Le prénom Benjamin Masculin

Origine :

Fête :

31 Mars

Signification de Benjamin

Benjamin est un être social. Il apprécie le contact humain et son plus grand malheur est de se retrouver tout seul. Il est toujours à l’écoute des autres et est présent pour eux dans la joie comme dans la peine. Benjamin est très apprécié pour son dévouement et son intelligence. Il est capable de réussir là où de nombreuses personnes ont échoué. Ce prénom est porté par de nombreuses célébrités dont Benjamin Franklin, politicien, Benjamin Constant, politicien et homme de lettres, Benjamin Harrison, 23ème président des Etats-Unis, et Benjamin Stora, historien. Ce prénom connaît un grand succès dans les pays francophones et est fréquemment attribué.

Personnalité de Benjamin

De nature plutôt réservée, ils préfèrent la tranquillité à la vie trépidante. Ils sont précis, méthodiques, voire maniaques. Ce sont des calmes, adorant la lecture et la musique. Assez casaniers, ce sont d'excellents pères de famille, attentifs aux enfants et à leur éducation. Intelligents et curieux, ils s'intéressent à tout.

Provenance du prénom Benjamin

Histoire de Benjamin

Etymologie de Benjamin

Les Benjamin célèbres

  • Benjamin BASNAGE( 1580 - 1652) : né à Carentan en 1580, célèbre protestant, composa un Traité de l'Église, estimé par ceux de sa communion, et employa cinquante et un ans de sa vie aux fonctions pénibles du ministère. Il mourut en 1652. — Antoine BAS—NAGE, son fils aîné, né en 1610, ministre à Bayeux, arrêté au HavredeGràce, fut mis en liberté en 1685, et se retira en Hollande , où il mourut à Zutphen, en 1691. — Samuel BASNAGE, de Flottemanville, fils d'Antoine, naquit en 1638 à Bayeux, où il prêcha d'abord. Il suivit son père à Zutphen, et mourut en 1721. On a de lui : 1. Annales politico- ecclesiastici annorum 1645 a Coesare Augusto 'usque ad Phocam, Rotterdam, 1706, 3 vol. ouvrage médiocre et bien moins estimé que Ulis- foire de l'Église, par Jacques Basnage, son cousin ; 2° de Rebus sacris et ecclesiasticis Exercitationes historico- criticce, in quibus cardinalis Baronii Annales ab A. C. 55, in quo Casaubonus desiit, expenduntur, 1692 Les remarques de Casaubon n'allaient que jusqu'à l'an 54 ; Samuel Basnage n'a pas poussé les siennes audelà de 44. Son ouvrage n'était que l'avantcoureur du précédent
  • Benjamin BELL : célèbre chirurgien anglais, mort au commencement du 19' siècle, avait étudié fa médecine à Édimbourg, où Monro fut son maitre crt anatomie. Après un voyage sur le continent, 9endant lequel il visita les principales universités le l'Europe et lit un assez long séjour à Paris, il devint chirurgien en chef de l'hôpital d'Edimbourg, et membre de la société royale. Les particularités de sa vie sont peu connues , mais ses ouvrages, longtemps regardés comme classiques, occupent une place honorable dans les bibliothèques, et sont encore consultés avec fruit : 1° A Treatise on the theory and management of ulcers , Edimbourg 1778 Ce livre, dont une Pie édition a paru en 1801, avec le suivant, fut traduit en français par Audet et Lanigan . Bosquillon en a donné deux autres traductions : l'une en 1788, et la seconde en 1803. Cette dernière,,faite sur la dernière édition, est augmentée de notes, de recherches sur la teigne , et d'observations nouvelles sur les tumeurs blanches des articulations, maladie grave contre laquelle Bell a introduit la méthode qui consiste à les traiter par des applications réitérées de sangsues ou de ventouses et par des vésicatoires volants. 2° System of surgery, Édimbourg, 1785-- 1787, 6 vol. Cet ouvrage, qui a eu sept édi- tions, dont la dernière est de 1801, 7 vol. lig., en comptait déjà quatre lorsque Bosquillon le lit connaître à la France . L'état de la chirurgie au milieu de la seconde moitié du dernier siècle y est fidèlement exposé. L'auteur s'était pénétré des saines doctrines et avait profité des travaux des plus illustres chirurgiens de l'Europe à cette époque. Le livre manque de régularité dans la distribution générale des articles; mais chaque article est complètement et méthodiquement traité. Les progrès de la chirurgie depuis Desault l'ont fait vieillir; la théorie de plusieurs af- fections chirurgicales, les opérations qu'elles néces- sitent, les instruments dont on fait usage, tout ou presque tout a éprouvé tant de perfectionnements que l'ouvrage , malgré l'autorité qu'il conserve comme monument historique, n'est plus propre à ètre recommandé aux élèves. 5° Treatise on yonor- rhœa virulenta and lues venerea, Edimbourg, 1795, 2 vol. Cet ouvrage, dont il a paru une seconde édition en 1797, et dont Bosquillon a donné une traduction en 1802, est remarquable sous plusieurs rapports. L'auteur s'est attaché à démontrer que la gonorrhée a toujours existé, et qu'on en retrouve des traces à toutes les époques. S'il admet, contre le témoignage journalier de l'expérience, que le mercure est le seul remède curatif des affections vénériennes, du moins insistetil beaucoup sur les graves inconvénients que ce métal entraîne dans une multitude de cas, surtout entre les mains de ceux qui le manient sans autre guide qu'une aveugle routine. Au total, c'est une excellente mo- nographie, dans laquelle Bell se montre médecin habile et profond érudit, ce qui est fort rare en tous pays, mais plus en Angleterre que partout ailleurs. Les additions de Bosquillon décèlent un praticien d'une grande sagacité, et plusieurs sont extrèmement remarquables. 4° Treatise on hydrocele , on sarcocele, or cancer, and ( Alter diseases of the testes, Edimbourg. 1794 ouvrage écrit avec précision et clarté, dans lequel on trouve une description complète des procédés opératoires, mais qui n'a plus de prix maintenant que pour l'historien de la chirurgie. 50 Un traité de la Disette, traduit par P. Prevost, Genève et Paris, 1804
  • Benjamin BLAYNEY : habile hébraïsant, était chanoine de l'église duChrist, professeur royal d'hé- breu à l'université d'Oxford, recteur de Polshot, pre- mier du collége de Worcester, où il fut reçu maître lsarts en 1755, membre du collége d'Hertford, où lui ;furent conférés les degrés de bachelier et de docteur en théologie . Il fut aussi pendant plusieurs années un des prédicateurs de Whitehall. 11 mourut à Polshot, le 20 septembre 1801 . Non moins remarquable comme traducteur et commentateur que comme savant dans l'ancien idiome des Hébreux, il publia entre autres ouvrages : 1° Dissertation ten- dant à fixer le véritable sens ét l'application de la vision relatée dans Daniel, et connue sous le nom de A des talents de premier ordre, il joignait des vertus respectables. Il s'était marié à dixhuit ans, et, ce qui est assez rare à cet àge, il eut le bonheur de bien choisir. Lui et sa femme ont été pendant cinquante ans un modèle d'amour conjugal. Z—o. Prophétie des soixante- dix semaines de Daniel, avec des remarques occasionnelles sur les lettres de Mi- chaelis au D. Jean Pringle sur le meme sujet, 1775 2" Prophéties de Jérémie et ses Lamentations, traduction nouvelle, avec des notes critiques, philologiques et explicatives, 1784 5' Zacharie, traduction nouvelle avec notes critiques, etc., et un Appendice en réponse au Sermon du D. Eveleigh sur Zacharie. A cet ouvrage est ajoutée, mais avec des changements, une édition de la dissertation sur Daniel. Ces travaux sont d'une haute importance pour l'étude et la critique de la Bible; presque tous les juges compétents en ont adopté les conclusions, quoiqu'elles changent et le texte de la Bible anglaise vulgaire, et celui de la traduction de M ichaelis. Blayney surtout n'a jamais eu recours à cette méthode ingénieuse, mais si peu certaine et si peu satisfaisante, du savant allemand, qui compte par années lunaires les semaines de Daniel. Ses explications aussi s'étendent au chapitre que Michaelis semble abandonnes. comme inexplicable, ou dont au moins il désespère de donner une explication qui ait pour elle les couleurs de la vraisemblance. La version des Prophéties et des Lamentations de Jérémie est faite d'après la méthode du docteur Lowth dans sa traduction d'Isite. Nous devons en dire autant de la version de Zacha-•rie. Blayney y a mérité un autre genre d'éloge par la modération avec laquelle il ne cesse de s'exprimer en réfutant un adversaire qui avait pris avec lui un ton de pédantisme et d'acrimonie intolérable. Toutefbis, quel que soit le mérite de ces publications, les manuscrits légués par Blayney d'abord à l'évêque de Durham, son ami, et ensuite à la bibliothèque de Lambeth, semblent.plus importants encore. Ce sont 1° une traduction nouvelle des Psaumes, 2 vol. ; 20 un commentaire critique sur le mème ouvrage, 5 vol. ; 5' des notes sur Isaïe, 5 vol. ; 40 des Remarques sur les petits prophètes ; 5. Remarques sur le chant de Moïse, comparé avec le chant de Samuel, ch. 2, y. 22, le chant de Débora, la bénédiction de Jacob, celle de Moïse, et le chant d'admonition de ce législateur ; & Nouvelles Observations sur quelques Psaumes, quelques chapitres d'Isaïe et quelques- uns des petits prophètes, notamment de Zacharie, 1 vol. Blayney surveilla la correction de la Bible anglaise vulgaire, sortie en 1769 des presses de Clarendon, une des plus rares et des meilleures éditions des Écritures
  • Benjamin BLOCK( 1631) : peintre, fut le plus jeune de quatre frères, fils de Benjamin Block , peintre originaire d'Utrecht, et qui mourut de chagrin de ce que toute sa fortune avait péri dans un incendie. Block naquit. à Lubeck en 1631, et, par ia protection de FrédéricAdolphe , due de Mecklembourg, fut placé sous la discipline d'un maître chez lequel il lit des progrès. A de seize ans, il exécuta à la plume le portrait fort ressemblant de son bienfaiteur. Ce succès lui procura l'avantage de peindre le duc et la duchesse de Saxe, et les principales personnes de la cour. Block voyagea ensuite en Hongrie, où un seigneur lui fit ne.indre plusieurs tableaux d'histoire et d'autel. Muni des recommandations de ce protecteur, il se rendit en Italie, oit il se fit èônilaitre Par quelques portraits, entre autres par ce üi du fameux P. Kirclier, jésuite. Pouvant jouir en Italie d'une existence honorable, il préféra retourner dans sa patrie, où il épousa, en 1664, AmieCatherine l'iseher de NureMberg, qui s'acquit de la réputation en peignant des fleurs à l'huile et en détrempe
  • Benjamin BRAMER : architecte et mathématicien hessois, contribua beaucoup par ses écrits à répandre et perfectionner les connaissances géométriques en Allemagne, au commencement du 17e siècle. La plupart de ses ouvrages sont en latin, les autres en allemand ; les principatix sont : 1° A polio- fins Cattus, oder Geometrischer Wegweiser . 11 y dévtloppe quelques inventions ingénieuses de géométrie pratique, et ou y trouve un bon traité des sections coniques. 2° Geornetrisches triangulai Instrument , Cassel, 1630 C'est dans cet ouvrage qu'il attribue l'invention des logarithmes à Juste Byrge, son beaufrère, prétention sans fondement, qui n'en a pas moins été répétée de dictionnaire en dictionnaire. Voy. BYRGE.) 3° Explicatio et Usus linealis proportionalis. 4° Plusieurs autres ouvrages, dont on peut voir le détail dans les Pandectai Brandenburgicoe de Hendreich
  • Benjamin CALAU( 1724 - 1785) : peintre de la cour et membre de l'académie royale des beauxarts à Berlin, né à ne, à Friedrichsstadt, dans le Holstein, bon peintre de portraits, est surtout célèbre pour avoir retrouvé, selon l'avis d'un grand nombre de savants, la cire punique, ou éléodorique, dont les anciens se servaient au lieu d'huile, pour la peinture. Calau donna luimême un exposé de sa découverte dans la Gazelle littéraire de Halle ; et, en 1772, Lambert publia la description d'une pyramide des couleurs peinte avec cette cire. Calau obtint de Frédéric II un privilége exclusif pour la vente de son procédé. Il mourut à Berlin, le 27 janvier 1785
  • Benjamin CHURCH( 1639) : général américain, qui s'est distingué dans les guerres contre les de la NouvelleAngleterre, naquit à Duxbury, dans le Massachusset, en 1659. C'est le premier qui ait commencé un établissement à Saconet ou Sekonit, appelé depuis Little- Compton. En 1676, étant à la poursuite du roi Philip , il eut avec les Indiens un engagement, dans lequel cent soixantetreize ennemis furent tués ou faits prisonniers. Ce fut lui qui, au mois d'août de la même année, commandait, avec le titre de colonel, les soldats qui tuèrent le roi Philip. Church lui fit trancher la tète et mettre son corps en morceaux ; une de ses mains fut donnée en cadeau à l'Indien qui l'avait té d'un coup de fusil. Le gouvernement de Plymouth accorda schelling par tête d'ennemi pris ou tué. La tète de Philip fut comptée au même prix. Au mois de sep- tembre 1689, les présidents de la colonie de Plymouth et des provinces de Maine et de Massachusset le chargèrent, comme commandant en chef, d'une expédition contre les Indiens de l'Est. Il s'em- barqua et se dirigea sur Casco avec deux cent c hommes, et arriva au moment où quelques centaines de Français et d'Indiens s'étaient avancés dans quatrevingts canots. Il repoussa d'abord leur attaque, visita ensuite les différentes garnisons à BlackPoint, à Spurwink et à BluePoint, et retourna à Boston à l'approche de l'hiver. Casco tomba au mois de,mai suivant au pouvoir de l'ennemi, qui y fit cent prisonniers. Une seconde expédition ayant été confiée au colonel Church, il se dirigea, au mois de septembre 1690, sur le Maquoit, où il débarqua ; de là, il alla au fort Pegypscot, dans le Brunswick, et remonta la rivière au fort Amerascogen, près des grandes chutes, où il fit quelques prisonniers et détruisit beaucoup de grain. Plusieurs de ces prisonniers, parmi lesquels se trouvaient des femmes et des enfants, turent mis à mort par ses ordres, pour faire un exemple, ainsi qu'il le dit luimème dans ses Mémoires, où il raconte cet acte atroce comme Philip Sachem de Pokanoliet lait connu sous le nom du roi la chose la plus simple et la plus innocente. Church fut encore chargé de trois autres expéditions, en 1692, 1696 et 1704, dans lesquelles, si l'on s'en rapporte àses compatrioteset à luimême, car il a eu soin de raconter de ses exploits, il causa de grands dommages aux Français et aux Indiens, brûla plusieurs forts, incendia des moissons et mit à mort un grand nombre d'ennemis. Après la conclusion de la guerre contre Philip, Church établit sa résidence à Bristol, puis à FallBiver, qui porte aujourd'hui le nom de Troy, et dans les derniers temps â Saconet, où il mourut d'une chute de cheval, le 17 janvier 1718, à l'âge de 77 ans, laissant cinq fils. L'un d'eux, nommé Thomas, a compilé, d'après les notes et sous la direction de sonpère, l'histoire de Philip, qui fut publiée en 1716. Il en a paru, en 4772, une seconde édition, avec des notes par 5.G. Drake
  • Benjamin CONSTANT DE REBECQUE( 1767) : né en 1767, à Lausanne, de toutes les villes de Suisse la plus républicaine, était fils du précédent, et par conséquent descendait d'une de ces familles françaises qui, fidèles à la cause du protestantisme, s'expatrièrent à la suite de la révocation de l'édit de Nantes, et purent toujours se considérer comme françaises. Aussi, pour le dire en passant, nous atil toujours semblé aussi injuste que malavisé de vouloir le faire sortir de la chambre des députés comme étranger. Ses études, qu'il commença dans la compagnie d'Erskine et de Makintosh à Édimbourg, se terminèrent à Erlangen. Partout, en Suisse, en Hollande, en Ecosse et en Allemagne mérne, étudiant la philosophie de Kant et la littérature de Schiller, il parlait et écrivait de préférence la langue française.Admis ensuite à la petite cour de Brunswick, c'est là que le jeune de Rebecque, en quelque sorte gentilhomme, lit son double apprentissage d'urbanité et d'opposition. Il n'attendait, pour rentrer en France et habiter Paris, que l'occasion d'y parai tre avec avantage, et quel moment plus favorable que la révolution qui fit de cette ville le point de mire des talents et des ambitions de tout genre ! Ce ne fut toutefois qu'en 1795 qu'il s'y rendit sous les auspices de madame de Staël , sa compatriote et sa protectrice naturelle. Il avait alors vingthuit ans. Le premier objet qui frappa sa vue folle tombereau menant au supplice vingt gendarmes qui, de sbires de FouquierTainville, 's'étaient faits insurgés du 1" prairial. Calviniste, jeune, ardent, sans fortune, il Lut bieQ vite la proie du parti qui devait l'élever. Les salons, c'est-àdire les femmes, furent ses premiers maîtres. Il s'essaya dans le monde politique par trois articles de journaux, contre le décret de la convention qui admettait deux tiers de ses membres dans la législature nouvelle; vrai coup d'épée monarchique dent il n'avait pas senti la portée, et qui révéla dès lors l'inconséquence de son caractère. Républicain avec ses amis Louvet et Chénier, il fut presque à l'instant mémo aristocrate avec les directeurs. Mesdames Tallien, Beauharnais, et surtout madame de Staël, décidaient le matin de ses opinions du soir. Voyant par leurs yeux , il soutint trèsnaïvement, comme fort et durable, le pouvoir le plus éphémère qu'il y ait jamais eu en France, le directoire. Appuyé de trois serviles brochUres qui lui préparaient entrée dans les affaires, Constant trouva encore un autre moyen de faire du bruit en se présentant à la barre du conseil des cinqcents,..pour demander la réhabilitation des protestants autrefois bannis. Il l'obtint, et se fit ensuite admettre au club de Salm, qui se tenait dans la rue de Lille. Là il rit connaissance, et se lia avec leg meneurs du parti républicain, qui se trouvait alors le parti de l'opposition contre le despotisme impuissant du directoire. Il en devint le secrétaire, c'est-àdire au fond plus que le président ; et il commença deslors à avoir de l'influence, au point qu'on lui attribua, ainsi qu'à madame de Staël, Pélevation de Talleyrand au ministère . A l'ouverture du olub de Salm il tonna dans un discours véhément contre l'hérédité, de laquelle alors on semblait si ) Une lettre de celuici à Bonaparte, général de l'armée d'Italie, prouve que le minietre reconnaissant mitait placer Benjamin Constant auges du commun satire. loin. Etaitee peur d'une prochaine restauration des Bourbons? ou bien étaitce la prévision de ce que le retour de Bonaparte allait amener? enfin voulaitil contraries' les directeurs, qu'il soupçonnait de favoriser secrètement la monarchie ? Porté l'année suivante au tribunat, lors du renversement du directoire et de l'avénement de Bonaparte au pouvoir sous le nom de premier consul, il continua encore, et ?lus gauchement que jamais, son opposition malencontreuse. Dès 1800, il se déclara contre le projet sur les communications entre les pouvoirs : ,s Le but de cette loi, ditil, est d'escamoter les lois a au vol, en nous empêchant de les examiner. Là, il attaqua la réduction des juttices de paix, les tribunaux « privés, disaitil, de l'assistance protectrice des jurys spéciaux, n le conseil d'État dont il devait un jour faire partie , et jusqu'au code civil, qu'il trouvait nonseulement dangereux, niais contraire aux moeurs. Et toute cette petite guerre, pourquoi ? parce qu'il avait reconnu la nullité, l'absence de force là où il l'avait naguère préconisée, et qu'il supposait Bonaparte aussi facile à renverser que le directoire, S'il eût prévu le contraire, il eût fait, à plus forte raison, ce qu'il avait fait cri 1795, et ce qu'il lit vingt ans après, le 20 mars 1815; il eût mis bas les armes, et proclamé le grand homme. Nul doute, au reste, que cette grosse erreur sur l'avenir du premier consul n'ait été causée chez lui par les illusions de madame de Staël et de sa coterie. Ainsi lancé dans une opposition ridicule par son incapacité de prendre luiméme un parti, Benjamin Constant se vit bientôt éliminé du tribunat avec Chénier et ses autres amis. Exilé nominativement ensuite comme madame de Staël, il ne lui fut également Permis de faire en France que de rares et courtes apparitions, toujours surveillé par la police. Après avoir couru de nouveau l'Allèmagne, il vint se fixer à Coppet en 1802, avec sa célèbre compatriote , qui trouvait , ditelle , sa conversation étonnante, se défendant à peine d'une autre espèce de sentiment, qui lui donnait sur sa personne un véritable despotisme : car elle lui fit des opinions littéraires comme elle lui avait fait des opinions politiques; et bien mieux que tout Erlangen, tout Goettingue et tout Weimar, elle le rendit adepte juré du romantisme allemand. Ayant ensuite quitté madame de Staël, il épousa dans la ville de Hanovre une parente du prince de Hardenberg. Ce mariage le fit accueillir chez les princes du Nord, et lui procura d'étroites liaisens avec le seul soldat heureux que la révolution(ait fait naitre et qu'elle n'ait pas encore t'ait mourir. Ses Mémoires autographes font mention d'un clisser tête à tète entre eux, où ils se seraient comme partagé la France future :
  • Benjamin DELESSERT( 1773) : philanthrope industrieux et millionnaire, naquit à Lyon le 14 fé- vrier 1173.11 appartenait à nue famille protestante qui avait dù s'expatrier lors de la révocation de l'édit de Nantes, mais dont une partie rentra en France en 171, , sous le ministère du cardinal Fleury, cinquante ans après s'être exilée. Delessert a tenu un rang éminent parmi ses contemporains, soit par son habileté comme financier, comme industriel et commerçant; soit par son canictère aussi digne qu'indépendant,et sou espritd'initiative et de progrès ; soit enfin comme philanthrope, ami des sciences et des arts, usant de sa •aste opulence avec une libéralité qui tenait de la grandeur. Jamais heureuse nature ne fut plus favorablement secondée par les circonstances auxiliaires qui ont tant de pouvoir sur l'éducation et par elle sur la desti- né.e tout entière, et quelquefois sur tout un peuple et tout un siècle. Fils d'Étienne Delessert, capitaliste, homme de mérite qui avait provoqué la création de la caisse d'escompte, organisé la pre- mière compagnie d'assurance contre l'incendie et plusieurs autres établissements d'utilité sociale, Benjamin Delessert eut pour mère une femme d'esprit qui ellemême a‘ait pour amis Berquin, littérateur gracieux, et Benjamin Franklin, l'un des législateurs de l'Amérique. Née en Suisse, et du caractère le plus respectable et le plus sérieux , cette femme instruite était en correspondance avec Deluc, célèbre géolo- gue de Genève, et a vec J .J . Rousseau qui écrivit à sa demande et expressément pour elle et sa fille ses Lettres sur la Bo- tanique, auxquelles il joignit un herbier fait par luimême et étiqueté de sa main, en latin et eu français. J'ai vu et admiré cet herbier méthodique et mémorable, que M. Benjamin Delessert me montra avec complaisance et en détail, en 1838.— Benjamin Delessert préluda à la • ie active et utile par des voyages instructifs. 11 visita d'abord Edim- bourg, où il connut InigaidStewart, Hume, Playfair et Adam Smith,qui éclaircirent et résumèrent en sa faveur, dans des conversations amicales, les principes trop abstraits de leurs ouvrages. A Bir- mingham, Watt le rendit témoin, lui et son frère aîné, de ses essais sur la puissance de la vapeur, tentatives qui dès lors présageaient à la mécani- que tant de merveilleux progrès , maintenant accomplis. A Windsor, U rencontra Deluc , le cor- respondant de sa famille, qui essaya de lui ap- • prendre à concilier les faits nouveaux de la géolo- gie avec les enseignements de la Genèse, grave problème que cet écrivain profond s'appliquait alors à résoudre dans ses célèbres Lettres sur l'his- toire de la terre. De retour en France, et après lituelques promptes études à l'école d'artillerie de- .11eulan, d'où il sortit avec le grade anticipé de ca- pitaine, il fit la campagne de Belgique sous Pichegru; et bientôt le général Kilmaine le choisit pour aide de camp, eu considération de son zèle pour la discipline. Enfin, après avoir bravement figuré flans plusieurs sièges, en particulier au siége de Maubeuge, déjà on l'avait nommé commandant Pat intérim de la citadelle d'Anvers, et il touchait aux récompenses militaires de ce tempslà, lorsque ,on père, qui venait de perdre l'aîné de ses sept enfants, le rappela précipitamment près de lui pott placer dans ses mains encore inapprises, mais fermes et prudentes, le gouvernail d'une vaste maison, déjà puissante par ses entreprises, son cré- dit et son avoir. Six ans après cette investiture de haute maîtrise , Benjamin Delessert fondait à Passy une raffinerie de sucre, et successivement • ingt et un établissements du même genre furent créés par lui en diverses provinces. Quand ensuite, vers 1806, la France se vit exclue des mers et empèchée de communiquer avec ses colonies, frustrée ainsi des arrivages directs du sucre de canne, ce fut pour elle une nécessité de mettre à profit les recherches du chimiste prussien Fran-çois Achard , en ce qui concerne le sucre de betterave, et .Benjamin Delessert fut le premier qui posséda le secret d'extraire en grand ce sucre indigène et de l'amener à une suffisante cristallisation. Quant à l'auteur du procédé de grenage, dont Benjamin Delessert tira parti, il s'appelait Bonmatin, et sa décomerte consistait à faire intervenir convenablement la chaux, puis l'acide sulfurique, ce qu'on a encore perfectionné dans ces derniers temps en combinant préalablement la chaux avec l'acide. Disons d'ailleurs que Benjamin Delessert était persuadé que tous les procédés sont bons avec de bonnes betteraves, de bonnes ràpes, de bonnes presses, de bons fourneaux, des ouvriers habiles et prompts. Quant à lui, il n'employait dans ses usines que des betteraves jaunes, et ni les blanches, ni les roses, ni les cerclées de rose, ni les prussiennes, qui toutes, d'après lui, réussissent moins que les jaunes. Napoléon récompensa ses heureux efforts à Passy même, siége du progrès réalisé, en plaçant sa propre croix d'honneur sur la poitrine de Benjamin Delessert, distinction dont le Moniteur du lendemain doubla le prix par ses éloges. L'empereur le nomma plus tard baron de l'empire, et LouisPhilippe lui conféra le grade de grand officier de la Légion d'honneur. Superflu de laite remarquer que l'ouvrier Bon matin méritait bien, lui aussi, quelque récompense. — Les succès d'une industrie fondée sur une plante vulgaire avaient encore augmenté en Benjamin Delessert ses inclinations nati ves pour la botanique. Non content de récolter personnellement quel-* ques plantes du pays, déjà possesseur du petit herbier de Linné ci de celui que J.J. Rousseau avait formé pour sa soeur et pour sa mère , il acquit successivement les herbiers de Lemonnier, de Ventenat, de Commerson, de Burmann, de Labillardière, de Palissot de Bauvois, de Desfontaines, et de vingt ail tres, sans compter les contributions volontaires de MM. de Ilumboldl, Boupland„ Robert Brown, Decandolle, Gaudichaud et Gaitnard, et sans parler davantage de la munificence qu'exerça envers lui et ses herbiers la compagnie des Indes anglaises. Ses collections furent en outre enrichies, chaque année, par les di\ ers voyageurs que dépêche incessamment le muséum d'histoire naturelle vers les contrées les plus lointaines et jusquelà les moins explorées. Cet herbier muliiple et sans pareil, auquel ont concouru tant de botanistes reconnaissants pour l'avoir trouvé accessible au temps de leurs études ou de leurs recherches, et dont le seul défaut est délie classé suivant le système de Linné, finit par réunir environ 250,000 échantillons, en tout 87, 000 espèces, c'est -à - dire 80,000 espèces de plus que Linné luimême n'en connut, et quelques milliers au delà du nombre que Decandolle a pu inventorier et décrire dans son prodromus. Le musée botanique de Benjamin Delessert , d'après la description qu'en a donnée son conservateur M. Lasègue, surpasse incontestablement les collections du Jardin des plantes, mais surtout en ce qui regarde la bibliothèque de botanique, depuis longtemps la. plus riche el la plus complète de l'Europe. Les ga- leries scientifiques de Benjamin Delessert étaient ouvertes à un public compétent comme si elles eussent appartenu à l'État, et il était rare que les principales universités étrangères n'y comptassent pas quelque studieux représentant. 11 en était' de même de la splendide galerie de tableaux, si chère aux amateurs et aux artistes. Ses Icones scierie plantaruen quas in systmate universali, ex ber- bariis Parisiensibus, proesertim ex Lessertiano, des- cripsit Aug. Pur. Decandolle, ex archetypis specia. minibus a Turpin Delisteatc e , et editce a Renj. Delessert ; Parisiis, I 820-1846 , sont un trèsbel ouvrage à la confection duquel tout a été prodigué. Les cinq volumes renferment 500 planches dont Benjamin Delessert a voulu que le prix fût modique, afin de rendre l'ceuvre accessible et profitable aux savants. Et la preuve que c'est bien Delessert qui a conçu le plan de l'ouvrage, c'est qu'il en a dédié à Decandolle le 4' volume. Il a pareillement consacré aux coquilles un triple monument, je veux dire un musée composé d'environ 100,000 échantillons, pouvant être rapportés à 25,000 espè- ces, une bibliothèque spéciale, et une description grandiose qu'accompagnent des figures aussi belles que le comportaient les objets représentés. Voici quel est le titre de ce grand ouvrage, auquel le docteur Chenu, conservateur du musée conchyliologique, a donnéles soins les plus attentifs : Recueil de coquilles inédites, décrites par Lamarck dans son Histoire naturelle des animaux sans vertèbres, et non encore horttps, Paris, 18.12, grand aNec 40 planches magnifiquement gravées et coloriées, et accompagnées in texte explicatirdont M. Chenu est l'auteur. Malgré l'irrégularité du fifre, où le., mots inédites et non encore figurées font évidemment pléonasnie„ l'ouvrage est estimé des amateur, et des savants. On y trouve peintes et décrites des coquilles curieuses : une entre autres avait coûté 6,000 fr. au botaniste Claude Richard, cédant. en cela à un caprice passionné qu'était loin d'autoriser son état de fortune. Benjamin Delessert eut le bon goût de rendre sa caisse solidaire de ce marché extravagant. Au reste, ce musée conchyliologigue se compose des collections de Lamarck, de Dufresne, du colonel Teissier, du docteur Kérau- lieu, exinspecteur général du service de santé de la marine, et de plusieurs autres collections qu'il avait acquises sans parcimonie.— Benjamin Delessert ne bornait pas là ses libéralités. Il secondait volontiers toute entreprise littéiaire oftant quelques chances d'utilité et d'avenir. Sans lui, la grande anatomie du docteur Bourgery et du peintre Jacob l'aurait pu être continuée, et un certain nombre l'ouvrages peu élémentaires fussent restés mima- , 1 sinés loin du jour. 11 avait coutume de sous- ire, afin d'en faire distribution à ses amis et i lents, à la plupart des ouvrages positifs pouvant ntéresser le bien-être des classes souffrantes, au de nos cités encombrées de créatures dignes ie pitié. Il en usa de la sorte pour les innombra- des brochures de M. Charles Dupin, pour les ou-‘ rages de MM. Terme et Montfalcon, ainsi que pour luelques publications de statistique et de philan-:.hropie. Il avait une autre manière judicieuse l'encourager les jeunes savants peu favorisés de la fortune, c'était de leur reprendre à des prix élevés, à l'instar des souscriptions du gouvernement. les ouvrages qui leur venaient de l'étranger. C'est ainsi qu'il a pu réunir un ensemble de journaux scientifiques presque comparable à la magnifique collection du muséum d'histoire naturelle. Tel était L'emploi généreux que le grand financier se plaisait à faire des richesses qu'attirait de plus en plus vers lui l'industrie du sucre indigène. L'empereur l'avait nommé en 1813 , colonel de la 3° légion de la garde nationale de Paris, et il se montra, deux ;ins après, sinon trèsenthousiaste du gouvernement des cent jours, au moins fortement oppo- sant à l'invasion étrangère, ce dont porte témoi- gnage la signature qu'il apposa à une déclaration patriotique des chefs de légions à la date du G juil- let 1815. De là vint que Louis n'Ut, qui à son premier retour en France l'avait promu officier de la Légion d'honneur, le destitua de son comman- dement après Waterloo ; manifestation de royale vengeance qui après tout fut de courte durée envers lui, et que d'ailleurs Delessert avait paru provoquer en proposant au roi de conserver le drapeau tricolore. A partir de la seconde restauration, Ben- jamin Delessert prit une part active aux affaires publiques, où sa juste influence fut plus d'une fois décisive. Déjà, avant cette époque, on l'avait nommé tour à tour juge consulaire, membre de la chambre et du conseil général de commerce, et depuis treize ans il était régent de la banque de France et l'un de ses principaux actionnaires et conseillers. Il fut élu député de Paris, d'abord en 1815 pendant les cent jours, ensuite depuis 1817 jusqu'en 1824, puis député de Saumur depuis 1827 jusqu'en 1843; de sorte qu'il siégea pendant près de vingttrois ans à la chambre des représentants, et fut plusieurs fois élu l'un des viceprésidents de cette assemblée. 11 y prit place constamment au côté gauche du centre, en conformité avec ses opinions, à la fois opposantes et modérées. La chambre dite des trois cents de M. de Villèle , fut la seule dont il resta exclu, le ministère d'alors s'étant efficacement opposé à sa réélection. Luimême avait montré une extrême répugnance pour les lois réactionnaires et exceptionnelles de l'époque, et il s'était énergiquement prononcé pour le rejet de la nouvelle loi électorale de 1819 qui établissait de grands et de petits colléges, impliquant double vote pouf les riches. Toutefois, mais sans inconséquence, ce fut lui qui proposa en faveur du duc de Richelieu, à raison de son heureuse nitercession auprès de l'empereur Alexandre nonseulement pourabréger de deux ans l'occupation militaire dont la France était menacée, mais pour réduire de deux milliards à un la rançon imposée par les souverains alliés; je dis que cc l'ut Benjamin Delessert, qui proposa pour le duc de Richelieu une récom- pense nationale de 50,000 francs annuels. Ce présent magnifique et honorable ne fut accepté par le duc que pour l'offrir aux hospices de Bordeaux, son lieu natal ; destination désintéressée qui dut rencontrer toutes les sympathies de Delessert. Déjà il avait proposé d'élever par souscription, au brave général Desaix, le montunent qui subsiste encore place Dauphine. Cependant les vues ordinairement partiales des ministres d'alors éveillaient en lui d'invincibles mouvements d'opposition. C'est ainsi qu'il s'opposa constamment et un peu par système à la conversion des rentes, et qu'il contrevint avec obstination, mais ici sans succès, à l'inutile construction de l'hôtel Rivoli qu'on destinait au ministère des finances, vaste et somptueux édifice dont vint à bout M. de Villèle, qui s'y installa toutpuissant. Il eut l'honneur de proposer à la chambre élective l'abolition de la peine de mort, qu'il trouvait inconciliable avec les commandements enregistrés par Moïse et consacrés par l'Évangile. S'il échoua dans cette tentative, au moins sa conduite et ses votations comme juré furentelles toujours conséquentes avec ses opinions de législateur. Il se rangea en 1830 du côté des 221 formant majorité contre Charles X et son ministère, et c'est par là qu'il concourut à l'avénement suprême de LouisPhilippe. Plus tard, ce fut lui qui proposa la suppression de la loterie royale et de la ferme des jeux publics, initiative bien digne d'un philanthrope de son caractère et qui lui à fait grand honneur. Vint le triste moment où, pourtant sans courroux et sans murmure, il vit élever son jeune frère, son obligé, à la dignité de pair de France, tandis que luimême , délaissé par Sannutr après seize années de dévouement, il cessait d'être député par l'effet d'indignes passions. Hâtons- nous de dire que la véritable gloire de Benjamin Delessert consiste à avoir mis persévéramment en pratique, durant sa longue vie, les préceptes mo- raux de Franklin, Fun des amis de sa famille et des conseillers de son enfance. Ainsi, tantôt avec le duc de La RochefoucauldLiancourt, il travaillait à la réforme des prisons et à l'amélioration du sort des prisonniers ; tantôt avec Chaptal, Darcipt, Parmentier et d'autres, il fondait dans sa maisbn même la société d'encouragement, à laquelle l'industrie doit de si nombreux services et tant de progrès. Une autre fois, en 1818, et toujours avec le duc de La Rochefoucauld, il provoquait en France la création des caisses d'épargne, à l'organisation et à la prospérité desquelles il a personnellement présidé pendant vingt ans, usant de son influence en 1835 pour les placer. sous l'égide de la loi. 11 prêta à l'administration centrale des hôpitaux de Paris, pendant quarantesix ans, le tribut de son expérience en comptabilité et de ses lumières, et suppléait par ses largesses aux insuffi- sautes ressources de certains établissements publics. Comme Boerhaave, il publiait de splendides ouvrages sans éditeur; comme Joseph Banks et Séba, il défrayait ou subventionnait des voyageurs en mission lointaine; comme Cliffort, il plaçait à la tête de ses collections, des savants qui en décrivaient et publiaient à ses frais les raretés; comme AstleyCooper et le duc de Luynes, il encou- rageait les arts, et soutenait noblement des artis- Les. S'il habitait avec simplicité le' somptueux hôtel d'Uzès dont un roi même aurait pu faire sa résidence, et que les appréhensions de ses héri- tiers, en temps d'émeute, ont depuis transformé extérieurement en maison vulgaire, il faut dire qu'il y exerçait l'hospitalité d'un ministre pondé- rant dont le budget serait sans limite. Mais revenons à ses bonnes oeuvres les plus simples et les plus utiles. Dès 1800, Benjamin Delessert, à l'imitation de Rumford, avait fondé des fourneaux de soupes économiques ou végétales qui ne reviennent qu'à 2 centimes, et sont représentées pour les souscripteurs par des jetons de cuivre qu'on distribue l'hiver aux plus malheureux. 11 a été ainsi distribué dans de certains hivers jusqu'à 4 millions de jetons. Le premier consul, afin d'être imité, s'inscrivit dès le premier moment pour 1,000 souscriptions. L'année suivante, et de concert avec .son digne frère François et quelques amis, il fon- dait la célèbre société philanthropique, laquelle prodigue à des indigents, surpris et honteux de l'être, les soins gratuits d'excellents médecins et des médicaments de toute espèce. Pour cette belle institution, qui subvient à toutes les dépenses au moyen d'en\ iron 70 à 80,000 francs résultant de souscriptions inch% iduelles au minimum de 30 fr., Benjamin Delessert compta bientôt au nombre de ses coopérateurs les Montmorency, les La Rochefoucauld, les Pastoret, les Boissyd'Anglas, et les principales illustrations de l'époque. Les 6 dispen- saires philanthrophiques sont sans contredit une des plus précieuses fondations de ce genre : ils dispensent quelques anciens riches d'aller à l'hôpital, à raison des soins qui leur sont dispensés à domicile. Afin d'imiter de Franklin jusqu'à son art professionnel, Benjamin Delessert avait dans sa maison une petite imprimerie et ilavait appris à se servir du composteur pour imprimer luimôme des ouvrages de peu d'étendue. C'est ainsi qu'en 1792, àgé alors de vingtdeux ans, il traduisit et imprima la Morale des échecs par Franklin, de même que le poème des Disputes par Rulhières: ou‘rages sur lesquels on lit : An 3 de la République.—Imprime- rie de Benjamin Delessert. Dans les derniers temps de sa vie, il publia une brochure de .quelques pa- ges qui avait pour titre: « Institutions qu'il serait utile de fonder. » On v trouve cette pensée: « De- . puis le verre d'eau apporté au malade j1;squ'au pins magnifiques donations, tout devient pour ce lui qui donne une source de jouissances. » Quel ques armées avant de mourir, il avait publié tu petit çolume intitulé : Guide du bonheur, « ot recueil de pensées, maximes et prières dont la lecture peut contribuer à rendre heureux dans cetb vie et dans l'autre, choisies dans différents auleurs par B D » Tiré à un petit nombre d'exemplaires dont Benjamin Delessert fit présent aux auteurs qu'il avait cités et à quelques autres personnes qu'il estimait, ce recueil portait pour principale épigraphe la pensée stiiante : « les « préceptes de morale dissétninés sont comme les « bons grains » : «quelque part qu'ils tombent il y « en a toujours quelquesuns qui germent. » Paris, imprimerie d'Amédée Gratiot, 1840. Pour ce volume de 286 pages , Benjamin Delessert a mis à contribution 138 autorités différentes. Le recueil entier ne renferme guère que 850 pensées, prières ou maximes, réparties dans 17 chapitre. même n'a contribué au volume que par la préfa,e, et 53 préceptes, et sa femme, madame Laure De- lessert, pour une seule page, sorte de sermon rm.- lancoliquement ascétique, sur la grande et difficile affaire du salut. L'ouvrage se termine, à la manière de Franklin, par un tableau sur deux coleli nes, espèce de balance des qualités et des défau opposés. Benjamin Delessert fit ensuite dessiller graver à ses frais par des artistes chois;s apr concours, les suites du vice et dela vertu, estamp destinées à orner la demeure des travailleurs et à moraliser l'atelier. — llsollici ta de l'Académie fran-çaise l'autorisation de joindre des médailles d'or an prix de poésie qu'elle décerna pour le dévoue- ment des médecins français dans l'épidémie de Barcelone. 11 fut associé, en France et en Europe, à un grand nombre de sociétés savantes que nous aimerions à citer pour leur honneur autant que pour le sien. Deux nouveaux genres de plantes lui titrent dédiés : l'un,. appartenant à la grande famille des légumineuses, sans le nom de Lrssertia , lui a été consacré par son ami intime Decandolle ; l'autre, par M. Lateouroux sous le nom de Delesseria . — Benja min Delessert mourut d'une ancienne affection du coeur, le 1" mars 1847, sans laisser de postérité. Il avait épousé, jeune encore, une de ses cousines, issue des Delessert restés en Suisse. Ces sortes d'alliances entre proches parents sont ordinaire- ment défavorables à la. fertilité. Benjamin Deles- sert a laissé une partie de sa fortune à ses deux frères, M. François Delessert, son sucesseur à la direction de la caisse d'épargne et à l'Institut, et M. Gabriel Delessert, ancien préfet de police et pair de France; destinant à son neveu et filleul M. Benjamin Delessert, fils aîné de son frère Fran- çois, la principale part de ses richesses, ses usines, la suite de ses grandes affaires, sa maison com- letnereiale et ses précieuses collections. A notre connaissance, six personnes déjà ont fait son éloge M. le comte d'Argout, M. Charles Dupin, M. Alphonse Decandolle fils, 111. Cap, dont l'Académie de Lyon a couronné l'excellent discours; ',I. Bonoardet de Lyon, comme rapporteur de ce concours académique; et enfin M. Flourens, comme secré-!aire de l'Académie des sciences de l'Institut, dans laquelle Benjamin Delessert siégea dès 1816, aussitôt que Louis XVIII eut institué des places d'académiciens libres. Il a voulu qu'on inscrivit sur sa tombe : II rut un des principaux fondateurs des caisses d'épargne; » rattaehant à cette féconde dont la ville de trambourg donna le premier exemple en 1770, son légitime espoir de n'ètre jamais oublié. Déjà an moment de sa mort, il existait en France 330 caisses d'épargne possédant collectivement 400 millions, dont l'avenir peut faire des milliards et donner cause à des périls. A son heure dernière, il détacha de safort nue une somme de 150,000 fr. divisée en 3,000 lirets de 50 fr., ordonnant que ces livrets fussent distribués à 3,000 travailleurs, qui prendraient l'engagement d'accroître chaque année cette première mise. Ce fut lainunicipalité de Paris, secondée en cela par l'administration des caisses d'épargne, qui en 1848 procéda dans chaque arrondissement de la ville à cette vaste répartition. Ce grand homme de bien qui avait nime assez compatissante pour faire distribuer des étrennes chaque premier de l'an aux enfants malades dans les hôpitaux et aux enfants trouvés, pourquoi fautil qu'il ait eu nconséqoence tinale de restreindre l'abord des tours de dépôt et d'approuver le déplacement inhumain des enfants abandonnés? Nous devons reconnaitre que deux discours qu'il a prononcés à la Chambre donnent à cette opinion, pli semble con- traster avec sa vie tout entière, d'autres motifs I que l'économie de 10 millions par an, et en particulier l'énorme mortalité des enfants livrés à des soins mercenaires
  • Benjamin DONNE( 1729 - 1798) : savant anglais, née en 1729 à Bideford, dans le comté de Devon, fut gardien de la bibliothèque publique de Bristol et professeur royal de mécanique. On a de lui : 1° une Descrip- tion du comté de Devon, publiée en 1761, que la société pour l'encouragement des arts et du commerce jugea digne d'un prix de 100 livres sterling. 2° Carte du Devonshire, en 12 feuille, 1765. 3° Carte de la ville de Bristol et des environs jusqu'à 11 milles de distance, en 4 feuilles, 1170. 4° Essais de mathématiques, I vol. ; 5° Abrégé de physique expérimentale, 1771 ; 6° Guide du marin anglais, 1774 ; 7° un Traité de la Manière de tenir les comptes; 8° quelques traités de géométrie et de trigonométrie. Quoique ses ouvrages aient eu du succès et qu'ils supposent un homme instruit et de mérite, il mourut si obscurément, en juin 1798, qu'il n'en est fait mention dans aucun des journaux anglais que nous connaissons, ni dans les biographies anglaises publiées depuis
  • Benjamin DYSTER : Finlandais , qui d'a-, bord avait été orfèvre, et qui vivait dans la mi- re, essaya à Upsal, où il séjournait,de se faire asser pour Charles X11, roi de Suède. Arrêté et ivoyé on prison à Stockholm , il adressa , en 725, une proclamation aux Dalécarliens pour 'voguer leur secours. Traduit alors en jugeient, il fut condamné à mort; le roi mitigea sentence , en ordonnant que le coupable sent mis au carcan en trois endroits, avec sa roclamation à la main , et enfermé le reste de I vie. Benjamin Dyster mourut dans la prison e Danviken, et ceux qui l'avaient secondé filent passés par les verges. Il ne parait pas que )yster ait jamais eu un parti
  • Benjamin EWALD ou EWALDT( 1674) : né à Dantzig, le 28 octobre 1674, étudia la médecine à Koenigsberg , à Erfurt et à Halle. Ce fut à l'université de cette dernière ville qu'il reçut le doctorat , en 1697, sous la présidence de Stahl, après avoir soutenu une thèse Sio- timpuissanee. De retour à Koenigsberg, en 1701, Ewald y exerça l'art de guérir pendant quatre années, au bout desquelles il fut nommé professeur extraordinaire. La faculté de médecine l'admit dans son sein en 1707; et en 1718, il obtint à l'université une chaire 4e professeur ordinaire, qu'il occupa durant le court espace de quelques mois; car il fut enlevé par une mort prématurée le 24 octobre 1719. Tous ses écrits consistent en minces dissertations ; encore la plupart pourraientelles être revendiquées par les candidats qui les ont défendues. Il suffira d'en signaler un petit nombre, et de placer au premier rang celles qui appartiennent en propre à Ewald : 10 De medico practico dubitante « n sublililales curioscc in praxi usum habeant, 1701. L'auteur cherche à prouver que les détails minutieux de la fine anatomie ne sont pas d'une grande utilité pour la guérison des maladies. 2" Problematum medicorum specimina publica , 1721 et années suivantes. Dans le second de ces programmes , Ewald s'occupe de la circulation du sang, et n'hésite point à faire remonter jusqu'à Salomon une découverte dont s'honore le 17e siècle. 3" De cunuchi. s ac . spadonibus , 1707 ; c'est le discours inaugural que prononça Ewald pour son admission dans la faculté. 40 De s« nitate hominis morbosa, 1701 ; 5. De sanitate per inel et oléum conserranda, l'il 1
  • Benjamin FRANKLIN( 1706) : l'un des hommes qui ont le plus contribué aux progrès de la civilisation en Amérique, naquit à Boston dans la NouvelleAngleterre, en 1706 , d'une famille pauvre et nombreuse , mais industrieuse et honnête. Son père , ses frères, étaient de simples artisans, et luiinème semblait ne devoir jamais être autre chose : cependani l'ardeur qu'il montra dès sa première enfance pour lire et pour apprendre donna à son père l'envie d'en faire un ecclésiastique et, comme il le dit luimême , le chapelain de la famille. En conséquence, pour l'y préparer, on l'envoya d'abord, à l'dge de huit ans, dans une petite école ; mais un an après, son père trouvant cette éducation trop chère et considérant d'ailleurs que les éducations de colléges ne font jamais de bons ouvriers , il le retira de cette école et le mit dans une autre où l'on apprenait seulement à écrire et à compter. Franklin acquit ainsi en peu de temps une belle écriture, mais ne réussit point du tout au calcul. Ce fut là, dans son éducation , tout ce qu'il dut à d'autres qu'à luimême. A dix ans son père le reprit pour l'aider dans son métier, qui était de fabriquer des chandelles. L'enfant ne put se plaire à ce travail. Son imagination déjà active lui donnait un goùt trèsvif pour la vie de mer; et le lieu le favorisant, il apprit de bonne heure tout seul à nager et à conduire une barque : deux talents qui plus tard furent presque pour lui une ressource. Son père , qui n'approuvait point ce désir tic voyager, chercha à le fixer et essaya s'il ne pourrait pas en faire un coutelier ; mais cela ne réussit pas mieux , et il fut encore obligé de le rappeler à la maison. Le premier goût titi jeune Franklin pour la lecture était devenu une passion véritable. Les voyages surtout et l'histoire le charmaient. Du peu. d'argent qu'il avait reçu en bien du temps il avait acheté quelques livres. H avait lu avidement toute la petite bibliothèque (le son père. qui par malheur ne contenait presque que des livres de controverse. Il y trouva pourtant deux ouvrages qui durent , comme il nous l'apprenti luimème, avoir une grande influence sur sa destinée : l'un était les lies de Plutarque ; l'autre l'Essai sur les projets, par de Foë, l'auteur de Bobinson Crusoé. Cet essai , peu connu en France, traite de tous les projets d'utilité générale applicables aux sociétés modernes. 11 a pour but le perfectionnement du commerce, l'emploi qu'on peut faire des pauvres, l'indication des moyens les plus propres à augmenter les richesses publiques. On conçoit combien un pareil ouvrage, plein d'inventions toujours tournées vers la pratique, dut produire d'effet sur k jeune Franklin, et comment il put lui inspirer ce goût des applications utiles qu'il conserva et développa si bien pendant tout le reste de sa vie. Son amour irrésistible pour les livres décida enfin son père à en faire un imprimeur , quoiqu'il eût déjà un autre fils dans cette profession. Benjamin fut, à l'ange de douze ans, mis en apprentissage chez son frère James Franklin . sous la condition d'y travailler comme simple ouvrier jusqu'à vingtun ans, sans recevoir de gages que la dernière année. Le jeune Franklin devint bientôt fort habile dans cette besogne : il eut alors la faculté de se procurer de meilleurs livres. Les rapports qu'il avait nécessairement avec les commis des libraires le mettaient en état d'emprunter de temps en temps un volume, qu'il avait grand soin de rendre ponctuellement et sans ètre gàté. Un marchand instruit qui fréquentait l'imprimerie et qui avait une bibliothèque assez nombreuse, le remarqua , l'invita à venu' le voir et lui prèta des livres. Alors il lui vint un goût démesuré pour la poésie, et il composa plusieurs petites pièces de vers. Son frère, qui espérait bien y trouver son compte, l'engagea à composer quelques ballades populaires : Franklin en fit deux sur des aventures de marins : elles étaient détestables et, comme il le dit luimème, de vraies chansons d'aveugle. Son frère, après les lui avoir fait imprimer , l'envoya les vendre par la ville. L'une d'elles eut un succès prodigieux, ce dont il fut fort flatté ; mais son père, qui était un homme éclairé audessus de sa profession, rabaissa son orgueil en lui faisant sentir tout le ridicule de cette pièce, et il le sauva ainsi du malheur d'ètre toute sa vie un mauvais poëte, c'est-àdire la plus inutile créature qui soit au monde. Ce bon père lui rendit encore un autre service. Franklin avait un ami nommé Collins, qui comme lui était passionné pour la lecture et l'argumentation. Ils avaient engagé par écrit une grande controverse sur l'éducation des femmes. • Le jeune imprimeur l'emportait pour la raison et l'orthographe, son adversaire par l'élégance des tournures et le choix des expressions. Le père de Franklin lui fit remarquer es débuts et les avantages de son rival. Le fils sentit la justesse de ces remarques et se promit de faire tous ses efforts pour acquérir ce qui lui manquait. Dans ce tempslà un volume du Sperterteur lui tomba entre les mains. Jamais il n'avait rien vu de pareil : il le lut et le relut encore ; il en fut enchanté, trouva le style excellent et résolut de travailler de tout son pouvoir à l'imiter. Pour cela il en choisissait de temps en temps quelque morceau dont il faisait un court extrait indiquant seulement le sens de chaque période ; puis il le mettait de côté sans le regarder davantage, et après quelques jours il s'exerçait à le recomposer. Recourant ensuite à l'original , il voyait ses fautes et se corrigeait. 11 traduisit aussi plusieurs de ces morceaux , de prose en vers, puis de vers en prose, pour voir ce qu'ils auraient éprouvé (l'altération dans ces transformations successives. D'autres fois il mèlait tous ses extraits et cherchait ensuite à les rétablir dans le meilleur ordre. Il en vint ainsi à retrouver avec assez de bonheur la série des idées et jusqu'à l'expression mème de l'auteur anglais. Ce fut là ce qui lui donna depuis la facilité d'en reproduire si souvent les gràces piquantes dans une infinité (le petites pièces où la meilleure morale se trouve présentée sous les formes de la plus fine plaisanterie. Il employait à ces études les seuls moments qu'il eût de libres, c'est-àdire les matins avant le travail commencé , le soir après qu'il était fini. Parmi la multitude de livres qu'il parcourait il lui en tomba un qui recommandait la diète végétale comme le plus sûr moyen de maintenir le corps sain et l'esprit dispos. Aussitôt le voilà qui s'échauffe pour cette manière de vivre. 11 se met au fait des procédés de l'auteur pour faire cuire le plus économiquement possible des pommes de terre et du riz. Puis, quand il fut en pos. (le ces découvertes, il proposa à son frère James de se nourrir luimème à son propre compte avec la moitié de l'argent que James employait pour cela. On conçoit que la proposition fut acceptée. Franklin observa rigoureusement les principes de la vie frugale, (Huant plus d'une fois avec du pain, des raisins secs et un verre d'eau ; cela lui donna le moyen d'économiser pour acheter plus de livres. Il finit pourtant par renoncer à son régime pythagorique. Ayant trouvé un jour un petit poisson dans l'estomac d'un autre, Oh oh ! ditil , puisque vous vous mangez bien entre vous, je ne vois pas pourquoi nous nous passerions de vous manger ; ce qui prouve, ajoutetil , que l'homme est justement appelé animal raisonnable, puisqu'il trouve si aisément des raisons pour justifier tout ce qu'il désire. Vers cette époque il se remit à étudier l'arithmétique ; il apprit assez de calcul et de géométrie pour lire (les ouvrages de navigation , cela comme tout le reste seul et sans maitre. ir lut aussi l'Essai sur l'entendement humain, de Locke, et l'Art de penser de PortRoyal ; niais chaque faculté nouvelle qui se développait dans cette tète neuve_ devenait presque toujours, au premier moment, une source d'exagération ou d'erreur, faute d'un guide pour en diriger les ap-
  • Benjamin GIBSON : né à Liverpool au commencement du siècle, se destina , après d'excellentes études littéraires, à la carrière des arts, et alla se fixer à Rome , avec son frère John Gibson, en 1825. Il s'était voué à la statuaire. liais, soit défaut de vocation, soit défaut de santé, il a plus brillé, dans sa courte carrière , comme critique et comme érudit , que comme artiste, tandis que son frère John , qui vit encore , est compté parmi les bons sculpteurs de son pays. Au reste , Benjamin Gibson , dont la santé était fort débile , semble avoir renoncé de bonne heure à la gloire qu'il s'était promise, et s'est dévoué, dans ses dernières années , à celle de son frère. Il ne touchait à V& bauchoir ou au ciseau que pour aider John dans ses travaux , et comme il avait le goùt trèsfin et très-éclairé, il l'aidait surtout par ses encouragements et ses conseils. Il est mort le 13 aoùt 1840, après de longues souffrances. Il a publié dans les journaux anglais des lettres pleines d'intérêt sur les antiquités de l'Italie. Ses Remarques sur les marbres de Lycie, éditées par sir Charles Fellows, n'ont pas été inutiles à Il. Raoul Rochette, qui a écrit une dissertation sur le mème sujet. La société des antiquaires de Londres a inséré dans le Musée des antiquités classiques nu curieux travail de Benjamin Gibson sur les sculptures des monuments ioniques qu'on voit à Zanthe , et possède de lui un Mémoire inédit sur des fresques découvertes à Rome, et représentant_diverses scènes de l'Odyssée
  • Benjamin GOOCH : chirurgien anglais, mort vers la fin du 18° siècle, a publié sur les résultats de sa pratique des Observations qui ont en deux éditions de son vivant, et qui après sa mort ont été réimprimées avec des additions considérables et les dernières corrections de l'auteur, sous le titre d'OEuvres chirurgicales de B. Gooch , 1792 , 5 vol. Gooch était un excellent opérateur , et son ouvrage est un des meilleurs qui aient parti en Angleterre sur son art
  • Benjamin HALLOWED-CAREW( 1760) : amiral anglais, naquit au Canada en 1760, et entra, n'étant encore qu'adolescent, au service naval. Il se trouva comme lieutenant à l'affaire de la Chesapeak et fut blessé à celles des 9 et 12 avril sous Rodney. En 1791 , il commandait le sloop le Scorpion, et fit pendant près de deux ans partie de la station de l'Afrique orientale : son activité , son humanité rendirent de grands services aux colonies de cette côte. Rappelé en Europe, il passa successivement sur d'autres navires , devint capitaine à la recommandation de lord Hood, que frappa son mérite pendant la campagne maritime de 1793 dans la Méditerranée, et eut part aux siégés de Bastia et de Calvi sous Nelson. Mais en 1796, co le vaisseau le Courageux , il eut le malheur de faire naufrage sur la côte de Barbarie : 470 hommes de son équipage y périrent. En attendant l'instant de paraître devant la cour martiale, Hallowed joignit l'amiral Jervis, et prit part comme volontaire à la bataille du cap StVincent. Jervis vainqueur le chargea , il quitta l'Orient au printemps, et, après un court séjour à Palerme, où était Nelson avec la cour des DeuxSiciles, il se dirigea vers Naples, afin d'y recueillir les ennemis de l'occupation française , et d'aider Trowhridge à réduire le château StEl me et la citadelle de Capoue. Il alla ensuite croiser sur les côtes de l'Espagne et du Portugal, puis convoya de Cadix à Lima un chargement de vifargent, passa de là en Égypte, où il transporta Bickerton ; mais à son retour il fut surpris dans les eaux de Malte par l'escadre de l'amiral Gantheaume , et , hors d'état de se défendre sur le vieux navire dont il avait le commandement, il fut obligé, après avoir subi une heure le feu de deux vaisseaux français , derrière lesquels en étaient d'autres, d'abaisser le pavillon britannique devant ses vainqueurs. La paix d'Amiens suivit de près : promu au rang de commodore , Hallowed , pendant le peu de temps que dura la suspension , puis convoya en Égypte le major général Fraser avec 5,000 hommes de débarquement , resta sur la côte d'Égypte jusqu'à l'évacuation d'Alexandrie par les Anglais, et revint croiser aux environs de Toulon. C'est pendant ce stationnement dans le golfe de Lyon qu'il parvint enfin à faire un acte d'éclat, auquel l'amirauté ne put refuser l'avancement qu'il sollicitait depuis longtemps ; il aida sir George Martin à faire échouer quatre navires français dans la baie de Fox, puis poursuivant les onze vaisseaux échappés de la baie de Roses , il prit les uns et hrùla les autres. Nommé d'abord colonel de marine en 1810, il ne tarda pas à recevoir le brevet de contreamiral ; ne quitta point la Méditerranée, et tout en ayant l'oeil sur le littoral de France, il transportait des officiers, de l'argent, des munitions sur les côtes de la Catalogne, de Valence, pour prolonger la résistance des Espagnols à Napoléon. Les événements de 1814 lui permirent un peu de repos. Il ne remplit plus que quelques missions honorifiques, commanda trois ans la station d'Irlande, et reçut le titre d'amiral en 1830. Il était alors fort riche et ajoutait à son nom celui de Carew par suite d'un grand héritage qu'il avait fait en 1816. Il mourut le 2 septembre 1854 , à Beddington Sark
  • Benjamin HEATH : jurisconsulte anglais, et greffier d'Exeter, mort le 13 septembre 1766, est auteur de plusieurs ouvrages pleins de savoir et d'une excellente critique, entre autres des suivants : 1. Essai de preuve démonstrative de l'existence, de l'unité et des attributs de Dieu ; pré- cédé d'une courte défense de l'argument communé- ment appelé à priori, 1140; 2. Note sive lectiones ad tragicorum Grœcorunz veterum, lEschyli , etc., 1752 Le principal objet de cet ouvrage est de rétablir le mètre des poaes tragiques grecs. 30 Révision du texte de Shakspeare, ml l'on consi- dère particulièrement les altérations que lui ont fait subir les éditeurs et les critiques les plus modernes, 1765 — Thomas HEATH , son frère, a pu- blié, en 1755, un Essai d'une nouvelle traduction de Job
  • Benjamin HEDERIC ou HEDERICH( 1675 - 1748) : un dés savants allemands qui ont rendu le plus de services pour la philologie et l'éducation , naquit le 10 décembre 1675, à Geithen , en Misnie. Il étudia aux universités de Leipsick et de Wittemberg , où il se distingua par ses progrès dans les sciences auxquelles il dut plus tard sa réputation. Ses parents ne pouvant suffire à son entretien , il fut obligé de donner des leçons pour se procurer un peu d'aisance. Il fut bientôt employé en qualité de professeur dans quelques gymnases. En 1705, il accepta la place de recteur de l'école de Grossenhayn, qu'il occupa pendant quarantetrois ans. Il mourut en 1748. Ilederich réunissait dans un degré éminent les connaissances nécessaires à sa place. Ses ouvrages roulent sur des sujets historiques, mathématiques , philologiques, archéologiques et mythologiques : composés pour les écoles et les jeunes gens, ils furent tous plus ou moins utiles, quoique peu consultés aujourd'hui. Les principaux sont : 1. Notifia auctorum antiqua et media, 1714 contenant une notice raisonnée des auteurs grecs et latins jusqu'à la renaissance des lettres; 2. Reales- Schul Lexicon, Leipsick , 1717 espèce d'encyclopédie en un gros volume, contenant des notions courtes et simples de tous les sujets sur lesquels un jeune homme peut désirer d'être instruit. Cet ouvrage décèle une vaste érudition. 30 Lexicon mytholo- gicum , Leipsick, 1724; 4g Lexicon archœologicum, ou Dictionnaire d'antiquités, Leipsick, 1743 50 Lexiconmanuale grœcum, Leipsick, 1722 Cette première édition , dans laquelle se retrouvaient des fautes grossières copiées de Scapula et autres lexicographes aussi peu exacts, eut plus de succès qu'elle n'en méritait dans le fond. Sam. Patrick, Anglais, en publia une édition, soi- disant corrigée et augmentée, dans laquelle les fautes de Hederich furent souvent remplacées par d'au- tres. Mais la meilleure et la seule qui soit reste est celle qu'en a publiée .1.A. Ernesti, à Leipsick, en 1766 Ce célèbre philologue traite He- derich avec rigueur : Non libenter dico , quod prœ- sens instituturn dicere cogit : Hedericum ilium, virum bonum cetera et laboriosum, sed grœce doctum , et ad tale Lexicon conficiendum, satis a lectione scrip- torum grœcorum instruclum non fuisse. On n'en doit pas moins reconnaltre le mérite du travail primitif, qui, malgré ses nombreux défauts, contribua beaucoup à faciliter aux jeunes gens l'étude de la langue grecque, et qui forme le principal titre d'Hedevich au souvenir de la postérité : l'édition d'Ernesti peut encore passer pour le meilleur manuel en ce genre. Plus ample et plus correct que les manuels de Scapula et de Schrevelius, il a sur le premier l'avantage d'un ordre plus commode , et sur l'autre celui de pouvoir servir pour la lecture de tous les auteurs grecs , tandis que Schrevelius semble avoir travaillé plus spécialement pour l'intelligence d'Homère
  • Benjamin HOADLY( 1676 - 1761) : célèbre évéque anglais, né en 1676 à Westerham , (bris le comté de lient, commença de se faire connaltre , en 1706 et 1708 , par quelques écrits contre le docteur Atterbury. Une discussion animée s'éleva entre eux en 1709, sur la doctrine de la nonrésistance , à l'occasion d'un ouvrage d'Hoadly , intitulé Mesure de l'obéis- sance. Le caractère et le talent qu'il montra dans cette controverse lui méritèrent la reconnaissance de la chambre des communes qui , dans une adresse à la reine , représenta les services qu'il avait rendus à la cause de la liberté civile et religieuse ; mais ces mêmes qualités déchalnèrent contre lui la violence des partis, tellement qu'élevé en 1715 à l'évèché de Bangor , il n'osa jamais en prendre possession , et continua de prêcher à Londres en faveur de ses opinions. Ce fut vers ce temps qu'il prononça un sermon sur ces paroles de JésusChrist , Mon royaume n'est . pas de ce inonde; sermon qui produisit la fameuse contro- verse appelée bangorienne, qui occupa la presse pendant plusieurs années. Le sens qu'il donnait au texte était que le clergé ne pouvait avoir aucune juridiction temporelle. Le docteur Snape y répondit avec beaucoup de véhémence; et, dans le cours du débat, l'argument passa insensiblement des droits du clergé à celui des rois dans le gouvernement de l'Église. Iloadly soutint avec vigueur les prétentions des rois, mais trouva un victorieux antagoniste dans le docteur William Law. 11 eut une autre discussion avec le docteur Hare sur la nature de la prière. Sherlok et Potter écrivirent aussi contre lui. Hoadly publia en 1735 son Exposé du sacrement de la Cène, Où il achève de dépouiller ce sacrement du peu qu'y avait 'laissé Calvin : il n'y voyait qu'une cérémonie ex- térieure et une formule. Partisan de la plus grande liberté civile et religieuse, il peut ètre regardé, avec son ami Clarke, comme le chef d'une école dont le système religieux est trèsvoisin du déisme. L'évêque de Bangor fut transféré à l'évèché de Hereford en 1721 , à celui de Salisbury en 1725, et enfin en 1734 à l'évèché de Winchester, qu'il occupa plus de vingtsix ans. Il mourut en 1761, àgé de 85 ans. Comme écrivain , son style est clair et énergique; mais il donne à ses périodes une 4ongueur désagréable. o Swift, dit Pope , écrit d'un style serré; Hoadly fait des phrases d'un mille. » Akenside loi a adressé une ode fort admirée par les Anglais. Sa vie a été écrite par sQn fils cadet, qui donna, en 1773, une édition complète de ses ouvrages théologiques en 5 volumes
  • Benjamin HOADLY( 1706 - 1757) : médecin anglais, fils aîné du précédent , naquit à Londres en' 1706. Élevé à l'université de Cambridge, il fut le plus distingué des élèves du professeur aveugle Saunderson. La société royale de Londres le reçut fort jeune dans son sein ; et le docteur Clarke le fit plus généralement connaltre dans le monde savant, en lui adressant une lettre imprimée à l'occasion de la controverse qui s'était élevée parmi les mathématiciens, concernant la proportion de vitesse et de force dans les corps en mouvement. Il fut greffier de Hereford pendant l'épiscopat de son père , fut nommé médecin de la maison du roi en l7!2, et de la maison du prince de Galles en 1745. Ce prince lui donna en cette occasion des marques d'une bienveillance particulière. lloadly exerçC ces deux emplois pendant plusieurs années, dans un temps où les deux branches de la famille royale vivaient en assez mauvaise intelligence ; ce qui est un témoignage bien honorable en sa faveur. Il mourut à Chelsea, le 10 août 1757. Ses ouvrages sont : 1° Trois lettres sur les or- ganes de la respiration, lues au collége des médecins de Londres, en 1737, avec un appendice, 1740 20 ° ratio anniversaria in theatro medicorum Londinensiunz, ex Harveii institut° ha- bita die 18 octobre A. D., 1742 ; 50 Le mari soup- çonneux, 4747 , l'une des plus agréables comédies du théâtre anglais, et qui continue d'y ètre jouée avec beaucoup de succès. Il est rare d'allier ainsi des talents aussi divers. 4° Observations sur une suite d'expériences électriques, par Iloadly et Wilson, 1756 Il eut aussi part à l'Analyse de la beauté, de la composition du peintre Hogarth
  • Benjamin IBBOT( 1680 - 1725) : écrivain anglais, né en 1680, à Beachamwell dans le comté de Norfolk , trouva de bonne heure un protecteur dans le vertueux archevêque Tenison , qui le nomma son bibliothécaire et son chapelain. Il fut ensuite pourvu de divers bénéfices, nommé prédicateur adjoint au docteur Samuel Clarke , et prébendier de l'église collégiale de StPaul à Westminster. 11 mourut le 5 avril 1725, âgé de 45 ans. Après sa mort, parut, d'après ses désirs, une suite de sermons qu'il avait prononcés pour la lecture fondée, à Cambridge , par Robert Boyle. Ces sermons prouvent un jugement solide et éclairé, et remplissent parfaitement l'objet de l'auteur, qui était de réfuter l'ouvrage de Collins sur le libre arbitre. Ils sont suivis d'une liste des savants qui ont prêché les leçons de Boyle depuis leur origine, en -1692, jusqu'en 1726, avec un précis des sujets qu'ils ont traités. Le docteur Clarke , ami d'Ibbot , choisit parmi ses manuscrits et publia, en 1726, au bénéfice de sa veuve , trente Sermons sur des sujets de morale pratique, en deux volumes Ces sermons eurent beaucoup de succès. On a encore de lui six sermons détachés, et une traduction du traité de Puffendorf , De habita religionis christiance ad vitam civilem , publiée , en 1719 sans le nom du traducteur
  • Benjamin JENKS( 1646 - 1724) : théologien anglais, né en 1646, d'une ancienne famille du Shropshire, fut recteur d'Harlay et de Kenley dans cette province, et chapelain du comte de Bradford. Il est auteur de quelques ouvrages dont le plus connu est intitulé Prières et offices de dévotion, dédié à Williams, évèque de Chichester, avec lequel Jenks avait un degré de parenté ; ce livre a eu un grand nombre (l'éditions, la vingtseptième, en 1810, retouchée par le révérend Ch. Siméon. On cite de lui des Méditations sur divers sujets importants, reproduites en 1756, 2 vol. avec une préface de J. Hervey. Une de ces méditations roule sur son cercueil, qu'il avait préparé , qu'il tint près de lui pendant plusieurs années, et dans lequel il avait placé deux crànes, dont l'un était celui d'un de ses proches. Jenks est mort à Har- lay en 1724
  • Benjamin JOHNSON( 1574) : plus connu sous le nom de Ben- Johnson , un des plus célèbres auteurs dramatiques qu'ait eus l'Angleterre, était l'enfant posthume d'un ecclésiastique protestant de West- minster, persécuté sous le règne de Marie, et naquit en 1574. Il reçut une partie de son instruction, dans l'école de cette ville, du célèbre Camden, dont il fut toujours l'ami. Sa mère, s'étant rema- riée à un maçon, voulut 1e destiner à cette profession; et on le vit alors tenant une truelle d'une main et un livre de l'autre : mais Benjamin préféra bientôt de s'engager comme soldat. 11 servit dans l'armée anglaise contre les Espagnols dans les PaysBas, y montra de la bravoure, et ne laissa point aux autres le soin de la célébrer ; car la vanité formait un des principaux traits de son caractère. A son retour dans sa patrie, il se rendit à l'université. de Cambridge, pour y terminer ses études; mais il ne put'y rester, faute de moyens d'existence; il n'en trouva qu'à peine dans la profession de comédien, qu'il adopta sans vocation, et dans laquelle il ne rencontra que des dégoùts. Son jeu était ignoble et embarrassé : il reçut son congé. Un de ses confrères l'ayant insulté, ils se battirent en duel : Johnson fut blessé, mais tua son adversaire. 11 fut mis en prison , et là se convertit au catholicisme, qu'il déserta , diton, douze ans après. S'étant marié, la sphère de ses besoins s'étendit, et, à l'âge de vingtquatre ans, il se mit à composer des pièces de théâtre, mais d'abord sans aucun succès : cependant Shakes- peare ayant jeté les yeux sur le manuscrit de la deuxième piece du jeune auteur, y découvrit des beautés, la lit jouer sur son théâtre, et continua depuis de le protéger et de l'aider, même de sa Plume. L'amitié, du moins de la part de Shakes- peare, ne se démentit jamais : celle du protégé n'est pas aussi bien reconnue. Ses attaques satiriques contre quelques hommes de loi et des militaires en réputation lui attirèrent des ennemis qu'il combattit par de nouvelles satires. Ses envieux ne pouvant nier son talent, lui reprochaient surtout sa lenteur dans la composition. Il est vrai qu'il ne produisit guère qu'une bonne pièce chaque année. Il leur répondit en composant, en cinq semaines, Volpone , l'une de ses meilleures pièces. Il avait fait paraitre auparavant deux autres comédies assez remarquables, Chaque homme dans son earactère, et Chaque femme hors de son caractère, toutes deux représentées sur le théâtre particulier appelé le Globe, par les domestiques du lord chambellan. Le célèbre Shakespeare joua un rôle dans ces deux pièces, ainsi que dans Je Mourais poêlé , comédie satirique, dirigée principalement contre Decker, un des ennemis de BenJohnson ; dans Séjan, tragédie où l'on trouve des situations fortes; dans Catilina, tragédie, et dans d'autres encore. On a reproché à cette dernière pièce d'être faite d'extraits de Salluste et de Cicéron mal employés. Les Écossais dominaient alors à la cour ; ils se crurent offensés dans quelques passages d'une comédie composée en société par Johnson, Chapman et Marston, et reçue avec applaudissement par un public jaloux. Les trois auteurs furent mis en prison. Rendu à la liberté, BenJohnson commença bientôt à étre pour la cour le principal faiseur des ouvrages appelés Inasques, alors fort à la mode, et qui n'étaient que des canevas d'après lesquels son ami 'nig Jones arrangeait des décorations et des machines. S'étant brouillé avec l'architecte, il le livra sans ménagement à la risée publique dans l'une de ses pièces intitulée la Foire de St- liarthé- lenzi, jouée en 1644. Il composait néanmoins de temps en temps des comédies de caractère, qui eurent des succès divers. On cite surtout la Femme taciturne , et l'Alchimiste . Il fit, en 1613, un voyage en France, où il eut une entrevue avec le cardinal Duperron, qui lui communiqua sa traduction de Virgile. Johnson eut, diton, la franchise de lui déclarer qu'elle n'était pas bonne. Apparemment il n'espérait rien du cardinal ; car on est obligé de convenir que son intérét l'a rendu souvent l'un des plus rampants adulateurs des grands, comme le prouvent ses adresses au' roi Jacques. Il publia en 1616 ses OEuvres en 4 volumes On y trouve toutes ses pièces de théâtre, à l'exception de la Foire de St- Barthé- lemi, et d'une autre intitulée Le diable est un due. Il y joignit un livre d'épigrammes et une collection de scènes qu'il intitula la Fordt. Il obtint, en 1619, le titre de poilé lauréat, vacant par la mort de Samuel Daniel, et il parvint à faire augmenter la pension attachée à ce nom . Peu de temps après, il fit en Écosse un voyage à pied, dont il a donné la description clans un poeme en vers. Il Les appointements de cette place n'étaient à cette époque que de cent marcs, que Johnson flt changer en autant de livres sterling , sur une pétition en vers qu'il adressa .au roi Charles. Ce prince y fit ajouter, en outre, une petite pièce de vin d'Espagne. composa encore plusieurs autres pièces de théâtre, et ne cessa de travailler pour la scène qu'en 1654. Les drames qu'il a laissés sont au nombre de c Par suite de son manque d'économie , il se trouva, dans sa vieillesse, réduit à mendier en vers des gratifications qu'il dissipait follement. Dans une de ses épîtres, adressée au duc de Newcastle, il dit : ‹, Je ne suis pas assez impudent pour emprunter de l'argent de V. S., car je n'ai

Benjamin année par année

Signe astrologique de Benjamin

Couleur de Benjamin

Pierre précieuse de Benjamin

Chiffre de Benjamin

Métal de Benjamin