Le prénom Georges Masculin

Origine :

Fête :

23 Avril

Signification de Georges

Les Georges ont la fibre artistique. Ils sont attirés par des métiers relatifs au domaine de l’art et trouvent leur bonheur dans la création. Ils ne sont jamais à court d’imagination et sont capables de réaliser des choses exceptionnelles. Ce prénom est célébré le 23 avril en hommage à Saint-Georges, un homme d’Église mort en martyr en Palestine au début du IVème siècle. Ce prénom est très répandu en France et il a également été adopté par de nombreuses célébrités, dont Georges Clooney (acteur et réalisateur), Georges W. Bush (ancien président des Etats-Unis), Georges Harrison (membre des Beatles) et Georges Bernard Shaw (écrivain et dramaturge).

Personnalité de Georges

Ce sont des bavards qui éprouvent en permanence le besoin d'expliquer en public leurs moindres faits et gestes. Plus l'auditoire est admiratif et plus ils sont contents. Généreux, fidèles en amitié, créatifs, hyperactifs, ils ne s'arrêtent jamais de courir. Plus manuels qu'intellectuels, ils sont ingénieux et ne se découragent jamais. Ce sont des séducteurs nés qui ont besoin de vivre entourés.

Provenance du prénom Georges

Histoire de Georges

Etymologie de Georges

Les Georges célèbres

  • Georges ADLERSPARRE( 1760 - 1837) : l'un des principaux acteurs de la révolution suédoise de 1809 , était né en 1760, dans la province de Jamtland , d'une famille récemment anoblie. Il étudia jusqu'à l'âge de quinze ans à l'université d'Upsal, et entra immédiatement dans l'armée avec le modeste grade de caporal. Mais il avait de l'opiniâtreté, du courage, et annonçait quelque talent comme tacticien ; la guerre que la Suède soutenait alors contre la Russie lui fournit l'occasion de se distinguer, et il gagna les épaulettes d'officier , en même temps qu'il cultivait les lettres et publiait un volume de poésies. 11 obtint la confiance de Gustave III , fut nommé , en 1792, chevalier de l'ordre de l'Épée , et l'on a prétendu que le jeune officier avait à cette époque reçu la mission secrète de soulever en Norwége des ennemis à la domination danoise, et de préparer la réunion de ce pays à la Suède. Toujours estil que , si cette mission exista, elle n'eut point de succès : le moment n'était pas venu ; Gustave III ne devait pas avoir le temps d'accomplir ce grand et patriotique projet. A sa mort, Adlersparre , qui n'était encore que chef d'escadron, ne crut point devoir servir un gouvernement dont il ne partageait pas les pr ; il passa des armes à l'étude, et reprit ses travaux littéraires. Cette fois , abandonnant la poésie, pour laquelle d'ailleurs il n'était point fait, il embrassa des sujets plus sérieux , l'histoire, l'art militaire , la politique , l'économie politique , et ce fut même lui qui , plus tard , fit connaître à la Suède les travaux d'Adam Smith. Adlersparre entreprit également une publication périodique qui fut trèsbien accueillie par la nation suédoise, sinon par la cour. Ce journal portait le titre de Làsning i blandade Amnen , et avait pour rédacteurs , conjointement avec son fondateur, des hommes fort honorablement connus dans la littérature suédoise , Léopold , Silverstoppe , David Schulzenheim , Lehnberg , etc. En 1800, après trois années de vogue , cette feuille cessa de paraître ; A dlersparre se retira alors pour quelque temps de la vie publique. Plus d'une fois , dans sa longue carrière , il s'est laissé entraîner ainsi à des sortes d'accès de misanthropie , suites naturelles de l'opiniàtreté et de l'inégalité de son caractère. Un événement , que sans doute il ne prévoyait pas , vint le tirer d'un repos sans gloire. La guerre avait recommencé avec la Russie, et pour comble, le Daneli mark attaquait la Suède par la Norwége. Le gou- vernement, dont jusqu'alors Adlersparre s'était tenu F éloigné, l'appela au commandement d'une division de l'armée de l'ouest, dans lequel il se distingua par sa tactique habile et remporta quelques avantages. 11 passa ensuite dans la province de Wermland, où ses talents étaient plus nécessaires encore, et prit sous ses ordres la division placée à la défense de cette province. Il y ramena la confiance en changeant le système de résistance qui avait prévalu, et mit l'armée en état de faire face à l'ennemi. En même temps il avait su s'assurer du dévouement de ses troupes : aussi bien allaitil les mettre en demeure de lui en donner des preuves. Le moment d'exécuter le projet de révolution répandu dans toute la Suède, et accepté avec empressement par les cabinets de StPétersbourg et de Copenhague, était arrivé. La conspiration préparée à Stockholm, et qui avait pour chef avoué Adlerscreutz et pour chef secret le duc de Sudermanie . Mais alors il était de nouveau et subitement rentré dans la vie privée ; les censures qu'il dut subir pour quelques actes arbitraires dans l'administration de son département le portèrent à se retirer dans la Wermlandie , où il avait précédemment épousé une riche héritière. eut désormais la liberté de consacrer tous ses instants à la science et aux lettres. A cette époque parut dans le monde politique une oeuvre qui produisit une grande sensation. Ce travail était intitulé : Svenska IConungars regentviirde, et les rois de Suède y étaient en effet jugés comme hommes politiques. Enfin, et c'est par là qu'il parvint surtout à attirer l'attention, il contenait quelques vues peu favorables au règne de CharlesJean. Il ne portait point de nom d'auteur , et ce ne fut que longtemps après que l'on sut qu'il était sorti de la plume d'Adlersparre. Plus tard parut un nouvel ouvrage du même publiciste, sous le titre de Pièces pour servir à l'histoire de la Suède ancienne , moderne el nouvelle. Par luimême , au point de vue littéraire, cet ouvrage avait peu de valeur ; mais il contenait des documents précieux sur les événements contemporains et les hommes qui avaient pu y prendre part. 11 eut tout d'abord un grand succès de curiosité, et un procès en diffamation que le comte Wetterstedt intenta à l'auteur ne fit qu'accroître encore ce succès. Adlersparre fut condamné , en vertu des lois sur la presse, comme ayant mis au jour des faits dont la connaissance pouvait nuire à des personnages encore vivants. 11 fut bien forcé de payer l'amende, mais il protesta contre le jugement, qu'il regardait comme toiroanls. moralement injusteet promit de continuer ses révé- a il en publia encore quelques livraisons qui, n'ayant ni l'attrait d'un livre fortement pensé et élégamment écrit, ni mème l'intérêt de révélations nouvelles , ne rencontrèrent bientôt plus que l'indifférence. Dès lors Adlersparre, retiré à sa terre du Wermland, se renferma dans la plus complète inaction , se contentant de lancer de temps à autre quelques boutades verbales contre le gouvernement, qui cependant n'avait cessé de le craindre et par conséquent de lui témoigner beauçoup d'égards. Depuis qu'il avait quitté le conseil d'Etat, il n'avait plus pris aucune part aux travaux des diètes. Il est mort en 1857
  • Georges COUTHON( 1756) : naquit en 1756, à Orsay, près de ClermontFerrand, et se livra de bonne heure aux études du barreau. Une aventure de jeunesse eut sur sa constitution physique l'influence la plus fâcheuse. En se rendant de nuit chez une de ses maîtresses, qui habitait la campagne, il s'en- fonça jusqu'au milieu du corps dans un bourbier, dont on ne put le retirer que le lendemain, et avec I beaucoup de peine. Couthon demeura entièrement perclus des membres inférieurs, et la faiblesse de sa complexion,la douceur apparente de ses mœurs, formèrent plus tard le contraste le plus étrange avec la violence de ses passions politiques. Il était avocat à Clermont lorsque la révolution éclata, et fut bientôt nommé président du tribunal de cette ville, ensuite député du département du PuydeDôme à l'assemblée législative ; il s'y fit remarquer tout d'abord par la hardiesse de ses motions. On le vit demander avec instance la suppression des mots sire et majesté dans les communications de l'assemblée avec le roi, et, peu de temps après, la déchéance des droits de Monsieur à la régence. 11 provoqua des décrets sévères contre les princes émigrés et contre les prêtres dits réfractaires, et appuya de toutes ses forces le licenciement des gardes du corps et l'éta- blissement des comités. Élu, en septembre 1-792, membre de la convention nationale, il s'y rangea parmi les plus fongueux démagogues, et dès la première séance , proposa de vouer à la haine et à l'exécration des peuples la royauté, la dictature et le triumvirat. Dans le procès de Louis XVI, il vota la peine de mort, sans appel au peuple, ni sinsis. Ami de Robespierre et l'un de ses admi- rateurs, membre zélé du club des jacobins, Couthon semblait incapable de se séparer jamais du parti de la Montagne : on prétend néanmoins qu'il éprouva quelque hésitation lors de la mise en ac- cusation des girondins ; mais, 'comme s'il eût voulu racheter un moment de faiblesse, il fut le premier à demander, le 2 juin, l'arrestation des dépistés proscrits, et, quelques jours plus tard, il fit décréter que les journées des 31 mai, 1" et 2 juin, avaient sauvé la liberté, et l'unité, de la république. S'il offrit en mème temps de se rendre en otage à Bordeaux, pour y répondre du traitement que les députés de cette ville et du département de la Gironde potinaient éprouver à Paris, on doit croire que cette proposition n'gtait,qu'un leurre, ou qu'elle n'avait rien de sérieux. Couthon, nommé , membre du comité de salut public, et devenu le rapporteur favori de Robespierre, ne mit plus de bornes à son animo- sité contre tout ce qui lui paraissait s'opposer à la marche de la révolution, et son langage prit un caractère de plus en plus violent. 11 combattit l'insti- tution des jurés au civil, parce que ce n'était, disaitil, qu'un beau rêve des amis de la liberté. Le 8 août, il demanda qu'un décret permît à tout le monde d'assassiner Pitt, ce monstre qui avait conçu le projet d'assassiner l'espèce humaine. Cette proposition n'eut point de suite. Il fit déclarer traîtres à la patrie les députés proscrits qui s'étaient réfu- giés à Lyon, et fut envoyé , en qualité de cdmmissaire de l'armée qui faisait le siége de cette ville. Indigné de la lenteur des :opérations, il tira du département du PuydeDôme un renfort de 60,000 hommes, et dès quela Nine eut capitulé, il la couvrit de ruines et d'échafauds. On lit dans une lettre écrite par lui au comité de salut public, en date du 16 octobre : « De toutes les mesures « grandes et vigoureuses que la convention vient « de prendre, une seule nous avait échappé, c'est « la destruction totale. » Couthon procéda en effet à la démolition des monuments les plus remar- quables de la malheureuse cité. Il se faisait porter dans son fauteuil sur la place Belcour, et frappait avec un petit marteau d'argent les édifices qu'il voulait faire disparaître, en disant : « Tombez, « monuments de l'orgueil , la loi vous condamne. » Cependant Couthon fut bientôt remplacé par Collotd'Herbois et Fouché : il revint à Paris, où Robespierre sentait déjà le besoin de s'entourer , on le jeta dans la fatale charrette : il y resta étendu sous les pieds de ses complices, et souffrit en mourant d'horri- bles douleurs, car son infirmité rendit l'exécution longue et difficile. Couthon était alors âgé de 38 ans. Cn—s,
  • Georges FERRARS( 1512 - 1579) : d'une ancienne famille du comté d'Hertfort, né en 1512 près de StAlbans, dans ce comté, fut élevé à Oxford, se livra ensuite à l'étude des lois, et obtint de grands succès dans le barreau , en même temps que son esprit et la noblesse de ses manières lui donnèrent à la cour une existence agréable. Il y dut ses premiers succès à la protection de Thomas Cromwell , comte d'Essex , ministre de Henri VIII, et ne partagea pas ses malheurs au contraire , attaché à la maison de Henri VIII , qu'il suivit plusieurs fois à la guerre, remplissant dans l'occasion le devoir de soldat , il entra si avant dans ses bonnes graces , que ce prince détacha pour lui de ses propres domaines la terre de Flamstead, dans le comté de Hertfort, et lui en fit présent. Cela n'empêcha pas que quelques années après il ne fût arrêté pour dettes, quoique membre de la chambre des communes, qui ressentit vivement cette faite à ses priviléges et en tira une occasion de les établir d'une manière plus positive. En faveur auprès d'Henri VIII et de son fils Édouard VI, Ferrars eut, à ce qu'il parait, le singulier bonheur d'être également bien traité de la reine Marie. On lui attribue une Histoire du règne de cette princesse, publiée sous le nom de Richard Grafton. Il est auteur de plusieurs ouvrages de poésie dans un recueil intitulé le Miroir des ma- gistrats , et parmi lesquels se trouvent une tragédie du Meurtre illégal de Thomas Woodstock , duc de Glocester, une autre de Richard 11, et une troisième .
  • Georges FINLAYSON( 1790) : chirurgien et voyageur écossais , était né , vers 1790 , à Thurso , ville de la côte septentrionale du Caithness , dans le nord du royaume. Ses parents , trèspeu aisés , après lui avoir donné la première éducation , l'en- voyèrent suivre les cours de médecine à l'université d'Édimbourg. Il avait un frère alné nommé Donald , qui suivait la même carrière et augmentait Ses faibles ressources en donnant des leçons : il instruisait également son jeune frère. Son assiduité et ses progrès lui valurent d'être placé comme secrétaire auprès du chef du service tné-(tical des armées en Écosse et de continuer ses études plus aisément. Quand elles furent terminées , son protecteur l'envoya remplir l'emploi d'aidechirurgien d'un régiment. S'étant acquitté de ces fonctions avec non moins de zèle que Donald , comme lui il fut attaché à un régiment. Après la bataille de Waterloo , Donald disparut dans la marche ; tout ce que son frère put apprendre , c'est qu'on l'avait vu aller vers une caverne près de StQuentin et qu'il n'avait pas reparu : on supposa qu'il était tombé sous les coups fle soldats ennemis. Le protecteur de Georges , pour l'arracher à une contrée qui lui rappelait sans eesse sa douleur , le fit envoyer à de Ceylan. Finlayson consacrait tous les moments que ne lui prenaient pas ses fonctions d'aidechirurgien d'étatmajor à des recherches sur l'histoire naturelle. Après quatre années de de séjour à Ceylan, il fut nominé aidechirurgien du 8' régiment de dragons en garnison à Mérat, ville du Bengale , près des monts Himalaya. Son régiment revint en Europe ; mais Finlayson resta en Asie , ayant été désigné pour accompagner, comme chirurgien et naturaliste , l'ambassade envoyée par le gouverneur général de l'Inde bri- tannique à Siam et à la Cochinchine. Le 21 novembre 1821, cette légation, à la tète de laquelle était M. Crawfurd , s'étant embarquée à Calcutta, passa par le détroit de Malacca , et , le 22 mars 182'2 , entra dans Bankok , capitale du royaume de Siam : le 14 juillet , elle quitta ce pays ; le 16 septembre, elle mouilla dans la rivière de Hué, capitale de la Cochinchine. Crawfurd ne put ob- 18 tenir audience du monarque , parce qu'il ne venait que de la part d'un délégué du roi de la GrandoBretagne ; le roi de Siam n'avait pas été si difficile. Du reste , la légation fut accueillie trèspoliment , pourvue abondamment et gratuitement de vivres ; le 20 octobre , elle reprit la I route du Bçngale. La santé de Finlayson ne put résister aux fatigues que son zèle pour l'histoire naturelle lui fit affronter dans cette campagne qui avait duré treize mois. Il reportait à Calcutta de magnifiques collections ; mais il sentait bien qu'il était dans un état trèsprécaire , et il écrivait le 15 juin 1825 à son protecteur , le docteur Somerville J'ai des raisons de craindre une - pbthisie confirmée. » Il eut au moins la consolation d'apprendre que lord Amherst , gouverneur général, était content de lui. Il s'embarqua, le mois suivant , avec l'idée que le voyage par mer déciderait de son sort ; il ne se trompait pas il mourut dans la traversée. On a de Finlayson, en anglais : L'Ambassade à Siam et à Hué , capi- tale de la Cochinchine , dans les' années 1821- 2, avec un Mémoire sur l'auteur, Londres , 1827, , orné d'une vue de Bank.ok. Cet ouvrage fut mis au jour par sir W. Stamford Raffles , qui en obtint la permission de la compagnie des Indes et du docteur Somerville. L'éditeur pensait avec raison que , se décidant à le publier , il devait le laisser dans son état d'imperfection et ne pas le grossir de notes et de remarques explicatives. 11 y a joint seulement des extraits de lettres de l'auteur au docteur Somerville ; elles fournissent , avec la notice de Raffles , des renseignements curieux sur la vie du jeune voyageur. On trouve dans ce livre beaucoup de détails intéressants sur l'archipel Mergui , Poulo - Pinang, Malacca , Sincapour , les lies , les côtes , la partie méridionale du royaume de Siam, PouloCondor, la rivière et la ville de Saïgon , la baie de Tourane , Hué , ses environs. Les observations de Finlayson concernent nonseulement l'histoire naturelle , mais aussi les moeurs et les usages des pays qu'il a visités , et sont extrêmement intéressantes ; il était doué d'un sens droit , spirituel et trèsinstruit. Il ne se mèle pas des affaires de la légation et se borne à raconter d'une manière attachante ce qu'il a vu. On peut se fier à son impartialité , car dans une de ses lettres au docteur Somerville il dit : M. Crawfurd a l'intention a d'écrire un livre... Son opinion des choses dif- « fère grandement de la mienne, parce que , dans a le fait , j'étais un simple spectateur. » Cepen- dant la relation de M. Crawfurd , qui a paru dans l'année 1828 , en un gros volume , est presque toujours d'accord avec celle de Finlay- son
  • Georges FORSTER : voyageur, employé civil au service de la compagnie des Indes orientales, ne nous est connu que par l'intéressante relation de son audacieux voyage , qui nous a procuré des renseignements positifs sur une partie de l'Asie à peu près inaccessible aux Européens. Ce fut en 1782 que Forster, alors dans l'Inde, conçut le projet de revenir en Europe par le nord de l'Inde et de la Perse. Il prévoyait bien les difficultés qu'il aurait à surmonter, les périls et les fatigues qui l'attendaient ; mais la nouveauté de l'entreprise le fortifia dans sa résolution, et il partit de Calcutta le 23 mai 1782. Sa propre sûreté exigeait qu'il évitât le pays des Seyks, c'est-àdire le Lahore : il traversa donc le Gange et le Djemnah dans les montagnes, et se rendit au Cachmyr par la route de Djombo. La curiosité seule le détermina vraisemblablement à visiter cette contrée célèbre dans les annales sacrées des hindous et dans l'histoire des moeurs Vit T asiatiques et européennes; car elle ne se trouvait pas sur la route que devait suivre ce voyageur. Il traversa ensuite l'Indus, à vingt milles audessus d'Attok, pour se rendre à Càboul, capitale du pays de TymoùrChàh , roi du Candahàr, et plus généralement connu sous le nom de pays des A'bdaily. Il avait l'intention de poursuivre sa route au travers de la Boukharie ; mais , ayant réfléchi sur les dangers de toute espèce qui l'attendaient, il prit le chemin ordinaire des caravanes par Candahàr. De cette ville ii n'eut qu'à suivre une ligne droite par IIeràt jusqu'à l'extrémité méridionale de la mer Caspienne, en traversant le Seïstàn, le lihoràçàn et le Màzandéràn. On voit que G. Forster a suivi en grande partie la même route qu'Alexandre poursuivant Bessus. Pour se rendre d'Aoude , alors la dernière station des Anglais dans l'Inde, jusqu'à la mer Caspienne, il fut à peu près un an et parcourut neuf cents lieues. 11 fallut pendant tout ce temps abandonner sa manière de vivre ordinaire, et être privé des aisances dont jouissent les gens de la dernière classe du peuple en Europe ; dormir en plein air, exposé à la pluie et à la neige ; se contenter de la nourriture et de la cuisine du pays où il se trouvait. Le voyage était de trop long cours pour permettre de se charger de ce qui pouvait contribuer à en adoucir les fatigues : un pareil bagage n'aurait servi qu'à compromettre la sûreté du voyageur européen, déguisé sous le costume oriental et obligé de parcourir une immense étendue de pays musulman , dont les habitants haïssent les infidèles autant par fanatisme Glue par jalousie. La découverte de son secret lui aurait immanquablement coûté la vie; et pour le garder, il fallait continuellement se tenir en garde contre ses compagnons de voyage et surtout être bien familier avec les pratiques religieuses, les usages et les langues des pays qu'il parcourait. Nons avouons à regret que c'est le seul genre de connaissances que possédait G. Forster; il manquait malheureusement de celles qui auraient pu rendre beaucoup plus instructive la relation de son voyage , au reste trèsutile et trèsintéressante. Il parait cependant avoir fait une étude particulière de la théologie indienne ; car, peu de temps après son retour en Angleterre, il publia une brochure qui eut un grand succès, intitulée : Sketches, etc. , Londres, 1785. 11 a refondu ensuite cet ouvrage dans les 2e et 15e lettres de son voyage. Il ne tarda pas à retourner dans l'Inde; car c'est à Calcutta qu'il publia le ler volume de sa relation, en 1790 sous ce titre : jorney from Bengal to England, etc. Il préparait le second volume, mais la mort l'empêcha de le publier. Au commencement de l'avantdernière guerre des Anglais contre TypoùSultân , il fut envoyé en ambassade à la cour des Mahrattes orientaux , à Nagpour clans le n'Ar : il mourut peu (le temps après être arrivé dans cette ville du Dekhan , en 1792. Il n'y a donc point de raison pour douter que le second volume n'ait été rédigé d'après les matériaux trouvés dans ses papiers. C'est l'opinion des rédacteurs du / lionady- Review, que nous prenons ici pour guides. Quelle main a recueilli ces papiers? Comment ontils passé en Angleterre? A qui la dernière rédaction et la publication en ontelles été confiées? C'est ce que nous ignorons; il est fâcheux surtout que le libraire Fauldcr, qui a réimprimé le 1" volume et publié le 2e en 1798, n'ait pas confié le soin de cette édition à un homme de lettres capable de corriger soigneusement les épreuves et de donner quelques renseignements sur l'auteur et sur son ouvrage. Cette édition ne contient ni préface, ni même avis du libraire ; de manière que l'on ne sait à qui attribuer quelques notes qui ne portent aucune signature. Deux notices historiques sur deux nations de l'Inde peu connues, les Seyks et les Rohyllahs, terminent le 2. volume : les Seyks méritent surtout une attention toute particulière, puisqu'ils forment à la fois une secte religieuse composée de brahmanisme et de musulmanisme, et une nation guerrière -établie dans le Pendpb , laquelle peut mettre en campagne plus de cent mille cavaliers. Nous en avons dit assez pour prouver que l'ouvrage de Forster est aussi curieux qu'instructif sous le double point de vue géographique et historique : il n'est donc pas étonnant que les Allemands se soient empressés de le traduire. Le savant professeur de philosophie de l'Académie de G4ttingue, M. Meiners , publia la traduction du premier volume à Zurich, en 1796, d'après l'édition de Calcutta, et celle du 2e en 1800. Une traduction française du premier volume parut aussi en 1796, sans nom d'auteur; il y a tout lieu de croire qu'elle a été faite sur l'édition allemande. Cette entreprise n'ayant pas été continuée quand le second volume parut en anglais et en allemand, l'auteur de cet article se détermina d'autant plus volontiers à traduire l'ouvrage en entier, qu'un grand nombre de passages avaient besoin d'éclaircissements et de rectifications. Outre des notes qui forment une espèce de commentaire perpétuel , il y a ajouté une Notice chronologique des Kheins de Crimée, depuis DjenguyzKhàn jusqu'à l'extinction de cet empire en 1783 : cette Notice, composée d'après les auteurs arabes, turcs et persans, et d'après les correspondances diplomatiques du ministère des relations extérieures, remplit une lacune assez importante dans l'histoire de l'Orient; elle termine le 3. volume de cette traduction, publiée à Paris en 1802, sous le titre de Voyage du Bengale à St- Pétersbourg, à travers les provinces septentrionales de l'Inde, le Cachmyr, la l'erse, sur lamer Caspienne , etc. , suivi de l'histoire des Rohyllahs et de celle des Seyks, par feu Georges Forster, traduit de l'anglais, avec des additions, etc., 5 vol. i?-8", avec deux cartes géographiques, l'une contenant l'itinéraire de Forster, l'autre le pays de Cachmyr ; cette dernière carte fait partie des additions du traducteur : l'original, qui a été dessiné dans l'Inde, se trouve dans un manuscrit de la bibliothèque de Paris. Elle est sur une plus grande échelle et contient beaucoup plus de positions que celle qui accompagne la relation de Bernier, le premier et même le seul voyageur qui avant Forster ait visité et décrit le paradis terres- tre de l'Hindoustan
  • Georges HERMÈS( 1775) : théologien allemand, né en 1775, à Dreierwalde, dans la province de Munster, entra, en 4798, dans la carrière de l'enseignement au gymnase de cette ville, et fut nommé, en 1807 , professeur de théologie dogmatique à l'université. Quand le gouvernement prussien eut établi l'université de Bonn, Hermès y fut appelé à la chaire de théologie catholique, il s'y distingua bientôt par un cours qui fit d'autant plus de bruit que le professeur cherchait à rapprocher les catholiques et les protestants, en s'efforçant de montrer qu'ils n'étaient pas aussi c",loignés les uns des autres qu'ils le pensaient. La tendance de ces cours dogmatiques déplut à l'archevèque de Co- logne, le nième qui a eu dans la suite des démèlés avec le gouvernement prussien, au sujet dés mariages mixtes . Ce prélat défendit aux jeunes théologiens de fréquenter les cours d'Hermès, et refusa d'admettre dans son clergé ceux qui les avaient suivis. En vain le gouvernement prussien prit la défense du professeur; l'archevèque persista dans son refus, et fut approuvé par le pape, qui fit extraire des écrits du professeur un certain nombre de propo- sitions , et les condamna comme contraires au dogme catholique. Cependant Hermès eut des partisans que l'on désigna sous le nom d' Hermé- siens , et qui furent pour la plupart de jeunes théologiens. Cette espèce de secte a survécu au chef qui est mort en 1831, et qui était du reste un homme trèspieux et de moeurs irréprochables. Ses deux principaux ouvrages, écrits en allemand, sont : 1. Recherches sur la vérité intérieure du chris- tianisme, Munster, 1815 2° Introduction à la théologie chrétienne catholique, Munster, 1813 Un de ses partisans, P.J. Elvenich, a publié: Acta Hermesiana quœ compluribus G. Hermesii libris a Gregorio XV I, S. P ., per Nieras apostolicas damnatis, ad doctrinam Hermesii hujusque in Germania adver- sariorum accuratius explicandam et ad pacem, etc., Goettingue, 1836, 1 " partie
  • Georges LIPSCOMB( 1773 - 1847) : médecin et antiquaire anglais, né à Quainton , le 4 janvier 1773, d'une bonne famille du pays. Après avoir reçu sa première instruction à l'école , qui fut suivie, les années d'après, par the Scindgate Hythe and Folkstone Guide, et par die Clerical Guide ; et enfin par une Description de àIatlock, de Bath, accompagnée d'une notice sur les eaux minérales de Chatsworth et de Keddleston. Le B. Edouard Cooke ayant, en 1824, institué par son testament Lipscomb son légataire et son exécuteur testamentaire, celuici vit ainsi passer entre ses mains les riches collections d'art, d'antiquités et de manuscrits que E. Cooke avait recueillies dans le Buckinghamshire. Lipscomb eut à soutenir contre l'héritier naturel du défunt un procès devant la cour de la chancellerie. Quoique cette cour eût décidé contre lui , l'héritier abandonna à Lipscomb tous les papiers d'Edouarcl Cooke, et il en profita pour composer sa Description du Buckinghamshire , dont la première partie parut en 1831 et qui est l'ouvrage le plus complet qui ait jamais été écrit sur l'histoire et les antiquités de ce comté. Les frais de cette publication ralentirent l'impression des autres volumes, et le dernier n'a jamais paru. Lipscomb, ayant été frappé d'une attaque de paralysie, mourut peu de jours après, le 9 novembre 1847, laissant un grand nombre d'ouvrages manuscrits. Il avait composé divers serinons qui ont été prêchés par des ecclésiastiques:de ses amis, et obtenu une médaille d'argent de la société d'agriculture de la GrandeBretagne, pour un Essai sur la meilleure manière d'employer les pauvres, Les idées proposées par Lipscomb ont reçu depuis leur application en Hollande. Le travail de Lipscomb sur le Buckinghamshire occupa surtout ses dernières années ; il s'était livré, avant de le composer, à d'immenses recherches et à une lecture continue des documents manuscrits
  • Georges LLOYD : savant anglais , était le fils du major sir William Lloyd, qui s'est fait connaître par un voyage exécuté dans l'Inde en 1821. Le jeune Georges naquit dans la présidence du Bengale .en 1815, et fut envoyé en Allemagne pour y terminer ses études. Mais il conserva toujours les habitudes de sa première enfance, et rappelait plus par son genre de vie un Hindou qu'un Européen. Son goût pour les travaux historiques se manifesta de bonne heure, et il se livra surtout à des recherches sur l'influence qu'avaient exercée les Sarrasins sur la civilisation européenne. En 1840, il édita la relation du voyage fait par son père de Cawnpour aux monts Himalaya, et la relation du capitaine A. Gérard de sa tentative pour pénétrer à Garou . L'année suivante il donna, toujours d'après le même A. Gé; rand, une Notice sur Kounawour dans l'Himalaya, La curiosité de George Lloyd fut vivement piquée par les études hiéroglyphiques, et il alla pour s'y livrer se fixer au Caire, où il devint un des fondateurs de la société littéraire égyptienne , qui l'élut son viceprésident. Mais atteint d'une mata, die grave , il fut enlevé, peu de temps après, dans toute la fleur de la jeunesse, à Gourah, près de l'ancienne Thèbes, le 19 octobre 1844
  • Georges LOUET : avocat à Paris dans le 16e siècle, était né dans l'Anjou d'une famille noble. Il fut reçu en 1584 conseiller au parlement de cette ville', où il se fit remarquer par son érudition. Il devint ensuite agent du clergé, puis évêque de Tréguier, mais il ne prit pas possession de cet évêché. Louet a recueilli un grand nombre d'arrêts qu'il a distribués sous différentes matières en suivant l'ordre alphabétique et y ajoutant des remarques puisées dans les sources du droit romain et du droit français. Son travail fut publié en 1602 , et c'est de tous les recueils de cette nature celui qui a eu le plus de succès ; près de vingt éditions suivirent cellelà. Julien Brodeau y fit de nombreuses et importantes additions qui forment la 10', publiée en 1636, et qui ont beaucoup contribué à donner à cette collection la réputation dont elle jouit. La dernière édition de 174e, Paris, 2 vol. , est enrichie des remarques et des aug- mentations de Rousseau de Lacombe. On a encore de Louet des Notes jointes au Commentaire sur les règles de la chancellerie romaine, par Dumoulin, Paris, 1656 ouvrage pos- thume
  • Georges MARÉCHAL( 1658) : chirurgien français, naquit à Calais en 1658. Pressé, vu le peu de fortune de ses parents, d'embrasser une profession, il se décida pour la chirurgien et se rendit trèsjeune encore à Paris , où il se plaça chez un maitre chirurgien. Ses progrès en anatomie et l'assiduité avec laquelle il suivit la clinique de l'hôpital de la Charité lui attirèrent la bienveillance du chirurgien en chef , qu'il remplaça en 1688 , peu de temps après avoir été reçu maitre en chirurgie. Il acquit dans la pratique des opérations cette habileté de la main qui lui valut une réputation aussi brillante qu'étendue , principalement pour l'opération de la taille par la méthode du grand appareil qu'il avait beaucoup simplifiée. On ne lira pas sans intérêt ce que Palaprat a dit de lui, dans la préface de sa comédie des Empiriques : « J'étais depuis dix à douze « ans, nouveau Sisyphe, condamné à rouler une « grosse pierre, quand M. Maréchal , ce prince « des chirurgiens , me fit l'opération ; et je suis « persuadé que , si son habileté et la légèreté de « sa main commencèrent ma guérison , sa clou- « ceur et la gaieté de son humeur la perfection- « nèrent. Il ne m'approcha jamais qu'avec un « visage riant et un bon mot ; et moi je le reçus « toujours avec un nouveau couplet de chanson, « sur quelque sujet réjouissant. » Appelé en 1696, par Félix, premier chirurgien de Louis ms', pour donner son avis sur la maladie du monarque , Maréchal montra dans cette circonstance autant de modestie que de talent ; ce qui lui valut l'amitié de Félix : celuici le désigna plus tard pour son successeur . Devenu premier chirurgien du roi en 1703 , Maréchal sentit redoubler son zèle ; et il se crut obligé de répandre encore davantage les bienfaits de son art. A cette époque il donna une grande preuve de désintéressement, en jetant au feu pour vingt mille livres de billets, qui étaient le produit des honoraires que lui devaient des personnes auxquelles il avait rendu la santé. Le roi lui donna en 1706 une charge de maitre d'hôtel, et l'anoblit en 1707. Après la mort de Louis XIV, il trouva dans sort successeur la même confiance. Il reçut le cordon de StMichel en 1723 , et mourut le 13 décembre 1736. C'est à son amour pour les progrès de l'art qUe l'on dut en 1731 l'établissement de l'académie royale de chirurgie, pour laquelle il obtint de concert avec la Peyronie, qu'il s'était adjoint, la protection du roi. On trouve de lui, dans les Mémoires de cette société, beaucoup d'observations intéressantes de chirurgie pratique, ainsi que l'éloge de leur auteur. Son petitfils est plus connu sous le nom de marquis DE BIÈVRE
  • Georges MOLLER( 1784) : architecte allemand , né le 22 janvier 1784 à Diepholz , dans le Hanovre, d'un père avocat. Il étudia l'architecture d'abord à Carlsruhe sous la direction de Weinbrenner ; ce fut pendant ce temps qu'il visita Strasbourg et Fribourg et leurs célèbres cathédrales. On commençait en Allemagne à s'intéresser à l'étude des monuments du moyen tige , dont Moller était un admirateur enthousiaste. Dans un voyage qu'il fit en Italie , il prêta moins d'attention aux temples antiques, qui lui paraissaient de faibles copies de l'art grec , qu'aux édifices du moyen âge à Florence , Pise et Sienne. Tout en admirant pourtant les ouvrages grandioses des Romains, tels que ponts, aqueducs, amphithéâtres, il pensait aux belles cathédrales que nous avons citées tout à l'heure ; le souvenir des vieux restes de l'art allemand le poursuivait , et ce fut à Rome qu'il exécuta de grands dessins des monuments qu'il avait visités en Allemagne. Quand Moller revint dans le pays qui l'avait envoyé comme pensionnaire en Italie, il le trouva compris dans le nouveau royaume de Westphalie ; ne voulant pas servir l'étranger, il quitta le Hanovre et accepta du service à la cour grandducale de Hesse. Il fixa donc sa résidence à Darmstadt, qu'il ne quitta plus. Il fut bientôt nommé architecte de la cour , et, comme le prince Louis Jr avait beaucoup de goùt pour les arts , comme il était dignement secondé par le secrétaire de son cabinet, conseiller intime Schleiermacher, Georges Moller put diriger le mouvement artistique qui se produisait alors à Darmstadt. La nouvelle ville était en voie d'agrandissement; le style des constructions particulières se ressentit de l'unpulsion donnée par Moller. En même temps , ce dernier construisait de plus grands édifices et des monuments publics, le Casino , l'Opéra , l'Église catholique , la nouvelle Chancellerie . L'église que nous venons de nommer est un beau bâtiment circulaire de cinquantesept mètres de diamètre , surmonté d'un magnifique dôme de quarante et un mètres d'élévation, qui est supporté par vingthuit grandes colonnes de seize mètres de hauteur. Quoique trèssimple, l'effet en est imposant. On y a beaucoup blâmé cependant la répercussion des sous; niais ces échos ne sont pas la faute de Moller, qui voulait la forme ordinaire en croix ; on lui as ait imposé la condition de faire à peu de frais un édifice le plus spacieux possible. Un heureux hasard avait mis Moller en possession du plan géométrique original de la cathédrale de Cologne, retrouvé sur un vieux parchemin dans un grenier; il le publia vers 1818, appelant le premier l'attention sur ce monument , sur son aclièv,-- ment possible et sur son importance au point de vue national et religieux. Un second dessin fut retrouvé quelque temps après par Muller : il représente les deux tours dans la forme qu'on voulait primitivement leur donner ; Moller l'a inséré dans ses Monuments de l'architecture allemande , première publication de ce genre en Allemagne ; il a rendu ainsi possible la construction des deux tours de la cathédrale d'après le projet original. En 1827, Moller construisit l'église catholique de Bensheim, et l'année suivante il acheva la coupole de la cathédrale et éleva le théâtre, à Mayence. Citons encore de lui : les restaurations au château du prince de Metternich à Johannisberg , le palais ducal à Wiesbaden , et le viaduc de la vallée de Gcels, près d'AixlaChapelle; œuvres qui , au point de vue de la construction , appartiennent aux meilleurs travaux exécutés en Allemagne dans les temps modernes. Moller , comme il le dit dans ses ouvrages, a essayé de faire revivre, non pas les formes extérieures de cette architecture gothique qu'il avait profondément étudiée , niais ses formes intimes et organiques, en les rendant applicables à nos constructions modernes en pierre , en bois et en fer. Ii prétendait avoir retrouvé le secret des architectes de ce temps- là , ce qu'il a défini luimême, Das Netz- toder Knotensystem, et qu'il a pratiqué plusieurs fois, surtout pour la construction des toits et couvertures d'édifices. Moller passait pour un habile maitre en ce genre. Ainsi sa coupole à la cathédrale de Mayence, en fer et en zinc, est remarquable de hardiesse et de simplicité; nous en dirons autant du couronnement de la salle de spectacle dans la même ville, qui se distingue en outre par cette heureuse disposition ; c'est que Muller a donné à l'extérieur du théâtre la forme semicirculaire de l'intérieur. Ce procédé, comme on sait , a été depuis imité par M. Semper, avec plus de bonheur encore , pour le théâtre de Dresde. Muller avait été nommé, en 1844, directeur général des bâtiments de IlesseDarmstadt. Sa passion pour le moyen âge lui avait procuré la connaissance et l'amitié de Goethe, de Humboldt, de Boisserée, de Ranch Moller, qui avait pendant toute sa vie été d'une santé faible, mourut le 13 mars 1852. ll a formé de nombreirCélèves, dont quelquesuns sont devenus des architectes distingués, Lerch, Ilessemer, André, etc. Un monument lui a été élevé par eux dans le cimetière de Darmstadt. Moller avait, chose singulière ! exprimé le voeu d'être enterré dans un cercueil sans couvercle ; son corps fut donc descendu dans la fosse à découvert et la terre simplement jetée dessus. Moller est l'auteur , outre les Monuments dont nous avons parlé , des publications suivantes : 1 la Cathédrale de Limbourg et l'église St- Paul à Worms, Darmstadt , I82i; 9.° la Cathédrale de Fribourg en Brisgau , ihid., 1826 ; 3° la Cathédrale de Cologne, et remarques , sur son achèrement, ibid. , 1818 ; et enfin d'un ouvrage fort important, 4° Matériaux pour la science de bdtir , ibid., 1835-1842, 3 part., où il expose savamment les lois de l'architecture du moyen âge en Allemagne
  • Georges OTHON ou OTTON( 1634) : orientaliste allemand , naquit en Hesse en 1634, et de Sattenhausen, sa ville natale, passa fort jeune dans une maison de Goettingue, d'où on l'envoya continuer ses études à Heiligenstadt , à l'école des jésuites. Ceuxci sans doute auraient voulu le retenir pour ètre un des leurs ; mais , quoique songeant dès lors à la carrière de l'enseignement, le jeune homme aima mieux aller se perfectionner à Brème , à Goettingue , à Marbourg , où il se livra sérieusement pour la première fois à son goût des langues orientales. Il remplit ensuite à Detmold, à Hanau, à Cassel, diverses fonctions scolaires , se délassant des trop faciles langues de l'Occident par l'étude des dialectes sémitiques; des classiques trop universellement connus que nous ont légués la Grèce et Rome, par la littérature des rabbins. La philosophie, la physique l'occupaient aussi , et , quelque imparfaites que pussent être, surtout en cette dernière science, des solutions sur des matières pour lui secondaires et comme épisodiques, on ne saurait lui refuser non - seulement de l'activité d'esprit , mais encore de l'originalité, de la hardiesse. L'université de Marbourg fut donc bien inspirée quand , en 1679 , à la mort de Cyriac Lentulus , elle remplaça par Othon l'orientaliste qu'elle venait de perdre. La chaire d'Othon, au reste, n'était pas si exclusivement consacrée au culte des langues orientales qu'il n'eût de plus à y professer le grec et la poésie. Voué à l'érudition et aux devoirs de sa charge , la vie d'Othon n'offre pas l'ombre d'un événement. Il mourut presque octogénaire le 28 mai 1713. Son principal ouvrage est sa Synopsis institutionum samaritanarum, rabbinicarum, arabicarum, œthiopicarum et persicarum. C'est une grammaire comparée, utile encore après la Grammaire harmonique de Hottinger et qui en forme un complément indispensable , Hottinger n'ayant présenté en regard de l'arabe que l'hébreu , le chaldéen et le syriaque, tandis que Georges Othon y ajoute deux autres idiomes bien distincts , et qui même ne sont pas en totalité sémitiques, plus une langue trèsvoisine de l'hébreu et qui pourtant ne saurait se confondre avec l'hébreu, et un dialecte en même temps développement et déformation de l'hébreu biblique. C'est aussi de lui qu'est la Paiera linguarum orientalium, FrancfortsurleMein, 1702 contenant les quatre premiers chapitres de la Polyglotte de Londres, avec index alphabétique de tous les mots compris dans ces quatre chapitres , index qui peuvent servir de petits dictionnaires des commençants. On a tiré à part le texte ou plutôt la paraphrase arabe, avec la version latine et l'index arabe , sous ce titre : Paraphrasis arabica 4 primor. tapitum libri Geneseos, etc. sans nom d'auteur et d'éditeur, et Schnurrer a cru que c'était un ouvrage particulier et que l'édition avait été faite à Utrecht, erreur qui provient de la suppression des signatures et des réclames, comme du changement de pagination, mais qu'il est facile de reconnattre à une foule de petites particularités, par exemple à la' lettre q avec accent vingtsept fois pour que, et huit fois sans accent ; au mot eum au lieu de C11711. , etc. Aux productions grammaticales ou strictement philologigues de Georges Othon appartiennent encore son Compendium accentuationis sacrce , et des dissertations : De genuina accentuatione Decaloqi, De vera lectione nominis tetragranzmati, De rariis textus hebrœi lectionibus, De interpretatione Scripturce sacroe. D'autres se réfèrent à l'exégèse ou à la théologie; ce sont celles qui ont pour titres : De Abrahami risu , De virga Aaronis florida , De Urine et Thunintim, De sacra ccena, De sepulcro Christi cura divite , De Angelis. La philosophie et surtout la psychologie ont inspiré le De l! undo Cartesii veroque ejus scopo, le De naira mentis cura corpore conjunctione, le De anima brutorum, le De miranda imaginationis ri, le De ideis, le De vero ethices fine , le De philosophia spoliatrice. Le physicien et l'astronome enfin se révèlent à nous par une quatrième classe d'essais , intitulés 1. De solis quiete et terrœ motu ; 2. De coloribus; 3° De igue centrali; 4. De igue erratico ; 5^ De meteoris aqueis; 6. De fontibus ac fluminibus; 7. De rarefactione oc condensatione; 8° De elementis corporis naturalibus
  • Georges PASOR( 1570 - 1637) : savant philologue , né en 1570 à Herborn, dans le comté de Nassau , fut pourvu à vingtsept ans de la chaire de théologie et d'hébreu de l'académie de sa ville natale , et remplit avec distinction ce double emploi. Appelé en 1656 à Franeker , pour y professer la langue grecque, il se rendit utile à ses élèves par la publication de quelques ouvrages, qui sont, dit Bayle, d'un usage merveilleux aux écoliers et aux proposants. Il mourut en cette ville le 10 décembre 1637, et fut inhumé dans l'église principale , avec une épitaphe honorable, que Foppens a rapportée dans la Bibl. Belgica , p. 342. Outre l'Oraison funèbre de Jean Piscator, Herborn, 169.5 on cite de lui : Matinale grœcarum rocum N. Testamenti , deque grœcis N. Testarnenti accentibus; — Syllabus, sive idea omnium N. Testamenti dictionum seu dialectarum ; — Grammatica grceca N. Testamenti in Ires libros distributa ; — Lexicon gr.- latinum in N. Testamentum. Tous ces ouvrages ont été revus et corrigés par Matthias Pasor, fils de Georges, qui en a procuré de bonnes éditions. La meilleure du Lexique est celle qu'a publiée Jean Leusden, Amsterdam, 1675 — Analysis difficilium ro- cm in operibus Hesiodi. C'est un index fort utile et qui a été réimprimé plusieurs fois à la suite des poésies d'Hésiode. On peut consulter pour plus de détails les Athenœ Frisicoe de Vriemoet, p. 237-245. — Matthias PASOR, né en 1599 à Herborn , après avoir achevé ses études avec succès à l'académie d'Heidelberg, y obtint en 1620 une chaire de mathématiques; mais l'invasion du Palatinat l'ayant obligé de quitter l'Allemagne, il passa en Angleterre, et s'établit à Oxford , où s'étant fait connaître avantageusement, il fut nommé professeur de langues orientales. Il quitta cet emploi en 1629 pour se rendre à Groningue, et y professa successivement la philosophie, les mathématiques et la théologie avec beaucoup de distinction. Il mourut le 28 janvier 1658, sans avoir été marié. On n'a de lui que quelques thèses : il n'avait jamais rien voulu imprimer, par la raison qu'il craignait de détourner les jeunes gens de la lecture des bons livres qui existaient déjà et d'exposer les libraires à perdre leurs avances. On trouva pàrini ses papiers le Journal de sa vie, qui fut publié à Groningue, 1658 Bayle, qui lui a consacré un article intéressant dans son Dictionnaire, pense qu'on a eu grand tort d'imprimer ce journal, ou du moins qu'on devait en retrancher plusieurs minuties
  • Georges PEURBACH( 1423) : astronome, en latin Purbachius , est ainsi nommé d'une petite ville d'Autriche , où il était né en 1423. On sait que les écrivains de ce temps se désignaient euxmêmes par leurs noms de baptême , auxquels ils joignaient ordinairement ceux des lieux qui les avaient vus naître. Ainsi Georges de Peurbach avait eu de même pour disciple le célèbre Jean de La petite ville de Peurbaeli ou Peyrbaeh est située à huit lieues à l',)uest de Liste. MontRoyal , plus souvent désigné sous le nom de Regiomontanus . Nous savons que Jean , trèsjeune encore , et désirant être initié aux mystères de l'astronomie , avait entrepris un assez long voyage, auquel l'avait décidé la grande réputation du professeur Georges. L'imprimerie n'était pas encore inventée , ou du moins elle n'avait encore multiplié aucun ouvrage de mathématiques. Le manuscrit grec de Ptolémée n'avait pas jusqu'alors pénétré en Europe. Peurbach , d'ailleurs, n'a jamais su un mot de grec ; et son disciple Jean ne l'apprit que plus tard en Italie. On n'avait pour étudier l'astronomie que deux traductions latines assez inexactes et souvent inintelligibles de Ptolémée , une mauvaise traduction latine d'Albategnius, une d'Alfragan , et le livre de Sacrobosco. Ce dernier ouvrage ne contenait que les notions les plus élémentaires sur les cercles de la sphère, les phénomènes du mouvement diurne, et quelques mots sur les éclipses. Les manuscrits étaient rares ; et ceux qui pouvaient se les procurer étaient bientôt rebutés par les difficultés réelles qu'ils rencontraient à chaque pas dans Ptolémée , et plus encore par la prolixité de ses calculs interminables. Ainsi l'on doit peu s'étonner de la réputation que pouvaient s'acquérir ceux qui, par un travail opiniiltre avaient su vaincre ces obstacles, ni de l'empressement qu'on avait à les rechercher pour tirer de leurs leçons quelques explications incomplètes. Tel fut le mérite et le bonheur de Peurbach. Il avait lu toutes les traductions existantes; et, les débarrassant des démonstrations géométriques et des calculs ennuyeux , il s'attacha au fond de la doctrine, qu'il expliquait non à ceux qui avaient l'envie de devenir astronomes, niais à ceux qui se contentaient de comprendre à peu près le mécanisme des phénomènes et l'arrangement des corps célestes. La partie la plus difficile était la théorie des planètes. Sacrobosco n'en avait rien dit. Peurbach en fit le sujet d'un livre qui fut imprimé pour la première fois en 1488 , vingtsept ans après sa mort, sous le titre de Theoricoe planetarum, Venise à la suite de la sphère de Sacrobosco ; réimprimé successivement et avec divers commentaires en 1490 , 1491, 1495 , 15n, 1515, 1516, 1525, 1542, 1543, 1551, 1555, 1556, 1569, 1573, 1580, 1581, 1591, 1595 , 1596 , 1601 et 160%. Tant de commentaires et d'éditions différentes ne prouvent que deux choses : que le livré n'était pas ce qu'il devait être , et que cependant il servait de texte à tous les professeurs de ce siècle. 11 n'a réellement qu'une chose qui le distingue. Ptolémée n'avait pas osé s'expliquer sur la question des cieux solides d'Aristote. Peurbach est plus hardi; il enferme le soleil , la lune et chacune des planètes, entre deux murs solides, qui ne laissent à l'astre que la place nécessaire pour qu'il puisse passer. Ces enceintes ne changent rien à la théo- rie mathématique, qui finit toujours par ne calculer que des lignes. Mais Peurbach se débarrasse de tous les calculs ; c'est uniquement pour soulager l'imagination et suppléer aux causes physiques qu'il a établi et représenté aux yeux toutes ces enceintes. Mais ces murs solides ont plus d'un inconvénient, et c'est ce qui les a fait abandonner par Tycho. Ils expliquent les grandes irrégularités aperçues et calculées par Hipparque et Ptolémée , mais ils s'opposeraient aux inégalités beaucoup moindres que produisent les attractions mutuelles, et que les observations décèlent aujourd'hui ; enfin ils s'opposeraient au passage des comètes. D'ailleurs ces murs transparents devraient être dépourvus de toute densité , sans quoi la lumière ne saurait les traverser sans des réfractions qui compliqueraient singulièrement les phénomènes. Ce serait aujourd'hui temps perdu que de lire les Théoriques de Peurbach ; on espérerait tirer plus de fruit de l'ouvrage suivant, commencé par le même auteur et fini par son élève : Johannis de Nonteregio et Georgii Purbachii epitome in Cl. Ptoletncei magnant constructionein . Bessarion, qui apporta le premier en Europe le texte de Ptolémée et celui de son commentateur Théon , était avec grande raison fort mécontent des traductions latines. Il avait luimême commencé une nouvelle version ; mais, distrait par ses missions politiques, il s'était adressé à Peurbach pour donner du moins un extrait plus fidèle et plus intelligible. Peurbach n'en put composer que les premiers livres ; il fut enlevé par une mort prématurée le 8 avril 1461; en mourant, il chargea son disciple Muller de revoir et de continuer l'ouvrage, qui parut pour la première fois en 1496 à Venise, puis en 1543 à Bille , et à Nuremberg en 1550. Ses autres ouvrages sont : -1. Tabulœ eclipsium magistri Georgii Purbachii , Vienne , 1514, et Neuburg , 1557; 2° Purbachius de sinubus , Nuremberg, 1541. Peurbach avait tiré d'Arzachel un traité de la construction de la table des sinus : il enseigne à les calculer pour toutes les minutes du quart de cercle, tels qu'il les donne dans sa table. 3° Libellus G. Purbachii de quadrato geometrico, Nuremberg , 1544 4°. Ce carré géométrique était encore une chose utile pour ce temps : il était composé de deux triangles isocèles et rectangles, dont les côtés étaient divisés en douze cents parties égales. Sur la base étaient marquées les ombres ou les tangentes des distances au zénith, depuis 0 jusqu'à 45", l'un des côtés perpendiculaires servant de gnomon. L'autre côté perpendiculaire mesurait les ombres ou les tangentes pour les degrés de hauteur, depuis 0 jusqu'à 45°, le côté horizontal supérieur servant à son tour de gnomon. On avait ainsi un nombre de deux mille quatre cents tangentes pour le quart de cercle. A ce carré, l'auteur joignit une table qui, pour chaque longueur d'ombre , donnait l'angle de hauteur ou celui de distance au zénith. Mais il n'avait en vue que la gnomonique, à l'exemple d'Albategnius, auquel il avait emprunté cette idée : il ne vit pas que cette table pouvait être singulièrement utile pour les calculs trigonométriques. Son disciple Muller, qui , d'après les idées et les règles d'Albategnius, composa depuis sa Table féconde, eut la même maladresse; et la table des tangentes, qui depuis près de cinq cents ans était employée avec succès par les Arabes, ne fut naturalisée en Europe que cent ans plus tard encore, c'est-àdire en 1596, par l'ouvrage de Rhéticus. On dit que Peurbach lit exécuter plu-. sieurs instruments astronomiques, dont la forme et les usages nous sont également inconnus
  • Georges PODIEBRAD( 1420 - 1471) : roi de Bohème , en 1420, était fils de Victorin de Cunstat , seigneur de Podiebrad , et d'Anne de Wartemberg , comtesse de Glatz. Il était attaché au parti des hussites, dont les guerres déchiraient alors la Bohème. Albert d'Autriche étant mort en 1439 , son fils posthume, Ladislas, avait été reconnu roi par les états de Bohème, qui nommèrent deux régents pour administrer pendant sa minorité. Podiebrad se trouvant en possession de la régence en 1457, époque de la mort de Ladislas , se fit élire par acclamation le 2 mars 1458. Sa couronne lui fut vivement disputée. Il obtint l'investiture de Frédéric III, auquel il avait rendu un service important ; mais il persécuta les catholiques , fut détrôné par son gendre Mathias Corvin, roi de Hongrie , et mourut au milieu de ces troubles, le 22 mai 1471. Il eut pour successeur Wladislas II, fils du roi de Pologne, auquel Corvin disputa encore l'autorité
  • Georges PHILLIPS( 1804 - 1859) : historien et publiciste allemand , né en 1804 à Koenigsberg en Prusse, mort en 1859 à Vienne. Il était fils de parents protestants originaires d'Angleterre. Après avoir étudié le droit à Munich et à Berlin, il séjourna quelque temps à Londres. Lié dès son retour à Berlin, vers 189.7, avec son compatriote Jarcke, il rentra presque en même temps que lui dans le sein de l'Eglise catholique. En 1833 il fut appelé à Munich comme professeur de droit. Il se posa dès lors comme un des champions les plus déci- dés des prétentions de l'Eglise, à côté de laquelle l'Etat ne jouerait plus que le rôle de simple po- lice. L'affaire de l'archevêque de Cologne, en 1837, donna lieu à la fondation par Phillips et son ami le vieux Gcerres des Feuilles historiques et politiques de l'Allemagne catholique, qui eurent une existence de douze ans, Munich, 1838- i89 , 20 vol. A côté d'excellents matériaux historiques, entassés et mis à jour dans cette revue , on y trouve, en fait d'idées, le culte trop exclusif de celles du moyen âge. Du reste, par suite de l'accueil favorable que ce rajeunis- sement du moyen âge trouva à la cour de Ba- vière, ce pays, dans la période de 1838 à 1848, passa pour la véritable métropole de l'ultramon- tanisme allemand. En 1847 eut lieu la singulière intervention de Lola Montès, qui du reste, après le petit scandale occcasionné à Munich, eut pour suite l'avènement de ministères libéraux. Phillips, éloigné de sa chaire, fut nommé conseiller royal à Landshut. Mais, au lieu de s'y rendre, il poursuivit le cours de ses travaux historiques, et inspira l'idée du Dictionnaire de conversation pour l'Allemagne catholique, opposé au fameux Dictionnaire de Brockhaus, et rédigé par un des élèves les plus fougueux de Phillips. En 1849, ce dernier accepta la chaire de droit canonique et d'histoire du droit à l'université d'Innsbruck. En 1851, enfin, Phillips passa dans la même qualité à Vienne, où il entra bientôt aussi dans le sein de l'académie des sciences de cette ville. Il a écrit 10 Essai d'un exposé de l'histoire du droit anglo- saxon, Goettingue, 1825; 12, 11unich, 1845; 2' édition , 1850; 7° Les synodes diocésains, Fribourg, 1849; 2' édition, 1850; 8° Sur l'origine des charivaris, ibid
  • Georges PICCHI( 1500 - 1550) : peintre, né à CastelDurante, florissait à la fin du 16° siècle. Plusieurs historiens, déterminés par le caractère de ses ouvrages , lui donnent le Baroche pour maitre ; mais rien ne prouve qu'il ait reçu les leçons de ce peintre. Il vint à Rome sous le pontificat de SixteQuint , et fut employé par ce pape concurremment avec le Lilio. Il exécuta plusieurs grands ouvrages dans la bibliothèque du Vatican , à la Scala- Santa , et au palais de StJean de Latran. Doué d'une extrême facilité d'exécution, la manière du Baro- che , fort en vogue à cette époque, devait le st- duire, et il s'y laissa entraîner; niais il sut quelquefois y mettre des bornes, comme dans le tableau de la Ceinture , à StAugustin de Rimini ; d'autrefois, au contraire, il l'outrepassa encore, comme dans le tableau de St- Marin, qu'il peignit pour l'église de la ville de ce nom. Plusieurs autres de ses ouvrages, tant à l'huile qu'à fresque, subsistent soit à Urbin, soit dans sa ville natale, soit à Crémone et ailleurs. Ce sont en général de vastes compositions qui remplissent des chapelles ou même des églises entières. Les plus grands travaux ne pouvaient Veffrayer, et il savait trouver dans la facilité qu'il avait acquise à Rome les moyens d'achever en peu de temps' ce qui aurait exigé des années de la part d'un autre artiste. On disait de lui qu'il faisait voler ses p ceaux. Malgré son mérite incontestable et tant de preuves qu'il en a laissées, ce peintre a été omis jusqu'à présent dans toutes les biogra- phies. On ne conçoit pas surtout comment Ba- glioni a pu l'oublier. On ignore l'année de sa mort , et l'on sait seulement qu'il avait à peu près 50 ans lorsqu'il mourut
  • Georges PRAY( 1723) : savant et laborieux historien, naquit le 11 janvier 1723 à ErsekUjvarini, dans le comté de Neytra , en Hongrie . Il embrassa l'institut de StIgnace dès qu'il eut, terminé ses études; il enseigna successivement les belles- Les biographes allemands varient beaucoup sur la , ibid., 1768 7° Vite sanete Eli- sabethce vidua et B. Margarita, virginis , ibid. , 1770; 8. Dissertatio hisiorico- critica de sacra dextra D. Stephani, primi Hungarite revis, Vienne, 1771 9° Dissertatio de prioratu Au- ratte, ibid . , 1773, in - 4° ; 100 Dissertatio de sancto Ladislao reqe, Pesth, 1774 ; 11° Dis- sertationes historico- criticoe de sanctis Salomone rege et Hemerico duce Hungarice , ibid., 1774, in -4° ; 12° Specimen hierarchioe Hungaricce, ibid . , 1776-1779, 2 vol. 13° Index variorum librorum biblioth. universatis Budensis , Bude , 1780-1781 , 2 vol. 14° Imposture 218 in Dissertatione.... Benedicti Cetto.... de Sinensiuni imposturis, detectœ et convulse, Bude, 1781 On trouve à la suite les lettres inédites du P. Hallerstein, missionnaire à la Chine. Dans une deuxième réponse à Cetto, publiée en 1789, Pray donna un précis de la controverse sur les rites chinois , et il traita peu après le même sujet avec un grand détail en allemand, Augsbourg, 1791-1792, 3 vol. 15° Historia regum Hungariœ stirpis Austriacœ, ibid., 1799 ; 16° Historia requin Hungariœ cum notitiis praviis ad coqnoscendunt veterem regni statum pertinentibus, ibid., 1801, 3 vol. C'est l'abrégé du grand ouvrage de Pray ; il est trèsestimé. 17° De sigillis regum et reginarum Hungariœ plu- ribusque aliis syntagma, ibid., 1805 L'au- teur a laissé un grand nombre d'autres ouvrages et plusieurs manuscrits, qui ont passé dans la bibliothèque de l'archiduc Joseph , palatin de Hongrie. On trouvera les titres des uns et des autres dans la Vie de G. Pray, par Cl.Michel Paitner, et dans le supplément du P. Caballero à la Bibl. soc. Jesu., 2' partie, p. 118 et suiv. L'Oraison funèbre de Pray, par l'abbé Léopold de Schaffrath , a aussi été imprimée
  • Georges RATALLER( 1528) : philologue et poète latin, mérite une place parmi les savants précoces. Né en 1598 à Leuwarden, en Hollande, d'une famille noble, il fut placé de bonne heure dans l'école de Macropedius , à Louvain, et puisa dans les leçons de cet habile maître, avec le goût des lettres, une connaissance approfondie des langues grecque et latine. Ses parents le destinaient à la carrière de la magistrature; et, après avoir terminé ses humanités et sa philosophie, il alla étudier le droit dans les plus célèbres uni- versités de France et d'Italie. Il fréquenta succes- sivement les écoles de Bourges, de pôle, de Padoue, et partout il sut se ménager des loisirs pour continuer une traduction en vers latins de Sophocle qu'il avait commencée à Louvain. Des amis, auxquels il communiquait sa traduction à mesure qu'il la faisait , furent si charmés de l'é- légance et de la pureté du style qu'ils publièrent à son insu les trois premières pièces : Ajax fu- rieux , Antigone et Electre , Lyon , 1550 De retour (fans les PaysBas, précédé d'une réputation méritée, Rataller fut nommé membre du conseil souverain d'Artois, et en 1560, maître des requêtes au conseil de Malines. La duchesse de Parme, gouvernante des PaysBas, le choisit, en 1566, pour son ambassadeur à la cour de Danemarck, où il demeura trois ans. La prudence et l'habileté qu'il avait montrées dans les négo- ciations furent récompensées par la place de président du conseil d'Utrecht. Au milieu de tant d'occupations importantes , son ardeur pour l'étude ne s'était point ralentie, et il travaillait à une traduction d'Euripide , quant il fut frappé d'une apoplexie foudroyante, dans la salle même du conseil, le 6 octobre 1581. Rataller emporta les regrets de ses collègues et des littérateurs dont il était le protecteur. On a de lui les traductions suivantes en vers latins : 1 les Veuves d'Hésiode, Francfort, 156. ; Rataller n'avait que dixhuit ans quand il publia cette version ; il y joignit un livre d' Epigrammes . 2° Les Tragédies de Sophocle, Anvers, 1570 ou 1576 et 1584 c'est la même édition dont on n'a fait que renouveler le frontispice. L'auteur l'a dédiée à Frédéric Perrenot , frère du cardinal de Granvelle, par une épître que Bayle trouve bien digne d'être lue. 3° Trois tragédies d'Euripide : les Phéniciennes, Hippolyte et Andro- maque, suivies des fragments d'anciens poètes, tirés de Stobée, ibid., 1581 On peut consulter pour de plus grands détails le dictionnaire de Bayle et le Trajectum eruditum, de Bu rmann W—s.
  • Georges RIVEAU( 1500) : né à Nantes vers la fin du 16° siècle, alla fort jeune habiter la Rochelle, où il devint conseiller et avocat du roi au présidial et à l'élection. Protestant zélé, mais exempt de fanatisme, il fut député par les Eglises réformées de Saintonge au synode national d'Alençon, où il se comporta avec beaucoup de modération. Il osa même désapprouver la tenue de la fameuse assemblée de la Rochelle en 1621. Riveau a laissé une relation du siége de cette ville sous Ce titre : De Rupella obsessa , dedita, demum su- bacta libri 3 gratœ posteritati, Amsterdam, 1649 Sa diction est froide , pénible et sans grâces; mais il a rassemblé dans cette relation des faits intéressants
  • Georges ROMANINO( 1501) : peintre, naquit à Rome vers l'an 1501. Son premier maître est inconnu. Le désir de se perfectionner dans la science du coloris le conduisit à Venise, où il fit des progrès considérables dans cette importante partie de l'art. Après quelques années employées à cette étude, il alla s'établir à Brescia et rie tarda pas à s'y faire une réputation par de bons ouvrages. Bientôt d'autres villes voulurent avoir de ses tableaux. La plupart des églises, des couvents et des palais de Brescia sont ornés de ses peintures à fresque et à l'huile. Mais l'ouvrage qu'on peut regarder comme son chefd'oeuvre est le tableau du maîtreautel de l'église deStFrançois. Sur sa réputation, Romanino fut appelé en France, et il avait peint dans la galerie d'Apollon et dans les appartements de la reine mère au Louvre plu- sieurs sujets à fresque, dont on regrette la perte. Quoique ce fussent les productions d'un âge avancé, on n'y voyait aucune trace de l'affaiblissement de son génie ; la correction du dessin , l'aisance et la grâce des draperies, la beauté du coloris frappaient les yeux même des plus ignorants. Peu d'artistes l'ont surpassé pour l'entente de la composition, l'exactitude du dessin, la force et l'éclat des teintes et la parfaite imitation de la nature, et nul artiste ne s'est approché autant que lui du style et de la couleur du Titien
  • Georges SANTI( 1746 - 1822) : chimiste et botaniste italien, naquit en 1746 à Pienza, d'une famille de robe. Après avoir fait ses premières études à Sienne, il obtint une bourse pour étudier la médecine à l'université de cette ville. Reçu docteur à vingt ans, il alla faire sa pratique à l'hospice de SteMarieNouvelle de Florence, puis il concourut, en 1773, pour le prix fondé par Biringueri. Il l'emporta sur ses rivaux et put ainsi se rendre à l'univer- sité de Montpellier, qui était alors célèbre. Après un séjour d'un an dans cette ville, il vint à Paris muni de lettres de recommandation pour Boscowich et le rfiarquis de Mirabeau. Ce dernier lui donna un logement dans son hôtel et le présenta à la duchesse de Senac, qui, à son tour, le présenta à la cour. Ses brillantes qualités le firent remarquer assez pour que le margrave de Bade le nornet son chargé d'affaires auprès du cabinet de Versailles. Mais cette fonction diplomatique n'était à peu près qu'honoraire, et Salai put con- sacrer la majeure partie de son temps à l'étude des sciences naturelles, pour lesquelles il avait une véritable vocation. Lorsque la Pérouse entreprit un voyage de circumnavigation, Santi voulut en faire partie ; mais il fut heureusement détourné de ce projet par Boscowich. En 1783, il fut appelé à Pise pour y succéder à MichelAnge Telli dans la chaire de botanique. Il commença immédiatement à classer, d'après le système de Linné, les plantes du jardin de Pise, auxquelles son prédécesseur avait appliqué le système de Tournefort. Il s'occupa aussi de la classification des objets d'histoire naturelle dans les musées. Lorsque la Toscane eut été réunie à la France, Santi fut nommé inspecteur général des études pour tout le duché et chef du jury médical établi à Florence. Après la restauration, le grandduc le nomma provéditeur de l'université de Pise. Attaqué depuis plus de vingt ans d'une hydropisie thoracique, il succomba à uu accès de cette ma, ladie, le 30 décembre 1822. Outre un traité estimé sur le Laurus nohilis et une analyse chimique des eaux thermales de SanGiuliano, près de Pise, on a de Salai un Voyage au llontamiata et dans le Siennois, Pise, 1795-1806, 3 vol. iii-8°. Cet inté- ressant ouvrage, écrit en italien, ainsi que les deux opuscules précédents, contient la description d'une foule de minéraux et de plantes encore peu connus. Il a été traduit en anglais, et le docteur Bodard en a donné une traduction française Lyon, 1802, 2 vol. avec lig. Le troisième volume, qui a paru depuis, n'a pas été traduit. Santi est encore auteur d'un mémoire écrit en français sur les chameaux, de Pise, et qui se trouve dans le 17° volume des Annales du mu- séum d'histoire naturelle. Sant; avait préparé un voyage analogue de Paris à Venise et de Pise à Naples, mais ce travail est resté manuscrit
  • Georges SAUNIER( 1769) : marin français, né à Toulon le 10 octobre 1769, servit de bonne heure dans la marine marchande, et il était parvenu au grade d'enseigne sur la frégate la Junon, lorsque les Anglais entrèrent à Toulon en 1793. Après que cette ville eut été reprise par les Français, Saunier s'embarqua sur un canot avec huit hom- mes et captura pendant la nuit, à deux lieues en mer, un brick espagnol armé de 6 canons, monté de 18 hommes et chargé de munitions de guerre pour cinq cent mille francs. Cet exploit lui valut le grade de lieutenant de vaisseau et le commandement du brick la Liberté. de 24, canons. Bientôt il mérita d'être nommé capitaine de frégate, puis capitaine de vaisseau , et reçut le commandement du Guillaume Tell. Ce bâtiment faisant partie de la flotte de l'amiral Brueys qui conduisit Bonaparte et son armée en Egypte, se trouva au sanglant combat d'Aboukir , où l'amiral français fut tué; presque tous les navires furent détruits ou pris par Nelson. Le Généreux et le Guillaume Tell, ainsi que deux fré- gates, échappèrent seuls au désastre, Saunier gagna l'île de Malte, dont les Français s'étaient emparés, et commanda l'artillerie de la place pendant le long siége qu'elle soutint. Etant sorti du port, il fut attaqué par une frégate et deux vaisseaux anglais, qu'il combattit durant toute la nuit; mais au moment où. pour la troisième fois, il tentait l'abordage, une balle l'atteignit à et le Guillaume Tell, ayant perdu tous ses mâts, fut forcé d'amener. Revenu en France, Saunier fut nommé capitaine de vaisseau de première classe; et, en février 1801, le premier consul lui donna le commandement d'une division navale destinée à transporter en Egypte des munitions et des troupes sous les ordres du général Desfourneaux. Un coup de vent sépara des autres bâtiments l'Africaine, que montait Saunier. Cette frégate, dont la charge était considérable, marchait lentement ; elle fut poursuivie et attaquée, vers le détroit de Gibraltar, par un vaisseau anglais de 160 canons. Le combat fut terrible et dura quinze heures. Saunier y déploya un courage héroïque ; deux fois il tenta l'abordage que l'ennemi évita. Huit mille coups de canon avaient été tirés ; les canonniers étaient tués ou blessés les batteries démontées, les vergues et les mâts brisés ; le feu était au vaisseau. el Saunier se efendait encore, lorsqu'un boulet le frappa mortellement. L'Africaine, entièrement désemparée, fut obligée de se rendre. Le capitaine anglais, rempli d'admiration, prit le sabre de Saunier et déclara qu'il le porterait toute sa vie en mémoire de cet intrépide marin. Il voulait même que son corps, transporté en Angleterre, y reçût les honneurs funèbres; mais, assailli par des vents contraires, il eut le regret de ne pouvoir l'ensevelir que dans les flots. Le gouvernement consulaire accorda une pension de six cents francs à la veuve de Saunier et plaça ses deux fils au Pry- tanée français, à Paris
  • Georges SERPILIUS( 1668 - 1723) : bibliographe, naquit en 1668 à Sopron , capitale du comté de ce nom, dans la Hongrie, d'une famille considérée. Les persécutions auxquelles les protestants étaient alors eu butte décidèrent son père à l'envoyer, en 1673, à Ratisbonne, où son aïeule se chargea de surveiller sa première éducation. Georges fit de rapides progrès dans les langues anciennes ; et étant allé chez des parents qu'il avait à Bojanowa, dans la grande Pologne, il continua de se livrer à la culture des lettres avec beaucoup d'assiduité. ll lit ensuite avec succès ses cours de philosophie et de théologie, tant à Leipsick que dans d'autres académies allemandes et étrangères. Admis au ministère évangélique, il exerça quelque temps le modeste emploi de diacre dans la Saxe ; il fut ensuite appelé à Ratisbonne, où ses talents et ses qualités pastorales l'élevèrent promptement aux premières dignités. Un mariage avantageux le dédommagea de la perte de son patrimoine. Il vécut heureux au milieu des livres et de sa famille , et mourut surintendant ecclésiastique à Ratisbonne, en 1723. Outre un grand nombre de programmes, de thèsés et de dissertations exégétiques ; des vers en latin et en allemand; des sermons et des livres de controverse, dont on trouvera les titres dans Czwitt Specimen Hangar. litterat., p. 342 - 3'16 , on a de Serpilius : Sciagraphia Ilermetis epistoliri ad analysim et genesin epistolarum latinarum riant commonstrantis ; cuita appendice, de variatione styli et de orthographia et interpunetione, Meissen, 1691 ; 2" Gatalogus bibliotherte Ratisponensis , Ra- tisbonne, 1700-1707, 2 vol. 3° les Epita- phes tics thioloyiens saxons , ibid., En latin Sempronium, et en allemand Œdenburg 1707 ; Personalia Mosislosuœ, Samuelis, Esexe. , Nehe? ier Mardaches et Estherce , Leipsick, 1708 ; 5^ Harmonia eranyelica, ibid 1711 ; 6" De anairammatismo abri duo; cure appendice selectorum anagrammatum, Ratisbonne, 1713 sous le nom de Celspirius, anagramme de Serpilius ; 7° Verzeichn? ss einiyer raren Barber, Francfort et Leipsick , 1723 trois parties. C'est, selon Struvius, le premier recueil de notices de livres rares . On lui doit encore une réimpression de l'Index librorum el-- pur- et: dor= de JeanMarie de Guanzellis , 1723 sur laquelle Struvius donne de curieux détails . Il promettait un supplément au Thratrum anonymorum de Placcius ; et il avait publié le prospectus d'une nouvelle édition des opuscules les plus rares de Jean Launoy
  • Georges SIBUTUS : était, au commencement du 160 siècle, médecin et professeur de rhétorique à Cologne ; il y publia , en 1501 , sous le titre d'Ars menzorativa , un traité de mnémonique, science dont on s'occupait alors avec activité. Malheureusement, ce traité a les mêmes inconvénients que les écrits de ce genre qui sont venus plus tard ; les procédés qu'il indique sont encore plus compliqués, plus difficiles que la chose qu'ils prétendent simplifier et rendre aisée. En 1507, nous retrouvons Sibutus donnant des leçons de belleslettres à Wittemberg. Conrad Celtes lui décerna la couronne de poëte lauréat ; et, dès l'année suivante, Sibutus fit paraître à Leipsick une composition dramatique destinée à célébrer la ville de Wittemberg et les beautés du pays dont elle occupe le centre. Le titre .de cet ouvrage est fort long : Silrula in Albiorim illustratarn, etc.; les personnages sont empruntés à la mythologie : Mercure , Apollon , Bacchus , Diane , Neptune, Chloris, Calliope, Sylvain , le poëte, le parasite. Le tout fut joué devant l'empereur Frédéric. Sibutus tenait à offrir aux grands de la terre les résultats de son commerce avec les muses. A l'occasion de l'arrivée à Cologne d'un autre empereur, il avait mis au jour, dès l'an 1500, un volume intitulé Panegyricus de Maxinziliani in Coloniam adrentu cuva varus epigrammatibus. Il faut bien avouer que rien de tout cela ne mérite de passer à la postérité
  • Georges SIBUET( 1767) : homme politique fran-çais , naquit , le 25 novembre 1767 , dans le département de l'Ain , à Belley. Il descendait d'une famille originaire de Sibuet, près de Dolomieu, en Dauphiné , qui a donné à la France et au Piémont de braves militaires, plusieurs che- liers de Malte et des magistrats célèbres par leur savoir et leur intégrité; nous citerons : de Sibuet de Loriot, chancelier de l'île de Chypre en 1458, président du conseil souverain de Turin en 1471; Jacques de Sibuet, aïeul de Georges Sibuet, blessé à Fontenoy aux côtés du maréchal de Saxe, dont il était le premier aide de camp, et l'illustre guerrier , dans ses mémoires, vante son courage et ses qualités morales. Georges Sibuet fit ses études avec succès au collège des joséphistes, dans sa ville natale. En 1789 , Gauthier Desorcières , député aux états généraux , emmena comme secrétaire le jeune Sibuet à Paris, où il fut reçu avocat en 1791. Le 16 janvier 1793 , Georges Sibuet entra dans les emplois publics et fut envoyé en Belgique avec le titre de commissaire national, spécialement attaché à la province d'Ostende, pour organiser, conformément au décret du 15 décembre 1792, ce royaume, qui venait d'être réuni à la France. Il avait été en outre chargé de surveiller la conduite de Dumouriez, qui, avant de passer à l'ennemi, avait donné l'ordre d'arrêter les commissaires envoyés par la convention , et particulièrement Sibuet ; il put cependant s'échapper et revenir à Paris rendre compte de sa mission. Bientôt après, il fut nommé accusateur militaire près l'armée des Alpes, le 1" juin 1793 , lorsque cette juridiction fut établie dans le but de maintenir dans de justes limites le pouvoir militaire. Kellermann, auquel le nouvel accusateur militaire portait ombrage, chercha à l'entraver dans l'exercice de ses fonctions ; mais trouvant dans sa fermeté une résistance à laquelle il était loin de s'attendre, il le dénonça comme modéré au club des jacobins de Grenoble. Reconnaissant l'inutilité d'une lutte qu'il n'avait pas hésité à engager dans l'intérêt public, Sibuet donna sa démission. A peine rentré à Paris, il fonda, en 1795 , le journal Ami des lois, dont il partagea la rédaction avec le représentant du peuple Poultier. Ce journal, qui défendit constamment les principes de 1789 , auxquels Georges Sibuet resta toujours fidèle , obtint alors un grand succès. Mais Sibuet n'ayant pas voulu suivre aveuglément la ligne politique que prétendaient lui imposer dans la rédaction de son journal les directeurs .Barras et Merlin, avec lesquels il était d'ailleurs intimement lié, reçut secrètement avis de le vendre, afin d'éviter de voir les scellés apposés sur ses presses. L'Ami des lois passa bientôt entre les mains de BourbonGravier, par l'intervention de Duviquet, secrétaire de Barras ; mais il fut supprimé après le 18 brumaire par un arrèté des consuls , ainsi que tous les journaux indépendants. Georges Sibuet se renferma alors dans les fonctions de juge au tribunal de cassation, auxquelles il avait été appelé le 1" ventôse an 2, et siégea à la cour suprême jusqu'à l'époque où Bonaparte la réorganisa, en l'an 8. Ne remplissant pas alors les conditions d'âge exigées , il ne put pas être compris dans la nouvelle organisation. Le 17 messidor an 8 , Sibuet fut nommé juge à la cour d'appel de Bruxelles, et accepta ce poste par sentiment du devoir ; il avait d'ailleurs la promesse de rentrer à la cour de cassation sitôt qu'il aurait atteint l'âge prescrit. Seul des commissaires nationaux qui avaient procédé en 1793 à l'organisation de la Belgique, il n'hésita pas à revenir plus tard y occuper des fonctions publiques. L'accueil qu'il reçut fut un témoignage éclatant d'approbation donné à la conduite qu'il avait su tenir dans des fonctions aussi délicates. Après avoir siégé deux années à la cour de Bruxelles, il donna sa démission pour rentrer en France. Depuis longtemps Georges Sibuet était à la tète d'une fortune considérable, qu'il avait augmentée en concourant à la création de la banque de France et par un riche mariage. Propriétaire de l'hôtel de mademoiselle de Condé, rue de Monsieur, et de l'ancien château de la marquise de Pompadour , à Etioles , près Corbeil , il partageait son temps entre ces deux résidences. La présidence du tribunal de première instance de cette petite ville, étant devenue vacante, lui fut offerte; il l'accepta le 16 juin 1808, bien que le poste fût inférieur à ceux qu'il avait occupés; mais , disaitil, parce qu'une présidence est toujours honorable. Là, comme partout où il avait rempli des fonctions publiques , il s'entoura de l'estime et de l'affection de ses concitoyens. Aussi, dans les cent jours, futil nommé membre de la chambre des représentants par le collége électoral de Corbeil, le 10 mai 1815. Dans une des premières séances de cette assemblée , Georges Sibuet fit une proposition tendant à ce que, dans l'intérieur de la chambre, il ne,fût ajouté aucun titre nobiliaire au titre de député. Cette motion ne fut pas accueillie, et quelques journaux prétendirent à tort qu'elle avait pour but d'arriver à la suppression de la noblesse. Le Moniteur rapporte les expressions dont se servit l'orateur , et prouve que telle n'avait pas été sa pensée ; il voulait simplement rehausser le titre de député, en le plaçant audessus des titres nobiliaires. Sibuet reparut plusieurs fois à la tribune, particulièrement à la dernière séance, pour s'opposer à la clôture de l'assemblée, que, malgré ses efforts, il ne put empêcher. Après la restauration, Georges Sibuet fut destitué de la présidence de Corbeil et refusa, par une lettre qui fit sensation dans le public, la pension à laquelle il avait droit. Il se réunit ensuite à Valentin Delapelouse et à Chatelain pour créer le Courrier français , journal qui fut l'un des plus ardents adversaires de la restauration et contribua puissamment à l'avénement de la monarchie de 1830 ; mais Georges Sibuet mourut au milieu de la lutte, le janvier 1828, avant le triomphe des principes pour lesquels combattait le Courrier français. Sibuet a publié : 1° Opinion prononcée à l'assemblée générale des principaux actionnaires de la Banque de France, Paris, 182i 2° , Voureau manuel du vigneron, ou méthode simple, facile et économique pour faire du bon vin partout oit le raisin mûrit, etc. , 1822 3° Observations à M. le comte de Peyronnet, ministre de la justice, etc., sur son projet de loi concernant les successions et le rétablissement du droit d'ainesse , 1826 In Opinion prononcée à l'assemblée générale des deux cent huit plus forts actionnaires de la Banque de France, janvier 1826
  • Georges SOLERI( 1500) : peintre, ne à Alexandrie ? les premières années du 16e siècle, fut un listes les plus distingués de l'école mita- Vasari, qui cite de lui une Assomption, i pe 11 vante dans la Chartreuse de Pavie, le ante comme un coloriste plein de charme et d'un talent remarquable. Malvasia le compare au Passeroti, au Caetano et à Jean de Monte, de Crème, pour son habileté dans le portrait. Ce n'est que par induction que l'on peut conjecturer quel a été son maire. Lorsqu'il se lia avec Bernardin Luini, dont il épousa la fille, son talent était déjà formé. On ne cannait plus que deux ouvrages authentiques de ce maitre. L'un se conserve à Alexandrie et set de tableau d'autel à une chapelle particulière +les religieux de StFrançois. Il représente la t ierge qui, à la prière de St- A uyustin et de StFrom: ois . prend sous en protection la rifle d'Alexandrie, que l'on toit au Gas du tableau, dans le milieu de la campagne. Le paysage est dans le style de Paul Bril, commun à tous les Italiens avant les Carrache. Les ligures sont remarquables par le fini plutôt que par l'esprit; le coloris manque de vigueur, et l'ensemble présente une imitation de la bonne école romaine. Le tableau que possèdent les dominicains de Casal ne laisse aucune incertitude. Il porte pour inscription : Opus Georyii Soleri. Alexand ., 1573. Aux pieds de la Vierge, tenant l'Enfant Jésus, on voit StLaurent à genoux , auprès duquel trois petits anges charmants s'efforcent de soulever le gril, instrument du supplice du saint martyr. Soleri , dans ce tableau, se montre disciple de Raphaël pour la pureté du dessin, la beauté et la grâce des tètes, et pour la vérité et la profondeur de l'expression. On pourrait mème soupçonner quelque limitation du Corrège dans l'idée de ses anges. ' Pour ajouter au piquant de la composition , il a introduit dans le fond une fenêtre par laquelle on aperçoit une belle campagne, ornée de riches fabriques. La ville de Casal ne renferme aucun tableau que l'on puisse mettre en comparaison arec celui de Soleri. — Ilapharl- Ange SoLEIH, son fils et son éleve, cultiva la peinture avec moins de succès, comme on le voit par ses ouvrages qui sont à Alexandrie, dans la sacristie de Si,' François
  • Georges VASARI( 1512) : peintre et écrivain pittoresque , naquit à Arezzo en 1512 , dans une famille qui depuis longtemps n'avait cessé de cultiver les arts. Il était arrièrepetitfils de Lazare Vasari, qui fut élève et imitateur en pe de Pierre de la Francesca; et petitfils d'un autre Georges Vasari qui, dans la fabrication des vases de terre cuite, rappela l'exemple des anciens par les formes, les basreliefs et le bril - loin du vernis. On conserve encore plusieurs de ces essais dans la galerie de Florence. Quant au jeune Vasari, MichelAnge, André dei Sarto, et autres artistes célèbres. l'instruisirent dans le dessin; ce furent le More et le Rosso qui le dirigèrent dans la peinture. Mais sa véritable école fut Borne, où le conduisit le cardinal Hippolyte de Médicis, auteur de toute sa fortune. puisque c'est par lui qu'il obtint la protection de cette famille, qui le combla de richesses et d'honneurs. Après avoir dessiné tous les ouvrages de son pre- fluer maitre, de Raphaël et des meilleurs peintres de cette école qui se trouvaient à Rome, ainsi que les plus beaux marbres antiques, il se forma un style dans lequel on reconnaît la trace de ces diverses études, niais où l'on ne peut méconnaitre sa prédilection pour MichelAnge. Devenu habile peintre de figures il fut en outre un trèshabile architecte, le premier peut-être de son temps , et il réunit en lui ces connaissances diverses, qu'à l'exemple de Raphaël possédèrent Perino del Vaga , Jules Romain et les élèves de ces grands maîtres. Il put aussi lui seul présider aux travaux d'une grande fabrique quelconque, et y disposer dans les intérieurs les figures, les grotesques, les paysages, les stucs. les dorures et tout ce que demandait l'ornement d'un palais. C'est ainsi qu'il commença à se faire connaître dans toute l'Italie, et qu'il fut employé à peindre en divers endroits et dans Rome même. Il exécuta de nombreux travaux dans la chartreuse des Camaldules, et dans divers monastères des Olivétains ; dans celui de Rimini , un tableau de l'Adoration des illaqes , et diverses fresques dans l'église ; dans celui de Bologne, trois sujets tirés de l'Histoire sainte , qui ornent le réfectoire, avec d'autres décorations; mais spécialement dans celui de Naples , dont nonseulement il distribua le réfectoire d'après les bonnes règles de l'architecture , mais qu'il décora magnifiquement de peintures de tout genre et de stucs. Il employa une année entière à ces derniers travaux, pour lesquels il se fit aider par un grand nombre de jeunes gens; et ces travaux furent les premiers, comme il le dit luimême, qui dans cette cité donnèrent l'idée du goût moderne. On voit d'autres peintures de lui à Ravenne, à StPierre de Pérouse , au Bois près d'Alexandrie, à Venise, à Pise, à Florence, à Rome : les plus importantes qu'il ait faites dans cette dernière ville sont celles qui se trouvent dans divers endroits du Vatican et dans la salle de la Chancellerie. Ce sont des fresques dont les sujets sont tirés de la vie de Paul III, et que lui avait ordonnées le cardinal Farnèse. qui lui inspira aussi l'idée d'écrire la vie des peintres, qu'il publia par la suite à Florence. Mis en crédit par ces travaux , appuyé de l'estime et de l'amitié de MichelAnge, et recommandé surtout par la multiplicité de ses connaissances, Vasari fut- invité par le grandduc de Florence Côme Ier, à se rendre à sa cour. Il s'y transporta en 1553, avec toute sa famille, quand les peintres et artistes dont la concurrence aurait pu être dangereuse pour lui avaient cessé de vivre ou n'étaient plus en état de travailler. Il présida aux vastes travaux que le prince ordonna, et parmi lesquels on ne saurait oublier le Palais des Offices, qui est mis au nombre des plus beaux que possède l'Italie, et le Palais vieux, divisé en appartements nombreux, tous peints et ornés, comme une habitation royale, par Vasari et ses élèves. Il y a un de ces appartements dont dila- que pièce porte le nom d'un des personnages de la famille de Médicis, et où sont peintes les pr actions de sa vie. C'est un de ses ouvrages les plus louables ; on distingue surtout la chambre de Clément VII, dans laquelle il a représenté ce Pape couronnant l'empereur Charles- Quint; d'autres tableaux rappellent ses vertus , ses victoires et ses actions les plus mémorables. Dans ce travail , le génie et le goût de l'artiste le disputent à la magnificence et au luxe du souverain. On peut voir dans ce qu'il a écrit de sa propre vie jusqu'en 1567, et que son continuateur a poussée jusqu'à l'époque de sa mort, tous ses autres ouvrages , les uns durables pour églises et appartements , les autres temporaires pour funérailles, pour fêtes, et qu'il serait trop long de rappeler en détail. Comme peintre, s'il n'existait de lui que quelquesunes de ses peintures du Palais vieux , la Conception dans l'église de StApostolo de Florence , que le Borghini loue comme son meilleur ouvrage, la Décollation de St- Jean dans l'église de ce saint à Rome, le Fes- tin d'Assuérus aux Bénédictins d'Arezzo, quelques portraits que Bottari ne craint pas de comparer aux plus beaux du Giorgion , et autres peintures dans lesquelles il voulut faire preuve de tout son talent, sa réputation eût été bien plus grande mais il voulut trop faire , et le plus souvent il sacrifia le fini à la célérité. Voilà pourquoi, bien que bon dessinateur, toutes ses figures ne sont pas correctes , et souvent toute la peinture languit par la grossièreté des couleurs et leur peu d'empâtement. Le vice dans lequel il tombe presque continuellement, c'est de peindre de pratique : cette méthode est tout à fait nuisible à l'art , qui tombe nécessairement dans la manière, c'est-àdire dans l'altération de la vérité. C'est surtout dans les ouvrages qu'il a voulu exécuter avec vitesse, ou qu'il a confiés à d'autres , que ces défauts ne peuvent échapper à l'oeil le moins exercé. Il s'en excuse en plusieurs endroits de ses écrits; et ce qui a pu donner lieu à ces apologies, ce sont les reproches que lui attirèrent les peintures de la salle de la Chancellerie, qu'il ne mit que cent jours à exécuter, afin de remplir les intentions du cardinal, ainsi qu'il le dit luimême; comme s'il n'eût pas mieux valu s'excuser alors auprès du cardinal, et le prier de se servir d'un autre peintre, que d'être réduit à s'excuser auprès de la postérité et à la prier de ne pas le condamner pour ses erreurs. On peut attribuer encore ces apologies aux représentations de ses amis , parmi lesquels Annibal Caro ne se lassa jamais de lui remontrer tout le tort qu'il faisait à sa réputation par cet excès de vitesse. Comme il présida longtemps aux nombreux travaux que le grandduc Côme ler et le prince don François exécutèrent à Florence, et qu'il s'y fit aider par un grand nombre de jeunes gens, ses élèves, c'est à lui qu'on attribue généralement cette dureté de style qui forme un des principaux caractères de l'école florentine à cette époque et depuis lui. Toutefois ce style ne fut maintenu et entièrement adopté que par quelquesuns de ses élèves, et particulièrement par François Morandini, surnommmé le Poppi, du lieu de sa naissance; par Jean Stradan , né en Flandre, et par Jacques et François Zucchi. Mais si l'on considère Vasari comme écrivain pittoresque, sa renommée s'agrandit beaucoup. Il écrivit sur les préceptes de l'art, sur la vie des artistes, et il y ajouta quelques opuscules moins connus sur ses apparats et sur ses peintures. Il se décida à cette entreprise d'après les encouragements du cardinal Farnèse et de Paul Jove, auxquels se joignirent Annibal Caro, Molza , Tolumei et d'autres gens de lettres de la cour. Le premier projet était qu'il rassemblàt des notices sur les artistes; Paul Joe devait ensuite les rédiger; mais lorsque l'on vit que Vasari était un excellent écrivain, capable de rédiger trèsbien ces Notices et de se servir des termes techniques mieux que Paul Jove luimème, il resta chargé de tout le fardeau de l'entreprise. Ayant terminé son livre, en 15!17, il se rendit à Rome; et tandis qu'il était à peindre chez les Olivétains, le P. D. Gio. Matteo Faetani, abbé du monastère, s'occupa à revoir son ouvrage et à le faire entièrement transcrire; et vers la fin de l'année , il fut envoyé à Annibal Caro pour qu'il le lût. Cet illustre savant l'approuva comme écrit correctement et dans un bon esprit. et se borna à y désirer en quelques endroits un style moins travaillé et plus naturel. Après avoir fait disparaître ces défauts, Vasari fit, en 1550, imprimer son ouvrage à Florence, par le Torrentino , en deux volumes. Il fut beaucoup aidé dans cette édition par le P. Miniato Pitti aussi religieux olivétain. Vasari, après la publicatioù de son livre, se plaignit de ce que beaucoup de choses, sans qu'il siU comment, y araient été introduites ou retran- chées à son insu et pendant son absence. Il y a lieu de croire que s'étant attiré la colère d'un grand nombre d'artistes par la révélation de beaucoup d'anecdotes odieuses, il chercha à s'en excuser ainsi du mieux qu'il put. Mais qui pourrait s'imaginer que les nombreux passages qu'il a retranchés de sa seconde édition , qui est un ouvrage presque entièrement nouveau , fussent tout simpletnent des jugements portés, sans saroir com- ment, par d'autres, et non pas plutôt, pour la plupart, des erreurs commises par luiinètne? De quelque manière que la chose se soit passée. Vasari eut le temps de corriger son ouvrage, de l'augmenter et de le réimprimer, après y avoir ajouté les portraitF, des artistes. Depuis la publication de la première édition, il avait puisé de nouvelles lumières dans les manuscrits du Ghiberti , de Dominique Ghirlandajo, et de Raphaël; luimême, en parcourant l'Italie, s'était procuré un grand nombre de notices. Lorsqu'il se décida à réimprimer son livre, il fit en 1566 un nou- veau voyage, ainsi qu'il le raconte dans la vie de Benvenuto Garofalo. Il revit tous les ouvrages qu'il avait déjà vus, et recueillit de nouvelles lumières de plusieurs amis dont il a cité les noms, relativement aux artistes de Furli et de Vérone. A la manière dont il a inséré ces notices dans ses Vies, il y en aurait intercalé beaucoup d'autres, si l'effet avait répondu à ses soins. C'est pourquoi il se plaint, au début et à la fin de la vie du Carraccio, de n'avoir pu être instruit de toutes les particularités concernant un grand nombre d'artistes, ni obtenir leur portrait. Il prie qu'on veuille bien accueillir ainsi son ouvrage ; car, ditil, j'ai fait ce que j'ai pu , ne pourant faire ce que j'aurais roula. Cette seconde édition, sortie des presses des Junte, parut en 1568. Le Borgliini , et surtout le P. D. Silvano Razzi , camaldule, eurent une grande part aux nombreuses additions qui renferment de si beaux passages de philosophie et de morale chrétienne , qu'on ne peut attribuer à Vasari. Toutefois il ne paraît pas qu'ils se soient occupés de la révision du livre sous le rapport de la correction du texte et de la critique. Il est rempli d'erreurs nonseulement de construction, mais de noms et de dates; et quoiqu'il ait été réimprimé à Bologne , en 1648 ; à Rome, en 1759, avec les notes et les corrections de Bottari ; à Livourne et à Florence, en 1767, avec de nouvelles notes du même; à Sienne, avec les notes et les corrections du P. della N'aile; et à Milan enfin, dans la collection des classiques italiens, il reste encore une foule de nouvelles corrections à faire dans la nomenclature et la chronologie des artistes. Tel est le reproche réel et mérité que l'on peut adresser à Vasari. On lui a opposé des passages de la première édition qu'il avait retranchés de la seconde; on lui a fait un crime de quelques laids portraits, comme si on eût dû mettre sur lui ce qui était la faute de la nature; on a interprété dans un mauvais sens ses expressions les plus innocentes; on a voulu donner à entendre que, pour relever ses Florentins, il avait négligé tous les autres Italiens , comme si, pour célébrer la gloire de ces derniers, il n'eût pas voyagé et recherché ce qui les concernait. quoique souvent sans y réussir, comme il le dit luimème. Cependant les écrivains de toutes les écoles en ont agi envers lui comme ont fait envers Servius les commentateurs de Virgile. Tous en disent du mal, et tous en profitent. Si l'on supprimait ce qu'il a recueilli sur les peintres anciens des écoles vénitiennes, bolonaises et lombardes, que connaîtraiton aujourd'hui de leur histoire? Il faut donc lui savoir beaucoup de gré de ce qu'il a dit, et ne pas trop lui en vouloir de ce qu'il a tu. Si ses jugements paraissent quelquefois injustes envers les peintres des autres écoles, il ne faut pas l'accuser pour cela de méchanceté ni d'envie, comme l'observe fort bien Lomazzo. Il a protesté qu'il a fait tout ce qui dépendait de lui pour dire la vérité , ou du moins ce qu'il regarde comme la vérité; et il suffit de le lire sans prévention : on est obligé de le croire. On voit un homme qui écrit comme il sent. Il dit également du bien de ses amis, et de Baldinelli et de Zuccaro, qui étaient ses ennemis. Il dispense d'une main égale et le blinne et la louange aux Toscans et aux autres. Ses jugements tiennent en général à ses principes. Il regardait MichelAnge comme le plus grand peintre qui eilt jamais existé , et le dessin comme la partie la plus essentielle de l'art, ne faisant nul cas de la beauté du coloris ou de 1 l'idéal des formes. Voilà d'où procèdent quelques-' unes des opinions qu'on lui reproche sur le BasSan , sur le Titien et sur Raphaël luimême. Mais n'est- ce pas le résultat de son éducation? Il n'en est pas moins le père de l'histoire pittoresque, dont il nous a conservé les monuments les plus précieux. Elevé dans les meilleurs temps de la peinture, il a perpétué jusqu'à nous les enseignements de ce beau siècle. En lisant ses Vies, il semble qu'on assiste aux conversations des artistes dont il nous rappelle la mémoire. 11 plait nonseulement par les choses , mais par la manière dont il les dit. Son style est clair, simple, naturel et tissu de ces mots techniques nés dans Florence, et quo ne dédaignerait pas la plume la plus habile. En un mot, si l'on découvre en lui quelque affection tenant à son éducation , ou quelque mouvement d'amourpropre, ce ne sont pas là des défauts capables de diminuer en rien le mérite d'un ouvrage qui restera toujours comme modèle, lorsque l'on voudra écrire sur les arts. Il ne faut point oublier non plus une autre obligation importante que les arts ont à Vasari : c'est l'académie de dessin fondée par ses soins à Florence, vers l'an 1561, et d'où sont sortis un grand nombre d'artistes du premier ordre. Le musée du Louvre possède quatre tableaux de ce maître : l'Annonciation, provenant du couvent des religieuses d'Arezzo ; la Passion de Notre- Seigneur Jésus- Christ, tableau divisé en dix compartiments et acheté en 1824 ; St- Pierre marchant sur les eaux, le Ciel, ces deux derniers tableaux proviennent de l'église de StLouis des Français à Rome : et cinq dessins : 10 Les Cory- bantes qui font retentir l'air du son de leurs struments , en accompagnant la déesse Ops , assise sur un char trainé par des lions , dessin de forme ovale, à la plume et lavé. Il a été exécuté dans une des salles du palais ducal à Florence, gravé dans l'Etruria pittrice, et amplement décrit dans les Ragionamenti de Vasari. 9Léon X donnant l'investiture du duché dTrbin à son neveu Loren- zino de Médicis. 3° Léon X conférant à son frère Julien de Médicis les droits de citoyen romain et le titre de gonfalonier de l'Eglise • Ces deux dessins, de forme octogone, à la plume, lavés et rehaussés de blanc, ont été exécutés dans le palais ducal, et décrits dans les Ragionamenti. 40 Dessin à la plume et lavé, du Plafond de la salle dite de Côme de Médi- ris, père de la patrie, qui est exécuté dans le palais ducal à Florence. Il est divisé en treize cadres, dont les intervalles sont ornés d'arabes- ques. Dans celui du milieu, le peintre a repré- senté Côme revenant d'exil , et messer Rinaldo degli Albizzi, quoique son ennemi déclaré, allant à sa rencontre. 5° Dessin à la plume et lavé, du plafond de la salle dite de Côme Ier, peint dans le même palais et divisé en autant de compartiments que le précédent. Dans le milieu, Vasari a représenté les Bannis , florentins amenés devant le grand- duc Côme I", après la déroute de Monte- nzurlo. On trouve dans les Ragionamenti la description détaillée des sujets de ces deux plafonds. Le musée du Louvre a eu en sa possession une Sainte Famille, qui a été reprise par l'Autriche en 1815 , et une autre Sainte Famille, qui fait actuellement partie du musée de Grenoble. Vasari mourut à Florence le 9.7 juin 1574. Tous ses écrits ont été recueillis dans l'édition des classiques italiens , publiée à Milan. Ils forment seize volumes enrichis des portraits des artistes gravés à l'eauforte. Une édition de la Vie des peintres a paru à Florence en 1838, '2 vol. à.`i.s colonnes, une autre en 18464i7, 13 vol. a été publiée par une société d'amateurs des beauxarts ; on la signale comme le dernier mot de l'érudition et du goût à l'égard de l'ouvrage du célèbre biographe. On avait commencé à Paris, en 1803, la publication d'une traduction française des Vies des peintres, sculpteurs et archi- tectes les plus célèbres, par G. Vasari. 11 n'en a paru que deux volumes Une traduction française avec des notes de M. Léopold Leclanché et des commentaires de M. Jeanron, a vu le jour à Paris, 1839-42, 10 vol. avec 121 portraits. Cette version a provoqué quelques critiques; la res- semblance de bien des portraits est an moins dou - teuse. Le commentaire, souvent écrit avec verve et énergie, parfois avec beaucoup de justesse et de netteté dans les appréciations, renferme aussi des déclamations qui ne sauraient asoir un assentiment général. Une réunion de bibliophiles anglais, amis des arts, l'Arundel Society a débuté en 1850, dans la série de ses publications, par un qui renferme la vie de Giovanni Angelico de Fiesole, traduite de Vasari par G. Aubrey, avec des notes
  • Georges VIONNET( 1712 - 1754) : jésuite, naquit à Lyon, le 31 janvier 1712 . d'une famille de négociants. Ayant embrassé la règle de StIgnace, à l'âge de seize ans, il fut envoyé à Paris pour y faire son cours de théologie. Ses talents annoncèrent bientôt qu'il pourrait ètre un jour le digne successeur des Larue et des l'orée. On lui offrit une chaire au collège de Louis le Grand ; mais il préfera revenir à Lyon , où il professa la rhétorique pendant huit ans avec beaucoup de succès. La difficulté qu'il éprouvait a s'exprimer l'ayant obligé de renoncer à l'enseignement, il fut chargé de la direction du pensionnat, et eut l'avantage de former un grand nombre d'élèves distingués, parmi lesquels on cite Fleurieu , depuis ministre de la marine. Dans ses loisirs il cultiva la poésie latine. Le Musaum nummarium, petit poème didactique dans lequel il a traité de la connaissance et de l'utilité des médailles, annonce un talent bien rare pour revétir des ornements de la poésie les sujets qui en semblent le moins susceptibles. En 1747, il fit représenter la tragédie de Xcrces , et deux ans après il la fit imprimer. Le P. Vionnet mourut d'une fluxion de poitrine, à Lvon , le 3i décembre 175%, âgé de 42 ans. Son ituurum nummarium, imprimé à Lyon , en 173%. a été reproduit dans le supplément aux l'ornant« didascalica, Paris, 1813 Ou cite encore de lui : Beryo ad Zonai, ' a Gallis expuynata, ° ratio, Lyon, 17i8 Il a laissé plusieurs ouvrages inédits, dont l'abbé Pernetti désirait la public4tion. Voyez tu Lyonnais d'irae, de mémoire, t
  • Georges APERGHIS : Compositeur
  • Georges AURIC : Compositeur
  • Georges AXELROD : réalisateur
  • Georges BATAILLE : écrivain
  • Georges BELLER : animateur
  • Georges BERETA : footballeur
  • Georges Bernanos : écrivain
  • Georges BIDAULT : politicien
  • Georges BIZET : musicien et compositeur de "Carmen"
  • Georges BORTOLI : journaliste
  • Georges BOUDAREL : Instructeur au Vietnam
  • Georges BRAQUE : peintre
  • Georges Brassens( 1921) : auteur, compositeur et interprète de chansons
  • Georges CARPENTIER : Boxe
  • Georges CHARPAK : Physicien
  • Georges CHELON( 1943) : chanteur
  • Georges Clémenceau( 1841) : homme politique français
  • Georges CLOONEY : acteur
  • Georges COURTELINE : écrivain
  • Georges CRAVENNE : Publiciste
  • Georges Cuvier : zoologiste et paléontologiste
  • Georges Dagobert Cuvier : zoologiste et paléontologiste français
  • Georges D'ANTHES : politicien
  • Georges DARGAUD : éditeur
  • Georges DE CAUNES( 1919) : journaliste
  • Georges de La Tour : peintre français
  • Georges DELERUE : Compositeur
  • Georges DESCRIERES : Comédien
  • Georges DUBY : Historien : "Le temps des cathédrales"
  • Georges DUHAMEL : écrivain
  • Georges Enesco : compositeur et violoniste roumain
  • Georges FEYDEAU : auteur
  • Georges FILLIOUD : politicien
  • Georges FRANJU : cinéaste
  • Georges GARVARENZ : Compositeur
  • Georges GERET : acteur, a notamment joué dans "La métamorphose des cloportes"
  • Georges GUÉTARY : chanteur
  • Georges GUYNEMER : aviateur
  • Georges LANG : animateur Radio Télé
  • Georges LAUTNER : cinéaste
  • Georges LUCAS : réalisateur "La guerre des étoiles"
  • Georges MARCHAIS : politicien
  • Georges MARCHAL : acteur
  • Georges MATHIEU : Peintre
  • Georges MELIES : réalisateur
  • Georges MOUSTAKI( 1934) : auteur, chanteur et compositeur français
  • Georges PEREC : écrivain
  • Georges PERNOUD( 1947) : Thalassa
  • Georges Pire : prix Nobel de la paix 1958
  • Georges POISSON : auteur
  • Georges Pompidou( 1911) : homme d'État français
  • Georges POUJOULY : Comédien
  • Georges PRÊTRE : Chefd'orchestre
  • Georges Rémi : dit Hergé, dessinateur belge, le père de "Tintin"
  • Georges RIOU : TV
  • Georges RODENBACH : poète représentant de l'école symboliste belge
  • Georges Rouault : peintre, dessinateur et graveur français
  • Georges SARRE : politicien
  • Georges SEGUY : Syndicaliste
  • Georges SEURAT : Peintre
  • Georges SIMENON( 1903) : écrivain
  • Georges SKIBINE : Danseur
  • Georges SUFFERT : journaliste
  • Georges THILL : Ténor
  • Georges ULMER : chanteur
  • Georges VAN PARYS : Compositeur
  • Georges WILSON( 1921) : acteur, a notamment joué dans "Le château de ma mère"
  • Georges WOLINSKI : Caricaturiste

Georges année par année

Signe astrologique de Georges

Couleur de Georges

Pierre précieuse de Georges

Chiffre de Georges

Métal de Georges