Le prénom Richard Masculin

Origine :

Fête :

03 Avril

Signification de Richard

Richard est connu pour sa grande gentillesse. Il parvient facilement à se faire de nouveaux amis car les gens le trouvent doux et attentionné. Richard n’est pas du genre autoritaire. Il est très attentif à ce que les autres ont à dire et n’impose jamais son point de vue. Pour lui, il faut être à l’écoute des autres pour mieux avancer dans la vie. Toutefois, Richard ne suit pas à la lettre ce qu’on lui dit : de nature intelligente, il sait très bien distinguer le bien du mal. Il a également quelques défauts qui le rendent humain. Lorsqu’il est de mauvaise humeur, il a tendance à n’en faire qu’à sa tête, bien qu’il fasse semblant d’écouter ce qu’on lui dit. Dans tous les cas, il s’agit d’un être sociable et appréciable.

Personnalité de Richard

Si leur calme est souverain, leur gentillesse réelle et leur affabilité sincère, ils n'en sont pas moins autoritaires et volontaires. Ils vous écoutent, disent "oui" mais n'en font qu'à leur tête. Ils prennent les choses comme elles viennent et s'arrangent avec la morale en fonction de leurs intérêts. La chance est souvent avec eux. Ils privilégient la vie affective à toute autre chose et s'entourent toujours de nombreux amis. En amour, la fidélité n'est pas leur qualité première.

Provenance du prénom Richard

Histoire de Richard

Etymologie de Richard

Les Richard célèbres

  • Richard ALLEIN( 1611 - 1681) : ecclésiastique anglais , né en 1611, à Ditchet , était presbytérien , mais d'un caractère paisible, et ennemi de l'intolérance religieuse ; ce qui n'empêcha pas qu'il ne fett persécuté et dépouillé de sa cure. On a de lui des sermons, et quelques ouvrages de piété , qui ont été souvent réimprimés ; les principaux sont : 1° Vindicice pie- tatis, 1664 et 1669 ; 20 le Ciel ouvert , etc. , 1665; 50 la Crainte religieuse 1674; 40 une Notice sur Joseph Allein. Richard Allcin mourut en 1681 , âgé de 64 ans. — Un autre AL- LE1N , parent de Richard , est auteur de plusieurs ouvrages de religion trèsestimés des presbytériens
  • Richard ALLESTRY( 1619 - 1681) : théologien anglais, né en 1619 à Uppington, dans le comté de Sloop, étudiait avec distinction à Oxford, lorsque les troubles de la guerre civile engagèrent la plupart des élèves de l'université à prendre les armes pour C harl es 1" . A llestry montra aussi ardent pour acquérir des connaissances que pour défendre la cause royale , et on le vit souvent tenant son fusil d'une main et un livre de l'autre. Il avait repris ses études, lorsqu'un détachement de l'armée républicaine entra dans_ Oxford pour piller les colléges. Quelques soldats se portèrent dans l'ap- partement du doyen , où ils rassemblèrent tout ce qui s'y trouvait de plus précieux, et le renfermèrent dans une chambre dont ils emportèrent la clef. Alles- try, qui les avait observés, trouva moyen d'entrer dans la chambre où était renfermé le butin, s'en empara, et alla le cacher ailleurs. Les pillards étant revenus , et se trouvant frustrés de leur proie, se seraient vengés cruellement d'Allestry, si un ordre imprévu n'avait rappelé le détachement à l'armée. Allestry reprit de nouveau les armes , et se trouva à la bataille de KeintonField , dans le comté de Warwick. En retournant à Oxford,, il fut fait prisonnier par un parti de républicains, et conduit à BroughtonHouse; mais il fut bientôt délivré par un corps de royalistes qui chassa de ce poste les républicains. Oxford étant de nouveau tranquille , il reprit la robe et les exercices du collége; mais il y fut atteint d'une maladie pestilentielle qui faisait de grands ravages dans cette ville , et qui mit sa vie dans le danger le plus imminent. A peine étaitil rétabli , qu'il fut obligé de s'armer une troisième fois pour la défense de son roi : il s'enrôla dans un régiment de volontaires, composé d'étudiants d'Oxford qui ser- vaient sans paye , et qui , sans autres motifs que leurs principes politiques, se soumettaient gaiement aux dangers et aux fatigues du service militaire. Il ne quitta les armes qu'après lé triomphe du parti républicain , et ce fut alors qu'il entra dans les ordres, quoique le dévouement avec lequel il avait combattu pour la cause du roi contre la faction dominante ne LUI laissàt aucune espérance (ravancemeut dans la carrière ecclésiastique; toujours fidèle aux mêmes principes, il signa le fameux décret rendu par l'université céntre la ligue solennelle et contre le covenant. ll fut en conséquence chassé (l'Oxford, ainsi que tous les membres de l'université qui avaient signé le 'dème acte. Pendant la persécution exercée contre les royalistes, Allestry trouva une retraite paisible chez plusieurs familles respectables, dont il mérita l'estime et l'amitié. Ses talents et ses principes inspirèrent une telle confiance aux partisans de la famille royale, qu'il fut employé els des négociations secrètes pour remettre Charles 11 sur le trône. Aprcs la restauration, Allestry revint à Oxford, Où il prit le degré de docteur en théologie; le roi le nomma prévôt du collége d'Eton, place lucrative, mais dont il employa les émoluments en bienfaits et en traN aux utiles au eollége. Il mourut en 1681, laissant quarante serinons, imprimés à Oxford, en 1681, et une réputai ion de talents et de lu n lières, de courage et de vertu , qui a sun écu à ses ouvrages
  • Richard ATKINS( 1615 - 1677) : auteur anglais, né en -1615, d'une famille noble du comté de Glocester. Son dévouement à la cause royale, pendant la guerre civile, ayant amené la perte de sa fortune, il se mit à composer des livres ; mais cette ressource ne contribua pas à l'enrichir et il mourut en prison pour dettes, en 1677.0n a de lui :I° un traité sur l'origine et les progrès de l'imprimerie en Angleterre, publié à Londres , en 1664 ; 2° son Apologie, contenant une relation de quelques circonstances de la guerre qui se faisait à l'ouest de l'Angleterre , suivie d'un petit ouvrage de mysticité, intitulé : Soupirs et Éja- culations de l'âme 1669
  • Richard BAKER( 1568 - 1645) : historien anglais, né vers l'année 1568 à Sissingherst, dans le comté de Kent, était petitfils de sir John Baker, chancelier de l'échiquier sous Henri VIII. Il étudia à Oxford, et parcourut ensuite l'Europe pour s'instruire. De retour en Angleterre-, il fut, en 1605, créé chevalier par Jacques ter, et nommé, en 1620, grand shérif du comté d'Oxford. S'étant imprudemment engagé pour des dettes contractées par la famille de sa femme, il passa ses dernières années dans la prison de la Fleet comme débiteur insolvable. Il y composa la plupart de ses ouvrages, et y mourut le 18 février 1645. On a de lui une Chronique des rois d'Angleterre depuis l'époque du gouvernement des Romains jusqu'à la mort du roi Jacques. Cette chronique, bien qu'on y ait relevé une foule d'erreurs grossières, a eu un prodigieux succès en Angleterre, et y est devenue en quelque sorte populaire ; le style en est de mauvais goût, déclamatoire et recherché. L'ouvrage fut publié en 1611, réimprimé en 1655 et en 1658 par Edouard Philips, neveu de Milton , qui y ajouta le règne de Charles Pr. D'autres continuateurs l'ont porté jusqu'au règne de George I". La dernière édition est de 1730. On y a corrigé une partie des erreurs contenues dans les précédentes. Les autres ouvrages de Richard Baker sont principalement : 1° Cato variegatus, ou les Distiques moraux de Caton , Londres, 1656 ; 2. Méditations et Recherches sur l'Oraison dominicale, Londres, 1657 et 1640 5. Méditations et Recherches sur les sept Psaumes de la pénitence, Londres, 1639 ; 4° Apologie des laïques qui écrivent sur la théologie, Londres, 1641 ; 5. Theatrum redivivum, ou le Théâtre vengé, en réponse à l'Histrio- mastrix de Prynne, Londres, 1662, ; Theatrum triumphans, ou Essai sur les ouvrages de théâtre, Londres, 1670 7° la traduction des trois premières parties des Lettres de Balzac , Londres, 1658 et 1654 avec des additions
  • Richard BARTHOLIN ou BARTOLINI( 1400) : . poëte latin, était né, dans le 15° siècle, à Pérouse. Ayant embrassé l'état ecclésiastique , il fut pourvu d'un canonicat du chapitre de Spolette, et devint aumônier du cardinal de Gurck, depuis archevèque de Saltzbourg. Il accompagna ce prélat en Allemagne et se montra reconnaissant de sa bienveillance, en le défendant de sa plume dans différentes occasions. Ses talents lui méritèrent le laurier poétique qu'il reçut des mains de l'empereur Maximilien. C'était un bon versificateur ; mais il manquait d'imagination et de goût. Dans son poème de Bello norico, où il décrit les guerres que la maison d'Autriche eut à soutenir contre les ducs de Bavière et les comtes palatins, il introduit toutes les divinités du paganisme, et mêle Apollon, Diane, Mercure, avec les papes, les électeurs et l'Empereur. François Pic de la Mirandole , auquel il avait montré son poème, lui reprocha cette injure au bon sens en l'engageant à la réparer. Mais Bartholin, effrayé de l'idée de recommencer un ouvrage qui lui avait déjà coûté dix ans de travail, crut se justifier par l'exemple d'Hésiode, d'Homère et de Virgile, dont les vers sont remplis des noms et des fables des dieux . La puérile justification de Bartholin a suggéré des réflexions trèsjudicieuses au célèbre Arnauld . Bartholin vivait en •519, mais on ignore la date de sa mort. Ses ouvrages sont : 1° de Bello norico, Austriados libri 12, Strasbourg, 1516 4°, 1re édition , publiée par Joachim Vadianus ; réimprimé à la • suite du Ligurinus de Gonthier, avec un ample com- mentaire de Jacq. Spiegel, ibid., 1531 et dans les Veteres Scriptor. Germanic. de Just. Reuber, p. 469. Ce poème, qui fut trèsbien accueilli lors de sa publication, n'est plus guère recherché que des curieux, qui donnent la préférence à l'édition de 1516, parce qu'elle est la plus rare. 2° Hodceporicon, id est itinerarium cardinalis Gurcensis, quoeque in conventu Maximiliani et regum Vladislai, Sigismundi et Ludovici memorat digna gesta sunt, Vienne, 1515 trèsrare ; inséré dans le t. 2 de Freher, Germanic. rerum Scriptores. On y trouve des détails assez intéressants sur la géographie et sur les moeurs de l'Allemagne à cette époque. 3° De conventu . Augustensi concinna Descriptio ; rebus etiam externanem gentium quoe interim gesta sunt, cum elegantia intersertis Opuscule trèsrare. Ila été réimprimé par Schelhorn en 1738, dans les Amoenitat. Hist. ecclesiast., etc., 657-709. Dans la préface dont il fait précéder son édition, Schelhorn témoigne sa surprise qu'aucun collecteur allemand n'eût encore songé à reproduire une piècé d'un si grand intérèt pour l'histoire de la réforme. Par un hasard singulier, HenriChr. Senkenberg en donnait, dans le même temps, une édition dans les Selecta juris ei histor. , t. 4, 625-80. 4° Oratio ad Maximilianum Àugust. de expedilione contra Turcos suscipienda, Augsbourg, 1518 et dans l'AntiTurcicum de INicol. Reusner. 5° Carmen heroicum , geniale laudabundum et triumphans super Caroli Romanorum regis electione, Strasbourg, 1519 ; dans un recueil trèsrare de pièces relatives à l'élection de CharlesQuint. On trouve une lettre de Bertholin à son imprimeur dans le Philologicar. Epistolar. centuria una, publié par Goldast, Francfort, 1610 C'est la trentetroisième
  • Richard BAXTER( 1615) : théologien anglais non conformiste, né en .1615, à Rowton, dans le comté de Shrop, d'une famille honnête, mais peu riche, se lit remarquer, dès sa première enfance, par un penchant extraordinaire à la piété, et par une pureté de cœur qu'il conserva toute sa vie. Ses premières études furent très - négligées ; mais il y suppléa par des dispositions trèsheureuses. Sa vocation l'appelait au ministère de l'Évangile ; il y sacrifia quelques espérances qu'il avait pu concevoir de s'avancer à la cour : cependant il hésitait , retenu par des scrupules religieux, et par les craintes que lui inspirait la faiblesse de sa première éducation ; sa piété même le détermina enfin : il reçut les ordres, en 1638, de l'évéque de Worcester ; rien alors dans ses opinions ne s'écarta des principes de l'Église anglicane. Le serment de conformité, exigé à peu près à cette époque, fut pour lui, comme pour beaucoup d'autres, la première occasion de doute et d'un examen qui changea par la suite ses opinions. Il fut nommé, en 1640, ministre de Kidderminster. A l'époque de la guerre, il se déclara pour le parlement, mais jamais contre le roi. Chapelain d'un régiment de l'armée parlementaire, il s'efforçait d'arrêter les progrès des sectaires, et de maintenir des principes de modération et de véritable piété. De retour à Iiidderminster, il précisa contre le covenant, ne craignit point, lorsque Cromwell fut arrivé au faite de sa puissance, de se prononcer contre sa tyrannie, et osa, dans une conférence à laquelle il fut appelé près de lui, lui reprocher d'avoir renversé la monarchie. Il se rendit à Londres quelque temps avant l'abdication de Richard Cromwell, et contribua par ses prédications au rappel de Charles II. Ce monarque, rétabli sur le trône, le nomma l'un de ses chapelains, et le chancelier Clarendon lui offrit l'évèché de Hereford qu'il refusa, bornant toute son ambition à retourner à sa cure de kidderminster; mais il n'y trouva point le repos. La modération et la pureté de sa conduite, les marques même d'estime et de fa\ eur qu'il avait reçues du roi Charles II , n'avaient pu le soustraire à la hausse des royalistes. Son refus constant de se soumettre à l'acte d'uniformité fuit pour lui une source de persécutions. Sous le règne du roi Jacques II, maltraité, dépouillé et emprisonné plusieurs fois , sans cesse obligé de se cacher, bien que dans un état de santé qui fit plus d'une fois craindre pour sa vie, il n'en continua pas moins ne prêcher (le place en place, conformément à ses principes religieux. Il mourut le 8 décembre 1691. Si Baxter eût vécu dans les premiers siècles de l'ère chrétienne , il eût été un des plus zélés propagateurs de l'Évangile; mais dans ces temps de troubles, accusé tour à tour d'attaquer et de favoriser la hiérarchie, il mérita peut-être les reproches qui lui furent adressés par les différents partis. On a même prétendu que, sans s'attacher à aucune secte, il s'était formé un sys. sème d'opinions religieuses mixtes, que l'on a désigné depuis en Angleterre sous le nom de baxterianisme. Ses plus ardents adversaires ont reconnu son éloquence et ses talents, soit comme écrivain , soit comme prédicateur. La pureté de son caractère et de sa conduite est attestée par les invectives mêmes de ses ennemis : un des plus violents le compare à Lucifer, « jamais plus diabolique que lorsqu'il est un « ange de lumière » et qui, « orgueilleux de ses per« fections, fut le premier à se révolter dans le ciel.» Baxter avait été marié à une femme dont il suffirait, pour faire l'éloge , de dire qu'elle approuva son mari dans le refus qu'il fit d'un évêché , qu'elle le suivit toujours en prison, et fut constamment la compagne de ses infortunes. Au milieu des travaux, des agitations et (les souffrances dont sa vie a été remplie, Baxter a composé, sur des matières de théologie, cent quarantecinq traités, dont quatre hi.- fol., soixantetreize sans compter un grand nombre (le petits écrits On a publié contre lui jusqu'à soixante ouvrages ; les plus connus des siens sont : 1° le Repos éternel des saints. 20 Appel aux non convertis. Près de 20,000 exemplaires de ce livre furent vendus dans l'espace d'un an ; il fut traduit nonseulement dans plusieurs langues de l'Europe, mais même en indien. 3" Le Livre de famille des pauvres. La seule pensée de cet ouvrage indique une belle âme. 4. Pensées dernières. 5° Paraphrase du Nouveau Testament. Ce fut à l'occasion de ce livre qu'en 1685, Baxter fut condamné par la cour du banc du roi à une forte amende , à la prison, et à donner caution. Il avait fait un ouvrage intitulé : la Sainte République, pour l'opposer à l'Oceana d'Harrington. Son, livre fut brûlé, en 1685, par les royalistes, avec ceux de Milton et d'Hobber; et l'Oceana, livre contre la monarchie, ne fut pas même censuré. Les ouvrages pratiques de Baxter ont été publiés en 4 vol
  • Richard BELING( 1613) : écrivain irlandais, naquit 'une ancienne famille à Belingstown, dans le comté - e Dublin, en 1615. Après lui avoir fait faire de onnes études, son père, qui le destinait à la carière du barreau, l'envoya à Lincoln'sInn , pour s'y (mer à la connaissance des lois ; mais, entraîné ar son goût pour l'état militaire, et d'ailleurs zélé catholique, il s'engagea dans la rébellion d'Irlande, n 1641, et occupa, dès l'àge de vingthuit ans , un rade supérieur dans l'armée. Devenu l'un des membres les plus influents du conseil suprême des catholiques réunis à Kilkenny, dont il était principal secrétaire en 1645, il fut envoyé, par ce conseil, en ambassade auprès du pape et de plusieurs princes italiens, pour demander assistance. Il ramena avec lui le nonce Rinuccini, dont les intrigues augmentèrent les troubles et empêchèrent la paix. Beling, mécontent du nonce, rentra dans le parti du roi, auquel il demeura fidèlement attaché, et le marquis, depuis duc d'Ormond, l'employa, avant et après la restauration, dans plusieurs négociations importantes, où il montra autant de zèle que d'habileté. L'armée royale ayant été défaite par les troupes du parlement, Beling passa en France, où il demeura plusieurs années, et où il écrivit quelques ouvrages sur les événements dont il avait été le témoin. De retour en Angleterre, après la restauration, il rentra dans ses biens, par le crédit du duc d'Ormond, et mourut à Dublin, en 1677. On a de lui : 1' un 6e livre ajouté à l'Arcadie de sir Philippe Sidney, et imprimé avec ce roman politique , Londres, 1655 ; 20 Vindiciarum catholicorum Hiberniœ libri duo, publié sous le nom supposé de Philopater Ire- meus : le 1" livre, qui contient le précis historique des affaires d'Irlande de 1641 à 1649, est estimé même des protestants, et regardé comme le récit le plus fidèle oui soit sorti du parti catholique ; 5. An- notationes in Joannis Poncif librum, cui titulus V dicice eversee; accesserunt Belingi Vindiche, Paris, 1654. On cite de lui d'autres ouvrages de peu d' aujourd'hui, niais tous écrits d'un style élégant et facile
  • Richard BENTLEY( 1661) : le plus célèbre critique de l'Angleterre, et peut-être de son temps , naquit , en 1661, à Oulton, près de Wakefield, dans le comté d'York, d'un artisan, les uns disent d'un tanneur, , publiée en 1699, a réimprimé à part sa Dissertation sur les Épitres de Phalaris, avec plusieurs additions en réponse à Boyle : le tout a été imprimé à Londres, 1777 En 1700, Bentley fut nominé maître du collège de la Trinité à Cambridge. 11 résigna son canonicat , sous le titre singulier de la Friponnerie laïque des prétendus esprits forts d'Angleterre, ou Remarques de Phileleuthère de Le ipsick sur le discours de la liberté de penser, Amsterdam, Wetstein, 1738 Bentley avait donné, en 1711 , son édition d'Horace, avec des commentaires qui sont l'ouvrage qui a le plus contribué à sa réputation; la meilleure édition est la troisième, Amsterdam, 1728, 2 vol. Un sermon qu'il prononça en 1715 contre le papisme, des propositions de souscription qu'il fit en 1716 pour une nouvelle édition de la Bible en grec, lui attirèrent de nouvelles attaques de ses ennemis, et en particulier du docteur Middleton„ et donnèrent lieu de sa part à plusieurs répliques qui ne purent empècher que son projet d'édition, accueilli d'abord trèsfavorablement, ne fût tellement décrédité par les critiques qu'il fut obligé de l'abandonner. En 1726, il publia une édition de Térence et de Phèdre, réimprimée en 1727 : on préfere cette réimpression. En1732, parut son édition du Paradis perdu de Milton. On lui doit enfin une édition du poème de Manilius, avec (les notes estimées , 1759 Il mourut en 1742, âgé de SI ans. On a publié , après sa mort, une édition de Lucain avec ses notes, StawberryHill, 1760 Ce qu'on a pu savoir (le la vie du docteur Bentley ne donne pas (le son caractère une idée trèsavantageuse, et ce caractère parait avoir nui, parmi ses compatriotes et surtout ses contemporains, à l'opinion de ses talents. Les étrangers lui ont rendu plus de justice ; les Anglais, d'ailleurs, ne lui ont que difficilement pardonné son édition de Milton, où, sous prétexte de corriger les fautes d'impression qui auront pu , ditil , échapper à un poète aveugle, il relève , avec la crudité de style d'un commentateur , toutes les expressions impropres , incorrectes , de mauvais goût ou peu poétiques, et les corrige avec la liberté qu'il était accoutumé à prendre avec les auteurs anciens , et cette liberté allait fort loin. Aucun critique ne s'est montré plus hardi , aucun commentateur n'a plus suppléé , par l'esprit et par une sagacité rare, au défaut de preuves positives ; c'est lui que Pope a eu en vue dans sa Vie de Martin Scriblerus. La plupart de ses corrections sur les auteurs anciens sont heureuses. On lui en reproche de hasardées, quoique toujours probables et spirituelles. On a prétendu que , dans ses commentaires sur les auteurs anciens, comme dans son édition de Milton, il avait quelquefois donné la faute qui appartenait au poète pour une faute d'impression. Quoi qu'il en soit , la réputation de Bentley s'étendit promptement dans tout le monde savant. il ne se fit en Europe , durant sa vie , presque aucune édition nouvelle d'auteurs anciens, que les éditeurs ne s'adressassent à lui; et il leur faisait part de ses recherches et de ses travaux avec une libéralité qui paraîtrait en contradiction avec son caractère connu, si l'on ne songeait que Bentley, qui pouvait ètre avide d'argent, parce qu'il n'en avait pas toujours eu beaucoup, était trop riche de science et d'esprit pour ètre avare
  • Richard BERENGER( 1720) : littérateur anglais, né en 1720, avait le titre d'esquire, et, en effet, était des écuries du roi George III. Ses occupations, ou, pour mieux dire, les occupations de ses subordonnés lui inspirèrent un traité intitulé the History and art of Horsemanship , 1771 , 2 vol. avec planches. L'historique de cet art, qui est pris par l'auteur dans son acception la plus large, et qui embrasse tous les soins à donner aux chevaux et tout le parti que le luxe peut tirer du cheval, occupe le 1" volume tout entier. Sir Richard y fait preuve d'une érudition variée, quoique ses citations ne soient pas toujours aussi nécessaires que savantes et aussi probantes que nombreuses. Le célèbre Johnson, qui ne prodiguait pas la louange, appelle sir Richard Berenrer le 'rave de lu véritable élégance.
  • Richard BIRNIE( 1760 - 1832) : né vers 1760, à Baia', en Écosse, appartenait à uné famille respectable, mais peu riche. Il fut placé à Londres chez un sellier ; et, lorsqu'il eut fini le temps de son apprentissage, il entra en qualité d'ouvrier dans la maison 'Mackintosh et Ce, qui, entre autres brillantes clientèles , avait celle de la famille royale. Un jour que le prince de Galles avait envoyé l'ordre à son sellier de venir le trouver pour une commande importante , le maitre et le chef d'atelier étaient malades et dans l'impossibilité de se rendre aux ordres du prince, c'est Bintje qui fut chargé,de les remplacer. L'intelligence et le soin avec lesquels la commission que lui donna le prince lut exécutée devinrent l'origine de la fortune de Birnie. Toutes les fois que l'héritier du trône avait des ordres particuliers à donner à son sellier, il fallait qu'un lui envoyàt le jeune Écossais. Birnie, devenu bientôt à la mode et par là même précieux à son maitre, obtint l'emploi de chef d'atelier, puis eut une part éventuelle dans les gains de l'établissement. Il épousa la tille d'un riche boulanger d'OxendanStreet, et cette union augmenta beaucoup sa fortune. Devenu propriétaire dans la paroisse de StMartin, il se distingua par son activité dans les affaires de sa paroisse, et remplit successivement toutes les fonctions gratuites qu'il est possible de remplir, sauf celle de watchinan. Sellier de la cour, il était trèschaud partisan du système du gouvernement, et il en donna des preuves pendant la dernière et orageuse période de l'administration de Pitt, au point de s'enrôler dans les volontaires de Westminster, où bientôt, il est vrai, il fut élevé au rang de capitaine. En 4805, il fonda, conjointement avec l'orfévre Esam et le docteur Antoine Hamilton, alors vicaire de StMartin, une maison de refuge clans le quartier de Londres dit la ville de Camden. La paroisse de StMartiti étant régie par des actes spéciaux du parlement, le duc de Northumberland demanda expressément pour Birnie une place dans la magistrature de cette partie de la capitale. On le nomma membre de la commission de la paix. Bintje, dans ce poste, rendit vraiment des services. Animé d'un zèle extrème, il assistait à presque toutes les audiences de BowStreet, et, avec le bon sens mèlé de finesse qui caractérise les Écossais, il s'initia à la connaissance des lois et statuts de la vieille Angleterre. 11 siégeait souvent en l'absence des juges salariés que des incidents appelaient ou retenaient ailleurs, et il était regardé comme un excellent assistant. Aussi futil nominé magistrat de police à UhsonHall, d'où enfin il passa comme titulaire à l'office de BowStreet, poste qu'il ambitionnait depuis longtemps. En février1820, il était à la tète des officiers de paix et de la force armée qui arrêtèrent les conspirateurs de la rue Caton. Malgré ces services, et malgré l'espèce de familiarité à laquelle l'admettait le roi, il eut, trèspeu de temps après, le désagrément de voir sir Robert Barke nommé magistrat en chef de l'office de BowStreet, lorsque la mort du titulaire laissa vacante cette place, désormais le but de ses Voeux. Heureusement pour lui survinrent les troubles dont l'apparition de la reine Caroline en Angleterre fut l'occasion. Sir Robert, en présence de la multitude toute prête à l'insurrection, ne voulut point ou n'osa point lire le riot- act : aussitôt Birnie le lut. On devine que sir Robert, après ce conflit, envoya sa démission, et cette fois Birnie eut la place. George IV lui conféra même la noblesse au mois de septembre suivant.Birnie mourut le 29 avril 1832
  • Richard BLACKMORE : médecin et littérateur anglais des 17e et 18' siècles , était fils d'un procureur. Il étudia à Oxford , exerça quelque temps la profession de maitre d'école, passa ensuite en Italie, et prit le degré de docteur en médecine à Padoue. Après avoir parcouru la France , l'Allemagne et les PaysBas , il revint en Angleterre et s'établit à Londres, où il pratiqua avec succès la médecine. Le collége des médecins de cette ville l'admit au nombre de ses membres , et son attachement connu aux principes de la révolution lui valut , en 1697 , la place de médecin ordinaire de Guillaume III, et l'honneur d'être créé chevalier. Il fut également médecin de la reine Anne pendant les premières années de son règne. Blackmore publia un grand nombre d'ouvrages , principalement en vers, qui furent d'abord favorablement accueillis du public; mais n'ayant pas craint d'attaquer dans ses écrits des hommes qui lui étaient bien supérieurs sous le rapport des talents littéraires, il fut, dès ce moment, en butte à beaucoup de traits satiriques ; son nom devint , comme celui de Chapelain en France, le synonyme de mauvais poète, et la postérité ne l'a point relevé de cette condamnation. Nous allons donner la liste de ses principaux ouvrages : 1. le Prince Arthur, poème héroïque en 10 chants , imprimé pour la troisième fois en 1696. 2° Le Roi Arthur, poème héroïque en 12 chants , 1697 5° Paraphrase en vers du livre de Job, etc., 1700 4° Satire sur l'Esprit, 1700. La publication de cette satire , où il s'élevait avec chaleur contre l'abus du talent, fut le signal d'une foule de sarcasmes lancés contre lui. On trouve dans les oeuvres de Th. Brown plus de vingt pièces satiriques différentes composées contre Blackmore, presque toutes à cette occasion, par Steele, Garth, Sedley, etc. 50 Essais sur différents sujets , 1716, 2 vol. Dans un de ces essais, intitulé de l'Art d'écrire et des Belles- Lettres , ayant accusé Pope, dont il avait été longtemps l'ami, d'être l'auteur d'une parodie du premier psaume, ce poète irritable , devenu dès lors son ennemi , le présenta dans sa Dunciade sous les formes les plus ridicules. G° Recueil de poésies, I vol. 1718. 7° La Création, poème philosophique en 7 chants : c'est le plus célèbre de ses ouvrages ; il a été souvent réimprimé. Addison en parle avec admiration dans le numéro 339 du Spectateur ; et Johnson, qui l'a fait insérer dans la collection des poètes anglais qui porte son nom, prétend qu'il aurait suffi seul pour transmettre à la postérité le nom de l'auteur, parmi ceux des plus chers favoris de la muse anglaise; mais on croit que la couleur religieuse du sujet aura pu faire illusion à la piété d'Addison et de Johnson sur le mérite d'un poème où l'auteur, quoiqu'il s'élève un peu plus que dans ses autres ouvrages , se montre toujours médiocre et diffus. 8° Traité sur la petite vérole 1722. L'auteur s'y oppose fortement à la méthode, alors nouvelle, de l'inoculation. 9° Dissertation sur une hydropisie et une tympanite , sur la jaunisse , la pierre et le diabétès, Londres, 1727 Dryden a dit de Blackmore qu'il écrivait au roulement des roues de son carrosse. Sans adopter les éloges que font de ce poète Addison et Johnson, on ne peut pas le regarder comme absolument dénué de mérite et de talent. On a dit de Chapelain que , s'il fut un mauvais poète, il fut du moins un honnète homme. Blackmore eut aussi un caractère irréprochable dans un siècle licencieux, et.se montra constamment l'apôtre de la religion et de la morale. Il mourut en 1729, dans un âge avancé
  • Richard BRADLEY( 1600 - 1732) : botaniste et médecin anglais, membre de la société royale de Londres, associé de l'académie des sciences de Paris, professeur de botanique à Cambridge, naquit vers la fin du 17e siècle, et mourut en 1752. 11 a.publié un grand nombre d'ouvrages sur la botanique, la physiologie végétale, la médecine et la matière médicale ; sur l'agriculture et l'économie rurale, ainsi que des considérations philosophiques, et presque théologiques, sur les différents degrés de vie qui ont été départis à chacun des ètres qui composent les trois règnes de la nature. Son premier ouvrage parut en 1716, sous ce titre : 1° Historia plantarum succulentaruin , Londres, 1716-27, 1 vol. avec 51) planches, reproduit en 1754 avec un nouveau frontispice ; ibid.,1739, même format : c'est la des cription et la figure des plantes grasses. L'exécution des planches est parfaite, et n'a été égalée que dans ces derniers temps. 2. Nouvelles Recherches sur l'art de 'planter et sur le jardinage, précédées de quelques découvertes sur le mouvement de la séve et sur la vénération des plantes , Londres, 1717 Cet ouvrage de Bradley, et son système, furent trèsbien accueillis; car en 1724, sept ans après la première édition, il en parut une quatrième, où il ajouta aucatalogue quelques détails sur la culture de chaque espèce d'arbre d'ornement . Bradley admettait la circulation de la séve ; il fait connaître un grand nombre d'expériences trèscurieuses relatives à la physiologie végétale, et particulièrement à l'action de la greffe sur le sujet. Il a démontré que le sujet n'influe pas sur la greffe ; mais, au contraire, que c'est la greffe qui influe sur le sujet. 3° Une traduction anglaise de l'ouvrage de G.E. Agricola, sur la culture des arbres, avec des notes, dans lesquelles il donne un grand nombre d'expériences nouvelles sur la greffe et la taille des arbres, 1726 4° A philosophical Account of the aortes of nature , Londres, 1721 avec 27 planches; ibid., 1721 et 1739 avec 29 planches ; trad. en hollandais, Amsterdam , 1744 avec 31 planches. Ce sont des considérations philosophiques sur les différents degrés d'organisation et de vie dont jouissent les animaux, les végétaux et les minéraux. 5° The Plaque of Marseille considered...., Londres, 1721 Il prétend que toutes les maladies pestilentielles sont produites par des insectes venimeux qui sont transportés par l'air. 6" Traité d'agriculture et de Jardinage , Londres, 1724, 3 vol. par livraisons. C'est une sorte de journal, dont il donnait un cahier chaque mois. Il y indiquait tous les travaux qu'il faut nire durant ce mois. Il y faisait connaître ses propres expériences et ses découvertes, et y rendait compte de celles dont on lui faisait part. Cet ouvrage renferme des observations aussi curieuses qu'intéressantes sur l'organisation végétale. Il a été traduit en français, par Puisieux. sous le titre de Calendrier des Jardiniers, avec vue description des serres, Paris, 1743 ; mais on a eu le tort (le l'abréger : l'original est préférable. Une édition de 1753 a pour titre : Calendrier des laboureurs el des fermiers. '7° Survey of the ancient husbandry, etc., c'est-àdire, Description de l'agriculture et da jardinage des anciens, d'après Caton, Varron, Columelle,. Virgile, etc., Londres, 1725 avec 4 planches, ouvrage rare et recherché. 8. The country Gentleman and farmer's . monihly Director, Londres, 1726 : c'est un recueil de préceptes pour l'instruction des agriculteurs. 9. Conseils aux fermiers sur l'amélioration des troupeaux. 10° Traité du houblon. 11° Corps complet d'agriculture, Londres, 1727 cet ouvrage a donné à l'abbé Rozier l'idée de son Cours d'agriculture. 12° Recherches sur le perfectionnement de l'agriculture et du commerce de l'Angleterre, 1727 et 1728, 4 vol. 13° Botanical Dictionary, Londres, 1728, 2 vol. Bradley ayant fait à Londres, en 1728, un cours de matière médi- ca1e, publia ses leçons sous ce titre : 14° Leçons sur ta matière médicale, Londres, 1730, ine, peu estimé. 15° Recherches sur le grand hiver de 1728 Et itir les maladies qui l'ont suivi, Londres, 1729. 16° Traité physique et pratique sur la culture des jardins, Londres, 1750 livre fort estimé en Angleterre : Puysieux l'a aussi traduit en français, sous le titre de Nouvelles Observations physiques et pratiques sur le jardinage, Paris, 1756, 3 vol. Outre ces grands ouvrages, Bradley a donné des mémoires à la société royale, et il a publié des dissertations , dont on peut voir les titres dans les Bibliothèques botaniques de Séguier, de Baller et de Bobiner. C'est à lui que les colonies anglaises des Antilles doivent l'importation des premiers pieds de calices, qui s'y sont prodigieusement multipliés. Il s'est particulièrement occupé de la culture des plantes exotiques, et de l'art de diriger les ser- i res chaudes, et on lui a de grandes obligations pour les perfectionnements qu'il y a introduits. Quelques 1 personnes ont. prétendu qu'il avait (1û sa place de professeur de botanique à Cambridge bien plus à ses intrigues qu'à son mérite réel. Il en négligea totalement les fonctions sur la fin de sa vie, et on délibéra si on ne lui ôterait pas le titre de professeur. Banks, président de la société royale, a dédié à sa mémoire un genre de plantes, sous le nom de Bradlcya, qui a été adopté par Gaertner
  • Richard BRISTOW( 1538 - 1581) : théologien catholique, né à Worcester, en 1538, lit ses études à Oxford, et devint membre du collége de Christ. Le célèbre Campian et lui passaient pour les deux sujets les plus distingués de l'université, ce qui les fit choisir pour disputer ensemble devant la reine Élisabeth. Il s'en acquitta avec un applaudissement général, le 5 septembre 1556. Quelques années après, il laissa percer son penchant pour la religion catholique dans une dispute publique avec le docteur Humplirey, sur lequel il eut une supériorité marquée. Son attachement à l'ancienne religion l'obligea de se retirer, en 1569, à Louvain, où il prit le bonnet de docteur, eut divers emplois dans le collège anglais de cette ville, et fut en quelque sorte le bras droit du docteur Alan. Attaqué de la consomption, et n'ayant pu rétablir sa santé par les eaux de Spa, il allait respirer l'air natal, lorsqu'il mourut, en 1581, à dix milles de Londres. Il est auteur des ouvrages suivants 10 Motifs du docteur Bristow Antiheretical Motive), Anvers, 1574 ; traduits de l'anglais en latin par le docteur Worthington, Arras et Douai, 1608 2° Réplique à Guill. Fulk , pour la défense du docteur Alan, et de son traité du Purgatoire, Louvain, .1580 5° Cinquante Questions proposées par les catholiques aux héréti- ques , Londres, 1592 4° Vernales aurece S. R. Ecclesice, etc., 1616. 5° Tabula in Som- mam theologicam S. Thome°, 1570. 6° Apologie du docteur Alan el de l'auteur lui- même
  • Richard BROCKELSBY( 1722 - 1797) : médecin, né en 17'22, dans le comté de Soinmerset, étudia succe-- sivement à Édimbourg et à Leyde sous le célèbre Gaubius ; il fut reçu docteur en 1745, et soutint, à cette occasion , une dissertation de Saliva sana et morbosa, Leyde, 1745 De retour à Londres, il publia, en 1746, un Essai sur la mortalité parmi les bêtes à cornes En 1758, nommé médecin de l'armée anglaise, il l'accompagna dans la guerre .de sept ans, et revint, en 1765, acquérir à Londres, dans la pratique de son art, une grande fortune et une grande considération. Il mourut en 1797, à l'âge de 75 ans. Outre les ouvrages que nous avons cités, on a de lui : Observations médicales et éco- nomiques, depuis 1738 jusqu'en 1765, tendant à la réforme et à l'amélioration des hôpitaux, 1764 2° Eulogium medicum, sive Oratio anniver- saria Harveiana, habita in theatris collegii regalis medicorum Londinensium, 1760 5° Plusieurs mémoires insérés dans les Transactions philosophi- ques, savoir : Essai sur la plante vénéneuse trou- vée récemment mêlée avec la gentiane, n° 486 ; Cas d'une femme attaquée du diabétès, n° 111; Expé- riences relatives à t'analyse et aux qualités de l'eau de Seltz, ibid., vol. 4 ; Cas d'une tumeur enkystée dans l'orbite de et Dissertation sur la musique des anciens ; Expériences sur la sensibilité et l’ir 74 rilabilité des diverses parties des animaux, vol. 45; Sur le poison des Indiens dont parle la Condamine, ibid., vol. 44
  • Richard BROOKES : médecin de Londres, du 18° siècle, connu par plusieurs ouvrages, tous écrits en anglais, et dont quelquesuns ont été traduits en diverses langues. Les principaux sont : 1. Histoire naturelle du chocolat, Londres, 1130 2° Histoire de la Citine, de la Tartarie chinoise, de la Corée et du Tibet, d'après les PP. du Halde et Lecomte , Londres, 1741, 4 vol fig. 3° Pratique générale de médecine, ibid., 1751, 2 vol. 4° Introduction à la médecine et à la chirurgie, ibid., 1754 ; ibid., 1763 50 Nouveau Système d'histoire naturelle, Londres, 1765, 6 vol. avec 157 planches assez médiocres, L'ouvrage est peu exact et sans ordre systématique ; les végétaux, par exemple, qui forment le Se volume, sont par ordre alphabétique. 6° Précis des Pharmacopées de Londres et d'Édimbourg. On l'a traduit en allemand, Berlin, 1770. 7° Bohmer lui attribue un traité sur l'art de la pèche, the Art of anglingrod and sea fishing, 2e édition, Londres, 1743, pe' lit avec 135 lig
  • Richard BROME : auteur comique anglais, qui vivait sous le règne de Charles I", avait été, dans sa jeunesse, domestique'de BenJohnson. Ses Pièces, au nombre de quinze, se font remarquer par la régularité du plan et la peinture des caractères. Elles obtinrent un grand succès dans leur nouveauté, et plusieurs, à l'aide de quelques changements, ont reparu depuis avec honneur sur la scène anglaise, particulièrement sa comédie intitulée : la Troupe joviale. !Ironie mourut en 1652. Dix de ses comédies ont été publiées ensemble par Alexandre Brome, en 2 vol. 1655-1659. - Alexandre BROME, poète anglais, et procureur près la cour du lord maire de Londres, sous le règne de Charles II, né en 1620, mort en 1666, se fit remarquer parmi les plus chauds partisans de la cause royale. Il est auteur d'une grande partie des odes, sonnets, chansons, épigrammes, etc., qui furent publiés contre les républicains, pendant la rébellion, et sous le protectorat de Cromwell. Après la restauration, ces différentes pièces de Brome furent imprimées ensemble avec ses epitres et autres poésies, 1661, I vol. Il a aussi publié une traduction d'Horace, faite en commun avec d'autres auteurs, et qui est assez estimée ; et une comédie intitulée : les Amants rusés. - Jacques BROME a publié quelques relations de voyages; la plus connue est intitulée : Travels in England, to Scotland and Wales, Londres, 1700; ibid, 1707 la 1" édition avait paru sous le nom de Roger. On estime aussi son voyage en Espagne et en Italie, Travels through Portugal, Spain and Italy, Londres, 1712
  • Richard BROUGHTON : natif de GreatStukley, dans le comté de Huntingdon , d'une famille originaire de la province de Lancastre, fut envoyé trèsjeune au collége anglais de Reims, où il fit d'excellentes études, et s'appliqua surtout à celle , Douai, 1653 Londres, 1651 2° Alonasticum Britannicum, etc. , Londres, 1655 5. Jugement des temps apostoliques sur les trente- neuf articles de la confession de foi anglicane , Douai , 1652 4. Épître apologétique, en réponse au livre où l'on prétend prouver que les catholiques ne sont pas des sujets fidèles. 5° Continuation de l'apologie des catholiques , tirée des auteurs protestants. T—D:
  • Richard BULSTRODE : auteur anglais du 47° siède, etuda a Londres, dans la sociétd d' et exerea lis roulent sur la retraite, le bonheur, les femmes, la religion, l'éducation, la vieillesse, etc. Si ce n'était ias l'oeuvre du génie, c'était au moins le résultat d'une longue expérience , l'auteur ayant vécu près de 101 ans
  • Richard BURN : auteur anglais, né à W ton dans le Westmoreland , et élevé à l'université d'Oxford, qui lui conféra en 1762 le degré de docteur en droit, fut pendant quaranteneuf ans vicaire d'Orlon , où il mourut en 1785. Il fut, en outre, un des juges de paix des comtés de Westmorelaml et de Cumberland, et chancelier du diocèse de Carlisle. On a de lui : 1° les Devoirs d'un juge de paix. 2° Le Droit ecclésiastique. Ces deux ouvrages jouissent de beaucoup de réputation, et font autorité en Angleterre, où ils ont eu un grand nombre d'éditions. La e édition du Droit ecclésias- tique, que nous avons sous les yeux, est de Londres. 1767,4 vol. 5° Histoire et Antiquités de West- moreland et de Cumberland , 1777, 2 vol
  • Richard BUSBY( 1606) : instituteur anglais, né de parents pauvres, en 1606, à Lutton, dans le comté de Lincoln, étudia à l'école de Westminster et à Oxford, où il prit ses degrés. Etant entré dans les ordres, il fut nominé en 1659 recteur de Cudwortlk, et en 1640, maitre de l'écule de Westminster. Pendant cinquantecinq ans qu'il occupa cette place, il sortit, diton, de son école le plus grand nombre d'hommes éminents dans l'Eglise et dans l'Etat dont puisse se vanter aucun siècle ou aucune nation, et c'est à lui que l'école de Westminster doit la réputation dont elle jouit en Angleterre. Après la restauration, Charles Il lui donna en 1660 une prébende tlans la cathédrale de cette ville et quelques autres bénéfices. Il porta la sainte ampoule au couronnement de ce monarque, et. mourut trèsriche en 1695, àgé de 89 ans, sans avoir ressenti aucune des infirmités de la vieillesse. A de vastes connaissances, particulièrement dans les langues, Duby joignait de l'éloquence, et cette sagacité si précieuse dans un instituteur, qui sait discerner des dispositions naissantes. Il était trèscharitable, doux, aimable dans le monde, mais excessivement sévère dans sa classe. Il fonda, au collège de Christ, une chaire de langues orientales, et une autre pour les mathématiques. On a de lui quelques grammaires grecques et latines, et autres ouvrages qu'il avait composés pour l'usage de ses élèves
  • Richard CALDWALL ou CHALDWELL( 1513) : médecin anglais, né dans le comté de Staffort , en 1515, un des élèves les plus distingués de la faculté du Christ en 1547, reçu docteur en cette faculté, fait ensuite censeur du collège des médecins à Londres, en 1570 , nommé président de ce collège, et mort en 1585 , jouit d'une trèsgrande réputation pendant sa vie. On dit qu'il a traduit en anglais un ouvrage de chirurgie d'Horace More , de Florence, ayant pour titre : Tables de chirurgie , imprimé à Londres en 1585 ; mais il mérite surtout d'étre cité P0111 avoir fondé dans le collège de médecine de Londres une chaire de chirurgie
  • Richard CAREW( 1555 - 1620) : auteur anglais, né en 1555, à EastAnthony, dans le comté de Cornouailles, étudia à Oxford, où il eut l'honneur, à l'àge , Londres, 1602 réimprimée en 1725 et en 1769. Camden parle trèsavantageusement de cet ouvrage, qu'il avoue lui avoir été d'un grand secours; niais le travail de Carew a beaucoup perdu de son prix depuis l'ouvrage qu'a publié le docteur Ilorlase sur le même sujet. 2. Examen des esprits des hommes, où, par l'observation des divers tempéraments, on fait voir à quelle profession chacun est propre, et jusqu'à quel point il doit y réussir, traduit de l'italien, Londres, 1594 et 1604. Quoique le nom de Richard Carew soit attaché à cette traduction, quelques personnes l'ont attribuée à son père. 3° La Vraie Méthode pour apprendre promptement ( canaque latine. Cet ouvrage se trouve dans le traité de Samuê1 Hartlib, sur le même sujet
  • Richard CARPENTER : après avoir fait ses études à Cambridge, passa sur le continent, y fut ordonné prêtre, et se fit, diton, moine bénédictin en Italie. De retour dans sa patrie en qualité de missionnaire, il entra, au bout d'un an, dans l'Église anglicane et y obtint une cure. Pendant la guerre civile, il quitta sa cure, se lit prédicateur forain, comme c'en était alors assez la mode. Il s'appliquait principalement, dans ses sermons, à exciter le feu déjà allumé en Angleterre et à fomenter la scission entre le roi Charles ler et le parlement. Ce métier ne l'avançant point dans ses vues de fortune, il se retira à Paris avec le dessein apparent d'y changer de conduite; mais il ne tarda pas de repasser la mer. Carpenter se mêla alors parmi les indépendants, reprit son métier de prédicateur ambulant, conformant ses discours et sa conduite aux circonstances. Il finit par se marier, et continua ses prédications, Voici en peu de mots l'histoire de celte dispute. En 1812, Carpani avait publié les Haydines a Milan. En 4811 parurent â Paris les Lettres sur le célébre compositeur Haydn, par Beyle . Carpani cria au plagiat. Quelque temps après, un frère de D. annonça que l'auteur français avait modifié ce qu'il avait volé à l'auteur italien. Carpani riposta par des injures et des menaces, B. dédaigna d'y répondre, et th paraltre, en 1817, un vol. sons ce titre : Lettres d'Haydn, suivies de la vie de Mozart, traduites de l'allemand, et de quelques lettres sur Métastase el sur l'étal actuel de la musique en liane. F—Le. principalement à Aylesbury, jusqu'au rétablissement de Charles II, excitant la pitié des gens de bon sens et amusant la populace par ses bouffonneries. Ce jovial ministre du St-Évangile songea enlin, sur ses vieux jours, à changer de vie : il rentra, avec sa femme, dans l'Église catholique, et mourut dans cette communion. Cet homme ne manquait ni d'esprit, ni de savoir; mais il se déshonora par l'usage qu'il en fit dans des temps de confusion et d'anarchie. On lisait sous un de ses tableaux : Richardus Carpenterus, sacerdos porcello cuidam, Gerusenorum scilicet, in omnia pratcipiti, fructibusque derolo, eidem porco, loquaci pariter el minaci menducique indic- il sileraium, atque obenutesce. Il a composé les ouvrages suivants: 1° Expérience, Histoire et Théo- logie, dédié au parlement, 1612 réimprimé avec quelques changements sous le titre de la Ruine de l'Aidechrist, 1638; 2° la Loi parfaite de Dieu, ser- mon qui n'est pas sermon, qui a été préché et n'a pets été préché, publié pendant qu'il était dans la secte des indépendants, 1652; 3° le Jésuite brouillon, imprimé après le rétablissement de Charles II ; 4. Preu- ves que l'astrologie est innocente, utile et pieuse, Londres, 1653 5. plusieurs serinons imprimés à Londres en 1612, 1616 et 1625 et — Un autre CA RPENTER , théologien anglais, qui écrivit vers la lin du 16° siècle, est auteur de plusieurs ouvrages : Sermons. Contemplations, etc., Londres, 1588, 1599 et 1606 et
  • Richard CHALLONER( 1691 - 1781) : évêque titulaire de Debra, et vicaire apostolique en Angleterre pour le district de Londres, naquit le 29 septembre 1691, dans le diocèse de Chichester, de parents protestants, fut élevé dans la religion romaine par un préire catholique, et fit de trèsbonne heure abjuration des dogmes de Calvin. On l'envoya, en 1701, au collége anglais (le Douai, où, après avoir fait de bonnes études, il devint , successivement professeur de rhétorique, de philosophie et de théologie. Challoner repassa en Angleterre en 1730, où il s'employa tout entier aux fonctions du saint ministère et à la composition de divers écrits, parmi lesquels on distingue : I° les Fondements de la doctrine catholique, pour prouver la vérité des différents articles de la profession de foi de Pie IV; 2. Histoire abrégée des commencements et des progrès de la religion protestante , dont le but est de montrer qu'elle a pris naissance dans les passions humaines ; que, dès son origine, elle a été déchirée par une foule de sectes ennemies les unes des autres; 5° Raisons pour lesquelles un catholique romain ne peut pas se conformer à la religion protestante, suivies de la Pierre de touche du protestantisme ; il y met cette religion en contradiction avec le texte de la Bible; 4° le Jeune homme instruit sur les fondements de la religion chrétienne ; Autorité infaillible de l'Eglise dans les matières de doctrine, fondée sur les promesses de Jésus- Christ, et prouvée par les ouvrages même des protestants ; 6° Essai sur l'esprit des prédicateurs dis- selliers, contre quelques presbytériens qui ne cessaient de calomnier les catholiques dans leurs sermons, sur la présence réelle, la transsubstantiation et le sacrifice de la messe. Le docteur Middleton, dans sa Lettre écrite de Rome, avait prétendu établir une exacte conformité entre le papisme et le paganisme. Challoner le réfuta dans la préface du Chrétien catholique instruit dans le sacrement, le sacrifice, les cérémonies et les pratiques de l'Eglise; mais comme il prouvait que les reproches de son adversaire retombaient sur l'Eglise anglicane, on lui répondit par une dénonciation où il était déféré comme ennemi de son pays, de sorte qu'il fut obligé de se tenir caché. Challoner était alors le docteur le plus remarquable de l'Église catholique d'Angleterre. Le collège de Douai, qui était le principal établissement (le cette Église sur le continent, et la pépinière des missionnaires destinés à perpétuer le catholicisme dans leur pays, le désigna pour président; mais le docteur Petre, évêque catholique de Londres, et en quelque sorte le chef spirituel de tous les catholiques d'Angleterre, s'empressa de le demander pour son coadjuteur. 11 s'établit entre les deux pétitionnaires une lutte honorable pour celui qui en était l'objet; mais elle se termina enfin à l'avantage du docteur Petre, et Chailouer fut sacré le 29 janvier 1741. Les devoirs (le cette éminente dignité ne ralentirent point ses utiles travaux. Chaque année fut marquée par de nouveaux ouvrages ; tels sont les Mémoires des missionnaires, etc., où l'on voit que, depuis l'année 1577 jusqu'à la fin du règne d'Elisabetb, en 1603, le nombre des catholiques qui avaient souffert la mort pour cause de religion se montait à cent trentequatre ; les Fondements de l'ancienne religion, excellent traité de l'Eglise contre les protestants ; Britannia sancta, •745, 2 vol. contenant les vies des saints les plus célèbres dans les trois royaumes. La mort de Petre, en 1758, le laissa chargé du soin de tout son troupeau. Il s'empressa de le partager avec le docteur Giffard, qu'il sacra comme son coadjuteur. Malgré les occupations de son ministère, il publia encore, en 1760, la Cité de Dieu du Nouveau Testament, où il trace l'histoire de l'Eglise, celle des principales hérésies, et de la conversion des différents peuples jusqu'à ces derniers temps; Martyrologe britannique , auquel il ajouta depuis un supplément et un appendix. Il s'était élevé à Londres, dès 1741, une nouvelle secte, connue sous le nom de méthodistes, qui faisait chaque jour des progrès dans le peuple. Ce fut pour dissiper l'illusion de ces fanatiques que Challoner publia sa Précaution contre les méthodistes. Nous passons sous silence un grand nombre d'autres ouvrages , les uns de dévotion, les autres de controverse, de traductions de livres de piété, soit du latin, soit du français. Challoner joignait à tant de publications diverses des instructions, des conférences, des fondations pour l'éducation de la jeunesse un établissement pour les domestiques sans place; et il trouvait les moyens d'entretenir ces établissements par des souscriptions accordées à la confiance qu'on avait en lui. Cependant son ministère fut troublé par de fâcheux évènements. Une loi du règne de Guillaume III assurait 100 livres Merl. de récompense à quiconque dénoncerait un prêtre catholique pour avoir exercé les fonctions de son état. Cette loi, tombée en désuétude, n'était point révoquée. Un officier de police s'insinua dans les chapelles catholiques, et jusque dans la confiance des prêtres, sous prétexte de vouloir se convertir. Ses dénonciations furent rejetées avec indignation par le lordmaire, par l'évèque anglican de Londres, par le célèbre lord Mansfield, grand justicier d'Angleterre. Cependant le grand jury, tout en détestant l'infamie de l'avide délateur, se vit forcé de lancer des décrets. Pendant ce tempslà, des orateurs populaires formaient des attroupements, déclamaient contre les catholiques ; les chapelles furent fermées. Chaque jour les prètres étaient condamnés à des amendes pécuniaires , à des emprisonnements perpétuels. Challoner fut, connue son clergé, l'objet des dénonciations, et comparut devant le tribunal de OldBaily; mais le zèle de ses défenseurs et l'humanité des juges le firent acquitter; et comme les dénonciations continuèrent encore, le parlement donna enfin le bill de 1778, qui déchargea les catholiques des peines portées par la loi de Guillaume 111, et les mit sur le pied des autres nonconformistes. Challoner sortait à peine de cette persécution lorsque la fameuse révolte de 1780, conduite par le lord Gordon pour faire révoquer le bill de tolérance, éclata par le pillage des chapelles, par l'incendie des maisons de plusieurs catholiques, et mit toute la ville de Londres en danger; mais le parlement sut maintenir son ouvrage ; les séditieux furent dispersés, leur chef mis à Newgate, et, depuis cette époque, les catholiques n'ont point cessé de jouir des avantages de la nouvelle loi. Challoner, parvenu à l'âge (le 91 ans, mourut d'apoplexie, le 12 janvier 1781, emportant avec lui les regrets de son nombreux troupeau, et même de ceux dont Ja religion était contraire à la sienne. Le curé anglican de la paroisse de Milton, où son corps fut transporté, dressa sur son registre l'acte de dépôt en ces termes : « Le 22 « janvier .1781, a été enterré le docteur Challoner, « prêtre papiste, évêque titulaire de Londres et de « Salisbury, homme excellent et vraiment pieux, « d'un grand savoir et d'une rare capacité. » Sa vie, ornée de l'analyse de ses ouvrages, a été composée en anglais par James Barnard, son grand vicaire, Londres, 1784
  • Richard CHANCELLOR : navigateur anglais, fut nominé, en 1553, par la compagnie formée d'après les conseils de Sébastien Cabot pour faire des découvertes dans le nordest, commandant en second de l'expédition dont Willoughby était le chef. On partit d'Angleterre au mois de mai. Les navires ayant été dispersés par une tempête près des ales du Lofodden, Chancellor relàelia à Wardoehutts, rendezvous indiqué , où il attendit quelque temps. Ayant remis en mer, il souffrit encore beaucoup, et arriva dans un golfe inconnu . Il mouilla près d'un monastère dédié à St. Nicolas, où est aujourd'hui située la ville d'Archangel.Voilà pourquoi, dans les premiers temps, les Anglais désignaient la navigation de la mer Blanche par l'expression du voyage de StNicolas. Chancellor fut trèsbien accueilli des habitants, qui n'avaient jamais vu de navire aussi grand que le sien. Ayant appris qu'il était dans les Etats du granddue de Moscovie, il comprit quel service important il pourrait rendre à sa patrie en lui ouvrant 1a navigation avec ce pays, où il venait de découvrir un port ; en conséquence il abandonna le projet de chercher une route à la Chine. Dès que le czar Iwan Wasiliewitz fut instruit de l'arrivée d'un vaisseau étranger, ce prince, qui voyait le commerce de ses Etats exclusivement livré aux négociants des villes hanséatiques, fut satisfait de voir qu'une nation entreprenante allait établir une concurrence dont ses sujets profiteraient ; en conséquence il fit inviter Chancellor à venir à Moscou. Celuici obéit, remit au grandduc la lettre de crédit d'Edouard VI , adressée à tous les monar- ques du Nord. Comblé de marques d'estime, il ob- tint l'assurance que les Anglais pourraient commercer librement en Moscovie, et emporta des denrées de ce pays, en échange de sa cargaison. A son re- tour en Angleterre , en 1554, il présenta à Marie, qui avait succédé à Edouard, la lettre du grandduc. Les résultats avantageux que la compagnie anglaise tira de ce premier voyage l'engagèrent à en tenter un second ; la reine lui accorda, en 1555, une charte qui lui assurait de grands priviléges. Elle écrivit au grandduc , et chargea Chancellor et deux autres plénipotentiaires de traiter avec ce prince de tout ce qui intéressait le commerce anglais. On expédia trois vaisseaux, dont l'armement se lit encore sous la direction de Sébastien Cabot. Les envoyés anglais, trèsbien accueillis du granddue , vendirent leurs marchandises , et repartirent en 1556 , emmenant un ambassadeur moscovite. A l'approche des côtes d'Ecosse, une tempête affreuse lit périr deux navires; Chancellor perdit la vie. L'ambassadeur se sauva avec beaucoup de peine, après avoir perdu les présents dont il était porteur. La relation du voyage de Chancellor se trouve dans le t. ler de Hackluyt et dans la nouvelle collection de Pinkerton
  • Richard CHANDLER( 1738 - 1810) : savant helléniste, w en 1758, fut nommé membre du collége de la Madeleine à Oxford , et de la société des amiquaires de Lombes. En 1765, il donna une magnifique éditi)n des inscriptions vulgairement connues sous ln noms de Marbres d'Arundel, ou Marbres d'Oxford' , Oxford , grand lig. Chandler, nonseuleinent rectifia dans cette édition les erreurs qui avaient échappé aux éditeurs précédents, Selden , Prideaux et Maittaire , mais il suppléa heureusement à plusieurs lacunes qui se trouvaient dans ces inscriptions, et particulièrement dans la Chronique de Paros, qui en est la partie la 'plus importante. Il fut choisi par la société des dileltwnli, conjointement avec le docteur nevett et Pars, pour aller en Orient recueillir des documents, et faire des observations sur l'ancien état de ces contrées, ainsi que sur les monuments d'antiquités qu'elles peuvent encore posséder. Dans les instructions données par cette savante société aux trois voyageurs, il est dit que c'est au docteur Chandler qu'appartient la direction du voyage, et que ses deux compagnons seront tenus de se conformer à son opinion , 11)1s méme que la leur s'y trouverait contraire. Chandlel remplit d'une manière distinguée la mission qui lui avait été donnée. Dans les années 1764 , 1765 et 1766, il parcourut l'Ionle , l'Attique, l'Argolide et l'Elide. 11 revint en Angleterre avec Une ample moisson de matériaux aussi curieux qu'instructifs. Dès l'année 1769 , il publia le 1" volume des Anti- quités Ioniennes , Londres, grand fig. Ce volume n'a paru qu'en 1800. En 1774, il lit imprimer à Oxford, l'ouvrage intitule : Inscriptiones antiqua3, plerceque nondum edam, in Asia J) iinoi'i et Grwcia proesertim Aihenis collectœ. Personne n'a surpassé Chandler dans l'art difficile de bien lire les inscriptions anciennes , de grigier avec inide, et de suppléer heureu- se:tient aux lacunes qu'elles présentent. Le l'r %Aime de ses voyages parut à Oxford en 1775 ous le titre de Voyages en Asie Mineure , Oxford, 1775, grand lig. ; le 2°, sous celui de Voyage en Grèce , ibid., 1776, mènte format , fig. Sous le rapport des antiquités et de la géographie ancienne, ces voyages doivent être comptes au nombre des meilleurs qui existent ; niais ils offrent malheureusement peu de renseignements sur los principaux objets relatifs à l'état moderne et aux mœurs des peuples qui habitent ces contrées. L'auteurs'y montre assez peu naturaliste pour confondre des grues avec des cigognes; mais Chandler voyageait pour un but particulier, et ce but, il l'a parfaitetnent atteint. Le savant Barthélemy et l'auteur du Voydge pittoresque de la Grèce ont souvent puisé dans les voyages de Chandler, et leur ont rendu toute la justice qu'il méritait. Beaucoup de voyageurs en Orient les ont mis à contribution sans les citer. Ils ont été traduits en fran-çais, Paris, 1806, 3 vol. avec carte, par Secvois et Baillé du Bocage : c'est une des traductions les plus exactes et les mieux faites. Elle est précieuse à consulter, »line après l'original, à cause des notes géographiques , historiques et critiques des traducteurs. Ils semblent avoir eu en vue de répondre à l'appel fait par le savant et modeste antiquaire an-', glais, lorsqu'il dit, dans le 61° chapitre de son Voyage en Asie Mineure : « Je souhaite bien sincèrement « que l'on supplée à mes omissions et que l'on rec-« tifie mes erreurs. ), Ces ouvrages ont été aussi traduits en allemand par II.C. Boje, Leipsiek, 1776 et 1777 En 1802, Chandler publia l'ouvrage intitulé: Histoire ou de Troie , en y comprenant la contrée ad- jacente et les côtes opposées de la Chersonèse de Thrace, Londres : c'est, en quelque sorte, le complément de son Voyage en Asie. Il a, diton laissé la suite de cette histoire en manuscrit. II a aussi composé la vie de William Wayntlecte, fondateur du collée de la Madeleine ; et, pendant son séjour à Rome et à Florence, il s'est occupé à collationner divers manuscrits de Pindare, alin de donner une meilleure édition de ce pote. Aucun de ces derniers ouvrages n'a encore vu le jour. Le docteur Chandler, nommé recteur de la paroisse de Tilchurst en Berkshire, y résidait lorsqu'il mourut, le 9 février 1810, à l'age de 72 ans.
  • Richard CHENEVIX : littérateur et chimiste anglais, naquit en Irlande, où s'était fixée, après la révocation de l'édit de Nantes, sa famille, française d'origine. Son grandoncle, Rich. Chenevix, mourut en 1775, après avoir , durant n'entequatre ans, Troy. les ? ires de madame du Musset, p. 89. Ce dernier opéra, qui est de 1756, valut a l'auteur des vers charmilles de Voltaire. occupé le siége épiscopal de Waterford et Lismore réunis. Son aïeul et son père avaient tous deux été colonels. Ces exemples domestiques n'engagèrent point le jeune Richard à courir la carrière des armes dans une époque qui, plus qu'aucune autre cependant, offrait des chances de rapide avancement. Dès son adolescence, il annonça son goùt pour les études paisibles du cabinet. Au reste, doué . Dans ce morceau remarquable par la force des raisonnements et par la finesse des obseriations, Chenevix se déclare l'antagoniste du célèbre système de Werner, et prend la défense de celui de Hauy. Ses objections ne restèrent pas sans réponse; mais le chimiste anglais riposta par ses Remarques sur la réponse de hl. d' Aubuisson aux Observations, etc. , publiées pour la première fuis à la suite de la seconde édition des Observations, Londres, 1811 5° Dans les Transactions philosophiques : Observations et Expériences sur l'acide ? iitiatique oxygéné, ainsi que sur quelques combinaisons de l'acide muriatique dans ses trois états ; — Analyse du corindon et de quelques substances qui l'accompagnent; — Analyse des arseniates de cuivre et de fer, ainsi que du cuivre rouge octaédrique de Cornouailles, 1801 ;— Observations et Expériences sur la poudre du docteur James, avec une méthode de préparer par la voie humide une substance analogue; — Observations sur la nature chimique des humeurs de l'oeil, 1805 ; — Recherches sur la nature du Palladium ; — de l'Action réciproque du platine et du mercure; 4° Dans le journal de Nicholson : Analyse d'une nouvelle variété d'or natif, 1801 ; Expérience pour déterminer la quantité de sou fre contenue dans l'acide sulfurique; — Recherches sur l'acide acétique et sur quelques autres acétates. A côté de ces résultats d'observations scientifiques, on sera surpris sans doute de voir Chenevix publier une comédie, les Rivaux Mantouans, et une tragédie historique, Henri VII, l'une et l'autre en 1812 . Dans ce dernier ouvrage. l'auteur se rapprochait autant que possible du système dramatique de Shakspeare. Ces deux pieces, qui n'ont point été représentées, ont joui d'un succès On n'a pas moins été étonné, dans ces derniers temps, de voir sortir de la plume du célèbre chimiste H. Davy un livre profondément religieux, intitulé les derniers Jours d'un philosophe ; ce rapprochement ne nous parait pas sans intérét. d'estime, et comptent parmi les monuments de la grande tentative de rénovation littéraire dont l'Angleterre et la France ont eu le spectacle dans ces dernières années. Chenevix laissa de plus en manuscrit un ou? rage politique dont le titre au moins promet beaucoup ; c'est un Essai sur le caractère national, et sur les causes principales qui contribuent à modifier les caractères des peuples dans l'état de civilisation
  • Richard CROCUS( 1400) : helléniste anglais, né à Londres, vers la fin du 15° siècle, int en 1514 à Leipzig, où il enseigna les lettres latines et grecques. En 1317, il revint en Angleterre, et il était professeur à Cambridge en 1530. Nous avons de : 10 Theodori Gazge, libri de verborum constructione latina ciritate donati , Leipzig, 1516 2° Grammatica grœca 7 tabulis comprehensa et t roductio in linguam grœcam, Cologne, 1:; 20 Orationes de utilitate linguee griecoe, Paris ; 4° Enconzium .. 4cademice Lipsiensis, publié par Bohme, dans ses Opusc. acad. litt. Li ps., Leipzig, 1779 G -- v
  • Richard COOPER( 1708) : peintre et graveur, na- quit en Ecosse, vers 1708. Joseph Strutt, qui cite ses portraits avec éloge, n'indique pas le lieu de sa nais- sance; il nous apprend seulement que Cooper flo- rissait à Edimbourg vers 1730. Cet artiste parait avoir peu travaillé; son oeuvre n'est pas considérable; il se compose de portraits, qui représentent, pour la plupart, des contemporains de Richard, illustres dans les arts , les lettres ou les armes. Il ne faut pas confondre cet artiste avec un autre Richard Cooper, qui fut graveur comme lui : celuici était né en Angleterre vers 1756 ; il est compté au nombre des meilleurs graveurs anglais. Ses estampes au burin, en manière noire et à l'aquatinta, sont également estimées. La manière de graver de Richard Cooper est grande et pleine d'effet ; il excelle surtout à rendre les jeux d'optique qui donnent aux beaux ouvrages de Rembrandt une magie si puissante. Les portraits historiques qu'il a gravés d'après les chefsd'oeuvre de van Dyck ont un autre genre de mérite qui n'est pas moins remarquable. On y trouve un dessin noble et correct, un burin savant et plein d'harmonie. Un des caractères du talent de Richard Couper est une grande aptitude à saisir tous les genres de gravures, et à cultiver avec une étonnante flexibilité ceux qui semblent lesplus opposés entre eux. C'est ainsi qu'après avoir donné à la gravure les beaux effets de lumière que nous admirons dans Rembrandt, et la perfection des ou- vrages de van Dyck, il sait rendre avec un même talent les effets pittoresques et les grandes masses de lumières répandues sur des vues des sites prises des lieux les plus favorables aux grandes illusions de la perspective. La vue de l'église de StPierre de Rome et de ses environs, qu'il a faite en 1778 à laquatinta ; une autre vue du même édifice pour servir de pendant à la première, et où l'église de StPierre est représentée avec la colonnade et la place attenante; une vue trèspittoresque du PonteSalaro la rivière de l'Anion; la vue d'un autre pont sur la menal rivière; la vue, véritablement admirable, de l'intérieur de l'amphithéâtre de Vespasien, nommé le Colisée, 1779 ; vue d'une partie de Tivoli, etc., sont autant de mor- ceaux dignes des plus grands maitres
  • Richard CORBET( 1582) : prélat anglais, plus connu et plus estimé comme poète, naquit à Ewell, dans le Surrey, en 1582. Le père de Richard Corbet, qui atteignit de quatrevingts ans, et dont il a célébré l'excellent caractère dans un de ses poèmes, habitait ordinairement Whitton , dans le comté de Middlesex, où il acquit une certaine réputation par son habileté dans l'horticulture , et amassa une grande fortune qu'il laissa à son fils lorsqu'il mourut en .1619. Richard Corbet commença son éducation à l'école de Westminster et la termina à l'université d'Oxford, où il prit le degré de maître esarts et se rit remarquer par la vivacité de son esprit. Ayant embrassé la carrière ecclésiastique, il prononça plusieurs oraisons funèbres, entre autres celles de Henri, prince de Galles, et de sir Thomas Bodley, qui furent admirées par les auditeurs. En 1618 il lit un voyage en France, d'où il écrivit à sir Thomas Ay- lesbury une épître en vers que l'un considère connue l'un de ses poéines les plus piquants, et dans laquelle il peint avec beaucoup de vérité, disent les écrivains de sa nation, le caractère des Français. Nommé par le roi Jacques l" l'un de ses chapelains ordinaires, il fut élevé par ce prince, en 1627, à la dignité de doyen de l'église du Christ. Il était à cette époque docteur en théologie, vicaire de Cassington, et prébendaire de l'église de Saruni. Eu 1629 , il fut nommé évêque d'Oxford, et transféré en 1652 au siée de Norwich. 11 est probable que ce fut avant cette année qu'il épousa Alice, tille du docteur Léonard nutum, vicaire de Flower, dans le comté de Northampton; qui mourut avant lui, après lui avoir donné un fils qui reçut le prénom de Vincent. Luimême termina sa carrière le 28 juillet 1655, et fut enterré dans le choeur de l'église cathédrale de Norwich. Corbet inclinait pour l'arminianisme de Laud et était opposé au calvinisme de l'archevêque Abbot, son prédécesseur. On voit par ses poèmes qu'il mépri- sait les puritains, quoiqu'on ne puisse pas lui reprocher de les avoir persécutés. Il n'a point publié d'oeuvres théologiques, et ses poésies profanes n'ont même paru qu'après sa mort. Après avoir eu n'oh éditions successives, M. Gilchrist en a donné une nouvelle précédée d'une vie de l'auteur sous le titre de : Poemata strimata. La versification de Corbet est facile , quoique généralement prosaïque et peu correcte ; on y trouve de l'esprit , de la douceur, mais une gaieté un peu trop libre pour un ecclésiastique élevé en dignité. Les fautes qu'on a relevées dans ses écrits doivent en général etre attribuées au mauvais goût du temps ; on doit ajouter qu'il écrivait pour s'amuser et amuser les autres, sans avoir la prétention d'intéresser la postérité. Johnson en a parlé avec éloge
  • Richard COX( 1499) : théologien anglais, né en 1499 à Whaddon dans le comté de Buckingham, de parents obscurs, obtint une place (l'agrégé à Cambridge, et passa de là à Oxford, où il fut appelé par le cardinal Wolsey, aN ec plusieurs autres écoliers distingués, pour faire partie du nouveau collége que venait d'y fonder le cardinal. Le penchant de Cox pour les opinions de Luther attira sur lui l'animadversion des chefs de l'université, qui le dé pouillèrent de ses places et le firent mettre en prison comme hérétique. Remis en liberté quelque temps après, il devint maitre de l'école d'Eaton, et ensuite, à la recommandation de l'évêque Cranmer, il fut fait successivement archidiacre d'Ely, premier prébendaire de cette cathédrale, prébendaire de Lincoln, doyen de ChristChurch, et enfin précepteur du jeune prince Edouard , depuis Edouard VI. A l'avènement de ce prince, il fut fait conseiller privé , aumônier du roi , chanoine de Windsor et doyen de Westminster. Persécuté dans sa jeunesse pour cause de religion, il se trouvait alors dans le cas d'user de représailles, et il n'était guère probable qu'il y manquât ; cependant il pa- mît que son zèle ne s'exerça d'abord que sur les livres. Chargé de visiter l'université d'Oxford, il brûla on détruisit, diton, tous les livres contenant quelques gravures, soit figures de mathématiques ou autres, les regardant comme propres à favoriser le catholicisme, ou capables de servir à des conju- rations magiques. 11 détruisit également les livres de théologie, et généralement tous ceux qui avaient été faits par des catholiques; mais en même temps, il fut un de ceux qui s'opposèrent le plus efficacement à ce que le roi s'emparât des biens des universités et des collèges. Du moins avaitil l'excuse de persécuter pour sa propre opinion, pour son propre compte, et non pour celui du gouvernement: ce qui fut bien prouvé lorsque, sous la reine Marie, obligé de s'enfuir après avoir été mis en prison et dépouillé de ses places, il alla subir parmi ses com- pagnons d'exil les maux que causait l'intolérance. Établi à Strasbourg, il apprend qu'un grand nombre d'Anglais, établis à Francfort, avaient abandonné la liturgie anglicane, pour s'en composer une particulière, sur le modèle des réformés de France et de Genève. Il part aussitôt pour ramener au bercail ces brebis égarées, et, n'y pouvant parvenir par la persuasion, dénonce aux magistrats le ministre de la congrégation, Knox, pour avoir dit, dans un livre publié quelques années auparavant, que l'empereur n'était pas moins ennemi du Christ que Néron. Knox ayant été banni, Cox ne trouva plus d'obstacles à ses projets; en sorte que les op- posants se dispersèrent pour chercher ailleurs la liberté de conscience dont il ne voulait pas leur permettre de jouir aux lieux où ils étaient venus la chercher. En même temps, fidèle à son amour pour la science, qu'il favorisait tant qu'elle n'était pas contraire à ses idées fanatiques, il établit à Francfort une sorte d'université anglaise, avec un professeur de grec, un d'hébreu, un de théologie, et un trésorier chargé de recevoir les contributions qui seraient envoyées d'Angleterre pour le soutien de l'établissement. En 1b58, l'avénement beth lui rendit la liberté de rentrer en Angleterre ; il fut nommé en 1559 évêque d'Ely, et depuis, son zèle s'exerça particulièrement à protéger les biens du clergé contre l'avidité de la cour et des courtisans, à défendre, contre l'opinion de la reine, le mariage des ecclésiastiques, et à faire bannir de la chapelle royale le crucifix et les cierges, reste de catholicisme, qui blessaient tellement la conscience du pieux évêque qu'il refusa longtemps d'officier dans cette chapelle. 11 passa le reste de sa vie à disputer aux courtisans les biens de son évêché, tantôt cédant, tantôt résistant, enfin tellement tourmenté et fatigué, qu'il offrit de résigner son évêché pour une pension annuelle de 200 liv. sterl.; mais il ne se trouva aucun ecclésiastique qui voulût ac- cepter cet évêché dans l'état où prétendait le réduire la rapacité des spoliateurs; en sorte qu'il y demeura jusqu'à sa mort, arrivée en 1581. C'était un homme instruit, de bonne fol, et de mœurs pures, mais fanatique entêté, soupçonné d'avarice IN peu disposé à pardonner. 11 est le. premier qui ait donné l'exemple d'établir sa femme avec lui dans un collége. On a de lui plusieurs lettres et pe- ,, tits traités théologiques. Il a contribué à la composition de la première liturgie de l'Eglise anglicane, et il fut un des principaux commissaires chargés de la revoir en 1559. Dans la traduction de la Bible, communément nommée la Bible des éréques, il a donné les quatre Évangiles, les Actes des Apdtres, et l'Épitre aux Romains
  • Richard CRAKANTHORP : théologien anglais, mort en 1624, à Blacknotley, paroisse du comté d'Essex, dont il était recteur, passait pour un excellent prédicateur, un grand controversiste, et. jouissait de beaucoup de crédit parmi les puri- tains. 11 avait été nommé en 1603 l'un des cha'pelains de l'ambassade envoyée par Jacques I" à l'empereur d'Allemagne. Ses ouvrages sont : l'Empereur Justinien défendu contre le cardinal Baronius ; 2° Introductio in metaphysicam, libri 4; 30 Apologie de Constantin, avec un traité de la mo- narchie temporelle du pape; 4° Defensio Ecclesiœ anglicance contra M. Anton. de Dominis, archie- pisc. Spalatensis, injurias, Londres, 1625 ; 5. Vigile endormi, ou Traité du 5' concile géné- rai tenu à Constanti: lople /'an 553; 6° Logiccs libri quinque, etc
  • Richard CRASHAW : poète anglais du siè- de, fut élevé à l'université de Cambridge, où il se distingua par son talent pour la poésie latine et anglaise. Devenu associé d'un des colléges de cette université, il en fut expulsé à l'époque de la rébellion pour avoir rejeté le Covenant. Il aban- donna le protestantisme pour la religion catholique, et vint à Paris, ayant en tête de grands projets de fortune, malgré lesquels il serait peut-être enfin mort à l'hôpital, si, en 1646, le poète Cowley, son ami, informé de sa détresse, ne fùt venu à son secours, et ne l'eût recommandé à la reine HenrietteMarie d'Angleterre, qui résidait alors en France. Cette princesse lui donna des lettres de recommandation. 11 passa en Italie, où il fut secrétaire d'un cardinal romain, et chanoine de NotreDame de Lorette : il y mourut vers l'an 1650. L'époque, les circonstances et le mode de sa conversion ont donné lieu de soupçonner sa bonne foi. Pope dit qu'il fut non pas converti, mais attrapé au catholicisme. Quelquesuns ont attribué sa conversion à son admiration pour Ste. Thérèse. Crasha' étai d'un caractère ardent, désintéressé, d'une dévotion qui tenait du mystique et le devait disposer au catholicisme, qui était l'opposé du parti qu'il fuyait et détestait, Cowley a écrit sur sa mort un poème où respire tout l'enthousiasme de la poésie et de l'amitié, et que Johnson estimait comme un chefd'oeuvre. Pope, qui avait beaucoup lu les ouvrages de Crashaw, le présente comme un xtr- sificateur ingénieux, mais peu naturel, qui s'était formé sur Pétrarque, et plus encore sur Marini. Il a en effet traduit un poème de cet auteur sur le Massacre des Innocents : au milieu de plusieurs beautés réelles, on trouve dans cette traduction des jeux de mots, jusque dans les situations les plus pathétiques. On lui a reproché aussi de parler des choses saintes d'un ton trop familier; mais il était en cela du 'goût de son siècle, et on peut faire à Cowley le même reproche. Quoique Pope l'ait traité assez sévèrement, ce qui prouve qu'il ne le regardait pas comme un auteur méprisable, c'est qu'il lui a fait l'honneur de l'imiter en plusieurs endroits. Les ouvrages de Crashaw ont été reèueillis en un volume, et publiés en 1646 ; ils ont été réimprimés en 1648 et une troisième fois depuis sous la fausse date de 1670, Ce recueil est divisé en trois parties : 1° Steps te the temple ; 2° les Délices des muses ; 3° Poésies sacrées . On cite aussi de lui un recueil devenu trèsrare d'Épigrammes sacrées, en latin, Cambridge, 1634. Une de ces épigrammes, sur le Miracle de Cana, se termine ainsi Lympha pudica Deum vidit et erubuit. La mémoire de ce poêle, qui avait été l'idole de Cowley, est tombée, après sa mort, dans un tel oubli, que son article a été omis dans la première édition de la grande Biographie britannique
  • Richard CROMWEL( 1626 - 1712) : fils du précédent, né à Hutingdon, en 1626, montra dès sa jeunesse de l'éloignement pour les agitations et les périls de la carrière militaire et politique que son père parcou' rait avec tant de succès. ficelé d'un coeur bon et sensible, il se jeta aux pieds d'Olivier Cromwell pour obtenir la vie du roi Charles l". 11 épousa la fille de Richard, major de Hursley, dans le comté de Haut, et se retira à la campagne, y jouissant des plaisirs d'un propriétaire que sa fortune met à l'abri des inquiétudes pour l'avenir, et auquel la pureté de sa conscience et la modération de ses désirs permettent de jouir du présent. Son père, qui voulait lui transmettre après lui sou rang et son autorité, le fit siéger dans le parlement et dans le conseil du commerce, se le donna pour successeur dans la charge de chancelier de l'université d'Oxford, et le mit ensuite à la tête de la nouvelle chambre des pairs qui venait d'être créée. C'est ainsi qu'il lui apprit à se considérer comme l'héritier du pouvoir souverain. Tous les partis Mnprimés, et non anéantis par Olivier Cromwell, ourdissant de secrets complots pour le renverser, conçurent à sa mort l'espérance de voir renverser le gouvernement qu'il avait établi. Le caractère modéré de Richard fortifiait encore ces espérances. On observa que les vertus qu'il possédait étaient dans sa situation autant de vices. Cependant l'attente des partis et l'opinion publique furent d'abord déçues. Le conseil recomuit Richard comme successeur de son père. Fleetwood, son beaufrère, en faveur duquel on croyait qu'Olivier avait fait un testament, résigna en sa faveur ses prétentions. Henri, autre fils d'OliNier, qui commandait en Irlande et y était chéri, l'assura de 1.,)-- béissance de ee royaume, ainsi que de la sie)lne. Monk, en apparence fort attaché à la famille de Cromwell, dont l'autorité était bien affermie en Écosse, proclama Richard protecteur; il fut reconnu comme tel par les armées de terre et de mer; plus de quatrevingtdix adresses des comtés et des principales corporations de l'État l'assurèrent de leur obéissance dans les termes les plus formels. Enfin, les ambassadeurs des diverses puissances de l'Europe lui firent les compliments d'usage, de sorte que Richard, qui n'aurait jamais fait aucun effort pour obtenir le rang suprême, accepta sans répugnance ce riche héritage qu'on semblait lui conférer d'un consentement universel. Mais. bientôt cet horizon si pur fut troublé par des nuages. Le parti républicain s'agita le premier. De fortes oppositions se manifestèrent dans le parlement. Les officiers les plus considérables de l'armée, qui tenaient à ce parti, se rassemblèrent fréquemment dans la maison de Fleetwood, qui, quoique beaufrère du protecteur, n'avait pas dépouillé ce fanatisme qui l'attachait aux idées républicaines. On forma ouvertement des ligues pour faire triompher ce qu'on appelait la bonne vieille cause. Le parlement, alarmé de ces cabales, vota pour qu'il ne fùt pas permis aux. officiers de s'assembler sans le consentement et sans les ordres du protecteur. Ce vote produisit une crise qui amena le dénouement. Les officiers se transportèetnt chez Richard et demandèrent la dissolution du parlement. Un d'eux, nommé Desboron, le menaça même brutalement, s'il ne consentait point à leur demande. Richard manquait d'énergie pour refuser, et d'habileté pour résister : le parlement fut dissous. Par cet acte de faiblesse, Richard fut universellement considéré comme détrôné, et en effet, peu de jours après, le 22 avril 1659, il signa sa démission en forme. Son frère Henri eut, ditun, un instant le projet de se faire proclamer roi; mais ayant été menacé par sir Hardress Waller, le colonel John Jones et d'autres officiers, il remit ' son commandement et se retira tranquillement en Angleterre. Ainsi la fortune, par une faveur singulière, en précipitant soudainement de l'immense hauteur où elle l'avait portée, la famille de Cromwell, la replaça sans secousse dans les rangs des particuliers. Richard ne prit aucune part aux troubles qui suivirent. Ses biens se trouvaient obérés par les dettes contractées pour les *funérailles de son père. Après le rétablissement du roi Charles II, il se retira sur le continent, et y vécut tellement oublié, que son nom ne fut pas même une seule fois mentionné dans le parlement. Lord Clarendon assure qu'il avait quitté l'Angleterre, plutôt par crainte de ses créanciers que par crainte du roi. 11 résida pendant plusieurs années à Paris, incognito et dans une grande obscurité. La crainte d'une guerre entre l'Angleterre et la France l'engagea à se rendre à Genève ; ce fut dans ce voyage qu'étant allé, sous un nom supposé, présenter ses hommages au prince de Conti, gouverneur de la province, alors à Pézénas, celuici l'entretint des dernières affaires d'Angleterre, et après avoir loué le courage et la capacité d'Olivier Cromwell, il dit : « Quant à son fils Richard, c'est un poltron et un « sot. Qu'estil devenu? — 11 a, répondit tranquil- « lement Richard, été trahi par tous ceux dans « qui il avait le plus de confiance et dont son père « avait été le bienfaiteur.» Deux jours, après, le prince de Conti sut que la personne à laquelle il avait parlé était le fils même de Cromwell. Richard retourna en Angleterre vers 1680, et fixa sa résidence à Cheshunt, dans le comté d'Herford, où il passa tranquillement sa vie sous le nom de Clark, connu seulement d'un petit nombre d'amis. Un procès qu'il eut avec ses filles, au sujet de la succession de son fils unique, le força cependant de se rendre à Londres, et de comparaître devant des juges ; ceuxci, se rappelant son ancienne grandeur, le traitèrent avec beaucoup d'égards , et rendirent une ordonnance pour lui permettre de comparaître assis et couvert. Il eut alors la curiosité d'assister à une séance de la chambre des pairs, et quelqu'un qui ne le connaissait pas, lui demandant s'il avait jamais rien vu ou entendu de semblable : « Jamais, réponditil en montrant le trône, « depuis que j'ai cessé de m'asseoir dans ce tau- « teuil. s Peu de temps après, il se réconcilia avec ses filles, et il leur dit : « Que l'amour soit dans « VOS cœurs; quant à moi, je vais bientôt me ré- « fugier dans le sein de celui qui est tout amour.» Richard Cromwell, doué d'une constitution forte, a toujours joui d'une santé inaltérable, fruit de sa tempérance et de •sa modération. 11 mourut en 1712, à l'âge de 86 ans. Ses vertus sociales, dit Ilume, préférables aux plus grands talents, obtinrent une récompense plus précieuse que la célébrité : le contentement et la tranquillité. — CROMWEL , fils puîné d'Olivier, fut envoyé par le protecteur, en 1654, pour gouverner l'Irlande ; il montra tant d'intelligence et de douceur, que jamais cette île n'avait joui de plus de tranquillité, et n'avait eu un commerce si florissant. La chute de son frère amena la sienne, et depuis cette époque l'histoire ne dit plus rien de lui
  • Richard CROOK( 1400 - 1558) : ne à Londres sur la fin du 15e siècle, étudia successivement à Cambridge et à Oxford, voyagea en diverses contrées, formant partout des liaisons avec les savants, et s'arrêta à Leipzig, où il fut le premier qui donna des leçons de grec. Fisher, évêque de Rochester, l'ayant engagé à revenir en Angleterre, on fonda pour lui en 1522 une chaire de grec dans l'université de Cambridge. Henri VIII le chargea de l'éducation du comte de Richemond, son fils. Dans l'affaire du divorce, il prit parti pour le roi, qui l'envoya à Padoue afin d'obtenir le suffrage de l'université, et il remplit cette mission à la satisfaction de son maitre. Collier a publié dans son Histoire ecclésiastique les comptes originaux des différentes sommes par lesquelles il acheta le consentement des docteurs. Quatorze sont portés sur ces états, l'un pour 23, l'autre pour 20, deux autres pour 70 couronnes. 11 fit les mêmes largesses à Bologne et eut le même succès. De retour en Angleterre , l'université d'Oxford lin fit les offres les plus avantageuses pour le fixer dans son sein. 11 y devint chanoine du chapitre cardinal ; mais, ayant ensuite perdu son crédit à la cour, il manqua le doyenné auquel le portaient les voeux de ses confrères. Sous Edouard VI, il ne se montra pas disposé à suivre la nouvelle réforme dans tous ses excès, et écrivit même contre ceux qui s'y laissèrent entraîner. A l'avénement de la reine Marie, il s'éloigna de tout ce qui aurait pu lui procurer de l'avancement, vécut du modique revenu de quelques petits bénéfices, et mourut à Londres en 1558. La langue grecque avait été le principal sujet de ses études : aussi futelle l'objet de tous les ouvrages qui nous restent de lui, Ce sont : Oratio de grœcarum disciplinarum laudibus, Londres, 1519 2. Orat io qua Cantabrigenses est exhortatus ne grœcarum litterarum desertores essent, ibid.; 3° Introductio ad linguain grcecam: Elementa grammaticoe grcecce; 5° De verborum constructione; 6° Une traduction de Théodore de Gaze et d'Elisée Caleutio. 11 avait encore composé quelques écrits contre les changements faits dans la religion sous Edouard VI.
  • Richard CUMBERLAND( 1632 - 1718) : théologien, né à Londres en 1632, fut élevé à l'université de Cambridge, et nommé en 1658 recteur de Brampton. Il passa tranquillement à travers les deux révolutions qui, en l'espace de soixante ans, changèrent deux fois la face de l'Angleterre, remplissant ses devoirs de pasteur, prêchant quelquefois, et avec un grand succès, à l'université de Cambridge, et s'occupant d'buNTages de science et de philosophie religieuse, dont le premier, publié en 1672 sous ce titre : De legibus naturce d isquisitio phiiosophica, était principalement dirigé contre Hobbes. On l'a traduit en français En 1686 parut, iti-8°, son Essai sur les poids et mesures des juifs, qui fut regardé comme trèssavant et trèsutile : Leclerc en a donné une analyse très-étendue. Cumberland était si attaché à la religion protestante, qu'on prétend que les craintes conçues pour cette religion dans les dernières années du règne du roi Jacques lui causèrent une maladie trèsdangereuse ; ce qu'on aura de la peine à concilier avec ce que ses biographes nous rapportent de son caractère doux, simple, tranquille, et de son esprit, plus remarquable par la sagacité, la sagesse et la solidité, que par la vivacité de l'imagination. Trois ans après la révolution qui mit le prince d'Orange sur le trône d'Angleterre, se rendant, selon sa coutume, au café, un jour de poste, pour y lire les journaux, il fut fort étonné de voir dans ces journaux que le docteur Cumberland venait d'être nommé évêque de Péterborough . Cette promotion n'avait été sollicitée par personne; le roi ayant demandé qu'on lui fit connaître les plus dignes ecclésiastiques pour les élever à la unité d'évêques, on lui avait indiqué Cumberland. 11 conserva sur le siégé épiscopal les goûts, les habitudes et les vertus qui l'y avaient fait appeler. La simplicité de ses moeurs et de ses manières ne peut être comparée qu'à la bonté de son caractère. Son affection pour son clergé était celle d'un père; sa conversation, également douce et instructive, plaisait à tout le monde. 11 aimait à communiquer aux ignorants ce qu'il sauta, comme à faire part aux pauvres de ce qu'il possédait. 11 ne croyait jamais descendre, et l'on n'eût pu lui reprocher qu'un excès de cette simplicité modeste que le monde désapprouve quelquefois, parce que ce n'est pas le monde qui en profite. Enfin, les Anglais le regardent comme un de leurs plus dignes prélats. 11 mourut en 1718 d'une attaque de paralysie, ayant jusquelà conservé toute la vigueur de son esprit, tellement que, trois ans avant sa mort, lorsque l'évêque Wilkins publia son nouveau Testament copte, il avait appris le copte de manière à lire une grande partie de l'ouvrage. Cette activité calme, qsii l'avait animé toute sa N ie se soutint également ; et, un mois axant sa mort, comme (ni voulait l'engager à se dispenser de quelquesunes de ses fonctions épiscopales. « Je ferai, ditil, mon « devoir jusqu'au bout. » Les études auxquelles il de'ait sa réputation continuèrent à partager sa xie; et lorsqu'on paraissait craindre qlw l'excès du travail n'esât ses forces. « 11 vaut mieux, s'user que se rouiller. » On a de lui une traduction du Fragment de Sanehoniaium, Londres, 1720 avec des notes historiques et (limnologiques qui ont occupé une grande partie de sa vie. Elle n'a été publiée qu'après sa mort, par son gendre, le docteur Payne, ainsi que dierents traités sur l'Origine des plus anciens peuples, Londres, 1721 en anglais, qu'on rellarde eomme d'excellents matériaux la Cloche de mort
  • Richard EGGS( 1621) : jésuite, né à Rhinfeld en 1621, était fils de Rodolphe Eggs, grand veneur de cette seigneurie. Il annonça dès sa première jeunesse d'heureuses dispositions pour la poésie : à l'âge de quatorze ans il composa, sur le martyre de saint Ignace, évêque d'Antioche, une pièce de vers latins qui lui mérita des éloges et l'amitié des PP. Balde et Diderman, ses professeurs. Après avoir terminé ses études, il entra dans la société, et enseigna les belleslettres à Munich et à Ingolstadt, avec un grand concours d'auditeurs. Il composait de petits drames qu'il faisait représenter par ses élèves, à l'époque des concours annuels, et dans lesquels, suivant l'usage, il jouait luimême le principal rôle , mais avec un talent surprenant dans un homme de sa profession. La tragédie de Léonide, père d'Origène, est citée, par les biographes allemands, comme un chefd'oeuvre; mais on doit être en garde contre ce sentiment de bienveillance, naturel à des compatriotes , qui parait leur avoir dicté ce jugement. Le P. Eggs ne donnait à la littérature qu'une partie de ses loisirs ; il en consacrait le reste à la prédication. L'excès du travail lui causa une phthisie dont il mourutàMunich en 4659, âgé seulement de trentehuit ans. On remarque parmi ses manuscrits : Poeinata sacra ; Epistolce morales ; Comica varii generis. Sa vie a été écrite en latin par le P. Léonce Eggs, son parent, dont on va parler. — EGGS , jésuite, né à Rhinfeld, le 19 août 1666, cultiva la poésie latine avec succès. Il accompagna, au siége de Belgrade, en qualité d'aumônier, les fils de l'électeur de Bavière, et mourut au camp devant cette ville, le 46 août 4717. On a de lui : Compositiones morales et asceticce. C'est un choix de morceaux tirés d'ouvrages français et latins. Les éditions en ont été trèsmultipliées en Allemagne. 2° Opera moralia. 3° ° Estran' ephemericum poeticum, Munich, 1742, et réimprimé plusieurs fois depuis. Cet ouvrage est formé d'autant d'élégies qu'il y a de jours dans l'année, dont le sujet est pris dans les psaumes. Il le publia sous le nom de Genesius Gold, qui est l'anagramme du sien. Le Père Eggs a laissé manuscrits : Elogia, Epigrammatica, Inscriptiones, Exercitationes scholasticce et thealrales. — EGGS , né à Rhinfeld, vers 1670, chanoine doyen de l'église StMartin de cette ville, mort vers 1750, est auteur des ouvrages suivants : 1. Purpura docta, seu vitae cardinalium scriptis illustium, Munich, 174429, 4 vol. Cette édition est la meilleure d'un ouvrage estimable pour les recherches et l'exactitude, mais qui n'est point cependant exempt d'erreurs ni de partialité, défaut dont au surplus un ecclésiastique ne pouvait guère se défendre en traitant un pareil sujet; 2° Tractatus de quatuor novissimis. 3° Tractatus de morte sancta obcunda. Elogia prœclarorum virorum. 5° Rythmi de passione Christi. 6° Les Vies, en latin, des PP. Ignace et Léonce Eggs. La plupart de ces ouvrages, imprimés en allemand, sont trèspeu connus en France. W—S
  • Richard FARMER( 1735) : célèbre critique anglais , né en 1735, était fils d'un bonnetier de Leicester; il commença son éducation dans récole publique de son pays natal, et vint l'achever au collége Emmanuel, de l'université de Cambridge. 11 se faisait remarquer par la douceur de son caractère , son application à l'étude et la vivacité de son esprit ; il montra même dans sa jeunesse quelque talent pour la poésie. Il obtint en 1760 l'emploi d'instituteur particulier dans son collége, emploi auquel il était plus propre par son savoir que par son exactitude. Il desservait en même temps la cure de Swavesey, à huit milles de Cambridge. La société des antiquaires de Londres le reçut au nombre de ses membres en 1763. En 1766 il fit paraître le prospectus de l'Histoire et les Antiquités de la ville de Leicester, recueillies originairement par Thomas Staveley. Cet ouvrage devait être publié par souscription , sur le manuscrit de l'auteur, avec des additions , etc., par Richard Fariner ; mais d'autres occupations, et plus encore son amour pour le repos, favorisé par l'aisance dont il jouissait , l'empêchèrent de mettre la dernière main à cet ouvrage , qu'il avait déjà commencé de livrer à l'impression : ce ne fut qu'en 1789 qu'il y renonça entièrement, et il remboursa aux souscripteurs l'argent qu'ils avaient déposé. Les matériaux ont été depuis remis à M. Jean Nichols , qui a dû en faire usage pour la composition de son histoire du comté de Leicester. Fariner donna en 1766, en un volume de 82 pages seulement , son Essai sur l'érudition de Shakspeare , l'un des meilleurs morceaux de critique que possède la littérature anglaise, et qui a décidé une longue et vive discussion qui s'était élevée sur la mesure des connaissances que le barde de l'Avon avait acquises par la lecture. Farmer pense que Shakspeare avait fort peu de ce qu'on appelle proprement érudition ; qu'il ne connaissait l'histoire et la mythologie des anciens que par des traductions anglaises de leurs ouvrages, et il retrouve même dans ses pièces des expressions et des bévues de ces traductions. Il prouve que Shakspeare rie savait pas mieux le français et l'italien , et qu'enfin son talent était presque uniquement l'ouvrage de la nature. Cet essai est , et l'a été depuis en 1789, en 1793, dans l'édition de Shakspeare , donnée par Stevens, en 15 volumes, et en 1805, dans celle de Reed, en 21 volumes, toutes deux Il lui procura , ainsi que son attachement aux principes du ministère, des protecteurs puissants et zélés. En 1769, le docteur Terrick, évêque de Londres , choisit Fariner pour un des prédicateurs de la chapelle royale à Whitehall ; il fut nommé en 1775 principal du collége Emmanuel , l'année suivante vicechancelier, et en 1778 principal bibliothécaire de l'université, dont il contribua beaucoup à améliorer l'état, ainsi que celui de la ville (le Cambridge. Il obtint (le l'université, en 1780, la place de chancelier de Lichtfield et Coventry; en 1782 , une prébende dans l'église de Cantorbéry, que lui fit obtenir lord North , et qu'il échangea ensuite pour un canonicat de l'église de StPaul. Il mourut à son collége le 8 septembre 1797. Fariner était d'un naturel extrêmement indolent, qui a nui beaucoup à ses intérêts et à ceux (le la littérature, qu'il encourageait dans les autres, mais qu'il aurait pu enrichir luimême. Son extérieur était fort négligé, et ses manières peu polies; il fut cependant étroitement lié avec le célèbre pote Gray, connu par la recherche de ses manières, et qui portait le soin de sa toilette jusqu'à la fatuité. Sa plus douce récréation était sa pipe ; l'avantage de pouvoir se livrer plus en liberté à son goût pour le spectacle et pour la taverne le décida à refuser l'épiscopat , qui , diton , lui avait été offert deux fois par Pitt, dont il était un des plus ardents admirateurs. 11 avait une sorte de passion pour les livres rares, surtout pour les livres gothiques , ce qui lui a valu une place dans la•Bibliomanie (le Dibdin. On (lisait de lui qu'il aimait également le porter cieux , les vieux habits et les vieux livres. Mais des ridicules personnels, quelques singularités de caractère , suite , à ce qu'il parait, d'un dérangement d'esprit que lui avait causé autrefois un amour contrarié, ne peuvent lui ravir l'estime que méritaient son zèle actif pour le bien , sa libéralité, le charme de sa société , attesté par des hommes du plus grand mérite , particulièrement par le docteur Parr, qui professait cependant des principes politiques absolument opposés aux siens. On doit regretter qu'il ait écrit ou publié si peu; car on n'a guère (le lui, après son Essai sur Shakspeare, que quelques poésies et autres écrits (le peu d'étendue, dont nous ne citerons que des Directions pour étudier l'histoire d'Angleterre , imprimées dans . l'European Magazine de 1791, et dans un Recueil publié par M. Sward, sous le titre de Biographiana. On lui a attribué, sans cloute par erreur, des Remarques faites à la hdte sur l'édition de Shakspeare publiée par Edmond Malone , 17g2, X—s.
  • Richard ESTCOURT( 1688) : acteur et auteur anglais, né vers 1688 , à Tewksbury , dans le comté de Gloucester. Son goùt pour le théâtre le porta à s'échapper de la maison paternelle, à l'âge de quinze ans, pour se joindre à une troupe de comédiens ambulants. Il débuta à Worcester, dans un rôle de femme , de peur d'être reconnu. Il le fut cependant , et fut ramené chez ses parents. Son père le conduisit alors luimême à Londres, où il le plaça chez un apothicaire ; mais Chassez k naturel, il revient au galop. Estcourt , entraîné par son inclination , passa en Irlande, obtint quelques succès sur divers théâtres , revint à Londres, et fut reçu à Drurylane, où il se fit de la réputation, surtout dans ce qu'on appelle la charge , le genre bouffon . Son talent était un peu défiguré par la prétention qu'il avait d'ajouter son esprit à celui de ses rôles , prétention devenue malheureusement trèscommune. Estcourt était dans le monde , au rapport de Steele, un homme aimable et divertissant, recherché dans les sociétés les plus brillantes, où on le dédommageait par de riches présents du temps qu'il passait à amuser les autres par ses bouffonneries. Le duc de Marlborough l'aimait beaucoup. A l'époque où fut établi le fameux club du Beef steak, composé des hommes les plus distingués dans tous les genres , Estcourt en fut nommé le pourvoyeur, et il portait au cou un petit gril en or , comme marque distinctive de ses fonctions gastronomiques. Il mourut en 1713. On a de lui une comédie intitulée : Le Bon Exem- ple , 1706 et Prunella, intermède satirique sur les opéras italiens du temps de l'auteur, où l'on entendait, dans une même pièce , de l'anglais et de l'italien , suivant que l'acteur était italien ou anglais. On peut voir sur cet usage ridicule un des premiers numéros du Specta- teur
  • Richard FIELD( 1561 - 1616) : théologien anglican , né en 1561 , à Hempstead , au comté de Hertford, se distingua par son savoir , son éloquence dans la chaire , son habileté dans la controverse scolastique, et ce qui vaut encore mieux par sa modération et son amour de la vérité. Successivement chapelain d'Élisabeth et de Jacques Ier , il fut nommé en 1604 chanoine de Windsor ; en 1609 , doyen de Gloucester , et il allait être élevé à l'é- vêché d'Oxford lorsqu'i/p/ut à Dieu, dit Wood , de l'élever â une meilleure place. Il mourut le 21 novembre 1616 , âgé de 55 ans. Les plus savants théologiens de son temps le venaient consulter comme un oracle sur les questions embarrassantes. Le roi Jacques disait de lui que c'était un champ digne d'être habité par Dieu , jouant ainsi sur le nom de lie/ d, qui en anglais signifie champ. On a de lui un ouvrage estimé, intitulé les Quatre Livres de l'Eglise imprimé pour la deuxième fois en 1610 , augmenté d'un cinquième livre et d'un appendix et réimprimé à Oxford en 1628
  • Richard FIDDES( 1671 - 1725) : théologien anglican , né en 1671 à Ilimmanby près de Scarborough, au comté d'York , fut d'abord recteur d'Halsham dans ce comté , et se fit une grande réputation par son talent comme prédicateur; mais il eut le malheur de perdre subitement en grande partie l'usage de la voix , qu'il ne recouvra jamais entièrement. 11 ne pouvait plus prononcer distinctement que lorsqu'il avait bu deux ou trois verres de vin de plus que de coutume. Ayant obtenu la permission de ne pas résider dans sa cure, où il ne pouvait plus exercer les *fonctions de son ministère, il vint à Londres en 1712. Chargé d'une famille nombreuse, il composa pour la soutenir différents ouvrages de morale et de théologie , qui se ressentent d'une précipitation de travail en quelque sorte commandée par le besoin. 11 se lia avec Swift et les , plus distingués d'entre les tories, qui remplis- saient alors le ministère , et fut successivement chapelain du comte d'Oxford et de la garnison de Bull. Lors de la chute de ce ministère et de la mort de la reine Anne, il perdit ses places, et ses principes politiques l'empêchèrent d'en obtenir d'autres. Malgré les bienfaits et les encouragements des hommes riches de son parti et le succès de plusieurs de ses ouvrages , son défaut d'économie le réduisit à l'indigence. Épuisé par le chagrin et le travail , il mourut à Putney en 1725 , âgé de 54 ans. On distingue parmi ses ouvrages : 10 Theologia speculativa , ou Première partie d'un corps de théologie , où sont exposés les principes de la religipn naturelle et révélée ,1718 La seconde Ortie, publiée en 1720 , a pour titre : Theologia pradica , où l'on explique les devoirs de la religion naturelle et révélée. L'ouvrage fut favorablement accueilli du public ; il est assez bien écrit, mais ne se fait remarquer ni par la profondeur ni par l'érudition ; 92 Cinquantedeux Discours pratiques sur différents sujets , 1720 ; 3 Vie du cardinal Wolsey , I7 Cette production fit beaucoup de bruit lorsqu'elle parut; l'auteur fut présenté comme ennemi de la réformation , accusé de papisme , etc. , parce qu'il montre les calomnies de FraPaolo contre la mé- moire des papes , dont il cite mème un exemple trèsfrappant. 4. Traité de morale universelle, com- posé sur les seuls principes de la raison naturelle, avec une préface en réponse à deux essais récemment publiés dans la Fable des abeilles, et des remarques sur la Recherche concernant la vertu , par le comte de Shaftesbury, 172 Le docteur Fiddes n'est guère regardé que comme un écrivain ingénieux ; son style est assez élégant , mais trop souvent prolixe et diffus
  • Richard FLECKNOE : poète anglais qui vivait sous le règne de Charles II. Après la révolution, la place de poète lauréat ayant été ôtée à Dryden, converti depuis peu de temps à la religion catholique , et donnée à Flecknoe, qui assurément ne la méritait guère, Dryden, déjà prévenu contre lui, composa à cette occasion la fameuse satire intitulée Mac Flecknoe, l'un de ses ouvrages les plus piquants et qui a servi en quelque sorte de modèle à la Dunciade. Sans cet ouvrage de Dryden, Flecknoe serait sans doute entièrement oublié aujourd'hui. De plusieurs comédies qu'il a composées, une seule, la Domination de l'Amour, imprimée en 1654 et réimprimée en 1664 sous le titre du Règne de l' Amour , fut représentée, mais n'eut aucun succès. Il ne se tint pas pour condamné par cet arrêt du public, que dans son indignation il appelait peuple et juge sans jugement. Il continua d'écrire pour le théâtre ; mais sa comédie des Damoiselles la mode, imprimée en 1667, fut refusée par les comédiens. 11 en fut de même de ses deux autres pièces, Et- mina, ou la Femme chaste, et le Mariage d'Océanus et Britannia. On a aussi de lui des épigrammes et des énigmes, et un recueil écrit de sa main , intitulé le Diarium, MI Journal divisé en douze journées, en vers burlesques. On a dit qu'il avait été jésuite ; mais ce n'était sans doute qu'une insinuation de ses ennemis, assez commune dans un temps où le mot de jésuite était en Angleterre une espèce d'injure
  • Richard FLEMMING ou FLEMMYNGE : évèque anglais, naquit à Croston, dans le comté d'Oxford; il étudia à l'université d'Oxford. Entralné d'abord par les opinions de Wiclef, il forma un parti en faveur de cet hérésiarque ; mais.bientôt les partisans de l'Église romaine, alors toutpuissants, lui firent si bien entendre raison , devint aussi violent contre Wiclef qu'il l'avait été en sa faveur. En 1120, le roi Henri V le nomma à l'évêché de Lincoln , auquel il avait été désigné par le pape Martin V; mais lorsqu'en 1421 ce même pape voulut de sa propre autorité le transférer à l'archevêché d'York, Henri, fier de ses dernières victoires en France, ne voulut pas consentir à cette usurpation de son autorité. Le chapitre s'opposa de force à l'installation du nouvel archevêque , qui fut obligé de revenir modestement à son évêché de Lincoln. Il s'était probablement attiré la faveur du pape par le zèle qu'il avait montré dans le concile de Constance contre les opinions de Wiclef, dont à son retour en Angleterre il fit brûler les os, selon le décret du concile. Ce zèle se manifesta d'une manière plus utile dans la fondation du collége , son neveu, fut aussi dans les ordres, et fort avant dans les bonnes grâces d'un autre pape , Sixte IV, en l'honneur duquel , étant à Tivoli , il lit un peme en deux chants, intitulé : Lucubrationes Tiburtinœ, (lui lui valut la charge de protonotaire apostolique. On a aussi de lui un Dictionarium grœcolatinum , un recueil de poésies latines , etc. Il mourut en Angleterre en 1483
  • Richard FLETCHER( 1500) : naquit dans le comté de Kent , vers le milieu du 16e siècle , et fut élevé à Cambridge. Il fut nominé en 1583 doyen de Péterborough. Le 8 février 1i86, il accompagna a l'échafaud l'infortunée Marie Stuart, à laquelle on avait refusé un confesseur catholique. Chargé de l'odieuse commission de tourmenter une reine prèt?. à mourir pour l'engager à quitter la religion qu'elle avait professée toute sa vie, et qui faisait sa consolation dans ses derniers moments , il en augmenta le ridicule par la platitude (lu discours qu'il lui tint à cette occasion et que Marie interrompit deux ou trois fois en le priant de se tenir et de la laisser en repos : il fit ressortir tout l'odieux de son rôle en la forçant d'entendre des prières auxquelles elle déclarait qu'il ne lui était pas permis de prendre part. « Je suis née, dit Marie « Stuart, dans cette religion , j'ai vécu dans cette « religion, et je suis résolue à mourir dans cette re« ligion. » Enfin , lorsque l'exécuteur;, après avoir séparé la tète du corps , l'éleva en l'air , le doyen s'écria : « Ainsi périssent tous les ennemis de la reine g( Élisabeth! » Cette,voix d'un prêtre s'éleva seule au milieu des sanglots des assistants qui fondaient en pleurs ; elle devait être remarquée : cependant elle ne lui valut pas pour le moment une grande faveur, s'il est vrai que, nommé deux ans après à l'évêché de Bristol , il ne le fut qu'à la charge d'en affermer tous les revenus aux courtisans ; et les conditions auxquelles il les afferma ruinèrent tellement cet évêché , que , lorsqu'il en changea , on fut dix ans sans pouvoir lui nommer un successeur. L'historien qui rapporte ce fait , sir John Harrington , nous dit qu'Élisabeth aimait beaucoup l'évêque Fletcher et le lui prouvait mèrne par ses réprimandes. L'ayant censuré un jour de ce qu'il coupait sa barbe trop courte , « la bonne dame , ajoute « sir John, lui aurait pu reprocher, si elle l'avait « su , de rogner si court son évêché : » ce qui ferait penser que ces marchés, très- communs alors , se passaient à l'insu d'Élisabeth ; mais il y a plutôt lieu de croire que, comme pour la barbe, elle défendait seulement qu'on rogndt trop court. Après avoir épuisé l'évêché de Bristol , Fletcher , transféré en 159'2 à celui de Worcester et nommé aumônier (le la reine , perdit les bonnes grâces de cette princesse pour s'être marié en secondes noces, à l'âge de près de cinquante ans, peu de jours après avoir été promu à l'évêché de Londres; il l'avait vivement sollicité , à ce que l'on croit, pour faire plaisir à la personne qu'il (levait épouser, lady Baker, qui désirait vivre près de la cour. Élisabeth , qui avait hérité de son père une grande aversion pour le mariage des prêtres, fit suspendre l'évêque de ses fonctions. 11 y fut rétabli un an après; mais la reine fut encore un an sans vouloir l'admettre en sa présence. Cette disgrâce l'affligea si vivement qu'il en mourut, à ce qu'il parait , (le chagrin , en 1596. Camden prétend que ce fut pour avoir pris trop de tabac : le tabac , dont l'usage commençait à s'introduire alors , était regardé par bien des gens comme un poison. Richard Fletcher fut père de l'auteur comique Jean Fletcher
  • Richard FOX( 1466) : évêque anglais , naquit vers 1466 à Bopesley, dans le Lincolnshire. Il suivait ses études avec succès à Oxford , quand la peste qui vint ra'vager cette ville l'obligea de la quitter pour aller les continuer à Cambridge. 11 étudia ensuite la théologie et le droit canon et prit le bonnet de docteur à l'université de Paris, ce qui fut l'origine de sa fortune. Il eut l'occasion .de connaître dans la capitale de la France Morion, évêque d'Ely , que Richard III avait forcé de s'expatrier, et ce prélat le recommanda au comte de Richmond, qui fut depuis roi sous le nom de Henri VII, et qui s'occupait alors des moyens d'effectuer un débarquement en Angleterre. Fox se dévoua entièrement à la cause de Henri , qui conçut une opinion si avantageuse de ses talents et de sa fidélité, qu'il lui laissa le soin de suivre avec la France une négociation relative à des secours d'hommes et d'argent. Fox réussit au gré des désirs de Henri , et ce prince , parvenu au trône en 1485, le fit entrer dans le conseil privé et lui conféra de riches bénéfices; deux ans après il l'éleva au siége épiscopal d'Exeter, le nomma garde chi sceau privé, enfin il le fit principal secrétaire d'État. Le. roi employa fréquemment Fox pour les affaires les plus importantes, soit au declans du royaume, soit au dehors, l'envoya en ambassade en Écosse, en France et dans les PaysBas; enfin il le transféra au siége de Bath et Wells, puis à celui de Durham. Ce fut alors que ce prélat eut une nouvelle occasion de faire preuve de loyauté. Le roi d'Écosse menaçait le chàteau de Norham ; Fox le lit fortifier, le garnit de troupes et le défendit en personne jusqu'à i ce i que Thomas Howard, comte de Surrey, vint le dégager et força les Écossais à se retirer. L'évoque signa la trêve de sept ans conclue entre les deux royaumes en 1497, et bientôt après négocia le mariage de Jacques IV avec Marguerite, fille aînée de Henri VII. En 1500 l'université de Cambridge l'élut chancelier, et le roi le nomma évoque de Winchester. Il accompagna Henri VILE dans son expédition en France en 1513, assista à la prise de Thérouane et , de concert avec Thomas Grey, marquis de Dorset, il conclut avec l'empereur Maximilien un traité contre la France; il frit ensuite témoin dans les traités de paix et d'amitié faits avec cette puissance. Le dernier auquel il prit part fut signé en 1514. Fox cessa dès lors d'étre employé dans les affaires publiques. Durant le règne de Ilenri VII, il avait joui de la faveur et de la confiance illimitées de i ce i prince et pris une part trèsactive aux affaires. Henri VII le nomma un de ses exécuteurs testamentaires et le recommanda fortement à son fils, dont, suivant quelques auteurs, il avait été parrain, et que, suivant d'autres, il avait baptisé. Malgré tous ces titres aux bonnes grâces de Henri VIII , ce prélat n'eut point de crédit auprès du nouveau roi , qui pourtant lui conserva sa place au conseil privé. Le comte de Surrey, qui avait été rival de Fox sous Henri VII, sut mieux que lui se prêter aux passions impétueuses de son souverain , et il fut longtemps son favori. Enfin Thomas Wolsey, que Fox avait placé auprès de Henri pour balancer l'ascendant de Surrey, ne tarda pas à les éclipser tous deux. Fox cependant restait encore à la cour, mais les nombreuses mortifications qu'il y essuya l'engagèrent en 1515 à quitter un séjour où il avait joui de tant de faveur, et qui était devenu pour lui si affligeant. Retiré dans son évèché de Winchester, il s'y dévoua uniquement à l'exercice des fonctions épiscopales et àla pratique des oeuvres de charité et de munificence; mais il n'avait pas eu besoin de son éloignement de la cour pour faire un si noble emploi de son temps. Dès 1513 il acheta à Oxford plusieurs terrains sur lesquels' il n'eut d'abord le projet que de faire élever un collége destiné à l'entretien d'un certain nombre de moines et d'écoliers séculiers, envoyés là comme à un séminaire par un prieuré de son diocèse. Déjà les bâtiments étaient trèsavancés, quand Hugues Oldh a m, évêque d'Exeter, lui suggéra l'idée de donner à son plan une utilité plus réelle et plus durable. On prétend que ce prélat dit à Fox : a Eh quoi ! bàtir des édifices et fonder de gras a bénéfices pour une compagnie de moines dont nous vivrons peut-être assez pour voir la chute? a Non, non; il est bien plus convenable de pourvoir a à l'accroissement des études et au bien-être de ceux qui par leur instruction se rendront utiles à l'Église et à l'État. » Ces raisons engagèrent Fox à suivre l'exemple des personnes qui par leurs fondations avaient si amplement contribué à i étendre i la réputation de l'université d'Oxford. Il obtint en 1516 des lettres patentes de Henri VIII, et fonda le collége connu sous le nom de i Corpus i ' i Christi i, dont la réputation l'emporta bientôt sur celle des autres, parce qu'il s'y trouvait une chaire pour le grec et une pour le latin. Cette disposition obtint les éloges et l'admiration d'Lrasme .et de plusieurs savants qui faisaient tous leurs efforts pour introduire dans les écoles la connaissance des auteurs classiques comme une branche essentielle des études académiques. Fox invita des hommes d'un mérite reconnu à venir s'établir dans ce nouveau collége. Le cours de langue latine ne fut pas restreint aux étudiants du collége ; il fut ouvert à tous ceux qui se trouvaient à Oxford. Cette manière grande et généreuse de départir l'instruction était nouvelle ; k professeur reçut l'injonction expresse d'expulser la barbarie hors du nouveau collége : i Barbariem e nostro alveario pro virili, si quand i° i pullulet, extirper et ejiciat i. Le professeur de grec eut ordre d'expliquer les meilleurs auteurs classiques en cette langue , et ceux que Fox désigna annoncent qu'il jugeait Caillement. Mais tel était l'esprit du siècle, que ce prélat , pour faire passer les leçons de grec- que des hommes ombrageux regardaient comme une innovation dangereuse, fut obligé d'alléguer l'autorité des saints canons , qui avaient ordonné que l'on enseignât la langue grecque dans les écoles publiques. Malgré cette déclaration , les préventions contre le grec étaient si invétérées, que l'université fut troublée sérieusement par les champions de l'enseignement scolastique. Les conseils et l'exemple d'Erasme, qui résidait alors au collége de SteMarie à Oxford , parvinrent à rétablir la paix ; et graduellement l'université fixa son attention sur l'étude des langues qui mettaient en état de lire les saintes Écritures dans l'original. Fox laissa dans les divers diocèses qu'il gouverna , et notamment à Winchester, des preuves de sa munificence. Il parut pour la dernière fois au parlement en 1525. Depuis cinq ans il était privé de la vue. Wolsey s'efforçait un jour de lui persuader de résigner son évêché en sa faveur moyennant une forte pension : Quoiqu'à raison de ma cécité , repartit a Fox , je sois incapable de distinguer le blanc U d'avec le noir, . je puis néanmoins discerner le a vrai d'avec le faux; et je vois très bien sans «. yeux chez un certain homme la méchanceté que je n'avais pas vue auparavant. Cardinal , l'ambition ne devrait pas vous aveugler au point de C, vous empêcher de prévoir votre propre fin. Ne (1 vous embarrassez pas de l'éVéché de Winches« ter; occupezvous des affaires du roi. » Fox consacra ses derniers jours à la prière et à la méditation , et mourut le '14 décembre 1528, emportant les regrets universels. On a de lui une i Traduction i anglaise i de la règle de St- Benoît i, imprimée en 1516 pour l'usage de son diocèse , et une Lettre adressée au cardinal Wolsey , qui avait le dessein de faire une visite des églises pour la réforme du clergé
  • Richard GARDINER( 1723 - 1782) : écrivain anglais, né en 1723 à Sall'ron-'Walden , dans le comté d'Essex , se distingua, étant encore à l'université de Cambridge, par son talent pour la poésie latine, et par un esprit piquant et enjoué, mais trop satirique, et que malheureusement l'âge et l'expérience ne purent jamais modifier. Avec des avantages personnels et la protection de la famille Walpole, il aurait pu jouir d'une existence paisible et considérée ; mais il essaya et se dégoûta successivement de tout, et mourut mécontent des autres et de luimème. D'abord commis du payeur des troupes anglaises en Flanche , simple soldat sous le duc de Cumberland en Allemagne , ensuite diacre , lieutenant de grenadiers , lieutenant de marine , etc. , souvent mis en prison pour dettes, il se jeta , dans les derniers temps de sa vie , à corps perdu dans le parti de l'opposition. Il mourut en 1782, âgé de 58 ans, horriblement tourmenté de la goutte , n'ayant pas su conserver un ami , en querelle méme avec sa femme et ses enfants. Il avait publié , entre autres ouvrages, en 1754, l'Histoire de Pudica et de ses cinq amants, sous le nom supposé de Dick Merry Fellow ; en 1759, un Journal bien écrit d'une expédition aux Indes occidentales , contre la Martinique et la Guadeloupe et autres îles sous le Vent soumises au roi de France; des Mémoires relatifs â la campagne de 1774 ; des Pamphlets. Un recueil de ses , petits poêmes, prologues , épitaphes , épigrammes, bons mots , chansons, épilogues, etc., a été inséré dans un volume intitulé : Mémoire de la vie et des écrits de R- eh- d G- rd- n- r, , ou Dick Merry Fellow , de sérieuse et facé41 lieuse mémoire, Kearsley, 1782
  • Richard GIBSON( 1615 - 1690) : vulgairement nommé le Nain, peintre anglais, né vers 1615, était au ser- vice (l'une dame à Mortlake , lorsque le goin décidé qui le portait au dessin engagea sa maîtresse à le mettre à même de cultiver cet art, en le pla-çant chez un artiste habile nommé de Clein , di- recteur de la manufacture de tapisseries à Mortlake. Le jeune homme se montra digne de cette faveur. 11 devint bientôt célèbre pour ses tableaux à l'aquarelle , et plus encore pour les copies qu'il fit , avec beaucoup de fidélité , des portraits peints par sir Peter Lely. N'ayant que trois pieds dix pouces anglais de hauteur, il épousa une femme de la même taille que lui , si l'on en croit Fenton, qui dit avoir vu leurs portraits réunis dans un tableau par sir Peter Lely. Charles lei, près duquel ce nain était en faveur, et à la maison de qui il était attaché, honora cette union de sa présence, et mit luimème la main de l'épousée dans celle de l'époux. Waller a composé un petit poème sur ce Mariage des nains. Ce couple si exigu eut cependant neuf enfants, dont cinq parvinrent à l'àge de maturité , et étaient conformés comme le commun des hommes. Gibson fit plusieurs fois le portrait (l'Olivier Cromwell, et fut maitre de des. sin des princesses Marie et .Anne , depuis reines (l'Angleterre. Il mourut à Londres en 1690, âgé de 75 ans; sa femme lui survécut de vingt ans, et mourut en 1709, à 89 ans.— Guillaume GIBSON , son ieveu , eut aussi de la réputation comme peintre , dirtout en portraits. Il parait qu'il jouissait d'une issez grande aisance , qui le mit en état de former Inc des plus belles collections de gravures et de iessins qui existât de son temps, et où l'on remarquait la collection de sir Peter Lely et beaucoup d'autres ouvrages qu'il avait fait acheter, sur le continent. Il mourut en 170'2, à 58 ans.— Edouard CinsoN , parent et élève de Guillaume, peintre de portraits, donnait beaucoup d'espérances; mais il mourut dès sa jeunesse
  • Richard GLOVER( 1712) : poète anglais, né en 171, était fils d'un négociant de Londres , qui , tout en le destinant à la carrière du commerce, lui fit faire cependant de bonnes études, dont il sut profiter. Richard , placé dans une école particulière à Cheam , dans le comté de Surrey, prit beaucoup de goût pour la langue grecque , et en acquit une connaissance si profonde , que par la suite Thomas Warton le déclara le premier helléniste anglais de son temps; mais le goût de la littérature n'exclut point de sa part une application suivie aux études commerciales et mème politiques. Le premier essai public de sa muse fut un poëme à la mémoire de Newton , composé à l'âge de seize ans, et auquel on reconnut assez de mérite pour l'imprimer à la tète de l'Aperçu de la philosophie de Newton, don.né par le docteur Pemberton , 119.8 Ce médecin , homme de savoir et de goût, avait conçu pour Glover un vif intérêt, et lui procura des encouragements qui provoquèrent de nouveaux efforts de son talent. , en fit grand éloge, sous le double rapport du talent du pete et de l'objet politique du poëme. Le docteur Pemberton publia en 1738 des Observations sur la poésie, particulièrement sur la poésie épique, à l'occasion du poeine récemment publié sur Léonidas, où il donna à cet ouvrage des éloges dont la partialité de l'amitié et l'esprit de parti peuvent seuls expliquer l'exagération. Fielding porta aussi , dans le Champion, un jugement trèsfavorable à ce poënie , qui, étant si bien re- commandé, et offrant d'ailleurs de grandes beautés, fut lu avec empressement, et eut en deux ans trois éditions. Glover succéda à son père dans la direction de ses affaires commerciales; mais la fortune ne favorisa point des opérations que lui faisaient sans doute négliger son commerce avec les Muses, l'intérêt actif qu'il prenait aux affaires publiques, et ses liaisons multipliées avec des hommes d'État et des gens de lettres. Il se maria en 1757 avec une femme qui jouissait de quelque opulence. Il publia la même année le recueil des Poésies de Mathieu Green, l'un de ses premiers amis; en 1739 un petit perne .de sa composition, intitulé : Londres ou les Progrèes du commerce, et l'Ombre de l'amiral Hosier , ballade qui jouit encore d'une grande popularité, et qui avait pour but, en peignant fortement les torts de l'Espagne à l'égard de l'Angleterre, d'animer le peuple à la guerre contre cette puissance. Les talents de Glover, son patriotisme, la droiture de son caractère, lui valurent la confiance de la bourgeoisie et des négociants de Londres, dont il défendit les intérêts avec ardeur en différentes occasions, de 1759 à 1743, et qu'il servit également par la sagesse de ses avis et l'éloquence de ses discours. Le parti de l'opposition, à l'époque des élections parlementaires , le regardait en quelque sorte comme son chef. En 1744 la duchesse de Marlborough , par son testament, le chargea . Glover, à l'aide des libéralités du prince de Galles , vécut quelque temps loin du tracas des affaires publiques , occupé de travaux litté- raires. Il présenta en 1753 au théâtre de DruryLane sa tragédie de Boadicée. La dureté de son organe n'était pas propre à prévenir en sa faveur les comédiens auxquels il s'obstina à la lire luimeme jusqu'à la fin, malgré les efforts réitérés de Garrick pour lui épargner ce soin. Cependant la pièce fut reçue; mais malgré le talent de plusieurs acteurs du premier ordre, elle ne put se soutenir plus de douze représentations. Il fit imprimer en 1761 une tragédie de Médée, écrite sur le modèle de la tragédie grecque , et qu'il hasarda de faire jouer en 1767 à DruryLane, où elle n'eut que quelques représentations froidement accueillies . 11 composa une suite de sa Médée , qui ne put être représentée, parce qu'elle exigeait une décoration trop dispendieuse. Glover, nominé cette année membre de la chambre des communes pour Weymouth , y siégea jusqu'à la dissolution de ce parlement , et s'y fit remarquer dans les longs débats qu'occasionna l'état embrouillé des affaires des Anglais dans l'Inde. Les négociants de la compagnie des Indes, reconnaissants des services qu'il leur avait rendus dans le parlement, lui votèrent un présent de la valeur de trois cents livres sterling. En 1770 il donna une nouvelle
  • Richard GOUGH( 1735) : antiquaire anglais , surnommé le Camden du 18. siècle, était fils d'un capitaine de vaisseau et membre du parlement. naquit à Londres en 1755. Son père, jouissant de quelque opulence, lui donna d'excellents instituteurs, sous lesquels Richard avança si rapidement dans ses études , qu'à l'âge de onze ans il entreprit de traduire du français en anglais une Histoire de la Bible. Il n'avait que douze ans et demi quand il acheva cette traduction; et sa mère , enchantée de voir son enfant figurer si F IF jeune parmi les auteurs, la fit imprimer en 1747 uniquement pour en distribuer les exemplaires à ses amis. Cette traduction fut suivie de celle des Mœurs des Israélites, de l'abbé Fleury, qui fut imprimée de mèche mais un ouvrage plus difficile, et assez bien exécuté par lui, fut une compilation intitulée Atlas renoratus, ou Geography modernized..., achevée en 4751 qui est restée en manuscrit. Ayant été reçu, cette année, membre d'un des colléges de Cambridge , son goilt se tourna particulièrement vers l'étude des antiquités de son pays, sans qu'il négligeât cependant ses études classiques et théologiques. 11 cultivait alors avec prédilection la langue française, et continua de faire plusieurs traductions d'ouvrages français, lesquelles n'ont pas été imprimées. C'est en 1756 , à sa sortie de l'université, qu'il commença à faire, en quelque sorte la plume, et le crayon à la nain, dans différentes parties de l'Angleterre et de l'Écosse, Ides excursions qu'il renouvelait claque année l et qu'il ne discontinua que deux ans avant sa mort. Le résultat de ses observations fut la pu-1 blication d'un grand nombre d'ouvrages utiles, entre autres : Anecdotes de la topographie britan li nique, 1768 1780, 2 vol. qui ont dù être suivis d'un troisième ; une Histoire de la, Société des antiquaires de Londres, à la tète du premier volume de l'Archœologia britannica, 1770; les Monuments funèbres de la Grande- Bretagne, appliqués ai éclaircir l'histoire des familles , des moeurs, des usages et des arts, 1.'r volume , 1786; 2e, 1796. 11 y ajouta en 1799 une Introduction , ce qui porta l'ouvrage à 3 volumes Cet ouvrage, pour la perfection duquel il n'épargna ni soins ni dépenses, est exécuté avec beaucoup de luxe, et il est le principal titre de la réputation de son auteur. On convient qu'il trouva beaucoup de secours, pour son travail, auprès des savants et des artistes. 11 s'occupait depuis longtemps d'une traduction nouvelle , en anglais, de la Britannia de Camden, accompagnée de beaucoup de notes et d'éclaircissements. L'édition parut, en 1789, en 3 gros volumes 11 avait été élu, en 1767, membre de la Société des antiquaires de Londres; en 1771, directeur de la Société du Temple, et en 1775, membre de la Société royale. Ayant été chargé, en 1786, de la rédaction de la partie appelée revue dans l'ouvrage périodique tue Gentleman's magazine, il se montra, dans ses critiques littéraires, trèssavant et trèsjudicieux , et , dans ce qui avait trait à la politique, invariablement attaché à l'ordre établi ; aussi , à l'époque de la révolution française, mitil beaucoup de chaleur à co les principes des énergumènes de son pays. Richard Cough est mort le 20 février 1809, Maltre d'une fortune assez considérable, il en faisait un usage trèslibéral. Pour ne parler ici que de la bienfaisance qu'il exerçait dans sa propre maison , ceux de ses domestiques que leur Age ou leurs infirmités empêchaient de continuer leur service ne cessaient pas pour cela de toucher leurs gages, qu'il convertissait alors en annuités. Un de ses voisins avait légué, en mourant, 100 livres sterling par an , pour être divisées entre dix indigents d'Enfield ; mais le fonds qui devait y fournir s'étant trouvé épuisé en 1807 , Cough , quoiqu'il n'eùt jamais eu de rapports avec le testateur, se chargea de continuer l'annuité de ses propres deniers, et il s'arrangea, en faisant son testament, de manière que chacun des dix individus y participât jusqu'à sa mort. Son humanité s'étendait à ses chevaux et à ses vaches, qui trouvaient dans leur vieillesse une retraite dans des prés fertiles, réservés pour eux. Il était, dans la société, d'un commerce agréable et d'une humeur plus enjouée qu'il n'est ordinaire à un érudit. Son testament présentait plusieurs clauses qui attestaient encore son amour pour les lettres et son humanité. Il a laissé parmi beaucoup d'objets précieux , à l'université d'Oxford, les dessins, les cuivres et tous les matériaux préparés pour une nouvelle édition de ses Monuments funèbres, dont la première n'avait été tirée qu'à 250 exemplaires. Voici les titres de plusieurs de ses écrits que nous n'avons pas cités : Histoire de Carausius, OU Examen de ce qui a été avancé sur ce sujet par Genebrier et le docteur Stukeley, 176. 2 Notice d'un superbe missel. orné de miniatures, fait vers l'an 1429, et qui fut présenté ac Henri VI par la duchesse de Bedford, Londres, 1794 fig.; Médailles des Seleucides , rois de Syrie, etc., avec des Mémoires historiques sur chaque régne, 1803 ou 1804 orné de 2i planches gravées par Bartolozzi ; Histoire et antiquités de Pleshy, dans le comté d'Essex, 1803 Cough fut fort utile, par ses conseils et ses communications, aux auteurs de plusieurs publications savantes, telles que l'Histoire du comté de Dorset, par Ilutchins; la Collection des Testaments des rois et des nobles, et la Bibliotheca typographica, de Nichols; les collections du docteur Nash , pour une Histoire du comté de Leicester, en 2 volumes et l'His toire du comté de Leicester. On a aussi de lui une édition améliorée de l'Histoire du comté de Thetford, par Martin , 1780 avec des planches gravées d'après les dessins de F. Grose , qui avait été le compagnon de voyage de Cough. On réimprimait les Anecdotes sur la topographie britannique, lorsque le dégât causé par un incendie chez l'imprimeur Nichols, en février 1808, obligea d'abandonner cette entreprise, à laquelle la mauvaise santé de l'auteur le força ensuite de renoncer tout à fait
  • Richard GRAFTON : imprimeur et historien nglais, né à Londres, vécut sous les règnes le Henri VIII, d'Édouard VI, de Marie et d'Élisa- eth. Il publia, en 1548, une deuxième édition e la Chronique de Hall, intitulée l'Union des eux nobles et illustres familles de Lancastre et ld'York, etc.; il l'avait continuée, à ce qu'il parait, d'après le manuscrit même de Hall, depuis l'an 1532, où s'arrètait l'édition de 1542, jusqu'à la fin du règne de Henri VIII. Grafton a donné un Abrégé des chroniques d'Angleterre , imprimé par R. Tottyl en 156'2, réimprimé les deux années suivantes et de nouveau en 1572. Il donna ensuite un abrégé de cet abrégé, sous le titre de Manuel des affaires d'Angleterre , en rivalité avec quelques ouvrages du morne genre publiés par Stowe. 11 fit paraître en 1569 sa Chronique complète et grande Histoire des affaires d'Angleterre . Sous le règne de Henri VIII et peu de temps après la mort de lord Cromwell , il fut emprisonné six semaines à la Fleet , pour avoir imprimé la Bible de Matthew's, et ce qu'on appelait la grande Bible, sans notes. Quelques années après, il fut nommé imprimeur du prince Édouard, et, conjointement avec Whitchurch , fut patenté pour l'impression des livres d'office divin et des livres élémentaires en latin et en anglais. Dès la première année du règne d'Édouard VI , il obtint un privi- lége exclusif pour imprimer tous les livres de statuts, ou actes du parlement. On ne conne, presque aucun détail exact sur ses dernières années, non plus que la date de sa mort. On sait qu'il eut la jambe cassée par une chute en 'l57, et Strype suppose qu'il mourut dans la pauvreté. On lui doit plusieurs des impressions anglaises les plus anciennes, les plus correctes et les plus riches de la Bible. Sa Chronique n'a pas conservé toute sa réputation. Cependant on l'a réimprimée en 1809 à Londres, 2 vol. suivie de sa table des baillis, sheriffs et maires de la cité de Londres, de l'an 1189 à 155'8 inclusivement
  • Richard GRAVES( 1715) : écrivain anglais, né en 1715 à Mickleton dans le comté de Gloucester, hérita de son père un goùt marqué pour l'étude. Lisant Ilésiode et Homère à douze ans, il fut envoyé à l'université d'Oxford , où il se joignit à quelques jeunes gens qui passaient leurs soirées ensemble à lire les auteurs grecs les plus difficiles qu'on ne leur expliquait pas au collége et à boire de l'eau. Ce penchant à l'étude et à la sobriété fut un peu contrarié par la liaison intime que Graves forma bientôt avec Shenstone. Il avait contracté, avant de savoir mème , ditil , son catéchisme, une habitude de rimer à laquelle il ne pouvait résis- ter ; mais cette disposition ne lui avait pas fait négliger les études nécessaires à l'état ecclésiastique auquel il était destiné. H obtint une cure dans le voisinage d'Oxford. Son presbytère n'étant pas encore habitable, il se logea chez un fermier peu aisé : la fille de ce fermier lui inspira ck l'amour, et il l'épousa. Vers 1750 il fut nominé curé de Claverton , où il ouvrit ensuite uneécole, dirigea pendant trente ans. Il joignit à sa cure en 1763 celle de Kilmersdon , et la place de cha- pelain de lady Chatam. Le fanatisme et l'inso- lence d'un cordonnier méthodiste, récemment établi à Claverton , qui , non content d'y faire beaucoup de prosélytes, avait fait proposer à Graves d'essayer lequel, par ses prédications, convertirait le plus de pécheurs, lui inspirèrent l'idée du plus célèbre de ses ouvrages, le Don Quichotte spirituel, roman qui parut fort piquant en Angleterre , mais où on lui a reproché d'avoir prostitué en quelque sorte le langage de l'Écriture à un objet de plaisanterie. L'application de l'esprit, un exercice presque continuel et une frugalité excessive, l'avaient réduit à un état de maigreur extrème. La brièveté de ses visites faisait dire à M. Thickness : « M. Graves serait un des « hommes du monde le plus aimable , s'il avait le « temps de » Graves avait un esprit vif, subtil , piquant , qu'il portait dans la conversation comme dans ses livres; il était mème enclin au sarcasme et à l'épigramme, quoique d'ailleurs le meilleur homme du monde. Nonseulement il faisait profession de piété, mais il pensait qu'après avoir tout lu et tout examiné, tout homme devait nécessairement etre chrétien. Il mourut le 23 novembre 1804, àgé de 90 ans. Voici la liste de ses ouvrages , dans lesquels on trouve toujours de l'esprit et de la raison, mais plus de naturel et d'élégance que de force et de profondeur : 10 le Feston , ou Recueil d'épigramines avec un Essai sur ce genre de composition. Une médaille d'argent ayant été proposée en prix par les propriétaires d'un ouvrage périodique, pour le meilleur écrit sur la nature de l'épigramme, un garçon apothicaire ne se fit pas scrupule de s'approprier l'essai anonyme de Graves, l'envoya comme sien au con- cours, et la médaille lui fut adjugée. Ce ne fut que dans une publication subséquente que le véritable auteur se fit connattre. Invitation à la race em- I plumée , 1763 ; l'un des plus jolis peines de Graves ; 3» le Don Quichotte spirituel, 1772, 5 vol. ; i" Souvenirs de quelques particularités de la vie de Shenstone, en une suite de lettres à Guill. Seward, 1778 ou 1788. Ces lettres ont pour objet de réfuter des critiques de Gray, de Mason, et surtout de Johnson , qui avait avancé que Shen- stone n'avait ni l'esprit étendu ni le golit de l'instruc- lion. 5. Lucubrations composées d' essais , rêveries, etc., en prose et en vers , 1786 sous le nom de Peter of Pountefract ; Galateo, ou Traité sur la politesse , traduit de l'italien de De la Casa , évèque de Bénévent ; 7° Columelle , ou le Malheureux ana- chorète, conte dialogué en 2 volumes, où en peignant les effets d'une vie solitaire et indolente pour un jeune homme d'esprit et de talent, on suppose qu'il a fait allusion à la situation de Shenstone ; 8. Euphrosine, recueil de poésies en 2 volumes, qui a eu plusieurs éditions ; 9. Eugène, ou Anecdotes du vallon d'or, Londres, 1785, 2 vol. 10. Rêveries de la solitude, contenant des essais en prose, une nouvelle traduction de Musci- pula , et des poésies originales , 1793 ; 11" Plexippus, ou le Plé béien ambitieux , en 2 volumes; 12. le Fils du fer- mier, conte moral en vers ; 13° les traductions suivantes du grec : la Vie de Commode , par Héro- , ou Amusements solitaires, en prose et en vers, 1801 , ; 18° l'Invalide , avec les moyens probables de jouir de la santé et d'une longue vie, par un nonagénaire, 1805 Ce fut le dernier de ses écrits qu'il publia ; mais ce n'en est ni le moins utile ni moine le moins agréable à lire. On a publié après sa mort un recueil intitulé les Badins , composé d'essais badins, d'anec- dotes badines et de quelques badinages poétiques , par un adepte dans l'art de badiner, etc. C'est un mé- lange amusant. Le ton des poésies est d'une légèreté remarquable dans un vieillard nonagénaire. Parmi les anecdotes, on y en trouve quelquesunes sur Win. Blackstone , avec qui l'auteur avait été lié. Graves fut un des coopérateurs du recueil intitulé The 011a podrida
  • Richard HAKLUYT( 1553 - 1616) : historien anglais, naquit vers 1555 à Eyton ou Yatton , dans le Herefordshire. Étant à l'école de Westminster, il allait souvent chez un de ses parents, homme trèsconsidéré, qui consacrait tout son temps à l'en- couragement de la navigation, du commerce, des arts et des manufactures. La vue des cartes et des livres de voyage excita chez le jeune Hakluyt un vif désir de se livrer tout entier à la géographie son parent encouragea son dessein. A l'université d'Oxford , Hakluyt étudia à fond les langues anciennes et modernes, et lut ensuite en original toutes les relations de voyage, imprimées ou manuscrites, qu'il put se procurer. Les profondes connaissances qu'il acquit lui valurent le diplôme de professeur d'histoire navale. Il introduisit dans les écoles anglaises l'usage des globes, des sphères et des autres instruments de géographie. Bientôt il fut en relation avec les officiers de la marine, les navigateurs les plus distingués et les principaux négociants. Il entretenait une correspondance trèsactive au dehors, notamment avec Ortélius, Mercator, etc. Ses travaux furent encouragés par Drake et par Walsingham, secrétaire d'État. La considération dont il jouissait devint telle, que des particuliers , des compagnies, des villes, le consultaient sur des expéditions maritimes. Il vint en 1584 à Paris, comme chapelain d'ambassade , et s'y occupa des recherches relatives à sa science favorite. Il y trouva le manuscrit de l'histoire de la découverte de la Flo- ride, par Laudonnière , qu'il fit imprimer à ses frais, ainsi que le dit l'éditeur Basanier dans son épître dédicatoire adressée à sir Walter Raleigh. Quand il fut de retour dans sa patrie, il s'occupa de mettre en ordre tout ce qui concernait l'his- toire navale d'Angleterre. Raleigh l'aida dans son travail. Vers la fin de 1589, Ilakluyt publia en un volume tout ce qui avait rapport aux navigations des Anglais , et dédia ce livre à Walsingham, son protecteur. Il se maria en 1594. En 1605, le gouvernement récompensa Hakluyt en lui donnant une prébende dans la collégiale de *Westminster, et le rectorat de Wetheringset, en Suffolk. Il mourut le 23 octobre 1616, et fut enterré dans l'église de Westminster. On a de lui, en anglais : 10 les Principales navigations et découvertes , et les principaux voyages et trafics de la nation anglaise , par terre et par mer, aux pays de la terre les plus éloignés et les plus reculés , faits dans une période de mille six cents ans , divisés en trois volumes , suivant la position des pays vers les- quels ils ont été dirigés, Londres, 1598 , 1599, 1600, 3 vol. On a parlé plus haut de la première édition donnée en 1589. Dans la seconde, le premier volume est dédié à Charles Ho-- ward , comte de Nottingham , vainqueur des Espa- gnols , et les deux derniers à sir Robert Cecil, depuis comte de Salisbury. Le premier volume contient les voyages au nord et au nordest : le deuxième est divisé en deux parties; dans la pre- mière se trouvent les voyages en Orient et dans l'Inde, commencés par la Méditerranée; dans la seconde , ceux qui ont été faits par l'océan Atlantique : le troisième volume offre les voyages en Amérique, depuis le Groenland jusqu'au détroit de Magellan ; enfin les voyages autour du monde. Le titre de chaque volume présente , dans le plus grand détail , l'abrégé de ce qui s'y trouve, et chacun a une table des matières; mais elle n'est pas par ordre alphabétique , et il n'y a pas de table générale de l'ouvrage. 407 de I il pages
  • Richard HELSHAM : médecin anglais du 18e siècle, professeur de médecine et de philosophie naturelle à l'université de Dublin , est auteur d'un cours de leçons sur la philosophie naturelle, qui ont été publiées après sa mort par le docteur Bryan Robinson, 1739 Ces leçons sont au nombre de vingttrois : la science y est présentée avec beaucoup de clarté. Elles ont joui longtemps d'une grande réputation , et n'ont perdu de leur prix que par l'effet des progrès qu'ont faits de nos jours les sciences physiques. Helsham fut intimement lié avec le docteur Swift. Il mourut le 1
  • Richard HOOKER( 1554 - 1600) : théologien anglais, naquit en 1554, à lleavyTrée, près d'Exeter. Ses parents le destinaient à une profession mécanique; mais son maitre d'école, frappé de son intelligence, les en détourna en leur faisant espérer qu'il trouverait sans doute un généreux protecteur. Il le trouva dans l'évéque (le Salisbury, Jewell , qui lui procura un emploi dans l'université d'Oxford et lui lit une pension. Après la mort de cet évéque, Richard trouva tin nouveau protecteur dans le docteur Edwin Sandys , évèque de Lincoln et qui fut depuis archevêque d'York. Nommé associé de son collége en 1577 et environ deux ans après professeur suppléant d'hébreu, il perdit ensuite ces places , contracta un mariage avec une femme que Wood appelle une vraie Xanthippe, et n'eut pendant quelque temps pour toute fortune que la petite cure de DraytonI3eauchamp , dans le comté de Buckingham. En 1585, Sandys de sa détresse le fit nommer maitre du collége du Temple à Londres, place honorable et lucrative, mais dont les tracasseries d'un certain Walter Travers finirent par le dégoùter. Ce Travers , qui était prédicateur du Temple pour le matin, tandis que Hooke,' y était prédicateur du soir, voulant introduire dans cette société la doctrine de Genève, dont il était zélé partisan voy. l'Examen critique des Dictionnaires, par "arbier, 454. lit tout ce qu'il put pour supplanter Ifoolier, et n'ayant pas réussi l'attaqua avec véhémence dans ses sermons; Hooker lui répondait dans les siens, ce qui faisait dire que le sermon du matin prêchait Cantorbéry et que celui de l'aprèsmidi prechait Genève. L'archevêque fit interdire la prédication au puritain, qui publia à cette occasion une supplique au conseil privé. Hooker y répondit avec modération dans un écrit ad hoc, et bientôt après commença son fameux ouvrage Des lois de la po- litique ecclésiastique ; mais pour y travailler plus tranquillement et aimant d'ailleurs la vie champêtre et retirée, où il pouvait , ditil , voir les bienfaits de Dieu sortir du sein de la terre sa mère, il résigna sa place, et reçut en échange en 1591 la cure de Boscomb, dans le comté de Wats, sous la prébende (le NetherHaven et le doyenné de Salisbury. La reine Élisabeth le nomma en 1595 recteur (le Bishop's Boume au comté de Kent , où il mourut le 9. novembre 1600, âgé de 47 ans, après avoir achevé son ouvrage, ce qui était toute son ambition. Des voleurs s'étant introduits chez lui, il fut parfaitement consolé en apprenant que ses livres et ses papiers lui restaient intacts : « Aucune autre perte, ditil, « ne peut m'affliger. » La politique ecclésiastique est divisée en huit livres, dont les cinq premiers furent publiés successivement en 1594 et 1597; les trois derniers parurent après la mort de l'auteur. On doute que l'ouvrage imprimé soit tel qu'il l'avait laissé , et il y a eu une discussion suivie à ce sujet ; mais tel qu'il est, c'est un livre plein de savoir, de jugement et généralement estimé. Jacques ler disait avoir beaucoup profite: de cette lecture, et Charles 1" la recommandait vivement à son fils, qui n'en profita guère. Un passage de Ilooker est cité dans le procès de Charles ler. On a aussi de lui (les ser- mons. Ses OEuvres ont été imprimées ensemble par le docteur Gauden , en 1662 avec la Vie de l'auteur et réimprimées en 1666 avec une Notice biographique par Walton , et depuis , plusieurs fois , la dernière en 1795, Oxford, 5 vol. on en a donné un Abrégé ou quintessence en 1705. Le docteur Zouch a beaucoup ajouté aux détails de la vie de Hooker donnés par Walton
  • Richard JAMES( 1592 - 1638) : théologien anglais, neveu du précédent, né comme lui à Newport ru 159'2, entra dans les ordres en 1813; mais, avec tout son savoir, il n'avait teutetre pas toute la gravité convenable à un 'tomme d'Er;lise : de trois sermons prèchis par lui devant l'université, l'un était sans texte, suivant la maniéte priinitivr, l'antre contre le texte, et le troisième hors du teste. Vers 1619, il fit en Furope différents voyages, ?Iteil termina par la Russie, sur laquelle il éerieit des observations la (mime année. Il mourut en 11;314, fort pan,Tc, à ce qu'il paralt. Il avait des ronnakssnees approfondies dans plusieurs genres, et surtout dans les langues greritte, sasonne et gothique • Il ne lui manquait, dit 111itsed, qu'une t. einéeura on un canonicat, à l'aide duquel il efit • conduit à fin ales travaux d'ffercule. • Il est aillent. iVe Ser. cou et autres écrits imprimés, et de :tirer; manuscrits. prote et Tem. Parmi vingtrinq mannwrits me sont passés à ln bitillotheine Li:jeune , a Oxfunl , un cite de lui : 1. 610/13no. ge.reei(0.011/iewit part. 1 /Mlienesin, rune arec ( anglais ; 34 Obier«. ItiOns IUT le paye, let moeurs et coutumes de Russie, 1619 Il parait étonnant qu'on n'ait pas réimprimé ces observations sur un sujet qui était tout neuf à cette époque
  • Richard HURD( 1720 - 1808) : évoque anglais, né en 1720, à Congrève dans le comté de Stafford, occupait une petite cure dans le comté de Leicester, lorsque le célèbre évêque Warburton, qui eut occasion d'apprécier son mérite, résolut de le tirer de l'obscurité où son goût l'aurait probablement retenu toute sa vie, et lui procura l'archidiaconat de Gloucester, ainsi que la place de prédicateur de la chapelle de Lincoln'sinn, que luimême venait de résigner. Hurd s'était fait connaître avantageusement par la publication , réimprimé en 1757, avec le commentaire précédent. Ses Lettres sur la chevalerie et les romans., qui furent mises au jour pour la seconde fois, en 1765, avec ses Dialogues moraux et politiques, et surtout douze discours qu'il prononça dans la chapelle de Lincoln'sinn , pour la leçon fondée par Warburton sur l'éclaircissement des prophéties, ajoutèrent beaucoup à sa réputa tion , et lui procurèrent . fut transféré, la même anhée, au siége épiscopal de Worcester, et eut, en 1783, l; sonneur d'être nommé à l'archevêché d'York, et à la primatie de toute l'Angleterre , qu'il refusa. Ses douze discours pour l'éclaircissement des prophéties ne furent imprimés qu'en 1772, sous le titre d'introduction i l'étude des prophéties. En 1769, il publia, en 2 vo- lumes les OEuvres choisies de Cowley, avec une préface et des notes ; et en 1776, un volume de ses sermons , qui fut suivi de deux autres volumes en 1781. Son ouvrage le plus considérable est une édition de Warburton, 1788, 7 vol. à laquelle, en 1795, il ajouta un supplément contenant la vie de l'auteur : mais c'est plutôt une apologie de ce théologien célèbre, dont il ne parlait jamais qu'avec enthousiasme. Dans sa jeunesse, il avait fait paraître un pamphlet intitulé Essai sur la délicatesse de l'amitié, où il s'était proposé de venger son protecteur contre une attaque du docteur Jortin. Cette tentative avait ameuté contre lui tous les ennemis de Warburton , qui le poursuivirent avec acharnement jusque dans ses dernières années. Hurd était cependant un homme d'un caractère doux et modéré , quoique David Hume , dont il avait attaqué l'Essai sur l'histoire naturelle de la religion, en laissant paraître sous son nom la réfutation de cet ouvrage par Warburton , lui ait reproché toute la pétulance intolérante , l'arrogance et la scurrilité de l'école warburtonienne. Le zèle de l'amitié , seul, aurait pu l'entraîner au delà de sa modération naturelle. Ses ouvrages prouvent autant de savoir que de logique et de sagacité; son style se distingue par l'élégance et la pureté. Il mourut à Ilartlebury, le 6 juin 1808, âgé de 89 ans. On a imprimé un volume des lettres que lui avait adressées Warburton et dont il a été fait, en 1809, une édition Grand admirateur du style d'Addisson, il avait préparé .une édition de ses ouvrages, avec des notes philologiques, et qui a été imprimée en 6 volumes• Londres, 1815. Il avait paru en 1810, une réimpression de son édition de Warburton , et, pour la première fois, une édition du recueil de ses propres écrits, en 8 volumes
  • Richard JAGO( 1715 - 1781) : poète anglais, né en 1711 ou 7l5, dans le comté de Warwick, fut admis en qualité d'écolier servant dans un des colléges d'Oxford , où étudiait Shenstone, l'ami de son enfance, et qui fut aussi celui de toute sa .vie, mais qui alors, ainsi que plusieurs autres jeunes gens de bonne famille, se cachait pour jouir de sa société , à cause de son titre de domesticité. L'un de ces jeunes gens, Graves, auteur du Don Quichotte spirituel , s'est exprimé depuis avec beaucoup de candeur sur le préjugé qui les faisait agir ainsi , préjugé qui s'est bien aflaibli le nos jours en Angleterre. Jago, entré dans les ordres, occupa quelques bénéfices ecclésiastiques , notamment la cure de Snitterfield, près de StraffordsurAvon , dans sa province natale, où il mourut le 8 mai 1781, àgé de 66 ans : son caractère aimable et sage le fit regretter. On a de lui : 1. Trois élégies assez touchantes, les Chardonnerets, les Hirondelles et les Merles; cette dernière a été .publiée en 1752 par ilawk.esworth dans l'ildven- tarer, et a reparu dans la Collection poétique de Dodsley. 2. Une burlesque églogue de ville, intitulée les Boueurs ; 30 To peint or not , parodie trèsbien faite du fameux monologue de Hainlet: To be or , not 10 be ; 4 Edgehill, descriptif en vers blancs, 1767; 50 le Travail et le Génie. , fable adr:.bssée à Shenstone, 1768; des Elégies, des Églogues et des Lettres à son ami. Ces diverses pièces le placent au rang des gens du monde qui, sans prétendre au titre d'auteur, sont parvenus à attirer l'attention du public sur leursproductions littéraires. Il y a eu uneédition corrigée de ses poésies, avec une notice biogra- phique, en 1781 On a aussi publié des Lettres que Shenstone lui avait écrites
  • Richard KETEL( 1670) : bon latiniste, n'est connu que comme l'éditeur du recueil dont on va parler. Né lu n est difficile de décider si ce Henri de Keyser est le même que Théodore de Keyser, peintre hollandais du plus grand mérite, sur la vie et le lieu de naissance duquel on n'a que des incertitudes. Ce Keyser n'est connu que par un tableau célèbre, sous le nom des Bourguemestres d'Amsterdam , et qu'on dit représenter ces magistrats délibérant sur la réception à faire à la reine Marie de Médicis , lorsque pendant sa disgrdce elle vint dans cette ville en 1638. Rien n'indique que ce soit le véritable sujet de ce tableau , dont on ne peut trop admirer, du reste, la couleur, la délicatesse et le naturel : il ornait le cabinet du siat- houder. Il a fait partie du Musée du Louvre, et a été repris par les PaysBas en 1815. Le Musée du Louvre possédait du même maitre le Portrait d'un homme vêtu de soir avec une fraise blanche au cou. Ce portrait, digne de Van Dyck, a été également repris, dans la même année, par les PaysBas. vers 1670 , peut-être en Hollande, il était en 1700 recteur du gymnase de Couda. Ce fut cette même année ou la suivante qu'il mit au jour son recueil des grammairiens latins; mais cette première édition et la seconde, qui parut peu de temps après , sont devenues si rares que Chr. Sax n'en avait pas pu découvrir un seul exemplaire dans les bibliothèques d'Allemagne . Le catalogue de la bibliothèque de Paris ne cite que la troisième édition, dont voici le titre : De elegantiori latinitate comparanda scriptores selecti, Amsterdam , 1715 deux part. Ce recueil , qui est trèsestimé , contient : CARD. IIADRIANI De sermone latin et venatio. — GIFAXII Observationes singulares in Zinguant latinam. — SCIOPII Observationes ling. lat. —P. VAVASSOR1S Observationes de vi et usu verborum quorumdam latinor., et De ludicradictione. En tète de la première partie est une bonne préface de I 'éditeur , intitulée De ratione irnitandi optimos ling. lat. scriptores
  • Richard KIDDERMYSTER : abbé de l'ordre de StBenolt et docteur d'Oxford, natif du Wor- cestershire' fit profession à l'àge de dixsept ans chez les bénédictins de Winchcombe, dans le comté de Glocester. Après son cours académique à Oxford, il fut nommé prieur de Winchcombe et sut si bien se concilier l'estime de ses confrères que, l'abbaye étant devenue vacante en 1487, ils le choisirent d'une voix unanime pour occuper cette place. Sous son gouvernement, les bonnes études furent remises en vigueur, la discipline monastique fut rétablie, et diverses institutions propres à exciter l'émulation et la régularité donnèrent à ce monastère la ressemblance d'une petite université. Les affaires de son abbaye l'ayant appelé à Rome, en 1501 , il s'y occupa surtout d'en étudier les monuments et de s'instruire à fond de tout ce qui pouvait tendre à la perfection monastique. Son talent pour la prédication lui avait fait une grande réputation à la cour de Henri VIII. C'était l'époque où les nouvelles opinions religieuses , qui commençaient à agiter les esprits, excitaient de vives disputes entre les laïques et les ecclésiastiques, au sujet des exemptions du clergé. L'abbé Kiddermyster prit fortement la défense des prérogatives de son état dans un sermon prêché en 1515, à StPaul de Londres. Le bruit que fit ce discours lui suscita de grands adversaires parmi les ecclésiastiques courtisans, et il fut surtout vivement combattu par le docteur Standish , gardien des cordeliers. Cet abbé n'eut pas la douleur de voir les calamités qui affligèrent son pays peu de temps après sa mort, arrivée en 1531. On a de lui : Tractatus contra doctrinam Lutheri , 1521; 2. Historia fundationis monasterii de Winchcombe; :5° Catalogus, vel historia abbaturn monasterii de lVinchcombe, etc.; cette histoire commence à l'année 988, sous le règne du roi Edgar; 4. Renovatio privilegioruni, chartarum et aliorum niontimentorum monasterii de Winchcombe. T—D
  • Richard KIRWAN : célèbre chimiste anglais , en Irlande, fut destiné à suivre la carrière des lois : il exerça la profession d'avocat jusqu'à ce que plusieurs circonstances l'obligèrent de la quitter ; et alors il s'occupa de l'étude des scien- Jean Blom était un homme savant , mais d'une humeur difficile, qui se tua dans un accès de mélancolie en 1672. Le libelle ,qu'il publia 'contre Kirsten et intitulé Alelophilus nov. astiqua comcedia, etc., nunc primum a Luca escarboto , mexicano, lace donala et lat. versa, 1668 Kirsten y est désigné sous le nom de Vitus Pilhecus, et y est traité de charlatan , d'assassin , .etc„ , 1789 ; 5° sur la force des acides et la proportion des ingrédients des sels neutres, Dublin , 1790; 6° vue comparative des observations météorologiques faites en Irlande, depuis l'année 1788, avec quelques avis sur les moyens de former des pronostics sur le temps , 1793 ; 70 Réflexions sur les tables météorologiques fixant la signification précise des termes humide , sec et variable , 1793 ; 8° essai de réponse à la question suivante , proposée par la société royale d'Irlande : Quels sont les engrais qu'on peut appliquer avec plus d'avantage aux diverses espèces de sols , et quelles sont les causes de leurs . bons effets dans chaque cas particulier, 1794, couronné par l'académie de Dublin , traduit en français par F.- G. Maurice , Genève, 1800 et 1806 ; 9° expériences sur une nouvelle terre trouvée près de Stron. flaire des nègres , Richard se plaça dans une pirogue, et John dans une autre ; le premier venait de passer devant hirri , grand marché de la rive droite, quand il rencontra une cinquantaine de pirogues qui remontaient le fleuve. H avoue que, lorsqu'il distingua le pavillon anglais parmi ceux qui ornaient ces embarcations, il ne put se défendre d'un certain sentiment de fierté. Cette satisfaction ne fut pas de longue durée. Sur son refus d'obéir à l'ordre de se rendre à bord de la principale de ces pirogues, un coup de tambour se fit entendre, des fusils furent tournés vers lui; en un moment, son bateau fut abordé et pillé; il se défendit aussi bravement qu'il lui fut possible. Les.bandits s'éloignèrent; il les suivit vers Kirri. Chemin faisant, il est hèlé par le chef d'une grande pirogue, qui l'engage en anglais à venir le trouver ; il y consent, est traité avec bonté, et un moment après il aperçoit son frère, dont le bateau avait été également la proie des pillards. Les deux blancs, arrivés devant Kirri, sont forcés de rester sur la pirogue; ils étaient presque nus et exposés à l'ardeur du soleil. De braves gens et des femmes prirent part à leur infortune, et leur apportèrent des bananes et des cocos pour les rafraichir. Bientôt on leur dit de venir reconnaltre leurs effets, que l'on avait retirés en fouillant les pirogues des forbans ; une grande partie était en trèsmauvais état. Des prêtres musulmans parlèrent si chaudement en leur faveur, dans le palabre qui se tint ensuite, que les deux Européens furent mandés à terre au coucher du soleil.. On déclara qu'on leur rendrait ce qui avait été retrouvé; que l'homme qui avait commencé rattaque serait condamné à perdre la tète pour avijir agi sans la permission de son chef; qu'ils , le Kouara , de 145 tonneaux, de b5 , construits en fer, et le brick la Colombine, composaient l'expédition: elle partit le 23 jellet 1832 de MilfordHaven , port de la côte sud du pays de Galles, arriva heureusement le 7 octobre au cap Corse , et peu de jours après à l'embouchure du RioNoun. La Colombine" y resta mouillée. Le 27, les deux pyroscaphes remontèrent le fleuve. Bientôt les obstacles entravent leur navigation : les roitelets nègres, qui tiraient leurs principaux profits de la traite, s'efforcent naturellement de faire avorter une expédition qui veut pénétrer dans l'intérieur du pays, en se bornant au trafic des marchandises qu'il produit , et de plus, fournir aux Africains celles d'Europe à bien meilleur marché que ne les vendaient les commerçants indigènes. L'un des pilotes nègres qui conduisaient les pyroscaphes reçoit de son maitre l'ordre de faire chavirer celui qu'il dirigeait; des Anglais, descendus sur une Ile pour couper du bois, sont accueillis par une fusillade trèsvive; les hostilités continuent le lendemain; les Anglais font une descente, un village est brùlé par représailles. Le 7 novembre, on était devant Ehoé. Le 22, Lander revit le roi d'Attah , rempécha par ses exhortations d'immoler deux victimes humaines, et lui fit promettre solennellement de renoncer à ces sacrifices affreux; cette promesse, approuvée par tous les spectateurs, fut fidèlement tenue. Cependant les funestes effets du climat ne tardèrent pas à causer la mort de beaucoup d'Anglais. Le Kouara toucha plusieurs fois et finit par échouer sur un banc de sable. L'Alburkal I, sur lequel se trouvait Lander, parvint à six milles plus haut, près du confluent du Kouara et de la Tchadda. Lauder était, à ce qu'il parait, peu d'accord avec Laird, qui commandait le Kouara , car, pendant qu'ils se trouvaient ainsi retenus à peu de distance l'un de l'autre, ils ne communiquèrent pas ensemble. Ennuyé de son oisiveté forcée, et affaibli par la dyssenterie, Lander partit le 17 aoitt 1853, pour aller chercher à FernandoPo des marchandises et des médicaments. Il y arriva le ler mai , et quitta cette Ile le 18. Il remontait le ItioNoun dans sa pirogue quand il rencontra , le 10 juillet, Laird qui , après avoir fait une excursion jusqu'à Feundah , sur la Tchadda, remenait son pyroscaphe en Angleterre. Lander, parvenu à Cottamcarrassi, au confluent des deux rivières, remonta sur l'Ai- burkah , que commandait Oldfield , et on entra dans la Tchadda , que ce capitaine nomme Chary. On s'avança ainsi jusqu'à une distance de cent quatre milles, eepérant , d'après les assertions des nègres, atteindre le lac Tchad. On souffrit beaucoup du manque de vivres, car, par des causes non expliquées, la population indigène refusait d'en vendre , et méme d'avoir aucune communication avec les Anglais. Au bout de quinze jours, Lander et Oldfield prirent le parti de retourner à Cottamcarrassi ; revenus dans le Kouara, ils firent route au nord. Leur navigation n'éprouva . La destinant à servir d'entrepôt de commerce, il y laissa pour gérant un Anglais né en Afrique. Le 1" novembre, l'Alburkah atteignit, dans le plus pitoyable état, l'embouchure du RioNoun. A peine en mer, il rencontra le Kouara, qui le remorqua jusqu'à FernandoPo. Lauder, toujours infatiga- bic, expédia de nouveau l'Alburkah, le 15 novembre, pour le RioNoun : il devait le rejoindre plus tard avec une cargaison de cauris qu'il allait prendre au cap de Corse, comptoir anglais de la côte de Guinée. Revenu à FernandoPo, il écrivit à son frère le ler janvier 1831; il lui racontait tous ses malheurs, mais était plein d'espoir pour l'avenir; il annonçait qu'il allait visiter l'intérieur de l'Afrique pour la troisième et dernière fois, et qu'il comptait être à Londres dans les premiers jours de mai. Peu de jours après, il s'embarqua sur le cutter le Craven, qui le conduisit à re bouchure du RioNoun : là, il transporta ses mar- chandises dans deux pirogues avec lesquelles il voulait rejoindre l'Alburkah. Parvenus à une distance d'à peu près soixantedix milles, la plus grande des deux pirogues échoua; déjà leurs équipages, formés de nègres Kroumen , travaillaient à la remettre à flot, quand une fusillade, partie de derrière les broussailles touffues qui bordaient les lies et les rives voisines, vint les interrompre. Lauder était si persuadé des intentions amicales des nègres de cette contrée qu'il crut d'abord que c'était une salve destinée à cé- lébrer son heureux retour. La vue de ses fidèles Kroumen rentrant dans la pirogue blessés, et tombant à ses côtés , le convainquit bientôt de son erreur. Les encourageant de la voix et du geste, il essaya de se défendre jusqu'à la dernière extrémité ; plusieurs de ses barbares ennemis périrent. Il se baissait pour prendre une cartouche, une balle le frappa près de la hanche; il chancela un moment, mais resté debout, il continua d'exciter son monde à la résistance. Toutefois , voyant ses munitions presque épuisées, et l'ardeur. de seâ. Kroumen ralentie, tandis que le feu de ses adver- saires devenait plus vif, il reconnut que le seul moyen de salut était de tâcher de gagner l'autre pirogue , qui était à flot à peu de distance. Abandonnant alors leurs marchandises, ils se jetèrent à la nage, et gagnèrent la pirogue avec de grandes difficultés; puis ils se livrèrent au courant du fleuve. Poursuivis pendant plus . Ou a vu plus haut que cette relation , rédigée à la hàte, n'avait pas été corrigée; Fanmoins, elle fait concevoir une trèsbonne opinion de l'auteur. Il raconte avec beaucoup d'ordre et de netteté tout ce qui lui est arrivé depuis le 26 novembre 18'26, jour où il fut obligé de rester i Kano pour veiller sur les marchandises que Clapperton y avait déposées , jusqu'au 3 fé- vrier 1828 , qu'il s'embarqua pour l'Angleterre. .2° Records of captain Clapperton's last expedition in Africa, etc. , Londres , 2 vol. fig. Cette relation , précédée de l'essai que Lauder a écrit sur sa vie, contient beaucoup de particularités curieuses sur les contrées qu'il a traversées. Elle annonce qu'il était doué du talent de bien ob- server et de raconter avec agrément et précision. 50 Journal of an expedition to explore the course and termination of die Niger : with a narrative of a voyage on that river to its termination, Londres, 3 vol. , cartes et figures. Il a été traduit en français par madame Belloc. Il y en a aussi des traductions en allemand, en hollandais, en suédois. Le récit du dernier voyage de B. Lander est contenu dans l'ouvrage suivant : 5. Narrative of an expedition into the interior of Africa by the river Niger in the steanz- vessels Quoara and Alburkah kn. 1832 , 1833 and 1854, by MacGregor Laird, , k and R. A. K. Oldlield , surviving officers of the ex- pedition , Londres, 1835 , 2 vol. carte et figures. Le portrait de Lander, gravé , ainsi que celui de son frère, dans son second voyage, le montre vêtu à l'européenne , et ne donne pas une idée aussi avantageuse de sa physionomie que celui que l'on voit en tète de la relation particulière de son voyage avec Clapperton , et qui le représente dans le costume oriental. Les compa- triotes de R. Lamier lui ont érigé une statue sur la place publique de Truro
  • Richard LEBLANC( 1510) : l'un des plus féconds traducteurs français du 160 siècle, était né vers 1510 à Paris. A cette époque, où toute l'instruction consistait dans l'étude du grec et du latin , il se rendit trèshabile dans ces deux langues. Il était en 15E7 instituteur des enfants d'Étienne de Mérainville, maître d'hôtel du due de Guise. Ce fut pour ses élèves qu'il traduisit Hésiode, afin de les familiariser de bonne heure avec un poète dont, à notre avis, les oeuvres renferment les meilleures Règles de conduite. Ses talents lui méritèrent la bienveillance de la princesse Marguerite, fille de François ler, dont le nom se trouve à la tête de la plupart de ses traductions. Les instances réitérées de ses amis le décidèrent à essayer de traduire Virgile. Il traduisit d'abord les Géorgiques, puis les neuf dernières églogues; mais il n'osa jamais toucher à la première , que Marot avait plutôt imitée que traduite ; tant était grande alors l'admiration qu'imposaient les plus faibles productions de ce poete. Leblanc s'excuse , dans son épître dédicatoire des Bucoliques, d'avoir plutôt traduit les oeuvres d'un pote profane que quelquesuns des livres saints, par la défense qu'on avait faite de mettre la Bible en langue vulgaire, pour ne pas fournir de nouveaux aliments aux disputes religieuses. Dans tous ses écrits, il se montre l'ami sincère de son pays, et désire la fin des troubles qui ralentissaient les progrès des lettres. On conjecture, d'après quelques passages de ses épîtres, que , sur la fin de sa vie , il remplissait une chaire dans un des colléges de Paris. Mais on ignore l'époque de sa mort, qui , selon toute apparence, ne peut être postérieure à l'année 1580. On connalt de lui lois traductions suivantes : les OEuvres et les Jours d'Hésiode, Lyon ou Paris , Boyard , 1547 Cette traduction est en vers de dix syllabes, seul mètre qu'il ait employé dans ses traductions en vers. 2° Les Centons, de Proba Falconia , Paris, 1553 3. Dialogue, de StChrysostome, de la dignité sa- cerdotale, ibid., 1553 4° l'Histoire de Tan- credus , prise des vers de Philippe Béroaldo , ibid., 1553 ; l'Elégie de la complainte du Noyer, attribuée à Ovide, en vers, ibid., 1554 6" les Géorgiques, de Virgile , ibid., 1554 reproduites en 1574 et 1578 , même format; 7° les Bucoliques, de Virgile, ibid., 1555 fig.; ibid., 1374; 8° les Livres de la subtilité, de Jérôme Cardan , ibid., 1556 1578 , 1584
  • Richard LEGRAS( 1526 - 1584) : médecin , né à Rouen en 1526, exerça sa profession dans cette ville, et s'y fit estimer par sa probité et ses lumières ; il mourut le 28 novembre 1584. Tous les poètes du temps célébrèrent à l'envi ses louanges, en français, en grec et en latin. Son fils rassembla les vers publiés à cette occasion, dans un recueil intitulé le Tous- beau defeu noble homme maitre Richard Le gras, etc., Paris, 1586 — LEGRAS , fils du précédent, né à Rouen, se distingua par son amour pour les lettres et par son érudition. Il fut reçu avocat au parlement, et partagea ses loi- sirs entre le culte des muses et les affaires. LacroixduMaine , son ami , dit qu'il était homme fort docte ès langues, et pote français trèsexcellent. Legras avait fait l'éloge de son projet d'une I3ibliothèque Françoise, par deux sonnets qui son imprimés à la suite de la préface. On a encore de lui la Traduction d'Hésiode , Paris, 1586 elle est en grands vers. L'abbé Goujet la trouve préférable pour l'exactitude, et même pour le mérite du style , aux trois traductions qui avaient déjà paru de ce porte, par Rich. Le Blanc, Lamb. Daneau, et Baïf
  • Richard LIGON : voyageur anglais du 17e siècle, raconte ainsi les motifs qui le décidèrent à quitter sa patrie : « Plusieurs personnes raison,. nables, au jugement tout ce ‹, que j'avais pu amasser par mon travail et par « mes soins durant ma jeunesse, je me trouvai, « par ce moyen, dépouillé de tout ce que j'avais a et réduit à l'extrémité, sans savoir de quoi subsister; en sorte qu'il fallait mourir de faim ou , Londres, 1650 cartes et figures. Ce titre ne promet rien Il y a encore une édition de 1657, que Boucher de la Richarderie n'a pas connue. Il ne cite que celle de 1695, Bibliothèque des voyages, t. 6, p. 194. . On sait que l'aventure d'Yarico a fourni le sujet de plusieurs pièces de théâtre et de romans. L'Histoire des voyagpurs. par Prévost, contient un court extrait du livre de Ligon, dont les figures représentent des végétaux , ainsi que les bàtiments d'une sucrerie. Elles sont reproduites dans la traduction française, qui n'a pas été imprimée à part. On la trouve dans l'ouvrage intitulé Recueil de divers voyages faits en Afrique, et en Amérique, qui n'ont point encore été publiés, Paris, 1674 cartes et figures. Le voyage de Ligon comprend 204 pages ; l'éditeur, qui n'est désigné que par les initiales II. J., et qui céda son droit à Billaine, dit avec raison que cette relation mériterait de former un volume à part. Le traducteur n'a pas toujours rendu avec exactitude le texte qu'il avait sous les yeux ; et comme plusieurs de ses confrères d'aujourd'hui, il traduit le nom anglais de , Barbadoes par les Barbades. Une faute semblable se représente dans une autre description de la méme lie, que contient le même volume et qui est jointe à celle de la Jamaïque, avec une carte, et de Pile de StChristophe, à la suite de laquelle on lit des détails sur le reste des Antilles anglaises, sur les colonies du continent de l'Amérique septentrionale et sur TerreNeuve, le tout accompagné d'une petite carte de ces dernières contrées
  • Richard LOVELACE( 1618) : poète anglais , né dans . e comté de Kent en 1618, se fit remarquer à a cour par sa figure, son luxe et ses manières, ,t dans les camps par sa valeur et sa loyauté. 'eu de temps après la paix de Berwick , il fut l?argé par sa province de présenter à la chantOore des communes une pétition en faveur de harles I", commission plus honorable que sûre, et pour laquelle il fut retenu quelque temps en prison. Après avoir dissipé presque toute sa fortuite, il se mit à la tète d'un régiment anglais qu'il avait formé pour le sers ice du roi de France, et fut blessé à Dunkerque. Il avait laissé en Angleterre une maitresse adorée, miss Luc Sacheverel , qu'il a célébrée dans ses vers sous le nom de Lucasta , ou Lux rasta; mais elle se maria sur la fausse nouvelle qu'il était mort de sa blessure. Revenu en Angleterre, il fut de nouveau emprisonné; et lorsqu'il recouvra sa liberté , se voyant sans ressource, il tomba dans la mélancolie et dans le dépérissement physique et moral. Cet bornoie, autrefois chéri des héros et des belles' qui avait brillé dans les cours des princes sous des habits couverts d'or et de soie, ne vécut plus que de la charité publique , et mourut dans la misère la plus complète en 1658, couvert à peine de quelques haillons. On a de lui l' Écolier , comédie; le Soldat, tragédie, et quelques poésies peu correctes, mais où l'on trouve de la grave et de la facilité
  • Richard LUCAS( 1648) : savant théologien anglican, né dans le comté de Itadnor en 1648, acheva ses études à l'université d'Oxford. Il dirigea, pendant quelque temps, l'école gratuite d:Abergavenny; niais le talent qu'on lui connaissait pour la prédication ne permit pas de le laisser dans cette position. Il fut élu en 1683 vicaire de St-Étienne, à Londres, et prédicateur de StOlave dans le quartier de Soutliwark. En 1696, il se vit installé prébendier de la cathédrale de Westminster. Ce fut en cette même année qu'il perdit totalement la vue, déjà faible depuis sa jeunesse. Il mourut en 1715. Sa piété ne le cédait pas à son savoir et à son éloquence, et, suivant le docteur Doddridge , « on sent, en lisant ses ouvrages, qu'il était supérieur au monde et entièrement voué à Dieu. Ses pensées sont excellentes; son langage est parfois simple comme dans la conversation, parfois grand et sublime, toujours expressif ». On loue particulièrement le Christianisme pratique et la Recherche du bonheur, 2 vol. Le premier de ces ouvrages est fortement recommandé par sir Richard Steele, dans le 63' numéro du Guartlian. Les autres écrits de Richard Lucas sont : 1° la l'orale de l'Éranyile ; 2" Pensées chrétiennes pour chaque jour ( le la semaineGuide pour aller au ciel; 4° les Devoirs des domestiquessermons, 5 vol., même format, publiés par le fils de fauteur. Une traduction latine qu'il a faite de tous les devoirs de l'homme ( the idiote Duty of man; a été imprimée en 1680
  • Richard MANT( 1776 - 1848) : ecclésiastique anglais , né le 12 février 1776 à Southampton,fut successivement chapelain de l'archevêque de Canterbury en 1813, recteur de StBotolph en 1815 , et recteur d'Eastilorsley, dans le comté de Surrey, en 1818.11 fut consacré évêque à Killaloe et Kilfenora en 1820, et transféré au siége de Down et Connor au commencement de 1823. Il dirigea ce dernier diocèse pendant vingtcinq ans et demi, et enfin passa au diocèse de Dromore en 1842. Richard liant est mort le 2 novembre 1848. Il a publié un grand nombre d'ouvrages parmi lesquels nous nous contenterons de signaler : 1° le Puritanisme ravivé ; série de lettres d'un curé à son recteur, 1808 ; Particularités sur le caractère de feu Cl.. James Fox, 1809 ; 3° Appel à la Bible, ou Enquête sur la justesse de l'accusation prétendant que la Bible n'est pas prêchée par le clergé national, huit sermons, 1812 5 éditions ; 4° le Livre de la prière commune, avec des notes explicatives , pratiques et historiques, empruntées à des t: crivains approuvés par l'Eglise d'Angleterre, 1820 et abrégé en 2 vol. 5° les livres des Psaumes, ou Version anglaise métrique, avec des notes critiques et illustratives , Ise ; 6° Notices biographiques sur les apôtres, les évangélistes et d'outres saints, avec des réflexions et des oraisons adaptées . aux fêtes mineures de l'Eglise uni, 1833, plusieurs éditions ; 9° les Mois britanniques, poeme en 12 parties, rempli de piété et d'exactes observations de la nature, 1835, 2 vol. ; 100 Hymnes anciens, empruntés au bréviaire romain à l'usage domestique, arrangés pour chaque matin et chaque soir de la semaine et spécialement pour les fêtes de l'Eglise, avec quelques hymnes originaux su? ' les commandements' de l'Eglise; 1837 ; 11° Histoire de l'Eglise d'Irlande. Le 1" volume embrasse l'époque de la réformation à la révolution ; le 2., de la révolution là l'union. 12° Le Christianisme primitif enseigné et éclairé par les actes des premiers chrétiens , 1842 ; 13° Horre liturgicœ, 1845
  • Richard MATHER( 596 - 1669) : théologien anglais, né en 596 dans le Lancashire, embrassa l'état ecclésiasigue et passa en Amérique, où il devint ministre le Dorchester, dans le Massachusetts; c'était un ,on prédicateur. ll mourut. en 1669. On a de lui : In Discours sur l'Église presbytérienne; une Moleste et fraternelle réponse au livre de Herle, 1646 ; — un Catéchisme; — un Traité de la justification, 652 ; — une Lettre à M. Hooker, , dans laquelle I prouve qu'il est permis à un ministre d'admiiistrer les sacrements hors des limites de sa juriliction ; — une Réponse au livre de Davenport .ontre la proposition du synode de 1662. Richard lather laissa quatre fils, Increase, Samuel , Nahanaël et Éléazar, qui tous embrassèrent l'état ecclésiastique et se firent connaître par d'utiles niblications.—MATHER , né en 1626, fils k lu précédent, suis it son père en Amérique et se lit. 14cevoir docteur en 1643, au collége d'Harvard.11 lassa ensuite en Irlande et devint ministre à Dulin. ll mourut en 1671 , après avoir acquis la i'iputation de grand prédicateur. On a de lui : gretissement salutaire pour un temps de liberté, 16:i2; — Défense de la religion protestante contre papisme, 1671 ; Irenieum , ou Essai pour union contre les presbytériens, les indépendants et anabaptistes; — Traité contre les liturgies fores; — Pamphlet contre Valentin Greatrakes, qui l'étendait guérir les malades en les frappant ; — 'ecueil de Sermons sur des sujets de l'Ancien Tes- 'riment; — Discours contre les superstitions du padsme. MATHER , troisième fils de Richard, naquit en 1637, fut gradué collége d'Harvard , prit les ordres en 1661 et devint pasteur d'une église nouvellement établie à Northampton. Il mourut en 1669. Un abrégé de ses sermons fut publié en 1671 , sous le titre de Sérieuse exhortation au peuple de la Nouvelle- Angleterre et à la génération suivante
  • Richard MEAD( 1673 - 1754) : célèbre médecin , naquit en 1673 , à Stepney , village près de Londres , et mourut dans cette ville le 16 février 1754. 11 reçut sa première éducation à Utrecht, où son père, nonconformiste , s'était retiré pour des motifs politiques ; il alla depuis étudier la médecine à Leyde , et obtint dans l'université de Padoue , le titre de docteur. De retour dans sa patrie en 1696 , il se livra avec un grand succès à la pratique de son art. Il fut agrégé aux universités , associé aux académies de son pays , élu viceprésident de la société royale en 1717, nommé médecin de l'hôpital StThomas , et enfin en 1727 , médecin du roi George II, qui , diton, lime lui accorda point une confiance sans réserve. Il eut part aux premières expériences de l'inocu- lation de la petite vérole , essayée d'abord en 1721, sur des criminels condamnés à mort ; et ce fut d'après le succès de ces expériences que les jeunes princesses Amélie et Caroline furent inoculées en 17'22. Mead se délassait des fatigues d'une immense clientèle par la culture des lettres et l'étude de l'antiquité. Comme il posséda de bonne heure une fortune considérable , il parvint à réunir une collection de livres, de médailles , de pierres gravées et de monuments des temps antiques. Le catalogue de ces derniers objets a été imprimé à Londres en 1755 , sous le titre suivant : Alusœunt sivs Catalogus nummorum, veteris tevi monumentorum st gemmarum, etc. La riche bibliothèque de Mead et une table somp Quoiqu'il fût dans l'usage de donner gratuitement les se-, ours de son art aux ecclésiastiques et aux gens de lettres, sa pratique lui rendait annuellement cinq ou six , quelquefois jus-. qu'à sept mille livres sterling . Il anima plusieurs de ses compatriotes du désir de s'illustrer par d'utiles établissements ; et ce fut lui qui au libraire Guy l'idée de fonder le rnagni - tique hôpital de ce nom . Laplace, dans ses Pièces intéressantes et peu connues , rapporte que Mead presque septuagénaire , étant venu à Paris , eut la fantaisie de prendre des leçons de danse du fameux Dupré, comme exercice conve- nable aux personnes âgées , et surtout utile à celles pour qui leur profession ne laisse que peu de temps pour la promenade. Il nous reste de lui : 1° illechanical account of poisons , 170'2, 1708, 1711, 1747 ; Dublin, 1729 Une tra- duction latine du même écrit, par J. Nelson, inti- tulée illechanica expositio venenorum, fut publiée à Leyde , 1737 ; et une autre en italien , en 1744 Cette production , trèsintéressante à l'époque où elle parut, est remplie d'expérienees et d'observations sur le poison de la vipère, de la tarentule, du chien enragé, sur le mercure, l'arsenic, sur l'opium, la ciguë, le lauriercerise, enfin sur les exhalaisons nuisibles qui s'élèvent de la terre, de l'atmosphère et des eaux. 2° De intperio solis et lune in corpora huntana et morbis inde oriundis, Londres, 1704, 1746 1762 Leyde en 1737, avec le traité des poisons ; Londres, avec des changements et addi- tions , 1748 Amsterdam , 1749 Il en a paru une traduction anglaise en 1733 On doit considérer cet opuscule, qui a encore en d'autres éditions , comme une application de la doctrine alors assez récente de Newton sur le flux et le reflux de la mer : mais cette application est loin de présenter des explications et une solution satisfaisantes. 3. A Short discourse concer- ning contagion and the ntethod to be used to prevent it , Londres, 1720 ; id., 8e édit., ibid., 17'22 Il y en a eu plusieurs éditions latines publiées sous ce titre : Dissertatio de pestiferœ contagionis natura et remediis, la Haye, 1721 ; et Londres, 1723 On voit par la date de cet écrit, qu'il fut composé à l'occasion de la fameuse peste de Marseille. Les points principaux de la doctrine de Mead sont, qu'il reconnaît l'existence et l'activité de la contagion , et il conseille par conséquent l'isolement le plus complet , et les mesures sanitaires ou de quarantaine les plus sévères. Il n'approuve point les feux que les anciens avaient coutume d'allumer dans les places publiques et les carrefours. Il ne pense pas non plus qu'il soit nécessaire de détruire les cadavres des pestiférés avec de la chaux vive avant de les recouvrir de terre. Il prescrit trèsjudicieusement de favoriser la suppuration des bubons. il° ratio Harveiana in theatro collegii medicorum Londinens. habita anno 172:3 : adjecta est dissertatio de num- mis quibusdant Smyrnœis in medicorunt honorent percussis, Londres, 1724 ; Leyde, 1725 . Ce discours et la dissertation placée à la suite , destinés l'un et l'autre à relever la gloire et les honneurs de la médecine et des médecins chez les Grecs et les Romains, devinrent le sujet d'une dispute trèsvive , dans laquelle les partis opposés défendirent avec beaucoup d'humeur et d'emportement leurs prétentions respectives. Conyers Middleton , homme distingué dans le clergé par son rang et son savoir, voulut prouver que la médecine avait été méprisée chez les Romains, et exercée seulement par des esclaves ou des affranchis ; et il produisit ses raisons dans un opuscule qui a pour titre De ntedicorum apud Romanos degentiunz conditione, Cambridge, 1726 Rien n'était plus facile que de terminer cette dispute : car Mead ne pouvait disconvenir que le titre de médecin n'eût été donné dans l'antiquité à des hommes illettrés et pratiquant, comme nos barbiers et nos bai-. gneurs, quelquesunes des opérations de la mé- decine ; ce qui n'infirmerait point les témoignages de considération et les priviléges accordés à des médecins possédant leur art dans un degré éminent. Des hommes plus savants que Middleton dans la science des médailles se chargèrent depuis de prouver que plusieurs de celles que Mead avait crues frappées en l'honneur des médecins, l'avaient été pour des magistrats, et que l'on ne pouvait rien conclure des revers portant des symboles ou des attributs de la santé. 5° De va- riolis et morbillis liber, Londres, 1747 ; 6. Disser- tation on the scurvy, Londres , 1749 Cette dissertation dans laquelle Mead décrit le scorbut qui attaqua la flotte de l'amiral Anson , fut traduite en français par Lavirotte, et publiée à Paris dans la même année. 7. Medica sacra , sive de morbis insignioribus qui in Bibliis nzemorantur commentarius , etc., Leyde, 1749 On peut voir sur ce livre un chapitre assez curieux des Entrevues de Ganganelli, 9e entrevue ; 8° Monita et prœcepta medica, Londres, 1751 Hambourg, •752 ; Louvain , 1755 11 en parut une traduction française à Paris en 1758 avec un Discours de Kaau Boerhaave sur les qua- lités qui servent à former et à perfectionner les ni' decins. La collection des ouvrages de Mead a été imprimée en latin, par les soins de Lorry, Paris, 1751 en anglais, Edimbourg, 1765, 3 vol. ; et l'on en a donné une traduction fran-çaise , enrichie de découvertes postérieures à celles de l'auteur, augmentée de plusieurs discours préliminaires et de notes intéressantes sur la physique , l'histoire naturelle , la théorie et la pratique de la médecine, etc., avec huit planches en tailledouce, par M. Coste , Bouillon, 1774, 2 vol. Le docteur Asken lit exécuter par le sculpteur François Roubillaud , le buste de Mead , et le plaça dans le collége des médecins de Londres. Une médaille fut frappée en l'honneur de Mead. Son fils lui fit élever un beau monument à Westminster. Le docteur Ward en composa l'épitaphe latine , qui renferme une courte et élégante histoire des travaux et des vertus de ,read, et qui apprend des détails intéressants sur sa famille
  • Richard MEADOWCOURT( 1697 - 1769) : critique anglais, né en 1697 dans le comté de Strafford , fit ses principales études dans l'université d'Oxford , y fut agrégé au collége de Merton et devint chanoine de l'église de Worcester. Il cultiva les lettres avec succès. On a de lui quelques petits traités contenant des remarques critiques sur les poëtes anglais, notamment une Dissertation accompagnée de notes sur le Paradis reconquis, de Milton, imprimée en 1732, et dont une seconde édition parut en 1748. L'évêque Newton a fait de ces remarques un usage utile. ainsi qu'il s'est empressé de le reconnaître dans la préface qui précède ce peine de l'Homère anglais. Onze ser- mons de Meadowcourt ont été publiés. 11 est mort à Worcester en 1769
  • Richard MORRISON( 1767) : architecte anglais, né vers 1767, était fils de John Morrison, luimème architecte à Cork. Il fut d'abord destiné à l'Église; mais le peu de goût qu'il montrait pour cette car rière la lui fit bientôt abandonner, et il se rendit à Berlin pour y suivre les leçons de l'architecte James Gandon. Le comte de Shannon , qui était son parrain, le fit ensuite entrer dans l'administration de l'artillerie; mais, sa place ayant été supprimée à la suite de réductions, il résolut en fin de cause de s'adonner à l'architecture. ll a élevé un grand nombre de bâtiments, et on trouvera sur ses principaux ouvrages des détails assez étendus dans le volume 1" des Quarterly papers. on architecture de Weale , où on a inséré un Mémoire de II MORRISON, son fils, qui mourut âgé seulement de ans, après l'avoir aidé quelque temps dans ses travaux d'architecture. En dernier lieu, Richard Morrison fut employé par lord Longford et par le comte de Hom th. Il est mort à Dublin le 31 octobre I 8i9, président de l'institut irlandais d'architecture, et laissant une fortune considérable et une trèsriche bibliothèque
  • Richard MONTGOMMERY( 1737) : général américain, né en 1737 dans le nord de l'Irlande, embrassa jeune la profession des armes, et servit en 1756 comme officier dans la guerre du Canada . A la paix, il obtint sa démission, acheta une ferme dans la province de NewYork, et épousa la fille d'un juge de cette ville. Lors de la lutte des Américains contre les Anglais , il offrit de combattre pour l'indépendance des colonies , et fut nommé avec Schuyler commandant d'une petite armée destinée à agir dans le Canada, où les Anglais n'avaient alors que peu de troupes. Schuyler étant tombé malade dans la route, la conduite de l'expédition resta à Montgommery ; il avait sous ses ordres 3,000 hommes de milice , mal vêtus et mal disciplinés , et son parc d'artillerie se composait de quelques pièces du plus petit calibre : encore manquaitil de munitions. Ce fut avec des forces si peu imposantes qu'il osa tenter de chasser les Anglais du Canada. Il commença par gagner l'affection des habitants, qui pouvaient retarder sa marche et qui lui rendirent au contraire beaucoup de services. Ayant reçu quelques secours, qu'il avait demandés, il s'empara du fort Chambly, où il trouva cent vingthuit barils de poudre, qui lui furent trèsutiles pour reprendre le siège du fort StJean, que le manque de munitions l'avait obligé d'interrompre. Il réduisit ensuite la ville de Montréal, où il s'arrêta pour faire habiller ses soldats presque nus au milieu de l'hiver, et se mit en marche pour joindre le colonel Arnold, qui se disposait à assiéger Québec ). Malgré les mauvais chemins, rendus presque impraticables par les neiges, il fit tant de diligence qu'il arriva devant cette ville le 5 décembre 1775. Après avoir cherché vainement à intimider le gouverneur de Québec en exagérant ses forces et ses dispositions militaires, il dressa une batterie de six pièces à sept cents toises des murailles ; mais elle ne produisit aucun effet. Cependant les troupes souffraient beaucoup de la rigueur du froid, et il paraissait impossible de les maintenir longtemps dans une position aussi critique : Montgommery se décida donc à tenter l'escalade. Il concerta toutes ses dispositions avec Arnold, et le 31 décembre, à cinq heures du matin, favorisé par la neige qui tombait à gros flocons, il s'avança contre la basse ville, à la tète de sa division , tandis qu'Arnold attaquait la ville haute : il s'empara de la première barrière, et il poussait courageusement vers la seconde quand une décharge d'artillerie le renversa mort avec son aide de camp et plusieurs personnes de sa suite. Le corps du malheureux général fut apporté le lendemain à Québec.et enterré avec tous les honneurs dus à son rang. Sa mort fut pleurée par les Anglais comme Pa r les Américains. En Angleterre, les orateurs les plus éloquents de l'opposition le comblèrent à l'envi d'éloges, et le ministère même rendit un juste hommage à ses vertus. Le congrès lui consacra un monument dont l'exécution fut confiée à J.J. Caffieri, sculpteur français ; ce monument est placé audevant de la principale église de NewYork
  • Richard MORTON( 1600 - 1698) : médecin anglais, naquit dans le comté de Suffolk vers la première moitié du 17. siècle. Il avait d'abord embrassé l'état ecclésiastique et fut nommé chapelain de la famille Foley, dans le Worcester; mais étant nonconformiste, il dut par la suite résigner, ce qui lui fit abandonner la carrière de l'église. Dès lors Morton, qui n'avait pas encore vingtquatre ans, embrassa l'étude de la médecine et s'y distingua bientôt. Nommé médecin du prince d'Orange et l'ayant accompagné à Oxford, il prit dans l'université de cette ville le bonnet de docteur. Par la suite, il s'établit à Londres et se fit agréger au collège de médecine de cette capitale, où il ne tarda point à ètre fort répandu dans la pratique. Il fut le rival plutôt que l'émule de Sydenham, qui, moins docte peut-ètre, fut incontestablement plus habile dans le jugement et dans la curation des maladies. Morton obtint une grande vogue pour le traitement des maladies chroniques de la poitrine, sur lesquelles il a écrit un livre qui renferme d'utiles recherches, mais aussi de grandes erreurs sur la véritable nature comme sur le traitement de ces affections. Il fut un des premiers promoteurs du king en Angleterre ; il I administrait d'abord , par timidité, à trèspetites doses, dans les fièvres intermittentes ; mais l'expérience lui montra l'innocuité de cette salutaire écorce, dont il lit toutefois un funeste abus dans l'hémoptysie , dans la petite vérole, dans la dvssenterie : il administra aussi intempestivement l'eau de chaux dans cette dernière maladie. Morton attaque , dans ses écrits , la théorie humorale transmise par Galien ; mais il la remplaça par d'autres abstractions peut-ètre plus dangereuses. C'est ainsi qu'il admettait l'existence des esprits vitaux et celle d'un virus destructeur dans les maladies aiguës, tout en se vantant d'ètre éclectique. Dans le fait, il était imbu de cette ridicule chimiatrie qui a déshonoré la médecine du 17° et du 18. siècle. Il lamait Sydenham d'employer les antiphlogistiques dans les phlegmasies du tube digestif, ainsi que dans la variole. Il aurait voulu faire prévaloir la méthode échauffante, qu'il préconisait et qui le guidait souvent dans le traitement des maladies aiguës, parce qu'il croyait que les excitants étaient seuls propres à détruire le prétendu virus, qui, selon lui, les entretenait. Morton mourut dans le comté de Surrey , le 30 août 1698, laissant après lui la réputation d'un vaste savoir, que ne démentent point ses ouvrages, bien qu'ils contiennent des doctrines arbitraires et erronées. Il a publié : e Phthisiologia , sire exerritationes de phthisi, Londres, 1685 traduit en anglais, 1694 Il entre ici dans des détails étendus et variés sur la phthisie et sur ses diverses espèces : mais malheureusement on y cherche en vain des connaissances solides d'anatomie pathologique. 2" Exereitationes de Inorbis universalibus arutis, Londres, 1692 3° De febribus iqtaniniatoriis , ibid., 1694 1698. C'est ici surtout qu'abondent ses erreurs sur le traitement des maladies inflammatoires, qu'il veut attaquer par les incendiaires, s'éloignant en cela de la doctrine d'Hippocrate , dont Sydenham au contraire se rapproche. C'est particulièrement au sujet de la variole qu'il fait éclater la barbarie de sa méthode. 4° Opera mania, Amsterdam , 1696, 2 vol. Lyon , 1697, 2 vol. ; Venise, 1737 ; Leyde, 1757
  • Richard NORWOOD : géomètre anglais, est connu principalement pour la première mesure d'un arc du méridien qui ait été faite en Angleterre. Le plus important de ses divers ouvrages est sa Trigonométrie , imprimée à Londres en 1667 : l'épître dédicatoire est de 1634. Le recueil qu'on publia sous son nom en 1694 est en trois parties, dont la première est cette mème Trigonométrie, qui n'offre rien de remarquable; la seconde est la Pratique du marin ; le troisième traite De la fortification. C'est dans la seconde que se trouve la mesure du degré. Maupertuis, dans son livre de la figure de la terre, nous apprend que l'opération de Norwood fut terminée en 1635. Les hauteurs du soleil au solstice d'été furent prises à Londres et à York avec un sextant de cinq pieds de rayon. L'amplitude fut trouvée de 2° 28'. La route qui conduit de l'une à l'autre ville fut mesurée à la chaîne, en observant les angles de tous les détours au moyen d'un graphomètre. On en fit de même pour les diverses pentes, et, réduisant le tout à un arc du méridien , Norwood trouva 9,149 chaînes , d'où il ,conclut le degré de 3,709 chaînes et 5 pieds, qui font 57,300 toises suivant Newton , 57,442 suivant Bailly, ou 57,424 suivant Lalande. Quoi qu'il en soit, ce degré est certainement trop fort de plus de 300 toises. Cette erreur n'aura rien de surprenant si l'on songe que le sextant et le graphomètre employés n'avaient pas de lunette. Snelbus , plus habile géomètre , s'était trompé de 2,000 toises quelques années auparavant. On peut juger, par ces deux exemples, de ce que l'on doit penser des degrés mesurés par les Grecs et les Arabes , et de la confiance que l'on peut accorder aux mesures plus anciennes, qu'on attribue à des peuples qui n'avaient ni verniers, ni lunettes, ni micromètres, ni même aucun instrument dont il reste la moindre mention. On a encore sous le nom de Richard Norwood quelques lettres et mémoires, insérés dans les - Transactions philosophiques, sur le flux et le reflux, et les puits d'eau douce creusés au bord de la mer, aux îles Bermudes, et sur la pèche de la baleine , , avec l'Histoire naturelle de la la nzaïque , et sur la mesure de l'arc du méridien
  • Richard PACE( 1482) : né dans le diocèse de W en 1482, annonça de si heureuses dispositions dès sa plus tendre enfance , que Langton, son évêque, voulut se charger de son éducation et pourvoir aux frais de son cours académique. Au sortir de l'université d'Oxford , Pace se rendit 4) celle de Padoue, la plus renommée de l'Europe pour l'étude du droit public, civil et canonique. De retour en Angleterre, il s'attacha au cardinal eambridge , archevêque d'York , qui le produisit à la cour, où il obtint une charge de secrétaire ,d'Etat et plusieurs bénéfices. Il fut successivement chanoine d'York , archidiacre de Dorset, doyen d'Exeter, enfin doyen de StPaul de Lon- dres. Henri VIII l'envoya en 1522 à Venise, pour assister à une négociation importante entre l'em- pereur et le roi de France. Sa conduite répondit à la confiance de son maitre; mais elle excita contre lui la jalousie du cardinal Wolsey, qui lui sut mauvais gré de ce qu'en prenant les intérêts de l'empereur il avait nui au projet qu'avait ce prélat ambitieux de parvenir à la papauté. Wolsey, pour le faire échouer dans sa mission , détourna les sommes d'argent qui lui étaient destinées, au point que celuici se trouva réduit à la phis grande détresse. Pace conçut tant de chagrin des tracasseries du cardinal , qu'il en tomba malade et fut hors d'état de continuer sa mission. Ayant été rappelé en Angleterre, son ennemi continua de le persécuter, et réussit à prévenir tellement l'esprit du roi contre lui , que Pace fut enfermé à la tour de Londres, d'où il ne sortit qu'au bout de deux ans de détention. Sa disgrâce lui causa un dérangement mental dont il ne put guérir entièrement. Il se retira à Steppey, dans le voisinage de Londres, et mourut dans cette retraite en 1532, ayant à peine atteint sa 50e année. On a de lui : 1° De fructu gni ex doctrina percipitur, Bàle, 1517 ii°; 2° Oratio de pace et fccdere inter Angl. et Franc. reg.; 3° Prafatio in Ecclesiast. recogn. ad hebrai- cant veritatem, et collat. cum translatione 70 inter- pret V; De lapsu Hoebraïcorunt interpretum; 5° Traité contre le mariage de la reine Catherine, en anglais „où il s'exprime avec beaucoup de retenue sur la conduite de Henri VIII. 6° Sexde- cim orationes ad principes; 7° Elemplum littera- 7- uni ad regem Henricum FM, 1526; 8° Carnzina diversa; 9. Epistolœ ad Erasmum, Leiunz, etc.; elles se trouvent dans les Epistolce aliquot vira- rum eruditorum; 10° des traductions latines de divers traités de Plutarque, de celui de la mort d'Apollonius de Tyane, de la préface de Simpli- cius et quelques autres ouvrages
  • Richard PARKER( 1760) : matelot anglais , fut le chef de la révolte qui éclata dans le printemps de 1797 à bord de l'escadre de l'amiral Bridport. II était né en 1760 à Exeter de parents honnêtes, mais peu riches, qui lui donnèrent cependant une assez bonne éducation. Il entra dans la marine à l'époque de la guerre d'Amérique comme surnuméraire, et fit en cette qualité les dernières campagnes de cette guerre. Revenu en Angleterre à la paix , il épousa une femme dont il eut bientôt dissipé la fortune. Il contracta des dettes, fut mis en prison à Edimbourg , et n'en sortit que lorsque les différents comtés prirent la résolution de lever des matelots pour la marine royale. Alors il s'enrôla et fut conduit à Noie, à bord du Sandwich, où il se fit d'abord remarquer par des propos séditieux et des provocations contre les officiers. 11 acquit ainsi la confiance des matelots; et, quand la révolte eut tout à fait éclaté, ils le nommèrent amiral de la flotte, que l'on appela la république flottante , et qui donna au gouvernement une trèsvive inquiétude. Mais gràce à l'énergie et à l'activité qui furent déployées , cette insurrection , qui menaçait de se communiquer à toutes les flottes britanniques, fut bientôt réprimée. Parker montra dans cette circonstance beaucoup de dignité et de résolution, et lorsque tout fut désespéré pour sa cause, il se livra luimême le 13 juin entre les mains de quatre de ses camarades, en les priant de le garantir des insultes des autres matelots. On l'embarqua sous .bonne escorte dans une cha- loupe , et à son débarquement le peuple le reçut à coups de sifflets. « Ne me sifflez pas, s'écria•til « aussitôt, je me justifierai. » De Maidstone, où on l'avait d'abord mis, on le transféra à Sheerness. Jusqu'au 20 on lui fit subir différents , dans lesquels on chercha vainement à découvrir les secrets moteurs de l'insurrection. Le 22, on entendit plusieurs témoins qui déposèrent contre lui ; il répondit encore avec autant de fermeté que de noblesse. A la fin du mois il fut condamné à être pendu, et reçut son arrêt avec la plus grande tranquillité, le plus grand respect pour ses juges; il sollicita même leur indulgence en faveur des autres matelots. Le 30, il fut exécuté près de Sheerness, à bord du Sandwich. On admira le calme et le sangfroid que Richard Parker montra dans ses derniers moments, où il s'entretint longtemps avec un ecclésiastique. Son corps' fut ensuite exposé sur l'île de Cheppy, , vis-àvis la rade du Nord, où il resta jusqu'à son entière destruction
  • Richard PARKINSON( 1798 - 1858) : théologien anglican, né à Fairsnape, dans le NorthLancashire, le 17 septembre 1798, mort à StBees dans le même comté le 9. 8 janvier 1858. Après avoir administré diverses cures, il devint en 1826 professeur de théologie à l'académie théologique de StBees. Depuis 18!&6, il était directeur de cette institu - tion , en même temps que chanoine de l'évêché de Manchester. Il a écrit de nombreux ouvrages, parmi lesquels nous citons : 1. Sermons on points of doctrine and rules of practice , Manchester, 1823; 2. Or the aseent of Elijah, 1830 ; ce poënie biblique contient de grandes beautés de style, ainsi que des idées grandioses; il a été traduit en allemand. 30 Lectures on rationalism and rere- talion , 2 vol., 18:38 , etc. Parkinson a en outre collaboré au Blarkwoods- Magazine , aux Mémoires de la Chalut»: society, etc
  • Richard PATON( 1720) : peintre de marines et graveur à l'eauforte, naquit en Angleterre vers l'an 17'20. C'est surtout Or ses tableaux représentant des combats de mer qu'il s'est acquis une réputation méritée. Le coloris, la perspective, la chaleur de l'action . la vérité et la vivacité de la scène, tout contribue à donner un grand prix à ses ouvrages , qui exercèrent le burin des plus habiles graveurs. Parmi ses tableaux, on cite quatre vues représentant les opérations de la flotte russe contre les Turcs dans la guerre de 1770 ; telles que les Russes s'avançant pour attaquer les Turcs ( feins la baie de Tehesmé ; le Combat des deux flottes pendant la nuit; la Dcfaite des Taies, et la Destruction et l'incendie de leur flotte. Cette suite a été gravée d'une manière supérieure, par Canot Mason et Watts , en quatre planches grand On cite encore la Défense de Gibraltar contre les attaques combinées (le la France et de l'Espagne dans la nuit du 13 au 14 septembre 178`., et la Défaite du comte de Grasse par l'amiral Rodueij, le 12 avril 1784. Enfin on lui doit une suite des combats maritimes les plus mémorables de la guerre d'Amérique. Luimème a gravé avec beaucoup de goùt et d'intelligence plusieurs eauxfortes d'après ses propres dessins, entre autres les pièces suivantes : In Co bat de mer livré le '21 septembre 1758 entre les Français et les Anglais; '2° Combat de mer livré le 28 février 1758 au clair de lune l'entre le Montmauth , vaisseau anglais et le Foudroyant, vaisseau français; 3° Combat de mer entre le vaisseau anglais le Buckingham et le vaisseau français le Florissant , soutenu de deux frégates, livré le 3 novembre 1758
  • Richard PETRONI( 1200) : cardinal , l'un des restaurateurs de l'étude du droit à Naples, était né vers le milieu du 1:1• siècle à Sienne, d'une famille féconde en hommes de mérite et que les biographes italiens font remonter jusqu'au consul Pétrone. Après avoir étudié la grammaire. la théologie et les :autres sciences cultivées de son temps, il s'appliqua entièrement a la jurisprudence, sous la direction du célèbre Accurse re pouf, , et y fit de trèsgrands progrès. Il ou- rit ensuite une école dans sa patrie. Bientôt, sur sa réputation , Charles 1", roi de Naples. lui offrit une des premières chaires de l'université de cette ville ; mais Petroni ne l'accepta qu'avec l'agrément de ses compatriotes. H fut l'un des trois jurisconsultes que le pape Boniface V111 chargea de compiler le recueil de décrétales connu sous le nom de Selle., et dont la première comme la plus rare édition est celle de Mayence. i65 Il s'acquitta de ce travail important de manière à mériter toute la bienveillance du pontife, qui le nomma vicechancelier de l'église romaine et l'éleva en 1298 à la dignité de cardinal. Si l'on en croit Chacon Fies des papes et des cardinaux , Petroni se rendit coupable d'ingratitude envers son bienfaiteur en le livrant à la vengeance des Français . On trouvera une notice assez étendue sur le cardinal Petroni dans le tome 1"de l'ouvrage : Storia dello studio di Napoli
  • Richard PHILLIPS( 1778) : chimiste et géologiste anglais, naquit en 1778. Après avoir été placé comme élève dans une des plus importantes pharmacies de Londres, il se livra à l'étude de la chimie, et il fut du nombre des huit jeunes gens qui fondèrent la Société Askésienne , dont nous avons déjà parlé à l'article PEPYS . Un des premiers travaux de Phillips fut une analyse savante des eaux minérales de Bath, jusqu'alors niai connues; ce mémoire fut inséré dans le Philosophical Magazine. La précision et l'exactitude la plus scrupuleuse caractérisaient les recherches de ce chimiste, et encore aujourd'hui elles conservent une autorité incontestée. Il se livra à des études suivies sur diverses eaux minérales célèbres et sur des minéraux rares. En 1823, il découvrit que le minéral appelé uranite n'était pas l'oxyde hydraté d'uranium, comme on l'avait supposé, mais un double phos- phate hydraté d'uranium et de cuivre. La présence de l'acide phosphorique dans l'uranite avait échappé aux recherches de Berzelius, qui se trouva ainsi dépassé. Le docteur Thomas Thompson , professeur royal de chimie à Glasgow, a rendu dans son Histoire de la chimie, faisant partie de la Bibliothèque nationale, publiée en 1831, le témoignage le plus honorable à l'habileté et au soin que Phillips apportait dans ses analyses. Malheureusement la nécessité de pourvoir aux besoins d'une famille nombreuse obligea ce savant à ne pas se livrer autant qu'il l'aurait désiré à ses études chéries. La chimie appliquée à la pharmacie fut surtout l'objet de ses travaux. Il fit une critique sévère, mais juste, de l'ancienne pharmacopée de Londres , et il fut consulté lorsque le collége des médecins prit la résolution de re- voir ce codex arriéré et d'en publier une édition nouvelle. Les améliorations nombreuses introduites dans ce manuel des pharmaciens furent surtout son ouvrage ; il jouissait dans les questions de ce genre d'une autorité incontestée, et lorsque la mort vint le frapper, il s'occupait de revoir encore et de perfectionner un travail aussi utile. A partir de 1821, il fut avec M. B.W. Brailey directeur des Annales de philosophie, et ce journal s'étant fusionné en 1827 avec le Magasin philo- sophique, il devint un des gérants de ce dernier périodique , poste qu'il occupa jusqu'à la fin de ses jours. Il fournit à l'Encyclopédie à deux sous les principaux articles sur la chimie et la minéra- logie. il fut successivement professeur de chimie à l'hôpital de Londres, au collége militaire de Sandhurst, à l'école de médecine de M. Grainer et à l'hôpital de StThomas. En 1839, il fut attaché comme conservateur et chimiste au musée de géologie économique , établissement qui prit ensuite le nom de musée de géologie pratique et qu'il dirigea avec le plus grand zèle. La mort vint le frapper au mois de juillet 1851 après une trèscourte maladie, le jour même où ce musée reconstitué était solennellement ouvert sous les auspices du prince Albert. Lorsque la société chimique de Londres fut établie, en 1841, le poste de président fut offert à Phillips qui le méritait par l'étendue et la durée de ses services ; il refusa, mais, huit ans plus tard , il consentit à exercer ces fonctions. En 182.2, il avait été élu membre de la société royale. 11 servit pour ainsi dire de trait d'union entre l'ancienne et la nouvelle école, et il fut le dernier de ces patients investigateurs qui , avant que la chimie eût agrandi son domaine au point d'y comprendre les productions de la vie animale et végétale, s occupaient presque exclusivement d'étudier les combinaisons dont les corps minéraux sont susceptibles
  • Richard POCOCKE( 1704 - 1765) : célèbre voyageur anglais, naquit à Southampton en 1704. Les obscures et insignifiantes particularités de sa vie ne valent guère la peine d'être rapportées. Ses voyages sont tout ce qu'il importe de savoir de lui. Il les commença en 1737, et revint dans sa patrie en 1712. En 1713, il publia ses observations, sous ce titre : A description of East, and of some other countries Ce premier volume, qui contenait ses marques sur l'Egypte et l'Arabie Pétrée , fut suivi, en 1745, d'un second, divisé en deux parties qui forment chacune un volume séparé, aussi considérable que le premier. La première de ces subdivisions contient, en quatre livres, la description de la terre sainte, de la Syrie et de la Mésopotamie , de l'île de Cypre et de celle de Crète. La seconde partie du dernier volume de Pococke est partagée en six livres, qui présentent le récit des courses de ce voyageur dans les îles de l'Archipel, dans l'Asie Mineure, dont il visita toute la partie maritime depuis la Carie jusqu'à la Troade, dans la Thrace et à Constantinople. Pour les trois derniers livres , ils ne contiennent que des détails sur l'Italie, l'Allemagne et les autres pays de l'Europe visités par l'auteur quand il revint en Angleterre. Bientôt après, Pococke joignit à son voyage un recueil assez considérable d'inscriptions grecques et latines qu'il avait rassemblées. Ces copies ne sont pas propres à donner une haute idée de l'exactitude ou au moins de l'habileté de ce voyageur dans ce genre de recherches. Plusieurs des monuments qu'il nous fait connaître sont reproduits avec plus de fidélité dans divers autres voyages ; mais ceux qui ne se trouvent que dans le recueil de Pococke sont presque inintelligibles. Quant à la relation de ses voyages , elle a conservé une réputation méritée. Quoique l'auteur ne puisse pas être considéré comme un savant du premier ordre, il est cependant facile de reconnaître qu'il avait un degré d'instruction supérieur qui le met bien audessus des autres voyageurs qui ont parcouru les régions orientales, le seul Niebuhr excepté. La géographie ancienne surtout lui doit d'utiles renseignements, et il a été d'un grand secours à notre immortel d'Anville. On remarque particulièrement dans son voyage un grand nombre de plans qui nous font connaître avec exactitude l'étendue de beaucoup de villes autrefois trèscélèbres. Pococke et Norden ne se rencontrèrent point en Egypte, quoiqu'ils visitassent cette contrée à la même époque , mais le voyage du premier ne s'étendit pas aussi loin , s'étant terminé à Philœ. En 1771, il parut une traduction fran- çaise des Voyages de Pococke, en 7 volumes : elle est tronquée en plusieurs parties et ne contient aucune des 179 planches de l'original. En 1756, Pococke fut nommé archiprêtre d'Ossory, en Irlande ; en 1765' il occupa la même place à Elphin, dont il fut bientôt nommé évê- que. Il ne tarda pas à être transféré au siége épiscopal de Meath , où il mourut d'apoplexie, dans le mois de septembre de la même année. Outre ses voyages, on a de fui divers mémoires dans les Transactions philosophiq. , dans l'Archwologia , et quelques manuscrits conservés au musée britannique
  • Richard PORSON( 1759) : PORSON ), célèbre helléniste anglais, naquit à EastRuston, dans le duché de Norfolk, le jour de Noel 1759. Son père, Huggin Porson , simple clerc de cette paroisse, né dans une condition obscure et privé des avantages que donne une éducation commencée de bonne heure, avait Pu r méthode, dès qu'il apercevait la première lueur d'intelligence dans ses enfants , de fixer leur attention. Il enseigna donc à Richard, leur aine, toutes les règles communes de l'arithmétique, sans livre, sans planchette, sans plume et sans crayon; et cependant, avant l'âge de neuf ans, l'enfant était déjà arrivé aux racines cubes. Richard dut à cette méthode la mémoire excellente qu'il conserva toute sa vie et qui lui donna la facilité d'enrichir son esprit de tous les trésors de la littérature ancienne et moderne. Son père lui montra à lire et à écrire en même temps ; il lui faisait former les caractères avec de la craie sur une planche ou sur du sable avec le doigt. A l'âge de neuf ans Richard Porson et son frère Thomas furent envoyés à l'école du village, tenue par M. Summers, qui leur enseigna l'anglais, l'écriture, la th4orie de l'arithmétique et les éléments de la langue latine. L'élève surpassa bientôt le maitre dans Part de l'écriture où ce dernier était cependant fort habile. Il resta pendant trois ans chez cet instituteur, et chaque soir, pendant tout ce temps , il devait répéter par cœur à son père les leçons çt les devoirs de la journée. M. Hewit, recteur de la paroisse, fut bientôt instruit des progrès de forson et et voulut bien se charger du soin de le diriger dans ses études. A peine eutil atteint sa quatorzième année que M. Norris, homme riche et généreux , ayant entendu parler de Poison comme d'un sujet distingué, le plaça en 1774 au collège d'Eton avec le produit d'une souscription remplie en grande partie par luimême. Aupara- vant il s'était assuré par un examen sévère que le jeune élève n'était point audessous de ce qu'en publiait la renommée. Porson se fit remarquer dans ce collége par la supériorité de son intelligence et par une mémoire extraordinaire. Un jour que l'on devait expliquer une ode d'Horace , un écolier substitua un livre anglais à la place de l'auteur latin. Le maitre l'appela pour faire l'explication et les autres écoliers se réjouissaient d'avance de son embarras. Mais Porson , qui savait son Horace par cœur avant de venir Eton, récita le latin, donna la construction et la traduction du latin en anglais de la dixième ode du premier livre comme s'il eût eu réellement l'auteur entre les mains. Le maitre , remarquant quelques signes d'étonnement et de gaieté sur la figure de ses écoliers, soupçonna quelque chose d'extraordinaire et demanda quelle édition dllurace Porson avait sous les yeux. « J'ai étudié la leçon de l'édition du Dauphin, répond t'élève « pour éviter une réponse directe. — Cela est « fort singulier, réplique le maître, car vous me « paraissez lire de l'autre côté de la page ; voyons « Votre livre. » La vérité fut alors découverte, et le maître, au lieu de montrer du mécontentement, dit qu'il serait trèsheureux d'avoir plu-' sieurs élèves qui sussent se tirer aussi bien d'une pareille difficulté. Ce trait fait concevoir à quel degré dut être portée à la longue cette précieuse faculté de son esprit ; mais on conviendra qu'il lui fallut de fortes dispositions naturelles et un exercice continuel pour s'assurer la possession d'un tel avantagé. Il disait un jour à un de ses amis : Je ne me souviens de rien que de ce « que j'ai transcrit trois fois ou lu au moins six « faites de même, vous aurez une aussi bonne « mémoire. » Il se montra dans tous les temps le chaud défenseur d'une méthode qui est aussi ' sûre qu'elle est importante dans le cours de l'éducation. Il soutenait que la supériorité de l' et des talents n'était pas due autant à la différence des organes qu'a la maniere dont on dirigeait l'éducation. Un homme tel que Porson n'aurait jamais manqué d'être distingué par la force et la finesse de son esprit dans toutes les ?.irconstances; niais on ne peut douter que les 1whitudes de ses premières années n'aient beaucoup contribué à la ténacité et à la précision de sa mémoire. Au collége d'Eton il se rendit cher à ses condisciples, qu'il aidait dans la composition de leurs devoirs et qu'il divertissait par de petits drames de son invention. La mort de son protecteur porta un coup sensible à sa constitution déjà délicate et fit craindre qu'il ne fût obligé de quitter le collége. Heureusement, au moyen d'une nouvelle souscription remplie par quelques amis (le M. Norris, son éducation ne fut point interrompue. Il entra au collége de la Trinité de Cam- hi- idge comme sousgradué vers la fin de 1777. On lui conseilla d'abord d'enseigner les mathématiques, dans lesquelles on crut que, d'après les exercices de sa jeunesse , il était appelé à se distinguer , : mais il ne tira aucun parti de ce genre de connaissances. Il étudia les auteurs clas- siques avec ardeur, obtint une des médailles d'or distribuées annuellement à ceux qui font le plus de progrès dans la littérature ancienne et fut, en conséquence, choisi boursier en 1781. 11 lut, à cette époque, avec attention les ouvrages de Dawes et de Bentley, dont par la suite il avait coutume de dire qu'il avait appris tout ce qu'il savait comme critique. N'étant encore que bachelier junior ès arts, il fut élu associé du collége, par une honorable exception, en 178-2. Trois ans après il reçut le degré de maitre ès arts. Porson ne put se décider à prendre les ordres et fit l'abandon de sa prébende en 1791. Ses sentiments religieux le rapprochant des unitaires, il lui répugnait de souscrire les articles de l'Eglise anglicane. Ses principes et sa conduite décelaient un homme vraiment pieux , mais son caractère était d'une trempe qui ne lui permettait de supporter aucune chaîne. Une bourse laïque lui au- rait permis de travailler pour le plus grand profit des lettres , mais la conduite peu généreuse d'un particulier lui ôta cet espoir. Il se trouva donc dans le monde sans profession. Des amis vinrent à son secours pendant quelque temps ; niais en 1792, W. Cook.e, professeur de grec au collége de la Trinité , étant mort , Porson se présenta comme candidat, composa en deux jours sa belle thèse sur Euripide et fut choisi à l'unanimité pour remplir la chaire vacante. En 1795 il épousa la soeur de M. Perry, madame Lunan , qui mourut deux ans après. Dès ce moment il fut tourmenté d'un asthme qui le forçait d'interrompre ses travaux. Il est probable que cette maladie provenait de ses habitudes trop sédentaires et du travail fatigant. de la transcription auquel il se complaisait singulièrement, comme le prouvent les nombreuses notes manuscrites déposées sur ses livres et sur des feuilles volantes. Il finissait de déchiffrer et de copier le manuscrit presque effacé du Lexique de Photius, de Th. Gale, ap- partenant à la bibliothèque du collége de la Trinité, lorsque le feu prit à la maison de campagne de M. Perry, à Merton , et consuma sa copie, un Aristophane de kuster, couvert de notes, et d'autres trésors littéraires. Ayant appris cette fâcheuse nouvelle par le docteur Raine, son ami, il lui dit qu'il venait de perdre le travail de vingt ans de sa vie. Il se remit aussitôt à faire une seconde copie aussi belle que la première. On peut la voir actuellement auprès de l'original, qui fut préservé de l'incendie par la précaution qu'avait Porson de le porter toujours avec lui. Lors de l'établissement de l'institution de Londres , en 1805 , sous les auspices de sir Francis Baring et des principaux négociants, les directeurs prouvèrent leur discernement et leur amour pour les lettres en confiant à Porson la place de premier bibliothécaire. Tout ce que ce savant a laissé comme critique est ce qu'il est possible de faire de mieux ; en sorte que ses éditions peuvent ètre regardées comme des modèles propres à donner la mesure du mérite d'un éditeur. Deux qualités de la plus grande importance le distinguent : la pationce et la probité. Lorsqu'il collationnait un manuscrit, lorsqu'il suivait les variantes d'un texte dans les différentes éditions, lorsqu'il montrait l'acception d'un mot dans les écrits du même siècle, sa patience ne s'épuisait pas, son zèle ne se refroidissait jamais. A l'égard de la probité, il ne se serait jamais permis d'assurer qu'un passage était corrompu sans avoir fait les plus grandes re- cherches, et il ne se croyait pas autorisé à propo- ser une correction quelconque sans une trèsgrande probabilité en faveur de sa leçon. Un texte étaitil manifestement corrompu , il ne voulait point le tourmenter pour se donner le plaisir d'admettre une conjecture plausible, pensant avec raison qu'un pareil procédé efface les traces de cette clarté qui sert à rétablir par la suite le texte original. Ses écrits sont : 1° des analyses du tome 1" de l'Eschyle de Schutz, de l'Aristophane de Brunck , de l'Hermesianax de \Veston , et des . 1/ onostrophes de Huntingford , insérées dans la Revue littéraire de Maty de 1783 et 1784 ; 2° des notes à la fin d'une édition de la Retraite des dix mille de Xénophon, Cambridge, 4786 et Ces notes, ajoutées à celles d'Hutchinson , ne portent point de marques distinctives , mais elles occupent les pages 41-59. G. Whiter, auteur de l'Etymologicon unirersale, a composé celles qui sont marquées d'un w. 3' Trois lettres sur la Vie de Johnson, par Hawkins, insérées dans le Gentleman's Magazine de 1787 ; 4° notes sur les Commentaires de Toup sur Suidas, Hesychius et autres lexicographes grecs, insérées dans l'édition d'Oxford, 1790, 4 vol. ; elles sont dis- tinguées par les initiales A. R. P. C. S. S. T. C. S. qui signifient : A Ricardo Porson, Collegii Sacro- Sanctœ Trinitatis Cantabrigice Sorio ; 5° Letters to Archdeacon Travis, in answer to his defence of the three heavenly Ifitnesses, I John, V. 7, London, 4790 de 440 pages. Ces lettres sont tirées du Gentleman's Magazine, années 1788 et 1789. Un passage du 51e volume du Gentleman's Magazine, dans lequel on rendait compte de l'his- toire de Gibbon, donna lieu à plusieurs lettres de l'archidiacre Travis, insérées d'abord dans le volume suivant de ce journal et réimprimées séparément en 1794 troisième édition, avec des augmentations considérables. Porson soutient, d'après plus de cent dix manuscrits grecs, près de trente des plus anciens manuscrits latins, etc. , que depuis la Polyglotte de Ximenès et l'édition du Nouveau Testament de Robert Estienne, le septième verset du chapitre 5 de la première épitre de StJean a été interpolé et qu'on doit le lire ainsi réuni au huitième : Et Ires sunt qui testimonium dant : spiritus, et aqua et sunguis ; et hi tres unum sunt. Cette controverse
  • Richard PRICE( 1723 - 1791) : ministre dissident et écrivain politique anglais, naquit le 23 février 1723 à Tynton, dans le comté de Glamorgan, au pays de Galles. Son père , ministre d'une congrégation calviniste, lui fit donner une éducation soi-' gnée, quoiqu'il le destinât à suivre la carrière du commerce, et mourut en 1739. Le jeune Price termina ses études à Londres, et s'appliqua, comme il le disait souvent luimême, avec ar-, • deur et ravissement aux mathématiques, à ta philosophie et à la théologie. Il fut ensuite placé auprès d'un M. Streattield , et y resta près de treize ans, comme son chapelain et sen ami. Dans l'intervalle, il officiait de temps en temps dans plusieurs congrégations dissidentes. En 1737 ou 1758, il fit paraître sa Revue des pr questions et dijlicultés en morale, dont il revit une troisième édition. Cet ouvrage lui fit obtenir une grande réputation comme métaphysicien. En 1766, il réunit en corps , qui contenait, outre une grand variété d'objets, la solution de plusieurs questions sur la doctrine des annuités, des plans pour établir sur de bons principes des associations de personnes âgées et de veufs ou de veuves, et un exposé des imperfections des sociétés de cette espèce, que l'on créait continuellement à Londres et dans d'autres parties du royaume. Cet ouvrage est peut-être ce qu'il a fait de mieux. Vers la fin de 1769, l'université de Glasgow lui conféra le degré de docteur en théologie, sur la demande de quelquesuns de ses amis de Londres, qui acquittèrent à son insu les droits que ce corps savant prélevait, afin de laisser croire au docteur Price qu'il avait été nommé gratuitement à cause de la haute opinion que l'on avait de son mérite. Son ouvrage sur les tontines fut suivi en 1772 de son Appel au public sur la dette nationale. Le but principal de ce livre était de rétablir le fonds d'amortissement , qui avait été éteint en 1733, et, quoique cette proposition rencontrât alors beaucoup d'opeposition , on l'a vue, quelques années plus tard, adoptée par le parlement et devenir l'un des en rincipaux boulevards du crédit public. Mais la anière dont il envisageait les affaires de l'Etat t ses craintes exagérées de voir diminuer la population n'étaient point fondées sur les faits et n'ont point été confirmées par l'expérience. Les mêmes opinions et d'autres d'une espèce plus générale le portèrent à s'opposer aux mesures qui se terminèrent par la guerre d'Amérique. En 1775, il publia ses Observations sur la liberté civile , sur la justice et la politique de la guerre avec l'Amérique, qui furent suivies en 1777 d'une brochure conçue dans le même esprit et intitulée Observations sur la nature du gouvernement civil. Les principes que Price émit dans ces deux ouvrages furent accueillis diversement. Tandis que les uns les vantaient comme des chefsd'oeuvre, les autres prétendaient qu'ils étaient tout à fait chimériques, dangereux en théorie, et tendant dans leurs effets au renversement de tous les gouvernements. Quelque opinion qu'on se forme de ces ouvrages , on ne peut disconvenir qu'ils exercèrent une grande influence. Le dernier lui valut les remercîments de la cour du conseil commun, qui déclara que ses principes étaient les seuls avec lesquels on pùt défendre l'autorité législative suprême de la GrandeBretagne sur les colonies. Il reçut en même temps une boîte d'or de la valeur de cinquante livres sterling. Après la publication de ces deux brochures, Price avait résolu de ne plus se mêler des discussions politiques ; mais il avait résolu plus qu'il ne pouvait tenir. Toutes les fois que le gouvernement prescrivait un jeûne, il profitait de l'occasion pour exprimer dans ses sermons ses sentiments sur la conduite de la guerre et sur les conséquences fâcheuses qui devaient en résulter. Ces digressions lui attirèrent un nombre immense d'auditeurs; car, amis et ennemis, tous voulaient entendre ce qu'il disait sur un sujet aussi important. Le congrès, touché de tant de zèle en faveur de l'Amérique, invita Price à venir résider chez un peuple qui savait apprécier ses talents ; mais il ne jugea pas à propos d'accepter cette offre. Un Essai sur la population de l'Angleterre, qu'il publia en 1779, manque d'exactitude, faute de renseignements suffisants. Le docteur Priestley ayant publié des Recherches sur la matière et sur l'esprit, Prce, qui ne partageait pas toutes ses opinions, fit paraître quelques observations à ce sujet, ce qui occasionna entre eux une correspondance amicale, qui fut publiée SOU le titre de Discussion libre des doctrines du matérialisme et de la nécessité philosophique. Vers le même temps, il adressa des observations im- portantes à la société pour les assurances équitables, qui se trouvent dans l'introduction à un ouvrage de M. Morgan , son neveu , sur la doctrine des annuités. Les services que Price et Morgan rendirent à cette société sont généralement reconnus. Après la cessation des hostilités et la mort du marquis de Rockingham, lord Shelburne, qui fut mis à la tète de l'administration , offrit à Price la place de son secrétaire particulier, que celuici accepta. On aurait tout aussi bien pu lui donner la place d'écuyer cavalcadour , a dit un ami de Price. Pendant le temps de son ministère , lord Shelburne employa les talents de Price à rédiger un projet pour amortir la dette nationale, et présenta une résolution à ce sujet à la chambre des lords. Mais, comme il ne tarda pas à quitter l'administration, ce projet fut momentanément abandonné. L'auteur le fit néanmoins connaître au public, en publiant son Essai des dettes publiques et des finances en janvier 1783, avec un plan d'emprunt pour le l'achat des dettes publiques. Pitt, s'étant déterminé à présenter au parlement un bill pour réduire la dette de l'Etat, consulta le docteur Price et reçut de lui trois plans distincts , l'un desquels forme la base de l'acte pour réduire la dette publique adopté en 1786 et qui a contribué plus qu'aucune autre mesure à élever le crédit de son administration. Les amis du docteur reprochent à Pitt d'avoir suivi le plan le moins efficace des trois qui lui avaient été fournis et de ne pas avoir reconnu publiquement les obligations qu'il avait à ce savant . En 178.1, Price publia des Observations sur l'importance de la révolution américaine et sur les moyens ele la rendre utile au monde. 11 plaça à la suite une lettre de Turgot et le testament de Fortuné Ricard , qui présente une application intéressante de l'exposé fait par le docteur Price, de la puissance de l'intérêt composé et des usages aux- quels on peut l'appliquer pour l'utilité du genre humain. En 1786 , il publia un volume de sermons sur des sujets pratiques et sur des doctrines religieuses; dans le dernier, il établit et défend avec chaleur l'hypothèse des ariens, à laquelle il était luimême attaché, contre les trinitaires , d'une part, et les modernes unitaires, de l'autre. Il se sentit vivement blessé de la conduite du docteur Priestley et de M. Lindsay, qui s'attribuaient exclusivement la qualification d'unitaires, laquelle appartient également aux juifs et aux mahométans, et traitaient avec mépris les opinions de ceux qui ne partageaient pas celles qu'ils avaient adoptées. Les sermons pratiques eurent du succès : ils avaient pour sujet la sécurité et le bonheur d'une conduite vertueuse, la bonté de Dieu et la résurrection de Lazare. Les autres publications de Price qui méritent d'être citées sont : un sermon « sur l'évidence d'une « période à venir d'amélioration dans l'état du « genre humain, avec les moyens et l'obligation _ _ « d'en rapprocher le terme, » prononcé en 1787 devant les fondateurs et les professeurs du nouveau collége des dissidents, à Hackney, et un discours sur l'amour de la patrie , prêché le 4 novembre 1789 devant la société réunie pour célébrer la révolution de 1688. Dans ce dernier discours, Price déploya son zèle accoutumé pour ce qu'il appelait les grands principes de la liberté civile et religieuse : en le terminant, il prit tout à coup un air d'inspiration et de triomphe, fixa l'attention de ses auditeurs sur la révolution de France et la présenta à leurs yeux comme le commencement d'une nouvelle ère de bonheur pour le monde. 11 proposa en même temps . En 1791 , Price fut atteint d'une maladie cruelle, dont il avait été menacé depuis plusieurs années et qui le mit au tombeau le 19 mars. Ses divers ouvrages politiques et religieux doivent ètre appréciés différemment suivant qu'ils sont ou non infectés de ces principes, qui , en exagérant les vraies et excellentes doctrines de la liberté, sont devenus dans ce siècle le fléau de la société In Quelques années plus tard, John Adams, dans son ouvrage intitulé Histoire des principales républiques du moule, e1 Défease des constitutions des Etats- Unis contre les attaques de Turgot, s'éleva fortement contre les principes de Price et prouva que la démocratie pure était le pire de tous les gouvernements. humaine. Il parait que Price écrivait de bonne ? foi ; mais il n'avait pas assez de sagacité pour découvrir le mal qui pouvait résulter de la propagation des principes dont il s'était fait le promoteur. Lorsqu'il ne prenait pas pour base des documents erronés, il était ingénieux , habile et souvent profond. Ses manières étaient douces et sociables, et tous ceux qui conversaient avec lui ou qui parcouraient ses écrits ne pouvaient s'ern pêcher d'ètre frappés du contraste étonnant qui existait entre lui et les écrivains controversistes avec lesquels il marchait ordinairement. Les mémoires de sa vie ont été publiés en 1815 par son neveu , William Morgan , membre de la société royale de Londres , 1 vol. On sent qu'ils ne doivent être consultés qu'avec défiance
  • Richard PULTENEY( 1730 - 1801) : botaniste et médecin distingué, naquit en Angleterre, à Loughborough, le 17 février 1730. Il s'établit d'abord à Leicester pour y exercer les professions , qui avait conçu une opinion favorable de ses talents, le reconnut pour son parent. Par reconnaissance, il accompagna ce seigneur comme son médecin dans ses voyages ; mais le comte de Bath mourut en 1764, et Pulteney vint se fixer à Blandford, dans le comté de Dorset, où se trouvait une place vacante. Il se maria dans cette ville en 1779, et y acquit une grande réputation et une clientèle très-étendue, qu'il conserva jusqu'à sa mort. arrivée le 13 octobre 1801. Les ouvrages qui font le plus d'honneur à Pulteney sont sa Revue générale des écrits de Linné et ses Essais sur les progrès de la botanique en Angleterre. Le premier , publié en 1782 en un volume a contribué plus que tout autre, à l'exception peut-être du traité de Stillingtleet, à répandre le goût de la botanique en Angleterre, où il est devenu populaire. Le docteur Maton, ami de l'auteur, en a publié une seconde édition, et y a joint les portraits de Linné et de Pulteney, avec une notice sur ce dernier et la traduction du célèbre journal de Linné sur sa propre vie. Les Essais sur les progrès de la botanique, qui parurent en 1790 en 2 volumes n'obt pas un succès aussi universel que le livre précédent. On y trouve cependant des renseignements curieux . Pulteney fit partie de la société Linnéenne dès sa première institution et témoigna toute sa vie un vif attachement pour ce corps savant. Plusieurs écrits de lui se trouvent dans les Mémoires de cette société, à laquelle il légua par testament son musée d'histoire naturelle, qui était d'une valeur considérable. Il y mit la condition que les collections 'qu'il laissait seraient conservées séparément , sans être jamais confondues avec celles que la société possédait ou pourrait acquérir par la suite. Elle avait néanmoins le choix , soit de garder le mu- Ces deux ouvrages ont été traduits en français, chacun en 2 volumes le premier par Millin , 1789 , et l'autre par Boulard, 1809. séum entier, soit d'en disposer en employant le prix à former un capital dont les intérêts seraient employés annuellement à une médaille d'or pour l'auteur du meilleur mémoire botanique. Il fut décidé sans hésitation que ces trésors seraient conservés en entier comme le meilleur et le plus utile souvenir d'un bienfaiteur de la science. Le docteur Pulteney était remarquable par un air franc et ouvert, par des manières pleines d'aménité et qui lui avaient fait obtenir l'estime de tous ceux avec lesquels il était en relation. Son ardeur pour la science était sans bornes et aussi vive vers la fin de sa vie qu'au commencement de sa carrière littéraire. Il était pieux, mais sans affectation , et aussi éloigné de la bigoterie que de l'intolérance
  • Richard RAWLINSON : savant antiquaire anglais , fit ses études à l'université d'Oxford, dont il fut par la suite un des bienfaiteurs. 11 amassa d'immenses matériaux pour la description de différentes provinces, ainsi que pour la continuation de plusieurs ouvrages importants, notamment l'Aihenœ Osonienses et 1. h'istoire d'Oxford , par Wood ; et il facilita la publication d'autres écrits du même genre. Luimême donna quelques ouvrages qui lui ouvrirent en 17'27 les portes de la société royale de Londres et de celle des antiquaires. Il mourut à Islington le 6 avril 1755. On a de i : 10 Vie d'Antoine Wood, Lon- dres, 1711 ; o le Topographe anglais, 1720, n-8°, qui a eu du succès et dont le plan a été adopté, mais étendu et perfectionné dans les deux éditions de la Topographie anglaise de Gough ; 3° Manière d'étudier l'histoire, traduit de Lenglet Dufresnoy, 17'28, iii-8°; 4° Lettres toise et d'Abailard, en latin. C'est moins à ses travaux littéraires, quelle qu'ait pu être, dans le temps, leur utilité, que son nom doit d'avoir échappé à l'oubli, qu'à sa générosité envers l'école célèbre où il avait été élevé. Il y fonda un cours de langue saxonne à perpétuité, et il rit aux collèges de StJeanBaptiste et d'Héreford des legs considérables, tant en terres qu'en livres, tableaux, manuscrits, médailles, sceaux, chartes et autres objets rares et curieux. — Son frère aîné, Tho- mas RAWLINSON , était un homme instruit et un fameux bibliomane. Il mourut en 1725, à l'àge de !A ans, laissant une trèsriche collection de livres et de manuscrits. Occupant un vaste appartement à Gray's Inn, il l'avait tellement encombré de ses livres chéris ; que son lit, ne pouvant plus y trouver place, était relégué dans un corridor. C'est lui, diton , qu'Addison eut en vue lorsqu'il fit, dans le numéro 158 du Taller, le portrait de Tom Folio; mais on peut penser que ce tableau a été fort chargé pour le plus grand plaisir du lecteur. D'ailleurs le noble ca- ractère de Rawlinson, et la protection qu'il exer- çait envers des savants estimables, semblaient devoir le garantir de la flétrissure du ridicule. — Un autre frère des précédents, Christophe RAWLE:\ - SON , mort le 8 janvier 1733, trèsversé dans la langue saxonne et dans la littérature du Nord , a donné une édition de la traduction de la Consola- tion de B& W
  • Richard ROLT( 1725 - 1770) : écrivain anglais, né vers 1725, occupait en Ecosse un emploi dans l'excise et le perdit pour avoir pris part à la rébellion de 1745. Il eut alors recours à sa plume pour subsister. Frédéric, prince de Galles, avant eu communication de son poeme intitulé Camiria, lui permit de le dédier au prince George . Ce poi,me et quelques autres lui acquirent une certaine réputation. Il ne se borna pas longtemps à cultiver un seul genre de littérature, et il donna une Histoire de la guerre générale, jusqu'en 1748, ce qui le mit en rapport avec Voltaire, dont il reçut plusieurs lettres flatteuses. Bientôt sa plume fut à la disposition des libraires et de quiconque pouvait la payer. Doué d'une grande facilité et pressé par le besoin, il accumula volume sur volume, et l' eut en lui son Scudéri. Outre des compilations et divers ouvrages dont il fut chargé, il composa pour les musiciens un grand nombre de cantates et autres pièces destinées aux théâtres et concerts. Il se faisait d'ailleurs un revenu, au moyen des dédicaces, qu'il avait l'art de multiplier. Tant de ressources n'empéchèrent pas qu'il ne mourût dans la misère , le 2 mars 1770, n'ayant que 15 ans. On a de lui, entre autres, leiproductions suivantes, dont quelques- unes ne portent pas son nom r I. Dictionnaire du commerce La préface est du docteur Johnson. 2° ries des réformateurs recherchées surtout à cause d'une belle suite de portraits in metinto; 3° Vie de Jean, comte de Graufurd , officier distingué 4* Histoire de la guerre générale, de 1739 à 1748, vol. dont chacun est dédié à un personnage différent ; 5° le Visiteur unirersel, en société avec Christ. Smart 6° Relation des voyages du capitaine Northall en Italie, 1766 Cet offi- cier d'artillerie n'avait laissé qu'un certain nombre de notes, écrites dans une espèce d'album. Rolt ou son libraire jugea qu'en mettant à contribution d'autres relations de voyages en Italie. on pourrait former du tout un *volume que le public, avide des ouvrages de ce genre, ne manquerait pas d'acheter. 7° Histoire d'Anjleterre, 4 vol. 8° Histoire de France, i vol. 9° Histoire de l'Egypte, 4 vol. I O' Histoire de la Grèce, 6 vol. It. Histoire de l'ile de Man, ouvrage posthume, 1773 te Pièces choisies de feu R. Rolt, vendues au profit de sa veuve, 177'2, petit
  • Richard ROUSSAT( 1500) : né à Langres, au com- mencement du 16° siècle, étudia la médecine, fut reçu docteur à Montpellier, et devint chanoine de sa ville natale. Lacroix du Maine dit que c'était un homme fort docte et surtout grand théologien, philosophe et mathématicien. Suivant Lalande On l'appelle maintenant le vieux Ladoga, pour le dist de la ville du même nom que Pierre Ie' fit élever à peu de distance de l'ancieune. , Roussat fut l'éditeur d'une traduction latine du traité d'astrologie d'Alcandrin ou Arcadam , imprimée sous ce titre De veritatibus et prœdictionibus astrologicis , et prayipue de nativitatum , Paris, 1542 On lui doit encore : 1° le Livre de l'estat et muta- tion des temps, prouvant par authoritez de l'Escri- ture sainte et par raisons astrologales la fin du monde dire prochaine , Lyon , Guill. Roville, 1550, petit ; 2° Des éléments et principes d'astro- nomie , avec les universels jugements d'icelle, etc., Paris, Nie. Chrestien , 185e Pour le déveioppement du titre, voyez le Manuel de M. Brunet. Cet ouvrage rare pourrait bien étre une nouvelle édition du précédent. On a aussi imprimé sous le nom de Roussat des almanachs et Pronostications pour les années 1548 , 1549 et 1552
  • Richard ROWLES : navigateur anglais, partit d'Angleterre sur I /sajou, qu'il commandait dans le mois de mars 1608. 11 accompagnait i'Awne- siom, montee par l'amiral Sharpey. lis voguèrent heureusement jusqu'au sortir de la baie de Saldahna , où ils furent séparés par une des plus furieuses tempêtes que l'on puisse éprouver en mer. Leur grand mât fut emporté , mais heureusement le vent se calma aussitôt. On répara ce malheur, et l'on se rendit à la baie de StAugustin, dans File de Madagascar. afin d'y attendre Sharpey, qui ne parut pas. Au bout de vingt jours on partit pour se rendre à Zanzibar. A l'arrivée de Rowles dans cette fie, les Anglais furent reçus avec beaucoup d'humanité; mais le lendemain les nègres leur tuèrent quelques hommes. On peut présumer que les Portugais établis parmi eux. et qui ne furent point vus d'abord, avaient pris part à ce changement funeste. On s'éloigna promptement de re séjour périlleux. Le projet du capitaine était de se rendre à Socotora; mais comme on était au mois de février, temps où les vents du nord et nordest empê- chent d'avancer, on revint à ?ladagascar et Fou s'arrêta dans une baie de la partie septentrionale. Il parait que les Anglais connaissaient peu cette côte. Cependant Rowles eut l'imprudence de se fier aux premières démonstrations de bienveillance qu'il reçut des habitants; il descendit à terre pour aller trouver leur roi. Aussitôt il fut enlevé de force par les barbares; et les gens de la chaloupe, n'ayant pu le tirer de leurs mains, s'en retournèrent à la hâte. Une multitude de barques les suivaient et auraient nui à l'équipage si le canon ne les eût écartées. Plusieurs Anglais, blessés de lleehes empoisonnées, moururent le lendemain. 11 fallut à regret s'éloigner de cette côte détestable, abandonnant à la cruauté de ces insulaires l'infortuné Rowles. qui sans doute périt peu après dans les tourments, car les habitants de cette côte passent pour extrêmement cruels.Cependant le vais_sseau continua sa route; Bradshaw en avait le commandement: Mais lorsqu'il revint en France, charge d'une bonne cargaison faite à Achem et à Priaman il échoua sur les côtes itiit.); et peu de gens se sauvérent
  • Richard SAVAGE( 1698) : poëte anglais, aussi célèbre par ses malheurs et ses inconséquences que par ses écrits, naquit à Londres le 10 janvier 1698. Il aurait joui du titre et des droits de fils légitime du comte de Macclesfield, si sa mère, pour obtenir la séparation d'avec son mari n'eût fait une confession publique de sa liaison avec lord Rivers. A peine Savage avaitil vu le jour, que la comtesse le traita avec la cruauté la plus atroce. Cette mère dénaturée le confia aux soins d'une pauvre femme pour l'élever comme son propre enfant. Elle empêcha même lord Rivers de lui laisser, comme il en avait manifesté l' un legs de six mille livres sterling , en assurant que le fruit de leur union n'existait plus ; elle donna des ordres pour l'embarquer à bord d'un navire qui devait transporter des malfaiteurs dans les colonies d'Amérique ; mais des circonstances indé pendantes de sa volonté empêchèrent l'exécution de ce projet. Voulant condamner son fils à la pauvreté et à l'obscurité, elle le plaça enfin comme apprenti chez un cordonnier, d'où le hasard le tira quelque temps après. La pauvre femme qui avait servi de nourrice à Savage étant morte, il alla recueillir la succession de celle qu'il regardait comme sa mère ; en fouillant dans ses papiers, il découvrit plusieurs lettres qui lui dévoilèrent le secret de sa naissance et les motifs qui l'avaient fait cacher. Il abandonna aussitôt la boutique où il avait été jusqu'alors confiné, et s'efforça d'éveiller la tendresse de sa mère et d'en obtenir des secours ; mais toutes Il) Le divorce du comte et de la comtesse de Macclesfield devait être soumis, suivant l'usage, au tribunal ecclésiastique; mais, pour abréger les formalités, les parties eurent recours au parlement, qui annula le mariage et déclara illégitime les enfants de la comtesse. Ce fut en ce genre le premier acte du parlement, qui jusqu'alors avait laissé aux juges ecclésiastiques le soin de décider ces sortes de procès. Aussi plusieurs pairs protestèrent contre une innovation qui leur paraissait dangereuse, et pouvant entraîner des suites racheuses en ce qu'elle semblait faire du mariage un acte civil, tandis qu'il avait toujours été considéré comme un contrai divin formé à la face des autels. ses démarches furent inutiles, et il se trouva réduit à la plus profonde misère. Ladv Magni, mère de la comtesse de Maccleslield, et qui connaissait l'origine de Savage, l'avait placé quelque temps auparavant dans une école de StAlban, où il reçut un commencement d'éducation ; niais cette dame ayant borné là sa munificence, la nécessité obligea le jeune homme de se faire auteur. Sa première production fut un peme contre Hoadly, évêque de Bangor ; il rougit plus tard de l'avoir écrit. Essayant ensuite d'écrire pour le théâtre, il composa, n'ayant encore que dixhuit ans, une comédie intitulée la Femme est une énigme , dont il emprunta le sujet au théâtre espagnol. Un certain Bullock, auquel il l'avait confiée, la fit jouer avec de légers 'changements, sans donner au malheureux auteur aucune part de bénéfice. Savage écrivit, deux ans plus tard , une autre comédie : Love in a oeil, également tirée de l'espagnol ; elle n'eut pas de succès, mais elle lui procura la connaissance et l'amitié de sir Richard Steele et du comédien Wilks. Des plaisanteries déplacées le brouillèrent avec le premier, qui lui retira une pension qu'il lui faisait, le bannit de sa maison et défendit . même qu'on prononçât son nom en sa présence. Savage n'eut plus alors d'asile qu'auprès de Wilks, qu'il accompagnait souvent au théâtre. Ses infortunes avaient touché le coeur de mistriss Oldfield; elle lui assura une pension de cinquante guinées par an, qui fut régulièrement payée jusqu'à la mort de cette comédienne. Ne pouvant faire l'éloge des moeurs de sa protectrice, il fit celui de sa beauté dans un pomme intitulé l'Homme errant . Quelques seigneurs, entre autres le duc de Dorset, s'intéressèrent à son sort et cherchèrent à le faire avancer ! dans le monde ; mais la haine implacable de la comtesse de Macclesfield lui fit inventer les plus noires calomnies ; et Savage fut privé de ses protecteurs. Sa détresse augmentant chaque jour, il eut de nouveau recours à l'art dramatique et fit paraître, en 1723, la tragédie de Sic Thomas Overbury. Sans logement et souvent sans nourrinure , Savage composa la plus grande partie de cet ouvrage dans les rues et sur les places publiques ; lorsqu'il avait terminé une scène, il en-'irait dans la première boutique ; il l'écrivait, en empruntant, sous divers prétextes, une plume, de l'encre et du papier, et se servait même quelquefois de celui qu'il ramassait dans les ordures. Quand la pièce fut achevée, Wilks, ce généreux protecteur de Savage, n'était plus, et celuici avait trouvé un rival et un ennemi dans le coi. médien Cibber, lequel, réunissant la double qualité d'acteur et d'auteur, repoussait ceux qui ne lui faisaient pas bassement la cour. Le caractère de notre porte ne pouvant se plier au 'rôle de solliciteur, la représentation de sa cornédie fut quelque temps suspendue ; le besoin l'obligea enfin de recourir à l'appui de Hill , au- teur dramatique, qui composa le prologue et l'épilogue de la pièce et parvint à la faire jouer. Personne ne voulant se charger du rôle principal , Savage fut obligé de le remplir ; mais sa timidité et son peu d'usage de la scène empêchèrent que l'on reconnût le mérite d'un ouvrage où l'on voit souvent briller des traits de génie. Il fut mieux goûté à la lecture ; et la vente du manuscrit produisit deux cents livres sterling , que l'auteur eut bientôt dissipées. D'après le conseil de quelques amis, il prit alors le parti de publier par souscription le recueil de ses ouvrages. Hill le fit précéder du récit touchant des malheurs de Savage, récit qui fut aussi imprimé dans le journal intitulé l'Homme franc , et de plusieurs morceaux de poésie ; celui qui porte le titre de l'Homme heureux servait de prospectus à ce recueil. Le récit publié par Hill produisit une telle impression qu'en moins de deux jours l' porte reçut soixantedix guinées. Les souscripteurs augmentaient à mesure que la conduite exécrable de la mère de Savage devenait plus connue ; et il eût pu s'assurer un avenir heureux si sa conduite eût été plus régulière. La mort de George le' excita sa verve, et les vers qu'il composa sur cet événement obtinrent l'approbation des connaisseurs ; les éloges qu'il reçut à cette occasion redoublèrent son ardeur pour l'étude et le déterminèrent à se retirer à Richmond pour travailler avec moins de distraction. H revint à Londres le 19 novembre 1727, et eut le lendemain une querelle dans une maison suspecte, où il se trouvait avec deux de ses amis ; ils tuèrent un de leurs adversaires, et Savage fut confiné à Newgate. ll n'en serait sorti que pour aller à la mort sans la protection de la comtesse d'Hertford, qui, le 9 mars 1728, obtint sa grâce par le canal de la reine. Ce ne fut pas sans de grandes difficultés que cette princesse se détermina à faire des démarches en faveur de Savage, parce que la comtesse de blacclesfield était parvenue à lui faire croire que ce malheureux s'était rendu nonseulement coupable du crime dont on l'accusait, mais qu'il avait tenté de l'assassiner ellemême. L'aventure de Savage donna une grande publicité aux particularités extraordinaires de sa vie ; elles furent imprimées , et la compassion qu'inspirèrent ses infortunes lui procura de nombreux secours. La conduite qu'il avait tenue à l'égard de la servante de la maison où la querelle avait eu lieu, et qui, par un parjure, avait, en le signalant comme le meurtrier, failli le faire périr d'une mort infâme, augmenta encore l'intérêt du public. Savage l'ayant rencontrée dans la rue, peu de temps après sou élargissement, elle lui exposa ses besoins, et il eut la générosité de partager avec elle la seule guinée dont il fût possesseur. Quant à son juge, qui avait montré une grande partialité contre lui, il s'en vengea par une satire. Comme ses ressources se réduisaient aux libéra- lités incertaines de ses protecteurs et qu'il ne faisait jamais d'économies, sa vie s'écoulait entre les alternatives de l'abondance et de la pauvreté; sans ordre dans ses dépenses, il lui fallait pendant des semaines entières Souffrir le froid et la faim pour payer les plaisirs d'une seule nuit. Enfin poussé à bout par les cruautés de sa mère, il menaça de la harceler de satires , si elle ne lui assurait une pension. Ce moyen lui réussit ; et la crainte du ridicule produisit ce que n'avaient pu faire la nature et l'humanité. Sur la promesse qu'il fit de renoncer à son projet, lord Tyrconnel, parent de la comtesse , le reçut dans sa maison et lui paya une pension de deux cents livres sterling. Ce fut l'époque la plus heureuse de la vie de Savage, et pendant quelque temps il n'eut aucun motif de se plaindre de la fortune. Les plus grands seigneurs l'admirent dans leur société, et il devint tout à fait l'homme à la mode. Pendant son séjour chez lord Tyrconnel, il publia un pamphlet intitulé l'Auteur à louer; et dans ce petit ouvrage, dont le sujet est un écrivain vénal, il montra qu'il savait parfaitement observer les hommes. L'introduction de ce pamphlet contient plusieurs anecdotes sur des écrivains que Pope attaqua depuis dans sa Dunciade. L'Auteur à louer et une épigramme que Savage fit contre Dennis, ennemi de Pope, furent l'origine de la liaison de ces deux écrivains. Vers le même temps, Savage, pour plaire à lord Tyrconnel, ami de Walpole, publia un panégyrique de ce ministre, qui le gratifia de vingt guinées. Bientôt après , il fit paraître le poëme de l'Homme errant, dans lequel il se plaint des cruautés de sa mère, d'une manière si pathétique, qu'il arracha des larmes mème à ceux qui l'avaient persécuté. Cet ouvrage, dédié à lord Tyrconnel , regardé par l'auteur comme son chefd'oeuvre, obtint les éloges de Pope, qui avoua l'avoir lu trois fois avec un nouveau plaisir. Il fut vendu pour la modique somme de dix guinées, par l'empressement ridicule de Savage à se procurer des bagatelles, dont il disposa bientôt en faveur de son laquais. Lord Tyrconnel s'étant rétabli d'une dangereuse maladie, Savage célébra cet événement dans un poëme intitulé le Triomphe de la santé et de la joie. Cette production est remarquable par des idées riantes, par l'harmonie des vers et par l' fiction qui en fait le fond. La conduite licencieuse de Savage dans la maison de lord Tyrconnel, où il menait souvent les compagnons de ses débauches, et des discussions d'intérêt qu'il eut avec ce seigneur l'obligèrent d'abandonner cet asile. Comme il avait dépensé tout le fruit de ses travaux, il se trouva réduit à la misère et sans un seul ami dont il pût implorer l'assistance. Ce fut alors qu'il publia le & tard , poëme « dédié trèsrespectueusement à madame « Brett , auparavant comtesse blacclesfield, Lady Macelestleld avait épousé M. Brett après la mort de lord Rivers. « par Richard Savage, fils du feu comte Rivers. » Les,plaisanteries et les brocards dont la comtesse fut accablée à cette occasion l'obligèrent de quitter Bath, qu'elle habitait lorsque le livre parut. Le commencement en est remarquable par des pensées ingénieuses et par une piquante énumération des avantages imaginaires d'une naissance illégitime. L'auteur y raconte ensuite en termes pathétiques les malheurs qu'il a éprouvés par le crime de ceux qui lui ont donné le jour. Il obtint une vogue extraordinaire ; mais quoique cinq éditions consécutives eussent été rapidement enlevées, Savage n'en fut pas plus riche, ayant vendu son manuscrit à trèsbas prix. Après la mort d'Eusden , poëte lauréat de la cour, Savage se mit sur les rangs pour cette place ; mais il échoua dans ses démarches, quoique protégé par George II. Il eut alors recours à la reine par un petit poème intitulé le Lauréat volontaire, qui fut trèsbien accueilli de cette princesse; elle gratifia l'auteur de cinquante livres sterling et lui permit de lui présenter chaque année un poëme, en promettant une semblable récompense, jusqu'à ce qu'on pût faire quelque chose de mieux. Savage prit parti dans la querelle de l'é-, vèque de Londres et du chancelier. et il publia contre le premier un poëme intitulé l'Avancement d'un prêtre , dans lequel il présente un prêtre débauché qui de simple curé de campagne parvient aux premières dignités de l'Église ; et il insinue à la fin que cet ecclésiastique a trouvé un protecteur dans l'évêque de Londres. Traduit devant la cour du banc du roi comme coupable d'avoir, par une satire obscène , cherché à corrompre les moeurs et à du mépris pour le clergé, il fut renvoyé de la plainte et comblé d'éloges par sir Philip York, président de la cour et ami du chancelier. La pension que lui faisait la reine ne suffisait pas à ses besoins ; car à peine l'avaitil reçue qu'il disparaissait sans que ses amis et ses connaissances pussent découvrir où il se retirait ; et il ne se représentait que lorsque tout était dépensé. Ayant perdu tout espoir d'obtenir une place, il adressa au prince de Galles un écrit intitulé De l'esprit public par rapport aux ouvrages qui concernent les matières publiques; niais cet ouvrage ne fut bien accueilli iii par le prince, ni par le public, qui le trouva médiocre. La pauvreté de Savage était extrême à cette époque. Le hasard seul pourvoyait à sa nourriture, et il n'en prenait de solide que lorsqu'il était invité à la table de ses protecteurs, d'où il était souvent exclu à cause du délabrement de ses habits. Il logeait également à l'aventure, quelquefois passant la nuit dans les échoppes, sur l'appui d'une boutique, dans les caves, avec des gens sans aveu, et pendant l'hiver au milieu des cendres d'une verrerie, avec les compagnons que le hasard lui donnait. Mais, malgré sa détresse, son esprit conserva toujours une extrême fierté, et son orgueil le soutint ; ja- mais il ne permit de familiarité, et il traita toujours avec les plus grands personnages sur le pied de l'égalité. Sa situation fut encore aggravée par la perte de sa pension , à la mort de la reine, en 1738. Ses amis lui proposèrent de se retirer dans le pays de Galles, où on lui assurerait cinquante livres sterling par an, au moyen d'une souscription : il y consentit avec joie et se mit en route avec quinze guinées; mais quatorze jours après son départ , if écrivit à ses amis et à ses bienfaiteurs, parmi lesquels Pope figurait au premier rang, qu'il se trouvait sur le grand chemin sans un sou dans sa poche et hors d'état de continuer son voyage. On lui donna l'argent nécessaire , et il atteignit Bristol , d'où il se proposait de se rendre par mer à Swansea. N'ayant pu obtenir un passage, il fut obligé de s'arrêter à Bristol, où sa politesse, son air prévenant et gracieux, les agréments de sa figure et de son esprit, et surtout l'excès de ses infortunes, intéressèrent en sa faveur. 11 arriva enfin au lieu fixé pour sa résidence et y séjourna un an , pendant lequel il termina une tragédie qu'il avait commencée à Londres. 11 désirait se rendre dans cette ville pour faire représenter son ouvrage ; mais ses amis, et surtout Pope, qui craignaient pour lui le séjour de la capitale, le détournèrent vivement de ce projet et lui conseillèrent de mettre sa tragédie entre les mains de Thomson et de Manet, qui l'arrangeraient pour la scène , et de permettre à ses amis , « était d'une taille « moyenne et élancée ; il avait peu de finesse « dans les traits , un aspect mélancolique, une « démarche grave et un son de voix sombre. Le « sourire était souvent sur ses lèvres ; mais il se « livrait rarement à une joie immodérée. » Son caractère était un mélange de bonnes et de mauvaises qualités. Ami chaud autant qu'ennemi implacable, ce qu'on doit le plus lui reprocher c'est son ingratitude envers ses bienfaiteurs. Doué d'un esprit vigoureux et actif, d'un excellent jugement et d'une mémoire peu commune, Savage, dont les moeurs étaient corrompues , ne fut immoral que dans un seul de ses ouvrages. Ses descriptions sont frappantes de vérité, ses images vives, ses fictions heureusement conçues, ses allégories suivies avec beaucoup d'art, ses vers sonores et majestueux, quoique souvent traînants et embarrassés; le défaut général de son style est la rudesse, et son principal mérite est la dignité. Les écrits de Savage, longtemps dispersés dans les recueils et dans des productions fugitives, ont été publiés en deux volumes 1777, par T. Evans, qui les a fait précéder des Mémoires de Savaye , par Samuel Johnson. C'est surtout dans ces mémoires, publiés en 1744, et qui ont été insérés dans les Fies des poiites anglais, que nous avons puisé pour rédiger cette notice, bien que l'auteur y ait un peu pallié les torts de son ami. Une vie de Savage , mêlée à beaucoup de détails romanesques et supposés, a été écrite en allemand par H. Doering et publiée à Iéna , en 1816
  • Richard SEGUIN( 1772 - 1847) : né le 7 octobre 1772 , à Vire, mort le 23 janvier 1847, dans la même ville, est auteur d'une Histoire de la chouannerie et de la restauration de la religion et de la monarchie en France, Vire, 1826-1844, 2 vol. Il a de plus publié sous sou nom divers ouvrages qui, suivant les continuateurs de la France littéraire de Quérard , auraient été donnés d'après les manuscrits de l'abbé Lefranc , supérieur de la maison de Caen , massacré aux Carmes en 1792 : P Essai sur l'histoire de l'industrie du Bocage en général et de la ville de Vire, sa capitale, en particulier, précédée d'une introduction contenant la description historique et topographique de ce pays, avec des recherches sur les moeurs, les coutumes et les anciens usages des Bocains, suivi de la notice des hommes qui se sont illustrés par leurs talents , soit dans les sciences, soit dans les arts, Vire , 1810 ; 2° Histoire militaire des Bocains , Vire , 1816 ; 3° Histoire archéologique des Bocains, contenant les antiquités naturelles, civiles , religieuses et littéraires du Bocage, Vire, 1822
  • Richard SHEEPSHANKS( 1794) : astronome et physicien anglais, né à Leeds le 30 juillet 1794, était fils d'un fabricant de draps, et son père le destinait à la même profession ; niais Richard ayant, dès son enfance, montré un goût trèsvif pour l'élude, fut d'abord mis sous la direction d'un maitre habile, James Tate, qui était à la tète de l'école de Richmond, et qui a donné une bonne édition d'Horace. Il entra à l'âge de dixhuit ans au collège de la Trinité à Cambridge; il soutint avec honneur les épreuves universitaires ; et se destinant au barreau, il commença à plaider en 1822. Mais son penchant pour les sciences mathématiques et la situation indépendante où le plaça la mort de son père le conduisirent dans une autre carrière. If se fit, en 1824, ordonner ministre de l'église anglicane , mais il s'occupa pardessus tout d'astronomie. Elu , en 1825, membre de la société royale astronomique, il entra, en 1830, dans la société royale. La construction des instruments qu'emploie l'astronome fut l'objet de ses études spéciales ; et il donna à cet égard, dans le Penny cyclopœdia , d'excellents articles qui font regretter qu'il n'ait pas écrit un ouvrage complet sur cette portion importante de la science. Son activité et la juste réputation dont il jouissait le firent appeler dans des opérations dont le gouvernement prescrivait l'exécution. En 1828, il prit une part trèsactive aux travaux de M. Biddell Airy dans le Cornouailles ; en 18'28 et en 1829, il eut à s'occuper de la création de l'observatoire de Cambridge. Eu 1832, l'amirauté le consulta sur l'édition projetée de l'ouvrage de Groombridge, Catalogue circumpolaire ; et il indiqua ce qu'il fallait faire pour que cette publication eût le degré d'utilité et de perfection digne du haut patronage dont elle était l'objet. En 1838, il exécuta la détermination chronométrique des longitudes de Bruxelles et d'Anvers; en 1844, il en fit de même pour Valentia et pour Kingston en friande, et pour Liverpool. Une controverse engagée au sujet de l'observatoire de cette dernière ville provoqua de sa part quelques brochures, où se trouvent des considérations fort utiles au sujet des établissements de ce genre. En 1831, un incendie ayant détruit les étalons officiels des poids et M0610.5, une commission fut chargée de les rétablir. Cette opération trèsdélicate, trèsdifficile avait été confiée à Francis Baily, qui mourut en novembre 1811, avant de l'avoir terminée; Sheepshanks offrit ses services. Il s'était dévoué entièrement à ce travail, qui n'exigea pas moins de quatrevingtneuf mille cinq cents observations fuites au micromètre, et dont les résultats, soumis au parlement, furent sanctionnés par un bill qui, le 30 juillet 1855, fut revêtu de 1a signature royale. La veille de ce jour, une attaque d'apoplexie avait mis fin à la laborieuse carrière du savant qui avait, à force de zèle, détruit sa santé. Sheepshanks jouissait d'une haute estime due à sa loyauté e t à son désintéressement. Il était fort versé dans la littérature ancienne et moderne; en politique , il professait des idées libérales , mais jamais il ne s'occupa avec activité des affaires publiques ; son temps et ses pensées étaient absorbés par d'autres objets
  • Richard SIMON( 1638) : savant et laborieux hébraïsant, né à Dieppe le 13 mai 1638, entra dans l'Oratoire à l'âge de vingt et un ans. Après avoir professé la philosophie à Juilly, il fut appelé à Paris pour y remplir le même emploi auprès de ses jeunes confrères. On le chargea en même temps de dresser le catalogue des livres et des manuscrits orientaux de la bibliothèque de la maison de l'Oratoire de la rue StHonoré, la plus riche de Paris en ce genre de littérature. Le P. Simon dévora avidement tout ce qu'ils contenaient et forma dès lors ces immenses recueils qui lui fournirent tant de matériaux pour la composition de ses nombreux ouvrages. Le premier par lequel il commença de se faire connaître du public fut un factum pour un juif condamné au feti, en 1670, par le parlement de Après l'exécution de Lévy, on publia à Paris un Abrégé du procès, etc. Cet Abrégé, tout ilt fait hostile aux juifs, a été attribué à Amelot de la Houssaye ivoy. ce noml . 11 fut aussitôt réfuté par un Factum servant de réponse, etc.. que l'on a cri, du cêlèbre Richard Simon; ma's un bibliographe in,truit , M. Duputel , prétend , d'après Osrnont , que c'est au contraire Aunelnt qui est l'auteur du Factum , et que Simon n'a fait que le réimprimer dans sa Bibliothèque critique. En ce cas , l'auteur de l'Abrégé resterait inconnu. Metz, comme coupable de l'assassinat d'un enfant chrétien. Ce mémoire contribua beaucoup à faire casser l'arrêt de condamnation. « Je sais, écrit. Le P. Simon avait trouvé moyen d'en soustraire un , qu'il envoya en Angleterre. C'est sur cet exemplaire qu'Elzevir en donna une édition trèsdéfectueuse, en Hollande. La traduction latine qu'en fit Aubert de Versé l'était encore bien davantage. Enfin Raineer Leers, s'étant procuré un exemplaire trèscorrect de l'édition de Paris, publia l'ouvrage en 1785, à Rotterdam , tel qu'il était sorti des mains de l'auteur, avec une préface curieuse, une apologie générale, des notes marginales et les pièces qui avaient paru séparément pour ou contre. Le P. Simon protesta qu'il n'avait eu aucune part à cette édition ; mais il ne fut cru de personne. Cette histoire déplut également aux protestants et aux catholiques. Les premiers l'accusèrent de n'affaiblir l'autorité du texte sacré que pour relever celle de la tradition; les derniers, de L n'insister sur la nécessité de la tradition que pour se mettre à couvert des justes reproches que sa critique hardie du texte original devait naturellement lui attirer. Les uns et les autres se réunirent contre son système sur l'auteur du Pentateuque. Attaqué de toutes parts, il fit face à tous ses adversaires. L'énumération des écrits de part et d'autre qu'enfanta cette querelle est trop étendue pour trouver place ici. On peut en voir la liste dans Niceron. Les ennemis de l'Oratoire ayant cherché à rendre la congrégation responsable de ces paradoxes, le P. de SteMarthe fit d'inutiles tentatives pour engager Le trèspetit nombre d'exemplaires échappés à la destruction sont prives de frontispice. Ce volume, qui se vendait autrefois plus de cent soix,nté francs, est bien tombé de prix, ainsi que les autres anciens ouvrages de théologie hétérodoxe toi ont été bien dépassés de nos jours. 11 a été adjugé en vente publique à cinquante francs. On sait d'ailleurs que les idées de Richard Simon, à l'égard de la composition du Pentateuque, ont été reprises et soutenues avec un grand appareil d'érudition par les écoles rationalistes, celles de I' llema,e surtout, et, en ce moment même , un évé que anglican , le docteur CU 1.10 , les e appuyées an grand scandale de ses collègues. Z. l'auteur à apporter quelques modifications à ses systèmes. On fut donc obligé de l'exclure du corps : alors il se retira dans son prieurécure de Bolleville, dans le pays de Caux, dont il se démit au bout de deux ans pour revenir reprendre, à Paris, le cours de ses travaux littéraires. Il y publia, en 1689, l'Histoire critique du Nouveau Testament, qui fut bien accueillie du public, et l'année suivante, celle des versions du même livre, où il attaquait vivement la version de Mons, par ressentiment contre le docteur Arnauld, qu il accusait ruai à propos d'avoir contribué à la condamnation de son Histoire critique du Vieux Testament. tl fut question, à cette époque, de donner à Paris une nouvelle édition de ses histoires. M. de Harlay, son protecteur, y mettait un grand intérêt. Bossuet, qui ne cherchait qu'à rendre ses talents utiles à l'Eglise, s'y prêtait volontiers. Ce prélat avait en vue d'occuper ce génie naturellement inquiet et porté vers la nouveauté en l'appliquant à quelque ouvrage de longue haleine et de l'y attacher par une pension convenable. On lui proposa de traduire en latin plusieurs traités des grecs schismatiques, afin de mettre les théologiens catholiques mieux au fait de la controverse entre les deux Eglises; mais ce projet échoua par son obstination à ne vou loir entendre à aucune réforme de son système sur l'auteur du Pentateuque, qu'il avait d'abord promise et qu'il refusa ensuite. Irrité alors des contradictions qu'il éprouvait, il ne garda plus de mesure dans son Histoire critique des principaux commentateurs du Nouveau Testament, parut en 1693, à Rotterdam. 11 y traitait de la manière la plus indécente les conciles et les Pères, particulièrement StAugustin, en même temps qu'il relevait le mérite de Grotius et des unitaires. Les faux principes qu'il avait établis dans ses histoires critiques lui servirent de règle dans sa traduction du Nouveau Testament , imprimée en 1702, à Trévoux, et réimprimée l'année d'après, à Rouen, sous la rubrique de Trévoux. Elle était dédiée au duc du Maine, souverain de Dombes, revêtue d'un privilége de ce prince et approuvée par le docteur Bouvet, professeur de Sorbonne ; mais Bossuet, ayant remarqué presque partout , dans la version et dans les notes , des vérités affaiblies, des commentaires perfides, un mépris indécent des locutions consacrées par l'usage de l'Eglise, en fit ordonner la saisie jusqu'à ce que l'ouvrage eût été sérieusement examiné. L'auteur parut d'abord disposé à le réformer; mais les corrections qu'il offrit ne tendaient qu'à éluder les difficultés sans remédier aux erreurs et qu'à gagner du temps pour se ménager les moyens d'obtenir un privilége par le crédit de ses protecteurs, et il y réussit. Le cardinal de Noailles, voyant que l'ouvrage se répandait dans son diocèse, en défendit la lecture par une ordonnance du 15 octobre 1702. L'auteur y opposa une remontrance , sur le ton d'un homme qui se sentait puissamment soutenu. Il l'était effectivement par Je chancelier de Pontchartrain, qui fut choqué de la flétrissure d'un livre pour lequel il avait accordé un privilége, et par l'abbé Bignon , directeur général de la librairie. Ce dernier conservait un profond ressentiment contre le cardinal, qu'il accusait de l'avoir empèché d'être élevé à l'épiscopat. Ce fut principalement sur Bossuet, regardé comme le promoteur de l'ordonnance, que Simon et ses protecteurs déchargèrent toute leur irritation, en faisant naître difficultés sur difficultés pour arrèter la publication d'une ordonnance semblable à celle de son métropolitain. Mais ce prélat mit tant de fermeté dans cette affaire qu'il obtint la révocation du privilége et la liberté de rendre son ordonnance; elle fut suivie de deux instructions pastorales, où il montrait la conformité de la doctrine du traducteur avec celle des sociniens. R. Simon se trouva réduit à répandre divers petits écrits où il incidentait sur des anecdotes qui n'avaient d'autre garant que son autorité, sur des explications arbitraires de différents textes, où la théologie catholique était sacrifiée à celle des unitaires. Tout cela est réuni dans sa Bibliothèque de StJore et dans ses Lettres choisies. Ce fut dans ces circonstances que, pour satisfaire sou ressentiment, il donna une nouvelle édition de l'ouvrage de Camus , évèque de Belley , touchant la réunion des protestants, avec des remarques quelquefois répréhensibles, dans le dessein de montrer que Bossuet, dans sa célèbre Exposition, n'avait fait que perfectionner le traité de Camus, qu'il ne connaissait même pas à l'époque où il avait composé son livre. On a reproché à l'évêque de Meaux d'avoir oublié sa modération ordinaire dans ses écrits contre R. Simon. Mais la matière était si grave, les torts du critique si artificieusement déguisés, sa souplesse, sa ruse, sa mauvaise foi, ses diatribes contre les StsPères si inconvenantes , son pélagianisme si révoltant, que tant d'excès sont bien propres à justifier la sévérité du prélat. R. Simon, s'étant retiré à Dieppe vers la lin de ses jours, y mourut le 11 avril 1712, dans des dispositions très-édifiantes. Bruzen de la Martinière , son neveu, raconte que, les jésuites l'ayant rendu suspect à l'intendant de Rouen , il craignit que ce magistrat ne fit saisir ses manuscrits pour les livrer à ses dénonciateurs , qui auraient pu, après sa mort, en faire un usage contraire à ses intentions, et que, pour prévenir cet événement, il les fit brêler luimème; que le regret qu'il en eut ensuite lui causa une fièvre violente, qui le mit au tombeau en trois jours. On verra que cette anecdote est trèssuspecte. Parmi les ouvrages de' ce savant critique dont nous n'avons point parlé, on distingue : 1° Histoire critique de la créance et des coutumes des nations du Levant, par le sieur de Moni, Amsterdam, 1684, sous la rubrique de Mons et de Francfort, 1692 et 1711. ' Il y donne un libre cours à son antipathie contre les auteurs de la Perpétuité de la foi. Il publia un supplément curieux, en 1687, contre Th. Smith, sous ce titre : De la créance de l'Eglise orientale sur la transsubstantiation, 2° Histoire de l'origine et des progrès des revenus ecclésiastiques, sous le nom de Jérôme Acosta, Francfort , 1684; Rouen, 1691, et 1706 , 2 vol. Il y en a encore une autre sous la rubrique d'Utrecht. Elles diffèrent toutes entre elles; la dernière est la plus curieuse. L'ouvrage est superficiel, semé de traits satiriques contre les moines, principalement contre les bénédictins. 3° Lettres choisies, dont la plus ample édition est celle d'Amsterdam , 1730, 4 vol. , précédée de la vie de l'auteur, par l'éditeur, Bruzen de la Martinière , son neveu. Elles sont curieuses et contiennent des anecdotes arrivées quelquefois postérieurement à leur date , ce qui confirme la conjecture qu'elles n'avaient pas été toutes envoyées à leur adresse . 4° Bibliothèque choisie, par le sieur de StJore, 4 vol. ; les deux premiers sous la rubrique de Bâle , 1709 , et les deux derniers sous celle d'Amsterdam , 1708-1710. Presque tout le quatrième n'est rempli que de pièces relatives à sa version du Nouveau Testament. Ce recueil fut supprimé par un arrêt du conseil du 5 août 1710. Barrat en changea le titre et publia la plupart des pièces qu'elle contenait sous celui de Nouvelle bibliothèque choisie, etc., 2 vol. Amsterdam, Paris, 1714. 5° Remarques sur la- Bibliothèque des auteurs ecclésiastiques et sur les Prolégomènes de la Bible de Dupin, 4 vol. C'est le P. Souciet qui en a été l'éditeur. 6° Novorum Bibliorum Synopsis, Utrecht, 1684 C'était le projet d'une nouvelle polyglotte ou plutôt d'un abrégé de celles de Paris et de Londres, sur trois colonnes, l'hébreu, le grec et la vulgate, dans le goût de l'ancienne italique de Nobilius, avec les variantes des versions arabe, chaldaïque et syriaque , de la grecque de Symmaque et d'Aquila. L'ouvrage était fort avancé lorsque l'auteur mourut. Ce projet avait été suivi, en 1685, de l'Ambrosii Origenis epistola de ; loris Bibliis polyglottis , où il traçait le plan d'un dictionnaire et d'une nouvelle méthode hébraïque, pour être adaptée à sa polyglotte. 7° Antiquitates ecclesiœ Orientais, Londres, 1682 , , avec la vie et des lettres du P. Morin, ouvrage rempli de fautes, dans lequel il fait une satire indécente du savant P: Morin. Il prétendit l'avoir trouvé dans les papiers du P. Amelotte; mais il ne persuada personne. Dans ce qu'il dit des antiquités des Chaldéens et des Egyptiens, R. Simon parait quelquefois n'avoir fait que copier l'abbé de Longuerue et s'est attiré à ce sujet une vive a con- sacré à ces lettres de Simon une notice curieuse; il montre leur importance au point de vue de la critique sacrée. accusation de plagiat . 8° Lettres ' sur plusieurs ouvrages un àtillene1,. SI6in9797, su sirs vges nouveaux publiés par gentilhomme vla:oliu: mm:erlidt;lesè s-à sreannr e . Des onz'e lettres qui le composent, trois avaient paru en 1694, sous le titre de Critique du livre publié par les ? oines bénédictins de la congrégation de St- Maur sous le nom de Bibliothèque divine de StJérôme. Les huit autres lettres concernent le second volume de St- Jérôme. Ces lettres ne se trouvent dans aucune collection des autres écrits de Simon. Il y a de bonnes remarques, mais dégradées par un ton d'aigreur qui révolte ; l'auteur critiqué ne lui cède point en ce genre dans ses réponses . Il avait légué ses livres apostillés de sa main et ses manuscrits à la cathédrale de Rouen. On peut en voir la notice dans celle des livres de cette église, par l'abbé Saas. Ce fait détruit l'anecdote de son biographe sur la destruction de ses manuscrits. L'usage de R. Simon était de travailler couché sur un tapis ou sur un matelas , appuyé sur des coussins, entouré de livres, de papiers et de tout ce qui lui était nécessaire pour écrire dans cette attitude
  • Richard SIMON : lexicographe , qu'il ne faut pas confondre avec le précédent, était originaire du Dauphiné. Ayant embrassé l'état ecclésiastique, il fut pourvu de la cure de StUze, diocèse de \ jeune; mais des motifs de santé l'obligèrent bientôt à résigner ce bénéfice, et il vint habiter Lyon, où, mettant à profit ses loisirs, il s'occupa de rédiger uu Dictionnaire de la Bible. L'utilité d'un pareil ouvrage était sentie depuis longtemps, et la première édition, Lyon, 1693 eut un débit si rapide que l'auteur dut préparer surlechamp la seconde. Docile aux i conseils de la critique, il revit. son travail avec 1 tout le soin dont il était capable, et l'ayant aug- Ilmenté de plus de moitié , le fil reparaître en 1703, sous ce titre : le Grand Dictionnaire de la Bible, ou Explication littérale et historique de tous les mots propres de l'Ancien ei du Nouveau Testament, 2 vol. Le premier est précédé d'un abrégé de l'Introduction à l'étude de l'Ecriture sainte, par.. le P. Lamy . L'abbé Simon n'avait ni les connaissances nécessaires, ni les ressources de toute espèce qu'il lui aurait fallu pour remplir d'une manière complète la tache immense qu'il avait embrassée, et son dictionnaire, dont le succès se soutint tant qu'il n'y en eut pas de meilleur, a été relégué parmi les livres inutiles depuis que nous avons celui de dom Calmet . « Nous reconnais- ; « sons, dit le savant bénédictin, que l'ouvrage « de Simon nous a servi, au moins en ce qu'il « nous a fourni la plupart des noms tout arran- « gés et les titres des matières tout distribués ; « de plus , dans les endroits même où l'auteur « se trompe , il ne nous a pas été inutile , puis- « qu'il nous a averti de nous tenir sur nos « gardes et d'examiner les choses de plus près
  • Richard SMITH( 1566) : vicaire apostolique en Angleterre, sous le titre d'évêque de Chalcédoine, naquit en 1566 dans le Lincolnshire, fit ses humanités et sa philosophie au collége de la Trinité d'Oxford , sa théologie à Rome, sous le célèbre Bellarmin, et vint la professer d'abord à l'université de Valladolid , où il fut reçu docteur, puis à Douai. Ayant été rappelé dans sa patrie pour y exercer les fonctions de missionnaire, il fut député en 1607 à Rome, par le clergé séculier, pour solliciter du pape le rétablissement du régime épiscopal et pour en obtenir un ordre qui défendît aux jésuites de s'immiscer dans les affaires de l'Eglise anglocatholique. Sa négocia tion eut un plein succès, malgré les contradic tions que lui suscita secrètement le P. Parsons. Quelques années après, il fut mis à la tète d'un comité de théologiens de sa nation, réunis à Paris dans le collège d'Arras, où ils s'occupaient d'ouvrages de controverse destinés à combattre ceux des anglicans. Il y eut de fréquentes con férences avec les docteurs de cette religion, une entre autres, qui fit assez de bruit, avec Featly, aumônier de la légation anglaise et l'un des plus habiles controversistes de sa communion. A la mort du vicaire apostolique Bishop, évêque de Chalcédoine, arrivée en 1624, Smith lui succéda sous le même titre. Les commencements de son épiscopat furent tranquilles; mais lorsqu'il entreprit de faire exécuter le décret du pape Pie V, conforme en cela à celui du concile de Trente, pour soumettre les réguliers à la juridiction épiscopale, il éprouva de leur part, surtout de "celle des bénédictins et des jésuites , une opposilion éclatante et qui eut les suites les plus fâcheuses. Il leur convenait mieux de dépendre du pape , qui, placé à quatre cents lieues de distance, ne pouvait pas les surveiller, que d'un évêque, établi sur les lieux , qui était plus à portée de les contenir lorsqu'ils abusaient de leurs immenses priviléges. Le P. Rudisand Barlow, supérieur des bénédictins , l'attaqua avec tant de violence et de scandale que Rome fut obligée de condamner l'ouvrage de ce religieux et de faire brûler tous les exemplaires qu'on put s'en procurer; mais il y en avait déjà un grand nombre de répandus dans le public. L'auteur y accusait le prélat d'avoir érigé un tribunal contentieux pour connaître des mariages, des testaments et d'autres causes qui ne ressortissaient qu'aux tribunaux séculiers. Smith eut beau représenter que ce tribunal n'était autre chose qu'une officialité semblable à celles qui existaient dans les Etats catholiques, et qu'on n'y traitait de ces différentes causes que sous leur rapport spirituel, cette explication ne fut pas jugée satisfaisante. Le clergé se divisa : les séculiers se déclarèrent pour l'évêque, les réguliers contre lui. Les fidèles prirent part à la querelle , et les protestants s'en mèlèrent aussi. Le gouvernement en conçut des alarmes ; les évêques anglicans, jaloux de la mission du vicaire apostolique, le regardaient comme un rival de la leur et le dénoncèrent comme étant investi de pouvoirs attentatoires aux droits de la couronne. Toutes ces fausses idées étaient adroitement entretenues par divers pamphlets sortis de la plume des réguliers. Smith fut proscrit par une proclamation du 11 décembre i68, qui l'obligea de se tenir caché, puis par une seconde, du 24 mars suivant, qui promettait une récompense de cent livres sterling à quiconque se saisirait de sa personne. Il ne trouva alors d'autre moyen de se soustraire au danger que de se réfugier dans l'hôtel de l'ambassadeur de France. Mais ses ennemis ne se lassant pas de le poursuivre et d'animer le peuple contre lui, il craignit qu'un plus long séjour en Angleterre ne devînt funeste aux catholiques qui lui étaient attachés; il prit le parti de se retirer en France, où le cardinal de Richelieu, qui avait contribué à sa promotion, lui fit donner l'abbaye de Charroux. Pendant toute la vie de ce ministre, il éprouva la bienveillance du gouvernement ; mais Mazarin, prévenu par ses ennemis, eut des procédés bien différents il le fit même dépouiller de son abbaye. Réduit alors à la plus extrême détresse, Smith fut accueilli par les bénédictines anglaises, à l'établissement desquelles il avait beaucoup contribué; elles le logèrent dans un petit appartement dépendant de leur couvent, et il y passa le reste de ses jours dans la prière et dans la pratique des bonnes oeuvres. C'est là qu'il termina sa longue et pénible carrière, le 18 mars 1655, à l'âge de 85 ans. Ce prélat possédait à un degré éminent les vertus de son état et des connaissances très-étendues dans les sciences ecclésiastiques. Tant qu'il jouit des revenus de l'abbaye de Charroux , il n'en retint que ce qui était absolument nécessaire pour son entretien ; tout le reste fut employé en œuvres de charité. L'Eglise catholique d'Angleterre aurait recueilli les plus heureux fruits de son gouvernement si les ennemis de la juridiction épiscopale ne l'eussent pas contraint d'abandonner son projet. Sa fuite ne termina point la guerre qu'on lui avait déclarée; ses grands vicaires furent en butte aux mêmes persécutions. Il en résulta un grand nombre d'écrits des deux côtés, dont les principaux furent composés par le docteur Kellison en faveur des droits du vicaire apostolique, et par le jésuite Floyd, dans les intérêts des réguliers. Ces derniers, anonymes ou pseudonymes , furent censurés par l'archevêque de Paris, par la faculté de théologie et par l'assemblée du ,clergé de France, comme contraires aux droits de la hiérarchie. Rome, qui d'abord avait pris le parti de Smith, finit par se déclarer contre lui. Deux décrets de la propagande affranchirent les réguliers de sa juridiction pour le ministère de la confession. Le principal ouvrage de Smith, dans cette querelle, est intitulé Breris et necessaria declaratio furie episcopalis , etc., Calais, 1631. Il fut traduit la mème année en anglais et imprimé à Douai; il est dirigé contre Floyd. Ceux qu'il a composés contre les anglicans sont assez nombreux , les uns en anglais, les autres en latin P Réponse à Th. Bell, auteur de la Ruine 'lu papisme, 1605 2° Balance de la religion selon les règles de la Providence, dans lequel il prouve que tous les rois d'Angleterre et tous les archevêques de Canterbury, depuis l'apôtre StAugustin , avaient fait constamment profession de la religion catholique, 1609. 3° Collatio doctrine? catholicoe et protestan tiuzn, Paris, 169.2 traduit en anglais, avec des augmentations, Douai, 163i ; 4° Refutatio apologice pseudocatholicoe Th. Mortoni, Cologne, 1651 ; 5. Lettre historique sur les bons pro cédés entre les papes et les rois d'Angleterre, 1652; 6. Aveu évident des protestants, que l'Eglise romaine occupe le premier rang dans l'Eglise de Dieu, et que la foi qu'on y professe suffit au salut, 1645 7° Examen de l'ouvrage du docteur Brainhall, intitulé Justification de l'Eglise anglicane, 1651, 8° Flores ecclesiasticoe historioe gentis Anglorum, Paris, 1654; 9. Traité du sacrement de confirma tion; IO. Traité de la distinction entre les articles fondamentaux et non fondamentaux de la foi, 1645 11° De auctore et essentia protedantium ec- clesie et religionis, Paris, 1619 On a de R. Smith quelques autres ouvrages de controverse. On lui doit aussi : Qualités suffisantes dans tous ceux gui sont chargés de proposer la foi , ainsi qu'une vie en latin de la comtesse de Montagu, Borne, 1604
  • Richard SMITH( 1772 - 1843) : chirurgien anglais, dont le père avait également exercé cette profession , naquit en 1779. 11 fit ses premières études à Bristol et ses premières opérations chirurgicales sous la direction paternelle, puis il ouvrit dans la même ville des cours d'anatomie qui furent extrèmement suivis. C'était peut-être la première fois que des cours de ce genre avaient lieu en dehors de Londres. Bientôt après, en 1796, Smith fut élu chirurgien de l'infirmerie de Bristol , et exerça cet emploi jusqu'à sa mort, c'est-àdire pendant près de quarantesix ans. Il y *acquit la réputation d'un opérateur habile ; et bien souvent. dans des cas difficiles, ses confrères en chirurgie venaient le consulter. Smith rassembla une quantité considérable de curiosités anatomiques : squelettes, débris morbides, qu'il laissa plus tard à l'infirmerie où il était chirurgien. De 1803 à 1811 il exerça sa profession dans un régiment. On lui doit la fondation de divers établissements de charité ; en 1802 , Smith acquit et garda jusqu'en 1890, la propriété du Miroir de Bristol . Il fournit à ce recueil de remarquables articles, qui en commencèrent la vogue et le succès. Il laissa manuscrits de nombreux documents sur l'histoire de Bristol et de son hôpital. Ce savant praticien mourut subitement, le 94 juin 1813
  • Richard STAINER : marin anglais, commandait un vaisseau de guerre sous le protectorat de Cromwell, et se fit distinguer par une extrême bravoure. En 1656, ayant trois frégates sous ses ordres, il tomba au milieu d'une escadre espagnole de huit vaisseaux. Loin de se laisser décourager par la disproportion du nombre, il attaqua l'ennemi avec la plus grande résolution. Le succès couronna son audace , et dans l'espace de quelques heures, il bréla l'un des bâtiments, en coula à fond un second, en prit deux et força les autres à s'échouer sur la côte. Le trésor, qui était à bord de ces deux prises, s'élevait à six cent mille livres sterling . L'année suivante il attaqua et détruisit, de concert avec l'amiral Blake, sous les ordres duquel il était placé, une flotte espagnole dans la baie de SteCroix. « Action si miraculeuse, dit Clarendon, « que tous ceux qui connaissaient le lieu du co « bat, s'étonnèrent que des hommes, de quelque « courage qu'ils fussent doués, eussent pu l'en- « treprendre. Eux - mêmes pouvaient à peine ajouter foi à ce qu'ils avaient fait, tandis que « les Espagnols se consolaient en pensant que « c'étaient des diables et non des hommes qui « avaient détruit leurs vaisseaux. » Pour récompenser ce brillant exploit, Cromwell créa Stainer chevalier le 11 juin 4657, et le fit bientôt après viceamiral. A la restauration il fut chargé, avec l'amiral Montague, de transporter en Angleterre le roi Charles H. Ce prince le nomma chevalier et contreamiral. Il mourut au mois de novembre 1669, laissant à son frère une fortune considérable, que celuici perdit par un procès
  • Richard STANYHURST( 1545 - 1618) : savant irlandais, né à Dublin, vers 1545, se fit une grande réputation dans l'université d'Oxford, par ses commentaires sur Porphyre, qu'il y publia à l'âge de dixhuit ans. Il était étroitement lié avec le savant Usher, son neveu; mais cette liaison cessa dès qu'il eut embrassé la religion catholique. Après avoir perdu sa femme, il se retira en Flandre, y fut ordonné prêtre et obtint la place de chapelain de l'archiduc Albert, qu'il conserva jusqu'à sa mort, arrivée à Bruxelles en 1618. Il était à la fois savant helléniste et bon poète latin. Voici les titres de ses ouvrages : 10 Harntonia in Porphyrianas constitutiones, Londres, 1570 ; De rebus Hybernid gestis, Anvers, 1584 3° Descriptin Hybernim, traduite en anglais et insérée dans le premier volume des Chroniques de Hallingshet; 4. De rua S. Patricii, Anvers, 1587 ; 5° Hebdomada Mariana, in memo- riam septemjestor. B. M. Virginis, ibid., 1609 6° Hebdomada Eurharistira, Douai, 1614 70 Brevis prœmunitio pro futura concertatione , min Usserio, ibid., 1615; 8. Lettres à H. Usher ; 9" les Principes de la religion catholique; 100 les quatre premiers livres de l'Enéide, et les quatre premiers psaumes, traduits en vers blancs Londres, 1583; 11. Imaginations poétiques, en latin et en anglais. — Epitaphes, dans les deux mêmes langues. — Guillaume STANyntrasT, né à Bruxelles de parents irlandais, et que Chahners suppose fils du précédent, entra chez les jésuites en 1617, se distingua par son talent pour la prédication et par son zèle à secourir les pestiférés. Il mourut à Bruxelles Ir 10 janvier 1663. Ses ouvrages sont : Theologia moralis Labatac, noris commentariis aucta. — Intmortalis in ntortali corpore patientis historia. — Quotidiana christiani hominis tessera, veteris hontinis ntetantorphosis. — De In tern orunt ergastulo. — Album mari t imum, en vers et en prose, Louvain, 1641 C'est un éloge de la maison d'Autriche
  • Richard STEELE( 1675) : littérateur distingué, naquit à Dublin, de parents anglais, vers 1675, suivant Nathan Drake, et en 1671, suivant Chalmers. Tout ce qu'on sait de sa famille , c'est que son père était avocat et secrétaire du premier duc cl'Ormond, et que sa mère était trèsbelle et remplie d'esprit. Richard Steele avait à peine atteint l'âge de cinq ans lorsqu'il perdit son père; il fut envoyé à Londres et placé, par la protection du duc d'Ormond, à l'école de CharterHouse, qui comptait ce seigneur au nombre de ses rec- leurs. Ce fut là qu'il eut le bonheur de connaître Addison et de se lier avec lui d'une amitié qui ne finit presque qu'avec leur vie. Il passa, en 1692, au collège de Merton, à Oxford, et s'y lit remarquer par son goût pour la littérature. Pendant son séjour dans ce collège, il composa une comédie qu'il considérait comme un petit chefd'oeuvre. Il eut cependant le bon esprit de le soumettre à la critique de M. R. Parker, son condisciple et son ami , et , ce qui lui fait honneur, il condamna sa pièce à l'oubli d'après la décision de ce judicieux aristarque. La mort de la reine Marie lui fournit, en 1695, une occasion de se faire connaître : le petit poème qu'il composa sur cet événement, sous le titre de Marche funèbre , ne lit pas une grande sensation , quoiqu'il ne soit pas dépourvu de mérite. Vers cette époque, Steele voulut suivre la carrière militaire. Il entra alors comme simple soldat dans les gardes à cheval, malgré les conseils de sa famille et de ses amis aussi futil déshérité par un de ses parents qui possédait une propriété considérable dans le comté de Wexford et qui avait déjà fait en sa I Dana le n• 161 du Babillard , il raconte d'une manière trèspathétique J'impression de chagrin que lui fit éprouver cette perte. faveur un testament qu'il révoqua. Ce malheur ne produisit aucune impression sur l'esprit de Steele, que son caractère entraîna toujours à sacrifier ses intérêts à ses inclinations. L'humeur joviale du jeune garde, sa franchise et son esprit vif et brillant le rendirent bientôt l'idole du régiment, et les officiers réunirent leur influence pour lui procurer la place d'enseigne. Cet emploi fournit à Steele les moyens de se livrer encore avec moins de retenue à la dissipation et à la débauche; il avait cependant quelquefois des repentirs amers sur un genre de vie si peu favorable à la culture de ses talents. Ce fut dans un de ces moments qu'il composa un petit manuel sous le titre du Héros chrétien , qu'il publia en 1701. Mais comme il continua de mener une vie dissolue, quoiqu'il protestàt de son sincère attachement à la religion et à la vertu. le seul résultat produit par la publication du Héros chrétien, qu'il avait dédié à lord Cuits, dont il était secrétaire particulier, fut d'en rendre l'auteur l'objet des railleries de ses camarades. Il fit paraître, la même anitée, la première de ses comédies qui ait eu du succès, sous le titre de Funeral or Grief à la mode- . Deux ans après : Addison en composa le prologue, et le public accueillit trèsbien cette comédie. Il n'en fut pas de même de l'Antant menteur , qu'on trouva beaucoup trop sérieux et qui tenait en effet plus de la tragédie que de la comédie. La chute qu'éprouva cette pièce dégoûta tellement Steele qu'il cessa pendant dixhuit ans de travailler pour le théàtre, se déterminant alors à publier le Babillard , ouvrage périodique et qu'il dédia assez naturellement aux dames. Le premier numéro du Babillard parut le 12 avril 1709, sous le nom suppose d'Isaac Bickerstaff, que Swift avait dejà rendu célèbre . Six numéros avaient été donnés au public sans qu'Addison en connût l'auteur, lorsqu'il y lut la critique d'un passage de Virgile qu'il avait communiqué à son ami; cette découverte amena la coopération de cet élégant écrivain, qui débuta, le 21 mai 1709, par la Description des infortunes des journalistes, laquelle parut dans le numéro 18 . Nous croyons devoir faire remarquer que c'est à la patience et à la persévérance infatigable de Steele que le Babillard et, plus tard, le Spectateur et le Mentor durent la coopération d'Addison et des autres écrivains distingués qui ont inséré des morceaux dans ces ouvrages périodiques, dont il avait seul conçu le plan, et dont il faisait tous les frais à ses risques et périls : aussi Nathan Drake pense qu'on pourrait l'appeler le père des écrits périodi- ques . Quoique le Babillard n'eût pas cessé Johnson assure que la première communication qu'Addison fit au Babillard eut heu le 26 mai 1709 • dans le n. 10 ; mais il parait qu'il se trompe, d'après ce que dit Steele dans sa préface. Cette qualification peut être juste poux l'Angleterre , mais d'obtenir une grande vogue, Steele crut devoir le terminer sans en prévenir Addison, le 23 décembre 1710 , sous prétexte, dit- il luimême, que le but qu'il s'était proposé ne pouvait plus être atteint, parce qu'on savait depuis trop longtemps qu'il en était l'auteur et le directeur. Deux mois s'étaient à peine écoulés depuis la discontinuation du Babillard, lorsqu'on fut agréablement surpris par la publication d'un nouveau journal périodique, dont le premier numéro parut sous le titre du Spectateur, le 1" mars 1711. Le plan en était trèsvaste; il avait été concerté entre Addison et Steele. On doit à celuici, qui était à la fois l'éditeur et le directeur, le numéro 2 tout entier, dans lequel il introduisit cette réunion de caractères qui ont rendu le Spectateur si intéressant et si dramatique. Malgré le succès obtenu par ce journal , il fut suspendu le 6 décembre 1712, lorsque le 7° volume fut terminé, à cause de l'éloignement de Steele, qui parait avoir été obligé de quitter Londres pour échapper aux poursuites de ses créanciers. Le Spectateur fut repris le 18 janvier 1714 et cessa définitivement le 20 décembre de la même année. Avant cette époque, Steele entreprit un autre journal, intitulé le Mentor ; le Premier numéro fut soumis au public le 12 mars 1713. Le premier volume contient plusieurs morceaux capitaux de Berkeley, Pope et Tickell, et le second doit beaucoup à Addison. Steele l'arrêta brusquement le 1" octobre 1713 , au numéro 175, soit par suite de démèlés avec J. Tonson , son imprimeur, soit parce qu'à cette époque il se lança complètement dans les discussions politiques. Il avait étudié avec beaucoup de soin les lois et la constitution de son pays, et il avait une prédilection marquée pour les principes des whigs , attaqués avec violence par l'Exami- ner. Steele publia pour les défendre un nouveau journal, qui, sous le titre de l'Anglais , vit le jour le 6 octobre 1723, peu d'instants après que le J/ entor eut cessé d'exis- ter. A la mort du roi Guillaume, Addison avait Procuré à Steele la connaissance des lords Halifax et Sunderland, qui le choisirent pour leur journaliste , poste qu'il compare à celui de sous- ministre d'Etat. 11 s'acquitta fidèlement et judi- cieusement des devoirs qu'imposait ce titre et obtint la place de commissaire du timbre, en récompense de son zèle: Après l'affaire de Sacheverel, la chute du lord trésorier Godolphin paraissant certaine, Steele crut devoir prendre la défense de son protecteur et publia à ce sujet Plusieurs pamphlets , sous le nom de Pasquin; 'nais ce fut en vain : le 10 mars 1710, les whigs furent contraints de céder la place aux tories. il y avait déjà longtemps qu'il existait en France des écrits périodiques à l'époque de l'apparition du Babillard. Le docteur Fleetwood, dans une lettre adressée, le 17 juin 1712, à l'évèque de Salisbury , porte à quatorze mille la vente joui na.lière des numéros du Spectateur, et Johnson ne l'évalue guère moins dans ses Vies des puers anglais. Le talent dont Steele avait donné des preuves en ',laveur du dernier ministère détermina Robert Marley, depuis comte d'Oxford, qui venait d'être élevé au 'poste de trésorier et de chancelier de l'échiquier, à le conserver dans son emploi. tilui lejt connaître en même temps la haute estime que lui avait inspirée son caractère. Ces démonstra tions flatteuses n'exercèrent aucune influence sur les opinions de notre auteur; mais il prit la résolution de garder le silence sur les mesures du gouvernement sous lequel il occupait des places, résolution qu'il garda assez longtemps, à peu d'exceptions près. Nous citerons comme l'une de ces exceptions la lettre qu'il écrivit à Marlborough, sous le titre de Remerciments d'un Anglais au duc de Marlborough , lorsque ce grand général reçut, en décembre 1711, la démission de ses emplois. Ce ne fut que le 28 avril 1713 qu'il attaqua, dans le quarante et unième numéro du Mentor, les principes tories de l'Examiner, rédigé avec autant d'habileté que de virulence par Swift, qui avait tenté vainement de rendre Steele favorable aux mesures de l'administration. Lorsque ce dernier se fut décidé à se jeter dans les rangs de l'opposition, il crut de son devoir de résigner la pension qu'il recevait comme appartenant à la maison du feu prince George de Danemarck et la place qu'il occupait au bureau du timbre. On peut citer comme un modèle la lettre qu'il écrivit à ce sujet à lord Oxford. pour lui exposer ses principes, ses vues et mèine les soupçons qu'il avait conçus contre des membres du gouvernement. Il se mit ensuite sur les rangs pour entrer à la chambre des communes et fut nommé par le bourg de Stockbridge; mais il n'y siégea que peu de temps. Une lettre, insérée dans le numéro 128 du Mentor et qu'il signa Un tory anglais, dans laquelle il insistait sur la politique et la nécessité impérieuse de démolir les fortifications de Dunkerque , Steele, que ce prince connaissait de réputation , obtint immédiatement l'emploi d'inspecteur des écuries royales d'HamptonCourt, fut nommé l'un des magistrats du comté de Middlesex , et bientôt après élevé au rang de chevalier. il représentait à cette époque Boroughbridge dans le parlement. Les administrateurs du théâtre de Drury- Lane , dont la licence était expirée à la mort de la reine Anne, lui ayant proposé de se mettre à leur tète, en lui assurant une pension de sept cents livres sterling, il accepta leur proposition, et le roi lui accorda la licence qu'il désirait, avec le brevet de gouverneur de la compagnie royale des comédiens. Sir Richard donna vers cette époque une nouvelle édition de ses pamphlets contre le der- nier ministère , sous le titre d'Ecrits politiques , vol. et publia une Lettre du comte de Marr au roi, avant l'arrivée de Sa Majesté en An- gleterre, avec quelques réflexions sur la conduite que ce seigneur avait tenue depuis. Au mois de décembre 1715 commença un nouveau journal hebdomadaire de Steele , dans une série de lettres à une dame, à la campagne. Il paraît que ce recueil était formé des lettres qu'ilécrivait à sa femme, et dans lesquelles il lui rendait compte de ce qui faisait le sujet des conversations du beau monde : il lui donnait en même temps sa propre opinion sur les productions du théâtre. L'origine de la publication de ce journal , qui se termina le 13 février 1716 etqui n'eut que neuf numéros, est attribuée aux besoins de l'auteur, qui lit paraître , le 6 du mème mois, une autre feuille, sous le nain de la Table à thé, qui ne dépassa pas le troisième numéro et qui fut suivie du Chit- Chat , qui s'ar- rêta également au troisième numéro. Sir Richard était alors en faveur auprès du ministère. Sir Robert Walpole lui donna , au mois d'août 1715, une gratification de cinq cents livres sterling, et en 1717, lorsque la rébellion d'Ecosse fut apaisée, il le fit nommer l'un des commissaires pour les biens confisqués dans ce pays, ce qui ne l'empêcha point d'être parfaitement accueilli par l'élite de l'Ecosse, et dès lors il conçut le projet d'opérer une réunion civile et ecclésiastique entre les deux royaumes ; mais ses efforts ne furent pas couronnés de succès. A son retour d'Ecosse, Steele entreprit, avec un certain Gillmore, habile mécanicien, de transporter à Londres du saumon frais, qui s'y vendait fort cher, au moyen d'une machine de leur invention, nommée Fish- pool. Il obtint une patente le 10 juin 1718 et annonça pompeusement son projet; mais le premier essai qu'ils firent réussit si mal qu'ils renoncèrent à en faire d'autres. L'année suivante , le comte de Sunderland proposa de fixer le nombre des membres de la chambre haute et de res- treindre l'autorité du roi, en telle sorte qu'il ne pût créer de nouveaux pairs qu'après l'extinction des familles anciennes. Ce projet, auquel la chambre haute avait donné son assentiment, rencontra une vive opposition dans celle des communes. Sir Richard crut devoir prendre la plume contre cette mesure, et il publia, au mois de mars, le premier numéro du Plébéien. Addison, qui n'en connaissait pas l'auteur, y répondit par un pamphlet intitulé l'Ancien whig. Steele fit une réplique, et Addison , alors mieux instruit, oublia sa modération habituelle et, dans »ne se- conde réfutation , se servit d'expressions outrageantes envers son ancien ami. La décision de la chambre des communes , qui rejeta le bill de pairie, fut un triomphe pour sir Richard ; mais le ministère, qui s'était prononcé en faveur du bill, le punit de son opposition en révoquant sa patente de gouverneur de la compagnie royale des comédiens. Steele, qui avait fait paraître, peu de temps auparavant, la Fileuse , petit pamphlet pour encourager l'usage plus fréquent des manufactures de laine , publia sous le nom de sir Jean Edgar , le Théâtre, journal périodique , destiné principalement à défendre ses intérêts et ceux des administrateurs du théâtre de DruryLane contre les dispositions du lord chambellan. Sept numéros avaient déjà paru, et le gouvernement persistait dans les mesures adoptées contre lui, lorsque sir Richard fournit un nouvel aliment à la malignité du public, en lui donnant l'Etat de l'afaire entre le lord chambellan de la maison du roi et le gou- verneur de la compagnie royale des comédiens, qui n'amena aucun changement en sa faveur. Le Théàtre s'arrêta au vingthuitième numéro, et, quoique bien écrit, il est trop rempli des démêlés de l'auteur pour sa patente et de ses observations contre le fameux projet de la mer du Sud, qu'il attaqua encore dans plusieurs pamphlets. Réduit à la misère et forcé de se défendre contre les attaques brutales d'un certain Dennis , envieux de son talent, il les repoussa avec succès. Walpole, son protecteur, ayant été nommé chancelier de l'échiquier, le 2 avril 1”1, il fut rétabli immédiatement dans son emploi à DruryLane , et l'année suivante, pour donner plus d'éclat à sa nouvelle administration, il présenta au public ses Amants tConscious Loyers), l'une des meilleures comédies du théàtre anglais. Le roi en accepta la dédicace et envoya cinq cents livres sterling à l'auteur. Mais l'expérience n'avait pas rendu sir Richard plus sage ; pour satisfaire ses créanciers et se procurer des moyens d'existence, il vendit, en 1723, la part qu'il avait dans les profits du théâtre et eut à cette occasion, avec les administrateurs de DruryLane, un procès qui dura trois ans et qu'il perdit. Une attaque de paralysie, suite de ses inquiétudes, l'ayant rendu incapable de se livrer à de nouveaux travaux littéraires, il abandonna tous ses biens à ses créanciers et se retira à Hereford, où ils eurent la générosité de lui assurer une pension alimentaire. Il se rendit ensuite à sa terre de Llangunnor, près Caermarthen, dans le pays de Galles, et après y avoir langui environ deux ans, il cessa de vivre le I"septembre 1729. On trouva dans ses pa- piers deux comédies manuscrites , intitulées le Gentleman et l'Ecole d'action. Steele avait été marié deux fois. Il eut de sa seconde femme trois enfants, dont deux moururent en bas âge, et le troisième, qui était une fille, épousa le baron de Trevor. Il laissa encore une fille naturelle, qu'il avait voulu marier avec le célèbre Savage, dont le caractère ressemblait tant au sien, et qu'il accabla de bienfaits . Gai et aimable dans la société, ami tendre, époux et père attentif et affectionné, plein de franchise, Steele, qui avait des principes fixes en religion , et qui aimait la vertu , était en même temps dissipé, prodigue et insouciant . Ces défauts, qui ternissaient toutes ses heureuses qualités , furent la principale cause de ses malheurs. Il prenait chaque jour la résolution de s'en corriger ; mais il ne put jamais y parvenir. Enthousiaste des opinions des whigs, qu'il avait. adoptées parce qu'ils défendaient, à son avis, les intérêts du pays et de la constitution, aucun mo- tif n'aurait pu le déterminer à embrasser un autre parti. Ennemi déclaré de la religion catholique, n admirait passionnément la réforme protestante. Son style, clair et cependant incorrect, se faisait remarquer par l'aisance et la vivacité. Quoiqu'il connût les anciens on doit plutôt le considérer comme bon moraliste et observateur exact des scènes de la vie que comme savant et critique. Il réussissait surtout dans les portraits, dont ses essais sont parsemés, et il avait tout ce qu'il faut pour réussir dans la comédie. Quoiqu'il vécût dans les rangs élevés de la société, il se plaisait à étudier les caractères et les moeurs des classes inférieures . Son plus grand mérite est d'avoir entrepris le premier, depuis le règne licencieux de Charles II, de régénérer le théâtre, en y faisant respecter la vertu et mépriser le vice. L'association d'Addison lui fut sans doute utile mais il fut en quelque sorte écrasé par le voisinage d'un talent aussi supérieur . Le théâtre de Steele a été publié en 1755, par Tonson ; Nichols a fait paraître sa correspondance, 11) Nous citerons deux anecdotes qui peignent trèsbien le caractère de Steele Il sortait un jour d'une taverne avec Savage et Phillips, lorsqu'ils furent rencontrés par un passant qui, sans les connaitre , les prévint qu'il avait aperçu, au bout de la rue où ils se trouvaient, deux ou trois gaillards suspects , qui lui paraissaient être des sergents , et les exhorta à changer de direction s'ils croyaient avoir à craindre une pareille rencontre. Nos trois poëtes, dont les affaires étaient à peu près dans le même état, ne prirent le temps ni de se concerter , ni d'adresser un seul mot de rernerCiment à celui qui leur donnait cet avis et s'enfuirent par des chemins différents. Une autre fois, Steele invita à dîner un grand nombre de personnes de la première qualité; après le repas, ses convives lui témoignèrent leur surprise de ce que, avec si peu de fortune, il pouvait soutenir le grand nombre de laquais qu'ils avaient remarqués autour de la table. Il leur répondit en riant : n Ces drOles, dont je voudrais bien être chibarrassé, sont des sergents qui se sont présentés 4. chez moi, une sentence d'exécution à la main. Ne pouvant les i‘ congédier , je leur ai endossé des habits de livrée , afin qu'ils o puissent nie faire honneur tant qu'ils resteront chez moi. Ses amis rirent beaucoup de cet expédient et le délivrèrent de ses hôtes en payant ce qu'il devait. Les Funérailles, ou le Duel à la mode, comédie, fait partie de la traduction du Théâtre anglais , par la Place ; la Bibliothèque des dames a pour traducteur Janiçon, 1719, 3 vol. ; son Histoire ecclésiastique de Rome, qui n'est qu'une traduction de l'italien, a été traduite en français par Sallengre . A. B—T. Londres, 1787, 2 vol. On lira avec profit sur cet écrivain une notice insérée dans le Quar- ter/ y Revient, n° 192 . Un autre article, signé d'un nom pseudonyme , figure dans la Revue contemporaine, septembre 1857
  • Richard STREINN( 1538) : Streinnius , baron de Schwarzenau, d une des plus anciennes et des plus illustres maisons de l'archiduché d'Autriche, naquit vers 1538, on ne sait pas positivement en quel lieu. Il appartenait à la religion protestante. Après avoir fait les études ordinaires dans sa patrie 1 vint étudier le droit à trasbourg, sous François Ilotinan, qui, tout en lui enseignant la jurisprudence. lui inspira le goôt de l'antiquité et des recherches historiques. Streinn acquit bientôt de vastes connaissances en ce genre, et, pendant moins de deux ans qu'il passa à Strasbourg, il composa des dissertations sur les co-' mires, les lois, les magistratures, les auspices, les cérémonies et la milice des Romains. Elles sont demeurées manuscrites. En 1559, n'ayant pas encore atteint sa vingtième année, Streinn lit naraltre un ouvrage intitulé Gentium et fa- miliarum liomanoruni stemmata , Paris , Henri Estienne, 1559 ,1,. I.a dédicace. adressée à l'archiduc Charles d'Autriche, est datée XII Cal. Sept. 1558. La publication . dans un g i peu avancé, d'un livre qui obtint l'approbation des savants et auquel on ne reprocha guère que quelques fautes de chronologie, a déterminé i I Chandon d.rine à ce volume la date de 1599. L'ouvrade do Streinn a 'dé réimprimé deux lois par AI& le jitir.e, avec le tit, suseant çnftu ci familiie lionsanarains, î. n,- 1ttt vs Ardebul Manutianis, 1751 et ibid., apte, ' Aldum, 1589 Baillet à consacrer à "auteur une notice dans ses Enfants célèbres. Streinn étant retourné dans son pays , devint successivement membre du conseil privé de l'Empereur, grand trésorier ou surintendant des finances, et grand maître ou inspecteur de la bibliothèque impériale . 11 vécut généralement aimé et estimé sous le règne de trois empereurs, Ferdinand ler, Maximilien II, Rodolphe H, et mourut au château de Freideck, le 8 novembre 1600. Il continua d'écrire des ouvroges qu'il ne fit point imprimer, mais qu'il légua en mourant à la bibliothèque de Vienne. L'un d'eux porte le titre d'Anti- Anicius. C'est. ime réfutation de la dissertation d'Arnold \Viol) , intitulée De antiquissima familia Ani- cia, etc., famille dont il piait à l'auteur de faire descendre d'un côté StBenoit et de l'autre la maison d'Autriche. L'Anti- Rnicius a fourni à !billet le sujet d'un article assez piquant pour ses Nous y renvoyons , en observant toutefois que ce critique, n'ayant pu lire l'ouvrage dont il parle, se livre à quelques conjectures qui ne sont peut-être pas fondées. Les autres manuscrits de Streinn sont, suivant Moreri, des traités de théologie et Commonitorium de Boberti Bellarmini scriptis caque dictis. On prétend enfin que le baron de Schwarzenau publia quelques discours pour défendre la liberté des ProvincesUnies , mais qu'il n'y mit point son nom, pour ne point choquer les princes de la maison d'Autriche. David Chytrée et d'autres écrivains contemporains ont fait le plus grand éloge de Streinn
  • Richard SUISETH : , savant anglais, surnommé le Calculateur, vivait dans le I fe sous le règne d'Édouard III. Après avoir enseigné les mathématiques et l'astronomie 'à l'université d'Oxford, il renonça au monde vers 1330 et entra dans l'ordre de Citeaux. On ne connaît pas l'époque de sa mort. Dans sa retraite, il écrivit, diton , des commentaires sur le Maitre des sentences et sur la Morale d'Aristote. Nous ne savons s'ils ont été imprimés. Des ouvrages qu'il avait composés sur les sciences pendant qu'il prifessait, nous ne pouvons citer que le suivant, rangé par les bibliographes dans une des divisions des sciences philosophiques : Opus aureum calculationum , Papiœ per Franc. Gyrardengain, 1898, grand de 89 feuil. à 2 colonnes . Cette première édition , avec date, d'un livre curieux et singulier est rare et recherchée. On en a donné plusieurs autres, parmi lesquelles on distingue celle que le médecin Victor Trincavelli publia sous ce titre : Calculator seu calculationum aureum opus , ad onene. q scientias applicabile, Venise, héritiers d'Octav. Scot, 1520 de n feuilles. Dans le volume se trouve : Qucestio de reactione juxta Arientelis sententiam. Jér. Cardan et J.C. Scaliger ont loué l'ouvrage de Suiseth. J. Pic de la Mirandole, L. Vivès et Conrad Gesner s'en sont moqués, et la Monnoie est d'avis qu'ils ont eu raison
  • Richard TARLTOW : célèbre acteur anglais, vivait à l'époque de la reine Elisabeth ; la date de sa naissance n'est pas connue ; il mourut en 1588.11 excellait dans les rôles grotesques; et il mêlait souvent à l'ceuvre qu'il représentait des tirades de sa façon où il jetait beaucoup de gaieté et d'esprit dans ces improvisations, qui divertissaient grandement le public. Il eut également le talent d'amuser la reine, qui se plaisait si fort à le voir que, pour le fixer au palais, elle en fit un de ses valets de chambre. Il ne se bornait pas à être artiste dramatique, il voulut s'élever au rang d'écrivain ; et il composa une pièce , les Sept péchés mortels, qui fut trèsbien accueillie, mais qui n'a point été imprimée et qui est aujourd'hui perdue. On a publié, en 1611 , une sorte de Tarlimciana, contenant ses bons mots et ses bons tours. Il existe de vieux portraits gravés et fort rares qui le représentent avec le nez mutilé, accident qui lui arriva au milieu d'un combat d'ours et de chiens, dans lequel il intervint mal à propos
  • Richard TASSEL( 1580) : peintre, naquit à Langres vers 1580, et non pas en 1608, comme le dit Varney, auteur d'une Notice sur cet artiste. Il reçut de son père, Pierre Tassel , le goût et les premières leçons de la peinture. La vocation du jeune Richard était tellement déterminée, qu'à peine parvenu à sa dixhuitième année, il prit l'habit de pèlerin, cédant au besoin d'accomplir un pieux pèlerinage à Rome, et passa en Italie pour y admirer et étudier les chefsd'oeuvre dont ce sol classique abonde. Il ne tarda guère à dépouiller le costume qu'il avait emprunté pour aplanir les difficultés de son voyage ; il alla se réunir, dans Bologne, aux nombreux élèves du Guide, dont l'école jouissait, à de si justes titres, d'une grande réputation. Après un séjour assez prolongé auprès du Guide , Tassel se rendit à Rome, où son pinceau attira sur lui les regards des amateurs et des peintres. On assure qu'à son retour il exécuta, à Venise, quelques statues et plusieurs autres morceaux de sculpture qui n'étaient pas sans mérite. Ce ne fut pas à ces productions variées qu'il borna ses travaux : il fit élever à Lyon, sur ses plans, plusieurs édifices qui furent regardés comme de trèsbon goût. Quoi qu'il en soit, c'est principalement comme peintre que Richard Tasser est connu. Vers 1612, il rentra en France, après une absence de six années, et se livra avec une grande ardeur à la culture d'un art pour lequel il venait de faire d'excellentes d'études sur les chefsd'oeuvre antiques et modernes de Rome et des autres villes de l'Italie. Marié, le juillet 1607 , avec Marguerite Louis, dont il eut un grand nombre d'enfants , il s'attacha au pays qui l'avait vu nattre et le préféra au séjour de la capitale, où Lesueur et Lebrun essayèrent inutilement de l'attirer. Echevin de Langres et chargé de la garde des clefs de la Tour-- Canon de StFergeux , Tassel se signala par son patriotisme et son courage pendant les troubles de la Fronde et rendit de nombreux services à ses concitoyens. Ce peintre était trèsexpéditif ; aussi ses compositions sontelles plus nombreuses que soignées. On y reconnaît une imitation du faire tant du Guide que du Caravage qu'il affectionnait. 11 excella plutôt dans le coloris que dans le dessin, dans la noblesse de la composition que dans le naturel des attitudes. Ses draperies sont jetées avec grâce; sa touche est en général légère, franche et spirituelle. L'expression de ses figures reçoit beaucoup de vigueur du transparent de ses ombres rousses et de la fraîcheur de ses demiteintes. Tassel mourut à Langres, le 12 octobre 1660, et fut enterré dans l'église StAmâtre au pied d'un pilier contre lequel fut placée une épitaphe que nous croyons utile de reproduire in extenso , comme complément fort important de la biographie de Tasse!, si mal présentée jusqu'à ce jour; cette précieuse plaque de marbre est conservée dans la bibliothèque de la ville de Langres. Tasse' nous a laissé son portrait sous le costume de pèlerin, et qui est conservé au musée de Dijon qui possède du même artiste : le Triom- phe de la Vierge dans le ciel, le portrait de Thé- rèse- Marie- Joseph de Sanzette , fondatrice des Ursulines de Dijon, et seize autres de ses productions. Le musée de Langres offre de Tassel une Mort de St- Joseph, le Martyre de St- Martin, celui de St- Mammès, une Ste- Famille, le Reniement de St- Pierre, St- Michel terrassant le démon. Les Oeu—vres capitales de notre artiste sont conservées Passant Vevx tv scavoir qvi estoit Richard Tassell Vay A Lorette tv le verras pelorin, A Rome peintre en tovt, Venlse advovra qvil estoit scvlptevr, Et Lyon a svivy les ordres de son A rchitectvre. Paris dira qvil la vev consvl eschevin, Dellensevi des privileges de sa patrie Parmy les hazards de la peste et de la gverre. Et Langres, le liev de sa naissance, S'est servy de Ivy en tovtes ses qvalités. II est mort le 12 octobre 1660, Prie Diev qvil le mette en repos Avec dame Margveritte Lovys , son Espnvse, qvi deceda Le 20 may 1648. au musée de la ville de Troyes et proviennent de la donation Morlot; elles consistent dans : St- Jean dans le désert, la Généalogie de la Vierge , Cléo- pâtre se faisant mordre par un serpent , le Juste d'Horace, etc. On voit également des œuvres de Tassel au musée de Lyon. Varney a publié en l'an 11 , dans les Mémoires de la société libre d'agriculture, de sciences et arts et de commerce du département de la HauteMarne , une Notice sur Tasse', qui avait induit les biographes en erreur, et même le rédacteur de l'article consacré à Tassel dans la première édition du présent recueil ; depuis a paru, dans l'An- nuaire ecclésiastique et historique du diocèse de Langres , une consciencieuse étude sur Richard Tassel et sa famille, rédigée par M. Luquet, ancien archiviste, à laquelle nous avons eu recours et que nous recommandons à nos lecteurs; elle est enrichie d'une lithographie reproduisant le portrait de Tassel que nous avons signalé plus haut. DB—s et B
  • Richard TWISS( 1747 - 1821) : voyageur anglais, né à Rotterdam, en Hollande, le 26 avril 1747, mort à CamdenTown, en mars 1821. Possesseur d'une fortune qui lui permettait de satisfaire son goût pour les voyages , il voulut d'abord connaître sa patrie , alla ensuite en Ecosse, puis sur le continent , et parcourut successivement la Hollande, la Belgique, la France, la Suisse, l'Italie, l'Allemagne et la Bohème. Toutes ces courses étaient terminées en 1770, et Twiss y avait employé plusieurs années. Le désir d'examiner des objets I nouveaux lui fit entreprendre, en 1772, le voyage de Portugal et d'Espagne. Enfin, en 1775, il visita l'Irlande. Il revint en France à l'époque de la révolution et retourna dans son pays, où il jouissait de beaucoup de réputation parmi les hommes qui s'occupaient de littérature et de musique. On a de Twiss : 1° Voyage en Espagne et en Portugal, fait en 1772 et 1773, Londres, 1775 cart. et fig. ; traduit en français, Berne, 1776 en allemand, par Ebeling, Leipsick , 1776 Cette relation fit assez de bruit à l'époque de la publication, quoiqu'elle ne contienne pas beaucoup de choses neuves, ni des observations bien profondes. Du reste , son ton est plein de modération. 2. Voyage en Irlande, fait en 1775, avec la vue du saut des Saumons à Ballyshannon, Londres, 1776 fig.; traduit en allemand, avec des remarques, Leipsick, 1777 en français, par Millon. an 7. avec cart. et fig. Twiss fit rapidement le tour de l'île. Comme il s'était exprimé avec peu de ménagement sur le caractère des Irlandais, ceuxci se vengèrent en plaçant son portrait au fond d'un pot de chambre, et le vase a conservé en Irlande le nom de Twiss. 3° Des échecs, 1787• 1789, 2 vol. C'est un recueil d'anecdotes et de citations relatives à ce jeu. 40 Tour à Paris en (792, Londres, 1793; 2° édition, augmentée, Dublin, mème année ; et quelques autres ouvrages. Twiss était membre de la société royale
  • Richard VALPY( 1754 - 1836) : littérateur anglais, né le 7 décembre 1754, dans l'île de Jersey, où sou père était propriétaire, fut à l'àge de dix ans envoyé au collége de Valognes pour y faire ses études. Il y resta cinq ans, passa ensuite à l'école de Southampton et obtint une bourse au collège de Pembroke à Oxford. 1] se consacra ensuite à la profession ecclésiastique, fut ordonné en 1777 ministre de l'Église anglicane, et en 1781 il fut chargé de l'administration de la paroisse de Reading. Il y avait là une école qui servait de préparation pour les universités ; le niveau des études y était descendu assez bas. Valpy résolut de le relever, et la direction de cet établissement occupa presque toute sa vie. Ce ne fut qu'en 1830 que I'dge et les infirmités l'amenèrent à donner sa démission en faveur d'un de ses fils, François Valpy. Marié deux fois, il laissa onze enfants. Passionné pour les études classiques, il fit souvent jouer à Reading les oeuvres des tragiques grecs, et il publia pour les classes des livres qui eurent une grande vogue ; ses Eléments de la langue latine , sa Grammaire grecque élémentaire, son Nouveau Vocabulaire latin, son Delectus sententiarum, ses Dialogues latins choisis des meilleurs auteurs, ont obtenu une multitude d'éditions. En 1811 , on publia deux volumes de ses serinons. Ce savant respectable mourut le 28 mai 1836. —Son fils Francis s'est fait connaître par de nombreux et bons ouvrages sur les langues anciennes; nous citerons les Analcrta minora graya, 1803 'souvent réimprimées), le Dictionnaire étymologique de la langue latine, le Gradus ad Parnassum , les Heures cirgiliennes, ou l'Elymologie des mots de l'Enéide, 1850
  • Richard VASBOURG ou VASSEBOURG : archidiacre de l'église de Verdun . né à StMihiel , fit ses études au collége de la Marche à Paris, et y fut successivement dans l'espace de trente ans, boursier, régent , procureur et principal. 11 fit imprimer à Verdun , en 1549 , les Antiquités de la Gaule Belgique , depuis Jules César jusqu'à son temps. Cet ouvrage est écrit de bonne foi , mais avec trop de crédulité. Il devrait porter le titre d'Histoire générale de l'Europe, puisqu'on y trouve les vies des papes, des empereurs et des rois , avec beaucoup de faits qui ne regardent pas la Belgique. Cependant on doit à l'auteur la con- servation de quelques pièces et monuments précieux. Son système sur l'origine de la maison de Lorraine a été réfuté par Leibniz, Lemire, Vignier, et même par le P. Benoist de Toul, dans son Origine de la très- illustre maison de Lor- raine
  • Richard VERSTEGAN( 1500) : issu d'une ancienne famille de la Gueldre, transplantée en Angleterre, sous le règne de Henri VII, naquit à Londres vers le milieu du 16° siècle. Il fut élevé à Oxford, où il s'appliqua spécialement à l'étude des antiquités saxones et gothiques. Le refus qu'il lit de prèter le nouveau serment, lors du changement de religion , l'obligea de se réfu- gier à Anvers. Il y publia, en 1587, Theatrum crudelitatum lurreticorum nostri temporis , douze feuilles avec des gravures; traduit en français, ibid., 1588 On voit dans cet ouvrage de quelle manière ceux qui se plaignaient de la sévérité du duc d'Albe avaient traité les catholiques. Il fut bien reçu des catholiques, mais suscita à son auteur de nombreux ennemis parmi les nouveaux réformateurs. Verstegan se retira alors à Paris, et n'y fut pas plus tranquille. L'ambassadeur d'Angleterre l'y dénonça, à cause du portrait odieux qu'il avait fait de la reine rabeth dans son ouvrage. Il fut mis en prison ar ordre du roi, et ne recouvra sa liberté qu'à . a sollicitation des chefs de la Ligue. Revenu à Anvers, il y continua ses travaux, qui le mirent en torrespondance avec les plus savants antiquaires 'au temps, entre autres avec Robert Cotton. On ne sait pas plus l'année de sa mort que celle de lita naissance. Outre l'ouvrage cidessus, on a de Versteg,an , en anglais : 1° Recherches pour retirer de l'oubli tout ce qui concerne la nation anglaise, Anvers, 1605, iiii.; Londres, 1653 et 74 avec des gravures d'une grande beauté; l'ou- jyrage était d'un trèshaut prix ; 2° Les divers gouvernements qui se sont succédé en Angleterre, *620, en une grande feuille, avec des gravures; 3° Odes imitées des sept psaumes de la péni- tence, avec différents poérnes, 1601; 4° Dialogue sur la manière de bien mourir, Anvers , 1603 C'est une traduction de don Pierre de Luna
  • Richard WALINGFORD : mathématicien anglais du 4i' siècle, était né dans la ville de Vialingford , sur les bords de la Tamise, et avait pour père un maréchal ferrant, qui le plaça fort jeune au collége Merton à Oxford. L'aptitude extraordinaire de l'enfant se manifesta bientôt, et il s'adonna simultanément à toutes les branches de connaissances cultivées à cette époque. Sa piété non moins remarquable que son savoir le décida de bonne heure à entrer dans le monastère des bénédictins de StAlbans, où il trouva toutes sortes d'encouragements de la part de l'abbé. Ce supérieur le dispensa même des occupations ordinaires des moines, afin qu'il pût en liberté vaquer à ses études. Walingford profita si bien du loisir qui lui fut ainsi laissé, qu'il acquit la réputation de premier astronome de son siècle. A ces talents si rares il joignait des vertus exemplaires et un zèle si vif pour la religion, qu'à la mort de l'abbé, dont la condescendance avait si bien secondé ses dispositions, il fut élu pour lui succéder. L'accroissement de pouvoir qu'il eut par cette élévation ne changea nullement son caractère. Seulement il s'en servit pour le progrès de sa science favorite, et pour établir des monuments durables de l'état où cette science était de son temps. C'est à cette pensée qu'on doit attribuer la belle horloge qu'il plaça au devant du monastère de StAlbans. Dans ce chefd'oeuvre de l'astronomie et de l'horlogerie antique, on voyait le soleil, la lune, les planètes et les étoiles se mouvoir avec une rapidité proportionnée à celle qu'elles semblent avoir dans les cieux. On a dit que l'abbé de StAlbans avait été ainsi le premier inventeur des horloges à Toues; mais il est constant que cette ingénieuse machine fut connue dès le 8° siècle . Il s'occupait de la composition de plusieurs ouvrages dont on conserve les manuscrits , savoir : 1° Canon, ou Albion . Pits prétend qu'il attacha le nom d'Albion à son livre, soit par allusion au couvent de St- Albans, soit pour donner à entendre qu'un seul homme était auteur de tout l'ouvrage; c'est effectivement ce qui signifierait en anglais les trois mots All by one, homonyme d'Albion). 2° Chronica de rebus anglicis, ab ann. Chr. 419 ad 1035, insérée dans les . Histor. anglic. scriplor., 1691, de Thom. Gale; 3° De judiciis astronomicis; De rebus asdronomicis ; 5. De diametris; 6° De eclipsibus solis et lunœ ; Pl. De rectangulo ; 8° Exafrenon; 9° De rebus arithmeticis ; 10. De computo; 11° De chorda et arcu
  • Richard WARNER( 1711 - 1775) : savant anglais , né en 1711, était le fils d'un banquier dont le nom se trouve plus d'une fois mentionné par Addison et par Steele , et qui l'avait destiné à la jurisprudence. Entraîné par un goût décidé vers les sciences naturelles , il fixa sa demeure dans le comté d'Essex, à WoodfordGreen, dont il transforma le grand parc en un jardin botanique, qu'en peu d'années il couvrit de plantes venues des contrées étrangères. S'étant concerté avec d'autres amateurs de l'histoire naturelle , il faisait avec eux des excursions régulières, et le soir, en rentrant à Woodford , ce que l'on avait recueilli pendant la journée était exposé dans le cabinet, rangé selon son ordre et placé dans l'herbier commun. Warner publia bientôt l'état de ces richesses botaniques Uns un ouvrage intitulé Planta, lUoodfordienses, ou Catalogue des plantes les plus parfaites qui croissent naturellement dans les environs de IVood fort, ert Essex , Londres, 1771 Comme dans son énumération l'auteur n'admet aucune espèce d'herbes et de cryptogames, il ne renferme que cinq cent dixhuit espèces, qui sont rangées selon 43 l'ordre alphabétique, d'après la nomenclature dont Ray se sert dans sa Synopsis. Après le nom scientifique grec ou latin affecté à la plante viennent la description très-étendue de ses caractères spéciaux , que Warner a pris dans la Flora anglica de Hudson, la classe et l'ordre selon le système de Linné, k nom vulgaire de la plante en anglais, le lieu de naissance et l'époque de la floraison. En tète de l'ouvrage se trouve une préface dans laquelle l'auteur a fait conuaitre les noms de ses nombreux amis, en avouant que, sans leur secours, il n'aurait jamais été en état d'exécuter un pareil travail. Quoique la botanique fût l'étude favorite de Warner, il consacrait aussi quelques moments aux belleslettres. Enthousiaste des beautés de Shakspeare, dont il possédait à fond les ouvrages, il se proposait d'en donner une édition avec des notes critiques, et il n'y renonça que lorsque Steevens eut annoncé la sienne. Il publia sur ce sujet : Lettres à David Garrick , concernant un glossaire sur les pièces de Shakspeare et leu,- plan , Londres, 1768 Il continua jusqu'à ses derniers moments à augmenter ce glossaire, qui est devenu moins utile depuis la publication d'autres travaux sur le même sujet. Warner mourut, à l'âge de 54 ans , te H avril 1775 , léguant a l'université d'Oxford toute sa bibliothèque et une rente à un professeur de botanique. Comme Linnée, il avait été dans sa jeunesse extrêmement passionné pour la danse; cette passion ayant cessé avec l'âge, il plaça sa bibliothèque dans la grande salle où il avait coutume de donner des bals. Outre les deux ouvrages cidessus, ses compatriotes lui doivent une bonne traduction de celles des pièces de Plaute qui n'avaient point été mises en anglais par Thornton , 1772 et 1774. G—Y et P—oT.
  • Richard WARNER( 1763 - 1857) : théologien et littérateur anglais, nié à Londres, le 18 octobre 1763, mort le 27 juillet 1857, à Chelwerd, dans le comté de Sommerset. Après avoir rempli diverses cures, il occupa en dernier lieu les fonctions de pasteur anglican dans la résidence où il est mort. Il a laissé de nombreux écrits tant dans le domaine de la théologie théorique et pratique qu'en tillérature, histoire et topographie. Dans la théologie, nous nommerons : 1° Sermons pratiques, 1803 et suiv., '2 vol.; 2° Carartères de l'Ecriture , 1810; 3° Sermons, traités et notes sur le Nouveau Testament, 1813, 3 vol. ; 4° Sermons sur les Epitres et les Evangiles, 4816, 2 vol.; 5° Principes de CM, Aise d'Angleterre, 1816, 3 vol. ; 6° Aperçu de la Bible et thèse sur la Genèse, 1842 , etc. Dans la littérature, oit a tle lui i° Illustrations historiques du livre de llaverley , 1820, 3 vol. ; `.!.. Miscellanées, 18 1, 2 vol. ; 3° Récapitulations littéraires , 1830, 2 vol., etc. Ses plus importants ouvrages ont trait à l'histoire locale et à la topographie de l'Angleterre; ce sont : Tourround Ly? inoton, i 789 , Antiquitates colinariœ, 1791; 3° Remarques topographiques sur la partie nord- ouest du Hampshire, 1793. vol. ; 44 Histoire de ide de lihigt , 1795; 5° Voyages dans le pays de Galles, 1797 et suiv. , 2 vol. ; 6. Histoire de Bath, 1801, etc
  • Richard WATSON( 1737) : évêque de Landaif, en Irlande, savant chimiste, naquit en 1737 à Heversham , en Westmoreland , à cinq milles. de Kendal, ville où son père, ministre anglican, dirigeait l'école gratuite. Richard sortit de cette école, déjà passablement instruit, pour entrer au collége de la Trinité, à Cambridge, où il fit de fortes études classiques, et participa luimême à l'enseignement. Il fut agrégé à ce collège en 1760, prit le degré de maître ès arts en 4762 et fut fait en même temps modérateur. Nommé , en 1764, professeur de chimie, bien que cette science eût été jusqu'alors étrangère à ses études, il s'y livra dès ce moment avec une ardeur qui lit craindre pour sa santé. Plusieurs dissertations insérées dans les Transactions philosophiques de la société royale de Londres, qui l'admit dans son sein en 1769, furent le fruit de ses premiers travaux en ce genre. Bientôt ses leçons attirèrent une grande affluence d'auditeurs. Ayant été créé docteur en théologie eu 1771 et promu à la chaire de cette faculté , à laquelle fut annexé le rectorat de Somersham, en Huntingdonshire, ses scrupules, éveillés par les observations de quelques personnes austères, lui inspirèrent le dessein d'abandonner un genre d'occupation qui pouvait détourner son attention d'une vocation plus grave. Ses recherches chiMiques furent interrompues pendant plusieurs années; mais il y revint, entraîné par une sorte de passion , et rassuré d'ailleurs par d'illustres exemples. Quelques serinons le firent connaître avantageusement dans la chaire sacrée, un entre autres en faveur des principes de la révolution de 1688. Il obtint successivement une prébende dans l'église d'Ely, l'archidiaconat de ce diocèse en 1774, et le rectorat de Northwold, en Norfolk, en 1780. Les principes exprimés par le célèbre Gibbon, dans deux chapitres de son Histoire de la décadence et de la chute de l'empire romain éveillèrent le zèle du docteur Watson ; il se signala par une Apologie du christianisme, en une suite de lettres adressées à Edward Gibbon. Cet écrit, remarquable nonseulement par une saine instruction et la force de la dialectique, mais aussi par la modération de l'écrivain, fut publié en 1776 et réimprimé plusieurs fois. Gibbon n'y lit point de réponse publique; quelques lettres seulement furent écrites entre les deux antagonistes, qui semblèrent alors ne lutter que de politesse. Celle de l'apologiste du christianisme parut poussée un peu loin. Leurs lettres ont été imprimées dans les Mémoires de Gibbon , publiés par lord Sheffield. En 1761, Watson mit au jour un volume d'Essais chimiques, qui reçut du public un accueil trèsencourageant. Ils sont écrits avec simplicité et clarté. Lorsque l'auteur avance une opinion nouvelle , c'est toujours avec défiance de son propre jugement et avec ménagement pour l'opinion d'autrui. Ce volume fut suivi de quatre autres, à différentes époques. Le duc de Rutland, dont Watson avait été précepteur, lui procura, en 1782, la riche cure de Knaptoft, en Leicestershire, et peu de mois après la protection du même seigneur le fit élever à l'évêché de Landaff. Les revenus de ce siége étant trèsmédiocres, il lui fut permis de conserver en même temps ses autres bénéfices, ainsi que sa chaire de théologie. Son mérite éminent l'eût conduit sans doute à un plus haut rang sur le banc épiscopal, si le caractère de ses opinions politiques , énoncées quelquefois avec une franchise qui parut indiscrète, à l'époque de la guerre avec les colonies d'Amérique et pendant la révolution française, n'avait pas arrêté son avancement. C'est avec une grande injustice néanmoins que quelques écrivains l'ont représenté comme un ennemi de la constitution de son pays. Plus d'une fois, au contraire, il en a parlé dans les termes de l'admiration. Il combattit les doctrines de l'égalité absolue et d'une égale distribution des terres; en 1785, il fit paraître sur la sagesse et la bonté se fit remarquer par sa violence. Des Traités dirers sur des sujets de religion, de politique et d'agriculture, 1815, 2 vol sont les derniers ouvrages qu'il mit au jour. Quelques moments de loisir furent employés par lui à rédiger des mémoires sur son temps, qui ne parurent qu'après sa mort et qui n'ont pas rempli l'attente que la réputation de leur auteur avait fait naître. Il mourut le 15 juillet 1816. L'opinion publique n'a pas varié sur le savoir et les talents du docteur Watson. On lui a reconnu un esprit supérieur ; ce fut un professeur et un écrivain distingué, un orateur éloquent flans la chaire sacrée comme dans la haute chambre du parlement. Il protégea le mérite de tous ses moyens. Son inclination pour accorder aux opinions religieuses une tolérance illimitée a été l'objet d'une grande diversité de jugements de la part des différents partis politiques. Sa voix se fit entendre en faveur de l'émancipation des catholiques. Fixé dans une belle retraite, à CalgarthPark, sur les lacs de Westrnoreland, il y fit de vastes plantations d'arbres qui lui valurent, en 1789, un prix de la société pour l'encouragement des arts, des manufactures et du commerce. Voici la liste de ses principales productions : Institutiones metallurgicee, 1768 destiné à servir de texte à une partie de ses leçons de chimie; 2. Essai sur des sujets de chimie et leurs divisions générales, 1771 , 3. Apologie du christianisme, 1776, 1794 souvent réimprimée ; 4. Essais chimiques , i 761-1787, 5 vol. En publiant le dernier volume , l'auteur annonça que , pour n'être plus tenté de retourner à cet objet d'étude favori, il avait brûlé ceux de ses manuscrits qui pouvaient s'y rattacher. Ces essais traitent, entre autres sujets, des bitumes et des charbons de bois; de la quantité d'eau qui s'évapore de la surface de la terre dans les temps chauds; de l'eau dissoute dans l'air; du froid produit durant l'évaporation de l'eau et la dissolution des sels; de l'eau à l'état solide, etc. Le cinquième volume reproduit plusieurs mémoires insérés d'abord dans les Transactions philosophiques; entre autres des Expériences et observations sur dirers phénomènes qui accompagnent la dissolution des sels; Expériences et observations chimiques sur la mine de plomb, etc. Ce recueil a eu plusieurs éditions il est considéré comme un précieux manuel pour ceux qui s'adonnent à cette branche de la science. 5° Collection de traités théologiques , choisis de divers auteurs, pour l'usage des plus jeunes étudiants de l'université, 1785, 6 vol. 2° édition, 1791, 6 vol. Le choix en est bien fait ; niais quelques compatriotes de l'éditeur lui ont reproché de ne l'avoir pas borné aux ouvrages des anglicans. 6• Sermons sur des événements publies, et Traités sur des sujets religieux, 1788 7° Apologie de la Bible, 1796 1797, 2° édition, suivies de deux autres au moins ; 8° plusieurs sermons et mandements, parmi lesquels nous citerons celui qui fut prêché, le 8 avril 1803, dans la chapelle de l'hôpital de Londres. Ce sermon a été considéré comme un puissant antidote au mal produit parmi la masse du peuple par les écrits de Thomas Paine. L'auteur, mettant l'itnpie Thomas Paine en contraste avec le pieux Newton, ajoute : « Je crois pou-« voir dire sans témérité qu'un millier d'hommes « pareils ne sont, sous le rapport . Cette lettre honore filme du prince qui l'a écrite. Plusieurs mémoires de Watson se trouvent dans les Transactions de la société littéraire de Manchester, dont il fut un des premiers membres. Il fut aussi de la société américaine des arts et des sciences, de la société d'histoire de Massachussetts, conservateur du musée de Hunter, et l'un des viceprésidents de la société instituée pour la suppression du vice. La mime de Wasse a traduit en français : E. ssai sur l'oxygène, ou les Progreb de la chimie, par Rich. Watson ; mais cette traduction est restée manuscrite. Ce qu'il a écrit sur l'étamage des glaces a été traduit dans le quatrième volume du Censeur universel anglais de Labaume, 1787
  • Richard WESTALL( 1765 - 1836) : artiste anglais, naquit à Hertford en 1765; à l'âge de quatorze ans il entra comme apprenti chez un graveur de Londres : ses heureuses dispositions furent remarquées par un peintre aujourd'hui oublié, 1. Alefounder, qui lui conseilla de s'adonner à la peinture. Il se livra à des études sérieuses de concert avec son ami Thomas Lawrence, qui était destiné à devenir célèbre. Comme aquarelliste, il n'eut bientôt personne qui le surpassàt le public applaudit à plusieurs productions qu'il exposa succes:ivement; les sujets étaient pour la plupart empruntés à la mythologie et à l'antiquité , c'étaient : le Sanglier qui tua Adonis apporté à UnitsSapho chantant chez les Ombres un hymne à l'amour ; — Juba', la première voix de la lyre; — la File nuptiale (d'après le bouclier d'Achille' ; — l'Orage pendant la moisson. Il exécuta aussi une suite de dessins fort gracieux destinés à accompagner une édition des oeuvres de Milton, et il fut un des artistes qui travaillèrent au somptueux Shakespeare publié par Boydell. Westall s'exerça aussi à composer quelques grands tableaux d'histoire , mais il eut beaucoup (le peine à trouver des acquéreurs pour quelquesuns d'entre eux, et dégotité d'une occupation aussi peu lucrative, il s'attacha surtout à faire des dessins destinés à illustrer des lhres. A cet égard il eut de grands succès : les libraires se disputèrent ses productions, et il fut le rival heureux de Stuthard. La fécondité qu'il déploya nuisit à sa réputation ; il finit par se négliger, et on eut le droit de lui reprocher de l'affectation. Parmi ce qu'il a fait de mieux ea ce genre, on distingue toutefois les Poèmes de Crabbe et les Amours des Anges de Moore. Westall fut nommé membre de l'Académie royale en 1791 ; Lawrence et Stothard entrèrent la même année dans ce corps. En 1808, Westall publia un volume de poésies dont il était l'auteur et auquel il avait joint des gravures d'après ses dessins; on regarda les estampes, mais on ne lut pas les vers. Ses dernières années furent troublées par des embarras pécuniaires, résultat de spéculations malheureuses sur des tableaux étrangers et (l'associations imprudentes. Il fut choisi pour donner des leçons de dessin et de peinture à la princesse Victoria (qui depuis est devenue reine d'Angleterre'. La mort vint terminer son existence le 4 décembre 1836
  • Richard WESTON( 1500 - 1635) : comte de Portland , qu'il rie faut pas confondre avec Guillaume Bentinck, également qualifié comte de Portland , avait pour père Jérôme \Veston de 110xwall , dans le comté d'Essex. Né vers la fin du 16° siècle, il s'avança rapidement, par son éloquence et ses talents, dans la carrière des affaires. Jacques le nomma d'abord conseiller dans la GrandeBretagne, puis l'envoya, avec le titre d'ambassadeur, à Vienne, avec Edouard Couvey, afin de faire restituer à son gendre , l'électeur palatin Frédéric, les possessions qu'on lui avait enlevées. Richard \Veston déploya dans cette négociation autant de zèle que d'habileté. Néan- moins ses efforts échouèrent contre l'intention bien prononcée de Rodolphe Il, ce qui n'empècha point Jacques de le nommer, la mème année, vicechancelier d'Angleterre et de l'envoyer, en 1622, à Bruxelles, pour conférer de nouveau avec le plénipotentiaire impérial Schwartzenberg sur la restitution du Palatinat. Cette fois le succès couronna son habileté, et à son retour il fut nommé chancelier de l'échiquier, grand trésorier du royaume, puis gouverneur de l'île de Wight . Il avait été vers le même temps créé baron de Weston, chevalier de l'ordre de la Jar- retière et comte de Portland . Charles 1." en montant sur le trône le traita avec la même distinction que son père et lit souvent usage de ses talents oratoires et politiques dans les disputes qu'il commençait à avoir avec le parlement. Richard \Veston, comte de Portland, mourut le 3 mars 1635, dans sa maison de Wa- lingford , laissant trois fils qui se signalèrent dans la même carrière que leur père. — Jérônso \VESTON, comte de Portland, l'aîné des trois, suc- céda au titre de son père en 1635 et s'attacha comme lui au ministère et à la cour. Dans la ii lutte déplorable qui fit prendre les arnica ' Charles 1°' et au parlement, il se prononça f mellement contre les envahissements de l'ochl cratie et resta constamment fidèle à la cause de son prince malheureux. Mais après la lin tr gigue du monarque et pendant l'exil de Charles il céda à l'empire des circonstances et fit sa pa avec Cromwell. duquel au reste il ne sollicita et n'accepta aucun emploi. Aussi n'eutil , après Id restauration, aucune peine à rentrer dans les affaires politiques. Mais, quoique décoré du titre de commissaire royal près des ProvincesUnies, il n'y joua qu'un rôle subalterne et montra peu de sagacité au milieu des intrigues diplomatiques qui compliquèrent et arrêtèrent les négociations. Il mourut en 1663, au moment où les conférences pacifiques des plénipotentiaires allaient se terminer par une guerre ouverte. — Charlu WESTON, comte de Portland, perdit la vie en combattant, en 1665, contre la flotte hollandaise. Comme il ne laissait point d'enfants, tous ses biens et le titre de comte de Portland passèrent à un de ses frères
  • Richard WHATELY( 1787 - 1863) : prélat anglais et écrivain des plus féconds, né à Londres, en 1787, était le quatrième fils d'un ministre de l'Eglise anglicane. Il fit ses études au collége d'Oriel , et de 1808 à 1812, il prit les divers grades académiques ; en 1810, il remporta le prix de l'université pour composition anglaise. C'est du collège d'Oriel que sont sortis quelquesuns des plus célèbres théologiens anglais contemporains , tels qu'Arnold , Coplestone et Newman l'aîné. Deux partis divisaient alors les écoles, celui de la haute Eglise ou de l'orthodoxie rigide , celui de la basse Eglise, qui était plus libéral ; Whately donna ses préférences à ce dernier. En 1822, il fut pourvu du rectorat de Halesworth, dans le comté de Suffolk, bénéfice qui rapportait quatre cent cinquante livres sterling de revenu annuel. Il ne tarda pas à se faire connaître par des écrits qui le placèrent dans un rang fort distingué parmi les auteurs occupés des questions de théologie et de politique religieuse. Il avait publié trois sermons sur les devoirs du chrétien au point de vue du gouvernement établi et des lois; et il avait également mis au jour, sous le voile de l'anonyme, en 1819, un opuscule curieux, qui a obtenu plus de douze éditions Dotztes historiques concernant Napoléon Bonaparte, et qui a été traduit en français, Paris, 1833 En 1822, chargé de faire à Oxford le cours appelé Bampton lectures, du nom de son fondateur, il publia huit de ses leçons sur l'usage et l'abus de l'esprit de parti en matière de religion. Vinrent ensuite cinq sermons prêchés en diverses occasions devant l'université d'Oxford et les Essais sur quelques points particu- liers de la religion chrétienne . Ers 4825, il fut élevé à la dignité de principal du collège de StAlban , à Oxford , et sa réputation ne fit que s'accroître, grâce à diverses publications, parmi lesquelles on distingue les Eléments de logique, Londres, 1826, plusieurs fois réimprimés, et regardés comme un des meilleurs ouvrages qui existent sur ce sujet ; les Eléments de rhétorique, 1828, développement heureux d'un article qu'il avait fourni à l'Encyclopedia metropolitana ; les Essais sur quelques difficultés qui se rencontrent dant les écrits de St- Paul et dans plusieurs passages du Nouveau Testament, 1828; les Pensées sur le di- manche ; des sermons publiés à part et relatifs à différentes questions. En 1830, il fut nommé professeur d'économie politique à Oxford ; dès l'année suivante, il publia ses Leçons servant d'introduction à l'économie politique et un Essai sur l'absence dans le Nouveau Testament de liturgies, de symboles et d'un code de lois ecclésias- tiques. En 1831, le parti whig'se trouva en possession du pouvoir dont il était exclu depuis si longtemps, et il porta tout naturellement ses amis aux places qui se trouvèrent vacantes. Whately, que ses opinions rattachaient à cette grande fraction politique , devint un des princes de l'Eglise anglicane; il fut consacré comme évêque de Glendalagh et archevêque de Dublin. Il déploya dans cette haute dignité beaucoup d'activité et de zèle, s'occupant avec ardeur de toutes les questions de quelque importance qui avaient rapport à l'Eglise, faisant preuve d'un esprit libéral et éclairé et travaillant à améliorer la condition sociale de la malheureuse Irlande. Il rit partie de la commission de l'éducation nationale; mais des dissentiments d'opinion l'amenèrent à s'en séparer en 1853. Ses travaux comme administrateur ne l'empêchèrent point de continuer à écrire avec assiduité. Il livra à l'impression de nombreux sermons, jes adresses à son clergé, des brochures sur les questions relatives à l'Irlande . Citons aussi comme dus à cette plume infatigable et toujours sur la brèche les Pensées sur le chàtintent secondaire, 1832 ; l'Introduction à l'économie politique, seclion 9; les Remarques sur la déportation, lettre adressée au comte Grey, 1833; l'Essai sur quel- ques- uns des dangers qui menacent la foi chrétienne et qui peuvent surgir de l'enseignement ou de la con- duite de ses professeurs, 1839; Tableau du royaume du Christ, ou Deux essais sur ce que notre Sauveur dit lui- même de sa personne et de son royaume, 1841 ; Pensées sur l'alliance évangélique proposée, 1846; Leçons pour servir d'introduction à l'étude des épitres de St- Paul, 1849 ; De l'origine de la civilisation; discours prononcé devant l'association de la jeunesse chrétienne à Londres, 1855; Pen- sées sur le nouveau dogme de l'Eglise de Rome, 1855. On attribue à l'archevêque Whately les Leçons publiées sans nom d'auteur sur les témoi- gnages de l'Ecriture relatifs aux bons et aux mauvais anges ; il a écrit l'introduction placée en tète des oeuvres posthumes de l'évêque de Llandaff, E. Coplestone, et il fit paraître, en 1856, une édition nouvelle des Essais de Bacon, accom- pagnés de notes. Elle a été réimprimée quatre ou cinq fois. Les Synonymes anglais, Londres, 1851, 8°, sont une incursion dans le domaine de la littérature ; ce fut pour l'auteur un délassement, et plusieurs réimpressions ont constaté le succès de ce travail. La plupart des écrits de Whately, ceux du moins qui ne se rapportent point à des circonstances passagères, ont eu un certain nom- bre d'éditions et sont entre les mains d'un public nombreux. Le Bibliographer's Manual de Lowndes n'énumère pas moins de soixantedixhuit écrits différents sortis de cette plume si active. En 1855, on a publié, en un petit volume, un Choix des pensées et apophthegmes de ItThately. Le zèle de ce prélat, son ardeur à intervenir dans toutes les questions se rattachant aux questions religieuses ne se ralentirent point jusqu'à sa mort, survenue à Dublin , le 8 octobre 1863. Ses ouvrages sont restés assez peu connus en France plusieurs cependant y ont été traduits, tels que, outre les Doutes historiques relatifs à A'apoléon, cités plus haut 1. le Royaume du Christ, essai sur la constitution des Eglises chrétiennes, leur gouvernement, etc., traduit par M. L. Burnier, Paris, 1843 2° Introduction à l'histoire du culte, traduit par A. Reville, Dieppe et Paris, 484,9 3. Leçons faciles sur l'évidence du christianisme 12. Le Journal des économistes, t. 22, p. 63, a inséré la traduction d'un discours sur l'utilité de l'enseignement de l'économie poli- tique , et il appréciait en même temps, par l'organe de M. A. Fonteyraud, les services rendus à cette science par le professeur d'Oxford, devenu primat d'Irlande : « Son zèle infatigable lui a fait prendre une large part à tout ce qui a été accompli en faveur des classes laborieuses; on « sent dans ses écrits et dans ses discours la douce chaleur du christianisme qui s'allie aux sévères conceptions de la philosophie a échauffer la conviction du savant. C'est un noble apostolat que le sien, et c'est une grande chose que cette âme si religieuse accouplée « à un esprit aussi puissant, à une volonté si juste
  • Richard WHITFORD : d'une ancienne famille du pays de Galles, fit ses études dans l'université d'Oxford et devint chapelain de Richard Fox, évêque de Winchester. C'était un homme de lettres très•distingué , qui fut en correspondance avec Thomas More, Erasme et les autres beaux- esprits de son temps. S'étant dégoûté de la vie du monde, il prit l'habit religieux dans le monastère de Sion. Après la dissolution de cette maison, sous Henri VIII , il vécut dans la retraite. Il existait encore en 1541; mais ou ne sait pas l'époque de sa mort. On a de lui : 1° Préparation pour la communion, Londres 2. Défense des trois vaux de religion contre Luther, 1532 3° Traité de la patience, 1541 4° le Mar- tyrologe de l'Eglise de Salisbury, tel qu'on le lisait dans celle de Sion, avec des additions 3° Méditations solitaires ; 6° le Psautier de Jésus, souvent réimprimé et qu'on croit être le même que celui qui est encore en usage parmi les catholiques d'Angleterre; 7° traduction de la Règle de St- Augustin; 8° traduction de I) Alphabetuai religiosoruin de St - Bonaventure , 1532
  • Richard WHITE : né à Basingstoke, dans le Hampshire, d'une famille considérable, fut élevé à Winchester, d'où il passa à Oxford, et obtint dans le collége Neuf une place d'associé, qu'il perdit en 1569 par attachement à la religion catholique. Etant allé en Italie, il s'appliqua dans l'université de Padoue à l'étude du droit canonique et du droit civil, et fut reçu docteur dans ces deux facultés. On l'appela à Douai pour y être professeur royal. L'université le nomma chancelier ou recteur, et l'Empereur le créa comte palatin. Il y épousa successivement deux riches héritières, qui le mirent en état de secourir ceux de ses compatriotes qui avaient été obligés de quitter leur pays pour la même cause. Après la mort de sa seconde femme, il entra dans l'état ecclésiastique, reçut l'ordre de prétrise et devint chanoine de StPierre de Douai, où il mourut en 1602. White n'avait pas borné ses études à la science du droit : celle des antiquités l'occupa sérieusement et lui fit beaucoup de réputation. Il y joignit des recherches très-étendues sur l'histoire d'Angleterre et fut en correspondance avec le cardinal Baronius, auquel il fournit des matériaux pour ses Annales, Ses ouvrages sont : 1° iElia Leelia Crispi. Padoue, 1568 C'est une savante explication des anciennes épitaphes qui existent dans le territoire de Bologne, dont les antiquaires avaient donné diverses interprétations ( roy. LICETÈ. 2. Orationes quinque, Arras, 1596 qu'il avait prononcées au collége de Winchester ; 30 Noue ad leges decemrirorum, Arras, 1597 4. Hisioriarum Britannicœ insula., ab ori- gine mundi ad ann. 800, lib. 9, Douai, 1602 Ces neuf livres furent publiés successivement en différents temps, 15974598-1600-1601 5. Explicatio breris pririlegiorum juris et consue- tudinis circa yen. sacramentum Eucharistiœ, Douai, 1609 6° De reliquiis et reneratione sanc- torum, Douai, 1609
  • Richard WILSON( 1713 - 1782) : peintre anglais, naquit à Pinegar, dans le pays de Galles, en 1713; il avait six frères ou soeurs; son père était un ministre protestant; il montra de bonnu heure les plus heureuses dispositions pour le dessin ; un de ses parents le conduisit à Londres et le plaça dans l'atelier d'un trèsmédiocre peintre de portraits. On manque de détails sur les débuts de la carrière artistique de Wilson , mais il ne tarda pas à se faire connaître, et en 1748, l'évêque de Norwich, le docteur Ilayter, précepteur du prince de Galles et de son frère le duc d'York, lui demanda les portraits de ces deux princes. En 1749, Wilson se rendit en Italie afin d'étudier les chefsd'œuvre des grands maîtres. Il s'était jusqu'alors peu occupé de paysage, mais étant à Venise, il rendit , une visite à un peintre distingué en ce genre , à 7.0ccarelli, et ne l'ayant pas rencontré, il s'amusa, en l'attendant, à esquisser la vue qu'on aperce- rait d'une des fenêtres de l'appartement. Zucca-, relui rentra , fut charmé de cette ébauche, et il engagea l'artiste anglais à renoncer au portrait afin de se consacrer spécialement au paysage. Plus tard, Wilson, se trouvant à Rome, reçut de la part de Joseph Vernet de grands éloges et le conseil de ne pas éparpiller ses facultés, de s'attacher exclusivement au genre vers lequel se portait spécialement son talent. Se consacrant dès lors au paysage, il ne tarda pas à acquérir en ce genre une grande réputation ; le célèbre Mengs, à cette époque regardé comme un oracle en fait de peinture, demanda à l'artiste anglais un de ses paysages, s'engageant, en échange, à faire son portrait. Wilson se garda bien de suivre un système assez répandu, celui de prendre pour guide les productions des autres maîtres; il remonta directement à la source; il interrogea la nature : il acquit ainsi une fermeté de coup d'œil, un charme que bien peu d'artistes ont possédé au même degré. De retour à Londres, en 1755, après une absence de six ans, il expnsa un de ses plus beaux tableaux, la Mort de Niobé; le duc de Cumberland en fit l'acquisition. En 1765, il mit sous les yeux du public une Vue de Rome prise de la villa Madama; elle fut achetée par le marquis de Tavistock. Il fut un des premiers membres de l'académie royale, fondée en 1768; en 1770, la place de bibliothécaire de l'académie étant devenue vacante, Wilson la demanda et l'obtint; les émoluments étaient fort médiocres, mais l'artiste était pauvre; les connaisseurs délicats louaient ses tableaux, les acheteurs étaient rares, et les marchands se montraient peu disposés à spéculer sur ses productions; d'ailleurs ses ma. niéres brusques et rudes, son caractère dénué de toute toute souplesse, l'empéchaient d'avoir des amis parmi ses collègues. Reynolds et lui avaient l'un pour l'autre une antipathie mutuelle. Comme peintres de paysages, Barry et Smith de Chichester étaient plus en vogue que lui , et on raconte qu'un jour Wilson ayant été proposer à un marchand de tableaux une oeuvre qu'il venait de terminer, l'industriel lui répondit « Vous « savez que je ne demande pas mieux que de « vous obliger, mais voici tous les tableaux que « je vous ai achetés depuis trois ans. Pas un ne a s'est vendu. s La postérité a bien vengé, mais tardivement, Wilson de ce dédain; plusieurs de ses productions ont obtenu des prix cent fois supérieurs à ceux auxquels il les avait cédées. L'injustice du public fut cause que, lorsque l'artiste trouvait à se défaire d'une façon tant soit peu passable d'un de ses tableaux, il s'empressait de le reproduire en n'y introduisant que de trèslégers changements. C'est ainsi qu'il représenta cinq fois la Villa de Mécène à Tivoli. Le tableau original est à la galerie nationale. Le point de vue est choisi avec beaucoup de goût, mais, pour un site italien , le ton manque de chaleur. Nous allons citer quelquesuns des principaux ouvrages de Wilson Niobé ; Phaéton; — une Vue prise sur les bords du Pô; — la Solitude, pendant de la Vue que nous venons d'indiquer ; Vue de la côte de Baie; — Vue de la Strada Nomentana; — la Villa d'Adrien; — le Temple de Bacchus près de Rome; — Uue prise sur le Tibre; — Vue du pont de Rimini; — le Lac de Nemi ; — Cicéron à sa tilla; — t us d'Ancône; — le Pont brisé de Narrai; — Ruine, sur la côte de Baie; — une Re dans le golfe de Venise; — le Tombeau dee Horaces et des Curiaces; — Apollon et les Saisons; — Céladon et Amélie; — Méléagre et Atalante- Ceys et Alcione. Plus tard, Wilson eut l'idée de prendre en Angleterre les motifs de paysages; il pensa qu'il offrirait ainsi à ses compatriotes des images plus intéressantes pour eux que les aspects de l'Italie; il retraça les chàteaux de l'aristocratie, les sites les plus pittoresques qu'il découvrit dans ses excursions; c'est ainsi que son pinceau enfanta successivement une Vue de Douvres; — le Chdtenu d'Oak/ min: on; — Vue de Croorne; — le Pont de Llangollen ; — le Chd- Pair de Carnarvo. ; le Pare de SI- lames; le Parc de hloor ; — Vue du chdteau d'Haddon ; d'autres productions reproduisent des montagnes aux aspects grandioses, tels que le Snowdon. Tous ces tableaux, peu appréciés du vivant de l'artiste, sont aujourd'hui entrés dans de riches collections dont ils ne sortent pas. IL est extrêmement rare de les voir passer en vente publique. Wilson eut parfois recours à divers artistes pour les figures qu'il introduisait dans ses paysages; ce fut surtout à Mortimer et à Hayman qu'il s'adressa. D'habiles graveurs reproduisirent un grand nombre de ses productions; Woollet en fit revivre neuf sous son burin magistral. M. Ph. Chasles apprécie dans les termes suivants le talent de Wilson « Les « silencieuses clartés du matin , l'éclat du midi « qui fait désirer l'ombre et la fraîcheur, ratio- « rabie retraite que le penseur et l'amant cher-« client au bord des grands lacs abrités par de ' « hauts rivages, n'ont jamais été plus poétique- « ment idéalisés que par Wilson. Il méle la splen-« deur et la rêverie. Ses horizons sont vastes, « baignés de lumière, et presque toujours une « nappe d'eaux paisibles et les arbres majestueux « qui les ombragent font valoir leur éclat lo « tain. Il aime les contrastes vigoureux et il en « abuse. Tantôt, dans les Vues d'une campagne anglaise, le soleil rayonne derrière l'écran d'un « vieux orme, et ses feux divins se projettent en « vastes nappes rectilignes dont toute une partie « du ciel est inondée; tantôt, dans le Phaéton, « la lumière s'échappe par sillons éclatants des « ouvertures et des arcades d'un édifice placé « dans l'ombre. Son malheur fut d'être trop co « piétement artiste au milieu d'une société poli- « tique et commerçante. i) M. Waagen signale comme un des chefsd'oeuvre de Wilson un grand paysage appartenant à M. Gladstone. Trois autres paysages appartenant l'un à lord Normanton, l'autre au duc de Newcastle et le dernier, placé dans la galerie MacLellan , sont également l'objet des éloges du savant conservateur du musée de Berlin. Wilson changea souvent de logement et finit par établir sa demeure dans un quartier misérable, où il occupait un étage presque eetièrement privé de meubles. La succession d'un de ses frères vint cependant, deux ou trois ans avant sa mort, alléger la détresse dans laquelle s'était passée la plus grande partie de sa vie. Il finit par se retirer dans son pays natal, chez un parent, et il mourut en 178 à l'âge de 69 ans. Bien des récits apocryphes, bien des anecdotes supposées ont été répandus à son égard; c'est ainsi qu'on a prétendu qu'il était convenu d'exécuter son tableau de Ceyx et d'Alcione moyennant un pot de bière et un morceau de fromage l'histoire sérieuse n'a rien à voir dans ces inventions grotesques
  • Richard WISEMAN : chirurgien anglais, fut attaché par sa profession à la famille royale, au temps de la guerre civile de 16i0, et accompagna le prince Charles fugitif en France, en Hollande et dans les PaysBas. Rentré avec lui en Ecosse, I il fut fait prisonnier à la bataille de Worcester: P mais il recouvra la liberté en 1652, et exerça dès lors son art dans la capitale. Sa pratique s'accrut considérablement après la restauration, et 3es avis jouissaient d'une grande autorité. 11 publia, 1676, Divers traités chirurgicaux, en I volume réimprimé en 1686, et en 1719, 2 vol. in,8° Ces traités ont pour sujets les tumeurs les ulcères, les maladies de l'anus, les écrouelles, les blessures, les plaies faites par des armes à feu, les fractures et luxations, la maladie vénérienne. La description générale de chaque maladie est suivie d'observations écrites avec un ton de sincérité propre à inspirer la confiance, les mauvais succès n'étant pas moins rapportés que les guérisons. Ce livre donne une idée de ce qu'était la chirurgie dans ce temps où l'on recourait aux médicaments et aux applications topiques plus qu'aux opérations
  • Richard WOODDESSON : auteur anglais, habile instituteur, compta parmi ses élèves des sujets qui se sont distingués dans la littérature. 11 fut professeur de droit à l'université d'Oxford et mourut le 22 octobre 1822. Il a publié Éléments de jurisprudence, 1783 L'intro- duction de cet ouvrage traite spécialement des lois anglaises. - Tableau systématique de la loi d'Angleterre, 1792, 1793, 3 vol. et 1834, 3 vol. édition publiée par Williams, qui ne craint pas de comparer cet ouvrage avec les Commentaires de Blackstone; moins remarquable par le style, il leur serait supérieur pour la méthode et la disposition des matières. — Courte defense des droits de la législature anglaise, en réponse au pamphlet intitulé Réflexions sur le gouvernement anglais, 1799
  • Richard WYATT( 1795 - 1850) : habile sculpteur anglais, né à Londres, le 3 mai 1795, manifesta de bonne heure des dispositions pour les arts du dessin, et ayant résolu de se consacrer à la sculpture , il entra comme élève dans l'atelier d'un membre de l'académie royale, Charles Rossi. Il y séjourna sept ans, et pendantcette période, il obtint deux fois les médailles offertes dans des concours proposés par l'académie. Il passa ensuite quelque temps à Paris, auprès de Bosio, et ayant fait à Londres la connaissance de Canova , il se rendit à Rome, auprès du grand artiste italien, auquel il resta toujours attaché par les liens d'un respectueux attachement, et qui hi témoigna la plus constante et la plus sincère sympathie. Wyatt contracta aussi à Rome une amitié franche et durable avec un autre sculpteur anglais, d'un grand mérite, avec Gibson. Il fixa sa rési dence sur les bords du Tibre, et il ne s'en éloigna guère; il ne revint en Angleterre qu'une seule fois, en 1841, et pour y passer bien peu de temps. Doué d'un caractère fort doux et fort modeste , chérissant la retraite et. ennemi du ' bruit, il consacra sa vie entière à sa profession , se livrant souvent au travail depuis le point du jour jusqu'à minuit. Il ne faut donc point s'étonner s'il a laissé un trèsgrand nombre d'ouvrages; leur mérite est d'ailleurs d'un ordre élevé. Wyatt réussissait surtout dans les sujets poétiques et classiques ; il y déployait une imagination fertile et gracieuse, une grande élégance dans les dispositions des figures , et sous le rapport du fini de l'exécution, il était fort supérieur à la plupart de ses contemporains. Il y a de la grâce dans ses figures de femmes. Ses draperies sont toujours jetées avec bonheur. Il est mort à Rome, le 29 mai 185'0. Parmi ses meilleurs travaux , on cite une Nymphe entrant au bain, statue exécutée pour lord Charles Townshead et que l'artiste a reproduite plusieurs fois; une Nymphe sortant du bain ; une Bergère avec un chevreau; un Jeune berger; Cigare; Jlusidore; Bacchus; Pénélope ;composition trèsremarquable commandée par la reine Victoria). Signalons aussi des groupes auxquels tous les artistes ont rendu justice la Nymphe Eucharis et Cupidon ; Ino et Bacchus; une Nymphe de Diane retirant mie épine du pied d'un lévrier; une Chasseresse tenant un lièvre et accompagnée d'un lévrier . On lui doit encore un grand nombre de bustes d'un mérite élevé. A la grande exposition de 1831, plusieurs des ouvrages de Wyatt furent exposés , et quoiqu'il fût mort, la médaille de la sculpture lui fut décernée. Il n'était pas membre de l'académie royale , le règlement de ce corps donnant l'exclusion aux artistes anglais qui ne résidentpas dans fa Grande- Bretagne. Des moules de la plupart des productions de cet habile artiste figurent au palais de cristal à Sydenham
  • RICHARD 1ER (CŒUR DE LION) : Roi anglais
  • Richard ANCONINA( 1953) : acteur
  • Richard ANTHONY( 1938) : chanteur
  • Richard ASTRE : rugbyman
  • Richard ATTENBOROUGH : acteur
  • Richard ATTWOOD : pilote de formule 1
  • Richard BERRY( 1950) : acteur
  • Richard BOHRINGER( 1941) : acteur
  • Richard BROOKS : cinéaste
  • Richard BURTON( 1925) : acteur britannique, a notamment joué dans "Cléopatre"
  • Richard CARPENTER : chanteur du Duo "The Carpenter's"
  • Richard CHAMBERLAIN( 1935) : acteur
  • Richard CLAYDERMAN( 1953) : compositeur français
  • Richard COCCIANTE : auteur, chanteur et compositeur francoItalien
  • Richard CRENNA : acteur
  • Richard DACOURY : basket
  • Richard de Cornouailles : roi des Romains
  • Richard de Saint-Victor de Paris : poète
  • Richard DREYFUSS : acteur, a notamment joué dans "Pour toujours [always]"
  • Richard FLEISCHER : réalisateur américain : "Le voyage fantastique"
  • Richard FROMBERG : tennisman
  • Richard GERE( 1949) : acteur
  • Richard GOTAINER( 1948) : auteur
  • Richard HARRIS : acteur, a notamment joué dans "Gladiator"
  • Richard Ier Cœur de Lion : roi,
  • Richard KIEL : acteur
  • Richard KRAJICEK : tennisman
  • Richard LESTER : réalisateur britannique "Superman"
  • Richard Nixon : homme d'État américain
  • Richard Owen : anatomiste et paléontologue anglais
  • Richard PRYOR : acteur, a notamment joué dans "Les nuits de Harlem"
  • Richard SORGE : Espion
  • Richard TODD : acteur
  • Richard VIRENQUE : cycliste
  • Richard Wagner : compositeur allemand
  • Richard Wallace : philanthrope anglais mort à Paris en 1890
  • Richard WIDMARK : acteur
  • Richard Wright : romancier américain mort à Paris en 1960

Richard année par année

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