné des preuves d'un talent naissant. Son professeur, pour quelques fautes qu'il avait commises, lui avait ordonné, pendant les fêtes de Noël, de traduire en vers latins le peule de Pope sur le ,Ilessie. Il exécuta cette tâche avec une telle habileté, que sa réputation, comme poète latin, se répandit, nonseulement dans son collége , mais dans toute l'université. Son père lit imprimer ce lierne à son insu , et Pope , lorsqu'il le lut, en fut tellement satisfait, qu'il dit que le traducteur avait écrit de manière à faire croire à la postérité que le peine anglais était traduit du latin. Les poëmes latins de Johnson ne sont cependant pas aussi excellents, et d'une latinité aussi pure que Pope le croyait. Le père de Johnson mourut en 4751, après avoir fait de mauvaises affaires , et ne lui laissant (lue vingt livres sterling. C'est avec cette faible somme que le jeune Johnson , sans aucun emploi, sans ètre instruit dans aucune profession, fut jeté dans le monde à l'âge de vingtdeux ans, privé de secours, de tout appui, de tont protecteur. Il chercha d'abord à gagner sa vie comme répétiteur dans une école ; mais, trouvant cette tâche trop pénible, n'abandonna. Un chirurgien de Birmingham , qui avait été son camarade de collége, le retira chez lui , et ce fut pendant son séjour dans cette ville qu'il traduisit du français, pour un libraire, les voyages de Jérôme Lobo en Abyssinie. Cet ouvrage , qui lui fut payé cinq guinées , marqua d'une manière insignifiante le commencement d'une carrière littéraire qui devait ètre si longue et si brillante. A l'âge de vingthuit ans, Johnson crut trouver une ressource contre la pauvreté en épousant la veuve d'un marchand de Birmingham, qui avait quarantehuit ans , mais qui possédait huit cents livres sterling ou une vingtaine de mille francs. C'est avec cette somme qu'il essaya de monter une pension à Édial, près Litchfield ; mais il ne put jamais réunir plus de sept ou huit écoliers, et il tut obligé de renoncer à cette entreprise , après y avoir consumé le peu qu'il possédait. Au nombre de ses élèves était David Garrick, dont il resta toujours l'ami : cependant il n'aimait pas les acteurs, et il avait peine à pardonner i'exercice de cette profession, mème à tin Garrick. Il se rendit à Londres pour y faire jouer une tragédie d'Irène, qu'il avait composée, et il ne put y parvenir. Dénué de toutes ressources, il offrit sa plume à M. Cave, propriétaire d'un recueil pério- dique intitulé the Gentlenzan's 41Iagazine, et il fut employé à rendre compte clans ce journal des discours faits au. parlement depuis le 19 novembre 1740, jusqu'au 25 janvier 17/5. L'entrée de la chambre des communes était alors interdite au public, et les débats étaient rédigés sur de simples notes données par des huissiers , que le directeur du journal payait pour cela : les discours que Johnson composait d'après ces notes parurent tellement remarquables, que Voltaire écrivit alors que les orateurs du parlement bri- tannique égalaient par leur éloquence ceux de Rome et d'Athènes. On ne sut que longtemps après quel était l'auteur de ces beaux discours. Johnson, à cette époque, pressé par le besoin, écrivit aussi quelques brochures, des dédicaces et des préfaces pour différents livres qui lui étaient demandés par des libraires ou par des auteurs. Plusieurs de ces morceaux ont été avec raison imprimés dans ses oeuvres générales, parce qu'il y donne déjà des preuves de ce talent, qui depuis l'a rendu si célèbre, d'exprimer des pensées justes et profondes , et des préceptes de morale d'un intérèt universel , avec une singulière énergie d'expression et une rare éSégance de style. Ce fut alors que Johnson se lia avec Savage, comme lui pauvre et pote, mais aimable et fait pour le grand monde , où il aurait percé sans son inconstance et son inconduite. Plusieurs fois Savage et Johnson, n'ayant point le moyen de payer leur logement, passèrent ensemble la nuit, errant dans les rues de Londres , comme les derniers des vagabonds. Tel fut l'état de détresse où s'est trouvé exposé celui dont le cercueil a été porté par les hommes les plus célèbres et les plus distingués de l'Angleterre, et dont le monument funèbre érigé dans la cathédrale du royaume par des souscriptions volontaires, a coûté onze cents guinées. Cependant, dès 1738, il avait publié sa satire intitulée London, imitée de Juvénal ; elle eut beaucoup de succès. Pope surtout la distingua ; il chercha à en connaltre l'auteur, et ayant appris que c'était un homme inconnu, il dit qu'il cesserait bientôt de l'étre. Sa prédiction ne s'accomplit pas : Johnson resta encore longtemps presque aussi obscur et toujours pauvre. Pope , pour lui procurer la direction de l'école d'Appleby, dans le comté de Leicester, essaya en vain de le faire recevoir maître ès arts à l'université de Dublin , par l'entremise de son ami Swift ; il ne put y parvenir. En 1744, Johnson publia la Vie de Savage, qu'une mort prématurée avait enlevé aux lettres et à son amitié. L'intérêt que l'auteur sut répandre sur les infor-
  • Samuel KLINGENSTIERNA( 1698) : mathématicien et philosophe suédois, né le 8 aoùt 1698, à Tolefors, près Linkoeping, lit ses études à Upsal, et s'appliqua principalement au droit, pour se conformer au désir de sa famille; mais il fut bientôt entraîné vers un autre objet par un penchant irrésistible. Les sciences mathématiques le captivèrent au point que , pour pouvoir s'y livrer, il renonça aux avantages qu'il allait recueillir de l'étude de la jurisprudence. Il composa, dès l'année 1 ï23, deux dissertations : l'une sur la hauteur de l'atmosphère , l'autre sur la manière de perfectionner le thermomètre; elles furent insérées dans les Mémoires , eut obtenu sa retraite, on jeta les yeux sur Klingenstierna pour le remplacer ; et la nation entière applaudit au choix que l'on fit de cet homme aussi distingué par ses talents que recommandable par ses qualités morales. Il s'acquitta de cette fonction importante avec autant de zèle que de succès, et il obtint des marques flatteuses de l'estime qu'il avait inspirée. On lui accorda le titre de secrétaire d'État, et il fut décoré de l'Étoile polaire. Klingenstierna passa les derniè- res années de sa vie dans une retraite absolue, sa santé ayant été affaiblie par le travail. Il fit cependant un dernier effort, et reparut dans une carrière où il avait déjà recueilli plus . Outre les ouvra- ges dont nous avons parlé, on a de lui une édi- lion latine des Eléments d'Euclide; une traduction suédoise de la Physique de Müschenbroek , et deux Discours en suédois, lus dans l'académie de Stockholm : l'un est un éloge du savant mécanicien Polhem; l'autre roule sur les expériences électriques les plus récentes du temps de l'auteur, C—AU.
  • Samuel KNIGHT( 1574 - 1646) : ecclésiastique anglais, né à Londres en 157 , fut chapelain de George 11, et archidiacre de Berks. Il publia , en 1721 et 1726, à Cambridge la Vie d'Érasme et celle du doyen Colet; ouvrages médiocrement écrits, mais riches en détails. La Vie d'Érasme, ornée de portraits nombreux et bien exécutés, est trèsrecherchée aujourd'hui. Les communications de l'auteur avec plusieurs écrivains de son temps leur avaient été d'un grand secours. Il mourut k 10 décembre 1616
  • Samuel KŒNIG( 1712 - 1757) : fils du précédent , naquit à Buedengen en 1712, et mourut à la Haye en 1757. Dès sa jeunesse il montra de grands talents, beaucoup d'application et un goùt décidé pour les mathématiques et la philosophie. Il fit ses études à Berne , à Lausane, à Bâle , sous Jean Bernoulli, et ensuite à Marbourg , sous le célèbre Wolff. Il avait aussi étudié le droit ; et , à son retour à Berne, il fut reçu avocat. Son goût pour les ma- thématiques l'engagea bientôt après à accepter une place dans la maison de la marquise du Châtelet. Pendant les trois ans qu'il demeura chez cette dame illustre, il lui enseigna la science à laquelle il s'était dévoué ; et l'on sait qu'il eut quelque part à la composition des ouvrages de cette dame. L'académie des sciences de Paris le reçut , en 1740, parmi ses membres correspondants. En 1741 , il retourna à Berne et y prit part aux projets et aux trames dont il a été question dans l'art. de Sam. IIENzt. Il fut banni en 1744. Après avoir refusé une place qui lui était offerte à Pétersbourg, il accepta la chaire de philosophie à Franecker. Ce fut à cette occasion qu'il prononça le discours imprimé depuis, et qui fut trèsapplaudi : De optimis Ilfolliana et Netctoniana philosophandi methodir earumque arnica consensu. En 1748 , le prince stathouder l'appela près de sa personne et le nomma conseiller et bibliothécaire. En 1749, les États lui confièrent la chaire de professeur en philosophie et celle de droit naturel à l'académie militaire de la Haye. Il rendit d'éminents services dans cette place ; et sa renommée s'augmenta par une querelle fameuse qu'il soutint contre Maupertuis. Cet illustre savant se glo- riflait beaucoup de ses découvertes, à l'occasion du principe de la moindre action. Kœnig le com- battit en partie, et produisit le fragment d'une lettre de Leibnitz , par laquelle il prouvait que celuici était le véritable auteur de la découverte dont il s'agissait. Maupertuis intéressa l'académie de Berlin dans sa cause ; elle s'érigea en juge, somma Koenig de produire l'original , et, au dé- faut, déclara ce fragment supposé et faux. On trouve les détails de cette affaire , qui fit beaucoup de bruit, dans l'Appel au public, que Kœnig publia en 1752 , et dans la Haupertuisiana, qui n'est qu'un recueil de tout ce qui a paru au sujet de cette dispute. On trouve plusieurs mémoires de Koenig dans les Acta eruditorum, dans les Mémoires de l'académie de Berlin, et dans les Feriœ Gron gance d'Engelhard. — Son frère , David KOENIG , né à Berne en 1725 , mourut à Rotterdam en 1747. Il avait quitté la Suisse avec son frère , et il fut médecin. On a imprimé, après sa mort , sa traduction latine de l'ouvrage d'Arbuthnot, sous ce titre : Tabulce antiquorum numerorum , mensurarum et ponderum, pretiisque rerum venalium, Utrecht, 1756
  • Samuel LEE( 1783) : orientaliste anglais, né le 14 mai 1783, au village de Longnor, dans le comté de Shrewsbury. Il reçut sa première instruction dans une école de charité, et y resta jusqu'à l'âge de douze ans, sans manifester aucune disposition remarquable qui ait attiré sur lui l'attention de ses maltres. Après ètre sorti de l'école, le jeune Samuel fut mis en apprentissage chez un charpentier; car ayant perdu son père encore en bas âge, on avait hâte de lui donner le plus tôt possible les moyens de gagner sa vie. C'est pendant son apprentissage que le goût de Lee pour la lecture se développa ; tous les livres qui tombaient entre les mains de l'enfant étaient dévorés en peu d'heures. Quelques livres latins lui ayant passé sous les yeux, surtout des livres d'église, car il était employé par son maltre d'apprentissage à la construction d'une chapelle catholique à ActonBurnell, l'enfant conçut le projet d'étudier le latin; il acheta un rudiment sur l'étalage d'un bouquiniste et l'apprit en entier par coeur; puis il se procura d'autres livres élémentaires qu'il étudia par luimême. Lee profitait de la présence de quelques prêtres catholiques pour leur demander des explications sur ce qu'il ne comprenait pas. 11 n'avait alors pour tout salaire que six shellings par semaine et devait encore làdessus payer son logement et son blanchissage. Sitôt que sa paye fut élevée d'un shelling, le petit charpentier en profita pour se procurer une Bible latine, un Florus, un César, un Virgile et quelques autres auteurs latins. Mais comme l'acquisition de ces livres excédait de beaucoup ses moyens, l'enfant ne les achetait que les uns après les autres ; il les revendait à mesure, et le prix de l'un , augmenté de quelques pence, lui servait à payer l'autre. Sorti d'apprentissage, Lee prit la résolution d'apprendre le grec. 11 acheta la grammaire grecque de Westminster, et à l'aide du Lexicon de Schrevelius , il se mit à traduire la Bible. De là il passa à d'autres exercices, puis aborda les auteurs de la bonne précité, Xénophon, Platon, Homère, etc. Les progrès rapides que Lee avait faits dans les langues classiques l'encouragèrent à porter plus haut ses prétentions philologiques ; il voulut tenter de l'hébreu, et, prenant sur ses nuits, à l'aide d'une grammaire et d'un dictionnaire de Buxtorf, , il entreprit de lire l'Ancien Testament dans la langue originale. Une violente ophthalinie le força un instant d'interrompre ses études favorites; mais rien ne pouvait décourager son ardeur, et il n'était pas plutôt rétabli qu'il se mettait au chaldéen et essayait de traduire le nrgum d'Onkelos. Du chaldéen il se mit au syriaque, puis au samaritain. Lee se rendit mettre de ces différents idiomes avec une égale facilité; mais, dépourvu de livres, il se voyait arrêté sans cesse dans ses progrès. Il avait alors atteint sa vingtcinquième année et pouvait travailler par luimême comme charpentier ou menuisier. S'étant procuré tous les outils de sa profession, il. fut employé, sous la direction de son inaltre d'apprentissage , à la construction d'une maison dans le Worcestershire. Malgré son goût pour la philologie, Lee sentait qu'il lui fallait abandonner ses livres , et il était décidé à ne plus songer qu'à exercer son état , quand un événement imprévu le ramena à ses véritables inclinations. Le feu ayant pris à une maison qu'il était occupé à réparer, tous ses outils furent consumés , et Lee se trouva tout à coup sans un shelling et sans moyen d'en gagner. Il eut alors l'idée de se faire maltre d'école ; mais il ne savait comment se procurer les livres nécessaires pour se mettre en état d'enseigner. 11 n'avait point d'ami qui lui pût prêter d'argent. heureusement, un ministre anglican , M. Corbett, ayant entendu parler de la passion du jeune charpentier pour l'étude, voulut le connattre, et il lui avança les fonds nécessaires pour la réalisation de son projet. Une autre personne généreuse, le docteur J. Scott, lui vint aussi en aide ; et grâce à ses deux bienfaiteurs, Lee tilt en mesure de poursuivre ses
  • Samuel LUCHTMANS( 1652 - 1708) : célèbre imprimeur el libraire hollandais , était issu d'une ancienne famille d'imprimeurs qui eut pour ancêtre Jordan Luchtmans, né en 165i et mort en 1708. Son père , Samuél Luchtmans, né en 1685, s'est fait connaître par une dissertation intitulée De ? traite, litteraru? in mercat? ra, Leyde, 1702. 11 devint imprimeur de l'université et a publié jusqu'à sa mort, arrivée en 1757 , un nombre considérable de classiques. Samuel Luchtmans, dont il est ici question, naquit à Leyde en 1724 ; il fit avec son frère Jean, plus jeune que lui de deux années, ses études à l'université de sa ville natale, et soutint le même jour que lui, en 1740, sa thèse inaugurale. Les deux frères partirent ensuite pour l'Allemagne, visitèrent plusieurs fois l'Angleterre et la France et donnèrent à leur maison de librairie une impulsion remarquable. Leurs affaires s'étendaient jusqu'à Constantinople et en Amérique. Les frères Luchtmans ont fait paraitre , de 1754 à 1789 , une foule d'éditions excellentes de classiques données par les Ruhnlien, les Gronovius, les Ernesti , les Burmann, les Yalelienaer et les Wyttenbach. Samuel Luchtmans mourut en 1780, laissant à son frère Jean la direction de sa maison. —LucirrmAxs , fils du précédent, né à Leyde en 1766, mort le 15 mai 1812 , fut associé par son oncle à ses affaires, et il contribua puissamment à soutenir la réputation de cette célèbre librairie, qui passa aux mains des descendants de Jean et qui a continué à fournir les PaysBas de ses meilleures éditions classiques. L'imprimerie Luchtmans obtint le titre d'imprimerie de l'université de Leyde, et elle a commencé en conséquence, en 1815, à en publier les Annales
  • Samuel LYSONS( 1763 - 1819) : antiquaire anglais, né en 1763 à Rodmarton, près de Circencester, dans le comté de Gloucester, et élevé à Bath , parut au barreau de Londres, mais plus souvent encore aux séances des compagnies savantes. Il devint conservateur des archives de la Tour de Londres, membre de la société royale de cette ville et de la société des antiquaires. Il est mort le 18 avril 1819. On a de lui les ouvrages suivants : P An- tiquiMs du condé. de Gloucester, 1804 dont les planches ont été gravées avec talent par l'auteur sur ses propres dessins ; 2° Antiquités ro- maines dérourertes par lui à iroodrhester, 1797 ; 3° Recueil d'antiquités romaines éparses dans la Grande- Bretagne ; le Magna Britannia, 1806-18n, fa vol. ouvrage entrepris conjointement avec son frère, Daniel L sons , qui se proposait de compléter plusieurs autres de leurs communs écrits ; 5° une iSuite de Lettres écrites par des rois et froncées dans les archives de la Tour de Londres
  • Samuel MADDEN( 1687 - 1765) : ecclésiastique irlandais. né en 1687, fut élevé au collége de Dublin, où il proposa en 1731 un plan pour l'encouragement des études par le moyen de récompenses publiques ; il étendit ensuite ce plan à d'autres objets, et, voulant le mettre luimême à exécution dès 1740, retrancha annuellement cent livres sur sa dépense personnelle, pour être distribuées en forme de prix aux habitants de l'Irlande, savoir cinquante livres à l'auteur de la meilleure invention pour perfectionner un art utile ou une manufacture quelconque ; vingtcinq livres à celui qui exécuterait la meilleure statue ou autre ouvrage de sculpture ; vingtcinq livres à l'artiste qui produirait le meilleur ouvrage de peinture, soit histoire, soit paysage. Ces prix devaient ètre décernés d'après le jugement d'une société que Madden avait instituée à Dublin et qui a été le modèle de la société établie à Londres pour l'encouragement des sciences et des arts. Il mourut le 30 décembre 1765. L'Irlande, dit Johnson , doit à jamais honorer son nom. Grosley prétend ', Londres, 1772, t. 2, p. 100), qu'il était d'origine française, qu'il s'appelait Madain , et alla s'établir à Dublin, où il acquit une fortune considérable dont il fit le plus 'noble usage. On a de lui quelques ouvrages : 10 Mé- moires du 20e siècle, ou Lettres d'Etat authenti- ques écrites sous George Ill, relatives aux événements les plus importants en Angleterre et dans l'Eu- rope, etc., depuis le milieu du 18° siècle jusqu'à la fin du 20° et du monde; reçues et révélées en 1728 , Londres , 1733 , I vol. qui devait être suivi de cinq autres. Cet ouvrage fut saisi en partie quelques jours après sa publication , de sorte qu'il est aujourd'hui trèsrare. 2° Le Monu- ment de Boulter, poème , revu par le docteur Jonhson , et publié en 1743 ou {7!4; 30 une Epitre d'environ deux cents vers , imprimée en tète de la Vie de Philippe de Macédoine
  • Samuel MARITZ( 1705 - 1786) : fils aîné de Jean Maritz, naquit à Burgsdorf en 1705, fit ses premières études dans l'art de la fonderie sous son père, qu'il accompagna à Genève en 1723 , et lui succéda vingt ans plus tard. En 1748, il fut chargé de la direction de la fonderie de Berne , et prit alors le titre de commissairefondeur des républiques de Berne et de Genève. Dix ans plus tard, l'empereur d'Allemagne l'ayant appelé auprès de lui , il alla organiser quelques fonderies de ce pays ; mais il refusa d'y rester et rentra dans sa patrie. 11 mourut aveugle en 1786. De ses deux fils, l'aîné, Jean , né à Genève en 1738, suivit la même carrière. Après avoir passé quelques années à Strasbourg sous la direction de son oncle, il suivit en Espagne cet oncle, qui lui confia l'administration de la fonderie de Barcelone ; puis il partit pour la Hollande. 11 organisa alors la magnifique fonderie de la Haye, en y appliquant les inventions de son grandpère, et resta chargé de la direction de cet établissement, que ses deux fils, Louis et Jean, continuèrent d'administrer après sa mort, arrivée en 1807
  • Samuel MATHER( 1706 - 1785) : théologien américain , fils du précédent , naquit à Boston en 1706 , et prit ses grades au col loge Harvard en 1728. Il reçut les ordres dans l'église dont son père était ministre , en juin 173'2, et demeura attaché à cette paroisse durant dix années, jusqu'à ce qu'un. dissentiment d'opinion l'eût séparé de son collègue. Il fut alors construire une église dans Benn. street , dont il demeura pasteur jusqu'à sa mort, arrivée le 27 juin 1785. Mailler appartenait à la secte des universalistes , et il demanda par son testament que son enterrement eût lieu sans aucune cérémonie. Il a composé un grand nombre de sermons , et publié divers sermons de son père, dont il a écrit une Vie, 1729 on lui doit encore un Essai sur la reconnaissance , 1732 ; — un Discours sur la mort de la reine Caroline, 1738 ; — une Apologie de la liberté ecclésiastique dans la Nouvelle- Angleterre, 1738, ; — une Dissertation sur le nom Ji, Jéhovah, 17 60 ; — un Essai sur l'Oraison domini cale, 1766 ; — un poënie anglais sur le ministèr sacré, en vers blancs, 1773 ; l'Amérique connue ( les anciens, 1774, et divers autres écrits, la plupart relatifs à la controverse religieuse
  • Samuel MAUNDER( 1790 - 1849) : compilateur et écrivain 1 ' lais, né à Londres vers 1790. 11 épousa la r d'un littérateur, William Pinnock , qui s'est connaître par un grand nombre d'ouvrages ît ducation , et se consacra aussi à ce genre de .iérature. Il a publié un nombre considérable le abrégés et de recueils encyclopédiques, entre 'quels il faut citer : Treasury (y. useful knowledge ; - Treasury of history ; — Ti easury of natural , tory; — Biographical Treasury ; — Unirersal ass book. Maunder mourut à Londres le 30 avril -49. Z
  • Samuel MERRIMAN( 1771 - 1853) : médecin anglais, né le 25 août 1771 à Marlborough , d'une ancienne famille du pays. Son bisaïeul avait servi comme capitaine dans l'armée de Cromwell. Il lit ses études avec beaucoup de succès à l'ancienne Grammar Srhool de sa ville natale, fondation du roi Edouard VI, puis alla s'établir à Londres, en 1784 , avec son père et son oncle le docteur Samuel Merriman , homme instruit et distingué, qui mourut en 1818. Grâce aux soins de celuici et de M. Robert Roy, il compléta son éducation classique, étudia ensuite la médecine et, guidé par son cousin M. William Merriman , qui av ait embrassé la même carrière , se fit recevoir pharmacien. Après s'être marié, Merriman exerça pour son propre compte, et, à dater de 1807, se consacra surtout à la pratique des accouchements. Il prit alors le diplôme de docteur à l'université d'Aberdeen, et fut attaché en qualité de médec au dispensaire général de Westminster, puis, en 1809, à l'hôpital de Middlesex, et l'année suivante il ouvrit un cours d'obstétrique qui eut beaucoup de succès et qu'il continua jusqu'en 1825 ; il lit aussi quelques leçons publiques sur d'autres branches de l'art (le guérir. La grande réputation que le docteur Merriman s'était acquise comme accoucheur. sa qualité de pharmacien , le tirent attacher à la société des apothicaires , et il devint un des examinateurs chargés de Conférer les diplômes. Ce médecin se fit connaître comme auteur d'abord par une brochure sur la vaccine, publiée en 1805, puis par des articles et notices dans le London medical Repository, le London medical and physieal Journal, la Lancette, et autres recueils médicaux. Sa brochure intitulée la Validité des pensées sur la reforme médicale, publiée en 1833, eut quelque retentissement ; il y combattait les opinions d'un auteur anonyme qu'on a supposé ètre le docteur Allen. Celuici s'était permis de critiquer la manière dont se faisaient les examens des apothicaires ; Merriman défendit habilement sa cause. Ce médecin cultiva aussi les lettres. Il prit une part active à la rédaction du Gentleman's Magazine, auquel il fournit des articles de critique scientifique et littéraire. Trèsversé dans l'histoire des célébrités médicales, il avait recueilli sur la vie (les plus célèbres médecins un nombre consi- dérable de faits et d'anecdotes. Jusqu'à un Age fort avancé, il donna au public des Notices dont les anecdotes faisaient le fond , et le Journal de médecine de Londres en fit paraître encore une intitulée Le ler octobre 1851, par un octogénaire, quelques années avant sa mort. Membre actif de plusieurs sociétés de bienfaisance, et notamment de la société médicale, pour venir au secours des veuves et des orphelins, Merriman déploya en nombre d'occasions un rare dévouement à l'humanité. Il mourut le 22 novembre 1853, laissant la réputation d'un habile accoucheur et léguant à son fils, médecin distingué, 1111 nom honorable et déjà célèbre
  • Samuel NAGHID : rabbin de Cordoue, ancien grammairien , était disciple de Judas Khioug et contemporain de Rabbi JonasbenGannah. Il a écrit vingtdeux ouvrages, au rapport de d'Aben- Ezra. Les plus connus sont : P Sepher ahoscer . Wolf en parle dans sa Bi- bliothèque hébraïque. AbenEzra le regarde comme le meilleur ouvrage qui ait paru à cette époque parmi les juifs. 2° Ben mischle ',Fils des proverbes). Bartolocci , Buxtorf et Wolf ne sont pas d'accord sur le sujet de ce livre. L'abbé de Rossi, qui n'en possédait que des extraits , se contente de dire qu'il renferme des poésies magnifiques, au jugement de Rabbi Judas Kharizi , mais profondes et obscures . 30 Mevia aghenzara Introduction à la gémare), Constantinople, 1510 ; Venise, 1545, 1598, idP ; dans le Talmud d'Amsterdam, 1714, et ailleurs ; 4° un Traité contre Jonas- ben- Gannah, pour la défense de Judas Khioug, inconnu à tous les bibliographes hébraïques , excepté au docte abbé de Rossi
  • Samuel ŒDMANN( 1750 - 1829) : théologien et naturaliste suédois, né en 1750 à Wexioe, petitfils d'un prévôt ecclésiastique qui avait marié ses sept filles à autant de membres du clergé , fut élevé d'abord par son grandpère , et envoyé en 1768 à l'université d'Upsal pour étudier la philosophie et la théologie, auxquelles il joignit par goût la botanique et la zoologie , qui lui furent ensei- gnées par le célèbre Linné. Ces études ne le menèrent pourtant d'abord qu'à la place de maitre d'école de village, qu'il garda pendant seize ans, et dans laquelle ses distractions furent des obser- vations d'histoire naturelle qu'il communiqua ensuite à l'académie des sciences de Stockholm, ainsi qu'à la société scientifique d'Upsal ; on les trouve insérées dans les Recueils des mémoires de ces deux corps savants. Il traduisit aussi un grand nombre de relations de voyages , et de là il fut amené à rechercher quelles étaient les moeurs des peuples dont il est parlé dans la Bible. Il finit par devenir un commentateur zélé de l'Ecriture sainte. Une maladie, singulière par ses effets, le força pour quelque temps de sus- pendre ses travaux : c'était une fièvre chronique qui , après l'avoir tenu d'abord longtemps en- fermé, venait le reprendre chaque fois qu'il s'ex- posait au grand air. Il en résulta chez lui une telle sensibilité ou une telle peur de l'air du dehors qu'il ne quitta plus sa chambre ni mème son lit ; encore fallaitil entretenir dans cette chambre constamment une chaleur d'au moins 26° du thermomètre centigrade , et l'on était obligé de chauffer tous les objets apportés du dehors vil devait toucher. Ce fut une grande affaire que de le transporter , lorsqu'en 1790 il fut nommé professeur de théologie à Upsal, puis pasteur de VieilUpsal. Enveloppé de couvertures, malgré la chaleur de l'été, il fut porté dans la cabine d'un bateau et n'en sortit qu'au moment du débarquement. il se montra une seule fois à ses paroissiens pour prêcher, puis il vint se remettre au lit pour ne plus le quitter. Ce fut dans son lit qu'il fit ses cours de théologie, qu'il composa ses ouvrages et qu'il prit part aux travaux des commissions chargées de la rédaction d'un catéchisme, d'un rituel , d'un livre de cantiques et de la traduction de la Bible. Sa chambre à coucher était le rendezvous des savants du pays et de l'étranger ; on y exécuta inème des oratorios dont il avait composé le texte. Un incendie qui éclata dans l'hiver de 1809 donna de vives inquiétudes à sa famille et à ses amis. Ce fut en vain qu'on lui représenta la nécessité de fuir le danger ; il refusa constam- ment de quitter son lit, disant que, s'il fallait périr , il aimait mieux que ce fût par le feu, son ami, que par l'air froid, son ennemi mortel ; heureusement l'incendie fut arrêté dans ses progrès. 0Edmann mourut le 2 octobre 1829, laissant une tille sourdemuette. Il a publié un grand nombre d'ouvrages en suédois. Les principaux sont : Dictionnaire géographique pour le Nouveau Testament; Essai sur l' Apocalypse, tendant à prouver que les prophéties qui y sont contenues ne se rapportent qu'à la destruction de Jérusalem par les Romains; des Essais sur les drills du Nouveau Testament; une traduction de l'Evangile de StMatthieu, qu'il publia seul en 1814, ne pouvant s'entendre avec les autres membres de la commission chargée de ce travail. Tous ces écrits annoncent une grande érudition et un haut degré de sagacité critique. On fait peu de cas en Suède de ses cantiques et des sermons qu'il composa , sans les débiter , pour un petit séminaire qu'il avait fondé et qui n'eut pas de durée. On a publié après sa mort ses Souvenirs de la maison paternelle, ouvrage dans lequel il peint d'une manière assez attrayante les moeurs patriarcales du pastorat de Wieslanda , qui était celui de son grandpère, et où les membres de cette famille s'étaient succédé de père en fils depuis le 16e siècle. Voyez Conversations- Lexicon der neuesten Zeit und , Litteratur , t. 3, art. OU-, mann
  • Samuel PARKER( 1640) : évêque d'Oxford , naquit en 1640 à Northampton d'un homme de loi qui montra pendant la guerre civile une grande flexibilité de principes, et qui écrivit en 1650 en faveur de la république. Samuel acheva ses études à Oxford , et fut d'abord imbu des opinions des puritains. Il se distinguait par une vive piété, entre un certain nombre de ses condisciples réunis chaque semaine pour jeûner et pour prier, et qu'on appelait les gruelleurs , parce qu'ils se nourrissaient principalement de gruau. Peu de temps après la restauration , il abandonna ses principes et se montra parmi les plus ardents champions de l'Eglise anglicane. Il devint chapelain d'un grand seigneur, qu'il amusait , diton. par ses plaisanteries aux dépens de ses coreligionnaires, ce qui est rarement l'indice d'un esprit vraiment religieux. Il fut admis en 1695 dans la société royale de Londres; et ce fut la même année qu'il publia des essais physicothéologiques sous ce titre : Tentatnin_ a physieo- theologica de Deo ; sive Theologia 6rholastica , ad normam nove et reformai, philosophioe roncinnata, . Ces essais furent attaqués par le docteur Fairfax et par André Marvell. Quel que fût le sort de son livre, il en fut dédommagé par le succès de sa dédicace à l'archevêque de Canterbury, Sheldon. Ce prélat le nomma son chapelain en 1667, et lui donna plusieurs bénéfices. Parker continua de publier des écrits où il soutenait les plus liantes prétentions de l'Eglise, ainsi que la doctrine politique de l'obéissance passive. Sous le règne de Jacques II, en 1686, il fut récompensé de l'appui qu'il prêtait au pouvoir par sa nomination à l'évêché d'Oxford, qu'il occupa en même temps que l'archidiaconé de Canterbury. 11 fut fait aussi conseiller privé ; et eu 1687, par ordre du roi, président du collège ( le la Madelème à Oxford. Un livre qu'il publia vers cette époque alarma un moment l'Eglise d'Angleterre. Le parlement d'Angleterre avait établi en 1678 le serment du test, suivant lequel tous ceux qui voudraient avoir séance dans cette assemblée devaient rejeter la transsubstantiation et l'invocation des saints. Parker composa contre ce décret un ouvrage imprimé en 1688 sous ce titre : Reasons for abrogating die test ; il y démontrait, 1° qu'une pareille loi ne pouvait être faite que dans un synode; 2° que la manière dont JésusChrist est dans l'Eucharistie étant douteuse et incertaine, on n'en doit point faire la matière d'une loi ; 30 que l'honneur rendu aux saints et aux images par les catholiques étant fort éloigné de l'idolàtrie qu'on leur attribue, il ne convient pas , sur cette imputation , de les soumettre aux peines de la loi du test. Les papistes , disent les biographes anglais , durent être satisfaits de ce livre, et regarder l'auteur comme un des leurs. A l'appui de cette assertion, ils citent des fragments de lettres de quelques jésuites, dont l'une était adressée au P. Lachaise. Ils ajoutent que la honte et le chagrin de se voir méprisé de tous les gens de bien lui firent contracter une maladie dont il mourut en mars 1687, àgé de 88 ans. La passion perce évidem- ment dans ce récit : à un pareil àge on peut bien mourir sans les effets du chagrin. L'évêque Burnet a fait de ce prélat un portrait affreux. Quant à ses ouvrages, il y trouve de l'esprit et de la facilité, mais peu de solidité et d'exactitude. Voici les titres de quelquesuns : P Libre et impartiale censure de la philosophie platonicienne, suivie d'un Tableau de la domination et de la bonté de Dieu, relativement à l'hypothèse d'Origène sur la préexistence des times , en deux lettres 1666 1667 Il y soutient la réprobation absolue et sans condition. 2. Discours sur la police ecclésiastique, où l'on établit l'autorité du magistrat civil sur les consciences des sujets en ma- tière de religion extérieure, 1669 Il fut attaqué par 1. Owen et A. Marvell. 3° Disputa-. tiones de Deo et providentia divina : an philosopho- rani nui, et quinanz , athei fuerint , etc., 1678; 4° l'Autorité divine de la loi de nature et de la reli- gion chrétienne démontrée , 1681 5° Religion et loyauté , etc. , 1684 dédié à Charles II; deuxième partie, 1685. 11 laissa un fils, aussi modeste qu'instruit , qui ne voulut jamais prêter le serment après la révolution de 1688 , et qui, POUF soutenir une famille nombreuse , publia plusieurs écrits de sa composition : P une traduction anglaise du traité de Cicéron , De finibus, 17042 2. Abrégé des histoires ecclésiastiques d'Eusèbe, de Socrate, : Sozoniène et Théodoret, 17 29; 30 Bibliotheca biblica , ou Commentaire sur les cinq livres de Moïse , tiré principalement des Pères 4° un ouvrage latin de son père, contenant l'histoire de son temps : Reverendi admo- dung in Christo pubis Sam. Parkerii episcopi de rebus sui temporis coninientariorum libri quatuor, 1726 Il y en a deux traductions en anglais. 5° Une Défense de son père
  • Samuel PARKES( 1760 - 1825) : industriel de Londres, où il avait établi une manufacture renommée de produits chimiques, naquit en 1760 à Stourbridge dans le comté d'York, et fut élevé à MarketIlarborough. S'étant livré dès sa jeunesse à l'étude des sciences naturelles , il vint de bonne heure dans la capitale, où il se lia avec tous les savants de l'époque, et fut admis dans la plupart des associations scientifiques et littéraires, notamment la société des antiquaires et celle de géologie, où il lit de fréquents rapports, qui sont insérés dans les recueils de ces compagnies. Parles mourut à Londres en 18°25. Ses écrits les plus remarquables sont : 1° Catéchisme chimique, 1806 Cet ouvrage a eu cinq éditions; la dernière est de 1812. 2" Rudiments de chimie, et récits de quelques expériences, 1809, in - 18 30 Rssais chimiques sur divers sujets, 1815, 5 vol. Z
  • Samuel PARR( 1747 - 1825) : savant ecclésiastique anglican, né le 15 janvier 1747 à Harrow, était fils d'un chirurgien et apothicaire de cette ville. Il reçut sa première instruction à l'école d'Harrow, où il eut pour condisciples Halhed et William Jones, qui restèrent toujours ses amis. Après avoir achevé ses études classiques à l'université de Cambridge, il devint, avant sa vingtième année, sousprécepteur à l'école d'Harrow, qu'il dirigea pendant cinq années; et il alla ensuite ouvrir un pensionnat à Stanmore, où un grand nombre des meilleurs élèves le suivirent. En 1776, il accepta la place de maître de l'école de Colchester, qu'il échangea bientôt contre le même emploi à Norwich. Ordonné prêtre en 1777, il fut en 1780 recteur d'Asterby, en Lincolnshire; et ce fut dans le même temps que commença sa carrière littéraire- par la publication de deux discours sur l'éducation. L'université lui conféra en 1781 le degré de docteur. Il venait de publier Sur le dernier jeûne, sous le pseudonyme de Phi- leleutherus Norfolciencis, 1781 un discours qui est considéré comme la meilleure de ses productions , et dont les exemplaires sont aujourd'hui extrêmement rares. En 1783, lady Trafford dont il avait élevé le fils , lui fit obtenir la cure perpétuelle de Hatton , où il fixa dès lors sa résidence, et qu'il ne voulut jamais quitter. Il résigna le rectorat d'Asterby, et se borna à soigner l'éducation de quelques jeunes gens. La même année, l'évêque Lowth lui conféra une prébende dans la cathédrale de StPaul ; mais Samuel Parr dut bientôt renoncer à l'espoir d'un avancement ultérieur, à cause de ses opinions politiques, manifestées dans ses relations sociales et dans ses écrits, notamment dans l'édition qu'il donna , en 1787, des trois livres de Bellenden. Aussi les principaux d'entre les whigs, voyant la modicité de ses ressources pécuniaires, firent une souscription dont le produit lui valut une rente annuelle et viagère de trois cents livres sterling. En 1789, Parr, sans cependant éloigner sa demeure de Hatton, échangea cette cure contre le rectorat de Waddenhoe , en Northamptonshire. Vers le hième temps, il fut mis en contact avec le célèbre docteur Priestley, et, bien qu'il différàt de sentiment avec lui sur des sujets essentiels, il faillit payer cher les quelques visites qu'il lui fit ; car la populace, après avoir incendié, en 1791, la maison et la bibliothèque du docteur, à Birmingham , se portait vers la résidence de Samuel Parr pour lui faire subir le même sort, lorsque heureusement la force armée réussit à dissiper l'émeute. Toutefois, comme le bruit courait que les dissenters , dont une réunion publique, le jour du 11 juillet, avait en quelque sorte provoqué cette révolte , étaient dans l' de se rassembler de nouveau l'année suivante, Parr prit la plume, et, dans un seul jour, écrivit sa Lettre d'Irénopolis aux habitants d'Eleu- théropolis , ou Sérieuse adresse aux dissenters de Birmingham, par un membre de l'Eglise établie, brochure de 40 pages et des plus éloquentes de l'auteur. L'année 1793 vit naître pour S. Parr une controverse des plus animées. Son ancien collaborateur pour l'édition de Bellenden, le Il. Henry Homer et Ch. Combe avaient entrepris une magnifique édition d'Horace, à laquelle Parr n'avait d'abord pas été étranger. Le premier des deux éditeurs étant mort avant que l'ouvrage Mt terminé, on trouva que le survivant était resté fort audessous de la tâche qui lui était échue. Ce fut alors que Parr, retiré tout à fait de l'entreprise, se mit à relever les imperfections du travail en une suite de remarques sévères qui furent insérées et reproduites avec des additions dans le Classical Journal et dans le British Critic. Combe répondit par un Exposé des faits , .1794, où il accuse de violation de promesse', de trahison envers l'amitié, et même à l'égard de la vérité, son adversaire, qu'il qualifie d'Ajax liué- raire , et qui répliqua par des Remarques sur l'Exposé des faits, 1795, près de 100 pages remarques plus sévères encore que les précédentes. Ce dernier mot d'un critique si redoutable fut un coup mortel porté au succès de la splendide édition d'Horace. — Le mardi de Pàques de l'année 1800, Parr prêcha dans Christchurch, devant un nombreux auditoire et en présence du lordmaire, son célèbre Sermon de l'Hôpital , où il s'attacha à combattre l'opiilion de quelques philosophes, qui ont attribué toute bienveillance et toute justice à un principe d'égoïsme. Ce sermon ayant été livré à l'impression , augmenté de notes curieuses William Godwin, qui s'y trouvait vivement blessé dans ses opinions, répondit avec assez d'amertume pour que les bonnes relations qui avaient existé entre eux cessassent à ce moment. Cependant, quelques mois avant de mourir, Parr fit une démarche pour se rapprocher de l'auteur de la Jus- tice politique, et l'invita à lui faire une visite. En 1801, il accepta, sur la présentation de sir Francis Burdett, le rectorat de Graffham , en Fluntingdonshire, dont le revenu le mit désormais fort à l'aise. La fortune sembla alors lui sourire , et une position des plus éminentes dans l'Eglise lui fut promise lorsque James Fox parvint au ministère; malheureusement pour le protégé, le protecteur ne conserva pas assez longtemps le pouvoir. Parr avait épousé en 1771 miss Marsengale, dont il eut plusieurs enfants; il la perdit vers 1810, et, après un veuvage de six années, s'unit en 1816 à miss Eyre, qui lui survécut. Il est mort le 6 mars 1825, âgé de 78 ans. Nous allons revenir sur quelquesuns de ses écrits déjà mentionnés , et en citer d'autres également sortis de sa plume : 1° Discours sur l'éducation et sur les plans suivis dans les écoles de charité, 1. 785. Ce fut un des premiers écrits qui fixèrent l'attention publique sur ce sujet si important : l' morale et intellectuelle du peuple. 20 L'édition de Bellenden , donnée en société avec le R. Homer : De statu prisci or- bis in Religione, Re politica, et Litteris, etc., 1787 La part du docteur dans cette édition fut principalement une préface latine, ainsi que les caractères délicatement saisis des trois hommes d'Etat les plus distingués de l'Angleterre à cette époque : Burke, lord North et Fox. Dans cet opuscule, le style de l'écrivain parut être une des plus heureuses imitations modernes de Cicéron. Cet écrit fit une grande sensation dans le monde littéraire et politique. Beloe en a donné une traduction en langue anglaise, 1788 3° Opus- cules , pal ll'arburton et un icarburtonien, exclus de la collection de leurs œuvres respectives, 1789 ; 11° Suite à un opuscule récemment répandu par le révérend Charles Curtis, 1792, brochure de 217 pages, inspirée probablement par une mé- prise de l'auteur, mais qui contient d'excellentes choses sur les affaires du moment. 5° Les Carac- téres de Charles- James Fox, choisis et en partie écrits par Philopatris Varvicencis , 1809, 2 vol. ouvrage qui fut loin de remplir l'attente publique. C'est un livre mal fait, où il y a de belles pages. La préface de la traduction anglaise d'Aulu- Gelle , par Beloe, est du docteur Parr, à qui l'on doit un grand nombre d'autres écrits de peu d'étendue, notamment, dans le Gentleman's Magazine, des notices biographiques et plus de trente épitaphes latines, parmi lesquelles plusieurs sont trèsremarquables
  • Samuel PATERSON( 1728 - 1802) : libraire, né à Londres le 17 mars 1728, mort, le 29 octobre 1802, fit le commerce d'importation des livres étrangers en Angleterre, mais avec beaucoup moins de succès que Paul Vaillant. Il se livra ensuite à un genre de travail dans lequel il paraît n'avoir pas été égalé en Angleterre, la composition des catalogues bibliographiques. Ceux qu'il a laissés sont fort recherchés et commencent à devenir rares : 1° Catalogue d'une collection de manuscrits de sir Julius César, daté de 1757. C'est à lui qu'on doit la conservation de ces manuscrits ; il les découvrit par hasard chez un marchand de fromage qui les avait achetés au poids . 2° Bibliotheca anglicane curiosa, recueillie principalement pour la composition d'une histoire de la littérature anglaise, 1771, trois parties; 3° Bibliotheca Fletwoodiana , comprenant l'ancienne bibliothèque conventuelle de l'abbaye de Messenden, dans le comté de Buckingham, 1774; 4° Bibliotheca Beauclerkiana , composée de 30,000 volumes, 1781., un gros vol. 5° Bibliotheca Croftiana , 1783, un gros vol. ; 6° Bibliotheca universalis selecta, avec un index des auteurs, interprètes et éditeurs , 1786 7° Bibliotheca Pinelli , 1790 ; 8° Bibliotheca Strangeiana , 1801; 9° Bibliotheca Fageliana : cette bibliothèque, transportée de la Haye en Angleterre, passa dans l'université de Dublin. Ces travaux arides n'avaient point étouffé dans Paterson les dons de l'esprit et de l'imagination ; il en a donné des marques dans diverses productions littéraires , imprimées sans nom d'auteur, et parmi lesquelles nous citerons : 10 Encore un voyageur , ou Remarques fugitives faites pendant un voyage dans une partie des Pays- Bas en 1769, par Coriat junior, 3 vol. 1769; ouvrage que l'on croirait être une imitation du Voyage sentimental de Sterne, s'il n'avait pas été prouvé qu'il fut imprimé avant ce dernier. 2° Joineriana, ou le livre des rognures , composé d'aphorismes moraux et littéraires, 1772, 2 vol. 8°; 3° Réflexions sur la jurispru- dence et les gens de loi , où l'on démontre l'injustice des arrêts personnels pour dette avant une vérification , sur un simple edavit, pratique inconnue dans les autres pays , et dont les dangereuses conséquences sont démontrées par des exemples de cruautés déplorables , Londres , 1788 ; 4° le Templier, feuille hebdomadaire publiée par Brown , 1773 ; 5' Description topographique de l'île de la Grenade, Londres , 1780 Paterson fut, pendant plusieurs années, gardien de la belle bibliothèque du marquis de Lansdown
  • Samuel PEGGE( 1704 - 1796) : membre de la société des antiquaires de Londres, naquit en 170r1 à Chesterfield, comté de Derby, et fit ses études à Cambridge, au collège de StJean , dont il fut nommé trois fois associé. Il était membre d'une réunion formée parmi les étudiants, sous le nom de société du Zodiaque, et de la société des Gentlemen de Spalding, à laquelle il envoya, entre autres, une Dissertation sur l'amphithatre , tiré d'un manuscrit sur l'ancienne cuisine anglaise 1780. Le manuscrit original se voit au Muséum britannique, et le Galingani's Litterary Gazette, t. 11, p. 171 , donne une idée de ce livre. 7° Annales Elia' de Triehenham motta- rhi ordinis Benedictini , 1789 , publié avec des notes nombreuses de l'éditeur ; 8° Vie de Ro- bert Grosse- tête, évêque de Lincoln, 1793 Cette vie, qui contient des recherches sur l'histoire littéraire d'une époque obscure, est l'ouvrage le plus estimé de Pegge . Il le composa sur des manuscrits que lui communiqua J. Green, évêque de Lincoln et l'un des auteurs des Lettres athéniennes. Depuis la mort de cet auteur. arrivée en 1796, M. J. Nichols a publié de lui , eu 1801 : un Essai historique sut- l'abbaye de Beauchief. On a encore publié, en 1809 Anonymiana, ou dix centuries d'Observations sur divers auteurs ou sujets. C'est un recueil trèsintéressant d'anecdotes et de remarques judicieuses. Outre ces écrits, Sam. Pegge a composé un trèsgrand nombre d'articles pour l'Archreoloyia Britanniea, depuis 1716 jusqu'en 1795, sous tes signatures Paul Gemsege , 7'. Row , et L. E. 11 a aussi enrichi la hl ibliotheque topographique anglaise de Gough de sept Mémoires, dont M . Nichols donne les titres . ainsi que de ceux qui ont été insérés dans le précédent recueil. Voyez Literary anecdotes of the 18118. century , t. 6 , p. 252 et suivantes. Le même ouvrage indique encore les titres de différents manuscrits laissés par Pegge, et qui ont passé à son petitfils Christ. Pegge, membre de la société royale de Londres, et professeur de médecine à Oxford. — Son fils , Samuel PEGGE , père de Christophe, avocat de MiddleTemple , né en 1731 , et mort en 1800 , a composé : 1° Curialia, ouy'Essai historique sur quelques branches de laemaison royale, 178'2, 1781 et 1791, 3 parties, en 1806 20 Anecdotes sur la langue anglaise, Londres , 180:1; nouvelle édition , ibid., 1814 publiée par le même éditeur
  • Samuel PEPYS( 1632) : écrivain anglais qu'on peut appeler le Dangeau de la cour de Charles 11; il fut secrétaire de l'amirauté sous ce monarque et sous son successeur, Jacques Il, et son rôle politique ne resta point sans importance ; mais c'est surtout comme chroniqueur des événements de l'époque qu'il est connu. Pepys naquit à Londres le 23 février 16:32; son père était tailleur, niais il appartenait à une bonne famille , et le jeune Pepys reçut une éducation soignée. Après avoir fait ses premières études à l'école StPaul , il entra à l'université de Cambridge; en 1655 il épousa, quoiqu'il n'eût ni fortune ni position, une jeune fille de quinze ans, Elisabeth StMichel. Son parent , sir Edouard Montagu , donna chez lui un asile au jeune couple. En 1658 , Pepys accompagna son protecteur dans une campagne sur mer ; à son retour, il fut employé à la trésorerie, et en 1660 il devint, sous le nom de commis des actes de la marine, secrétaire de l'amirauté. 11 s'acquitta avec un zèle éclairé et une activité intelligente de ses fonctions, qui n'étaient point celles d'un employé subalterne ; une grande partie de l'administration de la marine était entre ses mains; il montra de la fermeté et une intelligente activité dans des circonstances critiques, telles que le grand de Londres , la peste , la guerre avec la Ilollande ; il rendit d'éminents services. Ses rapports continuels avec le duc d'York , qui était grand amiral , firent tomber sur Pepys une portion de l'impopularité et des calomnies dont l'esprit de parti , alors fort exalté, chargeait le frère du roi , l'appui et l'espoir des catholiques. Quoique bon protestant, Pepys se trouva en butte à de vives attaques lorsque éclata ce qu'on appelle dans l'histoire de la GrandeBretagne le complot papiste. Quoiqu'il n'y eût pas l'apparence de preuves contre lui, quoiqu'il ne fût mis en avant que des accusations chimériques, Pepys fut enfermé à la Tour de Londres et privé de ses emplois. Mis en liberté provisoire après avoir fourni une caution énorme, il fut définitivement relaxé en février 1680 des inculpations dirigées contre lui et dont l'absurdité fut reconnue. Charles II voulut qu'il reprît des fonctions où il était indispensable; et après la mort de ce monarque, Pepys, jouissant auprès de Jacques 11 de la plus haute faveur. resta au secrétariat de l'amirauté jusqu'à la révolution de 1688. Le roi se faisait peindre par sir t odfrov tineller lorsqu'il reçut la nouvelle du débarquement du prince d'Orange; ce portrait était destiné à un cadeau pour Pepys, et malgré ses préoccupations, Jacques voulut que l'oeuvre de l'artiste fût achevée et que le don fût offert. A l'avènement de Guillaume et de Marie, Pepys donna sa démission, et passa le reste de ses jours dans une retraite paisible. Il mourut le 20 mai 1703. 11 cultivait les arts , s'occupait d'histoire naturelle. et en 1684 il fut élevé à la présidence de la société royale, emploi honorable qu'il occupa pendant deux ans. Il publia en 1690 des Mémoires sur l'administration de ta marine pendant les dix années se terminant en 1688 ; mais ce qui fait vivre son nom , c'est la publication d'un journal dans lequel il enregistra chaque soir, de 1659 à 1669, tout ce qui lui semblait digne de mémoire. Le manuscrit autographe, conservé à Cambridge, est écrit en caractères sténographiques, et pendant plus d'un siècle et demi resta oublié. Un jeune étudiant, M. John Smith, eut l'idée de le déchiffrer ; il y parvint, et en 1825, de concert avec lord Braybroolie , une édition, accompagnée de notes et ornée de portraits, fut. trèsfavorablement accueillie par le public; les grands périodiques dont l'autorité est puissante s'empressèrent d'en rendre compte , de gravures, de manuscrits relatifs en grande partie à la marine. 11 légua ces collections au collége de la Madeleine à Cambridge ; elles y sont conservées soigneusement, et elles forment un fonds spécial qui a plusieurs fois été fort utile aux investigateurs de l'histoire littéraire et politique de la GrandeBretagne
  • Samuel PETIT( 1594 - 1643) : né à Nîmes le 25 décembre 1594, était issu d'une famille de Paris féconde en hommes de lettres. Son père, ministre du Culte réformé, le fit élever à Genève dans l' tention de lui faire suivre la mème carrière. A lige de sept ans, le jeune Petit expliquait déjà couramment les auteurs latins; à dixsept ans, il savait le grec, l'hébreu, le chaldéen, le syria- que, le samaritain et l'arabe. Il fut reçu ministre à cet âge, attaché à l'église de Nîmes, et bientôt après chargé de professer la théologie et les langues grecque et hébraïque dans le collège des Arts de cette ville, dont il devint ensuite le pr Le bruit de sa science se répandit dans toute l'Europe. Peiresc, Lamare, Selden, Vossius, Gassendi , Juste' , Rivet, Turretin, Bochard, Reinesius, Gronovius, Alex. Morus, etc., recherchèrent son amitié et entretinrent avec lui des relations suivies. Les états de Frise le nommèrent professeur honoraire à l'université de Franeker, et cherchèrent, par les offres les plus séduisantes, à l'y attirer. L'archevêque de Toulouse, Montchal , obtint, par le seul désir de se rapprocher de lui, que les états de Languedoc se tiendraient à Nîmes. Enfin, le pape Urbain VI11, désirant qu'il se chargent de revoir et de mettre en ordre les manuscrits du Vatican , l'en fit solliciter par le cardinal Bagny, qu'il envoya exprès en France et qui eut ordre de lui offrir non - seulement des avantages pécuniaires considérables, mais encore toutes les facilités qu'il pourrait souhaiter pour l'exercice de sa religion. Saumaise seul ne joignit pas son suffrage aux suffrages du monde savant. Selon lui, Petit était un mauvais critique et un philologue médiocre; niais il est à croire que ce jugement fut dicté par un sentiment d'envie, dont Saumaise ne put se défendre contre un homme qui était son rival en savoir et peut-ètre en renommée , et qui trèscertainement lui fut supérieur par la simplicité de son caractère et par sa modestie. Petit ne voulut jamais quitter sa famille et sa patrie. Il y consacra sa vie à la prédication, à l'instruction publique et à la composition des ouvrages qu'il a publiés, sàvoir 1° Miscellaneorum libri novent, 1630 ; 2° Eclogœ chronologicœ, 1631, 1632 et dans le Thesaurus de Grœvius, t. 8 ; 3° Variarunt lectiontint in sacrant Scripturant libri quatuor, 1633 4° Leges atticoe , 1635 ; ; 5° Observationum libri tres, 1641, 1742 ; 6° DiscOurs chronologiques, contenant l'intention, l'ordre' et les maximes des parfaites chronologies, pour les discerner des mauvaises, Paris, 1636 7° Diatribe de jure principum edictis Ecclesim quoesito , nec arrois v , Amsterdam , 1749 ; 8° De anno , gendre de ce savant, adressa à la même université la Vie de son beaupère, qu'il avait composée en latin. Il se proposait de publier sa correspondance; mais il n'a pas accompli ce dessein. La vie de Petit fut usée par le travail ; il mourut d'épuisement à Nîmes, le 12 décembre 1643
  • Samuel PITISCUS( 1637 - 1717) : savant philologue, neveu du précédent, naquit en 1637 à Zutphen , dans la Gueldre hollandaise. Après avoir achevé ses premières études , il alla suivre à Deventer les leçons du célèbre J.Fred. Gronovius, qui lui fit faire de grands progrès dans les langues anciennes. Il se rendit ensuite à Groningue, où il fit ses cours de théologie et fut admis au saint ministère. De retour à Zutphen , il résolut de se dévouer aux fonctions pénibles de l'enseignement et mérita par son zèle et son application à ses devoirs d'ètre mis à la tète de l'école latine de cette ville. En 1685 il fut nommé recteur du collége de StJérôme d'Utrecht, place importante qu'il remplit trentedeux ans avec beaucoup de distinction. Pitiscus fut marié deux fois sa première femme , outre qu'elle était d'une humeur insupportable, vendait les livres de son mari afin de satisfaire son goût pour le vin ; la seconde, d'un caractère plein de douceur et d'ailleurs excellente ménagère, lui laissa le loisir de s'appliquer à l'étude. Il avait eu le bonheur de trouver dans le libraire Halena un véritable ami qui lui paya généreusement ses travaux ; et comme il avait beaucoup d'ordre et d'économie, il amassa une fortune considérable dont il sut faire un bon emploi. Pitiscus mourut à Utrecht le 1" février 1717, à l'i‘ge de 80 ans . Par son testament il fit don aux pauvres d'une somme de dix mille florins. On doit à cet infatigable philologue de bonnes éditions avec des préfaces et des notes de Quinte- Curce, Utrecht, 1685 et 1693 : ces deux éditions font partie de la collection des Variorum ; mais on préfère celle de 1693 comme un peu plus complète que l'autre ; — du Polyhistor, de Solin, avec les Observations de Saumaise sur Pline, ibid., 1689, 2 vol. ; — de Suétone, 1690, 2 vol. Leuwarden, 1714, 2 vol. fig. ; — d' Aurelius Victor, Utrecht, 1696 — du Pantheon mythicum, du P. Pomey, ibid., 1697 ou 1701 ; — des Antiquitates Romance de J. Rosini , ibid. , 1701 , in -4°. On a en outre de lui : 1° Lexicon latino- belgicztm , 1704 Dordrecht, 1725, même format : Pitiscus prit pour base de son travail le dictionnaire lat 11) Barrai, dans la préface de la traduction du Dictionnaire des antiquités, dit que Pitiscus se démit de sa charge de recteur en 1717, et qu'il mourut dix ans après, à l'âge de 90 ans. français du P. Tachard ; la meilleure édition est celle de A.H. Westerhos , Rotterdam, 1771, 2 vol • i n-4° 20 Lexicon antiquitatunt Ronzanarum, in quo ritus et antiquitates hum Groecis et Romanis communes, tum Romanis particulares exponuntur, Leeuwarden, 1713, 2 vol. bonne édition que l'on préfère à la réimpression de Venise , 1719 , et à l'édition augmentée de la Ilaye , 1737, 3 vol. Cet ouvrage, que Pitiscus avait entrepris à la prière d'Halina , lui coûta dix années de travail ; on y trouve sur chaque sujet les textes ou citations des écrivains anciens, les inscriptions et le résumé des travaux des écrivains modernes, quelquefois même leurs opuscules entiers. Au mot Barba, par exemple , l'auteur a cru devoir insérer le dialogue d'Ant. Hotman, parce qu'il était rare. Quoique Pitiscus critique souvent avec raison les auteurs qu'il cite, son livre n'est pas exempt d'erreurs qui ont été relevées en partie par Burniann , Jacques Vaassen, etc.; mais il n'en est pas moins d'une utilité incontestable : l'abbé Barrai en a donné une traduction française abrégée, Paris, 1766, 2 tomes en 3 volumes Pitiscus annonçait en 1685 un Lexicon Catullo- Tibullo- Propertianum : mais cet ouvrage, que les amis de l'auteur regardaient comme un trésor d'érudition , n'a point paru ; et l'on ignore ce qu'en est devenu le manuscrit. On trouvera des détails sur Pitiscus dans le Trajectum eruditum de Burmann et dans les Mémoires de Paquot : son portrait a été gravé sous différents formats
  • Samuel PROUT( 1783 - 1852) : peintre anglais, naquit à Plymouth le 17 septembre 1783; dès son enfance, il manifesta un goût décidé pour dessiner les objets qui frappaient ses regards. Les vieux ponts, les moulins couverts de mousse, les chaumières éparses dans les vallées (lu comté de Devon , lui offraient des modèles qu'il s'exerçait à retracer avec fidélité. L'antiquaire John Britton, étant venu à Plymouth afin de réunir des matériaux pour l'ouvrage qu'il préparait sous le titre de Beautés de l'Angleterre, eut l'occasion de voir les esquisses du jeune Prout, en fut satisfait et lui proposa de l'accompagner dans le comté de Cornouailles afin de dessiner de vieux monuments et des paysages; l'offre fut accueillie avec empressement , et les croquis de Prout, tracés d'une main habile et ferme, obtinrent l'admiration des connaisseurs. Il se rendit à Londres en 1805 et se lia avec un marchand d'estampes qui lui facilita le placement de ses aquarelles. Prout comprenait qu'il avait encore bien des progrès à faire, aussi travaillaitil avec zèle ; des vues des côtes de la mer avec des barques de pécheurs étaient ce qu'il retraçait le mieux et le plus souvent. Il s'occupait aussi de donner des leçons. Lorsque la lithographie fut connue, il s'y appliqua avec ardeur, et sa facilité à dessiner lui fut à cet égard extrêmement profitable. 11 publia en 1816 une série d'études qui obtinrent un brillant succès ; il mit successivement au jour des Vues prises dans le nord et l'ouest de l'Angleterre,- des Leçons progressives; des Eléments de paysage; la vigueur du dessin et l'éclat de l'effet assignèrent à ces productions un rang bien supérieur à celui qu'avaient jusqu'alors obtenu des travaux de ce genre. En 1818, Prout lit en France un voyage qui ouvrit à son talent une voie nouvelle. Les constructions anciennes qui frappèrent ses regards à Rouen et dans diverses villes de la Normandie développèrent chez lui le désir de reproduire les édifices du moyen àge plus ou moins en proie aux ravages du temps. La France, la Suisse, l'Allemagne, devinrent le théàtre de ses promenades artistiques ; les bâti - ments gothiques, les vieilles maisons en partie ruinées et remarquables par leurs singularités architecturales, par leurs ornements étranges, étaient l'objet de ses prédilections. Il en reproduisit l'image dans de nombreuses aquarelles, et il les fit connaître par une série de Croquis exécutés en Flandre et en Allemagne; une autre série de Croquis exécutés en France, en Suisse et en Italie, parut en 1839. Les collections lithographiées de ce genre se sont multipliées sans faire tort à celles de Prout qui gardent une place distinguée parmi ce qu'il y a de mieux dans cette branche de l'art. Divers ouvrages destinés aux étudiants jouissent aussi d'une juste estime ; nous signalerons les Conseils aux commençants et le Microcosme, ou Livre d'esquisses de l'artiste, offlant des groupes de figures, de navires et autres objets pittoresques , 18U les Conseils sur la lumière, l'ombre, la composition, etc., applicables à la peinture du paysage, 1838 exposent avec une grande clarté les principes qui servaient de règle à l'auteur ; une seconde édition, revue et augmentée, parut quelques années plus tard. Prout fut constamment un des artistes les plus empressés à enrichir les expositions annuelles des aquarellistes, et ses oeuvres étaient toujours l'objet de justes éloges. Son coloris, parfois inégal, avait de l'harmonie. 11 réussissait admirablement à rendre l'effet des vieux monuments de l'architecture ecclésiastique gothique, sans se perdre dans de petits détails, et les palais de Venise revivent sous son pinceau tout aussi bien que les églises mutilées par les siècles. Son activité ne souffrit pas de l'état précaire de sa santé, qui fut presque toujours faible et chancelante et qui ne l'empêcha pas cependant d'arriver à un âge avancé. Il mourut le 10 février 1852
  • Samuel PUFENDORF( 1632) : un des plus grands publicistes et historiens du 17° siècle, et, selon Buhle, le premier qui ait donné une forme systématique à tout l'ensemble du droit naturel, s'éleva par son seul mérite à la faveur des pr et à la fortune. Fils d'un pasteur de Dippoldswald, village de la Misnie, et né le 8 janvier 1632 , il reçut de son père la première Il étudia ensuite les humanités à l'école de Grimma , la théologie à Leipsick et la philosophie sous Weigel à Iéna ; ce fut de toutes ses études celle qui lui plut davantage. Par bonheur pour lui, son maître, au lieu de conduire ses élèves sur le terrain aride de la scolastique, leur enseignait une science plus raisonnable et qui méritait mieux le nom de philosophie; il leur apprenait surtout à raisonner avec la précision des géomètres. Etant mis une fois sur cette route, le jeune Pufendorf y fit plus de chemin que son maître , et tira dans la suite d'heureux fruits de la méthode de Weigel ; mais peut-ètre futelle aussi la cause de la sécheresse qui régne dans les écrits de Pufendorf, où il eût fallu substituer quelquefois à l'exactitude de la démonstration les fleurs de l'imagination ou le mouvement des actions dramatiques. Plein de la philosophie de Descartes, de la jurisprudence de Grotius qu'il lut avec avidité, et de la méthode rigoureuse de Weigel , il offrit ses services 8 sa patrie; mais étant sans protection, et n'ayant en- core donné aucune preuve de talents, il n'essuya que des refus ou de vaines promesses et s'estima heureux d'obtenir en 1658 une place d'instituteur auprès du fils du ministre de Suède, baron de Coyet , près la cour de Danemarck. Mais arrivé avec la légation à Copenhague au moment de la rupture entre les cours de Danemarck et de Suède, il fut arrêté lui et toute sa famille, et demeura captif pendant huit mois. Ce malheur devint la source indirecte de son élévation future. En effet, dans les loisirs de sa captivité il approfondit les principes de Grotius, d'Hobbès et de Cumberland sur la société humaine et sur les rapports des hommes entre eux. Il lui parut que cette matière importante n'avait pas encore été envisagée sous toutes les faces et qu'elle était susceptible de nouveaux développements. 11 jeta ses pensées sur le papier; mais, ayant encore des souvenirs récents de la méthode de Weigel, il procéda par axiomes, théorèmes et corollaires, et parla en géomètre des plus hauts intérêts de l'espèce humaine. Il se rendit en 1660, avec son manuscrit, dans la patrie de Grotius, le fit imprimer à la Haye sous le titre d'Eléments de jurisprudence universelle, et le dédia à l'électeur palatin CharlesLouis. Ce prince reconnut, à travers l'aridité du style d'un mathématicien , des pensées profondes et un ensemble de grandes vues il conçut l'idée de créer, pour Pufendorf, une chaire de droit naturel et des gens, enseignement dont il n'existait pas encore de modèle, par la raison bien simple que jusqu'à la scission du 46e siècle, le droit divin , ce dogme conservateur des Etats, formait en quelque sorte le droit public de l'Europe et dominait dans toutes les écoles. En 1661, Pufendorf commença ses cours à Heidelberg, et eut bientôt un auditoire nombreux. Encouragé et récompensé, il se livra depuis avec une nouvelle ardeur à l'investigation des droits naturels et des devoirs et obligations des hommes réunis en société, et recueillit les matériaux de ses grands ouvrages. L'éditeur l'engagea aussi à jeter quelques lumières sur l'origine de ce corps à cent tètes qu'on appelait l'empire germanique, et qui présentait un assemblage bizarre de princes, de petites républiques, de prélats et de chevaliers, tous plus ou moins souverains. Cet état de choses avait toujours paru si sacré, que personne n'avait songé à en montrer les vices. Tout au plus avaiton permis au traité de Westphalie d'y apporter quelques modifications. Pufendorf eut le courage de remonter à l'origine de cet assemblage informe, d'en exposer les droits, d'en montrer les usurpations et les défauts, et de proposer des remèdes aux grands abus qui s'y étaient glissés. Cependant, prévoyant la rumeur que son ouvrage allait produire dans le saint empire romain, il envoya le manuscrit à son frère Isaïe, alors ambassadeur de Suède à Paris, et celuici le fit imprimer sous ce titre : De statu imperii Germanici, par Severin Monzambano de Vérone, 1667. La rumeur fut grande en effet dans l'empire à l'apparition de ce livre. L'Autriche ne pouvait revenir de son étonnement, au sujet de la témérité d'un auteur qui prétendait porter la lumière jusque dans la chancellerie de l'empire germanique. Pufendorf défendit son livre sans oser s'en déclarer l'auteur. Son traité fut mis à l'index à Vienne; on dit mème que le bourreau eut ordre de le brûler. Depuis ce temps, d'autres publicistes ont mieux éclairé encore que Pufendorf les droits et les devoirs des membres du corps germanique sans que personne ait osé crier au scandale, tarit la différence des temps est grande. Son ouvrage n'en fut pas moins réimprimé et traduit plusieurs fois; mais, pour l'auteur, il ne se crut pas en sûreté en Allemagne, et il accepta volontiers la chaire de droit naturel que lui offrit en 1670 le roi de Suède, Charles XI, qui venait de fonder une université à Lund en Scanie. Il y porta les fruits de ses méditations, et ce fut à Lund qu'il mit au jour, deux ans après son arrivée, le Traité du droit de la nature et des gens, ouvrage plein de réflexions solides exposées d'une manière lumineuse et enchaînées avec ordre. Quoique ni Grotius ni Pufendorf n'aient pénétré peut-être assez avant dans la nature pour pouvoir expliquer les premiers droits des hommes, l'un et l'autre eurent le mérite de substituer des raisonnements lumineux aux définitions barbares qui n'expliquaient rien. 11 y a, selon M. lenisch, cette différence entre le livre de Grotius et celui de Pufendorf, que le premier est rempli d'une érudition classique, et le second plus à la portée de tous les lecteurs; que Grotius s'occupait peu des pr et que Pufendorf y revenait toujours; que le livre du premier est bon à consulter, et que celui du second présente un traité plus susceptible d'être lu d'un bout à l'autre ; enfin que Pufendorf a quelquefois réfuté avec succès son prédécesseur, mais que Grotius a l'avantage d'avoir pénétré sous quelques rapports plus profondément dans son sujet. On peut ajouter qu'il montre plus de modération que Pufendorf dans ses préventions contre l'Eglise romaine. Cet ouvrage, qui fut traduit, réimprimé et commenté dans presque toute l'Europe, irrita si fort deux hommes de Lund, le professeur Beckmann et le pasteur Schwarz, qu'ils le dénoncèrent auprès de l'évêque, vieillard presque tombé en enfance, et le firent condamner. Pufendorf se vengea dans une brochure où il rendit ses adversaires ridicules; niais il ne put se soustraire aux censures acerbes des érudits. Il y eut même un échange d'injures empreint de toute la rudesse de latinistes emportés. Le gouvernement suédois imposa silence aux deux antagonistes de Pufendorf; ils n'obéirent pas et furent bannis du royaume. Une année après avoir donné son traité du droit naturel, il en fit paraître une espèce d'abrégé qui n'eut pas moins de succès, et qui est connu en France par la traduction de Barbeyrac. On jugea qu'un savant qui avait débrouillé les éléments du droit primitif serait trèspropre à écrire l'histoire : en conséquence il fut appelé à Stockholm et revêtu de la charge de secrétaire d'Etat et d'historiographe. Toutes les archives lui furent ouvertes; il fut à portée de consulter les hommes qui avaient été ou témoins ou acteurs dans les événements dont il avait à faire le récit. il écrivit en latin l'histoire de Suède, depuis la guerre de GustaveAdolphe en Allemagne jusqu'à l'abdication de la reine Christine; et il consacra un autre ouvrage à la vie du roi CharlesGustave. Ce sujet offre sans doute de grands événements, des batailles, des exploits extraordinaires , des guerres générales, la vie et l'abdication d'une reine non moins s qu'étonnante; rien ne manquait à l'historien, cependant il n'a tiré qu'un faible parti de cette matière riche et variée. L'écrivain est, judicieux, méthodique; mais il manque de chaleur et de mouvement. Les événements les plus faits pour exciter de vives sensations le laissent froid. « Il raconte sans peindre, et comme un « homme qui, au lieu de voir, a seulement ouï « dire; les lecteurs lisent et ne voient pas; sa ci narration marche toujours d'un mouvement « égal , et nulle part des pensées vives ou pro-« fondes ne viennent rompre cette uniformité, » ajoute son biographe Ienisch. Aussi l'on a dit de son style qu'il était sec, dur et froid comme une proposition de mathématiques. Dans quelques passages seulement on reconnaît d'heureuses imitations de la manière des anciens. Peut-être les devoirs d'historiographe de la cour ontils imposé quelque gène à un auteur habitué à écrire toute sa pensée; mais il ne parait pas que Pufendorf ait possédé le génie de I histoire : il réussissait mieux à déduire un enchaînement de raisonnements neufs et inattendus qu'à peindre des événements. Cependant la réputation de l'historien égala presque en lui celle du publiciste. L'électeur de Brandebourg, FrédéricGuillaume, l'appela en 1686 à Berlin pour lui faire écrire l'histoire de son règne, peu riche en grands événements. On sait que cet électeur, qui se piquait d'imiter Louis XIV en tout, voulait, comme lui , avoir des maîtresses et des historie- graphes . Pufendorf, nommé conseiller aulique, puis conseiller intime et assesseur, remplit néanmoins sa tâche et la finit sous le règne de Frédéric IIi, successeur de FrédéricGuillaume. Cette histoire n'eut point de succès. On lui demanda aussi d'écrire la vie de l'empereur d'Allemagne Léopold ; mais il s'y refusa , diton, avec beaucoup de fermeté, soit qu'il se ressouvint du mauvais accueil fait à Vienne à son livre sur l'Allemagne, soit qu'il fùt las d'écrire la vie de souverains qui n'avaient pas fait de grandes actions. Il eut en Prusse un traitement de deux
  • Samuel PURCHAS( 1577 - 1628) : théologien anglais, principalement connu par le recueil de voyages qui porte son nom, naquit à Thaxsted, dans le comté d'Essex , en 1577. Il fut élevé à Cambridge , au collège de StJean, ainsi que l'atteste un vieux registre de cette maison. Purchas y prit ses degrés de maître ès arts en 1600. Quatre ans après , le roi lui accorda le vicariat de EastWood ; mais il le résigna en faveur de son frère pour se fixer à Londres , résidence plus convenable pour un homme qui préférait les travaux littéraires aux devoirs ecclésiastiques. Pourvu d'un riche rectorat par l'évêque de cette dernière ville et nommé chapelain de l'archevêque de Canterbury, il fit servir sa fortune à acquérir la plus nombreuse collection de voyages , tant imprimés que manuscrits, qu'on eût vue jusqu'alors. Ce savant laborieux mourut vers 1628. On doit à son zèle et à sa vaste érudition l'un des plus célèbres recueils de voyages qui aient été publiés, tant par l'abondance des matériaux que par leur importance pour l'histoire des premières découvertes , surtout de celles des Anglais. Ce fut en 1613 que Purchas fit paraître le premier volume de ce recueil , qui peut eu étre regardé comme l'introduction, et dont la quatrième édition, trèsaugmentée, fut réimprimée en 1626. Ce premier volume porte le titre suivant Pur- chas , his pilqrimages , or relations of the World and the religions , obsert'ed in all aqes and places discovered fr ont the creation unto huis present ; in four parts, I. vol. Cette quatrième édition du premier volume est infiniment préférable aux précédentes ; elle est dédiée à l'archevêque Abbot, et, dans la préface, Purchas annonce avoir mis à contribution plus de « douze cents auteurs « de voyages ou d'histoires s , tant nationaux qu'étrangers. La même édition est ornée de cartes géographiques de Mercator et Hondius. Les quatre derniers volumes de Purchas parurent en 1625 sous ce titre : Hakluytus Po. sthumus or Purchas lais pilyrints ; containing a history of the 117orld in sea voyages and land travels by enylishmen and others, etc. , Londres, 16'25-16'26 , 5 vol. . Cet ouvrage fut traduit en hollandais, Amsterdam, 1655, plusieurs vol. Purchas y a fait entrer tous les manuscrits laissés par Hakluyt, dont il avait fait l'acquisition , et ces manuscrits en forment à peu près un volume. Les compilateurs postérieurs à Purchas l'ont mis fortement à contribution. Harris surtout s'est souvent borné à abréger ses extraits ; Bergeron l'a traduit avec plus de fidélité ; Pinkerton y a également puisé pour la collection de voyages qu'il a publiée à Londres et dont les Anglais font assez peu de cas. Ses autres ouvrages sont : to herchas, his pilqrim or ilicrorosmos or the historie of man, 1627 C'est un recueil de méditations sur l'homme , dans tous les àges et dans toutes les positions sociales; méditations qui ont pour base le texte du psaume 39 , 5. '2° La Tour du roi , 1623
  • Samuel PRZIPCOVIUS( 1592 - 1690) : écrivain socinien, né vers 1592 en Pologne, étudia à Altdorf jusqu'au moment où son adhésion au socinianisme l'obligea de se réfugier à Leyde. Dès l'àge de dixhuit ans, il fit paraître un traité de la paix et de la concorde avec l'Eglise, et peu de temps après une réfutation du livre d'Heinsius intitulé Gras credo, hodie nihil. A son retour en Pologne, il occupa plusieurs emplois honorables, et usa de son influence pour propager le socinianisme et établir des Eglises dans le royaume. Il écrivit à cette époque l'Histoire des Eglises sociniennes, qui se perdit lorsque en 1658 ses disciples furent bannis de la Pologne. Przipcovius partagea leur sort et fut obligé de fuir sa patrie. Il obtint un asile dans les Etats de l'électeur de Brandebourg, qui le nomma son conseiller privé. En 1663, un synode des unitaires le chargea de correspondre avec leurs frères établis dans les autres pays, afin de propager leurs principes. Przipcovius, qui ne suivait pas en tout les sentiments de Socin, eut à repousser de vigoureuses attaques de la part des partisans de ce sectaire. Il mourut le 19 juillet 1690, àgé de près de 80 ans. Ses ouvrages ont été publiés en 1692 en un volume , qui peut être considéré comme le septième de la collection intitulée Bibliotheca Fra- trum polonorurn. Ce volume est précédé d'une vie de Przipcovius
  • Samuel REYHER( 1635 - 1714) : savant allemand , né le 19 avril 1635 à Schleusingen, dans le comté de Henneberg, était fils d'André Reyher, qui fut successivement recteur des colléges de Schleusinger], de Lunebourg, de Gotha, et mourut en 1673 , laissant plusieurs ouvrages à l'usage des écoles. Samuel, après avoir commencé ses études sous son père, alla les terminer à Leipsick, puis à Leyde en Hollande, sous les plus habiles maîtres, notamment Thomasius et Golius; et, à son retour, il fut nommé précepteur du jeune prince de Gotha, lits aîné du prince Ernest. Il obtint en 1655 une chaire de mathématiques à l'université de Kiel, y devint plus tard professeur en droit, et mourut dans cette ville le '2'2 novembre Cette première ascension fut entreprise et dirigée par le médecin Paccard ; ce qu'un poète a exprimé assez heureusement par ces vers De $aussure à la cime est arrivé trcp tard, Et déjà le mont Blanc était le mont Paccard. Lalande , Voyage au mont Blanc, p. 12.) lin, que Frédéric, électeur de Brandebourg et premier roi de Prusse, avait fondée. Outre une traduction allemande des OEuvres d'Euclide , on a de lui un grand nombre d'ou- vrages écrits en latin et qui attestent les connaissances qu'il possédait dans la jurisprudence, les mathématiques, l'astronomie, la physique, etc. Nous citerons entre autres : 1° Mathesis moserica , sive loca Pentateuchi tnathernatica ntathematice ex- plicata , et appendix aliorum S. Scripturœ locorum mathernaticorum, Kiel, 4678 C'est un livre rare et fort estimé. 2° De bacillis sexag enalibus et de meridianorum differentiis accurate et facile inve- niendis, Kiel, 1688 3° Monumenta land- graviorunt Thuringiœ et marchionunt Misnice, Gotha, 1692 avec figures; 4° De auro et argent° chrnico, de numrnis quibusdam ex metallo chymico Jadis, Kiel, 16962 5° De tribus argenteis nummis uncialibus, Kiel, 1695, in -4°; 6° De arte muniendi nova, Kiel, 1702; 7° Dispu- mtio mathematica de prceripuis superiorunt sera- bruns phœnomenis coelestibus, Kiel, 1703 8° De observationibus astronomicis antiquis et no- vis , Kiel , 1703 9° De periodo clementina, Kiel, 1706 10° De genuinis jurium naturoe, gentiunt et cirilium principis , Kiel, 1710 ; 11° His- toria juris universaux, Lu beck , 4718 Sa- muel Reyher avait publié deux ouvrages de son père : Thesaurus Infini et yermanici sermonis et une curieuse dissertation sur les inscriptions de la croix de JésusChrist et sur l'heure de son crucifiement, intitulée De crucifixi Jesu titulis
  • Samuel RICHARDSON( 1689 - 1761) : célèbre romancier anglais, naquit en 1689. Les commencements d'un homme dont les écrits sont si répandus furent ensevelis de tant d'obscurité, que tout ce que l'on a pu découvrir de son origine c'est que son père exerçait la profession de menuisier dans le comté de Derby ; mais la ville ou le village qui donna la naissance à Samuel Richardson est Ses dispositions furent précoces : dès l'àge de treize ans, il servait de secrétaire aux jeunes filles qui étaient en correspondance avec leurs amants. On a prétendu que c'est de cette époque qu'il prit du goût pour un genre d'écrire où il a développé un si rare talent. Il n'était encore qu'adolescent, quand il fut placé comme apprenti chez un imprimeur de Londres nommé Wild. Ce ne fut qu'au bout de sept ans qu'il parvint à la dignité de correcteur d'épreuves. Il aimait à raconter qu'il se crut alors un personnage dans l'Etat. Toute dépendance lui devint à charge; du fruit de ses petites économies, il loua une chambre et attendit la fortune. Il la crut fixée dans son humble demeure , lorsqu'il vit les libraires, dont il avait réclamé les bons offices, venir lui commander des préfaces et des épîtres dédicatoires. L'emploi de sa plume lui fut si profitable, et l'extrême régularité de ses mœurs lui concilia une bienveillance si générale, qu'il eut des facilités inattendues pour établir une imprimerie à son compte. 11 se publiait alors à Londres une feuille périodique intitulée le Truc Briton, dont l'auteur principal était un certain duc de Wharton, l'homme le plus décrié de l'Angleterre. Ne trouvant plus d'imprimeurs, le duc vint s'adresser au jeune Richardson, qui lui prêta assez imprudemment ses presses. Dès le troisième numéro, il se vit citer en justice, et ce ne fut qu'avec beaucoup de peine qu'il échappa au châtiment infligé au noble rédacteur. Cette mésaventure ne l'empêcha point d'entreprendre l'impression de quelques autres papiers publics. On lit son nom sur le titre de vingtsix volumes du Journal de la chambre des communes. Rien n'annonçait encore qu'il dût faire gémir la presse pour son propre compte, lorsqu'étant parvenu à Sa cinquantetroisième année il mit au jour sa Paméla; une sorte de fermentation si active s'était opérée dans son esprit, qu'il lui avait suffi de trois mois pour composer ces deux volumes. La vogue de ce roman fut telle, qu'il eut cinq éditions dans la même année. Enfin, par une distinction dont n'avait encore joui aucun roman, un prédicateur nommé Slocock, alors en réputation à Londres, recommanda, du haut de la chaire, à ses paroissiennes, et spécialement aux jeunes filles, la lecture de Paméla. L'auteur se fûtil attendu qu'au milieu de ce concert de louanges s'élèveraient des voix qui troubleraient la douceur de son triomphe? Eûtil pu croire, surtout, que ce fût sous le rapport de la morale que sa première production serait attaquée? Il en avait adressé un exemplaire au docteur Watts, en le priant de lui communiquer le jugement qu'il en porterait. Pour toute réponse, le sévère docteur lui renvoya le livre, en déclarant que les femmes se plaignaient de ne pouvoir le lire sans rougir. Un écrivain plus jeune, mais déjà beaucoup plus célèbre, Fielding, s'efforça de jeter du ridicule sur Paméla dans son Joseph Andrews. Richardson se montra vivement piqué des railleries d'un rival aussi redoutable. Le chagrin qu'il en conçut le détermina , plus que tout autre motif, à publier sa Pamela in high life, que les Français appellent Pantela mariée. On y remarqua facilement que le but principal de l'auteur avait été de répondre à ses censeurs. Cette nouvelle production eut malheureusement un effet tout contraire elle fut trouvée froide, diffuse et sans aucune espèce d'intérêt. La réputation de Richardson en avait tellement souffert qu'on le croyait dégoûté de la carrière littéraire, lorsqu'au bout de huit ans d'un profond silence on vit paraître les deux premiers volumes de sa Clarisse Harlowe. L'impression qu'ils produisirent surpassa les espérances de l'auteur luimême. De toutes parts, il recevait des lettres où il était conjuré de ne pas laisser languir la patience des lecteurs. Plusieurs dames lui adressèrent la prière instante de donner à ce grand drame un dénoûment heureux. Mais son plan était déjà fixé il exposa, avec autant de clarté que de force, les motifs qui l'avaient décidé en faveur de la catastrophe qui termine l'ouvrage. A deux romans dont les principaux personnages sont des femmes, il voulut en faire succéder un dont le héros fût un homme parfait, et il donna son Sir Char- les Grandison. Le travail excessif auquel il se livrait, dans un âge déjà avancé, affecta tellement chez lui le système nerveux qu'il était attaqué d'un tremblement continuel ; ce n'était qu'avec la plus grande peine qu'il pouvait porter un verre à sa bouche; cet état ne tarda pas à dégénérer en apoplexie; il cessa enfin de vivre le 4 juillet 1761, à l'àge de 79. ans. Richardson avait été marié deux fois sa première femme était fille de l'imprimeur Wild , chez lequel il avait fait son apprentissage ; et la seconde, la sœur du libraire Leak, de Bath. Au milieu de ses plus grands succès, et dans le sein des sociétés les plus brillantes , cet écrivain célèbre conserva toujours une extrême simplicité de moeurs. Il était singulièrement goûté dans la compagnie des auteurs de son temps, parce qu'il les écoutait toujours et ne parlait jamais. On l'a vu passer des journées entières sans proférer une seule parole. Il réunissait, à un degré peu commun , toutes les vertus privées. Sa bienfaisance s'exerçait sur tout ce qui l'entourait, et le plus souvent dans l'ombre du mystère. Indépendamment de ses trois grands ouvrages , Richardson publia 10 les Négociations de sir Thomas Roe , ambassadeur à la Porte de 1621 à 169.8 ; 2° une édition des Fables d'Esope avec un commentaire: 3° un volume de Lettres familières. On a imprimé, sous son nom et après sa mort, six Lettres sur le duel, plus une brochure en une feuille unique intitulée Devoir des femmes enrers leurs maris. On a la preuve que le second volume du Rambler est entièrement de lui. Dans la préface de ce volume, Johnson parle de son nouveau collaborateur comme d'un écrivain qui a « développé la connaissance du coeur humain, « et qui a appris aux passions à se mouvoir aux « commandements de la vertu. » II a été publié en 1804 une Correspondance de Samuel Richard- son, 6 vol. On doit rendre hommage à la supériorité de la notice biographique et critique dont l'a enrichie mistriss Barbauld. Quant aux lettres mêmes, tout admirateur de Richardson ne peut les parcourir qu'avec un vrai chagrin. Pourquoi laisser voir l'homme dans toute la faiblesse de sa nature? — Le mérite littéraire de Richardson est également apprécié par toutes les nations. Les gens de goût conviennent que son plus grand malheur est de n'avoir point connu les anciens. Il aurait appris de la lecture de leurs chefsd'oeuvre à éviter cette surabonbondance qui tue l'esprit et affadit le sentiment. Il faut se hâter, toutefois, d'observer, pour ce qui concerne les lecteurs français, que la prolixité tant reprochée à Richardson tient quelquefois plus à ses traducteurs qu'a luimême. Cette remarque s'applique spécialement à l'abbé Prévôt. Il s'est applaudi , et on l'a félicité souvent, d'avoir omis des détails dénués d'intérêt, d'avoir éloigné des répétitions fastidieuses; mais cette louange lui a été donnée par des gens qui certainement ne connaissaient pas les ouvrages originaux. Si l'abbé Prévôt abrége quelquefois ce qui w Clarisse Harlowe est le roman de Richardson qui a été le plus goûté en France. Il a été traduit : 1. par l'abbé Prevost, Paris, 1751 4 vol. ; Paris, 1760, 1777, 13 vol. Paris, 1895, 2 vol. ; 2. par le Tourneur, Paris, 175I, 7 vol. 1802, 14 vol. 3. par M. Barré, Paris, 1895,4 vol. La traduction donnée par M. Jules Janin, précédée d'un Essai sur la vie el les ouvrages de Richardson, Paris, 1846, 2 vol. est estimée. Mais le roman original n'est point complet, on en a supprimé de nombreuses longueurs. Z. tient à l'ensemble, il allonge prodigieusement tout ce qu'il conserve. Sa manière de traduire est blette, diffuse, verbeuse. Au lieu de s'attacher à rendre les pensées avec précision , il semble se complaire à les commenter. C'est à lui que s'adresse évidemment cette observation bien juste de Diderot : s Vous qui n'avez lu les ouvrages « de Richardson que dans votre élégante traduc- « tion française, et qui croyez les connaître, vous « vous trompez! » Le Tourneur est généralement plus concis et plus rapide; mais, soit faute d'une connaissance approfondie de la langue anglaise, soit par une licence inexcusable, cet écrivain ofTre, dans ses traductions de Richardson, des erreurs et même des contresens aussi graves que ceux qui déparent sa version de Shakspeare. Nous venons de citer Diderot : admirateur passionné du romancier anglais, dès qu'il apprit sa mort il s'empressa de consacrer à sa mémoire une espèce d'oraison funèbre où, au milieu des formes déclamatoires qui lui étaient particulières, on distingue quelques traits dont le temps a démontré la justesse. L'inimaginable variété du style de chaque personnage est telle, dans Ch: risse, par exemple, que l'on a vu des étrangers mêmes, après la lecture du premier volume de l'original anglais, reconnaître à l'instant l'auteur d'une lettre à la tournure de son esprit et aux formes de son style. Laharpe, qui ne savait pas l'anglais, n'a pu , comme Diderot apprécier cette sorte de prodige ; mais, en revanche, il juge bien plus sainement du plan et de la conduite des romans de Richardson; il approfondit avec bien plus de sagacité les caractères des personnages qui y figurent. C'est ainsi, par exemple , qu'il fait observer que Pantela ga- gnerait beaucoup à être réduite à un volume: que, dans Grandison, les épisodes l'emportent sur le fond, et qu'au total c'est un roman de beaucoup de mérite et de peu d'effet ; que Clarisse est un être vraiment céleste, mais que son histoire est hien pénible à lire dans les trois quarts de son étendue; et qu'enfin son Lovelace, loin d'être tracé d'après nature, n'est qu'un composé bizarre et fantastique, en un mot un fou méchant. « Cet « homme, dit le judicieux critique, déclare qu'il « met son orgueil à subjuguer un ange, et, avec « le coeur si haut dont il se vante sans cesse, il « n'imagine pas d'autre moyen, pour parvenir à « une si glorieuse conquête, que d'entraîner cet « ange dans un lieu infàme, de l'assoupir avec « un narcotique et d'exposer sa vie pour lui ra-« vir l'honneur! u Après avoir discuté toutes les parties du talent de Richardson, Laharpe n'hésite pas à lui préférer l'auteur de Tont- Jones. Il fait remarquer que personne n'a essayé d'imiter Fielding; qu'il reste, comme Molière, seul de sa classe, tandis que Richardson a eu parmi nous un célèhre imitateur. La Nouvelle Héloïse offre effectivement beaucoup de traits de ressemblance avec Clarisse. Dans l'un et l'autre ouvrage, il s'agit d'un père qui veut forcer les inclinations de sa fille. Claire, l'amie de Julie, a paru une copie de miss Howe : comme elle , Claire peut assez souvent être trouvée plus aimable que l'héroïne principale. Julie, ainsi que Clarisse, est un peu prêcheuse ; leur vertu , au milieu même de leurs erreurs, se montre quelquefois armée de griffes et de dents, selon l'expression de Molière. Cependant Clarisse est un ange, coniparée à Julie, qui est femme et faible avant d'être mère et vertueuse. Nous finirons par une dernière observation ; c'est que Riehardson , trèsadmiré sur parole en France comme en Angleterre, n'a presque plus de lecteurs dans l'un et l'autre pays
  • Samuel ROUSSEAU( 1765 - 1820) : imprimeur et éditeur anglais, issu d'une famille genevoise, était neveu du célèbre JeanJacques. Né à Londres, en 1765, il commença par être employé chez Nichols, éditeur du Gentleman's Magazine, qui l'occupait à faire des recherches dans les historiens de l'antiquité. Doué d'une rare intelligence, il apprit seul différentes langues et acquit des connaissances très-étendues. S'étant établi pour son compte, il éprouva des pertes considérables et fut obligé de retourner à ses premiers travaux. Alors il se fit éditeur et commentateur de beaucoup d'anciens auteurs ; niais il ne mit pas son nom à ces publications. Attaqué plusieurs années avant sa mort d'une maladie qui ne lui permettait pas de travailler, il fut secouru par l'excellente inqitution fondée en Angleterre pour les gens de lettres malheureux, sous le titre de Literary fond. Samuel Rousseau mourut à Londres, , le 4 décembre 1820. Indépendamment de plusieurs dictionnaires géographiques et de quelques livres élémentaires pour l'étude du persan, il a publié : 1° Fleurs de la littérature persane, 1801 2° Dictionnaire des lois mahométanes, du revenu du Bengale , du sanscrit et d'autres termes , 1802 3° Vocabulaire persan et anglais, 1802 ; la Ponctuation, ou Essai pour faciliter l'art de ponctuer, 4813 Ce dernier ouvrage est extrait de l'ingénieux essai de Robertson sur la ponctuation
  • Samuel ROGERS( 1763 - 1855) : le Nestor des poètes anglais, né à StokeNewington , dans le comté de Middlesex, le 30 juillet 1763, mourut le 18 décembre 1855 à Londres. Fils d'un banquier de la Cité, il fit ses études à l'université d'Oxford, et après les avoir couronnées par quelques voyages, se chargea de la maison de banque de son père. Déjà pendant ses études son penchant à la poésie avait été éveillé, en 1780, par les hymnes du docteur Watts, ministre protestant dissident, Son premier voyage le conduisit en France , où il fut admis, en 1784, à la cour de MarieAntoinette. De retour, il publia, en 1786, un recueil de poésies intitulé Ode to superstition and other poems. Parmi ces derniers, on a principalement remarqué son Ode à l'université et le Barde. En 1792 parut son premier ouvrage remarquable sous le titre de Plaisirs de la mémoire. Ce poème , dont il a paru plus de vingt éditions, et qui, après avoir fondé la renommée de l'auteur, est encore aujourd'hui regardé en Angleterre comme la meilleure production de Rogers, est écrit dans la strophe héroïque. Il se distingue par la pureté des pensées et par l'élégance du rhythme. On en a une traduction française, due à Albert de Montémont. Le poème des Plaisirs de la mémoire servit à Rogers d'introducteur auprès de Fox, dont il resta l'ami idolâtre jusqu'à sa mort, et auquel il dédia plusieurs de ses strophes les plus senties et les plus gracieuses. Remarquons que cette liaison n'ôta rien aux sentiments républicains dont Rogers était animé, quoique, avec son tempérament calme, il n'aimât pas à s'occuper de politique. Menant de front les affaires de sa banque, les occupations artistiques et le culte de ses amis, il ne se pressa pas trop à produire. Ses ouvrages ne parurent qu'à des intervalles de quatre, six, sept et quelquefois dix ans. Son premier ouvrage des Plaisirs de la mémoire l'avait mis en rapport aussi avec Thomas Moore, qui lui dédia, en 1817, son fameux poème de Lalla Roukh, de même que le mélodieux Rogers reçut de Byron la dédicace de son conte des Giaours. En 1814, voyant le continent de nouveau ouvert aux Anglais, Rogers visita d'abord les magnifiques collections d'ôbjets d'art formées par le premier empereur à Paris, et fit ensuite un grand voyage en Italie, d'où il rapporta de nouvelles impressions. Son dernier ouvrage important de poésie est de 1822. Depuis cette année, Rogers ne publia plus rien, excepté quelques épîtres littéraires et politiques. Sa grande fortune le mit en état de satisfaire à son amour pour les beauxarts et d'amasser une grande collection d'objets archaïques et de tableaux, qu'à sa mort il a léguée en partie au British Museum. D'autres ont été vendus à l'enchère. Parmi les premiers, se trouve un beau portrait de Gaston Phébus, comte de Foix, par le fameux Giorgione, et qui a été dans le temps attribué soit à Titien, soit à Raphaël même. Il est haut de quatorze pouces sur onze de large. Ce tableau , supérieur à celui de Gaston qui se trouve au Louvre , avait été autrefois dans la possession d'un amateur fran-çais, et on ne sait pas comment il est tombé entre les mains de Rogers. Celuici, du reste, d'un caractère noble, soulagea toutes les infortunes, surtout celles des poètes. Quand, à son lit de mort, Shéridan était abandonné de tous, ce fut. Rogers qui lui porta le dernier argent. Il aida aussi Campbell à acheter une part dans le Meir°. polit« Magazine, et Moxon, encore jeune et à s'établir libraire. Chaque fois qu'il s'agissait d'élever un monument à un artiste ou à un auteur, il mettait son nom en tète de la souscription. Aussi était- il considéré et aimé de tous ses confrères, qui n'eurent jamais une veine de jalousie contre lui , lui laissant au contraire la présidence de leurs sociétés littéraires jusqu'au jour où, cloué dans son fauteuil par suite d'une chute de voiture, il dut y renoncer pour le reste de sa vie. Comme jugement général, nous constatons que la muse de Rogers, descendante directe des écoles de Goldsmith et Pope, se tenait à égale distance de toutes les écoles poétiques contemporaines. La poésie de Rogers n'est jamais sublime ou grandiose comme celle de Byron et Shelley ; elle n'a pas les reflets brillants de Thomas Moore, ni même ceux des lakistes. Si elle ne résonne pas des accents enivrants du poète de cour actuel, Alfred Tennyson , elle n'exhale pas non plus les retours tristes sur la vie , tels que nous les trouvons dans Cowper. Sa poésie s'écoule comme les ondes calmes d'un fleuve limpide ; elle se distingue par la finesse du goilt, par la grâce de la pensée et par le fini du rhythme. Notre poète se rapproche, parmi ses contemporains, le plus de Montgomery, qui a cependant plus d'énergie que Rogers. Outre les poèmes cités, voici ses autres productions : P Epitre poétique à madame Siddons , 1795; 2° Epitre à un ami, 1798. Ce poème, glorification de la villégiature des riches et nobles d'Angleterre, est écrit dans le genre de Goldsmith et Pope. La description de la bibliothèque, des salles et collections, des appartements, contient de belles pages, mais devient ennuyante. 3° Poeme sur les plaisirs de l'espérance, 1808 ; 4° le Voyage de Colomb, fragment poétique, 18i2, qui, assez froidement accueilli du public, fut en outre maltraité par la critique, surtout par le Quarterly Revieto ; 5° Jarqueline , 1814, conte poétique assez gracieux, mais peu remarqué à celte époque de guerres et de traités ; 6° la Vie humaine, poème didactique, 1819, dans le genre des Plaisirs de la mémoire. La Vie humaine de Rogers est enfermée dans un cercle trop étroit et touche seulement à une société d'élite. Rogers a eu le tort de n'y pas suivre ses modèles ordinaires, Goldsmith et Pope. 7° L'Italie, poème descriptif, qui parut en 189.9, mais qu'il avait déjà commencé en 4815, fut précisément l'ouvrage le moins remarqué , quoique ce soit le meilleur de Rogers. Il renferme d'excellentes descriptions de paysages italiens et des moeurs de cette terre : les couleurs sofa plus chaudes que dans toutes les autres poésies de Rogers. 8° Vers politiques adressés à lord Granville et à lord Grey, en 1832. A partir de 1824, il publia : 9° diverses éditions de ses OEuvres complètes, dont la dernière est de 1853, en 2 volumes. Après sa mort parurent encore : 10° les Souvenirs des discours de table de Samuel Rogers, 1857, 2 vol.
  • Samuel SCOTT( 1700 - 1772) : l'un des peintres les plus renommés d'Angleterre, naquit dans les premières années du 18e siècle et ne tarda pas à se faire un nom dans son art. Il prit Vagitlen Velde pour modèle, et s'il ne parvint pas à l'égaler dans ses marines, il le surpassa par la variété de ses talents. Ses Vues du pont de Londres et du Quai de Custom- House, etc., lui ont fait le même honneur que ses marines. Les figures dont ces vues sont ornées, judicieusement choisies. sont peintes avec une rare perfection. Ses dessins au lavis n'étaient point inférieurs à ses peintures les plus finies. Ses tableaux les plus remarquables furent faits pour sir Edouard Walpole. Scott mourut en 1772, d'une attaque de goutte
  • Samuel SCHEURER : né à Berne , fit d'excellentes études dans sa patrie. Il était encore trèsjeune lorsque la chaire d'éloquence du collége de cette ville lui fut conférée en 1709. 11 entreprit, en 1717 et 1718, aux frais du gouvernement, un voyage par l'Allemagne, la Hollande et l'Angleterre. De retour à Berne, il y obtint, en 1718, la chaire de théologie, qu'il occupa jusqu'à sa mort, arrivée en 1747. Outre un nombre considérable de dissertations, dont on ne désignera ici que celle De miraculis, qui renferme l'histoire d'un jeûne observé pendant une longue série d'années, celle De litterarum potius Hueratorum na'vis et quelques écrits ascétiques, il a publié le Mausolée bernois , composé des vies des auteurs de la réforme de l'Eglise de Berne au 16' siècle. Ces biographies renferment des documents précieux pour l'histoire de la réforme ellemême, et fie sont qu'une partie d'un travail plus complet que l'auteur s'était proposé de donner ensuite sur l'histoire ecclésiastique de Berne, travail dont on conserve les fragments manuscrits dans les archives du conseil ecclésiastique de cette ville
  • Samuel SEABURY( 1738 - 1796) : premier évêque de l'Eglise épiscopale des EtatsUnis, naquit en 1738. Fils d'un ministre évangéliste de la congrégation à Groton , puis à NewLondon , il fit de bonnes études, et après avoir pris ses degrés au collége d'Yale, il partit pour l'Ecossé, dans le but d'y étudier la médecine en même temps que la théologie. Mais s'étant décidé pour l'état ecclésiastique , il se voua spécialement à cette dernière science et se rendit, en 1753, à Londres, où on lui conféra les ordres. De retour dans sa patrie, il y devint ministre de la religion, et après avoir rempli ces fonctions dans plusieurs villes, il remplaça sou père à NewLondon. En 178M, on le choisit pour évêque du Connecticut, charge qu'il exerça avec autant de zèle que de piété jusqu'à sa mort, arrivée en 1796. 11 a publié des ouvrages estimés, savoir : P le Devoir de considérer les routes que nous suivons; 2. Discours prononcé à Portsmouth à Lordination de Robert Foule, 1791; 3. Sermons, 2 vol. En l'année 1798, il a paru un volume de supplément aux sermons de Samuel Seabury
  • Samuel SEYER : savant anglais, né à Bristol, où son père était recteur de la paroisse StMichel et fut longtemps avec réputation à la tète d'une école publique, acheva ses études dans l'université d'Oxford, où il prit, en 1780, le degré de maitre ès arts. Il entra également dans les ordres et dans la carrière de l'enseignement, et fut successivement curé d'Horfield, près Bristol, et recteur de Felton, en Glocestershire. Il était, à l'époque de sa mort, en juin 1831, viceprésident de la société bibliographique de sa ville natale. On a de lui plusieurs ouvrages : .1. Sur la syntaxe du verbe latin, 1798 réimprimé plusieurs fois depuis; 2. Pr du christianisme, 1800 ; 3° Latium rediritum, ou Traité sur l'usage moderne de la langue latine et sur l'universalité. du français, suivi d'un Specimen du latin accommodé à l'usage moderne, 1808 ; 4° . Chartes et let-, tres patentes accordées par les rois et reines à la ville et cité de Bristol, nouvelle traduction, accompagnée de l'original latin, 1812 5. Mémoires historiques et topographiques sur Bristol et ses environs, depuis les premiers temps jusqu'à nos jours , 1821, 4 vol. 6° une iraduction en vers anglais du poënie latin de Vida sur les Echecs
  • Samuel SHARP( 1700 - 1778) : chirurgien anglais , naquit au commencement du 18° siècle, fut élève du célèbre Chéselden , et vint étudier son art à Paris, en fréquentant les hôpitaux. 11 paraît qu'il commença un peu tard à exercer sa profession. 11 se fixa enfin à Londres, où il obtint la place de chirurgien de l'hôpital de Guy. Sa renommée s'étendit avec sa clientelle. Il disait avoir connu Voltaire et lui avoir servi quelquefois de cicérone, lors de son séjour à Rome. Au commencement de 1749, il fut élu membre de la société royale et membre étranger de l'académie de chirurgie de Paris. Il contribua aux progrès de son art par deux ouvrages, qui ont eu plusieurs éditions, et qui ont été traduits dans plusieurs langues 1° Traité des opérations chirurgicales , arec la description des instruments et des gravures, accompagné d'une dissertation sur la nature et le traitement des plaies, ulcères, abcès, 1739; 6° édition, 1751 ; 2° lierherches critiques sur l'état de la chirurgie, 1750 ; 4° édition, 1761. Cet ouvrage et le précédent ont été traduits en français . Le voyage que Sharp fit, en 1765, sur le continent, eut pour but de rétablir sa santé. De retour dans sa patrie, il publia ses Lettres sur l'Italie, contenant la description des moeurs et usages de ce pays, 1 vol. écrites dans un style vif et agréable. Elles excitèrent néanmoins le courroux de Baretti, qui en publia une réfutation et une critique amère. Vivant dans la retraite depuis plusieurs années, Sharp mourut le 24 mars 1778
  • Samuel SHUCKFORD : savant anglais, acheva ses études au collége Caius de l'université de Cambridge, où il prit, en 1720, le degré de maître èsarts. Il fut ensuite curé de Shelton , dans la province de Norfolk , prébendier de l'église de Cantorbéry et enfin pasteur d'AllAllows, rue des Lombards, à Londres. Il mourut en 1754. C'était un homme très-érudit, mais assez mal partagé du côté du jugement et du goût. Son principal ouvrage est une Histoire dis. monde, sacrée et profane, depuis la création jusqu'à la destruction de l'empire des Assyriens , à la mort de Sardanapale, et jusqu'à la décadence des royaumes de Juda et d'Israël, 3 vol. 8°, destinée à servir d'introduction à l'Histoire des Juifs de Prideaux ; mais à cet égard même elle est insuffisante, l'auteur n'ayant pas assez vécu pour pouvoir la porter jusqu'à l'an 747 avant J.C., où Prideaux a commencé. Ce livre est précieux par les détails qu'il renferme et que l'on ne rencontre que rarement ailleurs ; on y trouve aussi des réflexions judicieuses sur la langue hébraïque. Mais l'historien a souvent échoué dans l'application de son vaste savoir, et c'est avec justice que l'évêque Horne et William Jones, dans les mémoires qu'il a donnés sur ce prélat, ont reproché à Shuckford d'avoir rendu son sujet presque ridicule en illustrant l'histoire sainte de la création d'après Ovide, Cicéron , et même d'après l'Essai sur l'homme de Pope. Cependant l'Histoire du monde a été traduite en français par J.P. Bernard , prêtre de l'Eglise anglicane, conjointement avec Chaufepié et Toussaint, Leyde, 1738, 2 vol. tome 3, Paris, 1752, titres noirs et rouges, avec cartes et figures. Indépendamment de cet ouvrage, on a de Shuckford quelques Serinons et un traité sur ta Création et la chute de l'homme, devant servir de supplément à la préface de l'Histoire du monde
  • Samuel SMITH : historien américain , né au NewJersey, s'est fait connaître par une histoire de cette colonie, depuis sa fondation jusqu'en 1721 , avec un appendice, où il rapporte ce qui s'est passé de plus important depuis cette année jusqu'à la publication de son ouvrage , et qui donne un court aperçu de la situation du NewJersey à cette époque. Cette histoire, composée sur des matériaux inconnus, se recommande aussi par l'impartialité. L'auteur mourut en 1778
  • Samuel SORBIÈRE : né à StAmbroix, diocèse d'Uzès, en 1615 et non en 1710, comme l'indique la date mise autour de son portrait gravé à Rome, en 1667, était neveu du docte Samuel Petit et fut élevé par lui. Protestant et destiné d'abord au ministère pastoral, il se dégoûta bientôt des études théologiques, et vint à Paris, en 1639, se livrer à celle de la. médecine. Il adopta la méthode galénique, alla exercer son art en Hollande, et y obtint du succès. Après quelques années de séjour à Leyde , il rentra en France et fut appelé à la direction du collège d'Orange. Son ami, l'évêque de Vaison , Suarès , lui persuada d'embrasser la religion catholique : il retourna sa jaquette, comme disait Gui Patin, qui s'est égayé plus d'une fois sur cette conversion. Les modiques pensions que lui payèrent le cardinal Mazarin et le clergé, n'ayant point paru au prosélyte de suffisantes récompenses, il prit l'habit ecclésiastique à la mort de sa femme et se rendit à Rome pour en solliciter de plus grandes. An tu ille Samuelis Petiti nepos? lui demanda Alexandre VII, lorsqu'il fut présenté à ce pape ; mais malgré l'accueil distingué que cette parenté lui valut de la part du saintpère, et la lettre latine contre les protestants, adressée par Sorbière à ce chef de l'Eglise, il ne fit qu'un voyage infructueux. Il revint à Paris, visita bientôt après l'Angleterre et publia la relation de son voyage; ruais sur les plaintes de la cour de Danemark, offensée de plusieurs passages de cet écrit , une lettre de cachet en exila l'auteur pendant quelque temps à Nantes. Clément IX , ayant succédé à Alexandre VII, Sorbière, qui avait entretenu d'assez étroites relations avec le nouveau souverain pontife avant son exaltation , et publié en son honneur des vers en plus d'une langue, courut une seconde fois à Rome, mais non moins vainement que la première. Ce pape ne lui ayant donné que des bagatelles, il dit à ses amis que l'on envoyait des manchettes à un homme qui n'avait pas de chemises. Déçu de ses espérances, mais voulant du moins prouver qu'il ne s'y était pas confié sans quelque apparence de fondement, il fit imprimer, dans un recueil de lettres illustrium et eruditorum virorum , toutes celles qu'il avait reçues du cardinal devenu pape. Les recommandations de son oncle Samuel Petit l'avaient mis en rapport avec les hommes les plus distingués de son temps; et comme il ne manquait ni , avec une vie de l'auteur. Admis dans la société des physiciens qui s'assemblaient chez Montmor, Sorbière publia, dans des Lettres et Discours sur diverses ma- tières curieuses, plusieurs dissertations qu'il avait composées pour cette académie. Un autre recueil du même genre contient un assez grand nombre de ses opuscules sur des sujets de philosophie, de morale, de critique, d'antiquités et de controverse. Grand admirateur de la philosophie de Gassendi , il a placé la vie de cet homme illustre à la tète de l'édition de ses Œu- vres, Lyon. 1658, 6 vol. ; mais cette biographie eut peu de succès. Gui Patin la traite avec mépris dans sa cent cinquantesixième lettre à Spon et ne ménage guère plus l'auteur que l'ouvrage, malgré l'intimité de leurs liaisons. Les ouvrages de médecine de Sorbière n'ont pas joui de beaucoup plus d'estime. Haller parle peu avantageusement de ses Dissertations polémiques sur la transfusion du sang, etc., et ne juge pas moins sévèrement son Discours sceptique sur le passage du chyle et le mouvement du coeur. Sorbière a traduit l'Utopie de Morus, et sous le titre d'Eléments philosophiques du citoyen , et du Corps politique, ou Eléments de la loi morale Paris, 1669 Ce volume, est rare et tous les exemplaires sont incomplets; ils commencent à la page 432 et finissent à la page 600. On peut consulter la curieuse note que donne Barbier dans son nictionnaire des anonymes, 2e édit., n° 2034,6 et qu'il avait donnée avec plus de détail dans le Magasin ency- clopédique, 8. année t. ler, 235. On prétend que ce fragment ne fut tiré qu'à 60 exemplaires. Il parait que Sorbière avait l'intention de le faire précéder par le recueil de ses lettres latines , mais il renonça à çe projet. et civile, 1653 deux ouvrages qu'on a depuis réunis au Traité de la nature humaine, traduit par Je baron d'Holbach, et publié sous le titre d' OEuvres philosophiques de Th. Hobbes, 1787, 1790,.G? vol. On dut à Sorbière, comme éditeur, la publication d'un écrit de Gas- sendi : Disquisitio metaphysica adret- sus Cartesium; des Mémoires de Rohan, Elzévir, 16i6, et d'un traité de Samuel Petit : De jure principum edictis Ecelesioe quoesito, etc., qu'il dédia à son ami Sauniaise. Nommé historiographe du roi, en 1660, il ne fut décoré que d'un titre sans fonctions. ous devons dire, à la louange de Sorbière, que Rabelais , Montaigne et Charron étaient ses auteurs de prédilection. Il mourut à Paris , le 9 avril 1670
  • Samuel SQUIRE( 1714) : évêque de StDavid, membre de la société royale de Londres et de celle des archéologues, était fils d'un apothicaire; il naquit en 1714, dans le Wiltshire, et fit ses études au collège de StJean, et à l'université de Cambridge, où il prit les degrés de bachelier ès lettres, et de docteur en théologie. De 1739 jusqu'à sa mort, arrivée le 6 mai 1766, il fut chapelain, recteur, vicaire et doyen à Wells, à Bath, à Londres et à Bristol. En 1761 , il fut nommé évêque de StDavid. Dans sa vie privée, il montra les vertus d'un honnête homme, jouissant de l'estime générale par son caractère, ses vastes connaissances let la probité avec laquelle il remplissait les devoirs de son état. Outre un grand nombre de serinons, il a publié : 1° Examen de la constitution anglaise, ou Essai historique sur le gouvernement anglo- saxon en Allemagne et en Angleterre, seconde édition, 1753 ; 2. l'Ancienne Histoire des Hébreux vengée, ou Remarques sur le 3. volume du Philosophe moral, par Théophanes Canlabrigiensis , Cambridge, 1741. Ce livre contient une trèsbOnne notice des rois pasteurs de l'ancienne Egypte. 3° Deux Essais, le premier contenant une défense de l'ancienne Chronologie grecque ; le second, des Recherches sur l'origine de la langue grecque, Cambridge, 1741 ; 4° Plutarchi de Iside et Osiride liber, gra'ce et anglice ; recensuit , commentariis auxit, versionem novant anglicanam adjecil S. Squire, ibid., 1744, édition estimée : on y trouve toutes les corrections de Baxter, de Bentley, de Markland , etc. La version anglaise, bien plus étendue que le texte, est plutôt un commentaire qu'une traduction littérale. 5° Essai sur la balance du pouvoir civil en Angleterre, i74.... Il a laissé en manuscrit une grammaire anglosaxonne
  • Samuel STARCK( 1649 - 1697) : naquit en 1649, à Pyriz, en Poméranie ; son père était conseiller du duc de Mecklenbourg. Il fut d'abord ministre à Dar- goun , ensuite prévôt de Neucablen, et enfin docteur et professeur en théologie à Rostock et pasteur de StJacques en cette ville, où il mourut en 1697. Starck suivit, dans l'exégèse de la Bible, la méthode de son maître Varenius. Sa famille était originaire de Weissenbourg, dans le Nordgau; mais , depuis 1320, elle s'est établie à Nuremberg, où elle était comptée entre les familles patriciennes. En 1417, elle reçut des lettres de noblesse de l'empereur Sigismond. Elle se partagea, vers le commencement du 16' siècle, en deux lignes principales, savoir . celle de Franconie, qui s'appela Starck de Reckenhoff, et celle Poméranie ou de Mecklenbourg , qui s'appela Starck d'Altenbourg. On a de Samuel Starck quelques dissertations 1. De arcanoruin divinorum cum prophetis conzmunicatione ex Amos ni, 6,7,8 ; `.t. De Paulo scenopoio, ex Act. 18; 3° De pace. On le regarde comme trèssavant dans l'Ecriture ; il fut un des premiers en Allemagne qui, pour entendre le texte hébreu, eurent recours à l'arabe, en expliquant l'un par l'autre. Son petitfils possédait plusieurs de ses écrits sur les prophètes et sur les épîtres de StPaul
  • Samuel TIMON( 1675 - 1736) : historien hongrois , né , en 1675, dans le comté de Treuschin, embrassa la règle de StIgnace et fut destiné, par ses supérieurs, à la carrière de l'enseignement. Après avoir professé pendant quelques années les humanités et la philosophie, il résolut de se consacrer aux missions ; mais la délicatesse de sa santé l'obligea bientôt d'abandonner la chaire évangélique, et il s'appliqua dès lors à l'étude de l'histoire et des antiquités de la Hongrie. Cet écrivain laborieux mourut dans la maison de son ordre, à Cassovie, le 7 avril 1736. On a de lui : 1° Celebriorum Hungarice urbium et oppidorum chorographia, Tirnau , 1702 , ; réimprimé avec des additions du P. Gabriel Szerdahelyi, Vienne , 1718 ; Cassovie , 1732 ; Tirnau , 1770 , mème format. 2° Imago , antique et nove Hunga , Cassovie, 1734 deux parties; réimprimée à Vienne, 1754 avec un supplément qui avait paru séparément en 1735 ; 3° Epitome rerum Hungaricarum, Cassovie, 1736 ; 4° Purpura pannonica, Tyrnau, 1715. Cette histoire des cardinaux hongrois reparut avec des augmentations, à Cassovie, en 1745. Le P. Timon laissa en manuscrit une continuation des Annales regni Hungariafr d'Isthuanti , poussée jusqu'à l'an 1662 ; Kary, Kaprinaï et les autres historiens modernes de la Hongrie en ont fait usage
  • Samuel TRIEWALD( 1688 - 1742) : conseiller du duc de Holstein, naquit à Stockholm en 1688, et fit ses études à Upsal. Après avoir été employé en Allemagne par Charles XII , il entra au service du duc de Holste Gottorp , neveu du roi de Suède, et fut chargé de se, rendre à Stockholm avec l'ambassadeur du duc, qui se flattait de parvenir au trône de Suède ; mais son parti succomba, et Triewald fut renvoyé, ainsi que toute l'ambassade. Ii passa le reste de ses jours en Holstein, où il mourut en 1742. On prétend qu'il parlait et écrivait neuf langues. Il se livra surtout à la poésie suédoise et contribua à la perfectionner, en traduisant plusieurs morceaux de Boileau et de la Fontaine. On a aussi de lui des poésies allemandes. L'académie des sciences de Stockholm l'avait placé parmi ses membres, et il fournit à cette société savante plusieurs mémoires qu'elle fil insérer dans le recueil de ses travaux
  • Samuel TROÏLIUS( 1706 - 1764) : archevêque d'Upsal, né en 1706 dans la Dalécarlie , où son père était. pasteur, fit ses études à Upsal et publia dans cette ville une dissertation : De magnetismo mo- rum naturali , qui lui fit obtenir le degré de maître ès arts dans la faculté de philosophie. Né avec un grand talent pour la parole, il résolut de s'appliquer à la prédication et d'entrer dans la carrière ecclésiastique. Ses succès y furent rapides. Après avoir été pasteur d'une paroisse de Stockholm, il devint successivement grand aumônier du roi. évêque de Vesteras et archevêque d'Upsal. Cette dernière dignité lui donna occasion de faire briller son éloquence aux diètes en qualité d'orateur de son ordre. Ses connaissances étendues le firent admettre dans l'académie des sciences de Stockholm. Il mourut en 1764 et fut enterré dans l'église cathédrale de Vesteras, où on lui érigea un monument. Il a laissé des mandements , des oraisons funèbres et un grand nombre de sermons prononcés dans diverses circonstances solennelles. Son Eloge fut lu à l'académie des sciences par C.F. Mennander, évêque d'Abo, et a été imprimé à Stockholm en 1765. Les enfants de l'archevêque Troïlius avaient été anoblis avant sa mort
  • Samuel TURNER( 1749) : voyageur anglais, né vers 1749, dans le comté de Gloucester, prit du service dans l'armée de la compagnie des Iodes et se distingua d'une manière qui fixa l'attention du célèbre Hastings. Ce gouverneur général des possessions britanniques avait, en 177i, envoyé en ambassade au tchoulama George Bogie, qui fut trèsbien accueilli par ce pontife du Tibet, alors tuteur du dalariama. Le tchoulama mourut en 1780, à Pékin, où l'empereur de Chine ? l'avait invité à venir. Bogie termina ses jours vers la même époque. Quelque temps après, le bruit se répandit que le tchoulama venait de s'incarner de nouveau dans le corps d'un enfant. Hastings pensa qu'il convenait d'envoyer une seconde ambassade au Tibet pour féliciter le tchoulama de sa réapparition et proposa de confier cette mission à Turner. Celuici partit de Calcutta vers le milieu de janvier 1783 , traversa les montagnes situées entre le Bengale et le Boutan et arriva, le ler juin, à TassiSoudon, ville capitale de ce pays et résidence du debradjah, qui est le souverain. Après trois mois d'attente, pendant lesquels il fut comblé de marques d'attention par le debrajah, Turner reçut du régent de TchouLoumbo la permission d'entrer dans le Tibet, mais à condition qu'il n'amènerait qu'un seul Anglais avec lui. Le 8 septembre, il sortit de TassiSoudon, franchit bientôt le mont Soumounang, qui forme la limite entre le Boutan et le Tibet, et après un voyage trèspénible dans une contrée couverte de montagnes extrême- ment hautes, il entra, le 19, dans le monastère de TchouLoumbo, qui est au sud de la ville de Jikadzé. Dès le lendemain, il eut son audience du régent. Il aurait hien voulu assister à la cérémonie de la reconnaissance solennelle du lama, qui devait avoir lieu quelques jours après; mais il ne put l'obtenir, parce que les délégués chinois, qui devaient y être présents, auraient trouvé mauvais qu'on y admît des étrangers. Le 30 novembre, Turner reçut son audience de congé du régent, qui lui remit ses dépêches pour Hastings et protesta de sa sincère amitié pour les Anglais. Le 2 décembre, Turner reprit la route du Bengale; le lendemain, il alla au couvent de Terpaling , où le jeune tchoulama résidait avec ses parents; le 4, il lui rendit ses hommages et lui offrit des présents. Le 6, il lui fut présenté pour la dernière fois. Il rentra ensuite dans les Etats du debradjah, ayant fait toute la diligence possible pour se rapprocher d'un climat plus tempéré que celui du Tibet. « Nous le trouvâmes, ditil, « à Panouka, résidence d'hiver du debradjah. Le 30 décembre, il obtint son audience de congé de ce prince ; au commencement de mars 1784, il fut de retour auprès d'Hastings, qui était alors à Patna , dans la province de Bahar. En 1792, dans la guerre contre TippouSultan, Turner se signala au siége de Seringapatnam. Plus tard , il fut nommé ambassadeur près de ce monarque et s'acquitta si bien de sa mission que la compagnie lui accorda cinq cents livres sterling, en témoignage de son appr6bation et de son estime. Turner, qui avait acquis une grande fortune dans l'Inde, revint en jouir en Europe; ce ne fut pas pour longtemps. Le 21 décembre 1801, passant le soir dans une rue écartée de Londres, il fut frappé d'une attaque de paralysie. Transporté au corps de garde, puis à la maison de trairai!, car on ne trouva sur lui aucun papier qui pût le I faire reconnattre, ce ne fut qu'en ôtant ses bottes que l'on vit son nom écrit dans l'intérieur. Un imprimeur qui était là par hasard se souvint I qu'une personne de ce nom avait fait imprimer un livre deux ans auparavant et indiqua son domicile. Cependant des secours lui avaient été prodigués. Ses amis avertis écrivirent à ses parents , qui demeuraient hors de la capitale. Ce ne fut que le 30 qu'il recouvra la parole. Les médecins pensèrent que l'on ne pouvait sans danger le faire changer de place : il mourut le 2 janvier 1802. On a de lui : Relation d'une am- bassade à la cour du tchou- lama en Tibet, contenant la relation d'un voyage en Boutan et dans une partie du Tibet, avec des observations botaniques, minéralogiques et médicales , par Saunder , et des vues dessinées par Daris, Londres, 1800 fig. Ce voyage dans des pays si peu fréquentés des Européens, et dont les institutions civiles et religieuses offrent tant de singularités , est d'autant plus intéressant que l'auteur était un homme instruit et un observateur judicieux. Jamais il n'entre dans des digressions étrangères à son sujet; niais il ne néglige rien de ce qui est important. On doit regretter qu'il n'ait pas séjourné aussi longtemps que d'Andrada, Desideri et Horace della Penna dans des contrées si curieuses. Les ligures représentent diverses vues remarquables. On y voit un pont en chaînes de fer, suspendu, que l'on a imité en Europe en le perfectionnant. La carte ne contient que la route de Turner. Cette relation, traduite dans la plupart des langues modernes, l'a été en français par Castera, Paris, 1802, 2 vol. 8', avec atlas
  • Samuel TWARDOWSKI : gentilhomme polonais, fut un des poètes les plus célèbres de sa nation. 11 vécut dans le 47° siècle. On a de lui e un Poane sur Uladislas IV, 1649Daphnis, changée en laurier, 1638 et 1702; 3° la Guerre , arec les Cosaques, les Tartares, les illoscorites, les Suédois, les Hongrois, etc., 1666. Ce poème, qui est aussi intitulé Guerre domestique , comprend tout ce qui s'est passé en Pologne pendant douze ans. 4° Poésies diverses , 1681 ; 50 Histoire de la belle Pasqueline, traduite de l'espagnol , 1701. Zaluski, n'ayant pas trouvé cette production indiquée dans la Bibliothèque espagnole de Nicolas Voy. Canisius, Antiq. lect., t. 2, part. 3. p. 216, 230; t. 3, part. 2, p. 667. — I1abiiIon, Annal. orci. S. Bened., t. 3,1). Sag, 340, etc. Antonio, la croit originale, et de Twardowski luimême. 6° Des Odes, dont plusieurs sont des traductions de Sarbiewski, etc. Baillet parle de Twardowski dans ses Jugements des savants, t. 4; et il en est aussi question dans les Acta erudito- rum Lipsiens., t. 2. t'oy. encore Bibliot. poet. polonor. de Zaluski
  • Samuel VINCE( 1756) : mathématicien et astronome anglais, naquit en 1756. Après avoir fait ses études à l'université de Cambridge, il embrassa la carrière ecclésiastique et s'éleva par degrés jusqu'aux fonctions d'archidoyen de Bedford. Sa vie fut principalement consacrée à l'étude des sciences mathématiques. En 1785, il inséra dans le recueil des Philosophical Transactions un mémoire Sur le frottement, et ce travail, qui se recommandait par des vues originales et par l'exposé habile des résultats de nombreuses expériences, ouvrit à son auteur en 1786 les portes de la société royale. Après de patientes investigatinns, Vince lit paraître en 1795 un mémoire Sur la théorie du mourenient et de la résistanre des / laides; il y décrit des expériences relatives à l'écoulement de l'eau dans des tuyaux placés dans des positions verticales au fond d'un vaisseau. En 1798 un nouveau travail Sur la résistance des corps qui se meurent dans les fluides vit également le jour dans le recueil dont nous venons de parler. Vitre s'était attaché à faire des expériences sur des corps immergés profondément audessous de la surface de l'eau ; il trouva que lorsque le corps est une surface plane ou lorsque c'est un hémisphère se mouvant avec la partie plate en haut, la résistance diffère dans le rapport de 3 à 2 des résultats que donne la théorie générale. Le rapport entre la résistance éprouvée par une surface plane immobile lorsqu'elle est frappée par un fluide en mouvement, et celle qui a lieu lorsque cette surface se meut dans un fluide immobile, se trouve être à peu près comme 6 à 5, résultat qui concorde avec celui qu'a obtenu du Buat. — Nommé professeur d'astronomie et de philosophie expérimentale à l'université de Cambridge, Vince s'occupa avec zèle de ces fonctions ; il prit part avec un autre professeur, James Wood,la rédaction d'un Cours de mathématiques et de philosophie naturelle à l'usage des étudiants, livre dont l'utilité a été démontrée par diverses éditions. Vince a fourni à ce Cours les parties intitulées Éléments des sections coniques, Principes des _ fluxions ; Principes d'hydrostatique et Éléments d'astronomie. En 1790, il publia un Traité d'astronomie pratique 4° ; on y trouve de longs détails sur la construction et sur l'usage des instruments astronomiques. Mais l'ouvrage le plus important qui soit sorti des mains de ce savant laborieux, c'est le Système complet d'astro vomie, 3 vol. publiés de 1797 à 1808. Les diverses parties de cette science telle qu'elle était connue il y a soixante ans sont exposées avec lucidité et ampleur; le dernier volume renferme les tables du soleil, de la lune et des planètes, calculées par Delambre, et celles de la lune dressées par Bury. mais les chiffres ont été, par de longs ca, 1- culs, ramenés aux indications que fournit, la situation de l'observatoire de Greenwich. Une seconde édition revue et augmentée a paru de 1814 à 1823 en 3 volumes. Les études scientifiques de Virtce ne le détournèrent pas de travaux en rapport avec ses fonctions ecclésiastiques. Il publia en 1805 quatre sermons qu'il avait prèchés devant l'université de Cambridge et dont le but est de réfuter l'athéisme, de montrer dans les lois des corps célestes la preuve de l'existence d'un créateur tout- puissant. En 1807 parut la Crédibilité de l'Évangile, ou réfutation de de plume sur les miracles. En 1806 un mémoire Sur ( es hypothèses mises en avant à l'égard de la cause de la gravitation fut imprimé; il avait été lu dans une des séances de la société royale ; son but était de combattre l'hypothèse do Newton attribuant la gravité à un fluide élastique, et la conclusion était que l'existence et la durée de l'univers résultent de l'action immédiate de la Divinité. Signalons aussi le Traité: d'astronomie pratique, 1790 Traité d'astronomie plane et sphérique, j 800 ; 3° édition, 1810; un traité Sur In propagation du christianisme indépendante de toute cause secondaire, 1807. Fatigué et soutîrant, \Ince interrompit ses études avant la fin de sa vie; elle se termina au mois de décembre 1821. Longtemps après, en 1845, on a publié des Observations sur le déisme trouvées parmi ses papiers
  • Samuel WIND( 1794 - 1859) : polygraphe néerlandais , naquit en 1794. Il devint vice- président de la cour judiciaire de la Zélande et président de la société des sciences de cette province. Il mourut à Nliddelbourg le 19 août 1859, laissant les ouvrages suivants : 1° Singularités de la loi pénale de la Néerlande , 1827 ; 2° Bibliothèque des historiens néerlandais, 1831- 1836; 3° Fragments d'un ouvrage sur le roman de chevalerie de Huon de Bordeaux, 1847 ; to diverses dissertations insérées dans le recueil des travaux de la seconde classe de l'institut royal de la Néerlande
  • Samuel WALLIS : navigateur anglais, fut chargé par son gouvernement de faire des découvertes dans le grand Océan, pour compléter les opérations du commodore Byron, et partit de la rade de Plymouth, le 22 août 1766, sur le Dolphin qu'il commandait, ayant sous ses ordres la corvette le Swallow et la Otite le Prince- M- édéric. Arrivé à Madère, il y lit quelques provisions de bouche, et continuant sa route, il se trouva, vers le milieu de novembre, près de la terre magellanique et jeta l'ancre au cap de las Firgencs. Il reconnut combien on avait exagéré la taille des habitants de ce pays, appelés Patagons, et que les relations des premiers navigateurs avaient signalés comme des géants. Quelquesuns de ces sauvages avaient six pieds sept pouces anglais e hauteur , mais plupart n'avaient même pas six pieds. Le 7 décembre, Wallis entra dans le détroit de agellan. Arrivé au port de la l'ambre, il dépè- a la flûte le Prince- Frédéric au port Egmont, ans les fies Falkland. Le Dolphin et le Swallow ntinuèrent de parcourir le détroit jusqu'au I avril, et, pendant ces quatre mois, l'équipage ut exposé aux dangers de la tempête et aux rigueurs d'un froid excessif. Tous les insulaires qu'ils rencontrèrent dans ces stériles contrées leur semblèrent être les plus misérables des hommes ; transis de froid, et n'ayant sur les épaules qu'une peau de veau marin, ils exhalaient une odeur infecte. Wallis en lit venir plusieurs à bord de son vaisseau. Ils mangeaient avec avidité tout ce qu'on leur donnait, niais ils ne voulurent boire que de l'eau. Du reste, ils montrèrent une indifférence stupide pour les objets de curiosité qu'on leur présenta. Les seules choses qui les étonnèrent furent les miroirs et les armes à feu ; les premiers excitèrent en eux une surprise mêlée de joie, les secondes les saisirent d'effroi. « Nous quittâmes , dit %N'anis , « cette sauvage et inhabitable région, où pen-,.« dant quatre mois nous fûmes presque sans « cesse en danger de faire naufrage, où au mi-, lieu de l'été le temps est froid et orageux, où , presque partout les vallées étaient sans ver-, dure et les montagnes sans bois, enfin où la ,, terre qui se présente à la vue ressemble plulèt ,, aux ruines d'un monde qu'à l'habitation d'êtres . Wallis navigua dans la mer pacifique sans découvrir de terres jusqu'à son . ' r. edidenereeldaCda ineP1 asse rnri loteea tfrteartioecpho vit itpeuensuiteu'd'iaes eld'a eelaedmont, celles de Glocester, de Cumberland , uf dir?eet g le 'de GuillaumeHenri et d'Osnabrugh. Enfin , le .19 juin , il découvrit l'He de Taïti, un an avant que Bougainville en eût fait la re- connaissance. Mais il parait qu'antérieurement à ces deux navigateurs, les Espagnols avaient déjà vu l'île de Taïti , qu'ils appelaient Sagittaria mos). En approchant de cette île, surnommée à juste titre la reine de l'Océan pacifique , les Anglais furent entourés par un grand nombre de pirogues remplies d'insulaires qui ne manifestaient pas des intentions hostiles ; quelquesuns même montèrent à bord du vaisseau. Cependant les premières chaloupes qu'on envoya pour chercher un mouillage furent attaquées. Mais ce fut surtout lorsque les Anglais entrèrent dans la baie de Matavaé qu'ils éprouvèrent une vive résistance : 300 pirogues, portant au moins 2, 000 sauvages, leur lancèrent une grêle de pierres, à laquelle on répondit par une décharge à mitraille qui mit le désordre parmi eux ; mais, s'étant ralliés promptement, ils revinrent deux fois au combat avec une nouvelle furie, et ne se retirèrent que lorsqu'un boulet eut atteint la pirogue sur laquelle paraissait être leur chef. Alors on effectua le débarquement. Un officier du vaisseau prit possession de Ille au nom du roi d'Angleterre. On lit des invitations amicales aux habitants, qui finirent par se lier avec les Anglais et leur apportèrent des provisions. Beaucoup de femmes, qui déjà sur les bords du rivage s'étaient montrées à eux dans les postures les plus lascives , les reçurent avec empressement : quelques objets de quincaillerie, quelques clous mémo suffisaient pour obtenir leurs faveurs ; et tes circonstances mit valu à Taïti le surnom de Nourelle Cythère. Une chose qui surprit beaucoup les insulaires, ce fut de voir le chirurgien du vaisseau ôter sa perruque ; ils la prenaient pour une partie de son corps. Obéréa, souveraine de File, At un trèsbon accueil aux Anglais ; Wallis la pria de venir à bord de son vaisseau, et n'eut qu'à se louer des généreux procédés de cette princesse. Lorsqu'il fut sur le point de son départ , et qu'il se rendit auprès d'elle, accompagné de ses principaux officiers, pour lui faire ses adieux, cette nouvelle Didon témoigna tant de regrets et une si vive douleur que Wallis en fut attendri jusqu'aux larmes. Il partit le 27 juillet ; mais le mauvais état du vaisseau et la rigueur du temps ne lui permettant pas de revenir par le détroit de Magellan, il doubla le cap de BonneEspérance, découvrit dans sa route plusieurs lies, à l'une desquelles il donna son nom, arriva le 17 septembre à l'île de Tinian et le 30 novembre à Batavia. Il y trouva des Anglais naufragés qui le prièrent de les ramener en Europe ; mais Wallis n'osa pas se charger d'eux , dans la crainte de manquer aux instructions de l'amirauté ! Il se mit en mer, s'arrêta à l'ile du Prince, prit fond à la baie de la 'fable, toucha à Stellélène et mouilla sur la rade des Dunes le 19 mai 176S. Le voyage de Wallis a été imprimé en anglais, dans le recueil de Jean Hawkesworth , sous ce titre : An account of the voyages undertaken by the order of lis present majesty for making discoveries in the southern hemisphere, and successively per formed by commodore Byron, captain captain Carteret , and captain Cooke , in the Dolphin, the Swallow and the Endearour, etc., Londres, 1773, 3 vol. Suard en a donné une traduction fran-çaise assez médiocre, Paris, 1774, 4 vol. avec cartes et figures. D—z—s et P—RT.
  • Samuel WARD( 1725 - 1776) : homme politique américain, naquit à Newport le 27 mai 1725. Il descendait d'une famille anciennement établie dans le pays, dont le premier représentant, Thomas Ward , vint à Newport, dans le RhodeIsland, peu après la restauration de Charles II en.Angleterre. \yard avait appartenu au parti républicain et avait figuré dans les affaires politiques d'alors. Venu à Newport, il lit souvent partie des législatures du pays. Son fils Richard se fit remarquer à son tour comme un bon citoyen. 11 devint recorder, secrétaire d'État, représentant et gouverneur de RhodeIsland. Quant à son fils Samuel, après de solides études dans sa ville natale, où il put profiter des leçons du philosophe Berkeley, qui y était venu séjourner quelque temps, il prit une part active aux affaires commerciales et agricoles de son père. Plus tard , après son mariage a'.ec time Ray, fille d'un fermier de BlockIsland, il dia s'établir à Westerly, dans une ferme qu'il tenait de son beaupère. 11 y passa quelques années uniquement occupé, comme la plupart des colons primitifs de l'Amérique, de son commerce et d'économie domestique. C'est en 1756 que, Pour la première fois, il prit part aux affaires politiques en qualité de représentant élu de \Vesterly à l'assemblée générale. Il y siégea jusqu'en 1759, et quoique l'un des plus jeunes de l'assemblée, il ne laissa pas que le comte de Loudoun fut envoyé en Amérique avec des forces considérables et en vue d'y réparer les échecs subis par les armes de la métropole. Ward fut chargé de lui présenter une adresse de la part de ses compatriotes. Il les représenta encore lorsque le nouveau commandant des forces anglaises les réunit en convention, d'abord à Boston , puis à Hartford, pour aviser aux mesures à prendre pour mener heureusement à lin la guerre. Parmi les instructions données par la colonie de RhodeIsland àt ses commettants , on remarquait celle qui tendait à demander que les forces qu'elle mettrait à la disposition du gouvernement britannique fussent placées sous le commandement des officiers du pays. Ce point fut accordé par le général de l'armée anglaise, ainsi que le rapporta Ward à l'issue de son mandat. C'est dès cette époque qu'éclatèrent entre le gouverneur Hopkins et Ward des discussions qui prirent leur source dans diverses mesures proposées par le premier et qui dégénérèrent en conflits. Ils furent si violents que Hopkins lança contre Ward une accusation de concussion, d'où la réputation de son adversaire sortit parfaitement intacte. Et méme en 1761 l'assemblée générale de la colonie lui donna une marque d'estime en le nommant chiefjustice de la colonie. Il s'acquitta consciencieusement de ces fonctions, et, en mai 1762 il fut nommé gouverneur. Cette fois il l'emporta sur son concurrent Hopkins. Son administration fut marquée par un fait important et qu'il contribua à amener l'établissement en 1764 du collée de RhodeIsland. Ward fut réélu gouverneur en 1765. Il vint demeurer alors à Newport , où il séjourna jusqu'en 1767. C'est pendant le nouvel exercice de cette magistrature que le ministère britannique adopta les mesures, celle du timbre en particulier, qui eurent pour conséquence une révolution. La législature de la colonie fut une des premières à réclamer contre les décisions de la métropole; le frère du gouverneur, Henrv Ward , fut un de ceux que l'assemblée en- vo•a au congrès colonial chargé d'exposer au roi le fàcheux effet produit par l'acte du timbre. Il était dit, dans les instructions des délé- gués, que la cause confiée au congrès était « de la plus haute importance pour luimême, ses commettants et la postérité ». Hopkins l'ayant à son tour emporté sur Ward , celuici vécut quelque temps loin des affaires. Le ministère anglais ayant persisté dans ses errements et ayant fait adopter par le parlement les bills, en première ligne celui relatif à l'importation du thé, qui excitèrent une si décisive effervescence, Ward fut l délégué avec son émule Hopkins par l'assemblée générale de Newport, à l'effet de demander une convention ou assemblée annuelle des représentants des colonies. \Yard, qui connaissait la nature humaine, ne se faisait pas illusion sur ce qui se passait. Il portait sur la situation un coup (1'c:cil singulièrement clairvoyant : s Le dernier acte de cette tragédie, écrivaitil à son frère, , en parlant du conflit avec la GrandeBretagne, se dénouera dans le sang. » Il assista à l'ouver- ture du premier congrès des ÉtatsUnis le 5 septembre 1774. Rien de 'plus simple, et par cela même de plus grandiose que cette première session de l'assemblée des représentants de l'Amérique du Nord. Ward fut conséquent avec luimémo. Avant d'aboutir à une séparation formelle d'avec la mère patrie, il proposa à cette réunion des délégués de la NouvelleAngleterre d'essayer (l'abord des moyens de conciliation. Cependant il résultait bien de ses paroles et de ses actes qu'à ses yeux ce grand conflit aurait pour solution l'indépendance des colonies. On sait que les événements donnèrent raison à cette sorte de prophétie. Ward prit part aux travaux des congrès qui suivirent. Il mourut de la petite vérole le 26 mars 1776. (i Nous avons perdu, écrivait John Adams en parlant de lui, un sincère ami des colonies, homme excellent entre tous, tout dévoué à son pays et animé des principes les plus purs. » Ses (ils suivirent son exemple, et à leur tour servirent dignement leur pays
  • Samuel WEBBE( 1740 - 1817) : compositeur anglais, naquit en 1740; il perdit dès l'enfance son père, qui était employé à Minorque, alors occupée par l'Angleterre, et se trouva sans aucune fortune; il fut placé comme apprenti chez un menuisier. 11 abandonna, dès qu'il le put, un travail aussi peu conforme à ses goûts, et il chercha à se créer des ressources en copiant de la musique; un Allemand, organiste de la chapelle de l'envoyé de Bavière, lui donna des leçons, et Webbe, dévoré de la passion de s'instruire, se livra en même temps à l'étude du latin. du français et de l'ita lien. Bientôt il put luimême se poser en profes seur de musique, et il se livra à la composition. Il réussit ; à l'àge de vingtsix ans, il obtint d'unr. société d'amateurs le Catch- club) une médaille d'or. En 1768, une romance, l'Amitié ne connais pas de froideur, fut jugée digne d'une pareille récompense, et sa réputation fut établie. De 176c, à 1792, le club en question lui décerna vingtsept couronnes, mais il laissa, sans distinction spéciale, quelquesunes des plus brillantes productions de l'artiste. Tout en s'occupant de musique, tout en multipliant ses productions ;ses romances, chansons, odes, etc., s'élevant à plusieurs centaines). Webbe continuait de se livrer à l'étude des langues; il voulut connaître le grec et même l'hébreu. Il était catholique; aussi son oeuvre comprendil plusieurs messes. Il mourut en 1817
  • Samuel WERENFELS( 1657 - 1740) : fils d'un ministre luthérien et professeur distingué, naquit à Bàle le 1" mars 1657, commença son cours académique en 1670, se livra ensuite aux études théologiques sous la direction de son père et sous Zw Jean Rodolphe Wetstein et Luc Gernler ; puis, ayant été admis au ministère, il visita les universités de Zurich, de Berne, de Lausanne et de Genève. Revenu à Bàle après ce voyage littéraire, il crut devoir renoncer aux fonctions évangéliques à cause de la délicatesse de son tempérament, et il se consacra entièrement aux travaux du professorat, Il y avait déjà un an et demi qu'il occupait, à titre de suppléant, la chaire de logique, quand il fut nommé à celle de langue grecque. Plus tard il fut chargé d'enseigner l'élo- quence, la controverse, l'Ancien et enfin le Nouveau Testament. Sans ambition , il s'était déjà refusé à plus d'une offre brillante , entre autres à celle de la chaire de théologie de Franeker. avait cependant été forcé d'accepter une place au conseil académique en 1702; et, en 172'1, on lui confia malgré lui les fonctions du rectorat. L'affaiblissement de sa santé l'obligea sur la fin de sa vie à cesser les leçons publiques et à les remplacer par des conférences tenues chez lui. Il mourut le 1" juin 1 740. Les sociétés royales de Berlin et d'Angleterre le comptaient parmi leurs membres les plus laborieux. A l'érudition, Werenfels joignait une qualité plus rare , un jugement sûr. Personne n'était plus habile à dist surlechamp le côté ridicule ou l'inutilité des objets. Aussi ses ouvrages se recommandent- ils par la netteté des expressions et la précision des idées. Les principaux sont : 1° des thèses sur les logomachies des savants , soutenues d'abord sous ses auspices par les élèves de sa classe d'éloquence, puis réunies en un volume sous le titre général de Samuelis nerenfelsii Basiliensis clisser. tatio de logomachirs eruditorum in septern partes suo quasque tempore in Academia ad disputandum propositas divisa, Bâle, 1692, iii-4°; Amsterdam, 1702 et 1716, 2 vol. Ces deux dernières éditions se recommandent par des additions considérables. Au bout de l'une se trouve une dissertation sur l'enflure et l'affectation du discours ( Diatribe de meteoris orationis; dans l'autre se lisent, outre cette même dissertation, un Dialogue sur les limites du monde; un autre Sur I immor- talité de l'âme; une dissertation sur l'argument de Descartes pour l'existence de Dieu à priori, dissertation déjà imprimée à part sous le titre de ludicium de argument° Cartesii pro existentia Dei petit° ab ejus idea, Bâle, 1699 ; beaucoup d'Epigrammes latines, etc.; 2° S. Werenfelsii, etc., dissertationum theologicarum sylloge , Bâle , 1709 3° Sermons sur des vérités importantes de la religion, auxquels on ajoute des considérations sur la réunion des protestants, Bâle, 1715 Amsterdam, 1716 Bàle, 1720; 4. édition, Genève, 179.0. Tous ces ouvrages furent réunis en un seul corps par Werenfels luimême, sous le titre de Sam. lUerenfelsii , etc. , opusrula theo- logica, philosophica et philologica ; edii io altera, etc., Lausanne et Genève. 1739, 2 vol. ils sont trèsestimés et justifièrent l'idée qu'on avait de l'auteur. On trouvera une excellente analyse du traité des logomachies et du jugement sur l'argument de Descartes dans le Dictionnaire de Chauffepié, article Werenfe/ a, notes A et B. On peut aussi consulter le Met- cure suisse, janvier 1739
  • Samuel WESLEY( 1662 - 1735) : théologien anglais , né en 1662, était fils d'un ministre non conformiste, 4 qui avait été privé de ses bénéfices à cause de ses sentiments religieux . Samuel n'en fut pas moins élevé dans la même opinion; mais il y renonça, choqué de la violence avec laquelle des hommes de ce parti applaudissaient au meurtre de Charles I". Il fit ses premières études dans une école particulière. De là il passa à Oxford til entra au collége d'Exéter en qualité de servit ; c'était le foin qu'on donnait,. à des écoliers pauvres , qu'on recevait dans les - coIléges pour les services qu'ils rendaient aux nialtres et aux élèves mieux traités de la fortune. Wesley n'avait rien à attendre que de luimême. Une bonne conduite, de l'obligeance, de ' l'exactitude lui concilièrent la bienveillance ilà. tout le collége ; il y acheva ses études et y Or le baccalauréat, sans être obligé de recourir à l'assistance de personne. Ayant même pu se 1 rendre à Londres avec quelques épargnes, il.ji fut ordonné diacre, et bientôt après pourvu d'ult• vicairie qu'il quitta pour une place plus avanta- geuse, hors de la ville. Il y revint deux ans après, y reprit les fonctions de vicaire et se maria. Se voyant un fils, la nécessité de pourvoir Ci La En des temps déjà anciens , ce méme usage “rit lieu à Paris, dans les colléges de l'université ( voy. IlltiiiiRl, ciste cette classe sont souvent sortis des hommes qui ont utilement servi l'Eglise et l'Etat. aux dépenses d'un ménage le fit songer à se procurer d'autres ressources. Il eut recours à sa plume et composa quelques écrits qui commencèrent sa réputation. Un petit bénéfice à SouthOrmesby , comté de Lincoln , augmenta ses moyens. Des partisans de Jacques II lui proposèrent d'écrire en faveur de ce prince et pour le catholicisme. Il s'y refusa. Il fit plus : environné des courtisans de Jacques, de soldats et de délateurs, il ,osa prêcher un sermon , dans lequel, prenant son texte au chapitre 3 de Daniel, vers. 17, il appliquait à Jacques ces paroles du prophète à Nabuchodonosor : « 0 roi ! il n'est « pas besoin que nous vous répondions sur ce « sujet. Le Dieu que nous adorons peut certai-« nement nous retirer des (lamines de la four-« mise et nous délivrer d'entre vos mains. Que, « s'il ne veut pas le faire , nous vous déclarons « que nous n'adorerons ni vos dieux, ni la statue « d'or que vous avez élevée. » Allusion qui, d'après le caractère modéré du monarque , était plus hardie que courageuse , et dont il ne serait I pas difficile de démontrer le peu de justesse. Lorsque Jacques II se retira en France, Wesley écrivit, diton, un livre en faveur de la révolution , mais on n'en retrouve ni le titre , ni la date, et, comme on prétend qu'il le dédia à la reine, et qu'il reçut pour récompense le bénéfice d'Epworth , il est probable qu'il s'agit d'un poërrie intitulé la Fie du Christ, qui parut en 1693, en un beau volume et qui fut réimprimé en 1697 , avec de nombreuses additions et corrections. S'acharnant à la poésie Wesley fit paraître, en 1695 , toujours dans le format un volume de vers intitulé Mé- gies sur la reine 211arie et sur l'archerèque Tillotson ; en 1701 , il donna l'Histoire du Nouveau Testa- ment mise en vers; en 1701, il y joignit l'Ancien Testament; ces deux volumes ne méritent d'être conservés qu'à cause des gravures de Sturt, qui sont au nombre de 152 pour le premier ouvrage et de 180 pour le second. Au commencement de l'année 1705, Wesley publia un poëme sur la bataille de Blenheim, gagnée par le duc de Marlborough. Ce duc en fut si satisfait qu'il fit nommer Wesley chapelain d'un régiment, et il voulait lui faire obtenir une prébende, mais il en fut détourné par l'influence des dissenters, laquelle fut assez puissante pour faire bientôt révoquer Wesley de ses fonctions de chapelain. Comme curé, et chargé de l'administration d'une pa- h roisse, Wesley tenait une conduite exemplaire et remplissait les fonctions de cette double charge avec beaucoup d'exactitude. Il savait allier le devoir avec ses travaux littéraires et l'étude des livres saints dans les idiomes originaux. Un de ses principaux ouvrages est un commentaire sur le livre de Job, commentaire qui ne parut qu'après sa mort, et qui, au moyen d'une souscription. fut imprimé avec luxe. C'est celui que Wesley avait le plus soigné, ayant collationné le texte avec les manuscrits originaux et les meilleures éditions ; tâche pénible , qu'après un qui éonsuma sa maison, sa bibliothèque et ses papiers, il eut le courage de reprendre, bien qu'il fût alors affligé de la goutte , et qu'il eût éprouvé une attaque de paralysie. Il fut aidé dans ce travail par ses fils et son ami Maurice Johnson. Son talent poétique ayant plus particulièrement contribué à sa réputation et à sa fortune, on ne s'étonnera pas qu'il ait cultivé de préférence la poésie. Ses ouvrages en vers sont : 10 la Vie de Jésus- Christ, poëme héroïque, 1693 dédiée à la reine Marie, réimprimée avec des augmentations et des corrections en 1697 2° Histoire de l'Ancien et da Nouveau Testament , en vers, avec 330 gravures de J. Sturt, 3 vol. 1701. L'épître dédicatoire aussi en vers est adressée à la reine Anne. 3. Caprices, ou Poêmes sur dieérents sujets , I 695 et des , Elégies sur la reine Marie et l'archevêque Tillotson, 1695 Ces poésies ne sont pas estimées, 1 et elles ont été critiquées par Garth et d'autres , écrivains. Wesley mourut le 30 avril 1735. ' Whitehead rend témoignage des sentiments religieux et de la résignation chrétienne qui accompagnèrent ses derniers moments. Wesley avait épousé Susanne Annesley, fille d'un ministre non conformiste qui occupait à Londres un rang distingué; c'était une femme douée de qualités fort remarquables et d'une intelligence élevée; elle fut mère de dixneuf enfants ; il n'en ' est que trois dont le souvenir se soit conservé Jean, dont l'article suit, Charles et une fille appelée Mehetabel, jeune personne lettrée et mariée assez malheureusement. On a d'elle quelques Poésies imprimées dans le 6e volume du Poetical Calendar
  • Samuel WESLEY( 1692 - 1739) : frère allié de Jean , naquit vers 1692; après avoir fait ses études à l'école de Westminster et à l'université d'Oxford, et après s'ètre fait remarquer par ses progrès dans les études classiques, il obtint une place à l'école où il avait été élevé, et il l'occupa pendant vingt ans. 11 avait recu les ordres, mais il ne fut jamais pourvu d'aucun bénéfice, quoique sa vie fit exemplaire , et bien qu'il prèchàt avec un véritable talent. Il était lié avec Atterbury et avec d'autres chefs du parti tory, et comme les whigs étaient alors au pouvoir, ils écartèrent systématiquement un homme de mérite dont les opinions ne leur plaisaient pas. Samuel fut dévoué à ce qu'on appelait la haute Eglise, et les doctrines nouvelles mises en avant par son frère (11 Une autre édition, publiée par la sneiétei ives: éternise, a para à Londres , 1829-1831, 14 vol. elle avait été précédee de celle revue par J. Ilenson , Londres, 1818, 17 vol. Deux autres ont été mises au jour plus récemment 1849, 14 vol et 1857, 16 vol. cette dernière renferme une vie de Wesley par J. Beecham. Il existe plusieurs biographies de Wesley. Ajoutons à celles que noussavons siimalées dans la note prée..:dente celles de Henri Moore , 1824 , 2 vol. de Richard Watson, 1831 , r.12. 7. édition, 1869. Une traduction française , laite sur la 4. édition a vu le jour à Paris en 1840 , 2 vol. Une traduction française de vingtneuf sermons de Wesley a paru de 1834 à 1837, en cahiers séparés, qui ont été réunis en 2 volumes n'obtinrent nullement son approbation. 11 ne vit d'ailleurs que les débuts du méthodisme. Il mourut, le 6 novembre 1 739, à Tiverton, petite ville dont il dirigeait l'école depuis sept ans. Il a laissé un volume de poésies qui ne sont pas du suffrage des connaisseurs; on estime surtout celles qui se rapportent à des sujets badins : publiées en 1731 , elles reparurent en 1713
  • Samuel WHITBREAD( 1758 - 1815) : fils d'un riche brasseur de Londres et d'une fille de lord Cornwallis, naquit dans cette ville en 1758. 11 commença son éducation au collége d'Eton et la termina à l'université d'Oxford, où il se fit remarquer. Après avoir parcouru une partie des comtés de l'Angleterre, Whitbread fut envoyé sur le continent avec le célèbre William Cote, qui plus tard dédia un de ses ouvrages à son ancien pupille. Dès qu'il fut de retour en Angleterre, il lit des démarches pour obtenir une place dans la chambre des communes, et il parvint, en 1790, après une élection vivement contestée, à y représenter le bourg de Bedford. Pitt dirigeait à cette époque les affaires de la GrandeBretagne, d'après des principes différents de ceux qu'il avait défendus avant de parvenir au gouvernement. Whitbread se plaça parmi ses adversaires dès son début à la chambre des communes. Le premier discours qui fit connattre à l'opposition qu'elle possédait un orateur de plus fut celui qu'il prononça, au mois de mars 1791, pour s'opposer à la demande qu'avait faite Pitt d'une augmentation de forces navales, atin de donner plus de poids à la médiaLion de l'Angleterre entre la Russie et la Porte ottomane. Malgré les efforts de l'opposition, qui comptait parmi ses chefs Fox et Burke, le ministère l'emporta. 11 réussit également à écarter une nouvelle proposition présentée par Whitbread au mois de février 1792, et qui se liait à la première; c'était de faire décider par la chambre qu'il n'y avait pas de motifs suffisants pour que la GrandeBretagne intervtnt hostilement entre la Russie et la Porte. Ce fut Whitbread qui, au mois d'avril 1805, proposa de mettre en jugement Dundas, alors lord Melville, comme coupable de malversations dans ses fonctions de premier lord de l'amirauté. Les résolutions qu'il soumit à ce sujet à la chambre, quoique vivement combattues par Pitt et par Canning, qui était procureur général, furent défendues avec non moins de chaleur par Whitbread , Tierney, Henri Pettv, Wilberforee, et définitivement adoptées. Lord .Melville fut traduit devant la chambre haute. Whitbread, chargé avec plusieurs de ses collègues de soutenir l'accusation, s'acquitta de cette mission avec un grand talent, mais l'accusé fut absous par les pairs; et le ministère le dédommagea par de nouvelles faveurs du jugement qu'il ne put empêcher. N ne parlerons pas de la part que Whitbread aux débats qui eurent lieu au sujet des démêlés entre le prince et la princesse de Galles. de la réforme parlementaire, de la traite des nègres, des subsides demandés à différentes époques par toutes les puissances du continent, etc. Nous nous bornerons à dire que pendant plus de trente ans il figura parmi les orateurs les plus distingués de l'opposition dans la chambre des communes, et qu'il ne se présenta aucune affaire importante où il ne fit entendre sa voix. Il mourut le 12 juillet 1815, par un suicide, dans une crise d'aliénation mentale, causée, diton, par la tournure que prenaient les affaires politiques de l'Europe après la bataille de Waterloo. Il laissa plusieurs enfants de son mariage avec Elisabeth Grey, 11Ik Muée du lord de ce nom, qu'il avait épousée en 1788. Son éloquence , dit un écrivain qui l'a beaucoup connu, était aussi peu soignée que sa personne; mais elle était forte de choses, et ses discours faisaient souvent une grande impression, parce qu'on avait la conviction que leur auteur ne disait jamais que ce qu'il pensait, et qu'il ne voulait que le bonheur et la gloire de son pays
  • Samuel WIDMER( 1767) : né en 1767, à Othmars dans le canton d' Argovie, eut sous les yeux dès l'enfance une petite« fabrique d'indienne, établie par son aïeul maternel et qui fut, pour ainsi dire, le berceau de la célèbre manufacture de Jouy. C'était dans cette dernière que devait se développer l'esprit d'invention qu'il avait reçu de la nature. A peine eutil atteint sa dixième année que son oncle Oberkampf le fit venir auprès de lui, prit soin de son éducation et l'initia aux secrets de son art. Comme il destinait Wiclmer à lui servir de second, il ne né- glicrbea aucun moyen de l'en rendre capable. Pour en faire un bon chef , il voulut d'abord en faire un ouvrier, et il lui imposa l'obligation d'apprendre et d'exercer les principaux métiers en usage dans sa manufacture. Le neveu se prêta sans peine aux vues de l'oncle, et il ne se distingua pas moins par son adresse que par son intelligence dans la gravure, dans l'impression et dans la teinture. Oberkampf, charmé de ces premiers succès et voulant lui ouvrir la carrière des sciences utiles aux progrès de son industrie , l'envoya étudier la physique dans le cabinet du professeur Charles et la chimie dans le laboratoire du savant Bertholet. L'élève se montra digne de ses maîtres par son zèle et par sa pénétration. Il consacrait à la mécanique le peu de loisir que lui laissaient leurs leçons. Dans cette science , qui fut depuis sa passion favorite , il fut luimême son guide. Lorsqu'il eut acquis par l'étude un fonds suffisant d'instruction , il retourna auprès de son oncle. et ce fut alors qu'Oberkampf lui confia la direction de sa fabrique. C'était la place la mieux assortie à ses goôts et à son caractère. Actif, vigilant, également versé dans la pratique et dans la théorie, il considéra le nombreux essaim (l'artisans soumis à ses ordres comme une famille intéressante et la manufacture de Jouy comme l'établissement le plus propre à l'exercice de ses divers talents. Un habile chimiste lui fournit bientôt l'occasion d'en faire un heureux essai. Tout le monde conne la propriété du chlore, qu'alors on nommait acide muriatique oxygéné , pour la décoloration des substances végétales. Personne n'ignore non plus que c'est au génie de Bertholet que l'on doit cette découverte. Widmer fut un des premiers qui surent en profiter. 11 se hàta d'établir sur ce principe le blanchiment des toiles, et aucun atelier ne contribua autant que le sien à en répandre la méthode. Tandis qu'il s'occupait à recueillir et à propager le fruit d'une découverte étrangère, il touchait au moment de se signaler luimême par une invention d'un ordre supérieur et qui devait produire , dans la fabrication des toiles peintes, une révolution aussi avantageuse qu'inespérée. Dès sa première jeunesse , il avait conçu l'idée de l'impression avec des cylindres gravés ; vers la fin de 1792, il en démontra la possibilité par un modèle en petit dont Oberkampf avait compris toute l'importance ; mais l'esprit de vertige universel dont le peuple était alors agité lui avait fait craindre que ses ou, riers ne vissent de mauvais oeil une invention qui tendait à diminuer le prix de la ma En attendant des circonstances plus favorables , sa prudence exigea que toutes les pièces qui composaient le modèle fussent démontées et tenues cachées. Ce ne fut que longtemps après qu'il permit à son neveu d'exécuter sa machine en grand et que tous deux eurent la satisfaction de la voir réussir. Aussitôt qu'elle fut connue hors de Jouy, et elle ne tarda pas à l'être , on s'empressa de l'imiter clans toutes les grandes manufactures d'indienne fran-çaises et étrangères. C'était beaucoup d'avoir inventé l'impression avec des cylindres de cuivre gravés en tailledouce, et ce n'était pourtant que la moitié de ce qu'il fallait pour un succès complet ; car la gravure des cylindres à la main était trèslongue, trèscoûteuse et même impraticable pour un grand nombre de dessins. On ne pouvait surmonter tant d'obstacles que par une seconde invention, celle d'une machine pour graver les cylindres en cuivre. Widmer en sentit l'utilité, et pendant plusieurs années, son esprit n'eut point d'autre occupation, point d'autre pensée. Ses méditations, souvent interrompues dans le jour, devenaient continues et plus profondes dans le silence de la nuit. Enfin, son infatigable persévéranrenhtint le prix qu'elle méritait .11 inventa une machine qui le dédommagea amplement de ses longs travaux. La peine qu'elle lui avait coCtié 13 lui rendit plus chère. Ce fut son ouvrage de prédilection. 11 se plut à la perfectionner sans cesse, et par des inventions aceessoires, il en étendit l'usage aussi loin que l'art pouvait le permettre. Ce succès en amena un autre aussi flatteur peut-être par les difficultés qu'il fallut vaincre. Widmer imagina pour la gravure des planches de cuivre une machine aussi curieuse, aussi utile que celle qu'il avait inventée pour la gravure des cylindres. Et lorsqu'il eut mis la dernière main à la gravure et à l'impression mécaniques. il porta son attention sur la teinture. On n'avait jusqu'alors employé la vapeur que comme une puissance motrice et comme un moyen de chauf- fer l'air dans les appartements ou dans les ateliers. 11 conçut le dessein de la faire servir à chauffer l'eau nécessaire pour la teinture. Au mois de juin 1809, il fit l'essai de ce procédé en présence des plus célèbres chimistes et physiciens de l'Institut. L'expérience réussit complétement. Encouragé par les suffrages des savants qui en furent témoins et surtout par celui de son oncle, il entreprit de supprimer dans la manufacture de Jouy l'ancienne méthode de te et d'y substituer celle qu'il venait d'imaginer. Dès l'année suivante, sur un principe tout nouveau, on vit se former un vaste atelier. Une seule chaudière de cuivre, pourvue de tuyaux convenablement disposés, procura une quantité de vapeur suffisante pour chauffer l'eau jusqu'à l'ébullition dans huit grandes cuves en bois. L'inventeur d'une application si utile n'en garda point le secret. De concert avec son oncle, il n'en refusa la communication à personne. Aussi sa méthode fut- elle promptement suivie dans les grandes manufactures d'indienne et dans plusieurs fabriques de drap. L'hôpital StLouis de Paris l'adopta pour chauffer les bains. Widmer ne fut pas moins heureux dans la solution d'un célèbre problème de teinture que dans le nouvel emploi qu'il sut faire de la vapeur. Il découvrit une espèce de couleur , le vert solide d'une salle application, que les chimistes anglais cherchaient en vain depuis longtemps, malgré l'appàt de deux mille livres sterling qui devaient en être le prix. Dans un voyage qu'il fit à Londres, le secrétaire de la société royale, Banks, lui offrit de présenter sa découverte à cette compagnie savante. L'amourpropre de Widmer ne fut pas insensible à une proposition si flatteuse; mais en artiste désintéressé, en vrai Français, il refusa de vendre à l'étranger le fruit des recherches qu'il avait faites pour sa patrie adoptive. Ce n'était point la soif de l'or qui l'avait conduit en Angleterre; c'était l'ambition de faire sur sa florissante industrie des conquêtes utiles à la nôtre, et sans blesser en rien les lois de l'honneur, il en fit, en effet , de trèsimportantes. On lui doit, entre autres, l'heureuse importation de la machine à ouvrer le coton. Un fileur anglais , dans un noble échange de services, lui permit de dessiner la sienne. À son retour , il en fit construire une pareille dans la filature d'Essonnes , bâtie par son oncle, et de là le modèle s'en répandit aussitôt dans la plupart des filatures françaises. Ainsi ses conquêtes, comme ses découvertes, tournèrent rapidement au profit commun de l'industrie nationale. Les services qu'il lui rendit ne pouvaient rester sans récompense; il reçut une médaille d'or et la décoration de la Légion (l'honneur. Parvenu au premier rang des artistes manufacturiers, possesseur d'une fortune et d'une réputation bien acquises, au lieu (l'en goûter les douceurs, comme l'âge le lui conseillait, dans le sein d'un repos honorable, il voulut, à cinquantequatre ans, poursuivre sa carrière avec la même activité qu'il l'avait commencée ; mais un excès de travail altéra pour toujours sa santé; ses facultés mentales l'abandonnèrent, et il se donna la mort dans un accès de délire
  • Samuel WILLIAMS( 1788 - 1853) : graveur anglais sur bois, naquit à Colchester, le 23 février 1788. Ses parents étaient de simples artisans, et son éducation fut nécessairement incomplète; mais il manifesta de bonne heure un goût trèsvif pour le dessin , et il entra comme apprenti chez un peintre de sa ville natale. Il n'apprit pas grand'- chose sous ce maitre inhabile; mais il étudia avec une application soutenue les procédés de la gravure à l'eauforte et ceux de la gravure sur bois. Il se livra surtout avec zèle à cette branche de l'art, et il se rendit à Londres, où les éditeurs de publications illustrées et à bon marché ne le laissèrent pas manquer d'ouvrage. Bientôt il se th connaître de mieux en mieux, et il travailla pour les libraires en renom. Il donna à la collection des romanciers et des poètes mise au jour par Whittingham , à la traduction du Tasse par Wiffen , aux ouvrages d'architecture de Britton des gravures où l'on remarque de la facilité, de l'esprit et une main exercée. Ses derniers travaux révèlent une exécution de plus en plus soignée et une intelligence réelle des détails de la vie rustique ; la Vie rurale de Howitt, les livres de Scrope, les Jours passés à la pêche du saumon et la Citasse au daim, une édition des Saisons de Thompson sont des productions d'un mérite remarquable. Williams, non content de se placer parmi les meilleurs graveurs sur bois qu'il y eût en Angleterre, eut toujours l'ambition de figurer au nombre des peintres ; mais ses tentatives en ce genre n'eurent aucun succès. Il mourut le 19 septembre 1853, laissant deux fils qui se sont également acquis une juste réputation comme graveurs
  • Samuel WOODWARD : antiquaire anglais, naquit à la fin du dernier siècle. Il fut d'abord employé dans une maison de banque, ce qui ne l'empêcha point de s'occuper de géologie et d'antiquités. 11 mourut au mois de juin 1838. On lui doit une remarquable étude géologique sur le Norfolk, et un travail plus considérable, la Table des fossiles romains qui se rencontrent dans la Grande- Bretagne. Il fit à la société des antiquaires de nombreuses communications, parmi lesquelles les suivamtes, publiées en 1829 : 1° Observations sur la tour ronde des églises de Norfolk; 20 Plan descriptif des restes romains à Norfolk ; 3° Les t'otites calcaires voisines de St- Gilles à Norwich; 4° Forme d'un glaive antique trouvé en 1834 dans la rivière l'Yare ; 5° Explications de certaines dé- couvertes faites dans les fondations de l'abbaye de 11/ ymondham, avec la description de cet établisse- ment religieux; 6° Description de deux glaives an- tiques trouvés dans les environs de Norwich. Le tout imprimé dans le Recueil archéologique de la société dont Woodward faisait partie. II a laissé en manuscrit une Histoire du château de Norwich
  • Samuel WOODFORD( 1636) : ministre anglican et poëte, fils de Robert Woodford, gentilhomme du comté de Northampton, naquit à Londres le 15 avril 1636, entra au collége Wadham, dans l'université d'Oxford, en 1653, fut admis trois ans après au grade de maître ès arts et s'appliqua ensuite à la jurisprudence dans le collège d'InnerTemple, où il fut compagnon de chambre du poëte Flatman. Après la restauration, il se maria et vécut successivement à Aldbrook et à Bensted , dans te comté de Ilamp. Plus tard, il se voua à la carrière ecclésiastique, reçut les ordres de l'évêque Morley, et, après avoir passé plusieurs années dans le rectorat de HartleyMaudet, il obtint la prébende de Chichester en 1676 et celle de Winchester en 1680. C'est là qu'il mourut en 1700. Il était membre de la société royale de Londres depuis 1664. Les poésies de Woodiord sont tombées dans un oubli qu'elles semblent ne pas mériter. Sa paraphrase des psaumes en vers lyriques et en cinq livres prouve de la facilité et de l'art dans la manière de versifier. Flatman son ami, a loué cet ouvrage et même il a composé à cette occasion une ode pindarique qui fait honneur à tous les deux. On a aussi de Woodford un volume qui contient : 1. la Paraphrase en vers de plusieurs cantiques; — 2.1a Légende de l'amour, peme en 3 chants; — 3. Ode à sa muse, — 40 Paraphrase sur quelques hymnes choisis de l' An- cien et du Nouveau Testament; — 5° diverses compositions, les unes originales, les autres traduites du grec, du latin et de l'italien. De plus, il avait publié en 1660 un. poane sur le retour de Charles II
  • Samuel ZBOROWSKI : un des premiers magnats de la Pologne au 16* siècle, devint fameux par les malheurs qu'il attira sur lui , sur sa famille et sur sa patrie. Dans les tournois par lesquels on célébra à Cracovie l'arrivée et le couronnement de Henri, duc d'Anjou , Samuel, provoqué par un gentilhomme attaché au comte de Tenczyn, dit qu'il appelait son maitre, ce qui occasionna un grand tumulte, ce gentilhomme prétendant , être insulté. Dans le même moment, Tenczyn entrait au chàteau avec un autre magnat, André Wapowski. Sainuel tomba sur ce dernier et lui donna un coup violent sur la tète. Les amis de Wapowski indignés voulurent aussitôt parvenir jusqu'au roi et menacèrent d'enfoncer les portes. Henri ordonna qu'on les leur ouvrit ; et la foule pénétra dans ses appartements. Ce monarque assembla ensuite le sénat; et l'affaire ayant été vivement discutée, on prononça la sentence suivante : Zborowski, ayant frappé à mort Wapowski, ayant violé ic palais du roi, y ayant, pendant la diète, porté le trouble et le tumulte, est pour jamais exilé du royaume de Pologne. S'il osait enfreindre son ban, les starostes ont ordre de l'arrèter partout où ils le trouveront, et il sera aussitôt mis à mort. Faure, qui publia la sentence par ordre du roi, y ajouta ces mots Citra tanien in famiam, c'est-àdire que cette sentence ne portait point avec elle infamie. Cette clause mécontenta beaucoup la majorité du sénat. Les amis de Wapowski, qui était mourant, disaient hautement que le roi montrait de la partialité pour les Zborowski. Samuel, qui s'attendait à une sentence plus sévère, s'était caché, et avait passé la frontière. Il se retira en Transylvanie, et son frère Christophe se réfugia en Autriche. Cependant leur père, qui était palatin de Cracovie, continua de jouir d'une grande faveur près de fleuri de Valois et des rois ses successeurs. Les autres parents de Samuel occupaient les premières dignités du royaume. Henri ayant quitté la Pologne, Etienne Battori lui succéda ; et Samuel vint sur les frontières, sollicitant la permission de rentrer dans sa patrie. Cette faveur lui ayant été refusée, il entra a main armée dans le palatinat de Cracovie. Le grand Zamoyski, qui jusquelà avait été trèslié avec les Zborowski, et surtout avec le père, s'était brouillé avec eux. Un affidé de Samuel le trahit, et remit au roi des lettres que Christophe écrivait à son frère. Après les avoir lues et pris d'autres renseignements, Battori fut persuadé qu'ils tramaient un complot contre ses jours. Zamoyski se rendant à Cracovie pour y tenir une diétine, Zborowski le suivit avec sa troupe armée, et ne cacha point le dessein qu'il avait formé d'arrèter le chancelier, espérant peut-être qu'ayant entre ses mains celui qui venait immédiatement après le roi , il pourrait dicter les conditions de sa rentrée. Zamoyski, qui était averti, le surprit au milieu de sa troupe et le fit conduire au château de Cracovie, où il se rendit luimême. Les amis et les parents de Zborowski l'entourèrent, le suppliant de vouloir bien différer toute mesure, et soumettre la décision à la diète générale. Il y consentit ; mais il en rendit compte au roi. Battori, sentant l'insulte faite aux lois et à la majesté du trône, envoya ordre d'exécuter sans délai la sentence portée par son prédécesseur. Le 25 mai 1584, après avoir reçu ces ordres, le chancelier, accompagné de quelques magistrats, alla visiter Zborowski dans sa prison et lui annoncer cette terrible nouvelle. Il lui parla de la lettre qui était tombée entre les mains du roi ; et Samuel avoua franchement que ses frères Christophe et André avaient formé le dessein d'attaquer le monarque et de saisir le moment où il s'écarterait de sa suite, en chassant dans les bois de Niepolomicki, mais que luimême n'avait pris aucune part à ce complot; qu'il avait seulement envoyé à son frère André la lettre qui malheureusement avait été portée au roi. Le lendemain de cet entretien , Samuel fut conduit hors de la porte et décapité. Son corps fut remis à ses parents, qui le transportèrent sur leurs terres pour lui rendre les derniers devoirs
  • Samuel Barber : compositeur américain
  • Samuel Beckett : romancier et dramaturge irlandais, prix Nobel 1969
  • Samuel Butler : romancier anglais
  • Samuel Colt : ingénieur américain
  • Samuel Fuller : cinéaste américain
  • Samuel GOLDWIN : cinéaste
  • Samuel Morse : peintre et physicien américain
  • Samuel Palmer : peintre, dessinateur et aquarelliste anglais
  • Samuel PISAR : avocat
  • Samuel Richardson : romancier anglais

Samuel année par année

Signe astrologique de Samuel

Couleur de Samuel

Pierre précieuse de Samuel

Chiffre de Samuel

Métal de Samuel