Les prénoms liés aux Rameaux

La fête des Rameaux rappelle l’entrée du Christ à Jérusalem, entrée accompagnée de cris de joie, de palmes agitées en signe d’accueil ou jetées sous les pas de son âne. En souvenir de ce jour, on apporte à l’église pour les Rameaux des branches de buis (ou d’autres arbres, cela variait autrefois selon les régions) et l’on y chante l’acclamation liturgique traditionnelle, " Hosanna ". Osanna est précisément un très ancien prénom féminin, que l’on fête le 18 juin (en souvenir d’une sainte du XVe siècle, dont on peut encore voir le tombeau dans la cathédrale de Mantoue). Aujourd’hui, on donne encore quelquefois les prénoms Osanne ou Hosanna à des petites filles, mais cela reste rare. En revanche, le prénom masculin Ozan revient à la mode depuis les années 1980 (une cinquantaine de petits garçons par an maintenant).

Et les noms des Rameaux ?

La variété des noms de famille nés de ces prénoms est très grande, avec des orthographes variées selon les régions et un nombre de porteurs assez faibles : Hosann (Alsace), Hosanna (Charente), Osanna (Pas-de-Calais, Lyonnais…), Osanne (Paris), Osanno (Nord), Ozannat (Normandie, Pas-de-Calais, Puy-de-Dôme…), Ozanne (Normandie et ses pourtours), Auzanne (Normandie, Picardie, Poitou, Maine…), Auzannaud (Haute-Vienne), Ozenne (Haute-Marne), Auzanneau (Poitou et ses pourtours), Ozanneau (Poitou)… Autant de patronymes qui rappellent tous ce jour de fête, jour de naissance ou nom de baptême de l’ancêtre initial. Et puis, bien sûr, les noms de famille Rameau et Rameaux existent aussi ! Impossible en revanche de dire si ces noms très portés en France sont liés à la fête ou bien à la présence d’un bois ou d’un jardin ombragé près de la maison initiale : les deux explications coexistent et ne peuvent s’exclure. Comme il sera toujours impossible, mille ans plus tard, de savoir laquelle est la bonne, choisissez celle que vous préférez !

Les Prénoms liés à Pâques

Cette fête majeure liée à la résurrection du Christ a donné naissance à de très nombreux prénoms construits à partir de la racine latine pascalis (qui concerne la fête de Pâques). Pascal, fêté le 17 mai et dont le féminin est Pascale, est bien sûr le premier auquel on pense. Au XXe siècle, il a connu son pic de popularité en 1962, avec plus de 20 000 bébés de ce nom dans l’année ! Autrefois, on trouvait aussi Pascalin, qui ne se donne plus aujourd’hui, mais ses féminins Pascaline et Pasqualine restent bien présent (jusqu’à 300 attributions en 1980) ; Pascual dans le Midi de la France (quelques rares résurgences encore) ; Paska en Bretagne, Pasquale en Corse ou en Italie ; ou encore Pasquier, mais qui n’existe plus.

Et les noms de Pâques ?

Les noms de famille liés à cette fête sont tantôt construits à partir du latin pascalis soit à partir du mot français Pâques. On trouve dans le premier cas Pascal, qui est donc aussi bien un patronyme qu’un prénom et est particulièrement implanté dans le Sud-Est de la France. Mais on recense également des Pascalis (Sud-Est), Pascale et Pasquale (Côte d’Azur), Pasquali (Corse, Côte d’Azur, Italie, puis, par le jeu des migrations, nord de la France), Pasqualini (Corse, Côte d’Azur…), Pascalini (Côte d’Azur), Pascaly (dispersés), Paschal (nord et sud du pays) ou Pascual (Languedoc-Roussillon), Pascau (Aquitaine), Pascalet (moitié sud), Pasqual (Aube). Quant au mot français Pâques, il a donné d’autres types de patronymes, où le [l] du mot latin originel est absent, comme : Pasqua (Corse, Côte-d’Azur), Pasque (dispersé), Pasques (Ile-de-France), Pasquet (Périgord, Limousin, Poitou…), Pasquez (Paris), Pascot (dispersés), Pasquinet (Poitou), Pascou (Finistère), Pasco (Bretagne)… Signalons aussi quelques formes féminines subsistantes dans nos noms de famille : Pasquette (Manche), Paquette (Bourgogne), Paquatte, (Lorraine…), Pasquine (Gironde)…

Et, bien évidemment, on ne trouve dans nos prénoms et nos noms aucune trace des cloches, des œufs ou des lapins de Pâques… Mais ils seront dans nos jardins le jour de la fête !

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