Le prénom Jacques Masculin

Origine :

Fête :

25 Juillet

Signification de Jacques

Le prénom Jacques est inspiré de l’hébreu Ya'aqov.
Jacques est un homme élégant et charmant. Il se démarque par son intelligence et sa parfaite maîtrise de soi. Apprécié par certains et détesté par d’autres pour sa franchise, Jacques vit selon ses propres principes et ne se laisse pas déstabiliser par les qu’en-dira-t-on. La difficulté le stimule à donner le meilleur de lui-même. En amour, Jacques se montre loyal et affectueux. Il est aussi un homme jaloux même s’il tente de le cacher derrière son air calme.
Le prénom Jacques est porté par plusieurs célébrités notamment le chanteur franco-belge Jacques Brel, le violoncelliste et compositeur français, Jacques Offenbach, et le 22e président de la République française, Jacques Chirac.

Personnalité de Jacques

Particulièrement efficaces dans le monde du commerce, ils s'épanouissent sur le terrain, dans le concret. Plus vendeurs que gestionnaires, ils sont faits pour le contact direct et les décisions rapides. Ce sont des tempéraments têtus et rusés qui n'en font qu'à leur tête, même s'ils vous donnent l'impression de vous suivre. Hommes de combat, volontaires, ils sont aussi contestataires et les échecs les stimulent.

Provenance du prénom Jacques

Histoire de Jacques

Etymologie de Jacques

Les Jacques célèbres

  • Jacques ANDERSON( 1739) : agriculteur anglais, né en 1739, à Hermiston, près Ldimbourg, d'une famille qui cultiva pendant plusieurs générations le même fonds de terre. Ses amis voulurent le détourner de faire de longues études, pour succéder à ses parents, qu'il venait de perdre très jeune; mais, après avoir lu l'Essai sur l'Agriculture de Hume sans avoir pu le comprendre, à cause de son ignorance dans la chimie, il se détermina à suivre le cours de Cullen ; et bientôt il s'établit entre le maitre et l'élève une intimité qui ne cessa qu'à la mort du professeur. Les conseils d'un tel maître lui furent utiles, nonseulement pour la chimie, mais pour plusieurs autres sciences ; l'étude ne lui fit pas négliger les soins de la ferme qu'il dirigeait, dès l'âge de quinze ans, secondé par quatre soeurs aînées. 11 trouvait même encore le temps d'écrire sur l'agriculture. L'université d'Aberdeen lui envoya, sans qu'il les eût sollicités, les diplômes de maitre èsarts et de docteur en droit. En 1785, Anderson se rapprocha d'Édimbourg, pour suivre l'éducation de ses fils. La méme année, l'Écosse lui eut l'obligation d'avoir employé tous les moyens imaginables pour diminuer la disette; l'Angleterre lui doit aussi famé- , lioration des pèches qui se font au nord de l'Écosse. En 1797, Anderson vint habiter les environs de Londres , où il lia un qienmerce étroit avec les savants de cette ville, et devint membre de la société royale; mais, en 1802, il se retira dans la solitude, ne s'occupant plus que du jardinage. Il termina sa carrière en 1808, âgé de 69 ans. Ses principaux ouvrages, en anglais, sont : 1° Essais sur les plantations, 1771 imprimés d'abord dans le Weekly Magazine d'Édimbourg; 2° Essais sur l'agriculture, 1777, 3 vol. où l'on trouve une méthode de dessécher les terrains marécageux, réimprimée en 1797; 3° Observations sur les moyens d'exciter l'industrie nationale, Édimbourg, 1777 40 Relation de l'étal actuel des Hébrides et de la côte occidentale de l'Écosse, Édimbourg, 1785 5° Recherches sur les troupeaux et l'amélioration des laines, publiées à la suite d'un ouvrage du profe,seur Pallas, sur les races de brebis de la Russie et analysées dans la Bibliothèque britannique de Genève; 6' l'Abeille , journal hebdomadaire estimé, dont Anderson est le fondateur, et dans lequel il signait ordinairement Senex, Timoihy Ilairbrain, Alcibiades, Edimbourg, 1788 et suivantes, 18 vol. 7° Récréations..., journal consacré principalement à l'agriculture et à l'histoire naturelle, 1799 et suivantes, 6 vol. 8° Correspondance avec le généralWashington, suivie bientôt après des Recherches sur la rareté des grains ; 9° l'Encyclopédie britannique, 1775 , contient, entre autres, un article sur les vents appelés moussons, dans lequel Anderson prédit, avant le retour de Cook, le résultat d'une des découvertes de ce navigateur au sud. Le Weekly Magazine d'Édimbourg et le Monthly Rewiew sont enrichis d'un grand nombre de ses articles signés Agricola, Timoléon, Germanicus, Cimon, Scoto- Britannus , E. Aberdeen, Henry Plain, Impartal, A. Scot. Les Mémoires de la société de Bath contiennent aussi plusieurs mémoires d'Anderson sur l'économie rurale. BR
  • Jacques ANDERTON : habile controversiste anglais, natif de Lostock, clans la province de Lancastre, a vécu à la tin du 16° et au commencement du 17° siècle. 11 était simple laïque, et possédait une fortune considérable en fonds de terre. Pour se mettre à l'abri des lois pénales de son pays contre les catholiques, il se déguisa, clans tous ses ouvrages, sous le nom de Jean Brereley. Le principal, celui qui fit le plus de sensation, est intitulé : Apologie des Protestants pour la religion romaine, 1604 Le but en est de prouver la vérité de la religion catholique, par le témoignage même des auteurs protestants, dont il rapporte lespassages avec la plus scrupuleuse exactitude. Cet ouvrage fut regardé, par ses propres antagonistes, comme un chefd'oeuvre d'érudition, de raisonnement, et de précision, écrit avec une politesse et sur un ton de modération qui n'avaient pas encore eu d'exemple dans ces sortes de controverses. Banckroft, archevèquc de Cantorbéry, alarmé de l'effet qu'il fit dans le public , chargea le savant docteur Morton, chapelain du roi, depuis évêque de Durham, d'y répondre. C'est ce que celui ci lit par son Appel aux Catholiques, pour les Protes tants, 1606; mais, au lieu de discuter les faits et les passages rapportés par Anderton, il chercha à user de récrimination contre les catholiques en vou tant s'autoriser de leurs écrivains en faveur de la religion protestante Malheureusement les auteurs dont il invoquait les témoignages se trouvaient être des gens décriés pour la singularité de leurs opinions, ou démentis par ceux de leur communion, ou, enfin, les passages allégués ne roulaient que sur des choses peu importantes. D'autres controversistes se mirent sur les rangs, et ne furent pas plus heureux. Anderton leur répondit d'une manière péremptoire, dans les noter, mises à la seconde édition de son livre, en 1608 : c'est sur cette seconde édition que fut faite la traduction latine, par Guillaume Reyner, docteur de Paris, 1615. Anderton a donné plusieurs autres ouvrages estimés, du mème genre, dont les principaux sont : une Explication de la Liturgie de la Messe, sur le sacrifice et la présence réelle, en latin, Cologne, 1620 et la Religion de St. Augustin, 1620 où il applique la méthode du saint docteur dans les controverses, à celles qui existent entre les catholiques et les protestants. Laurence ANDERTON, de la même province, et peut-être de la même famille, après avoir embrassé la religion catholique, se distingua chez les jésuites, par ses talents pour la prédication et pour la controverse. On a de lui : la Progéniture des Catholiques et des Protestants, Rouen, 1652 ; la Triple Cmde, StOmer, 1634 TD.
  • Jacques ANDRÉ( 1528 - 1590) : proprement ANDRE/F. , célèbre théologien du 16e siècle , naquit en 1528 , à Waiblingen , dans le duché de Wurtemberg , fit ses études à Tubingen , et fut professeur de théologie , chancelier de l'université , et prévôt. Ses lumières, son énergie et son éloquence lui acquirent la plus grande considération dans l'Église luthérienne, et il n'y eut pas de réunion ou de colloque en matière de religion où il ne fût appelé. On l'a accusé de violence et d'esprit d'intrigue. Quoiqu'on ne puisse pas l'absoudre entièrement de ce reproche , il est sûr qu'il a rendu de grands services à sa conmunion. Il fit de nombreux voyages dans toutes les parties de l'Allemagne , pour y organiser le culte luthérien , et fut un des principaux auteurs de la Formula concordia3 , dont la rédaction définitive fut arrêtée en 1576, au couvent de Bergen, près de blagdebourg, et qui devait mettre un terme à toutes les disputes élevées dans le sein de l'Allemagne protestante , depuis la mort de Luther. Le principal but de ce livre symbolique était d'opposer aux opinions des réformés sur l'eucharistie et la nature humaine de JésusChrist , à laquelle ils refusaient la touteprésence , la doctrine de ce réformateur; et, si cette nouvelle profession de foi de ses sectateurs a rendu l'union des calvinistes et des chrétiens de la confession d'Augsbourg désormais beaucoup plus difficile , il n'est cependant pas douteux qu'elle n'ait ramené la concorde au milieu des luthériens euxmêmes , en terminant ou assoupissant toutes les controverses qui avaient eu lieu sur la grâce , sur les sacrements , sur les bonnes oeuvres, et sur la personne du Sauveur, depuis la naissance du culte protestant. Parmi les conférences que Jacques Andrea tint sur des points religieux, il faut remarquer celle qu'il eut en 1571 , avec Flacius, à Strasbourg , sur le péché originel , que ce dernier soutenait être la substance même de l'homme, et son entrevue avec Théodore de Bèze, à Montbelliard, quatre ans avant sa mort , qui arriva le 7 janvier 1590 , à Tubingen. Ses nombreux écrits sont presque tous polémiques , dirigés contre le calvinisme et contre l'Église romaine, ou destinés à défendre la doctrine de l'ubiquité ou de la présence du corps du Christ en tous lieux. Ses contemporains l'ont aussi appelé Schmidlin, ou Fabricius , à cause de la profession de son père. La vie de ce théologien a été écrite fort souvent, même en hexamètres latins, par JeanValentin Andrea. On peut consulter Adami , Vite theol. , p. 502. Son portrait est dans le Theatrum de Freher , et on trouve une médaille frappée en son honneur dans le Musée de Mazucchi, t. 1 , planche 95
  • Jacques ANDROUET DU CERCEAU( 1500) : architecte, naquit à Orléans, ou , selon quelques écrivains , à Paris , dans le 16° siècle. La faveur du cardinal d'Armagnac lui procura les moyens d'aller se perfectionner dans son art en Italie. L'arc de triomphe dont on voit encore des restes à Pole , en Istrie, attira surtout son admiration, et il reproduisit souvent dans ses compositions les colonnes accouplées qui sont de chaque côté de l'ouverture de ce monument. Le pont Neuf fut commencé le 30 mai 1578, par Androuet, d'après les ordres de Henri III, dont il était architecte ; mais les guerres civiles ne permirent pas que l'artiste achevàt cette construction. Ce ne fut qu'en 1604 , sous le règne de Henri IV, que Guillaume Marchand y mit la dernière main. Les hôtels de Carnavalet , des Fermes, de Bretonvilliers , de Sully , de Mayenne , etc., furent bâtis par Androuet. Il fut aussi chargé , en 1596 , par Henri IV, de continuer la galerie du Louvre , commencée par ordre de Charles IX ; mais il ne put la terminer. Il professait pour la religion réformée un attachement qui l'obligea de s'expatrier , et de laisser à Étienne du Pérac, peintre et architecte du roi, le soin de terminer son travail. Androuet du Cerceau mourut dans les pays étrangers. Cet artiste, qui est regardé comme un des plus habiles architectes de la France , a laissé plusieurs écrits ; les principaux nt : 1° Livre d'Architecture , contenant les plans et dessins de cinquante bâtiments , tous différents, 1559 , réimpr. en 1611 ; e Second Livre d'Architecture , faisant suite au précédent, 1561 ; 3° les plus excellents Bâtiments de France, ouvrage dédié à la reine Catherine de Médicis , et imprimé à Paris , en 1576 et suiv., deux parties en 1 volume , réimp. en 1607 ; 4' Livre d'Architecture, auquel sont , contenues diverses ordonnances de plans et élévations de bâtiments pour seigneurs et autres qui voudront bâtir aux champs , 1582 ; 5° Les Édifices romains , recueil de dessins gravés des antiquités de Rome , faits sur les lieux, 1583 ; 6° Leçons de perspective, 1576 Il grava luimême , à l'eau forte, les planches qui accompagnent ces divers recueils
  • Jacques ABBADIE( 1654 - 1727) : naquit à Nay, dans le Béarn, en 1654, et fit ses premières études sous la direction de Laplacette , ministre de cette petite ville. L' de ses parents ne lui aurait pas permis de développer ses talents , si les chefs du protestantisme de la province , instruits de ses heureuses dispositions, ne se fussent chargés des frais de son éducation scolastique. Les secours qu'il en reçut le mirent en état d'aller continuer ses études à PuyLaurens , à Saumur et à Sedan , où il prit le degré de docteur en théologie. Le comte d'Espence , premier écuyer de FrédéricGuillaume , électeur de Brandebourg , l'engagea à faire le voyage de Berlin ; il y devint pasteur de l'Eglise française réformée. Les devoirs de sa place ne l'empêchèrent pas de faire des voyages en Hollande , dans les années 1684 , 86 et 88 , pour y veiller à l'impression de divers ouvrages. Le maréchal de Schomberg , qui avait accompagné le prince d'Orange en Angleterre , l'y attira en 1688, et l'emmena l'année suivante en Irlande , où il lui procura le doyenné de hillalow. Après la mort du maréchal, en 1690, Abbadie revint à Londres. Il fut attaché à l'Eglise de Savoie , en qualité de ministre; mais la difficulté qu'il avait d'apprendre ses sermons , et les fréquentes infidélités que lui faisait sa mémoire en les débitant, le dégoûtèrent du ministère. 11 se retira à SainteMaryleBone , aujourd'hui renfermée dans l'enceinte de Londres. C'est là qu'il termina ses jours , le G octobre 1727. Nous avons suivi, pour sa naissance et sa mort, les biographes anglais qui nous ont paru plus à portée d'être instruits de ces deux dates que le P. Yicéron qui place la première en 1658, et la dernière au 2 octobre 1727. Abbadie a composé un grand nombre d'ouvrages ; niais il est principalement connu par son Traité de la religion chrétienne, publié à Rot terdam en 1684 , et réimprimé dans la même ville, en 1688 , avec des additions considérables , 2 vol. 11 y joignit, l'année d'après, le Traité de la Divinité de Jésus- Christ qui en forme la troisième partie, L'ouvrage entier a eu un grand nombre d'éditions , tant en Hollande qu'en France , 4 vol. 2. Il a été traduit en anglais par Lambert , évêque de Droniore en Irlande, Londres , 1 694; et en allemand par Bilderbeck. Cette traduction a eu trois éditions, dont la dernière est. de Leipsick, 1748. Peu de livres ont été reçus . Ce que l'auteur y dit du principe des actions vertueuses, qu'il fait consister dans l'amour de soi , fut attaqué par D. Lami , qui prit cet amour pour l'amour- propre. Abbadie fut défendu victorieusement par Malebranche dans son Traité de l'amour de Dieu , et il s'expliqua luimême d'une manière satisfaisante par une lettre qui a été insérée dans le Recueil de pièces de l'abbé Archimbaud. Les autres ouvrages d'Abbadie , moins connus , sont : 13 les Caractères du Chrétien et du Christianisme, avec des réflexions sur les afflictions de l'Église , la Haye , 1685 i ; le Triomphe de la Providence et de la Religion, ou l'Ouverture des sept sceaux par le fils de Dieu, où l'on trouvera la première partie de l'Apocalypse clairement expliquée par ce qu'il y a de plus connu clans l'histoire , et de moins contesté dans la parole de Dieu , avec une nouvelle et trèssensible démonstration de la vérité de la religion chrétienne; les évêchés de Lichfield et de Londres, il fut fait archevêque de Cantorbéry à la mort de Bancroft, eu 1610 ; qu'on le vit (l'abord jouir tout à la fois d'une grande faveur et d'une popularité extrême ; que les amis de la paix aimèrent son esprit conciliant ; que les presbytériens comptèrent au moins sur son ; que le clergé anglican lui reprocha d'ensevelir sa primatie, et que les philosophes le louèrent d'être si peu altéré de pouvoir. Il paya cependant le tribut à l'esprit (le corps, en défendant, avec plus de vivacité qu'on ne s'y serait attendu, l'existence de la haute cour de commission, même contre les injonctions du célèbre lord Cook ; mais on le vit conserver toute la pureté, toute la noble fermeté de son ministère, en s'opposant jusqu'à la fin au divorce du comte d'Essex, si ardemment et si indiscrètement poursuivi par le roi. La dissolution (lu mariage ayant été prononcée, à la pluralité seulement de deux voix , l'archevêque de Cantorbéry fut à la tète des membres de la commission, qui protestèrent contre le jugement. Moins intéressant , lorsqu'avec un fanatisme puéril il cherchait à soulever tout le clergé contre une proclamation royale qui permettait les récréations pendant une partie du dimanche ; bon calviniste plutôt que bon politique, lorsqu'il travaillait à enflammer Jacques I- pour le projet d'établir son gendre , l'électeur Palatin, sur le trône de Bohème; plus digne de compassion que de haine quand il voyait dans cette chimère l'accomplissement des prophéties de St. Jean, et le pouvoir de LA 13ÈTE, c'est-àdire du pape, tombant pièce par pièce, selon la parole de Dieu , il s'attira de nombreux ennemis qui crièrent au scandale et à la déchéance, lorsque, peu de temps après cette dernière discussion , il eut le malheur de tuer à la chasse un des gardes de lord Zouch. Il lui fallut obtenir le pardon et la réhabilitation du roi qui les lui accorda involontairement, en disant qu'un ange mit pu pécher de cette manière. Les lettres de pardon sont du 22 novembre 1621. Cet événement le plongea dans une mélancolie qui aggrava d'autres infirmités. 11 put encore recevoir les derniers soupirs de Jacques I", et couronner le fils qui lui succédait. Mais alors il se trouva en butte à des inimitiés terribles, celle du duc de Buckingham, le plus haineux, le moins généreux des hommes puissants , et celle de l'évêque Laud , aussi suspect de papisme que l'archevêque l'était de calvinisme. La première occasion que le primat d'Angleterre donna au ministre favori de lui faire éprouver sa malveillance fut encore une circonstance glorieuse pour Abbot. 11 était en quelque sorte le précurseur de Hampden. Une proclamation royale avait été publiée pour lever, sous le nom d'emprunt, un subside excusé par l'exemple, mais non autorisé par la loi. Un ecclésiastique de cour avait prêché en faveur de l'emprunt. Le primat reçut de Buckingham un ordre du roi , qui lui enjoignait d'autoriser de sa signature l'impression de ce discours : il s'y refusa ; et comme en Angleterre on exilait encore à cette époque, il fut relégué à sa maison de campagne , près de Cantorbéry, et l'exercice de sa primatie fut mis en commission. Il fallut bientôt cœrvoquer un parlement, et rendre à la chambre des pairs son premier membre, à Cantorbéry son archevêque, à l'Angleterre son primat. La cour s'en vengea, en faisant baptiser le prince de Galles par l'évêque de Londres. Abbot succomba enfin sous le poids des années, des infirmités et de toutes ces petites vexations; il mourut le 5 août .1633, àgé de 71 ans, laissant deux réputations bien différentes , selon les diverses églises et les divers partis qui le jugeaient. On peut voir ce qu'en ont écrit Heylin , Fuller, Aubrey, Wellwood , Clarendon. Ce dernier a été bien sévère dans son jugement ; n'atil été que sévère? A en croire ce noble auteur, tout le christianisme d' Abbot consistait à détester et avilir la papauté. Dans ce genre, plus on lui montrait de fureur, et plus on lui inspirait d'estime. Peu versé dans les études de l'ancienne et solide théologie, aveuglément livré à la doctrine de Calvin , il avait fait de sa maison une espèce de sanctuaire pour les chefs les plus éminents de ce parti de factieux, et il mourut laissant à son successeur une lûche difficile , celle de réformer et de ramener à l'ordre une église que sa longue négligence avait remplie de ministres faibles, et plus encore de ministres vils. Quant aux ouvrages nombreux de l'archevêque Abbot, on ne peut guère citer aujourd'hui que sa traduction du Nouveau Testament, son Histoire des massacres de la Valteline , insérée à la lin du 3, vol. des Actes et Monuments de l'église anglicane, 1631 ; ses Mémoires et Discours sur la proposition du divorce du comte et de la comtesse d'Esse•. Tous ces ouvrages sont en anglais
  • Jacques ACCARISI : de Bologne, professa la rhétorique à Mantoue, et mourut étant évêque de ACC 105 Veste, en 1654. On a publié de lui un volume de discours latins sur des sujets de piété. Avant d'expliquer à Rome, en 1656, le livre d'Aristote de Coelo, il soutint dans un discours, par des arguments théologiques et philosophiques, l'immobilité de la terre et le mouvement du soleil autour d'elle, Terrce quies , solisque motus demonstralus primum theologicis , ( um pluribus philos. rationibus; disputalio Jacobi Acearisi , etc. , Rome , 1756 Plusieurs dissertations et autres ouvrages du même auteur sont restés manuscrits , entre autres : 1° de Nalalibus Virqilii; 2° de Conscribenda tragcedia; 3° Historia rerum. gestarum a sacra congregatione de fide propaganda, etc., duobus annis 1 65O , 1631 ; 4° Epistolce latince; 5° la Guerre de Flandre, du cardinal Bentivoglio, traduite en latin. Mazzuchelli croit qu'aucun de ces derniers ouvrages n'est imprimé
  • Jacques ALIAMET( 1728 - 1788) : graveur, de l'Académie de peinture, né à Abbeville en 17'28, mort à Paris en 1788, se fit connaître d'abord par de petits sujets gravés avec goût, et établit ensuite sa réputation par des ouvrages plus importants, et qui sont fort estimés, tels que ses estampes d'après Bergen, Wouwerrnans, Vernet, et deux des seize planches qui représentent les batailles des Chinois contre les Tatars. Il porta l'art de graver à la pointe sèche à une perfection beaucoup plus grande que son maitre Lebas. Sachant parfaitement conserver l'harmonie des teintes, il blâmait les graveurs qui poussent au noir, et il les comparait aux acteurs qui, au lieu de mériter les applaudissemenrg des gens de goût par l'expression naïve des passions, font des grimaces qui ne peuvent plaire qu'à la populace. — Son frère , aussi graveur, mais bien audessous de lui pour le talent, a gravé, à Londres, pour Boydell, d'après les anciens maîtres, et aussi d'après quelques peintres anglais
  • Jacques ACONCIO : philosophe du 16e siècle, dont le véritable nom était GlAcomo CONTIO, fut d'abord curé dans le diocèse de Trente, sa patrie.P1 us tard, ses inclinations de libre penseur le portèrent à se réfugier en Suisse pour y faire profession de la nouvelle réforme de Calvin ; il passa ensuite à Strasbourg, et de là en Angleterre. Ce fut comme ingénieur, et non comme théologien, qu'il reçut une pension de la reine Élisabeth, à qui il fit hommage de son fameux Livre des Stratagèmes de Salan, par une dédicace que Bayle appelle une inscription canonisante, parce qu'elle commence ainsi : Divec Elisabethce , etc. L'objet de ce livre est de réduire à un trèspetit nombre les dogmes essentiels du christianisme, et d'inspirer une tolérance générale pour ceux qui ne sont pas compris dans cette classe. Selon cet auteur, ces dogmes sont tous contenus dans le symbole des apôtres , à l'exclusion des diverses confessions de foi particulières, qu'il regarde comme autant de ruses inventées par Satan pour tromper les hommes dans la grande affaire de la religion , pour exciter la cupidité du clergé et entretenir la superstition des peuples. En appliquant à l'eucharistie sa méthode pour faire disparaître toute cause de schisme, l'auteur n'approuve ni les catholiques, qui excluent la simple figure , ni les calvinistes , qui rejettent la réalité. Il ne lui parait pas plus difficile de croire que JésusChrist est présent en plusieurs lieux à la fois , que de croire qu'il est Dieu et homme tout ensemble, et, dans son opinion , ceux qui admettent la présence réelle et ceux qui ne l'admettent point pourraient fort bien vivre en paix et communier à la même table. Ce plan, dans lequel il fait entrer tous les autres sujets de controverses , proposés à une époque où le principe fondamental du protestantisme n'avait pas encore reçu tout le développement qu'on lui a donné depuis , parut prématuré. On n'était pas alors disposé, dans la réforme , à goûter un système de nivellement capable d'inspirer de la prévention contre le nouvel Évangile. Le Livre des Stratagèmes attira à son auteur des critiques amères, et lui fit de nombreux ennemis dans sa propre communion. On lui reprocha de s'éloigner de la doctrine de Calvin, d'ouvrir la porte à toutes sortes d'hérésies, et de conduire à l'indifférence en matière de religion. Il chercha à se justifier de l'accusation d'arianisme et de sabellianisme, par une lettre que Crenius a insérée dans ses Aniniadversiones philologicoe et historicoe. Aconcio mourut en Angleterre, vers l'année 1565. Ses ouvrages roulent sur un grand nombre de sujets , et annoncent un homme très-éclairé. Le plus remarquable est celui dont nous venons de parler, imprimé à Bâle, en 1565, sous ce titre : de Stratagematibus Satance in religionis negotio , per superstitionem, errorem, hceresim, odium, calumniam, schisma, etc., lib. 8. Selden a appliqué à ce livre ce qui a été dit d'Origène : Ubi bene, nihil melius; ubi male, nemo pejus. il a été souvent réimprimé depuis et traduit dans toutes les langues. La traduction française, qui parut la même année à Bâle a eu plusieurs éditions. On peut considérer ce livre comme un avantcoureur des ouvrages du lord Herbert de Cherburi , et des autres philosophes anglais qui ont réduit à un petit nombre les articles fondamentaux de la religion, et soutenu que la plupart des cultes offrent tous ces dogmes essentiels. On a encore de lui : 1° de Melhodo, sive recta investigandamum tradendarumque artium ac scientiarum ratione libellas , Bâle, 1558 , ouvrage qui fut accueilli avec distinction, mais que celui de Descartes, sous le même titre et sur le même sujet, fit oublier. Il a été souvent réimprimé , et inséré dans la collection d'Utrecht , intitulée : de Studiis bene instiluendis, 1658. 2° Ars muniendorum oppidorum, en italien et en latin , à Genève , 1585. Mazzuchelli est le seul qui en fasse mention ; Chaufepié nie que cet ouvrage ait été imprimé. Aux connaissances variées que suppose la composition de ces différents ouvrages , Aconcio joignit une étude profonde de la jurisprudence. Le tome 6 des Observationes selectee ad rein litterariam spectantes, contient des détails intéressants sur Aconcio et sur ses ouvrages. T—D
  • Jacques AMIGONI ou AMICONI( 1675 - 1752) : peintre , né à Venise en 1675, voyagea en Flandre, et, pour perfectionner son coloris , copia les grands maîtres de cette école. Zanetti parle de lui avec éloge. On demanderait chez cet auteur un peu plus de relief, moins de soin pour faire briller à la fois toutes les parties de sa composition : les peintures d'Amigoni enchantent, au premier abord , les faibles connaisseurs. Jacques fut bien accueilli en Angleterre , en Allemagne, et en Espagne, où il mourut en 1752 , avec le titre de peintre de la cour. Il fit en Angleterre des portraits et des compositions historiques. Les amateurs de musique étaient dans l'usage de se faire peindre par lui. L'architecte Kent, qui avait voulu être peintre , sans pouvoir y parvenir , avait disposé les escaliers des maisons qu'il construisait de manière à ce qu'il fût difficile de les enrichir de peintures : cependant Amiconi eut occasion d'en peindre plusieurs ; entre autres, celui de PowiHouse, dans la rue d'Ortnond, à Londres, où il représenta, en trois compartiments, l'Histoire de Judith. Il exécuta aussi les Amours de Jupiter et d'Io , dans la salle du chàteau de MorePark , en Hertfordshire. Il y avait chez le musicien Farinelli , à Bologne , une grande quantité de tableaux'de Jacques Amiconi, où il avait représenté ce célèbre soprano recevant des récompenses de plusieurs souverains
  • Jacques ADAM( 1663 - 1735) : de l'Académie française, naquit en 1663, à Vendôme. Comme il était le plus jeune de huit enfants, ses parents le destinèrent à l'état ecclésiastique, et il fut placé chez les pères de l'Oratoiret qui dirigeaient le collège de sa ville natale. Après qu'il eut achevé ses études d'une manière brillante, ses maîtres l'envoyèrent à Paris avec une lettre pour Rollin. En voyant un enfant à peine âgé de quatorze ans, et qui paraissait encore plus jeune, Rollin eut peine à se persuader qu'il avait sous les yeux le sujet qui lui était recommandé. Mais Adam montra dans toutes ses réponses tant de sagesse et de modestie, qu'il n'hésita pas à le présenter à l'abbé Fleury, qui cherchait un homme instruit pour l'aider dans ses recherches sur l'histoire ecclésiastique. Fleury en fut trèssatisfait. Charmé de sa douceur, de l'étendue de ses connaissances et de son application au travail, il se l'associa nonseulement dans ses recherches historiques, mais dans l'éducation du prince de Conti. Après la mort de Fleury , Adam fut élu son successeur à l'Académie française. D'Alembert raconte , dans l'éloge qu'il a donné de cet académicien , qu'Adam n'étant pas gentilhomme, le prince de Conti , son élève , pour concilier ce qu'il croyait devoir aux préjugés avec le désir de lui donner le titre de gouverneur de son fils, lui proposa de prendre momentanément l'habit ecclésiastique. Mais Adam s'y refusa , ne voulant pas adopter un habit qui lui imposerait des devoirs qu'il ne pourrait remplir; après quelques jours de réflexion, le prince rendit justice à sa délicatesse , et le nomma sans condition . Il resta l'ami de son élève, devint secrétaire de ses commandements et chef de son conseil , et , dans ces diverses fonctions , justifia sa confiance. Il l'accompagna au siège de Philisbourg , mais les fatigues de la campagne épuisèrent ses forces. Dès lors il ne fit que languir, et mourut d'une colique, à Paris, le 12 novembre 1733, laissant plusieurs enfants sans fortune. Il eut pour successeur à l'Académie française l'abbé Seguy. Adam possédait à fond les langues anciennes , et savait bien la plupart de celles de l'Europe. Ses confrères le nommaient un dictionnaire vivant , et ils le consultaient toujours avec fruit. Il a traduit de l'italien les Mémoires de Montécuculli , et la Relation du, cardinal de Tournon, imprimée Ce mot a été aussi attribué à Voltaire. Ancillon, dans ses Mélanges critiques de littérature, publiés par son" fils, Baie, 1698, 2 vol. t. 1, p. 38, et dans la réimpression faite par Leclerc en 1701 et Amsterdam, 1706 p. 28, ?Mime ce mot à madame Marie Dumoulin ; ainsi Voltaire n'en était que l'écho, suivant ce dernier témoignage. On le trouve encore attribué à Benserade, dans les Annales poétiques, t. 22. C.—T—Y. Malgré cela quelques biographes font d'Adam un abbé. Ceci n'est pas exact. Un laïque seul pouvait avoir l'emploi et le titre de gouverneur ; un abbé n'était jamais que précepteur. Ne seraitce pas le contraire qu'il faudrait lire? Puisque Adam fut nommé gouverneur, ne cédatil pas aux instances du prince, et se quittatil pas l'habit ecclésiastique pour prendre Pliabit séculier? V—vu. clans les Anecdotes sur l'état de la religion à la Chine. 'Foy. TOURNON. ) ll a eu part à la traduction de l'Histoire universelle de JacquesAugitste de Thou , depuis 1543 jusqu'en 1607. Mais son principal ouvrage est une traduction complète d'Athénée qu'il se proposait de publier avec une nouvelle édition du texte grec dans lequel il avait corrigé 2,000 passages. Le manuscrit de cette traduction, qu'on croyait perdu, fut enfin retrouvé, et remis à l'abbé Desaunays, garde de la bibliothèque du roi, pour le publier. Mais informé que Lefebvre de Villebrune s'occupait depuis longtemps d'une version d'Athénée, l'abbé Desaunays lui confia celle d'Adam pour en tirer le parti qu'il jugerait le plus convenable. Lefebvre n'en a publié que les deux premiers livres, après les avoir corrigés, ayant eu, ditil, des ressources qu'Adam n'avait pu avoir de son temps. 11 ajoute que le surplus de cette traduction lui avait été tout à fait inutile . Un exemplaire de Pindare, couvert de notes manuscrites d'Adam , a été vendu à Paris en '1830
  • Jacques ADLUNG( 1699 - 1762) : professeur au gymnase d' Erfurth,et organiste de l'église luthérienne de cette ville , né à Bindersleben, en 1699. On a de lui plusieurs ouvrages écrits en allemand, parmi lesquels on distingue l'Instruction sur la construction, l'usage et la conservation des orgues , clavecins, etc., avec des augmentations , par J.F. Agricola , compositeur de 401 la cour, Berlin, 1768 avec figures. J.L. Albrecht, maître de musique à Mulhausen , qui en fut l'éditeur, y a ajouté des notes. La vie d'Adlung , écrite par luimême, se trouve dans la préface de cet ouvrage. Le même Albrecht est aussi éditeur des Sept Étoiles musicales, Berlin, 1768 Adlung choisit ce singulier titre pour publier des réponses à sept questions sur des objets relatifs à l'harmonie musicale ; son introduction à la Science musicale , imprimée d'abord à Erfurt') 1758, a été réimprimée en 1783. L'éditeur, Ch. Hiller, de Leipsick, l'a augmentée d'un chapitre. Dans un incendie qui priva Adlung d'une partie, de sa fortune , plusieurs de ses manuscrits furent la proie des flammes. Ce célèbre organiste est mort à Erfurth, les janvier 1762
  • Jacques AIMAR-VERNAI : paysan de St- éran, près StMarcellin, en Dauphiné, s'est rendu fameux par l'usage de la baguette divinatoire. Jusqu'au 17e siècle, on ne l'avait employée que pour la recherche des métaux ; aussi les écrits des alchimistes sontils les premiers qui en aient fait mention. Mais, vers la fin du 17e siècle, la puissance que manifesta la baguette devint de plus en plus merveilleuse, surtout en Dauphiné, et dans les mains de Jacques Aimar. A l'aide de sa baguette de coudrier, il prétendait découvrir les eaux souterraines, les mé- taux enterrés, les maléfices, les voleurs et les assas- Sins. Le bruit de ses talents merveilleux s'étant répandu dans toute la France, il fut appelé à Lyon en 1692, pour découvrir des assassins qui avaient échappé à toutes les recherches de la justice. Arrivé dans cette ville, il est conduit sur le lieu même où avait été commis le crime : à l'instant sa baguette tourne rapidement ; il suit les coupables à la piste, s'em- barque sur le Rhône, arrive à Beaucaire, reconnaît et fait arrêter un des meurtriers, qui, après avoir confessé son crime, l'expie sur l'échafaud. L'exactitude des renseignements fournis par AiMar excita l'admiration générale ; on en publia plusieurs rela- fions, et la plus complète fut celle d'un M. de Vagny, procureur du roi à Grenoble, intitulée : Histoire merveilleuse d'un maçon qui, conduit par la baguette divinatoire, a suivi un meurtrier pendant quarante- cinq heures sur la terre, et plus de trente heures sur l'eau. De nouvelles épreuves furent pour Jacques Aimar de nouveaux triomphes, et on ne parla plus dans toute la France que de sa baguette merveil- leuse ; mais quel était le principe ou l'origine des prodiges qu'il opérait? Quelques philosophes n'y voyaient qu'un effet naturel, une suite nécessaire des lois du mouvement et de l'existence des émanations qui, selon eux, s'échappent des fontaines, des métaux et même du corps humain ; mais d'autres, ne voyant dans la physique rien qui pût expliquer la propriété de la baguette, prirent le parti d'attribuer ses prodiges à l'influence de Satan et de l'enfer. Telle fut l'opinion que manifestèrent le P. Lebrun de l'Oratoire et le célèbre Malebranche. Ils appuyaient leurs arguments de citations tirées de Porphyre et de St. Augustin. Tous ces débats occupaient le public ; Jacques Aimar devenait chaque jour plus célébre. Frappé des récits qui lui venaient de toutes parts, HenriJules de BourbonCondé, fils du grand Condé, voulut voir l'auteur de tant de prodiges. Il fit venir Aimar à Paris, où la vertu de sa baguette fut mise aussitôt à l'épreuve ; mais elle prit des pierres pour de l'argent; elle indiqua de l'argent dans un lieu où il n'y en avait pas; en un mot, elle opéra avec si peu de succès' qu'elle perdit bientôt tout son crédit. Les épreuves furent répétées, et, à la grande confusion d'Aimar, la baguette resta immobile. L'on se convainquit enfin qu'il n'était qu'un imposteur adroit. Il avoua luimême au prince que la baguette et luimtme étaient sans pouvoir, et qu'il avait seulement cherché par cette ruse à gagner quelque argent. On le chassa, et il ne fut plus question de lui. Environ un siècle plus tard, Blettonhydroscope non moins fameux que le paysan du D'auphiné, a renou- velé à Paris les prodiges de la baguette divinatoire, appliquée à la recherche des sources et des métaux. En Italie et en France, comme en Allemagne, des savants même , surtout des médecins, se sont faits les apologistes de Jacques Aimar, de Bletton, de Pennet, et des autres charlatans de cette espèce qui ont pris le titre d'hydroscopes. Un membre de l'Académie de Munich, le docteur Ritter, a soutenu les merveilles de la baguette, en s'autorisant des phénomènes du galvanisme. La rabdomancie a pris les dehors d'une véritable science, elle a été qualifiée, par ses partisans, du nom (l'électricité souterraine, quoique la plupart d'entre eux ignorassent jusqu'aux lois de l'électricité. On a plusieurs fois mis leur charlatanisme à découvert; mais, comme tous ceux qui fondent leur crédit sur les erreurs populaires, ils ne se sont pas découragés. Aux hydroscopes Bletton et Permet, a succédé le nommé Campetti, né sur les limites de l'Italie et du Tyrol. Au lieu de la baguette hydroscopique, il ne se sert que d'un petit pendule que l'on tient à la main, et qui est formé par un morceau de pyrite, ou de quelque autre substance métallique suspendue à un fil, et auquel on attribue des choses merveilleuses , qu'on rapporte toutes à un système de polarité positive et négative, selon le sens dans lequel le pendule tourne. Sous ces nouvelles formes, l'hydroscopie n'a pas fait autant de bruit que lorsqu'elle était livrée au peuple. D'ailleurs le progrès des lumières rend aujourd'hui le succès de toutes les charlataneries beaucoup plus difficile. Quant à l'opinion que l'on doit avoir sur le fond de la question, elle est nécessairement subordonnée à l'expérience. Il est possible qu'il s'échappe des corps fluides ou métalliques des émanations qui agissent sur le système nerveux de quelques indivi- dus, de manière à les avertir de la présence de ces substances. Mais il n'existe, jusqu'à présent, aucun fait qui prouve cette propriété; et quelques efforts qu'aient faits les vrais physiciens, ils n'ont jamais pu amener les apôtres de la rabdomancie à une seule épreuve rigoureuse dont ils se soient tirés avec honneur
  • Jacques ALBON : marquis de Fronsac
  • Jacques ALLEGRETTI : de Forli, poète latin et astrologue, au 14e siècle. Il fonda une académie à Rimini, où il s'était rendu pour enseigner les belleslettres à Charles Malatesta, qui devint ensuite seigneur de cette ville. Coluccio Saluta,to, dans une lettre en vers où il le détournait de l'astrologie, et dont l'abbé Méhus a parlé dans sa Vie d'Ambroise le Camaldule, p. 308, loue son talent pour la poésie latine : ses ouvrages sont restés manuscrits. Il mourut vers 1400. Marchesi a écrit sa vie dans ses Vile illustrium Foroliviensium
  • Jacques ALMAIN : natif de Sens, docteur en théologie à Paris, en 1512, professeur au collége de, Navarre, fut enlevé, en 1515, par une mort préma- titrée. [Inc vie si courte ne l'empêcha pas de publier un assez grand nombre d'ouvrages, dont plusieurs font honneur à ses sentiments et à son érudition. Ils consistent en traités de logique, de physique, de morale et de théologie ; les deux plus importants sont : 1' Autoritate Ecclesiœ, scu sacrorum con- ciliorum eam reproesentantium, etc., contra Th. de Vio, qui bis diebus suis scriptis nisus est Ecclesiœ Christi sponsoe polestatem enervare, Paris, 1512 Almain, tout ligueur qu'il était, y défend la doctrine du concile de Pise, contre Cajétan. 2° De Potestate ecclesiastica et laicali contra Oekam, ouvrage curieux. Ces deux traités sont dans l'édition des ouvrages d'Almain, Paris, 1517 Dupin les a insérés dans celle des oeuvres de Gerson. On a encore de ce théologien un ouvrage' intitulé : Moralia, Paris, 1525 gothique ; il ne se trouve pas dans l'édition de 1517
  • Jacques ALPHARABIUS : écrivain du 15e siè- de, né à Léonessa, dans le royaume de Naples, est auteur d'un traité latin de Usu coronarum et canon generc apud velem Romanos, dont la première édition a été donnée par Woog, à Leipsick, en 1759
  • Jacques ALTING( 1618 - 1667) : fils d'Henri , né à Heidelberg en 1618 , mort en 1667, professeur de théQlogie à Groningen , a laissé des ouvrages pleins de recherches ie utiles sur différents points d'antiquités hébraïques et de philologie orientale. Nous nous bornerons à citer Hebrceorum respublica scholastica , seu Historia 110 academicarurn et promotionum academicarum in po- pulo Hebrceorum, Amsterdam , 1652 et dans le Thesaurus Groning. diss., maxime de. rebus He- brœorum , ib. , 1698 ; des commentaires sur presque tous les livres de la Bible ; une grammaire syrochaldaïque; un traité sur la ponctuation hébraïque, etc. C'est J. Alting qui a introduit dans la grammaire hébraïque le systema l'Hum morarum, perfectionné ensuite par Danz. D'après ce système, qu'il tenait de son maitre , le rabbin Gumprecht-13enAbraham, 'toute syllabe doit avoir trois temps au moins. Cette théorie, la plus subtile et une des plus ingénieuses qu'ait inventées le génie grammatical , repose sur ce principe. La méthode d'Alting a servi de base aux magnifiques développements >d'Albert. Schultens. La collection de ses œuvres a été publiée par Balthasar Becker, en 1687, 5 vol. , Amsterdam , dont le premier offre , à la tète, la vie de Jacq. Alting
  • Jacques AMYOT( 1513 - 1593) : naquit à Melun le 30 octobre 1515. On ne sait pas au juste quelle était la profession de son père ; les uns en font un bouclier, d'antres un corroyeur, d'autres un petit mercier. StRéal, historien fort peu scrupuleux, a fait de la jeunesse d'Amyot un récit dont les principales circonstances sont démenties par des faits avérés, et qu'en conséquence nous ne rapporterons point. Amyot, étant venu à Paris pour y continuer ses études commencées à Melun, n'avait d'autre secours de ses parents ' qu'un pain que sa mère lui envoyait chaque semaine : pour y suppléer, il fut obligé de servir de domestique à d'autres écoliers de son collége ; on prétend que la nuit, à défaut d'huile ou de chandelle, il étudiait à la lueur de quelques charbons embrasés. Après avoir fait ses cours de poésie et d'éloquence latine, de philosophie et de mathématiques, sous les plus célèbres professeurs du collége de France, nouvellement fondé, il se lit recevoir maître èsarts, et ensuite se rendit à Bourges, pour y étudier le droit civil. Là, Jacques Collin, lecteur du roi et abbé de StAmbroise, lui confia l'éducation de ses neveux, et lui lit obtenir, par le crédit de Marguerite, soeur du roi, une chaire de grec et de latin dans l'université. Pendant dix ou douze ans qu'il occupa cette chaire, il traduisit le roman grec de Théagène et Chariclée, et quelques Vies des hommes illustres de Plutarque. François 1.", à qui il dédia cet essai , lui ordonna de continuer l'ouvrage, et lui fit présent de l'abbaye de Itellozane, vacante par la mort du savant Vatable. Désirant, pour le perfectionnement de sa traduction de Plutarque, conférer les manuscrits de cet auteur qui existaient en Italie, il y alla, à la suite de l'ambassadeur de France à Venise. Odet de Selve, successeur de cet ambassadeur, et le cardinal . Celuici , prenant possession de son épiscopat, se fit rendre avec fermeté, mais sans hauteur, tous les honneurs, tant ecclésiastiques que seigneuriaux, attachés à son siége. 11 contribua d'assez bonne grâce, malgré sa parcimonie, à restaurer et à orner de nouveau l'église cathédrale, que les huguenots avaient profanée, et surtout pillée. 11 avoua ; 4° l'édition donnée par Didot, an 7 , grand avec 9 figures, et dont 27 exemplaires ont été tirés 5° l'édition publiée à la mème époque par le même imprimeur ; 6° celle que PaulLouis Courier a fait imprimer sous ce titre : Daphnis et Chloé, traduction complète, d'après le manuscrit de l'abbaye de Florence, Florence , 1810, grand tiré à 60 exemplaires : l'éditeur a retouché en quelques endroits la traduction d'Amyot, et a traduit luimême, eu vieux langage, un fragment recouvré à Florence, lequel remplit la lacune qu'on sait être au premier livre de l'ouvrage. 4° Les Vies des Hommes illustres, grecs et romains, comparées l'une avec l'autre, translatées du grec en français, 1559, 2 vol. On recherche l'édition donnée par Vascosan, 1567, 6 vol. on y joint la traduction 5° OEuvres morales de Plutarque, traduites en fran-çais, 1574, 6 vol. ia-8°. C'est cette édition que l'on joint à celle des Vies des Hommes illustres, de 1567. Les OEuvres complètes de Plutarque , traduites par Amyot, ont été recueillies plusieurs fois. L'édition de Vascosan, 1565-75, 4 tomes en 2 vol. est peu recherchée aujourd'hui ; il en est de même de l'édition donnée par M. Bastien, en 1784, 18 vol. mais on estime l'édition publiée en 1783-87, avec des notes et observations de G. Brottier et Vauvilliers, 22 vol. Elle a été réimprimée par Cussac, 1801-1806, 2.5 vol. ; M. Clavier , éditeur, y a ajouté des notes, et de plus la traduction, faite par lui, de la Vie d'Homère, de l'Essai sur la poésie, du Traité sur la Noblesse, et de plusieurs fragments : ces additions forment le 23° volume. Les tables des matières des Vies des Hommes illustres et des OEuvres morales forment les 24e et 25° volumes. 6° Lettre à 1, 1. de Morvilliers, maitre des requêtes, du 8 septembre 1551. Cette lettre , dans laquelle Amyot donne une relation de son voyage à Trente, se trouve dans les Mémoires du concile de Trente, par Vargas, dans les Mémoires du même concile, par Dupuy, et dans l'ouvrage de Pithou, intitulé : Ecclesiœ Gallicalice in schismate Stalus. 7° OEurres mêlées, 1611 Le P. N iceron parle de ce volume ; mais nous croyons qu'il y a erreur, et que ces OEuvres mêlées n'ont jamais existé. 8° Projet de l'Eloquence royale, composé pour Henri III, roi de France, imprimé pour la première fois en 1805 et
  • Jacques ARMINIUS( 1560 - 1609) : proprement ITARMEI\--. SEN , chef de la secte des arminiens, ou remontrants, naquit en 1560 à OudeWater, dans la SudHollande, où son père était conseiller. Il le perdit de bonne heure, et n'aurait pu se livrer aux études, sans le secours de quelques bienfaiteurs et du magistrat de Leyde. Il les lit dans cette dernière ville, à Marbourg , à Genève, sous Th. de Bèze, et à Bâle, sous Grynnis. De là, il retourna à Genève, où l'ardeur avec laquelle il avait soutenu la philosophie de Ramus lui avait, pendant son premier séjour, attiré des désagréments. Le désir d'entendre Jacques Zabarella lui ayant fait faire le voyage de Padoue , la curiosité le conduisit à Rome; curiosité dont on ne lui sut pas de gré en Hollande ; mais les préventions qui s'étaient élevées contre lui se dissipèrent bientôt, lorsque, de retour dans son pays, il se fit entendre dans les chaires de l'église réformée. Ses succès lui valurent une place de pasteur à Amsterdam, en 1588, et bientôt après une correspondance qui lui donna occasion de chan- ger ses idées en théologie et fit naître le parti considérable connu sous son nom. Des ecclésiastiques de Delft avaient publié un livre où la doctrine de Calvin sur la prédestination était combattue ; Martin Lydius, professeur à Franecker, s'adressa à ArmiMus, pour l'engager à réfuter cet écrit. Arminius, en l'examinant, trouva les doutes des théologiens de Delft fondés, et finit nonseulement par adopter leurs sentiments sur le point en litige, mais par leur donner beaucoup plus de développement, en se profonçant avec force contre le supralapsarisme, c'est- àdire contre le dogme qui représente la chute d'A- dam comme la suite et non comme la cause des décrets de Dieu sur la rédemption. Révolté de l'idée que l'ètre souverainement bon devait avoir, de toute éternité, condamné les uns au péché et à la douleur, et prédestiné les autres à l'adoption de la foi salutaire et à la félicité céleste, sans autre motif que son bon plaisir, pour faire des premiers des monuments de sa justice, pendant que les derniers prouveraient sa miséricorde, il enseigna que Dieu avait laissé à tous les hommes la faculté de s'appliquer les bienfaits de sa grâce, offerts à tous ceux qui s'en rendraient dignes par leurs efforts. Cette doctrine fit, dès son origine, beaucoup de bruit et trouva un grand nombre d'adversaires ardents ; mais elle n'empêcha pas les curateurs de l'université de Leyde d'offrir, en 1605, à Arminius, une chaire de théologie, vacante par la mort de François Junius. Dans cette nouvelle place, que ses paroissiens le virent accepter avec regret, il eut à soutenir les attaques de son collègue François Gomar, zélé calviniste ; la dispute s'échauffa, les deux partis des arminiens et des gomaristes se formèrent ; et, bien que les plus grands hommes de la république, Hugues de Groot , Rembold Hoogerbeets, et l'ornement de sa patrie, Jean van OldenBarneveldt, penchassent pour ses opinions et le protégeassent contre la vio- lence des gomaristes, cette controverse, prenant cha- que jour une tournure plus alarmante, ôta toute tranquillité à Arminius, et contribua indubitablement à abréger ses jours. 11 mourut le 19 octobre 1609, laissant sept fils et de nombreux disciples, qui obtinrent d'abord la faculté de professer leurs pr cipes en toute liberté ; mais qui ensuite, victimes de la haine de Maurice, prince d'Orange, contre OldenBarneveldt, furent enveloppés dans la chute du parti républicain, et condamnés par le synode de Dordrecht, convoqué, en 1618, par leurs ennemis religieux et politiques. Voici les cinq articles que les arminiens présentèrent aux états de Hollande en 1610, comme renfermant toute la doctrine de leur chef, tels qu'ils se trouvent dans leur mémoire Remontrances, d'où ils ont pris le nom de re- montrants : 1° Dieu a, de toute éternité, décrété d'admettre au nombre des élus ceux qu'il a prévu devoir garder la foi en JésusChrist, inviolable jusqu'à leur mort; 20 JésusChrist a expié les péchés de tous les hommes, sans exception, quoique ceuxlà seuls qui croient en lui puissent s'en appliquer les fruits ; 5° sans la coopération du StEsprit, l'homme, naturellement enclin au mal, ne peut produire en lui la foi salutaire ; 4° la grâce divine est la source de tout bien dans l'homme, et les bonnes œuvres ne peuvent être attribuées qu'à ce secours de Dieu; mais la grâce n'exerce pas sur la volonté du pécheur une force irrésistible, et peut être repoussée par sa perversité ; 5° ceux qui sont unis au Christ par la foi ont des forces suffisantes pour vaincre tous les obstacles au bien; en revanche, on ne pourra qu'au moyen d'un examen plus approfondi des saintes Écritures, déterminer s'il est possible que l'homme régénéré sorte de l'état de grâce et iwrtle Si foi. Ces cinq itrticles n'offrent rien qtsi ne soit conforme à la doctrine orthodoxe de l'Église luthérienne ; les gomaristes , ou antiremontrants, n'auraient pas eu l'ombre de droit (l'accuser les arminiens d'hérésie, si les successeurs d'Arminius ne s'étaient pas expliqués avec moins de retenue sur les conditions du salut, que ne l'avait fait ce chef. Lorsqu'après la mort de Maurice, ils obtinrent la faculté de rentrer dans leur patrie, et de professer librement leurs principes, Épiscopius, et ses successeurs dans la chaire de thènlogie au gymnase fondé L Amsterdam par les arminiens, enseignèrent ouvertement que, pour avoir des droits au titre de disciple, et aux bienfaits (le JésusChrist, il sunisait de reconnaitre le Nouveau Testament pour règle de la foi, de fuir l'idolittrie et le vice ; de mener une vie conforme à l'Évangile, et de regarder comme frères tous ceux qui faisaient de mème, quelles que fussent d'ailleurs leurs opinions sur le dogme, pourvu qu'ils n'adoptassent aucune maxime d'exclusion et d'intolérance envers les chrétiens dissidents. L'équitable et judicieux Mosheim n'hésite pas à attribuer Arnsinius des sentiments analogues à ceux des arminiens modernes, et le projet de réunir, à l'exception de la communion s.omaine, toutes les autres sectes chrétiennes en une seule société religieuse. Il croit que la prudence et une mort prématurée l'empéchèrent seules de parler avec la mème franchise, et de précher cette doctrine de ses illustres successeurs, qui, dans les temps modernes, a fait de si grands progrès au sein de toutes les Églises chrétiennes de l'Europe éclairée. La vie d'Arminius fut irréprochable, et .%1 piété aussi douce que sincère. S1 devise était : Une bonne conscience est le paradi. Ses ouvres consistent en quelques traités de théologie sur la prédestination, et en une analyse des cll'apitres 7 et 9 de l'Epitre aux Romains, texte classique pour toute cette discussion; elles forment un vol. imprimé à Leyde, en 1629, et trèssouvent dans la suite. Gaspard Brandt est le meilleur biographe d'Arminius, Hist. vile J. Arminii, Leyde, 17-2 ? Son portrait est dans la Biblioth cal- eogr. de Boissard, sa° S-11.
  • Jacques AUBERY : sieur de Moncreau en Anjou, avocat au parlement de Paris et ensuite lieutenant civil au Chàtelet. Henri II ayant évoqué, par une déclaration en date du 17 mars 1550, la cause des habitants de Cabrières et de Mérindol, et commis la grand'chambre du parlement de Paris pour juger l'affaire au fond et les appels interjetés, Aubery reçut du roi l'ordre de plaider pour les victimes de l'infâme président d'Oppède. L'affaire était des plus graves : le parlement d'Aix pris à partie, la considération et l'autorité morale d'une cour souveraine mises en question, étaient défendus par la raison d'État et par Robert, l'un des plus habiles avocats du temps ; les débats occupèrent cinquante audiences. Aubery parla avec talent et réussit à faire condamner à mort, comme faussaire, Guérin, avocat général au parlement d'Aix. Oppède et ses autres complices, qui avaient des amis à la cour, échappèrent au châtiment de leurs crimes. Le livre 2 des Épitres du chancelier de l'Hôpital contient une relation en vers latins de ce mémorable procès. Le plaidoyer de Jacques Aubery fut imprimé par D. Heinsius, Leyde, 1619 ; et réimprimé par L. Aubery du Maurier, arrièrepetitneveu de Jacques, avec différentes pièces justificatives, sous ce titre : Histoire de l'exécution de Cabrières et de Mérindol, etc., Paris, 1645
  • Jacques AUDIERNE( 1710 - 1785) : géomètre, était né vers 1 7 1 0 à Beauchamps, dans la vallée de Montmorenci. Ses études terminées, il suivit son goût pour les lettres, et fit représenter en 1759 trois comédies en prose et en un acte , dont les bibliothèques dramatiques ne nous ont conservé que les titres. Ce sont : la Suivante désintéressée ; la Méprise, et le Mari égaré. L'année suivante, il donna les Trois Bossus , petit acte qui n'eut pas plus de succès. Averti par ces chutes multipliées qu'il s'était trompé sur sa vocation, Audierne abandonna le théâtre, et se voua dès lors à la culture des sciences avec un zèle remarquable. Après avoir rempli les fonctions de maitre de mathématiques Ws.
  • Jacques BADEN( 1735) : professeur d'éloquence à l'université de Copenhague, l'un des fondateurs de la littérature danoise. Il naquit à Vordinborg, en Sélande, en 1755, d'une famille peu fortunée. Les stipendia, ou bourses, que possède l'université de Copenhague, le mirent à 'Dème de faire un voyage en Allemagne; il passa plusieurs années à Goettingue, où il se lia avec le célèbre Heyne. De retour à Co- penhag,ue , en 17CO, il ouvrit le premier cours de belleslettres qu'on y eût encore donné dans la langue du pays. Il occupa diverses places dans l'instruction publique, et fut nominé, en 1767, membre de l'aca- démie des belleslettres. Il obtint, en 1780, la place honorable et assez lucrative de professeur ordinaire, qu'il a remplie avec un zèle admirable jusqu'à sa mort, arrivée en 180.i. Ses principaux ouvrages sont: le Journal critique, commencé en 1768, et terminé en 1779 : c'est un des recueils critiques les plus estimables et les plus utiles que le 18e siècle ait vus naitre. Baden s'y montra juge sévère, mais impartial; en relevant des erreurs, il indique les moyens de mieux faire; il conserve partout le ton de dignité qui convient à mi ouvrage littéraire. Ce qui rend le Journal critique encore plus intéressant, c'est l'époque à laquelle il fut rédigé; ce fut celle de la naissance du bon goût, de la poésie noble et de la véritable élo- quence en Danemark et en Norwége. Le génie poétique et historique des Islandais avait brillé dans le I I° et le 12' siècle; après une barbarie de deux à trois cents ans, la noblesse et le clergé danois commencèrent, dans la dernière moitié du 16° siècle et la première du 17', à cultiver la littérature classique et la langue des Romains; mais, depuis l'établissement de la souveraineté, la noblesse, à l'instar de la cour, dédaignait toute étude, et mépri- sait surtout la langue de la nation. Au commencement du 18' siècle, Holberg, Norwégien, de retour de son voyage en France, créa un théàtre comique, où il fit briller la gaieté de Plaute et la philosophie de Molière; mais son g,oût n'était pas sûr : il laissa sa langue telle qu'il l'avait trouvée, défigurée par le mélange des termes allemands, et dépouillée de son caractère original. Entre les années 1760-1780, la nation, animée d'un nouvel enthousiasme, se ressaisit de son propre idiome, et l'enrichit en peu d'années d'un grand nombre d'ouvrages estimables : on vit Tullin épurer la langue, comme Malherbe; Ewald créer ' !l'ode et l'élégie ; Wessel exceller dans le conte ; NordalBrun donner deux tragédies conçues clans le système du théâtre français; Guldberg composer une Iiiiistoire universelle, dans un style noble et élégant; l'orateur Bastholm s'annoncer comme l'heureux dis- ciple de Saurin. Tous ces talents, se développant à la fois, offrirent à la critique de Badcn une ample matière; il les guida, les encouragea, les porta surtout à reconnaître des règles fixes ; il fut, en un mot, l'Aristarque de sa nation. 20 Journal de l'Université, publié en 1793-99. D'autres talents avaient succédé aux contemporains de la jeunesse de Baden; les poètes qui, encore aujourd'hui, font le charme du public danois, jouissaient de toute leur célébrité : le vieux critique, reparaissant dans la lice, et voulant encore se mêler de tout, même d'opinions philosophiques, éprouva des chagrins et des défaites. Son journal, éclipsé par dix ou douze feuilles plus goûtées, ne fit que végéter. 5u Diverses grammaires des langues grecque, latine, allemande et danoise, accompagnées d'extraits choisis sous le titre de Chrestomatie. 40 Dictionnaire latin et danois , 1786, 2 vol. idem danois et latin : ils ne sont pas trèscomplets; mais ce qu'on y trouve est passé au creuset d'une saine critique. 5° Les Annales de Tacite, traduites en danois, 2 vol. ,1773-1778 : c'est un des chefsd'œuvre littéraires du Danemark. 6° Les oeuvres d'Horace, traduites en danois, avec le texte en regard et un commentaire, 2 vol., 1791. La traduction, qui est en prose, manque de grâce et d'harmonie ; le commentaire est utile. 1° La Cyropédie , traduite en danois, 1766. 81) Les livres 10 et 11 des Institutions de Qu traduits en danois : c'est un de ses meilleurs ouvrages. 9° Opwcula latina, 1 vol. J. Baden était trèsbon latiniste; il a traité avec succès plusieurs sujets d'érudition philologique. Sa vie a été écrite par le savant professeur Nyerup
  • Jacques BAGGE( 1499) : amiral suédois, naquit en 1499, dans la province de Ballant'. Son père avait été officier supericur de Christian Il ; mais pendant le siège do Stockholm, en 1'5'20, il avait donné sa démission et prète serment à Custave \Vasa. Le Ils, alors était trèsjeune, suivit cet exemple et prit I -..- les armes pour le héros suédois. Ln carrière dujeune Bagge s'écoula pendant douze ans dans l'accomplissentent de ses devoirs, mais sans occasion de se faire remarquer. Ce ne fut qu'en 4 53, à l'époque où quelques bourgeois de LuCieck entreprirent de conquérir les deux royaumes du Nord, que commença sa célébrité. Il combattit d'abord dans l'armée que Custave I" envoya an secours du Danemark, et se distingua surtout au siége de Halmstad, qui lui dut son salut. Averti d'une invasion qui se préparait dans le sud du Ilalland, il marcha avec quatre cents , I hommes; niais l'ennemi se retira à son approche jusqu'à Engelhohn, et sembla vouloir l'attirer dans un piége. Ilagge s'en était aperçu, et, voyant devant lui des forces trèssupérieures par leur nombre, il se tint renfermé dans Halmstad, où le comte de Iloeja, beaufrère de Gustave I", 1 int l'assiéger. Ce fut , alors que Bagge eut recours à une ruse qui lui réussit. Il mit en évidence, sur les remparts, des C1111011S trèsmauvais et que leurs affûts supportaient à peine; et, (lès que l'ennemi, plein de confiance à cette vue, essaya de monter à l'assaut, Bagge, déployant sa meilleure artillerie, k foudroya du feu le mieux nourri. Mais il eut le malheur d'étre blessé grièvement dans cette brillante a fthire. Pour ne lias quitter le commandement dans lin moment aussi décisif, il se fit porter sur un brancard et continua de donner ses ordres jusqu'à ce que l'ennemi fût dans une déroute complète. Le comte de llooja s'enfuit jusqu'en Zélande, laissant le commandement A son lieutenant major, qui resta prisonnier des Suédois. Cette opération Ut le plus grand honneur à Ham; et il fut dès lors considéré comme l'un des meilleurs officiers de l'armée suédoise. Cependant les connaissances qu'il avait acquises dans la marine le firent nommer contremniral, et en i til I , lorsque le roi se rendit au congrès de Bromsebro, Ilagge commands le biltinient qui porta à Calmar la reine et lis jeunes princes, Eric et Jean. Il fut ensuite chargé de soumettre les rebelles de Smolandie, qui, sons les ordres tlo Nicolas Daek, portaient l'effroi dans cette province; il les battit dans plusieurs rencontres, et s'empara de leurs chefs qu'il conduisit prisonniers au chàteau de Calmar. Mais il allait ètre bienuit appelé à de phis glorieux exploits. Au commeneemen t de I Wei, il fut eliargé de commander une expédition contre les Moscovites, qui, à plusieurs reprises, étaient venus envahir et ravager la Finlande. On mit sous ses ordres une flotte nombreuse, mais liagge laissa les plus gros bàtiments à \Viborg, et se dirigea courageusement avec les plus petits jusque dans la Neva. Là, ayant rencontré un boyard qui lui reprocha sa témérité, il répondit par d'amères récriminations sur les invasions et les ravages exercés en Finlande par les Russes , et finit par lui dire ouvertement qu'une telle conduite n'appartenait qu'à des barbares et à des brigands. Ces dernières paroles, prononcées avec beaucoup de force, excitèrent au plus haut degré la colère du boyard; et une guerre terrible dut en être la suite. Bagge expédia aussitat un courrier à son somerain, qui était déjà ..irrivé A Ale, en reçut tille re. .do ponse approbative, et se mit en mouvement avec 1 sa flotte, confiant le commandement de terre à Glas Christerson de Horn. Après une affaire trèsvive, près de Noeteborg, il revint à Wiborg, où il réunit à plusieurs autres corps suédois. Se trouant, malgré ces renforts, dans une grande inférioité, il se tint renfermé dans la place, où des forces rêsnombreuses vinrent l'attaquer. Une ruse fort impie le tira encore de ce mauvais pas; il lit pen- ant toute une nuit rouler sur les ponts, avec un grand bruit, des chars dont le mouvement ressem- le blait à celui de l'artillerie et des troupes. A ce bruit les Russes ne doutèrent pas qu'il n'eût reçu de nombreux renforts ; et dès le lendemain ils se retirèrent, abandonnant leur arrièregarde, qui fut écrasée par les Suédois. Un armistice fut conclu; mais les Russes demandèrent que Bagge , qu'ils regardaient comme la principale cause de la guerre, leur fût livré. « Oui, répondirent les commissaires de la « Suède, à condition que tous ceux d'entre vous qui « ont pillé et ravagé la Finlande seront mis à mort « auparavant. » Les Russes n'insistèrent pas, et la paix fut signée pour quarante ans. Dans cetteoccasion, la Suède dut beaucoup à la valeur de Bagge ; elle ne dut pas moins aux soins qu'il donna à la marine. A l'époque de la mort de Gustave I", la flotte se trouva dans un tel état, qu'Éric XIV était mai tre de la Baltique. La ville de Revel ayant imploré du secours contre les villes hanséatiques qui voulaient détruire son commerce, ce fut encore l'amiral Bagge que le roi chargea de soumettre cette ligue, et ce fut pour lui une opération aussi prompte que facile ; mais une carrière plus brillante encore vint s'ouvrir devant lui. La Pologne, jalouse des possessions qu'Eric X I V avait dans l'Estonie, excita facilement contre ce prince le Danemark et quelques États allemands qui ne voyaient pas non plus sans peine les n'accroissements de la puissance suédoise. Le roi de Danemark fit arrêter en pleine paix, dans sa capitale, un ambassadeur suédois qui se rendait auprès de l'électeur de Hesse, et devait ramener la fille de ce prince au roi Eric ; et il ne fut pas permis à la Princesse de passer par le Danemark. Gustave, irrité, mit aussitôt en mer une flotte nombreuse, et il en donna le commandement à Bagge qui la conduisit à l'ennemi. Les deux escadres se rencontrèrent près de Barnholm, et les Suédois furent vainqueurs dans un combat opiniâtre qui dura cinq heures. Ils prirent trois vaisseaux de ligne et l'amiral danois Bruckenkausen, ainsi que plusieurs officiers de marque, entre autres le général en chef Otto Krumpen. Après cette victoire importante, Bagge continua sa course vers la côte allemande, fier de ses succès et digne par ses exploits d'escorter l'épouse de son roi. Mais la princesse, ayant changé d'avis, ne voulut plus de la couronne de Suède. Bagge retourna alors à Stockholm, où Eric XIV, s'il ne fut pas satisfait comme amant, le fut au moins comme roi, en voyant sa flotte victorieuse. Pour honorer son amiral, il voulut que Bagge entrât en triomphe à Stockholm. Le héros, décoré d'une chaîne d'or, fit son entrée à la tête d'un brillant cortège. Après lui venaient, tristes et abattus, l'amiral danois et les autres prisonniers, au nombre de six cents, la tète nue et des bàtons blancs dans les mains ; ils étaient suivis du bouffon de la cour, qui les raillait et jouait du violon. De pa- reilles insultes ne pouvaient qu'aigrir les esprits. La guerre recommença avec plus d'opiniàtreté. Bagge fut bientôt prêt à la tète de sa flotte, mais cette flotte ne comptait plus que dixhuit vaisseaux. Celle du Danemark, au contraire, jointe à celle de Luben, en comptait trentetrois. Après une descente à Gotland, qui alors appartenait au Danemark, Bagge mit à la voile et rencontra l'ennemi près d'Oeland, où fut livré un combat qui dura tout un jour, sans que la victoire fût décidée. La flotte danoise se retira dans le Sund, et l'amiral suédois revint à Stockholm pour y passer l'hiver. Le roi, qui s'était attendu à des succès plus décisifs, fut si mécontent du retour de son amiral, qu'il envoya audevant de lui un message pour lui porter ses reproches et lui défendre d'entrer dans le port. Cette injustice du monarque, qui n'était au reste que la suite d'un mouvement d'hinneur, fut promptement réparée, et Bagge regagna bientôt la confiance de son souve- rain, qui le chargea de préparer une nouvelle expé- dition pour le printemps suivant. Cette expédition, composée de trentecinq vaisseaux, la plus belle que la Suède eût jamais eue, mit à la voile le jour de la Pentecôte 1564. Mais après une navigation de quelques jours, elle fut dispersée par une violente tempète ; et elle n'avait pas encore eu le temps de se réunir tout entière, lorsque la flotte danoise se présenta pour la combattre. Bagge ne craignit pas de l'attendre, et il en aurait triomphé si la plus grande partie de ses navires ne s'était pas tenue obstinément loin du combat, malgré ses ordres réitérés. Trois seulement restèrent avec lui, et pendant deux jours, avec ces faibles moyens, il tint tète à deux escadres ennemies, il mit même en fuite celle de Lubeck ; et ce ne fut que le troisième jour, lorsque le vent lui detint contraire, qu'entouré et pressé par de nombreux ennemis, mais se défendant encore, il abandonna son vaisseau tout enflammé et près de sauter. Conduit prisonnier en Danemark, il y fut réduit pendant plusieurs années à la plus cruelle captivité ; et après quarante ans de brillants services, il mourut ainsi dans les fers, sans que ses enfants aient jamais pu ni le voir, ni même savoir à quelle époque il avait cessé de vivre.
  • Jacques BAGIEU : chirurgien distingué du siècle dernier, membre de l'académie de chirurgie, s'est fait connaitre par d'intéressantes et utiles recherches sur les amputations, et par le soin qu'il a mis à restreindre le nombre des circonztances dans lesquelles on doit recourir à ces graves opérations. On a de lui aussi des observations curieuses sur les corps étrangers extraits des diverses parties du corps dans lesquels ils avaient été introduits. Ses écrits, pour la plupart critiques, ont pour titre : 1, Lettre au sujet de quelques remarques insérées dans l'édi- tion de Dionis par Lafaye, Paris, 1750 2,) Deux Lettres, l'une sur plusieurs chapitres du Traité de la gangrène de Quesnay, l'autre sur le Traité des plaies d'armes à feu de Desponts, Paris, 1750 30 Nouvelle Lettre sur plusieurs chapi- tres du Traité de la gangrène, Paris, 1751 4. Examen de plusieurs parties de la chirurgie, d'a- près les faits qui peuvent y avoir rapport, Paris, t. 1", 1756; t. 2, 1757 On trouve aussi de Bagieu, parmi les Mémoire de l'académie de chirurgie , un travail fort remarquable sur la question de savoir s'il est plus avantageux da- tendre que la nature sépare la portion devenue sail- lante de l'os, ou de la séparer par une seconde amputation. L'auteur, s'appuyant de l'autorité du célébre Louis, veut qu'on ne diffère point, en pareil cas, d'opérer une seconde fois, et cette opinion a été renouvelée, il y a une vingtaine d'années, dans une thèse soutenue devant la faculté de Paris
  • Jacques BAILLY( 1701 - 1768) : peintre et garde des tableaux du roi, né à Versailles, en 1701, mort le 18 novembre 1768, fut aussi auteur dramatique. Son retire et OEuvres mêlées, 1768, 2 vol. contient : parodie; Momus, censeur des théâ- tres, opéracomique ; les Victoires de l'Amour, ballet ; Pièces fugitives ; Phaéton, Omphale, Boland, ou le Nédecin amoureux; Titonet, parodies ; / cs Tè- tes de la paix, ballet ; le Bouquet ; l'Accident im- prévu, comédies; Cantatilles et Couplets. Il a fait aussi le Catalogue des tableaux du cabinet du roi, au Luxembourg
  • Jacques BALDE( 1603 - 1668) : jésuite, né à Ensisheim, en 1603, fut prédicateur à la cour de Bavière, et un des poètes latins les plus élégants du 17' siècle. Un de ses poèmes, en vers élégiaques, intitulé : Uranie victrix, Munich, 1665 plut tellement à Alezan dre VII, que ce pape fit présent à l'auteur d'une médaille d'or. Au reste, autant Balde avait de succès clans la poésie latine, autant il était mauvais poète quand il essayait d'écrire dans sa langue. Il mourut à Neubourg, le 9 août 1668. On a un recueil de ses poésies, imprimé à Cologne , 1660 , 4 t. en 2 vol. contenant , le 1", ses odes en 4 livres, un livre d'épodes, et ses silves ; le 2e, ses poésies héroïques ; le 5e, ses satires ; le 4e, ses poésies diverses. Cette édition est remplie de fautes. JeanConrad Orellius a donné une édition des poésies choisies de Balde, avec des notes, Zurich, 1805 — Un autre BALDE fut missionnaire dans Pile de Ceylan, puis, à son retour en Europe, pasteur à Beervliet. On a de lui une description de Pile de Ceylan, et des côtes de Malabar et de Coromandel, insérées dans la Collection de Voyages publiée en 12 vol. à Amsterdam, 1670-1683
  • Jacques BALLEXSERD( 1726 - 1774) : de Genève, né en 1726, et mort en 1774, est connu par deux bons ouvrages : 1° Dissertation sur l'éducation physique des enfants, depuis la naissance jusqu'à, l'ètge de puberté, Paris, 1762 couronné par la société des sciences de Ilarlem, et dont David, médecin à Paris, a donné une seconde édition avec des notes, Genève et Paris, 1780°; Dissertation sur les causes principales de la mort d'un aussi grand nombre d'enfants, et quels sont les préservatifs les plus efficaces et les plus simples pour leur conserver la vie, couronnée par l'académie de Mantoue, et imprimée en italien,1775 ; puis eu français, 1775
  • Jacques BALTUS( 1670 - 1760) : frère puîné du précédent, né à Metz, le 51 janvier 1670, exerça dans cette ville la profession de notaire, et fut élu conseiller échevin de l'hôtel de ville. Il avait tenu , par ordre chronologique , un journal des faits et des événements les plus importants qui concernaient sa patrie. Ce travail fut mis au jour en 1789, par D. Tabouillot, sous le titre d'Annales de Metz, depuis l'an 1724 inclusivement, pour servir de supplément aux preuves de l'histoire de Metz, Lamort de 369 pages. M. Teissier, dans son Essai philosophique sur les commencements de la typographie à Metz, 1828 fait observer, à propos de cet ouvrage, que, malgré les dédains des esprits superficiels pour ces notes journalières, elles finissent par former des recueils utiles, qui préservent de l'oubli des faits intéressants pour chaque cité. Mais M. Teissier commet une légère erreur en disant que ces Annales vont jusqu'à 1759; elles se terminent au 27 décembre 1755. On a placé à la fin quelques I pièces, dont les trois dernières sont de 1759; ce qui a pu causer la méprise de l'auteur de l'Essai. Au milieu de détails fastidieux, tels que la description des fêtes données pour le baptèrhe de l'enfant de M. de Caumartin , intendant, ou à l'installation de M. le comte de Gisors, comme gouverneur, on remarque des particularités curieuses sur les constructions qui ont été élevées dans l'intérieur de Metz ou dans l'enceinte des remparts , pour embellir et fortifier une des places les plus importantes du royaume. L'annaliste n'oublie pas de donner la notice des anciens monuments que les travaux et les fouilles ont pu faire découvrir. L'échevin Baltus a publié le Journal de ce qui s'est fait à Metz au passage de la reine, avec plusieurs pièces sur le même sujet, Metz, 1725 La reine Marie Leczinska, fille de Stanislas, venant de Strasbourg, où le duc d'Orléans l'avait épousée par procuration de Louis XV, arriva le 21 août 1725 à Metz. On lui donna des fêtes brillantes que la relation de Baltus fait connaître en détail. Il mourut à Metz, en 1760
  • Jacques AUTREAU( 1656 - 1745) : né à Paris en 1656, était peintre et poète. Comme peintre, ses ouvrages ne jouirent pas d'une trèsgrande estime : on fit pourtant quelque cas d'un tableau qui représentait Fontenelle, la Motte et Danchet, écoutant une lecture ; et d'un portrait du cardinal de Fleury, auprès duquel est placé Diogène éteignant sa lanterne : ce portrait a été gravé. En 4718, à l'âge de plus de soixante ans, Autreau commença à travailler pour le théàtre, et donna sa comédie du Port- à- l' Anglais, dont le succès fixa en France les comédiens italiens, qui étaient décidés à retourner dans leur pays. Les Amants ignorants et Démocrite prétendu fou réussirent aussi beaucoup au ThéâtreItalien : l'Amante romanesque ou capricieuse; la Fille inquiète, ou le Besoin d'aimer, et Panurge à marier, y furent froidement accueillis. Autreau donna au ThéâtreFrançais le Chevalier Bayard, qui disparut promptement de la scène, et la Magie de l'Amour, qui, mal reçue d'abord, fut ensuite jouée quinze fois de suite avec beaucoup d'applaudissements. On a encore de lui un opéra de Platée, dont Rameau fit la musique. Ses pièces ont été réunies en 4 vol. Paris, 1749, par Pessellier, qui mit en tète une fort bonne préface, où il peint Autreau comme un homme d'une humeur sauvage et d'un extérieur peu agréable, mais d'un esprit lin, délicat, et surtout naturel, à qui il n'a manqué que de voir meilleure compagnie pour mettre plus de noblesse et (le bienséance dans son style. Ses intrigues sont fort simples et ses dénoùments trop prévus ; mais l'agrément des détails rachète ce défaut. Autreau, en sa double qualité de peintre et de poète, vécut toujours pauvre, et mourut aux Incurables, en 1745, âgé de 89 ans. Dans les fameux couplets attribués à Rousseau, il est appelé ce peintre Autreau, toujours ivre. Soit qu'il criit ou non Rousseau auteur de ces couplets, il fit contre lui la chanson longtemps célèbre qui commence ainsi : Or, écoutez, petits et grands, L'histoire d'un ingrat enfant , etc
  • Jacques AVOND : originaire de Die, dans le Dauphiné, d'après Goujet et Chalvet. Tout ce qu'on sait de lui, c'est que, né dans la religion réformée, et ayant embrassé le culte romain, il prit l'état ecclésiastique. Il défendit le célibat des prêtres, dans un ouvrage intitulé : Peme à l'honneur du sacré voeu de virginité et de continence, etc. , Grenoble, Mme Fremon, 1651 Goujet convient que cet ouvrage prouve plus de zèle que de talent
  • Jacques ANTHEUNIS( 1400) : nommé aussi JACQUES DE MIDDELBOURG, du nom de sa ville natale, vivait sur la lin du 15° siècle. Il était docteur en droit canon, chanoine et chantre de la collégiale de SteGudule à Bruxelles. Comme cette ville faisait alors partie du vaste diocèse de Cambray, l'évêque avait coutume d'y placer un vicaire général, pour rendre plus prompte et plus facile dans tout le Brabant l'expédition des affaires ecclésiastiques. Antheunis fut jugé digne de remplir ces fonctions sous l'épi- scoimt de Henri de Bergher. Il est auteur de l'ouvrage intitulé : Elegans libellus ac nunc primum impressus de prœcellentia poleslalis imperatorice; in quo plurima lecta vehemenler ( ion unitif, tom 8 livret, ex variis authoribus, de 01114, gradibus et discrimine dignitahon eivilium et ecelesiasticarum, Anvers, Th. Mertens, 1502 Une seconde édition parut à Rome en 1593, in V
  • Jacques ANTIQUARIO : de Pérouse , ainsi appelé de son nom de famille, et non, comme quelquesuns l'ont cru, à cause du gat qu'il put avoir pour les antiquités , fleurit sur la fin du 15e siècle et au commencement du 16°. Après avoir rempli dans sa jeunesse la place de secrétaire auprès du cardinal Savelli, légat à Bologne, il fut appelé par le duc de Milan, Jean Galéas Sforce, pour occuper le même emploi auprès de lui. Ce duc l'employa dans les affaires les plus importantes, et lui accorda les droits de cité à Milan et à Pavie. Louis Sforce, surnommé le Maure, lui conserva sa place. il resta à Milan après que les Français en eurent fait la con(pète, et il paraît qu'il se déclara entièrement pour eux. On le voit par un discours qu'il prononça au nom du peuple de Milan, dans une occasion solenn,q1e, et qui fut imprimé sous ce titre : Oratio Jacobi Antiquarii pro populo Mediolanensi, in die triumphi Ludovici Gulfiarumcgis et Mediolani ducis de tractus Veneiis, Milan, juin 1509 Il était prètre, et obtint de riches bénéfices du pape Alexandre VI. Il se distingua par une grande régularité de moeurs, par son savoir, et par l'appui qu'il prêta en toute occasion aux gens de lettres. Ils l'en récompensèrent par leurs éloges, et par la dédicace qu'ils lui firent d'un grand nombre de leurs ouvrages. Antiquario passa le reste de ses jours à Milan, où il mourut en 1512. On a recueilli , en un volume , ses lettres latines, qui ont été imprimées à Pérouse , 1519 On en trouve aussi plusieurs parmi celles d'Ange Politien, et dans d'autres recueils. C'est un auteur peu connu, niais un personnage important dans l'histoire littéraire de son temps
  • Jacques APPEL( 1680 - 1751) : peintre, né à Amsterdam, le 29 novembre 1680, d'une honnête famille, reçut une bonne éducation , et dès son enfance annonça un goût particulier pour '_es arts, en dessinant à la plume, ou en découpant de petites figures d'hommes, d'animaux, etc. On le plaça comme élève chez Timothée de Graef, paysagiste. Les leçons de cet artiste, celles de Meyring, les ouvrages de Tempête, et l'étude assidue de la nature, formèrent tellement le jeune Appel, que, dès l'âge de dixhuit ans, il s'était placé au rang des bons artistes. Après avoir vu et étudié un grand nombre de sites, surtout aux environs de la Haye, il revint à Amsterdam, où il travailla beaucoup. 11 se maria à vingtdeux ans, et peignit ensuite les portraits des principaux habitants de Sardam, qui lui firent faire aussi des tableaux d'histoire et des paysages. Revenu de nouveau dans le lieu de sa naissance, il établit une espèce d'atelier de pe , où, sous sa direction, d'autres artistes exécutaient toutes sortes de sujets. Cette entreprise enrichit Appel, qui d'ailleurs ne négligeait point de travailler luimême. 11 lit un grand nombre de tableaux qui lui furent trèsbien payés. Ce fut surtout dans le paysage qu'il eut les succès les plus nombreux et les plus assurés. On peut dire que son bonheur l'accompagna constamment jusqu'au dernier moment de sa vie ; car, s'étant couché un soir sans ressentir aucune incommodité, il fut trouvé mort dans son lit le lendemain , 7 mai 1751 , à l'âge de près de 70 ans. Selon Descamps, dont l'ouvrage a fourni ces détails , Appel , trèsinférieur à Berghem , était cependant supérieur à plusieurs paysagistes estimés
  • Jacques BADOARO : noble vénitien, et poète de quelque réputation , florissait vers le milieu du 17e siècle. H fut ami du célébre fra Paolo Sarpi. On a de lui les trois drames suivants : 1° le Nozze di Enea con Lavinia, Venise, 1640 2° l'Ulixse errante , ibid., 1644 5° l'Elena replia da Teseo, ibid., 1655 : tous trois furent représentés dans cette ville, sur le théâtre de StJean et StPaul. On y représenta aussi , en 1641, un autre drame du même auteur, il Ritorno d'Ulisse in pa- llia , qui obtint quelque succès, mais qui ne parait pas avoir été imprimé
  • Jacques BARBEU-DUBOURG( 1709 - 1779) : médecin et botaniste, né à Mayenne, le 12 février 1709, mort à Paris, le 14 décembre 1779, s'appliqua dans sa jeunesse à l'étude des langues anciennes, en sorte qu'il savait trèsbien le grec et l'hébreu. S'étant fixé à Paris, il y pratiqua la médecine, et publia différents ouvrages, plus remarquables par l'élégance du style Glue par la profondeur des connaissances. En 1767, il se fit connaître comme botaniste par un ouvrage intitulé le Botaniste français. C'est un des livres élémentaires tes plus agréablement écrits que l'on ait publiés dans notre langue. On n'y trouve aucurie découverte, mais celles qui ont été faites précédemment sont mises en oeuvre d'une manière exacte et trèshabile. Le ler volume contient des principes qui sont une paraphrase de la Philosophia botanica do Linné. BarbeuDubourg y expose une méthode qui lui est particulière, et semble tenir le milieu entre les systèmes artificiels et la méthode naturelle. 11 y a de plus trois lettres sur les propriétés et les usages des plantes, qui annoncent un praticien éclairé et prudent. Le 2° volume comprend toutes les plantes désignées dans l'ouvrage, rangées suivant la méthode de l'auteur, c'est-àdire par familles naturelles, mais distribuées méthodiquement. La description du caractère des genres est un peu vague. Pour les espèces, Barber est le premier qui ait tenté de traduire les phrases de Linné, et c'est encore aujourd'hui celui qui a le mieux réussi. Il avait étudié les champignons, et fait des essais sur leurs qualités ; il avait même entrepris d'en former une collection en empreinte, faite par mademoiselle Biberon , et il donna le nom de cette aimable artiste à un des genres qu'il créa. Le Botaniste fiançais lui attira de vives altercations avec Adanson. Ce savant, nommé censeur de l'ouvrage, fut choqué de ne pas y être nommé, bien qu'il eût fourni l'idée des familles, et que BarbeuDubourg eût adopté ses genres. Barbeu demanda un autre censeur, ce qui lui fut accordé. On peut regarder ce travail comme bien supérieur à celui de Dalibard, et l'un des meilleurs que l'on ait sur les plantes des environs de Paris : cependant il n'est jamais cité par les botanistes. j.J. Rousseau seul en a parlé fort brièvement, et il reproche à l'auteur, on ne sait pourquoi, de se livrer trop à son imagination. Sa méthode _tient un peu à celle de Tournefort combinée avec celle de Rivin. Pour faire suite à cet ouvrage, il en publia un autre intitulé Usage des plantes. BarbeuDubourg avait été lié dans sa jeunesse avec lord Bolingbroke; il traduisit ses Lettres sur l'histoire, mais en s'engageant avec lui de ne les publier qu'après sa mort. Dans sa vieillesse, il rechercha l'amitié de Franklin, et lui dédia son Petit Code de la raison humaine, Londres, 1774 ; Passy, imprimerie de Franklin 24 ; 1782, 4789 Cette dernière édition est la plus complète; celle de 1782 est la plus rare, presque tous les exemplaires ayant été envoyés en Amérique, On a en outre de BarbenDubourg : 1° Projet d'un cours complet de médecine ; 2° Recherches sur la durée de la grossesse et le terme de l'accouchement, Amsterdam, 1765 etc. ; 5° traduction des Lettres sur l'histoire de Bolingbroke, 1752, 2 vol. ; 4° Chronographie, ou Description des temps, contenant la suite des souverains de l'Europe, une carte sur les révolutions des empires, faite sur un plan assez ingénieux, Paris, 1755 ; 5. le Calendrier de Philadelphie, ou Constitution de Sancho Ponça et du bonhomme Richard en Pensylvanie, Philadelphie et Paris, 1778 ; 6° Éléments de médecine, etc., Paris, 1780 ; 7° Manuel de botanique, 1768 8° Opinion d'un médecin de la faculté de Paris en faveur de l'inoculation de la petite vérole, Paris, 1769 9° Usage des plantes, faisant suite au Botaniste français, Paris, 1767, 2 vol. ; 10° quelques opuscules peu importants. Il a été éditeur des oeuvres de Franklin, traduites de l'anglais par Lecuy, 1775, 2 vol. Barbeu - Dubourg a laissé aussi plusieurs thèses, mémoires et dissertations sur divers points des sciences médicale et naturelle. 11 a pris part à la rédaction de la Gazette d'Épidaure, continuée sous le titre de Gazette de médecine . L'un des auteurs de cet article a consacré à la mémoire de ce savant estimable, sous le nom de Barbeuia, un genre découvert à Madagascar ; il ne renferme jusqu'à présent qu'une seule espèce, dont la place, dans les familles naturelles, est encore inconnue. Rainouard a donné une notice assez étendue sur BarbeuDubourg, dans ses Essais historiques sur le Maine, t. 2. D—P—s, C
  • Jacques BEISSIER : chirurgien, né en Dauphiné, se distingua tellement dans le service des armées, et particulièrement dans le traitement des plaies d'armes à feu, que Louis XIV se lit accom- pagner par lui dans toutes ses campagnes, lui confia constamment la direction de toute la chirurgie militaire, et même voulut qu'il fût présent à l'opération de la fistule à l'anus qui lui fut faite par son premier chirurgien Félix, et qu'il donmit son conseil. Beissier est mort en 1712, àgé de 91 ans, n'ayant rien écrit
  • Jacques BARNER( 1641 - 1686) : médecin et chimiste , né à Elbing, en 1641, professa successivement la médecine et la chimie à Padoue, en 1670, et à Leipsick et mourut à Elbing, en 1686. Compilateur qui céda ' entièrement à l'influence de son siècle , Barner apprend mieux qu'aucun écrivain de son temps ce qu'était alors la chimie, tout occupée de la recherche chimérique de la pierre philosophale , et dont aucune doctrine générale ne systématisait les faits ; et ce qu'était aussi la médecine, dont cette science avait envahi la théorie et la pratique. A peine quelques faits précieux, et épars çà et là dans ses écrits, y compensentils le vide ou la surcharge des raisonnements ; c'est ce que prouvent : 1° Prodromusvindiciarum, experimentorum ac dogmatum suorum, Augustœ Vindelicorum, 1667 2° Exercitium chimicum delineatum, Patay., 1670, - 50 Spiritus vini sine acido, etc., Lipsioe, 1675 4° Chimia philosophica cum doctrina salium , medicamentis sine igne culinari parabilibus et exercitio chimiœ, Norimbergœ, 1689 Les chimistes ne pensaient alors qu'à faire de l'or; les médecins , par leur empressement à ne faire dans l'étude (le l'économie animale que de fausses applications chimiques, semblaient méconnaître jusqu'au nom de leur science ; et cette marche erronée infectait jusqu'aux compilations, que, par une autre erreur de ce temps de ténèbres, on préférait à l'étude immédiate de la nature. Barner, dans son Prodromus Sennerti nori, etc., Augustœ Vindelicorum, 1674 rassemble tous les dogmes que la médecine a vu lnaître dans son sein, depuis Hippocrate, Galien , jusqu'à Paracelse, à van Helmont, les oracles de son temps, et veut les épurer d'après ses principes anatomicochimiques
  • Jacques BAROERO( 1790) : né à Soglio, dans le comté d'Asti, en 1790, lit ses études sous la direction ,de ses parents à Montechiaro, et son cours de chirurgie à l'université de Turin, où il fut agrégé au collège de la faculté. Nommé bientôt après p•o- fesseur de chirurgie, il devint membre du comité médical, puis premier chirurgien de l'hospice royal de la Charité. S'étant livré à l'étude spéciale des maladies vénériennes, il fut nommé chirurgien de l'hospice dit l'Opera Boqetta, où il fit (lescures étonnantes, dont on trouve la description dans son Traité de Chirurgie pratique, publié à Turin en 1824, 2 vol. Cet habile praticien s'est noyé dans le Pô, le 9 juillet 1851, lorsqu'il allait visiter un malade, avec deux de ses amis : leur voiture fut entraînée dans le fleuve par un violent orage. G—G—Y
  • Jacques BAROZZI : noble vénitien, neveu du précédent, était aussi trèssavant en mathématiques et trèsinstruit dans les lettres; on lin attribue : 1° Commentaire sur la Sphère; 2° Traité de mathématiques; 3° des traductions du grec en latin, et des discours latins prononcés en différentes occasions. Il hérita , comme on l'a vu plus haut , de la riche bibliothèque de son oncle, et y ajouta un grand nombre de manuscrits grecs. Il en lit imprimer le catalogue, Venise, 1617 Elle passa en Angleterre, sans doute après sa mort. Tomasini, qui a réimprimé ce catalogue , prétend qu'elle fut achetée par le comte Thomas d'Arondel ; mais Foscarini affirme avec raison qu'elle le fut par le comte de Pembrock, qui en fit présent, en 1629, à la bibliothèque de l'université d'Oxford dont il était chancelier
  • Jacques BARRAUD( 1500) : jurisconsulte, naquit à Poitiers, vers le .milieu du 1 6' siècle, fut reçu docteur en droit à Toulouse, et vint exercer la profession d'avocat dans sa ville natale. Lorsque l'âge l'eut forcé d'y renoncer, il publia un commentaire sur la coutume du Poitou. Les avocats de cette province, si renommés par leur science, ont toujours fait le plus grand cas de ce travail. Jean Faulcon, qui commenta luimême la coutume, met Jacques Barraud, pour le droit nouveau, presque sur la même ligne que Jacques Cujas, pour le droit romain. Dreux du Radier, deux siècles après, compare l'ouvrage de Barraud à celui de Domat sur le droit romain . Il y avait peut-être un peu d'exagération patriotique dans cet éloge. La Bibliothèque de droit de Camus rapporte d'une manière vague le titre du commentaire de Barraud. Il aurait dû être indiqué ainsi : Coustumes du comté et pays de Poictou, etc., avec les annotations sommaires de Me Jacques Barraud, Poitiers, 1625 On trouve dans la préface un abrégé de l'histoire du Poitou. Les annotations de Barraud ont été reproduites dans le Coutumier général, ou corps et compilation de tous les commentateurs sur la coutume de Poitou, publié, en ne, par J. Bouclieul, 2 vol. Barraud laissa une nombreuse postérité. — Jacques BARRAUD, son fils, se fit connaître comme poète latin et comme jurisconsulte. On a de lui : Recitatio solem- nis de sponsalibus et matrimonio, 1632 C'est une thèse pour le concours d'une chaire de droit à Poitiers. Barraud père et fils ne figurent ni dans les Vies des plus célèbres jurisconsultes, de Taisand, ni dans la Nouvelle Bibliothèque historique des principaux auteurs de droit de Simon. 11 y a lieu de croire qu'ils descendaient de François Barraud, commissaire enquêteur à Poitiers. Duverdier, qui en a fait mention dans sa Bibliothèque française, t. 1 , p. 607, édition de Rigoley de Juvigny , le cite comme auteur d'une traduction du discours de la jeunesse de Fox Morzillo , Paris, 1579
  • Jacques BARRELIER( 1606) : dominicain, né à Paris en 1606, a laissé un volume de figures de plantes qui sont estimées. Après avoir fait d'excellentes études, il se voua à la médecine, prit le grade de bachelier en 1632, et celui de licencié en 1654 ; mais, au lieu de se faire recevoir docteur, il abandonna le monde pour entrer dans l'ordre de StDominique, et il prononça ses voeux en 1635. 11 se livra alors à l'étude des Pères de l'Église, et il enseigna la théologie ; mais il consacrait ses heures de loisir à la botanique. Le P. Thomas Turco, général de l'ordre, étant venu à Paris en 1646, fut frappé de l'étendue de ses connaissances, et il le prit pour assistant dans la visite qu'il fit des couvents de son ordre ; ce qui lui donna l'occasion de parcourir la Provence, le Languedoc, et ensuite l'Espagne et l'Italie. Il fit des courses dans les Apennins, et partout il recueillait des plantes dont il voulait donner l'histoire générale. Après les avoir dessinées, il les fit graver à Rome, prenant celles de Fabio Colonna pour modèles. 11 fut secondé clans cette entreprise par Gaston, duc d'Orléans, qui voulut fournir à une partie des dépenses de ce travail. Le P. Turco étant mort en 1650, Barrelier continua ses fonctions d'assistant auprès du P. Martin, nouveau général de l'ordre, qui mourut en 1670; alors, après vingtcinq ans de séjour à Rome, il revint à Paris en 1672, au couvent de la rue StHonoré. Il s'occupait à perfectionner son ouvrage, lorsqu'il fut étouffé par un asthme, le 17 septembre 1675. Il avait légué ses manuscrits à la bibliothèque des JacobinsStllonoré, où il demeurait; mais peu de temps après sa mort, tous ces matériaux se trouvèrent dispersés ; une partie fut la proie d'un incendie; niais les planches en cuivre furent sauvées : sans cela la réputation du P. Barrelier dit été engloutie ; car il n'aurait été connu que par quelques citations de Morison, (le Tournefort et de Plumier. Quarante ans après, Antoine de Jussieu trouva le moyen de rassembler les planches, mais il n'y avait plus de texte ; il fut obligé d'y suppléer, et il donna des observations, avec la vie de l'auteur. C'est donc à ses soins que l'on doit l'ouvrage intitulé : R. P. Barrelieri Plan- tœ per G alliant, Hispaniam et Italiam observatce, iconibus ceneis exhibitce : opus posthumum, accuranle Antonio Jussieu, botaniccs prokssore , in lucem editum et ad recentiorum normam digestum, Parisis, I7. 14 L'ouvrage contient 554 planches et 1,592 figures de différentes espèces de plantes, avec 5 planches de coquillages. Le zèle d'Antoine de Jussieu l'entraîna peut-être trop loin, lorsqu'il accusa Boc- cone d'avoir été plagiaire à l'égard de Barrelier, parce qu'ils ont publié les mêmes plantes. Il est certain que Boccone annonça plusieurs plantes comme les tenant de Barrelier ; et il est à présumer que ce .dernier en reçut aussi beaucoup du botaniste sicilien, d'autant plus que le projet du botaniste français étant de faire une collection générale, il avait pris dans tous les auteurs cc qui lui convenait. C'est ainsi que l'on y trouve toutes les plantes publiées par Comtal, et toutes celles de l'Hortus Farnesianus d'Aldini. Si l'on met de côté les plantes communes qui avaient été bien figurées , sur 1,592 il en reste 100 qu'il a bien fait connaître. Quelquesunes de ces ligures sont trèscorrectes pour le dessin , mais dans des proportions trop petites. Il y a bien quelques détails sur la fructification, mais ils sont loin de ce que l'on exige maintenant. La réputation de Barrelier était tellement établie, quoiqu'il n'eôt rien paru de lui, que Plumier consacra à sa mémoire un genre de plantes sous le nom de Barleria ; il est composé de plusieurs arbustes des pays chauds, remarquables par la beauté des fleurs ; ils appartiennent à la famille des acanthacées. Le P. Barrelier a aussi composé un grand ouvrage, dans lequel il traitait de toutes les plantes du globe qui étaient connues alors, et dont il voulait donner des ligures : il lui avait donné le titre de Hortus mundi, d'autres (lisent Orbis terrarum ; mais il n'a pas été imprimé. On a encore de ce savant laborieux 700 figures de champignons et 300 de coquillages, qui n'ont pas été publiées
  • Jacques BARRY : de la même famille que le précédent. Son père, riche négociant de Dublin, était membre du parlement d'Irlande. Jacques Barry suivit la carrière du barreau, où il se fit une grande réputation par ses talents. Le lord Wentworth, en- " suite comte de Stafford, lui procura des places et des distinctions honorables ; mais les troubles qui Iagitèrent le règne de Charles Pr lui enlevèrent son protecteur, dont il fut bien près de partager la destinée tragique. Son attachement à la cause royale fut récompensé, aussitôt après le rétablissement de Charles II, par la place de président de la cour du Ibanc du roi en Irlande ; il fut élevé à la pairie, peu de temps après, avec le titre de baron de Santry, et nommé conseiller privé. 11 mourut en 1672. On a de lui un ouvrage intitulé : The Case of tenures, etc. , Dublin , 1637 et 1752
  • Jacques BARRY( 1741 - 1806) : peintre d'histoire, né à Cork en Irlande en 1741, était fils d'un maçon. Après avoir appris le grec et le latin, il se livra à l'étude de la peinture. Le premier ouvrage par lequel il se fit connaître était un tableau de St. Patrice baptisant le roi de Cashel, composé à dixneuf ans. Fort de la protection d'Edmond Burke , son compatriote , il vint à Londres, où ses talents obtinrent aussitôt de l'emploi. En 1765, il passa sur le continent pour y étudier les ouvrages des grands maîtres aux frais de Burke ; après un séjour de quatre ans en France et en Italie, il revint en Angleterre, où il composa, vers 1772, un tableau de Vénus, dont on a donné la gravure, et un tableau de Jupiter et Junon, tous deux remarquables par l'originalité et la grandeur de la conception, mais d'un trèsmédiocre coloris. Ce fut vers cette époque qu'il provoqua le refroidis- sement d'Edmond Burke, en refusant durement de faire son portrait, genre d'ouvrage qu'il regardait comme audessous de lui. Il se brouilla également avec Reynolds qu'il soupçonnait d'être jaloux de ses talents. En 1775, voyant son pinceau sans emploi lucratif, il prit la plume, et publia un ouvrage intitulé : Recherches sur les obstacles réels et imaginaires qui s'opposent au progrès des arts en Angleterre, dans lequel il réfute les théories de Dubos, de Mon tesquieu et Winkelmann sur l'influence du climat. Son mérite réel le fit nommer membre de l'académie royale de peinture de Londres, et, en 1786, professeur ; mais ses bizarreries et ses procédés peu obligeants envers ses confrères lui firent ôter cette place vers l'année 1799. Ses opinions en faveur de la révolution de France achevèrent ensuite de lui aliéner la plus grande partie de ses compatriotes ; et le roi s'étant fait apporter le registre des membres de l'académie de peinture, en raya le nom de Barry de sa propre main. Le principal monument de sa réputation en Angleterre est une suite de six tableaux représentant les progrès de la société et de la civilisation parmi les hommes, qu'il peignit pour la société d'encouragement. L'exécution de ces tableaux, commencés en 1777, et dont deux ont chacun 42 pieds anglais de longueur, employa sept années de sa vie. Cet ouvrage se voit dans les salles des bâtiments nommés les Adelphes. Les compatriotes de Barry, tout en vantant la grandeur de la composition de ces six tableaux, connus sous le nom de l'Élysée, conviennent euxmêmes que l'exécution est médiocre et le coloris détestable. Le seul prix qu'il en demanda fut l'exposition publique et à son profit de ses ouvrages, dont il lit A cette occasion une notice explicative, dans laquelle il rappelle souvent une cabale qu'il suppose formée contre lui, et qui le poursuit partout. Il prétendait que les offices en musique célébrés à Westminster, dans le temps de cette exposition, n'avaient d'autre but que de détourner l'attention publique et de lui ravir sa gloire et ses profits. Ne croyant pas être assez remarqué par ses talents, on prétend qu'il voulut l'être par ses singularités ; ainsi, bien qu'il pût s'habiller décemment, tout chez lui présentait l'image de la misère et de la malpropreté, et on ne l'appelait dans sonquartier que le sale Barry. La pitié qu'il inspirait engagea la société des arts à former en sa faveur une souscription qui se monta à 1,000 liv. sterl.; mais il mourut l'année suivante, en 1806, et fut enterré dans l'église de StPaul. Barry était savant et possédait bien la théorie de la peinture, comme on en peut juger par ses lettres écrites d'Italie à Edmond Burke, mais surtout par six Leçons sur la peinture, qui sont ce qu'il a écrit de mieux. Il parlait de son art avec enthousiasme , et en parlait bien ; mais il avait adopté un style grand et sévère qui s'éloigne de la véritable nature. Quoique, dans un de ses écrits, il eût présenté sur le coloris du Titien les observations les plus sages et les plus judicieuses, il méprisait cette partie de l'art, et faisait peu de cas de Rubens, de van Dyck, de Téniers, de Rembrandt et de toute l'école flamande, qui brille surtout par le coloris. Barry était d'un caractère peu sociable, let vivait trèsretiré; il était extrêmement frugal; il ne lui fallait, disaitil, que du pain, un ( oit el la gloire. Outre les tableaux que nous avons cités, on a de lui, entre autres, un Pliilpclè( e peint à Bologne, plus grand que nature, et dont il a luimême donné l'estampe. On a publié en 1809 les OEuvres de J. Barry, peintre d'histoire, avec une notice sur sa vie et ses écrits, Londres, 2 vol. 11 a gravé luiméme à l'eauforte plusieurs de ses ouvrages
  • Jacques BASELIUS ou VAN BASEL : La Hollande a produit deux auteurs de ce nom. L'un, llé en 1530, fut (l'abord prédicateur à Flessingue et puis à BergopZoom, où il mourut en -1598. On a (le lui une relation du siége de cette ville en 1588, imprimée dans la même ville en 1693 et devenue fort rare. — Son petitfils , appelé également Jacques BASELIUS , naquit à Leyde, et fut dans la suite pasteur à Kerkwerven , village de Zélande. Il était trèsversé dans l'histoire civile et ecclésiastique. Son principal ouvrage est l'histoire religieuse de la Belgique, depuis le conunencement de l'ère chrétienne jusqu'à l'année 1600 : Sulpitius Belgicus, sire Historia religionis instaurata3, corrupta3 et l'eformata3 in Belqio et a Belgis , etc., Leyde, 1657 Cet ouvrage a été traduit en hollandais par Melchior Leydekker, et imprimé à la suite du Nederlandsche Historie de Z. van Boxhorn, 2' édit., Amster. dam, 1739 — Un troisième Nicolas BASEnus fut chirurgien à BerguesStWinox en Flandre et écrivit un petit traité astronomique sous ce titre : Descrip( io cometce quce apparuit 14 nov. anno 1577, una curai prognosticis anni calamitosissimi 1578, Anvers, 1578
  • Jacques BASNAGE DE BEAUVAL( 1655 - 1723) : fils aîné du précédent, naquit à Rouen, le 8 août 1653. On l'envoya de bonne heure à Saumur, pour étudier sous TanneguyLefèvre, qui en fit son disciple favori. Il alla successivement à Genève, puis à Sedan, où il eut pour maitre le célèbre Jurieu. De retour à Rouen, il fut reçu ministre en 1676, et épousa, en 1684, Suzanne Dumoulin, petitefille du fameux Pierre Dumoulin. Réfugié ensuite en Hollande, où il eut toute la faveur du grand pensionnaire Heinsius, il conserva toujours de l'attachement pour son pays. On en était si persuadé à la cour de France, que l'abbé Dubois, depuis cardinal, ayant été envoyé à la Haye, en 1716, eut ordre du duc d'Orléans de se gouverner par les avis de Basnage. Ils agirent de concert, et l'alliance fut conclue le 14 janvier 1717. Pour reconnaître les services de Basnage en cette occasion, on lui restitua tous les biens qu'il avait en France. Il mourut le 22 décembre 1723, ne laissant qu'une fille, mariée à de la Sarraz. Basnage était vrai jusque dans les plus petites choses : sa candeur, sa franchise, sa bonne foi ne paraissent pas moins dans ses ouvrages que la profondeur de son érudition. « Il était, dit Voltaire, plus propre à être « ministre d'État que d'une paroisse. » Basnage eut des disputes fort vives avec Jurieu, et, pour le railler de ce qu'il changeait fréquemment de principes, Il fit courir un catalogue satirique de prétendus livres nouveaux, où 'l'on trouvait ces deux titres Variations et Contradictions de M. Jurieu, 10 vol... Rétractations du méme, 6 vol... Basnage a composé un grand nombre d'ouvrages, dont on trouve la liste dans les tomes 4 et 10 de Niceron. Les plus célèbres sont : 1° Histoire de l'Eglise, depuis Jésus- Christ jusqu'à présent, Rotterdam, 1699, 2 vol. ouvrage trèsestimé. 20 Histoire de la religion des Eglises réformées, Rotterdam, 1690 Basnage fit entrer cet ouvrage dans le précédent, dont il fait la 4' partie ; mais il y avait fait des retranchements pour éviter les répétitions; l'édition de Rotterdam, 1721, 5 vol. est augmentée de plus de la moitié ; il y a encore des augmentations dans celle de 17'25, 2 vol. 3. Histoire des Jui fs, depuis Jésus- Christ jusqu'à présent, pour servir de supplé- ment à l'Histoire de Josèphe, 1706, 5 vol. nouvelle édition, 1716, 15 vol. Ce livre est plein d'une vaste érudition, par rapport à tout ce qui regarde la religion judaïque et l'histoire des juifs. La première édition, publiée en 1706, eut un tel succès, que l'abbé Dupin la fit réimprimer à Pa- ris, en 1719, en 7 vol. après y avoir changé ce qu'il avait jugé à propos ; ce qui donna lieu à Basnage de publier le livre intitulé : Histoire des Juifs, réclamée et rétablie par son véritable auteur, contre l'édition anonyme et tronquée faite à Paris, avec plusieurs additions qui peuvent servir de sixième tome à cette histoire, 1711 L.M. Boissy a publié des Dissertations critiques pour ser- vir d'éclaircissements à l'Histoire des Juifs avant et depuis Jésus- Christ, et de suite à l'Histoire de Bas- nage, 1785, ou 1787, 2 vol. 4° Antiquités judaï- ques, ou Remarques critiques sur la république des Hébreux, 1715, 2 vol. fig. C'est une espèce de supplément au traité de Cunieus. 50 Avis sur la tenue d'un concile national de France, ou Réponse aux difficultés proposées par M. Dupin contre ce concile, Cologne, 1715 En 1684, Basnage avait publié aussi Examen des méthodes proposées par Mill. de l'assemblée du clergé de France, en l'année 1682, Cologne, 1684 6° Dissertation historique sur les duels et les ordres de chevalerie, 1720 ouvrage curieux, réimprimé avec l'Histoire des ordres de la chevalerie, 1721, 4 vol. 70 Annales des Provinces- Unies, depuis les négociations pour la paix de Munster, 1719 et 1726, 2 vol. Cet ouvrage ne com- prend que les années 1646 à 1678. L'auteur l'avait continué jusqu'en 1684, et laissé un plan pour le conduire jusqu'en 1720. 8. La Communion sainte, Rotterdam, 1668 1697 cette e édition est fort augmentée. La 7°, faite en 1708, est augmentée d'un livre dans lequel il traite des devoirs de ceux qui ne communient pas. Cet ouvrage a été si fort goûté, même par les catholiques, qu'on a cru pouvoir le faire servir à leur usage, et qu'il a été imprimé pour eux à Rouen et à Bruxelles. L'abbé de Flamare l'a même inséré dans son ouvrage intitulé : Conformité de la créance de l'Eglise catholique avec la créance de l'Église primitive Rouen, 1701, 2 vol. 9' Entretiens sur la reli- gion, Rotterdam, 1701, 2 vol. nouvelle édit. augmentée, 7 vol. 10. Lettres pastorales sur le renouvellement de la persécution , 1698 110 Histoire de l'Ancien et du Nouveau Testament, représentée en taille- douce, par Romain de Hooge, avec une explication et des vers par M. de la Crune, à chaque épreuve, Amsterdam, 1704 réimprimée sous le titre de Grand Tableau de t'uni- vers, etc., Amsterdam, 1714 On recherche la première édition, à cause des figures ; l'édition en hollandais, Amsterdam , 1706, a d'autres gravures, dans lesquelles on a retranché la description et l'histoire du temple, et toutes les cartes géographiques. L'abbé Lenglet pense que les catholi- ques ne doivent pas faire difficulté de se servir de ce livre, qui est trèsinstructif, et écrit sans partia- lité : on l'a réimprimé sans figures. le Etat de l'Eglise gallicane sous le règne de Louis XIV et sous la minorité de Louis XV, Rome , 1719, petit Cet ouvrage fut reproduit, la même année, sous ce titre : Etat présent de VE- glise gallicane, contenant divers cas de conscience sur les divisions, Amsterdam, petit 15. Une édition de l'ouvrage de Canisius, sous le titre de Thesaurus monumentorum ecclesiasticorum té kis-. toricorum. 140 Instructions pas.. toi- ales aux réformés de France, sur l'obéissance due au souverain, 1720. La première, composée à la sollicitation du duc d'Orléans , qui craignait que les nouveaux convertis du Dauphiné, du Poitou et du Languedoc ne se laissassent entrainer à quelques soulèvements par les émissaires du cardinal Albéroni, fut réimprimée en France par ordre de la cour, et produisit tout l'effet qu'on s'en était promis. On trouve l'éloge de Basnage à la tète du second volume de ses Annales des Provinces- Unies
  • Jacques BASSANTIN : astronome écossais, fils du laird ou seigneur de Bassantin dans le Mers, était né sous le règne de Jacques IV. Ce fut à Glascow qu'il , fit ses premières études; il voyagea ensuite pour son instruction, dans les PaysBas, la Suisse, l'Italie, l'Allemagne et la France; mais, uniquement occupé des sciences exactes, il n'acquit dans les écoles de ces différents pays presque aucunes notions de littérature. Quoiqu'il ne sût que trèspeu le fran-çais, il enseigna quelque temps les mathématiques à Paris. Il demeura longtemps en France, et y obtint une grande réputation avec quelque fortune. Ce fut, à ce qu'dn prétend, à l'université de Paris qu'il prit le goût de l'astrologie judiciaire, tellement inhérente alors à la profession d'astronome , que celui qufi n'aurait vu dans les astres que ce qui s'y trouve: aurait passé pour moins habile que ses confrères. En retournant dans son pays, en 1562, Bassantin prédit à sir Robert Melvil, comme on le voit dans les Mémoires de son frère Jacqûes Melvil, une partie des événements arrivés depuis à la reine Marie Stuart, alors réfugiée en Angleterre ; mais il lui prédit aussi des événements qui n'arrivèrent point, et l'on a eu assez bonne opinion de Bassantin pour attribuer celles de ses prédictions qui se sont réalisées à sa prévoyance, et croire que ce ne sont pas les astres qui l'ont trompé sur le reste. Revenu en Écosse, il embrassa le parti du comte de Murray, et mourut en 1568. Ses ouvrages sont : 1° Astrono- mia Jacobi Bassantini Scoti, opus absolutissimum, quo quicquid unquam peritiores mathematici in ccelis observarunt , eo ordine eaque methodo traditur , cuivis poslhac facile innotescant qucecumque de astris ac planetis , necnon de eorum varus orbibus, moti- bus, passionibus, etc., dici possunt, ingens et doctum volumen ter editum latine et gallice, Genève, 1599 Cet ouvrage ;)publié d'abord en français par les soins de quelques savants, avait été traduit en latin par Jean Tornesius. 2° Paraphrase de l'astro- labe, avec une explication de l'usage de cet instru- ment, Lyon, 1555 ; Paris, 1617 5. Super ma- thematic. Genethliaca. Arithmetica. 5. Musica secundum Platonem. 6° De Mathesi in genere. Ces ouvrages, à travers un mélange d'idées superstitieuses, présentent souvent d'excellentes observations
  • Jacques BASSOT : On ignore à quel per- sonnage ce nom a pu appartenir, si même il en a jamais existé qui le portàt , et cependant il est devenu célèbre dans les fastes de l'anatomie, parce qu'on a désigné un individu de ce nom comme auteur d'une brochure qui fit beaucoup de bruit à l'époque de sa publication, et qui est intitulée : His- toire véritable du géant Teutobochus, roi des Teu- tons , Cimbres et Ambrosins, défaits par Marius, consul romain, cent cinquante ans avant la venue de notre Sauveur, lequel fut enterré auprès du cluileau nommé Chaumont, en Dauphiné, Paris, 1613 ; réimprimée à Lyon, la même année, sous le titre de Discours véritable de la vie, mort el des os du géant Teutobochus 8°. Ce livre parut à l'occasion d'ossements d'une grandeur prodigieuse qu'un chirurgien de Beaurepaire, nommé Pierre Masuyer, montrait au public pour de l'argent, disant qu'ils avaient été trouvés à 17 ou 18 pieds en terre, dans une tombe en briques longue de 30 pieds, large de 12, sur laquelle était attachée une pierre fort dure, ressemblant à du marbre gris, et portant cette : Teutobochus rex. Bassot, ou plutôt peut-être Masuyer, sous ce nom emprunté , écrivit la brochure en question pour soutenir l'imposture, et, après avoir essayé de prouver l'existence réelle de géants dans les temps anciens, il établit que le corps du roi des Cimbres devait avoir à peu près 25 pieds de haut. A cette occasion il parle de quelques autres ossements gigantesques que l'on conservait à Valence, et fait l'histoire suivie de tous les géants dont les anciens ont parlé. Ce ridicule ouvrage lit une sensation prodigieuse, et amena les curieux en foule chez l'avide imposteur. Mais ce qui le rend surtout mi- portant pour l'histoire de l'anatomie, c'est qu'il ex- cita entre deux hommes habiles et célèbres, Habicot et Riolan, une discussion trèsvive, dans laquelle le premier fit preuve de la crédulité la 11I. Louis de Laval a publié, il y a peu d'années, les Galante- ries du maréchal de Bassompierre, 4 vol. avec un beau por- trait de Bassompierre par Raverat. On a publié également en feuilletons, les Deux Bassompierre . D—R—R. Les auteurs de la Bibliothèque historique de la France, et Barbier, dans son Dictionnaire des ouvrages anonymes, pensent que cet auteur se nommait Tissu, et ils se fondent sur la phrase suivante qui termine l'ouvrage : « Le tout est à la plus grande gloire de Dieu, et « à l'honneur du seigneur de Langon ; par son trèshumble serviteur « Jacques Tissot. » Le frontispice n'indique point de nom d'auteur moins excusable, et finit par succomber, en laissant tous les rieurs du côté de son redoutable adversaire. Ces disputes scandaleuses, nuisibles à l'art, on plutôt à ceux qui l'exercent, ne sauraient se renouveler aujourd'hui. L'anatomie comparée ferait recon- naître surlechamp à quel animal les ossements fos- sites devraient être rapportés, et il parait que, dans le cas dont il s'agit, ces os appartenaient à un éléphant. C'est là un des exemples les plus frappants de l'utilité d'une science que tant de médecins affectent de dédaigner, parce qu'ils ne l'ont point étudiée, ou parce qu'ils en ont à peine une idée
  • Jacques BELGRADO( 1704 - 1789) : savant jésuite italien, naquit à Udine, le 16 décembre 171:14. Il fit ses humanités dans l'université de Padoue, entra, en 1725, dans la compagnie de Jésus, et alla faire sa philoso- phie et son cours de mathématiques à Bologne. Il y eut pour maitre Louis Marchemi, qui avait puisé sa méthode dans les leçons de Varignon, avec qui il avait été intimement lié pendant plusieurs années à Paris. De là, Belgrado fut envoyé comme professeur de belleslettres à Venise. 11 y acquit l'amitié de plusieurs savants et gens de lettres, et entre autres de l'abbé Conti et d'Apostolo Zeno. De Venise, il passa A Parme, et profffla dans cette université les mathématiques et la physique. 11 y lk ses voeux en 1742 , devint confesseur de la duchesse , bientôt après du duc luimême, et fut nommé mathésnaticien de cette cour. En 1757, il lit disposer en observatoire astronomique l'une des deux tours du collége de Panne, et le fournit, à ses frais, des les plus nécessaires. Dans un voyage qu'il lit en France, avec la duchesse de Parme, lorsqu'elle y vint voir Louis X V son père, il se lia avec nos savants les plus distingués, qui le connaissaient déjà par ses ouvrages, et, de retour à Parme, il fut nomme., en 1762, associé correspondant de l'académie des sciences ; il était de l'institut de Bologne, de la plupart des académies savantes d'Italie, et fut un des fondateurs de la colonie arcadienne de Parme. La destruction de l'ordre des jésuites lui fit perdre ses emplois à la cour ; il crut pouvoir s'en consoler en se livrant tout entier à ses études, qui auparavant étaient souvent interrompues par ses devoirs ; mais obligé de quitter. Parme, et ensuite Bologne, où il s'était retiré, il ne trouva , en tète d'un recueil le 120 propositions ou théses sur ces mémes parties de la science, soutenues publiquement par un de ses disciples. 2' De liquorum œquilibrio Aeroa, etc., Parme 1712 à la suite de quelques propositions sur I 'hydrostatique, soutenues de inique par un autre de ms. disciples. 3' phialis vitreis ex minimi silieis ami disRilientibus Areoasis, experimentis el animad- rersionibus illustrala, Padoue , 1745 4. De altiludine aimosphœroe oestimanda Mica Disquisi- lio, Parme , 1743 5° De graritaiis legibus Acroasis physieo- maihemat ira, Parme, 1744 6° De eorporibus elasrieis Disquisitio physieu- maihe- matira, Parme, 1'747 7°) De tariusque analyseus 1- su in re physiett, Parme, 1761, 2 vol. 8° Théo- ria euehlew Arehimedis, Parme , 1767 9 De telturis (fine, 1777. En ira_ lien : ur j Fenomeni eletteiri con i corollnej da lue dedoili, (le., Parme, 17 +9 11. flux dissertations impriinées ensemble : della Riflessiune de' « api dall' acqaa, e della Dintinnzione della mole de' sassé ne' turrenti e ne' filma, l'arme, 1755, in. 12° lieux autres, imprimées de nième : dell' Azione del caso nelle invenzioni, In/ lasso degli astri ne' corpi lerresiri, Padoue, 1757 150 Del Trno di Nt- humo illustrai°, Césène , 1766, petit ouvrage rempli d'érudition, qu'il fit à Ravenne, où il était allé se délasser de ses travaux. Parmi plusieurs antiquités curieuses, il y vit deux basreliefs en marbre de Paros, représentant Neptune sous la forme d'un monstre marin, assis sur un trône, et entouré, des deux côtés, de génies qui portaient les attributs de ce dieu. On n'avait point encore pu expliquer ce monu- ment. Belgrado l'expliqua dans cette dissertation qu'il adressa à l'académie de cette ville. 14' Della rapidiia delle idee, Disserta: joue, Modène , 1770. 15' Della proporzione ira i talenti dell' uonto e i tom usé Disserlazione, Padoue, 1775. 16. Della esis- lenza di Dio da' leoremi geometrici dimostrala Dis- serlazione, Ldine, 1777. 17° Une seconde dissertation, où il tire de l'existence d'une seule espèce d'êtres raisonnables et libres une autre preuve de l'existence de Dieu, Udine, 1782. 18° Une autre dissertation physique et mathématique, pour prouver que le soleil a besoin d'aliment, et que la nier est propre à lui en fournir, Ferrare, 4783. 19' Une autre dissertation , remplie d'érudition et de vues nouvelles sur l'architecture égyptienne, Parme , 1786 Il avait alors quatrevingts ans, et jouissait de toute la force de sa tète. Il mourut trois ans après, âgé de plus de 84 ans, le 7 avril 1789. G—É•
  • Jacques BELLAMY( 1757) : Ilagnit à Flessingue, en 1757. Dans sa jeunesse, la lecture de l'histoire ancienne enflamma son imagination, et lui inspira un goût passionné pour les grands hommes et les grandes actions. On le vitsouvent représenter avec ses camarades les rôles des héros de l'antiquité, et imiter en petit leurs combats et leurs prouesses. Dans la suite, il brûla du désir de se signaler atm service de sa patrie ; mais sa mère, n'ayant point d'autre enfant, s'opposa à son dessein, et lui fit prendre le métier de boulanger. Jusque là Bellamy n'avait point encore donné de preuves de talent : niais, à l'occasion de la seconle fète séculaire de la république de Hollande, en 1772, le patriotisme éveilla tout à coup son génie et le fit poète. Son premier essai fut donc à l'honneur de sa patrie. Quelques anus des lettres y reeonnurent du talent , et l'encouragèrent : ils lui fournirent les moyens d'étudier et de se vouer entièrement aux lettres. Bellamy commença à apprendre le latin, et composa d'autres pièces qui eurent l'approbation du public, et furent insérées dans les recueils de poésie de la société des arts à la Haye. Il se perfectionna ensuite à l'académie d'Utrecht. Ce fut dans cette V i l le, à l'occasion de la guerre dans laquelle la hollande fut enveloppée, qu'il fit ses chants patriotiques , remplis de verve, de naturel et d'harmonie. Ils furent reçus par la nation avec une approbation unanime : aucun autre poète hollandais n'avait fait éclater avant lui, dans des vers harmonieux, des sentiments aussi grands, aussi généreux. Bellamy fut justement regardé comme un poète vraiment national. Un coeur aussi sensible que le sien ne pouvait méconnaître les charmes de l'amour. Bellamy les chanta avec autant de succès que la gloire militaire : les Hollandais estiment surtout sa romance intitulée Roosje. L'auteur, en publiant ses essais érotiques, les intitula Gezangen mijner jeugd . Vers la fin de sa vie, ses vers prirent une teinte un peu mélancolique : le poète semble avoir pressenti la mort longtemps d'avance, et, dans plusieurs passages, il y prépare ses amis
  • Jacques BELLIN : peintre d'histoire et de portraits, natif de Venise, mort en 1470, se fit une réputation, moins encore par les portraits de Cornaro et de la reine de Chypre, que par la bonne éducation qu'il donna à ses fils, Gentile et Jean , auxquels il communiqua le secret de la peinture à l'huile, et qui vécurent toujours dans une parfaite union
  • Jacques BELLI : graveur du 17° siècle, né à Chartres, a gravé, en Italie, plusieurs pièces estimées , d'après Annibal Carrache et d'autres maîtres
  • Jacques BELLY( 1603) : peintre et graveur, né à Chartres, vers l'année 1605, mérite, par le seul fait de sa coopération au recueil connu sous le nom de Galerie Farnèse, d'ètre placé au nombre des artistes dont la France s'honore. Plusieurs de ses tableaux uistent dans les musées du pays Chartrain, et l'on recherche ses estampes, devenues rares. Il parait avoir renoncé à la peinture dans les dernières années de sa vie , qu'il passa tantôt à nome , tantôt dans les principales villes de l'Italie. On ignore l'époque précise de son décès , arrivé , à ce qu'on présume, vers 1680. Les gravures de Delly sont marquées tantôt de son nom, tantôt des lettres 1 B F ou J B G, Jacques Belly français ou Jacobus Belly Gallus; tantôt enfin d'un monogramme
  • Jacques BENTHAM( 1708 - 1794) : antiquaire anglais, né à Ely, en 1708, étudia au collège de la Trinité à Cambridge. Après avoir occupé différentes cures dans les comtés de Cambridge et de Norfolk , il obtint, en 1779, une prébende dans le chapitre d'Ely. On a de lui l'Histoire et les Antiquités de l'église cathédrale d'Ely, depuis la fondation du monastère, en 675, jusqu'à l'an 1771, avec des planches, Cambridge, 1771 Cet ouvrage est estimé des Anglais, et il est précédé d'une introduction qui renferme des vues neuves et ingénieuses sur les architectures saxone, normande et gothique. Bentham avait formé le plan d'une histoire générale de l'architecture ancienne en Angleterre, mais il ne l'a point exécuté. Après une carrière remplie par des projets d'utilité publique, dont plusieurs ont été mis à exécution, il mourut en 1794, âgé de 86 ans. —Son frère , professeur de théologie, a laissé quelques sermons et des ouvrages de théologie de peu d'importance
  • Jacques BEREAU( 1500) : poète français, né en Poitou dans le 16' siècle. On ignore l'époque de sa naissance et celle de sa mort. 11 exerçait la profession d'avocat, niais sans succès; ce dont il s'est plaint dans ses poésies. Le recueil de ses oeuvres a " été imprimé à Poitiers en 1565 11 contient dix églogues sur différents sujets, des odes. des sonnets, etc. Goujet, , rapporte un sonnet de Bereau dans lequel il déplore sa mauvaise fortune. Cette petite pièce ne manque ni de naturel ni de facilité W—s.
  • Jacques BÉRENGER : médecin et anatomiste du 16' siècle, un de ceux qui ont commencé les grands progrès que l'anatomie lit à cette époque, entre les mains de Vesale , d'Eustachi et de Fallope. Il était de Carpi, dans le Modenais , ce qui le fait appeler de ce nom par beaucoup de biographes. Il fut reçu docteur en médecine à Bologne, enseigna d'abord l'anatomie et la chirurgie à Pavie, puis revint à Bologne, en 1520, se livrer de lierne à l'enseignement. On l'accusa d'avoir destiné à la dissection deux Espagnols attaqués du nial vénérien , I qui étaient tombés entre ses mains, et de vouloir les anatomiser tout vifs, autant par la haine qu'il portait à leur nation que pour son instruction particulière. Banni de Bologne, Béranger se retira à Ferrare, où il mourut en 1550. Les principaux services qu'il a rendus à l'art de guérir sont surtout . relatifs à l'anatomie et à la chirurgie. La première de ces sciences venait de naitse, en quelque sorte, par les travaux de NIondini; jusqu'alors, dans les écoles, on n'avait cherché (les documents pour cette science que dans les écrits de Galien , qui , n'ayant particulièrement disséqué que des animaux, n'avait pu fournir (pue des notions incomplètes; niais Mondini venait de rappeler les travaux d'Erasistrate et d'Hérophide, qui avaient cherché, dans des cadavres humains, des connaissances sur la structure intérieure de l'hom?e. Bérenger s'appliqua aux mènes ira- i vaux, et prépara ainsi les grandes découvertes que, peu d'années après, devaient faire les trois plus grands anatomistes dont s'honore l'art de guérir, et contemporains l'un de l'autre, Vesale, Eustachi et Fallope. Il disséqua beaucoup de cadavres, et même le préjugé (lu temps lui fit adresser la même accusation qu'aux anatomistes grecs, d'avoir disséqué des hommes vivants. On conçoit qu'il commença à rectifier plusieurs des erreurs échappées à Galien ; on lui doit la découverte de l'appendice du mem, des cartilages aryténoïdes du larynx, des détails premiers sur la structure des reins; de la moelle épinière ; l'observation que ce réseau admirable que forment les vaisseaux en arrivant au cerveau (les animaux, et qu'on croit propre à amoindrir le choc du sang sur ce viscère, n'existe pas chez l'homme, dont la station bipède sait pour obtenir ,le même effet; celle ue l'utérus dans l'espèce humaine n'a qu'une seule avité., etc. Cependant, il est spécialement copiste de Mondini, et l'ouvrage d'anatomie qu'on lui doit n'en est qu'un commentaire : Contmentaria , cum amplissiinis additionibus, super Anatomia Mundini, Bologne, 1521, •552 Londres, 1664 Isagogœ breves in analomiam corporis humani, cum aliquol figuris anatomicis , B(3logne, 1522, 1525 ; Venise , 1523, 1555 ; Cologne , 1529 Strasbourg , 1530 On conçoit que , d'après les grands progrès de l'anatomie, science presque parfaite de nos jours, ces livres ne peuvent avoir d'intérêt que pour l'histoire de l'art : Bérenger est le troisième qui les enrichit de figures. 11 rendit aussi des services à la chiru.•0e, et on dit qu'il opérait avec la plus grande dextérité ; on a de lui , sous ce rapport : de cranii fractura Tracleus, Bologne, 1518 ; Venise, 1535 ; la Haye, 1629, 16e1,1715 où il se montre, à la vérité, plus partisan des Arabes que des Grecs. A la gloire qu'eut Bérenger d'étre un fondateur de l'anatomie, il faut ajouter encore celle d'avoir, l'un des premiers, employé le mercure pour la guérison (le la maladie vénérienne, maladie qui commençait alors à s'étendre en Europe, et qui, cédant plus facilement à cette substance que les chimistes euxmêmes avaient né- gligée, assure à ce médecin l'honneur d'avoir trouvé le meilleur des spécifiques connus
  • Jacques BERNARD( 1658 - 1718) : né à Nions, en Dauphiné, le 1" septembre 1658. Son père, ministre de la religion réformée, lui fit faire ses premières études au collège protestant de Die, et l'envoya ensuite à Genève faire ses cours de rhétorique et de philosophie. Il étudia en même temps la théologie et l'hébreu, dont la connaissance lui facilita, dans la suite, la critique des textes sacrés. De retour dans sa patrie, il fut promu au ministère à l'âge de vingtquatre ans ; mais ayant prêché publiquement contre le prescrit des ordonnances, il s'enfuit, dans la crainte d'être arrêté, se réfugia à Genève, et, ne s'y trouvant pas encore en sûreté, à Lausanne, où il demeura jusqu'à la révocation de l'édit de Nantes. Il se retira alors en Hollande, où Jean Leclerc, son parent et son compagnon d'études, lui procura une pension de la ville de Tergow, en qualité de prédicateur. Quelque temps après, il s'établit à la Haye, où il ouvrit une école pour la philosophie, les belleslettres et les mathématiques. En 1691, Leclerc étant forcé d'interrompre le journal qu'il publiait depuis plusieurs années, sous le titre de Bibliothèque uni- verselle, Bernard se chargea de le continuer ; mais on s'aperçut bientôt qu'il ne possédait ni l'érudition, ni l'esprit de critique de son prédécesseur. Il montra bien davantage encore le peu de talent qu'il avait pour écrire, quand il osa se charger de continuer la République des lettres, journal auquel Bayle avait donné une juste célébrité. Il y travailla cependant depuis 1695 jusqu'en 1710 ; et, après une interruption, l'ayant repris en 1716, il ne l'abandonna plus qu'à la mort. Bernard était trèslaborieux ; mais son style est incorrect, diffus, plein de locutions basses et d'expressions triviales. Il mourut d'une inflammation de poitrine, occasionnée par un excès de travail, le 27 avril 4718, dans sa 60° année. On a de lui : 1° Recueil des traités de paix depuis l'an de J.- C. 536, etc., la Haye, 1700, 4 vol. ; 2° le Théâtre des Etats du duc de Savoie, traduit du latin de Blaeu, la Haye, 1700, 2 vol. bien impri- més' et ornés de belles gravures ; 50 Traité de la re- pentance tardive, Amsterdam, 1712 ; 40 de l'Excellence de la religion chrétienne, Amsterdam 1714, 2 vol. En outre, il a eu part au Sup- plément au Dictionnaire de Noréri, Amsterdam, 1616, 2 vol
  • Jacques BERNOULLI( 1759 - 1789) : frère du précédent, et licencié en droit, né à Bâle, le 17 octobre 1759, fut disciple de son oncle Daniel, qu'il remplaça dans la chaire de physique de l'université de cette ville pendant le cours de ses infirmités; mais il ne put lui suc- Consulter la France littéraire de M. Quérard pour avoir le titre de tous les mémoires que Jean Bernoulli a fournis au recueil de l'academie de Berlin. Z—o. céder, quoiqu'il se fût mis sur les rangs, parce que les places de l'académie, comme celles des magistrats de la république de Bâle, se tiraient au sort. Il parait avoir eu un esprit inquiet, qui le porta à voyager. Cependant il se fixa à StPétersbourg, où il occupa une place de professeur de mathématiques, et se maria avec une petitefille d'Euler. Il fut membre de l'académie de cette ville, de la société de physique de Bâle, correspondant de la société royale de Turin. Les mémoires qu'il a donnés, dans les Nova Acta academ. Petropol., indiquent assez qu'il se proposait de marcher sur les traces de son oncle Daniel; mais il périt à l'âge de 50 ans, par un coup d'apoplexie, en se baignant dans la Néva, le 3 juillet 1789. Son éloge est dans le t. 7 des Nova Acta academ. Petropol. Il est suivi de la liste de ses écrits
  • Jacques BONFADIO( 1500) : célèbre littérateur italien, naquit vers le commencement du 16e siecle, à Gazano, près de Salo, diocèse de Brescia. Il lit une partie de ses etudes à Vérone et l'autre à Padoue. L'ambition le conduisit à Home, où il devint peu de temps après secrétaire du cardinal Mérinos, Es-' pagnol, areltexéque de Bari. Il fut trois ans ;m'ires de lui, et s'y trouvait heureux quand le cardinal mourut, en 1525. Bonfadio, placé au [lente titre chez un autre cardinal, y éprouva des désagréments qui le portèrent à quitter Home. Depuis,ce moment, sa vie fut errante et précaire; il retourna à Hume, fit un voyage à Naples, revint, alla à Padoue, en isassant par Florence et Ferrare, sans trouver nulle part où se fixer avec quelque avantage. Dégoûté . 1 er ) que l'accusation n'était que trop juste, et que le crime auquel un si beau génie s'était livré fut ce qui le conduisit à sa perte. On n'a de lui qu'un petit nombre d'ouvrages, !nais excellents, et qui rendent plus regrettable cette lin, aussi prématurée que funeste : nnaliurn Genuensium ab mann 1528 re- taperai& ! j'irritais usque ad annum I Zi50, libri quise-, que, nunc primum in lucem editi, etc., Pavie, 1586 édition extrèmement rare et fort chère, quoique d'un assez petit volume; la seconde, insérée dans le Thesaurus Antiquilalum Ital., et imprimé à • Leyde, t. t r, part. 2, est corrigée et altéree en plusieurs endroits. Il en parut une meilleure à Brescia, 1717 I.a première avait été donnée par Barthélemy Paschetti, médecin de Vél'ODC, qui lit une traduction italienne de l'ouvrage, et la publia la Diêm année. 1586, à Gènes, petit ; 1597 I.e texte latin est remarquable par sa eCaleiS1011 et son élégance. Il fut réimprime avec la traduction , Brescia-, 1759 2 Lettere ( ami- gliari di Jaropo Ronfadio, etc., con altri suoi rom- ponimenti in , 'rosa ed in rerso, e colla rita dile au- tore, scriita dal sir'. conte Giammaria Brescia, 1716 Quarantetrois lettres familières, une traduction italienne du discours de Cicéron Pro » loue, et un petit nombre de vers int-. liens et latins. composent ce petit volume; mais il a un mérite qui manque à la plupart des gros recueils : il ne renferme rien que d'exquis
  • Jacques BONFRÈRE( 1573 - 1643) : en latin BONFRERWS, né en 1575, à DinandsurMeuse, se fit jésuite en 1592. 11 professa la philosophie, la théologie et l'hébreu à Douai, et mourut à Tournay, le 9 mars 1645. Nous avons de ce savant des commentaires sur le Pentateuque et sur d'autres livres de l'Écriture; ils sont estimés, parce qu'ils sont d'une étendue raisonnable, et dégagés des questions scolastiques. On fait cas surtout de ses prolégomènes, clairs et méthodiques; l'auteur y a évité les questions de controverse, pour se renfermer dans la simple critique du texte et des versions. Le P. Tournemine les a réimprimés dans le 2' tome de Menochius, Paris, 1719 Ces deux ouvrages sont toujours réunis dans le même volume; le 1", sous le titre de Pen- tateuchus Mosis commentario illustrants ; le 2°, sous celui de Preloquia in totem Scripturam sacram, Anvers, 1625 Bonfrère a fait aussi des commentaires latins sur Josué, les Juges et Ruih, Paris, 1651 Ben avait fait encore sur les livres des Rois et des Paralipomènrs, qui furent imprimés à Tournay, chez Adrien Quinque, 1645, 2 vol. mais le feu ayant pris à la maison de Quinque, tous les exemplaires furent réduits en cendres. Les manuscrits de ces commentaires étaient restés, avec tous les autres du même auteur, dans la possession des jésuites des PaysBas. On estime également son commentaire sur l'Onomasticon, ou Description des lieux et des villes de l'Ecriture sainte, ouvrage trèsutile pour la géographie sacrée , traduit du grec d'Eusèbe, par St. Jérôme. Le commentaire de Bonfrère fut imprimé à Paris en 1631 Jean Leclerc en a donné une nouvelle édition en 1707 avec de nouvelles notes et avec une carte géographique de la terre promise, mais fort différente de celle d'Adrichomius. Bonfrère explique la raison des changements que l'on y trouve
  • Jacques BESSON : natif de Grenoble, professeur de mathématiques à Orléans en 1569, a donné : 10 de Ratione extrahendi olea et aquas e medica- mentis simplicibus, Zurich, 1559 2° Le Cos- molabe, Paris, 1567 « On y trouve, dit La-« lande, la chaise marine proposée, en 1760, par « Irwin en Angleterre, pour pouvoir observer les « èclipses des satellites et des étoiles. » 5° Descrip- tion et usage du compas euclidien, etc., Paris, 1571 4' Theatrum instrumentorum et machinarton, v 1578, grand ouvrage dont Jul. Paschalis donna une édition augmentée, et qui fut traduit en plusieurs langues. Chalvet, qui, d'après Gui Allard, lui attribue l'Art et Science de trouver les eaux et fontaines cachées sous terre , et autres opuscules, dit que les ouvrages de Besson furent estimés dans leur temps
  • Jacques BIE : graveur, libraire et marchand d'estampes, établi à Anvers au commencement du 17C siècle, gravait assez bien la médaille et la tailledouce. Il grava chez le duc te Croy d'Arschot les portraits des empereurs romains. Cet ouvrage parut sous ce titre : Imperatorum roman. a Jul. Ccesare ad & radium Numismate aurea, Caroli ducis Croyi et Arsehotani, explicala o Joan. Hemelario, Anvers, 1615 et corrigé par Havercamp,. Amsterdam, 1758 Jacques de Bic étant passé en France, y publia en 1654 : les Familles de la France illus- trées par les médailles; en 1635 : les Vrais Portraits des rois de France, lig. L'année suivante, il donna une seconde édition de cet ouvrage totalement refondue et préférable à la précédente; elle est titulée : /a France métallique. Bic a gravé les pot.- 11•its des rois de France i)our la grande édition de Mézerai. On a de lui les ligures de la Vie de Jésus- Christ, dessinées par Martin de Vos. Il a exécuté, concurremment avec Philippe et Théodore Galle, les ligures de la Vie de la Vierge. - Corneille DE BIE, son fils et son élève, né à Anvers en 1620, a gravé les ligures de l'Iconologie de César Rippa. est auteur d'une vie des peintres en vers flamands, sous le titre de Cabinet de peinture, Amsterdam, 1661, 4., ainsi que de quelques autres ouvrages. - Marc DE HIE, peintre et graveur, né à la Haye en 1634, élève de Jacques van der Does, a gravé plusieurs suites d'animaux d'après Paul Potter
  • Jacques BOBART : médecin et botaniste , né à Brunswick, fut le premier surintendant du jardin botanique de l'université d'Oxford, fondé en 1652, par Henri, comte de Denby. 11 en publia le catalogue en 1 vol. en 1648, réimprimé depuis à Oxford, 1658 : le docteur Stephens WillBrowne, et les deux Bobtrt, père et fils, contribuèrent à cette 2° édition, qui est bien perfectionnée. Il continua à diriger ce jardin jusqu'au 4 février 1679, époque de sa mort. — Son fils, nommé aussi Jacques, lui succéda. Il rendit un service important à la botanique, en achevant et en faisant paraître la 50 partie, ou le 2e vol. de l'Histoire universelle des plantes de Morison , à Oxford, en 1696 de 655 pages. Linnée a consacré à la mémoire de ces deux savants un genre de plantes auquel il a donné le nom de Bobartia ; ce genre ne comprend jusqu'ici qu'une seule espèce de la famille des souchets ; cc qui doit rappeler, suivant les principes qu'avait adoptés ce naturaliste, que Bobart le fils s'est distingué surtout par l'ordre qu'il a mis dans la rédaction de cette famille, réunie alors aux graminées dans l'ouvrage de Morison, et qu'il parait avoir tiré de son propre fonds. On ignore l'époque précise de sa mort, mais il vivait encore en 1704
  • Jacques BOILEAU( 1635) : docteur de Sorbonne, frère puîné du précédent, naquit à Paris, le 16 mars 1 655. 11 fit ses études avec succès au collége d'Har- court, reçut le grade de docteur en théologie, et se fit agréger à la société de Sorbonne. Dans sa jeu'nesse , il avait formé une bibliothèque assez nom-- , breuse, entièrement composée de livres rares et curieux; ayant eu le malheur de la perdre dans un incendie qui brûla le pavillon de la maison de Sorbonne où il était logé , il ne témoigna presque aucun regret , et s'occupa à former une nouvelle collection , qui , dans la suite , surpassa la première. Nommé doyen , grand vicaire et official du diocèse de Sens, il remplit ces deux places pendant près de vingt.cinq ans. 11 fut pourvu, en 1694 , d'un cano- nicat à la SteChapelle de Paris , et mourut le 1" août 1716, dans sa 82e année, doyen d'âge de la faculté de théologie. C'était un homme de beaucoup d'esprit et d'une vaste érudition. 11 est auteur d'un grand nombre d'ouvrages , mais peu volumineux, sur des questions curieuses de théologie. On en trouve la liste dans le t. 12 des Mémoires de Niceron , et nous n'indiquerons ici que ceux qui, par leur rareté et la singularité des objets qui y sont traités, peuvent encore présenter quelque intérêt 1 o de antiquo Jure presbyterorum in regimine ecclesiastico , Turin , 1676 ; seconde édition , 1678 : ce fut sous le nom supposé de Claude Fontéius qu'il publia cet ouvrage, dans le- quel il établit que les prêtres avaient part au gouvernement des diocèses , dans la primitive église. 2. Historia confessions.; auricularis, Paris, 1685 : cet écrit, plein de recherches et d'érudition, est une réponse à l'ouvrage du ministre Daillé sur le verne sujet ; il a pour objet d'établir que la confession .particulière des péchés, même secrets, commis après le baptême, a toujours été regardée dans l'Eglise comme nécessaire. 5° Disquisitiones dua) de residentia canonicorum , quibus accessit tertia, de tactibus impudicis; an sini peccala mortalia tel reniala? cum colloquio critico de sphalmatis rirorum illustrium, Paris, 1695 11 soutient, dans les deux premières dissertations, que les chanoines sont obligés à la résidence ; et, dans la troisième, il combat les erreurs de quelques casuistes relâchés ; mais, en voulant relever les fautes des autres, il donne souvent prise luimême à la critique, pour n'avoir pas consulté des originaux. Craignant que cet ouvrage ne lui attirât des ennemis, il le publia SOUS le masque de Marcellus Ancyranus. 4. Historia flagellantium, sive de recto et pervers° flagellorum usu apud christianos , Paris, 1700 Ce fut le censeur qui l'obligea d'insérer le mot recto dans le titre. 11 prouve, dans cet ouvrage , qui fit beaucoup de bruit, que l'usage des flagellations volontaires a été inconnu aux chrétiens pendant les dix premiers siècles ; qu'il ne fut d'abord toléré qu'avec répugnance ; qu'il est dangereux pour la santé et pour les moeurs; qu'il donna naissance à la secte des flagellants, espèce de fanatiques atrabilaires, qui attribuaient à la flagellation plus de vertu qu'aux sacrements pour effacer les péchés. Thiers, Gretser et Ducerceau écrivirent vivement , mais faiblement , contre cette histoire; l'auteur fut attaqué par des satires. Les journalistes de Trévoux en firent au contraire l'éloge, ce qui engagea Despréaux à faire l'épigramme qu'on trouve dans ses oeuvres Non, le livre des Flagellants, etc. Un anonyme en donna une traduction infidèle, 1)&. ris , 1701 , dans laquelle il rendit , sans nul ménagement , des passages écrits dans l'original avec toute la liberté que permet le latin. Boileau se plaignit dans une brochure, Paris, 1702 de 24 pages, de ce que le traducteur l'avait nommé, releva quelques bévues, et corrigea les endroits trop libres. Ces mèmes passages ont été supprimés ou adoucis dans la nouvelle édition que l'abbé Granet a donnée de cette traduction , Amsterdam, 1732 avec une préface historique. Il existe aussi une imitation en anglais de l'Historia flagellantium, qui a paru à Londres, 1785 sous ce titre : Armoriais of human superstition, irisa. from the Hist. flagell. of the abbé Boileau, with culs. 5. Historica Disquisitio de re restiaria hominis sacri, vitam communern more civili traducentis, Amsterdam, 1704 Boileau veut prouver, dans cette dissertation, que les ecelé- siastiques doivent porter dans le monde des habits qui ne s'éloignent point trop de ceux généralement adoptés. 11 dit que , dans les premiers siècles , les ecclésiastiques n'étaient pas distingués des laïques par la forme , niais seulement par la modestie de leurs habits, et que St. Charles Borromée est le pre- mier qui ait fait passer en loi l'usage de porter ! des habits longs , vulgairement appelés soutanes. 6° e0K1mAITHI , sive de librorum circa res theolo- gicas approbatione, Anvers, 1708 rare ; il y établit que c'est à la faculté seule qu'appartient le droit , 1678 C'est une réponse au livre des Jugements canoniques des évêques , qui parut sous le nom de David, 1671 Disquisitio theologiea de sanguine corporis Christi post resurrectionem , ad epistolam 146 S. Augustini, 1681 C'est un des ouvrages où il a mis le plus d'érudition. Il y soutient , contre Allix , ministre de Cha-, renton, que St. Augustin n'a point douté que le corps de JésusChrist n'eût du sang après sa résur- rection. C'est contre le même Allix qu'il publia, en 1712, une nouvelle édition latine de Ratramne, de Corpore et Sanguine Christi, avec des notes, une préface latine , et une réfutation de ce que le P. Hardouin avait avancé contre Ratranme, dans son livre de Sacramento altaris. 9' Traité des empêchements dirimants du mariage, Cologne , 1691 Cet ouvrage , destiné à soutenir, contre Ga- lésius et Gerbais, le droit qu'ont les princes d'oppo- ser des empêchements de ce genre , contient des recherches curieuses sur les sentiments des scolasques à cet égard. On lui attribue aussi l'Abus des nudités de gorge, Bruxelles, 1675 La plupart des ouvrages de Jacques Boileau sont anonymes, ou pseudonymes ; il s'est caché sous les noms de Marcellus Ancyranus, Claudius Fontéius, Jacques Barnabé , etc. Despréaux disait de Jacques Boileau, que, « s'il n'avait été docteur de Sorbonne, il se serait fait docteur de la comédie italienne. Voltaire représente Jacques Boileau comme un esprit bizarre qui a fait des livres bizarres : le mot singulier serait plus juste. Il rapporte aussi que quelqu'un demandant à l'abbé Boileau pourquoi il écrivait toujours en latin : « C'est , ditil , de peur que les évêques ne me lisent : ils me persécuteraient, » Comme son frère, Jacques Boileau n'aimait pas les jésuites, et il les appelait « des gens qui «.allongent le Symbole et accourcissent le Décalo-« gue. » A
  • Jacques BOILEAU( 1752) : homme de loi, né en 1752, adopta avec enthousiasme les principes révolutionnaires, et fut nommé juge de paix de la ville d'Avallon. Envoyé' à l'assemblée nationale en 1791, il offrit une somme de 500 francs sur le traitement qu'il recevait, afin, disaitil, de procurer aux habitants des campagnes de l'arrondissement d'Avallon des abonnements aux différents journaux patriotiques , moyen assuré de propager les lumières. Én septembre 1794, 11 fut nommé député du département de l'Yonne à la convention nationale : il y vota la mort du roi sans appel ni sursis; cependant:au retour d'une mission à l'armée du Nord , on le vit avec étonnement combattre l'influence désastreuse du parti de la montagne ; il osa même dénoncer la commune de Paris et Marat, en demandant en outre que la tribune fût purifiée lorsque ce monstre y aurait paru. Compris dans le nombre des députés girondins décrétés d'accusation après la journée du 51 mai 1795, Jacques Boileau fut traduit au tribunal révolutionnaire, condamné à mort et exécuté avec vingt de ses collègues, le 51 octobre suivant. Il était âgé de 41 ans. — Nicolas BOILEAU, probablement lils ou neveu du précédent, juge de paix à Avallon 1795, plus tard membre du conseil des cinqcents, où il siégea jusqu'au 18 brumaire. Depuis cette époque il rentra dans l'obscurité. On ignore l'époque de sa mort. On a de lui la traduction du 1" volume de l'Histoire des Suisses , par J. de Muller, Paris, 1797 : les sept derniers ont été traduits par A. La Baume
  • Jacques BOLDUC( 1580) : religieux capucin , né à Paris vers 1580, se fit une réputation dans son ordre comme prédicateur, et composa les ouvrages de théologie suivants, qui sont encore recnerchés à cause des idées singulières et paradoxales qu'ils renferment : 1° Commentarium in Epistolam S. Judo, Paris, 1620 ; 2° Commenlaria in librum Job, Paris, 1619 ; ibid., .1631,1638 , 2 vol. ; e de Ecclesia ante legem libri Ires , Lyon , 1 626 ; réimprimé avec une seconde partie intitulée : de Ecclesia post legem liber unes anagogicus, Paris, 1630 ; Strasbourg, 1664 et 1706, même format ; ! é° de Orgio chrisliano libri Ires, in quibus declaran( or anliquissima sacra - sanctœ cucharistiai typica mysteria, Lyon ,16l0 L'auteur veut prouver dans cet ouvrage qu'Adam et Noé sont les instituteurs du sacrement de l'eucharistie ; le premier ayant cultivé le froment, et le second ayant fait du vin, substances sensibles sur lesquelles s'opère le plus grand des mystères de l'Église chrétienne
  • Jacques BIENVENU( 1500) : né à Genève, dans le 16e siècle, a traduit du latin de Jean FoXas en rimes françaises : le Trionlphe dé Jésus- Christ , comédie apocalyptique en 6 actes, Geneè,1562 Cette pièce est si rare qu'elle n'a pas été connue de Sacbier. Le traducteur a mis à la suite un petit Discours de la maladie de la messe. On a encore de lui la Comé- die du M'onde malade et mal pansé, récitée à Genève en 1568, au renouvellement de l'alliance entre les nobles et illustres républiques de Berné et de Genève, 1568 C'est une satire contre les différents états de la société, et en particulier contre les médecins. Elle lui attira des ennemis noinbreux, et qui ne le ménagèrent point. On en peut juger par une pièce de vers qu'ils firent imprimer contre lui, à la suite de la Comédie du Pape malade. WS,
  • Jacques BILLY( 1602 - 1679) : Ce jésuite, l'un des plus savants mathématiciens et astronomes de son temps, naquit à Compiègne en 1602. Il fut recteur des collées de Langres, Sens et Cliâlons, et est auteur des ouvrages suivants : ° Nova geometriee clavis Algebm , Paris , 1645 ; Tabule de doctrine( ecclypteon, Dijon, 1656 5' de Proportione harmonica, Paris, 1658 ; 4° Tombeau de l'astrologie judiciaire, Paris, 1657 5' Diophantum geometrum, etc., Paris, 1660 6° Opus astro71011tiCII?, in, quo siderum omnium hypothesis et eorum motus et omnium que ad astronomiam pertinent theoremata et praxes exponuntur, Dijon, 1661 7° Crisis astronomica de motu cometarum, Dijon, 1666 Les ouvrages de Billy sont aujourd'hui bien vieillis; le plus connu est celui qui a pour titre Opus astronoenicum, etc. Ce jésuite mourut à Dijon, le 14 janvier 1679
  • Jacques BINKES : marin hollandais, commandait en Amérique, l'an 1676, une escadre contre les Français. 11 fit plusieurs prises, jusqu'à ce que l'amiral d'Estrées vint l'attaquer devant Tabago, avec des forces supérieures. L'action fut sanglante ; les Hollandais eurent cinq vaisseaux de guerre, un brûlot, un yacht et deux vaisseaux de munitions qui devinrent la proie des flammes ; les Français eurent trois vaisseaux brûlés, au nombre desquels était l'amiral ; deux furent pris et deux autres endommagés. Pendant l'action, d'Estrées fit donner au fort de Tabago un assaut qui n'eut pas de succès. Vers la fin de la même année, il revint avec une flotte plus forte, et parvint à se rendre maitre de Tabago par un accident inopiné : une bombe tomba dans le magasin à poudre du fort, et le fit sauter avec toute la garnison. l3inkes, qui était à table avec ses officiers dans une salle audessus de ce magasin, y perdit la vie
  • Jacques BIROET : jésuite, natif de Bordeaux, mort vers l'an 1666, se distingua par son talent pour la chaire. On a de lui des panégyriques et des sermons en plusieurs volumes
  • Jacques BISSET( 1752 - 1832) : assez mince littérateur anglais , mais grand amateur de curiosités , était né à Perth, en 1752 ; il vint à Birmingham, et y établit une espèce de muséum ou magasin de curiosités, qu'en 1813 il transporta à Leaniington. Il avait aussi formé dans ce village une collection de tableaux renommés. Son magasin de curiosités consistait surtout en objets d'histoire naturelle, en meubles, ar- mes et ustensiles de nations sauvages , en modèles de cire ou de pâte de riz, etc. En 1814, il obtint le titre (le modeleur du roi. Du reste il réunissait des talents de diffèrents genres, et sa facilité pour écrire, soit en vers, soit en prose, était extrême. Il mourut à Leamington , le 17 aoùt 1832. L'excessive fécondité de Bisset s'est exhalée en une foule de vers de circonstance , tantôt pour des fètes publiques ou de famille , tantôt à propos des événements politiques du jour. Ces productions éphémères ne doivent au reste être tirées ni des cartons de ses amis , ni des colonnes de journaux , où pour la plupart elles sont venues mourir. Toutefois nous excepterons de cette sentence ses Chants sur la paix, 1802, son Clairon patriotique , ou Appel de la Grande- Bretagne à la gloire. On lit avec plaisir ses Essais critiques sur les essais dramatiques du jeune Roscius , par des gentlemen lettrés et des amateurs de théàtre, opposés à l'hypereritieisme de certains écrivains anonymes, 1804. Les réflexions souvent judicieuses et impartiales de l'auteur y sont semées d'anecdotes intéressantes. Enlin les étrangers consultent encore avec fruit ses opuscules destinés à servir de vade- mecum aux curieux : par exemple , le Conducteur de Birmingham , 1808 44 pl. en tailledouce ; le Guide à Leamington, 1814 ; Voyage poétique autour de Birmingham, avec une descriptive abrégée des diverses curiosités, manufactures, etc., 1800 , avec de belles gravures. Ces vade- inecum, entremêlés de prose et de vers, plurent beaucoup au monde fashionable, et ne furent pas inutiles à la fortune de l'auteur
  • Jacques BLAIR : théologien écossais, fut d'abord placé dans l'Église épiscopale d'Écosse; mais ayant éprouvé quelques dégoûts, il passa en Angleterre vers la fin du règne de Charles 11. L'évèque Compton l'envoya en qualité de missionnaire dans la Virginie, et le nomma ensuite son commissaire pour cette colonie. Affligé de l'état de cette contrée par rapport aux moyens d'instruction, il forma le projet de fonder à Williamsburgh, qui en est la capitale, un collége pour la propagation des lumières et de l'Évangile. Il proposa à cet effet une souscription volontaire, vint en Angleterre, en 1695, pour solliciter la protection de la cour à cet égard, et obtint de Guillaume III des lettres patentes pour l'établissement et la dotation d'un collège qtii devait porter le nom de Collége de Guillaume et de Marie. Blair occupa pendant cinquante ans la place de principal de ce collége, et fut en outre recteur de Williamsburg et président du conseil de la colonie. Il mourut en 1745, dans un âge avancé. On a de lui : Explication du divin sermon prononcé par notre Sauveur sur la montagne, etc., en plusieurs sermons et discours, Londres, 1742, 4 vol. réimprimée depuis
  • Jacques BLANCHARD( 1600) : peintre, né à Paris en 1600, reçut les premières leçons de son art de Bellori, son oncle maternel, étudia quelque temps à Lyon, et alla, en 1624, à Rome avec son frère nommé Jean , qui ne s'est point élevé audessus de la médiocrité. Deux ans après, Jacques Blanchard se rendit à Venise, où il étudia les ouvrages de Titien et des autres grands coloristes de cette école. Plusieurs tableaux qu'il lit à Venise mime, à Turin et à Lyon, lui acquirent une réputation qui l'avait précédé lorsqu'il revint à Paris. Il était alors d'usage que, le 1" mai de chaque année, la confrérie des orfèvres offrit à l'église de NotreDame un tableau , connu sous le nom de Mai; et on n'employait à ces travaux que des artistes déjà célèbres. Blanchard >peignit deux (le ces tableaux : la Descente du St- Esprit, et St. André à genoux devant sa crois. Ce dernier est d'un coloris chaud et lier, mais l'autre offre encore (le plus grandes beautés. La composition en est noble, simple, sage; le coloris, plein (le finesse, et d'une suavité heureusement alliée à la vigueur. C'est le chefd'œuvre de Blanchard , et l'un des meilleurs tableaux de l'école française. Ce peintre exécuta encore à Paris deux galeries, dont l'une était celle de l'ancien hôtel de Bullion, un plafond à Versailles , etc. On l'employa aussi beaucoup à peindre des Vierges à micorps. Le nombre de ses productions paraltra fort grand, si l'on fait attention à la brièveté de sa carrière : il n'avait que 38 ans lorsque, attaqué d'une fluxion de poitrine, il mourut à Paris, en 1658. 11 laissait un Ills, nommé Gabriel, qui cultiva comme lui la peinture, mais dont les talents furent loin d'égaler les siens. A l'époque où parut Blanchard, on adressait déjà à l'école française un reproche souvent renouvelé depuis, celui de négliger le coloris. Blanchard parut, dans cette partie de l'art , si supérieur à ses contemporains, qu'on alla jusqu'à le surnommer le Titien français; éloge exagéré sans doute, mais dont aucun peintre de sa nation n'était plus digne que lui
  • Jacques BONGARS( 1546 - 1612) : calviniste , conseiller et maître d'hôtel de Henri 1V, l'un des plus habiles critiques de son temps, naquit à Orléans en 1546. étudia les belleslettres à Strasbourg, sous un professeur anabaptiste.; et le droit à Bourges , sous Cujas. Henri IV, soit comme roi de Navarre, soit comme roi de France, l'employa pendant près de trente ans dans les cours d'Allemagne, en qualité de son résident ou de son ambassadeur, et en retira de trèsgrands services dans les négociations les plus importantes. On dit que, s'étant trouvé à nome lorsque Sixte V fulmina sa fameuse bulle d'excommunication contre ce prince, Bongars y fit la réponse hardie qui est sous son nom dans le l" volume des Mémoires de la Ligue, et qu'il eut l'audace de l'afficher luimême au champ de Flore. Cependant il est certain, par son journal conservé dans la bibliothèque de Berne, qu'étant parti de Vienne en Autriche, au mois de mai •585, pour se rendre à Constantinople, il n'y arriva que le 25 juillet suivant,, de sorte que, pour peu qu'il y ait séjourné, il n'est guère vraisemblable qu'il ait pu faire à Rome la réponse qu'on lui attribue et qui est datée du 6 octobre de la même année. Bongars mourut à Paris, le 29 juillet 1612, à 58 ans , avec la réputation d'un trèshonnête homme et d'un savant distingué. Il avait acquis une grande partie des manuscrits de la bibliothèque de StBenoitsurLoire, dispersés lors du pillage de cette abbaye par les calvinistes; plu- sieurs de celle de la cathédrale de Strasbourg, dissipés dans les memes troubles, et les restes de ceux de Cujas. Cette précieuse collection passa depuis dans la bibliothèque de Bernie, qui possède en outre un recueil de plus de 42 vol. de mélanges concernant l'histoire et les intérêts publics d'Allemagne, de Hongrie, de Bohème, de la succession de Juliers, fait par Bongars, dans le temps qu'il résida dans les diverses cours de l'Empire. .1. Sinner, bibliothécaire de Berne, a donné la notice de tous ces manuscrits, ainsi que du journal de son voyage à Constantinople, et d'un recueil de ses lettres inédites trèsutiles pour l'histoire du temps. Ses ouvrages imprimés sont : Io un recueil des historiens des croisades, sous ce titre : Gesta Dci per Francos, sive Orientalium expeditionum et regni Francorum rosolymitani Scriptores varii cocetanei , in unum Hanau, 1611, 2 t. end vol. ; ce recueil, que l'on joint quelquefois à la Byzantine, contient une mappemonde de Sanudo , et d'autres cartes intéressantes pour l'histoire de la géographie. Ludewig a consacré un des sept volumes de ses Reliquice manuscriptorum omnis œvi, Francfort, 1730 à recueillir toutes les variantes et notes sur les divers auteurs réunis dans la Gesta Dci per Francos. 2° Jacobi Bongarsii Epistolce , Leyde, 16;1 ; Strasbourg, 1660 Cette dernière édition n'en contient qu'une partie ; les mènies, traduites en français, avec le latin à côté, par les écrivains de Pori.- Royal, sous le nom de Brianville , pour l'éducation du dauphin, Paris, 1668, 1680, 2 vol. ; la Haye, 1695. Dans cette dernière édition, on a retouché le style de la traduction, rétabli divers passages retranchés dans l'édition de Paris, et ajouté trentequatre lettres françaises, qui n'avaient pas été imprimées avec les latines. La 1 partie du recueil contient les lettres de politique adressées aux princes, aux ministres, etc.; la 2°, celles de littérature, à Camérarius, ami de l'auteur. Son style est pur, correct, élégant, naturel , presque digne du siècle d'Auguste, quoiqu'il n'ait pas affecté, comme les Bembo et les Manuce, d'en bannir tuute expression qui ne se trouverait point dans Cicéron. 3° Collectio Hungaricarum rerum Scriptorum, Francfort, 1600 4° Une édition de Justin, avec d'excellentes notes , Paris , 1581 On a encore de ce savant homme des notes sur Pétrone, des variantes de Paul Diacre. Sinner a fait imprimer à Lausanne, 1759, in•8°, des Extraits de quelques poésies aux le, 15° et 14° siècles, tirées des manuscrits de Bongars
  • Jacques BORDING( 1511 - 1560) : médecin assez distingué du le siècle, était né à Anvers en 1511. Trèsversé dans les langues grecque, latine et hébraïque, il les enseigna successivement à Lisieux, à Carpentras; fut reçu docteur en médecine à Bologne, pratiqua quelque temps la médecine à Anvers, à Rostock, se livrant aussi à l'enseignement ; enfin, fut nommé médecin du roi de Danemark, Christian III, en 1556 , et mourut le 5 septembre 1560. âgé de 50 ans. On a de lui : Physiologia, hygiena, pat halogia, prout has medicince partes in academia Rostochiens( et Hafniensi publice enarravit , Rostock , 1591 2' Enarrationes in sex libros Galeni de tuenda valetudine , Accessere auctoris consilia guettant illustrissimis principibus proescripta, Rastoch, 1595, 1604 C
  • Jacques BOUILLART( 1669 - 1726) : bénédictin de la congrégation de StMatir, né à Meulan ; en 1669 , et mort à Paris, le 11 décembre 1726. On a de lui : 1° une bonne édition du Martyrologe d'Usuard, sur le manuscrit autographe de l'abbaye de StGermaindesPrés , Paris , 1718 avec des notes où l'éditeur relève les méprises du P. Sollier, dans son édition du mente Martyro/ oge, et justifie les leçons du manuscrit de StGermain. 2' Histoire de l'abbaye royale de Si Germa desPrés, justifiée par des titres authentiques, l'anis, 1721 Cette histoire curieuse et pleine de recherches fut suisie de plusiems dissertations de l'auteur, pour réfuter l'abbé du Moulinet, qui prétendait que le portail de cette celebre abbaye est postérieur de deux sicles à l'époque où l'opinion commune en fixe lit construction, et qu'il ne fut tutti que sur la lin du te• biècle. Ces dissertations sont à la lin de l'histoire, avec de belles ligures. Toutes les pièces pour et rentre cette savante dispute se trou-%eut dans les Mercures de 1723 et 1721, et dams la Continuation des Mémoires de link- attire, etc., du P. Desmolets. D. Bouillart s'occupait de l'Histoire de la congrégation de St- Maur, lorsqu'il fut arrété dans son travail par la mort
  • Jacques BOYCEAU : seigneur de la Baraudiète, intendant des jardins de Louis XIII et de Louis XI V, a écrit sur toutes les parties du jardinage et sur l'art de former des jardins potagers et d'agrément : 1° Traité du Jardinage, selon les saisons de la nature et de l'art, en 3 livres, Paris, 1638 ; 2' Traité du Jardinage, qui enseigne les ouvrages qu'il faut faire pour avoir un jardin dans sa perfection, avec la manière de faire les pépinières, greffer, enter les arbres, etc., et une st rection pour faire de longues allées de promenade et bois taillis, Paris, de Sercy, 1689 ; ibid., 1707
  • Jacques BOURDÉ DE VILLEHUET( 1730) : d'une famille qui a fourni à la marine plusieurs officiers de mérite, naquit à StMalo vers 1750. Entré de bonne heure au service de la compagnie des Indes, il fut employé dans ses établissements et s'acquit la réputation . On connaît encore de Bourdé : Manuel des marins, ou Dictionnaire des termes de marine, Lorient et Vannes, 1775 ; Paris, 1798, 2 vol. Le Manoeuvrier a été traduit en anglais par Sanhwil, Londres, 1788. Bourdé mourut à Lorient en 1789, laissant un fils qui marche snr ses traces
  • Jacques BOURDIN : seigneur de Vilaines, fut secrétaire d'État sous Henri H et ses deux successeurs, secrétaire des finances en 1549, et chargé ensuite du département des affaires d'Italie. 11 dressa presque seul tous lesmémoires et les instructions pour soutenir les droits (le l'Église gallicane et de la couronne de France au concile (le Trente. On en trouve la plus grande partie dans le recueil des actes de ce concile , publié par Jacques Dupuy, Paris, 165's On conservait en un Nol. manuscrit, dans la bibliothèque de Legendre de Darmini, le Recueil complet des mémoires, instructions et dépeiches de Bourdin, depuis 1553 jusqu' en 1566, pour les affaires d'Allemagne. 11 fut employé en 1554 aux négociations de Troyes, pour conclure la paix avec l'Angleterre, et mourut le 6 juillet 1567. Il ordonna, par son testament, qu'on l'enterrât sans pompe, et Glue son corps fût porté dans la fosse publique, précédé d'une lanterne seulement, ce qui confirma le soupçon qu'on avait de son attachement aux opinions des protestants. — Nicolas BOURDIN, un de ses fils , obtint aussi la charge de secrétaire d'État , fut de l'académie de l'abbé d'Aubignac , et mourut gouverneur de VitryleFrançais, en 1676. 11 a publié quelques poésies et quelques ouvrages de mathématiques , ou plutôt d'astrologie , tels que les Remarques de J.- B. 1florin sur le commentaire du centiloque de Ptolémée, nus en lumière pour servir de fanal aux esprits studieux de l'astrologie, Paris, 1654, — Charles BOUI1DIN, chanoine, archidiacre et grand vicaire de Noyon, publia l'Histoire de Notre - Dame de Fieulaine, StQuentin, 1662 — Matthieu BOURDIN, religieux minime, mort en 1692, a publié la Vie de Madeleine Vigneron, du tiers- ordre de St- François de Paule, Rouen, 1679 et Paris, 1689,
  • Jacques BOURGEOIS : florissait du temps . - Duverdier fait mention d'un Jacques BOURGEOIS, trinitaire, auteur de l'Amortissement de toutes perturbations et Réveil des mourants, etc., Douai, 1576 Beauchamps , ne sait s'il s'agit là d'un même auteur
  • Jacques BOURLÉ( 1500) : né dans le 16e siècle, à Longménil, diocèse de Beauvais, docteur de Sorbonne, et curé de la paroisse. StGerma de Paris, a composé un grand nombre d'ouvrages, dont on trouvera une liste assez étendue dans la Bibliothèque de la Croix du Maine. Les auteurs de la Bibliothèque historique de la France en ont fait mal à propos deux écrivains différents, l'un nommé Jacques, et l'autre Jean ; ils attribuent au premier des Regrets sur la mort hastive de Charles IX, roi de France,, Paris, 1374 et à l'autre, un Discours sur la prise de Mende par les hérétiques , Paris, 1580 11 est aisé de voir que cette crieur vient de ce (pie lé prénoin de Bouclé n'a pas toujours été écrit en entier à la tète de ses ouvrages. C'étàit un catholique zélé, et leS continuateurs de Moréri lui reprochent. de n'avoir pas toujours mis assez de modération dans sa conduite et dans ses icrits. La Croix du Maine lui attribue une traduetion dés six comédies de Térence, tournées vers par vers ; niais comme il dit qu'elle n'était point encore imprimée au moment où il écrivait, c'est-àdire en 1584, on ne sait si cette traduction serait celle partit à Paris, en 1585 et dont l'atitetir est resté inconnu. Jacques Boudé vivait encore en 1584
  • Jacques BOUSSEAU( 1681 - 1740) : sculpteur, naquit, l'an 1681, à Chavaignes en Poitou, et vint à Paris, où il eut pour maitre Nicolas Coustou. 11 profita si bien des leçons de cet habile artiste, qu'il fut reçu à l'académie, où il obtint ensuite le grade de professeur. Son morceau de réception était Ulysse tendant son arc. Il lit pour la chapelle de Noailles, dans l'église de NotreDame, St. Maurice et St. Louis, statues d'une proportion un peu courte, et Jésus- Christ don nant les clefs à St. Pierre, basrelief. On voyait (le lui à StHonoré le mausolée du cardinal Dubois, ouvrage médiocre, et mal à propos attribué à Coustou; à Versailles, une statue de la Religion ; à Rouen, le grand autel de la cathédrale, représentant , par (les ligures allégoriques, l'ancienne loi accomplie par ré tablissement de la nouvelle, etc. Le roi (l'Espagne l'ayant choisi pour son sculpteur en chef, Bousseau se rendit dans ce royaume, et travailla beaucoup à Madrid, où il mourut en 1740, à 59 ans
  • Jacques BOUTREUX : sieur d'Éteau, publiciste, né au PontdeCé, en Anjou, mort vers 1682, dans un âge avancé, se montra défenseur zélé de l'autorité royale contre les maximes de Charles Mi- ron, évèque d'Angers. On a de lui deux ouvrages >outre ce prélat : le premier est un Examen des cahiers, c'est-àdire des pièces que Charles Miron avait fait imprimer dans son palais épiscopal contre Pierre Garantie, archidiacre d'Angers. Le second est intitulé : de la Puissance royale sur la police de l'Eglise contre les maximes de M. l'évéque d'Angers, Paris, 1625 Dans quelques exemplaires, ce livre est imprimé sous le nom de Syette, chanoine d'Angers. Jacques Boutreux était trèssavant nième en mathématiques. 'fout occupé de ses études, et peu soigneux de son bien, il mourut endetté, quoiqu'il vécût avec la plus grande simplicité
  • Jacques BRADLEY( 1692) : le modèle des astronomes, naquit, en 1692, à Shireborn, en Angleterre, dans le comté (le Glocester. Sa vie laborieuse, consacrée tout entière aux observations astronomiques , n'offre que des événements d'une extrême simplicité. Élevé d'abord à North Bach , clans une école particulière, il acheva ses études à l'université d'Oxford. On le destinait à l'état ecclésiastique, et il fut même nommé ministre de Bridstow, , et ensuite de Welfrie, dans le comté de Pembroke; mais quoique le crédit de ses amis pût lui faire espérer de l'avancement dans cette carrière, sa passion naturelle l'entraînait vers celle où il s'est rendu célèbre. Après avoir appris d'un de ses oncles les éléments des mathématiques, il s'exerça aux observations, et, en 1721, il fut nommé, à l'âge de vingtneuf ans , professeur d'astronomie du collége (le Saviile , à Oxford. Alors il résigna ses deux cures, et se livra entièrement à ses études chéries. Ce fut six ans après, en 1727, qu'il publia sa belle découverte sur l'aberration de la lumière. I1 y fut conduit, comme cela est arrivé souvent dans les sciences, sans l'avoir prévu , et en cherchant des résultats bien différents , qu'il ne trouva pas. Depuis que l'application du pendule aux horloges, et des lunettes aux instruments divisés , avait permis aux astronomes d'apercevoir et de mesurer de trèspetites variations dans les positions des corps célestes, ils avaient pensé que le diamètre de l'orbe terrestre serait une base assez étendue pour mesurer la distance des étoiles ; pour cela, il fallait observer avec la plus grande exactitude la position d'une même étoile , lorsque la terre se trouverait à deux extrémités opposées de ce même diamètre , c'est-àdire, de six mois en six mois. C'est ainsi que , dans la levée des plans , on mesure la distance d'un objet dont on ne peut approcher. Diverses tentatives, faites dans cette intention en France et en Angleterre, indiquaient bien dans les positions des étoiles observées quelques variations trèslégères, quelquefois favorables, et le plus souvent opposées à l'effet que le déplacement de l'observateur aurait dû produire ; mais pour démêler la loi de ces observations parmi les erreurs auxquelles les observations sont inévitablement sujettes , il fallait observer avec un instrument d'une plus grande dimension que ceux dont on s'est servi jusqu'alors. Dans ce dessein Graham , fameux horloger anglais , construisit un grand secteur avec lequel Bradley lit (les observations d'une exactitude toute nouvelle. Nonseulement il reconnut dans les étoiles les petites variations qu'on y avait précédemment aperçues, mais, ce qui était indispensable pour en découvrir la loi, il en mesura l'étendue et la période ; il vit qu'elles accomplissaient le cercle de leurs valeurs dans l'intervalle d'une année solaire , c'est-àdire qu'après un intervalle d'une année, chaque étoile se trouvait ramenée à la position qu'elle occupait un an aupavant. Enfin, et c'est ce qui complète sa découverte, il parvint à trouver la cause de ce déplacement apparent dans le mouvement de la terre, qui, en nous faisant choquer en sens contraire les molécules lumineuses émanées des astres, nous donne une sensation composée de ce mouvement et du mouvement propre de la lumière , qui , bien que trèsrapide, n'est cependant pas instantanée. D'après cette idée, Bradley nomma ce phénomène l'aberration de la lumière. Il montra qu'en calculant , d'après cette supposition, la position apparente d'une étoile quelconque à toutes les époques de l'année, en partant des vitesses connues de la terre et de la lumière, on parvient à suivre tous ses déplacements progressifs, et on la retrouve constamment à la place qui lui est assignée par le calcul. Cependant, malgré l'accroissement considérable (l'exactitude que cette découverte introduisait dans les observations astrono, miques , malgré la réduction importante qu'elle apportait dans les écarts des observations comparées , elle ne les accordait pas avec une rigueur complète. On y entrevoyait encore quelques différences qui , bien que fort petites en ellesmêmes, étaient néanmoins trop grandes et trop générales pour qu'on dût les attribuer entièrement aux imperfections de l'instrument qui servait pour observer. Tout autre que Bradley eût probablement négligé des différences si légères , ou n'y eût donné que peu d'attention, mais elles n'échappèrent point à son génie éminemment observateur ; il les étudia sans relâche , les suivit pendant dixhuit ans avec une admirable constance, et parvint ainsi à en mesurer l'étendue et la période, de même qu'il l'avait fait précédemment pour l'aberration. Ayant ainsi observé toutes les successions du phénomène , il chercha la loi qui les unissait, et trouva qu'on les représentait parfaitement en donnant à l'axe de la terre un petit mouvement d'oscillation qui s'accomplit pendant la durée d'une révolution des noeuds de la lune, c'est-àdire en dix - huit ans. Il appela ce phénomène la nutation de l'axe terrestre, et en publia la découverte en 1747, dans une lettre adressée à lord Mascleslield. Cette lettre est imprimée dans les Transactions philosophiques, ainsi que le Mémoire sur l'aberration. C'est à d'Alembert que 'on doit d'avoir établi, par le calcul, la cause physique de la nutation , d'après la théorie de l'attracion universelle. La terre , comme tous les autres .orps planétaires , est attirée par le soleil ; elle l'est aussi et n'élue davantage par la lune, qui compense a îaiblesse de sa masse par l'avantage de sa ',rosinité. Si la terre était sphérique, ces attractions ne ;Mangeraient que sa distance à ces deux astres; :nais, comme elle a la forme d'un sphéroïde aplati aux pôles, l'attraction s'exerce illégalement sur ses différents points. Cette inégalité, modifiée par l'attraction des planètes , détourne continuellement le plan de l'équateur terrestre. Elle force de rétrograder sur l'écliptique , ce qui produit le phénomène :le la précession des équinoxes ; et, de plus, elle occasionne un changement séculaire dans l'obliquité de l'écliptique sur l'équateur. Les attractions ainsi exercées par le soleil et par la lune doivent varier avec leurs distances à la terre ; le déplacement de l'équateur ou de l'axe terrestre qui lui est perpendiculaire doit donc aussi varier d'intensité, suivant les positions des deux astres, et redevenir le mètre quand ils reviennent aux mèmes positions relativement à nous. Ce sont ces petites variations qui constituent la nutation de l'axe terrestre, découverte par Bradley. Une portion trèspetite (le ce mouvement est produite par le soleil ; elle s'accomplit dans l'intervalle d'une demiannée tropique : le reste , et presque la totalité, est due à l'action de la lune, et s'accomplit dans l'intervalle (le temps que le noeud ascendant de la lune emploie à faire le tour de l'écliptique , c'est-àdire à peu près en dixhuit ans. Nous sommes entrés dans quelques détails sur ces deux découvertes de Bradley , parce qu'elles portent sur les plus grands phénomènes de In nature, et sur ceux dans lesquels l'homme est parvenu à une certitude qui lui est refusée dans tant d'autres spéculations , en apparence plus accessibles. D'ailleurs, elles ont eu la plus grande influence sur toute l'astronomie ; car, tant que la cause de ces petits mouvements a été inconnue, on les confondait avec les erreurs (les observations , et ainsi on ne pouvait jamais donner à cellesci plus d'exactitude que ces écarts n'en permettaient. 11 fallait donc se résoudre à laisser des erreurs de cet ordre dans les tables des mouvements célestes les plus utiles à l'astronomie ; et toute l'assiduité des astronomes , sans ces deux découvertes , n'efit servi (le rien pour les corriger, puisque les observations .portaient en ellesmèmes le vice secret et caché de leur imperfection. Afin de ne point séparer l'une de l'autre ces deux grandes découvertes (le l'aberration et de la nutation, nous avons un peu devancé l'ordre chronologique ; mais , pour y revenir, nous (levons dire que , dès 1726, Bradley avait reconnu la principale inégalité (lu premier satellite de Jupiter, et avait montré comment les éclipses de ce satellite , corrigées (le cette inégalité, pouvaient servir avec succès à mesurer les différences de longitudes. Ce fut le sujet d'un mémoire qu'il publia dans les Transactions philosophiques. L'éclat des travaux astronomiques de Bradley avait attiré sur lui les regards de ses com- patriotes. En 1730, trois ans après la découverte de l'aberration de la lumière, il fut nommé professeur d'astronomie et de philosophie naturelle au muséum d'Oxford. En 1741, on lui décerna la place éminente d'astronome royal , vacante par la mort de Halley, et il alla résider à l'observatoire de Greenwich. Ce fut là qu'il passa le reste de sa vie, dans la possession entière (les objets de sa passion chérie, au milieu des magnifiques instruments dont les talents (le Bird , de Graham , et la munificence de George 11 ont enrichi cet observatoire, devenu plus célèbre encore par la suite non interrompue d'observations astronomiques qu'on y a faites depuis deux siècles , et qui toutes, relativement aux époques où elles ont eu lieu, portent le caractère de la plus grande précision. Bradley mit tous ses soins à disposer ces instruments avec exactitude, à étudier les détails de leur construction, à rectifier leurs erreurs par la comparaison de leurs résultats ; enfin, à en conclure les véritables mesures des phénomènes célestes, en dépouillant les observations de toutes les illusions qui les altèrent , particulièrement des réfractions produites par l'atmosphère. Ce fut dans cette retraite profonde , et n'ayant de communication qu'avec le ciel, que Bradley accumula plusieurs volumes remplis en entier de ses propres observations : collection prodigieuse , si l'on considère qu'elle fut l'ouvrage d'un seul homme, niais plus remarquable encore paie l'uti!ité dont elle a été, dont elle est tous les jours à l'astronomie. De cette mine féconde, on a tiré des milliers d'observations du soleil, de la lune, des planètes, qui, habilement combinées , et , pour ainsi dire, fondues ensemble par le calcul , ont porté l'exactitude dans toutes nos tables astronomiques. Ce fut là que le célèbre astronome Mayer puisa les éléments de ses l'ables de la lune, les premières qui aient rempli, par leur exactitude, l'espoir des marins et des géomètres. Douze cents observations de la lune faites par Bradley, et calculées par cet astronome infatigable, offrirent à Mayer toutes les vérifications et tous les moyens (le détermination dont il avait besoin. Ce monument, d'une patience, d'une adresse et d'une fidélité iniMitables, supplée à lui seul, par la perfection des données qu'il renferme, à tout ce qui nous manque des siècles antérieurs; et, si l'astronomie tout entière était détruite, il suffirait pour la recréer. Il est honorable pour les sciences de pouvoir ajouter qu'un homme qui fit tant pour elles était en mème temps modeste, bienveillant, humain et généreux ; il semble presque superflu (l'ajouter qu'il était désintéressé et sans ambition. On ne laisse pas tant de travaux à la postérité, quand on s'occupe beaucoup des affaires; niais le désintéressement de Bradley mérite pourtant d'ètre remarqué, parce qu'il portait jusqu'en cela mème quelque chose de cette scrupuleuse exactitude dont la nature l'avait (loué, et qui formait le caractère principal de son génie. Lorsqu'il fut établi à l'observatoire royal, le roi lui fit offrir la riche cure de Greenwich, mais il la refusa, « craignant, « disaitil, que les travaux de l'astronome ne nuisis« sent à ceux du ministre des autels. » Le roi, tou- ché de sa délicatesse, lui accorda une pension annuelle de 230 liv. steel., ce qui était beaucoup alors, surtout pour On homme dont les gœlts n'étaient pas dispendieux. On raconte, à ce sujet, qu'un jour la reine, étant venue visiter l'observatoire royal, s' forma. du traitement annuel dont Bradley jouissait, et, surprise (le sa modicité, elle témoigna vivement l'intention de s'intéresser pour qu'on l'augmentât ; mais elle fut bien plus surprise encore quand Bradley la supplia de n'en rien faire ; et, comme elle lui eut demandé la raison de son refus : « C'est, ditil, « parce que, si la place d'astronome royal valait « quelque chose, on ne la donnerait plus à un as« tronome. » Bradley avait été nomme associé étranger de l'académie des sciences de Paris, en 1748 ; membre de la société royale de Londre, en 1752; de l'académie royale des sciences de Pétersbourg, en 1754, et (le l'institut de Bologne, en 1757. 11 est glorieux pour les savants français (l'avoir devancé la patrie même de cet homme célèbre, dans les hommages rendus à son génie. Après deux années de souffrances, Bradley mourut le 13 juillet 1762, âgé de 70 ans. Il avait eu pour amis Slolyneux, Halley, Newton, et la plupart des savants distingués (le son temps. Quoiqu'il s'exprimât bien, et qu'il éciivit avec une grande clarté, il était habituellement silencieux, et n'a publié qu'un trèspetit nombre de mémoires insérés dans les Transactions philosophiques. Les registres qui contenaient toutes ses observations furent recueillis à sa mort par sa famille, qui, craignant de ne pouvoir les soustraire aux justes réclamations de l'amirauté, (le la société royale et des savants de tous les pays, prit le parti de les remettre à l'université d'Oxford. Cette université, par une singulière marque de respect pour la mémoire de Bradley, garda longtemps ce précieux dépôt dans sa bibliothèque, sans consentir à ce qu'il filt livré à l'impression : elle se rendit enfin au voeu des savants, et on publia : Bradley's astronomical Observations made et the observalory of Greenwich, from 1750 to 1755, Oxford, 1798 et années suiv., 2 vol. On trouve aussi dans cet ouvrage les observations de bliss, astronome qui succéda à Bradley, après avoir suivi quelque temps les travaux de l'observatoire de Greenwich sous sa direction
  • Jacques BRACELLI( 1300 - 1460) : né vers la fin du 14° siècle, à Sarzane, petite ville de Toscane, alors sous la domination des Génois , préféra aux offres tic Nicolas V, son compatriote, qui lui proposait l'emploi de son secrétaire , une vie tranquille et laborieuse. Son désintéressement fut récompensé par les Génois, qui le nommèrent chancelier , sous ce titre : de Bello Hispano libri 5. Pliil. Béroaldo en compare le style à celui des Commentaires de César, que Bracelli avait pris pour modèle. D'antres écrivains en louent aussi le plan et la conduite. Elle fut réimprimée plusieurs fuis séparément. Toutes ses œuvres ont été publiées par Augustin Justiniani, Gênes et Paris, 1520 ; réimprimées à Haguenau, 1550 et depuis plusieurs fois à Mme. On y trouve : 1. de Claris Genuensibus libellus. 2° Descriplio Liguriae. 5° Epistolarum liber. Ces trois premiers ouvrages ont été insérés dans le t. l du Thesaurus Antiquitalum de Guevius. 4° Diploma, mirce anliquilalis tabella in agro Genuensi reperta. Un autre (le ses opuscules, intitulé de prœcipuis Genuensis urbis Familiis, a été imprimé dans l’Iter Italicum de Mabillon
  • Jacques BOSCHIUS : savant jésuite qui a échappé à tous les biographes et bibliographes, est auteur de l'ouvrage suivant : Symbolographia, sive de arta symbolica sermones septem; quibus accessit, studio et opera ejusdem, sylloge ctlebriorum symbolorum, in quatuor divisa classes : sacrorum, heroicorum, elhicorton et satyricorum, bis mille iconismis expressa, Augsbourg, 1702 de 420 p. et de 171 pl. Le volume est orné de nombreuses ligures de Jacob Muller et de JeanGeorge Wolffgang. La permission d'imprimer est datée de Landsberg, le 12 septembre 1699, et la dédicace, qui remplit 23 p; et qui a été signée à Neubourg, en 1700, est offerte à l'archiduc Charles d'Autriche
  • Jacques BOSIO : en latin Bossus, frère servant de l'ordre de Malte, natif de Milan, selon les uns, et plus vraisemblablement de Clivas en Piémont, selon les autres, remplit à Rome, sous Grégoire XIII, les emplois de secrétaire et d'agent de cet ordre. Ayant entrepris d'en écrire l'histoire, il céda ses charges à son neveu, Antoine Bosio, dont nous parlerons plus bas. Il s'attacha ensuite au cardinal Petrochino, qu'il espérait voir élever au souverain pontificat. Cette espérance ayant été trompée, il se retira entièrement des affaires. On ignore l'année de sa mort. Son histoire est intitulée : Isloria della sacra religions di' san Giovanni Gierosolimitano, Rome, 1594, 2 vol. ; le 3° parut en 1602 ; idem, Rome, 1621-30 et 52, 3 vol. ouvrage précieux pour la multitude des faits qu'il renferme, et que Boissat n'a presque fait que traduire dans son travail sur le ménie sujet. Avant de publier ce grand ouvrage, Bosio avait déjà fait paraître :1. la Corona del cavaliers Gierosolimitano, Rome, 1688 2- gli Privilegi della religione di san, Giovanni Gierosolimitano Rome, 1589 — Antoine Bosio, son neveu, fut après lui agent de l'ordre de Malte. Dans les moments de loisir que lui laissaient les affaires, il aimait à parcourir, avec quelques amis, les souterrains de Rome ; il y faisait des observations qu'il réunit ensuite dans un corps d'ouvrage, et il eut la gloire d'écrire le premier sur ce sujet d'érudition. Il mourut en 1629, laissant encore imparfait son ouvrage intitulé : Borna sotterrauea , quoiqu'il y efit travaillé trentecinq ans. Le chevalier Aldobrandino, exécuteur testamentaire de l'auteur, le publia en 1652, gr. avec des additions du P. Severani; réimprimé à Rome, 1650 Paul Aringhi en donna une traduction latine augmentée, Rome, 1651 ) ; Cologne, 1659, 2 vol. on y joint ordinairement l'ouvrage de Boldetti, intitulé : Osservazioni sopra cimeterj de' sanli marliri, etc., 1720 L'ouvrage de Bosio a été depuis augmenté, perfectionné et publié de nouveau par le savant prélat Bottari, Borne, 5 vol. 1737, 1747 et 1753, ce qui fait que l'ouvrage primitif est peu recherché aujourd'hui
  • Jacques BOSWELL( 1740) : fils aîné d'Alexandre Boswell, lord Auchinleck, l'un , 1769, 2 vol. En 1795, parut son Journal d'un voyage aux Hébrides, qu'il fit conjointement avec le docteur Johnson, et qui n'obtint pas moins de succès que le précédent ouvrage. Ce fut cette même année que Boswell quitta le barreau d'Écosse, et vint s'établir avocat à Londres ; mais la mort de son ami Johnson, dont il forma le projet d'écrire la vie, vint interrompre les travaux (le sa profession. Cette Vie de Samuel Johnson, qui fut imprimée en 1791, 2 vol. fut reçue du public avec un empressement extraordinaire, et c'est le plus connu des ouvrages de Boswell. C'est, au jugement (les critiques anglais, un portrait fidèle, et fait (le main de maitre. Pour les étrangers, c'est un ouvrage agréable et curieux, mais trop long, et surchargé de détails minutieux, qui ne peuvent intéresser que les admirateurs de Johnson. Boswell mourut à Londres en 1795, àgé de 55 ans. C'était un homme d'une ligure avantageuse, plein de politesse et de savoir, naturellement bon, mais d'un tour d'esprit caustique. Il ressemblait quelquefois, ditil luinième, au meilleur homme du monde, inspiré par la plus méchante muse. 11 avait une singulière prédilection pour la ville de Londres, qu'il regardait comme son élysée sur la terre ; prédilection que sa liaison avec le docteur Johnson n'avait sans doute pas peu contribué à fortifier. Outre les ouvrages que nous avons cités, on a de lui deux Lettres au peuple écossais, également remarquables par l'énergie du style et par les vues politiques, et une suite d'essais, (l'un ton mélancolique, imprimés vers l'an 17S2, sous le titre de l'Hypocondriaque, et insérés d'abord dans un ouvrage périodique du genre du Spectateur
  • Jacques BOUILLIARD( 1744 - 1806) : graveur, né à Versailles, le 14 septembre '1744, se consacra d'abord à la peinture et fut élève de Lagrenée aîné ; mais forcé de se confiner au logis par une infirmité incurable qui ne lui permettait pas de sortir sans le bras d'un ami, il se livra tout entier à la gravure et entreprit bientôt de publier la fameuse galerie du PalaisRoyal. Cette entreprise réussit et le lit connaître. Il fut reçu à l'académie, et vit sa fortune s'accroître avec sa renommée. Bouilliard est un des graveurs modernes qui ont le plus contribué à ramener dans le bon chemin la gravure que les tailles affec- Entre autres des extraits de ses lettres à blairait . tées de Beauvarlet et de ses confrères en avait éloignée. Son chefd'oeuvre est la belle estampe de Borée et d'Orythie , d'après Vincent. Ses portraits de Bartolozzi, d'après Violet, et de Madame Élisabeth, d'après madame Guiard, son Apollon et Daphné, d'après Michel Vanloo , sont aussi trèsestimés. 11 fut en outre employé par le musée, et a gravé plusieurs planches dans l'Encyclopédie. Toute la vie de cet artiste est dans ses travaux. 11 mourut le 50 octobre 1 806
  • Jacques BOUJU( 1515 - 1578) : né à Châteauneuf, en Anjou, en 1515, sut, par ses connaissances dans les langues, dans le droit et dans les sciences, se faire estimer de François I", et de Marguerite de Navarre, qui lui donna un emploi dans sa maison. Après la mort de cette princesse, il obtint une place de président au parlement de Bretagne. Bouju mourut à Angers en 1578. La Croix du Maine, qui se fait un mérite d'avoir connu un si habile homme, lui donne de grands éloges. Il lui attribue différents ouvrages, dont la plupart, ditil, n'est encore imprimée. Si on l'en croit, Jacques Bouju écrivait également bien en grec, en latin et en français, et il avait composé des vers dans ces différentes langues. De plus, il avait traduit les six premiers livres des Décades de TiteLive. Le poème français dont il le fait auteur, intitulé : Bis de Démocrite et Pleurs d'Héraclite, pourrait bien n'être qu'une traduction de l'italien de Fregoso. Le plus intéressant des ouvrages de Bouju devait être son Royal Discours des choses mémorables faites par les rois de France jusqu'à Henri 111. Le P. Le, long en fait mention dans la Bibliothèque historique de la France, niais sans dire s'il est conservé. On apprend dans le même ouvrage que le poème latin de J. Bouju, intitulé : Turnella , a été imprimé à Angers, 1578 par les soins d'Ayrault. Le Dictionnaire de Moréri, qui lui donne deux articles sous lei noms de BoNJo et BOUJU, ne place sa mort qu'en 1588. — BOUJU DE BEAULIEU , son fils, aumônier du roi, a publié quelques ouvrages sur des matières ecclésiastiques. Ws.
  • Jacques BOULAY : chanoine de StPierreEmpont à Orléans, et bachelier en droit, mort vers 1730, a publié : Manière de bien cultiver la vigne, de faire la vendange et le vin dans le vignoble d'Orléans, utile à tous les autres vignobles du royaume, où l'on donne les moyens de prévenir et de découvrir les friponneries des mauvais vignerons. La date de la 1re édition nous est inconnue ; la 2e est de 1712, et la 3e, qui est trèsaugmentée, est de 1723. L'auteur détaillé, avec beaucoup de clarté et de précision, toutes les opérations que demande la culture des vignes, et il parait qu'il s'en occupait depuis longtemps. Il ne faut pas y chercher de théorie ; mais la pratique y est trèsbien développée. Le style , quoique souvent trivial, est vif et piquant , surtout quand il est question des friponneries des vignerons. Le volume est terminé par un vocabulaire des termes qui sont en usage pour la culture de la vigne dans le vignoble d'Orléans. On n'a aucun détail sur la vie de cet ecclésiastique. 11 parait que, dès la première édition de son ouvrage, des rigoristes lui avaient reproché (l'avoir écrit sur l'art de faire le vin, comme ne convenant pas à un homme de son état; aussi, clans la seconde, il se borna à décrire la culture de la vigne, et supprima tout ce qui concernait la vendange et l'art de faire le vin. On lui reprochait de n'avoir lu PEcriture sainte et les Pères de l'Église quepour y trouver des éloges du vin. Il répondit victorieusement à ces reproches clans un avis qui est à la tète de la troisième édition
  • Jacques BRINDLEY( 1716 - 1772) : habile mécanicien et ingénieur anglais, naquit de parents pauvres, en 1716, à Tunsted, paroisse de VVormhill, dans le comté de Derby. Son éducation fut, diton, négligée au point qu'il n'avait appris ni à lire ni à écrire ; dans la suite il n'apprit qu'à signer son nom. Cependant Nicholson assure qu'il lisait un peu, et que ses amis conservent encore quelques lettres de lui : Peut-ètre, dans toute autre carrière que celle qu'il a parcourue, il eût vécu et fût mort ignoré; mais ayant été mis, à l'âge de dixsept- ans, en apprentissage chez un charpentier, constructeur de motilins, nommé Bennet, il se montra bientôt supérieur à son maitre, et porta ce genre de machines à un degré de perfection inconnu' jusqu'alors. Bennet lui laissa la direction de son établissement dont il étendit beaucoup l'utilité par l'exécution de différents ouvrages de mécanique, la plupart de son invention. En 1158, son génie trouva une occasion de se développer d'une manière plus remarquable. Le duc de Bridgewater possédait à Worsley un vaste domaine, trèsriche en mines de charbon, mais dont les frais de transport par terre l'empêchaient de tirer parti. Pour obvier à cet le duc se proposa de faire faire un canal de Worsley à Manchester ; il en parla à Brindley, qui, malgré les difficultés, approuva le projet, en traça le plan, et se chargea de l'exécution. C'était la première entreprise de ce genre qu'on eût encore con-çue en Angleterre. Il fallait vaincre des obstacles physiques qui paraissaient insurmontables, et auxquels se joignait l'opposition des passions, des préjugés et des intérêts particuliers. Brindley ne se laissa décourager ni par les objections ni par les difficultés, et y répondit par le succès. Le canal étant poussé jusqu'à Barton, il proposa de le continuer audessus de la rivière par un aqueduc, élevé de 5 pieds audessus de la surface de l'eau. Ce projet fut d'abord tourné en ridicule, et un dont il avait luimême désiré de connaître l'opinion, dit à ce sujet avait souvent entendu parler de châteaux en l'air, mais qu'on ne lui avait jamais montré la place où ils devaient être bâtis. » Cela n'empêcha pas Brindley, plein du sentiment de ses forces, et animé par son noble protecteur, de commencer en septembre 1760 cette partie du canal, qu'op vit porter bateau le mois de juillet suivant. Le canal fut prolongé bientôt jusqu'à Manchester et ensuite jusqu'à Liverpool. Encouragés par ce succès, nombre de propriétaires et de manufacturiers du comté de Stafford firent revivre le projet d'un canal de, navigation à creuser dans cette province, pour réunir les deux mers par la Trent et la Mersey, projet que quelques difficultés avaient fait abandonner vingt ans auparavant, et Brindley fut encore chargé de cette entreprise, pour laquelle une souscription fut ouverte en 1765. Ce canal, qu'il appelait le grand ronc de ilavigatiôn, par rapport aux branches nombreuses qu'on pouvait en faire partir, fut commencé en 1766 et fini en 1777, sous l'inspection de son beaufrère nemshall. Il continua de diriger l'exécution de plusieurs autres canaux trèsimportants pour le commerce intérieur de l'Angleterre, tels que le canal de communication entre le port de Bristol et les ports de Liverpool et de Bull ; le canal de communication de Droitwich à la rivière de Severn. La réputation qu'il s'acquit en ce genre de travaux était telle, que peu de canailx s'exécutèrent de son temps en Angleterre sans qu'il y eût donné son approbation ou ses conseils. Outre une foule de machines ingénieuses qu'il avait et qu'il appliquait à de grandes entreprises, on lui doit plusieurs procédés utiles, entre autres la méthode de bâtir sans mortier des digues contre la mer. Il mourut le 27 septembre 1772, dans sa 560 année. Privé du secours des livres, lorsque, dans le cours de ses travaux, il se trouvait arrêté par quelque difficulté extraordinaire, il se mettait au lit pour méditer sur les moyens de la surmonter. Dans de pareilles occasions, on l'a vu rester au lit pendant deux ou trois jours, après quoi il se levait et exécutait ce qu'il avait conçu, sansten faire ni dessin ni modèle. Sa mémoire était étonnante. Il était, disaitil, en état ae se rappeler et d'exécuter toutes les parties de la machine la plus compliquée, pourvu qu'on lui donnât le temps d'en classer dans son esprit les différentes parties et leurs rapports entre elles ; niais il fallait peur de chose pour renverser l'édifice de son cerveau. On rapporte qu'ayant été un jour entraîné, comme malgré lui, à un des théàtres de Londres, l'effet du spectacle troubla tellement ses idées, qu'il lui fut difficile de reprendre ses travaux, et il se promit de n'y plus retourner. L'habitude du succès lui avait fait croire que rien ne lui était impossible. Un de ses projets favoris était d'unir l'Angleterre et l'Irlande par une route flottante et un canal, cc qu'il se flattait d'exécuter de manière à ce que l'ouvrage pût résister aux plus violentes attaques des vagues de la mer. Il portait à un tel excès son enthousiasme pour les navigations artificielles, qu'il parlait avec ,assez de mépris des rivières comme moyen de com- munication. Un jour qu'il exprimait ces sentiments devant un comité de la chambre des communes, un des membres du comité lui demanda : « Pourquoi « donc croyezvous que les rivières ont été créées?» Brindley, après avoir hésité un moment, dit qu'elles étaient faites « pour fournir de l'eau aux canaux « navigables. » Une application trop forte et trop continue aux objets qui l'occupaient avait altéré sa santé dans ses dernières années , et avança sans doute sa mort. La même disposition le rendait peu propre â figurer dans le monde. Ses manières, comme son langage, étaient extrèmement communes. Quoique ses idées fussent toujours trèsnettes dans sa tête, il les exprimait avec tant d'embarras et d'obscurité, que beaucoup de gens le regardaient comme un imbécile. Le principal monument de sa réputation, le canal de Bridgewater, est le plus étonnant ouvrage de ce genre que l'on connaisse
  • Jacques BROCARD : Vénitien suivant les uns, Piémontais selon les autres, est un fameux visionnaire du 16° siècle. Il fondait sa mission sur une prétendue vision, dans laquelle il crut avoir découvert à Venise, en 1565, l'application de divers endroits de l'Écriture sainte aux événements particuliers de son siècle, spécialement à ceux qui concernaient la reine Élisabeth, Philippe II, le prince d'Orange, etc. Comme il n'est pas de charlatan qui ne fasse des dupes, il trouva dans le crédule SégurPardaillan, gentilhomme calviniste, toutes les ressources nécessafres pour l'impression de ses livres apocalyptiques. C'étaient des commentaires sur l'Apocalypse, des explications mystiques et prophétiques de quelques autres livres de l'Écriture; un traité du second avénement de JésusChrist, adressé aux chrétiens ; un d u premi er avénement, adressé aux juifs ;lin troisième traité de Antibaptismo jurantium in papam , etc., Leyde, 1580. On peut voir, dansJ.A. Fabricius Bibi. lat. medico et infisince , la liste de ses écrits. Les voies de la persuasion n'ayant pu le ramener, il fut condamné dans les synodes de Middelbourg, de la 'Rochelle, en 1581. Chassé de la première de ces villes, il se réfugia à Brème, courut toute l'Europe, se fixa enfin à Nuremberg, où il trouva des protectecteurs, et y termina sa carrière sur la lin du 16e siècle
  • Jacques BROUSSE : théologien, né Auzance , et mort le 7 novembre 1675. On a de lui : I° Sermon sur la grâce ; 2° Lettre au sujet de ce sermon; 3° Requéles et Mémoires au sujet de l'affaire des cinq propositions de Jansénius; 4. Tableau de l'homme juste; 5° Oraison funèbre de Louis le Juste; 6° Vie du P. Ange de Joyeuse
  • Jacques BROQUARD( 1588 - 1660) : dont le nom de famille se trouve indifféremment écrit sur les registres de naissance Bronquardt, Broncquart, Broquardl, etc., a vu le jour à Thionville, vers 1588. Entré eu 1608 dans la société de Jésus , il demeura longtemps à Luxembourg, et mourut en 1660. On ne sait rien de plus sur sa vie. Il a traduit en latin : le Pédagogue chrétien du jésuite Philippe d'Oultremann, de Valenciennes, ouvrage souvent réimprimé, et dont l'édition originale parut à Mons en •641, 5 vol. Le 4' vol., annoncé par d'Oultremann , n'a pas été publié. 2° Un petit ouvrage intitulé : Pensez- y bien, ou Moyen assuré de se sauver, Rouen, 1648, n-8°. Ce livre a été réimprimé trèssouvent depuis en français. Broquard a traduit en outre en allemand le Testament de l'homme chrétien d'Antoine Sucquet, ainsi que la Vraie Philosophie du chrétien, qui consiste dans la méditation de la mort
  • Jacques BRUCE( 1730) : naquit le 14 décembre 1730, à Kinnaird, dans le comté de Stirling en Écosse, d'une famille noble et ancienne. Il descendait, du côté des femmes, de la maison royale, avantage dont il se prévalait avec orgueil. Destiné d'abord au barreau, mais préférant les plaisirs de la chasse et les charmes des beauxarts aux arides études du droit, il vivait incertain de l'état qu'il devait embrasser, lorsque, par un excellent mariage avec la fille d'un négociant de Londres, il se vit entraîné en quelque sorte dans la carrière du commerce. Sa fortune s'accrut rapidement, et tout lui promettait une existence brillante et tranquille, lorsque la mort de sa femme vint détruire son bonheur. Madame Bruce mourut à Paris, en allant rétablir sa santé dans le midi de la France. Bruce chercha des consolations dans l'étude. Il ne put les y trouver, et, pour distraire sa douleur, il se décida à voyager, et parcourut le Portugal et l'Espagne. A Madrid, il eut le projet de visiter les manuscrits arabes de l'Escurial ; et, quoique peu versé dans l'arabe, il espérait bitter par ses soins la publication de ces manuscrits. Le gouvernement espagnol s'y opposa. A son retour en Angleterre, son goût pour l'arabe prit une nouvelle force, et il joignit à l'étude de cette langue celle de l'éthiopien ou geez. Ce fut à cette époque que lord Halifax lui proposa d'aller à la recherche des sources du Nil; Bruce ayant accepté la proposition fut nommé consul à Alger, en 1705. Ce fut en juin 1768 qu'il se mit en route pour l'Abyssinie. Arrivé en Afrique, il commença ses voyages par visiter Tunis, Tripoli, Rhodes, Chypre, la Syrie, et quelques autres contrées de l'Asie Mineure. L'artiste italien qui l'accompagnait dessina les ruines de Palmyre et de Balbec, et quelques autres restes de l'antiquité. Ces dessins sont maintenant déposés dans la bibliothèque royale de Kew ; mais la relation de ce voyage n'a jamais paru. Bruce partit du Caire vers la fin de 1769, et visita les ruines d'Axum, suivit les bords du Taccazzé, l'un des grands neuves du pays, pénétra, à travers Mille périls, jusqu'à la ville de Gondaar, séjour des rois, et partit de là pour les sources du Nil, qu'il trouva dans une petite île verdoyante, dessinée en forme d'autel, sous la garde d'un grand prêtre qui avait la police religieuse de ces sources sacrées. Après un séjour de quatre ans dans l'Abyssinie, où il occupa à la cour la place de commandant de la cavalerie noire; après des recherches nombreuses et des aventures romanesques, Bruce reprit le chemin de l'Égypte par la Nubie. Son séjour à Sennaar offre encore des événements merveilleux, et des observations piquantes et nouvelles. Échappé à la trahison du roi nubien, il traversa le désert, malgré les colonnes de sable mouvant, malgré le souffle embrasé du samoun, malgré les embûches et les attaques des Arabes, et arriva enfin dans la haute Égypte, à Syené, où il fut favorablement accueili. De retour en Angleterre, Bruce trouva tout son bien entre les mains de ses parents, qui, le croyant mort, se l'étaient partagé avec une précipitation qui déplut au savant voyageur. Pour se venger de leur avidité, il se remaria, et eut un fils de sa seconde femme ; mais il eut le chagrin de la perdre en 1784. Alors, dégoûté du monde, il se retira dans sa terre de Kinnaird, où il se livra entièrement à la rédaction de son voyage, qui parut en 1690. C'est dans cette retraite, embellie d'un riche muséum, que Bruce passa les dernières années de sa vie. Un triste accident la termina en peu de jours ; il mourut des suites d'une chute qu'il avait faite dans son escalier, sur la fin d'avril 1794. Bruce a contribué, par sa relation, à faire mieux connaître l'Abyssinie que les voyageurs des 16e et 17° siècles, surtout dans ce qui a rapport à l'histoire naturelle; mais ses prétentions ne se bornent pas là. Il s'est regardé comme le premier Européen qui ait pénétré aux sources du Nil, et il a eu doublement tort d'affirmer cette fausseté. Premièrement, il n'a point vu les sources du vrai Nil , situées au pied des alpes de Kumri, ou montagnes de la Lune. Elles n'ont point encore été visitées par les Européens. Brown, dans son voyage au DarFour, est celui qui s'en est le plus approché. Quant à celles du BahrelAzrek, ou Nil des Abyssins, qui est l'Astapus des anciens, Bruce ne put encore se faire honneur de cette dé' couverte. Le P. Paez, missionnaire portugais, les avait visitées et décrites longtemps avant lui, et Bruce n'avait fait que le copier minutieusement. On peut voir dans l'OEdipus . 4igyptiacus la description de Paez citée par Kircher. La relation de Bruce a été imprimée en Angleterre sous ce titre : Travels to discover the sources of the Nile in the years 1768, 69, 70, 71 and 72 ; Édimbourg, 1790, 5 vol. fig. Elle a été traduite en allem. par Wolkmann; en franç. par J.G. Castera, Paris, 1790 et 1791, 5 vol. 10-4., ou 10 vol. et atlas ; et ensuite :abrégée par Henry, 1799, 9 vol. A. Murray a publié une 2' édit. anglaise de ce voyage, Londres, 1805, 7 vol. et atlas sur l'exemplaire préparé par Bruce luimême, et enrichie de la vie de l'auteur, et de plusieurs mémoires qui traitent des ?anuscrits éthiopiens rapportés par Bruce, de la mythologie égyptienne, de la population de l'Égypte, de l'histoire de l'Abyssinie, etc., réimpr. encore à Édimbourg en 1813. Dans les additions que contient cette édition l'auteur parle du Behr- elAbiad, ou le vrai Nil, et il avoue qu'a rendrait où il le traversa, il est trois fois aussi considérable que le BarelAzrek, qu'il nomme le Nil. Dans sa narration et dans sa carte il ne fait nulle mention du BalleelAbiail. On remarque dans les récits de Bruce des événements si extraordinaires, que cela leur donne souvent l'air d'un roman. L'exactitude de plusieurs faits qui lui avait d'abord été contestée a cependant été reconnue depuis. Bruce a fait quelques recherches sur les animaux et les plantes. 11 n'y en a qu'un petit nombre de figurés dans sa relation. L'édition anglaise contient quarantedeux ligures d'animaux et de plantes; et, dans quelques exemplaires, elles sont coloriées d'après les dessins de l'auteur. On y voit, entre autres, un mimosa ou acacia, qui produit une résine qu'il dit etre la substance connue sous le nom de myrrhe, et un protée, genre singulier, dont les nombreuses espèces n'avaient été trouvées jusqu'alors qu'au cap de BonneEspéra?ce; mais cc qui est le plus important, il fait connaître un arbre dont on se sert en Abyssinie connue d'u? spécifique contre la dyssenterie; et, comme il en avait rapporté des grailles, on a eu la satisfactiun de les voir germer ; en sorte qu'on le possède maintenant dans les jardins de botanique. Mais cet arbre étant de ceux qu'un nomme dioïques, c'est-àdire qui ont des fleurs males Sur un individu, et des fleurs femelles sur un autre, comme ou n'a que le male, on ne peut espérer de le voir fructifier. C'est avec raison que Miller et l'Héritier ont donné à cet arbre le nota de Brucea. Il a rapporté aussi une graminée du genre Pua dont la graine, malgré sa petitesse, sert à la nourriture des Abyssins. L. R—E et D—P—s.
  • Jacques BRANDMULLER( 1617 - 1677) : habile jurisconsulte et petitfils de Jean Brandmuller, partisan d'OEcolampade et de sa doctrine, et dont il nous est resté beaucoup de sermons et d'oraisons funèbres, naquit à Bâle en 1617. 11 obtint la chaire des insu- lutes dans sa patrie en 1652, et celle des Pandectes ai 1666. Sa réputation attira beaucoup d'étrangers à Bide. Il joignait, à une grande connaissance du droit, une érudition non moins profonde dans les antiquités romaines et les belleslettres. Il faisait des vers médiocres avec la plus grande facilité. limonrut en 1677. On a de lui, entre autres ouvrages Manuduclio ad jus canonicum cl civile, et beaucoup de dissertations sur les matières de droit. UI,
  • Jacques BREZ( 1771 - 1798) : né dans les vallées du Piémont, en 1771, résida quelque temps A Utrecht, mourut en 1798, à Mfddelbourg; on il était ministre de la religion protestante. On a de lui, en français : 1° Flore des insectophiles, précédée d'un discours sur l'utilité de l'étude de l'insectologie, Utrecht, 1791 2° Voyage intéressant pour : instruction ei, l'amusement de la jeunesse, dans le gotit du recueil de M.. Campe, Utrecht, 1792 Ce volume contient la relation des iles Pelew. liez se proposait, en 1795, de faire réimprimer ce volume, et d'en publier deux nouveaux ; nous ignorons s'il a exécuté son projet. 5. Histoire des Vau- dois, habitant lts vallées occidentales du Piémont, Lausanne, Leyde et Paris, 1797, 2 vol. . L'autcur, élevé dans la religion vaudoise, a écrit son ouvrage avec chaleur, méthode et clarté. Parmi les pièces qu'il a jointes à son histoire, on remarque des fragments d'un poihne en langue vaudoise datés de l'an 1100, et la traduction du catéchisme des Vaudois, composé par leurs barbes ou pasteurs, au commencement du 12° siècle
  • Jacques BREYN( 1637 - 1697) : botaniste du 17e siècle, naquit à Dantzick, le 14 janvier 1637, et mourut dans cette ville le 25 janvier 1697. 11 était négociant, et jouissait d'une fortune assez considérable ; mais il manifesta dès son enfance un gmit décidé pour la botanique; il en reçut les premières notions de 111entzell; il alla ensuite étudier à Leyde, et retourna plusieurs fois dans la suite en Hollande, où il avait des parents, pour y recueillis' des plantes rares. 11 en lit aussi venir de différentes contrées de l'Europe. Il se lia d'amitié avec les principaux amateurs, principalement avec Jérôme Beverning, curateur de l'université de Leyde. Bientôt il se détermina à faire connaître les plantes qu'il avait admirées dans les jardins de Hollande, et celles qu'il avait cultivées dans le sien. 11 les fit peindre avec beaucoup de soin , et graver de manière à sus'passer tout ce qui avait été fait jusqu'alors; puis, en 1668, il en publia une centurie sous ce titre : Jacobi Breynii plantarum exoticarum aliarumque minus cognitarum, Ceniuria prima, Dantziek,1678, usfol., lig. On trouve à la lin l'histoire du thé, par le docteur Tus' BIlyne.Breyn avait d'abord composé son ouvrage en allemand ; mais, à l'exemple de Descartes, ditil , il voulut le faire traduire en latin, Voyant que la personne qu'il en avait chargée n'en_ tendaitrien à la botanique ni à la médecine, il entreprit luimème ce travail, et pour donner aux diverses parties de son ouvrage toute la perfection possible, il le fit imprimer dans sa propre maison. Il annon9 la continuation de ce recueil en publiant deux catalogues des plantes qui devaient composer les centuries suivantes , sous ces titres : Prodromus prinnu, 1680, avec 5 planches; et Prodrontus secundus, 1689, à Dantzick , et tous deux Ces deux opuscules étant devenus trèsrares , Philippe Breyn, son fils , les lit réimprimer en un seul volume, 1759, avec des notes et 50 planches, qtra?ait préparées l'auteur; il y joignit son poKrait et sa vie, écrite par Daniel Seyler. 11 parait que les infir- mités, qui furent le partage des dernières années de Jacques Breyn, l'empèchèrent de mettre ses projets à exécution. 11 'mourut en 1697, laissant de nombreux matériaux , qui passèrent entre les mains de Philippe. Il en avait publié quelques parcelles dans les Éphémérides des Curieux de la nature. Elles consistent en vingtcinq dissertations sus' des plantes exotiques trèscurieuses. Les plantes dont Itreyn a publié la description et de bonnes figures lui méritent une place distinguée parmi les botanistes du second Plumier lui avait consacré un genre, sous le nom (le Breynia; tuais, dans une notice historique qu'il donne à cette occasion sur Breyn, il commet une erreur, qui a été répétée depuis, en disant que le reste des centuries déjà préparées ne fut pas publié, ayant été détruit par un incendie qui consuma la maison de Brevn. 11 parait que Plumier a fait une méprise , attribuant à Breyn l'accident arrivé à son compatriote et ami, le eelèbre astronome Ilevelius. Linné ayant jugé convenable de réunir le genre Breynia à celui (lit cilprier, ce savant, recommandable à beaucoup d'égards, se trouve maintenant privé de cet honneur, qu'on a prodigué à des botanistes qui ne le valaient pas
  • Jacques BRIDAINE ou BRYDAINE( 1701) : fils d'un chirurgien de Chusclan, alors du diocèse d'Uzès, né dans ce village, le 21 mars 1701, passa du collège des jésuites d'Avignon, où il fuses premières études, au séminaire de la congrégation des missions royales de StCharles de la Croix, de la meme ville. Chargé, pendant son noviciat, de faire le catéchisme dans diverses églises, il annonça de bonne heure celte facilité d'élocution, ce talent , que Bridaine improvisa dans l'église Laharpe a ipséré cet exorde admirable dans son Cours de Littérature. Voici un passage du même Sermon: «Eh ! savezvous « ce que c'esi que l'éternité ? C'est une pendule done le balancier dit de StSulpice, en présence du plus imposant auditoire. Si l'écrivain illustre qui a recueilli ce beau fragment n'a pas eu besoin d'appeler son talent au secours de sa mémoire, il faut convenir que jamais l'éloquence spontanée des missionnaires ne se signala avec plus de force et d'éclat, et que les discours les plus estimés des orateurs sacrés les plus célèbres n'offrent rien qui surpasse ce morceau sublime. Le reste du sermon avait été composé par avance. Les passages qu'en a rapportés un excellent juge dans ces matières lui ont fait dire que l'auteur savait au besoin préparer avec soin ses ouvrages pour la chaire, et les écrire avec autant de chaleur que de goût. Cette assertion est, à quelques égards, justifiée par d'autres extraits de sermons étudiés de Bridaine, insérés dans sa vie, publiée par l'abbé Canon, sous le titre de Modèle des prêtres, Paris, 1804; ibid., 1805 Cependant ces citations mêmes, comme tout ce qui est sorti de sa plume et de sa bouche , présentent un mélange incohérent d'images et de mouvements disparates, et une association bizarre d'idées étonnées de se trouver en- semble. Emporté par l'ardeur de son zèle, il aurait craint de la laisser refroidir, s'il eùt fallu qu'il soumît à la réflexion et aux règles du goût le choix des tours et des métaphores. 11 s'abandonnait sans art à l'impulsion de la nature; il ne retenait jamais l'émission de sa pensée, et ne s'embarrassait guère du soin d'en travailler l'expression. De là , chez un homme cloué d'une vive imagination, tant de traits hardis et frappants, de tableaux du plus grand effet, et de mots heureux et profonds; mais de là aussi tant d'inégalités, tant de contrastes choquants, tant de choses, quelquefois si grotesques. La voix de Bridaine, si forte et si sonore qu'elle pouvait facilement etre entendue d'un auditoire de 10,000 personnes, ajoutait beaucoup à la puissance de ses discours, et il ne manquait pas, pour en augmenter et en perpétuel' l'impression, de la rattacher à celle que produit toujours sur la multitude le matériel du culte, la solennité des fêtes, la pompe des cérémonies. Suivant le temps, le lieu, le rang, l'esprit de ses auditeurs, et l'objet particulier qu'il se proposait, il variait habilement l'lieure et la place de ses exercices, le ton et le sujet de ses instructions, le choix des oraisons et des cantiques, l'ordre des processions, et, en un mot, tout ce qu'il appelait ses méthodes. Il en avait formé une espèce . Il fit, avec le même éclat et avec le même succès , deux cent cinquantesix missions dans le cours de sa vie, et, quelques provinces du Nord exceptées, il n'y a pas en France, pour ainsi dire, une ville, un bourg, un village, où il n'ait porté le soin de son apostolat. Le chapitre de Chartres voulut en consacrer la mémoire, en faisant frapper une médaille en l'honneur de l'infatigable missionnaire, honneur que cette église avait jusqu'alors réservé aux princes ou aux personnes éminentes en dignité. Les prélats les plus illustres et les plus respectables le comblèrent de témoignages d'estime, d'attachement et de reconnaissance, et le pape Benoît XIV lui conféra le pouvoir de faire la mission dans toute l'étendue de la chrétienté. Cette marque insigne de confiance redoubla la ferveur de son zèle , et il venait encore d'en donner de nouvelles preuves dans une mission à VilleneuvelezAvignon, quand la mort le frappa à Roquemaure, le 22 décembre 1767. Doux, simple, modeste, d'une foi vive, d'une piété sincère, son caractère, ses moeurs et ses principes religieux ne contribuèrent pas moins que ses talents aux succès prodigieux de son ministère. Ses cantiques, d'abord intitulés Cantiques spirituels à l'usage des missions du diocèse d' 'liais, parce qu'il consacra longtemps ses travaux à cette contrée, et ensuite simplement Cantiques spirituels , ont été réimprimés quarante,sept fois
  • Jacques BURCKHARD( 1681 - 1753) : savant distingué, né à Sulzbach, en 468i , y commença ses études, puis les continua à Iéna, à Helmstaedt et à Wittenberg. La fai- blesse de sa santé ne l'empécha pas de s'adonner avec ardeur au travail, mais il faillit plusieurs fois en être la victime. Les leçons de Jacques Gronovi us, d'Hor. Tur- selin, de Perizonius, lui inspirèrent un goût particu- lier pour l'antiquité et pour l'histoire. Après avoir occupé diverses places dans plusieurs y i d' Allemagne, il se fixa à Wolfenbuttel, Où il fut nommé bibliothécaire et conseiller du duc de Brunswick. Il y mourut le '23 août 1753, laissant une bibliothèque considérable, et un cabinet de médailles dont il avait donné le catalogue en 1750, avec des mémoires sur sa vie. Ses principaux ouvrages sont : de Lingue latine in Germania per17 secula amplius fatis , 1715 1721 , avec des augmentations ; 2 Historia bibliothecce Auguste que Wolfenbuiteliest, 1744-45, 4 part. ; 3° Muse Burckhardiani 1. 1, com- plectens bibliothecam ; t. 2, Numophytacium, 1750 40 de Ultrichi de Hutten Palis ac Mentis, Wolfenbuttel, 1717-1725, 3 part. 5° quelques opuscules concernant l'histoire littéraire de l'Allemagne, et beaucoup de programmes
  • Jacques BRYANT : antiquaire et auteur an glais du 18' siècle, célèbre par son érudition, mais Plus encore par des opinions qui tiennent beaucoup du paradoxe. 11 fut successivement précepteur et secrétaire du lord Marlborough, fils du grand géueral de ce nom, qui lui fit obtenir une place à l'amirauté. On a de lui plusieurs ouvrages en anglais, dont nous ne citerons que les principaux : 1° Obser- vations et Recherches relatires à différentes parties de l'histoire ancienne, Cambridge, 1767 lig. 2° Nouveau Système, ou Analyse de la mythologie ancienne, Londres, 1775-76, 3 vol. fig , magnifiquement imprimé. C'est l'ouvrage sur lequel repose surtout sa réputation ; il y prétend que les histoires des patriarches rapportées dans l'Ancien Testament ont été l'origine d'une grande partie de la mythologie païenne ce qu'il dit à cet égard des mythologies indiennes a été pleinement confirmé par les académiciens de Calcutta, et par W. Jones, leur président. Ce livre a eu le plus grand succès à Londres. 50 Traité de l'authenticité de l'Écriture sainte, Cl de la vérité de la religion chrétienne, Londres, 1795 Ce dernier ouvrage a eu onze éditions dans la même année. 4. Défense de la médaille d' Apamée Londres, 177:, 1 vol. P. 5. Adresse au docteur Priestley sur la nécessité peilosophique 80. 6° Ob- servations sur les poiimcs de Rotrley, oit l'on établit l'authenticité de ces poi! mes, 2 vol. r Disser tation $ ur la guerre de Truie, décrite par Homère, montrant que cette expédition n'a jamais été entre- prise, et que celle prétendue ville de Phrygie n'a fa, mais existé, Londres, 1796 Cet ouvrage, composé à l'occasion du Voyage dans la Troade de Lechevalier, fit éclore un grand nombre d'écrits, pour et contre ce système singulier : Bryant a fait insérer dans les Mémoires de la société des anti- quaires des recherches sur la langue des Bohémiens 1) cette médaille, ou .pour mieux dire ces médaillons, car il y en a plusiours, sont frappés en l'honneur de Septime Sévere et de Philippe l'Arabe, dans la ville d'Apainée de Phrygie, ville qui se glorifiait de son ancien nom de Kibdros . Ils présentent pour type l'arche de Noé, avec le nom de ce patriarche, gravé dans la legende, et les accessoires du corbeau, de la colombe et du rameau d'olivier. Quelques antiquaires anglais, dont les mémoires se trouvent dans le vol. t de l'Archéologie, ont tàché, par des forcées, de mettre en , doute ou de faire entièrement disparaltre les rapports de ce type avec rtiiinoire mosaïque du déluge; niais le savant Eckbel a mis hors de question l'explication que Ilryant avait donnée, et il a observé, que les traditions judaïques, à l'époque où ces inédailles out été gratées, étalent assez répandues pariai les païens, pour que ceuxci ne se refusassent pas à puiser dans ces sources sacrées les idées et les faits qu'ils croyaient propres edaircir les ténèbres de leurs anciennes origines. V—v E. L'ouvrato de Uryant est intitulé: Dissertation concerning the war of Troy, described by Home ; shewing thal tint such expe-, et sur ses rapports avec quelques langues orientales. Étant en 1804 A sa campagne, dans le IF comté de Berck, et travaillant dans sa bibliothèque, un volume lui toinba sur la tète, et il mourut des suites de cet aceident, âgé de plus de 80 ans
  • Jacques CAMPHARI( 1440) : théologien du 15° siècle, était né, vers MO, à Gènes. Ayant embrassé la vie religieuse dans l'ordre de StDominique, il fut envoyé par ses supérieurs à l'université d'Oxford pour y terminer ses études. Il y reçut le grade de licencié dans la faculté de philosophie, et de retour en Italie, publia son traité : de Immortalitate opusculum in modum dialogi. Cet ouvrage est écrit en italien, qu'oigne l'intitulé soit latin. La 1" édit. sans date, de 25 feuillets, est sortie des presses de J.Phil. Lignamine, à Rome, en 1472. Elle est si rare qu'on ne l'a pas encore vue passer dans les ventes à Paris. On en trouve la description dans le Calalog. us romanarum edit d'Audifredi, p. 110. Quelques bibliographes en citent une autre édition de 1475 ; niais son existence est plus que douteuse, puisque, d'après la suscription qu'ils rapportent, il faudrait que l'impression en eût été terminée le méme mois et le même jour que la précédente. On en connaît quatre autres qui, par leur date et par leur rareté excessive, méritent de fixer l'attention des curieux : ce sont celles de Milan, 1475, Vienne, 1477, Cosenza, 1478, toutes et Bresistia, 1478
  • Jacques CANO : navigateur portugais, envoyé par le roi don Juan pour pénétrer aux Indes orientales, s'embarqua à Lisbonne en 1484, arriva à l'embouchure dit Zaïre, découvrit le royaume de Congo, revint en Portugal avec quatre Ethiopiens, fut envoyé ensuite en ambassade au roi de Congo, découvrit deux cents lieues de .pays au delà du Zaïre, rentra à Lisbonne en 1486, après avoir rempli l'objet de sa mission, et mourut vers la fin du 15° siècle
  • Jacques BUJAULT( 1771) : naquit à la ForêtsurSèvre , près Bressuire , le 1" janvier 1771, d'une famille qui depuis longtemps occupait la place de sénéchal de cette importante baronnie , dont le château servit de retraite à DuplessisMornay, lorsque Louis XIII lui eut ôté le gouvernement de Saumur. Le jeune Bujault finissait ses études à Angers, où il s'était fait remarquer, lorsque la révolution de 1789 éclata. Destiné à entrer dans la magistrature , et ne pouvant plus faire son droit, puisque les écoles étaient fermées, il se rattacha à une partie dans laquelle les connaissances par lui acquises pouvaient être de quelque utilité , en se faisant imprimeur à Niort. Mais alors les imprimeries de province n'étaient pas ce qu'elles sont devenues depuis. Doué d'une imagination vive et d'une grande facilité d'élocution , Bujault se rappela sa première vocation, et après avoir étudié les lois sans maitre, mais non sans succès, il débuta d'une manière brillante devant les tribunaux des DeuxSèvres, et exerça , pendant plusieurs années, les fonctions de défenseur officieux. Quand , plus tard, une nouvelle organisation judiciaire eut établi un tribunal par arrondissement, le fils du sénéchal de la Forêt quitta ses presses et se fit avoué défenseur à Melle. Or, cette position n'était encore que transitoire pour lui, car près de la petite ville où il venait de se fixer, il acheta des domaines sur lesquels il se livra à l'agriculture, en améliorant celle du pays, déjà renommée sous le nom de culture melloise. Cette prédilection pour la vie des champs , qui finit par devenir un goût prononcé chez Bujault, l'empêcha d'accepter la place de conseiller auditeur à la cour d'appel de Poitiers, où il fut nommé à la création de cette institution , en .1808. Elu , Clans les cent jours, membre de la chambre des représentants, et nommé membre de la chambre des députés sous la restauration, il monta à la tribune pour défendre les intérêts de l'agriculture. Mais bientôt il quitta les palais , et 'renonçant entièreznent aux fonctions judiciaires et législatives, il se retira à sa ferme de Challoue, et se fit paysan, pottant, comme il le disait luiméme, grand chapeau, large blouse el sabots a /a courge. Alors il ne fut plus pour ses voisins et pour ses anciens amis que maitre 4cqics, le Woureur de èhalloue. Ce n'est pas à dire que, dans cette postion , il négligeât ses devoirs de citoyen. Nommé membre du conseil général des DetuySèvres ft la révolution de juillet , il présida , pendant plusieurs années, ce corps délibérant , et contribua puissamment à faire voter les routes qui ont été ouvertes depuis dans ce département. Enfin Bujault, dont la santé s'affaiblissait, se démit de cet emploi', pour être tout entier à ses champs et pouvoir entrepren—dre quelques voyages dans l'intérêt de la science agricole, dont déjà il avait prêché les bonnes doctrines par ses exemples et par des publications. Celle qu'il entreprit d'abord s'adressait aux masses , aux cultivateurs pauvres , et ce fut dans un Almanach populaire qu'il inscrivit ses préceptes, en y joignant des récits dont l'originalité , à la manière de Rabelais, prêta à la critique et parvint en réalité à atteindre le but que se proposait l'auteur. En effet, Bujault trouvait, dans ces formules, le moyen d'arriver jusqu'à ceux qu'il voulait con- •aincre. Le petit livre de trois sous , disaitil, , depuis des siècles , est toute la bibliothèque (t (hi laboureur, sera continuellement entre ses « mains ; il y verra l'enseignement des bonnes mé-« thodes à pratiquer, des nouvelles cultures à troduire dans ses champs bien labourés et bien fa-« més. Je l'exciterai à me lire et à m'étudier, par « l'attrait du plaisir, car si j'écrivais froidement , il « ne me lirait pas J'inventerai des formes drola-« tiques, les personnages grotesques ne me manque-« ront pas. Je les prendrai dans les vices même « qui s'opposent au progrès de l'agriculture. Ainsi « j'aurai à mes ordres Routinet, Lambin, Boit- sans- « soif, Peau- làche , etc. Je les ferai parler et agir « grotesquement , de façon qu'ils aient une physio—« nomie ridicule et repoussante , qui corrige par u sa laideur... L'axiome, l'adage et le précepte e s'y montreront... Le proverbe surtout y saillira à u chaque pas, comme une étoile... Enfin tout mai-« citera de telle sorte que dans l'esprit du labou—« reur se gravera , en caractères ineffaçables, le « proverbe fondamental qui renferme dans son sein « tous les secrets de l'agriculture : Si tu veux du blé, « fais des prés. » L'almanach du laboureur de Chailoue eut tout le succès qu'il en attendait, il fut continué tous les ans, et son débit fut si grand dans diverses parties de la France , qu'on le tira par centaines de milliers d'exemplaires, sans compter les contrefaçons qui en furent faites. Au loin , on prit méme au sérieux le titre de laboureur que se donnait l'auteur, et dans plusieurs articles de journaux , on s'étonnait de ce qu'un pauvre paysan eÛt pu écrire de pareilles pages. Il en résulta que plus d'un voyageur curieux arriva à Challoue pour voir l'auteur clé l'Almanach populaire, dans lequel ils trouvèrent un homme instruit et' aimable, en un mot, l'homme de nos assemblées législatives et l'avocat éloquent. Ses ouvrages , les vites qu'on vint lui faire , les voyages qu'il entreprit , vers les dernières années de sa vie , dans le midi et dans le nord de la France, en Belgique et en Hollande, le firent d'autant plus apprécier par les maîtres de la science. Matthieu de Dombasles lui écrivait notamment qu'il avait pris le bon parti en allant sous le toit du laboureur faire entendre la voix de ses utiles leçons , et que s'il y avait dix almanachs comme le sien , une révolution s'opérerait en agriculture. Quoi qu'il en soit, Bujault ne se borna pas à la confection de son almanach d'un nouveau genre , il publia plusieurs brochures d'un style plus sérieux, et dans lesquelles il s'éleva même à une profondeur de vues et à une hauteur de style qui' font connaître tout ce qu'était véritablement cet écrivain. On in—diquera : Io le Pain à un sou la livre, ou la Pomme de terre employée à la nourriture de l'homme. o Lettre à tout le monde. ta , il y a autre chose que de l'agriculture. Plusieurs sujets y sont traités d'une manière piquante, et les considérations sociales et politiques y abondent. 50 Pétition aux cham- bres législatives, sur les droits d'octroi à percevoir plutôt . al't poids que par téte de bétail ; 4. Guide des comices agricoles. On a dit que Bujault joignait l'exemple au précepte : il introduisit dans l'arrondissement de Melle'plusieurs plantes jusquelà in—connues, dont l'une porte dans le pays le nom de Bujoline. 11 est reconnu qu'il fai£ait 'produire à la ferme qu'il exploitait le double du revenu qu'en aurait tiré un cultivateur ordinaire , et ses vdisins s'empressèrent de l'imiter. Des services aussi grandi rendus à l'agriculture , sans parler de. ses autres services , furent indiqués comme dignes d'une ré—compense, et le laboureur de Challoue reçut: la dé—coration de la Légion d'honneur sans s'y attendre aucunement. S'il eût su qu'on lui ménageait cette distinction; il l'aurait probablement refusée, tant il avait à coeur de se faire humble paysan. L'existence d'un homine aussi utile était. krécieuse au pays qu'il habitait, mais des chagrins, résultat de la perte d'une fille unique , occasionnèrent au labou—reur de Challoue une maladie longue et doulou—reuse à laquelle il succomba, le 24 décembre 484'2. Cette agonie prolongée lui donna le temps de faire une distribution éclairée, en fondations d'institu—tions et en actes de bienfaisance , d'une fortune d'environ un , en en‘ assurant l'usu—fruit d'une partie à sa veuve , à un parent et à un allié. L'énumération de ses dispositions est trop longue pour trouver place ici, et nous mentionnerons seulement le don de 75,000 franCS pour là création d'une école d'agriculture dans sôn village et pour le peuple ;un legs de 150,000 francs au pureau de bienfaisance de Melle , et 5o,q9p francs clsiribués à de pauvres cultivateurs , marchant Onsla voie du progrès. Il légua anssi une rente de `/00 francs à un de ses amis, pour la cOntinuatiorl de l'A lanue4 popu- laire, et celuici a commencé sa tche en signalant dans les journaux la peie ilne' le àébartément des Deux—Sèvres Venait d'éprouver. pe ces faits divers, on tirera cette conséquence cel 4aques pujatAt, fut , im homme d'une lianie intellidelice, d'un esprit 'original, et qui n'eut jamais en vue 'que i'intéra de l'humanité et de l'agriculture. Aussi sa mémoire est vénérée par les cultivaieiii's an Milieu desquels il a vécn si longtemps.
  • Jacques BUIRETTE( 1630 - 1699) : sculpteur, né à Paris en 1630, reçu à l'académie royale de peinture et de sculpture le 27 août 1661, sur un morceau qui promettait qu'il serait un jour un grand maitre. C'était un basrelief en marbre dont le sujet était l'Union de la Peinture et de la Sculpture, représentées par deux jeunes filles, dont l'une tenait des pinceaux et une palette, tandis que l'autre s'appuyait sur un torse. Il devint aveugle après sa réception, ce qui ne l'empêcha pas de méditer sur son art, dont il avait ac- quis une connaissance ;si profonde, qu'il jugeait et corrigeait, rien qu'au toucher, les modèles qu'on lui présentait. Il fut au nombre des artistes qui, sous la direction de Lebrun, décorèrent le palais de Versailles. On cite particulièrement les quatre groupes d'enfants, et l'Amazone d'après l'antique, placés à la demilune qui termine l'allée d'eau. Il a fait pour StGervais les statues de StJean et de la Vierge. Il mourut en 1699
  • Jacques BURGH( 1714 - 1775) : ingénieux ecrivain écossais, né en 1714, à Madderty, dans le comté de Perth , étudia à Madderty, et à l'université de StAndré , qu'il quitta de bonne heure pour s'attacher au commerce; mais, ne réussissant point dans cet état, il passa en Angleterre , et , après avoir été quelque temps correcteur d'imprimerie , vint à GreatMarlow, où il remplit la place de sousmaitre dans l'école de cette ville. Ce fut là qu'il commença sa carrière d'auteur par une brochure anonyme, dont on ne peut traduire le titre que par celui de COINIné- moraleur de la Grande- Bretagne , dont l'objet était de rappeler à la nation anglaise les bienfaits qu'elle avait reçus de la Providence, et le droit qu'elle avait d'en jouir. Cet ouvrage eut en deux ans cinq éditions, fut réimprimé en Angleterre, en Irlande et en Amérique, attribué à plusieurs évèques, et souvent cité en chaire. De Marlow, Burgh passa à Enfle], et au bout d'un an, en 1747, il ouvrit un établissement d'instruction qui obtint bientôt de la réputation, et lui procura une certaine aisance. Il publia dans cet intervalle divers ouvrages sur la morale, l'éducation et la politique. En 1771, il abandonna ses fonctions d'instituteur pour s'occuper uniquement de travaux littéraires , et se retira à Islington, où il mourut le 26 aoôt 1775, àgé de 61 ans, après avoir été long- temps en proie aux douleurs de la pierre Ses pr cipaux ouvrages sont :1° Pensées sur l'éducation, 1747 ; 20 Hymne au Créateur du monde, suivi d'une Idée du Créateur d'après ses ouvrages, 1748 et 1750 5. Dignité dela nature humaine, 1754, 1 vol. /°, et 1767, 2 vol. une traduction fran-çaise de cet ouvrage a été publiée à Brunswick, 1778, 2 vol. ; 4° le Moniteur amical de la jeu- nesse , 1756 ; 5° le Christianisme démontré rai- sonnable , 1760; 6° Histoire dit premier établis- sement des lois, etc., des Cessares , peuple de- l'Amé- rique méridionale, espèce de roman utopique en forme de lettres, 1760 7° l'Art de parler, 1762 imprimé pour la cinquième fois en 1782 ; 8° Criton, ou Essais sur divers sujets, 2 vol.. publies successivement en 1766 et 1767 : en tète du 2' ?olume est une dédicace satirique, remplie d'esprit et de finesse, et adressée au bon peuple de la Grande- Bretagne du 20' siècle ; 9. Recherches politiques sur les défauts, les erreurs et les abus du gouvernement, 1774 et 1775, 5 vol. Cet Ouvrage est, avec celui de la Dignité de la nature hu- maine, cité plus haut, le principal fondement de la réputation de l'auteur. On a aussi de lui quelques essais imprimés dans des journaux anglais. On remarque dans tous ses écrits un profond sentiment de morale, un grand zèle pour la liberté, mais plus de vivacité d'imagination que de justesse et d'ordre dans les idées
  • Jacques BURNEY( 1749 - 1821) : fils du précédent, naquit en 1749, et annonça de bonne heure d'heureuses dispositions. Le célèbre Samuel Johnson parle de lui en termes trèsaffectueux dans une de ses lettres à . madame Piozzi. Burney entra fort jeune dans la marine, et suivit Cook comme midshipman dans son second voyage autour du monde, puis comme premier lieutenant de la Découverte dans le troisième. Ses services le tirent parvenir au grade de contreamiral. Il devint membre de la société royale, consacra ses loisirs à écrire l'histoire d'entreprises maritimes que sa propre expérience le menait en état de juger, et mourut d'une attaque d'apoplexie, le 17 novembre 1821. On a de lui : 10 A chronological History of the discoveries, etc. , Londres, 1804 à 1816, 5 vol. avec cartes et lig. Cet ouvrage, dédié à Banks, embrasse le récit des voyages effectués par les navigateurs européens dans le grand Océan, depuis l'époque où Balboa le découvrit en 1513, en y arrivant par l'isthme de Panama, jusqu'à l'expédition de Bougainville aux îles Malouines en 1764. Dans sa dédicace, Burney passe en revue plusieurs écrivains qui, avant lui, se sont occupés d'ouvrages du même genre. Il rend justice à l'esprit méthodique de Hakluyt , qui nous a conservé' plusieurs relations précieuses : il pense que le pré- Madame d'Arblay est morte au mois de janvier 1840, dans sa OS° aimée. Depuis longtemps elle Mail veuve. sident de Brosses a recueilli ses renseignements avec précipitation , et déclare que la géographie du grand Océan a plus d'obligations à Fleurieu. Ces sentiments ne peuvent qu'être approuvés par quiconque s'est occupé de l'histoire de la géographie. Burney reconnaît que le célèbre A. Dalrymple lui a été trèsutile pour son travail, qui a obtenu l'approbation de Rennel. Le livre de Burney est bien fait, et disposé avec beaucoup d'ordre; les découvertes de chaque navigateur y sont exposées avec précision et clarté, et celles qui ont fourni matière à des doutes y sont discutées avec une grande sagacité. L'auteur de cet article peut se féliciter de s'être rencontré avec lui dans l'opinion relative à la terre sur laquelle Gonneville fut jeté, et dans celle qui concerne le degré de latitude auquel Gali était parvenu sur la côte nordouest d'Amérique. A la fin de chaque volume, des suppléments contiennent le redressement des erreurs qui ont échappé à l'auteur, des éclaircissements sur divers points, et des explications des cartes. Cellesci offrent la marche progressive des découvertes. C'est avec raison que les biographes anglais ont appelé Burney un des plus grands géographes que leur pays ait produits. 2° His- tory of the buccaneers of America , Londres, 1816 avec cartes. Ce livre forme la première partie du t. 4 de l'ouvrage précédent. Il contient l'histoire des établissements européens aux Antilles depuis les découvertes de Colomb jusqu'en 1725, et les aventures extraordinaires des hommes qui, pendant près d'un siècle, remplirent les parages de ces îles du bruit de leurs hauts faits. On lit cet ouvrage avec intérèt, et l'on y apprend des choses nouvelles, même après avoir consulté ceux qui ont traité le même sujet. , Londres, 1819 avec cartes. Burney avait eu d'abord le projet de joindre une notice des découvertes des Russes, comme supplément à son Histoire des découvertes dans la mer du Sud ; mais, à mesure qu'il avança dans son travail, il reconnut qu'il serait imparfait, s'il ne s'aidait pas des ouvrages publiés en russe sur cette matière. Il se borna donc à passer en revue les navigations dont il est question dans le titre : les dernières dont il parle sont de 1809. Il donne sur la mort de Cook des détails qui diffèrent un peu de ceux qu'on lit ailleurs. Burney penche vers l'opinion suivant laquelle l'Asie et l'Amérique seraient unies l'une à l'autre dans le nord ; mais il est prouvé aujourd'hui que c'est une erreur. 4° A Me- moir of the voyage, etc. , Londres, 1820
  • Jacques CAHAGNES( 1548 - 1612) : docteur èt prolbsseur en médecine à Caen, sa patrie, né en 1518, mort eh 1612, rédigea les statuts de la faculté dé Médecine de l'université de Caen. On lui doit aussi : 1° ElO- gioruni cirium Cadomensium centuria prima, Caen, 1609 On cite une I" édition de 15.85 ; mais . David Clément prouve qu'elle est imaginaire. 2° Ora- tio fanebris J. Ruxelli. C'est l'éloge funèbre du maréchal de Grancèy de Rouxel. 3° De acadendarum Instilutione, 1584 4. MethodUs curandarum febrium, 1616 5' Methodus curandorum ca- pitis affectuum, 1618 6° Une tradiictiori des traités de Julien le Paulmier de Morbis eontagiosis et de Vino pomacco. '7° De Morte N. Micaelis, 1397 80 . Responsio ceeisori de aqua fontise Ilebecrevonii sub nomine Fr. Chicolii, 1611 — Etienne CAIIAGNES, soli parent et son contemporain fut aussi médecin ; mais il parait qu'il n'a laissé aucun écrit. Il avait étudié la pe et il fit même le portrait de Scaliger. Se tronvant en Hollande à la Mort de ce savant. 11 fut un de ses amis qui portèrent le drap niortuaire. Iluet, qui fia l'ami de Jacques et d'Étienne CalIagneS, vante l'esprit et l'étendue des connaissances de cé dernier
  • Jacques CALDORA : condottière , né dans le royaume de Naples , avait servi avec distinction sous Ladislas, mais ce fut surtout pendant le règne de Jeanne II, et après sa mort, qu'il se fit un grand nom et qu'il jouit d'un grand crédit. La reine, jalouse de Sforza et de Braccio de Montone , élevait Caldora pour l'opposer à l'un et à l'autre. Quoiqu'il fût bien inférieur en talents à ces deux généraux, son habileté lui méritait encore un rang distingué, et il avait comme eux le talent de s'assurer l'affec- tion des troupes. L'inconstance avec laquelle il chan- gea plusieurs fois de parti , et son extrême avarice qui lui faisait toujours préférer un gain immédiat à toute considération de gloire et d'honneur , nuisirent à son avancement. Après la mort de Sforza, il fut envoyé contre Braccio , et il remporta sur lui, le 2 juin 1424, la grande victoire d'Aquila, où ce général fut tué. Caldora fut ensuite élevé à de plus hautes dignités. Il unit sa famille , par un ,double mariage , à celle de Ser Gianni Caraccioli, le favori de la reine. Ce dernier fut tué au milieu des fètes qu'il donnait pour les noces de son fils. Après la mort de la reine Jeanne, Calibra embrassa le parti de Bené d'Anjou, et fut nommé par lui grand connétable du royaume. Il mourut subitement le 15 octobre 1459, lorsque René attendait de lui les plus grands services Son fils Antoine fut arrêté par ordre du roi français, mais ses soldats le délivrèrent; alors, il abandonna le parti d'Anjou, et , avec toute son armée, il passa au service d'Alphonse, qui bientôt devint maitre absolu du royaume.
  • Jacques CALLOT( 1592) : né à Nancy, en 1592, fut à la fois peintre , graveur et dessinateur. Son nom est devenu le prototype d'un style à la fois facile et burlesque, témoin ce vers de Gresset, dans le Lutrin vivant : A livre ouvert le cbapier en lunettes Vient entonner : un groupe de mazettes Trèsgravement poursuit ce chant fane, Concert grotesque et digne de Callot. La Nie de Callot fut celle d'un véritable artiste, aventureuse et courte, accompagnée de misère et de joie. Son père , héraut d'armes de Lorraine, et d'autant plus entiché de sa noblesse qu'elle était récente, s'opposa vivement au goût qu'annonçait son fils pour les arts, et voulut le contraindre d'embrasser une autre profession. Le jeune Callot, à peine àgé de douze ans, quitta la maison paternelle, et partit furtivement pour l'Italie sans aucun moyen d'existence; il se vit obligé, pour subsister en route, de se réunir à une troupe de bohémiens qui dç-\raient passer par Florence. Arrivé dans cette ville, Callot fut accueilli par un officier du grandduc, qui Je plaça chez CantaGallina, où il s'appliqua à copier les ouvrages des grands maîtres. Reconnu par des marchands de Nancy, dans un voyage qu'il lit à Rome, il fut ramené chez son père. S'étant échappé de nouveau, et ayant été reconduit à Nancy par son frère ainé, qui l'avait retrouvé à Turin, il obtint enfin l'agrément de sa famille pour retourner en Italie. Après avoir passé quelque temps à Rome à étudier le dessin chez Jules Parigi , il se livra à la pratique de la gravure, sous la direction de Philippe Thomassin ; mais il finit par se brouiller avec ce maitre, qui, s'apercevant que sa femme s'intéressait beaucoup trop à la jolie figure du jeune homme, le chassa de son atelier. De retour à Florence, Callot fut présenté au grandduc Côme II. Ce prince, protecteur des arts , le fixa près de sa personne. C'est à cette époque que, renonçant aux grandes figures lentement travaillées , Callot commença à dessiner en petit; il quitta le burin pour graver à l'eauforte, procédé plus expéditif, plus expressif et mieux approprié à la facilité de sa main, à la fougue et à la vivacité de son genre. Après la mort de Côme, Callot se vit à la fois sollicité par le pape Urbain VIII qui l'appelait à Borne, et par l'empereur Ferdi- nand II qui l'appelait à Vienne ; enfin par son souve- rain le duc de Lorraine, Henri, qui, dans un voyage qu'il fit à Florence, avait eu l'occasion d'admirer ses œuvres. Callot n'hésita point ; il préféra sa patrie, où son prince lui donna une pension considérable ; et Callot, désormais fixé à Nancy, y épousa, en 1725, Catherine Kuttinger, d'une famille noble et ancienne. Il avait alors vingtcinq ans. Son titre de gentilhomme auquel il n'était pas insensible , la faveur dont il jouissait à la cour de Nancy, enfin l'aménité, la noblesse de son caractère, lui facilitèrent la route vers une réputation qu'il aurait obtenue moins rapidement s'il n'avait pas été si bien posé dans le monde. Les princes se disputaient les productions de son talent facile. La gouvernante des PaysBas, ElisabethClaireEugénie, le fit venir à Bruxelles pour dessiner et graver le siége et la prise de Breda par le marquis de Spinola. Il composa cette œuvre en six grandes feuilles. Louis XIII l'appela en France en 1628, pour dessiner et graver la Vue dtc siége de la Rochelle et celle de l'Attaque de l'ile de Ré ; mais après la prise de Nancy , sollicité d'éterniser par la gravure le souvenir de cette conquète, Callot sut résister aux offres séduisantes du roi, ainsi qu'aux menaces des courtisans : « Je nie cou-« perais le pouce , réponditil , plutôt que de faire « quelque chose de contraire à l'honneur de mon « prince ou de ma patrie. » Louis XIII , admirant le grand caractère de cet artiste, reçut son excuse: il lui offrit mème une pension de 5,000 livres pour l'attacher à son service ; mais Callot, préférant la liberté à tous les trésors du monde, n'accepta pas cette offre. La peinture n'a pas manqué de consacrer ce trait si honorable pour l'art. M. Laurent en ' a fait le sujet d'un tableau que le public remarqua au salon de 1817. Épuisé par le travail, ii mourut à. Nancy, le 27 mars 1055, à l'age de 42 ans. Il fut enterré dans le cloître des cordeliers de Nancy, ft l'endroit où sa famille avait sa sépulture. Il était représenté à micorps sur une table de marbre noir. Audessus de son portrait, on lisait une épitaphe latine, à la suite de laquelle une main inconnue avait tracé ces quatre vers En vain tu ferais des volumes Sur les louanges de Callot, Pour moi je n'en dirai qu'un mot, Son burin vaut mieux que nos plumes. Callot était d'un caractère si généreux, que C. Dervet, peintre médiocre , anobli par le grandduc de Toscane , et dans la plus haute faveur auprès de ce prince, jaloux des talents de cet artiste, ayant fait tout ce qu'il pouvait pour lui nuire , Callot s'en vengea en gravant son portrait et celui de son fils, et en le lui envoyant avec des vers à sa louange. L'oeuvre de ce maitre contient environ seize cents pièces ; les plus remarquables sont : les Supplices les Malheurs et les Misères de la Guerre ; la Grande et la Petite Passion ; le Massacre des Innocents ; les Gueux contrefaits ; les deux Tentations de St. An- toine ; la Grande Rue ou la Carrière, et le Parterre de Nancy ; la Grande et la Petite Foire de Florence; le Carrousel, le Pont Neuf, l'Eventail, etc. Callot excellait à faire la charge du soldat, du relire insolent et tapageur ; il possédait une finesse exquise à saisir le côté plaisant des objets mème les plus sérieux. Enfin, celles de ses compositions qui se rapprochent le plus du style de la caricature, et qu'on doit qualifier de débauches d'esprit, sont du moins les joyeux ébats d'un talent supérieur toujours original, toujours plein de vigueur et de verve. Callot fut d'ailleurs, comme aujourd'hui itotre Charlet, un grand peintre de moeurs, et telles de ses compositions flui passent inaperçues ont plus d'une fois défrayé d'idées des peintres et des auteurs. Quoique Callot ait gravé plusieurs morceaux au burin, surtout des portraits, il doit néanmoins toute sa célébrité à ses sujets gravés à l'eauforte. Doué d'un génie fécond, il était obligé de faire ses ligures très- petites , alin de pouvoir placer dans ses compositions tous les épisodes et les conceptions pittoresques que lui fournissait sa brillante imagination. Cet artiste parait etre le premier graveur qui ait employé , au moins avec succés , le vernis dur des luthiers nominé par les Italiens verniee grosso de lignaiuoli, ce qui lui a permis de donner à ses tailles plus de couleur et de fermeté qu'il ne l'eût fait avec le vernis ordinaire ; mais aussi ce qui l'a peut-être empêché de mettre dans ses ouvrages autant de légèreté et de goût qu'en a mis Etienne de la Belle. Callot se proposa aussi de ne faire souvent qu'un seul trait plus ou moins prononcé pour graver les figures, sans se servir de hachures, en quoi il a été imité depuis, dans de petites ligures, par les graveurs à l'eauforte, et dans de grandes ordonnances par les graveurs tII burin. Son cemre , fort recherché , surtout dans le siècle dernier, s'est vendu fort cher dans les ventes publiques. On en trouve la description dans le Catalogue des estampes de M. de Lorangère, par Gersaint . Ses dessins sont aussi trèscourus des amateurs on y trouve encore plus d'esprit que dans ses gravures. On a des recueils de Jacques Callot , parmi lesquels nous citerons : I° Vie de la vierge Marie, mère de Dieu, représentée par fig ares emblématiques, dessinées et gravées par Jacques Callot, et expli- quées par des cers latins et français, 1616 pièces. e La Lumière du eloilre repré- sentée, etc., 1646 3. Monnaies de l'Empire en argent et en or, avec d'autres monnaies d'An- gleterre, des Pays- Bas et d'Italie, dessinées d'après les originaux avec leurs revers, en cent six pièces, sur dix cuivres. 40 Traitai° delle m'ante di terra sauta, ou Représentation des saints édifices de la Terre Sainte, Florence , 1620, quarantehuit morceaux exécutés sur trenteeinq planches. 5. Les Images de tous les Saints et les Saintes de l'année, suivant l'ordre du Martyrologe romain, quatre cent soixanteseize sujets gravés sur cent dixneuf planelles, 1636. 6° Varie Figure gobbi di Jacopo Callot, faite in Fiorenza a Vanna 1616, vingt et une estampes. '1° La Généalogie de la royale maison de Loriaine , en trois grandes feuilles d'aigle , excessivement rare. Son dernier ouvrage est, diton , un Nobiliaire de Lorraine , contenant cent cinquantesix armoiries des principales familles de cette province. Il venait d'achever ce recueil peu de jours avant sa mort, et il eu donna une épreuve à 11Iarivin, commissaire général des guerres en Lorraine Cet exemplaire , que l'on croit unique , est ma dans la bibliothèque de Lyon , manuscrits, n° 867. On n'en tira pas d'autres épreuves, les cui- vres ayant été pillés et détruits par les Suédois qui ravageaient la Lorraine ; mais cette histoire pourrait bien étre apocryphe. Le premier maitre de Callot avait été Claude Henriet ; il était ami et compagnon de Israél Henriet, maitre de dessin de Louis XIV. L'Eloge historique de Callot a été fait par le P. Husson, cordelier, Bruxelles, 1766 Son portrait a été peint par van Dyck , et gravé par Vosterman et par Boulonais. P—E et D—R—R.
  • Jacques CAMBRY( 1749 - 1807) : né à Lorient en 1749, prit d'abord l'habit ecclésiastique , sans toutefois être engagé dans les ordres , et fut instituteur des enfants de Dodun, receveur général des états de Bretagne, dont il épousa ensuite la veuve. Il fit, vers 1787, un voyage en Angleterre. Il était, en 1795, président du district de Quimperlé, département du Finistère, et fut chargé de parcourir les neuf districts de ce département. En 1799, il devint administrateur du département 2° Contes et Proverbes, suivis d'une notice sur les troubadours, 1784 . Les Contes et Proverbes avaient paru dans le Journal de lectures. La Notice sur les troubadours est un recueil de traits épars dans Fauchet, Pasquier, Nostradamus, la Curne de StePalaye, le Grand, Millot. Ce petit volume a été Irai duit en allemand par Ch.Fr. Schutze, Leipsick, 1791 5. Le Curé Jeannot et sa servante, Bruxelles, 1784 4° Traces dti magnétisme, 1784 50 Observations sur ta compagnie des Indes, 1784 6. Prosnenades d'automne est Angleterre , Paris, 1788 ; 2e édit., Paris, Poinsot, 1791 . 7° De Londres et de ses envi, cons, Amsterdam, 1788, 1789 8° Réponse cru . mémoire de M. de Calonne, 1790. 9° Catalogue des objets échappés au vandalisme dans le Finistère, Quimper, an 5 C'est le résultat de la mission qui lui avait été confiée dans ce département. Cambry y fait preuve de grandes connaissances ; il est malheureux qu'il n'en ait pu corriger les épreuves : les erreurs typographiques y sont sans nombre. 100 La Mesure des rois, brochure piquante, ne portant point de date, que l'on croit imprimée en 1797, tais qui peut l'avoir été avant. L'auteur a voulu imiter la manière de Voltaire dans ses roians, mais il en est resté bien loin, i 1° Rapport sur les sépultures, 1799 12° Voyage dans le Finistère, ou Etat de ce département en 4794 el 1795, Palis, 1799, 3 vol. fig. ; il passe pour être un des premiers ouvrages statistiques qui aient paru en France. 13° Voyage pittoresque en Suisse et en Italie, 1800, 2 vol. 14° Description du département de l'Oise, 1803, 2 vol. et un atlas de planches 15° Monuments celtiques, ou Recherches sur le culte des pierres, précédées d'une notice sur les Celles et sur les druides, et suivies d'étymologies celtiques, 1805 fig. La moitié de cet ouvrage est de M. Éloi Johanneau, qui a aussi revu l'autre moitié. 16° Manuel interprète de correspondance, ou Vocabulaires polyglottes, alphabétiques et numériques, en tableaux, pour le français, l'italien, l'espagnol, l'allemand, l'anglais, le hollandais et le cellobreton, 1805, en six tableaux oblong ; ouvrage curieux , et qui met en pratique, quoique d'une manière trèsbornée, une méthode souvent proposée en spéculation , et qui peul être de la plus grande utilité. 17° Notice sur l'agriculture des Celles et des Gaulois, Paris, 1806 Canibry a donné divers mémoires dans le recueil de académie celtique. Plusieurs bibliographes lui ont attribué un ouvrage intitulé Voyage en Angleterre, de la première édition duquel ils n'indiquaient pas la date, et dont ils indiquaient la seconde à l'année 1787 ; il parait que cet ouvrage n'existe pas. Ce qui a donné lieu à cette erreur, c'est que le libraire Poinçot, qui, dès 1787, avait publié un Voyage philosophique en Angleterre, fait en 1783 et en 1784 , 2 vol. ajouta en 1791 à ces 2 vol. : de Londres et de ses environs, par Cambry, et les Promenades d'automne, du même
  • Jacques CANCER : jurisconsulte espagnol, lié à Balbastro dans le royauMe d'Aragon; s'établit à Barcelone, où il mourut vers la fin du 16° siècle, âgé de 72 ans. On a de lui un ouvrage excellent intitulé : Varice Resolutiones juris coesarcei pontificis et Municipalis principatus Catalaunict, 1590, 5 vol. Fontanélla, dans ses Décisions de Mantoue, t. 2, p. 165 et 518 , appelle jaCqites Cancer auteur très- grave, très- docte; et un véritable jurisconsulte. Sdn livre faisdit autorité dans quelquesuns de nos parlements de droit écrit. Cancer avait laissé manuscrit tin autre recueil de Résolutions ou Conseils ; qiie Joseph Ninot, sen parent, év&itie de Lérida ,*chercha vainement à découvrir pendant qu'il était auditeur de rote à la cour de Rome. — Jérôlhe CANCER, poète espagnol du 17e siècle, était officier de la cour de Philippe IV et mourut en septembre 1655. Son principal talent consistait en équivoqUes, jeux de mots , plaisanteries et facéties en vers. L'auteur de la Bibliotheca Hispana nous apprend que l'ensemble des jeux poétiques de Cancer faisait le délice des &eines et leur volupté . Il ajoute que , comme poète , il eut peu d'égailX ; et que, comme alitenr faCétietix , il a surpassé tous ceux qui ont excellé dans le nième genre . Aussi l'auteur facétieux étaitil attaché à la cour de Philippe IV . Ces courtes citations feront connaître le goût et la manière du plus célèbre des biographes espagnols, chanoine et procurateur des affaires d'Espagne en cour de Bôme
  • Jacques CAPPEL : neveu du précédent, fut avocat général au parlement de Paris, charge qu'avait aussi possédée son grandpère. Nous avons de ce savant magistrat : 1° Fragmenta ex varus auto- ribus lin manarum litterarum candidatis ediscenda, Paris, 1517 Ce recueil, qui est comme un abrégé de toute l'antiquité païenne; renferme un discours plein de bon sens, prononcé à ses élèves lorsqu'il enseignait dans l'université de Paris. 2° In Parisiensium tandem ratio, Paris, 1520 C'est une harangue qu'il avait débitée à la tenue des grands jours do Poitiers, eu recevant le bonnet de docteur en droit dans cette ville. 5. Ln plaidoyer célèbre prononcé en •1557, le mi séant en son lit de justice, accompagné du roi d'Écosse, des princes et des grands du royaume. Ce plaidoyer tendait à faire dépouiller CharlesQui ut, comme vassal rebelle, des comtés de Flandre, d'Artois et de Charolois. 4. Mé- moire pour le roi et l'Eglise gallicane contre la levée des deniers au profit de la cour de Moine, dans le Traité des libertés gallicanes des frères Dupuy. Il y fait monter à 5 ou 600,000 livres cette levée, et y soutient que le concordat est un ouvrage de circonstance et de nécessité; que la nomination royale aux évèchés et autres grands bénéfices est fondée sur l'ancien droit du royaume et indépendante de ce traité; que le roi peut, dans une assemblée des princes
  • Jacques CAPPEL( 1570 - 1624) : seigneur du Tilloy, petitfils de Louis, et fils aîné de Jacques Cappel , conseiller au parlement de Rennes , mort le 21 mai 1586 à Sedan où les fureurs de la ligue l'avaient obligé de se réfugier, naquit à Rennes en mars 1570. Il fut d'abord ministre dans le lieu de sa naissance , puis professeur d'hébreu et de théologie jusqu'à sa mort, arrivée le 7 septembre 1624. 11 est auteur des ouvrages suivants : Epocharum triton Thematismi min explicationes electorum quoi difficilium Seripturce locorum, Sedan , 1601 20 De Ponderibus et Nummis libri 2, Francfort, 1606 50 De Mensurts librf 5, ibid., 1607 Cet ouvrage forme la suite du précédent qui avait été publié sans la participation de l'auteur. Ce dernier est peut-étre l'ouvrage de ce genre le plus méthodique et le plus exact qui eût paru jusqu'alors; il est accompagné de seize tableaux et d'une planche eit on a gravé en tailledouce la longueur exacte des 11 pieds qu'il a regardés comme les plus usités ou les plus importants. I° Sema motuum in Gallia nuper excitatorum Virgilianis et Home- riels versibus expressa , 1616 5» Vindicte° pro Isaac° Casaubon° , Contra linsweydum , etc., Francfort, 1619 : cet ouvrage produisit une querelle entre le professeur de Sedan et le savant jésuite, qui donna lieu à plusieurs écrits de part et d'autre. 6. Des notes estimées sur l'Ancien Testament , qui se trouvent à la suite des commentaires de Louis, son frère , sur les mêmes livres. 7. Plagiarius va- putois, contre le P. Cotton, Genève, 16e. On peut voir, dans INiceron , la liste de ses autres ouvrages
  • Jacques CAPPER( 1706) : voyageur anglais, entra au service de la compagnie des Indes et parvint au grade de colonel, puis à l'emploi de contrôleur général de l'armée et de la comptabilité des fortifications de la côte de Coromandel. De retour en Angleterre en 1777, il fut expédié aux Indes en 1778, à l'époque de la guerre avec la France. S'étant embarqué à Livourne le 29 septembre, il débarqua le 29 octobre à Latakié, sur la.côte de Syrie; le 4 novembre il était à Alep; il y conclut un arrangement avec un cheik arabe qui devait leconduire à Basra, et se mit en route le 1 t : il avait avec lui deux autres Anglais et trois domestiques ; l'escorte des Bédouins était de quatrevingtun hommes. On voyagea dans le désert à la droite de l'Euphrate ; le 18 décembre on entra clans Basra. Capper en repartit le 51 ; le 8 février il était à Bombay. Revenu en Angleterre, il vécut dans la retraite, et mourut le 6 septembre 1825 à DitcbinghatuLodge , cigé de 82 ans. On a de lui en anglais ; 1. Observations sur le trajet d' Angleterre aux l'ides par r Egypte, et aussi par Vienne el Constantinople t Alep, el de là à Bagdad, el directement à travers le grand désert à Basra, arec des remarques sur les pays voisins et une Iwo'« des diffe'rentes stations, Londres, 1782 ; ibid., 1785 ; 1784, ibid., avec cartes et planches. Cette relation, un peu aride, contient de bonnes observations sur différents points du pays que l'auteur parcourut, et une description de la ville de MechedAli. Elle est précédée d'une lettre adressée à sir Eyre Coote, commandant de l'armée britannique dans l'Inde avec cartes. Cette version, écrite incorrectement, et parfois infidèle, annonce peu d'instruction de la part de l'homme qui l'a entreprise. Les noms de lieux de l'Asie, écrits avec l'orthographe anglaise, sont méconnaissables pour les lecteurs français . Capper a inséré dans son volume un Voyage de Constantinople à Vienne et un autre de Constantinople à Alep, par George Baldwin, agent de la compagnie des Indes au Caire. Cet opuscule contient des détails trèseurieux, et dans leur temps absolument neufs, sur l'intérieur de l'Asie Mineure ; car Baldwin parcourut une route peu fréquentée. Il donne la description et le dessin d'un monument antique situé à KosraPachaKaneli, vu depuis et représenté de nouveau par M. Leake dans son Voyage en Asie Mineure. 2' Observations sur les vents et les moussons, Londres, 1801 3° Observations sur la culture des terres en friche, adressées aux propriétaires et aux fermiers du comté de Glamorgan, ibid., 480:i On a encore de Capper : Traité de météorologie et Mélanges, applicables à la navigation, au jardinage et à l'agriculture, ibid., 1803
  • Jacques CAREL( 1620) : sieur de SteGarde, conseiller et aumônier du roi, né à Rouen vers 1620, est un de ces poètes auxquels Boileau a donné une célébrité malheureuse ; celuici est auteur d'un poème qu'il avait d'abord intitulé : Childebrand, ou les Sarrasins chassés de France; mais Boileau ayant dit dans son Art poétique : 0 le plaisant projet d'un poile ignorant, Qui de tant de héros va choisir Childebrand ! il substitua au nom de ce prince celui de Charles Martel, et répondit à Boileau sous le nom de Lerac , par la Défense des beaux esprits de ce temps, Paris, 1675 petit ouvrage oit il essaye de justifier le choix qu'il avait fait de son héros par la ressemblance qu'il trouve entre le nom de Childebrand et celui d'Achille, Le poème de Carel devait être composé de 16 chants. Les quatre premiers seulement ont été publiés, Paris, 1666 et •670 Les exemplaires avec la date de 1668 ne diffèrent de ceux de 1666 que par le frontispice ; l'auteur déclare, dans un avis placé en tète de cet ouvrage, qu'il s'y est trèsexactement attaché aux règles d'Aristote, et qu'il désirerait que ses critiques les eussent lues, de peur qu'il ne leur arrivât de reprendre les endroits le plus selon la règle. Cet avis est accompagné de remarques sur quelques parties de la versification et (le l'orthographe. Il se proposait de développer ses idées à ce sujet, dans un Traité de l'orthographe moderne, établie sur des principes certains. L'abbé Carel voulait qu'on supprimât les doubles consonnes, sans égard pour l'étymologie. Cette opinion a trouvé des partisans
  • Jacques CARPOV( 1699 - 1768) : professeur de mathématiques, et directeur du gymnase de Weimar, né à Gosslar, le 29 septembre 1699, lit ses études à Halle et à Iéna, apprit de Wolf la philosophie, étudia la théologie, le droit, donna des leçons publiques à l'université , et s'y lit bientôt des ennemis, pour avoir tenté de traiter la théologie d'après les méthodes philosophiques. En vain le duc ErnestAuguste déclara que ses opinions étaient exemptes d'erreur; l'approbation d'un prince ne suffit point pour défendre Carpov contre l'animosité des théologiens. Il quitta Iéna, se rendit à Weimar, fut suivi d'un grand nombre d'étudiants qui quittèrent l'uni.versité pour continuer à l'entendre, et se fixa pour toujours dans cette dernière ville, où il mourut le 9 juin 1768. On a de lui un grand nombre d'écrits de théologie, où il a cherché à introduire la rigueur des démonstrations philosophiques ; les titres en sont curieux et quelquefois absurdes; on y trouve cependant de l'indépendance d'esprit et du mérite 10 Disputatio de ralionis su fficientis principio, Iéna, 1725 2° De Qutestione utrum tellus sil ma- china an animal, ibid., 1725 3° Revelalum SS. Trinitatis Mysterium melhodo demonstraliva propositum, et ab objectionibus varia vindicalum, Iéna, 1735 4" Theologia dogmalica revelata, melhodo scientifica adornata, 1735-67, 4 vol. Cet ouvrage porte aussi le titre de OEconontia sa- luas Nov. Test. 5° Elementa theologiœ naturalis a priori, Iéna, 1742 6° Pensées sur l'avantage d'une grammaire universelle , 1744 etc
  • Jacques CAVICEO( 1443 - 1511) : né à Parme, en 1445, est connu par un roman en prose intitulé : il Peregrino, composé à l'imitation du Filocopo de Boccace; il parut à Venise en 1526 et fut traduit en fran-çais par François Dassy, Paris, 1528, Caviceo écrivit plusieurs autres ouvrages, tant en vers qu'en prose. Danse dernier genre, on distingue son His- toire de la guerre qui éclata en 1487 entre les Véni- tiens et l'archiduc Sigismond d'Autriche. 11 s'y montre, en toute occasion, partisan .des Vénitiens. Conrad \Venger, chanoine de Brescia, lui répondit par un libelle injurieux, intitulé : Commentairé histori- que, inséré dans les Scriptores Germanici , recueillis par Marquard Freher, Strasbourg, 1717. George Anselme, de Parme, pote latin, surnommé le Neveu, pour le distinguer d'un de ses onries, dont nous avons aussi quelques poésies latines, a écrit la vie de Cavieeo, que l'on trouve à la fin du Peregrino italien, mais qtte le traducteur français a mal à propos négligé de traduire. On y apprend que Cavieeo était prétre, et qu'après diverses aventures il fut exilé de Parme, et se retira à Pordenone dans le Frioul, où il enseigna publiquement les belleslettres. Quelque temps après , il fut nommé vicaire général à himini, à Ravenne, puis à Ferrare, où il séjourna sept ans, et mourut à Montecchio, clans le Parmesan, le 5 juin 1511
  • Jacques CARTIER : né à St - Malo, est le premier navigateur qui nous ait fait connaître le fleuve StLaurent, ainsi que les côtes et les pays qui l'avoisinent. On ne connaît pas les navigations qu'il a faites dans sa jeunesse. Le désir de perpétuer son nom par quelque service mémorable l'engagea à proposer à Philippe de Chabot, grand amiral de France sous le règne de François 1", d'aller visiter les terres de l'Amérique septentrionale, désignées sous le nom de TerresNeuves. Le grand amiral, qui connaissait sans doute le mérite de Cartier, ae- cueillit sa demande et la présenta au roi. François 1" chargea Cartier luimême d'exécuter ses projets. 11 partit de StMalo le 20 avril 155i, avec deux navires d'environ soixante tonneaux et soixante et un hommes d'équipage chacun. Le journal de Jacques Cartier ne nous dit pas précisément quel était le but de son voyage; mais on peut le conjecturer, d'après la manière dont il a dirigé sa route, et surtout d'après l'objet principal des recherches de deux navigateurs italiens qui étaient allés avant lui dans la même partie du globe. On sait que Sébastien Cabot, en 1495 , eut ordre du roi d'Angleterre d'aller chercher par le nordouest un passage au Cathai oriental ; mais il ne nous reste que des notions trèsconfuses de ses découvertes. Jean Verazzano, Florentin , fut envoyé en 1524, par François 1er, pour visiter les terres (le l'Amérique septentrionale dans le même dessein. est plus que probable que Cartier partit dix ans après ce dernier, dans le même but, et qu'il eut ordre de chercher quelques lieux propres à faire des établissements, s'il ne pouvait pas trouver de passage. A l'époque de son voyage, on ignorait que l'île de TerreNeuve fût séparée du continent ; par conséquent le large passage qui mène par le sud (le cette Île au golfe StLaurent était entièrement inconnu. Des pêcheurs basques, qui s'étaient peut-être aventurés sur les traces de Vérazzano, avaient pénétré dans le détroit de BelleIsle, qui conduit au même golfe par le nord ; mais ils n'étaient pas entrés trèsavant, et croyaient que ce n'était qu'une baie profonde, qu'ils appelaient baie des Châteaux : le nom en est resté à une petite baie située à l'entrée du détroit de BelleIsle, sur la côte de Labrador. Jacques Cartier, à la suite d'une navigation trèsheureuse, vint atterrir, le 10 mai 1534, sur la cûte orientale de TerreNeuve, à peu près à l'endroit où Vérazzano en avait abandonné la reconnaissance ; ensuite il remonta au nord, et entra dans le détroit de BelleIsle, qu'il appelle golfe des Châteaux. Il en prolongea la côte nord, ou celle de Labrador, y trouva plusieurs beaux ports, et relâcha dans quelquesuns. Dès qu'il s'aperçut que ce prétendu golfe s'élargissait à mesure que ses bâtiments s'avançaient à l'ouest, et qu'il allait bientôt perdre de vue les côtes méridionales, il s'éloigna des terres de Labrador, fit route au sud, et vint atterrir sur le cap Double, aujourd'hui PointeRiche. Sa route lui fit ensuite prolonger la côte occidentale de TerreNeuve, et le conduisit trèsprès de l'extrémité sudouest de cette île, et presque à l'ouverture du passage du sud dont on a parlé plus haut. Le mauvais temps l'obligea de s'écarter de la côte avant d'y arriver, et le porta à la vue de quelques petites îles peu éloignées de ce passage, dont il ne lit que soupçonner alors l'existence, niais qu'il trouva A la tin de sa seconde campagne. Son projet était probablement de pénétrer d'abord dans l'ouest aussi loin qu'il le pourrait, et il suivit cette direction. La petite île Brion se présenta à sa vue; ensuite il vit le groupe des îles de la Madeleine, et se détourna pour les visiter; niais, croyant qu'elfes tenaient au continent, il continua la route de l'ouest, et rencon- tra la côte occidentale du golfe StLaurent, qu'il visita soigneusement, dans l'espérance d'y trouver un passage. Son premier mouillage fut à l'entrée de la baie des Chaleurs, dont l'intérieur fut visité par ses canots, et, après s'être assuré qu'il n'y avait pas d'ouverture, on mit à la voile. Cartier vint encore mouiller dans la baie de Gaspé, située trèsprès de l'embouchure du fleuve StLaurent, et il la prit pour l'entrée d'une rivière. Dans les fréquentes communications qu'il eut avec les habitants du pays, il sut leur inspirer une telle confiance, qu'un des chefs consentit à laisser partir avec lui deux de ses fils, à condition qu'il les lui ramènerait l'année suivante. La partie (le la navigation de Cartier que l'on vient de décrire est trèsbien circonstanciée dans son journal, et peut se suivre avec faCilité sur les nouvelles cartes. Les noms qu'il a donnés aux diverses parties de la côte ont depuis été changés ; mais les lieux qu'il a désignés sont faciles à reconnaître. Dans le Pilote de Terre- Neuve, publié par le dépôt des cartes et plans de la marine, on a voulu consacrer ses découvertes, et l'on a écrit les noms qu'il leur avait donnés audessous de ceux qui sont usités. La description de la route que Cartier a suivie après avoir quitté la baie de Gaspé n'est pas aussi claire que ce qui précède; on peut néanmoins assurer que, prenant pour un' golfe le canal du fleuve StLaurent, qui est entre la rive droite du fleuve et l'île d'Anticosti, il en traversa l'ouverture, et chercha ensuite à pénétrer par le canal qui passe au nord de la même lle. On peut croire qu'il s'avança jusqu'à la pointe occidentale, où il vit le canal s'élargir et où il éprouva des courants violents qui durent lui indiquer que c'était l'embouchure d'une trèsgrande rivière. Cartier, voyant la mauvaise saison s'approcher, et craignant d'être retenu tout l'hiver dans ces contrées, revint sur ses pas, passa une seconde fois par le détroit de BelleIsle, et lit route pour StMalo, où il arriva le 5 septembre 1554. Le récit que Cartier fit de ses découvertes ranima les espérances; le mi ordonna un armement plus considérable que le premier ; on équipa un bâtiment de cent vingt tonneaux qu'il commanda; on eu mit sous ses ordres un autre de soixante tonneaux, et un troisième de quarante, propre à entrer dans les rivières où il n'y aurait lias assez d'eau pour les deux autres. Plusieurs jeunes gens (le distinction s'embarquèrent avec Cartier, en qualité de volontaires. Cette campagne commença par un acte public de religion. Le jour de la Pentecôte, les capitaines et les équipages firent ensemble leurs dévotions dans la cathédrale de StMalo, et reçurent ensuite la bénédiction de l'évêque. Ils mirent à la voile le 19 mai 1555. Leur trajet pour se rendre à TerreNeuve fut long et pénible; le mauvais temps sépara les bâtiments; mais ils se réunirent dans le détroit de BelleIsle, où l'on avait assigné un rendezvous. Cartier, dans sa première campagne, avait prolongé les côtes du golfe StLaurent, qui sont au sud du détroit de BelleIsle; dans celleci, il ne s'écarta pas de la côte septentrionale, et pénétra, presqu'en ligne droite, dans l'intérieur du fleuve. Il le visita avec soin, et s'avança à sept à huit lieues au delà de l'endroit où, depuis, la ville de Québec a été bâtie. La rivière près de laquelle la flotte mouilla reçut le nom de Ste- Croix; mais la postérité lui a donné celui de Jacques- Cartier. Les deux hommes que l'on avait embarqués à la baie de Gaspé pendant le premier voyage avaient appris un peu de français, et furent d'une grande utilité lorsqu'on voulut prendre des renseignements propres à diriger dans les recherches que l'on voulait faire. Ils contribuèrent aussi à concilier aux Français l'amitié des peuples qui vivent sur les bords (le ce grand fleuve. Cartier profita de ces avantages; il remonta avec son plus petit bâtiment jusqu'à l'extrémité du lac StPierre, où il fut arrêté par une barre qui traversait le canal dans lequel il devait passer. 11 s'embarqua dans ses canots, et continua sa route jusqu'à un village que les habitants appelaient Hochelaga, et sur les ruines duquel a été bâtie depuis la ville de Montréal, située à plus de cent cinquante lieues marines de l'embouchure du fleuve. Cartier visita le pays, eut des communications avec les habitants, dont il gagna l'amitié. Il ne tarda pas à venir rejoindre son petit bâtiment dans le lac StPierre, et retourna à SteCroix, où il hiverna avec sa flotte. L'hiver fut long et trèsdur ; les équipages eurent beaucoup à souffrir du froid et du manque de rafraîchissements; cependant les sauvages leur apportèrent de temps en temps une partie de leur chasse. Le plus grand de tous leurs maux fut causé par le scorbut. Ce fléau des gens de mer était encore peu connu du temps de Cartier il ne le nomme pas, et en parle comme d'un mal tout nouveau ; mais les divers symptômes qu'il décrit avec beaucoup de détail appartiennent tous si visiblement à cette cruelle maladie, qu'il est impossible de s'y méprendre. Plusieurs de ses gens y succombèrent, et au milieu de février 1536, sur cent dix hommes qui lui restaient, il n'y en avait pas dix qui ne fussent atteints de ce mal. Cartier craignit qu'un tel état de faiblesse n'engageàt les sauvages à commettre, à son égard, quelque acte de violence ; il en fut réduit, pour le leur cacher, à les empêcher d'approcher de ses bâtiments, et à faire frapper continuellement ses gens sur le pont, ou sur le côté du navire avec des planches, afin de faire croire au dehors qu'ils étaient occupés à travailler. Heureusement pour eux, un des chefs du pays, qui les avait quittés quelque temps auparavant les jambes enflées et dans un état pitoyable, revint se présenter i eux trèsbien portant. Cartier voulut savoir la cause d'une guérison aussi prompte, et ce chef lui montra dans la forêt un arbre dont les feuilles et l'écorce prises en infusion lui avaient rendu la santé. Deux hommes seuls osèrent d'abord faire usage de ce remède; mais l'effet salutaire qu'il produisit détermina tous les autres à suivre leur exemple; le grand arbre fut coupé, et employé tout entier à opérer leur guérison. La maladie avait néanmoins eu le temps de faire de grands ravages, et Cartier fut obligé d'abandonner un de ses bàtiments, parce qu'il manquait de bras pour le manoeuvrer. Il partit le 2 mai avec deux bâtiments, et sortit du fleuve par le canal qui est au sud de l'île Anticosti, et qu'il avait pris en 1554 pour un golfe. Il vint ensuite chercher le passage qu'il avait supposé à la même époque devoir exister au sud de Terre - Neuve; il le trouva, et compléta, par cette dernière découverte , celle du fleuve et du golfe StLaurent. Ses bâtiments arrivèrent à StMalo le 16 juillet 1556. Le journal de la campagne de Cartier nous a été conservé presque en entier par Lescarbot; la narration est faite à la troisième personne, et porterait à croire qu'elle n'a pas été écrite par luimême. On y trouve quelques endroits obscurs ; cependant, telle qu'elle nous est parvenue, elle fait connaître que Cartier avait dirigé sa navigation sur un plan trèsbien conçu, et qu'il l'a exécutée avec courage, habileté et persévérance. Le récit de ses entrevues avec les sauvages et des événements qui lui sont arrivés est simple, et porte tous les caractères de la vérité. On ne peut lui reprocher aucun acte de cruauté. 11 ne parait avoir employé la violence que lorsqu'il enleva, à la fin de son second voyage, plusieurs chefs qu'il voulait amener en France avec lui ; encore estil à présumer qu'il finit par les relàcher, et n'en conserva qu'un seul, qui consentit à venir de bonne volonté, et contribua, par ses discours, à calmer ceux qu'une telle action avait soulevés. Cartier fut renvoyé en 1540 vers le fleuve StLaurent ; il devait être sous les ordres de François de la Roque, seigneur de Roberval, qui avait été nommé viceroi de tous les pays environnants. Ce viceroi ne partit que plus de dixhuit niais après Cartier, qui resta pendant tout ce temps abandonné à ses propres ressources; enfin, pressé par la disette, il prit le parti de revenir en France. Il rencontra à TerreNeuve Roberval qui venait le joindre, et il lui donna ordre de le suivre; mais Cartier se sépara pendant la nuit, et arriva à StMalo en 1542. Hackluyt nous a conservé le précis de ce dernier voyage dans le troisième et dernier volume de sa collection. On trouve le journal des deux premiers voyages dans l'Histoire de la Nouvelle - France de Marc Lescarbot, Paris, 1612; la traduction en italien est dans le 38 volume de la collection de Bamusio, Venise, 1565. II nous reste un autre monument des voyages de Cartier, intitulé : Brief Récit de la navigation faite ès isles de Canada, Hochelage, Saguenay et autres, Paris, 1545, et Rouen, 1598
  • Jacques CARREY( 1646 - 1726) : peintre, né à Troyes en janvier 1646, entra dans l'école de Lebrun. Ce célèbre artiste le choisit pour accompagner à Constantinople 011ier de Nointel, nommé ambassadeur près la Porte Ottomane, et qui lui avait demandé un artiste habile. Carrey peignit d'abord l'audience accordée par le grand vizir à l'ambassadeur fran-çais. Il lit ensuite à Jérusalem deux tableaux, dont l'un représentait l'entrée de l'ambassadeur français dans cette ville , l'autre le Feu sacré , cérémonie usitée dans l'église du StSépulere par les sectateurs de la religion grecque. Dans divers voyages où il avait accompagné Nointel à Athènes , en Palestine et dans l'Archipel, Carrey dessina un grand nombre de statues, de basreliefs et de monuments ; mais ces dessins qu'il avait laissés à Constantinople furent perdus. Lorsqu'il fut de retour en France, Lebrun lui lit avoir une pension, un appartement à Versailles, et un aux Gobelins. Carrey mérita ces faveurs en travaillant pour le monarque. Il eut part à l'exécution de la galerie de Versailles, dessina les morceaux les plus curieux du cabinet du roi, et lit des dessins pour des ornements de sculpture , des ouvrages d'orfévrerie , etc. En 1690, époque de la namt (le Lebrun, Carrey retourna dans sa ville natale, pour ne plus la quitter, et il y lit un grand nombre d'ouvrages, dont le plus important fut la Vie de Si. Pantaléon, en six grands tableaux, exécutés pour la paroisse de ce nom_ Cet artiste mourut à Troyes, le 18 février 1726
  • Jacques CASSAGNES ou CASSAIGNE( 1636 - 1679) : naquit à Nimes, le 1" août 1636. Perrault, Brossette, Niceron et d'Olivet se sont trompés en fixant l'époque de sa naissance à l'année 1633. Il embrassa l'état ecclésiastique après avoir terminé ses études à Paris, où il prit le bonnet 0&mes , des odes lui firent pendant quelque temps une assez grande réputation pour qu'il fût reçu à l'Académie française. Il n'avait encore que vingtcinq ans lorsqu'il y remplaça StAmant, en 1662. Comme orateur, il avait entrepris de composer un corps d'homélies propres à être récitées dans les églises qui manqueraient de prédicateurs. Il prononça l'oraison funèbre de Hardouin de Pérélixe, et fut nominé pour prêcher à la cour; mais le trait fameux décoché par Boileau Si l'on n'est plus à l'aise assis en un festin, Qu'aux sermons de Cassagne ou de l'abbé Cottin, l'immola, pour ainsi dire, au pied de la chapelle du Louvre; il n'osa pas y monter, et renonça pour jamais à la prédication. On assure que Cassagnes fut si vivement affecté de la plaisanterie de Boileau, que sa raison s'en altéra. Il est certain qu'on se vit obligé de renfermer à StLazare ; mais l'ancien se- cretaire a inséré ce morceau dans sun grand ouvrage sur Sal- luste. Cassagnes fut gratifié d'une pension , et rionuné garde de la bibliothèque du roi. Il mourut à StLazare, le 19 usai 1679
  • Jacques CASSARD( 1672 - 1740) : né à Nantes en 1672, d'une famille peu riche, perdit encore trèsjeune son père, qui était capitaine de navire marchand. Dès qu'il fut en état de servir, il alla à StMalo, et obtint de l'emploi sur un bâtiment armé en course. Son habileté et sa bravoure ne tardèrent pas à le faire distinguer. Lorsque Pointis partit pour Carthagène en 1697, il proposa à Cassard de l'y accompagner. Dans l'attaque, Cassard, chargé de lancer les bombes, s'en acquitta avec tant de succès, que le feu des ennemis se ralentit bientôt. 11 marcha ensuite à l'assaut à la tète des flibustiers, qui admirèrent son courage. De retour en France, Pointis, en rendant compte de la prise de Carthagène, lit un grand éloge de la valeur de Cassaid. Celuici, chargé ensuite du commandement d'un vaisseau équipé pour la course par les habitants de Nantes, lit des prises très- considérables. Louis XIV, instruit de ces exploits, ' l'appela à la cour : « I?lonsieur , lui dit ce prince, « vous faites beaucoup parler de vous. J'ai besoin « clans ina marine d'un officier de votre mérite. Je « VOUS ai nommé lieutenant de frégate, et j'ai or-«. Ses talents et son courage étaient obscurcis par son caractère opiniàtre et farouche ; niais quelques paroles indiscrètes n'auraient pas dû faire oublier ses éclatants services
  • Jacques CASSINI( 1667) : fils du précédent, né à Paris, en 1667, fut reçu membre de l'académie des sciences en 1694. Il accompagna son père en Italie, et voyagea ensuite en Hollande et en Angleterre, s'y lia d'amitié avec Newton, Halley, Flamstead, etc., et fut reçu membre de la société royale de Lonares en 1696. De retour à Paris, il se livra avec ardeur aux travaux de l'académie, dont la collection renferme plusieurs ouvrages de sa main, tant sur l'astronomie que sur divers sujets de physique ; il y en a sur l'électricité, sur les baromètres, sur le re- cul des armes à feu, sur le perfectionnement des miroirs ardents, etc. En 1717, il présenta à cette société son grand travail sur l'inclinaison de l'orbite des satellites et de l'anneau de Saturne. Mais il est principalement connu par ses travaux relatifs à la détermination de la figure de la terre. Dans la première mesure, commencée en 1669, on crut trouver Je degré du méridien plus court au nord qu'au midi, et on en conclut l'allongement de la terre aux pôles. Jacques Cassini qui, avec son père, avait prolongé en 1701 cette mesure jusqu'au Canigou, et qui en avait exécuté en 1718 la partie septentrionale jusqu'à Dunkerque, publia à cette occasion son livre de la Grandeur et de la Figure de la terre, Paris, 1720 Ce résultat, opposé à celui que donnait le principe de l'attraction et de la révolution de la terre sur son axe, excita une réclamation générale de tous les partisans du système de Newton. On objecta que l'arc mesuré, quoique d'environ neuf degrés, n'é- tait pas assez grand pour que la mesure fût à l'abri des erreurs que pouvait produire l'imperfection des instruments ; Louis XV ordonna depuis de mesurer les degrés du méridien sous l'équateur et le cercle polaire , mais, pour résoudre le problème d'une manière plus directe, l'académie fut chargée, en 1735, de mesurer la longitude de la France entière, soit la perpendiculaire à la méridienne, depuis Brest jusqu'à Strasbourg. Cassini, qui dirigeait ce travail, trouva d'abord le degré de longitude plus court qu'il ne le serait dans l'hypothèse de la terre sphérique, ce qui le confirma dans son opinion de l'allongement aux pôles. On lui objecta avec raison que, pour déterminer l'amplitude de l'arc, il avait fait usage d'anciennes observations des satellites de Jupiter, faites par Picard et Lahire en Bretagne, et par Eisenschrnidt à Strasbourg. Ces astronomes, quoique fort habiles, n'avaient pas des instruments assez perfectionnés pour une opération aussi délicate; l'horloge à pendule de Huygens était à peine connue de leur temps ; ils ne pouvaient donc répondre d'une erreur d'une demiminute sur le moment précis de l'émersion du satellite, ce qui ferait en longitude une erreur de Ses OEuvres diverses ont été publiées en français, Paris, par la compagnie des libraires, 1729 de 506 p. Ce volume forme Le t. 8 des Mémoires de l'académie des sciences. D—R—R. 7' 30" ou plus de 5,000 toises sur l'arc du parallèle, ce qui excède la différence que donnerait l'hypothèse de la terre sphérique. Jacques Cassini mourut dans sa terre de Thury, le 16 avril 1756, dans sa 79' année. Outre les ouvrages que nous avons cités, on lui doit encore : 1° Réponse à la dissertation de M. Celsius, sur les observations faites pour pouvoir déterminer la figure de la terre, 1758 2. Eléments d'astronomie, Paris, de merie royale, 1740 Cet ouvrage, entrepris sur la demande du duc de Bourgogne, fut depuis traduit en latin par le P. Hell, professeur à Vienne. 30 Tables astronomiques du soleil, de la lune, des planètes, des étoiles, des satellites, ibid., 1740, 4°. Ces tables, qui forment comme la suite de l'ouvrage précédent, ont été longtemps au nombre des meilleures. L'édition de l'imprimerie royale étant épuisée, on en a donné une autre qui a beaucoup de fautes. Cassini de Thury y donna, en 1756, un supplément qui contient beaucoup d'observations de la lune
  • Jacques CAVACCI( 1567 - 1612) : historien, naquit en 1567, à Padoue, d'une ancienne et illustre famille qui s'est éteinte au commencement du 18* siècle. Il eut pour instituteur le savant Antoine Riccobono, dans les lettres duquel on en trouve une qui lui est adressée. Ses cours terminés, il embrassa la règle de StBenoit dans la congrégation du el ontCassin, et passa la plus grande partie de sa vie dans le couvent de SteJustine de Padoue, partageant son temps entre la prière et l'étude. Il se proposait de terminer ses jours à SanFortunato où son ordre possède une maison dans une position délicieuse ; mais il fut enlevé par une mort prématurée à Venise, en 1612, à l'àge de 45 ans. On a de lui : 1. Historice Ccenobii D. Justince Patarince 6, quibus Cassinensis congregalionis origo et plu- rima ad urbein Pataviam ac finitimas altinenlia interseruntur, Padoue, •636 Il y a beaucoup d'érudition dans cet ouvrage, qui est cependant peu recherché. 2° Illustrium anachoretarum Elogia, Venise, 1625 Lenglet Dufresnoy en cite une édition de Rome, 1661. Comme les estampes en font le principal mérite, les curieux donnent la préférence à la première édition, qui est devenue rare
  • Jacques CATS( 1577 - 1660) : né à Brouwershaven en Zélande, en 1577, occupe une des premières places parmi les restaurateurs ou plutôt les créateurs de la langue et Rouillé continua l'ouvrage jusqu'à la fa du règne de Domitien : niais luimême ayant cessé de vivre le 7 mai 1740, le P. Routh reprit cette continuation. La suppression de la société de Jésus, puis la mort du P. Rouit, ont de nouveau suspendu cet ouvrage qui ne sera jamais terminé. Une réimpression fut commencée en 4740, sous ce titre : Histoire de la fondation de Rome, rétablissement de la république, etc., par L. P. C. G. R. augmentée de remarques Par la Barre de Beaumarchais, Rouen , 1740, 4 vol Les autres n'ont pas paru. trèsbonnes études à Leyde. Il refusa à son retour la chaire de droit qui lui fut offerte dans cette université naissante, mais déjà trèsillustre. Il a rempli, dans les temps les plus difficiles, les premières fonctions administratives et diplomatiques. Ambassadeur en Angleterre en 1627 et en I 651 , il en revint, la première fois , décoré de l'ordre de StGeorge. Il fut grand pensionnaire de hollande, de 1636 à 1651. Le caractère du talent poétique de Cats est essentiellement différent de celui de lIooft et de Vondel, ses contemporains et ses émules. Sa muse se distingue par tout ce qu'ont de plus attrayant la naïveté, la simplicité, la bonhomie, la popularité, et on ne l'a pas mal nommé, sous ce rapport, le la Fontaine de la Hollande. Il s'élève quelquefois avec son sujet, mais il ne vise jamais au sublime. Nul n'a possédé, nul n'a déployé en vers une plus profonde connaissance du coeur humain : il allie toujours le sentiment à la raison. Comme Ovide, il abuse de sa facilité ; il a habituellement, comme lui, une abondance rédondante, niais aussi sa poésie, comme celle d'Ovide, est riche d'expressions et pleine , dont les ouvrages, religieusement recueillis et fréquemment réimprimés, furent appelés la Bible de la jeunesse, la Bible des paysans, avait commencé, au bout de cent ans, à tomber dans le plus injuste déni ; il était devenu du bon ton , les deux derniers ont offert à leurs compatriotes une nouvelle édition des oeuvres de Cats, dans un format commode et portatif, quand les précédentes étaient ou au moins Le recueil des œuvres de Cats est principalement composé d'emblèmes et d'allégories, conformément à l'usage de son temps ; de poêmes sur les différents figes et les différentes conditions de la vie ; de mélanges sur divers sujets, oit l'on trouve fables, chansons, idylles, etc. ; d'un peine sur la vie champètre ; d'un autre sur sa propre retraite rurale et sur sa vieillesse octogénaire. Ses Emblèmes sont en trois langues; mais ils prouvent incomparablement mieux son talent pour la poésie latine que pour la poésie française. 11 mourut à sa campagne de Zorgvliet, sur la belle route de la Haye à la nier, le 12 septembre 1660, âgé de 83 ans. Toutes ses oeuvres ont été, à cc qu'on assure, traduites en allemand et en vers. flaerle et Boyus ont élégament traduit en vers latins, sous le titre de Faces auguste, son poême de l'Anneau nuptial. Feutry a donné une imitation libre de son poême intitulé les Jeux d'enfants, dans ses Opuscules poétiques et philosophiques, Paris, 1761
  • Jacques CAVEDONE( 1577 - 1660) : peintre, né à Sassuolo, près de Modène, en 1577, fut d'abord élève de Carrache, ensuite du Guide, qui l'emmena à home. Cavedone ne s'attacha pas aux choses les plus difficiles de l'art; il craignit les raccourcis de l'école d'Annibal Carrache, et se borna à représenter des poses faciles, des expressions douces et tranquilles, en y joignant un dessin fini et correct. Il réussit dans les peintures à fresque, et y montra de la vigueur. On demandait un jour à l'Albane s'il y avait des tableaux du Titien à Bologne : « Non, répondit« il ; mais on peut regarder comme tels les deux du « Cavedone que nous avons à StPaul , sa Vierge « dans l'étable et son Épiphanie. » Cavedone peignit à Imola un trèsbeau St. Étienne. On reconnaît la main de ce maître à sa manière de traiter les barbes et les cheveux. Cavedone ayant perdu un fils qui donnait (le grandes espérances, devint presque stupide, et perdit tout son talent. A cette époque, il lit à StMartin une Ascension qui est audessous du médiocre. Ce maître n'ayant plus de commande fut réduit à la mendicité, et mourut en 1660, dans une écurie où on l'avait reçu par charité. On distingue encore parmi les tableaux de cet artiste celui qui représente la Vierge et l'Enfant Jésus portés sur des nuages, et qui apparaissent à St. Éloi et à St. Pétrone; il offre une couleur digne des plus beaux temps de l'école de Venise , et confirme le jugement (le l'Albane
  • Jacques CAZOTTE( 1720) : naquit en 1720, à Dijon, où son père était greffier des états de Bourgogne. Il fit ses études au collége des jésuites de sa ville natale. Lorsqu'elles furent achevées, un de ses frères, grand vicaire de M. de Choiseul, évèque de ChâlonssurMarne, l'appela à Paris pour y perfec- tionner son éducation. Enfin, le temps de choisir un état étant venu, Cazotte entra dans l'administration de la marine; il parvint, en 1747, au grade de commissaire , et passa, comme contrôleur des iles vent, à la Martinique, sur le convoi qui fut sauvé par de l'Étenduère. Cazotte avait du goût pour la poésie, et la rencontre qu'il fit à Paris, chez Raucourt, son compatriote, des auteurs et des gens . d'esprit les plus remarquables à cette époque, alluma son amour pour les lettres. Il composa dès lors plu- sieurs fables, et l'air et les paroles de quelques chan- sons qu'on entend encore avec plaisir Toujours nous aimer... landerirette; Jamais ne changer... landeriri, etc. 0 niai, û tuai, û le joli mois de mai, etc. Ce fut vers ce temps aussi qu'il écrivit les Aline' et une Fadaises, ouvrage dont il faisait luimérne dans la suite assez peu de cas. Établi à la Martinique, Cazotte y partagea son temps entre les devoirs de sa place et les douceurs d'une société d'hommes parmi lesquels se distinguait le P. Lavalette, supérieur de la mission des jésuites. Après quelques années de séjour dans la colonie, Cazotte demanda un congé, et revint à Paris, où il trouva une Dijonaise, son amie dès l'enfance . Celteci avait été choisie pour être la nourrice du duc de Bourgogne. Il fallait endormir le royal enfant, et on demandait des chansons. Cazotte composa pour son amie la fameuse romance : Tout au beau milieu des Ardennes, et cette autre : Com- mère, il faut chauffer le lit. « Ces chansons, diton à « l'auteur, pourraient faire le sujet d'un poème.» Ce compliment le fit rêver. Cazotte était près de retourner à la Martinique. Pendant la traversée, il ne s'occupa guère d'autre chose que de s'essayer dans un genre de littérature auquel il n'avait pas songé jusquelà. Enfin , arrivé dans la colonie, il mit sé- rieusement la main à l'oeuvre , et 011ivier, poème, ou, comme il l'a nommé, fable héroï- comique, est le fruit des loisirs que ses occupations lui laissaient. Lorsqu'en 1759 les Anglais attaquèrent le fort StPierre, Cazotte contribua, par son zèle et son activité, à rendre leur attaque inutile; mais sa santé affaiblie l'obligea quelque temps après à demander un nouveau congé. Il aborda en France au moment de la mort de son frère, dont il avait été nommé héritier. Cette circonstance, et la nécessité de vaquer à ses propres affaires, le mirent dans le cas de solliciter sa retraite ; elle lui fut accordée de la manière la plus honorable, avec le titre de commissaire général de la marine. Cazotte avait cédé au P. Lavalette tout ce qu'il possédait à la Martinique, en terres, en nègres et en effets ; il avait reçu de lui en payement des lettres de change sur la compagnie des jésuites. Le peu de succès des affaires que le P. Lavalette avait entreprises engagea les supérieurs de la compagnie à laisser protester les lettres de change. Une telle résolution faisait perdre à Cazotte 50,000 écus, c'est-àdire le fruit du travail de toute sa vie. Il fit d'inutiles efforts pour la faire changer ; enfin il se vit contraint de plaider contre ses anciens maîtres. Ce procès a été, pour ainsi dire, l'origine de tous ceux qui sont venus fondre sur cette société. Les mémoires qui ont circulé au nom de Cazotte dans les tribunaux sont pleins de modération. On l'y oit sans cesse partagé entre la reconnaissance qu'il doit aux instituteurs de son enfance, et les regrets que lui fait éprouver la nécessité où il est de les traduire en justice. Cazotte avait épousé la fille d'un de ses amis, principal juge de la Martinique . Lorsqu'il eut renoncé aux affaires, il partagea son temps entre Paris et une campagne que son frère lui avait laigsée à Pierry , près d'Épernay. On imagine sans peine qu'il fut désiré dans les meilleures sociétés de la capitale. Sa gaieté , sa conversation vive et piquante, son esprit et son coeur , toujours en mesure avec ceux qui causaient avec lui, sa parfaite et douce franchise, le faisaient généralement aimer. 11 eut donc des succès dans le monde ; il en eut même parmi les beaux espriis da siècle, quoiqu'il ne par- tageàt pas les opinions qu'ils s'efforçaient d'accré- diter. Les amis de Cazotte avaient tiré de son portefeuille le poème On y remarque une imagination riche et variée , une facilité de style peu commune, et surtout une manière de raconter vive et naturelle. Un étranger entre un jour chez Ca- zotte avec un livre sous le bras : « Vous êtes , lui « dit l'étranger, M. Cazotte, auteur du Diable amoureux; eh bien, c'est cet ouvrage qui fait l'objet de « ma visite. »L'inconnu supposait à Cazotte des connaissances du genrede celles de Calderon , et il fut très-étonné lorsque celuici lui avoua que ce que renfermait le Diable amoureux était le fruit de sa seule imagination. Les suites de la conversation apprirent à Cazotte que le personnage dont il recevait la visite était un disciple de Martinès. Sa curiosité s'étant enflammée, il obtint d'être initié. L'étranger le fit recevoir dans cette société , dont Martinès de Pasqualis était l'instituteur. On a dit, dans quelques écrits du temps, que cette association devait son origine à de StMartin : on s'est trompé; de StMartin était seulement un de ses membres. Nous ne dirons rien sur ce qu'on enseignait dans cette nouvelle école; nous observerons seulement que Cazotte n'y fut pas plutôt reçu, que l'Evangile devint sa règle jusque dans les détails les plus minutieux de sa vie. Accoutumé à découvrir toutes ses pensées, il n'hésita pas à publier ses nouvelles idées dans tous les cercles où il était admis. Ce fut peu après, qu'à l'aide d'un moine arabe nommé D. Giavis, il s'occupa de la traduction des colites arabes, dont la collection, en 4 volumes, fait suite aux. Mlle et une Nuits, et forme les t. 37 à 40 du Cabi- net des Fées : c'est de là qu'a été tiré le Ca- life de Bagdad. D. Chavis, dans un mauvais langage moitié français, moitié italien, donnait à Cazotte le cadre de ces contes ; celuici, âgé pour lors de soixante et dix ans, prenait la plume à minuit, au retour des sociétés où il avait l'habitude de passer ses soirées, et, se livrant à son imagination, il écrivait jusqu'à quatre ou cinq heures du matin; tellement qu'en deux hivers il termina son entreprise. Cazotte, au reste, ne fit cet ouvrage que pour apprendre à ceux qui regardaient sa piété comme une preuve de l'affai- blissement de son esprit, que les mêmes moyens qui lui avaient mérité parmi les gens de lettres quelque réputation lui restaient encore. Le canevas de quelquesuns de ces contes, celui de Maugrabi , par exemple, est tout entier de sa composition ; mais, ce qu'il est bon de remarquer, c'est que, dans la plupart des autres, Cazotte a personnifié ses idées spirituelles. Qu'on les lise sous ce point de vue, et on sera très-étonné de trouver un traité de perfection morale sous la forme d'un conte de fées. Cazotte avait reçu de la nature une facilité extrême pour la composition ; nous nous contenterons d'en citer deux exemples. Un de ses beauxfrères lui vantait sou-. vent les opéras bouffons, ou comédies mélées d'a- riettes, qui étaient alors dans leur nouveauté, et les regardait comme des chefsd'oeuvre. « Donnezmoi « un mot, lui dit Cazotte, et si, sur ce mot, jen'ai pas « fait d'ici à demain une pièce de ce genre, vos élo- « ges seront mérités. » On était à Pierry ; le beau-. frère voit entrer un paysan avec des sabots : « Eh bien , sabots , mon frère, s'écriatil ; voyons un « peu comme vous vous en tirerez. » Cazotte fait sortir tout le monde de son appartement, excepté Rameau, neveu du grand musicien, cerveau dérangé, mais plein de talents; et dans le cours de la soirée et de la nuit jusqu'au lendemain, fut composé, paroles et airs originaux , l'opéracomique des Sabots. Il l'envoya à Paris à son amie madame Bertin, des parties casuelles , qui la joua sur son petit théàtre. Des acteurs de la ComédieItalienne l'y virent représenter, le goûtèrent, le demandèrent à madame Bertin, et, du consentement de Cazotte, la pièce leur fut livrée. On toucha à quelques scènes, à quelques airs ; on composa toutes les partitions, sans que les premiers auteurs s'en mêlassent; et quoique l'entrée des Italiens eût été accordée à Cazotte, comme auteur de cette pièce, il ne voulut point qu'elle fût donnée sous son nom, et elle continua de paraître sous les noms de Duny et de Sedaine. Voici le second trait : Voltaire déshonorait son talent en produisant le poëme de la Guerre civile de Genève ; il paraissait chant par chant, et, quoique indépendam- ment de la grossièreté de la satire, la poésie y fût audessous du médiocre , l'engouement ,pour cet homme célèbre était tel, qu'on se l'arrachait. Un. soir, dans une société, on fait voir à Cazotte les der- niers chants arrivés ; il les regarde, sourit : « Vous « n'avez encore que ceuxci, ditil? Vous êtes bien « en retard ; il y en a d'autres, » Rentré chez lui, il prend la plume, et broche un septième chant, où il suppose les événements du cinquième et du sixième qui n'ont jamais été faits par Voltaire ; il le rapporte le lendemain. 11 avait si bien saisi la manière de Voltaire, que tout le monde en fut la dupe et voulut avoir des copies. La capitale partagea pendant huit jours cette mystification. Ce qu'il y avait de plus s c'est que Voltaire luimême s'y trouvait drapé, eton regardait cela comme un effet dela modestie du grand homme. Cazotte prit d'autant plus de plaisir à cette espièglerie , qu'il la regarda comme une espèce de vengeance. Quelque temps auparavant il avait publié, sous le voile de l'anonyme, un conte en vers , intitulé la Brunette anglaise; il fut trouvé charmant , et la versification en était si facile, que, d'une commune voix , on l'attribua à Voltaire, et celuici ne le désavoua pas ; en sorte que Cazotte eut beaucoup de peine à détromper le public à ce sujet. Il l'inséra depuis dans 011ivier. Cela fait naître une question : Pourquoi n'atil pas versifié tout cet ouvrage? On ne peut douter , d'après cet exemple, qu'il ne lui en eût pas coûté beaucoup ; car il versi- fiait facilement, et peut-être trop ; en effet, dans d'autres productions en vers qu'il a publiées, il devient extrêmement prosaïque. C'est surtout dans un volume de fables que cetabandon se fait remarquer. Cependant il en est quelquesunes qui sont très- bonnes pour le sujet et pour la manière de raconter; mais beaucoup d'autres sont plus bizarres que naïves ; on y reconnaît pourtant la touche originale de l'auteur. Toujours enjoué, sa gaieté ne dégénère jamais en malice, et, quoiqu'il ait fait souvent des peintures vives de l'amour , il se contient toujours dans les bornes de la décence. Ces qualités se font remarquer et le décèlent dans les moindre bagatelles ; on les retrouve dans ses nouvelles ; il en est une surtout, l'Honneur perdu et retrouvé, qui est un petit chefd'oeuvre. Cazotte, écrivant pour son plaisir et pour celui d'une société intime , n'avait jamais cherché l'éclat : aussi sa réputation n'était peut-être pas égale à son mérite. 11 était parvenu à un àge où d'un jour à l'autre il pouvait s'éteindre ; la pureté de ses moeurs, et surtout les grands principes qui le dirigeaient depuis plusieurs années, lui eussent procuré une mort fort douce : c'eût été le soir d'un beau jour. La révolution survint ; elle l'arracha à sa vie paisible, et il mourut en héros. Lorsqu'elle développa sa marche destructive, Cazotte ne négligea rien pour la combattre. Écrivant par habitude, il témoignait sa douleur à ses amis, et son esprit, qui s'agitait en tous sens, imaginait chaque jour quelques moyens, malheureusement trop faibles, pour arrèter le cours d'un fléau si funeste z telle est l'origine de sa corres- pondance avec Ponteau , son ancien ami, et alors secrétaire de la liste civile; correspondance qui mit en mouvement l'affaire dont Cazotte avait, diton, parlé clans la conversation prophétique l'apportée par Laharpe. Les auteurs de la journée du 10 août 1792 ayant envahi les bureaux de Lapone y découvrirent cette correspondance de Cazotte, imprudemment conservée. Cazotte, en conséquence, et sa fille Elisabeth, qui lui avait servi de secrétaire, furent arrê- tés à Pierry, conduits à Paris, et renfermés dans les prisons de l'Abbaye. On n'a pas oublié comment, dans les terribles journées des 2 et 3 septembre, lorsque Cazotte, à son tour, fut livré aux assassins, l'héroïque Élisabeth se précipita sur lui, et faisant au vieillard un bouclier de son corps, s'écria : « Vous « n'arriverez au coeur de mon père qu'après avoir « percé le mien. » Le fer, pour cette fois, tomba des mains duerime, et Cazotte et sa fille, au lieu d'ètre massacrés, furent portés en triomphe jusque dans leur maison ; mais ils n'y lestèrent pas longtemps paisibles. On arrêta une seconde fois Cazotte, qui, conduit de la mairie à la prison, se vit bientôt traduit devant un tribunal institué pour juger tout ce qui avait rapport aux prétendus crimes du 10 août. Il y subit un interrogatoire de trentesix heures, pendant lequel sa sérénité , sa présence d'esprit ne se démentirent pas un instant. Enfin il fut condamné à la mort. L'accusateur public ne put s'empêcher de faire précéder ses funestes conclusions de quelques mots d'éloge : « Pourquoi, ditil à Cazotte, fautil que « je vous aie trouvé coupable après soixantedouze « années de vertus !.. Il ne...suffit pas d'avoir été bon « fils, bon époux, bon père : il faut encore être bon « citoyen... » Le juge qui prononça la condatima- lion de Cazee ne crut pas non plus devoir le traiter comme unaccusé ordinaire : « Envisage la mort 1 « sans crainte, lui ditil; songe qu'elle n'a pas ledruit « de t'étonner ; ce n'est pas tin pareil moment qui doit « effrayer un homme tel que toi. » L'arrêt fut exécuté le 25 septembre 1792. Cazotte passa une heure avec un ecclésiastique avant que de marcher au supplice. Ayant demandé une plume et du papier, il écrivit ces mots : « Ma femme, mes enfants, ne me pleurez pas, ne m'oubliez pas ; mais souvenez-« vous surtout de ne jamais offenser Diu, 1741 20 Mille et une Fadaises, contes à dormir debout, 4742 5° La. Guerre de l'Opéra, etc., sans date , et sans indication de lieu, brochure 4" Observa- tions sur la lettre de J.- J. Rousseau, au sujet dela musique française , Paris, 1731 5' 011ivier, peine en 12 chants, Paris, Panckoucke, 1762. 2 vol. ibid., Didot rainé, 1798, 2 vol. fig. Ce poëtne contient la Brunette anglaise, dont nous avons déjà parlé, et plusieurs autres contes en vers, comme la Veillée de la bonne femme; les Prouesses inimitables d'011ivier, et le Diable ti, quatre. Il est en outre précédé de deux romances qui ont fourni à l'auteur son sujet. 6. Les Sabots, opéracomique en 1 acte, Paris, 1768 7° Le Lord impromptu, nouvelle romanesque, Paris, 1771 ; traduite en anglais par Sheridan, et retraduite en franeais SOUS le titre de Lismor, ou le Chdteau de Clostern, Paris, 1800, 2 vol. 8. Le Diable amoureux, nouvelle espagnole, Naples , 1772 édi- tion rare et recherchée, à cause des ligures grotesques et d'une préface, qui étaient une satire du luxe d'impression et de gravures dont on ornait souvent alors des écrits trèsmédiocres. Il en a été fait une traduction en allemand. OEuvres badines et morales de Cazotte, Londres et Paris, 1776, 2 vol. et Paris, 1788, 5 vol. On n'y trouve qu'011ivier, le Lord impromptu et le Diable amoureux. OEuvres complètes de Cazotte, Londres, , 5 vol. grand ou Paris, 1798, 6 vol. Le 5° vol contient cinquanteneuf fables, et les deux derniers, le 7' chant de la Guerre civile de Genève, la Voilai- riade, peines satirique, plusieurs petits pemes, nouvelles et contes en vers; des contes et des nouvelles en prose, entre autres : le Fou de Bagdad, et Rachel, ou la belle Juive, nouvelle historique espagnole . 11 a paru depuis : OEuvres badines et morales, historiques et philosophiques de Cazotte, avec une notice sur l' auteur et une autre sur sa tille' 1 mademoiselle Elisabeth Cazotte, Paris, Bastien, 484G- 67, 4 vol. it-8° orués de vingt gravures, Cette édition, la première t Cazotte a fait aussi une suite aux Mille et une He'. res de Gueulette , mais les événements sont tellement liés à ce qui précède, qu'il eût fallu donner l'extrait de l'ouvrage entier, ce qui a décidé l'éditeur à ne pas faire usage de cette suite. Restif de la Bretonne a publié quelquesuns de ces romans sous le nom de Cazotte
  • Jacques CELLARIUS : bisaïeul du célèbre Christophe Cellarius , fut le premier de sa famille qui latinisa son nom allemand Keller, qui signifie cave, cellier. Il fut professeur de philosophie et d'éloquence au gymnase de Lauingen, et donna des éditions classiques des Epitres de Cicéron , du Thesaurus Ciceronianus de Nizolius, et de la Plira- seologia lalina d'Ant. Schorus. Il vivait encore en 4609. — Daniel CELLARIUS , natif de Wiltberg , dans le Wurtemberg , était contemporain du précédent, et fut l'auteur du Speculum orbis icrrarunt, publié à Anvers, 1578 C'est un atlas des meilleures cartes géographiques de ce tempslà, gra- vées en cuivre par Jean dc Jode. — André CELLAmus, autre géographe, cosmographe et mathématicien , recteur du collége de Born , en Hollande, publia en latin : 1° une Architecture militaire, 1656 ; 20 une Description de Pologne et de Lithua- nie , Amsterdam, 1659 , qui fut traduite en hollandais en 1660. C'est une compilation tirée des meilleurs auteurs polonais ; on y trouve quelques anecdotes et de bons détails. 5° Harmonia macro- cosmica, seu Allas universalis et novus totius uni- versi creati , Amsterdam , 1661 Cette cosmosgraphie se joint à l'atlas de Blaeu ; on en a donné une nouvelle édition en 1708. — 11 ne faut pas confondre cet auteur avec André CELLAR1US pasteur à Wiltberg, dans le Wurtemberg, qui publia quelques ouvrages de théologie , et mourut en 1562
  • Jacques CÉPORIN( 1499 - 1525) : né en 1499 , à Dynhart, le village du canton de Zurich. Son vrai nom de famille était WIESENDANGER, qu'il changea, selon la mode de son siècle, en le traduisant en grec. Ses parents , paysans aisés , encouragés par ses talents, lui firent fréquenter l'école et in Arati Astrononzicon, Bàle , 1525 , 1534 et 1547 Hesiodi Georgicon brevi srholio adornatum , epigrammata grœca, Cologne, 1535, et Zurich, 1539 ; enfin, un Compendium grammaticce grœcce, estimé dans son temps, et souvent réimprimé
  • Jacques CÉRATIN( 1400) : né dans le 15° siècle , à Hoorn en Hollande, s'appelait Teyng. Il se fit d'abord nommer Hornanus, du nom de sa ville natale; il changea bientôt ce nom contre celui , 1599 2° De Sono grœcarum litterarum , imprimé avec le traité d'Erasme , de Pronuntiatione , Cologne , 1529 ; Paris, sous ce titre : de Recta grœcarum litterarum Pronuncialione, 1556 ; réimprimé dans le recueil de S. Havercarnp, 4es écrits faits sur la véritable prononciation de la langue grecque , Leyde, 1756. 5° Lexicon grœco- latinum, imprimé avec une préface d'Erasine, 1524 Aide Manuce avait, en 1497 , donné un lexique grec et latin , que plu sieurs personnes avaient déjà augmenté quand ,Cératin entreprit son édition. La même année qu'il la donna , Alde Manuce en lit aussi paraître une nouvelle à Venise , 1524 Ces dictionnaires ont eu leur mérite dans leur temps
  • Jacques CHARPENTIER( 1524) : né en 1524, à Clermont en Beauvoisis, vint étudier la philosophie à Paris, et ne tarda pas à la professer luimême au collége de Bourgogne. Devenu procureur de la nation de Picardie, il prit à l'université les degrés de bachelier et de licencié en métlecine, puis fut recteur pour la philosophie, dignité qu'il conserva pendant seize ans. En 1566, la chaire de mathématiques du collége royal lui fut résignée par DampestreCosel qui l'occenpait; mais le célèbre Bamus s'opposa fortement A cette résignation, prétendant qu'elle ne pouvait avoir lieu pour une semblable place, à laquelle on ne devait point être admis sans un examen préalable. L'affaire fut portée au parlement ; on l'y appointa ; niais le conseil d'État décitla en faveur de Charpentier, qui, en 1568, fut élu doyen. Il était devenu médecin de Charles IX , et mourut de phthisie le 1" février 1574. Charpentier s'adonna beaucoup plus à la philosophie qu'à la médecine. Partisan outré d'Aristote, il combattit vigoureusement les ennemis du péripatéticien, et notamment 'Ramus, auquel il ne pardonna point l'opposition qu'il avait mise à sa nomination. On l'a méme accusé d'avoir contribué fortement aux malheurs de ce dernier, dans l'horrible journée de la StBarthélemy. On lui reproche avec encore plus de fondement d'avoir altéré , pour la défendre, la doctrine d'Aristote, sous le nom duquel il publia une soidisant théologie mystique égyptienne, qu'il prétendit traduire de l'arabe, quoiqu'il ignorât les premiers éléments de cette langue : il n'avait fait au surplus que mettre en meilleur latin une ancienne traduction déjà imprimée de cet ouvrage. Charpentier fut intolérant en religion comme en philosophie, et il lit chasser de l'université tons ceux dont il suspectait les opinions. On a de lui : 1° Descriptio universce naturoe ex Aristot.; de putredine et coctione, Paris , 1562 ; 9.° Ad expositionem disputationis de me- thodo, contra Thessalum Ossatum Responsio, Paris, 1564 50 Orationes contra Bamum, 1566 ; 4' Epistola in Alcinoum, 1569 ; un commentaire sur ce philosophe, 1575 " A- bri 14, qui Aristolis esse dicuntur, de secretiore parte divine° Sapientice secundum ./ Egyptios, ex arabico sermone, etc., Paris, 1571 etc.—CHARPENTIER, premier commis du lieutenant de police Hérault, et mort vers 1750, composa pour le théâtre de la Foire les Aventures de Cythère, 4715; Qui dort dine, 1718, erJupiter amoureux d'Io.— Paul CHARPENTIER. provincial des PetitsAugustins, né à Paris, le 50 janvier 1696, et mort à Lagny, le 28 avril 1775, a publié deux traductions du latin : 1° du Siége et Prise de Rhodes, par r.l.'hoinas Guichard, historien da 16° siècle ; elle parut dans le Mercure : elle devait être insérée, avec le texte latin, dans l'essai d'une nouvelle histoire de l'imprimerie , ouvrage qui n'a jamais été publié
  • Jacques COELMANS( 1670 - 1735) : graveur au burin, né vers 1670, à Anvers, apprit la gravure de Corneille Vermeulen. 11 était mème déjà compté au nombre des bons graveurs d'Anvers, lorsqu'il fut appelé en Provence par 'loyer d'Aguilles qui le chargea de graver sa riche collection de tableaux. Ce travail, mis au jour dès 1709, fut donné plus complet en 1744; il se compose de cent dixhuit pièces, dont les portraits forment la partie la plus intéressante. Toutes les planches sont exécutées au burin, dans nu style pesant et peu harmonieux ; on leur reproche une teinte trop également noire ; un dessin trop dans le nu des figures, et trop peu de noblesse dans l'expression des tètes; mais cet artiste a souvent le talent de cacher les nombreux défauts de ses estampes sous l'éclat d'un coloris vif et brillant. On a dit de lui avec raison que c'était un graveur coloriste. Il mourut à Aix, en 1735
  • Jacques CŒUR : fils d'un orfévre de Bourges, fut d'abord employé aux monnaies, et se livra ensuite au commerce, dans lequel il fit des gains considérables. Charles VII, qui voulait l'attacher à son service, lui donna l'emploi de maître de la monnaie à Bourges, et, bientôt après, lui confia l'administration des finances du royaume, avec le titre d'argentier. L'exercice de cette charge était, dans le pr borné à la direction des dépenses de la maison du roi ; mais Jacques Coeur eut un pouvoir bien plus étendu, puisqu'il réglait les contributions que chaque province devait fournir, et qu'il réunissait les fonctions de dépositaire' des fonds royaux à celles de ministre des finances. Ces fonctions ne l'empêchèrent pas de continuer le commerce maritime et d'envoyer ses vaisseaux dans le Levant, pour y porter des marchandises ui faire amende honorable. Cependant, à la voix de ses ennemis, il s'éleva contre lui une foule de démonciateurs qui l'accusèrent d'altération dans les monnaies; d'avoir fait transporter hors du royaume beaucoup d'or , l'arrét qui le déclarait convaincu des crimes dont on l'accusait, et pour lesquels il avait encouru la peine de mort, que le roi lui remettait « en considération de certains 4( services et à la recommandation du pape, » et le condamnait à faire amende honorable, à 400,000 écus d'indemnité en laveur du trésor royal, indépendamment de la confiscation de ses biens, et au bannissement perpétuel. Ses juges partagèrent ses dépouilles. Chabannes, outre 20,000 écus qu'il se lit donner, acheta à vil prix les terres de StFargeau, de Tonei et (le Péreuse, qui appartenaient à Jacques Coeur. Ce jugement inique le réduisit à la misère ; niais ses commis, lini lui étaient trèsattachés, se cotisèrent pour l'aider dans sa disgràce. Quoiqu'il eût été banni à perpétuité, le roi, après qu'il eut fait amende honorable à Poitiers, lui ordonna de se retirer dans le couvent des cordeliers de Beaucaire pour y demeurer en franchise : c'était une espèce de prison sous la sauvegarde du roi. Il y resta longtemps.Enfin, l'un de ses commis, nommé Jean de Village, auquel il avait fait épouser une de ses nièces, favorisa son évasion. Coeur se rendit à Rome. Le pape Calixte III, qui armait contre les Turcs, lui donna le commandement d'une partie de sa flotte. Coeur s'embarqua; mais, étant tombé malade, il s'arrêta à Chio, oit il mourut avant l'an 1461, et fut enterré dans l'église des cordeliers de cette île. Voltaire dit que, lorsqu'il tut sorti de France, il s'établit dans l'île de Chypre, où il continua de faire le commerce. Thévet ajoute qu'il s'y maria, eut deux filles de son mariage, et acquit en peu d'années une fortune égale à celle dont il avait joui ; mais Ronamy a démontré, dans un mémoire lu à l'académie des inscriptions, que c'était une fable dénuée de toute espèce de fondement. Les richesses de Jacques Coeur persuadèrent à ses ignorants contemporains qu'il avait trouve la pierre philosophale, et quelques emblèmes singuliers, sculptés dans ses maisons, le firent accuser de magie. Ces sottises ont été répétées longtemps après, et l'on a même dit que Raimond Lulle lui avait appris le secret de taire de l'or. Ceux qui ont écrit de i semblables absurdités n'ont pas fait attention que Raimond Lulle était mort plus de cent ans auparavant. Jacques Coeur est un des hommes les plus remarquables de son siècle. Personne n'entendit mieux que lui le commerce maritime; il dirigeait luimènie les opérations de celui qu'il faisait avec le Levant et les côtes d'Afrique. Il rendit (l'importants services à l'Etat dans sa charge d'argentier , et si, pendant son ministère, il ne put rétablir les finances, il faut en accuser les malheurs de la France après , les longues guerres contre les Anglais, plutôt que son incapacité ou sa mauvaise foi. Il était plus instruit que la plupart de ses contemporains, et avait rédigé des Mémoires et Instructions pour policer la maison du roi et tout le royaume. On lui doit aussi un dénombrement, ou calcul des revenus de la France, que l'on trouve dans l'ouvrage de Jean Bouchet de Poitiers, intitulé : le Chevalier sans reproche, et dans la Division du monde, par Jacques Signet. Sous le règne (le Louis XI et pendant la détention de Chabannes, la famille de Jacques Coeur rentra dans ses biens. I.e roi ordonna la révision du procès ; mais le parlement, devant qui l'affaire tut plaidée, ne prononça pas, peut-être parce que Chabannes, rentré en grâce, devint plus puissant que jamais. La contestation n'a été terminée que sous le règne de Charles VIII, par une transaction entre Jean de Chabannes et la veuve de Geoffroy Coeur, fils de Jacques
  • Jacques COLAS( 1500 - 1600) : naquit à !Ilontelimart, vers le milieu du 16e siècle. De Thou, qui avait étudié avec lui à Valence sous Cujas , raconte qu'il fut accusé (t'avoir assassiné un de ses camarades, et emprisonné à cause de ce meurtre. Il le peint comme un homme d'une élocution facile, présomptueux, hardi, et qui avait médité de bonne heure des choses audessus de sa condition. En effet, fils d'un avocat professeur en droit, et quelque temps avocat luimême, l'office de vicesénéchal de Montelimart, dont il fut pourvu en 1577, était peu propre à satisfaire sa turbulente ambition. Député par le tiers état de sa province aux états de l3lois, il s'y dévoua tout entier aux intérêts des princes de Lorraine. En conséquence il abandonna la magistrature pour la profession des armes, et désola d'abord le Dauphiné, à 'la tète de 1,200 arquebusiers qu'il avait rassemblés pour faire la guerre aux protestants. D'autres provinces devinrent le théâtre de ses fureurs ; mais le succès ne couronna pas toujours ses entreprises. Il était au pouvoir des protestants dans Châtillon, lorsque cette place fut obligée en 1586 de se rendre au duc (le Mayenne. La délivrance de Colas, ainsi que celle de Birague et de la RocheDubreuil , fut une (les conditions de la capitulation. Mayenne , dont la protection lui avait déjà fait obtenir des lettres de noblesse, la charge (le grand prévôt de France et de l'hôtel, et le titre de capitaine de cent hommes d'armes, le nomma lieutenant de ses gardes, lui donna une pension (le 2,000 écus d'or, et l'envoya en 1591 à la Fère , dont les Espagnols et les ligueurs venaient de---étnparer. Halwin , marquis de Meignelai, y "ommandait. Sur le soupçon de quelque intellig nce avec les royalistes, Colas le fit massacrer à la s rtie de la messe. Il lui succéda dans le gouvernement de la ville, et la défendit avec dom AIvarès Osorio contre Henri IV (lui l'assiégea en personne, et la prit le 16 mai 1595. S'il en faut croire de Thou, Osorio, interrogé pourquoi, avec des munitions et des vivres, il avait sitôt capitulé, répondit « qu'il devait compte de Colas aux Espagnols. » Mais si l'un considère la durée du siége, le plus long de ceux qu'entreprit Henri IV, on croira plutôt que la place ne fut rendue que par famille, comme l'assurent d'autres historiens. Quoi qu'il en soit , Culas signa la capitulation en qualité de comte de la Fère; et comme on refusait d'admettre ce titre, il répondit fièrement « qu'il avait autant de droit de le porter «que MontlucBalagni celui de prince de Ca?bray.» 11 parait qu'il contribua beaucoup à la surprise d'Amiens par les Espagnols en 1597. « 11 servit, disent « les Illérnoires de la Ligue, à ôter cette ville à la « France. » Passé au service de l'archiduc Albert, il tut blessé à la bataille de Nieuport, en 1600, fait prisonnier, et déporté à Ostende, où il mourut. « J'aurois moins parlé de lui, dit de Thou, s'il n'étoit « devenu célèbre par la témérité de ses entreprises, « et par l'amitié de Mayenne, qui finit par craindre « l'homme qu'il a'oit élevé
  • Jacques COLIN : né à Auxerre, était lecteur et secrétaire du roi François Ier. Ce prince, qui l'aimait beaucoup, le pourvut de plusieurs bénéfices considérables, et notamment de l'abbaye de StAm- broise de Bourges. Il se servit de la faveur dont il jouissait pour ètre utile aux personnes qui cultivaient les lettres. Ainsi on ne doit pas s'étonner que les poètes contemporains lui aient donné de grands éloges. Quelques indiscrétions qu'il se permit causèrent sa disgrâce; il perdit sa place auprès du roi, luitta la cour, et mourut vers 1347, suivant les con- I i .inuateurs de Moréri. Colin composait des vers i 2n latin et 'en français; il a traduit d'Homère , 2n vers français, la Description des armes d'A- - hale ; et d'Ovide, le Procez d'Ajax et d'Ulysse pour ses armes, Lyon, 1517 ; réimprimé dans un recueil de vers de différents auteurs, Lyon, 1549 On trouve dans cette seconde édition une P. pare à une dame sur ses infidélités, et un Dialo- rue entre Vénus et l'Amour par Colin. Cette petite pièce est fort ingénieuse. L'abbé Goujet l'a réimprimée dans le t. 2, p. 403, de sa Bibliothèque fran- çaise. On lui attribue encore une traduction du Cour- tisait de Balth. Castiglione, de laquelle il parut une seconde édition, Lyon, 1558 Quelques critiques ont conclu de ce que Mélin de StGelais avait pris soin de cette édition, que Colin ne vivait plus A cette époque : mais c'est fort mal raisonner. Mélin de StGelais, ami de Colin, a trèsbien pu, du vivant de Fauteur, lui rendre le service de revoir une édition qui ne s'imprimait pas sous ses yeux. On trouvera quelques anecdotes sur Colin dans le Mena- giana, et dans les notes de la Monnoie sur les contes de Desperriers
  • Jacques COLONNA : cardinal créé par Nicolas III, lut, sous le pontificat de Nicolas 1V, le principal conseiller de la cour de Route. Ce dernier pape sembla n'avoir d'autre pensée que d'élever la maison Colonna au faîte des grandeurs; il nomma cardinal Pierre Colonna, neveu de Jacques; il lit Jean Colonna marquis Il fut rétabli le 17 décembre 1505 dans sa dignité de cardinal, ainsi que son neveu Pierre, par Clément V, et la bulle fulminée contre sa famille fut retirée, à l'intercession de Philippe le Bel. Il mourut en 1518
  • Jacques COBB( 1756 - 1818) : auteur dramatique anglais, né en 1756 et mort le 2 juin 1818, était entré dès l'âge de quinze ans dans les bureaux de la compagnie des Indes orientales, et, après avoir passé successivement par tous les grades , était parvenu au poste brillant et surtout lucratif de secrétaire en chef de cette espèce de ministère. C'était un homme trèsoriginal , spirituel , doué de cette facilité qu'on est porté à prendre pour du talent, versifiant agréablement, et véritable pilier de coulisses. Ce goût, qui se manifesta dès son adolescence, ne le quitta pas même lorsqu'en 1810 il abandonna définitivement la littérature scénique. Au reste, jamais son travail à la secrétairerie ne souffrit de ses distractions théâtrales : travailleur méthodique, il excellait clans la distillattion du temps. 11 débuta en 1774 par un prologue, composé pour miss Pope et donné à un bénéfice en faveur de cette actrice. Cinq ans après fut représenté le Contrat, ou la Femme capitaine, comédie à laquelle le jeu spirituel de miss Pope valut un véritable succès. Le public de Haymarket applaudit ensuite avec transport la traduction d'une farce française. La Nuit fut moins favorablement accueillie; mais bientôt Cobb prit amplement sa revanche par l'opéracomique les Etrangers au pays , dont le pente ne manque en effet ni de franc comique, ni d'originalité. L'employé de la compagnie des Indes se mit ensuite à ridiculiser la manie du jour par sa pièce des Lectures anglaises , qui fit rire ceux même dont elle était la satire. En 1788, après tin nouvel opéracomique, intitulé l'Amour en Orient, il donna le Docteur et l'Apothicaire, qui, quoique du genre de la farce, est resté au répertoire et ne manque jamais d'exciter le rire fou des galeries. Parmi les autres pièces originales de Cobb nous indiquerons le Siège de Belgrade , les Pirates , les Cliérokis, tous opérascomiques dont la musique fut composée par Storace, et le Glorieux premier juin, pièce de circonstance en l'honneur de la victoire de lord Howe sur la floue française. Dans le recueil de ses œuvres se trouvent plusieurs pièces imitées du français : tels sont les Jardins de Kensington, intermède , 1781 ; les Esclaves d'Alger, divertissement musical, 1792 ; Paul et Virginie, 1800; Algonah, et Maison à vendre, 1802 ; la Femme à deux maris, 1805 , et les Retours imprévus, comédie, 1809
  • Jacques COLONNA : fils d'Étienne, eut le courage d'afficher à Rome les excommunications du pape contre Louis de Bavière, tandis que cet empe- rem* était maitre de cette ville, où il était venu se faire couronner. En récompense, le pape Jean XX II nomma le jeune Colonna à l'évêc?é de Lombez. Il avait étudie à Bologne avec Pétrarque, et, prenant el poète sous sa protection, il l'avait introduit auprès d'Étienne, son père, et des principaux barons de tome. Ce tut surtout à Colonna que Pétrarque dut la gloire d'étre couronné à nome, en 1511
  • Jacques CHEVANES : frère du précédent, prit l'habit de capucin, et fut connu sous le nom de P. Jacques d'Autun, du lieu de sa naissance. Il s'adonna aux travaux de la chaire, et mourut à Dijon, en 1678, hgé de plus 70 ans. On a de lui : 1° l'Amour eucharistique, Lyon, 1655, 1666 : c'est un recueil tic sermons. 2° Les Entretiens curieux d' Hermodore cf d'un voyageur inconnu, par le sieur A gran, Lyon, Pillehotte, 165i Ce livre est dirigé contre Camus, évêque de Belley, et contient la défense de l'état religieux. Camus y répondit par ses Éclaircissements de Méliton. 3° Justes Espérances du salut, opposées au désespoir du siècle, Lyon, 164q, 2 vol. ; trad. en latin, , 1649 4° Conduite des illustres, ou Maximes pour aspirer à la gloire d'une vie héroïque et chrétienne, Paris, 1657, 2 vol. 5' Harangue funèbre de LouisGaston- Charles de Foix de la Valette, duc de Candate, Dijon, 1658. 6° Oraison funèbre de Jean ! iapbste- Gaston de France, fils d'Henri le Grand, Lyon, 1660 7° L'incrédulité savante et la crédulité ignorante, au sujet des magiciens et sorciers, ré?n,e à l'apologie de Naudé, Lyon, 1671, « Heureusement pour le capucin , dit fort « spirituellement l'abbé Papillon, l'irascible Naudé « était mort depuis longtemps. » 8° Vie de St. François d'Assise, Dijon, 1676, — Nicolas CHEVANES, père des deux précédents, né à Autun, mort à Dijon, vers 1654, fut avocat et receveur des décimes. 11 a laissé : 4° Mausolée à la mémoire de César- Auguste de Bellegarde, baron de Termes, Lyon, 1621 2' àt.rp.5-1).ct, sire de duplici uni? s episcopi in eadcm dicecesi secte Disquisitio, publié par la Mare dans son Conspectus hist, Burgund. ; 5' plu sieurs factums porr la défense des religieux de Citeattx
  • Jacques CLÉMENT : religieux de l'ordre de StDominique, a rendu son nom fameux par lin crime exécrable. C'était un homme d'un esprit sombre et mélancolique, d'un caractère ardent et inquiet, d'une imagination déréglée; d'ailleurs ignorant et grossier, fanatique et libertin, parlant sa83 cesse d'exterminer les hérétiques, ce qui le fit appeler par ses confrères le capitaine Clément. ll ét. '" né, non à Sorbon, près Les Seize en eurent connaissance. Ils en parlèrent aux ducs de Mayenne et d'Aumale, et à la duchesse de Montpensier , qui voulut voir le moine, et céda, diton, à ses inflnes désirs pour achever de le déterminer . Plusieurs prédicateurs annoncèrent en chaire L'historien ituteieu rapporte que ce misérable avait été mch? !ie due l'on eût encore patience sept ou huit jours, . t que l'on verrait quelque grande chose qui met- trait ceux de l'union à leur aise. » De son côté, le Ilic de Mayenne lit arrêter plus de cent politiques ::'est ainsi qu'on désignait les sujets fidèles à leur 7)i); ils furent mis à la Bastille; d'autres étaient cjà détenus dans le Louvre, et il fut dit à Clément ue la vie de tous ces prisonniers répondrait de la ienne. On il _ii promit que le pape le ferait cardinal, ou que, 'il périssait, il serait mis au nombre des saints, Anrne ayant sauvé sa patrie, gouvernée par un eniemi de Dieu. On trompa le premier président eliille de Harlay et le comte de Brienne, prisonners de la ligue. Le premier donna des lettres pour e roi, le second un passeport. Muni de ces pièces, Jacques Clément sortit de Paris le 51 juillet 1589. .1 eut une conférence à StLazare avec le duc de • Wayenne et la ChapelleMarteau, prévôt de Paris et secrétaire de la ligue. Ils lui donnèrent pour initruction de rejeter le meurtre, après l'avoir commis, sur le comte de Soissons, « pour rendre la cause « du roi de Navarre plus odieuse, et animer contre « lui les catholiques. » C'est ainsi que s'exprime l'historien Matthieu, et il dit avoir appris cette particularité de Henri IV luimême. Jacques Clément tomba dans les gardes avancées du camp royal, et on le conduisit devant Jacques de la Guesle, procureur général au parlement de Paris, qui se trouvait alors à St- Cloud. Le magistrat l'interrogea ; il répondit qu'il avait des lettres pour le roi, et qu'il ne pouvait s'ouvrir qu'à lui. Il était tard, on le remit au lendemain. il soupa avec les domestiquesdu procureur général, répondit avec une apparente simplicité aux questions qu'on lui fit, et dormit tranquillement. Quelques historiens rapportent qu'on le trouva, dans cette nuit, profondément endormi, ayant auprès . Il parut une tuule de libelles, imprimés avec des priviléges de la SteUnion, et approuvés par des docteurs en théologie; tels étaient, etre autres : le Testament de Henri de Valois; Gmcices à Dieu pour la justice du cruel tyran ; Discours véritable de l'étrange et subite mort de Henri de Valois, et le »mye de frère Jacques Clément, contenant au vrai toutes les particularités les plus remarquables de la sainte résolution et très- heureuse entreprise à l'encontre de Henri de Valois. Le portrait de l'assassin fut gravé avec les vers suivants : Un jeune jacobin, nommé Jacques Clément, Dans le bourg de StCloud une lettre présente A Henri de Valois, et vertueusement Un couteau fort pointu dans l'estomac lui plante. On plaça le portrait de Clément sur les autels. L'abbé de Longuerue prétend qu'on délibéra en Sorbonne si on demanderait à Rome sa canonisation. Il fut question de lui élever une statue dans l'église de NotreDame. « Une bande de ligueurs et de liguer« ses, dit l'Etoile, qui avaient fait partie d'aller à « StCloud par dévotion et vénération des cendres , fut ledit bateau submergé, et ne « réchappa mi seul des dixhuit qui étaient dedans. » On lit dans la Faille, qu'on lit à Toulouse, pour Jacques Clément, un service auquel assistèrent tous les corps de la ville, et que l'oraison funèbre du parricide fut prononcée par le provincial des minimes. Le P. Fabre rapporte, dans sa continuation de l'Histoire ecclésiastique de Fleury, et de Thou l'avait dit avant lui, que, le 11 septembre 1589, Sixte V fit dans un consistoire l'éloge de Jacques Clément, . et le mit audessus de Judith et d'Eléazar, en ajou tant que ce grand exemple avait été donné afin que chacun connût la force des jugements de Dieu. On répondit à cet étrange panégyrique par un livre intitulé : Anti- Sixtus, et par un discours français qui a pour titre : le Fulminant. Les jacobins, qui avaient d'abord célébré l'acte héroïque de Jacques Clément, « bienheureux enfant de St. Dominique et « saint martyr de JésusChrist, » prétendirent dans la suite que l'assassin de fleuri 11I n'était pas un dominicain, niais un soldat ligueur, ou même un Huguenot déguisé. Le parlement de Paris rechercha, en 1594, les complices de Jacques Clément. Sous prétexte de cette complicité, le duc d'Aumale fut écartelé en effigie. La duchesse de Montpensier avait aussi pris la fuite; elle lut comprise dans l'édit d'abolition qu'obtint le duc de Mayenne en 1596. C'est à cette époque que cessa le culte impie de Jacques Clément. Le jésuite Coininelet, prêchant en 1595 son fameux sermon : I/ vous faut Ult. Aod, etc., l'avait mis au nombre des anges ; Bouclier l'avait loué en 1594, dans son Apologie pour Jean Châtel; le P. Guignard le mettait aussi au nombre des martyrs. « Telle était, dit le « continuateur de Fleury, la force des préjugés qui « régnaient alors. » Mais l'on vit depuis Mariana, dans son fameux traité de Rege et regis instilutione, publié en 1599, se faire, en quelque sorte, l'apologiste de ce moine, chargé aujourd'hui de deux siècles d'exécration
  • Jacques CLÉRION( 1640 - 1714) : statuaire français, naquit en 16-10, à Trets, près d'Aix en Provence. On ignore qui fut son maitre , et Si, à l'exemple du fameux Puget , son contemporain et son compatriote, il alla étudier en Italie les chefsd'œuvre de la sculpture antique. Ou connaît moins les détails de sa vie que ses ouvrages, qui sont estimés, niais dont le nombre est peu considérable. Il travailla à Paris pour la cour et pour les grands. On distingue, parmi les ouvrages qu'il lit pour Versailles, une statue de Jupiter, une Junon et une Vénus callipyge, d'après l'antique. Ces morceaux se voient encore dans le parc de Versailles. La statue de Bacchus, qui ornait autrefois la salle de Trianon, est un des beaux ouvrages de Clélion. 11 avait encore fait deus bustes pour l'église de StJeatt à Aix. Cet artiste avait épousé Geneviève logne, qui peignait avec succès les Heurs, les fruits et l'histoire, et qui avait mérité, par ses talents, d'être admise à l'académie royale de peinture. Il la perdit en 1708, et mourut lui même en 4714
  • Jacques CLINTON( 1736 - 1812) : brigadier gênerai, fils du récédent, naquit dans le comté d'Ulster, Etat de iewYork, le 9 août 1756, et reçut une bonne édu- ation. Én 1756, il servit comme capitaine à l'ana ne du fort Frontenac, sous les ordres de Bradstreet, : t captura un sloop de guerre français sur le lac Onil trio. Il fut nommé, en 1763, capitaine conimanant de quatre compagnies levées pour la défense e l'Ulster et de l'Orange, dont les frontières oecientales étaient exposées aux incursions des Indiens. àu commencement de la guerre de la révolution, il ' btint, le 50 juin 1775, le grade de colonel, accom 1 aagna NIontgommery au Canada, et fut fait briga-: lier général au mois d'août de l'année suivante. Au . nois d'octobre 1777, il commanda, sous le gouverI! tem' Clinton, au fort de ce nom, lequel, avec le fort dontgornmery, séparés l'un de il devait se joindre à Sullivan. Comme l'eau dans cet endroit du iac était trop basse pour porter les bateaux, il construisit au travers une écluse, et il accumula ainsi les eaux du lac. En laissant sortir cette eau, ses bateaux et les troupes qui les montaient furent transportés rapidement à Tiogo, où il joignit Sullivan, qui avait remonté le Susquehannali. Pendant la plus grande partie de la guerre, le général Clinton fut stationné à Albany, où il eut le commandement du département du Nord, et fut ensuite présent à la capture de Cornwallis. A l'évacuation de NewYork, il prit amicalement congé du commandant en chef, et se retira dans ses propriétés. Cependant, plusieurs fois appelé par ses concitoyens à exercer des emplois publics, il fut commissaire pour la détermination des limites avec la Pensylvanie, représentant et délégué dans la convention de 1801 pour amender la constitution, et enfin sénateur ; il montra dans tous ses travaux autant d'in tégrité que de talent. Il mourut le 92 décembre 1812, àgé de 16 ans, et fut enterré à LittleBritain, dans le comté d"Orange. Marie de Witt, sa femme, d'une famille qui avait émigré de la Hollande, lui laissa un fils, auquel un article est consacré
  • Jacques COSIMO : célèbre graveur en pierres fines, naquit à Trezzo, dans le Milanais, et fut appelé à Madrid par Philippe II, mur travailler en creux et en relief le grand tabernacle de StLanrent, à l'Escurial. Les portraits qu'il a gravés sur des camées sont comparables aux plus beaux ouvrages des maîtres grecs en ce genre Cosimo savait leur donner un degré de ressemblance qui les rendait encore 1)1115 précieux à ses contemporains. Le même artiste était encore fondeur en métaux. D'autres le nomment Jarques de Trczzo, nui Jarqt4e8 d'Avanzo. Il mourut à Madrid dans tin tige avancé. — Cosimo , dit di. Roscelli, peintre, né à Florence en 141, fut élève de Roscelli, iitii se plut à lui enseigner tous les secrets de son art, comme à un fils. Cosimo répondit aux tendres soins de son maitre par tant d'assiduité, qu'il oubliait souvent de prendre ses repas. Il composait ses tableaux avec unie bizarrerie qui ne contribuait lias moins que son talent ii les faire rechercher. Cosimo excellait à peindre des Bacchanales; il saait donner à cc genre doue rages nue espèce di. désordre qui en rendait les effets trèspittoresques, et mec une variété qui leur donnait une physionomie particulière. Cet artiste eut de son viNant mie grande réputation, que ses ouvrages lui ont c??servée après sa mort, arrivée en 1:;31
  • Jacques CRAIG( 1682 - 1744) : théologien écossais, né en 1682, à Gifford dans le Lothian oriental, fut successivement ministre d'Vester, d'Haddington et d'Edimbourg, où ses sermons furent trèssuivis, et où il mourut en 1744. On a de lui un volume de Poésies sacrées , fort estimées et qui ont eu deux éditions, et 3 volumes de ser- mons devenus assez rares.—CRAIG , théologien, né à Glascow 1709, également recommandable par sa piété et ses talents, et mort en 1784, a laissé des sermons estimés, un Essai sur la Vie de Jésus- Christ, Glascow, 1767, réimprimé depuis dans la même ville, et dont on a une tra- duction en français, et Vingt discours sur divers sujets, Londres, 1775
  • Jacques CONTARINI : . Ce mode compliqué ne changea I as' à l'élection de Contarini ; on substitua seulement André Panama, / cc. cit., ?a?. 8, te qu'après avoir épuisé la voie (les négociations, elle n'eut plus d'autre moyen que de s'armer pour cont•aindre Venise à un arrangement juste et raisonnable. Assiégée à deux dherses fois par lés flottes vénitiennes, Ancône n'avait pu ètre soumise, et 1;1 république s'était vue forcée (le prendre une simple attitude défensive par suite de la révolte de Capod'Istria, qui voulut se soustraire au payement du tribut annuel dont elle était redevable. Mais l'issue de Cette tentative ne fut pas heureuse; Capod'Istria fit, il est vrai, une vigoureuse re,istance ; niais elle se vit néatunoins forcée (le capituler. Après ce succés, les Vénitiens venaient, en 1279, de vaincre deux chefs grecs révoltés et de les chasser de Candie, et ils se disposaient à diriger toutes leurs forces contre Ancône, lorsque Contarini, se trouvant trop faible pour soutenir cette guerre, abdiqua peut (le jours avant sa mort, arrivée au mois de mars •280. Il eut. pour successeur Jean Dandolo
  • Jacques CRICHTON( 1560) : surnommé l'Admirable, naquit en Écosse, en août 1560, d'une famille alliée à la maison royale. Élevé avec le roi Jacques par Buchanan, il avait dès l'âge de vingt ans atteint la connaissance de tout ce que l'on savait de son temps, parlait et écrivait parfaitement vingt langues différentes, jouait de toutes sortes d'instruments, et excellait dans tous les exercices du corps. Alors il commença ses voyages; arrivé à Paris, il fit afficher, à la porte de tous les établissements dépendants de l'université, un placard par lequel il invitait tous ceux qui étaient versés dans une science quelconque à venir dans six semaines au collége de Navarre, à neuf heures du matin, disputer avec lui en vers ou en prose, en hébreu, en syriaque, en arabe, en grec, en latin, en espagnol, en français, en italien, en anglais, en hollandais, en flamand, ou en esclavon, au choix d'un chacun. En attendant le ternie fixé, au lieu de s'appliquer à l'étude, il ne s'occupa que de la chasse, du manége, d'exercices militaires, de jeux de dés et de cartes, de la paume, (le la danse et de la musique. Cette conduite indisposa tellement les étudiants qu'audessous de l'affiche placée à la porte du collége de Navarre, ils écrivirent ces mots : « Quiconque von« dra rencontrer ce prodige de perfection, le trou« vera facilement au cabaret ou dans un mauvais « lieu, » Néanmoins, au jour désigné, Crichton, plus heureux que Thaumaste l'anglais, qui, ayant fait un défi .semblable, fut vaincu par Panurge, répondit depuis neuf heures du matin jusqu'à huit heures du soir, à la satisfaction des auditeurs, à toutes les questions qui lui furent proposées. Le président, après ravoir comblé d'éloges, lui donna, en témoignage de l'affection et de l'estime de l'université, une bague de diamants et une bourse pleine d'or. La salle retentit d'applaudissements, et l'on n'appela plus le jeune Écossais que l'admirable Son historien ajoute qu'il fut si peu fatigué de cet exercice, qu'il alla le lendemain au Louvre, courut la bague, et gagna quinze fois de suite. On le voit ensuite à Rome proposer le même défi qu'à Paris, et s'en tirer avec un succès aussi brillant. Mais une pasquinade, qui le comparait aux bateleurs et aux charlatans, le fit sortir de cette ville. Se trouvant à Venise, il se lia d'une amitié étroite avec Alde Manuce et d'autres savants, auxquels il présenta des vers à la louange de la ville et de l'université. Quand il partit devant le doge et le sénat, il prononça un discours si éloquent et le débita avec tant de grâce, qu'il reçut des remerciments de ce corps illustre, et bientôt l'on ne parla partout que de ce phénix. 11 soutint aussi à Venise des disputes avec le ! plus brillant succès, et sa réputation s'accrut tellement qu'il vint de tous côtés des personnes pour le voir. Mais au milieu de ses triomphes, Crichto. tomba malade à Venise ; on lui conseilla d'aller à Padoue. Le lendemain de son arrivée, en 1581, tous les savants de cette ville se réunirent dans la maison où il était logé; Crichton prononça un discours en l'honneur de la ville, de l'université, et de la compagnie qui l'honorait de sa présence. ll disputa énsuite pendant six heures avec les plus habiles professeurs sur toutes sortes de sujets, et exposa notamment les erreurs d'Aristote et de ses commentateurs, avec une habileté, une profondeur, et en même temps une modestie telles, qu'il excita l'admiration de l'assemblée. Il finit par improviser un éloge de l'ignorance, si ingénieux et si élégant, qu'il causa la plus vive surprise à ses auditeurs. Le plaisir que l'on avait goûté à l'entendre engagea les Padouans à prier Crichton de tenir au palais épiscopal une séance pareille, où il obtint encore des applaudissements universels. Ses succès excitèrent l'envie ; pour confondre ceux qui voulaien déprécier son mérite, Crichton annonça dans une affiche qu'il prouverait devant l'université que les erreurs d'Aristote et de ses sectateurs étaient in nombrables, que les derniers surtout avaient erré dans l'explication qu'ils avaient donnée des opinions de leur maitre, et dans leur manière de traiter la théologie. 11 promit en outre de réfuter les chimères de certains professeurs de mathématiques, de disputer sur toutes les sciences, et de répondra à toutes les objections qui lui seraient faites. il s'engagea à soutenir le débat, soit par la voie ordinaire de la logique , soit par les nombres et les figures mgr mathématiques, soit en cent sortes de vers, au choix opposants. Manuce nous apprend que Chrich•m sortit avec une gloire nouvelle de cette éprem qui dura trois jours. Crichton alla ensuite à Manloue, où se trouvait un spadassin qui avait vaincu les plus fameux maîtres en fait d'armes de l'Europe, et avait récenunent tué trois personnes. Le duc de Mantoue était désolé d'avoir accordé à cet homme une protection qui entraînait de si funestes conséquences Crichton , informé de ces particularités, offrit ses services au duc, en s'engageant à chasser le ferrailleur nonseulement de la ville, niais de toute l'Italie, et à le combattre pour 4,500 pistoles. Le duc eut beaucoup de répugnance à exposer à un combat aussi hasardeux les jours d'un homme aussi accompli ; mais, vaincu par ses importunités, et rassuré par tout ce qu'il avait entendu raconter de son adresse, il souscrivit à sa demande, et fixa le jour et le lieu du combat. Crichton fut vainqueur, et, aux acclamations de tous les spectateurs, perça son adversaire de trois coups mortels. Il ajouta à la gloire qu'il acquit en cette occasion, en distribuant le prix de sa victoire aux veuves des trois infortunés qui avaient succombé sous les coups du spadassin. Le duc de Mantoue, enchanté des talents extraordinaires et des hauts faits de Chrichton, le nomma précepteur de son fils, Vincent de Gonzague, que les historiens ont représenté comme un jeune homme turbulent et débauché. On dit que Chrichton, pour témoigner sa gratitude à son bienfaiteur, composa une comédie dans laquelle il exposa et ridiculisa les faiblesses et les fautes auxquelles les hommes sont sujets dans tous les états de la vie, et qu'il joua luimême dans cette comédie quinze rôles différents , avec une grâce et un naturel inimitables. Quelque temps après, se promenant un soir dans les rues de Mantoue en jouant de la guitare, il fut attaqué par douze hommes masqués. Ceuxci ne tardèrent pas à s'apercevoir qu'ils avaient affaire à un homme d'une habileté plus qu'ordinaire; car ils ne purent tenir pied contre lui. A la fin, le chef des assaillants, ayant été désarmé, ôta son masque, et lui demanda la vie , en lui disant qu'il était le prince son élève. Crichton tomba aussitôt à genoux, exprima au prince combien il était peiné de la méprise, lui représenta qu'il n'avait fait que se défendre, et que, s'il en voulait à sa vie, il en était le maître; puis, prenant son épée par la pointe, il la présenta au prince, qui, irrité de l'affront qu'il croyait avoir reçu, la plongea aussitôt dans le coeur de Crichton. On ne sait si ce fut la jalousie ou l'effet d'un égarement causé par l'ivresse qui fit commettre à Vincent de Gonzague une action aussi basse et aussi atroce ; mais quel que soit le motif qui causa la mort de Crichton, tous les auteurs qui ont parlé de lui s'accordent à dire qu'il périt dans une rencontre de ce genre, et la plupart disent que ce fut au mois de juillet 1583. Tels sont les détails qui nous ont été transmis sur ce personnage extraordinaire ; quelquesuns de ses biographes ont sans doute exagéré en ramifiant plusieurs de ses actions; des critiques ont même révoqué en doute une partie de celles qui se trouvent dans cet article. Le docteur Mackenzie, un de ses biographes, trompé par un abrégé latin des Recherches de la France d'Étienne Pasquier, cite cet écrivain comme témoin oculaire des succès que Crichton obtint à Paris; mais s'il eût consulté l'original, il aurait vu que Pasquier parle d'un phénomène du même genre qui étonna Paris, en 1445. D'autres ont prétendu que Crichton ne séjourna jamais à Paris; mais que, forcé par les troubles civils de quitter l'Écosse, son père l'envoya directement à Venise. Aide Manuce, contemporain et ami de Crichton, est l'auteur qui paraît en avoir parlé avec le plus d'exactitude, quoiqu'avec un peu d'emphase. Il lui dédia en 1581 ses Paradoxes de Cicéron. Si l'on juge de l'habileté de Crichton par ce qui nous reste de lui, on ne s'en fera pas une bien haute idée; mais la critique la plus sévère ne peut, après avoir balancé tous les témoignages, refuser de reconnaître que Crichton posséda un savoir prodigieux pour son âge, et que ses dispositions naturelles durent faire naître les plus hautes espérances. La plupart des biographes qui ont parlé de Crichton l'ont fait (l'après le récit de Thomas Urquhart, aussi rempli d'exagération que dénué de critique. Les faits ont été beaucoup mieux éclaircis dans un mémoire manuscrit de lord Buchan, lu à la société des antiquaires d'Édimbourg, et dont l'extrait se trouve dans l'Encyclopcedia britannica, édition de 1795. Dempster, un de ses biographes, a donné la liste suivante de ses ouvrages : 1° Oder, ad Laurentium Massam; 2° Laudes Patavince; 3° Igncrationis laudatio; 4° De appulsu suo Venetias ; 5° Odoe ad Aldum Manutium; 6° Epistolce ad di- versos; 7° Proefationes solemnes in omnes scientias sacras et profanas ; 80 Judiciuni de philosophi a ; 9° Errores Aristotelis; IO° Arma an litterce prcestent, controversia oratoria; Il° Refutatio mathematicorum : il faut y ajouter, 42° Epicedium ill. et rev. cardinalis Caroli Borromai, ab Jacobo Critonio Scoto, Milan, 1584 élégie de quatrevingtsix vers, faite à la prière de J. Ani. Magi, le lendemain de la: mort du saint archevêque. Cette petite pièce, presque improvisée, est extrêmement rare ; on la trouve à Paris à la bibliothèque nationale. Elle offre de la facilité, mais quelques réminiscences et plusieurs hémistiches pris dans les poètes classi-' ques
  • Jacques COOK( 1728) : célèbre navigateur anglais, naquit le 27 octobre 1728, à Marton, village du comté d'York. Son père , qui servait dans une ferme de ce village, avait neuf enfants et n'était pas dans le cas de leur donner une éducation soignée. Thomas Scottowe, riche propriétaire des environs , confia la direction des travaux de sa ferme de AiryHolm au père de Cook, lorsque celuici- n'avait encore que nuit ans. La bdnne 'conduite du père et le soin qu'il mettait à élever ses enfants méritèrent à cette famille l'intérêt de ce nouveau maitre. Jacques Cook fixa particulièrement son attention ; il lui fit apprendre à lire et à écrire à ses dépens dans l'école d'Ayton. Cette première éducation, qui ne devait pas l'élever audessus des fonctions auxquelles sa naissance semblait l'avoir destiné, dans un pays où les plus simples artisans savent lire et écrire, est cependant la seule que Cook ait reçue, et c'est celle qui lui a donné les moyens de devenir, par la suite, le plus célèbre des navigateurs anglais. Ses parents C mirent, à l'âge de dixsept ans, en apprentissage chez Guillaume Saunderson, marchand mercier de Smith, petite ville populeuse habitée par des pê- cheurs, et sitttée à environ dix milles de Whitby. Le terme de son apprentissage était de quatre ans, mais aprs être resté un an et demi dans la boutique de son maitre, le voisinage de la mer et la vue continuelle des navires qui naviguaient entre Londres, Shields et Sunderland éveillèrent dans le jeune Cook une passion dominante, ainsi que la plupart des hommes supérieurs en ont éprouvé. L'état de marin devint bientôt l'unique objet de ses désirs ; le hasard décida ensui te son sort. Saunderson s'étant aperçu de la passion qui le dominait, lui lit remise du temps qui lui restait à courir pour finir son apprentissage, et Il entra au service de J. Walker, armateur de Whitby. Son premier début fut à bord du Freelore, navire de 450 tonneaux, employé principalement au commerce de charbon de terre entre Newcastle et Londres. Au mois de mai 1748, Walker le rappela à Whitby pour l'aider à gréer et disposer pour la mer un navire neuf et ewellent, appelé le Three Brot- 'ers, d'environ 600 tonneaux. Cette faveur qu'on lui faisait contribua à augmenter ses connaissances dans le métier de marin. Cook fit plusieurs voyages à bord de ce navire, et passa, en 1750, sur la Maria, appartenant à un autre armateur de Whitby, 11 navigua ensuite en qualité de lieutenant ou de second sur un autre navire également employé au commerce du charbon. La guerre ayant été déclarée entre l'Angleterre et la France en 1755, et le navire où était Cook s'étant trouvé dans la Tamise, près de Londres, on vint y prendre, suivant l'usage, des matelots pour armer les vaisseaux de la marine royale. Cook chercha d'abord à se soustraire aux recherches; niais, entraîné par des sentiments plus élevés, il alla s'offrir luimême et fut embarqué sur le vaisseau Magie, où il servit sous les ordres de sir HughPalliser, qui devint son plus ferme appui. C'èst sur ce vaisseau qu'il donna les premières preu- ves de sa,bravoure et de son intelligence. Les habitants de son village ayant appris qu'il s'était dist excités par un sentiment de bieriveillance en faveur de sa famille, engagèrent leur représentant au parlement à le recommander à sir HughPalliser. Cette recommandation eut son effet, et Cook obtint, le 10 mai 1759, une commission de master pour le sloop le Grampus; mais par un concours de circonstances, ce fut à bord du Mercury qu'il s'embarqua définitivement, le 15 du méme mois. Il partit pour le Canada, et y arriva à l'époque où Quebec était assiégé par le général Wolf. Cook sonda le canal qui est au nord de l'île d'Orléans, et 'en leva le plan avec une intelligenée qui donna dès lors une haute idée de ses dispositions, dans un genre où il a sur-- passé plus tard tous ceux qui l'avaient précédé. Ce premier essai le fit charger de dresser la carte du cours du fleuve StLaurent. Il l'exécuta avec tant de succès que cette carte, qui a été gravée, est la seule dont on ait fait longtemps usage, et qu'il n'est devenu nécessaire d'en employer d'autres qu'au moment où le capitaine Baylleld, de la marine royale anglaise, chargé en 1850 de relever le fleuve et le golfe StLaurent, a terminé ses belles cartes qui servent aujourd'hui de guide aux marins. Cook commença rÀlors à sentir ses forces, et à s'apercevoir de ce qui lui manquait ; il ne s'occupa plus que d'acquérir les connaissances propres à développer le talent que les circonstances lui avaient donné occa- sion de manifester. Pendant une seconde campagne qu'il fit dans l'Amérique septentrionale, en qualité de master à bord du Northumberland, au milieu des agitations de la vie de marin, privé de tout secours, il prit dans Euclide la connaissance des premiers éléments de géométrie, et se livra à l'étude de l'astrosnomie. Les progrès qu'il lit dans ces deux sciences le mirent en état de faire, en 1764 et dans les années suivantes,. les plans des côtes de 111e de TerreNeuve avec l'exactitude et la précision du talent le plus éclairé . On trouve, dans le 57' volume des Tran- sactions philosophiques, un mémoire dans lequel il rend compte d'une observation d'éclipse de soleil, qu'il avait faite le 5 août 1766, avec la longitude du lieu de l'observation calculée d'après cette éclipse. Depuis 1763, le gouvernement anglais ayant entrepris des voyages de découvertes, uniquement dans le dessein d'accroître les connaissances humaines, et principalement la géographie, Byron avait fait le premier voyage ordonné dans des vues si désintéreSsées ; Wallis et Carteret furent expédiés pour un voyage de ce genre , aussitôt après son retour. Ces deux navigateurs n'avaient pas encore achevé lem* campagne, qu'il se présenta une nouvelle occasion d'en entreprendre une troisième. Le passage ile Vénus sur le disque du soleil, annoncé pou? l'année 1769, y donna lieu. L'astronomie devait tirer de grands avantages de l'observation de ce phénomène dans quelquesunes de$fles du grand Océan. Le Se trouvant en 1765 'avec sir William Burnaby, à la station de la Jamaïque, et cet ofli ier ayant occasion d'envoyer des dépècltes au gouverneur du Jucatan relativement à la coupe dit bois de campèche dans la baie de Honduras, Cook fut chargé de cette mission il h remplit à la satisfaction de l'amiral, et publia, en 4749, la relation de son voyage sous le titre de : Observations faites pendant une CSCUrSiOn de- la riviere Balise dans la baie de liondaras, à Mé- rida, capitale de la province de Jucalan, par le lieutenant Cook D—z—s, gouvernement anglais, à la sollicitation de la société royale de Londres, fit armer un vaisseau destiné à y transporter des astronomes. Alexandre Dalrymple, habile géographe, qui avait fait plusieurs voyages dans la mer des Indes, rédigea le plan de cette campagne, et fut même désigné pour la commander ; mais, étranger à la marine militaire, il manquait des titres nécessaires à un pareil commandement. On avait accordé précédemment' une commission de capitaine de vaisseau au docteur Halley ; mais son équipage avait refusé de lui obéir, et cet exemple empocha d'en donner une pareille à Dalrymple. On fut forcé de jeter les yeux sur un officier. Les preuves de capacité que Cook avait données déterminèrent à lui confier cette expédition. L'événement a prouvé que l'on ne pouvait faire un meilleur choix. Le '27 mai 1768, on lui confia pour faire ce voyage le comrhandement d'un navire de 560 tonneaux qu'il avait luimême choisi avec sir HughPalliser, et qui reçut à cette occasion le nom de l'Endeavour ; il avait obtenu auparavant le brevet de lieutenant de vaisseau. Il ne s'agissait d'aucun motif d'intérèt, ,ni d'aucune entreprise de commerce. Cette campagne, qui est devenue le modèle de celles qui ont été faites dans la suite, devant uniquement être utile à la science, rien ne fut épargné de ce qtti était propre à en favoriser les progrès. Des instructions furent données par la société royale, sur la marche à suivre dans les diverses espèces de recherches que l'on devait faire. Le docteur Solander, qui s'était livré aux sciences naturelles, fui chargé des parties qui y ont rapport. Joseph Banks, devenu depuis chevalier et président de la société royale de Londres, alors jeune, jouissant d'une for- tune considérable, et doué de talents qui lui donnaient le droit de prétendre aux plus grands. emplois, accompagna Cook, animé uniquement du zèle et de l'amour des sciences. Tant d'espérances ont été réalisées; tous ont illustré leurs noms. L'Endeavour, qui les transportait dans le grand Océan Pacifique, descendit la Tamise le 50 juillet 1768, mouilla à Plymouth le 15 août, et le vent étant favorable le 26 de ce dernier mois, Cook mit à la voile. On relâcha à Madère, ensuite au Brésil, dans la rivière de RioJaneiro, et l'on entra ilans le grand Océan par le détroit de Lemaire. Le 26 janvier 1769, Cook partit du cap Horn, se .diri- gea d'abord au nordouest, et eut connaissance de plusieurs îles de la partie méridionale de l'Archipel dangereux dé Bougainville. Il mouilla le 15 avril 1769 à Taï t . C'est à cette île qu'on devait observer le passage de Vénus. Cook montra, à son début, qu'il était fait pour commander aux hommes : son premier soin fut de prescrire à ses équipages des règles de conduite qüi font autant d'honneur à, son humanité qu'à sa prévoyance. II se retrancha ensuite à terre, dans un lieu commode, où l'on pouvait faire, « Entré dans l'archipel Poinotott, alors peu connu, Cook, dit e Dumont d'Urville, découvrit les ites 'rebat, Lanciers, Heion, Dawa-« Ilidi, Marakuo, Bird et Anna, tolites, à l'exception de la dernière, e dija . Cook aborda la partie orientale de l'île la plus nord, dans une baie qu'il appela Poverty. Les habitants voulurent s'opposer à son débarquement, et il fut obligé de les repousser par la force. En quittant la baie de Poverty, il suivit la côte en remontant au nord, contourna le cap nord de File septentrionale, et vint, par le sud, le long de la côte occidentale, jusqu'à une grande baie où Tasman avait mouillé. Cook découvrit que c'était l'entrée du canal qui partage la NouvelleZélande en deux îles. Après avoir fait une courte relâcl te dans le port de la lleineCharlotte , qui est à l'entrée, il le traversa le détroit, et gouverna au sud, le long de la côte orientale de l'ile la plus sud, dont il acheva de faire le tour entier. Les côtes de la NouvelleZélande sont les premières grandes découvertes de .Cook. Il les visita avec une intrépidité mêlée de prudence et digne d'admiration. On reniaique avec satisfaction, en lisant les noms qu'il a donnés aux caps et aux îles qui y sont situées, que ce grand homme a consacré ses premières découvertes à la reconnaissance. On y trouve le nom de son premier capitaine, sir 1.ughPalliser, qui était devenu son protecteur, et celui de lord Colville, avec lequel il avait fait sa se-' conde campagne. Les Anglai* ont nommé le canal qui sépare les deux îles de la NouvelleZélande Dé- troit de Cook. Lorsque PEndeavour se trouva, pour la seconde fois, à rentrée de ce détroit, on quitta la NouvelleZélande, et l'on fit route à l'ouest. Quelque temps après, Cook eut connaissance de la pointe de l'entrée du détroit 'qui sépare la NouvelleHollande de la terre de VanDiétnen que l'on n'avait pas encore découverte. Ensuite, il remonta au nord en suivant la côte de cette grande île, qu'il trouva presque entièrement bordée de rescifs. Parvenu an cap du Capricorne, nommé ainsi parce qu'il se trouve sous le tropique de ce nom, la côte lui parut précédée d'une multitude d'îles au milieu desquelles il n'hésita pas à s'engager sans abandonner sa prudence ordinaire. Les dangers se multiplièrent à mesure qu'il s'avançait ; enfin, le vaisseau échoua sur un banc de corail, où il fut sur le point de périr : on parvint heureusement à le mettre à flot; mais, dès quil y fut, on s'aperçut qu'il coulait bas d'eau.Cook Avant d'arriver à la NouvelleZélande, Cook avait découvert les lies de Wahine, Raïatea, BoraBora, Maupiti, Motouiti et 1101- roulait, (huit les positions furent fixée:s avec sont. -
  • Jacques CORAS( 1630 - 1677) : de la même famille que le précédent, né à Toulouse, vers 1630, suivit d'abord le parti des armes, et fut cadet dans le régiment aux gardes; mais il céda aux instances de son père, qui souhaitait de lui voir choisir une profession plus analogue à ses moyens, donna sa démission, et étudia la théologie. Nommé ministre de la religion réformée, il en exerça les fonctions pendant quelques années dans de petites villes du Languedoc et de la Guienne, et auprès du maréchal de Turenne. Ayant eu occasion de lire les Controverses du cardinal de Richelieu, il résolut d'en entreprendre la réfutation ; une lecture plus attentive de cet ouvrage lui ayant inspiré des doutes que ses confrères ne purent résoudre, il s'adressa à un prêtre catholique, et ne tarda pas à abjurer entre ses mains. Il rendit compte des motifs qui l'avaient porté à cette action dans un ouvrage qu'il dédia au clergé de France, 1665 Coias avait déjà publié à cette époque le poème de Jonas ou Ninive pénitente, 4665 qui n'est connu que par les satires de Boileau. Le mauvais succès de son début dans la carrière poétique ne le découragea point, et il mit successivement au jour Josué, Samson et David , qui , réunis au premier, parurent sous le titre d'OEuvres poétiques, Paris, 1665 Ce volume, qui n'a de mente que celui de la rareté, est pourtant recherché des curieux. Cette malédiction de Boileau Le Jonas inconnu sèche dans la poussière, s'est étendue à toutes ler productions de l'auteur. On a encore de lui : 1° différents traités de controverse; 2° Vita Joannis Corasii senatoris, Montauban, 1675 4°. Cette vie peut être encore consultée. Jacques de Coras mourut en 1677, dans un âge peu avancé
  • Jacques COURTIN DE CISSÉ( 1560 - 1584) : gentilhomme, né dans le Perche en 1560 , aurait mérité une place dans la liste des enfants célèbres de Baillet. vingt ans, il était déjà connu de tous les poètes de son temps, et il publia en 1581 ses OEuvres poéti- ques , contenant les amours de Rosine en deux li- vres ; diverses Odes, et les Hymnes de Synese, évé- que de Ptolémaide, traduites du grec en vers français. Paris Ce recueil, devenu assez rare , n'est pas fort recherché. Lacroix du Maine fait un grand éloge de la traduction des Hymnes de Synèse , qui est encore la seule que nous ayons en français. L'abbé Goujet loue aussi Courtin d'avoir entrepris la traduction d'un auteur chrétien à un âge où l'on s'occupe moins de ses devoirs que de ses plaisirs. Suivant ce critique, cette traduction approche trop de la paraphrase ; mais l'auteur donnait de grandes espérances. Il mourut le 18 mars 1584, dans sa 24e année. Il a laissé des poésies manuscrites, entre autres une Bergerie, dans le goùt de celles .de Sannazar; c'est un des poètes qui ont *célébré la puce de madame Desroches
  • Jacques COURTOIS( 1621) : peintre de batailles, plus connu sous le nom de Bourguignon, était né en 1621, à StHippolyte, en FrancheComté. Son père, qui faisait son état de la peinture, lui en montra les principes, mais il s'aperçut bientôt que les dispositions de son fils exigeaient un autre maitre, et il consentit à le laisser partir pour l'Italie. Le jeune Courtois visita les écoles les plus célèbres de Milan, de Venise, de Bologne et de Rome. Il se lia d'une étroite amitié avec le Guide et l'Albane, et sut mettre à profit leurs conseils et leurs leçons. Ayant résolu de peindre des batailles, il se mit pendant trois ans à la suite d'une armée, dessinant les marches, les campements, les sièges et les combats dont il était le témoin. Aussi, ses tableaux de ce genre sontils remarquables par la vérité, la disposition des figures, leur mouvement, leur variété, et par une certaine chaleur, fruit d'une imagination brillante et longtemps nourrie de la vue des objets. MichelAnge, surnommé des batailles à raison de sa supériorité dans ce genre, ayant vu des tableaux de Courtois, représentant des chocs de cavalerie, fut le premier à en avouer le mérite. Bourguignon se maria, mais il ne fut point heureux dans son choix. Sa femme, qui lui donnait de fréquents sujets de jalousie, étant morte presque subitement, Courtois, âgé de 37 ans, entra chez les jésuites comme frère lai. Ses eimemis répandirent le bruit que sa femme avait été empoisonnée, et que c'était pour se soustraire à la vengeance de ses parents et au châtiment que ce crime aurait mérité s'était fait religieux. Il orna d'un grand nombre de tableaux la maison de son ordre, à Rome, oit il mourut en 1676. Il a gras é à l'eauforte quelques morceaux fort estimés. Quoique le Bourgui- gnon ait peint le portrait et l'histoire, c'est sur- toutà ses tableaux de bataillesqu'il doit sa réputation, et il réussissait moins bien en grand qu'en petit. Dans le grand, il se montre trop faible dessinateur, finit trop peu. et tombe dans le rouge; dans le petit, sa touche est admirable, son pinceau facile, sa couleur chaude et de la 'phis grande force. Beaucoup de ses tableaux sont noircis par le temps. Il fut maitre de Pariace!. On voit au Musée deux tableaux du Bourguignon peints sur _bois: la Ba- taille d'Arbelles, et Moïse en prières pendant le combat des Amalécites. Il a gravé à la pointe quelques batailles, dans lesquelles on remarque le même esprit flue dans ses tableaux. On attribue encore à ce maitre les Batailles qu'on trouve dans la I" édition de l'Histoire des guerres de Flandre, par l'am. Strada, Itome Parmi les graveurs qui ont travaillé , frère du précédent, montra comme lui, de bonne fleure, des dispositions mulla peinture, et le suis it en Italie, oit il entra dans l'éeole de Piètre de Cortone. La rapidité de ses progrès lui attira des envieux, auxquels il ne répondit ifue par de nouveaux efforts. Quelques connaisseurs prétendent qu'il avait plus de correction dans le dessin que son maître mais il ne l'égale pas sous le rapport de la compositilin et de l'ordonnance ; son coloris n'a pas non plus, même dans ses meilleurs morceaux, toute la igueur désirable. Les différents musées d'Italie renferment un grand nombre de ses tableaux. On a cité sou \ ont celui dans lequel il a représenté le Miracle de Josué arrêtant le soleil, et qui se trouve au Musée. Il l'avait composé pour le pape Alexan- Ire VII, qui en orna la galerie de Mt ?ntefalcone. Ce pontife lui en témoigna sa satisfaction par le don de son portrait, avec une chaîne d'or. Guillaume Courtois, né en 11;2.8, mourut à Rome en 1679, âgé de 51 ans. On a de lui quelques gravures à l'eauforte, estimées, surtout celle de Tobie ense velissant les morts. Il a beaucoup aidé‘_son frère dans ses principaux ouvrages. Ces deux peintres, n'ayant travaillé qu'en Italie, n'appartiennent à l'école frau I-çaise que par leur naissance
  • Jacques COYTHIER( 1400) : né à Poligny, en FrancheComté, dans le I 5e siècle, d'une ancienne famille, étudia la médecine à l'université de Paris, et s'acquit une si grande réputation dans cette pro- fession que Louis XI le nomma son premier méde- cm. Coythier sut aisément maîtriser la confiance de ce prince crédule et superstitieux, et il profita , de son ascendant pour s'enrichir et faire la fortune de plusieurs de ses parents. Pendant une maladie de Louis XI, qui ne dura guère que huit mois, Coy- t hier, suivant les registres de la chambre des comptes, reçut en gratification près de 98,000 écus, somme prodigieuse dans ce tempslà. On ne doit pas être smpris que Coythier eût des envieux et des ennemis qui essayaient de le perdre dans l'esprit du roi; mais il connaissait sa faiblesse:et son exces-1 sive appréhension de la mort, et il employait jusqu'aux menaces pour empêcher ce prince de rien entreprendre contre lui. « Je sais bien, lui disaitil « quelquefois, que vous m'enverrez comme vous « faites d'autres ; mais vous ne vivrez point huit jours après.)) Alors le faible monarque tout tremblant s'excusait auprès de son médecin, qui, montrant une feinte colère, ne s'apaisait que par quelque nouveau bienfait. Ce fut de cette manière qu'il obtint pour Pierre Versé, son neveu, l'évêché d'Amiens, et pour luimême la place de premier président de la chambre des comptes et la seigneurie de Poligny, sa patrie. Satisfai t enfin des grands biens qu'il avait amassés, ou fatigué de lutter contre ses ennemis, il quitta la cour, et vint habiter une maison magni- figue qu'il avait fait construire dans la rue StAn- drédesArca, et un- les portes de laquelle il fit sculpter un abricotier, avec cette inscription : « A « l'abricotiez. » Après la mort de Louis XI, Coytiller fut accusé de dilapidation; on commença même des poursuites juridiques contre lui; ses en- nemis triomphaient; mais il conjura l'orage en of- fiant 50,000 écus à Charles VIll pour les frais de la guerre que ce prince avait portée en Italie. Coy- thier vivait encore en 1500 ; mais on ne peut déterminer l'époque de sa mort. Par son testament, il légua au•chapitre de Poligny sa bibliothèque, dont il laissa néanmoins la jouissance à Claude Grand, son cousin, archidiacre d'Odéans. Il fit encore d'autres dons à l'église de Poligny, et y fonda à perpétuité une messe quotidienne. Ce qu'on a dit des remèdes inventés par Coythier pour prolonger la vie de Louis XI n'est rien moins que certain. Gaguin rapporte qu'il faisait boire à ce prince du sang humain. Le témoignage d'un historien aussi crédi n'étant point appuyé de celui des contemporains, peut bien être révoqué en doute
  • Jacques CRETENET( 1604) : fondat.qir de l'ordre des j?séphistes, était né, en 1601, à ( hamplii t i., petite Mille de FrancheComté. 11 se rendit à Lyon, dans le dessein d'étudier la chinirgie. La peste désolait alors cette ville. Cretenet se dévoua, avec beaucoup de courage, au soulagement des malheureux attaqués de cette maladie, et en reconnaissan•e, les magistrats lui accordèrent la maitrise en chirurgie. avec dispense de tous droits. Quelque temps après, il épousa une %eti‘e qui lui :ipporta en mariage une (or fume assez considérable. Dias ce iii...ment, il ,.t; consacra entièrement ICAllles pauvres, employant à les soulager le produit de son état, et la presque totalité de ses revenus. Pour perpétuer cette bonne œuvre, il songea à instituer une congrégation de prêtres missionnaires, dans la vue de procurer aux habitants des campagnes les instructions religieuses dont ils étaient souvent privés, et aux ecclésiastiques peu aisés une retraite honorable. il fut aidé dans ce pieux dessein par h' prince de Conti, le mar- 4lis de Coligny, etc., qui tirent une partie des frais de l'établissement. La congrégation naissante n'en fut pas moins persécutée, et son fondateur fut même excommunié par l'archevêque de Lyon. Ce prélat, mieux informé, rendit dans la suite son estime à Cretenet, qui termina une vie remplie de bonnes oeuvres, à Montluel, k 1" septembre 1666. 11 revenait de Belley, où il avait été ordonné prêtre. Sa femme n'était morte qu'en 1665. On a une Vie de Jarques Cretenet, composée par N. Orame, l'un de ses disciples, Lyon, 1680
  • Jacques CUJAS( 1520) : naquit à Toulouse en CAO, d'un pire qui était foulon. Son vrai nom était Cu- pus ; il en retrancha l'u pour l'adent ir. Mais s'il l'abrégea étant jeune et 'suivre, il l'étendit dans 'ni àge plus avancé, quand la fortune lui fut &Nonne phis favorable, et il ne signa plus que James 'le Cujas. Ses heureuses dispositions .,urmontèrent tous les obstacles que l'état obscur dans lequel il était né semblait opposer à leur développement. Il apprit de luimême et sans le secours d'aucun maitre, le grec et le latin. Les premier> éléments du droit lui furent donnés par Arnoul Ferrier, alors professeur à Toulouse, et qui, appelé à des emplois plus éminents, s'y distingua par de grands talents unis à de grandes vertus. Cujas conseil a toujours le plus tendre attachement pour sou maitre. Les connaissances qu'il en reçut furent comme le germe de celles qu'il se procura luimême par les efforts de son génie et son extrême ardeur pour l'étude. Il s'était chargé de l'éducation des enfants du président Dufaur, Viii furent dans la suite des personnages distingués, enteautres le fameux Pibile. Cujas, pour leur instruction et celle de quelques autres jeunes gens qui s'étaient attachés à lui, commenta en 1547 à donner des leçons sur les In- st alites. Étienne PASCIll ier, qui assista à la première, . La ville de Toulouse a cru mat à propos sa gloire intéressée à contester un fan fondé sur une tradition assez accréditée, et dont l'odieux ne pouvait retomber que sur les protecteurs en crédit de l'ignorance et de l'intrigue. Les capitouls, en plaçant en 1674 le buste de Cujas dans leur galerie, rent au bas une inscription où ils niaient la méprise grossière qu'on imputait à leurs ancêtres . D'ailires ont cru remarquer que Cujas ne parlait, dans aucun de ses nombreux écrits, L'abbé d'Héliot, professeur à Toulouse, mort en t 779, dans lin Mémoire inséré en 4782 dans le tome Ici de l'Histoire de l'Académie de cette ville' et M. le professeur J'anime , dans tin Dis- cours imprimé, lu à la rentrée de l'école de droit de Toulouse , le 2 novembre 1807, ont prouvé, par des titres authentiques et contemporains, que le concours fut réellement indiqué par arrêt du 20 marsin S ; que Cujas y est inscrit avec Forcadel et quatre ztutres concurrents ;niais que la dispute n'eut pas lieu, et que Forcadet ne fut nommé que le 7 septembre «se, tandis que Cujas était déjà à Bourges depuis la lin de l'année 45'i t, Mais pourquoi se priver do Cujas en reculant si longtemps le jugement dit concours? faire de l'école de Bourges, cheflieu de son apanage, la plus célèbre de toutes celles qui a\ aient encore existé. L'Hôpital, chargé du choix des pr, fesseurs, sut, malgré l'éloignement, discerner h mérite de Cujas, et il le fit venir à Bourges, oit il avait déjà placé Baudouin et Duaren. Ce dernier y enseignait depuis 1538. 11 accueillit d'abord trèsbien Cujas ; mais bientôt, soit faiblesse de sa part soit qu'arrivé pour ainsi errait à Cujas, « qui est, diton, « comme chacun sait, personnage de grande et « singulière doctrine et érudition, de faire lecture « et profession en droit civil en l'université .
  • Jacques CRUQUIUS : en flamand DE CRUSQUE, né à Messines en Flandre, près d'Ypres, est un des bons humanistes du 16e siècle. Il eut pour maîtres, à Louvain, Conrad Goclénius et Pierre Nannius. voyagea au sortir du collége. De retour dans sa patrie, il fut, en 1544, nommé professeur des langues grecque et latine à Bruges. 11 y a lieu de croire qu'il y fournit une carrière assez longue ; mais on ignore la date précise de sa mort, comme celle de sa naissance. C'est surtout d'Horace que Cruquius s'est occupé comme éditeur et comme commenta- . tour. Il eut l'avantage de pouvoir consulter les manuscrits de l'abbaye de St- Pierre de Gand , qu'il nomma Blandiniens, du nom de la colline où cette abbaye était située. Ces manuscrits furent détruits quelques années après dans les guerres de religion qui désolèrent la Flandre. C'est de leur confrontation qu'il tira ce commentaire que l'on cite ordinairement sous le nom de Scoliaste de Cruquius, bien qu'il ne soit qu'une compilation où il est aisé de reconnaître des mains différentes. Nous empruntons ces détails de M. Vanderbourg dans sa nouvelle édition d'Horace, accoepagnée d'une traduction en vers français ; et ce savant apprécie encore trèsbien le travail de Cruquius sur Horace : « Il porta, ditil, « dans ce travail, beaucoup de sagacité. Fort insu truit luimême dans l'histoire et la littérature « anciennes , il est , je crois, le premier qui ait « employé ces connaissances avec méthode à l'ex« plication d'Horace. Souvent, il est vrai, il se liv•e « trop à ses conjectures ; il a le défaut bien plus « grave de vouloir expliquer l'antiquité païenne « par l'antiquité sacrée, de chercher des étymolo« gies grecques et latines dans le flamand et dans « l'hébreu ; mais son travail n'en est pas moins « trèsprécieux, et il est même indispensable à tout « interprète d'Horace qui veut connaître à fnnij ci son auteur. Cruquitts publia d'abord séparément quelques poésies d'Horace, Carminum liber quartus, Bruges, 1565 ; Epodon liber, Anvers, 1567 ; Satyrarum , seu potius Eclogarani libri duo , ibid. , 1573. Tout l'Horace parut chez Plantin en 1578 et il a été réimprimé plusieurs fois. L'édition de 1597 est la première qui présente le scoliaste inédit. La plus recherchée est celle de 1611 ; elle n'est cependant , qu'une copie exacte de celle de 1597, laquelle a même quelque avantage pour la beauté de l'exécution. Cruquius a encore donné : M. Tullii Ciceronis ° ratio pro Mi- loue, cura enarratione, Anvers, Plantin, 1582 On lui attribue un Encoinium 'urbis Brugensis, et diverses poésies latines ; mais il ne parait pas qu'il ait brillé dans ce dernier genre
  • Jacques CUNNINGHAM : chirurgien anglais qui a' ait des connaissances fort étendues sur la physique, la botanique, et sur diverses parties de l'histoire naturelle. Il partit en 1698, comme chirurgien de la factorerie que la compagnie des Indes établit à Emou'i, sur la côte de la Chine; il fit ensuite un antre voyage à l'établissement que l'on 'enait de faire à Ille de Cheusan, où il résida quelque temps. Il parait qu'il alla ensuite se fixer à PuloCondor, et que c'est à lui que l'on doit la relation du massacre des Anglais à cette factorerie, en 1705, telle qu'elle est rapportée dans l'Histoire universelle, I. 10, p. 154. édition anglaise liede 1759 Pendant son séjour à Cheusan, ainningm ham recueillit un grand nombre de plan- les noolles qu'il envoya à Plukenet, à Bai et à petiver, *lui en donnèrent la description dans leurs ouvrages. Son nom se trome cité presque à chaque page dans l'imaltheum de Plukenet. On a de lui plusieurs mémoires à la société royale de Londres, qui sont insérés dans les Transactions philo- rthiques. Le plus curieux est dans le volume 23; t intitulé : Registre météorologique du temps, durant un voyage en Chine, en 1700 , et à l'He de Cheus? n. C'est le journal de son voyage et de ses observations ; il contient beaucoup de particularités relatives aux habitants de ces contrées , ainsi ?u'à leurs pècheries, leur agriculture et leurs arts; l'auteur relè%e plusieurs erreurs des pères ‘tartini et Lecomte ; il ? donne une courte description de l'arbre à thé. M. Pullney, membre de la société royale, dans ses Esquisses historiques sur les proyrés de la botanique en Angleterre, a publié les recherches biographiques qu'il a faites sur les botanistes de sa nation ; mais il n'a pu donner de détails sur Jacques Cunningham. Dans ces derniers temps , M. Rob. Brown a rendu hommage à sa mémoire , en nommant Cunninghammia un nonseau genre de plantes
  • Jacques CURION( 1497 - 1572) : médecin saxon, né en 1497 à lof, dans le Voigtland, acquit de bonne heure des connaissances étendues dans les langues savantes et dans la littérature; il se livra ensuite à l'étude des sciences exactes , et spécialement de la physique et de la médecine. Nommé d'abord professeur à l'université d'Ingolstadt, il fut appelé en 1553 à celle d'Heidelberg, où il mourut le 1" juillet 1572. Ses ouvrages, plus bizarres qu'intéressants, sont infectés des rêveries de Paracelse, dont Curion se montra trop zélé partisan : 1° Hermotimus; Dia- logus in quo primune de umbratico illo medicinoe genere agitur, quod in scolis ad disputandum, non ad medendum comparatum videri potest ; deinde et de illo recens ex chimicis furnis nato eductoque altero, etc., Bàle, 1570 2° Hippocratis Coi, medici vetustissimi, et 07M1 juin aliortemprincipis, De naturoe, temporum anni, et aeris irregularium constitutionum propriis, hominisque omnium ceta- tum morbis, theoria, etc , Francfort, 1596 — CuRioN , né à Rheinberg, dans l'électorat de Cologne, étudia la médecine à Erfurt, y obtint le doctorat, puis une chaire, et l'emploi de médec qu'il exerça jusqu'à sa mort, arrivée en 1561. 11 n'est guère connu que par une édition de l'École de Salerne, qu'il a publiée avec des notes, et qui a été plusieurs fois imprimée
  • Jacques CURRIE ou CURRY( 1756) : médecin écossais, né en 1756 à kirkPatrickFleming , dans la province de Dumfries, fit de bonnes études dans sa patrie. Ses parents, qui le destinaient au corn- merce, l'envoyèrent chez un négociant de la Vir- ginie; mais le jeune Cerne, éprouvant le plus vif désir de cultiver les sciences, et surtout la médecine, revint en Angletene, et se rendit à Édimbourg. Après avoir étudié pendant trois années dans cette université célèbre, il y obtint le. doctorat en 1784. Sa dissertation inaugurale est remarquable sousle double rapport de l'intérêt du sujet et de la manière ingénieuse dont il est traité: De humorum in mor- bis contagiosis assimilatione. Curie exerça ensuite sa profession, avec beaucoup de succès, à Northampton et à Liverpool. Ce fut principalement dans les hôpitaux de ces deux villes, dont il fut tour à tour nommé médecin, qu'il recueillit les observations importantes , et en grande partie neuves, auxquelles il doit sa réputation. Les bains, Les aspersions, et surtout les affusions d'eau froide, avaient été recommandés par quelques mé- decins. Le docteur Wright en avait éprouvé surlui- mème les heureux effets, et Robert Jackson les avait hautement préconisés en 1791 ; mais il était réservé à Currie de constater irrévocablement l'utilité des affusions d'eau froide, en multipliant les expériences, et en déterminant avec précision les cas dans lesquels il convient de recourir à ce puissant moyen thérapeutique, ainsi que la meilleure mé- thode de l'administrer. L'ouvrage dans lequel sont tracées ces règles judicieuses est écrit en anglais, et intitulé : Résultats des effets médicaux produits par l'eau froide employée, soit à l'extérieur du corps, soit à l'intérieur, dans les fièvres et dans d'autres maladies, avec des observations sur la na- ture de la fièvre, etc., Liverpool, 1797 ; ibid., 1798 . La première partie de cette production utile a été traduite en allemand par Michaélis, la seconde par Hegewisch, avec des notes du traduc- teur, et une préface de Brandis. Currie a composé divers autres opuscules, tels que, 1° une Instruc- tion sur les morts apparentes, et sur les moyens de rappeler à la vie les personnes asphyxiées, Londres, 1793 ibid., 1797 2° la Descriptioh de l'affection catarrhale épidémique qui régna en Amé- rique en 1789 ; 3° une Notice sur le téta- nos et les maladies convulsives ; 4° une Lettre politique et commerciale à Guillaume Pitt, dans laquelle on considère iles intérêts de la GrandeBretagne . Currie a aussi publié les OEuvres de Robert Burns, avec une notice sur la vie de l'auteur, et une analyse de ses écrits, Lon- dres, 1800, 4 vol. Ce médecin littérateur mourut en I 805, à Sidmouth, dans le Devonshire
  • Jacques DELILLE( 1738) : La limagne, où ce grand poète passa les premières années de son enfance, avait déjà vu naître l'illustre chancelier de l'Hôpital. Cette petite contrée est un des plus beaux par de la France; ses champs ont été souvent célébrés par J. Delille, et rappelleront à la postérité, le souvenir si poétique Des prés délicieux de la chère Mantoue. J. Delille naquit le 22 juin 1738, dans les environs de Clermont en Am ergne, fut baptisé dans cette ville, et reconnu sur les fonts de baptême par Antoine Montanier, avocat an parlement. Sa mère appartenait à la famille du chancelier de l'Hôpital. Son père mourut peu de temps après sa naissan- ce, lui laissant une pension viagère de 100 écus. J. Delille, avec ce modique secours, fut élevé à Paris au collége de Lisieux. Après avoir obtenu dans ses premières études des succès qui présageaient ceux qu'il devait obtenir dans la carrière littéraire, J. Delille, né sans fortune, fut obligé d'accepter au collége de Beauvais des fonctions obscures qui ne le plaçaient pas même au dernier rang des profes- seurs. « Celui qui devait, a dit M. Delambre, enri « chir un jour notre langue poétique, fut réduit à « donner à des enfants des leçons de syntaxe. » A la destruction d'hn ordre fameux, on lui'offrit au collége d'Amiens une place de professeur d'humanités, et ce fut dans la patrie de Gresset qu'il commença la traduction des Georgives, entreprie qui présentait tant de difficultés et qu'il ache% a avec tant de gloire. De retour à Paris, il obtint une place de professeur au collége de la Marche, et fut souvent nommé par l'université pour haranguer le parlement et les autres corps de la magistrature, dans les solennités académiques. 11 se fit d'abord connaitre par quelques odes, et par une Épitre Laurent, oit il a décrit d'une inatiii:.re élégante et poétique les procédés des arts. On crut déjà reconnaître flans cette épitre le lident de rendre en vers les détails les plus difficiles à exprimer dans une langue accusée longtemps d'être à la fois patsvie et dédaignense. 11 concourut une fois pour le prix de poésie à l'Académie française; le sujet Iva traita était la bienfaisance. Thomas, son compatriote et son maitre, remporta le prix ; mais on distingua dans l'ode du jeune auteur plusieurs strophes qui excitèrent, à la lecture publique qu'on en lit à l'Académie les plus grands applaudissements. Enfin, encouragé par les suffrages du fils du grand Racine, il publia la traduction des Géorgi- ques, et les Français apprirent, avec autant de surprise que d'admiration, que leur langue était capable de rendre toutes les beautés des anciens, et les procédés de l'agriculture, auxquels notre poésie paraissait se refuser. Cette traduction n'est pas seulement un ouvrage prodigieux par la quantité d'obstacles vaincus et de préjugés domptés, c'était encore, évidemment?, de tous les poèmes qu'on avait publiés depuis plus d'un siècle, celui qui avait créé dans la poésie française les richesses les plus nouvelles et les plus inconnues. Voltaire en fut si frappé, que, sans avoir aucun rapport avec Delille, ne connaissant ni ses amis, ni ses principes, il écrivit à l'Acaamie pour l'engager à recevoir dans le sanctuaire des lettres un homme dont le talent avait agrandi la littérature, le champ de la poésie et la gloire de la nation. L'envie, doublement irritée par un bel ouvrage et par un beau procédé, voulut au moins trouver à Delille des modèles et des rivaux ; elle exhuma une ancienne traduction des Géorgiques de Martin, et celle de Lefranc de Pompignan; elle se souvint des essais du jeune Malfilàtre; elle rappela même l'épisode d'Aristée traduit par Lebrun. J. Delille ne répondit point à ses détracteurs, profita des observations de Clément quand il les trouva justes, convint de ses fauti;s avec beaucoup de franchise, et se fit pardonnec ies beaux vers. En 1772, il fut nommé avec M. Suard à l'Académie française; mais cette nomi- nation n'eut point de .suite. 1.e roi, sur la représentation que lui fit le maréchal de Richelieu, que Delille était trop jeune, et que Voltaire n'avait été lui- même admis dans ce corps qu'à l'àge de cinquantecinq ans, ordonna que l'Académie fit une nouvelle élection. Ueut ans après, Delille fut de nouveau élu l'un des quarante, elle roi confirma sa nomination avec deetémoignages d'estime qui réparèrent ce que son refus avait eu de désobligeant. 11 remplaça la Condamine, et loua son prédécesseur dans un discours élégant et ingénieux qui mérite une place parmi les meilletires productions académi- ques. Peu d'années après sa réception, Delille acheva son poème des Jardins; l'envie fut réveillée une seconde fois. Ou publia des volumes de critiques contre ce poème rempli de descriptions pittoresques et brillantes : les critiques ont été oubliées, et le poème des Jardins a été traduit dans toutes les langues. Un homme d'esprit, en envoyant à Delille une brochure dans laquelle son poème était peu ménagé, lui écrivit : « il faut • « avouer que vos ennemis sont bien peu diligents; « ils en sont seulement à leur septième critique, « et vous en êtes à votre onzième édition. o De- lille ne répondit pas plus aux critiques des Jardins qu'a celles qu'on avait faites de la traduction des Géorgiques: la douceur de son caractère, le modeste aveu de ses fautes, et son silence, devaient à la fin désarmer ses rivaux ou ceux qui croyaient l'être. Ami de M. de ChoiseulGouffier, Delille le suivit dans son ambassade à Constantinople. Trop près des beaux climats de la Grèce, pour ne pas visiter des lieux si chers aux muses, il s'embarqua sur un bâtiment qui relâcha au rivage d'Athènes. Au retour, le canot où était l'ambassadeur et sa suite fut poursuivi par deux forbans qui étaient sur le point de l'atteindre. An milieu de la consternation et du silence qui régnaient dans tout l'équipage, Delille donna des marques de sangfroid et de gaîté dont toutes les gazettes parlèrent dans le temps « Ces coquinslà, disait le poète, ne s'attendent « pas à l'épigramme que je ferai contre eux. » Enivré de la vue des monuments antiques qu'il parcourait dans la patrie de Sophocle et d'Euripide, il écrivit alors à une dame de Paris une lettre qui eut un grand sucs, et qui est pleine de l'enthousiasme avec lequel il avait yu les ruines de cette ville fameuse. Delille, en quittant la ville d'Athènes, arriva à Constantinople où il passa l'hiver et presque tout l'été à la charmante maison de Tarapia, vis-àvis l'embouchure de la mer Noire, où il avait sous les yeux le magnifique spectacle des innombrables vaisseaux qui entrent de la mer Noire dans le Bosphore, et du Bosphore dans la mer Noire ; cette foule de barques légères, dorées et sculptées qui se croisent sans cesse sur ce bras de mer, et lui donnent un air si animé, et, sur l'autre bord, les superbes prairies d'Asie, ombragées de beaux arbres, traversées par de belles rivières, et ornées d'un nombre infini de kiosques. C'est dans ces belles prairies qu'il passait toutes ses matinées, travaillant à son poème de l'Imagination, au milieu des scènes les plus propres à l'inspirer. 11 trouvait un plaisir extrême à déjeuner tous les jours en Asie, et à revenir dîner en Europe. On a reconnu dans son. poème les im pressions qu'il t eçut de ces superbes.pandgel. revenu dans sa patrie, reprit, toujours ave le même succès, ses fonctions de professeur di belleslettres dans l'université, et de poésie latin au collége de France. Un auditoire trèsnombreu, venait l'entendre expliquer Juvénal, Horace, e surtout son cher 'Virgile. La manière dont il lisai les vers, faisait dire à ceux qui l'avaient entendu. que ces poèmes étaient expliqués lorsqu'il les avait lus. 11 lisait souvent ses propres vers après avoir lu ceux de Virgile, et ses élèves avaient à la fois deux modèles. Un de nos sa?ants les plus dist gués, qui fut luimême l'élve de Delille, a fait entendre sur la tombe de son ancien maitre ces paroles touchantes : « Ceux qui l'ont entendu « , («lans les séances académiques ou dans ses leçons « au collége de France, savent si jamais personne « égala la grâce et la chaleur entrainante avec la « quelle il récitait les vers. Que ceux qui l'ont en « tendu plus tard se le représentent à l'âge de « vingtquatre ans; ils pourront se faire une idée « de ce que je devais éprouver dans les explica- « lions auxquelles ne suffisait pas le temps ordi « 'faire des classes, et qu'il avait l'excessive bonté («le reprendre et de me continuer en particulier. « Un demisiècle d'intervalle n'a pu effacer ce4 « impressions délicieuses auxquelles s'est joint un « vif sentiment de reconnaissance dès que j'ai pu « faire la réflexion que c'était à un enfant d « treize ans qu'il prodiguait ces trésors d'érudi « tion, d'enthousiasme et de talent poétique. Les vers axaient dans la bouche de Delille u charme inexprimable; c'est pour lui qu'on aval trouvé le mot de dupeur d'oreilles. Mais la manièr dont le public a toujours accueilli ses poèmes imprimés, prouve bien qu'il n'avait pas besoin de la séduction du débit pour assurer leur succès. Lorsque le poème des Jardins parut, le comte de Schomberg, qui avait trouvé les \ ers encore plus agréables à la lecture qu'il en fit luimême, lui dit d'une manière également délicate et flatteuse : « Je :( vous aNais bien toujours dit que vous ne saviez « pas lire vos vers. » Delille était riche des bienfaits de la cour, sans qu'il les eût jamais sollicités; sa fortune s'évanouit à la révolution; il s'en consola en faisant des vers charmants sur la pau?reté. Pendant que la terreur régnait sur la France, il gémit dans la retraite sur les malheurs de la pa- trie. Deux jours avant la cérémonie bizarre à laquelle on donna le nom de Fête de l'Être Supréme., Robespierre lui nt demander un hymne qu'il eut le courage de refuser, répondant aux menaces qu'on lui faisait « que la guillotine était fort com- « mode et fort expéditive. » Sur la demande réité- rée que lui fit le président d'un comité révolutionnaire, il composa un dithyrambe, dont l'esprit et le sens étaient peu propres à lui concilier les suffrages des chefs de la révolution ; car le poète, dans plusieurs strophes, y peignait d'une manière neuve l'effrayante immortalité du coupable, et p IF • molialite consolante de l' m home de bien. En Delille s'éloigna de Paris, où les troubles nes avaient fait oublier la littérature, oui les es ne trouvaient plus de sujets d'inspiration, calme si nécessaire à leurs travaux. Il se re- ra à StDiez, patrie de madame Delille, où il (leva dans une solitude profonde et à l'abri de ?ute distraction, sa traduction de l'Enéide, qu'il vait commencée depuis trente ans. Après avoir éjourné iilus d'un an dans les Vosges, voyant le Ien de tranquillité qui régnait en France, et les ré- iolutions qui s'y succédaient avec une rapidité M- royable, Delille se réfugia à Bâle, où il séjourna ilusieurs mois dans une solitude laborieuse. En 796, il passa de Bâle à Glairesse, village char- I nant de la Suisse, situé au bord du lac de Bienne. iis-à--% is File célèbre de StPierre, décrite d'une vanière si ravissante par le malheureux Rouis au, qui la choisit pour son asile. Le gouverne lient de Reine, à qui cette ile appartenait, voulut ;parer, dans la personne de J. Delille, la rigueur iie son prédécesseur avait exercée envers Bous tau, en le bannissant de cette île délicieuse où il , tait venu cacher ses malheurs, sa défiance et ;a célébrité. Le poète obtint le droit de bourgeoisie , Jans cette même ile dont l'illustre prosateur avait Mé banni. Delille trouva dans le voisinage de Glai !7esse tout ce qui flattait sa passion pour les beau :és pittoresques de la nature : un beau lac, de , belles montagnes, des rochers et des cascades. C'est là qu'il acheva l'Homme des Champs et le poème des Trois Règnes de la Nature. Nulle part il n'éprouva plus d'inspiration et de délices dans ses compositions poétiques. Après deux ans de séjour à Soleure, il se rendit en Allemagne, où il imposa le poème de la Pitié, et passa ensuitedeux rus à Londres, pendant lesquels il traduisit le Paradis perdu. Cette traduction, faite de verve, ,ist un de ses plus beaux ouvrages ; il travailla avec tant de zèle et d'ardeur à ce monument poétique, qu'il fut achevé en moins de quinze mois. Lorsque, dans la suite, on le félicitait sur une entreprise si heureusement terminée, le poète répondait qu'elle lui avait coûté la vie. En effet, à peine venaitil de traduire la belle scène des adieux d'Adam et d'Ève au paradis terrestre, qu'il sentit la première attaque de paralysie dont les suites l'ont conduit au tombeau. En 1801, J. Delille revint à Paris : il Y apporta le fruit de ses travaux, et, s'il est permis d'employer ici une image champêtre qui ne dé plaira point à son ombre, il rentra dans sa patrie, comme l'abeille rentre dans sa ruche, chargé des trésors qu'il avait amassés dans ses courses nom breuses.11 jouit pendant plusieurs années de cette tranquillité si chère"aux muses. Il publia plusieurs de ses poèmes, et fut témoin de leurs succès. Sol licité plusieurs fois de faire partie de l'Institut, il rentra au sein de l'Académie avecSM. Suard, Mo rellet, et quelques autres de ses anciens confrères que la révolution en avait exclus. Plusieurs fois le public fut attiré dans les séances de l'Académie par
  • Jacques DAMAIN( 1528 - 1596) : prêtre d'Orléans, y naquit vers l'année 1528, et devint docteur en droit, chanoine et conseiller au présidial de cette ville. En 1554, il partit pot• l'Italie, studiorum causa, bien que ce voyage lui coûtât le sacrifice des fruits qu'il retirait de ses bénéfices. Dans les troubles religieux qui, quelques années après, affligèrent la Ille d'Orléans, Damain, comme piètre et comme magistrat, rendit plus d'un service aux cieux partis. Il fut du nombre infiniment rare de ceux qui, dans ces circonstances difficiles, conservèrent à la religion de l'Évangile son véritable caractère. Damain mourut à Orléans le 20 mars. 4596, après avoir, pendant neuf ans, surveillé comme scolastique les écoles primaires de son diocèse. Nous lui devons : Relation de ce qui s'est passé à Orléans au massacre de la St- Barthéle? i le 26 mit 1572. Le procèsverbal, infiniment curieux et que nous croyons l'autographe de Damain, s'était conservé jusqu'à nos jours dans les archives de la mairie d'Orléans. Il fut enlevé ou brûlé pendant les troubles révolutionnaires. La relation du chanoine n'est cependant pas tout à fait perdue. On la trouve imprimée dans los mémoires de Charles IX, et dans l'Histoire de ceux qui ont souffert le martyre pour la religion protestante, page 712. Jean Crespin, en citant la relation dont il extrait la sienne, ajoute : « Ce que « nous avons à dire de l'état de l'église d'Orléans « a été recueilli de l'extrait qu'en dressa, les jours « du massacre, un chanoine de SteCroix, homme « paisible et détestant les cruautés de sa religion, « des conseils et actes desquels il fut auditeur et « spectateur. Nous avons épargné son nom en cet « endroit, et pour cause; outre de plus, son récit « nous a été attesté être véritable par personnes qui en peuvent parler avec vérité
  • Jacques DALLAWAY( 1763) : écrivain anglais, né à Bristol, le 20 février 1763, passa les piemières années de sa jeunesse à l'école de grammaire de Cirencester, sons le révérend Jacques Washborne, puis entra au collége de la Trinité d'Oxford, où il se distingua par son talent pour la versification. Malheureusement il se fit des ennemis par son penchant à l'épigramme; et la grâce avec laquelle il tournait ses sarcasmes poétiques n'était pas pro- pre à tempérer l'amertume de la blessure. Aussi lorsque, désirant entrer dans la carrière de l'instruction, il demanda son admission parmi les membres du collége, son nom futil passé sans qu'on donnât le moindre motif pour cette exclusion injurieuse. Le motif du reste était fort clair, et personne n'ignorait que que lq tWS s ers satiriques décochés contre un des membres influents du collége lui avaient ainsi fermé les portes de l'établissement. Repoussé si péremptoirement à sa première tentati? e, ay se retourna vers d'autres patrons ; et, après avoir pris le degré de maitre ès arts , alla dessers iv une cure dans les environs de Stroud . Il avait alors près de vingtdeux ans. Il résidait dans une maison à la campagne qu'on nommait le Fort. Un peu plus tard, il int habiter Gloucester mème, où il mit en ordre et rédigea les Collections relatives à l'his- toire, aux monuments et aux généalogies du comté de Gloucester, de Bigland. Ce grand travail, dont le 1" olume parut eu 1791 , l'occupa de 1785 à 1796, et il prépara effectiNement les le" numéros du tome 2. Un autre ouvrage, dont seul il était l'auteur, les Recherches sur l'art héraldique anglais., et qu'il avait dédié au duc Charles de Norfolk, lui avaitfait de ce seigneur un protecteur zélé. Sur la recommandation de Sa Grâce, il fut attaché en qualité de chapelain et de médecin à l'ambassade britannique de Constantinople, dont le titulaire était Liston. Quelque temps auparavant, il s'était fait conférer, à l'université d'Oxford, le diplôme de bachelier en médecine. De retour en Angleterre, à la lin de cette même année 1796, Dallaway reçut pour étrennes, de la part de son gand ami, sa nomination à la place de secrétaire du comtemaréchal, dans laquelle il Fut en quelque sorte inamovible; car après l'avoir remplie jusqu'à la mort du duc Charles en 1815, il y fut renommé l'année sui‘ante, quand lord Henri Howard fut investi:de l'office de comtemaréchal; et lorsque ce nouveau titulaire mourut, et que le duc actuel de Norfolk fut autorisé par un bill à exercer les fonctions de ce maréchalat, Dallaway fut confirmé pai. le même acte dans son poste de secrétaire. Cette espèce de sinécure ne fut pas la seule qu'il dut à l'amitié du duc Charles. Dès 1799, il avait été nommé, sur sa présentation, recteur de SouthStock , et n'avait résigné ce bénéfice en 1803 que pour en recevoir de la même main un autre plus lucratif et moins onéreux encore, celui de Slynford. 11 avait de même échangé en 1801 le rectorat de Llanmaes , qu'il devait à la munificence du marquis de Bute, ponde vicariat de Letherhead. Enfin en 1811, il obtint la prébende de NovaEcclesia dans l'église cathédrale de Chichester; mais il ne conserva ce dernier emploi que jusqu'en 1826, époque à laquelle il le fit passer à Cartwright en même temps que le soin d'éditer la 3' partie de l'Histoire des districts occidentaux de Sussex. Il survécut encore huit ans à ce sacrifice, si toutefois c'en était un; car Dallaway été complétement si nécuriste, s'il n'eût donné un peu de son temps à la copie et à la lecture des éprem es d'ouvrages du reste peu pénibles, et quelquefois agréables à rédiger. On pourrait même lui reprocher d'avoir poussé trop loin dans ses compilations la devise caractéristique du sinécurisme, sine cura, et d'y avoir laissé, des fautes énormes, des lacunes inex- cusables. 11 mourut le 6 juin 483f à Letherhead. On a de Dallaway : 1° Lettres du docteur Bondie, évéque de Durry, à M. Sandys, précédées de mémoires qui servent d'introduction, 1786, 2 vol. 2' Recherches sur l'origine et les progrès de l'art héraldique en Angleterre avec des observations sur les insignes héraldiques, 1792 3' Cons- tantinople ancienne et moderne, avec des excursions sur les côtes et dans les Îles de l'Archipel, ainsi qu'en Troade, 1797 Le docteur Clarke, dont la réputation comme voyageur était fort grande, déclara que cet ouvrage était le meilleur qu'on eût encore écrit en anglais sur Constantinople. C'était le fruit du court séjour que Dallaway venait de faire à la suite de Liston dans la capitale de l'empire ottoman. 4° Anecdotes , une Description des murs de Constan- tinople , et des Observations sur le premier sceau commun employé par les bourgeois de Bristol ; dans la Revue rétrospective , Bristol au le suède, imprimé à part, Bristol, 1831, sous le titre d'Antiquités de Bristol dans les siècles du moyen dge, avec la Topographie de cette ville, par Will. Wyrcestre et la Nie de Will. Co- nynge ; 40 plusieurs morceaux signés des initiales E. M. S. dans le Gentleman's Magazine, et la Chronique générale. Il avait, de plus, promis une Histoire de l'empire ottoman, laquelle devait aller du règne de Mahomet II, et de la prise de Constantinople par ce sultan, à la mort d'AbdoulHamid en 1788, et l'aire ainsi suite à Gibbon
  • Jacques DALECHAMPS( 1513 - 1588) : médecin et botaniste français, célèbre par son érudit ion,né à Caen en 15f 3, étudia la médecine à Montpellier, fut reçu bachelier sous Rondelet en 1546, et docteur l'année suivante. Il alla en 1552 se fixer à Lyon, où il exerça la médecine avec beaucoup de succès et de réputation, jusqu'à sa mort en 1588. Il joignait à une profonde connaissance de toutes les parties de son art, celle des langues anciennes et une vaste érudition. 11 s'occupa principalement à éclaicir par de savants commentaires quelques auteurs grecs et latins. On lui doit une version latine d'Athénée, avec le texte grec et des commentaires, Lyon, 1552 ; réimprimée avec des notes de Casaubon, en 1597, voy. ATHÉNÉE ). Dalechamps s'atta- cha surtout à corriger le texte de Mine, et il en donna une édition trèsestimée, Lyon, 1588 dont il y a eu plusieurs compositions. 11 y avait travaillé une grande partie de sa vie;et ne survécut que d'un an à sa publication. Il forma de bonne heure le projet de réunir dans un seul corps d'ouvrage les connaissances acquises jusqu'alors en botanique, et voulant s'associer des coopérateurs en état de le seconder, il fit choix d'abord de J. Bauhin, qui, quoique fort jeune, était déjà trèshabile botaniste; mais celuici s'étant obligé de quitter Lyon, crainte d'être inquiété pour la religion protestante qu'il professait, Dalechamps ne put trouver à le remplacer. 11 rassemblait des matériaux, en recherchant par luimême, avec soin, les plantes qui croissent dans les provinces voisines, et en entretenant des correspondances suivies dans les différentes contrées de l'Europe : en Flandre avec Lécluse, Lobel ; en Espagne avec Mouton, Valerando Dourez. 11 faisait dessiner et graver toutes les plantes qui lui parvenaient par ce moyen. De plus il faisait copier et réduire sur un même module, toutes les figures qui existaient déjà en 1558. 11 voulut donner une idée de ses recherches dans une version latine de Dioscoride, à laquelle on avait adapté les figures trèsréduites de Fuchs; et il en ajouta douze, qui représentaient autant de plantes curieuses qu'il avait découvertes ; elles sont trèscorrectement dessinées, mais le format en est trop petit pour qu'elles soient bien recuit- naissables. Dalechamps„ entraîné par la pratique de la médecine, et surtout par ses recherches sur les anciens, n'eut pas le temps de publier luimême son travail, ni de l'achever sur le même plan qu'il l'avait commencé. Le libraire Rouillé se mit à la tête de cette entreprise et la fit continuer; il chargea Desmoulins, médecin de Lyon, de rédiger l'ouvrage et de le produire au jour ; niais ce médecin ne sut mettre aucune critique dans son travail, et transposa souvent les figures, en sorte que l'ou vrage resta audessous de l'attente générale Enfin cet ouvrage, si longtemps attendu, fut donné au public du vivant de Dalechamps, qui ne mourut que deux ans après; il est intitulé : Historia gene- ralis plantarum in libros octodecim, per certes classes arti ficiose digesta, etc., fig., Lyon, 1586, 2 vol. plusieurs exemplaires portent la date de 1587. Le nom de Dalechamps ne se trouve pas sur le frontispice ; mais tons les auteurs du temps l'ont cité sous son nom, parce qu'il en avait donné le plan et la plupart des matériaux. Suivant Jacques Pons, ce fut le libraire Rouillé, seul qui en conçut le plan, et Desmoulins qui l'exécuta. Dalechamps n'y contribua qu'en communiquant les observations et les dessins qu'il avait l'assemblés. C'est donc à lui qu'appartient tout ce qui s'y trouve de bon: niais la distribution des objets, l'ordre et la rédaction de l'ensemble appartiennent à Desmoulins. Les 2,731 plantes dont il donne les figures, sont divisées en dixhuit classes ou livres, suivant leur grandeur , leur ligure , leurs qualités, etc., mais aucune de ces classes n'est naturelle. Dalecham.ps voulant, comme nous l'avons dit, établir la concordance de tous les ouvrages que l'on avait publiés avant lui, avait fait copier le plus grand nombre des figures déjà faites. et elles ont été publiées dans cette histoire, ce qui fait que la même plante est répétée deux ou trois fois; souvent c'était au su de Dalechamps luimême, et suivant son but, qui était de mettre à même de comparer les différents auteurs qui l'avalent précédé ; niais d'autres fois il ne s'en était pas aperçu, et c'était rendre un service à la sciénce que d'indiquer m erreurs. C'est ce que fit Gaspard Bauhin, en publiant ses Animadversiones in. his- toriam generalem plantarum Lugduni editam, Francfort, 1601, i" . Jean Bauhin dans son Histoire des plantes, reprend souvent avec amertume les fautes de cet ouvrage. Cependant, malgré ses défauts, il a été longtemps utile. On y reconnaît une érudition profonde, et Pou doit rendre justice à Dalechamps, en convenant qu'il a été l'un des botanistes qui ont montré le plus de sagacité pour déterminer les plantes des anciens. De plus, il y a une centaine de plantes qu'il a fait connaître le premier. Jacques Pons, médecin de Lyon, fit des observations sur cet ouvrage, Lyon, 1600 C'estune espèce d'errata, où il a corrigé les titres et fait différentes additions, qu'il a rédigées sur ce que Dalechamps luimême avait indiqué, et sur les manuscrits qu'on trouva dans son cabinet après sa mort. Desmoulins traduisit en français cette histoire des plantes qu'il avait publiée en latin; elle parut sous le titre d'Histoire générale des plantes, sortie latine de la bibliothèque de M. Jacques Dalechamps, puis faite française par M. Jean Desmoulins, Lyon, 1615, 2 vol. 11 profita des corrections indiquées par Pons, et ajouta des tables des vertus des plantes ; ce qui fait que cette traduction est plus estimée que l'original. Cependant Desmoulins eut le tort de ne pas profiter des critiques de Gaspard Bauhin, et il laissa subsister beaucoup de transpositions de figures. Néanmoins, comme c'était le seul traité complet que l'on eût sur les plantes en langue vulgaire, il eut plusieurs éditions ; la dernière est de 1653. Quoique l'éditeur dise que cette édition a été corrigée des fautes de langue et des barbarismes qui se trouvaient dans la première, qui feraient croire que des paysans l'avaient dictée, le style en est trèssuranné. Plumier a consacré, sous le nom de Dalechampia, lm genre à la mémoire de ce botaniste ; il est de la famille des eu- phorbes, et renferme des arbustes grimpants qui ne se trouvent que dans les pays équatoriaux. Dalechamps est encore auteur des ouvrages mi-\ ants : De peste libri tres, Lyon, en 1552 2° un Traité de chirurgie, en français, imprimé à Lyon en 1570-1573 et à Paris en 1610 4° , avec les additions de Jean Girault, et plusieurs figures d'instruments de chirurgie ; 3° il a traduit en français le sixième livre de Paul d'Egine, qu'il a enrichi de commentaires et d'une pi«ace sur la chirurgie ; 4° Administrations anatomiques de Claude Galien, traduites fidèlement du grec en français, Lyon, 1566 et 1572 ; 5° une édition fort estimée du Traité des maladies aiguës et de celui des maladies chroniques, de CcelinsAurélianus, Lyon, 1566 et 1367 chez Rouillé, qui fut l'éditeur de la plupart des ouvrages de Dalechamps. C'est la première fois que les dein traités sont réunis dans la même édition. Dalechamps dit en avoir revu le texte sur un ancien manuscrit qu'il a conféré avec d'autres ; il a mis à la marge quelques notes. Jean Amman, qui a donné une houselle édition de ces traités à Amsterdam, en 1709, croyait que les annotations n'étaient pas toutes de Dalechamps
  • Jacques DANZER( 1743 - 1796) : théologien catholique, naquit en 1743 à Lengenfeld, en Souabe. Ayant embrassé la règle de St. Benoît à lsny, il fut nommé en 1784 professeur de théologie à Salzbourg ; on le dénonça aux autorités ecclésiastiques, comme imbu des erreurs de Pélage; l'archevêque de Salzbourg fit défendre, en 1788, de donner suite aux enquêtes déjà commencées. Danzer cependant se trouvant trop faible pour résister à ses ennemis, quitta Salzbourg en 1192, se fit séculariser, et mourut le 4 septembre 1196, à Burgau, oit il possédait tui canonicat. On trou\ e dans Meusel la liste de ses ouvrages, tous en allemand ; les principaux sont 10 Introduction a la Morale chrétienne, Salzbourg, 1791, 2e édition; 20 18° siècle de l'Allemagne, 1782; 30 Esprit tolérant de Joseph II, 1783; 4° Influence de la morale sur le bonheur de l'homme, Salzbourg, l789 ;5° Esprit de Jésus et de sa doctrine, Fribourg, 1793; 6° Idées sur la réforme de la théologie, particulier de la dogmatique, chez les catholiquè., . Ulm, 1793; 7° Histoire critique de l'indulgence d la portioncule, Ulm, 1794
  • Jacques DARAN( 1701 - 1784) : chirurgien, né à StFrajon, petite ville de Gascogne, le G mars 1701, et mort à Paris en 1184. Après avoir terminé ses humanités, il embrassa la profession de chirurgien, et mit tant d'application à l'étude de cet art, que trèsjeune encore il devint l'émule des plus grands maîtres de son temps. L'ardent désir qu'il avait de voyager lui fit accepter du service dans les armées autrichiennes. L'empereur fit en faveur lle son mérite une exception honorable et rare à cette époque ; Daran, avec le grade de chirurgienmajor, obtint le rang d'officier. Bientôt après, sa passion pour les voyages le conduisit à Milan, puis à Turin, où il fut appelé par le roi de Sardaigne. Ce prince ne négligea rien pour le fixer dans sa capitale ; niais Daran aimait trop sa patrie pour se fixer à Pélranger ; il refusa les offres de VictorAmédée, et continua des voyages où , satisfaisant son penchant, il augmentait ses connaissances. Il parcourut successivement Milan, Rome, Vienne, et fit dans cette dernière ville une foule d'opérations remarquables, qui agrandirent sa renommée. Daran quitta Vienne pour se rendre à Naples, et de là il passa à Messine. Le prince de VillaFranca qu'il rencontra dans cette dernière ville lui fit accepter, à force de sollicitations, l'emploi de chirurgienma•or de son régiment. Pendant son séjour à Messine, la peste y fit d'affreux ravages, et Dayan déploya dans cette occasion les plus grands talents et la plus touchante humanité. Le consul français et les habitants de Cette nation qui se trouvaient à Messine eurent beaucoup à se louer des soins qu'il leur prodigua. Cet excellent homme porta les secours les plus désintéressés aux habitants de la ville, et recueillit les bénédictions universelles. Cependant, chaque jour, la peste moissonnait de nombreuses victimes. Daran conçut le projet hardi d'y soustraire tous les Français qui habitaient Messine : il les fit embarquer sur un vaisseau de sa nation, et les ramena tous à Marseille, un seul excepté. Cet homme courageux et dévoué eut à lutter, dans le voyage, contre la peste et contre la disette des vivres; mais son zèle et son industrie triomphèrent de ces deux fléaux redoutables. 11 reçut à Marseille un accueil qui tenait de l'enthousiasme. Les principaux habitants de la ville, le peuple même, le sollicitèrent de se fixer parmi eux. Daran céda à des voeux aussi honorables ; mais les succès que ses talents lui firent bientôt obtenir ne tardèrent pas à être publiés jusqu'à Paris. On parlait surtout de son habileté dans le traitement des maladies des voies urinaires. Le roi fit inviter Daran à se rendre dans la capitale, où des étrangers de la plus haute distinction accoururent sur ses pas, et furent guéris par ses soins. L'étiologie des affections chroniques du canal de l'urètre, qui en causent le rétrécissement, et de plus funestes accidents encore, était incertaine. François 1" avait été atteint de cruelles rétentions d'urine, produites par le rétrécissement de l'urètre ; il mourut sans que l'art ptit lui prodiguer de soulagement. Henri Ill, en revenant de Pologne, et passant par Venise, contracta une maladie que de mauvais traitements firent dégénérer en un rétrécissement du canal de l'urètre. Un habile médecin de ce temps, Mayerne, imagina d'introduire des bougies pour rétablir le canal, et réussit par ce moyen à soulager son malade. On trouve des traces de ce procédé dans une lettre publiée par ce médecin, intitulée : De gonorrhece inceteratce et carunculce ac ulceris in meatu uri- nari, curatione. Il est présumable que Daman, qui avait dù faire de trèsgrandes recherches sur les maladies des voies urinaires, s'était emparé de la méthode qui avait réussi à Mayerne. Quoi qu'il en soit, c'est à D aran que nous devons la connaissance du seul moyen indiqué pour guérir les rétrécissements de l'urètre : les bougies médicamenteuses ou emplastiques qui portent son nom, et qui sont si connues, opérèrent de véritables prodiges; mais, depuis la découverte des bougies et des sondes en gomme élastique, qui détruisent les rétrécissements du canal de l'urètre, en le dilatant, les bougies de Daran ont été abandonnées; ce qui n'empêche pas que ce ne soit à lui que cette précieuse invention soit due. On lui a reproché d'en avoir gardé longtemps le secret ; mais s'il a profité de sa découverte pour s'enrichir, son extrême humanité, son désintéressement auprès des pauvres, doivent obtenir gràce pour sa mé- moire. Daran fut un excellent et habile chirurgien ; mais ses brillants succès dans le traitement des maladies des voies urinaires, feront seuls passer son nom à la postérité. C'est en parlant de lui eine de Bièvre dit un jour: « C'est un homme qui « prend des vessies pour des lanternes. » Daran, malgré son désintéressement, fit une fortune immense. Il fut comblé d'honneurs par le souverain. Eu 1755, le roi, qui l'avait déjà nommé son chirurgien par quartier, lui donna des lettres de noblesse ; niais, après avoir gagné 2 millions dans l'exercice de sa profession, il perdit tout son bien par des spéculations hasardées, et, à la fin de ses jours, il lui fallut travailler pour subsister. Il mourut à 83 ans dans un état voisin de la misère. Nous avons de lui : 1° Observations chirurgicales sur les maladies de l'urètre, Avignon, 1745 réimprimées eu 1748, 1758, 1768: il a été traduit en anglais par Tornkyns, 1755 20 Réponse à la. brochure , intitulée : Sur la défense et la conservation des parties les plus essentielles de Phomme, I750 I 0; 30 Traitécomplet sur la gonor- rhée virulente, 1756 ; 4° Lettre pour servir de réponse à un article du traité des Tumeurs, 1759 5° Composition du remède de M. Daran, etc., Paris, chez D idot le jeune, 1775, 1 vol
  • Jacques DARNAUD( 1768 - 1830) : général français, né à Briey près d'Orléans en 1768, avait servi pendant quelques années comme simple soldat dans un régiment d'infanterie, lorsque la révolution commen-ça. É,tant alors entré dans un bataillon de volontaires nationaux, il fut fait capitaine, et fit ses premières campagnes à l'armée du Nord, où il se distingua dans plusieurs occasions. Devenu adjoint aux adjudants généraux, en 1794, il assista en cette qualité au débloquement de Maubeuge, et fut ensuite employé à l'armée de SambreetMeu,e Chargé de soutenir la retraite à Neuwied dans ;r mois d'octobre 1795, il mérita par sa valeur que le général en chef Jourdan lui adressât ces flatteuses paroles : s Je vous félicite, mon cher cama-« rade ; j'ai admiré vos belles manoeuvres; volis « aviez, dey ant l'ennemi, le même sangfroid que, « l'année dernière, à la revue, sur la place de pas rade, à Cologne. » Darnaud ayant été chargé, en 1196, de l'occupation de Francfort, ne souffrit pas que le commerce de cette ville fût inquiété par des exactions d'aucune espèce. Blessé grièvement l'année suivante à la mâchoire inférieure par un éclat d'obus, au blocus de Mayence, il n'en fut guéri que lentement et après de grandes souffrances. Alors il se rendit à l'armée d'Italie où la Trebia, Novi, Recco, MonteFacio furent témoins de sa valeur, et il fut nommé général de brigade en 1799. A Gênes, il reçut encore une blessure si grave que l'on fut obligé de lui faire l'amputation de la cuisse gauche. Ayant survécu à cette douloureuse opéraI ion, flamand fut chargé, par le premier consul, du commandement de la place qu'il avait si bien défendue, et plus tard de celui de la 14 division, dont Caen est le cheflieu. Après l'avoir créé baron et général de division, Napoléon lui donna en 1808 le commandement de l'hôtel des Invalides qu'il conserva jusqu'en 1814. Darnaud fut alors remplacé par le comte de Lussac ; et il vécut dans la retraite jusqu'au 3 mars 1830, époque de sa mort
  • Jacques DENYS( 1600) : peintre, né à Amers \ ers le milieu du rie siècle, alla trèsjeune à Rome et à Venise, et fit une étude assidue des plus célèbres maîtres. Il parvint ainsi à se former une manière grande, fière, qui tenait plus de l'école italienne que du goût des peintres flamands. Quoiqu'il ne se destinât (l'abord qu'au portrait, il fortifiait son talent en copiant les statues antiques, et en peignant les plus belles vites du pays. La réputation qu'il avait acquise le fit rechercher par le duc de Mantoue, et ensuite par le grandduc de Florence, qu'il peignit, ainsi que sa famille et la plupart de ses courtisans. De retour à Mantoue , il orna le palais de son protecteur de plusieurs tableaux d'histoire ; mais après un séjour de quatorze ans en Italie, l'amour du pays natal le lit revenir à Anvers, dignement récompensé de ses travaux. 11 reçut des amalems et des artistes l'accueil le plus honorable, et son entrée fut une espèce de triomphe; mais il ne jouit pas longtemps du bonheur que donnent les richesses et la considération : une mort prématurée en interrompit le cmirs. La plupart de ses ouvrages sont en Italie; la France n'en possède point, et Oescamps n'a pu parvenir à en voir que trois : un Ecce homo, dans le goût de van Dyck, et deux portraits. Les éloges qu'il leur donne prouvent que Denys méritait la considération dont il jouit pendant sa courte carrière
  • Jacques DESCHAMPS( 1677 - 1759) : né à Virummen ille dans le diocèse de Rouen, en 16U, ft docteur de Sorbonne, curé de Dangu en Nu brmandie, et mourut le Ier octobre 1759, après avoir légué à son église Joui son moblier, montant à 10,000 fr., à la charge d'entretenir une maîtresse d'école. Il aNait laissé en manuscrit un t'Enrage qu'on imprima sous le titre de Traduction nouvelle du prophète Isaïe, arec des dissertations préliminaires et des remarques, 1760 traduction plus élégante que littérale, Deschamps s'étant permis de renverser l'ordre des versets et même de paraphraser. — DESCHAMPS , né à Montmorency, diocèse de Troyes, en 1683, fut d'abord destiné à l'état ecclésiastique, embrassa l'état militaire, qu'il quitta ensuite pour la finance, ou du moins pour un emploi dans les bureaux des frères Nuis Duverne? Il mourut le IO novembre 17 i7. Il s'était occupé de littérature; ses ouvrages sotut : 1° Caton d' l'tique, tragédie, représentée •et imprimée en 1 71:;; elle eut douze représentations. 2° Antiochus rléopéitre, tragédie représentée en 1717, imprimée en 1718 3° Artaxerce, tragédie représentée en 1735 ; elle n'eut qu'une représentation, et n'est pas imprimée. V' . 3Vdids, tragédie, 1739 50 Lycurgue, tragédie qui n'a été ni représentée ni imprimée. 6° la religion défendue, contre répare à Uranie. Grosley, en mentionnant cet ouvrage, ne dit pas si c'est en vers ou en prose que Deschamps a voulu réfuter Voltaire. 70 Examen du livre intitulé : Réflexions poli- tiques sur les finances, 1740, 2 vol. Daprès une lettre de Voltaire, on est fondé à attribuer à Pâris Duverney une grande part à cette réfutation des Réflexions polit igues sur les. finances et le com- merce, qui avaient parti en 1758, 2 vol et .111 pour autour Didot, — DESCIIANIPS ',PierreSuzanne', avocat à Lyon, de l'Académie de cette ville, député aux états généraux. fut blessé mortellement le 9 octobre 1193, à la sortie que firent les Lyonnais en abandonnant leur ille. Il a donné, dit Desessart, « un Traité de l'Adultère, inséré dans le « Dietionaire des arréts de Prost de Royer
  • Jacques DESPARTS : nommé en latin il Par - tibus, naquit à Tournai. 11 étudia la médecine, d'abord à l'université de Montpellier, puis à celle de Paris, oit il obtint le doctorat en 1409. Des talents distingués, une conduite vertueuse, des succès brillants, lui procurèrent une grande réputation et des emplois honorables. Il devint successivement chanoine et trésorie r de l'église trxtn ipsine Ar:- cennœ a se castigato et exposito, Lyon, 1498,1 vins On regrette que Desparts ait sacrifié à cette compilation dix aimées qu'il aurait pu consacrer à des recherches intéressantes, iules travaux réellement utiles. 2° Glossa interlinearis in pacticam Alexandri Tralliani, Lyon, 1504 Desparts est encore auteur de quelques opuscules insérés dans diverses collections; tels sont : un livre sur le Régime, espèce de traité des aliments et des boissons,,, et principalement de l'eau et du vin ; une Notice alphabétique des maladies et des remèdes, extraite de Mésué; un Recueil ou inventaire de formules, plus complet que celui de Nicolas Myrepse, etc. • Desparts fut le premier, dit Hazon, qui écrivit « sur la fièvre pourprée, pour le traitement de « laquelle il adopte la saignée et les vomitifs. Il « conseilla aux magistrats (le fermer, aux temps « de peste, les bains chauds et les étuves; c'est « qu'il craignait la chaleur, la raréfaction de l'air, « l'ouverture des pores de la peau, les assemblées « du peuple, par rapport à la contagion. En cela « il était d'accord avec la Faculté, qui faisait fer « mer les spectacles en temps de peste ; mais les « étuvistes, animés par la cupidité, voulurent at tenter à sa vie
  • Jacques DESSALINES( 1760) : empereur noir de l'île d'Haïti, né dans les déserts de l'Afrique vers 1760, fut transporté fort jeune à StDomingue, et y devint l'esclave d'un nègre libre dont il reçut le nom. Ainsi condamné à une existence misérable, il n'en pouvait sortir que par une révolution qui mit en évidence son ambition et sa férocité. Lorsque la France eut proclamé la liberté de tous les hommes, et que cette fameuse déclaration fut arrivée à St- Domingue, des rivalités éclatèrent bientôt entre les blancs et les hommes de couleur ; ceuxci réclamant cette égalité et cette liberté dans toute leur étendue, ceuxlà voulant soutenir leur suprématie Imprévoyants qu'ils étaient ! ils ne voyaient pas à côté d'eux une race plus nombreuse, mais souf- frante, humiliée, exaspérée et bien plus disposée encore à saisir tous ces rêves, toutes ces trom- élises illusions. Raynal avait prédit qu'un nou- eau Spartacus surgirait parmi ces esclaves ; mais n'avait pas prévu que ce libérateur serait entouré, r1 d'assassins, que la mort et les supplices l'accom- pagneraient ! Charles Lameth, à la tribune de 'assemblée constituante, avait dit : « Je suis ut, « des plus riches propriétaires de StDomingue « mais j'aime mieux perdre tout ce que j'y pos- « sède que de consentir à- la violation d'un pr « cipe. » Et il avait voté pour la liberté, l'égalité la plus étendue des noirs et des hommes de couleur... De tels exemples et de telles paroles ne pouv aient manquer de porter leurs fruits ; les noirs devaient être proclamés libres ; les blancs et les hommes de couleur être égorgés, et la France perdre une riche colonie. Ce fut au commencement de 1791 que les noirs, d'abord alliés des hommes de couleur, commencèrent à égorger les blancs. Un peu plus tard ils se réunirent à quelquesuns de ceuxlà, et ils tournèrent leurs armes contre les mulâtres. Les nègres leanFrançois et Biassou, s'étant mis à la tète des bandes de noirs, donnèrent, dès le commencement, à la guerre un caractère de férocité que l'on ne connaît point en Europe. Et parmi ces hommes cruels Dessalines, devenu l'allié des Espagnols contre les Français, se fit remarquer par sa valeur autant que par sa cruauté. D'abord lieutenant de JeanFrançois, il s'attacha à TonssaintLonverture, lorsqu'il vit que ce chef avait plus de chances de succès, et il devint ensuite Pallié des Français qu'il servit jusqu'au traité de Bâle en 1795. Cette paix de Bâle rétablit b un peu de calme dans la colonie; mais les menées des Anglais, et surtout la haine qui divisait les hommes de couleur et les noirs, ramenèrent bienetôt de nouvelles dissensions. Le mulâtre Rigaud s'étant mis à la tête des hommes de couleur, TousIllaintLouverture chargea Dessalines de le combattre. Rigaud fut vaincu dans plusieurs rencontres, et les hommes de couleur qui tombèrent dans les mains de Dessalines furent égorgés par milliers. Moïse, neveu de Toussaint, qui essaya à son tour de lever l'étendard de la révolte, éprouva le même sort, et Dessalines, voulant de plus en plus mériter la faveur de, son chef, se rendit successivement dans toutes les parties de Pile, entouré de féroces satellites et traînant à sa suite des ins- truments de supplice de tous les genres. Tous les hommes de couleur qu'il rencontra furent impi- toyablement mis à mort par la corde, par le glaive, ou' par la fusillade; et lorsque tous ces moyens ne suffirent pas à son impatience homicide, il fit précipiter à la fois dans les flots plusieurs centaines de victimes. Plus de 10,000 mulâtres ou hommes de couleur avaient ainsi péri à StDomingue par les ordres de Dessalines, lorsque le gouvernement français résolut de faire rentrer cette colonie sous sa domination, et qu'il y envoya une formidable expédition sous le commandement du général Leclerc . ToussaintLouverture, qui s'en était fait le chef, ayant résolu de résister, se hâta d'or- ganiser une armée. Dessalines fut chargé par lui d'en commander la division la plus forte, celle qui occupait les départements du sud et de l'ouest. Quelques défections et des défaites partielles affai- blirent d'abord considérablement la puissance de Toussaint. Les Français, maîtres du PortauPrince, se dirigèrent vers StMarc, oit Dessalines avait porté son quartier général ; ils espéraient s'en rendre maîtres sans difficulté ; mais, au moment où ils vou- lurent entrer dans la ville, les flammes la dévo- raient. C'était par les ordres de Dessalines que des barils de poudre, d'huile, de goudron et de toutes sortes de combustibles avaient rempli tous les édi- fices; et, après avoir distribué des torches à tous ses officiers, il avait luimême le premier mis le feu à sa propre maison... En quelques minutes toute la ville fut la proie des flammes; et le général Boudet, qui commandait la division française, n'y trouva plus que des cendres et des ruines, sur lesquelles gisaient 200 cadavres de blancs et de mulâtres, qui venaient d'être égorgés... Fuyant devant lui, Dessalines marcha vers le nord de l'île, et il mit encore tout à feu et à sang sur son passage. Cependant l'armée française faisait des progrès; il lui vint quelques renforts, et déjà la résistance de la part des noirs paraissait impossible. Christophe se soumit le premier ; Dessalines ne tarda pas à sui' re son exemple, et Toussaint fit aussi sa soumission le t" mai 4R02. Par ce traité, les chefs noirs furent maintenus dans leurs grades, et une amnistie générale fut prononcée. Ainsi la colonie fui soumise et le but de l'expédition parut rempli ; mais ce triomphe devait peu durer. Va en apparence, les chefs noirs avaient encore pour eux tous les voeux de la population ; Dessalines surtout était l'objet de son admiration; mais, plus rusé que Toussaint, il feignait pour les Fran-çais le plus entier dévouement. Ce fut dans ces circonstances que la fièvre jaune vint exercer sur ces derniers les plus affreux ravages, et que la enduite. d'une autre révolte de la part des noirs les ayant forcés de recourir à de nouvelles rigueurs, Toussaint- Louverture fut arrêté et déporté en France. On a dit que Dessalines sollicita luimême cette mesure extrême; mais ce fait est peu probable : ce que l'on peut assurer avec plus de raison, c'est qu'il vit partir son ancien chef sans beaucoup de regrets. 'Délivré de ToussaintLouverture, Leclerc parut s'occuper de l'organisation de l'île ; mais ses soins restèrent sans effet, car de nou- veaux mouvements insurrectionnels, dirigés par des chefs obscurs, éclatèrent bientôt sur différents points; et ces mouvements ayant été comprimés avec une extrême rigueur, tous les noirs se soulevèrent, même ceux qui avaient montré le plus d'attachement pour les Français. Dessalines seul sembla rester dans leur parti, et ce fut par ses ruses que son confrère Belair, le neveu de Tous- saint, tomba dans leurs mains. Livré à une com- mission, ce malheureux et sa femme furent condamnés à mort, et ils périrent par la main des leurs. Trois cents noirs, qui avaient sui‘ i leur exemple, furent aussi égorgés par ordre de Dessa- fines. Ainsi l'on vit dans le cours d'une seule année cet homme cruel venger les noirs en immolant les blancs, puis venger les blancs en massacrant les noirs. Il n'en fallait pas tant, sans doute, pour étouffer jusqu'à la pensée de nouveaux soulèvement; mais la fièvre jaune continuait ses ravages, et la plupart des généraux français, le général en chef luimême, avaient succombé. De nouveaux symptômes de révolte se munifestèrent encore parmi les noirs. Pétion, Christophe et Clervaux prirent les armes; et Dessalines, lorsqu'il vit l'armée française réduite à une poignée d'hommes, se déclara aussi contre elle ; il devint le général en chef de ses ennemis. Dans le même temps Rocham- - beau succéda à Leclerc dans le commandement ; des deux côtés on courut aux armes; et bientôt les armées furent en présence dans la plaine du Cap . Les noirs, d'abord vaincus, revinrent à la charge plus furieux ; ils repoussèrent les Français, et lorsque la nuit survint ils étaient les maîtres du champ de bataille. Ce fut alors que Rochambeau, dans la fureur que lui cet échec, donna l'exemple de la plus cruelle violation du droit des gens, en faisant massacrer 500 nègres désarmés, et qui venaient d'être faits prisonniers. Les cris et les gémissements de ces malheureux furent entendus des nègres victorieux, et Dessalines indigné prépara d'horribles représailles. Par ses ordres, 500 gibets furent à l'instant élevés sur le front de son armée> et 500 Français prisonniers y expièrent bientôt, à la vue de leurs frères, l'imprudente cruauté de leur chef . Après On ne peut lire sans être frappé d'étonnement tous ces horribles détails , et ils sont restés si longtemps ignorés en Europe qu'il est difficile de ne pas concevoir quelques doutes, lorsqu'on les cousait pour la premiére fois. Voulant donner sur ce point à nos lecteurs toute espèce de certitude, nous citerons les paroles de l'un des ministres de Napoléon qui fut le plus à portée de savoir tout ce qui se passait, et dont le témoignage » c peut certai- nement en pareil cas etre soupçonné d'exagération. ,c Rochambeau devint un instrument aveugle des atroces projets de sesiidulaa leurs, qui avaient imaginé d'exterminer l'espèce noire tout . lis signèrent ensuite, au nom du peuple haïtien, une déclaration d'indépendance, et ils firent solennellement le serment de renoncer pour toujours à la France; se jurant les uns aux autres, jurant à leur postérité et à l'univers de mourir plutôt que de se soumettre jamais à la doMination des Européens. Le même jour Dessalines fut nommé gouverneur général à vie, avec le pouvoir de faire des lois, de décider de la paix, de la guerre, et de nommer son successeur. Revêtu d'un tel pouvoir, il se montra d'abord clément et modéré. Voulant réparer les funestes atteintes portées à la population, il promit, par une proclamation aux Américains, 40 dollars pour chaque noir, ou homme de couleur de l'ile qu'ils y ramèneraient de leur pays, où plusieurs s'étaient réfugiés. 11 offrit ensuite au gouvernement anglais d'ouvrir les ports aux néoriers, et de leur accorder le privilége exclu- sif de l'a traite dans Haïti. Interrogé sur les motifs d'une *décision si extraordinaire de sa part, il répondit que c'étaient des soldats, et non des esclaves qu'il achèterait par ce commerce, et qu'il rendrait par là plus supportable l'existence de beaucoup de malheureux destinés à la servitude dans d'autres colonies. Mais tandis que Dessalines cherchait ainsi des moyens d'assurer l'avenir de son empire noir, il s'occupait aussi d'assouvir sa haine pour les blancs. Dans sa proclamation, après la capitulation du Cap, il avait promis solennellement toute sûreté et protection à ceux des colons qui ne suivraient pas l'aimée française dans sa retraite. Séduits par cette promesse et rassurés par l'humanité avec laq u el le ToussaintLouverture et Christophe avaient traité les blancs pendant plusieurs années, la plupart des Français qui n'appartenaient pas à l'armée s'étaient décidés à rester. A peine Dessalines futil nommé gouverneur général que, dans une autre proclamation, rappelant avec amertume tous les diait la colonie; qu'il n'eût eu garde de la faire occuper, s'il « pu prévoir les coupables excès auxquels l'expédition avait donné a lieu. » . torts de la France, il souleva contre les colons tons ,les ressentiments des nègres. « Qu'avonsnous de « commun avec ce peuple sanguinaire ? ditil. Sa , « cruauté comparée à notre modération ; sa cou- [ « leur à la nôtre..., l'étendue des mers qui nous « sépare, tout nous fait voir que ces hommes ne « sont pas nos frères, qu'ils ne le seront jamais... « Et cependant il en reste encore dans notre ile ! Q que- sont devenus vos épouses, vos frères, vos « enfants ! Pouvezvous voir sans indignation leurs « assassins, des Français ! Descendrezvous dans « la tombe sans vous venger ? » Cette proclamation fut le signal des plus horribles meeurs. Aussitôt après , le gouverneur général ordonna une enquête judiciaire contre les auteurs des massacres exécutés sous la domination de Leclerc et de Rochambeau dont lui- même avait fait exécuter la plupart ; et il chercha par tous les moyens à exciter la populace noire au massacre des Français. Ne pouvant y réussir, il se met à la tête des troupes, et parcourt toutes les parties de l'île, faisant passer au fil de l'épée sous ses yeux. tous les Français qu'il rencontre. Au Cap ces hor- ribles exécutions se firent dans la nuit du 20 avril. Les noirs y égorgèrent impitoyablement tous leurs anciens maîtres, sans exception d'âge, ni de sexe. Un petit nombre de prêtres et d'officiers de santé qui avaient montré de la pitié pour quelques noirs furent seuls épargnés. D'autres, prévenus la veille, s'étaient soustraits à la mort en se cachant. Dessalines, ne pouvant découvrir leurs retraites, a re- cours ide nouveau à une proclamation, et il y déclare solennellement que toutes les vengeances ont cessé, que les Français qui ont échappé peuvent se présenter sur la place publique, et qu'ans-"sitôt des cartes de sûreté leur seront remises !... PLa faiblesse est crédule ; beaucoup de ces malheureux se présentent en effet, et à l'instant ils sont entourés, fusillés par les soldats noirs que Dessalines avaient apostés. Deux officiers nègres ayant exprimé quelque répugnance pour cette atrocité, il les force à étrangler deux Français de leurs propres mains; et il ne leur pardonne que quand il a été lutmême témoin de cet horrible spectacle. Ainsi l'on vit cet Africain sanguinaire réunir en lui seul tous les traits de la férocité révolutionnaire, et rappeler en même temps la cruauté des Carrier, des Fréron et des Collotdlierbois. Comme ces féroces proconsuls, il se glorifiait de sa cruauté, et se vantait d'être le seuil auteur de tant de crimes: J'ai fait mon devoir, ditil dans une de ses proclamations ; je m'approuve, et cela me suffit. Enfin, après avoir répandu tout ce sang, il en exigea le prix et il se fit proclamer souverain absolu, et maître héréditaire de l'empire d'Haïti. S'étant rendu au ChampdeMars, en pompeux appareil, il y fut salué empereur sous le nom de Jean- Jacques I", par les troupes et par toutes les'autorités, dont il reçut le serment. Il se rendit ensuite à l'église, et le clergé le salua également du nom d'empereur. Un capucin, devenu chef de ce clergé, lui donna sa bénédiction ; et luimême entonnant le Te Deum, rendit grâce à Dieu de son élévation. C'était le 8 octobre 1804 que tout cela se passait, et l'on doit remarquer que ce fut environ deux mois plus tard qu'un autre empereur, également proclamé par ses soldats, reçut dans Paris une consécration religieuse bien autrement solennelle. Après cette, cérémonie Dessalines donna à ses peuples une constitution. L'empire nègre fut déclaré libre, son‘ erain et indépendant. La liberté des cultes, l'égalité des rangs et des hommes y furent reconnues. Enfin la couronne fut élective avec le droit pourl'empereur de désigner son successeur, et la personne de cet empereur fut déclarée inviolable; seul il eut le droit de faire des lois, de battre monnaie, et de faire la paix ou la guerre. Enfin Dessalines reçut les titres de vengeur et de libérateur des noirs. On ne peut pas douter qu'ainsi que tous les nouveaux pouvoirs, l'empereur Jean- Jacques n'ait consacré les premiers instants de son règne au bonheur de ses sujets. Embrassant dans sa philanthropie et sa bienveillance toutes les nations et toutes les couleurs, il chercha partout, si ce n'est en France, à former des liaisons de commerce et d'amitié, et tous les peuples furent appelés, accueillis dans les ports de StDomingue, à l'exception des anciens maîtres de cette ile. Il donna à tolites les autorités une organisation à peu près semblable à celle qui était donnée dans le même temps à la mèrepa- trie, où s'établissait également un empereur; et à l'exemple de celui- ci ce fut à l'armée qu'il mit le plus de soin. D'abord composée de 15,000 fantassins et de 2,000 hommes de cavalerie, cette armée fut encore de beaucoup augmentée; et, par la création d'une espèce de garde nationale, toute la population nègre fut mise à la disposition du mai- tre. Mais rien de tout cela n'était capable de domp- ter et d'adoucir ces féroces Africains. Désormais affranchis, et ne pouvant supporter aucun frein, ils eurent à peine créé un maitre qu'ils voulurent s'en donner un autre. Christophe et Pétion, lieutenants de Dessalines, lui portaient surtout une haine, une jalousie qu'ils contenaient à peine. De nombreux complots se formèrent, et les conjurés n'attendaient phis qu'une occasion pour l'attaquer. Ce fut le 17 octobre 1806, deux ans après son que, passant la revue de ses troupes, Dessalines fut tout 'à coup entouré, menacé parles soldats, et qu'ayant tenté de se sauver, il fut tué d'un coup de fusil. Il tomba mort à l'instant; personne ne songea à le venger, et Christophe lui succéda sans obstacle sous le nom de Président . Dessalines se montra, sans doute, par son courage et son intelligence, audessus de 'son espèce. De beaucoup supérieur à ToussaintLouverture dans les armes, il était audessous de lui sous tous les autres rapports. Ne sachant pas lire, il était cependant parvenu à signer son nom depuis qu'il était devenu empereur. Il s'était donné un lecteur attaché à sa personne et mettait beau-1 coup de soin à l'entendre. Sobre et fortement con- stibié, il supportait sans peine les plus grandes privations ; sa taille était petite, mais bien prise; son visage animé, ses yeux étincelants décelaient toute la férocité de son àme. Dans sa haine pour les Français, il n'avait conservé d'affection que pour un vieux ivrogne qui avait été son maitre et dont il faisait son sommelier, disant qu'il ne pouvait lui donner un emploi qui lui cénvint mieux; Dans ses moments d'ivresse, le sommelier disait quelquefois que JeanJacques avait toujours été un chien entêté, mais un bon ouvrier. Dessalines avait eu deux femmes : la première ne lui donna que des tilles, et la seconde n'eut point d'enfants. Cellelà avait été la maîtresse d'un riche planteur et c'était une des plus belles négresses de l'ile. D'un carac- tère fort doux, elle fit souvent d'inutiles efforts pour lui épargner de nouveaux crimes. Az—o et M—Dj.
  • Jacques DEYNS( 1645 - 1704) : peintre, né à Anvers en 1645, fut élève d'Erasme Quellino. Devenu habile sous' ce premier maître, il alla en Italie se perfection-. ne!, dans son art. Venise, Bologne, Rome, Naples fu- rent tour à tour le tbéàtre de ses travaux ; il s'occupa d'abord à copier les meilleures peintures qu'on ad- mire dans ces différentes villes, et ne tardaes à se montrer dans ses propres compositions le rival de ses maîtres qui venaient de lui servir de modè- les. Les Italiens goûtèrent beaucoup sa manière de peindre. On admire encore aujourd'hui les ouvrages qu'il peignit pour différents édifices publics de Mantoue et de Florence. Deyns avait de l'imagination ; ses compositions sont riches et d'une belle ordonnance; son dessin pur et correct, et son coloris chaud et vigoureux. 11 mourut dans sa patrie en 1704
  • Jacques DINOCHAU( 1752 - 1815) : né à Blois en 1752, fut destiné d'abord à l'état ecclésiastique; mais s'étant adonné de préférence à la jurisprudence, il exerça, jeune encore, la profession d'avocat près du conseil supérieur de saville natale. Ces conseils étaient des espèces de tribunaux d'exception , institués pour recueillir, au besoin, l'héritage des parlements. En même temps qu'il plaidait avec facilité et talent, Dinochau remplissait la charge de bailli de Pontlevoy , à laquelle l'avait appelé la protection de M. de Thémines, évêque de Blois, et la charge de bailli de ,la Tombe, fief dépendant de l'abbaye de Guiche, et du ressort du bailliage de Chaumont. En mai 1789, il fut élu député aux états généraux par le tiers état de sa province. 11.prit position au côté gauche de l'assemblée, qui n'avait pas tardé à s'intituler nationale, et se trouva ainsi en butte aux railleries des journaux ennemis de la nouvelle révolution. Ils le traitèrent avec plus de sévérité encore lorsqu'il eut le tort de se lier intimement avec Camille Desmoulins et avec la fameuse Théroigne de Méricourt ; il se fit toutefois. remarqiier parmi les modérés de son parti. Non content d'être député, il voulut être publiciste, et rédigea , dans le Blaisois, tin journal intitulé : le Courrier de Maclait; c'est le nom d'un village auquel a fait une réputation le Cahier du hameau de radon, qui était l'ouvrage du prélat nommé plus haut, et qui avait fixé l'attention publique à. l'approche de la grande convocation de 1189,1orsque, sous toutes les formes, chacun donnait son avis sur les changements politiques et législatifs à opérer en France. Le journal de Dinochau , qui était à la fois d'opposition populaire et antireligieux , se soutint six mois à peine, et ne méritait pas une plus longue durée, le rédacteur, y faisant tort 4 son caractère, et manquant ouvertement à la reconnaissance qu'il devait à M. de Thémines. 11 fut, en 1;91, nommé président du tribunal criminel de Blois, et remplit avec une fermeté, qui allait jusqu'à la rigueur, les devoirs que cette place' lui imposait. Les insurrections locales, dont le transport des grains était l'occasion on le prétexte, furent réputées la conséquence des principes auxquels les colonnes du Courrier de Maclait n'étaient pas étrangères. Les mauvais jours de 1793 arrivèrent, et Carra, qui s'était rangé dans le parti des Brissotins, après avoir été rejeté par celui de Robespierre, eut mission de prendre à Blois ce qu'on appelait alors des mesures d'ordre public. D inochatt, devenu procureur de la commune, avait opposé des velléités de résistance aux fureurs révolutionnaires. Quelque temps après • le départ de Cam, au mois d'octobre 1793, Guimberteau, représentant du peuple , fut envoyé au cheflieu du département de LoiretCher, avec des pouvoirs illi mités. Dans une réunion populaire, dont il avait pris pour théâtre l'église cathédrale, réunion qui était digne de la déraison et de la sottise du temps, la municipalité de Blois et tout ce qu'il y avait de fonctionnaires furent destitués en masse. Le procèsverbal dit qu'au nom de Dinochau, qui était absent, un murmure de haine et de mépris, se fit entendre dans l'assemblée. Guimberteau se laissa aller contre lui à de violentes déclamations, le taxa à 1,000 francs, et donna l'ordre de le saisir pour être conduit à la maison d'arrêt. Dinochau y était encore détenu lorsque Garnier , chargé d'une seconde réforme dans le département , vint tenir une séance dans le temple de la Raison, et conclut à ce que l'exprocureur de la commune restât en prison jusqu'à la paix. Mais celuici recouvra sa liberté à l'époque où s'arrêtèrent les excès les plus furieux du régime de la terreur. Il se livra de nouveau à la profession d'avocat, et prit part à la réaction qui consolait, ou du moins laissait respirer lafrance. A la formation des tribunaux sous l'empire, n'ayant obtenu qu'une place de juge suppléant, il résolut de s'occuper exclusivement du barreau. Lorsqu'on institua les cours d'appel, il quitta. Blois pour Orléans, et là sa capacité comme jurisconsulte , son talent d'orateur, se développèrent avec un succès qui alla toujours croissant. 11 plaidait avec une mesure , une décence et un respect des convenances tout à fait remarquables : aussi son exemple contribuatil beaucoup à ramener le barreau d'Orléans aux traditions anciennes, trop méconnues pendant le plus fort de la révolution. On lui attribue une Histoire philosophique et politique de l'Assemblée constituante, Paris, 1789, dont il n'a paru que le commencement. Le style se ressent des passions du temps ; mais plus d'une page prouve que l'auteur était un publiciste aussi remarquable par la rectitude de ses opinions que par l'élévation de ses pensées. Dinochau mourut à Orléans, le 12 février 1815, n'ayant point abandonné la profession d'avocat. On trouve dans le 2e volume des Mémoires de la société littéraire de Blois, , un éloge de Dinochau
  • Jacques DOMINIKUS( 1764 - 1819) : écrivain allemand, né le 10 novembre 1764, à Rheinbergen, étudia le droit i et i la philosophie, et fut nominé , en 1790, professeur de cette dernière science à l'université d'Erfurt, fonctions qu'il consen a jusqu'à la suppression de cet établissement, en 1810. Peu de temps après il devint conseiller des domaines royaux de Prusse et directeur do lachambre des finances de Coblentz. Il mourut dans cette ville le i 17 i juillet 1819. On a de lui des ouvrages historiques et biographiques écrits en allemand, qui se distinguent par leur profondeur et par la manière Weide dont les événements sont exposés : i i i° i Sur l'histoire universelle et son principe i, Erfurt, 1790 2° i Erfurt et i son i territoire , envisagés sous leurs rapports géographique , physique, statistique , politique et historique i, i XI i. Gotha, 1793, 3 tomes en 2 volumes avec 1 carte et 2 gravures; 3° i Ferdinand Alvarez d'Albe, duc de Tolède , comme homme , comme général et comme gouverneur des Pays- Bas i, Leipsick, 1796 , 2 vol. ; 4° i Henri IV , roi de France et de Navarre i , Zurich, 1797 , 2 vol. 2' édition, ibid., 1818; 5° i la Lutte pour la possession de la botte de l'Europe, tableau moderne i, Erfurt 1800 avec une gravure; 6° i L'Académie des sciences utiles d'Erfurt, qu'a- t- elle fait pour la propagation des lumières et pour la culture de l'intelligence i? ibid., 1804 Dominikus a continué et terminé i l'histoire universelle des peuples i par Nitsch, publiée par M.E.A. Soergel, Erfurt, 1796-1798, 3 vol. il a refondu et mis au jour i l'Histoire de dom Emmanuel, roi de Portugal , pour servir à éclaircir celle du moyen fige et celle d'Afrique , de Portugal et des Indes par Osorio i, Leipsick, 1795 ; et il a édité un i Recueil de discours et d'écrits relatifs à la célébration du quatrième jubilé de l'Académie d'Erfurt i, Erfurt, 1795 On lui doit aussi la traduction en allemand de deux ouvrages français, savoir : 1° i Système du commerce maritime et de la politique de l'Europe pendant le i 18' i siècle, pour servir d'introduction à l'histoire du siècle suivant i, par Arnould , avec notes, Erfurt, 1798 , 11 en avait déjà fait paraître un extrait sous ce titre : i Débarquement des Français en Angleterre, ou Que pourra faire la France contre ce pays sans la coopération des principales puissances maritimes de l' Europe i? ibid., 1793 i e Primerose i , roman par M. Morel de Vindé, Leipsick, 1799, 2 vol
  • Jacques DONDI( 1300) : en latin i Dondus i, ou i de Dondis, né à chevèque couronna le monarque et lui donna l'onction sacrée . Il paraît que la fuite de Henri fut agréable à Uchanski ; il rassembla aussitôt les états de Pologne, qui fixèrent à ce prince un terme péremptoire jusqu'au f mai I 1575, après lequel, s'il ne revenait point, ils devaient procéder à l'élection de son successeur. Le primat, que l'empereur Maximilien avait ga- gné , indiqua la diète pour l'élection , et , sans attendre plus longtemps, il lit déclarer dans tout Je royaume qu'il y avait interrègne, Henri ayant abandonné le trône; les partisans du prince témoignèrent vivement au primat leur mécontentement. Sur ces entrefaites, les Tartares s'étant jetés sur la Podolie et la Wolhinie, on imputa ces malheurs à la précipitation d'Uchanski. diète d'élection s'assembla ; le primat, entouré par le parti de l'Empereur, proclama ce prince roi de Pologne et se rendit aussitôt à Varsovie, où il entonna le Te Deum. La noblesse, indignée de ce qu'on ne l'avait point consultée, élut et proclama reine la princesse Anne , fille du roi Sigismond Auguste, et lui désigna pour mari Etienne Bathory, palatin de la Transylvanie, qui fut aussi nommé roi. Cette dernière élection ayant pour elle l'observation des formes et la grande majorité, on tâcha d'y ramener le primat; mais il fut sourd à toutes les représentations, et le parti de Bathory ayant envoyé des députés vers ce prince, Uchanski leur adjoignit son neveu pour veiller aux intérêts de Maximilien. Ce prélat , avancé en âge, profita de l'interrègne et nomma pour son coadjuteur un évêque de son parti. Il convoqua, à Lowicz, où il résidait, une diète pour l'opposer à une assemblée nombreuse, qui avait confirmé l'élection de Bathory. Karnkowski, évèque de Cujavie, fut le seul prélat qui se rendit à Lowicz il y alla dans le dessein d'empécher le primat de faire autant de mal qu'il en avait le désir. Bathory ayant fait son entrée à Cracovie, le primat refusa d'y venir pour le couronner. La cérémonie fut faite par l'évêque de Cujavie. Cependant informé, quelques mois après, que le roi voulait envoyer à Lowicz un détachement de troupes, le primat vint trouver le prince et rit sa paix. Son neveu, Paul Uchanski, fut moins heureux : entré dans Varsovie en grande pompe, escorté par les nombreux clients de son oncle, il affecta pendant plusieurs jours de ne pas aller voir le roi. Les gens de sa suite ayant été arrêtés pour leurs excès, il se présenta enfin chez le roi, qui lui fit un accueil trèssévère. Le primat mourut le 5 avril 1581. Ce prélat avait causé beaucoup de scandale et fait peu de bien. Quelques années avant sa mort, afin de regagner la con- fiance de la Pologne catholique, il avait mis au jour un petit ouvrage sur le saint sacrifice de la messe, SOUS Ce titre : Brevis augustissiini ac summe venerandi sacrosanctee misse, sacrificii , ex sanc- tis Patribus contra impium Francisci Stancari man- tuaniscriptum assertio, jussu et auctoritate reveren- dissimi Jacobi Uchanski, Cologne, 1577 Ce traité, rédigé avec sagesse, peut ètre utilement consulté : il parait que l'auteur avait assisté au concile de Trente. Le mandement que le pri- mat mit en tète de l'ouvrage est véhément on y reconnaît le prélat qui , dans les matières de la religion, ne gardait pas plus de mesure que dans la politique , se laissant entraîner dans tous les extrêmes et ne pouvant détruire les antécédents avec lesquels il se mettait en contradiction
  • Jacques USHER( 1580) : archevêque d'Armagh, plus connu sous son nom latin d'Usserius, fut l'un des plus savants hommes du 16° siècle; il naquit à Dublin , le 4 janvier 1580 , de l'ancienne famille de Nevil , en Angleterre. On remarque comme une chose assez singulière qu'il apprit à lire de deux de ses tantes, qui étaient aveugles. Etant tombé, à Vôge de quatorze ans, sur l'ouvrage de Sleidan De quatuor monarchiis, il y prit un tel goût pour l'étude de l'histoire qu'il s'y livra sans réserve, faisant des extraits et plaçant dès lors les faits dans le même ordre chronologique qu'il leur donna depuis dans son grand ouvrage sur cette partie. Après la mort de son père, qui était greffier de la chancellerie d'Irlande, il céda à son frère le droit qu'il avait à cet emploi lucratif, pour s'attacher entièrement à l'étude de la théologie, et dès l'àge de dixhuit ans, il entra publiquement en lice avec le jésuite FitzSimmons, qu'il étonna par une érudition audessus de son ége. La lecture des ouvrages de controverse de Stapleton l'engagea, pendant dixhuit ans, dans l'étude des Pères et des scolastiques. Son but avait été d'abord de vérifier les citations du docteur catholique, mais ce travail le conduisit à composer une Bibliothèque théologique, qui n'a jamais été finie ni publiée : son manuscrit, en 2 volumes est conservé dans la bibliothèque Dodléienne, à Oxford. Dès 160i, il s'adonna à la prédication et dirigea principalement ses sermons contre les catholiques; mais il ne put empêcher sa mère de rentrer et de mourir dans la communion romaine. Ayant été chargé du soin de former la bibliothèque du collège de Dublin, il alla à Londres, à Oxford, à Cambridge, pour acheter des livres et des manuscrits , y fit connaissance avec les savants de la capitale et des universités, se lia particulièrement avec Bodley, Rob, Cotton, Allen, Camden, Selden et autres. Ses talents et la faveur du roi Jacques Pr lui valurent successivement une chaire de théologie à l'université de Dublin, en 1607, la dignité de chancelier de l'église de StPatrick; l'évêché de Meath, en 1620; la place de membre du conseil privé d'Irlande, en 1623, et l'année suivante, l'archevêché d'Armagh.Dans ces deux dernières places. Usher déploya le plus grand zèle contre les catholiques et s'opposa vivement à ce qu'on passàt un acte de tolérance en leur faveur. Il voulait bien qu'en acceptant les contributions qu'ils offraient pour obtenir cet acte, on suspendît la rigueur des lois pénales; mais il ne voulait pas que cette suspension se ftt par un acte législatif. Sa plume féconde produisit contre eux un grand nombre d'ouvrages, entre autres De Ecclesiarum Christianarum successions et statu, Londres, 1613 , pour répondre à cette question que les catholiques pressaient continuellement contre les protestants Où était votre Eglise avant Luther? L'évêque Jewel avait cherché à prouver que les dogmes protestants étaient les mêmes que ceux qui ont été professés dans l'Eglise pendant les six premiers siècles. Usher s'efforce de continuer cette tradition jusqu'en 191k0: il devait, dans une autre partie, remonter jusqu'à la réformation. Le libraire qui a donné la dernière édition de l'ouvrage, en 1687, a même mis en tête : Opus inlegrusn ale auctoe auctum et recognitum; mais c'est exactement la même que celle de 1613. L'auteur traita encore cette question dans un ouvrage anglais ayant pour titre : De la religion des anciens Irlandais et Bretons, Londres, 1622, 1631 , 1687 où il prétend montrer que la croyance des premiers chrétiens sur les points contestés entre les protestants et les romains est la même que celle des réformés. Usher n'était guère plus favorable aux arminiens qu'aux' catholiques. Il publia contre eux , en 1631 , à Dublin : Goteschalchi et prœdestinaticenoe contretersiœ ab eo moire historia. C'est le premier ouvrage latin imprimé en Irlande; il a été réimprimé à Hanovre, en 1662. Dès 1615, il avait imaginé et publié une profession de foi irlandaise en cent quatre articles, absolument conformes à la doctrine de Calvin sur la prédestination et la réprobation absolue , ce qui le fit accuser de puritanisme. Le lord lieutenant Wentworth, plus connu sous le nom de comte de Strafford , ami intime de Laud, archevêque de Cantorbéry, qui penchait pour l'arminianisme, vint à bout, dans l'assemblée du clergé d'Irlande, en 1635 , de lui faire abandonner ces articles et d'y faire substituer les trenteneuf articles de l'Eglise anglicane. Usher s'y prêta, à condition que sa profession de foi ne serait point expressément condamnée, que les articles anglicans ne seraient pas adoptés collectivement en forme de code, et qu'on y laisserait introduire quelquesuns des siens. Au moyen de cet arrangement , il reconnut la primatie du siège de Cantorbéry sur l'Irlande. Usher, tout archevêque et primat qu'il était , avait des idées assez singulières sur l'origine et la nature de ces dignités. Il ne croyait pas que l'épiscopat fût un ordre distinct de celui de la prêtrise, du moins quant à leur divine institution. La prééminence de l'un sur l'autre ne lui paraissait être que de discipline. Il pensait aussi que la juridiction des métropolitains remontait aux apôtres. Cette question produisit, de sa part, divers écrits, entre autres : le Jugement du docteur Reynold touchant l'origine de l'épiscopat, défendu, 164 ; — l'Origine des évêques, ou Recherches choroyraphiques et historiques sur l'Asie lydienne ou proconsulaire. Il prouve, dans ce dernier, que l'évêque d'Ephèse était nonseulement métropolitain de l'Asie proconsulaire , mais encure primat de toutes les Eglises comprises dans le diocèse d'Asie. Lors des grandes disputes élevées sous le long parlement, il avait composé un traité de la Réduction de l'épiscopat à la forme du gouvernement synodal. Dans cet ouvrage, q u i n'a été donné au public qu'en 1658, par le docteur Bernard, chapelain du primat, l'auteur propose un moyen terme pour accommoder l'épiscopat avec le presbytérianisme. Il laisse aux évêques le droit d'imposer les mains et l'honneur de présider aux synodes diocésains; mais il donne au clergé inférieur le droit de gouverner l'Eglise dans les assemblées synodales , où l'évêque n'a pus plus de prépondérance qu'un simple prètre. Les ennemis d'Usher avaient profité de bonne heure du prétexte que leur fournissaient ses idées sur l'épiscopat pour lui nuire dans l'esprit de Jacques le". Mais comme il soutenait fortement la suprématie royale et le gouvernement épiscopal , ils n'eurent aucun succès. Aussi restatil constamment attaché à la cause de son souverain. Il fit son possible pour détourner Charles P' de signer le bill de condamnation du comte de Strafford, et assista cette illustre victime dans sa prison et au supplice. Il composa, par ordre de ce prince, un ouvrage sur le pouvoir du souverain el l'obéissance des sujets , où il établit , par l'Écriture, les Pères, les philosophes et la raison, qu'il n'est jamais permis de prendre les armes contre son prince légitime. Cet ouvrage n'a vu le jour qu'en 1661, avec une préface curieuse de l'évêque Saunderson. En voyant Charles sur l'échafaud, Usher s'évanouit dans les bras de ses +domestiques et consacra sa douleur par une fête funèbre, qu'il célébrait chaque année le jour de l'anniversaire de la mort de ce malheureux prince. Après ce triste événement, il se vit dépouillé des revenus de son archevêché par la évolte des catholiques d'Irlande et privé de sa ibliothèque par le parlement d'Angleterre, pour voir prêché contre l'assemblée des théologiens e Westminster, dont il avait refusé d'être mem- re. Sa bibliothèque lui fut rendue par des amis ui la rachetèrent ; mais elle éprouva bien des ertes dans les divers transports qu'il fut obligé d'en faire pendant la guerre civile. Le cardinal e Richelieu, qui lui t vait fait présent de son portrait sur une médaille d'or, lui proposa une retraite en Franco, la liberté de conscience et une pension considérable. Lorsque, forcé de fuir, de se cacher pour se soustraire aux parlementaires, il voulut passer sur le continent, Moulton, qui commandait une escadre, le fit menacer de l'enlever et de le traduire au parlement. Alors il n'eut plus d'autre ressource que de se réfugier à Londres, chez la comtesse de Peterborough. Il mourut dans une maison de campagne de cette dame, à Ryegate, au comté de Surrey, le 20 mars 1656, à l'àge de 76 ans. Cromwell, qui lui avait témoigné beaucoup d'égards pendant sa vie, saris néanmoins le dédommager de ses pertes, voulut qu'il MI enterré à Westminster ; mais l'avare protecteur laissa tous les frais de cette dispendieuse cérémonie à sa famille, qui n:était guère en état de les faire. Ce prélat était naturellement gai, affable, généreux, sans fiel, ne parlant jamais mal de personne. Il laissa pour tout héritage à ses enfants une bibliothèque de dix mille volumes, imprimés ou manuscrits. Le roi de Danemarck et le cardinal de Richelieu en offrirent un grand prix ; mais on n'osa la faire sortir du royaume, dans la crainte de déplaire à Cromwell. Elle a passé depuis au collège de Dublin, selon la première intention d'Usher. Ses principaux ouvrages, outre ceux déjà cités, sont : 1° Veter. epislol. hibernic. sylloye, Londres, 1632 Paris, 1665 C'est une collection de lettres tirées d'anciens manuscrits, écrites par des évêques hibernois ou qui leur sont adressées, depuis 599 jusqu'en 1180, sur les affaires d'Irlande. 2° Britannicar. ecclesiar. antiquitates,Dublin, 1639 corrigé et augmenté en 1687, Londres C'est une histoire des premières Eglises d'Angleterre, depuis la 28° année de l'ère chrétienne, où l'auteur place la première prédication dans les fies Britanniques, jusqu'à la lin du 7' siècle. Lloyd, Stillinglleet, Thoresby et autres ont beaucoup profité de ses recherches. 3° Polycarpi et Ignatii epistolœ , 1644 , avec une dissertation sur ces épîtres , sur les Constitutions apostoliques et sur les Canons des apôtres, réimprimé avec des augmentations en 1650 ; 4° Annales veteris et novi Testamenti, Londres, 1650.1654; Paris, 1673; Brème, 1686. La plus ample édition est celle de Genève, 1729, dans laquelle on a inséré du même auteur : Disse, tatio de Macedonunt et Asianor. anno solari; De Grœca Sept. interpret. versione syntaqma; Chronoloyia sacra ; de Romanoe ecclesias symbolo ; et autres pièces de littérature sacrée, avec la vie de l'auteur , par Th. Smith. Il existe de ces Annales une traduction anglaise, Londres, 1653 Le Manuel du bibliographe de Lowndes contient une longue énumération des divers ouvrages sortis de la plume d'Usher. Ils ont été réunis en 17 volumes publiés à Dublin, de 1847 à 1851, par les soins des docteurs Elrington et 1.I-1. Todd. Usher laissa une nombreuse famille. Une de ses petitesfilles épousa Robert Edgeworth et fut mère de l'abbé de Firmont, confesseur de Louis XVI . On a une vie d'Usher, par Nic. Bernard, et une autre, avec le recueil de ses lettres , au nombre de trois cents, par Rich. Parr. , Londres , 1686 Ces deux auteurs avaient été chapelains de l'archevêque. Aikin a publié les vies de Selden et d'Usher , en 1 volume Plus récemment, le docteur Elrington a fait un travail semblable, qui forme le lei volume de l'édition que nous venons d'indiquer
  • Jacques VAN DER ULFT( 1627) : peintre, naquit à Gorcum vers 1627. Doué des plus rares dispositions pour son art, il s'y fit un nom par luimême, et sans qu'on lui connaisse de maître. Il s'appliqua à la peinture sur verre. Les connaissances chimiques dans lesquelles il était versé et les couleurs qu'il inventa ne le cédaient en rien à celles qu'employaient les deux frères Crabeth ; et les vitraux qu'il a peints à Gorcum et dans quelques églises du pays de Gueldre se font remarquer par l'éclat et la vivacité des couleurs. Aussi recominandable par son caractère que par son talent , il fut élu bourgmestre par ses compatriotes d'une voix unanime; et quoique les soins de sa charge fussent toujours pour lui le premier devoir , il trouvait encore le loisir de cultiver son art favori; mais il ne put , comme il l'avait désiré , aller se perfectionner en Italie. Il ne quitta jamais sa ville natale; ce qui parait d'autant plus surprenant qu'un grand nombre de ses tableaux représentent des sujets des environs de Rome et de la ville même. Mais c'est en copiant, d'après les estampes, ce que cette ville et l'antique avaient de plus beau , qu'il forma son talent et qu'il se rendit digne d'obtenir un rang parmi les plus habiles peintres de son pays; et l'on a été jusqu'à douter qu'il eût mieux fait s'il eût eu sous les yeux les objets mêmes qu'il représentait. Il savait saisir avec choix les plus belles formes de l'architecture et les embellir par des accessoires pleins de goût et d'intérêt. Ses tons de couleur, ménagés avec soin, donnent à ses tableaux des effets presque magiques, surtout lorsqu'il représente des ruines, des monuments antiques. Les figures dont il les orne sont d'un bon goût de dessin, d'un excellent ton de couleur ; la touche en est fine, légère et spirituelle, et l'on reconnaît, à leur attitude et à leur costume, les diverses nations qu'il a voulu représenter. C'est surtout dans sa manière de les grouper et de tirer le plus grand parti du clairobscur que l'on voit le maître. Parmi ses productions les plus remarquables, on cite : 1° une Entrée triomphale dans Rome, tableau capital du plus beau fini ; 2° la Construction de l'hôtel de ville d'Amsterdam; 3° une Vue des environs de Rome; 4° un Port de mer d'Italie, dans lequel on voit une multitude de figures et de vaisseaux d'où l'on décharge et où l'on charge des marchandises. Le musée du Louvre possède deux tableaux de ce maître : 1° une Porte de ville dont les murs sont baignés par une riviére ; 20 une Place publique sur laquelle se font les préparatifs d'une fête. Les musées d'Amsterdam, de Berlin, de la Haye, 'possèdent aussi des tableaux de ce digne bourgmestre. Van der Ulft a laissé des gravures et des dessins fort estimés des connaisseurs
  • Jacques VANLOO( 1614 - 1670) : tige de cette famille de peintres qui ont rendu le nom de Vanloo si célèbre, naquit à l'Ecluse, ville de Hollande, en 1614. Après avoir étudié les éléments de son art dans sa ville natale, sous la direction de son père Jean, il alla se perfectionner à Amsterdam ; et lorsque son talent fut entièrement formé , il vint se fixer en France. Pendant son séjour à Amsterdam , il avait cultivé avec succès le genre historique et s'était fait une grande réputation par sa belle manière de rendre le nu ; mais lorsqu'il fut à Paris, il abandonna l'histoire pour se consacrer au portrait, genre dans lequel il montra un véritable talent. Il se fit naturaliser ; et le 6 janvier 1663, l'académie de peinture l'admit au nombre de ses membres , sur le portrait de Michel Corneille le père, peintre et graveur célèbre. Ce portrait, qui fait partie du musée du Louvre , rend témoignage du talent du peintre, et surtout de la beauté de son coloris. Cet artiste mourut à Paris, le 26 novembre 1670. Abraham- Louis VANLOO, fils du précédent, naquit à Amsterdam, vers 1641, et vint fort jeune étudier à Paris', où il précéda son père. Il remporta le huitième prix à l'Académie, le 26 mars 1671, et il aurait été admis dans cette compagnie, si une affaire d'honneur ne l'eût obligé d'aller chercher un asile à Nice. Lorsqu'il put sans danger revenir en France, il s'arrêta dans la ville d'Aix, où il se maria, en 1683. Il passait pour un dessinateur habile; et ses ouvrages à fresque lui ont acquis de la réputation. Il avait peint, pour la chapelle des Pénitents gris de Toulon, un St- Fran-çois, qui lui fit beaucoup d'honneur. il mourut en . L'Académie le nomma adjoint à professeur le 10 janvier 1733. Ce fut alors qu'il se rendit à Aix ; mais, en 1736, son fils LouisMichel ayant été appelé en Es-' pagne, il revint à Paris, et de là passa en Angleterre; il y reçut de Robert Walpole l'accueil le plus distingué, et fit le portrait de ce ministre. Toute la cour suivit bientôt cet exemple ; mais le climat , joint au chagrin que lui causa la mort d'un de ses fils, nommé Claude, qui annon- çait les plus rares dispositions, altéra sa santé; et sa femme fut obligée de le ramener en France, après un séjour de quatre ans en Angleterre. Il se hâta de retourner à Aix; mais le coup était porté, et il mourut le 19 septembre 1745, âgé de 61 ans. Il fut enterré dans la paroisse où il avait été baptisé. C'est surtout par le coloris que ses ouvrages se font remarquer. Le ton en est excellent; sa touche est légère et spirituelle, et ses carnations ont tant de fraîcheur qu'on n'a pas craint de le comparer sur ce point à Rubens. Larmessin a gravé, d'après lui , le Portrait de Louis XV à cheval, ainsi que le Portrait en pied du même prince. Celui de la reine Marie Leckzinska a été gravé deux fois par Chereau, qui a aussi gravé les Portraits de mesdames de Prie et de Sabra n. On trouve des ouvrages de J.B. Vanloo dans nos galeries de Versailles, dans beaucoup de nos musées de province; il a été trèssouvent gravé, et André Bardon a écrit sa vie, Paris, L. Celfot, 1779 Son portrait a été gravé, d'après son fils LouisMichel, par S.C. Miger, et la planche en est conservée à la chalcographie du Louvre. — Charles- André VANLOO , plus connu sous le prénom de Carle, frère du précédent, naquit à Nice , le 15 février 1705. Il n'était âgé que d'un an lorsque le maréchal de Berwick vint assiéger cette ville ; le premier soin de ses parents fut de descendre l'enfant dans une cave. On le croyait en sûreté dans cet asile, lorsqu'une bombe tomba sur la maison , traversa les plafonds , et en éclatant emporta jusqu'aux moindres vestiges du berceau. Heureusement qu'en ce moment son frère le tenait dans ses bras et l'avait emporté par hasard dans un autre endroit. Quand son frère JeanBaptiste fut envoyé à Rome par le prince de Carignan, il le suivit et entra en même temps que lui dans l'école de Benedetto Luti , qui se plut à cultiver les dispositions qu'il découvrit dans ses deux élèves. Carle fit alors connaissance avec le statuaire Legros, qui lui donna du goût pour la sculpture, au point qu'il fut au moment d'abandonner la peinture pour se livrer à ce dernier art. Mais Legros mourut en 1719; et Carle, ne se sentant plus soutenu par les conseils de cet habile artiste, revint à ses premières études et reprit le pinceau. A cette époque où l'expérience ne l'avait point encore éclairé, son goût se ressentait de la fougue de son caractère. En vain son frère JeanBaptiste lui recommandait sans cesse la sagesse et la sévérité; ses conseils ne devaient porter leurs fruits que plus tard; en vain il l'associait aux travaux qui lui étaient confiés ; Carle le quitta pour se faire décorateur d'opéra. Il ne tarda guère à se dégoûter de ce genre secondaire ; mais s'il l'abandonna , ce fut pour se livrer à de petits portraits dessinés , genre plus misérable encore. Cette inconstante et cette instabilité dans ses études n'étaient toutefois que les écarts d'un jeune homme qui.ai- mait éperdument le plaisir et pour qui les moyens les plus prompts d'avoir de l'argent étaient les meilleurs. Son frère ayant été appelé à cette époque à Paris par le prince de Carignan , Carle revint en France avec lui et l'aida dans la restauration des peintures que le Primatice avait exécutées pour François ter, dans le chàleau de Fontainebleau. Il obtint toutefois, en 1724, le grand prix de Rome, dont le sujet était Jacob pu- ri fiant sa maison avant de partir pour Béthel , où il allait offrir un sacrifice au Seigneur. En 1727, il retourna à Rome, accompagné de deux de ses neveux , Louis et François Vanloo. C'est alors qu'il remporta le prix de dessin que l'académie de StLuc distribue tous les ans. Il peignit ensuite, pour l'église de StIsidore, un magnifique plafond représentant l'Apothéose de ce saint. Le St- François, la Ste - Marthe , destinés aux Cordeliers de Tarascon , lui attirèrent l'estime des connaisseurs et surtout du cardinal de Polignàc, qui écrivit en sa faveur au duc d'Antin et qui lui lit obtenir la pension. Le pape le décora du titre de chevalier, qu'il accompagna d'un brevet encore plus flatteur. Depuis ce moment sa réputa-. tion ne fit que s'accroître ; et ses ouvrages furent recherchés jusque dans les pays étrangers. Il peignit, pour l'Angleterre, une Femme orientale à sa toilette, avec un bracelet à la cuisse , singularité qui a donné de la célébrité à ce tableau. En quittant Rome, il se rendit à Turin, accompagné de son neveu François, jeune homme de la plus grande espérance, qu'il eut le malheur de perdre par une affreuse catastrophe, à l'àge de 22 ans. Ayant voulu conduire luimême les chevaux de la voiture dans laquelle ils voyageaient, il fut renversé, et son pied s'étant embarrassé dans l'étrier, il fut traîné longtemps parmi les buissons et les cailloux, et mourut à Turin, des suites de ses blessures. Le roi de Sardaigne chargea Vanloo de plusieurs travaux pour l'embellissement de ses palais et des principales églises de la capitale ; et toutes ses compositions soutiennent le parallèle avec les ouvrages des peintres italiens les plus célèbres de cette époque. On distingue surtout les onze compositions dont il orna le cabinet du roi, et dont, les sujets étaient tirés de la Jérusalem délivrée. Cc fut pendant son séjour en Italie qu'il épousa la fille du musicien Somis, qui n'était pas moins remarquable par les charmes de sa figure et de son esprit , que par son talent comme cantatrice. Arrivé à Paris, sa maison devint le rendezvous des artistes et des amateurs les plus distingués. Sa femme fut une des premières qui firent connaître et goûter en France la musique italienne . Le 30 juillet 1735 , il se présenta pour être admis à l'Acadéthie de pe , et son tableau de réception fut Apollon qui écorche le satyre Marsyas . Parmi ses ouvrages de cabinet les plus remarquables, on vante une Résurrection ; SOU Allégorie des Parques; un Concert d'instruments , et une Conversation espagnole. Ces deux derniers tableaux , que Vanloo avait peints pour madame Geoffrin, ont passé, après la mort de cette femme célèbre, dans le cabinet de l'impératrice Catherine II. Parmi ses tableaux publics, les plus distingués sont : St- Charles Borromée communiant les pestiférés, et la Prédication de St- Augustin. La Résurrection qu'on voit dans le choeur de la cathédrale de Besançon passe aussi pour un de ses meilleurs ouvrages. Il peignait le portrait avec un grand succès, et celui de Louis XV, qui fut exposé au salon de 1763, et qui se trouve actuellement dans un des appartements du château du grand Trianon , suffirait pour prouver qu'il aurait pu se faire une réputation dans ce genre. Il serait trop long de rappeler tous les autres travaux de ce peintre, qui, doué d'une facilité merveilleuse, les a peut-être multipliés aux dépens de sa gloire. On a dit qu'il avait pris de Legros l'usage de modeler ses figures avant de les dessiner et de les peindre; c'est une erreur : jamais ce peintre n'a fait un de ses modèles en terre; il avait tout simplement un mannequin à ressort qu'il posait d'abord, qu'il drapait ensuite avec des étoffes diverses et de couleurs différentes, et d'après lequel il peignait; mais le plus souvent il ne se servait pas même de mannequin et il exécutait en grand , d'après une esquisse plus ou moins terminée, et faite de verve. Il sentait luimême tous les abus de cette facilité, car il n'était jamais content de ses ouvrages ; mais malheureusement les morceaux qu'il détruisait étaient souvent bien supérieurs à ceux qu'il refaisait. C'est ainsi qu'il mit en pièces le tableau des Grcices enrhainées par l'Amour, qui avait obtenu beaucoup de succès au salon de 1763. Dénué de toute instruction, sachant à peine lire et écrire, il n'était que peintre : il ne dédaignait pas les conseils de ses élèves , dont il » pavait quelquefois , dit Diderot , la sincérité « d'un coup de pied ou d'un soufflet; mais le « moment d'après et l'incartade de l'artiste et « le défaut de l'ouvrage étaient réparés. » Après avoir été admis à l'Académie, il devint successivement adjoint à professeur, professeur, chevalier de StMichel, premier peintre du roi , et directeur de l'école. Tous ces hon- neurs, dont on semble aujourd'hui lui faire un reproche, lui étaient réellement dus à l'époque où il vécut. Il avait un goût sain et un style naturel , trop naturel peut-être, mais qui fut utile à l'école française, livrée depuis trop longtemps, par Coypel et de Troy, à un goût maniéré, théâtral et affecté. A ces qualités il joignait un dessin qui n'était pas sans agrément, quoique lâche et sans précision, un pinceau moelleux et facile et une couleur qui n'était pas sans éclat ; niais il avait peu de variété dans les airs de tête, manquait généralement d'expression et ne savait pas donner à ses figures l'esprit qui y supplée. On trouve en lui plutôt un air de noblesse qu'un grand caractère; plutôt un aspect gracieux que de la véritable beauté. De son vivant, on ne craignit pas de le comparer à Raphaël pour le dessin, au Corrége pour le pinceau, au Titien pour la couleur. L'exagération de cet éloge prouve à quel point on était alors étranger au sentiment du vrai beau. Mais, par un excès contraire, à ces éloges outrés a succédé un dénigrement qui n'est pas moins injuste. Sans doute il n'a qu'un mérite inférieur si on le compare aux grands maîtres de l'art; mais c'est un peintre trèsdistingué quand on ne le met en parallèle qu'avec ses contemporains. Le musée du Louvre renferme de cet artiste,. outre le tableau déjà cité 1° le St- Esprit qui préside à l'union de la Vierge et de St- Joseph ; 2° Enee portant son père Anchise au milieu de l'incendie de Troie ; 3° une halte de chasse; et 4° le Portrait de Marie Leckzinska. Le premier de ces quatre tableaux est extrêmement fin de ton et de couleur ; et tous quatre offrent le type des qualités et des défauts qui ont caractérisé son talent. 11 mourut à Paris, d'un coup de sang, le 15 juillet 1765; il a été souvent gravé, a formé nombre d'élèves, parmi lesquels Lagrenée aîné et Doyen; d'une immense activité, il a pris part aux salons de 1737 à 1765. FontaineMalherbe a inséré dans le Nécrologe de 1766, un excellent éloge de Carle Vanloo, et nous rappellerons aussi l'article de M. Ch. Blanc, dans l'Histoire des peintres de toutes les écoles. — Louis- Michel \l'Asam, fils de JeanBaptiste et neveu du précédent, naquit à Toulon, le 2 mars 1707. Plus jeune que son oncle de deux ans seulement, il reçut , comme lui , les leçons de son père. Ayant obtenu, en 1725, le prix de pe sur le sujet de Moïse enfant faisant tomber en jouant la couronne de dessus la tête du pharaon, il se rendit à Rome. De retour à Paris, il fut reçu à l'Académie le 25 avril 1733. Son tableau de réception représentait Apollon et Daphné . Envoyé par son père à Turin, pour engager son oncle Carle à revenir à Paris, il reçut du roi de Sardaigne la commande de plusieurs grands travaux. En 1736, après la mort de Ranc, le roi d'Espagne ayant chargé Rigaud de lui procurer un peintre habile, LouisMichel Vanloo fut désigné par lui à ce prince, qui l'accueillit avec distinction et lui accorda le titre de son premier peintre. Après la mort de Philippe V, il revint en France et mérita les applaudissements du public par les portraits qu'il exposa aux différents salons. Ce genre, pour lequel il avait abandonné l'histoire, fut traité par lui avec un véritable talent. Il se lit remarquer au salon de 1761 par un Portrait en pied de Louis XV en habits royaux, beau , bien peint et trèsressemblant. Lorsque son oncle Carle mourut, il exposa au salon do 170 le portrait qu'il en avait fait. fi represente en robe de chambre, en Mmet Yatelier, le corps de protil et la tète de faire : il „iit d'une ressemblance frappante, d'une touche rigoureuse, et peint de grande manière, quoique cependant un peu rouge aujourd'hui au musée emiilles'. On remarqua, en 1767, les portraits du cardinal de Choiseul, de l'aMd de Bre. et de Cochin, et ms polit fruste homme. ms eied, habillé à l'ancienne mode d'Angleterre, où le peintre rappelle la manière de N'an lb •k. Parmi ses productions les plus remarquables, on cite le Cmaerrt e5rdered, trèsbeau tableau J'une composition sJg'e sans étre froide, où l'on ' une grande v.irieté dt' ligures durantes, toutes aussi vraies, aussi soignées que des portraits, Mais son chefd'œuvre est peut-ètre le tableau dans lequel il s'est représenté avec toute sa famille ortrait dt LouisMichel, peint par lui- tuttme, et tenant en main le portrait de son père. — Charles. inédi*- Philippot VANLOO, frère du précèdent, et ronune lui élève de son père, naquit à Turin, en 171S, et fut tenu sur les fonts de baptème par le prince de Piemont et la princesse tle Carignan. Il aecompagna à Rome son oncle Carle t't son . Il avait obtenu une médaille d'or en l'an 13, il prit part aux sa, Ions de 1785 à 1817, et mourut a Paris, le 1. juillet t St 1 , et non en IS-2.1, comme Nagler l'a a allee à tort ; nous connaissons une brochure r.trisàilueque nous reeounuandons aux amateurs, sans lieu ni date d'impre.%ion, relative à cet artiste, et qui contient de précieux documents biographiques :; son sujet; en voici le titre : 1 43PntUtlit'S des beaux- arts , S, L, N . S' de 15 pagt$ ; elle est bien certainement postérieure à !Sit. M. Léon Lagrange a insert' dans le tome el des Araires dr titi- 1 friinfhoi4 , de nouveaux et préeieux (locuments sur les Vanloo nous tic' saurions trop engager les lecteurs à y avoir re-•ours; terminons en disant quIrnest Vanloo, penttro de paysages. est decede, 44 de 35 ans, au mois d'avril 1$6t1. directeur de rac'âtkIllit` de Gand, et qu'un lithographe, M. Florimond N. an - loo, de Gand, interprétait encore à notre salon de 1861 diverses trUne$ de M Breton ; k notu n'est donc pas éteint. P—s et ne 1.,
  • Jacques VANIÈRE( 1664) : porte latin , naquit le 9 mars 166% , à Causses, diocèse de Béziers, d'une famille noble. Ses parents habitaient une campagne où ils n'étaient connus que par leur bienfaisance. La vue continuelle des beautés , dont on a des Dictionnaires classiques estimés. Ce professeur l'obligea de vaincre sa répugnance et l'aida par ses conseils à triompher d'obstacles qui lui paraissaient insurmontables. •Après avoir terminé ses études, Vanière embrassa la règle de StIgnace, et professa successivement les humanités et la rhétorique dans divers collèges de l'Institut. Il sollicita de ses supérieurs la permission d'aller prêcher l'Evangile dans les Indes ; mais il ne put l'obtenir. Il était déjà connu par un petit poème sur les étangs : ceux qu'il publia sur le colombier , la vigne , et le potager , ajoutèrent à sa réputation. Encouragé par le succès de ses opuscules, il conçut le projet de les refondre et , sortant de sa classe avec ses élèves, leur dit : « Venez voir le « plus grand poëte de nos jours. » Titon du Tillet lui dit : « Mon père, j'avais « besoin de donner sur notre Parnasse un com- « pagnon au P. Rapin ; que je vais lui faire de « plaisir de lui en donner mi tel que vous I » La visite qu'il fit à la bibliothèque royale fut consignée sur les registres de l'établissement. Les ministres , les princes, le roi luimême, s'empressèrent de rendre hommage à son talent ; enfin on fit frapper en son honneur une médaille portant au revers ces mots : Ruris opes et delicia, . Malgré la protection du cardinal de Fleury, qu'il avait sollicitée par une épître ingénieuse, le P. Vanière perdit son procès ; mais il obtint une pension pour l'aider à continuer son Dictionnaire français- latin , auquel il travaillait depuis vingt ans, et qui devait former 6 volumes L'âge n'avait point ralenti son ardeur pour l'étude ; il dormait peu, et malgré ses occupations multipliées , il trouvait le moyen de consacrer douze à quatorze heures par jour à son grand ouvrage. A la suite d'une courte maladie, la mort l'enleva le 22 août 1739, à 76 ans. Il y en avait plus de quarante qu'il habitait Toulouse, ou la campagne que les jésuites possédaient près de cette ville. « Le P. Vanière, dit « son biographe Elle est figurée dans le Musreum Mazrucliellianum, t. 2, pl. 169. Le P. Théod. Lombard, son élève, et qu'il s'était associé pour la rédaction de son grand Dictionnaire, resté inédit. Camus, insérée dans le Journal économique, années 1755 et 1756. Ce poëme est divisé en seize livres. Dans le premier, l'auteur traite du choix et de l'achat de la ferme ; dans le second , des qualités qu'il faut chercher dans ses serviteurs. Les deux suivants sont consacrés aux soins des troupeaux ; le cinquième et le sixième, aux arbres ; le septième et le huitième, aux travaux annuels de la campagne ; le neuvième contient le potager ; le dixième et le onzième, la vigne et l'art de faire le vin ; le douzième, la bassecour ; le treizième, le colombier ; le quatorzième, les abeilles en a donné une imitation en vers anglais), le quinzième, les étangs ; et le seizième, la garenne et le parc. C'est moins un poëme, dit un critique, qu'une suite de petits poënies charmants. On peut reprocher à l'auteur quelques fautes de goût, des épisodes déplacés, surtout dans un ouvrage destiné à faire aimer la campagne ; mais la douceur et la grâce du style, le charme des descriptions en feront toujours les délices des amateurs de la poésie latine. On a quelquefois appelé Vanière le Virgile de la France, et il mérite à quelques égards ce titre glorieux , mais il n'approcha jamais de la précision et surtout de l'exquise sensibilité du chantre de Mantoue. Outre un Dictionnarium pocticurn , Lyon, 1710, 1722, 1740 dont on a fait un abrégé pour le mettre à la portée des commençants , on doit encore au P. Vanière plusieurs poésies fugitives recueillies à Toulouse, en 1730 sous le titre d'Opuscula. Ce volume contient neuf églogues sur l'amitié et les obligations qu'elle impose; des lettres , des odes , une entre autres sur la mort de Henri IV, traduite de,Goudelin , poëte languedocien ; des épigrammes, des hymnes et des épitaphes. Le P. Lombard a publié la vie de Vanière, 1739 on en trouve l'analyse dans les différents journaux de /a même année. Son portrait a été gravé plusieurs fois format — \TANIÈRE , neveu du précédent, né à Caux, diocèse de Béziers, mort à Paris en 1768, a publié : 1° Nouveaux amusements poétiques, 1755 ; 2° traduction des odes d'Horace, 1761 3° Cours de latinité, 2 vol. 4° deux Discours , l'un sur l'éducation , et l'autre sur l'art et la nécessité d'apprendre aisément la langue latine
  • Jacques VARIN( 1740 - 1808) : né en 1740 à StThomaslaChaussée , près de Rouen , annonça de bonne heure un goût particulier pour la botanique. Encore enfant, il avait déjà classé dans sa mémoire les noms de toutes les plantes que cultivait le curé de son village , dont ses dispositions lui avaient gagné l'affection, et qui se plut à en favoriser le développement. Etant ensuite allé à Rouen, il s'y plaça chez.« jardinier ; et quelques savants , qu'il eut l'avantage de trouver dans cette ville, le dirigèrent dans l'étude des végétaux. Il ne tarda pas à sentir l'utilité de connaissances positives dans la culture des plantes exotiques, et pour les acquérir il résolut de se rendre à Paris, où l'art typographique , dans lequel il devint habile en peu de temps, lui offrit une ressource suffisante. On le vit alors consacrer à la botanique tous les instants dont sa profession lui permit de disposer. Thouin et Richard père, dont il suivait les cours au Jardin du roi, se firent un plaisir de seconder son zèle. Déjà ses connaissances en agriculture l'avaient mis en état de faire quelques économies, lorsqu'il fut placé à la tète du jardin des plantes de Rouen. Pendant trentedeux ans qu'il en eut la direction, il n'épargna ni observations, ni voyages, ni fatigues pour en accroître les richesses. On le vit, dans le rigoureux hiver de 1789, se priver durant six semaines de coucher dans son lit , pour veiller à la conservation des plantes exotiques, objet de son adoption et de sa paternelle sollicitude. Le nombre de végétaux que possédait le jardin de botanique s'accrut considérablement par ses soins, et à l'époque de sa mort , il s'élevait à plus de trois mille. Tarin n'a point laissé d'ouvrage imprimé, mais il transmit à ses élèves d'excellents préceptes pour la pratique. Il a perfectionné l'art de la greffe; et plusieurs plantes, telles que le lilas et l'iris , lui doivent des variétés remarquables. Enfin , ce fut lui qui importa en France le mastic inventé par Forsyth, pour fermer les plaies des arbres et opérer la régénérescence des troncs de ceux qui sont pourris
  • Jacques VERCELLONI( 1676) : médecin piémontais, né à Sordevolo en 1676, étudia à Turin, à Montpellier, se rendit à Rome en 1699, fut quelques années médecin de l'hôpital de StJacques, et quitta cette ville pour s'établir à Asti. On a de lui quelques ouvrages estimés : 1° De glandulis oesophayi conglomeratis et humore vero digestiv o , Asti, 1711 De pudendorum morbis et lueenerea tetrabiblion , Asti, 1716 Leyde, 172'2 1742 Jean de Vaux a fait une traduction française de ce dernier, et il l'a publiée à Paris, en 1730
  • Jacques VERGIER( 1655) : né à Lyon, le 3 janvier 1655 , fut envoyé à Paris pour y achever ses études et fit son cours de théologie à la Sorbonne, où il prit le grade de bachelier. Ses parents le destinaient à l'état ecclésiastique, et %"ergier en porta quelque temps l'habit : on l'appelait l'abbé Vergier; mais cet état n'étant pas de son goût, il se lança dans le monde, où il eut bientôt des amis et des protecteurs. Employé dans l'administration de la marine. il fut nommé, k, 2 octobre 1688, écrivain principal au Havre ; il eut, depuis 1690, le titre de commissaire de la marine el remplit ces fonctions à Dunkerque. Après vingtsix ans d'exercice, il se démit de sa charge et vint se fixer à Paris, en 1714 ; il fut assassiné dans cette ville, au coin de la rue du BoutduMonde, aboutissant dans la rue Montmartre, dans la nuit du 17 au 18 août 17'20 : il reçut un coup de pistolet dans la gorge et trois coups de poignard dans le coeur. On attribua plusieurs causes à ce crime : les uns prétendirent qu'il avait été commis par ordre du duc d'Orléans , régent, blessé d'une parodie de la dernière scène de llithridate, attribuée faussement à Vergier; d'autres crurent que c'était une affaire de jalousie ou môme une méprise. L'un de ses assassins, le chevalier le Craqueur, camarade de Cartouche, qui fut rompu le 10 juin 1722, avoua que l'intention de ses compliees était de voler Vergier; niais qu'ils en furent empêchés par un carrosse qui passa dans le moment. La réputation que Vergier s'était acquise par son talent poétique décida à recueil- lir ses productions, et une édition de ses OR«- , ares direrses parut à Amsterdam ou Rouen), 1726, 2 vol. ; une édition de Paris parut en 1727, 2 vol. une édition de la Baye , 1731, a 3 volumes in -12; c'est de la même année qu'est l'édition d'A en 2 volumes avec un supplé- il) Jusqu'à présent tous les dictionnaires historiques, éloges, notices, etc., ont fait naltre Vergier en 1657. Voltaire seul , dani son de Louis XIV, disait 1675; niais e'élnit par une transposition de chiffres , qui, depula la première édition de 1761, a été copiée et répétée par tous les éditeurs jusqu'en 1b20. M. Lequien, dans son édition der Œurees de roltaire , est le premier qui ait mis 1667. Cette date de 1657 n'est toutefuis qu'une error communia, nhiis vile.: fait pas droit. Breghot du Lut, outre collaborateur, a trouvé, en 1829, sur les registres de la paroilue StPierre et StSaturnin de Lyon, à la date que no.donnons, l'acte de bapléme d'un JacqUeS Vergier, fils de 1- 1, rgues Vergier, maitre cordonnier, et c'est peut-étre à cause de cette cirennstance glu métier, prétendu ignoble, du père de Vergier, que le fils ne laies* pas de renseignements précis inc sa nai,ance; ainsi Vergier aurait eu la rnéme faiblesee que son ami J.B. Rousettu, de rougir de ce qu'on appelle bas,esse d'extraction. i21 1,e editeurs des Œuvres de Vrrgier, de 1726, disent que Vergier fut assassiné en 1722, Fane indiquer le jour ; ler éditeurs de 1727 et de 1131 le 1ont mourir le 16 nein 1720; enfin les edltests de 17;0 et de 1780 mettent sa mort au 10 juin 1722. La Initie de Brossette à 141 Rousseau , dii 10 septembre 1720, parait lever to. les doute.. Brouette dit que le jour de la » sort rie madame // acier ci ère on j.. ur malheureux pour les geds. ds lettres, car M. Vergier fut miel... é au as. nde le mém, jale, ou plutôt la nuit suivante. Il est ben de remarquer que celte lettre, où Brossent parle de la peste de Marseille, est, par une 'dei, hère ineoheevable faute d'impression , datée de 1717 , 3 vol. C'est une réimpression fidèle de l'édition de Lausanne; comme toutes les autres cependant , elle laisse beaucoup à désirer : le texte est souvent défiguré; plusieurs choses sont à expliquer ; quelques pièces admises et conservées dans le recueil ne sont pas de Vergier, entre autres le Rossignol, qui a pour auteur .1.-13. Lantin, mort en 1695 . Vergier avait fait ou fait faire de nombreuses copies de ses poésies, et en les envoyant à chaque personne, il y ajoutait une épître. Brossette espérait recevoir de la famille tous les ouvrages de Vergier, « écrits de sa main et « trouvés chez lui après sa mort ». On ne sait ce qu'est devenu ce manuscrit. Vergier n'a fait qu'un trèspetit nombre de contes , mais ce sont ses principaux titres au souvenir de la postérité. Laharpe, qui en trouve plusieurs plaisamment imaginés et narrés avec agrément et facilité, reproche cependant à l'auteur la longueur, la monotonie, le prosaïsme. sfalgré ces défauts, Vergier a , dans son genre. la première place après la Fontaine ; imitateur faible, mais naturel, dit Voltaire, il est à l'égard de la Fontaine ce que Campistron est à Racine. Il excullait à faire des parodies et des chansons de table. J.B. Rousseau, dans sa lettre à Brossette du 28 octobre 1720, dit « Nous n'avons peut-être rien dans « notre langue où il y ait plus de naïveté, de « noblesse et d'élégance que ses chansons de « table, qui sont aussi ce qu'il a fait de meilleur « et qui pourraient le faire passer à bon droit « pour l'Anacréon français; nous les chantons « tous les jours ici avec milord Cadogan, » etc. On est aujourd'hui un peu plus difficile ; on est choqué, à la lecture, de l'emploi fréquent des vers de neuf et de onze syllabes et même de vers de dix qui ont la césure à la cinquième. Les airs sur lesquels étaient faites les chansons de Vergier ont vieilli et sont presque tous oubliés; tout cela est au désavantage de Vergier; mais le jugement de J.B. Rousseau doit toujours être d'un grand poids. C'est à Vergier que sont consacrées les troisième, neuvième, dixième, onzième, douzième et treizième des Lettres bour- guignunnes, etc., par M. Amanton, Dijon, 1823 avec un fac- simile de la signature de Ver- gier
  • Jacques VIDAL( 1583 - 1615) : surnommé le Vieux, peintre d'histoire, né à Valmaseda en 1583 , fut destiné par ses parents à l'état ecclésiastique; mais les études nécessaires à cet état ne l'empêchaient pas de se livrer en même temps à la peinture. Il se rendit à Rome pour y obtenir une prébende ; et la vue continuelle des chefsd'œuvre que renferme cette ville ne fit qu'accroitre son goût pour son art. Il s'y adonna avec une nouvelle ardeur ; et après avoir fait de rapides progrès, il revint dans sa patrie et se fixa à Séville , où il exécuta plusieurs ouvrages remarquables par la correction du dessin et la beauté de la couleur. On distingue particulièrement deux tableaux représentant, l'un, un Christ, l'autre, une I ïerge, qui furent placés, en 1613, dans la cathédrale de SéN Mo, par une délibération particulière du chapitre. Les dessins qu'il a laissés sont une nouvelle preuve de ses talents. Il eût acquis une réputation bien plus grande encore, si une mort prématurée ne 1 eût enlevé à l'Age de trente ans, le 13 décembre 1615. Il était chanoine de la ca- thédrale de Sé%die. — Jacques VIDAL DE LIENDO , neveu et élève du précédent, et surnommé le Jeune, pour le distinguer de son oncle, naquit également à Valmaseda, en 1602. Il alla à Rome, pour y obtenir aussi une prébende , et les ira- vaux auxquels il s'y livra perfectionnant ses pre- mières études, il parvint à surpasser son maitre et son oncle. De retour en Espagne, il fit , pour la sacristie de la cathédrale de Valence, plusieurs tableaux représentant le Christ, la l'ierge, St- Jean l'évangéliste, la Madeleine , Ste- Catherine, Ste- Inès, St- Jean- Baptiste, et St- Pierre, apôtre. Le faite est couronné par une belle copie du tableau de Raphaël que l'on voit au musée du Louvre, et dont le sujet est l'Archange St- Mirhel rictoniux du dé- mon. Cet ouvrage capital , dont les ligures sont de grandeur naturelle , établit la réputation de Vidal ; mais il était dans la destinée de l'oncle et du neveu de mourir avant d'avoir atteint le terme ordinaire de la vie. Il mourut à Séville, Agé seulement de quarantesix ans, le 9 août 1648, laissant une précieuse collection de tableaux , de dessins et d'estampes. — Denis VIDAL , peintre, né à Valence, en 1670, se rendit à Madrid, où il reçut les leçons d'Antoine Palomino. De retour à Valence , il y fut chargé de plusieurs travaux importants, dont il s'acquitta d une mafière honorable. Ayant obtenu, en 1697, la pe à fresque des voûtes de l'église StNicolas, il profita du séjour de son maitre Palomino à Valence pour lui demander ses conseils. lien obtint un croquis qu'il mit à exécution. Cette grande entreprise représente divers événements de la vie de StNicolas de Barri et de StPierre martyr, patron de la cathédrale. Le succès avec lequel il l'exécuta le fit charger de la peinture de la voûte de la chapelle de NotreDame de BonSecours. qui depuis a été détruite. A Teruel, on lui confia la peinture de la voûte du couvent des religieuses de SteClaire, et celle du monument de la SemaineSainte, dans la cathédrale. Il avait été appelé à Tortose pour y orner de ses peintures la chapelle de NotreDame ; mais il mourut avant d'avoir terminé cet ouvrage. On conserve encore plusieurs beaux ouvrages de lui à Vivel et à Com- panar
  • Jacques VIGNIER : jésuite et historien, na- quit à BarsurSeine et entra à l'âge de dixsept ans dans l'ordre des Jésuites, contre le désir de ses parents. Il se fit connaître comme prédicateur, et, après avoir successivement professé à Barsur- Seine , à Chaumont, à Langres et à Dijon, mourut dans cette dernière ville en 1669. Jacques Vignier employa tous les loisirs que lui laissaient ses fonctions à recueillir et à étudier les documents relatifs à l'histoire du diocèse de Langres, dans lequel il était né et où étaient situés les différents collèges dans lesquels il fut recteur. Il réunit le produit de ses laborieuses recherches dans un grand ouvrage intitulé Dé- rade historique du diocèse de Langres, que la mort l'empêcha de publier, comme il en avait le projet. Après la mort de Vignier, son manuscrit, qui formait plusieurs volumes fut conservé au collège des jésuites de Langres jusqu'au milieu du 18° siècle, et on allait le faire imprimer lorsqu'il fut brûlé dans l'incendie de ce collège en 17-11s. Une copie de cet ouvrage , probablement moins complète que le manuscrit détruit par le feu , appartenait aux jésuites de Dijon : on ignore ce qu'elle est devenue. Une autre copie, en deux volumes était conservée à Langres avant 1789; mais le second volume, saisi par l'Etat dans la bibliothèque d'un émigré, est aujourd'hui perdu, et on n'a plus que le premier volume, qui appartient à M. Guyot de StMichel, de Langres, et dont il existe des copies dans la bibliothèque du grand séminaire de cette ville et dans celle de l'auteur de cet article. Le volume conservé ne renferme que la première partie de l'ouvrage de Viguier, ainsi qu'on le voit dans la table générale que l'auteur avait fait imprimer, probablement pour servir de prospectus à son ouvrage. Le seul exemplaire que l'on connaisse de cette table, et qui appartient à l'auteur de cet article, se compose de 14 pages sans noms d'auteur et d'imprimeur et sans date. On doit vivement regretter la perte de la plus grande partie du manuscrit de ‘'ignier; ear, si l'on en juge par ce qui a été conservé et par les indications de la table, cet ouvrage trèsconsidérable, et fruit de longues et patientes recherches, réunissait les documents les plus intéressants pour l'histoire du diocèse de Langres, l'un des plus vastes de France et qui , en outre de Langres et de Dijon , renfermait quatorze villes de la Cham-, pagne, de la Bourgogne et de la FrancheComté, Il dont Vignier avait écrit l'histoire. Il serait à désirer que l'on fit imprimer le seul volume de l'histoire du diocèse de Langres qui a échappé aux différents accidents qui ont entraîné la perte des autres parties de cet ouvrage. Sous le titre de Chronicon lingonerase ex probationihus Deradis historia, contextum, Jacques Vignier fit imprimer, Langres, 1665 un extrait de son grand ouvrage. Ce volume, devenu assez rare, offre un résumé fidèle de l'histoire du diocèse de Lan- gres depuis les temps les plus reculés jusqu'à l'année 1650. t, Cette pièce, dit Vignier, estoit « la dernière dans le dessein de l'autheur, n'es-« tant qu'un abrégé de l'histoire de tout le dio-« cèse de Langres, comprise avec ses preuves en , né à BarsurSeine en 1603 , entra dans l'ordre des Jésuites en 1620; il fut recteur du collége de Châlons et mourut à Bourg le 17 septembre 1651. Il a publié un Traité des attributs de la Mère de Dieu, Lyon, 1650, i11-4
  • Jacques VILLOTTE( 1656) : vpyagour, liarli Duc, le itcr novembre 16:46, entra dans la rote pagaie de Jésus, et reçut l'ordre de se rendre çhitie, par la Turquie, la Perse et la Tartarie, si les tentatives que d'autres jésuites faisaient pour y arriver, en traversant la Russie,, étaient sans succès. Il s'embarqua à Marseille le 25 septembre 1688, rehicha à Messine, puis à Smyrne, qui venait d'être détruite par un tremblement de I,•rre, et il arriva le 15 octobre à CenstantinoPle, .1b il séjourna trois semaines. Il s'y rembarqua pour Trébizonde, où il aborda apiès dix jours de navigation sur la mer Noire , en ,partit le 15 décembre, avec une caravane, et parvint, le 21, F à ArzRoum, capitale de l'Arménie turque. ll continua sa broute Je 6 janvier 1689, s'ar,rèta à fill"Erivan et à Gaudja , dans.r.Arménie persane, et IF 'Caspienne, le 2 .mars, Gharnaklii, près de la mer IF'Caspienne, on' les jésuites avaient étribli , depuis deux ans, une missiqu. Ils en ,ay aient aussi à ArzRoum, à Erivan, à Gandja , à Djulfa près d'Ispahan . et ils étaient plus tembreux,et,plus qu'accrédités dans .cette partie de l'Orient que les capueins, les augustins, ,les ,carmes,, les tliéa tins et les dominicains qui les y avaient précédés depuis longtemps. Pendant une ré.idenee de cinq mois à Chamaklii • où le P. Villotte attendait sa destination ultérieure, le soin qu'il prit de s'ap-. pliquer à l'étude des langues turque, ,persane ,et arménienne, Ile lui fut pas inutile,, car la cour de Russie ayant refusé aux missionnaires ;gepas_ sage par ses Etats, pour aller en Chine il fallut chercher les moyens de s'ouvrir I -'''.4eti'e route par terre. Villotte partit, le 2 août ireurse mu_ dre à la cour de Perse. Il #rarerw '',,te Kou,• et l'Araxe réunis , la plaine de 1',,,,u,g•ae., vit Ardebil, Zengan, Sulthanieli, Suw.its 1,-,0m, Kachan , et arriva , Je 1.6 octobre, , '.i. Ispahan. Sa résidence, dans la maison que les jésuites v avaient au faubourg de Piv"..ta, ,fut plus longue quil ne 1 avait projeté. La tillant de J'ambassadeur de Po- liogne en Pr.ese glraiii,t détruit ; toute espérance a décrits avec assez ,d'exactitude seulement qu'au lien:de s'att--' . 'On regrette . ments t tels que les puérils auxquels “ ..etter à des événe- tance, ...met beaucoup d'impor- gants, il n'ai' -.aventures de quelques intri- intéres9r, _, -. pas recueilli . des matériaux plus ,nrs pour l'histoire, cl, qu'il, ne cite pas un se':.« fait relatif aux deux souverains qu'il y a vus Il sur le trône. Le ,P. Villotte est cependant le seul voyageur qui ait donné quelques détails sur l'ambassade , de Louis XIV à ChaliHoucaïn. Il .parle avec modération de ,l'envoyé Fabre, et ne fait aucune,mention de sa concubine .;, rnoisiil se trompe quand il dit que cet en:%royécfut empoisonné par le k han d'Erivan. Ce fut rivec Michel, successeurde Fabre, ..que le P. Vil lotte partit d'Ispahan le 29 octobre 1708, pour revenir en France. lis prirent leur route par Tauris, ,Erivan, Kars , ArzRoum , .traversèrent une partie de l'Anatolie, en passant à Tokat, à Nicomédie, •et arrivèrent, ,le 21 .mars à Constantinople. Ils s'y embarquèrent le 21.1 avril, relàchèrent à l'île de Chio, et naviguèrent quelque temps sous .l'escorte d'une escadre turco- algéi xienne, dont une partie les quitta à .la sortie de l'Archipel ; le reste fut dispersé par une violente tempête. Le P. Villotte aperçut dans cette traversée Ille volcanique .qui , ,deux ans auparavant, était sortie de la mer, 'près de Elle de Santorin. La pinque qui le portait , :poussée vers ila celte d'Afrique, ?fut sur le point de tomber au ,pouvoir de trois barques de pirates , et n'échappa à ce danger qu'en jetant l'ancre dans la rade du fort Galipi. On remit à la voile le 19 juin ; on doubla le cap Bon, et l'on arriva .à PortoFarina, à une journée de Tunis. Comme lamer était infestée'de corsaires anglais, il fallut se rendre :par terre à Biserte, et de là au cap Nègre, pour trouver un vaisseau de guerre français, l'Entreprenant, sur lequel •illotte et Michel s'embarquèrent ile 20 août. rDeux jours après, le capitaine :Boumucit 'qui Ile .commandait eut à soutenir ?un combat contre six vaisseaux anglais, qu'avec le secours du ;fort de Galle, dont il sut habilement se ?rapprocher, dl força à 'la retraite. Le 24 on mit à'la voile, et d'on ,entra, le kl" septembre, dans la rade de Toulon. Le ,P. Villotte se rendit ensuite à Rome 'pur y faire Imprimer par les.presses,de la Pro,pagande les ouvrages suivants qu'il avait rom-!posés à l'usage et dans lalangue des Arméniens : I' Explication de la foi eatholilve, 1711 • ; '2." Abrégé de, la 4doctrile chrétienne, 1743, ; 3' Commentaire se ales ! Erangiles , 1714, Dirtionarium latino- armenieum, OÙ l'on trouve bien des choses sur l'histoire, la théologie, la physique et les mathématiques, 1714 De retour en France, vers 1715, le P. Villotte gouverna plusieurs colléges, et mourut à StNicolas prés de Nancy, Je M janvier 1743, à de «7 ans. On a encore de lui : L'Arménie ehré - ou Catalogue des rois et patriarches armé tienne , J.- G'. jusqu'en 1712, Rome, 1730, dept, • 42; Voyagt ^ d'un missionnaire de la rompa- ynie de jésus en Turqb*. f.. en Perse , en Arménie , • 1730 Cette vec méthode; en Arabie et en Barbarie, Par._,- relation est écrite avec goût et mais elle a été mise en ordre et rédi4C, d'après les Mémoires du P. Villotte, par l'un de ses C:m.1- frères, le P. Nicol. Friton . Cet ouvrage est devenu rare. On y remarque néanmoins quelques erreurs, telles que la manie de confondre Bagdad avec l'ancienne Babylone, etc. La liste des rois de Perse y est aussi inexacte qu'incomplète. Celle des rois et des patriarches d'Arménie est probablement tirée de l'un des ouvrages précités. Quant au récit des révolutions de Perse, c'est un horsd'oeuvre ajouté après coup; car elles ne commencèrent qu'après que le P. Villotte eut quitté la Perse Troy. MniMAnMOUD et Tri AIIMASP C'est un extrait de l'Histoire de la dernière révolution de Perse, Paris , 1728 , 2 vol. , que venait de publier un autre jé suite
  • Jacques VISETTI( 1736) : naquit à Padoue, le 4 novembre 1736. Son père, honnète artisan , mais chargé de famille, étant hors d'état de fournir aux frais de son éducation , le curé de sa paroisse, qui avait remarqué ses heureuses dispositions, le fit entrer aux écoles publiques. L'aptitude et les progrès rapides du jeune Visetti lui méritèrent la protection du cardinal Rezzonico , qui l'admit bientôt parmi les élèves gratuits de son séminaire. A peine Visetti eutil terminé ses études, qu'on l'envoya professer la rhétorique dans les écoles extérieures. Quelques années après, il rentra au séminaire comme professeur de philoophie et ensuite d'histoire ecclésiastique. Nommé , en 1778, à la cure de SteLucie, il y exerçait encore ses fonctions en 1812. Il publia, en 1775, le premier volume d'un peule épicohéroïque, intitulé le Triomphe de l'Eqlise , en !Dème temps qu'un autre volume en prose, contenant le plan entier de cette épopée, qui ne fut achevée qu'en 1786, 8 vol. avec des notes; seconde édition, 1787, 8 vol. plus ample et plus correcte que la précédente. Ce poënie, dont l'Apocalypse de StJean parait avoir fourni l'idée, eut beaucoup de vogue en Italie; mais il est resté tout à fait inconnu en France
  • Jacques WALLIUS ou VANDE-WALLE( 1599) : l'un des meilleurs poëtes latins qu'ait produits la société des jésuites, naquit en 1599 à Courtray, d'une famille honorable. Ayant embrassé la règle de StIgnace à dixsept ans , il se dévoua d'abord à la chaire, et fut attaché par ses supérieurs aux missions des PaysBas. La culture des lettres n'était pour lui qu'un délassement ; et, malgré les éloges de ses amis, il resta longtemps persuadé que ses vers ne méritaient point de survivre aux circonstances qui les avaient fait naître. Les instances de Sidronius Hosschius, son confrère , le décidèrent enfin à laisser paraître le recueil de ses productions. Il en offrit la dédicace au pape Alexandre VII, qui l'en remercia par le don d'une médaille d'or. Les Poésies de Wallius imprimées pour la première fois à Anvers, 1656 l'ont été depuis un grand nombre de fois . Elles sont divisées en neuf livres , deux de pièces sur des sujets héroïques, un de paraphrases d'Horace, trois d'élégies et trois d'odes. Les trois livres d'élégies ont été publiés, en 1723, à la suite des poésies d'Hosschius . e Si, dit Baillet, la réputation était toujours proportionnée au mérite, Wallius « devrait en avoir une sans mesure sur le Parnasse latin , et il y serait aussi parfaitement connu que le premier ponte de son siècle e Jugement des savants , t. 5, p. 360, édit. 01 Plusieurs pièces de Wallins sont adressées à Sidronius, entre autres la septième élégie du livre lei, dans laquelle il le nomme le premier de ses amis ITis mati primus amers. la traduction de quelques fragments des Factice de Wallius. Ce poête , ditil en commençant l'article, ne déshonora point l'ordre des - lignites • l'éloge est mince; mais, dans la pensée de Coupé, c'était comme s'il exit dit fil te plus grand honneur, etc. Broukusius nomme Wallius l'astre le plus brillant de la littérature belgique, et le comble d'éloges dans plusieurs de ses Notes sur Properce et sur Tibulle. Ces louanges sont exagérées, et l'on ne doit voir dans Wallius qu'un versificateur médiocre, dénué de tout ce qui fait k' grand ponte. 11 y a mème peu de facilité et de grâce dans ses vers. Aucun biographe n'a donné la date de la mort de Wallius , et c'est par conjecture qu'on la place vers 1680
  • Jacques WARE( 1594) : l'un des plus savants hommes qu'ait produits l'Irlande, naquit, le 26 novembre 1594, à Dublin , d'une famille distinguée , qui était originaire de la province d'York. Le célèbre Usserius , lui ayant reconnu de grandes dispositions pour l'étude des antiquités, l'encouragea à consacrer ses travaux à celles de son pays. Dans un voyage que le jeune Ware fit à Londres , en 1626 , il se lia avec le chevalier ltobert Cotton, trouva de grandes ressources dans sa bibliothèque, dans ses précieuses collections, ainsi que dans la Tour de Londres, et revint en Irlande pourvu d'une abondante récolte. Devenu par la mort de son père auditeur général, en 1632, il se concilia l'estime de lord Strafford et du duc d'Ormond, qui se succédèrent dans la place de lord lieutenant d'Irlande , et l'admirent dans le conseil privé. Sou zèle pour Charles 1°, lui attira des persécutions. Au retour d'une députation faite à ce prince qui se trouvait à Oxford, il fut pris et enfermé pendant dix mois à la Tour de Londres. Lorsque le duc d'Ormond eut été forcé de rendre Dublin aux parlementaires, en 1647, Ware obtint un passeport pour la France, où il alla se consoler des malheurs de sa patrie dans la société des savants de la capitale. Il se lia surtout avec le fameux Bochart. Après deux ans de séjour à Paris, il obtint la permission de revenir à Londres pour ses affaires particulières et retourna en Irlande lorsque la tranquillité y fut rétablie. Mais ce ne fut qu'après l'avénement de Charles II à la couronne, en 1660, qu'il rentra dans ses places. Le nouveau roi voulut le créer vicomte, puis baronnet; Ware refusa ces titres, parce qu'il avait substitué, par le contrat de mariage de son fils Ailé, son état à sa petitefille. Les distractions que devaient naturellement lui causer des emplois et des commissions difficiles à remplir dans des temps de trouble ne l'empêchèrent pas de se livrer à son étude favorite, de faire des recherches importantes et de publier un grand nombre d'ouvrages qui attestent son patriotisme et sa profonde érudition : 1. Disquisitiones de Hibernia et de scriptcr. hibern., Dublin , 1639 , 1654 , livre trèsrecilcrché ; l'édition de Londres, 1658, est plus ample que les précédentes ; 2° De Hibernia et antiquitatib. ejus disquisitiones , Londres, 1654 ibid. , 1658, avec des augmentations ; 3. De proesulibus Hibernice commentarius, Dublin, 1665 C'est le plus estimé de ses ouvrages. Il avait publié , en 1633, le Coup d'oeil sur l'état de l'Irlande, par Edmond Spenser, d'après un manuscrit de la bibliothèque d'Usserius; — l'Histoire d'Irlande, par le jésuite Campian, d'après le manuscrit de la bibliothèque Cottonienne; — la Chronique d'Irlande, par Meredith Hanmer, avec une continuation, le tout en anglais et réuni dans un seul volume. — Ware publia aussi Venerabilis Bedce cpistolœ duce, necnon vita, abbatunt wiremuthensium et gerwiensium , accessit Eyberti arch. ebor. dialogus de ecclesiast. institutione , Dublin, 1664 Ce savant , que les Irlandais regardent comme leur Camden, a laissé en manuscrit un Voyage dans Vile d'Utopie, qu'il avait composé pendant sa détention à la Tour, ainsi qu'un Itinerariuni gallicum. Ces deux manuscrits sont déposés dans la bibliothèque Cottonienne. 11 préparait d'autres ouvrages lorsque la mort l'enleva le ter décembre 1666. Ware portait jusqu'à l'enthousiasme l'amour de son pays, comme on le voit par ses ouvrages, tous dictés par ce sentiment. Son attachement à ses légitimes souverains lui attira beaucoup de persécutions durant sa vie mais il lui a mérité l'estime de la postérité. Son fils aîné, Jacques, donna en anglais, à Londres, en 1705 un recueil de ses écrits publiés en latin sur les antiquités d'Irlande. Mais l'édition la plus complète de ses OEuvres est celle qui a été imprimée à Dublin, en 1739-1745 , 3 vol. par Walter Harris, qui avait épousé sa petitetille. Cette édition est en anglais : le premier volume contient ce qui a rapport à l'histoire ecclésiastique d'Irlande; le second , divers traités sur les antiquités de cette île, et le troisième, la biographie des illustres Irlandais. Il y a un grand nombre d'additions, dont les unes ont été tirées des manuscrits de l'auteur, et les autres sont le fruit des recherches de l'éditeur, qui a orné cette édition de plusieurs gravures intéressantes. Une seconde édition, Dublin, I76i ne doit son existence qu'a un titre rajeuni. — Robert WARE, fils cadet de largues, a composé un grand nombre d'ouvrages de controverse, où il témoigne beaucoup d'humeur et de prévention contre les catholiques de son pays
  • Jacques WEGUELIN( 1721) : né à StGall , en 17'21, rfut destiné à l'état ecclésiastique, fit ses études au gymnase de sa ville natale et séjourna deux ans à Berne, comme instituteur. Son application et les heureuses dispositions qu'il montra engagèrent la chambre de commerce de StGall à le désigner pour remplir les fonctions de pasteur français dans cette ville; et pour se perfectionner dans cette langue, il se rendit à Vevay. C'est là que pendant deux ans il continua ses études et qu'il fit de grands progrès dans les sciences historiques et philosophiques. De retour à StGall. il y fut pasteur et bibliothécaire, et, depuis 1759, professeur de philosophie. Il publia quelques petits écrits qui le firent connaitre avantageusement et prépara des travaux plus considérables. Ses Derniers entretiens de Socrate et ses Réflexions sur la législation de Lycurgue parurent en 1763. La mémo année, il publia une traduction allemande du discours préliminaire de l'Encyclopédie par . Schlichtegroll lui a consacré un article dans le tome 2 de son Nécrologe. — IVEGUELIN a publié un Résumé des époques les plus importantes de l'histoire d'Allemagne, Zurich, 1757, grand
  • Jacques WELLER DE MOLSDORFF( 1602) : de la § mérite famille que le précédent, naquit à Neu- l' kirchen le 5 décembre 1602, et fit ses premières études à Schlackenwald, en Bohème ; mais cette contrée étant devenue le thatre de la guerre , Welter se retira dans l'électorat de Saxe après avoir été arrêté plusieurs fuis et avoir couru risque de perdre la vie. Il alla ensuite à Nuremberg, où pendant un an il fréquenta le collège de StGilles, et reçut des leçons particulières de l'ha- bile poète latin Zuher. Un gentilhomme, qui s' à ses progrès, le recommanda aux chefs du gymnase de Schleusingen, où il se rendit quelque temps après mais diverses circonstances l'obligèrent de revenir à Nuremberg. Des soldats l'arrêtèrent encore en route et peu s'en fallut qu'ils ne le tuassent. L'année suivante, il alla à l'université de Wittemherg, où il se fit recevoir maitre ès arts en 1627. Quatre ans après, il fut nommé professeur adjoint de philosophie ; et telle fut la supériorité qu'il montra dans cette chaire, que la salle se trouva trop petite pour contenir l'auditoire, et que le conseil lui assigna l'église d'un des couvents de la ville pour y continuer son cours. 'Vers le même temps, il commença à étudier plus particulièrement la théologie, et, ayant obtenu la permission d'en donner des leçons publiques, il s'acquit une telle réputation qu'on lui fit à la fois des propositions à Breslau, à Stettin, à Berlin, à Géra et à Leipsick, et qu'on l'appela au rectorat de l'école de Meissen. Weller balançait et s'excusait en disant que les fonctions de recteur le détourneraient de ses travaux théologiques. L'école de Meissen , qui craignait de le perdre, lui offrit la chaire de professeur extraordinaire de théulogie, et dans la suite celle des langues orientales. En 1640, il abandonna le professorat pour la place de coadjuteur à l'église principale grammetica grœea nora ; acced. Lamb. Bos brerissima syntaris et arcetituum ratio, cum pralat. J. Fischeri , Leipsick , 1784, J. Peisker a dressé des tables pour en faciliter l'intelligence ou l'usage. Parmi ses autres ouvrages, nous indiquerons comme les plus remarquables des Sermons sur la mauvaise conscience, un recueil de six Oraisons funèbres, avec la Vie de l'électeur de Saxe George 1", une édition de la Bible allemande de Luther, avec préface ; Spicilegium quoestionum hebrœo- syrarum; Disp. an puncia hebrœa litteris cotre , dissertation encore estimée ; IJe Calrino- Schwenclifeldianismo, traité dirigé contre Masson, et De guoestione : An hœretieus sit igni an ferro manripandus ? Daniel Henri et Mitternacht prononcèrent son éloge. Le dernier a été imprimé sous le titre de Jo,- Seb. Mittern., etc..., panegy- ricus in Jac. tVellerum, Leipsick, 1666 Voyez aussi Albert, Apex Welleriance, et Lemme', Wellerus redirivus
  • Jacques WILDE( 1679 - 1755) : historien suédois, né en Courlande en 1679 , se liera d'abord à l'enseignement , et fut t'ou?illé par Charles XII professeur , On a de lui : I* Sueriez. historia pra9matiea , qua. rulgo ju( publierez* diritur , etc.. .. torkhoirn , 1731, ; Le fonelernnt, la nature, l'origine et l'antiquité des fois suédoises arec un exposé des changement* qui y ont été faits , ibid., 1736 3• Introduction à l'histoire de Suède, par Pufendorf, arec des additions, des née- es justificatires et des notes, par J. Wilde. ibid.. an le, deux part . , 1738 , 17i3 ; 4• Prerparatio hotlege. tira oCl introductionent Pufendurjii ils Seethici statua historiant, etc. , ibid. , 17 , - 4*
  • Jacques WIMPHELING( 1450 - 1528) : savant théologien et philologue, fut l'un des principaux restaurateurs des lettres en Alsace. Il naquit le 27 juillet 1450, à Schlestadt, d'une famille honorable. A l'âge de quatorze ans il perdit son père, et alla continuer ses études à Fribourg, puis à Erfurt, où il acheva son cours de philosophie. Un de ses oncles, déjà vieux et infirme, le rappela près de lui dans l'intention de lui transmettre son bénéfice ; mais, l'ayant trouvé trop jeune, il le renvoya en Allemagne, se chargeant de fournir à tous ses besoins. Dans le chemin Wimpheling tomba malade, et ne gagna qu'avec peine Spire, d'où il fut transporté à Heidelberg. Quand il fut rétabli, son oncle lui permit de rester dans cette ville, pour y suivre les cours de l'académie. Après avoir reçu le grade de rnattre ès arts dans la faculté de philosophie , il s'appliqua deux ans à l'étude du droit canon, qu'il abandonna pour la théologie, science dans laquelle il se rendit fort habile. 11 reçut le baccalauréat en 1483. Quelque temps après, un de ses amis le fit nommer à son insu prédicateur du chapitre de Spire. Il n'accepta cette place qu'avec répugnance, la croyant au- dessus de ses forces ; mais l'évêque, charmé de ses talents, ne voulut point agréer ses excuses , et fit si bien qu'il le retint près de lui pendant quatorze ans. Doué d'une piété vive et sincère, 'Wimpheling gémissait sur les désordres dont il était le témoin, et souhaitait avec ardeur de pouvoir passer le reste de ses jours dans la retraite. De concert avec Christophe d'Uttenheim et quelques amis qui partageaient son éloignement pour le monde, il s'occupa des moyens de réaliser le projet qu'il avait conçu. Pendant qu'il y travaillait, l'électeur palatin le choisit pour remplir la chaire d'éloquence , de poésie et de littérature grecque qu'il venait de fonder à Heidelberg. Il accepta cette place, niais sous la condition qu'il lui serait permis de la quitter quand il le jugerait convenable. Trois ans après, Uttenheim lui ayant mandé que leur pieux dessein était sur le point de s'accomplir, il se hâta de le rejoindre à Strasbourg. Mais Uttenheim fut nommé, sur ces entrefaites, évêque de Bâle , et Wimpheling ne put refuser à son ami de l'accompagner dans son diocèse. 11 fut pourvu, peu de temps après, d'une prébende du chapitre de Strasbourg, dont il se démit presque aussitôt, par amour pour la paix. Il contribua beaucoup à l'établissement de la première société littéraire de Strasbourg, et il en fut un des principaux ornements . Il consentit à se charger de l'éducation de quelques jeunes gens, parmi lesquels il suffira de citer .1. Sturm et Ringmann , et les suivit aux endémies de Fribourg , de Strasbourg et de Heidelberg. La liberté avec laquelle il attaquait les vices de son siècle ne le laissait pas manquer d'ennemis. Dénoncé par quelques religieux, pour avoir soutenu que StAugustin n'avait jamais été moine, il fut cité devant le pape ; mais il se contenta d'adresser à Jules II une épître apologétique en vers latins, à laquelle il joignit des attestations de la pureté de sa doctrine, et il reçut l'absolution de son prétendu crime. Les troubles qui commençaient à se manifester dans l'Eglise l'affligeaient profondément. Plus d'une fois il avait signalé , dans ses écrits , les abus contre lesquels s'élevait Luther ; mais il ne voulut point l'aider dans ses plans de réforme , et revint à Schlestadt près de sa soeur. Il y consacra ses dernières années à l'éducation de ses neveux, et mourut le 17 novembre 1528, à l'àge de 79 ans, laissant la mémoire d'un savant distingué et d'un homme de bien. Ses restes furent déposés dans un tombeau décoré d'une longue épitaphe, composée par B. Rhenanus , et que l'on trouve dans différents recueils. Wimpheling était l'ami de Geyler dont il écrivit la vie réimprioé à la suite de la Chro- nique de Spire, par Guill. Eisengrein , Dillingen, 1564 ; Oratio querulosa contra invasores sacerdotum , in4° ; 3° Elegantiarum me- dulla oratoriaque prœcepta in ordinem redacta réimprimé plusieurs fois sous le titre qu'on vient de lire, et sous ceux d'Elegantite majores, et de Rhetorica pueris utilissima; O Prte- ceptor germanicus C'est un bon traité d'éducation. Il s'en fit trois éditions dans la même année ; mais l'ouvrage n'en est pas moins rare. 5° Adolescentia , Strasbourg, Mart. Flach, 1500 nouvelle édition, augmen- 'tee, ibid., 1505, 1515 Haguenau, 1508; une suite de l'ouvrage précédent. 6° De in- getegritate, Strasbourg , 1505 et avec des additions, ibid., 1506. C'est, selon Dupin, un des meilleurs ouvrages de Wimpheling. Le 31° chapitre est intitulé Augustinum negue fra- trent, neque monachunt cuculla indutum maquant fuisse ; assertion qui , comme on l'a vu , motiva la dénonciation de l'auteur à la cour de Rome. 70 Apologetica declaratio in libellum de integritate, ; 8° Ad Julium , Pont. Max. , querulosa excusai° 9° Gis Rhenum Germanie, Strasbourg, 1501 trèsrare; réimprimé parles soins de J. Mich. Moscherosch, ibid., 1649 avec l'éloge de l'auteur. Cet opuscule fut critiqué dans le temps par le fameux Thom. Murner . 10° Epitorne renon germani- carum, ibid., 1505 ; Marpourg, 1562 ; Hanau, 1594 réimprimé à la suite de la Chronique de Witikind , Bâle, 1532, et dans le tome premier des Seriptor. rerum germanicar. de Schard. Cet abrégé , quoique trèscourt, mérite cependant d'être recherché, parce qu'il contient beaucoup de particularités curieuses. 11° De probe insiitutione puerorum in trivialibus et adolescentum in universitatibus et gymnasiis, Haguenau, 1514 , 111-4° ; 12° Sernto ad juvenes gui sacris ordinibus initiari et exarnini se submittere pelant , Strasbourg , 1514 130 Expurgatio contra detractores, Vienne, 1514 trèsrare, inséré par Riegger dans les Amcenit. lutter. friburgens., p. 416-426. Wimplie- ling y répond aux reproches de ses ennemis, et donne avec une candeur admirable les détails de sa vie depuis son enfance. {V De gernzanica, na- tionis et imperii gravaminibus contra sedan et ce- riarn ramenant tractatus , Maximiliani Coesaris fusses criptes ; et contra " E'nece Sylvii tractaium de iisdeen replicce ; avec la Gerniania d'Énée Sylvius , Strasbourg, 1515, inséré par Freher dans les Scriptor. hist. German., t. p. 377 ; et par Goldast dans les Politica imperial. On trouve des notices plus ou moins détaillées sur Wimpheling dans Melch. Adam, De vitis theo- logorum germanor.; dans Fretkr, Theatr. viror. eruditor.; dans Niceron, Mérn. des hommes illus- tres, t. 28 , mais la meilleure biographie de cet écrivain est celle que Riegger a publiée dans les Amtenit. litterar. friburg., p. 161-581 ; elle est composée des témoignages de ses contemporains, de l'indication de ses ouvrages dont Riegger pro- duit presque toutes les préfaces, et de plusieurs lettres inédites. Consultez aussi une Notice sur Inmpheling , considéré principalement dans ses rapports avec l'Eglise et les écoles, par M. A. G. Schwalb, Strasbourg , 1851
  • Jacques WINSHECOMB ou WINCHESCOMB : nom justement fameux dans les chroniques anglaises, était, sous le règne de Henri VIII, un riche fabricant de draps dans la ville de Newbury, où il occupait seul jusqu'à cent métiers. Lorsqu'en 1513 le roi Henri eut déclaré la guerre à Jacques IV , roi d'Écosse , Winchescomb eut la passion de signaler à la fois sa loyauté envers son prince, et son amour pour son pays. Des cent chefs de ses cent métiers il forma une compagnie de cent hommes d'armes, qu'il équipa tous à ses frais, s'en établit le capitaine, les conduisit à l'armée royale,. et contribua efficacement à la victoire sanglante de Floddeefield , où le roi d'Écosse fut tué, après avoir fait inutilement, des prodiges de valeur. Satisfait de la gloire d'a- voir eu part à un triomphe si éclatant, le capitaine redevint fabricant , ramena sa petite armée à $P3 nombreuses manufactures, et, aussi bon citoyen qu'il avait été brave soldat , employa une partie de sa fortune, toujours croissante, à enrichir sa ville natale de constructions utiles et de pieuses fondations. On l'appelait communément Jacques de Newbury. La reconnaissance des habitants s'est perpétuée jusqu'à ce jour, de génération en génération. Tant que sa maison a subsisté, ils l'ont montrée à tous ceux qui ve- naient visiter leur ville, et ils montrent aujourd'hui, avec le mème sentiment, une tour qu'il a fait construire, et une chaire artistement travaillée, dont il a orné une de leurs principales églises. L'académicien français auteur des Mé- moires sur la vie de Bolingbnike nous paraît avoir été injuste, lorsque, après avoir reconnu que W chescomb avait fait un bien immense à ses conci- toyens , il lui a reproché comme une faiblesse d'avoir été aussi le bienfaiteur de l'Église. Le reproche serait mérité si le donataire, immodéré dans ses dons, eût privé ses héritiers légitimes d'une partie considérable de sa succession, pour ajouter a la richesse de moines opulents; niais il s'en faut bien que Jacques Winchescomb ait déshérité sa famille des biens qu'il avait acquis par sa noble et patriotique industrie. Son descendant direct, sous le règne de Charles II, était le chevalierbaronnet Henri Winchescomb de Bucklebury, dans le comté de Berks. La richesse de ce gentilhomme était si considérable que sa fille. quoique cohéritière avec son frère aîné de la fortune paternelle, fut jugée un parti excellent et trèsdésirable pour le célèbre lord vicomte de Bolingbroke, alors Henri SaintJean. La dot qu'elle lui apporta fut une des dernières ressources de cet illustre personnage, lorsque les incroyables vicissitudes qui ont rempli sa destinée l'eurent précipité, du faite de la puissance et de la richesse, dans l'abîme de la proscription et de la détresse
  • Jacques WOODHOUSE( 1770 - 1809) : chimiste célèbre, né dans l'Amérique du Nord en 1770, fit ses études à l'université de Pensylvanie de la manière la plus briliante, et après avoir fait di% ers voyages pour acquérir des connaissances, devint en 1792 professeur de chimie à la mème université, Sa dissertation inaugurale, qui a été imprimée dans la même année, eut pour sujet l'analyse des vé- gétaux astringents. On a de lui : 1. le Manuel du jeune chimiste, avec k Laboratoire portatif, 1797 * ; 2• Réponse aux observations du docteur Priestley sur la doctrine du phlogistique et la dé- compo4itiun de l'eau, insérée dans le 4' volume des Transactions de la société philosophique d'Amé- rique; 3' une édition de la Chimie de Chaptal. traduite en anglais, avec des notes, 1807, 2 vol. Woodhouse mourut en 1809
  • Jacques YVER( 1520) : sieur de Plaisance, gentilhomme poitevin, naquit à Niort en 1520. Piqué du reproche que les Italiens faisaient aux Fran-çais de n'être que de serviles imitateurs dans leurs ouvrages, il publia, en 1572, un roman intitulé le Printemps dTver, qui contient cinq histoires discourues par cinq journées, en une noble compagnie au château du Printemps. Le livre est dédié aux belles et vertueuses demoiselles de France, en faveur desquelles , ayant la main trop faible pour tenir la plume de eygne, il prit la plume d'un passereau. On y trouve une imagination assez vive, des situations intéressantes, de l'aisance et de la facilité dans le style, et un ton de conversation bien soutenu. Les vers qui suivent ce roman n'ont pas le même mérite. Le Printemps fut bien accueilli du public ; c'est ce que démontrent les éditions qui se succédèrent en 1574, 1575, 1582. , 1588, 1599 et 1618. Devenus rares, ces divers volumes sont recherchés des bibliophiles. Une analyse de ces nouvelles se trouve dans la Bibliothèque des romans , 1786, t. 2. et elles ont été réimprimées dans les Vieux conteur, français, 183%, grand Yver se proposait de publier d'autres ouvrages , lorsque la mort le surprit à la fleur de l'àge
  • Jacques ZUCCHI( 1600 - 1590) : peintre, né dans le 16° siècle à Florence, fut élève de Vasari. Etant venu à Rome vers 1572, il y trouva dans le cardinal Ferd. de Médicis un protecteur plein de zèle , et qui lui fournit les moyens de se faire connaître. Il exécuta pour son patron un tableau représentant la Pèche du corail, dans lequel il plaça les portraits des plus belles dames romaines. Le succès qu'obtint ce tableau fit la fortune de l'artiste. Il fut chargé de plusieurs grands ouvrages, et mourut trèsriche vers 1590. Outre des fresques au Vatican et dans plusieurs églises, on cite de lui un St- Gréyoire célébrant la messe, tableau dans lequel , par un anachronisme volontaire, il a représenté l'intérieur de l'église de StPierre et les principaux membres du sacré collège, au milieu desquels on distingue le cardinal de Médicis. — ZUCCHT , frère du précédent et son élève , travailla d'abord sous sa direction. Il réussissait assez bien à peindre les fleurs et les fruits, niais il ne sut jamais s'élever à de grandes compositions. Après la mort de son frère, il abandonna la peinture pour s'appliquer à la mosaïque , genre dans lequel il s'est rendu célèbre. C'est à lui qu'on doit les belles mosaïques de la coupole de StPierre , qu'il exécuta sur les dessins de Joseph Cesari d'Arpino, plus connu sous le nom de Josepin. Zucchi mourut vers 1620. Voy. Baglione, Vite de' pittori. Ws.
  • Jacques WYATT( 1743 - 1813) : un des plus célèbres architectes modernes, naquit à Burton, dans le comté de Stafford , vers l'année 1M, et fit ses premières études dans sa ville natale, où il resta jusqu'à l'âge de quatorze ans. A cette époque, lord Bagot, ambassadeur de la GrandeBretagne près de Sa Sainteté, étant parti pour l'Italie, Wyatt eut le bonheur d'être compris dans la suite de ce diplomate. Arrivé dans l'ancienne capitale du monde, le goût qu'il avait déjà montré dans l'humble cité de Burton pour les beautés de l'architecture se développa à la vue des chefsd'oeuvre de l'antiquité et des belles imitations des modernes. Riche d'enthousiasme, d'imagination et de patience, il étudia avec le soin le plus minutieux ces admirables monuments, et se pénétra des idées, du génie, du caractère des artistes qui les ont créés. On l'a entendu raconter, dans la suite, que pendant son séjour à Rome il avait souvent grimpé jusque sur le sommet de la coupole de StPierre, et qu'il mesurait de ses mains la hauteur de ce gigantesque édifice. De Rome, Wyatt se rendit à 'Venise, où, sous la tutelle du célèbre Viscentini, il joignit à l'étude de l'architecture celle de la peinture, ou du moins des principes de cet art. Revenu en Angleterre, à vingt ans, il se trouva capable de prendre place parmi les mattres les plus habiles à un âge où beaucoup ne peuvent reine pas siéger sur le batte des écoles. Il ne lui manquait qu'un grand ouvrage à exécuter. Le plan du Panthéon de Londres, Oxford Street, fixa sur lui l'attention publique, et le plaça parmi les premiers architectes anglais. Ce bel édifice se recommandait pour la grandeur et l'harmonie de l'ensemble, pour la profusion et la sévérité des ornements, mais on ne peut plus en juger aujourd'hui ; il a été rebâti d'après d'autres plans muses un incendie, et les Nues, les descriptions du temps sont très•incomplètes. De toutes les parties de l'Angleterre et bientôt de l'Europe, on adressa des demandes, des propositions à Wyatt. L'impératrice de Rassie le lit engager par son ambassadeur à quitter Londres pour Pétershourg ses appointements en Russie devaient être portés à la somme qu'il fixerait luimême. Quelque avantageuses que fussent ces conditions, W•att refusa d'y souscrire. Il était d'ailleurs sans cesse et lucrativement employé tant par le gouvernement que par les particuliers. A la mort de sir William Chambers , il fut nommé à sa place inspecteur général des bâtiments; et peu de temps après, Benjamin West ayant été obligé, par suite d'une contestation, de résigner la présidence de l'académie royale, Wyatt fut élu pour le remplacer. Il refusa néanmoins les fonctions honorables qu'on lui imposait, et ne lès accepta enfin que sur l'ordre formel du roi : encore les renditil à West l'année suivante. Parmi les nombreux édifices élevés ou restaurés par Wyatt, les plus remarquables sont le palais de Kew, , l'église d'Ilauworth, le palais des lords, la chapelle de Ilenri VII, le château de Windsor, Bulstrode, DoddingtonHall, etc., etc.; le collée Downing à Cambridge, qui est loin d'être son meilleur ouvrage, le château ou l'abbaye de Fouthill , bâti par un homme fort riche et capricieux, M. Beckford, qui voulut donner à cet édifice la forme d'une église. La critique moderne est assez sévère à l'égard de Wyatt, dont le style grec, visant à une grande simplicité, parait froid et pauvre. D'ailleurs les occupations de cet architecte étaient tellement multipliées qu'il ne pouvait étudier sérieusement ses projets ; il se contentait de donner des croquis tracés à la hâte et qu'il exécutait souvent dans la voiture qui le transportait avec rapidité d'un endroit à un autre. Il est heureux surtout dans les compositions où il a suivi les règles de l'architecture grecque : celles où il s'est abandonné à ses propres inspirations, celles où il a essayé d'imiter le genre gothique sont loin d'être également admirées par les connaisseurs. Peut-être estce la faute du genre plus que celle de l'artiste. Tant de travaux, la plupart magnifiquement récompensés, auraient dei, au bout d'une carrière de quarantehuit ans, donner à Wyatt la fortune d'un prince; malheureusement son économie n'égalait point ses talents. Il mourut le 5 septembre 1813, âgé de 70 ans, sur la route de Londres, où il se rendait dans la voiture d'un de ses amis. Une autre voiture avant accroché celleci, la Violence du choc donna, à ce que l'on suppose, une commotion violente au cerveau de notre architecte, et il expira surlechamp
  • Jacques XIMENÈS( 1500 - 1666) : pete espagnol, né vers le milieu du 16e siècle, à Arcos de la Frontera, dans l'Andalousie, fit imprimer en 1579, à Alcala de Ilénarès, un poërne héroïque en langue espagnole sur les expéditions de l'invincible cavalier L'ouvrage de Fléchier, publié à Paris en 1693, a été réimprimé plusieurs fois; il a 'te traduit en allemand, en espagnol et en italien. Le travail rie Mersollier a paru en 1694; il en existe d'autres éditions datées de 169b, 1704 et 1139. En fait d'écrits plus ricents, on peut signaler ceux de M. Benjamin Barret t Fie du cardinal Xemenès , peintre, naquit à Saragosse, en 1598, apprit les principes de la peinture en Espagne et se rendit à Rome pour étudier les ouvrages des grands maîtres de l'art. C'est là qu'en appropriant à son talent ce que chacun avait de plus remarquable, il parvint à se faire une manière qui était pour ainsi dire l'extrait des différents genres qu'il avait étudiés. De retour dans sa patrie, Ximenès mit en pratique les grandes leçons qu'il était ailé puiser en Italie. Les plus beaux monuments de Saragosse furent enrichis de ses ouvrages. Il est facile de reconnaître, en voyant ses tableaux, à quelle école il s'est formé; ils ont tout l'appareil des grandes machines italiennes et la simplicité des compositions espagnoles. Il y a quelque analogie entre ses tableaux et ceux de Lebrun tous deux peignent avec une espèce de magnificence qui leur est particulière. On voit dans la chapelle de StPierre de Saragosse trois compositions de Ximenès, dont chacune a plus de quarante pieds; elles sont si bien remplies par le sujet qu'elles représentent que la grandeur du cadre ne s'y fait sentir que par l'admiration qu'inspire le pinceau qui a su l'animer de tant de vie, d'éclat et de noblesse. Les petits tableaux de Xi- menès ne sont pas moins estimés en Espagne que ses grands ouvrages d'apparat. Ce peintre mourut à Saragosse, en 1666
  • Jacques ZABARELLA( 1533 - 1589) : célèbre philosophe du 16. siècle, naquit à Padoue le 5 septembre 1533, d'une famille patricienne . Ayant hérité de l'ardeur infatigable pour l'étude qu'avaient montrée quelquesuns de ses ancêtres , il suivit d'abord les leçons de Faseolus et de Robortello, deux habiles grammairiens, et se trouva bientôt en état de lire les ouvrages d'Aristote sans le secours d'une traduction. Dès qu'il eut achevé ses humanités, il se livra de préférence à la philosophie et aux mathématiques, et fit surtout dans cette dernière science des progrès non moins rapides que dans les langues. Honoré du laurier doctoral à vingt ans, fi fut admis en 1561 au nombre des professeurs de l'académie, y remplit pendant quinze ans la chaire de logique, et fut ensuite pourvu de celle de philosophie, qu'il garda jusqu'à sa mort. Il eut de fréquentes disputes avec Fr. Piccolomini , son collègue. Supérieur par le raisonnement et par la profon- deur des idées, Zabareila n'avait pas la même facilité d'élocution que son adversaire ; mais on ne doit pas se presser d'en conclure qu'il manquait du talent de la parole. Chargé plusieurs fois de haranguer le sénat de Venise au nom de l'académie, il s'en acquitta toujours avec succès. Sa réputation franchit les limites de l'Italie. Son traité de logique fut adopté par la plupart des universités d'Allemagne. Le roi de Pologne lui lit faire des olfres avantageuses pour l'attirer dans ses Etats; mais il ne put jamais se décider à s'éloigner de sa ille natale. On est fàché de voir qu'à l'étude des sciences éminemment rigoureuses et exactes, Zabarella ait joint celle de l'astrologie judiciaire et sacrifié ainsi aux idées dominantes de son temps. Les biographies anecdotiques sont remplies de prédictions de Zabarella , accomplies , nous diton , par les événements. On assure, entre autres particularités de ce genre, que peu de jours avant sa mort il fit apemevoir à un de ses élèves une étoile de sinistre augure, et qu'il prétendait être un signe de sa tin prochaine. C'était probablement tis de ses ancêtres avait obtenu de l'empereur Maximilien le titre de comte palatin , qu'il transmit à ses descendants. Jacques Zabarella le prend à la tète de ses ouvrages. Cep,ndant quelques auteurs veulent que ce titre ait été donné à notre philosophe par Maximilien II, et qu'ensuite l'empereur Rodolphe, en le lui confirmant, l'ait de plus déclare héréditaire. une étoile tombante, et il ne semblera sans doute pas très- miraculeux qu'un homme frappé de l'idée de sa mort et sentant peut-être les symptômes d'une dissolution prochaine ait tenu ce langage, plus digne au reste d'un illuminé et d'un enthousiaste que d'un philosophe, e surtout d'un philosophe peu crédule. Zabarella mourut au mois 'd'octobre 1589, à l'àge de 56 ans. Ses restes furent déposés avec pompe dans l'église StAntoine. Franç. Riccoboni prononça son oraison funèbre. Une médaille fut frappée en son honneur ; et le sénat de Venise dota la cadette de ses tilles. Zabarella était habitué à contrôler l'autorité d'Aristote luimême, et dans un de ses ouvrages il soutient qu'il est impossible de prouver l'immortalité de l'âme par les principes du physicien de Stagire ce n'est, ajoutaitil , qu'en admettant l'éternité du mouvement que l'on peut conclure l'existence lil'un premier moteur. Ces deux propositions l'ont ait accuser d'athéisme. Mais Zabarella déclara qu'il admettait comme chrétien les vérités qui ne peuvent être démontrées par les arguments de la philosophie ; et son livre, soumis à l'examen des censeurs de l'inquisition, fut approuvé 'sans aucune réclamation. On lui doit un assez grand nombre d'ouvrages dont on trouve les titres dans Histoire de l'académie de Padoue, par Papadopoli . Comme ils sont tombés avec le règne de la philosophie scolastique, on se contentera d'indiquer ici les principaux : 1° Logica, en deux livres, Padoue, 1597 ; souvent réimprimé. On peut joindre à cet ouvrage fondamental divers traités spéciaux relatifs à des détails de la logique. Tels sont deux livres sur les pro- positions nécessaires, un autre sur la conversion de la démonstration en définition, un autre encore sur les diverses espèces de démonstration, etc., etc. Tous ces opuscules sont en latin. 2° De rebus natura- libus libri 30, quibus quoestiones, qua, ab Aristotelis interpretibus hodie tractari solent, accurate discu- tiuntur, ibid., 1589 , 1594, in4.; Physira, 1601 C'est un commentaire de la Phy- sique d'Aristote. 40 De anima, 1606 ouvrage posthume. Le recueil de ses oeuvres a été imprimé à Francfort en 1618 Zabarelia laissa de son mariage avec Elisab. Cavania neuf enfants, trois tilles et six fils, dont quelquesuns ont cultivé la philosophie à l'exemple de leur père, mais non pas avec le même succès. On trouve des notices sur ce philosophe par J. Tomasini dans les Elogia doctor. viror., t. 1, p. 138, et par J. Imperiali dans le Musteum historicuni, p. 117; mais Bayle, à qui l'on doit un article fort ,urieux sur Zabarella, observe que ses deux biographes n'ont pu s'accorder ni sur les traits de son visage ni sur les qualités de son esprit. Tomasini lui donne une belle physionomie et un esprit extrêmement vif; Itnperiali le représente au con Elle est figurée dans le Mus. Id azsuchellianum t. 1, pl. 9. traire comme un homme d'une laideur repoussante , et si lent à coordonner ses idées , qu'il était obligé de demander du temps pour répondre aux objections de ses élèves. Outre les auteurs déjà cités , on peut encore consulter sur Zabarelia l'Histoire de la philosophie , de Brucker, , t. 4, p. 200, et le Dictionnaire des sciences phi- losophiques, t. 6, p. 1016, qui contient un bon article signé B. H. . Ce philosophe est signalé comme un des esprits les plus fermes du 16° siècle et comme digne de tous les éloges que lui décerna l'admiration de ses contemporains. Sa méthode fut une sorte de compromis entre la logique du 13° siècle et la rhétorique du 16e. — Jacques ZABARELLA dit le Jeune, pour le distinguer du précédent, était comte de l'ordre de StGeorge, et commença à se faire connaftre vers 1646. On lui doit P Trasea Peto , orrero origine della famiglia Zeno di i1 Padoue, 1646 , 2. Elogia illustrium Patavinorum, 1670, ; 3° Centon stemmata origintan polo nicarum; 4° Aula heroum, sire Fasti Romanorunt ab Urbe condita usque ad ann. Christi 1674 C'est la seconde édition. 5° Des Généa/ oyies plusieurs familles de Venise, de Padoue, de Rome, etc., de la reine Christine de Suède. — Jules ZABARELLA , fils aîné de Jacques l'ancien, acquit de la réputation comme mathématicien ; mais une passion effrénée pour les femmes abrégea ses jours. Il y avait déjà cinq ans qu'une faiblesse de nerfs, fruit de ses excès, l'avait réduit à garder continuellement le lit, lorsqu'il mourut encore jeune
  • Jacques ZANE( 1529 - 1560) : célèbre poêle italien, naquit en 1529 , à Venise, d'une famille patricienne qui a produit plusieurs autres littérateurs, ainsi que des guerriers et des magistrats distingués. Initié de bonne heure dans les sciences et dans les arts libéraux, il ne s'attacha qu'à la poésie. Etant conseiller à la Canée, il charma les loisirs que lui laissait cette place en composant une tragé- dielléléagre ; et deux poêmes in ° nava rima l'Art d'aimer, imité d'Ovide, et Xercès vaincu par les Grecs. Mais c'est surtout. comme poête lyrique que Zane s'est acquis une grande réputation. Les critiques italiens le placent à côté de leurs menteurs écrivains en ce genre. Il fut enlevé par une mort prématurée, au mois de novembre 1560, étant âgé de 31 ans. On trouve quelques pièces de Zane parmi les Rime diverse de Dolce, Venise, 1551, in -8°. Ses Rime et ses Sonneti ont été recueillis par Denis Atanagi, Venise, 1561 ou 1562 Les exemplaires avec cette dernière date contiennent la vie de l'auteur, par Jérôme Ruscelli; voyez les notes d'Apost. Zeno sur la Biblioteca de Fontanini , t. 2, p. 69, et les &rit- tori vene,.... iani du P. Agostini, t. 2, p. 582. — ZANE , de la mème famille. florissait vers le milieu du 16. siècle. On a de lui quelques pièces de vers et des opuscules écrits avec élégance. Voyez les Scrittori t. 1.T, p
  • Jacques ZANONI( 1615) : botaniste italien , naquit à Montecrhio, dans la Lombardie, en 1615. Son père , qui exerçait dans cette ville la profession ' d'apothicaire, l'ayant laissé orphelin en bas Age, il fut élevé sous les yeux de son oncle et de sa mère avec beaucoup de soin , et apporta dans toutes ses études un zèle et une facilité peu , ordinaires; mais ce fut surtout à la botanique H, qu'il se livra avec ardeur. Ses parents, qui voyaient dans cette science la base de la phar- ilenacie, secondèrent ses dispositions et son. goùt. ' A vingt ans, il fut envoyé à Bologne, où il lier- ' borisa avec le savant Atnbrosini, dont il devint - le disciple favori et presque l'émule. Aussi, à vingtsept ans, futil nommé par les adminis trateurs municipaux de cette ville gardien du jardin botanique, en remplacement du vieux Paul Gallo, admis à la retraite, après quarante ans de services. Le jardin ne tarda pas à se ressentir du changement opéré dans la personne du directeizr. zanoni parcourait sans cesse avec toute l'activité du jeune Age les montagnes et les plaines des environs, pour leur enlever de nouvelles riphesses. Il augmenta ainsi d'un grand nombre èces, qui jusquelà avaient échappé aux recherches, les cartons du musée botanique. Il les pourvut aussi d'échantillons plus beaux ou plus remarquables que les précédents. Enfin il perfectionna la méthode de dessiccation, et facilita les moyens de conserver plus longtemps et avec plus de traits caractéristiques ces dépouilles flétries de l'empire végétal. Ses nombreuses relations avec les savants les plus illustres de toutes les parties de l'Italie, ainsi qu'avec ceux de la France, le mirent à méme (l'obtenir beaucoup d'espèces , de variétés, ou mème de genres étrangers à la Flore bolonaise; et les plantes de l'Inde et de l'Amérique vinrent en grand nombre se inéler, dans sa collection , à celles du royaume de Naples, de l'Etat romain et de la Lombardie. Alors il s'occupa de donner la nomenclature et la description de ses riehesses, ét préluda à l'ouvrage qu'il méditait par la publication de deux 'tableaux , 1671. L'accueil favorable que ce spécimen reçut du publie l'encouragea à continuer; et il lit paraitre la première partie de ses obser vations sous le titre de Storia botaniea delle piaule più rare, etc. Bologne, 1675, un vol. 11 travaillait sans relAche à là seconde partie, pour laquelle il avait rassemblé des notes précieuses, et rédigé déjà beaucoup de descriptions, quand il fut atteint d'une maladie mortelle , et emporté le 2 Pi suffi 168:.e. Son fils Peregrino Zanoni, qui se proposait de compléter et de faire paraître les travaux de son père, ayant luitnème été enlevé quelques années après, les manuscrits du savant botaniste restèrent ensevelis dans l'oubli jusqu'à ce qu'enfin ses héritiers, stimulés par les offres d'un riche Anglais, résolurent de les tirer de la poussière. Ils s'adressèrent à Gaétan Monti , du botaniste de ce nom, et le prièrent de mettre en ordre les manuscrits de lt.tir aïeul. Mais celuici , regardant les notes qui restaient comme peu propres à composer un nouvel ouvrage ou une seconde partie de l'ouvrage publié, se borna à en faire une traduction latine, dans laquelle il intercala les fragments inédits de Zanoni, et où d'ailleurs il se permit quelques modifirations dont il rend compte dans un discours préliminaire. Cette traduction parut, précédée d'une Vie de Zanoni et du P. Matthieu de SaintJoseph , carme et missionnaire dans l'Orient, sous le titre de Jacobi Zanonii rarioram stirpium historia ex parte olim cuita , nunc , etc., Bologne , 1742 , figures. On a aussi de Zanoni un opuscule intitulé Indice delle piante trovate nell' mina 1652 nel riag gio di Castiglione ed altri manu i di Bologna , Bologne, 1653, fol
  • Jacques ZENO( 1417 - 1481) : petitfils de Charles Zeno et fils posthume d'un Jacques Zeno, mort en 1417, naquit au mois de décembre de la même année, étudia à l'université de Padoue, et après y avoir été admis aux honneurs du doctorat in utroyae, se rendit à Florence, où le pape Eugène IV tenait le célèbre concile qui porte le nom de la capitale de Toscane. Zeno , nommé référendaire apostolique, se distingua, eu 1441 , par son éloquence dans le procès des Giustiniani et fut dès lors regardé comme un des orateurs les plus habiles de son siècle. Thomas Parentucelli, depuis pape, sois le nom de Nicolas IV, le lit nommer vicaire apostolique, et en 1456 ou, selon Ughelli, 1447, il devint. évêque de Bellune et de Feltre. Dans la suite, Pie If le transféra à l'évêché de Padoue ; la vie des papes jusqu'à Clément V : les Bollandistes se sont beaucoup servis de cet ouvrage, qui était aussi à la bibliothèque Ambrosienne ; la vie de Charles Zeno, son aïeul . Ce morceau biographique, dédié au pape Pie IV et écrit en latin, fut publié eu italien UssumCassano , Er: mn- Cassa, c'est ainsi que les éc:1- vains occidentaux ont travesti le nom d'OutounHaçanBeyg. par un certain Francesco Querini , tradu,teur assez médiocre, Venise, 1544; Bergame , 1591 Venise, 1606 . On préfère l'original latin, qui ne parut que longtemps après dans la collection des historiens d'Italie de Muratori t. 19. — Antoine ZENO , dit le Jeune, helléniste vénitien du 16° siècle, appartenait à la famille patricienne de ce nom. On lui doit un commentaire sur les discours de Périclès dans Thucydide et de Lepidus dans Salluste , Venise, 1569, 1 vol. qui n'est point audessous de la foule des ouvrages philologiques du temps
  • Jacques ZEVECOT ou ZEVECOTIUS( 1604 - 1635) : poëte hollandais , né à Gand en 1604 , montra, dès sa plus tendre jeunesse, d'heureuses dispositions pour la littérature. Il s'appliqua d'abord au droit, et suivit pendant quelque temps le barreau, qu'il quitta pour embrasser la règle de StAugustin. 11 s'y distingua par ses talents et par les poésies latines qu'il mit au jour. En 1624 , il partit pour l'Italie, visita presque toute la Toscane ; refusa plusieurs emplois à Rome , où l'accueillirent le pape Urbain, les cardinaux Dubourg, 111affei et Cobellut ; revint par le Piémont , et s'arrêta quelque temps à Lyon, d'où il repartit pour se rendre à Amiens, et enfin à Gand. Son voyage en Italie avait beaucoup déplu à sa famille. Il paraît qu'à son retour il embrassa les nouvelles opinions : car on le voit à Leyde, sur la fin de 1625, montrer beaucoup de zèle pour la secte qui les professait, et enfin se faire ou vertement protestant. Cette mème année , il donna une nouvelle édition de ses poésies ; et l'on trouve dans son recueil une pièce de vers qui lui fut adressée , à ce sujet, par Daniel He , son parent, poëte comme lui et savant commentateur. Peu de temps après , il obtint à Harderwick une chaire d'histoire et d'éloquence, qu'il remplit avec distinction. Il paraît qu'il s'y maria avant l'an 1630 ; car dans l'élégie 22° du 3 livre, il déplore la perte de sa fille Marie, née dans cette ville le 13 octobre de cette année, et qui y mourut le 14 août 1635. La dernière édition de ses poésies fut donnée par l'auteur luimême, qui l'adressa, avec une épttre en vers , aux consuls et sénateurs de la république ,.'Harder• wick, ainsi qu'à leur secrétaire. Il dit dans cette épître que toutes ses poésies furent composées avant la mort de sa fille, dont il conserve encore un souvenir douloureux ; et il y prononce un adieu éternel aux Muses. La douleur, qui avait brisé sa lyre, le conduisit, peu de temps après, au tombeau.Ilmourut, le 17 mars 1646, à peine âgé de 42 ans. MarcZuer Boxhorn , son ami, lui lit une épitaphe d'après laquelle on serait tenté de croire qu'il fut le premier poëte latin de son siècle, si l'on ne savait tout ce qu'il faut rabattre des éloges des contemporains. Le recueil de Zevecot contient 10 trois livres d'Eléyies, dont les unes roulent sur divers sujets de piété, et les autres sont des lamentations perpétuelles du poëte sur ses infirmités , ses maladies et sa mauvaise fortune. Plusieurs sont adressées à ses amis, parmi lesquels on remarque Juste Harduon , son parent et Pote comme lui ; Ambroise Theunamans, Fr. Swertius, Frvcius Puteanus, Fulgence , Jacques Van Zever , Juste Ryck , Jean Van Havre % Talla, Chrysostome Henriquez , historien, et JeanIsaac Pontanus. 2° Deux tragédies, N'aria Grœca et Rosimunda. Ce dernier sujet est tiré de l'histoire de Lombardie. On sait qu'Alboin, roi des Lombards, ayant fait boire son épouse Rosamonde dans le crâne de son père Cunérnond , la reine se vengea de cette par l'adultère ; qu'ayant à peine donné sa main au meurtrier du roi, elle aspirait déjà à convoler à de troisièmes noces par un nouveau crime, lorsque son mari, à qui elle avait présenté un vase empoisonné , la força d'en boire, et punit ainsi son double attentat. La pièce est passablement écrite , mais dénuée d'action. On y trouve quelques pensées fortes; mais l'auteur est guindé : il se jette dans la déclamation, et ne parle jamais comme la nature. 3° Des Sylves, dont la première et la plus remarquable est une espèce de satire contre la dépravation des moeurs; 4• trois livres d'Epigrammes, qui en contiennent chacun cent , dont la plupart sont assez bonnes, mais quelquefois obscènes. On lui attribue plusieurs autres ouvrages, tels qu'une tragicomédie d'Esther, une tragédie du Siége de Leyde, en vers flamands, 1626 ; des Emblèmes, dans la même langue, et deux écrits satiriques contre l'Espagne et la maison d'Autriche, intitalés, l'un : Obier- rata politica ad C. Suelonii Julium Coesarent, Amsterdam , •630 ; et l'autre : Observa- tiones maxime politica, in L. ', bruns, Harderwick, 1633 Constantin Huygens parle avaetageuseraent de ce dernier ouvrage, dans une ' lettre à Jean- Isaac Pontanus, dont une partie est consacrée à l'éloge de Zevecot. Paquot lui a consacré un article très- étendu dans son Histoire littéraire des Pays- Bas. MGR.
  • Jacques ZIEGLER( 1480) : célèbre théologien et mathématicien , était né vers 1480 , à Landaw, dans la basse Bavière. Ayant achevé ses études à l'académie d'Ingolstadt , il embrassa l'état ecclésiastique , et visita les principales villes d'Allemagne et de Hongrie , explorant partout les bibliothèques et les archives pour découvrir de ' nouveaux documents historiques. Il était à Bude lorsque Celio Calcagnini y vint à , la suite du cardinal Hippolyte d'Este; et il se lia dès ce moment avec lui d'une amitié durable. Le crédit de ses protecteurs n'ayant pu lui faire obtenir un bénéfice en Hongrie , Ziegler prit le parti de se rendre en Italie pour y perfectionner ses connaissances par la fréquentation des savants. Pendant son séjour à Rome. il eut souvent occasion de voir Jean Magnus, archevêque d'El> sal , et Pierre , évêque de Vesteros; on a écrit, niais à tort , qu'il avait occupé une chaire de professeur en Suède. Plus tard, attaché comme secrétaire à George Fronsperg ce norii, l'un des généraux de CharlesQuint, il fut témoin du sac de Rome, en 1526. Il revit ensuite à Fer- rare son ami Calcagnini , qui tenta de le retenir dans cette ville par l'offre d'une chaire de mathématiques. L'académie de Padoue, alors si célèbre, témoigna le désir de le compter parmi ses professeurs. En quittant l'Italie, il s'arrêta quelque temps à Venise, où J.B. Egnazio et Jérôme Savorgnan° se disputèrent le plaisir de remplir à son égard les devoirs de l'hospitalité. Il s'attira Par ses talents et par ses qualités personnelles la bienveillance de la plupart des nobles vénitien Quelques écrivains prétendent qu'après son retour en Allemagne , Ziegler fut professeur à l'académie d'Ingolstadt. Suivant de Thou , il ouvrit une école à Vienne ; mais celte ville ayant été menacée par les Turcs , il accepta offres de l'évêque de Passaw , qui lui fournit les moyens de se livrer en paix à la culture des lettres et des sciences. Ce fut dans cette ville qu'il termina son utile et laborieuse carrière, au mois d'aoùt 1549. La franchise avec laquelle Ziegler signale les empiétements des papes et les vices de la cour de Rome a fait mettre la plupart de ses ouvrages à l'index. Mais de ce qu'il désirait la réforme des abus, on a eu tort de conclure qu'il avait embrassé le protestantisme Les té moignages d'estime et de bienveillance qu'il re-çut de l'évêque de Passaw , pendant vingt ans, suffisent pour prouver que Ziegler ne cessa point d'ètre fidèle à la foi catholique. Ses ouvrages sont : t° Libri y adrersus Waldereses , Leipsick 151.2 ; 2° Libellus adrersus Jacobi Stunicœ ' maledicentiam, Dàle , 1523 C'est une défense de la traduction du Nouveau Testament, ; par Érasme. 3° ln Plinii de naturali historia li- L bruni secundum commentarius quo dillicultates pli i ; nianœ, presertim astronomire, tolluntur, et orge- NUM quo catholica siderunt, ut apud Plinium est, mira arte docetur, , ibid., 1531 ; 40 Syria ad Ptolemaici opens rationern, prœterea Sirabone, Plinio et Antonin° auctoribus locupletata. Arabia Par- eu , sive itinera filiorum Israel per desertum, iisdem auctoribus oc J. Leone arabe illustrata. Schondia . llohnie eivitatis regie & mie deplorabilis excidii per Christiernuni, Danie Cimbricœ regem , historia , Strasbourg , 1532, 1536; Francfort, 4575, 1583 ; recueil rare et précieux , qui mérite l'attention des savants. Les dernières éditions sont augmentées de la Description de la terre sainte, par Wolfg. de Weissembourg. La description de la Scandinavie a été recueillie par Alb. krantz, dans la Chronica regnorum Aquiloniarum , et l'histoire de la prise de Stockholm, par Marq. Freher, dans le tome 3 des Scriptor. hist. german. Le but de Zie- gler est de suppléer à la description de la Palestine, par Ptolémée, afin de faciliter la lecture de la Bible : il détermine la position de chaque lieu, mais ce n'est pas avec exactitude qu'il donne sur quelquesuns des détails géographiques et historiques. La description de l'Egypte est inti- tulée Marmarica dans le corps de l'ouvrage , et comprend le pays de Barcah. Les cartes, construites d'après le témoignage des auteurs anciens , sont grossièrement dessinées. Les deux prélats que Ziegler avait connus durant son séjour à Rome, à l'époque de la mort du pape Adrien VI , et deux évêques norvégiens lui avaient fourni des renseignements sur leur pays, ainsi que sur l'Islande et le Groënland. Ce sont toutes ces régions qu'il décrit sous le nom de Schondia. A sa narration , qui offre d'ailleurs des particularités exactes et curieuses , Ziegler mèle plusieurs fables sur les habitants des contrées les plus boréales. Il dit qu'il publie l'histoire du massacre de Stockholm , afin que les méchants voient que leurs crimes les entachent d'une éternelle ; son récit comprend la délivrance de la Suède et l'expulsion de Christian II. Ziegler dépeint la personne de ce roi détrôné, qu'il avait probablement vu lorsqu'il promenait d'une cour à une autre ses prétentions à la couronne. 5° Li ber de constructione solide sphœrœ, cum scholiis in opucculum Procli dr sphera, et de canonica per sphœram operatione et de hemicyclio Berosi ; cum Arati phœnomenis grœce et comrnentariis in eadem Theonis, [Mie , 1536 rare ; 6° Encomia Germanie , dans le recueil intitulé Gernranicar. historiarum illustratio . Marbourg , 1542 7° Conceptionum in Genesim » lundi et Exoduni commentarii, Bale, t 548 ; 8° Clementis Vif episcopi romani Vita, publiée par Schelhorn, dans les Amœnitates histor. ecclesiast., t. , p. 287- 380. Cet opuscule a été connu , manuscrit , des réformateurs de l'Allemagne, qui s'en sont servis pour appuyer leurs plaintes contre la cour de Rome. Indépendamment des ouvrages qu'on vient de citer, Ziegler a laissé quatorze manuscrits : on en trouve les titres et l'analyse dans la dissertation dont Schelhorn a fait précéder la vie du pape Clément VII , sous ce titre : De rua et scriptis Jacobi Ziegleri. C'est ce qu'on a de plus complet sur ce savant théologien ; mais cependant elle laisse encore beaucoup à désirer
  • Jacques ZOPELLI( 1639 - 1718) : poële italien, naquit à Venise en 1639. Ayant achevé ses études au séminaire de cette ville, sous la direction des PP. Somasques , il embrassa l'état ecclésiastique , et se concilia par ses talents, ainsi que par la pureté de ses moeurs, la bienveillance des prélats qui se succédèrent sur le siège patriarcal de Venise. Pourvu de la charge d'archidiacre, il employa ses loisirs à la culture des lettres, et devint membre de l'académie des Recueillis ( yli Raccolti;. Il avait la plus grande facilité à rimer sur toutes sortes de sujets ; niais les compositions qu'il a laissées se ressentent malheureusement du goût de son siècle. qui n'était pas celui du naturel. Sa vieillesse fut calme et heureuse comme l'avait été sa vie entière. Il mourut le 9 mai 1718, et fut inhumé dans l'église patriarcale, avec une épitaphe honorable. Il a laissé un recueil de vers SOUS ce titre : Trattenimenti poetici seri e yeniali, Venise, 1673 On trouve son éloge dans le Giornale d'Italia, t. 30, p
  • Jacques ZWINGER( 1569 - 1610) : médecin et philologue, fils du précédent, naquit à Bâle le 15 août 1569. Il fut tenu sur les fonts de baptême par le célèbre et malheureux Ramus , que la persécution avait forcé de chercher un asile en Suisse. A seize ans, il avait terminé ses études académiques de la manière la plus brillante, et il possédait déjà les éléments de la médecine. Son père l'ayant envoyé à Padoue, il y suivit les cours des Zabarella , des Piccolomini, des Aquapendenti, des Mazzaria, etc., et mérita l'affection de ses maîtres, autant par ses qualités aimables que par la rapidité de ses progrès. Hercule Saxonia , l'un de ses professeurs en médecine, avait conçu pour lui tant d'amitié que, sans la diffé- rence de religion, il l'aurait adopté pour lui laisser toute sa fortune. Ses cours terminés, Jacques visita l'Italie et l'Allemagne, s'arrêtant dans toutes les villes où il espérait trouver de nouveaux moyens d'instruction, et, après une absence de huit années, revint à Bâle en 1593. Il y reitut, en 1594, le doctorat dans la faculté de médecine, et fut nommé suppléant du professeur de langue grecque. Cette chaire étant devenue vacante, il en prit possession, et se montra le digne interprète des beautés d'Homère, dont les deux pojimes furent longtemps le sujet de ses leçons. Il faisait aussi des cours particuliers de médecine, et pratiquait avec succès l'art de guérir, donnant. à l'exemple de sou père, ses soins aux pauvres avec le plus grand désintéressement. Il remplit, pendant plusieurs années, les fonctions de médecin de l'hospice sans aucun salaire. Atteint d'une maladie contagieuse qu'il avait contractée au service des malades , il mourut quelques heures après sa femme, le 11 septembre 1610, à l'âge de 41 ans, laissant trois filles et trois lils, dont l'aîné, Théodore, s'est fait un nom comme théologien . Guill. Arrago, médecin de Toulouse. retiré depuis quelque temps à Bâle pour cause de religion, était mort le 12 mai de la même année, instituant Jacques Zwinger son héritier universel. Outre des thèses et des éditions de divers ouvrages de son père, entre autres du Theatrum vitre humanœ , on lui doit : f0 Grœcarum dialecticarum hypotyposis, à la lin du Lexique de Scapula, dans les éditions de 1600 et les suivantes ; Vita Luriani, Bile, 1602, 80 ; 3° Principiorum chymicorum examen ad Hippocratis, Galeni, coeterorumque Grœcorum et Arabum consensum, ibid., 1606, Quoique partisan des médicaments chimiques, lesquels en effet méritent à plus d'un égard la préférence sur ceux de Galien, il ne s'y montre pas moins trèsopposé à la théorie de Paracelse et de ses disciples. Jacques Zwinger, dit Sprengel , était un homme d'un goût très-épuré et d'un grand esprit . 4° Quelques Observations dans le Recueil de Guill.Fabrice Hildan, et dans la Ci sta medica Jean Hornung. On trouvera les titres de ses autres ouvrages dans les / Mena rauricoe, p 365
  • Jacques ANQUETIL( 1934) : cycliste
  • Jacques ANTOINE : Producteur
  • Jacques ARPELS : Bijoutier
  • Jacques ATTALI( 1943) : politicien, conseiller de F
  • Jacques AUDIBERTI : auteur
  • Jacques BAR : Producteur "Un singe en hiver"
  • Jacques BARATIER : réalisateur
  • Jacques BARROT( 1937) : politicien
  • Jacques BAUMEL : politicien
  • Jacques BECKER : réalisateur "Touchez pas au grisbi"
  • Jacques BELLENGER : cycliste
  • Jacques Bénigne Bossuet : évêque, théologien et écrivain français
  • Jacques BLANC : politicien
  • Jacques BOREL : Hôtelier
  • Jacques BOSSUET : écrivain
  • Jacques BOUTET : journaliste
  • Jacques BREL( 1929) : auteur, chanteur, compositeur et acteur belge
  • Jacques CALVET( 1931) : Industriel, Pdg de PeugeotCitroën
  • Jacques CAZOTTE : écrivain
  • Jacques CHABANDELMAS : politicien
  • Jacques CHANCEL( 1928) : journaliste
  • Jacques CHAPU : journaliste
  • Jacques CHARDONNE : Romancier
  • Jacques CHARON : Comédien
  • Jacques CHARRIER( 1936) : acteur devenu peintre, ex époux de BB
  • Jacques CHAUMET : Joallier
  • Jacques CHAZOT( 1928) : danseur
  • Jacques CHIRAC( 1932) : Président français en exercice
  • Jacques COPEAU : Théâtre
  • Jacques COURTOIS : Chansonnier
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  • Jacques DACQMINE : acteur, a notamment joué dans "Un crime au paradis"
  • Jacques DEBARY : acteur français TV, a notamment joué dans "Les Cinqs Dernières Minutes"
  • Jacques DELORS( 1925) : politicien
  • Jacques DEMY( 1931) : cinéaste
  • Jacques DERAY : cinéaste
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  • Jacques DOILLON : cinéaste
  • Jacques DORFMANN : acteur réalisateur
  • Jacques DOUFFIAGUES : politicien
  • Jacques DUCLOS : politicien
  • Jacques DUFILHO( 1914) : acteur français
  • Jacques DUHAMEL : politicien
  • Jacques DUMESNIL : acteur français, a notamment joué dans "Les Tontons Flingueurs"
  • Jacques DUTRONC( 1943) : auteur, chanteur, compositeur français
  • Jacques DYNAM : Comédien
  • Jacques ERTAUD : réalisateur
  • Jacques ESCLASSAN : cycliste
  • Jacques ESTEREL : Couturier
  • Jacques FABBRI : Comédien
  • Jacques FAIZANT : Dessinateur
  • Jacques FATH : Couturier
  • Jacques FRANCOIS : acteur
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  • Jacques GAMBLIN : acteur TV, a notamment joué dans "L'été 36"
  • Jacques GODDET : journaliste
  • Jacques HELIAN : Chef d'orchestre
  • Jacques Henri Bernardin de Saint-Pierre : écrivain français
  • Jacques HIGELIN( 1940) : auteur, chanteur, compositeur français
  • Jacques ISORNI : avocat
  • Jacques LACAN : Médecin
  • Jacques LAFFITE : pilote de formule 1
  • Jacques LAFLEUR : politicien
  • Jacques LANZMANN : auteur
  • Jacques LAURENT : écrivain
  • Jacques LEGRAS : acteur, a notamment joué dans "La caméra invisible"
  • Jacques LOUSSIER : Compositeur
  • Jacques MARIN : acteur
  • Jacques MARTIN : animateur
  • Jacques MARTIN : Dessinateur
  • Jacques MASSU : Général
  • Jacques MAYOL( 1927) : Plongeur
  • Jacques MEDECIN : politicien
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  • Jacques PAOLI : journaliste
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  • Jacques PRADEL( 1947) : animateur
  • Jacques PRÉVERT( 1900) : scénariste et poète
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  • Jacques ROULAND( 1930) : animateur, Créateur de "La caméra invisible"
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  • Jacques VILLERET( 1951) : acteur
  • Jacques WEBER( 1949) : Comédien
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