Le prénom Adrien Masculin

Origine :

Fête :

08 Septembre

Signification de Adrien

Adrien est une personne qui montre un goût particulier pour l’art. Mesuré, il parvient facilement à contrôler ses pulsions. Il évite tout excès tant dans ses gestes que dans ses propos pour éviter de heurter les autres. Il ne prend que des décisions murement réfléchies et évite par là-même les échecs. Adrien se démarque par son esprit inventif qui lui permet d’apporter une touche d’amélioration dans tout ce qu’il fait. Ce prénom est célébré le 8 septembre en l’honneur du martyr saint Adrien. Lorsqu’il s’est converti au christianisme, saint Adrien a subi de nombreuses tortures avant d’être jeté au feu. Ce martyr est considéré comme le saint patron des messagers.

Personnalité de Adrien

D'allure un peu hautaine et sévère, ce sont des êtres de fort tempérament. Ils ne sont pas sauvages, mais aiment garder leur distance. Sûrs d'eux-mêmes, ambitieux, travailleurs acharnés, rien ne les arrête lorsqu'ils se sont fixé un but. Ils ont le goût du pouvoir et le sens des responsabilités. Hommes de conviction, ils défendent leurs intérêts avec acharnement.

Provenance du prénom Adrien

Histoire de Adrien

Etymologie de Adrien

Les Adrien célèbres

  • Adrien BAILLET( 1649 - 1706) : naquit à la' Neuville en liez, village à quatre lieues de Beauvais, le 15 juin 1649, de parents pauvres. Les cordeliers du couvent de la Garde', chez lesquels il allait ordinairement servir la messe, voyant ses dispositions , voulurent le faire élever à leurs frais, pour l'attacher à leur ordre. Le curé de la Neuville en détourna le père de Baillet, prit l'enfant chez lui, et, après lui avoir appris les premiers éléments de la langue latine, le mit au collége de Beauvais. Baillet n'y brilla pas beaucoup ; il étudiait les langues et l'histoire. 11 savait l'hébreu à la fin de ses classes, et, n'étant qu'en rhé- torique, il avait déjà fait des tables de chronologie. Ses études finies, en 1672, il régenta deux ans la quatrième, et deux ans la cinquième, dans le collége où il avait été élevé ; prit les ordres en 1676, et ac- cepta un vicariat de campagne, à Lardières, du re- .venu de 500 livres. Cette modique somme suffisait à ses dépenses, quoiqu'il fût chargé d'un de ses frè- res et d'un petit valet; il trouvait même encore de quoi acheter des livres. En 1679, il obtint la place de chapier de l'église de Beaumont, qu'il remplit jus-, qu'en 1680. Le jeune avocat général Lamoignon, qui venait de perdre son père, chargea Hermant de lui choisir un bibliothécaire. Baillet fut proposé et accepté. Il entra surlechamp en fonctions, et en 1682, il avait rédigé, en 35 volumes écrits de sa main, le catalogue de la bibliothèque confiée à ses soins : c'est une table des matières, qui indique non-, seulement les auteurs qui en ont traité ex professo, mais encore tous les endroits où d'autres auteurs en I ont parlé en passant. Pendant près de vingtsix ans que Baillet fut bibliothécaire de tamoig,non, il ne sortait qu'une fois la semaine , et passait tout le reste du temps en études, ou en conférence avec les savants. Il ne dormait que cinq heures par jour, encore le plus souvent habillé, ne faisait qu'un repas, ne buvait pas de vin, ne se chauffait jamais qu'en compagnie ; dès qu'il était seul, il éteignait son feu, tant par mortification que pour être moins distrait de l'étude. Il était d'une taille médiocre ; des yeux enfoncés, un large front, des cheveux noirs prévenaient en faveur de son, esprit 'et de sa mémoire. Son extérieur était négligé; il ne se donnait pas le temps de ranger ses habits, ses meubles, se contentant d'ôter de la vue ce qui aurait pu la blesser. Dans ses écrits, la première expression qui se présentait à son esprit était ordinairement celle dont il se servait ; on ne voyait point de ratures dans ses manuscrits. Sa santé, naturellement faible, fut encore altérée par l'excès du travail ; il mourut le 21 janvier 1706. On a de lui : 1° Jugements des Savants sur les principaux ouvrages des auteurs, 1685 et 1686, 9 vol. Cet ouvrage, trop vaste pour être exécuté par un seul homme , devait avoir 6 parties. Baillet n'a pu faire que la 1" et une portion de la 2°. Il y parle des imprimeurs, des critiques, des grammairiens et philologues, des traducteurs, des poètes grecs et latins, et des poètes modernes. Les jugements qu'il y porte des poètes lui attirèrent beaucoup de désagréments. Le P. Commire l'attaqua par des épigrammes, dont on peut apprécier le ton par le titre de l'une d'elles : Asinus in Par- nasso. Les jésuites ne pouvant lui pardonner d'avoir fait l'éloge des écrivains de PortRoyal, et la critique de quelquesuns de la société, le combattirent dans de.i Réflexions pleines de causticité , qu'on attribue au fameux P. Tellier. Au milieu de beaucoup de chicanes que renfermaient ces écrits satiriques, il y avait des critiques fondées, principalement sur les cinq derniers volumes, composés avec trop de rapidité pour qu'il ne s'y fût pas glissé bien des fautes et des méprises. On ne saurait cependant lui contester le mérite d'avoir tracé un vaste plan, bien conçu, qui a servi de modèle à ceux qui, après lui, sont entrés dans la même carrière, et d'y offrir des morceaux d'une saine critique. « Cet ouvrage, dit la Monnoie, « est un tissu à la mosaïque, composé de diverses « pièces taillées par différentes mains, artistement « rassemblées par une seule, qui en forme un en-« semble bien ordonné. » 2° Des Enfants devenus célèbres par leurs études et par leurs écrits, 1688Des Satires personnelles, traité historique et critique de celles qui portent le titre d' Anti, 1689, 2 vol. Ménage, piqué d'avoir été repris plusieurs fois dans les Jugements des savants, en avait publié une critique sous le titre d'Anti- Baillet. Baillet, au lieu de répondre directement à cette at- taque, composa et fit imprimer le traité des Satires personnelles, où il parle des ouvrages qui portent le titre d'Anti, et fait voir que toutes les critiques qui s'attachent aux personnes sont odieuses. Prosper Marchand, dans son Dictionn. hist., donne une liste de beaucoup d'Anti, « dont « Baillet n'a fait aucune mention, ou dont il n'a dit « qu'un mot en passant. » 4° Auteurs déguisés sous des noms étrangers, empruntés, supposés, faits à plaisir, chiffrés , renversés , retournés ou changés d'une langue en une autre, 1690 Ce n'est que la préface d'un plus grand ouvrage, qu'il abandonna lorsque ses amis lui eurent représenté que ce livre ferait beaucoup de mécontents. Ces quatre ouvrages de Baillet ont été réimprimés avec beaucoup de notes de la Monnoie, Paris, 1722, 7. vol. L'Anti- Baillet, avse les notes du même éditeur, ne fut imprimé à Paris qu'en 1730 il avait déjà été imprimé en Hollande, dans les éditions données en 1725, 8 vol. ou 8 vol. en 17 parties. Ces éditions de Hollande contiennent, outre l'Anti- Baillet et les notes de la Monnoie : 1° les Juge- ments des Savants sur les Auteurs qui ont traité de la rhétorique; par Gibert; 2° les Réflexions sur les Jugements des Savants, en quatre lettres, par le P. Tellier, jésuite ; 5° les Réflexions d'un académicien sur la vie de Descartes, par le même Tellier. La vie de Baillet , qu'on trouve dans cette édition , est d'Augustin Frion, son neveu. 50 Vie de Descartes, 1691, 2 vol. dont il publia un abrégé, 1695 6' Histoire de Hollande, depuis la trêve de 1609, où finit Grotius, jusqu'à notre temps, 1690, 4 vol publiés sous le nom de la Neuville. 7° La Dévotion à la Sainte Vierge, et du culte qui lui est dû, 1694 ouvrage solde et instructif, où l'auteur tient un juste milieu entre les protestants qui traitent d'idolàtrie le culte qu'on rend à la Mère de Dieu, et les dévots indiscrets qui le surchargent de pratiques minutieuses, souvent même superstitieuses. Cet ouvrage fut dénoncé à l'archevêque de Paris , qui n'y trouva rien à reprendre, et à la Sorbonne, qui, au lieu de faire droit à la dénonciation, censura le livre de Marie d'Agréda, où ce culte est poussé à des excès ridicules. 8° De la conduite des lunes, 1695 sous le nom de Daret de Vil- leneuve : c'est un traité des devoirs d'un directeur, et de la soumission qui lui est due. 9° Les Vies des Saints, 1701, 3 vol. ou 12 vol ce qui fait un vol. pour chaque mois. 10. Histoire des- Fêtes mobiles, les Vies des Saints de l'Ancien Testament, la Chronologie et la Topographie des Saints, 1705 ou 5 vol. On a réimprimé ces deux ouvrages à Paris, 1704, 4 vol. et 1759, 10 vol. On préfère les éditions originales. « Cet ou-« vrage, dit l'abbé Lenglet, est ce que Baillet a fait « de meilleur ; il n'a point laissé passer de miracle « qu'il ne l'ait examiné de tout sens. » On a publié, en 1701, un Abrégé des Vies des Saints,. 1 vol. 1 I' Les Maximes de St. Étienne de Grammont, 1704, trad. du latin. 12° Vie d'Edmond ni- cher, 1714, in42 ; on doute qu'il en soit l'auteur. 15° Vie de Godefroi Hermant, qui avait été son confesseur et son protecteur auprès des Lamoignon, 1717 14° Histoire des démêlés du pape Bo- niface VIII avec Philippe le Bel, roi de France, 1717 réimprimée en 4718. L'éditeur fut le P. Lelong, qui y ajouta vingtdeux pièces justificatives. On ne peut étre mieux instruit de ces démè- ' lés qu'en lisant l'ouvrage de Baillt t, à moirto qu'on ne veuille avoir recours aux originaux et autres actes, dont il est un extrait fidèle 45° Relation curieuse et nouvelle de Moscovie, 1709 publiée sous le nom de Balt. Hezeneil de la Neuville, anagramme de Bailla de la Neuville en fiez. 16° On attribue généralement à Baillet la Nouvelle Relation con- tenant les voyages de nomas Gage dans la Nou- velle- Espagne, traduite de l'anglais, par Beaulieu Huet Oneil, 1676 , 2 vol
  • Adrien AUZOUT( 1600 - 1691) : mathématicien , naquit à Rouen, dans le 17e siècle , et fut un des premiers membres de l'académie des sciences de Paris. On doit le regarder comme l'inventeur du micromètre à fils mobiles, qui sert aujourd'hui aux astronomes pour mesurer les diamètres apparents des petits objets, particulièrement ceux des corps célestes. Avant lui, Huygens avait imaginé de mesurer l'espace occupé. par les astres dans le champ des lunettes, et il se servait pour cela de lames de métal mobiles, entre lesquelles il comprenait l'objet observé. Malvasia de Bologne avait substitué à ces lames des fils triangulaires, qui divisaient le champ de la lunette en plusieurs petits carrés égaux : cela était plus facile pour l'observation ; et l'on évitait aussi l'effet de la diffraction de la lumière qui avait lieu sur le bord des lames dans l'appareil de Huygens. Mais ces fils étant fixes, l'appareil perdait un de ses principaux avantages. Auzout imagina de rendre l'un des fils mobile parallèlement à luimême, au moyen d'une vis dont les mouvements trèslents,mesuraient la marche avec une grande exactitude ; dès lors son appareil réunit tous les avantages de celui de Huygens, sans II. en avoir les inconvénients. C'est encore , pour le fond, celui dont se servent aujourd'hui les astronomes. Auzout publia sa découverte en 1666, et la fit réimprimer ensuite dans les Mémoires de l'académie des sciences pour 1693. L'honneur de cette invention a été réclamée par les Anglais, en faveur de Gascoigne, et Tounwley a publié à ce sujet une • dissertation dans les Transactions philosophiques; mais si, comme Tounwley l'assure, Gascoigne était en possession du micromètre à fils mobiles, du moins il ne l'avait pas publié, et, par conséquent, l'honneur de l'invention doit être attribué à Auzout, qui le premier en a fait jouir les savants. Auzout partagea aussi avec Picard l'honneur d'avoir appliqué les lunettes aux instruments divisés ; et l'on doit regarder cette idée comme une des plus heureuses que l'on ait eues pour l'avancement de l'astronomie observa- StJoyre, chevalier des ordres du roi, fit graver par Picart une médaille en l'honneur de Jacques d'Auzoles. Et non 1644, comme on le dit dans la Bibi. historiq. de la France, t. 4, append., p. 140. vatrice, puisque cette invention, celle du micromètre, et l'application du pendule aux horloges, qui est due à Huygens, sont les trois causes principales des progrès immenses que l'art de l'observation a faits depuis cinquante ans. Auzout mourut en •691. On lui doit un Traité du Micromètre, 1667 et quelques autres opuscules dont Lalande rapporte les titres dans sa Bibliographie astronomique. 11 a publié, en outre , dans les Mémoires de l'académie des sciences, plusieurs lettres sur les lunettes, et sur divers autres objets d'observation
  • Adrien BANKERT : né à Flessingue , fut nommé, en 1665, viceamiral, et, l'année suivante, lieutenantamiral de la Hollande. 11 n'était encore que capitaine de vaisseau, quand il se distingua par sa belle défense contre les Suédois qui vinrent attaquer, auprès de l'île de Veen, ses vaisseaux trèsendommagés par les glaçons. Malgré sa mauvaise position, il parvint à repousser les Suédois, et à se frayer un chemin jusqu'à Copenhague, où il fut reçu par le roi avec beaucoup de distinction. Dans un combat naval livré aux Anglais en 1666, Bankert courut risque de périr, son vaisseau étant sur le point de couler bas ; il se jeta avec son équipage dans quelques bateaux, mit le feu à son vaisseau, attaqua luimème les Anglais, et sauva trois vaisseaux hollandais qu'ils avaient déjà entourés. L'année suivante, il commanda cinq vaisseaux dans l'entreprise dirigée contre Chatham. En 1672, il se battit une journée entière contre les flottes combinées de la France et de l'Angleterre; il seconda ensuite Ruyter dans trois actions qui eurent lieu contre la flotte française, et qui furent toutes à l'avantage de la hollande, quoique les marins français, tels que d'Estrées et Martel, y déployassent la plus grande valeur. En 1674, les trois amiraux, Bankert, Tromp et van Nees , d'intelligence avec le chevalier de Rohan, formèrent le projet (l'une descente sur la côte de France ; mais ce projet ayant été éventé, ils ne purent s'emparer que de l'île de Noirmoutier, qu'ils évacuèrent au bout de quelques jours, après avoir pris dixneuf vaisseaux échoués sur la côte de l'île, et avoir exigé 30,000 francs de contributions. Bankert mourut à Middelbourg, en 1684 : son corps repose dans l'église StPierre de cette ville. Plusieurs médailles ont perpétué le souvenir de ses actions les plus glorieuses. — On présume que Jean BANKERT, qui périt dans la bataille navale entre les Hollandais et les Anglais, le '13 juin 1665; était son frère, et que Joseph Bankert, dont nous avons parlé, était son père
  • Adrien BEIER( 1634 - 1712) : jurisconsulte, qui s'est partiulièrement distingué par ses recherches sur les lois qui doivent régler l'industrie et les professions des artisans, naquit à léna, le 20 janvier 1634, et lit ses études à Iéna, Leipsick, Wittemberg, Rostock et Leyde : il était professeur de droit à Iéna, lorsqu'il mourut en 1712. Bien que les principes qui réglaient l'industrie en Europe et l'organisation des corporations d'artisans aient subi de grands change- . ments depuis la mort de Beier, ce qu'il a écrit s'ur ce sujet est encore utile et estimé en Allemagne. Ses principaux ouvrages sont : 1° Tyr°, prudentiœ juris opificiarii prœcursorum emissarius, Iéna , 1685 ; augmenté par Fréd.Cott . Struve, Iéna, 1717 ; 2° Tradatus de jure prohibendi, quod rom- pait opificibus et in opifices, Iéna, 1683 en-. richi par Struve, Iéna, 1721 3. Boethus pe- regre redux conspectibus et judice conspicuus, Iéna, 1685 ; augmenté par Struve, Iéna, 1717 40 de Collegiis opificum, Iéna, 1688 réimprimé avec des notes de Struve et de Gœbel, à Ilelmst:edt, 1727 5" Opus de eo quod circa carnifices el excoriatores justion est, 1702 etc
  • Adrien BEVERLAND( 1653) : avocat de Middelbouri.,„ y naquit en 1653 ou 1.654. La lecture d'Ovide, , 1111. 17ty. bn elucubralum a The- midis alumno. Fera redit facies, dissimulata perit, Eleutheropoli, extra plateam obscuram, sine priri- legio auctoris, absque ubi et quand° A la lin on lit : In horto Hesperidum , typis Adami , Eve, Terrce filii , 1678; réimprimé en 1679. Il en parut deux imitations en français , sous ce titre : État de l'homme dans le péché originel, etc. La première est de Fontenai, 1714, petit la seconde de J.L. Bernard, Amsterdam, 1731, 1741 et 1774 Le but de ce livre est de prouver que le péché d'Adam est son commerce charnel avec Eve, et que le péché originel est le penchant mutuel d'un sexe vers l'antre. L'université de Leyde, se croyant compromise par cet ouvrage, cita l'auteur devant son tribunal, l'enferma dans une prison, le raya de la liste des étudiants, le condamna à une amende de 100 duca- tons d'argent, et ne lui rendit la liberté qu'après lui avoir fait rétracter ses opinions et exigé de lui le serment de ne plus rien écrire de semblable. Béverland se retira à Utrecht, et , pour se venger de l'université de Leyde, il publia un pamphlet anonyme Vox clamantis in deserto, dans lequel les professeurs de cette .université sont trèsmal traités. Les magistrats d'Utrecht ayant reçu des plaintes sur la conduite licencieuse de Béverland, et sur la corruption qu'il répandait parmi les jeunes gens de la ville, le bannirent de leur territoire. Se voyant méprisé dans sa patrie, il passa en Angleterre, oit Isaac Vossius, qui estimait ses talents, eut pitié de lui, et lui procura une petite pension. Ce qu'il y a de remarquable, c'est que cette pension , accordée à l'homme le plus libertin de son siècle, avait été assignée sur les fonds ecclésiastiques. Il est vrai qu'il publia quelque temps après une belle pièce de morale : de fornicatione cavenda Admonilio, Londres, 1697 dans laquelle il déclare qu'il a reconnu ses erreurs et sa honte ; que Dieu a dessillé ses yeux pour voir toutes ses turpitudes, et qu'il lui a inspiré le courage de brider ses ouvrages et d'envoyer au recteur de l'u- , niversité de Leyde son livre de Prostibulis velerum , enfin, qu'il prie tous ceux qui auraient de lui des écrits licencieux, de les lui renvoyer; mais on est tenté de regarder cette déclaration comme une nouvelle preuve de son impudence. Il tomba enfin dans une misère extrême et mourut de démence en 1712. Il existe une lettre latine adressée par le docteur Browne au professeur Leclerc, à Amsterdam. On y apprend que Béverland s'était converti, qu'il était rentré dans le sein de l'Église ; qu'il avait reçu la communion des mains de l'évêque de Lincoln, et que le roi d'Angleterre était sur le point de le rendre à sa patrie. Cette lettre parait suspecte ou du moins inexacte. 11 n'est pas vraisemblable que ce prince eût voulu accorder une telle grâce à un homme accablé du mépris général. Il n'y a que quelques sa- vants contemporains qui parlent de ses connaissan- ces avec estime, tout en condamnant sa conduite , immorale. On dit que son ouvrage de Prostibulis veterum était un recueil de gravures et de dessins licencieux qu'il avait collés sur des cartons, et au dessous desquels il avait écrit des vers tirés des poètes anciens. Il parait que cette collection immo- rale fut anéantie avant la mort de Béverland : quel- ques auteurs assurent qu'elle fut publiée en Angleterre. On lit paraître, en 1746, douze lettres latines de Béverland, adresséès à des hommes célèbres de son temps
  • Adrien BOURDOISE( 1584) : l'un de ces prêtres vertueux et zélés dont la Providence se servit au commencement du 17' siècle pour ressusciter en France l'esprit du sacerdoce, presque éteint pàr les désordres des guerres civiles. Il naquit le 1" juillet 1584, au diocèse de Chartres, de parents pauvres et vertueux, ne commença ses études qu'à l'âge de vingt ans, et se lia étroitement avec St. Vincent de Paul et Olivier, fondateur du séminaire de StSulpice. Zélé pour l'instruction des peuples et pour la discipline ecclésiastique, il se livra sans réserve aux catéchismes, aux missions, aux conférences, prit une part trèsactive à toutes les entreprises de son temps qui eurent ce double objet pour but, et institua, en 1618, la communauté des prêtres de StNicolasduChardonnet, qui a subsisté avec édification jusqu'à la révolution. Cette petite congrégation n'avait que trois établissements, le séminaire et la communauté de StNicolas à Paris, et le séminaire de Laon. Bourdoise donna des règles aux filles de SteGeneviève, dites ? liramiones Dissertation sur les effets de l'extrait de ratanhia dans les hémorragies, Paris, 1808 CH—s. fondatrice ), et mourut en réputation de sainteté, le 19 juillet 1655. Sa vie a été écrite par Descourveaux, Paris, 1714 Bouchard en a donné une seconde édition, revue, corrigée et abrégée, Paris, 1784 Peu de temps après sa mort, il parut un ouvrage intitulé : l'Idée d'un bon ecclésiastique
  • Adrien BRAUWER( 1608) : peintre, que l'on nomme encore BRAUR, BRAWER, BROUR et BROUWER, naquit en 1608, à Harlem , et plus probablement, à Oudenarde , oit son père était dessinateur de tapis de haute lisse. On peut caractériser cet artiste en rappelant l'acception que le vulgaire, injustement sans doute, donne au mot peintre. Du feu, de l'enthousiasme, le goût de la dissipation, la plus profonde incurie sur l'avenir, il faut même ajouter une existence crapuleuse, voilà ce qui composa la courte carrière de Brauwer. Cependant, doué par la nature des plus heureuses dispositions, il mérita que ses tableaux fussent placés au premier rang parmi ceux du mème genre, et que Rubens fût luimême au nombre de ses admirateurs. Brauwer naquit dans la misère , et peut-être influatelle sur sa conduite. Encore enfant, il traçait des fleurs et des oiseaux sur des bonnets que sa mère vendait pour subsister. François Bals, peintre habile, mais un de ces hommes . qui spéculent sur tout, fut frappé du talent du jeune Brauwer, et l'emmena chez lui, à Harlem. Bientôt Brauwer, séparé de ses camarades, excédé de travail et trèsmal nourri, passa les jours entiers dans un grenier, occupé à peindre dé petits tableaux, dont il ignorait le mérite, et dont François Bals recevait le prix. On cite de lui, à cette époque, deux jolis tableaux de genre, représentant les Cinq Sens et les Douze Mois. 11 voulut enfin se procurer une existence plus supportable, et, après une première tentative inutile, parventi à s'enfuir, il se rendit à Amsterdam. Il fut très-étonné d'apprendre que ses ouvrages y étaient connus et estimés. Ayant reçu 100 ducatons d'un tableau , il eut peine à concevoir qu'un pareil trésor fût en sa possession, répandit l'argent sur son grabat, et se roula dessus. En dix jours qu'il passa dans la débauche, il dissipa toute sa petite fortune, et lorsque le marchand de tableaux qui le logeait lui demanda ce qu'il avait fait de son or : « Je m'en « suis débarrassé, réponditil, pour être plus libre. » Brauwer adopta invariablement, pour le reste de sa vie, ce plan d'inconduite. Le cabaret devint son atelier ; encore se gardaitil bien de travailler, tant que son hôtesse n'insistait pas pour être payée. Original en tout, lorsqu'on ne lui donnait pas du tableau qu'il avait envoyé vendre le prix qu'il y avait fixé, il le jetait au feu, et en commençait un autre avec plus de soin. Ses saillies étaient toujours gaies, et quelquefois piquantes. Tout le monde connaît l'Épitre à mon habit, par Sedaine; longtemps avant qu'elle fùt composée, Brauwer avait mis en action la morale qu'elle renferme. Ses parents lui ayant souvent reproché sa négligence dans ses vêtements, il se fit faire un bel habit de velours, et fut aussitôt invité à une noce : alors il prit le plat dont la sauce lui parut la plus grasse et la plus abondante, et en couvrit son habit, en disant que c'était à lui de faire bonne chère, puisque c'était lui qu'on avait invité. Brauwer étant allé d'Amsterdam à Anvers, dans le temps où les guerres des PaysBas étaient dans toute leur force, fut arrêté dans cette dernière ville comme espion, et emprisonné à la citadelle. 11 annonça qu'il était peintre, se réclama du duc d'Aremberg, qui y était aussi prisonnier, et ayant obtenu, par le moyen de ce prince, tout ce qu'il lui fallait pour taire un tableau, il peignit avec tant de force et de vérité les soldats qui le surveillaient, occupés à jouer dans le corps de garde, que Rubens, à la vue de ce tableau, s'écria : « C'est l'ouvrage de Brauwer : lui seul peut « aussi bien réussir dans de pareils sujets, » et surlechamp il en offrit 600 florins ; mais le duc ne voulut point le vendre, et ce tableau *doit se trouver encore dans la galerie de cette illustre maison : Rubens ne se borna point à ces preuves d'estime pour le talent de Brauwer, il le lit sortir de prison en le cautionnant, l'habilla, le logea chez lui, et l'admit à sa table. Brauwer, au lieu de reconnaître tant de générosité, s'échappa furtivement de chez son bienfaiteur, pour retomber dans ses désordres, qui devinrent même alors plus scandaleux qu'auparavant. 11 se logea chez un boulanger nommé Craësbeke, qui parvint à se rendre habile peintre, en étudiant sa manière. Cet homme, dont les penchants s'accordaient trèsbien avec ceux de Brauwer, avait une femme jolie. Il poussa aussi loin qu'il était possible la reconnaissance envers son maitre et son ami, et l'union entre ces trois personnes devint si intime, que, dans un pays où les moeurs sont généralement respectées, la justice les obligea de prendre la fuite. Brauwer étant allé à Paris, n'y trouva point d'ouvrage, et revint à Anvers. Réduit à une extrème détresse, il y tomba malade, et mourut à l'hôpital, en 1640, àgé Seulement de 52 ans. Rubens, qui ne se ressouvenait que des talents de Brauwer, obtint que son corps Ml retiré du cimetière public, et le fit ensevelir hono- rablement dans l'église des Carmes. 11 se proposait en outre d'honorer par une épitaphe la mémoire de ce peintre, mais il mourut luimême peu de temps après. Brauwer employa trop mal la plus grande partie de son tenips, et mourut dans un âge trop peu avancé pour que ses tableaux ne soient pas en petit nombre. Tous se ressentent des lieux que cet artiste fréquentait, encore n'atil pas su imiter l'exemple de Téniers, et jeter dans des sujets ignobles la variété dont ils sont susceptibles ; mais ils n'en sont pas moins payés, par les amateurs, des prix considérables : c'est qu'en effet il serait difficile de porter plus loin la force et l'harmonie de la couleur, l'esprit de la touche, l'intelligence du clairobscur et la vérité de l'expression. Le musée du Louvre possède trois tableaux de ce maitre, celui qui est connu sous le nom du Jeu de Cartes suffirait seul pour justifier les éloges que l'on vient de donner à Brauwer
  • Adrien CASTELLESI : en latin CASTELLENS1S, ou CASTELLUS, cardinal, né à Corneto en Toscane, d'une famille pauvre et obscure, s'éleva par son mérite personnel aux premières dignités de l'Église. Il s'était préparé par d'excellentes études à remplir les plus importantes fonctions, lorsque Innocent VIII l'envoya en Écosse pour terminer les dissensions qui agitaient ce pays; niais ayant appris à Londres que le malheureux Jacques III avait péri dans une bataille contre ses sujets, il n'alla pas plus loin. Morton, archevêque de Cantorbéry, le présenta à Henri VII comme l'homme le mieux en état d'être son agent à la cour de Rome. Ce prince fut tellement satisfait de ses services dans cette mission, qu'il lui donna, en 15 était doué des plus rares talents naturels et acquis. On le regarde comme un des plus habiles latinistes de son temps. Sa passion pour rétablir dans sa pureté la langue des anciens Romains l'engagea dans beaucoup de dépenses pour en encourager l'étude, par les récompenses qu'il donnait à ceux qui y excellaient, et par le soin qu'il eut de procu- rer de borines éditions de plusieurs auteurs latins. Il envoya son parent, Polydore Virgile, en Angleterre pour y ,propager le même gat, et donna luimême l'exemple d'une latinité pure et élégante dans divers ouvrages sortis de sa plume : 1° de Sermone latin° et Modo latine loquendi. Bàle, 151S; Paris, 1528 souvent réimprimé. 20 De Fe- natione, et Julii III Der, Venise, Alde, 1534 et avec l'ouvrage précédent, Lyon, Gryphe, 1548 5. De Vera Philosophia ex qua- tuor doctoribus Ecclesiœ, Do!ogne, 1507. Jér. Ferri, Professeur de belleslettres dans l'université de Ferrare, a publié, en 1771, à Faenza, un ouvrage curieux sur les travaux de ce cardinal, intitulé : Pro lingue latine Usu, epistolce adversus Alembertium ; prœceda cornmentarius de rebus gestis et scriptis Hadriani Castelli card., quo imprimis autore, lati- nitas restauta. Ces lettres sont contre d'Alembert, qui avait prétendu qu'il était impossible aux modernes de bien parler et de bien écrire en latin
  • Adrien COLLAERT( 1520 - 1567) : dessinateur et graveur, naquit vers 1520 à Anvers. Après avoir appris dans sa patrie les principes de son art, il alla visiter les chefsd'oeuvre de l'Italie : c'est là qu'il se toima cette grande manière de graver qui est le caractère distinctif de son talent. A son retour à Anvers, il publia successivement un grand nombre d'estampes. Les gravures de Collaert sont exécutées avec beaucoup de propreté ; niais on leur reproche un pen de sécheresse ; les niasses de lumière sont rarement bien ménagées, et les ombres, également fortes partout, détruisent l'effet de l'ensemble. Ces défauts sont rachetés par une grande correction de dessin, et des figures pleines de caractère. Plusieurs des gravures de Collaert sont faites d'après ses propres compositions. Les Annonciations , l' Isaac, le Sam- son, le Si. Jean- Baptiste, les Bergers, sont regardés comme les meilleures estampes de ce maitre. Il mourut à Anvers en 1567. — Son fils, Jean CoLLARET , fut aussi graveur, et eut beaucoup de part aux ouvrages de son père. Il fit seul, d'après Rubens, plusieurs gravures estimées, et que l'on préfère même à celles d'Adrien
  • Adrien DUPORT : conseiller au parlement, en la chambre des enquètes, et député aux étatsgénéraux en 1789, par la noblesse de la ville de Paris, fut un des hommes qui se tirent le plus remarquer dans les premières années de la révolution. Il était un des plus jeunes magistrats de sa compagnie , lors de la lutte qui , en 1787 et 1788, s'établit entre ce grand corps et le gou- vernement de Louis XVI, et fut néanmoins un de ceux qui , dans ces débats précurseurs d'un bouleversement terrible, contribuèrent le plus à paral)ser les efforts de l'autorité royale, qu'il devait attaquer bientôt avec plus de violence et de succès encore, dans la grande assemblée dont il fut membre. S'il faut en croire les personnes les mieux instruites des intrigues d'alors, c'est chez lui, qu'avant la réunion des états, se rassemblaient les plus dangereux adversaires du gouvernement, et que déjà se combinaient les moyens de le renverser. L'anecdote suivante, rapportée plus tard par un ancien magistrat du parlement, qui connaissait particulièrement Duport, vient à l'appui de ce qu'on vient de dire. Ceux qui ont suivi les évènements dans ces temps orageux , n'ont pas oublié le lit de justice tenu le 8 mai 1788, dans lequel le roi enjoignit au parlement de transcrire sur ses registres les édits bursaux, qui faisaient pousser des clameurs si hautes à la suprême magistrature. « Voici , dit M. Ferrand , en parlant de ces « lois, une anecdote qui peut paraître intéres- « sante, parce qu'elle appartient à l'un des plus « violents moteurs de la révolution. Adrien « Duport,qui, certes, pendant l'assemblée consti- « tuante, a travaillé avec le plus de suite à « détruire pièce à pièce tout ce qui constituait « la monarchie, se trouva à côté de moi, en « sortant du lit de justice du 8 mai : Eh bien, « lui disje, voila done Ce jr rand secret! sur « quoi il reprit tout à coup : Ils viennent d'ou- « vrir une mine bien riche; ils s'y rimeront, « mais nous y trourerons de l'or. La révolution, « qui avait toujours été dans son cœur, était « déjà dans sa tète. » Effectivement, la carrière wfut à peine ouverte, qu'il se prononp. pour les e.hangements projetés, protesta contre les délibérations de son ordre, qui voulait maintenir l'ancienne composition des étatsgénéraux, et se réunit au tiers-état avec quarantesix de ses collègues ; parti que l'histoire désignera sous la dénomination de mi,, orité de la noblesse, et où figurèrent les premières familles de France. En. arrivant dans la nouvelle assemblée, Duport prit place parmi les plus ardents révolutionnaires, qui se groupaient à l'extrémité de la salle, L gauche du président. Les hommes qui formaient cette dangereuse ligue, n'étaient guère que trente à quarante, et ils vinrent cependant à bout de dominer le reste de l'assemblée, dont • la très grande partie ne voulait que des réformes et point de révolution. Duport eut la plus grande part aux efforts qu'il fallut employer pour arriver à ce but. Il se lia particulièrement avec le jeune Barnave, dont les grands talents servaient au développement de ses pensées ; avec La BordeMéréville, le plus opulent propriétaire de France ; avec le duc d'Aiguil- lon et plusieurs autres personnes du plus haut 0) Ministre d'Eire sous le roi Louis XVIII, note 6, sur la sreordr partie de l'Eloge tle madame Éliçabesh. parage, qui, par leurs moyens pécuniaires et la connaissance qu'ils avaient du caractère et des ressources des hommes de la cour et du parti opposé, étaient en état de les combattre avec le I) lus d'avantage. On dit combattre; car, au point d'exaltation et d'irritation où étaient les esprits, ou l'assemblée devait être dissoute par la force, ou elle devait asservir l'autorité royale ; les chefs de la révolution, convaincus qu'ils ne seraient pas épargnés si la cour recouvrait toute sa puissance, n'avaient que la ressource de l'insurrection, pour se tirer du mauvais pas où ils s'étaient engagés. Il était siins doute facile de l'effectuer dans la capitale ; tous les éléments étaient préparés , et on n'y attendait pins que le signal ; mais on ne pouvait pas exciter avec autant de facilité le même mouvement dans les provinces, et une telle commotion , si elle n'eût pas été générale, au lieu de sauver l'assemblée, aurait pu l'enseN;elir ellemême sous les décombres dont elle s'environnait chaque jour. Quel prétexte donner, d'ailleurs, à une révolu- tion ? Pour paral?ser l'autorité royale , il fallait iilors paraître prendre, aux veux du peuple, les intérêts du monarque himême. Cc n'était donc que par des voies détournéesqu'on pouvaitarrier au butqu'on se proposait d'atteindre. Pour déterminer les Français à prendre les armes, Duport imagina de faire répandre dans tout le royaume, même dans les plus petits villages, que des brigands arrivaient en même temps de divers points pour les dévaster. Ses opulents associes fournirent l'argent nécessaire au succès de cette ruse. L'arrivée des prétendus brigands fut crue, chacun s'arma pour les repousser : il ne s'en présenta aucun, mais tout le monde resta sous les armes. Les évènements qui se passaient à Paris en fournirent le prétexte. Dans plusieurs prov beaucoup de ces nouveaux soldats armés pour repousser des brigands imaginaires, répandirent bientôt le désordre et la destruction. L'assemblée retentissait chaque jour de pla et de réclamations, il fallait faire cesser ces violences, ou au moins paraître avoir l'intention de les faire cesser. Adrien Duport proposa de former un comité de quatre membres seulement, dans le sein de l'assemblée, qui serait chargé de lui rendre compte de toutes les affaires sur lesquelles il croirait utile d'appeler son attention. En créant une semblable institution, Duport présumait qu'il pourrait la diriger, et que par suite il maîtriserait les délibérations de l'assemblée, dont le comité deviendrait le régulateur. Ce comité, le premier de tous ceux qui usurpèrent depuis les fonctions administratives, ne fut cependant pas organisé d'après les vues de l'auteur. Le député Dandré, conseiller au parlement d'Aix, qui à beaucoup de jugement joignait une grdinde finesse d'esprit, exposa que le comité' proposé inspirerait plus de confiance s'il était formé d'un plus graed nombre de per- sonnes, et iJ le fut effectivement de cet te manière . Des députés de tous les partis furent appelés à le composer, et cette composition neutralisa les projets de Duport Mais cet échec ne le déconcerta pas, et on le vit paraître en première ligne dans la nuit du h août, où il se montra favorable aux curés de campagne, et ensuite, lors des évènements des 5 et 6 oetobre1789, lorsque le parti de la cour et celui del'assembléeétaient de nouveau en présence, et que les défenseurs de l'autorité relaie voulaient essayer encore de la rétablir dans ses droits. Une nouvelle insurrection se préparait à Paris, et la cour organisait à Versailles des moyens de résistance. On ) avait fait venir le régiment de Flandre, et on avait imagine, de faire fraternise les officiers de ce corps avec les gardes du roi, qui donnèrent, à cette occasion, un repas fameux dans les annales de la révolution. L'assemblée avait décrété une déclaration des droits de l'hommeetdu cito)en, avec plusieurs articles d'une constitution nouvelle, et deniandait avec instance que le roi publiât la déclaration et acceptât les articles. La réponse critique que fit sa majesté, mais qu'il ne fit point contresigner par ses ministres, excita les plus violents murmuresdans le partirévolutionnaire. Duport regretta que la lettre ne fût pas contresignée, et déclara qu'il aurait poursuivi le ministre qui devait en êtrere4ponsable. Il dénonça ensuite le banquet des gardesducorps, où, ditil, on avait pris la cocarde blanche et proféré les plus criminelles imprécations contre l'assemblée nationale. Son collègue Pétion et d'autres députés, dénoncèrent à peu près les mêmes faits; alors la fermentation devint extrême à Versailles même, où le peuple était peut-être encore plus mal disposé pour la famille royale que celui de Paris. On a dit que le soir on avait vu buport parcourir les rangs du régiment de Flandre et en haranguer les soldats, qui, effectivement, abandonnèrent bientôt leurs officiers et se réunirent aux insurgés. Duport paraissait tellement ami de l'égalité politique , qu'il voulait que le bourreau même pût exercer les droits de cité dans toute leur plénitude. Il vota contre la sanction royale , même suspensive ; le s)stème qu'il professa dans les premières années de la révolution , semblait tendre à une constitution entièrement républicaine; mais il devait.avoir des vues d'une nature toute différente. Il est vraisemblable qu'il était de l'avis d'un révolutionnaire fameux qui disait qu'on ne pouvait retpurner à la monarchie qu'en traversant la république ; mais il voulait, comme Duport, que cette monarchie lui dût son existence. Dans les délibérations où il n'était question ni de dénonciations violentes, ni d'exciter des mouvements populaires , Duport parlait sur les plus impoeantes questions, avec méthode et sagesse, et surtout mec une profonde sagacité. C'est ce qu'on vit dans les sujets de simple législation, et notamment lors- qu'on discuta l'établissement de la procédure par jurés ; il répondit à toutes les objections qui furent faites, avec un rare talent , et l'on peut , age de Varennes, Duport fut un des députés chargés de recevoir les déclarations du roi, et soit que ce prince lui de l'intérêt, soit qu'il aperçût peu le mouvement de la révolution, et qtte la faveur populaire allait abandonner son parti, il changea tout-àcoup de système, et ses amis et lui se déclarèrent les défenseurs du monarque dont ils avaient détruit l'autorité; on le vit même provoquer la révision des articles les plus populaires de la constitution. Il devint président du tribunal criminel de Paris , et en remplit les fonctions jusqu'au 10 août. Sous l'assemblée législative, il fut appelé plusieurs fois auprès du roi, avec Barnave et autfes, pour aider le monarque de ses corseils; mais d'autres conseillers P i n'avaient pas les mêmes reproches à se faire, avaient aussi l'oreille du prince. Ces avis essentiellement différents, et inspirés par des intérêts différents , agirent en sens inverse sur l'opinion du roi, lui firent prendre de fausses mesures et ne contribuèrent pas Écu à ses malheurs. On prétend qu'avant la révolution du 10 août, Duport donna à Louis XVI certains conseils qui l'eussent sauvé, s'il avait pu se déterminer à les suivre ; mais leur violence l'épouvanta, et il aima mieux être luimême victime que de répandre leabsang de ses sujets. Duport prit la fuite - après la journée du 10 août et fut arrêté à Melun. Il se sauva des prisons de cette ville à l'époque du 2 septembre 1792. Danton, qui lui avait des obligations, organisa une émeute contre les prisonniers , pour favoriser son évasion. Il n'eût pas osé le mettre en liberté par les voies ordinaires. Les individus qui s'étaient emparés du pouvoir , connaissaient ses moyens et voulaient absolument s'en défaire, et Danton se fût perdu en favorisant ouvertement celui qui avait été son protecteur. Duport revint à Paris avant la journée du 18 fructidor; mais il était déjà , malade et fort affaibli; les évènements le forcèrent à s'enfuir de nouveau chez l'étranger. et il mourut , sous un nom supposé, à Appenzell, - en Suisse, au mois d'août 1798. 11 avait fait une traduction de Tacite, qui ne s'est pas retrouvée
  • Adrien GAMBART( 1600 - 1668) : vertueux et modeste ecclésiastique du diocèse de Noyon , qui fit peu de bruit et beaucoup de bien , naquit en 1600. Il se mit sous la discipline de StVincent de Paul , fut un des premiers membres de sa congrégation, et devint son ami et le coopérateur de ses pieux desseins. Gambart se dévoua à l'instruction des pauvres et des gens de la campagne , et mourut saintement à Paris en 1668. On a recueilli ses ouvrages sous le titre de Missionnaire paroissial ; ils consistent en deux volumes de prônes et six volumes de sermons sur les fètes : le style en est simple, clair, plein d'onc- tion, et tel qu'il convient à la classe que Gambart avait en vue; ces instructions sont encore recher- chées aujourd'hui et méritent de l'être : les ecclésiastiques qui , à l'exemple de Gambart, se dévouent à l'enseignement du peuple y trouveront des modèles et des secours. Il est aussi auteur d'une Vie symbolique de St- François de Sales, sous 59. emblémes, Paris, 1664 L y
  • Adrien GRESLON( 1618 - 1697) : jésuite , pé à Périgueux eu .1618, entra dans la société à l'âge de dixneuf ans, et, après avoir professé les belleslettres es la théologie dans différents colléges , fut envoyÈ aux missions de la Chine. Il arriva dans cet empire en 1657, et ne revint en France qu'au commencement de l'année 1670. Le père Greslon moùrut en 1697. On a de lui l'Histoire de la Chine sous la do- mination des Tartares, depuis 1651 jusqu'en 1669, Paris, 1671 rédigea cet ouvrage en partie sur les récits de ses confrères et en partie d'après ses propres observations. On lui attribue encore des lies des saints patriarches de l'Ancien Testament, avec des réflexions en langue chinoise
  • Adrien GUIGNET( 1817 - 1854) : peintre, naquit le 24 décembre 1817 à Annecy . Son père, modeste intendant du château de Verneuil, le plaça à l'âge de seize ans chez un géomètrearpenteur; mais le jeune Guignet déserta les bureaux de son patron pour se 'rendre à Paris , riche (l'espérance et décidé à s'adonner à la peinture, pour laquelle il se sentait une vocation irrésistible. Il entra dans l'atelier de M. Blondel, d'où il sortit en 1839. Courageux, persévérant, enthousiaste de son art, sa détresse fut parfois extrénie; niais il ne recula devant aucune souffrance. Une mort prématurée, arrivée à Paris le 19 mai 1854, le ravit aux arts au moment meule où son nom commençait à sortir de l'obscurité, alors que les commandes venaient récompenser ses efforts en lui donnant sinon la richesse, l'aisance ou du moins la possibilité de vivre. 11 n'était âgé que de 57 ans. Guignet n'était pas sans mérite. Imitateur (l'abord de Salvator Rosa , ensuite de Decamps, sa personnalité s'était , dans ses derniers tableaux, dégagée de ses modèles. Son faire ne manquait ni de hardiesse ni mème parfois de grandiose. Nous signalerons comme ses principales productions : Un combat de barbares dans un défilé . 1842 ; Salvator Rosa et les brigands, 1844 , lithographié par Leroux ; Joseph expliquant les songes , 1815 , tableau d'une merveilleuse exactitude architecturale, qui se trouve au musée de Rouen ; Xercès pleurant sur son armée, 1846, où l'on voit un bel effet de soleil couchant; l'Orgie de Condottieri, 1816 ; Don Quichotte faisant le fou. 1848 ; le Mauvais riche , 1848 , lithographié par Leroux; la Fuite en Égypte, 1848; et plusieurs tableaux qui lui furent commandés en 1849 par le duc de Luynes , pour son château de Dampierre : La Défaite d'Attila par Aetius, le Festin de Balthazar, les Jardins d' Armide ; la mort ne lui permit pas de terminer entièrement cette dernière toile , rune de ses meilleures
  • Adrien HELVÉTIUS( 1661 - 1727) : médecin hollandais, fils du précédent, naquit vers l'an 1661 , d'une famille originaire du Palatinat, et dont le nom primitif était Helvez . Il fit ses études à Leyde, et ne les eut pas plutôt achevées, que JeanFrédéric SOI) père, parvenu aux places honorables de premier médecin des étatsgénéraux et du prince d'Orange , l'envoya en France, sans dessein de l'y fixer, mais pour lui faire connaltre les curiosités de la capitale , et lui faire débiter des poudres de sa composition qu'il croyait capables de l'enrichir dans un pays où tout ce qui est nouveau est souvent adopté avec empressement et prôné avec enthousiasme. Le débit des poudres n'ayant pas eu cependant le succès que le jeune Helvétius s'en promettait, la nécessité le ramena près de son père, qui le renvoya de nouveau tenter la fortune avec d'autres poudres, selon lui plus éprouvées et plus efficaces, et qui néanmoins ne furent pas mieux accueillies. Sur ces entrefaites, livré à ses propres ressources, notre empirique fit connaissance avec un riche droguiste de Paris, alors affecté d'une maladie trèsgrave, et que traitait Dafforty, médecin de la faculté. Délivré de sa maladie par les soins de ce dernier, le droguiste lui offrit par reconnaissance quelques livres de racine du Brésil, qu'il regardait comme quelque chose de fort précieux ; mais ce médecin , ignorant la vertu de cette racine, mit, par le peu d'estime qu'il en fit, le droguiste dans le cas de la céder au jeune Helvétius. Celuici , en- treprenant et actif, ayant multiplié les expé- C'est ce qu'assure Hirsching dans son Dictionnaire histo- rique littéraire des personnages du 18. siècle, article HELVÉTIUS, p. 88. riences et cru reconnaltre à cette substance une vertu spéciale contre la dyssenterie , publia aussitôt sa découverte par de nombreuses affiches ; la ville et la cour retentirent bientôt du bruit de ses succès, et le ministre Colbert honora le jeune médecin de sa confiance et de sa protection. Dans ce mème temps , le Dauphin , fils de Louis XIV, ayant été attaqué de la dyssenterie , Daquin , alors premier médecin, envoya chercher Helvétius, qui offrit de soumettre sa poudre à de nouvelles expériences dans les hôpitaux, et avoua méme à Daquin que ce spécifique n'était autre que l'ipécacuanha , dont on ignorait encore l'usage. La réputation du remède gagnant de plus en plus , le P. Lachaise , confesseur de Louis XIV, engagea Helvétius à le communiquer au P. Beize , qui allait en mission, en lui promettant de lui en garder religieusement le secret. Helvétius y consentit dans des vues d'humanité auxquelles on ne peut trop applaudir, et bientôt après, le P. Lachaise ayant parlé au roi luiméme des succès étonnants du remède , le médecin eut ordre de rendre son secret public, et reçut du roi une gratification de mille louis d'or. Dès lors il ne fut plus parlé que du médecin hollandais : c'était à qui lui donnerait sa confiance, et il fut successivement revau des titres d'écuyer, de conseiller du roi, de médecin inspecteur général des hôpitaux de la Flandre française et de médecin du duc d'Orléans , régent du royaume. Au milieu de tous ces succès et de tous ces honneurs , Helvétius ne fut cependant pas exempt de quelques tribulations. La racine d'ipécacuanha avait paru en France en 1672. Un certain Legros, qui avait fait trois voyages en Amérique , en avait apporté une assez grande quantité. Craquenel, apothi- caire , en avait eu de lui; mais , n'en connaissant pas la vertu , il s'était avisé d'en donner deux gros pour une dose , et l'avait par là décréditée. Au moment où Helvétius s'empara de l'emploi de cette poudre , un nommé Garnier, que le désordre de ses affaires avait réduit à subsister à l'aide de quelques relations qu'il avait en Espagne, fut celui que choisit notre médecin pour lui procurer tout ce qui était arrivé de racines d'ipécacuanha en France. Cet homme , ainsi employé commue simple commissionnaire, osa prétendre que c'était à lui qu'on était redevable du nouveau remède. Il fut condamné au Châtelet et au parlement de Paris par deux jugements extraordinaires. Helvétius enfin jouit paisiblement de sa réputation et des succès de son remède, et mourut à Paris le 20 février 1727, âgé de 65 ans. Si l'on en croit le P. Griffet, dans son Histoire des négociations qui précédèrent le traité d'Utrecht , Adrien Helvétius aurait été employé dans ces négociations par M. de Chamillart, et s'en serait tiré avec toute la sagesse et la prudence d'un homme occupé toute sa vie du maniement des affaires. On a de ce mué- Liége, 1767 p. 125. decin : 10 Remèdes contre les cours de ventre, Paris, 4 688 ; 2° Lettres sur la nature et la guérison du cancer, 1691 et 1706 L'extirpation est, selon l'auteur, le seul remède contre le cancer confirmé : dans les meilleurs topiques , il ne voit que des palliatifs. 30 Méthode pour guérir toutes sortes de fièvres sans rien prendre par la bouche, Paris , 1694 et 1746 ; Amsterdam et Leip- sick, 1694 en latin. Il propose le kina pris en lavement. 40 Traité des pertes de sang avec leur remède spécifique , accompagné d'une lettre sur la nature et la guérison du cancer, Paris, 1697 et 1706 Son spécifique n'est autre chose que la combinaison de deux parties d'alun et d'une de sangdragon , connue dans la pharmacie sous la désignation d'alun teint de Mynsicht, ou pilules d'Helvétius. 5° Dissertation sur les bons effets de l'alun, 1704 ; 6° Mémoires instructifs de différents remèdes pourles armées du roi, Paris, 1705 ; '70 Traité des maladies les plus fré- quentes et des remèdes spécifiques pour les guérir, Paris, 1703, 1707 ; 3e édition, 17'24, 2 vol. ; 4e édition , 1739 ; 8° Méthode pour traiter la vérole par les frictions et par les sueurs, la Haye, 1710 ; ouvrage insignifiant ; 9° Recueil des méthodes approuvées des écoles de médecine pour la guérison des plus dangereuses maladies qui attaquent le corps humain, Trévoux, 1710 ; 100 Re- mèdes contre la peste , Paris, 1721
  • Adrien JUNIUS( 1512 - 1575) : ou de Jonghe , l'un des savants les plus féconds d'un siècle qui en a tant produits, naquit à Horn, en 1512. Son père, ancien bourgmestre de cette ville, homme de mérite et trèsinstruit, lui fit faire ses premières études à Harlem et à Louvain ; il vint ensuite les continuer à Paris, et en Italie, où il prit ses degrés en médecine à l'université de Bologne. Après avoir satisfait sa curiosité, en parcourant cette belle contrée, il prit sa route par l'Allemagne, et passa en Angleterre, où le duc de Norfolk le retint quelques années. De retour en Hollande , il établit son séjour dans la ville' d'Harlem, et y pratiqua son art avec tant de succès, que le roi de Danemarck l'appela, en 1556, à Copenhague , pour y remplir la place de son premier médecin; mais, n'ayant pu s'habituer au climat, il revint à Harlem , en 1564, et, quelque temps après, fut nommé recteur des écoles de cette ville. Il s'appliqua surtout à y faire fleurir les bonnes études, et publia plusieurs ouvrages qui augmentèrent sa réputation. Les Espagnols ayant assiégé Harlem en 1573, il parvint à sortir de la place pour se rendre auprès du prince d'Orange, alors malade, et qui réclamait ses soins; mais, pendant son absence, sa bibliothèque et ses manuscrits furent pillés. Le regret qu'il ressentit d'une telle perte lui rendit le séjour de Harlem si odieux, qu'il quitta cette ville pour se retirer à Middelbourg. Il y tomba malade de chagrin , et mourut au bout de quelques mois, chez un de ses amis, à Armuyden, le 16 juin 4575, àgé de 63 ans. Junius s'était marié , quoique sans fortune, et il eut lieu de s'en repentir. Il éprouva souvent des privations, et le caractère de sa femme ajouta encore aux ennuis de sa position. On pourrait donc inscrire son nom sur la liste déjà si longue des hommes de lettres malheureux . Il avait des connaissances extrêmement variées, un esprit vif et pénétrant, et un style agréable. On a de lui : 1° des Traductions latines des Questions naturelles et médicales de Cassius, Paris, 1511 des Propos de table, de Plutarque; des Vies des philosophes, d'Eunape, et des Hommes célèbres d'Ilesycbius. Le docte Huet ne faisait pas grand cas des versions de Junius ; il assure que dans celle du petit livre d'Eunape, il se trouve un millier de fautes; 2. des Éditions de NoniusMarcellus et de Feulgentius Planciades , De prisco Sermone ; des Epigram? nes de Martial ; de l'Abrégé des Épithètes de Havisius Textor, et d'un Abrégé du commentaire d'Eustatbe sur Homère; 3. des Remarques critiques sur l'Apokolokintosis de Sénèque, sur les Comédies de Plaute, sur l'Épitre de Lucain à Calpurnius Pison , sur la Satire de Pétrone, etc.; 4° Lexicon grceco- latinum auctum, Bàle, 1548 Ce dictionnaire,que Junius avaitcomposé en Angleterre, fut mis à l'Index à Rome, parce qu'il l'avait dédié à Édouard VI , que le pape ne voulut pas reconnaître. Il fit des démarches pour obtenir la levée de la censure prononcée contre lui ; mais il n'y parvint pas, quoique appuyé par le cardinal de Granvelle, et par Lindanus, évêque de Ruremonde, qui attestaient son attachement sincère à la foi catholique; 5. De anno et mensibus commentarius fastorum liber et calendarium , Bâle, 1553 Ce traité a été inséré dans le tome 8 des Antiquités romaines de Grœvius ; 6. Philippus , seu Carmen heroïcum in nuptias Philippi 11 et AIarice reginœ Anglice, Londres, 1554 7° Animadversorum libri 6 et de coma Commentarius, Bâle, 1556 Francfort, 1604, et enfin avec de nombreuses additions tirées de la Bibliothèque de Corn. Van Arckel , Rotterdam, 1708 Les six livres d'observations ont été insérés par Gruter dans le 4e volume de son Thesaurus critius. Le Traité de la chevelure est curieux, et n'a point été inutile à ceux qui ont écrit plus récemment sur cette matière . 8. Adagiorum ab Erasmo omissorum centurie octo cum dimidia. Ce recueil d'apophthegmes et de sentences des anciens , a eu plusieurs éditions. Phalli ex fungorum genere in Hollandice sabaletis passim crescentis descriptio et ad vivum expressa figura , Delft, 1564; Leyde , 1601 C'est la monographie d'une plante de la famille des champignons : elle a été réimprimée, mais sans la figure, avec le recueil des lettres de Junius , Dordrecht, 1652 ; 100 Emblemata et cenignzata, Anvers, 1565 ibid., 1569 avec des additions, Leyde, 1596 Ce recueil d'emblèmes a été traduit en français par Jacques Grevin, Anvers, 1570 11° Nomenclator omnium rerum pro pria nomina varus linguis explicata indicans , Augsbourg, 1555 Anvers, 1577 Ce Lexique est dans le même genre que l'OnomastiC071 de Pollux : il contient, non pas alphabétiquement, mais par ordre de matières, l'indication des termes particuliers à chaque profession ; et l'on assure que Junius , pour les apprendre , fréquentait souvent les tavernes où se rencontraient les ouvriers. Ce vocabulaire a été souvent réimprimé, jusqu'au milieu du 47e siècle; car on trouve une édition de Liége, 1654 : mais on ne fait cas que de celles qui sont en un grand nombre de langues. Celle de Francfort, 1620 en a sept, et celle de Genève, 1619 huit. On recherche surtout l'édition de 1633, à laquelle Guill. Quiquier a joint une traductién en bas breton; 12° Bataria, Leyde, 1588 Dordrecht , 1652 C'est dans cet ouvrage qu'on a, pour la première fois , attribué à Laurent Coster l'honneur de la découverte de l'imprimerie ; 13° Poemata pia et moralia, Leyde , 1598 14° Epistolce et oraiio de artium liberalium dignitate, Dordrecht, 1652 Ce recueil est précédé d'une Vie de Junius, qui ne passe pas pour être exacte. On peut consulter, sur cet écrivain, le Dictionnaire de Bayle, Niceron, t. 7, et les biographes flamands. Son portrait a été gravé par Larmessin
  • Adrien KLUIT( 1735) : historien et publiciste hollandais, naquit à Dordrecht le 9 février 17511. Après ' avoir fini ses humanités dans sa ville natale, il fut envoyé par ses parents à l'académie d'Utrecht pour y étudier la médecine ; mais son goût dominant pour la littérature ancienne, ainsi que pour l'histoire, eut bientôt changé cette destination. Il trouva d'excellents maitres dans Wesseling et Saxius, et se signala parmi leurs disciples. Ayant terminé ses études, il fut successivement appelé aux fonctions du préceptorat et du rectorat dans les écoles dites latines de Rotterdam, de la Haye, d'Alckmaer et de Middelbourg. Le magistrat de cette dernière cité ne tarda pas d'ajouter à >on titre de recteur celui de lecteur en éloquence et en langue grecque ; et , en 1776, ce titre fut encore changé en celui de professeur , l'apogée de l'ambition littéraire en Hollande. Kluit trouva à Middelbourg des facilités pour sa recherche favorite des anciens monuments de l'histoire de sa patrie, soit par la proximité de la province de Zélande avec le Brabant et la Flandre, où il fit quelques/excursions , soit par l'accès qui lui fut accordé aux archives de la ville et de la province, archives dont il débrouilla le chaos et qu'il classa dans un ordre inconnu avant lui. Enfin les curateurs de l'université de Leyde le nommèrent professeur (l'archéologie hollandaise et d'histoire diplomatique, en 1779 ; et il prit possession de sa nouvelle chaire par un discours sur le droit qu'a- vaient eu les Hollandais d'abjurer la domination de Philippe II. leur légitime souverain et 'naître; discours qui devint le sujet d'une polémique intéressante. En 1785, Kluit publia un ouvrage en langue hollandaise , intitulé La souveraineté, des états de Hollande , maintenue contre la moderne doctrine de la souveraineté du peuple ; et, en 1795, un écrit sous ce titre : Les droits de l'homme con- sacrés par la constitution hollandaise. En 1794, il mit au jour un Coup d'oeil sur la guerre avec l* An- gleterre et sur les intérêts du commerce hollandais. Ces publications successives étaient trop peu conformes aux opinions du jour pour ne pas attirer à leur auteur quelque disgràce signalée. En 1795, il fut destitué de sa chaire; ce qui ne l'empècha pas de continuer avec zèle ses leçons particulières, ainsi que la profession publique de sa doctrine dans divers ouvrages, jusqu'à ce qu'enfin , sous d'autres auspices, il se vit réintégré dans sa dignité professorale, le 6 février 1802. En 1806, on créa pour lui une chaire de statistique du royaume de Hollande. Comblé de la considération que lui méritaient ses connaissances , ses travaux et ses qualités personnelles , il étendit ainsi sa carrière honorée jusqu'à la déplorable catastrophe qui frappa la ville de Leyde le 19. janvier 1807. Le bateau chargé de poudre qui , vers le soir, fit une si funeste explosion était amarré au quai devant la maison de Mua, et ce savant professeur fut enseveli avec son épouse sous les ruines de leur demeure. Ce ne fut que le cinquième jour après cet épouvantable désastre que les cadavres mutilés des deux époux furent tirés de dessous les décombres et déposés ensuite à CatwicksurMer, dans une commune sépulture. La perte de la bibliothèque, des recueils et des manuscrits de Kluit, ne fut pas la moins à regretter dans le nombre de tant d'autres : son fils unique, direc- teur de la poste aux lettres à Leyde , n'en recueillit que d'informes lambeaux. L'infortuné vieillard était près d'atteindre la 72e année de son àge. Peu de carrières littéraires ont été plus actives, plus laborieuses, plus honorables que la sienne. La critique sacrée, l'étude de l'histoire et de la diplomatique, la philologie hollandaise, la remplirent presque entière. Il n'était pas étranger à la poésie; et il en avait fait, surtout dans son premier àge, son délassement favori. Il serait trop long d'énumérer toutes les productions de sa plume. Nous nous bornerons à en faire connaître les principales , et nous les présenterons dans l'ordre chronologique où elles ont paru, en passant sous silence celles que nous avons déjà mentionnées. 10 V indicitv articuli 6, in Nova Testament°, en cinq parties, Utrecht , 1768-1771 Cette production avait particulièrement pour objet d'éclaircir un passage difficile de l'Évangile selon StLuc, ch. u, y. 2. 2° Un Traité sur les LXXII semaines de Daniel, sous le titre de Vaticinium de Alessia duce primaritan, Middel bourg, 1771, in.-8°; 5° Historia critica comitatus Hollandiœ et Zelandice, ibid., 1777-1782, G2 tom, en 4 parties histoire pleine de recherches nouvelles et intéressantes, 4° Une nouvelle édition, considérablement enrichie, d'un ouvrage classique pour la connaissance de la langue hollandaise , la Table alphabétique des genres des substantifs hollan- dais , par David van Hoogstraten. Kluft en avait déjà donné une édition en 1759. 5° La réfutation (l'un ouvrage de Bent sur les antiquités hollandaises; 6° Econornie politique de la Hollande. C'est une statistique, pleine (l'érudition et de sagacité, de toutes les parties de l'administration hollandaise , y compris ses colonies. 7° Histoire de l'administration politique de la Hollande jusqu'en 1795, Amsterdam, 1802-1805, 5 vol. Cet ouvrage mit le sceau à la réputation de Kluit; il y recherche dans quel sens les états de Hollande ont constamment été, sous le gouvernement républicain, les légitimes représentants de la nation. 8° Différents discours académiques : Pro impera- tore Juliano Apostata ; — Pro Illythica ; — De superstitiosissitno algue perniciosissimo in templis et urbibus sepeliendi ritu ; — De eo quod nimium est in studio finis publici universalis, sive de damnis ex abusu juris publici universalis in omnem societatem redundantibus , etc. 90 Différents opuscules ou traités élémentaires pour ses cours, tels que Prinue linece collegii diplomatico- historico- politici, sistentes velus jus publicum Belgicum historice enar- raffina, Leyde, 1780 — Index chronologicus, sive Prodromus ad primas lineas historici fœderum Belgii fiederati, ibid., 1789 — Historia fce- derum Belgii ftederati, pars ii, ibid., 1790 et 1791. 100 De nombreux Mémoires, Lettres , Discours, soit anonymes ou signés de son nom, dans diffé- rents recueils, et spécialement dans les OEuvres de la société de philologie hollandaise, fondée à Leyde, et dont il a été un des membres les plus anciens et les plus utiles. 11. Des Thèses ou Dissertations sur différents points d'histoire et d'antiquité hollandaises , consécutivement soutenues par ses disciples : elles sont au nombre de seize , et n'ont pas encore été recueillies au complet. La traduction hollandaise de ces thèses a été aiTètée par le malheur des temps au second volume. Il serait intéressant de la reprendre et de l'achever
  • Adrien LAMOURETTE : né à Fervent, dans le Boulenois, entra dans la congrégation des lazaristes, et fut professeur et supérieur du séminaire de Toul, puis directeur_à StLazare. Il se trouvait en 1789 grand. vicaire d'Arras. Quelques écrits, où les idées philosophiques étaient associées aux idées religieuses, le firent connattre de Mirabeau, qui le mit au nombre de ses auxiliaires et le prit pour son théologien. Ce fut de sa plume que sor- Lit le projet d'adresse aux Français sur la constitution civile du clergé, proposé par ce fougueux orateur à l'assemblée constituante. L'abbé Lamou- rette fut nommé évèque constitutionnel du département de RhôneetLoire, et fut sacré à Paris le 27 mars .1791. Député bientôt après à la première assemblée législative par le mème département, il se montra plus modéré qu'on ne devait l'attendre du disciple sorti de la secte d'un factieux tel que le comte de Mirabeau : mais alors le maitre n'était plus. L'évêque Lamourette parla sur la constiiution civile du clergé, contre la liberté des cultes. 11 rappela constamment l'assemblée. à la concorde et à l'union; il demanda qu'on rejetât également la république et les deux chambres; mais il parait que sa modération était aussi inconséquente que son opinion peu arrètée car après avoir proposé qu'on cessât toutes les recherches relatives aux troubles du 20 juin 1792, à la suite de la journée du 18 août et pendant la captivité de Louis XVI , ce méme député demanda, dans la séance du '29 août, que toute communica- tion cess. dl entre les membres de la famille royale . Par une déplorable erreur de nom, le ll'onitetir attribua cette motion à un sage et paisible député des Ardennes, bon et honnête cultivateur, nommé M. Damourette. Celuici s'empressa de réclamer ; et quelques jours après , la probité du journaliste- officiel restitua l'odieuse motion à. l'abbé Lamourette, évêque de Lyon, son véritable auteur. Cet homme malheureux , plus imprudent sans doute que malintentionné dans cette circonstance, se montra l'ennemi des factieux dès qu'il les vit répandre le sang innocent.. Lors des massacres du 2 septembre, il fit décréter que la municipalité de Paris répondrait de la Sûreté publique. Après la session de l'assemblée législative, il se retira à Lyon, y demeura pendant le siége, fut ensuite envoyé à Paris, et condamné à mort par le tribunal révolutionnaire en janvier 1794. Ayant entendu son jugement, il fit le signe de la croix et se prépara à mourir en philosophe chrétien, déclarant publiquement qu'il était l'auteur des discours prononcés par Mirabeau sur les matières ecclésiastiques, et qu'il regardait son supplice comme un juste châtiment de la Providence. Il avait trouvé, dans les prisons de la Conciergerie, l'abbé Emery; et ce fut sans doute par les conseils de ce respectable ecclésiastique qu'il signa le 7 janvier une rétractation dont l'original se garde à Lyon. Il subit sa peine le 10 janvier 1794, à l'âge de 52 ans. Le calme qu'il conserva , la liberté d'esprit qu'il n'affecta point, sa pieuse résignation , son courage, pénétrèrent d'admiration tous ses compagnons d'infortune, et laissèrent de véritables regrets sur son sort. L'abbé Lamourette est auteur des ouvrages suivants : 1. Pensées sur la philosophie de l'incrédu- lité, ou Réflexions sur l'esprit et le dessein des phi- losophes irréligieux de ce siècle, Paris, 1786 2. Pensées sur la philosophie de le foi , ou le Système du christianisme considéré dans son analogie avec les idées naturelles de l'entendement humain, Paris, 1789 3. les Délices de la religion, ou le Pouvoir de l'Evangile pour nous rendre heureux, Paris, 1788 trad. en espagnol, Madrid , 1791 4° Désastre de la maison de St- Lazare, Paris, 1789 50 le Décret de l'assemblée nationale sur les biens du clergé, justifie par son rapport avec la nature et les lois de l'institution ecclésiastique, Paris, 1789 , 1790 6. Lettre pas: orale, suivie de sa Lettre au pape, Lyon, 1790, 1791 7. Prônes civiques, ou le Pasteur pa- triote, 1790, 1791 8° Considération sur res- let et les devoirs de la vie religieuse, publiées après sa mort, en 1795, Paris
  • Adrien MÉTIUS( 1571 - 1635) : habile géomètre hollandais, était né à Alcmaer le 9 décembre 1571. Son père lui inspira le goût des sciences exactes, qu'il avait cultivées luimême avec quelque succès. Le fils étudia aussi le droit et la médecine, alla se perfectionner dans l'astronomie sousTychoBrahé, et visita l'Allemagne, où ses leçons d astronome attirèrent un grand nombre d'élèves et commeri- cèrent sa réputation. L'amour de la patrie l'ayant rappelé en Hollande , il seconda son père , qui se nommait également Adrien , dans l'inspection des places fortes, et obtint en 1598, à l'université de Franeker, la chaire de mathématiques, qu'il remplit pendant trentehuit ans.11 fut reçu, en i625, docteur en médecine ; mais il pratiqua peu cet art. ti mourut à Fratieker le 26 septembre 1635, et fut inhumé dans la principale église sous une tombe décorée d'une épitaphe trèshonorable, rapportée par Foppens Belgic.) et par Eloy Il sut se garantir . Les Institutions astronomiques de Métius ont été réimprimées avec des additions, Franeker, 1630 3. Arithmeticce libri duo et geometria libri set prartica , ibid ., 1611, ; nouvelle édition augmentée, Leyde, 1626, 1640 4. Praxis nota geornetriea, per usum circini et regula, propotionalis, ibid., 1623 dédié à Galilée : l'auteur y propose quelque perfectionnement à son compas de proportion. 5° De genttino usu utriusque globi tractatus , etc., ibid., 1611, 1624 Amsterdam , 1626 , ln-8° ; 6° Problentata ; 9° Prim= mobile astronomice , sciagraphice, geometrice et hydrographice nova methodo explicatunt, Amsterdam , 1631; nouvelle édition revue et augmentée par Guill. Blaeu , ibid. , 1633 , Ce n'est point Métius , comme on le dit dans le Dictionnaire universel, mais son père , qui a trouvé que le rapport approché du diamètre à la circonférence était comme 113 est à 355 ; ce fut la prétendue quadrature du cercle de Simon Duchesne, FrancComtois, qui donna lieu à cette détermination . Keulen alla beaucoup plus loin que Métius à cet égard . Voyez l'Oraison funèbre d'Adrien Mé tius, par Menelaüs Winsem , son ami , professeur de médecine et de botanique , Franeker, 1636
  • Adrien RELAND( 1676 - 1718) : savant trèsversé dans la connaissance des langues orientales, naquit le 17 juillet 1676, auprès d'Alkmaer, dans la NordHollande, au village de Ryp, où son père était ministre. Celuici vint ensuite s'établir à Amsterdam; le jeune Reland y étudia sous des maîtres qu'il ne tarda pas à surpasser. Il devint en peu de temps fort habile dans l'intelligence des langues saintes et de l'arabe; il y joignit le persan et le malais, dont il fut le premier à faire usage dans des discussions scientifiques. Il possédait aussi la littérature rabbinique, trop vantée autrefois, trop négligée maintenant, et dont il ne fit jamais qu'un sage emploi. Avec tant de connaissances , il n'aurait été peut-être qu'un savant fort ordinaire il est difficile que l'étude des langues orientales, toute seule, produise des résultats importants; mais il y joignit la science des antiquités grecques et romaines, qui n'a jamais été commune parmi les orientalistes, et qu'il acquit sous la direction du célèbre Grvins. On On pense bien qu'avec un tel maître il ne s'arréta point aux futilités de la littérature ancienne; c'est vers la science véritable qu'il dirigea ses efforts. Il ne voulait pas être écolier ou régent de collége, il désirait être un savant il ne tarda pas à le devenir. On reconnaît dans tous ses écrits une bonne et solide érudition. L'alliance des connaissances classiques et des lettres orientales jette une grande variété dans ses ouvrages , trop peu nombreux à cause de la courte durée de sa vie. Reland .avait déjà refusé une place de professeur à Lingen , en 1699, il en accepta une à Harderwick, qu'il quitta bientôt après pour une chaire de langues orientales et d'antiquités ecclésiastiques, à Utrecht. Il l'occupa dixsept ans et mourut de la petite vérole, dans cette ville , le 5 février 1718 , Agé de 42 ans, à l'époque mème où l'on devait attendre les meilleures productions de son savoir. Nous ne nous arrêterons pas aux premiers essais de sa jeunesse publiés à son insu ; ils furent réimprimés trois fois. Outre diverses dissertations de peu d'étendue et d'un intérêt assez borné, telles qu'un discours sur la langue persane , une nouvelle édition du Manuel arabe de Zernoukhy , ibid., 1709 ; une courte introduction à la grammaire hébraïque du professeur Jacques Alting, avec une édition du livre de Ruth , accompagnée d'un commentaire rabbinique, ibid. , 1710 une édition du Manuel d'Epictète et du Tableau de Cébès, commencée par Meihom , ibid., 1711 une dissertation sur les dépouilles les plus remarquables de Jérusalem figurées sur l'arc de Titus, à.Rome, ibid., 1716 etc., etc., nous remarquerons plus particulièrement les ouvrages suivants 10 Ana- lecta Rabbinica , ibid. , 1702 collection utile qui contient plusieurs ouvrages estimés relatifs à la littérature rabbinique et devenus rares, tels que l'Isagoge Rabbinica de Genebrard , la grammaire rabbinique, ou Rabbinismus, de Cetanus, le Traité des particules chaldaïques , syriaques et rabbiniques de Drusius, la Vie des plus célèbres rabbins , par Bartolocci , et un Commentaire de Kimchi sur les dix premiers psaumes. 9Dissertatione. s ptinque de numis veterum He- breorum, qui ab inscriptaruen litterarum forma samaritani appellantur, etc., ibid., 1709 Les trois premières de ces dissertations avaient déjà paru séparément en 1701 et 1704, à Amsterdam. C'est le premier ouvrage un peu considérable qui ait été entrepris sur les monnaies antiques des princes asmonéens ; les travaux de l'abbé Barthélemy, de Perez Bayer et de quel- ques autres antiquaires ont peu ajouté aux obser- rations de Reland. 3° De Religione 31uhamedica libri duo, Utrecht, 1705 L'auteur en donna en 1717 une nouvelle édition bien Plus étendue et ornée de quelques figures en taille douce. C'est dans ce traité fort savant, tout entier tiré des sources originales , que l'on a puisé les notions sur la religion musulmane répandues dans un grand nombre d'ouvrages. Cette production de Reland fut bien accueillie des savants, et l'on s'empressa d'en faire, sur la première édition, une traduction allemande. Il en existe une autre en français, faite sur la seconde édition, et publiée, après la mort de Reland , à la Haye, 1721, I vol. par David Durand. Cette traduction pitoyable ne dispense pas de posséder l'original. Le bel esprit qui s'avisa de travestir en français l'ouvrage de Reland retrancha ou mutila la plus grande partie des notes de l'auteur, fit beaucoup de suppressions dans le corps mème du livre, croyant bien dédommager ses lecteurs par l'impertinente addition de quelques mauvais vers français de sa façon, le tout précédé d'une longue préface dans laquelle il s'efforce , dans un style plaisamment ridicule, de justifier les importants services qu'il croit avoir rendus au livre de Relancl. Comme le tra- ducteur n'a pas jugé à propos d'indiquer par un signe quelconque les passages qu'il a ajoutés à son texte, ce qui, ditil . fera frémir le peuple en- doctriné, on est perpétuellement exposé à prendre les remarques qu'il a cousues dans sa traduction pour des observations de Reland. Il n'est pas de si mauvais livre qui ne contienne quelque chose d'utile : nous remarquerons donc que l'auteur de cette traduc- tion y a joint un petit traité intitulé . 40 Dis- sertationum miscellanearunz partes ires, Utrecht, 3 vol. Les trois volumes de ce recueil furent publiés successivement en 1706, 1707 et 1708 et bientôt en 1713; ils obtinrent les honneurs d'une seconde édition. Ils contiennent treize dissertations, toutes fort intéressantes et remplies d'une érudition aussi solide que Variée. Ces petits ouvrages ont été plus souvent pillés que cités, et beaucoup de savants y ont puisé sans peine nombre de citations, de rapprochements et d'étymologies dont ils, ont enrichi leurs compositions. Les plus intéressantes de ces dissertations sont : De Samaritanis ; Dere1iqeiis Veteris lingti persicce; De persicis vocabulis TalmUilis; De linguis insularum quarumdam orientalium . C'est dans cette dissertation que furent remarqués pour la première fois les rapports du malais avec la langue des habitants de Madagascar. 5" Ali- quitates sacroe veterum flebrceorum , , 1 vol Cette édition fut suivie de plusieurs autres en 1712, 1714, 1717 et 1741 et de celle que G. J. L. Vogel a donnée avec des augmentations, la Haye, 1769 C'est le recueil le plus complet, le plus concis et le plus méthodique qui existe sur cette matière. 6" Palestina ex monuMentis veleribus illustrata et chartis gen- grapleicis accuratioribus adornata , Utrecht , 1714, 2 vol. avec onze cartes; Nuremberg, a donné, dans le tome 5 des Miscellanea Lipsiensa nova, quatre suppléments à la Palestina. Voyez , pour plus de détails, le Trajectum eruditum de Bur- mann, p. 293- 301, et le Dictionnaire de Chaufepié. — Reland fut encore éditeur d'un ouvrage posthume de son frère Pierre RELAND , avocat, pensionnaire de la ville de Harlem , mort en 1715 Petri Relandi , Fasti consulares ad illustrationem codicis Justinianei et Theodosiani secundum ra- tiones temporum digesti , 1715 Adrien Re- land fit plusieurs additions importantes à cet utile ouvrage
  • Adrien ROUSSEL( 1500 - 1659) : religieux minime, naquit vers la fin du 16e siècle à Ornans, petite ville du comté de Bourgogne. Après avoir terminé ses études, il embrassa la vie monastique et partagea ses loisirs entre la culture des sciences et les devoirs de son état. Ses talents l'ayant fait connaître, il fut appelé à Munich par le P. Lallemandet, son confrère , et fut chargé de professer, au collége de cette ville, la théologie et les mathématiques. Il remplit cette double chaire de manière à se concilier l'estime des savants et celle du duc de Bavière, qui lui donna des preuves de sa satisfaction. Le P. Roussel , en quittant l'Allemagne, fut nommé provincial de son ordre en Savoie et mourut à Thonou le 2G juillet 1659. On a de lui : Optica christiana, sine Verbi inca? nati oculus in obscuio? ibus fidei divine myste? iis, Munich, 1646 C'est une explication de différents passages de la vie de JésusChrist par les règles de l'optique. 20 La Théologie mystique de St- François de Paule ; à faire le retour de l'âme à Dieu par le cercle de l'amour divin ; plus le portrait de StFrançois de Paule, en la personne du P. Balthazar d'Avila général de l'ordre des minimes, ibid., 1653 Ce petit ouvrage est fort rare, sans être recherché ; il est divisé en deux parties : la première contient une suite d'odes en vers français à la louange du pieux fondateur des minimes ; dans la seconde, on prétend faire voir que le P. Balthazar d'Avila a pris pour modèle StFran-çois de Paule dans toutes les actions qui l'ont fait mettre au nombre des saints . 3. 11usurgia sacra, site ad columnas Ferdinandi Aug. Coesaris , immaculatœ Virginis conceptioni erectas applicata , 2 vol. C'est une défense de l'immaculée conception, dans laquelle l'auteur a donné l'explication des pyramides élevées à Vienne eu l'honneur de la SteVierge. On conservait cet ouvrage dans la bibliothèque des minimes de Besançon. Le P. Roussel a laissé en manuscrit d'autres ouvrages, parmi lesquels on cite un Traité de perspective, un autre des horloges et l'Art de fortifier les places. Ws
  • Adrien SPIGEL( 1578 - 1625) : médecin, né à Bruxelles, en 1578, s'était distingué par la variété et l'étendue de ses connaissances. Appelé à Padoue pour y professer l'anatomie et la chirurgie, il rédigea ses leçons en corps d'ouvrage, afin de les rendre plus profitables; mais il n'eut pas le temps de les publier, étant mort en 1625, à l'àge de 47 ans, c'est-àdire dans le moment où il pouvait être le Voy. les Mem. de l'Académie des inscriptions, t. 23, p. 371. plus utile à la science. Ce ne fut que deux ans après que le fruit de ses travaux parut en latin, par les soins de Liberalis Crema , son gendre, à Venise, 1627; réimprimé à Amsterdam, 1645 La plus grande partie est occupée par un traité d'anatomie : De hurnani corporis fahrica, plus recommandable par la rédaction que par les é ri tés nouvelles qu'il contient, car son principal but était de faciliter l'étude de la science. Cependant 011 1111 attribue quelques découvertes, notamment celles du petit lobe du foie; aussi, par reconnaissance, lui aton fait porter son nom. Dans ce volume, il se trouve un traité beaucoup moins étendu, qui donne peut-être une idée plus complète du talent qu'axait Spigel pour présenter avec netteté et précision le tableau d'une science; c'est celui qui porte ce titre : In rein ber- bariam isagoge, Padoue, 1606 de 138 pages, dédié à la jeunesse allemande qui venait étudier à Padoue. Enfin il sortit, à Leyde, des presses des Elzévir, en 1633 C'est un des plus jolis livres do botanique, et son contenu correspond avec sa perfection t pographique; car c'est un excellent tableau de la scieuce , telie qu'elle pouvait être alors. Trois ouvrages de bo- tanique portent ce litre d'Isagoge, qui signifie introduction, et qu'on peut regarder comme autant de chefsd'œuvre; celuici fut le premier le second est celui de iiingius , qui parut en 1679; et le troisième, celui de Tournefort, en I 700. Celui de Spigel est divisé en deux livres le premier considère les plantes en ellesmêmes, et le second, les usages qu'on en peut tirer ; il commence par des généralités sur les plantes, la description de leurs parties tant extérieures qu' Ici, en général, il prend Théophraste N" guide, en sorte que c'est un résumé de sa doctrine trèsbien rédigé; mais l'auteur y ajoute souvent quelques particularités qui prouvent qu'il savait observer directement la nature; ensuite il passe en revue les différents groupes de plantes qui avaient été saisis par les auteurs précédents, comme les Bauhins, et qui étaient les germes de ce qu'on a nommé genre depuis; mais il cherche à les mieux désigner qu'on n'avait fait jusqu'alors. Il tente quelquefois, avec succès. d'appuyer leur distinction sur la structure de leurs parties, notamment des fleurs. Il indique ensuite la marche la plus commode pour parvenir à leur connaissance la plus intime. Il demande entre autres que celui qui vous sert de guide, après vous avoir signalé une plante comme chef d'un des groupes principaux , vous en indique quelques autres qui aient avec elle des rapports, surtout dans la fructification; mais comme des objets aussi variés ne peuvent se graver dans la mémoire qu'en les passant souvent en revue, il comme le moyen le plus commode pour y parvenir de composer un jardin sec ou un herbier. Il décrit les procédés pour réussir dans la dessiccation des plantes; on peut le regarder comme le premier qui les ait enseignés, quoiqu'ils fussent pratiqués depuis longtemps ; mais quelquesuns paraissent être le fruit de ses observations. Le second livre, comme nous l'avons dit, est consacré à exposer l'usage des plantes. Il distingue avec précision les médicaments des aliments; il indique les moyens d'employer les facultés des premiers, comme l'odeur et la saveur; il regarde comme chimérique l'opinion assez généralement reçue alors que l'on pouvait connaître leurs propriétés intérieures par leur aspect extérieur, ce qu'on nommait la signature des plantes; cependant il reconnaît des vertus occultes que l'expérience seule ou une sorte de hasard peut faire découvrir. Il veut qu'on ne néglige aucune indication, même celles des habitants de la campagne; et luimême, pour mieux s'en instruire, avait parcouru plusieurs cantons d'Italie déguisé en paysan, afin de gagner leur confiance. Après avoir traité de la diététique, il donne une histoire abrégée de la science et finit par recommander à ses élèves de composer un Plordegiurn, c'est-àdire d'enchaîner toutes les connaissances qu'ils pourront acquérir sur les plantes dans un ordre méthodique, qui leur permette de les retrouver au besoin; il leur conseille surtout de les ranger par la considération du fruit, à l'imitation de Césalpin, dont il faisait grand cas. 011 voit, par ces détails, que Spigel a tracé une route qui devait conduire à d'heureux résultats; mais les avantages ne pouvaient encore en être sentis. A peine son nom estil indiqué par ses successeurs. De même que Tournefort, Linné le range parmi les auteurs qui ont Plutôt embrouillé qu'éclairci le sujet qu'ils traitaient. Cependant il a donné le nom de Spigeha à un genre d'Amérique, dont une des espèces passe pour un des meilleurs vermifuges, ce qui rappelle une dissertation que Spigel avait faite sur le Tœnia
  • Adrien STALBENT( 1580 - 1660) : peintre d'Anvers, né en 1580, est placé au premier rang des paysagistes flamands. Il se modela sur Breughel de velours; et quoiqu'il ait parfaitement imité la manière de ce maitre, et que ses paysages soient exécutés avec le fini le plus précieux, son pinceau n'en a pas moins su conserver une touche extrêmement libre et spirituelle; et l'on recherche ses compositions, qu'il savait orner (le charmantes petites figures. Ses sites sont bien choisis, ainsi que ses arbres. Il imitait soigneusement la nature; et le seul reproche qu'on puisse lui adresser, c'est de faire quelquefois , comme Breughel de velours, ses fonds un peu trop verts. Sa réputation devint universelle ; et les Anglais surtout recherchèrent ses tableaux. Le roi Charles 11 l'appela à sa cour, et lui témoigna une estime particulière. Après un séjour de plusieurs années en Angleterre, où il avait amassé une fortune considérable , il revint à Anvers, et continua d'y cultiver son art jusqu'à l'âge de quatrevingts ans ; mais les tableaux qu'il peignit dans sa vieillesse ne valent pas ceux qu'il avait composés dans la force de l'âge. On regarde comme son chefd'oeuvre et comme un des plus beaux paysages connus , une Vue de Greenwich. Stalbent a gravé à l'eauforte, dans un excellent goût, un paysage représentant les Ruines d'une grande abbaye d'Angleterre, autour de laquelle on voit de nombreux troupeaux en travers. ll mourut à Anvers, en 1660
  • Adrien TURNÈBE( 1512 - 1565) : l'un des professeurs auxquels la France doit le bienfait de la renaissance des lettres, naquit en 1512, aux Andelys en Normandie, de parents,nobles, mais peu fortunés. On dit que son père, gentilhomme écossais, s'appelait Turnbull; que ce nom fut remplacé en français par celui de Tournebœuf et Tournebou qui devint Turnebus en latin, dont on fit enfin Turnèbe, qui est le plus généralement connu. On l'amena, dès l'âge de onze ans, à Paris pour faire ses études : il annonça dans un Age si tendre les plus heureuses dispositions, et ses progrès furent trèsrapides. Bientôt ses maîtres , Toussain , Legros, Guillaume Duchesne, malgré leur science, n'eurent plus rien à lui enseigner. Infatigele au travail, doué de la mémoire la plus fidèle, d'une pénétration vive et du sens le plus droit, ' les écrits des anciens ne lui présentèrent presque plus aucune difficulté qu'il ne pût résoudre. C'était vers ces écrits qu'à cette époque se dirigeaient principalement les études : on sent combien les travaux d'un critique si éclairé devinrent utiles. Bientôt les diverses contrées de l'Europe où les lettres étaient en honneur se le disputèrent ; sa patrie obtint la préférence. Le cardinal de Châtillon qui le protégeait le fit nommer professeur d'humanités à Toulouse, et déjà il s'y était fait une grande réputation, lorsqu'en 1547 il fut appelé à Paris pour remplacer au collége royal Toussain, qui venait de mourir. Il y remplit d'abord la chaire de grec, et ensuite celle de philosophie grecque et latine : ses leçons attirèrent un grand concours d'auditeurs, et il forma les élèves les plus distingués; nous ne citerons que Henri Estienne et Génebrard. Eu 1552, son amour pour les lettres lui fit accepter encore la direction de l'imprimerie royale, pour les livres grecs. On lui doit les premières éditions grecques de Philon, de Synésius, des Scolies de Démétrius sur Sophocle, etc., qu'il a enrichies de préfaces ou d'épîtres dédicatoires savantes. Mais en 1556 il abandonna cette direction à Guillaume More!, qu'il s'était associé. Une maladie violente l'enlêva , le 19. juin 1565 , dans un Age peu avancé, Il fut inhumé sans pompe, comme il l'avait pres- crit par son testament. Cet ordre fournit aux protestants un prétexte pour prétendre qu'il avait embrassé leurs sentiments. On vit paraître et afficher dans Paris des vers latins où cette disposition du testament était malignement paraphrasée. Un nommé Gabriel Goniard de Soissons y répondit par d'autres vers latins : les uns et les autres ont été réimprimés par J.H. de Seelen, dans la dissertation sur la religion de Turnèbe, qu'on trouve dans ses Selecta litteraria . Mais ce qu'il y a de certain sur ce point, c'est que Léger Duchesne et Génebrard amis particuliers de Turnèbe, attestent qu'il mourut dans la religion catholique, qu'il avait professée toute sa vie. Leur témoignage est con- firmé par quelques jésuites, quoique Turnèbe, peu avant sa mort, eût publié contre leur société une pièce de vers qui a pour titre Ad Soterirum gratis docentem. Sa mort excita une douleur générale, et les hommes de lettres les plus dist s'empressèrent de payer un tribut d'éloges à sa mémoire. 11 leur était cher par la douceur de son caractère qui se peignait dans ses traits, et par une modestie qui donnait un nouvel éclat à ses talents. Ses mœurs furent toujours irréprochables; cette rectitude d'esprit qui l'a élevé au rang des critiques les plus habiles, il l'étendait aux sujets qui lui étaient les moins familiers. « C'était, dit Montaigne, l'Arne la plus polie du « monde. Je l'ai souvent à mon escient jeté sur « propos éloignés de son usage. Il y voyait si « clair, d'une appréhension si prompte, d'un ju- « gement si sain, qu'il semblait qu'il n'eût jamais « fait d'autre métier que la guerre et les affaires « d'État. » Tant de qualités précieuses lui méritèrent d'illustres amis : outre Montaigne que nous venons de citer, il faut placer dans ce nombre le chancelier de l'Hôpital, Henri de Mesmes, Christophe de Thou, premier président du parlement de Paris, auxquels sont dédiées les trois parties de ses Adrersaria; Guillaume Pellicier, évêque de Montpellier, à qui il adressa son"commentaire sur la préface de Pline, etc. On doit reconnattre qu'il a rendu un double service aux lettres, en formant de nombreux disciples par ses leçons, et en aplanissant, par ses commentaires et par ses traductions, les difficultés que présente l'étude des auteurs de l'antiquité. Les premiers ont pour objet principalement Cicéron , Varron , Horace et la préface de l'Histoire naturelle de Pline. Il a traduit du grec en latin un traité d'Aristote, plusieurs opuscules de Théophraste, nombre d'écrits (le Plutarque, la Vie de Moïse par Philon, le Périple d'Arrien , le poeme de la chasse par Oppien. Ses traductions sont excellentes. Huet les place an rang des meilleures. parce que, (litil, à une connaissance profonde des deux langues Turnébe joint beaucoup d'élégance et de précision. Ces ouvrages, publiés d'abord séparément, ont été recueillis sous ce titre : 1'. Cl. Adr. Turnebi regii quondam Lutetia, professoris opera nunc primum ex bibliotheca Steph. Adr. P. Tnrnebi senatoris regii in mutin colleeta, aucta et tributa in tomes Strasbourg , 1600 Cette collection ne forme qu'un volume. Les commentaires et les traductions remplissent les deux premières divisions; la troisième renferme les écrits originaux de Turebe, savoir : quelques discours qu'il prononça comme professeur, les préfaces ou épitres dédicatoires, qu'il avait mises en tète des éditions grecques qu'il avait publiées, et ses poésies. Un autre ouvrage considérable, dont il est aussi l'auteur, obtint encore beaucoup de succès: c'est celui qu'il a intitulé Adrersaria. Il est divisé en trois parties, dont il publia les deux premières; la troisième n'a paru qu'après sa mort, par les soins d'Adrien , son fils. Turnébe nous apprend luiméme que, détourné, par la douleur dont l'accablaient les malheurs publies, de tout travail suivi , il parcourait sans ordre les auteurs anciens, et écrivait les remarques que lui suggérait cette lecture. C'est ainsi que se forma ce grand ouvrage, composé d'observations détachées sur les passages les plus difficiles de ces auteurs. Il a été imprimé plusieurs fois. L'édition de Paris, de 1580, est la première qui réunisse les trois .parties. Turnèbe eut une famille nombreuse. — (11 Les écrits de Cicéron furent l'objet d'une dispute trbsvive entre Ramus voy. ce nom I et Turnèbe. Ce dernier attaqua Ramus, qui ne partageait pas son admiration pour l'orateur romain. Ramus publia une réponse sous le nom d'Omet Talon Ivoy. ce nom, son ami , à laquelle Turnèbe répliqua par un ou- vrage sous le pseudonyme de Leger Duchesne, professeur au col - lége royal. Les écrits de Turnèbe, à ce sujet, sont en latin et se trouvent dans le tome ler de ses °leurres. Voy. aussi les Memoires de Niceron, t. 39, p. 342-344. Etienne - A( Prien fut conseiller au parlement de Paris, et il fournit les corrections et augmenta- tions de l'édition complète des oeuvres de Tur- nèbe. — Adrien, un autre de ses fils, mort en 459i, a donné au public la troisième partie des Adversaria, et quelques pièces de vers français et latins
  • Adrien VALERINI( 1500) : d'une noble famille de Vérone, était né en cette ville, dans la première moitié du 16e siècle. Il cultivait les lettres , et il a publié les trois ouvrages suivants, qui sont assez rares, surtout en France ilfrodite, nuora traqedia ; Verona, Sel;. et Giov. dalle Donne fratelli, 1578 de 5 et 43 IL, avec le portrait de l'auteur. M. de Soleinne avait deux exemplaires de cette unique édition d'une pièce « peu connue », dit le rédacteur de son catalogue , « et où figu-« rent l'ombre d'Adonis, Cupidon et le roi Lieo-« fronce. L'héroïne est fille du prêtre Alcée. La « scène est à Paphos. » 2° Le Belle; e di Verona, Ivi , 1586 3° Cento madrigali, Ivi, GirDiscepolo, 1592, petit On attribue encore à Valerini un écrit sur la mort d'une fameuse comédienne dont on ne nous apprend pas le nom
  • Adrien VAN DER WERF( 1659) : peintre, né à Kralimgerambacht , près Rotterdam, en 1659, annonça de bonne heure son goût pour la peinture. A l'âge de neuf ans, au lieu d'écrire comme ses condisciples, il dessinait ses lettres avec exactitude et régularité. On le mit d'abord chez Corneille Piccolett, peintre de portraits, de Rotterdam ; puis il entra chez Van der Neer. 11 n'y avait que peu de temps encore qu'il était dans cette école, lorsqu'on y apporta un tableau de Fran-çois Mieris, pour le faire copier. Van der Werf s'offrit; son maitre, ne le croyant pas capable de réussir, chargea un autre élève de cette copie; celuici avant trouvé l'ouvrage audessus de ses forces, le tableau revint forcément à Van der Werf, qui s'en tira d'une manière si supérieure, que par la suite la copie a souvent passé pour l'original. Dès lors, Corneille Piccolett se fit aider par lui dans la plupart de ses ouvrages, et le mena à Leyde et à Amsterdam, où il était appelé pour exécuter plusieurs travaux importants. 11 n'avait que dixsept ans quand il quitta son maître. Il fit alors connaissance avec Corneille Brawer, amateur distingué, élève de Rembrandt, qui l'engagea à se rendre à Rotterdam, où il peignit plusieurs portraits en petit, qui eurent un succès prodigieux. Il fit pour M. Steen, riche négociant d'Amsterdam, un tableau qui fut la source de sa fortune. L'électeur palatin l'ayant vu , lors d'un voyage qu'il fit incognito dans cette ville, l'acheta et promit de ne jamais perdre de vue le peintre ni ses ouvrages. En 1687, Van der Werf épousa Marguerite Rees , parente de Gowert Flinck, avec le fils duquel il contracta une étroite amitié. Il puisa dans la riche collection de tableaux, d'estampes et de dessins des plus grands maîtres que possédait son ami, un nouveau goût et de nouvelles connaissances, que perfectionna encore l'étude profonde qu'il fit des beaux plâtres moulés sur l'antique renfermés dans la collection du bourgmestre Six. Il s'essaya alors à peindre en grand. 11 entreprit, pour son ami Flinck, la peinture d'un plafond dont le sujet était la Renommée entourée de génies. Les arts étaient représentés dans des médaillons en grisaille, et Cérès et Flore entourées de guirlandes de fruits et de fleurs. Ce coup d'essai, remarquable par sa belle exécution et par la supériorité avec laquelle l'artiste avait su rendre les différents genres, ajouta infiniment à sa réputation. L'électeur palatin ne l'avaitpoint oublié dans un voyage que ce prince fit en 4696, avec sa famille et une partie de sa cour, en Hollande, il alla à Rotterdam pour y voir Van der Werf, auquel il commanda le Jugement de Salomon et son portrait, qu'il destinait au grandduc de Toscane, et lui fit promettre de lui apporter ces deux tableaux à Dusseldorf, aussitôt qu'ils seraient terminés. L'artiste n'y manqua pas ; et l'électeur, après l'avoir généreusement récompensé, voulut se l'attacher entièrement ; mais il ne consentit à s'engager que pour six mois de l'année, moyennant une forte pension. En 1703, il alla présenter luimême à l'électeur son Christ porté au tombeau, qui est regardé comme son chefd'oeuvre . Le prince en fut si charmé, qu'il lui commanda quinze sujets de la vie de JésusChrist, sur des toiles de deux pieds et demi de haut et de vingt et un pouces de large ; il anoblit en outre la famille de Van der Werf, celle de sa femme et leurs descendants, le créa chevalier et augmenta ses armes d'un quartier des armes électorales. Les titres lui en furent expédiés dans une boite d'argent, accompagnée d'un portrait du prince, enrichi de diamants d'un grand prix. Van der Werf, en retour, accorda trois mois de plus par année à l'électeur, qui augmenta sa pension, en se réservant seulement le droit de prendre les ouvrages que le peintre ferait dans les trois mois pendant lesquels il était libre, en les payant le même prix que les personnes qui les lui auraient commandés. C'est pendant ces intervalles de liberté qu'il peignit son tableau de Diane et Calisto, dont il fit présent à sa femme, qui refusa de le céder à aucun prix. Ce morceau fit tant de bruit, que l'électeur écrivit à la femme de l'artiste pour la prier de le lui céder, si son intention était de s'en défaire. A la réception de cette lettre, Van der Werf et son épouse se hàtèrent de se rendre tous deux à Dusseldorf, et prièrent l'électeur de vouloir bien accepter le don de ce tableau . Le prince força le peintre à recevoir six mille florins ; et le lendemain, madame Van der Werf trouva chez elle une magnifique toilette tout en argent et deux belles aiguières du même métal. Le duc de Wolffenbuttel , qui visita ce célèbre artiste en 1709 , ne récompensa pas avec moins de magnificence l'hommage d'une Madeleine pénitente . Peu de Ce tableau, bien conçu, bien éclairé, est en effet d'un dessin plus châtié que ne l'est d'ordinaire celui de Van der Werf. L'expression de la figure de la Vierge est des plus belles et des mieux rendues, mais il y a dans les draperies une recherche de ton, un luxe déplacé qui vient intempestivement occuper l'oeil et diminuer la sévérité de l'impression que doit produire une pareille scène. . — Pierre III Le nombre des tableaux connus d'Adrien Van der Werf s'élève à cent vingt environ ; le musée de Munich en possède trentedeux, vendnt des galeries de Dusseldorf et de Manheim. Il y en a douze dans la galerie de Dresde et quatre dans celle d'Amsterdam. Le musée de la Haye possède la Fuite en Egypte l'une des meilleures productions du maitre , qu'il avait donnée à sa fille et qui figurait au Louvre avant 18lÔ. Immobilisées pour la plupart dans les dépôts publics, les productions de Van der, Werf se montrent rarement aux enchères, Les deux dernière. ef VAN DER WERF , frère du précédent et son élève, naquit en 1665 à Kralimgerambacht , près de Rotterdam. Il copia d'abord les tableaux de son frère, qui ensuite lui fit ébaucher ses ouvrages. Enfin il se hasarda à travailler d'après luimême ; et le succès justifia sa tentative. Cependant on doit convenir que ses meilleures productions sont celles que sou frère a retouchées. Parmi ses tableaux les plus remarquables, on cite Trois petites filles jouant arec des fleurs ; une SteFamille, copiée d'après son frère; une Madeleine en prière; un Petit Garçon et une jeune fille dessinant d'après la Vénus antique, etc. Il ressemblait à son frère par la couleur et le fini précieux de ses tableaux, mais il en différait entièrement par le caractère. Il ne se plaisait que dans les cabarets et les tavernes. Ce genre de vie crapuleux influa sur ses organes : il devint hypocondriaque et s'imagina que tout le monde cherchait à l'empoisonner. Cette folie le détourna souvent de la pratique de son art ; c'est ce qui a rendu ses ouvrages peu communs. Le musée a possédé de ce peintre un tableau représentant Samson et Dalila, qui a été repris par les Prussiens en 1815 et qui différait de celui que son frère avait composé sur le même sujet. Il mourut à Rotterdam en 1718. Il avait épousé, en 1695 , Marie Bosman , élève du chevalier Van der Werf, et qui cultiva la peinture avec quelque succès
  • Adrien VERVOORT : avocat à la cour royale de Paris, était Belge de naissance, et trèsreligieux en mème temps que très- éclairé. Il fut plus ni Capitolin a décrit un festin de douze convives, donné par Verus, et qui coûta six millions de sesterces, ou sept cent c mille livres de notre monnaie. i2J Affin° , dans la marche Trévisane. t3) C'est le jugement qu'on en doit porter «près avoir lu Capitolin. Cependant le mémo historien dit en commençant la Vie de Férue : Ce prince ne fut ni bon ni mauvais; s'il ne brilla pas par des vertus, il ne se souilla pas non plus par des crime, n remarqué comme consultant que comme orateur, et comme écrivain habile que comme praticien. Sa mort eut lieu en 18i.6. On a de lui : 1° les Tarifs en matière ririle , commerciale et criminel expliqués et commentés par A . l'erroort , Pdt.- 1829 2° la Liberté religieuse selon la eharte, Paris, 1830 trèsestimable ouvrage (tont l'inspiration fut due au concours proposé par la Société de la morale chrétienne, sur la lé- , s.. islation relative à l'exercice de la liberté reli- gieuse en France, et qui valut une mention honorable à fauteur
  • Adrien ZINGG( 1734 - 1816) : graveur. né à StGall le Vs avril 1734 . fut élève de \Ville à Paris ; il acquit sous la direction de cet habile artiste la pratique de la correction dans le dessin et de l'habileté dans le maniement du burin qui distingue à un haut degré les productions de ce maître. En 1766, il devint professeur à l'académie de Dresde, et il grava un grand nombre de paysages où se révèle un sentiment intime du caractère des localités qu'il entreprit de retracer. Des esquisses qu'il traçait au trait et qu'il rehaussait de sépia obtinrent l'approbation de tous les connaisseurs. Laborieux et rangé , il trouva dans ses paysages un revenu considérable ; ils servirent de modèle dans toutes les écoles de l'Allemagne et de la Suisse. Un recueil de se: productions parut à Leipsick en 1804-1806 ; son Livre de dessins en trois cahiers se rencontre difficilement aujourd'hui. Cet artiste mourut le 26 mai 1816
  • Adrien Dansette : historien français
  • Adrien de Gerlache de Gomery : explorateur et navigateur belge

Adrien année par année

Signe astrologique de Adrien

Couleur de Adrien

Pierre précieuse de Adrien

Chiffre de Adrien

Métal de Adrien