Personnalité de Amand

Hommes libres et indépendants, ils sont aussi très ambitieux. Leur vie professionnelle tient une place importante dans leur vie. Très actifs, volontaires, ils ne baissent jamais les bras. Ce sont des hommes de conviction, exigeants et intransigeants. Ils ont le sens des affaires et de l'argent.

Provenance du prénom Amand

Vient du latin "amans" Signifie : "amoureux" Se fête le 6 février.

Histoire de Amand

Surnommé "l'apôtre des Flandres", Saint Amand est l'un des grands missionnaires de l'époque mérovingienne. Né dans le Poitou en 584, il fait une tentative de vie monastique pour finalement être sacré évêque itinérant en 629. Ainsi, il évangélise le nord de l'Europe. Financé par Dagobert, il rachète les esclaves aux germains. Il meurt vers 680 à Elnone, aujourd'hui St Amand les Eaux.

Etymologie de Amand

latine : de amans, amoureux.

Amand année par année

Répartition des naissances de Amand en France

Oise

52 Adam

sur 3471 naissances en 2012
Très rare
Rare
Courant
Très courant

Les Amand célèbres

  • AMAND BAZARD( 1792) : homme ardent et rêveur, l'un d' es fondateurs du carbonarisme en France, et l'un des deux premiers Pères suprêmes de la religion saintsimonienne, naquit vers l'an 1792, quand le trône et l'autel s'écroulaient ensemble. Son berceau touche à celui de la république, son enfance se rattache au consulat, son adolescence à l'empire, son âge miir à la restauration, et la grande rêverie de son apostolat à la révolution de 1830. Un des évangélistes de la religion nouvelle, M. Emile Barrault, nous apprend que Bazard et Enfantin eurent dans Olinde Rodrigues un précurseur qui les baptisa dans les eaux de StSimon, qui les annonça au monde, les éleva,et, trop modeste, se mit ensuite à l'ombre de leurs autels : « De StSimon, Olinde Rodrigues avait ap« pris à croire aux destinées de l'humanité, et il avait « enseigné ces destinées à notre Père et à Bazard... « Cet héritage de StSimon, notre Père le REÇUT de « Rodrigues. » — Nous ne prétendons pas donner ici un exposé complet de la doctrine des nouveaux évangélistes, qui, d'ailleurs, auraient entre eux besoin d'un peu de concordance ; nous pensons, comme M. Léon Halevy, qui, parlant de StSimon, a fort bien dit : Il fondait une école et non pas une église. Nous n'examinerons donc pas si M. Barrault a eu raison de dire que St- Simon ne fil point la cène, et légua son oeuvre à un docteur ; qu'il eut tort de ne point appeler la femme à régner avec lui; que, pour cette raison, il n'a été que LE MAÎTRE, et a laissé à un autre la gloire d'être LE PÈRE, LE MESSIE DE DIEU ET LE ROI DES NATIONS. Quand il s'agit de précurseur, de nouveau Messie, de nouveau Verbe incarné, de transformation de la propriété, de religion nouvelle, de politique nouvelle, il convient de traiter gravement la matière, et de ne pas aller prendre des armes offensives dans l'arsenal des incrédules détracteurs ; nous nous bornerons donc à citer les oeuvres du Père ou de ses apôtres, appliquant ainsi à euxmêmes, afin qu'ils n'aient point à se plaindre de nous, leur grand axiome, à chacun selon ses oeuvres. Au mois d'octobre 1830, Bazard et Enfantin firent imprimer sous le titre de : Religion saint- simonienne, une Lettre à JI. le président de la chambre des députés. Ils commencent par rappeler qu'à la séance du 29 septembre, M. Mauguin , en signalant l'existence d'une secte demi- religieuse, demi- philosophique, « l'avait représentée, dans une « vue très- bienveillante, comme enseignant la commu- nauté des biens, » et que , dans la séance du lendemain, M. Dupin, en parlant de la même société, avait reproduit l'assertion de son collègue, ajoutant que les saintsimoniens demandaient encore une autre communauté, celle des femmes. Ensuite les deux pontifes de la religion nouvelle cherchent à se justifier, et repoussent comme fausse, mais en termes bien singuliers, la double assertion des deux députés : « Oui, sans doute, disentils, les saintsi« moniens professent, sur l'avenir de la propriété et « sur l'avenir des femmes, des idées qui leur sont « particulières, et qui se rattachent à des vues toutes « particulières aussi et toutes nouvelles, sur la reli« gion, sur la politique, sur le pouvoir, sur la li« becté mais il s'en faut de beaucoup que ces « idées soient celles qu'on leur attribue. » Bazard et Enfantin déclarent clone qu'ils repoussent le partage égal de la propriété ; que ce partage égal serait une violence grande; niais, comme ils croient à l'inégalité naturelle des hommes, ils veulent qu'à l'avenir chacun soit placé selon sa capacité et rétribué selon ses oeuvres. En conséquence, ils se bornent donc, disentils, à poursuivre la destruction de l'héritage. « Ils demandent que tous les instruments du travail, « les terres et les capitaux, qui forment aujourd'hui « le fonds morcelé des propriétés particulières, soient « réunis en un fonds social, et que ce fonds soit ex« ploité par association et hiérarchiquement, de ma« nière à ce que la tâche de chacun soit l'expression « de sa capacité, et sa richesse, la mesure de ses « oeuvres. » La propriété ne doit pas consacrer le privilége impur de l'oisiveté, c'est- à- dire celui de vivre du travail d'autrui. C'est ainsi que Bazard et son compère entendaient respecter le droit de propriété, en faisant de toutes les terres et l'apparition de l'Organisateur, journal hebdomadaire des saint- simoniens, qui fut continuée en 1851 et forme 7 vol. Un assez grand nombre d'autres publications gratuites parurent en 1851 ; les principales ou les plus singulières ont pour titre : Commu- nion générale; Moyen de supprimer les impôts sur le sel, et projet de discours de la couronne ; Économie politique ; Aux industriels ; Lettres sur la législation; la Presse ; Réunion générale de la famille ; Lettre sur le calme ; Juin, aux ouvriers; Pétition d'un prolétaire à la chambre des députés ; Rapports aux Pères suprêmes sur la situation de la famille. Mais tous ces livres et ces deux journaux avaient peu de retentissement dans le monde : il fallut chercher des moyens de publicité plus rapides, car les deux Pères suprêmes n'étaient pas disposés à laisser leur lumière sous le boisseau. Or, il existait alors un journal qui avait pris un titre ambitieux , et comme les deux Pères ne voulaient rien moins que la régénération universelle, et la refonte de tous les peuples de la terre dans mie seule congrégation dont ils seraient les chefs suprêmes, ils pensèrent que le Globe devait être, par son titre, la meilleure trompette de leur évangile. Ce journal, dont Porigine remontait à 1824, n'était d'abord qu'une feuille littéraire, et avait obtenu un succès qui ne se soutint que dans ses premiers temps. Bientôt de jeunes doctrinaires s'emparèrent de la rédaction. Il y avait parmi eux des hommes de talent ; mais leurs amis eurent beau louer de grands articles un peu pesants, même un peu pédantesques , la réputation de cette feuille, devenue quotidienne et politique, s'affaiblit assez rapidement ; et enfin elle était travaillée de la plus grande maladie d'un journal, l'ennui, qui fait fuir lecteurs et abonnés, lorsque les saintsimoniens, qui déjà s'étaient glissés dans la rédaction, s'en em- parèrent tout à fait, et le Globe appartint alors aux deux Pères suprèmes. Son titre, qui répondait si bien à leurs vues, fut conservé avec cette addition Journal de la religion saint- simonienne, et avec ce dogme fondamental pour épigraphe : A chacun selon sa vocation; à chacun selon ses oeuvres. On ajouta encore en tète de tous les numéros ces indications de la religion nouvelle : Association universelle ; Appel aux femmes ; Organisation pacifique des tra- vailleurs ; et un avis au public, qui suivait immé- diatement , était conçu en ces termes : « La publi- « cation du Globe n'est pas une spéculation , c'est « une oeuvre d'apostolat. L'enseignement politique « renfermé dans ce journal est distribué aux mèmes « conditions que les autres enseignements de la re-« ligion saintsimonienne , c'est-àdire gratuite-« nient, etc. » Ainsi le Globe gratis coûtait aux deux Pères suprêmes 100,000 francs par an, et il fut, aux dépens de je ne sais qui, imprimé et distribué pendant près de trois années. Le dernier numéro parut le 20 avril 1852. — Mais déjà le scandale était entré avec la division dans le sanctuaire. M. Michel Chevalier, rédacteur en chef du Globe, avait annoncé par une circulaire de grands changementssurvenus dans la hiérarchie saintsimonienne. Bazard répon- dit le 25 novembre 1851 : « Le récit est évidemment er-« roné, et pour ce qu'il ne dit pas, savoir les causes « graves et profondes qui ont amené ce qui se passe dans le sein de la doctrine de StSimon, et encore « pour ce qu'il ; il sem- blait annoncer que sa retraite dans le désert serait bientôt suivie, comme celle de son précurseur , de l'entrée avet des palmes triomphales , dans la grande Jérusalem du monde. Esquissons rapidement cette révolution. Dans le dernier numéro du Globe, Enfantin lit les adieux de cette feuille dans une allocution qui a pour adresse Au Monde. Elle commence par ce protocole : Moi, PÈRE DE LA FAMILLE NOUVELLE ; ce qui l'appelle la signature des rois d'Espagne: Moi le Roi. 11 poursuit en ces termes : « Dieu m'a donné « mission d'appeler le PROLÉTAIRE et la FEMME à « une destinée nouvelle. » Tout le reste est du niéme style. Après avoir rappelé ses efforts pour réali- ser l'association universelle et y faire entrer la sainte famille humaine, au moyen de ce qu'il appelle Le discrédit et la retraite forcée des saintsimoniens n'eurent pas seulement pour cause les tracasseries que leur suscitait la police et le ridicule dont les accablaient quelques journaux ; muais ',len plutôt le mauvais état de leur situation financière. Chassés de la salle Taitbout, ils avaient encore à leur charge dans Paris cinq loyers dispendieux, quatre salles où ils propageaient leurs doctrines et lems instructions aux ouvriers, et un fort bel appartement rue Monsigny, où demeurait le père Enfantin. C'est là qu'ils donnèrent pendant l'hiver de 1852, et jusqu'après l'invasion du choléramorbus, des soirées musicales et dansantes, où rien n'etait épargné. Tout s'y passait d'ailleurs trèsdécemment, et les maitres de cérémonies Se montraient fort galants envers les dames invitées. Celles qui étaient aftiliées à la secte portaient un ruban blanc suspendu en aiguillette. Quant aux frères, ils n'avaient encore aucun costume d'une forme particulière; mais la plupart portaient un habit bleu. Tandis qu'on dansait dans deux salons, et qu'on pouvait lire ou mettre dans sa poche toutes les brochures saintsimoniennes étalées sur une table dans une autre pièce, la bibliothèque était l'arène où des groupes d'orateurs et de dialecticiens exposaient leurs principes, repondaient à toutes les objections, avec plus ou moins de talent, mais toujours avec politesse et modération. Cependant, hélas ! la vue des armoires en acajou, garnies de livres bien reliés, et sur les portes desquelles les scellés étaient apposés, annonçait dejà que le flambeau du saint-- simonisme brillait de ses dernières clartés. Tant de prodigalités, tant de frais pour jeter de la poudre aux yeux et pour attirer des partisans à la secte, avaient épuisé les ressources ; de là vint la cessation du Globe annoncée au dernier bal, le 18 avril, et la retraite à Ménilmontant, qui n'eut lieu qu'anisés la mort de madame Enfantin, au convoi de laquelle les saintsimoniens n'avaient pas encore le costume qu'ils ne prirent que dans leur chartreuse. A—T. sa charte d'avenir, après avoir dit : Je suis fort, il ajoute : J'ai parlé, je veux agir. L'apostolat est fondé ; je me relire, avec quarante de mes fils, dans le lieu méme oit s'est passée mon enfance, sur l'une des hauteurs qui dominent Paris . Vous avez ma parole, vous aurez bientôt mes actes; mais je veux me reposer et me taire. Et le Globe ne parut plus . En mème temps, la salle métropole, rue Taitbout, et la salle succursale de l'Athénée, place Sorbonne, furent délaissées gratuitement aux savants et aux artistes pour des cours publics, des concerts, ou des expositions de tableaux. Mais avant de se retirer avec ses quarante fils à Ménilmontant, le Père suprême avait institué dix apôtres , qui se disaient son collége. Trois de ces apôtres, MM. Chevalier, Barrault et Duveyrier, insérèrent aussi leur allocution d'adieu dans le dernier numéro du Globe. M. Barrault fait du père Enfantin le MESSIE DE DIEU et le ROI DES NATIONS , dans lequel ses fils l'exaltent aujourd'hui , et la terre l'exal- tera un jour. Il dit encore que le monde voit en lui son Christ : et il ajoute : « NOTRE VERBE est « au milieu de vous ; vous l'incarnerez en vous « Le monde est à nous : un homme se lèvera qui a « un front de roi et des entrailles de peuple, parce « qu'il a le coeur d'un prêtre , et cet homme est « NOTRE PÈRE, etc. » Après avoir rendu à M. Enfantin ce magnifique témoignage , les apôtres se traitent euxmèmes avec un peu moins d'humilité que ne faisaient les apôtres de l'Évangile. « Et d'a-« bord , dit M. Barrault, sachez ce que c'est qu'un « apôtre. L'apôtre fidèle à l'orbite souverain du « MESSIE reflète au loin la lumière de cet astre im- « mense , agrandie de « ses propres rayons, et luimème il est centre... et, « comme le révélateur dont il est le satellite, il est « un monde. Il touche d'une main aux grands de la « terre, et de l'autre aux masses frémissantes; il est « prince, il est peuple... Écoutez ; il prophétise « et voici que sa poésie, mettant un rayon de miel « sut. ses lèvres, se balance sur des ailes brûlantes. « Applaudissez maintenant : orateur, il émeut une « assemblée : A lui le désert, il est moine ! A lui le « château, il est gentilhomme! A lui la cité, il est « homme de fête, de plaisir et d'élégance ! A lui le « voyage, il est pèlerin! A lui le danger, il est sol-« dat I A lui le travail, il est prolétaire ! Il aime « le MESSIE comme un père , il le vénère comme « un roi, il le sert comme un maitre ; car il porte le « Messie de Dieu et le roi des nations. Telle est la « vérité. » Et voilà ce qu'écrivaient en 1852 des hommes de conviction qui n'étaient pas sans talents. Au mysticisme près , n'estce pas le style des dramatistes de nos jours? Bazard , qui ne se Ce fut à cette époque qu'Enfantin perdit sa mère. Les billets de faire part étaient ainsi Conçus: « RELIGION SAINTSIMONIENNE:Mad3Me « Enfantin, mère de notre PÈRE SI:PRÈME, est morte ce matin ; je suis chargé par notre PÈRE SUPRÊME de vous annoncer « cette nouvelle. Je vous prie, en son nom et els celui de tous ses « enfants, d'assister au convoi, etc. Signé MICHEL CHEVALIER, « APOTRE. » MM. Michel Chevalier, Charles Duveyrier, Fournel, Bouffard, Lambert, Ensile Barrault, d'Eichtal, Stéphane Flachat, Rigault, etc. trouvait plus être ni Messie , ni Père suprème, ni Maure, ni Roi des nations, vivait éloigné de la capitale et voyait germer ainsi le fruit de ses doctrines. — Il y eut encore, en 1852, indépendamment du Globe , seize ou dixsept publications gratuites, dont deux , intitulées la Prophétie et les Trois Familles , eurent le triste honneur d'être poursuivies par l'autorité . Le nombre total des publications saintsimoniennes , de 1825 à 1852 , forme environ soixante volumes ou brochures, et quand les apôtres eurent cessé d'écrire et fermé le Globe, ils firent insérer dans les journaux cet avis : « Après avoir employé des sommes consi- « dérables pour propager notre foi, nous avons senti « que l'instant était venu où nous devions vendre « les livres que nous avons donnés jusqu'à ce jour « avec profusion, etc. » Ils établirent donc le prix de leurs écrits sans enflure et même avec modération : et cependant la collection complete devait coûter 284 francs. Plusieurs de ces écrits sont devenus trèsrares, entre autres : la Pétition d'un prolétaire ; le Parti politique des travailleurs, et la Collection de feuilles populaires. — Le ministère public , qui s'était abstenu de poursuivre quand les prédications sur la femme et sur la propriété étaient faites dans les églises constituées à Paris et dans les départements, s'émut lorsque les saintsimoniens se furent faits cordonniers, tailleurs, agriculteurs et cuisiniers dans une espèce de chartreuse à Ménilmontant. Là ils se promenaient, ils travaillaient en chantant des hymnes dont les vers et la musique étaient leur ouvrage. Ils n'avaient pris ni le capuce, ni le cordon, ni. les sandales monastiques ; leur costume, réglé, im- posé par le Père suprême, avait quelque chose de dégagé, de mondain, d'élégant. On lisait, brodé sur la poitrine du chef , ce grand mot : LE PÈRE. La chartreuse était devenue le dimanche un but de pèlerinage pour les néophytes et de promenade pour les curieux. Les saintsimoniens semblaient ne s'ètre séquestrés sur une hauteur que pour mieux se montrer. Ces petits rassemblements déplurent ; le Père suprême fut invité à tenir fermée la porte de sort couvent. Mais ce n'était pas ainsi qu'il entendait se recueillir : la porte resta donc ouverte. f,_a police et ses archers intervinrent ; les scellés furent apposés sur la chartreuse, et le public fut privé de l'avantage de voir les nouveaux congréganistes se recueillir en chantant. Le 27 août 1852, le Père suprême fut traduit en cour d'assises, avec MM. Michel Chevalier, ancien élève de l'école polytechnique, exingénieur des mines , Émile Barrault, exprofesseur à Sorèze et à Paris ; Charles Duverrier, ex- Les dernières brochures publiées par les saintsimoniens, en 4832, ne sont en général que des extraits du Globe ; la plupart parurent avant la lin d'avril. Le père Enfantin, en annonçant sa retraite, avait fait un appel de convocation à ses enfants pour le erjuin. 11 devait descendre avec ses disciples, revétu de l'uniforme de l'apostolat de paix, avec un étendard où chaque parti verrait sa couleur. Cette descente, retardée par le mauvais temps, puis par les événements de la rue StMerry, eut lieu e»fin, mais n'est pas le succès dont on s'était flatté ; la procession ne parut qu'une mascarade, et prouva seulement que les rangs des saintsimoniens s'étaient . éclaircis
  • Amand DAUBASSE( 1660) : poète gascon, mérite une place parmi les littérateurs artisans dont le noter bue, assez restreint, s'est agrandi depuis quelques années, au point qu'il n'est pas de province qui ne compte aujourd'hui un Adam Billaut. Né vers ' 1660, à Moissac, de parents trop pauvres pour pouvoir l'envoyer à l'école, Daubasse ne sut jamais lire ni former un caractère d'écriture ; mais, doué d'une intelligence précoce et d'une mémoire qui ne laissait rien échapper, il montra dès son enfance un talent assez remarquable pour raconter de petites histoires. Ayant achevé son apprentissage chez un fabricant de peignes, il s'établit à Villeneuved'Agen et ne tarda pas à s'y marier. Forcé de travailler pour subvenir aux besoins de sa famille, il sortait rarement de son atelier; mais en travaillant il disait des historiettes, et sa réputation de conteur attira bientôt autour de lui tout ce que la petite ville renfermait de gens de loisir, amis de la franche gaîté. Quelques vers, qu'il composa sans trop savoir comment, ainsi qu'il en convient luimême, ajoutèrent à l'idée qu'on avait de ses talents. Le duc de Biron qui passait une partie de l'année dans son château près de Villeneuve, témoigna le désir d'entendre le joyeux fabricant de peignes. L'exemple donné par un si grand seigneur fut suivi par toute la noblesse de la province. C'était à qui posséderait Daubasse; il n'y eut plus de fêtes qu'il n'y fût invité des premiers ; et, comme sa complaisance ne devait pas porter préjudice à sa famille, on avait soin de le dédommager de la perte de son temps. On peut conjecturer que son commerce, loin de souffrir de son innocente manie, avait au contraire pris de l'accroissement. 11 fit pour ses affaires un voyage à Bordeaux, puis un autre à Toulouse ; et dans ces deux villes, où sa réputation l'avait précédé, le poète artisan reçut un accueil trèsflatteur. La plupart des pièces de Daubasse sont des impromptus. Lorsqu'il travaillait sur des sujets de quelque étendue, il dictait ses vers et se les faisait relire jusqu'à ce qu'il ne trouvât plus rien à y corriger. Cet homme simple et modeste eut des envieux qui cherchèrent à le tourner en ridicule, mais il les châtia par des épigrammes mordantes. Ses vers ont été publiés sous le titre d'OEuvres de Daubasse, Villeneuve, n96 Ce volume contient : Les quatre fins de l'homme, la grandeur de Dieu et la passion de Jésus- Christ, poëlles; des cantiques, des chansons, des impromptus, des épigrammes dans le dialecte gascon, et une épître au maréchal de Berwick. Dans ces différentes compositions on trouve de l'esprit, du naturel ; mais il est impossi?le de partager l'engouement de son éditeur, qui met Daubasse Audessus de Boileau, De Gresset, de Racine et même de Rousseau et qui ne balance pas à déclarer que Des bons vers mieux que tous il avait le génie