Le prénom Antoine Masculin

Origine :

Fête :

17 Janvier

Signification de Antoine

Le prénom « Antoine » prend son origine du latin « antonius ». Ceux qui le portent se distinguent généralement par leur polyvalence. Antoine maîtrise en effet de nombreux domaines et est toujours prêt à apprendre de nouvelles choses. Ce travailleur ne connait aucun repos. Il n’est tranquille que lorsqu’il parvient à accomplir ses tâches sans bavure. Antoine est un homme intègre qui ne cherche qu’à répandre le bien autour de lui. Ses proches peuvent compter sur lui en cas de problème. Ce prénom est porté par plusieurs célébrités dont Antoine de Saint-Exupéry, Antoine Parmentier, Antoine Becquerel et Antoine Watteau.

Personnalité de Antoine

Ils sont d'une énergie et d'une endurance exceptionnelles. Robustes, pondérés, intelligents, ils sont curieux et s'intéressent à tout. On s'enrichit toujours en leur compagnie. Discrets, combatifs, fiers, ce sont des sentimentaux qui préservent leur jardin secret. Ils ont le sens des affaires. Ambitieux, ils mettent tout en oeuvre pour réussir.

Provenance du prénom Antoine

Histoire de Antoine

Etymologie de Antoine

Les Antoine célèbres

  • Antoine ANDRADA( 1580 - 1634) : né vers l'année 1580, entra fort jeune dans la compagnie de Jésus, et se distingua par un zèle infatigable dans les missions des Indes et de la Tatarie. Si la religion lui a de grandes obligations, la géographie lui doit aussi une découverte importante. En 1624, il pénétra dans le liThibet, probablement visité dans le 15° siècle par IP'Marc Paul, mais, depuis, totalement oublié des Européens. De retour à Goa, ses supérieurs l'employérent dans plusieurs affaires importantes. 11 mourut mpoisonné, le 16 mars 1634. La relation de son oyage, qui parut à Lisbonne en 1626, et dans laquelle il confond le pays qu'il avait parcouru avec - e Cathay , prouve que ses connaissances sur les contrées de la haute Asie n'étaient pas très-étendues. il est d'ailleurs trèsdifficile de démêler a vérité, au milieu des 'fables qu'il débite sur le Thibet ; il était réservé à l'Anglais Turner de lever une grande partie du voile qui a longtemps couvert l'antique patrie du grand Lama. Le voyage d'An- drada a été traduit en français, Paris, 1628 I MM. Péron et Billecocq en ont donné une nouvelle traduction, dans un Recueil de Voyages au Thibet, Paris, 1796 L
  • Antoine ABATI : de Gubbio, poète italien de beaucoup de réputation pendant sa vie, florissait vers le milieu du 17° siècle. Il fut attaché à l'archiduc Léopold d'Autriche, et voyagea dans les PaysBas et en France. De retour en Italie, il fut successivement gouverneur de plusieurs petites villes de l'Etat ecclésiastique. Il mourut à Sinigaglia, en 1667, après une longue maladie. L'empereur Ferdinand Ili lui fit l'honneur stérile de composer à sa louange un mauvais acrostiche italien : il efit mieux fait de .pourvoir à ses besoins, qui étaient quelquefois urgents , comme on le voit dans plusieurs de ses poésies. 11 a laissé : 1 - Ragguaglio di Parnaso contra poelastri e partegiani delle nazioni , Milan, 1658 , 2. le Frascherie , fasci tre , poésies satiriques , mêlées de prose , Venise , •651 ; 5' Poesie postume, Bologne, 1671 ; 4° il Consiglio degli Dei, dramma per musica , etc., à l'occasion de la paix entre la France et l'Espagne, et du mariage de Louis X IV avec l'infante d'Espagne, tologne , 1671. L'auteur l'avait dédié, en 1660 , au cardinal Mazarin
  • Antoine ABELLI( 1527 - 1589) : abbé de Livry, et prédicateur du roi, naquit à Paris, en 1527, et entra fort jeune dans l'ordre des frères prêcheurs. Ayant eu quelques différends avec ses supérieurs, il fut relégué à Troyes ; niais il rentra bientôt en grâce et fut noniiné vicaire général de sa congrégation. Il avait prêché avec tant de succès dans plusieurs églises du royaume, que la reine Catherine de Médicis le choisit pour directeur de sa conscience. Après avoir été pourvu d'une abbaye, il paraissait réservé à l'épiscopat. La mort de sa pénitente, arrivée en 1589, lui en ferma le chemin. Les ouvrages qu'il a publiés sont : 1. La manière de bien prier, avec la vertu et esficace de l'oraison , Paris, 1564 ; 20 Sermon sur les lamentations du saint prophète Hiérémie, Paris, 1582 La Croix du Maine et Duverdier ne citent d'Abelli que cet ouvrage. Bayle, qui les copie, tout en reprochant à Moréri d'en avoir fait autant sans corriger les fautes que ces bibliographes peuvent avoir commises, se livre à des réflexions assez longues où il examine si un jacobin pouvait posséder une abbaye. La Monnoye lui avait adressé à ce sujet une note qui n'a pas été reproduite clans l'édition de la Croix du Maine donnée par Rigoley de Juvigny. Cette note, présentée par Bayle comme un bon éclaircissement , contient plusieurs erreurs qui ont été relevées par Josse Leclerc dans sa Lettre critique sur le Dictionnaire de Bayle . Ce savant prouve que Fr. Abelli, abbé d'Ivry, dont le nom figure au bas de l'acte de prestation de serment de fidélité au roi Henri IV par les docteurs de Sorbonne , n'est autre qu'Antoine Abelli , abbé de Livry , et que les lettres initiales Fr., dont sa signature est précédée, indiquent sa qualité de frère. Cette discussion sert du moins à prouver que les plus savants philologues peuvent tomber dans d'étranges préoccupations. 3° Lettre du frère Antoine Abelli à la rogne Catherine de Médicis, 1564 Le P. Lelong dit qu'il mourut en 1589 ; niais on ne peut admettre cette date, puisque la soumission de la Sorbonne, dont Abelli faisait partie , n'a eu lieu qu'en 1594. Les PP. Quétif et Ecbard , qui lui donnent de grands éloges et l'appellent vir morum integritate et eruditione clarus , n'ont pu découvrir l'époque de sa mort. Il n'a été fait aucune mention d'Abelli clans l'Histoire des confesseurs des rois et des princes
  • Antoine ALTANI : florissait au 15e siècle. Il étudia d'abord les lois civiles et canoniques ; étant ensuite entré dans 11,',glise , il fut fait patriarche d'Aquilée. Devenu auditeur de rote à Rome en 1451, il fut employé par le pape Eugène IV dans plusieurs affaires importantes, notamment en qualité de nonce au concile de Bâle. Quoiqu'il n'eût pas réussi dans sa mission, le pape, citent de son zèle et de ses talents, le créa auditeur de la chambre apostolique et des causes du sacré palais. Deux nouvelles nonciatures, l'une en Écosse, auprès du roi Jacques I", l'autre en Angleterre, en 1457, lui furent confiées par le même pontife, qui, de plus, lui donna l'évêché d'Urbin. Nicolas V, successeur d'Eugène, envoya aussi Altani, en qualité de nonce, en Espagne, pour y négocier le mariage de l'empereur Fré'rie III et d'Eléonore, infante de Portugal. Il se réparait à revenir à Home, lorsqu'il mourut à I rcelone, après plus de vingt ans de services et '. travaux. Liruti a donné une notice très-étendue . ses ouvrages , dans l'Histoire des Hommes de Ires du Frioul , t. 2, p. 501, édit. de Venise, 6- 2
  • Antoine ALTANI( 1505 - 1570) : le jeune, de la mème faille que le précédent, naquit en 1505, dans son Chàteau de Salvarolo. Après avoir fait ses études à , doue, il revint dans son pays, et vécut paisibleient, livré à l'étude des Pères de l'Eglise, à laquelle il joignait celle de la poésie latine et italienne. Il mourut en 1570 , dans sa terre de Murazzo qui, ayant été depuis vendue aux Mocenigo de Venise, a pris le nom de Belvédère. Balthazar Altani, son neveu, avait recueilli ses poésies en un gros volume, ; qui n'a jamais été imprimé. Il a appartenu depuis au savant Apostolo Zéno, qui le donna, en mourant, avec tous ses livres, aux dominicains réformés de Venise. La mème famille a encore fourni d'autres sujets distingués , sur lesquels on peut consulter l'ouvrage de Liruti, cité cidessus
  • Antoine ALTOVITI( 1521 - 1573) : archevêque de Florence, y était né, en 1521, d'une famille noble et ancienne. Nominé à cet archevèché en 1518, il ne prit possession que dixneuf ans après, à cause de quelques soupçons que le grandduc avait conçus contre lui. Il fut un des prélats du concile de Trente, et mourut subitement à Florence, en 1573. Il s'était surtout livré à l'étude de la dialectique, de la philosophie et de la théologie, et se piquait de répondre surlechamp à quelque proposition ou question scientifique que l'on pût lui faire. On n'a publié de lui que deux de ses notes, parmi les Décisions de la Rote romaine, imprimées à Borne en 1676 et les décrets de deux synodes tenus par lui, l'un diocésain. l'autre twovincial. Le P. Negri. dans son Histoire des it'erivatns de Florence, donne la liste de quatorze traités qu'Altoviti avait écrits en latin sur différents sujets de dialectique et de philosophie , mais dont aucun n'a été imprimé. Une lettre insérée dans les Fastes consulaires de raradémie de Florence, p. 910, nous apprend qu'il avait composé de plus un Imité sur la poétique, pour répondre aux critiques du Dante; mais ce traité est aussi resté inédit
  • Antoine ACHARD( 1696 - 1772) : né à Genève en 1696, reçu au saint ministère en 1722 , dut , en 1724, à sa réputation • l'église du Werder à Berlin. 11 eut la protec, lion du prince royal de Prusse ; et ayant , en 1750 , accompagné à Genève les fils de M. Finkenstein , il fut admis dans la compagnie des pasteurs. Huit ans après, le roi de Prusse le nomma conseiller du consistoire supérieur, et, en 1740 , membre du grand directoire français , avec le titre de conseiller privé. Reçu en 1743 à l'académie de Berlin, il fut ensuite nommé inspecteur du collège français, et directeur de la maison de charité. Il est mort en mai 1772. Achard avait été en correspondance avec les jésuites Colonia, Tournemine, Hardouin , Porée , avec le P Lelong, et les Genevois Turretin , Tronchin et Vernet. 11 prêchait souvent devant la famille royale de Prusse, et il excellait tellement dans la déclamation qu'un célèbre comédien français qui était à Berlin: et qui y donnait des leçons, conseillait à ses écoliers d'aller aux sermons d'Achard. Ce ministre avait une constitution trèsfaible , et pendant vingt ans il ne vécut que de laitage. Les Mémoires de l'Académie de Berlin, pour 1745, contiennent le canevas d'un ouvrage considérable, où il aurait prouvé que l'homme était libre, et répondu aux difficultés de Spinosa, de Bayle et de Collins. On a publié ses Sermons sur divers textes de l'Ecrit are sainte , Berlin , 1774 , 2 vol. fils, François, né à Berlin en 1755, membre de plusieurs sociétés savantes, a fourni un grand nombre de dissertations dans le Journal littéraire de Berlin , dans les Mémoires de la Société des Curieux de la nature , dans les Mémoires de l'Académie de Berlin , dans les Nouveaux Mémoires de l'Académie de Bavière, dans les Mémoires de l'Académie de Goettingue. On trouve la liste de ces dissertations dans l'Histoire littéraire de Genève , par Senebier, t, 3, p. 209 ; un grand nombre a été recueilli et publié en deux volumes en allemand
  • Antoine ADDINGTON : médecin anglais , fit ses études à Oxford, au collège de la Trinité, où il prit le grade de maitre ès arts, en 1740, et celui de D. M. en 1744. Il fut admis dans le collège des médecins de Londres, en 1756, puis s'établit à Reading, où il fut trèsrecherché, surtout pour le traitement des aliénations, et fit une fortune considérable. Son intimité avec lord Chatam était si grande , que le parti du lord Bute le choisit pour négocier secrètement la rentrée de ce ministre, qui venait de se retirer après la paix de 1762. Addington a rendu compte (le cette négociation dans une brochure. 11 mourut en 1790. Ses ouvrages sont : l'Essai sur le scorbut, suivi d'une méthode pour conserver l'eau douce à la mer, 1753 ; 2° Essai sur la mortalité des bestiaux Addington était le père de Henri Addington, depuis ministre et vicomte Sidmouth. Il ne faut pas le confondre avec le docteur Étienne Addington, prêtre non conformiste, qui a publié une grammaire grecque, et une vie de St
  • Antoine ANGELIO ou DEGLI ANGELl : frère aîné du précédent, et né à Barga comme lui, fut aussi de l'académie de Florence, où il fit publiquement quelques leçons erelM.1. Il tut précepteur de François et de Ferdinand de Médicis, qui furent grandsducs de Toscane, et ensuite, en 1570, évêque de Massa, évêché suffragant de la métropole de Sienne. Il mourut en 1579. Trois épîtres latines de lui, en vers héroïques, sont imprimées parmi les poésies de son frère, dans l'édition de 1585 , et ont été réimprimées par Gruter dans le 1" vol. des Deliciœ Poelarum le Ilalorum
  • Antoine AGELLI ou AGELLIUS : savant helléniste, religieux théatin , né à Sorrento , clans le royaume de Naples , se distingua dans le 16® siècle par son érudition et ses connaissances dans les langues savantes et les saintes lettres. Remarqué par le pape Grégoire XIII , il fut nommé membre de la commission chargé d'examiner la version des Septante et de surveiller l'édition que l'on en faisait à Rome. Il était en même temps inspecteur de l'imprimerie du Vatican , et c'était lui qui en dirigeait les travaux et qui était chargé de revoir sur de bons manuscrits les éditions que l'on y entreprenait. Cette imprimerie fit une grande perte , lorsqu'en 1595 il fut nommé à l'évêché d'Acerno. Pierre Morin déplore, dans la 21e de ses lettres, que l'on n'ait pas trouvé le moyen de récompenser ce savant d'une manière plus convenable à son génie , en le retenant à Rome. Agelli mourut dans son évêché, en 1608. Ses ouvrages, tous en latin, sont : 1° un Commentaire sur les Lamentations de Jérémie, avec une chaîne des pères grecs , Borne , 1589 ; 2° id. sur Habacuc, Anvers, Plantin, 1597 ; 3° id. sur les Psaumes et les Cantiques, Rome, 1606 ; Cologne, 1607 ; Paris , 1611 ; 4° id. sur les Proverbes de Salomon, imprimés avec les opuscules d'Aloysius Novarini , Vérone , 1649 ; 5° une édition grecque , avec la version latine par Agelli, des cinq livres de St. Cyrille d'Alexandrie contre Nestorius, home, 1607 D'autres ouvrages d'Agelli sont restés manuscrits
  • Antoine AGRAZ( 1640 - 1672) : né à Palerme en 1640 , et mort en 1672, était d'origine espagnole et fils d'Alphonse Agraz, qui avait exercé en Sicile une charge de magistrature. Son savoir lui obtint l'amitié de Pierre d'Aragon, viceroi de Naples , et des papes Clément IX et X. Il n'a publié que deux ouvrages latins peu importants : l'un est un discours adressé au pape Clément X, au nom du roi d'Espagne Charles II, et de la reine , Rome, 1671 ; l'autre est intitulé : Donativum voluntarium politicum , diatribe , Romce, 1672 Il a laissé plusieurs autres ouvrages non imprimés , dont on peut voir les titres dans la Bibliotheca Sicula (le Mongito?e
  • Antoine ALBERT : lié à Carcassonne le 17 janvier 1708, fut docteur en droit civil et canonique, médecin pensionné du roi, ainsi que de la province du Languedoc, pour les heureuses découvertes chimiques qu'il fit concernant la teinture. Une décision du conseil municipal de Carcassonne, du 25 juin 1782 , fit placer son portrait dans la salle de ses séances, comme un monument de la reconnaissance publique, avec cette honorable inscription : Défenseur des droits et privilèges de la communauté. Il mourut le 23 juillet 1791
  • Antoine ALLÈGRE : chanoine de Clermont, natif de la Tour, en Auvergne, a traduit de l'espagnol, d'Antoine de Guevare, évêque de Mondofiedo, et confesseur de CharlesQuint : 1° le Mépris de la Cour, et la Louange de la Vie rustique, Lyon, Dolet, 1345 édition recherchée des curieux ; et Paris, 1551 ; 2° Décade contenant les Vies de dix empereurs , Paris, Vascosan, 1556 et 1567 cette dernière édition se joint au Plutarque d'Amyot, du même imprimeur. Cette Décade, imitée plutôt que traduite de Guevare , se trouve dans les éditions de Plutarque données par Brottier, Vauvilliers et M. Clavier , 25 vol.
  • Antoine ALLUT( 1745 - 1786) : né à Montpellier en 1745, fut conduit trèsjeune à Paris avec sa soeur Suzanne, qui, depuis , sous le nom de madame Verdier, acquit par ses poésies bucoliques une réputation que les vieilles et les nouvelles renommées dans ce genre n'ont point effacée. Le frère et la soeur participèrent pour ainsi dire aux mêmes études, et leur attachement s'accrut tellement avec l'àge , que, lorsque M. Verdier, riche négociant de la ville d'Uzès, eut obtenu la main de Suzanne, ce fut une raison déterminante pour qu'Allut établit sa résidence dans la même ville, quoique ses goûts et ses travaux dans les sciences, appréciés déjà par d'Alembert et Diderot , l'eussent porté à préférer le séjour de la capitale. Il exerça la profession .— Scipion ALLUT, cousin du précédent, né aussi à Montpellier, a pu- blié, sous le voile de l'anonyme, de Nouveaux mé- langes de poésie grecque, auxquels on a joint deux morceaux de littérature anglaise, Paris, 1779 Ce recueil comprend la traduction de plusieurs idylles de Théocrite , Moschus et Bion ; de la Ba- trachomyomachie ; des poèmes de Musée , de Colu- Encyclopedre t. 17, au MOI VERRERIE. thus et de Tryphiodore , et de deux fragments de Hume et de Goldsmith. C'est par erreur que Brunet attribue ces Nouveaux méla- nges Trochereau de la Berlière. Allut ne put mettre la dernière main à la traduction qu'il avait entreprise des lettres de lord Chesterfield. Il mourut en 1786
  • Antoine ALSOP : écrivain anglais du 17° siècle. Élevé à l'école de Westminster, il passa au collége du Christ à Oxford , et ensuite à l'université de cette ville. En 1698, il y publia Fabularum ./ Eso- picarum Delectus avec une dédicace poétique au lord vicomte Scudamore, et une préface où il prenait parti contre le docteur Bentley, dans sa dispute avec Boyle. 11 fut chargé de l'éducation de plusieurs jeunes gens appartenant à des familles distinguées ; ensuite sir Jonathan Trelaunay , évêque de Winchester, le nomma son chapelain, et peu après lui donna la cure de Brightwell , dans le comté de Berks. L'aisance dont Alsop jouit alors lui permit de se livrer à l'étude, et il ne voulut point quitter sa retraite, malgré les sollicitations de ceux qui le croyaient propre à briller dans un rang plus élevé. En 1717, mistress Élisabeth Astrey d'Oxford l'attaqua en rupture du mariage contracté entre eux, et obtint contre lui 2,000 livres sterling de dédommagement. Ce fut sans doute ce qui le contraignit à quitter l'Angleterre. On ne sait combien de temps dura son exil. Il mourut le 10 juin 1726, d'une chute dans un fossé creusé près de la porte de son jardin. En 1752, on publia un volume de sa composition, sous ce titre : Antonii Alsopi, , théologien .anglais, a publié, dans le même siècle, des sermons , un livre dirigé contre les opinions de Sherlock, intitulé Antisozzo, et quelques autres écrits de circonstance, qui ont eu du succès
  • Antoine ARNAULD( 1612 - 1694) : frère du précédent, et le vingtième des enfants d'Antoine Arnauld et de Catherine Marion, naquit à Paris, le 6 février 161'2. La vivacité de son génie s'annonça de bonne heure. Étant encore enfant, et se trouvant à la campagne, dans le cabinet du cardinal Duperron, il lui demanda une plume. « Qu'en voulezvous faire? lui « dit le prélat. — Écrire comme vous contre les « huguenots. — C'est trèsbien, répondit Duperron; « je suis vieux, et j'ai besoin d'un substitut. Je vous « la donne donc, comme le berger Damétas remit, « en mourant, son chalumeau au petit Corydon. » Arnauld, après avoir fait avec distinction ses humanités et sa philosophie aux collèges de Calvi et de Lisieux, voulut se livrer à l'étude de la jurisprudence ; niais le voeu de sa mère et les conseils de l'abbé de StCyran, son directeur, le décidèrent à préférer la théologie. Il en prit des leçons sous 'Lescot ; niais ne trouvant point la doctrine de ce pro- Ffesseur de Sorbonne sur la gràce conforme à celle de St. Paul, il étudia particulièrement cette mat ière dans St. Augustin ; et dans son acte de tentative, soutenu en 1656, et dédié au clergé de Fiance, alors assemblé .1 Paris, il soutint des sentiments entièrement opposés à ceux qu'on lui avait dictés. Lescot en con-çut un ressentiment que ni l'éloquence ni le talent du candidat ne purent adoucir. « Ce confesseur du « cardinal de Richelieu, qui n'avait point, dit Bayle, « appris à son pénitent à pardonner, et qui avait « appris de son pénitent à ne pardonner jamais, re-« tarda, par son crédit, l'admission d'Arnauld dans « la maison de Sorbonne. » Enfin la mort du cardinal leva cet obstacle; Arnauld prit le bonnet la fréquente Communion. Ce traité, revêtu de l'approbation de la province ecclésiastique d'Auch, en corps, de plusieurs évêques, et (le vingtquatre (licteurs de Sorbonne, fut vivement attaqué par les jésuitc, contre lesquels il paraissait dirigé, et qui venaient de laisser publier le livre. du P. Séguirand, sur cet objet ; ils le combattirent dans leurs sermons et dans leurs écrits, comme rempli d'une pernicieuse doctrine ; madame de Sévigné parle d'un auteur qui avait entrepris de prouver que cet écrit renfermait trentedeux hérésies. L'adversaire d'Arnauld disait, au commencement de l'ouvrage : « Comme nous le prouverons cidessous ; » et, à la fin, il disait : « Comme nous l'avons prouvé « cidessus, » sans que ni dessus ni dessous il y eôt rien de prouvé. Cet ouvrage, qui fait époque dans l'Église de France par la réforme qu'il opéra dans l'administration des sacrements, fut le pr des persécutions que l'auteur essuya dans la suite. Le P. Nouet ayant traité Arnauld d'hérésiarque pire que Luther et Calvin, et les approbateurs, d'aveugles, fut obligé d'en demander pardon à genoux, devant l'assemblée du clergé, en présence des supérieurs des jésuites (le Paris. Voltaire relève gaiement l'expression emphatique d'un Dictionnaire critique, au sujet de cet ouvrage : Aussitôt que le livre de la fréquente Communion parut, l'enfer en frémit. « Il est difficile, dit l'historien (lu « siècle (le Louis XIV, de savoir au juste quelle est « l'opinion de l'enfer sur un livre nouveau. » Au reste, ce triomphe d'Arnauld enflamma d'autant plus la haine de ses adversaires. Les disputes sur la gràce, qui s'élevèrent alors, vinrent ajouter encore à cette animosité. Arnauld prit le parti de Jansénius, et le soutint avec la plus grande force. Cependant il n'y avait point encore lieu à une censure juridique, lorsqu'il en fournit une occasion. Le duc de Liancourt, qui faisait élever sa petitetille à PortRoyal, et qui donnait asile à un abbé de Bourzéis, janséniste, s'étant vu refuser l'absolution par un prêtre de StSulpice, parce que , d'ailleurs, il ne croyait pas que les cinq propositions de Jansénius fussent clans le gros livre de cet évêque flamand, Arnauld écrivit deux lettres à cette occasion. Deux propositions contenues dans ces écrits furent censurées par la Sorbonne, en 1656. La première, qu'on appelait de droit, était ainsi conçue : « Les Pères « nous montrent un juste dans la personne de St. « Pierre, à qui la grâce, sans laquelle on ne peut « rien, a manqué, dans une occasion où l'on ne sau-,« rait dire qu'il n'ait point péché. » La seconde, qu'on appelait de fuit : « L'on peut douter que les « cinq propositions condamnées par Innocent X et « par Alexandre VII, comme étant de Jansénius, « évêque d'Ypres, soient dans le livre de cet auteur. » L'examen en fut confié à des commissaires ennemis de l'auteur; trentedeux moines mendiants de plus que ne permettaient les statuts de la faculté furent introduits dans l'assemblée, qui se tint sous l'influence du chancelier Séguier. On n'eut aucun égard aux explications offertes par Arnauld. Il fut réduit à sortir de PortRoyal, pour mettre sa personne en sûreté dans une retraite ignorée de ses ennemis. Arnauld refusa de souscrire à cette censure, et comme, d'ailleurs, il eut pour juges les docteurs contre lesquels il avait écrit, et ce même Lescot dont il a été question , il fut exclu de la faculté, malgré ses protestations contre l'irrégularité de sa condamnation. Avec lui furent enveloppés dans la même disgrâce soixantedouze docteurs, et plusiei licenciés et bacheliers, sur leur refus de prendre part à cette censure, que l'on a continué depuis de faire signer à ceux qui voulaient devenir docteurs. Depuis les, troubles qu'avait excités son premier ouvrage, et qui l'avaient fait citer à Rome, il s'était retiré à PortRoyal ; il s'ensevelit encore plus profondément dans sa retraite, et n'en sortit qu'à la paix de Clément IX, en 1668. L'archevêque de Sens et l'évêque de Chàlons, médiateurs de cet accommodement, firent comprendre Arnauld dans cette pacification , et le présentèrent au nonce. Ce prélat l'accueillit avec la plus grande distinction , et lui dit « qu'il ne pouvait. mieux employer sa plume « d'or qu'à défendre l'Eglise. » Louis XIV voulut voir aussi un théologien si renommé, et il lui fut présenté par Pompone, son neveu. « J'ai été bien « aise, lui dit ce prince, de voir un homme de votre « mérite, et je souhaite que vous employiez vos « grands talents à la défense de la religion. » Et toute la cour fêta le savant docteur. Mais Annat et Pérélixe empêchèrent son rétablissement en Sorbonne. Durant les premières années qui suivirent la paix de l'Église, Arnauld tourna contre les calvinistes les armes dont il s'était servi contre ses adversaires. Ce calme heureux produisit : la Perpétuité de la foi, qu'il avait commencée avec Nicole, lorsqu'il se tenait caché à l'hôtel de Longueville, où la duchesse lui avait donné un asile, et qui produisit le plus grand effet dans le parti de la réforme, auquel elle enleva des partisans illustres et nombreux ; 2° le Renversement de la morale de JésusChrist par les calvinistes , et plusieurs autres ouvrages de controverse, qui le firent redouter des protestants. Mais la tranquillité ne fut pas de longue durée : la démangeaison de dogmatiser dans les uns, et l'ardeur de combattre les dogmatisants dans les autres, rallumèrent la guerre. Arnauld ne fin pas des derniers à recommencer les hostilités. Suivant des autorités graves, il fut fidèle à ses engagements, et s'interdit toute composition sur les affaires du jansénisme. Mais de Harlay, diton, protégeait sourdement toutes les provocations contre lui. Quoi qu'il en soit, il en revint aux jésuites, ses ennemis naturels. Aussi prétendaiton, dans le temps, que sa haine contre cette compagnie célèbre était une haine d'éducation, et le comparaton au jeune Annibal, promettant à son père, dès ses plus tendres années, qu'aussitôt qu'il serait en âge de porter les armes, il ferait aux Romains une guerre éternelle. Arnauld, devenu suspect par le concours des visites qu'il recevait, et regardé comme dangereux par Louis XIV, que l'archevêque de Paris, de Harlay, ne cessait d'animer contre lui, crut devoir disparaître pour quelque temps. Il se retira dans les pays étrangers, n 1679, Innocent XI lui fit offrir une retraite honorable à Rome, qu'il refusa, de peur de se rendre suspect à Louis XIV, à cause des disputes sur la ré. gale. Ce fut alors que Boileau, (levant qui l'on di. sait que le roi faisait chercher le docteur pour qu'on l'arrêtât, répondit : « Le roi est trop heureux pour « le trouver. » Il y a toute apparence que ces recherches ne furent que comminatoires ; car Arnauld trahissait à chaque instant son secret par l'impétuosité de son caractère. On peut en juger par les anecdotes suivantes. Il avait trouvé une retraite à l'hôtel de Longueville, à condition qu'il n'y paraîtrait qu'en habit séculier, une grande perruque sur la tète et l'épée au côté. Il y fut attaqué de la fièvre, et madame de Longueville ayant fait venir le médecin Brayer , lui recommanda un gentilhomme qu'elle honorait d'une protection particulière, et à qui elle avait donné un appartement dans son hôtel. Brayer monte chez le malade, qui, après avoir parlé de son indisposition, demande des nouvelles. « On « parle , lui dit le médecin , (l'un livre nouveau « qu'on attribue à M. Arnauld ou à M. de Sacy; « mais je ne le crois pas de M. de Sacy : il n'écrit « pas si bien. » A ce mot, Arnauld, oubliant son habit gris et sa perruque , lui répond vivement : « Que voulezvous dire ? Mon neveu écrit mieux que « moi. » Brayer envisage son malade, se met à rire, descend chez madame de Longueville, et lui dit : « La maladie de votre gentilhomme n'est pas consi-« dérable ; je vous conseille pourtant de faire en « sorte qu'il ne voie personne ; il ne faut pas le « laisser parler. » Bientôt, craignantd'être recherché même chez cette princesse, il alla se loger au faubourg StJacques, dans un taudis ignoré ; il y tomba malade. Ses amis lui envoyèrent un médecin, qui, dans la conversation, comprit bientôt que son malade était un homme de mérite. Arnauld, curieux de nouvelles, lui demanda ce qu'on disait dans Paris. « Rien d'intéressant, répondit le médecin, si ce n'est « que M. Arnauld est arrêté. — Oh ! pour cette nou- « vielle, répliqua ce dernier, elle est un peu diffi-« cile à croire ; c'est moi qui suis Arnauld. » Le médecin , étonné, lui remontra son imprudence. « Heureusement, ajoutatil, vous avez affaire à un « honnête homme. Sans cela , voyez à quoi vous « vous exposiez. » Il fit avertir la duchesse de Longueville, qui, toute alarmée , envoya chercher Arnauld. Elle lui donne un logement, le fait cacher dans une chambre, et ne veut se reposer que sur ellemême du soin de lui porter à manger. Cette princesse, étonnée des indiscrétions qui échappaient souvent à Arnauld et à Nicole, disait « qu'elle ai-« nierait mieux confier son secret à un libertin. » Craignant donc les conséquences de l'animosité de ses ennemis et des préventions du roi , Arnauld s'exila luimême de sa patrie, et se retira dans les PaysBas. Après avoir erré en différents endroits, il se fixa à Bruxelles, où le marquis de Grana le lit assurer de sa protection, et témoigna un grand désir de voir un homme dont la réputation avait déjà rempli l'Europe. L'illustre fugitif ne refusa point cette protection ; mais il fit prier le marquis de le laisser dang son obscurité, et de ne point, l'obliger à voir un gou- verneur des PaysBas espagnols pendant que l'Espagne était en guerre avec la France ; délicatesse que de Grana ne put blâmer. Le premier fruit Ide sa retraite fut l'Apologie pour les catholiques contre les faussetés du ministre Jurieu , ouvrage qui , au jugement de Racine, présente la force et l'éloquence des Philippiques de Démosthène, et ou l'auteur prit généreusement la défense des jésuites, ses persécuteurs. Jurieu, que sa violence et son fanatisme avaient rendu odieux à son propre parti, rassembla, clans un libelle qu'il intile tala l'Esprit de M. Arnauld, mille calomnies grossières contre le docteur, qui dédaigna d'y répondre, Ir mais qui n'y fut pas moins sensible. Le P. Simon doute que ce recueil d'infamies ait été fait par Jurieu; il pense qu'il fut composé à Paris, et qu'on en fit passer le manuscrit à Jurieu, qui l'arrangea à sa manière. Le repos était un état violent pour cet athlète infatigable ; il trouva moyen de s'engager bientôt dans une nouvelle querelle. Le père Malebranche, qui avait embrassé des sentiments différents sur la grâce, les développa dans un traité, et le fit parvenir à celui qu'il regardait comme son maitre. Le docteur voulut arrèter l'impression de son livre ; mais, n'ayant pu y réussir, il lui déclara la guerre en 1685. Il y eut plusieurs écrits de part et d'autre, remplis d'expressions piquantes et de reproches trèsvifs. Arnauld n'attaquait pas le Traité de la Nature et de la Grâce ; mais l'opinion que l'on voit tout en Dieu, exposée dans 'la Recherche de la b vérité, qu'il avait luimème vantée autrefois. Il inti- tula son ouvrage : Traité des vraies et des fausses I Idées. Il prenait ce chemin pour apprendre, disaitil, à Malebranche, à se défier de ses plus chères spéculations métaphysiques, et le préparer ainsi à se ,laisser plus aisément désabuser sur la grâce. Malebranche se plaignit de la malignité qu'il y avait à 'choisir une matière dont il n'était nullement question, parce qu'elle était la plus métaphysique, et par conséquent la plus susceptible de ridicule aux yeux de la plupart (les lecteurs. Le danger des discussions polémiques de cette nature est de mener les cœurs les plus droits et les esprits les plus justes beaucoup plus loin qu'ils ne se le proposent euxmèmes. Arnauld en vint à des accusations révoltantes ; selon lui, son adversaire met en Dieu une étendue matérielle, et insinue artificieusement des dogmes qui corrompent la pureté de la religion. Ses Réflexions philosophiques et théologiques sur le Traité de la Nature et de la Grâce, publiées en 1685, ouvrage composé à la sollicitation de Bossuet, le rendirent va dans l'esprit de ses nombreux partisans, (lui chantaient victoire pour leur chef dès qu'il entrait dans la lice ; mais Malebranche le fut aux yeux de ses disciples. Ce dernier, aussi pacifique que l'autre était guerrier, eut du moins sur lui l'avantage d'une plus grande modération, en déclarant à son adversaire « qu'il était las de donner au monde un spectacle, et de remplir le Journal des Savants de leurs pauvretés réciproques. » On peut dire pourtant que si le théologien avait mis trop de dureté dans quelquesuns (le ses écrits, le philosophe mit aussi trop de fiel et (l'amertume dans les siens, en accusant ce malheureux exilé, son ancien ami, d'étre chef de secte, et d'entretenir le schisme. On voulut engager Arnauld à reproduire la rétractation que son antagoniste lui avait confiée autrefois de la signature du Formulaire. Arnauld se révolta contre un tel procédé : « Rien ne serait plus malhonnète, ditil, que « d'abuser de cette confiance. J'aimerais mieux qu'on « m'eût coupé la main que de lui en faire aucun re-« proche. » Cette querelle, qui dura jusqu'à la mort d'Arnauld, ne l'empècha pas d'en avoir une autre avec le P. Simon , à l'occasion de la traduction des livres saints en langue vulgaire. « Enfin, après « une carrière si orageuse et malheureuse, dit Vol-« taire , selon les idées ordinaires qui mettent le « malheur dans l'exil et la pauvreté, sans considérer « la gloire, les amis et une vieillesse saine, qui furent « le partage de cet hoMme fameux, » Arnauld vit approcher la mort sans trouble ni faiblesse ; il expira entre les bras du P. Quesnel, à Bruxelles, le 8 août 1694, à 83 ans, et fut enterré dans le choeur de la paroisse SteCatherine. Sa mort enleva aux' partisans de Jansénius le plus habile défenseur qu'ils aient jamais eu, et aux jésuites leur plus redoutable adversaire. Le lieu de sa sépulture fut longtemps ignoré ; mais son cœur fut porté à PortRoyal, puis transféré à Palaiseau. Les poëtes les plus illustres lui firent des épitaphes. On eût pu lui appliquer celle de Trivulce : Hic quiescit, qui nunquam quievil. Boileau ne craignit pas de déplaire aux ennemis de PortRoyal, en consacrant les vers suivants à sa mémoire : Au pied de cet autel de structure grossière, Ga sans pompe, enfermé dans une vile bière, Le plus savant mortel qui jamais ait écrit; Arnauld, qui sur la gr?ce instruit par JésusChrist, Combattant pour l'Église, a, dans l'Église méme, Souffert plus d'un outrage et plus (l'un anathème. Plein d'un feu qu'en son coeur souffla l'Esprit divin, Il terrassa Pélage, il foudroya Calvin; De tous ces faux docteurs confondit la morale; Mais, pour fruit de son zèle, on l'a vu rebuté, En cent lieux opprimé par la nuire cabale, Errant, pauvre, banni, proscrit, persécuté; Et mène par sa mort, leur fureur mal éteinte N'en Mit jamais laissé les cendres en repos, Si Dieu luiménie, ici, de son ouaille sainte A ces loups dévorants n'avait caché les os. Le Nécrologe de Port- Royal en attribue deux autres à Racine. Santeul lit pour Arnauld cette épitaphe, placée sur la pierre qui couvrait son cœur à PortRoyal : Per quem relligio stetit inconcussa fidesque, Magnanima et pietas et constans régula veri, Conteniplare virum ; se totam agnoscit in illo Rugis pulchra suis Patrum rediviva vetustas. On ignore l'auteur de cet autre distique , remarquable par sa précision : Hic jacet Arnaldus, lucem cui Gallia, portum Flandria, Roma lidem, prwbuit astra Deus. Une petite pièce du temps nous apprend une anecdote assez piquante, c'est que Racine fut le seul qui osa se trouver à son convoi. Les jésuites opposèrent à tous ces éloges quelques pièces satiriques , et ils s'élevèrent surtout avec violence contre l'épithète de grand, dont les jansénistes accompagnaient le nom d'Arnauld. Bourdaloue, qui, plus d'une fois, a fait seivir le ministère évangélique à la défense de sa compagnie, y fit allusion dans son sermon sui' l'aveuglené. On attribua aussi, non sans quelque fondement, à l'animosité des jésuites, la suppression des articles de Pascal et d'Arnauld dans l'ouvrage de Perrault, intitulé : les Hommes illustres du 17' siècle; l'on lit à cette occasion l'application ingénieuse de ce passage de Tacite : Prefulgebant Cassius algue Brutus, eo ipso quod effigies corail non visebantur; mais si personne n'eut droit de s'étonner de voir cette compagnie conserver quelque ressentiment des coups terribles qu'Arnauld lui avait portés, beaucoup de peusonnes furent offensées du ton léger et presque amer dont l'abbé de Rancé annonça la mort d'un homme avec lequel il avait eu (les liaisons d'estime et d'amitié, ce qui valut à cet abbé une lettre sévère attribuée au P. QueSnel, qui crut devoir la désavouer. Quelque respect qu'on ait pour la mémoire du réformateur de la 'frappe, il est permit de soupçonner que ce pieux solitaire n'avait pas pardonné à Arnauld le parti qu'il avait pris dans la querelle sur les études monastiques entre lui et le P. Mabillon. En effet, Arnauld était trop érudit et trop lettré pour approuver un système qui condamnait les moines A la paresse et à l'ignorance. Arnauld était plus que savant : « Peusonne, dit un « écrivain célèbre, n'était né avec un esprit plus « philosophique ; mais sa philosophie fut corrompue « par la faction qui l'entraina. Cette faction illustre, « qui voyait à sa tète les Arnauld, les Pascal, les « Nicole ; qui comptait dans ses rangs les personnages les plus distingués du royaume par l'éclat « de la naissance et des talents ; qui peut s'enor-« gueillir d'avoir eu pour partisans Boileau et Ra-« sine, plongea, durant soixante ans, dans des controverses toujours longues et souvent inutiles, un esprit fait pour éclairer les hommes ; » réflexion judicieuse, mais qui peut s'appliquer avec la même justesse aux esprits supérieurs du parti opposé. Une anecdote peint l'inflexibilité de son caractère. Nicole, son compagnon d'armes, et qui avait partagé sa retraite et toutes les agitations de sa vie errante, mais avec un caractère plus doux et plus accommodant, lui représentant un jour qu'il était las de guerroyer sans cesse, la plume à la main, et qu'il voulait enfin se reposer : « Vous reposer ! reprit « l'impétueux docteur. Eh ! n'aurezvous pas pour « vous reposer l'éternité tout entière ? » Pour lui, il donna, jusqu'au dernier moment, l'exemple d'une rune forte, inébranlable et supérieure à la mauvaise fortune, selon les uns, et, selon les autres, d'une opiniàtreté que l'on confond trop souvent avec la fermeté. Il vécut dans une retraite iunorée, sans fortune, sans domestique, lui dont le neveu avait été ministre d'État, lui qui aurait pu être cardinal ! Ses partisans prétendent en effet qu'Innocent XI lui lit offrir la pourpre , et qu'à sa mort plusieurs cardinaux dirent, en plein consistoire, qu'on connaissait des saints qui n'avaient pas rendu tant de services à l'Église ; niais le plaisir d'écrire eu liberté, et peut-être aussi l'orgueil d'être chef de parti, lui t rent lieu de tout. Son extérieur ne prévenait point en sa faveur. Sa taille était petite, et sa tète d'une grosseur disproportionnée. Ses traits n'auraient annoncé que la stupidité, sans la vivacité de ses yeux qui révélait le secret de son génie. Cet homme, si terrible la plume à la main, apportait dans la société des mœurs simples et douces. Sa conversation était grave et réfléchie, sans exclure pourtant une honnête gaieté. Sa mémoire, vraiment extraordinaire, lui fournissait toujours, à point nommé , quelque trait de ce que les auteurs avaient dit de plus saillant sur ce qui faisait le sujet de l'entretien. Il possédait à fond les poètes latins, et en appliquait les plus beaux endroits avec autant de justesse que de présence (l'esprit. Il s'exprimait d'un ton fort haut lorsqu'il soutenait ses opinions. Plusieurs traits prouveut cependant qu'il était plus modeste que ses ennemis n'ont voulu le faire croire. Son frère, l'évêque d'Angers, l'ayant invité à le venir voir, il prit la voiture publique. On vint à parler de son livre de la Perpétuité de la foi ; on le vantait beaucoup, lui seul le déprécia. Un des voyageurs indigné lui (lit : «11 vous appartient bien de vous ériger en censeur du grand Arnauld ! Et que trouvezvous à blzi-« mer dans son livre ? — Beaucoup de choses, ré-« pondit Arnauld; on a manqué tel et tel endroit : « on efit dei mettre plus d'ordre, pousser davantage « le raisonnement. » 11 parla de tout en maître, et cependant personne ne fut désabusé. Le carrosse de son frère étant venu le prendre à quelques lieues d'Angers, on reconnut que le censeur d'Arnauld était Arnauld luimême, et chacun se répandit en excuses. « Ce qu'il y a de singulier, dit l'auteur do · l'Histoire des querelles littéraires , c'est que cet « homme, qu'on a cru l'ennemi des papes, avait de « Rome la permission de dire la messe dans sa « chambre. » Ses liaisons avec cette cour, pour être étonnantes, n'en sont pas moins véritables. 11 entretint toute sa vie des correspondances avec des membres du sacré collége. Il avait des instructions trèsstlres concernant les papiers importants envoyés à la congrégation de la Propagande. Personne ne connaissait mieux que lui la bibliothèque du Vatican : il citait les pièces originales, l'endroit où on les avait placées, et déliait les jésuites d'en contester l'authenticité. Ils ne purent pas faire mettre à l' sail/ora/c pratique, tandis que la Défense des nouveaux chrétiens el des missionnaires de la Chine, etc., du P. Letellier, y fut mise. Son crédit à Rome était tel qu'il en plaisantait luimême. « On me croit en France, « disaitil, le plus grand ennemi des papes, et l'on « ignore comme j'ai toujours été chez eux. prne lettre de Rome, insérée dans le Mercure de février 1696, ajoute à ces détails une anecdote qui vient i l'appui ; c'est qu'un des plus célèbres professeurs du collège de la Sapience, ayant appris la mort d'Arnauld, la veille F Ronce où il devait faire un discours latin d'ap- rat, auquel tout était invité, consacra sa ha- ' rigue tout entière à l'éloge de ce docteur , ne aria que de la grande perte que l'Église venait de faire en sa personne, et le mit audessus de tous les écrivains anciens et modernes. Cet homme extraordinaire ne fut pas seulement profond dans la théologie , dans l'intelligence de l'Écriture , dans la science ecclésiastique, il était encore versé dans la dialectique, la géométrie, la grammaire et la rhétorique. Les anciens lui étaient familiers ; mais il parait avoir surtout affectionné Cicéron. On lui demandait ce qu'il fallait faire pour se former un bon style : « Lisez Cicéron, réponditil. — Il ne s'agit « pas, répliquaton, d'écrire en latin, mais en fran-çais. — En ce cas, reprit le docteur, lisez Cicéron. » Il avait luimême profité de cette lecture; son style était plein de chaleur et d'énergie, et cette énergie serait plus frappante s'il avait eu l'art de se resserrer. « Arnauld , dit Bossut , était lié avec une « grande éloquence ; mais il n'en réglait pas assez « les mouvements. Les négligences de la diction, le « ton pesant et dogmatique nuisirent quelquefois à « la force de sa logique, et dans les premières dis-« putes qui le signalèrent, il eut besoin que Pascal « fit valoir ses raisons par les charmes de l'expression • et par le piquant de la plaisanterie. Il n'eut pas, « comme cet écrivain inimitable, l'art de se res-« serrer, et d'être précis sans cesser d'être éloquent. » On a de cet homme illustre environ cent quarante volumes en différents formats, dont plusieurs ont été faits en société avec Pascal, Nicole, Lami, etc., et malgré l'inépuisable fécondité de l'auteur, rien n'empêche de croire qu'un grand nombre est l'ouvrage de ses disciples, qui ont voulu en faire honneur à leur chef, ou les mettre en crédit par l'autorité d'un grand nom. Le recueil complet de ces écrits a été publié en 45 vol. 40, à Lausanne, en 1777-78-79- 11 83. On peut diNisér ces écrits en cinq classes : la 1", composée des livres de belleslettres et de philosophie : 1° Grammaire générale el raisonnée, con-, tenant les fondements de l'art de parler, etc., pur MM. de Port- Royal ; nouvelle édition , augmentée des notes de M. Duclos, de l'Académie française, et d'un supplément par M. l'abbé Froment Cet ouvrage fondamental, et qui est la clef de toutes les langues, a été réimprimé en 1803 et en 1811 avec des notes de M. Petitot. 2° Eléments de géométrie. 3° L'Art de penser, avec Nicole, livre excellent, qui a fait révolution dans l'enseignement de la logique. Les auteurs ont cru devoir, par ménagement pour les partisans de l'ancienne barbarie scolastique, y faire entrer des matières que, plus tard, ils n'auraient pas manqué d'exclure. Arnauld, du moins, y fait assez sentir le cas qu'il faisait de ces sottises, dont Molière lit justice peu de temps après. 4" Réflexions sur l'éloquence des Prédicateurs, Paris, 1695. Cet écrit fut composé à l'occasion d'une préface de Dubois, (lui interdisait l'éloquence aux orateurs chrétiens. Arnauld, à qui il avait envoyé son ouvrage, répondit à ses sophismes avec une telle supériorité de dialectique et de raison, que Nicole dit
  • Antoine ARNAULD : fils aîné de Robert Arnauld d'Andilly , servit d'abord clans le régiment d'un de ses cousins , Isaac Arnauld , gouverneur de Philisbourg , et mestre de camp , embrassa l'état ecclésiastique , devint abbé de Chaumes , se retira auprès de son oncle, l'évêque d'Angers, dont il gouverna le temporel, qu'il dérangea considérablement, et mourut en 1698. Ses Mémoires, où il se plaint beaucoup de son père, ont paru, en 1756 , en trois parties , publiées par le P. Pingré. On y trouve des faits curieux, des anecdotes piquantes qu'on chercherait vainement dans les nombreux mémoires sur le siècle de Louis XIV. Il y professe la même manière de penser que les autres Arnauld, sur les affaires du temps
  • Antoine ARNAULD( 1749 - 1804) : général français, naquit à Grenoble , en 1749 , dans une condition obscure, et s'engagea comme soldat, en 1767, dans les gardes de Lorraine, où il servit jusqu'en 1779. 11 obtint alors son congé, et se retira en Normandie, où il vécut du travail de ses mains jusqu'à l'époque de la révolution. 11 s'enrôla, en 179:1, dans le premier bataillon de volontaires nationaux du Calvados , et y gai • fut aussitôt nommé capitaine, puis lieutenantcolonel. I, 11 commanda cette troupe dans les armées du Nord sous Dumouriez, et se trouva, en 1793, à la bataille de Hondscoote , où il eut le bras fracassé d'un coup de feu. Nommé, en 1794, chef de la 4° demibrigade d'infanterie , il la commanda avec beaucoup de dis-, tinction dans l'invasion de la Belgique , puis dans celle de la Hollande sous Pichegru. Etant passé, en 1800, à l'armée du Rhin, il y commanda le 48° régiment d'infanterie, et se distingua notamment à l'attaque de Baltzeim et à la bataille de Hohenlinden, ou il faisait partie de la division de Richepanse. En 1802, le colonel Arnauld passa à l'armée de Hanovre , et il fut nommé général de brigade le 23 aofi t 1803, et commandant de la Légion d'honneur le '14 juin 1804. Employé au camp de Zeistz , sur les côtes de la Hollande, il y mourut, dans la mème année
  • Antoine ARNAULD( 1560 - 1619) : fils aîné d'Antoine Arnauld, avocat général de Catherine de Médicis, naquit à Paris en 1560. Sa famille était originaire de Provence, où elle tenait un rang distingué dès le 2° siècle. ne des branches passa en Auvergne. on père, attaché au connétable de Bourbon, s'était distingué par son zèle pour les intérêts de la maison e ce prince, et il avait favorisé son évasion ; reçu avocat au parlement, le Cils s'y fit un nom par son éloquence. Lorsque Henri IV voulut donner au duc de Savoie une idée du barreau français, il choisit un jour où Arnauld devait plaider. 11 s'agissait d'une femme qui accusait un jeune homme d'avoir tué son fils ; Arnauld, avocat de la mère, gagna sa cause, et le roi fut si satisfait qu'il le nomma conseiller d'État. L'avocat général Marion fut un jour si enchanté de l'entendre, qu'après l'audience il l'emmena chez lui, et lui donna sa fille aînée en mariage. Le plus célèbre de tous ses plaidoyers fut celui qu'il lit en 159, en faveur de l'université de Paris, contre les jésuites, dont il était l'élève. 11 mit sur leur compte tous les forfaits de la ligue, et conclut à leur expulsion du royaume. Cette violente déclamation, qui, dans le temps, fut appelée une Philippique, a été imprimée plusieurs fois, et notamment en 1717 ; et le président de Thou en a inséré une partie dans son Histoire. Mais ce qui est plus estimable qu'un beau discours, c'est le désintéressement avec lequel Arnauld refusa les présents que lui offrit l'université. Cette compagnie s'en vengea par un décret honorable, qui obligeait tous les ordres de l'université, envers son défenseur et ses descendants, à tous les devoirs d'un client envers son patron. Un autre ouvrage qu'Antoine Arnauld publia contre la société de Jésus a pour titre : le Franc et véritable Discours du roi sur le rétablissement qui lui est demandé par dr s jésuites On a encore de lui : l'Anti- Espagnol, imprimé dans le Recueil des excellents et libres iscours sur l'état présent de la France, 1606, n-12, et dans les Mémoires de la ligue, t. 4, p. 250 ; Fleur de lys, 1593 ; la Délivrance de la retagne ; la Première Savoisienne, 1601 'éimprimée à Grenoble en 1650, avec la seconde ; un Avis au roi Louis XIII pour bien régner, 01615 la première et la deuxième Philippique contre le roi d'Espagne Philippe II, 1592 11 lenourut le 29 décembre 1619, âgé de 59 ans. Cathe- Prine Marion, son épouse, lui avait donné vingt enfants, dont dix morts en bas fige, quatre fils et six filles toutes religieuses à PortRoyal, monastère dont il avait été comme le second fondateur. Sa probité, son attachement aux véritables intérêts du royaume, sa modestie, égalèrent ses talents. Il avait refusé les places d'avocat général au parlement de Paris, de premier président à celui de Provence. Catherine de Médicis voulut le faire secrétaire d'État; mais il eut le désintéressement de répondre « qu'il « la servirait mieux en qualité d'avocat général. » Lemaistre, son petitfils et son filleul, fait allusion à cette anecdote dans cette épitaphe qu'il fit en son honneur : . Passant, du grand Arnaud révère la mémoire; Ses vertus à sa race ont servi d'ornement, Sa plume à son pays, sa voix au parlement, Son esprit à son siècle, et ses faits à l'histoire. Contre un second Philippe, usurpateur des lis, Ce second Démosthène anima ses écrits, Et contre Emmanuel arma son éloquence. Il vit comme un néant les hautes dignités, Et préféra l'honneur d'oracle de la France A tout le vain éclat des titres empruntés. Son animosité contre les jésuites lui valut, de leur part, le reproche d'être huguenot ; mais la vérité est qu'il sut tenir le milieu entre la ligue et le calvinisme, modération qui, si elle avait été plus commune, eût épargné bien des malheurs à la France. On avait une telle vénération pour Antoine Arnauld qu'après sa mort on fut obligé de l'exposer sur un lit pendant quelque temps, pour satisfaire le public qui le demanda avec instance
  • Antoine ARRIGHI( 1600 - 1753) : célèbre professeur de l'académie de Padoue, était né vers la fin du 17° siècle dans l'ile de Corse, d'une famille alliée à celle des Bonaparte. Ayant embrassé 'l'état ecclésiastique, il vint en Italie pour suivre la carrière de l'enseignement. En 1727 , il fut pourvu d'une chaire de droit canonique à l'académie de Padoue ; et. peu de temps après, il obtint celle de droit romain qu'il remplit avec un tel succès, qu'en 1741, il fut inscrit au nombre des citoyens de Venise. L'épitaphe qu'il avait composée pour le chanoine Pappafava fut attaquée par un anonyme avec beaucoup de vivacité. Arrighi répondit à son critique sur le mème ton, et la dispute prit un caractère si sérieux, que l'autorité se crut obligée d'intervenir pour la faire cesser. Arrighi mourut vers 1755. Outre quelques discours imprimés séparément, et recueillis dans la Calage- rana, on a de lui : I° Acroases 4 de jure pontifieum univers°, Padoue, 1728, e. 2° Historia juris pon- lifieii, ibid., 1751, gr. On trouve ordinairement à la suite trois harangues ou dissertations pro Jurisdictione pontificumde Ecclesiis bicariis, sujet déjà traite: par notre P. Sirmond tag. ce nom); — de igro limitato. 5' De Fila el & bus gestis Fr. Mauroceni, principis Venetorum, ibid., 1749 Cette vie de Morosini est trèsestimée. Dans la liste des pièces justificatives de son Histoire de , Daru cite une lettre d'Arrighi sur Padoue, et une épitaphe de Morosini, conservées dans les manuscrits de la bibliothèque des camaldules in Nurano.
  • Antoine ARTUSINI( 1554) : de Forli, et non pas de Ravenne, comme l'ont cru quelques écrivains, naquit le 2 octobre 1554. Il fut jurisconsulte, pote et ora- teur. Il prenait le titre de chevalier, et vivait encore en 1624, comme il parait par le titre de cet ouvrage : Oratio habita in public° consistorio ad S. D. N. Ur- banum VIII, pont. opt. max., in kal. maii 1624, dum illustrissimi Helvetiorum legati universœ Hel- vetiorum cathol. reipub. debiturn eidem pont. ob- sequium redderent , Rome A la lin de ce discours, où il se nomme luimême Antonius Asiu- sinus Foroliviensis, se trouve la réponse faite par le célèbre Ciampoli, de Florence. On trouve encore d'Artusini quelques pièces de vers, entre autres une canzone italienne, dans les Rime scelle de poeti Ravennati , où elle a été insérée par erreur, et un sonnet, mis en tète du recueil des cinq discours Corone, etc., par Étienne Lusignan, Padoue, 1577
  • Antoine ASKEW : médecin anglais, résidant à Hampstead, où il mourut le 27 février 1773, a été moins utile à son art qu'à la littérature ancienne, à laquelle il a rendu d'éminents services. Possesseur d'une fortune considérable, il la consacra tout entière aux progrès des lettres, parcourut la France, l'Allemagne, l'Italie et la Grèce, rassemblant partout des manuscrits grecs ; et, à son retour en Angleterre, il fit le plus noble usage des trésors littéraires qu'il avait acquis, en les mettant à la disposition de tous ceux qui pouvaient en apprécier la valeur. Un Épirote nommé Jean Carabellas était chargé du soin de sa riche bibliothèque, dans laquelle on remarquait surtout une collection, peut-être unique en son genre, de toutes les éditions bonnes ou mauvaises qui ont été faites des divers écrivains de la Grèce, ou du moins de celles qu'il avait pu se procurer. On ne connaît aucun ouvrage d'Askew. Le catalogue de sa précieuse bibliothèque a paru sous le titre de : Bibliotheca Askewiana, seu Catalogus li- brorum rarissimorum Antonii Askew , Londres, 1775
  • Antoine AUBERTIN( 1600 - 1678) : né à Nancy, au commencement du 17e siècle , entra dans l'ordre des prémontrés, devint prieur de l'abbaye d'Étial, monastère des Vosges, et mourut en 1678, à Brieul près Verdun. On a de lui : 1° Vie de Ste Richarde, fille d'un roi d'Écosse, Nancy, 1655 Ri- charde, femme de l'empereur Charles le Gros, fonda l'abbaye d'Andlau, en Alsace. 2° Vie de St. Astier, solitaire dans le Périgord, dédiée aux seigneurs de la très- illustre maison de St- Astier, Nancy, 1656 Ces deux ouvrages ne sont mentionnés, ni dans la nouvelle édition de la Bibliothèque historique du P. Lelong, ni dans le catalogue des historiens qui se trouve à la suite de la Méthode pour étudier l'histoire, par Lenglet Dufresnoy. Le mordant Chévrier dit que les ouvrages d'Aubertin ne sont pas On peut apprécier la considération dont jouissait l'abbé Aubert par les fréquentes mentions qui sont faites de lui dans un ouvrage curieux, mais trop peu connu, intitulé Dictionnaire abrégé de la France monarchique, ou la Fronce telle qu'elle était en janvier 1789, par M. Guéroult jeune, décédé en 4816, professeur au collège de France. A l'article Abbés, Aubert est cité, avec Mably, Condillac, Raynal, Barthélemy, Delille, au nombre des plus célèbres. A l'article Censeurs, il est mis, avec Barthélemy, Suard, Fourcroy, au nombre de ceux dont le suffrage honora les savants et les gens de lettres. A l'article Collège royal, il est placé, avec Lalande, Delille, Daubenton, parmi les professeurs les plus célèbres, etc. Consultez encore sur lui l'Annee littéraire, les Mémoires de Palissot, les Trois Siècles littéraires, les ouvrages de Latiarpe. 11 écrivait, en 1786 Mon tige ne me permet plus ni courses n nocturnes, ni lectures publiques, et je vis tellement retiré que je n ne vais même depuis longtemps, à aucun spectacle.» V—VE. •-•••?• plus connus que St. Astier et Ste. Richarde, que ce moine a voulu célébrer. Mais cette observation épigrammatique prouve à la fois la légèreté et l'ignorance du critique. L'impératrice Richarde prit beaucoup de part aux événements du règne de Charles le Gros ; et si St. Astier occupe dans l'histoire un rang plus obscur, le tableau de ses vertus pouvait l'en faire sortir
  • Antoine AUBERY( 1616 - 1695) : naquit à Paris, le 18 mai 1616. Écrivain laborieux, il se levait tous les jours à cinq heures, et travaillait toute la matinée ; il travaillait encore l'aprèsmidi jusqu'à six heures, qu'il allait chez MM. Dupuy, de Thou, ou de Vilevault, converser avec les savants qui s'y assemblaient. Pour se délasser de ses études, il lisait quelques pages des Remarques de Vaugelas. 11 ne faisait presque aucune visite, et en recevait encore moins. Outre les langues savantes, le latin et le grec, il savait l'italien, l'espagnol et l'anglais , et était en état de lire les livres écrits en ces trois langues. Quoique reçu avocat au conseil, en 1651, il n'en a guère fait les fonctions. Ainsi l'histoire de ses ouvrages fait proprement l'histoire de sa vie. 11 mourut le 29 janvier 1695, des suites d'une chute. Voici la liste de ses ouvrages : . 1° Histoire générale des cardinaux , 1642-49, 5 vol. 2° De la Prééminence de nos rois, et de leur Préséance sur l'Empereur et le roi d'Espagne, 1649 3° Histoire du cardinal de Joyeuse, 1654 4° Histoire du cardinal de Richelieu, 1650 ; 1666, 2 vol. « Quoique cette histoire soit faite « sur de bons mémoires, dit Lenglet, elle est ce« pendant peu estimée.... Aubery a voulu faire du « cardinal un trop honnête homme, et ne l'a pas fait assez politique. » Gui Patin, dans sa 156° lettre, adressée à Spon, n'en parle pas plus favorablement, et dit qu'Aubery avait fait cet ouvrage pour la duchesse d'Aiguillon, nièce du cardinal de Richelieu, qui lui en avait fourni les matériaux. 5° Mémoires pour l'histoire du cardinàl de Richelieu, depuis l'an 1616 jusqu'à la fin de 1642, 2 vol. 1660 et vol. id-12, 1667. Cette dernière édition est préférable. Le libraire Antoine Bertier, qui imprima la première édition, représenta à la reine mère , avant d'entreprendre l'impression, qu'il n'osait la publier sans une autorité et une protection particulière de Sa Majesté, craignant que quelques personnes, rentrées en grâce à la cour, ne vissent pas avec plaisir rappeler leur conduite passée. « Allez, « répondit la reine, travaillez sans 'crainte, et faites « tant de honte au vice, qu'il ne reste que la vertu « en France. » 6° Des justes prétentions du roi sur l'Empire, Paris, 1667 ; et , suivant la copie de Paris Aubery répète clans ce livre beaucoup de choses qu'il avait déjà avancées dans son traité de la Prééminence. Cet ouvrage donna de l'ombrage à tous les princes d'Allemagne. Le conseil, pour les apaiser, fit conduire l'auteur à la Bastille, où il fut bien traité, visité par les personnes les plus distinguées du royaume, et mis bientôt en liberté. Ce traité donna naissance à plusieurs ouvrages, que des écrivains allemands publièrent pour le réfuter. 7° De la Dignité de cardinal, 1675 8° De la Régale, 1678Histoire du cardinal Mazarin, depuis sa naissance jusqu'à sa mort, tirée, pour la plus grande partie, des registres du parlement de Paris, 1695, 2 vol. ; 1751, 4 vol. Cette vie, qui commence en 1602 et finit en 1661, est fardée et peu exacte ; cependant on y trouve des détails qu'on chercherait vainement ailleurs. C'est dans le chapitre 2 du livre 7 qu'Aubery avance « que le testa- ent politique du cardinal de Richelieu est supposé, » ce qui a fait dire à Voltaire qu'Aubery fut premier qui fit connaître la fourbe de son auteur. - AUBERY, son frère, chanoine de StJacques, puis du StSépulcre , enfin de la SteChapelle, et confesseur du président Lamoignon, figure dans le Lutrin de Boileau, où il est désigné par ces vers du 46chant : ke Main, ce savant homme, Qui de Bauni vingt fois a lu toute la Somme, Qui possède Abelli, qui sait tout Raconis, . Et même entend, diton, le latin d'A Kempis
  • Antoine AUGEREAU : en latin AUGERELLUS, fut reçu imprimeur libraire à Paris, en 1531. Il paraît qu'il exerça aussi l'état de graveur de caractères, car la Caille, dans son Histoire de l'imprimerie et de la librairie, p. 104, dit qu'il fut un des premiers qui tailla des poinçons pour les lettres romaines, l'impression de ce tempslà n'étant presque qu'en lettres gothiques. Les &litions données par Augereau ont été assez estimées : en voici quelquesunes , rapportées dans les Annales typographici de Panzer : Secundi Historiarum naturce lib. 57, 1532 ; 2. Novus Orbis regionum ac insularum veteribus incognitarum, etc., 1552 ; 5° le Chasteau de Labour, et les Faintises du monde, de P. Gringore, 1532 ; le Miroir de Marguerite de France, reine de Navarre, auquel elle voit et son néant et son tout, etc., 1555, ; Hesiodi Opera et Dies, grœce, 1555 ; 6.11. F. Quintiliani Instit. oral. lib. 12, 1553 ; Eusebius de Prœparatione evangel., 1554 8° S. Augustini de na( ura et gra( ia Libellus, 1554 ; 9. S. Prosperi de gracia et liber° arbi( rio Epistola, 1534 La Caille lui attribue encore : An- drue Naugerii Patricii Oral iones duce, 1551 Numerus et tituli cardinalium, etc., 1555 ; Oraison de Cicéron pour le rappel de Marcellus, par Antoine Macault, 1534. Panzer n'a point parlé de ces trois derniers ouvrages. Il est présumable qu'Augereau est mort vers 1535, époque à laquelle il exerçait encore, dit Augustin Lottin, dans son Catalogue chronologique des libraires et des libraires- imprimeurs de Paris; mais dès lors on ne voit plus d'éditions données par lui
  • Antoine BALESTRA( 1666 - 1754) : peintre véronais, naquit en 1666. Il fut d'abord marchand ; mais à vingt et un ans il s'adonna à la peinture ; il étudia à Venise FOUS Bellucei, le même qui devint ensuite premier •eintre de Joseph Pr et de Charles YI. De Venise, il passa à Bologne, et alla enfin à boule prendre des leçons de Carle Maratte. Balestra essaya de réunir le mérite de chacune des écoles où il avait travaillé, et composa un style mélangé dans lequel le vénitien ne domine jamais. On recherche assez cet artiste , dont les ouvrages sont trèssoignés. Son dessin est pur, son pinceau a de la facilité, ses conceptions sont gaies et pleines de charmes ; il fut souvent employé par les cours étrangères. On lui reproche d'avoir trop peint avec de l'huile cuite, parce que les pe faites (l'après ce procédé peuvent se détériorer avant un demisiècle. Balestra fit des élèves dist parmi lesquels on compte J.B. Mariotti , Joseph Nogari , Charles Salis, et Baroni Cavalcabo. Comme toute l'école de Maratte, il aimait dans ses tableaux une sorte de brouillard qu'on ne peut pas définir aisément. Quelquefois ce brouillard y est appliqué mal à propos, et produit un effet désagréable à l'oeil ; niais souvent aussi il y jette une harmonie et un repos qui attachent et disposent à une douce mélancolie. On a comparé Balestra à Catulle, son compatriote, comme on a comparé l'Albane à Anacréon. On n'est pas d'accord sur l'époque de sa mort, qui arriva, suivant les uns, en 1734, et suivant Guarienti, Zanetti et Oretti, en 1710
  • Antoine AUGUSTIN( 1516) : archevêque de Tarragone, et l'un des plus célèbres jurisconsultes et (les plus illustres prélats que l'Espagne ait produits, naquit à Sarragosse, en 1516. Son père, vicechancelier d'Aragon et président en chef de la cour souveraine de justice de ce royaume, n'épargna ni les soins ni les dépenses pour l'instruction de ce fils qu'il destinait à l'Église. 11 fut envoyé aux universités d'Alcala, de Henares et de Salamanque, d'où il passa à Bologne, en Italie, pour perfectionner les connaissances qu'il avait acquises. A l'àge de vingtcinq ans, il publia son premier ouvrage, intitulé : Emendationum et Opirionum juris eivilis libri quateor, qui lui fit une grande réputation de savoir et de gofit , car il fut un des premiers qui fit servir les antiquités romaines à l'intelligence du droit de ce même peuple. Trois ans après, le pape Paul III le nomma auditeur de rote, sur les instances de l'empereur CharlesQuint. Jules III l'envoya en Angleterre, lors du mariage du prince Philippe avec la reine Marie. De retour à Rome, Paul IV lui conféra l'évêché d'Alise, et l'employa en Allemagne auprès de l'empereur Ferdinand. Philippe II, roi d'Espagne, le fit transférer au siége de Lérida, et ce fut en cet te qualité qu'il assista au concile de Trente, où il se distingua par ses vertus et ses connaissances. En 1574, il fut fait archevêque de Tarragone, où il mourut en 1586, àgé de 70 ans. 11 jouit pendant sa vie de la plus haute considération, et les ouvrages qu'il a laissés lui conservevont un nom célèbre dans tous les temps. Nous les diviserons en trois classes, selon qu'ils concernent la littérature, le droit civil, ou les matières ecclésiastiques. Les premiers sont : 1° In Marcum Terentium Varronem de lingua lalina Emendationes et Note, Rome, 1557. 2° In Sextum Pompeium Festum Note, Rome et Paris. 5° Familice Romanorum 30 , cunz Fulvii Ursini Polis, Rome, 1557 cet ouvrage fut réimprimé à Lyon en 1594 4° Fragmenta velerum historicorunt ab eo et Fulvio Ursino collecta, Anvers, 1595 5° Epistola ad Hicronymum Blancam de Ccesaraugustance patrie communis episcopis conciliis, imprimée à la suite des Fasti Arragonensium de Blanca. 6° Dialogos de las medallas, inscripciones y ° Iras anliguidades ; cet ouvrage a été traduit en latin, en italien et en d'autres langues. La première édition, Tarragone, 1575 est rare. Les ouvrages suivants ont rapport au droit civil : 7° Emendationuin et Opinionum juris civilis lib. 6, et ad Modestinum de excusalionibus liber singularis, et ad Loelium Taurellum de militiis Epistola. La première édition est de Lyon, 1544 ; on l'a réimprimée à Lyon, à Venise et à Bàle. 8° De Legibus et Senatusconsultis, Rome, 1583 ; réimprimé à Paris et à Lyon. 9° De Propriis Nominibus Pandectarum, Tarragone, 1579 40° Constitutionum codicis Justiniance Collectio, Ilerda , 1567 Novellarum Juliani antecessoris Epilome, cum notes et constitulionibus, grœce, Ilerda, 4567 et Il a publié sur les matières ecclésiastiques : 12' Antique Collectiones Decretalium, Ilerda, 1567 réimp. à Rome, 1585 ; Paris, 1609 15. Canones pœnitentiales, cum nous, Tarragone, 1581 réimp. à Venise et à Paris. 14. Dialogi 40 de emendatione Gratiani, Tarragone, 1581 réimprimé à Paris, 1804 ; Baluze eu donna une édition avec des notes, 1672 15° Note in canones 72 ab Adriano papa promulgatos, etc. Cet ouvrage a été publié dans le 5° volume de la Collection des conciles par Bini. I6° C onstitutiones provinciales et synodales Tarraconensium, Tarragone, 1580 17° Epitome juris pontificiiveteris, Tarragone, 1586 réim p. à Paris, 1641 18° De quibusdam veteribus canonum collectoribus Judicium, imprimé dans la Collection des Décisions de la Rote romaine de Th. de Rossi
  • Antoine AUSSURD : fut reçu libraire et imprimeur à Paris en 1519. On loue la beauté et la correction de ses éditions, parmi lesquelles on remarque Justinus , Florus , Sextus Ru fus, 1519 qu'il imprima sur un ancien manuscrit tiré de la bibliothèque du collège de Lisieux ; et les Joan. Raulin, Sermones de penilentia, 1524 Panzer ne parle d'aucun des ouvrages imprimés par Aussurd. On croit qu'il est mort vers 1524
  • Antoine ANSELME( 1652 - 1737) : fils d'un chirurgien, na- quit le 13 janvier 1652, à l'IsleJourdain, dans le comté d'Armagnac. Un de ses oncles, curé dans les environs , se chargea de sa première éducation ; puis il fut envoyé au collége de Gimont, et passa de là à Toulouse , où il acheva ses études. Il avait un talent si décidé pour la chaire et une mémoire si prodigieuse que, dès l'âge de douze ans, il lui suffisait d'entendre un sermon pour le répéter avec une extrême facilité et beaucoup de grâce. 11 remporta deux fois le prix de l'ode aux jeux floraux. Dès que son cours de théologie fut terminé, il se livra au ministère de la prédication, et débuta à Gimont avec tant de succès, qu'il y reçut le surnom de Petit Prophète, qu'il conserva toujours. Il alla ensuite prêcher à Toulouse ; le marquis de Montespan, qui l'entendit, fut enchanté de son éloquence et de son savoir, et lui confia l'éducation de son fils, le marquis d'Antin , âgé alors de dix ans. Anselme vint avec son élève à Paris, oit ses sermons obtinrent les mêmes succès. En 1681 , l'Académie française le choisit pour prononcer devant elle le panégyrique de St. Louis, et dès lors il prêcha dans toutes les grandes paroisses de la capitale ; il fallait même le retenir quatre à cinq années d'avance. En 1683, il fut nommé pour prêcher à la cour le jeudi saint et le jour de la Pentecôte ; en 1698, il y prêcha pendant l'avent, et en 1709, pendant le carême. Après avoir parcouru plus de trente ans cette carrière, il revint auprès du duc d'Antin, qui l'aimait beaucoup, et sans abandonner entièrement le ministère de la prédication, il se fit une occupation particulière de l'étude des belleslettres et des beauxarts. Bientôt, il fut reçu amateur honoraire par l'académie de pe ; presque dans le même temps, le duc d'Antin lit revivre en sa faveur la place d'historiographe des bâtiments ; et en 1710, il fut admis à l'Académie des inscriptions et belles - lettres en qualité d'associé. Après la mort de Louis XIV, il rendit à cette compagnie d'importants services qui lui valurent le titre de pensionnaire surnuméraire, avec l'assurance de la première pension qui viendrait à vaquer. A l'âge de soixantedouze ans, il obtint la vétérance, et il se retira en 1724 en Gascogne, dans l'abbaye de StSéver, que Louis XIV lui avait donnée en 1699; il y vécut dans une parfaite tranquillité, s'occupant de ses livres, de ses jardins, et répandant sur son abbaye et sur les paroisses qui en dépendaient toutes sortes de bienfaits : il ouvrait de nouveaux chemins, décorait les églises, fondait des hôpitaux, et conciliait les différends. Après avoir fait deux voyages à Paris, l'un à l'âge de soixantedixneuf ans et l'autre à quatrevingtun, il mourut à StSéver, le 8 août 1737, dans sa 85e année. On a de l'abbé Anselme : 1° des odes imprimées dans le Recueil de l'académie des jeux floraux de Toulouse. 2° Des panégyriques des saints et des oraisons funèbres qui ont paru ensemble à Paris en1718, 3 vol. avec son portrait. 3° Sermons pour l'avent, le carême et sur divers sujets, Paris, 1731, 4 vol. et 6 vol. Ces sermons ont eu un grand succès, selon madame de Sévigné . L'abbé Anselme avait de l'esprit, de la dévotion, de la grâce et de l'éloquence, et il n'y avait guère de prédicateur qu'elle crût devoir lui préférer. 4° Diverses dissertations insérées dans les Mémoires de l'Académie des inscriptions et belles- lettres, des années 1724 à 1729
  • Antoine ANSELMO : né à Anvers, où il fut échevin pendant plusieurs années et avocat fiscal de l'évêque , mourut en 1668, presque octogénaire. Il a beaucoup écrit sur le droit belgique. On a de lui : 1° un recueil d'ordonnances en flamand, 4 vol. Anvers, 1648; 2° Codex belgicus, Anvers, 1649 ; 3° l'ribonianus belgicus , Bruxelles , 1692 ; 4° Commentaria ad perpetuum edictum, Anvers, 1701 ; 5° Consul( ationes, 1671 Ces quatre derniers ouvrages sont connus sous le nom d'Opera juridica
  • Antoine ANTIGNAC( 1772 - 1823) : poète chansonnier, né à Paris, le 5 décembre 1772, était en mène temps employé subalterne de l'administration de la poste aux lettres, ce qui lui donnait, disaitil, double droit au titre d'homme de lettres. 11 passa sa vie à célébrer dans ses vers les plaisirs de la table, ceux de l'amour et ceux du vin. Le repos que le règne de Bonaparte avait procuré à la France après les con. valsions révolutionnaires, l'oubli dans lequel la volonté du maître et la lassitude des partis avaient fait tomber les discussions politiques, donnèrent naissance à un grand nombre de réunions joyeuses d'Épicuriens, qui pour la plupart se sont dispersées depuis, effarouchées par les débats et les clameurs qui ont suivi la restauration. Antignac fut l'un des membres les plus gais et les plus assidus de plusieurs de ces réunions. Adorateur fervent de Vénus, de Comus, de Bacchus, il n'a consacré sa muse à chanter des sujets plus austères que lorsqu'il s'est agi de fèter par occasion quelque héros de circonstance, ou pour donner à la société dès francsmaçons, dont il faisait partie, quelqUes hymnes et quelques cantiques qui se chantent encore dans ses solennités. Antignac est mort à Paris, le 21 septembre 1825. Désaugiers, son convive aux banquets du Caveau moderne, a consacré à sa mémoire quelques couplets chantés dans la séance de réouverture de cette société, le 10 octobre 1825. L'oraison funèbre, l'orateur et le temple étaient également dignes du défunt, et l'on ne saurait finir une notice sur Antignac sans répéter au moins une strophe de cette chanson : Si les bons coeurs ont droit au bonheur des éluS, Si l'esprit, la galté peuvent goûter ses charmes, Sur Antignac cessons de répandre des larmes : C'est un ami de moins, c'est un heureux de plus. Antignac a laissé : 1° Chansons et poésies diverses, Paris, 1809, 1 vol. ; 2° Cadet Roussel aux préparatifs de la fête , 1810 de 4 pages. On trouve de lui un grand nombre de chansons insérées dans divers recueils lyriques, et surtout dans le recueil annuel intitulé le Caveau moderne, dans le Chansonnier des Grâces et dans le Journal des gourmands et des belles, ou l'Épicurien français, publié depuis le ler janvier 1806, et continué, à partir de 1808, sous ce titre : l'Épicurien français , ou les Dîners du Caveau moderne, dont il paraissait tous les mois un cahier, formant annuellement 4 vol. Il a fourni quelques pièces de vers aux Annales maçonniques dédiées au prince Cambacérès, Paris, 1807-18-10,8 vol. Ces poésies ont été reproduites dans la Lyre maçonnique, Étrennes aux francs- maçons et à leurs soeurs, rédigée par le fr. J.A. Jacquelin, Paris, Chaumerot, '1809-1814, 6 vol. Le Dictionnaire des , Girouettes, 5° édition, Paris, 1815 p. 19, contient une plate chanson d'Antignac , composée pour célébrer le retour de Louis XVIII, et présentée comme pendant des couplets qu'il fit chanter par Baptiste, comédien de Feydeau, le 30 mars 1815, pour célébrer le retour de l'empereur, dans un banquet qui se donnait chez Véry, et auquel assistaient le prince d'Eckmulh et les généraux Bertrand, Drouot, Cambronne, etc. . La plupart des com- Le refrain de sa chanson 1?our Louis XVIII était : Je sais sur quel pied danser. Mais il dansait sur tous les pieds et sur tous les airs il allait mème jusqu'à chanter la danse des Cosaques dans Paris, et il voulait danser avec eux Mais je vois danser un Busse, Je sais sur quel pied danser. Autour du vrai roi de France, Je sais sur quel pied l'on danse. Or, il en était autrement dans l'empire, ditil Il fanal( aller au pas, ce qu'il admirait sous Napoléon, et ce qu'il déclarait détester sons ' la restauration. V—vs. positions de de cet auteur ne s'élèvent pas audessus du médiocre ; on y trouve de la facilité et même quelque élégance; mais elles manquent de verve. Ses chansons satiriques, qui sont les plus nombreuses, sont froides, d'une forme monotone, et ne contiennent guère que des lieux communs épigrammatiques sans force et sans originalité. Ses chansons à boire et à manger, comme il les appelait, sont de beaucoup les meilleures, et encore sontelles fort loin de celles de Désaugiers, de Panard et des autres maîtres du genre
  • Antoine BANIER( 1675 - 1741) : né à Dalet, village d'Auvergne, le 2 novembre 1675, de parents honnètes, mais assez mal partagés des biens de la fortune, fit ses études au collége des jésuites de Clermont, oui il se distingua par une grande facilité et par une mémoire plus étonnante encore. L'éclat' avec lequel il soutint ses thèses publiques, à la suite de son cours de philosophie, détermina son père à faire un sacrifice d'argent pour l'envoyer à Paris. La petite somme qu'il avait reçue en partant fut bientôt dissipée ; et n'attendant pas de nouveaux secours de sa famille, il fut obligé., pour subsister, de donner des leçons (le latinité et de belleslettres. Au bout de quelque temps, il entra chez le président Dumetz, comme précepteur de son fils; et il eut le double bonheur de trouver dans ce jeune homme un sujet (ligne de ses soins, et dans Dumetz un savant modeste, qui mettait à sa disposition mie bibliothèque nombreuse. En relisant avec, sou élève les poètes grecs et latins, Banier eut occasion de remarquer le faux des systèmes au moyen desquels on avait prétendu éclaircir la mythologie, dont le développement pouvait jeter un si grand jour sur l'histoire, les mœurs et l'état des connaissances des peuples anciens. Le fruit de ses études fit' l'Expliml ion historique des fables, ouvrage qu'il publia en 1711, 2 vol. De Boxe, chargé d'examiner cet ouvrage, fut étonné de l'intérèt que l'auteur avait su répandre sur une matière qui en paraissait peu susceptible, et de l'érudition qu'il avait montrée, sans affectation et sans étalage. Dès lors il le regarda comme un sujet précieux pour l'académie des inscriptions et belleslettres; et il l'y lit recevoir deux années après, en 1713. Son amour pour le travail et la douceur de ses moeurs le tirent aimer et estimer de ses confrères. On peut juger, par le grand nombre de mémoires qu'il a fait imprimer dans le recueil de cette compagnie, de son zèle pour le progrès des sciences: il n'abandonna jamais son projet d'éclaircir la mythologie, et il fut continuellement occupé à perfectionner l'ouvrage qu'il avait entrepris sur ce sujet. Il en donna une nouvelle édition eti 1715, 5 vol. Celleci n'a de commun avec la précédente que le titre. Le plan de l'ouvrage est entièrement changé, et il est divisé en dialogues, dont les interlocuteurs sont : Alcidas, son élève, Niante, son épouse, et Théophile, nom sous lequel l'auteur s'est désigné luimème. La meilleure édition de cet ouvrage est la troisième, intitulée : la Mythologie et les Fables expliquées par l'histoire, Paris, 1738,1710, 5 vol. ou 1764, 8 vol. avec beaucoup de changements, de corrections dans le style, et d'additions dans les faits. Cet ouvrage assure à son auteur une réputation durable ; il y travailla pendant trente ans. Il en a publié d'autres moins connus. De ce nombre est le Voyage dans la Turquie, l'Asie, etc., de Paul Lucas, Rouen, 1719, 3 vol. Il le rédigea d'après les notes informes de ce célèbre voyageur, et y ajouta différentes remarques d'érudition. Le succès en tut assez grand pour que les libraires qui l'avaient publié chargeassent l'abbé Banier de présider à la nouvelle édition du Voyage pur la Moscovie en Perse, etc., de Corneille le Bruyn, qui parut â Paris , en 1725, 5 vol. L'éditeur en corrigea le style, défectueux en beaucoup d'endroits, et 'éclaircit ditTérents passages par des notes géographiques. La mime année, il publia la 4' édition des Mélanges d'histoire et ( le littérature de d'Argonne. Il en distribua les matériaux avec plus d'ordre, et y ajouta quantité d'anecdotes, qui ne sont pas tôutes également cere; bines ni piquantes. Ce l'ut à peu près vers ce tempslà qu'il entreprit la traduction des Métamorphoses d'Ovide. Elle parut en 1732, à Amsterdam, Western, grand et (lut une partie de ses succès aux gravures de Beni. Picart, dont elle est ornée. On en donna une 2° édition la mène année , Amsterdam, 1732, 3 vol. et une 5', Paris , 1738, 2 vol. : elle reparut avec de nouvelles gra- vures (le Lemire et Basan, Paris, 1767-71, 4 vol. et Paris, 1807, 1808, 2 vol. Cette traduction est assez exacte, mais froide et sèche. L'exemple de l'abbé Banier prouve que, pour rendre les beautés d'un ponte, il ne suffit pas toujours de les sentir et (l'en ètre pénétré. Le dernier ouvrage auquel il ait eu part est l'édition des Cérémonies et Coutumes religieuses des différents peuples du inonde, Paris, 1741, 7 vol. Cette édition, moins estimée Glue celle d'Amsterdam, a cependant conservé quelques partisans. On a reproché à l'abbé Banier et à l'abbé Lemascrier, son collaborateur, de ne point parler avec assez de ménagement de Jean Fréd. Bernard, le véritable auteur de l'ouvrage, et de lui dire des injures en s'appropriant son travail. Les nouveaux éditeurs, en réformant les déclamations que l'esprit de parti lui avait dictées contre l'Eglise romaine et ses usages, auraient dû rendre plus de justice à son érudition ; ils ajoutèrent à l'ouvrage plusieurs morceaux estimables, dont Bernard s'empara à son tour, en leur rendant les injures qu'ils lui avaient dites. L'abbé Banier mourut à Paris, le 2 novembre 1741, d'une maladie qui lui lit soufliir de grandes douleurs pendant les trois dernières années de sa vie. Il avait donné une édition de l'Hisloure poétique du P. Gautruche, 1738, Le recueil de l'académie des inscriptions et belleslettres renferme treize mémoires de l'abbé Daniel
  • Antoine BEAUVILLIERS( 1754) : fameux restaura-' teur de Paris, fut sans aucun doute le premier homme de son siècle dans l'art culinaire. Né en 1754 de parents obscurs, il fut destiné dès l'enfance au mé- tier de cuisinier, et il en suivit tous les degrés. S'étant bientôt fait une réputation aussi étendue que méritée, il fonda, quelques années avant la révolution, au PalaisRoyal, un des plus beaux restaurants de la capitale, et il y acquit quelque fortune. Il se montra fort opposé aux changements politiques, et essuya en 1795 des persécutions qui l'obligèrent à quitter son commerce; mais toutes ses pensées l'y rappelaient : il lui fut impossible de vivre éloigné de ses fourneaux. Dans un âge avancé il reprit un éta- blissement non loin de celui qu'il avait dirigé avec tant de succès ; mais les temps étaient bien changés; les goûts n'étaient sans doute plus les mêmes, car ' Beauvilliers eut alors peu de succès. Ce fut dans ces jours de décadence qu'il composa un des meilleurs ouvrages connus dans cet art, et qu'il le publia sous ce titre : l'Art du Cuisinier, 2 vol. avec un grand nombre de planches, Paris, 1814; seconde édition , augmentée d'un supplément , Paris, 1824. Antoine Beauvilliers est mort à Paris, le 31 janvier 1817. Colnet, qui fut son éditeur et qui sans doute avait goûté de sa cuisine, a parlé de sa personne, de son talent et de son livre avec beaucoup d'enthousiasme dans plusieurs articles de journaux
  • Antoine BAUDRY D'ASSON : gentilhomme poitevin, était d'une famille qui figure dans les traditions fabuleuses du bas Poitou, puisqu'une de ces traditions va jusqu'à dire qu'un guerrier de cette maison tua le diable . Antoine était riche de son patrimoine, et, entré dans les ordres, sans être prètre, un prieuré considérable ajoutait encore à son revenu, lorsqu'à trente ans il quitta sa patrie et se retira, en 1647, à PortRoyaldesChamps, près Paris. Par humilité, il se lit métayer des religieuses et se livra tous les travaux La Chronique d'Arras et de Cambray, par Balderic, chantre de Térouane au 9" siècle, revue sur divers manuscrits, et enrichit, de plusieurs suppléments avec commentaires, glossaires et plusieurs index, par le docteur le Clay, Paris. 1834 , 1 vol. est un des ouvrages d'archéologie les plus précieux de notre époque. 11 est dédié à M. le baron de Reiffemberg. La préface contient des détails sur la vie de Balderic. L'auteur, relevant quelques fautes commises sur ce personnage par M. Augustin Thierry dans sa ri' Lettre sur l'histoire de vrance, établit que Baudry ne se nommait pas de Sarchainville ; quit n'était pas natif d'Artois; qu'il ne fut ni archidiacre ni évèqtte de Noyon ; que, par conséquent, il n'eut aucune part à l'octroi de la charte de cette cité. « Ce qui a induit . M. Thierry en erreur, ajoute M. le Clay, c'est qu'en effet on a « longtemps confondu Baudry ou Balderic de Calobray avec un « évèque de Noyon et de Tournay qui portait le mème nom et qui « vivait à peu près à la mémo époque. Les bollandistes ont les pre« miers démontré que notre chroniqueur et l'évèque de Noyon sont deux personuages distincts. D. Rivet, premier auteur de l'Histoire « littéraire de la France, a adopté l'opinion des bollandistes et l'a « fortifiée de nouveaux arguments. Dans le t. 8 du Recueil des luis« toriens de France, on avait d'abord partagé l'erreur commune ; mais « les continuateurs de cette importante collection ont eu soin de « rétablir les faits dans le t.11, p, 122. La Biographie universelle, qui avait aussi confondu les deux personnages, a admis « dans son Supplément un article où je rectifie l'erreur. ' D RR 11 y a, à ce sujet, un récit en patois poitevin ayant pour refrain Belize. 60 l'eisselle Borgne 6o l'aisselle.
  • Antoine BAUMÉ( 1728 - 1804) : pharmacien de Paris, naquit à Senlis, le 26 février 1728. Il était fils d'un aubergiste , qui le plaça , connue élève , chez le célèbre Geoffroy. Baumé n'avait point fait d'études , et éprouva de grandes difficultés dans la carrière des sciences, qu'il embrassa par goût et avec ardeur. ll se présenta au collége de pharmacie en 1752 ; sa réception présagea la réputation qu'il allait acquérir. Peu de temps après, on lui offrit la chaire de chimie à ce collége, et il y développa l'excellente méthode qui caractérise ses ouvrages. Aussitôt qu'il eut établi une maison de pharmacie , il fit tous les sacrifices nécessaires pour donner la plus grande étendue à son commerce. Son officine , ses laboratoires étaient moins des ateliers que de grandes manufactures. L'acétate de plomb, le muriate d'étain, les fiels mercuriels, les mixtions antimoniales s'y préparaient par quintaux. Ces grandes manipulations ne nuisaient pas à ses travaux de cabinet. Il a rédigé des mémoires trèsintéressants sur la cristallisation des sels, sur les phénomènes de la congélation, sur ceux de la fermentation, sur les combinaisons et les préparations du soufre, de l'opium , du mercure, de l'acide boracique, du platine et du quinquina. 11 a publié des recherches sur les oxydes métalliques, les acétates alkalins, l'émétique, les fécules et les extraits. Ces travaux importants ouvrirent à , Baumé les portes de l'académie des sciences, et lorsque le succès de l'Encyclopédie fit concevoir le plan du Dictionnaire des arts et métiers , Baumé se chargea d'écrire plus de cent vingthuit articles qui font partie de cette belle collection. Avant de publier ces traités technologiques , il avait déjà imprimé plusieurs mémoires qui prouvaient que les procédés des manufactures lui étaient familiers. On lui devait une méthode pour teindre les draps de deux couleurs, un moyen de dorer les pièces d'horlogerie, un autre pour éteindre les incendies, et un autre pour conserver le blé. On lui devait aussi des observations sur les constructions en plâtre ou en ciment, sur la fabrication des savons, sur les argiles et la nature des terres propres à l'agriculture. Il avait fait avec Macquer plus de mille expériences pour rendre notre porcelaine égale à celle du Japon. 11 éleva, le premier en France, une manufacture de sel ammoniac, et le premier il blanchit, par un procédé de son invention , les soies jaunes sans les écruer : par ces deux arts, Baumé affranchit son pays des tributs qu'il payait à l'Égypte et à l'Inde. Sans avoir acquis une grande fortune, se voyant dans l'aisance, . il céda son fonds de commerce en 1780, et il se livra avec plus d'ardeur à l'application de la chimie aux arts. Il perfectionna la teinture écarlate des Gobelins, et donna un procédé économique pour la purification du salpêtre. Il fit un travail long et dispendieux pour perfectionner les aréomètres , et rendre les thermomètres comparables ; il enseigna les moyens de préparer une fécule douce, et de faire du pain avec le marron d'Inde. La révolution vint bientôt lui enlever tout le fruit de ses travaux, et le plongea dans l'indigence ; mais , incapable de se décourager, Baumé rentra dans la carrière commerciale. Il avait été pensionnaire de l'académie des Il sciences en 1785 ; il fut élu associé à l'Institut en 1796, et membre honoraire de la société de méde- Icine en 1798. Il mourut le 15 octobre 1804, à l'âge de 76 ans. Baumé était sobre , ami de l'ordre , et trèslaborieux. Une grande partie de son revenu était consacrée à ses expériences, à ses recherches. La plupart de ses travaux sont consignés dans les - Mémoires de l'académie des sciences, dans la Gazette ' salutaire, l'ancien Journal de médecine, le Journal de physique, les Annales de chimie, et les Mémoires des savants étrangers. 11 a laissé : I. Dissertation sur l' éther, Paris , 1757 2. Plan d'un cours ' de chimie expérimentale et raisonnée, en société avec 1Vlacquer, Paris, 1757 5' Manuel de chimie, Paris, 1763 et 1766 4. Mémoire sur les argiles , Paris., 1770 5° Mémoire sur la meilleure manière de construire les alambics et les fourneaux propres à la distillation des vins, Paris, 1778 6° Opuscules de chimie, Paris , an 6 7° Eléments de pharmacie' théorique et pratique, etc., 1 vol. Paris, 1762 , 1769, 4773 ; 8' édition , avec un appendice, ibid., an 5 , 2 vol. et 9° édition, revue par BouillonLagrange, ibid., 1818, 2 forts vol. Il en a été en outre imprimé plusieurs contrefaçons 8° Chimie expérimentale et raisonnée, Paris, •775, 3 vol Ce dernier ouvrage, trèsutile à consulter pour la pratique des opérations, n'est pas à la hauteur des connaissances théoriques modernes , niais les Eléments de pharmacie offrent encore un excellent dispensaire , écrit avec ordre , précision et simplicité ; les procédés y sont décrits avec détail , et les formules discutées avec sagesse. Baumé , malgré ses lumières, n'avait pas adopté la nouvelle nomenclature chimique. C. G. Ces deux ouvrages, imprimés sans nom de ville, mais vraisem?la?lement à Paris, en 1668, sont devenus trèsrares ; l'Apologie du marquis ( n'enfles est un petit 15-4° de 75 p. ; sa Correspondance avec le parlement de Nie forme une partie séparée de 117 p.
  • Antoine BEATILLO( 1570 - 1642) : de Bari, dans le royaume de Naples, y naquit le 22 novembre 1570. Il entra chez les jésuites à dixhuit ans, y enseigna nonseulement les belleslettres, mais l'hébreu et l'Écriture sainte, s'adonna pendant plusieurs années à la prédication, et mourut à Naples, le 7 janvier 1642. Il a laissé : 1. plusieurs vies de saints écrites en italien, et dont quelquesunes ont été imprimées, parmi lesquelles on distingue celle di san Sabino vescovo Canusino, protatore della cita di Bari, Naples, 4629 parce qu'elle est suivie d'une liste des archevêques de Bari, utile pour l'histoire ecclésiastique de ce pays. 20 La Sloria della cita di Bari, Naples, 1657
  • Antoine BEAUGENDRE( 1628 - 1708) : originaire de Caudebec , naquit à Paris, au mois de septembre 1628, et fit, à l'âge de dixneuf ans, profession dans l'ordre de StBenoit. Après avoir prêché avec quelque succès, et avoir été prieur de plusieurs monastères de son ordre, il se retira dans l'abbaye de StGerma dont il fut doyen et bibliothécaire. Beaugendre mourut le 16 août 1708. Il a fait imprimer : 1° Vie de messire Bénigne Joly, prétre, chanoine et stituteur des religieuses hospitalières de Dijon, 1700 On lit en tête du volume l'éloge funèbre de Joly, composé en latin. 2. Venerabilis Hildeberti primo Ce- nomanensis episcopi, deinde Turonensis archiepiscopi Opera... accesserunt Marbodi Rhedonensis episcopi, ipsius Hildeberti supparis, Opuscula, 1708 Beaugendre avait quatrevingtun ans quand il publia ce volume. Les notes ont été revues et retouchées par D. René Massuet. Beaugendre avait traduit en fran- çais les lettres d'Hildebert, mais sa mort a empêché la publication de ce travail
  • Antoine BECHET( 1649 - 1722) : naquit en 1649, à Clermont. Ayant embrassé l'état ecclésiastique, il fut pourvu d'un canonicat du chapitre d'Uzès, et profita de ses loisirs pour se livrer à la culture des lettres. Il trouva dans la riche bibliothèque du marquis d'Aubaïs tous les secours dont il avait besoin; et, d'après ses conseils, il écrivit l'histoire de Martinusius, nom latinisé du cardinal, qui, dans le 16° siècle, joua un si grand rôle en Hongrie. Quoique Béchet fût déjà vieux lorsqu'il publia cet ouvrage, il promettait, si le public encourageait ses efforts, d'employer le reste de sa vie à des travaux plus importants ; mais il mourut à Uzès en 172.2 , âgé. de 75 ans, ne laissant qu'une traduction française des Lettres de Busbecq à l'empereur Rodolphe 11, son souverain. Elle a été publiée avec une vie de Busbecq dans la Continuation des Mé- moires de littérature el d'histoire donnée par le P. Desmolets, t. 2, 20 partie. L'abbé de Foy ne l'a sans doute pas connue, puisqu'il n'en fait aucune mention dans la préface de la nouvelle version de ces Lettres. Bechet a dédié au prince Ragotzki l'Histoire du ministère du cardinal Martinusius, primat et régent du royaume de Hon- grie, Paris, 1715 Elle est assez curieuse, niais mal écrite et surtout partiale
  • Antoine BECQUET( 1654 - 1730) : célestin, né à Paris, en 1654, y fut bibliothécaire de la maison de son ordre, et mourut le 20 janvier 1730. C'était un homme d'un grand savoir, et d'un caractère doux et conciliant. On a de lui : 1° Supplément et Remarques critiques sur le vingttroisième chapitre du sixième tome de l'Histoire des ordres monastiques , où il ut traité des célestins, Paris, 1726 Cet opuscule 1 avait déjà été imprimé en 1721, dans les Mémoires de Trévoux. 2° Gallicoe coelestinorum congregat•onis ordinis S. Benedicti, monasteriorum Fundationes, virorumque vita au ordine chronologico ; opus bipartitum, Paris , 1719
  • Antoine BEFFANEGRINI( 1532 - 1602) : littérateur et poête italien, naquit, en 1532 , à Asola , forteresse célèbre dans la province de Brescia ; l'ancien nom de sa famille était Beffit, et i1 était de la branche des comtes Negrini. 11 consacra principalement sa phune à l'histoire de quelques familles illustres, et surtout de la maison Castiglione. Il joignait au talent d'écrire la douceur du caractère et les bonnes moeurs. 11 vécut longtemps à Mantoue, et en fut mème nominé citoyen, comme il l'était de Brescia. 11 fixa enfin son principal séjour à Pittbega dans le Mantouan, où il fut nommé juge vers l'an 1580. Il y mourut le 7 avril 1602. 11 était lié avec les hommes et les littérateurs les plus célèbres de son temps, entre autres avec le Tasse et le P. Ange Grillo, intime ami de ce grand poële. Ses ouvrages imprimés sont : 1° Elogj istorici d'alcuni personnaggj della famiglia Castigliona , Mantoue, 1606 Ces éloges furent rassemblés et publiés, après sa mort, par César Campana, l'un de ses meilleurs amis. Rime, Venise, 1566 Ces poésies sont peu nombreuses; on ferait un volume beaucoup plus considérable de celles (1(ii sont éparses dans différents recueils. Ghilini , dans son Tealro d'uomini letterati, vol. 2, et Cozzando, dans la Libreria Bresciana, citent de lui, comme imprimés, les ouvrages suivants : 10 Istoria de' Conti di Canossa; 2. Istoria de' Conti di Casoldi;. 5° /a Vila della contessa Natilda; 4° Elogj di tutti i generali della casa Gonzaga; 5° Lettere istoriche intitol« te le Castiglione; mais ces deux auteurs ne donnent aucun détail sur ces éditions ; ils assurent également que Beffanegrini a laissé plusieurs autres ouvrages historiques qui sont restés inédits
  • Antoine BÉGARELLI( 1498 - 1565) : sittnommé il Motion«, fun des sculpteurs dans l'art plastique les plus distingués du 16e siècle , naquit à Modène vers 1498. Cette ville était alors l'école la plus renommée de cet art, qui consiste, comme on le sait, à modeler toutes sortes de14.zures en plâtre, en terre et en stuc. Déjà Guido Mazioni avait fait quelques progrès dans ce genre de sculpture dès 1181 ; il avait eu pour rival Jean, père de Niceolo dell' Abbate ; mais Bég,f1- relli surpassa bientôt Mazzoni, Jean dell' Abbate et tous leursélèves. Il lit des ligures grandes comme nature , et quelquefois mème d'une proportion plus forte. Les pères bénédictins de Modène conservent une grande quantité de ces figures dans leur église et dans leur monastère. Bégnrelli vécut à peu près 67 ans, et travailla jusqu'au dernier moment de sa vie. On a aussi de lui des tombeaux des crèches, où tontes les circonstances de la naistance de J.C. sont représentées d'une manière , des statues de grandeurs différentes. Il fut appelé quelque temps à Mantoue et à Parme. Vasari loue l'air noble de ses inC8, ses belles dra- peries, ses formes admirables, sa couleur de marbre, et rapporte que MichelAnge, en voyant des ouvrages de plastique de cet artiste,' s'écria : « Si cette « terre devenait du marbre , malheur aux statues « antiques!» BéRarelli fut aussi maitre de dessin, et l'enseigna à Modène. Il mourut en 1365. Ses modèles ont eu une heureuse influence sur la peinture de son temps. Lanzi assure qu'on doit à ce 'maitre la correction, le relief, la hardiesse des raccourcis, et la grâce que l'école de cette ville a montrés depuis dans ses compositions .
  • Antoine BEINL DE BIENENBOURG( 1749 - 1820) : médecin allemand, né en 1749, exerça l'art de guérir à Vienne, oè il parvint à de hautes dignités médicales. 11 fut d'abord professeur de pathologie à l'académie médicochirurgicale Joséphine, dont il devint directeur; puis conseiller aulique, médecin en chef des armées impériales, président de la commission permanente de santé utilitaire, et chevalier de l'ordre de StWladimir de Bussie. Beinl mourut à Vienne, le 12 juin 1820. Son principal ouvrage est un Essai de police médicale militaire , appliquée principalement aux armées autrichiennes , Vienne, 1804 Il est encore auteur d'un mémoire en allemand sur une espèce particu- hère de tumeur lymphatique, et sur la manière la plus convenable de la traiter, Vienne , 1801 Cet opuscule se trouve aussi dans le 2e volume des Actes de l'académie médicochirurgicale José- phine
  • Antoine BELLUCCI( 1654 - 1726) : peintre, né à Soligo dans le Trévisan, en 1654, y mourut en 1726. Cet artiste aimait les ombres fortement marquées, et distribuait savamment la lumière dans toutes ses compositions. On voit un de ses ouvrages dans l'église du StEsprit à Venise. Il recherchait avec soin l'occasion de faire les petites figures des paysages, et il passa pour etre l'auteur , dont on trouve une assez belle composition à Soligo, serait devenu un artiste distingué , si la fortune que lui avait laissée son père ne l'eût détourné de l'étude. Le P. Federici en parle avec éloge dans ses Memorie Trovigiane su le opère di disegno, Venise, 1803
  • Antoine BENEDETTI( 1715 - 1788) : jésuite italien, né le 9 mars 1715, d'une famille noble de Fermo, entra dans l'ordre en 1735, et lit ses voeux en 1749. Il professa, pendant plusieurs années, la rhétorique dans le collége romain. Le désir de faire entrer les meilleures comédies de Plaute dans l'éducation de la jeunesse l'engagea à en vouloir publier quatre, purgées de ce qui pouvait les rendre dangereuses pour les impurs, et accompagnées de notes explicatives : la première des quatre parut sous ce titre : Merci Matai Aulularia emendatius edita et commentariis illustrata , etc., Rome , 1754 mais, soit que cet essai n'eût point réussi , soit pour tout autre motif , il ne publia point les trois autres. Après la suppression (les jésuites, Benedetti se retira dans sa patrie. 11 possédait un cabinet trèsriche d'antiquités et de médailles; il choisit les plus belles médailles grecques encore inédites, y en ajouta plusieurs tirées des cabinets de quelquesuns de ses amis, les expliqua par de savantes notes, y joignit. celles de l'abbé Oderic, noble génois qui avait, comme lui, été jésuite, et donna au public un volume estimé des antiquaires, intitulé : Numismala groeca non ante vulgata, que Anlonius Benedictus e sou maxime et ex amicorum museis selegit, etc., Boule, 1777. Il mourut à Fermo, en 1788, àgé de 73 ans
  • Antoine BENEVOLI( 1685 - 1756) : chirurgien italien distingué, né dans le duché de Spolete, en 1685, et mort le '7 mai 1756, à Florence, où il pratiqua son art avec de grands succès. Compagnon des Valsalva, des Morgagni, il concourut à porter dans la chirurgie et l'anatomie les grandes vues qui signalent l'époque où ils vécurent. On a de lui : 1 ° Lettera sopra la cataratta glaucomatosa, Florence, 1722 adressée à Valsalva. Nuova Proposizione intorno alla caruncula dell' uretra delta carnosita; Aggiunla sopra la cataratta glaucomatosa, Florence, 1724 Dans cet ouvrage, Benevoli s'élève contre l'usage des bougies corrosives, dont la chirurgie de nos jours a reconnu le dangereux abus. 5u . 11/ a- West° sopra alcune accuse contenute in uno cerf parere del signor Pietro Paoli Lupi, Florence, 1750 ouvrage polémique sur le siége de la cataracte, qu'il soutient, contre Lupi, résider dans le cristallin. 40 Giusti ficazione delle replicate accuse del signor Pietro Paoli Lupi, Florence, 1734 ouvrage du même genre. 5. Dissertazioni sopra l'origine dell' ernia intestinale : intorno alla piti frequente cagione dell' ischuria : sopra il leucoma . aggiuntevi quaranla osservazioni, Florence, 1747 ouvrage pratique qui a le mérite de tous les bons recueils d'observations
  • Antoine BENG ou BENGY( 1569 - 1616) : seigneur de PuyVallée, naquit à Bourges en 1569. Ses progrès dans le droit le mirent en état, lorsqu'il n'avait encore que vin gt.si x ans, de succéder au fameux Cujas, qui professait cette science dans l'université de cette ville. Il eut souvent jusqu'à 2,000 écoliers, et enseigna depuis 1595 jusqu'en 1616, époque où il mourut, âgé de 47 ans, laissant un fils qui exerça aussi plusieurs charges dans la magistrature, et une fille qui fut mariée à François Pinsson , professeur distingué dans la mème université. Antoine Bengy avait composé un Traité des Bénéfices, qu'il ne put achever. Son petitfils, François Pinsson, avocat au parlement de Paris, le termina et le publia en 1659, à Paris, 1654 Un de ses descendants directs a figuré dans nos assemblées délibérantes
  • Antoine BENEZET( 1713) : l'un des premiers défenseurs de la liberté des nègres, naquit en 1715rd'une bonne famille, à StQuentin en Picardie. Son père , qui se trouvait au nombre des protestants que la révocation de l'édit de Nantes chassa de leur patrie, vint s'établir à Londres en 1715. Là, Antoine, après avoir fait de bonnes études, fut mis en apprentissage chez un riche marchand. il abandonna bientôt de luimême cette carrière, pour apprendre la profession de tonnelier ; mais ayant, en 1751, suivi sa famille à Philadelphie, tandis que ses frères prospéraient dans le commerce, il résolut de consacrer sa vie à l'instruction d'un peuple encore plongé dans l'ignorance. Il adopta les principes religieux des quakers, et plus ardemment encore leur enthousiasme pour l'affranchissement des noirs. 11 publia sur ce sujet plusieurs écrits, dont l'un a pour titre : Avertissement à la Grande- Bretagne et à ses colonies, ou Tableau abrégé de l'état misérable des nègres esclaves dans les dominations anglaises, 1767 Sa Relation historique de la Guinée, avec une recherche sur l'origine et les progrès de la traite des nègres, sur sa nature et ses déplorables effets, parut pour la première fois en 1762, et a été réimprimée pour la quatrième fois à Londres, 1788 . Ses talents, son activité, la loyauté de ses intentions et sa bienfaisance lui procurèrent une grande popularité. Son extérieur était trèsmodeste; il ne portait que des habits de panne, parce qu'après les avoir usés pendant plusieurs années, ils pouvaient encore servir à vêtir des indigents. Il répétait souvent que l'acte de charité le plus difficile était de supporter la déraison des hommes. Vers la lin de sa vie, il disait à un jeune ami qu'il perdait, peu à peu la mémoire : « Mais, ajoutaitil, cela me donne « un grand avantage sur vous ; car la lecture d'un « bon livre ne vous donne du plaisir que la première « fois, et moi, en le relisant, j'ai toujours le plaisir « de la nouveauté. » Lorsque, vers 1756, un nombre considérable de familles françaises furent, sur quelques soupçons politiques, transportées de l'Acadie On a encore de lui : Observations sur l'origine, les principes et l'établissement en Amérique de la société connue sous la dénomination de quakers, extraites de divers auteurs et rédigées principalement eu faveur des étrangers ; dont une nouvelle édition s paru à Paris en 1822 de 24 pages. DRR. 79 dans la Pensylvanie, Benezet s'empressa de voler au secours de ses infortunés compatriotes, et provoqua, en leur faveur, une contribution volontaire dont il fut nommé l'agent. C'est à ses efforts surtout qu'on doit l'établissement d'une école à Philadelphie pour l'instruction des noirs ; il y sacrifia sa fortune et sa santé, et continua de la diriger jusqu'à sa mort, arrivée en 1784. Il laissa, par son testament, le peu de bien qu'il possédait à cette école qu'il avait créée. Dans sa dernière maladie, il se leva de son lit pour aller tirer de son secrétaire six dollars destinés à assister une pauvre femme veuve, qu'il soutenait depuis longtemps; et ce fut la dernière action de sa vie. Son convoi funéraire fut suivi par une foule de personnes de tous les rangs, de tous les partis et par quelques centaines de nègres, dont il avait été le bienfaiteur particulier. On rapporte qu'un officier qui avait servi dans l'armée américaine pendant la guerre de l'indépendance dit publiquement en cette occasion « qu'il aimerait mieux « être Antoine Benezet dans ce cercueil, que George « Washington avec toute sa renommée. » Des écrivains anglais, qui ont beaucoup loué ce philanthrope, semblent avoir évité de dire qu'il était né français
  • Antoine BENIVIENI : le second (le ces trois fières, cultiva les lettres, la langue grecque, la médecine, et fut médecin de profession. Il fut, comme son frère, trèslié avec Marsilio Ficino, Politien, et les autres savants qui florissaient alors dans sa patrie. 11 mourut le 11 novembre 1502 , et ne fut point par conséquent un des commissaires nommés par Cosme 1er pour corriger le Décaméron de Boccace, comme on le dit trèsexpressément dans un dictionnaire tant de fois cité pour de pareils traits, attendu que Cosme I", qui ne fut mis à la tête des affaires de Florence qu'en 1537 , et qui n'avait alors que dixhuit ans, ne naquit que seize ou dixsept ans après la mort de Benivieni, et que le Décaméron ne fut corrigé qu'en 1573. Une élégie latine de Politien, à la louange de la famille Benivieni, est adressée à Antoine ; il a laissé un traité de _ Abdias nonnullis ac mirandis morborum et sanationum Causis, qui ne fut imprimé qu'après sa mort , Florence , 1506 et 1507 réimprimé plusieurs fois à Paris , à Bâle et à Leyde, avec d'autres traités de médecine
  • Antoine BENTIVOGLIO : fils du précédent, après avoir été retenu pendant quinze ans en exil loin de sa patrie, obtint enfin, en 1435, la permission d'y rentrer ; niais la faveur populaire dont il paraissait jouir excitant la défiance du pape Eugène IV, il fut arrêté, comme il sortait du palais, le -25 décembre de la même année, et, à l'heure même, il eut la tête tranchée sans jugement. Thomas 'Lambeccari, qui, après lui était l'homme le plus considéré de Bologne, fut en méme temps pendu aux fenètres du palais.
  • Antoine BERGAMINI( 1666) : poète italien , qui fit assez de bruit dans le 17° siècle, et qui est tellement déchu de sa réputation qu’on ne trouve son nom dans aucun dictionnaire, naquit à Vicence, en 1666. Il était instruit dans les langues anciennes, les mathématiques et l’astronomie. L’extrème honnèteté de ses moeurs lui inspira du dégoût pour le monde; il se retira dans un bien de campagne qu’il possédait dans le Vicentin, et consacra son temps et sa fortune à instruire la jeunesse et à faire du bien. 11 avait pour intime ami un autre poète, son compatriote, nommé André Marano ; il le perdit âgé de 82 ans, en 1744 : il en avait luimoine soixantedixhuit. Il crut soulager sa douleur en composant une ode sur la perte qu’il avait faite; mais sa mélancolie ne lit ensuite qu’augmenter, et l’on attribua généralement à ce sentiment sa mort arrivée quelques mois après. On a de lui : I° ses poésies imprimées avec celles de son ami Marano, Padoue, 1701 Ce petit volume est précédé d’une préface où les deux amis, poètes au reste fort médiocres’ se vantaient un peu trop euxmêmes, et dépréciaient trop légèrement des talents célèbres. Apostolo Zen° en écrivit avec beaucoup d’amertume et de dédain à Muratori; celuici, qui faisait alors imprimer son traité della perfella Poesia, y censura durement les deux Vicentins. Ils répondirent à Muratori par mi dialogue intitulé Eufrasio, Mantoue, 1708 Le poète napolitain, Nicolas Ameuta, prit la défense de Muratori dans une lettre adressée au P. Sébastien Paoli, clerc régulier. Le P. Paoli écrivit à son tour contre l’Enfrasio et ses auteurs. Cette querelle s’amortit et s’oublia comme toutes celles de cette espèce. Bergamini lui - même parut ne s’en plus souvenir dans sa vieil/esse. Il corrigea ses poésies, les recopia de sa main, eten laissa le manuscrit, sans annoncer l’édition qu’il en avait compté faire autrement que comme une édition corrigée. L’âge lui avait sans doute ouvert les yeux, et sur les défauts de ses ouvrages, et sur les torts qu’il avait eus dans sa préface. Qui sait mème si ce ne fut pas le sentiment de ces torts et le chagrin de s’Ocre fait une mauvaise querelle, autant que la régularité de ses moeurs, qui le dégoùta du monde? Ce qu’on ne peut observer sans intérèt, c’est que les deux amis, dont l’un, en mourant dans une \trème vieillesse, entfaina, en 1744, son vieil ami dans la tombe, étaient déjà intimement unis en 1701, et mettaient dès lors en commun les attaques et les léfenses, les bons et les mauvais succès
  • Antoine BERGIER( 1704 - 1748) : médecin, né à Myon près Salins, en 1704, mort à Paris en 1748, a traduit le Traité de la 7natière médicale de Geoffroy. Il est auteur des deux dissertations suivantes : Ergo respi- ratio motus sympathico- mechanicus, Paris , 1745, 4° ; Ergo trachœolomioe nunc scalpellum, nunc Irifidus mucro, Paris, 1748
  • Antoine BERGIER : né en Auvergne, avocat et procureur avant la révolution, fut nominé membre du conseil des cinq cents en septembre 1795 par le département du PuydeDôme. Le 15 décembre 1796, il lit un rapport sur les assignats, et quelque temps après il en présenta un autre pour la cessation du régime militaire dans la Belgique, et l'établissement de l'ordre constitutionnel. Bergier fut l'un des membres du conseil les plus opposés au maintien de la loi du 3 brumaire, et démontra l'injustice de confondre les parents d'émigrés avec les massacreurs de septembre et les disciples de Marat et de Babeuf. Il passa au corps législatif après le 18 brumaire an 8 , et y ap- puya en l'an 11 , le sénatus consulte qui prolongeait de dix années la durée du consulat de Bonaparte. 11 est mort il y quelques années. On a de lui : 1 Imtruclion facile sur l'exercice de la acuité de disposer à titre gratuit, rétablie et réglée par la loi du 4 germinal an 8, Paris, an 9 ; 2° Manuel général des magistrats, officiers et agents de la police judiciaire et de sûreté, chargés par la loi du 7 pluviôse an 9 de la re- cherche des crimes et délits, etc., ibid., 1801, 2 parties 3° Manuel spécial des officiers auxiliaires de la police de sürelé et des tribunaux de police sim- ple, ibid., 1801 4° Traité manuel du dernier état des justices de paix au 30 floréal an 9, ibid., 1802 5° Mémoire sur l'urgente nécessité de revoir et de perfectionner les nouveaux codes, et sur les moyens d'y parvenir promptement et facilement, ClermontFerrand, 1815 de 32 p. Ant. Bergier avait donné en 1783 une édition des OEuvres de Ri- card, avec des notes et des additions
  • Antoine BILAIN : avocat, né à Fismes, diocèse de Reims, et dont le véritable nom était VILAIN. Son père ayant eu l'honneur de complimenter Louis XIII à son passage à Fismes, le roi lui demanda son nom et l'autorisa à le changer contre celui de Bilain. Antoine, après avoir fait de bonnes études, plaida pendant plusieurs années avec assez de succès. A la mort de Philippe IV, roi d'Espagne, en 1667, il fut chargé d'établir les droits de la reine MarieThérèse d'Autriche sur les PaysBas et la FrancheComté, et publia à ce sujet, en 1667, un traité qui a été traduit en latin par Duhamel, et dans presque toutes les languies de l'Europe. L'abbé de Bourzeis eut, diton, la plus grande part à cet ouvrage. On cherche à y prouver la nullité de la renonciation faite par MarieThérèse, en se mariant à Louis XIV. La guerre qui suivit cette espèce de manifeste fut terminée par la paix d'AixlaChapelle, en 1668; et le grand avantage qu'elle produisit fut la possession de quelques villes qui assuraient la frontière septentrionale du royaume de Flandre. Antoine Bilain a encore publié quelques mémoires dans des affaires importantes , entre autres, dans le procès de la comtesse de St- Géran avec la duchesse de Ventadour, 1635 Il mourut à Paris, en 1672. WS
  • Antoine BERNACCHI( 1700) : chanteur, né à Bologne, vers 1700, était élève du célèbre Pistocchi, qui lui ordonna de ne chanter en public que lorsqu'il l'en jugerait digne. Bernacchi étant parvenu, avec une voix médiocre, à vaincre les plus grandes difficultés, se fit entendre dans sa patrie, qui lui donna le titre de roi des chanteurs. Il parait cependant qu'il abusait de sa facilité, et sacrifiait l'expression au désir d'exécuter les passages difficiles. J.J. Rousseau prétend que Pistocchi, mécontent de son élève, lui (lit un jour, après l'avoir entendu chanter : e Ah « malheureux que je suis! je t'ai appris à chanter, tt et tu veux jouer l » Bernacchi, après avoir été successivement attaché à la musique de l'électeur de Bavière et de l'empereur d'Allemagne, passa, en 1730, à Londres, avec Haendel. Il revint dans sa patrie, vers l'année 1756, pour y établir une école de chant, d'où sont sortis plusieurs élèves qui ont eu de la réputation
  • Antoine BONFINI( 1427 - 1502) : historien latin du 15e siècle, naquit à Ascoli, dans la Marelle d'Ancône, au mois de décembre 1427. Il lit ses études dans sa patrie, sous mi maitre alors célèbre , et connu sous le nom de Henoc d'Ascoli. Il enseigna luimême les belleslettres, et fut appelé à Recanati pour y occuper la chaire de littérature grecque et latine. 11 fut, pendant plusieurs années, recteur de ce collége, et les magistrats de cette ville, par reconnaissance, lui donnèrent les droits de cité. Sa réputation s'étant répandue hors de l'Italie, Mathias Corvin, roi de Hongrie , l'appela à sa cour , et l'y fixa avec le titre de gouverneur et de maitre de la reine Béatrix d'Aragon , son épouse. Mathias étant mort en 1490, Ladislas, qui lui succéda, conserva à Bonfini ses titres , ses pensions, avec la mission expresse de continuer jusqu'à son temps l'histoire de Hongrie, qu'il avait commencée par ordre du roi Mathias. Bonfini la conduisit jusqu'à l'année 1495.11 mourut en 1502, âgé de 75 ans. Les ouvrages qu'on a de lui sont : Renon Ungaricarum decades tres, nunc demum industrie Martini Brenneri Bistricensis Transsylvani in lucem edite, etc., Bàle, 1545 Cette ire édition était imparfaite, et ne contenait que trois décades, de quatre et demie que Fauteur avait laissées. L'ouvrage est complet dans la 2', divisée en 45 livres, Bâle, '1568 et plus encore dans la 5', cum additionibus Jo. Sambuci, Nicha- dis Ritii , Callimachi Experientis, Nicolai Olai , Alexandri Cortesii et Abrahami Bakschay, Francfort, 1581 La plus ample est la 5', Cologne, 1690 Cette histoire est estimée, tant pour l'exactitude des faits, quoique Fon puisse reprocher quelquefois à l'auteur trop de crédulité, que pour l'ordre qui y règne, et surtout pour rélégance du style. Les défauts qu'on y remarque auraient sans doute disparu, si Bonlini avait eu le temps de l'achever et de la revoir. 2. Fluvii Philostrati Lemnii libri duo de vitis sophistarum , Antonio Bonfinio interprete, ex œdibus Schurerianis, 1516 traduction peu exacte, mais édition devenue trêsrare, et recherchée des curieux. Frédéric Moicl réimprima cette traduction, mais avec beaucoup de corrections , dans son édition grecque et latine des œuvres de Philostrate, Paris, 1608 Il y joignit la traduction, jusqu'alors inédite, des lettres de Philostrate, par le même traducteur. 5. Hermoge- nis libri de Aile rhetorica et Aphthonii sophistœ Progymnastica , Ani. Bonfinio interprete , Lyon , 1558. 4. In Horatium Flaccum commentarii, Rome, sans date réimp. avec les commentaires de Badius Ascensius, Paris, 1519 5? Symposion Beatricis, sive dialogi Ires de pudicitia conjugali et virginitate, Bide, 1572 et 1621 Ce petit ouvrage contient de grands éloges du roi Mathias, et encore plus de sa femme Béatrix ; on y voit à quel point l'auteur était dans les bonnes grâces de ces deux souverains. A Rome, il fut mis à l'index. On a encore de Bonfini une relation de la prise de Belgrade par Mahomet II en 1456, qui a été insérée dans un recueil intitulé Syndromus Rerum Turcico- Pannonicarum, Francfort, 1527
  • Antoine BERTIN( 1752 - 1790) : polie érotique français, né à l'île Bourbon, le 10 octobre 1752, mort à StDomingue à la fin . Cet ouvrage eut un grand succès. L'imagination la plus brillante y est animée par une poésie gracieuse et pleine d'abandon ; les images voluptueuses y sont voilées avec délicatesse, et elles n'en sont que plus séduisantes. Bertin fut lié de l'amitié la plus intime avec Parny, auteur de poésies érotiques qui sont, comme les siennes, au nombre des plus aimables productions en ce genre. Tous deux étaient nés 'a Ille Bourbon; le mème âge, les mêmes affections les unissaient. L'analogie qui existait entre leur talent entretenait entre eux une émulation qui ne fut jamais altérée par les petites jalousies d'auteur. Une foule de lettres contenues dans les œuvres de Berlin constatent cette intimité si honorab12, pour la littérature. On a dit que Bertin s'était formé à l'école de Dorat. L'affectation, le papillotage et le faux coloris qui forment la manière dominante de ce dernier ne se trouvent que bien rarement dans les ouvrages du chantre d'Eucharis et des Autours. On sent, au contraire, que la prédilection qu'il avait pour le chevalier de Parny lui - faisait désirer de marcher sur ses traces, et d'imiter Illegofit pur, cette touche naturelle, cet abandon qui lent fait nommer son ami le Tibulle français. A la lin de 1789, Bertin passa à StDomingue pour y épouser une jeune créole qu'il avait connue à Paris. le jour tnénie, et à l'issue de la cérémonie nuptiale, il fut saisi d'une fièvre violente dont il mourut au bout de dixsept jours. Ses oeuvres ont été recueillies par clins des Oliviers, Paris, Cazin,1785, 2 vol. et réimp. en l'an 9 , et encore en 1806 Elles contiennent, outre les Amours, un La liaison scandaleuse de Bertin avec mademoiselle Hus durait encore quelques années après. Il la quitta pour la fameuse Sophie Arnould, qui ne tarda pas à l'abandonner pour revenir à son ancien amant, le comte de Lauraguais ; et l'éclat qu'elle luit à celle rupture amusa quelque temps les oisifs aux dépens du trésorier des parties casuelles. . « Les actrices et les danseuses qui le voyaient toujours à leur suite, « et qui le connaissaient bien, avaient ajouté une syllabe an con- « mencement de son nom. » L'on a dit qu'il eut part à quelquesunes des pièces représentées sous le nom d'Anseaume, entre autres Pile des fous. L—n—x. Voici la liste des principales éditions qui ont été publiées depuis : Paris, 1812 et 1818, 2 vol. ; ibid., Picard et Desenne, 1822, 2 vol. ou port.; ibid., Brière, avec les passages Voyage de Bourgogne, en prose et en vers, dam-, le genre de celui de Chapelle et Bachaumont, imprimé séparément à l'ile Bourbon, 1777 et plusieurs autres poésies fugitives. Toutes ces pièces brillent autant par la gnlce des pensées et la richesse des images que par la variété des tours, la sensibilité et le 'charme de l'expression. eh y trouve partout les sentiments d'un homme délicat, galant, aimable, et supérieur aux petites vanités de poète. Dans un épilogue qui se trouve à la lin de la dernière édition, Bertin fait son adieu aux Muses, et se montre à ses lecteurs sous des traits qui le font aimer et estimer. En amitié fidèle encor plus qu'en amour, Tout ce qu'aima mon coeur, il l'aima plus d'un jour. Il leur apprend aussi qu'il fut ami de plus d'un héros et de plus d'un homme célèbre. Parmi ces derniers il cite Delille et Laharpe; cependant l'auteur du Cours de littérature ne fait mention de lui dans aucun de ses ouvrages, et Bertin l'aurait mérité plus que beaucoup d'autres qui y tiennent une place honorable ; mais cet oubli n'empèchera pas que le chantre des Amours ne tienne un rang distingué parmi les auteurs de poésies érotiques et fugitives, genre moins facile qu'on ne le pense, et qui sera toujours en honneur chez la nation la plus spirituelle et la plus galante de l'Europe.
  • Antoine BERTOLACCI : fils de Pascal Bertolacci , ancien président de la cour suprème en Corse, sous la domination française, émigra, lors de la révolution de 1793 , avec sa famille , en Angleterre , sous le ministère de lord Guilford. Ses connaissances économiques le tirent employer par le cabinet anglais dans file de Ceylan, où il exerça pendant dixsept années la charge d'administrateur pour le roi et de contrôleur général. Les hautes fonctions de sa place développèrent ses vues politiques et civiles; et il ne cessa de les diriger vers la morale et le droit public, comme les vrais fondements de la liberté et de l'ordre, en y appropriant les notions qu'il avait acquises sur l’an- tique civilisation religieuse de l'Inde.Mais les excessives fatigues causées par l'ardente activité de son esprit et entretenues par les chaleurs extrèmes sous le tropique le déterminèrent à quitter son emploi, et à revenir en Europe. Il s'occupa en Angleterre «appliquer ses principes sur l'économie sociale, d'abord à l'administration des établissements de la GrandeBretagne dans Pinde, et ensuite à l'état présent de l'Angleterre ellemème, en publiant : A View of the agricultural, commercial, and financial interests of Ceylan; with aga Appendix containing saine of the principal laies and usages of the Candians, etc. Londres, 1817 de 577 p., avec une carte de Ceylan, par Schneider. 20 An Inquiry into semai questions of political economy applicable Io the present date of Great- Britain, Londres, 1817 de 90 p. La Corse nous ayant été rendue, l'auteur vint se fixer en France lorsqu'elle fut redevenue l'alliée de l'Angleterre. Là, livré à d'utiles méditations dans une retraite solitaire au petit Chesnay, près Versailles, une liaison intime sous le rapport moral l'unit avec le rédacteur de cet article, dont il traduisit en anglais l'article Jésus- Christ, ,inséré dans la Biographie universelle. 5o Un écrit, plein d'un patriotisme "%raiment chrétien, qu'il composa en français , intéressa vivement les deux peuples amis, en faveur des Grecs, victimes (le la tyrannie musulmane. Ce fut après la victoire de Navarin, qui a signalé l'accord (le deux nations rivales, qu'il publia la brochure patriotique dont il s'agit, et dans laquelle il proposait unealliance étroite, par mariage, avec la princesse de Kent, sous le titre de la France et la Grande- Bretagne unies , avec l'épigraphe : Terme marisque connubium, Paris, 1828 (le 45 p. L'auteur, diplomate judicieux et profond, considère ces deux grandes puissances continentale et maritime comme le complément l'une de l'autre, et comme les garants mutuels de la paix (le l'Europe entière, par l'établissement légal de l'ordre chez les divers peuples, d'après la force et l'analogie des institutions dont le but politique est le mène, quoique le champ et les moyens (l'action soient différents. 4° Ce fut enfin dans la mème vue qu'il esquissa et mit au jour en 1809 un Projet d'assurances générales sur la vie, qui seraient administrées et garanties par le gouvernement, afin d'attacher réciproquement les peuples à l'État , et l'État aux peuples, par un plan basé, non comme les autres projets de ce genre, sur des associations particulières, mais sur le crédit public mème; plan qui n'eût pu que consolider l'édilice social en assurant véritablement l'avenir de la vie et le bien-ètre des individus et des familles. Mais les troubles civils et les agitations politiques détournèrent l'attention du ministère de ce grand projet d'économie vraiment fondamentale, qui fut communiqué à Casimir Périer, et connu de MM. Sapey, député, de Noé, pair de France, et de Pozzo di Borgo, compatriote de l'àuteur, et avec lequel il avait eu des relations, ainsi qu'avec les autres. Les détails d'exécution dont il s'occupait, puisés dans ses observations et dans l'examen des divers plans d'assurances formés en Angleterre et en France , sont restés entre les mains de North Bertolacci, pupille de lord Guilford , et l'aîné des quatre fils de l'auteur , qui mourut le 10 août 1853, aux eaux de Forges, par. suite d'infirmités contractées dans l'Inde et dont il avait rapporté le germe en Europe
  • Antoine BETTINI( 1396 - 1487) : l'auteur du plus ancien ivre connu où l'on trouve des planches en tailledouce, mérite à ce titre seul une place dans la Bio- graphie. Il naquit en 1596, à Sienne, et consacra ses premières années à l'étude des lettres et des sciences cultivées de son temps. Ayant embrassé la vie religieuse, en 1439, dans l'ordre des jésuates, il fut tiré de son couvent, en 1461, pour occuper le siège épiscopal de Foligno. Dans ses nouvelles fonctions, il se distingua surtout par son zèle pour le soulagement des pauvres. II établit un montdepiété pour diminuer le fléau de l'usure, et le dota de la plus grande partie de ses revenus, ne se réservant que le plus strict nécessaire. 11 se démit de son siége à raison de son grand âge, et se retira dans un couvent à Sienne, où il mourut le 22 octobre 1487. Celui de ses ouvrages auquel il doit sa réputation est intitulé il Monte sanies di Dio, Florence , 1477 orné de trois estampes gravées sur cuivre , que l'on croit du même artiste à qui l'on attribue celles du Dante de 1481 . Aucun livre n'a plus occupé les bibliographes. Il a été décrit, d'après l'exemplaire de la Casanate, dans la première des Lettres à M. le baron de H. , par Mercier de StLéger, sur différentes éditions rares du 15° siècle ; par le P. Lake, dans l'Index librorum ab invent. typograph. , t. 1", p. 409, où il relève quelques inexactitudes de Mercier; par Fossi, dans le Catalog. codicum biblioth magliabecchiana, t. 1", p. 517; par Audiffredi , dans le Calai. edit. italicar. sœculi 15, p. '266- 71, où il répond à la critique du P. Laire ; et enfin par la Serna, dans le bibliograph. choisi, t. 2 , p. 174. La troisième estampe, qui représente l'enfer, d'après les idées du Dante, a été reproduite dans le Catalogue de la Val- hère, t. 1", p. 265. Cet ouvrage a été réimprimé à Florence, 1491 , petit à deux colonnes, avec trois gravures sur bois, copiées sur celles de l'édition précédente. On doit encore à Bettini : de Divina Preordinatione vice et mortis humance, 1480 Les bibliographes en citent une autre édition , sans date, qu'ils croient sortie des presses de quelque imprimeur de Florence. Cependant Mercier de St-. Léger donne cet ouvrage comme manuscrit, inadver- tance qui lui a été reprochée durement par l'abbé On peut conférer cette notice avec celle qui se trouve insérée .dans le Zeitgnossen, 54' série, 1er volume. L'auteur de l'Essai sur l'origine de la gravure en bois et en raille- douce , t. 4", p. 174, commet, à l'égard du livre de Bettini, une méprise que l'on s'étonne de rencontrer dans un ouvrage aussi estimable. ll place l'édition de 1477 du Monte sante au nombre des livres du 45 siècle, qui se font remarquer par des estampes en bois, tandis qu'elles sont, après les nielles florentines, le plus ancien monument connu de la gravure sur métal Lmx. Dans cet article, l'imprimeur a fait Bellini jésuite au lieu de jhuate. Voy., sur cet ordre, l'art. SAINT COLOMBIN', son fondateur. Rive, dans la Chasse aux bibliographes, t. 2, p. 574. Esposizione della dominicale Orazione, Brescia, 1586 Gènes, 1690, même format. Paul Morigia; jésuate et non jésuite, a donné la vie de Bettini dans la Storia dei personnagi illustri del ordine de' Ge- suati
  • Antoine BIANCHI : vénitien, et simple garçon gondolier à Venise au milieu du 18' siècle, mérite d'être placé dans un ouvrage tel que celuici, par le talent poétique dont il a laissé des preuves dans deux poèmes, très-étrangers sans doute aux règles exactes du poème épique et à la pureté du langage, mais où il y a de l'imagination, de la verve, en un mot, de la poésie. Ces deux ouvrages, malgré leurs défauts, étonnent, quand on sait que l'auteur n'avait jamais fait d'études, et que le titre de garçon gondolier qui est joint à son nom annonce en effet le métier qu'il fit toute sa vie; ce sont : 1. il . Davide, re d' lsraele, poema eroico- sagro, di Antonio Bian- chi, servitor di gondola Veneziano, canti 12, Venise, 1751 réimprimé la même année avec un oratorio dramatique intitulé : Elia sut Carmel°, ibid. ; 20 il Tempio , ovvero il Salomone, canti 10, Venise, 1755 avec des notes historiques et théologiques qu'on ne croit pas être du même auteur. Dans ce dernier poème, il en promet deux autres, l'un héroïcomique, sous ce titre : eue- cagna distrutta ; l'autre, la Formica contra il Leone ; mais on ne croit ,pas qu'ils aient été imprimés. Il avait aussi publié un ouvrage de critique, intitulé Osservazioni contro- critich; di Antonio Bianchi, so- pra un Trattato della commedia italiana, Venise, 1752 'JosephAntoine Costantini, auteur de ce traité sur la comédie italienne, répondit aux Obser- vations, et prétendit, dans sa réponse, qu'elles n'étaient pas du gondolier Bianchi, et que le poème de David n'en était pas non plus. Bianchi se fàclia, et déclara, dans la préface de son second poème, qu'il était prêt à prouver, de la manière qu'on l'exigerait, que le David et les Observations étaient de lui
  • Antoine BOCARRO : historien portugais, a voulu continuer l'ouvrage de Jean de Barros, intitulé l'Asie portugaise ; il en fit la 13° décade : il ne parait pas qu'il ait poussé plus loin son travail. Lenglet Dufresnoy et de Bure disent que cette 13' décade n'a point été imprimée. — Emmanuel BOCARRO, Portugais du 17° siècle, a écrit Anacephaleosis indicœ Llistoriœ, 16- 2i, ouvrage dont George Cardoso fait l'éloge dans sa Bibliotheca Lusitana. Le même biographe attribue à Bocarro , ou du moins à un auteur du méme nom : Quinta Essentia Arislotelica, 4632 ; Foetus astrologicus, Rome, 1626, réimprimé avec des augmentations, Hambourg, 16i3; 3° Carmen Miellectuale, Amsterdam, 1639
  • Antoine BOIREL( 1625) : né en 1625 , chirurgien d'Argentan, en Normandie, est auteur d'un Traité des plaies de téte, Alençon, 1677 recommandable par un bon nombre d'observations exactes, et fait dans l'esprit du chef de la chirurgie française, Ambroise Paré. On ne peut trop indiquer, dans ces premiers temps de la restauration de l'art, le petit nombre. d'ouvrages qui brillent dans les ténèbres, et dont la bonne méthode est prouvée même par Pinter& qu'ils inspirent encore aujourd'hui. Celui de Boire! est de ce nombre. —Boire! avait un frère , habitant la même ville, médecin comme lui et auteur de Nouvelles Observations sur la maladie vénérienne, Paris, 1702 ; réimprimées en 1711, .même format. Ouvrage qui est bien loin d'avoir, en son genre , le même mérite que celui de son frère sur les plaies de tète
  • Antoine BOMBARDINI( 1666) : noble Padouan , né en 1666, obtint, dès l'âge de vingtcinq ans, la chaire de droit canonique dans l'université de sa patrie • il remplit ensuite celle de droit criminel, dont on voit mème dans sa vie que les honoraires furent graduellement augmentés , depuis 1708 qu'il l'obtint, jusqu'en 1724 ; il fut enfin nommé à celle de droit civil, en 1725, et mourut subitement l'année suivante. Il a laissé la première partie seulement d'un ouvrage qui devait être divisé en deux, et qui a paru sous ce titre : de Carcere et antiquo ejus Usu ad hoc osque tempora deducto tractatus, in dual parles distributus , quarum altera historiam carceris, altera praxim complectilur, pars 1, Padoue, 1715 On en trouve un long et judicieux extrait dans le t. 7 du journal de' Letterati d'Italia. Le marquis J. Poleni a inséré l'ouvrage de Bombardini dans le t. 3 de son recueil, intitulé : Nova Supplem. utriusque l'hesauri antiquitatum romanorum grœcarurnque, et il a ajouté en notes les remarques et les corrections des journalistes italiens , traduites en latin, avec quelques additions
  • Antoine BIET( 1620) : né vers 1620, dans le diocèse de Senlis. Ayant embrassé l'état ecclésiastique, il remplit les fonctions de vicaire, et fut ensuite pourvu de la cure de SteGeneviève, à Senlis. En 1651, une com- pagnie obtint du gouvernement la cession de Cayenne, abandonnée depuis la mort du malheureux Brétigny. Les associés choisirent pour chef de la nouvelle colonie Royville, gentilhomme normand, homme de téte et d'action, qui d'ailleurs avait eu le premier l'idée de former cet établissement. La direction de la partie ecclésiasti- que fut confiée à l'abbé de l'IsleMarivault, qui s'ad- joignit plusieurs jeunes prètres, et décida Bit à quitter sa cure pour le suivre dans une contrée où il devait trouver l'occasion d'exercer son zèle apostolique. Le nombre des colons était de cinq à six cents, qui furent distribués par compagnies, ayant chacune ses officiers, auxquels ils promirent obéissance. Sur ce nombre, à peine cinquante étaient en état de supporter les fatigues d'un voyage de long cours. Tous les autres étaient des aventuriers et des débauchés, la plupart sans ressources, et qui n'a- vaient pris parti dans cette expédition que persua- dés qu'arrivés à Cayenne ils y vivraient dans l'abon- dance sans travailler. Les premiers préparatifs étant terminés, les colons s'embarquèrent près du pont Rouge, le 18 mai 1652, sur des bateaux qui devaient les conduire au Havre, où deux bâtiments avaient été nolisés pour les transporter en Améri- que. Att moment du départ, l'abbé de l'IsleMarivault ayant voulu passer d'un bateau dans un autre, tomba dans la Seine et se noya. Biet, désigné tout d'une voix pour le remplacer, n'accepta qu'avec une extrème répugnance une charge qu'il jugeait audessus de ses forces. Les bâtiments nolisés avaient besoin de réparations, qui retinrent les colons au Havre pendant trois semaines. Boyville employa ce temps à compléter l'organisation de sa troupe. 11 tira des diverses compagnies les hommes les plus beaux et les plus forts pour en faire sa garde particulière ; et dès lors il prit avec ses associés des airs de hauteur dont ils furent vivement blessés. Le sé- jour des colons au Havre avait diminué leurs provi- sions ; et lorsqu'on mit à la voile , le 2 juillet, ils n'avaient plus de vivres que pour trois mois. Roy- ville n'en commit pas moins la faute de s'arrêter devant Madère pendant plusieurs jours. 11 descendit seul dans l'ile avec une partie de ses gardes, et re-çut du gouverneur des fètes magnifiques, qu'il lui rendait à son bord aux dépens de l'équipage. Dans cette circonstance il traita ses associés avec tant de mépris qu'ils résolurent de s'en venger à la première occasion. Elle ne tarda pas à se présenter. Royville, étant tombé malade, voulut rester la nuit couché sur le tillac pour y respirer le frais. Pendant qu'il dormait, quelquesuns des conjurés se jetèrent sur Fui, et, après l'avoir percé de coups de baïonnette, le précipitèrent dans la mer. Ce fut le 29 septembre, jour de la fête de St. Michel, que les nouveaux colons débarquèrent à Cayenne. Ils furent mis surlechamp en possession du fort bâti dix ans auparavant par Bretigny. Ce fort, entouré d'une bonne palissade, était plus que suffisant pour soutenir les attaques des sauvages. Mais le nouveau gouverneur, qui se défiait de ses propres associés, en fit construire un second, entouré de fossés et de remparts, pour sa propre sûreté. Comme il désirait que cet ouvrage fût achevé promptement, il y employa tous ceux qui étaient en état de travailler, et laissa passer la saison des semailles sans en profiter. Loin de s'occuper des intérêts de la colonie naissante, les associés ne songeaient qu'à contrarier le gouverneur dans ses vues, et même à lui disputer l'autorité. Un complot qu'ils avaient formé contre lui ayant été découvert , il en traduisit les auteurs devant un tribunal qu'il avait établi pour les juger. Un seul, reconnu le plus coupable, fut mis à mort, et ses complices déportés sur le continent. Cet exem- ple de sévérité ne put ramener le calme dans la co- lonie. La division qui régnait parmi les associés ne leur permettant pas de se concerter pour la défense commune, ils eurent le chagrin de voir plusieurs habitations dévastées et brûlées par les sauvages. Cependant les colons eurent moins à souffrir de leurs ennemis que du manque de vivres. Ils étaient réduits à quelques onces de mauvais pain, et la pèche, quoique abondante, ne suppléait qu'imparfaitement au défaut d'autres aliments. Une fièvre maligne ne tarda pas à se déclarer. Dans quelques jours elle enleva les médecins et les ecclésiastiques. Biet resta seul pour soigner et consoler les malades, et s'acquitta de cette pénible tâche avec un dévouement héroïque. Les colons n'étaient plus soutenus que par l'espoir qu'ils recevraient bientôt des secours de France ; mais l'époque où les vaisseaux d'Europe fréquentent ces parages étant passée, ils se décidèrent à quitter Cayenne, et s'embarquèrent le 26 décembre 1655 sur un bâtiment hollandais qui se rendait à Surinam, où ils trouvèrent un capitaine anglais, avec lequel ils traitèrent pour leur transport à la Barbade. Biet fut reconnu chez le gouverneur par un jeune clerc irlandais, qu'il avait nourri quatre ans dans la maison de SteGeneviève, et qui lui témoigna sa reconnaissance par toutes sortes de services. Ceux de ses compagnons qui n'avaient aucune ressource en France ayant témoigné le désir de retourner à Cayenne , Biet se rendit vers la fin d'avril à la Martinique, pour y traiter de leur transport avec quelques capitaines de vaisseaux marchands. Mais le gouverneur, auquel il avait été signalé comme un espion anglais, ne lui permit pas de débarquer, et il fut obligé de rester sur le bâtiment jusqu'au départ d'un autre vaisseau pour la Guadeloupe, où l'accueil qu'il reçut le dédommagea bien de l'affront qu'il venait d'essuyer. Le gouverneur de la Guadeloupe, obligé de faire un voyage en France, offrit à Biet de l'y ramener, et ne cessa de lui donner des témoignages d'estime. Il arriva sur les côtes de Normandie le 25 août 1654, deux ans et deux mois après son départ. Biet rapportait des notes dont il se servit pour rédiger le Voyage de la France équinoxiale , ou l'ile de Cayenne, entrepris par les Français en 1652, Paris, 1664 Cet ouvrage, écrit avec candeur et simplicité , présente une lecture attachante. Le volume se termine par un Dictionnaire de la langue galibi. — Claude BIET, pharmacien, né vers 1668 à Chauvot, près de VerdunsurSaône, s'acquit une réputation dans la pratique de son art, et fut nommé premier apothicaire du roi à Versailles. 11 y mourut dans l'exercice de cette charge le 18 juillet 1728. On a de lui quelques opuscules insérés dans les Mémoires de Trévoux Cette ile fut prise peu de temps après par les Hollandais , i" i64 ; o sur les Pilules de longue vie, même année,; 5° sur le Quinquina, 17O7); 4° sur les Gouttes d'Angleterre, • 1713. L'abbé Papillon lui a consacré une notice dans la Bibliothè- que des auteurs de Bourgogne. W- S
  • Antoine BIRR( 1693 - 1762) : docteur en médecine, et professeur de grec à l'université de Bâle, naquit dans cette ville en 1693, et y mourut en 1762. On a de lui divers traités de littérature ancienne, de philologie, d'histoire de la Suisse, et d'anatomie. Il a soigné l'édition du Thesaurus linguce lalinœ de Robert, Estienne, qui a paru à Bâle en 1741, 4 vol
  • Antoine BLACHE( 1635) : né à Grenoble, le 28 août 1635, d'une famille honnête, embrassa la profession des armes, et se distingua dans plusieurs combats par son intrépidité; mais étant resté estropié d'une blessure qu'il reçut à l'assaut de Valence, en Italie, il entra dans l'état ecclésiastique, et se livra avec ardeur aux études convenables à sa nouvelle vocation ; devint curé de Ruel, et eut plusieurs conférences avec le ministre Claude. Il publia, dans le but d'affermir les nouveaux convertis dans la foi catholique, une Réfutation de l'hérésie de Calvin par la seule doctrine des prétendus réformés. il s'était aussi occupé d'astronomie; et ce fut avec un télescope de sa façon que Louis XIV observa l'éclipse de 1684. C'est peut-être à cette circonstance qu'il dut, sur la recommandation du roi, l'honneur d'être député de la province de Vienne à l'assemblée du clergé de 1685. Il avait eu cependant pour concurrent un protégé du P. Lachaise. L'abbé Blache était de la communauté des prêtres de la paroisse de StSulpice, lorsque l'archevêque de Paris Péréfixe le mimma, en 1670, directeur des calvairiennes du Luxembourg. Deux ans après, il devint visiteur de toute la congrégation. Pendant son séjour dans la communauté de Paris, il fit connaissance avec la marquise d'Asserac, logée dans une maison adossée au couvent. Il raconte qu'elle lui fit confidence du projet qu'elle avait d'empoisonner le roi et le dauphin avec des parfums ; qu'étant allé consulter le recteur, le procureur et le P. Guilloré, du noviciat des jésuites, pour apprendre d'eux de quelle manière il devait en faire prévenir Sa Majesté, ils lui représentèrent que c'était un affreux complot auquel il n'était pas permis ; T—D etZ.
  • Antoine BLACKWALL : ecclésiastique et savant critique anglais du 18° siècle,' natif du comté de Derby, étudia à l'université de Cambridge, et devint maitre (l'école à Derby. 11 :commença à se faire connaître en 1706, par une édition des Sentences morales de Théognis, avec une nouvelle version latine, (les notes et des corrections. 11 publia en 1718, en 1 vol. une introduction aux classiques, qui obtint, dans le temps, une grande réputation, mais qui a été surpassée depuis par des traités du même genre, écrits dans un esprit plus philosophique. 11 vint s'établir, en 1722, à MarketBosworth, dans le comté de Leicester, où il continua de se dévouer à l'instruction de la jeunesse. Ce fut en 1725 que parut le plus connu de ses ouvrages ; les Classiques sacrés défendus et éclaircis ; une seconde édition fut publiée en 1728, et un 2° volume fut imprimé après sa mort, en 1731. L'auteur s'attache à'démontrer que la plupart des expressions et des phrases qui ont été critiquées comme des barbarismes dans les écrivains du Nouveau Testament ont été employées par les meilleurs auteurs classiques. Il attribue une partie des défauts qu'on leur reproche à des fautes de traducteur. Cet ouvrage, trèsestimé des théologiens, a été regardé par quelques savants critiques comme plus édifiant que solide. Chr. Wollius en a publié à Leipsick, en 1736, une traduction latine. On a aussi de Blackwall une grammaire latine qu'il avait composée pour l'usage de ses écoliers, et qui a été imprimée sans nom d'auteur. Il avait, diton, beaucoup de talent comme instituteur, et il a formé d'excellents élèves, parmi lesquels on cite Richard Dawes, auteur des Miscellanea critica. Antoine Blackwall mourut en 1730, âgé de 56 ans
  • Antoine BLANCKHOF( 1628 - 1670) : peintre, né à Alcmaër, en 1628, prit d'abord les leçons de deux peintres médiocres, et eut ensuite pour maitre César van Everdingen . Blanckhof alla à Rome, et y retourna jusqu'à trois fois ; car son caractère trèsinconstant ne lui permettait guère (le se fixer dans un lieu quelconque. 11 s'embarqua sur la flotte destinée pour Candie, et y étudia si bien la nier dans ses divers aspects, qu'il fut reconnu comme un bon peintre de marine. Descamps assure que les ouvrages de I3lanckhof perdaient à être trop terminés; on estime ses tableaux en Hollande, mais ils sont peu connus en France. Blanckhot' mourut en 1670, âgé de 42 ans
  • Antoine BONGIOVANNI( 1712) : savant littérateur italien du 18° siècle, naquit aux environs (le Vérone en 1712. Élevé d'abord par un frère qui était archiprêtre à Lunigo, il fit le reste de ses études à Padoue, sous les plus habiles professeurs. 11 en sortit, également versé dans le latin, le grec, l'hébreu, la théologie, le droit civil et le droit canon, et reçu docteur dans ces dernières facultés. Il alla se fixer à Venise, où il se lia intimement avec le savant AntoineMarie Zanetti, garde de la bibliothèque de StMarc. Ils entreprirent ensemble, et ils eurent la gloire d'achever les catalogues des manuscrits grecs, latins et italiens de cette riche bibliothèque, qui parurent sous ces deux titres : I° Grœca D. Marci Bibliotheca codicton manuscriptorum per titulos digesla, Venise, 47.40 2° Latina et Italica D. Atarci Bibliothec. codicum manuscriptorunt, Venise, 1741 Le sénat, satisfait de cet ouvrage, en récompensa chacun des deux auteurs par le don d'une médaille d'or d'un trèsgrand poids. Bongiovanni publia de plus : Grceea Scholia scriptoris anonyini in Homeri Iliados lib. I , ex « hist° cod. bibi. Vend. Anion. Bonjoannes erult, latine inter pretatus est, nonuple illustravit, Venise, 1740 4° Leontii monachi Hierosolymaani quœdam ad historiam ecclesiasticam spectantia , etc. Ces ouvrages du moine Léonce, traduits du grec en latin par Bongiovanni, et accompagnés de notes et observations savantes, ont été insérés dans le t. 6 de la Nora Colleen° sanctissimorum conciliorum et decretorum du P. Mansi, Lucques, 1752 5° Libanii sophistœ Oraliones 17, Antonius Bonjoannes nunc primum c manuscriplorum codd. eruit, latine vernit, nonuple Iraq!, Venise, 1754 6° Theodoren Opuscula duo ? tune primum vulgala, Venise, 1759 etc. On ignore l'année de sa mort
  • Antoine BRÉMOND( 1692 - 1755) : général de l'ordre de StDominique, né à Cassis, en Provence, en 1692 , fut envoyé comme missionnaire à la Martinique , dès de vingtquatre ans. Ce climat ne lui convenant pas, il fut rappelé à son monastère, et y fut maitre des novices jusqu'en 1725, où le général le lit venir à Borne pour lui confier la publication du Bullaire de l'ordre de SI- Dominique, collection qui parut de 17:29 à 17i0, en 8 vol. Il succéda, en 1748, au P. Ripolli, général de l'ordre, et employa tout son crédit à rallumer dans sa congrégation le goût des bonnes études. Il mourut le 12 juin 1755. Outre le Bullaire cité plus haut, il a publié : 1° Manualc utile ad un Cristiano , ( radoub e raccollo da cari libri , Rome, 1736 : il composa ce recueil à la prière du prétendant ; 2° de Germana Stirpe S. Dominici, Rome, 1740 ; 50 de illust. vins Par° martyre Sansio et Francisco Serrano, et aliis in Fo- kienna provincia martyribus , Bome, 1755 ; 4° Annalium ordinis prœdicatorum volumen primum, Bome, 1756 On trouve sa vie dans ce volume ; l'ouvrage a été continué par les PP. Mamachi, Pollidori, Badetto et Christianopulo
  • Antoine BORDAZAR( 1671) : l'un des plus savante imprimeurs de l'Espagne, naquit à Valence en 1671, de parents qui exerçaient cette profession. Sa première éducation fut assez négligée, et il avait passé où l'on a terminé ses études , lorsqu'il commença à apprendre le latin. Ses progrès dans cette langue furent rapides, et paraîtront étonnants quand on saura qu'abandonné à luiméme, il travaillait sans mai tre. Les réflexions qu'il eut l'occasion de faire sur la grammaire le conduisirent naturellement à s'occuper de sa propre langue. Surpris qu'elle n'eût pas encore un système complet et uniforme d'orthographe, il en composa un qui eut l'approbation des écrivains espagnols les plus distingués, et dont il se fit en peu de temps deux éditions. Encouragé par ce premier succès, il publia un traité d'orthographe de la langue latine, qui obtint le mème accueil. La mort de son père l'ayant placé à la tète d'une imprimerie , la plus importante de Valence, il songea à donner à cet art une considération dont il n'avait pas encore joui en Espagne. Il adressa au roi un mémoire pour démontrer que les livres d'église qu'on achetait de l'étranger pouvaient facilement étre imprimés en Espagne, puisque les fabriques de ce royaume fournissaient du papier d'une qualité supérieure , et que l'on y trouvait des ouvriers trèshabiles dans la fonte des caractères. Ce mémoire, accueilli par le conseil royal, n'eut aucun résultat, parce que des moines de l'Escurial avaient un privilége pour le commerce de ces sortes de livres. Bordazar nefut pas plus heureux dans son projet d'établir à Valence une académie pour l'enseignement des mathématiques , science qu'il avait cultivée avec succès, et sur laquelle il a publié plusieurs écrits. Une lettre dans laquelle il rendait compte de son plan , et des moyens de le mettre à exécution, produisit parmi les grands et les lettrés une espèce d'enthousiame ; mais le zèle ne se soutint pas, l'académie ne fut point fondée, et Bordazar, abandonné à ses propres ressources, se contenta d'enseigner luiméme gratuitement à la jeunesse de Valence l'arithmétique, la géométrie et l'architecture. Ce citoyen respectable , sans cesse occupé de l'utilité publique, forma le dessein de lever le plan topographique du royaume de Valence ; mais, toujours malheureux dans ses projets, il mourut avant d'avoir achevé son travail , en novembre 1714 , épuisé des fatigues qu'il avait essuyées à la char- treuse du Val de Christ. On a de lui :1° Ortografia espanola, Valence , 1728 , ; 2e édition , 1730 2° Practica de orlogra/ ia espailola ; abrégé de l'ouvrage précédent, souvent réimprimé. Ortografia laina, 1750 Planiificaçion de la imprcn 1741. 7° Pensées sur la comète de 1744. 8° Reduccion de monedas antiguas i corientes de Ioda Europa, etc., Valence, 1756 9° Celendario perpetuo On a encore de Bordazar divers ouvrages historiques peu considérables, des poésies latines et espagnoles peu estimées. 11 a laissé manuscrits plusieurs ouvrages importants , entre autres une Grammaire et un Dictionnaire espagnols; un Dictionnaire des sciences; des Récréations mathématiques ; des Tables chronologiques et astronomiques, que son ami, Mayans y Ciscar, s'était engagé à faire avec lui. « Bordazar, dit ce dernier « dans son Specimen bibliothecce, était un homme « d'un grand génie, de beaucoup de jugement, d'une ic probité rare, toujours occupé de l'utilité publique, « et paraissant né pour elle, trèshabile dans son art, « agréable et joyeux dans la conversation, savant et « facile dans ses écrits. u D—G et V—vE.
  • Antoine BOUDET : né à Lyon , imprimeurlibraire à Paris, mort en 1789, fut l'un des collaborateurs du Journal économique, Paris, 1751 -1772, 28 vol. et 15 vol. ; il a aussi publié un recueil des Sceaux du moyen âge, avec des éclaircissements, 1779 Il fut l'inventeur du journal intitulé : les Affiches de Paris, Avis divers, qui commencèrent à paraître le 22 février 1745, et forment, jusqu'au 5 niai 1761, 7 vol. petit — Claude BOUDET, chanoine régulier de StAntoine à Lyon, et fière du précédent, mort à Paris, le 25 décembre 1774, a publié : 1 ° Mémoire où l'on établit le droit des abbés de St- Antoine, de présider aux états de Dauphiné, sans date 2° la Vraie Sagesse, traduite de l'italien de Segneri, 1744 Vie de M. Rossillon de Bernex, évêque de Genève, 1751, 2 vol. Il a fourni un grand nombre d'articles au Journal économique, qui s'imprimait chez son frère
  • Antoine BOUNIOL : médecin, docteur de la faculté de Montpellier, a publié un Discours sur la maladie épizootique des animaux et sur les moyens propres à les conserver . On a encore de lui deux dissertations latines : Qucestiones medicoe : An inflammationi generaliler sumpta3 seclionis vente repetitio sertis legibus fulcialur ? et An cedemati universali seu anasarcce ferruginee? Burdigalm, 1755 Bouniol résout ces deux questions affimativement. 11 est mort à la fin du 18° siècle
  • Antoine BROGNOLI( 1723 - 1807) : littérateur et biographe, naquit, vers la lin de 1723, à Brescia, d'une famille patricienne. Ayant achevé ses études littéraires dans les collèges de cette ville et dans ceux de Milan et de Parme, il résolut de s'appliquer aux mathématiques; et dirigé par le savant P. Jacques Belgrado , il fit de rapides progrès dans les sciences. A l'amour des lettres, Brognoli joignait les qualités les plus brillantes, et savait faire le plus noble usage de sa fortune. Il établit ou restaura plusieurs académies, et ce fut à ses soins que Brescia dut un théâtre où furent représentés, avec la pompe convenable, les chefsd'oeuvre lyriques de l'Italie. Plein de zèle pour la gloire de ses compatriotes qui s'étaient distingués dans les sciences, il se montra constamment le soutien des littérateurs et des artistes dont les talents lui parurent mériter d'être encouragés. Cet homme généreux mourut au mois de février 1807, à l'âge de 84 ans. Le célèbre J.B. Corniani publia son éloge à ra tète d'un recueil de vers composés à sa louange. Les ouvrages les plus remarquables de Brognoli sont : r il Pregiudizio, canto, Brescia, 1766 C'est un poème philosophique, trèsestimé au delà des monts. 2° Armorie aneddote speltanti all' assedio di Brescia dell' anno 1438, ibid., 1780 5° Elogi de' Bresciani per dottrina eccelenti del secôlo 18, ibid., 1783. Elogio del cardinal Quirini, dans la Raccolta de l'abbé Rubbi, t
  • Antoine BRUCIOLI ou BRUCCIOLI( 1400) : naquit à Florence vers la lin du 15° siècle. On connaît peu l'emploi qu'il lit de ses premières années ; on sait seulement qu'il montra dis lors des dispositions extraordinaires, et que-, jeune encore, il lit partie de la société des plus savants Florentins qui se rassemblait, dans les beaux jardins de Bernard Rucellaï. En 1522, il entra dans une conjuration formée par quelques citoyens de Florence, contre le cardinal Jules de Médicis, qui gouvernait alors cette république au num de Léon X, et qui depuis fut pape sous le nom de Clément VII. Cette conspiration ayant été découverte, Bruccioli fut obligé de se cacher, et vint en France chercher un asile. Lorsque les Médicis eurent été chassés de Florence par la reNolulion arrivée en 1527, il se hàta de revenir dans sa patrie. Il y rapporta les opinions, alors nouvelles, des réformateurs, et se mit à déclamer hautement contre les moines et contre le clergé. Sa foi devint suspecte ; il fut arrêté et mis en prison. Accusé d'hérésie, et de projets contraires au repos de l'État, il n'échappa au supplice que par le crédit de quelques amis, qui parvinrent à faire commuer sa peine en deux ans de bannissement. Il se retira alors à Venise avec ses deux frères, qui étaient imprimeurs. Bruccioli se servit de leurs presses pour publier la plus grande partie de ses ouvrages. Le plus célèbre est la Iliblia iradotta in lingue toscane, dont la première édition parut en 1552 Il la dédia au roi François I", et ne reçut ni récompense, ni même aucune réponse de ce monarque. L'Arétin s'en étonne dans une de ses lettres. « Peut-être, « ditil ironiquement, le livre n'étaitil pas assez « bien traduit, ni assez bien relié. » La reliure pouvait être fort belle, mais le fait est que la traduction n'avait eu aucun succès dans le publie, On l'avait trouvée, nonseulement fort mal écrite, mais pleine d'hérésies. Bruecioli en mit bien plus encore dans le commentaire diffus qu'il publia ensuite en 7 tomes ou 3 vol. Cette nouvelle édition, qu'on trouve trèsrarement complète, parut à Venise, en 15441548. Il prétendit avoir fait sa version sur le texte original ; niais Richard Simon a fort bien prouvé que Bruccioli savait trèspeu l'hébreu; qu'il s'était généralement servi de la version latine du P. Saines Pagnini, qui avait paru en 1528, et qu'il ne l'avait nième pas toujours bien entendue. Ses autres ouvrages consistent en traductions italiennes d'auteurs grecs et latins, parmi lesquelles on remarque celles de la Politique d'Aristote, Venise, 1M7 de la Physique du marne, ibid., 1551 ; du traité du Ciel et de la l'erre, par le me m, ibid., 1556 ; et de la Rhétorique de Cicéron, ibid., 1558 et 1542. H a aussi revu la traduction de l'Histoire naturelle de Pline donnée par Christophe Landini, Venise, 1543 On lui doit encore des éditionts de Pétrarque, Venise, 1548, in -8°, et de Boccace, Venise, 155S avec des notes, et enfin i Dialoqhi della morale filosofia, Venise, 1528 i Diuloghi faceti, Venise, 1535, in -4° Cet auteur avait tant écrit, que le mé?ie Arétin disait que le nombre de volumes qu'il avait publiés surpassait de beaucoup celui de ses années. On ignore l'époque de sa mort. On sait seulement qu'il vivait encore en 1554, puisqu'il composa et prononça un discours sur l'élection du doge François Veniero, discours qui fut imprimé la mème année
  • Antoine BRANDANO ou BRANDAM( 1584 - 1637) : de la même famille que le précédent, moine portugais do l'ordre de Cîteaux, né à Alcobaça, le 25 avril 1584, enseigna l'Écriture sainte à Coïmbre, et fut abbé du monastère d'Alcobaça. Il fit une étude particulière de l'histoire de son pays, et fut chargé de continuer le grand ouvrage intitulé : Monarquia Lusitana, que la mort de Bernard de Britto, moine cistercien, avait en 1617. Il travailla, pendant près de dix ans, à recueillir des matériaux dans les archives du gouvernement, et dans celles des monastères et des églises. Il publia la 3' et la 4' partie de cette grande histoire, à Lisbonne, en 1652, 2 vol. Cette suite estimée du corps d'ouvrage le plus considérable et le plus rare que nous ayons sur l'histoire de Portugal embrasse les temps qui se sont écoulés depuis 1157 jusqu'à l'an 1279, c'est-àdire depuis le règne de Henri, comte de Portugal, jusqu'à la mort d'Alfonse 111. Ces deux volumes furent imprimés clans le monastère Diva; virginis estais, qui était alors sous la direction d'Antoine Brandano. Ce savant religieux avait succédé à Emmanuel Mena dans la charge d'archichronographe du roi, et mourut à Alcobaça, le 27 novembre 1657.— François BRANDANO , neveu d'Antoine, né aussi à Alcobaça, en 1601, et, comme lui, religieux de l'ordre de Cîteaux, dans le monastère On a encore de lui un Discours grau- latoire sur l'établissement de Jean I FT sur le trône de Portugal , Lisbonne , 1(111 François Brandano mourut à Lisbonne en •685, âgé de 82 ans. Il a été loué par George Gardoso, dans Agiologio Lusitano, ou Traité des hommes il- lustres de Portugal. — Un autre Alexandre BRANDANO lit imprimer, à Venise, 1689, 2 vol. une histoire en italien de la révolution qui mit en 1640 la maison de Bragance sur le trône de Portugal : Historia delle guerre di Portogallo, succeduta per l'occasione della separazione di quel regno dalla corona cattolica. — Louis BRANDANO OU BAANDAM, jésuite, né à Lisbonne, où il mourut le 5 mai 1665, a publié en portugais des Méditations sur l'histoire évangélique pour tous les jours de l'année , imprimées à Lisbonne en 1679 et 1685 — D. Hi- larion BRANDANO ou BRANDAM, savant théologien, né à Coïmbre, d'une noble famille, mourut à Lisbonne, le :22 août 1785. On a de lui plusieurs livres de dévotion, entre autres celuici : Vox de Amaado, Lisbonne, 1579
  • Antoine BRET( 1717 - 1792) : né à Dijon en 1717, Mort à Paris, le 25 ferier 1792, à l'ûge de 75 ans, l'un de ces ierivairts qui, avec de l'esprit, et méme une sorte de talent , S'exercent dans presque tous lés genres, et ne parviennent à s'dever dans aucun audessus dU médiocre. Celuici à composé des roMattS , dès pentes, des comédies, des fables, des pièces fugitives Insérées dans l'Almanach des Muses ; il a travaillé pour lès journaux , et cependant n'a pas laissé un seul ouvrage qui lui assttre aie réputation. Sa comédie de la Double extravagance est là seule qui reparaisse encore quelquefois sur la scène danS les provinces. L'intrigue en eSt agréable, Mais le dialogue n'en est point assez Vif, ét le style, quoititie assez pur, manque de chaleur. L'Orpheline, ou le faux Généreux, accueilli dans sa nouteattté, à raison de qUelqueS situations touchantes , est encore phis froidement écrit. Le défaut de VérVe et de force comique est telUi qui se • fait le plUS sentir dans les pièces de Bret, et tpeon la a le plus généralement reproché. Ses plans sont faiblement conçus. Il &rit d'ailleurs avec pureté, et montre des connaissances approfondies dans l'art cirailettique. Il les avait acquises par l'étude deS titiv•ages des grandS maitres, et surtout de téttx de Molière dditt il a publié une édition avec un commentaire , Paris , 177:5, G vol. lig.. ; téitnpr. en 1778, 8 Voi. petit Ori a encore dé ce féedriti écrivain : io ta Cythéride , Paphos , 1743. 2° Le *", histoire bavarde, Londres , 1740, 1751 11 . y a des exemplaires qui portent simplenieni pour titre : Histoire bavarde. 5° Lycoris, oü ta Courtisane grecque , ArriSterdam , 1716 , 2 vol. 40 Mémoires sur la vie de kinon de Len- Bresson fit imprimer éii 4793 des Réliexions sur les buses d'une constitution, Paris ; 8° de 70 p. « Il y a six mois, dit- il, « c’étais un crime d'attaquer la constitution dé 93 ; aujourd'hui ce « n'est pas nième une vertu alors il fallait croire ou mourir, att« jettril'hui oui nous dispense de l'un et de l'autre ; on , »Mis laisse vivre et Penser: » Il s'életé avec ItidIgn011eti contré l'Usage qu'est avait fait de la colistilinkfit de 93, depuis le 9 thermidor; « Voulait« ou perpétuer l'anarchie, empèclièr un sage décret, provoquer une mesure désastreuse? Duhein, Chasles,‘ et autres représentants. « énergiues s'affnaléitt de la cetistitutiOn de 93. Voulaiton vous «arracher la liberté cleS pàtriotes oppliinés ? c'était aVec Consti-' « fion de 93? Voulaiton vous injurier, vous diSsotidre, c'était atec « la constitution de 93; et le ter prairial, quand on est venu vous « assassiner, il'éialtLcé Pis avec la constitution de 93'l Quand, par « tin Commun instinct, je vois les assassins et leS voleurs se rallier « autour d'elle; je ne Sais s'il est tin Ininnète Itothilie qu'elle né doive « épouvanter. Et c'est la convention nationale de France, si pins« Sanie, si redinitable, qui tremble devant ces tables ridicules ! An ! qu'elles àbiént briséeS Sint la tombe de leurs auteurs, et qu'on « nous donne enfin l'Évangile de la douce et sage liberté » Ce commentaire ne se borne point à des remarques grammaticales, il offre encore des observations pleines de goût, de finesse et de solidité, sur les moeurs, les usages, les modes; des anecdotes relatives à chaque comédie, et des réflexions critiques trèsprécieuses. clos, Paris, 1750 ; Amsterdam, 1775 5. Essai de Contes moraux et dramatiques, Amsterdam et Paris, •765 6° Essai d'une Poétique à la mode , épitre à M":*** , Paris , 1770 7° Tables orientales et Poésies diverses, Paris, 1772 , 3 vol. , réimpr. à DeuxPonts , dans la même année. Le Théâtre de Bret a été publié, Paris , 1765 , ou 1778 , 2 vol. Cette dernière édition est la plus complète , bien qu'elle ne renferme pas toutes les pièces de l'auteur : il en a même retranché l'Entétement, comédie en 1 acte et en vers, qui se trouve clans l'édition de 1765. Outre les pièces déjà citées, ce recueil contient : l'Ecole amoureuse ; le Jaloux ; l'Humeur à l'épreuve, comédie en 1 acte et en prose , représentée d'abord en 2 actes sous le titre des Deux Soeurs ; la Maison, comédie en 2 actes et en vers ; le Protecteur bourgeois ; les Lettres anonymes , comédie en. 4 actes et en vers ; les Deux Julie, ou le Père crédule, comédiefarce, en 5 actes et en vers libres , imitée des Bacchides de Plaute. Les trois dernières de ces pièces n'ont pas été représentées. Dans quelques biographies , on attribue à Bret plusieurs ouvrages d'Alexandre Jean Lebret ; les Quatre Saisons, poëme de Bernis ; et les Galanteries de Thérèse, 1745 , roman réimprimé en 1754 sous le titre de la Belle Allemande, ou les Galanteries de Thérèse. Confiant, modéré, incapable d'envie, heureux du bonheur de ses amis, il mena une vie douce au milieu d'eux. On rapporte que, dans sa jeunesse, il alla voir, dans son château, un seigneur bourguignon , qui , trop vain de sa fortune et de ses titres, commença par lui dire , comme pour l'avertir des égards qu'il attendait de lui , que ses vassaux ne s'asseyaient et ne se couvraient jamais en sa présence. « Parbleu, dit Bret en se jetant dans un fau« teuil, et enfonçant son chapeau, ces genslà n'ont u donc ni c.. ni tête !» W—s.
  • Antoine BULIFON : né en France, alla s'établir à Naples , où il embrassa le commerce de la librairie. Ses affaires ne l'occupèrent pas exclusivement. Il s'adonna k l'etude de l'histoire et de l'an- tiquité. On a de lui un grand nombre d'ouvrages les principaux sont : 1° l'Assedio di Vienna da G. P. Voelikeren, vulgarizzato , Naples , 1684 2' Lettere, Pouzzoles, 4685 50 Co pendio delle vite de' re di Napoli , 4688 4" Cronica minore, ovvero Annali e giornali istorici della città e regno di Napoli, 1690 ; 5° Cent- pendio istorico degl' incendj del monte l'esavio, Naples , 1698 et 1701 ; 6' le Guide des étrangers pourvoir Pouzzole el ses environs, traduit de P. Sarnelli, Naples, 1702 fig. ; 7O Journal du voyage d'Italie de Philippe V, Naples, 1704 11 a aussi traduit en italien les Voyages de Charles Patin. Les ouvrages de Bulifon , sans être trèsprofonds, sont assez savants ; mais on voit qu'il n'était pas bien versé dans la connaissance des B
  • Antoine BURGOS : né à Salamanque, réféIcndaire à Rome de l'une et l'autre signature, professa pendant vingt ans le droit canonique à Bologne. Sa grande répiitation le lit appeler à Borne par Léon X, qui désira, datis les affaires importantes, de prendre ses avis. Burgos exerça la charge de la signature de gràce sous Léon X, Adrien VI et Clément VII. Il mourut à Rome, àgé de 70 ans, le 10 décembre 1525, et ftit enterré dans l'église de l'hô- pital de StJacques, dont il était un des 'bienfaiteurs. On a de lui‘un volume intitulé : Super utili et quotidiano Titulo de emptione el venditione in De- cretalibtes, Pavie, 1511 ; réimprimé à Parme, 1574; Venise et Lyon, 1575. 11 écrivit aussi sur le texte de plusieurs autres titres des décrétales, de Canai- lutionibus, de Rescriptis, etc. On trouve tous ces traités dans l'ouvrage cidessus. — Alphonse BURGOS, médecin, docteur de l'université de Complote I ou Meula, exerça la médecine à Cordoue, dans le r siècle, et y remplit la charge de médecin de l'inquisition. — Jean BURGOS, médecin espagnol, est auteur d'un traité de médecine intitulé de Pu- pilla oculi, V—vE.
  • Antoine BUTTURA( 1771) : littérateur et poëtc, naquit à Malsenna, sur le lac de Guarda, près de Vérone, le 27 mars 1771, d'une famille de négociants. 11 fit ses études au collége de Vérone, où le professeur Cagnoii, savant astronome, et qui avait un tact tout particulier pour juger ses disciples , le distingua et démêla en lui l'avenir d'un littérateur distingué. Les progrès du jeune Buttura furent en effet bien rapides : à douze ans il improvisa, en présence de ses maitres , de ses condiciples et d'un auditoire nombreux, un discours de deux heures, offrant un parallèle ingénieux entre la littérature ancienne et la littérature moderne. Ce début fixa si bien sur lui l'attention publique , que lorsqu'à dixsept ans il sortit du collége , il se vit appelé au poste de secrétaire général du congrès de Venise, par les hommes qui venaient d'y opérer une t•évolution démocratique. Le jeune Buttura montra dans ses fonctions toute la supériorité d'un esprit élevé, en même temps avec le plus grand succès. Le traité de CampoFormio en 1799, eu faisant tomber sous l'influence autrichienne les républiques naissantes du nord de l'Italie, fit perdre à Buttura sa place de secrétaire général et le força d'émigrer. Il se fixa en France, où Français de Nantes, directeur des droits réunis et zélé protecteur des gens de lettres, le fit nommer, en l'an 8 , professeur de langue et de littérature italienne au prytanée de StCyr. Les succès et le bien-être qu'il obtint dans sa patrie d'adoption l'engagèrent à se faire naturaliser français , et à refuser de retourner en Italie pour y occuper la chaire d'histoire et de littérature au collége de Mantoue , qui lui fut offerte en 180:2. Nommé chef du bureau des archives du département des relations extérieures du royaume d'Italie, établi en France , il mit tant d'ordre dans cette partie de l'administration, que Napoléon, pour le récompenser, le nomma consul général du royau- me , à la résidence de Fiume, où il se rendit avec toute sa famille jusqu'à la chute du grand empire. A cette époque, Buttura, mis en disponibilité, revint en France , et trouva dans ses travaux littéraires de l'aisance et de la renommée. C'est en France qu'if a composé presque tous ses ouvrages. Il avait débuté par une traduction de l'Art poétique de Boileau , puis de l'Iphigénie de Racine, qui obtinrent les suffrages de tous les connaisseurs et ont eu plusieurs éditions II publia ses oeuvres sous ce titre : Poesie, Parts , 1811 , 1 vol. Ce volume contient les poésies lyriques en l'honneur de Napoléon le Grand, Enée et Lavinie, différentes pièces détachées, parmi lesquelles on remarque une ode sur la mort de Desaix , enfin l'Art poétique de Boileau. Nous citerons encore son élégie dite le Poule Buttura, ses odes sur la grossesse de MarieLouise et la naissance du roi de Rome, une imitation en vers réguliers d'un poême en vers latins par Eloi Lemaire, et que Legouvé a aussi traduit en vers français; son imitation d'un conte d'Andrieux intitulé le Portrait , il nitrait°, Paris, 1812 ; enfin, ses deux odes, l'une à la France à l'occasion de la paix continentale , l'autre à la Grèce suppliante, qui lui valut le titre de membre de la société des Philhellènes et qui a été traduite en fran- çais par M. Péries. On doit à Buttura plusieurs ouvrages en prose italienne, entre autres un Essai sur l'histoire de la république de Venise , Milan , 1816. 11 écrivait avec facilité en français , témoin ses nombreux articles de critique littéraire insérés dans le Répertoire de la Littérature ancienne et moderne. Comme éditeur annotateur on a de lui : I° Biblio- thèque poétique italienne, Paris , Lefèvre, 1820 et suiv., 50 vol. 2° Bibliothèque de prose ita- lienne, Paris, 1825 ; 5' les quatre grands poêles italiens , 8 vol. ; 4° les Animaux par- lants de Caste... Chargé, en 1819, de professer à l'athénée un cours de littérature italienne, il prononça son Discours d'ouverture, Paris, Firmin Didot, 1819, broch. Après avoir déterminé l'objet des beauxarts et fixé les principes qui doivent en ré- gler la pratique, il les appliqua ensuite à la litterature italienne, dont il offrait un tableau rapide en passant en revue les 14e, 15°, 16', 17' et 18e siècles. Buttura était sur le point de terminer un diction- naire italien ; il ne restait plus à faire que les deux dernières lettres, lorsque la mort est venue le surprendre en 1852. Le Dictionnaire italien- français et français- italien a néanmoins paru sous son nom la même année
  • Antoine CADET DE VAUX( 1743) : frère de LouisClaude Cadet de Gassicourt , naquit à Paris, Les principaux membres de cette famille originaire de Champagne sont : I° Claude CADET, membre du collège de chirurgie, qui a publié deux ouvrages sur le scorbut, et est mort en 4745, laissant treize enfants sans fortune ; n'un d'eu; appelé le saigneur CADET, parce qu'il était renommé pour la saignée, appartenait aussi à l'académie de chirurgie depuis l'année 4752 ; 3° Louis- Claude CADET DE GASSICOURT, de l'académie des sciences, père de Charles- Louis; 41, CADET DE VAUX , frère de Louis- Claude ; 51 CA- DET DE CHANDINE, ancien premier commis des finances au département des ponts et chaussées, ancien membre du conseil de ce département, frère de Louis- Claude, et père de M. CADET DE ClIAMBINE, ancien chef de division, ancien membre et secrétaire du conseil des ponts et chaussées, avocat à la cour royale, qui a publié quelques VI, le 15 septembre 1745, quatorzième enfant d'un père sans fortune. Le receveur général StLaurent subvint aux frais de son éducation classique, et le fit entrer chez un pharmacien estimé. Cadet profita si bien du peu de loisir que lui laissaient les soins du laboratoire, qu'il fut bientôt en état de traduire du latin des Instituts de Chimie de Spielman. Ses liaisons avec Duhamel et Parmentier le portèrent à l'étude de l'économie rurale qui devenait une science déjà riche de bons ouvrages. Cadet l'étendit, sans l'abaisser, aux habitudes populaires de l'économie domestique. Pour se livrer sans distraction à ses gatits dominants, il se défit d'une pharmacie qu'il avait acquise, et qui resserrait dans un cercle trop étroit le besoin qu'il avait d'être utile. On n'imprimait alors pour Paris et pour la province qu'un seul journal, la Gazette de France. Le Mercure était tout littéraire , ainsi que le Journal des Sa- vants , que son titre seul reléguait dans le cabinet d'un petit nombre de lecteurs. Cadet de Vaux con-çut, en 1777, le projet du Journal de Paris. Une feuille qui promettait une Fiture quotidienne à la, curiosité de la capitale était une heureuse idée. Ca- det de Vaux en eut le privilége, à la charge de s'as- socier pour collaborateurs Suard, d'Ussieux, Corancez. Le journal réussit au delà de leur attente, et le bénéfice, quoique morcelé, procura toujours à Cadet de Vaux une assez grande aisance. On peut dire que, de cet instant, toute la carrière de ce philanthrope fut marquée par des travaux dont l'utilité publique était l'objet. Témoin de plusieurs as- phyxies occasionnées par la vapeur maligne qui s'é- chappe des fosses d'aisance au moment de l'ouverture, Cadet indiqua des précautions à prendre pour en prévenir les funestes effets , et la cessation des accidents constata l'efficacité des moyens. Il fit sentir le danger qui résultait, pour tous, de l'usage des vaisseaux en cuivre qu'employaient plusieurs débitants, ainsi que de feuilles , de même métal dont les marchands de vin recouvraient leurs comptoirs ; et, gràee à ses démarches actives et pressantes, il en obtint la prohibition. C'est encore à Cadet de Vaux qu'on a , qui fat artiste pensionnaire de l'OpéraComique, rue Favart, de 1796 à m801; 7° Madame Cadet, femme du saigneur, habile peintre sur émail, qui reçut, en 4787, le brevet de peintre de la reine, et mourut en 1801 ; 8° CADET , peintre en miniature, et sœur de Louis, femme de Fatout, marchand d'estampes à Paris; 9° CADET , autre soeur de Louis, qui épousa le vieux marquis de Mou, talembert, etc. Y—TE. 41 rapprendre à l'école ce qu'on savait depuis 2,000 ans. On les laissa dire. Les leçons des deux profes- seurs, simples et claires, à la portée de ceux qui les écoutaient, multiplièrent de trèsbons élèves ; et ceuxci, répandus dans les boulangeries eiê tous les quartiers, eurent bientôt amélioré la laorication du pain; les hôpitaux et les prisons ne tardèrent pas à s'en apercevoir. La création des comices agricoles appartient aux Anglais; Cadet de Vaux, en les leur empruntant, les organisa d'une manière plus conforme à nos moeurs, et prépara le bien que ces réunions ont opéré. L'OEnologie de Chaptal, quoiqu'elle laisse peu à désirer, était pourtant ignorée des propriétaires de vignobles, c'est-àdire des hommes les plus intéressés à la connaître. Le résumé qu'en a fait Cadet de Vaux comprend, dans une feuille ou deux, tout ce qu'il leur importe de savoir, et peut fort aisément ètre entendu des vignerons les moins intelligents. Les bouillons extraits de /a substance des os étaient une découverte et sont un bienfait. A Paris, Fauteur en fut remercié par des chansons, et chez l'étranger, par des félici- tations et des hommages sérieux et mérités. En 1791 et 1792, il présida l'assemblée de son département, et les moins sages louèrent sa sagesse. Libre de cette honorable fonction et retiré dans son petit domaine de Franconville , il y donna suite à des observations sur les arbres à fruits. Là, s'étant aperçu que des rameaux probablement détachés de l'espalier, et pendants le long de la tige, étaient plus chargés de fruits que les branches restées dans la positition horizontale, il crut en avoir trouvé la raison, et publia, comme un fait positif, ce qui avait besoin d*ètre confirmé par des expériences précises et répétées. Cette méthode, offerte sous le nom d'Arcure, fut essayée dans plusieurs jardins, méme à Vitry; mais les effets ne répondirent point à ses promesses. Toutes les classes de citoyens ont occupé le zèle de Cadet deVaux. Il a pu se tromper, mais de bonne foi, en cherchant le bien, ou le mieux qui n'est pas toujours l'ennemi du bien. Sa probité, sa délicatesse étaient à toute épreuve.; il serait aisé d'en citer plusieurs traits; celuici suffira : Cadet fut chargé de prononcer sur des tabacs suspects. Au premier coup_d'cril, il les jugea gâtés. Une compagnie, dont cette déclaration allait blesser les intérèts, lui proposa 400,000 fr., et, pour toute réponse, il fit jeter les tabacs à la mer. L'argent est la dernière pensée des hommes qui se dévouent au bien public. Ceuxlà ne sollicitent ni pensions ni places. Ils ne demandent rien, et Ie gouvernement les prend au mot. Après cinquante ans de travaux sans interruption , Parmentier possédait 2,000 fr. de rente. Cadet de Vaux, plus qu'octogénaire , en possédait encore moins. Il allait manquer du nécessaire, quand son fils, manufacturier à NogentlesVierges, l'enleva de Paris, à force d'instances , et le recueillit dans sa maison. C'est là que ce bon fils, qui prit un tendre soin de la vieillesse de son père, l'a perdu le 29juin 1828. Tous les écrits de Cadet de Vaux n'ayant pas été rassemblés, nous indiquerons les plus connus : 10 les Instituts de chimie de Spielman, traduits du latin, 1770, 2 vol. 20 Observations sur les fosses d'aisance, 1778. 5. Avis sur les blés germés, 1782. 40 Avis sur les moyens de diminuer l'insalubrité dei habitations après les inondations, 1784.5. Mémoire sur les bois de Corse, avec des observations généra- les sur la coupe des arbres, 1792. 6° Instruction sur l'art de faire les vins, 1800. 7° Recueil de rapports et d'expériences sur les soupes économiques et les fourneaux à la Rumford, 1801 . 8° Mémoire sur la peinture au lait , 1801. 9. Moyens de prévenir et de détruire le méphitisme des murs, 1801 . 10 Mé- moire sur la gélatine des os et son application à l'économie alimentaire, 1805. 110 De la Taupe, de ses moeurs et des moyens de la détruire , 1805. V! Traité du blanchissage domestique à la vapeur, 1805. .13° Sur le Café, 1807. 14° Essai sur la cul- ture de la vigne, sans le secours de l'échalas, 1807. 15° De la Restauration el du Gouvernement des ar- bics à fruits, 1807. 16° Mémoire sur la matière sucrée de la pomme, 1808. 17. Traité de la culture du tabac, 1810. 18° Le Ménage, ou l'Emploi de fruits dans l'économie domestique, 1810. 19° Moyen de prévenir les disettes , 1812. 20° Des Bases ali- mentaires el de la pomme de terre , 1815, etc. 21° L'Art de l'oenologie réduit à la simplicité de la nature, par la science el l'expérience , suivi d'ob- servations critiques sur l'appareil Gervais , 1823 avec un postscriptum publié dans la même année. Cadet de Vaux était un des principaux collaborateurs de la Bibliothèque des proprié- taires ruraux , et du COUI'S complet d'agriculture pratique, 6 vol. M. Deyeux fils a fait de lui un trèsbon éloge
  • Antoine CAGNOLI( 1743 - 1818) : mathématicien et astronome italien, était né en 1745, à Zante, où son père faisait les fonctions de chancelier de la république de Venise. Le jeune Cagnoli avait étudié avec succès le grec et diverses parties de la philosophie, lorsqu'il se consacra aux sciences mathématiques, dont la précision et l'exactitude plurent davantage à son esprit naturellement positif. Il passa un temps assez considérable à Paris, où il était attaché à l'ambassade vénitienne, et s'y occupa beaucoup de tra- vaux astronomiques. Revenu à Vérone, il y conti- nua ses recherches de prédilection. Sa maison, dans cette ville comme dans la capitale de la France, était devenue un observatoire qu'on allait visiter par curiosité. Son nom, déjà connu de quelques savants, acquit bien vite de la célébrité, Plusieurs mémoires et traités scientifiques le recommandèrent encore Les morceaux en marbre étant terminés, on transporta les siX chevaux en bronze avec la mécanique de Kramer. plus puissamment à l'attention. En 1798, il fut nominé professe& de mathématiques à l'éttilé Militaire de Modène, où il forma un grand widtbre d'élèves dont les talents promettent Un bel avenir à l'Italie. Plusieurs sociêtés savantes, parmi lesquelles figurent, en première ligne, les instituts de France et de BOlogne, l'admirera dans leur sein. Porté, en 1800, à la présidence de la sotiêté italienne, il en exerea les fonctions jusqu'à sa môn, arrivée lé 6 aollt 1818. Non moins heureux dans l'art d'expOser les principes des sciences que dans ses tentatives pour en reculer les limites, CagnOli rendit d'éminents services à relies dont il s'occupait, en les popularisant par des publications que leur méthode et leur clarté ont à juste titre rendue classiques. Tels Sont : I. sa Trigonometria piana c sfcrica, 1785 , 2° édit. qui est la plus estimée, Bologne, 1801, Chompré en a donné une traduction française sous ce titre 7›- aité de trigonométrie rectiligne et sphérique, Paris, 1781 fig. ; avec des augmentations, ib. 2° SesSezioni coniche,_Turin, 1802 3° Ses Notions astronomiques adaptées à l'u- sage commun, pour vulgariser les ré,sultats essentiels de cette science sang descendre dans le labyrinthe des calculs, et plus encore sans avoir recours aux fortritiles de la hante analyse. Ses Observations mé- téorologiques de 1788 à 96, et son Mémoire sur la figure de la terre , appartiennent I tin ordre plus eleVé. Ce dernier ouvrage surtout est remarquable. L'auteur y propose une méthode pour déterminer la ligure de la terre, . Sa vie a été publiée par J. Làbus, mals on a reproché à ce biographe quelques inexactitudes
  • Antoine CAIGNET : docteur en théologie, chanoine, vita relier, thèologal et gnmd vicaire (le \teint., mort en 1669, passa de son temps peur , tin bon predicateur. On a de lui : pet> - rait., Paris, 1662 et suiv., 7 vol contenant des sermons familiers ou prônes sur les epitres et t'Un. giles des dimanches de l'annee , les mystères et Pte. de Notre Seigneur et de la Ste. 'Vierge. les Pies des saints, l'oraison dominicale, le symbole des aptitres, les commandements de Dieu, de.; 2' doux oraisons funèbres; 5 le Dominiral des tuteurs, on I nipie emploi des corés , ouvrage contenant les prtInes, les reeommandations ou ;tunonces des rètes et catéchismes paroissiaux, pour tous les dimanehes de l'annee, Paris, 1675, -2" édition, in4'
  • Antoine CAILLOT( 1757) : prêtre du diocèse de Lyon , est devenu, par suite des événements de la révolution , un des plus infatigables compilateurs du siècle. 11 naquit vers 1757. Ayant refusé le ser- ment à la constitution du clergé en 1791, il fut obligé de sortir de France. Il y rentra bientôt, se réfugia à Paris et fut arrêté en 1794. Il déguisa son nom et son pays natal, afin d'échapper à la mort qui était alors inévitable pour les Lyonnais. Il n'en fut pas moins condamné à la subir sous le nom de Caillaux, natif de Rhodez, le 5 thermidor , cinq jours avant la chute de Robespierre. Un guichetier le sauva en faisant porter à sa place, avec cinquantesept victimes , un autre prêtre qui se trouvait dans la mème prison. Par suite du 9 thermidor, Caillot fut rendu à la liberté. Pour subsister, il se mit à donner des leçons de langues, se fit ensuite libraire , et traversa ainsi les derniè- 0 res phases de la révolution. Mais à dater de 1801 on ne voit plus en lui qu'un écrivain aussi entreprenant que médiocre abordant tous les genres de littérature , sans réussir réellement dans aucun ; mais comme il faut bien, grâce à l'inconstance et à - la satiété du public , que chaque jour se renouvellent les livres qu'on pourrait appeler courants, Caillot trouva dans la fécondité de sa plume de quoi se mettre à l'abri du besoin. 11 faut dire aussi que plusieurs de ses compilations et traductions ne sont point sans utilité : 10 le Retour de la Paix, poème en forme de dialogue entre un militaire, un cultiva- Caillot allait voir souvent J.- I. Rousseau à l'Ermitage, et lui portait des produits de sa citasse. Les premières perdrix furent assez bien reçues, les secondes froidement, et les troisièmes positivement refusées. Lorsque Caillot s'en alla, Thérèse Levasseur courut après lui : s Quand vous apporterez du gibier, ditelle, faites en sorte « que M. Rousseau n'en sache rien ; donnezlemoi secrètement. » Et ce fut ainsi convenu. Un jour que Caillot tintait à l'Ermitage, il regarda le petit couteau de JeanJacques, et le trouva joli. Jean- Jacques ne dit rien; mais, au sortir de table, il prit le petit couteau, et s'avançant vers son hôte avec un embarras visible : « Vous « le trouvez donc joli ? Oui, sans doute.— Voulezvous me faire ci le plaisir de l'accepter ? — Oh ! je m'en garderai bien. — Pour- âmes en 1725. Son père, né à la Tourd'Algues, en Vivarais, exerçait le ministère du culte protestant dans le bas Languedoc. 11 apprit aux réformés des Cévennes à concilier leurs consciences arec la fidélitédue au gouvernement, et il contribua beauCoup à maintenir la tranquillité dans cette province lorsque le cardinal Alberoni cherchait à les exciter à la révolte. Le régent fut si content de sa conduite, qu'il lui offrit une pension considérable, et la permission de vendre tous ses biens, pour aller s'établir hors du royaume; mais Court, ne voulant pas abandonner son troupeau, refusa ses offres. Peu de temps après, à la majorité de Louis XV, les lois contre les protestants ayant été de nouveau exécutées avec rigueur, Court fut obligé de s'expatrier, et il perdit une grande partie de son patrimoine. 11 alla se fixer à Lausanne avec sa femme et son fils, qui venait de naître, et dont il soigna beaucoup l'éducation, malgré le peu de fortune qui lui restait. 11 lui donna les meilleurs iiiaitres, et le mit de bonne heure en relationavec les gens instruits. Doué d'un caractère sensible et généreux, le jeune Court de Gébelin sacrifiait tout au désir d'obliger. Dépouillé des biens de sa mère, fugitive pour cause de religion, il se refusa aux démarches qui pouvaient les lui faire rendre, de peur d'affliger ses:autres parents, qui en.avaient alors la possession. Comme son père, il avait embrassé l'état ecclésiastique, mais il cessa de bonne heure d'en exercer les fonctions, pour se livrer sans distraction aux sciences et à la littérature. Il !ni sembla que, jusqu'alors, on n'avait pas étudié les anciens sous le vrai point de vue qui convenait, et surtout, que les efforts que l'on avait faits pour les entendre, et juger de l'état de leurs connaissances, avaient été exécutés trop isolément, au lieu que, si l'on était parti de plus haut, ces efforts réunis auraient donné de meilleurs et de plus grands résultats. 11 se livra donc avec beaucoup d'ardeur à l'étude de l'antiquité sur un nouveau plan. Cependant, M'interrompit pour s'acquitter d'une dette qu'il regardait comme sacrée : c'était la publication de deux ouvrages, dont son père, qui venait de mourir, avait préparé les matériaux, et qu'il rédigea suivant ses intentions : l'un est le Français patriote et impartial, Villefranche, 1753, 2 vol. ouvrage sur la tolérance religieuse; l'autre est l'Histoire des Cévennes ou de la guerre des Camisards, sous le règne de Louis le Grand, 1760, 2 vol. Le père de Court de Gébelin avait rassemblé dans le pays même les matériaux de cet ouvrage, et il avait interrogé des témoins de tous les partis. Court. de Gébelin vint en 1760 se fixer à Paris, où il se lia avec plusieurs savants. Il passait les journées entières dans les bibliothèques, à lire et à faire des extraits pour le grand ouvrage qu'il projetait. M. de la Sauvagère, antiquaire, habitant la Touraine, lui ayant envoyé le dessin d'un sarcophage égyptien qui se trouvait au château d'Ussé, et lui ayant demandé son opinion Sur ce monument, ,Gébelin lui répondit par une lettre qui a été imprimée avec la gravure du dessin, en lui disant que, quoiqu'il ne fût pas en état d'expliquer les caractères hiéroglyphiq ues qui l'ornaient, il ne croyait pas qu'il fût impossible de les déchiffrer, et il lui indiqua la marche à suivre pour y parvenir. Cette lettre, qui n'intéressa qu'un petit nombre de savants, tomba peu après dans l'oubli; Ce frit à l'âge de 48 ans, après avoir longtemps analysé les connaissances humaines, et discuté tous les objets qui devaient entrer dans la composition de son grand ouvrage, intitulé le Monde primitif, que Court de Gébelin se détermina à en publier le plan détaillé. Ce prospectlis a pour titre : Plan général et raisonné des divers objets des découvertes qui composent le Monde primitif , etc. , Paris , 1772 Jamais projet aussi vaste n'avait été tenté par un seul homme. Aussi d'Alembert demanda s'il y avait quarante hommes pour exécuter un tel plan, et les rédacteurs du Journal des Savants doutèrent qu'une société des plus savants hommes de toutes les nations, qui sauraient toutes les langues, qui auraient sous les yeux tous les monuments, pût y réussir. Cet ouvrage parut successivement, •le, 171r . , tris, en 9 solwnes avec .les plancli r . sous ce titre : Le inonde primitif analysé et comparé arec k monde moderne. Le mé,•anisme de la parole, l'existence d'une langue primitive, l'origine, la filiation des langues, la recherche des étymologies, d'après l'idée fondamentale que la langue pyin titi ve ne fut pas arbitraire, qu'elle se composa d'un certain nombre de sons et d'intonations naturels qui se retrouvent dans les idiomes de tous les peuples, et qui ont chez tous le même sens, dans les divers mots qu'ils ont créés suivant leurs besoins ; les principes de l'écriture hiéroglyphique et de l'écriture alphabétique ; l'expfication, par le moyen de cette clef, de tous les mystères allégoriques de l'antiquité, et la chr?nologie qui lie les temps historiques aux temps fabuleux, tels sont les nombreux objets dont l'exposition et la discussion devaient composer cet immense ouvrage. On serra, par l'analyse qui termine cet article, continent l'auteur a réalisé ces espérances. Gébelin; à peu près dans le neme temps, rédigea en société avec Franklin, M. Robinet et autres, eu raseur de l'indépendance des Américains, une ,orte d'écrit périodique, intitulé : Affaires de l'Angleterre et de l'Amérique, Paris, 1776 et années suivantes, 13 vol. in 8°.. Le bruit que fit l'annonce . M. Quesnay, de StGermain, petittils du patriarche des économistes, prononça son éloge historique dans le sein du musée; il le fit imprimer ensuite et l'orna du portrait de Court de Gébelin, Paris, 1784 C'est en analysant successivement les neuf premiers volumes du Monde primitif, que l'on peut se faire une idée de la diversité des connaissances et de l'immensité des recherches de l'auteur. — 1" volume, connu sous le nom d'llégoies orientales. Gébelin y donne une idée de la manière dont il veut traiter la mythologie, qu'il regarde comme une allégorie suivie. Prenant pour texte un fragment de Sanchoniaton, conservé par Eusèbe, il cherche à prouver que Saturne, qui dévore ses enfants, représente l'inventeur ° volume. Dictionnaire étymologique de la langue française, précédé d'un discours pi.é.lintinaire contenant un précis de l'histoire de cette langue. — 6' et 7• volumes. Dictionnaire étymologique de la langue latine. Cette partie de l'ou% rage de Gébeliu est une de celles où les écarts de son imagination se montrent le plus à découvert. Rien de plus arbitraire, et quelquefois de plus ridicule que les étymologies qu'il propose, défaut nécessaire de tout recherchenr de la langue primitive. Sentant luimême combien des discussions, souvent prolixes, devaient fatiguer ses lecteurs, Gébelin fit un abrégé des 2° et 3° N 010- mes, sous le titre suivant : Histoire naturelle de la porote, ou Précis de l'origine et du langage et , qui parut dans le Mercure de janvier 1180. Il y insère aussi les réponses que ses amis firent paraître, soit dans le Mercure, soit dans le Journal des savants. Ce volume est terminé par l'analyse d'un onvrege publié en Italie, intitulé : les Devoirs. C'est un résumé de la doctrine des économistes. Toutes ces différentes parties sont rattachées à son plan général par un discours préliminaire, dans lequel, après avoir fait une récapitulation rapide de tout ce qu'il a déjà exécuté, il indique ce qui lui reste à faire, et l'on voit qu'il n'était encore parvenu qu'au tiers de son entreprise, et que trente volumes ne suffiraient pas pour l'achever dans les proportions du plan. — 9e volume. Dictionnaire étymologique de la langue grecque. Les mots y sont expliqués en français, au lieu que jusquelà, dans tous les autres dictionnaires, ils l'étaient toujours en latin. L'ouvrage de Gébelin, trèspeu lu aujourd'hui, ne conserve plus guère de partisans que parmi les amateurs de systèmes et de rêveries, preuve qu'une longue étude et un travail opiniâtre ne suffisent pas toujours pour réussir dans la carrière de l'érudition, et qu'une fois embarqué dans le vague des conjectures, on parvient rarement à la connaissance de la vérité. On a publié une Analyse des ou- vrages de J.- J. Rousseau et de Court de Gibelin, par un solitaire, Genève, 1785 et un Examen des systèmes de 1.- J. Rousseau et de M. Court de Gibelin, ibid., 1786 L'abbé Legros, auteur de ces deux'ouvrages, cherche à y prouver, par une logique serrée et pressante, que ces systèmes mènent également et à l'incrédulité et à l'athéisme
  • Antoine COURTIN( 1622 - 1685) : naquit à Riom en 1622, du greffier en chef du bureau des finances de la gé- greffier d'Auvergne. Pierre Chanut, président du même bureau, et intime ami de son père , étant devenu résident, puis ambassadeur en Suède, y attira le jeune Courtin en 1645. La reine Christine le goûta beaucoup, et en 1651 cette princesse le fit secrétaire de ses commandements et noble suédoi, en y ajoutant une terre à laquelle elle fit porter le nom de Comlin. Le changement des affaires qui survint quelque temps après en Suède engagea Courtin à revenir en France.; mais après l'abdica- lion de Christine , Charles Gustave , devenu roi, le rappela auprès de lui. ll accompagna ce prince dans ses expéditions en Pologne.Charles eut tant de confiance en lui, qu'il l'envoya ensuite en France en qualité d'envoyé extraordinaire. Ce prince étant mort en 1660, Couffin fut nonmié par Louis XIV son résident général vers les princes et États du Nord. Ce fut lui qui, se trouvant en Angleterre, fut chargé de la négociation avec cette puissance pour la restitution de Dunkerque . Après s'être acquitté avec honneur de toutes les fonctions de ce ministère, il revint à Paris, où il se livra à la piété et à la composition de divers ouvrages. Il y mourut 'sans enfants en 1685. On a de lui : I° un Traité sur la jalousie, Paris, 1674 2° un autre sur le point d'honneur, Paris, 1675 ; 3° un troisième de la Paresse, Amsterdam , 1674 dont on a une 4" édition, publiée avec la Vie de l'auteur, par l'abbé Goujet, Paris , 1743 : cet ouvrage est assez bien écrit, en forme de dialogue, ce qui le , rend prolixe et rempli de divagations; on y trouve hune critique un peu sévère des ouvrages et du style du P. Bouhours , et des idées curieuses et trèscli veloppées sur la meilleure manière de former le catalogue d'une bibliothèque. 4° Un Traité de la Civilité, Paris , 1762 : l'édition de 1695 était déjà la huitième. 5° Une traduction du Traité du droit de la guerre et de la paix, de Grotius, Paris, 1687, 2 Nol. La Haye, 1703, 3 vol. entièrement effacée par celle de Barbeyrac. 6° L'Es- prit du saint sacrifice de l'autel , Paris , 1688
  • Antoine COUTEL( 1622 - 1693) : né à Paris en 1622, mort à Blois en 1693, fit imprimer dans cette dernière ville un volume intitulé Promenades. C'est un recueil de petites pièces de vers, parmi lesquelles on en distingue à peine une ou deux qui soient andessus du médiocre. On a cependant prétendu que madame Deshoulières avait pris dans ce recueil, nonseulement l'idée de sa charmante Idylle des moutons, mais encore la plupart des vers de cette pièce. Lé recueil de Coutel est sans date ; on a conjecturé qu'il avait paru en 1649 ; mais cette conjecture est fausse, puisqu'on y trouve une épitaphe de 1661. A cette époque, madan c Deshoulières était àgée de vingttrois ans, et depti;› longtemps elle cultivait la poésie, pour laquelle elle avait annoncé dès son enfance des d ispositions trèsheureuses. Elle pouvait donc avoir con.pesé l'Idylle des moutons, l'avoir lue dans ses soci P.és, et même en avoir laissé prendre des co- pies. Une de ces copies peut être tombée entre les mains de Coutel, et celuici l'avoir insérée dans son recueil, sans aucun scrupule. Madame Deshoulières, mécontente de sa première esquisse, l'a retouchée dans la suite, et l'a fait imprimer avec ses autres ouvrages, dans l'état où on l'y trouve maintenant. De plus, il est sûr que jamais on n'a accusé madame Deshoulières d'un autre plagiat, et qu'il est prouvé, au contraire, que Colitel a mis à contribution, sans les nommer, Bertaut et d'autres poètes antérieurs
  • Antoine COYPEL( 1661 - 1722) : fils aîné du précédent, né à Paris e. 1661, fut élève de son père, qui le mena avec lui à Rome, où il se lia d'amitié avec le Bernin. Il aima sa manière, lui demanda des conseils, et le prit pour guide. C'était perdre d'un côté ce qu'il gagnait de l'autre par les études qu'il faisait d'après Raphaël et les Carraches; il négligea les beautés vraies que les ouvrages de ces grands maîtres lui avaient appris à imiter, pour se laisser aller au goût affecté que le Bernin lui avait inspiré. Antoine n'avait que dixhuit ans lorsqu'il quitta Rome 1 pour revenir à Paris, c'est-àdire qu'il sortit de la capitale des arts à l'âge où il aurait pu lui- être utile d'y entrer. 11 fit à l'âge de dixhuit ans, pour l'église de NotreDame de Paris, le tableau qui représente l'Assomption de la Vierge. Nominé, à l'âge de vingt ans, premier peintre de Monsieur, il devint premier peintre du roi en 1715. En 1719, le duc d'Orléans, régent, à qui il avait donné des le-çons de dessin, lui fit présent d'un carrosse et d'une pension de 1,500 fr. Coypel était trèssupérieur à plusieurs artistes, même trèsdistingués, de son temps, mais il a été funeste à l'école française, jeé- cisément parce qu'à ses défauts il a joint des quali- tés assez séduisantes. Il savait agencer d'une ma- nière théâtrale une grande machine ; mais parce qu'il répandait dans ses tableaux des traits de bel esprit, on crut qu'il possédait la véritable poétique de l'art. Les femmes qu'ilpeignait avaient une phy- sionomie française, que ses contemporains prirent d'autant plus volontiers pour de la beauté, curent s'y reconnaître ; et quoique la minauderie prit toujours sous son pinceau la place de la grâce, il était regardé comme le peintre gracieux par excellence.11 consultait le comédien Baron sur les attitudes qu'il devait donner à ses figures, et travestissait les héros de l'antiquité en héros de théâtre; il adopta ainsi toutes les afféteries alors à la mode, et plut à la cour, parce que la cour se reconnaissait dans ses ouvrages; elle voyait avec plaisir que l'art prenait exemple d'elle pour s'écarter de la nature, A tout cela, il joignait un coloris d'éventail que les gens du monde appelaient une belle couleur. Le plus considérable de ses ouvrages, celui où il avait cherché le plus à déployer tous ses talents, et dans lequel il avait peut-être le mieux développé tous ses défauts, était la nouvelle galerie du PalaisRoyal, qui a été détruite, et dans laquelle il avait représenté quatorze sujets de l'Énéide. Par l'air français, par les manières de l'ancienne cour qu'il avait répandues dans ces morceaux, on pouvait dire qu'il avait fait une Énéide travestie : cette litiMe alek gravée par différents maîtres. On voyait ,là Paris, avant la Révolution , un grand nombre de Pses ouvrages, entre autres deux tableaux à Notre- ., Daine, l'Assomption dont nous avons parlé, et Jésus- Mirthrist dans le temple avec les docteurs. Son Juge-" eement de Salomon et son Athalie sont au musée de Versailles; ils ont été gravés par Gérard et J. Audran. Coypel doit être mis au nombre des bons graveurs à l'eauforte; son estampe de Démocrite, qu'il a gravée d'après un de ses tableaux , et son Ecce home, sont des gravures pleines de gol;it et de I facilité. On a de lui : 1° Épitre d'un père à son fils, , sur la peinture, qu'on trouve dans les Délassements poétiques, de Lamartinière; 2° vingt discours sur la peinture, qui furent recueillis en 11 en I vol. et dédiés au duc d'Orléans. Il mourut le 7 janvier 1722. Son portrait, peint par luimême, a été _gravé en 1717 par J.B
  • Antoine COYSEVOX( 1640 - 1720) : sculpteur, originaire d'Espagne, naquit à Lyon en 1640. Avant l'âge de dixsept ans, il s'était déjà fait connaître dans cette ville par une statue de la Vierge; il vint alors à Paris, travailla sous Lérambert et sous d'autres maîtres, fit de rapides progrès, et il avait à peine vingtsept ans quand il fut choisi par le cardinal de Furstenberg, pour aller en Alsace décorer son pa- lais de Saverne. Ce travail l'occupa quatre ans, au bout desquels il revint à Paris. Après avoir fait la statue pédestre de Louis XIV, que l'onvoyait,avant la révolution, dans la cour de l'hôtel de ville de Paris, et les deux basreliefs dont est enrichi le piédestal, il fut chargé par les états de Bretagne d'exécuter la statue équestre du même roi, ouvrage en bronze de quinze pieds de haut. Pour donner à cet ouvrage la perfection dont il avait le sentiment, il se fit amener seize ou dixsept des Plus beaux chevaux des écuries du roi, choisit entre ces ani- maux les plus belles formes qui distinguaient cha- cun d'eux, et les étudia longtemps dans tous leurs mouvements. C'est à l'opiniâtreté de semblables études que sont dues les plus belles productions de Coysevox, et entre autres, les deux chevaux ailés, destinés d'abord pour les jardins de Marly, et pla- cés ensuite aux Tuileries : l'un porte Mercure, et l'autre la Renommée, figure remarquable par son extrême légèreté. Ils ne sont pas tout à fait exempts de manière, mais on voit que cette manière est fondée sur la science, et que ne pardonneton pas d'ailleurs au feu dont ils sont animés ! Ce jardin of- fre encore, du même artiste, le Fliiteur, jeune faune dans lequel l'artiste a exprimé la vigueur de l'homme champêtre, et deux autres ouvrages moins remarquables , dont l'un représente Flore, et l'au- tre une Hamadryade. Paris renferme des monuments plus austères, ouvrages de la même main ; le tombeau du cardinal Mazarin, autrefois aux QuatreNations, maintenant au musée des monuments français, ainsi qu'un grand nombre de bustes, plusieurs statues et modèles en bronze , le monument de Ch. Lebrun qui ornait l'église de StNicolas du Chardonnet, mais surtout le tombeau de Colbert, qui fit longtemps le plus bel ornement de StEustache, et qui est mis au nombre des chefsd'oeuvre de Coysevox. Il a fait à Marly les groupes placés aux deux extrémités de la rivière ; on y distingue le Neptune et l' Amphitrite; à Versailles, deux fleuves en bronze, la Dordogne et la Garonne, l'Abondance, un Esclave attaché à des trophées ; sept basreliefs dans la colonnade, un grand vase entouré de basreliefs relatifs à l'histoire de Louis XIV, etc., etc. ; à Sceaux, une figure de fleuve placée dans une niche rocaillée ; à Chantilly, la statue en marbre du grand Condé. La plupart de ces monuments ont été détruits ou dégradés par le vandalisme révolutionnaire ; mais ceux que l'ignorance et la barbarie ont épargnés suffisent pour assurer à Coysevox une gloire durable. Les travaux considérables dont il fut chargé ne l'empêchèrent pas de faire un grand nombre de portraits; on peut juger de leur mérite par ceux de Lenôtre, de Colbert et de Lebrun. Les portraits de Louis XV en buste et en médaillon, et la figure en marbre de Louis XIV, qui était autrefois placée dans le choeur de NotreDame', sont des ouvrages de sa vieillesse. Il mourut à Paris le 10 octobre 4720, après avoir été membre de l'Académie pendant quarante ans, professeur, et quelque temps chancelier. Fermelhuis a publié son éloge , Paris, 1721 Son buste, sculpté par Lemoyne, est au musée des monuments français
  • Antoine CRISPO( 1600 - 1688) : né en 1600 à Trapani, en Sicile. Son père, qui exerçait avec distinction la médecine, lui inspira le goût des sciences. Le jeune Crispo s'y livra avec beaucoup de zèle et de succès. Son plan d'études embrassa la littérature, la philosophie, la théologie et la médecine. 11 se consacra surtout à cette dernière, et y acquit une réputation aussi brillante qu'étendue. Devenu veuf, il quitta l'art de guérir pour le sacerdoce, et mourut le 30 novembre 1688, après avoir publié un assez grand nombre d'opuscules, qui renferment une théorie erronée et une pratique dangereuse, peu propres , par conséquent, à justifier la vaste renommée de l'auteur : 1° In acutce febris historiant commentarius, Palerme, 1661 lethargum febri supervenientem acutce con- mentarii duo; in quibus nonnulla etiam que ad febris malignœ et pestilentts dignotionem et cura- tionem faciunt enucleantur, Palerme, 1668 ; 30 De sputo sanguinis a partibus corporis infinis provenientis cum tussi et sine vamitu, consultatio, Trapani, 1682 ; 4° Medicinalis epistola ad Grandonium Seminara, medicinoe, philosophioe chirurgiœ doctorum, in qua respondetur, et simul exponitur ratio ceirandi febres putridas per 'ma, sectionem et purgationem per alvum, Palerme, 1682 5° In medicinalem epistolam diluci- dationes ; et simul interrogationibus respondetur per epistolium factis a philosophe ac medicinoe doctore nepote Antonio Buasi , Trapani, 1682 6° De SS. Cosnue et Damiani thermalibus aquie liber in sex divisus sectiones, in quibus earum non solum, sed etiam nonnullarum aliarum aquarum vires et facultates exponuntur, et reclus administrationis tells indicatur; cui sunt aggre- gatœ de iisdem aquis, a doctore Joanne Crispo, philosophice, authoris yen itore, composit folles, Tra- pani, 1684 Crispo a laissé en outre, manuscrits, plusieurs traités, 1° sur la théorie et la pratique de la médecine ; 2° sur les fièvres; 3° sur les crises ; 4° sur la variole et la rougeole ; 50 sur la peste, etc. L'éloge funèbre de ce médec a été publié à Trapani en 1689, par François Valcassar sous ce titre : La fama impegnata per gli encomj della virtù; orazione funebre in morte del meaico Antonio Crispo
  • Antoine CRIVELLI( 1783 - 1829) : né à Milan le 2 février 1783, d'une famille originaire de Fagnano Olona, y lit ses premières études, et dès lors se distingua par son application et ses talents. _Ayant obtenu à l'université de Pavie le diplôme d'ingénieur, il fut nommé professeur de physique au lycée de Ba- guse ; mais, empêché par les événements politi- ques de se rendre à son poste, il obtint la mème place à celui de Milan, et peu après à celui de Trente. Dans cette dernière ville il fut admis comme officier au corps du génie, et en 1810, il fut nommé ingénieuradjoint au conseil des mines du département du HautAdige. Pendant son séjour à Trente il lit des. expériences sur la poudre fulmi- nante, et fut le premier qui s'en servit pour les armes à feu, en ayant fait d'heureuses expériences avec les canons des remparts de cette ville. Après la restauration, le conseil de régence des pro- vinces lombardes le nomma professeur de mathé- matiques à Bergame, d'où il fut appelé à Milan pour remplacer le professeur Ruccagni qui avait été admis à la retraite. En 1817 Crivelli obtint du gouvernement autrichien la permission de faire un voyage en Perse ; mais, ce royaume étant alors en guerre avec la Russie, il ne put accomplir soul projet, et il voyagea dans la Crimée, se rendit à Constantinople, et parcourut toute la Grèce. Il réussit à importer en Europe l'art de fabriquer les lames de sabre à la façon de Damas. Luimême se mit à diriger cette fabrication ; et ses essais, courounds d'un brillant succès, lui valurent la médaille d'or décernée par l'Institut de Milan. Plus tard, une .commission de la chambre aulique de Vienne, après des expériences suivies, prononça que les lames de sabre à la façon de Damas, fabriquées par Crivelli, étaient les meilleures qui fuissent connues. L'empereur d'Autriche lui fit présent d'une tabatière avec son chiffre en brillants, et lui conféra en 1824 la grande médaille d'or dit mérite civil . Encouragé par ces bienfaits, Crivelli se livra à de plus grandes expériences. Il tenta la fusion de l'acier, et fit à cet effet construire un four à ses dépens. Les résultats de ses opérations furent si heureux qu'on put espérer que l'acier d'Italie, particulièrement celui des mines de Lecco, rivaliserait avec les aciers les plus fins d'Angleterre. Il fit en même temps des expériences sur le gaz, étudia le phénomène de la compressibilité de l'air atmosphérique, et inventa une lampe hydrobaro- métrostatique. Il s'appliqua aussi à la ferication des miroirs ardents, se décida à leur donner une forme, conique, préférablement à toute autre, et les épreuves qui en furent faites devant le viceroi d'Italie réussirent parfaitement. Crivelli tenta enfin d'imiter la préparation des momies à l'égyp- tienne. Doué d'une capacité rare, ses observations étaient toujours justes et profondes ; cultivant les sciences avec passion, il n'épargnait ni le travail ni les dépenses pour arriver à l'accomplissement de ses projets. Ses travaux furent récompensés par la médaille d'argent que l'Institut de Milan lui accorda plusieurs fois, et il fut luimême un de› membres de la commission des récompenses. Il écrivit quelques Mémoires scientifiques : sa méthode était facile, et ses pensées bien exprimées. 11 mourut le 18 août 1829, âgé de 46 ans, après quinze mois d'une maladie produite par l'excès de t'uval. Ses 0111 rages imprimés sont : 1° Nouvel appareil pour obtenir une plus grande et plus atil, combustion du gaz hydrogène par sa combinaise avec l'oxygène, Milan, •1818, iti-8°; 2° L'art de fa- briquer les laines de sabre de Damas, Milan, 1818 3° Du défaut de sareté des serrures combi- nées, Milan, 1821; 4° Description d'une nourelle serrure sure par sa construction sans combinaison, Milan, 1821 ; 5° Description d'une lampe hydro- barométro- statique; Milan, 1827 av oc planches
  • Antoine CROZAT( 1655 - 1738) : marquis du Châtel , né à Toulouse en 1655, fut un des plus célèbres financiers de la fin du règne de Louis XIV. Après avoir été successivement receveur général du clergé et trésorier des États du Languedoc , il fut fait grand trésorier de l'ordre du StEsprit après la mort de l'avocat général Chauvelin, en 1715. 11 avait obtenu en septembre 1712 le privilége du commerce exclusif de la Louisiane pour 15 ans, et il peut être regardé comme le fondateur de cette colonie, pour laquelle il fit des embarquements considérables; mais les bénéfices n'ayant pas répondu à ses espérances, il remit ses lettres patentes à Louis XV, par suite d'un arrêt du conseil du 24 août 1717. L'établissement du Mississipi fut alors cédé à une compagnie qui donna naissance à la fameuse compagnie des Indes. Le marquis du CMtel mourut à Paris le 7 juin 1738, âgé de 83 ans. — Marie- Amie CROZAT, sa fille , fut célèbre dans son temps par son esprit et ses connaissances. C'est à elle que l'abbé Le François dédia une Méthode abrégée et facile pour apprendre la géographie, trèssouvent réimprimée, et qui , sans autre raison que cette dédicace , est connue dans la librairie sous le nom de Géographie de Crozat. Mademoiselle Crozat épousa, en 17 17 , le comte d'Évreux, colonel général de la cavalerie légère de France, et mourut sans enfants en 1729
  • Antoine DAVID( 1714 - 1787) : né à Aix en Provence, le 3 février 1714, est auteur de plusieurs ouvrages estimés sur l'agriculture appliquée au climat du midi de la France. 11 était issu d'une famille qui fut appelée de Lyon à' Aix par les administrateurs de la province et de la ville, en 1597, pour établir une imprimerie à Aix, où cet art avait été fondé en1572, et était déjà tombé dans une notable décadence. Jean Tholosan, chef maternel de cette famille, venu de Lyon avec Étienne David, dont il fit ensuite son gendre, imprimait à Aix, en 1598 avec des figures, La fauconnerie de Charles d'Arcussia, édition originale et soignée, devenue trèsrare, d'un ouvrage estimé dans son genre, et dont le P. Lelong cite six éditions postérieures et faites sur cellelà. Les David, savants et littérateurs, ne cessèrent pas de s'honorer dans leur drt pendant cinq générations. C'est au sujet d'Étienne David, successeur de Tholosan, que Peyresc écrivait au fameux antiquaire FabriBorilly , à Aix, le 7 mars 1630, ces mots remarquables : « Vous savez que toutes les « fois qu'il a été question d'imprimer de bons ou- « vrages en français, Étienne David s'y est prêté à « ma considération : que plusieurs de nos auteurs « et jurisconsultes qui, dans notre province, eus- « sent mieux aimé écrire en latin qu'en français, « sachant mieux la première langue que l'autre, « avant, d'après mes sollicitations, composé et « écrit en français, David m'a souvent fort aidé à cc corriger tant le fond que le style desdits oin rages, « tant avant l'impression qu'en corrigeant les épreii- « ves. 11 a acquis des droits à la gratitude des gens « de lettres comme vous. » Charles David imprimait eu 1664 l'Histoire de Provence d'Honoré Bouche, 2 vol. en 1694, celle de Gauffridi , magnifique édition, ornée de gravures, en 2 vol. en 1666, l'Histoire de la ville d'Ais, par Scholastique Pithon Joseph David imprimait, en 171: i, l'Histoire des plantes qui naissent aux environs d'Aix trèsbelle édition, ornée d'un grand nombre de planches. Antoine pratiqua l'art de ses pères, et fut pourvu en 1181 du titre d'imprimeur ordinaire du roi ; mais son goût dominant le portait vers les études agronomiques. Il a publié : 1° Lettre sur les oliviers , écrite à M. B., le 23 décembre 1762 de 28 pages. 2° Seconde lettre sur les oliviers, écrite à M. B., le 25 novembre 1771 de 19 pages. Ces deux Lettres, ouvrage devenu classique dans celles de nos provinces où l'on cultive l'olivier, ont été réimprimées à Marseille en 1832, avec des notes de M. Feissat aîné de 60 pages, imprimerie de Feissat. L'auteur avait pour objet de déraciner des routines nuisibles à la culture de cet arbre. 3° Lettre sur la vigne, écrite à M"0, le 46 septembre 1772 de 32 pages. 4° Seconde lettre sur la vigne, 30 mars 171:;, 71 pages ; 5° Lettre sur le poirier, 12 novembre 1776,108 pages; 6° Culture du pécher en buisson, 1783, 75 pages. Ces ouvrages, composés sans autre ambition que celle d'être utile , sont remplis d'observations justes, et sont tous le fruit de l'expérience. Antoine David mourut à Aix le i 1 juillet 1787
  • Antoine DEIDIER : fils d'un chirurgien de Montpellier, étudia la médecine à la célèbre université de cette ville, obtint le doctorat en 1691, et la chaire de chimie en 1696. Envoyé à Marseille avec Chicoy- neau, pour secourir les habitants affligés de la peste, en 1720, il partagea le zèle et l'erreur de son collègue . Son dévouement ne resta point sans récompense. Le roi lui accorda diverses faveurs, et, entre autres , le cordon de StMichel. La société royale de Londres le reçut parmi ses membres. Après avoir professé pendant trentecinq années, il se retira, en 1732, à Marseille, où il exerça l'emploi de médecin des galères, jusqu'à sa mort, arrivée le 30 avril 1746. Deidier a prodi- gieusement écrit, et la plupart de ses ouvrages contiennent des idées paradoxales, des hypothèses inadmissibles. Au lieu d'accumulerici tous les titres de ces productions trop multipliées , il sera beaucoup plus convenable de faire un choix raisonné : I° Physiologia , tribus dissertationibus compre- hensa, Montpellier, 1699 ibid., 1708 ; 20 Pathologia, Montpellier, 1710 3° Institu- tiones medioince theoreticce, physiologiam et patho- logiam complectentes , Montpellier, 1716 ; Paris, 1131 ; traduites en français, Paris, 1735 Dans ce livre, plein d'opinions bizar- res, l'auteur soutient que l'accroissement des animaux et des arbres ne se fait que par l'expansion et le développement de la matière contenue dans leur germe primitif, sans aucune formation nouvelle de substance solide, de manière que dans ,un chêne de cent ans il n'y a pas plus de substance .solide que dans le germe du gland dont il provient. Cette erreur n'a pas même le mérite de la nouveauté. 4° Dissertatio de morbis internis capitis et thoracis, Montpellier, 1110 50 Dissertatio de tumoribus, Montpellier, 1711 Cette dissertation, réimprimée plusieurs fois, en divers lieux, a été traduite en français, Paris, 1725 ; ibid., 1732 etc. 6° Chimie raisonnée, où tàche de découvrir la nature et la manière d'agir des remè- des chimiques les plus en usage en médecine et en chirurgie, Lyon, 1715 7° Expériences sur la bile des pestiférés de Marseille, et sur celle de per- sonnes mortes d'autres maladies. Ce mémoire dans les Transactions philosophiques de Lon- dres, de 1722, fut imprimé la même année à Zurich, et en 1744 dans le Traité de la peste par Senac. Les expériences de l'auteur prouvent ce que l'on savait déjà, et ses réflexions portent presque constam- ment à faux. 8° Dissertatio de morbis venereis, Montpellier, 1713 Cet opuscule, réimprimé à Montpellier, à Home, à Londres, a été traduit en français par Jean Devanx, Paris, 1135 Deidier prétend que la maladie vénérienne reconnaît pour cause de petits vers imperceptibles, trèsrongeants et trèsféconds, qui se transmettent d'un individu à l'autre. Énoncer une semblable hypo- thèse, n'estce pas la réfuter? 9. Matière médicale, où l'on traite des médicaments simples, ensuite des médicaments composés et artificiels, Paris, 1738 ; 10° Anatomie raisonnée du corps humain, où l'on trouve la manière de disséquer, et où l'on explique les fonctions de l'économie animale, Paris, 1742 L'auteur néglige ou mutile les descriptions, qui étaient le point essentiel de son ouvrage, pour se livrer à sa manie de disserter. 11 donne une explication ?ague ou erronée de la plupart des fonctions, et particulièrement des battements du pouls, des mouvements du diaphragme, (Influx menstruel, de la sensibilité des nerfs, etc
  • Antoine DANCHET( 1671 - 1748) : de l'Académie française et de celle des inscriptions, naquit de parents pauvres, à Rioni en Auvergne, le 7 septembie 1671. Pour pouvoir achever à Paris ses études, commencées en province, il se fit répétiteur de quelques écoliers des classes inférieures. Une pièce de vers latins, qu'il composa en 1691, sur la prise de Mons, le fit connaître pour un habile humaniste et lui valut une chaire de rhétorique à Chartres. En 1696 Il revint à Paris pour y faire l'éducation de deux enfants, dont la mère en mourant lui assura une rente viagère de 200 livres. Ayant donné, peu de temps après, son premier opéra, la famille lui re- tira ses élèves et la rente, sune le refus qu'il fit de renoncer au théâtre. Il plaida pour la rente, et gagna sa cause qui lit quelque bruit dans le temps. Libre de tout engagement, Danchet se consacra entièrement à l'art dramatique. Il donna quatre tragédies : Cyrus, les Tyndarides, les Héraclides, et Nitétis. Elles eurent moins de succès et valent beaucoup moins que ses opéras, qui sont Hésione, Aréthuse, Tancrède, les Muses, Télémaque, Alcine, les Fêtes vénitiennes, Idoménée, les Amours de Mars et de Vénus, Télèphe, Camille, Achille et Dei- damie. Son opéra d'Hé, sione est mis par La Harpe audessus de tous ceu.x de Campistron, de Duché et de Fontenelle. Il fut joué la première aimée du dernier siècle, ce qui donna lieu à l'auteur d'imiter fort heureusement dans son prologue quelques passages du Carmen sœculare d'Horace. Ces pièces, jointes à quelques poésies diverses fort médiocres, forment 4 Nol. Paris, Int. Il mourut à Paris, le 21 fé,vrier 1148, âgé de 17 ans. Danchet avait la réputation d'un trèshonnête homme remplissant tous ses devoirs de fils, d'époux et de père, fidèle à ses amitiés et à ses engagements. L'auteur de sa Vie, mise en tête de ses oeuvres, prétend qu'une seule fois il se permit une épigramme, pour prouver à un homme, qui en avait faite une contre lui, qu'il était en état de manier cette arme aussi bien qu'un autre, et qu'ensuite ii jeta la pièce au feu. Cependant, on lit dans ces mêmes oeuvres trois Épigrames , l'une contre l'abbé Abeille, et les deux autres contre Rousseau. A l'égard de Rousseau, ce n'était qu'une repré- saille. On sait de quel ridicule ce grand lyrique l'avait affublé dans un de ces fameux couplets faits sur un air mème de son ! lésion Je te vois, innocent flanchet, Grands yeux ouverts, bouche béante, Comme un sot pris au trébuchet, Ëcouter les vers que je chante. 11 parait que ce portrait était fort ressemblant. Danchet voulant se faire peindre, le peintre fut pris d'un rire fou en considérant sa figure. « « parie, dit le poète, que c'est ce maudit couplet « 4 pli Nous revient dans là mémoire. » Il avait deviné juste
  • Antoine DÉPARCIEUX( 1703) : et non DE PARCIEUX, habile mathématicien, naquit en 1703, au hameau de Cessoux, paroisse de Peyremalle, aux environs de Mmes, de simples cultivateurs, peu en état de, fournir aux frais de son éducation; mais ses dispositions précoces intéressèrent un protecteur de sa famille qui le fit placer au collége de Lyon, où il se signala par ses rapides progrès dans les mathématiques. Dénué, lorsqu'il vint à Paris, de toute autre ressource que celle de ses talents, il traça
  • Antoine DÉPARCIEUX( 1753) : neveu du précédent, se distingua comme lui dans les scisncesphysiques etmathématiques. Né à CessouxleV\eux en 1753, il fut appelé à Paris par son oncle, et fit ses études au collége de Navarre. 11 n'avait pas encore vingt ans, qu'il remplaçait Brisson dans la chaire de physique qu'avait créée Nollet. En sortant du collége, il s'attacha aux mathématiques, qu'il préférait à tout autre genre d'étude, et dont il lit une ?pplication Sitivic à tous les problèmes de la phy;igue : c'est ainsi qu'il se prépara à professer cette ;cience. Après s'être procuré un cabinet bien asorti, il ouvrit son premier cours en 1779. Ses auiteurs furent moins étonnés de son abondante failité que de l'ordre, de la précision, de la clarté le sa démonstration. Les fondateurs du lycée lui ,fhirent la chaire de physique dès l'origine de cet lablissement. Ennemi de l'enthousiasme et du :harlatanisme, il évitait avec soin le luxe pompeux les mots et le brillant des figures; sa diction était pure, exacte et facile, son organe sonore et soutenu. ? l'époque où il commençait à professer, il fit un . 11émoire sur les effets et la cause des éclats interrompus de la foudre. Il a été consulté plusieurs fois par le gouvernement et par les hommes chargés de l'administration des finances, sur les probabilités de la durée de la- vie humaine, relativement aux f ontines et rentes viagères. 11 se proposait même, à cet égard, de publier une 2e édition, trèsaugmentée de l'ouvrage de son oncle, sur les mêmes probabilités. Ce fut d'après un de ces Mémoires que l'assemblée constituante rejeta un plan séduisant d'une caisse d'épargnes qui lui avait été présenté, et dont le géomètre, en un jour de travail, analysa et détruisit toutes les bases. Un des premiersouvrages qu'il ait publié est un Traitéélémentaie de mathématiques à l'usage de l'université. Après la démonstratibn de chaque règle, il en fait l'application dans un problème intéressant, et fait pour éveiller la curiosité. Déparcieux a publié trois autres ouvrages : 1° Traite des annuités ou des entes à ternie, Paris, 1781, ; 2° Dissertation ur le moyen d'élever l'eau par la rotation d'une corde verticale sans fin. Amsterdam, 1782 ty démontre que le produit de la machine de Véra 'est que la moitié de celui d'une pompe ordinaire à piston. 3° Dissertation sur les globes aérostatiques, Paris, 1783 fig. Dans ces trois productions, on retrouvera l'érudition, l'ordre, la précisiom et la clarté qui le caractérisaient dans ses démonstrations publiques. Il a laissé inédit un Traité complet de géométrie et de nombreux matériaux pour un Traité d'algèbre et de calcul différentiel et intégral. 11 fondait sa réputation sur ces ouvrages et sur un Cours complet de physique et de chimie, dont l'impression était commencée lorsque la mort vint le surprendre. Il démontrait dans ce traité toutes les chaines qui lient la ph?sique générale à la chimie, et semblait. vouloir de ces deux théories n'en faire qu'une seule ; car il sentait plus qu'un autre qu'on ne peut isoler absolument une science, et que pour ètre bon chimiste il faut être en même temps géomètre, naturaliste et physicien. Lors de la création des écoles centrales, plusieurs départements se disputèrent l'avantage de lui offrir une chaire de physique et de chimie,. Il opta en faveur du département de la Seine. Déparcieux, soit par goût, soit par nécessité, avait pris la funeste habitude de travailler immédiatement après ses repas; cette habitude produisit bientôt un en gorgement et des obstructions au pilore. il succomba à cette maladie le 23 juin 1799, dans un état voisin de l'indigence. M. Mahérault. a publié sur Antoine Déparcieux une notice historique, 1800
  • Antoine DESGODETS( 1653 - 1728) : architecte, né à Paris ·en 1653, était Cils d'un menuisier qui a fait les ·oofessionnativ de l'église de StLouis des jésuites. Il t?Inini eu Ili'. 2 l'honneur d'assister aux conférences de l'Académie royale d'architecture, et concourut pour le prix que Louis XIV avait proposé pour la composition d'un ordre français. Il fut nommé en 16;4 pensionnaire du roi à l'Académies de Boute ; mais il fut pris par les Algériens en ne rendant par nier de France en Italie. Au bout de ,se mois de captivité il fut échangé ,iltri64, et se irtulmuqua pour Rome, où il resta environ seize mois à faire une étude tbartictilière dee édifices antiques de cette ville'. De retour en France il publia, r ordre du grand Colbert, le résultat de ses 4tile•, dans l'ou% rage gui a pour titre Lex Edi- indiques de Borne ile141114441 el mesure.* treee., 1 traient, Panis, 1682 ., ibitl., I 179 cf, lit re fut imprune ares frais du roi, et les plan- K>lit *I grand Hombre, fumur gravées par Leclerc, Lepautre et autres graveurs célèbres Lorsque l'impression fut achevée, Colbert lit présent de toute l'édition et des planches à Desgodets. Cet muge, encore estimé aujourd'hui, a été tra- 4uit en anglais par ti. Marshall, Londres, U;06, 2 vol. iiifol. ?esgodets fut nominé quelque temps après contrôleur des bâtiments du roi à Chambord, et ensuite au département de Paris. En 1699 il fut nommé membre de l'Académie d'architecture, avec une pension de 2,00? 'ilses. Enfin eu 1719 il l'ut élu professeur 'le cette Académie it la place de Delahi•e, et commença le 5 juin ses leçons publiques, qu'il a continuées exactement jusqu'à sa mort. Il a dicté pendant le cours de ces leçons un Traité des Ordres d'architecture ; un autre de la Construction des & mes des églises, f les palais; un de la Décoration des differ. ents édifices ; un du Toisé des bdtiments ; et enfin mi Traité des lois des bdtirnents suivant la coutume de Paris, 1748 avec les notes de Coupy, architecte expert. Desgodets est mort à Paris le 20 mai 1-;28
  • Antoine DESLIONS( 1590 - 1648) : né à Béthune, vers 1590, entra dans la société des jésuites, à l'âge de 18 ans. 11 enseigna les humanités et exerça le ministère de la parole avec une réputation distinguée. Le cardinal Infant, gouverneur des PaysBas, l'at- tira à sa cour, où il prêcha pendant trois ans. 11 cultivait avec succès la poésie latine, et surtout la muse de l'élégie. Nous avons de lui : 1° Traité sur les stations de la passion de Notre- Seigneur J- C. Le P. Deslions s'est montré zélé propagateur de cette dévotion. 2° De angeli tutelaris cultu carmen parceneticum, imprimé d'abord séparément, et ensuite dans l'ouvrage suivant. 3° De cultu B. V. Ma- rie elegiaruni libri tres; Anvers, 1640, petit et dans le Parnassus societatis Jesu; 4° Elegiœ de amore Jesu ; 5° Histoire de l'institution, règles, exercices et privilèges de l'ancienne et miraculeuse confrériedes charitables. de St- Eloy, Tournai, 1643 Après une douzaine d'éditions au moins, cette histoire a encore été augmentée par Gilles Joly, seigneur de la Vaulty, trésorier des états d'Artois. Le P. Deslions est mort àl‘Ions, le 1 I juillet 1648
  • Antoine DESPEISSES( 1594 - 1658) : jurisconsulte célèbre• naquit en 1594, non à Montpellier, ainsi que l'ont cru quelques biographes, mais dans la ville d'Alais, ainsi que l'atteste le titre de la 1" édition de son Traité des Successions. 11 exerça d'abord la profession d'avocat au parlement de Paris ; mais un procureur s'étant moqué, en pleine audience, du vain étalage d'érudition dont, suivant l'usage de son temps, Despeisses surchargeait son éloquence, il abandonna la plaidoirie. Les ouvrages qu'il a publiés, prouvent qu'il apprit à faire un meilleur usage de son savoir. Lié d'une étroite amitié avec Charles de Boucques, de Montpellier, que les auteurs du Nouveau Dictionnaire Historique nomment, on ne sait pourquoi, Jacques de Bauves, et qui suivait, comme lui, la carriiTe du 'munit, ils réunirent leurs lumières et leurs talents pour répandre un nouveau jour sur les principales parties de la science du droit. On.dut à cette association , le Traité ( les successions testamentaires el ab intestat, qui parut, pour la première fois, en i623 Boucques étant mort, son collaborateur continua seul l'entreprise commencée en commun, et composa divers traités sur les Contrats propres et impropres, leurs accessoires, exécution et dissolution ; sur la pratique civile et criminelle; sur les droits seigneuriaux ; sur les tailles et autres impositions, et sur les bénéfices ecclésiastiques : toutes ces compilations ont été recueillies et souvent réimprimées sous le titre d'OEuvres de Despeisses. La meilleure édition est celle de Lyon , 1750, 3 vol. ; celle de Toulouse, 1777, 3 vol. donnée par Gui du Rousseau de la Combe, n'en diffère que par les modifications que nécessitaient leschangements successivement apportés, par la législation, dans la jurisprudence. On a reproché à Despeisses le défaut d'exactitude dans ses citations et dans ses recherches; mais on estime la table qui termine cette collection, comme pouvant servir de modèle en ce genre. L'auteur mourut à Montpellier en 1658
  • Antoine DEUSING( 1612) : naquit le 15 octobre 1612, à Meurs en Westphalie. Son père, qui servait dans les troupes de Hollande, en qualité d'enseigne, lui fit faire de trèsbonnes études à Harderwick, puis à Wesel, mais surtout à Leyde, où il acquit des connaissances très-étendues dans la philosophie, les mathématiques et les langues orientales. La juris- prudence, à laquelle on langues destinait, ayant pour lui moins d'attraits que la médecine, il suivit assidûment les leçons théoriques et pratiques de Schre-1 elius et de Heurnius. Reçu docteur en 1637, il 'lut exercer sa profession à Meurs, etremplit a\ C et il laissa manuscrits des lexiques arabe, persan et turc. G. \I. lionig lui attribue une v ersion latine du pentateuque persan mais Paquot observ e que Deusing ne fit qu'écrire, en caractères persans fort nets et ponctués, la version persane de Jacques Tawesius, qu'un juif avait fait imprimer. à Constantinople en caractères hébraïques
  • Antoine DEVILLE( 1596) : ingénieur célèbre, naquit à, Toulouse en 1596 d'une honnête famille de. Dauphiné dont une branche s'était établie en Languedoc, au ne siècle. Après avoir terminé le cours de ses études, il se livra à son goùt pour les mathématiques et la science des fortifications. L'espoir d'un avancement plus rapide le détermina à entrer au service du duc de Savoie. Les talents qu'il déploya, son activité, sa prudence lui méritèrent la faveur de la cour et le titre de chevalier de St- Maurice et de StLazare. Devine était rentré en France depuis peu, lorsque les Espagnols pénétrèrent en Picardie avec une armée considérable. Cette circonstance le fit employer, et il contribua à la reprise de Corbie en 1636, ainsi qu'à l'attaque des villes de l'Artois, qui suivit ce premier succès, et qu'il exécuta sous les yeux de Louis XIII et du cardinal de Richelieu. A la paix, Deville fut chargé de fortifier les villes cédées à la France par le traité définitif. 11 mourut vers 1656 ou 1657. On a. de : 1° Pyctomachia Veneta seu de pugna Ve- netorum in ponte quotannis autumnali tempore inter Nicolaotbs es Castellanos frequentari solita, Venise, 1633 réimprimé dans le 1.5 du Thesaurus antiquitatum Italice de Burmami 2° Descriptio portus et urbis Polce antiquitatum, Venise, 1633 avec fig., réimprimé dans le t. du même Thesaurus: on y trouve une descrip- tion curieuse de la pèche des thons sur les côtes d'Istrie ; 3° Obsidio Corbeiensis, Paris, 1637 avec des figures de van Lochon ; 4° Le Siège de Landrecy, en 1637 ; 5° le Siége de Hesdin, Lyon, 1639 fig. ; 6' De la charge des gou- verneurs des places, Lyon et Paris, 1639 1655 et 1656 : l'édition de 1639 est ornée . 11 disait que, « quand on fortifie une place, il faut fermer les yeux et ouvrir la bourse. » C'est à tort que quelques auteur'S ont attribué à cet ingénieur l' de la machine de Marly, qui ne fut mise en activité qu'en 1682. Elle est due à Renkin Sualème, né à Liége en 1648. Devine avait un frère, sergentmajor du prince Thomas de Savoie, qu'il cite souvent avec éloge, et auquel il attribue un Traité des lois militaires. Ws.
  • Antoine DIANNYÈRE( 1762) : fils du précédent, naquit à Moulins le 26 jan\ ier 1762. 11 étudia d'abord la médecine, et fut même reçu docteur; mais il n'exerça jamais. Son goût l'entraîna vers la littérature et l'étude de l'économie politique. Son premier ouvrage est un Éloge de Gresset ; il traduisit ensuite de l'anglais, d'Ottobah Cugoano, des Réflexions sur la traite et l'esclavage des noirs . Aux approches de la révolution, Diannyère en adopta les principes et se lia avec les républicains, et surtout avec Condorcet, dont il a ensuite fait un éloge . Lors de la création de 'Institut national, il fut nommé membre associé de la classe des sciences morales et politiques, et lut à cette compagnie cinq Mémoires qui ont paru dans les recueils de la classe. Le l a pour objet la nécessité d'encourager' l'agriculture et d'abandonner l'approvisionnement des grains à la liberté du commerce. Diannyère appuie son opinion sur des calculs, t4 les résultats de ses preuves boat établis avec une précision arithmétique. Dans le 2' il démontre, toujours par le calcul, les dangereux effets des lois prohibitives et réglementaires sur le commerce et l'industrie ; dans le 36 il applique ses principes à la manufacture des tapis et tapisseries d'Aubusson, et en compare les produits avant et depuis la révolution ; le 4° traite du divorce, mais seulement dans ses rapports avec la population et l'économie sociale : ce morceau faisait partie d'un grand travail sur la législation, lequel n'a jamais été publié; le lie est intitulé : Réflexions sur la fortune. Diannyère est mort eu 1802, fort regretté de ses omis. Outre lesu \ ages tient nous avons Parlé, on lui doit: 1° : luge de Dupai! ' suivi de notes sur plusieurs points importants l'ordre public, Naples et Paris, 1789, brochure in 8°. 2° BeVv d'un bon citoyen sur les lois, un code national et les parlements, à l'usage de ceux qui veillent, Paris, 1789, iu 8° ; 3° Essais d'arithmétique politique, Paris, 17W) ee recueil comprend tous les mérni? ires de l'autour sur réCQUoinio, à l'exception d'au seuil, intitulé : Des preuves arithmétiques des rapports qui existent entre la liberté du commerce ( les grains, leur prix et lu mortalité, qu'on trouve dans la collection de Lavoisier, Lagrange, et autres. 4° los Souvenirs de inyladi Cartemane, ou les Mœurs du temps passé; Paris, 1800, deux parties formant. 1 vol. 2 ; roman moral et philosophique qui il eu peu de succès, et qu'on ne lit plus maintenant, BGT.
  • Antoine DOBERT : que Chalet, dans sa mauvaise Bibliothèque du Dauphiné, nomme Dorbert, on ne sait pourquoi, et qu'il fait ministre de la religion protestante à Grenoble, quoiqu'il fùt miunie, a publié à Lyon, en 1650, et non en 1660, comme le dit encore Chalvet, un ouvrage sous le titre de Récréations littérales et mystériewes, par le révérend P. Antoine Dobert, minime Dau- finois , sourd et asthmatique. « Ce religieux, dit « Goujet , divise son li\ re en plusieurs A b c, et « chacun en autant de chapitres qu'il y a de lettres « dans l'alphabet. 11 donne plus encore qu'il ne « promet dans son titre : car son ouvrage est un « mélange ridicule de littéral, de moral, de mys-« térieux et. de burlesque. Il y exalte fort l'alpha-« bet doré, donné par un homme lay 'au docteur « Thaulère, qui , se disciplinait, ditil, pour les faittes contre L'A b c moral et duré. Il parle aussi de « la kyrielle des louanges alfabétiques de St. Josef, « par tiii bénédictin. » Dobert copie souvent les Bigarrures du sieur des Accords, et prodigue les combinaisons de lettres, les anagrammes , les pointes et les allusions mystiques. Il mourut pendant l'impression de cet ouvrage
  • Antoine DIEU( 1662 - 1727) : peintre, né à Paris en 1662, avait beaucoup de facilité dans le pinceau, niais son dessin était lourd , l'agencement de ses draperies embarrassé, son coloris faible, et le style de ses compositions sans physionomie; malgré toits ces défauts, qui ont encore été exagérés par nue critique trop sévère, Dieu a su imprimer à ses ouvrages un caractère qui leur est particulier. On a fait à plusieurs de ses tableaux l'honneur de*les attribuer à des peintres de l'école d'Italie justement célèbres. Jean Arnold a gravé quelquesunes de ses compositions ; itt meilleure de ces gravures représente Louis 2. 1V sur son irae. Antoine Dieu mourut à Paris, en 1727, âgé de 65 ans
  • Antoine DINGÉ( 1759 - 1832) : exbibliothécaire du prince Je Condé, et pendant la révolution, sous l'empire et sous la restauration, employé au trésor public, naquit à Orléans, le 2 mai 1759, et mourut à Paris, emporté par le choléra le 23 avril. 1832.11 en est des auteurs comme des livres, habent sua fata. Les. travaux qui l'emplirent la vie de Dingé ont fait la réputation et la fortune d'un de ses parents, Joseph Ripault, plus connu sous le nom de Désormeaux. Aucun écrivain, sans excepter les. plus laborieux disciples de Si. Benoît, n'a autant lu et autant écrit que Dingé. Le libraire Jules Fontaine, rédacteur du catalogue des livres de ce savant ignoré, qui n'a trouvé place dans aucune biographie, dit dans une notice curieuse que les manuscrits autographes d'Antoine D ingé furent trouvés peser 400 kilogram- mes. Ils sont tous passés dans le cabinet de l'au- teur de cet article, et ils contiennent des révélations curieuses pour l'histoire littéraire.. On y trouve : 1° la preuve que le texte des Explications qui accompagnent les Antiquités d'Bereulanum, publiées par David , graveur , sont, du moins pour moitié , l'ouvrage de Dingé, quoiqu'elles n'aient paru que sous le nom de Sylvain Maréchal. D'ailleurs, il semblerait que l'un et l'autre auraient travaillé sur des traductions de l'italien faites par un Italien, et qu'ils se seraient bornés à réduire un long travail, en l'arrangeant au goût de notre langue et de notre littérature ; e que, lorsque Moreau jeune commença en 1785 la publication de ses Fi- gures de l'histoire de France, avec le nom de l'abbé Garnier, pour le texte, ce texte, qui d'ailleurs était trèssuccinct, fut rouvrage de Dingé. Les éditeurs avaient déjà la maladie qui les travaille encore aujourd'hui ; il leur fallait des noms connus sur le prospectus et sur le titre d'un ouvrage : or Dingé était obscur, et Garnier pouvait être intitulé par les éditeurs historiographe de France et académicien. 11 n'a paru que 16 livraisons du recueil de Moreau, qui s'arrête à l'an 1356. Dingé avait fait une longue et profonde étude de l'histoire de France; un des discours com- posés par lui sur cette histoire devait servir d' aux figures de Moreau ; ce discours était sous presse à l'imprimerie de Monsieur, lorsque l'abbé Gainier eut la délicatesse de ne pas vouloir qu'on lui attribuât l'honneur de ce beau travail : mais il y eut sans doute quelque résistance de la part des éditeurs, car un ami de Dingé lui écrivait le'6 octobre 1789 : « Je suis fort aie que l'affaire « de M. Moreau soit terminée, et que le manuscrit « s'imprime sous votre nom. » Il parut en effet, en 1790, grand de 66 pages, mais sans nom d'auteur, avec cette seuleindication : par M. M**". On joint ordinairement ce discours remarquable aux figures de Moreau. La correspondance de Dingé nous apprend qu'après la mort de l'historiographe Désormeaux, les éditeurs du recueil des figures réclamèrent de Dingé la remise du mântiscrit du Second discours sur l'his- toire de France, comme en ayant déjà payé le prix entre les mains de son parent. Dingé répondit qu'il n'avait rien reçu, qu'il y avait sans doute erreur, et que les éditeurs confondaient le premier et le deuxième discours. Mais voici un fait lit- téraire ou antilittéraire plus singulier. Désor- meaux lut, comme sien, dans une séance de l'Aca- démie des belleslettres un Discours sur l'histoire de France , commençant en ces termes « J'ai « déjà lu dans les séances de cette Académie plu- « sieurs mémoires sur la noblesse française. » Or ce Discours est dans les papiers de Dingé, en entier écrit de sa main, et avec tous les nombreux caractères qui indiquent le véritable auteur d'un ouvrage. Il y a plus encore les Mémoires sur la noblesse française, que l'historiographe annonce avoir lus à l'Académie, sont encore l'ouvrage .d'Antoine Dingé. Parmi ses manuscrits se trouvent les minutes originales de ces Mémoires au nombre de six, et de leur première inspection résulte la preuve que l'historiographe n'était arrivé à l'Académie , aux pensions et aux honneurs qu'avec le talent et les labeurs de son pauvre parent. Dingé doit être en effet regardé comme le véritable auteur de l'Histoire- de la mai- son de Bourbon , publiée par Désormeaux, Paris, 1772-88 , 5 vol. Quant aux Discours sur l'histoire de France, que Dingé avait composés potw les lectures académiques de l'historiographe, ils sont au nombre de cinq. M. Aubert de Vitry, qui avait beaucoup connu l'auteur, en acheta un à la vente de ses livres ; le 1, le 4', de 93 feuillets, et une partie du 5e sont restés dans la masse de ses manuscrits. Quelques savants et quelques libraires savaient pourtant que Dingé écrivait sous le nom de Désormeaux dont il fut le commensal , visant sous le même toit, jusqu'en 1791. On vient de voir que Moreau et Saugrain demandaient le manuscrit à Dingé et le payaient à Désormeaux. Après la mort de ce dernier, un libraire ayant voulu réimpritner l'Histoire de Condé, publiée sous le nom de Désormeaux , consulta Langlès qui lui conseilla à Moreau jeune que son parent l'avait comblé de ses bienfaits. Alors Désormeaux ne vivait plus et Dingé végétait, triste et ignoré, dans les bureaux du tré- sor impérial ; il n'est pas le seul qui ait été réduit, par sa position, à rester l'auteur inconnu d'ouvra- ges estimés qui ont fait d'autres renommées, et ce serait un tableau curieux que celui de ces gloires achetées à un homme de talent, mais pauvre, par de riches médiocrités. Dingé publia, en 1788, sans y mettre son nom, l'Écho de l'Élysée, ou Dialogues de quelques morts célèbres sur les états généraux de la nation et des provinces de 111 pages. Les interlocuteurs sont le vicomte de Falkland, ministre de Charles I", Jean Hampden, Louis W, dit le, Gros, le marquis d'Argenson, et Valentin Jamerai- Duval. Des notices sur tous ces personnages précèdent les Dialogues qui sont en entier ou par extrait, au nombre de six. A la triste époque du procès de Louis XVI, Dirigé eut le courage et la vertu d'écrire et de faire imprimer une défense énergique de ce monarque. Cette brochure datée du 21 décembre 1792, et signée A. D., a pour titre : Un citoyen français à la convention nationale, et pour épigraphe : La vérité ne déplait qu'aux tyrans . Après avoir établi, par un raisonnement fort et serré , que la convention est sans droit et sans pouvoirs pour juger le roi, Dingé ose ajouter que si, contre toute justice, elle s'obstine à procéder au ju- Cet écrit a été compris par Dugour dans sa Collection cies meilleurs ouvrages publiés pour la défense de Louis X VI, Paris, 1795, 5 vol. hiSu. gement, elle doit préalablement exclure du nombre des votants les membres élus sous les couteaux de septembre; les membres coopérateurs de la jour- née . » Et Dirigé ose dire encore à la convention : « Commencez par renouveler « voire comité de sûreté qui n'est en général qu'un « comité Marat, un comité d'anarchie... Poursui-. En 1819, il publia Quelques Mots sur l'institution d'un jury auprès de la cour de cassation de 16 pages. En proposant cette institution, Dingé voulait, ditil, donner une nou- velle garantie à la vie des hommes ; il demandait un grand jury Dingé aurait pu ajouter à cette liste le maître tic poste Drouet, qui avait arrèté Louis XVI à Varennes. ear ses chefs, les autres inspirés et soutenus par un zèle trop rare pour les améliozations. Il proposait des changements, des réformes utiles : il fut, écrivaitil , abreuvé d'humiliations et de dégoûts. Bientôt il perdit son repos, sa santé et enfin sa place en 1823. Sa femme et ses enfants étaient morts. 11 lui fallut vivre, dix ans encore, d'une modique pension de retraite. D'infatigables et d'inouïs travaux devinrent pour lui non une ressource, car il ne fit presque plus rien imprimer , mais une puissante distraction Sa correspondance avec Berquin, Florian, Bernardin de StPierre, etc., prouve que souvent il était consulté comme critique éclUiré, comme ami véritable, juge sévère et sans partialité. Ce fut lui qui rédigea le prospectus des Harmonies de la nature. Il écrivit à Béranger pen- dant son procès : il lui proposait de rédiger et de publier l'acte d'accusation de La Fontaine et de Boileau : « Leur défense, disaitil, sera la vô-« tre ; » et il citait plusieurs vers du fabuliste et du satirique comme étant aussi plus hardis que les couplets incriminés du chansonnier français. Le goût dominant de Dingé pour l'hrstoire de France engagea sa Nie dans un si long et si prodigieux tra- vail de dépouillement de chartes, de chroniques et d'historiens de tous les âges que, des 400 kilogrammes, poids de ses manuscrits, les deux tiers au moins sont des extraits historiques, depuis les premiers temps des Gaulois jusqu'à la révolution inclusivement. Mais Dirigé fit comme ont fait d'autres savants : toujours occupé de réunir des matériaux,‘ le temps lui manqua pour édifier. Il avait commencé d'écrire une histoire de Charle- i_magne qui n'est point achevée. D'ailleurs, il était ptomme La Mirandole, inquiet de tout savoir ; il fai- sait des notes immenses de ornai scibili. Il avait formé des collections volumineuses sur Dieu, sur l'âme immortelle, sur la vie future et ses prem es, sur toutes les religions du monde, sur les psaumes, les évangiles, les actes et les épîtres des apôtres, sur les papes, les conciles, les évêques, le clergé, les moines et particulièrement les jésuites; sur la liberté de conscience, les superstitions, l'inquisition, les femmes , le mariage, la mort, les luné- railles ; sur la morale universelle, l'économie poli- tique , les langues , l'imprimerie , l'instruction publique; sur l'histoire en général, sur celle du monde primitif et celle de tous tes peuples de rani tiquité ; sur les états généraux, les serfs, les communes, les croisades, la chevalerie , etc. : sur l'art oratoire et sur les poêtes latins, sur l'histoire na- turelle, principalement la botanique et les ani- maux ; sur les arts , etc., etc. : c'est comme une encyclopédie méthodique. Dirigé avait aussi ré- digé des éphémérides, formé un volumineux re- cueil d'épitaphes en vers et en prose, dont plus de 200 de sa composition, un chansonnier de la révolution contenant plus de 600 pièces, et un chansonnier général où l'on en compte au moins une centaine de sa façon. Mais de toutes les collections de Dingé la plus considérable, comme la plus cu- rieuse et la plus utile, est une Biographie univer- selle, entièrement de sa main et remplissant près de 100 portefeuilles Divers auteurs ont été plus particulièrement l'objet de ses recherches, tels que Pythagore, Platon et Saadi; environ 400 notes ont été recueillies par lui sur Racine, et à peu près 800 sur Rousseau. On ne peut évaluer à moins de 3,000 ses feuillets sur Charlemagne. Parmi les manuscrits de Dingé sont en assez grand nombre des traductions en prose du grec, du latin, de l'anglais et de l'italien : le premier chant et plusieurs autres parties de l'Iliade, le Songe' de Scipion, par Cicéron; l'Etna de Corneille Sévère; la Nouvelle Atlantide et les Essais du chancelier Bacon sur l'Économie politique et do- mestique ; le Cimetière de Gray; les Saisons de Thomson ; César Gonzague, ou Traité de l'honnête plaisir, etc., du Tasse; plusieurs Lettres de Guillaume Penn, dont une à ses amis contenant une description de la Pensylvanie. Parmi les ouvràges de Dingé, non terminés, l'un a pour titre le Con- fessionnal , l'autre l'OEuvre sacerdotal. On voit, dans ses écrits, assez considérables, que Dingé qui croyait fortement en Dieu, à l'âme immortelle et à la vie future, était d'ailleurs philosophe trèshardi dans sa religion. 11 a laissé plusieurs Dis- cours maçonniques, écrits avec soin; une Vie de Jacques Nompar de Caumont duc de La Force; Mise en liberté, drame lyrique en 1 acte; phisieurs romances, paroles et musique gravées; celle qui eut le plus de succès a pour titre : la Bramine « u tombeaude sa mère ; un chant lyrique, intitulé, Henri IV sur le Pont- Neuf, mis en musique par Gaubert . Ce chant fut imprimé en 1818, dans le Journal du Commerce> dans le Journal général de France, et Béranger écrivit à l'auteur : « Ne vous arrêtez pas «. en Si bonne route, et donneznous de nouvelles « occasions d'applaudir à votre talent. » Au milieu de tant de travaux sérieux, Dingé cultiva la poésie. Le recueil de ses odes, de ses épîtres, de ses por- traits, de ses moralités, de ses épitaphes, de ses chansons,. etc., compose 6 vol. où tout n'est pas remarquable, ni même bon. Le médiocre y abonde ; mais on y trouve des pièces agréables, un but moral, toujours de la facilité, trop peut-être, et assez souvent de l'esprit ou du sentiment. Cet article donnera une idée suffisante, quoique incom- plète encore, des immenses labeurs qui remplirent la vie d'un homme simple et modeste ; infatigable écrivain qui ne travailla que pour les autres, qui éleva des réputations sans pouvoir s'en faire une, et qui, longtemps soumis aux tristes exigences de sa position, fut perpétuellement dupe de luimème en recueillant sans cesse les matériaux de c édifices sans trouver le temps d'en élever aucun. V—VE
  • Antoine DORDONI( 1528) : né à Busseto, petite ville de l'État de Parme, en I 528, fut mis au nombre des meilleurs graveurs en pierres fines de son tem ps. Ses ouvrages sont trèsrares: le duc de Devonshire conservait les plus précieux dans son riche cabinet de pierres gravées. Cet artiste mourut à Rome en 1584, figé de 56 ans, comme nous l'apprend son épitaphe, qu'on voit à Rome dans l'église d'Ara- Celi
  • Antoine DINIZ DA CRUZ( 1730) : poète lyrique portugais, naquit à Castello de Vide , dans la province d'Alemtejo en Portugal, l'an U130. Après avoir fait ses humanités chez les jésuites d'Evora, il alla étudier le droit dans l'Université de Coïmbre, où il continua à cultiver les belleslettres, se livrant à la lecture des classiques, surtout des poètes grecs et latins, parmi lesquels Pindare devint son auteur favori. Une étude approfondie des meilleurs darivains portugais, surtout du Camoëns, l'indigna si fort contre l'espèce de gongorisme alors dominant dans la littérature portugaise , qu'il s'associa d'au- tres compagnons d'étude, dans le dessein de rame- ner le goût national à l'imitation pure des beaux modèles du 160 siècle. Quoiqu'il fût destiné à la robe, il ne cessa pas, durant son séjour dans la ca- pitale, de communiquer à ses amis le même enthousiasme pour la réforme des bonnes études, qu'il avait déjà préparée par leur réunion à Coïmbre. tfeureusement que le bon goût et la belle littérature se, trouvaient déjà cultivés par les oratoriens de Lisbonne : quelquesuns de ses amis étant entrés dans cette congrégation , qui commençait à rivaliser avec les jésuitès, Diniz redoubla d'efforts, et les décida à former une association littéraire, sous le nom d'Arcadie, dont chaque membre prit un nom arcadien , et tous ensemble travaillèrent , par leurs compositions, en prose et en vers, à répandre le bon goût, et à en fixer les principes. Ils eurent la sagesse. dé prévenir les soupçons que pouvait exciter parmi leurs rivaux une réunion de gens de lettres, dans un pays soumis à la domination om- brageuse de l'inquisition. Parmi les sujets de com- position poétique qu'ils se distribuèrent, il y en avait de pieux pour des hymnes et odes sacrées. On doit à ce règlement les hymnes qu'on trouve dans le recueil des poésies de Garçam , sous le- nom ar- cadien de Corydon, ainsi que ceux de l'oratorien Candido Lusitano, et surtout la belle ode à la conception de la sainte Vierge, par Diniz, sous le nom arcadien d'Elpino, laquelle est digne de l'auteur d'Athalie. Ce fut ainsi que ces littérateurs, par un système complet d'ouvrages élémentaires de littéra- tore, et par des imitations heureuses des beaux modèles, parvinrent à relever le bon goût, l'élé- gance et une diction pure , après avoir introduit une nouvelle poétique qui extirpa l'excès d'ornements, l'enflure du style et le néologisme barbare qui avaient égaré les écrivains de la moitié du 170 siècle. Lors de l'attentat commis, le 3 septem- bre 1759, contre la personne du roi Joseph, les Arcadiens de Lisbonne tinrent une séance publique pour célébrer la conservation des joins de leur souverain : ce fut alors que Diniz prit son rang comme Pindare portugais , par la belle ode qu'il composa en cette occasion. On y trouve toutes les formes du poète grec, la pompe, la majesté et la. verve du gé- nie thébain, transportées dans une langue vivante avec cet art parfait qui appartient seul àl'inspiration aidée d'études profondes. Devant quitter la couspour remplir les fonctions d'auditeur de guerre à Elvas, Diniz ne s'arrêta point dans une carrière qu'il s'était ouverte par un 'chefd'oeuvre; lié toujours avec Garçam et autres poètes dont il devint le modèle, il entreprit de célébrer les grands capi- taines et les hommes d'État de sa patrie. Ce recueil d'héroïdes suffirait seul pour démontrer l'étendue de son génie, s'il n'avait pas développé la valiété et la souplesse de ses talents dans des poésies éroti- ques, épîtres, dithyrambes, sonnets et idylles ; sous le nom de Métamorphoses , comme celle de la Topaze : cette 'universalité de talents le fait considérer comme le plus grand poète de sa nation au i se siè- cle. Pendant son séjour à M'as, une dispute ridi- cule entre l'évêque et le doyen de la cathédrale, lui fournit le sujet d'un poème héroïcomique, qu'il intitula le Goupillon; car la présentation de l'eau bénite au prélat devint use pomme de discorde, lorsque le doyen s'avisa de ne lui rendre plus cet _ hommage. Malgré la ressemblance clu sujet avec We Lutrin de Boileau, on peut dire sans partialité que Diniz remplit le cadre de son poème sans plaOgiat, et sans imitation servile dans les épisodes et dans le merveilleux de la fable; car ils tiennent au ridicule national, et en forment de vrais tableaux. La versification en vers non rimés est parfaite, l'ironie est fine et la diction pure. Diniz n'est pas un poète lyrique dans le genre de Garçam et 'de Francisco Manuel, qui, en imitant Ho- race, surent allier aux charmes de la poésie, la mo- rale et l'aimable philosophie du poète latin. Diniz visait toujours au sublime , sans s'écarter jamais des formes pindariques; ce qui le rend monotone dans les invocations, les transitions et la coupe des vers. Cependant ce défaut ne se rencontre pas dans . les odes sur l'attentat contre la vie du roi Joseph, sur l'inaugation de la statue équestre du même prince, et sur celles qu'il adressa au maréchal comte de la Lippe et au marquis de Pombal. Dans les autres on est ravi de la grandeur et de l'élévation des pensées, de la forme des images et de la hardiesse des conceptions , sans que l'esprit soit frappé ou le coeur ému par quelque trait ou pensée morale. Il est vrai que Diniz n'a jamais rien publié de son vivant, quoiqu'il laissât facilement tirer co- pie. de ses ouvrages ; c'est sur de pareilles copies li qu'un libraire imprima à Coïmbre un recueil de ses 111 odes, qu'un autre publia en France le poème du Goupillon, et qu'un troisième en fit autant de deux III. volumes de poésies fugitives imprimées à Lisbonne, après la mort de l'auteur. Cependant tout n'est I pas imprimé, et ce qui l'a été ne porte pas la correction de l'auteur ; car il avait fait des commen- li taires oit il se rendait compte des imitations clas- siques et de ses variantes. Une telle insouciance est inexplicable dans un homme qui ne manquait ni I d'amourpropre ni d'ambition ; car il fournit la car- rière de la magistrature, siégeant dans les tribu- naux du royaume et des colonies, et la terminant par les places de chancelier de la Relaçam du Rio de Janeiro, et de membre au conseil suprême des colonies : il fut chevalier de l'ordre royal d'Ai iz, et membre de l'Académie royale des sciences de Lis- bonne ; il mourut à Rio de Janeiro, vers la fin du 18° siècle. 11 est à désirer que le possesseur deses manuscrits s'empresse d'en donner au public une édition choisie et plus correcte we celles qu'on a publiées , pour que la postérité puisse rendre jus- tice à ce poète. B—o
  • Antoine DONATI : pharmacien de Venise, qui vivait vers le commencement du rie siècle, entreprit de faire connaitre les productions de la mer Adriatique, et publia Ti i attato de semplici, pietre, e pesci b arroi che nascono net lito tai renezia i, Venise, 1631 i de i 120 pages, avec quelques figures. On y trouve un catalogue des plantes les plus rares qui se trouvent dans les lies qui entourent Venise. Il s'en trouve quelques - unes qui étaient décrites pour la première fois, entre autres l'Apocyn de Venise. Pour l'ordinaire il se contente de rapporter les noms des plantes ; niais d'autres fois il y joint des descriptions, des figures en cuivre, et l'exposition de leurs vertus médicales. Rai a copié ce catalogue dans son i Sylloge plantaruin Europcearum i. L'ouvrage est terminé par la description de quelques autres objets d'histoire naturelle, qui se trouvent dans la mer Adriatique. 11 a publié aussi un traité latin i de Vinaceis i, qui a été traduit en italien par Nolo, 1676.- DONAT1 , a publié à Mantoue, sa patrie, en 1:;69, i de ilechoacaua liber i, souvent réimprimé. On y trouve l'exposition des vertus médicales de cette racine. Il a été traduit en français par P. Tollet, i de l'Admirable vertu de la racine de Mechoacan, proprement nommée racine de Rhaindice i, Lyon, 1562
  • Antoine DORFEUILLE( 1750) : comédien que son talent n'aurait pu tirer de l'oubli, mais qui dut à la révolution une sorte de célébrité, était né, ers 1750, dans une position obscure. line tarda pas à renoncer au théâtre pour exploiter la révolution, qui lui sembla devoir le conduire plus rapidement à la fortune. En 1791, il parcourut les provinces méridionales de la Fran- ce, et s'arrêta quelque temps à. Toulouse, où il publia des pamphlets ridicules et dont le titre indique assez le but. Ce sont : 1° La Lanterne magique patriotique, ou le coup de grâce de l'aristocratie, Toulouse, 1791 2° Lettre d'un chien aristocrate à son maitre, aussi aristocrate , fugitif de Toulouse , Toulouse, 179_1 ; 3° Motion faite au club des Jacobins de Toulouse, en l'honneur des nicines de Lavigne et Freinas, 1791 40 La Religion de Dieu et la religion du Diable, précédée d'un sermon civique aux gardes nationales, sans lieu d'impressiou,1791 Etant à Perpignan , l'année suivante , Dorfeuille se chargea de rédiger, au nom des Jacobins de cette ville, une adresse aux frères de Paris. Son exaltation patriotique l'avait fait connaître de DuboisCrancé qui , délégué par la convention Plusieurs biographes, et notamment les auteurs de l'Hi:- taire di 7'5étitre Français pendant la révolution , t. ter, p. 6, ont confondu ce Dorfeuille avec le precédent. Mais Louvet, qui parait avoir été le premier auteur rie cette confusion, s'empressa, dans le temps, de declarer dans une n.ete inéree au Moniteur, et reimprimee dans les nouvelles di- luais de ses Mémoires, que l'entrepreneur du theàtre du PalaisRoyal n'avait aucun rapport avec le bourreau des Lyonnais. !Irour diriger le siége de Lyon, emmena Dorfeuille, et l'établit commissaire à Roanne, se reposant sur lui d'une partie de ses opérations. Après la. prise de Lyon, les nouveaux délégués de la conven- lion, Couthon, Maignet, Laporte et Chàteauneuf- Randon, par un arrêté du 9 octobre 1793, instituè- rent, sous le nom de commission de justice popu- taire, un tribunal chargé de juger ceux qui, sans "être militaires, avaient pris part à la défense de Lyon. DuboisCrancé, que le comité de salut public venait de rappeler à Paris, voulu t;avant son départ, lssurer le sort de son protégé, et força Couthon le nommer Dorfeuille président de ce tribunal. Lors de son installation, Dorfeuille crut devoir pro- ioncer un discours propre à rassurer les commis- ;aires de la convention , s'ils avaient pu douter de 'activité qu'il se proposait d'apporter dans ses 'onctions : « Je n'oublierai pas, leur ditil, que ce 1 tribunal est révolutionnaire, c'est-àdire que « les formes doivent être bannies et les faits seuls : dans leluel on trouve cette apostrophe à la malheureuse :,.ité de Lyon : « Ville impure, Sodome nouvelle, I « ce n'était donc pas assez pour toi d'avoir enfanté, « colporté pendant deux siècles tous les genres de « corruption, d'avoir empoisonné, de ton luxe et a de tes vices, la France, l'Europe et le monde en- « tien...» Puis, évoquant l'ombre de Chalier, Dorfeuille lui dit : « Martyr de la liberté! le sang des scé—« lérats est l'eau lustrale qui convient à tes mânes...» En adressant aux jacobins cette pièce que la société mère s'empressa de faire insérer dans le Journal de ses séances , Dorfeuille leur écrivit : «Je voudrais « mourir comme Chalier, pour avoir mon tombeau I -« dans vos coeurs, et me relever immortel comme « lui. » Trois jours après, le 31 octobre , la commission de justice prononça son pre- mier arrêt de mort; et le 29 novembre , la commission, qui depuis huit jours prenait le nom de tribunal révolutionnaire, avait déjà fait pétircent Lyonnais sous le fer de la guillotine. Le 18 novem- bre , Durfeuille envoya l'image de Numéros 52'.3 et UG. On trouve aussi cet éloge tle Clialier 'Lins le Moniteur du 31 octobre 1793 ; enfin M. l'abbé Guillon l'a yeprotiuit dans soit histoire des troubles de Lyon. Chalier à la commune de Paris, qui décida qu'elle ferait exécuter le buste de ce martyr par un sculp- tour patriote, pour en décorer la salle de ses assemblées. Le 2 décembre , il invita les commissaires de la convention à prendre des mesures pour obliger les administrateurs, les corps armés, les magistrats du peuple, les fonctionnaires publics d'assister, au moins par une députation, à la fête qu'il préparait pour le surlendemain. Cette fête, à laquelle il les convoquait, c'était le massacre de 60 jeunes Lyonnais, condamnés à mort avant d'avoir paru devant le tribunal, et que Dorfeuille avait imaginé de faire périr par le canon. Le 14 décembre il écrivait à la convention « Les tribunaux s'embarrassent dans les termes, « et ne savent pas se priver de preuves pour con-, il débita pour la fête de l'Egalité, sans doute dans un temple de la Raison, un des discours les plus singuliers qui aient été faits dans ces temps déplorables, où le ridicule s'associait à la terreur : il vanta le décret sur « comme digne du peupledieu dont il « émane. » Les Français y sont « un peuplevierge .» Enfin il le termine par l'apostrophe suivante au soleil « Fais germer, fructifier, multiplier nos « moissons, nourris nos soldats, protége la républi- « que; verse la fécondité sur les sansculottes et « brûle tous les tyrans. » Dorfeuille s'était emparé d'une jolie maison de campagne sur la route de Collonges, et il venait s'y délasser avec ses collè- gues dans d'infâmes saturnales. Après le 9 ther- midor, les oppresseurs de Lyon purent croire quelque temps que leurs crimes resteraient impu- nis, niais le jour de la vengeance arriva. Dorfeuille arrêté avec ces complices, fut traduit devant le tribunal criminel de cette ville. Comme on le ramenait de ce tribunal à la prison, on se demanda s'il avait été condamné? «Non, dit quelqu'un, la loi « ne l'atteint pas. — Eh bien ! s'écrie un homme du « peuple, moi je l'atteindrai ;» et, perçant la foule, Il renverse Dorfeuille, qui, surlechamp, est assommé et jeté dans la Saône, le 4 mai 1795. C'est ainsi qu'est racontée la mort de Dorfeuille, surie témoignage d'un témoin oculaire, dans le Courrier de Lyon du 4 aoùt 1835. Mais dans l'Histoire des crimes de la révolution, par Prudhomme, t. 2, p. 76, le nom de Dorfeuille se trouve sur la liste des indi- vidus qui furent massacrés dans les prisons, parles réactionnaires, les 5 et 9 mai 1795. Ce qu'il y a de sûr, c'est qu'il périt à cette époque victime de vengeances cruelles
  • Antoine DORSANNE : docteur de Sorbonne et grand vicaire de Paris sous le cardinal de Noailles, était né à Issoudun, où son père remplissait les fonctions de lieutenant général du bailliage . S'étant destiné à l'état ecclésiastique, il vint faire ses études à Paris et se lia pendant sa licence avec l'abbé Gaston de Noailles, depuis évêque de Châlons. Cette connaissance lui procura celle de LouisAntoine de Noailles, frère aîné de Gaston et qui fut successivement évêque de Cahors, de Châlons et archevêque de Paris. Quand il eut été promu à ce dernier siége, en 1695, il donna à l'abbé Dorsanne lin canonicat dans son église et successivement l'archidiaconé de Josas, la place d'official et la dignité de grand chantre. Il l'attira même dans son palais et il en fit son commensal, son confident et son conseil. On dit que Dorsanne remplissait mec exactitude les fonctions de ces places, qu'il était instruit dans le droit canon, que ses jugements à la l'officialité ne furent jamais réformés, et que comme grand chantre il veillait avec soin sur les écoles det paroisses, mais il est surtout connu par la part qu'il prit aux querelles qui di isèrent de son temps 1 Église de France. Il n'aimait ni les jésuites ni la bulle, et il parait qu'il inspira sur ces deux points ses sentiments au cardinal de Noailles, et qu'il contrihi a beaucoup aux démarches et à l'opposition de ce prélat. Lorsque le cardinal eut été fait pré, dent du conseil de conscience établi après la mort de Louis XIV, Dorsanne en fut nommé secrétaire: « Choix, ajoutetil modestement dans son journal. « qui fut applaudi dans tout Paris. » 11 s'opposa à l'accommodement de 1,20, mais il ne renouvela pas 1 son appel à cette époque. Il avait été chargé en 1710 de travailleravec le ,Merre aux mémoiresdu clergé. Soit qu'il ne s'occupât pas beaucoup de ce travailsi soit plutôt que sa conduite dans les dtsputesd'alors déplût, il fut déféré à l'assemblée du clergé del 1723; et pour faire cesser les plaintes, il se hâta de renoncer à son travail, ainsi qu'à la pension de cent pistoles qu'on lui avait donnée à cet effet. 11 fut employé par le cardinal de Noailles dans les fréquentes négociations par lesquelles ce prélat amusa si long- temps la cour de Rome et celle de France. Ces négo- ciations mirent Dorsanne en relation avec les personnages les plus marquants de ce temps là, et notamment avec le cardinal de Fleury et le chancelier d'Aguesseau. Il dit luimême qu'il n'omit rien pour détourner son archevêque du mandement d'acceptation qu'il donna en 1728; mais la confiance que le cardinal lui avait si longtemps témoignée était diminuée, et ce fut peut-être autant pour cette raison, qu'à cause de ses infirmités, que l'abbé Dorsanne quitta l'archevêché et se retira à l'hôpital des Incurables. 11 y mourut presque subitement, le 13 novembre 1728, après avoir légué, par son testa- ment, à l'abbé d'Eaubonne, son confrère à NotreDa- me, la somme de 164,000 li \t'es, destinée à faire partie de ce qu'on appellait vulgairement la boite à La famille Dorsanne existe encore en Berri ; seulement il paraît qu'elle a un peu altere la l'orme de son nom, qui s'écrit aujourd'hui plus communement il'Orsanne. Perrette . Dorsanne est auteur d'un journal qui porte son nom et qui contient tout ce qui S'PSI paSSé Rome et en France au sujet de In Bulle Uniyeni- j! us ; tel est le titre de ce recueil, qui est trèslong. La narration en est simple et dénuée d'ornements, [nais chargée en revanche d'anecdotes et de détails. ,1 semble que l'auteur ait tout vu et tout entendu, ;es conversations les plus secrètes, les négociations [es plus mystérieuses, ce qui s'est traité dans l'ombre des cabinets, comme ce qui s'est passé au grand jour. Il se trouve dans son journal quelques raits curieux, quelques aveux piquants, quelques réflexions sages, mais aussi parfois des détails un Peu insipides et des anecdotes fort suspectes, Dor- ,anne était trop plein de cette maxime si com- mune Nul n'aura de l'esprit que nous et nos amis. eest là constamment sa devise. Ceux de son parti sont des modèles de modération, de sagesse et de , bonne foi, tandis que les hommes du parti coutraire ne sont amenés là que pour faire ombre au tableau, s'épuisent en platitudes, et ont l'air tantôt d'imbéciles, tantôt de fripons qui se jouent de tout. Dorsanne était bien bon s'il croyait tout ce qu'il rapporte d'eux, et_ il était passablement méchant s'il l'inventait. Son journal commence en I 711 et finit en octobre 1728. 11 a beaucoup servi à Villefie pour la rédaction de ses Anecdntes ou Mémoires , crets, qui ne sont autre chose que le journal mis *ans un meilleur ordre. Les faits sont les mêmes; bordure seule est changée. Aussi la Réfutation "Ps anecdotes, par Lafitau, pourrait être riegardée «me une réfutation du journal de Dorsanne. Ce purnal fut publié, pour la première fois, en 1753; on en fit alors à Amsterdam une édition en 2 volumes et 5 volumes 2; elle porte faussement le titre de Rome. L'éditeur est Pierre Leclerc, sousdiacre du diocèse de Rouen et retiré en Hollande : Il dit trèssérieusement dans sa préface, « qu'il semblp que la providence, attentive aux « besoins de son Église, eût préparé de loin ce jour- « nal et l'eût tenu comme en réserve. » Dupac de Bellegarde. en donna, trois ans après, une seconde édition
  • Antoine DUFOUR : évêque de Marseille, après avoit pris l'habit de StDominique, dans le couvent d'Orléans, sa patrie, fut successivement élève et professeur de la maison de la rue StJacques à Paris. Il devint confesseur de Louis XII, qu'il suivit en Italie, et ce fut à sa recommandation que Dufour, en 1507, obtint, du pape Jules II, l'évêché de Marseille. Il ne survécut pas longtemps aux honneurs qu'il recevait, car il mourut à Lodi, au mois de juin 1509. Le P. Lelong cite, de l'évêque de Marseille, deux ouvrages imprimés après la mort de ce prélat : 1° Paraphrase sur les Psaumes péniten- tiaux, Paris 1551; 2° la Diète. du salut, contenant cinquante méditations sur la passion de Notre- Sei- gneur, Paris, 157i. Ces deux traités réunis sortirent depuis des presses de Guillaume Guillard. Le' autres ouvrages attribués à Antoine Dufour, tel. que les lettres de St. Jérôme qu'il traduisit à Id prière d'Anne de Bretagne, et autres mentionnés par le P. Echard, sont restés manuscrits
  • Antoine DUGNANI( 1748 - 1818) : cardinal, naquit je 8 juin 1748 à11ilan, d'une 41:pille noble. lieçu docteur en «oit, il fut ernoyé à florne coinme avocat consistorial de la Lombardie, place Mors importante et qui donnait accès à la cour. La capacité et les talents de Dugnani le tirent promptement avancer dans les faveurs de Pie VI, qui le nomma en 178 archevêque de Rhodes in partibus. llugnani était nonce à Paris, lorsque la révolution y éclata; fidèle devoirs„ d chercha à s'opposer aux innoval! qu'on voulait introduire dans l'Église, et sut même temps einpêchei'que les mésintelligences égras%sent en guerre ouverte. Il continua ésider à Paris; et st son caractère inviolable le lit à l'abri cies dangers personnels, il n'en fut pas (oins en butte à des ttacasseries. On l'expulsa enn de France, sous prétexte qu'il favorisait les d'Ires et les royalistes. Dueani se retira alors à ilan, d'où ii fut rappelé à Rome par Pie VI, qui créa cardinalPrêtre de StJeau, le 21 février ln Ilse trouva au conclave de Venise, en 1800, t contribua à l'élection de Pie VII. Son dévouement ce pontife titi attira plus lard des persécutions e la Part de Nap' oléon. En 1808, il fut exilé à Miin, Cl l'année, suivante amené en France où il esta tout. le. letnps que dura la capti ité de Pie VII. :nfin en 1814 il rentra à Rome, et fut nommé, en 816, 6:ère de Porto et SantaRuffina, titre atta- au sousdiaconat du sacré collége. LI mourut octobre i 81g. Dans le recueil de l'A mbrosiana, qi from e une petite pièce assez bonne, qi Duena- .ni a, consacrée' au souvenir de sa compatriote Agie- *ctibrelatinl les philosophes du 18e siècle
  • Antoine DUPIN( 1758) : conventionnel, né vers 1758 en Champagne, fut d'abord domestique d'un fermiergénéral ; puis employé dans les fermes du Soissonnais. ll embrassa la causedela révolution avec chakur. Élu, au mois de septembre 1792, député de l'Aisne à la Convention nationale, il iota dans le procès do Louis XV I, comme son collègue de députation, Condorcet, pour la peine la plus forte du Code pénal après la mort, c'est-àdirepour les fers à perpétuité; et Dupin moti%a ainsi sou vote : n Afin d'épar« giter des regrets à ce peuple généreux et sen« cible, que j'ai vu passer subitement du mé« pris à l'amour de son roi. a Sur la question 116 la ratification du jugement par le peuple, il se prononça pour la négative. « Je connais les « pouvoirs que mes comniettants m'ont don« nés; je rie crains pas que la responsabilité « pèse sur nia tète : en conséquence, je dis priortpani mettioirel es platdotries publiés p. Dupin sont ? Consultation jiur X. de Carlin. Nantes , 1826 de 8 poises; V' Consultation Mur X. Dieser I• Plainte os diffbniatioa de N. Ca- simir Peter et de X. le marechal Par.. , 1831 . 1t-8' de V , 6' Procas relatif as testament du feu duc de Itourboti. Pari. Mt, té..•111• do Of page'. 7• Priwo, rdou. pupitre sat4ii chez reX- COMOreleul? el etntrii, Pil put». M. k dut Derain, M, Courtois Ille Pure, 183$ de 1t1 pages. 8• Plaidoyer pour la effraie de N. le general de Myst, dotant le comma de guerre seunl Y Maudit le 1" juillet 1837, l'ails, 1837, tu 8• do pagro. E. D—o. On a encore de Dupin f• Notice rue N. I Nerilhow, Paris, 11118s in sin 16 MM.; It• Notice sur sel. Lemaistre. Part, MI 3' Notices hi. lorteritea, critiques el hildiugrJpluqurs srrr pluJU lierre de fumprudencr tranraise, rernarriunhIes per leur antique ou leur ruse, 1834, ?rochme se r. la Convention . Pour so soustraire ait soupt:on d'incivisme, il se mit à fréquenter la société. des Jacobins, et n'en eut pas moins à repousser une dénonciation connue protecteur firent enfin décréter d'accusation Antoine Dupin. Incarcéré le 9 août 1795, il n'échappa aux périls d'une instruction criminelle que par l'amnistie du mois de brumaire an 4. On peut croire que, ou les spoliations qu'on lui a reprochées ont. été invent Voy. le Moniteur, séance du 12 août 1793. 7 On poussa la sévérité jusqu'à faire mettre les scellés au domicile de sa bellemère à StCloud ; mais ils furent levés quelques jours après sur l'observation que Dupin, divorcé depuis deux ans, n'avait un dés lois aucun rappo t avec sa bellemère. W—, . pas ..unph; peur la mort , il aurait atteint en 1816 par la loi d'amnistie. si ?endant les centjours il ne se t'At abstenu de reparaitre dans les affaires publiques et de voter l'acte additionnel. 11 est mort vers 1829. C'est lui que dans son nouveau Tableau de Paris, Mercier traite de valet d'Ainar. En effet, lié aux chefs de la Montagne et leur obéissant servilement , dépourvu de talents, à la fois ambitieux. et timide, Dupin était de ces hommes qui approuvaient les proscriptions sans oser ? prendre part. Il est juste cependant d'ajouter que , par une motion faite à la Convention le 15 jan% ici 1794, il préserva de la faux révolutionnaire trois adjoints au. fermiersgénérau
  • Antoine DUPINET( 1500 - 1584) : sieur de Noroy, né clans le 1 6« siècle, à Besançon, suivant Lacroix du Maine. ou plut. 3° L'Histoire naturelle de Pline, traduite en français, avec un. Traité des poids et mesures antiques, réduits à la J'acon des Français, Lyon , 1542 1567, 1584, 1607, 2 vol. : Genève, 1608, 2 vol. ; Paris, 1615, 16n, 2 vol. Cette traduction a été pendant longtemps la seule qu'il y eut en français ; le style en est simple et agréable quoiqu'un peu vieilli, et bien , que sur le témoignage La Conformité des , églises réformées de France et de l'Eglise primitive en police , cérémonies, etc. , Lyon, 1565 rare et recherchée. 7° Les àecrets, Miracles de Nature, de Lévin Lemnius, traduits en français, Lyon , 1566 8° Les Commentaires de Pierre Maihiole sur l'Histoire des plantes de Dioscoride, traduits en français, Lyon, 1566, 1577, 1580 ; avec le Livre de l'Art 'le distiller, Lyon, 1619, 1655 et 1680 La traduction du mème ouvrage, par Desmoulins, est plus estimée. 9° Les Lieux communs de la Ste- Ecriture, par 1Volfgang Musculus, traduits en français, Lyon, 1577
  • Antoine DUPRAT( 1463) : cardinallégat , chancelier de France, et principal ministre de Franvois ler, naquit à Issoire, en Auvergne, le 17 ‘arivier 1463. 11 était fils d'Antoine Duprat, sieur de Verrière, et de Jacqueline Boyer. Un frère de sa mère, Austremoine Boyer, fut successivement secrétaire des rois Charles VII, Louis NI et Charles VI1I, et laissa plusieurs fils, dont Fun fut archevêque de Bourges et cardinal. Duprat suivit d'abord le barreau à Paris. En 1490, il fut nommé lieutenantgénéral du bailliage de MontFerrand, devint, cinq ans après, avocatgénéral au parlement de Toulouse, puis maître des requêtes et président à mortier au parlement de Paris , et enfin premier président au même parlement en 1507. Dans les dernières années du règne de Louis Xli, Duprat se dévoua mils réserve au comte d'Angoulême, et surtout à sa mère, Louise . Duprat reçut le prix de son dévouement à l'héritier présomptif. Peu de jours après l'avéne- ment de François ler, les sceaux furent ôtés à Etienne Poucier, homme instruit et vertueux, qui, scion le témoignage des historiens du temps, les avait m unies sans reproche ut les quitta sans reyret. Duprat lui succéda dans la dignité de chancelier, le 7 janvier 1515. Au mois d'aoeit suivant, Duprat suivit le roi en Italie. Bientôt la victoire de Marignan livra ù François Ier ville et le duché de Milan • et la terreur de ses armes divisa les membres de la ligue qui s'était formée contre lui. Le pape fit proposer une entrevue au roi et la ville de Bologne fut choisie pour le lieu de leurs conférences. Léon X, forcé de céder au vainqueur et d'abandonner l'alliance de ses ennemis, songea à profiter de cette circonstance, pour obtenir l'abolition de la pragmatique sanction. Cette loi de l'Etat, que chacun regardait en France comme le rempart de nos libertés contre les entreprises de la cour de Rome,. était en horreur it tous les papes, autant que la plus pernicieuse herésie , parce qu'elle tendait à diminuer leur autorité et leurs revenus. Depuis plus de soixante ans qu'elle avait été établie, sous le règne de Charles VII, dans une assemblée composée des principaux personnages de la nation, les papes n'avaient cessé d'employer toute espèce de moyens pour la faire abroger. Léon X , qui avait depuis deux ans succédé au fougueux Jules II , mettait plus de modération, mais autant de persévérance que lui à poursuivre l'abolition de la pragmatique. Il espéra parvenir à son but dans la négociation qui allait s'ouvrir. Il apportait à cet objet une grande force de volonté, et le jeune vainqueur n'y mettait aucune importance. Impatient de repasser les monts et de jouir en France de la gloire dont il venait de se couvrir, F. rançois Ier s'en rapporta entièrement à son chancelier, et, d'après ses conseils, promit tout ce que le pape voulut. Après avoir passé trois jours seulement à Bologne , il en repartit le 15 décembre , laissant à Duprat le soin . plus dévoués à sa personne. On peut croire . que ces motifs furent ceux qui décidèrent K cipatement le chancelier à stipuler ou à accepter des conditions contraires aux intérêts du peuple et au droit des églises de France; mais, en cette occasion , comme dans tout le reste de sa N i e , il mêla très probablement au désir d'accroître l'autorité royale, les vues de son intérêt personnel. Françoise d'Arbouze, sa femme, était morte depuis plusieurs années. Libre des engagements du mariage , il avait embrassé l'état ecclésiastique, et il put voir aisément ce que cette carrière lui promettait de richesses et de dignités, lorsqu'elles seraient toutes à la disposition d'un roi dont la faveur lui était assurée. Les articles accordés à Bologne servirent de base à la bulle connue sous le nom de Concordai; mais cette bulle ne fut signée à Rome, par Léon X, que plus de six mois après, et lorsque Duprat était depuis longtemps de retour en France. Elle n'en fut pas moins regardée comme son ouvrage aussitôt qu'elle fut connue. Le roi, qui prévoyait combien l'admission du concordat éprouverait de difficultés et soulèverait de haines et de réclamations, recula tant qu'il put l'instant où il devait être présenté à l'enregistrement des cours et recevoir son exécution ; mais, après un silence de plus d'une année , il i fut impossible de différer davantage. Il char- ilï a Duprat d'apporter au parlement la bulle qui ntenait le concordat , d'en exposer les motifs I et les circonstances, et d'en ordonner la publication. Il se passa un assez long temps avant ilqu'elle fût enregistrée. Le clergé et les universités demandaient, avec plus de force que les parlements, la conservation de la pragmatique. Comme elle avait été autrefois l'ouvrage d'une assemblée des premiers de l'Etat , on disait de toutes parts qu'elle ne pouvait être détruite qu'avec les mêmes solennités. Duprat brava le mécontentement général , et empêcha le roi d'y , céder. Il le poussa à un grand nombre d'actes arbitraires et inusités, et après une lutte qui dura plus d'une année , le concordat fut enregistré au parlement de Paris; l'exécution en fut encore éludée ou traversée dans les années suivantes; mais , à force de persévérance, Duprat finit par triompher de cette opposition si constante et si universelle. Les levées extraordinaires d'argent qu'on avait faites depuis le commencement du règne de François I", pour satisfaire à l'humeur prodigue de ce jeune roi, étaient entièrement imputées à Duprat , et l'avaient déjà rendu l'objet de la haine publique. Il devint encore plus odieux par l'établissement du concordat; niais il n'en conserva pas moins toute la confiance de son maitre. En 1520 , lors de l'entrevue des rois de France et d'Angleterre au camp du Drap- d'Or, et pendant presque toute l'année suivante à Calais, Duprat fut employe i .de,., negociationb a‘ cc le cardinal Volsey. L'objet de ces conférences était de concilier les prétentions opposées de la France et de l'emrereurCharlesQuint,par la médiation d'Henri , roid'Angleterre. Duprat y montra beaucoup de patience, et le ministre anglais beaucoup de periidie. Toute négociation étant restée sans effet, la guerre commencée entre CharlesQuint et Francois Let fut continuée avec acharnement en Flandre et en Italie , et les énormes dépenses qu'elle occasionnait, jointes aux profusions do la cour, jetèrent un grand embarras dans les financtes. Duprat, par des créations et. ventes , et comment le ressentiment qu'en éprouva le connétable le rendit infidèle à son roi et à son P'5- Après la fatale journée de Pavie et pendant la prison du roi, tous les malheurs de la France furent hautement reprochés à la régente et au chancelier. Les prédicateurs les en accusaient en chaire, et des billets affichés dans tous les quartiers de Paris répétaient les mêmes accusations. Cependant on doit convenir que, dans ces circonstances difficiles, la régente eut une conduite fort sage, et rendit de grands services à l'Etat. La plupart des puissances de l'Europe, conjurées contre la France, furent ramenées à de meilleures dispositions , et les negociations pour la délivrance du roi furent habilement dirigées. On ne pourrait sans injustice refuser à Duprat une part dans les éloges que mérita Louise de Savoie en cette occasion. Mais le parlement no l'en regardait pas moins comme l'auteur de tous les maux publics; il nomma des commissaires pour informer contre lui, et voulait que le procureur général d énonçàt ses malversations. Celu i - ci s'y refusa , et cet orage,.que la régente ellemême prit soin de détourner, n'eut aucune suite. Le roi, délivré de sa prison, vint tenir son lit de justice au parlement de Paris; il y fit enregistrer un édit, où, après avoir annulé toutes restrictioris mises aux lettres de régence accordées à sa mère, il défendit au parlement de se mêler d'aucune affaire d'Etat , ni d'aucunes matières relatives aux évêchés et abbayes; déclara tout ce qU1 avait été attPnlie contre son chancelier pendant son absence nui, comme fait par gl ) 7, vé$ et àavs juusdiction, et en ordonna la ra-. diation sur les registres. 11 est peut-ètre curieux d'observer ici que , sous le règne de ce même roi , le chancelier Poyet fut soumis, quelques années après , à la juridiction du parlement, et que son procès lui ïut fait , pour malversations dans son emploi, par ces mêmes hommes qualifiés auparavant de gens privés, et à qui on avait interdit toute espèce de juridiction contre la personne du chancelier . C'est ainsi que, selon la différence des passions ou des intérêts qui ont fait agir nos rois, on trouve dans notre histoire, et souvent sous le même règne , des exemples contradictoires ; et qu'il est aussi difficile de fonder sur les faits que sur les lois le véritable droit public de France aux diverses époques de la monarchie. Duprat , défendu par toute l'autorité du roi contre la haine nationale et contre les coups que le parlement avait essayé de lui porter , chargé en même temps des finances, et de tout ce qui regardait la justice et les négociations , joignant la faveur à la puisnance et les richesses aux honneurs, vit encore ses dignités s'accroître de toutes les grâces que le pape pouvait répandre sur un ecclésiastique. Il fut nommé cardinal en 1527, et légat à ifdere en 1530. Pendant le temps de la prison du roi, il s'était fait donner par la régente l'archevêché de Sens et l'abbaye de StBenoitsurLoire, et avait joint ces riches bénéfices à tous ceux dont il était déjà revêtu. Jusqu'au moment où il fut nommé légat, Duprat s'était montré tout à fait indifférent aux affaires de religion ; mais , depuis cette époque, soit qu'il voulût marquer sa reconnaissance au pape par l'excès de son zèle, soit qu'il fût guidé par de nouvelles vues d' et de politique , il ne cessa de provoquer les mesures les plus rigoureuses contre les nouvelles opinions. Il réunit en un conseil prov tous les évêques suffragants de sa métropole de Sens, et fit rendre dans ce concile plusieurs décrets de la plus atroce intolérance. Non content des lois par lesquelles il avait établi la peine de mort contre les sectateurs et les partisans de la religion réformée , il permit , ou selon quelquesuns, conseilla les rafinements barbares qui furent quelquefois ajoutés à leur supplice. 11 mourut le 9 juillet 1535, en son chàteau de Nantouillet , à l'âge de 72 ans passés , d'une phtiriase, ou maladie pédiculaire. Son corps fut apporté dans sa cathédrale de Sens, et l'on remarqua qu'il y entrait polir la première fois. Il avait travaillé pendant toute la durée de son ministère à accumuler pour luimême de grandes richesses et à rendre l'autorité du roi plus absolue et plus indépendante de nos formes légales et de tous les usages anciens.11 y réussit audelà de tout cr qu'il pouvait espérer, et n'en fut pas plus heureux. Dans ses derniers moments, et au milieu des tourments de la plus affreuse maladie, il fut déchiré .par le remords de sa conscience pour reituoir. dit Wyerai jamais observé d'outre loi que son intéra propre ou la passion du prince. « C'est lui , ajoutetil , qui a ôté les élections « des bénéfices et les priviléges des églises, qui « a introduit la vénalité des charges de judi- « cature, qui a appris en France à faire toutes · sortes d'impositions sans l'octroi des Etats, « qui a divisé l'intérêt du roi d'avec le bien pu- « blic, qui a mis la discorde entre le conseil du « roi et le parlement, etc... » En lisant cette espèce d'acte d'accusation contre la mémoire de Duprat, on ne peut nier que tous les chefs n'en soient vrais; cependant , le crime d'avoir ôté les élections aux églises, et celni d'avoir introduit la vénalité des charges de judicature, n'ont pas eu, à ce qu'il semble , des suites aussi fâcheuses qu'on le craignait et qu'on a coutume de le dire. Peut-être, aux premiers siècles de l'Eglise, les élections donnaient tout au mérite et rien à la faveur. Des dignités ecclésiastiques ne conféraient alors aucune richesse : et, ne pouvant être recherchées par des motifs d'avarice ou d'ambition, n'excitaient aucune brigue. Mais , dans le siècle où vivait Duprat, les élections étaient depuis longtemps corrompues par les passions et les intérêts humains; la plupart étaient contestées pour cause de simonie, et donnaient lieu à des procès scandaleux. Les églises, n'étant soumises dans leur choix à aucune condition, ni à aucune responsabilité, nommaient souvent des enfants de sept ou huit ans à des prélatures et à d'autres grands bénéfices, dans la seule vue d'enrichir leurs familles. Le concordat fit cesser cet abus révoltant, en exigeant que les sujets nommés par le roi aux évêchés et abbayes, fussent âgés au moins de vingtsept ans, et gradués dans une université. La violation du droit des élections, quoique faite contre le voeu général, n'entraîna donc pas des inconvénients aussi graves que ceux qu'elle fit disparaître, et quand on en examine les résultats avec impartialité, on est forcé de convenir que le clergé de France ne fut ni moins régulier dans sa discipline, ni moins attaché à nos libertés, après le règne de Fran-çois ler qu'auparavant. Des réflexions à peu près semblables s'appliquent à la vénalité des offices de judicature. Avant les premières ventes qui en furent faites par François ler, un trafic aussi honteux et plus préjudiciable n'avait lieu que trop souvent. Les ventes ne tournaient pas encore au profit du fisc, mais on achetait à deniers comptant le crédit des grands et des hommes en place par qui l'on obtenait des offices. « Quand « mème les charges . ne se vendraient pas par « un régiment public, a dit Montesquieu, l'a- « vidité des c,ourtisans les vendrait de même. » Duprat ne fit que rendre profitable au trésor du prince un commerce qui, auparavant, enrichissait quelques particuliers. Il lit créer ces offices, et les distribua au nom du roi, moyennant une finance qui était reçue seulement à titre de prêt, et avec premlesse de la rendre à la lin de la F guerre. r prépara ainsi, pent-ètre sans le pré- voir, l'établissement légal et nécessaire de la N énaii té des charges de judicature : car, le prince. ne pouvaut pas rendre l'argent qu'il avait reçu, fut forcé de permettre aux titulaires qui lui avaient prêté., de disposer de leurs offices comme ils voudraient. De là s'ensuivirent des ventes entre particuliers, et ensuite l'hérédité des offices des pères aux enfants. Mais cet ordre de choses ne devint universel et régulier que plus de soixante ans après la mort de Duprat. Jusqu'à l'édit de 16O4, la vénalité était, pour ainsi dire, de fait hien plus que de droit. C'est par cette ?oi de Henri IV qu'elle a été vraiment établie et a pris les formes qui s'étaient conservées jusqu'à ces derniers temps. Si la vénalité est contre l'ordre naturel, comme il est impossible de le nier, elle peut donc. au moins dans une société déjà corrompue , avoir quelque chose d'utile, et se fonder sur des raisons d'Etat. L'hérédité , qui en est la suite, au lieu d'être considérée comme un vice de plus, luisert pour ainsi dire de remède : elle destine chacun à son devoir, et fait faire comme un milier de famille, et par le seul désir de ressembler à ses ancêtres , ce qu'on ne peut plus , ntreprendre pour la vertu. Elle donne au peuple des juges plus indépendauts, et écarte l'influence qu'exer- ceraient les hommes puissants sur la distribution de la justice, s'ils pouvaient user de leur crédit your remplir les tribunaux de leurs créatures. .I ,Aussi la vénalité n'atelle pas produit les niau. qu'on aimait à prédire lorsqu'elle commença à s'établir , et c'est dans les deux siècles qui ont uivi cette époque q ue l'histoire de la magistrature nous offre les plus nobles modèles de vertus publiques et privées, et que la science des lois a été le plus souvent unie dans les tribunaux à l'amour de la justice. Duprat , en montrant comment on pouvait sans pudeur, et avec impunité, tirer de l'argent du peuple pare toutes sortes de moyens lies mauvais et tout à faitcontraire, aux lois et coi, lumes de Franc, ouvrit une route qui n'a été que trop suivie, et ces inventions nouvelles furent le germe d'une partie des maux que la France a éprouvés dans les siècles suivants. Mais ce ne fut pas seulement pour établir des impôts qu'il se joua de nos formes anciennes; personne ne méprisa aussi ouvertement que lui tout ce qui, en quelque chose que ce lia, apportait quelque gène à ses passions ou à celles du prince. 11 ne se borna pas à ôter au parlement, autant qu'il le put, toute politique il chercha sans cesse à lui faire perdre son indépendance et ses attributions comme corps judiciaire , soit en attirant au conseil du roi les procès les plus importants par des évocations dont il y avait jusqu'alors très peu d'exemples, soit en les faisant jqer par m, « le chancelier' dès longtemps mal mu con- cou- . Ces commissaires étaient pris, comme le rapporte un historien contemporain , parmi les hommes que Duprat avait placés luimême au parlement , et qu'il connaissait d'ailleurs comme lui étant complètement dévoués afin que l'intérêt de ces commissaires répondit encore plus que leur dévouement de la condamnation des accusés, ils étaient associés le plus souvent au profit dos confiscations qu'ils devaient prononcer. Duprat luimême ne craignit pas de prendre part quelquefois à ces honteuses dépouilles. Il eut, nous diton, de la confiscation du connétable de Bourbon, deux belles et bon- nes terres, la baronnie de Thiers et la seigneurie de ThorysurAllier. On trouve dans Choppin un arrêt, de 1569, qui condamne le fils du chancelier Duprat à se désister de cette terre de Thiers au profit du duc de Montpensier' et annule ainsi, après qua- rantedeux ans dd pcssession, le .titre odieux qui avait conféré à un chef de la justice une portion des biens d'un prince du sang dont il avait été le juge. L'avidité insatiable de Duprat, qui le rendait si peu délicat sur les moyens d'acquérir, le porta souvent à fatiguer le roi de ses demandes. Plus d'une fois François Ier lui témoigna qu'il en était importuné. A la mort de Clément Vil, en 1534, il parait que le chancelierlégat conçut l'espérance de devenir pape. Plusieurs circonstances pouvaient faire croire alors qu'il serait facile au roi de faire tomber le choix du conclave sur un de ses sujets. On rapporte que Duprat vint le supplier de 'jeter les yeux sur lui, en l'assurant que cela n'entraînerait aucun sacrifice d'argent qui pôt nuire à ses finances, puisqu'il avait 400,000 écus tout prêts pour acheter les voix. Le roi , étonné d'un pareil aveu do la part d'un ministre chargé du maniement de tous les revenus de l'Etat, et qui laissait souvent les troupes manquer de solde, lui demanda où il avait pris tant d'argent et lui tourna le dos sans faire d'autre réponse. Duprat avait fondé à l'hôtelDieu de Paris une salle destinée à recevoir un grand nombre de pauvres malades. C'est celle qui a été connue sous le nom de salle du Légat jusqu'à l'incendie de I'llÔtelDieu en '1772. Franç.ois ler disait, à propos de cette fondation , que la salle du Légat était bien petite pour loger le grand nombre do pauvres qu'il avait faits. Dans plus d'une autre occasion, il s'exprima de manière à ne pas lais- Judiced ) romo- vcrut, out sibi Mos fercba1 , dans un chapitre qu'il a intitulé de l'ignorance des gens d'église, raconte que « le « cardinallégat ayant lu une lettre du roi d'An- « gleterre, Henri VIII, à François ler, dans la- « quelle, entre autres choses, se trouvaient ces « mots : mitto fibi duodecim molossos, ilcom- « prit que c'était un envoi de douze mulets « et, se fiant à cette interprétation, s'en alla au « roi demander sa part du présent... Le roi, « qui n'avait ouï parler comment d'Angleterre « on lui envoyait des mulets, fut esbahi de la , « il avait lu d'abord muletos, réparant ainsi sa « première ignorance par une autre. » Ceux qui ont In le livre d'Henri Estienne, et qui connaissent ce Ifizarre amas 'd'anecdotes, suis goitt et • sans vraisemblance, contre les préires et ceux qu'il appelle messotiers, rejetteront sans doute un conte qui n'est appuyé sur aucune autorité antérieure. Eh! comment pourraiton croire qu'un homme qui se distingua au barreau , et qui remplit de grandes places dans l'ordre judiciaire, ait pu ignorer la langue dans laquelle on rendait encore la justice , et qui était de première nécessité pour toutes les études de droit? On a remarqué, il est vrai , qu'il avait souvent montré de l'éloignement et une espèce de jalousie contre les gens de lettres, trouvant qu'ils le primaient dans l'esprit da public et dans la faveur du roi; mais, quoiqu'il n'aimât point les lettres , et qu'il at cru perdre son temps en recherchant la société de ceux qui les cultivaient, il n'en dut pas moins sa première élévation aux talents de l'esprit et à ses connaissances , parce qu'alors, dans les cours de magistrature, on ne s'élevait pas autrement. Le parlement de Paris, qui le connaissait bien et qui ne lui aurait pas I plus ménagé les reproches d'ignorance que tous les autres, m'unit dans une de ses réponses à la régente, en 1525, («lue le chancelier avait « une pénétration vive , des connapssances très « étendues et un travail facile ; mais qu'on lui « souhaiterait plus d'esprit, plus d'amour pour « les lois, moins d'àpreté pour ses intérêts et « surtout moins de partialité.» Le jugement de la postérité a été plus sévère que celui du parlement ; et la mémoire de Duprat est devenu(' odieuse, autant par le mal qu'on a fait en l'imitant, que par celui qu'il a fait luiméme. Il a été regardé comme un chef d'école, et on l'a rendu responsable de toutes les suites qu'on a attribuées à ses maximes perverses et à ses exemples encore plus dangereux
  • Antoine DUSILLET( 1599 - 1642) : vaillant capitaine , issu d'une famille honorable, dans laquelle les talents et le patriotisme se sont perpétués jus- qu'à ce jour, naquit en 1599, à Dôle, alors capitale de la FrancheComté. Entré jeune au service , il avait le grade de sergentmajor , et faisait partie de la garnison de Dôle, lorsque cette ville fut assiégée par les Français, en 1636. Ce siége lui fournit l'occasion de signaler sa brillante valeur. Une fois, à la tète de soixante hommes, tombant à l'improviste sur les assiégeants, il les chassa des retranchements qu'ils avaient élevés, et détruisit tous leurs travaux. Quoique couvert de blessures, dont quelquesunes étaient très graves , il n'en continua pas moins de prendre la part la plus active à la défense de la place, se trouvant toujours au poste le plus dangereux. A demi écrasé par la chute d'une porte que battait le canon des assiégeants, dès qu'il fut en état de tenir une épée, il reparut dans les rangs de ses compatriotes , que son exemple excitait à faire leur devoir. Ce ne fut qu'après la levée du siége qu'il consentit à prendre enfin du repos; mais, affaibli par ses nombreuses blessûres , il ne put rétablir sa santé, et mourut en 1642. On conserve dans sa famille le journal qu'il a laissé des événements arrivés dans la province depuis 1623. Boyvin voy. ce nom), dans son Histoire du siège de Bille, loue beaucoup sa valeur.—DusILLET , frère du précédent, né le 24 novembre 1602, avait embrassé comme lui laprofession des armes, et commandait en 1638 le chAteau de Rahon,près , de la même famille, née en 1690, à Dôle, fille d'un conseiller à la chambre des comptes, entra fort jeune à l'abbaye des Bernardines, connue sous le nom des daines d'Onans. Sans rien relâcher des devoirs que lui imposait son état, elle cultiva ses heureuses dispositions pour la littérature, et se fit par son esprit et l'enjouement de son caractère une réputation qui ne tarda pas à franchir l'enceinte de l'abbaye. Chérie et respectée de toutes les personnes qui la connaissaient, elle passa des jours paisibles dans la retraite, et mourut le 28 février 1770 ; elle avait composé plusieurs ouvrages, entre autres des lettres et des fables, qu'on la pressa vainement (le publier, et dont on ne connaît plus de copies. La bibliothèque de Dôle possède son Histoire de l'abbaye des dames d' Onans de 296 pages, que l'on dit fort intéressante
  • Antoine DUVERDIER( 1544 - 1600) : seigneur de Vanprivas, né à Montbrison en Forez, le 11 novembre 1544, fut conseiller du roi, et élu sur le fait des guerres, aides et tailles, au pa,ys de Forez, homme d'armes de la compagnie du sénéchal de Lyoncontrôleurgénéral de la méme ville , et gentilhomme ordinaire de la chambre du roi. Il mourut à Duerne le 25 septembre 1600. Voilà tout ce qu'on sait de sa vie. Dans sa jeunesse il avait cultivé la poésie, mais de ses opuscules poétiques il n'a publié que quelques pièces très médiocres qu'il a insérées' dans son grand ouvrage. Il avait, dit Scaliger, une belle bibliothèque en italien, français, espagnol, grec et latin , et il savait tous ses livres. Il a donné luimême la liste de ses ouvrages; il suffira do citer 1° la Prosopographie, ou Description des per- sonnes insignes, etc., avec les effigies d'aucunsverdier, suivant celles de P. Messie, Lyon,1576 Paris, 1583 , contenant chacune 5 livres ; la 3° édition est de 1584 . elle est augmentée d'un livre. L'édition de 1592 est augmentée d'un 7e livre. Enfin l'édition de Tournon, 1605, contient de plus trois discours sur le deuil, l'honneur et la noblesse, trouvés dans les papiers de l'auteur. Les Leçons sont le fruit des lectures de Duverdier, et les extraits qu'il a faits des divers historiens grecs, latins et italiens. fi les fit à l'imitation de P. Messie, auteur espagnol ; et depuis un nouvel imitateur a paru : c'est Louis Guyon, sieur de la Marche. 30 Le Compsrutique, ou Traits facétieux. Il y a lieu de croire que cet ouvrage existe puisque Duverdier luimême le cite comme imprimé chez Jean d'Ogerolles, 1584 ; mais aucun bibliographe ne l'a vu, et Nicéron et La Monnoie disent que tout ce qu'on peut en voir consiste en un petit nombre de contes imprimés en 13 feuillets en 1592, à la suite des Eseraignes dijonnaises de Tabourot. 40 La Bibliothèque d' Antoine Duverdier, contenant le catalogue de tons les auteurs qui ont écrit ou traduit en fia. içais, avec le supplé- ment latin, du méme Duverdier, à la biblio- thèque de Gessner, Lyon, 1585 , reimprimé avec Lacroix du Maine, son contemporain et son rival, par les soins de Rigoley de Juvigny, qui a inséré ses notes et celles de La Monnoie, du président Boubier et de Falconnet , sous ce titre : les Bibliothèques françaises de Lacroix- du Maine et de Durerdier , nouvelle édition, 1772, 6 vol. La Bibliothèque de Driververdier remplit les tomes 3 à 6 de cette édition. I Colomiez et Baillet donnent la préférence à Lacroix du Maine sur Duverdier. C'est de ce dernier, au contraire, que La Monnoie fait le plus de cas. L'un et l'autre ont des articles qui leur sont particuliers. Les deux ouvrages sont rangés par ordre alphîbétique des noms de baptême. La nomenclature de Duverdier est plus étendue, mais aussi il y a admis les auteurs grecs, latins, ita- liens, dont il connaissait des traductions fra»- çaises ; à la lin de chaque lettre il a, nonseulement comme Lacroix du Maine, donné place aux auteurs dont les noms propres ne sont exprimés que par leur première lettre , mais encore aux livres anonymes. Très souvent aussi Duverdier donne des extraits ou fragments des auteurs, malheureusement ces extraits sont assez mal choisis, ou du moins ennuyeux. A la suite de sa Bibliothèque /). ançaise , Duverdier a donné un Supplem en Mn? epitomes Bibliothecoe Gesne- 'lance • L'édition de Duverdier donnée par Big,oley laisse encoro boancoup à ,) sirer ; la bibliothèque impériale en possède un exemplaire dont les marges sont chargées de netes et corrections de Mercier de StLéger. Le ',dong et quelques personnes- attribuent à Du% erdier Biayraphie et la Prosopographie ries rois usqu'a Henri / I , Paris, 1583-1586 maison a lieu de douter que cet, ouvrage soit de Duverdier, parce qu'il n'en a fait luimême aucune mention dans la liste qu'il a donnée, en 1585, de ses travaux, liste dans laquelle il a fait entrer des ouvrages qui étaient. alors et qui sont restés manuscrits , tels qu'une traduction des œuvres de, Sénèque etc., etc. C'est par erreur que Saxius indique le Dictionnaire historique: de Bayle comme contenant un article sur Antoine Duverdier : ce n'est ni de lui ni de Claude son fils, mais d'un troisième personnage , que parle le philosophe de Rotterdam A
  • Antoine ELLYS( 1693 - 1761) : théologien anglais, naquit en 1693, fut élevé à Cambridge, prit les ordres et fut nommé successivement à plusieurs bénéfices. Son premier ouvrage fut: Une Défense de l'examen sacramentel, comme étant une juste sécuriti pour l'Église étaIllie, 4736 Cet ouvrage était dirigé contre les dissenters, en faveur de l'Église anglicane, qu'il passa sa vie à défendre, soit contre eux, soit contre les catholiques, mais avec une modération bien rare parmi les controversistes. « Il pensait,_disent les éditeurs de ses oeuvres pas- « (humes, que persécuter, eûton la raison de « son côté, est bien pis que d'avoir tort; » pr méritoire da.us un homme qui défendait la religion dominante. Du 1este, on peut dire qu'il n'assista pas au combat, ayant employé la plus grande partie de sa vie à consigner ses opinions dans un ouvrage qui ne parut qu'après sa mort, et dont cependant la réputation, répandue de son vivant, lui valut l'évêché de StDavid, auquel il fut nommé èii 1752. 11 mourut à Glocester en 1761, âgé de 68 ans. Eu 1763 parut la première partie de son ouvrage, sous le titre de : Traité sur la liberté spirituelle et temporelle des protestants en Angleterre. La seconde parut en 1765, et fut Traité sur la liberté spirituelle et temp9re11e des sujets en Angleterre; la première ayant princi- palement pour objet d'établir le droit qu'avaient eu les protestants de (langer leur doctrine, contre os prétentions de l'Église de Rome ; la seconde, tinée à maintenir la liberté religieuse dans les .1peolts des sujets avec le gouvernement. Cet .,uvrage est estimé des protestants. On a aussi Ellys des Remarques sur un essai de David Hume, concernant les miracles, 1752 et quelques sermons imprimés séparément
  • Antoine EPARCHUS( 1500) : poêle grec, était né dans file de Corfou vers le commencement élu 16* siècle. 11 enseigna quelque temps les lettres erecques à Venise, où il connut Giraldi, qui le cite ?l'une manière honorable dans le second de ses dialogues : De poiitis sui temporic. Il écrivit, en 1543, à Mélanclithon et à quelques autres chefs de la réforme en Allemagne, pour It', inviter à faire cesser le schisme, en se réunissant à l'église catholique. Dans un voyage qu'il fit à Paris, il orfrit à François l" un man'iscrit précieux contenant des pièces inédites d'anciens auteurs grecs. On conserve ce manuscrit à la Bibliothèque impériale sous le n°.3502. Etienne Lemoyne en a publié la table, avec une version latine, dans le tome Pr de ses t'aria sacra, sur une copie qui lui avait été adressée par le savant Claude Sarrail. Banduri l'a réimprimée sur une copie' plus exacte, qu'il tenait de Boivin, dans les notes des Antiquitat. Constantinopol., s13 ; et Fabricius l'a reproduite, sur l'édition de Lemoyne, dans la Biblioth. grœra, tome 10, p. Eparchus retourna bienbit à Corfou, et il y consacra le reste de sa vie à la culture des lettres. Avant de quitter Venise, il y publia : In evereione? n Gracia, Deploraliu. Epislube quœdam . Pelantes ad concordions reipublicre chris- Epitaphium in cardinalem Couitarinum, 1544 Tous ces opuscules sont grecs le premier est une élégie sur la ruine de l'empire de Constantinople. Les lettres sont celles q I 'il adressa, comme on l'a dit cidessus, aux principaux réformateurs. L'abréviateur de la Bibliothèque de Gessner attribue à Eparchus la traduction latine de (pagnes li•res de Polybe, encore inédits. Enfui, on troue de lui quelques lettres grecques dans le tonie 9 des erwlitoruoi de Lami. 1,41 sénat d'Augsbourg tit acheter à Venise en 15i3 les manuscrits grecs d'Fparchus, pour 800 ducats. et les réunit à la bibliothèque dont .i.xte Bétulée (voy, ce noms, avait jeté les fondements en 1538
  • Antoine FAISTENBERGER( 1678 - 1722) : né à Inspruck en 1678, peignit avec succès le paysage. Les productions du Gaspre et de Glauber et surtout la nature furent les objets de ses études , et il dut à de tels guides son talent et sa réputation. ll avait été d'abord élève d'un nommé Bouritsch ; il devint à son tour le martre de son frère Joseph. Tous deux furent appelés à Vienne et virent leurs ouvrages recherchés des amateurs et moine des souverains. Antoine , l'aîné et le plus habile , mourut dans cette capitale en 1722. Ses paysages se font remarquer par la noblesse de la composition et par la beauté des fabriques : quelquefois ils repré sentent des solitudes et des chutes d'eau rendues avec beaucoup de vérité. Sa couleur, tantôt claire, tantôt vigoureuse , est toujours franche et naturelle. Ses figures passent pour être ordinairement de la main de HansGraaf ou du vieux Bredael. Les galeries de Vienne et de Dresde possèdent quelques tableaux de ce maitre. Joseph Orient a été un de ses élèves distingués. VT
  • Antoine FAIVRE : littérateur, mort en 1844, a publié : 1° Le solitaire aux prises avec le sens commun, ou Réponse au Coup d'oeil sur l'Église de Lyon , Lyon , 1825 de 76 pages ; 2. Lettres des missions du Japon, ou Supplément aux Lettres de StFrançoisXavier, Lyon et Paris, 1830 Il a traduit en outre la Démonstration de la vérité évangélique de Théodoret, et les oeuvres COMpiètes de StCyrille, Lyon, 1844, 2 vol
  • Antoine FARNÈSE : huitième duc de Parme et de Plaisance, frère et successeur de François, régna de 1727à 1751. Il n'avait jamais pu obtenir de son frère un revenu suffisant pour pouvoir se marier ; il le fit enfin lorsqu'il lui eut succédé. 11 épousa, en février 1721i , Ilenriette d'Este, fille du duc de Modène ; niais son âge et son extrême corpulence ne lui permirent point d'en avoir d'enfants. Le règne d'Antoine fut une période d'humiliations et de dépendance. Les puissances étrangères disposaient de ses États, de ses biens, de ses affaires de famille; on exigeait déjà qu'il reçût garnison dans Parme, et l'infant d'Espagne don Carlos devait venir se montrer à lui comme son héritier. La mort d'Antoine Farnèse, survenue le 20 janvier 1731, délivra ce prince de ces humiliations. En mourant, il croyait sa femme grosse , et celleci continua jusqu'au mois de septembre de se flatter qu'elle donnerait un héritier à la maison Farnèse; mais elle fut enfin obligée de reconnaître qu'elle s'était trompée, et six mille Espagnols vinrent au nom de don Carlos prendre possession de Parme et de Plaisance.
  • Antoine FAUVELET DU TOC : secrétaire des finances de Monsieur , frère de Louis XIV, a : I' Histoire des secrétaires d'Estat, contenant l'origine , les progrès et l'établissement de leurs charges, Paris, 1668 elle commence à l'année 1547, où Ilenri II partagea l'administration du royaume entre quatre secrétaires, qui furent Bochetel , Glatisse, de l'Aubespine et Duthier; mais on sait que ce ne fut que sous le règne de Charles IX que les secrétaires d'État commencèrent à signer pour le roi. Il y a des recherches dans cet ouvrage et des particularités qu'on ne trouve pas ailleurs; 2. Histoire de Henri, duc de Rohan, Paris, 1666; Cologne, 4667 Fauvelet a retouché le style de cet ouvrage, et en a signé l'épître dédicatoire; mais il en existe des manuscrits portant des initiales qui cachent le nom du véritable auteur, que l'on n'est pas encore parvenu à découvrir
  • Antoine FAVRE( 1557) : l'un des plus grands jurisconsultes du commencement du 17' siècle , naquit le 4 octobre 1557 , à Bourg en Bresse , province qui était alors sous la domination des ducs de Savoie. Issu d'une ancienne famille de robe , et destiné à suivre la même carrière , il fit son cours de droit à Turin , après avoir fait d'excellentes études à Paris dans le collége des Jésuites. Le grec et le latin lui étaient devenus si familiers, au rapport d'Anastase Germonio , qu'il lui est arrivé plusieurs fois à Turin , au sortir de sa le fuyez Guichenon, Hist. de Bresse, 3e part., p. 160. çon , de la réciter ou de l'écrire en latin , et de la dicter en grec en même temps. Il consacrait alors à l'étude quatorze heures et même jusqu'à seize heures par jour. Dès cette époque il conçut le plan des grands ouvrages qui ont établi sa réputation ; il les menait de front , pour ainsi dire, et ne les publiait qu'en parties détachées , se flattant qu'ils opéreraient une espèce de révolution dans la jurisprudence , et que son plan étant une fois bien connu, d'autres jurisconsultes pourraient continuer et achever ceux de ses livres qu'il n'aurait pu terminer. Doué d'un esprit libre et dégagé de préjugés , il pratiqua , bien avant Descartes et Locke , la maxime de ne jamais jurer in verba enoqistri. Il n'avait que vingttrois ans lorsqu'il publia les trois premiers livres Conjecturarum jours civilis , dans lesquels , sous le titre modeste de Conjectures, il développe une connaissance approfondie de l'esprit des lois romaines , puisée , non dans les opinions des jurisconsultes , mais dans la comparaison des lois entre elles. Malgré quelques idées paradoxales , cet essai fit une grande sensation, et annonça ce que l'on pourrait attendre de l'auteur. On assure que Cujas disait à cette occasion : , informé du mérite de ce jeune avocat , le nomma en 1581 jugemage de Bresse , quoiqu'il fût loin d'avoir l'âge de trente ans exigé pour cette charge , et trois ans après le rappela pour être sénateur au sénat de Savoie , dont il devint ensuite premier président en 1610. Les nombreux devoirs de ces différents emplois, dont il s'acquitta toujours avec la plus scrupuleuse exactitude , et les diverses commissions dont il fut chargé par sa compagnie, ou dont l'honora la confiance de son souverain, ne lui laissaient plus que bien peu de temps pour ses études chéries ; mais il le mettait tout à profit. Dans un voyage qu'il fit à Aix en Provence, par commission du sénat , en 1592 , il y composa en six semaines son traité De variis nummariorum debitorum solutionibus ; et c'est à Rome qu'il écrivit une grande partie de sa Jurisprudentia papinianea , ouvrage capital , qui avait pour but de réduire dans un ordre méthodique et régulier toute la science du droit romain , qui ;offre tant de confusion dans les cinquante livres des Pandectes. Il adopta le plan et la distribution des Institutes de Justinien ; mais il ne put en achever que le premier livre. Cet ouvrage lui tenait fort au coeur , et c'est suivant ce plan qu'il enseigna le droit à l'aisé de ses fils, auquel il donnait luimême une leçon tous les matins , se flattant que ce fils pourrait après lui terminer cet important travail ; mais une main plus heureuse reprit l'ouvrage par les fondements , et ce fut Domat qui eut la gloire de donner les Lois civiles dans leur ordre naturel. Les recherches d'érudition et l'étude approfondie de l'antiquité avaient apporté dans la jurisprudence un perfectionnement réel ; Alciat et Cujas l'avaient surtout introduit dans les universités : Favre résolut de l'appliquer aux tribunaux. Il fit voir dans ses cent décades De erroribus pragmaticorum et interpretum , jurys qu'il faut chercher le sens des lois romaines dans l'esprit même de la jurisprudence de ce peuple , et non dans les opinions des commentateurs, qui , pour être fréquemment citées et répétées , ne sont cependant jamais que des opinions. Cet ouvrage, dont la première partie parut en 1598 , prit vivement sa défense dans ses Disputationes forenses , Strasbourg , 1610 . Il avait fait exprès le voyage d'Annecy pour voir Favre et lui dédier son ouvrage. Non content de critiquer tous les commentateurs qui l'avaient précédé , Favre résolut d'effacer leurs travaux par un commentaire d'un genre absolument neuf , dans lequel , sans citer aucun interprète , on chercherait le sens et le motif des lois dans l'esprit même de la législation romaine. Tels sont ses Rationalia in Pandectas , dont il publia la première partie en 1604 , StGervais auxquels il ne cessa de travailler le reste de sa vie , mais qu'il ne put pousser que jusqu'au titre De preescriptis verbis . Un fragment de la 4.* partie , contenant les titres De pignoribus et hypothecis , ne parut qu'après sa mort , en 1624 , et l'on y réunit les fragments des titres 1 et 2 du livre 28 , trouvés parmi ses papiers, dans l'édition de Lyon, 1663, t. 5 Cet excellent ouvrage , s'il était terminé , pourrait en effet dispenser de recourir à tout autre commentaire. Il prend l'un après l'autre chaque titre du Digeste ; après l'explication de chaque loi , de chaque paragraphe même , l'on y trouve séparément Ratio dubitandi et Ratio decidendi ; ce qui a fait donner à l'ouvrage le titre de Rationalia. Ce livre fut reçu avec plus d'applaudissement encore que les précédents ; mais on y trouva la même diffusion , le style de l'auteur manquant en général de précision et d'énergie : les grandes affaires dont il était comme accablé ne lui permirent jamais de s'attacher à le polir. Le plus important de ses ouvrages , celui que l'on consulte le plus souvent , est son Codex Fabrianus , dans lequel , en suivant l'ordre des matières du code Justinien , il rapporte , avec les motifs raisonnés , toutes les décisions du sénat de Savoie qui avaient été rendues de son temps et, pour ainsi dire , sous ses yeux , quelquefois contre son opinion ; car il était forcé de souscrire à l'avis de la majorité , huila plerumque non modo scientia , sed etiam conscientia , comme il le dit luimême. Le code Fabrien , divisé en neuf livres, formait une des sources du droit suivi dans les états de Savoie , et était souvent cité comme une autorité d'un grand poids dans tous les pays qui suivaient le droit romain. La première édition parut en 1606 , Genève , Chouet ; il a souvent été réimprimé. L'édition de Leipsick, 1706 est augmentée de notes relatives aux usages pàrticuliers suivis en Allemagne. Ce bel ouvrage fut composé à Annecy, où Favre avait été envoyé en 1596 , sur la demande du duc de Nemours , pour être président du conseil de Génevois. II s'y lia de la plus étroite amitié avec StFrançois de Sales, auquel il dédia, la même année , le 12e livre de ses Conjectures. Ces deux illustres personnages , aussi zélés pour le progrès des bonnes études que pour le maintien de la foi catholique , y érigèrent , en 1606 , une académie à l'instar de celles qui se formaient à cette époque dans presque toutes les villes d'Italie. Celle d'Annecy , établie dans la maison du président Favre et sous la protection du duc de Nemours , reçut le nom d'Académie Florimontane , et eut pour symbole un oranger avec cette devise : Flores fructusque perennes. La théologie , la philosophie, les mathématiques , les beauxarts , tout était du ressort de cette institution, qui, pour la forme, se rapprochait assez de nos athénées modernes , et dont Ch. Aug. de Sales rapporte tout au long les statuts au commencement du 7e livre de son Histoire du B. François de Sales . On lui avait nommé des censeurs, des collatéraux ou assesseurs , un trésorier , un huissier à gages , mais on ne voit pas quels fonds on avait assignés pour les dépenses indispensables. L'histoire ne dit ipas combien de temps dura cette institution ; on peut croire que le zèle des académiciens se refroidit insensiblement , et il parait qu'ils cessèrent de se réunir lorsque le président Favre retourna à Chambéry en 4618 . Le conseil de Genève n'ayant pas voulu permettre, dans cette ville, l'impression du titre premier On voit par la lettre de Favre à Schiferdecker, du 19 mars 1609, rapportée par Guichenon ; il fut , en 1611 , employé presque toute l'année à lever des troupes en Savoie pour l'armée de son souverain , et à veiller aux approvisionnements nécessaires. Appelé à Turin , en 1614 , pour l'affaire de la succession du Montferrat , il fut nominé membre , qui iitléjà s'était fixé à Paris. L'année précédente , le marquis de Lans , gouverneur de Savoie , ayant été aussi envoyé en France pour d'autres affaires, le président Favre avait été nommé pour le remplacer dans le commandement général , et dans les temps de disette il vendait une partie de son argenterie pour les rendre plus abondantes. Son testament , rapporté en entier par Taisand , est un monument précieux de sa piété , de sa tendresse pour ses enfants , et surtout . Les principaux ouvrages du président Favre ont été recueillis à Lyon en 10 volumes Cette collection comprend : Juriàprudentiœ papinianew scientia , 1658 ; ' De erroribus prezymaticorum , 1658 , 2 vol.; Ratio que cc savant Silésien avait été reçu membre de l'Académie fiarimontane , aux séances de laquelle il avait souvent assisté , et que cette académie était alors aussi florissante qu'aucune de celles que l'on comptait en Italie. Taisand, Vies des plus célèbres jurisconsultes, Paris , 1721 p. 218-246. ; talla, 16M-1665, 5 vol.; Codex Fabrianus , 1681 ; et Conjeciurarum libri 20 , 1661 . On lui doit encore : 1" Dc variis nummariorum debitorum sointionibus , Lyon , 1598 ; Nuremberg , 1622. Dans la préface de ce traité , dirigé en grande partie contre Ch. Dumoulin , tout en appelant son adversaire Pragmaticorum œtatis nostroe facile principem , il ajoute : qui ut in cceteris fere omnibus quœ scripsit... ridetur mihi a certissima juris ratione... tour ria deerrasse. Durandi observe que Favre , écrivant sur la matière de l'usure contre un adversaire tel que Dumoulin , qui affichait assez ouvertement les opinions des protestants, avait cru devoir se montrer plus théologien que jurisconsulte , et qu'il ne raisonne plus selon ses principes ordinaires. La remarque porte à faux. Le sujet de ce traité dépend de principes qui n'ont été bien développés que dans le 18• siècle. On trouve autant , Favre était moins théologien sur ce sujet que ne l'étaient d'autres jurisconsultes contemporains , parce que la Bresse avait làdessus des coutumes particulières ; 2. De patrui hœreditate in solos fratrum » os dividenda , Lyon , 1598 3° De Montisferrati ducatu contra ducem Mantuoe pro duce Sabaudice consultatio , Lyon, 1617 , 4. Dc laudimiis decades IV, Turin, 1629 dans les Tractatus rarii de jeudi ; c'est apparemment le même ouvrage qui a paru sous le titre de Quœstiones laudemiaks, Lyon, 1658 ; 50 Infrrmationes facli et juris in causa ferrariensi écrit pour soutenir les droits d'Anne ; 9° Centuries de quatrains moraux , dédiés à mademoiselle Marguerite , princesse de Savoie, 1601 sou vent réimprimés , avec ceux de P. Mathieu , à la suite des quatrains de Pibrac. En voici un échut Collet, dans son Traité des usures, 1690 nou3 apprend que le président Favre avait emprunté a 7 pour 100 l'argent dont il eut besoin pour acheter la baronnie de Peroges. tillon qui pourra faire juger de la force et de la justesse des pensées : XCIX. Quand tu voudras compter au vray ton nage, Ne me dy point : J'ai soixante ans et plue ; Tu compterais les ans que tu n'as plus, Compte tes jours dès quand tu seras sage. 100 Entretiens spirituels, divisés en trois centuries de sonnets, Paris, 1602 , beaucoup plus rare que le recueil précédent. La poésie était admise à l'Académie floritnontane, comme tout ce qui appartient au talent ; Favre ne la cultivait que pour la faire servir à célébrer la religion et les devoirs des hommes, et il fut au niveau . Cet ouvrage , publié en 1625 , étant devenu fort rare , l'infatigable Ahasver Fritsch en donna une nouvelle édition , Leipsick , 1661.ï Parmi les pièces de vers à la louange de l'auteur, dont il est précédé suivant l'usage de ce temps, se trouve un parallèle entre les deux Ant. Faber : Antonium crcpat osa suum Sabaudia Fabrum Fel icem ingeuio j udicioque virum , Cur, cho ! te , Antoni , non jactet patria.. .. etc. On trouve l'éloge du président Favre, par Jac. Durandi , dans le tome 3 des Piemontesi illustri , p. 265-360. Taisand lui a consacré un long article dans ses Vies des Plus célèbres jurisconsultes, d'après des mémoires fournis par sa famille
  • Antoine FERNANDEZ( 1566 - 1642) : jésuite, né à Lisbonne en 1566, fut envoyé àGoa en 1602, puis en Abys- sinie , où il arriva en 160i, après avoir été obligé de se déguiser en Arménien pour y pénétrer. Il résida trente ans dans ce pays, où il acquit l'estime et la confiance de Socinios ou MelecSegued. Ce prince , qui était monté sur le trône en 1607 et avait embrassé la religion catholique , pensa que pours.répondre convenablement aux lettres qu'il venait de recevoir du roi , homme considéré , sage, courageux et spirituel , qui avait manifesté constam- ment beaucoup de zèle pour la religion catholi- que. Fernandez et son compagnon partirent de Coïam au commencement du mois de mars 1613, traversèrent les royaumes de Naréa , de Zendero ou Gingiro et de Cambate, le plus éloigné de ceux qui reconnaissent la suzeraineté de l'empereur d'Abyssinie. Arrivés ensuite dans l'Alaba , le roi de ce pays, qui était mahométan, les fit mettre en prison, et s'ils n'eussent été porteurs de lettres et de présents du monarque des Abyssins, il les eût envoyés à la mort. Enfin il les mit en liberté, mais à condition qu'ils retourneraient sur leurs pas. Ils revinrent donc après dixhuit mois d'absence, ayant plusieurs fois couru risque de la vie, été attaqués par les Gallas et éprouvé toutes les incommodités inséparables d'un voyage entrepris dans des contrées à demi civilisées. Ils durent en grande partie les désagréments qu'ils rencontrèrent chez le roi d'Alaba aux manœuvres d'un Abyssin, envoyé probablement par ceux de ses compatriotes qui tenaient à la foi de leurs pères. Cet émissaire, qui avait déjà parcouru le royaume de Cambate , insinuait partout que l'ambassade n'avait d'autre motif que d'aller chercher les Portugais pour qu'ils vinssent avec des forces considérables se rendre maitres de l'empire d'Abyssinie et forcer ses habitants à changer de religion. Après la mort du P. Paez, qu'il assista à ses derniers moments, Fernandez remplit pendant quelque temps les fonctions de chef de la mission. Il fut ensuite d'un grand secours au patriarche Mendez et suivit ce prélat quand il fut, ainsi que tous les prètres catholiques, expulsé de .l'Abyssi nie par Fadillas, qui avait succédé à Socinios en 1632: II mourut à Goa le 12 novembre 1642. Men- dez , dans son histoire manuscrite d'Éthiopie, s'étend beaucoup sur les travaux de Fernandez, et raconte même de lui des choses qui dénotent chez cet historien une extrême crédulité. On a de Fernandez : I. en éthiopien , Traité des erreurs des Ethiopiens, Goa, 16 : ce livre fut imprimé avec les caractères éthiopiens envoyés par le pape Urbain VIII; 2c) en dialecte amharique , Instmc- lions pour les confesseurs, et plusieurs ouvrages ascétiques; 5° traduction en éthiopien du Rituel romain. 1626, avec des additions, et de quelques autres livres de liturgie; 4. Voyage à Gingiro, fait avec Fere Egzy , ambassadeur envoyé par l'empe- reur d'Ethiopie en 1613, contenant la route pénible et dangereuse du voyageur , sa captivité , sa déli- vrance , ainsi que la description des royaumes de Naréa, de Gingiro et de Cambate, avec quelques par- ticularités curieuses , etc. Cette relation se trouve dans le tome 2 d'un recueil publié en hollandais par Van der Aa , 1707 , 2 vol. Le frontispice indique qu'il est traduit pour la première fois d'après le manuscrit de l'auteur. L'éditeur y a joint une carte bien gravée, mais trèsinexacte. Le titre assez étendu indique ce que contient ce voyage , qui est renfermé dans vingtdeux pages. il est curieux, puisqu'il traite de pays qu'aucun Européen n'a visités. On y trouve des détails sur les usages de ces contrées lointaines et quelques faits relatifs à la géographie physique ; mais Lu-(101f souhaite avec raison que Fernandez eût noté ses journées de route et les distances respeptives, ainsi que la hauteur du pôle de chaque lieu ; cho- ses , ajoutetil , qu'il pouvait facilement observer, ainsi que les saisons et la température. Bruce, qui confirme plusieurs des détails donnés par Fer- nandez sur Gingiro , observe que ce voyage se termina sans utilité pour les envoyés du monarque abyssin et pour nous , si ce n'est qu'il a servi à rectifier la géographie des pays qu'ils traversèrent ; mais ils ne fournissent que peu de matériaux, tandis qu'il leur eût été facile d'en recueillir un pitm grand nombre. Tellez , dans sou Histoire d'Ethiopie , et Bruce , dans son Voyage, t. 2 de l'édition originale et de la traduction fran- çaise, donnent la relation entière du voyage de Fernandez. En les comparant entre elles avec celle qui a été publiée par Van der Aa , on voit que celleci, plus complete que ce qui a été donné par Bruçe , diflère peu de ce qu'on lit dans l'His- toire d'Ethiopie, mais le voyageur anglais a joint à sa narration des observations bonnes à consulter
  • Antoine FERRAND( 1678 - 1719) : conseiller à la cour des aides de Paris , sa patrie , mourut dans cette ville en 1719, âgé de 41 ans. Il faisait agréablement des vers , témoin cette jolie épigramme D'amour et de mélancolie Célemnus enfin consumé En fontaine fut transformé, Et qui boit de ses eaux oublie Jusqu'au nom de l'objet aimé. Pour mieux oublier Egérie, J'y courus hier vainement, A force de changer d'amant L'infidèle l'avait tarie. Voltaire, en citant ces vers, observe que Ferrand, qui joutait avec Rousseau dans l'épigramme et le madrigal, ‹r mettait plus de naturel , de grâce et de délicatesse dans les sujets galants, et Rousseau plus de force et de recherche dans les sujets His- < i> toue générale des gestes des Castillans dans les îles et terres fermes de la mer Océane, de l'an 1492 à < i> l'an 1554, Madrid, 1601-1615, 4 vol. ; ibid., 1729-1750, 5 vol. avec figures. Cette édi- tion , donnée par André Gonzalez Barcia , a été revue nonseulement sur les historiens originaux qui ont traité de la découverte et de la conquête de l'Amérique, mais encore sur les archives de la couronne d'Espagne Barcia a fait plus ; il a donné une continuation à Ilerrera. L'édition d'Anvers, 1728, < i> 4 vol. est trèsmauvaise. Cet ouvrage, divisé en huit décades, comprend, comme on le voit parle titre, une période de plus de soixante ans. Quoique Herrera ne fût pas sorti d'Europe, les excellents matériaux qu'il eut à sa disposition le mirent à portée d'écrire avec exactitude l'histoire de la découverte de l'Amérique et de tout ce qui suivit cet événement mémorable. Il se rend à luimême le témoignage d'avoir travaillé avec une ardeur infatigable à découvrir la vérité : la critique ne l'a jamais contredit. « De c tous les auteurs espagnols, dit Robertson, lier- et de l'enflure dans le style. Comme son ouvrage offre une mine de faits inépuisable , les écrivains qui ont traité le même sujet après lui l'ont pris pour modèle et pour guide. Nicolas de la Coste a entrepris de traduire Herrera en français : la mort le saisit quand il eut achevé la seconde décade. Cette version , qui n'est pas mauvaise, est en 3 volumes Paris, 1660-1671. Le troisième volume fut publié, après la mort de la Coste, par sa veuve. 11 y en a aussi une traduction anglaise , par Jean Stevens , Londres, 1725-4726, 6 vol. 2. < i> Description des Indes occidentales, Madrid, 1601 cartes elle se trouve à la fin du second volume de la première édition de l'ouvrage précédent. Herrera publia ce livre pour servir d'introduction à son grand ouvrage. G. van Baerl le traduisit en latin, et l'inséra dans un recueil qu'il fit imprimer sous ce titre : < i> Arovus orbis, sive Descriptio Indice occi- dentalis ; accesserunt et aliorum Indice occidentalis descriptiones, etc., Amsterdam, 1622 cartes. La traduction française de ce recueil est intitulée < i> Description des Indes occidentales , qu'on ap- pelle aujourd'hui nouveau inonde, etc., < i> translatée d'espagnol en français, Amsterdam et Paris, 1622 cartes. Cette description , purement géographique, embrasse toute l'Amérique ainsi que les Philippines , les fles (le l'Especerie , etc., la nouvelle Guinée, les lies de Salomon et les fies des Larrons , et se termine par une notice sur le gouvernement des Indes ; elle est bien faite. De Bry, dit Camus, a tiré de la collection de Baerl la traduction de la description d'Herrera, ,( pour l'insérer dans la 12e partie de ses grands voyages ; il a exactement copié le texte et les ,C cartes; le texte est même réimprimé page pour < i> page, » < i> Histoire de ce qui s'est passé en An- gleterre et en Ecosse pendant quarante- quatre ans qu'a vécu Marie Stuart, reine d'Ecosse, Lisbonne, 1590 ; 40 < i> Cinq livres de l'histoire du Portu- < i> gal et de la conquête des îles Açores dans les an- < i> nées 1581 et 1583, Madrid , 1591 50 < i> His- < i> toire des affaires de France depuis l'anit$ < i> 85jusqu'à < i> la fin de l'an 1594, Madrid, 1598 6° < i> His- < i> toire du monde, sous le régne de Philippe II, depuis l'an 1584 < i> jusqu'à l'an 4598 , Valladolid , 4606, 5 vol. Madrid , 1613, 3 vol. fol. 70 < i> Traité, relation et discours historique des mouve- ments de l'Aragon arrivés dans les années 1591 et 1592, Madrid, 1612 8° < i> Commentaires sur les < i> gestes des Espagnols, des Français et des Vénitiens, en Italie, et des autres républiques, princes et capi- taines italiens fameux , depuis l'an 1285 < i> jusqu'à l'an 1559, Madrid, 1624 Quelquesuns de ces ouvrages sont devenus rares : tous sont écrits purement; la plupart sont bons, mais aucun n'é- gale < i> l'Histoire des Indes, E—s.
  • Antoine HIGHMORE( 1758) : juriste anglais, naquit à Londres en Irig, et fut placé à huit ans dans la célèbre école de Greenwich alors soumise à la férule de Burney. Ses ascendants depuis plusieurs générations s'étaient limés exclusivement à la carrière iudiciaire : il fut résolu nue le Jeune homme aussi suivrait les mêmes errements. Il se passa du temps néanmoins avant que Highmore consentit à devenir clerc d'un procureur; il aimait la science du droit, mais il n'en aimait pas la pratique. Enfin, en 1783 , il fut luimèmc à la tète d'un cabinet d'affaires, et tout en rédigeant un grand nombre d'ouvrages, tant sur la législation glue sur la procédure ou sur l'histoire de certaines matières liées de près ou de loin au droit, il se fit une clientèle importante et acquit une belle fortune. Non moins charitable que savant, il s'honora en s'associant aux efforts de Granville Sharp pour l'abolition de l'esclavage, et en secondant de son argent et de sa plume les sociétés de bienfaisance de la capitale. Après quarante années de cette vie active et utile , Highmore dit adieu aux affaires , et se retira aux environs de Londres : pendant les deux dernières années de sa vie , il fut en proie à de cruelles souffrances qui se terminèrent enfin par la mort le 19 juillet 1829. La plupart des ouvrages de Highmore ont été classiques pour les praticiens, et décèlent une science de détails qui n'exclut en aucune façon les considérations larges du législateur qui plane audessus de la loi. En voici les titres : 1. Manuel de la doctrine des cautions, tant au criminel qu'au civil, Londres , 1783 La publication de cet opuscule, parfait de rédaction, coïncide avec l'entrée de Highmore au barreau comme procureur, et le classa de prime abord trèshaut parmi ses confrères , en montrant à quel point il avait profité de sa cléricature. 2° Revue de l'histoire de la ma morte et des us et coutumes charitables, 1787 2e édition, 1809. Cet ouvrage se recommande par les mêmes qualités de rédaction que le précédent, mais il est plus long, il embrasse plus de faits, il prouve plus de science, de jugement et de maturité de la part de l'auteur, qui , pour rassembler les matériaux qu'il récapitule ici, a dû nécessairement sortir de l'étude du procureur et de l'ornière du présent. 3. Additions qu'il faut faire à la loi des us et coutumes charitables, comprenant des cas qui se sont présentés depuis la publication de l'Histoire de la ma morte , 1795 ; 4° Réflexions sur les distinctions en usage dans les affaires de presse dites poursuites au criminel du libelle , 1791 Ce morceau remarquable parut avant que Fox eût prononcé son célèbre discours sur la loi du libelle : ce que Fox proclame avec une véhémence oratoire, Highinore l'énonce avec le calme et la haute vigueur de la raison : la précision , la clarté, la logique du juriste ne restent guère audessous de l'éloquence de l'homme d'État, et la pltime du premier prépara bien puissamment les esprits à s'impressionner à la parole du second. 5° Classification pratique des lois de l'excise , 1796, 2 vol. 6° Traité sur la loi relative à l'imbécillité et à la folie, 1807 7° Pietas londinensis, ou Histoire des établissements de bienfaisance de Londres et de ses environs , 1810 Il faut regarder comme la continuation et presque comme un second tome de cet ouvrage la Phi- lanthropia metropolitana , 1822 , qui con- tient l'histoire des établissements formés depuis 1810, et qui poursuit celle des sociétés anciennes de cette époque à 1822. 8° Diverses brochures sur des projets de loi, une Histoire de la compagnie d'artillerie formée en 1804, lorsque l'Angleterre craignait une invasion française , des manuels d'importance trèssecondaire , bon nombre d'articles sous les initiales L. L. dans le Gentleman's magazine. — Un autre HIGHMORE , né vers 1763 , étudia successivement les langues classiques et les antiquités , la théologie et le droit à Gcettingue, sous les Michaelis, les Ileyne' et leurs collègues , se fit élève en médecine à Londres, à Leyde, à Édimbourg, et fut ordonné diacre en 1787, mais sans être promu aux autres ordres. Reçu docteur en droit civil à Cambridge en 1796, il se présenta muni du flat de l'archevêque de Canterbury à la cour ecclésiastique d' :cosse pour y plaider et y suivre des affaires, niais s'en vit opiniàtrément exclu à cause ou sous prétexte de son commencement d'ordination. De là une polémique dans laquelle il fit paraître, entre autres ouvrages , le Jus ecclesiasticunz anglicanunz, ou le Gouvernement de l'Eglise d'Angleterre, développé et mis en lumière par des exemples, 1810, 4°
  • Antoine HUGUET( 1757) : conventionnel régicide, né à Moissac en 1757, dans une condition fort obscure, fit néanmoins quelques études, entra dans la carrière ecclésiastique et devint curé d'un petit vil- lage de l'Auvergne. Ayant montré dès le com- mencement de la révolution beaucoup de hardiesse dans ses opinions, il fut nommé évoque constitu- tionnel de la Creuse en 1791 par l'assemblée électorale de ce département, et bientôt après député à l'assemblée législative , où il ne se fit remarquer que par quelques dénonciations brusques et sans suite contre les ministres de Louis XVI. Réélu membre de la convention nationale en septembre 179e, il ne parut guère plus souvent à la tribune de cette assemblée, où il siégea toujours sur la montagne , appuyant du geste et de la voix les discours les plus exagérés. La plus remarquable de ses motions fut contre Louis XVI, qu'il condamna à mort sans appel an peuple et sans sursis à l'exécution. Après la chute de Robespierre, il se montra encore fort attaché à son parti, et dans la séance du 12 germinal an 3 ir avril 1795), lorsque la populace des faubourgs s'introduisit dans la salle des séances et que Legendre tenta de s'opposer A cette violence en qualifiant les révoltés de malveillants , Huguet s'éleva avec force contre cette expression. Décrété d'accusation le lendemain , ainsi que Duhem Foussedoire et Amar, il fut emprisonné avec eux au cliàteau de Ham, et ne recouvra la liberté que par la loi du 5 brumaire an 4 qui amnistia tous les crimes de la révolution. Ayant cessé d'ètre législateur après la session conventionnelle par suite du tirage au sort, lluguet ne quitta point la capitale, et il continua d'y rester lié à toutes les intrigues du parti démagogique. C'est ainsi qu'il fut arrèté dans la nuit du 21 au '25 fructidor an 4 pour s'ètre mis à la tète du rassemblement des démagogues qui tentèrent de soulever la troupe campée dans la plaine de Grenelle, et de la faire marcher contre le directoire. Traduit pour ce fait devant une commission militaire , il fut condamné à mort le 19 vendémiaire suivant octobre 1796) et exécuté le meule jour ainsi que neuf de ses complices. — Iluguet , député aux états généraux de 1789 par le tiers état du bailliage de ClermontFerrand, vota dans cette assemblée avec le paru révolutionnaire, et fut, après la session, maire de Billom. Nommé en 1795, par le PuydeDôme, député au conseil des cinq cents, il y siégea pendant trois ans, et mourut dans sa pati ie quelques années plus tard. — IleGuET fut député de Paris au conseil des cinq cents en 1798, puis membre du tribunat et commissaire du gouvernement impérial près l'hôtel des Monnaies. M—D
  • Antoine JAY( 1770 - 1854) : naquit le 20 octobre 4770, à Guitre, près de Libourne , dans le département de la Gironde. Élevé dans les idées philosophiques d'alors, il étudia sous les oratoriens, d'abord à Niort, puis à Toulouse; fit son droit , fut reçu avocat et exerça momentanément des fonctions administratives dans le district de Libourne. En 1795 il partit pour l'Amérique du Nord, y séjourna sept ans; sa liaison avec les hommes les plus distingués de la jeune république des ÉtatsUnis, et surtout avec Jefferson , qu'il avait connu en France lors de son ambassade, la part qu'il prit à la rédaction d'un journal, la vue constante des progrès rapides que produisait dans ce pays l'application régulière des constitutions angloaméricaines, mûrirent et achevèrent d'arrêter ses convictions. Il avait rassemblé beaucoup de remarques et de notes qui révèlent un observateur attentif et judicieux ; un petit nombre seul ont été recueillies dan& le Nouveau Journal des Voyages , ou insérées par Jay, comme Mélanges, dans des écrits susceptibles de ces formes épisodiques. A son retour en France , Jay reprit sa profession d'avocat; mais bientôt un ancien oratorien, autrefois son maitre, alors ministre de la police , Fou- ché de Nantes, lui offrit de se charger de l'édu- cation de ses trois filles ; Jay, entrainé par l'attrait de Paris, comptant trouver une occasion commode de satisfaire ses goûts littéraires, accepta cette position et la conserva environ huit ans, jusqu'en 1810, accompagnant partout Fouché, même dans ses disgràces passagères, en Illyrie et à Aix en Provence; mais il ne resta pas longtemps dans ce dernier séjour, et reprit avec sa liberté la carrière d'homme tle lettres. Déjà en 1806 il avait partagé avec Victorin Fabre, le lauréat habituel des concours académiques, le prix proposé par la classe de littérature française de l'Institut, pour son Tableau littéraire du 18° siècle , 1810 traduit en allemand par un professeur de l'université d'Iéna ; en 1808, il composa l'Éloge de Corneille; quatre ans après, il obtint l'accessit pour ; l'Éloge de Montaigne : nommer les va MM. Villemain et Droz, c'est honorer l'insuccès du vaincu. La même année, 1812, il lit paraltre le Glaneur, ou Essais de Nicolas Fréeman traduit en allemand par A. liesse; c'était un recueil philosophique et humoristique qui fut accueilli du public avec faveur; on y remarque plusieurs morceaux de littérature et d'histoire écrits avec l'élégante simplicité qui était pour ainsi dire le cachet du style de Jay ; le littérateur professait en morne temps l'histoire à l'athenée de Paris. Ce fut aussi vers cette époque de sa vie que Jay fut choisi par le duc de Rovigo, qui avait pu l'apprécier chez le duc d'Otrante , pour faire une traduction raisonnée des journaux anglais, qui passait chaque matin sous les yeux de l'empereur; le maitre , satisfait, le désigna pour diriger le Journal de Paris, auquel il imprima une impulsion plus philosophique. Nommé, au mois de mai 1815, membre de la chambre des représentants pendant les centjours , Jay eut l'occasion de rendre plusieurs services à des royalistes alors menacés de proscription. Il joignait constamment ses efforts à ceux des membres de cette chambre qui voulaient prendre des garanties contre le retour du despotisme impérial. Dès le 10 juin , il insista pour faire modifier l'acte addi- tionnel et un ensemble incohérent de sénatusconsultes , dont l'interprétation pouvait autoriser une multitude de décisions arbitraires. Chargé 1e 28 juin de la rédaction d'une adresse à l'armée campée sous les murs de Paris , il fut un des cinq membres de la députation dont la mission difficile et délicate consistait à dissuader les soldats de prolonger la résistance et à les engager à permettre l'entrée des alliés dans Paris. Ces grands événements politiques terminés, Jay revint bientôt à ses occupations littéraires et publia dès les premiers jours de la restauration l'Histoire du cardinal de Richelieu, 1815, 2 vol. Comme cette publication coïncidait avec le ministère d'un petitneveu du cardinal , quelques critiques soup-çonnèrent Jay d'avoir eu l'intention de lui faire sa Cour; mais il prouva facilement que ce travail était déjà fait depuis longtemps. « Pour le temps « où il fut écrit, a . Parmi les autres travaux de Jay, nous citerons encore 10 Les Etats- Unis d'Angleterre, ou Souvenirs et ré- flexions d'un citoyen américain , Bordeaux, 1814 2° Histoire moderne, extraite de deux chapitres
  • Antoine HOTMAN : frère du précédent, fut un catholique zélé, et joua un rôle assez remarquable dans les troubles de la Ligue. 11 écrivit en 158"? un libelle pour appuyer les prétentions du cardinal de Bourbon au trône; question dans laquelle il eut son frère pour adversaire. Il fut nominé, en 1591 , avocat général au parlement de Paris, après la mort . 2. Les droits de l'oncle contre le neveu, en faveur du cardinal de Bourbon , 1585 ; 3° Traité de la loi salique, Paris, 1593 Ce dernier ouvrage est la réfutation du précédent. 4° De veteri ritu nuptiarum, inséré dans le tome premier des OEuvres de François llotman , et dans le recueil de Brisson : Ife ritu nuptiarum et jure connubiorum . Dialogus de barba et coma, Anvers , 1586 , et dans le tome premier des OEuvres de Françoisllutinan ; 6" Traité des droits ecclésiastiques , franchises et libertés de l'Église gallicane , dans le recueil des Opuscules françaises de llotman. — Jean 110TMAN DE VILLIERS, luis de François, et non pas d'Antoine commue on l'a dit quelquefois, fut employé à différentes négociations en Allemagne pendant les années 1610 et 1611 , et s'acquit la réputation d'un homme d'État prudent et habile ; on n'a pu découvrir la d'ale de sa Mail. 011 a 1 On conserve à la bibliothèque de Paris un volume de sus Lettres et négociations. Les Opuscules franeais de François, Antoine et Jean llotman, ont été recueillis à Paris, 1616, 80. Ws.
  • Antoine JENKINSON : voyageur anglais du 16e siècle, quitta son pays pour la première fois le 2 octobre 15i6. Il visita successivement les PaysBas, l'Allemagne, l'Italie, la France, l'Es- pagne et le Portugal ; puis les Iles de la Méditer- ranée, toute la Turquie d'Europe, l'Asie Mineure, la Syrie, la Palestine et les États barbaresques. Il ne donne pas le moindre détail sur ces diverses courses. On peut néanmoins supposer que des affaires de commerce trèsimportantes l'engagèrent à parcourir les mers , et qu'il montra beaucoup d'intelligence et d'habileté dans la ges- lion de celles dont il était chargé, puisque la compagnie qui s'était formée pour le commerce de Russie lui confia, en 1557, une mission qui exigeait un homme d'un talent consommé. Cette association voulait profiter des avantages que lui avait accordés le grandduc de Moscovie, étendre son commerce jusqu'à la Chine à travers le continent de l'Asie, et renvoyer honorablement dans sa patrie Osep Nepea Gregoriewitsch , ambassadeur russe , qui s'était sauvé du naufrage dans lequel Chancellor avait péri . Une flotte de quatre bâtiments fut équipée : Jenkinson en fut nominé le chef, et fit voile de Gravesend le 12 mai ; il mouilla le 17; juillet dans la baie StNicolas , et entra dans Moscou le er décembre. Il fut trèsbien accueilli d'Iwan II, qui le combla de marques de bonté, et le fit diner avec lui plusieurs fois. Le 23 avril 1558, Jenkinson, ayant reçu les lettres de recommandation de l'empereur pour divers princes dont il devait traverser le territoire, partit de Moscou par eau : le 14 juillet il était à Astracan. Il continua son voyage par la mer Caspienne, dont il suivit la côte jusqu'à Manguslave , où le mauvais temps le força de débarquer. Il diriges ensuite sa route à l'est , à travers les États de plusieurs khans tartares et turkornans jusqu'à Boghar. Durant ce trajet, Jenkinson fut souvent tourmenté, volé, maltraité; il courut même risque de là vie néanmoins il persistait dans son dessein de pénétrer jusqu'au Cathay. Il apprit que le voyage durerait encore neuf mois , et que les caravanes étaient fréquemment pillées. L'époque de leur départ était arrivée ; le grand prêtre du lieu lui conseilla de quitter la ville, menacée d'un siége par les ennemis. Jenkinson voulut d'abord aller en Perse , pour se mettre au fait du commerce de ce pays. La guerre qui s'était allumée depuis peu entre les Persans et les Tartares ren- (lait les routes dangereuses. Le grand prêtre lui avait pris les lettres de recommandation di' czar, sans lesquelles il ne pouvait s'attendre qu'à l'esclavage dans tous les lieux où il passerait : enfin les marchandises qu'il devait recevoir en payement du khan et des grands du pays n'étaient pas de défaite en Perse. Tous ces motifs déterminèrent Jenkinson à retourner en Moscovie par la même route qu'il avait prise en venant. Après un séjour de près de trois mois à Boghar, il en partit le 8 mars 1559, avec une caravane de six cents chameaux et plusieurs ambassadeurs tartares. Sa route fut trèspénible : enfin, le 2 septembre, il rentra dans Moscou, et l'année suivante il revint en Angleterre. Le zèle que Jenkinson avait manifesté dans ce voyage lui valut de nouveau /a confiance de la compagnie ; il fut chargé d'aller par la Moscovie en Perse , pour y établir le commerce anglais. La reine Élisabeth lui remit des lettres pour les souverains de ces deux pays. Il s'embarqua le 14 mai 1561 à Gravesend. Arrivé en Moscovie, Naseca lui rendit de bons offices auprès du czar, qui lui permit de traverser ses États pour gagner la Perse. Jenkinson suivit la mèine route que dans son premier voyage, et débarqua le 5 aoùt 1569. à Derbent : il continua sa marche par la Géorgie. Le 2 novembre il entra dans Casbin, où résidait alors SchahTamas, et eut beaucoup de peine , à cause des intrigues des Turcs, à réussir dans l'objet qui l'avait amené. Grâce à la protection d'un fils du_roi, il en vint à bout. Il resta tout l'hiver à Casbin, et retourna par la Russie à Londres, où il arriva le 28 septembre 1564. Le succès obtenu par Jenkinson lui mérita les bonnes grâces de la reine ; elle l'envoya comme ambassadeur en Moscovie en 1566. Le czar lui délivra des lettres patentes qui accordaient de grands priviléges à la compagnie anglaise , et , lorsqu'il partit pour l'Angleterre , le chargea de lettres particulières pour sa souveraine. Élisabeth eut vers cette époque l'occasion d'em- ployer Jenkinson à son service dans la marine, et comme il n'était pas de retour en Angleterre quand la compagnie fit partir son expédition pour la Russie, les fonctions d'ambassadeur furent confiées à un autre personnage, qui mécontenta le czar : d'autres Anglais commirent des itnpru-
  • Antoine KOBURGER : imprimeur du 15. siècle, exerça son état à Nuremberg, de 1471 à 1513, avec tant de distinction, que Badius Ascensius l'appelle Librariorum princeps et inter fideles arque honestot mercatores non inferiori loco positus. Après avoir loué sa conduite envers les gens de lettres, Badius ajoute : Pervigilem curam ad bonos codices vere, terse ac sine 'rendis imprimendos adhibes. Un livre imprimé par Koburger donna lieu, en 1763, à une querelle litté- raire. Debure avait donné aux Rerelationes sanctœ Brigittœ , imprimées par Koburger, la date de 1521. Mercier de StLéger, dans ses lettres , remarqua qu'Antoine Koburger étant mort en 1513, II fallait dire m. cccec., et que le xxi qu'on lisait après se rapportait au jour et non à l'année. Debure , dans ses répliques, soutint son opinion , s'appuyant sur une autre édition des Revelationes , portant la date de 1517 et le nom de Koburger. Mercier répondit à son tour que l'édition de 1517 portait le nom de Jean Koburger, et que celle qui faisait le sujet de la contestation avait été imprimée par Antoine. Il est juste de dire que Debure parut se rendre à l'opinion de son adversaire, ou du moins ne s'obstina pas dans la sienne ; car, dans son tome 7, publié en 1768 , il donne pour date des Revelationes 1500 : eu 1521. Mercier n'en revint pas moins sur cette erreur dans le Journal des savants d'août 1787, à l'occasion de la Biblio- theca Maphœi Pinellii Une vie de Koburger, par un anonyme , écrite en allemand et imprimée à Dresde en 1786 , donne entièrement gain de cause à Mercier, en portant à l'année 1513 la mort de Koburger. A la suite de cette vie , on trouve la liste des éditions données par cet imprimeur. On recherche ses éditions de la Bible
  • Antoine LABACCO : habile charpentier , était l'élève de SanGallo . Il fut employé sous ses ordres à des teavaux importants. Il exécuta sur les dessins de son maitre le grand modèle en bois de la basilique de StPierre que l'on voit an palais du Belvédère, véritable chefd'oeuvre en ce genre. Il mourut à Rome vers 1580 , dans un âge avancé , puisqu'on sait qu'il était marié des 1528 . On a de lui Libro apparte. meule à rarchitemura nel quai si jigurano » tabla antichità di Roma, Rome ,1559, Venise, 1576 C'est un recueil de planches d'architecture avec de courtes explications. Il a été reproduit plusieurs fois jusque dans le18e cle. Un exemplaire, sous la date de 1773, qu'on a sous les yeux, se compose de trentesisufeuillets, y compris le frontispice ; toutes les explications sont gravées sur les planches , excepté celle de Porto Trajan°, qui est imprimée et qui remplit le recto du feuillet 31. Il parait que les .différents tirages du recueil ne t'ont pas rendu plus commun en Italie, puisque Tiraboschi s'excuse de ne pouvoir pas en donner une idée exacte, par la raison qu'il ne l'a jamais vu : Perché io non l'ho veduto . Dans la Raccolta di'lettere sulla pittura, etc. , on trouve , t. î , p. 377, une Lettre de Labaceo à Baltaz. Perruzi de Sienne
  • Antoine LADURNER( 1764 - 1839) : pianiste compositeur, laquit à Allgund dans le Tyrol , en 1764. Son ?ère, organiste d'un couvent voisin , voulant raire de lui un moine , le jeune homme prit la fuite. Après s'être formé à Munich, à l'école d'un maître de chapelle savant dans la composition, il se rendit à Paris, où il donna avec succès des leçons de pianoforté. Ses liaisons avec Vogel, auteur de Démophon , le tirèrent de l'obscurité. 11 mérita d'être cil, comme pianiste, avec les Steibelt et les Hermann, qui avaient alors une i grande réputation. Après s'être fait connaître par des sonates pour son instrument , il travailla pour le théâtre, et , en 1794, il fit représenter sur le théâtre des Arts un opéra en trois actes, intitulé Wenzel , ou le Magistrat i da peuple, paroles de Fabien Pillet. Quelque l'temps après, il donna au théâtre Feydeau l'opéra I des Vieux Fous , paroles du vicomte de Ségur. £a musique fit la fortune du poënie. On y remar- qua , dit e Dictionnaire es théâtres , un chant facile et gracieux, et des ccompagnements qui prouvaient des connaisances profondes dans l'harmonie. Ladurner, ne ouvant alors suffire au grand nombre d'élèves qui lui demandaient des leçons de piano, se vit à regret forcé de renoncer à la composition dra-êmatique et de se borner à la publication de plusieurs recueils de sonates. 11 a formé des élèves d'un ordre trèsdistingué. Ce savant. harmoniste, frappé de paralysie en 1836, se retira dans sa maison de campagne, à Villain , commune de Massy , où il mourut le 4 mars 1839. Il avait épousé mademoiselle Magnier de Gondreville, qui s'était fait connaître sous le nom de mademoiselle de la Jonchère , comme excellente violoniste. Cette dame, élève du célèbre Mestrino , brilla longtemps dans les concerts de Paris, fut nommée directriGe de la maison royale de StDenis, et mourut le 28 octobre 1825
  • Antoine LAFRERY : célèbre imprimeur du 16. siècle, né à Salins, dans le comté de Bourgogne, se rendit à Rome avec Claude Duchet, son oncle , et y établit, pour la vente des estampes et des cartes géographiques, une maison dont la réputation s'étendit en Europe; il avait à ses gages un grand nombre d'artistes , et l'on croit assez généralement qu'il a manié luimême le burin : ce qu'il y a de certain , c'est qu'il retouchait la plupart des planches qu'il acquérait des artistes de son temps, ainsi que celles auxquelles il faisait travailler pour son propre compte. Comme en général la plupart des estampes anciennes ne portent pas d'autre nom que celui du marchand ou de l'éditeur , il devient presque impossible d'en connaître les véritables auteurs, et l'on ne peut faire à ce sujet que des conjectures. Parmi les ouvrages que Lafrery a publiés , on distingue : 1. un Sacrifice appelé Suovetaurilia, Rome, 1555, grand oblong; 2. Recueil d'antiquités, ayant pour titre : Speculum romance magnitudinis , composé de 118 planches et publié de 1554 à 1573. C'est l'ouvrage le plus considérable de son fonds. 5. Naissance d' Adonis , d'après Salviati , Rome, 1544 , ; 4. Jupiter foudroyant les géants, d'après un dessin qu'on attribue à Raphaël. On croit aussi que la gravure n'est pas de Lafrery , mais de Caraglio. Illustrium jurisconsulturum Icones quai inveniri potuerunt ad vu'anz effigiem expressœ ex musœo illarci Montluc Benavidii Palau., 1566 fort rare; 6° Onu-. phrii l'anvinii xxvii pontificum ma. z- imorunz elogia et imagines , 1569 . ; 7° Effigies xxtv Romanorum imperatorum, et illustriurn virorum, 1570 Il existe un index ou catalogue de toutes les estampes publiées par Lafrery, Rome, 1571 Cet artiste mourut en 1577
  • Antoine LAISNÉ( 1600) : avocat au parlement, secrétaire du roi à Lyon et directeur de l'hôtel des monnaies de la même ville, était né à Paris vers la fin du 17. siècle. Il s'était appliqué à l'étude de la numismatique et des antiquités, et avait formé, au rapport de Maffei antiquit., p. 3), une trèsbelle suite de médailles en or, dont la ville de Lyon fit depuis l'acquisition. On lui doit quelques écrits relatifs à ce genre de connaissances : 1. Explication de l'inscription que l'on a trouvée à St- Just, en novembre 171-1, sur une table de marbre d'environ un pied en carré . Laisné y développe un système singulier sur la signification de la formule suis ascia ; il prend Fascia pour un marteau de maçon , et regarde cette formule comme un talisman contre les démolitions. .2. Ré- flcxions sur les remarques de M. de Valbonnais sur méme inscription ; 30 Re- marques sur la personne et les écrits de Suétone ; 4. Disserta- tion sur une urne antique, hie à l'assemblée publique de l'Académie de Lyon , le 27 avril 1728 ; 5 Disquisitio in Dissertationem cui titulus est : Tumulus T. Flavii martyris illustratus , Lyon , 1728 , 8 pages Ces remarques, non moins curieuses que la dissertation qui en fait l'objet , sont ano nymes; mais une note écrite de la main du pré- - sident Boullier, sur son exemplaire , nous apprend qu'Antoine Laisné en est l'auteur. A la tète du mènie opuscule, on trouve ces lettres initiales A. L. S. L. S. J. P. S. P. 1). Le savant :nagistrat que nous venons de nommer, par une autre note de sa main , en donne l'explication suivante : An- tonius Laisné Stephano Lombardo societatis Jesn presbytero salutem plurimam dat. 6. Explication d'une médaille singulière de Domitien, présentée d l'académie de Lyon, Paris, 1735 . L'auteur n'a fait qu'adopter le système conçu par Toinard dans une dissertation latine sur le même sujet
  • Antoine LANCELOT( 1675) : savant littérateur, 'né à Paris en 1675, était fils d'un fabricant de chandelles, originaire de Champagne. Un embarras dans les organes de la voix _retarda ses premiers progrès; mais il parvint à le faire cesser, et il se 'trouva bientôt au courant des études de son âge. Ses parents attribuèrent sa guérison à un miracle, et ils voulurent témoigner leur reconnais- sance à Dieu en lui consacrant l'enfint qui paraissait avoir été l'objet de sa protection spéciale. En conséquence, il fut tonsuré, et assujetti à assister en surplis, les dimanches et les fêtes, aux offices de la paroisse. Son père, à quelque temps de là, ayant été nommé l'un des directeurs de la confrérie du StSépulcre, il le fit agréer pour prêcher le sermon en langue grecque, qui se débitait, tous les ans, le jour de la fête ; et le jeune Lancelot s'en tira de manière à étonner tous ses auditeurs. Il n'aiait cependant aucune vocation pour l'état qu'on lui avait choisi sans le consulter; il essaya d'en convaincre son père, et désespérant d'y réussir, il prit le parti de s'enfuir secrètement : mais forcé par le manque d'argent de revenir sur ses pas, il ne put obtenir son pardon que sous la condition de reprendre l'habit ecclésiastique. L'année suivante, il s'échappa encore, alla jusqu'en Flandre, vit les dispositions de la bataille de Steinkerque du haut d'une maison où il s'était réfugié, et reprit le chemin de Paris dans un tel état de dénùment, qu'il ne vécut plusieurs jours que des épis de blé qu'il cueillait le long de la route. Le récit des privations qu'il avait endurées toucha enfin son père, qui lui permit de suivre son inclination. Il venait d'achever son cours de droit, lorsque Ilerbinot, conseiller au Châtelet, .lui proposa de l'aider dans la rédaction d'un dIctiosnaire.etymologique, où il essayait de démontrer que tous Ies mots français viennent du grec, quand, changeant tout à coup de système, il résolut de prouver qu'ils viennent- de , breu . Lancelot, sans s'inquiéter des bizarreries de son mécène, profita de cette circonstance pour apprendre à fond le grec et l'hébreu, et il acquit de plus le goût et la connaissance des livres. L'amitié de M. Coulleau, docteur de Sorbonne, lui procura, bientôt après, la place de sousbibliothécaire du collége Mazarin ; jamais personne n'avait été plus digne de cet emploi. Il s'appliqua surtout à. déchiffrer les manuscrits du moyen àge, et à en extraire les traits les plus curieux. Il suivit à. Grenoble Bourchenu de Valbonnais, occupé de la rédaction de l'Histoire du Dau- phiné ; et il passa cinq années dans cette province, dont il inventoria les principales archives. Au bout de ce temps, on voulut le retenir par l'offre d'une pension considérable; mais il pré- La fête de cette confrérie se célébrait tous les ans aux Cordeliers , le dimanche de Quasimodo. Après une procession solennelle, pendant laquelle on délivrait quelques prisonniers, on chantait la grand'messe en grec , et au milieu de cette messe, on prêchait l'assemblée en grec aussi; il s'agissait moins d' l'auditoire, ordinairement peu familier avec cette langue, que de lui donner le.spectacle des usages qu'on observe dans la terre sainte , et il était égal d'avoir un écolier ou un docteur pour prêcher . M. Ilerbinot, à qui le nombre prodigieux d'étymologies forcées avait fort échauffé la tête, tomba dans un si parfait délire , que n'ayant, , besoin d'autre aliment que de ses Racines grecques et hébraïques, il refusa constamment de pren- dre aucune sorte de nourriture, et mourut d'inanition. Lancelot fut trésutile à Valbonnais pour la rédaction de cet ouvrage, qui exigeait l'examen et la confrontation d'un grand nombre de chartes et de pièces originales ; et l'on croit qu'il en a,donné. la seconde édition iYoy. BOURCIIENU DE VALBONNAIS). féra revenir à Paris, et il on repartit presque aus— sitôt pour visiter une grande partie de la France et de l'Italie, afin de rechercher et de réunir les titres de la maison de Luynes. Il s'acquitta de cette commission d'une manière si satisfaisante, qu'à son retour les ducs le chargèrent de rédiger le mémoire par lequel ils se proposaient de réclà- mer les honneurs et les droits de la pairie. On arrêta, vers cette époque, quelques gens de lettres soupçonnés de travailler sur des matières qui téressaient le goevernement. Lancelot, effrayé de cette mesure, jeta au feu toutes ses lettres, tous les papiers qui le regardaient personnelle- ment, et jusqu'aux relations de ses voyages; puis réfléchissant à son innocence, il courut à Ver- sailles confier ses inquiétudes à l'un de ses pro- tecteurs, qui le recommanda si vivement au roi, que ce prince ordonna de le tranquilliser. Ce ne fut cependant qu'après la mort de Louis XIV que Lancelot osa faire paraltre ses Mémoires pour les pairs de France, avec les preuves . Ce travail lui valut, entre autres gratifications, une place * secrétaire du roi, dont il se défit en 1725 parce qu'il ne voulut pas conserver un titre inutile. II était, depuis 1719, membre de l'Académie des inscriptions; il obtint en 1752 la place d'inspec- teur du collége royal, et fut nommé, quelques mois après, à l'emploi que l'abbé Legrand laissait vacant au trésor des chartes, il en entreprit aus- sitôt la Table historique. Il fut envoyé, en 1767, à Nancy, pour dresser l'inventaire des archives de la Lorraine et du Barrois, réunis nouvellement à la France. Ce grand travail terminé, il se hàta d'en aller rendre compte à la cour, qui était dans ce moment à Fontainebleau ; mais en revenant, il fut frappé d'une apoplexie foudroyante, et mou- rut à Paris le 8 novembre 1740. Lancelot avait une mémoire prodigieuse, beaucoup de sagacité et de pénétration ; il était doué d'une franchise et d'une cordialité rares : jamais homme ne fut plus dévoué à ses amis; parmi les siens il compta Bayle, Mabillon, Terrasson et de Boze. On craindrait de trop allonger cet article en donnant ici la liste des Dissertations de Lancelot, insérées dans le recueil de l'Académie des inscriptions; mais on indiquera au moins les principales 10 Recherches sur Gergovia et quelques autres vil- les de l'ancienne Gaule, t. G. — Dissertations sur Genabum, t. 8. L'auteur établit que cette ville est Orléans. — Remarques sur le nom d'Argen- , Le MénKre pour les pairs de France fut imprimé à Paris en 1720 : on ne tira qu'un petit nombre d'exemplaires de ce volume , qui devait être suivi de plusieurs autres ; mais des raisons particulières en firent suspendre l'impression. L'abbé Terrasson écrivait à un de ses amis, quelques jours après la mort de Lancelot : Enfin il vient de finir ; mais il a « manqué trop tût, et soixantecinq ans ne devaient pas-être le « terme de jours aussi précieux à ses amis et à la république des lettres... Je suis bien jaloux de la succession de ses livres, . cartes géographiques et estampes qu'il laisse au gouffre. Je ne doute pas que vous ne connaissiez comme ‘‘ moi sa manie pour donner à la Bibliothèque du Roi. C'était ‘‘ sa marotte, et il aurait volé ses amis pour se satifaire cc sus. Adieu » etc. L'original de cette lettre nous a été commu. niqué per Peignot, l'un denos.plus savants bibliographes. toratum, donné à la ville de Strasbourg, t. 9. — Discours sur les sept merveilles du Dauphiné, t. 6. Ces prétendues merveilles y sont appréciées à leur juste valeur. - Eclaircissements sur les pre- mières années du règne de Charles VIII, t. 8. — Mémoire sur le mariage de ce prince avec Anne de Bretagne, t. 13. C'est un point trèsobscur de notre histoire. - Recherches sur Gui, dauphin du Viennois, t. 8. - Mémoire pour servir à l'histoire de Robert d'Artois, t. 10. — Justification de la con- duite de Philippe de Valois dans le procès de Robert d'Artois, t. 13. - Mémoire sur la vie et les ouvra- ges de Raoul de Presles, t. 13. - Mémoire sur la vie et les ouvrages du président de Boissieu, t. 1. — Explication d'un monument de Guillaume le Conqué- rant, t. 6 et 8. - Description des figures qui sont sur la façade de l'église de la Madeleine de Cluiteau- dun, t. 9. L'explication que Lancelot donne de ces figures a été réfutée par dom Plancher dans le tome ler de son Histoire de Bourgogne. — Re- marques sur quelques anciennes inscriptions d« pays de Comminges, t. 5. - On a en outre de Lancelot 20 la préface de l'Histoire des grands officiers de la couronne, par le P. Anselme et Dufourny. 3. Il est éditeur du Araudoemia et du Patiniana avec de nombreuses additions ; de l'Abrégé de l'histoire universelle de Claude Delisle, Paris, 1731, 7 vol. avec une préface inté- k 'ressante; et des Amours de Daphnie et Chloé, Paris, 1731 . Il a enrichi cette édition de notes dans lesquelles il restitue divers passages de l'original grec et corrige beaucoup 'endroits de la traduction d'Amyot : ces notes ' nt été ajoutées à la fin de la réimpression de r l'édition publiée en 1718, avec des gravures d'An-. 11 laissa une bibliothèque fort riche, dont le catalogue a été publié par G. Martin, Paris, 1741 elle était composée de 6,000 ouvrages imprimés, 2.10 manuscrits et 528 portefeuilles d'Analectes ou extraits, qu'il a légués à la bibliothèque du roi
  • Antoine LANCHARÈS( 1586 - 1658) : peintre d'histoire, naquit à Madrid en 1586. Elève de Patrice Caxès, il surpassa bientôt tous les jeunes gens qui suivaient ainsi que lui les leçons de ce maître. Ses progrès furent si rapides qu'en trèspeu de temps il parvint à imiter les ouvrages d'Eugène Caxès avec une telle perfection que les connaisseurs les plus habiles avaient peine à distinguer leurs tableaux. 11 avait peint pour les jésuites de Madrid un EN- faut Jésus au milieu. d'une gloire d'anges. Cette production, qui jouissait d'une juste célébrité, a disparu pendant les dernières guerres et l'on ignore ce qu'elle est devenue. Les fresques qu'il avait peintes dans le mème temps à la chartreuse de Paular ont été détruites; mais on conserve avec soin dans le moine monastère une Ascension et une Descente du St- Esprit, qui suffiraient pour assigner à Lancharès une place parmi les premiers peintres de l'Espagne. Il fut chargé, conjointement avec Louis Fernandez et Pierre Nunez, de la peinture des tableaux du couvent des Carmes, à Madrid. Ceux de Lancharès représentent la Vie de St- Pierre de Vélasquez. Ses productions se font remarquer par une. grande simplicité et une imitation vraie et sentie de la nature. Ses dessins jouissent de l'estime des amateurs et ils sont recherchés. Il mourut à Madrid le 21 juillet 1658
  • Antoine LECLERC DE LA FOREST( 1563 - 1628) : né à Auxerre en 1565, d'une famille de robe , fut d'abord destiné à l'état ecclésiastique, et reçut la tonsure des mains de Jacques Amyot, son évêque. Mais séduit par la lecture des ouvrages de Calvin, il embrassa la réforme „ prit le parti des armes, et servit, avec le grade de capitaine, à l'armée du roi de Navarre, depuis 1585 jusqu'en 1592. L'année suivante, étant en quartier à Tours, il assistait à la réception ; Li° des Lettres de piété, etc. La Vie de Leclerc a été publiée sous ce titre, le Séculier parfait, par Louis Provensal de la Forêt, Paris, 1644 On peut consulter aussi les Mémoires de l'abbé Lebeuf sur la ville d'Auxerre, t. 2, et le Moréri de 1759
  • Antoine LECONTE : en latin Contins, savant jurisconsulte , natif de Noyon , professa le droit avec beaucoup d'éclat à Orléans et à Bourges, dans le 16' siècle. L'historien de Thou avait été au nombre de ses élèves. Cujas, qui regardait Leconte comme un homme trèsdocte et tresjuaicieux , a la modestie de convenir que ce professeur avait plus de génie que lui pour le droit, et qu'il y aurait bien mieux réussi , s'il avait aimé davantage le travail. On doit à Leconte plusieurs corrections sur le droit civil et canonique. Il affecte d'avoir presque toujours des sentiments opposés à ceux de Duaren et d'llotinan, qui p•ofessèrent comme lui à Bourges, et avec lesquels il eut de fréquentes disputes. Ses ouvrages, recueillis par Edmond /dévale, ont été publiés sous ce titre : Antonii Contii opera omnia, Paris, 1616, IrQ40; Naples , 172i Leconte , quoique 1 ' ompatriote et cousin germain de Calvin, se mon- ra son ennemi déclaré, et ne cessa de le décrier. Il mourut à Bourges en 1586, âgé d'environ 60 ans. — Michel LECONTE, avocat au parlement ! : e'de Paris, n'est guère connu que par deux ou . vrages intitulés : 1° Art et méthode à tourner noms en latin et en françois, en rime, Paris, 1570. On y trouve les anagrammes du roi Ilenri Ill, de la reine son épouse, et des principaux seigneurs de la cour, tournés dans les deux langues. 2° Le Mariage de procès et de la femme, Paris, 1579. Une nie de Paris porte le nom de Michel Leconte depuis le milieu du 16e siècle
  • Antoine LEFÈVRE DE LA BODERIE : frère du précédent, fut maître d'hôtel du roi , et suivit la carrière diplomatique, où il se rendit fort habite, Henri IV et Louis XIII l'employèrent clans différentes négociations , à Rome, à Bruxelles, et en Cette prétendue comète est la fameuse étoile changeante de 1572 . rwr Angleterre. Ce fut lui qui découvrit les intelligences du maréchal de Biron avec les ennemis (le l'État. 11 entretenait une correspondance réglée nonseulement avec les ministres, mais encore avec Henri 1V luimême. Au retour de sa première ambassade d'Angleterre, Jacques ler, oiitre le présent d'usage, lui fit porter un riche vase orné de pierreries, comme un témoignage de son affection particulière. Le prince de Galles y joignit un diamant (l'un grand prix; et les seigneurs anglais lui donnèrent 1'50 haquenées, dont il fit des cadeaux à ses amis, à l'exception d'une qu'il garda : il la montait dans une chasse où il accompagnait Henri IV. C'est à cette occasion que ce bon prince la lui demanda, n'étant pas juste, ditil, qu'il le seul de ses amis qui n'elit point de part à ses libéralités. Il mourut à la fin de 1615, àgé de 60 ans. Il avait épousé la soeur du marquis de Fetiquières, et sa fille fut mariée au savant Arnauld d'Andilly. On a de lui : 1. Ambassades de ill. de la Boderie en Angleterre sous le régne de Fleuri IV et la minorité de Louis XIII. 1750, 5 vol. On y ajoute le Recueil des lettres qui lui furent écrites pendant ses deux ambassades en Angleterre par Henri IV, MM. de Villeroi et de Puisieux, la reine mère et Louis XIII, Amsterdam, 1733, 2 vol. 2. Traité de la noblesse, traduit ' de l'italien de JeanBaptiste Nonna, Paris, 1583 — Outre Gui, sujet de l'article précédent, Antoine Lefèvreeut quatre autres frères : NICOLAS, qui fut un des collaborateurs de son frère au travail de la Polyglotte d'Anvers, et dont on conne un opuscule intitulé Ad neiliores linguas commuai methodo componendas Isagoge, Paris, 4598 de 80 pages; PIERRE, qui prit le parti des armes, et fut tué au siège (le StLô en 1574; JEAN et II1PPOCRAS , sur lesquels on n'a point de détails. — Matthieu LEFÈVRE DE LA BODERIE , lits de Nicolas, prit aussi le parti des armes, se trouva aux singes de la Rochelle et de Pignerol , et à la bataille de Nortlingen, puis quitta cette carrière pour la diplomatie; il suivit le marquis de Feuquières , son parent , dans ses ambassades de Suède et d'Allemagne, et fut ensuite employé en qualité de résident près du landgrave de liesse. Devenu veuf et âgé , il embrassa l'état ecclésiastique. — NICOLAS, l'un (le ses fils, voyagea dans le Nord et jusqu'en Laponie, et accompagna son parent, M. de Pompone, dans les ambassades de Suède et de Hollande
  • Antoine LÉGER( 1594) : pasteur de l'Église réformée, naquit en '159- , à VilleSèche, dans la vallée de SaintMartin, en Piémont. Il fut de bonne heure chargé de desservir une paroisse de la vallée. Il revint ensuite à Genève , où il était déjà connu par ses progrès dans les langues orientales, fut proposé pour chapelain à Corneille de Ilaga , ambassadeur des ProvincesUnies; et l'ayant accompagné à Constantinople, il entra en relation avec le fameux patriarche Cyrille Lucas., dont les sentiments se rapprochaient de ceux des protestants, et il le pressa de publier sa profession de foi . De retour dans la vallée de StMartin, il prit, en 1657, la direction de l'église StJean , et eut de fréquentes altercations avec les missionnaires catholiques envoyés pour prècher dans sa paroisse. Dénoncé au duc de Savoie omme un séditieux, il se retira une seconde fois ,. Genève, et y fut nommé, en 1645, professeur le théologie et de langues orientales. Il remplit iiCette double fonction avec beaucoup de zèle, jus-'qu'à sa mort, arrivée en 1661. Sa Correspondance vec Cyrille Lucar est conservée à la bibliothèque de Genève : Jean Aymon en a publié une partie dans ses Monuments authentiques de la religion des ! Grecs . On doit à Antoine Léger une édition du Nouveau Testament, en grec ancien et en grec vulgaire, sous ce titre : Novum Testamentom idiomate groeco litterali et greeeo vulgari ex versione Maximi Calliopolitani (Genève, 1638, 2 part. Elle est fort rire et trèsrecherchée des curieux. — Antoine LÉGER, fils du précédent , né à Genève, en 1652 , fut nommé pasteur à une église de campagne. Rappelé à Genève, en 1684, pour y remplir les fonctions du ministère, il fut nommé deux ans après professeur de philosophie, place qu'il remplit pendant au moins vingtquatee ans, avec un succès remarquable. On l'obligea à quitter cette chaire pour celle de théologie, qui lui convenait moins. 11 mourut à Genève, en 1719. C'était, dit Sénebier, un bon dialecticien; mais il avait des connaissances médiocres en théologie, s'étant plus attaché à la morale qu'à la dogmatique. On a de lui huit dissertations imprimées de 1705 à 1715 : De saporibus ; De origine fontiurn; De meteoris ignitis ; De colore et frigore ; De igue; De felicitate ; De Deo ; De Anathemate maranata. — Une harangue : De Waldensium orlu et progressu. — Sermons sur divers te xtes , Genève, 17-20, 5 vol. Ce ne sont que des canevas de sermons, et il ne les destinait point à l'impression. 11 avait en outre laissé en manuscrit des Traités théologiques, que Michel Léger, son fils, mieux conseillé, n'a pas mis au jour, comme il en avait le projet. C'est à tort que le bibliothécaire de Genève lui attribue les Illustres Françaises; niais il a reconnu depuis son erreur, et a rendu ce roman à Chales, qui en est le véritable auteur
  • Antoine LEGRAND( 1600 - 1600) : né à Douai, au commencement du 17e siècle, fit profession dans l'ordre de StFrançois, et s'associa particulièrement avec les membres du collége anglais de cette ville. Il fut envoyé en Angleterre avec la qualité de missionnaire, et se fixa dans l'Oxfordshire. Partageant tout son temps entre l'étude et les fonctions de son état, il y mourut vers la fin du 17. siècle. Le palan est un assemblage de cordes et de poulies dont on se sert dans les navires pour élever de grands fardeaux à bord. Legrand avait professé avec beaucoup de distinction la philosophie et la théologie dans l'université de Douai. On le regarde comme le premier qui ait réduit à la méthode scolastique la philosophie de Descartes, dont il se montra toujours le zélé partisan, et dont il fut surnommé l'abréviateur. 11 eut à ce sujet de trèsvives disputes avec Jean Sergeant sur la nature des idées et sur plusieurs autres questions de métaphysique. Il a composé divers ouvrages, dont deux en français : le Sage des stoïques , ou l'Homme sens passion , selon les sentiments de Sénèque, la Haye, 1662 dédié à Charles ll, roi d'Angleterre. Cet opuscule reparut anonyme sous ce titre : les Caractères de l'homme sans passions, selon les sentiments de Sénèque, Paris, 1663, 1682 ; Lyon , 1665 2. L'Epicure spirituel, ou l'Empire de la volupté sur les vertus, Douai, 1669 Les autres écrits d'Antoine Legrand sont en latin : 1. Physica , Amsterdam, 1664 2. Philosophia vete. runz e meute Renati Descartes, more scholastico breviter diqesta, Londres, 1671 Ce dernier, considérablement augmenté par l'auteur, fut publié depuis sous ce titre lastitutio philosophice, secundum principia Renati Descartes, nova methodo adurnata et explicata ad usum jurentutis academicce, Londres, 1672 ibid., 1678, 1683, Nuremberg, 1695 Il en existe une traduction anglaise, faite par un membre de la société royale , Londres 3. Historice naturce varus experimentis et ratiociniis elucidata, Londres, 1673 ibid., 1680 Nuremberg, 1678 ibid., 1702 ; .4. Dissertatio de carentia sensus et cognitionis in triais, Londres, 1675 Nuremberg, 1679 C'est par erreur qu'on a quelquefois attribué cet ouvrage à Henri Jenkins. 5° Difseriatio de ratione cognoscendi et appendix de mutatione fortnali, contra J. S. methodum sciendi Londres 6° Apologia pro Renato Descartes, contra Samuelem Parkerum , Londres, 1679 ibid., 1682 Nuremberg, 1681 7° Scydromedia, seu sermo quem Alphonsus de lu Vida habuit coram comite de FaIrnouth , de monarchia, libri II, Nuremberg, 1680 Curiosus rerum abditarum naturceque arcanorum perscrutator, Francfort et Nuremberg, 1681 Un anonyme en a publié une traduction allemande en 1682. 9° Animadrersiones ad Jacobum Rohaultii tractation physicum, Londres, 1682 Ce sont des remarques sur mie version latine que Théophile Bonnet avait donnée de la Physique de Rohault . 10° Historia sacra a mundi exordio , ardent cartésien, fut longtemps dépositaire de plusieurs manuscrits de Descartes, que Clersellier , au mo ment de sa mort , avait ordonné de lui remettre, avec une somme de 500 livres, destinée à la révision de ces papiers, afin qu'ils pussent astre impri:nés. Dès lors il s'en occupa avec zèle et communiqua les manuscrits, ainsi que d'autres documents, à Bail let, auteur de la Vie de Descartes, publiée en 1691. Mais Legrand mourut, vers 1704, à Paris, au séminaire de StMagloire, sans avoir achevé le travail qu'il avait entrepris, et qu'il confia, par son testament, à un professeur de philosophie au collège des Grassins, nommé Marmion , qui mourut aussi, en 1705, après avoir enjoint de rendre à la mère de l'abbé Legrand l'argent et les manuscrits qu'il avait reçus; et, depuis cette , éditeur des l'ensées de Descartes, n'a point parlé de ces diverses circonstances, dont on trouve quelques détails dans les Nouvelles de la république des lettres , et dans la Préface de la Vie de Descartes. par Baillet
  • Antoine LEGRAS( 1680 - 1751) : né à Paris vers 1680, entra dans la congrégation de l'Oratoire, et s'y distingua par sa régularité et par sa science. Ayant ensuite quitté cette société, il rentra dans le monde et mourut le 11 mars 1751. C'était un homme irèsversé dans l'étude de l'Écriture sainte et des Pères. Les traductions qu'il en a données , avec des notes explicatives, témoignent de son érudition, mais elles sont en général faibles et diffuses. Presque tous ses écrits ont paru sous le voile de l'anonyme. En voici les titres : Ouvrage des Sis- Pères qui ont vécu du temps des apôtres, contenant la lettre de St- Barnabé, le pasteur de St- Hermas , les Lettres de St- Clément, de St- Ignace et de St- Polycarpe , avec des notes, Paris, 1717 Ce livre est précédé de judicieux avantpropos et accompagné de remarques utiles. 2. Dans la Ste- Bible, en latin et en français, avec des notes littérales pour l'intelligence des endroits les plus , par Le Maistre de Sacy, le volume contient les livres apocryphes, en latin et en français, de la traduction du P. Legras, Paris, 1717, 4 vol. 3° La même traduction fut réimprimée sous le titre suivant : Livres apocryphes de l'Ancien et du Nouveau Testament, eu latin et en français , avec des notes, pour servir de suite à la Bible de M. de Sacy, en 2l volumes, Paris, 1742, '- 2 vol. Ces deux tonies renferment le 3e et le 4e livre d'E., dras, le 3e et le 4e des Machabées, l'Epite de StPaul aux Laodicéens, Epitre catholique de StBarnabé; le Pasteur d'Hermas, les Epitres de StClément, de StIgnace, de StPolycarpe , et 1' Epitre à Diognète. Ainsi , un volume tout entier est a peu près la même chose que les Ouvrages des l'ères, publiés en 1717, par Legras. o Epître â lhognète, dans laquelle l'auteur, sur les ruines de eidoleitrie et du judaï, me , établit les plus solides fondements de la religion chrétienne, ouvrage du ler siècle. traduit de l'original grec, Paris, 17'25 Le P. Legras pense que cet ouvrage apologétique, ordinairement imprimé avec les écrits de StJustin , date de l'an 70 de JésusChrist. Cette épitre renferme un admirable tableau de la vie des premiers chrétiens, mais la traduction manque d'exactitude en bien des endroits. 5. Les Vies des grands capitaines grecs et romains, de Gornélius Népos, avec les portraits des grands hommes et des caractères des siècles dans lesqUels ils ont vécu, tirés de Velléius Paterculus, Paris, 1729 sans texte. C'est le seul ouvrage de Legras qui porte son nom. La traduction de Népos est accompagnée de quelques notes utiles; mais un autre traducteur, Bruyset, remarque avec raison qu'elle est froide et prolixe. 6u Apo. logie de M. Nicole, écrite par lui- méme, sur le refus qu'il fit, en 1679, de s'unir avec dll. Arnauld, etc., , Amsterdam . Le titre de cette publication montre que le P. Legras avait déjà quitté la so- ciété dont il faisait partie. — LEGRAS du Villard -_ , chanoine du chapitre de StAndré de Grenoble et supérieur de la maison de Par nie, mourut en 1785, à l'âge d'environ 85 ans. Les ouvra- ges qu'il a publiés sont : 1° Sanctoral, ou Légendes ! des saints du diocèse de Grenoble, 4730 ; 1740 ; 20 Discours sur la vie et la mort de M. le cardinal Lecamus , évêque et prince de Grenoble , Lausanne , 1748 ; 3° Lettre sur la procession des fous et autres extravagances en diverses églises , 1157; 4° Dissertation sur l'origine des noms de famille, 1758 5^ les Agréments de la solitude, 1758
  • Antoine LEMAISTRE( 1608) : fut une des gloires du barreau français. Il naquit à Paris le 2. mai 1608. Sou père Isaac était mitre des requétes; sa mère, Catherine Arnaud, était fille d'un avocat distingué et petitefille de Marion, avocat célèbre. Elle était la soeur de la réformatrice de PortRoyal. Isaac Lemaistre abandonna la religion catholique pour suivre le protestantisme. Cette abjuration et sa conduite blessèrent profondément le coeur de sa sainte femme, qui obtint des tribunaux sa séparation de corps. La garde de ses enfants lui fut confiée. Le jeune Antoine dut à la piété ardente de sa mère et à la science profonde de son aïeul une éducation religieuse et solide. A l'àge de vingt et un ans à peine, sa renommée éclipsait déjà celle des plus anciens avocats du parlement de Paris. A vingthuit ans, il avait l'honneur d'ère chargé de présenter à cette cour les lettres du chancelier Séguier. Le succès oratoire qu'il obtint dans cette circonstance lui valut le titre de conseiller d'État. Les fonctions d'avocat général à Metz lui furent offertes; il ne voulut pas les accepter. Les plaidoyers de Lemaistre nous ont été conservés. D'Aguesseau disait avec raison qu'on y trouve des traits qui font regretter que son éloquence n'ait pas eu la hardiesse de marcher seule et sans ce cortége nombreux d'orateurs, d'historiens, de Pères de l'Église qu'elle mène toujours à sa suite. Un de nos magistrats distingués, M. Sapey, dans une brillante étude sur Lemaistre, analyse avec autant de goût que d'esprit les discours de cet orateur, auquel il rend justice, et fait cette observation trèsjuste : « Les , geWi1- M. Sapey, d'après quelques mémeoires du temps, dit que homme du Quercy. Il préludait ainsi à une Vie des saints, oeuvre immense, où par une sage critique il travaillait à séparer les faits historiques des inventions légendaires. Les écrits de polémique, comme tous ceux qui avaient de l'éclat, lui plaisaient peu ; il préférait les oeuvres obscures Ainsi il a pris une part importante à la traduction du Nouveau Testament, qui a rendu son frère célèbre. Il traduisait les psaumes et les textes des Pères. M. Sapey cite plusieurs ouvrages de Lemaistre qui ont paru sous des pseudonymes. « Le plus remarquable, ditil, est celui qu'il a nommé l'Aumône chrétienne. Ce sont deux petits vola« nies dont le premier est composé uniquement « des textes sacrés qui se rattachent à son objet, « tandis que le second est un recueil de pieux « exemples et de morceaux empruntés aux saints « docteurs, cantiques et touchants préceptes dont « la misé en pratique résoudrait bien des pro« blèmes et serait le triomphe de la fraternité « sur la terre; j'entends cette fraternité véritable « que la religion a marquée de son sceau , et à « laquelle elle a donné un nom chrétien. » L'ouvrage le plus connu tle Lemaistre est le Recueil de ses plaidoyers. Il n'aurait jamais consenti à cette publication, mais il y fut en quelque sorte forcé. Un de ses domestiques avait fait de ses discours une copie qu'il vendit à un libraire, qui les publia avec privilép,e et nom d'auteur. Cette édition fautive parut en 1651. Les amis de Lemaistre réclamèrent contre cette surprise; le chancelier répondit que rien n'était plus difficile que d'arrêter la cupidité des libraires. Une seconde édition était annoncée et devait contenir des plaidoyers faux. Issali, avocat au parlement, obtint alors de Lemaistre la permission de faire paraître ses plaidoyers tels qu'il les avait prononcés. Lemaistre mourut le 4 novembre 1658, dans le silence et la prière, comme un saint des premiers temps. Les mémoires si nombreux publiés sur PortRoyal contiennent de touchants détails sur cet homme célèbre qui, de nos jours, a eu l'honneur d'a: voir deux biographes éminents comme magistrats et comme écrivains, M. Oscar de Vallée et M
  • Antoine LEPAUTRE ou LEPOTRE( 1614 - 1682) : né à Paris en 1614, était premier architecte du roi et de Monsieur, frère de Louis XIV. C'est pour ce prince qu'il construisit les deux ailes du château de StCloud: elles sont couronnées d'une balus- trade et n'ont qu'un étage. Un ordre ionique avec un avantcorps toscan , surmonté d'un fronton , et des figures placées dans des niches sont l'ornement de ces ailes. En 1671 , époque à laquelle l'académie de sculpture reçut son institution , il en fut nommé membre. Les OEuvres Madame Briquet ajoute aux prénoms de madame Lepaute celui d'Hortense, et prétend que Commerson, trouvant que son premier hommage n'était pas assez direct , changea le nom de lepaulia en celui d'hortensia. Mais Lalande , mieux instruit de toutes ces particularités , dit que ce fut Jussieu qui appela cette belle plante hortensia, nom sous lequel elle est plus connue. Cette carte, imprimée en rouge, est gravée par madame Lattre pour le trait ; et pour la lettre, par madame Tardieu. Elle est fort bien exécutée, et les curieux la conservent avec soin. d'a?ckU0. raina, son estrenie modestie l'euipécha toujours sir se malt( sur lei rangs pour entrer a l'aiad...- mie et ce qui semble libelle a concilier avec tele modestie, c'est qu'un des motifs qui le porternit a respire aux avances que l'académie elle. mente flt aupres de lui fut une repugnance vincible à travailler sur les dessins de Lebrun, qui, à cette époque, exerçait une sorte de dictature sur les arts ; aussi futil rarement employé dans les travaux exécutés pour le roi. Ses derniers ouvrages se ressentent de la faiblesse de l'àge. Il mourut en 1744
  • Antoine LEUWENHOECK ou LEEUWENHOECK( 1632 - 1723) : comme l'écrivent les Hollandais, naturaliste ceiebre, naquit à Delft en !GU, et mourut le tt; août rie. Ir talent tout particulier qu'il avait pour tailler des verres propres a la labricalion des microscopes et des lunettes lui lit d'abord une réputation par la supériorité des instrutuents qu'il construisait ; il en acquit ensuite une plus grande comme physiologiste et comme anatoscinde, par la variété de ses recherches sur la structure intime des diverses parties du corps humain. Ses trav5t4 et observations microscopiques SOOt en si grand nombre, qu'il serait Inirssible d'en 'tonner un détail exact nous ne ferons mention que de ses principales recherches. Les antagomutes de Ilareey, auteur de la découverte de la circulation du sang , opposaient a la doctrine de ce grand homme que, si ce fluide passait directement des amerri dans les veines, Il ne pouvait nourrir les parties qu'il traverse. La quevlson était inderise ; et Leum enta:seck communiqua en tti,v8 a la aociété royale de Londres un ructuoire dans lequel il croyait avoir découvert, Loutre l'opinion de Harvey, que le plssage ‘Iti sang n'était pas immédiat des artères aux veines. Cependant , en 1690, ayant scrupuleusement examiné les parties avec son microscope perfectionné, il découvrit et démontra jusqu'à l'évidence la continuité des artères avec les veines; il se refusa méme à admettre aucune division entre les vaisseaux capillaires, parce que, disaitil , il est impossible de déterminer où finissent les artères et où commencent les veines. A cette époque, la théorie chimique qui dominait en médecine établissait comme certaine 1:1 fermentation du sang : Leu- wenhoeck combattit victorieusement cette hypo- thèse en lui opposant ses expériences microscopiques, d'où il résultait qu'il n'existe point de bulles d'air dans les vaisseaux sanguins, phénomène qui devrait avoir lieu si le sang fermentait. Cet expérimentateur dirigea aussi ses recherches sur la forme des globules sanguins que Malpighi avait déjà aperçus : Leuwenhoeck constata que ces globules sont ovales, aplatis, composés de six petits cônes qui nagent dans le serum, et qui, pris séparément, ne réfléchissent pas la couleur rouge, mais qui , par leur réunion , communiquent au sang les qualités physiques qu'on lui conne. Cette découverte servit de base à la théorie de Boerhaave sur l'inflammation. Leuwenhoeck éta- blissait, pour justifier son système, que les vaisseaux capillaires rouges partent d'autres vaisseaux, où la circulation du sang a lieu hors de l'influence du coeur, et où ce liquide paraît blanc, parce que ses globules sont divisés, pour s'accommoder à la ténuité des canaux dont il s'agit. L'expérience ultérieure a fait justice de ses idées sur la composition physique du sang; mais ses observations sur la structure des vaisseaux capillaires ont été reconnues exactes par les anatomistes les plus éclairés. Le cerveau et les nerfs furent aussi le sujet des recherches de Leuwenhoeck : il préten- dit que la substance corticale est entièrement vasculaire, que les vaisseaux qui la composent sont cinq cent douze fois plus petits que les vais- seaux capillaires les plus déliés; et que les globules qui composent le fluide contenu dans les vaisseaux de la substance corticale sont trentesix fuis plus petits que ceux dont le sang rouge est formé. Enfin, il crut voir, dans ses recherches microscopiques, que chacun de ces globules est entouré d'un réseau trèsfin de vaisseaux et de fibres. De nouvelles expériences lui tirent modifier ses idées en 1717, et il prétendit alors que le cerveau est d'une structure fibreuse et que les vaisseaux sanguins serpentent entre les fibres qui composent cet organe La science n'a tiré aucun profit de ces derniers travaux , plus propres à l'embrouiller qu'a Leuwenhoeck étudia la structure du cristallin, et décrivit avec exaetituile la disposition des lames qui composent cette Parti e de l'organe de la vue; il joignit d'assez bonnes ligures à sa description. on a beaucoup p Jr1,; de sa tkcouverte tics animalcules qu'il aper- rut dans le sperme. 11 décrivit longuement ces petits corps, et supposa que, parvenus dans l'uttç rus, ils irritent cet organe, attirent l'oeuf, et communiquent la vie à l'embryon qu'il renferme. Benjamin Martin a contest4 ces observations, dont on peut voir le détail dans l' Histoire naturelle de Buffon. Leuwenhoeck employa toute sa vie, qui fut fort longue, à faire des observations et des expériences anatomiques; et il ne lui manqua, pour en obtenir des résultats plus nombreux, que cette érudition et cette sagacité convenables pour discerner ce qui est vrai de ce qui n'est qu'apparent. C'est ainsi que souvent il crut voir ce glui n'existait point , et qu'il persista dans son erreur. On peut citer, parmi ses paradoxes, l'opinion qu'il a soutenue que la tunique des intestins, que les anatomistes de son temps nommaient villosa, est musculeuse. 11 a aussi soutenu que la pulsation était due aux veines et non pas aux artères. Le czar Pierre le Grand se montra l'admirateur de Leuwenhoeck. Ce prince, passant devant Delft en 1698, lui envoya deux de ses gentilshommes le prier de venir le visiter, et d'apporter ses admira- bles microscopes. Il lui fit 'Dème dire qu'il serait allé le voir dans sa demeure s'il n'avait voulu se dérober à la foule. Le physicien, après avoir montré ses instruments à l'empereur, lui fit voir le phénomène curieux de la circulation du sang, dqns la queue d'une anguille. Leuwenhoeck communiquait tous ses mémoires à la société royale de Londres, qui en enrichissait les Transactions phi- losophiques. Ils out aussi été imprimés, pour la plupart, séparément, en hollandais, à Delft et à Leyde. Une main étrangère a traduit en latin toutes les compositions de cet homme célèbre, sous le titre d'Arcana naturte detecta, Delft, 1695- 96-97 et 99, 4 vol. réimprimés à Leyde en 1719, et avec les épltres de l'auteur, 17
  • Antoine LIBES( 1752 - 1832) : physicien français, né à Béziers le 2 juillet 1752; il fit de bonnes études dans cette ville et embrassa l'état ecclésiastique; s'étant particulièrement appliqué aux sciences naturelles, il fut nominé à l'âge de vingt ans professeur de physique au collége de Béziers, où il se fit dès lors remarquer par l'excellence de sa méthode d'enseignement, puisée autant dans ses propres réflexions que dans l'étude des ouvrages de S'Gravesande et de Newton. Sa réputation ayant attiré les regards de l'arehevèque de Toulouse, il fut appelé aux mènes fonctions dans l'université de celte ville. A cette époque, la langue latine était employée pour l'enseignement des sciences. Lites en avait tellement contracté l'habitude, que jusqu'à la fin de ses jours, sur quelque sujet que ce fût, il pouvait soutenir la conversation avec toute la clarté que peut atteindre un moderne, lorsqu'il s'agit d'appliquer une langue morte à des découvertes et à des usages ignorés des anciens. La révolution ayant détruit l'université, Libes, resté sans ressources, se réfugia dans la capitale, où il parvint à se faire nommer professeur de l'école de la rue StAntoine, qui devint plus tard le collége Gliarlematee, auquel il demeura attaché jusqu'à la tin de sa carrière universitaire, qui a duré près d'un demisiècle. A Paris comme à Toulouse et à Béziers, Libes modifia son enseignement d'après les pro- grès de la science, sans adopter toutefois aveuglément les explications précipitées qu'on ne manque jamais de donner aux faits nouvellement découverts, explications qui ne tardent pas à tomber dans l'oubli, pour faire place à d'autres lui y tombent à leur tour, jusqu'à ce que tout un ordre de faits puisse ètre rattaché à un grand principe, tel que celui auquel Newton a enchaîné les phénomènes du mouvement des corps célestes. Pour Libes, il y avait dans l'étude des sciences naturelles beaucoup de systèmes plus ou moins ingénieux, et trèspeu de théories. Le cabinet de son école contenait des machines d'apparat, trèsriches et trèschères, mais presque aucun instrument qui pût servir à de nouvelles découvertes. Ce manque de moyens a privé la science d'une foule d'expériences et d'essais qui fermentaient dans sa tète, et qui lui auraient sans doute donné des résultats aussi importants e les expériences sur l'électricité qu'il fut figé de faire à ses frais. Lorsqu'il commença ude de h physique, cette science était peu - : ltivée en France, où Nollet avait eu de la peine à persuader au plus grand nombre qu'elle ne consiste point dans les brillantes et conjecturales réveries des philosophes, mais dans l'appréciation scrupuleuse des faits naturels. Persuadé de cette vérité, Libes rejeta l'ancienne physique scolastique; il étudia ce qu'on avait fait en France, et porta ses études sur les ouvrages des savants étrangers, particulièrement sur ceux de Newton, de S'Cravesande, de Musschenbroek, de Priestley, etc., et il accueillit en méme temps avec enthousiasme la révolution que firent dans la science les Lavoisier, les Cavendish, etc. Il publia une suite de mémoires sur les météores atmosphériques. C'est dans ces mémoires, qu'un des premiers, il attribua la formation de la pluie d'orage à la combinaison des gaz hydrngène et oxygène par l'étincelle électrique, et que, le premier, il proposa pour les aurores boréales une explication qui fut admise par plusieurs physiciens. Il attribuait aussi ce phénomène à l'étincelle électrique, laquelle, vers les pôles, ne rencontrant pas le gaz hydrogène qui se dégage continuellement dans les pays chauds ou tempérés, combinerait ensemble une partie de l'oxygène et de l'azote de l'atmosphère , et donnerait naissance à des vapeurs rutilantes qui peuvent "'présenter toutes les diverses apparences qu'offre l'aurore boréale. Nous ne savons si c'est avant ou après ces mémoires que Libes lit parattre un ousvrage irtitulé Phtisie? conjecturons eh- metata, dont il existe une édition de 1788 que nous n'avons pu nous procurer. En 17%, il publia ses Leçons. , de physique chimique, ou Appfi? ation de la rhimie ' moderne t la physique ; et, en 1800, une Théorie de l'éla, ticité, appuyée sur des faits et confirmée par I le calcul, laquelle fut accueillie favorablement par la classe des sciences mathématiques et physiques de l'Institut. Cette théorie fut suivie de Mémoires où il établit que l'attraction moléculaire doit titre soumise aux mêmes lois que l'attraction des masses. Peu de temps après , Libes mit au jour la première édition d'ut travail important pour l'instruction. Son Traité élémentaire de physique fut enlevé avec rapidité, et dut avoir une nouvelle édition corrigée et augmentée, 1813, 5 vol. Le seul défaut qu'on y trouve, c'est que la mécanique et l'optique, sur lesquelles il renferme des vues profondes, utiles munie aux hommes qui ont fait de plus fortes études, n'y sont pas traitées avec tous les développements de l'analyse mathématique. En 1806, Libes publia son Nouveau Dictionnaire de physique. L'auteur en prépara plus tard une nouvelle édition qui n'a pas paru. L'Histoire philosophique des progrès de la physique a eu deux éditions : l'une en 1810 et l'autre en 1813.. Le dernier ouvrage de Libes est le Monde physique elle monde moral, dont la pre mière édition est de i815, et dont la seconde, augmentée d'un volume, fut publiée en 182'2. Il se compose de lieux parties : la première est consacrée aux principaux faits naturels; la seconde partie est le développement d'une idée profonde mise à la portée des lecteurs les plus superficiels. Dans le monde physique, tous les phénomènes résultent de la combinaison des deux principes, la force attractive et la force répulsive . L'auteur a voulu démontrer que le monde moral se gouverne d'après les n'Unies lois, et il le prouve par un grand nombre d'exemples bien choisis , qui lui ont fourni l'occasion de peindre une foule de tableaux de moeurs trèspiquants, et d'étendre une multitude de criti'pies fines et spirituelles sur la plupart des états qui composent la société.. En outre de ces ouvrages qui appartiennent à lui seul, Libes a donné plusieurs mémoires dans le Journal de physique et dans le Journal encyclopédique ; il a rédigé les articles de physique du Metionnaire d'histotre naturelle , publié par Déterville, et a joint des notes au poëine des Trois Régnes de la nature, de Delille, concurremment avec Cuvier et LefevreGinean. Mais le premier de tous ses titres à la célébrité , c'est la d*onverte 4itfil a faite, vers 1804, d'une des grandes 1is générales de la nature. Les expériences auxquelles il s'est livré, avec des instruments bien moins parfaits que ceux qu'on possède actuellement, lui ont fait rnsconnattre l'électricité développée par le contact ou par le frottement de substances qu'on ne croyait pas alors susceptibles de s'électriser l'une par l'autre, et elles ont appris que la pression est un des éléments de l'intensité de la tension électrique développée au contact. tailles est mort à Paris le 25 octobre 1832. Sa veuve ne lui a survécu que deux ans
  • Antoine LOISEL( 1536) : avocat au parlement de Paris, né à Beauvais en 1536, fit ses études à Paris au collège de Prèles, dont le fameux Ramus était principal. Il s'attira tellement son amitié, que celuici le nomma son exécuteur testamentaire et lui légua le quart de son mobilier. En sortant du collège, Loisel suivit les cours de langues grecque et latine. Il voulait étudier la médecine, mais son père l'en détourna en lui disant qu'un médecin ne pouvait jamais e'tre qu'un médecin, tandis qu'un avocat pouvait devenir président et chancelier. A l'âge de dixhuit ans il fut envoyé à Toulouse pouf y étudier en droit, et il y fit connaissance avec Cujas, qui l'engagea à ne point quitter l'étude du droit, dont les autres profes- seurs le dégoûtaient par leur manière barbare d'enseigner. Loisel suivit Cujas à Cahors , à Bourges , où il se lia avec Pierre Pithou, puis à Paris et à Valence, où Pithou, Cujas et lui se réunissaient après leur souper dans la bibliothèque, et y travaillaient jusqu'à trois heures du matin. De Valence , Loisel alla prendre ses degrés à Bourges, et il revint à Beauvais , puis à Paris , où il fut reçu avocat ; mais personne ne l'employait, quoi qu'il lui semble, disaitil, qu'il eût aussi bien fait que beaucoup d'autres. Il se mit chez un procureur, à condition que celuici lui donnerait des causes. A peine en eutil plaidé quelquesunes, que l'avocat du roi, Dumesnil, l'ayant remarqué, lui donna la main de sa nièce dont il était tuteur. En 1564, Loisel fut nommé substitut du procureur général ; et un de ses beauxfrères ayant voulu se défaire de sa charge de conseiller au trésor, il la prit, et la garda quatre ans, par le seul désir qu'il avait de s'instruire. En 1575 , il fut nommé avocat de Monsieur , frère du roi, et bientôt après de Catherine de Médicis, de la maison de Montmorency, du chapitre de Notre, Dame de Paris et du duc . Il publia aussi un écrit intitulé Amnistie , ou De l'oubliance des maux faits et reçus pendant les troubles , Paris, 1595 Dans un âge trèsavancé , il fut nommé procureur général en la chambre de justice que le roi envoyait à Limoges ; mais les affaires publiques n'ayant point permis que cette chambre exerçât ses fonctions , la nomination demeura sans effet. Loisel mourut en 1617 , âgé de 81 ans. On a de lui : 1. Homonoee, ou De l'accord et union des sujets du roi sous son obéissance, Paris, 1595 , 1 vol. , avec le Périgueux, ou continuation de l'Homonoce. Ce dernier ouvrage contient deux remontrances prononcées à Périgueux , l'une à l'ouverture de la chambre de justice, le 4 juillet 1583, et l'autre à la clôture le 10 janvier 1584. 20 La Guyenne, composée de huit harangues, choisies parmi un grand nombre qu'il avait prononcées, étant avocat du roi, à la chambre de justice de cette pro- vince, avec celle du rétablissement du parlement, et un extrait du plaidoyer de l'université, Paris, 1605, 1 vol. 3° Mémoires des pays, villes, comtés, évêchés et évêques de Beauvais et Beauvaisis, Paris, 1617, 1 vol. Ces mémoires sont pleins de recherches trèscurieuses. 4° Institutes coutumières, ou Manuel de plusieurs et diverses règles, sentences et proverbes du droit coutumier et plus ordinaire de la France. Cet ouvrage a été imprimé pour la première fois, à la fin de l'Institution au droit français de Gui Coquille, en 1607, 1 vol. Loisel s'en était occupé pendant quarante ans ; il y a rassemblé et distribué sous des titres différents toutes les règles générales du droit français qui étaient répandues et dispersées dans les ordonnances de nos rois, dans nos coutumes, dans les arrèts, dans les anciens praticiens et dans nos histoires. On y trouve la décision des questions les plus douteuses et les plus controversées du droit français. Cet ouvrage a eu plusieurs éditions ; Challine en a donné une avec des observations, Paris, 1656 ; Launay, avec un commentaire, 1688 ; Eusèbe de Laurière , avec un commentaire, 1710, 1758 et 1783, 2 vol. Le chancelier d'Aguesseau recommande la lecture des Institutes de Loisel, dans sa quatrième instruction, ainsi que dom Mabillon , dans son Traité des études monastiques. 5. Livre d'observations ecclésiastiques; 6° Livre d'observations mélées, et particulièrement de quelques droits du roi et de la couronne. 11 s'y trouve un traité sur la loi salique, 7° Livre d'observations du droit civil romain et français ; 8° les Fies de Rufus, jurisconsulte stoïcien, de Dumesnil, avocat du roi, et de Pithou, avocat au parlement; 9° Pasquier, ou Dialogue des avocats du parlement de Paris. Ce dialogue contient la liste des avocats des années 1524 et 1599 , avec un indice alphabétique de chacun d'eux et les principaux traits de leur vie. M. Dupin a fait réimprimer ce dialogue dans une édition des Lettres de Camus, Paris, 1818, 2 vol. Tous ces ouvrages, depuis le n° 5', avaient été réunis en un volume sous le titre d'Opuscules divers, par Claude Joly, ancien avocat au parlement et chanoine de l'Église de Paris, qui a mis en tète la vie de l'auteur, Paris, 1652 et 1656. C'est la même édition avec un nouveau frontispice. Il existe un abrégé en latin de la Vie de Loisel, Paris, 1643 10° Des Poésies latines, recueillies en un vol., Paris, 1610 On lui attribue un Traité de l'université de Paris, et qu'elle est plus ecclésiastique que séculière , Paris, 1587 Un de ses descendants, membre de la convention nationale, ayant demandé, en 1793, que ses restes fussent placés au Panthéon, un autre député fit observer que Loisel avait, le premier, publié cette maxime despotique : Si veut le roi, si veut la loi, et la proposition fut unanimement rejetée. — Charles LOISEL, son fils, a laissé le Trésor de l'histoire générale de notre temps, depuis 1610 jusqu'en 1628, Paris, 1536, 1 vol.
  • Antoine LORENZINI( 1675 - 1740) : surnommé le frère An- toine, peintre et graveur, né à Bologne en 1675, fut élève de Pasinelli et se livra ensuite à la gra- vure à l'eauforte. Comme il dessinait un jour, ilansl'église de SI- François à Bologne, un tableau représentant St- Antoine délivrant du purgatoire l'âme de son père, il se sentit touché des perfec- tions de la vie religieuse et entra dans l'ordre des Franciscains; mais il ne cessa point pour cela de cultiver la gravure. Il se rendit à Florence en 1699 , et eut une grande part aux planches de la galerie du grandduc , dont la gravure avait été entreprise par Théod. Ver Cruys , Mogalli, Picchianti , etc. Quand il eut terminé ces travaux, il revint à Bologne, où, pendant son absence, l'académie Clémentine l'avait admis au nombre de ses membres. Le nombre des estampes qu'il a exécutées est trèsconsidérable et elles ont le mérite de faire commitre les originaux de plusieurs peintres , que lui seul a gravés. Les pièces qu'il a exécutées pour la galerie de Florence sont au nombre de quinze. On peut en voir le détail dans le Manuel des amateurs de Huber et Rost , ainsi que de celles qu'il a gravées séparément. Lorenzini est mort à Bologne en 1740
  • Antoine LOUIS( 1723) : . eélétire chirurgien français, naquit I Metz le 13 février 1723 Sa famille, digon. était noble. mais il ne parait jamais &soir attaché aucun pris 4 cette nrermstance encore ii guinée dr son temps. • L'homme qui gagne à a étrei appneté par luitneme, relui que ses vertus · et tes takmts ont rendu recommandable. n'a m« besoin du vain appareil d'une table genet- s que, • derivaitd en téte de mon Litige de Gérard li an SII Wien II entra de bonne heurt. chez les jésuites, qui lui tirent faire d'euellerites études et eurent un moment l'espérsnee dr l'agréger à leur ordre. La jeune boume petkra la Kart- sion de son père , chirurgienmajor de l'hôpital militaire de Metz, et nt ses premiers pas dans la carrière sous la direction habile et pleine de sollicitude de cet homme distingué. Ses progrès furent rapides dans les éléments de son art et surtout dans les connaissances anatomiques qui lui servent de base. Entré au service à vingt et un ans, il devint bientôt chirurgienmajor d'un régiment et ses succès lui valurent la protection de La Pesronie, qui l'appela à Paris et se chargea du soin de son avancement et de sa fortune. Louis avait à coeur de tout devoir à ses travaux. Une place de gagnant- maitrise à la Salpêtrière étant vacante, il concourut avec des hommes éprouvés et sortit victorieux. La société académique de chirurgie venait d'être fondée ; Louis nourrit dès lors l'ambition d'appartenir à cette compagnie déjà célèbre, et traita plusieurs des sujets de prix mis par elle au concours. En 1744, il obtint le second accessit sur la question relative aux re- mèdes émollients. Plus heureux l'année suivante, son mémoire sur les remèdes anodins réunit tous les suffrages et fut couronné. Les deux mémoires sur les remèdes détersifs et sur le feu ou le cau- tère actuel ne sont pas de lui , niais bien de sun frère, chirurgien de mérite, qui mourut vers 1765. Ces brillants succès lui ouvrirent les portes de l'académie, où il fut admis comme membre associé dès 17,46. La même année , il lisait en séance publique un mémoire sur la taille riiez la femme, ayant pour but principal de remédier à l'incontinence d'urine, suite fréquente de cette opération. Dans l'instrument nouveau qu'il proposa, Lecat crut reconnaître le gorgeret qu'il avait décrit quelque temps auparavant et, cédant à son humeur irascible, se livra contre Louis à des récriminations et à des personnalités injustifiables. La réponse fut vive, et cette malheureuse querelle, envenimée par des partisans et des journalistes, dura plus de trois ans. Cela n'empécha pas Louis de publier encore en 1746, sous le titre de Chirurgie pratique sur les plaies des armes à feu, un travail qui n'était qu'un programme raisonné de la matière, et peu après un Essai sur la nature de l'ôme, où l'on Melte d'expliquer son union arec le corps , et les lois de cette Union . Vers le même temps, il avait fait paraître des Observa- fions sur l'éloctricité, propres à établir les cas où ce moyen de guérison peut être employé, et qui, réu- nies en 1753 sous le titre de Recueil sur l'électricité médicale, furent dès l'abord amèrement critiquées par l'abbé Nollet. L'acerbe professeur du collége de Navarre, irrité sans doute par quelques propositions qu'il considérait comme hérésies scientifiques, ne crut pouvoir moins faire pour sauver l'orthodoxie que d'employer toutes ses forces à étouffer ce talent naissant. Dans une lettre imprimée en 17,49 , son jeune adversaire répond « qu'il n'a pas la prétention de donner à l'abbé « Nollet des leçons de physique, mais qu'il serait « en droit de lui en donner quelquesunes sur la « politesse littéraire. » En 1748, Louis publia des Observations et remarques sur les eets du virus cancéreux, et composa à cette occasion un Mémoire sur la transmission des maladies héréditaires, à l'existence desquelles, par une singulière aberration d'un esprit si éclairé, il ne croyait pas en- core. Cependant le moment était venu pour l'au- teur de ces travaux de prendre sa place définitive dans la société académique de chirurgie. Il ne laissa pas échapper cette occasion de démontrer aux plus prévenus, qu'un membre du corps des chirurgiens pouvait, par ses connaissances littéraires, égaler, si ce n'est surpasser, les médecins 4 les plus distingués. Depuis plusieurs années. en. effet, la discorde régnait entre les deux corpora- tions ; la déclaration de 1743, rédigée par Filiustre d'Aguesseau dans des termes empreints de la plus grande sagesse , fut l'étincelle qui alluma l'incendie. Après l'abolition des chirurgiens dits de robe longue, qui étaient instruits et lettrés, l'art chirurgical , exercé par des hommes igno- rants , était tombé dans l'abaissement et le dis- crédit. Tant que ces praticiens restèrent de sim- pies barbiers, leur défaveur fut méritée , niais les choses étaient bien changées sous ce rapport du temps de la société académique. Les chirurgiens avaient conquis droit de cité dans la science et pensaient avec raison que l'égalité des talents et des services rendus devait entraîner celle des droits et des prérogatives. Conforme à leurs vœux légitimes, la déclaration du célèbre chancelier relevait la chirurgie longtemps humiliée el la conviait à de plus brillantes destinées. Ce fut alors un déchaînement de passions contraires. Comme il arrive toujours en pareilles circonstances, la caste privilégiée, c'est-àdire celle des médecins, se re- fusa obstinément à toute espèce de concession; l'autre, celle qui représentait la plèbe, n'en mit que plus d'ardeur à triompher de ce mauvais vouloir. Dans la lutte entreprise pour son affranchissement, la chirurgie ne trouva pas de champion plus valeureux qu'Antoine Louis. Passionné POUF son art, doué d'une raison élevée, d'une logique sévère et pressante, d'un st l le net et il avait toutes les qualités d'un polémiste redoutable et les articles qu'il lança dans cette dispute contribuèrent largement au succès de la cause qu'il voulait servir. Le procès, car il y avait procès, se termina à l'avantage des chirurgiens. Pour ètre admis dans le sein de la société académique, chaque récipiendaire était astreint à soutenir un acte public sur une question anatomique et chirurgicale. Son titre de maitre ès art et d'associé, six années de service à la Salpêtrière, dispensaient Louis de cette obligation; nonseulement il ne voulut pas profiter de cette exemption, mais il réclama et obtint l'honneur, depuis cent ans tombé en désuétude, de soutenir en latin une thèse ayant pour titre : Positiones anatomicoe et ria. , rurgiew, de vulneribus capitis, etc. . Plusieurs exemplaires de cette thèse, imprimés '
  • Antoine LULLE : savant grammairien du 16e siècle, né dans l'île de Majorque, de la même famille que le précédent, fut appelé à Dole pour y enseigner la théologie , et s'acquitta de cet emploi avec beaucoup de succès. 11 eut le bonheur de compter parmi ses élèves. Claude de la Baume , coadjuteur de l'archevêché de Besançon ; et ce prélat , reconnaissant de ses soins , le nomma vicaire général du diocèse. Ant. Lulle revit les anciens statuts synodaux, et en publia une édition plus correcte que les précédentes et enrichie de notes explicatives, il procura aussi une réimpression du bréviaire et des livres d'Eglise , dont il retrancha un grand nombre de faits apocryphes. Lulle mourut à Besançon le 12 janvier 1582 , dans un âge avancé. Il était savant canoniste, grand théologien et bon littérateur pour le temps où il a vécu. Il était en correspondance avec Erasme, Ramus et d'autres hommes justement célèbres. Gilbert Cousin lui a dédié quelquesuns de ses ouvrages ; et l'on ne peut trop s'étonner que Lulle ait laissé périr, dans les prisons de l'archevêché, un homme dont il devait apprécier mieux que personne les talents et les belles qualités. On a d'Ant. Lulle : Progymnasmata rhetorica , BAle , 1550 nouv. édit., augmentée, ibid., 1551, et Lyon, 1572 C'est un recueil de préceptes sur les exercices qu'il convient de faire pratiquer aux jeunes rhétoriciens. 2° Basilii magni de execci- tatione yrammatica cum in eamdem preparatione, grœce, Bâle, 1553 ; 3' De oratione libri 8, quibus non modo Herniogenes ipse totus, rerum etiam quicquid fere a reliquis Grœcis ac Latinis de ai- le dicendi traditum est, suis loris aptissinie explicatur, Bâle, 1558 C'est proprement, dit Gibert, la rhétorique d'Hermogène, avec quelques pré- ceptes tirés principalement d'Aristote et de Cicé- ron. Lulle ne paraît pas estimer beaucoup Qu ni Longin; il trouve que Quintilien fait mieux connaître les défauts que les beautés de l'éloquence, et que Cicéron a encore mieux pra- tiqué ce grand art qu'il ne l'a enseigné ; mais il a pour Aristote une telle vénération qu'il a cru ne pouvoir se dispenser de traiter des universaux, des catégories, etc. , qui avaient servi de point de départ à son parent fameux pour s'élever plus haut. Cet auteur ne manque d'ailleurs ni d' ni même de goût. Ce qui lui fait tort dans l'esprit des personnes qui le lisent, c'est sa diffusion et l'opinion avantageuse qu'il montre de ses talents . Chacon attribue encore à Lulle un traité De claris Antoniis et de savantes Notes sur les Psau- mes , mais il parait que ces deux ouvrages n'ont jamais été publiés
  • Antoine MACAULT : de Niort en Poitou, notaire, secrétaire et valet de chambre de Fran-çois Pr, fut l'un de ceux qui s'appliquèrent les premiers à faire connaître les anciens dans notre langue . Nous avons de lui des Apophthegmcs de plusieurs rois, chefs d'armée, phi- losophes et autres grands personnages, translatés du latin en from- ois, Paris, 1545,1551 Le traducteur y joint ses propres réflexions. Il a encore traduit les trois premiers livres de Dio- dore de Sicile, Paris, 1535 ; l'Oraison d'Isocrate à Nicorlès, chez Wekel, 1544 ; celle de Cicéron pour Marcellus, Paris, 1534, etc. Son style est assez pur pour le temps et plus poli que celui de la plupart de ses contemporains
  • Antoine MADALINSKI( 1739 - 1804) : compagnon d'armes de Kosciuszko, né en 1739, entra fort jeune dans la carrière des armes, et commença à se faire connaître lors de la fameuse confédération de Bar . Elevé au grade de colonel en 1780, il fut nommé nonce du palatinat de Posen , envoyé à la diète de quatre ans, et prit part aux travaux qui préparèrent la constitution du 3 mai 1791. Au mois de février 1794, ayant reçu ordre du général russe Igelstrom de licencier son régiment, il méprisa les sommations réitérées qui lui furent faites. Levant le premier l'étendard de l'indépendance, il quitta ses cantonnements à Pultusk et se mit en marche pour se rendre à Cracovie, où il savait que Kosciuszko devait arriver. Le 15 mars 1794, ayant surpris les postes prussiens, il les battit , et traversa la Vistule à Wyszogorod. S'étant ensuite frayé le chemin à travers les Russes, il fit le ter avril sa jonction avec le général en chef. A la journée de Raslawice , il fut sur le champ de bataille promu au grade de lieutenant général. Pendant que les Prussiens assiégeaient Varsovie, l'insurrection éclata dans la GrandePologne. Madalinski, envoyé par Kosciuszko pour appuyer les insurgés, lit sa jonction avec Dombrowski, sous les ordres duquel il se plaça , quoique plus ancien d'âge et de grade. Les deux chefs, agissant parfaitement d'accord, tombèrent sur le co- lonel prussien Sékuly, qui, par ses actes de cruauté, était devenu l'effroi de la GrandePologne. On donna les plus grands soins à ce chef barbare, qui mourut de ses blessures, et fut, par ordre de hIadalinski , enterré avec les honneurs militaires. Ce dernier, pressé par les Prussiens, avait été obligé de se jeter dans Varsovie, où il se trouvait le 4 novembre j79!, lorsque Praga fut pris d'assaut. Il se retira dans le palatinat de Posen, où il tomba entre les mains des Prussiens, qui le firent transporter à Magdebourg. Au mois de juin 1795, le roi FrédéricGuillaume le fit mettre en liberté, avec permission de se retirer dans une des provinces polonaises prussiennes. Madalinski mourut sur ses terres, à Borow, dans la GrandePologne, le 19 juillet 1804
  • Antoine MALLET( 1593 - 1663) : dominicain , né à Rennes en 1593, prit ses degrés dans la faculté de théo- logie de Paris, devint prieur de StJacques, et fut successivement vicaire général de la congrégation de France et provincial de cette congrégation lorsqu'on l'érigea en province. Il suivit à Blois , Gaston de France , duc d'Orléans , et il mourut en 1663 , âgé d'environ 70 ans. On lui doit : 1. Histoire des saints papes, cardinaux, pa- triarches , archeréques, évêques , docteurs de toutes les facultés de l'université de Paris, et autres hom- mes illustres* qui furent supérieurs ou religieux du couvent de St- Jacques de l'ordre des Frères prê- cheurs, Paris, 1634 On reproche à cet ouvrage beaucoup de négligence. 2. Discours sur le rosaire perpétuel , Paris , 1664 . M. de Kerdanet , dans ses Notices chronologiques sur les , écrivains de la Bretagne, attribue à Manet une Histoire de & Jan, dont la biblicithèque de l'ordre des Frères prêcheurs ne ' fait pas mention. P. L—T. '
  • Antoine MAGE : sieur DE FIEFMELIN , poète français du 16e siècle, était né dans Ille d'Oleron, on du moins y passa la plus grande partie de sa vie. Dans sa jeunesse, il fit de la poésie son unique occupation ; plus tard , il y renonça pour étudier la jurisprudence , et obtint une chaire de judicature , peut-être celle de juge de la baronnerie d'Oleron. Devenu peu sensible à la gloire que les lettres procurent, il supprima tousses vers amoureux ; mais il changea d'idée dans la suite , et se repentit d'avoir , par un excès de zèle , détruit des ouvrages qui auraient pu lui faire honneur. Il ressentait déjà les approches de la vieillesse lorsque , cédant aux instances de la dame d'Oleron , il publia le recueil de ses vers sous ce titre : la Polymnie, ou diverse Poésie, divisée en jeux et mélanges, Poitiers, 1601, 2 vol. ouvrage rare. Goujet en a donné l'analyse dans la Bibliotkque française, t. 14 , p. 318 et suiv. Parmi les Jeux poétiques de Mage, on distingue une imitation du Jephté de Buchanan , et Aymée, tragicomédie en cinq actes fort courts et en vers de diverses mesures. La pièce la plus importante des » langes est un petit poème intitulé le Saunier, dans lequel l'auteur décrit la manière qu'on employait alors pour fabriquer le sel dans les marais salants de Brouage, Marennes et File d'Oleron. La versification n'en est pas bonne, mais la pièce est trèscurieuse pour les détails techniques qu'elle renferme. On doit encore à notre auteur l'Image d'un mage , ou le Spirituel d'Antoine Mage, etc. , en sept essais, Poitiers, 1601 2. C'est le recueil de ses poésies chrétiennes qui , suivant l'abbé Goujet, fait plus d'honneur à la piété qu'au talent du poète
  • Antoine MAGLIABECCHI( 1633) : savant bibliothécaire et l'un des hommes les plus extraordinaires de son siècle , était né à Florence , le 28 octobre 1633 , de parents honnêtes , mais sans fortune. Sa mère, restée veuve, lui fit cependant appren- dre les éléments de la langue latine et du dessin, et le plaça en apprentissage chez Comparini , fa- meux orfévre de cette ville ; mais son maltre reconnut bientôt que l'élève avait plus de goût pour la littérature que pour les arts ; le jeune Magliabecchi consacrait ses épargnes à acheter des livres , et il passait une partie de la nuit à dévorer les ouvrages qu'il s'était procurés . La mort de sa mère lui laissa la liberté de se livrer tout entier à son penchant pour l'étude ; et aidé des .conseils de Mich. Ermini , bibliothécaire du cardinal de Médicis, il fit de rapides progrès dans les langues et dans la science des antiquités : il restait tout le jour enfermé dans son cabinet, un livre à la main ; et il avait une mémoire si heureuse, qu'il n'oubliait rien de ce qu'il avait lu. Il devint bientôt l'oracle des savants : il répondait à toutes leurs questions avec une précision admirable, citant l'auteur, l'édition et la page où l'on pouvait voir la solution des difficuités qu'on lui proposait. Aussi le P. Angelo Finardi trouva dans les mots il/ dol/ iris llayiabecchius l'anagramme is unus bibliotheca magna. Le grandduc Cosme III, informé du mérite de ce jeune homme, le nomma conservateur de la bibliothèque qu'il venait d'établir dans son palais, et l'autorisa en même temps à faire copier les manuscrits de la Laurentienne qu'il croirait utiles au public . Magliabecchi se trouva là comme dans son centre ; mais l'immense quantité de livres dont il était entouré suffisait à peine pour contenter son insatiable avidité. Nonseulement il parvint à retenir la place où était chaque livre dans ces deux vastes bibliothèques, de manière à pouvoir le retrouver au besoin les veux fermés ; I mais il voulut se rendre aussi familières les autres bibliothèques principales de l'Europe. Quoiqu'il ne se fùt jamais éloigné de Florence que de quelques lieues, il vint à bout, par la lecture des catalogues tant imprimés qu'inédits, par sa correspondance et par ses entretiens avec les plus savants voyageurs, de connaître mieux que per- 01Ces détails, fournis par Marmi et Fabroni sur les premières années de ce savant, diffèrent totalement de ceux que M. Spence dit tenir d'un Florentin qui avait connu trèsparticulièrement Magliabecchi et sa !smille. Suivant cette relation , né dans la dernière classe du peuple , il avait d'abord été au service d'un marchand de [mils et de légumes. Quoiqu'il ne sût pas lire, une espèce d'instinct lui tenait sans cesse les yeux fixés sur les maculatures et les feuilles de vieux livres destinées à envelopper la marchandise qu'on vendait dans son échoppe. Un libraire du voisinage, l'ayant remarqué , l'interrogea sur ce goût extraordinaire. L'enfant lui avoua l'ennui qu'il éprouvait dans son état, et lui dit qu'il se regarderait comme le plus heureux des hommes s'il pouvait étre â son service dans une maison pleine de livres. Il obtint cette faveur, et son nouveau maitre reconnut bientôt combien il avait lieu de s'applaudir de son acquisition; car le jeune apprenti , par sa memoire incroyable , tut , au bout de quelques jours, en état de trouver tous les livres qu'on lui demandait plus promptement que le libraire luiTnéme. Cc fut là qu'il apprit à lire, et qu'il fut connu d'Ermini. i Voy. Joseph Spence , A Paraliel., tri the lnan?, uf Fletlarch bele, en C'est à la permission donnée à Islagliabecchi de faire transcrire des manuscrits à la bibliothèque Laurentienne qu'on doit la publication de plusieurs ouvrages intéressants qui y étaient cachés. sonne tous les grands dépôts littéraires ; et sa mémoire prodigieuse les lui rendait toujours présents. On raconte à ce sujet qu'un jour le grandduc lui ayant demandé un ouvrage fort rare, Magliabecchi lui répondit : « Signor, , il est im- · possible de vous le procurer; il n'y en a au « monde qu'un exemplaire, qui est à Constanti nople , dans la bibliothèque du Grand Sei,; mais il se disposait à quitter Florence, IPpour aller vivre dans quelque coin écarté , lorsque ses amis parvinrent à démontrer la fausseté des reproches qu'on lui adressait. Le pape et Ili, l'empereur tentèrent de l'attirer à leur cour ; mais ni les honneurs, ni la fortune, ne pouvaient ébranler un homme de ce caractère , et il n'eut aucune peine à résister aux offres les plus séduisantes. Le grandduc , qui appréciait de plus en plus son mérite , lui lit préparer dans son palais un appartement commode , afin de le mettre plus à portée de recevoir les soins qu'exigeait son grand âge ; mais Magliabecchi ne l'occupa I que quelques mois , et trouva un prétexte pour retourner dans sa maison, où il était plus libre. Il renvoyait le soir son domestique, et passait une partie de la nuit à lire jusqu'à ce que le livre lui tombât des mains ou qu'il tombât lui- ' même accablé de sommeil. Il lui arriva plus d'une fois de mettre le feu à ses habits en tombant ainsi sur le réchaud de charbon qu'il portait tou- de la nlème année , à l'âge de 81 ans. Magliabecchi , légua par son testament, à la ville de Florence sa riche bibliothèque, avec un fonds annuel pour l'entretenir . Marmi, qui avait vécu longtemps dans l'intimité de Magliabecchi , a écrit sa Vie, qu'il se proposait de publier ; il en a paru un Extrait assez étendu dans le Giornale de letterati t. 33 ; et il a été traduit et abrégé dans les Mémoires de Trévoux, novembre 1722, et dans les Mémoires de Niceron, t. 4 et 10, 2n partie. Magliabecchi n'a laissé aucun ouvrage remarquable ; mais il n'en a pas moins mérité la reconnaissance de la république des lettres , pour les services nombreux qu'il a rendus aux savants les plus illustres de toutes les parties de l'Europe. Jean Targioni, conservateur de la bibliothèque Magliabecchi, a publié sur les originaux , une partie des lettres des savants qui ont eu recours à ses lumières : Clarorum Bel- garant ad Mayliabecehium epislola', Florence, 1745, 42 vol. petit — Clarorunz Venetorum epistolœ, ibid., 1745 , vol. — Clac- or. Germanorum epi. stolee, ibid., 1745 Cette collection est intéressante pour l'histoire littéraire de la fin du 170 siècle. C'est à Magliabecchi qu'on doit la publication de l'Hodoeporicon, d'Ambroise le Camaldule ; du Dialogue de Benoît Accolti : De prœstantia vil- of- mn sui ; de l' Historia Florentinoruni de Barthélemy Scala, publiée par Oliger Jacobson, Rome, 1677 — des Poêmatia d'Ugolino Verini , publiés par N. Bartholini, Lyon, 1682 etc. Il a eu la plus grande part aux Additions de Léonard Nicodemo à la Biblioteea Napoletana du Toppi, et aux Notizie deyli uomini illustri dell' aeadencia Florentina , publiées par Jacq. Rilli ; mais on n'a sous son nom qu'un seul opuscule le Catalogue , dont le reste fut réuni à la Lauren - tien. e; mais elle a toujours gardé le nom de Illagbab, celiinn, Ferd. Fossi a publié le Catalogue des é litions du lie siècle qu'elle renferme t Catalogus Codicum seculolb Impress. rum qui in putti., Magliabecchiona Florenlice odservaniur), Florence, 1793, 94 et 95 , 3 parties parable une médaille qui, au revers de son buste, le représente assis dans son petit jardin, tenant un livre et recevant la visite de Diogène ; avec la légende : Scire nostrum renzinisci. Cette médaille, que Bonanni a fait graver dans le Museum Kircherianum, fut faite d'après une plus grande, en argent , exécutée par Jérôme Ticciati , fort mystérieusement ; car la répugnance de Maghabecchi pour se laisser peindre était telle, qu'il ne voulut pas mème jeter les yeux sur son portrait, dessiné secrètement par Dandini, d'après les ordres du grandduc , auquel la reine de Prusse avait demandé ce tableau avec instance : il y est représenté tenant un volume de la Bible poil glotte à la main
  • Antoine MAILLET-DUCLAIRON( 1721 - 1809) : né à Hurigny, près Màcon, le 16 novembre 1721 , est mort à Paris le 16 novembre 1809. Commissaire de la marine et du commerce de France en Hollande, retiré en 1777 avec brevet de consul général honoraire , censeur royal., auteur de plusieurs ouvrages estimés, il fut longtemps en correspondince avec Voltaire, Turgot et Malesherbes. Il rendit d'importants services dans sa place de commissaire de la marine, et fut honoré de l'estime et de la bienveillance du roi Louis XV et de ses ministres. On connaît de lui : I. Essai sur la connaissance des théâtres français, Paris, 1751 ; Eloge du maréchal de Saxe, 1759 ; 3° Observations d'un Américain des îles neutres sur la négociation de la France et de l'4ngleterre, depuis le 26 mars 1761 jusqu'au 20 septembre suivant, 1761 ; 4° Cromwell; tragédie, 1764 ; 5° Gustave [ rasa, tragédie traduite de l'anglais de Brooke, 1766
  • Antoine MAÎTREJEAN( 1600) : naquit à MérysurSeine dans le 17e siècle. 11 vint à Paris étudier la chirurgie, et fut le disciple du célèbre Dionis et du savant Méry, dont il devint l'ami et le correspondant. Retiré dans sa patrie, il y exerça son art avec une haute distinction , particulièrement en s'adonnant au traitement des maladies des yeux. Maitrejean ne se beim point à l'étude pratique des maladies des organes de la vue; il lit d'utiles recherches sur la partie anatomique et physiologique de ces organes, dont il a laissé une description excellente sous ce double rapport. 11 poussa aussi fort loin les recherches sur les causes et le siège des maladies de l'oeil ; et il démontra l'un des premiers que la cataracte, c'est le cristallin qui devient opaque, et non les membranes de ainsi qu'on le croyait . Toutefois. de nouvelles recherches d'anatomie pathologique ont prouvé de nos jours qu'il existe des cataractes dans lesquelles la membrane cristalloïde est seule affectée d'opacité ; mais ces cas sont assez rares. Maitrejean a fait aussi (les recherches au sujet de la génération, et il a composé sur la conception une théorie spéculative qui n'est ni neuve ni démontrée. Dans son opinion, la femelle recèle le germe de l'em?ryon, l'action (lu mâle ne fait qu'imp•imer la ?ie à l'oeuf, chez tous les animaux. Maitrejean, qui communiquait ses travaux à l'Académie des sciences de Paris, fut élu correspondant de cette compagnie ; il obtint aussi le titre de chirurgien du roi. Nous avons de lui : 1° Traité des maladies de l'oeil et des remèdes pro- pres pour leur guérison, Troyes, 1707 Cet ouvrage contient une excellente description des organes de la vue ; il a obtenu un trèsgrand nombre d'éditions, tant à Paris que dans les pays étrangers', et il a été traduit dans toutes les la n- gues savantes d'Europe". 2° Obserrations sur la formation ( lu poulet, Paris, 1722 avec des ligures dessillées par l'auteur
  • Antoine MALCZESKI( 1792) : poëte polonais, né en Volhynie en 1792. Son père, Jean Malczeski, était général au sen ire de la Pologne et possédait des biens considérables en Russie. Antoine fut élevé près de son père par des professeurs français, et négligea même tellement l'usage de sa langue maternelle qu'il dut la rapprendre plus tard. il fréquenta ensuite le lycée de Krzemieniec et s'y lit remarquer par ses heureuses dispositions. Il s'y attira l'affection de ses professeurs et particulièrement celle de l'historien Thadée Czacki. MaPczeski s'adonna d'abord avec ardeur aux mathématiques. Mais bientôt l'entraînement des passions vint le distraire de ses études , et à peine sorti de l'adolescence, il conçut pour une jeune tille uu amour des plus violents. La guerre de 1811 l'y arracha malgré lui ; il dut prendre les armes pour sa patrie et servir comme volontaire dans les rangs de Farinée polonaise. Il fit partie du corps qui défendit en 1812 la citadelle de Il déploya en cette circonstance un véritable talent d'ingénieur militaire. Mais, au milieu de la vie des camps , l'entraînement vers la poésie , que lui avait inspiré son amour, ne l'abandonnait pas , et ses peines de cœur donnaient à sa muse un tour sombre et mélancolique. Après la paix de 1814, Malczeski continua de servir dans l'armée polonaise , incorporée alors de fait dans l'armée russe. Il chercha à se distraire de sa passion par des voyages, visita l'Italie, la Suisse , la France , et est le premier Polonais qui ait effectué l'ascension du mont Blanc , ascension dont il a consigné la relation dans une lettre adressée au professeur Pictet, de Genève. Il résida longtemps à Paris , et s'y jeta tout entier dans le plaisir. Il acheva ainsi de dissiper les restes de la fortune que lui avait laissée son père. Puis , las de cette existence oisive ou mal employée, il retourna à Varsovie en 1821, et passa peu après en Volhynie. Il loua bientôt un petit bien dans le gouvernement de \Vladimir , avec l'intention de se livrer tout entier à la Poésie au milieu de la tranquillité des champs. Il entreprit aussi des études sérieuses sur l'histoire de sa patrie. Mais le calme n'était pas rentré dans son aine passionnée. D'un esprit inquiet et tourné au mysticisme , comme un grand nombre de ses .compatriotes, il entreprit. des expériences de magnétisme animal , et, ayant ainsi réussi à guérir la femme d'un de ses amis, il conçut bientôt pour sa malade un amour adultère. Les visites secrètes qu'il lui faisait sous le déguisement d'un Cosaque finirent par être découvertes , et le poète se vit forcé de quitter sa résidence. La femme qu'il avait séduite parvint à le rejoindre à Varsovie ils y menèrent tous deux une vie àe misère et de privations , à laquelle la mort du malheureux Malczeski mit enfin un terme. Il expira le 2 mai 189.6. Peu de temps auparavant avait paru sa charmante nouvelle en vers intitulée : ilarya , Varsovie , 189.5. Malczeski s'y est inspiré de By- ron. Le sujet de son poème est tiré de l'histoire du voïvode Potocki, qui lit noyer secrètement sa bellefille Gertrude Komorowska, laquelle n'avait d'autre tort que de ne point appartenir à l'ancienne noblesse polonaise. Malczeski a transporté la scène en Ukraine, dont il a peint avec un rare talent la sauvage et aride nature. Ce .poëme, un des plus remarquables dont la littérature polonaise se soit. enrichie dans ce siècle, a eu plusieurs éditions, Varsovie, i85; Leipsick, 18r14; il a été traduit en allemand par Vogel. Dans celle que Bielowski a donnée à Lemberg en 1838, on trouve un choix des autres poésies lyriques de l'auteur et quelques morceaux en prose qui étaient restés manuscrits. On a élevé un monu- ment à Malczeski dans 'Varsovie avec cette inscription : A l'auteur de Illarya
  • Antoine MANCINELLI : , poëte et grammai- Son num de famille était Palombe, ; mais Pareul d'Anb lue ayant été surnommé Mancincilo tic petit gaucher), ce sobriquet resta à ses enfants. rien , né en 1452, à Velletri, dans la Campagne de Rome, étudia les humanités sous le célèbre Pomponius Lœtus, qu'il ne parvint point à égaler ; et il apprit ensuite , pendant quelque temps , la jurisprudence et la médecine. 11 ouvrit, à l'âge de vingt et un ans, une école de grammaire à Velletri ; mais la peste l'ayant forcé d'abandonner cette ville en 1485, il se réfugia d'abord à Sermoneta, puis à Rome, où il demeura cinq années, vivant du produit de ses leçons. En 1491, il se rendit à. Fano et ensuite à Venise, sur l'invitation de Pomponius , son ancien maître : il parvint à s'y procurer quelques écoliers. Les magistrats de Velletri le rappelèrent en 1494, et lui offrirent un traitement honorable , pour l'engager à prendre la direction de leur école. Les ouvrages de Mancinelli lui avaient valu une réputation assez étendue, et plusieurs villes se disputèrent l'avantage de le posséder : il donna la préférence à Orviète. Au bout de deux ans , il écouta les propositions que lui firent les habitants de Foligno : mais une lièvre pestilentielle qui se déclara dans le même temps l'empêcha de conclure avec eux ; et étant retourné à Rome, il y mourut vers 1.506 . Mancinelli, quoique laborieux, vécut dans l'indigence ; mais il sut la supporter avec une résignation qu'il puisait dans ses principes religieux. Il s'était marié et il eut huit enfants, six garçons, auxquels il imposa des noms extraordinaires, et deux lilles. Ses ouvrages de grammaire, loués par L. Vivès, ont été vivement critiqués par J.J. Poteau et Fr. Floridus : ils sont oubliés maintenant et ce n'est que pour satisfaire la curiosité des bibliographes qu'on en présente ici la liste. Le recueil en a été publié, dans le format à «Venise. 1498-1502; Bâle, 1501-1508 ; Milan, 1503-1506, et encore à Venise , 1519-1521 . Toutes ces éditions sont également rares ; mais on donne la préférence à la première. On y trouve les opuscules suivants Seribendi orandique modus. — Vocum proprietas , Donato, , ilsron. Pediano , etc.; — Epitonta seu reguhe constructionis; — Summa de- clinationum quinque; — Thesaurus de varia con- structione verborum et nominunt, etc. ; — Spica de rleclinatione ; de generibus nominum ; de prœteritis et de sttpinis ; — trersilogus ; Carmen de lloribus. Il ne s'agit dans le poëme que des fleurs du beau langage. — Carmen de figuris; Carmen de practica lute el studio humanit atis inyellente ad bonuni; — Carmen de vita sun. Ces quatre poëmes ont été imprimés à Paris, 1506 Le poënie De vita III on doit regarder comme une fable ce qu'ont rapporté les écrivains catholiques et protestants, cités par Bayle ivoy. le Dict. critiq ., art. Mancinelii). Ils assurent que Mancinelli prononça publiquement une harangue contre le pape Alexandre VI, et que ce pontife, irrité, lui fit couper la langue et les mains. Mais le pape Alexandre mourut en 1503, et Mancinelli lui survécut de plusieurs années, puisqu'il est certain qu'il écrivait encore en 1506. 121 Cet ouvrage avait déjà été imprimé à Rome en 1488 de 12 feuilles trop. le Specimen hislor. typogr. roman,, par le P. Laire , p. 267, oit il en cite un exemplaire conservé dans la bibi. d'Ara cerlii, sua, imprimé séparément, Bologne, 1496 a été inséré par J.Ger. Meuschen dans les Vitte summorunz dignitate et eruditione virorumrestitute, Cobourg, 1735, 11 a été traduit en français avec quelques autres ouvrages de Mancinelli . Rhetoricen ad Herenniunt esse Cieeronis assertio; Epigrammata. Gruter en a inséré un choix dans les Deliciœ poetar. italor. , t. 2. On citera encore de Mancinelli : I° Latini sermonis emporium, Rome, 1501 Speculunt de moribus et officiis, Rome , 1502 ; Cologne, 1535 ; Bâle, 1543 C'est un poënie sur les quatre vertus cardinales. 3. Sermonum Decas , Rome Paris, 1511 V De exitio barbarismorunt , Bologne, 1506 5° Des Notes sur la Rhétorique de Cicéron, le Songe de Scipion; les Bucoliques et les Géorgi- ques de Virgile ; les Poésies d'Horace; les Satires de Juvénal ; le Traité de Solin ; les Elégances de Laur. Valla , etc. On peut consulter pour plus de détails les Mémoires de Niceron , t. 38, et la Bibi. med. et infini. latinitat. de Fabricius, avec les Addit. de Mansi, t. 1, p. 126 et suiv
  • Antoine MARBOT( 1750) : général français , naquit au village de la Rivière , vers 1750, d'une famille honorable, reçut une bonne éducation et entra fort jeune dans les gardes du corps du roi. Après quelques années de service, il fut compris dans les réformes que Louis XVI fit de sa maison , dès le commencement de son règne. S'étant alors retiré dans sa famille , il n'y passa que peu de temps, reprit bientôt du service et devint aide de camp du général de Schomberg. La révolution étant survenue , il en adopta les principes avec le plus grand enthousiasme, et fut nommé , en 1790 , administrateur du département de la Corrèze , puis député à l'assemblée législative. 11 ne s'y fit remarquer que par un rapport sur les finances , dans lequel il proposa un emprunt dont le résultat eût été de réduire la masse des assignats , et de forcer les acquéreurs de biens nationaux à faire leurs derniers payements en numéraire. Le 8 juin suivant, il s'opposa à ce qu'on reçût dans l'armée les soldats de la garde constitutionnelle que l'assemblée venait de contraindre Louis XVI à licencier, par la raison, ditil, que l'esprit de ce corps était un dévouement au roi , esprit qui ne devait pas être celui des troupes nationales. Cette proposition excita quelques rumeurs et n'eut aucune suite. Après la session , Marbot rentra dans la carrière des armes et parvint trèspromptement au grade de général de division. Il fit en cette qualité les campagnes de 1793-1794 sur la frontière d'Espagne, et se distingua dans plusieurs occasions, notamment à Orthez et à Glossua. Destitué comme ultra - révolutionnaire après la. chute de Robespierre , il fut réintégré par un arrèté du comité de salut public à l'époque du triomphe de la convention , le 13 vendémiaire an ri , puis nommé député au conseil des Anciens par son département. Dès les premières séances, il se déclara avec beaucoup d'énergie contre le parti royaliste alors toutpuissant, et s'opposa surtout à la rentrée des habitants de l'Alsace que la terreur avait forcés de se réfugier à l'étranger, et qui pour cela étaient considérés comme émigrés. Sa motion contre ces malheureux fut tellement désapprouvée, qu'une décision de l'assemblée ordonna son rappel à l'ordre. Quelques mois plus tard, Marbot ne fut pas moins inexorable pour les émigrés et aux proscriptions qui en furent la suite. Nominé, aussitôt après cette ictoire du parti révolutionnaire, président du conseil , il le fut encore au mois de juin 1798 ; prononça le 1 fi juillet, en cette qualité , un discours commémoratif de la première journée de nos révoluti?ns . et lit décider que celle du 18 fructidor serait également solennisée chaque année. Le 18 a? dl 1799 , au moment de la crise opérée par les succès que venaient d'obtenir les armées austrorusses en Allemagne et en Italie, il demanda avec beaucoup de force une levée de 200,000 hommes , et se prononça avec la mime violence contre une circulaire de François de Neufchàteau qu'il accusa d'avoir désigné les républicains aux poignards des royalistes, ajoutant que ce ministrepete avait autrefois chanté Marat et Robespierre. Quelques jours après , il appuya iv ement l'impression d'une adresse des habitants de Grenoble contre le général Scherer qui venait d'être battu en Italie et qui était le protégé de Rewbell. Etant sorti (lu conseil après la révolution du 30 prairial qui renversa ce directeur, il remplaça Joubert dans le commandement de Paris, et continua de se montrer dans ce nouveau poste zélé partisan de la démagogie. Bien que remplacé avant le 18 brumaire, il lit tous ses efforts pour empêcher le triomphe de Bonaparte, qui l'envo?a aussitôt après à l'armée d'Italie pour y être employé dans son grade. Mais, à peine arrivé à Gènes, Marbot mourut presque subitement au commencement de l'année 1800, atteint de l'épidémie qui affligeait alors ces contrées
  • Antoine MARIANNE( 1700 - 1782) : issu d'une famille noble ; mais avec plus de vraisemblance à Auger de Mauléon. et recommandable, naquit à Carcassonne en 1700. Il tourna ses études vers la diplomatie, et devint habile dans les langues modernes. Remarqué bientôt pour ses talents, il fut nommé successivement secrétaire d'ambassade à Constantinople et en Suisse. Ayant attaché sa fortune à celle du marquis de Bonac , alors ambassadeur dans ces Etats et regardé comme l'un des plus grands négociateurs du règne de Louis XV, Antoine Marianne rédigea plusieurs mémoires contenant une foule de documents précieux sur la politique, les moeurs, le commerce, l'agriculture, la religion des pays dans lesquels ses fonctions l'avaient appelé : il en fit le dépôt aux archives du ministère des affaires étrangères. C'est lui que JeanJacques Rousseau cite avec éloge dans ses Confessions, en parlant de son séjour en Suisse , où Marianne était alors secrétaire de l'ambassade de France. Il mourut en 1782.
  • Antoine MARICONDA( 1500) : novelliere, naquit dans le 16e siècle , à Naples , d'une famille patricienne. il était l'ami d'Angelo di Costanzo , dont on voit un sonnet à la tète du Recueil . La culture deslettres fit moins l'occupation que le bonheur de sa vie. Outre une comédie intitulée : la Filena, Rome, 1518 on a de lui : le Tre Giornate delle fa- vole dell' Aganippe, Naples trèsrare ; c'est la seule édition que l'on ait (le ce recueil , qui contient trente nouvelles ; les sujets en sont tirés des poetes anciens , mais surtout des Métamorphoses d'Ovide. Ainsi l'on ne doit point y chercher ces détails de moeurs contemporaines, ces caractères originaux , ces effets dramatiques qui donnent tant d'attraits à la lecture des autres auteurs italiens , Le tome 3 du Norelliero de Zanetti contient trois nouvelles de Mariconda , la dernière (le chaque journée
  • Antoine MARTINI( 1720 - 1809) : , archevêque de Florence , naquit à Prato, en Toscane , le 20 avril 1720. Il quitta son pays , et il résidait dans le Piémont lorsqu'il fit paraître à Turin, en 1769, une traduction italienne du Nouveau Testament, qui fut approuvée par l'archevêque (le Turin , Rorengo de Rorà. Depuis il compléta la traduction de la Bible, en donnant la version italienne de l'Ancien Testament. Ce travail valut à l'auteur un bref honorable de Pie VI, du 17 mars 1778 ; le même pape nomma , peu après , Martini à l'évêché de Bobbio; mais pendant qu'il se rendait à Rome pour y être examiné et sacré, comme il passait par Florence, il fut revendiqué par le grandduc Léopold, comme son sujet , et promu à l'archevêché de Florence , pour lequel il fut institué le 25 juin 1781. Peut-être avaiton espéré trouver en lui un partisan des innovations que l'on préparait alors en Toscane ; mais , si le prélat avait jugé quelques réformes nécessaires, il était loin d'approuver le système de bouleversement que Ricci manifesta bientôt. Quand il vit où l'on tendait , il s'unit plus étroitement au saintsiége et encourut en plusieurs occasions les reproches des novateurs. Il se fit principalement honneur par sa conduite dans l'assemblée des évêques tenue à Florence en 1787, et concourut à faire avorter les projets de ceux qui avaient compté se servir de cette convocation pour jeter en Toscane des semences de troubles et de schisme, En 1785, il fit imprimer ses Instructions morales sur les sacrements, et peu après, des Instructions dogmatiques , historiques et morales sur le symbole, 2 vol. ; ce sont les sermons mêmes qu'il avait prêchés sur ce sujet. On cite aussi des mandements de ce prélat. Il mourut à Florence, dans un âge trèsavancé , le 31 décembre 1809 ; il avait le titre d'évêque assistant au trône. — Dans le même temps vivait le baron MARTINI , professeur de droit naturel dans l'université de Vienne, et auteur d'un Traité sur le droit naturel et le droit des gens, publié en 1768, et d'une édition des Institutions du droit ecclésiastique, de Riegger, qui vit le jour en 1779, et où il adoucit quelques propositions dures et quelques décisions hardies de l'auteur
  • Antoine MASSON( 1636 - 1702) : peintre et graveur , né à Louri , près d'Orléans , en 1636 , vint fort jeune à Paris et travailla d'abord chez un armurierdamasquineur. Obligé de graver sur l'acier, il acquit ainsi une grande pratique du burin ; mais, jaloux de posséder toutes les parties de son art, il étudia avec zèle le dessin et la peinture. Il eût peut-être été sans rival comme graveur si la prétention d'étonner le vulgaire par des travaux bizarres n'avait nui quelquefois à ses plus beaux ouvrages. Son portrait de Brisacier jouit d'une estime méritée : on reconnaît quel était le teint de l'original ; sa belle chevelure grise est d'une légèreté admirable, et son collet est véritablement de la dentelle. Le portrait d'Oli ? ier d'Ormesson est aussi de la plus grande beauté, et l'on n'y remarque un peu d'affectation que dans les cheveux. Mais dans le portrait de FrédéricGuillaume , électeur de Brandebourg, on est choqué de voir une taille en forme de poire faire le nez de ce prince, et une taille en spirale, le menton. Le portrait de Gui Patin est étonnant : le travail n'en saurait être plus bizarre, mais l'effet qu'il produit est admirable. « Celui de Charles Patin , « dit Watelet, est d'une excellente couleur et « respire la vie ; on voit le rire moqueur de ce « médecin, moins satirique que son père ; ses « yeux brillent de malice ; l'hermine de sa four- « cure est en même temps de la plus grande « liberté de travail et de la plus admirable vérité ; mais , en regardant de près les tailles de « la face , on trouve fort singulière la marche « que suivent celles qui dessinent le nez pour « aller former la joue ; on n'est pas moins blessé « des tailles du front , et l'on est étonné ensuite « de voir une taille ronde former le menton. Dans le portrait de Gaspar Charrier, qu'il a gravé d'après Blanchet, les cheveux indiquent plutôt les piquants d'un hérisson que la chevelure d'un homme ; mais le travail de la face est parfait, les veux surtout sont gravés avec le sentiment le ;dus rare. Il affectait encore quelquefois de re'résenter des cheveux et des poils détachés , et en quelque sorte volants ; mais cette tentative ne lui réussit pas toujours. Ainsi , dans sa fameuse estampe des Pèlerins d'Emmaüs, d'après le Titien, connue sous le nom de la Nappe de Masson, à cause de la parfaite imitation du linge, le chien, avec ses poils hérissés , que l'on voit sur le dei ant du tableau, semble, quand on le regarde de près , être un chien de paille ; ce qui n'empêche pas cette estampe, malgré quelques autres bizarreries , d'être le chefd'oeuvre de Masson pour la vérité et l'harmonie des détails. Il est rare d'ailleurs que, dans les ouvrages de cet artiste , les défauts ne soient plus que compensés par les beautés. Aucun graveur n'a mis plus de variété dans le maniement de son outil et n'a produit plus d'effet. Il avait adopté pour les gravures de petite dimension un procédé particulier. Chez les autres graveurs, c'est ordinairement la main qui agit sur la planche et qui conduit le burin, selon la forme du trait à exprimer ; mais lui , au contraire, tenait la main droite fixe, et avec la main gauche il faisait agir sa planche suivant le sens qu'exigeait la taille. Il a gravé un grand nombre de portraits et quelques sujets historiques. Les premiers se divisent en trois classes : 1° les portraits trèsgrands au nombre de douze. On y distingue celui du comte d'Harcourt, connu sous le nom de Cadet à la perle. C'est en ce genre le chefd'oeuvre de l'artiste. 2° Les portraits grands et petits , au nombre de dixsept, parmi lesquels on estime principalement celui de Gui Patin ; 3° les grands portraits, dont les tètes sont de grandeur naturelle , au nombre de douze. Ce sont les moins estimés de ses ouvrages. Les sujets historiques sont bornés à six, dont les plus célèbres sont la Nappe, dont on a parlé, et l'Assomption de la Vierge, d'après Rubens, trèsgrand sans nom de graveur. On peut voir le détail de ses différents ouvrages dans le Manuel des amateurs. Cet habile graveur , membre de l'académie royale de peinture , mourut à Paris en 1702. — Madeleine MAssoN, sa fille, née en 1666 , fut instruite par lui dans l'art de la gravure et sut imiter d'une manière extrêmement habile la manière de son père. On connaît d'elle six portraits trèsgrands , savoir: P Elisabeth- Charlotte, princesse palatine, duchess, d'Orléans; c..)( ' Elisabeth d'Orléans, duchesse d'Alenfon ; 3° la reine Marie- Thérèse; 4° Elisabeth- Marie- Jose'phine, infante; 5° Victor- Amédée II, vise de Savoie; 6° et Louis- Henri de Gondrin de Montespan , gravé d'après un portrait peint par Antoine Masson, son père
  • Antoine MATANI( 1730 - 1799) : médecin et mathématicien, naquit à Pistoie, le 27 juillet 1730. Après avoir tfait ses humanités au collège de cette ville , il entra au séminaire épiscopal, où il étudia la philosophie et les mathématiques avec de tels progrès, qu'il fut choisi au bout de trois ans pour y enseigner la géométrie. Cette science ne pouvant encore le fixer, il résolut de s'adonner à la médecine, et se rendit, en 1750, à Pise, où il suivit avec tant d'ardeur les leçons des plus célèbres professeurs, qu'il reçut le bonnet de docteur le 31 mai 1754. Bientôt il partit pour Florence, où son savoir , sa vie studieuse et les observations curieuses qu'il publia sur diverses maladies, le firent agréger au collége des médecins de cette ville. L'empereur François lui donna en 1756 une chaire de philosophie dans l'université de Pise ; et il y enseigna ensuite la médecine , ainsi que l'anatomie, à l'hôpital de Pistoie. Il entreprit, en 1760 , un voyage dans les montagnes des environs, et il en rapporta plusieurs observations importantes. Outre les langues grecque, latine et italienne, il savait encore le français et l'anglais. Membre correspondant des sociétés royales de Londres, Goettingue, Montpellier , de celle des Curieux de la nature, de la société économique de Berne, et d'autres , il contribua par ses travaux au succès des journaux de médecine et d'histoire naturelle imprimés à Venise. Il fournit des articles intéressants au Journal de Pise , et à celui de la littérature générale de l'Europe et surtout d'Italie, également imprimé à Venise. Il projetait de donner une histoire littéraire des écrivains de son pays , lorsque la mort l'enleva, le 21 juin 1799. Matani a laissé, en latin et en italien , un grand nombre d'ouvrages sur la philosophie , la médecine et l'histoire naturelle ; des préfaces , des traductions, et différents articles insérés dans les journaux d'Italie. Nous indiquerons les suivants : 1° De anevrysmaticis prœcordiorunt niorbis, Florence, 1756 ; Livourne , 1761 ; 2° Heliodori Larissœi capita opticorum grœce conscripta et latine reddita , Pistoie , 1758. Le texte est peu correct et la traduction peu exacte. 3° Della figura della terra , Pistoie , 1760 ; 4° Delle produzioni naturali del territorio Pistoiese , ibid ., 1762 de 210 pages avec 2 planches et une carte ; 5° De philosophicis Pistoriensium studiis dissertatio , Augsbourg , 1764 de 32 pages ; terminé par un catalogue alphabétique de tous les auteurs de Pistoie qui ont écrit sur des matières philosophiques , au nombre de quatrevingtdix , mais dont plus de la moitié étaient encore inédits. 6° Elogio di mons. M. A. Giacomelli, Pise, 1775 ; Matani donne en latin la Fie du mèrne prélat dans l'édition qu'il publia , deux ans après , des Prologues sur Térence et Plaute . 70 De nosocomiorum regintine commentarius epistolaris , dans la Nuova Baccolta de Calogerà , t. 17. l'oyez son Eloge dans les Nora acta Arad. nat. curios. , t. 7 , Appendice, p. 219, et dans le Giornale dei letterati, t. 24 , p. 250, Pise , 1779
  • Antoine MAUGARD( 1739) : né à Chàteauvoué, diocèse de Metz , le 17 août 1739. consacra une partie de sa vie à la géométrie , à la jurisprudence et à la recherche des anciennes chartes. Il vint à Paris en 1767, pour achever son droit , et après son retour en Lorraine , il fut employé comme commissaire du roi pour la recherche et la vérification des anciens monuments de droit et d'histoire , place qu'il conserva jusqu'en 1785 ; il eut aussi le titre de généalogiste de l'ordre de StHubert de Bar et de plusieurs chapitres. 11 revint à Paris en 1787. Lors de la révolution , ses intérêts et ses liaisons décidèrent de ses opinions ; et il publia un journal qui n'eut qu'une existence éphémère. Il resta obscur pendant les années 1790 et suivantes , et il consacra son temps à des travaux sur les langues. La convention nationale le comprit, en 1795, au nombre des gens de lettres ayant droit aux récompenses nationales. Zélé pour l'instruction de la jeunesse, il forma gratuitement plusieurs élèves. Après bien des obstacles , il venait d'obtenir de l'université la permission d'ouvrir une école latine, lorsqu'il mourut le 22 novembre 1817. On a de lui : 1° Remarques sur la noblesse, dédiées aux assemblées provinciales, 1787 ; nouvelle édition trèsaugmentée , 1788 2° Lettre à . Chérin, sur son Abrégé chronologique d'édits concernant le fait de la noblesse, 1788 . On y peut joindre une brochure qu'il publia l'année suivante , en réponse à une Lettre de Chérie. 3° Code de la noblesse , 1789 ; ouvrage publié dans un temps peu opportun , puisque moins de deux ans après , l'abolition de la noblesse en France fut décrétée, le 19 juin 1791. 4° Correspondance d'un hontme d'Etat avec un publiciste, 1789 5° Annales de France, 1790, 2 vol. Ce journal a commencé en janvier 1790, et a cessé de paraître eu avril de la même année. 6° Discours relatif à l'instruction publique , prononcé à la barre de la Convention, imprimé dans le Mercure du 9 novembre 1793. 7° Discours sur l'utilité de la langue latine, contenant l'exposé de la méthode la plus simple et la plus prompte d'enseigner cette langue avec la française , 1808 8° Remarques sur la Grammaire latine de Lhomond , 1808 ; 9° Cours de langue française et latine 1815, divisé en cinq sections, Cet ouvrage n'a pas été entièrement publié. La 1" section , embrassant les principes généraux, se compose d'un volume dans lequel on retrouve les deux opuscules précédents. La 2' section , consacrée à la langue française, a 2 volumes. La 3' section devait avoir 4 volumes; il n'en a été publié que la première partie du tome 1", et les tomes 2 et 3 en entier. La 4e section, comprenant les traductions interlinéaires, a deux parties : la première contient le Cornelius- Nepos; la seconde , le Phèdre. Enfin , la 5e section devait avoir 2 volumes, intitulés Textes latins. Il n'en a paru qu'un , en 594 pages, qui termine les Eléments de la langue latine. Le texte latin du Cornelius- Nepos et du Phèdre , publiés l'un en 1810 et l'autre en 1812, font partie de ce volume. Cet ouvrage de Maugard , qui manque d'ordre , surtout la section de la langue latine mais qui est riche en exemples tirés exclusivement des bons auteurs , a obtenu d'honorables suffrages. 10° Conseils à M. Bellard, pour le dirigerdans la réimpression indispensable de la grammaire latine et de la grammaire française qu'il vient de publier, 1812 ; 11° Traité de la prosodie française de l'abbé d'Olivet, nouvelle édition avec remarques, 1812 12° Lettre à M. Dussaull, l'un des rédacteurs du Journal de l'Empire, 1811 C'est une réponse à un article du 17 septembre 1811. 13° Mémoire des travaux faits pour l'utilité publique , tant avant que pendant les malheurs de la France, Paris , Patris de deux feuilles , sans date , ayant chacune sa pagination particulière ; la seconde feuille contient les pièces justificatives. 14° Recueil de tout ce qui a étéécrit sur le Cours de langue française et de langue latine comparées, Paris, Beraud, 1817 de 48 pages publié par 11I
  • Antoine MAURICE( 1677) : fils de Charles Maurice, pasteur des églises réformées de Marseille, des Baux et d'Eyguières , en Provence, naquit. dans ce dernier bourg le 22 septembre 1677. Il descendait d'une famille vouée à la profession des armes , que les persécutions de Cabrières et de Mérindol, sous François Pr, avaient déjà dépouillée de ses biens, et qui dès lors avait constamment fourni des pasteurs aux églises protestantes de Provence. Dès ses premières années il annonça les plus heureuses dispositions pour l'étude des langues anciennes de l'Orient : aussi quand la révocation de l'édit de Nantes contraignit son père à se réfugier en Suisse, il ne put d'abord le suivre dans sa fuite. La surveillance des prètres voisins, que les talents précoces de cet enfant avaient vivement frappés , y mit longtemps obstacle. Il réussit enfin à leur échapper par la protection généreuse de deux gentilshommes catholiques , enfant unique du précédent, et son élève, naquit à Genève le 17 avril 1716. Dès l'âge de seize ans, il soutint, sous la présidence des célèbres professeurs Cramer et Calandrini , ses maîtres , des Thèses sur le / lux et le reflux de la nier, dans le système newtonien ; elles ont été imprimées et prouvent des connais• sances bien rares à cet âge. Mais, pour complaire à son père et suivre une carrière en quelque sorte héréditaire, il étudia la théologie,1 et fut admis au ministère en 1736. Après deux ans de séjour à Amsterdam, à Londres et à Paris, où il fut lié avec les principaux membres de l'Académie royale des inscriptions, il revint à Genève. Nommé pasteur et professeur en théologie à la mort de son père , il remplit ces deux fonctions jusqu'à la fin de sa vie. Durant cette longue période, il forma un grand nombre d'élèves distingués , qui ont honoré l'Eglise et l'académie de Genève ; et il concourut puissamment il la nouvelle version (le la sainte Bible , publiée dans cette ville en 1805. Il y était mort le '23 juillet 1795. On n'a de lui que quelques Dissertations latines sur des points de philosophie et de théologie. Un Traité sur la tolérance et une Histoire ecclésiastique, objets du travail de toute sa vie, n'ont pas été publiés. Z
  • Antoine MENEGHELLI( 1765) : littérateur italien né à Vérone le 15 août 1765, fit ses études à Venise, où sa famille vint se fixer en 1770. 11 s'occupa tout particulièrement de l'étude de la science sacrée et (les langues orientales, qu'il regardait comme indispensables à l'état ecclésiastique, auquel il se destinait. Il fut ordonné prêtre et il s'adonna d'abord à l'éloquence de la chaire, où il aurait obtenu de beaux succès , si la faiblesse de sa constitution ne l'avait contraint à abandonner ce ministère avant l'âge de trente ans. Dès lors il se retourna vers le professorat. Reçu docteur en philosophie et en science légale, il fut chargé en 1797 de l'éducation d'Antoine Dona , fils du chevalier Pierre Doua , ancien ambassadeur près du StPère. Peu de temps après le gouvernement autrichien le nonuna professeur d'éloquence et de droit romain à l'école des Jésuites , sorte d'université qui avait été constituée en 1762 par la république de Venise. Meneghelli conserva cette chaire jusqu'en 1807, époque à laquelle il alla professer le droit romain au lycée de Venise. En 1815 , par suite du nouveau système scientifique introduit à Venise par le gouvernement autrichien, Meneghelli fut envoyé à Padoue, où il professa deux ans le droit féodal , la politique légale et le droit commercial. On doit à Meneghelli plus de cinquante ouvrages divers, parmi lesquels nous citerons seulement : Saggio copra il sistema metriro, Venise , 1802 ; 2- Della mutila gloria dei prinripi e delle lettere, ibid., 1806, 8°; 3° Saggio storiro rriiiro . copra l'eloquenzo e la jilosofia della Grecia e del I. azio, ibid., 1806 Dell' influenza delle science nella sien- rezza delle nozioni, ibid., 1807 5° Della nomosqlio Veneziano , ibid., 1808 6° Dei diritti deyli Italiani alla stima delle nazioni, ibid., 1808 7° Dell' eccellenza deyli istituti di pubblira edurazione , ibid., 1809 ; 8° Dell' influenza delle lettere nelle science, ibid., 1810 9° Dell' influenza delle science nelle lettere, ibid., 1811 ; 100 Dell' ii! lluenza delle lettere niella morale, ibid . , 1815 11° Eloqi di alruni illustri Italiani, ibid., 1815, -2 Vol. ; 1 lita di llelchiorre Cesarotti , ibid., 1817 ; 13 hitroduzione allo studio politico- legale, ibid., 1817 Nous ignorons à quelle époque est mort Meneghelli
  • Antoine MENGAUD : parent du directeur Rewbell, naquit à Béfort vers la moitié du siècle dernier, et fut envoyé secrètement, sur la recommandation de son cousin, auprès du fameux PasswanOglou, pour préparer SOII agression contre la Turquie ; puis en Suisse, comme chargé d'affaires de la république française. 11 s'y fit remarquer dès son arrivée par des notes menaçantes, et présida, pour ainsi dire, à la révolution de ce pays, au moment où les troupes françaises y pénétrèrent. Il exigea d'abord l'expulsion du ministre anglais Wickam et le renvoi des émigrés. « Les portecroix sont affiliés aux Yen- déens, écrivaitil à la régence : ceux qui souf- friront qu'on porte ces croix seront envisagés · comme favorisant des conspirations ». Il lixa un terme à la régence de Berne pour l'acceptation du projet d'une république helvétique; et quand la révolution fut opérée dans cette ville, il adressa un discours au peuple, et pressa le gouvernement de Schafhouse de briser le joug aristocratique. Lorsqu'il fut accrédité comme chargé d'affaires auprès du corps helvétique, il répondit aux félicitations du général Dufour : e Tu l'as , Mengaud adressa aux conseils législatifs une accusation contre Schérer et le commissaire Rivaud. 11 fut nommé, en 1801, commissaire dans les ports de la Manche, et s'y fit redouter par sa rigueur. Les réclamations qui s'élevèrent contre lui le firent destituer en 1804. Depuis ce temps, il vécut dans l'obscurité, et mourut vers le commencement de la restauration. Il a publié quelques brochures politiques, entre autres : Encore un mot au peuple suisse, Bâle, 1798
  • Antoine MENJOT( 1615 - 1696) : médecin , né à Paris vers 1615 de parents protestants , acheva ses études à l'école de Montpellier, où il reçut en 1636 le doctorat. Il fut pourvu , quelque temps après , d'une charge de médecin du roi , et exerça son art avec la réputation d'un homme instruit et plein d'honneur. Il mourut à Paris en 1696 dans un âge avancé. Quoique calviniste, il avait beaucoup d'affection pour les Augustins, qu'il allait visiter souvent; et peu de temps avant sa mort, il leur fit don d'un magnifique atlas que les EtatsGénéraux de Hollande lui avaient envoyé en présent. On a de lui : 1° Historia et curatio febrium malignarum , Paris , 1G62 L'édition est anonyme ; mais Menjot, ayant su qu'on attribuait l'ouvrage à Gorris, doyen de la faculté, en publia une seconde qu'il lui dédia et à laquelle il mit son nom. On trouve ordinairement à la suite Dissertationum pathologicarum partes 4 , ibid. , 1665 , 1674 et 1677 ; et alors l'ouvrage est divisé en deux ou trois volumes. Ces dissertations n'apprennent rien , mais on les lit avec plaisir, dit Eloy, parce qu'elles sont trèsbien écrites. Bayle, à qui l'on reprochait les passages indécents qui déparent plusieurs articles de son Dictionnaire , voulut se justifier par l'exemple de Menjot, qui a mis, ditil , beaucoup de lasciveté dans sa Dissertation sur la fureur utérine et la stérilité. Mais on sent bien qu'on peut pardonner à un médecin , écrivant dans une langue savante , des expressions et des détails qui ne doivent point être soufferts dans un livre destiné à toutes les classes de lecteurs. 2° Opuscules posthumes, Rotterdam, 1696 ou Amsterdam , 1697. Ce sont des lettres et des discours qu'on voit bien, dit Bayle, qu'il n'avait jamais eu l'intention de publier. Cependant l'éditeur, dont on n'a pu découvrir le nom, emploie une partie de la préface à prouver qu'il tient de Menjot les pièces dont se compose ce recueil , et qu'il a suivi l'ordre dans lequel l'auteur les avait luimême rangées
  • Antoine MILLIEU( 1575 - 1646) : en latin , jésuite, Hé à Lyon en 1575, fut admis dans la société à l'âge de dixsept ans, et professa successivement la rhétorique, la philosophie et la théologie pendant plusieurs années. Nommé ensuite recteur du collége de Vienne, puis de celui de la Trinité de Lyon , il fut enfin désigné provincial , et il alla en cette qualité à Rome pour assister à l'élection du général. L'estime dont il jouissait parmi ses confrères l'avait fait porter à la place de secrétaire de l'assemblée, lorsqu'il tomba malade et mourut le 14 février 1646 , dans de grands sentiments de piété. Le P. Millieu cultivait la poésie latine avec succès ; mais dans une maladie il demanda la cassette qui renfermait ses vers, au nombre de plus de vingt mille, et les jeta au feu : le premier chant d'un poème héroïque échappa seul, et par hasard, à cette destruction : il l'acheva ensuite à la prière d'Alphonse de Richelieu , archevêque de Lyon, et l'ouvrage fut imprimé par ordre de ses supérieurs sous ce titre Moyses ciator, seu imago militantis Ecclesice, libri xxvm, Lyon, 1636-39 , 2 parties Il y a beaucoup d'imagination dans ce poème, et le style en est assez pur. Le P. Millieu fut l'un des premiers conservateurs de la bibliothèque du collège de la Trinité , et sa réputation contribua beaucoup à répandre de l'éclat sur cet établissement naissant. (Voy. Manuscrits de la bibliothèque de Lyon
  • Antoine MESMER( 1733) : médecin allemand , auteur de la fameuse doctrine du magnétisme animal, né le 23 mai 1733 àlizmang, près du lac de Constance, selon d'autres à Meersbourg, en Souabe, en 1734 . Commela vie des hommes extraordinaires est presque toujours le développement d'une grande idée constamment suivie, nous dirons de celuici que son idée dominante fut le dessein invariable, et souvent heureux, de parvenir à la renommée et à la fortune en profitant de l'amour des hommes pour le merveilleux. Son apparition dans le inonde savant s'opéra, en 1766, par une thèse intitulée De planetarum influxu, dont le but était d'établir que les corps célestes, en vertu de la même force qui produit leurs attractions mutuelles, exercent une influence sur les corps animés, et particulièrement sur le système nerveux, par l'intermédiaire d'un fluide subtil qui pénètre tous les corps et remplit tout l'univers. Mais cette association bizarre des découvertes de Newton avec les rêveries astrologiques étant trop abstraite pour avoir beaucoup de vogue, il voulut y joindre encore l'action des aimants, à laquelle on attribuait alors des vertus surprenantes pour la guérison des maladies , et il alla pratiquer ce système à Vienne. Malheureusement il y avait déjà dans cette ville un religieux appelé le P. Hell qui faisait aussi profession de guérir avec les aimants. Il prétendit que Mesmer lui avait dérobé ses procédés ; Mesmer, de son côté, se plaignit que Hell lui voulait enlever sa découverte ., néanmoins, pour se rendre tout à fait inattaquable, il déclara qu'il laissait là les aimants comme inutiles, et qu'il ne guérissait plus par le magnétisme minéral, mais par un magnétisme animal, c'est-àdire propre aux corps animés.11 continua d'opérer pendant quelque temps à l'aide de cet agent nouveau ; mais en vain cherchatil à l'accréditer parmi les médecins et dans les sociétés savantes. Ni le baron . Enfin , à la suite de ces délibérations orageuses , il reconnut qu'il fallait abandonner les savants pour s'adresser au public ; et il eut raison d'en user ainsi. Les Français présentaient alors le singulier spectacle d'un peuple dont l'état politique était calme, quoique tous les esprits y et réfléchi par les glaces comme la lumière ; il peut aussi être communiqué, propagé et augmenté par le son ; il peut être accumulé et transporté. Toutes les propriétés de la matière et des corps organisés dépendent de son intension et de sa rémission. Néanmoins, tous les corps animés n'y sont pas sensibles. Il en est, quoique en trèspetit nombre , qui ont une propriété si opposée que leur seule présence détruit tout l'effet du magnétisme sur les autres corps. Les disciples de Mesmer nous ont depuis expliqué cette énigme, en disant que le fluide subtil est mis en mouvement par la volonté ; et que les individus dont la présence gène son action sont ceux dont la volonté est contraire aux effets magnétiques , c'est-àdire qui ne croient point à leur réalité. Mesmer dit encore que les corps animés étant analogues à des aimants ont des pôles comme eux . et des pôles que le magnétiseur peut à son gré fixer sur tel ou tel point de leur surface. La similitude avec les aimants, ajoutetil , est si parfaite que le phénomène de l'inclinaison même y est observé. Pour qui connaît les phénomènes de l'aimant et le calcul des forces qui les produisent, l'absurdité . Mais dans un écrit destiné à être imprimé, plusieurs points délicats de morale publique n'avaient pu être qu'indiqués légèrement ou même avaient dil être entièrement passés sous silence. Ces considérations furent l'objet d'une note que les mêmes commissaires rédigèrent pour être mise sous les yeux du roi , et qui a été depuis rendue publique par François de Neufchâteau dans le recueil qu'il a imprimé sous le nom de Conservateur. Peu de temps après la société royale de médecine fit aussi un rapport, dont les conclusions étaient pareilles à celles des commissaires de l'Académie. Le gouvernement, ainsi éclairé sur la nature et les dangers du magnétisme animal , donna à ces rapports une publicité extrême. Plus de vingt mille exemplaires furent imprimés par ses ordres, et répandus en On a fait, contre les rapports de l'Académie, quelques objections que nous croyons convenable de réfuter. On a dit d'abord que Franklin, étant alors malade, n'avait pas pu assister ;lux expériences; mais il est prouvé, par le rapport même, qu'il était seulement retenu à Passy par des accès de goutte et que l'on s'est transporté plusieurs fois chez lui. Il est également prouvé qu'on l'a magnétisé en vain. On a objecté ensuite que les commissaires n'ont pas jugé la méthode de traitement de Mesmer, mais seulement celle deDeslon,qui n'avait pas ses procédés. Mais, outre que Deslon produisait des effets , quelle que frit d'ailleurs sa méthode, nous sommes autorisé à dire que Berthollet, alors chimiste du duc d'Orléans , chargé par ce prince d'assister au cours de Mesmer pour lui en rendre compte , ayant reçu les instructions détaillées de Mesmer même , a opéré selon ses principes sur un grand nombre des individus qui suivaient le traitement, particulièrement sur les pauvres; qu'il les a trouvés, comme le disent les commissaires, également susceptibles d'être excités ou calmés par les signes magnétiques même les plus contraires les uns aux autres , et que ce fut cette épreuve qui le détermina à se retirer en publiant une déclaration par laquelle il manifestait dès lors l'opinion qu'il avait conçue du charlatanisme de ces procédés. Enfin, on s'est fortement appuyé sur ce que l'un ? les commissaires de la société royale de médecine , A.L. de Jussieu, ne s'accorda point avec ses confrères, et fit un rapport séparé qui n'est point opposé au magnétisme. Mais le suffrage de ce célèbre botaniste , tout respectable qu'il est, n'est cependant qu'un suffrage parmi tant d'autres contraires; et sur les questions qui ne sont pas purement de fait, on ne doit pas chercher la vérité dans une seule opinion, mais dans le rapprochement d'un grand nombre d'opinions motivées et débattues. France, ainsi que dans les pays étrangers. On peut dire que ce coup tua Mesmer et sa doctrine : en vain ses adeptes essayèrentils de le défendre et même d'intéresser le parlement à sa cause ; vainement Bernasse écrivitil en sa faveur un mémoire où le ton élevé et passionné du style forme le plus singulier contraste avec l'ignorance absolue des lois physiques et des méthodes de philosophie qu'il entreprend de discuter ou de combattre. Mesmer, jugeant mieux sa situation, se tut et quitta bientôt après la France, emportant l'argent des souscripteurs auxquels il n'avait point donné son secret, et, pardessus le marché, les accusant dans un libelle de le lui avoir dérobé. Il alla d'abord vivre pendant quelque temps en Angleterre sous un nom supposé, puis il se retira en Allemagne, où il publia, en 1799, une nouvelle exposition de sa doctrine qui ne fit aucune sensation ; enfin cet homme, qui avait un moment occupé l'Europe , mourut ignoré à Meersebourg le 5 mars 1815. Depuis, la doctrine de Mesmer a rencontré de nombreux adeptes sous les noms de somnambulisme , de magnétisme animal, auxquels les Anglais ont substitué avec raison celui de mesmérisme ; elle a prétendu donner le mot des lois du monde intellectuel et moral. Aux rêveries de Mesmer ont fait place des théories nouvelles ; celle de Puységur notamment qui compte nombre de partisans et même de savants défenseurs. On doit reconnaître qu'à côté du charlatanisme et de la fraude qui ont fait si souvent les frais des miracles opérés par le magnétisme animal, il s'est produit des effets curieux qui paraissent tenir aux phénomènes étranges provoqués par certains états nerveux particuliers et maladifs dont l'extase, la catalepsie, l'hypnotisme, le somnambulisme naturel sont des formes diverses. Ce sont ces phénomènes qui entretiennent la foi au magnétisme animal, et jettent certaines personnes dans les conceptions les plus extravagantes et les plus ridicules. Mais Mesmer n'avait aucune idée du naturalisme et de l'origine pathologique de ces crises nerveuses ; et sa théorie, promptement abandonnée par ceux mêmes qui soutenaient la réalité de ses expériences, accuse autant d'ignorance que de crédulité. Mesmer est l'auteur des ouvrages suivants : P De planetarum infiuxu, Vienne, 1766 ; . 9Mémoire sur la découverte du magnétisme animal, Paris, 1779, ; 3° Précis historique des faits relatifs au magnétisme animal jusqu'en avril 1781, Londres, 1781 ; 4° Histoire abrégée du magnétisme animal, Paris, 1783 ; 5° Requête au parlement pour ob- tenir un examen plus impartial que celui des commissaires, 25 octobre 1784 ; 6° des Lettres à Vicq d'Azyr et autres , insérées dans divers journaux et réimprimées dans le Recueil des pièces les plus intéressantes sur le magnétisme animal, 1784 Ce livre , indiqué par Murhard, no. 440 et 441, n'est point cité par Deleuze; ce qui donne lieu de croire qu'il pourrait bien être d'un pseudonyme. 7° Mémoire de F .- A . Mesmer sur ses découvertes, Paris, an 7 C'est le plus remarquable des écrits que Mesmer a publiés en français. 8° Lettre de F.- A. Mesmer au citoyen Baudin, capitaine de vaisseau , sur des recherches à faire au sujet d'un moyen préservatif de la petite vérole, et Lettre justificative, du mème, aux auteurs du Jour- nal de Paris, ibid., an 8 ; 9° Menne- rismus, etc., ou Systîme du magnétisme animal , Berlin , Nicolaï, 1815, 2 vol. fig., publié par Wolfarth , avec des éclaircissements de l'éditeur. Mesmer avait aussi écrit une Cosmogonie et le Plan d'un gouvernement rerpublicaju , ouvrages considérables, qu'il comptait dédier au grandduc de Bade, mais qui n'ont pas été publiés. La brochure intitulée Mesmer justifié, 1784 est une satire qui eut beaucoup de succès dans le temps. B—T et
  • Antoine MICHOT( 1768 - 1826) : comédien français , né à Paris en 1768, s'attacha, jeune encore, au théâtre de l'AmbiguComique et y joua trèsmédiocrement des rôles chevaleresques dans Ies pantomimes dialoguées qu'on appela depuis des mélodrames. Bientôt dégoûté de ce genre de pièces, dont le style boursouflé ne s'accordait point avec son humeur joviale , et auquel d'ailleurs ses dehors dépourvus de noblesse ne convenaient pas davantage, il s'essaya dans la comédie et entra en 1786 aux Variétés du PalaisRoyal où il ne contribua guère moins que ses camarades, Beaulieu et Bordier, au succès des comédies d'intrigues qui attiraient la foule à ce théâtre . En 1790, lorsqu'à la place des Variétés les sieurs Gaillard et Dorfeuille organisèrent rue de Richelieu, un second ThéâtreFrançais, Michot lit partie de leur troupe, à laquelle s'étaient réunis Monvel , Talma , Dugazon et madame Vestris ; et s'associant constamment au sort plus ou moins heureux de ces acteurs , il n'abandonna qu'en 1822 la carrière théâtrale, où trente années de services lui assuraient une double pension de retraite. A l'époque où le ministre François de Neufchâteau avait réuni en une seule société, les acteurs de l'ancienne ComédieFrançaise et ceux du théâtre de la République , Michot attaché désormais au ThéâtreFrançais proprement dit, s'était vu forcé d'abandonner presque entièrement l'emploi des valets , revendiqué par ceux des comédiens qui l'avaient tenu avant lui : il s'était contenté d'un certain nombre de rôles mixtes, qui lui donnaient peu d'occupation ; mais les auteurs de l'époque s'empressèrent de travailler pour lui, et ils eurent bientôt lieu de s'en féliciter. Ce fut ainsi qu'il eut une grande part à la réussite de la Belle fermière , comédie médiocre de mademoiselle Candeille, et qu'il contribua plus encore au brillant succès de la Jeunesse de Henri V, pièce dans laquelle il sut donner au personnage du capitaine Coop la physionomie la plus plaisante et la plus orignale. Ceux des autres rôles où il était assuré de plaire au public, par un adroit mélange de brusquerie et de sensibilité, étaient le Jean Buller, dans le drame des Deux Frères ; le père Dominique, dela Brouette du Vinaigrier; le Marin, des héritiers Casini , dans les Projets de mariage, et en dernier lieu le Michaud de la Partie de chasse de Henri IV. Il était parvenu à jouer ce rôle avec une bonhomie et une verve de gaieté rustique qui rappelaient Préville aux vieux amateurs. Il faut dire néanmoins que son talent parfait dans les comédies de genre était moins avantageusement placé dans les valets de l'ancien répertoire, où, comme le disait Grimod de la Reynière , sa chat pente osseuse de portefaix s'accordait mal avec l'agilité piquante des Frontin et des Mascarille. Michot jouait pour ainsi dire , d'instinct, avec une justesse d'intention , es naturel qui excluaient toute idée de calcul, et que son organe aussi souple que mordant faisait singulièrement valoir. On lui a souvent reproché de la paresse. En effet homme de plaisir avant tout , il avait peu de goût pour le travail ; aussi , ne le viton jamais disputer à ses camarades les rôles dont ils s'emparaient à son préjudice. Quoiqu'il ne fût pas musicien il tirait un trèsbon parti de sa voix, superbe bassetaille, et il se rendaitpar là fort utile à la société dont il était devenu le chanteur ciel. Ce ne fut peut-ètre pas moins à ce talent particulier de Michot, qu'à la belle musique de Méhul, qu'on dut attribuer dans le temps le succès populaire du chant guerrier que l'auteur de Guillaume le Conquérant avait mis dans la bouche du sire de Poitiers : Soldats français , chantez Roland , L'honneur de la chevalerie. On ne peut nier qu'en 1792 et en 1793, cet acteur n'ait paru partager les sentiments des révolutionnaires. 11 fut alors chargé de diverses missions par le comité de salut public, et l'auteur de cet article l'a entendu faire chaudement l'éloge dQ Marat, dans le temps, à la vérité, où le buste de ce misérable n'avait point encore été porté à l'égout Montmartre. Mais il y avait du comédien dans toute la conduite de Michot, et, s'il est vrai qu'il s'affubla du bonnet rouge , on ne l'accusa pas du moins d'avoir commis d'odieuses vexations. Ses opinions politiques, à supposer qu'il en eût réellement , étaient si flexibles qu'il accepta sans hésiter la direction particulière (lu théâtre de la Malmaison , à l'époque où , sous le titre de premier consul, le maître de ce château venait d'anéantir la république ; et l'on sait qu'après la restauration et pendant les centjours il se montra zélé royaliste. Du reste, il apportait dans la société ces manières rondes et joviales qu'on lui connaissait à la scène, et , comme il joignait à beaucoup d'esprit naturel une mémoire riche d'anecdotes , sa conversation était fort amusante. Il mourut à Paris le 23 novembre 1826
  • Antoine MIGLIETTA( 1763 - 1826) : médecin italien, naquit le 8 septembre 1763 à Carmiano, dans la terre d'Otrante. Après avoir fait son cours de collège à Lecce, il alla étudier la médecine à Naples sous . Il obtint ensuite une place de médecin à l'hôpital StJacques ; mais un concours s'étant ouvert peu après pour une chaire à l'université de Lecce, il saisit avec empressement cette occasion de rentrer dans une ville où il avait passé sa première jeunesse et qui était voisine de son pays natal. L'ayant emporté sur tous ses compétiteurs, il justifia le choix qu'on avait fait de lui par de savantes leçons sur la physiologie. Cependant le désir d'étendre ses connaissances le fit bientôt revenir à Naples, où il ouvrit un cours particulier qui attira de 'nombreux auditeurs et qu'il résuma plus tard dans son Cours d'études médicales. On reproche à Miglietta d'y avoir adopté sans examen les idées de Dumas de Montpellier sur la ph siologie ; mais la partie hygiénique est traitée avec talent, et fait regretter que la partie relative à la matière médicale n'ait pas été terminée. 11 traduisit peu de temps après l'ouvrage de Fodéré sur la médecine légale, avec des notes et des modifications exigées par la législation du pays. Miglietta contribua puissamment à l'introduction de la vaccine qui , malgré les encouragements de Ferdinand ler, rencontra d'abord à Naples la plus vive opposition. Nommé secrétaire perpétuel du comité central de vaccine, il entreprit de convaincre par des faits, et publia dans ce but un écrit périodique intitulé d'abord : Transunio medieo, puis Faseicoli caccinici. Miglietta fut, en récompense de ses services nommé protomédecin du royaume et professeur d'histoire médirale à l'université de Naples. Il fonda quelque temps après le Giornale medico napolitano, dans lequel il inséra beaucoup d'articles. Ce médecin mourut à Naples le 20 août 1826
  • Antoine MINARD : célèbre magistrat, était fils d'un trésorier général du Bourbonnais; il parut au barreau de Paris avec une telle distinction , que François lei le nomma avocat général à la chambre des comptes et l'honora de sa confiance. N'étant encore que président aux enquêtes, il fut mis à la tète de la commission chargée d'examiner la conduite du chancelier Poyet : mais le zèle qu'il montra dans l'instruction de cette affaire l'avilit aux yeux de tout homme impartial ; car il ne pouvait pas ignorer que les biens de la victime étaient promis d'avance au secrétaire Bayart, son proche parent. . Ses services furent récompensés par une charge de président à mortier au parlement; et, en 1553, il fut nommé curateur et principal conseiller de l'infortunée Marie Stuart, reine d'Ecosse. Son attachement, vrai ou feint , pour la religion, lui fit approuver toutes les mesures prises contre les protestants ; et l'on assure meme qu'il ne les trouvait pas assez vigoureuses. Il fut l'un des magistrats chargés de faire le procès à Anne du Bourg ; et malgré les récusatious multipliées de l'accusé, il continua de siéger parmi ses juges. Etonné de cet acharnement, du Bourg t'avertit que s'il ne se désistait pas , Dieu y pourvoirait et ne permettrait pas qu'il vit la lin de cette procédure. Quelque temps après, sortant du palais à la nuit close, Minard fut tué d'un coup de pistolet le 12 décembre 1559. Personne ne douta que l'assassin n'eût été aposté par les protestants : un Écossais nommé Robert Stuart fut soupçonné de ce crime et appliqué à la question ; mais il ne fit aucun aveu, et l'on se contenta de l'enfermer à Vincennes. Les restes de Minard furent déposés dans l'ancienne église des BlancsManteaux , où l'on voyait son épitaphe. Le parlement rendit une ordonnance portant qu'à l'avenir les audiences de l'aprèsmidi, depuis la StMartin jusqu'à Pâques*, s'ouvriraient à quatre heures. Cette ordonnance fut nommée la Minarde. Le portrait de Minard fait partie du Recueil de Moncornet. Mizauld publia un poeme de cent cers sur la mort de ce magistrat : In violentam et atrocem (- redent Ant. Minardi prœsidis inculpatissimi ncenia, Paris, Fréd. Morel 1559
  • Antoine MIZAULD( 1520) : médecin et astyologue était né vers 1520 à Montluçon ,petité ville du Bourbonnais. 11 vint achever ses études à Paris et y reçut ses degrés en médecine ; il avait appris dans le même temps les principes de l'astrologie l'Oronce biné, et à une époque où tout était encore conjectural dans l'art de guérir , il chercha les causes des maladies et leurs remèdes , non dans l'observation de la nature, mais dans la position des planètes entre elles ou à l'égard de la terre. Un jargon scientifique, et sans doute quelques cures heureuses , le mirent assez promptement en vogue. On apprend , par la dédicace d'un de ses ouvrages , qu'il était fort bien vu à la cour, et que la princesse Marguerite de Valois lui faisait l'honneur de l'admettre dans son intimité. Quelques vers, dans lesquels on lui donnait le surnom d'Esculape de la France , et les attentions dont il était l'objet , lui persuadèrent qu'il avait quelque chose de divin. Il abandonna la médecine comme une science trop vulgaire, pour se livrer entièrement à l'astrologie et à la rédaction de ses ouvrages, qui eurent un succès bien inconcevable aujourd'hui. L'illustre de Thou luimème en parle avec éloge , et il ose espérer qu'ils seront toujours estimés des juges compétents. Mizauld mourut à Paris en 1578. Sa réputation lui survécut longtemps. Vers le milieu du 17e siècle , le libraire P. Ménard avait formé le projet de publier le recueil des ouvrages de Mizauld niais il en fut détourné par Naudé, qui lui lit sentir qu'il garderait dans son magasin ce fatras d'inepties , de mensonges et de contes puérils . On ne s'attend pas à trouver ici la longue nomenclature des écrits de Mizauld ; Niceron en a rapporté les titres dans le tome 40 de ses Mémoires; on se bornera à citer les principaux : 1° le Miroir du temps , autrement dit Ephémérides perpétuelles de l'air, etc., Paris, 1547 rare et recherché de quelques curieux ; 2° Cometographia; item Catalogus cometarum usque ad annunt 1540 visarunt , cum portentis et eventis quce secuta sunt, ibid., 1549, Lalande dit que cette édition est 3° Planetographia ex qua ccelestium corporum cum humanis et astronontioe cura medicina societas et harmonia aperitur , Lyon 1551 traduit eu français par Montlyard ; 4° De mundi sphœra sive cosnzographia libri tres , Paris, 1552, 1567 C'est un poème dédié à Marguerite de Valois. 5° Nouvelle invention pour incontinent juger du naturel d'un chacun par la seule inspection du front et de ses linéaments, ibid., 1565 Cette invention n'était pas nouvelle puisque la Métoposcopie de Cardan a été publiée dès 1558, en latin et en français . 6° Memorabilium , utiliunt et jucundorum centurice lx arcanorunt, ibid., 1566 compilation réimprimée plusieurs fois avec des additions et des commentaires ; et enfin sous ce titre : dus redivivus sive memorabilium centurie xn, etc., Nuremberg , 1681 C'est un tissu de fables et de contes populaires. 7° Les Secrets de la lune , opuscule non moins plaisant qu'utile , sur le particulier concert et manifeste accord de plusieurs choses du monde avec la lune , etc., Paris, 1570 1571 au défaut de l'ouvrage, qui est rare, on en trouvera l'analyse dans les Mélanges tirés d'une grande bibliothèque. Il y a de choses bien singulières. 8° Historia liortensium opusculis methodicis contenta, etc., Cologne, •577. traduite en français par André de la Caille sous ce titre : le Jardinage de Mizauld, contenant la manière ( l'embellir les jardins et comment il faut enter les arbres et les rendre médicinaux, Paris, 1578 Cette traduction est rare et recherchée. Mizauld conseille dans cet ouvrage de préférer dans les maladies l'usage des plantes indigènes aux remèdes composés des apothicaires. Cette idée, qui trouva des partisans, le brouilla, diton , avec ses confrères. Ghilini a publié FE- loge de Mizauld dans le Teatro d'huomini letterati, t. ler. Ws.
  • Antoine MOHEDANO( 1561 - 1625) : peintre d'histoire, né en 1561 , à Antequera , fut un des plus habiles artistes qu'ait produits l'Andalousie. Son père seconda les heureuses dispositions qu'il annonçait, en l'envoyant à Cordoue suivre les leçons du célèbre Paul de Cespèdes, qui s'y était établi et I y avait fondé , en 1577 , une école de peinture, dans laquelle le jeune Mohedano fut le premier admis. Celuici ne tarda pas à s'y faire dist , entre tous ses condisciples , par la science de son dessin et la pureté de ses profils. Mais le travail de la peinture à l'huile était trop lent pour la fougue de son génie; il se livra presque exclusivement à la fresque , et obtint en ce genre la prééminence sur tous les peintres de son temps. La facilité de son exécution ne nuisait pas cependant à l'exactitude de son dessin. Avant de commencer un ouvrage , il le n'éditait longuement, faisait ses études d'après nature et modelait ensuite sa composition. C'est par cette méthode , qu'il tenait de son maître , que Mohedano apprit à donner à ses tableaux les effets les plus heureux , à y développer les contrastes les plus savants et à répandre sur tout l'ensemble cette lumière vive et naturelle qui donne tant d'éclat à ses ouvrages. Ses fresques, dans l'église et le couvent de StFrançois de Séville et dans la cathédrale de Cordoue, font le plus grand honneur à son talent. 11 fut aussi chargé de peindre , pour l'archevêque de Séville , quelques tableaux qui furent longtemps attribués à Louis de Vargas, l'un de ses plus habiles élèves. Les tableaux à l'huile qu'on doit à son pinceau sont moins estimés que ses fresques. 11 avait établi une école d'où sont sortis plusieurs artistes célèbres. Au talent du peintre il joignait la culture des lettres. On connaît de lui plusieurs sonnets, recueillis dans la collection des poésies espagnoles que Pierre Espinosa , son ami , publia à Valladolid en 1605 , sous le titre de Flores de poeias illustres de Espaita. Sur la fin de ses jours , hIoliedano se retira à Lucerna , où il mourut en 1625
  • Antoine MONGEZ( 1747) : archéologue , dit l'Ainé, afin de le distinguer de son frère Jean - André , qui périt avec la Pérouse, naquit à Lyon en 1747. Entré fort jeune dans la congrégation de SteGeneviève à Paris , il se dis- tingua par de rapides progrès et obtint la garde du cabinet d'antiques possédé par les religieux de son ordré. Ce fut là qu'il prit du goût pour la science archéologique , à laquelle il a consacré presque toute sa vie. Plusieurs Mémoires qu'il pu- blia successivement Ili firent beaucoup d'hon - neur et lui valurent d'être nommé , en 1785, membre de l'Académie des inscriptions et belles lettres. Lorsque la révolution éclata, Mongez s'en montra un des plus dévoués partisans ; il se lia d'abord avec les Girondins, notamment avec Cla- vière, puis avec David , Monge et Marat. Il re- nonça alors à ses fonctions ecclésiastiques et épousa mademoiselle Angélique Levol , peintre d'un talent distingué. Clavière, ayant été appelé au ministère des finances en décembre 1791, renouvela la commission administrative des mon- naies , et y fit entrer en mai 4-792 le chimiste Berthollet , le géomètre Lagrange et Mcmngez. Il s'occupa d'un projet de refonte des monnaies ; mais , ayant été révoqué le 12 juin 1792 , ce ne fut qu'après son retour au ministère, le 11 août suivant, qu'il y donna suite. Quelques membres du comité des finances de l'assemblée consul- tèrent sur ce projet Angot des Rotours , qui , en sa qualité d'ancien premier commis des finances chargé spécialement des monnaies, avait une longue et profonde ex- périence dans cette partie. Angot des Rotours dé montra que le projet de Clavière serait trèsnuisible aux finances et ne tendait qu'à enrichir ceux qui seraient chargés de le mettre à exécution. I,e projet fut donc ajourné ; mais le côté dit de la Montagne s'empara des arguments d'Angot lors de ses attaques contre la Gironde et de la mise en accusation de Clavière. Il parait que , dans la commission des monnaies, Mongez s'était déclaré pour le plan de refonte formé par ce ministre. .Aussi , quand les Girondins succombèrent , il se rapprocha de David , même de Marat. Après la mort de ce tribun , il fit faire par sa femme des copies du tableau de David , et en fit hommage au comité révolutionnaire de sa section et à d'autres établissements publics. On lui a reproché d'ailleurs ses procédés vexatoires envers d'anciens membres de la commission des monnaies ou d'anciens employés de cette administration. Il publia dans le Moniteur plusieurs articles, dans lesquels il démontrait l'utilité des réformes adoptées pour les poids, les mesures et les monnaies. En 1799, il rentra au Tribunat, mais il n'y resta que peu de temps. En 1804, il remplaça Diharrat dans l'adminiqration des monnaies. Après la restauration Mongez , qui appartenait à l'institut depuis sa formation, fut éliminé lors 10° Réflexions sur l'abus de quelques figures allégoriques employées en peinture et en sculpture, Paris, 1800 ; 11° Iconogra- phie romaine, Paris, 1812-1829, 3 vol . avec un atlas et des planches. Le premier volume est de Visconti, dont Mongez fut le continuateur. Il fut aidé dans ce travail par le garde ,des archives des affaires étrangères d'Hauterive, qui était son ami. Outre les ouvrages que nous venons de citer, il est auteur des explications de la Galerie de Florence, et d'u? grand nombre de dissertations sérées dans différents journaux ou recueils. La plupart sont relatives à l'archéologie et se trouvent dans les Mémoires de l'Institut. Une Notice historique sur la vie et les ouvrages de Monge,: a été lue par Walckenaer à la séance publique de l'Académie des inscriptions et belleslettres du 17 août 1849 , imprimée la même année, 11l-4°
  • Antoine MONNOT( 1765 - 1820) : anatomiste , né en 1765 à Besançon, fut reçu en 1788 membre du collége M. Grappin dit que Monnet fut attiré à Vienne par l'empereur Léopold, et qu'il y 'courut au commencement du 181 siècle; c'est une erreur : cet artiste n'a jamais quitté l'Italie. F de chirurgie de cette ville et nommé, l'année suivante , démonstrateur d'anatomie à l'université, dont la suppression le laissa sans emploi. il ne tarda pas d'être attaché au service des hôpitaux militaires et fut rappelé, en 1794, à Besançon, pour remplir la place de professeur d'accouchements, vacante par la mort de Nedey . Il ouvrit, à la même époque, un cours gratuit d'anatomie pour les élèves de l'école de dessin, et fut enfin désigné en 1807 l'un des professeurs de chirurgie de l'école secondaire de médecine, place qu'il a remplie avec beaucoup de zèle. Il est mort le 4 juillet 1820 , emportant les regrets des pauvres qu'il soignait dans leurs maladies avec un désintéressement extraordinaire. Monnot a publié différents opuscules Description d'une nouvelle machine pour obtenir l'extension continuée dans les fractures des extrémités inférieures, 1791 — Introduction à l'étude de l'anatomie, 1791 ; — Observations sur une grossesse de trompe, communiquée à l'académie royale de chirurgie, 1791; — sur le déchirement du col de la matrice dans l'accouchement, 1792; — sur une fistule biliaire et sur les succès obtenus'par l'emploi du cautère dans les maladies cancéreuses , 1793 ; — Précis d'anatomie à l'usage des élèves de l'école de dessin , 1799 , Observations sur l'hydrophobie, 1799 ; — sur une perte de sang et l'emploi du galvanisme , comme dernier moyen curatif dans ces sortes d'accidents , 1818. 11 a laissé imparfait un Manuel pratique des accouchements. Ws .
  • Antoine MONTCHRESTIEN : fils d'un apothicaire de Falaise nommé Mauchrestien , perdit son père étant encore trèsjeune, et à défaut de parents, eut pour tuteur un nommé St - André Bernier, qui, en qualité de proche voisin , fut condamné par justice à s'en charger. Mis au service de deux frères appelés Tournebu et Désessarts, il les suivit au collège et profita de l'occasion pour faire quelques études : à l'âge de vingt ans, il apprit l'escrime avec ses maîtres et montra son humeur querelleuse. Ayant eu une dispute avec le baron de Gourvilie ou Gouville, qui était accompagné d'un de ses frères et d'un soldat, il ne laissa pas de leur tenir tète à tous trois : mais il devait succomber dans un combat aussi inégal , et fut laissé pour mort. Il en réchappa toutefois; et ayant porté plainte contre ses adversaires , il obtint douze mille francs de dommagesintérêts. Cette somme lui donna les moyens de faire quelque figure dans le inonde ; et ce fut alors qu'il prit le nom de Vatteville. Lorsque les douze indic francs furent dépensés , il attaqua son tuteur en règlement de compte et en arracha mille francs. Il eut d'autres affaires peu honorables , et s'enfuit en Angleterre pour se dérober aux poursuites qu'on dirigeait contre lui, en raison d'un homicide qu'il était accusé d'avoir commis en trahison. Il avait en 1596 fait imprimer à Caen une tragédie intitulée Sophonisbe. Pour se faire bienvenir du roi Jacques , il imagina de composer et de lui dédier une tragédie sur la mort de sa mère , qu'il intitula i'L'eassaise ou le Désastre. Jacques, par reconnaissance , demanda à Henri IV la grâce du poëte, qui se retira vers la forêt d'Orléans et ensuite à ChâtillonsurLoire. Montchrestien y travaillait l'acier, et venait vendre ses Instruments à Paris. On croit qu'en même temps il fabriquait de la fausse monnaie. Sous le règne de Louis XIII, il prit parti pour les réformés , et il levait des troupes pour eux, chargé de délivrer des commissions d'officier ; il fut découvert le 7 octobre 1621 dans le bourg de Tourailles attaqué pendant la nuit, il se défendit vaillamment, et fut tué de plusieurs coups de pistolet. Son cadavre, transporté à Domfront , fut traîné sur la claie, rompu et brûlé. On a de lui : 1° Tragédies et au- Ires & tares, JeanPetit, 1600 Rouen, 1627 , contenant cinq tragédies : l'Ecossaise ou I, désastre; les Carthaginoises ou la Liberté ; les Lacères OU la Constance ; David ou l'Adultère ; Aman ou la Vanité; Susanne ou la Chasteté , peme , et mie Bergerie, en prose et àvingt et un personnages . Les éditions intitulées Tragédies d'Antoine dellontchrestien, Rouen, 1604, ou Rouen, 1606 contiennent de plus une tragédie intitulée Hector; mais on n'y a pas compris la Bergerie. 2° Traité de l'économie politique, dédié au roi et cl la reine mère 4°, sans date, etRouen, 1615 le premier livre traite des manufactures , le second du commerce , le troisième de la navigation , le quatrième et dernier de l'exemple et des soins des princes. Montchrestien avait traduit en vers français les Psaumes de David , et commencé une Histoire de Normandie ; mais rien n'en a été imprimé
  • Antoine MONTUCCI( 1762) : célèbre sinologue, naquit à Sienne le 22 mai 1762. Devenu orphelin dès ràge de cinq ans, il fut élevé au collège Massini et obtint à la lin de son cours. une bourse pour la faculté de droit à l'université de Sienne. 1l suivit les cours de jurisprudence et fut reçu docteur ; mais il se livrait en même temps , avec une ardeur incroyable , à l'étude des langues vivantes , étant , comme Montucla le disait de luimême , Io. possédé du démon de la polyglottomanie. Des 1785, il fut noninté professeur d'anglais au col- - o . Toloinei. L'année suivante, il se rendit à v nce avec de. Anglais auxquels il donnait ie des leçons de langues , y fit connaissance ;nec ltJosiali Wedgwood, et cet alti des arts le détermina icile??nt à venir, en 1789, dans l'espèce de co- iie qu'il avait fondée, sous le nom di' Nourelle- . _ Étrurie , dans le Staffordshire , pour donner des leçons d'italien à sa nombreuse famille. Se trou- diant à Londres en 1792, lorsqu'on faisait les Yekparatifs pour le départ de lord 3Iacartnt.? . Il apprit qu'on avait amené de Naples quatre élèv.•, missionnaires chinois qui, entendant le latin, devaient accompagner l'ambassade en qualité d'interprètes. Montucci, qui avait déjà commencé, sans autre secours que les livres de Fourmont, à étiidier la langtie mandarinique, écrie it en chinois à ces jeunes étrangers une lettre qui les mit en relation avec lui. 11 eut occasion de leur rendre quelques services et, par reconnaissance, ifs lui firent présent d'un exemplaire du précieux dictionnaire chinois Tching- tseu- thoung, qu'il eût été impossible de se procurer en Europe. Les fréquents entretiens que Montucci eut aser ces missionnaires, lui donnèrent , sur leur langue parlée, des connaissances que l'on chercherait en Sain dans les Iii ces. A quelques absentlys prés, il demeura dans la capitale de l'.‘ligleterre jusqu'en 1801, donnant toujours des leçons des diverses langues, sans interrompre ses études chinoises. Il forma dès lors le plan d'un dictionnaire chinois plus parfait et plus commode pour un Européen que tous cétit qu'on a imprimc',s à la Chine , ou que les lexiques manuscrits dont se ervent les missionnaires ; mais l'impression d'un tel ouvrage .' Europe était audessus des moytns d'un par. lier. 11 en communiqua le prospectus à di- - académies et aux souverains les plus zélés • encouragement de pareilles études. Le roi Prusse , auquel il avait envoyé un de ses puscules sur la littérature chinoise, fut le seul Ili l'honora d'une réponse; il n'en fallut pas da- ri vantage pour le déterminer à quitter la GrandeBretagne , où on le berçait depuis longtemps de vaines espérances entrevu élées de refus piquants. Il se rendit en 1800 à Berlin , mais Napoléon y arriva six semaines après, et le roi de Prusse, contraint d'abandonner sa capitale, eut à s'occuper de tout autre chose que d'un dictionnaire chinois. :ilontucci n'en continua pas moins ses travaux, toujours en donnant des leçons d'anglais et d'italien. Ce ne fut qu'en 1809 qu'il put faire v enir les dictionnaires et d'autres livres chinois qu'il avait laissés en Ecosse, et dès l'année suivante, il commença à faire graver en bols, à ses frais, 1., types des caractères de cette langue nécessaires pour l'impression de son grand dictionnaire. La netteté de ces types surpassa tout te giron avait exécuté en ce genre dans l'Occident. Professeur d'italien depuis huit ans à la cour de Berliii, il quitta cette capitale pour Dresde, où il fut accueilli avec beaucoup d'empressanent. C'est là qu'il acheva son grand ouvrage stir les caractères chinois. Après quarantedeux ans d'absetïté% Mon- turci rentra enfin dans sa èatrie. Il altà à home et fut reçu par le pape Léon tl, auquel il 'céda ses livres, ses manuscrits et ses t9es chitiois au nombre de vingtneuf mille. Il se retira ensuite dans sa ville natale , où il mourut le 25 mars 1829. il avait publié : 1° Poesie finora inédite del magnifie Lorenzo de' Mediri , qui copia les manuscrits à la bibliothèque de Florence. 2° Key to the flutiau , arec une Réponse aux auteurs de la; ; 1 n jr. t. ea. ... erirtc, Londres, 1801 ; 1 io Une Notice fitaillèe de l'Etangile chinois, ma- nuscrit conservé dans le British Museum ; 15° Notice d'un dictionnaire manuscrit chinois, latin et portugais ; 16° A complete History, etc., . On a tiré à part un trèspetit nombre d'exemplaires de ce curieux mémoire, qui est en anglais ainsi que les quatre précédents. 17° De studiis sinicis, Berlin, 1808, grand ; 18° Remarques philologiques sur les voyages en Chine de M. de Guignes , par un sinologue de Berlin, ibid., 1809 ; 19° Audi alteranz partem, ou Réponse à la lettre de M. de Guignes insérée dans les Annales des voyages, ibid., 1810 ; 20° Urchchih- tsze tees, etc., ou Examen comparatif des deux dictionnaires chinois entrepris par le révér. . Robert Morrison et AntMontucci , Londres, 1817 L'auteur y a joint une nouvelle édition des Nora' sinicœ de Morrison, et le texte chinois du San- tsi- king . 2P A full account of the shingyn or sacred edict of the translations of M. Milne and sir George Staunton , Londres, 1823
  • Antoine MORNAC : célèbre jurisconsulte, né près de Tours, débuta au parlement de Paris en 1580. Il demeura pendant trentequatre ans attaché au barreau et y recueillit d'honorables suffrages, parmi lesquels il compta celui du chancelier de Sillery. Son opposition aux ligueurs lui getira quelques persécutions ; il quitta Paris en 1591 pour se réunir à la majorité fidèle du parlement retirée à Tours , et ne rentra dans la capitale qu'après le rétablissement de ce corps par Henri 1V. 11 cultiva les muses latines au milieu des dissensions civiles qui affligeaient la France, et fit mème de ces troubles le sujet d'un poëme héroïque en 9 livres. Ses Ferle foreuses et illustrium togatorum ab annol: i00, ' Paris 1619 sont un cadre assez insignifiant où il passe en revue les gens de robe les plus distingués parmi ses contemporains. On a reproché à son style de la sécheresse et un ton ampoulé. Mort à la fin de juin 1620, il n'eut pas le temps d'achever son grand ouvrage sur le droit romain mis en rapport avec l'ancien droit français ; une partie de ce travail avait été publiée, de 1616 à 1619, sous le titre de Observationes in xxiv priores libros Digestoruin et in Iv priores libros Codicis. François Pinson, avocat, rassembla les notes rédigées par Mornac pour faire suite à ces premières observations, et les fondit dans une édition générale des oeuvres , depuis 1588 jusqu'en 1620 ; c'est proprement le journal des audiences de cette époque. On a imprimé à part un opuscule de Mornac de 24 pages, De frisa regni 1 vetoti narratione ex tnajoribus commentariis fragmentum , 1. 615 Une dissertation presque aussi courte de Vertot sur cette fabuleuse tradition de l'existence d'un royaume d'Yvetot a fait oublier l'extrait criticohistorique de Mornac
  • Antoine MORO ou MOOR( 1525 - 1568) : peintre , né à Utrecht en 1525, fut élève de Jean de Schooréel. Devenu trèshabile , surtout dans le genre du portrait , il vit la fortune seconder ses talents. Nommé, par la protection du cardinal de Granvelle, peintre de l'empereur CharlesQuint, il fut envoyé par ce prince en Portugal et en Angleterre pour y faire les portraits de plusieurs princes. Ayant complètement réussi, il revint en Espagne chargé d'or et de riches présents, et il reçut d'un de ces princes un ordre de chevalerie. Comblé des bontés de Philippe II, successeur de CharlesQuint, vivant même avec lui dans une grande familiarité, une indiscrétion lui fit perdre tous ces avantages. S'étant permis, un jour que le roi lui avait donné un petit coup sur l'épaule en badinant, de riposter avec son appuimain, il se vit obligé , dans un pays où l'étiquette est trèsrigoureuse, de s'éloigner et de retourner dans les PaysBas, où le duc d'Albe, qui en était gouverneur, le combla de bienfaits , lui et toute sa famille , pour laquelle il obtint des places et des canonicats. Si Moro s'est rendu célèbre par ses portraits, il a peint aussi des sujets d'histoire fort estimés, entre autres une Résurrection qu'on voyait au musée du Louvre, un St- Pierre et un St- Paul, qui étaient dans la collection du prince de Conti ; il y avait aussi deux beaux portraits de ce peintre dans la collection du duc d'Orléans, entre autres celui de Grotius. Le musée du Louvre possède aujourd'hui deux beaux portraits par Moro , l'un représentant un homme vètu de noir, la tète nue, la main posée sur une table, et l'autre, le portrait du nain de CharlesQuint. La touche de cet artiste est vigoureuse et ferme, son coloris d'une grande vérité et l'imitation de la nature parfaite. Moro termina sa carrière à Anvers en 1568
  • Antoine NALDI : théatin , né à Faenza d'une famille noble, se distingua dans son ordre par sa piété et son savoir. Il mourut à Rome en 1645. C'est à tort que le Dictionnaire universel, historique , etc. , fait naître et mourir le P. Naldi à Florence. On a de lui 1° Questiones practicoe in foro interiori usu frequentes, Bologne, 1610 ; 2° liesolutiones pradir? e casuum consrientier, in quibus pra'cipue de justifia contractus , litchi rulgo nuncupati , et de cambiis agisur, Brescia , 1621 ; 3° Adnotationes practirer ad raria juris pontifirii lora, Ruine, 16:32 ; 40 Suntma theologia, moralis , seu resolutiones practicoe notabiliores rasuant fere omnium conscientier , Brescia , 1623 ; Bologne, 1625. Si on voulait plus de renseignements sur ce pieux et savant religieux , on les trouverait dans l'ouvrage du P. Mittarelli, intitulé De litteratura farentina, p
  • Antoine NERI( 1500) : l'un des premiers chimistes qui aient écrit sur la fabrication du verre , était né à Florence vers le milieu du 16' siècle. Il embrassa l'état ecclésiastique, mais refusa constamment les emplois ou les bénéfices qui lui furent offerts, afin de pouvoir se livrer entièrement à son goût pour les sciences qu'on nommait alors occultes. Il visita la plus grande partie de l'Europe, s'arrêtant dans les principales villes, et habita longtemps Anvers. Partout il travaillait comme simple manipulateur dans les laboratoires des chimistes, quand il n'avait pas d'autre moyen de connaître leurs secrets. De cette manière , il fut témoin d'une foule d'expériences dont il se proposait de faire part au public; mais la mort prévint sans doute l'effet de ses intentions ; car le seul ouvrage que l'on ait de lui est le Traité de la verrerie. Il est intitulé : vetraria distinta in libri secte; ne' quali si scoprono maravigliosi effetti e s'insegnano segreti bellissimi del vetro nef. fuoco , ed altre cose curiose, Florence , Giunti , 1612 Cette édition est plus rare que recherchée. L'ouvrage de Neri a été reproduit à Venise en 1663 et en 1678 11 a été traduit en anglais par Merret et en allemand par Kunckel ; il en existe une traduction latine, imprimée en Hollande en 1668, avec les observations de Merret ; mais la meilleure de toutes est sans contredit celle qu'a donnée d'Holbach en français, avec les remarques de Merret et de Kunckel, et de nouvelles additions . Dans le premier livre, on traite de l'extraction des sels qui entrent dans la composition du cristal et du verre commun ; dans les trois suivants, de l'art de donner au verre toutes sortes de couleurs ; dans le cinquième, de l'imitation des pierres précieuses; et enfin dans le sixième , de la préparation des émaux. Quoique tous les arts dépeeidant de la chimie aient fait , surtout dans les dernières années du 18" siècle, d'immenses progrès, le traité de Neri mérite encore d'ètre lu, avec les remarques de ses différents traducteurs, qui confirment ou détruisent ses observations
  • Antoine NEUMAYR DE FLESSEN-SEILBITZ( 1772 - 1840) : historien et critique allemand, né à Vienne en 1772, mort près de Venise en 1840. Après avoir fait ses études à l'université et dans l'académie impériale Joséphine de Vienne , il servit dans l'armée autrichienne, contre la Porte et contre les Français, jusqu'en 1799. Il se mit alors à étudier la méde- cine à Padoue , où il se fit recevoir docteur. De 1804 à 1806, année de la création du royaume d'Italie , Neumayr était premier médecin du cor- don sanitaire de Venise, et enfin en 1824 commissaire supérieur de police à Vicence, fonc- tions qu'il a conservées jusqu'à sa mort. Une fois qu'il eut acquis la parfaite connaissance de l'italien, il n'écrivit plus que dans cette langue. Membre de presque toutes les sociétés littéraires et scientifiques de l'Italie, il fut encore reçu dans l'académie des Arcades à Rome, et dans l'Institut impérial de Bologne, en 1808. Honoré de l'amitié de Canova, Neumayr a fait connaître à l'Italie les plus célèbres artistes allemands. Les Italiens euxmèmes déclarent ses ouvrages sur la peinture et la gravure les plus complets en ce genre. Il a écrit : Pensées, ou Hymne au soleil, Padoue, 1802 C'est le seul ouvrage de Neumayr en allemand , mais auquel le comte François Pimbiolo a ajouté une traduction italienne en vers libres. — Mémoire physiologique sur la rie de l'homme , 1802 ; — Exposé des progrès de l'anatomie et de la physiologie en Allemagne, dans les années de 1790 à 1800, 1803 ; — Description pittoresque du Pré de la Vallée de Padoue, Padoue, 1807, 2 vol. ouvrage de luxe auquel cette cité ajoute un prix infini ; — Essai sur les meilleures estampes , d'après la galerie du maréchal Manfredini, Padoue, 1808 — Mémoire historique et critique sur la peinture Padoue , 181 j ouvrage de première distinction ; — Les artistes allemands, Venise, 1819- 1823 , 6 vol. ; — Vie et Œuvres d'Albert Durer, Venise , 1823 — Illémoire histori- rique , théorique et pratique sur les écoles de pe turc de Parme , Florence, Bologne, de l'Allemagne, de la Hollande et de la France , 1821 ; — Mémoire historique , théorique et pratique sur les écoles de peinture de Venise et de Parme , 1821 ; — Mémoire historique, théorique et pratique sur les écoles de peinture de Crémone, Ferrare , Gènes , Milan, Modène et Sienne , 1823 ; — Essai théorique et pratique sur la peinture de l'histoire , 1824 ; — Essai théorique et pratique sur la peinture mythologique, I 825 ; — Bouquet pittoresque, Vicence, 1826 ; — Mémoire pour servir à l'explica- tion de la généalogie d'Erérard IV, comte d'Alsace, et de Gontran, comte de Habsbourg, descendants de Bigorner en 940, et ancêtres de l'illustre maison ré- gnante de l'Autriche, 18'28 ; — Recueil de poésies en l'honneur de Neumayr, promu à la charge de commissaire impérial et royal supérieur de police à Vienne, deux éditions , l'une à Venise, l'autre à Trévise , 1824 Comme nous l'avons dit, tous ces ouvrages sont écrits en italien
  • Antoine NUCK( 1660 - 1692) : anatomiste, né en Allemagne vers 1660, s'établit d'abord à la Haye, où il exerça la médecine et la chirurgie avec succès, se livrant sans relàche aux recherches anatomiques les plus savantes. La réputation qu'il acquit sous ce rapport le fit appeler à Leyde, où il fut pourvu de la chaire d'anatomie et de chirurgie, et ensuite de la présidence du collège des chirurgiens. Indépendamment de ses leçons et de sa pratique , à ses travaux sur l'anatomie humaine il associa ceux de l'anatomie comparative. Il disséqua un trèsgrand nombre de sujets , dont il injectait les vaisseaux avec du mercure, les autres préparations usitées de nos jours étant alors inconnues. Les recherches multipliées de cet investigateur le rendirent célèbre et le placent parmi les médecins les plus remarquables du siècle où il vivait, et qui fut celui des plus grands progrès de l'anatomie. Nuck s'est surtout illustré par ses découvertes relatives aux glandes et aux vaisseaux lymphatiques. Il rectifia les er- reurs de ses prédécesseurs sur les plus importantes parties de l'organisme animal , et fit connaitre une foule de faits nouveaux et d'un grand intérêt, tant sous le rapport anatomique que sous celui de la physiologie. Si une mort prématurée ne l'eût pas enlevé à ces sciences en 1692, il est probable qu'il eût encore beaucoup contribué à leurs progrès. Ses principaux ouvrages sont 10 De rosis aquosis ° cuti, Leyde, 1685 ; 2° De durtu salirali novo ductibus aquosis et humore aqueo oculorum, ibid., 4685 12 ; le même ouvrage, SOUS le titre de Sialographia et durtuum aquosorum anatome nova , ibid. , 1695. Dans ce livre, Nuck décrit mieux qu'on ne l'avait fait jusqu'à lui l'appareil salivaire dans les animaux, et particulièrement dans le chien. Il démontra l'existence chez ce dernier d'une subdivision de la glande parotide , qui, située derrière l'orbite, donne naissance à un canal qui va percer le muscle buccinateur en même temps que le conduit de Sténon. Albinus s'est ensuite approprié sa découverte. Cet ouvrage, dans lequel Nuck expose le premier le procédé au moyen duquel on pratique la paracentèse de contient encore la découverte qu'il lit d'abord dans les yeux des poissons, ensuite dans ceux de l'homme, des minces artérioles qui , partant de l'artère carotide, se réunissent en cercle autour de la cornée transparente, et sécrètent, suivant lui, l'humeur aqueuse contenue dans la chambre antérieure de l'oeil. 3. Adenographia ruriosa et uteri foeminei anatome nova, cum epistola ad amirum, de intentis novis, Leyde , 1691 Maurice Van Revershost en a donné une édition en 17'23, augmentée d'une intéressante dissertation de l'éditeur, intitulée De motu bilis circulari. Cet ouvrage, qui est le plus remarquable de tous ceux de Nuck, contient : 1. une liste complète et fort exacte des diverses espèces de glandes; — 2. une description des vaisseaux lactifères des mamelles de la femme , dans laquelle l'auteur démontre l'anastomose de ces vaisseaux avec les artères ; il prouve qu'ils sont dépourvus de valvules et qu'ils se terminent par des canaux, au nombre de sept à onze dans chaque mamelon, et que ces derniers organes sont de structure fibreuse; c'est d'après ce fait qu'il veut expliquer leur érection; — 3. l'examen de la structure des glandes lymphatiques qu'il démontre ètre de nature fibreuse ; — 4. une série de faits qui prouvent que les vaisseaux lymphatiques naissent des artères qu'ils ne sont, en aucune manière, les vaisseaux extérieures des glandes , que leurs membranes jouissent d'une grande force dans certains endroits et que vraisemblablement il existe de ces vaisseaux dans l'encéphale , comme partout ail- leurs; 5. l'auteur donne les preuves de l'exis- tence des vaisseaux lymphatiques dans plusieurs organes , et part de là pour expliquer diverses maladies qui ne pourraient l'être sans cette connaissance. 4 Operationes a experimenta chirur- gica, ibid., 1692 Ce dernier ouvrage, qui a eu plusieurs éditions, atteste que Nuck s'adonnait avec un égal succès aux travaux anatomiques et à l'exercice de la chirurgie. Il décrit ici un procédé pour faire rentrer la hernie , lorsque la portion d'intestin qui la constitue ne peut point se réduire à cause du resserrement de l'anneau des muscles du basventre; ce procédé consiste à dilater l'anneau en y introduisant le doigt. Nuck donne encore la description d'une machine fort ingénieuse , inventée par lui pour redresser le cou, lorsqu'il se porte d'un côté par la rétrac- tion des muscles , comme cela peut avoir lieu à la suite de diverses maladies , telles que l'opis- thotonos ou l'emprosthotonos , ou même une habitude vicieuse. On trouve encore dans le mème livre la description d'un bandage fort , qu'on emploie avec succès dans le cas d'incontinence d'urine , et qui , appliqué au pénis, aplatit et oblitère le canal de l'urètre. Nuck est le premier qui ait proposé un cornet acoustique tourné en spirale et monté sur un pied, et dont on se sert pour faciliter l'audition. On lui doit l'invention de plusieurs instruments pour l'extraction des dents. La chirurgie lui doit encore des travaux utiles sur les maladies des yeux, de l'oreille, sur le cancer, sur les meilleurs procédés relatifs à la ponction de la poitrine et de l'abdomen. Tous les ouvrages de Nuck , hors le premier, ont été réunis en 3 volumes Lyon, 1722. FR.
  • Antoine OLIBA( 1560 - 1620) : jurisconsulte catalan, né en 1560 à Porta, village de la Cerdagne, mort à Barcelone vers 1620. Après avoir étudié le droit à Toulouse et Lérida , et pris ses grades à Perpignan en 1580, il fut nominé professeur à Lérida. Plus tard , vers 1600 , il alla à Barcelone , où il devint l'oracle du barreau de cette ville. Il y mourut comme avocat du roi à l'audience de Catalogne. Ses ouvrages sont trèsimportants pour la connaissance de l'ancien droit coutumier de cette province. Ce sont : 1° br jus usaticum, Barcelone, 1600 2' De jure fisci, ibid., 1600, in - 4° ; 3• Brcris summa regalium regis Aragonuni et comitis Barcinonensis, ibid., 160.1 De puritate principiorum juris romani in articulo de actionibus, ibid., 1606 50 Commentarius de jure usatico Catalonico in ar- ticulo de actionibus, ibid., 1606 Ces deux derniers volumes ont. été réunis en un seul, sous le titre : Commentarius de actionibus, Barcelone, 1606
  • Antoine ONOFRI : capitaine ou premier magistrat de cette république de StMarin qui offre encore au monde le singulier spectacle d'un Etat se soutenant par sa faiblesse, par sa pauvreté et l'exemple de toutes les vertus, au milieu de tant d'autres qui s'écroulent par l'excès de la puissance celui des richesses et de la corruption. Né vers le milieu du dernier siècle, d'une des familles les plus estimables de ce pays, Onofri fut plusieurs fois élevé aux premières fonctions de la république par les suffrages unanimes de ses concitoyens. Après avoir échappé aux périls de la conquète, la république de StMarin essuya cependant quelques agitations par l' de tant de révolutions qui l'environnaient, et ce fut par la sagesse et la fermeté d'Onofri qu'elle en repoussa les funestes conséquences. Ce digne citoyen y fut honoré et respecté jusqu'à sa mort, qui eut lieu au mois de décembre 1826, et fut une cause de deuil pour tous ses compatriotes. Un respectable vieillard , Ignace Belzoppi , son ami , célébra ses vertus dans une ode dont la simplicité et la force furent dignes d'un pareil sujet. La république s'était d'abord adressée pour cela à Pierre Giordani , l'un des hommes les plus éloquents de la péninsule italienne. Mais il était difficile que l'auteur d'un éloge fort exagéré de Napoléon se chargent d'une telle composition ; il refusa, et l'on s'en tint à l'oeuvre de Belzoppi
  • Antoine ONGARO( 1569) : poète italien, était né vers 1569 à Padoue . Ses talents l'ayant fait connaître de bonne heure, un prince de la maison de Farnèse, Mario, se déclara son protecteur et lui fournit les moyens de cultiver les lettres. L'Alceo, pastorale imitée de l'Antinta Ottavio Magnini, sous le nom académique d'Arsaccio, en publia ' une nouvelle édition, Ferrare, 1614 augmentée des intermèdes de Baptiste Guarini, avec leurs explications et des discours. Enfin elle a été réimprimée à la suite de l'Aminta, Padoue, Couina), 1722 précédée d'une notice sur l'auteur. Cette pièce a été traduite en français par Rolland Brillet : pescherie; en laquelle, sous le nom de pêcheurs, sont représentées plusieurs naïves passions d'amour, Paris, 1596 ; Rouen , 1602 , deux éditions également rares. Pour l'élégance de la versification , ainsi que pour le naturel du dialogue, cette pastorale est digne de la réputation dont elle jouit encore; 111 Selon son biographe et Creseinttcni. Mais A postolo Zeno , dans les notes sur la Bibliothèque de Fontanini, dit qu'Ongaro était de Venise , et il cite en preuve ce vers de son églogue intitulée Fillide: Adria è la patria mia, Garons il nome. Corons est bien évidemment l'anagramme d'Ongaro ; mais il n'est pas certain que le ponte ait sous co nom raconté ses propres aventures. L'édition de 1582, citée par quelques bibliographes, est imaginaire. S'il est vrai, comme le dit Crescimbeni , que l'Ongars mourut en 1599, à peine agé de trente ans, il n'en avait que douze en 1582; et ce n'est guère à cet tige que l'on est en état de composer des pièces de theitre. mais elle en•aurait obtenu davantage si l'auteur n'eût pas calqué sa marche sur celle du Tasse, au point de faire dire que l'Alceo n'était que l'Aminte au bain . 1Vs
  • Antoine OUDIN : fils aîné du précédent, le remplaça dans les fonctions d'interprète pour les langues étrangères. Louis XIII l'ayant envoyé en Italie , il séjourna successivement à la cour de Savoie et à celle de Rome , où le pape Urbain VIII le prit en amitié. En 1651, Louis XIV, surmontant son dégoût pour l'étude , voulut apprendre l'italien, parce que c'était la langue maternelle des trois nièces de Mazarin , qu'il aima tour à tour : Antoine Oudin eut l'honneur de lui donner des leçons. Il mourut le 11 février 1653. On a de lui : 1° Curiosités françaises, pour servir de supplément aux Dictionnaires, ou Recueil de plusieurs belles propriétés, avec une infinité de proverbes et de quolibets pour l'explication de toute sorte de livres , Rouen , 1649, 1656 2o Grammaire française rapportée au langage du temps, Paris, 1633, et Rouen, 1615 Baro , Duryer et plusieurs autres membres de l'Académie française récemment fondée citèrent cet ouvrage avec éloge. 3° Recherches italiennes et françaises, ou Dictionnaire italien- françois et français- italien, Paris, 1640, 2 vol. augmenté par Veneroni , Lyon , 1698; 1° Trésor des deux langues espagnole et française, ou Dictionnaire espagnol- françois et françois- espagnol, ibid., 1645 ; 5° Histoire des guerres de Flandre, traduite , probablement de la même famille que les précédents, fut attaché au fils de la célèbre marquise de Sévigné. C'est le même auteur que PRÉFONTAINE , nom d'un petit fief qu'Ondin possédait aux environs de Nemours, et sous lequel il a publié l'Orphelin infortuné, Paris, 1660 Ce roman n'ayant pas eu de débit, le libraire le reproduisit sous ce titre plus piquant : les Aventures tragi- comiques du sieur de la Gaillardise, ibid., 1662. On doit encore à C.F. Oudin : Recueil de pièces galantes , Paris, 1670, 3 vol: qui contiennent : les Amants trompés et les Dames enlevées ; le Praticien amoureux ; le Poêle extravagant; l'Assemblée des filous et des filles de joie ; 1' Assemblée des maitres d'hôtel; le Cavalier grotesque , et l'Apothicaire empoisonné. Ces ouvrages, quoique rares, sont peu recherchés, parce qu'ils n'offrent aucun intérêt ; on y trouve cependant quelques traits assez plaisants. LengletDufresnoy ne les à pas cités dans sa Bibliothèque des romans. — Un autre OUDIN , docteur en théologie , est auteur d'une traduction latine et française d'un discours de StJean Chrysostome, qui prouve que personne ne souffre ( le vrais maux que ceux qu'il se fait soi- même, 1664, F—T et W—s.
  • Antoine PACCHIONI( 1664 - 1726) : anatomiste, né en 166% à Reggio, réunit de bonne heure l'étude des mathématiques et de la philosophie spéculative à celle de la médecine et se distingua dans ces trois sciences. Devenu docteur, il fut attiré à Rome par l'illustre Malpighi , qui se l'adjoignit dans la pratique médicale. Les progrès du disciple furent rapides, et bientôt son maitre l'indiqua aux habitants de Tivoli , où l'élève exerça la médecine avec un tel succès, qu'au bout de six ans la réputation qu'il s'était acquise le ramena dans Rome,.où il ne réussit pas moins. A cette époque son génie prit une autre direction : le célèbre Lancisi brillait dans cette capitale et comme praticien et comme anatomiste ; il devint l'ami de Pacchioni, qui fut dès lors associé à ses travaux. Pacchioni disséquait avec une grande habileté et dut lui ètre fort utile. Travaillant ensuite pour son propre compte, il fit de nombreuses dissections, et ses recherches se dirigèrent spécialement sur le cerveau en général et sur la duremère en particulier. Il étudia les libres de cette membrane, et il établit qu'elles sont musculaires comme celles du cœur. auquel la duremère ressemble , sous ce rapport qu'elle partage le cerveau en quatre cavités ou ventricules. Outre la découverte d'une foule de rapports anatomis. ques de la duremère, soit avec la piemère, soit avec la masse encéphalique, soit avec les cordons nerveux , soit avec le crâne, Pacchioni lit celle des glandes lymphatiques propres à la première de ces membranes, situées aux enviruns du sinus longitudinal du cerveau. La physiologie eut part aussi à ses recherches; il lit une foule d'expé- riences remplies de sagacité, au moyen desquelles il reconnut que la duremère jouit de la sensibilité et de l'irritabilité musculaire. Telle est l'analyse des travaux et des opinions de cet habile anatomiste : les uns et les autres ont servi de texte à une foule de controverses, et BaFlivi , entre autres, a combattu ses assertions sur la nature musculaire de la duremère : mais ce médécin ingénieux ne savait point assez d'anatomie et il était trop peu exercé à manier le scalpel pour se constituer le juge d'un bornoie tel que Pacchioni. Toutefois , en mème temps qu'il les critiquait, Baglivi s'appropriait ses découvertes, et il les développait avec ce talent qui lui assigne une place élevée parmi les grands écrivains de la médecine. Quoi qu'il en soit, Parchioni figure au rang des anatomistes ini( , iiga- teurs les plus distingués du 17° siècle, bien vo, depuis , quelquesunes de ses théories aient été rangées parmi les hypothèses. Il mourut à Rome en 1726. Pacchioni n'a rien écrit sur la médecine proprement dite; mais il a composé une foule de mémoires sur l'anatomie et sur la physiologie, dont les principaux sont : P De dura' mains fa- brica et asti disquisitio anatomica, Rome , 1701 2" Dissertatio epistolctris de glandulis con- globatis dura, meningis huntana?, indeque ortis phaticis ad piani meningem productio, ibid., 1705 3° Disputationes bince illustrandis dura,- meningis et ejus glandularunt structuroe algue usi- bus concinnatce , ibid., 1713 avec les réponses de Fantoni, à qui ces dissertations étaient adressées; Dissertationes physico- anatonticce de dura meninge humana, novis experimentis et lucu- brationibus auctœ et illustrate e, ibid., 1721. Les ouvrages de Pacchioni ont été réunis et publiés à Rome, 1741, sous le titre d'Opera omnia, avec figures
  • Antoine PAGI( 1624 - 1699) : chronologiste , né en 16V, à Rogues, petit bourg de Provence, entra fort jeune dans l'ordre des cordeliers, par le conseil , il entreprit d'en relever les erreurs chronologiques, et, ayant fait imprimer en 1689 la première partie de son travail , il la présenta à l'assemblée du clergé, qui lui accorda une pension pour qu'il fût plus à même de le continuer. Le P. Pagi consacrait tous ses moments à l'étude. On ne pouvait le tirer de ses livres : « Attendez , disaitil, « voici la plus belle chose du monde » . Le genre de vie qu'il avait adopté détruisit sa santé, sans diminuer son ardeur pour le travail. 11 ne quittait plus son lit, mais il no cessait pas de lire et de dicter ses remarques à son secrétaire ; il refondit entièrement son premier travail, qu'il regardait comme un essai , et il eut la satisfaction de terminer ce grand ouvrage peu de temps avala sa mort, arrivée à Nice le 5 juin 1699. A une grande érudition, le P. Pagi joignait beaucoup de dou- ceur et de modestie : « Jamais, dit Longuerue, « je ne vis un si bon homme, si docile, si dévoué « à l'étude, si amateur de la vérité. » 11 était en correspondance avec Spanheim, Cuper, Dodwell, le cardinal Noris et l'abbé de Longuerue, dont les conseils lui furent trèsutiles . On a de lui : 1° Dissertatio hypatica seu de consulibus cœsareis, etc., Lyon , 1682 Le P. Pagi composa cette dissertation au sujet d'une inscription d'Aurélien , trouvée à Fréjus. Cette dissertation fut critiquée par l'illustre cardinal Noris, dans une lettre au P. Pagi , qu'il nomme le plus savant de ses amis . Malgré sa docilité habituelle, il ne crut pas devoir se rendre aux raisons de Noris ; et ayant découvert dans son couvent d'Aix le manuscrit des sermons de StAntoine de Padoue, De sanctis et de diversis, il les publia en 1685, Avignon avec une préface adressée à Magliabecchi , dans laquelle il s'efforce de justifier les règles de critique qu'il avait établies précédemment. 9.° Dissertation sur les consulats des empereurs romains ; c'est une nouvelle réponse à ses critiques ; 3° Critiea historico- ehrono- logica in Annales ecclesiasticos card. Baronii, Anvers , 1705, 4 vol. Cet ouvrage, auquel le P. Pagi doit toute sa réputation, a été réimprimé à Genève en 1724 ou 1727, et inséré dans l'édition des Annales de Baronius, Lucques, 1738 . On en trouvera une bonne analyse dans les Mémoires de Trévoux, septembre 1711. C'est l'abbé de Longuerue qui a rédigé l'Eloge de l'auteur, placé à la tète du premier volume, avec son portrait gravé par Seb. Barras. Ce premier volume avait déjà paru en 1689 à Paris, mais sur un plan moins étendu ; l'auteur, au lieu de s'attacher à Baronius, y suivait plutôt Sponde, son abréviateur. On trouve à la tète de ce volume une dissertation chronologique De periodo grœco- ronzana, que H. L. Schurzfleisch fit réimprimer avec quelques additions, Wittemberg, 1705 Cette période, dit Lenglet, convient mieux pour les supputations que la période ju- lienne, quoique composée des mèmes cycles. - PAGI , neveu du précédent, né en 1654 à Lambesc, annonça dès son enfance d'heureuses dispositions , que son oncle se chargea de développer. A son exemple, il embrassa la règle des cordeliers ; et, après avoir professé quelque temps la philosophie, il obtint de ses supérieurs la permission d'aider son oncle dans ses recher- ches chronologiques. C'est à lui qu'on est redevable de la première édition de la Critique des Annales de Baronius. Il continua de s'appliquer à l'étude de l'histoire ecclésiastique avec beaucoup de zèle. Ses talents et la douceur de son carac- tère lui méritèrent d'ètre élevé aux premiers emplois de la province. Une chute l'obligea de suspendre ses travaux littéraires ; il se fit transporter dans la maison de son ordre à Orange, où, après avoir langui onze ans, il mourut le 21 janvier 1721. On a de lui : Breviariuni historico- chronolo- yico- criticum, illustrium pontificuni Romanorum gesta, conciliorum generalium acta, etc. complec- tens , Anvers, Genève, 1717-1727, 4 vol. Cet ouvrage, dit LangletDufresnoy, est estimé et assez bien fait, quoique peu lu. Il a été réimprimé à Venise en 1739. On attribue encore au P. Fr. Pagi : Continuatio historice chronologicoe ab Alexan- dro XII usque cul Innocentium XII, Lyon , 1694 C'est la suite de l'Histoire chronologique des papes, par le P. Franc. Carrière, cordelier de la ville d'Apt , en Provence. — PAGI , neveu ,du précédent, entra aussi dans l'ordre des cordeliers, et l'aida dans ses travaux historiques. Il termina son Histoire des papes, dont il fut l'éditeur. On peut consulter, pour plus de détails, outre les auteurs déjà cités, les Mémoires de Niceron , t. 1", 7 et 10 ; le Dictionnaire de Chaufepié , et surtout Bougerel : Mémoires pour servir à l'histoire de plusieurs hommes illustres de Pro- vence. — PAGI , de la mème famille que les précédents, était né à Martigue vers 1690. Après avoir terminé ses études avec succès, il fut admis chez les jésuites, mais il en sortit avant d'avoir prononcé ses derniers vœux, et fut pourvu d'un canonicat du chapitre de Cavaillon, dont il devint prévôt. L'abbé Pagi s'appliqua à la culture des lettres, et publia : 1° Histoire des révolutions des Pays- Bas, Paris, 1727, 2 vol. ; " 2° His- toire de Cyrus le Jeune et de la retraite des dix mille, avec un discours sur l'histoire grecque, ibid., 1736 Les rédacteurs de la Biblio- thèque d'un homme de goût trouvent cet ouvrage bien écrit ; mais l'auteur des Siècles littéraires de la France dit que le style en est ampoulé, diffus, romanesque, et trèssouvent négligé. L'auteur promettait une Histoire d'Athènes, dont sa mort prématurée a privé le public
  • Antoine PECQUET( 1704 - 1762) : grand maître des eaux et forêts de Rouen, et intendant de l'école militaire en survivance, naquit à Paris en 1704, et y mourut le 27 août 1762. Il paya son tribut à la fécondité littéraire de son siècle; fécondité malheureuse qui excita si souvent la mauvaise humeur de Voltaire. Il est convenable de distinguer parmi les productions de Pecquet son traité des Lois forestières de France, Paris, 1753. 2 vol. La législation n'ayant subi que de trèslégers changements sur cette matière, l'ouvrage de Pecquet a conservé son utilité, quoique tes écrits récents et plus courts de M. Dralet soient d'un usage plus général. Nous devons encore au grand maître des eaux et forêts : P une Analyse de l Esprit des lois, inutile comme toutes celles qui ont été données du chefd'oeuvre de Montesquieu, excepté celle de d'Alembert ; l'Esprit des maximes politiques , 1.756 , 3 vol. in -12; 3° l'Art de négocier ; 4' Pensées sur l'homme, la Have, 1738 5° Discours sur l'emploi du loisir, Paris, 1759 6° Parallèle du cœur, de l'esprit et du bon sens, ibid., 1740 7° des traductions du Pastor fido de Guarini, de l'Amie, du Tasse et de l'Arcadie de Sannazar
  • Antoine PÉROWSKY( 1795) : le troisième frère , romancier russe, né vers 1795 à Kharkov. Il s'est fait connaître comme auteur de romans et nouvelles sous le pseudonyme d'Antoine Pogolebsky. Un des plus intéressants porte le nom de Demoiselles élevées dans Un couvent. Nous ne savons pas s'il vit encore
  • Antoine PECCOT( 1766 - 1814) : poète et fonctionnaire public, naquit à Nantes le 30 décembre 1766, et par de solides études, autant que par l'énergie de son caractère, se plaça de bonne heure parmi les hommes les plus distingués. Partisan zélé de la révolution de f789, niais ami de l'ordre, homme pur et désintéressé, il fut nommé en 1792 fun des administrateurs du département de la LoireInférieure. En 1793, il se prononça avec autant de franchise que de courage contre l'anarchie qui déchirait la France. Victime de son dévouement, il fut mis hors la loi, proscrit, et fit ensuite partie des cent trentedeux Nantais qui, traînés de prison en prison jusqu'à Paris, et réduits par la mort, après neuf mois de reclusion , à quatrevingtquatorze, furent traduits après le 9 thermidor devant le tribunal révolutionnaire qui, effrayé du nombre des victimes, n'osa pas les condamner. De retour à Nantes, il contribua puissamment par son son courage et son activité, à appeler la vengeance des lois sur Carrier . Ce fut lui qui, lors de la discussion, transmit à la convention nationale des preuves écrites de plusieurs assassinats que ce proconsul avait fait exécuter. A cette époque, Peccot fut nommé, par les nouveaux représentants du peuple, l'un des administrateurs du district de Nantes. Il devint ensuite membre du jury de l'instruction publique et du conseil général du département, et ce fut en cette qualité qu'il se rendit deux fois à Paris, dont une avec son ancien ami et compatriote Huet de Coêtlisan , comme chargé de représenter auprès du gouvernement les intérêts du département de la LoireInférieure. Sous le consulat, il fut nommé commissaire à la monnaie de Nantes, et il conserva cette place sous l'empire jusqu'à la restauration, qu'il ne lit qu'entrevoir, car il mourut le 22 juillet 1814. Peccot a laissé le souvenir le plus honorable dans sa patrie. Dans ses moments de loisir, il cultivait la poésie et la littérature. Il fut, en 1798, un des fondateurs de la société des sciences, arts et lettres de la LoireInférieure; mais telle était sa modestie qu'il n'a rien publié de son vivant, à l'exception de quelques discours relatifs à l'administration et imprimés dans divers journaux de la LoireInférieure. Parmi les manuscrits qu'il a laissés, deux seulement ont été mis au jour : 10 Les puérile, arentures de Nicolas Riant, Nantes, 2 vol. 2° Chapitres en vers, publiés par son fils , A. Peccot , libraire à Nantes , 1832 C'est un recueil de poésies qui se dist par la variété, l'originalité et le francparler d'un homme qui n'écrit que pour son plaisir, sans entraves, sans principes et sans autres règles que celles de la versification
  • Antoine PEREZ( 1585 - 1672) : jurisconsulte espagnol , naquit vers 1585 à Alforo , sur l'Ebre. Son père l'emmena dans les PaysBas, où il accompagnait l'infante Isabelle, épouse de l'archiduc Albert, au service de laquelle il était•attaché. Perez se partagea dans ses études entre Bruxelles et Louvain. Il voyagea ensuite en France et en Italie ; de retour à Louvain, eu 1614, il occupa une chaire de droit. Un emploi lucratif d'intendant militaire l'arracha, six ans après , à ses fonctions; mais le prompt licenciement de l'armée le rendit à l'université. Perez prolongea sa carrière dans les travaux de l'enseignement, célébra son jubilé en 1656, perdit la vue l'année suivante et mourut le 19 décembre 1672. Taisand rapporte sa mort à l'année 1611 , trompé par une épitaphe du cloître des Petits - Célestins de Paris , où fut enterré le secrétaire de Philippe II. On a de lui 1" Jus publicum quo arcana et jura principum exponuntur, Amsterdam, 1657 ; 2° Institutiones inzperiales erotentatibus distinetœ, Louvain, 1634, 1639 ; Amsterdam , Elzevir , 1647 ; ibid., 1652, 1657, 1662, 1669 ; Venise, 1670; Paris, 1671-1682 3° tlnnotationes in Pandectas, Amsterdam, Elzevir , 1669 ; Venise , 1738 , fol. Ces notes ne portent que sur les vingthuit premiers livres du Digeste. 4° Annotationes in Codicem, Louvain , 1642; Amsterdam , Elzevir , 1661. C'est le plus estimé des travaux de Perez. On peut voir dans Rotermund , continuateur du Supplément d'Adelung sur Joecher, , la liste de ses autres ouvrages
  • Antoine PESNE( 1683 - 1757) : neveu du précédent, élève
  • Antoine PETIT( 1718 - 1794) : un des plus célèbres médecins de son époque , et le plus habile comme professeur et comme praticien , naquit à Orléans en 1718, et mourut à Olivet, près de cette ville, le 21 octobre 1791. Son aïeul, notaire à Marienbourg , petite ville du Hainaut français, mourut sans fortune et laissa deux fils en bas âge. La veuve épousa le clerc de l'étude, qui eut la barbarie de mettre ces deux enfants à l'hôpital. L'aîné ayant appris à bien écrire, son beaupère, dans de simples vues d'économie , le prit dans son étude en qualité de son unique clerc, et à sa mort ce jeune homme lui succéda dans sa charge. Quant au second fils , il devint tailleur, fit son tour de France et alla s'établir dans la ville d'Orléans. Il avait épousé dans ses voyages une demoiselle Masson, de laquelle naquit Antoine Petit, à qui son père , quoique pauvre , fit faire de bonnes humanités à Orléans. Au sortir du collège, le jeune Petit s'adonna à l'étude de la chirurgie, et, après quelques années , alla se perfectionner à Paris. Plein d'aptitude et d'ardeur pour le travail , il sut profiter des ressources que lui présentait cette capitale ; et il y acquit des connaissances aussi solides qu'étendues eu anatomie, en chirurgie, en médecine et dans l'art des accouchements. Il ne tarda pas à se livrer à l'enseignement de toutes ces parties, ce qui le mit en grande réputation. Mais il était pauvre et ne pouvait satisfaire aux frais énormes de sa réception , soit dans la faculté de médecine, soit au collége de chirurgie, l'une et l'autre corporation exigeant à cet effet deux mille écus. Il était d'usage dans ces deux compagnies d'admettre provisoirement, sans frais, les candidats qui, n'ayant point de fortune , montraient des talents remarquables, moyennant l'engagement qu'ils contractaient de solder le montant de leur réception lorsqu'ils en auraient les moyens ; ce qui s'appelait être reçu ad meliorem fortunam. Le collège de chirurgie offrit cette condition à Petit , qui n'avait point encore pu l'obtenir de la faculté. Toutefois celleci , appréciant la perte qu'elle allait faire, ouvrit ses portes au candidat qu'une rivale voulait conquérir ; Petit fut reçu docteur régent en 1746. Il accrut chaque jour sa renommée comme praticien et comme professeur, faisant marcher de front avec l'exercice de la médecine et de la chirurgie l'enseignement de ces sciences , et celui de l'anatomie et de l'art des accouchements. Quoique particulièrement. livré à la médecine, on le vit faire plusieurs grandes opérations de chirurgie avec beaucoup d'habileté. Il voulait prouver qu'un médecin doit être en état, par ses connaissances, de pratiquer_ toutes les opérations qu'il juge convenables. La sèreté de son tact dans le diagnostic _des maladies organiques le fit distinguer parmi les plus habiles médecins de son temps comme le premier d'en- tre eux ; aussi son cabinet de consultation ne désemplissait point , et l'on venait de toutes les partieS de la France et même de l'Europe pour lui demander des conseils comme à un autre Boerhaave. Ce fut sa haute réputation comme praticien qui fit admettre Petit à l'Académie des sciences en 1760 ; car alors il avait seulement donné une édition des OEuvres de Palfin, et présenté à cette compagnie deux mémoires, l'un sur un cas d'anévrisme , l'autre sur deux des ligaments de l'utérus. Vers 1768 , la chaire d'anatomie au jardin du roi étant devenue vacante par la mort de Ferrein, Petit l'obtint et l'illustra. L'anatomie ne fut pas l'unique sujet de ses leçons , il y joignit des notions étendues sur les accouchernefits , et surtout des considérations profondes sur les points les plus importants de la médecine interne. La clarté et la fécondité de sa diction ajoutaient un nouveau prix aux préceptes du professeur. Jamais on ne vit une telle affluence d'auditeurs que celle qu'il attirait au jardin du roi. L'amphithéâtre, qui pouvait contenir huit cents personnes, ne suffisait point à ses nombreux disciples ; et l'on voyait des hommes de tout âge encombrer l'ouverture des croisées pendant ses leçons, qu'il variait incessamment , soit en citant des faits de pratique, soit en se livrant à des digressions où brillaient à la fois la sagacité de l'observateur et une saine critique. Souvent on le vit déclarer la guerre aux apothicaires de son temps qui , abusant de leur ministère, exer-çaient la médecine sans la savoir. Les médecins de l'àge suivant qui furent les plus éminents sortirent de cette école célèbre. La rue StVictor, où Petit habitait, naguère solitaire, comme elle l'est devenue depuis , offrait alors le spectacle d'une foule de voitures : c'étaient celles des personnes qui allaient le consulter. Vers 1776, absorbé par sa clientèle et désirant goûter quelque repos , ce grand médecin se retira dans une jolie maison qu'il avait à FontenayauxRoses, et ne consacra plus que trois jours par semaine à ses malades de Paris. Le besoin de l'indépendance le fit alors renoncer au professorat ; et il se fit suppléer dans sa chaire par Vicqd'Azyr, un de ses élèves les plus distingués. Cependant Buffon , malgré l'estime qu'il portait à ce dernier, pensa qu'il était de l'équité de donner la préférence à M. Antoine Portal, qui avait sur son compétiteur l'avantage d'avoir suppléé Ferrein dix ans auparavant. D'ailleurs Vicq - d'Azyr n'était point praticien : Portal l'était; et Buffon estimait qu'on devait enseigner avec d'autant plus de succès la théorie d'un art à la pratique duquel ou était habitué à se livrer. Portal fut donc adjoint à Petit, que cet événement contraria doublement, et à raison du désappointement de son disciple, et parce qu'il n'aimait point Portal. La fortune de Petit était considérable ; il voulut, n'ayant point d'enfants , en consacrer une partie à des établissements utiles. Il fonda dans la faculté de médecine de
  • Antoine PETROZ( 1781 - 1859) : médecin français, né à Montmélian le 2 juillet 1781. Issu d'une famille bourgeoise, il étudia de bonne heure les sciences naturelles, particulièrement la botanique, fit ses études médicales à Lyon, y fut à l'HôtelDieu , et en 1808 se fit recevoir docteur en médecine à Paris , où il se fixa. Dès ses débuts, il fut distingué par les médecins illustres du commencement de ce siècle, Hallé, Corvisart , Dubois ,.Marjolin , etc. , qui l'associèrent à la rédaction du grand Dictionnaire des sciences médicales. Ses succès, la certitude de son diagnostic, la sûreté exceptionnelle de son pronostic lui assurèrent bientôt une clientèle de premier ordre. En 1832 , à la fin de l'épidémie du choléra , il fut luimême atteint par le fléau et n'échappa à la mort qu'en s'administrant deux doses de l'émétine brune du Codex. Sa guérison fut pour lui un trait de lumière. Deux de ses anciens condisciples, les docteurs Desaix, de Lyon , et du Fresne, de Genève, pratiquaient déjà l'homceopathie ; ils l'ini- tièrent à cette méthode nouvelle. A partir de ce moment, le docteur Petroz n'hésita plus. Au risque de compromettre une position considérable, laborieusement acquise; au risque de rompre des amitiés anciennes, il embrassa hautement la réforme thérapeutique qu'il fit pénétrer nonseulement dans les classes éclairées auxquelles appartenait la presque totalité de sa clientèle, mais aussi dans les classes pauvres, en fondant un dispensaire auquel il consacra une partie de son temps, et parmi les médecins, en s'associant , soit comme fondateur , soit comme collaborateur, à diverses publications : le Journal de la société homœopathique , la Revue rétrospective de matière médicale pure, la Clinique homœopathi- que du docteur Beauvais de StGratien, le Journal de la société gallicane de médecine honueopathique, la première traduction du Manuel homœopathique de Jahr. Le docteur Petroz est mort à Paris le. 29 août 1859
  • Antoine PEYROL : et non pas PEyRoT, ainsi qu'on le voit dans les Bibliographies de Pierquin et de Mary Lafon , poëte proven-çal, marchand de bois et menuisier. On sait trèspeu de choses sur sa vie. Il est né à Avignon , dans la paroisse de StGeniès , vers le commencement du dernier siècle. Les registres de sa paroisse ayant été brûlés, il a été impossible de découvrir son acte de naissance. Il se maria en 1733 avec MarieAnne Isoard ; sa femme ne jouissait pas d'une grande fortune , si l'on en juge par l'inventaire de ses meubles, dont la valeur s'élève à la somme de nonante- sept liures et dis sous monnoye de France. On suppose que Peyrol est mort en 1780. On conne son testament, daté du 2 juin 1779. — Ce poëte a composé des noëls et des chansons en dialecte du comtat Venaissin. Les poésies de Peyrol, fort goûtées le long du Rhône et de la Durance , ont souvent occupé les imprimeurs . On trouve de la verve et de l'originalité dans ses noëls. Il y a de la finesse et de la gaieté dans ses chansons. On rencontre çà et là dans ses poésies religieuses des détails curieux sur les anciennes églises, les couvents et les rues d'Avignon. Peyrol aimait passionnément sa langue maternelle , sa ville natale et les moeurs de son pays. En général , ses compositions manquent de correction et d'atticisme. Il écrivait sans recherche et sans prétention. Ses noëls sont à une immense distance de ceux de Saboly . — La première édition des oeuvres de Peyrol est sans date , Avignon, chez AntoineIgnace Fez , imprimeur du saintoffice. Elle renferme quarante et un noëls, trois chansons et trois rocantins. Elle présente I feuillet, 155 pages et une table. L'édition la plus connue est la suivante : Recueil de Noëls proven-çaux, nouvelle édition, revue et exactement corrigée par le fils de l'auteur, Avignon, 1791 de 132 pages. Elle contient aussi quarante et un noëls et trois rocantins, mais quatre chansons. Les rocantins sont sur la veille de Noël, sur le carnaval et sur le carême; les chansons sur les maux causés par l'inondation de 1755 , sur la prise de PortMalion en 1756, et sur l'inondation de 1758. Cette édition est la seule mentionnée par Quérani dans la France littéraire. Il existe deux autres éditions, une de 1791 Avignon , et une de 1828, Avignon , chez Jean Chaillot, 248 pages. En 1852, on a réimprimé les noëls de Peyrol dans l'ouvrage intituléLi noué dé Saboly , Peyrol é J. Roumanille, enté dé vers deReboul Avignon
  • Antoine PIÉTREQUIN( 1577 - 1661) : d'une ancienne famille de Langres , naquit le 28 mars 1577 dans cette ville, où son père était lieutenant criminel. Il embrassa l'état ecclésiastique et fut nommé chanoine de la cathédrale de Langres en 1595. Cinq ans après, il entra au collège de Navarre pour y compléter ses études théologiques, et revint à Langres , où il fut nommé grand vicaire et archidiacre du Tonnerrois. Le cardinal de la Rochefoucauld , grand aumônier de France , le choisit aussi pour son vicaire général. Piétrequin s'efforça de combattre les doctrines de la réforme dans des conférences qu'il eut avec des ministres protestants ; il réfuta aussi les principes du protestantisme dans de nombreux sermons, et fit imprimer les ouvrages qui suivent : 1° Response à la résolution et briève décision de François Monginot , médecin, sur les doutes et controverses d'entre l'Église reformée et la romaine, Paris, 1617 et 1624. Cet ouvrage est dédié à Sébastien Zamet, évêque de Langres. 2' L'Unité de la religion défendue contre l'ancienne hérésie, pluralité et inderence de religion introduite par les hérétiques de ce temps, Paris , 1624 Piétrequin avait composé plusieurs autres ouvrages qui sont restés manuscrits. Il mourut à Langres en 1661
  • Antoine PIGAFETTA( 1400) : ami et compagnon de Magellan, dont il partagea les dangers et la gloire, appartenait à une famille noble qui tirait son origine de la Toscane ; il naquit à Vicence vers la fin du 15c siècle et dut probablement le jour à ce Matthieu Pigafetta , docteur et chevalier, qui fut souvent employé dans l'administration publique de sa patrie. Pigafetta lut trèsjeune les relations des voyages des Portugais et des Espagnols : elles décidèrent sa vocation. Il se livra avec ardeur à l'étude de cette partie des mathématiques qui a rapport à la navigation. Il était à Rome pendant que les cours d'Espagne et de Portugal traitaient la grande affaire de la propriété des Moluques. On sait que CharlesQuint calcula qu'il valait mieux les céder à Jean 111, roi de Portugal , pour cent cinquante mille pistoles , ce qu'il fit ; on sait encore qu'il s'en repentit et qu'il prit le parti d'y envoyer une esca- dre par l'ouest , sous les ordres du célèbre Magellan. A peine Pigafetta , qui avait suivi en Espagne François Chiericato , ambassadeur de la cour de Rome , futil informé des préparatifs de l'expédition , qu'il se rendit à Barcelone pour obtenir de Charles la permission d'être du voyage. a Je savais, ditil, par les livres que j'avais lus et « par mes entretiens avec les savants qu'en na- « vigilant sur l'Océan on y voyait des choses mer-« veilleuses ; je me déterminai à m'assurer par a mes propres yeux de la vérité de tout ce qu'on a en racontait, afin de pouvoir faire aux autres le « récit de mon voyage, tant pour les amuser que « pour leur etre utile, et me faire en meme temps « un nom qui parvint à la postérité. » La permission qu'il demandait lui fut accordée. Muni de lettres de recommandation , il s'embarqua pour Malaga, d'où il se rendit par terre à Séville et attendit trois mois avant. que l'escadre fût en état de partir. Elle quitta Séville le 10 août 5f9, descendit le Bétis jusqu'à SanLucar, où elle compléta son armement ; et le 20 septembre suivant elle fit voile de SanLucar sur l'Océan en se dirigeant vers l'ouest. Elle était composée de 5 vaisseaux, dont quatre avaient pour capitaines des Espagnols ennemis de Magellan; circonstance qui influa puissamment sur les résultats de l'expédition. Nous n'en répéterons pas les détails, qu'on peut voir à l'article MAGELLAN. Nous ne nous occuperons que de ce qui concerne plus particulièrement Pigafetta. Volontaire à bord de l'escadre et n'étant assujetti à aucun service, il écrivit jour par jour les événements de cet étonnant voyage. Sa constitution robuste et sa sobriété le préservèrent des maladies qui firent périr un si grand nombre de ses compagnons, et sa bonne santé lui permit de suivre son travail sans un seul jour d'interruption. Il combattit courageusement à côté de Magellan à la fatale affaire de Zebu ; et la blessure qu'il y reçut, en l'empêchant de se rendre le surlendemain au fatal dîner du roi chrétien de Pile, lui sauva la vie. Il échappa également à la contagion qui dévorait ses compagnons depuis le départ des Moluques, et il eut le bonheur d'être un des dixhuit navigateurs qui abordèrent à Séville le 8 septembre 1522, après un voyage de 1180 jours pendant lesquels le journal compta quatorze mille quatre cent soixante lieues de route. On sait que leur vaisseau fut hissé sur le rivage, comme un monument de l'expédition la plus hardie que les hommes eussent encore achevée ; expédition qui , comme le dit Bougainville dans le discours préliminaire de son propre voyagé, démontra physiquement , pour la première fois, la sphéricité et l'étendue de la circonférence de la terre. A peine débarqué, Pigafetta se rendit en pèlerinage à l'église NotreDame de la Victoire avec ses compagnons, tous pieds nus et un cierge à la main, pour s'acquitter d'un voeu qu'ils avaient fait dans un moment de détresse. Il partit quelques jours après pour Valladolid , où il présenta à CharlesQuint une copie de son journal , écrite de sa main. Il alla ensuite en Portugal faire le récit de son voyage au roi. De là il se dirigea vers la France et eut l'honneur d'être présenté à la régente , mère de François Pr, à laquelle il offrit quelques curiosités naturelles. Il revint enfin en Italie, où il fut parfaitement accueilli du pape Clément VII, qui était alors à Monterosi. Ce fut à la prière du pontife et à celle de Ph. de Villiers de , grand maître de Rhodes, qu'il écrivit, vers cette époque, la relation cir- constanciée de son voyage d'après ses notes originale. Il la dédia au grand maître, auquel il s'é- tait consacré tout entier, ainsi qu'il le ditluimême. Il remit au pape une copie de cette relation et en envoya une autre à la reine Louise de Savoie, régente de France. Ce n'était point la répétition du journal qu'il avait présenté à l'Empereur, mais un récit fort étendu, l'histoire, en un mot, de la célèbre expédition dont il avait fait partie ; et comme dans cette relation Pigafetta ajoute toujours à son nom le titre de chevalier, il faut en conclure qu'il l'écrivit après le 3 octobre 1524, jour où il fut créé chevalier de Rhodes. Il devint commandeur de Norsia. On présume qu'il passa le reste de sa vie dans un honorable repos. L'Italie même n'apprend plus rien de lui et ne nous fait point connaître l'époque de sa mort. Il parait toutefois qu'il termina ses jours dans sa patrie. On voit encore à Vicence sa maison dans la rue de la Lune ; elle est d'une architecture gothique ses ancêtres l'avaient fait ber en I 481 . A son retour, il en fit orner la porte par un feston de roses où étaient sculptés ces mots : Il. n'est, rose. sans. espine ; allusion à la gloire de ses voyages et aux maux qu'il avait éprouvés. Pigafetta n'en déplaise à Marzari, qui en fait un prodige d'érudition, n'avait que la science de son temps, comme on peut s'en convaincre par le traité de navigation qu'il écrivit après son retour et probablement dans ses dernières années. L'on voit par cet ouvrage qu'il avait étudié l'astronomie et la géographie , autant qu'il était nécessaire pour se servir de l'astrolabe et déterminer la latitude des lieux. il décrit bien ce qu'il a observé luimême ; mais quand il raconte sur la foi d'autrui , il faut avouer que sa crédulité est un peu forte et bien au niveau de son siècle. On lui doit les premiers vocabulaires connus des langues des contrées qu'il a visitées ; et il est juste de remar- quer que celui des Philippines et des Moluques se distingue par une exactitude que les navigateurs postérieurs ont confirmée. Sans la relation de Pigafetta nous ne connaîtrions point les détails du célèbre voyage de Magellan. D'Angera , précepteur de CharlesQuint, en avait écrit l'histoire par ordre de l'Empereur : son manuscrit, envoyé à Rome, fut consumé par les flammes ou détruit dans le sac effroyable que la capitale du monde catholique essuya en 1527. Quant aux copies que Pigafetta avait envoyées aux princes de son temps, elles paraissent perdues. Celle qu'il avait donnée à Louise de Savoie fut abrégée et traduite en français par un certain Jacq.Antoine Fabre, Parisien , qui, pour épargner sa peine , comme le dit naïvement Ramusio, n'en fit qu'un extrait et omit tout ce qu'il n'entendait pas. Ramusio en inséra un autre extrait dans le tome premier de l'édition de 1563 de sa célèbre collection de voyages. Il semble vouloir faire croire qu'il a traduit l'abrégé de Fabre ; mais il est certain qu'il se contenta de copier une tra- duction italienne de cet abrégé , imprimée à Venise en 1536 et qu'il abrégea de nouveau. Nous ne possédions donc que mutilée et tout à fait incomplète la relation de Pigafetta , lorsque Amoretti en a découvert une copie entière dans la bibliothèque ambrosienne de Milan, l regarde ce manuscrit, non comme un des originaux remis à Clément VII ou au grand maître de Rhodes, mais comme une copie de ce grand travail : elle semble écrite du temps même de Pigafetta et présente un bizarre mélange d'italien, de véni- tien et d'espagnol que, dans sa traduction en bon italien , Amoretti s'est efforcé de faire disparaître en corrigeant aussi les nombreux contresens qui la défigurent. Il a luimême mis en français sa traduction italienne , et cette version a été imprimée à Paris sous ce titre : Premier voyage autour du monde par le chevalier Pigaletta sur l'escadre de Magellan pendant les années 1519, Le voyage el navigations laid par les Espagnols ès isles Mollucques , des isles qu'ils ont trouvé audict voyage , des roys ( l'icelles , de leur gouvernement el manière de vivre, avec plu- sieurs autres choses, Paris, Simon de Connes sans date, caractère gothique. Voir sur cette relation le Bulletin de la so- ciété de géographie de Paris , 1844, p. 165-183. o, 21 et 22 , etc., Paris, Jansen, an 9, 1 vol. cart. et fig. Parmi les vingt et une cartes qui accompagnent le manuscrit découvert par Amo- retti et qui sont tracées par Pigafetta de manière à ne former qu'un ensemble, le traducteur en a choisi quatre qu'il a fait graver pour cette édition française ; et il a mis à la suite l'extrait du Traité de navigation du voyageur italien. Pigafetta avait composé un vocabulaire assez étendu de la langue des Philippines et des îles Moluques. Amoretti a publié ce vocabulaire en le comparant avec quelques mots des langues malaises et îles voisines de la presqu'île. Cette partie de son travail n'est pas sans utilité ; mais elle pourrait être beaucoup plus complète et surtout plus exacte. On trouve encore dans ce volume une notice sur Martin Behaim, traduite de l'allemand de M. de Murr, par Jansen. Cet excellent morceau de critique géographique détruit l'allégation de quelques savants que Behaim avait eu l'idée de l'Amérique avant Colomb. Mais établitil aussi bien que, depuis 1t9, année où Behaim termina le globe dont il fit présent à la ville de Nuremberg , ce géographe n'aurait pas, de retour en Portugal, tracé sur une carte postérieure les découvertes de Colomb, de Vespuce, de Cabral et de Bastidas , et que Magellan n'aurait pas pris sur cette carte l'idée d'un détroit au sud de l'Amérique? LRE.
  • Antoine PIGAFETTA( 1400) : ami et compagnon de Magellan, dont il partagea les dangers et la gloire, appartenait à une famille noble qui tirait son origine de la Toscane ; il naquit à Vicence vers la fin du 15c siècle et dut probablement le jour à ce Matthieu Pigafetta , docteur et chevalier, qui fut souvent employé dans l'administration publique de sa patrie. Pigafetta lut trèsjeune les relations des voyages des Portugais et des Espagnols : elles décidèrent sa vocation. Il se livra avec ardeur à l'étude de cette partie des mathématiques qui a rapport à la navigation. Il était à Rome pendant que les cours d'Espagne et de Portugal traitaient la grande affaire de la propriété des Moluques. On sait que CharlesQuint calcula qu'il valait mieux les céder à Jean 111, roi de Portugal , pour cent cinquante mille pistoles , ce qu'il fit ; on sait encore qu'il s'en repentit et qu'il prit le parti d'y envoyer une esca- dre par l'ouest , sous les ordres du célèbre Magellan. A peine Pigafetta , qui avait suivi en Espagne François Chiericato , ambassadeur de la cour de Rome , futil informé des préparatifs de l'expédition , qu'il se rendit à Barcelone pour obtenir de Charles la permission d'être du voyage. a Je savais, ditil, par les livres que j'avais lus et « par mes entretiens avec les savants qu'en na- « vigilant sur l'Océan on y voyait des choses mer-« veilleuses ; je me déterminai à m'assurer par a mes propres yeux de la vérité de tout ce qu'on a en racontait, afin de pouvoir faire aux autres le « récit de mon voyage, tant pour les amuser que « pour leur etre utile, et me faire en meme temps « un nom qui parvint à la postérité. » La permission qu'il demandait lui fut accordée. Muni de lettres de recommandation , il s'embarqua pour Malaga, d'où il se rendit par terre à Séville et attendit trois mois avant. que l'escadre fût en état de partir. Elle quitta Séville le 10 août 5f9, descendit le Bétis jusqu'à SanLucar, où elle compléta son armement ; et le 20 septembre suivant elle fit voile de SanLucar sur l'Océan en se dirigeant vers l'ouest. Elle était composée de 5 vaisseaux, dont quatre avaient pour capitaines des Espagnols ennemis de Magellan; circonstance qui influa puissamment sur les résultats de l'expédition. Nous n'en répéterons pas les détails, qu'on peut voir à l'article MAGELLAN. Nous ne nous occuperons que de ce qui concerne plus particulièrement Pigafetta. Volontaire à bord de l'escadre et n'étant assujetti à aucun service, il écrivit jour par jour les événements de cet étonnant voyage. Sa constitution robuste et sa sobriété le préservèrent des maladies qui firent périr un si grand nombre de ses compagnons, et sa bonne santé lui permit de suivre son travail sans un seul jour d'interruption. Il combattit courageusement à côté de Magellan à la fatale affaire de Zebu ; et la blessure qu'il y reçut, en l'empêchant de se rendre le surlendemain au fatal dîner du roi chrétien de Pile, lui sauva la vie. Il échappa également à la contagion qui dévorait ses compagnons depuis le départ des Moluques, et il eut le bonheur d'être un des dixhuit navigateurs qui abordèrent à Séville le 8 septembre 1522, après un voyage de 1180 jours pendant lesquels le journal compta quatorze mille quatre cent soixante lieues de route. On sait que leur vaisseau fut hissé sur le rivage, comme un monument de l'expédition la plus hardie que les hommes eussent encore achevée ; expédition qui , comme le dit Bougainville dans le discours préliminaire de son propre voyagé, démontra physiquement , pour la première fois, la sphéricité et l'étendue de la circonférence de la terre. A peine débarqué, Pigafetta se rendit en pèlerinage à l'église NotreDame de la Victoire avec ses compagnons, tous pieds nus et un cierge à la main, pour s'acquitter d'un voeu qu'ils avaient fait dans un moment de détresse. Il partit quelques jours après pour Valladolid , où il présenta à CharlesQuint une copie de son journal , écrite de sa main. Il alla ensuite en Portugal faire le récit de son voyage au roi. De là il se dirigea vers la France et eut l'honneur d'être présenté à la régente , mère de François Pr, à laquelle il offrit quelques curiosités naturelles. Il revint enfin en Italie, où il fut parfaitement accueilli du pape Clément VII, qui était alors à Monterosi. Ce fut à la prière du pontife et à celle de Ph. de Villiers de , grand maître de Rhodes, qu'il écrivit, vers cette époque, la relation cir- constanciée de son voyage d'après ses notes originale. Il la dédia au grand maître, auquel il s'é- tait consacré tout entier, ainsi qu'il le ditluimême. Il remit au pape une copie de cette relation et en envoya une autre à la reine Louise de Savoie, régente de France. Ce n'était point la répétition du journal qu'il avait présenté à l'Empereur, mais un récit fort étendu, l'histoire, en un mot, de la célèbre expédition dont il avait fait partie ; et comme dans cette relation Pigafetta ajoute toujours à son nom le titre de chevalier, il faut en conclure qu'il l'écrivit après le 3 octobre 1524, jour où il fut créé chevalier de Rhodes. Il devint commandeur de Norsia. On présume qu'il passa le reste de sa vie dans un honorable repos. L'Italie même n'apprend plus rien de lui et ne nous fait point connaître l'époque de sa mort. Il parait toutefois qu'il termina ses jours dans sa patrie. On voit encore à Vicence sa maison dans la rue de la Lune ; elle est d'une architecture gothique ses ancêtres l'avaient fait ber en I 481 . A son retour, il en fit orner la porte par un feston de roses où étaient sculptés ces mots : Il. n'est, rose. sans. espine ; allusion à la gloire de ses voyages et aux maux qu'il avait éprouvés. Pigafetta n'en déplaise à Marzari, qui en fait un prodige d'érudition, n'avait que la science de son temps, comme on peut s'en convaincre par le traité de navigation qu'il écrivit après son retour et probablement dans ses dernières années. L'on voit par cet ouvrage qu'il avait étudié l'astronomie et la géographie , autant qu'il était nécessaire pour se servir de l'astrolabe et déterminer la latitude des lieux. il décrit bien ce qu'il a observé luimême ; mais quand il raconte sur la foi d'autrui , il faut avouer que sa crédulité est un peu forte et bien au niveau de son siècle. On lui doit les premiers vocabulaires connus des langues des contrées qu'il a visitées ; et il est juste de remar- quer que celui des Philippines et des Moluques se distingue par une exactitude que les navigateurs postérieurs ont confirmée. Sans la relation de Pigafetta nous ne connaîtrions point les détails du célèbre voyage de Magellan. D'Angera , précepteur de CharlesQuint, en avait écrit l'histoire par ordre de l'Empereur : son manuscrit, envoyé à Rome, fut consumé par les flammes ou détruit dans le sac effroyable que la capitale du monde catholique essuya en 1527. Quant aux copies que Pigafetta avait envoyées aux princes de son temps, elles paraissent perdues. Celle qu'il avait donnée à Louise de Savoie fut abrégée et traduite en français par un certain Jacq.Antoine Fabre, Parisien , qui, pour épargner sa peine , comme le dit naïvement Ramusio, n'en fit qu'un extrait et omit tout ce qu'il n'entendait pas. Ramusio en inséra un autre extrait dans le tome premier de l'édition de 1563 de sa célèbre collection de voyages. Il semble vouloir faire croire qu'il a traduit l'abrégé de Fabre ; mais il est certain qu'il se contenta de copier une tra- duction italienne de cet abrégé , imprimée à Venise en 1536 et qu'il abrégea de nouveau. Nous ne possédions donc que mutilée et tout à fait incomplète la relation de Pigafetta , lorsque Amoretti en a découvert une copie entière dans la bibliothèque ambrosienne de Milan, l regarde ce manuscrit, non comme un des originaux remis à Clément VII ou au grand maître de Rhodes, mais comme une copie de ce grand travail : elle semble écrite du temps même de Pigafetta et présente un bizarre mélange d'italien, de véni- tien et d'espagnol que, dans sa traduction en bon italien , Amoretti s'est efforcé de faire disparaître en corrigeant aussi les nombreux contresens qui la défigurent. Il a luimême mis en français sa traduction italienne , et cette version a été imprimée à Paris sous ce titre : Premier voyage autour du monde par le chevalier Pigaletta sur l'escadre de Magellan pendant les années 1519, Le voyage el navigations laid par les Espagnols ès isles Mollucques , des isles qu'ils ont trouvé audict voyage , des roys ( l'icelles , de leur gouvernement el manière de vivre, avec plu- sieurs autres choses, Paris, Simon de Connes sans date, caractère gothique. Voir sur cette relation le Bulletin de la so- ciété de géographie de Paris , 1844, p. 165-183. o, 21 et 22 , etc., Paris, Jansen, an 9, 1 vol. cart. et fig. Parmi les vingt et une cartes qui accompagnent le manuscrit découvert par Amo- retti et qui sont tracées par Pigafetta de manière à ne former qu'un ensemble, le traducteur en a choisi quatre qu'il a fait graver pour cette édition française ; et il a mis à la suite l'extrait du Traité de navigation du voyageur italien. Pigafetta avait composé un vocabulaire assez étendu de la langue des Philippines et des îles Moluques. Amoretti a publié ce vocabulaire en le comparant avec quelques mots des langues malaises et îles voisines de la presqu'île. Cette partie de son travail n'est pas sans utilité ; mais elle pourrait être beaucoup plus complète et surtout plus exacte. On trouve encore dans ce volume une notice sur Martin Behaim, traduite de l'allemand de M. de Murr, par Jansen. Cet excellent morceau de critique géographique détruit l'allégation de quelques savants que Behaim avait eu l'idée de l'Amérique avant Colomb. Mais établitil aussi bien que, depuis 1t9, année où Behaim termina le globe dont il fit présent à la ville de Nuremberg , ce géographe n'aurait pas, de retour en Portugal, tracé sur une carte postérieure les découvertes de Colomb, de Vespuce, de Cabral et de Bastidas , et que Magellan n'aurait pas pris sur cette carte l'idée d'un détroit au sud de l'Amérique? LRE.
  • Antoine PITARO( 1774) : médecin, physicien et littérateur, naquit à Borgia dans la Calabre en 177!1; il fut élevé avec soin par son père, qui était luimême fort instruit, et il étudia à l'université de Salerne, qui était à cette époque la plus renommée des DeuxSiciles. Bien jeune encore, il acquit une réputation si bien établie qu'à l'âge de vingt ans il était nommé professeur de physique au corps royal d'artillerie et médecin à l'hôpital de ce corps. Les événements de 1799 éclatèrent; de mème que presque tous les savants napolitains, Pitaro se montra favorable aux idées nouvelles; lorsque la république parthénopéenne tomba après une existence éphémère , il se déroba aux colères de la réaction royaliste et vint chercher un asile à Paris. Se consacrant tout entier à l'étude, il fut autorisé par un décret impérial à exercer la médecine dans l'étendue entière de la. France, et il obtint en 1816 des lettres de natura- lisation. Pitaro fut membre d'un grand nombre de sociétés savantes françaises et étrangères ; il a composé une vingtaine d'ouvrages en français ou en italien sur la médecine et les sciences naturelles. Nous nous bornerons à signaler les Con- sidérations et expériences sur la tarentule de la , 1807 ; la Science de la sétifère , ou l'Art de produire la soie, 8.9J3; Une traduction de l'ou- vrage d'Andria : la Théorie de la rie. 11 fit parfois des excursions sur le domaine de la littérature, ainsi que le démontrent ses Poesie elegiache et un poëme dans lequel il célèbre le triomphe de l'empereur Nicolas à Constantinople ; ce der- nier ouvrage parut en 183'2 sous l'anagramme de A. Patrio. Possesseur de tous les papiers laissés par Casti , il avait projeté d'écrire l'histoire de la vie et des travaux de ce littérateur, mais cet ouvrage n'a pas vu le jour. Il en a été de même, nous le croyons, d'un Traité complet de médecine légale, travail important que la situation de l'auteur, longtemps médecin légiste auprès de la cour de Paris, devait rendre remarquable. Nous ignorons l'époque de la mort d'Antoine Pitaro
  • Antoine POLÉMON : célèbre sophiste, était né à Laodicée, d'une famille consulaire. Il eut pour maîtres le philosophe Timocrate , Scopélion , Dion Chrysostome, et, selon Suidas, le rhéteur Apollophane. Il établit une école à Smyrne, et sa réputation y attira bientôt un grand nombre d'élèves de toutes les provinces de l'Asie, où l'éloquence était alors en honneur. Ses talents lui méritèrent la bienveillance des empereurs Trajan et Adrien , et il avait acquis une telle autorité dans Smyrne que sa présence seule suffisait pour y comprimer les mouvements populaires. Antonin , nommé proconsul d'Asie, étant arrivé à Smyrne , logea dans la maison de Polémon, la plus belle de la ville. Le sophiste était alors absent : à son retour , il entra dans une fureur inconcevable, s'écria que c'était une chose indigne de le chasser ainsi de chez lui , et contraignit Antonin à chercher un autre logement au milieu de la nuit. Après l'avénement d'Antonin à l'empire, Polémon se rendit à Rome pour le complimenter au nom des villes d'Asie 0 l'empereur lui fit préparer un appartement dans son palais, en ajoutant qu'il ne voulait pas que personne l'en délogeât. Quelques jours après, un comédien vint se plaindre à ce prince que Polemon l'avait chassé du théâtre en plein jour : « Il « m'a bien chassé, lui dit Antonin, de sa maison « en pleine nuit, et je n'en ai pas porté de « plainte » . Hérodes Atticus, nommé intendant des villes libres d'Asie, s'em- pressa de visiter Polémon, qu'il désirait vive- L'abbé Nicaise a publié une dissertation . Il ne nous reste de lui que deux déclamations, dans lesquelles Cynégire et Callimaque font tour à tour l'éloge des vertus et du courage de leurs fils, morts à la bataille de Marathon ; elles ont été pu- bliées pour la première fois en grec par Henri Estienne , avec les Harangues d'Himerius et de quelques autres rhéteurs, Paris, 1567 Le P. Poussines a donné une édition séparée des discours de Palémon , avec une version latine, Toulouse, 1637 Philostrate, dans la vie de ce sophiste , cite plusieurs autres harangues de Polémon ; Fabricius en indique douze, dont il donne les titres dans la Bibi. grœca, t. 4, p. 370, édit
  • Antoine POLLAIUOLO( 1426) : peintre , sculpteur et orfèvre, naquit à Florence en 14'26. Son père, dépourvu de fortune, mais voyant en lui d'heu- reuses dispositions, le plaça chez Bartoluccio Ghiberti , orfévre renommé dans la ville à cette époque, et le jeune Antoine ne tarda pas d'acquérir une grande habileté dans sa nouvelle profession. Bientôt nul ne sut mieux que lui monter les pierres précieuses et travailler les émaux. Laurent Ghiberti s'occupait alors des fameuses portes du baptistère de StJean; il jeta les yeux sur Pallaiuolo pour l'aider dans cet important ouvrage : il lui confia l'exécution d'un des fes- tons auxquels il travaillait. Le jeune artiste y cisela une caille avec une telle perfection qu'elle lit l'admiration de tous ceux qui la virent. Il n'était occupé que depuis peu de jours à cette sculpture qu'il passait déjà pour un des plus habiles d'entre les jeunes gens qui aidaient Ghiberti. Encouragé par les éloges qu'il recevait, il quitta Bartoluccio et Laurent, et ouvrit une boutique d'orfévre, qui fut de suite extrêmement fréquentée. Il s'adonna pendant plusieurs années à cette profession , ne cessant de dessiner et de composer de petits reliefs en cire, qui surpassaient en ce genre ce qu'on avait vu jusqu'alors. C'est vers ce temps que Maso Finiguerra s'était rendu célèbre par les vases d'argent ciselés qu'il avait exécutés pour l'église de StJean. Antoine résolut de rivaliser avec lui, et il exécuta quelques sujets où il l'égalait pour le fini du travail et le surpassait de beaucoup pour le dessin. Les consuls de l'art des marchands , à la vue de tant de perfection, lui confièrent le travail de plusieurs basreliefs en argent destinés à embellir l'autel de StJean. Pollaiuolo s'en acquitta d'une manière supérieure : il fit pour les satisfaire le Repas d'Hérode, la Danse d'Hérodiade et le beau St- Jean qui décore le milieu de l'autel. Cet ouvrage, entièrement ciselé , réunit tous les suffrages. Les patènes en or et en émail qu'il exécuta, et dont le pinceau n'aurait pas su mieux fondre et assortir les couleurs, ornent la plupart des églises de Florence ; on en voit à Rome et dans d'autres villes d'Italie, où on les conserve comme des chefsd'œuvre de l'art. Antoine avait un frère nommé Pierre , plus jeune que lui et que leur père avait placé auprès d'André del Castagno pour étudier la peinture. Séduit par les charmes de ce bel art et dégoûté de sa profession d'orfé- vre, Antoine pria son frère de lui enseigner l'emploi des couleurs, et en peu de temps il devint un peintre habile. Les deux frères , depuis ce moment, travaillèrent toujours ensemble, et ils furent les premiers à se servir du procédé de la peinture *à l'huile, que Pierre tenait d'André del Castagno. Outre leurs travaux en commun, dont ou peut voir l'énumération dans Vasari Antoine fit d'après nature le portrait du Poggio, . alors secrétaire de la république de Florence, et le tableau de St- Sébastien, dans la chapelle des Pucci. Ce tableau, que l'on regarde comme le chefd'œuvre de l'artiste, est remarquable par la beauté des chevaux, la science du mi et l'expres- sion du saint martyr ; on y admire surtout une figure d'archer qui se courbe avec effort pour tendre son arc. Lanzi dit que c'est une des meilleures productions du 15' siècle. Le coloris n'en est point parfait; mais la composition s'élève audessus de celles de ce temps , et le dessin du nu montre quel grand progrès l'artiste avait fait dans l'anatomie. 11 termina ce bel ouvrage en 1475. Encouragé par le succès qu'il avait obtenu, il peignit, entre les deux tours de San-31iniato et en dehors de la porte , une figure de St- Christo- phe de sept brasses de haut, que MichelAnge trouvait si belle qu'il la prit pour modèle de sa statue colossale de David, en marbre blanc, qui est placée à l'entrée du palais Vieux. Cette pe ayant été endommagée, elle fut restaurée longtemps après , mais avec peu de précaution : on voulut *y remédier plus tard en la retouchant entièrement ; mais celui qu'on chargea de ce travail s'en acquitta si mal que l'on ne peut plus désormais en faire le moindre cas. C'était, au rapport de Vasari, la plus belle figure de grande proportion que l'on eût exécutée jusqu'à cette époque. On trouve dans le même historien le détail des autres peintures de Pollaiuolo, dont le dessin se rapproche du goût moderne plus que celui d'aucun de ses contemporains. Il lit une étude particulière de l'anatomie sur les cadavres mêmes. Lorsque le pape Sixte IV mourut, Innocent VIII, qui lui succéda, emmena Pallaiuolo à Rome et le chargea du mausolée en bronze de son prédécesseur. Ce monument, qui coûta des sommes considérables, n'a dù sa grande célébrité qu'à la comparaison qu'on en faisait avec ceux de ses contemporains : les artistes du siècle suivant le surpassèrent infiniment. Pollaiuolo ne se borna pas à la peinture et à la sculpture, il fut aussi un des premiers à cultiver et perfectionner la gravure au burin , qui venait à peine d'être inventée. On connaît de lui les pièces suivantes P Hercule étoufant Antée ° Hercule emportant une colonne 3° une Ste- Famille, grand ; 4° Combat de dix hom- mes nus à l'épée : le fond représente une forêt. Cette pièce, d'une trèsgrande dimension en tra- vers, jouit d'une grande célébrité, et on la connaît particulièrement sous le nom de gli Ignudi. Pollaiuolo grava aussi avec talent plusieurs médailles de papes et autres. La plus remarquable est celle qu'il fit à l'occasion de la conjuration des Pazzi, et dont l'une des faces représente les effigies de Laurent et de Julien de Médicis, et le revers l'église de SantaMaria del Fiore. On lui attribue en outre les plans du palais du Belvé- dère, que fit élever à Rome le pape Innocent VIII. Il mourut en 1498, âgé de 72 ans. Pierre, dont toute la réputation est renfermée pour ainsi dire dans celle de son frère Antoine, quoiqu'il ne fût pas luimême sans talent, ne tarda pas à le suivre au tombeau ; il mourut en 1498 et fut enseveli près de lui dans l'église de StPierre in Fincoli
  • Antoine PORTAIL( 1673 - 1736) : premier président du parlement de Paris et membre de l'Académie fran-çaise, était né en 1673. 11 fut d'abord avocat du roi au Chàtelet, puis président à mortier au parlement. Il succéda, le 24 septembre 1724, à André Potier de Novion dans la première dignité de cette compagnie. Le nom de Portail se trouve fréquemment mêlé aux débats orageux qui eu- rent lieu dans le sein du parlement de Paris à l'occasion de l'enregistrement de la fameuse bulle Unigenitus. Tout le monde sait que le chancelier d'Aguesseau, après avoir courageusement résisté comme procureur général à l'imposition de cette formalité, crut devoir , en adoptant une opinion opposée, témoigner sa reconnaissance à la cour qui l'avait récemment rappelé de son exil, Le premier président Portail imita cette conduite sans avoir la même excuse à alléguer, et se livra entièrement en cette circonstance aux volontés du ministère , alors dirigé par le cardinal de Fleury. Il assista au lit de justice tenu le 3 avril 1730 pour l'enregistrement de la bulle et repoussa avec une extrême ténacité toutes les instances qui lui furent faites par plusieurs membres de sa compagnie qui se disposaient à protester contre cet acte d'autorité. Malgré la demande de convocation qui lui fut adressée au nom de cent quatrevingtquatorze magistrats du parlement, il refusa de le réunir, excipant des ordres formels qu'il avait reçus du roi. Cependant Portail ne put s'opposer à la résolution que prit le parlement, sur la demande de l'abbé Pucelle, de se rendre en corps à Marly, où était Louis XV, pour lui exprimer ses doléances sur le traitement dont on usait à son égard , mais cette démarche n'eut aucun succès. Le roi refusa de recevoir les magistrats, et le cardinal de Fleury, accouru en hâte d'Issy sur l'avis qui lui en fut donné, aggrava le malaise de leur position par la hauteur inconsidérée de ses reproches, et traita ce voyage comme une équipée ridicule. Ce mauvais résultat n'ayant point arrêté les entreprises de la magistrature , le roi , par une lettre de cachet manda à Compiègne le premier président Portail avec plusieurs de ses collègues et les fit préalablement avertir que toute observation de leur part serait punie comme un crime contre l'Etat. Malgré cette menace, Portail ayant voulu prendre la parole, Louis XV lui imposa silence d'un ton impérieux, et le comte de Maurepas déchira sous les yeux mêmes des assistants une copie de la dernière délibération de la cour que Pucelle avait silencieusement déposée aux pieds du monarque. Ces actes de rigueur ne domptèrent point l'opposition du parlement. A la suite de l'arrestation de plusieurs membres de cette compagnie, le roi tint, le 3 septembre 1732, un nouveau lit de justice qui appela de nouvelles résistances et de nouvelles rigueurs. Mais _d'Aguesseau employa les vacances à des négociations actives qui furent couronnées de succès, et le parlement de Paris, las de longues et stériles contentions, reprit pai- siblement le cours de ses travaux. Portail mourut le 3 mai 1736 , laissant la réputation d'un ma-, gistrat intègre et dévoué à ses devoirs. Il avait , été élu en 1724 membre de l'Académie française en remplacement de l'abbé de Choisy. Dans son éloge, prononcé par d'Alembert, ce savant illus- tre est obligé de convenir que Portail n'eut d'au- , Ires titres aux suffrages académiques que son éloquence naturelle et son amour pour les lettres. D'Alembert affectait sans doute d'omettre un titre moins vague et plus déterminant : celui de premier président de la première cour du royaume. Car ou connaît la prédilection, fort plausible d'ail- leurs , des compagnies savantes de l'ancien ré- gime pour les personnes qui pouvaient ajouter à leur considération par le prestige d'un nom historique ou par l'éclat d'une haute dignité, B-ÉE.
  • Antoine PORTAL( 1742) : célèbre médecin , était né à Gaillac, département du Tarn, le 5 janvier 1742 d'une famille qui, de temps immémorial, cultivait avec succès toutes les branches de l'art de guérir. Il avait fait ses premières études à Alby et à Toulouse sous les jésuites, et son cours de philosophie sous les doctrinaires. Parti en 1760 pour l'école de Montpellier à l'àge de dixhuit ans, il n'en avait pas encore vingt lorsque l'académie des sciences de Montpellier l'admit au nombre de ses correspondants, en témoignage de la haute opinion qu'elle avait prise de sort talent dans un mémoire qu'il venait de lui adresser sur les luxations eu général , travail qui fit l'année suivante le sujet de sa thèse pour le doctorat. Encouragé par ce premier succès, il se livra presque aussitôt à l'enseignement et fit des leçons d'anatomie, aidé de Laborie jusqu'en 1766, où il vint à Paris sous les auspices et muni de lettres de recommandation du cardinal de Bernis, archevêque d'Alby. On a introduit dans son itinéraire une aventure un peu romanesque, mais qu'il se plaisait à raconter et qui caractérise assez bien trois hommes devenus plus tard fort célèbres. Portal rencontra , ditou, près d'Avallon , deux voyageurs qu'il s'associa ; c'étaient Treilhard et l'abbé Maiiry. Les trois compagnons de voyage s'entretinrent d'abord avec réserve, puis avec tout l'abandon du jeune àge, de leurs projets et de leurs espérances. « Moi, « dit Treilhard , je veux être avocat général; « moi , dit Maury, je serai de l'Académie fran-« çaise ; et moi , continuait Portal , je serai de « l'Académie des sciences. » En marchant, ils s'échauffaient l'un par l'autre dans leur ambition. Arrivés sur les hauteurs qui dominent Paris , ils s'arrêtent pour contempler cette grande capitale. Au même instant une cloche résonne, c'était un bourdon de la cathédrale. « Entendezvous cette « cloche, dit Treilhard à Maury, elle dit que vous « serez archevêque de Paris; probablement lors-« que vous serez ministre, répliqua Maury ; et « que seraije, moi? s'écria Portal. —Ce que vous « serez , répondirent les deux autres , le bel em- « barras! vous serez premier médecin du roi. » Dès la première année de son séjour à Paris , Portal lut successivement à l'Académie royale des sciences trois mémoires qui avaient pour objet le premier, les Ankyloses ; le deuxième , le Racornisse- ment de la vessie chez les vieillards; le troisième, l'Abus des machines dans le traitement des luxa- fions. Dans ce dernier mémoire, Portal proteste solennellement contre sa propre invention à l'égard des machines qu'il avait proposées pour la réduction des luxations. Son goût pour la chirurgie et l'anatomie le mit bientôt en rapport avec les chirurgiens les plus célèbres de Paris, et lui valut surtout la bienveillance de Sénac et de Lieutaud , qui l'associèrent à leurs travaux ainsi qu'à leur pratique. Toutefois une circonstance imprévue vint bientôt mettre obstacle à l'effet de ce puissant patronage : depuis 1694 il fallait être docteur de la faculté de Paris pour enseigner ou exercer dans cette ville, et Portal s'en était tenu au grade qu'il avait reçu à Montpellier. Il n'y avait d'exception à la rigueur de cette formalité que pour les médecins attachés à la famille royale et au premier prince du sang. Sur la demande de Sénac et de Malesherbes, Louis XV nomma Portal professeur d'anatomie du Dauphin, ce qui lui permit d'ouvrir des cours d'anatomie et de pratiquer la médecine. En 1768 il fut nommé membre adjoint de l'Académie royale des sciences en remplacement de Morand , qui prit le titre d'associé; il n'avait alors que vingtsix ans. A peine entré dans cette savante compagnie, il y fit plusieurs lectures importantes sur un cas d'hypertrophie des deux reins chez une femme morte de phthisie, sur la structure et les usages de l'ouraque, sur l'action du poumon pendant la respiration. Il venait aussi de publier l'Historia anatomico- medica de Lieutaud , qu'il avait enrichie d'un grand nombre d'observations personnelles; et la part qu'il avait prise à ce grand travail n'avait pas peu contribué à lui ouvrir les portes de l'Académie. Toutefois les faits nombreux qui composent cette publication n'attestent que trop les imperfections actuelles de la science qui en faisait l'objet. La plupart sont incomplets ou dépourvus des détails les plus nécessaires au but que se proposait l'auteur, et il n'était guère possible à Portal , en sa qualité de simple éditeur, de faire disparaître tous les défauts de cet ouvrage. Ce fut peu de temps après qu'il publia un Precis de chirurgie pratique en 2 volumes travail qu'il avait composé pour ses élèves. En 1770 il lut à l'Académie, sous forme de mémoires, une série de faits curieux d'anatomie pathologique relatifs : 1° à deux cas d'ischurie dus, le premier à un racornissement de la vessie; le second, à une déviation de l'urine qui s'échappait de la vessie par l'ombilic au moyen d'un faux ouraque; 2° à un exemple de spina bifida, qui le conduisit à soupçonner l'existence d'un canal creusé dans la moelle épinière ; 3° à un double épanchement dans les ventricules latéraux du cerveau, l'un de sérosité limpide, l'autre de sérosité rougeàtre, et qui tendent à confirmer l'opinion de Galien, de Varoli et de Winslow, à savoir que, dans l'état normal, les ventricules latéraux ne communiquent point entre eux ; 4° à des remarques sur la structure du réservoir de Pecquet et du canal thoracique, sur l'obstruction des vaisseaux lactés; sur les variations de volume, de forme, de couleur et de situation que peuvent offrir les organes sexuels de la femme. La même année vit également paraître le grand ouvrage que Portal publia sous le titre d'Histoire de l'anatomie et de la chirurgie, en 5 volumes travail immense qui contient toutes les découvertes, tous les événements scientifiques relatifs à la médecine et à la chirurgie depuis son origine, et un exposé de tous les ouvrages, de tous les mémoires académiques, de toutes les dissertations insérées dans les journaux, et jusqu'aux thèses qui ont été soutenues dans la plupart des facultés de médecine de l'Europe. Ce qui constitue le caractère dominant de l'ouvrage, c'est une critique sévère, indépendante et quelquefois peu mesurée des opinions et des doctrines des auteurs tant anciens que contemporains. Dans cet esprit de critique, Portal ne craignit pas de soulever l'animosité de ses collègues de l'Académie des sciences en lançant souvent des traits piquants contre plusieurs d'entre eux, notamment contre Antoine Petit, qui crut de sa dignité de répondre aux attaques de son jeune collègue par la plume toute pleine de fiel d'un de ses élèves. La mort de l'illustre Ferrein avant laissé vacante la chaire de médecine du collige de France , Portal y fut appelé en 1770 et l'occupa pendant soixante ans, toujours entouré d'une foule empressée d'auditeurs de toutes les nations. Les leçons de Portal n'avaient pas seulement pour objet la médecine proprement dite, elles avaient le triple intérêt de l'anatomie, de la physiologie et de la pathologie, quelquefois aussi celui des expériences faites sur les animaux vivants. Sous ce rapport il prit surtout ses modèles dans Harvey, Bellini, Haller, Sénac, etc., et s'il n'a pas eu le triste mérite de l'initiative dans ce genre d'expérimentation physiologique, il a pourtant contribué l'un des premiers à en répandre le goût, je devrais dire le poison , parmi les physiologistes de son époque. Quelle que soit la valeur scientifique et morale de ces expériences, elles furent recueillies et publiées sous forme de lettres en 1771 par un élève de Portal, et reproduites en 1808 avec quelques additions. Le célèbre auteur du Traité de la structure, de l'action et des maladies du cœur, Sénac, qui s'était associé Portal pour une nouvelle édition de cet important ouvrage , lui légua en mourant le soin de la publier. Ce fut à ce titre qu'elle parut en 1774, avec des additions nombreuses que Sénac luimême avait approuvées peu de temps avant sa mort. En 1777, Buffon, qui lui avait donné dans maintes circonstances des témoignages de confiance et d'affection, le présenta pour suppléer Antoine Petit dans la chaire d'anatomie au jardin du roi. Sous ce haut patronage Portal fut accepté; et c'est ainsi qu'à de trentecinq ans il occupait les deux chaires les plus remarquables de l'époque, et qu'il put se voir associé aux hommes les plus éminents dans l'enseignement et la pratique de la médecine. De pareils succès et de pareils suffrages lui donnèrent une telle autorité dans le public, qu'il fut appelé, à côté de Bouvart et de Bordeu , chez les princes, les ministres, les am- _ bassadeurs, etc., comme un des praticiens les plus savants et les plus éclairés. Tout cela n'était que le juste prix de ses travaux , de ses talents, de son zèle et de son dévouement pour la science. Mais il est pourtant vrai de dire que Portal connaissait assez le caractère humain et l'esprit de son siècle pour savoir que la fortune du médecin n'est pas tout entière dans son mérite scientifique, et qu'il a souvent besoin, pour se produire, d'appeler d'une autre manière sur sa personne l'attention publique. 11 racontait ainsi luimème dans ses cours, et avec une admirable franchise, les moyens qu'il avait mis en usage pour se faire connaître comme praticien. 11 envoyait à deux ou trois heures du matin son domestique avec une voiture dans une des rues les plus fréquentées du faubourg StGermain ou de la Chausséed'Antin. Conformément à la leçon qu'il avait reçue de son maitre , domestique s'arrêtait et frappait aux portes de tous les hôtels, réveillait les portiers et disait à chacun d'eux : « Avertissez tout de suite M. Portal que « je viens le chercher avec une voiture pour se « rendre chez le prince X*** qui se meurt. — « Je ne connais pas M. Portal , disait le portier. « Comment vous ne connaissez pas le plus « habile médecin de Paris qui demeure dans telle « rue? — Non. — Cependant on m'a dit qu'il « était près d'un malade dans cet hôtel. — Il n'y « a pas de malade ici. — Pardon, c'est que je « me suis trompé de numéro. » Et le lendemain , tous les portiers de se raconter le réveil de la nuit. L'un disait : « 11 faut que ce soit « un médecin bien savant, car le domestique « venait de loin. — Je le crois bien, disait un · autre, c'est le médecin des princes. » Et c'est ainsi que ces propos allaient des portiers aux femmes de chambre, et de- cellesci à leurs maîtresses, qui dans l'occasion appelaient le médecin des princes.... Vanté aussi par ses nombreux élè- ves, qui proclamaient de toutes parts son nom et ses succès, bientôt il ne manqua plus rien à sa juste ambition comme professeur et comme praticien. C'est ainsi que d'un vol rapide il alla droit à la fortune, à cette fortune d'ailleurs qu'aucune activité scientifique n'eût pu lui disputer. Dans tout le cours de cette longue et laborieuse carrière, son zèle et son dévouement pour la seienre ne se sont jamais démentis. Il ne manqua jamais l'occasion d'observer, de recueillir et de communiquer à l'Académie des sciences ou à l'Académie de médecine, et de publier les faits remarquables qui s'offraient à son expérience et à sa pratique. Ce sont ces faits nombreux , dispersés de toutes parts, qui, après avoir subi la discussion des Académies et le contrôle des journaux, ont été réunis et publiés sous le titre de Mémoires sur la nature et le trai- tement de plusieurs maladies, avec un précis des expériences sur les animaux, avec un cours de phy- siologie pathologique, 5 vol. de 1800 à 1825. Tout ce qui, dans cette publication, n'avait pas été l'objet d'une description complète, comme tout ce qui, vu l'importance du sujet, parut à l'auteur manquer de détails et de développements suffisants, devint par cela même un sujet de traité particulier ou de monographie spéciale; et de là les traités sur la rage, sur l'apoplexie, sur l'épilepsie, sur la phthisie pul- monaire, sur l'hydropisie, sur le rachitisme, les maladies du foie, etc. ; mais l'ouvrage le plus remarquable de Portal est celui qu'il publia en 1803 sous le titre de Cours d'anatomie médicale, 5 vol. travail immense qui avait occupé toute la vie de l'auteur, où tous les organes de l'économie sont présentés dans leurs rapports de forme, de situation, de développement, de composition, d'usage et de maladie. Non content de chercher les matériaux de cet important ouvrage dans l'expérience des observateurs qui l'avaient précédé, dans les traités de Valsalva de Morgagni, de Lieutaud , de Sénac, etc., il en puisa la plus grande partie dans sa propre prati- que. Cet ouvrage fut jugé digne de concourir aux prix décennaux, et reçut la faveur d'une traduction espagnole par un médecin de Madrid, le docteur Garcia Suelto. La persévérance de Portal à poursuivre les lésions anatomiques dans la recherche des causes des maladies semblerait indiquer en lui une prédilection pour le solidisrne exclusif. Loin de là, il admet des maladies essentiellement humorales, des cachexies, des caco- chymies, en un mot des vices de liquides capables d'imprimer à tous les systèmes organiques des dispositions fondamentales et accidentelles de maladies. Il ne pensait pas non plus que l'anatomie pathologique pût à elle seule nous rendre raison de tous les phénomènes morbides, et, tout en combattant l'un des premiers le principe de l'essentialité des fièvres, il répétait souvent que les altérations anatomiques sont peut-ètre encore plus souvent les effets que les causes des maladies. Avant la révolution, Portal était médecin de Mon- sieur, frère du roi Louis XVI. Comme premier mé- decin de Louis XVIII, il sut mettre à profit l'estime et la confiance dont l'honorait ce prince, ami des sciences et des lettres, pour fonder l'Académie royale de médecine, à laquelle il a légué la fondation d'un prix annuel de six cents francs, et de plus le magnifique portrait de Vésale peint par le Titien , dont lui avait fait présent un marchand de tableaux qu'il avait guéri d'une maladie grave. Portal mourut le 23 juillet 1832, à de 90 ans 6 mois et quelques jours , d'une affection calculeuse. 11 était chevalier des ordres du roi , commandeur de l'ordre royal de la Légion d'honneur, baron de la création de Charles X , dont il était le premier médecin comme il l'avait été de Louis XVIII. Il était aussi président d'honneur perpétuel de l'Académie royale de médecine et membre du conseil général des hôpitaux. Portal a publié les ouvrages suivants : I° Dissertatio medico- chirurgica generalis luxatio- n: on complectens, Montpellier, 1764 2° Pré- ci: de chirurgie pratique , contenant l'histoire des maladies chi; wrgicales et la manière la plus en usage de les traiter, arec des observations et remar- ques critiques sur divers points, Paris, 1768, 2 vol. avec planches; 3' Histoire de l'anatomie et ide la chirurgie , contenant l'origine et les progrès Fele ces sciences arec un tableau chronologique des principales découvertes et un catalogue des ouvrages d'anatomie et de chirurgie, des mémoires acadés; ti- igues , des dissertations insérées dans les journaux et la plupart des thèses qui ont été soutenues dans les facultés de médecine de l'Europe, Paris , 1770 , 1,7 vol. 4" Lettre de . 11. Antoine Portal à Ï. Antoine Petit , au sujet d'une critique sur l'His- toire de l'anatomie par N. Duehanoy , Paris, 1771 ; 5. Lettre en réponse à M. Gonlin, „Paris, 1771 60 Rapport fait par ordre de l'Académie royale des sciences, sur les effets des vapeurs méphytiques dans le corps de l'homme, et principalement sur la vapeur du charbon , avec un précis des moyens les plus efficaces pour rappeler à la rie ceux qui ont été su/, Toqués , Paris, 1774 7^ Observations sur la nature et le traite- . nient de la rage , suivies d'un précis historique et critique de divers remèdes qui ont été employés con- tre cette maladie, YN,erdiiii, 1779 traduit en allemand et en italien; 8° Observations sur les effets des vapeurs méphytiques dans l'homme, sur les noyés, sur les enfants qui paraissent morts en naissant et sur la rage, avec un précis du traite- ment le mieux éprouvé en pareil cas, 6° édition , à laquelle on a joint des Observations sur les effets de plusieurs poisons dans le corps de l'homme, et sur les moyens d'en empêcher les suites funestes, Paris, 1787 ; 9° Observations sur la nature et le traitement de la phthisie pulmonaire , Paris, 1799,, 1 vol. 2' édition, considérablement augmentée, Paris, 1809, 2 vol. 10. struction sur le traitement des asphyxiés par le gaz ' méphytique , des noyés, des enfants qui paraissent ' morts en naissant , des personnes qui ont été moi- dues par des animaux enrayés, de celles qui ont été 'empoisonnées, etc., Paris, 1796 nouvelle édition , Paris, 1816 11° Observations sur la nature et le traitement du rachitisme ou des i courbures de la colonne vertébrale et de celles des extrémités supérieures et inférieures, Paris , 1797 12° Observations sur la petite vérole, Paris, an 7 ; 130 Mémoires sur la nature et le traitement de plusieurs maladies, auec le précis des expériences sur les animaux rivants, d'un cours de physiologie pathologique , Paris , 1800-1825 , 5 vol. iii-8'; 14° Cours d'anatomie médicale, ou Anatomie de l'homme , arec des remarques physiolo- giques et pathologiques, et des résultats de l'obser- vation sur le siége et la nature des maladies d'après l'ouverture des corps, Paris, 1803, 5 vol. Ou 5 vol. 15. Observations sur la nature et le traitement de l'apoplexie et sur les moyens de la prévenir, Paris, 1811, 1 vol. 16° Observa- tions sur la nature et le traitement des maladies du foie, Paris, 1813, 1 vol. ou 17° Con- sidérations sur la nature et le traitement des mala- dies de . familles et des maladies héréditaires , et sur les moyens les mieux éprouvés de les prévenir, 3° édi- tion augmentée, Paris, 1814 18° Observa- tions sur la nature et le traitement de l'hydropisie, Paris, 182,4, 2 vol. 19° Observations sur la nature et le traitement de l'épilepsie, Paris , 1827, 1 vol. Portal a publié comme éditeur 10 Historia anatomico- medica, auct. Lieutaud, re- censuit et suas observationes numero plures adjecit, uberrinzunique indicem nosologica ordine conc narit A. PORTAL , Paris , 1767, 2 vol. in 40; ° Traité de la structure du coeur, de son action et de ses maladies, par J. Sénac; 2° édition, corrigée et augmentée par A. Portal, 1774, 2 vol. avec planches; 3° Anatomie historique et pratique, par J. Lieutaud , nouvelle édition, aug- mentée de remarques historiques et critiques et de nouvelles planches par A. Portal, Paris, 1776, 2 vol.
  • Antoine POSSEVIN( 1534) : jésuite , non moins célèbre par son habileté dans les négociations que par ses, travaux littéraires, naquit en 1534 à Mantoue, d'une famille noble, mais pauvre. Après avoir terminé ses études avec succès, il vint à Rome à l'âge de quinze ans, et fut chargé par le cardinal Hercule de Gonzague de l'éducation d'un de ses neveux . Il suivit son élève à l'académie de Ferrare et ensuite à Padoue, où il acquit bientôt l'estime et l'amitié de Paul Manuce , de Barthél. Ricci et du savant Sigonio. La mère du jeune Gonzague, devenue veuve, ayant rappelé son fils à Naples, Possevin l'y accompagna et fut récompensé des soins qu'il lui avait donnés par la riche commanderie de Fossan, dans le Piémont. Cependant , désabusé du monde, François de Gonzague, fils de Ferrante, gouverneur du il avait formé le projet d'embrasser la règle de StIgnace; mais il était retenu par le désir de rendre ses talents utiles à sa famille. Son directeur fixa ses irrésolutions, et Possevin se rendit à Rome, où il fut admis dans la société en 1559. Il avait alors vingtsix ans : à des connaissances aussi variées qu'étendues il joignait beaucoup de prudence et de discernement; personne n'était plus propre à contribuer aux progrès de l'institut naissant. Ses supérieurs abrégèrent pour lui les épreuves du noviciat, et le renvoyèrent à la cour du duc de Savoie, en l'autorisant à tenir secrets les liens qui l'attachaient à la société tant qu'il le jugerait nécessaire. Le commandeur de Fossan gagna bientôt la confiance du duc de Savoie ; il obtint de ce prince l'admission des jésuites dans ses Etats et des mesures sévères contre les Vaudois. Les missions que Possevin fit d'abord en Piémont et en Savoie, et ensuite en France étendirent promptement sa réputation. Il eut la plus grande part à l'établissement du collège d'Avignon, dont il fut le premier recteur , et , malgré les efforts de ses ennemis et les dangers auxquels il fut plusieurs fois exposé, il réussit à étendre l'influence de la société dans tout le midi de la France et dans la Normandie. Il remplissait au collége de Lyon les fonctions de recteur , quand il fut rappelé à Rome en 1573, pour l'élection du général Evrard Mercurin, à laquelle il contribua et qui le nomma son secrétaire. Les talents de Possevin et son zèle pour la foi catholique lui méritèrent bientôt l'estime du souverain pontife, qui le chargea de différentes missions importantes en Allemagne, en Hongrie, en Suède et en Pologne. S'il échoua dans la négociation dont il avait été chargé pour le rétablissement du culte catholique en Suède , il n'en rendit pas moins d'éminents services à la religion par ses voyages dans le nord de l'Europe, encore mal connu, et où il parvint à faire ériger des séminaires, des colléges et des écoles pour les enfants, privés jusqu'alors de toute espèce d'instruction. Mais de toutes les ambassades dont fut honoré Posse-, vin, la plus remarquable est celle de Russie. Le czar Iwan IV, battu par les Polonais et les Sué- dois, ligués contre lui , et menacé dans sa capi- tale par les Tartares de Crimée, eut recours à la médiation du pape Grégoire XIII . Possevin, chargé de rétablir la paix entre le czar et le roi de Pologne, leva toutes les difficultés qui s'y opposaient et revint à Borne avec les ambas- sadeurs que le czar envoyait au pape pour le remercier du service qu'il en avait reçu ; il reconduisit ensuite les ambassadeurs jusqu'en Pologne, où le pape désirait le fixer avec le titre de légat ; mais, après avoir terminé l'objet de sa mission, sur les instances de son général, il ob- tint la permission de revenir en Italie en 1587. Il demeura d'abord à Padoue, occupé de mettre la dernière main à différents ouvrages que ses voyages l'avaient forcé d'interrompre, et trouvant encore le loisir de catéchiser, de prêcher et de diriger les jeunes gens qui recouraient à ses lumières, et dans le nombre desquels on doit citer le pieux évêque de Genève, StFrançois de Sales. Quatre ans après, il se rendit à Rome et travailla de tout son pouvoir à la réconciliation de Henri IV avec le saintsiége; mais le zèle qu'il mit dans cette affaire déplut au pape, qui lui défendit de s'en mèler. Il fut alors chargé de la direction du collége de Bologne et fit un voyage à Venise pour surveiller l'impression de son Ap- paratus sacer ; mais, sentant ses forces épuisées, il se retira dans Ferrare, où il mourut le 26 fé- vrier 1611, à l'âge de 78 ans, avec la réputation d'un des plus savants et des plus intrépides défenseurs de la foi. Il est à peine croyable qu'un homme, presque sans cesse occupé d'affaires im- portantes, ait eu le temps d'écrire un si grand nombre d'ouvrages de divers genres. La plupart tiennent à la controverse; on en voit la liste dans la Bibi. soc. Jesu et dans les Mémoires de Nice- ron, t. ; nous nous bornerons à citer les pr cipaux : 1" seu de rebus Moscotiti- cis , etc., Vilna, 1586 ; Anvers, 4587, et réimprimé plusieurs fois avec des additions. Cet ouvrage est trèsremarquable en ce qu'il est un des premiers qui aient paru sur l'empire de Russie, alors presque inconnu même à ses habitants. Judicium de quatuor scriptoribus , Rome, 1592 Lyon, 1593 avec des addi-' fions. Possevin n'avait jamais lu Machiavel, dont il entreprenait de réfuter les principes, et malheureusement il n'est pas le seul critique à qui l'on pourrait faire le même reproche. 3' Biblio- theca selecta de ratione studiorum, ad disciplinas et ad salaient omnium gentium procurandam, Rome, 1593, 2 vol. ; nouvelle édition augmentée et corrigée, Cologne, 1607, 2 vol. Possevin avait conçu le plan de cet ouvrage en 1574, et, au milieu des occupations dont il fut chargé, il le termina dans l'espace de vingt ans. On avait déjà la Biblioth. de Conrad Gesner ), augmentée et perfectionnée par les travaux de Simler, de Fries, etc.; mais Possevin sentit le premier la nécessité de déterminer l'objet et les limites des sciences et des arts. La première partie de son livre est consacrée a rechercher les méthodes que doivent suivre ceux qui les étudient et ceux qui les enseignent; la seconde partie est divisée en sept livres, dans lesquels l'auteur parcourt le cercle de toutes les sciences et fait connaître ceux qui les ont le mieux cultivées. Il cite leurs principaux ouvrages, en donne des extraits quelquefois fort étendus et même les réfute quand leurs principes ne s'accordent pas avec les siens. C'est dans l'examen des historiens anciens et modernes qu'il se montre plus qu'ailleurs exact et judicieux : il y a sans doute dans cette compilation beaucoup d'inexactitudes; mais Tiraboschi pense qu'en la corrigeant et l'augmentant ou pourrait en faire un des livres les plus utiles. V Apparatus sacer, Venise, 1603- 1606, 3 vol. Cologne, 1607, 2 vol. C'est le catalogue le plus considérable des écrivains ecclésiastiques anciens et modernes qu'on eût encore vu ; il est plus étendu , plus exact et plus instructif que celui de Bellarmin , qui ne parut qu'en 1613 . Possevin y passe en revue par ordre alphabétique plus de six mille auteurs , dont il retrace la vie et les opinions, dont il indique les ouvrages. Quels que soient les défauts d'un pareil travail , on n'en doit pas moins reconnaître que Possevin a beaucoup contribué à faciliter l'étude et les progrès de l'histoire littéraire. A la fin de r Apparatus il a donné le catalogue des manuscrits grecs encore inédits qu'il avait vus dans différentes bibliothè- pies de l'Europe. Outre les auteurs déjà cités, on peut consulter pour plus de détails la Vie de Posserin, par le P. Nicol. Dorigny, Paris, 1712 ; elle a été traduite en italien par le P. Nicol. Ghezzi et imprimée à Venise en 1750, avec des additions importantes. Tiraboschi a consacré une notice intéressante à son savant confrère dans la Storia della letteratura italiana, t. 7, p. 1060- 1066. — Jean- Baptiste POSSEVIN, frère aîné du précédent, naquit à Mantoue en 150, fut élevé par les soins du cardinal Hercule de Gonzague, protecteur de sa famille, et fut ensuite attaché comme secrétaire aux cardinaux Cortese et Hippolyte d'Este. 11 avait de l'instruction et du talent pour la poésie. 11 mourut à Rome en 1549, à l'âge de 29 ans. On a sous son nom : Dialogo dell' onore, nel quale si traita a pieno del duello, Venise, 1553, 1556, 1558 et 1564 avec des additions d'Ant. Possevin, qui fut l'éditeur de cet ouvrage de son frère. Ant. Bernardi, évèque de Caserte, dans la préface de son Traité contre le duel, imprimé en 1562, se plaignit d'un abus de confiance de la part de .1.B. Possevin, auquel il avait communiqué son manuscrit, et c'est en vain qu'on a essayé de justifier ce • dernier du reproche de plagiat ; Tiraboschi luimême, après avoir pris la défense de Possevin, a reconnu qu'il était réellement coupable . Ant. Possevin , qui n'a jamais tenté de laver son frère d'une accusation si formelle, a pris la défense de ses principes sur le duel dans un ouvrage trèsrare, intitulé Due discorsi : l'uno in difesa di Giot. Batt. Possevino, dore si discorre intorno al duello; l'altro in difesa di Giraldi, dore si trattano alcune cose par iscriver tragedie, Rome, 1556 . On a quelques pièces de vers deLB. Possevin, entre autres la paraphrase d'une ode de Sapho dans les Rime d'Atanagi. — PossEviN , neveu des précédents , embrassa l'état ecclésiastique et devint théologien de l'évêque de Ferrare. Outre une traduction italienne de l'histoire de Moscovie, par son oncle, Ferrare, 159'2 on cite de lui : e Discorsi della vita et azioni di Carlo Borromeo cardinale, Rome, 1591 ; 2° Dichiarazioni delle lettioni di tutti li matutini dell' anno del Breviario romano, Ferrare, 1592, 2 parties Cet ouvrage est si rare lue Paitoni regardait comme un hasard heureux d'en avoir trouvé la seconde partie, qui manquait depuis longtemps à son exemplaire . 3° Hinni sacri del Breriario romano tra- dotti in lingua volgare, Pérouse, 1594, in - V' ; Venise, 459, même format; 4" Vite de santi di Todi nelle quali si scuoprono ranlichità e grandezza di delta città, Pérouse, 1597 — POSSEVIN , autre neveu de l'auteur de l'Apparatus sacer, exerçait la médecine à Mantoue au co du 17e siècle avec une réputation assez étendue. Il consacra ses loisirs à la culture des lettres et publia : 1° neoriœ morborum libri quinque carmine conscripti, Mantoue, 160%. ; 20 Gonzayarum Mantme et Montisferrati ducum historia, ibid., 1617, fol. ; 1628, Il avait hérité des manuscrits de son oncle sur cette illustre famille. 3° Belli Nontisferratensis historia, ab anno 1612 usque ad ami. 1618, Genève, 1631
  • Antoine QUADRI( 1777 - 1845) : administrateur et littérateur italien , né à Vicence en 1777 , mort à Venise vers 1845. Il était issu d'une famille noble qui se transmettait le landammanat de Lugano de père en fils. Après avoir rendu à l'armée austrorusse des services éminents en 1799, le jeune Quadri obtint en 1803 la succession de la place de son père , chef de division au département des finances à Vicence. L'Autriche ayant perdu le Vénitien en 1805 , il fut attaché au quartier général de l'archiduc Charles. En 1806 il prit du service sous le gouvernement français, qui le nomma d'abord directeur de l'enregistrement du département du Bachiglione à Padoue, puis en 1807 souspréfet à Asiago, et en 1810 à Bassano. De là il fut appelé eu 1813 dans le conseil d'État du royaume d'Italie à Milan, comme directeur du personnel des préfets et souspréfets. L'année suivante, les provinces lombardovéni-. tiennes ayant repassé sous le gouvernement autrichien, Quadri se rendit à Vienne, où il proposa deux plans, l'un pour l'amortissement du papiermonnaie et l'autre pour la réorganisation administrative des deux provinces, plans qui furent tous deux approuvés par la chancellerie de Vienne. En 1816, il reçut la nomination de secrétaire du gouvernement des provinces vénitiennes, avec le comte de Goes pour chef. Dans cette qualité, il régla successivement les affaires des établissements de bienfaisance des provinces vénitiennes en 1817, puis le service de santé maritime et de terre, pour lequel il composa un code de cent articles, la question des canaux et souterrains de la ville de Venise, etc. De 1816 à 1819 il rédigea la statistique générale des provinces vénitiennes pour l'empereur, les ministres et le bureau officiel , travail qu'il refit et compléta en 1824 pour l'archiduc FrançoisCharles, et de nouveau en 1828 pour le viceroi, archiduc Rainier. A la même époque il avait compulsé deux recueils des lois et ordonnances pour les mêmes provinces, en 1824 et 1829. Les ouvrages de Quadri sont les fruits de sa gestion administrative ; seulement, comme ils étaient destinés au public, il leur a donné une forme plus littéraire. Ses traités de statistique et d'archéologie sur 'Venise et son territoire resteront des ouvrages classiques. Il en a rédigé plusieurs en français et italien à la fois. En voici les titres : 1° Mémoire d'économie politique, surtout par rapport aux provinces vénitiennes, Padoue, 1819 ; 2' édit., Venise, 1820. Ce mémoire avait remporté le prix de l'Institut de France. 2° Huit jours à Venise, 1" partie : Objets principaux à voir à Venise, avec planches, Venise, 1821. Ce premier volume, qui est un guide pour le voyageur dans cette ville, a eu six éditions, dont trois en français et trois en italien. A partir de la 2e, 1822, elles ont été augmentées. La 6e est de l'an 1840 3° Huit jours à Venise, 94e partie : Abrégé de l'histoire de Venise, depuis sa fondation jusqu'à la fin de la république, le 12 mai 1797, et une Hile de ses doges, Venise, 1822; 2e édition, 1823, la première en italien, la deuxième en fran-çais , réimprimée en 1831 ; Histoire de la statistique, comme introduction au Tableau statistique du Vénitien, avec une carte, Venise, 1824 ; 5° Tableau statistique des provinces vénitiennes, avec une carte géographique du royaume lombardovénitien, Venise, 1826 ; 6° Atlas statistique de 82 tableaux synoptiques , complément du numéro 5, ibid., 1827; 7° Dieci epochi della storia d'Italia, 1826 à 1827 ; 8° Quatre jours à Venise, Milan, 1827 ; 9' le Grand canal de Venise et ses monuments, avec 60 planches, Venise, 1828 à 1830. Quadri y décrit tous les monuments le long du grand canal de cette ville, en y ajoutant des gravures et dessins. 10° Histoire et statistique comparée des divers Etats de , en 10 volumes, Venise, 1830 et suivantes ; 11° La Piazza di San Marco in Venezia 1831 ; 12° DPscrizione del tempio dei SS. Giorgi e Paolo , 1835 ; 13° . 11anuel du voyageur en Italie jusqu'à Venise , Paris, 1835
  • Antoine PONZ( 1725 - 1792) : peintre et voyageur espagnol, naquit à Bexix le 28 juin 1725. Ses parents le destinèrent d'abord à la carrière des lettres ; mais, entraîné par son goût pour la peinture, il se mit sous la direction d'Antome Richart à Valence. En 1746 il vint à Madrid ' pour se fortifier dans son art, et après cinq ans d'études assidues, il se rendit à Rome. Les antiquités qu'il rencontrait à chaque pas dans cette ville lui inspirèrent le désir d'en faire l'objet par-' ticulier de ses études. La découverte d'Hercula- num le conduisit à Naples, et il conçut le projet d'étendre ses investigations dans la Grèce et jusqu'en Egypte. Ses amis eurent la plus grande peine à le détourner de ce projet. Il se décida ' enfin à revenir en Espagne. Ses divers travaux. ne l'avaient point empèché de continuer à culti- ver la peinture, et il y avait fait de tels progrès qu'à son arrivée à Madrid il fut chargé de pe pour la bibliothèque de l'Escurial, les portraits des principaux écrivains espagnols. Occupé de ces travaux durant cinq ans, il profita de son - séjour dans ce palais pour copier les plus beaux tableaux de Raphaël, du Guide et de Paul Vero- nèse. Il déploya surtout un rare talent dans celle de la Vierge à la perle et de la Vierge au poisson, deux chefsd'oeuvre du premier de ces peintres. Il sut aussi mettre à profit les richesses littéraires que renfermait la bibliothèque de l'Escurial pour y rechercher et analyser tous les ouvrages relatifs aux beaux arts. Après son retour à Madrid, il reçut la mission de se rendre en Andalousie et de choisir parmi les tableaux des jésuites ceux qui seraient dignes d'ètre donnés comme modèles à l'académie de StFernand. Ne bornant pas là sa mission, il prit des notes sur tout ce qui lui parut digne d'attention , tels qu'épitaphes fondations pieuses, tableaux, monuments des arts, etc., en examinant partout avec attention l'état de l'agriculture et de l'industrie. C'est alors qu'il forma le projet de son voyage général d'Espagne, et il commença en 1771 à l'exécuter. Les volumes qu'il en publia successivement ne firent qu'ajouter à sa réputation. La description des tableaux du palais du roi à Madrid est l'objet de la lettre adressée par Raphaël Mengs à don Antonio Ponz et insérée dans le sixième volume . En 1776 il fut nommé secrétaire de l'académie de StFernand, fonctions qu'il remplit pendant quatorze ans. Durant les vacances, il reprenait ses voyages et n'en revenait jamais sans de nouvelles richesses. C'est à lui qu'on doit la publication de l'ouvrage de Guevara intitulé Commentarios de la pintera. Son zèle pour l'instruction des élèves n'était pas moins actif. Cependant, malgré un travail assidu. de plus de vingt années, il ne put mettre la der- nière main à son grand ouvrage. La partie dans laquelle il devait traiter du royaume de Grenade, de la Galice et des Asturies, n'a jamais été terminée, et ce n'est qu'après sa mort, arrivée le 4 décembre 1792, que le dixhuitième volume de son Voyage en Espagne fut publié, en 1794, par Joseph Ponz , avec la vie et le portrait de l'auteur, qui dans les deux premiers volumes, publiés en 1772 et en 1773, prenait le nom d'Antonio de la Puente. Ce livre, écrit d'un style monotone et rempli de détails minutieux , est orné d'un grand nombre de figures, de plans de villes, vues de divers monuments, etc. . On a aussi de Ponz un Voyage hors de l'Espagne , écrit du même style que le précédent sans offrir le même genre d'utilité. Les deux premiers volumes de la première édition de son Voyage d'Espagne ont été traduits, non en français, comme le dit le Dict. hist., crit. et bibliogr., mais en allemand , par le professeur JeanAndré Diez . La plupart des académies des beauxarts de l'Europe l'a- Rotermand cite, comme supplément au tome 13 de cet ouvrage, un opuscule du même auteur sur la culture des amandiers aux environs de Madrid, Metodo facil para cultivar los , oelmendros , etc., Madrid, 1786 vaient admis dans lm. sein, et celle de StFernand fit célébrer ses obsèques avec la plus grande pompe. — NOW- Jerne PONS OU PONZ , peintre, naquit à Valls, près de Tarragone, et fut élève des Juncosa. Il acquit, par ses ouvrages, une réputation méritée. Ayant embrassé l'état ecclésiastique, il peignit, en 1722, une grande partie des tableaux de la chartreuse de Scala Dei. En 1732 il orna de ses fresques une partie de l'ermitage de NotreDame de la Miséricorde, situé dans le voisinage de la ville de Reus. C'est dans ce même ermitage que l'on conserve un excellent tableau de lui qui représente le Christ mort, reposant entre les bras de la Vierge. La chapelle de SteUrsule, dans sa ville natale, possède deux belles fresques de sa composition, et l'une des chapelles de l'église d'Altafulla un St- Michel , qu'il a copié d'après le fameux tableau de Raphaël que possède le musée du Louvre. Les ouvrages de ce maître se font remarquer par une couleur satisfaisante et un bon goût de dessin
  • ANTOINE RADL( 1772 - 1852) : un des principaux graveurs et peintres paysagistes allemands, né à Vienne le 15 avril 1772, mort le 4 mars 1852 à FrancfortsurleMein. Fils d'un peintre de bâtiments, il fut , après la mort de son père, envoyé par sa mère dans l'académie de dessin à Vienne. Ses deux frères ayant été tués devant Belgrade, An- tome, pour se conserver à sa mère, courut échap- per à la conscription militaire en 1792. Il alla d'abord à Bruxelles, puis en 1793 à AixlaCha- pelle et Cologne, et enfin en 1794 à FrancfortsurleMein. Accueilli dans cette ville par un peintre distingué, Prestel, le jeune Radl s'attacha complétement à lui. S'étant marié en 1801 , il ne quitta plus Francfort que pour faire une visite à sa mère à ‘Vienne en 1816, puis en 1817 et 1818 pour prendre des dessins dans les villes du nord de l'Allemagne. Radl a d'abord gravé un certain nombre de tableaux des grands maîtres, qui sont : 1° Grande pièce de bêtes à cornes , connue sous le nom du Boeuf blanc de Potter, dans la galerie de Brabeck à Sceder, royalfol ; io Chasse à l'ours d'après l'image de Sneyer, dans la même galerie ; 3° un Magasin italien , d'après G. Fuentes ; V Paysages du Rhin, d'après Schütz, douze feuilles. Tout ce qui est de la propre conception de Radl se co de paysages à l'huile, à la gouache ou à , l'aquarelle, dont il a ensuite tiré des gravures à l'aquatinta, soit brunes, soit colorées. La manière de Rell est la calme représentation de. la nature, où il est inimitable, surtout celle de la solitude des forêts. Il a ensuite peint et gravé des Vues des villes hanséatiques du Nord , puis les pfincipaux Châteaux des bords du Mein, et enfin plusieurs Points remarquables de Francfort et ses environs. La plupart de ses paysages à l'aquarelle ont été achetés par le docteur Grams à Francfort, qui les a cédés plus tard à l'institut de Staedel dans cette ville ; d'autres sont entre les mains des familles patriciennes ou de souverains allemands. Radl les a reproduits presque tous par la gravure
  • Antoine REGULY( 1819) : voyageur hongrois, naquit en 1819 à Zircz , dans le comté de Westprim son père était gérant d'un domaine appartenant à un monastère de l'ordre de Cîteaux. Il manifesta de bonne heure un goût prononcé pour l'étude, surtout pour l'histoire, et après avoir commencé par figurer parmi les disciples du gymnase de iii On trouvera dans la Bibliographie biographique de M. CEttinger une dissertation sur cet illustre Romain. Raab , il se rendit à l'université de Pesth, où il suivit les cours de droit. En 1839, ayant terminé la carrière des travaux académiques, il entreprit un voyage en Allemagne et poussa ses excursions jusqu'à Copenhague et Stockholm. Pénétré de l'idée que les Hongrois tiraient leur origine de la Finlande, il se rendit dans ce pays, et il s'appli- qua avec le plus grand zèle à en approfondir le langage , l'histoire et les antiquités. S'enfonçant dans l'intérieur de cette contrée peu fréquentée, il vécut avec les paysans afin de mieux connaître les moeurs et les traditions populaires ; il pénétra ensuite dans la Laponie où , pendant des mois entiers, il se livra à de pareilles investigations. Il arriva à StPétersbourg au printemps de 1841 et se prépara , par de sérieuses études , à continuer ses recherches chez les peuples qui habitent le nord de la Russie d'Europe et la Sibérie. Appuyé par des allocations de l'académie de StNtersbourg et de l'académie hongroise, il se rendit successivement à Moscou, à Nowogorod, à tiasan, et porta ses pas au delà de l'Oural et sur les rives désolées de la mer Boréale. Les Baskirs , les Samoyèdes, les Ostjakes, les peuples au delà de l'Oural le virent séjourner parmi eux ; il arriva Tobolsk visita les deux rives de l'Obi , cherchant des traces de l'idiome hongrois et se flattant d'en avoir souvent découvert. Se dirigeant ensuite vers le sud, il parcourut le Caucase, et le 1:; aoth 1846, après quatre ans d'absence, il ren- tra à Strétersbourg. Il soumit à l'académie, comme un des résultats de son voyage, une carte des districts septentrionaux de l'Oural ; son zèle obtint des éloges publics, mais sa santé était al- térée par les rudes fatigues qu'il avait souffertes; Il revint dans sa patrie pour prendre quelque repos, mais il y séjourna peu, et il vint à Berlin afin de mettre en ordre les matériaux qu'il avait rassemblés. L'ardeur avec laquelle ii se livra au travail le rendit malade, et il se retira dans la campagne dans le Mecklembourg ; mais bientôt il apprit que ses compatriotes, qui ne l'avaient point oublié, l'avaient nommé, au mois de juin 1848, conservateur eh t cher de la bibliothèque de l'université de Pesai. Les troubles qui agitaient la Hongrie ne lui permirent de commencer à remplir ses fonctions qu'au mois de septembre 1849. Il se mit à rceuvre pour rédiger les ouvrages dont il avait été si loin et si péniblement cherché les bases, mais le mauvais état de sa santé ne lui permit pas d'achever un labeur souvent interrompu. il mourut à Pesti' le 23 août 1858. L'académie hongroise s'est chargée de faire paraître les résultats de ses recherches sur les langues, la mythologie et la poésie des Ostiaques , des Morduines et des autres nations qui habitent les régions les plus septentrionales de la Russie. Elles jetteront un grand jour sur des questions bien peu connues et sur une des familles de la race humaine qui reçoit le moins de visiteurs
  • Antoine REISER( 1628 - 1686) : théologien protestant, né à Augsbourg le 7 mars 1628 , mena une vie fort agitée. Après avoir fréquenté plusieurs univer- sités, il exerçait le pastorat dans la commune luthérienne de Presbourg , lorsque cette église embrassa le calvinisme en 1672. Il avait été un des plus fermes opposants à cette variation; dépouillé de tout, emprisonné, condamné à mort, élargi enfin par grAce et chassé du pays avec sa famille, il revint dans sa ville natale, exerça quelques emplois obscurs dans le ministère jusqu'en 1678, où il fut nommé pasteur de l'église de StJacques à Hambourg ; il y mourut le 27 avril 1686. Ses écrits théologiques au nombre de trentesix , dont on trouve la liste dans le dictionnaire de Joecher, sont maintenant oubliés, et n'ont fait quelque bruit dans le temps que par la singularité du système de l'auteur, qui prétendait prouver que StAugustin, StThomas d'Aquin , etc., avaient soutenu là même doctrine que Luther, et que le docteur Launay était un fort bon protestant. Son Joh. Launoins... iesiis confessor veritatis evangelicoe... vindicatus, Amsterdam , 1685 , fut sévèrement défendu à Paris, et la saisie en fut ordonnée par arrêt du conseil du 4 juin 1685. Nous mentionnerons encore ses trois sermons sur la comète ; sa dissertation De fulmine; son traité De origine, progressu et ineremento anti: theismi sen Atheivni, Augsbourg, 1669 et son épitre De doris quibusdam ceti hujus théologis mise en tête du Templum honoris reseratum de Spizel, 1673 Le seul de ses ouvrages qui ait conservé de l'importance pour les bibliographes. est son catalogue des manuscrits de la bibliothèque publique d'Augsbourg, Index manuseriptorum bi- bliothecœ Augustamr, 1675, i1-4° de 174 pages. Il est plus complet et mieux rédigé que ceux qui avaient paru antérieurement, et d'ailleurs d'un format plus commode que celui d'Ellinger, qui avait la hauteur d'un mais aux numéros duquel il rapporte comme au plus authentique . Quoique l'on ait beaucoup écrit dans le 18e siècle sur la bibliothèque d'Augsbourg , on n'a pas réimprimé le catalogue de ses manuscrits, pour la connaissance desquels on n'a point de meilleur guide que le livre de Reiser. Il y a joint, par forme d'appendice 10 la liste sommaire des principales éditions du 15. siècle, qui se trouvent dans la méme bibliothèque ; 2° l'indication des livres imprimés dans la ville d'Augsbourg, soit d'après les manuscrits de sa bibliothèque. On y trouve, ainsi que dans le catalogue, quelques notes bibliographiques, et en général beaucoup de négligences. Reiser publia cet ouvrage pour servir d'introduction à une histoire litté- raire et bibliographique de la ville d'Augsbourg, travail dont il s'occupait , mais qui n'a point paru. Parmi les autres fruits de sa plume qui sont demeurés inédits , nous citerons son Marty- rologium Ilungarice et une relation De rapina bibliothecoe siia. N'oyez sa Vie, par un anonyme, dans le Memoria theologorum de Pipping
  • Antoine RENOU( 1731) : secrétaire perpétuel de l'ancienne académie de peinture, naquit à Paris en 1731, fit d'excellentes études et obtint souvent des couronnes à l'université. Cependant un penchant irrésistible, qui portait son génie vers les arts du dessin, le décida pour la peinture. Pierre et Vien furent les maîtres qui dirigèrent ses rapides progrès. Déjà il avait remporté le second prix de peinture en 1758, sur ce sujet Abra- ham conduit Isaac pour rofrir en sacrifice; il était à la veille de conquérir le premier, lorsque, vers l'an 1760, il fut appelé à la cour du roi Sta- nislas comme peintre de ce prince. Estimé et distingué par ce bon roi, recherché par toute la cour , il devint , par la diversité de ses connaissances, l'àme des plaisirs de cette cour. Doué d'une belle figure, d'un bel organe et d'une taille avantageuse, il brillait à Lunéville, soit prit le masque de Thalie, la lyre d'Anacréon ou le pinceau d'Apelle. A la mort de Stanislas, Renon revint à Paris et se livra plus que jamais à la peinture. Il se fit agréer à l'académie en 1766, sur un tableau représentant Jésus parmi les docteurs, et il s'en fit recevoir membre le 18 août 1781 , sur un des tableaux du plafond de la galerie d'Apollon , au Louvre, représentant l'Au- rore. Renou fut adjoint, comme secrétaire de l'académie, à Charles Cochin, le n février 1776; on lui doit en cette qualité une brochure rare Secret pour fixer le pastel, inventé par Loriot et publié par l'académie royale de peinture en 1780 de 8 pages. Il fut nommé secrétaire titu- laire en avril 1790 et prit une part active aux séances orageuses qui signalèrent les dernières années d'existence du célèbre corps. Lors de sa suppression , Renou fut attaché aux écoles spéciales de peinture, avec le titre de secrétaire et de surveillant des études. Parmi ses productions, nous citerons le tableau d'Agrippine débarquant à Brindes , avec l'urne contenant les cendres de Ge, manicus ; un autre représentant une A n non ciation, qui se voyait dans une église de religieuses de StGermain en Laye. 11 a peint aussi un plafond pour l'hôtel des monnaies de Paris, et un autre, qui n'existe plus, au théàtre Favart. En général, les compositions de Renon sont d'une belle ordonnance. On y reconnaît une érudition profonde et un génie éclairé. Peut-être aussi s'aper-çoiton un peu qu'il n'avait pas vu les chefsd'oeuvre de l'Italie. Il venait d'arriver de Lunéville, et jusquelà il n'avait regardé la poésie que comme un amusement , lorsqu'un jour, se trouvant en société avec des hommes de lettres connus , la discussion s'établit sur les difficultés de la poésie et celles de la peinture. Lemierre, présent à cette dispute, prend chaudement la défense de la poésie et soutient sa suprématie Renon, poussé à bout, défie Lemierre de faire un tableau et s'engage à composer une tragédie. La tragédie fut faite , c'est celle de Térée et Phi- lomèle ; cette pièce, qui fut jouée au ThéâtreFrançais en 1773 , est imprimée. Ce premier triomphe, ainsi que l'affaiblissement de sa vue, le déterminèrent à cultiver la littérature il entreprit la traduction en vers du poëme latin de Dufresnoy sur la peinture . était là dans son domaine : aussi cet ouvrage, surtout pour les notes, atil obtenu l'estime des artistes et celle des connaisseurs. Encouragé par ce succès, Renou entreprit de traduire en vers la Jérusalem délivrée. Déjà quatre chants étaient terminés, lorsqu'il perdit son manuscrit ; mais, ne se laissant pas abattre par cet accident, il les recommença et acheva même entièrement sa traduction, dans laquelle il y a d'assez beaux vers. Toujours dévoué aux arts, Renon ne laissait jamais passer une exposition publique sans éclairer les amateurs par quelque brochure. On se rappelle encore la Lettre du marin et celle de M. Bonnard, marchand bonne- tier. Ses critiques, loin d'être décourageantes. étaient très•gaies et aussi instructives pour les artistes que pour le public. Parvenu à l'Age de 76 ans, plus occupé des lettres et des arts que des calculs de l'intérêt, il termina sa carrière le 22 décembre 1806, laissant une veuve et deux enfants sans fortune. Consultez sur Renou le Moniteur universel de juillet 1809 ; l'article signé N. Ponce a été réimprimé dans le tome 8 de la Revue universelle des arts en 1858
  • Antoine RICCIARDI( 1500 - 1610) : philosophe et rhéteur, né à Bresse vers le milieu du 16° siècle, étudia à Padoue sous Bonamico et Robortello, et professa ensuite avec beaucoup de succès dans la ville d'Asola. Il mourut en 1610, après avoir publié : jo un Traité des anges; 2. une Histoire de la ville d'Asola; 3. un livre sur l'excellence et l'ancienneté des langues, où il prétend que la langue cimbrique, parlée encore aujourd'hui dans le Jutland, en Danemarck, est plus ancienne que l'hébreu ; 40 Commentaria symbolica explicantia arcana pene infinita ad mysticam naturalem nentia, vol
  • Antoine RICCOBONI( 1541) : philologue italien, naquit en 1541 à Rovigo, petite ville de l'Etat vénitien. Quoiqu'il fût d'une extraction obscure, il fit de bonnes études à Venise et à Padoue, où il eut successivement pour maîtres Paul Manuce, Ch. Sigonio et Marc.Ant. Muret. Après avoir terminé ses humanités , il suivit des cours de jurisprudence , et , trèsjeune encore, il fut nominé professeur de belleslettres dans sa ville natale. Le corps municipal accorda même le droit de bourgeoisie à sa famille, en récompense d'un discours à la louange de la jurisprudence, prononcé publiquement en 1567 par Riccoboni. se rendit en 1571 à Padoue et prit le grade de docteur en droit à l'université de cette ville. Il voulait se consacrer entièrement à la jurisprudence, qui paraissait lui offrir plus d'avantages que la carrière littéraire; mais, sur les instances de ses amis, il accepta une chaire d'humanités et de rhétorique. Ses trois discours d'inauguration, De studiis liberalium artium, De studiis humani-! cuis, De studiis artis rhetoricœ, donnèrent une haute idée de son mérite. Cependant il ne professa d'abord qu'en second , puis il devint premier professeur en 1572 , avec un traitement qu'on augmenta à diverses reprises; et la ville de Padoue lui conféra aussi le droit de bour- geoisie en 1581. Quelques années plus tard, Riccoboni soutint une polémique contre Sigonio, son ancien maitre. Celuici , profond latiniste, entreprit de compléter le traité de Cicéron, De consolatione, dont on ne connaissait que des frag- 43,>, ments. Ayant rempli les lacunes par des m6r7 ceaux de sa composition, il publia l'ouvrage comme un:manuscrit récemment découvert sous ce titre : 41. Tdllii Cieeronis Consolatio, liber , quo se ipsune de filiœ morte consolatus est, nunc primunt repertus et in lucent editus a l'rancisco Viannello, Veneto, Venise, 1 583 réimprimé la même année à Plaisance, à Paris, à Strasbourg, à Franc- fort, etc., et à Paris , 1584 Ricco- boni s'aperçut bientôt de la supercherie, et la dévoila dans une lettre intitulée De consolatione, edita sub nonzine Ciceronis, Epistola ad Hierony- muni Mercurialem, qui fut insérée dans une nouvelle édition du livre avec deux réponses de Sigonio, que son adversaire réfuta encore. Cependant le traité de la Consolation a passé pour authentique pendant longtemps ; mais la supposition en est bien constatée aujourd'hui . Riccoboni avait attaqué la généalogie fabuleuse que Joseph Scaliger et son père s'étaient fabriquée, et avait même fourni à Scioppius des renseignements pour en démon- trer la fausseté. Cette conduite lui attira l'anim- adversion de J. Scaliger, qui en parle dans ses ouvrages avec un mépris injuste et va jusqu'à l'appeler Porcus Riccobonus, car sa vanité blessée s'exhalait toujours en injures. Après vingthuit ans de professorat à l'université de Padoue, Ant. Riccoboni mourut de la pierre dans cette ville en 1599 . Outre les opuscules que nous avons déjà cités, quelques autres discours et oraisons funèbres, on a de lui : e Comnzentarius in quo per locorum collationem explicatur doctrina lihro- rum Ciceronis rhetoricorum, Venise, 1567; Francfort, 1596 2° De historia liber; cum frag- mentis historicorunz veterum latinorum somma fide colleciis, Venise, 1568 L'auteur traite d'abord des qualités de l'histoire et de sa nécessité pour les sciences; puis il donne les fragments qui nous restent des anciens historiens latins dont les ouvrages sont perdus, entre autres de Caton le Censeur, de Masurius Sabinus , etc. Ce livre et un autre opuscule de Riccoboni, De scribenda historia, ont été insérés dans le recueil intitulé Peints artis kistoricœ, Bàle, 1579, 2 vol. 3° Aristotelis Anis rhetoricœ libri tres , grœce et latine, etc. , Venise, 1579; Francfort , 1588 8° ; 40 Aristotelis liber de poetica latine conyersus , Venise, 1579, in -8°; ibid., 1584 Padoue, 1587, iti-4°. Ces versions latines de la rhétorique et de la poétique d'Aristote firent beaucoup d'honneur à Riccoboni ; mais les savants, en lui donnant de justes éloges, regrettèrent qu'il n'eût pas rendu assez scrupuleusement le sens de son auteur. 5° De consolatione edita sub nomine Ciceronis judicium secundum, Vicence, 1585 C'est une seconde Dissensio de quibusdanz loris Qui ntilliani probantibus rhetorica ad Herrennium esse Cornificii , où il prétend, d'après quelques passages de Quintilien , que le traité Rhetorica ad Herennium est de Cornificius et non pas de Cicéron. Beaucoup de savants sont du mène avis . 7. Defensor, sive pro ejus opinione de Epistola Horatii ad Pisanes, in Nico- Janin Colonium , Ferrare, 1591 Riccoboni soutient contre Nicolas Coloni , philologue de Bergame. qu'Horace n'a pas eu le dessein de faire dans cette épître un art poétique proprement dit, mais qu'il a seulement voulu signaler les défauts des poètes contemporains; et cette opinion parait effectivement trèsprobable . 8° Orationunt volunzina duo , Padoue, 4592 C'est un recueil de discours prononcés par Riccoboni en diverses circonstances. 90 Aristotelis Ethica latine versa, Padoue, 1593 Hanovre, 1610 Cette traduction de la Morale d'Aristote est accompagnée d'un commentaire. 100 De Gymnasio Patavino commenta- riorum libre sex, etc., Padoue, 1598, in"p. C'est l'histoire de l'université de Padoue. L'auteur y a inséré quelquesuns de ses discours qui n'avaient point encore été imprimés, ainsi que plusieurs lettres de Sigonio et d'autres savants, avec ses réponses sur la dispute occasionnée par le livre De la consolation. L'ouvrage de Riccoboni est curieux ; mais ceux que Tomasini, Papadopoli et Facciolato ont publié postérieurement sur l'université de Padoue , sont plus méthodiques et naturellement plus complets
  • Antoine RICHEPANSE( 1770) : général français, l'un des plus braves que l'on ait vus dans la première période des guerres de la révolution , était né à Metz , le 25 mars 1770, fils de l'un de ces officiers de fortune ou de naissance roturière, dont le seul mérite déterminait l'avancement, par exception aux privilèges de la noblesse. Admis à la solde , comme enfant de troupe , au régiment de Conti dès l'àge de cinq ans, il devint sousofficier trèsjeune et par son seul mérite. Maréchal des logis chef dans un régiment de chasseurs à cheval quand la révolution commença , il fut nommé souslieutenant le 15 septembre 1791 , dans la grande promotion que fit Louis XVI, devenu roi constitutionnel. La guerre ayant commencé l'année suivante, Richepanse fut bientôt capitaine, puis chef d'escadron , et enfin , chef de brigade sur le champ de bataille, dans le mois de mai de 1796 , au passage de la Sie;, il s'était distingué. il déploya encore autant de bravoure que d'intelligence à la bataille d'Altenliirchen , où il remplaça d'Hautpoul , qui commandait la cavalerie légère et qui y fut blessé grièvement. Richepanse reçut luimême une blessure grave à Altendorf, et il fut élevé par Kléber au grade de général de brigade, en 1796. Dans l'année suivante, il commandait la cavalerie du corps d'armée que Hoche fit avancer sur Paris au delà des limites constitutionnelles , ce qui amena la dissolution du corps législatif. Il passa bientôt à l'armée d'Italie, et on le vit en 1799, à la bataille de Novi , commander un corps de réserve, puis à Fossano, où il enleva une batterie de canons et fit un grand nombre de prisonniers. C'est après cet exploit qu'il fut nommé général de division. Rappelé dans l'intérieur, il y remplit, pendant quelques mois, les fonctions d'inspecteur général, puis fut envoyé à l'armée du Rhin , où il fit sa plus belle campagne, sous les ordres de Moreau. Commandant une division à Engen , sur les bords de l'Iller, le 3 niai 1800 , il y soutint , sans être entamé, les efforts de 40,0.00 Autrichiens. Peu de jours après, il eut une grande part à la victoire de Moeskirk. Le lendemain , ayant reçu pendant la nuit l'ordre de se porter d'Éhersberg sur la route de Naag à Hohenlinden et d'y attaquer l'ennemi sur ses derrières, en débouchant. par où cela lui paraîtrait le plus convenable, il marcha à la tète de ses troupes à travers le bois, par des chemins affreux et couverts de neige. La moitié de sa division avait passé le village de StChristophe lorsqu'une colonne autrichienne l'attaqua sur .;on flanc gauche et réussit à la couper par son centre. Alors Richepanse, décidé à remplir sa mission , même avec la moitié de sa division. continua de s'avancer, laissant sa seconde brigade en arrière sous les ordres du général Drouet, et avec la première marcha sur un corps de grenadiers hongrois, puis sur d'autres troupes qu'il culbuta successivement, et parvint ainsi à arrêter les progrès de l'armée ennemie tout entière. « Ce fut, a dit le général Dumas, une belle résolution, dans la circonstance la plus difficile, et un admirable exemple de fidélité aux ordres du général en chef... » Moreau luimême a dit avec une rare franchise que c'était à ce mouvement de Richepanse qu'il devait la victoire de Hohenlinden. « Je m'attendais d'être attaqué à Hohenlinden, et j'avais donné l'ordre aux généraux Richepanse et Decaen de déboucher par StChristophe sur Mattenpot, et de tomber avec vigueur sur les derrières de l'ennemi ; ce mouvement s'est exécuté avec autant d'audace que d'intelligence... » On ne comprend pas qu'à côté d'aussi honorables témoignages , les compilateurs de Ste - Hélène aient, dans cette occasion, taxé d'imprudence et même de désobéissance la conduite de Richepanse, ce qui amena de la part du fils de ce général une vive réclamation, lorsque les Mémoires du général Gourgaud parurent en 1826. La paix ayant été conclue, Richepanse revint dans sa patrie, où il était employé comme inspecteur général de cavalerie quand le premier consul Bonaparte le nomma, en 1803, général en chef d'une armée d'environ 3,000 hommes qu'il envoya à la Guadeloupe pour soumettre cette colonie, qui était au pouvoir des nègres révoltés. Après avoir débarqué sous le feu des batteries de la côte, Richepanse s'empara de la BasseTerre et battit une troupe de noirs insurgés qu'il poursuivit jusqu'au fort Bembriche , où la plus grande partie se retira. Trois cents d'entre eux s'étant réfugiés dans le port d'Anglemont et s'y voyant cernés , vivement poursuivis, mirent le feu aux poudres et s'y firent sauter. « Ce fut un spectacle épouvantable, dit le général en chef dans son rapport. Il y eut un moment de stupéfaction de part et d'autre ; mais bientôt nous pensâmes à mettre à profit le désordre qu'occasionne toujours un pareil événement, et la journée se termina par la destruction entière de tous les ennemis échappés à l'explosion... Cette dernière affaire a détruit la révolte dans sa source. Les chefs sont morts; tout le reste est désarmé, soumis et retourne au travail, qu'il n'aurait jamais dû quitter... Richepanse remplit ainsi fort promptement le but de son expédition, tandis que Leclerc opérait à StDomingue contre des ennemis du même genre , niais plus redoutables et surtout plus nombreux. La colonie fran-çaise de la Guadeloupe ayant été ainsi remise sous le pouvoir de la métropole , le capitaine général Lacrosse , qui en avait été expulsé par les nègres , ne tarda pas à y revenir, et, de concert avec Richepanse, il se disposait à y rétablir l'ordre , à y rappeler le commerce et l'abondance , lorsque ce général mourut de la fièvre jaune à l'âge de 37 ans, dans le mois de juin 1803. L'empereur Napoléon voulut que le nom (l'une rue nouvelle ouverte à Paris fût celui de ce brave guerrier. On trouvera de plus amples détails dans la Vie militaire du général Richepanse, Metz 1837 et dans une notice qui fait partie de l'ouvrage de M. NolletFabert : la Lorraine militaire, Nancy 1853 — Un des fils de Richepanse. officier d'étatmajor à l'armée d'Afrique, fut tué de cinq coups de feu sur le champ de bataille, (laits le mois de décembre 1837
  • Antoine RISSO( 1777) : naturaliste, né à Nice le 8 avril 1777, n'eut d'autre héritage de son père, qui était un pauvre charpentier, que l'amour du travail et l'exemple dune sévère probité. Entré, vers l'âge de douze ans, comme simple apprenti chez un apothicaire de sa ville natale , il se livra avec une rare intelligence à toutes tes manipulaCous du laboratoire, sans rien négliger de ce que la fréquentation de plusieurs cours gratuits et la lecture de quelques bons livres pouvaient ajouter à ses études pratiques. En 1803, reçu pharmacien par une commission provisoire de sauté que le gouvernement français avait .établie à Nice, il exerça très•honorablement sa profès,- sion jusqu'en 1826, époque à laquelle d céda son officine a M.,Louis Robaudi, le plus instruit de ses élèves. En 1832, à la formation des écoles préparatoires de médecine et de pharmacie de la ville de Nice, Risso, qui avait enseigné les sciences physiques au lycée impérial de cette cité, obtint la chaire de chimie médicale sur divers con- currents. Mais les fonctions çu professorat ne l'empêchèrent pas de consacrer une grande partie de sou temps, comme il l'avait fait dans, les diverses phases de sa carrière, à :étude simultanée de toutes les branches de l'histoire naturelle et pluseécialement.à l'ichthyologie. Doué du talent d'observer,,,et éloigné par caractère de tous les ;5Iaisirs futiles, Risso aimait à explorer solitairement les . Alpes voisines, les falaises, les plages de la Méditerranée, dans le but d'étudier toutes les productions terrestres ou aquatiques de ces régions remarquables par leurs richesses naturelles et si variées. C'est ainsi qu'il parvint à enrichir tous les règnes, et principalement la zoologie méditerranéenne, d'un grand nombre d'espèces tout à fait inconnues, ou sur la, nature desquelles les naturalistes étaient dans l'incertitude ou l'erreur. Quelquesunes de ses découvertes, il est •rai,, furent contestées, mais beaucoup d'entre elles, qui furent adoptées par Cuvier, lui gagnèrent, jeune encore, l'intérêt et l'estime de l'immortel naturaliste. Les ouvrages sortis de la plume de Risso, en attestant l'activité de leur auteur, révèlent toutefois l'insuffisance de ses premières études, une ardeur audessus de ses forces, et la faute qu'il lit peut être de ne pas les concentrer sur une branche unique de l'histoire naturelle. Nous ne mentionnerons pas dans cette notice divers écrits sur la caprification, sur les insectes nuisibles à ,l'olivier ou sur d'autres sujets d'économie agricole, insérés la plupart dans des recueils académiques ou dans les actes de la chambre royale d'agriculture de Nice, dont il dirigea le jardin de naturalisation , depuis sou origine, en 1828; mais nous indiquerons par ordre chronologique les ouvrages ou opuscules qui lui assignent un rang distingué parmi les naturalistes du 19' siècle : I. Iehthyologie de Nice , ou Histoire naturelle des poissons du département des Alpes- Maritimes, Paris, 1810 avec i 1 planches représentant quarante poissons nouveaux. Cet ouvrage, sur lequel Lacépède et Geoffroy StHilaire avaient fait à l'Institut un rapport favorable , offre les descriptions plus ou moins fidèles de trois cent quarante poissons observés dans le golfe de Nice, parmi lesquels vingthuit espèces non décrites ou encore mal déterminées. 2° Histoire naturelle des crustacés , Paris, 1813; V Histoire naturelle des orangers , en société avec A. Poiteau , Paris, 1818-1822, 4°, ornée de 109 figures, dessinées avec une rigoureuse exactitude par cet habile iconographe. Ce bel ouvrage, dédié ,àS. A. R. la duchesse de Eterrydornie la monozofillie la,. plus eq.a1PWe du genre citrus qui,. ait été publiée jusqu'icL contient la description de cent soixanteneuf espèces ou variétés fixes , que Risso rapporte à huit types ou races principales, au lieu de cinq qu'il avait proposées précédemment dans le 20° volume des Annales du muséum d'histoire naturelle. 5° Histoire naturelle des principales pro- f duCtions de l'Europe méridionale et particglièreer nient de celles des environs de Nice et des AlpoMaritimes, Paris et Strasbourg, 1826, 5 vol' avec deux cartes géologiques des AlpeS- Maritimes et beaucoupde plan,- cbes, dédiée au comte d'Aberdeen, pair d'Angleterre. Ce livre, dans lequel l'auteur reproduisit ses travaux primitifs avec de nombreux remaniements, malgré le défaut de synonymie et la création qu'il a faite sans nécessité d'une foule de genres et d'espèces plus ou moins bien caractérisés , surtout dans la classe des poissons et des crustacés, offrira toujours des matériaux précieux aux personnes versées dans les sciences natu7- relies. 6° Nouveau guide du voyageur dans Nice, Nice, 18!.k1 ; 2' édit., 18VI; 7° Mémoire sur deux nouvelles espèces de poissons du genre scopéles, observées dans la mer de Nice, avec une planche; 8° Mémoire sur un nouveau genre de poissons, nommé alepocépliale , virant dans les grandes profondeurs de la mer de Nice. Ce mémoire et le précédent , lus par l'auteur à l'académie royale des sciences de Turin en 1820, se trouvent in3- sérés l'un avec l'autre dans le 25' volume des Mémoires de cette compagnie. 9° Flore de Nice et des principales plantes exotiques naturalisées dans ses environs, Nice , 1844 , 27 pl . . fut la dernière production d'Antoine Risso. Il travaillait à l'impression d'une Histoire naturelle des figuiers, en 2 volumes avec planches lorsque sa mort, survenue le 25 aoùt 1845, en arrêta la continuation. Risso avait aussi rassemblé de nombreux documents sur les principales époques de l'histoire civile des AlpesMaritimes, demeurés inédits. Plusieurs corps savants d'Europe et d'Amérique honorèrent ce laborieux iia7 turaliste du titre de correspondant. Arnott lui dédia, sous le nom de Rissoa, un genre de plantes découvert dans l'île de Ceylan , de la famille des aurantiacees; et MM. de Fréminville et Desmarest établirent, sous une semblable dénomination , un genre de coquilles formé de nombreuses espèces vivantes ou fossiles, dont le baron de Ferussac n'a fait qu'un sousgenre des paludinea. Mais de tous les honneurs rendus à Risso, le plus précieux , disaitil luimême, c'est le passeport « pour l'immortalité que je dois à l'illustre au7- Leur de l'anatomie courparée
  • Antoine RIVAUTELLA( 1708) : birdiographe et archéologue, était né en 1708 dans le Pienont. Après avoir achevé ses études, il prit l'habit de StIgnace ; mais la délicatesse de il santé n lui permettant pas de suivre la carrière de l'enseignement, il rentra dans le monde et fut pourvu, en 1735, d'une place de conservateur de la bibliothèque de l'université royale de Turin. Passionné pour l'étude des antiquités, il s'associa JeanPaul Ricolvi, l'un de ses condisciples, et, alors professeur de belleslettres, pour publier la description des inscriptions antiques de la collection de l'université de Turin. Le succès qu'atint cet ouvrage leur lit naitre l'idée d'en étende le plan , et ils résolurent de visiter successivement toutes les parties du Piémont pour recuitlir les inscriptions éparse b dans les différentes villes; ils se proposaient de les publier sous le • titre de Marmora subalpin. Rieolvi lui légua ses manuscrits et ses collections; mais le premier ne put en faire aucun usage. En Vain il voulut chercher dans l'étude une distraction à sa douleur ; il ne fit plus que languir, et rejoignit son ami dans la tombe le 1" décembre 175:1. It avait été nommé conservateur du musée de l'université en 1751. On a des deux amis les ouvrages suivants I' Ilarmora Taurinensia dissertationibus et notis , l'un des rédacteurs de la notice des manuscrits de la bibliothèque de l'université de Turin. publiée sous ce titre : Codires manuseripti bibliothecoe regiœ Taurinensis athenœi per linguas digesti et binas in partes distributi, Turin, 1749 La première partie contient la description des manuscrits hébreux, au nombre de cent soixanteneuf, et des grecs, de trois cent soixanteneuf; la seconde partie, celle des latins, au nombre de onze cent quatrevingtquatre; des italiens, de deux cent dix, et des français, de cent soixantedouze. Chaque article est suivi de notes pleines d'érudition ; ruais on regrette que l'ouvrage ne soit pas précédé d'une histoire de cette bibliothèque
  • Antoine RIVET De La Grange( 1683) : DE LA GRANGE , savant bénédictin , naquit Je 30 octobre 1683 à Confolens, dans la partie de cette petite ville qui était du diocèse de Poitiers. Son père avait eu, d'un premier mariage, deux fils, dont l'aîné fut gouverneur du château de Brignoles, et le cadet médecin de la duchesse de Hanovre. Marie Maillard, épousée en secondes noces, fut la mère d'Antoine, qui perdit son père avant d'avoir achevé ses premières études à Confolens. Restée veuve, elle le retint environ deux ans auprès d'elle et l'envoya ensuite étudier en philosophie à Poitiers chez les jésuites; il était alors âgé de quinze ou seize ans. Un accident qui détermina sa vocation est raconté comme il suit par dom Taillandier. « litant à la chasse avec quelques jeunes gens, «son cheval se cabra : le jeune cavalier fut ren- , « versé et traîné assez loin un pied engagé dans « l'étrier. Dans ce danger pressant, il s'adressa à « Dieu..., et se releva sain 'et sauf.... De retour « à la ville , il entra dans l'église de StCyprien, ,e de Marmoutier en 1704, et prononça ses vœux en 1705. Quand il eut achevé son cours de théologie, ses supérieurs l'envoyèrent à l'abbaye de StFlorent de Saumur, où ils avaient établi une -.4orte d'académie formée des sujets de leur ordre les plus distingués. Il y composa des dissertations sur l'Ecriture sainte qui n'ont jamais été imprimées. Transféré, en 1716, dans le monastère de StCyprien à Poitiers, il se promettait d'y rédiger une histoire des évêques de cette ville et une bibliothèque des auteurs du Poitou : de ces deux ouvrages., il n'a tracé que le plan du second, exécuté depuis avec succès par Dreux du Radier . Dès 1717, Rivet se vit contraint de renoncer à ces deux projets, car on lui ordonna de ,veuir à Paris et d'y travailler à une histoire des hommes illustreS de l'Ordre de StBenoît. Il en rassemblait studieusement les matériaux; mais différentes circonstances l'empêchèrent de les mettre errœuvre et l'entraînèrent à se consacrer à un autre travail dont l'objet avait beaucoup plus d'étendue et une utilité plus générale c'était l'histoire littéraire de la France. Il faut bien dire que dom Rivet n'était point resté étranger aux querelles théologiques de son temps. Non content d'avoir appelé de la bulle Unigenifas, il se chargea de revoir et d'achever le Nécrologe de PortRoyal, rédigé par des religieuses de cette abbaye , principalement par la mère Angélique Arnauld, et le fit imprimer à Amsterdam en 1723 Il n'était plus alors à Paris en 1719, ses supérieurs avaient jugé à propos de l'éloigner de la capitale et de le reléguer dans le monastère de StVincent du Mans, où il a passé, selon le témoignage de dom Taillandier, les trente dernières années de sa vie. Ce fut /à qu'il composa les neuf premiers volu- mes de l'Histoire littéraire de la France, ouvrage qui lui a mérité une grande et durable réputation. Quelquesuns de ses confrères, particulièrement Joseph Duclou , Maurice Poncet, Jean Coulomb, l'aidèrent à recueillir de toutes parts les matériaux d'un si vaste travail. On a conservé leurs extraits et leurs notes, qui servent encore aujourd'hui aux continuateurs de cette histoire. Rivet pouvait profiter aussi de quelques esquisses laissées par dom Roussel. qui semble avoir conçu le dessein d'un semblable recueil , niais qui ne s'était occupé que des derniers siècles, desquels il devait remonter jusqu'à Stkénée. En 1728, Rivet, voulant pressentir le goût du public .• fit imprimer le plan et quelques articles de son ouvrage. Le tome 1 parut en 1733 à Paris il contient l'histoire des lettres dans 1a Gaule depuis les plus anciens temps jusqu'à la fin du 4. siècle de l'ère vulgaire. Les sept volumes suivants la continuent jusqu'à l'an 1100. Le 12' siècle fournit à lui seul la matière des tomes 9-15; mais il n'y a dans cette série que le tome 9 qui appartienne à dom Rivet. Ce religieux mourut au Mans le 7 février 1749, et ce volume, dernier fruit de ses veilles laborieuses, ne parut qu'en 1750. Dom Taillandier en avait revu et complété le manuscrit, et avait ajouté aux pièces préliminaires un éloge historique de l'auteur. C'est de cet éloge que nous avons extrait la plupart des faits que nous venons de rapporter; Taillandier n'a gardé le silence que sur le Nécrologe de PortRoyal et l'opposition à la constitution Uniyeaitic. Les tomes 10 et. 11 de l'Histoire littéraire de la France, imprimés en 1756 et 1759, sont dus à dom Clémencet , et le 12, en 1763, à dom Clément . Les volumes 13, 14 et 15, publiés en 1814, 1817 et 18'20, ont été composés au sein de l'Institut par une commission spéciale , qui _.m Brial , cia Pa,durct , Ginenené Anwury Bavai, Petit Rudel et le rédacteur dc cet article.' ru- aussi luis sous presse le tome 16 con.sacré au 13 siècle. Le plan général de l'ouvrage a été déterminé par dom Rivet, qui a voulu l'indiquer dans le titre 'lierne où sont accumulés les détails «,Histoire littéraire de la France, où,i'on traite de l'origine, et des, progrès,, de la déi,adence et 0 rétablissement des sciences parmi les Gau- - - is et parmi les François; du goût et du génie « - es uns et des autres pour les lettres en clia 114 « que siècle; de leurs anciennes écoles; de l'éta- - -- - lissement des universités en France, des pr 'paux collèges, des académies des sciences et .lieslettres; des meilleures bibliothèques an- . iennes et modernes; des plus célèbres impri- m ' eries et de tout ce qui a un rapport particu- lie « lier à la littérature, avec les éloges historiques des Gaulois et des François qui s'y sont fait , u quelque réputation; le catalogue et la chro- « nologie de leurs écrits; des remarques histo-prétendre à sa main ; et le père, qui s'amusa d'abord de la simplicité de ce garçon, pressé par ses instances, crut s'en débarrasser en lui disant que sa fille ne serait la femme que d'un peintre. Le chaudronnier demanda et obtint dix ans pour le devenir ; il quitta son enclume et ne rêva plus qu'à manier le pinceau. Son premier soin fut de se choisir un bon maître, et il alla le chercher jusqu'à Bologne, où il avait entendu dire qu'un certain Lippo Dalmasi était trèshabile à former des élèves. Après sept années d'un travail opiniàtre, il quitta l'atelier de cet artiste et se mit à parcourir l'Italie, étudiant partout les ouvrages des grands peintres. avec lesquels il ne manquait jamais de se comparer. Lorsqu'il eut acquis la conviction de son talent, il revint à Naples, et, se cachant sous un nom supposé, il s'offrit à la reine pour exécuter son portrait. Le succès de ce premier ouvrage lui donna le droit de se présenter à Fiore, pour réclamer l'accomplissement de ses promesses. Les voeux de Solario furent satisfaits, et cette passion, qu'il avait conçue en un jour, le rendit peintre à jamais . Ce fait, tout extraordinaire qu'il puisse paraître. n'est pas sans exemple . La singularité de son histoire et son mérite réel en peinture contribuèrent également à répandre sa cél'c';- brité. Les bénédictins de Naples le chargèrent de décorer les chambres de leur noviciat de Montt,- liveto ; les dominicains lui demandèrent une descente de croix pour leur chapelle de StThomas, et les chanoines de Latran lui donnèrent le sujet d'un grand tableau pour le maitreautel de StPierre ad Aram. Solario profita de cette dernière occasion pour placer son portrait et celui de sa femme au milieu d'un groupe de saints dont il avait entouré la Vierge. Mais son plus bel ouvrage est celui qu'il entreprit dans le couvent de StSévérin à Naples, où il déroula autour d'un cloître la vie de StBenoît, travail que quatre siècles d'abandon n'ont point encore effacé. Son projet avait été d'abord de peindre au clairobscur; triais s'étant aperçu que la première fresque n'avait pas assez frappé ces bons religieux, que la curiosité, bien plus que l'amour de l'art, attirait auprès de ses échafaudages, il résolut d'employer les couleurs, et il rehaussa h fond de chaque tableau par des paysages dont rien n'égale la vivacité et l'harmonie. La même main qui promenait les pinceaux sur les murailles d'un couvent, a enluminé avec une finesse remarquable les pages de quelques Bibles et un manuscrit des tragédies de Sénèque, que l'on ul n existe une comédie italienne, intitulée le Nozze ( Min Zingaro piltore , par M. Genoino, Naples , 1824 peut encore admirer chez les PP. de l'Oratoire, à Naples. Solario, qui a échappé aux recherches de Vasari, mérite d'être rangé au nombre des bons peintres, par la belle expression de ses tètes, la fraîcheur de son coloris et le mouvement de ses figures. II les posait avec beaucoup d'intelligence, et elles seraient irréprochables si les mains et les pieds étaient peints avec plus de correction. C'est au reste un défaut qu'on remarque assez généralement chez les meilleurs peintres d'une époque où les arts commençaient à peine à se dégager de la rouille des siècles barbares. Solario mourut à Naples, en 1455, laissant plusieurs élèves distingués. Voyez de Dominici, rite di piltori Napoletani, t. I, p
  • Antoine SOREAU( 1738 - 1808) : jurisconsulte du 17° siècle, a traduit les Lettres de Brutus et de Cicéron tou- chant les alaires de la re'publique , depuis la mort de Jules César jusqu'au triumvirat, arec des notes historiques, 1663 . — Jean- Baptiste- Etienne- Benoit SOREAU, né à Tours le 21 mars 1738, fut reçu avocat au parlement de Paris le 12 décem- bre 1774. La jurisprudence ne lui fit pas oublier la littérature. Il est mort à Paris le 15 août 1808. Il a coopéré à la nouvelle édition du Denisart, entreprise par Camus et Bayard ; il a fourni beaucoup d'articles au Maga- sin encyclopédique de Malin, entre autres sur les manufactures de coton françaises, sur le jardin de Charlemagne, sur le jurisconsulte Bayard, etc. La notice sur Bayard et quelques autres mor- ceaux ont été tirés à part. On cite encore de Soreau : 10 Notice sur un incendie à Esmans, près Montereau- faut- Yonne , en 1. 777, et sur la maison de Launay; 2° Voyage à Ermenontille ; 3° Discours à Louis XVI et à la reine, prononcé aux Tuileries, le 31 octobre 1789 : on ne ; 6° un volume « sur l'administration des provinces et sur les « événements les plus remarquables de l'Europe « en 1790 » , indication trèsvague, il est vrai, mais qu'après un grand nombre de recherches infructueuses, nous nous trouvons réduit à répéter
  • Antoine STRADIVARIUS( 1670 - 1728) : célèbre facteur d' à cordes et à archet, né à Crémone vers l'année 1670, fut le dernier et le plus habile élève des Amati, qui pendant plus d'un siècle, jouirent de la réputation d'être les premiers luthiers de l'Europe. Nicolas Amati, le fondateur et le chef de cette école, avait eu n'ontleur de travailler pour Charles 1X . Stradivarius donna d'abord à ses violons une forme trèsbombée; mais il s'aperçut bientôt qu'on aurait pu hausser la voix dé ces instruments en diminuant leur cavité, qui, dans les modèles qu'il suivait, n'était pas en rapport avec la longueur des cordes. Cette innovation fut trèsheureuse et il est triait'- tenant reconnu qu'en altérant les proportions de Stradivarius on porte atteinte à la sonorité de violons . Cependant elles ne suffisent pas pour obtenir de bons instruments, et l'on ignore ce qui donne aux ouvrages de cet artiste une supé- riorité que les meilleurs imitateurs sont encore bien loin d'égaler. On croit que la sonorité des stradivarius, fondée principalement sur la juste proportion des parties, est peut-être aussi le produit du temps, de la qualité du bois et d'un Vernis particulier qui le recouvre. On doit au même luthier des violoncelles non moins retentissants que ses violons et beaucoup plus rares dans le commerce. Les amateurs les ont quelquefois poussés à des prix exorbitants dans les ventes, où on les rencôntre difficilement . Les violons de Stradivarius ont un mérite illégal et ne sont pas tous coupés sur le mème patron. On en tu Nicolas 4mali1aidé par son frère 4qré, fit, pu r la etim. pelle de ce prince, vingtquatre instrnwents, chelSdiceuvie de lutherie, qu'ornait enciiire l'art de la peinture. lts consistaient six dessus, six quintes, six tailles et six pgees de violon. La slei plicité des formes, jointe a un timbre parfait de voix, distingue les ouvrages de tes deux artistes. I est à regretter citie lenis patronî ne soient ordinairement qqe petits ou moyens. Aus.§i leurs vidons cOnstritits sur grands'patroris sontils aussi rares que recherchés. Les sous en sont admirables, et le seul reproehe qu'un pourrait Iep,r faire>erait.que la quatrième corde a une lare teinte de sécheresse. Jérome Am, zii, fils aisé M. Çhanot, officier du génie maritime, §'était flatté ge tirer phis de son des violons en arrondissant leurs contours et en le§ sotimettant à quelques auttei modifications: Il avait obtenu que l'Académie des sciences rendit, en 1824, on compte favorable 4P résultat de ces innovations Mais lés' arriàieurS et tes artiste§ s'en sont teuns aux auciennes ternIge, les seul, s edçpt4e., déSormais clà p!'çlipstres. Le prix mclien deS'violons de Stradivarius est, en France, I , trois mille francs; on lep a vu quelquefo0 merjusquià PMI mille Les violoncelles, Finoi9Lie heaupotip pjus rares cm lm yi9- Ions. (on pWsuine 'qu'il n'en exiSle qu'une dèuzà.11ie est tout en Eurépet sont ordfnafit duretétpe prix raison eii est qà le nombre des loueurs de basse est infiniment plus borné que celui des violonistes. Cependant on a l'exemple d'un de ces derniers instruments achetë dix mille francs: le fameux buPort ne Voulut pas céder sa petite basse de Stràdivariut-à ué aimatitit qui lui en offrait vinguitiille francs. - >in -"`' oMpte dé trois espèces : grands petits et moyens; P sont les premiers qu'on estime le plus et qui ervent de type général aux violons modernes: es mauvais stradivarius appartiennent °Minai- ement à des contrefacteurs , qui étaient autreois trèsnombreux. Pour se tenir à l'abri de ces tipercheries, les bons violonistes ne se contenent pas de lire l'étiquette collée au fond de 'instrument qu'on leur offre; ils prennent l'art et: et ils l'essayent: Il est difficile de se tromper ;cette épreuve: De tous les violons de Stradi- ries, les plus parfaits sont ceux qu'il a fabrilués de 1900 à 1722, époque où il paraît qu'il Aàit dans toute la force de son talent A l'école C Je ce célèbre luthier se formèrent quelques bons élèves, entré autres Joseph Guarnerius (4, dont les ouvrages; quoique inférieurs à ceux de son maitre, sont trèsrecherchés. On ne connaît pas la date précise de la mort de Stradivarius : elle n dû néanmoins arriver vers 1728
  • Antoine SUCQUET( 1574 - 1626) : écrivain ascétique, fils d'un conseiller au parlement de Malines , naquit en cette ville , le 15 octobre 1574. Après avoir fait avec distinction ses humanités et sa philosophie, il étudia le droit à l'unis ersité de Louvain, mais son goût pour la retraite et son extrême piété le firent bientôt renoncer à la jurisprudence. Il entra au noviciat des jésuites de Tournay, le 27 avril 1597, et se consacra entièrement à la société par la profession des quatre voeux, le 16 décembre 1612. En 1611 , il avait érigé à Malines un noviciat pour les jésuites flamands, et, en 1615, il établit dans cette maison un collége où il enseigna luimême pendant plusieurs années. ll fut ensuite deux ans recteur du collége de Bruxelles quatre ans provincial de Flandre, puis procureur de cette province, et, en cette qualité, se rendit à Rome en 169.5. A son retour, une fièvre violente l'ayant arrêté à Paris, il y mourut le 15 février 169.6. Le P. Sucguet, dit Paquot. était un homme plein de zèle pour la gloire de Dieu et pour le salut du prochain. On a de lui . 1° Via rite œternœ... irollibus illustrata per Boetium a Bolswert, Anvers, 1620 Cet ouvrage est estimé, et les trentedeux gravures dont il est orné en relèvent le prix aux yeux des amateurs. Son succès en a fait multiplier les éditions avec les mêmes planches. La septième, suivant l'auteur du Manuel du libraire, est d'Anvers, 1630. La quatrième, revue et aug- mentée par Sucquet, Anvers, 1625 parait être celle qu'on recherche le plus. On en a une version française sous ce titre : Le Chemin de la rie éternelle, etc. , translaté par le R. P. Morin, Parisien, de la compagnie de Jésus, déclaré par images de Boëce à Bolswert , 16'23 de 950 pages. Pierre Maillard, jésuite d'Ypres, l'a traduit en flamand, et Stanislas Kisynokolski, jésuite de Cracovie, en polonais. Moréri assure qu'il l'a été aussi en espagnol et en anglais, mais il ne nomme pas les traducteurs. 2, de la même famille que le précédent, né vers 1508, probablement à Bruges, où mourut son père, s'appliqua à la jurisprudence, sans négliger l'étude des belleslettres. Par le conseil d'Erasme, il se rendit à Bourges, en 1529, pour y suivre les leçons d'Alciat, dont il gagna l'estime et l'affection. L'année suivante, il fut reçu docteur. et une lettre d'Alciat à Erasme nous apprend que la ville fit les frais de cette réception , honneur qu'elle accordait rarement et que Charles ne dut qu'à ses talents et à la haute recommandation de son maitre. Le jeune docteur passa ensuite à. Turin, où il obtint une chaire de droit qu'il n'oc- cupa que peu de temps, la mort l'ayant enlevé, en 1536, dans sa 27e année. Jean Second, moissonné aussi à la fleur de l'âge quelques mois après Charles, consacra à la mémoire de celuici une touchante élégie. Sucquet n'a laissé qu'un livre de jurisprudence intitulé De interdictis, im- primé à Turin vers 1535 , suivant Lipé- nius. — Le père de notre auteur, Antoine SUCQUET, et son oncle, Jean SucQuET, tous deux amis d'Erasme, étaient des hommes de la plus grande distinction. — Antoine fut membre du conseil privé de l'empereur CharlesQuint et son chargé d'affaires en diverses cours. Il protégea les sa- vants de son temps. A la mort d'Antoine, Erasme fit de lui un magnifique éloge dans la lettre de con doléance qu'il adressa à Jean, son frère
  • Antoine SUREMAIN DE MISSERY( 1767 - 1840) : ancien otfil cier d'artillerie, de la société. des , sciencesi'de Paris et de celle de Dijon, était né dans cette ' dernière ville, le 25 juin 1767, et y ,mourtit vers 1840.. On a delui t: Pr, Theorie « 01141ié0. musicale , ou De la doctrine des sons rapportéenu. v principes de la contbinaison, ouvrage analytique et,philosophique qui a obtenu les suffrages de de l'académie des sciences ,,4793,• 2m,Thda-; rie purement algébrique des quantités imaginaires et des fonctions qui en résultent, où l'on 'traite dé nouveau la question des logarithmes, des quantités négatives, 1801 ; 3° Essai analytique sur le langage de l'entendement, l'écriture et la lecture, considérés dans leurs rapports mutuels, 18012Géométrie des sons , ou Principes d'acoustique pure et de musique scientifique, 1816 ; 5P Méprised'un géomètre de l'Institut, manifestéee, par un provincial, ou Observations' critiques sur 'le Traité de physique expérimentale' e tbathématique de JI. Biot, en celui concerne certainsipoints tique et de musique, 1816 déclare, dans la préface de ce dernier ouvrage, qu'il n'a pris la plume que pour se venger de. M. Biot, qui avait refusé delaire un rapport sur sa Géométrie des sons, parce qu'il la trouvait assise sur 'des bases fausses.- ,6s. Examen de l'ou- vrage qui a pour titre : le, Mystère des magnétiseurs et des somnambules dévoilé atrt âmes droites et vertueuses par ,un homme du monde. 1817 7° Refutation de la défe, nse de l'Es- sai sur l'indifférence en matière de ,religion de M., l'abbé de' Lamennais , Dijon et Paris, 1,822, 80 ; 8. Réponse au rapport de M. Poisse, Je une réfutation de la défense de 31.- de, Lainettnais, Dijon , 1823 9° l'Existence de. St- Benigne rétablie, ou Observations sur une notice de E. Val- lot, dans les Mémoires de la commission des anti- quités du département de la Côte- d'Or, Dijon, 1834 10. Observations adressées à madame la su- périeure de la congrégation de Marie - Thérèse de Bordeaux par son fondé de. pouvoirs Beaune, 1836
  • Antoine SURET( 1692 - 1764) : né en 469, au village de Cabrières près, de Nîmes, fut admis à l'âge de dix sept ans 'dans la congrégation des prêtres de la doctrine , chrétienne. Successivement professeur de granitnaire, de belleslettres et de philosophie dans leur , desservant de la paroisse confiée'àleurs soins et supérieur de leur maison dans la même ville ; passé ensuite . en la rneme qualité à, celle de Mende, il fut, en son, absence et -à Son insu, nommé supérieur général de la congrégation par l'assemblée des provinces réunies à Paris, en 4730; et Continué dans la même dignité, dix ans après, par les suffrages unanimes d'une nouvelle assemblée. Ce double choix fut mérité par les efforts que fit le P. Suret pour préserver son ordre de l'effervescence des passions qu'excitaient alors dans l'Eglise et même dans l'Etat les dissentiments dans les opinions religieuses. On lut dans l'assemblée générale un écrit qu'il venait de publier dans cette intention ; et cette lecture fixa tous les yeux sur lui. L'épigraphe, empruntée de StCélestin, pape , qu'il avait placée à la tète de son ouvrage, et qui suffit pour en faire connaître l'esprit, a depuis été inscrite autour de son portrait : Domi- nantur nobis regulc e , non regulis dominemur ; simus subjecti canonibus. Quand il fut devenu chef de son ordre, le P. Suret fortifia par quatre nouvelles exhortations en forme de lettres le bon effet qu'avait produit la première. Outre ces écrits de circonstance , il a publié : Conférences de Mende, etc., en dix volumes ; Conférences sur la morale et le décalogue, pour servir de suite aux Conférences de Paris, du P. Semelier, sur le ma- nage, l'usure et la restitution. La préface de ce livre est fort estimée. Un recueil de prônes, de sermons et de panégyriques composés par le P. Suret lui ayant été dérobé, il ne parla plus en chaire que d'abondance et se fit en ce genre une grande réputation , particulièrement dans les retraites ecclésiastiques de Mende , auxquelles présidait annuellement l'évêque. Frappé de paralysie, il se retira, à la fin de son second généralat, dans la maison de sa congrégation à Avignon et y mourut deux ans après, le 17 janvier 17eds
  • Antoine TANDON( 1717) : savant anatomiste, docteur en, médecine de l'ancienne, université de Montpellier, membre twuoçaire de la société de médecine pratique de cette ville, naqui sayoir que par son élocution. Les deux jeunes professeurs se lièrent bieniti)t d'une amitié inalt,érable,. et réunirent, kilim etiorts dans une associatkifl. sortirraine pour 'Vinstrticlion des jeunes ç'était, une des, époques lés 13,19s. 1?rd,- 'mecs pour l'ènseigliement. privé; de la médecine, a,y,togr, de, fancietute yuiverSité de Montpellier. Pe,u, de, temps. après lauiI.00 osa I titter contre un athlète bien autrement red,outable..1;illustre Haller venait de publier des faits imporstants relatifs à la sensibilité et à l'irritabilité. Les médecins, étaient, partagé4 d'opinion sitr, lem., nature et sur leurs conséquences. Le phy.siologiste de, 4ontpellier voulutprendrep. art à cette farneuSe querelle.11 entreprit une suite d'experienees. dans des séances publiques dont les procèsverbaux 'étaient signés par tous les assistants. Le docteur klousset a publié mi esposé de ces espériences il y en a vingtdeux. Cet exposé est accompagné de remarques c ri- Auserre, 1787, L. p. 9A5. Le professeur Beaumes a donné également une analyse succincte des résultats les plus importants sur lesquels Antoine Tandon avait fixé l'attention des médecins. Tandon était occupé auSsi avec ardeur de l'organisation d,es animaus. il a puissamment aidé Antoine Goüan , bon compatriote, dans ses r•dit:J-. ln176, 1767 et 176t3, Ant. Tandon fut chargé du service pénible et hasardeux des épidermes. d'abord dans les Villages qui bordent les côtes ttlarécageuses'de Montpellier, ensuite à m a ssilla rgues , plus tao à Lodève, à Mgze et enfin à Meyrueis. De ses observations sur les diverses maladies régnantes, faites sur les lieux parcourus sons les auspices de l'autorité, Tandon n'a publié qu'un mémoire détaillé sur l'épidémie de Meyrueis . Antoine Tandon passait pour un médecin sage et prudent. Au milieu des succès de sa pra- tique, il reçu. Cet éloge se trouve dans les Annales de cette Compagnie ; il a été tiré à part . Antoine Tandon était un homme d'une taille audessus de la moyenne, maigre, sérieux et compassé dans ses manières. Il tenait beaucoup à l'étiquette; et cependant il méprisa toujours les titres et les honneurs ; il n'attachait qu'un médiocre prix à la fortune. Il avait une grande érudition et un grand respect pour les anciens. Son caractère était franc, ouvert, mais un peu susceptible, peut-ètre même un peu versatile ; il y avait dans ses mœurs quelque chose d'austère, de modeste et de naïf
  • Antoine TEISSIER( 1632) : d'une famille protestante originaire de Nîmes, naquit à Montpellier, le 28 janvier 1632. Peu de mois après, son père, receveur général de la province de Languedoc, fut dépouillé de sa charge et de tous ses biens, pour avoir livré les deniers de sa caisse au duc de Montmorency, révolté. Par suite de cet événement, le fils fut destiné au ministère évangélique, et passa du collége dans les écoles protestantes de théologie de Nîmes, de Montauban et de Saumur, et s'y distingua, principalement dans l'étude du grec et de l'hébreu ; mais la faiblesse de sa santé l'obligea de changer de vocation ; et après quelque repos, il alla faire son droit à Bourges, y prit le bonnet de docteur et revint exercer la profession d'avocat au présidial de Nîmes. Les mêmes causes qui l'avaient détourné de la carrière ecclésiastique l'arrêtèrent dès les premiers pas dans celle du barreau. Les distractions d'un voyage à Paris lui procurèrent du soulagement il y passa son temps dans la société des beaux esprits les plus renommés et reçut d'eux les plus honorables témoignages d'estime. A son retour dans ses foyers, il s'adonna exclusivement à la culture des lettres, digne émule de Desvignoles du Graverol, et de plusieurs autres personnages dont le savoir et les talents honoraient alors son pays. Il fut, avec la plupart d'entre eux, en 1682, l'un des fondateurs de l'académie royale de Nîmes. Il travailla longtemps en silence, et ne commença la publication de ses ouvrages qu'à de près de cinquante ans. Bientôt la révocation de l'édit de Nantes le força de s'expatrier. On eut regret d'avoir perdu un homme de ce mérite : d'Aguesseau et Baville furent chargés de lui offrir à cette condition la restitution de ses biens et une pension. Malgré son extrême détresse, il resta inébranlable. Réfugié d'abord en Suisse, il vécut à Berne, de la rédaction d'une gazette française, à Zurich du produit d'un cours de droit public, et de quelques écrits qu'il mit au jour. Telle était la considération dont il jouissait dans cette dernière ville, qu'à son départ pour se rendre auprès de l'électeur de Brandebourg, qui l'appelait dans ses Etats, le magistrat lui décerna une médaille d'or, amiciiice et honoris monumentum, comme portait la légende. Au moment de son arrivée à Berlin, en 1692, l'électeur lui conféra le titre de conseiller et le nomma son historiographe, place que Puffendorff avait naguère occupée, et à laquelle était attaché un traitement considérable. Le nouveau pourvu remplit pendant vingttrois ans les fonctions de son emploi, avec un zèle infatigable, et travailla principalement pour l'éducation du prince héré- ditaire. Durant cette dernière période de sa vie, il ajouta un grand nombre de productions à celles qu'il avait déjà publiées. Voici la liste de tous ses, ouvrages : 1° Vies de Calvin et de Bèze, e traduites la première du latin de Bèze, et la seconde de celui d'Antoine de Lafaye, 1681 2° Vie Ilde Galeas Caraciol, marquis de Vico, etc., traduc- lion , Lyon ; 3° les Eloges des hommes savants, tirés de l'histoire de III. de Thou, etc., Glascow, 1683, Lyon, un vol. ; Utrecht, 1696, 2 vo). ; Leyde, 1715, 4 vol. C'est la réunion des notices sur plus de quatre cents le. hommes célèbres dans les lettres, que de Thou avait répandues dans son histoire. Teissier s'est servi de la version de Duryer, jusqu'en 1574; il IP a traduit luimême le surplus, qui va jusqu'en 1606. Ce qui donne du prix à ce recueil , ce sont les nombreuses additions dont le texte a été enrichi ; elles y furent ajoutées, pour la première [ fois, dans l'édition d'Utrecht ; elles ont été beaucoup étendues dans celle de Leyde. L'ordre y Fmanque, et on y trouve quelques redites. Quoi F qu'il en soit, il atteste une lecture immense, et a dû coûter de longues et pénibles recherches. Il fait connaître, avec un grand détail, la vie et les ouvrages des écrivains qui en sont l'objet, et le jugement ou plutôt les éloges des contemporains sur le mérite de leurs productions. Ce livre a joui !' longtemps de beaucoup d'estime, et il a été trèsutile aux auteurs des biographies plus modernes; mais à mesure que cellesci l'ont rendu moins nécessaire , on y a moins recouru , et l'on a fini par n'en connaître plus guère que le titre. Le style n'en est pas brillant ; mais il a les principales qualités qui conviennent à ce genre de composition : la simplicité et la clarté. Ménard et d'autres après lui, ont cru que Lafaye, qui dirigea l'édition de 1715, était aussi l'auteur des nouvelles additions qu'elle renferme ; mais il suffit de lire les avertissements, pour se con- ' vaincre que les secondes, comme les premières, sont toutes de Teissier luimême. 4° Epitre de St- Clément, pape, aux Corinthiens, traduite du grec, Avignon , 1685 ; 5° Catalogus aucto-, runz qui librorum cataloqos, indices , bibliothecas, virorum litteratorum elogia, ruas aut orationes funebres scriptis consignarunt, Genève, 1686 L'auteur y ajouta plus tard un auctuarium, 1705. C'est un simple supplément à la bibliothèque des bibliothèques du P. Labbe. 6° Traité du martyre, traduit du latin d'Heidegger, 1686 7° Traité de la religion chrétienne, par rapport à la rie civile, traduit du latin de Puffendo?, Utrecht ; 8° Traité pour la réunion des protestants, Genève, 1636 sont au nombre de deux. 9° Histoire de l'ambassade envoyée en 1686 par la Suisse au duc de Savoie, Berne, 1690 10° Epitres de St- Chrysostome à Théodore et à Olympiade, traduites du grec, Berlin , 1695 11° Traduction de sept homélies, du même père, Paris ; 12° Des devoirs des hommes et des citoyens, traduit du latin de Puffendorft, 1696 ; 13° Instructions de l'empereur Charles- Quint à Philippe II, et de Philippe 11 au prince Philippe, son , fils, avec la méthode tenue pour l'éducation des enfants de France, 1699 ; 140 Instructions morales et politiques, 1700 15° Abrégé de l'histoire des quatre monarchies du monde, par Sleidan , 1700, ; 16° Lettres choisies de Calvin, traduites en français, 1702 ; 17° Abrégé de l'histoire des électeurs de Brandebourg , par demandes et par réponses , 1705 18° Vies des électeurs de Brandebourg, de la maison des burgraves de Nuremberg, avec leurs portraits et leur généalogie, traduites du latin de Cerniez, 1707 ; 190 la Vie d'Ernest le Pieux, duc de Saxe- Gotha, traduite du latin d'Eyring , 1707 , 20° Abrégé de la vie de divers princes illustres , avec des réflexions sur leurs actions, 1710 Ces princes sont Scipion l'Africain, Alphonse le Grand, roi d'Aragon, Tamerlan, Scanderberg et le chimérique Abyssin, roi de l'invention du jésuite Coutzen. 21° Traité de St- Chrysostome, où il montre qu'on ne soufre aucun mal que celui qu'on se fait soi- même, traduit du grec, 1710 Il a laissé en manuscrit : 1° Histoire de Frédéric- Guillaume, électeur de Brandebourg, traduite du latin de Puffendo?. Elle forme quatre volumes que l'on conserve dans la bibliothèque royale de Prusse. Quoique cette version eût été entrepriSe par l'ordre de Frédéric, ce prince ne jugea pas à propos d'en permettre l'impression. 2° Abrégé de la vie de Frédéric- Guillaunze , électeur de Brandebourg. C'est un extrait de l'ouvrage précédent. 3° Traduction de l'histoire de Sleidan; 4. Homélies de St- Chrysostome sur les épîtres à Tite et à Philémon; 5° Eloges de l'empereur Charles- Quint et des rois de Suède Gustare- Adolphe et Charles- Gustave; 6° Vies de Savonardi , de Saumaise , de de Thou et du ministre du Moulin ; 7° Histoire de la réformation des églises de Brandebourg. La plupart des écrits de Teissier sont des traductions du latin moderne ou du grec. Elles annoncent un savant plus familiarisé avec les langues des originaux , qu'habile à les faire passer avec élégance dans la sienne. Ses compositions historiques et biographiques se font en général remarquer par l'exactitude et l'érudition; mais on leur reproche. avec raison, le défaut de critique et un style diffus. L'auteur de tant de travaux , né avec la complexion la plus débile, vécut cependant quatrevingtquatre ans : ii mourut, à Berlin, le 7 septembre 1715
  • Antoine TELESIO( 1482) : dit Thylesius ou Tilesius, naquit à Cosenza dans le royaume de Naples, en 1482, d'une famille noble et illustre. Son goût pour la littérature l'engagea à parcourir l'Italie, qui servait alors d'asile aux savants que la prise de Constantinople avait chassés de leur patrie. Il fut appelé à Milan, vers 1512, pour expliquer les auteurs grecs et latins ; puis à Rome, où il fut pourvu d'un bénéfice et d'une chaire de professeur au collége romain. Il y publia des notes latines sur les Odes d'Horace , et réimprimées avec les oeuvres de ce poète, Venise, 1559 plus un recueil de Poésies latines, Rome, 1533 et un livre De coronis , ibid., 1525 Ce fut dans cette ville qu'il se lia avec Paul Jove, Jérôme Vida et quelques autres savants. Après le sac de Rome par le connétable de Bourbon , Telesio se retira à Venise, où il donna encore des leçons publiques, et mit au jour son traité De coloribus , 1528 Paris, 1536, 1549, 4., ouvrage écrit avec plus de simplicité et d'exactitude que le précédent, mais où il ne traite des couleurs qu'en grammairien. Il y publia aussi une tragédie intitulée Irnber autres, sur l'aventure de Danaé, 1529 pièce dans le genre des drames satiriques des Grecs. Des affaires domestiques l'ayant appelé à Cosenza sa patrie, en 1529, il y resta plus longtemps qu'il ne se l'était proposé, et y mourut, vers 1533, dans sa 51• année. Daniele a donné deux éditions des OEuvres de Telesio, Naples, 1762 et 1808 On trouve dans la seconde des renseignements sur cet auteur et sur ses ouvrages. L'abbé de StLéger en a aussi parlé dans un article du Magasin encyclopédique, 3e année, t. 6, p. 331. Quelquesunes des poésies de Telesio ont été insérées dans les Delicice poetarum italorutn
  • Antoine TERMINIO( 1525 - 1580) : littérateur, né vers l'année 1525, à Contursi, dans le royaume de Naples, n'était connu que par quelques sonnets, lorsqu'il fut appelé à Gènes pour continuer les Annales de cette république, commencées par Bonfadio, dont une fin malheureuse avait interrompu les travaux . Terminio se chargea de cette tâche ; mais au moment où il était le plus occupé de ses recherches, il mourut à Gènes, vers l'année 1580. On a de lui : 1° Della niiseria umana ; — Della vera . felicità;— Sommario della vita di Gesit- Cristo : trois opuscules faisant partie d'un recueil de poésies sacrées de Ferdinand Caraffa, marquis de Santo Lucido, Gênes, 1559 2° Stanze di diversi illustri poeti, Venise, Giolito, 1564, 1572 et 1590 partie 2. La première partie de ce recueil fut publiée par Dolce, ibid., 1556 30 Tropheum il ntonii Granvelce cardinalis, Naples, 1571, iii-4° ; 40 Apologia de' tre seggi illustri di Napoli, Venise, 1581 et Naples, 1633 JeanBaptiste Caraffa avait entrepris un ouvrage pour déprécier les Seggi de Portanora, Porto et Montagna, en leur préférant ceux de Nido et de Capuana. Piqué de cette Hannibal Coppola, chevalier de Poetanova, engagea Terminio à prendre la défense des Seggi maltraités par Caraffa. Cette apologie, que l'auteur n'avait pas songé à publier de son vivant, fut imprimée aux frais et par les soins d'un cer- tain PierreFrançois de Tolentino. Chioccarelli , et Soria , assurent, sans preuve, que le véritable auteur de cet ouvrage est Ange de Costanzo , qui emprunta le nom d'un compatriote décédé, pour ne pas attirer sur lui la haine de quelques hommes puissants, et pour éviter en même temps le reproche qu'on aurait pu lui adresser d'avoir trop vanté l'ancienneté de sa famille. 5° Quelques vers latins, dans un recueil publié par Dolce, Venise, Giolito, 1554 On a encore de lui une traduction italienne inédite de l'ouvrage de Fazio. intitulé De rebus gestis ab Alphonso primo Neapolitanorum rege , commentarius , Lyon, 1560 Ce livre a été aussi traduit par Jacques Nfauro , Venise, Giolito, 1580 Toppi et Fontanini ont parlé d'Antoine et de Marc- Antoine Terminio , comme de deux personnes différentes. Ce qui les a trompés, c'est la lettre M placée devant le nom de cet auteur : elle ne signifie pas Marc, comme on l'a supposé , mais Messere , c'est-àdire Monsieur
  • Antoine TERRASSON( 1705 - 1782) : fils du précédent, naquit à Paris, le Pr novembre 1705, y fit ses études et son droit, et fut reçu avocat le 13 mars 1727. Dans la première cause qu'il plaida, il eut pour adversaire le célèbre Cochin . A la mort de son père, il quitta la plaidoirie pour les travaux du cabinet; en 1750, il fut nommé censeur royal; au mois de juillet 1752, il reçut, du prince de Dombes, une charge de conseiller au conseil souverain de Dombes ; au mois d'août 1753, il fut avocat du clergé de France; en avril 1754, professeur au collège de France, et en 1760, chancelier de la principauté de Dombes ; il remplit ces dernières fonctions jusqu'à la réunion de ce pays à la couronne de France, en 1762. Il est mort sans postérité, le 30 octobre 1782. On a de lui : 1. Dissertation historique sur la vielle, 1741 ; réimprimée dans les Me'- langes de Fauteur, en 1768. 2. Histoire de la ju- risprudence romaine, 1750 C'était le fruit d'un trèslong travail; d'après les conseils de son père, l'auteur le garda plus de vingt ans sans le mettre au jour. Le chancelier d'Aguesseau en accepta la dédicace. Cet ouvrage eut beaucoup de succès; mais le travail de Terrasson ne peut, sous aucun rapport , dit Berriat StPrix , comparé aux ouvrages de Gravina, Heineccius, Brunquell, Hofman, Bach et Pothier, sur l'histoire du droit romain. 3° Discours sur les progrès de l'éloquence du barreau et sur ceux de la juris- prudence sous le règne de Louis . 111/, en huit pages intercalées entre les pages 282 et 283 du tome er de l'Histoire littéraire du règne de Louis MU, par l'abbé Lambert, 1751 , 3 vol. ; 40 Mélanges d'histoire, de littérature , de jurisprudence, de critique, etc. 1768 Il avait été éditeur nonseulement des œuvres de son père, en 1732, mais encore de celles de Henrys, en 1738. 11 existe un Mé- moire sur les savants de la famille de Terrasson , par M. l'abbé de , I 761, petit tiré à petit nombre, qui, d'après l'avertissement de l'imprimeur , devait être imprimé dans k. Conservateur; mais on ne l'a pas trouvé dans ce recueil, dont le dernier cahier est de décembre 1760
  • Antoine TESAURO( 1500 - 1586) : né à Fussano, dans le Piémont, au commencement du 16• siècle, étudia le droit et tint une place distinguée parmi les jurisconsultes de son pays. Il appartenait a une ancienne famille et portait le titre de seigneur- de Saumura. Nommé sénateur à Turin, il déplora suinent les maux de son pays sans pouvoir les adoucir. La faiblesse personnelle et politique du duc Charles III , et les querelles entre la France et l'Espagne avaient mis le Piémont dans la situation la plus fàcheuse. Dès que Tesauro fut élevé à la dignité de gouverneur d'Asti, il mit tous ses soins à y rétablir l'ordre par l'exacte distribution de la justico. Il mourut à Turin le 9 novembre 1586. Savant jurisconsulte, il avait formé une collection des décisions de jurisprudence les plus importantes, que la mort cha de mettre au jour ; niais , sous le titre suivant : i° Notez decisiones sacri senatus Pedeniontani, Turin, 1602. et Venise, 1605 —Gaspard Tesauro a publié les ouvrages suivants de sa composition. 2° 'Tractalus de augmenta ac variatione monetarum , Turin, 1602, ; 3' Quoestionum forensium lib. iv, qua? to? ' sinyularu in quœstionum resolutiones confirmantur senatus decisionihus, ibid. , I60i ; De censibus, ibid. , i 6 t — TEssuao 'Emmanuel), né à Turin en 1581, second fils du précédent, et que plusieurs biographes ont confondu avec le comte Emmanuel, son neveu, entra chez les jésuites en 1610, et fut professeur à Milan. On a de lui : 1° Elogia xnn Ca'sarum cum epigrammatibus, Ford, 1627 2° Oratio in qua probatur « cedemiam cremonensent Aninzosorum esse verum Herculis tenzplum, Cremone, 16'9.0; 3° la Nagnificenza, discours prononcé devant le cardinal de Savoie, à Chiéri, Turin, 1727. - TESAURO , frère du précédent, né à Turin en 1587. entra chez les jésuites en 1617, et fut professeur de morale à Rome, puis pénitencier du Vatican, où il mourut le 3 janvier 1655. On a de lui De Palais ecclesiasticis seu censuris latte sententiœ praxim bipartite, Rome, 1640
  • Antoine TESTE( 1744 - 1807) : homme politique français, était né à Bagnols en 1741t , d'une famille protestante. Après des études superficielles dans sa ville natale , il alla se faire recevoir avocat à Toulouse et revint à Bagnols pour y pratiquer le notariat. En mèine temps, on le vit prendre part aux ardentes discussions qui furent les précurseurs de la révolution. Il attaqua en particulier avec une telle violence l'intendant de la province du Languedoc que deux lettres de cachet furent successivement lancées contre lui , et qu'il ne parvint à s'y soustraire qu'en se réfugiant à Avignon , sous la protection du pape , alors souverain de cette ville. Les premières crises de la révolution l'ayant rendu à la liberté, il participa à la rédaction des cahiers pour les états généraux , et dès ce moment on le remarqua au premier rang dans le parti de l' Il concourut principalement aux événements du mois de juin 1790 . En 1793, il fut nommé procureur général syndic du département du Gard, et il occupait cette place à l'époque de la révolution du 31 mai, qui assura le triomphe des révolutionnaires à Paris, tandis que, dans la plupart des départements et surtout dans celui du Gard, ce parti fut vaincu par celui des fédéralistes ou des girondins. Teste n'hésita pas à se ranger. du parti contraire, et il fut révoqué de ses fonctions. Mais cette disgràce dura peu, et le parti de la Montagne ou celui de la terreur n'ayant pas tardé à triompher dans les départements comme à Paris, Teste fut réhabilité. Néanmoins il refusa de s'associer aux violences du pouvoir d'alors. Dénoncé à cause de cela au comité de sûreté générale, il fut destitué et alla se cacher dans l'étatmajor de l'armée des Alpes, d'où il ne put revenir qu'après la révolution du 9 thermidor. Alors son caractère, qui semblait le porter à se ranger du côté des va lui fit prendre la défense de ceux que poursuivaient les thermidoriens. C'était une lutte tout à fait inégale dans le Midi, et Teste fut encore une fois obligé de se réfugier à l'armée des Alpes, d'où il ne revint qu'après le 13 vendémiaire, qui assura de nouveau le triomphe de la révolution. Nommé alors commissaire du directoire exécutif près les tribunaux du département de Vaucluse, il ne tarda pas à ètre dénoncé et poursuivi comme « détenteur de papiers qui intéressaient la sûreté publique s ; et il n'échappa à cette nouvelle persécution qu'en prouvaut qu'il n'avait retenu d'autres papiers que la copie de ses propres lettres. Teste fut alors élu membre de l'administration départementale, et il fut question de le porter à l'un des deux conseils législatifs; mais le directoire, qui le redoutait, parvint à l'écarter par la découverte d'un complot vrai ou supposé dans lequel il se trouva compromis. Par une sorte de compensation , on 9.5 lui offrit aussitôt après l'emploi de commissaire à Malte; mais- il le refusa. En sa qualité de président de l'administration de son canton, lors de la révolution du 18 brumaire, il manifesta ouvertement son opposition , ce qui lui valut une nouvelle destitution. Ce fut la dernière ; il renonça définitivement à toute espèce d'emploi et se confina dans ses premières fonctions de notaire à Bagnols , où il mourut en 1807, laissant deux fils , dont les articles suivent
  • Antoine THIOUT( 1694 - 1767) : horloger, né vers 1694 à Jonville , bailliage de Vesoul , vint s'établir à Paris dans le temps que FI. Sully , secondé par le due d'Orléans, régent du royaume, tentait d'y fonder une manufacture d'horlogerie. En i79.4 et en 1726, il soumit à l'Académie des sciences plusieurs pièces de mécanique de son invention qui furent publiées dans le tome 4 ilu Recueil des machines. En 1737, il lui présenta ,deux montres et une pendule à équation , toutes :trois nouvelles par quelque endroit , et une cadrature de répétition dans une montre à trois parties , dont on trouve la description avec la figure dans le Recueil des machines, t. 7. Plein de zèle pour les progrès de son art, Thiout mit au jour, en 1741, son Traité de l'horlogerie mécanique et pratique, ‘ 2 vol. ornés de 91 planches; le premier contient, avec un dictionnaire explicatif des termes de l'horlogerie , la description des outils, et le second celle des montres, pendules, etc. Il a rassemblé, >idit Lepaute, dans cet ouvrage tout ce qui s'était fait avant lui , avec un soin et un travail dont on voit peu d'exemples . On en trouve l'analyse détaillée dans les Mémoires de Trévoux, février, 174e, p. 300-338. Le célèbre Julien Leroi inséra dans le numéro du mois de mars, même année, une lettre dans laquelle il réfute les remarques de Thiout sur la construction d'un rouage it deux roues pour les grosses horloges. Thiout fit attendre sa réponse pendant un an, puisqu'elle ne parut que dans le numéro du mois de mars 1743. En la terminant, il dit qu'il ne se croit pas obligé de continuer une guerre de plume avec les critiIdques, auxquels il se fera d'ailleurs un devoir de donner toutes les explications verbales qu'ils pourront lui demander dans l'intérêt de l'art. Thiout mourut à Paris le 10 juin 1767 et fut inhumé dans l'église StGervais
  • Antoine THYSIUS( 1603) : historien et philologue, né vers 1603, à Harderwyck , était fils d'Ant. Thysius, professeur au collége de cette ville, dont on a quelques ouvrages de controverse justement oubliés sius mourut au mois de mars 1665 . C'était un bon humaniste , également distingué comme poète et comme orateur; mais il est connu surtout par les éditions qu'il a données d'auteurs latins, avec des notes, qui font partie de l'ancienne collection des l'ariorum. On lui doit des éditions de Salluste, de Justin , des tragédies de Sénèque, de l'alère- Ma. rime, Lactanre, de l'el- kius Paterculus et d'Aulu- Gelle : quelquesunes ont été réimprimées plusieurs fois; on préfère les plus récentes. Toutes les explicatiOns de Thysius ne sont pas également bonnes ; mais Jacq. Gronovius et P. Burmann l'ont critiqué d'une manière trop vive : le premier, dans ses notes sur Aulu- Gelle, et le second, dans les pré- faces de ses éditions de Paterculus et d'Ovide. On doit encore à Thysius une édition de l'Histoire de Polydore Virgile, etc. , et des oraisons funèbres de l'amiral Tromp, de Dan. Heinsius et de Lamb. Barlée. Ses autres ouvrages sont : Suivant Paquot ; mais Meursius place sa naissance à Anvers. Voy. Athenœ Balaya>. On en trouvera la liste détaillée dans les Mémoires de Paquot. Baillet a confondu Thysius avec son père, dans les Jugements des savants, t. 2, p. 247, édit. , insérée dans le Sylloge epistoiarum de Burinann, t. 3, p. 512. 1° Exercitationes miscellanem, Leyde, 1639 C'est un recueil de dissertations assez superficielles sur des sujets tirés de l'Ecriture, de la mythologie, etc. ; elles ont été insérées par Cretains dans ses Faseiruli dis$ eriat. historico- critico- philologicar. , t. 4 , p. 457-531. '2° Discurser politieus de magistratibus Atheniensium ; collatio atticarum ac romanarum legum, Leyde , 1645 la suite de l'ouvrage de Postel De republiea Atheniensium. Cette édition fait partie de la collection des Républiques . iaeq, Gronovius a inséré les cieux pièces de dans le Thesaur. antiquitat. grirear., t. 5, p. 1373. 33° Compendium histories batavia'? a Jul. Cresareusque ad lace tempora, ibid. , 1645; avec quel- ques additions , 1652 ; 4. Memorabilia celebriorum referma rerumpublicarum ; accessit trartatus juris publici de potestate principis, ibid., 1646 Cet ouvrage, ainsi que le précédent , est joint à la collection des Républiques dont on vient de parler. 5° Historia naralis, releberrimorum prreliorum qua? mari, ab antiquissim. teniporibus osque ad parent hispanicam, Ratant , fcrderatique Belga », ut plurimum rietores, gesserunt lurulenta desrriptio, ibid.. 1657 :i. De usera et ramis rommentarius, Utrecht, 1658 l'oy. les Mémoires de Paquot pour l'Histoire littéraire des PaysBas, t. 3, p. 177, édit
  • Antoine TOLOSANI( 1555 - 1615) : général de l'ordre de StAntoine de Vienne, né eu 1555, à Toulouse, d'une maison illustre, originaire de Savoie, prit, en 1596, l'habit des chanoines réguliers, dont il devait ètre le réformateur, dans l'abbaye chef d'ordre en Dauphiné, et fut élu abbé dès l'année suivante. Il traça aussitôt le plan de réforme, qui produisit les plus heureux résultats. Tolosani joignait à une grande piété une profonde érudition. Il fut un des plus habiles prédicateurs de son temps. Estimé des habitants de la province du Dauphiné, il fut le fléau des calvinistes, le destructeur des vices, surtout de l'usure, qui y était portée aux derniers excès. Il composa contre les calvinistes divers ouvrages : 1. - monstration que ce que I 'Eglise enseigne de la présence réelle n'est que la parole de Dieu, etc., le tout distribué en dix- huit dialogues dédiés au roi, Lyon, 1608; 2° l'Adresse du salut éternel et antidote de la corruption qui règne dans le siècle et fait perdre continuellement de pauvres cimes, dédié à la reine, Lyon, 1612 3° Prétextes de la religion prétendue réformée, desquels elle s'est servie pour subtilement et comme insensiblement faire glisser ses pernicieuses erreurs dans les coeurs de ceux qui n'ont sçu s'en apercevoir , et du vrai et infaillible moyen pour bien entendre la parole de Dieu, qu'elle déprave et corrompt tant et plus, Lyon, 1614 Tolosani mourut en odeur de sainteté le 12 juillet 1615. Jean de Loyac a écrit sa vie, qui a été imprimée à Paris, en 1645 sous le titre du Bon Prélat
  • Antoine VALLISNERI( 1661) : naturaliste, né le 3 mai 1661, au château de Tresilico, dans l'Etat de Modène, fit ses premières études dans cette ville, chez les jésuites. Lorsqu'il les eut terminées, son père, médecin de la famille d'Este, l'ayant laissé libre d'embrasser le droit ou la médecine, il préféra cette dernière profession et se rendit à Bologne, accompagné de son père, qui le recommanda à son ami, l'illustre Malpighi. Il alla prendre ses grades à Reggio, en 1681, et revint à Bologne pour mieux apprendre la pratique de l'art médical. Vallisneri n'oublia pas, en rentrant au sein de sa famille, que ses maîtres lui avaient recommandé de bien observer et de s'en tenir plus aux faits qu'aux théories. Ses ouvrages prouvent combien il sentit l'importance et la vérité de ce conseil. Animé du désir ardent de s'instruire et de connaître les hommes distingués dans les sciences et la littérature, qui llorissaient alors à Venise, il s'y rendit eu 1687. Après deux ans de séjour dans cette ville, il revint chez lui. Il épousa , en 1692, la tille du docteur Matardi , de laquelle il a eu dixhuit enfants. Pour acquérir une instruction solide, et pour observer avec calme, il commença par former chez lui une trèsgrande collection d'objets d'histoire naturelle. Il s'occupa, comme Malpighi, de l'anatomie du ver à soie, et répéta les expériences de Redi , sur la génération des insectes. Il rectifia quelques erreurs de ce naturaliste et fit même des découvertes. Lorsque ses propres expériences n'étaient pas d'accord avec celles de Redi , il les faisait répéter à son beaupère, qui trouvait assez souvent que son gendre, s'aidant des expériences.• de son prédécesseur, avait pénétré plus avant dans les mystères de la science dont il s'occupait. Encouragé par ces succès, Vallisneri fit insérer dans la Galleria di Minerve, journal imprimé à Venise, par Albrizzi , un mémoire en forme de dialogue intitulé- Curiosa origine d'alcuni insetti. Persuadé qu'il n'existe pas de génération spontanée, il crut démontrer que tous les insectes commencent leur dévelopement dans un oeuf. La chaire de philosophie dans l'université de Padoue , à laquelle était attaché l'enseignement de l'histoire naturelle, lui fut bientôt proposée. Avant qu'il se fût décidé, on le nomma à celle de médecine pratique, le 26 août 1700 il l'accepta et se rendit à Padoue. A cette époque , il était d'usage que tout le corps de l'université assistât au discours que prononçait le nouveau professeur à l'ouverture de son cours. Dans cette solennité, Vallisneri prit pour texte Studia recentiorum non erertunt reterum medicinam , sed confirmant. On voit par ce discours qu'il ne voulait pas précisément donner le change sur ses intentions ; mais qu'il avait besoin de ménager les préjugés de ses collègues, afin de pouvoir les convaincre. Dans cette vue , il montra le plus grand respect pour les anciens, poussant la complaisance au point de trouver dans quelques expressions obscures de leurs livres toutes les belles découvertes des modernes. Cet innocent artifice lui valut d'abord les suffrages des vieux professeurs de Padoue, qui auraient bien voulu lui voir défendre toujours les vieilles doctrines ; mais lorsque, par la suite de ses leçons, ils s'aperçurent qu'il parlait favorablement des doctrines modernes , quoiqu'il s'efforçât de concilier les différents systèmes, ils lui firent une guerre terrible. Sans entrer dans les détails de cette lutte, il suffira de dire qùe lorsque Vallisneri se vit encouragé par Frédéric Marcello , procureur de StMarc et réformateur des études de Padoue, il ne garda plus de ménagement, et enseigna hautement les nouvelles découvertes en anatomie. Ses délassements pendant les vacances n'étaient qu'un changement d'études. C'était alors que, quittant la médecine et les expériences sur les vers et les insectes, il se livrait à d'autres branches de l'histoire naturelle et de la physique, telles que la botanique et l'origine des sources. Différents journaux d'Italie contiennent les premiers résultats des voyages scientifiques qui lui fournirent les matériaux des deux ouvrages dont nous parlerons plus bas. Les plus importants de ses voyages eurent lieu en 1704 et 1705. Vallisneri saisit cette occasion pour voir les savants des différentes parties d'Italie qu'il parcourut, et pour enrichir son musée, dont on trouve un catalogue dans la vie de l'auteur, par Giannartico di Porzia , écrite d'après les documents rédigés par Vallisneri luimème. L'empereur Charles VI, à qui Vallisneri avait dédié son Histoire de la ge- nération, le nomma son médecin honoraire ; et cette nomination fut accompagnée de marques de la munificence impériale et d'une lettre flatteuse. Le duc de Modène le fit chevalier, ainsi que les aînés de ses descendants. Il fut fait conseiller de la ville de Reggio. La comtesse Cielia Grillo Borromeo, connue par son amour pour les sciences et par la faveur qu'elle accordait aux savants, appela Vallisneri à Milan, où elle le combla de présents et d'honneurs. Il passa tout un été avec elle , et répéta les expériences qui intéressaient le plus à cette époque. Vallisneri refusa la proposition de Clément XI, qui «Voulait le nommer son médecin, et celle de VictorAmédée, qui lui offrait une chaire à l'université de Turin. 11 mourut à Padoue, le 18 janvier 1730. Avant de citer les principaux ouvrages de Vallisneri, jetons un coup d'oeil sur la part active qu'il prit au progrès des sciences. Au milieu des opinions qui divisaient alors les savants sur les divers systèmes de la génération, il adopta celui des oeufs , et combattit par des arguments nouveaux celui de la génération spontanée. Ses efforts obtinrent le suffrage de Buffon. Dans ses écrits sur les sources des fontaines , il prouva, contre une opinion vulgaire ressuscitée de nos jours par Breyslack, qu'elles ne viennent pas de la mer. il fit une foule d'expériences sur les , particulièrement sur leur génération et leur manière de vivre, et il en découvrit quelquesuns. Sous ce rapport, il doit être considéré comme le plus digne successeur de Redi, dont il multiplia, approfondit et rectifia les observations, et dont il s'efforça aussi d'imiter le style élégant, quoique à cet égard il lui soit resté inférieur. S'étant surtout attaché à observer la nature par luimême, il ne négligea cependant pas les écrits des naturalistes anciens, ni ceux de ses contemporains. Il les cite fréquemment, soit pour s'étayer de leur suffrage, soit pour les réfuter. II approuve, par exemple, presque aussi souvent les observations d'Aristote, qu'il combat les assertions de Pline. Il eut le mérite de renverser des erreurs consacrées par l'autorité des anciens , et encore accréditées de son temps. Quant à la botanique, il nous suffira de citer ce phénomène qu'il découvrit dans la génération d'une plante aquatique qui croit dans le Rhône, ainsi que dans les fossés marécageux de Florence et de Pise, et que les botanistes désignent par le nom de l'a/ Usuel- ici . Comme médecin, Vallisneri a aussi des titres à la reconnaissance publique. On trouve dans ses écrits le germe de plusieurs principes sur lesquels l'école actuelle d'Italie s'appuie. Les expériences multipliées qu'il avait faites sur les insectes et ses dissections anatomiques l'avaient amené à croire que la peste, la gale et d'autres maladies contagieuses n'ont pour cause que des insectes qui s'introduisent dans l'économie animale. Les savants contempo- rains reconnurent tout le mérite de Vallisneri; quelquesuns seulement, le considérant comme novateur, se firent un devoir de le combattre, et ne se rendirent qu'à l'évidence des faits. Tels furent Lancisi et Tamburini. Ce dernier regardait comme tout à fait erronée l'opinion de Vallisneri sur l'origine des sources ; mais dans le moment même où il s'occupait de le réfuter, convaincu par les raisonnements de l'auteur, il en fit un aveu éclatant dans les journaux. Vallisneri , croyant avoir à se plaindre , et dans la société royale de Lon- dres . Cependant en France, comme dans toutes les autres contrées, on rendit généralement justice à l'importance de ses découvertes. 11 fut d'abord signalé par Buffon comme le naturaliste qui avait pénétré plus avant dans les mystères de la génération et qui avait donné les meilleures descriptions de plusieurs animaux. Ses expé- riences et son autorité furent encore invoquées par d'autres naturalistes, et par les auteurs de l'encyclopédie . Ses écrits sont : 1° Dialoghi sopra la curiosa origine di molli insetti , Venise , 1700 2° édit. Ces dialogues entre Pline et Mal- pighi avaient déjà paru dans la Galleria di Mi- nerra , journal qu'on publiait à Venise. Ils ont pour but de combattre les préjugés des anciens et des modernes sur l'origine des insectes et d'y substituer les observations faites par l'auteur. 2. Prima raccolta d'osserrazioni ed esperienze , ca- rata dalla Galleria di Minerva, Venise , 1710 ; 3° Considerazioni ed esperienze intorno al creduto cerrello di bue impietrito , rirente encor l'animale, presentato dal sig. Verney all' aceademia reale di Parigi , Padoue, 1710 L'auteur appelle concrétion osseuse cérébriforme ce que du Vernet/ appelait un cerveau pétrifié. 4° Con- ed esperienze intorno alla generazione de' verrai ordinari del corpo umano, Padoue, 1710 Con nuora giunta di osserrazioni e di espe- rienze intorno all' istoria medica e naturale, Padoue, 1726 L'auteur, considérant que le sang Dans les Ephémérides des curieux de la nature, on trouve des relations de maladies et des solutions de problèmes d'histoire naturelle faites par Vallisneri. Ses articles contiennent des faits avérés par l'observation et se distinguent par là de beaucoup d'autres insérés dans le même recueil, qui sont remplis de merveilleux et de phénomènes trèspeu naturels. Une longue lettre latine du secrétaire de la société royale de Londres, Waller, adressée à Vallisneri , atteste combien la société faisait cas de ce savant étranger. Foy, sa Vie par Porzia. de la mère va directement au foetus, par la communication des vaisseaux de l'utérus avec ceux du placenta , croit que la transmission des germes vermineux se fait de cette manière de la mère aux enfants , et il en conclut que tous les vers viennent du premier homme ; opinion adoptée par Van Phèlsum et par Andry. 5° Varie lettere spettanti alla storia medira e naturale, Padoue, 1713 , Cet ouvrage est rempli de recherches curieuses, et l'on y trouve plusieurs lettres de divers savants. 6° Esperienze cd osserrazioni intorno all' origine, sriluppi , e costumi di a? rii insetti, etc., Padoue, 1713 7° Nuora en del male contagioso de' buoi, etc., Milan, 17R Vallisneri reproduit ici une lettre que le docteur Cogrossi lui avait écrite pour lui demander son avis sur cette épizootie. Dans sa réponse il se déclare en faveur du système du P. Kircher, qui admet, comme cause première de cette maladie, une grande quantité de petits vers. 8° istoria del camaleonte alfricano , e di rami altri animali d'Italia, Venise, 1715 : morceau curieux, et qui pourrait servir de modèle à ceux qui Iraitent de pareils sujets ; 9. Lezione accademica intorno ail origine delle fontane , Venise, 1715 Vallisneri prononça ce discours dans une académie de Padoue. Il y combat l'opinion de ceux qui pensaient que la mer était l'origine des sources, et soutient avec Pierre Perrault que les sources et les fleuves n'ont pas d'autre origine que la pluie et les neiges fondues. Il y a une autre édition de cet ous rage avec des notes et additions, dans laquelle il répond aux objections qui lui furent faites , Venise, 1726 100 Raccolta di rani trattati del sig. Antonio Vallisneri, accresciuti con annotazioni e giunte, Venise, 1716 C'est un premier recueil des ouvrages de fauteur, qui avaient été imprimés séparément jusqu'alors. 11. Istoria della generazione dell' uomo e degli animali, se sia da' rermirelli spermatici o della noya; con un trattato nel fina della sterilitis e de' suai rimedi; con la critica de' superflui e de' nocivi; con un diseorso areademiro intorno la connessione di tulle le rose recale, e con alcane lettere, istorie rare, osserrazioni d'uomini illusti, Venise, 1721 , C'est le plus important ainsi que le plus volumineux des ouvrages de Vallisneri. Il lui coûta trente ans d'observations. Buffon dit qu'il est de tous les naturalistes celui qui a parlé le plus à fond sur la génération. « 11 « a rassemblé, ajoute notre illustre naturaliste, cc tout ce qu'on avait découvert avant lui sur « cette matière ; et ayant luimème, à l'exemple « de Malpighi , fait un nombre infini d'observa- § tions, il me parait avoir prouvé bien claire- t ment que les vésicules qu'on trouve dans les « testicules de toutes les femelles ne sont pas des « oeufs ; que jamais ces vésicules ne se détachent « du testicule, et qu'elles ne sont autre chose que « les réservoirs d'une lymphe ou d'une liqueur « qui doit contribuer à la génération et à la fécon- · dation d'un autre oeuf ou de quelque chose de « semblable à un oeuf, qui contient le foetus tout « formé » . En poursuivant l'exposition des sytèmes sur la génération, Buffon rapporte une quantité d'observations faites par Vallisneri, et il le montre toujours cherchant l''oeuf, après lequel il soupirait ardemment, sui- ant la propre expression de Vallisneri, sans jamais pouvoir le trouver. Buffon remarque avec raison que toutes ces recherches infructueuses, quant à la découverte de ce qu'il cherchait de préférence, auraient dû porter Vallisneri à douter de l'existence de cet oeuf prétendu, et que cependant le préjugé où il était en faveur de ce système lui a fait admettre l'existence de cet oeuf qu'il n'a jamais vu et que jamais personne ne \ rra . Plus loin, Buffon ajoute : « Graaf a reconnu le premier qu'il y avait des « altérations aux testicules des femelles, et il a « eu raison d'ajouter que ces testicules étaient « des parties essentielles et nécessaires à la gé- « nération. Malpighi a démontré ce que c'était « que ces altérations, et il a fait voir que ce sont « des corps glanduleux qui croissent jusqu'à une « entière maturité, après quoi ils s'affaissent, « s'oblitèrent et ne laissent qu'une légère cica- « trice. Vallisneri a mis cette découverte dans « un trèsgrand jour ; il a fait voir que ces corps « glanduleux se trouvent sur les testicules de « toutes les femelles, qu'ils prennent un accrois- « serrent considérable dans la saison de leurs « amours, qu'ils s'augmentent et croissent aux « dépens des vésicules lymphatiques du testicule, « et qu'ils contiennent toujours, dans le temps de « leur maturité, une cavité remplie de liqueur. » Vallisneri ne se borne pas à exposer ses observations sur la femme, il en rapporte beaucoup d'autres qu'il avait faites sur les femelles de divers animaux. Ainsi , dans le grand nombre d'auteurs qui ont donné la description anatomique de l'anguille, il est le seul qui en ait laissé une figure bien exécutée, et avec la description des organes des deux sexes , qui sont situés hors du péritoine, et disposés en grappe , comme dans les lamproies . Au moyen de ces observations multipliées, Vallisneri établit par quels degrés la nature passe d'un genre d'animaux à l'autre, et en fait ressortir les analogies et la liaison. 12. De' copi marini che su monti si trorano; della lora origine, e dello stato del monda aranti il diluvio , nel dilurio , e dopa il dilurio: Lettere critiche d'Antonio Vallisneri con le annotazioni, aile quali s'aggiungono ire altre lettere critithe contra le opere del sig. Andry e suoi giornali , Venise 2' édit., 1728. Les voyages faits par l'auteur, les coquilles fossiles qu'il avait recueillies en grand nombre dans son musée et les sollicitations de Marsigli furent l'occasion de (Il On trouve aussi un Mémoire sur les ovaires des anguilles, par Vallisneri, dans les Ephéméridee des curieux de la nature, centuries 1 et 2; Appendice, p. 153, avec figures. cet ouvrage. Il y examine la question : Comment la nier avait pu porter les coquilles fossiles dans les endroits où on les trouve ? Après avoir rapporté et réfuté les opinions des naturalistes ses devanciers qui attribuaient ce phénomène au déluge, il ne se dissimule point combien la question est difficile, et il reste dans le doute. Néanmoins il tâche de mettre sur la voie ceux qui voudraient s'en occuper. Il les engage surtout à constater la vérité d'un fait que des observations plus étendues et plus suivies que les siennes pouvaient seules mettre en évidence : c'est que, s'il est vrai qu'à côté de ces coquilles on ne trouve point d'ossements humains, il faut en attribuer le déplacement à des submersions partielles et successives et non pas au déluge. 11 lui parut aussi que ces coquilles se trouvaient en plus grand nombre sur les monts situés prèe de la mer, et qui ne sont pas très-élevés. Leibniz, qui consultait Vallisneri en fait d'histoire naturelle, approuva les vues qu'il avait émises dans cet écrit. A la fin de cet ouvrage on trouve trois lettres, dans lesquelles il réfute Andry et l'accuse de mauvaise foi dans les extraits de ses écrits qu'il a donnés aux journaux de Paris. Ces lettres, réunies en une seule, furent traduites en français, par Vergis. sous ce titre : Lettre critique de ill. Vallisneri à l'auteur du livre de la Génération des vers dans le cops de l'homme, traduite de l'italien, Paris, 1727 Nicéron se trompe en remarquant qu'il est à présumer que le traducteur a beaucoup ajouté au texte de son auteur. 13° Dell' uso e dell' abuso debls bevande e bagnalure calde o fredde, Modène, 1725 Du temps de l'auteur, les médecins (l'Italie prescrivaient, comme une maxime d'hygiène, de boire chaud à tout propos. Témoin d'une révolution complète à cet égard, et voyant succéder subitement à l'usage établi celui des boissons froides, ainsi que des bains froids, quoiqu'il se ftit déclaré assez souvent le partisan des justes réformes, Vallisneri craignit cette fois l'engouement de la mode. Afin qu'on ne s'y livràt pas sans mesure, il rassembla dans cet ouvrage une foule d'expériences, dont une grande partie avaient été faites par luimême et sur luimême. Il ne trouve pas de meilleur conseil à donner sinon que chacun se règle par sa propre expérience. Quant à lui, il se déclare en faveur de l'eau chaude, qui ne peut jamais faire de mal ; niais il mourut en suivant ce conseil, et fit mourir ses caméléons en les abreuvant d'eau chaude. 14° Orazione problematica, se si deve concedere lo studio delle science e delle ara belle able donne, Venise, 1729 ; 15° Stato pesente della salsa di Sassuolo, degli etti, etc. ; 16° nove osserrazioni medico- fisiche, etc. ; 17° Catalogo di alcune rarità ventile dall' India, etc. Tous ces opuscules se trouvent insérés dans un journal de Venise. 18° Notoinia dello struzzo. Cette anatomie de l'autruche est un des morceaux les plus intéressants de Vallisneri ; il est rédigé avec un soin particulier. 19° Saggio d'istoria medica e naturale colla spiegazione de' nomi alla medesima spettanti, posti per alfabetto. C'est une encyclopédie médicale et d'histoire naturelle , que l'auteur se proposait d'augmenter si la mort ne l'en eût empêché. 20° Consulti medici, lettere scientifiche, et des Niscellanee parmi lesquelles on trouve des observations que ses amis lui communiquaient, et qu'il publia sous leur nom, telle qu'une histoire de la graille kermès et des observations sur plusieurs insectes , faites par Hyacinthe Cestoni. Tous ces écrits ont été recueillis dans l'édition complète des oeuvres de Vallisneri, donnée, après sa mort, par son fils, sous ce titre : Opere fisico- mediclie stampate e manoscritte del cavalier Antonio Vallisneri, raccolte da Antonio suo figliuolo , Venise, 1733 , 3 vol. Cette édition, trèsremarquable par le nombre et l'exécution des planches , contient différents opuscules que nous n'avons pu citer, entre autres des descriptions de monstres
  • Antoine TRIAL( 1736 - 1795) : acteur français de la Comédie italienne , naquit en 1736 et fut d'abord enfant de choeur à la métropole d'Avignon, sa patrie. Ayant ensuite joué la comédie pendant quelques années en province, il fut appelé par Ili son frère à Paris, en 1764 : il y débuta au ThéâtreItalien , le 4 juillet , par le rôle de Bastien dans le Sorcier, ensuite par ceux de Colin dans le Maréchal, de Nouradin dans le Cadi dupé, etc. Une figure agréable, une taille avantageuse, une parfaite connaissance de la musique, beaucoup de finesse et d'intelligence dans le jeu lui obtinrent tous les suffrages. Mais sa voix un peu nasillarde et son accent provençal , qu'il rie 11? JeanClaude Trial, né à Avignon en 1734, mourut subitement le 23 juin 1771, à Paris, où il était, avec Renon, l'un des directeurs de l'Opéra. On a de lui la musique de Sylvie, celle de Théonis, de la Chercheuse d'esprit, d'Esope à Cythère, de plusieurs Cantates, etc. C'était un bon musicien, un habile violoniste pour son temps. put jamais déguiser , le déterminèrent à quitter l'emploi des Colins, qui lui offrait d'ailleurs dans Clairval un émule trop redoutable. Il joua les comiques, les paysans, les niais , les valets poltrons, etc., et acquit une réputation dans cet emploi , qu'il a créé et auquel son nom est resté. Dans le nombre infini des rôles que Trial a mis au théâtre, nous nous bornerons à citer : le grand cousin dans le Déserteur, Aly dans Zénlyre et Azor, Crispin dans la Mélomanie, André dans l'Epreuve villageoise, Thomas dans . 41exis et Justifie, le nègre dans l'Amitié à l'épreuve, Antoine dans le Comte d'Albert et Fabio dans Camille. Quoique l'on fût en droit de lui reprocher un peu d'uniformité dans sa manière de jouer, il avait obtenu l'estime et la faveur du public, qui ne manquait jamais de l'applaudir. Il embrassa avec enthousiasme les principes révolutionnaires. Il fut, en 1793, membre du comité révolutionnaire de la section Lepelletier; il était encore chargé des actes civils de son arrondissement, lorsque le 9 thermidor eut amené un nouvel ordre de choses. Trial éprouva sur la scène un cruel effet des réactions politiques. On lui demanda compte des infortunés qu'on l'accusait d'avoir envoyés à l'échafaud. On te força de se mettre à genoux et de chanter le Réveil du peuple au milieu des huées et du bruit des sifflets qui couvraient sa voix. Emu de cette avanie, Trial osa se présenter pour remplir ses fonctions municipales; mais il essuya de nouvelles mortifications et fut rejeté comme indigne de prononcer l'union conjugale. Il ne put résister à cette double secousse : rentré chez lui , il n'en sortit plus ; il prit, diton, du poison et mourut le 5 février 1795, à 59 ans. — TRIAL , naquit à Paris, le ter août 1746, débuta sur le ThéâtreItalien, le 15 janvier 1766, sous le nom de Félicité Mandeville, par les rôles de Laurette dans le Peintre amoureux et de Perrette dans les Deux Chasseurs. Madame Trial est la première qui, douée d'un organe trèsfavorable, ait montré sur ce théâtre et dans notre musique un chant si facile qu'elle semblait se jouer des difficultés. C'est pour elle qu'ont été faits les rôles de la rosière de la Belle Arsène, de Lucette dans la Fausse Magie, de Léonore dans l'Amant jaloux et plusieurs autres qui exigent plus de talent pour le chant que pour le jeu. Sa mauvaise santé l'obligea de quitter le théâtre en 1786, et cependant elle a survécu trentedeux ans à sa retraite, car elle n'est morte que le 13 février 1818. Elle partagea et encouragea les opinions politiques de son mari. — TRIAL , fils unique des précédents, naquit à Paris en 1770, reçut une éducation soignée et montra de bonne heure des dispositions pour la musique ; il composa celle de trois opérascomiques qui furent joués sur le théâtre Favart : Julien et Colette, ou la Milice, paroles de Parisau, 1788; -- Adélaïde et Mirval, avec Patrat, 1791 ; — les Deux Petits Aveugles, poeme de Noël, 1792, qui eut quelque succès; — et deux pièces de circonstance , dont les paroles étaient de Joigny Cécile et Julien, ou le Siége de Lille, en 1793 ; - et les Causes et les Effets, en 1794. Celleci tomba, quoique bien en harmonie avec l'esprit du temps; l'autre réussit à cause de quelques jolis airs et surtout de trois couplets qui , chantés d'un manière originale et piquante par Eileviou, contribuèrent à établir la réputation naissante de cet acteur. Trial, après la mort de son père, épousa Jeanne Rigonney Méon, actrice du théàtre Favart. Sage et rangé pendant sa jeunesse, il changea de conduite depuis son mariage et vécut mal avec sa femme, qui, engagée dans une troupe de comédiens pour les colonies, alla mourir à la Guadeloupe. Il mourut luimême des suites de ses débauches, le 9 septembre 1803
  • Antoine TRIEST( 1576 - 1657) : prélat belge, né au chàteau d'Auweghem, près d'Audenaerde, en 1576. d'une noble et ancienne famille, après avoir fait ses études à Louvain avec beaucoup de distinction, fut évêque de Bruges en 1616, et ensuite de Gand. Il édifiait également par sa prédication et par son exemple ; il signala sa charité envers les pauvres, non moins que son goùt pour les lettres et les arts. La science de la botanique avait des attraits particuliers pour lui : il cultivait dans son jardin , appelé le Belvédère, beaucoup d'espèces de fleurs et de plantes rares ; il institua à l'église de StMichel la confrérie de SteDorothée, où les jardiniers et les fleuristes faisaient, chaque année, une exposition de fleurs, le jour de leur patronne, usage qui s'est maintenu jusqu'à l'entrée des armées françaises, en 1792. Ami de Rubens , de 'Van Dyck , de Téniers et de tous les grands artistes de son temps , il se plaisait à les occuper, et il avait dans son palais neuf grandes pièces remplies des plus beaux tableaux. C'est pour lui que Rubens peignit le 41Iassacre des Innocents et la Conversion de St- Paul. Nous avons son portrait peint par Van Dyck et gravé par Pontius. Duquesnoy lit son buste, ainsi que son mausolée. qu'on voit encore aujourd'hui à l'église de StBavon. En 1640, un incendie avant détruit la toiture de cette église , Triest la fit réparer à ses frais, et il pourvut également à la dépense de la charpente du choeur. Cet homme distingué mourut en 1657, à l'Age de 81 ans. Il légua sa k biblothèque aux carmes déchaussés; des sommes ! considérables au montdepiété, afin que cet établissement pût prêter aux pauvres sans inté- Irêt; d'autres sommes pour l'embellissement de : l'église. Enfin le tiers de sa succession fut vendu et distribué par ses exécuteurs testamentaires aux pauvres de Gand, auxquels, par une autre de ses fondations, on répartissait, chaque jour, jusqu'à l'invasion d, s Français, trente pains, ainsi que, tous les mois , un certain nombre de chemises. Schelte de Bolswert a dédié à Triest sa gravure du tableau de la Conversion de St- Paul, et l'on pourra juger, par les détails qu'on vient de lire et qui nous ont été fournis par M. Van- hulthem, dans son Discours sur l'état ancien et moderne de l'agriculture et de la botanique dans les Pays- Bas . que cette dédicace, quelque louangeuse qu'elle soit , ne fait que rendre justice à celui qui en est l'objet. . Comparez Sanderi Flandria illustrata , t. Is*, p
  • Antoine TRIVULCE : frère du précédent, se déclara pour les Français lorsqu'ils se rendirent maîtres du Milanais, et fut fait cardinal en 1500, à la demande du roi , par le pape Alexandre VI. Il mourut en 1508. — TRIVULCE , neveu de JeanJacques , fut un excellent juriscon- sulte , puis conseiller d'Etat en France , sous Louis XII, et successivement évêque de Côme et de Plaisance et cardinal. 11 mourut le 9 août 1527. — TRIVULCE , neveu de Théodore, fut abbé de Frornont , en France, et camérier du pape Jules II, puis évêque de Bayeux, de Toulon , de Novare et archevêque de Reggio. Après la prise de Rome par les troupes de CharlesQuint, il fut emmené en otage à Naples, où il fit paraître une grande fermeté. 11 était ami de Bembo et de Sadolet, et il avait composé une histoire des papes et des cardinaux ; mais il mourut à Rome, le 30 mars 158, avant de l'avoir fait imprimer. — TRIVULCE , neveu de JeanJacques, fut référendaire des deux signatures, puis évêque de Toulon et ensuite vicelégat d'Avignon. Il s'opposa avec force à l'entrée des hérétiques dans le Comtat, fut envoyé légat en France, où il prit part à la con- clusion du traité de CateauCambrésis; puis, s'étant mis en chemin pour retourner en Italie, il mourut d'apoplexie, à une journée de Paris, le 26 juin 1559. — TRIVULCE , petit- neveu du précédent, après avoir "Servi avec gloire dans les armées de Philippe III, embrassa l'état ecclésiastique et fut fait cardinal en 1.626. Il devint ensuite viceroi d'Aragon, puis de Sicile et de Sardaigne, gouverneur général du Milanais et ambassadeur d'Espagne à Rouie. Il mourut à Milan le 3 août 1657. Son petitfils étant mort sans postérité en 1678 , la famille Gallio prit le nom de Trivulce, et c'est de cette dernière famille que descendait Alexandre TRIVULCE qui commanda la garde nationale de Milan après l'invasion des Français, en 1796, et qui , devenu bientôt après général et ministre de la guerre, mourut le 3 mars 1805, à Paris, où il était venu pour assister au couronnement de Napoléon. Voyez Litta , il Trivulzi , dans son ouvrage intitulé Delle famiglie celebri d'Italia, Milan, 1819
  • Antoine TROUVAIN( 1656 - 1708) : dessinateur et graveur, naquit à Montdidier en 1656 ; il se forma à l'école du célèbre Gérard Edelinck , dont il a heureusement imité la manière. C'est surtout comme portraitiste que ce graveur s'est montré vraiment supérieur; le Portrait d'Armande de Lorraine d'Harcourt , abbesse de Soissons, est une oeuvre capitale; les vêtements en sont traités, il est vrai,, avec trop de négligence, mais la physionomie est dessinée avec une sûreté de main et une fierté de couleur qu'on ne retrouve que dans les meilleurs portraits d'Edelinck. Trouvain, pressé par la nécessité, a malheureusement publié trop de planches pour le commerce; elles manquent de vigueur et ne sont pas suffisamment harmonieuses. L'Académie le reçut dans ses rangs, le 30 juillet 1707, sur le trèsremarquable portrait de R.- A. Nouasse, qu'il exécuta d'après Tortebat , et sur celui de Jean Jouvenet, gravé d'après ce peintre; ces deux planches sont à la chalcographie du Louvre, qui possède en outre de Trouvain : le portrait gravé d'après un de ses dessins du Chanoine Claude du Holinet , bibliothécaire de Ste- Geneviève, à Palis; le , Wariage de la reine et la Majorité du roi Louis , qu'il a gravés sur les copies qu'en avait faites J. Nattier, d'après les tableaux de Rubens, alors dans la galerie du Luxembourg. Trouvain mourut à Paris le 18 mars 1708, au moment où sa réputation commençait à s'établir par suite de la production des oeuvres sérieuses que nous venons de signaler; il était dans toute la vigueur de son talent, et certes, avec l'habileté de burin qu'il avait acquise, un avenir brillant l'attendait. 11 est étonnant que le nom de ce remarquable graveur ne se trouve consigné dans aucune biographie ; lober et Rost seuls l'ont admis dans leur Manuel des curieux et des ama- teurs, en comparant bien à tort, suivant nous, son talent à celui de Bernard Picart
  • Antoine URCEUS CODRUS( 1446) : naquit le 14 août 1446 à Ruhiera , ville située entre Modène et Reggio, mais dépendante de cette dernière ville. Sa famille tirait son origine des OeziNuovi dans le territoire de Brescia ; et elle en avait pris le nom d'Orcei. Le père d'Antoine, quoique assez peu favorisé de la fortune, ne négligea rien pour lui procurer les avantages d'une instruction solide. Ayant fait ses premières études à Modène, il vint à Ferrare suivre les le-çons de Bapt. Guarino et de Luc Ripa, deux trèshabiles martres ; et fit sous leur direction des progrès si rapides dans les langues et la littérature anciennes, qu'il eut bientôt surpassé tous ses condisciples. En 1469 , il fut appelé à Forli pour y enseigner !es humanités; etell quoiqu'il fut trèsjeune encore, on lui assigna un traitement plus considérable que celui de son prédécesseur. Ses talents lui valurent la protection de Pino Degli Adelaffi , ivoy. ce nom), seigneur de cette ville, qui le combla de témoignages d'amitié, le nomma précepteur de son fils, et lui donna sa table avec un logement dans son palais. Un jour le prince lui dit en l'abordant: Jlesser Antonio , mi ri raccomando ; Urceus lui répliqua sur le champ : 1) unque Giore a Codro si raccomanda. Cette repartie lit fortune , et le nom de Codrus lui resta. Comme il était trèslaborieux, il étudiait le matin à la lumière d'une lampe. Un jour qu'il était sorti sans l'éteindre, le feu prit à des papiers qu'il avait laissés sur sa table et se communiqua rapidement à sa bibliothèque. Averti de cet accident, Codrus accourut aussitôt ; mais voyant qu'il était impossible de Postridie iduum Augusti natus sum. Sermo ty. En latin fferbgria. Formule de politesse encore usitée en Italie. sauver des flammes un ouvrage auquel il venait de mettre la dernière main, il tomba dans le désespoir le plus affreux. Après avoir exhalé • sa colère dans on torrent d'injures adressées à la Vierge et aux saints, il défendit à ses amis de le suivre, et sortant de la ville, s'enfonça dans un bois où il passa toute la journée dans un continuel délire. Quand il voulut rentrer, les portes étaient fermées, et il fut obligé de coucher sur un fumier. Le matin il alla demander un asile à un, pauvre menuisier chez lequel il demeura six mois sans livres et ne voulut voir personne. Enfin, cédant aux prières du prince de Forli, Codrus consentit à reprendre son appartement qu'on avait réparé. La mort de Pino Degli Adelaffi suivie quelques mois après de celle de son fils, laissait Forli en proie aux factions et aux troubles civils. Codrus vint à Bologne, en 1480, et, par la protection des Bentivogli, fut pourvu surlechamp de la double chaire d'éloquence et de langue grecque, qu'il remplit avec une réputation toujours croissante. Quoique sévère et sujet à de fréquents accès d'humeur, il avait le talent de se faire aimer de ses élèves, qui le regardaient comme un père. Son peu de fortune et sa mauvaise santé l'avaient toujours empêché de songer au mariage; mais sur la fin de sa vie, il regretta de n'avoir pas pris une compagne dont les soins auraient adouci sa situation. Ses moeurs n'avaient pas toujours été pures ; et le cynisme avec lequel il s'exprimait avait jeté des doutes sur sa croyance ; mais dans sa dernière maladie, il témoigna le plus grand repentir de sa conduite, demanda luimême les sacrements, qu'il reçut d'une manière édifiante, et ne cessa de protester de son attachement à la religion. Il mourut. à Bologne en 1500, à l'âge de 54 ans. Son corps fut porté par ses élèves au monastère de StSauveur, où il avait choisi sa • sépulture. Il légua par son testament à ce monastère, outre une somme de vingt livres, un superbe manuscrit des OEuvres de StBasile, apporté de Constantinople, et que l'on voit encore dans la bibliothèque. On mit sur son tombeau cette courte épitaphe - Codrus eram. C'était un homme simple dans ses goûts, ennemi du faste et de la représentation ; quoique dans l'aisance, il n'avait point de domestique pour le servir. Si l'on en croit Bapt. Mantouan , Codrus. dans le temps qu'il était à Bologne, avait souvent l'Iliade sur ses genoux , tandis que d'une main il écumait son pot et que de l'autre il tournait la broche. Malgré son humeur bizarre et sa vanité, ce savant avait beaucoup d'amis. Les plus connus sont Ange Politien et Alde Manuce : Le premier le choisit pour revoir ses Epigranzmes grecques, et le second lui dédia son Recueil de lettres grecques, imprimé en 1499. Les OEuvres de Codrus ont été publiées par Phil. Beroald L? Cet ouvrage avait pour titre Paul, ; niais on n'en connait ni le genre, ni le sujet. Bologne, 1502 avec une Vie de l'auteur, par Barth. Bianchini, son disciple. Cette première édition est trèsrare et fort recherchée des curieux. On en trouve la description dans la Bibliothèque de David Clément, t. 7, art. Codrus, et dans le Manuel du libraire de M. Brunet. Elles ont été réimprimées à Venise, 4506 ; Paris, 1515 ; et Bâle, 1540 , même format. Ce Recueil contient quinze discours , dix Lettres, deux livres de Sylves, deux Satires, une Eglogue et des Epigranunes. Les discours sont la partie la plus intéressante des ouvrages de Codrus ; mais le quatrième, le c et le douzième sont remplis d'obscénités telles qu'on est surpris qu'ils aient pu jamais être prononcés en public . StHyacinthe a donné un extrait fort étendu des OEuvres de Codrus, d'après l'édition de Paris, dans les Mémoires littéraires, 1715; reproduit en 1740, sous le titre de 4latanasiana. Cet extrait est précédé d'un portrait de Codrus, d'une laideur si plaisante qu'il est difficile de le croire ressemblant, et suivi de sa Vie. d'après celle de Bianchini, niais augmentée de quelques traits tirés de ses ouvrages. On doit encore à Codrus 10 cinquième acte en partie de l'Aulularia de Plaute , inséré dans plusieurs éditions du théâtre de Plaute , entre autres dans celle qu'on doit à Taubmann. Il existe des éditions séparées de cette pièce avec la conclusion de Codrus, Cologne, 1510 ; ' Deventer, 1512 , même format ; et Leipsick , 1513 Enfin il a fouriii quelques notes sur les Rei rassie& scriptores, insérées dans l'édition de Paris, 1533 Les autres ouvrages de Codrus sont perdus. Outre les auteurs déjà cités, on peut consulter sur cet écrivain, les Mémoires de Niceron, t. 4 ; la Vie de Codrus, par Righetti, dans le tome 3 des Annali leuerar. ; une autre par B. Corniani, dans la Nuova racrolta ralogerana, t. 21; la Bibliot. modenese ; la Storia della Jetterai. ital. de Tiraboschi ; Floyel, Histoire de la littérature cornique ; Roscoe, Vie de Léon X, etc
  • Antoine VALLOT( 1594 - 1671) : médecin , naquit à Reims, selon les'uns, et selon les autres à Montpellier, en 1594. Après avoir été premier médecin de la reine régente Anne d'Autriche, et passé sa vie dans la pratique de l'art de guérir, il parut tout à coup sur la scène du monde savant, en succédant en 1652, à Vautier, dans la charge de premier médecin du roi , qu'il acheta du cardinal Mazarin, suivant le rapport souvent infidèle de Gui Patin , et dans l'administration du jardin des plantes de Paris. Comme son prédécesseur, Vallot gouverna d'abord fort mal cet établissetuent, et laissa dépérir totalement le jardin, qui présentait depuis près de dix ans le plus triste aspect: mais étant parvenu, en 1658, à enlever à buvard de Fourqueux fils la charge de sur du jardin des plantes, que son père avait obtenue par lettres patentes à la mort de Gui de la Brosse, son parent, il en devint le plus zélé protecteur, et mit tout en oeuvre pour l'élever à la hauteur qu'il devait occuper plus tard comme foyer de la science. En 1665, il fit donner à Jonquet la place de démonstrateur de botanique; il engagea le jeune Fagon à parcourir le midi de la France, les Alpes et les Pyrénées, pour y recueillir des plantes et repeupler le jardin que la méchanceté, la mauvaise foi et la jalousie, plus encore que l'absence des moyens, avaient laissé manquer de tout ; il sollicita des semences et des végétaux vivants des pays les plus lo et, aidé par Fagon, Longuet, Galois et Louis Morin, il put donner, dans la même année, sous le titre d' Hortus rcgius, un catalogue des plantes du jardin, dont le nombre s'élevait à plus de quatre mille espèces de variétés. Ce catalogue est précédé d'une épître dédicatoire de Vallot au roi, et suivi d'un poème de Fagon, où son protecteur est flatté avec autant d'art que d'indiscrétion. Vallot avait adopté, dans sa pratique mé- dicale, l'emploi des remèdes préconisés par Vaufier, son prédécesseur, c'est-àdire les émétiques antimoniaux, le laudanum et le quinquina, dont l'usage était réprouvé par certaines facultés ce qui lui attira la censure de quelques médecins. Cependant leurs sarcasmes cessèrent quand, au rapport d'Astruc, il eut guéri Louis XIV avec du vin émétique, dans la grande maladie que ce monarque essuya, en 1658, à Calais. Il ne fut pas aussi heureux dans le traitement de Madame Henriette, et devint alors l'objet d'une foule d'épigrammes. Le plus acharné de ses ennemis fut Gui Patin : aussi n'ajoutons - nous aucune croyance à l'accusation de vénalité qu'il porte sans cesse contre Vallot. Ce dernier mourut au jardin des plantes, le 9 août 1671. Sa mort fut l'époque d'un changement notable dans l'administration de ce grand établissement
  • Antoine VAN-DALE( 1638 - 1708) : antiquaire , naquit le 8 novembre 1638, à Harlem, de parents anabaptistes. Obligé d'interrompre ses études pour se livrer au commerce, il employa ses loisirs à se perfectionner dans les langues anciennes et s'y rendit fort habile. Libre enfin de suivre son inclination, il se fit recevoir docteur en médecine et sut allier la culture des lettres à l'exercice de sa profession. Il fut quelque temps prédicateur des mennonites ou anabaptistes pacifiques; mais il quitta cet emploi, auquel il n'était pas propre. Ayant obtenu la charge de médecin de l'hospice de Harlem , il la remplit avec beaucoup de zèle jusqu'à sa mort, arrivée le 28 novembre 1708. Il avait une érudition immense ; mais il multiplie trop les citations, manque d'ordre et de méthode et néglige son style. C'était , dit le Clerc , un homme de bon commerce , qui savait mille histoires plaisantes et qui parlait de tout avec assez de liberté. Ennemi juré de toute superstition, il s'en moquait ouvertement, aussi bien que de l'hypocrisie. Il eut quelquefois à s'en repentir. On a de lui : 1° De oraculis veterum ethnicorum dissertationes due, Amsterdam, 1683 ibid., 1700. Cette édition est augmentée et corrigée. Le but de VanDale, dans cet ouvrage, est de prouver que le démon n'a point eu de part aux oracles du paganisme, et qu'on ne doit y voir qu'une ruse des prêtres pour entretenir la superstition. Fontenelle en a tiré SOI) Histoire des oracles . VanDale a publié sur le même sujet un ouvrage en flamand. On peut consulter sur les questions qu'agite le savant hollandais un article érudit de M. Léon Renier , dans l'Encyclopédie nouvelle et l'ouvrage de G. Wolf De novissima oraculorum . 3° Dissertationes 9 antiquitatibus quia et marmoribus , cum Romanis : uni Grœeis illustrandis inservientes , Amsterdam , 1702 ou 1743 Cuper a critiqué quelquesunes des explications de VanDale, dans une suite de douze lettres, publiées à la fin de son recueil . Dissertatio super Aristea de 70 interpretibus, cui ipsius Aristete tenus subjwigitur, , cum versione lalina, ibid., 1704. 4° ( voy. A RISTÉEL On trouve à la suite une histoire des cérémonies du baptême chez les juifs et dans les différentes communions chrétiennes, et une dissertation sur Sanchoniaton. Voyez, pour plus de détails. l'éloge de VanDale, par le Clerc , dans la Bibliothique choisie, t. 17, p. 309 ; les Mémoires du P. Nireron, t. 36, et le Dictionnaire de Chaufepié
  • Antoine VARILLAS( 1624 - 1696) : historien , naquit , en 1624, à Guéret, capitale de la Marche. Son père était procureur au présidial de cette ville. Dès qu'il eut terminé ses études, on lui confia l'éducation de quelques jeunes gens, avec lesquels il vint à Paris, où il ne tarda pas à se faire des protecteurs. Sur leur recommandation, il obtint, en 16i8, la charge d'historiographe de Gaston, duc d'Orléans ; mais il ne la conserva que peu de temps. Admis à l'intimité du savant Pierre Dupuy , garde de la bibliothèque de Paris, il profita de sa complaisance pour examiner une foule de manuscrits dont il fit des extraits. Dupuy, charmé de son application, le demanda pour son adjoint, et Varillas continua d'exercer cet emploi sous les successeurs de ce bibliothécaire. Ayant été chargé par le ministre Colbert de collationner la copie qu'il venait d'acquérir des manuscrits de Brienne avec les originaux conservés à la bibliothèque, il s'acquitta de ce travail avec tant de négligence qu'il fut remercié et remplacé par Carcavi . On lui accorda cependant une pension de douze cents livres pour le récompenser de ses services. Vacillas se retira dans la communauté de StCôme pour y travailler plus tranquillement à son Histoire de France. « Il habitait, dit un contempo- « raie, un véritable galetas. Un lit, une table, n quatre siéges, une lampe, une écritoire et quel-« ques livres composaient tout son ameublement ; « il passait l'hiver sans feu , et il était vêtu si « pauvrement que Riciielet n'a pu s'empêcher « de se moquer de son manteau, dont on vo) ait ci les cordes. » Varillas ne sortait que pour se promener dans l'enclos des Chartreux , où il passait tous les jours quelques heures à causer avec de vieux prêtres qui le suivaient partout. Si le cercle s'augmentait de curieux, il élevait la voix, qu'il avait trèsforte, et développait ses opinions avec beaucoup d'ordre et de netteté. Ses premiers ouvrages , qui circulèrent en manuscrit, eurent l'approbation générale et furent trèsrecherchés. Son style, quoique incorrect, parut vif, piquant et trèsagréable. La réputation de Varillas s'étendit bientôt dans les pays étrangers. Les Etats de Hollande lui offrirent, en 1669, une pension pour qu'il écrivit l'histoire des ProvincesUnies. Quoique assez pauvre, il 'l'hésita pas à la refuser, ne voulant pas prèter le secours de sa plume aux ennemis de la France. Ce fut ce momentlà même que Colbert, prévenu contre Varillas, choisit pour supprimer la pension dont il jouissait comme ancien employé de la bibliothèque royale. L'arthevèque de Paris , informé qu'il préparait une Histoire des hérésies, voulut réparer l'injustice du ministre en lui faisant accorder, en 1670, une pension par l'assemblée du clergé. Varillas déclara qu'il avait remercié l'archevêque de sa bienveillance et n'avait accepté qu'un léger secours , parce qu'il se trouvait dans le besoin ; mais les protestants n'en soutinrent pas moins qu'il était pensionné du clergé de France et se servirent avec succès de ce moyen pour faire suspecter sa véracité. Dès que l'Histoire des hérésies parut, elle fut attaquée trèsvivement par Burnet et Larroque . Leurs critiques étaient fondées ; et, malgré toutes ses apologies , Vacillas resta convaincu de plagiat et d'inexactitude. Averti qu'on ne devait pas le croire sur parole, on examina plus attentivement ses premiers ouvrages , on y trouva de nombreuses infidélités, des faits altérés , d'autres entièrement controuvés, puisque les manuscrits dont l'auteur prétendait les avoir tirés n'avaient jamais existé que dans sa tète. Dès lors Varillas fut regardé comme un romancier, et sa réputation s'éclipsa sans retour. Il ne trouvait plus de libraire qui voulût se charger de l'impression de ses ouvrages, naguère si courus ; niais il n'en continua pas moins de travailler avec une inconcevable rapidité. Dans les dernières années de sa vie, la fatigue affaiblit sa vue au point qu'il fut obligé de se servir d'un secrétaire, auquel il dictait tous les jours pendant plusieurs heures de suite, sans vérifier aucune citation. Varillas mourut, le 9 juin 1696, à 72 ans, et fut inhumé dans l'église des Carmélites du faubourg StJacques , « sans que pas un de nos « faiseurs d'éloges ait jeté une seule goutte d'eau C'est Varillas qui nous l'apprend luimême dans la dédicace de son Histoire de Henri III-, datée de 1693. « 'Henri , « ditil au roi, dans les temps les plus difficiles fit e,acternent payer les pensions de la Pléiade et des autres gens de lettres, et ‘‘ même il y ajouta de trèsconsidérables gratificatiOnS ; au lieu u qu'on a retranché. durant vingtdeux ans, la pension que Votre « Majesté m'avait accordée pour les longs services que j'ai rendus « dans votre bibliothèqüe; et si on l'a rétablie l'année précédente, u on discontinue celleci de la payer, nonobstant l'aveuglement « presque entier qui m'est survenu , le prodigieux nombre de « volumes que l'ai composés, et les quarante- cinq ou cinquante. n volumes que j'aileêts de donner au public, et qui courent risque o de pourrir dans la poussière si l'on m'abandonne pour le peu de temps qui nie reste à vivre, n • « bénite sur sa fosse , ni honoré sa mémoire de « deux ou trois vers : malheureux ou heureux « de n'avoir pas eu cent écus à laisser à nos « poëtes pour lui faire une méchante épitaphe ». Si la réputation de Varillas, dit l'auteur qu'on vient de citer, a bronché du côté des lettres, elle est demeurée ferme du côté de la piété et de la vertu. C'était un philosophe chrétien, méprisant les biens de la terre et ne demandant que ce qu'il lui fallait pour n'être à charge à personne. On dit que Varillas déshérita son neveu parce qu'il ne savait pas l'orthographe, et qu'il disposa de ce qu'il laissait en faveur de différents établissements , entre autres du collége de Guéret, dont il passe pour un des fondateurs. VigneulMarville regardait la vanité de Varillas comme la véritable cause du mépris où ses ouvrages sont tombés. « Il avait, ditil, des jaloux de sa gloire qu'il « aurait gagnés avec un peu de déférence et de · soumission; mais il ne prenait conseil de per- « sonne. » Le savant Huet ne partageait point l'indifférence du public pour les travaux de Varillas : « De tous ceux , ditil , qui se sont mêlés « d'écrire notre histoire, aucun ne l'a tant creu- · sée que lui ; la diligence et la constance qu'il « a apportées à cette étude n'est pas croyable. « Quoique son langage ne soit pas dans une « exacte pureté , son style est noble , élevé et t' vraiment historique. Il a embrassé tant de ma- « tières que, faute de mémoire ou peut-être « d'exactitude, il est tombé dans quelques con- « tradictions ; mais on est amplement dédom- « magé par l'abondance des nouveautés. » Suivant Palissot, les narrations de Varillas sont trèsagréables, et il a l'art de distribuer ses matières avec beaucoup d'intelligence ; enfin c'est à lui qu'on doit l'abbé de StRéal . Mais l'arrêt rendu contre Varillas parait définitif, et il n'est pas à présumer qu'il reprenne jamais un rang parmi nos historiens. Ses ouvrages sur l'Histoire de France, Paris, 1683 et ann. suiv., 14 vol. ou 28 vol. comprennent les règnes de Louis XI à Henri IV, et la minorité de StLouis. En outre , on a de ce laborieux écrivain : la Politique de la maison d'Autriche , Paris , 1658 Suivant LengletDufresnoy, c'est le moins mauvais de ses ouvrages. Il le publia sous le nom de Bonair, maison de campagne appartenant à M. de Pomponne, et où Varillas allait alors fréquemment, 2. la Pratique de l'éducation des princes, ou l'Histoire de Guill. de Croy, , seigneur de Chièvres , Paris , 1684 ; 3° les Anecdotes de Florence, ou l'Histoire secrète de la maison de Médicis, la Haye, 1685 C'est le livre le plus décrié de Varillas pour les inexacti - tudes et les faussetés dont il est rempli. Bayle en a signalé plusieurs dans son journal et dans ses lettres , 4. Histoire des révolutions arrivées dans l'Europe en matière de religion, Paris, 1686-1689, 6 vol. ou 12 vol. Elle s'étend de 1374 à 1569 ; mais l'auteur se proposait de conduire cet ouvrage jusqu'à la mort du comte de Montrose, en 1650. Cette continuation, qui n'aurait pas formé moins de 12 volumes est restée manuscrite . 5° la Politique de Ferdinand le Catholique , Amsterdam, 1688, 3 vol. Cet ouvrage a une suite en manuscrit. Le Noble a publié l'Esprit d'Yves de Chartres , tiré des ouvrages de Varillas ; et Boscheron : Varillasiana, ou ce que l'on a entendu dire à M. Ant. Varillas, historiographe de France , Amsterdam , 1734 Ce volume est précédé d'une Vie détaillée de cet écrivain. On peut encore consulter un Mémoire du P. Lelong sur la vie de Varillas , dans le tome 3 de la Bibliothèque historique de la France, édition de Fontette ; les Mémoires de Niceron, t. 5 et 10 , part. 2 ; et enfin les Mélanges de Vigneul- Marrille , t. 2, p. 442-453. Le portrait de Vacillas est gravé
  • Antoine VASSILLACCHI( 1556 - 1529) : surnommé l'ALIENsE, peintre italien, naquit dans l'île de Milo en 1556, d'origine grecque. Paul Véronèse fut son maître, mais lorsqu'il eut vu briller les premiers rayons du talent de son élève, il en devint jaloux , le renvoya de son école en lui conseillant de ne peintre qu'en petit. L'Aliense, Noyant que Paul renouvelait envers lui la conduite que le Titien avait tenue à l'égard de Tintoret, résolut de suivre à son tour l'exemple de ce dernier peintre. Il étudia les pl;ltres m' ailés sur l'antique, ne cessant de les dessiner nuit et jour; il se rendit familière la connaissance du corps humain , il modela en cire, copia assidùment le Tintoret, et, comme pour oublier tout ce qu'il avait appris de Paul Véronèse, il vendit jusqu'aux dessins qu'il avait faits dans son école. Mais il ne put pas si bien en perdre la mémoire que, dans ses premiers ouvrages qui subsistent dans l'église des Vierges , on ne reconnaisse les traces de l'école de Paul cet un artiste formé pour ce style. Les historiens lui font un reproche d'avoir abandonné cette route pour en suivre une autre; ils le bhlment surtout de s'être laissé bientôt aller aux manières. Quelquefois il poignait avec beaucoup de soin , comme l'Epiphanie qu'il fit pour le conseil des Di.; mais le plus souvent il abusait de la facilité de son génie, ce que faisaient d'ailleurs ses rivaux. 11 s'appuya contre le Vittoria . son ennemi , d'un artiste en grande vogue, Jérôme Catnpagna, élève du Sansovino, et il jouit de toute la faveur du Tintoret. C'est en se conduisant ainsi qu'il fut chargé de nombreuses peintures dans le palais du sénat et dans les diverses églises de Venise, et qu'il obtint mème de vastes travaux dans d'autres villes d'Italie et notamment à Pérouse, dans l'église de StPierre. Cependant. il ne put atteindre à cette réputation élevée à laquelle l'appelait son génie. Parmi ses élèves et ses aides. on cite Thomas Dolabella, de Bellune, peintre habile, et qui fut fort bien accueilli à la cour du roi de Pologne, Sigismond III, au service duquel il resta longtemps; et le Flamand Pierre Mera . qu'il aima particulièrement, et dont il lit le portrait par amitié. L'Aliense mourut à 't anise en 1529 et fut enterré en l'église de StVital. Le chevalier Itidolli, qui fut son ami, a inséré sa vie parmi celles des illustres peintres de Venise et de l'état, t
  • Antoine VIVENEL( 1799 - 1862) : architecte et entrepreneur, naquit à Compiègne en 1799. On lui doit quelques travaux assez importants pour quo son nom ne soit pas laissé dans l'oubli. Outre un certain nombre de monuments publics et privés qu'il a signés de son nom, il est bon de rappeler qu'il restaura, sous le règne de LouisPhilippe. l'hôtel (le ville de Paris, et qu'il a édifié la fontaine de la place StSulpice. Rentré dans sa ville natale, et dans la vie privée, il fonda le musée de Compiègne, et s'était adonné à la formation d'une bibliothèque dont la réputation est connue. M. G. Duplessis avait consacré une préface au catalogue qui en parut chez J. Techener en f8ii. Vivenel est décédé à Paris le 19 février 1862, à la suite d'une opération de la pierre, et au moment de sa mort huit feuilles de l'ceuvre d'Androuet Ducerceau, objet constant de ses soins, avaient vu le jour. Son portrait a été peint en 181,5 par Papetv, l'auteur du Nye de bonheur, dont Vivenel n doté la salle des délibérations du conseil municipal de Compiègne. Le portrait de Papety a été gravé par Dieu. Vivenel était d'une nature essentiellement bienfaisante: il a organisé et patroné les cours communaux de dessin et de géoniétrie de la ville de Compiègne, les dotant en plus de modèles pour les classes, et il enda une vingtaine de lits à l'hôpital
  • Antoine VENIERO : fut élu doge de Venise le 21 novembre 1382, pour succéder à Michel Morosini. On peut lui reprocher d'avoir hâté par son impolitique la ruine des deux maisons de la Scala et de Carrare, qu'il livra , l'une après l'autre, à Jean Galeaz Visconti, puissant seigneur de Milan, et d'avoir permis que ce prince, en conquérant Vérone et Padoue, étendît ses fron- tières jusqu'aux bords de l'Adriatique et en vue des clochers de Venise; mais un heureux hasard mit aux conquêtes de Visconti les bornes que Veniero n'avait point su poser. François Carrare, par sa vigueur, les Florentins, par leur héroïsme, chassèrent Visconti du rivage des lagunes, et le successeur de Veniero put ajouter aux domaines de la république les Etats tuie celuici avait abandonnés au plus redoutable ennemi des Vénitiens. Veniero mourut le 23 novembre 1400 et fut remplacé par Michel Teno
  • Antoine VÉRANZIO( 1504) : archevêque de Gran, en Strigonie, primat et viceroi de Hongrie, célèbre par les missions diplomatiques qu'il a remplies près des premières cours de l'Europe, naquit d'une famille illustre, le 20 mai 1504, à Sebenico en Dalmatie. Il se trouvait près de son oncle Pierre Bérislas, évêque de Wesprim , lorsque ce prélat fut cruellement mis à mort par les Turcs . Un autre de ses oncles, Jean Statiléo, évêque de Transylvanie , qui était en grande faveur à la cour de Hongrie , l'appela près de lui pour l'élever avec un de ses frères. C'est là que le jeune Antoine écrivit la vie de son oncle Bérislas, qui , un siècle plus tard , a été publiée à Venise . Il fut envoyé à Padoue, à Vienne et à Cracovie, pour y continuer ses études. Etant revenu à la cour de Hongrie, il se fit bientôt connaître de l'évêque Etienne Broderie et de Martinusius , depuis cardinal, qui étaient les ministres influents du roi Jean Zapolya I". Depuis l'an 1528 , ce malheureux monarque employa Véranzio dans plusieurs missions délicates près des princes voisins , le nomma son secrétaire, et lui donna la prévôté de Bude. Véranzio, qui devait ces deux places à la recommandation de Broderie, témoigna sa reconnaissance à son protecteur par une pièce en vers latins qu'il lui adressa. Le roi l'envoya en Transylvanie, comme son commissaire, avec ordre de remplir les fonctions épiscopales, à la place de son oncle Statiléo, nommé ambassadeur de Hongrie près de Fran-çois I". Il profita de sou court séjour en cette province pour y faire des recherches sur les monuments des Romains; et l'on voit dans ses manuscrits un grand nombre d'inscriptions qu'il y découvrit. Il était revenu près du roi, lorsque ce prince fut assiégé à Bude par le comte de Togendorf , général de Ferdinand Pr. Après la levée du siège , il fut deux fois envoyé vers Sigismond , roi de Pologne , beaufrère du roi ; deux fois vers la république de Venise; ensuite vers les papes Clément VII et Paul III. Plus tard, il retourna pour la troisième fois vers le roi Sigismond. 11 fut aussi député deux fois vers Fran-çois I", et il se trouvait, en i535, près de Henri VIII, roi d'Angleterre. C'est dans ces derniers voyages qu'il connut Erasme etMélanchthon. Le comte Fr. Draganich , que l'abbé Fortis vit à Sébénico, dans son voyage en Dalmatie, a con - servé une lettre d'Erasme à Véranzio, et un petit poème grec que celuici adressa à Mélanchthon. De retour en Hongrie, Véranzio fut envoyé deux fois vers Ferdinand I", mais il échoua dans sa mission. En mourant , le roi Jean nomma Martinusius, qui était •son premier ministre, et la reine Isabelle pour tuteurs de son fils Jean Zapolya 11. Véranzio, alors à la cour, rendit compte de ce qui se passait à Jean Statiléo son oncle. Les deux lettres qu'il lui écrivit sont restées manuscrites dans les archives de sa famille. Isabelle l'envoya, pour la huitième fois, en Pologne , vers le roi Sigismond. 11 peignit, devant la diète, la position de cette reine malheureuse en termes si touchants que toute l'assemblée fondit en larmes. Sa harangue fut imprimée à Cracovie. 11 fut encore, la même année , envoyé vers le roi Ferdinand, qui , par l'accueil qu'il lui fit, chercha à gagner un homme si précieux. Alors la rupture avait déjà éclaté plusieurs fois entre la reine Isabelle et Martinu- sius. Ce ministre, dont rien ne pouvait satisfaire l'avarice, exigea que Véranzio remit entre ses mains les bénéfices qu'il possédait en Transylvanie et en Hongrie. Celuici , après avoir rempli une neuvième mission en Pologne, pour la reine Isabelle, prit congé d'elle et retourna à Sébénico, prévoyant les malheurs qui allaient fondre sur la Hongrie, et ne pouvant les empêcher. En 1549, Ferdinand, qui, après l'abdication d'Isabelle et de son fils Jean II, avait été couronné roi de Hongrie, le nomma évêque des CinqEglises et conseiller d'État. En 1553, il l'envoya vers AliPacha, beiglerbeig de Bude , et peu après il le nomma, avec François Zay, son ambassadeur en Turquie. ii) Viaggio in Da lmazia , Venise, 1774 . Véranzio fut obligé d'accompagner Soliman Pr , qui faisait la guerre aux Persans, et pendant cinq ans il suivit son quartier général, ce qui lui fournit l'occasion de recueillir des notions intéressantes sur les Turcs, sur leur gouvernement et sur les contrées qu'il parcourut. Busbeck , qui était attaché à l'ambassade, allait et revenait du quartier général turc à Vienne , où Véranzio retourna , après avoir conclu une trêve avec la Porte. En 1567, Maximilien II l'envoya de nouveau à Constantinople, et en peu de temps il réussit à conclure avec Selim 11 une paix avantageuse pour la chrétienté. Pendant son séjour à la cour ottomane , ce savant rassembla des manuscrits précieux, dont il ne reste plus que la traduction des Annales turques, qu'il avait découvertes à Angora. Sa famille conserve le manuscrit de cette version avec ses autres papiers à Sébénico; c'est de là que Leunclavius a tiré son Histoire, ses Annales et ses Pandectes sur l'histoire des Turcs, ouvrages que les savants désignent sous le nom de Codex Veranzianus. Véranzio, nommé archevêque de Gran ou de Strigonie, primat de Hongrie, viceroi du royaume , couronna l'archiduc Rodolphe roi de Hongrie. Le discours qu'il adressa au prince au nom des Etats fut imprimé à Venise. Il mourut le 15 juin 1573, peu de jours après avoir reçu une lettre du pape Grégoire XIII, qui lui annon-çait qu'il venait de le nommer cardinal. Sa famille conserve de lui, en manuscrit, les ouvrages suivants 1. Vite Petri Berislai ; i° Iter Buda Hadrianopolim ; 3° De situ Moldavie et Transilvaniœ; 4° De rebus gestis Johannis regis Hungarie libri duo ; 5° De obitu Johannis régis Hungarie, Epistolce ad Johannem Statilium, episcopum Transilvanum , date dura idem Statilius in Gaina oratorent ageret , 1540; 6° Animadversiones in Pauli lori Historiant, ad marginem ipsius loti; 7° De obsidione et interceptione Bade, ad Petrum Petrovich ; 8° Vita F. Georgy. Utisseny ; 9° Collecn° antiquorum epigrammaturn ; 10° Mulla ad historiant Hungariram sui tentporis ; 1 1° Otia , seu Carmina, avec des lettres de Paul Manuce et de Palearius ; une pièce en vers latins que Seccerwitz publia à Vienne, sous le titre de Veranzius, pour célébrer sa seconde ambassade àConstantinople. En 1797, la Dalmatie étant menacée par les armées fran-çaises, on fit transporter à Vienne les manuscrits de Véranzio, avec les archives de sa famille. Le savant Kovachich, chargé de mettre en ordre ces papiers précieux, en a publié le catalogue sous ce titre : Elenchus ehronologicus actorum partira originalium authenticorum, partira autographoru'n, partira apographorum, ex archiva Verantia. Draganirhiano. Les pièces les plus importantes sont celles qui ont rapport à l'ambassade de Constantinople, en 1556 et 1557. On trouve dans les Otia ou Carmina de Véranzio quelques petites pièces qui font croire que, dans sa jeunesse il n'a point veillé sur sa conduite avec toute la sévérité que commandait son état. 11 possédait à un degré éminent le talent de la parole, et à une grande pénétration dans les affaires il joignait des avantages extérieurs qui ont puissamment contribué aux succès de ses missions diplomatiques. — VÉRANZIO , neveu du précédent, évêque in partibus de Canadiurn, tomba en disgrâce auprès de la cour de Hongrie, parce que, dans la collation des bénéfices ecclésiastiques, il l'avait compromise avec celle de Rome. Il a publié : un Dictionnaire en cinq langues , Venise , 1595 ; 2° Logica nora, suis formata et recognita, Venise , 1616 , 4°; 3° Machina' » ore, addita deelaratione latine, italica, gallica , hispanica et germanica , Venise Les planches de ce dernier ouvrage sont en grand nombre : on n'y trouve pas seulement des machines, mais des ponts, des églises et d'autres constructions curieuses, qu'il avait eu occasion d'observer dans le cours de ses voyages. Afin de rendre plus utile ce traité pratique de mécanique, il explique chaque manière ou construction dans les cinq langues qu'il connaissait. Sa logique fut, dans le temps , vivement critiquée, et elle méritait de l'être. Il a laissé en manuscrit : Regulte cancellaria, regni Hungariœ. Il avait aussi écrit une histoire de la Dalmatie, laquelle, d'après une disposition assez singulière de son testament, fut mise avec lui dans son tombeau
  • Antoine VÉRARD : le plus célèbre des libraires parisiens à la fin du 15. siècle. Ainsi que le fait trèsbien observer l'oracle de la bibliographie contemporaine, le savant auteur du Manuel du libraire, on lui doit la publication de plus de deux cents éditions d'ouvrages français, parmi lesquels se trouve un bon nombre de ces chroniques, de ces mystères, de ces productions poétiques, de ces romans de chevalerie, objet aujourd'hui de l'ardente convoitise des bibliophiles , et dont le prix, augmentant sans cesse, arrive à des chiffres extraordinaires. On manque de détails exacts sur la biographie de ce laborieux éditeur, on ne sait pas même au juste à quelle époque il commença le cours de ses productions. Le plus ancien livre avec une date certaine qui se présente sous son nom, c'est le Décameron de Boccace, traduit par Laurent du Premier Fait, et que la souscription signale comme achevé le 26 novembre 1485. La demeure de Vérard est indiquée comme étant sur le pont Notre- Darne, et cette indication persiste jusqu'à l'an 1499, époque où ce pont croula. Échappé à cette catastrophe, le zélé libraire se transporta près le carrefour StSéverin, niais il y séjourna peu de temps, car dès le mois de septembre 1500, on le trouve domicilié rue StJacques, près le PetitPont. Trois ans plus tard , il était logé deuant la rue Neufre-, Vostre- Darne; tous les livres qu'il publia depuis portent cette adresse, niais ils s'arrêtent à l'an 1512, et ce fut sans doute l'époque de sa mort. Un passage du privilége du troisième volume. des Chroniques de St- Denys , publiées en 4544, par le libraire Guillaume Eustace, établit qu'il n'existait plus en août 1514. Il eut pour successeurs Barthélemy Vérard, et plus tard Antoine Vérard , mais ils bornèrent leurs publications à quelques volumes. Parmi les ouvrages qui portent le nom et l'adresse de Vérard, nous mentionnerons les Grandes Chroniques de France, dites Chroniques de St- Denys, 1493, 3 vol. Mystère de la Passion , joué à Paris dernièrement , 1490; — le Mystère de la Résurrection de Nostre Seigneur, composé par maistre Jehan et ioué à Angiers triomphalement ; — Lomme pecheur, par personnages, joué en la ville de Tours, Vers I494 ; — le roman et les propheries de Merlin, 1498, 3 vol. in•fol.; — Lancelot du lac, 1494, 3 ;— Gyron le courtois ;— 'Tristan, fils du noble roy Meliadus de Leonnois, 1486 fol .; — Ogier le Danoys, qui fut l'un des douze pers de France; — Milles et Amys. Tous ces volumes, lorsqu'il s'en présente de beaux exemplaires dans les ventes publiques, se payent fort cher; il en est qui ont été adjugés à mille francs et plus. Vérard a fait tirer d'un grand nombre de, ses éditions des exemplaires de choix , sur peau vélin, souvent ornés de miniatures; ces exemplaires trèsprécieux, offerts à des rois, sont, pour la plupart, conservés à la bibliothèque de Paris. Un laborieux érudit, M. FrancisqueMichel, a réuni depuis longtemps des matériaux pour écrire l'histoire de la vie et des travaux de Vérard , mais ses recherches sont encore restées inédites. Un écrivain de mérite, M. Jules Renouvier , a publié, en 1859, une curieuse notice sur les gravures en bois dans les livres d'Antoine Vérard. Elles sont parfois assez négligées et moins satisfaisantes que celles qui décorent les publications de quelques autres éditeurs parisiens de cette époque. Les Heures, que multipliait alors la typographie, n'offrent généralement dans les volumes portant le nom de.Vérard que des ligures médiocres, des bordures lourdement tracées et sans variété
  • Antoine VERNET( 1689 - 1753) : né à Avignon le 31 juillet 689, mort dans la même ville le 10 décembre 1753. Chef de l'illustre famille qui a donné à la France trois artistes de premier ordre, il était 'luimême peintre décorateur. Avant lui, les actes ' d'état civil nous font connaitre un autre peintre du nième nom, André VERNET, cité comme parrain en 1669. Ainsi la tradition de l'art s'est perpétuée dans la famille Vernet pendant deux siècles, puisque Horace VERNET est mort en 1863. Ou conserve au musée d'Avignon un panneau de il 'se à porteur et un panneau de carrosse de la F ' 'n d'Antoine Vernet. Il dut peindre aussi, dans hôtels de la noblesse et des prélats d'Avignon plus d'un dessus de porte et de nombreux panneaux décoratifs ; mais il n'en reste pas trace. Antoine Vernet avait épousé, en 1711 , MarieThérèse Garnier, de laquelle il eut, en trente ans de mariage, vingt- deux enfants. Ce chiffre extraordinaire est attesté par la double tradition de la famille et du pays. Toutefois les registres des paroisses d'Avignon n'ont donné que treize actes de naissance. De ces treize enfants le premier était une fille. — Le second, né le 1i août Mil, n'est autre que Claude- Jogeph VERNET, le peintre de marine dont l'article suit. — Une autre fille, née en 1723, épousa un sculpteur '''sen ornements d'Avignon, Honoré GUIBERT, qui ' evint membre de l'académie de StLuc , sculp ur des bâtiments du roi, et eoncourut, en (tu qualité, à la décoration de la salle de spec , cle de Versailles. — Trois autres fils d'Antoine et ont été peintres : — Antoine- Ignare VER— . né en 17'26, s'adonna au méme genre que seph, signant ses tableaux du même nom . L'erm. t. Il mourut à Naples. Verroter a gravé 'après« lui une Eruption du Visure, publiée en 779, qui provoqua une réclamation de Joseph uquel on l'attribuait. — François- Gabriel VERNIT, . é en 1728, est l'auteur (l'un tableau peint pour congrégation (les Pauvres Femmes, que l'on ''oit encore dans l'église StAgricol à Avignon. — Enfin Antoine- François VERSET, né en 1730, cultiva également le paysage et la marine. Le musée d'Avignon possède de lui deux tableaux. Trois autres ont été gravés par de Lorraine et Tardieu, sous les titres de l'Onde tranquille, l'Onde agitee, et le Rocher dangereux. Il s'était établi vers i753 à Paris, où il _se fit marchand d'estampes. Il fut aussi employé par les bâtiments du roi , pour la (l&oration de la salle de spectacle et des petits appartements de Versailles, et de la salle à manger de Choisy. fi mourut en 1780. Ses enfants, ceux d'Ignace et ceux de Guibert ont éte peintres, sculpteurs ou orfévres, perpétuant ainsi, à côté de la branche principale, une succession collatérale d'artistes
  • Antoine VESTIER( 1740 - 1824) : peintre de portraits , na- l. quit à Avallon , le 28 avril 1740. Après 'avoir voyagé longtemps en Hollande et en Angleterre, il revint en France et se fixa à Paris, où il épousa, le 26 avril 176/, mademoiselle MarieAnne Réverand , fille d'un émailleur, ce w qui explique les quelques émaux dont il fut fauteur. Toutefois, il s'adonna principalement à la miniature et au portrait à l'huile. Il fut agréé à l'Académie royale de peinture le 30 avril 1785, (il Staturà fuit quadratà.... vultu veluti nitentis. Unie quidam urbanorum non inlae,te, siquidem petenti ut et in se aliquid dice'ret; dicam, inquit, quurn ', entrem exonera, e degieris ( Stiét in Yespas. j. sur divers portraits, notamment celui de sa fille, MarieNicole, grand comme nature , épouse de François Dumont, peintre également et membre de l'Académie; madame Dumont est représentée peignant le portrait de son père ; cette toile remarquable, propriété du petitfils de Dumont, figurait en 1864 à l'exposition des BeauxArts de Melun. Vestier fut reçu académicien le 30 septembre 1786, sur le portrait de Pierre, qui est conservé à l'école des BeauxArts. Vestier débuta en 1782 et 1783 au salon organisé par Pahin de la Blancherie, à l'hôtel Villayer, puis exposa au Louvre de 1785 à 1806 ; il mourut à Paris, le 2.4 décembre 1824, et il a été gravé par Levil- lain , Ingouf et de Longueil. Cet artiste se recommande principalement par la manière dont il a su traiter les draperies, les étoffes et habiller les personnages; son coloris autrement laisse peut-ètre à désirer, et l'on pourrait lui reprocher, ce qui est grave chez un portraitiste, de n'avoir pas su communiquer toujours à ses physionomies la vie et le modelé
  • Antoine VIEIRA ou VIEYRA( 1608 - 1697) : célèbre priMicateur et, au jugement des critiques portugais, l'un des meilleurs écrivains de cette nation, naquit à Lisbonne, le 6 février 1608. Conduit en bas Aire au Brésil nù S011 père s'établit avec 5a famille, il lit ses premières études au collége Bahia, sous la direction des jésuites. il annonçait si peu de dispositions pour les lettres, que ses martres augurèrent qu'il ne serait jamais qu'un sujet médiocre; mais il finit par surmonter les obstacles que la nature semblait avoir mis au développement de son intelligence et ayant embrassé la règle de StIgnace, en 1622, il lut envoyé au noviciat à SanSalvador, où, dans l'es. pace de deux années, il tit des progrès si rapides, que par une décision trèsremarquable, ses supérieurs le dispensèrent .de suivre les cours de théologie . Resté maitre de choisir entre les systèmes de l'école relui qu'il jugeait le meilleur, il composa pour son instruction différents traités qui furent trouvés excellents, et qu'il expliqua depuis au collége de Bahia. Le viceroi du Brésil, ayant achevé de soumettre ce vaste pava, résolut, en 1611. d'envoyer son fils à Lisbonne porter cette agréable nouvelle, et le P. Vieyra fut désigné pour l'accompagner. Le roi Jean IV, charmé de son talent pour la Maire, le nomma son prédicateur. Dans les conversations qu'il avait avec Vieyra , ce prince, lui ayant reconnu un génie propre aux affaires, le chargea de différentes négociations en Angleterre, en Hollande, en France, et enfin à Rome. Il revint à Lisbonne en 164.9. Le roi, satisfait de ses services, voulut l'en récompenser par un évèché qu'il le pressa d'accepter. Vieyra demanda pour toute faveur la permission de retourner au Brésil, accomplir le vœu qu'il avait fait de se consacrer à l'instruction des sauvages, mais il ne put l'obtenir qu'en 1652. Les jésuites de Portugal ne formaient qu'une seule province. Le roi décia qu'elle serait partagée. On soupçonna Vieyra d'avoir con- seillé cette mesure, et il fut question de l'exclure de la Société comme un novateur. Vieyra profita de cette circonstance pour représenter au roi qu'il ne pouvait prolonger davantage son séjour en Portugal; et il s'embarqua le 20 novembre, emmenant avec lui des missionnaires au Brésil. Dès l'apnée suivante, il revint à Lisbonne plaider la cause des sauvages du Maragnan, que les co- Ions portugais enlevaient de leurs habitations et réduisaient en esclavage. Tout ce qu'il demandait lui fut accordé: mais le ,roi employa de nouveaux efforts pour le retenir à sa cour. et il ne put retourner au Brésil qu'en 1655. Ce fut alors que, se livrant tout entier à son zèle apostolique, il parvint, en moins de six ans, à civiliser plus .le 600 lieues de pays, où il fit régner, avec l'Evangile, les arts utiles et la liberté. Les colons portugais, indignés des obstacles que le P. Vieyra mettait à leurs prétentions criminelles et à leur cupidité, ne songeaient qu'aux moyens de s'en lu Cette décision, ht le P. Oudin, raraltra bien extraordinaire à ceux qui connaissent les usages des j4euitet. débarrasser. En 1661 , ils l'embarquèrent avec ses confrères sur un vaisseau qui faisait voile pour Lisbonne, sous prétexte que les missionnaires s'entendaient avec les Hollandais pour enlever le Brésil au Portugal. Cette accusation ridicule ne pouvait avoir aucune suite. Au roi Jean IV avait succédé Alphonse VI. Le P. Vieyra fut consulté par la régente sur les mesures à prendre pour éloigner de la cour les jeunes seigneurs qui s'étaient emparés de l'esprit du nouveau roi . D'après son avis, tous les favoris d'Alphonse furent exilés ; mais ceuxci, redevenus les maîtres par une de ces révolulions si communes dans les cours, firent reléguer le P. Vieyra à Porto , puis à Coïmbre, où il fut mis entre les mains de l'inquisition , accusé d'avoir énoncé, dans la chaire, des propositions condamnées par l'Eglise. Arrêté le 9. octobre 1665, il resta vingtsix mois dans les prisons du saint- office, et ne recouvra la liberté que le n décembre 1667. Il fallait que son innocence fût bien démontrée, puisqu'on n'exigea de lui aucune rétractation, et qu'il fut même dispensé d'assister à la cérémonie de l'auto- da- fé. En 1669, sur la demande de la reine Christine, il reçut de son général l'invitation de se rendre à Rome. Il obéit, et l'accueil que lui firent le souverain pontife et les membres les plus distingués du sacré collége dut être un dédommagement des injustices qu'il venait d'éprouver en Portugal. La reine Christine, charmée de plus en plus de ses manières et de son esprit, désira se l'attacher avec le titre de son confesseur ; mais l'état de sa santé l'obligea de retourner, en 1675, à Lisbonne, respirer l'air natal. Avant son départ , le pape Clément X lui prodigua les marques du plus tendre intérêt, et lui remit un bref qui défendait aux inquisiteurs portugais de prendre connaissance à l'avenir de ce qui concernait Vieyra. Christine tenta de le faire revenir à Rome, en 1678; niais il s'en excusa sur son âge. Dès que ses forces le lui permirent, il se hâta de retourner au Brésil. Nommé supérieur général de la mission du Maragnan, il fut élu, en 1688, visiteur de la province du Brésil, charge qui lui donnait l'autorité de choisir, dans les différentes maisons, les sujets propres aux missions. 11 passa les dernières années de sa vie au collège de Bahia , occupé de préparer une édition de ses sermons, dont quelquesuns avaient déjà été publiés, mais sur des copies défectueuses. 11 conserva jusqu'à la fin toute la vigueur de son esprit, et mourut le 18 juillet 1697, à l'âge de 89 ans. Ses obsèques furent célébrées avec une pompe extraordinaire. Ses compatriotes l'ont nommé quelquefois le Cicéron Lusitanien : et si l'on fait grâce. dans ses sermons, à quelques bizarreries qui tiennent à l'esprit du temps et du iL ) La remontrance que le P. Vieyra At au roi pour l'engager à éloigner ces favoris a été tradiiiie en français et insérée dans la Relation des troubles arrivés la cour de Portugal, par Frémontd'Ablancourt , et sur la troisième partie de l'Histoire des dominicains en Portugal, par le P. Louis de Sousa , et quelques lettres. Le tome 15e est intitulé Historia de fu- tur°, etc. C'est l'histoire anticipée du Portugal, lequel, suivant l'auteur, ne peut manquer de former un jour le cinquième empire du monde l Les sermons du P. Vieyra ont été traduits plusieurs fois en espagnol, en italien et en latin mais on ne possède en français que quelquesuns de ses discours, traduits par le P. Verjus . L'abondance , l'imagination et les autres qualités qui font du P. Vieyra l'un des premiers écrivains de sa nation, ne peuvent racheter à nos yeux le défaut de goût qu'on remarque dans toutes ses compositions. Il a laissé manuscrits des commentaires sur les tragédies de Sénèque, ouvrage de sa jeunesse; sur le Livre de Josué, et sur le Cantique des cantiques; enfin Clavis prophetarum, ouvrage important, auquel il travailla cinquante ans , et qu'il n'eut pas le temps de terminer. Le P. Oudin a donné sur son confrère une Notice trèsdétaillée, dans le, Mémoires de Niceron, t. 34, p
  • Antoine VIEILLARD-BOISMARTIN( 1745) : avocat, ne à Paris en 1745, entra de bonne heure au parlement de Rouen, et s'y distingua par le zèle avec lequel il défendit un grand nombre de personnes accusées de crimes capitaux. L'affaire Verdure , à laquelle il consacra quatre années de soins, excita vivement l'intérêt du public. Il s'agissait dans cette cause , comme dans celle de Calas, d'une accusation d'infanticide. Un père et quatre enfants , présentés comme ses complices, étaient oubliés depuis six ans dans les prisons de Rouen, Vieillard vint à bout de faire prononcer leur ahsolution, le 9 décembre . Cette dernière pièce offre, sous d'autres noms, le tableau du 9 thermidor. Ces ouvrages laissent sans doute à désirer, sous le rapport des effets du théâtre; mais ils sont régulièrement conduits , et se distinguent par le naturel et la facilité du style
  • Antoine VITRÉ ou VITRAY : a luimême écrit son nom de ces deux manières sur les frontispices ou aux dernières pages des livres sortis de ses presses. Son père avait exercé à Paris la même professiOn, et imprimé, en 1608 et 1609 , trois volumes folio des OEuvres de StJérôme, pour une compagnie de libraires. Antoine était né peu avant 1600. 11 acheta l'imprimerie de Jacques Duclou , mort vers 1616, mais dont la veuve imprimait encore en 1618. Duclou avait eu pour enseigne Hercule terrassant un monstre, avec les mots l'irtus non teinta monstris : Antoine Vitré adopta le même symbole et la même devise. Le premier produit de ses presses paraît être le livre intitulé le Brdlement des moulins des liochellois, publié en 16G21. Dès l'année suivante, il prend le titre d'imprimeur royal des langues orientales, en mettant au jour le Vocabulaire lat de J. Duval. En 1625, il fait paraître un Psautier syriaque et latin : c'était la première fois qu'on employait à Paris des caractères syriaques. Le projet d'une Bible polyglotte qui devait surpasser celles d'Alcala et d'Anvers avait été conçu en France par le cardinal du Perron, Jacq. de Thou et Savary de Brèves. Ce dernier rapportait de Constantinople quatrevingtdixsept manuscrits précieux, et de Rome des caractères orientaux, gravés par les plus habiles artistes. De Brèves étant mort en 1627, et divers étrangers s'étant présentés pour acheter ces caractères, Richelieu chargea Vitré de les acquérir, sans déclarer que c'était pour le roi. Vitré les obtint moyennant quatre mille trois cents livres, tandis qu'auparavant on en avait refusé sept mille, offertes au nom du roi. Le marché conclu par Vitré était d'autant plus avantageux, qu'on y avait compris les quatre•vingtdixsept manuscrits. Le gouvernement promit d'ajouter aux quatre mille trois cents livres une somme de dixsept cents francs, qui servirait à graver des poinçons et frapper des matrices de caractères éthiopiens et arméniens, que ne laissait pas de Brèves. Vitré eut recours au graveur Sanlecque , qui fit ce travail, mais pour l'arménien seulement. Malgré ces secours, l'impression d'une Bible polyglotte devait exiger des dépenses considérables : l'avocat le Jay osa s'en charger et s'y ruina. Vitré, qui commença cette Polyglotte en 1628, achevait, dans le cours de cette même année, le Corpus juris Civilis, en deux volumes . Il imprima, en 16'29, un dictionnaire hébreu, chaldéen, etc. et il fut alors élu l'un des adjoints au syndic de sa communauté. La première édition des Rudiment« linquœ turciece de du Réer sortit de ses presses en 1630 ; et c'est du 7 avril de cette annéelà que sont datées les lettres patentes qui le nomment imprimeur du roi pour les langues orientales. Son nom se lit le sixième dans la liste d'une compagnie de dixhuit imprimeurs et libraires, auxquels Louis XIII accordait, en 1631, certains privilèges. Cependant Vitré, qui n'avait rien touché encore de la somme de six mille livres promise pour l'acquittement des engagements qu'on lui avait fait prendre , demeurait le débiteur tant des héritiers de Savary de Brèves que du graveur Sanlecque. Par une ordonnance du 6 mars 1632, il fut enjoint au trésorier de l'Epargne de compter cette somme ; mais Vitré, ne parvenant point encore à la recevoir en 1633, se vit obligé de payer le graveur de ses propres • deniers. Poursuivi pour quatre mille trois cents livres par la famille de Brèves, il obtint un arrêt du conseil qui défendait de l'inquiéter; et, ce qui est assez remarquable, il lui fallut supporter luimême les frais de cet arrêt, comme si cette affaire lui eût été personnelle. Ces désagréments ne suspendaient point ses travaux typographiques. Il dédiait à Richelieu une édition du Dictionnaire arménien de François de Rivola ; réimprimait, dans le même format, les Rudiments tures de du Ryer; publiait le texte arabe et une version latine du Testament de Mahomet, ainsi que les alphabets des langues hébraïque, rabbinique , samaritaine, syriaque, grecque, arabe, turque et arménienne. A la tète de ce dernier recueil, il se qualifie, en 1634, Regis et cleri gallicani iypographum. Cependant la délibération du clergé de l'Oratoire, intitulé Diatribe elenchica de sinceritate textus hebrcri grayique. A cette époque, on trouve quelques publications où le nom de Vitré est associé à celui de Cramoisy . Ce fut aussi en 1639 que Vitré devint syndic des imprimeurs et libraires de Paris , place qu'il occupa jusqu'en 164!k. Dans le cours de ces cinq années, il achevait l'impression de la Polyglotte, entreprise qu'avait souvent ralentie, depuis 1628, une suite presque non interrompue d'embarras et de tracasseries. D'abord la cour de Rome avait conçu contre ce travail des préventions que le cardinal de Bérulle était pourtant venu à bout de dissiper ou d'affaiblir avant sa mort, arrivée en 1629. Bientôt après , le Jay et Vitré eurent à se plaindre des lenteurs et de la mauvaise foi des théologiens orientaux employés par eux à ce travail, particulièrement de Gabriel Sionite , que de Brèves avait amené en France , et qui remplissait mal ses engagements. Emprisonné pendant trois mois à V par ordre de Richelieu , Gabriel en sortit aussi paresseux qu'il y était entré, aussi voué aux plus méprisables habitudes et aux plus sordides intérêts, c'est du moins ce qu'assure le Long, d'après le témoignage de Vitré. Richelieu luimême cessait de favoriser l'édition de la Polyglotte, depuis qu'ayant demandé qu'on y son nom , et promis de payer cette complaisance par des remboursements de frais et par des gratifications, il avait éprouvé, , à critiquer les travaux de l'éditeur. Flavigny commença aussi , dès 1636, à publier des écrits polémiques contre toutes les parties de l'ouvrage , à mesure qu'elles paraissaient , et contitinua jusqu'en 1653. A vrai dire, le Jay ne s'était pas associé de trèshabiles collaborateurs, à l'exception pourtant de Morin , auquel on doit la publication du Pentateuque samaritain, dans le premier volume. Les derniers tomes s'achevèrent après 16!s , époque de la mort de Richelieu. Toutefois Vitré. avant de terminer cette grande entreprise, imprima, en 16U, le Catalogue de la bibliothèque de Jean de Cordes , rédigé par Naudé, et recherché encore aujourd'hui , à cause de la classification particulière qu'il présente. En 1644 parut une dissertation latine sur l'origine de l'art typographique, qui a été quelquefois attribuée, mal à propos, à Vitré luimême; il n'en était que l'imprimeur : elle est de Jacques Mentel . Enfin, en 1645, se termina la publication des neuf tomes ou dix volumes de la Bible : Vitré prend, au dernier, les titres d'immeur du roi, de la ri p reine et du é de France. Il n'y eut dès lors,régente et il n'existecler eng- core aujourd'hui qu'une opinion sur la beauté du caractère et du papier, sur la magnificence de .1 l'exécution typographique. Le format est atlantique et le papier du genre que distingue le nom d'impérial. J. Wolf, dans sa Bibliothèque rabbinique, loue cette Bible comme un chefd'oeuvre ?. qui atteste la prééminence des presses pari- ' siennes . Mais l'incommodité du format, mais » la multitude des fautes, l'inexactitude et l'insuffisance de quelques parties accessoires l'ont si promptement dépréciée, que dès le temps de Ménage le prix en était tombé audessous . Ainsi, l'entreprise de le Jay, ruineuse pour luimême, a été assez peu profitable à Vitré. A peine cet imprimeur avaitil mis au jour le dernier volume de sa Bible, que la famille de Brèves renouvela ses instances pour être payée des quatre mille trois cents livres qui lui étaient encore dues : il intervint un arrêt du conseil qui renvoya les parties au parlement, en condamnant Vitré aux dépens. Vitré représentait qu'il n'avait conclu le marché que par ordre et pour le compte du roi; que les manuscrits étaient dans la bibliothèque du feu cardinal de Richelieu, et qu'à l'égard . Ces détails sont .1 consignés dans un factum ou mémoire qui a pour titre Histoire du procès qu'on renouvelle de temps en temps à Vitré, à cause de l'achat que le roi l'a obligé de faire des poinçons, des matrices et des manuscrits turcs , arabes et persans, que M. de Brèves avait apportés du Levant, etc. Cet écrit de 28 pages in - 4° est imprimé sans date et sans nom d'auteur ; mais il est probablement de 1654, de l'imprimerie de Vitré, et rédigé peut-être par luimême. Chevillier en cite un exemplaire qui existait dans le volume coté 11,865 de la bibliothèque Mazarine; et de Guignes en a eu à sa disposition un autre qu'il tenait de M. Pastoret. Au milieu de ces contestations, Vitré avait repris des excellentes Méthodes de Port- Royal, pour la langue latine et pour la langue grecque, sont dues à ses presses. La situation de ce laborieux imprimeur, si injustement accablé de procédures, toucha l'assemblée du clergé qui, en 1656. se montra fort disposée à payer les six mille francs, si on voulait la rendre dépositaire des poinçons et matrices de Savary de Brèves, et si l'on pouvait retirer les manuscrits des mains de la duchesse d'Aiguillon, héritière de Richelieu. Les prélats en conférèrent avec le chancelier de France, qui promit d'effectuer luimême le payement, et témoigna pour Vitré une bienveillance assez peu efficace. Vitré imprima , en 1660, un Etat du clergé de France en 1662, une Bible latine avec des notes de Claude Lancelot, des extraits de la Chronologie sacrée d'Usher, et de la Géographie sacrée de Nicolas Sanson : il en fit, en 1666, une édition nouvelle avec moins de notes. Nous avons indiqué, autant qu'il nous a été possible, tous les produits de ses presses, à l'exception de plusieurs livres d'heures ou de prières dont les dates ne sont pas bien déterminées. Colbert lui donna le titre de directeur de l'imprimerie royale, avec un traitement alors appelé pension. Vitré a été , comme son confrère Cramoisi, administrateur des hôpitaux, et de plus, marguillier de la paroisse de StSeverin; et l'on dit qu'en cette qualité il fit inscrire au cimetière de cette église ces deux vers : Tous ces morts ont vécu : toi qui vis, tu mourras. L'instant fatal e, proche, et tu n'y penses pas. Il a été accusé d'avoir, peu de temps avant sa mort, détruit tous les poinçons, toutes les matrices , tous les caractères orientaux qui avaient servi à l'impression de la Polyglotte, ne voulant pas , diton , laisser le moyen d'en jamais entreprendre une pareille : ce reproche, qui lui est adressé par la Caille et par Chevillier, se retrouve dans le illenagiana, dans un grand nombre de dictionnaires, de compilations et de notices, même encore dans le Dictionnaire raisonné de bibliologie , publié par Peignot , en 1802, quinze ans après que de Guignes en avait reconnu et prouvé l'injustice voici en effet ce,qui résulte de ses recherches et de ses observations. Les manuscrits saisis au mois de janvier 1610 chez Gabriel Sionite, qui s'en était emparé, furent transportés chez le cardinal de Richelieu, qui les fit relier à ses armes, et de la bibliothèque duquel ils passèrent dans celle de la Sorbonne, oit ils sont restés dans le plus profond oubli; c'est ainsi que s'exprime de Guignes, qui en donne le catalogue. Les poinçons et les matrices se retrouvèrent chez Vitré, apiès son décès: on les déposa d'abord à la bibliothèque du roi, entre les mains de Thévenot , puis, en 1691 , à l'imprimerie royale, qui venait de recevoir une nouvelle organisation. Là passèrent aussi des poinçons et des matrices qui ne venaient pas de Savary de Brèves, mais qui appartenaient à le Jay, et que son fils avait remis à la bibliothèque du roi, entre les mains de Clément, ainsi qu'il résulte d'un écrit signé, en 1691, par le Jay , ancien doyen de Vezelay . De Guignes a retrouvé ainsi à l'imprimerie royale, sinon la totalité, du moins une trèsgrande partie des poinçons et matrices qui avaient servi à l'impression de la Polyglotte de Vitré. Cet imprimeur ne les a donc pas détruits : il n'en a jamais conçu la pensée ; et c'est avec une légèreté inconcevable qu'on a flétri, par cette imputation odieuse , la mémoire de l'un des hommes qui ont le plus honoré la typographie française. Il n'avait point, à beaucoup près, les connaissances et les talents littéraires que possédaient les Estienne et d'autres imprimeurs de l'âge précédent; mais c'était un artiste habile, laborieux , fort zélé et assez mal récompensé. 11 mourut en 1674, et fut inhumé dans le cimetière de StSeverin. Son frère Barthélemy lui survécut jusqu'en 1683, et laissa un fils , Marin Vitré, qui dès 166'2 avait été reçu imprimeurlibraire à Paris. Les documents à consulter sur Antoine Vitré sont les Histoires de l'imprimerie et librairie de Paris, par de la Caille , et par Chevillier ; les Jugement4 des savants, par Baillet ; un article du ifenagiana ; les Annales typographiques de Maittaire ; la Bibliothèque sacrée de Lelong , et sou Discours historique sur les Bibles polyglottes_ ; enfin l'Essai historique sur l'origine des caractères orientaux de l'imprimerie royale
  • Antoine WATERLOO( 1618) : peintre, naquit vers 1618, les uns disent à Amsterdam , les autres à Utrecht , où il demeura pendant toute sa vie et dont les environs furent toujours le but et l'objet de ses études. Il eut un talent particulier pour les paysages Wervix et d'autres peintres habiles ornèrent souvent les siens de figures et d'animaux. Ses tableaux , qui sont toujours recherchés, se font remarquer par un coloris gracieux. Ses ciels sont clairs, légers et transparents; ses lointains vaporeux, ses arbres, ses plantes agréablement variés et touchés avec facilité. Il peignait la nature telle qu'il la voyait, sans choix ni discernement ; mais son exactitude est si grande, son imitation si parfaite que ses tableaux plaisent toujours, malgré la froideur de sa composition. Une des qualités qu'il a possédées à un degré éminent, c'est la vérité avec laquelle il représentait le passage de la lumière à travers le feuillage et la réflexion des objets dans l'eau. Ses dessins , précieusement finis, sont aussi recherchés que ses tableaux. C'est surtout comme graveur que Waterloo s'est fait une réputation. Il a gravé un grand nombre de paysages tout à fait champêtres, dont le principal caractère est une grande simplicité. Un bois, un bout de forêt, un chemin tortueux , un hameau solitaire, un ermitage écarté , un moulin sur un torrent forment ordinairement tout le sujet d'une pièce. Comme il ne dessinait pas trèsbien la figure , il en est sobre dans ses compositions, qui sont surtout remarquables par l'exécution. C'est cette partie qu'il a portée à un haut degré de supériorité. Il préparait faiblement ses planches à l'eauforte, sans jamais y revenir, d't il les travaillait fortement au burin. Il se servait de ce dernier instrument pour les feuilles et les troncs d'arbres. Il résultait de cette méthode que, les tailles de l'eauforte s'émoussant et devenant plus pâles, tandis qu'au contraire les parties exécutées au burin restaient également noires, l'accord et l'harmonie des différentes parties se trouvaient désagréablement interrompus dans le dernières gravures, que l'on appelle ordinairement épreuves retouchées, quoiqu'une comparaison attentive avec les premières prouve qu'il n'y a point eu de retouche, mais que le travail dr., la planche a seulement été émoussé. Les estampes de Waterloo étant d'un grand prix aux yeux des amateurs, Adam Bartsch, garde des estampes de la bibliothèque impériale de Vienne , a dressé un catalogue raisonné de l'oeuvre de ce graveur, d'après la première collection que l'on y conserve. L'auteur, qui a eu les originaux sous les yeux, s'est attaché à décrire chaque pièce avec la plus grande exactitude, pour mettre le lecteur en état de la reconnaître d'après sa description. Il a eu aussi le soin de numéroter chaque estampe et de la faire précéder d'une dénomination particulière. Ces pièces, au nombre de cent quarantehuit, forment vingt et une suites différentes, dont on peut voir le détail dans le catalogue cité précédemment et dans le Manuel des curieux a des amateurs de l'art, par Huber et Rost. Le chefd'oeuvre de Waterloo est le paysage agreste représentant l'Ange du Seigneur qui montre au jeune Tobie le chemin qu il doit parcourir. Quoique, même de son vivant, ses ouvrages se vendissent cher et qu'il tint de ses parents un honnête patrimoine , son inconduite ne put le préserver de la misère , et en 1662, il alla mourir à l'hôpital St- Job. près d'Utrecht , où il fut enterré G.- Benoit WATERLOO, de Harlem, mort en 1597, à l'àge de 25 ans, avait cultivé avec succès la poésie latine et laissa, entre autres ouvrages , un poème sur les actions de Guillaume de Nassau et des épigrammes qui ont été insérées dans les Deliciœ poetarum belgicorum de Gruter
  • Antoine WATTEAU( 1684) : peintre, naquit à Valenciennes le 10 octobre 1684 . Son père, maître couvreur, favorisa le penchant naturel de son fils pour le dessin. En 1709., le jeune Watteau vint à Paris, où les directeurs de l'Opéra l'avaient mandé pour le faire travailler aux décorations. Congédié au bout de quelques mois, et poursuivi par le besoin , il fut réduit à faire des dessins et des tableaux, qu'il vendait vingt francs, quinze francs, quelquefois même six francs. Gillot devina son talent, le logea dans sa maison, et l'engagea à concourir pour le prix de Rome. Le jeune Watteau ne remporta que le second en 1709 sur David accordant le pardon à Abigail qui lui apporte des vivres. Bientôt il quitta Paris, et retourna à il) Un écrivain laborieux, hl. Arthur iiineaux, a trouvé dans les registres de la paroisse StJacques et tl a publié l'acte de naissance de Partiale. Sa notice sur Watteau et les catalogues des musées de Lille et de Valenciennes renferment des détails sur les divers Watteau qui ont peint pendant toute la durée du siècle. Il en existait encore un à l'époque de la révolution. Valenciennes, pour faire de nouvelles études; et il en revint après avoir achevé deux tableaux qu'il exposa dans une des salles du Louvre. La-'fosse, directeur de l'académie de peinture, les avant vus, voulut connaître l'auteur. On lui présenta le jeune Watteau, qui lui dit qu'il désirait vivement aller à Ronie pour se perfectionner. — « Vous perfectionner, mon ami 1 répondit Lafosse, « mais vous en savez plus que nous tous, et vous u feriez grand honneur à notre académie; pré-« sentezvous , et vous serez reçu. n Il se présenta en effet, tous les concurrents se retirèrent, et il fut nommé académicien , à une grande majorité, le 28 août 1717, sur l'Embarquement pour Nie de Cythère, que possède le Louvre, et dont la gravure, exécutée pour notre chalcographie nationale, par M. Chaplin, figura au salon de 1864. Eu i 7'20, Watteau fit un voyage en Angleterre. L'air du pays ne convenait pas à un tempérament aussi délicat que le sien; il y fut presque toujours malade ; après y avoir fait quelques tableaux , il revint à Paris, dans un état de langueur qui lui laissait à peine quelques intervalles pour travailler. On lui conseilla l'air de la campagne, il se retira à NogentsurMarne , près Paris. et y mourut le 18 juillet 1721 , à l'àge de 37 ans. II légua ses tableaux et tous ses dessins à quatre de ses meilleurs amis qui payèrent ses dettes, et lui firent élever un monument funèbre. Les oeuvres de Watteau sont réunies en trois volumes qui contiennent cinq cent soixantetrois planches; le premier volume comprend cent trente sujets historiés; les deux autres, qui sont des études, renferment trois cent cinquante sujets de fantaisie, dont plusieurs sont gravés par Boucher. Les autres sujets historiés ont été exécutés par Audran, Thomassin, Desplaces, Tardieu , Cochin et autres artistes célèbres. La MotteHoudard a fait les vers suivants sur Watteau : Parée A la française, un jour dame Nature Eut le désir coquet de voir sa portraiture Que St la bonne mère! elle enfanta Watteau. Pour elle ce cher fils, plein de reconnaissance, Non content de tracer partout sa ressemblance, Fit tant, et fit si bien, qu'il la peignit en beau. Voltaire, qui parle arec éloge de Watteau dans plusieurs endroits de ses écrits, dit qu'il a été dans le gracieux ce que Teniers fut dans le grotesque. Son caractère inconstant, sombre et mélancolique , contrastait singulièrement avec le genre de ses compositions, qui n'offrent que des scènes champêtres, riantes et bouffonnes. De ce nombre est surtout le tableau dans lequel on voit plusieurs médecins, apothicaires et leurs suivants marchant deux à deux dans un cimetière. Les figures de Watteau se distinguent par la naïveté, la gràce et l'expression. Son coloris est vrai. son dessin correct et facile. L'architecture et les costumes y indiquent plutôt le mauvais goût de l'époque que le sien. Quand il avait à représenter un personnage jovial, il lui donnait toujours les mèmes traits, ceux du curé de Nogent qu'il voyait souvent. Lorsque ce curé vint lui administrer les sacrements, Watteau, tout en s'accusant de cette liberté, repoussa le crucifix en disant : « Com- « ment un artiste atil pu représenter aussi mal « les traits d'un Dieu ? » D—C—T.
  • Antoine WAYNE( 1745) : général américain , né en 17£5, au comté de Chester en Pensylvanie , fut nommé, en 1773, député à l'assemblée générale, et se réunit au parti qui combattit dès lors avec beaucoup de vivacité les prétentions de l'Angleterre. En l77, il entra dans la carrière des armes, et comme dès sa jeunesse il s'était particulièrement appliqué à toutes les parties des sciences qui tiennent à l'art de la guerre, il obtint le grade de colonel, et suivit au Canada le général Thomson qui, ayant échoué dans son fury eprise , fut fait prisonnier en juin 1776. - ne reçut une blessure grave à la jambe ; ce i ne l'empêcha pas de suivre cette même année le général Gates, qui estimait son courage et ses connaissances dans le génie. Nommé brigadier à la fin de la campagne, il eut une grande part aux succès de celle de 1777, et se distingua particulièrement à la bataille de Brandywine ; mais il essuya ensuite un échec, ayant été surpris par le général anglais Grey, qui obtint sur lui un avantage signalé. Il combattit encore àGermantown et à Monmouth, et surtout à Strongpoint , où il fut atteint d'une balle qui le renversa presque mort, tandis qu'il dirigeait un assaut qui détermina la prise de ce fort . Nommé majorgénéral, il concourut trèsefficacement aux mouvements qui déterminèrent la capitulation de lord Cornwallis . Après ce mémorable événement, Wayne fut chargé de soutenir la guerre en Géorgie, et il y obtint divers avantages contre les Anglais et contre les sauvages leurs auxiliaires. L'assemblée législative de la Géorgie, voulant récompenser ses services, lui fit don d'une riche ferme. Dès que la paix fut conclue, en 1783, il rentra dans la vie privée; mais, en 1787, il fit partie de la convention qui fut chargée d'achever la constitution des EtatsUnis. En 1792, on lui donna le commandement de l'armée destinée à combattre les Indiens; il gagna contre eux la bataille de Miamis , et ravagea toute la contrée. Le 3 août 1795, il conclut un traité avec les Indiens du nordouest de l'Ohio. Il mourut quelques mois plus tard à Presqu'île. et fut enterré sur les bords du lac Erié
  • Antoine WOOD( 1632) : savant antiquaire et biographe, naquit à Oxford le 17 décembre 1632 il était fils de 'd'ornas Wood, bachelier ès arts et en droit civil. Après avoir terminé ses études, il reçut ses degrés avec distinction . Voulant rester étranger aux disputes théologiques qui désolaient alors l'Angleterre, il résolut de s'occuper uniquement de recherches d'antiquités, et forma le projet d'écrire l'histoire de l'université d'Oxford. Il avait rédigé cet ouvrage en anglais ; l'université lui en acheta le manuscrit en 1669, et J. Fell, évêque d'Oxford, chargea Christ. Wase et Peers de le traduire en latin, et se permit d'y faire beaucoup de retranchements et d'additions à l'insu de l'auteur, qui se plaignit amèrement d'un tel procédé. Wood entreprit ensuite de donner, sous le titre d' Ara- demite Oxonienses, les vies des personnages illustres sortis de cette écoie depuis sa fondation, en 1500, jusqu'en 1690. Un passage injurieux à la famille du comte de Clarendon, chancelier de I' université, l'engagea dans un procès tilt: lieux avec ce seigneur, et il le perdit . Dans le même temps, son premier ouvrage était vivement critiqué par Burnet, évêque de Salisbury. Wood répondit par une Défense de l'Histoire de l'université d'Oxford, etc. 1,en anglais), Londres, 1693, in4°. On dit que sur la fin de sa vie ce savant penchait pour le catholicisme ; mais il mourut dans la communion anglicane. le 29 novembre 1695 , dans sa 63. année. Par son testament, il légua sa bibliothèque et ses manuscrits à l'université d'Oxford. La veille de sa mort, il avait remis à Mart. Tanner, son ami, la continuation des Athenre Oronienses, formant 2 volumes fol., le laissant maitre d'en disposer comme il le jugerait convenable. Les deux principaux ouvrages de Wood sont : 1° Historia et ant iqui tales unirersitatis Oxoniens i s, Oxford, 1674.- 1675, 2 part. Le texte anglais , resté longtemps inédit , a été publié par John Gutsch, 1786, supplément, 1790, 2 vol. in4.; autre édition plus complète, 1792-1796, 3 vol. 2° Athenœ Oxonienses, an exact history of all Me writers and bishops, etc., Londres, Iti91- 1692 Le comte de Clarendon ayant obtenu la suppression du second volume, qui fut brûlé publiquement, cette première édition est devenue fort rare ; mais le passage supprimé se retrouve dans la réimpression publiée par Tanner, avec des additions jusqu'à l'année 1695, Londres , 1721, ' fol. Cette édition, regardée longtemps comme la meilleure, a été surpassée par celle qu'a donnée le docteur Philippe Bliss, avec une continuation jusqu'à l'année 1800, Les pièces de ce procès ont été recueillies dans les Curious miscellan, es, Londres, 1714. : f dieiw antiquitat. academia, Oxoniensis, 1730; elle a été reproduite depuis avec les ries de J. Le- land et de Th. tirante, Oxford, 1772, 2 vol. Le Dictionnaire de Chaufepié contient une bonne uotice sur Wood. Son portrait a été gravé plusieurs fois. D'Israeli lui a consacré un article dans ses Calamities of authors. Wood était probe et désintéressé. Ses compatriotes lui reprochent d'avoir trop écouté ses préventions en faveur du catholicisme, ce qui l'a exposé à diverses attaques de la part des ennemis de la doctrine romaine. Son style est commun et trivial
  • Antoine ZUCCHELLI : de Gradisca , prédicateur de l'ordre des Capucins dans la province de Stirie et missionnaire dans le royaume de Congo. Selon les récits des Portugais, l'introduction du christianisme au Congo date de l'époque même de la découverte qu'ils ont faite de ce pays, en 1489. Des religieux dominicains y furent les premiers missionnaires ; mais en même temps on convient que leurs progrès furent extrêmement faibles, et que les persécutions avaient presque anéanti les résultats de leurs efforts, lorsque, avec le consentement du gouvernement portugais, le pape envoya dans ce pays, en 1645, des capucins italiens. Depuis cette époque jusqu'à l'année 1701 , qui est celle du retour de Zucchelli d'Afrique en Europe , l'ordre des Capucins n'a cessé d'envoyer au Congo des missionnaires zélés, qui avaient acquis sur les naturels un empire qu'ils auraient pu rendre trèsutile à la religion et à la- civilisation , mais qui, exercé avec violence et avec imprudence. a été nuisible à l'une et à l'autre. Durant l'intervalle de plus d'un demisiècle qui s'est écoulé pendant que les capucins italiens exploitaient presque exclusivement les missions du Congo, d'Angola et de Benguella , ils ont publié un certain nombre de relations, dans le but de faire connaître leurs travaux apostoliques et les peines auxquelles ils se soumettaient, les dangers auxquels ils s'exposaient , pour la propagation de la religion. Ces relations ont été longtemps les seules où l'on pùt trouver des notions sur l'histoire et la géographie de ces vastes et curieuses contrées, niais les voyageurs modernes qui , surtout dans ces dernières années, les ont visitées, en ont publié de plus neuves et de plus vraies. La première de ces relations est celle du P. François Fragio, qui parut à Rome en 1648 ; la seconde, celle de l'Espagnol Palixer de Tovar , imprimée à Madrid en 16119. Ces deux ouvrages Font presque uniquement consacrés à la narration du progrès des missions au Congo. Il n'en est pas de même du petit de MichelAneto de Guattini et de Denis Carli, publié à Reggio en 1672 , et de l'énorme d'Antoine Cavazzi, qui parut à Bologne en 1687 . Ces deux relations renferment l'histoire des travaux des mission- Rrece pelaeione del success° delle mission de' Capucini nel regno di Congo, descritta dol P. Francesco Fragio, Rome, 1648 12) La Vision evangelica del reino de Congo, por D. Joseph Palizer de Tovar, Madrid, dom Garcia, 1649 Il Moro trasportnto in Venezia, etc., Reggio , 1672. Le même ouvrage a éte imprime sous le titre de riaggio del padre Michel A ngiolo di Guattini e del padre Dioniqi Carsi nef r, gno di Congo, Reggio, 1672 ; Bologne , 1674, et Bassano', 1687. La traduction française a paru à Lyon, en 1680, petit in -12, et dans l' Ei'tiopie occidentabi du P. Labat , 173l , t. 5 ; la traduction anglaise, dans Churchill , t. 1, p 555 à 58'3, et dans Pin kerton's collection, t. 14 , p. 148 à 195; la traduction allemande, dans A llgemeirier historie der Reisen , I. 4, p. 4:31 à 572_ Istorica descrizione de' Ire regni Congo, Matamba, An - gala, etc., dal padre Giov. Antonio Cavaz: i da Moniecueolo, etc., Bologne, 1687 de 934 pages. Cet ouvrage a été réimprime il Milan en 1690. La traduction allemande parut en 1i94 et 'ea traduction française dans la Relation historique der lithiope occidentale du P. Labat, en 1732, b vol. naires capucins au Congo, depuis 1645 jusqu'en 1670, et tout ce que ces religieux ont pu recueillir de renseignements sur les pays qu'ils ont parcourus et sur les nations qui les habitent. Aussi le P. Labat atil cru donner une description suffisante de cette partie de l'Afrique en se bornant à traduire ces deux auteurs. La relation de Merolla, qui parut à Naples en 1692 , et celle d'Antoine Zucchelli de Gradisca , publiée à Venise en 1712 , forment la continuation de celles dont nous venons de faire mention. Elles sont beaucoup moins connues ; la dernière surtout n'avait jamais été traduite. ni analysée en français, avant la publication du 13° volume de l'Histoire générale des ro Pages de l'auteur de cet article. C'est cependant une des plus curieuses et une des plus riches en documents intéressants sur Angola et leCotigo ; c'était aussi alors la relation la plus récente. Merolla partit d'Europe en 1682, et y revint en 1688. Zucchelli s'embarqua en 1697, et ne rentra dans son couvent de Gradisca qu'en 17M. Il a écrit luimême son ouvrage, qu'il a divisé en vingttrois relations distinctes. Il se rendit d'abord de Gènes à Malaga , de Malaga à Cadix et de Cadix à Lisbonne ; puis il traversa l'Atlantique, et aborda à SanSalvador dans le Brésil. I1 a consacré sa cinquième relation à la description de ce pays, qui tirait alors du Congo de nombreuses cargaisons d'esclaves. Dans sa sixième relation , Zucchelli raconte sa traversée de SanSalvador à Loanda de StPaul, dans le royaume d'Angola. Les trois relations suivantes contiennent le récit des missions et les aventures de l'auteur dans les royaumes d'Angola , de Congo , et surtout dans la province de Sogno, à l'embouchure du Zaïre, qui la première reçut les semences du christanisme, et où Zucchelli a résidé le plus longtemps. Aussi atil consacré en entier ses neuvième, dixième , onzième, douzième et treizième relations à la description de Sogno et à celle des moeurs de ses habitants. Mais dans les autres relations, il entremêle son récit de la description des lieux et de détails sur les productions, le climat, les peuples et l'aspect des pays qu'il parcourt. Ses quatre dernières relations, c'est-àdire depuis la vingtième jusqu'à la vingttroisième et dernière, renferment les récits de ses navigations de Loanda de StPaul à Salvador, de Salvador à Lisbonne, de Lisbonne à Malte et de Malte à Venise. On ignore l'époque de sa mort et celle de sa naissance. Son voyage a les mêmes défauts et les mêmes qua- (il Angelo Picardo de Napoli relazione [ alla dal pndre 31, rolla, da Sorrento nel regno di Congo, Naples, 1692 et 1726, Cet ouvrage a été traduit en anglais et se trouve dans Churchill's collection, t. 1, p. 593 à 656 , et clans Pirikerton's collection, t. 16, p. 195 à 316. La traduction allemande a été insérée dans le tome 4 de l'Allgemeiner historie der Reisen. Nous ignorons si l'ouvrage intitulé Istorica descrizione de' Ire regni Congo, Matouba e Angola, di Cesare Visconti, Milan, 1690 est une relation de missionnaires ou une compilation dont on ne connaît que le titre. (21 Reluzioni del viaggio e missinne di Congo , del P. Antonio Zticclirlli du Gradisca, etc., Venise, 1712, in—t' de 438 pages. lités que tous ceux qui ont été écrits par les religieux du même ordre et dont nous avons donné la liste. Tous ces missionnaires montrent un zèle ardent, mais inconsidéré, pour les intérêts de la religion ; ils font voir une grande ignorance des hommes et des affaires humaines ; mais aussi ils font preuve de beaucoup de naïveté et de franchise. sous pensons que les faits si épouvantablement atroces racontés par Cavazzi ont fait rejeter à tort tous ses récits comme des impostures. Dans ces derniers temps, les voyages di. Pruneau de Pommegorge, de Dalzel chez les Da• homeys, de Bowdich et de Dupuis ches les Aschantis, ont confirmé ce que Cavazzi rapporte de l'extrême férocité de certaines races de nègres. Lorsque l'espèce humaine se dégrade, il est bien difficile de savoir quelles sont les bornes qu'on peut assigner à sa perversité. La fausse science d'un orgueilleux scepticisme nous a valu plus d'erreurs encore que la crédule simplicité d'une humble ignorance. Au reste, si l'on en excepte le récit de certains miracles, l'ouvrage de Zucchelli ne renferme rien qui répugne à la vraisemblance ; et quant aux miracles, dans la protestation d'usage qui est en tète de s .n livre , il nous avertit que leur croyance n'est pas d'obligation divine, et que nous ne leur devons qu'une foi purement humaine. Le style de Zucchelli est plus clair et moins prolixe que celui de Cavazzi ; il y a plus d'ordre dans ses récits ; il est vrai qu'il a embrassé un sujet moins étendu, et qu'il ne rapporte que ce qu'il a fait, que ce qu'il a vu ; qu'il ne raconte pas, comme l'a fait Cavazzi, les voyages et les aventures de tous les missionnaires qui l'ont précédé ou qui ont coopéré de son temps aux travaux des missions. Mais la trop naïve narration de `Media; prouve, comme toutes celles de ses prédécesseurs, que tous ces missionnaires capucins étaient animés par un fanatisme aveugle et brutal, qui s'éloignait du but qu'ils prétendaient atteindre. Ces nations qu'ils nous dépeignent comme les plus féroces qu'il y ait sur le globe redoutaient les Portugais, recherchaient leur alliance et ne repoussaient pas pleur culte. La religion chrétienne, toute divine par sa douceur et sa charité, aurait pu contribuer à changer leurs moeurs, si on la leur avait inculquée par la persuasion ; si on la leur avait montrée comme la réformatrice de leurs vices et de leurs coupables penchants, au lieu de la leur imposer par force comme l'ennemie et la destructrice de leurs antiques habitudes, de leurs coutumes les plus innocentes et de leurs affections les plus chères. C'est en les soumettant au supplice de la question , c'est en les faisant déchirer à coups de fouet, ou en les meurtrissant à coups de béton ; c'est en les réduisant en esclavage et en les condamnant aux travaux des mines, que les révérends pères prétendaient convertir les nègres à la foi de JésusChrist. Non contents d'outrager sans ménagement, sans pré- partition, tout ce que révéraient ces peuples superstitieux, les missionnaires, excités par une espèce de délire religieux. réduisaient en cendres tes temples et les idoles en présence de la foule , ou en secret et dans l'ombre des nuits. Souvent le feu allumé par leurs mains incendiaires consumait des villages entiers ; et les habitants fuyaient épouvantés de tant de violences. Com bien on doit regretter, pour les progrès de la civilisation, comme pour ceux de la vraie foi , que les Portugais, dans leurs possessions d'outremer, aient si étrangement méconnu l'esprit de cette religion, dont les maximes s'accordent si bien avec la pratique d'une sage politique et les principes de tout bon gouvernement! W—e.
  • Antoine YART( 1710) : littérateur estimable, naquit à Rouen le 15 décembre 1710, et fut destiné par ses parents à l'état ecclésiastique. Ayant achevé ses cours de théologie, il reçut les ordres sacrés, et fut pourvu de la cure de StMartin du Vivier, qu'il échangea, dans la suite, pour celle du Saussay dans le Vexin. La culture des lettres charmait ses loisirs ; il faisait , il en devint l'un des membres les plus laborieux. Mais la réputation de l'abbé Yart n'avait point franchi les bornes de sa province, lorsqu'il publia : Idée de la poésie anglaise, ou traduction des meilleurs poètes anglais qui n'ont point encore paru dans notre langue, Paris, 1749-1756, 8 vol. C'est un recueil de traductions en prose de différents poèmes, précédés de discours historiques et littéraires sur chaque auteur et chaque ouvrage. Tous les genres de poésies y sont rassemblés au hasard et sans aucun ordre. Le traducteur, qu'on a souvent accusé d'infidélité, se montre plus fidèle à l'expression du poète qu'à sa pensée, et il en rend plutôt le sens Sue la grâce. Malgré ces défauts, l'ouvrage eut un grand succès, parce que c'était le seul dans lequel un Français pût prendre une teinture des beautés poétiques de nos voisins; mais la Poétique anglaise de lIennet rend inutile l'ouvrane de l'abbé Yart, dans lequel on trouve cependant quelques morceaux intéressants, en outre une Dissertation sur la fable. On attribue à l'abbé Yart un opuscule trèsrare : Mémoire ecclésiastique et politique, concernant la translation des fêtes aux dimanches, en faneur de la population, Philadelphie , 1765 de 122 pages. Après en avoir cité plusieurs passages dans ses Mémoires biographiques , Guilbert ajoute : u On ne saurait plaider avec plus d'esprit, de raison et de philosophie la cause de la religion et des moeurs. » L'abbé Yart eut pour amis les hommes les plus distingués de sa province , tels que Fontenelle, l'abbé du Resnel, Cideville, etc. Il mourut au Saussay, en 1791, dans un âge avancé. II avait exercé quelque temps les fonctions de censeur royal. Comme poéte, il a réussi surtout dans la fable et dans l'épigramme ; sa fable du Chat et la Souris, imprimée dans divers recueils , est un petit chefd'oeuvre. Parmi ses épigrammes on cite celle qu'il fit sur l'Histoire secrète de Dubois et sur le Paradis perdu de madame du Boccage. On a rapporté la première à l'art. SERVIEZ. La seconde n'est pas moins piquante I Sur cet écrit, charmante du Boccage, Veuxtu savoir quel est rnon sentiment! Je compte pour perdus , en lisant ton ouvrage, Le Paradis, mon temps , ta peine et mon argent. On trouvera la liste des différents opuscules de l'abbé Yart, avec l'extrait de son éloge par Millet de Couronne, dans le Précis des travaux de l'acadé- mie de Rouen, t. 5, p. 331-33!i,. Outre des odes, des épîtres, un éloge de MarcAurèle, des remarques sur Perse et Juvénal, etc., on citera de lui des Observations sur le sentiment et l'intérêt qui doivent entrer dans les tragédies, Mer- cure, décembre i742; — sur la comédie, ibid., mai 1743; — sur le Huetiana, mars 1744 : — sur l'usage de la critique, septembre , même année
  • Antoine YVAN( 1576) : fondateur de l'ordre des religieuses de la Miséricorde, naquit à Hiatus, beurg de Provenee, du diocèse d'Aix , le tu novembre 1576, de parents pauvres. mais pieux. Il n'avait que trois ans quand son père mourut de la peste; et il ne fut pas atteint de la contagion , quoiqu'il n'en pas cessé de partager le lit paternel pendant toute la maladie. A peine àgé de sept ans, il prouva son Inclination pour l'étude lorsque, privé à cause de son indigence de l'avantage de fréquenter les écoles, il allait ehez les jeunes écoliers les conjurer de lui apprendre à lire. Si la pauvreté de son habit lui faisait refuser l'entrée de leurs maisons, il deniandait leurs leçons dans la rue, les payant de quelques fruits que sa mère lui avait donnés pour son illuer Devenu enfant de chœur de RO paroisse. il sut s'attacher quelques prètres qui lui fournirent enfin les moyens d'apprendre à lire. Après quelques années, il entra au service des PP. minimes de Pourrières ; et la, porté par sa seule inclination, il s'appliqua à peindre et à graver, et apprit seul les éléments de ces deus arts. De telles dispositions ne pouvaient qu'intéresser ses mem. Ils lui donnèrent les premiers principes de la langue latine. Forcé par une disette de quitter le couvent, après avoir passé dix jours dans un bois à vivre de racines , il se rendit à la petite ville de Pertuis, où, commençant l'éducation ite quelques gentilshommes , il eut l'occasion d'avancer la sienne. Il se perfectionna surlout dans la pe Le soin de ses affaires lui imposait quelquefois la nécessité de passer les nuits à l'étude mais il persévéra dans les sentiments et les Pieuses pratiques qu'il avait pris aux minimes de Pourrières. Son indigence l'ayant contraint de quitter Arles, où il s'était rendu pour faire sa nhilosonhie. il alla à Avignon. où César de Bus le reçut avec joie dans la congrégation de la Doctrine chrétienne, récemment fondée. Mais comme on ne voulait l'occuper qu'au service domestique, il la quitta, et devint précepteur à Carpentras, où il fréquenta le collége. De Carpentras il vint à Lyon , où il resta peu , parce que l'emploi de maitre d'écriture ne lui laissait pas assez de loisir pour l'étude ; et il retourna en Provence, où il fut enfin ordonné prêtre, à l'àge de trente ans, en 1606. Il se rendit alors à Rians pour consoler et soulager la vieillesse indigente de sa mère. Là , il ne rougit pas de la modeste fonction de maitre d'école. Ses supérieurs, édifiés de ses vertus, lui donnèrent des emplois plus dignes de son zèle et de ses talents. Ils le nommèrent à la cure de Verdire, d'où il passa bientôt à celle de Cotignac. Ses sermons étaient suivis, quoique simples et composés sans prétention. Quelqu'un lui persuada d'y mettre plus d'étude et d'y observer un peu plus les règles et la politesse du langage. Il écouta ce conseil ; puis , se reprochant comme une faute cette concession faite à la vanité, il consulta un saint prêtre qui l'animait à la vertu , se démit de sa cure et se fit ermite. Après avoir passé neuf ans dans la solitude, il alla s'établir à Aix , et s'y livra au ministère et à la prédication. Ses sermons attirèrent un si grand nombre d'auditeurs que, l'église se trouvant trop petite , il fut obligé de prècher au dehors. Le célèbre Gassendi se faisait un devoir d'y assister, et il devint l'apologiste le plus zélé du prédicateur. Les vertus et la charité d'Yvan éclatèrent surtout dans cette ville, quand elle fut affligée par une peste violent,. Enfin , il entra chez les pères de l'Oratoire. Le précis rapide d'une vie qui offre tant de vicissitudes montrerait un homme inconstant et léger, et non un prêtre vertueux et simple, si nous ne devions pas dire que, dans toutes ses démarches, il céda aux inspirations de la Providence et de la plus ardente charité. L'année 1633 offre l'époque la plus remarquable de sa vie apostolique. Il forma alors, avec le secours de MarieMadeleine de la Trinité, l'ordre nouveau des religieuses de Notre- Dame de Miséricorde, dont la pierre fondamentale fut Madeleine Martin, dite de la Trinité. Le but principal de l'institut était de recevoir toutes celles qui se présenteraient avec une véritable vocation, et c'était l'objet d'un quatrième voeu. La congrégation fut approuvée sous la règle de StAugustin, et s'étendit principalement dans le midi de la France. Les religieuses furent aussi établies à Paris par le célèbre abbé Olier. Cette fondation appela le P. Yvan dans la capitale ; et ce fut à Paris qu'il mourut, le 8 octobre 1653. La fin de sa vie fut éprouvée par des infirmités graves. On peut consulter son éloge par le P. Léon, carme , Paris, 1654 sa Vie, par Gilles Gondon, 1662 ses Lettres et surtout sa Vie par l'abbé de Montés, Paris, 1787 Le P. Yvan avait composé différents livres de piété, écrits avec une extrême simplicité, entre autres : Conduite à la perfection chrétienne , et d'autres ouvrages, dont le recueil a été publié par le P. Léon et par Gilles Gondon
  • Antoine ZAMORA( 1570 - 1640) : médecin, né, vers 1570, à Salamanque, acheva ses études à l'université de cette ville , alors une des plus célèbres de l'Europe , et y reçut le degré de maître ès arts en philosophie et celui de docteur en médecine. Dans les loisirs que lui laissait la pratique de l'art de guérir, il continua de s'appliquer à la culture des sciences, et se rendit très- habile dans les mathématiques. Ses talents l'ayant fait connaître, il fut pourvu d'une double chaire à l'université. Nicolas Antonio parle, comme témoin oculaire, du zèle et des succès de ce savant professeur. s Tous les jours, ditil, Zamora faisait i Voy. Hérodote, liv. 4, §593,94,95, Hellanicus, dana l'Ely. molog, cum magnum; l'Exp, sition des religions de l'antiquité, par Creutzer, traduite et refond. par M. Guigniaut ; et la Dis- sertai° de Zamolxide , per A. - S. Bliousopouloa, Gcettingue, 1552. a la jeunesse, toutes les facultés de son esprit. e Il mourut vers 1640, laissant deux lits, professeurs en droit à l'école de Salamanque. On a de lui ; 1° Prognostico del eclipse del sol 10 ju/. 1600, etc., Salamanque, 1600 , in4.; 20 Repetitiones duce super caput pri- mum et tertium Galeni, de dieerentiis sympiommum, ibid., 1621 30 Aurea exposai° ad texture' Hippocratis in libro de aire, « quis et loris, I 625 Antonio lui attribue encore un traité De conictis , resté sans doute manuscrit, puisqu'il n'en indique ni la date ni le format, et qu'on ne le trouve cité par aucun autre bibliographe. - ZAMORA , savant jésuite, né en. 15116 à Séville , et mort dans la même ville en 1621 , se fit une grande réputation par ses talents Pour la chaire, et publia Concordantice sacrorurn bibliorum duobus alphabetis, ultero dictionum varia- bilium, invariabilium altero, absolutissime, Rome, Zanetti , 1627 Cette concordance est rare et recherchée. — ZAMORA , capucin, né en 1579 à Udine, et mort à Vérone en 16'19, a publié : 1° Disputationes theologicoe de Deo ana et trino , Venise, 1626 , in - fol. ; 2° De emeran- tissima Deiparre Virginis perfectione libri Ires, ibid., 1629 L'impression de cet ouvrage, commencée à Udine, fut terminée à Venise. Foy., pour les détails, les Bibliothèques des capucins
  • Antoine ZANTANI : gentilhomme vénitien, dont la famille est éteinte, florissait dans le 16° siècle. 11 possédait Un riche cabinet de mé- dailles; et en 1548 il publia l'histoire numisma- tique des douze premiers Césars sous ce titre : Le immaqini con tutti i riversi trouai le vite degli imperator. i traite dalle medayle e dalle istorie degli antichi, Venise Cette édition est fort rare. Les planches eh sont gravées par En. Vico, qui s'est approprié depuis le travail de Zantani, sans daigner le nommer, même parmi les numismates dont il avait pu consulter utilement les collec- tions
  • Antoine ZANOLINI( 1693) : célèbre orientaliste, na- quit en 1693 à Padoue, de parents vertueux , et à quatorze ans fut admis au séminaire de cette ville. Doué d'une vaste mémoire, d'un esprit vif. il y joignait un désir insatiable d'apprendre , et un tempérament robuste, qui lui permettait de supporter les plus grandes fatigues. Après avoir achevé ses humanités, il apprit les langues orientales, et fit en méme temps ses cours de philosophie et de jurisprudence. A vingt ans il reçut le laurier doctoral dans la double faculté de droit. Ses maîtres désirèrent l'avoir pour collègue, et consentit avec joie à se livrer à la carrière de l'enseignement. Il remplaça dans la chaire de syriaque et d'hébreu Jos. Parini, que le roi de Sardaigne venait d'appeler à l'académie de Turin. Habile à ménager son temps , Zanolini sut, sans négliger ses devoirs de professeur, trouver du loisir pour la culture des lettres, et la rédaction des ouvrages qui devaient lui assurer une place parmi les premiers orientalistes du 18. Chaque année il relisait les plus beaux ouvrages des écrivains de l'ancienne Horne aussi, personne n'a possédé mieux que lui toutes les ressources de la langue latine. Ne vivant qu'avec ses livres , il était presque étranger aux usages de la société. Souvent on le voyait s'arrèter dans les rues pour causer avec des enfants ou avec des gens du peuple; il se mélait aux jeux bruyants de ses élèves, et l'illustre professeur ne dédaignait pas, au s heures de récréation , de disputer le pris de la course avec ses écoliers. Satisfait de son sort, jamais il n'ambitionna des chaires plus brillantes, ni de plus forts appointements. Sa vie s'écoula paisible, sans chagrin et sans maladie. „diverti par une première attaque (l'apoplexie, en 'lit nuée 1759, il se démit de la place qu'il avait , remplie quarantecinq ans avec honneur; et - abandonnant la pension qui lui était (lue, revint dans sa famille se préparer à la mort par la lira-' tique des vertus chrétiennes. Il mourut , comme il l'avait pressenti, d'une seconde attaque, le 19 février 1762, à l'Age de 69 ans. Outre un - grand nombre de pièces de vers latins et italiens , (finis les Rareolta, on a de lui : 1° Querstiones e sacra Seriptura ex linluar. orientalium mu ° rite, Padoue, M'Inini. du séinin., 1725 2° Diysertationes ad saeram & n'immun speetantes , ibid., 1729 ; 3. Lexicon hebraieum ad usant seminarii, : ibid., 1732 Ce dictionnaire est trèsestimé, ainsi que tous les ouvrages de Zanolini sur les langues orientales. 40 Grammatica lingue syriace ibid., 1742 5° Lexicon syriaeum rai accedit dispaatio de / initia syriaea, versionibus syriacis et de ,lia roll i gis , ( l'abus precipue nunc lingue syriara in usa est , ibid., 1747 6° Le. rieota chai , dairo- rabbinicum eum rabbinorum abbreriaturis arcedit disputai° de Targutnia, sire paraphrasibus ehaldaicis , thalmude , cabbala , contmentariis rab- binoram el linyua rhaldaira, etc., ibid., 1747, 2 Y01. ; 7° Ratio institutioque addiseendœ iinyurechaldaityr, rabbinicœ, thalmudice, ete., 1750 8n Disputationes ad S. Scripturam spertantes de festis et seetis Jadœortit a, rata annotationibus 1 Venise, 1753 ; 9" Disputai° de Eurharistire met- ment° rant ehristianorum orientdium ritibus in eo confieiendo et administrando, ibid., 1755, On possède un volume iie Lettres de zaeolini. Lay. J .B. Ferrari, Vitievirer. iliastr. seminar. Patarini , p
  • Antoine ZANONI( 1696) : agronome italien, naquit le 18 juin 1696, à Udine, d'une famille riche, et se livra au commerce. Convaincu que l'agriculture ne pouvait qu'en liter les progrès, il s'occupa avec ardeur de cette dernière science, et se distingua par des essais extrêmement heureux. Ainsi, ayant jugé le Frioul convenable à la propagation des mûriers, il y éleva un grand nombre de vers à soie, et cette contrée cessa de payer tribut aux pays étrangers pour l'importation de cet objet de commerce. Il ne réussit pas moins dans ses essais pour la propagation de la vigne les plants choisis qu'il disposa dans les localités les plus convenables produisirent un vin exquis, analogue pour la saveur aux vins de Bourgogne, et que l'on jugea ne point le céder en suavité à ceux de Hongrie. Zanoni apporta aussi des améliorations dans d'autres parties de l'agriculture, et s'efforça d'envoyer quelquesuns de ses compatriotes à l'école vétérinaire de Lyon; mais soit jalousie, soit indifférence, ceuxci, après avoir autorisé ses espérances par des promesses, refusèrent nettement. Les sociétés académiques d'économie rurale de Florence, de Capod'Istria et de Rovigo récompensèrent les travaux de Zanoni en l'admettant au nombre de leurs membres. Ce zélé philanthrope mourut le 4 décembre 1770, peu de temps après avoir publié son Essai d'his- toire de la médecine vétérinaire, Venise, Modeste Fenzo, 1770 Cet opuscule, inséré d'abord dans le tome Pr des Mémoires et observations de la société d'agriculture pratique d'Udine, et ensuite imprimé séparément , est écrit avec pureté : il se compose de quatre chapitres dans lesquels l'auteur, après avoir insisté sur l'importance de la science dont il écrit l'histoire, en raconte l'origine, les progrès, la décadence pendant le moyen àge, et la restauration depuis le 16. siècle, Il s'attache surtout aux écrits des vétérinaires romains, et donne de grands éloges aux académies vétérinaires de Paris et de Lyon. On a encore de lui : P Lettres sur l'influence de l'agri- culture, des arts et du commerce sur le bonheur des Etats, Venise, 1763, 7 vol. 2° De la for- mation et de l'usage de la tourbe et autres fossiles combustibles, Venise, 1767 , 3. De la cul- ture et de l'usage des patates et autres plantes comestibles, ibid., 1767 réimprimé à Rome par Gianclii, 1785 4° De la marne et des autres fossiles pour engraisser les terres, Venise, 1768 5. De l'utilité morale, économique et politique des académies d'agriculture, arts et com- merce, ouvrage posthume, Udine, 1771 A la tète du volume on trouve l'Eloge de l'auteur prononcé à la société d'agriculture d'Udine. Tous ces ouvrages sont en italien. — Athanase ZANONI, comédien italien du 18. siècle, né à Ferrare, se distingua par ses talents dramatiques, son instruction et les qualités de son coeur. Nul ne l'égalait pour la grâce de la prononciation et le piquant des reparties. On a de lui un Recueil de mots génieux et satiriques à l'usage du théâtre, Venise, 1787. Etant entré dans la troupe du célèbre Antoine Sacchi, Zattoni était devenu son beaufrère. Il mourut au mois de février 1792
  • Antoine ZAPATA( 1550 - 1635) : cardinal, était fils du président du conseil suprême de Castille et naquit à Madrid, vers 1550. Il fit ses études aux académies d'Alcala et de Salamanque; ayant embrassé l'état ecclésiastique, il fut presque aussitôt pourvu os ne peut révoquer en doute l'existence d'une édition d. Secrert„ autert. ore à celle de 1•.b6. La bulle accc?rdee par SucleQuint a Dia,,, pour l'impression de cet o.ivrage porte !Umm es de itoco tinprinsificere «Igue i. lutent edere. 121 L'exemplaire de cet ouvrage que la bibliothèque de Pari. possède est celui du médecin Falconet çvoir. ce nom). d'un canonicat au chapitre de Tolède. Nommé, peu de temps après, à l'évêché de Cadix, il écrivit deux lettres, l'une au roi, pour le remercier de cette faveur ; l'autre à son père, pour qu'il le tirât d'une ville dont le séjour ne convenait pas à sa santé . Par suite d'une erreur dans les suscriptions, la lettre pour son père tomba dans les mains du roi, qui le transféra sur le singe de Pampelune. Il fut fait ensuite archevêque de ' Burgos, et en 1603, le pape Clément VIII le créa cardinal. Il remplaça le cardinal Borgia dans la viceroyauté de Naples. où il fit son entrée solennelle le 20 décembre 1620. Désirant sincèrement réparer tes maux causés par l'administration de ›on prédécesseur, il s'entoura des personnes les plus capables de l'éclairer de leurs conseils et annonça qu'il accueillerait toutes les plaintes. Il visita les prisons et les hospices, adoucit le sort des prisonniers, vint au secours des nécessiteux par des aumônes et obligea les marchands de comestibles à se conformer à la taxe dressée, chaque semaine, par les magistrats. Malheureusement les récoltes manquèrent, en 1621, dans tout le royaume, et les corsaires barbaresques empêchant l'arrivée dans les ports des blés étrangers, la disette se fit bientôt sentir. Le viceroi fut insulté plusieurs fois par la populace , qui lui demandait du pain, et forcé de rentrer dans son palais pour se soustraire à la fureur des séditieux. Après avoir épuisé tous les moyens de douceur et de persuasion pour ramener cette populace égarée, il crut devoir se montrer sévère et donna l'ordre d'arrêter les chefs à la première occasion. Elle ne tarda pas à se présenter. Dix périrent dans les tortures et les autres furent condamnés aux galères. Le vice roi, se flattant d'avoir. par cet acte de vigueur, rendu le calme à la ide de Naples, fit frapper une médaille portant son nom et ses armoiries, avec cette légende au revers : Tranquillilas regui. La cour d'Espagne, jugeant mieux la situation du rovaume, se hâta de lui donner un successeur. De retour à Madrid, il fut nommé membre de la junte d'Etat, et en 1626, Philippe IV le revêtit de la dignité de grand inquisiteur. Quoique ce prélat fût, par caractère, éloigné des mesures violentes , il laissa célébrer plusieurs autodafé dans lesquels furent brûlés des hommes vivants. S'étant démis de tous ses emplois en 1632, il se retira dans son diocèse et mourut le 23 avril 1635 , à l'âge de 8rs ans,. On lui attribue un mémorial en espagnol, dans lequel il établit que les prélats sont obligés en conscience de n'accorder des bénéfices qu'art personnes ayant la capacité requise. Cet opuscule , auquel il doit la place qu'il occupe dans la Biàl. hispina nova d'Antonio, est indiqué dans les dictionnaires sous ce titre : De 11, 11 écrivait à son père: Pater, trnnifer a me calice». hume. , il en est un assez grand nombre qui lui sont adressées
  • Antoine ZARA( 1574) : évêque de. Pedena , descendait d'une ancienne et illustre famille originaire de Hongrie. Il naquit en 157, à Aquilée, où résidait son père, gouverneur du Frioul autrichien. Dès l'âge de sept ans, il fut envoyé à Gratz pour y faire ses études, sous la direction des jésuites. Les talents dont il donna de bonne heure des preuves éclatantes lui méritèrent la protection de l'archiduc Ferdinand. Ce prince, après lui avoir accordé plusieurs bénéfices, le fit désigner, en 1600, évèque de Pedena, quoiqu'il ne fût point engagé dans l'état ecclésiastique. Le père d'Antoine le destinait à la carrière des armes, dans laquelle la plupart de ses ancêtres avaient acquis un nom glorieux ; mais il ne put s'opposer aux vues de l'archiduc. Comme le jeune Zara joi gnait une érudition immense aux vertus propres à l'épiscopat, il obtint les dispenses nécessaires de la cour de Rome, et fut mis en possession de son siége. Le nouveau prélat partagea dès lors tous ses loisirs entre l'administration de son diocèse et la culture des lettres et des sciences. Il est auteur d'un ouvrage trèsremarquable, intitulé Anatomia ingeniorum et scientiarum sectionibus quatuor comprehensa, Venise, 1615 de 592 pages, non compris un index très-étendu. Au revers du frontispice est gravé le portrait du prélat, entouré de ligures représentant les principales vertus. Dans la première partie qui sert comme d'introduction à l'ouvrage, l'auteur examine les causes de la prodigieuse variété des esprits, qu'il attribue à la ditférence des tempéraments, des climats, de l'éducation, des moeurs et des lois, Dans les trois suivantes, il passe en revue toutes les connaissances humaines, en les divisant d'après les trois facultés , imagination, raison et mémoire. Parmi les sciences qui dépendent de l'imagination, on voit figurer la magie et l'astrologie; mais Zara se montre bien moins crédule qu'on ne l'était encore de son temps sur le pouvoir des arts magique et cabalistique. Cet ouvrage, rempli d'une érudition curieuse et choisie, est fort rare . Antoine Zara promettait l'Ana/ on: 1'a divinarum scientiarum; mais , comme il n'a point paru, on peut conjecturer qu'une mort prématurée ne lui a pas permis de terminer ce nouveau travail
  • Antoine ZIRARDINI( 1725) : savant jurisconsulte, naquit à Ravenne, dans les derniers jours de la description de cale ville , il s'exprime ainsi : Excepto eo lace in quo hoec scsabo, nescio quornodo site lerrarum ti, hi peler ° mues anyultts ridet. l'année 17°25 , d'une famille patricienne, et reçut au baptême les noms de Philippe- Antoine ; mais il ne conserva que le dernier. Ayant achevé ses humanités au séminaire de sa ville natale, il fit son cours de droit, et en 1749 reçut le laurier doctoral. Son goût le portait vers les recherches historiques et l'ancienne jurisprudence. Il ne tarda pas à s'apercevoir que pour y faire des progrès, il devait posséder à fond la langue - grecque; et il se rendit à Rome, où il passa trois ans dans la société des hommes les plus instruits, travaillant sans relàche à perfectionner ses connaissances. De retour dans sa patrie, il se chargea d'expliquer les Institutes au collège des Nobles. Il eut part à la description des anciens monuments découverts à Classe, près de la basilique des Camaldules . Le cardinal Enriquez, légat à Ravenne, désirant voir paraître une nouvelle éditioir de l'Histoire de cette ville, par Jérôme Rossi , en confia le soin à Zirardini. La mort inopinée du prélat fit évanouir ce projet; niais Zirardini publia le résultat de ses recherches sous ce titre : Degli antichi edifizi profani di Ravenna libri due, Faenza, 1762 Cet ouvrage, accueilli des savants, étendit la réputation de l'auteur. Les académies de Parme et de Pavie s'empressèrent de lui offrir des chaires de droit ; mais son attachement pour son pays lui fit rel'user ces emplois. Revêtu plusieurs fois de la charge de podestat, Zirardini la remplit avec honneur. Il mourut en 1781, à Ravenne. Outre l'ouvrage dont on a parlé, ou connaît de lui 1° Imperatorum Theodosii Junioris et Valenti- niani III novellee leges cœteris antejustinianeis, qua' in Lipsiensi anni 17 45, vel in anterioribus editia- nibus rulgahr surit, addendoe, Faenza, 1766 L'éditeur les avait tirées d'un manuscrit du cardinal Ottoboni ; et il les accompagna d'un savant commentaire. Ces / Voyelles reparurent l'année suivante, par les soins d'Amaduzzi , avec des notes très-érudites. 2° Dissertazione sopra il passo dell' anonimo valesiano ore dico: Ergo Theodoricus, dato consulatu Eutharico, Roma et Ravennze triumphavit. Cette dissertation est insérée dans le tome 2 des Mémoires de la société littéraire de Ravenne. 3* Un Cours de droit civil. Voyez les illémorie degli serittori ra- vennati de P.P. Ginnani, t. p. 180-85. -- L' Éloge d'Antoine Zirarclini , suivi du catalogue exact de ses ouvrages, a été publié par le cha- noine Gheradini, Rome, 1786, W—s.
  • Antoine ZUCCHI( 1726 - 1795) : peintre italien , né à Venise en 1%6, était fils d'un graveur, et il dut à sou père les éléments de l'art du dessin ; il étudia ensuite la peinture dans les ateliers de F. Fonte- (li Suard le nomme Zucco dans ses Mélanges de litleraltee, et dit qu'il eut pour élève et pour successeur l'abbé Lorenzi. basso et de J. Amigoni. Lorsque l'architecte Robert Adam vint en Italie, il eut occasion de connaître Zucchi ; il eut recours à lui pour des dessins, l'amena ensuite en Angleterre, et lui procura des commandes importantes comme décorateur d'appartements et comme peintre à fresque. Zucchi exécuta de nombreuses représentations de ruines et de sujets mythologiques ; il travaillait avec beaucoup de facilité; ses productions avaient de l'agrément, mais elles étaient dépourvues de correction et de fini ; ce n'était que de l'ornementation bien réussie. Parmi les diverses demeures de l'aristocratie britannique pour lesquelles on eut recours à lui, on signale surtout l'ancien hôtel Buckingham, et le château d'Osterley, , appartenant aux comtes de Jersey. Zucchi avait été reçu à l'académie royale de Londres, mais il finit par se dégoûter du climat brumeux du Nord, et il retourna en Italie. La mort l'atteignit à Rome en 1795
  • Antoine Agénor de Gramont : diplomate et homme politique français
  • Antoine Balthazar D'André : homme politique français
  • Antoine BLONDIN : journaliste
  • Antoine BOURDELLE : Sculpteur
  • Antoine BOURSEILLER : cinéaste
  • Antoine Claire Thibaudeau : homme politique français
  • Antoine DE CAUNES : acteur, père de Emma De Caunes"
  • Antoine DE SAINT EXUPERY : écrivain
  • Antoine Laurent de Lavoisier : chimiste français
  • Antoine LAVOISIER : Chimiste
  • Antoine Omer Talon : magistrat français, chef de la police secrète de Louis XVI
  • Antoine PARMENTIER : agronome
  • Antoine PINAY( 1891) : politicien
  • Antoine RIBOUD( 1918) : industriel : Danone
  • Antoine RICHARD : athlète
  • Antoine RIVAROL : journaliste
  • Antoine WAECHTER : Ecologiste
  • Antoine WATTEAU : peintre

Antoine année par année

Signe astrologique de Antoine

Couleur de Antoine

Pierre précieuse de Antoine

Chiffre de Antoine

Métal de Antoine