Le prénom Auguste Masculin

Origine :

Fête :

29 Février

Signification de Auguste

Ancien et jadis extrêmement populaire, le prénom masculin Auguste n’est plus aujourd’hui très en vogue et assez désuet. Dès 1906, 2 954 naissances portant le prénom Auguste ont été enregistrées. En 1968, seulement 35 Auguste ont été comptabilisés. Ce chiffre représente le pic le plus bas en 60 ans. La popularité garde ce rythme et remonte sa cote en 2001, où l’on recense 104 naissances baptisées Auguste. Ses variantes sont Augustin, Gustin, ou encore Austin.
Le prénom Auguste est illustré par plusieurs personnages français célèbres parmi lesquels on retrouve le philosophe Auguste Comte, le pitre Auguste Guérin, également connu sous le nom de Galimafre, ou encore Auguste Lumière, qui a participé à la révolution cinématographique en inventant le cinématographe.

Personnalité de Auguste

Ce sont des battants, ils veulent sans cesse aller de l'avant, se dépasser. Courageux, vaillants, intrépides, ce sont des aventuriers. Ils ont le sens de l'autorité et de la générosité. Ce sont de bons vivants, pleins de bon sens, à l'esprit pratique et optimiste.

Provenance du prénom Auguste

Histoire de Auguste

Etymologie de Auguste

Les Auguste célèbres

  • Auguste BEYER( 1707 - 1741) : ministre protestant, né le 21 mai 1707, mort en 17 ;1, a donné : 1° Epistola de bibliothecis Dresdensibus tuin publicis, lino pri- vans, Dresde, 1751 2° Bernardi Moneta! Epistola haelenuis inedita ad Michaelern Maittarium, Dresde et Leipsick, 1732 Il l'a- 's'ait trouvée dans le musée de Schœmberg. 30 »- morio historico- cn'tica3 librorum rariorum, Dresde et Leipsick, 1754 4° Arcana sacra bibliothe- 'tuauni Dresdensiurn, Dresde, 1738 il publia depuis deux suites à cet ouvrage, 1738 et 1740
  • Auguste BUCHNER( 1591 - 1661) : né à Dresde, le 2 novembre 1591, professa la poésie et l'éloquence dans l'université de Wittenberg, et s'y acquit beaucoup de réputation. La reine Christine l'invita à passer en Suède , mais il refusa les offres de cette princesse. 11 mourut à Wittenberg, le 12 février 1661, à'gé de 70 ans. On a de lui : Dissertationes academicoe, Wittenberg, 1650 ; Francfort, 1678 Poemata selectiora, Leipsick, 1694 5 Ora- Hottes academicce, publiées par Stubel, Francfort et Leipsick, -1705, 4727 Au jugement de quelques philologues, aucun ouvrage moderne en ce genre n'approche autant du style et de la manière de Cicéron. 5° Oratio de prineipatu Galbce, Witten- berg, 1655 : ce discours ne se trouve pas dans la collection précédente. 4° Epistolce, aussi publiées par Stubel, Francfort et Leipsick, 1707, 1720 Des notes et des commentaires sur Cornélius Népos, sur les Comédies de Plaute, sur les Lettres de Pline le jeune, etc
  • Auguste CARPZOV : frère du précédent, docteur en droit, né à Colditz , s'occupa surtout de la diplomatie. Après avoir été avocat de la cour à Wittemberg, il remplit successivement les places de conseiller, d'assesseur et de chancelier de la haute cour en Saxe. Il assista au traité de paix d'Osnabruck, et, en 1649, en qualité d'envoyé chargé de pleins pouvoirs, à celui de Nuremberg, qui réglait l'exécution du premier. Il obtint, en 1651 , la place de chancelier à Cobourg, et, en 1675, celle de conseiller intime à Gotha. Il mourut en 1683, laissant des Meditaliones passionales et quelques autres écrits
  • Auguste DANICAN( 1763) : général de brigade. Son nom occupe une place dans l'histoire de la révolution et n'acquit quelque célébrité qu'en raison de la part qu'il a eue à l'une des grandes journées de cette époque. Né en 1763 et sorti d'une famille noble, mais pauvre, il resta simple soldat au régiment de BarroisInfanterie, jusqu'à ce que les circonstances lui eussent procuré un avancement rapide. Parvenu au grade de colonel de hussards et bientôt après à celui de général de brigade, il fut employé en sousordre dans la Vendée en 1793 et 1794.11 y apporta des sentiments d'humanité et une modération qui ne furent point partagés par d'autres chefs, dont les cruautés prolongèrent la guerre civile et lui imprimèrent par leurs excès, un cachet d'atrocité. Le général Danican défendit avec quelque succès la \ ille d'Angers contre les Vendéens après le passage de la Loire. Néanmoins le gouvernement ombrageux de la convention l'accusa d'avoir voulu livrer cette place à l'armée, royale et le rappela. En 1795 il fut remis en acti- vité et on lui donna le commandement de Rouen. Au moment des journées des .12 et 13 vendémiaire an 4, le général Danican fut appelé par le comité central des sections insurgées contre la Convention au commandement des gardes nationales qu'elles avaient mises sur pied pour attaquer cette assemblée. Il serait difficile de préciser le caractère de cette insurrection qui se composait d'éléments différents et de voeux opposés. Le passage suivant d'une brochure publiée après l'événement par le général indique néanmoins que la révolte était dirigée contre les terroristes et les jacobins, qui, après le 9 thermidor avaient conservé de l'influence dans la convention « Dans la nuit j'avais été « nommé par le comité central, commandant des « sections réunies, et je ne devais cette marque « d'estime et de confiance qu'à une conduite « franche et à la haine que je n'ai cessé de té- « moigner aux massacreurs. » Ce qui peut con - fumer cette assertion du général_ Danican, c'est ' que la section Lepelletier, foyer et centre de l' avait choisi pour président Richer Serisy, le célèbre auteur de l'Accusateur public, écrit périodique qui attaquait alors avec la plus grande violence les conventionnels signalés comme ayant adhéré au régime de la terreur, et empreint d'une couleur de royalisme trèsprononcée. Une circonstance qui a précédé le combat de quelques heures, à la suite duquel la victoire est restée à la convention, jette une lumière sur le caractère du général Danican. 11 envoya proposer au comité de défense de l'assemblée, de désarmer ce qu'on appe- lait les patriotes, offrant de son côté, le désarmement des sections. Cette proposition, qui pouvait passer pour une marque de faiblesse ou de crainte, ne fut pas accueillie. Nous ne rappellerons pas ici les circonstances de ces journées; elles se trouvent ailleurs. Que pouvaient le désaccord des sections entre elles et l'inexpérience de leur général, contre les forces militaires commandées parBarras nommé général en chef, ayant sous ses ordres les généraux Bonaparte, Berruyer, Canaux, Brune, Verdier et autres commandant les troupes tirées du camp établi dans la plaine des Sablons et disposant d'une artillerie nombreuse et bien servie ? Après la dé- route des sections, le général Danican parvint à s'échapper et à passer en Allemagne, tandis qu'un conseil de guerre, l'assemblé au théâtre français, le condamnait à la peine de mort. Réfugié à Hambo»rg et ensuite à Blankemburg, il fut employé à ce qu'il paraît comme agent de Louis XVIII. Peu de temps avant le 18 fructidor il fit paraître et répandit à Paris des brochures dans un style assez médiocre, entre autres : le fléau des tyrans et les brigands démasqués, traits sans portée, décochés en fuyant de nouveau la proscription. Depuis cette époque jusqu'en 1814, ce général mena une vie errante et aventureuse. En 1799 il se trouva en Suisse avec un petit rassemblement d'é- migrés. Après avoir séjourné quelque temps en Piémont, il rentra en France et parcourut les départements du midi qu'il essaya vainement de soulever. Fatigué et dégoûté de ses tentatives, il se retira en Angleterre où le gouvernement lui accorda une pension dont il a joui longtemps, on ne sait, pour quel genre de service. Après la seconde res- tauration il vint en France et sollicita vainement des ministres du roi sa réintégration dans son grade et la récompense des services qu'il prétendait avoir rendus. Ne pouvant rien obtenir, il retourna en Angleterre. Selon quelques personnes qui l'ont connu, l'inconsistance de son caractère, la faiblesse et la médiocrité de son esprit, et, il faut le dire, quelque chose gni ressemblait à de l'intrigue, ne permirent pas de l'employer, ni même de lui tenir compte du mouvement qu'il s'était donné au 13 vendé- miaire et depuis. Le général Danican peut être considéré comme un de ces hommes que l'agitation des révolutions portent en haut, leur offrant une occasion favorable de se produire; mais qui, faute de décision, de talents, d'esprit de suite, peut-être même de bonheur, disparaissent et rentrent bientôt dans leur obscurité. 11 est mort à ltzehoe, dans le duché de Holstein en décembre 1848, âgé de ans
  • Auguste DUVAU( 1771) : l'un des collaborateurs de cette Biograpbie, naquit à Tours le 15 jan-- vier 1771, d'une famille appartenant à la noblesse de cette province. 11 fit ses études avec distinction dans les colléges de la capitale. A peine les avaitil achevées, qu'il suivit son frère aîné, officier de marine, sous les drapeaux de l'armée que les princes français réunissaient sur les bords du Rhin. Après,la courte et stérile campagne do cette armée, le jeune Duvau, qui pensait avoir satisfait à ce que l'honneur exigeait, s'éloigna du théâtre de la guerre civile, et demanda aux sciences et aux lettres la consolation de son exil et les ressources que des lois cruelles ne 1M permettaient pas de tirer de sa patrie. Voulant apprendre empiétement la langue allemande, il se confina dans un village de la Westphalie, et il parvint, en peu d'années, à parler cette langue si difficile avec la même facilité que sa langue maternelle; mais à l'approche des troupes républicaines, Duvau dut quitter son asile et se réfugier en Saxe. A cette époque , Morutier , ancien député aux états généraux de 1789, forcé aussi de fuir le sol natal, fonda au château du Belvédère, non loin de Weimar, un institut destiné à compléter l'instruction de jermos gens voués aux affaires publiques, et principalement à la diplomatie. Duvasi fut au nombre des professeurs, et resta auprès de Mounier jusqu'au moment où les Français émigrés purent revoir leur pays. 11 y rentra en 1802 ; toutefois il en ressortit peu . C'est une chose remarquable qu'un ouvrage écrit par un Français en allemand : il règne d'ailleurs dans celuici un esprit de sagesse et de modération qui peint et honore le caractère de l'auteur. De Lei psick, Du vau se rendit à Genève, où il fut accueilli par les hommes les plus éclairés, qui développèrent son goût pour l'étude de la nature. En 1805 , la tâche qu'il avait acceptée était terminée ; il s'établit à la campagne, dans le voisinage de Tours : mais au bout de quelques années, le fils de Mounier, qui avait été son disciple , l'appela à Paris , et, en suivant cet ami , il devint d'abord chef du bureau de traduction du cabinet impérial, puis chef du secrétariat de l'intendance des bâtiments de la couronne. 11 exerça les fonctions de ce dernier emploi jusqu'au commencement de 1830. C'est alors qu'il renonça aux affaires pour se retirer dans sa propriété en Touraine. Le roi, qui l'avait déjà nommé chevalier de la Légiond'hon- neur , lui accorda une pension qui assurait son aisance; niais cet homme estimable ne jouit pas longtemps d'un repos acquis par de longs et utiles travaux. Il n'avait pas d'enfant : un neveu qu'il regardait comme son fils, et qu'il instruisait luimême, avait été enlevé par une mort prématurée, Le titre de Pouvrag, est f. II lut, à la même Académie, un autre mémoire sur le genre Veronica. La botanique était la science qu'il cultivait de prédilection ; aussi s'étaitil chargé de rédiger, pour la Biographie universelle, les notices des hommes qui se sont fait un nom dans cette branche de l'histoire naturelle. A partir de la lettre II, un grand nombre de ces notices lui appartient ; elles sont le fruit de recherches sérieuses, approfondies, et non point de simples extraits de biographies antérieures. C'est à la suite de lectures assidues et d'études comparées qu'il a fait connaître les travaux des différents botanistes, et assigné à chacun sa part aux progrès de la science. On doit particulièrement remarquer les articles de l'Ecluse, de Jussieu, de Lobel, de Morison, de Plumier, de Tournefort ; mais, en même temps, Duvau, dont les connaissances étaient aussi variées u' étend ues , avait été appelé à s'occuper des littérateurs de l'Allemagne. Ses articles sut Jacobi, Lessing, Musfflus, Opitz, Schiller, Weisse, Wieland, sont des monuments de son érudition, ainsi que de sa critique éclairée autant qu'impartiale. 11 ne s'est, d'ailleurs, point arrêté aux hommes illustrés par les sciences et les lettres : les notices de plusieurs personnages politiques, de plusieurs guerriers , sont également sorties de sa plume. Nous citerons entre autres , La MottePiquet , Wallenstein et Piccolomini. Dans tous ces articles, qui exigeaient des recherches si diverses, Duvau a fait preuve d'un amour de la vérité, d'un zèle pour la science , d'un respect pour tous les sentiments nobles et élevés , dont les amis des lettres doivent lui garder reconnaissance. Il a laissé , en outre , plusieurs ouvrages manuscrits, notamment toute la partie botanique d'un Dictionnaire biographique consacré spécialement aux naturalistes. M. kunth a dédié à la mémoire d'un savant , qui aurait été plus
  • Auguste EZLER : médecin de Wittenberg , vivait au commencement du 17e siècle. On connaît de lui un Introductorium iatro- mathematicum , et un tmetatus fundamentum medicinœ celernum explanans ; mais le plus curieux de ses ouvrages est son Isogoge physico- magico- medica in qua signa- tune vegetabilium et animalium depinguntur, Strasbourg, 1631 On voit par le titre et la date de cet ouvrage qu'il avait cherché à maintenir une doctrine trèsancienne , dans un temps où l'observation directe de la nature l'avait beaucoup ébranlée, et qu'on commençait à reléguer parmi les fables tout ce que plusieurs auteurs , entre autres Portus _et Crollius , avaient écrit à ce sujet
  • Auguste GALLAND( 1570) : conseiller d'Ètat, né vers 1570, était fils d'un officier de la maison de Navarre, particulièrement considéré de Henri IV pour sa probité et ses lumières. Il fit ses études à l'université de Paris, et exerça ensuite la profession d'avocat avec distinction. 11 succéda à son père dans les emplois qu'il tenait de la maison de Navarre , mérita par ses services l'affection de son prince , et parvint enfin aux places de membre du conseil d'État et du conseil privé. Il fut nommé en 1620 pour présider le synode de Castres; et comme il s'y montra opposé aux desseins du duc de Rohan, et que d'ailleurs il avait abandonné le parti des réformés après s'en ètre montré longtemps le dé- fenseur, il ne faut pas être surpris que le duc de Ro- han en ait fait un portrait peu avantageux dans ses Mémoires . Les recherches auxquelles Galland avait été obligé de se livrer pour faire revivre les droits du roi sur les domaines de la couronne aliénés par le malheur des temps, ou usurpés par les princes voisins, le déterminèrent à s'appliquer à l'étude de l'histoire. Les ouvrages qu'il a publiés et ceux qu'il a laissés en manuscrit prouvent qu'il joignait à beaucoup de patience de la bonne foi et un esprit de critique trèsestimable. On ne peut assigner d'une manière précise l'époque de la ntort de Galland; mais on sait qu'il ne vivait plus en 1645. On a de lui : 1° Discours sur l'état de la ville de la Rochelle et touchant ses anciens pricilé- ges , Paris, 1626 réimprimé sous ce titre, Discours au roi sur la naissance, ancien état, pro- grès et accroissement de la ville de la Rochelle , ibid., 1629 et inséré à la fin du tome 13 du Mer- cure français. Galland prouve dans cet ouvrage que les priviléges dont se glorifiait cette ville étaient des concessions des rois de France ; et il y réfute un libelle publié par les révoltés, dans lequel on affirmait que Louis XI avait juré à genoux, entre les mains du maire, la confirmation de ces priviléges. 2° Traité du franc- alleu sans titre, ibid., 1629 , 4°; 1637 : cette seconde édition est plus ample d'un tiers que la première. Il a été traduit en latin et inséré dans le recueil de Schiller : De fendis Imperii francisci. Furgole dit que c'est un factum en faveur des traitants qui avaient un intérêt à combattre le francalleu; mais qu'il a été réfuté sans réplique par Caseneuve . 3° Des anciennes enseignes et étendards de France ; de la chape de St- Martin ; de l'office du grand sénéchal , dit Dapifer ; de l'ori- flamme ou étendard de St- Denis, etc., Paris, 1637 ouvrage rare et curieux : il a été inséré dans le tome 9. des Antiquités de Paris, par Sauvai ; et M. Poncelin en a donné une nouvelle édition suivie d'une Dissertation trèsimportante sur le même sujet , Paris , 1789. e Mémoires pour l'his- toire de Navarre et de Flandre, contenant le droit du roi au royaume de Navarre, etc., Paris, 1648 Cet ouvrage a été mis au jour par le fils de l'auteur, prêtre de l'Oratoire : il est divisé en deux parties; la première est une espèce de factum écrit d'une manière solide, mais peu agréable; la seconde renferme les preuves à l'appui du discours, et dans le nombre il s'en trouve de fort curieuses. Il a en outre laissé en manuscrit : 1° Un Traité des Albigeois et des Vaudois , 4 vol. ti) On envoya, dit le duc de Rohan , pour commissaire au synode , Galland, reconnu sans contredit pour habile homme, mais mercenaire, sans honte et sans conscience, avec des tendantes à faire improuver la dernière prise d'armes du duc de Rohan, et à faire désavouer ses intelligences aux pays étrangers, et même, s'il se pouvait, le faire excommunier . 2" Mémoires touchant le domaineTitres concernant l'Artois , la Franche- Comté , la Bourgo- gne , la Flandre ; 40 Inventaire du trésor des chartes de la Ste- Chapelle de Paris 5" Des Généalogies des familles nobles de France et de Paris, 10 vol. ; 6° enfin une Histoire de la reforme en France, que son fils promettait de Publier avec un Discours contenant la réfutation des Mémoires du duc de Rohan
  • Auguste GEORGE II( 1683) : fils et successeur du précédent , naquit le 30 octobre 1683 ; il reçut de la reine Aune en 1706 l'ordre de la Jarretière , avec les titres de pair d'Angleterre et Les restrictions que l'auteur de l'article qu'on vient de lire sur George I.r apporte à l'éloge de ce roi sont parfaitement fondées. L'auteur, si bien instruit d ailleurs de tout ce qui regarde l'histoire d'Angleterre, nous semble avoir, malgré ces restrictions, jugé ce prince avec une excessive indulgence. La situation du roi Gorge était, nous l'avouons , ditBcile. Il arrivait dans un pays qui ne le connaissait pas et dont il n'entendait pas la langue. La plus grande partie de ceux qu'il appelait ses sujets ne voyaient en lui qu'un usurpateur. Il y avait, dans la lamine royale et ses diverses branches, quarantecinq personnes qui, dans l'ordre naturel de succession , étaient plus près que lui de la couronne. Il n'avait donc pour lui ni l'autorité morale ni le prestige du droit monarchique. Il était moins un roi qu'un chef de parti. Il en avait tes inquiétudes et les ombrages. Le premier acte de son gouvernement ne fut pas seulement un acte de défiance; ce fut une injustice. Il lit durer deux ans la captivité du comte d'Oxford, auquel on ne put reprocher, après la plus minutieuse enquête, une ombre de crime. ll provoqua , par ses mesures acerbes, la révolte de 1715 et fit couler sur les échafauds le sang épargné sur le champ de bataille. Il mêla à ces rigueurs un système de corruption plus odieux encore. Il entrains la nation dans les spéculations les plus hasardeuses. Il s'entoura d'hommes méprisables. Il flatta la cupidité et tous les bas instincts qu'il était de son devoir de réprimer. Il solda les plumes vénales. Il eut un parlement composé de mercenaires. Il avilit l'épiscopat et la magistrature. C'est par cette coupable habileté qu'il parvint à triompher des embarras intérieurs de son gouvernement. . Lord Carteret, le nouveau ministre qui lui succéda dans l'affection et la confiance de George II, attira bientôt sur sa patrie de plus grands désastres , en faisant intervenir son maître dans la guerre que la mort de Charles VI venait d'allumer sur le continent. L'attachement que George H avait conservé, ainsi que son père, pour l'électorat de Hanovre le portait naturellement à faire tous ses efforts pour en maintenir la sùreté, qui dépendait du juste équilibre des divers intérêts du corps germanique. Quarante mille Anglais marchèrent au secours de la reine de Hongrie, MarieThérèse , alors abandonnée par l'Europe entière, et pour ainsi dire accablée sous les forces de la France. Le roi, qui dans la guerre de la succession avait donné de grandes preuves d'intrépidité, vint en personne prendre le commandement de cette armée. La victoire de Dettingen , due en partie à l'impétuosité mal calculée du duc de Gramont, sauva les Anglais d'une ruine presque totale; car depuis quelques jours, coupés par le maréchal de Noailles , ils ne pouvaient recevoir ni vivres ni munitions. La gloire de ce succès fut bientôt obscurcie par la bataille de Fontenoi , perdue par le duc de Cumberland contre Louis XV. Mais le sentiment pénible de cette défaite dut faire place à des inquiétudes plus vives. Le prince Édouard , fils du prétendant , n'ayant pour ainsi dire d'autre appui que son nom et les droits de ses aïeux , était descendu en Écosse, et, en peu de jours , avait pénétré jusque dans la capitale de ce royaume : ce succès important exaltant son audace, il avait fait une irruption en Angleterre à la tète de quelques milliers de montagnards accourus sous ses drapeaux, et il marchait à grandes journées sur Londres. Il n'était plus qu'à cent milles de cette métropole : le sceptre de la GrandeBretagne semblait devoir échapper à la maison de Brunswick; l'épouvante avait saisi tous les coeurs. Sur ces entrefaites , le duc de Cumberland est rappelé en Angleterre : sa présence ranime le courage de la nation ; il force l'ennemi à retourner sur ses pas, le joint à Culloden . et le met dans une déroute complète. Cette mémorable journée , qui renversa pour jamais les espérances des Stuarts, fut suivie de sanglantes , exécutions contre les Écossais, qui dans cette conjoncture s'étaient montrés leurs partisans . La victoire de Culloden fut la dernière faveur que les armées anglaises obtinrent de la fortune. Elles furent battues par le maréchal de Saxe à Lawfeld. Le ministère britannique , ne voyant plus dans la guerre des chances assez lu pour la continuer , consentit enfin à la paix , et le traité d'AixlaChapelle mit un ternie aux calamités de l'Europe . Après une guerre si dispendieuse , et qui avait porté la dette publique à une somme énorme, la GrandeBretagne étonna l'Europe par une mesure qui prouva et la richesse de son commerce et l'é- tendue de son crédit national. Les créanciers de l'État acquiescèrent volontairement à une telle réduction d'intérêts qu'à peine auraiton osé croire que la proposition en pût être faite avant même que la nation eût contractée la moitié de cette dette. La paix d'AixlaChapelle était peu glorieuse pour l'Angleterre : aussi futelle de courte durée. Quelques misérables querelles survenues à l'occasion , et sa mort eut pour cause rupture de la substance du ventricule droit de sot coeur, qui arrêta surlechamp la circulation dt sang, sans aucune apparence de douleur, et sang que cette maladie eût été précédemment annon cée par aucun symptôme. Il était alors dans h 77e année de son Age et la 33e de son règne. I avait eu de la reine Caroline d'Anspach deux fil et cinq filles, savoir : Frédéric, prince de Galles père de George 111, Guillaume , duc de Cumber land; Anne , mariée au prince d'Orange; Marie qui épousa le landgrave de HesseCassel ; Louise mariée au roi de Danemarck ; Amélie et Caroline qui n'ont jamais été mariées, George II était d'un sans qu'aucune nouvelle en eùt encore été donnée au roi son beaupère ; l'oubli des bienséances fut même poussé plus loin. Surprise par les douleurs de l'enfantement à Ilamptoncourt , où se trouvait alors la famille royale , la princesse fut transportée, par ordre de son époux , au palais de StJames , où elle accoucha pour ainsi dire Glandes- ' finement. La reine ni aucun des grands officiers d'État , dont la présence est regardée comme nécessaire en pareil cas, n'avaient été avertis. Vive- ' ment offensé de cette omission affectée d'un devoir indispensable, George 11 fit signifier à son fils de quitter le palais , et ne voulut jamais lui permettre de venir recevoir la bénédiction de sa mère expirante. La reine mourut effectivement sans l'avoir vu; niais la bonté maternelle lui fit notifier par un message qu'elle avait pardonné. De ce moment, le prince de Galles s'attacha de plus en plus aux membres de l'opposition : sa maison devint le rendezvous habituel des Bolingbroke, des Pitt, des Chesterfield , etc. , et on le vit constamment combattre avec eux les projets présentés par la cour au parlement. George H , étant déjà d'un lige mûr lorsqu'il vint en Angleterre, ne put jamais acquérir une connaissance assez profonde de la langue du pays pour en apprécier l'énergie et les beautés : aussi ne parutil jamais faire assez de cas de la littérature anglaise , qui ne fit que trèspeu de progrès sous son règne. C'est à lui cependant que l'Angleterre fut redevable de l'établissement du Musée britannique , service le plus important qui pût être rendu aux sciences et à la littérature en général, et qui assure pour jamais à la mémoire de George lI la reconnaissance de tous les savants. Son petitfils lui succéda sous le nom de George Ill
  • Auguste HUS( 1769) : littérateur, petitfils, fils et neveu des trois personnages précédents, naquit à Turin en 1769, et fut d'abord danseur et professeur de danse. Il obtint inème la survivance de la charge de danseur de la cour qu'avait son père: mais en 179e il embrassa fort chaudement le parti de la révolution française, et se fit remarquer parmi les étudiants de l'université, qui se livrèrent à quelques mouvements d'insurrection. Compromis dans la conspiration dont les chefs Junot, Boyer et Santel furent pendus dans la citadelle de Turin , en juillet 1794 , il fut obligé de se sauver ainsi que Campana , Botta et quelques autres. S'étant réfugié à Paris, il y écrivit dans les journaux, publia plusieurs brochures révolutionnaires , et ne revint dans sa patrie qu'après l'invasion des Français , en 1796. Le directoire exécutif l'avait chargé de disposer les Piémontais à leur réunion à la France. Lorsque cette réunion eut été opérée, Hus fut nommé sousbibliothécaire à Turin ; il composa encore quelques brochures politiques. Ayant perdu sa place en 1804, quoiqu'il eùt célébré le consulat de Bonaparte, il revint à Paris et y fut employé à la police. Après avoir flagorné l'empereur et publié , en 1813, des Imprécations patriotiques contre le traître Moreau , il célébra les Bourbons dans deux brochures en 1814 : l'Origine de la paix, OU l'Heureux retour, et Hommage aux Bourbons, la Renaissance des lys en France Pendant les cent jours, il chanta encore Napoléon, et attaqua dans un pamphlet virulent des hommes de lettres qu'il avait encensés quelques jours auparavant : il donna aussi dans le meule temps son histoire apologétique sous ce titre Histoire de Suthauguse , 1815 Il devint bientôt le panégyriste de la seconde restauration dans deux brochures : De l'influente du régne de Louis XVIII sur le bonheur de la France et de l'Europe, 1815 de 20 pages; Paris à la fin de 1816, ou Trois lettres à l'ordre du joie, • , précédées de deux fragments d'histoire philosophique sur Charlemagne et Henri IV , Paris, 1816 de 16 pages. Dès lors il s'abandonna sans mesure à la prolixe facilité de sa plume , et ne cessa de publier, sans réflexion et sans choix , une foule de brochures sur toutes sortes de matières. Politique, philosophie, morale , sciences, beauxarts, littérature, prose, vers, chansons, tout fut de son ressort, mais aussi tout fut traité par lui de la mantère la plus médiocre et la plus superficielle; car il ne prit jamais le temps ni la, peine d'écrire un volume. Le Journal de la , depuis la fin de 1811, cite soixantedouze brochures d'Auguste Ilus, qui n'ont que quatre pages et audessous. Voici les titres de quelques autres qui ont un peu plus d'étendue : 1. De la liberté et de la répression de la presse, 1797 2° l'Agonie du gouvernement anglais, 1798 ; 3. le Petit code de la jolie femme; 4. Deux discours sur le roi de Rome; Tablettes d'un voyageur au commencement du 11). siècle , ou Course sentimentale et philosophique de Turin a Paris, 1810 6° le U'erther des bords de la Doire, etc., suivi des Aventures d'un Vaudois dans les différentes cours de l'Europe , ou 1 s Amours d'un proscrit, 1811 de 90 pages; 7° l'Ombre de Fénelon à madame de Genlis, suivie d'une mosaïque littéraire , 1811 de i0 pages; 8° le Nouveau Faldoni , ou les Martyrs de l'Amour , histoire de ces derniers temps, dédiée à llolfman, Sevelinges et Colnet, 1812 de 2 I pages; 9° De l'influence de l'abbé Delille sur la poésie française , précédé d'alexandrins patriotiques, 1813 de 16 pages; 10. Mélanges,, l'Arrivée de l'illustre Lagrange aux Champs- lysées, 1813 de 24 pages; 11° Pensées diverses sur les journalistes, les auteurs, acteurs et actrices, et sur quelques ouvrages de littérature, suivies de quelques chansons patriotiques , philosophiques et anacréontiques, 1813 de 40 pages. L'auteur y distribue à tort et à travers des éloges et des critiques qu'il a rétractés dans d'autres brochures. 11 y affecte un ton plaisant et goguenard qu'il pousse jusqu'au ridicule, jusqu'à la satiété, comme dans tous ses opuscules. 12. Esquisse littéraire sur les ouvrages de madame de Staël, 1814 de 16 pages; 13° De la philosophie française, ou Histoire d'une belle dame de la Chaussée d'Antin , petit roman de ces derniers temps , précédé d'une épigramme et d'un couplet, 1815 de 16 pages; 14. les Alpes illustrées à la fin du 18e siècle , ou Trois penseurs nés au pied des Alpes et devenus célèbres à Paris , par lo. MM. Bolton, Botta et Ch. Bossi sont les héros de cette brochure dédiée à l'ombre de madame de Staël. 150 L'Ermite du boulevard du Panorama, 1817 16° le Kaléidoscope philosophique et litté- raire, ou l'Encyclopédie en miniature, 1818-1819, huit numéros de .1 pages chacun. nus, poursuivant ses flatteries aux Bourbons, ne manquait pas de donner tous les ans à Louis XVIII, puis à Charles X leurs étrennes, et de célébrer chaque anniversaire de leur naissance, de leur fête, de leur avénement au trône , de leurs deux rentrées. C'est ainsi qu'il publia Quelques mots bourboniens; des Réflexions et des pensées bourboniennes ; le Bourbonisme ; la Colonne de la place Vendôme boue. bonisée ; Étrennes bourboniennes; etc. Nous ignorons s'il reçut quelques récompenses de tant de plates et ridicules adulations, mais il est certain que, loin d'avoir contribué à sa réputation , elles ne lui ont pas mérité la plus légère mention dans le Dictionnaire des girouettes, où il était si digne de figurer, ni dans les deux Biographies des contemporains. En 182 t, il fit ses Adieux ii ses lecteurs, qui probablement n'en furent pas plus touchés qu'ils ne se réjouirent lorsque à la fin de cette année il annonça sa Résurrection littéraire. Cependant il devint un peu plus sobre de publications, et ne donna plus qu'en 1829, sous le ministère Martignac, des Pensées sur le discours du trône, des Pensées d'un royaliste constitutionnel; il recommençait ainsi à chanter la palinodie, et pourtant il célébra encore , au mois d'octobre de cette année, la Pète de la St- Charles, suivie de Pensées diverses et de souvenirs de ma rie ce fut son dernier ouvrage. Il mourut à la fin de 1829, et se trouva par conséquent dispensé de célébrer la révolution de juillet 1830, ce qu'indubitablement il n'aurait pas manqué de faire. Quoiqu'il eût donné en 1828 des Fragments de ses 111érnoires , on doit peu regretter qu'il n'en ait publié que cet échantillon. Voici le portrait que traçait de ce folliculaire , en juillet 1819, le journaliste Martainville, dans son Drapeau blanc : « Auguste Ilus vient de « publier un pamphlet de trois pages, intitulé ,, l'Histoire philosophique de ces derniers temps; et « comme il a l'habitude de se jouer de son sujet, · de son titre , et surtout de ses lecteurs , il n'y a ·, pas trois lignes de ces trois pages qui aient le moindre rapport à l'histoire de ces derniers a temps. Je veux cependant bien croire qu'elle y « est toute, et réellement pour l'honneur de ces « derniers temps, cela serait à souhaiter. Quoi el en soit , M. Auguste Ilus parait s'ètre constitué « le Tacite du ministère. et jamais historien ne a fut plus à la hauteur de son sujet.... Immo- « bile à sa manière, M. Ilus a un dévouement variable pour le pouvoir, une admiration à toute épreuve pour la police et pour ses em‘, probablement frère du précédent, fut danseur, chorégraphe et auteur dramatique. La France littéraire ne cite aucun de ses ouvrages; nous empruntons les titres de quelquesuns à la Biographie des hommes vivants : Le Gascon Gascon malgré lui , opéra buffa , 1805 l'In- génu , ou le Sauvage du Canada, pantomime, 1805 Ildumor et Zulérna, ou l'Etendard du prophète, mélodrame, 1805 la Fille mal gardée , ou Il n'est qu'un pas du mal au bien, 1812
  • Auguste JUBÉ( 1765) : baron de la Perelle, général et écrivain français , arrièreneveu du précédent, naquit le 12 mai 1765. Après avoir fait de brillantes études, il entra dans l'administration de la marine en 1786, et fut employé en 1789, sur les côtes de l'Océan, par les généraux Dumouriez, Soncy et Wimpfen. Il embrassa les principes de la révolution et fut nominé, en 1792, chef de la première légion des gardes nationales de la Manche, obtint l'année suivante l'inspection des côtes de ce département et fut élevé , en 1794 , au grade d'inspecteur général. En 1796, il était passé dans l'armée de terre avec le titre d'adjudant général, et fut employé dans la Vendée auprès du général floche dans les fonctions de chef d'étatmajor. Au mois de brumaire an 8, il était commandant de la garde du directoire ; mais, tout dévoué à la fortune naissante de Bonaparte, il lui répondit, dès le 15, des dispositions favorables de cette troupe qui, dans les fameuses journées du 18 et du 19, ne lit aucune démonstration pour tléfendre les directeurs et contribua au contraire à l'arrestation momentanée de Gollier et de Moulins. Bonaparte, devenu chef de l'État, chargea Jubé de l'organisation de la garde consulaire ; mais là devait s'arrèter sa carrière militaire. Remplacé par Lannes dans le commandement de ce corps, il en fut dédommage: par sa promotion au tribunat ; et , pendant les différentes sessions de cette assemblée, il prit une part assez active à ses travaux. Le 3 mai 1804, il adhéra au voe:i émis par cette assemblée pour l'élévation de Bonaparte à l'empire. Lors de l'élimination d'une partie des tribuns, Jubé ne manqua pas d'étre maintenu par le nouveau monarque, pour lequel en toute occasion il témoignait son enthousiasme et son admiration. Dans la séance du 21; septembre 1805, il s'exprimait ainsi : . le fer juillet 1824. Depuis 1818 , il coopérait trèsactivement à la rédaction du Journal général de France qui , de ministériel qu'il avait été d'abord, était devenu trèslibéral. Une anecdote assez piquante se rapporte à la collaboration de Jubé à cette feuille. Dans un article sur la surveillance des prisons publié au mois de janvier 1818, il faisait un magnifique éloge de l'ancien préfet de la Doire ; un journal royaliste remarqua que cet ancien préfet était AI. Jubé lui- méme. On a de lui 10 Histoire des guerres des Gaulois et. des Français en Italie depuis Bellovèse jusqu'à la mort de Louis XII, servant d'introduction à l'ouvrage du général Servan , qui a continué ce sujet depuis François ler jusqu'au traité d'Amiens . Quoique l'ouvrage de ce dernier soit loin d'are irréprochable , l'introduction de Jubé , qui forme k premier volume , laisse encore plus à désirer. Il ne parait point avoir porté, dans l'histoire des siècles antiques, le flambeau d'une critique impartiale et judicieuse. Ses récits sont sans agré-' nient pour les lecteurs ordinaires et sans utilité pour les savants. On peut relever surtout des dé-' clamations usées contre les prètres, les moines et les papes, ainsi que des digressions assez vagues sur les finances , la législation et les moeurs de tous les pays, sans en excepter la Chine , le Japon et l'Amérique. 9.. Hommage des Français à l'empe- reur Alexandre. De la nécessité de transmettre à la postérité le souvenir des bienfaits de l'empereur Alexandre et de ses augustes alliés, et des moyens de signaler la reronnaissance des Français , Paris, 181 1 d'une feuille. Le titre seul de cette brochure indique que Jubé professait alors en faveur de la restauration des opinions dont Pesaitation ne tarda pas à se calmer. 5. Lettre du che- valier de l'Union à 11. de Chateaubriand. Paris, 1816 Cette lettre, entièrement dans le sens libéral , fut .bientôt après suivie d'une seconde. 4. Lettre d'Emile radé à madame Duchaume , à l'oreasion l'un mandement , Paris, 1817 Ce inandementconrernait la réimpression des oeuvres de Voltaire. 5. Lettre d'un Français à lord Stanhope, ou Réflexions sur l'événement arrivé â lord Welling- ton dans la nuit du 10 au 11 février, Paris, 1818 Il faut se rappeler que cette nuitlà, au moment où le noble duc rentrait dans son hôtel, une arme à feu avait été déchargée à bout portant sur son carrosse, mais qu'aucune balle n'avait atteint ni lui, ni ses gens, ni ses chevaux, ni sa voiture, ni mème les murailles d'alentour. Une instruction juridique eut lieu , sans produire de résultat ; et l'on vit généralement dans ce guetapens une affaire de police. Jubé, dans sa brochure, insinue que l'auteur du coup avait trouvé un asile dans l'hôtel de Wellington ; puis il en prend occasion de réfuter par quelques déclamations, mais surtout par des citations historiques, la diatribe qu'a cette occasion lord Stanhope s'était permise en plein parlement contre la France. 6. Le Temple de la Gloire, ou les Fastes militaires de la France, depuis Louis XIV jusqu'à nos fours, Paris, 1819-'21 , 2 vol. Les deux volumes de cet ouvrage qui ont seuls paru furent publiés en quatorze livraisons, ornées de trentesept gravures; ils embrassent les guerres de la république. 70 Histoire générale militaire de la France , depuis le commencement du régne de Louis XIV jusqu'à l'année 1815. Ce dernier ouvrage , qui n'est pas dépourvu d'intérèt, devait avoir trois volumes deux seulement ont été publiés du vivant de l'au- teur. Le troisième est resté manuscrit
  • Auguste KOPISCH( 1799) : peintre et pone allemand, naquit à Breslau , le 26 mai 1799. Il appartenait à une riche famille de négociants, et aucun soin ne fit défaut à son éducation. Dès sa jeunesse , il annonça un goût trèsvif pour la poésie, ainsi qu'un véritable enthousiasme pour la peinture. En même temps qu'il étudiait les lettres elassirpies sous la direction d'un maitre célèbre, le savant et spirituel Manso, qui dirigeait à Breslau le gymnase de MarieMadeleine, il écrivait des fables, des récits comiques, où se révélait déjà la franche et joyeuse humeur du pote. il était surtout passionné pour les arts du dessin, et malgré tous les efforts de Manso, qui voulait lui ouvrir la carrière des sciences ou des lettres, il quitta le gymnase à seize ans, pour entrer dans une école de peinture. l'Académie de Prague occupait un rang élevé parmi les écoles de l'art allemand; c'est là que se rendit le jeune Kopisch. La pe ne lui fit pas oublier la poésie; on raconte même qu'en 1815, au moment où il venait d'ar- river à Prague, trop jeune encore pour prendre part à la lutte de l'Allemagne contre Napoléon revenu de I'lle d'Elbe, il composa des odes patriotiques et guerrières dans k style de Klopstock. Cette inspiration ardente ne dura pas chez lui ; Kopisch est une nature pacifique et joyeuse. Dans ses premières rêveries enfantines, il imitait les poètes les plus inoffensifs du 18. siècle, Lichtwer et Langbein , Gessner et Pfeffel. Ce qui fera un jour le charme de ses vers , ce sera l'humour, la gaieté , la verve populaire , parfois méme le goût de la caricature ; mais à travers ces spirituelles drôleries , la pensée de l'auteur sera toujours sans amertume. Les travaux littéraires de Kopisch , qui d'abord n'étaient pour lui qu'un délassement , devinrent la principale occupation de sa vie quand il fut à peu près forcé de renoncer à la peinture. Trèshabile aux exercices du corps, un jour qu'il patinait à Prague sur le lit glacé de la Moldau , il tomba et se fit une grave blessure à la main droite. Il essaya encore de continuer ses études de peintre; de Prague il s'était rendu à Vienne , et de Vienne à Dresde , visitant toujours les ateliers et tàehant de vaincre les difficultés que lui opposait sa blessure ; peu à peu cependant il dut se résigner à son mal , et aban. donner ses pinceaux. C'est à Rome :qu'il fut obligé de faire décidément ce sacrifice. Il était allé en Italie , espérant qu'un climat plus doux le guérirait; ce fut le contraire qui arriva, ses douleurs devinrent plus fortes, plus intolérables, et il n'eut plus d'autre ressource que de dire adieu à son art. La poésie dès lors l'occupa tout entier. Retenu à Naples par la magie de ces merveilleuses contrées, Kopisch devint presque Napolitain. S'il était animé d'un goût enthousiaste pour l'histoire et les monuments de l'Italie antique , il étudiait aussi les moeurs modernes avec une curiosité infatigable. Il se mêlait au peuple, parlait sa langue, prenait part à ses fêtes, et recueillait là maints traits d'observation qui excitaient sa verve humoristique. Le compositeur Donizetti, trèsjeune encore, était son compagnon dans ces courses joyeuses. Il s'était lié aussi avec un poète comique dont les œuvres sont fort goûtées sur les petits théâtres de Naples , le spirituel Camerano. Kopisch avait fini par devenir luiinème un personnage populaire, et Camerano ne craignit pas de le mettre en scène dans une de ses comédies. L'artiste allemand y était représenté sous le nom de don Augusto Prus- siano. On prétend que l'amitié de Kopisch ne fut pas inutile à l'excellent Cainerano ; le poëte allemand fit connaître au pote italien maintes oeuvres du théâtre ancien et moderne, que celuici ne soupçonnait guère. Il lui fournit aussi des idées, lui indiqua des sujets de comédie, et redoubla son ardeur poétique. Kopisch n'était pas connu seulement du peuple ; une célébrité différente est attachée à son nom, depuis qu'il eut le bonheur de découvrir une des merveilles du royaume de Naples. 11 était allé passer quelque temps dans l'île de Caprée , pour y faire des recherches archéologiques. Un jour qu'il se baignait près de la côte, il aperçut sous une masse de rochers une ouverture qui n'avait pas été remarquée des gens du pays, et qui excita vivement sa curiosité. Elle était presque à fleur d'eau, et il arrivait souvent qu'elle fût cachée ou recouverte par les vagues. Auguste Kopisch s'élance à la nage et pénètre hardiment dans l'étroit défilé. Tout à coup une grotte immense , éclairée de reflets d'azur, apparalt à ses yeux. Qu'on se représente l'éblouissement et la joie du vaillant nageur. Il continue sa route , il descend sur les bords de la magique enceinte et découvre quelques restes d'architecture romaine. Cette grotte merveilleuse était connue des anciens; il y avait des siècles sans doute que les modernes en avaient perdu la trace, et il avait fallu qu'un étranger, un artiste curieux et intrépide , vint révéler aux Napolitains une des merveilles de leur contrée. Ce fut un événement dans le pays. Aujourd'hui , ce souvenir est presque disparu; la plupart des Guides en Italie oublient de mentionner le nom du poëte ; ils se trompent mème sur la date de cette découverte qu'ils placent en l82, c'est-àdire cinq ou six ans trop tard. Restituons à Auguste Kopisch l'honneur qui lui appartient. Les voyageurs qui visitent la grotte de Caprée , qui admirent ses stalactites et s'extasient devant la belleltunière bleue que le soleil et la mer lui envoient , ignorent à peu près tous que ce lac enchanté a été découvert en 1827 par un poëte allemand, et que ce poëte lui a donné son nom , Grotte d'azur, Grata ae: urra. Kopisch fit aussi de longues excursions en Sicile, il la parcourut dans tous les sens, étudiant à la fois les ruines des monuments antiques et ces ruines vivantes d'une race qui a eu ses jours de gloire. Le passé de la Sicile, éclairé pour lui par l'étude du présent , par ses sympathies pour un peuple original et fier, lui inspira le projet d'un poëme héroïque sur la lutte des Normands et des Sarrasins. C'était peut-ètre une entreprise audessus de ses forces. La véritable inspiration , il donne un recueil de chansons populaires italiennes, vraie corbeille de fruits d'or cueillis par lui dans la campagne de Naples et les jardins de Palerme. Cette même année , en 1857, il imprime les premières livraisons d'une traduction de la Divine comédie, qui l'occupait depuis bien des années. L'ouvrage complet a paru à Berlin en 1842 . C'est assurément un des meilleurs travaux que l'Allemagne ait publiés sur Dante. La traduction est d'une rare exactitude ; elle n'exprime pas seulement le sens des paroles, elle rend aussi le tour, le mouvement, la physionomie du style, tout ce qui fait le caractère si original de l'épopée dantesque. Gràce à cette souplesse d'inversions que possède la langue allemande, Kopisch a pu suivre son texte ligne par ligne, et l'on trouve plus d'une fois dans sa traduction ce vers d'Alighieri , ce vers nerveux, sans épithète « qui se tient debout, dit Rivarol, par la seule force du substantif et du verbe ». D'excellents commentaires accompagnent cette belle oeuvre. Signalons d'abord sa Vie de Dante , où un grand nombre des problèmes historiques et littéraires soulevés par la critique moderne sont parfaitement élucidés. L'érudition de Kopisch est comme son inspiration poétique; rien d'apprêté, point d'efforts, on sent que le pédantisme lui est odieux. Il donne avec une précision élégante le résultat de ses reeberches, apportant Plus de soins à dissimuler son labeur que d'autres n'en mettent à l'étaler. Ces qualités se retrouvent dans l'intéressante dissertation qu'il a intitulée modestement Sur la Divine Comédie . On peut descendre plus avant dans les mystères du peme, on peut en éclairer certaines parties d'une lumière plus complète et plus vive; c'est ce qu'a fait , par exemple , le roi régnant de Saxe, Jean ler, dans le savant commentaire de la Divine Conzédie qu'il a publié sous le nom de Philaléthès; c'est ce qu'ont fait aussi M. Charles Witte , professeur à l'université de Halle, M. Franz Wegele, profes- seur à l'université d'Iéna , pour maintes questions spécialement et profondément étudiées; mais si l'on veut un résumé général de la Divine Comé- die, un exposé substantiel et précis de la pensée du pate, une solution suffisante des principales difficultés du texte, il faut lire le modeste commentaire d'Auguste Kopisch. L'année mème où avaient paru le recueil intitulé Agrumi et les premières livraisons de la traduction de Dante , Kopisch était chargé par le roi de Prusse d'écrire une histoire des chàteaux et jardins royaux de Potsdam. Il se mit à l'oeuvre , et pour mieux étudier son sujet, il s'établit dans les lieux mêmes dont il devait décrire la physionomie et raconter les annales. Il demeurait, soit à Potsdam, soit dans les chàteaux du roi , se transportant d'un endroit à l'autre pour la commodité de son travail. Il passa là plus de quinze années; le roi qui lui avait confié cette histoire lui avait recommandé de faire son oeuvre à loisir , et quand FrédéricGuillaume IV monta sur le trône, en 1840, on devine bien qu'il lui fit un devoir de ne pas trop se lifter. il aimait à loger dans son palais l'ingénieux artiste sous la conduite duquel il avait admiré les ruines de Pvestum et les stalactites de la Grotta cuvera. Kopisch était l'hôte privilégié, nous allions presque dire le maitre des châteaux et parcs de Potsdam. Il regrettait cependant une vie mieux assise, et pour charmer du moins sa solitude, il se maria, un peu tard, le 12 juillet 1851 , à mademoiselle Marie de Selling ; le roi, craignant de le perdre, lui donna aussitôt, pour présent de noces, une maison trèsagréablement située dans le parc de Potsdam , l'ancienne habitation du jardinier en chef, transformée pour lui en une poétique villa. C'est là qu'il écrivit un nouveau recueil de poésies, publiées sous ce titre bizarre : Esprits de toute espèce . Malgré les avantages que lui procurait cette résidence pr , il regrettait Berlin et sa liberté d'artiste. Cette histoire de Potsdam exigeait les recherches les plus minutieuses et les plus insignifiantes pour un poëte. Il s'en plaignait souvent avec un profond sentiment de lassitude. Nous trouvons l'ex- pression de cet ennui dans les lettres qu'on a publiées après sa mort. 11 écrivait un jour à une de ses parentes : « Que vous diraije de ma vie, sinon « qu'elle est devenue par trop laborieuse? La mul- « tiplicité des études qui me sont imposées me « prend à la gorge et m'étouffe. J'ai été arraché « à ma sphère poétique et jeté dans le domaine « de l'histoire. J'épuise mes forces dans des mil-« liers de recherches, d'investigations, relatives « aux circonstances les plus minutieuses , et le « résultat de mon labeur ne sera qu'une mosaïque « faite de pièces et de morceaux. » Enfin , dans les premiers jours du mois de février 1853, il a terminé ce travail si long , si fastidieux , qui l'ab- sorbait depuis tant d'années et qui lui était devenu une charge intolérable; il se hâte de revenir à Berlin, il va retrouver ses amis, ses confrères les artistes et les petes; il gate déjà une vie nou- velle, quand tout à coup, la première nuit qu'il passe
  • Auguste LAURENT( 1807 - 1853) : chimiste, né le 14 novembre 1807, à la Folie, près de Gray , mort à Paris au mois d'avril 1853. Né de parents pauvres, il entra en 1826 à l'école des mines, d'où il sortit en 1829. Bientôt après, ïl devint préparateur à l'école centrale des arts et manufactures , puis il fut attaché quelque temps au lah*oratoire de la manufacture de Sèvres. Ce fut la qu'il exécuta ses premiers travaux. Niais il ne tarda pas à donner sa démission de cette dernière place pour se consacrer entièrement à la'science, et il vint à Paris monter un laboratoire. Au milieu de ces incidents, il commençait à se faire un nom scientifique par ses expériences sur les carbures d'hydrogène et sur la théorie des substitutions. Ses ressources matérielles se trouvant épuisées, il entra comme chimiste chez un parfumeur, puis il accepta une place dans une manufacture de porcelaines du duché de Luxembourg. Cependant il poursuivait ses découvertes avec un zèle infatigable, malgré la difficulté des circonstances et l'absence des encouragements. Le bel ensemble de ses recherches sur la naphtaline et sur l'oxydation des acides gras remonte à cette époque. Reçu docteur ès sciences en 1837, il fut nommé, l'année suivante, professeur à la faculté des sciences de Bordeaux. Dans cette nouvelle position, if se livra d'abord en toute liberté à ses études favorites, et publia une série de travaux importants sur les huiles de goudron de houille, sur l'indigo et sur l'essence d'amandes amères. En 18e , il devint correspondant de l'Académie des sciences ; mais il ne tarda point à se lasser de l'isolement scientifique auquel il était condamné par son séjour loin du centre des études. L'année suivante, quitta sa place, malgré les conseils de ses amis, et revint à Paris. Après tant de découvertes, il se trouvait encore une fais dans une situation précaire et isolée. Les critiques acharnées dont ses travaux étaient l'objet depuis dix années , les attaques injurieuses qui poursuivaient ses idées et parfois sa personne, avaient aigri son caractere naturellement bon et dévoré du zèle de la science. Mais trop porté à accueillir avec ombrage toute contradiction , à moins qu'elle ne vint d'un ami déclaré, déjà rendu plus irritable par les premières atteintes de la maladie, Lament ne sut pas se défendre d'entrer à son tour dans la nième voie de polémique visavis de ses adversaires. Dans cé dessein, il s'associa avec Charles Gerhardt pour fonder un journal intitulé Compte rendu des travaux de chimie. Cependant, en 1817, il remplit à la Sorbonne les fonctions de ?rofesseur suppléant, et la révolution de février 1848 étant survenue, gràce à l'aide de savants ses amis, il finit par être nommé essayeur à la monnaie de Paris. Les fatigues d'une vie agitée, l'exaltation fiévreuse dans laquelle il était entretenu par sa passion pour la science, le Selnillient amer du déni de justice prolongé dont il se regardait comme victime, toutes ces causes morales jointes à l'insalubrité de son laboratoire développèrent rapidement chez Laurent une pl?thisie pulmonaire dont il avait coutracté les germes pendant le cours de ses expériences sur le chlore et sur la vapeur nitreuse : il y succomba en 1855, agé de -15 ans. A peine étaitil mort, on s'empressa d'ho- norer sa mémoire. Une souscription ouverte en faveur de sa veuve et de ses enfants, laissés sans fortune, atteignit promptement le chiffre de vingtsept mille francs; une bourse fut accordée à son fils sur la demande d'une commission de l'Académie des sciences, et la section de chimie de cette Académie a décerné à Laurent, en 1857, un prix de chimie organique montant à six mille francs. Les principaux travaux de Laurent se trouvent exposés, en partie dans les Annales de chimie et de physique , depuis 1831 , en partie clans la Revue scientifique et clans le Compte rendu des travaux de chimie. Les plus essentielles de ses découvertes sont relatives à l'étude de l'action des réactifs sur les composés organiques , principalement du chlore, des agents oxydants et de l'ammoniaque. L'action du, chlore sur les matières or- ganiques , déjà abordée par MM. Faraday, Liebig et \Viihler, et réduite en cadres de formules par M. Dumas sous le nom de Théorie des substitutions, a été développée surtout par Laurent. C'est lui qui en a fixé le sens par ses recherches sur les carbures d'hydrogène , sur la naphtaline en particulier. Ses travaux, poursuivis pendant plusieurs années , donnèrent naissance à une multitude de composés nouveaux liés entre eux , et au carbure primitif, par des lois régulières. Ces relations n'existent point seulement entre les formules, mais elles prennent un sens plus profond par le rapprochement que l'on peut établir entre les propriétés physiques et chimiques du composé primitif et celles de ses dérivés chlorés. Ainsi, par exemple, la naphtaline et ses dérivés chlorés s'unissent au chlore et à l'acide sulfurique , suivant les mèmes rapports, en donnant des composés doués de fonctions semblables; l'acide phénique et les acides phéniques chlorés, l'isatine et l'isatine chlorée, etc., jouissent des mèmes propriétés générales : leurs fonctions , leurs réactions, leurs dé4oublements s'effectuent de la même manière et conformément aux mêmes équations. Leurs propriétés physiques : aspect, couleur, dureté, solubilité , formes cristallines , etc., présentent en général la plus frappante analogie. L'action même exercée sur l'organisation vivante par un composé organique et par son dérivé chloré , est tout à fait semblable, comme en témoignent les études relatives aux alcaloïdes végétaux. Cet ensemble d'analogies fut signalé d'abord à l'attention des chimistes par les travaux de Laurent; les recherches ultérieures en sont devenues la confirmation. Ces analogies sont si étroites, si frappantes, que Laurent a cru pouvoir en conclure l'identité dans de tels composés du rôle chimique du chlore et du rôle de l'hydrogène , malgré l'antagonisme électrochimique de ces deux éléments. Cette identité est le point de départ des théories désignées sous le nom de chimie unitaire, théories contestables en principe, mais qui ont joué un grand rôle dans l'histoire de la science. Les ex- périences de Laurent sur l'oxydation progressive de l'acide oléique et sur sa transformation en acides de plus en plus simples, dans lesquels la proportion de carbone et d'hydrogène va sans cesse en diminuant , suivant une loi régulière et coin, mune, ne sont pas moins remarquables. C'est l'une des bases de la classification aujourd'hui adoptée en chimie organique. En général, Laurent a concouru autant : il cherche à y condenser la science dans un ensemble systématique d'analogies symboliques. Son langage est souvent absolu , ses opinions sont incomplètes et parfois discutables; mais elles appellent l'attention par l'importance des découvertes auxquelles elles ont conduit leur auteur: M
  • Auguste LEBRAS( 1816) : né à Lorient en 181G, montra de bonne heure des dispositions pour la poésie. Établi à Paris , il composa , en société avec Escousse, son ami d'enfance, deux pièces dramatiques, dont l'une, Farruch le Maure, tragédie, fut représentée avec succès sur le théâtre de la PorteStMartin; l'autre, Raymond, mélodrame, tomba au théâtre de la Calté. Ce revers affecta profondément les jeunes auteurs : ils prirent ensemble la funeste résolution de mettre fin à leurs jours ; et, le 16 février 1832, ils exécutèrent ce double suicide dont on peut lire les détails à l'article ESCOUSSE. Lebras, à peine âgé de seize ans, avait publié : 1. les Trois règnes, poeme , suivi d'Un Mot à Béranger, Paris , 1828 de 16 pa- ges; 2° Trois jours du peuple, stances , Paris, 1830 de 8 pages; 3° les Armoricaines, en vers, Paris, 1850
  • Auguste LE POITEVIN SAINT-ALME( 1792 - 1855) : littérateur français , fils de l'acteur connu sous le notai de Resicourt , né à Paris vers 1792. Il débuta en 1821 par deux romans intitulés Charles Pointel, ou Mon Cousin de la main gauche, 4 vol. et les Deux Hector, ou les Deux Familles bretonnes, 2 vol. qui n'obtinrent qu'un médiocre succès. Suivirent l'Héritière de Birague , 1822, 4 vol. 12; l'Anonyme ou Xi père ni mère, Paris, 1825, 3 vol. et Michel et Christine et la Suite , même date , 5 vol. qui furent assez bien accueillis. En 1824, il lit paraître. en collaboration avec Balzac, Jean- Louis, ou la Fille trouvée, 4 vol. Lepoitevin SaintMine, qui prenait en outre une part active à la rédaction de petits journaux, empruntait souvent le voile de l'anonyme , et s'est caché sous les noms de Viellerglé , Prosper et StAlme. On a encore de lui : le Jluldtre , 1824 , 4 vol. le Corrupteur, 1827, 3 vol. Il a écrit des mélodrames pour le CirqueOlympique et les thatres des boulevards , notamment la République , l'empire et les cent- jours , en 4 actes et 19 tableaux , 1832 l'Empereur, événement historique en 5 tableaux, 1832. Il composa avec !tienne Arago les vaudevilles intitulés Stanislas, ou la Suite de Michel et Christine, et ( In jour d'embarras , 1824. Il fit paraître en 1828 , sous le voile de l'anonyme, une brochure intitulée Des journaux et des thédtres. 11 a été l'un des collaborateurs du Corsaire et de la Lorgnette, du Figaro, du Corsaire- Satan, et , en 1848 , du journal éphémère la Liberté. Cet écrivain est mort vers 1855. Z
  • Auguste MARCEAU( 1806 - 1851) : neveu du précédent, naquit à Châteaudun' le ler mars 1806. Sorti de l'école polytechnique dans un bon rang, il se destina à la marine, et en 1826 il fut embarqué sur la frégate la Rayonnai. , qui , l'année suivante, fit voile pour une expédition autour du monde. De retour en France, il fit partie de l'expédition de Madagascar à bord de la Zélée, et au mois d'août 1831 fut envoyé sur la côte nord d'Afrique. Eu i 183g, il était à bord du bateauvapeur le Sphinx qui amena en France l'obélisque de Luxor. En 183i, il lit la campagne du Sénégal en qualité de commandant du steamer l'Africain, et lit plusieurs expéditions secondaires sur les côtes d'Afrique jusqu'en 1843. A partir de cette époque, il s'occupa surtout de fonder des établissements religieux dans les pays encore barbares, et parcourut à bord du navire l'Arche d'alliance les principaux établissements catholiques du globe. De retour en France au mois d'août 18'19, sa santé , altérée par les fatigues et la rigueur des climats des pays qu'il avait visités, le contraignit à l'inactivité, et il se retira à Tours où il est mort au mois de février 1851
  • Auguste MAURICE( 1800) : fils d'un conseiller à la cour royale de Besançon , naquit dans cette ville en 1800. Après de bonnes études préparées par une excellente éducation , et pendant le court desquelles se manifestèrent son intelligence ete son goût pour le travail , l'exemple de son pèr et l'attrait qu'avait pour lui la science du dru le portèrent naturellement à entrer dans la mi gistrature. D'abord juge auditeur à Vesoul, devint successivement conseiller auditeur à I cour de Besançon, substitut du procureur gène ral et premier avocat général à la mème cou' où son talent de parole, son esprit littéraire, enl même temps que ses connaissances approfondies, comme jurisconsulte, lui valurent une juste réputation. Il ne quitta le parquet, où il trouvait, dans le succès et l'activité une source de con-' tinuelles jouissances, que le 19 avril 18g0, lorsque sa santé déjà affaiblie ne lui permit plus de soutenir la fatigue des luttes oratoires qui usaient. ses forces depuis dix ans , et qu'une présidence' de chambre lui fut offerte. Elu député à la place de M. Magnoncour, en juillet 1842 , et quelques' inois après membre du conseil général du département du Doubs, il jouit peu des honneurs lut semblaient vouloir l'entourer ses concitoyens en reconnaissance de son dévouement à leurs intérêts. Le 18 juin 1844, ses collègues de la chambre, dont il s'était dès l'ouverture de la session excusé sur sa maladie de ne pouvoir partager les travaux, recevaient la nouvelle de sa mort, prématurément annoncée quelques jours auparavant par la presse. Un service funèbre, auquel se pressèrent tous ceux qui avaient eu quelques relations soit avec le magistrat, soit avec l'homme du monde , fut célébré en sa mémoire à Besançon, et plusieurs discours rappelèrent en diverses enceintes ce que lui devaient la justice, l'administration, la science, et rendirent hommage à la fois à son mérite et à son caractère éminemment aimable , bon et conciliant. Maurice, entre autres travaux , a composé un certain nombre de discours de rentrée , où il savait éloquemment enseigner aux autres, par de nobles paroles, les devoirs d'une profession qu'il leur enseignait mieux encore par son exemple ; ces discours , malheureusement , n'ont pas été imprimés. Mais tout au début de sa carrière judiciaire, il s'était occupé à un ouvrage dont le titre seul donne la mesure des bases sérieuses sur lesquelles il voulait s'appuyer. Reprenant l'oeuvre d'un laborieux avocat , qui prenait alors place au premier rang du barreau de Besançon et devint plus tard un des successeurs les plus distingués de Proudhon à la faculté de droit de Dijon , il entreprit nonseulement de mener à fin une nouvelle édition de Voet , qui parut en vol. 1827-18'29 , mais résolut de la compléter en 1841, par une table des Commentaires de ce savant jurisconsulte, analysés dans leurs rapports avec chacun des articles des cinq codes français. L'utilité de cette table , qui devient chaque jour d'autant plus grande , qu'on tend davantage à oublier que la législation romaine est la mère de la nôtre, est incontestable ; son importance et les recherches longues et pénibles qu'elle a nécessitées en font un véritable monument auquel, bien qu'en ait dit son auteur dans sa modeste préface, ne doit pas s'appliquer ce jugement trop peu rémunérateur :.? Magnus labor, tennis gloria
  • Auguste PANSERON( 1795 - 1859) : compositeur de musique et professeur de chant, né à Paris le 26 avril 1795, était fils d'un musicien auquel Grétry confia le soin d'instrumenter ses vingt dernières partitions. Après avoir reçu de son père les premières leçons, il commença, dès qu'il eut atteint l'âge de dix ans, à suivre les cours du Conservatoire de Paris, où il étudia d'abord le solfége, puis le violoncelle sous Levasseur aîné, ensuite l'harmonie dans la classe de Berton, et enfin le contrepoint dans celle de Gossec. Durant les huit années que ces études l'avaient occupé il avait toujours remporté des prix, et se trouva en 1813 en état de concourir pour le grand prix de composition, qui lui fut adjugé. Il partit donc pour l'Italie, et ne croyant pas ses études achevées, il s'arrêta à Bologne, où il reçut pendant six mois les leçons du P. Mattei. Après un séjour de deux ans à l'école de Rome, il se rendit à Naples, où il fit une étude plus spéciale de l'art du chant ; puis partit pour l'Allemagne, visita Vienne, Munich et Eisenstadt, où le prince Esterhazy le nomma son maitre de chapelle honoraire; il se rendit ensuite à StPétersbourg , et enfin revint à Paris, et fit représenter en 1820, à l'Opéra- Comique , un acte intitulé la Grille du parc, qui n'eut pas de succès. Deux autres pièces du même genre données depuis ne furent pas plus heureuses. Panseron sentit que la composition dramatique n'était point son fait, et ne composa que des pièces légères et des ouvrages élémentaires qui eurent un grand succès. Il occupa successivement la place d'accompagnateur à l'OpéraComique, puis au ThéâtreItalien, qu'il quitta pour s'adonner plus complètement aux occupations de l'enseignement. Il avait été, en 1824, nommé professeur de chant au Conservatoire, et il en remplit les fonctions avec beaucoup d'exactitude et de zèle jusqu'à sa mort, arrivée le 29 juillet 1859. Les principaux ouvrages de cet estimable artiste sont : P un grand nombre de romances de différents genres, qui, dans le temps où elles furent publiées, obtinrent un trèsgrand succès; 2° plusieurs fantaisies, nocturnes et thèmes variés pour piano et flûte ; 3° Méthode de vocalisa- tion en deux parties : la première contient cent vingtcinq espèces de gammes et exercices qui ont pour but d'assouplir la voix. Cette méthode forme deux parties jésus publiées en 1839. C'est un des ouvrages où la matière est traitée avec le plus d'étendue quant aux exemples; le texte est comparativement fort succinct. 4° A B C musical, ou Solfége composé expressément pour ma petite fille Cet ouvrage, que l'auteur publia luimême en 1840, était destiné à la dotation de sa fille; au bout d'une dizaine d'années il avait rapporté plus de cent mille francs. Panseron a aussi publié une édition du Solfège de Rodolphe en en transposant les leçons trop hautes. Depuis que Panseron avait renoncé à la haute composition pour se livrer entièrement au professorat et à la rédaction d'ouvrages élémentaires, il s'était toujours fort occupé d'assurer à ceuxci tout le succès possible, n'épargnant ni soins ni démarches pour obtenir des rapports favorables de sociétés académiques, des articles de journaux, etc. 11 alla plus loin en ce genre qu'aucun artiste n'avait fait jusqu'alors, et se fit pour ainsi dire commis voyageur de sa propre maison : il allait offrir ses ouvrages partout où il y avait lieu de trouver quelque débouché. Il en donnait luimême, autant qu'il pouvait, une idée aux professeurs de France, d'Allemagne, d'Espagne et d'Italie. Outre l'argent qu'il recueillit dans ces tournées, il y ramassa les décorations de Belgique et de Prusse ; il avait reçu celle de France en 1842. J.A. DE L
  • Auguste PAPEN( 1800 - 1858) : cartographe allemand, près de Stade, vers 1800, mort le 11 décembre 1858 à Hostar. Après avoir servi dans l'armée hanovrienne, où il arriva jusqu'au grade de chef d'escadron d'étatmajor, il prit sa retraite pour se vouer aux travaux de géographie. Papen a inventé un nouveau procédé de cartographie, le Propyleunt unliquariani circa veri inieique ditterimen iiz retustis 1110711M . , en 12 feuilles, dans la proportion de 1 à 1,000,000, FrancfortsurleMein, institut géographique de Ravenstein, 1857 et 1858. Les 6 livraisons parues, outre une partie de l'Allemagne, représentent la Hongrie, la Gallicie, la Belgique et le nordest de la France, jusqu'à l'embouchure de la Seine, y compris le bassin de Paris. L'éditeur de l'ouvrage a, du reste, pris des arrangements pour que les autres six livraisons ou feuilles de cette précieuse carte paraissent aussi. Plusieurs feuilles ont déjà eu une seconde édition
  • Auguste PFEIFFER( 1640 - 1698) : savant orientaliste allemand, naquit en 1640 à Lauenbourg, dans la basse Saxe. A l'àge de cinq ans, étant tombé du haut d'une maison, il se fracassa tellement qu'on le crut mort et qu'on l'ensevelit. Pendant cette opération, une piqûre lui fit faire un mouvetnent qui lui sauva la vie. Il étudia d'abord dans sa ville natale, ensuite à Hambourg et enfin à Wit- tenberŒ , où il prit Je degré de maitre ès arts. L'habileté qu'il avait acquise dans les langues orientales lui valut une chaire de professeur dans l'université de cette dernière ville. En 1671, il devint doyen de Medzibor, en Silésie, et assesseur au consistoire de WürtembergOels, puis pasteur de Stroppen en 1673 et de Meissen en 1675. Après avoir pris le bonnet de docteur en 1681, il fut fait successivement archidiacre de StThomas à Leipsick, professeur ordinaire de langues orientales et professeur extraordi- naire de théologie. Appelé à Lubeck en 1690, il y exerça les fonctions de surintendant et y mourut le 11 janvier 1698. Pfeffer était un des plus habiles philologues de son siècle. On prétend qu'il saN ait soixantedix langues. Il avait une bibliothèque trèsriche en manuscrits hébraïques, arabes, coptes , arméniens, persans, chinois, et personne n'était plus en état d'en faire usage ; il a laissé un grand nombre d'ouvrages intéressants sur la philologie, dont on peut voir la liste dans la Bibliothèque sacrée du P. Lelong et dans le Dictionnaire de Chaufepié. Nous nous contente- rons d'indiquer ici les principaux : Dubia vexata Scripturce sacrai, sive lofa tligeiliora Let. Test., circa quœ autores dissident , vel hœrent , adductis et modeste expensis aliorunt sententiis, succincte decisa, tamque dilucide expedita, ut cuivis de vero sensu et diversis interpretamentis constare facile queat, nec non ebraïca algue exotica Novi e suis fontibus derivata ; cid accedit decas selecta exercitationum biblicarunt, Leipsick, 1685 ibid., 1713, pour la cinquième fois. Nous avons rapporté le titre tout entier , afin de faire connaître la nature de l'ouvrage et la manière dont il est exécuté; car l'effet répond à la promesse. Les dissertations qui terminent ce volume trai- tent de la conversation entre Caïn et Abel , d'He- noch, de la langue primitive, des séraphins, de la qualification donnée à Joseph , du Silo , du vœu de Jephté, d'un passage du psaume 29. sui- vant l'hébreu, du nom de Jésus, du dialecte ga- liléen de StPierre. 2° Hermeneutica sacra, sive legitirna sacras Litteras interpretandi ratio , Leipsick , 1694 Il est étonnant que le célèbre Jahn n'ait point assigné une place à cet ouvrage parmi ceux qu'il cite avec honneur dans son En- chiridion. 3° Antiquitates ebrairce selectœ , unde quamplurintis Scripturœ locis facula accenditur, Leipsick , 1687 Nous avons lu cet opuscule avec le plus grand plaisir; nous y avons trouvé des solutions ingénieuses de plusieurs passages difficiles de l'Ecriture sainte. 4° Critica sacra, quœ agit de sacri Codicis partitione editio- nibus varus, etc., cui subjunguntur tractatus qua- tuor : I . de ailtiquis iitibus Ebrœorunt; '2. de natura , usu et subsidiis linquarunt orientalium omnium ; 3. de cornpendiaria ra. tione legendi scripta rabbinico- talmudica ; 4. de accentuatione tant pro- saica quant metrica facile discenda, Leipsick, 1680 Dresde, 1680 ouvrage plein d'érudition et qu'on lit avec intérêt, depuis même qu'il a été surpassé par Glassius, Dathe et Baller; 50 Theologice judaïcœ , atque Alohammedicce seu tureico- persicœ , principia sublesta et fructus pesti- lentes, Leipsick, 1697 C'est un recueil de sept thèses qu'il avait fait soutenir à ses disciples. 6. Prœlectiones in prophetiant fonce, Wittenberg , 1671 ; Leipsick , 1686 ; Wittenberg, 1706 Rosenmiiller en parle avec éloge. 70 Synopsis nobiliorum algue selectiorunt e gia sacra quœstionum, Wittenberg, 1667 Tous ces ouvrages et quelques autres ont été recueillis en 2 volumes , Utrecht, 1704, sous le titre d* Opera philologica. On a encore de Pfeiffer : Informatorium conscientiœ; — Liber de osseuse naturali ; — Actio rei amotœ contra pa- pam ; — Carmen strenœ loto datunt, etc., recueillis en 2 volumes moins estimés que ce qu'il a écrit sur la philologie. Il avait composé : Lexicon antiquitatunt sacrarum; — Alcoranus triumphatus; — Thesaurus orientes; — Elucidariunt biblicum, que l'on croit perdus
  • Auguste PFITZMAYER( 1808) : orientaliste allemand, naquit en 1808 à Carlsbad ; son père était auber- giste, et le jeune Auguste fut d'abord garçon d'auberge. Plus tard il alla à Dresde, où il servit sous un maître d'hôtel. 11 aspirait à des travaux d'un ordre plus élevé, et en 1822 il entra au collège de Pilsen. C'est là que commença à se développer chez lui une trèsgrande aptitude pour l'étude des langues , et il se livra avec ardeur à ce penchant. Il apprit avec rapidité à parler avec aisance et avec correction le français, l'anglais et l'italien; il y joignit promptement le russe et le danois, et il se livra avec enthousiasme à l'étude du grec.. Il put bientôt affirmer qu'à l'exception du hongrois et de quelques dialectes slaves, aucune des_ langues de l'Europe ne lui était étrangère. Il commença à apprendre le turc ; mais dénué de fortune , il ne pouvait trouver dans ses travaux opiniàtres des moyens de subsistance. Ses démarches pour entrer à l'école orientale de Vienne restèrent sans succès, et cela devait être , car Pfitzmayer n'avait que du mérite ; il était privé de protecteurs. 11 essaya de l'étude du droit; et se décidant enfin pour la mé- decine, il prit le grade de docteur à Prague en 1835. Revenu à Carlsbad, il y exerça fort peu l'art de guérir; mais tous les voyageurs, de quelque contrée qu'ils fussent, qui se rendaient à ces eaux thermales, trouvaient en lui un polyglotte s'entretenant. avec eux sans interprète. 11 apprit l'arabe, commença l'étude du copte, et cédant enfin à un goût irrésistible, il se rendit à Vienne, où il se livra à l'exploration des nombreux manuscrits orientaux réunis dans les bibliothèques de cette capitale. En 1839 il fit paraître la traduction d'un recueil de poésies turques intitulé la Gloire de la ville de Bursa. En 1840 il entreprit une publication périodique la Littérature orientale et occidentale; mais le défaut d'abonnés et le manque de collaborateurs tuèrent rapidement ce journal. Les langues de l'Asie occidentale ne suffisaient pas à l'ardeur de Pfitzmayer : il voulut connaîtré le chinois , le japonais et le mandchou. Son infatigable activité et ses aptitudes exceptionnelles lui firent bientôt surmonter les difficultés qu'opposent aux Européens les particularités de ces idiomes si dissemblables des nôtres. Il fut bientôt en état de traduire un ouvrage chinois en vers : les Odes et discours de la terre de Tseu, par Schingt kieou , et il triompha heureusement des difficul- tés multipliées qu'offrait un texte aussi peu 11 s'occupa avec ardeur de la rédaction d'ou dictionnaire japonais bien plus étendu que ceux qu'on possédait jusqu'alors. Une mort prématurée enleva Pfitzmayer avant qu'il eût pu rendre à la linguistique tous les services qu'on avait le droit d'attendre de son zèle et de ses étonnantes dispositions. S'il avait voulu posséder des connaissances moins universelles, s'il s'était borné à approfondir quelques langues particulières , il eût sans doute fourni à sa renommée des bases encore plus solides
  • Auguste PICHARD( 1815 - 1838) : philologue, naquit à Paris le 1'r avril 1815. La faiblesse de sa constitution ne permettant pas à sa mère, restée veuve depuis peu de temps, de l'abandonner à des soins étrangers, elle fit les plus grands sacrifices pour lui donner auprès d'elle les professeurs des langues qu'il désira apprendre, le grec, le latin, l'allemand , l'anglais et l'espagnol. Il se livrait à cette étude avec tant d'ardeur qu'en 4830, à peine âgé de quinze ans, il fut employé à la traduction des journaux allemands anglais, italiens, . 1 espagnols, pour le Journal de allemands, , le Constitu- tionnel et d'autres journaux. Puis , après avoir pendant quelques années étudié le droit, il s'adonna aux langues orientales, et il_ apprit, pour ainsi dire simultanément, l'hébreu, le syriaque, le persan et l'arabe; enfin il fut reçu membre de la Société asiatique de Paris. Mais l'étude de l'hébreu eut sa prédilection. 11 voulut ouvrir luimême un cours d'hébreu, dont il publia quatorze leçons , qu'il intitula l'Orientaliste. En 1833, ses succès linguistiques fixèrent l'attention de M. Thiers, alors ministre de l'intérieur, qui l'admit dans son cabinet avec le titre de secrétaire particulier. Il mourut à l'âge de 23 ans et 6 mois, le Pr octobre 1838. On lui doit : 1° Légendes et traditions populaires , traduites de l'allemand, Paris , 1832 , ; 2° Essai sur la poésie latine, Paris, 1832 ; 3° , contes psyco- logiques , dédiés à madame Fourcault de Pavant, Paris, 1833 Pichard s'était caché dans cet ouvrage sous le pseudonyme de Hippolyte Dalicare. 40 Le Chasseur des spectres et sa famille, traduit de l'anglais de Banim , Paris , 1833, 2 vol. ; 5° le Dictionnaire de Robert le Dyable. Analyse de ce poéme, d'après un manuscrit de la BibliOtheque du roi, suivie de nombreux extraits du texte et de notes philologiques et historiques; 60 Description générale de la Chine , traduite de l'anglais de Davis , Paris , 1837, 2 vol. fig. ; 7' le Livre de la bonne doctrine, trad . de l'hébreu, Paris , 1837 8° le Livre d'Hénoch sur l'amitié, traduit de l'hébreu, Paris, 1838 Dans cet ouvrage, la partie la plus remarquable n'est peut-être pas la traduction du livre d'Hénoch , quoiqu'elle soit une preuve des connaissances étendues de Pichard dans la langue hébraïque; mais il les prouve encore mieux dans la préface , l'introduction et les notes, le tout relatif aux antiquités, à l'histoire, aux moeurs, à la langue, ainsi qu'à la littérature des juifs anciens et modernes. 9 L'Orientaliste, cours de langue hébraïque , Paris , 1838 , livr. C'est la publication du cours dont nous avons parlé. 100 Divers ouvrages restés manuscrits. A la tète du catalogue des livres de Pichard , on trouve sur cet auteur une Notice où nous avons puisé pour cet article
  • Auguste PLEE( 1787 - 1825) : botaniste, né 01 1787, fut d'abord chef de division à la secrétairerie des conseils du roi , et, poussé par son goût pour l'étude de l'histoire naturelle , s'embarqua , en 1819, comme voyageur naturaliste du gouvernement chargé d'explorer l'Amérique du Sud. Après avoir parcouru unepartie de ce continent : et recueilli de nombreuses collections de plantes, il revint malade à la Martinique, et il mourut à FortRoyal, le 17 août 1825. On a de lui P Herborisations artificielles aux environs de Pa- ris, Paris, A. Plée et neveu et Fr. Plée fils, 18I2-181k, iii-8; 16 livr., contenant ensemble 85 pl., furent publiés. L'ouvrage ayant été suspendu, I, OD tenta de le reprendre en 1830, sous le titre d'Herborisations artificielles en France, ou Icono- graphie des plantes qui y croissent, etc. ; mais l'entreprise fut de nouveau interrompue après la seconde livraison. 2. Le Jeune botaniste, ou En- tretiens d'un père avec son fils sur la botanique et la physiologie végétale , contenant un abrégé des principes de la physique végétale, l'exposition de la méthode de Tournefort, celle du système de Linné, le tableau des familles de Jussieu, l'indication très- détaillée des caractères qui les constituent , et un abrégé de l'histoire des plantes les plus utiles, etc., avec 48 planches , dessinées et gravées d'après nature, Paris, 181'2, 2 vol
  • Auguste PUGIN( 1769 - 1832) : architecte, né en 1769 en France, mais qui passa la plus grande partie de sa vie en Angleterre, vint fort jeune encore dans ce pays, et, s'étant fait distinguer par son talent pour le dessin, fut employé par Nash et par divers libraires, entre autres par Ackermann, pendant plusieurs années. C'est surtout, et si l'on ne tient pas compte de ses premières années à Londres, c'est exclusivement à la reproduction des monuments d'architecture par le crayon qu'il consacrait ses talents. Il eut une part considérable aux dessins du ilicrorome de Londres, Londres, 1808-1811 3 vol. Il publia en 1813 une Suite des Vues dIslington et Pentonrille, avec un texte par Brai Ensuite parurent les Echantillons d'architecture gothique , choisis parmi les vieux édifices de l'Angleterre, etc., avec des textes de divers auteurs, mais principalement de E.J. Wilson , 1821-18'23 , 2 vol. le Jr de 60 planches, le 2' de 54. Ce bel ouvrage, presque indispensable pour bien connaître les différents styles de l'architecture du moyen âge en Angleterre, contient des plans, des hauteurs, des coupes ; presque tous les sujets sont empruntés au comté de Lincoln. L'année 1824 vit paraître deux nouveaux volumes non moins remarquables d'Aug. Pugin, intitulés Illustrations architecturales des monuments publics de Londres. Les Echantillons des antiquités d'architecture normande suivirent de près . 1825 ; s'il n'exécuta pas tous les dessins, il en dirigea l'exécution. Enfui le livre intitulé Paris et ses environs , Londres, 1829, signala encore son infatigable °activité. Le texte de tous ces ouvrages est en anglais. Pugin préparait une nouvelle série de dessins pour illustrer Sleaford et lu pays aux alentours, lorsqu'il mourut à Bloomsbury, le 19 décembre 183e.. Il était membre honoraire de la société des antiquaires de Normandie. Il a paru en 1854 une traduction en français par Alph. Leroy des Antiquités architecturales de la Normandie. P—OT
  • Auguste RICARD( 1786 - 1858) : architecte français, naquit à Chaillot près Paris le 4 janvier 1786, et reçut d'abord les leçons de Percier et Fontaine. Attaché pour son début aux travaux de la Madeleine, il fut obligé en 1813 d'entrer dans les gardes d'honneur, et ne quitta le service qu'après la bataille de Leipsick. En 1816, il partit pour la Russie, recommandé au ministre de la maison de l'empereur Vvolkensky. Il fut bientôt nommé architecte du cabinet, et fut notamment chargé, par le prince Labanoff, de la construction d'un palais qui est devenu depuis le ministère de la guerre. Son principal ouvrage est la continuation et l'achèvement de l'éghse St- 1, aar, après quarante années de tra- vaux non interrompus. Ce fut en 4817, à la suite d'un concours, qu'il obtint la direction de cette oeuvre colossale. On lui doit aussi l'érection de la colonne Alexandrine, ordonnée en 18'29 par l'empereur Nicolas en mémoire de son prédécesseur. L'inauguration de la colonne Alexandrine, en granit et d'un seul bloc, pesant quatrevingt onze millions cinq cent soixante mille livres, eut lieu en 1834 en présence de plus de quatre cent mille spectateurs, avec une grande solennité. L'empereur Nicolas, en embrassant notre compatriote, lui dit : « Montferrand, vous vous ètes « illustré. » Son dernier ouvrage, que la mort ne lui a pas permis d'achever, était le monument équestre commandé en 1856 par Alexandre II en souvenir de Nicolas. Ricard est peu connu en France, car toute sa carrière s'est accomplie en Russie, où il avait acquis les plus hauts insignes; il était en outre, depuis 1849, commandeur de l'ordre de \Vasa de Suède. L'Illustration du 21 aoùt 1858 a reproduit le portrait de Ricard, accompagné d'un article bon à consulter, signé P. Blanchard. Ricard de Montferrand est mort à StPétersbourg le 11 juillet 1858; il a laissé les ouvrages suivants : Eqliie cathédrale de St- Isaac; description architecturale, pittoresque et historique de ce grand monument, Paris et StPétersbourg, i8&5i848 avec planches; — Plans et détails du monument consacré à la mémoire de l'empereur Alexandre, Paris et StPétersbourg 1836, 1 vol. avec lith
  • Auguste RICARD( 1799) : l'un des plus féconds romanciers français, naquit à Lyon en 1799. Son père était un militaire qui depuis devint général ; sa mère, une artiste dramatique. Destiné à la carrière des armes , Ricard entra à l'école de StCyr, devint officier de cavalerie et fit la guerre d'Espagne en 18623. Son humeur indépendante, ses opinions libérales lui firent tort. Il quitta le service en 1825, et, dépourvu de fortune, il demanda des ressources à sa plume. Bientôt se succédèrent rapidement une foule de récits où se reproduisaient des scènes de la vie du peuple parisien et de la petite bourgeoisie. C'était le genre de Paul de Rock, et ce n'était pas sans doute destiné à passer à la postérité; mais les désoeuvrés de bas étage. les grisettes, les portières dévoraient avec empressement ces I fictions parfois un peu gaillardes, toujours écrites avec beaucoup de facilité, de gaieté et d'entrain. Il y eut donc un véritable succès pour le Portier, 1826; — la Grisette, 1827 ; — le Cocher de fiacre, 1828 ; — Julien , ou le Forçat libéré, 1828 ; — la Vivandière de la grande armée, 1828 ; — le Chauffeur, 1829; Florval, ou le Capucin malgré lui, 1829 ; — le . 1Iarchand de koco, 1829 ; — la Sage- femme, 1830 ; — le Drapeau tricolore, 1830 ; — Monsieur Mayeux, 1831; — l'Ouvreuse de loges, 1832 ; — la Dili- gence, 1833; — limnée et cadette, 1833 ; l'Ac- trice et le faubourien, 1833 — Celui qu'on aime, 1834; — 11es grands parents, 1836 ; — Pierre Girons le Parisien, 1837 ; — la Chaussée d' Antin, 1838 ; — JIa petite sœur, 1839 ; — Mes vieux péchés, 1839; — le Tapageur, 1841. Cette liste, trop longue peut-être, est loin de contenir tous les ouvrages de Ricard ; M. Quérard en a enre- gistré quarante et un dans la France littéraire; ils formeraient à eux seuls une petite bibliothèque. Tous ces romans, en 4 ou 5 volumes étaient publiés par certains libraires dont l'indus- trie consistait alors à alimenter les cabinets de lecture. Plusieurs d'entre eux ont obtenu diverses éditions, et la collection des Romans populaires illustrés, entreprise en 1850, en a reproduit un bon nombre. Vers la fin de sa vie, Ricard s'adjoignit quelques collaborateurs, tels que MM. Marie Aycard et Maximilien Perrin. Il a publié plus de cent cinquante volumes , et il collabora à divers journaux, notamment au Corsaire. Il était marié, et les charges du ménage le forçaient à ne pas s'accorder un seul instant de relâche. Une maladie longue et douloureuse l'emporta le 30 janvier 1841
  • Auguste ROBINEAU( 1754 - 1820) : peintre et musicien , fils d'un habile graveur , naquit à Paris en 1754. Il commença par jouer du violon dès l'âge de quinze ans au concert spirituel, et ses dispositions extraordinaires déterminèrent ses parents à l'envoyer à Naples, où il se perfectionna dans la composition au conservatoire de Lorette, sous Sacchini. Ce fut durant son séjour à Rome que son goÙt pour la peinture se révéla; il consacra trois années , devenues rares, quoiqu'au nombre des ouvrages classiques du conservatoire ; des trios, dédiés à madame la duchesse de Polignac; comme peintre , beaucoup de portraits, notamment celui du musicien allemand Abel , aujourd'hui à HamptonCourt ; celui de madame Dauberval , dans quatre costumes différents ; ceux de la duchesse de Devonshire et du prince de Galles. Son tableau de l'assaut de StGeorge avec la chevalière d'Eon a été gravé en Angleterre. Son principal ouvrage est le Temps décou- vrant la Vérité. Un journal de Rouen de 1800 en donne cette description : « Tout dans cet « ouvrage, qui a quinze pieds de haut, a un « caractère de vérité qui convient d'autant « mieux au sujet que l'auteur l'a représentée « fuyant les villes, où elle a éprouvé tous les « traits de la méchanceté, pour se réfugier à la « campagne. » Robineau , trèschaud royaliste, avait émigré ; il est mort en Allemagne vers B
  • Auguste ROMIEU( 1800) : fils d'un général de l'empire, naquit à Paris le 17 septembre 1800. 11 fit de brillantes études au collège Henri 1V, où il se lia d'amitié avec Lesourd , Nisard , Mazères, Alfred de Wailly et de Montalivet , qui devait être plus tard l'intendant de la liste civile du roi LouisPhilippe. Au sortir du collége, le jeune Romieu rêva peut-être un instant de continuer la carrière si brillamment parcourue par son père. En effet , nous le voyons se faire recevoir à l'école polytechnique, d'où il sortit l'un des premiers de sa promotion; toutefois il ne profita pas, à la grande surprise de tous, de ces avantages, et il renonça aux privilèges auxquels il avait droit. En 1824, on le voit débuter dans la littérature théâtrale au thécitre de Madame , avec son charmant vaudeville du Bureau de loterie, composé en collaboration avec son ancien condisciple Mazères; l'année suivante, il faisait représenter à l'Odéon une comédie en deux actes et en prose, rédigée avec un autre camarade de classe, M. Alfred de Wailly, l'Adjoint et l'avoué. Nous ne pénétrerons pas dans la vie privée de Romieu ; nous ne rappellerons pas ses folles aventures, ses petits soupers, ses bons mots, ses plaisanteries, dont on a peut-être d'ailleurs exagéré le nombre et travesti le sens; il était jeune, il s'amusait, souvent spirituellement. On savait s'amuser à cette époque; les jeunes hommes n'avaient pas encore inventé u) Quelques extraits des poésies de Marie de Romieu se trouvent dans les Annales poétiques, t. 7. Voy. aussi l'ouvrage de M. L, Feugère : les Femmes pales au 16. siècle, p. 27-31. fair froid. Son premier succès littéraire date de 1829 ; il l'obtint avec son drame imité du Henri IV de Shakspeare , Henri V et ses compagnons , représenté au théâtre des Nouveautés ; il l'avait écrit avec son ami M. Alphonse loyer , ancien directeur de l'Opéra ; la pièce fut plus que centenaire, grâce à la vogue qui l'accueillit. Adolphe Adam en avait arrangé la musique, tirée des meilleurs ouvrages de Weber et de Spohr ; M. Duponchel s'était chargé de la mise en scène et Cicéri avait exécuté les décors. Telle fut à peu près la carrière théâtrale de Romieu. En 1830, il essaya du journalisme , et quand MM. Véron et Alphonse Roger eurent acheté le Messager, il en accepta la rédaction en chef, ayant pour collaborateurs MM. Malitourne et Jules Janin. En 1831 • son ancien condisciple, M. de Montalivet, lui faisait obtenir la souspréfecture de Quimperlé, et c'est sans doute pour charnier les ennuis de son exil qu'il composa son roman maritime, les publications d'Eugène Sue et d'Edouard Corbière ayant mis ce genre de littérature à la mode. Alors parut le Mousse, qu'il lança dans le monde sous le pseudonyme d'Augusta KefHoc, eu égard probablement aux fonctions qu'il remplissait. De Quimperlé, le jeune souspréfet passa en la même qualité dans SaôneetLoire, à Louhans. En 1833, il était appelé à la préfeeture de la Dordogne, où il demeura jusqu'en 1844, que la préfecture de la Haute - Marne lui fut confiée. De Chaumont. Romieu fut nommé à Tours. La révolution de 1848 l'y trouva et lui enleva sa place. Les études fortes et variées de Romieu , ses connaissances en mathématiques firent de lui un excellent administrateur; on peut au surplus en apprécier les doctrines et les tendances dans ses Fragments scientifiques, qui parurent d'abord dans le journal la Presse en 1845 et 1846, et furent ensuite réunis en volume, ainsi que dans son ouvrage intitulé De l'administration sous le régime républicain. Rendu à la vie privée par suite des événements politiques, Auguste Roniieu ne pouvait rester dans l'inaction : aussi publiatil à ce moment divers écrits qui firent sensation. Ce fut d'abord l'Ere des Césars ;1850). Dans ce volume, il développe cette thèse, « qu'il y a des moments d'extrême civilisation chez les peu- « pies où l'issue forcée est le césarisme ». Or, qu'entendil par là? Le voici : « Une succession « de maîtres nés du moment, durables autant « que leur fortune le voudra. c'est ce que je « nomme les Césars. » Les injures, les violences, les lettres anonymes et menaçantes assaillirent par suite Romieu, que ses adversaires parlaient de traiter en criminel d'Etat. Pour toute réponse et sans aucunement s'émouvoir, Romieu se borna à lancer son Spectre rouge , dans lequel allaient et venaient les fantômes sinistres du passé, ombres menaçantes de l'avenir. Violemment attaqué, énergiquement défendu , cet ou- orage obtint un grand nombre d'éditions , fut traduit dans presque toutes les langues de l'Europe, notamment en langue néerlandaise par le colonel hollandais Sturler, qui a tellement enrichi sa traduction de notes que l'oeuvre originale a presque disparu sous les annota ions. En 1852, Romieu entra de nouveau dans l'administration; il fut appelé à remplacer au ministère de l'intérieur, en qualité de directeur général des beauxarts, M. Guizard, qui n'avait fait que passer aux affaires à la suite de M. Cavé. Une réorganisation ayant eu lieu dans ces attributions par le décret du 14 février 1853, et la direction des beauxarts étant passée du ministère de l'intérieur au ministère d'Etat, Romieu ne pouvait plus conserver sa position trop amoindrie : on le créa en dédommagement inspecteur général des bibliothèques de la couronne. Toutefois, il ne devait pas jouir longtemps de ses nouvelles fonctions; une affection de poitrine le minait déjà, quand il fut frappé au coeur par une grande douleur, que lui occasionna la mort de son fils Edouard, jeune officier de zouaves, tué au siège de la tour Malakoff. Il s'était retiré dans la Drôme, à Nyons, chez madame Pourtalès, sa tante; pour chercher un adoucissement à ses souffrances physiques et morales; mais il y expira le 16 novembre 1855, malgré tous les soins dont il était environné. Tour à tour écrivain, administrateur et homme politique, Romieu a rendu de nombreux services au gouvernement, aux écrivains et aux artistes. Voici la liste de ses ouvrages : le Mousse, roman voilier, Paris, 1833 ; - Proverbes romantiques, Paris, 1827 ; — De l'administration sous le régime républicain, Paris, 18r19 ; - Fragments scientifiques , Paris, 1847 . On lui attribue également : Une solution militaire. Romieu a publié en outre en collabora. tion, savoir : avec de Wailly, l'Adjoint et l'avoué, comédie en deux actes et en prose, Paris, Blosse, 1894 — avec Hor. Raisson , Code civil, manuel complet de politesse ; Code des honnêtes gens ; Code gourmand ; - avec LoèveWeimar, Scènes contemporaines, par la vicomtesse de Chamilly ; — avec Alp. Royer, Henri V et ses compagnons, drame en trois actes, Paris, 1830 ; — avec Monnières, Pierre et Thomas Corneille, àpropos en un acte et en prose, Paris, 1893 — avec Mazères, le Bureau de loterie, comédievaudeville en un acte, Paris, 1823 — avec J.A.F. Langli, Apollon II, ou les Muses à Paris, vaudeville épisodique en un acte, Paris, 1895 — avec Rougemont, Merinos Beliero, ou l'Autre école des vieillards, parodie en cinq actes et en vers de Marino Fa- liero , Paris, 1829 — avec Bayard, Molière au théâtre ; le Dernier jour des folies; —enfin avec Bayard et Sauvage, le Neveu de monseigneur. Consultez sur Romieu Romieu et ses oeuvres, par Georges Guénot, auteur de l'Histoire moderne de la Belgique, etc., extrait de la Revue des Beaux- Arts , Paris , Ledoyen , 1853 avec portrait lithographié
  • Auguste SCILLA( 1639 - 1700) : peintre et naturaliste, né en 1639 à Messine, fut élève d'Antoine RicciBarbalunga , qui détermina le sénat de Messine à l'envoyer à Rome avec une pension pour y suivre les leçons d'André Sacchi. Après une absence de quatre ans, consacrés à son art, Scilla revint dans sa patrie, riche des études qu'il avait faites d'après l'antique et Raphaël , et s'il avait porté à Rome une manière un peu sèche, il en revint avec un goût auquel il sut donner de la pastosité et de la grâce. 11 déploie dans ses figu- res et dans ses tètes, particulièrement dans celles de vieillards, un véritable caractère de grandeur , et il se montre peintre habile de paysage, d'animaux et de fruits. Rome possède un trèspetit nombre de ses tableaux; on en voit beaucoup plus à Messine. Ses principales fresques sont dans les églises de StDominique et de l'Annonciation des Théatins. Parmi ses tableaux à huile , son chef - d'oeuvre est le St - Hilarion mourant , qui décore l'église de SteUrsule. Scilla avait ouvert à Messine une école, où sa réputation appela un grand nombre d'élèves; mais lors de la révolution qui eut lieu à cette époque en Sicile, il fut obligé de se réfugier à Rome, évitant de se mettre en concurrence avec les peintres de figures, et s'occupant à peindre des tableaux d'animaux. &nia s'occupa aussi beaucoup d'histoire naturelle. 11 accompagna Boccone dans ses excursions bota- niques en Sicile, et ce grand naturaliste le cite avec éloge en plusieurs endroits de ses ouvrages. Scilla finit par s'établir à Rome, où il se lit recevoir, en 1679, à l'académie de peinture, dont il fut peu après élu président. La numismatique et la recherche des monuments occupaient les loisirs de cet artiste, et, selon Mongitore , il préparait lin savant ouvrage d'anti- quités quand il mourut à Rome, le 31 mai 1700. On ne connait de lui qu'une lettre intitulée La. J vana speculazione disingannata dal sens° : lettera risponsira circa j corpi mariai, che petrificati si' ritrovano in varii luoghi terrestri, Naples, 1670 rare. Cet opuscule intéressant a été traduit en latin sous ce titre : De corporibus marinis defossa reperiuntur ; addita dissert. Fabii Columnoe de glossopetris , Rome, 1747 ; ibid., 1752 ou 1759 L'édition de 1747 ne contient que quatorze planches de pétrifications, tandis que la suivante en renferme vingthuit, ou plutôt trente, puisque les planches numérotées 11 et 23 sont répétées (4. — Xavier SCILLA , numismate, fils du précédent, cultiva aussi la peinture dans le même genre que son père; il est en outre auteur de l'ouvrage suivant : Brere notizia di monete pontilicie ( l'aiche e moderne, sino aile ultime dell anno xv del pon- tefice Clemente , Rome , 1715 il ne s'y borne pas à décrire les monnaies des papes, mais on aurait désiré qu'il eût enrichi son ouvrage de planches représentant les monnaies dont il donne la description, rangées dans un ordre chronologique. ( Voy. la Bibi. de Fon- tanini , avec les notes d'Apost. Zeno , t. 2, p. 206
  • Auguste SEGUIN( 1779 - 1839) : né à Avignon le 8 janvier 1779, mort le 2 octobre 1839, à Montpellier, où il exerçait la profession de libraire, a publié les ouvrages suivants, dont plusieurs ont paru sous le voile de l'anonyme : 10 le Duc de Berry peint par lui- même , ou Lettres et paroles remarquables de S. A. R. Charles- Ferdinand d'Artois , fils de France, duc de Berry, Montpellier, 1821 ; 20 actes des martyrs qui ont généreusement con- sommé leur sacrifice à Montpellier, dans les années 1793 et 1794, Montpellier, 1822 2° les Heures du chrétien, ou Prières et exercices de piété composés par des saints, suivis du purgatoire de Ste- Catherine de Gênes, Alais , 1826 ; 3° le Chemin de la croix, prouvé par les monuments historiques, Avignon , 1828 , in -18 ; 4° le Curé de village , ou Entretiens sur les matières les plus importantes de la religion et de la morale, Avignon, 1828 ; 5° Considérations sur la mort de Louis XVI, pour servir à la béatification et canonisation de ce saint roi, Montpellier, 1829 ; 6° les Actes du martyre de Louis AU!, roi de France et de Navarre, recueillis et mis en ordre d'après les témoins oculaires , suivis de la correspondance particulière de ce monarque, Valence et Paris, 1837 ; 7° quelques autres opuscules sans importance, tels que le Procès de Lourd, Plaidoyer pour la statue de Louis XIV, l'Innocence de Madame reconnue par ses calomniateurs , etc
  • Auguste VARENIUS( 1620) : théologien luthérien, né dans le duché de Lunebourg le 20 septembre 1620, a été mis par Scultet, continuateur de Baillet, au nombre des Enfants célèbres. Il parlait l'hébreu aussi bien que sa langue, et c'est à lui qu'est due la parfaite connaissance des accents hébraïques. Il savait par coeur tous les textes. Ce savant mourut en 1684. Ou a de lui un commentaire sur Isaïe, imprimé à Rostock et à Leipsick, 1708 La vie de Varenius se trouve en tète de cette édition, avec un catalogue de ses ouvrages, tant imprimés que manuscrits. - VARENICS , né à Malines en 1462 et mort en 1536, a laissé une Syntaxe de la langue grecque, Anvers, 1578
  • Auguste VOISIN( 1800 - 1843) : né à Tournay le 9 mars 1800 , suivit d'abord la carrière de l'instruction publique; après avoir professé la rhétorique au collège de Courtray, il devint professeur de poésie à l'Athénée de Gand, et bibliothécaire de l'université de cette ville. L'Académie des beauxarts le choisit pour son sécrétaire perpétuel ; il était affilié à la plupart des sociétés savantes de la Belgigue lorsqu'il mourut à Gand, au mois de février 1843, dans toute la force de l'âge. Travailleur il a mis au jour un grand nombre d'ouvrages sur la philologie, les beauxarts, l'histoire et la bibliographie. Nous ne prétendons pas en donner une liste complète, mais nous signalerons les Annales de l'école flamande moderne, recueil de morceaux choisis parmi les ouvrages exposés aux salons de Bruxelles, Anvers, Gand et Liège, gravés, lithographiés et accompagnés de notices , Gand, 1831 et années suivantes ; Description des monuments gothiques de la Belgique, de la France, de l'Allemagne et de l'Angleterre, Gand, 1834 Notice sur la bataille de Courtray ou des Eperons d'or, Bruxelles, 1833, 2° édition. 1836 ; Bibliotheca Gandavensis. Catalogue méthodique de la bibliothèque de l'université de Gand, précédé d'une histoire de cette bibliothèque ; Bibliotheca Hulthemiana , ou Catalogue méthodique de la précieuse collection de ll Il est à propos de consulter au sujet de la 'Voisin un arici, de M. Pierre Cle.i.ent, inséré dans la Revote des Deux- Mondes: la Chambre de t'Arsenal , d'après des documents inédits cahier du lb janvier 1t31, 4). Un résumé des principaux incidents de cette affaire et des Interrogatoires de l'accusée , écrit de la main du lieutenant criminel le Reynie. est à la bibliothèque de Parie. Des personnes du rung le plus élevé turent compromises dans des accusations effrayantes qui restèrent un mystère pour les contemporains; madame de Sevigne ellemême, si bien an coulant des choses de le cour , ignora jusqu'oit les soupçons d'empoisonnement s'étaient eleves 1.es puces officielles mises en luivi,,re depuis peu montrent les plus grandes dames du royaume se dis }Jutant, au moyen de pactes impies, avec des soretéres du plus bas étage, l'amour, c'est - àdire l'argent et les largesses de Louis XiV. B—r4—r. livres et de manuscrits de M. Van Hulthem, Gand, 1838 , 6 vol. ; Documents pour servir à l'histoire des bibliothèques de Belgique , Gand , 1840 . ; Examen critique des historiens de Jacques Van Artevelde, ou un grand homme réhabilité , Gand, 1841 ; Notice sur le cabinet monétaire de S. A. le prince de Ligne, Gand , 1847. Voisin a inséré dans le Messager des sciences et des arts de Gand , dans la Revue de Bruxelles, dans l'Annuaire de l'Académie de Belgique, et dans d'autres recueils un grand nombre de notices biographiques , de mémoires sur des questions d'histoire et de bibliographie ; il a publié des lettres inédites du prince d'Orange , du comte d'Egmont et de divers personnages illustres du 16e siècle. Il se joignit à M. Serrure pour publier le livre de Baudoyun, comte de Flandre, Bruxelles, 1836, et il plaça une introduction littéraire et historique en tète de cette composition singulière . Il mit également au jour la Relation d'un voyage littéraire dans les Pays- Bas écrite en 1776 par un bénédictin. Dom Berthod. Une Notice sur Dosse Lambert , tailleur de lettres , qui vivait à Gand au milieu du 16° siècle, est le fruit de recherches approfondies. L'histoire de la Belgique aurait sans doute dû beaucoup encore au zèle de Voisin , s'il lui eût été donné de continuer ses travaux ; sa perte occasionna de justes et légitimes regrets
  • Auguste ZEUNE( 1778 - 1853) : écrivain allemand , connu surtout pour ses travaux géographiques et pour son zèle pour l'instruction des aveugles, naquit le 12 mai 1778 à Wittemberg; il lit ses études à l'université de sa ville natale, et il y devint en 1802.. maitre de géographie. Un programme qu'il publia De historia geographioe , le fit appeler à Berlin, où il professa de 1802 à 1805 dans l'école du CloîtreVert. Son écrit Sur la polarité du basalte, Berlin, 1809, attira l'attention des savants. Blumenbach le recommanda à la Société africaine de Londres comme propre à être chargé d'un voyage de découvertes dans l'intérieur de l'Afrique , mais ce projet ne se réalisa pas, et Zeune resta à Berlin, où, dans ses travaux intellectuels, il retira de grands avantages de la société d'hommes tels qu'Alexandre de Humboldt, Jean de Mueller et Fichte. Son livre intitulé Gea, essai d'une description scientifique de /a terre , posa les bases de la géographie sérieuse et naturelle, dégagée des liens artificiels où elle était restée enchaînée; ce fut un digne avantcoureur des grands travaux de Charles Ritter. En 1810 Zeune devint professeur extraordinaire de géographie à l'université de Berlin, et dans l'hiver de 1812 à 1813, il fit entendre quelques leçons sur les chants des Nibelungen. Elles produisirent une trèsvive sensation par suite de l'appel hardi que dans ce moment de crise politique il fit aux passions patriotiques qui éclataient alors en Allemagne. Il enflamma l'ardeur de la jeunesse, qui prit les armes et qui se battit bravement contre les troupes françaises. Le retour de la paix permit à Zeune de diriger son activité vers une oeuvre philanthropique qui lui était bien chère. En 4806 il avait essayé de fonder à Berlin une institution pour l'éducation des aveugles ; elle fut ouverte dans un moment bien inopportun, le 13 octobre, juste au moment de la défaite complète des armées prussiennes à Iéna. Le gouvernement et le public eurent bien d'autres préoccupations, mais Zeune, animé d'une généreuse confiance, persista dans son œuvre et fut récompensé par le succès qu'elle finit par obtenir. Il s'y dévoua ainsi que sa femme, il y consacra une grande partie de ses ressources. En 1821 et en 1824, il fit des voyages en France, en Hollande, en Angleterre et en Suisse, afin de visiter les établissements consacrés à l'éducation des sourdsmuets et des aveugles; il profita pour perfectionner ceux qu'il dirigeait de l'instruction qu'il recueillait ainsi avec le plus grand zèle. Ne se donnant jamais de repos, il prit, en 1824, une part active à la fondation de la société pour l'étude de la langue allemande, et en 1828 à celle de la société de géographie. Ce savant utile et laborieux mourut le 14 novembre 1853. Parmi ses divers ouvrages, écrits en langue allemande, nous mentionnerons Bélisaire, ou de l'Instruction des aveugles, Berlin, 1831 ; 2. édition, 1836 ; De la structure du crène envisagée au point de vue de la détermination des races humaines, Berlin, 1836. Il s'était attaché à former des globes terrestres en relief, et il a laissé en ce genre de trèsbons travaux
  • Auguste Comte : philosophe français
  • Auguste Guérin : dit Galimafre, pitre français
  • Auguste LUMIERE : inventeur du cinématographe, réalisateur
  • Auguste Marseille Barthélemy : poète satirique français
  • Auguste Piccard : physicien suisse
  • Auguste RENOIR : peintre
  • Auguste RODIN : Sculpteur "Le Penseur"

Auguste année par année

Signe astrologique de Auguste

Couleur de Auguste

Pierre précieuse de Auguste

Chiffre de Auguste

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