Le prénom Gabriel Masculin

Origine :

Fête :

29 Septembre

Signification de Gabriel

Gabriel est un prénom hébraïque porté par de nombreuses personnes actuellement. Quelques personnalités portent également ce prénom notamment Gabriel Faure, Gabriel Byrne, Gabriel Garcia Marquez, Gabriel Péri ou encore Gabriel Batistuta. Les Gabriel sont connus pour leur sens de l’amitié développé. Ils sont capables de faire l’impossible pour leurs amis et sont toujours présents pour eux en cas de problème. Le prénom « Gabriel » est célébré tous les ans, le 29 septembre, en l’honneur du troisième archange. Ce prénom est très répandu en France et est également très exploité en tant que nom de baptême.

Personnalité de Gabriel

Extravertis, émotifs, hyperactifs, rien ne les arrête. Ce sont des fonceurs. Sûrs d'eux, autoritaires, ils agacent un peu avec leur esprit de supériorité. Susceptibles, ils se laissent facilement aller à la colère. Perfectionnistes, exigeants, ils sont durs avec leur entourage, car ils voudraient que tout soit parfait. Intelligents, brillants, parfois capricieux, ce sont des séducteurs quelque peu instables dans leurs amours.

Provenance du prénom Gabriel

Histoire de Gabriel

Etymologie de Gabriel

Les Gabriel célèbres

  • Gabriel ADORNO : marchand génois , d'une famille du parti gibelin. Simon Boccanegra, le premier doge de Gènes, étant mort en 1565, le peuple choisit , pour lui succéder, Gabriel Adorno, dont la prudence et la probité étaient universellement reconnues. Ce fut le commencement de la grandeur Adonis , archiepiscopi Viennensis, ah II. Rosu'eydo jampridem ad Mss. exemplaria recensitum, nunc ope codieum bibliothecoe Valicalice recognilum, et adnotationibus illustratum, opera el studio Dominici GEoncit. Accessere martyrolegia et calendaria aliquot ex Vaticana et rakis blbliatheeis eruta, none primum in Iticem * lila. Rollier, ex typographia Palladis, 1745 On trouve dans cette édition les variantes de trois manuscrits qui, après avoir successivement appartenu à Pétau, conseiller au parlement de Paris, et à la reine Christine, passèrent dans la bibliothèque —i. de cette maison. Les Génois , fatigués des dissensions éternelles entre quatre familles qui , jusqu'à l'an 1540, s'étaient partagé tous les emplois, avaient résolu d'exclure à jamais les nobles de la magistrature suprême, et ils avaient créé un doge pour être le défenseur du peuple contre les grands : mais ils éprouvèrent bientôt que la rivalité du pouvoir n'était pas chez les plébéiens une passion moins violente que chez la noblesse , et que les Adorai n'étaient pas moins ambitieux que les Doria ou les Spinola. Gabriel Adorno eut sans cesse à combattre les nobles qui s'étaient retirés dans les montagnes de la Ligurie , et qui infestaient par leurs brigandages tout le territoire de la république. Les Visconti , seigneurs de Milan , donnaient des secours à tous les rebelles, et, pour les repousser, le doge fut contraint d'établir de nouveaux impôts. Le peuple ne voulut pas s'y soumettre longtemps ; il se souleva en 1570 , envoya Gabriel Adorno en exil à Voltaggio, et lui donna Dominique Frégoso pour successeur
  • Gabriel ALTILIUS : un des bons poètes latins qui fleurirent en Italie au 15e siècle , naquit dans la Basilicate, au royaume de Naples , ou, selon d'autres auteurs, à Mantoue. H lit ses études à Naples, y fixa sa demeure , et eut pour amis Pontanus, Sannazar, et tous les gens de lettres célèbres qui y florissaient alors. Il fut précepteur du prince Ferdinand, qui devint roi , en 1495, par la démission de son père Alphonse H. Altilius fut nominé , par Sixte IV, évêque de Policastro, en 1471, et mourut en 1-181, selon Ughelli, dans son hala sacra; selon Mazzuchelli , au contraire, dont les preuves et les rapprochements paraissent mériter la préférence , il n'eut cet évêché qu'après 1489, et mourut vers 1501. Il était membre de l'académie qui s'assemblait chez Ponta - nus , et son autorité y était si grande, que Pontanus luimême s'en servit, après la mort d'Altilius, pour diriger les travaux de son académie. On lit, dans un de ses dialogues, intitulé iEgidius, que leur ancien confrère avait apparu à un saint religieux du MontCassin, et l'avait chargé de leur faire savoir qu'ils devaient , dans leurs séances , quitter les fables, les jeux d'esprit , et les études inutiles, pour traiter des matières graves de religion et de philosophie; et l'on aperçoit, dans ce dialogue même, cri sont rapportés les discours qui furent tenus dans l'académie , les effets de cette leçon. Altilius n'a laissé qu'un petit nombre de vers, mais qui ont suffi pour lui faire une grande réputation. Sa pièce la plus célèbre est l'épithalame qu'il lit pour le mariage d'Isabelle d'Aragon , fille du roi Alphonse H , avec Jean Galéas Sforce, duc de Milan. Il fut imprimé, avec cinq autres morceaux moins considérables du même auteur, dans le recueil des poésies latines de Sannazar et de quelques autres poètes, à Venise, chez les Aide, 1553 L'épithalame seul fut inséré , depuis, dans les Carmina illustrium poetarum italorum de Toscan°, et dans les Delicioepoetarum italorum, etc., de Gruter ; on le retrouve, avec ses autres pièces, dans les belles éditions de Sannazar données par Comino en 1719. 1751, 1751, et dans celle de Venise, 1752. JulesCe.sar Scaliger, qui n'était pas prodigue d'éloges , loue beaucoup cet épithalame . Giraldi , Sannazar et Pontanus ont comparé l'auteur aux poètes anciens : le dernier lui a dédié son traité de J'agni/ kentia; Sannazar a composé son épitaphe, rapportée par giielli , dans l'haliez sacra , vol. 7, et qui n'est point dans les oeuvres de ce poète
  • Gabriel ARGOU : avocat célèbre au parlement de Paris , naquit dans le Vivarais. 11 fut lié avec tous les savants de son temps , et particulièrement avec l'abbé de Fleury. Sa réputation commença par les mémoires qu'il fit publier en 1674, relativement au comté de Neufchâtel , et aux différends élevés entre les duchesses de Longueville et de Nemours, pour la succession de cette souveraineté ; mais , ce qui lui assura un rang distingué parmi les jurisconsultes, ce fut son livre intitulé : Institution au droit français, dont il fut fait deux éditions pendant sa vie. On pi;é- tend qu'un ouvrage de l'abbé de Fleury, son ami, ayant pour titre : Histoire du droit français , le détermina à composer son Institution. D'autres ne craignent pas d'affirmer que cet ouvrage fut composé par l'abbé de Fleury luimême , qui en fit présent à Argon. Cette assertion est entièrement dénuée de I fondement. Argou mourut au commencement du 18e siècle. Depuis sa mort , il a été fait beaucoup d'éditions de ses oeuvres; les meilleures sont celles qui ont été publiées avec des augmentations , par Boucher d'Argis , Paris, '1755, 1762, 1771 et 1788, 2 vol. M
  • Gabriel ARIOSTO : l'un des frères du grand Arioste, eut aussi quelque talent, surtout pour la poésie latine. Lilio Giraldi en fait même un grand éloge dans ses Dialogi de poetts nostrorum lemporum. Il était né contrefait , et vécut dans de continuelles souffrances. 11 mourut à Ferrare, sa patrie, vers l'an 1552, selon Mazzuchelli et d'après les auteurs des Rime scelle de poeli Ferraresi ; mais ce (lut être beaucoup plus tard, puisqu'il laissa un fils qui, selon Mazzuchelli luimême, naquit en 1555. 11 est probable que celui des frères de l'Arioste qui mourut en 1552 est Galasso, mort, selon le Garofalo dans sa Vie de l' Arioste, à Ingolstadt, où il était ambassadeur du duc de Ferrare auprès de l'empereur CharlesQuint. Ce fut Gabriel qui acheva la Scolastica, comédie que son frère Louis avait laissée imparfaite. On a publié ses poésies latines, Ferrare , 1582
  • Gabriel AYALA : médecin de la faculté de Louvain et médecin pensionnaire de la ville de Bruxelles, mort vers 1562, a lamé un recueil de vers latins imprimé à Anvers eu 1562. contenant quatrevingtneuf épigrammes qu'il avait déjà fait imprimer sous le titre de : Popularia epigrammata medica; un livre d'élégies, etc. L'auteur convient luimème que ses épigrammes sont un peu trop longues et peu piquantes ; mais il prie le lecteur de faire attention qu'elles sont Medica et Galenica, non Cagulliana. — Balthasar AYALA, cousin de Gabriel, et né à Anvers en 1Zizs environ, juris consulte et auditeur général nes troupes de Philippe II dans les PaysBas, a donné : de Jure, Offldis bellicis ac militari Disciplina libri ires, Douai 1582 ; Anvers, 1597. — Nicolas An: tonio, dans sa Bibliotheca Hispana noya, parle de beaucoup d'autres AYALA qui, la plupart, n'ont composé que des ouvrages de dévotion
  • Gabriel BARBOU( 1761 - 1827) : général français, né à Abbeville, en 1761, était fils d'un officier de fortune, chevalier de StLouis , parvenu au grade de capitaine dans le régiment d'Artois ; ce qui était alors un avancement extraordinaire pour un simple roturier. Le jeune Barbou en ressentit les effets; il fut admis souslieutenant dans le même corps, le 14 janvier 1782, et lieutenant en1788. 11 fit partie en 1791 de l'expédition de StDomingue, et revint en France après les désastres de cette colonie. S'étant montré partisan trèsprononcé de la révolution, il fut nommé capitaine adjoint aux adjudants généraux, et se rendit en cette qualité à l'armée du Nord, où il concourut à la défense de Maubeuge, dans le mois d'octobre 1793, ce qui lui valut le titre d'adjudant général. Il se trouva l'année suivante à la bataille de Fleurus, et fut employé comme souschef d'état major sous Marescot, à la reprise de Landrecies, du Quesnoy et de Valenciennes. Devenu général de brigade le 7 septembre 1794, il concourut au siége de Maestricht sous Kléber, et lit les campagnes de 1795 et 1796, à l'armée de SambreetMeuse, sous Bernadotte. Il se trouva aux batailles de Kircliberg et de Wurtzbourg , et passa ensuite à l'armée du Nord comme chef de l'état major général , lequel fut dissous quelques mois après. Barbon eut alors un commandement dans le Brabant, et ce fut lui qui soumit par sa prudence et sa fermeté la révolte qu'excitèrent dans la Campine les lois de la conscription. Il passa ensuite à l'armée de Hollande, et contribua beaucoup aux succès que Brune obtint contre les AngloRusses à Berghen et à Castricum. La valeur qu'il déploya dans cette dernière affaire le fit nommer général de division sur le champ de bataille . Il prit part en cette qualité à la campagne de Franconie sous Augereau, et concourut ensuite aux opérations de l'armée commandée par Moreau, jusqu'à la paix de' Lunéville. Il passa alors en Piémont, puis en Suisse, et revint en Hollande, d'où il se rendit à l'armée d'Hanovre, qui se porta bientôt sur le Danube, sous lés ordres de l'empereur. Barbon resta dans le pays d'Hanovre avec une faible division, qui, se voyant assaillie par un corps russe fort nom- breux,' se renferma dans flameln. Il se maintint dans cette forteresse jusqu'à la victoire d'Austerlitz, qui amena la paix de Presbourg. Revenu en France, il passa au commandement de Bordeaux, puis à l'armée d'observation de là Gironde, lorsque Napoléon se prépara à l'envahissement de l'Espagne. 11 commandait sous le général Dupont une des premières divisions qui pénétrèrent dans ce royaume, à la fin de 1807 ; il eut beaucoup de part aux affaires du pont d'Alcala et à la prise de Cordoue; mais il partagea aussi l'échec de ce corps d'armée à Baylen, et sa division, qui se trouvait sous les ordresimmédiais de Dupont, fut obligée de mettre bas les armes. Sa captivité dura peu ; mais l'empereur, sans lui faire porter tout le poids de cette malheureuse capitulation, ne lui témoigna plus la même confiance, et l'envoya en Italie, où il se trouva sous les ordres du prince Eugène, le 16 avril 1809, à la malheureuse bataille de Sacile. Le général Nandoncourt, qui a écrit l'histoire de cette guerre, prétend que Barbon mit à cette affaire de la mollesse et de la mauvaise volonté. 11 fut ensuite chargé de la défense de Venise, et se maintint avec assez de fermeté dans cette ville contre les Autrichiens victorieux. Sa défense du fort de Malghera lui fit surtout beaucoup d'honneur. Lorsque l'archiduc Jean, qui l'avait poussé avec tant de vigueur, fut obligé de s.éloigner pour aller au secours des États héréditaires pressés par la grande armée, Barbon fut envoyé dans le Tyrol, pour y réprimer quelques soulèvements, et plus tard, dans la Marche d'Ancône, où il éprouva, en .1814,1e chagrin de se voir attaqué par les troupes d'un Français , celles de Murat, devenu roi de Naples. Barbon se retira clans la citadelle, où il fut obligé de se rendre le 18 février. Revenu en France par suite de cette capitulation, il reçut du roi le commandement. d'um., division de l'intérieur, et fut admis à la retraite le 8 février 1811;. Depuis cette époque, il ne fut plus occupé que de soins domestiques et de l'éducation de sa famille. Le général Barbon mourut à l'aris, le 6 décembre 1827
  • Gabriel BARLETTA : prédicateur dominicain du 15' siècle, eut alors la plus brillante réputation, qu'on lui a fait expier depuis par le ridicule. Le plus grand nombre des auteurs qui ont parlé de lui veulent qu'il soit né à Barletta, petite place ou château dans le royaume de Naples, et qu'il en ait pris le nom; d'autres affirment que c'était son nom de fa- mille, et que la ville d'Aquino, patrie de St. Thomas, était aussi la sienne. François , est celle que donna à Bénévent le cardinal Orsini, qui, peu de temps après, devint pape
  • Gabriel BARRI( 1500) : et non pas BA R RIO, né à Fran- cica, dans la Calabre, au 16e siècle, fut prètre sécu- lier, bon humaniste et savant géographe. Le princi- pal ouvrage qu'on a de lui date de 1571, ce qui fait penser qu'il était alors dans la force de l'âge. C'est un livre intitulé : de Antiquitate et Situ Calabria' libri 5, Rome , 1571 réimprimé dans l'Italia illustrata, Francfort, 1600 ; et dans le tome 9, part. 5 du Thesaurus antiquit. Italice de P. Burmann. Il en a paru une nouvelle édition, avec des additions et des notes de Thomas Aceti , et des Animadversiones de Sertorio Quattromani, Rome, 1757 ; enfin, il est inséré dans le Delectus Scriptorum rerum Neapolitanarum , publié à Naples par Dominique Giordani. Ce nombre d'éditions atteste le mérite de l'ouvrage ; il a été cependant vivement critiqué dans quelquesunes des observations de Quattromani ; mais il n'a pas manqué de défenseurs. Quelques écrivains ont prétendu que Barri n'en était que le prêtenom, et l'ont attribué, les uns au cardinal Sirlet , les autres au cardinal Santorio. Il est à croire que s'il était de l'un ou de l'autre, on l'aurait su positivement, du moins après leur mort. Trois opuscules latins du même auteur, sur trois sujets trèsdifférents, parurent ensemble cette même année : Pro Lingua latina libri ires ; de . IEternitate urbis liber unes ; de Laudibus Italie liber sinus, Rome, 1571 ; mais c'est une seconde édition augmentée; la première avait paru dès 1554. L'auteur se montre, dans le premier de ces traités, extrêmement passionné pour la langue latine, et ennemi déclaré de la langue italienne ou vulgaire. Son aversion allait si loin , qu'il fait , dans son livre de Antiquitate et Situ Calabrice, des imprécations horribles contre quiconque oserait le traduire en italien ; elles se trouvent au commencement du 2® livre , p
  • Gabriel BATTORI ou BATHORI : frère de Sigismond, devint prince de Transylvanie, en reconnaissant la suzeraineté de l'empereur Mathias. Il se mit sous la protection des Turcs, pour se maintenir contre le souverain, qui s'autorisait de la cession faite par Sigismond à l'empereur Rodolphe , en 1597. Battori prit Hermanstadt, chassa de la Valachie le vayvode Radul, et fut forcé bientôt après de revenir en Transylvanie, tenir tète à Forgatz, lieutenant de l'empereur Mathias. Soutenu par les Ottomans dont il s'était reconnu vassal, et par les Tartares, il parvint à obliger Forgatz à se retirer ; mais il gouverna ses sujets avec tant de dureté qu'ils se révoltèrent contre lui. Ils ne virent en lui qu'un usurpateur, quoiqu'il fût issu du sang de leurs anciens souverains. Les Transylvains élurent pour leur prince BethlemGabor, et déposèrent Gabriel Battori. Bethlem se mit sous la protection d'Achmet I", qui le soutint contre son rival. SandarPacha entra dans la Transylvanie avec 60i000 hommes. Battori craignant de succomber, voulut transiger avec les Ottomans; mais en quittant leur camp, à la tète d'une faible escorte, il fut assassiné le 26 octobre 1615, et ce meurtre assura la paisible possession de la Transylvanie à BethlemGabor
  • Gabriel BAUDRY D'ASSON( 1755) : de la même famille que le précédent, né dans le Poitou vers 1755, servit quelque temps dans un régiment d'infanterie, où il parvint au grade de capitaine. Il se retira ensuite dans sa terre de Brachien, non loin des bords de la Sèvre nantaise, entre la Châtaigneraie et la ForêtsurSèvre. D'un caractère violent et vicieux, il avait diminué de beaucoup sa fortune, et son genre de vie avait éloigné de lui toute la noblesse du voisinage : aussi se déclaratil d'abord partisan de la révolution, et fut nommé commandant , cousin germain (le Gabriel, figura dans l'insurrection du bas Poitou dès le principe, et finit par être employé comme major général de l'armée de Charette. 11 est mort postérieurement à la seconde restauration
  • Gabriel BOMBASIO : que Mazzuchelli appelle aussi Bombace, était d'une famille noble de Reggio, et connu du célèbre Arioste. Il n'est pas tout à fait exact de dire qu'il suivit sa carrière, attendu que la carrière de l'Arioste est la même que celle d'Homère et de Virgile, et que ne la suit pas qui veut. Bombasio s'attacha au duc de Parme , Octave Farnèse , qui se servit de lui pour traiter des affaires importantes à Venise, et qui confia même à ses soins le jeune Odoard Farnèse, devenu ensuite cardinal. Il lit un si long séjour à Parme , qu'il donne quelque part à cette ville le nom de sa seconde patrie. On ignore le temps précis de sa naissance.et de sa mort. On apprend seulement, par une de ses lettres, qu'il assista, en 159G, à une représentation du Pastor fido du cavalier Guarini, son ami. Il était orateur et poète. Il composa un Alidoro , qui fut joué à Reggio devant la reine Barbe d'Autriche, duchesse de Ferrare ; on en trouve une description imprimée à Reggio, 1568 mais la tragédie même ne l'a jamais été. Il fit aussi la Lucrezia romana, et plusieurs auteurs en ont parlé comme de la première; mais aucun n'a dit qu'elle eût été imprimée, ni même qu'elle existât en manuscrit. Tout ce qu'on a de lui se réduit à une oraison funèbre du duc Octave Farnèse, en latin , Parme, 1587 et à quelques lettres italiennes éparses dans divers recueils
  • Gabriel BIEL : théologien allemand, né à Spire, prêchait avec réputation à Mayence, lorsque Eberhard, due de Wittemberg, qui avait fondé l'université de Tubingen, l'y appela pour être professeur de théologie, en 1477 : Duel s'en acquitta avec succès. Vers la fin de ses jours, il se retira dans une maison de chanoines réguliers, où il mourut saintement, dans un âge trèsavancé, en 1495. C'était un des meilleurs scolastiques du 15 siècle, et il se distingua pat- la simplicité et la clarté de son style. On a de lui : Colleclorium super lib. Son- tentiarum G. Occani , Tubingen , 1501 2" Lecture super canonem Nissw,• Rutlingue, 1488 où il dit que c'est Dieu le Père, le Fils et fe SaintEsprit, qui est l'auteur du canon de la messe, ou qui l'a inspiré. 3° Sacri canonis Missee litteralis et inystica Expositio, Tubingen, 1499 ; Bide, 1510 ; Lyon, 1517 11 a encore composé d'autres ouvrages peu importants, et on attribue un traité de monetarum Potestaie m'und el —]Nuremberg, 1542 ; Cologne, 1574 ; Lyon, 1605. - Jean- Christian BIEL, prédicateur , Lié à Brunswick, en 1687, mort en .1745, a laissé un grand nombre de dissertations théologiques, insérées dans le Thesaur. fintiquitat. sacrer. d'U golin, et un ouvrage important publié après sa mort, par E.-11. Mutzenbecher, sous le titre de : Noyas Thesaurus philologicus, sive Le. ricon in 70 el alios inter- vides çt scriptores apocryphos Veteris Testamenli, la Haye, 1772-80, 5 vol. Schleussner a donné des suppléments à ce dictionnaire. On a encore de lui Dissertatio h istorica- litteraria de viris in iluja ( mue ac scriptis illusiribus, Leipsick, 17(.8 Il parait que c'est son premiee écrit. - Louis BIEL, professeur de philosophie à Vienne, a publié un ou% rage intitulé : Utilitales rei nummariae, Vienne, 1753
  • Gabriel BOUQUIER( 1750 - 1811) : conventionnel, né vers 1750, dans le Périgord, de parents riches, s'appliqua, dans sa jeunesse, à la culture des lettres et des arts avec plus de zèle que de succès. Il adressa, en 1775, à Joseph Vernet une épître, dans laquelle il 33 décrit les principaux ouvrages de cet artiste célèbre avec un enthousiasme et une fidélité qui firent excuser les incorrections dont sa poésie fourmille, et lui valurent les encouragements de plusieurs critiques. Quoiqu'il ne fùt plus trèsjeune à l'époque de la révolution, il en adopta les principes et contribua de tous ses moyens à la propager dans sa province. Député par le département , un plan général d'instrucion, « lequel, ditil, proscrit à jamais toute idée de « corps académique, de société scientifique, de hié« rarchie pédagogique, etc. » Suivant Bouquier, on ne saurait trop se mettre en garde contre les savants, parce que « les sciences de pure spéculation « détachent de la société les individus qui les cul« tivent, et deviennent à la longue un poison qui « mine, énerve et détruit les républiques. » A ceux qui pourraient objecter qu'il ne suffit pas de savoir lire, écrire et compter pour être en état de remplir les différentes charges admi nistratives et judiciaires, il répond que « les plus belles écoles, les plus utiles, « les plus simples, sont les séances publiques des « départements, des districts, des municipalités, et , il lit rendre un décret pour la restauration des tableaux appartenant au musée, à l'exception de ceux dont les sujets se rapportaient à la monarchie, et qui ne devaient plus longtemps faire partie d'une collection nationale. Deux mois après, Bouquier lit jouer une pièce qu'il avait composée avec Mutine; elle était intitulée : la Réunion du 10 aotii, ou l'Inauguration de la république française, sans- culoUide en 5 actes , et (lui, si ron en croit le Moniteur, eut un trèsgrand succès. Après la session, n'étant point entré, par la voie du sort, dans les conseils, Bouquier revint dans son département, où il avait de grandes propriétés, et il reprit ses habitudes, composant tour à tour des vers et des tableaux. 11 mourut en 1811, à Terrassun, près de Sarlat
  • Gabriel BOUNYN( 1500) : né à Chàteauroux, dans le 16° siècle, acheva ses études à Paris, où il se fit recevoir avocat; il revint ensuite dans sa patrie, où il obtint la place de bailli. Le duc d'Alençon le nomma son conseiller, maitre des requêtes. C'est tout ce que l'on sait de cet auteur. Beauchamps semble croire qu'il vivait encore en 1604. Suivant la Croix du Maine, il avait fait imprimer, dès 1554, chez Vascosan, la traduction des Économies d'Aristote. Il donna, en 1561, la Sultane, tragédie, Paris Les auteurs de l'Histoire du Théâtre- Français remarquent que cette pièce est la première qui ait été puisée dans l'histoire turque, et que la mort de Mustapha, fils de Soliman, qui en fait le sujet, était un événement dont les principaux acteurs vivaient encore. A la suite de cette tragédie, on trouve une pastorale à quatre personnages. On a encore de Bounyn 1° une Ode sur la Médée de Jean de la Péruse ; 2° les Joies et Allégresses pour le bienveignement et entrée du prince François, fils de France et frère unique du roi, en sa ville de Bourges, Paris, 1576 ; 3° Tragédie sur la défaite de la Piaffe et la Picquorée, et bannissement de Mars, à l'introd. de paix et sainte justice, Paris, 1579 pièce indiquée par Duverdier, mais si rare , que Goujet n'a pu se la procurer ; 4° Satyre au roi contre les républicains, avec l' Alectriomachie, ou Joutte des coqs, et autres poésies françoises et latines, Paris, 1586 Toutes les productions de cet auteur, dit un critique, respirent le patriotisme, et c'est là leur principal mérite
  • Gabriel BRIZARD : avocat au parlement et premier commis à la chancellerie de l'ordre du StEsprit , cultiva les lettres avec succès, et mourut à Paris, de misère et de chagrin, le 25 janvier 1795, les crimes de la révolution, qu'il avait d'abord jugée plus favorablement, ayant enfin navré son âme. C'est mal à propos qu'on le désigne sous le nom d'abbé : il n'était point abbé, quoiqu'il en prit le titre dans plusieurs de ses ouvrages, et même il ne fut jamais tonsuré. C'était par économie qu'il avait adopté l'habit violet. Doux, simple, modeste, étranger à toute espèce d'intrigue, il eut autant d'aMénité dans les moeurs que de délicatesse dans l'esprit, et fut aimé de tous ceux qui le connurent. Il maniait trèsagréablement la poésie légère, et a laissé manuscrites quelques pièces de théâtre. Brizard travaillait depuis longtemps à une Histoire des Frani- çais, ouvrage considérable qui est demeuré impar- fait et manuscrit. Ses ouvrages imprimés sont Eloge de Charles V, dit le Sage, roi de France, Paris, 1768 Ce discours concourut en 1767 pour le prix de l'Académie française, avec celui de Laharpe qui fut couronné. 2° Histoire généalogique de la maison de Beaumont, en Dauphiné, avec les piè- ces justificatives, Paris, de l'imprimerie du cabinet du roi, 1779, 2 vol. C'est le plus considérable des ouvrages de l'auteur. Il fut imprimé aux frais de Christophe de Beaumont, archevêque do Paris, adressé par ce prélat aux maisons souveraines de l'Europe, et envoyé à toutes les grandes bibliothèques. D'Hozier de Sérigny, juge d'armes de la noblesse de France , a beaucoup loué cet ouyrage, en le proposant pour modèle, et le jugeant digne d'assigner à l'auteur une place distinguée dans la classe des historiens modernes. On croit que, sans la révolution, Brizard aurait succédé à Chérin, généalogiste des ordres du roi. 5. Fragment de Xénophon, nouvellement trouvé dans les ruines de Palmyre par un Anglais , traduit du grec en français, Paris, 1785 C'est une fiction assez ingénieuse sur la révolution d'Amérique. Elle a été traduite en allemand par Meyer . 4. De l'Amour de Henri IV pour les lettres, Paris, 1785 et 1786 Cet ouvrage est curieux et estimé. 5. Lettre à un ami sur l'assemblée des notables, Paris, 1787 publiée sous le pseudonyme de Gallophile. Peu de temps après, l'auteur en donna une seconde, avec Je même titre. 6. Eloge historique de l'abbé de Mably, Paris, 1787 Ce discours partagea, avec celui de Lévesque , le prix décerné par l'aca- démie des belleslettres ; on le trouve réimprimé à la tète des oeuvres de Mably. 7. Analyse du voyage pittoresque de Naples et de Sicile, de l'abbé StDion, Sur un exemplaire envoyé à mademoiselle Cosson par l'auteur, on a trouvé la clef suivante écrite de sa main : _ Tludes, Francklin Entelles, Vergennes ; Tangides, d'Estaing; Tusingonas, Washington ; Fylaatéle, Lafayette; Olybute, Bouillé; Cheranibos, Rocham— beau: Ucocide, du Couédic ; Usanas, le prince de Nassau • Chenil- clele, la Clocheterie ; Frisson, Suffren ; Ubatomen, le vie' omte de Beatunont. Paris, 1787-92, 2 tomes en 1 vol. 8° Du Mas- sacre de la St- Barthélemy et de l'influence des étrangers en France durant la ligue; discours historique avec les preuves, Paris, 1790, 2 parties ; traduit en allemand, Leipsick, 1791 L'auteur avait composé cet ouvrage en 4785; il se décida à le faire imprimer, sans y riem changer, en sortant de la première représentation de Charles IX. Son but est de prouver Brizard fut l'éditeur, avec Mercier et de l'Aulnaye, des OEuvres co piètes de J.- J. Rousseau, classées par ordre de matières, avec des notes, Paris, Poinçot, 1788 et années suivantes, 59 vol. : édition recherchée, dont néanmoins lés derniers volumes, publiés par le libraire luimême, qui crut pouvoir se passer du secours des gens de lettres, présentent les incorrections les plus révoltantes : le 5' volume est intitulé : Emile, ou Pièces relatives à l'Emile. On y trouve l'analyse des principaux- écrits publiés contre cet ouvrage. Il a donné une nouvelle édition des Observations sur l'histoire de France de Mably, avec une continuation jusqu'au règne de Louis X 1 V, et précédée de l'éloge historique de l'auteur, Kehl, 1788, 6 vol. On lui attribue des Modestes Ob- servations sur le mémoire des princes, Paris, 1788 Le Mercure de France contient plusieurs pièces de lui. Brizard était trèslié avec Blin de Sainmore ,'et il le nomma son exécuteur testamentaire
  • Gabriel BROTIER( 1723 - 1789) : né à Tannay, dans le Nivernais, le 5 septembre 1725, entra chez les jésuites, fut bibliothécaire du collége de LouisleGrand, et, après la suppression de l'ordre, passa , dans le sein de l'étude et de l'amitié, chez de la Tour, imprimeur, les vingtsix dernières années , Paris, 1763 de 24 p. Cette vie est imprimée à la tète du Cœlunt australe stelliferum. Il en fut tiré un certain nombre d'exemplaires séparément. 5° Corn. Taciti Opera, recognovit , emendavit, supplevit , explevil , etc., Paris, 1771, 4 vol. et 1776, 7 vol. Ce n'est pas absolument deux éditions d'un même livre ; il y a dans l' des choses qui ne sont pas dans l' et dans l' des choses qui ne sont pas dans l' : il faut donc les avoir toutes les deux , ou acheter les éditions anglaises, dans lesquelles on a tout réuni. Le Tacite de Brotier est la base la plus solide de sa réputation. Il y joignit des notes et de savantes dissertations. Il fit pour Tacite, avec un grand succès, ce que Freinshétuius avait exécuté pour QuinteCurce, et le président une critique virulente du travail de Brotier ; il a souvent raison au fond, mais toujours tort par la forme. Brotier avait publié, en 1761, le prospectus dé ce grand ouvrage, qui a été réimprimé en Angleterre, en 1796 et Les livres 7 à 10, suppléés dans les Annales, ont été publiés séparément à Prague, en 1773 6° C. Plinii secundi Hist. natural., etc., Paris , Barbou, 1779, 6 vol. avec des notes. Cette édition n'est qu'un abrégé de celle que Brotier avait préparée pour augmenter, en la corrigeant, l'édition de Hardouin. Il se proposait d'y ajouter une suite qui aurait contenu l'histoire de toutes les découvertes faites jusqu'au 18' siècle. 7° Mémoires du Levant , Paris, 1780 8° Une édition du poème du P. Rapin, à laquelle Brotier ajouta des notes et une histoire des jardins : R. Rapini Hortorumlib. 4 et cultura horlensis, hortorum historiam addidit J. Brolier, Paris, Barbon, 1780 9° Une de Phèdre avec des notes, Paris, Barbon, 1785 10° La belle édition donnée, avec de Vauvilliers, du Plutarque d'Amyot, Paris, 1785 et années suivantes, 22 vol. ouvrage estimé, qui a eu une seconde édition , revue et augmentée par Clavier, Paris , 1801 , 25 vol. On peut consulter, sur ces deux éditions, un excellent article de Dassault publié dans le Journal de4 Débats, n° du 9 nove robre 1815. 11° Trois ouvrages posthumes, publiés par son neveu
  • Gabriel BRIARD : né à Paris, étudia la pe sous la direction de Natoire. Ayant gagné le grand prix en 1749, il partit pour l'Italie. De retour à Paris, Briard fut agréé à l'académie en 1761, et reçu membre de cette compagnie en 1768, sur un tableau représentant Herminie au milieu des bergers. Parmi ses ouvrages, on distingue la chapelle de la paroisse SteMarguerite du faubourg StAntoine qu'il a décorée, et dans laquelle il a peint les anges tirant les âmes du purgatoire, vaste composition d'un assez bon effet. Son plafond de la salle du banquet royal de Versailles, représentant l'Olympe as- semblé, est d'une grande et belle ordonnance. On trouve dans celui de l'hôtel Mazarin, où il a peint les noces de Psyché, de la gràce et de la facilité, ainsi que dans celui qu'il a exécuté au pavillon de Lucienne. Cet artiste dessinait assez correctement, surtout sur le papier ; il peignait peut-être trop facilement, et n'était point coloriste. 11 y avait environ un an qu'il avait été nommé à la place de professeur, lorsque la mort l'enleva, le 8 novembre 1777
  • Gabriel BUCELIN( 1599 - 1691) : né Je 29 décembre 1599, à Diessenhoffen, en Turgovie, se fit bénédictin dans l'abbaye de Weinc,rnarten, en Souabe, fut prieur de Veldkirch, dans Je Rhinthal, et mourut en 1691, dans l'abbaye où il avait fait profession, après avoir composé un grand nombre d'écrits, qui lui ont fait la réputation d'un des plus savants historiens d'Allemagne. Cependant son exactitude et sa critique ne répondent pas toujours à l'immensité des recherches. Voici ses principaux ouvrages : 1° Aquila im- perii benedictina, de ordinis S. Benedicti per uni- i'versum imperium romanune immortalibus mentis, Venise, 16.51 2° Menologium benedicti- num, etc., Veldkirch, 1655 : l'auteur y suit l'ordre du calendrier. 5° Annales benedictini, Vienne, 1655 ; Augsbourg, 1656 4° Benedictus re- divivus, Augsbourg, 1679 : cet ouvrage tend à prouver que l'esprit de St. Benoît vivait encore dans son ordre. 5' Germania topo- chrono- stemmata- graphica sacra et profana, en 4 vol. dont les deux premiers et le 4e furent imprimés, en 1655, 1662, et 1678, à tint, et le 5, en 1671, à Francfort. 6° Rhœtia, Etrusca, Romana, Gallica, Germanica, Europoe provinciarum situ altissima, Augsbourg. 1666 C'est une description assei exacte du pays des Grisons; mais la partie historique y est tellement remplie de fables absurdes, qu'on ne peut y avoir confiance que quand il s'appuie sur des mo- numents. Constantia Rhenana, Lacus Moesii olim, hodie Atronii et Poiamici metrapolis sacra el profana, Francfort, 1667 : c'est une description topographique et historique des environs du lac de Constance, avec une carte. 8. Nucleus histarioe univer- salis, 1654 et 1658, 2 vol. 9. S. imperii ro- mani Majestas, Francfort, 1680 — On connait un autre Jean BUCEL1N, jésuite de Cambray, né en 1571, mort en 1629, auteur d'un ouvrage : Gallo- Flandria sacra et profana, Douai, 1625, 2 vol. : c'est une description historique de l'Artois et de la Flandre Wallone. Elle est insérée dans les Annales Gallo- Tlandrici
  • Gabriel BRUNELLI : sculpteur, élève de l'AIgarde, était de Bologne, et florissait au 17° siècle. Il était fort laborieux, et on voit, à Bologne seulement, quarantequatre statues ou autres ouvrages de mar- bre de sa main. On en voit aussi A Naples, à Ravenne, à Padoue, et dans d'autres villes de la Lombardie; ils consistent en statues, tombeaux, basreliefs, bains et fontaines publiques, avec des figures gigantesques, genre dans lequel il réussissait singu lièrement
  • Gabriel CHAPUIS( 1546 - 1611) : neveu du précédent, naquit à Amboise, en 154G. Son oncle prit soin de son éducation, et ne négligea rien pour le mettre à 'lierne de lui succéder dans ses différents emplois; mais ayant perdu, par sa mort, tout espoir de fortune, Gabriel C?apuis songea à se faire une messource de ses talents, et se mit aux gages de quel- Parait les nombreux éloges de Chaptal, on peut citer celui qui a été prononcé à la société des sciences physiques, chimiques et arts industriels de Paris, par M. Julia Fontenelle, secretaire perpétuel, broch. d'une feuille. 0—ii—ii. pies libraires de Lyon, qui le chargèrent de traluire les ouvrages italiens et espagnols qui jouisaient alors de plus de réputation. Ces traductions ie ressentent de la précipitation avec laquelle elles 'mit été faites; la plupart cependant ont eu beaucoup le réputation dans le temps, et il en est encore pelquesunes de recherchées. Gabriel Chapuis sucAa à Belleforest dans sa place d'historiographe : e France, et, en 1596, il obtint celle de secrétairenterprète du roi pour la langue espagnole. 11 mouiut à Paris vers 1611, àgé de 65 ans. Ses ouvrages ;ont en trèsgrand nombre. Le P. Niceron rapporte les titres de soixantemit. Nous avertissons toutefois que la liste qu'il en conne n'est pas complète, et qu'on y trouvera un ?Oit supplément dans la suivante, où nous n'avons indiqué que ceux de ses ouvrages qui méritent encore quelque attention. Ce qu'il a écrit sur l'histoire n'est point estimé. 1° Histoire de Primaléon de Grèce, contenant le discours de Palmérin d'Olive, traduit de l'espagnol en français, par François de Vernassat, Gabriel Chapuis et Guillaume l'André, Paris, 1572-85, 4 parties réunies ordinairement en 2 vol. Lyon, 1600 ou 1618, 4 vol. Ces trois éditions sont celles qu'on préfère L'ouvrage est divisé en 4 livres; François de Vernassat a traduit le 1", Guillaume l'André le 2'; Gabriel Chapuis a fait une nouvelle traduction de ce 2' livre, et a traduit le 3e ; on ignore de qui est la traduction du 4e, qui est attribuée, dans l'avis au lecteur, à une des plus doctes plumes du temps. 2. Amadis de Gaule, traduit de l'espagnol en français, Lyon, 1575-81, 21 vol. Ce roman célèbre est divisé en 24 livres; Gabriel Chapuis a traduit depuis le 15° jusqu'au 21'. 3° Les Mondes célestes, terrestres et infernaux le ? fonde petit, grand, imaginé, etc., augmenté du Monde des cornu:: et de l'Enfer des ingrats, tirés des Mondes de Doni, Lyon, 1578, et ibid., 1580 ibid., 1585, nième format. Cette dernière édition est la plus complète et la plus recherchée ; on y trouve, comme on vient de le voir, le Monde des coraux; cette partie est précédée d'un frontispice, sur lequel on lit les initiales F. G. T. Il n'en a pas fallu davantage à des compilateurs inattentifs pour imaginer que ce morceau avait été traduit par François Chapuis, fils, ou tout au moins parent de Gabriel. Nous observerons d'abord qu'il est possible que, par une négligence de l'imprimeur, la lettre F ait été substituée à la lettre G, ou que Gabriel Chapuis ait voulu déguiser son nom en tète d'un morceau écrit avec beaucoup trop de liberté; nous ajouterons que si cette partie eùt eu un autre traducteur que Gabriel Chapuis, il en aurait fait mention dans sa dédicace à Duverdier, ou dans un avis au lecteur ; qu'enfin on connait•ait ce François Chapuis par quelque autre ouvrage , et qu'il n'aurait pas échappé à Duverdier, qui aurait fait locution de lui dans sa Bibliothèque, par considération pour Gabriel Chapuis, avec lequel il était lié ; or, comme il n'est fait aucune mention de ce François Chapuis dans l'édition de 15S3 des Mondes célestes, que nous avons sous les yeux ; qu'en outre n'est nommé ni dans Duverdier, ni dans aucun autre biographe contemporain, nous le regarderons comme un personnage imaginaire. Beauchamps, le premier auteur que nous connaissions qui ait consacré un article à François Chapuis, lui attribue l'Avare cornu, comédie en 5 actes et en vers de quatre pieds ; le Monde des cornuz , comédie en prose et en vers, sans date, sans nom de ville ni d'imprimeur, et enfin le Monde cornu, comédie. Les biographes modernes ont copié Beauchamps sans examen. Quelle foi ajouteraton aux compilations de Beauchamps et à celles qui n'en sont que la répétition , quand on saura que les trois piéges attribuées au prétendu François Chapuis n'en font qu'une, et qu'il ne s'agit là que de l'ouvrage qui a donné lieu à cette trop longue digression , c'est-àdire au Monde des cornuz? 4' Dix plaisants Dialogues de Nicolo Franco, trad. d'italien en / 'rançois, par G. C. , Lyon, 1579 5° Histoire des amours extrémes d'un chevalier de Séville, dit Lu: man, à l'endroit d'une demoiselle appelée Arboléa, trad. de l'espagnol de Hier. de Contréras, Lyon, 1580 et 1588 ; Paris, 1587, et Bonen, 1598. rare. 6° Les Facétieuses Journées, contenant cent certaines et agréables nouvelles, recueillies et choisies de toits les plus excellents auteurs étrangers, Paris, 1584 Ce volume, qui contient plusieurs contes fort licencieux, est difficile ù trouver. 7° La Fiammele amoureuse, traduite de Boccace, Paris, 1585, in•12. 80 Le Mi- saule ou haineux de court, avec la manière, coutumes et M? urs des courtisans allemands, Paris, 1585 9° Le l'haire des divers cerveaux du monde, traduit de l'italien de Garzoni, Paris, 1586 Les auteurs de la Bibliothèque historique de la France attribuent à un Claude Chapuis, plus jeune que Gabriel, la Toscane Françoise et italienne ; c'est une erreur : cet ouvrage est incontestablement de Gabriel Chapuis
  • Gabriel CHIABRERA( 1552) : célèbre poéte né à Savone, dans l'Ëtst de Gènes, le 8 juin 1552, fleurit dans le 96° et dans le 17' siècle ; aussi trouveton dans ses ‘ers, selon l'observation de Tiraboschi, toues les beautés de style qui caractérisent le prennJ de ces Ses autres ouvrages, dans lesquels il ne se montre pas aussi supérieur, mais où il ne laisse pas de tenir encore un rang distingué, sont : 1° quatre poèmes épiques : la Goiiade, o delle guerre de' Goti, canti 15 in Mica rima, Venise, 1582 ; Naples, 1604 Venise, 1608 ; la Firenze, cana 15 , verso scie°, Florence, 1615 et l'Aimedeida, canti 10, in o! tava rima, Gènes, •620 il Ruggiero, canti 23, in verso sciollo, Gènes, 1655 2° Des poèmes moins étendus, sous le titre de Poemetti, Florence, 1598 Ce sont de petites épopées sur des sujets tant profanes que sacrés, qui ont tous plus ou moins le mérite de l'invention, et d'une narration vive et poétique; ils font partie des deux dernières éditions de Venise, dont ils remplissent le 5° volume. 5° Une tragédie intitulée : Ermi- Gilles, 1622 4° Plusieurs comédies pastorales, ou Favole boscareccie, entre autres, Alcippo, Gènes, 1601, Venise, •605 Gelopea, Venise, 1607 Maganira, Florence, 1608 ; 'Venise, 1609 5° Quelques drames en musique, et autres compositions dramatiques pour (les fêtes données à Florence, à Mantoue, etc., primés d'abord séparément, et recueillis dans les éditions de Venise. 6° Enfin il parut vers la fin du dernier siècle un recueil peu considérable, mais précieux, de pièces jusqu'alors inédites de notre poète, sous ce titre : Alcune Poesie di Gobriele Chiabrera, nonmai prima d'ors pubblicalc, Gênes,1794 (le 402 p., contenant : 10 une belle ode ou, canzone sur l'élection du doge de Gènes, Alexandre Giustiniano, en 1611 ; la tragédie dippodamia , en 5 actes, avec des choeurs; ces choeurs surtout sont d'une beauté qui égale celle des meilleures poésies lyriques de l'auteur. Le volume est terminé par des éloges en prose de quelques hommes célèbres, entre autres de J.B. Strozzi, d'Ottavio Einuccini, de Ciampoli, de Galilée, du Marini et du Tasse. Ce sont des notices concises et judicieuses, destinées sans doute à être lues publiquement, et dans lesquelles Chiabrera s'exprime sur ceux même de ces hommes célèbres qui étaient ses rivaux de gloire, avec autant de justesse que d'impartialité. L'éditeur annonçait l'existence de plusieurs autres ouvrages de Chiabrera également inédits, et le dessein où l'on était alors d'en faire jouir le public; mais ce projet est resté jusqu'à présent sans exécution
  • Gabriel CLAUDER( 1633) : né le 28 août 1655, à Altenbourg, en Saxe, lit dans cette ville de trèsbonnes humanités. En 1652, il alla étudier la médecine à Iéna. Après avoir suivi pendant trois ans les leçons de l'université, et soutenu une thèse de Hepatis atque bilis Usu, il se rendit à Leipsick, où. en 1656, il soutint une seconde thèse de Mis- cellaneis curiosis medicis, et, en 1659, une troisième de Phthisi. Deux fois il interrompit le cours de ses études académiques pour voyager dans les pays célèbres par les produits de leur sol, ou par des établissements scientifiques. Il visita d'abord les mines fameuses et les sources bienfaisantes de la Misnie, de la Bohème et de la Saxe. Puis il parcourut la Hollande, l'Angleterre et l'Italie, séjournant plusieurs mois dans les universités les plus florissantes, telles que Leyde, Oxford, Padoue. L'atmosphère humide de la Hollande et de l'Angleterre porta une atteinte profonde à sa santé, que le beau ciel d'Italie ne put rétablir, ce (lui le força de renoncer au projet qu'il avait formé de venir en France. De retour à Leipsick, il y reçut le doctorat, en 1661, après avoir soutenu une thèse sur les Philtres. En 1665, la duchesse de Saxe le choisit pour son médecin, et il fut décoré du même titre par les ducs FrédéricGuillaume et Ernest Pie. Trèsattaché à sa patrie, il revint goûter le bonheur au sein de sa famille, et ne se laissa point entrainer par les offres du marquis de Brandebourg et de l'électeur de Saxe, qui désiraient l'avoir auprès d'eux. En 1686, il perdit sa femme, qui l'aidait avec beaucoup d' dans ses travaux chimiques et anatomiques. il mourut le 9 janvier 1691, laissant plusieurs ouvrages, qui sont une preuve de son zèle infatigable, plutôt que d'un jugement éclairé : 1° Disserta- ho de tinctura universel, vulgo lapis philosophorum dicta; in qua quid hoec sit, quod detur in rerunt natura, an christiano consullum sit immediate in, hanc inquirere, e qua materia et quomodo pl- cepa- relui', per rationes et variorum experientiam pers- picue proponitur, chaque curiosa el utilia huic ana- loga adneciuntur, Altenbourg, 1678 2° bic- thodu. s balsa mandi corpora humana eiaque majora, sine evisceratione et sectione hucusque solita; ubi non modo de condituris veterum 2Egyptiorum, ra- bum, Ebrceorum, ac in specie corporis Christi, ut et modernorum diversa proponuntur, sed etiam mo- dus subjungitur quo cadavera integra sine exen- teratione possint condiri, etc., Altenbourg, 1679 Glander indique une manière d'embaumer, qu'il dit supérieure à celle de Bils. La facilité de se procurer des cadavres frais, et le bel art des injec- tions, ont rendu inutiles la méthode du médecin saxon et celle du charlatan hollandais. 3° ravenlum cinnabarinum, hoc estDissertatio de cinnabari na- tiva Hungarica, Iorga cireulatione in majorent effi- . caciam fixata et exaltata, Iéna, 1684 L'auteur blâme à tort le mercure ordinaire. Il se donne une peine aussi longue que superflue pour le déna- turer et préparer un médicament inerte : voilà ce qu'il appelle sa découverte. Glander a grossi d'une foule d'observations les Éphémérides mensongères de l'académie des Curieux de la nature, dont il était membre. Les titres de quelquesunes suffiront pour ôter toute envie de connaitre les autres : 1° de Dia- bolico delirii Remedio ; Melancholica imaginarie sibi visa gravida, et postea puerpera; 5° de Coitu diaboll per 25 annos frequenti cana muliere, ? ulula veneficii opera; 4° de Effigie sudante. La vie, ou plutôt l'éloge de ce médecin, a été écrite par son gendre et neveu, Frédéric- Guillaume Clauder, membre, comme son beaupère, de l'académie des Curieux de la nature, à laquelle il a rourni plusieurs observations, insérées dans ses Éphémerides : de Lumbrici lati Historia ; de Cervo venatorem modo subilaneo et raro occidente ; de Nanorum Genera- tione, etc. — Jean- Chrétien CLAUDER, fils de Ga- briel, fut aussi médecin, et publia quelques opuscu- les : Physiologia pulsus, Iéna, 1689 — Chré- tien- Ernest CLAUDER, membre de l'académie des Curieux de la nature, a inséré dans les Ephémérides diverses observations : de Vomitu sanguineo- carnoso rarissimo lethali ; de Lapide vesicoe admirandoe mag- nitudinis excreto, superstite muliere, etc. Il a publié en outre : 1° Gorgonea Naamorphosis, sett mirabilis calculi humani historia, etc., Chemnitz, 1728 11 s'agit d'un calcul qui, ayant percé luietre, était tombé dans le scrotum. 2° Praxis medi-- Iliglegalis, oder 2. Zi Ausgelesene Casus, etc., Altenbourg, 1756
  • Gabriel COSSART( 1615 - 1674) : jésuite, né à Pontoise, en 1615, mort à Paris le 16 septembre 1674, professa pendant sept années la rhétorique au collége de Louis le Grand. Cette place le mit dans la nécessité de parler plusieurs fois en public, et les discours qu'il prononça ajoutèrent à sa réputation. aN ait fait son étude unique des écrivains de l'antiquité; mais il réussissait mieux à en expliquer les beautés qu'à les faire passer dans ses ouvrages. Sa latinité est pure sans être exempte des néologismes et des'constructions modernes. Sans être poète, il avait composé une assez grande quantité de vos ; mais il se contentait de les lire à ses amis, et jamais il ne voulut permettre qu'on les imprimât. Les deux épitres dans lesquelles il s'est proposé d'huiler Horace, sont les seules pièces que distinguent dans son recueil et que relisent encore les amateurs de la poésie latine. Le P. Larue, son confrère et son ami, a recueilli ses discours et ses vers et en a publié à Paris en 1675 2, une édition précédée d'une préface, dans laquelle il apprécie le talent de Cossart comme orateur et comme poëte. Ce recueil a été réimprimé en 1723, Santeuil a fait, en vers latins, le Tumulus Cossartii, attaqué par Boileau et défendu par son auteur. Cossait a coopéré à l'édition des Conciles, entreprise par le P. Labbe , et, après la mort de son collaborateur, en a publié seul les huit derniers volumes, depuis le 11C jusqu'au 18°. Le P. Cossart avait établi, a l'entrée du faubourg StJacques, une maison, qui subsistait encore en 1720, pour recevoir et entretenir gratuitement de pauvres écoliers qui étaient connus sousle nom de Cossartins
  • Gabriel CRAMER( 1641 - 1724) : médecin, né à Genève, le 24 mars 1641. Son père, JeanUlric, originaire de Strasbourg, l'envoya à l'université de cette ville faire ses études médicales, et il y obtint le doctorat en 1664. Il revint exercer sa profession à Genève, où il mourut le 15 juin 1724, doyen du collége de médecine. 11 est étonnant que Cramer, qui a pratiqué pendant soixante ans l'art de guérir avec distinction, n'ait publié aucun ouvrage; il ne reste de lui que ses dissertations inaugurales 1° Theses anatomicee, totam anatomice epitomen complecten- tes, Strasbourg, 1663 2° De obstructione je- cons, Strasbourg, 1664 — Son fils, Jean- Isaac CRAMER, reçu docteur en 1696 , pratiqua également la médecine à Genève, et publia un ouvrage dont le titre suffit pour donner une opinion trèspeu favorable de l'auteur : Thesaurus secreto- rum curiosorum, in quo curiosa, non solum ad m- yes corporis humani tum internos, tum externos morbos curandos, sed etiam ad cutis, faciei, alia- rumque partium ornatum, formam, nitorem etele- gantiam conciliandos, continentur secreta, Genève, 1709
  • Gabriel CRAMER( 1704) : géomètre distingué, naquit à Genève le 31 juillet 1704. Après avoir donné des preuves de sa capacité par des thèses qu'il soutint sur le son, il disputa avec honneur dans un con cours, à l'âgé% vingt 'ans, la chaire de philosophie de Genève. Calandrini l'emporta; mais sans que ce triomphe affaiblit l'amitié, qui les unissait, et le conseil de la république ayant établi une chaire de mathématiques, en 1724, ils en firent les leçons tour à tour. En 1127, Cramer voyagea pour connaître les hommes célèbres de son temps. 11 obI tint à Bâle les leçons et l'amitié de Jean et de Nicolas Bernoulli. Son zèle pour acquérir des connaissances et son excellent caractère ne se firent pas moins remarquer en Angleterre et en France. De retour à Genève, en 1729, il cultiva presque toutes les sciences, s'occupa des arts, et devint membre detous les corps de l'État. Sa réputation le fit nom.- mer sans concours, en 1750, à la place de profes- sem' de philosophie ; mais il n'en jouit pas longtemps, car il mourut en 1752 à Bagnols, où il était allé pour rétablir sa santé que ses travaux avaient altérée. Sénebier, dans son Histoirelittéraire de Genève, donne une liste assez ample des écrits de Cramer. Tous ceux qui sont versés dans les sciences mathématiques ont an moins quelque idée de l'Introduction à l'analyse des lignes courbes algé- briques, Genève, 1750 Ce traité parut deux ans après I 'Introductio in analysin in finitorum d'Euler. Ces ouvrages, les premiers où la théorie des courbes soit présentée dans tous ses détails, en ont, pour ainsi dire, fixé le terme, en détournant les géomètres de recherches plus curieuses qu'utiles qu'on ne pouvait jamais épuiser, et dans lesquelles il suffisait d'avoir un fil pour se conduire. Quoique u sur n même sujet, les méthodes des deux géomè-•tres diffèrent assez pour que Cramer ait fait preuve d'originalité dans les siennes. Son livre, bien plus volumineux que la partie qu'Euler a copsacrée aux courbes dans le sien, est encore remarquable par des exemples nombreux et bien choisis, et ce que l'appendice contient sur l'élimination, est impor- tant pour l'histoire de la science. On ne parlera point ici de quelques mémoires de Cramer, insérés parmi ceux des Académies de Berlin et de Pétersbourg ; mais nous ne croyons pas devoir passer sous silence les soins qu'il donna aux éditions des oeuvres de Jean Bernoulli, de Jacques Bernoulli et. au Commerciurn epistolicum Leibnitzii et Bernoul- lii, recueils si précieux pour suivre les progrès de l'esprit humain dans les sciences mathématiques. Parmi les harangues académiques prononcées par Cramer, il y en a plusieurs dont le titre parait assez curieux, mais il ne semble pas qu'elles aient excité beaucoup d'intérêt hors de la patrie de l'auteur. Il fut de l'Académie de Berlin, de la société royale de Londres, de l'Institut de Bologne, et obtint, en 1'731, le premier accessit du prix proposé par l'Académie des sciences de Paris sur la cause de l'inclinaison des orbites des planètes. Jean Bernoulli, qui fut couronné, avouait ne devoir son succès « qu'aux ménagements qu'il avait gardés pour « les tourbillons de Descartes.))
  • Gabriel DANIEL( 1649 - 1728) : né à Rouen l'an 1649, entra au noviciat des jésuites de Paris en 1667, prononça ses derniers voeux en 1683 à Rennes, où il ensei- gnait la théologie, fut envoyé à la maison professe de Paris pour y être bibliothécaire , obtint de Louis XIV une pension de 2,000 livres avec le titre d'historiographe de France, et mourut d'une at- taque d'apoplexie le 23 juin 1728, à l'âge de 79 ans. Sa vie fut laborieuse et marquée par un grand nombre d'écrits qu'on peut diviser en trois classes, philosophiques, théologiques et histori- ques. Dans la première classe on doit mettre son Voyage du monde de Descartes, publié en 1690. C'est une réfutation du système des tourbillons. 11 donna, en 1696, une suite à cet ouvrage, qui fut réimprimé en 1739, 2 vol Ses écrits théologiques sont trèsnombreux ; ceux qui désireraient en connaître la liste peuvent consulter l'avertissement de la dernière édition de son Histoire de France, publiée par le P. Grifret. Ils ont été presque tous été réimprimés dans le Recueil des ouvrages philosophiques, théologiques, apologétiques et cri- tiques, 1724, 3 vol. Un des principaux ouvrages de controverse théologique du P. Daniel est intitulé Entretiens de Cléandre et d'Eudoxe sur les Lettres provinciales, Cologne , I 694 2. Ces entretiens furent fort loués par les jésuites, et ont été traduits en latin, en italien, en espagnol et en anglais • mais ils sont aujourd'hui aussi corn- plétetnent oubliés que la réfutation qui en fut faite par D. Mathieu Petit—Didier, et la réplique anonyme du P. Daniel, intitulée Lettre de l'abbé ** t à Eudoxe , touchant la nouvelle apologie des Let- tres provinciales, 1699 Cependant ceux que ces querelles pourraient encore intéresser comme tenant à l'histoire de la religion et à celle de l'esprit humain, doivent lire ces Entretiens après les fameuses Lettres provinciales ; et s'ils ne trouvent pas que l'auteur ait repoussé tous les coups que porte aux jésuites leur redoutable adversaire, ils resteront convaincus qu'entraîné par l'esprit de parti, le sévère Pascal a souvent aiguisé, aux dé- pens de la vérité, les flèches perçantes du ridicule ; qu'il a exagéré la tendance dangereuse de plusieurs des passages qu'il citait, qu'il a même évidemment altéré le sens de plusieurs, soit en les traduisant d'une manière peu fidèle, soit en les iso- tant à dessein des discussions qui les précèdent ou qui les suivent. L'ouvrage le plus considérable du P. Daniel, et celui qui :donné à son nom unejuste célébrité, est son Histoire de France. Il y en a eu plusieurs éditions ; la première en 3 volumes parut en 1713, et fut dédiée et présentée à Louis XIV ; mais la meilleure est sans contredit la dernière, donnée et augmentée par le P. Griffet, en 17 volumes Paris, 1755-1760 , ou 24 volumes Amsterdam, 1758. Le P. Daniel avait préludé à ce grand ouvrage par deux Dissertations préliminaires pour une nouvelle Histoire de France depuis le commencement de la monarchie, qui fu- rent publiées en 1696. La même année, il fit paraître le 1" volume de l'histoire qu'il annon-çait ; ce 1" volume, qui ne contenait que le règne de Clovis et de ses enfants, accompagné de 8 dissertations, ne fut suivi d'aucun autre, parce que l'auteur se décida à ne publier cette histoire que lorsqu'elle serait entièrement terminée. Pour en mieux préparer le succès, il fit paraître sous le voile de l'anonyme, ses Observations critiques sur l'histoire de France écrite par Mézerai, Paris, 1700 mais l'injuste rigueur du P. Daniel envers Mézerai et le savant Cordemoy a contribué à le faire juger luimême avec trop de sévérité. Voltaire, Mably, Longuerue, Millot, LengletDufresnoy, ont critiqué trèsamèrement son histoire. Si on admettait l'exactitude de tous les reproches qu'ils lui font, il en résulterait que le P. Daniel ne possède aucune des qualités de l'historien. 11 est, suivant eux, partial, inexact il omet les faits les plus intéressants relatifs aux usages, aux moeurs et aux lois, et, pour la troisième race surtout, son histoire n'est qu'un ennuyeux récit de siéges, de combats et d'actions de guerre ; son style est sans force, sans élégance, et manque souvent de pureté. Ces reproches ne sont fondés qu'en partie ; le P. Daniel narre avec netteté et justesse ; il est méthodique, simple, clair, plus exact et plus impartial qu'on ne le croit communément : il a beaucoup profité, pour les premières races, des ouvrages de Valois, de Lecointe et de Cordemoy. Dans une entreprise aussi vaste et audessus des forces d'un seuil homme, iln'a pu donner à ses recherches ni assez d'étendue, ni assez de profondeur, et LengletDufresnoy dit malignement : « On a communiqué au P. Daniel « 1,200 volumes de pièces originales et manu- « scrites qui se trouvent dans la bibliothèque du « roi, et ce père fut trèscontent après les avoir « vus. On ne doit pas faire le même reproche à l'Histoire de la milice française, Paris , 1721, 2 vol. que le P. Daniel publia immédiatement après son Histoire de France : c'est un ourage original pour les recherches, et le meilleur qui existe sur l'objet qui s'y trouve traité, quoiqu'on y ait découvert des omissions importantes. Le tacticien Folard en fait de grands éloges sous le rapport de l'exactitude militaire, mérite rare et étonnant pour un théologien et un religieux. Alletz a donné tin Abrégé de cet ouvrage, Paris, 1773, et 1780, 2 vol. Le P. Daniel fit luimême en 1724 un abrégé de sa grande Histoire de France, en 9 volumes ; il fut réimprimé en 1751, en 12 volumes t 2, avec la continuation du P. Dorival, et traduit en anglais en l volumes Nous n'avons point d'abrégé de la dernière édition donnée par le P. Griffet, qui a ajouté à l'ouvrage du P. Daniel d'excellentes notes, de bonnes dissertations , ainsi que l'histoire du règne de Louis X111, et le journal de celui de Louis KW. Ce livre, malgré ses défauts, est encore aujourd'hui l'ensemble le plus complet et le moins défectueux qui existe sur notre histoire. Le P. Daniel a donné une Traduction du système d'un docteur espagnol , sur la dernière Péique de N.- S. J .- C Paris, 1695 Dans les journaux de Trévoux, de juillet et août 1701, août 1106, et avril 1707, avril 1711, septembre 1714, et janvier 1721, on trouve des dissertations de cet utile et laborieux écrivain sur des médailles et autres monuments de l'histoire de France, dissertations qui ont été omises dans le recueil de ses opuscules en 3 s olumes que nous avons mentionnés
  • Gabriel DONNADIEU( 1777) : né à Nîmes, le 11 décembre 1777, avait pour père un soldat de fo•tune qui mourut colonel et le fit élever sous ses yeux dans les camps. Sa nature impétueuse se ressentit encore de cette éducation, et ne contribua pas peu à développer la brusquerie militaire qui fut souvent nuisible à son avancement et à sa fortune.— Les dictionnaires biographiques ont donné sur Donnadien des détails erronés que nous pouvons rectifier par ses états de services. Il s'engagea, comme simple soldat, au 2' de carabiniers, le 15 mai 1791, à l'âge de 14 ans ; moins de deux ans après, il était souslieutenant au 2' hussards, et fut nommé chef d'escadron provisoire à la suite du 1" régiment de dragons, le 11 octobre 1800. Donnadieu avait été et était, à cette époque, un partisan trèsprononcé des idées républicaines ; il s'était dist dans plusieurs affaires, par sa bravoure brillante et il dut à cette bravoure les différents grades que nous venons de mentionner. Daus la rivalité violente qui s'établit entre Moreau et le général Bonaparte, Donnadieu adopta le parti du vainqueur de Hohenlinden. On raconte que, dans un banquet dont il faisait partie avec le colonel FournierSarlovèse, les convives, tous militaires, laissèrent echapper des manifestations imprudentes. Fournier et Donnadieu furent arrêtés, et en 1802, ee dernier fut destitué. 11 ne tarda pas cependant à rentrer en grâce : en 1804, il fut employé, dans son grade, à l'étatmajor du camp de Brest . Il fit ensuite successivement partie de l'armée d'Italie et de l'armée d'Espagne, et le 13 novembre 1808, il fut nommé colonel du 47' de ligne, à la tète duquel il fit avec distinction la campagne du Portugal. Toutefois, son aversion pour le régime de l'empire était loin d'avoir cessé , et il donna souvent à l'Empereur luimême des témoignages de ses sentiments. Un jour, entre autres, après une revue dans la cour des Tuileries, Napopoléou, en mettant pied à terre, présente son épée et son chapeau à tenir au général Donnadieu, voulait attirer par une faveur. Celuici déclina ce service et Masséna, qui l'aimait, lui dit avec reproche : « Si vous avez ces idéeslà, vous n'avancerez jamais. » il fut néanmoins promu au grade de général de brigade en 1811. C'était le moment où l'Empereur préparait la campagne de Russie. Toujours ardent et hardi dans sa parole, le nouveau général adressa au chef de l'État un mémoire dans lequel il combattait fortement la pensée de cette expédition. Napoléon, mécontent de cette liberté, s'écria : «11 ne veut pas faire la campagne de Russie, eh bien ! il ne la fera pas. » Et, comme une espèce d'exil, M'envoya commander les îles d'Hyères. Peu de mois après, le généfal Donnadieu était mis à la retraite et signalé, comme mécontent, à la surveillance de la. police. — C'est dans cette position que le trouvèrent les événements de 1814. Donnadieu se rattacha alors avec ardeur à la restauration. Son zèle fut récompensé par sa nomination au commandement du département d'IndreetLoire, et il fit partie de l'armée que Louis XVIII forma sur la Loire, après le débarquement de Napoléon à Cannes. Donnadieu avait un esprit actif et intelligent. A- larmé des symptômes qu'il observait dans son département, il fit, avant le retour de l'île d'Elbe, un voyage à Paris tout exprès pour avertir le gouvernement royal du danger d'une prochaine attaque de Napoléon. Cet avertissement ne fut pas plus écouté que celui qu'il avait donné à l'Empereur en 1811 ; les événements s'accomplirent. Après a voir fait tous ses efforts pour maintenir ses troupes fidèles aux Bourbons, le général Donnadieu accompagna à Bordeaux la duchesse d'Angoulême, où il alla avec elle visiter les casernes. Un silence glacial fut la seule réponse des soldats aux harangues de la princesse, qui dut quitter la France, et le général Donnadien rejoignit Louis XVII' à Gand. Il fut chargé par ce prince de diverses missions diplomatiques à Bruxelles; en Allemagne et en Espagne. C'est en Espagne qu'il était lorsque la bataille de Waterloo fut perdue; et, après avoir déterminé le général Thevenot à rendre Bayonne aux armes royales, il revint à Paris. Sa fidélité aux Bourbons le fit élever au grade de lieutenant général le 14 octobre 1815 ; le 15 novembre suivant il fut nommé au commandement de la?' division militaire, chef- lieu Grenoble. — Ce commandement valut au nom du général Donnadieu une douloureuse publicité, qui, dès ce moment, a troublé toute sa vie. En 1816 les partis politiques étaient plus irrités que jamais; les intrigues se croisaient dans tous les sens, un homme, devenu célèbre par son audace et ses malheurs, Didier s'était mis à la tète d'une conspiration ',qu'il renoua dans le Dauphiné, après qu'elle eut échoué à Lyon. Le 4 mai, une troupe de paysans, guidée par d'anciens soldats et des officiers en demisolde, vient attaquer la ville de Grenoble, dans laquelle on s'était ménagé de nombreuses intelligences; les affiliés s'y étaient même emparés d'un rocher dominant la ville, nommé la Bastille et placé dans l'enceinte des fortifications. I Quelques instants avant cette attaque, le général Donnadieu inquiet, mais dans l'ignorance du mouvement, se promenait dans la 111e ; il aperçoit à la lueur d'un réverbère un individu qui, à sa rencontre, fait un mouvement brusque et essaie de s'éloigner. Le général, tout entier à ses soupçons, court à lui, le saisit , l'entraine devant un café, et enteouvrant ses vêtements, il voit, à la lueur des lumières, un sabre et deux pistolets d'arçon. Interrogé, le prisonnier balbutie, se nomme : c'était un officier en demisolde qui allait rejoindre ses compagnons, avec lesquels il devait arrèter le général luimême ; la conspiration était découverte. La garnison de Grenoble était peu nombreuse , le général courut aux casernes pour faire mettre les soldats sous les armes; les coups de fusils éclatèrent au dehors ; la première troupe envoyée pour résister aux assaillants fut repoussée ; mais bientôt, appuyée par une portion de la légion
  • Gabriel DUMONT( 1600) : savant philologue, était né, vers la fin du 17e siècle, vraisemblablement eu llollande, de parents français, réfugiés pour cause de religion. Ayant embrassé l'état ecclésiastique, il obtint une vocation pour Leipsick, di il remplit pendant plusieurs années la place de pasteur de l'Église française. Plus tard, mis à la tête de l'Église wallonne de Rotterdam, il fut pourvu de la double chaire d'histoire ecclésiastique et delangues orientales à l'académie de cette ville. 11 avait, sans rien relâcher de ses devoirs, fourni de nombreux articles à l'Histoire de la république. des lettres , journal dont on regarde comme le principal collaboratent. J. Masson , que SaintHyacinthe a si plaisamment déifié sous le nom d' Aristarchus Masso. 11 concourut ensuite à la publication des Discours de Saurin, sur la Bible. Dans un voyage qu'il fit à Berlin, ayant découvert des lettres de Cuper, il s'empressa de les adresser à Beyer, qui se proposait d'en donner un recueil et qui l'en a remercié dans la préface de ce volume, précieux pour l'histoire littéraire. Barbier, clans son Examen critique des Dictionnaires, p. 274, place la ' mort de Dumont vers 1748. Quoiqu'il n'ait attaché son nom à aucun ouvrage important, il jouissait de la réputation d'uni savant profond; et souvent il était consulté sur des questions philologiques. On en a une preuve dans sa Réponse à Chr.Aug. Ileumann , sur un passage de l'épitre de St. tracques, 4, 5, 6, insérée dans les Miscellanea Lipsiensia. t. 12, p. 186-98. Un choix de sermons de Dumont a été publié par M. Superville, Rotterdam, 1,19
  • Gabriel DUPRÉAU( 1511 - 1588) : en latin Prattolus, docteur en théologie, né en 1511 à Marcoussi, obtint une chaire de théologie au collége de Navarre, et se fit une réputation par le zèle avec lequel il combattit les 'erreurs de Luther , de Calvin et de leurs adhérents. Son style se ressent de la précipitation avec laquelle il composait ses ouvrages, et il parait qu'il s'est plus attaché à briller par la sorte d'érudition alors en vogue, que par la force des raisonnements. Il était savant dans les langues, et ses écrits sur la grammaire latine peuvent encore être consultés avec fruit. Il mourut à Péronne, le 19 avril 1588 , à l'àge de 77 ans. Les ouvrages de Dupréau peuvent se diviser en quatre classes théologie, traductions, grammaire et histoire. On trouve une liste très étendue des premiers dans Lacroix du Maine et Duverdier. Il a traduit du grec deux livres de Mercure Trismégiste; du latin, deux traités: l'un, des Devoirs d'un capitaine ; l'autre, du Combat en champ- clos , par Cl. Cotereau , jurisconsulteè Poiiiers, 15/19 et l'Histoire de la g uerre sainle, ou la Franciade orientale , par Guillaume de Tyr, Paris, 1573 ; de l'italien, la . 6° Histoire de l'Etat et eu. Le rédacteur des tables de la Biblic- theque historique de France s'est trompé en distinguant Pupriau de Pratéole. Ws.
  • Gabriel FAËRNE : célèbre poëte latin moderne, était de Crémone, et fleurit dans le 16e siècle. L'époque de sa naissance, l'emploi de ses premières années et ses premiers pas dans le monde sont également ignorés. Malgré son extrême modestie, son mérite fut enfin connu du cardinal JeanAnge , en dirigea l'édition, et l'offrit au cardinal Borromée par une élégante épltre dédicatoire. L'historien de Thou a , contre son ordinaire, manqué de justice et de gravité en accusant trop légèrement Ferne d'avoir caché le nom de Phèdre, et d'avoir supprimé ses écrits qu'il avait lus et qu'il avait entre les mains . Cette accusation était facile à réfuter, et l'a été victorieusement. D'abord le caractère de Fat:rne , plein de candeur et de probité , est universellement reconnu , et repousse l'idée d'un plagiat aussi honteux et aussi coupable. Ensuite, il suffit de se rappeler que ses fables sont au nombre de cent, et qu' à l'exception d'une seule , intitulée dans son recueil Jupiter et ifinerra, et dans celui de Phèdre , Arbores in deomn tutela, il n'y en a aucune qui puisse faire croire qu'il eût eu sous les yeux les fables de Phèdre. Ce sont souvent les mêmes sujets, parce qu'elles sont tirées des mêmes sources grecques, mais elles diffèrent totalement dans les expressions, dans les pensées et dans la forme des vers. Quant à la fable unique où l'on voit sous tous ces rapports une grande ressemblance avec celle de Phèdre , elle avait paru précédemment dans le commentaire de Perotti sur le premier livre des épigrammes de Martial, publié sous le nom de Cornucopia. C'est là que Ferne l'avait vue , et non dans un prétendu manuscrit de Phèdre. S'il avait possédé ce manuscrit, et s'il s'était cru intéressé à le supprimer et à le détruire , comment un homme assez avide de réputation pour se porter à un tel excès n'avaitil choisi qu'une seule fable parmi toutes celles de Phèdre? Pourquoi en avaitil choisi une qui nonseulement n'est pas la plus élégante, mais qui le cède en élégance à presque toutes; et pourquoi s'étaitil abstenu de toucher à toutes les autres, dont un grand nombre aurait pu lui faire beaucoup plus de réputation? Enfin comment en avaitil choisi une que Perotti avait publiée avant lui , et qui était connue de tout le monde, et n'avaitil fait aucun usage de celles que personne ne connaissait? Voyez, entre autres réfutations de l'erreur de de Thou, une longue note du jésuite Lagomarsini, t. 2 des lettres latines de Jules Pogiano , Rome, 1756 p. 363 et sui- vantes. Cc qui augmente le mérite de l'élégance du style dans le fabuliste de Crémone, c'est qu'il n'a pu imiter Phèdre, qu'il ne connaissait pas ; Plaute et Térence furent ses modèles. Ces fables obtinrent, dès qu'elles parurent, un applaudissement universel; elles furent réimprimées à Cologne, à Anvers, à Bruxelles. Cette dernière édition, 1682 avec des gravures en bois, contient de plus, après chaque fable, des sentences en prose tirées de différents philosophes. Une bonne édition en fut donnée à Paris en 1697 par M. Mayoli, sous le titre de Phœdrus alter. Perrault traduisit en vers les cent fables de Ferne, qu'il fit (l'abord imprimer à Paris, avec d'autres poésies , 1699 La mème année, le professeur L. Tranquille Denyse en donna une traduction en prose; elles furent réimprimées depuis sa mort, à Amsterdam, 171'2, 1718 , avec les nu fines gravures en bois de l'édition latine de Bruxelles ; les fables sont divisées en cinq livres, et dans un autre ordre que celui de toutes les éditions précédentes. Les deux meilleures du texte latin sont celles de Comino , données par Volpi, Padoue, 1718 et 1750 On y trouve, après les fables, d'autres poésies latines du mème auteur, tirées (le différents recueils ; quelques lettres aussi écrites en latin , un petit traité resté imparfait sur les vers que les Latins employaient dans la comédie, et enfin une lettre critique en italien , qui contient la censure des corrections que Sigonio avait faites sur le texte de TiteLive. On lit en latin le titre de cette lettre dans les additions de Teissier aux éloges des hommes savants , tirés de l'histoire du président de Thou ; le Dictionnaire historique italien de Bassano l'a copié fidèlement ; le Dictionnaire universel français n'a pas manqué de le répéter après eux, quoique le titre et la lettre (le Ferne soient en italien dans les deux éditions de Volpi. D'après ces deux éditions, on en fit une à Londres, chez narres et Dubosc, en 1743 On y ajouta la traduction française de Perrault et cent gravures en tailledouce; cette édition est fort belle, mais trèsincorrecte, tandis que les deux éditions (le Padoue, comme toutes celles des frères Volpi, sont d'une parfaite correction. L'abbé Salviniani fut l'éditeur d'une bonne édition en 1793 qui fut confiée aux presses (le Bodoni, et qu'il enrichit d'une notice exacte (les éditions précédentes, et enfin M. Boinvilliers en a donné une édition estimée en 1820, Paris, Delalain Ferne a laissé de plus : 1" deux Livres de corrections sur les Philippiques et sur trois autres harangues de Cicéron , d'après un manuscrit qu'il avait découvert dans la bibliothèque du Vatican, et qu'il regardait comme le plus ancien de tous ceux qui existaient des oeuvres de Cicéron ; 2" Des Notes site Catulle , sur Plaute, et un Commentaire plus étendu sur Térence, qui fut imprimé pat' les soins du savant Pierre Vettori , Florence , 1565, 11-8°; l'élinPrimé à Paris, 160'2
  • Gabriel FALLOPE( 1523) : ou plus exactement Failoppio, anatomiste et chirurgien célèbre du 16e siècle, naquit à Modène en 1523. Quoiqu'il ait professé avec beaucoup : fiehma, el ilium anatomisainus. Ces hommes, à la vérité, étaient des criminels; rependant il est difficile de ne pas frissonner à 1;1 lec Rire de cette phrase. Les leçons de Fallope fuient publiées après sa mort par divers disciples , dont la plupart ne remplirent point cette tâche d'une manière honorable. II suffira d'indiquer isolément les opuscules qui , par leur mérite ou par leurs défauts, seront susceptibles de quelques annotalions. 2" De coiporis humani analome compendium , Venise, 1571 Padoue, -1585 rapsodie insignifiante, dont le compilateur a mutilé plutôt que retracé la doctrine de son maitre; Lectiones de 'milices similaribus humani corporis ; ,, De parte medirinœ glue chi rurgianuncupatur , necnon in librum Hippocratis de vulneribus dilucidissima interpretatio , Venise, 1571 La Chirurgie de Fallope a été traduite en italien par JeanPierre Maffeï, Venise, 1637 5° Libelli duo ; alter de ulceribus , alter de tumoribus prœter naturam , Padoue , 1563 Bruno Seidel a donné une édition plus complète du Traité des ulcères, Erfurt, 1577 Ces écrits, bien qu'altérés par les copistes, prouvent que l'auteur n'était pas moins habile chirurgien que savant anatomiste; aussi Douglas adil dit docendo maxime methodieus , iii secando expeditissimus , in medendo felicissimus. Le dernier trait de ce tableau, remarquable par sa laconique énergie, admet cependant une restriction; car Fallope luimême avoue ingénument qu'il n'a pas été constamment heureux Sans sa pratique. Voici cornaient il s'exprime en parlant des plaies de tète : Adcertatis, ( pues° , ego fui in causa mollis centum hominum, ignorans causam banc. Du reste , Fallope exerça avec une rare dextérité les plus grandes opérations chirurgicales, telles que la taille et le trépan ; il rectifia le traitement des plaies d'armes à feu, et démontra qu'elles n'étaient ni venimeuses ni produites par combustion. Il s'étend avec une sorte de complaisance sur le procédé nominé Taliacotien, quoique Tagliacozzi n'en soit pas l'inventeur; procédé singulier, qui consiste à rajuster et mème à remplacer les nez , les oreilles, les doigts et quelques autres parties totalement séparées du corps ; fis Opuscula , edente Petro Angelo Agatho Venise, 1566 F ; 7° De morbo gallico traetatus cuva marqinalibus Petri Angeli Agathi, Venise, 1564 ibid., 1566, 4571 Ce traité n'est pas à l'abri de la critique. L'auteur regarde comme empirique le traitement par le mercure, qui pourtant est le seul infaillible, et il assigne le premier rang au sa bois, qui ne doit ètre considéré que comme accessoire utile. On est d'ailleurs étrangement surpris de voir Fallope, généralement si loyal , vanter un préservatif secret de l'infection vénérienne; 8° De niedicatis aquis libri septem ; De metallis et fossilibus libri duo , nunc primum editi per Andrea'', Alarcolinum , Venise , 1:i61 ; De simplicibus medicamentis purgantibus tracta- tus, nunc recens exactissiina cura ab Andrea. Marco- lino collectus , Padoue, 1565 , ; Venise , 1566, io-4.,10. De compositions medicamentorum, Venise, 1570 Bien que Fallope possédât sur l'his Loire naturelle et la thérapeutique des connais - sances moins parfaites que sur l'anatomie et la chirurgie, il a cependant déterminé avec beaucoup de discernement le choix , la préparation et l'euipkii des principales substances médicamenteuses; il a mérité que Loureiro lui consacrât, sous le nom de Fallopia, un genre de plantes, dont la seule espèce jusqu'à présent connue est un arbrisseau qui croit en Chine, aux environs de Canton. Tous les écrits qui viennent d'étre énumérés, et plusieurs autres dont une mention spéciale a semblé superflue, ont été recueillis et publiés avec ce titre : Opera genuina omnia, tani practica clam theoriva , in ires tomos distributa, Venise, 1584, 3 vol. ibid., 1606, 3 vol. Francfort, 1600 ; ibid., 1606 etc. Enfin il convient de citer un recueil de secrets attribué à Fallope. Ce fatras, sans doute apocryphe, a été plus souvent réimprimé qu'un bon ouvrage; en italien , Venise , 1563 1582, 1602, etc. , traduit un grand nombre de fois et sous divers titres, en allemand ; Augsbourg, 1571 Francfort, 1616 Hambourg-, 1651 etc. On trouve des notices biographiques sur Fallope dans les Alémoires de Niceron , t. 4 et 10, dans les Doges de Tommasini , et surtout dans la Bibliothèque des écrivains modenais
  • Gabriel FERRARA : chirurgienitalien du 16e siècle, pratiqua son art à Milan. Il fut un des premiers , au jugement de Freind, qui conseillèrent d'ouvrir la dure - mère pour donner issue -à l'humeur épanchée entre cette membrane et la piemère. Le seul ouvrage que l'on possède de lui est intitulé : Nuova selva di cirurgia, etc., Venise, 1596 ibid., 16'27, traduit en latin par Pierre Uffenbach, Sylva chirurgiœ in tees libres divisa, Francfort, 16'25 ; ibid. , 1629 , 4641. Ilaller dit que Ferrara , retiré dans un dere , échangea son véritable prénom de Camille contre celui de Gabriel; il ajoute que , parmi les observations qui composent la Fordt chirurgica/ e, plusieurs attestent la superstition et la crédulité de l'auteur
  • Gabriel FERRANTINI : dit dayli Occhiali à cause des lunettes qu'il portait habituellement pour suppléer à la faiblesse de sa vue , était fils d'un brave militaire mort à Bologne à l'âge de 106 ans. 11 apprit le dessin sous Dénis Calvart, et s'adonna particulièrement à la peinture à fresque : sa manière vague et gracieuse, supérieure à celle de son maitre pour le goût et pour le coloris, attira dans son école un grand nombre d'élèves. 11 houssait vers l'an 1588
  • Gabriel FOIGNY( 1650 - 1692) : que d'autres nomment Cogny, cordelier, né en Lorraine vers 1650 , s'enfuit de son couvent et se retira à Genève, où il fit profession publique de la réforme , en 1667.11 fut d'abord attaché à l'église de Morges ; mais on le chassa de cette ville pour s'être permis des indécences dans le temple , et il revint à Genève , où il vécut quelque temps du produit des leçons de grammaire et de géographie qu'il donnait à des étrangers. Il épousa une femme d'une mauvaise réputation et chercha de nouvelles ressources dans la publication de quelques petits ouvrages. L'irrégularité de sa conduite l'ayant fait déférer plusieurs fois aux pasteurs, il craignit qu'enfin on ne punit ses désordres d'une manière exemplaire; il abandonna donc sa femme et se retira dans un couvent de son ordre , en Savoie , où il mourut en 1692, dans un Age peu avancé. On a de lui : 1" L'Usage du jeu royal de la langue latine, avec lac facilité et l'élégance des langues latine et françoise , Lyon, 1676 ‘2,0 Les Aventures de Jacques Sadeur, dans la découverte et le voyage de la terre australe , Genève, 1676 ; Paris,1692 ; Amsterdam, 1692 ; Paris, 1705 et dans le 24e volume de la collection des Voyages imaginaires, traduit en allemand sous le titre de Neu entdecktes Sudland, Dresde, 1705 On trouvera dans le dictionnaire de Bayle, art. SADEUR, de grands détails sur P cet ouvrage plier. Ce que l'auteur dit de la conformation ' es Australiens et de leurs manières e vivre n'ayant pas paru assez décent aux pasteurs Genève, ils arrétèrent la vente de son livre. Bayle rapporte, sur le témoignage d'une personne 1 d'importance qu'il ne nomme pas, que les Aventures de Jacques Sadeur ont été composées par un gentilhomme breton, grand admirateur de Lucrèce. Ce qui a pu donner lieu à ce bruit nullement fondé, c'est qu'il e\iste des exemplaires de l'ouvrage avec l'indication, Vannes, 1676; Bayle en avait eu un entre les mains ; mais il est proba?le que ces exemplaires sont de l'édition de Genève, imprimée la méme année, auxquels l'auteur fit placer un nouveau frontispice pour éluder la défense des pasteurs. Quant aux autres écrits de F'oigny , on ne les ronflait que par le passage suivant d'une lettre citée par Bayle : « Il s'avisa de K faire imprimer de petits livres, entre autres un i, almanach, chaque année, sous le nom de Grand f, Garantus, plein de fautes pour l'ordinaire, à « l'égard de la supputation des temps ; un jeu de « cartes en blason, et les psaumes de Marot et de • Bèze, avec une prière de sa façon au bout de 'I chaque psaume
  • Gabriel FROMENT( 1512) : naquit à Uzès , le 10 janvier 1512 : ses parents, riches et nobles, s'occupèrent du soin de lui assurer les avantages qui sont le fruit de l'éducation. La délicatesse de sa santé ne lui permit pas ces progrès dont l'éclat fixe les regards et attire les applaudissements. Une extrême douceur fut le seul trait qui le distingua parmi ses compagnons d'étude. A l'âge de vingt ans il fut admis chez les chanoines réguliers de SteGeneviève, qui formaient le chapitre de la cathédrale d'Uzès. Studieux et timide, il vécut dans une retraite qui ne le déroba ni à l'estime de ses supérieurs ni à l'affection de ses collègues aussi une voix unanime le nommatelle prévôt. Les orages excités par la prétendue réforme déchiraient les entrailles de l'Eglise et menaçaient de son entière ruine le culte qu'une longue suite de siècles aurait dû rendre sacré. Le prévôt gémit sur les troubles , prononça des paroles de paix et dut le respect des deux partis à son indulgente tolérance. En 1565, StGelais, évéque d'Uzès , aveuglé par une passion violente, se rendit coupable d'apostasie pour contracter des engagements sacriléges avec une religieuse des ursulines du StEsprit. L'exemple de leur chef égara plusieurs chanoines. Froment puise dans l'amour de sa religion un courage, une énergie , un enthousiasme dont ne le soupçonnaient pas susceptible ses plus intimes amis : il court à l'église transformée en un lieu de scandale, fend les flots d'une foule agitée, brave les menaces des protestants, monte dans la chaire, lance les foudres de l'excommunication contre l'évèque, et ranime le courage abattu des catholiques. La cour de France et celle de Rome se réunirent dans le voeu que Gabriel occupAt le siége qu'il venait de défendre avec gloire. Des refus irrévocables coûtèrent peu à un ecclésiastique que sa piété rendait insensible aux attraits de l'ambition : des sentiments plus nobles occupaient ses pensées et enflammaient son zèle. Avec cette douceur et cette persévérance filles de la charité chrétienne, il surveillait la destinée des malheureux que son devoir l'avait contraint (le frapper d'anathème. Les désordres de conduite, cause de l'apostasie de StGelais, le conduisirent au dénùment. En horreur à son ancien troupeau , objet du mépris de ses nouveaux frères, et poursuivi par les reproches de ses complices, il traiaait son existence dans un triste abandon , et en proie aux remords. Froment ac- courut près de cet infortuné, lui donna des secours , lui porta des paroles consolantes, et, par un plus grand bienfait, le ramena aux voies d'une salutaire pénitence. Rentré au sein de l'Église catholique , et l'àme soulagée de blessures cruelles, StGelais ne se serait point soustrait à la pauvreté sans les soins de son bienfaiteur , qui obtint pour lui le fermage de l'un des moulins que le chapitre de la cathédrale (l'Uzès possédait sur la rivière d'Eure. A ces vicissitudes singulières dans la vie .de StGelais, remonte l'expression proverbiale : D'évêque devenir meunier. Gabriel de Froment parvint à une vieillesse fort avancée. Un souvenir honorable lui est encore conservé dans sa patrie
  • Gabriel GABET( 1763 - 1853) : publiciste philosophe, né à Dijon le 22 novembre 1763, fut destiné par sa famille à l'état ecclésiastique, et étudia d'abord dans cette intention ; mais il ne tarda pas à passer du séminaire à l'école de droit. Des idées élevées, un amour profond de l'équité lui firent applaudir à la révolution de 1789. Mais, non moins ami de l'ordre que de la liberté, il réprouva tous les excès qui suivirent le premier élan révolutionnaire. Bien connu cependant comme républicain sincère , il fut nommé membre du conseil général du district de Dijon ; plus tard il en devint président, puis commissaire du directoire exécutif près l'administration municipale. Ce fut une chose heureuse pour ses concitoyens : les intérêts de la république et les droits des particuliers ne pouvaient are remis, dans des temps aussi difficiles, à des mains plus pures. Gabet n'était républicain que par son zèle pour la justice et le bien de l'humanité. La douceur particulière de ses moeurs, une grande et générale bienveillance, une vive sympathie pour toutes les infortunes donnaient à son Aine une certaine exaltation poétique qui ne l'abandonna jamais. Aussi futil invariable dans ses convictions; elles avaient même pris un nouvel essor dans les der- fières années de sa vie : séduit par ce qu'il croyait entrevoir de félicité universelle dans l'utopie de Ch. Fourier , Gabet s'y était laissé prendre. Et cependant toutes ses spéculations avaient une tendance pratique : on peut même dire qu'il était un esprit trèspratique à beaucoup d'égards; la nature et le succès de plusieurs de ses publications en font foi : 1° Code perpétuel des commissaires du directoire exécutif près les administrations munici- pales , ouvrage qui fut recherché comme un excellent manuel, et qui en eut la vogue ; 2° Prorès- verbaux de Assemblée nationale mis _ par ordre de matières, ou Collection des motions, rapports, décrets, etc., présentés dans leur ordre naturel, Paris, Méquignon junior, 1791-1792 , 6 vol. : recueil méthodique qui a conservé un intérèt au point de vue de l'histoire; 3° le Nécessaire, journal de la Côted'Or, commencé en 1794, est un modèle d'ordre et de concision; 4° Le projet d'un pacte social pour la France, Paris et Dijon, BrunotLabbe, 1815. ne manque pas de vues sages et trèsapplicables. A ces travaux de la jeunesse et de la maturité de Cabet il faut ajouter un ouvrage de ses dernières années : 5° un Traité élémentaire de la science de l'homme , Paris, Baillière , 1842, 3 vol. Cet ouvrage , sans grande invention du reste, se distingue par des recherches consciencieuses , par une grande clarté d'exposition et l'arrangement trèsméthodique des matières. G. Cabet est mort en 1853. J. T—T,
  • Gabriel GAUCHAT( 1709 - 1779) : né en 1709 à Louhans en Bourgogne , abbé commendataire de StJean de Falaise , ordre de Prémontré, et prieur de StAndré, fut pendant quelque temps de la société ?les pretres des Missions étrangères. H fit de la défense de la religion contre les incrédules son occupation principale, et ne fut ni un des moins zélés, ni un de leurs moins redoutables adversaires. Ses écrits sont nourris de raisonnements solides, et ont, dit un critique, une touche de « littérature qui leur donne du prix. » Il emploie contre eux l'ironie avec beaucoup de finesse, et fait retomber sur eux le ridicule dont ils ont si souvent essayé de couvrir ceux qui défendent les principes religieux. Loin que la sécheresse de la controverse se fasse sentir dans ses écrits, on y trouve au contraire de la chaleur et un intérèt qui attache. L'auteur toutefois y eût été plus pressant encore, s'il eût su davantage serrer sa matière, et are mi peu moins diffus : du reste, il écrit avec facilité, clarté et décence. L'abbé Gauchat mourut à la fin de 1779 ou vers le commencement de 1780 : il était docteur en théologie, et membre de l'Académie de Villefranche. On a de lui les ouvrages suivants : 1" Rapport des chrétiens et des Hébreux, 1754, 3 petits vol. ; Lettres critiques ou Analyse et relation de divers écrits contraires à la religion, de 17F5 à 1763, Paris, 19 vol. C'est le plus considérable des ouvrages de l'abbé Gauchat , et celui qui lui valut son abbaye. 5" Retraite spirituelle, 1755, 1 vol. ; 4° Le Paraguay, conversation morale, 1756, 1 vol. 50 Catéchisme du Livre de l'Esprit 1758, 1 vol. ; 6. Recueil de piété, tiré de l'Ecriture sainte, 3 vol. ; 7. Le temple de la vérité, Dijon , Desaint, 1718, 1 vol. ; 8° Harmonie générale du christianisme et de la raison, Paris, 1768, 4 vol. ; Extrait de la morale de Saurin, 2 vol. ; 100 La philosophie moderne analysée dans ses principes, I vol. -11. Le philosophe du Valais, Paris, 1772, 2 vol
  • Gabriel GERBERON( 1628 - 1711) : bénédictin de StMaur, était né à StCalais, dans le Maine, le 28 août 4628. 11 fit ses études au collége de l'Oratoire à Vendôme, et à vingt ans entra dans la congrégation de StMaur. Ayant été fait prêtre en 1655, il enseigna la théologie dans plusieurs maisons. La liberté avec laquelle il s'expliquait sur les contestations naissantes du jansénisme, ainsi que sur des personnes en place et sur les jésuites, obligea ses supérieurs de l'envoyer à Corbie , où il ne se montra pas plus réservé. On l'accusa d'écrire sur les disputes de ce tempslà, d'être opposé à la régale, et d'avoir eu part à quelques brochures contre l'archevêque de Paris de Harlay. Un exempt fut chargé de l'arrêter ; mais Gerberon, averti, prit la fuite et passa en Flandre , puis en Hollande. Il y prit le nom d'Augustin Kergré, et se lit naturaliser bourgeois de Rotterdam. Pendant la guerre entre la France et la Hollande, en 1690, il revint à Bruxelles, où il s'occupait à écrire pour le soutien de sa cause. Il y fut arrêté le 30 mai 1703; et son procès lui fut fait au tribunal de l'archevêque, M. de Précipiano. Une sentence rendue contre lui, le 24 novembre, l'accusait d'avoir pris l'habit séculier, d'avoir fait imprimer plusieurs livres sans approbation ; d'avoir défendu l'Augustinus, refusé de souscrire le formulaire, et d'avoir propagé le jansénisme. Il fut renvoyé à ses supérieurs, pour être plus amplement corrigé. Gerberon en appela; mais cette démarche n'eut pas de suite. En 1707, on le ramena en France; et on le garda tantôt à Amiens,, tantôt à Vincennes. En 1710, il se résigna à souscrire le formulaire et une déclaration de soumission à l'Église, après quoi on le tira de prison. Réuni à ses confrères à StGermain des Prés, il ratifia ce qu'il venait de faire à Vincennes, et mourut à l'abbaye de StDenis le 29 mars 1711. Sa vivacité et son indiscrétion furent cause de ses traverses; et le dictionnaire de Moréri avoue qu'il s'expliquait avec trop de chaleur. Son zèle parut surtout dans le nombre et la nature des écrits qu'il publia pour le soutien de sa cause : l'Histoire littéraire de la congrégation de St- Maur en compte cent onze. Nous nous garderons bien d'en donner la liste, et nous ne citerons que ceux qui firent alors le plus de bruit : 4° le Miroir de la piété chrétienne, 4676, qui fut condamné par plusieurs évèques, et dont Arnauld luimême blâmait des propositions un peu dures; 2° une édition des OEuvres de St- Anselme, abbé du Bec, Paris, 1671 ,-5° la Vérité catholique victorieuse, Amster- dam, 1684; 4° les Avis salutaires de la B. V. Marie à ses dévots indiscrets, traduits du latin de Wendelfeld, Gand, 1673; ils furent condamnés à Rome l'année suivante ; 5°une édition des OEuvres de Bains; 6° Histoire générale du jansénisme, 1700, 3 vol. où il ne ménage guère StFrançois de Sales et StVincent de Paul; et une foule d'écrits, de lettres, de factums et de pamphlets en faveur de ses amis et contre ses ennemis. Voyez son article dans l'Histoire littéraire de la congrégation de St- Maur, par D. Tassin , p. 511. Cet article forme quarante pages et Gerberon y est représenté comme une lumière de l'Église. Il aurait pu être utile en effet : mais l'esprit de parti étouffa ses talents; et la fécondité de sa plume infatigable n'a abouti qu'à entasser des écrits qui eurent quelque vogue parmi les siens, mais dont le temps a fait justice complète; on en a presque oublié jusqu'aux titres
  • Gabriel GILBERT : poëte français du 17e siècle. On sait qu'il était de Paris et qu'il professait la religion réformée ; mais la date de sa naissance et celle de sa mort sont douteuses : il parait seulement certain qu'il ne vivait plus en 1680. Peu d'auteurs ont été plus féconds. On a de lui un peine sur l'Art de plaire, imité de l'Art d'aimer d'Ovide, un recueil de Poésies diverses , cinquante Psaumes en vers français , et environ quinze pièces de théâtre dont voici les noms : lo Marguerite de France ; 20 Téléphonie, tragédie dans laquelle le cardinal de Richelieu fit entrer des vers de sa composition , et qui , par cette raison peut-être, eut l'honneur insigne d'être représentée par les deux troupes royales ; 3° Rodogune, pièce dont il sera particulièrement parlé dans le cours de cet article ; 4° Hippolyte ou le Garçon insensible, tragédie ; 5° Sémiramis ; 6. les Amours de Blatte et d'Endymion , ivrage composé à Rome, où l'auteur avait ac)mpagné la reine Christine de Suède ; ' Cresphonte, tragicomédie ; 8° Arie et etus, tragédie ; 9° Théagène, tragédie 662); 10. les Amours d'Ovide , pastorale ; 1. les Amours d'Angélique el de Médor, tragimédie ; 12" Léandre et Héro , tragédie 667) ; 13" le Courtisan parfait , tragicomédie 668) ; 14. les Intrigues amoureuses, comédie 668) ; 15" les Peints et les plaisirs de l'amour, Aéra . Plusieurs biographes font encore ilbert auteur d'une comédie intitulée le Triomhe des cinq passions ; mais cette pièce bizarre, eprésentée en 1642, est plus généralement attriuée à un conseiller des monnaies nommé Gillet e la Tessonnière . C'est à tort que lusieurs écrivains parlent de Gabriel Gilbert omme d'un pane digne du dernier mépris : s'il Veut pas assez de génie pour concourir avec Cor-'ville et Rotrou, ses contemporains, à l'illustration le la scène française ; s'il manqua presque touours de chaleur et d'énergie, il fut du moins un es premiers tragiques qui écrivirent avec sagesse t qui contribuèrent à réformer les tours gothilues de la langue. Presque tous ses sujets de tra.édie étaient bien choisis : il ne les a pas traités avec art ; il a surtout mal conçu ses plans : mais, 'osque dans ses plus faibles ouvrages , on trouve des situations intéressantes et des mouvements tellement heureux , que plusieurs de nos tragiques modernes ne se sont pas fait scrupule de les lui emprunter. Ces plaintes si touchantes que Racine met dans la bouche du fils de Thésée , Chargé du crime affreux dont vous me soupçonnez, Quels amis me plaindront quand vous m'abandonnez! et cette réponse terrible de Thésée : Va chercher des amis dont l'estime funeste Honore l'adultère , applaudisse à l'inceste; • Des traitres , des ingrats, sans honneur et sans fui , Dignes de protéger un méchant tel que toi; sont trèsprobablement une imitation du passage suivant : Si je suis exilé pour un crime si noir, Hélas! qui des mortels voudra me recevoir Je serai redoutable à toutes les familles, Aux frères pour Durs soeurs, aux père. pour leurs filles. — Va chez les scélérats, les ennemis des cieux , Chez ces monstres cruels , assassins de leurs mères; Ceux qui se sont souillés d'incestes, d'adultères; Ceuxht te recevront, etc. Nous devons ajouter que cet endroit n'est pas le seul où l'immortel auteur de Phèdre ait fait à Gilbert le mème honneur que Virgile faisait à Ennius. Les idées premières de ces vers sont à la vérité dans Euripide et dans Sénèque ; mais ce n'est pas seulement l'emprunt. des idées qui est sensible, c'est encore celui des expressions et des tours de phrases. Remarquons d'ailleurs qu'en transportant sur notre scène le sujet de Phèdre et Hippolyte, Gilbert eut le bon esprit de faire à l'ancienne marche de cette fable des changements dont on ne peut lui contester l'invention , et que Racine crut devoir adopter. C'est, par exemple, Gilbert qui eut le premier l'idée de faire périr dans les flots de la mer la coupable confidente de Phèdre, et de satisfaire par là le spectateur justement indigné des conseils que cette malheureuse n'avait pas craint de donner à la reine. On ne peut nier que ce moyen nouveau ne fût aussi heureusement imaginé sous le point de vue moral que sous celui de l'effet dramatique. 11 y a encore dans la vie littéraire de Gilbert une particularité assez remarquable : il composa une tragédie de Rodogune précisément à l'époque où le grand Corneille traitait avec tant de supériorité le mime sujet. Les deux Rodogune furent représentées dans la mème année ; et l'on y reconnut avec surprise nonseulement les mèmes situations, mais encore les mèmes sentiments : le cinquième acte seulement n'était pas semblable. Celui de Corneille, l'un des plus beaux que l'on connaisse, eut un succès prodigieux ; celui de Gilbert fut trouvé froid et insipide, malgré la protection éclatante dont la reine de Suède et Monsieur, frère du roi de France, honoraient l'auteur de la pièce. Fontenelle, dans la vie de Corneille , son oncle, prétend que, ce grand poete ayant confié à un ami le plan de Rodogune, cet ami en donna connaissance à Cilhert, qui se hâta de mettre à profit cette trahison. D'autres historiens ajoutent que le plan du cinquième acte n'était point encore arrèté définitivement par Corneille lorsque Gilbert eut secrètement connaissance de la marche des quatre premiers. C'est pour cette raison , suivant eux, que les deux Rodogune, si exactement pareilles au commencement et au indien de l'action, cessent tout à coup de se ressembler vers le dénoùment. Ces assertions et ces conjectures ont peu de vraisemblance : Rarement, dit Voltaire, un homme « revètu d'un emploi public se déshonore et se rend ridicule pour si peu de chose. n Tous les mémoires du temps en auraient parlé ; et bien loin qu'il se soit alors élevé des réclamations publiques contre ce prétendu abus de confiance, Corneille luimème, qui était le plus intéressé à s'en plaindre, n'en dit pas un mot dans la préface de Rodogune. Il est donc plus naturel et plus juste d'attribuer l'extrème ressemblance des deux tragédies à l'exactitude scrupuleuse avec laquelle les deux auteurs avaient cru devoir imiter la marche, les situations et jusqu'aux pensées d'un roman historique de Rodogune qui venait alors de paraître, et qui est aujourd'hui tombé dans l'oubli. Gilbert avait été dans sa jeunesse secrétaire de la duchesse de Rohan. Il s'attacha ensuite, en la mème qualité, à la reine Christine de Suède, qui , pleine d'admiration pour ce qu'elle appelait son beau génie, le nomma résident de la courAe Stockholm en France , et le combla de ses bienfaits. Après la mort de cette princesse., il ne voulut rien retrancher de la dépense à laquelle il était accoutumé ; niais ses pièces , qui avaient eu la vogue dans leur nouveauté, cessèrent d'attirer le public dès que les préceptes de Boileau et les chefsd'oeuvre de Racine eurent achevé l'heureuse révolution du goût; enfin il était sans ressources, et il serait mort dans la plus affreuse indigence si un homme riche, M. d'Hervart , protecteur déclaré des gens de lettres et surtout des écrivains protestants, ne lui eût donné asile dans son hôtel. C'est là sans doute que Gilbert a obscurément fini ses jours, oublié de ce mème public qui peu d'années auparavant lui avait prodigué tant de marques de faveur. Chapelain, dans un jugement qu'il porte sur les auteurs de son temps, parle de Gilbert en ces termes : « Esprit délicat, duquel « on a des odes, de petits poèmes et plusieurs « pièces de théâtre pleines de bons vers. » Faisant allusion aux nombreuses ressources que les tragédies de Gilbert ont fournies dans la suite à beaucoup d'auteurs plus habiles, Ménage comparait ce poète à un chasseur malheureux : Il trouve bien le gibier au gîte , disaitil , mais ce n'est pas pour lui qu'il le fait partir. Enlin , quand on considère d'une part toutes les faveurs dont Gilbert fut comblé pendant trente ans de sa vie, et d'une autre part les termes de mépris dont se servent en parlant de lui plusieurs biographes prévenus, on ne peut guère se dispenser de dire que ce poète n'avait mérité Ni cet excès d'honneur ni cette indignité
  • Gabriel GINANI ou ZINANI( 1500) : poëte italien, qui a joui de son temps de quelque célébrité, naquit à Reggio dans le 16e siècle . La nature lui avait accordé d'heureuses dispositions, que ses parents cultivèrent avec succès. Après avoir fait ses premières études, il fut envoyé à Ferrare, et y suivit les leçons de François Patrice et d'autres professeurs distingués. Il parait que Ginani prit d'abord le parti des avines ; du moins on est cer- tain qu'il assista à quelques combats, et qu'il était enfermé dans Agria lorsque cette ville fut assiégée par les Turcs en 1596. Deux ans après il était à Naples , logé chez le duc de Seminara, qui s'était déclaré son Mécène : mais quoique ce seigneur eût pour lui beaucoup d'égards, sa situation n'en était guère plus heureuse , puisqu'on apprend, par une de ses lettres, qu'il fut obligé de demander de l'argent au duc de Cuastalla pour faire imprimer im de ses ouvrages Les Cdnani de Reggio sont une branche de ceux de Ravenne ; et comme, dans la prononciation lombarde, le g a le son du z , ceux de Reggio ont écrit leur nom indifféremment Ginani ou Zinani. SIl'iraboschi , d'après un passage de la dédicace des Due giOTlLO ; il n'en reçut que des compliments et des promesses, et lassé d'attendre, il quitta Naples pour venir à Rome, où il fut admis en 1602 à l'Académie des humoristes. Il partit ensuite pour Venise ; mais en passant à Reggio, il s'y arrèta quelque temps pour voir ses parents ; et ayant fait aux magistrats un tableau fidèle de sa misère, il en reçut un présent magnifique pour l'aider à publier son Erac/ éide. Ginani prenait le titre de seigneur de Bellay, que lui avait conféré l'empe- reur Ferdinand H, en récompense de la dédicace d'un de ses ouvrages ; ce t j I ce le flattait beaucoup : J'en fais plus de cas, ditil, que de très- grandes provinces que d'autres prit'- « ces s'étaient obligés ; mais Ginani avait terminé son poëlne depuis plusieurs années lorsque Bracciolini publia le sien. On trouve à la suite quarante et une remarques critiques sur ce poënie avec autant de réponses, sous le nom de Vioc. Ant. Sorella. Tirahoschi pense que Ginani est l'auteur des remarques et des réponses. 4" Il se- gretario , divise in sette libri , ibid. , 1625 i ; 5" Il consigliere , ibid., 1625 i° ; traduit en latin par Jean Honigk, Francfort, 1628 ; 6 Della ragione di stato libri xii, ibid., 1626 ; trad. en latin par Honigk,Francfort,169.8, sous ce titre: De ratione optime imperandi et de statut reipublicce ; •. Rime e prose, Reggio, s. d., deux parties Rime amorose, Venise, 1627,; Rime sacre, ibid., 1627 ; 8. Discorso della pastorale ibid., 1627 ; l'auteur y relève plusieurs défauts de l'ilminte du Tasse ; 9" une nouvelle édition de la Vie du Tasse par Mauro , et quelques autres opus- cules moins importants. Il se proposait de publier XVI. Gli elogi de yli illustri Jleggiaui ; mais cet ouvrage n'a point été achevé
  • Gabriel GIOLITO DE' FERRARI : imprimeur et libraire à Venise au 16e siècle , était , à ce qu'on croit, originaire de la famille des Ferrari , de Plaisance. Il exerça son art avec distinction ; et Ilaym qualifie de belles impressions quelquesunes de celles qu'on lui doit. Sa marque était un phénix regardant un soleil , et brûlant sur un globe ailé où sont les trois lettres G. C. F. ; une inscription sortant de chaque côté des flammes, porte : Semper eadem; autour du phénix , on lit ces mots : De la mia morte eterna vita i vivo. Ce fut Giolito qui conunença l'impression de la Collana greca , imaginée par Th. Porcacchi . Il présida luimème à la Collana ! alitai, faite sur le mème plan. L'ancienne version italienne de l'imitation daisus- Christ ayant été revue par le P. Remy Florentin, pour les enfants de Giolito et leur mère Lucretia Giolitti , cet imprimeur en donna successivement plusieurs éditions fort belles en 1556, 1537 et années suivantes. Elle sortit des munies presses, retouchée par Porcacchi en 1569. Au frontispice de l'édition de 1562, que possédait Gence, au lieu du globe , on voit un vase ailé d'où partent des flammes, au milieu desquelles est le phénix; et autour de l'encadrement, on lit : Vivo morte refecta mea. Giolito mourut en 1581, laissant deux fils, Jean et JeanPaul , qui continuèrent l'état de leur père. JEAN ne se borna pas à sa profession; il cultiva les lettres, et , au jugement de flaym, il avait du talent pour la poésie. On lui doit en effet une traduction italienne du poënie de SanBazar, dont voici le titre : Del parto della vergine libri 3, tradotto in versi toscani, Venise , 1588 réimprimée à Vérone, de l'imprimerie du Phénix , 1752 On a encore de lui : Vita del p. Ignazio Lojola, tradotta di spagnuolo in italiano , 1586
  • Gabriel GIRARD( 1677) : l'un des grammairiens fran-çais les plus distingués, naquit à Clermont, en Auvergne, vers 1677. Pourvu de trèsbonne heure d'un canonicat à la collégiale de NotreDame de MontFerrand, son goût pour les lettres lui fit résigner ce bénéfice à son frère; et il vint à Paris pour se livrer entièrement à leur culture. Il joignit à la connaissance des langues anciennes, celle de plusieurs langues vivantes , entre autres de l'esclavon et du russe. Les liaisons qu'il forma à cette occasion, et l'aménité de son esprit, lui procurèrent la place de secrétaire interprète du roi , et la fonction de chapelain de la duchesse de Berry, fille du régent. C'est dans ces emplois , qui lui laissaient du loisir pour l'étude , que son esprit d'observation et d'analyse eut le temps et la facilité de se développer par la réflexion. L'abbé Girard , frappé de cette vérité générale, entrevue par Fénelon dans ses Dialogues sur l'éloquence, qu'il n'y a point de mots parfaitement synonymes, l'exposa dans l'ouvrage qu'il publia en 1718 sous ce titre : la Justesse de la langue française. 011 les Différentes significations des mots qui passent pour synonymes ; ouvrage qu'il reproduisit avec des augmentations et de nouveaux développements en 1736, sous le titre de Synonymes français. Mé- nage et Bouhours avaient bien assigné la diffé- rence particulière de quelques synonymes ; mais ils n'en avaient point étendu l'idée, en l'appli- quant à la considération générale des mots regardés comme tels. La ressemblance d'un mot avec d'autres , dit l'abbé Girard , n'embrasse pas E, toute l'étendue de la signification ; elle consiste c, dans une idée principale que tous énoncent , et que chacun diversifie par une idée accessoire qui lui donne un caractère propre et singulier. » C'est en réunissant sous le même article les mots qui semblent synonymes, c'est en les mettant dans le jour qui les distingue le mieux , que l'attteur en fait une analyse comparée , où les nuances des mots , saisies presque toujours avec justesse, sont exprimées finement, et rendues sensibles par des exemples composés avec autant d'esprit que de goût. Dès la première édition , cet ouvrage, dont le projet était neuf et l'exécution supérieurement traitée, fut généralement accueilli. Lamotte, appréciateur sévère, jugea dès lors que l'Académie française ne pouvait que s'honorer d'admettre l'auteur parmi ses membres. En effet, la voix des académiciens les plus éclairés l'y ap- pelait. Mais un usage consacré par des règlements n'en ouvrait l'accès qu'aux démarches préalables de l'homme de génie , tandis que Louis XIV, moins difficile que le corps académique , allait chercher au loin le mérite obscur. Dumarsais , malheureux et délaissé, ne fut point de l'Académie , et l'on ne doit pas s'étonner que Girard tardât si longtemps à se mettre sur les rangs. 11 céda enfin aux re- proches de ses amis , qui taxaient sa timidité d' Son amourpropre , ranimé par leurs vives instances, triompha de sa modestie. Néanmoins les démarches de l'auteur, plus que sexagénaire , et dont l'ouvrage , fruit d'un esprit mûr, était, par son utilité reconnue pour le dictionnaire de la langue, acquis depuis longtemps à l'Académie française, furent d'abord infructueu- ses : Girard ne laissa pas de louer avec bonne foi ses concurrents plus heureux , en justifiant avec noblesse les motifs de leur adoption. Cepen- dant quels titres pouvaient balancer l'ouvrage dont Voltaire a porté ce jugement, que les Syno- nymes subsisteraient autant que la langue , et serviraient même à la faire subsister! Mais des académiciens qui se piquaient exclusivement de grammaire, tâchèrent , diton , d'éloigner un émule dont leur médiocrité redoutait la compa- raison. Enfin le suffrage universel du public décida celui de l'Académie, et Girard fut nommé en 1744 à la place de l'abbé de Rothelin. Son ouvrage, devenu dès l'origine un livre classique, parut un trait de lumière pour tous les écrivains, soit français , soit étrangers, qu'il éclaira sur les finesses de l'expression , aperçues plutôt jusqu'alors par une sorte d'instinct, que par une vue réfléchie. Bientôt les Allemands et les Anglais eurent aussi leurs synonymes. Les anciens n'avaient laissé en ce genre que des fragments dans ce qui nous reste de leurs grammairiens. Un auteur nu,- derne a rempli cette lacune pour le latin . Les encyclopédistes euxmêmes ne manquèrent pas de donner les ilifVrences des termes synonymes que Girard n'avait point épuisés. Malgré de tels titres d'admission à l'Académie, l'abbé Girard ne se crut pas dispensé d'y en ajou- ter de nouveaux. Ce même esprit de réflexion qui lui avait fait si bien distinguer les différentes mo- difications du langage , le porta à rechercher, par l'analyse logique, les règles de la langue fran-çaise ellemême, à les classer méthodiquement, et à les réduire en principes. Ce motif lui fit produire en 1747, 2 vol. un ouvrage sous le titre de Vrais principes de la langue française , ou la Parole réduite en méthode conformément aux lois I de l'usage. Si cet ouvrage n'a pas paru remplir en entier l'objet que l'auteur se proposait , on ne mur petit nier qu'il n'offre beaucoup de vues neuves et ingénieuses et une grande connaissance du caractère de la langue. Dumarsais , de son côté, s'est élevé à une théorie nouvelle, mais plus métaphysique peut-ètre que grammaticale. Girard a sur ses prédécesseurs le mérite d'avoir établi un système plus conforme au génie des langues modernes. Il a su affranchir la grammaire fran- çaise des méthodes latines. Il a joint la raison à l'usage; il n'a point plié la règle à l'exemple, mais fait servir l'exemple à l'appui de la règle. Il a enfin de'brouillé le chaos de la proposition grammaticale, a exprimé par des dénominations plus analogues les fonctions des mots, et mieux déterminé leur emploi dans la construction de la phrase. Si ses dénominations ou ses analyses sont défectueuses à quelques égards, il a mis sur la voie ceux qui sont venus après lui ; et souvent ils n'ont fait que développer ses principes, déguisés quelquefois chez lui sous un style moins simple que brillant, ou perdus dans un ouvrage dont la lecture , par le défaut de subdivisions, lasse la patience française. Lorsqu'on lui reprochait la bigarrure de ce style, dont les métaphores contrastent avec la sévérité du sujet , il. répondait J'ai mis cela pour les femmes. Au reste, cette réponse prouve qu'il n'a employé le style figuré qu'accidentellement. Un reproche plus sérieux, mais que nous n'avons point trouvé fondé, ce serait d'avoir, dans les exemples qu'il propose, énoncé des assertions contraires aux idées religieuses et à la spiritualité tic l'âme ; et d'Alembert n'a pas manqué de relever malignement Vaceusation , en ajoutant que l'abbé Girard ne fut pas inquiété parce qu'il présentait à la censure trop peu de surface i;ar son obscurité. Cependant si ks Principes de la langue française , à cause de la nature du sujet, n'ont point eu le succès des Sy- nonymes , ils ont eu l'honneur d'étre contrefaits dans l'étranger, et ont été bien connus de nos grammairiens. Duclos l'avait prévu en disant de cet ouvrage : C'est un livre qui fera la fortune d'un cotre. L'abbé Girard s'était proposé de donner une nouvelle édition fort augmentée de ses Slino- uymes. Il mourut le 4 février 1748 , avant d'avoir exécuté ce projet. Environ quatrevingts synonymes laissés par l'auteur, et la table alphabétique d'un grand nombre d'autres qu'il avait dessein de traiter, ont été recueillis par Beauzée, qui en a luialéale donné de nouveaux, en y réunissant ceux de Duclos , de d'Alembert et de Diderot, dans l'édition qu'il a mise au jour en 1769. L'abbé Roubaud en a ajouté d'autres, et a joint tuix sy- Deux seuls passages peuvent avoir donné lieu à cette imputation injurieuse : u Tout est conjectural, excepté les sensa-“ tions et les démonstrations géometriques. n ‘, La plus grande partie de ce qu'on écrit touchant la religion, 4‘ contribue plus à la rendre problématique que certaine. n Ces passages, entendus autrement que par rapport à la science ou à la raison humaine, ont pu être mal interprétés par des esprits prévenus ou de mauvaise foi. Si l'abbé Girard eût été du parti philosophique , d'Alembert n'aurait pas manqué de le prôner. nonyrnes des explications tirées de leur étymologie et de leur racine. Un Dictionnaire universel en a offert le recueil, Paris, 1808, 2 vol. Mais M. Guizot a publié un Nouveau dictionnaire universel des synonymes, mis en meilleur ordre, augmenté d'une grande quantité de synonymes nouveaux , et précédé d'une Introduction, Paris, 4809, deux parties de 1007 pages. Outre les deux ouvrages principaux de l'abbé Girard , on lui doit : 1° l'Orthographe française sans équivoque et dans ses principes naturels , Paris, 1716 ce livre, adressé en forme de lettre à un ami, est agréablement écrit; et les innovations qu'il propose comme plus conformes à l'analogie ou au bon usage, ont été la plupart adoptées. 20 Une traduction française de l'Oraison funèbre de Pierre le Grand, composée en russe par l'archevéque de Novogdrod , Théophane Procopowich , Paris, 1726
  • Gabriel GRESLY( 1700 - 1756) : peintre , né au commencement du 18e siècle , à Lisle sur le Doubs, d'une famille originaire de Soleure, annonça dès son enfance de singulières dispositions pour le dessin. Sans avoir reçu aucune leçon, il traçait avec un charbon ou une plume de petites scènes pleines de vérité. Un peintre médiocre vit ses esquissrs, devina son talent, et lui apprit à se servir du pinceau. Gresly, doué d'une imagination trèsvive, mais privé d'instruction, s'appliqua à copier la nature, et la rendit, dans ses tableaux, d'une manière frappante, mais sans aucun choix. Il céda enfin aux instances de ses amis, qui l'engageaient à faire un voyage à Paris. Admis chez le comte de Caylus, cet illustre protecteur de tous les artistes, il fut trèssurpris d'y voir un de ses tableaux dont on avait affaibli les couleurs afin de lui donner un air de vétusté, et qui passait pour l'ouvrage d'un maitre célèbre. Ce tableau représentait une vieille devant un métier à dentelles. Il s'en déclara Fauteur, et quelques jours après il en fournit le pendant. Cette anecdote ayant fait quelque bruit, Gresly fut un instant l'objet de la curiosité et de, empressements des amateurs; niais le séjour de Paris ne convenait ni à ses habitudes ni à sa santé; il se hâta de revenir à Besançon , où il mourut en 1756 dans un âge peu avancé. Les ta- bleaux de cet artiste sont trèsnombreux ; la plupart offrent des scènes de la vie commune rendues avec une rare intelligence. Il a essayé quelquefois de s'élever jusqu'au genre de l'histoire; mais il y a échoué empiétement. On a de lui, cependant, quelques copies de grands tableaux, si exactes, qu'un oeil exercé peut seul les distinguer des originaux
  • Gabriel GRODDECK( 1672 - 1709) : philologue allemand ,1 naquit à Dantzig en •672. H s'appliqua principalement à l'étude des langues orientales ; et, après avoir voyagé en France , en Italie, en Angleterre et en Allemagne, il les enseigna d'abord à Leipsick, et depuis 1699 à Dantzig , où il exerçait en inème temps les fonctions de bibliothécaire. En 1701, il fut nommé membre de l'Académie de Groddeck mourut le 12 septembre 1709, victime de la peste , qui enleva aussi sa femme le même jour. Ce savant professeur a publié en latin beaucoup de dissertations estimables. Nous en citerons ici : 1° Obsevationes singulares ex hist. litteraria; 2. 11e scriploribus historia- polonicoe schediasma, Dantzig, 1707 Cette notice , qui est un supplément à celle de Joach. Hoppe, se trouve aussi dans le premier olu de l'Histoire de Pologne de Dlugoss, édition de Leipsick, 1711. 3° De cœremonia palmarum apud Judteos in festo labernaculorum solemni ; Pseudonymorum Jlebraïcorum hexacontas ; 5" De rebellione Burdigalensi osso 1675. — Benjamin GRODDECK, savant orientaliste, naquit à Dantzig en 1728, et y enseigna, au gymnase de cette ville, les langues grecque et orientales. H mourut le 8 juin 1778, après avoir publié différentes dissertations : 1° Commentatio de necessaria linguarum arabica' et hebrakoe con- nexione , Wittemberg, 1746 2° De 'satura dialectorum ad linguam hebraïcam et arabicam ap, v1i- cata, ibid., 1747 3" De vero originum He- brœorum fonte et utilitate , ihid., eod. 4" De hebrœte antiquitate Dantzig, 1750 5. De litteris hebraïcis sectio I, ibid., 1751 6° De sensu Scripturce sacrceibid., 1752 7. De punctis Hebrceorum ibid., 1755 , 8° De via ad notitiam interioem linguarum arien- talium . prcesertim hebrce , ibid. , 1757 ; 9° Oratio de anno Jobelœo Hebrœorunz, ibid., 1758 10" De usu versionum greecarum U. T. lier- meneutico et critico , ibid., 1763 B—H—D,
  • Gabriel GUERET( 1641 - 1688) : avocat au parlement, né à Paris en 1641, mourut dans la même ville le 22 avril 1688. Il se distingua dans le monde par les agréments de son esprit et par un caractère toujours égal ; dans le barreau , par ses consultations et ses ouvrages de droit ; dans la république des lettres, par son érudition et la justesse de sa critique. L'assemblée des littérateurs choisis qui se tenait chez l'abbé d'Aubignac l'élut pour son secrétaire , et il prononça quelques discours en cette qualité. Les ouvrages qui nous restent de lui donnent une idée avantageuse de son goût et de ses talents : 1. les Sept Sages de la Grèce, Paris, 1662 , avec figures; 2' le Parnasse ré- formé, Paris, 1669 ; continué sous le titre de la Guerre des auteurs anciens et modernes, Paris, 1671 , 1697 ; la Haye, 1716 réim- primé sous ce titre : les Auteurs en belle humeur, Amsterdam, 1725 satire ingénieuse, pleine (le bonnes plaisanteries, d'une ironie line , et de cette gaieté qui formait le fond de son caractère, et que les occupations pénibles du cabinet n'allé,- rèrent jamais; 50 Entretiens sur l'éloquence de la chaire et du barreau, Paris , 1666 semés (le réflexions judicieuses , et où il prétend prouver que le parfait avocat a plus de difficultés à vaincre que le parfait prédicateur; il était assez naturel qu'il décidàt en faveur de sa profession : les citations trop fréquentes dans les plaidoyers n'étaient pas de son goût; 40 la Carte de là cour, Paris, 1674 ; allégorie ingénieuse; 5. la Prome- nade de St- Cloud, ou Dialogue sur les auteurs. On le trouve dans les Mémoires de Bruys. 6. Le Jour- nal du palais , dont la dernière édition est de 1757, 2 vol. ; bonne compilation, rédigée avec beaucoup d'ordre , de méthode et de solidité, et où l'on n'a inséré que les causes les plus intéressantes. Gueret composa ce recueil conjointement avec Blondeau. 7' Une édition des Arrêts de le Prestre , 1679 , augmentée de notes savantes et de pièces curieuses; 8° le second volume des Plai- doyers de C. Gaultier, sur les mémoires de l'auteur, auxquels l'éditeur a été obligé de suppléer beaucoup du sien. Gueret avait composé des vers dans sa jeunesse; mais il ne crut pas devoir les faire sortir par l'impression du cercle des sociétés auxquelles il les avait destinés
  • Gabriel HENRY( 1753 - 1835) : frère cadet du précédent, né à Nancy en 1753 , se destina de bonne heure à l'état ecclésiastique , fit une partie de ses études dans le palatinat du Rhin , par échange avec un ami de sa famille, fut reçu docteur en théologie et exerça le ministère , d'abord comme vicaire Paris, paroisse StBenott ; puis comme curé de Laneuveville , près Nancy, jusqu'en 1791, époque du serinent à la constitution civile du clergé. Quoique partisan des principes de la révolution, il ne crut pas pouvoir se séparer de ses supérieurs , et préféra s'expatrier. Il se dirigea sur l'Allemagne, y fut errant plusieurs années, et ne s'arrêta qu'à Iéna, où les catholiques le prirent pour leur curé. Il y était lors de la fameuse bataille de ce nom, en 1806. Dès la veille, la ville fut livrée au pillage. Henry l'éprouvait dans son propre logement, lorsqu'on le reconnut pour Français ; mandé au quartier général , il y fut si bien accueilli qu'un bruit trèsfâcheux se répandit ; c'est qu'il avait servi les Français en leur indiquant des passages sùrs. Cependant, loin d'aider ses compatriotes, il est bien certain qu'il avait subi leur pillage. Napoléon, il est vrai, lui fit présent presque aussitôt d'une tabatière en or. Mais ce ne fut que deux ans plus tard, et à la suite des conférences d'Erfurt, que l'abbé Henry fut nominé chanoine de cette ville et chevalier de la Légion d'honneur. Il était si loin alors de craindre des reproches, qu'il écrivit à sa famille : J'ai la petite gloriole de n'avoir pas fait un faux pas dans toute celte époque d'une vie si dangereusement pleine d'écueils. Cependant , convaincus du service qu'il avait rendu à Farinée fran-çaise , les Prussiens à leur rentre, en 1815 , le firent enlever et transférer à Siébelbézy en Silésie, en l'accablant d'outrages qu'il supporta avec un grand courage. Les journaux du temps ont assez parlé de cet enlèvement; comme aussi, en 1808, des grâces répandues lors des conférences d'Erfurt. Les événements de 181 rendirent à Ilenry sa liberté. Obligé de quitter léna , il obtint au lycée d'Aschaffembourg une chaire « que tant d'Etats alliés à la France sont intéressés « à sa puissance et à sa conservation , ne doiton « pas regarder la haute faveur dont jouit notre « langue comme un moyen d'affermir nos acqui-« sitions2 Mais , si les Alexandre et les Char- « lentagne n'ont pu etnpècher que leurs vastes « États devinssent dans la suite des siècles la « proie du premier occupant, n'avonsnous pas à « craindre de plus grands revers, après avoir vu « de plus grands prodiges? » 5. Petite bibliothèque française et allemande, à l'usage des deux sexes ; Stuttgart! et Tubingue, 1820, 12 vol. Dans une note de la préface, l'abbé Henry est cité comme ayant fourni des articles de Grammaire au journal (le Gutsmuths, et traduit, entre autres, le Guide d'Heidelberg. le Guide du Rhin et l'Histoire naturelle du cheval. par M. d'Afton. — II ne faut pas le confondre avec l'abbé HENRY , mort proviseur au lycée de Nancy, qui a publié des Leçons sur la grammaire fran- çaise. Nancy, 1807 et un Abrégé de la Géographie, ibid
  • Gabriel JARS( 1732 - 1769) : minéralogiste français, membre de l'Académie des sciences, naquit à Lyon le 11) Jean Leclerc dit pourtant que, comme le chevalier de Jars était près de:descendre de l'échafaud , un des juges l'exhorta, après avoir éprouvé la clémence du roi , à découvrir les intrigues du garde des sceaux;' mais qu'il répondit courageusement que rien ne serait capable de lui arracher de la bouche les secrets de ses amis, ni quoi que ce fût qui pût leur faire tort. Ce récit est tout à fait invraisem- blable ; et l'on a préféré celui de madame de Motteville, amie intime du chevalier de Jars, et qui savait de luimême les particularités qu'elle rapporte sur son procès. !Voyez les Mémoires de madame de Molleville.) 26 janvier 1732. Son père, qui avait commencé l'exploitation des mines de Sainbel et de Chessy, J'y appela dès 'qu'il eut fini ses études. Jars s'a- donna avec ardeur à ses nouvelles occupations, entra ensuite à l'école des ponts et chaussées, pour acquérir les connaissances qui lui étaient nécessaires, visita les mines de diverses provinces, et ensuite, à plusieurs reprises, de 1757 à 1766, celles de Saxe, d'Autriche, de Bohème, de Hongrie, du Tyrol , de Carinthie, de Styrie, d'Angleterre, du Hartz, de Norvége et de Suède. Les fruits de toutes ces courses furent de bons mé- moires sur les objets qu'il avait observés; et des améliorations importantes qu'il introduisit dans diverses parties de l'exploitation. Une place à l'Académie, où il entra en 1768, fut la récompense de ses travaux. Il était, depuis 1761, correspondant de cette société savante. Chargé, l'année suivante, de parcourir les manufactures du Berry, du Bourbonnais et de l'Auvergne, il fut frappé d'un coup de soleil , dans une excursion qu'il était obligé de faire à cheval, et mourut à Clermont le 20 août 1769. Un de ses frères, qui avait pris part à ses travaux et l'avait accompagné dans ses derniers voyages , publia les mémoires qu'il avait laissés inédits. Celuici fut aussi un 'métallurgiste distingué, et correspondant de l'Académie des sciences. Forcé de quitter le Lyonnais dans des temps orageux où sa vie était compro- mise, il vint se réfugier à Paris. Pour le soustraire aux périls qui le menaçaient, on lui donna une commission d'inspecteur général des mines. Le danger passé, il retourna dans ses foyers, et y mourut en 1796. Voici le titre de l'ouvrage de son frère : Voyages métallurgiques , ou Recherches et observations sur les mines et forges de fer , la fa- brication de l'acier , celle du fer- blanc, et plusieurs mines de charbon de terre, faites depuis l'année .1757 jusques et compris 1 769, en Allemagne, Suède, Norvége, Angleterre et Ecosse ; suivies d'un Mé- moire sur la circulation de l'air dans les mines, et d'une Notice de la junsprudence des mines de char- bon. dans le pays de Liége, la province de Limbourg et le pays de Namur, avec fig., Lyon, 1774-1781, 5 vol. Ce livre , qui a été traduit en allemand, offre, non un itinéraire, mais divers mémoires sur les mines des pays visités par l'auteur : elles sont décrites avec beaucoup d'exactitude ; il donne leur histoire, les règlements et la forme de leur administration , le mode de leur exploitation, en un mot, tout ce qui peut intéresser. Quand Jars commença ses voyages, la France était, pour la minéralogie, et surtout pour la mé- tallurgie, bien en arrière 'de plusieurs autres pays de l'Europe. Il rendit donc un véritable service à sa patrie, en la mettant à portée de mieux connaltre deux sciences du plus grand intérèt pour son industrie. Il a donné une impulsion qui a été suivie d'un succès toujours croissant. Le produit des mines de Chessy devint, gràce à ses soins, bien plus considérable qu'il n'était auparavant ; et snn frère a continué, jusqu'à sa mort, à s'occuper :le cette exploitation
  • Gabriel LEDUC : architecte du 17e siècle, a conduit, avec Antoine Broutel, les travaux du ValdeGrâce, sur les dessins de François Mansart, depuis le premier entablement où cet artiste les avait élevés. C'est à tort que quelques personnes ont écrit que Leduc avais continué ce beau monument sur les dessins de Pierre Lemuet. Il a donné des dessins du baldaquin du maitreautel de cette église, ouvrage plein de noblesse , de majesté et qui fait honneur à son talent. Il fut en- suite chargé de la conduite des travaux de l'église des PetitsPères . C'est , dans la construction de ce monument qu'il fit usage des dessins de Pierre Lemuet; encore nê s'en estil servi que pour le plan général , car toute la décoration extérieure et intérieure a été faite d'après ses propres dessins. Leduc continua l'église de StLouis en l'Ile, commencée par Louis suite Levau; le principal portail est son ouvrage. Cet artiste a aussi bâti plusieurs beaux hôtels parti- culiers, dont les plans ont été gravés par Marot, . et qui prouvent qu'il fut un des bons architectes 0 du siècle de Louis XIV. Il mourut à Paris en 1704
  • Gabriel LANCELOT-CASTELLO( 1727 - 1794) : prince de Torremuzza, naquit à Palerme en 4727. Dès sa jeunesse, le goût de l'antiquité fixa son esprit sur ce qu'elle avait de plus obscur; et par de profondes études, il parvint à dissiper quelquesunes des ténèbres dont souvent elle aime à s'envelopper. Dès lors il donna au public plusieurs opuscules pleins d'érudition ; le plus remarquable fut une histoire d'A tesia ou Alexia , ville gauloise dont César parle dans ses Commentaires. Castello se livra particulièrement ensuite à l'explication des inscriptions antiques de la Sicile l'ouvrage que produisit ce travail est fort estimé. Il s'occupa aussi d'économie publique, et donna sur cette matière deux opuscules intéressants, dont l'un a pour objet les banques, et l'autre les ateliers de monnaie de la Sicile. Il mourut à Palerme le 27 février 1791; et son éloge y fut prononcé, dans l'académie du Buon Gusto, par François Carelli, secrétaire intime du gouvernement. Il laissa un précieux cabinet de médailles on en a le catalogue, publié à Palernie en 179.1, par Salvator di Blasi. Ses ouvrages les plus importants sont : 10 Dissertatione sopra una statua di marmo, Palerme , 1749 20 le Antiche Iscrizioni di Palermo, ibid., 1762 3 Sici- lice veterum populorum, urbium, regum et tyran.- rom numismata que Panormi extant in efus cimelio, ibid., 1767 4. Siciliœ populorum et urbium, regutn quoque et trannorian veteri nummi, Sarace- norum epocham antecedentes, Palerme, 1781, avec deux suppléments qu'il y ajouta les années suivantes
  • Gabriel LECLERC : médecin ordinaire de Louis XIV, cultiva en même temps la chirurgie et la médecine, acquit une certaine réputation dans la pratique de ces deux branches de l'art de guérir, et se trouve indiqué dans quelques dictionnaires comme l'auteur de plusieurs écrits, ce qui est contesté par d'autres. On n'est d'accord qu'à l'égard des deux premiers , savoir : l'Appareil commode en faveur des jeunes chirurgiens , Paris, 1700 ; 2. la Médecine aisée, où l'on donne à connaitre les causes des maladies internes et externes et les remèdes propres à les guérir, nouvelle édi- tion, Paris, 1719 — L'Ecale du chirurgien, ou les Principes de la chirurgie, Paris, 1681 par un docteur en médecine de la faculté de Montpellier, que Barbier appelle G.Charles Leclerc, pourrait bien être du même, ainsi que le Catalogue particulier des drogues, Paris, 1701 attribué à un Leclerc , droguiste. Enfin, on a publié sous le nom de Gabriel Leclerc : la Chirurgie complète, par de- mandes et par réponses , Paris , 169 4 Un tome 2e parut sous le titre d'Ostéologie exacte et complète, Paris, 1706 ; l'ouvrage entier fut réimprimé avec des corrections et additions , Paris, 1719, 2 vol. et Bruxelles , 1721, 2 vol. C'est une compilation estimée de différents traités sur les mêmes matières. Suivant plusieurs bibliographes, Daniel Leclerc, médecin genevois, a rédigé le 1 er volume, et François Poupart , anatomiste et chirurgien, membre de l'Académie des sciences, d'après ce qu'en dit Fontenelle dans son Eloge, est auteur du 2" volume, l'Ostéologie, qui a mérité les éloges de Boerhaave, Baller et Portal. — LECLERC , fils d'un docteur régent de la faculté de médecine de Paris, naquit dans cette ville en 1762. Il suivit d'abord des coure de droit; mais bientôt il abandonna la jurisprudence pour la médecine, vers laquelle l'entralnaient son goût et l'exemple paternel. Après avoir pris ses grades, il devint docteurrégent en 1787, obtint la chaire d'anatomie, tandis que son ami Corvisart occupait celle de chirurgie, l'une et l'autre fondées par Antoine Petit ; enfin , il succéda à son père comme médecin du Châtelet. Pendant la révolution il fut employé à l'armée du Nord , puis à l'hôpital militaire de St- Cyr, et appelé à l'école de médecine de Paris, dès sa création en 1795. Plus tard, nommé médecin de la maison et des infirmeries impériales, il donna souvent, en l'ab_ sence de Corvisart, des soins à l'impératrice Joséphine, qu'il accompagna dans plusieurs de ses voyages aux eaux thermales. Leclerc était aussi médecin en chef de l'hospice StAntoine. C'est là que, palpant un malade atteint d'une fièvre maligne, il s'inocula le virus par une écorchure qu'il avait au doigt, et mourut des suites de cet accident le 23 janvier 1808. Livré entièrement à la pratique de son art, Leclerc n'a pas laissé d'ouvrages ; on n'a de lui que des Rapports et des Dis- cours qu'il prononça, en diverses circonstances, à la société de l'école de médecine , dont il était seerétaire général ; il appartenait encore à d'autres compagnies savantes, notamment à la société médicale d'émulation de Paris, où une Notice nécrologique sur lui fut lue par le docteur Tartra , et insérée dans le Bulletin des sciences médicales
  • Gabriel LECONTE( 1617 - 1697) : né à Alençon le 17 irai 1617, fut recteur de l'université de Reims, et se fit ensuite carme déchaussé, à Paris, en 1656, sous le nom de frère Gabriel de la Croix. Devenu bientôt après prieur de la maison de Rouen, il en établit une nouvelle , en 1660, à la GardeChâtel , dans le diocèse d'Avranches. Il était provincial définiteur lorsqu'il mourut à Rouen, le 9 mars 1697. Voici la liste de ses principaux ouvrages : 1° une traduction française de la Tabula Evangelica du P. Maurice de la Croix ; 2. Histoire générale des carmes déchaussés de la congrégation d'Espagne, traduit (le l'espagnol du P. François de SteMarie, Paris , ler vol. 1635; 2c vol. 1660 ; • 3° Maximes pernicieuses qui contredisent la perfection de l'état religieux, traduction de l'espagnol du P. Alphonse de Jésus; 4 Exposition du Cantique des cantiques , arec son application à l'ordre de la Vierge Marie du Mont- Carmel, traduite aussi (le l'espagnol. Il a laissé manuscrit un abrégé en latin de la 'fabula Evange/ iea, dont nous avons parlé plus haut, et deux 'Volumes destinés à faire suite à son Histoire des carmes déchaussés
  • Gabriel MADELENET et non pas MAGDELENET( 1587) : bon pete lyrique latin, était né vers 1587, à StMartin de Puy, illage de l'Auxerrois , de parents honnêtes, mais assez mal partagés des biens de la fortune. Il fit ses premières études au collége des jésuites à Nevers , et alla ensuite étudier le droit à Bourges. Ses cours terminés, il vint à Paris en 1610, et se fit recevoir avocat au parlement; mais il ne tarda pas à se lasser d'une profession presque incompatible avec son goût pour la littérature. Ses talents l'ayant fait connaître du cardinal Duperron , ce prélat lui offrit un logement et sa table, et lui fit ensuite obtenir une place de secrétaire du cabinet ; mais Madelenet ne profita point de cette circonstance pour assurer sa fortune. Cependant le cardinal de Richelieu, auquel il présenta une ode sur la prise de la Rochelle , lui accorda une pension, et le fit nommer conseiller interprète du roi pour la langue latine ; dans la suite il dut aussi quelques avantages à la protection du cardinal Mazarin. Madelenet avait des connaissances de plus d'un genre ; il jugeait en homme de goût du mérite d'une statue ou d'un tableau ; recherché des littérateurs, des artistes et des grands, il sut jouir des agréments de sa position , sans y attacher trop de prix ; il dut à cette sage indifférence une vie tranquille. Dans ses dernières années il fut tourmenté de la gravelle ; dans les intervalles que lui laissèrent ses souffrances, il composa sur sa maladie une pièce de vers, que P. Petit regar- dait comme son chefd'œuvre, mais qui n'a point été imprimée. Il tomba malade dans un voyage qu'il fit à Auxerre, et y mourut le 20 novembre 1661. Son neveu , lieutenant au présidial , le fit inhumer, avec une épitaphe rapportée dans la Bibliothèque de Bourgogne. C'était un homme de moeurs pures, d'une conversation agréable; il se montra observateur scrupuleux des convenances et n'eut aucun des travers qu'on attribue aux poëtes. Ayant négligé de recueillir ses vers , il chargea de ce soin LouisHenri de Loménie, comte de Brienne, qui remplit ses intentions en publiant Gabr. Madeleneti carminum libellus, Paris, 1662 ; la réimpression de Paris , Barbou, 1725 passe pour peu correcte. Ce recueil est précédé d'un avertissement de l'illustre éditeur ; d'une préface de Jean Madelenet, neveu de l'auteur ; de son éloge par P. Petit, bon poëte latin luimême , et d'une ode de Duperrier au comte de Brienne ; il renferme des odes , des épîtres, etc., adressées aux personnages les plus distingués de son temps. On fait cas surtout de ses odes écrites dans le genre d'Horace, qu'il avait pris pour modèle. La correction et l'élégance sont le caractère distinctif de ces pièces' qui manquent de chaleur et d'élévation. Madelenet avait composé dans sa jeunesse des vers français qui sont restés inédits ; mais on ne doit pas les regretter, si , comme l'assure Balzac , ils ne valaient pas mieux que ceux de Dumonin. On trouve une notice sur ce poëte dans les Mémoires de Niceron, t. 25, et une autre dans la Bibliothèque de Bourgogne; mais on ne doit les lire qu'avec précaution
  • Gabriel MAGALHAENS( 1609) : missionnaire jésuite, de la mérite famille que l'illustre navigateur Magellan, était né en 1609 près de Coïmbre. Il entra dans la société à lige de seize ans, et, sur sa demande, fut ens oyé à Goa en 163i. Il témoigna ensuite le désir d'aller au Japon; mais ayant été retenu à Macao par ses supérieurs, il profita d'une occasion favorable pour pénétrer à la Chine en 16W. Il exerça les fonctions de missionnaire dans la prosince de Ssetchuen avec d'autant plus de fruit, qu'une application soutenue lui donna une connaissance profonde de la langue et de la littérature chinoise. Les succès des missionnaires irritèrent les bonzes, qui soulevèrent contre eux la populace. La protection du gouverneur les mit à l'abri du danger. Ils en coururent bientôt un plus grand le chef d'une troupe de révoltés s'empara du Ssetchueii et voulut les faire massacrer. Les rebelles furent dispersés. Magalhaens eut le bras droit percé d'une flèche. Après avoir suivi pendant un an l'armée impériale qui délivra la province, les missionnaires arrivèrent à Péking en 1648. Magalhaens resta quelques années dans cette capitale sans ètre connu. Enfin il fut présenté à l'empereur Chuntchi, dont il gagna les bonnes grâces par son talent pour la mécanique, et en obtint une maison, une église et des revenus pour la mission. Par reconnaissance , il exécuta plusieurs ouvrages curieux pour ce prince. Après la mort de l'empereur, il fut accusé d'avoir essayé de corrompre un juge par des présents. Après avoir été mis deux fois à la torture, quoiqu'il protestât de son innocence, il fut condamné à être étranglé. Mais les quatre régents qui gouvernaient pendant la minorité de Khanghi , reconnurent qu'il n'était pas coupable , et lui ren• dirent la liberté. Trois ans après, dans la grande persécution qui enveloppa tous les missionnaires, il fut arrêté avec eux , chargé de chaînes pendant quatre mois, enfin condamné à recevoir quarante coups de fouet , et à subir un bannissement perpétuel dans la Tartarie ; mais un grand tremblement de terre, qui survint dans le même temps, procura la liberté aux missionnaires. Pendant le reste de sa vie il s'occupa tranquillement de ses travaux et sut si bien se maintenir dans les bonnes grâces de Khanghi, qu'à sa mort, arrivée le 16 mai 1677, ce monarque composa luimême son épitaphe et lui fit décerner des funérailles honorables. Magalhaens laissa en mourant un manuscrit portugais intitulé les Douze excellences de la Chine. Cet ouvrage était divisé en douze chapitres, mais incomplet. Le P. Couplet l'apporta de Chine à Rome et en donna communication à Bernout, qui le traduisit en français sous ce titre : Nouvelle relation de la Chine, contenant la description des particularités les plus remarquables de ce grand empire, Paris, 1688, 1 vol. avec un plan de Péking ; traduit en anglais, Londres, 1688 Bernout changea le titre du livre de Magalhaens , qui était trop affecté et peu convenable ; il y fit aussi des coupures ; enfin il l'enrichit de notes contenant des éclaircissements sur les objets qui en avaient besoin, de la Vie de l'auteur par le P. Buglio, et d'un plan de Péking composé d'après les renseignements fournis par Magalhaens, dont il écrit le nom Iliagai/- / ans pour se conformer à la prononciation française. Ce plan, auquel Magalhaens n'a eu aucune part , diffère beaucoup de ceux de Gaubil et de Duhalde. Le livre de Magalhaens traite par ordre de la description des antiquités, de la littérature, des moeurs , des édifices publics, du commerce , des manufactures , de la navigation et du gouvernement de la Chine. Un long chapitre, consacré aux palais de l'empereur, contient les détails concernant les officiers de l'empire de divers grades. Le long séjour de ce missionnaire à la Chine, sa connaissance de la langue et la fréquentation des personnes les plus considérables de l'État le mirent à portée d'insérer dans son ouvrage des renseignements exacts. Il ne fait pas difficulté de corriger les erreurs qu'il aperçoit dans le P. Martini , et s'explique avec beaucoup de retenue sur plusieurs points où d'autres missionnaires s'étaient livrés à l'exagération. En un mot, son livre est un des meilleurs que nous ayons sur la Chine, et fait honneur à son jugement. — Antoine MAGALHAENS , aussi missionnaire à la Chine , fut nommé par l'empereur Khanghi en 1721, pour accompagner jusqu'à Rome le légat Mezzabarba. Il revint en 1726 avec Menezès, ambassadeur de Portugal. Yongtching , qui pendant son absence était monté sur le 'trône, le reçut trèsgracieusement et le récompensa pour s'ètre bien acquitté de la mission dont l'avait chargé son prédécesseur
  • Gabriel MALAGRIDA( 1689) : jésuite, naquit en 1689,1 à Mercajo, dans le Milanais, et passa en Portugal, où il paraît avoir fait profession. On dit qu'il y exerça le ministère de la prédication avec succès. _Ayant été envoyé dans les missions du Brésil , il prècha la foi dans cette grande contrée, et pénétra dans le Maragnan et dans d'autres parties soumises à la domination portugaise. Rappelé en Europe par ses supérieurs, il se livra de nouveau à la prédication en Portugal , et obtint de l' par ses travaux et ses vertus , selon les uns ; et selon les autres, en feignant des révélations et des faveurs extraordinaires du ciel. Les jésuites se trouvèrent bientôt en Portugal dans un état de crise violente. Leur crédit portait peut-être ombrage à un ministre ambitieux et . Les jé- suites furent investis et gardés dans leurs maisons ; trois d'entre eux, Malagrida, Alexandre et . La Bibliothèque des sciences et des arts, rédigée à la Haye par des protestants, s'exprimait ainsi : « L'on verra avec « surprise que l'infortuné jésuite a été étranglé « et brûlé pour de prétendues hérésies que tout « autre tribunal que celui de l'inquisition aurait « regardées comme les délires d'un vieillard fa-« natique, plus digne de compassion que de châ- « liment. La postérité aura de la peine à croire « que dans le 18' siècle on ait envoyé un septua- « génaire au supplice, pour avoir dit, entre autres « extravagances, que la SteVierge en lui ordon- « riant d'écrire la vie de l'Antechrist, lui avait « dit..., ici suivent deux pages de folies, extrai- « tes de la sentence. » . D'un autre côté, on publia en France plusieurs relations sur les affaires des jésuites du Portugal ; elles étaient rédigées, à ce qu'il parait., par un P. Norbert, capucin , qui, après avoir quitté son couvent et avoir promené son humeur inquiète dans diffé- Lettre contenant la relation de l'exécution du P. Mala- grida , par Pierre Norbert, Lisbonne, 1761 rents Etats, était venu, sous le nom de l'abbé Plate], offrir ses services à Pombal , et débitait à Lisbonne , sous l'autorisation du ministre , force pamphlets contre la société. On y donnait. de grands éloges à toutes les opérations du ministre et même à l'inquisition; un tribunal qui avait condamné les jésuites n'avait plus rien d'odieux et il n'était pas permis de révoquer en doute la sagesse et l'équité de son jugement. Nous avons sous les yeux une de ces relations où la sottise et la méchanceté vont de pair : il y est dit qu'on croit que, si Malagrida n'avoua pas en mourant qu'il fût coupable et préféra mourir du supplice auquel il avait été condamné par l'inquisition, c'est qu'il voulait, par cet expédient, priver le roi de la satisfaction de le faire périr comme chef de la conspiration contre lui. Il faut convenir que ce jésuite était bien raffiné dans ses expé- dients, et bien malicieux, de priver le roi de Portugal d'une tellesatisfaction . Outre divers ouvrages ascétiques, on connaît
  • Gabriel MANFREDI( 1681 - 1761) : frère du précédent, né à Bologne , le 25 mars 1681, s'appliqua aussi à l'étude des mathématiques , et y fit des progrès trèsrapides ; à l'âge de vingt- quatre ans, il publia un traité des équations du premier degré, qui réunit les suffrages des connaisseurs. Il fut nommé , en 1708, l'un des secrétaires du sénat, et il en remplit les fonctions avec beaucoup de zèle. Cependant son goût le portait à l'enseignement ; mais ce ne fut qu'en 1720 qu'il obtint la • chaire d'analyse , à laquelle ses talents l'appelaient depuis longtemps six ans après , il fut élu chancelier de l'université. Il succéda, en 1739, à son frère dans la place de surintendant des travaux hydrostatiques, et mourut à Bologne, le 13 octobre 1761. On cite de lui 1° De construc- tione equationum diferentialiunt priori gratins, Pise, 1707 , avec 7 planches ; Conside- razioni sopra alcuni dubii che debbono esaminarsi ; relia congregazione dell' acqu 4,, Rome, 1739 ; :3° des Mémoires et des Dissertations, insérés dans le recueil de l'institut de Bologne , dont il était l'un des premiers membres ; dans les Osservazioni letterarie , et dans le Giornale de' letterati d'Italia. Le résultat des observations astronomiques qu'il avait faites, de concert avec son frère , à l'observatoire de Bologne, est imprimé dans le Recueil de l'Académie des sciences de Paris. — Enfile MANFRED', jésuite , frèrg des précédents, né à Bologne en 1679, entra dans la société à l'âge de quinze ans , et , après avoir terminé ses études , il embrassa la carrière de la prédication. 11 parut avec éclat dans les principales chaires de l'Italie, et mourut à Parme, le 16 mai 1744. Le P. Manfredi avait un goût naturel pour la poésie ; et l'on trouve de ses vers latins et italiens dans les recueils du temps. On cite de lui : une Oraison funèbre de J.Fréd. César , prince d'Este , Modène, 1727, irt-12, et un Carême ( quadresimale`, Venise, 1747. — Leur frère, Héraclite MAN•RED' , mort, âgé de 77 ans, le 15 septembre 1759, suivit avec distinction la carrière de la médecine, sans négliger les mathématiques. Voyez , sur toute cette intéressante famille , les Scrittori Bolognesi de Fantuzzi
  • Gabriel MARTIN( 1679 - 1761) : libraire à Paris , y était né le 2 août 1679. C•était un biographe trèsinstruit, aussi le consultaiton de toutes parts. Il forma les p!us belles bibliothèques particulières de son temps ; et aujourd'hui encore son nom est attaché au système biographique le plus généralement suivi en France, et qui est divisé en cinq classes la théologie, la jurisprudence, les sciences et arts, les belles- lettres et l'histoire. Ce système , adopté par Debure dans son grand ouvrage, est peut-être aussi connu sous le nom de Debure que sous celui de Martin , qui n'a laissé que des catalogues de bibliothèques particulières. Peignot, dans son Dictionnaire raisonné de bibliologie, t. 2, p. 236, en porte le nombre à 148, dont 22 avec tables d'auteurs. Quelquesuns de ces catalogues sont encore recherchés des curieux, entre autres ceux de Du Fay , de Hoym , de Rothelin , de Boxe , etc. G. Martin mourut le 2 février 1761 , à 83 ans ; les Affiches de province du 11 février 1761 contiennent un article sur ce biographe. Le Dict. de bibliologie de Peignot détaille le système bibliographique de Martin et les divers autres ; il parait cependant que le fond du système de Mattin était pris d'un jésuite : mais il l'a retouché avantageusement, et depuis, Martin y a fait encore quelques améliorations, qui paraissent insuffisantes à Leschevin . On ne peut guère ici se flatter d'atteindre la perfection, c'est déjà beaucoup de faire bien, et c'est ce qu'avait fait Martin
  • Gabriel METZU( 1615 - 1659) : peintre hollandais, naquit à Leyde en 1615. On ignore le nom de son maitre ; mais il parait avoir pris pour modèle les ouvrages de Terburg et de Gérard Dow. Une vie sédentaire et une étude constante secondèrent les heureuses dispositions qu'il avait reçues de la nature, mais contribuèrent à affaiblir sa santé. Réduit à subir l'opération de la pierre à l'âge de quarante- trois ans, il mourut quelque temps après , vers 1659 , vivement regretté de toute la ville d'Amsterdam. Moins fini que Gérard Dow, plus vrai que Mieris, Metzu est recommandable par un meilleur goût de dessin. Ses sujets sont choisis avec esprit, et rien dans ses figures ne dénote la gène ni la froideur. Malgré le soin avec lequel il rend tous les détails, sa touche conserve toute sa liberté ; elle est pleine de finesse, quoique large, et sa couleur ajoute encore au mérite de ses tableaux. Ses têtes et ses mains sont dessinées avec soin ; et la physionomie de ses figures ne manque point de caractère. Mais c'est surtout par l'harmonie que ses tableaux sont admirables. Il a l'art de détacher une figure sur un fond de la même couleur, sans nuire à l'effet, tant il sait dégrader ses tons avec vérité, selon leur distance respective. Ce maitre est en ce genre un des meilleurs modèles que puissent imiter les artistes. Quoique mort à la fleur de l'âge, son travail opiniâtre lui a permis de peindre un grand nombre de tableaux, qui sont tous recherchés, et dont quelquesuns sont d'un prix excessif. Le musée du Louvre possède les suivants : 1° le Portrait de l'amiral Tromp , vu à mi- corps. Cet amiral a le chapeau sur la tête, et une canne à la main. 2. Un Militaire faisant présenter des rafraichissements à une dame. Ce tableau est un des plus précieux de Metzu ; il a été gravé plusieurs fois. 3° Un Chimiste lisant près d'une fenêtre, dont l'extérieur est orné d'une vigne; 4° une Femme assise, tenant un pot de bière et un verre ; 5° une Cuisinière pelant des pommes ; 6° la Femme adultère ; 7° la Leçon de musique ; 8° le Marché aux herbes d'Amsterdam. Ce dernier est sans contredit un des plus beaux qu'il ait produits ; toutes les qualités que l'on admire dans ses autres productions s'y font remarquer au plus haut degré
  • Gabriel MEURIER ou MURIER( 1530 - 1600) : philologue et grammairien, était d'Avesnes dans le Hainaut, où il naquit vers 1530. Obligé de chercher des ressources dans l'exercice de ses talents , il choisit le dur métier de pédagogue, et, pendant près de cinquante ans, donna des leçons de français, d'anglais, de flamand et d'espagnol. Il habitait Anvers, et l'on conjecture qu'il y mourut au commencement du 17e siècle. On trouve la liste de ses ouvrages, au nombre de douze, dans les Mémoires littéraires de Paquot, t. 2, p. 8., édit. Il suffit de citer sa Grammaire française, Anvers, 1557, ; et son Dictionnaire j1 amandfrançais , ibid., 1568 Mais on recherche surtout l'ouvrage suivant : Recueil de sentences notables et dictons comenuns, proverbes et refrains, traduit du latin , Anvers, 1568 Cette compilation a été réimprimée sous ce titre : Trésor des sentences dorées, proverbes et dictons comntuns, avec le Bouquet de philosophie morale, par demandes et par réponses, Lyon, 1577 ; Rouen, 1578 ou 1579 ; Paris, 1582 Toutes ces éditions sont également rares
  • Gabriel MICHEL DE LA ROCHEMAILLET( 1561 - 1642) : avocat au parlement de Paris et au conseil privé, naquit à Angers en 1561, d'un père qui avait quitté les armes pour le barreau. Après avoir terminé avec éclat ses études de droit, il aspira quelque temps à une chaire. Las d'attendre qu'il y en eût une de vacante , il se rendit à Paris , et se produisit au barreau sous les auspices de Chopin , son compatriote ; il commençait à s'y faire connaître, lorsque, frappé de surdité, il fut forcé de se restreindre au travail du cabinet. Il mourut octogénaire le 9 mai 1642. Ménard , dans la Bibliothèque des coutumes, le fait descendre d'une famille de Venise, déjà illustrée dans le 15° siècle, et qui portait le nom de Uicheli. Ce fut en 1453, selon lui , que cette famille rentra en possession de la Rochemaillet. Gabriel de la Rochemaillet revendiquait aussi , comme son parent, l'évêque d'Angers, Jean Michel. Il laissa plusieurs enfants de son mariage avec la fille d un conseiller au parlement, et composa plusieurs ouvrages qui l'ont fait moins connaître que ceux dont il fut l'éditeur. Le chancelier de Sillery le chargea de reviser la collection des édits et ordonnances des rois de France , par Fontanon. Cette compilation commençait à Louis le Grps et s'arrètait à Henri 111. La Rochemaillet la »Conduisit jusqu'à Louis XIII , inclusivement , dans l'édition qu'il publia en 1611, 4 vol. Il exécuta un travail analogue sur la Conférence des ordonnances et édits royaux, par Guénois , éditions de 1606, 1616 et 1678, 3 vol. in fol. 11 retoucha le Style général de pratique, augmenté du Praticien franfais. On lui doit encore : P le Code Henri III, enrichi de ses notes , des édits de Henri IV et de Louis XIII , et des notes de Charondas, Paris, 1622 ; 2° Coutumes générales et particulières de France et des Gaules, avec les notes de Dumoulin, 1640 réimprimées depuis ; 3° une édition des Arrêts de Louet , effacée par celle de Brodeau ; 4° des Traductions du commentaire de Chopin sur la coutume d'Anjou , du traité des Bénéfices de Duaren , avec additions , et du Commentaire de Boiceau sur un article de l'ordonnance de Moulins. 5° Eloge des hommes illustres qui ont fleuri en France de 1502à 1600, avec portraits, ; 6° hie de. Scérola de Ste- ilarthe, président des trésoriers de France, Poitiers, 1629 ; réimprimée à la tète des oeuvres de SteMarthe, édition de 1632. 7° Thédtre géographique du royaume de France, sur les cartes de Jean Leclerc , 1632 11 n'y faut point chercher d'exactitude. La Rochemaillet fut intimement lié avec Charron , qui lui recommanda en mourant son traité de la Sagesse, n'ayant pas eu le temps d'en publier la seconde édition. On sait que le recteur de l'université , la Sorbonne, le parlement et même le ChAtelet, s'opposèrent à cette réimpression. Les premières feuilles de l'ouvrage furent saisies jusqu'à trois fois et dénoncées à la cour ; enfin le président Jeannin , commis par le chancelier pour revenir sur l'examen qui avait été fait par deux docteurs de Sorbonne, déclara que ces matières n'étant point à la portée du vulgaire , la circulation du traité de Charron devait être autorisée, comme livre d'Etat, après quelques suppressions indispensables. Tous ces obstacles furent levés par le zèle infatigable de la Rochemaillet, qui donna ses soins à toutes les éditions de cet ouvrage publiées à Paris , postérieurement à 1604
  • Gabriel MIRO : ou Miron , issu d'une famille du Roussillon, originaire de Catalogne, et qui est devenue illustre par ses alliances, par les places qu'elle a occupées et par les services qu'elle a rendus à l'Etat, était professeur en médecine dans l'université de Montpellier. Nommé en 1189 premier médecin de Charles VIII , roi de France , il allait rejoindre ce prince lorsqu'il mourut l'aimée suivante à Nevers. On voit encore , sur la porte de l'université de Montpellier, une inscription où il est appelé l'Oracle de la médecine .— Son frère, François MIRO, fut conseiller et médecin du même
  • Gabriel MOUTON( 1618) : mathématicien, né à Lyon en 1618, embrassa l'état ecclésiastique et devint vicaire perpétuel de l'église StPaul, au service de laquelle il avait été attaché dès son enfance. Consacrant tous ses loisirs à l'étude de l'astrono- mie, il publia en 1670 le résultat de ses observations sous ce titre : Observationes diametrorum sous et lunce apparentium, meridianarumque ali- quot altitudinum, cuis tabula declinationum solis ; dissertatio de dierum incequalitate, etc. « Ce « volume, dit Lalande , contient des Mémoires « intéressants sur les interpolations et sur le « projet d'une mesure universelle tirée du pen-« dule. » L'académicien Picard faisait un cas particulier de cet astronome, qu'il avait beau- - coue vu pendant le séjour qu'il fit à Lyon pour déterminer la position géographique de cette ville. Mouton mourut le 28 septembre 1694 et fut inhumé dans la chapelle des TroisMarie, dont il était titulaire. Par son testament, il fit diverses fondations et beaucoup de legs pieux. Il avait calculé les logarithmes avec dix décimales , des sinus et des tangentes , pour chaque seconde des quatre premiers degrés : le manus- crit était à la bibliothèque de l'Académie des sciences ; ces logarithmes, réduits à sept décimales seulement, ont été insérés dans les Tables de Gardiner, Avignon, 4770 On voit dans ses Obserrationes diametrorum que dès 1661 il avait déterminé le diamètre du soleil à son apogée avec une exactitude à laquelle on ne trouve rien à changer actuellement, ce qui pa- rait bien surprenant quand on considère le peu de secours qu'il avait pour opérer exactement. On conservait à Lyon une pendule astronomique exécutée par l'abbé Mouton, et qui était remarquable par la précision et la variété de ses mouvements
  • Gabriel NAUDF( 1600 - 1653) : fameux bibliographe et l'un des savants les plus distingués de son temps, naquit à Paris le 2 février 1600. Après avoir achevé ses humanités et sa philosophie avec beaucoup de succès , il s'appliqua de préférence à la médecine, et l'on sait qu'il suivit, en même temps que Gui Patin, le cours de René Mo - reau, qui jouissait alors d'une grande réputation . Le goût de Naudé pour les livres s'était manifesté pour ainsi dire dès son enfance, et les connaissances qu'il avait acquises dans tout ce qui constitue le matériel des ouvrages et leur classification, déterminèrent le président de Mesmes à lui confier la direction de sa bibliothè-; que ; mais cet emploi le détournant de ses études médicales, il y renonça et se rendit en 1626 à Padoue pour y achever ses cours. La mort de son père l'obligea de revenir à Paris la ménie année. En 1628, la faculté de médecine le char- gea du discours de clôture des examens pour la 1 réception des bacheliers, et cette pièce , qui fut imprimée , donna une idée avantageuse de son érudition. Sur la recommandation de Dupuy, le cardinal de flagni choisit Naudé pour bibliothécaire. et l'emmena à Rome en 1631. Il s'y fit bientôt connaître par quelques dissertations sur différents objets d'antiquité, et reçut des preuves multipliées de l'estime qu'avaient inspirée ses Il talents et la noblesse de son caractère, Ayant été , nommé en 1633 médecin ordinaire de Louis XIII, il reprit ses études médicales, qu'il evait interrompues, et pour se rendre plus digne d'un titre aussi honorable, il alla recevoir le laurier doctoral à Padoue. Après la mort du cardinal de Bagni , son protecteur, dont la mémoire lui fut constamment chère, Naudé passa comme bibliothécaire au service du cardinal Barberini. Il était • encore secrétaire du premier, lorsque dom Grégoire Tarisse, général de la congrégation de 1 StMaur, demanda que la nouvelle édition de ll'Imitation de Jésus- Christ, qui s'imprimait au Louvre, portât le nom de J. Gersen , s'appuyant de l'autorité de quatre manuscrits de la bibliothèque des bénédictins de Rome. Le cardinal de Richelieu , avant de rien statuer à cet égard , fit écrire à Rome , et Naudé fut chargé par le cardinal de Bagni d'examiner ces manuscrits. Sa réponse n'ayant pas été favorable aux prétentions des bénédictins , leurs adversaires la firent imprimer, et il s'ensuivit une longue discussion, que termina en 1652 un arrêt du parlement portant suppression des paroles injurieuses employées de part et d'autre . Naudé ne resta que quelques mois attaché au cardinal Barberini; il fut rappelé à Paris en 16i2 par le cardinal de Richelieu , qui se proposait de lui confier le soin de sa bibliothèque ; mais ce ministre étant mort la mème année , il serait resté sans emploi si le cardinal Mazarin ne se fût hàté de l'attacher à sa personne. Ce, fut alors que Naudé forma cette bibliothèque moins fameuse encore par le nombre que par le choix des ouvrages dont elle se composait. Il visita la France, l'Italie, l'Allemagne, dans l'unique but de se procurer des livres, et il parvint, dans l'espace de dix ans , à réunir quarante mille volumes et une foule de manuscrits précieux. Naudé eut la douleur de voir disperser une collection qui lui avait coûté tant de peines et de soins. En vain il supplia le parlement de s'opposer à la vente d'une bibliothèque, « la plus a belle, disait- il, qui ait jamais été au monde, et a dont la ruine, ajoutetil, sera hien plus soigneu-,. sement !narguée dans toutes les histoires et a calendriers que n'a jamais été la prise et le sac i. Naudé a publié avec des préfaces, la plupart quelques ouvrages de Riolan , de Cardan, de Léonard Aretin, d'Ad. Blackwood, de Léon Allatius , de .1.B. Doni, d'ing. Nifo, de Jac. Rorarius, de Suarès, évêque de Vaison, etc. Il a composé en outre un grand nombre d'opuscules, dont on trouvera les titres dans le tome 9 des Mémoires de Nicéron , et dans les Dictionnaires de Moréri et de Chaufepié. Les principaux sont : 10 le illarfore, ou Discours contre les libelles, Paris , 1620 , ouvrage extrêmement rare, mais qui est cité dans les Apes Urbance de Léon Allatius, avec l'indication de l'imprimeur, apud Aloysium Boulengerum; 2° Instruction à la France, sur la vérité de l'histoire des frères de la Rose- Croix, ibid., 1623 et rare. Naudé y prouve que les prétendus frères de la RoseCroix, qui avaient paru en France cette année, étaient des fourbes qui cherchaient à trouver des dupes en promettant d'enseigner aux adeptes l'art de faire de l'or et d'autres secrets non moins merveilleux . Ce curieux opuscule est ordinairement réuni à une autre brochure intitulée Avertissement au sujet des frères de la Rose- Croix. Il a été réimprimé avec la Continuation de l'Histoire des progrès de l'hérésie, par Cl. Malingre. 30 Apologie pour les grands hommes faus- sement soupçonnés de magie, ibid., 1625 Cet ouvrage, qui se ressent de la jeunesse de l'auteur et qui n'est ni exact ni profond , a eu plusieurs éditions ; la meilleure est celle d'Amsterdam , 1712 augmentée de quelques remarques, par l'éditeur anonyme. Naudé y prend la défense des sages anciens et modernes accusés d'avoir eu des génies familiers, tels que Socrate, Aristote, Plotin, etc., ou d'avoir acquis par la magie les connaissances qui les rendirent l'admiration de leurs contemporains. Le P. Jacques d'Autun, capucin, a essayé de réfuter Naudé dans son livre : De l'incrédulité savante. 4. Avis pour dresser une bibliothèque, ibid., 1627 ; réimprimé en 1644 avec l'ouvrage du P. Jacob Traité des plus belles bibliothèques . JeanAndré Schmidt en a inséré une traduction latine anonyme dans les Additions au recueil de Maderus : De bibliothecis . Cet ouvrage, surpassé depuis, renferme des conseils qui peuvent etre utiles aux personnes chargées de for- mer ou de conserver les bibliothèques publiques. 50 Addition à l'Histoire de Louis XI, contenant plusieurs recherches curieuses sur diverses matières, ibid., 1630 ; réimprimé dans le Supplément à l'édition des Mémoires de Philippe de Comines, publiée par Godefroid. Naudé s'attache à prouver que nos rois ont constamment montré beaucoup d'affection pour les lettres, et que Louis XI en particulier leur a rendu de grands services. Le chapitre 7, qui traite de l'origine et de l'établissement de l'imprimerie en France, a été inséré par Prosper Marchand dans son Histoire de l'imprimerie. 11 a été traduit en latin par MathieuJacques Steyer, et Chr. Wolf a publié cette traduction dans les illonumenta typograph., t. 1, p. 486. 6° De studio liberali syntagma, Urbin, 1632 Rimini, 1633 et dans le recueil De stues instituendis, Amsterdam, 1645 On y lit de fort bons avis sur la manière d'étudier. 7° Bi- bliographia politica, Venise, 1633 ; Wittemberg, 1640 avec un ouvrage du même genre ; Leyde, 1642, et Amsterdam, 1645, dans le recueil qu'on vient de citer ; traduit en français par C. Challine, 1642 Ce fut à la prière de Jacques Gaffarel , son ami que Naudé composa ce petit traité, où il lui donne, avec la liste des principaux auteurs qui ont écrit sur des matières politiques, son opinion sur leurs ouvrages. Naudé se trouvait alors à Cervia, dans la Romagne, où il manquait des secours nécessaires pour rendre son ouvrage plus complet et plus exact ; mais, tel qu'il est, la lecture peut encore en être utile. 8° De studio militari syntagma, Rome, 1637, i11-4°. Il y traite de toutes les connaissances nécessaires à un homme de guerre , en melant aux préceptes des digressions curieuses. Georges Schubart en a publié une seconde édition augmentée , Iéna, 1683 9° Considérations politiques sur les coups d'Etat, Rome, 1639 Si l'on en croit la préface, cette édition n'aurait été tirée qu'à douze exemplaires; mais on sait depuis longtemps qu'il en existe un bien plus grand nombre. Cet ouvrage a été réimprimé en Hollande, 1667 ou 1679, in1G2. Louis Dumay en a donné une édition sous le titre de la Science des princes, avec des réflexions historiques, morales , chrétiennes et politiques, dans lesquelles il réfute solidement plusieurs assertions paradoxales de Naudé . Enfin, un plagiaire, qui n'a pas jugé à propos .de se faire connaître, s'est emparé de cet ouvrage, en a supprimé la préface et la conclusion , retranché quelques longueurs, rajeuni le style, et l'a publié sous ce titre : - Un savant bibliographe a fait de J. Gaffarel un cardinal, qu'il nomme Caffarelli; voy. le Répertoire bibliographique uni- versel, p. 445. flexions historiques et politiques sur les moyens dont les plus grands princes et habiles ministres se sont servis pour gouverner et augmenter leurs Etats, Leyde, 1739 . Naudé dit que cet ou- vrage lui fut demandé par le cardinal Bagni , et il faut le croire , car il était trop prudent, trop ami de son repos pour examiner franchement la question délicate des coups d'Etat, à une époque où la moindre indiscrétion pouvait le priver de sa liberté. Au surplus, il s'est mis à l'abri de toute crainte en prenant constamment la défense du pouvoir, qui, selon lui, n'a jamais tort, puisqu'il n'agit que pour sa conservation. Ainsi il approuve l'assassinat de Coligny, et il trouve que c'est une grande lâcheté à tant d'historiens fran- t ais d'avoir abandonné la cause du roi Charles IX; qu'il y avait un grand sujet de louer le massacre de la StBarthélemy, comme le seul remède aux guerres qui ont été depuis ce temps-, Cette citation suffit pour faire apprécier cet ouvrage trop vanté. 100 Instauratio tabularii tnajoris templi Reatini, Rome , 16,10 , in4-.; inséré dans le Thesaurus antiquit. Italie r , t. 9 ; ; 12° Jugement de tout ce qui a été imprimé contre le cardinal Mazarin depuis le 6 jan- vier junte à la déclaration du er avril 1649 La 28 édition, la seule recherchée des curieux , a 717 pages . C'est un dialogue entre S. Ange. libraire, et Mascurat , anagramme de R. Camu- sat , fameux imprimeur de Paris. Naudé y passe en revue tous les reproches faits au cardinal Mazarin, son patron, et en montre la fausseté et le ridicule. Il y a beaucoup d'érudition et des anecdotes curieuses. Cependant il a échappé des fautes à l'auteur ; la Monnoye en a relevé quelquesunes dans le Alenagiatta. 12. Remise de la biblio- thèque du cardinal Mazarin entre les mains de M. neuf, 1651 Tubeuf, , président de la chambre des comptes, était créancier du cardi-, nal pour une somme considérable. 1/s. Avis a . nossetyneurs du parlement sur la vente de la biblio- thèque du cardinal Mazarin, 1652 Cette petite pièce et la précédente sont fie la plus grande rareté : elles ont été insérées dans le et Labitte . Son portrait a été gravé par Georgi , à Padoue, par !Henan il fait partie du Recueil d'Odieuvre , et a été reproduit par M. PetitRadel dans ses Recherches sur les bibliothèques, où l'on trouve de curieux détails sur ce savant bibliographe
  • Gabriel NICOLAS DE LA REYNIE( 1625 - 1709) : premier lieutenant général de police de la ville de Paris, né à Limoges en 16e5, appartenait à une anciennelamille de magistrature. Après avoir terminé ses études à Bordeaux et s'ètre fait recevoir avocat , il y fixa sa résidence et fut nommé président du présidial de Guyenne. Mais en 1650 les agitations de la Fronde ayant pénétré dans le Midi de la France , la ville de Bordeaux se souleva ; on pilla la maison du président , connu pour son attachement à la cause royale, et ce ne fut pas sans périls qu'il parvint à s'échapper et à se réfugier auprès du duc d'Epernon , gouverneur de la province. Ce seigneur le présenta à Louis XIV et à la reine mère, qui étaient venus en Guyenne pour y apaiser les troubles. Le roi , satisfait du dévouement de la Reynie, le retint à sa suite, et en 1661 lui conféra une charge de maître des requêtes. Depuis longtemps, les habitants de Paris élevaient des plaintes contre , les attaques nocturnes, les dangers de tous les genres auxquels ils se trouvaient exposés et que Boileau a retracés d'une manière si piquante dans sa sixième satire. Jusqu'alors la police de la capitale avait été confiée au prévôt des marchands et au lieutenant civil. Le ministère résolut d'en charger spécialement un magistrat, et le roi créa la place de lieutenant général de police, dont Nicolas de la Reynie fut pourvu le premier en 1667. On doit des éloges, sous plus d'un rapport, à son administration. Il publia des règlements utiles, réorganisa le guet ou garde urbaine, fit poser des lanternes dans les rues, enlever régulièrement les immondices, etc. La politique • comptait aussi pour beaucoup dans ses attributions; il avait reçu en particulier l'ordre de sévir contre les rédacteurs et les distributeurs des pamphlets connus sous le nom de Nouvelles à la main ; niais la vigilance et les rigueurs de la police ne purent jamais empêcher la circulation de ces écrits clandestins souvent favorisés par de hauts personnages. Nommé conseiller d'Etat en 1680, la Reynie devint bientôt procureur général , commissaire rapporteur et président de la chambre ardente, établie à l'Arsenal , pour la poursuite des crimes d'empoisonnement, qui s'étaient multipliés d'une manière effrayante . Il fut ensuite chargé de faire exécuter dans Paris les mesures prises lors de la révocation de l'édit de Nantes . Enfin il quitta en 1697 les fonctions de lieutenant général de police, qu'il avait exercées pendant trente ans , et Voyer d'Argenson (roy. ce nom' le remplaça. La Reynie mourut sousdoyen du conseil d'Etat le Vs juin 1709, à l'àge de 81 ans, et fut inhumé dans le cimetière de la paroisse StEustache
  • Gabriel PEPE( 1781 - 1855) : frère de Florestan et de Guillaume, naquit en 1781, à Bosano, dansla province de Molise. Il étudia d'abord le droit; niais lorsque la république parthénopéenne fut proclamée, il s'y rallia avec l'enthousiasme .de ses dixhuit ans, et voulut la servir les armes à la main. Obligé de s'expatrier , il entra avec son frère Florestan dans la légion italienne; comme lui, il revint à Naples quand la paix eut été signée , et comme lui il passa en 1806 au service du roi Joseph. Il suivit également le nouveau monarque en Espagne, combattit avec les régiments napolitains, retourna en Italie, et fit sous les drapeaux de Murat les deux tristes campagnes de 1814 et de 1815 : la première dirigée par une ingratitude aveugle contre les Français, et la seconde entreprise avec une témérité étourdie contre l'Autriche. Malgré les antécédents de Gabriel, le roi Ferdinand le maintint au service et lui donna le commandement d'un régiment cantonné en Sicile ; lorsque la crise de 1820 survint, Pepe se déclara avec énergie en faveur de la cause constitutionnelle, et au mois d'octobre il fut nommé membre du parlement. Il s'y montra trèsdévoué à la cause libérale, et il se prononça pour l'annulation de la convention que son frère Florestan avait conclue avec les Siciliens. Après la restauration de 1821, il n'eut pas le bonheur d'échapper à ses adversaires politiques : livré aux Autrichiens, il fut transféré en Moravie et enfermé dans la citadelle d'Olmutz. Il y passa deux ans; et lorsqu'il eut été rendu à la liberté, il se retira à Florence, où il mena une vie fort retirée, consacrant ses loisirs à l'étude. Plus tard il alla habiter Nice. Il mourut en juillet 1855
  • Gabriel PERELLE( 1600 - 1675) : dessinateur et graveur à l'eauforte , naquit à VernonsurSeine , au commencement du 17e siècle; nous ne sommes pas de l'avis de Lévèque , ni de celui de Basan , qui font naître cet artiste, l'un en 1630, et l'autre en 1648, ce qui est de toute impossibilité, puisqu'il existe une vue de Vernon, gravée par Perelle , pour la Fie de StAdjuteur, , patron de cette ville, par J. Theroude , qui porte la date de 1638, et une autre estampe par le même , intitulée Dé- faite des chats d'Espagne devant Arras, gravée à l'occasion de la prise de cette ville par les Fran-çais, en 1640. Perche étudia sous les yeux de Daniel 'label , peintre, qui gravait aussi à l'eauforte. Mais bientôt l'élève surpassa le maître. Ses vues et ses paysages, qui sont en trèsgrand nombre , sont touchés avec goût; ses figures en général sont assez bien ajustées, sa pointe est légère et spirituelle. La plupart de ses productions ont été réunies en deux collections, connues l'une sous le titre de Délices, de Paris et de ses i1 et l'autre de Délices de Versailles et des maisons royales. Ses fils, Nicolas et Adam PEBELLE l'ont beaucoup aidé dans ces deux ouvrages, mais ils n'ont pas atteint le talent de leur père. Le premier, né à Paris, est mort à Orléans ; le second, né en 1638, mourut à Paris le 26 mars 1695. Ces artistes ont aussi gravé plusieurs estampes d'après différents maîtres , tels que le Poussin, Poelembourg , Asselin , Paul Drill, Fou- en forme de réponse à une question à lui faite sur la manière dont il a appris la langue et la religion. tu J L'abbé de Marolles en avait déjà,réuni 767 un 1666. quières, etc. Gabriel Perelle mourut à Paris, vers 1675. Pierre Aveline et JeanBaptiste Fouard étaient ses élèves. On petit consulter sur les Perelle Abecedario de Mariette , t. 4 , p
  • Gabriel RICHARD( 1764) : missionnaire, né à Saintes le 15 octobre 1764, était issu, du côté maternel, de la famille de Bossuet. Se destinant à l'état ecclésiastique, il commença ses études de théologie au séminaire d'Angers, puis, entra dans la congrégation de StSulpice et reçut l'ordre de prêtrise en 1791. L'année suivante, il passa aux EtatsUnis d'Amérique pour enseigner les mathématiques au collége de Baltimore, que l'abbé Emery , supérieur de la congrégation, avait fondé récemment dans cette ville; mais l'évêque Carrol, sous la juridiction duquel étaient placés tous les catholiques de ce pays, jugea à propos d'envoyer Richard desservir une mission à Kaskakia sur le territoire des Illinois, où se trouvaient d'anciens Canadiens français. Il y resta six ans, et alla en 1798 au Détroit, cheflieu du Michigan , qu'il administra plus tard comme grandvicaire de l'évêque de l'Ohio, et où il établit une imprimerie qui fut trèsutile, car il n'y en avait pas d'autre alors. La publication d'un recueil périodique en français intitulé Essais du Michigan, qu'il avait entreprise, ne réussit pas à cause de la difficulté des communications. La guerre ayant éclaté en 1812 entre l'Angleterre et les EtatsUnis, Richard, tombé dans les mains des Anglais, fut transporté à Sandwich, dans le haut Canada, et put encore sauver de la cruauté des Indiens quelques autres prisonniers. Quand il eut recouvré la liberté, il revint au Détroit, qu'il trouva en proie à la disette, et procura des secours aux indigents. Il commença en 1817 la construction en pierre d'une chapelle dédiée à SteAnne; déjà il avait fait reconstruire ainsi l'église qu'un incendie avait consumée en 1805. Aucun ecclésiastique avant lui n'était député au congrès; l'abbé Ri- chard y fut élu en 1823, et consacra son traitement à l'achèvement de ses pieux travaux et à d'autres bonnes oeuvres. Cet excellent prêtre, Après avoir prodigué les soulagements spirituels et corporels aux victimes du choléra qui sévit sur la ville du Détroit en 1832, y succomba luin?élue àgé de 59 ans. Le tome 3 des Annales de la propagation de la foi contient plusieurs lettres He l'abbé Richard
  • Gabriel ROSETTI( 1783 - 1854) : littérateur italien, né le 18 février 1783 à Vasto, dans les Abruzzes, débuta dans la poésie par plusieurs petites cantates écrites pour le théâtre StCharles de Naples. En 1813, il fut nommé conservateur du musée de Naples. En 1820, le roi Ferdinand ter ayant promis une constitution à ses peuples, Rosetti composa l'hymne Sei pur bella cogli astri Sul , où il vécut en donnant des leçons de langue italienne. En 1830, il fut nommé professeur de belleslettres à Londres, et conserva eet emploi jusqu'en 1845, époque à laquelle. tLIIt devenu aveugle, il fut contraint de le régi- ner. Il est mort le 16 avril 1854, à l'Age de 71 ans. Rosetti ne manquait point de mérite comme poéte. Parmi ses principales poésies imprimées nous citerons : 1° Il sallerio, publié à Londres vers 1843; 2° 11 tegyente in solitudine, Londres, 1843; 3° l'iirpa evangelira. Londres, 1852, recueil de poésies religieuses dictées à sa femme et à ses enfants pendant sa cécité. Les poésies de Rosetti se distinguent par la facilité et la variété des images; mais souvent elles sont éfectueuses sous le rapport du style et de la •,'011. Rosetti est eu outre auteur de plu- ouvrages critico- philosophiques 1° Dello SI antipapale rhe produsse la riforma ; 2° Con- sidera; ioni sopra Roma nella mais del ierolo 19, dans lequel il attaque le célibat des prétres; 3° I misteri dell' amore platonico aile età di mezso. Dans ce dernier ouvrage, il soutient, comme Biscioni, « que les femmes des grands génies « italiens étaient tout idéales, et qu'elles n'étaient « que la personnification du pouvoir impérial « qu'on invoquait comme dominateur et réfor- « !Dateur de l'Italie e. O Comment° analiiico alla Divina Commedia, dans lequel, par une notm elle et étrange interprétation du texte, il cherche à prouver que Dante conspirait contre l'Eglise romaine, et qu'il voulait réformer la discipline ecclésiastique au profit de la patrie et de l'humanité. Cette théorie fut combattue par Schlegel, Ozanam, le baron Drouilet de Sigalas, Cantu, mais soutenue par Ugoni, Orioli , Maroncelli, l'Allemand Mendelsohn et le critique français M. Delécluze qui, dans la Revue des deux mondes, s'exprime à ce sujet en ces termes : s De toutes a les clefs données jusqu'à présent pour entrer « dans le sanctuaire du Dante, celle qu'a forgée « M. Rosetti est encore celle qui ouvre le plus de « portes
  • Gabriel SAGARD-THEODAT : religieux récollet et missionnaire français, partit de Paris, le 18 mars 1624, avec le P. Nicolas Vie!, pour aller prêcher la foi aux sauvages du Canada. Ils s'embarquèrent à Dieppe et arrivèrent à Québec après une traversée de trois mois six jours. Ayant pris quelque repos, ils se hetterent de gagner le pays des Hurons. Sagard y resta deux ans, puis revint en France, laissant à son confrère le soin de la mission. Celuici se noya, peu de temps après, à un rapide nommé depuis Saut du récoliez, qui est dans le voisinage de Montréal. On a de Sagard : 1e Grand voyage du pays des Hurons, situé en l'Amérique, vers la mer Douce, et derniers con- fins de la Nouvelle- France, dite Canada, où il est traicté de tout ce qui est du pays, des mœurs et na- turel des sauvages, de leur gouvernement et façons de faire, tant dans leur pays qu'allant en voyage, de leur foi et croyance, arec un dictionnaire de la langue huronne, Paris, 163 L'auteur a soigneusement décrit les moeurs des sauvages parmi lesquels il avait vécu ; il raconte naïvement tout ce qu'il a vu et ouï dire. On reconnaît qu'il n'était ni trèsinstruit, ni observateur profond : sa crédulité est extrême. Les renseignements donnés par Sagard, de même que tous ceux que contiennent les relations des missions, sont intéressants en ce qu'ils font connaître l'état social de peuples aujourd'hui détruits ou réduits à un petit nombre d'hommes. La relation de Sagard fut bien accueillie ; il en publia une nouVelle édition et y donna l'histoire du Canada, depuis qninze ans que les récollets étaient allés y établir des missions. Il voulait joindre à ce volume des pièces touchant les missions, avec les dictionnaires et les dialogues en langue canadaise, algotimequine et huronne. « Mais, ditil, « l'ayant vu grossir suffisamment sous ma plume, ‹, j'ai cru au conseil de mes amis, qu'il valoit ‹, mieux laisser toutes ces pièces et ces diction-« flaires pour un tome à part. s Ce tome n'a point paru. Le livre est intitulé Histoire du Ca- nada et voyage que les frères mineurs récollets y ont faicts pour la conversion des infidelles, où est amplement traicté des choses principales arrivées dans le pays, depuis l'an 1615 ju. squ'à la prise qui en a été faicte par les Anglais , etc., Paris, 1636 Cet ouvrage est divisé en quatre livres le premier contient les travaux des récollets au Canada avant l'arrivée de l'auteur ; le second, le voyage de Sagard : il offre quelques particularités nouvelles sur les moeurs des sauvages ; le troisième traite de l'histoire naturelle et renferme aussi le retour de l'auteur en France ; le quatrième apprend comment les jésuites succédèrent aux récollets dans la mission du Canada et comment les Anglais s'emparèrent de Québec, en 1629. Tous les religieux qui étaient au Canada furent amenés en Angleterre
  • Gabriel SCHWEDER( 1648 - 1735) : jurisconsulte, de la même famille que le précédent, naquit à Co clin le 18 mai 1648. Après avoir fréquenté le gym- Millin cite ce livre comme ayant paru à Nuremberg en 1770, et contenant, en 67 planchés , presque toutes les figures de Gori, réduites de grandeur influa, Introd. à la canna is,, ance des vases peints, p. 13 , et Magasin encyclop. de janvier 1811. nase de Cobourg , il se rendit à l'université de Iéna, puis à celle de Tubingue, où il prit, en 1674, le grade de docteur en droit. Ayant suivi pendant plusieurs années le barreau, il fut nommé, en 1677, conseiller au tribunal de Tubingue, et, en. 1681, professeur de droit public et féodal à l'université de cette ville. Il publia, en 1702 , une dissertation intitulée Jus sacratissimi imperatoris et imperii in ducatum nensem assertunt, qui fit d'autant plus de sensation que l'extinction de la branche espagnole (l'Autriche fournissait à l'Empereur une occasion de revendiquer les droits de l'Empire sur le duché de Milan, tombés en oubli depuis plus d'un siècle. Joseph I" envoya le diplôme de comte du palais impérial à l'auteur, qui ne jouit pas longtemps de cet honneur, puisqu'il mourut le 30 avril 1735. Schweder est le premier qui ait professé à Tubingue le droit public d'Allemagne, et un de ceux qui ont mis en vogue cette partie de la jurisprudence qui offre tant d'iatérêt à l'historien et au philosophe. Ses ouvrages sont encore entre les mains de tous les publicistes qui font des recherches et qui préfèrent l'exactitude des faits et la justesse des jugements à un style agréable et soigné. Le plus répandu est son in jus_ publicum imperii R. G. norissi-? num, volume qui parut à Tubingue en 1681 et fut réimprimé neuf fois jusqu'en 1733. L'édition de 1701 est préférée à toutes les autres. Cet ouvrage est tiré de source, rédigé d'après une méthode lumineuse et tout à fait impartiale. Les autres productions de l'auteur sont une cinquantaine de dissertations sur diverses matières de droit civil, politique et féodal, et une foule d'avis et consultations sur des causes litigieuses et sur des affaires criminelles; on les trouve dans les volumes 1 et 4 de la Collectio nova consiliorunt Tubingensium
  • Gabriel SEIGNEUX( 1600 - 1776) : seigneur de Correvon, né à Lausanne, vers les dernières années du 17° siècle. Après avoir achevé à Genève et à Bâle ses cours de droit public et de mathématiques, il revint dans ses foyers en 1718, fut nommé président du tribunal criminel ecclésiastique, puis brun des magistrats de la ville où il concourut à fonder l'école de charité. Il était membre de la société économique de Berne, et fut, sans interruption, président de celle de Lausanne ; il était aussi correspondant de la société d'Angleterre pour l'avancement de la doctrine chrétienne, et associé de l'académie de Marseille. Il mourut à Lausanne, en 1776. Outre une traduction de l'ouvrage d'Addison sur la Religion chrétienne, avec un Discours préliminaire, et des Notes et dissertations , auquel il a joint un Voy. le Magasin encyclop., 16. ann. I18 tO) , t. 3, p. 134. La recette des pilules du docteur Seiffert contre les obstructions se trouve dans le Journal de bibliographie médicale, d'octobre 1819, p. 348. éloge de J.Ph. Loys de Chéseaux, on a de lui : 1° les Vœux de l'Europe pour la paix, 1748 en vers. Cette pièce parut un peu avant la paix d'AixlaChapelle. Lors de la guerre de sept ans, l'auteur donna, sous le même titre, une pièce en prose, 1760 2° Système abrégé de jurisprudence criminelle, 475'6 de 344 pages ; ouvrage savant et d'un usage continuel. Le code criminel du canton de Berne y est continuellement mis en parallèle avec les lois romaines et la Caroline ou Code pénal de CharlesQuint. 3° Histoire de Frédéric le Grand, traduction de l'allemand, 1760 4° Discours sur l'irréligion, par Haller, tra- duit de l'allemand, 1760 ; 5° Des lois civiles relativement à la propriété des biens , ouvrage traduit de l'italien, 1766 l'édition de 1768 est augmentée de quelques remarques par de Félice. 6° Lettres sur la découverte de l'ancienne ville d'Herculanum, et de ses principales antiquités, 1770 , 2 vol. 7° Usong , Histoire orientale, traduit de l'allemand de Haller qui l'avait écrit dans sa langue maternelle, 1772, in -8. . 8° Lettres sur les vérités les plus importantes de la religion, traduit de l'allemand du même Haller, 1772 Les Muses helvétiennes, ou Recueil de pièces fugitives de l'Helvétie, 1775 qu'on lui attribue quelquefois, ont eu pour éditeur Bride! . On y trouve le voyage fait, à la fin de juillet 1736, dans les montagnes occidentales de la Suisse, que Seigneux avait déjà publié dans le Mercure suisse de juillet 1737 : c'est une imitation de celui de Bachaumont et Chapelle. Seigneux s'occupa longtemps avec Loys de Bochat, et dès 1725, d'une Histoire littéraire de la Suisse Scheuclizer leur fournit d'importants matériaux ; mais ce travail est demeuré inédit. On a publié des Mémoires sur l'éducation, la vie, les ouvrages et le caractère de feu M. S. Seigneux de Correvon, Lausanne, 1776 de 24 pages. Son éloge se trouve dans le Journal Helvétique d'octobre 1776
  • Gabriel SENAC DE MEILHAN( 1736) : fils du précédent, né à Paris en 1736 , se fit remarquer par un esprit brillant et un goût déterminé pour le plaisir ; mais il ne négligea aucune occasion d'acquérir des connaissances utiles et de cultiver la société des personnes qui pouvaient lui procurer de l'avancement. Ainsi , dans sa jeunesse, il fut assidu tour à tour auprès de madame de Pompadour et de la duchesse de Gramont , soeur inséparable du duc de Choiseul. Ce fut autant par le crédit de la seconde de ces deux dames que par celui de son père , que, de maître des requêtes, il devint intendant d'Aunis en 1766. 11 le fut ensuite de Provence et de Hainaut, et montra dans l'administration de ces différentes provinces beaucoup de capacité. En 1775 , le comte de StGermain , nommé ministre de la guerre, désira s'adjoindre un magistrat pour l'éclairer dans la partie contentieuse de ce département. On lui fit jeter les yeux sur Senac de Meilhan, à qui il donna le titre d'intendant de la guerre; mais la manière d'être , de parler et d'agir de celuici ne convint ni aux troupes ni au ministre, qui s'en défit trèspeu de temps après l'avoir appelé. Dans le grand monde , où cet intendant était fort répandu , on le regardait comme d'un commerce peu sûr. La tournure satirique de son esprit lui attirait beaucoup d'ennemis. Toutefois, avec une livanité ridicule, Senac de Meilhan a pu faire des observations pleines de justesse et de délicatesse sur le coeur humain et devenir savant dans l'art Idifficile de connaître les hommes. Ce n'est pas qu'il n'eût des idées fausses et systématiques, qu'il soutenait avec une extrême assurance. Sa figure, quoique expressive, était désagréable, ce qui ne l'empêchait pas de prétendre à la réputation d'homme à bonnes fortunes. Au reste, il voulait passer à la fois pour un homme séduisant, pour un écrivain supérieur et pour un excellent administrateur, capable même de diriger les finances d'un grand empire. Nais il n'avait pour principal appui à la cour que le directeur des bâtiments, d'Angivillers, ami de M. de Ver- germes et qui avait hérité de la confiance de Louis XVI. Cette infliience, assez grande, mais peu connue , ne balançait pourtant pas l'ascendant de la reine, qui portait au ministère l'archevêque de Sens, Loménie. D'un autre côté, Senac de àleilhan s'était fait un ennemi redoutable dans la personne de Necker, dont il avait réfuté une opinion avec succès. Il espérait la place , 1787 Senac de Meilhan, prétendant à des succès dans tous les genres, publia cet ouvrage un an après le précédent. On jugea qu'il y avait plus d'esprit que de goût, plus de talent que de profondeur. L'imitateur de la Bruyère et de Duclos laissait voir trop promptement qu'il manquait de ce sentiment qui seul constitue le moraliste , de ce penchant décidé pour la vertu qui ne cherche à rendre le vice ridicule que dans l'espoir d'en corriger . Les Considérations font partie des Œuvres philosophiques et littéraires, Hambourg, 1795, 2 vol. On y trouve un article sur le masque de fer. Le morceau le plus curieux est la comparaison de StPierre de Rome avec Catherine II. L'impératrice vivait encore lors de l'impression de ce ridicule et extraordinaire parallèle. 4° Traduction des deux premiers livres des Annales de Tacite, 1790 5° Lettre à madame de ***, 1792 , 20 pages d'impression. C'est le récit de la première entrevue de l'auteur avec Catherine H. 6. Des principes et des causes de la révolution fran- çaise, Paris, 1790, et StPétersbourg, 1792 ; 7° Du gouvernement, des mœurs et des conditions en France avant la révolution, Hambourg, 1795 et Paris, 1814 . La lecture de ces deux ouvrages est fort piquante. 8° L'Emigré, roman historique, 4 vol. Senac de Meilhan a encore donné les Deux Cousins, roman dans le genre de Zadig , et Mélanges de philosophie et de littérature, imprimés en 1789 , à Brunswick.. On a cru longtemps qu'il était l'auteur de la Galerie des états généraux, imprimée en 1789, ainsi que de la Galerie des dames françaises, qui y fait suite . Un assez grand nombre de manuscrits de cet auteur étaient restés en possession de l'abbé de Kentzinger, de Vienne. Ils furent rapportés à On avait cru reconnaître dans les Mémoires d'Anne de Gonzayue un ouvrage du siècle présent ; les Considérations parurent être du siècle passé. L'auteur avait porté cependant un oeil observateur , nonseulement dans la société , mais dans sa famille; il raconte que : Un mari disait à sa femme Je vous u permets tout hors les princes et les laquais ; les deux extrêmes u déshonorent par le scandale. Or, le mari en question était un fermier général, frère de l'auteur ; et sa femme , dit Grimm , se permit précisément un prince , le comte de la Marche , depuis prince de Conti. Dans l'article sur le suicide, Senac dit qu'il est peu de circonstances où l'on puisse taxer de faiblesse la résolution d'une mort volontaire. A. B—T. Tout partisan qu'il était de l'ancien régime, Senac , dans son chapitre des Gens lettrés, s'élève contre le préjugé qui interdisait à tout homme en place le goût et le talent d'écrire. Les portraits que l'on trouve à la fin du volume sont ceux de Maurepas, Turgot, StGermain, Fézai , Necker et Brienne. C'était le fort de l'auteur. À. B—T. 13. Les véritables auteurs de cet ouvrage sont Rivarol et Mirabeau. Salgues, dans une note du tome 3 'le la 2a partie de la Correspondance de Grimm, regarde encore Senac de Meilhan comme l'auteur d'un poème lubrique, dont le titre même ne peut pas être cité, et qui fut imprimé en 1775 A. B—T. Paris en 1809. On en a tiré un volume imprimé à Paris, en 1813, sous ce titre : Portraits et caractères des personnages distingués de la fin du I 8e siècle, suivis de pièces sur l'histoire et la politique, par N. Senac de Meilhan, précédés d'une Notice sur sa personne et ses ouvrages , par M. de Levis . Il existe une autre notice sur le même personnage dans les Essais sur la littérature fran-çaise, écrits pour l'usage d'une dame étrangère, 1803. Le portrait de Senac de Meilhan a été gravé par Ber%'ic, d'après Duplessis. La souscription indique qu'il lui fut offert par la ville de Valenciennes, en 1783
  • Gabriel SERBELLONI( 1508) : né à Milan l'an 1508, fut un des plus habiles généraux du 16° siècle. Sa famille était originaire de la Bourgogne. Trois frères Serbellon quittèrent la France pendant les troubles du règne de Charles VI et allèrent s'établir, le premier en Espagne, le deuxième à Naples et le troisième en Lombardie c'est de ce dernier que Gabriel descendait. Il entra de bonne heure dans l'ordre de Malte et fut prieur de Hongrie. Ce royaume était envahi par Soliman ; le sultan , après avoir pris trente places fortes, échoua, en 1543, devant Strigonie, défendue par Gabriel Serbelloni. Les Ottomans furent contraints de lever le siège, après avoir perdu 6,000 des leurs dans dix assauts. Cette défense héroïque fut due à l'habileté du gouverneur, qui avait fortifié la ville d'après une méthode nouvelle. Son sangfroid et sa résolution relevaient le courage des Hongrois, rebutés par des revers consécutifs. Dès ce moment, Serbelloni fut mis au rang des meilleurs généraux et sa réputation s'accrut de jour en jour. Il entra, trois ans après, au service de l'empereur CharlesQuint. I/ commanda, sous le duc d'Albe, dans la guerre de 1546, une division qui, formant la tète de la colonne, força le passage de l'Elbe défendu par toute l'armée saxonne. Il atteignit la rive °prie.- sée sous le feu le plus terrible. Le lendemain on livra la bataille qui décida du sort de la confédération. Serbelloni commença l'action en se précipitant, à la tète des Croates, sur la première ligne des Saxons, qu'il enfonça deux fois : le duc d'Albe suivit ce mouvement avec 30,000 hommes ; et l'armée ennemie, étant coupée par le centre, se trouva sans direction et perdit son ensemble : la victoire fut des plus complètes; on fit une horrible boucherie des Saxons ; et l'électeur, ainsi que le duc Ernest de Brunswick, son parent, tombèrent au pouvoir de CharlesQuint. Serbelloni quitta l'Allemagne, en 1549, et passa en Italie pour secourir le marquis de Marignan, son parent, qui faisait la guerre aux Siennois, rebelles à la maison de Médicis . Les deux généraux réunis livrèrent bataille à Julien Strozzi, commandant les troupes de Sienne, et le mirent en déroute . Marignan, rappelé en Allemagne par CharlesQuint, dont il était un des lieutenants, laissa à son parent le soin de terminer cette guerre. Après un siége mémorable, Serbelloni se rendit maitre de Sienne et imposa des lois à cette république. Il passa , en 1560. au service de Pie IV, frère du marquis de Marignan, et, s'étant mis à la tète des troupes papales, il enleva Ascoli aux Plaisantins et rebâtit CivitaVecchia. Les Turcs tenaient les papes dans un effroi perpétuel par leurs descentes sur les côtes de l'Italie et jusqu'aux portes de home; Serbelloni mit la cité léonine en un si bon état de défense, qu'au besoin elle eût pu servir d'asile au pontife et à toute sa cour. Ses travaux eurent pour but de faire du bourg SIPierre une forteresse, dans laquelle il renferma le Vatican et le clAteau StAnge. A la mort de Pie 1V . Après ce triomphe, il fut nommé viceroi de la Sicile. Tunis , que l'Espagne possédait depuis CharlesQuint , étant menacée par toutes les forces ottomanes, Serbellnni s'y rendit, amenant avec lui quelques officiers, sans avoir obtenu de la cour de Madrid les troupes qu'il demandait. Le jour même de Cl) Plus de .100 bNtiments en.nprisaient la flotte des Turcs, ils en perdirent 190, pris ou coules à fond, suivant un trstorien na- na.l, qui évalue la perle en hommes à 67,0UO, à rais .n de hommes 'lir vaisseau. A T. son arrivée à Tunis, il commença à fortifier la place d'après ses nouveaux principes ; niais les Turcs l'attaquèrent avec des forces immenses. Serbelloni les repoussa et soutint quatorze assauts consécutifs. Réduit à quelques centaines d'hommes, et avant eu la douleur de voir périr son fils sous se; yeux il se défendait toujours. Enfin , les Turcsenlevèrent la place dans un assaut général. Serbelloni, criblé de blessures, tombé au pouvoir des vainqueurs, eut du moins la gloire de ne pas avoir capitulé. Il fut conduit à Constantinople .1574'. La cour de Madrid , oc-' cupée d'intrigues, n'aurait pas songé à briser ses fers saris les vives sollicitations du pape Grégoire XIII. Il fut i'.changé contre 36 officiers supérieurs turcs, pris à la bataille de Lépante. En sortant de cette captivité, il alla visiter sa patrie. La ville de Milan lui donna des fêtes somptueuses. Il fut nommé, peu de jeurs après, lieutenant du marquis d'Xiamonte, gouverneur du Milanais; mais une leste étant survenue, le marquis épouvanté abandonna son poste. Serbelloni resta et diminua les horreurs de ce fléau en prenant de sages mesures. Don Juan le choisit pour second dans la campagne de Flandre de 1577. en le laissant maure de diriger les opérations. Serbelloni attaqua les rebelles à Gembiours le 28 janvier 1578, les tailla en pièces et en tua 6,000. Don Juan, quoique présent à cette bataille, en laissa toute la glaire à son lieutenant, qu'il appelait son matice et son père. Six mois après, ce prince et Serbelloni furent atteints a la fois d'une maladie dont les symptômes étaient les mémos. Les médecins dirent que le prince échapperait à la mort . mais que le général succomberait. Hippolyte Gennoni, médecin du duc de Parme. émit un avis tout opposé
  • Gabriel SIMEONI( 1509 - 1570) : littérateur florentin , né en 1509, était d'un caractère hautain, exigeant et capricieux. A l'âge de six ans, il fut présenté à Léon X, comme un enfant extraordinaire, et avant d'avoir atteint sa vingtième année, il fut employé par la république de Florence dans une mission où il eut pour collègue lé célèbre Giannotti. Fêté à la cour de François Pr, il voulut parvenir à sa faveur en flattant la vanité de sa maîtresse. Ses premiers vers , adressés à la duchesse d'Etampes et prônés par le cardinal de Lorraine, lui valurent une pension de mille écus, dont il ne jouit pas longtemps. JeanBaptiste Cybo , évêque de Marseille, aux dépens duquel cette générosité avait été exercée, rentra dans les bonnes grâces du roi, qui le remit en possession de ses biens. Simeoni , qu'on n'avait pas songé à indemniser, fut mécontent de cet oubli, et alla chercher fortune en Angleterre; mais trompé dans ses calculs, il revint dans sa patrie, où ses flatteries ne lui valurent qu'un emploi subalterne dans les administrations du grandduc. Son amourpropre en fut irrité : après quatre ans de travail, il donna sa démission et alla s'établir à Rome où il composa quelques ouvrages, qui furent imprimés à Venise. Troy. Gorlescard , lice des Pères , etc., au 6 janvier. 121 Nous ronflai sons, outre la dissertation latine de J.G. Lautensach , citée dans l'article, un mémoire allemand de Fr. Uldemann Siméon, le premier stylite en Syrie, el snn influence sur la propagali,., n du christianisme en Orient, Leipsick , 1346 Il existe aussi une dissertation de J.C. Krebs: De slyligis, Leipsick , 1733 Tous ces ouvrages sont l'oeuvre de protestants, circonstance qu'il ne faut pas perdre de vue. En 1546, parurent les Commentaires sur la Té-, trarchie, qu'il avait répandus eu Italie, pour y gagner des protecteurs. Séduit par l'exemple , qu'il suivit au concile de Trente, et dans l'évêque de Troyes , qu'il défendit contre le chapitre de cette ville. Il ne réussit pas à justilier ce prélat ; et il tomba luimême sous les coups des inquisiteurs, qui k' retinrent une aimée dans les fers. Eehappé à ces dangers, il se retira , en 1556, à t, on, où il se mit à la suite de François de Lorraine, duc de Guise Troy. Guisc), destiné au conunandernent de l'armée qui devait arracher le royaume de Naples à l'Espagne. La malheureuse issue de cette expédition le ramena encore à Lyon, où il vécut quelque temps de ses travaux littéraires. Sans cesse occupé de la recherche d'un Mécène, il ne publiait pas un ouvrage sans l'adresser à quelque grand personnage ; et ce fut probablement à son livre des Devises, dédié à EmmanuelPhilibert de Savoie, qu'il dut la protection de ce prince, auprès duquel il passa tranquillement les entières années de sa ? ie. Il mourut à Turin ers 1570. Ses ou' rages sont : 1° Commentaij opra alla tetrarchia di Finegia, di Milano, di - '' lantora e di Ferrara, Venise, 15U L'auteur en traduisit une partie, qu'il intitula Epitome de l'origine et succession du duché de Fer- rare, Paris, 1553 . Le reste parut sous le titre de Commentaires sur les villes de Venise, Milan et Mantoue, traduit par Gilles Corrozet , Paris, 1553 C'est un abrégé trèssuperficiel de l'histoire de ces provinces. 2° Le ire parti del campo de' primi studj di G. Simeoni, Venise, 1546 C'est un recueil de poésies, de lettres, de dialogues et d'autres petites pièces. 3° Le Satire alla Berniesca ; con un' elegia sopra la morte di Francesco I, ed dire rime, Tigin, 1549, ti. Dans cette traduction, ainsi que dans presque tous ses ouvrages, il écrit son nom SYMEONI. 4°. Ces satires, écrites en tercets, sont précédées d'un éloge du style bernesque, le seul, selon l'auteur, où l'on puisse montrer que l'on a du génie. 1. Interprétation grecque, latine, toscane et française du monstre, ou Enigme Lyon, 1555, in - 8°. Ce monstre fantastique, figuré p. 57, est une représentation allégorique des divers Etats de l'Italie, à la conquête desquels l'auteur invite de toutes ses forces Henri II. 5° Présage du triomphe des Gaulois , français et italien , ibid. 1555 fig. C'est l'explication bizarre d'un anneau antique trouvé à Lyon. 6° De la génération , nature, lieu, figure, cours et signification des comètes, ibid., 1556 7. les Illustres obserralions antiques , ou son Dernier voyage en Italie, en 1557, suivi des In scriptions du pays de Prorenee, Lyon, 1558 fig. Ce recueil dépose plutôt en faveur de l'ignorance de l'auteur que de sa doctrine. L'appendice de cet ouvrage parut en italien, sous le titre suivant : Illustrazione di epitaf e medaglie ann- elle, ibid., 1558 lig. La plupart des monuments rapportés dans ce livre sont évidemliwnt faux ou modernes. 8. Discorso della religione ant ira de' Romani, traduit du français de du Chou!, Lyon, 1558 et 1559 réimprimé en 1569 Discorso sopra la casirametazione e dis- ciplina militare de' Romani ; con i bagni ed esercizj antichi de' Greri e de' Romani, traduit du même 1" édition, inconnue à la plupart des bibliographes; réimprimé en 1556 et 1559 et 1569 ; 10° Lirre 1" de César, renourelé par des obserrations militaires, Paris 1558 ,avec le deuxième, ajouté par 14r. de stThomas), Lyon. 1570 I 1" La cita e metamorfoseo d' Oridio , figurai° ed abbreriato in forma d' epigrammi, ibid., 1559 et 1581 fig. Les épigrammes sont in ottara rima, et les ignettes ont été gravées par le petit Bernard. Cela n'empèche pas qu'elles ne soient bien médiocres ; et l'on ne conçoit pas ce qui a pu donner de la ct'.1,;brité aux travaux de cet artiste. 12. Stanze sopra la 'ratura ed effetti della luna : il titrait° della fontana di Rojag i 1 ; e 1' apologia generale contra a tutti i ralunniatori ed oppugnatori delle sue opere, à la suite de l'ouvrage précédent ; 13° Epitala? io sopra l'utile della pare, e la relebrazione delle nozze del ce cattolico et del dura di Saroja, Paris, 1559 1%. De- vises et emblèmes, ibid.. 1559, 1.; et en italien, sous ce titre : Le imprese eroiche e morali, ibid., 1559 réimprimé sous le titre de Sentenziose imprese, ibid., 1560 lig. ; et aNec le Dialogo dell' imprese de Giovio, ibid., 1574 traduit en français, Lyon, 1561 Anvers, 1567 ; en latin, ibid. Leyde, 1600 ; et en espagnol, Lyon, 1561 , 15° Dialogo pio e speculatiro, ibid., 1560 fig. ; 16° Descrizione della Royat, à une lieue de Clermont. Limania, même ouvrage que le précédent, traduit en français sous le titre suivant : Discours, ou Description de la Limagne d'Auvergne, avec plu - sieurs médailles, statues, oracles , épitaphes et autres choses mémorables de l'antiquité, par A. Chappuis, ibid., 1561 volume devenu trèsrare et trèsrecherché des bibliophiles ; 17° Figure della Biblia , illustrate di stanze toscane, ibid., 1565, 1577 fig. ; réimprimé sous le titre suivant : Figure del vecchio e nuovo Testamento, Venise, 1574 Dans l'Énigme d'Italie, il annonçait deux traités : sur l'institution d'un bon prince et d'un royaume bien ordonné, et sur la population du monde ; ils n'ont pas été imprimés. Voyez pour d'autres renseignements : Mencke, Dissertationes litterariœ , Leipsick, 1734 p. 215 ; Manni, Le veglie piacevoli, 'Venise, 1760 t. 2, p. 80, et Tiraboschi , Letteratura italiana
  • Gabriel TADINO( 1480 - 1543) : général italien, né vers l'année 1480, à Martinengo près de Bergame, étudia d'abord la médecine ; mais entraîné par ses goûts, il s'appliqua à l'architecture et se forma sous un ingénieur français, chargé de la réparation des fortifications de Bergame. En sortant de cet apprentissage, il offrit ses services aux Vénitiens, menacés de rester écrasés sous les efforts de la Ligue de Cambrai . Pendant cette lutte désastreuse, Tadino donna des preuves éclatantes de son habileté et mérita, dès que la guerre fut terminée, d'être élevé au rang de surintendant général des fortifications de Candie. Reçu chevalier de StJean de Jérusalem, en 1522, il se distingua au siége de Rhodes, dont il fut un des plus vaillants défenseurs. Malgré la funeste issue de cette campagne, il obtint la commanderie de StEtienne, qui fut ensuite échangée contre le prieuré de Barlelte. La trêve dont jouissaient alors les Vénitiens et l'ordre de Malte lui fit accepter le grade de grand maître d'artillerie dans les armées de CharlesQuint, qu'il suivit dans toutes ses expéditions contre la France. Epuisé d'années et de travaux, il désira finir ses jours dans la retraite ; mais à peine eutil regagné ses foyers, qu'une nouvelle guerre entre les Vénitiens et la Porte, le fit appeler par le sénat à Venise, où il suggéra des mesures sages et énergiques pour mettre les îles de l'Archipel à l'abri des musulmans. Tadino mourut en 1543. L'oyez Galliccioli , Nemorie di Tadino, etc., Bergame, 1783, ornés d'une médaille frappée en 1538, en l'honneur de ce général, dont on voit le portrait d'un côté et une batterie de canon de l'autre, avec cette inscription : URI RATIO, IBI FORTUNA PROFUGA. n'est pas vrai que Tadino soit, comme son historien l'a prétendu l' des contremines. Ce moyen d'attaque des places était connu longtemps avant lui ; et les anciens en ont même quelquefois fait usage
  • Gabriel TELLEZ : écrivain dramatique espagnol du premier mérite et, à coup sûr, l'un des esprits les plus originaux qui aient existé, s'est caché sous le pseudonyme de Tirso de Molina; et ce n'est que depuis peu d'années que la critique, hors de la Péninsule, a paru se douter de l'existence d'un auteur aussi remarquable. On sait qu'il vit le jour à Madrid ; mais on ne possède pas la plus légère notion sur son compte jusqu'à l'an 1620. Vers cette époque, déjà àgé de c ans, il entra dans l'ordre de la Merci ; et il mourut en 1648, à Soria, dans un couvent dont il était devenu prieur en 1645. 11 avait précédemment été revêtu de la charge d'historiographe de son ordre pour la NouvelleCastille, et il avait le bonnet de docteur en théologie. Ce n'est qu'à ses pièces de théàtre qu'il doit sa célébrité; et, sous le rapport de la fécondité, il faut reconnaître qu'il ne le cède pas à Lopez de Vega. Il annonce dans un de ses ouvrages que, avant 162i, il avait composé plus de trois cents pièces. On ne sait s'il continua de se livrer à une occupation aussi profane lorsqu'il fut entré dans la vie monastique, ce qui est peu vraisemblable. La majeure partie de ses écrits a éprouvé le même sort que les compositions d'Aristophane et de Ménandre, bien qu'elles soient séparées de nous par un intervalle bien moindre. Le temps les a détruites, et le recueil de ses oeuvres ne contient que cinquanteneuf comédies ; encore en estil, sur ce nombre, huit qui reviennent à divers écrivains. Quatorze autres sont éparses dans di- vers recueils, et trois se rencontrent dans los Cigarrales de Toledo . Nous ne saurions mieux donner une idée du mérite de Tellez qu'en reproduisant le jugement que porte à son égard, dans la Revue des Deux- Mondes , un écrivain qui a fait une étude sérieuse du théàtre espagnol : « Le génie de Tirso de Molina a est d'une nature tellement singulière qu'il ne « comporte aucune comparaison. Il ne faut cher- « cher dans ses comédies ni l'art de disposer un « sujet avec régularité ni celui d'enchaîner, de « préparer les incidents de manière à les rendre « vraisemblables. Soit par l'effet de sa propre « nature, soit par celui de ses habitudes sociales, a il est certain qu'on trouve dans ses écrits rem-« preinte d'une grossièreté de moeurs qui forme « un contraste étrange avec la délicatesse exquise a de la plupart des maîtres de l'école espagnole. « Mais ces imperfections s'effacent devant les rares a et admirables qualités qui donnent à ses ouvra- « ges une physionomie si particulière. Il est su- « périeur à tous ses rivaux par la richesse et la « variété de sa poésie. Nul n'a possédé comme « lui le secret des innombrables ressources de la a langue castillane ; nul n'a su la manier avec « cette merveilleuse facilité et en faire un instrua ment aussi souple, aussi flexible. Ses dialogues « sont un modèle achevé de naturel, de gràce et a de malice. Sans doute Tirso a peu de scrupule « sur les moyens d'amener des effets puissants ; I tout y est sacrifié, convenance , vraisemblance, ,« possibilité même ; mais le plaisir qu'on éprouve « à voir,se développer en liberté cette ingénieuse « et brillante imagination est si vif, qu'on lui I « pardonne les expédients bizarres par lesquels « elle s'ouvre trop souvent la carrière. » — Les écrits de Tellez peuvent se partager en trois classes. Dans la première, nous rangerons les drames historiques. Ils sont bien loin d'être sans mérite. Nous trouvons dans la Prudentia en la muger un tableau animé et fidèle des luttes de la royauté et de l'aristocratie castillane pendant le moyen âge. La Elleccion por la virtud présente un développement plein d'intérêt du caractère à la fois pieux, austère et ambitieux que le poète, d'accord avec l'histoire, prèle à SixteQuint. Les Exploits des Pizarres reproduisent avec une vérité frappante l'indomptable énergie, l'esprit aventureux , les passions effrénées des premiers conquérants de l'Amérique, l'admiration qui s'attachait, à leurs succès prodigieux, les fabuleuses exagérations qu'y mêlait la crédulité populaire. Dans la Republica al revès, on rencontre une esquisse vigoureuse des tracasseries et des querelles de famille qui troublaient la cour des monarques dégénérés du BasEmpire. Malgré un talent poétique trèsdistingué, malgré une habileté remarquable à tirer parti des traditions et des circonstances locales, aucun de ses drames historiques *n'est resté au théâtre, parce que l'intérêt s'éparpille sur un trop grand nombre de personnages, et qu'il y a trop de confusion et de prolixité. — Les comédies religieuses de Tellez forment une seconde classe ; les sujets sont puisés dans la Bible ou dans la légende. On ne se souvient plus de la Vida y muerte de Herodes, de la Joya de las lp monta: ms , de la Venganza de Ta- tnar, quoiqu'il y ait dans cette dernière compoSition des beautés du premier ordre. La illuger que manda en casa reproduit avec beaucoup d'éergie les traits de Jézabel; los Lagos de son Vicente rappellent la légende de SteCasilde, fille d'un roi maure, qui se convertit à la foi chrétienne et se consacra à la vie solitaire. Le plus important des drames de cette classe porte un titre qu'il faut paraphraser pour le bien traduire El condenado por desconfiado . Un ermite, après des années d'austérité, vient à douter des promesses célestes ; il se laisse entraîner au désespoir, il se regarde comme prédestiné aux flammes infernales ; il veut s'étourdir en se livrant à tous les excès ; il meurt couvert de crimes, dévoré de remords, mais n'osant pas faire à la clémence divine un appel dont il n'espère rien. Dans le même moment, un brigand, un assassin dont l'existence n'a été qu'une série de forfaits, mais qui n'a jamais désespéré entièrement de la bonté de Dieu, expire sur un échafaud , repentant et contrit. Son âme s'élève vers le ciel tandis que celle de l'ermite est plongée dans l'abîme. Des inspirations admirables, une exaltation et une foi ardente se mêlent, dans cet ouvrage étrange, à des bouffonneries trèsdéplacées. C'est dans les comédies d'intrigues de Tellez qu'il faut chercher ses véritables titres de gloire. On regarde en ce genre, comme un de ses chefsd'oeuvre, Don Gil de las calzas verdes , pièce qui jouit encore, après deux siècles et demi , d'une extrême popu- larité sur le théâtre de Madrid. L'intrigue est, comme d'usage, un modèle de complication et de vivacité. Les incidents se croisent et se multiplient, les héroïnes rivalisent d'audace, de pétulance , de malice et de grâce. Marta la piadosa met sur la scène, avec une hardiesse dont personne ue se scandalisait sous Philippe III, un tartufe femelle qui se livre à la fougue de ses passions, tout en affectant les dehors d'une piété rigide. Citons encore, comme représentant des caractères charmants, comme offrant en foule des traits vraiment comiques, des expressions pittoresques et originales , el Vergonzoso en palacio , la Villana de Liallecas, el Amor y /a Amistad. Ce sont encore de fort jolies comédies que la Celosa de si misma , No hay pero surdo que el que no quiere oir, Esto si que es negociar, etc. Nous ne pouvons ici indiquer, même trèssuccinctement, le sujet de ces diverses pièces et des autres comédies de Tellez que nous passons sous silence ; nous renvoyons pour plus amples détails à la notice de M. Louis de VielCastel dans la Revue indiquée cidessus , et à l'estimable ouvrage de M. de Puibusque . Les personnes familiarisées avec la langue allemande consulteront avec fruit l'ouvrage de M. A. F. von Schack sur le théâtre espagnol . C'est ce qu'on a écrit de plus complet et de plus étendu au sujet de Tellez. Consultez aussi l'Histoire de la littérature espagnole, par Ticknor, t. 2, p. 308. — Un seul drame de cet auteur, Achille, est puisé dans la mythologie ; il met en scène les efforts d'Ulysse pour amener le fils de Thétis au siége Troie. — Nous ne terminerons pas cet article sans mentionner une des comédies de Tirso qui fit le plus de bruit lors de son apparition. Le Burlador de Sevilla y Convidad de Pie- dra est le premier type de tous les Don Juan, de tous les Festins de pierre qui ont paru sur les théâtres de l'Europe. Tellez avait emprunté à de vieilles traditions cette terrible et bizarre légende devenue si célèbre, et son drame, quoique parfois il ne soit pas sans mérite, ne montre cependant que dans un degré assez médiocre les brillantes qualités de l'auteur qui nous occupe. Il contient néanmoins le germe du chefd'oeuvre de Molière et des pièces justement oubliées des Villiers, des Dorimont et autres, durant la période qui vit l'école française régner sur le théâtre espagnol. Tellez a revu le jour à une époque trèspeu éloignée de nous. Le public a accueilli avec enthousiasme de charmantes compositions encore pleines de grâce et de fraîcheur; le roi Ferdinand VII en faisait ses délices. Ajoutons qu'il est difficile, hors de la Péninsule, d'apprécier et même de comprendre cet écrivain. Tellez, par la nature des sujets qu'il a traités, par le ton de ses plaisanteries, par ses continuelles allusions à l'his- toire, aux usages, aux locutions familières de son pays et de son temps, est essentiellement Espagnol, et Espagnol du 17. siècle. Il y a dans ses drames beaucoup de passages inintelligibles aujourd'hui, mème à Paris, pour quiconque ne s'est pas livré à une étude approfondie de l'histoire et de la langue castillanes. Essayons maintenant de don- ner un aperçu bibliographique de ses écrits. La première partie des Coniedias del maestro Tirso de publicadas por el autor, parut à Madrid en i66; elle contient douze comédies, et elle fut réimprimée à Séville. en 169.7, et à Valence, en 1631. La seconde partie , imprimée à Madrid, en 1627, eut les honneurs d'une seconde édition dans la inème ville, en 1635; mais sur les douze pièces que contient ce volume, quatre seulement sont regardées comme étant de la composition de Tellez. La troisième partie fut mise au jour à Tortosa, en 1634, par Francisco Lucas de Avila, un des parents de notre auteur; elle fut réimprimée en 1652. La quatrième partie est datée de Madrid, 1635, et la cinquième l'année suivante. Nous avons dit que trois comédies se rencontraient dans los Cigarales de Toledo. D'autres pièces de Tellez se trouvent clans divers recueils. La collection. aussi importante que rare, des Comedias tzuevas escogidas de los mejores ingenios , Madrid, 1652-1604, 48 vol. renferme, t. 6, le Burlador de Sevilla, et t. 26, Desde Toledo a lladrid. Deux autres comédies se trouvent au tome 27, une au tome 31 et une au tome 33. Sept autres pièces se rencontrent dans d'autres collections qu'il serait trop long de signaler en détail. En t839, deux litterateurs espagnols, MM. Ilartzembusch et A. Duran, ont entrepris à Madrid la publication du Teatro escogido de fray Gabriel » ne; conocido con el nombre de el maestro Tirso de Molina. Cette édition est en douze volumes petit les onze premiers contiennent chacun trois pièces. Le douzième, sous le titre d' ilpendice , comedias abreviadas y fragmenios , donne en abrégé trois pièces, des fragments de onze autres et l'analyse de trente pièces qui n'ont été réimprimées ni en abrégé, ni en entier. N'oublions pas de dire que quatre comédies de Tirso ont été comprises dans le Tesoro del teatro espetiol, publié à Paris, chez Baudry. — Gabriel Tellez est aussi l'auteur d'un recueil de nouvelles intitulé Deleytar apromehando, Ma- drid, 1635, in4°, réimprimé dans la même ville en 1765, mais qui n'offre rien de fort remar- quable. Los Cigarales de Toledo renferment des nouvelles, et l'une d'elles, los Tres maridos burlados, figure dans le tome Pr du Tesoro novelistas espatioles, Paris, Baudry. Afin de donner une idée de la rareté des ouvrages de Tellez et du prix qu'y attachent les bibliophiles, nous dirons qu'un célèbre littérateur espagnol, Mayens. avait, à force de peine et de temps, réuni sept volumes des écrits de cet auteur. et qu'en i88, à la vente publique faite à Londres de la bibliothèque de Mayens, ces sept volumes s'élevèrent, à la chaleur des enchères, jusqu'au prix de vingtsix livres sterling dix schelling près de 700 francs)
  • Gabriel TONTOLI( 1610) : historien , né vers l'année 1610, à Manfredonia , dans la Pouille, étudia la jurisprudence à l'université de Naples, qu'il habitait encore lors de la révolution de 1647 . A son retour en province, il vit éclater une autre guerre entre deux chapitres, à l'occasion de la double élection d'un vicaire : chargé d'aller soutenir à Rome la nomination de son frère, Tontoli se voua pour toujours à l'état ecclésiastique. Il prit les ordres, fut sacré évêque de Ruvo et mourut peu après dans son diocèse, en 1665. Témoin des désordres qui avaient accompagné la révolution de Masaniello , il voulut raconter ce qu'il avait vu , sans avoir la prétention de composer une histoire « J'ai fondu « mes notes, ditil, dans un style naturel et fan- · tastique : je vous donne ce livre comme un « mélange d'historique, de narratif, de poétique, « de déclamatoire et de familier.... J'ai cru « qu'une révolution opérée par un homme du « peuple ne devait être écrite que par une plume « vulgaire. » Cet aveu nous dispense de tout autre jugement. L'auteur avait eu d'abord l'idée de rédiger les mémoires du duc d'Arcos, et son ouvrage devait être intitulé il Principe pietoso. Mais, choqué des actes de rigueur exercés par ce viceroi, il fit choix d'un nouveau titre et dédia son travail à don Juan d'Autriche. Il y loue indistinctement tout le monde : les Espagnols et les Napolitains, la noblesse et le peuple, les gouvernants et les gouvernés. Ne sachant plus comment concilier ses protestations sur l'attachement des Napolitains au roi d'Espagne avec leur tentative d'en briser le joug, il finit par appeler cet événement une sédition fidèle, dont il ne fallait pas trop se fâcher; car après tout licet aliquando insanire. Ses ouvrages sont : P il Masaniello ovvero discorsi narrative sopra la sollerazione di Napoli, Naples, 1648 Le marquis de Forlia a donné un catalogue raisonné des ouvrages relatifs à la révolution de Masaniello , dans le ier volume des illénzoires de Modène, réimprimés à ses frais , Paris, 1826, 2 vol. Ce travail peut être considéré comme le plus complet qui ait paru jusqu'à ce jour : il comprend les titres de cinquantehuit ouvrages en italien, en fran-çais, en anglais, en espagnol et en allemand. 2° Memoriœ diversœ maropolitanœ ecclesiœ Sypontinœ , ex apostolicis in Vatican° monumentis , et aliunde deductœ, Rome, 1654 3° Collectio jurium ecclesia Garganicœ contra Sypontinam , ibid.. 1655 Voyez Sarnelli , Cronologia de' vescovi ed arcivescovi Sipontinie et Soria, Storici Napolciani
  • Gabriel VASQUEZ( 1551 - 1604) : célèbre théologien espagnol, naquit en 1551 à Belmonte del Tajo, bourg de la NouvelleCastille. A dixhuit ans, il embrassa la règle de StIgnace, et il s'appliqua dès lors avec beaucoup de zèle à l'étude de la théologie et de la philosophie scolastique. Après avoir professé quelque temps à Ocaiia et à 'Madrid , il fut appelé par ses supérieurs à Alcala, et ensuite à Rome, où H enseigna plus de vingt ans la théologie, avec une réputation toujours croissante. L'affaiblissement de sa santé détermina ses chefs à le renvoyer à Alcala , dans l'espoir que l'air natal et le repos contribueraient à le rétablir promptement; mais il y mourut le 23 septembre 1604, à l'âge de 55 ans. Le P. Vasquez joignait à beaucoup d'érudition un esprit vif et pénétrant, et une grande facilité d'élocution. Les bibliothécaires de son ordre ont recueilli dans la notice qu'ils lui ont consacrée, une foule de témoignages honorables à ce théologien ; mais ses pr de morale, calqués sur ceux du trop fameux Escobar , l'ont fait accuser de relàchement. On lui reproche aussi , comme à la plupart de ses confrères, d'avoir travaillé de tout son pouvoir à établir la suprématie de la cour de Rome sur les rois. Ses ouvrages, dont il serait trop long de donner ici la liste, ont été recueillis en I O tomes L'édition la plus estimée est celle de Lyon, Pillehotte, Ws.
  • Gabriel VAUGEOIS( 1752 - 1839) : antiquaire de mérite, naquit à l'Aigle en 1752. Au sortir du collége, où parmi ses condisciples il avait compté Brissot et Péthion, il étudia le droit, et il entra dans la magistrature. La révolution interrompit momentanément sa carrière; mais dès qu'un commencement d'ordre fut rétabli, la carrière se rouvrit pour lui sans difficulté. Sous l'empire, il fut président de la cour criminelle de Namur; sous la restauration , il fut quelque temps député. Mais ce qu'il préférait à la politique et à la législation , c'était la science. Il cultivait la physique et la chimie, la géologie et la minéralogie, et pour se perfectionner dans ces sciences, ou du moins dans les deux dernières, il voyageait loin et de sa résidence et de son pays : en Auvergne, en Vivarais, en lieux divers qui contenaient des volcans éteints. Il visita aussi la Suisse et la Savoie . Plus tard , la passion de l'archéologie, à laquelle dès les premiers temps il avait sacrifié, domina celle des autres sciences, que jamais cependant il n'abandonna ou n'oublia complétement. Ce changement eut lieu surtout lors de sa retraite légale de la magistrature. Membre de l'académie de Caen , et pendant longtemps un des plus assidus aux assemblées périodiques, il y fut souvent chargé de rapports sur les questions relatives soit à l'une, soit à l'autre de ses spécialités. Il fut aussi de l'académie celtique, au moins à titre de correspondant. Son caractère doux et liant l'avait rendu cher à tout ce qui l'entourait, même à ses confrères en archéologie. Il est mort à l'Aigle en 1839. Parmi les mémoires et notices qu'on doit à sa plume, nous citerons de préférence les suivants : 1° Lettre à M. Eloi Johanneau sur la pierre du diable, à Namur, et sur l'étymologie du nom de cette ville, avec la réponse de M. E. Johanneau ; 2° Mémoire sur les pierres couplées de la forêt de St- Sever ; 3° Coup d'oeil sur quelques - unes des voiesromaines qui traversent l'arrondissement de Mortagne ; 4° Notice abrégée du journal d'un voyage archéologique et géologique fuit en 1820 dans les Alpes de la Savoie et dans les départements méridionaux de la France . —Un romancier de l'ancienne école, du même nom de VAUGEOIS , a publié, sans y mettre son nom et avec un collaborateur également anonyme, le Brigand de Langerooge, ou les Ruines mystérieuses, par les deux ermites de Langerooge . Vaugeois seul publia l'année suivante le Brigand saxon, ou les Souterrains du comte de Hon. stein (ou plus exactement Hohnstein`; Aventures d'un jeune officier revenant des prisons de la Bohème Paris, 1825, 2 vol
  • Gabriel WAGNER : fut reçu maitre èsarts à Quedlimbourg, et parcourut ensuite la plupart des universités allemandes, sans pouvoir se fixet dans aucune , soit, comme il le disait luimême, qu'il fût poursuivi par une espèce de fatalité, soit plutôt à cause de son humeur inconstante. Peu s'en fallut qu'il ne perdit la vie à Vienne, pour s'être mêlé imprudemment dans une intrigue politique. Il n'échappa que par la fuite. Il se rendit à Hambourg , où il remplit avec assez de talent la chaire de poésie, et y composa divers ouvrages, dont quelquesuns, ainsi que nous le verrons plus bas , par le seul énoncé de leurs titres, sont dirigés contre l'introduction de l'esprit et du goût littéraires des Français dans
  • Gabriel ZERBI ou DE ZERBIS( 1400) : célèbre médecin, et l'un des premiers qui , depuis la renaissance des sciences, aient fait faire quelques progrès à l'anatomie, naquit à Vérone, dans le milieu du 15° siècle . Après avoir professé quelque temps la philosophie à Padoue, puis à Bologne, il vint à Rome, précédé d'une grande réputation. Un jour, si l'on en croit Valerianus , Urbi, flans une assemblée nombreuse de philosophes et de théologiens, eut l'insolence, en par-' lant au pape Sixte IV, de lui dire qu'il était un ignorant; et , craignant la colère du pontife, il s'enfuit à Padoue. Suivant Bérenger de Carpi , Zerbi, convaincu d'avoir volé deux vases d'argent à un évêque qu'il soignait dans une maladie, n'aurait quitté Rome brusquement que pour éviter le juste. chàtiment d'une action si basse . Mais Bérenger, détracteur acharné de Zerbi, ne paraît mériter aucune confiance. Quoi qu'il en soit des motifs que put avoir Zerbi de quitter Rome , il n'en resta pas longtemps éloigné. De retour au plus tard en 1%89, il y publia cette année sa Gerontocomia, dont le pape Innocent VIII accepta la dédicace. Il y remplissait la chaire de théorie médicale; et en 1490, son traitement fut élevé de cent cinquante à deux cent cinquante florins . Depuis plusieurs am iées, les curateurs de l'académie de Padoue sollicitaient Zerbi de revenir y prendre la première chaire de médecine. il se laissa tenter enfle' par l'offre d'un traitement de six cents ducats; et en 1495, il s'établit à Padoue, où sa réputation dut attirer ; on ne peut deviner sur quel Cum in freque, dissïtno philoscphorum el theologorum co.— eewu , ubi de re vade serin rgebolur, ausus est Sizto pontifici maxime, disputan Bérenger va plus loin encore, s'il est possible, tant il est acharné contre le malheureux Zerbi. S'il évita . ditil, le Châtiment qu'il méritait, il nen fut pa de même de ses enfants : deux de ,es tils, convaincus d'être d, s voleurs de profession . furent peutitis à Home Jans l'espace d'un mois, sous le puntiticat 21, de nombreux élèves . En 1505, un bacha turc, gravement malade, fit prier André Gritti , depuis doge de Venise, de lui procurer un des plus habiles médecins d'Italie. Zerbi s'empressa d'accepter une commission qui devait ètre très•lucrative. Au bout de quelques jours, voyant son malade hors de danger, il lui prescrivit le régime qu'il devait suivre pendant sa corn alescence, et reprit le chemin de Padoue, comblé de présents magnifiques. Mais à peine étaitil parti que le bacha mourut. Alors ses esclaves poursuivirent Zerbi pour lui reprendre les richesses qu'il emportait; et l'ayant atteint dans la Dalmatie, après avoir scié son fils, jeune encore, entre deux planches, ils le firent périr luimème dans les supplices les plus cruels. Telle fut la fin déplorable d'un homme qui, quels que soient les torts qu'on peut lui re- procher, doit être considéré comme un trèshabile anatomiste. Eh bien! MarcAntoine Turrianus ou Della Torre, son compatriote, n'a trouvé dans un si triste événement que le sujet d'une plaisanterie : « Zerbi , dit il , ayant fait souffrir tous les « anatomistes par l'obscurité de son style, il était « juste qu'il souffrit à son tour. C'est ici la peine « du talion. » Ce mot odieux, Paul Jove l'a conservé dans l'éloge de Turrianus , sans penser qu'il flétrissait par là celui dont il avait l'intention de relever les qualités. Les ouvrages de Zerbi sont : i Qucestiones meta- physicœ, Bologne, 1482 On en conserve à la bibliothèque du 'Vatican un exemplaire sur vélin orné d'une miniature qui représente l'auteur offrant son livre au pape Sixte IV . 2° Cautelce medicorunt, ibid.. 1482, et Lyon, 1525 3° Geronto- romia , Rome, Euch. Silber, 1489, petit C'est un recueil de conseils pour les vieillards. On en conne un exemplaire sur vélin . 4. Liber ana- ioneice corporis humani et singulorunt membrorum Venise, 15O, ibid. 4533; Jean Dryander en a tiré : Anatomia ma- tiiris , et de anatontia et generatione embriionis, Marbourg, 1537 C'est sur cet ouvrage qu'est fondée la réputation de Zerbi. On en trouve l'analyse détaillée par Portal dans l'Histoire? de l'anatomie, t. 1, p. 247-253. Il diffère peu de celui de Mondino pour la forme et pour le style ; mais, au travers d'un torrent de paroles dont il est fort difficile de saisir le sens, on y remarque le germe de plusieurs découvertes im- portantes; quelquesunes même ont suffi pour assurer la gloire des anatomistes qui se les sont appropriées, en étendant les recherches de Zerbi. C'est ainsi, par exemple, qu'on y trouve la description des trompes dites de Fallope . Zerbi, en disant que les canaux biliaires se terminent réellement en partie dans l'estomac, a commis une erreur, probablement à cause d'une disposition anatomique insolite . Il connut avant Bérenger de Carpi les points lacrymaux ; tous les deux , il est vrai, trompés par leurs observations zootomiques, ad- mettent à tort. dans l'ceil de l'homme deux glandes lacrymales ; malgré l'assertion de Haller et de Portal , Zerbi ne parait pas avoir connu d'une manière distincte les nerfs olfactifs, dont la découverte doit être revendiquée en faveur d'Achillini . En ren- voyant le lecteur à l'ouvrage deZerbi, Portal lui conseille de se munir de beaucoup de patience et de bons yeux pour pouvoir déchiffrer les pa- roles abrégées de l'auteur et en séparer le bon (l'avec le mauvais. Haller, qui ne put jamais supporter la lecture de ce livre, à cause de sa diction barbare et de ses fatigantes abréviations, le re- garde comme une série de compilations faites par un homme qui ne manque ni d'instruction Hi de jugement. 5° Anatontia infantis et porci ex traditione Cophonis, Marbourg, 1539, et avec l'Anatomie de Mondino, (5P&5 Cet ouvrage n'est peut-être encore qu'un extrait de l'Anatomie de Zerbi, mais avec des dévelop- , pements
  • Gabriel Bacquier : baryton français
  • Gabriel Condulmer : pape vénitien sous le nom d'Eugène IV
  • Gabriel FAHRENHEIT : physicien
  • Gabriel FAURÉ : musicien, compositeur
  • Gabriel García Marquez : écrivain colombien, prix Nobel de littérature 1982
  • Gabriel Marcel : philosophe et dramaturge français
  • Gabriel MARKUS : tennisman
  • Gabriel MATZNEFF : écrivain
  • Gabriel Péri : homme politique français fusillé comme otage en 1941
  • Gabriel TACCHINO : Pianiste
  • Gabriel YARED : Compositeur, musique du film "L"amant"

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