Le prénom Arthur Masculin

Origine :

Fête :

15 Novembre

Signification de Arthur

Arthur est une personne qui apprécie l’originalité. Pour lui, les meilleures choses sont celles qui sont différentes des autres et qui ont leur propre charme. Ce prénom est très répandu en France et est apprécié surtout pour son caractère royal. De nombreuses célébrités le portent notamment Arthur Rimbaud, Arthur Schopenhauer, Arthur Conan Doyle ou encore Arthur Miller. Il s’agit d’un des prénoms les plus attribués en France au même titre que Pierre ou Paul. Les Arthur se démarquent par la grande volonté qui les anime. Ce sont des battants qui ne renoncent pas facilement, même face à des problèmes de taille.

Personnalité de Arthur

Très volontaires, de caractère entier, ils réagissent au quart de tour et sont aussi coléreux. Travailleurs, fonceurs, ambitieux, d'esprit critique, ils vont droit au but. D'une moralité intransigeante, ils ne supportent pas l'injustice. Ce sont généralement des "grandes gueules" qui s'imposent avec efficacité et il est difficile de leur résister.

Provenance du prénom Arthur

Histoire de Arthur

Etymologie de Arthur

Les Arthur célèbres

  • Arthur AGARD( 1540 - 1615) : né en 1540 , à Foston , dans le Derbishire , fut d'abord clerc de l'échiquier, et devint, en 1570 , depu, de la mesure des terres en Angleterre : Agard y explique trèsbien, d'après d'anciens manuscrits qui sont conservés à l'échiquier, le sens des mots solin, hida, carcucata, jugum , virgata, ferlingata, ferlinges ; — de l'autorité des priviléges des hérauts en Angleterre : il regarde cette institution comme contemporaine de celle de l'ordre de la Jarretière ; — de 0 • • • ' l'antiquité et des privilèges des collèges d'avocats et des chancelleries; de la diversité des noms de l'Angleterre. C'est aussi lui qui a découvert que l'auteur des dialogues de Negotiis Scaccarii, qu'on attribuait à Gervais de Tilbury, est Richard , fils de Nigellius. Il existe aussi d'Agard, dans la bibliothèque de Robert Cotton, un savant ouvrage manuscrit, intitulé : Tractalus de usu et obscurioribus verbis libri de Domesday; il avait encore composé , pour l'usage de ses successeurs, un Catalogue de toutes lès pièces qui existaient dans les quatre trésoreries du roi ; une Notice de tous les traités d'alliance, de paix, et des mariages avec les nations étrangères : il laissa à l'échiquier onze manuscrits relatifs à cette cour, et il donna les autres, qui formaient plus de 20 volumes, à son ami Robert Cotton. A. L
  • Arthur ANNESLEY( 1614 - 1680) : comte d'Anglesey, né à Dublin en 1614. 11 parcourut les diverses parties de l'Europe , et revint en Angleterre en 1640. La division commença, quelque temps après, à se manifester entre Charles 1" et le parlement ; Annesley se déclara d'abord en faveur de la cause royale ; mais il passa ensuite dans le parti du parlement, qui le chargea de plusieurs négociations dont il s'acquitta , avec beaucoup d'habileté, A la mort de Cromwell, et lorsqu'il vit que tout tendait au rétablissement de >l'ancienne constitution, il travailla de tous ses moyens au rappel de Charles II. Après la restauration, il fut élevé à la dignité de comte, et nommé garde du sceau privé en 1673. Son opposition au duc d'Yorck et quelques autres circonstances lui firent perdre sa ,place en 1 682 ; mais il se conduisit avec tant d'adresse qu'il parvint à recouvrer toute la faveur de ce ince, élevé au trône sous le nom de Jacques II. ... nnesley mourut en 1680 , âgé de 72 ans : c'était IF un homme très-éclairé et un bon écrivain. On a pu lui reprocher beaucoup de versatilité ; mais jamais il ne manqua de modération. Il s'opposa souvent aux mesures illégales de Cromwell, et comme il n'avait pris aucune part à la condamnation de Charles Pr, il ne craignit pas de se montrer parmi les juges des régicides. On a de lui des Mémoires entremêlés d'observations morales , politiques et historiques, Londres 1695; et quelques écrits de controverse politique et religieuse. Il avait composé une histoire des troubles d'Irlande, de 1641 à '1660; mais cet ouvrage est perdu
  • Arthur BEDFORT( 1668 - 1745) : né à Tiddenham dans le comté de Glocester, en septembre IC68, lit ses études à Oxford, où il s'adonna particulièrement à l'étude des langues orientales. Après les avoir terminées, il entra dans les ordres à l'ùge de vingt ans, fut, en 1692, vicaire du temple à Bristol, puis, en .179À, chapelain de l'hôpital de Haberdasher à Iloxton : il conserva cet emploi jusqu'à sa mort, qui aeri\ a le 15 septembre 1743. Le titre de la plupart de ses ouvrages prouve qu'il s'était adonné à l'étude de la musique, et qu'il s'était mème exercé dans la composition :1° The Temple of Music, Londres, 17e6 cet ouvrage a eu trois editions; la seconde, en 1708 intitulée Essai, on singing David's psalms; la troisième, trèsaugmentée, porte le titre suivant The Temple of gusic, or an Essay on met hod of sing_ ing the psalms of David in the temple before the Babylonian captivity, etc., Londres, 1711 2° ne great Abuse of Mysie, Londres, 1711 3 Scripture Chronology demonstraled by astronomical calculations, Londres , 1750 . A° The Excellency of divine Music, Londres, 1753
  • Arthur BURY : Guillaume III avait formé le projet de réunir toutes les sectes qui divisent la GrandeBretagne, afin de détruire une des principales causes des troubles qui l'avaient déchirée sous ses prédécesseurs. Bury, principal du collège d'Excester, en l'université d'Oxford, composa à cet effet un livre devenu fameux, intitulé : The naked Gos- pel , Il y prétendait que l'Évangile ne nous est point parvenu dans sa pureté originelle, et qu'il a été considérablement altéré par les anciens Pères , à l'occasion des premières hérésies, d'où il concluait que le meilleur moyen pour réunir les chrétiens dans une même profession de foi était de rétablir ce livre divin dans son intégrité primitive, et de n'admettre dans la nouvelle édition qu'il proposait que les articles absolument nécessaires au salut, c'est-àdire ceux qui sont exprimés en termes si clairs, si positifs, que les hommes les plus simples puissent les comprendre. Les Pères lui semblaient avoir exagéré les avantages de la foi, en avoir trop étendu l'empire, et s'être mal à propos arrogé le droit de prononcer sur des questions audessus de leur pouvoir, surtout dans la condamnation d'Anus, dont il entreprenait l'apolo- e. Bury avait pris à la tète de son livre le titre de ai enfant de l'Église anglicane. Il l'avait fait imprimer à ses dépens , et n'en distribua des exemplaires qu'aux membres de l'assemblée du clergé, dsonvoquée pour délibérer sur le projet de Guil-%tune HI , sans prétendre lui donner une plus ample circulation ; mais à peine l'impression en étaitelle achevée, que tout espoir de réunion s'éntanouit, et, quelque mouvement qu'il pût se donner pour retirer les exemplaires distribués, on jeta les hauts cris contre l'ouvrage et contre l'auteur. Il crut calmer l'orage en donnant promptement une seconde édition, purgée des erreurs qui avaient le plus choqué. L'avidité des libraires déjoua cette précaution. Ils réimprimèrent la première, et ce fut sur cette édition originale qu'on le jugea , que le livre fut condamné au feu, et que l'auteur perdit sa place par un décret de l'université, du 19 mai 1690. Jurieu l'ayant fortement attaqué dans sa Religion du latitudinaire , Bury lui répondit avec la meule vivacité dans une addition à son Latitu- dinarius orthodoxus, Londres, 1697 intitulée : Vindicice libertatis christianœ Ecclesite angli- CUI103 contra ineptias el caluninias P. Jurieu ; il y appela son adversaire odiorum professor, nialigni- tuas diabolicce professor. Il eut beaucoup de partisans en Angleterre. Les latitudinaires de Hollande se déclarèrent aussi pour lui. Le fameux Leclerc prit fortement sa défense, et attaqua le décret d'Oxford par ses défauts de forme. Il soutint mente que celui qui en était l'objet ne pouvait etre traité de socinien , parce que, sans nier formellement la divinité de JésusChrist, il disait que la croyance de ce dogme n'est pas absolument nécessaire pour être sauvé
  • Arthur CAPEL( 1335) : fils allié du précédent, naquit en 15. li ne reçut d'abord, à cause du désordre des guerres civiles, qu'une éducation assez négligée ; mais, parvenu à l'adolescence, il se livra à l'étude des langues savantes et des sciences avec tant d'ardeur, qu'il fit de trèsgrands progrès, surtout dans les lois et les mathématiques. Charles II, lors de son rétablissement, ayant égard à ce que le père avait souffert pour sa fidélité, créa le fils vicomte de Malderr, et, en 1661, comte d'Essex. Cependant il se montra opposé à la cour : Charles, imputant cette conduite à quelque ressentiment secret, résolut de remployer. Il l'envoya, en 1670, en ambassade en Danemark. Le gouverneur du chateau tle Cronenbourg voulut exiger le salut du vaisseau qui portait le comte; celuici le refusa ; le gouverneur fit tires sur lei. Arrivé à Copenhague, le comte se plaignit ; le gouverneur fut condamné à lui adresser des excuses. Cette affaire luit Essex en grand crédit à la cour. De retour en 167'2, le roi le nomma membre du conseil privé etviceroi d'Irlande. Sa conduite dans son gouvernement le lit généralement chérir. 11 fut rappelé en 1677, parce qu'il se plaignait de ce que la régularité ne présidait pas è la gestion des finances de ce royaume. De retour en Angleterre, sa profonde connaissance des lois, son éloquence, sa réputation, le rendirent un des membres influents de la chambre haute. Il eut dans le conseil privé formé à la retraite du comte de Danby une grande part à la conduite des affaires, et devint un des commissaires de la trésorerie. En 1679, lorsque l'onagita dans le parlement la question relative à l'exclusion du duc d'York, le comte d'Essex vota contre cette mesure ; mais sa haine bien prononcée contre le pouvoir arbitraire et contre les principes religieux do ce prince lui firent proposer, pour le cas où il hériterait de la couronne, des restrictions qui l'empêcheraient de rien innover dans l'État ni dans l'Église. Il resta néanmoins attaché au parti de la cour jusqu'au moment où il jugea qu'elle prenait des moyens violents. Désigné alors connue complice du complot du baril de farine , il résigna son emploi, et, depuis cette époque, se montra constamment opposé à la cour. Lorsque l'on présenta le bill d'exclusion pour la seconde fois, il le soutint avec chaleur, et proposa, dans le cas où on ne l'adopterait pas, de former une association entre les mains de laquelle on remettrait, durant la vie du roi, certaines villes comme stiretés (les mesures que l'on prendrait. En 1681, il se réunit a quinze autres pairs pour présenter au roi une pétition, qu'ils avaient tous signée, pour supplier ce prince de ne pas assembler le parlement à Oxford, comme il l'avait annoncé. Il eut aussi des entrevues avec les personnes mécontentes du gouvernement. Toutes ces démarches le rendirent si odieux à la cour qu'il fut rayé de la liste du conseil privé. Accusé, au mois de juin 1685, de complicité dans la conspiration de RyeHouse, ou le complot protestant, on l'envoya à la Tour, et, le 15 juillet, on l'y trouva la gorge coupée avec un rasoir. Le magistrat décida qu'il s'était donné la mort; mais on crut généralement qu'il avait été assassiné par son domestique, instrument d'hommes puissants. 11 bissa sa femme, qui était tille du comte de INorthumberland, un fils et une fille
  • Arthur CAPEL : fils du chevalier Henri Capa, se fit remarquer par ses excellentes qualités dès ses premiers pas dans le inonde, et fut élu membre du parlement en 1640. 11 présenta, en arrivant, une pétition des propriétaires du comté de Hartford, ses commettants, contre la chambre étoilée, les commissions extraordinaires et autres institutions de ce genre. Le parlement où il siégeait ayant été soudainement dissous, Capel fut nommé à celui qui commença le 5 novembre 1640, et qui devint si fameux sous le nom de long parlement. Lorsque la cité de Londres promit d'avancer 100,000 liv. sterl. pour payer les armées anglaises et écossaises et de- manda des sûretés pour cette avance, Capel offrit d'être caution pour 1,000 livres, et plus de cent membres de la chambre l'imitèrent. Il vota ensuite l'accusation du comte de Stafford, démarche dont témoigna, par la suite, un repentir sincère. Jusqu'alors il avait été opposé à la cour; mais, soit que le roi l'eût gagné, soit que les mesures adoptées par les communes lui parussent trop violentes, il changea de sentiment. 11 fut fait baron en 1641. Plusieurs lords, parmi lesquels il se trouvait, signèrent à Yorck, le 15 juin 1642, une déclaration par laquelle ils attestèrent que le roi n'avait pas l'intention de faire la guerre au parlement. Deux jours après, Capel s'engagea à lever un corps de cent cavaliers pour le roi, et lui avança 42,000 livres en argent et en vaisselle. L'année suivante , Charles l'envoya en qualité de lieutenant général dans la partie septentrionale du duché de Galles et dans les provinces voisines. Capel ne tarda pas à y former une petite armée, qui donna beaucoup d'embarras aux troupes du parlement. La même année, le roi le nomma un des conseillers du prince de Galles; parut, en 1645, comme un des commissaires du roi pour le traité d'Uxbridge, et fut ensuite employé dans l'ouest de l'Angleterre, surtout à Bristol, à Exeter et au siége de Taunton. 11 déjoua un projet formé pour se saisir du prince de Galles, qu'il sauva encore dans deux autres occasions, notamment aux îles Sorlingues, d'où il l'emmena à Jersey. Capel fut alors envoyé à Paris, avec lord Col-- peper, pour engager la reine Henriette à ne pas retirer son fils de Jersey. 11 était si fort opposé au projet de faire passer le prince de Galles en France, qu'il offrit d'aller à Newcastle, où le roi était alors prisonnier des Écossais, pour y prendre ses ordres positifs sur ce point ; mais nonobstant les motifs plausibles qu'il alléguait, et dont le principal était que la cour de France n'avait pas fait la moindre démarche efficace pour venir au secours du roi, l'avis de la reine prévalut. Capcl, après le départ du prince, était resté à Jersey, lorsque les communes votèrent la vente de ses biens. En 1647, il alla à Paris, et obtint du prince de Galles la permission de retourner en Angleterre. Il s'embarqua en Zélande, et, après avoir fait sa paix avec le parlement, il se retira dans ses terres, où il vécut tranquille et se concilia l'affection générale. Quelque temps après, il saisit une occasion de se rendre auprès du roi à Hamptoncourt, et l'instruisit de tout ce qui s'était passé à Jersey avant que le prince de Galles quittât cette île, des raisons qui engageaient les membres du conseil à y rester, et de beaucoup d'autres particularités que Charles ignorait encore. Ce prince lui communiqua ses espérances et ses craintes, ainsi que les ouvertures que lui avaient faites les Écossais, ajouta que leur diversion en Angleterre ne pourrait obtenir quelque succès qu'autant que ses partisans la seconderaient, et invita Capel à ne pas négliger cette occasion et à réunir ses amis. Capel le lui promit, et, lorsqu'il jugea que le projet des Écossais allait s'exécuter, il écrivit à Paris pour que l'on envoyât le prince de Galles à Jersey, mit beaucoup d'ardeur à rallier dans le Hertfordshire des soldats pour le service du roi, et alla avec sa troupe joindre le comte de Norwich et le chevalier CharlesLucas dans le comté d'Essex. Ayant réuni un- corps de 4,000 hommes, ces fidèles Anglais s'enfermèrent dans Colchester, où ils sout en 1645 un siège de soixantedixsept jours, durant lequel Capel déploya une énergie et une ac- tivité incroyables. La place, réduite aux extrémités, et déchirée par des divisions , ayant ouvert ses portes, Capel fut obligé de se rendre à discrétion au général Fairfax, qui, après lui avoir donné l'assurance d'avoir la vie sauve, l'envoya au château de Windsor, où il fut mis à la disposition du parlement, et décrété d'accusation par les communes, Instruit de cette mesure, Capel écrivit aux co que Fairfaix, après lui avoir promis la vie sauve, en avait informé la chambre. On demanda une explication au général, et Fairfaix répondit que la promesse de la vie sauve n'était relative qu'au traitement que les prisonniers auraient pu essuyer, suivant les lois de la guerre, à l'instant où ils se rendirent à discrétion ; niais qu'il n'avait pu les garantir de l'action des lois civiles. Le parlement vota le bannissement de Capet et de quelques autres prisonniers; mais cette punition ne paraissant pas assez sévère, on l'enferma dans la Tour de Londres, et, le Crfévrier 1649, on décréta que les lords Ca- pe' et GorinF„ et d'autres prisonniers, seraient les premiers auxquels on ferait le procès. Cape' s'évada le méme jour; mais des recherches rigoureuses, et la promesse d'une récompense de 100 livres sterling offerte à quiconque le ramènerait, le tirent découvrir deux jours après. Amené devant la haute cour de justice, il fut accusé de haute trahison. Sa défense roula principalement sur la promesse qui lui avait élé faite lorsqu'il se rendit; mais ce motif ne fut pas admis. Ilamené devant la cour, la partie publique conclut à ce qu'il fût pendu, et son corps partagé en quatre; et, à la cinquième comparution, il fut condanmé à ètre décapité. Sa femme présenta alors au parlement une pétition qui occasionna de grands débats. [Plusieurs membres, et Cromwell mime, firent le plus grand éloge des belles qualités de Capet ; niais Cromwell ajouta que c'était précisément ce qui le rendait un homme dangereux, et qu'en conséquence il voterait contre la pétition. Yreton en parle aussi comme d'un homme dont il avait peur. Le 9 mars, jour fixé pour l'exécution, Capel, qui depuis sa condamnation était enfermé au palais de StJames avec le duc de Hamilton et le connecte Holland, fut conduit avec eux à l'échafaud dressé devant Westminsterhall. Ses deux compagnons furent frappés avant lui. Capel, après avoir adressé aux spectateurs un discours touchant et rempli de sentiments de piété, présenta avec calme sa tète au bourreau. Tous les historiens se sont accordés pour rendre justice aux vertes éminentes de Capet, et surtout à son courage et à sa fidélité. Il laissa quatre fils et quatre filles
  • Arthur COLLINS( 1682) : laborieux antiquaire anglais, connu surtout comme compilateur d'histoires de pairs et de baronnets anglais , naquit en 1682. Son père, gentilhomme de la reine Caroline en 1619, avait possédé et dissipé une grande fortune; néanmoins Arthur Collins reçut une éducation libérale, et cultiva dès sa jeunesse cette branche des antiquités à laquelle il devait consacrer toute sa vie. La première édition de son Peerage parut en 1708 et en 1715, il en fut publié une nouvelle en 4 vol. Cet ouvrage fut depuis étendu par diverses additions et sous différents éditeurs, jusqu'à 7 volumes, qu'un supplément porta à 9. La dernière et meilleure édition a été imprimée en 181'2 par sir Egerton Brydges, qu'on ne saurait trop louer pour le soin qu'il a pris de faire disparaître les erreurs des éditions pré- cédentes , et d'enrichir celleci de nouveaux ar- ticles. Le Baronetage de Collins, publié d'abord en 1720 en 2 volumes, fut porté à 5, en 1741: depuis il n'y a plus eu de continuation sous son nom, mais il est amplement suppléé par le grand ouvrage de Bentham, On sait peu de choses sur la vie privée de Collins; les écrivains anglais nous apprennent toutefois que ses travaux furent mal rétribués par les nobles familles dont il taisait l'histoire, et • qu'il éprouva souvent des embarras pécuniaires. Le roi George II lui accorda enfin une pension annuelle de 400 liv. sterl. 0,000 ; mais il n'enjoint que pendant peu d'années, GL mourut à Battersea, le 16 mars 1760. Il lut le père du major général Arthur Tooker Collins, mort le 4 janvier 1795, laissant un luis auquel nous consacrons une notice. Outre les ouvrages déjà cités on doit à Collins 10 la Vie de Cecil, lord Barleigh, 1752, ; '2° Vie d'Edouard, dit te Prince- Aoir, 1740 5. Let- tres et Mémoires d'Eial , colligés par sir Henri Sidney et autres, 1746, 2 vol. ; 4° Collections historiques des nobles familles de Cavendish, Hales, Ver?, Harley et Ogle, 1752, in loi
  • Arthur CLIFFORD( 1778 - 1830) : de l'illustre famille anglaise de ce nom, naquit en 1778 , étudia le droit, passa plusieurs années sur le continent, et, de retour en Angleterre, partagea sa vie entre les opulents loisirs de grand seigneur et les travaux de l'homme de lettres. 11 mourut à Winchester, le 16 janvier 1830. On lui doit plusieurs publications importantes, en tète desquelles il faut placer le Portefeuille et Cor- respondance officielle de sir Ralph Sadler , Londres, 1809, 4 vol. Déjà la presse avait prétendu donner cet ouvrage en 1720 ; mais il s'en fallait de beaucoup que cette première édition fût aussi complète que celle de Clifford. Les papiers de sir Balph Sadler lui étaient parvenus par la famille Aston, à laquelle s'était unie l'héritière de sir .Ralph. Cet homme d'État, ministre sous Elisabeth, avait été le principal agent de toutes les relations entre l'Angleterre et l'Ecosse sous le règne de la fille de Henri V111, et l'on comprend de quel poids doivent être les moindres détails de ses révélations sur cette époque capitale polir l'histoire des deux royaumes. Walter Scott ne dédaigna pas d'enrichir l'ouvrage d'une biographie de sir Ralph Sadler, à laquelle il joignit des notes historiques. Le succès dont jouit cette publication engagea Clifford à promettre en quelque sorte un pendant à ces mémoires, en annonçant le Portefeuille et la Correspondance de- sir Walter Aston , ambassadeur en Espagne sous les rè- gnes de Jacques l" et de Charles I". Mais d'autres travaux s'opposèrent à ce qu'il donnât suite à cette entreprise , dont il ne parut que le prospectus. Les autres écrits de Clifford sont : Poésies de Tixall, avec des notes, ete.,Lonclres, 1813 Tixall était la résidence habituelle de sa famille. 2. Carmen sce- culare, Ode en commémoration du centième anniver- saire de l'avènement de la maison de Hanovre au trône britannique, Londres, 1814 3° Des- cription_ historique et topographique de la paroisse de Tixall et des localités les plus remarquables des environs , 1817 . Cet ouvrage, composé pendant un séjour à Paris , est orné de belles gravures dont trois ont été exécutées d'après des toiles originales. 4° Collectanea Cliffordiana , 1820, I vol. divisé en 3 parties, consacrées, la 1" à des anecdotes sur les personnages célèbres du nom c_le Clifford, la 2' à des notices historiques et généalogiques sur l'origine et l'ancienneté de cette famille, et la 3e à la description de Clifford. '60 Essai ten- dant à perfectionner la méthode d'enseignement des langues mortes
  • Arthur DUCK( 1580 - 1649) : habile jurisconsulte, anglais, né en 1580, d'une famille considérable du comté de Dévon, fut successivement chancelier du diocèse de Bath et Wells, chancelier de Londres et maître des requêtes. Nommé en 1640 membre de la chambre des communes, il se déclara en faveur de Charles I", à l'époque de la rébellion. Son attachement à la cause royale, nonseulement arrêta son avancement, mais lui coûta la plus grande partie de sa fortune. Il mourut à Chiswick, près de Londres, en 1649. On a. de lui : 4° Vita Henrici Chichele; 2° De Usu et Authoritate juris civilis Romanorum in dominiiss principum christianorum, Londres, 4653, in 8°. Cet ouvrage, dans la composition duquel Duck fut beaucoup aidé par Gérard Langbaine, est fort estimé, malgré quelques obscurités et de fréquentes répétitions. 11 a été traduit en français, Paris, 1689 et réimprimé plusieurs fois en Angleterre et ailleurs. X—s. L'auteur de cet article, 15f. Onésime Leroy, est aussi l'auteur des Etudes sur Ducis, couronnées par l'Académie française en 1835
  • Arthur MAYNWARING( 1668 - 1712) : poète et écrivain politique anglais , né à Ightfield , dans le comté de Shrop, en 1668, se fit connaître d'abord par , quelques écrits en faveur du parti de Jacques [t; mais ayant été présenté au duc de Sommerset et aux comtes de Dorset et de Burlington, il changea d'opinion et s'attacha au gouvernement du roi Guillaume. 11 vint à Paris après la paix de Rys- wick , se lia avec Boileau. qui le reçut à sa maison d'Auteuil , et qui lui parla beaucoup de la poésie anglaise et des poètes anglais. Maynwa- ring était trèscapable de satisfaire la curiosité du fameux satirique français sur ce sujet. Cependant on rapporte que, trois ou quatre ans après, un gentilhomme anglais parlant à Boileau des honneurs que sa nation avait rendus à Dry den après sa mort , le législateur de notre Parnasse parut aussi étranger au nom de ce grand poète que s'il se Mt agi d'un Hottentot ; mais il est pro-. bable que cela est au moins exagéré. A son re- tour dans sa patrie, Maynwaring obtint plusieurs emplois, entre autres celui de commissaire des douanes, au commencement du règne de la reine Anne, et il représenta le bourg de Preston, au comté de Lancastre, dans le parlement de 170. Il mourut le 13 novembre 1712 , après avoir passé les neuf dernières années de sa vie avec la fameuse actrice Oldfield, qui dut en grande partie à ses leçons la perfection de son talent. Il portait dans ses fonctions publiques autant de zèle que d'intégrité. Etant commissaire de la douane, un homme qui connaissait son crédit auprès des lords de l'amirauté lui fit passer une lettre avec une cinquantaine de guinées pour l'engager à lui faire obtenir une place de sur% eillant ; après quoi, il adressa une pétition à l'administration : cette pétition ayant été lue, plusieurs des commissaires donnaient leur opinion ; alors Maynwaring montra la lettre et les c guinées , et déclara que tant qu'il aurait quelque influence cet homme n'aurait aucune place. On a de lui des MIN rages en prose et en N ers , écrits avec esprit et d'un bon style. Ses ceuN res posthumes, données par Oldmixon en 1715, avec un abrégé de sa Vie, contiennent des anecdotes curieuses, mais fort suspectes, comme tout fr qu'a publié cet éditeur
  • Arthur MURPHY( 1727) : poëte dramatique et poly- graphe anglais, naquit à Clooniquin, dans le 1 la liste de tous jeux de cartes instructifs parvenus à sa connais- : sacre. Prosper Marchand a publié dans son Diclionnaire Une nouvelle édition parut à Francfort, 1565. m'y. . Feuerlein , Supet. Le nom de l'auteur y est indiqué par ces deux vers , page 6 Il /ch Gin Murr Narr meins Vayers Namen Dur en faveur de lord Bute , comme il l'avait fait autrefois pour M. Fox. Cette entreprise fut médiocrement soutenue par son parti, et une mystification acheva de la taire tomber. Wilkes et Churchill , ses adversaires, dans un journal intitulé Nord Britain, tirant avantage de son ignorance des matières politiques , lui envoyèrent une lettre anonyme où , entre autres avantages du traité conclu par lord Bute , on vantait l'acquisition des Florides, si précieuse pour ses bois de chauffage. Murphy inséra sans soupçon cette missive perfide ; et sa crédulité, en lui attirant des sarcasmes de toutes parts, lui fit perdre le reste de ses abonnés. En 1763, il alla grossir le nombre des hommes de loi du comté de Norfolk ; et jusqu'en 1787, il persévéra dans cette carrière , quoiqu'il l'eùt parcourue avec Pu d'éclat. Enfin, blessé de se voir préférer un de ses confrères, beaucoup plus jeune, pour la place de conseiller du roi, il se livra sans partage à la littérature. 11 s'occupa en 1786 de recueillir ses œuvres, 7 vol. et en 1792 il donna une édition de celles de Johnson, où il inséra un Essai sur la vie et les ouvrages de cet écrivain, morceau peu exact et d'ailleurs trop visiblement copié de la vie de Johnson par Hawkins. L'année suivante, Murphy dédia à Burke une traduction de Tacite, 4 vol. précédée d'un Essai sur la vie et le génie de l'historien romain et accom- pagnée d'un supplément historique et de notes. La traduction, d'ailleurs élégante, fut jugée doublement infidèle en ce qu'elle ne retraçait point la précision et les formes du style de l'original, dont souvent même elle ne rendait pas le véritable sens. On accorda plus d'estime aux notes ; mais on leur reprocha trop d'affectation pour amener des rapprochements avec les circonstances politiques au milieu desquelles vivait le traducteur. .11 s'y montre continuellement pénétré de cette indignation profonde qui animait Burke contre la révolution française. Murphy continua d'écrire jusque dans un âge trèsavancé. En 1798, il publia son Arminius pour rendre plus frappantes la justice et la nécessité de la guerre contre la France. La protection de lord Longbo- rough lui valut un emploi important à la banque et, dans les dernières années de sa vie, une pension de deux cents livres sterling. Le regret d'avoir vu presque tous les amis de sa jeunesse élccs à des charges éminentes, tandis qu'il n'avait échappé à l'obscurité qu'en consacrant toutes ses facultés à des conceptions dramatiques mises à la merci d'un fantasque public, répandit une teinte de mélancolie sur sa vieillesse. L'oblitération de ses idées était devenu sensible lorsqu'il mourut, le 18 juin 1805. Murpliy était irascible . ses altercations avec les libraires et les auteurs l'entretenaient surtout dans cette disposition. Son aménité , les agréments de sa conversation le firent cependant rechercher. Fils tendre , excellent frère, il se conserva de nombreux amis. L'un d'eux, Jesse Foot, a publié en 181'2 une Vie de Murphy, que distinguent de curieux détails et où il a inséré des fragments de comédies et des matériaux préparés par Murphy pour la vie de Samuel Foote. Murphy se plaisait quelquefois à composer des vers latins ; c'est ainsi qu'il a traduit le Cimetiére de campagne, de Gray. Dans ses productions dramatiques il avait mis souvent à contribution les écrivains français , ce qui ne l'a pas empèché, ou plutôt ce qui a été pour lui une raison de les dénigrer. Il se permet surtout une critique injuste contre Voltaire. C'est néanmoins dans l'Alzire de ce dernier qu'il parait avoir puisé l'idée de sa tragédie d'A/ zuma, et sa Zénobie doit beaucoup au Rhadamiste de Crébillon. En revanche il n'a pris, ditil , pour sa Fille grecque, que trois vers de la Ze/ mire de Dubelloy. Sa comédie intitulée Know your otôninind, une de ses meilleures pièces, offre des traces d'imita- tion de l'Irrésolu de Destouches. Dans celle qui a pour titre Je Moyen de le fixer , et dans laquelle il apprend aux femmes à rendre leur intérieur agréable si elles veulent régner sur le coeur de leurs maris , Murphy a encore fait un emprunt considérable à Lachaussée. En général, son style tragique manque de force , niais se recommande par sa noblesse et par une élégante simplicité. Ses comédies, dont l'intrigue est ordi- nairement bien filée et parmi lesquelles on cite surtout FEcole des tuteurs , Tout le monde a tort, dont l'action est calquée sur le Cocu imaginaire de Molière, le Choix, l'Ennemi de lui- mème, sont un peu outrées : aussi atil rencontré son véritable talent dans la farce. Toutes ces pièces sont restées au répertoire ainsi que le Bourgeois, la Vieille fille, l'Ile déserle, imitée de la pièce de Métastase qui porte le même nom , et le Mariage clandestin, qui a servi de type au Matrimonio se- cret°, mis en musique par Cimarosa. Murphy est encore l'auteur : lo d'un Essai sur Fielding, à la tète de l'édition de 1762 de ce romancier ; 2' d'une traduction du Bélisaire de Marmontel, 1791 ; 3° d'une autre de Salluste et des Catili- flaires de Cicéron ; !.0) d'une imitation de la treizième satire de Juvénal ; 5° d'un Poi; me des Abeilles, en quatre chants, accompagné de notes; c'est une imitation du 14e livre du Prœdium rustieum de \Tanière, que Murphy dans sa préface défend, ainsi que le P. Rapin, contre des critiques trop rigoureuses ; 6° d'une Vie de Garrick, 1801, 2 vol. qui a été resserrée en I vol. pour l'adapter au goût français. MsT.
  • Arthur O'CONNOR( 1766 - 1830) : célèbre Irlandais, naquit a Dublin en 1766 , de l'une des familles les plus anciennes de ce pays ;roy. CONNOR), et se montra toujours fort dévoué à son indépendance. L'un de ses frères s'étant mis à la tète des defenders , en 1795, fut condamné à mort et exécuté à Dublin le 31 août de cette année, accusé d'avoir cherché à favoriser une descente des Français. Luimême se montra dès le commencement de la révolution française fort attaché à ses principes, et il fit paraître à la même époque une brochure véhémente contre le gouvernement anglais, sous ce titre : Tableau des vexations l'un des Irlandais que le sénat de Hambourg livra lâchement aux Anglais. Revenu en France et créé général, il y vécut honorablement et mourut.vers 1830. Il a publié : 1° Lettre au comte de Car- lisle, en réponse aux deux lettres du comte Fit.--,-- , sur l'état de l'Irlande , 1795 2. Lettre au comte Camden, 1798 3° Etat présent de la Grande- Bretagne, 1804 - O'CONNOR , frère du précédent, était propriétaire d'un journal à Dublin. Ayant laissé dans cette feuille en 1798 une attaque contre un des membres de la chambre des lords , il fut arrêté au moment où il allait S'embarquer pour la France, accusé d'avoir conspiré pour l'indépendance de l'Irlande, et traduit devant un jury, qui l'acquitta. Arrêté de nouveau à Londres, peu de temps après, il obtint sa liberté par l'amnistie, et repartit pour l'Irlande, d'où il émigra avec son frère Arthur, à la suite de l'insurrection de ce pays. En novembre de la même aimée il fut aussi incarcéré à Hambourg , avec Napperl'andy, , sur la réquisition du ministre d'Angleterre , Crawford , et fut ensuite relâché à la demande de la France. Une diligence allant de Dublin à Clouard ayant été attaquée et volée sur la grande route, le 2 octobre 1812 , les voleurs restèrent longtemps inconnus , mais on conçut des soupçons par suite desquels on arrêta Roger O'Connor, , qui parut Te 4 août 1817 à Trim devant la cour d'assises. Bennet et sir Francis Burdett , membres du parlement, se rendirent en Irlande pour déposer en sa faveur. Ce procès, qui excita l'attention générale , fut regardé par l'opposition comme une vexation , et se termina par l'acquittement du prévenu. Le jury, qui avait d'abord déclaré qu'il y avait lieu à accusation, l'acquitta à cause de la preuve de prévarication acquise contre deux témoins. O'Connor se rendit à Dublin, où il annonça l'intention de publier un Mémoire sur les faits qui lui avaient été imputés, et commença une poursuite juridique en faux témoignage contre Owens et Warring , qui avaient déposé contre lui; mais il n'obtint aucune satisfaction. il passa ensuite aux EtatsUnis d'Amérique, où il exerça longtemps la profession d'avocat
  • Arthur O'LEARY( 1729 - 1802) : théologien catholique , , en 1729, à Cork en Irlande , passa , fort jeune en France, fit ses études au collége de SaintMalo , et entra dans l'ordre des Capucins. Quand il fut prêtre , on le chargea , pendant la guerre de Sept ans, de donner des secours spirituels aux Irlandais qui se trouvaient dans les hôpitaux et les prisons en Bretagne; mais on désirait, en même temps, qu'il usât de son crédit pour engager ses compatriotes à passer au service de France : comme il s'y refusa , il déplut, retourna dans son pays aussitôt après la guerre , et établit à Cork une chapelle qu'il desservait. Un médecin écossais venait de publier dans cette ville des Pensées sur lu nature et la religion, qui étaient dirigées contre le christianisme en général: O'Leary voyant que les protestants gardaient le silence , répondit par la Défense de la divinité de Jésus- Christ et de 1* immortalité de l'âme. Quand le parlement d'Irlande se montra disposé à modifier les lois pénales contre les catholiques , et arrèta le serment encore en usage , pour jouir du béné- fice des nouvelles concessions, O'Leary fit paraître l'écrit intitulé la Loyauté prouvée et le serment dé- fendu, qui décida beaucoup de catholiques à 'piéter ce serment. Au temps de la guerre d'Amérique , lorsque les flottes combinées de France et d'Espagne menaçaient les côtes d'Irlande, il répandit une Adresse aux catholiques, pour lés exciter à rester fidèles au gouvernemelit établi. Cette Adresse fut suivie d'une autre, en 1784, l'occasion des pillages nocturnes exercés dans le comté de Cork, envers les fermiers des dîmes du clergé protestant. Dans cette circonstance, et dans quelques autres semblables, il n'omit rien pour calmer les ressentiments des catholiques, ulcérés par une longue oppression. Ces démarches du père O'Leary lui procurèrent des amis parmi les protestants et les gens en place. Son nom fut cité plusieurs fois d'une manière flatteuse dans les débats du parlement d'Irlande , et le gouver- nement anglais lui accorda une pension de deux cents livres sterling. Mais en même temps on désira qu'il vint se fixer à Londres, où il érigea une chapelle catholique, dédiée à saint Patrice. Il prononça dans cette chapelle , le 16 novembre 1799 , devant un nombreux concours, l'Oraison funèbre de Pie VI, qui fut imprimée, et dont il a paru une traduction française , par l'abbé Quéquet , Londres, 1805 Le père OlLeary mourut à Londres, dans un tige avancé , le 8 janvier 1802. M. Butler, dans ses Mémoires historiques sur les catholiques anglais, l'a représenté comme un homme qui , sous un air de simplicité et de bonhomie, cachait un esprit fin et un talent particulier pour la discussion. Outre les productions déjà indiquées d'O'Leary, et d'autres qu'il n'a pas avouées, on a de lui un Sermon pour un jour de fête , le 8 mars 1797 ; une Dcfense de sa conduite et de ses écrits, en réponse au docteur Woodward, évêque protestant de Cloyne , 1788 ; des Remar- ques « sur la défense des associations protestantes, de Wesley ; un Essai sur la tolérance ; une Ré- plique sur l'absolution qu'on accorde dans l'Église catholique aux criminels condamnés à mort; une Revue de la controverse entre le docteur Carrol et 11131. Hawkins et n'arion; et enfin une Adresse à la chambre des lords du parlement d' Angleterre , sur un bill contre les religieuses. Cette Adresse, datée du 30 juin 1800, a été depuis imprimée, Londres de 55 pages. C'est une excellente justifica- Lion des catholiques anglais. Plusieurs de ces écrits ont été réunis en un volume. Le style d'O'Leary , quoique vif et figuré , n'est pas tou- jours pur ; mais sa Défense contre Woodward et ses Remarques contre Wesley passent pour des modèles de saillie, d'ironie fine et de vigueur. On trouve des détails intéressants sur O'Leary dans son Éloge funèbre, prononcé , le 14 janvier 1802 , dans la chapelle Sohosquare, par M. Mor- gars d'Arcy, prêtre attaché à cette chapelle. Ce discours a été imprimé , Londres , 1802. On y loue la douceur d'Oleary, son zèle et sa charité pour les pauvres : ce qui dominait surtout en lui, c'était un esprit de modération et de tolérance, qui lui valut l'estime et les félicitations de Grattan et de quelques autres membres du parlement
  • Arthur PHILLIP( 1738) : navigateur anglais, était fils d'un Allemand de FrancfortsurleMein qui enseignait à Londres la langue de son pays. Arthur naquit dans cette capitale en 1738 il entra dans la marine à l'âge de dixsept ans ; arrivé au grade de lieutenant, il alla servir en Portugal après la paix de 1763 et revint en 1778 dans sa patrie il combattit durant la guerre qui éclata cette annéelà, fut surtout employé dans les mers'de l'Inde et parvint au grade de capitaine de vaisseau. La GrandeBretagne, ayant, par la paix de 1783, perdu ses colonies du continent de l'Amérique septentrionale, où elle envoyait auparavant les malfaiteurs condamnés à la déportation, choisit en remplacement la côte orientale de la NouvelleHollande, que Cook avait découverte et qu'il avait nommée New- South- Wales. Ce grand navigateur avait fait une description si ravissante de BotanyBay, que les bords de ce bras de mer furent désignés pour le nouvel établisSement, destiné aussi à servir de refuge aux navires anglais parcourant les mers voisines. Une escadre fut équipée ; elle était composée d'une frégate, d'un aviso et de neuf transports. Phillip en eut le commandement et fut nommé gouverneur général de la colonie future. On mit à la voile le 13 mai 1787 et le 18 jantier 1788 l'on atterrit sur les côtes de New- South- lfales. BotanyBay ne répondit pas à l'idée qu'on s'en était. formée d'après la relation de Cook : cette baie était mal abritée; elle n'avait pas assez de profondeur ; l'eau douce n'y coulait ni assez abondamment, ni sur les points où l'on peut aborder commodé- ment ; enfin les bords en étaient marécageux dans quelques endroits. Ces inconvénients décidèrent Phillip à reconnaître le port Jackson , situé plus au nord et dont Cook avait aussi parlé. L'examen prouva que ce lieu convenait mieux que le premier pour la colonie : tout y fut transporté. La prudence, la fermeté, l'intégrité de Phillip la soutinrent dans les moments difficiles il y établit l'ordre, y fit régner la paix , fonda la prospérité à laquelle elle est parvenue de nos jours. Il envoya reconnaître les côtes voisines, fit peupler l'île Norfolk, située dans l'est du continent, et consacra tous ses moments à justifier la confiance dont son gouvernement l'avait honoré. Après cinq ans de séjour dans cet établissement qui lui devait l'existence , le délabrement de sa santé le força de revenir en Europe. Il avait été élevé au rang de viceamiral. Il passa le reste de ses jours à Lymington, petit port du Hampshire. Etant allé à Bath en 1814, il y mourut au mois de novembre. Le public, à l'époque de la fondation de la colonie de la Nouvelle- Galles mé- ridionale, était tellement avide de connaître tout ce qui la concernait, que l'on s'empressa de publier les renseignements que l'on en recevait. En conséquence , les ouvrages suivants parurent en anglais : 10 Voyage du gouverneur Phillip et Botany- Bay, , avec une description de l'établissement des colonies du Port- Jackson et de l'ile Norfolk , faite sur des papiers authentiques obtenus des divers dé- partements, auxquels on a ajouté les journaux des lieutenants Shortland, Watts, Bail et du capitaine Marshal, avec un récit de leurs nouvelles décou- vertes, Londres, 1789, 1 vol. C'est un livre trèsmal fait, quoiqu'il renferme des détails curieux : que pouvaiton avoir observé en moins d'un an dans un pays inconnu, au milieu d'embarras de tous genres! Pour faire accueillir cette compilation, on l'annonça comme composée sur des matériaux fournis par les bureaux du gouvernement : cela était possible. Quoique tout ce qui concerne les découvertes de Shortland et des autres soit raconté succinctement, on les lit avec intérêt, parce qu'il n'en a pas été publié d'autre relation. Ce livre a été fort mal traduit en fran-çais, Paris, 1791 , 1 vol. L'éditeur a laissé de côté les cartes et les planches. 2° Extraits de lettres à lord Sydney , avec une description de l'ile Norfolk , par P.G. King, Londres, 1791 , 3° Copies et extraits de lettres donnant une descrip- tion du pays de New- South- lUales, 1792 Ces livres font suite au précédent. Hunter, qui fut le successeur. de Phillip ; Watk capitaine ; White, chirurgien de la colonie ; Barrington , un des déportés, ont aussi fait connaître l'état de la colonie avant le départ de Phillip. Depuis, Collins en a donné l'histoire en 1803 et Wentworth en 1819. C'est à Phillip que la France est redevable des dernières dépêches reçues de la Pérouse . On a nommé PortPhillip un beau havre découvert à la côte méridionale de la NouvelleHollande
  • Arthur SCHOPENHAUER( 1788) : philosophe allemand, fils de la précédente, naquit à Dantzig, le 22 février 1788. Tout jeune encore , lors du blocus de sa 111e natale , il suivit ses parents à Hambourg , où il put voir chez sa mère maints personnages célèbres , Klopstock , Re Tischbein , dont l'esprit ne fut pas sans influence sur le sien. 11 voyagea ensuite en divers pays et vint en France pendant la terreur révolutionnaire. Sa philosophie naissante y fut témoin des fêtes en l'honneur de la Raison. Il visita aussi l'Angleterre et y apprit la langue du pays comme il avait fait en France. Peut-être cette double circonstance ne fut- elle pas étrangère à certaines qualités de son style. Il étudia à Goettingue, en 1809, et y prit goût, sous la direction de Schulze, aux spéculations philosophiques. Il se livra aussi à l'étude de la médecine, des sciences naturelles et de l'histoire. A Berlin, où il se rendit en 1811, il assista avec ferveur aux leçons de Fichte ; mais cette sympathie ne dura point. En 1813, il ›outint à Iéna une thèse qui contenait en germe ses doctrines futures. Elle avait pour titre : De la quadruple racine de la raison suffisante , Rudolstadt, même armée, et 2. édit., 18117. Pendant qu'il était à la recherche de cette quadruple racine, il put voir Napoléon à la recherche de la monarchie universelle; il put voir aussi le patriarche de la littérature allemande, Goethe, dont les salons étaient ouverts à sa mère. C'est alors qu'il fit connaissance avec Wieland, les deux •Schlegel, Meyer, etc. Sa mère, à qui il devait l'avantage de voir de près ces célébrités et sans doute aussi quelquesunes des facultés dont il était luimême doué, ne lui donnait cependant point l'exemple de l'économie intérieure ; car elle dissipa en partie la fortune de ses enfants ; et Arthur aboutit, comme il arrive parfois, à des habitudes tout opposées. On a dit qu'il avait plaidé contre sa mère ; mais den ne témoigne de la vérité de cette assertion de ses ennemis. De même, tout en admirant l'auteur de Faust, il se piqua peu de l'imiter en ses vulgaires amours, bien que son coeur fùt loin de partager, quant aux affections de ce genre, le flegme reposé de l'auteur de la Critique de la raison pure. De 181& à 1818, Schopenhauer résida à Dresde, dont le magnifique musée ne pouvait pas manquer de lui inspirer des études sur l'art. De la sans doute son traité des visions et des couleurs . Goethe, qui s'occupait de la même matière , lui écrivit au sujet de ce petit écrit une lettre qui ne pouvait pas être bien sévère , puisque Schopenhauer le défendait luimême contre l'optique de Newton. Tout en s'occupant dès lors du Monde en tant que volonté et représentation, qui devait recéler ses doctrines philosophiques, Schopenhauer passait tour à tour de l'Allemagne dans la patrie des arts. En 1819, il séjourna à Rome et à Naples. Revenu en Allemagne, en 1820, il y professa fort peu de temps, et en 18'22, il retourna en Italie et y resta jusqu'en 1825. Nul doute que ses écrits durent porter la double empreinte de ces deux patries, l'une du beau , l'autre de la pensée philosophique. Décidé enfin à borner le cours de ses pérégrinations, il s'établit, en 1831, à Berlin, mais pour en fuir aussitôt devant le choléra. Il se fixa enfin dans la cité centrale de l'Allemagne, FrancfortsurleMein, où dès lors il vécut fort simplement. Un écrivain français, M. Foucher de Careil , a Yll le second de ces philosophes en sa maison du quai de Schœne Aussicht . Sa chambre formait bibliothèque. Un buste de Goethe s'offrait tout d'abord aux regards du visiteur. line servante et un caniche, qu'il coucha sur son testament, complétaient cet intérieur , plus sagement philosophique que le tonneau de Diogène ou telle autre excentricité qui défraye l'histoire. Ajoutez un régime de vie calculé avec une grande sagesse pratique. Aussi bien comptaitil, comme jadis Fontenelle, atteindre la centaine ; mais le ciel ne lui accorda que 72 ans , puisqu'il mourut en septembre 1860. Il avait une grande érudition , connaissait et même prisait certains philosophes français , tels que Cabanis , Chamfort et même Helvétius. « Quand « causait, dit encore M. F. de Careil, la verve « du vieillard brodait sur le canevas un peu « lourd de l'allemand ses brillantes arabesques « latines, grecques, françaises , anglaises, ita- · liennes. » C'est-àdire, sans doute, qu'à l'éru- dition germanique se joignait une assimilation de l'esprit des pays étrangers. Tel était l'homme. Il s'agit maintenant d'exposer et, s'il est possible, d'élucider ses doctrines philosophiques, d'abord peu comprises, peut-être à cause de la métaphysique des titres des ouvrages de Schopenhauer, peut-être aussi à cause d'une certaine précision dans les termes , qui leur imprimait quelque sécheresse. Ce qu'il y a de certain, c'est qu'il faut compter avec ces doctrines. Le tome premier de son ouvrage intitulé le Monde en tant que volonté et représentation contient une remarquable critique de Kant , et en le critiquant. il admire ce grand philosophe : « Il a dessillé les « yeux des Allemands, ; il les a opérés « de la cataracte. » Mais, à son sens, si l'auteur. de la Critique de la raison pure, par sa distinction entre l'apparence et la réalité, le phénomène et la chose en soi , a su débarrasser le terrain philosophique du dogmatisme qui le rendait stérile, par contre, il a manqué le but en émettant l'opinion que la sensation est un indice de la présence de l'objet ; ce qui revient à dire avec l'école sensualiste que le contenu empirique de la contemplation nous vient du dehors . Mais par qui comment ? demande Schopenhauer , qui tu, croit pas, lui, que l'empirique émane de cette source. Et il ne craint pas d'ajouter, en ce qui concerne la doctrine de Kant, que, si l'on cherche à pénétrer dans l'intimité de la pensée de ce philosophe, on trouve que la supposition d'un objet différent de l'intuition et non représenté par elle , mais étant l'objet propre de l'entendement, est l'ultime raison de ses erreurs à ce sujet. Lui, au contraire, Schopenhauer, distingue l'intuition de l'abstraction ; il réduit tout le mécanisme sensible et intellectuel au phénomène de la représentation ; il admet la spontanéité du sujet qui connait, dans l'acte de la connaissance: enfin il établit le besoin d'une connaissance elpérimentale et d'une logique inductive. De cette critique à sa propre théorie philosophique il n)- avait plus qu'un pas. Elle se trouve surtout dans l'ouvrage intitulé le Monde en tant que rolonté et représentation . Elle sépare le vouloir de la connaissance. « La volonté est primaire, dit Schopenhauer; « l'intellect n'est que secondaire. Chez moi, « l'éternel, l'indestructible dans l'homme, ce « n'est pas l'àme ; mais , pour me servir d'un « terme de chimie, c'est la hase de l'âme, la vo- « lonté. » « En dehors de la volonté et de l' « telligence, ditil encore, rien ne nous est « connu , rien ne peut être pensé. Chercher « ailleurs quelque chose de réel qui soit appli- « eable au monde corporel n'est pas possible. Si « nous imaginons que le vouloir soit quelque « chose de plus que notre représentation pure, « il faut qu'en dehors d'elle, en soi , dans son « essence interne, il soit ce qui se rencontre « immédiatement en nous comme vouloir. Quand « je dis : La force en vertu de laquelle la pierre « gravite vers la terre est , suivant son essence « en soi et en dehors de toute représentation, « une volonté, on ne verra pas , je pense, dans « cette proposition la supposition dénuée de sens que la pierre est mue sous l'impul- « sion d'un motif connu, parce que c'est sous « cette forme que la volonté se manifeste dans « l'homme. » Quelles sont maintenant, dans ce lir me, les propriétés essentielles du vouloir, uisqu'à cela seulement s'en peut mesurer la Naleur? Schopenhauer en reconnaît trois, l'iden-'ité, l'immutabilité et la liberté. Quant à l'identité, il la trouve à tous les degrés de l'échelle , ies êtres. Dans le inonde entier, il ne voit que 'a volonté distribuée dans la série de ses maniostations diverses : matière ici, conscience de être dans l'animal, enfin raison dans l'homme. dais si elle est partout, cette volonté, c'est dans :homme en particulier, dans sa conscience qu'il t faut étudier. Les conséquences les plus har-'ies et en même temps les plus curieuses jailLssent de cette donnée : l'intellect est quelque liose de physique et la volonté de métaphysique. L'intellect est le phénomène ; la volonté, le réel, comme elle est la source de la connaissance. Vient la seconde propriété du vouloir, l'invariabilité ou immutabilité. De mème qu'elle est identique, la volonté ne varie point ; la même dans l'homme et dans l'insecte. Celuici veut aussi déterminément que l'homme; il n'y a de différence que dans ce qui est voulu. L'esprit est mobile ; c'est lui qui met une variété infinie dans le monde. Le coeur, organe du vouloir, est constant ; il ne varie point d'un siècle à un autre, d'un pays à un autre. Il est l'ordre même de la nature fondé sur la volonté immuable et toutepuissante. « Jusqu'ici, reprend Schopen- « hauer, le mot générique était force ; la volonté « était une des espèces subordonnées. Je renverse la proposition : Toute force dans la na-, turc est pour moi une manifestation du vou-« loir.... » Rien de plus clair , et toute force est quelque chose de fatal. Si la volonté fait le inonde, elle en fait aussi l'éternité, et alors la mort individuelle n'est plus rien contre elle. On ne s'attendait pas à voir apparaître la troisième propriété de cette volonté, la liberté. Elle y est pourtant. Ce vouloir, constant, immuable, indestructible , est libre ; il s'affirme ou se nie à son gré. Tel est le système du philosophe de Francfort, ce qu'il appela sa « Thèbes aux cent portes » ou encore « le talon d'Achille de la philosophie « de Kant ». « Si l'on méditait, disaitil en ma-, nière de commentaire, sur la nature de cette , force qui , tous l'avouent., meut l'univers , on « serait surpris de cette identité fondamentale « que j'ai le premier mise en lumière en donnant à la force inconnue et innommée son véritable « nom, la volonté. Qu'estce que le monde, sinon « une volonté énorme qui sans cesse se jette « dans la vie? La gravitation , l'électricité, la « chaleur, toutes les forces que revêt l'activité, « depuis la pomme qui tombe jusqu'à la répu- « blique qui se fonde, tout cela c'est une volonté « qui s'exprime et rien de plus. La séve qui « monte dans les plantes, les merveilleuses pré-« visions d'avenir chez l'insecte, qu'on appelle « instinct, qu'estce autre chose que la volonté? « La force vitale ellemême? Volonté , volonté « dans la direction de la vie . « Le corps? La volonté visible manifestée. Au « contraire, l'intellect n'est que le fruit du cer- « veau, une puissance secondaire, émanée d'une « autre. Absurdes sont ceux qui veulent l'ériger « en force vitale. » Ce qui est remarquable ici, c'est la vigueur, la richesse même de l'expression , quoique ne cessant pas d'ètre précise; c'est la volonté devenue la parole à force de méditation concentrée. Le système du philosophe du vouloir, constant, identique et immuable, ne se prètait guère , il semble, aux développements de l'art. Comment cette volonté aveugle pouvaitelle se répandre au dehors sous la forme des libres aspirations de l'art? Cette objection se dressait formidable comme un obstacle devant la doctrine de la volonté. Eh bien, Schopenhauer se tire habilement de cette difficulté. C'est la volonté qui sera artiste, grâce à l'intuition. Voici comment il la définit · Elle est dans l'espace, ditil ; c'est un solide. « La pensée est dans le temps et n'a qu'une « dimension.... une ligne sans largeur ni épais- « seur.... La sagesse et le génie n'ont point leur « racine dans la raison abstraite.... mais dans « la faculté de l'intuition ou la contemplation.... · Si les oeuvres du génie distancent les autres « du ciel à la terre, cela tient à ce que le monde « qu'il voit, qui fait l'objet de ses études, est « figuré dans sa tète avec une netteté, une pro- « fondeur inaccessibles au vulgaire. » Puis cette comparaison assez piquante et qui vous saisit en quelque sorte : « Pour qu'une banque soit « prospère, pour qu'elle soit solide, il faut qu'elle « ait en caisse des espèces sonnantes pour faire « face à l'occasion à tout le papier. Eh bien, « l'intuition, c'est la monnaie sonnante, et les « notions et les abstractions, ce sont les billets. » Ainsi, autre chose l'intuition, autre chose l'abstraction. Même différence entre l'idée et la notion . L'idée enfante les chefsd'oeuvre ; elle est l'objet de l'art . Le concept le pourra juger, mais non enfanter. Et comme toute philosophie doit aboutir à son application, celle de la volonté, comme Schopenhauer l'a conçue et définie, doit nécessairement aboutir au pessimisme. « Qu'estce « que la vie? Une étoffe qui ne représente pas « ce que l'on a dépensé pour elle, une chasse « perpétuelle où les êtres s'arrachent les mer- « ceaux d'une hideuse curée, une mort antici-« pée et, pour tout die « en fin de compte , une sorte d'histoire de la « douleur, qui se résume comme il suit : vou-« loir sans motifs, souffrance toujours, lutte « incessante, puis la mort et ainsi de suite : in « secula seculorum, jusqu'à ce que s'éparpille en « morceaux la matière dont est faite notre pla- « nète. » Ce sont là des teintes bien grises sous un pinceau plein d'éclat et de couleur. L'amour luimême ne trouve point grâce devant cette doctrine de la fatalité. Pour elle , cette impérieuse passion est moins la conser\ ation, la génération infinie, que la complicité de deux êtres . Voici au surplus la liste des ouvrages du Sage de Framfort, comme l'appelle un critique anglais : 1° De la quadruple racine de la proposition du principe suffisant, Rudolstadt , 1813, et Francfort, 1847, 2° édit. ; '2" De la vision et des rouleurs, Leipsick, 1816, et 1854, 2° édit. ; 3° le Monde en tant que volonté et représentation, Leipsick, 1819, et 1844 ; 40 les Deux Problèmes fondamentaux de l'éthique, Francfort, 1841, en deux dissertations ; 5. De la volonté de la nature, ibid. , 1836; 6° Parerga et paraliponzena, Berlin, 1851
  • Arthur THISTLEWOOD( 1772) : conspirateur anglais, naquit en 1772, d'un fermier établi à Tupholme, village situé à quelques milles de Lincoln, et fut destiné par son père à la profession de régisseur ; mais son penchant à l'oisiveté et à la dissipation vint mettre obstacle à ce projet. La levée d'une milice supplémentaire, en 1797, ou-1 rit à Thistlewood une autre carrière. Par le crédit de sa famille, il obtint une commission de lieutenant dans le 3. régiment de la milice de Lincolnshire. Ce poste honorable, joint à ses avantages extérieurs, l'ayant fait admettre dans une société relevée, il attira l'attention de fuistriss Worsley, jeune personne distinguée, qui, en lui donnant sa main, lui apporta un capital d'environ deux cent mille francs. Thistlewood vécut d'abord trèshonorablement à Bawtry, dans le Yorkshire ; mais ayant perdu sa femme au bout de dixhuit mois, il retourna à Lincoln, où il se jeta dans les paris et le jeu , perdit des sommes considérables et se plongea dans tous les désordres. Enfin, forcé de quitter le pays, il N int à Londres chercher une retraite et des ressources. Il habita longtemps cette capitale, dont il s'ab- Isenta néanmoins à diverses reprises pour des !voyages en France et en Amérique, voyages qui .ne parurent pas avoir pour résultat d'augmenter sa fortune. En France, il s'était lié avec des ré- 1 volutionnaires, dont il partageait les opinions et Jes espérances. Après la paix d'Amiens, il rentra Cil Angleterre, où il retrouva quelque aisance par un second mariage. Mais, déjà incapable de mener une vie régulière, il était devenu joueur de profession et avait formé des liaisons intimes avec des hommes qui manifestaient les vues les plus hostiles contre le gouvernement. Lors des troubles de SpaFields, il fut arrêté comme l'un des complices de Watson. Détenu quelque temps et enfin relàché, parce qu'il ne se trouvait pas contre lui de charges suffisantes, il se plaignit avec beaucoup d'amertume de la durée de sa détention, et, l'attribuant à lord Sidmouth, il en demanda satisfaction à ce ministre dans un cartel, par lequel il lui laissait le choix du lieu et des armes. Ce déli occasionna de nouvelles poursuites contre son auteur, qui ne les arrêta qu'en s'engageant à ne point attenter à la sûreté de lord Sidmouth. Devenu plus circonspect, Thistlewood, pour détourner les regards du ministère, demeura dans une inaction apparente, niais sans cesser d'avoir des conférences mystérieuses avec les plus fougueux radicaux et toujours occupé de projets de vengeance et de révolution. Tout le midi de l'Europe était alors dans tri état de fermentation et de crise. dont le meurtre du duc de Berry, en France, et la révolte des soldats de Ille de Léon, en Espagne, venaient de révéler Je danger. Les radicaux pour attaquer quatorze ministres au milieu de leurs gens et faire une révolution , parlaient déjà de se retirer ; mais l'audace de Thistlewood, de Brunt et du bouclier Ings ranima les plus timides. Ils se disputaient l'honneur de porter les premiers coups. « A présent , s'écria Brunt , je commence « à croire qu'il y a un Dieu, puisqu'il nous les « livre tous à la fois! » Ings se chargea de couper les tètes. Thistlewood assura qu'ils seraient surpris sans défense ; que rien n'était éventé ; que d'autres conjurés nombreux, répandus dans plusieurs quartiers de Londres, n'attendaient que le signal du massacre pour éclater; que le succès de la révolution était infaillible. Il rédigea luimême une proclamation en deux lignes, adressée au peuple, et conçue en ces termes : « Vos tyrans « sont détruits ; les amis de la liberté sont ap-« pelés à agir ; le gouvernement provisoire est « en séance. » Une autre proelamation était adressée à l'armée : elle promettait aux militaires qui se réuniraient aux chefs de la révolution une solde entière et une pension pour toute Ja vie. On était à faire plusieurs copies de la proclamation adressée au peuple et signée par lngs, comme secrétaire, lorsque douze officiers de police, suivis d'un détachement des gardes, vinrent pour arrêter les conspirateurs. A cette apparition, Thistlewood, se levant, plonge son sabre dans le corps d'un des officiers de police ; un combat s'engage à coups de pistolet et de sabre ; Thistlewood et Brunt parviennent à s'échapper ; neuf de leurs complices sont arrêtés. Dès leur premier interrogatoire, ils avouèrent les principales circonstances du complot ; mais on n'en tenait point le chef principe), Le ministère, impatient de trouver Thistlewood, fit publier, dans la nuit mème, une récompense de mille livres sterling pour celui qui aiderait à le découvrir du à Je faire arrêter. Quelques heures après, il fut surpris dormant paisiblement dans une maison forté- éloignée de son quartier, et il ne fit aucune résistance. Lui et ses complices furent interrogés immédiatement, en conseil privé des ministres ; et tous furent traduits, deux mois après, devant le tribunal d'OldBailey. Les faits y furent établis de la manière la plus évidente ; seulement les défenseurs essayèrent de prouver qu'une tentative d'assassinat contre les ministres ne constituait pas le crime de haute trahison ; ensuite plusieurs des coupables s'élevèrent contre l'immoralité des témoins, qui avaient été leurs complices. Thistlewood et Brunt se plaignirent de ce qu'on ne faisait point parattre dans la cause, comme on l'avait annoncé, un nommé Edwards, l'un des promoteurs de la conspiration et qui, après avoir fourni de l'argent et suggéré les résolutions les plus féroces, avait disparu au moment de l'exécution. Cette procédure occupa dix audiences. Enfin, les onze prévenus furent déclarés coupables par le jury et condamnés à la peine capitale. Lorsque cette condamnation eut été prononcée avec la solennité des cours crimi- nelles d'Angleterre, Thistiewood renouvela ses accusations contre Edwards, et il ne désavoua pas l'intention d'avoir voulu renverser le gouvernement, ni d'avoir conspiré contre la vie des ministres ; il nia seulement qu'il eût voulu satisfaire une vengeance particulière. Son but était, ditil, de venger la mort des infortunés si horriblement massacrés ou mutilés à Manchester et de rendre sa patrie heureuse et libre... Se com- parant à Brutus et à Cassius, immortalisés pour avoir voulu tuer César, il se regardait comme assassiné par une déclaration illégale du jury. Lui et ses principaux complices entendirent leur sen- tence presque sans émotion. Six de ces conspi- rateurs avaient imploré la merci du tribunal en avouant leurs fautes : leur peine fut commuée en celle de la déportation. Des cinq destinés à la mort, un seul, Davidson, homme de couleur. montra quelque repentir et consentit à recevoir les secours de la religion. Les autres conser- vèrent jusqu'à l'échafaud la même audace, le mème mépris de la vie, de la religion et du gou- vernement. « Qu'on nous fasse mourir le plus « tôt possible , disait Thistlewood au nom de « tous ; c'est tout ce que nous désirons. » L'exécution eut lieu le 1" mai, devant un peuple immense. De nombreux détachements de la garde roïale environnaient la prison et la place voisine. L'echafaud était en communication immédiate avec la prison ; il était entièrement tendu de noir. Les condamnés y montèrent avec beaucoup de fermeté. Au moment où l'exécuteur mit la corde au cou de Thistlewood, qui devait être pendu le premier, un homme placé sur le toit d'une maison cria d'une voix forte : « Que Dieu toutpuissant vous bénisse I » Thistlewood répondit en inclinant la tète, et il dit à l'un de ses complices : « Nous saurons bientôt le grand se- « (ret ! » Cet homme mourut avec beaucoup de calme et de résolution. La populace ne donna d'abord aucune marque de mécontentement ; mais quand, aux termes de l'arrêt, l'exécuteur commença à séparer la tète de chaque corps déjà privé de vie, pour la présenter à la multitude, un cri de rage et d'horreur s'éleva parmi le peuple ; on entendit même cette apostrophe contre l'exécuteur : « Tirez un coup de fusil à « cet assassin. » L'ordre fut maintenu par la présence des troupes et de la police
  • Arthur WILSON( 1596 - 1652) : historien anglais, né à Yarmouth, dans le comté de Norfolk, en 1596, vint en France à l'âge de treize ans. Revenu dans sa patrie, il fut attaché à une maison opulente, d'où son penchant à la satire le fit expulser. Il devint ensuite secrétaire de Robert, comte d'Essex qu'il accompagna dans ses campagnes d'Alle- magne et de Hollande, puis dans l'expédition de Cadix, en 1625. Après avoir résidé pendant deux années dans un collège de l'université d'Oxford, il alla joindre, en qualité d'intendant , le comte de Warwick, alors dans les PaysBas. Wilson mourut en 1652 à Felstead, en Essex. Il avait de l'esprit et quelque instruction. Plusieurs comédies, qu'il avait composées, furent jouées avec succès à Londres par les comédiens du roi, ainsi qu'a Oxford par les étudiants. Une seule de ces pièces, la Dante inconstante, a été imprimée, et ce n'a été qu'en 1814, à Oxford avec des notes curieuses et quelques détails sur l'auteur. On a de lui une Histoire de la rie et du règne de Jacques 1", Londres , 1653 réimprimée en 1 7 06 , dans une histoire générale d'Angleterre, dont elle forme le second volume. On regrette que l'écrivain, accoutumé à traiter des ouvrages d'imagination, n'ait pas su s'asservir à la précision et à l'exactitude qu'exige la composition historique. On lui reproche encore de la partialité et des traits injurieux et calomnieux, bien que le comte de Warwick prétendit en avoir beaucoup supprimé. Le style d'ailleurs manque d'élégance et de simplicité. Cependant quelques auteurs ont jugé cet ouvrage moins sévèrement
  • Arthur WOLFAERTS : peintre, né à Anvers, florissait vers le milieu du 17° siècle. Il se fit remarquer parmi les artistes de la Flandre par un esprit ingénieux et plein de noblesse tout à la fois. 11 se livra particulièrement à l'histoire, et il a su conserver aux sujets qu'il a tirés de l'Ecriture sainte ou des Actes des apôtres un caractère d'élévation qui leur est tout à fait analogue. Ses compositions sont simples, niais grandes ; ses fonds sont ornés d'une riche architecture. Il observe le costume d'une manière scrupuleuse pour le temps et pour son pays, et ses paysages représentent autant qu'il dépend de lui les sites tels que les décrivent les textes sacrés. Ses tableaux allégoriques décèlent également un homme d'esprit, et qui n'était pas étranger à la littérature. Pour se délasser de ses grands travaux, il s'amu sait à peindre, dans le genre de Teniers, de petites compositions remarquables par leur gaieté et leur originalité, par un dessin et un coloris pleins de naturel
  • Arthur YOUNG( 1741) : agriculteut'anglais, membre de la société royale de Londres, de la société d'agriculture de Paris, de celle de Berne, de Zurich, de 3fanheim, de Florence, de Milan, etc., était fils d'un ecclésiastique anglican , chapelain d'Onslow, speaker de la chambre des communes, et naquit dans le comté de Suffolk, le 7 septembre 1741. Lord Onsl?w, dont il était le tilleul , pourvut aux frais de son éducation ; mais lorsqu'elle fut terminée, ses bienfaits s'arrétèrent, de sorte qu'à la mort de son père, dont la fortune consistait uniquement dans le revenu de sa pré-?ende, le jeune Young se trouva réduit à se placer en qualité de commis chez un homme qui faisait commerce fut un de ses correspondants. Il lui adressa notamment des détails sur ia ferme d'un M. DuCket, à Petersham. Longtemps Young crut ne répondre qu'à M. Ralph Robinson de Windsor, et ne découvrit qu'après un an le noble cultivateur que ce nom déguisait. Dans les Annales, Arthur Young traite des labours , des jachères, des assolements, des irrigations, des engrais, en un mot de toutes les parties qu'il faut étudier, et sans lesquelles la culture n'est qu'une routine dépourvue de procédés raisonnés. On a dit et répété que la science trompait les cultivateurs ; que deux bons bras dirigeaient mieux une charrue qu'une tète qui calcule et qui pense, etc., etc. Tout cela peut être vrai jusqu'à certain point ; mais il est encore plus vrai qu'une instruction élémentaire, la seule qui convienne aux cultivateurs de profession., leur apprend à raisonner juste et les met sur la voie de leurs intérêts bien entendus. « Si j'avais un sujet qui fît produire à « la terre deux épis pour un, disait un roi sensé, « je le préférerais à tous les génies politiques, Or, la bonne agriculture, c'est-àdire celle que le raisonnement éclaire , fait ce miraclelà. Le succès des Annales en Angleterre est une preuve de l'utilité sentie des bons livres agronomiques. Elles y jouissent d'une grande estime, et l'agriculture anglaise, la meilleure de l'Europe après celle de la Flandre, se glorifie des perfectionnements qu'elle doit aux leçons d'Arthur Young. Ce qui donne encore plus de prix aux Annales, c'est qu'elles ont rendu populaires des notions d'agronomie familières à quelques théoriciens et perdues pour le grand nombre. Quoique Arthur Young fût célèbre en Angleterre , les Français ne connaissaient de lui que son Arithmétique politique, traduite en 1775, quand le ministère, sollicité par Parmentier, un des meilleurs citoyens qu'ait eus la France, invita MM. Benoist, la Marre et Billecocq à faire passer dans notre langue un choix des Annales d'agriculture. Empressés de répondre à cet appel , ils publièrent en 1796 un recueil des OEuvres choisies d'agriculture et d'économie rurale et politique, d'Arthur Young, enrichi des notes de MM . Parmentier, Arnould et la Lauze. Dans les années subséquentes, des traductions d'écrits du même genre, entreprises par différents auteurs, en ont porté la collection à 16 ou 18 volumes. Arthur Young se proposait de faire un voyage en France pour comparer l'agriculture de cette belle partie de l'Europe à celle de son pays ; mais le travail prolongé des Annales avait retardé l'exécution de ce projet ; il ne l'effectua qu'en 1787, sur la pressante invitation du duc de la Rochefoucauld. Accompagné de ce seigneur et de M. Lazouski , notre voyageur anglais parcourut le midi de la France, et s'avança jusqu'au pied des Pyrénées. Il était de retour à Londres au mois de février I 7 88 ; mais, dès le printemps de l'année suivante, il revint dans les mêmes provinces pour revoir à loisir ce qu'il n'avait qu'entrevu. Cette fois il observa d'un oeil attentif. Partout il adressa des questions aux cultivateurs réputés habiles. Partout il s'informa des qualités du terrain , des circonstances locales les plus importantes, des pratiques habituelles , des frais d'avances, des produits, des ressources, enfin de tout ce qui devait entrer dans le tableau général et parallèle des deux agricultures. Il recueillit les mêmes détails dans nos autres provinces, cherchant toujours les lieux et les hommes féconds en instructions utiles. L'active et louable curiosité d'Arthur Young le conduisit en Espagne,
  • Arthur (de son vrai nom JACQUES ESSEBAG) : animateur TV
  • Arthur ADAMOV : auteur
  • Arthur ASHE : tennisman
  • Arthur BALFOUR : politicien
  • Arthur CHAMBERLAIN : politicien
  • Arthur CONAN DOYLE : écrivain
  • Arthur CONTE( 1920) : écrivain
  • Arthur HONEGGER : Compositeur
  • Arthur JOFFE : réalisateur "Que la lumière soit"
  • Arthur KOESTLER : écrivain
  • Arthur MILLER( 1915) : auteur
  • Arthur PENN : réalisateur "Little Big Man"
  • Arthur RIMBAUD : poète
  • Arthur SHOPENHAUER : Philosophe
  • Arthur Stanley Jefferson dit Stan Laurel : acteur angloaméricain
  • Arthur ZICO : footballeur

Arthur année par année

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