Le prénom William Masculin

Origine :

Fête :

10 Janvier

Signification de William

Le prénom William est inspiré du terme germanique Wilhelm. William recherche l’équilibre dans sa vie professionnelle et personnelle. Rester en contact avec ses amis et sa famille lui est indispensable pour s’épanouir. Soucieux de se perfectionner, il n’hésite pas à assouvir sa soif de connaissance par la lecture et les nouvelles expériences. Ce grand sentimental se montre affectueux quand il est réellement amoureux.
Le prénom William est porté par plusieurs célébrités notamment William Shakespeare, dramaturge britannique de renom, William Auld, poète écossais, William Fichtner, acteur, et prince William, héritier du trône d'Angleterre.

Personnalité de William

Très émotifs, ils s'efforcent toujours de garder leur sang-froid. Entreprenants, actifs, volontaires, ils ont une puissance de travail réelle et rien ne leur résiste. Charmeurs, élégants, leur pouvoir de séduction est indéniable. Leur morale est souple et s'adapte assez aux circonstances. La fidélité n'est pas leur point fort, ils tombent souvent amoureux et c'est toujours sincère.

Provenance du prénom William

Histoire de William

Etymologie de William

Les William célèbres

  • William ADAMS( 1707 - 1789) : théologien anglican , né à Shrewsbury, en 1707, fit ses études à l'université d'Oxford , et se lia dès lors avec Samuel Johnson d'une amitié qui ne cessa qu'à la mort de cet homme célèbre. 11 occupa plusieurs places, et mourut archidiacre de Landaff et principal du collège de Pembrocke d'Oxford , en 1789. On a de lui un volume de Sermons , 1777, et un Essai sur l'Essai de Hume touchant les miracles , 1752 regardé longtemps comme une des plus habiles réponses faites aux assertions de ce sceptique. Adams avait d'ailleurs usé de tant de ménagement dans l'expression à l'égard de son antagoniste , que celuici , l'ayant rencontré , s'empressa de l'en remercier. Ils dinèrent ensemble , et se visitèrent réciproquement
  • William ADDY : auteur anglais , né au commencement du 17e siècle, a publié Velus et Novum Testamentum anglicum , litteris tachygraphicis pressum, Londres, 1627 ; Méthode sténographique , ou Art d'écrire par abréviations, Londres, 1695 Oit a beaucoup écrit en Angleterre sur cet art d'abréviation, parce qu'il y est d'un usage fréquent et important. Ce sont les premiers essais d'un art trèscommun en Angleterre, et que le gouvernement constitutionnel a aussi rendu trèsutile dans d'autres pays
  • William BAFFIN( 1584 - 1622) : célèbre pilote anglais, né vers 1584, s'est fait connaître en cette simple qualité, dans les navigations entreprises pour trouver un passage qui devait conduire par le nord de l'Amérique dans les mers de Tatane et de Chine. Il accompagna Hudson, Thomas Button et le capitaine Gibbins. Purchas, dans sa compilation de voyages intitulée : Purchas lus Pilgrims, nous a conservé quelquesuns de ses journaux. On y trouve, t. 5, 1. id, le journal de la campagne que Baffin fit, en 161'2, avec le capitaine James Hall, qui périt de la main des sauvages, et celui de la campagne de 1615, qu'il fit sur une flotte de six navires. Ses deux dernières campagnes vers le pôle sont de 1615 et 1616. Robert Bileth, avec lequel il avait fait ses voyages précédents, commandait le vaisseau, et Baffin était son pilote. Ils parvinrent, en 1616, au 78° degré de latitude nord, et trouvèrent une baie qu'ils nommèrent ThomasSmithSound. Le journal de Baffin nous apprend que, après avoir passé dans le détroit de Davis, il se trouva obligé de lutter conne les vents du nordnordest et nordnordouest pour remonter au nord, et fut souvent arrêté par les glaces ; enfin il parvint à la baie appelée ThomasSmithSound ; de là il fit route à l'ouest, pour trouver le passage qui était l'objet dé ses recherches ; mais toutes les fois qu'il voulut suivre cette route, il fut arrété par la côte ou par des glaces impénétrables, au milieu desquelles le vaisseau se trouva souvent engagé : c'est en suivant cette côte, allant du nord au sud, qu'il parvint aux dernières terres de Davis, dont il avait pris connaissance avant de commencer ses découvertes. Les cartes de Baffin ont été perdues : les géographes ont supposé que les terres qu'il avait visitées étaient jointes à la côte occidentale duGroën- land, et ont formé une vaste baie qui porte, dans toutes les mappemondes, le nom de Baffin; mais son existence n'est pas certaine. Les journaux de Baffin sont remplis de remarques utiles ; il était astronome, et nous a transmis les résultats d'un grand nombre d'observations sur la déclinaison de l'aiguille aimantée. Au fond de la baie qui porte son nom, où fut le terme le plus reculé de ses courses, il observa la plus grande déclinaison connue : elle était de 56° du nord vers l'ouest. On trouve aussi dans ses journaux plusieurs observations du passage de la lune au méridien, qu'il avait faites dans l' d'en conclure la longitude. Améric Vespuce avait essayé, près d'un siècle auparavant, de déterminer la position des côtes du Brésil par une observation de ce genre. Il ne nous reste de Baffin que les relations dont on vient de parler, et une lettre adressée à John Wostenholme, dans laquelle il dit positivement qu'il n'y a pas de passage au nord du l/ détroit de Davis, ni espoir d'en trouver. Baffin avait eu le projet de tenter s'il serait possible de décou- vrir ce passage en allant d'abord dans les mers de Ta tarie et de Chine, et en contournant ensuite le nord de l'Asie et de l'Europe ; mais il ne trouva personne qui voulût sacrifier des fonds à cette grande entreprise. C'est en cherchant ce dernier passage, et en suivant la route indiquée par Baffin, que Cook fut arrêté par les glaces entre les terres de Tatane et celles du nord de l'Amérique. Baffin navigua ensuite aux Indes, où il fut tué, au commencement de l'année 1622, pendant le siége de la ville d'Ormus, qui fut prise le 23 mai de la même année par les Anglais, réunis à une armée du roi de Perse
  • William BELL( 1731 - 1816) : savant anglais, prébendier de Westminster, fit avec distinction ses études dans l'université de Cambridge. Il remporta plusieurs prix académiques, un entre autres sur cette question : des Causes qui contribuent le plus à l'accrois- sement d'une nation. Cet ouvrage, qui fut imprimé en 1756, fit à W. Bell une brillante réputation. L'avantage qu'il eut d'appartenir, en qualité de chapelain, à la maison de la princesse Amélie, fille du roi George II, lui procura de l'avancement dans glise. 11 publia en 1780 un Essai pour con- stater et expliquer l'autorité, la nature el le dessein de l'institution du Christ, communément appelé la Cène. Cet écrit, dans lequel il adopte l'opinion d'Hoadly sur ce sacrement, fut l'occasion d'une controverse soutenue avec le docteur Bagot. Bell fut, en 1787, éditeur d'un traité curieux dont l'auteur, le P. le Courayer , avait donné le manuscrit à la princesse Amélie : Déclaration de mes derniers sentiments sur différents points de doc- trine. Le docteur Calder en a publié, en 1819, une traduction en anglais. W. Bell mourut, à l'âge de 85' ans, le 29 septembre 1816. 11 fut trèscharitable pendant toute sa vie, et légua à l'université de Cam- bridge une rente de 1,250 livres sterling, pour être employée à l'éducation de huit orphelins d'ecclésiastiques indigents. — John BELL, imprimeur célèbre par des éditions remarquables de plusieurs poêles anglais , notamment de Shakspeare , est mort en 1831
  • William BELSHAM : historien anglais, professait en politique l'opinion du constitutionnahsme et du whiggisme pur. Ce sentiment respire dans les divers ouvrages qu'il a publiés, et l'on y trouve d'ailleurs du talent et de l'âme, mais non pas toujours l'impartialité qu'on désirerait dans les productions de ce genre. On est étonné de lire dans une brochure sur la révolution française, publiée par lui en 1791, ces mots étranges sur un homme illustre : « Qu'estce que M. Burke ?... » Sans mentionner plusieurs écrits sur les lois de test, sur celles des pauvres, sur la révolution française, sur les distinctions entre les anciens et les nouveaux whigs, sur la réforme parlementaire, etc., nous citerons ses compositions les plus considérables : I° Essais historiques, politiques et littéraires, 1789 , 2 vol. Il en a été fait plusieurs éditions. 2. Mémoires sur les rois de la Grande- Bretagne de la maison de Brunstrick- Lunebourg, 1793, 2 vol. Le récit, finissant à la mort de George 11, fut continué dans vrage suivant. 5° Mémoires sur le règne de George III; 1795, 4 vol., augmentés de deux autres en 1801, et traduits en français par Lasalle, Paris, 1808. L'auteur s'est montré fort sévère à l'égard de Pitt, auquel il attribue l'âme la plus basse, et dont l'administration lui parait exécrable . L'historien remontant ensuite à la révolution 1688, fit paraître : 4° Histoire de la Grande- Bretagne, depuis cet événement jusqu'à l'avènement de la maison de Hanovre, 1798, 2 vol. Il expose dans la préface les sources abondantes où il a puisé les faits, reconnaissant que ce sera sa faute si sa narration est aride ; mais on n'a pas ce reproche à lui faire. L'introduction contient un aperçu des événements survenus sous les règnes de Charles 11 et Jacques II. Là, en signalant la conduite indigne du premier de ces princes vendant à la France sa neutralité moyennant une pension, il s'efforce de justifier les intrigues de l'opposition anglaise et la distribution de l'or français, faite avec l'approbation de ces patriotes si renommés , Sidney et Hollis. « 11 « s'agissait, ditil, d'effectuer un grand dessein po« litique, qui malheureusement ne pouvait pas être « accompli par des moyens plus ouverts et plus « honorables. » Les trois précédents ouvrages ont été améliorés par leur auteur, et réunis en un seul corps, 4 vol. et 12 vol. W. Belsham est mort à Londres, le 17 novembre 1827, pigé de 75 ans. — Thomas BELSIIAM, ecclésiastique, frère aîné de l'historien, dirigea l'école des dissenters de Daventry, dans laquelle il avait fait ses études. 11 résigna cet emploi en 1789, après qu'il eut abandonné la doctrine de Calvin pour adonter celle des unitaires, en faveur de laquelle il parla du haut de la chaire et le, exerça fréquemment sa plume. Parmi ses écrits, on cite particulièrement : Cairn Enquiry, etc. , 1811. Il a donné une tra- duction anglaise des Epilres de l'apôtre St. Paul, avec une introduction et des notes, 1822, 4 vol. Thomas Belsham, qui desservait à Londres la chapelle unitairienne d'Essexstreet, est mort en novembre 1829, à l'âge de 80 ans
  • William BIRD : Anglais , célèbre compositeur de musique dans le 16e siècle , fut organiste de la reine Elisabeth, et publia, à Londres en 1571, un ouvrage sur la musique, auquel il avait travaillé en société avec Tallis, dont il avait été l'élève. On voit encore gravé au dessus de la porte de la salle de musique de l'université d'Oxford un canon atvibu.é à Bird, et qui est fort estimé des connaisseurs. C'est vraisemblablement le même dont chacun peut juger et admirer la noble mélodie et l'harmonie parfaite, en consultant le Parfait Maitre de chapelle, par Matthesor. Bird mourut en 1625, âgé d'environ 80 ans. — Thomas BIRD , contemporain du précédent, fut membre distingué de la chapelle de la reine Élisabeth. Il fut chargé de remplacer au col- lége de musique de Grashave le docteur et profes- ' seur Bull, pendant les voyages que celuici faisait sur le continent
  • William BERRY( 1730 - 1783) : graveur écossais, au moins le second et peut-ètre le premier qu'ait eu de son temps la GrandeBretagne, dut presque tout à la nature ou à ses propres études. On ne sait rien de sa famille. Né vers .1750, il fut mis en apprentissage chez Proctor, graveur de cachets à Edimbourg, y resta le temps voulu par l'usage, travailla quelque temps pour son propre compte, puis revint chez son ancien patron, où d'ailleurs il ne resta non plus que quelques années. Dès lors son talent s'était accru au plus haut point, ei il ne lui manquait pour briller aux premiers rangs qu'une sphère plus vaste, ou plutôt des appréciateurs plus généreux. Au reste, Berry était d'une modestie extraordinaire et d'un desintéressement rare. Chargé de famille, il se livrait a sr, travaux depuis le matin jusqu'au soir, exécutait de la manière la plus parfaite tout ce qu'il entreprenait, et ne demandait qu'un salaire modique. La conscience avec laquelle étaient soignées toutes ses productions et la modicité de ses prix l'empêchèrent de devenir jamais assez riche pour changer sa vie, coter plus haut son temps, attendre des commandes plus généreusement payées, et ne travailler que dans un genre audessus des cachets héraldiques. Quelques riches personnages, il est vrai , lui demandèrent des tètes gravées en relief. Mais quoique ces travaux lui fussent payés plus chèrement que les autres, ils ne l'étaient pas encore assez relativment au nombre d'heures qu'il y passait ; et, balance faite, Berry trouvait qu'il perdait 60 p. 100 à faim des chefsd'ceuvre. 11 en résulta que, sage et maitre de luimème comme il l'était, il s'attacha de plus en plus à sa prosaïque mais lucrative spécialité, ne considérant que commue des pertes ou des sacrifices à une passion les jours passés à d'autres sujets que les sceaux héraldiques. Toutefois il a encore sacrifié assez souvent à cette passion pour que la postérité ne balance pas à le placer uu premier rang parmi les illustres graveurs. On a de lui une douzaine de tètes de la plus grande beauté, parmi lesquelles on distingue César, le jeune Hercule, Newton, le poète nomson, la reine d'E'cosse Mark. Olivier Cromwell et le poète Hamilton de Bangour. Les deux premières seules sont des copies de l'antique : elles ne le cèdent à aucun des plus beaux tagli des temps modernes. Doué de toutes les qualités qui font les maitres en glyptique, Berry ne savait pas seulement imiter les figures ou les bustes placés devant lui, et qui lui laissaient apercevoir leurs saillies et leurs dépressions, il possédait le talent beaucoup plus rare de deviner, à l'inspection d'un portrait, d'un dessin sur le plat, les reliefs et les enfoncements de la figure, et de les exprimer comme d'inspiration. Ainsi fut faite la tête d'Ilamilton sur une esquisse trèsimparfaite et sans qu'il eût jamais vu le pete : sn travail était merveilleux de ressemblance. Pickler, son contemporain, le proclamait le premier graveur du temps; et Berry, non moins modeste qu'habile, lui renvoyait cet éloge dans la sincérité de son cœur. L'opinion publique était divisée sur leur supériorité. Berry mourut le 5 juin 1783
  • William BINGLEY : né dans le comté d'Yorck, resta orphelin en bas âge. Ses tuteurs le destinaient au barreau, et il commença l'étude des lois. Mais préférant bientôt la carrière ecclésiastique, il se rendit .au collège de StPierre à Cambridge, et y prit ses degrés vers les premières années du 19' siècle. C'est a l'époque de son baccalotreat qu'il publia son premier ouvrage sous le titre de Voyage dans le nord du pays de Galles pendant l'été de 1798, 2 vol. 1800. Ce travail, résultat de deux excursions qu'il fit an pays de Galles, tandis qu'il étudiait à Cambridge, eut du succès. Il donna ensuite sa Biographie animale, ou Anecdotes sur la vie, les moeurs et l'économie du règne animal, 1802, 3 vol. Cette compilation, dont le titre indique assez le sujet, eut beaucoup de succès tant en Angleterre qu'à l'étranger. Elle fut réimprimée plusieurs .fois , et eut les honneurs de la traduction en allemand et en français. On a encore de lui : 1° Économie de la vie chrétienne, 1808, 2 vol . ; 2° Mémoires sur les quadrupèdes de la Grande- Bretagne, 1809 3° Dictionnaire biographique des compositeurs de musique des trois derniers siècles, I813, 2 vol. 11 avait composé une Histoire du comté de Hainp; mais elle n'a pas été publiée. W. Bingley mourut à Bloomsbury, le 11 février 1823
  • William BLACKWOOD : littérateur et libraire anglais , propriétaire éditeur de Blackwood Magazine, recueil périodique qui avait le plus grand succès, mourut à Édimbourg au mois de septembre 1834
  • William CAREY( 1762 - 1834) : orientaliste anglais, né en 4762, apprit le métier de cordonnier, et exerça cette profession jusqu'à l'âge de vingtquatre ans. Passionné dès l'enfance pour l'étude des langues, il apprenait, dans ses heures de loisir, le latin, le grec et l'hébreu. Il reçut l'ordination parmi les calvinistes baptistes en 1792, et il publia dans le même temps, à Londres : Recherches sur le devoir des chrétiens d'employer tous leurs moyens pour la conversion des païens. En 1793 il fut envoyé dans le Bengale, par une société de souscripteurs, pour y prêcher l'Evangile. Ayant éprouvé quelques difficultés de la part de la Compagnie anglaise des Indes, il se lit planteur d'indigo, et ne laissa pas de consacrer à l'étude du sanscrit et du bengali tout le temps qu'il n'employait pas à la culture. Il obtint, en 1800, la permission formelle de rester dans l'Inde, et s'établit chez les missionnaires baptistes à Serampour, ville à peu de distance de Calcutta. Il fonda dans leur maison une imprimerie qui contenait les caractères de plus de quarante langues différentes, et il commença d'y publier ses diverses traductions de la Bible. Nommé professeur de sanscrit au collége du FortWilliam à Calcutta, en 1801, il composa une Grammaire sanscrite qu'il lit imprimer à Serampour, 1806 Cette grammaire n'est pas la première qui ait été écrite dans une languie européenne, comme l'a , en mahratte, 1805 5. : Ramayana de Valmeeki , traduit en anglais avec le texte et des notes, 1806 à1810, 5 vol. ; le 1" volume, sans le texte, a été réimprimé à Londres, 1808 4° Grammaire mahratte , . 2e édit., 1808 5° Dictionnaire de la langue mahratte, 1810 6° Grammaire de la langue du Pendjab, 1812 La même année, un incendie ayant consumé l'important établissement de Carey à Serampour, ses pertes, qui s'élevaient à 12,000 livres sterling, furent couvertes par des souscriptions volontaires peu de mois après que la nouvelle de ce désastre arriva en Angleterre, et il fut bientôt en état de remonter son imprimerie. 70 Grammaire telinga, 4814 8° Dictionnaire bengali, 1815 9° Grammaire karnate, 1817 Carey a été en outre éditeur de la Flora Indica de W. Roxbure, 1820, grand ; du grand Dictionnaire bengali composé par son fils, 1825, 3 vol. et dont le père a donné un abrégé en 1827 ; enfin du Dictionnaire thibétain de Schroeder, 1826 Au milieu de tous ces travaux, Carey n'avait pas cessé de prendre une part active aux tra- w. ductions de la Bible imprimées à Serampour dans presque toutes les langues de l'Inde, et de professer à Calcutta les cours de sanscrit, de mahratte et de bengali. Ce savant et laborieux orientaliste est mort à Serampour, le 2 juin 1834, à l'àge de 72 ans. Il était membre des sociétés asiatiques de Calcutta, de Londres, de Paris, etc. Félix CARET, fils aîné du précédent, était né en 1786. Excité par l'exemple de son père, il passa dans l'Inde et se fixa à Serampour, où il mourut le 10 novembre 1822, après avoir publié : 1° Grammaire de la langue birmane, avec la liste des racines dont elle se compose, Serampour, 1814 ; 2° une traduction du Pilgrin Progress en bengali; 3. le Vidyahara- vouli, ouvrage d'anatomie en bengali, formant le t. 1" d'une Encyclopédie bengalie. Il a laissé d'autres ouvrages dont quelquesuns ont été publiés par son père : le grand Dictionnaire bengali ; un ouvrage sur la jurisprudence, en bengali ; des traductions, dans la même langue, de l'Histoire abrégée d'Angleterre par Goldsmith, du Traité de chimie par John Mack, et d'un Abrégé de l'Histoire de l'Inde anglaise; une Grammaire poli, en sanscrit; un Dictionnaire birman, et une partie du Nouveau Testament traduit dans la même langue
  • William CHAMBERS : célèbre architecte anlais, descendait de l'ancienne famille écossaise de .:haliners; mais il naquit en Suède , où son père ivait un emploi. Après avoir reçu sa première édu- :ation en Angleterre , il s'embarqua , en qualité de mbrécargue, sur un vaisseau suédois de la compaplie des bides orientales , séjourna quelque temps I la Chine , et rapporta de ce voyage , outre une multitude de dessins originaux , un goût décidé pour les arts des Chinois. Cette circonstance décida de sa vocation ; il se livra avec ardeur à l'étude de l'architecture, et ayant fait présenter à lord Bute quelquesuns de ses dessins , ce ministre en fut si satisfait , qu'il le choisit pour donner des leçons de dessin: au prince de Galles , depuis George III. Ses premiers travaux en architecture sont la maison de campagne du lord Besbourough à Rochampton , l'observatoire de Richmond, et la plupart des fabriques des superbes jardins de Kew , où il put employer des sommes immenses à développer son goût pour le genre chinois. Le dessin général de ces jardins avait été fait antérieurement par Kent. L'hôtel de SommersetHouse passe pour le chefd'oeuvre de Chambers : la grande façade, qui donne sursla Tamise, n'est point achevée. Il fut nommé contrôleur ,énéral des bàtiments du roi et trésorier de ranz, démit; royale des arts : il était associé de presque toutes les académies d'architecture de l'Europe , et mourut à Londres, le 8 mars 1796. H a publié 10 Designs for chinese buildings , Londres , 1757 lig. L'édition française, sous ce titre : Des- sin des édifices, meubles, habits, machines et usten- siles des Chinois, Paris, '1776 est moins belle. 2° Traité d'architecture civile , Londres, 1759 . 5') Plans , élévations , coupes et vues perspectives dos jardins de Kew , Londres, 1765 avec 45 planches, ouvrage d'un grand luxe. L'auteur en donna en 10769' une nouvelle édition, dans laquelle il refondit ses deux autres ouvrages. 4° Dissertation, sur le jardinage de l'Orient, Londres, 1772 cet ouvrage parut la même année en anglais et en français , même format; 2' édition anglaise , augmentée d'un discours explicatif par Tantchaokoua, Chinois de Canton, 1774. Ce livre fut traduit en- allemand par Ewald; Gotha , 1775 ; il attira quelques critiques à l'auteur; Mason, auteur du poème The english Gar- den. , crut y voir une satire de la manière dont il avait: parlé des jardins chinois , et lança contre Chambers une pièce burlesque intitulée : A* heroïc Epistle. 5° Truité de la partie décorative de l'ar- chitecture civile , avec 55 planches, dont trois n'avaient point encore paru, Londres, 1791 Ce livre, atinoncé comme une 5e éditiet, parait un nouveau titre ajouté au texte retouché et à toutes les planches des ouvrages précédents. — On a souvent cefondu l'architecte Chambers avec Guillaume CHAMBERS , chef de justice au Bengale, qui a donné plusieurs morceaux sur la littérature et les antiquités orientales dans les Recherches asiati- ques et dans les Asialie Miscellany. — Un autre Guillaume CHAMBERS, médecin, a publié une dissertation de Ribe Arabum et Ligno rhodio, Leyde, 1729 ; ces deux plantes exotiques ont été Idécrites depuis beaucoup plus exactement, la première par Desfontaines, et l'autre par Broussonnet. oy. ces noms.) C. M
  • William CONGRÈVE( 1670 - 1729) : célèbre poête dramatique anglais, naquit au niais de février '1670, à Bard - ses,, à environ 8 milles de Lens. Son père, fils cadet d'utile vieille famille du Stafrorolshire, a, ait pris parti pour les cavaliers dans la guerre civile. Api ès la restauration, il s'établit en Irlande où son fils, William Congreve, passa son enfance et toue partie de sa jeunesse. I.e jeune William, après avoir fait ses premières études A Kilkenny, fut, en 1681, admis à l'universite de Dublin. Ses humanités terminées, et aveu' une distinction rare, Congreve fut envoyé à • Londres pour y étudier le droit. 11Iais les travaux de MiddleTemple étaient peu conformes à ses gords. Entraîné par la tournure de son esprit vers les lettres, p:” son caractère vers l'élégante oisiveté du grand monde, Congrève flotta tonte sa vie enére ces deux penchants poil conciliables en Angleterre. Sa préoccupation constante fut d'éviter de passer pour un écrivain de profession, et eette crainte ne rut 145 sans influence sur les qualités et les défauts de I, homme de lettres fashionable. I.es dom•eurs de la gloire littéraire ne purent nième le réeoncilier avec le n'étier d'éerivain. Plus tard, Voltaire, étant en Angleterre, alla faire une visite à Congrése, alors retiré à la campagne, et lui téluoigna son empressement de voir un homme de heures dont Io talent honorait son piys. rtlonsieur, lui répondit Congreve, . Inférieure à toutes •euee eeeivit depuis, dénuée d'intéFèt et de vraiseiliblanee, cette pièce brdlait I l'esprit de détail ou• la mise en scène, et l'aida de son influence pour faire représenter dignement le chef d'ulivre inconnu. C'était en 105 ; une autre comédie, thC Double- Dealer . Cette pii.•e, qui rappelait par , eoniedie supérieure aux denx autres pour l'esprit et l'habilete seenique. Love fer Love ititiiiat on heit‘cati théàtre ouvert sur l'emplacement d'un jeu , tragédie ridiculement vantée par Jer.soa, et qui ne saurait entrer en comparaison avec les meilleurs drames de Il assinger ou di l'ord, niais supérieure à la plupart des ouvrages de Dryden, d'Otway, de Lee, de llowe et d'Addison. 1.es siwces de Congrève rurciit envore plus grands dans la tragédie que dans la comédie : ainsi à vingtsept ans il était regardé à la fois commet le premier dans les deux grilles. 11 n'y a guère que. Ilyron en Angleterre qui, si jeune, se soit fait une aussi haute réputation. A cette époque arriva mi événement qui commença à éloigner Congreve de la carrière dramatique. Jérémy Collier venait d'attaquer dans un pamphlet célèbre l'immoralité et la dépravation du tltéàtre anglais. Cette dé pravation, suite d'une réact'ion naturelle COlart itf:S exrès du puritanisnw, était en effet arrivéi à son comble. Le roi du thefure, Congreve, lie pouvait échapper aux justes satires du théologien. Comme Dryden, comme \V yelierley, comme tous les autres et plus que tous les autres, il fut aceusé de flatter bassement les mauvais instincts de la multitude. Moins sage que Dryden, Congreve voulut répondre: niais l'éloquence et la raison supérieure de son adversaire l'eurent bientôt réduit au silence. Sa dernière pièce rut the Way of the World . Le peu de sitecès_de cette comédie, supérieure rependant à tout ce qu'a écrit Congrèvr, acheva ge. hOnnèle. « Voui v ; Tt- z partout dans ot ses pièces, dit Voltaire, le Inn :rage des hounét es « gens avec des actions de fripons ; ce (pli prouve I ( qu'il connaissait bien son moud(' et qu'il vivait « dans ce qu'un appelle la bonne compagnie. » Ce qu'on cherche vainement dans les comédies de Congreve, c'est un personnage moral pris au sérieux, qui puisse sertir comme de règle pour mesurer les e autres el fixer l'esprit du spectateur, embarrassé de ne savoir où s'attacher dans cette multitude de personnages sans foi et sans probité, qui ne Varient guère que clans l'objet et le degré de 'leur immora Ouoi qu'il en soit, Congrèse a été hautement apprécié par beaucoup d'écrivains de mérite. Johnson l'a loué jusqu'à l'exagération ; Voltaire dit qu'il éleva la comédie à une hauteur qu'aucun écrivain anglais avant et après lui n'a pu atteindre; Pope lui a dédié son Iliade redntne an luis. ligie, et, lorsque COrlgrèVe quitta la scène, le célèbre critique Dennis s'écria t«ple la comédie l'avait abandonnée avec lui. » Baskerville a donné une belle édition des Œuvres de Congrève, Birmingham, 1761, 5 sol. grand fig. ; deux de ses pièces, Love for Love et the Nourning- Bride, ont été traduites en fran-çais dans le l'hécitre anglais de Laplace. Charles 'Wilson a publié les Mémoires de ta vie de Congre, 1750
  • William CORNWALLIS( 1744) : frère cadet du général de ce nom vo y. CORNWALLIS), naquit le 25 février 1744, et entra fort jeune dans la marine. Il assista à toutes les affaires qui eurent lieu contre les Français en Amérique, notamment à la prise de 32 Loulsbourg. Après avoir pris part à la victoire remportée sur l'amiral de Contlans à l'embouchure de la Vilaine, il passa dans la Méditerranée ; et, se trouvant sur le vaisseau qui portait le pavillon de l'amiral sir Charles Saunders, il fut fait lieutenant à l'âge de 17 ans. En 1763, il était capitaine de vaisseau. La guerre d'Amérique ayant éclaté, il monta le Lyon de 74 canons, faisant partie de l'escadre qui, sous les ordres de l'amiral Biron, combattit le comte d'Estaing, lequel venait de s'emparer des îles de StVincent et de la Grenade. Le Lyon, trèsmaltraité dans ce combat, alla se réparer à la Jamaïque, et Cornwallis reçut l'ordre de sortir avec une division de trois vaisseaux pour croiser au vent de Pile. Il rencontra La MottePiquet qui escortait un convoi de 80 voiles pour StDomingue. Quoique la division française fut plus forte d'un vaisseau que la sienne, il engagea le combat, et aurait eu à s'en repentir sans l'apparition d'une escadre anglaise qui força La MottePiquet à prendre chasse. Revenu en Angleterre, il fit partie de l'escadre qui, sous les ordres de l'amiral Darby, se porta, en 1781, au secours de Gibraltar. 11 repassa aux IndesOccidentales surie vaisseau le Canada, et se distingua dans le combat livré par sir Samuel flood au comte de Grasse devant l'ile StChristophe, dont la prise, par leenarquis de Bouillé, fut suis ie de celle de Nevis et de Montserrat. On sait que le comte de Grasse, n'ayant pu se décider à abandonner un de ses vaisseaux dont la marche avait été retardée, fut atteint et défait sous la Dominique, le 9 avril 1782, par Bodney qui commandait 38 vaisseaux, tandis que l'escadre française n'en comptait que 30. Cornwallis contribua beaucoup à la prise de la Ville de Paris, monté par le comte de Grasse. A la paix, signée en 1783, il fut accueilli en Angleterre avec beaucoup de distinction, et nommé au commandement du yacht royal la Charlotte. Il ne tarda pas à renoncer à ce poste, dû à la faveur personnelle du souverain, pour le servir plus utilement. 11 montait le vaisseau la Couronne, lorsqu'il reçut le titre de commodore et l'ordre d'aller prendre le commandement de la station des IndesOrientales, devenue trèsimportante. Jalouse de se venger de l'appui que l'insurrection américaine avait trouvé dans le cabinet de Versailles, l'Angleterre suivait d'un oeil attentif la révolution qui allait éclater en France, et dont elle saurait profiter pour étendre sa domination. Arrivé dans les mers de l'Inde, Cornwallis comprit qu'il devait surtout empêcher que TippoSaa, qui venait de soulever les Mahrates contre le joug mercantile de la compagnie, ne reçut des munitions de guerre. En conséquence il établit sa croisière sur la côte de Malabar. Il se trouvait en novembre 1791, sur la rade de Tellycherry avec le Phénix et deux autres frégates lorsque la Résolue, commandée par M. de Callamand, lieutenant de vaisseau, parut escortant deux bâtiments marchands destinés pour Magalore. Cornwallis, soupçonnant que ces bâtiments pouvaient être chargés de munitions de guerre, ordonne à deux de ses frégates d'aller les visiter. M. de Callamand, persistant à s'opposer à la visite, qu'il considérait comme une infraction au droit des gens et une insulte faite à son pavillon, il s'ensuivit un combat qui honore la mémoire de cet officier et qui fut comme le prélude de la terriblv lutte qui allait s'engager entre la France et 1.1 GrandeBretagne. La nouvelle de la déclaration de guerre Matit parvenue d'Alexandrie à Calcutta, les Anglais s'emparent aussitôt de Chandernagor, de Carical et de Yanam. Pondichéry, commandé par le brave colonel de Clermont, est investi, bloqué, et ne se rend qu'après un bombardement qui dura depuis le 20 jusqu'au 24 août 1793. Pendant le blocus, étroitement serré par Cornwallis, une division de frégates, commandée par le capitaine de vaisseau Tréhotiart, s'était présentée pour secourir la place : mais elle avait dû reprendre le large pour tut iter un combat inégal. Ayant accompli le temps fixé pour la durée de la station des Indes, Cornwallis revint en Angleterre, et fut élevé, en 1793 et 1794, aux grades de contreamiral de l'escadre blanche et de viceamiral de l'escadre bleue. Cet avancement si rapide s'expliquait moins peut-être par la distinctioii des services passés, que par l'intention de mettre Cornwallis en position d'en rendre de plus éclatants; et telle devrait toujours être la règle de l'avancement pour les hommes d'élite, moins encore dans leur propre intérêt, que dans l'intérêt des corps et du pays. Le viceamiral ne tarda pas à prendre le commandement d'une des divisions de la flotte de la Manche, dite du Canal. On sait que cette flotte est chargée, à la moindre apparence de guerre, de protéger les côtes du royaumeuni et de maintenir la domination du pavillon de StGeorges sur les mers prétendues britanniques. Le 3 mai 1795, Cornwallis sortit de Spithead sur le Royal- Sorereign de 100 canons, suivi de 4 vaisseaux de 74, de 2 frégates et 1 brick. Le but de cette division était d'observer les côtes de France, de faire tout le mal possible aux convois et d'éclairer la marche de la flotte du Canal, qui devait la rallier sous les ordres de Bridport. Le 8 juin Cornwallis découvre la division de l'amiral Vence, lui donne chasse jusque Mis les batteries de BelleIsle, et enlève huit bâtiments de son convoi. Une escadre de 9 vaisseaux de ligne, 2 vaisseaux rasés, r frégates et 4 corvettes, sortit de Brest pour aller dégager le contreamiral Vence , qui déjà avait pu quitter BelleIsle, et fut joint par cette escadre sous Groix. La flotte française , ainsi composée de 30 voiles, aperçut le 16 l'escadre anglaise près des Penmarcks. Cornwallis, reconnaissant la supériorité de l'ennemi, prit chasse ; mais, joint le lenàemain 17, il s'ensuivit un engagement qui dura depuis neuf heures du matin jusqu'à six heures du soir, et dans lequel on remarqua surtout l'audacieuse manoeuvre de la frégate française la Virginie, commandée par le capitaine Bergeret, qui se porta du centre surie vaisseau anglais le Mars, et lui fit essuyer un feu trèsmeurtrier. r Un historien , dont le témoignage ne sera pas suspect, termine le récit de cet engagement par les observations suivantes « 11 fut trèsheureux « pour le Mars et le Thriumph, et certainement « pour toute l'escadre anglaise, qu'il n'y eût pas de « capitaine Bergeret parmi ceux qui commandaient « les vaisseaux de l'avantgarde de la flotte qui « chassait. Mais, comment l'amiral français atil « pu se retirer avec ses douze vaisseaux de ligne et « quatorze ou quinze frégates, lorsqu'ils avaient « presque enveloppé la division anglaise ?... » Selon le même historien, il faudrait moins bltlmer l'indécision de Villaret qu'admirer un ingénieux stratagème dont il aurait été dupe. Au commencement de l'action, Cornwallis aurait ordonné.à une frégate de son avantgarde de s'éloigner à quelques milles, puis de signaler successivement l'approche d'un grand nombre de vaisseaux anglais. Par une singulière coïncidence, plusieurs voiles ayant paru en même temps que les signaux de la frégate placée en observation, Villaret, ne doutant plus de la jonction de la flotte de la Manche avec l'escadre de Cornwallis, se serait décidé à se retirer pour éviter à son tour un combat inégal. Nous croyons pouvoir assurer que ces signain ne furent même pas aperçus de l'escadre française. Mais, en ne poursuivant pas sa victoire, Villaret, il est vrai, céda à la crainte de s'exposer à la rencontre de lord Bridport, qui ne tarda pas, en effet, à se montrer dans ces parages. D'ailleurs, ayant rencontré la division Vence, le but de sa sortie était atteint, et ses instructions, qui lui furent si impérativement rappelées par les représentants du peuple investis du commandement suprême de la flotte, lui prescrivaient d'éviter, autant que possible, le combat. A son entrée à Plymouth, Cornwallis fut accueilli avec transport et reçut les remerciments du parlement votés par acclamations. Nommé au commandement en chef des forces bri- tanniques aux IndesOccidentales, il ne tarda pas à faire voile, toujours sur le Royal- Sovereign; mais ayant été désemparé près des Sorlingues, il crut devoir rentrer en Angleterre. Sa santé altérée fut la cause ou le prétexte de son refus de porter son pavillon sur la frégate I 'Astrée, pour se rendre à sa destination. Quoi qu'il en soit, l'amirauté, mécontente de ce refus, s'assembla le 8 avril 1796 en cour martiale sous la présidence de l'amiral Howe pour juger Cornwallis. Il fut acquitté, puis nommé amiral de l'escadre bleue. Persistant à refuser de prendre du service tant que l'amirauté serait présidée par Howe, il n'accepta le commandement de la flotte du Canal qu'après que le comte de StVincent eut succédé au vieil amiral. Il arbora son pavillon en février 1801 sur la Ville de Paris. Après la rupture du traité d'Amiens, il obtint encore le commandement en chef de la flotte du Canal, composée de cent vaisseaux de ligne ou frégates, et vint continuer le blocus de nos ports, qui ne fut levé que vers la fin de 1803. Depuis, rendu à la retraite, James, the Navat Ilisior y of Grent Britain, t. I, p. 54. Cornwallis mourut en 1819, laissant la réputation d'un des officiers anglais les plus distingués qui aient marqué dans les dernières guerres
  • William COURTEN( 1572) : négociantarmateur, né en 1572, suivit d'abord le commerce de son père, négbciant distingué, réfugié en Angleterre par suite des persécutions qu'il avait éprouvées en Flandre, sa patrie, sous le règne de Philippe 11. w. Cotuten s'associa avec son frère Pierre Courten, en 1606, pour continuer le commerce des soies et des toiles fines que leur père avait établi à Londres; ce commerce prospéra, et les bénéfices qu'il rapportait aux associés étaient trèsconsidérables : on les évaluait à près de 150,000 liv. sterling. W. et Pierre Comien jouissaient d'une grande considéra-. lion, et furent, diton, honorés du titre de cheva- lier. Outre l'intérêt que W. Courten avait dans sa société avec son frère, il faisait, pour son propre compte, un commerce très-étendu en Portugal, en Espagne, sur les côtes de Guinée et dans les Indes occidentalés. W. Courten avait un caractère entreprenant; une fortune considérable; un cedit très-étendu, le mirent à même de se livrer à de grandes spéculations maritimes. n fit construire phis de vingt navires, et, pendant plusieurs années, il occupa plus de mille marins. On assure qu'en différentes fois, il fit accepter au roi Jacques 1" et à son fils Chârles 1" des sommes considérables, et que ses avances à la couronne s'élevèrent à plus de 200,000 livres sterling. Deux navires, appartenant à W. Courten, de retour de Fernambouc, reconnurent en 1614 une île déserte, à laquelle Courten donna le nom de Barbade, qu'elle a toujours conservé. Le 25 février 1627, Courten obtint des lettrespatentes pour peupler cette nouvelle colonie, et y former des établissements. Redoutant l'inimitié du comte de Carlisle, qui lui était opposé, Courten se mit sous la protection du comte de Pembroke, et fit partir des navires chargés de tout ce qui. était nécessaire pour fonder la colonie naissante. Le succès justifia sa prévoyance, el la Barbade fut bientôt peuplée de 1,850 habitants, Anglais, Indiens, etc. Courten y établit un capitaine nommé Powel, avec le titre de gouverneur, tant en son nom qu'au nom du comte de Pembroke. Cette possession ne fut pas longtemps paisible; le comte de Carlisle chercha à s'en emparer, se fondant sur des titres qu'il disait antérieurs à ceux de Courten , quoiqu'ils ne fussent que du 7 juillet 1627 et du 7 avril lt28. Ces priviléges le rendant maître de toutes les îles Caraïbes situées entre les 10° et 29e degrés de latitude, le lord Carlisle chargea le colonel Royden, et Henri Hawley de s'emparer de la colonie. Les agents de Carlisle se présentèrent devant la Barbade, en 1629, avec deux bâtiments, et ayant invité à leur bord le capitaine Powel, ils le retinrent prisonnier, et envahirent la colonie. Ils y établirent l'autorité du lord Carlisle, qui y subsista jusqu'en 1646 que le lord Willougby en prit possession. W. Courten avait encore éprouvé des pertes considérables par la saisie qui fut faite de ses marchandises après le massacre de ses facteurs à Amboine, où il avait aussi formé des établissements. Malgré tous ces désastres, il lui restait encore un capital de 128,000 liv. sterling, et 6,500 liv. sterling de revenu, pro\ enant des terres qu'il possédait dans différentes parties de la GrandeIlretagne. Telle était la fortune de Courten, lorsqu'en 1633, il s'ouvrit des relations de commerce avec la Chine, et fit de nouvelles expéditions dans les Indes orientales où il établit des comptoirs; mais ces nouvelles entreprises ne furent pas heureuses ; il perdit deux navires richement chargés, sans qu'on ait jamais su ce qu'ils étaient devenus. Ce .malheur, auquel Courten ne survécut pas longtemps, dérangea totalement sa fortune, et l'obligea à contracter des dettes considérables. 11 mourut en 1636. — William COURTEN, l'un de ses descendants, né en 1642, cultiva l'histoire naturelle et la science des antiquités avec succès. Après avoir passé une grande partie de sa vie à Montellier, il revint à Londres, où il forma un superbe cabinet d'histoire naturelle et de monnaies anciennes et modernes. Après si mort, arrivée le 26 mars 1702, sa collection fut encore augmentée, et a depuis été rendue publique. Elle fait aujourd'hui partie du Museum !n'Umm fi pie
  • William COXE( 1748) : historien anglais, naquit à Londres le 7 mars 1748. Après irvoir étudié successivement à Eton et à Cambridge, il entra dans les ordres en 1772. La thèse qu'il soutint à cette occa- sion le mit tellement en réputation, que l'aimée suiante 1'6 Mue le disnensa de tout examen ultérieur. NOMITIé curé de Deitham, il abandonna cette place quelques mois après pour faire l'éducation du fils du due de ,)larlborough. Une maladie le fit renoncer à cet emploi au bout de deux ans. Bientôt les offres avantageuses de lord Herbert le décidèrent à l'accompagner sur le continent. Ce voyage embrassa line grande portion de l'Europe. L'attention de Com se porta plus spécialement sur la Suisse, alors bien moins connue, des Anglais qu'elle ne l'a été depuis. Il fit un second voyage en 1719, et cette fois il étendit ses observations sur cet immense empire russe qui, depuis lwan IV, n'a pas perdu un pouce de terrain et en a continuellement gagné. Les découvertes de ses navigateurs et son commerce avec les nations orientales excitèrent surtout sa curiosité : ses liaisons avec d'illustres savants, et principalement avec ?voiler et Pallas, le mirent à même d'éclaircir beaucoup de points obscurs. De retour en Angleterre, il n'y resta pas longtemps, et trois autres excursions sur le continent signalèrent encore son activité. La première eut lieu en .1785 et 86, dans la compagnie de M. Whitbread, et eut pour objets la Suisse, fltalie, les PaysBas et les contrées du Nord. La seconde, en 1786 et 87, fut consacrée à visites la France et la Suisse. Case et son patron passèrent l'hiver à Paris et à La Haye, puis terminèrent en parcourant les cailb ms les plus curieux de la GrandeBretagne et de l'Irlande. troisième excursion, en 1794, ne dura pas plus de cinq mois, et porta les voyageurs en Hollande, en Allemagne et en Hongrie. Deux ans après, il suivit encore sir Colt Hoare dans un voyage au comté de Monmouth. A cette époque, la position de Cote était aisée. Recteur de Bemerton depuis 1788, il devint chapelain de la garnison de Portsmouth, puis Chapelain de celle de la Tour, recteur de Stourton, et enfin de Fuyant. Concurremment avec l'un ou l'autre de ces bénéfices, il possédait, depuis 1803, un canodicat dans la cathédrale de Salisbury, et depuis 1805 l'archidiaconat dc Wilts. Les loisirs que lui laissaient ces places, qui presque toutes étaient d'heureuses sinécures, furent consacrés à des recherches et à des publications historiques, la plupart trèsintéressantes. L'actiN ité avec laquelle il y procédait contribua beaucoup peut-être au malheur qu'il éprouva en 1 818 de perdre la vue. Cette affliction ne fit qu'aviver son zèle, et mettre dans tout leur éclat l'immensité, de son érudition et la fidélité de sa mémoire. Privé du secours des livres, souvent il rectifiait des faits, des dates, des noms propres que ses collaborateurs ou ses secré- taires &rivaient fautivement. C'est ainsi qu'il atteignit l'âge de quatrevingtun ans, regrettant quelquefois de ne pas avoir voué plus fréquemment sa plume aux matières de théologie, mais conti- fluant de se distinguer dans la carrière historique avait si heureusement commencée. L'archi- diacre Coxe mourut à Bemerton le 15 juin 1828. Ses ouvrages, qui presque tous furent acctieillis par l'approbation générale, et qu'on cite trèssouvent comme autorités , se recommandent par l'excellence des ressources où il était à même de puiser, et par la multiplicité des détails qu'il a eu le mérite de révéler le premier. L'histoire moderne de l'Angleterre surtout lui est redevable d'une foule de renseignements précieux. Aussi la société royale de littérature entourageatelle ses travaux en lui décernant une médaille d'or. Ses produc- tions principales sont : 1° Esquisse de l'histoire na- . lurette, de l'état social et du gouvernement de la Suisse, 1777, 1 vol. réimprimé après son second voyage sur le continent sous le titre de Voyage en Suisse et au pays des Grisons, 3 vol. Une quatrième édition de cet ouvrage, publiée peu de temps après la Révolution qui métamorphosa les treize cantons en république helvétique, est enrichie d'un tableau éloquent et fort exact de cet événement. 11 en avait paru une traduction en français par Ramond de Carbonnières, Paris, 1782, 2 vol. ; seconde édition, 1189. Deux autres traductions, la première par Lebas, et l'autre par Mandai, parurent en 1790. 2° Découvertes russes, 1780. Dans cet exposé, reproduit plus tard avec des améliorations considérables, l'auteur, aidé par Pallas et Muller, avait tracé nonseulement le tableau des navigations entreprises par les Russes, mais encore un bref récit de la conquête de la Sibérie et des détails sur le commerce entre la Moscovie et la Chine. Des additions subséquentes portèrent cette histoire des découvertes terrestres et maritimes, opéliées pour le compte ou sous les auspices du cabinet de St- Pétersbourg , jusqu'au temps de Vancouver. Elle a été traduite par Demeunier, Pa- ris, 1781 et 3° Voyage en Pologne, Rus- sie, Suède et Danemark, 1784; traduit en français, par P.H. Manet, Genève et Paris, 1786, 4 vol. Nouveau voyage, ibid., 1791, 2 vol. 40 Mémoires de sir Robert Walpole, comte d'Oxford, 1798, 3 vol. Cette première édition contient la correspondanceoriginale du célèbre ministre, et beaucoup de documents authentiques et inédits tant privés qu'officiels. Trèsfavorablement reçue du public de Londres, elle fut promptement épui- sée : et le libraire en publia bientôt deux autres, l'une en 3 vol. sans les documents et la cor- respondance; l'autre en 4, avec un recueil de piè- ces choisies. 5° Mémoires de lord Horace Walpole, I 802, 1 vol. continuation et complément des précédents. 6° Voyage historique dans le comté de Monmouth , 1800 , 2 vol. ouvrage presque tout descriptif, rédigé en grande partie sur le journal de l'excursion que l'auteur fit en 1798 dans cette partie du pays de Galles, et accompagné de planches gravées par Hoare. 7° Histoire de la mai- son d'Autriche, 1807 , 3 vol. Cette public& lion remarquable valut à Coxe la visite des deux archiducs Jean et Léopold d'Autriche, qui, entre autres témoignages de leur satisfaction, lui expri- mèrent leur surprise sur la connaissance qu'il montrait de certains faits dont la famille régnante d'Autriche avait cru seule avoir le secret. C'est en préparant des matériaux pour un teleau général historique et statistique de l'Europe, que Coxe avait acquis les documents dont il publia un spécimen si curieux dans son histoire de la maison d'Autriche. On doit regretter qu'il ait cru devoir renoncer à ce tableau. L'Histoire de la maison d'Autriche a été traduite en français par Henry , Paris, 1810, 5 vol. 8° Mémoires historiques des rois d'Espagne de la maison de Bourbon, 1813, 3 vol. Cette production, inspirée, on le devine, par les événements dont la Péninsule était le théâtre, fut proclamée tout d'une voix l'ouvrage le plus d'un auteur qui jusqu'alors pourtant n'avait jamais manqué de captiver le public. Une collection très- étendue de pièces rares et originales y fut publiée avec le texte dont elle justifiait les nar- rations et les jugements, et ouvrit une mine abso- lument inattendue aux historiens. Ces Mémoires ont été traduits en français par un Espagnol, don Andrès Muriel, et enrichis d'un volume relatif au règne de Charles 111, Paris, 1827, 4 vol. 90 Mémoires du duc Jean de Marlborough, 3 vol., qui parurent successivement en 1817,18, 19; une seconde édition fut nécessaire dès 1818. Ces Mé- moires ont été rédigés d'un bout à l'autre sur une riche collection de papiers conservés à Blenheim. 10° Correspondance privée du duc de Shrewsbury, accompagnée d'explications historiques et biogra- phiqws, 1821 Coxe était sur le point de mettre la dernière main, lorsqu'il mourut, à des Mé- moires sur l'administration d'H. Pelham., composés sur des documents fournis par le duc de Newcastle et le comte de Chichester; ils auraient fait suite à ceux des deux Walpole. Parmi ses autres ouvrages, nous distinguerons ses Miscellanées, contenant un Essai sur les prisons et les hôpitaux en Russie, Suède et Danemark ; sa Lettre sur le tribunal de Westphalie ; ses Esquisses des vies du Corrège et du Parmesan. On lui doit aussi quelques opuscules religieux et quelques sermons
  • William GODWIN( 1756 - 1836) : écrivain anglais qui a conservé quelque célébrité , surtout comme romancier, naquit à Wisbeach le 3 mars 1756. Son grandpère et son père étaient ministres presbytériens. Ce dernier alla s'établir en 1760, avec sa famille, dans un village aux environs de Norwich, où il présida une congrégation de ses coreligionnaires. Le jeune William mis en pension à Norwich en 1767, pour y recevoir une éducation classique, y fit de rapides progrès. Destiné à l'état ecclésiastique, il entra au colltge des dissidents de Iloxton en 1773. Élevé dans les doctrines de Calvin, il repoussa d'abord avec beaucoup de chaleur les principes unitaires professés dans cette école; mais bientôt il renonça à Calvin et devint déiste pur. De 1778 à 1783 il fut ministre d'une congrégation non conformiste dans le voisinage de Londres; mais la hardiesse avec laquelle il modifiait les opinions de ses cosectaires déplut ; il résigna , et vint résider dans la capitale , décidé à suivre la carrière des lettres. Ce plan , trèsconforme à ses goùts, était d'ailleurs le seul qui pùt lui donner des moyens d'existence. Ses premiers pas dans cette route épineuse furent pénibles. Ses Esquisses historiques, qu'il publia sobs la forme de sermons, ne rencontrèrent qu'un accueil tiède, et plus d'une fois il se vit réduit au désespoir. Ayant pourtant réussi à se faire connaître de quelques personnes distinguées, et admettre dans des cercles où brillaient Fox , Sheridan et d'autres chefs du parti de l'opposition, il reprit courage et trouva dans ce monde nouveau des amis et des appréciateurs. Lié avec les whigs, il avait adopté leurs idées de réforme parlementaire; mais entraîné vers des doctrines plus radicales, il voyait dans cette réforme un moyen et non un but. Le but , selon lui , c'était une régénération sociale qui rendit la population britannique meilleure et plus heureuse. La révolution qui éclata en France en 1789 vint donner en Angleterre une nouvelle impulsion aux discussions politiques, déjà si animées par la guerre de l'indépendance américaine. C'est sous l'influence de ce mouvement prolongé jusqu'en 1793 , que Godwin donna à cette date des Recherches sur la justice sociale , ouvrage qui fit beaucoup de bruit et qui parut fort dangereux. Il suffit, pour en caractériser l'esprit, de dire que l'institution du mariage est l'une des tyrannies sociales contre lesquelles l'auteur dirige ses arguments avec le plus de véhémence et d'étendue. Il eut regret plus tard de cette extravagance. Une autre proposition de ces théories avancées, est celleci : Tout gouverne« ment est un mal nécessaire; mais espérons « qu'un jour il n'en existera plus. » Et il regarde ce jour comme le plus beau pour l'espèce humaine. La vogue de cet ouvrage fut telle dans une certaine classe qu'on vit des ouvriers se coti- ser pour l'acheter et le lire en commun. Cependant l'auteur luimême parut reculer devant ses doctrines, et à l'aide de cartons il donna une sorte de seconde édition trèsmodifiée. L'imagination de Godwin devait lui procurer un succès plus durable dans un ouvrage de pure fiction. Il donna l'année suivante son remarquable roman intitulé les Aventures de Caleb Williams, roman sans amour, empreint de terreur, fondé sur une situation prolongée , le danger d'un pauvre serviteur que poursuit un homme puissant intéress, et ce sujet a fourni au ThatreFrançais en 1797, un drame intéressant de l'académicien Laya. On se souvient encore de la vive impression qu'y produisait Talma dans le rôle de Falkland. Vers la fin de 1794, Godwin acquit de nouveaux droits à I l'estime de l'opposition, par la défense des fameux agitateurs Horne Tooke, Thelwal, Hardy et Hotcroft , fondateurs de la société constitutionnelle de Londres, et de celle dite de correspondance. Dès que l'acte d'accusation fut connu, il en composa une réfutation très-énergique, qui fut aussitôt insérée dans le Alorning cluronicle , rédigé par son ami Perry. Cette réfutation fut lue avec empressement , et contribua à l'acquittement des accusés. Dès ce tempslà, Godwin jouit d'un peu plus d'aisance; il se livra à des travaux littéraires, et fréquenta avec plus d'assiduité la société de lord Lauderdale, de Fox et de Sheridan. En 1797 il publia l'Investigateur , suite d'essais où il développa ses doctrines de justice sociale. Au commencement de la même année, en dépit de son système sur le mariage, il épousa la célèbre Marie Wollstonecraft, qui, à des facultés d'esprit et de coeur peu communes joignait une indépendance d'idées , une liberté de conduite qu'on ne pardonne point aux femmes . Godwin la perdit au mois de septembre suivant , et la regretta amèrement. avait eu d'elle une fille . En 1799 il publia Saint- Léon , autre roman qui , bien qu'inférieur à Caleb Williams, fut trèsbien accueilli. Le souvenir des hautes qualités de sa femme lui avait fourni les principaux traits de son héroïne. Eu 1800 il visita l'Irlande, et s'y lia avec Curran , Grattait et d'autres patriotes irlandais. En 1801 il épousa en secondes noces une veuve dont il n'eut qu'un fils , qui est mort du choléra en 1832. La mcme année parut une Vie de Chaucer, remarquable par la finesse des observations, l'étendue et l'exactitude des recherches historiques, et la peinture animée de l'époque. En 1805, il donna Fleetwood , roman plein d'intérêt et d'un style élégant et nerveux, quoique inférieur même à Saint- Léon. La gène pécuniaire à laquelle, malgré sa renommée il était toujours en butte, le détermina à former une librairie d'éducation, et il 111K
  • William HAMPER( 1776 - 1831) : esquire, né à Birmingham le 12 décembre 1776, d'une ancienne famille du comté de Sussex , fut membre de la société des antiquaires de Newcastle, juge de paix des comtés de Warwick et de Worcester, et mourut le 3 mai 1831. Il avait débuté, en 1798, par quelques poésies où il tournait en ridicule les goûts révolutionnaires de l'époque. Dans les nombreux articles d'archéologie qu'il a donnés au Gentleman's maga- zine brille une ingénieuse et sage érudition. Ses deux grands ouvrages sont : I. Observations sur Ill. les colonnes de Hoastones, 1820; '20 Vie, journal et correspondance de sir William Dugdale, 1827 On a encore de lui, dans les publications de la société des antiquaires , plusieurs Mémoires sur les inscriptions runiques et l'architecture gothique
  • William GUTHRIE( 1708 - 1770) : écrivain écossais, né en 1708 à Brichen, dans le comté d'Angus, exerça d'abord la profession de maitre d'école ; les suites d'une intrigue d'amour, qui porta le trouble dans sa famille , l'obligèrent de s'éloigner, et il vint à Londres , où l'exercice de quelques talents littéraires lui procura une ressource pour subsister. Il fut en même temps aux gages , 1765, 10 vol. ; une Histoire d'Angleterre , 3 vol. le plus supportable de ses ouvrages historiques ; une Histoire générale de l'Ecosse , 1770 , 10 vol. On n'en connait plus guère que le titre : comment, en effet, se , resoudre a dévorer des récits insipides, quand on peut lire sur les mêmes sujets un Hume ou un Robertson ? Le seul des otrrages imprimés sous le nom de Guthrie , qui soit généralement connu , aujourd'hui, est attribué au libraire Knox : c'est la Grammaire géographique , historique et conz- merciale , dont la partie astronomique est due à James Ferguson. On en a fait de nombreuses éditions ; les dernières sont fort augmentées : la vingt et unième est de 1810, Londres, en 1 volume grand avec des cartes. Nous en avons une traduction faite par MM. Noël et Soulès , Paris, 1801 avec atlas et dont il a paru en 1807 une quatrième édition en 8 volumes avec _ atlas. On a encore sous le nom de Guthrie les Amis, histoire sentimentale, 175 , 2 vol. ; des tra- (lutions de Cicéron : Lettres à Atticus, 175e, 2 vol. ; 2^ les Offices, 1755 ; 30 De l'Orateur, 1755 ; les Oraisons, 1766, 3 vol. ; une traduction de Quintilien , 1756, 2 vol. ; et quelques autres publications peu importantes
  • William HABINGTON( 1605 - 1645) : poëte et historien an-. glais, né en 1605, d'une bonne famille catholi- que , à lliullip dans le comté de Worcester, fut élevé chez les jésuites, à StOmer et à Paris, et mourut le 15 novembre 1645. Il a publié : 1° des Poésies , 1655 seconde édition, sous le titre de Castara, nom sous lequel il désignait sa femme, qui en fait le sujet; une autre édition, beaucoup plus correcte, parut en 1640. 2° La Reine d'Aragon, tragicomédie , 1640; réimprimée depuis parmi les pièces anciennes recueillies par Dodsley; 30 Observations sur l'histoire . 1641 4. Histoire d'Édouard IV, 1640 Ce dernier ouvrage , composé à la sollicitation de Charles est écrit d'un style fleuri et animé. Ses poésies, insérées dans le Recueil des poêles anglais de Johnson , réimprimé par Chai mers , se distinguent par la pureté de la morale, et même par celle du goût , relativement à celui (le son temps. — Son père, Thomas HABINGTON , en 1560 et mort en 4647, fut impliqué dans la conspiration des poudres sous Jacques ler, mais il obtint sa grâce; il a laissé (les collections manuscrites qui ont formé la base de l'histoire du comté de Worcester, donnée par le docteur Nash. On a de lui une traduction en anglais de la lettre de Guillaume le Breton, De excidio et conquestu Britannice, Londres, 1658
  • William HAWES( 1736) : médecin et philanthrope anglais, né à lslington en 1756, reçut son instruction flans des écoles particulières, fut mis ensuite, comme apprenti, chez un apothicaire, et s'établit à Londres en 1759. Ses dispositions l'auraient infailliblement conduit à servir l'humanité dans toutes les circonstances, inais le docteur Cogan ayant publié, en 1 une traduction anglaise des Mémoires de la société fondée à Amsterdam, en 1767, pour rappeler les noyés à la vie, l'attention de Dawes fut spécialement attirée sur ce sujet intéresssant. Ses premiers efforts rencontrèrent beaucoup d'opposition, et , ce qui était encore plus fàcheux , provoquèrent le ridicule : mais heureusement il n'en fut point découragé, et réussit à en triompher, en proposant des récompenses pécuniaires à toute personne qui, après avoir retiré de l'eau quelque individu peu de temps après l'accident, entre les ponts de Londres et tle Westminster , lui aurait donné des secours qu'il prescrivait. 11 fallut bientôt renoncer à nier la possibilité de ressusciter les noyés. L'offre généreuse faite par Hawes eut un résultat tel, que sa fortune eùt été considérablement diminuée par les récompenses méritées, si, au bout d'un an , le docteur Cogan ne lui eût ouvert les yeux sur les suites de sou désintéressement , et ne l'eût déterminé à faire un appel à la libéralité du public. Ce fut en 177-1 que ces deux dignes associés, ayant amené chacun quinze de leurs amis dans un café, y formèrent a l'instant cette société , dont , par l'imitation, le bienfait s'est propagé nonseulement en Europe, niais en Amérique et dans l'Inde. Ilawes, intime ami du docteur 01. Goldsmith, qui l'avait af&rmi de bonne heure dans ses intentions philanthropiques, publia, en 1771, le Récit de la derniére maladie de cet écrivain célèbre, dont il attribuait la mort à l'usage intempestif de la poudre du docteur James. En 1776, il donna au publie un Examen de la médecine primitire du reg,. John Wesley . ouvrage dangereux, contre lequel il emploie habilement les armes du raisonnement et de la plaisanterie . Cet Examen eut une troisième édition en 1780. Eu 1777, dames publia son Adresse au ? istil.- sur la mort et sur lei inhumations préripitées. dont il distribua gratuitement sept mille exemplaires en quelques mois. il offrit aussi une guinée de rt'compense à chaque nourrice ou garde quelconque dont les soins auraient rendu à la vie un enfant ou un adulte , pourvu que le fait fùt certifié par le témoignage d'un médecin on de toute autre personne respectable. Dawes fut, comme ou k pense bien , un des membres les plus actifs de la société dont il était le fondateur : il en devint soussecrétaire en 1778; remplaça, en 1780, comme secrétaire, le docteur Cogan , qui partit cette année pour la Hollande; et, en cette qualité, il rédigea dès lors, chaque année, les rapports des travaux de la société d'humanit?". Il lit paraltre , en 1781 , une Adresse , i la ligislature sur l'importance de la société d'humanité, ainsi qu'une Adresse au roi et au parlement de la Grande- Bretagne pour la conservation de la rie des habitants et la régularisation des bils de mortalité. Ce dernier écrit fut considérablement augmenté dans une troisième édition , qui renferme notamment une lettre du docteur Fothergill sur les moyens de prévenir les effets .des exhalaisons méphitiques. Ilawes, ayant reçu le diplôme de docteur en médecine , ouvrit , en 1782, le premier cours de leçons qui aient été données sur la suspension des facultés vitales : à la suite de ce cours il proposa des prix en médailles, auxquels on a dû , depuis, plusieurs écrits utiles. Il fut nominé médecin des dispensaires de Surrey et de Londres. Lorsqu'en 179 un grand nombre d'ouvriers en soie de Spitalfields se trouverent sans occupation, douze cents furent, par l'actibité de son zèle et de ses soins, arrachés a la misère, à la maladie et au désespoir. On le voyait souvent s'arrtter dans la rue, pour distri?uer l'argent qu'il avait sur lui à des malheureux, et il s'échappait aussitôt. On est tenté de lui appliquer ce vers, en quelque sorte consacré : Le pauvre allait le voir, et revenait heureux. Il publia en 1796, en un gros volume les Transactions de la société royale d'humanité de I 771 R 178-1, avec un appendix d'observations diverses sur la suspension des facultés vitales, jusqu'à l'an 1791. Le docteur Lettsom, trésorier de la société, ayant résigné ses fonctions en 1800, Ila•es fut désigné pour lui succéder. Après une maladie douloureuse, il mourut le 5 décembre 1800. Il était marié depuis 1759. Dawes était membre honoraire de plusieurs sociétés d'hu?anité d'Angleterre et d'Amérique, et viceprésident du dispensaire électrique de Londres. C'était un homme d'un naturel doux et modeste, et dont l'unique passion était celle de servir les malheureux : ce n'était qu'en défendant les intérets de l'humanité qu'il montrait de la chaleur. Il dit, dans la 4e édition de son Exposé de la maladie du docteur Goldsmith : Je me suis fait l'ennemi juré des e charlatans de toutes les dénominations; et quel 't est le médecin, homme d'honneur et de répit« tation , qui désirerait vibre en bonne gille(' avec les meurtriers de l'espèce hu- !naine? » X—s.
  • William HAWKINS : navigateur anglais, fut envoyé aux Indes par la compagnie . 11 eut beaucoup à souffrir de la malveillance des Portugais et des jésuites; sa vie fut menine en danger. Son départ pour la cour du Mogol avait été retardé par la maladie de Finch. Quand celuici fut rétabli , Hawkins se mit en route, et le 16 avril 1609 fit son entrée dans Agra. Bientôt il fut présenté au Grand Mogol , dont il reçut un accueil trèsgracieux, et qui, par des offres avantageuses, lui persuada de rester auprès de sa personne. Hawkins y consentit, principalement pour ètre utile à ses compatriotes. 11 essuya bien des traverses de la part des grands du pays, gens avides et d'ailleurs gagnés par les intrigues des Portugais : enfin dégoùté de toutes les tracasseries qu'il éprouvait, il partit d'Agra le 2 novembre 1611. H s'embarqua, le 26 janvier 1612, à Cambaye, avec sir Henri Middleton. Ils coururent les mers de l'Inde et, la mer Rouge, tant pour commercer que pour faire la guerre aux Turcs et aux Portugais. Ils allèrent jusqu'à Bantam, et, après avoir touché au cap de BonneEspérance, quittèrent la baie de Saldagne le 21 mai 1613. Hawkins mourut en mer. 41 avait écrit une relation trèsdétaillée de son voyage et de sa mission près du Mogol. Purchas en fit un extrait, et l'inséra dans le tome 1 de son recueil, sous ce titre : Relation de ce qui est arrivé au capitaine W. Hale-. kins durant sa résidence dans l'Inde, dans le pays du Grand Hogol et depuis son départ de ce pays , adressée â la compagnie. Elle est assez curieuse. Il y en a, dans les grands voyages de De Bry , une traduction latine trèsabrégée, et qui ne contient guère que ce qui concerne la cour du Grand Mogol. Thévenot en a donné aussi un extrait dans la première partie du tome 1 de sa collection ; il est intitulé 1h- talion de la cour du Grand illogol par le capitaine Ilawkins, et ne contient que sept pages. Camus observe avec raison que cet extrait est plus intéressant. et plus étendu que celui de De Bry , et que Thévenot y a d'ailleurs joint des notes qu'on ne doit pas négliger. Mais Camus, dans sa table des matières, a fait une singulière confusion de tous les Hawkins dont il vient d'étre question ; et il cite entre autres un Thomas HAWKINS , dont le rédacteur de cet article n'a pu trouver de traces
  • William HAY( 1695) : écrivain anglais, naquit en 16, je désire qu'elle soit dé« posée dans la collection de Hans Sloane. » Ce voeu a été rempli; la pierre trouvée dans son corps fait aujourd'hui partie des objets du Musée britannique. Ou trouve une notice biographique assez étendue sur W. Hay à la tète de la collection de ses OEuvres; elle a été réimprimée dans le tome 6 des Anecdotes littéraires du 18" siècle; Londres, 1812
  • William HAZLITT( 1778) : métaphysicien, historien, grammairien, critique, moraliste, journaliste, artiste, esprit brillant et sagace, fut un de ces coryphées de la littérature facile dont fourmille notre âge, hommes petillants d'imagination et sa première éducation. Le but du ministre unitaire était de faire suivre à son jeune fils la carrière que luimême parcourait honorablement. Mais tout ce dont il vint à bout , ce fut d'éveiller en lui l'esprit de paradoxe et d'opposition à tout ce qui semblait généralement admis. De la maison paternelle, William était passé au collée d'Hakney près de Londres, et il n'avait que treize ans lorsqu'il écrivit une lettre qui fut insérée dans les journaux , il a parlé avec un enthousiasme vrai de cette époque de sa vie comme de la plus heureuse. Il fait partager à ses lecteurs la contrariété journalière qu'il avait ressentie lorsque, après plusieurs heures délicieuses écoulées comme un instant à contempler et à copier les ehefsd'oeuvre que t'enferme ce Louvre, qu'il appelle un palais d'une magnificence divine, il entendait retentir à ses oreilles ces terribles mots : « Quatre heures passées , il a faut fermer , citoyens. » On conserve dans les cabinets quelques copies faites avec talent par Hazlitt, des tableaux du Titien et d'autres peintres qui ornaient la galerie du Louvre à cette époque. De retour en Angleterre , il parcourut les provinces en qualité d'artiste et exécuta un assez grand nombre de portraits. C'est lorsqu'il paraissait obtenir des succès dans cette profession qu'il l'abandonna pour se livrer à la littérature. Hazlitt avait à un haut degré le sentiment de la peinture; il savait que pour y exceller il lui eût fallu d'autres études , et il n'avait pas le courage de les entreprendre : il ne voulait pas rester un peintre médiocre, et surtout un peintre mal payé. Des amis bien inspirés lui dirent non pas qu'il était littérateur, lui qui jadis s'était cru peintre, mais que nul parmi les peintres n'était aussi littérateur, et nul parmi les littérateurs aussi habile en peinture. Dès lors il résolut de faire de la littérature sur la peinture' et sur l'art en général. On ne peut pas dire qu'il soit un de ceux qui ont le mieux écrit sur l'art en général , puisqu'il est des arts qu'il ne comprenait pas ; la musique par exemple , et , ce qui étonnera davantage , la sculpture; mais il n'en est pas moins, selon nous, un des auteurs qui ont le mieux écrit sur la peinture et dont les ouvrages renferment sur cet art les observations les plus justes, les plus fines, les plus heureusement exprimées. Aussi futil de prime abord classé parmi les écrivains que goûte et lit le public : en réalité, il arrivait sur la scène avec un cachet original. II avait trouvé moyen de surprendre , de raviver, de rajeunir son public. Vrai bohémien littéraire, doué de l'organisation la plus vive, pétulant, fébrile, fantasque , il semble ne se mouvoir que par bonds ; du paroxysme il passe à la prostration ; il s'éparpille en broderies, il s'évapore en mousse, il tombe en poussière impalpable : c'est du sable sans ciment. Son style est capiteux, à effet, abondant en tournures insolites, mais pittoresque ; rapide, mais incorrect. Il n'en était que mieux du goût du publie britannique, encore plus blasé que celui du continent. Hazlitt profita de cette veine , et dès 1806 Il se précipita dans la politique, et mit au jour son pamphlet dit Libres pensées sur les affaires du temps. De là bientôt des offres brillantes de la part des entrepreneurs de journaux quotidiens. Mais il ne se demanda ni si son talent serait toujours le même, ni, chose plus grave, si le charme de ce talent aurait toujours autant de puissance sur les lecteurs : il ne réfléchit pas que l'étonnement avait été en partie la cause de son succès, et que de toutes les sources de plaisir, c'est celle qui se tarit le plus promptement. Puis il dépensait encore plus que ne lui valaient et les articles périodiques et les publications de librairie. Alors arrivèrent les imitateurs qui, sauf l'honneur d'avoir été les inventeurs de sa manière, réunissaient toutes ses qualités ou peu s'en faut. Enfin cette imprudente franchise et cette amère causticité lui firent de terribles ennemis parmi ses confrères, dans les salons et les réglons du pouvoir. On le noircit à plaisir, on le signala comme le plus atrabilaire et le plus méchant des hommes , ce .qui était trèsfaux : on travestit ses opinions en les représentant comme subversives et blasphématoires; enfin on lit si bien que les libraires en étaient au point de craindre autant d'éditer Hazlitt que Spinosa ou l'Arétin. Le Blackwood's magazine se distingua surtout dans cette guerre , et lady Morgan lança sa pierre du fond de son livre du boudoir. Enfin , ses amis les radicaux le réprouvèrent à leur tour. Hazlitt répondait ; mais, moins bilieux que ne le supposaient ses lecteurs d'après son style exclusif, il gémissait de cette lutte, sa santé déclinait : il n'était pas riche_ et il était paresseux; il fallait pour lui mettre la plume à la main ou la nécessité ou une violente irritation. La dernière partie de sa vie surtout ne fut qu'un combat continuel contre les embarras pécuniaires et les attaques de la critique. Lié avec LeighHunt, Élias Lamb, Coleridge, il fut le promoteur de cette nouvelle école littéraire dont le dogmatisme mérita le titre de badauds de Londres.. La partie la plus importante du Morning chronicle lui fut quelque temps confiée , mais la singularité et l'àpreté de son caractère ne tardèrent pas à le brouiller avec James Perry, propriétaire de ce journal. La vie domestique . Les deux volumes se composent d'articles séparés, écrits d'abord pour l'Examinateur, et sous la forme d'essais hebdomadaires. Les deux auteurs y abordent divers sujets de littérature, d'usages et de moeurs. 4° Traits caractéristiques des pièces de Shakspeare , Londres, 1819. On ne peut nier qu'llazlitt ne conçût le drame en artiste et en pone. Il a souvent saisi des beautés inaperçues ou peu aperçues dans le grand dramatique anglais; Londres, 1859, troisième édition. Ti° Examen du théâtre anglais, 1818; 6. Leçons sur la poésie anglaise , 1818 ; 7° Leçons sur les poètes coniques anglais ; 8° Conversations de table, 1824. Ce recueil avec deux autres qu'on verra plus bas, le Franc parleur, l'Esprit du siècle , et qui , comme eux , se compose d'articles d'abord donnés aux journaux ou publications périodiques , est souvent trèsattrayant. 11 a été réimprimé en France par Galignani, Paris , 1825. 9. Vie de Napoléon, 1827, 4 vol. C'est de tous ses écrits celui qu'il a le plus travaillé. Son but était de contrebalancer l'effet de l'ouvrage de Walter Scott. L'impartialité n'en est pas la qualité dominante , pas plus que celle du romancier écossais ; il est trop clair qu'llazlitt écrit avec des idées conçues d'ayauce et que la vie de Napoléon n'est pour lui qu'un prétexte pour censurer la politique européenne et anglaise ; mais il y a souvent 410 vrai et de la profondeur; il y a des pages étincelantes et presque sublimes dans ce factum contre Pitt et Castlereagh. 10° Essais et esquisses politiques sur de hautes notabilités ; 11. Esquisse des principales collections de sculpture et de peinture de l'Angleterre . Ce bizarre assemblage est un type parfait de la manière dont Hazlitt s'y prenait pour brasser un livre en quelques jours , mêlant la triode et l'art, monnayant ce qu'il savait, rhabillant des vieilleries sur lesquelles il jetait un oripeau neuf, et en dernière analyse se déconsidérant et baissant de prix grâce à ce manége. 12. Lettres à Guill. Gifford ; 13° La littérature du siècle d'Élisabeth ; 14. Le moderne Pygmalion ; 15. Notes caractéristiques dans le genre des maximes de la Rochefoucauld , 1830 ; 16. Voyage en France et en Italie, 1824; 17. diverses brochures ou écrits secondaires , telles que 1. les Libres pensées sur les affaires du temps, 1806 ; 2. la Lettre sur Priestley ; 3. une Lettre â Gifford ; 4. un Abrégé de Tucker ; 5. une Réfutation de la célèbre proposition de Malthus; 18^ Conversations de Jacq. Northcote. Ce livre, composé, ainsi que tant d'autres, de fragments déjà livrés à la publicité dans les journaux, est trèsamusant, et, comme il parut au moment de la mort de l'auteur, il donna lieu de dire qu'en vérité on ne pourrait gémir sur la tombe d'Hazlitt. De plus on a publié de lui des Fragments littéraires, 1836, et des Esquisses et essais de Williams Hazlitt , recueillis par son fils, 1838. Hazlitt eut part encore à la compilation intitulée l'Éloquence du sénat britannique, 1808, 2 vol. ; de plus il a donné une Nouvelle grammaire anglaise, à l'usage des écoles, 1810 Conformément à la promesse du titre, Hazlitt y inséra les découvertes des modernes , et notamment de Horne Tooke, sur la formation du langage. 11 y joignit depuis le Nouveau guide de l'amateur de la langue anglaise , par E. Baldwyn. Le même Baldwyn abrégea plus tard la grammaire de Hazlitt et la réduisit à 1 volume
  • William HERBERT( 1718 - 1795) : Anglais particulièrement instruit sur les antiquités typographiques, naquit, en 1718, à Ilitchin , dans le comté de Hertford. Après avoir exercé sans succès l'état de marchand bonnetier, et formé quelques entreprises infructueuses, il partit, en qualité de CiliSSiCr, sur un bâtiment de la compagnie des Indes; mais, arrivé à Tellichery, quelques cir- constances de la guerre qui se poursuivait alors avec les Français le détachèrent du bâtiment, et l'obligèrent à faire à pied un long voyage : cène fut qu'au bout d'un an qu'il rejoignit le navire, au fort StDavid. Herbert, ayant eu par là occasion de voir beaucoup de pays, exécuta des plans des divers établissements; ce qui lui valut une gratification de la compagnie des Indes. Il s'établit ensuite à Londres, comme graveur de cartes géographiques et marchand d'estampes; et il acquit de l'aisance dans cette nouvelle situation. Son goùt dominant le portait vers l'étude des antiquités typographiques; et il commença à rassem- II ,tts pie, une noitrelle édition Ashiesié, fypereasphiries par d avait arbeté k manuscrit autogra- de notes. Retiré à Clarain'« dans sa 4.si4e, d ne s'occupe plus guère que de Le premier ',ultime de la nouvelle édi- tiou les, considérablement augmentée, parut. en 1- et fut sulil de drus autres en ralti 1790. L'aceuril que ce valait prérieus reçut publk n'empeclia pas l'auteur de re- connaitre qu'il pouvait encore tire perfectionné; d il ru préparait une édition ultérieure, lorsl'id mourut le 18 tuars 179:S. Son caractère etait estimable, quoiqu'un peu singulier. Il eut lseaucoup dr part a un manuel intitulé Neericiey for IAI « id hdirr, rt on lui doit une édition de i'llodoir. di coude de Globeeskr, par ULM', 170, ouvrage qui étaitdevenu tris- ,' arr L.
  • William HERSCHELL( 1738) : un des plus grands astronomes de tous les temps et de tous les pays, naquit à Hanovre le 15 novembre 1758. Le nom d'Ilerschell est devenu trop illustre pour qu'il n'ait pas été naturel de chercher, en remontant la chalne des temps , dans quelle position sociale se trouvaient les familles qui l'ont porté. Toutefois, la juste curiosité que le monde savant avait montrée à ce sujet n'a pu ètre entièrement satisfaite. On sait seulement qu'Abraham , bisaïeul d'Herschell l'astronome, fut expulsé de Mahren à cause de l'attachement qu'il montra pour la foi protestante , que son fils Isaac était fermier dans les environs de Leipsick , que le fils alné d'Isaac, Jacob Ilerschell , résista au désir qu'avait son père de le voir se livrer à l'agriculture , qu'il cultiva la musique avec succès et qu'il alla s'établir à Hanovre. Jacob Herschell , père de l'astronome William, était trèsdistingué dans sa profession et ne se faisait pas moins remarquer par les qualités du coeur et de l'esprit. Son peu de fortune ne lui permit pas de donner à sa famille, composée de < i> six garçons et- de < i> quatre filles , une éducation aussi complète qu'il l'eût désiré ; mais du moins, par ses soins, les dix enfants devinrent tous d'excellents musiciens. L'aillé , Jacob , acquit 'Dème une habileté rare et qui lui valut la charge de chef de musique dans un régiment hanovrien avec lequel il séjourna assez longtemps en Angleterre. Le troisième fils, William, était resté sous le toit paternel. Sans négliger les beauxarts, il prenait, pendant ses moments de loisir, des leçons de français et se livrait surtout à l'étude de la métaphysique, pour laquelle il conserva un goût décidé jusqu'à la fin de ses jours. En 1759, William Herschel!, âgé alors de vingt et un ans , passa en Angleterre , non pas avec son père, comme on l'a toujours imprimé par erreur, mais accompagné de son frère Jacob, dont les relations dans ce pays semblaient devoir faciliter ses débuts. Cependant, ni Londres ni la province ne lui offrirent d'abord de ressources, et les deux ou trois premières années qui suivirent son expatriation furent marquées par des privations cruelles, noblement supportées. Un heureux hasard mit enfin le pauvre Hanovrien en relation avec lord Durham , qui l'engagea comme instructeur du corps de musique d'un régiment anglais en gar- nison sur les frontières de l'Écosse. A partir de ce moment, la réputation du musicien Herschell s'étendit de proche en proche, et, dans le courant de l'année 1765, il fut nommé organiste à Halifax . Les émoluments de cette place , des leçons particulières de musique données en line, procurèrent au jeune William une certaine aisance. 11 en profita pour refaire, ou plutôt pour achever sa première éducation. C'est alors qu'à l'àge de trente ans il apprit le latin et l'italien, sans autre secours qu'une grammaire et un dictionnaire; c'est alors aussi qu'il se donna luimène une légère teinture de grec. Tel était le besoin de savoir dont Ilerschell était dévoré que, pendant son séjour à Halifax, il trouva moyen de faire marcher de front , avec ses pénibles exer-, cices de linguistique , une étude approfondie de l'ouvrage savant, mais fort obscur, de R. Smith sur la théorie mathématique de la musique. Cet ouvrage supposait , soit explicitement, soit implicitement, des connaissances d'algèbre et de géométrie qu'llerschell n'avait pas, et dont il se rendit complétement maitre en trèspeu de temps. En 1766,Herschell fut nommé organiste de la chapelle octogone de Bath. C'était une place plus lucrative que < i> celle d'Halifax , mais aussi de nouvelles obligations vinrent fondre sur l'habile pianiste. Il avait à se faire entendre dans les < i> oratorios , dans les salons de réunion des baigneurs , au théâtre , dans les concerts publics. Au centre du monde le plus < i> fashionable de l'Angleterre , Herschel.' ne pouvait guère refuser les nombreux élèves qui voulaient s'instruire à son école. On conçoit à peine qu'au milieu de tant d'occupations, de tant de distractions de toute nature , Herschel' soit parvenu à continuer les études qui déjà, dans la ville d'Halifax , avaient exigé de sa part une volonté, uye constance, une force d'intelligence peu communes. C'est par la musique, quelque étrange que cela ait dû paraltre au premier aspect, qu'llerschell arriva < i> aux mathématiques. < i> Les mathématiques à leur tour le conduisirent à l'optique , source première et féconde de sa grande illustration. L'heure sonna enfin où toutes ces connaissances théoriques devaient guider le jeune musicien dans < i> des travaux d'application complétement en dehors de ses habitudes , et dont l'éclatant succès doit peut-ètre moins étonner encore que leur excessive hardiesse. lin télescope, un simple télescope de deux pieds, tombe dans les mains d'Herschel' pendant < i> son séjour à Bath. < i> Cet instrument , tout imparfait qu'il est, lui montre dans le ciel une multitude d'étoiles que l'ceil nu n'y découvre pas; lui fait voir quelquesuns des astres anciens sous leur véritable aspect, nous voulons dire avec des < i> circonstances de constitution physique et de forme que les plus riches imaginations de l'antiquité n'avaient pas 'Dème soupçonnées. Herschel' est transporté d'enthousiasme. Il aura sans retard un instrument pareil, mais de plus grande dimension. La réponse de Londres se fait < i> attendre quelques jours : ces quelques jours sont des siècles. Quand elle arrive enfin , le prix que l'opticien demande se trouve fort audessus des ressources pécuniaires d'un simple organiste. Pour tout autre, c'eût été un coup de foudre. Cette difficulté inattendue inspire au contraire à Herschel' une nouvelle énergie : il ne peut pas acheter un télescope, il le construira de ses mains. A partir de ce moment, le musicien de la chapelle octogone se lance dans une multitude d'essais sur les alliages métalliques qui réfléchissent la lumière avec le plus d'intensité; sur les moyens de donner aux miroirs une figure parabolique; sur les causes qui, dans l'acte du polissage, altèrent la régularité de la ligure doucie , etc. Une si rare, une si constante persévérance reçoit enfin son prix, et en 1774 Herschel' a la joie de pouvoir examiner le ciel avec un < i> télescope newtonien de cinq pieds anglais de foyer, exécuté tout entier de ses mains. Ce succès l'excite à tenter des entreprises encore plus difficiles. Des télescopes de sept , de huit , de dix et méme de vingt pieds de distance focale couronnent ses ardents efforts. Comme pour répondre à ceux qui n'eussent pas manqué de trouver une superfluité d'apparat , un luxe inutile , dans la grandeur des nouveaux et dans les soins minutieux de leur exécution , la nature accorda au musicien astronome , le 13 mars 1781 , l'honneur inouï de débuter dans la carrière de l'observation par la découverte d'une nouvelle planète , placée aux confins de notre système solaire. A dater de ce moment , la réputation d'Herschel' , non plus comme musicien , mais à titre de constructeur de télescopes et d'astronome, se répandit dans le monde entier. Le roi George III , grand amateur de sciences , fort enclin d'ailleurs à < i> protéger les hommes et les choses d'origine hanovrienne , se fit présenter Herschell , fut charmé de l'exposé simple , lucide , modeste , qu'il lui traça de ses longues tentatives, entrevit tout ce qu'un observateur si persévérant pourrait jeter < i> de gloire sur son règne, lui assura une pension viagère de trois cents guinées, et de plus une habitation voisine du château de Windsor, d'abord à ClayHall et ensuite à Slough. Les prévisions de George 111 ne tardèrent pas à se réaliser. Aujourd'hui, on peut le dire hardiment, il n'existe pas de lieu dans le monde qui ait été illustré par des découvertes plus nombreuses, plus inattendues que le jardin et la petite maison de Slough. Le nom de ce village ne périra plus; < i> les sciences le transmettront religieusement à la postérité la plus reculée. — La vie anecdotique d'Herschel' est maintenant terminée. Le grand astronome ne quittera plus guère son observatoire que pour aller soumettre à la société royale de Londres les sublimes < i> résultats de ses veilles laborieuses. Ces résultats, contenus dans soixante et onze mémoires, sont une des principales richesses de la collection célèbre connue sous le nom de < i> Philosophical transactions. L'analyse < i> chronologique et détaillée de < i> tant de travaux dépasserait de beaucoup les limites d'un simple article biographique , et nous jetterait d'ailleurs dans maintes et maintes redites. L'ordre < i> systématique sera préférable. Il fixera plus nettement la place éminente qu'Herschell occupe parmi le petit nombre d'hommes de génie dont le nom retentira encore chez nos derniers neveux. Au surplus, on trouvera à la fin de l'article les titres < i> des soixante et onze mémoires de l'illustre astronome et la date exacte de leur eublication. Ce tableau , où la variété et l'éclat le. disputent à l'étendue , excitera encore l'intéra de ceuxlà 'Iléales à qui notre première étude pourrait paraitre suffisante. Il en est des grands hommes comme des monuments des arts : on ne les connait bien qu'après les avoir étudiés sous di- rs putois de nie. — < i> Perfectionnements dei s'or• < i> e trabierraiwn. Les perfectionnenients ai). portés par Herschel' dans la construction cl dans < i> l'iode des télescope. ont < i> contribué trop directement aus découtertes dont ce grand observateur · enrichi l'astronomie puur que nous eussions pu hésiter à les placer ici en premien ligne. d'aroir trouvé des moyens directs, . Toutefois, la description de l'instrument et du pied ne parut qu'en 171*. Cet instrument avait un tuyau Imilnius en fer de trenteneuf pieds quatre pouces anglais , et de quatre pieds dit pouces de &amerri . < i> Ik telle* duneueions sont énormes, comparées à selles des télescopes exécutés jusquelà; mais elles parattrunt bien mesquines à tous ceux qui ont entendu parler d'un prétendu bal donné dans le grand télescope de Slough. Les propagateurs Je ce bruit populaire avaient confondu l'astromue Herschel' avec k brasseur Meus, et un cylindre dans lequel un enfant ne pourrait pas se tenir debout avec certains tonneaux en bois, grands comme des maisons, ou l'on fabrique la bière à Londres. Le télescope d'Herschel' , de quarante pieds de long, réalisa une idée dont les avantages seraient peu appréciés si nous ne rappelions ici quelques faits. Dalt toute lunette ou télescope, il y a deux parties principales la partie qui < i> engendre les < i> images aériennes des objets éloignés, et la petite loupe à l'aide de laquelle on grossit ces images, tout aussi bien que si elles avaient une consistance matérielle. lorsque l'image est produite a l'aide d'un < i> verre lenticu- laire . le lieu qu'elle occupe se trouve situé sur < i> 14 protonyeeieet de la ligne qui va de l'objet au centre de la lentille. L'astronome armé d'une loupe qui désire examiner cette image doit nécessairement se placer au < i> delà du point où les rayons qui la forment te sont croisés. Au < i> delà, qu'on le remarque bien, veut dire ici < i> plus loin de la lentille objective. La tête de l'observateur, son corps, ne peuvent donc nuire à la formation et à l'éclat de l'image, pour petite que soit la distance < i> à. laquelle on doive < i> l'étudier. H n'en est plus ainsi de l'image formée par voie de réflexion. Cette image est alors située < i> entre l'objet et le miroir réfléchissant, et l'astronome quand il s'en approche pour l'examiner intercepte inévitablement, sinon la totalité, du moins une trèsnotable partie des rayons lumineux qul , sans Cela , auraient contribué à lui donner une gratuit intensité. tin comprendra maintenant pourquoi, dans ka instruments d'optique où les images des objets éloignés s'engendrent par la réflexion de la lumière , on s'e.t vu obligé de porter ces images, à l'aide d'une < i> seront/ < i> g réflexion , hors du tuyau qui contient et maintient le miroir principal. Quand le petit miroir sur lequel cette seconde réflexion s'opère est plan et incliné de 45" sur l'axe du télescope; quand l'image est rejetée < i> lairralement vers une ouverture située au bord du tuyau , et portant la loupe oculaire; quand, en un mot, l'astronome vise définitivement dans une direction perpendiculaire à la ligne qu'on < i> parrourt, les rayons lumineux < i> venant de l'objet et aboutissant au centre du grand miroir, le télescope est dit < i> newtonien. Dans le télescope sreégiries l'image formée par le miroir principal tombe sur mi second miroir trespetit , léger, ment tourbe , parallèle au premier qui la rejette au delà du miroir principal par une ouverture dont celuici cal percé dans son milieu. Ilins et dans l'autre de ces télricopes, le petit miroir, interposé entre l'objet et le grand miroir, forme pour ne dernier une sorte d'écrin qui . Dans le soixanteseizième volume des < i> Transactions philo- sophiques , il dit que l'idée de cette construction se présenta à lui dès l'année 1776; qu'il l'appliqua alors sans succès à un télescope de dix pieds; que, pendant l'année 1784, il en fit un essai également infructueux sur un télescope de vingt pieds. Nous trouvons cependant que, le < i> 7 septembre 1784, un < i> front- view lui servait à observer des nébuleuses et des groupes d'étoiles. Quoi qu'il en soit de ces diverses dates, on ne pourrait sans injustice se dispenser de remarquer qu'un télescope < i> front- view était déjà décrit , à la date de 1732 , dans le sixième volume du recueil intitulé < i> llachines et inventions approuvées par l'Académie des sciences. L'auteur de cette innovation , < i> Jacques Lemaire qu'on a < i> confondu à tort avec le jésuite anglais < i> Christophe Maire , collaborateur de Boscowich dans la mesure de la méridienne comprise entre Rome et liimini , n'ayant en vue que des téles- copes de dimensions modérées, se voyait obligé, pour ne rien sacrifier de la lumière, de dévier le grand miroir de manière que l'image engendrée sur sa surface tombàt tout à fait en dehors du tuyau de l'instrument. Une si forte inclinaison aurait certainement déformé les objets. La construction < i> from- riew n'est admissible que pour de grands télescopes. Les praticiens savent pour quelle part immense les pieds des lunettes et des
  • William HEWSON( 1739) : anatomiste anglais, né en 1739 à Ilexham en Northumberland, reçut de son père , chirurgien et apothicaire en vogue, les premières notions de l'art de guérir. Étant venu à Londres en 1759, il. y suivit les cours des deux frères John et William Hunter, qui distinguèrent bientôt son mérite , et lui confièrent la direction de leur salle de dissection , et quelquefois la répétition des leçons d'anatomie. Il fit sur les propriétés du sang des observations et des expériences particulières, dont il publia les résultats en 1771. Ses découvertes sur le système lymphatique des oiseaux et des poissons , dont il communiqua l'exposé à la société royale, lui méritèrent la médaille fondée par Copley. Cette compagnie l'admit depuis dans son sein. Il donna, en 1772 , une deuxième édition de, son précédent écrit , sous le titre mie Recherches expérimentales : il en publia, en 1774, la deuxième partie, qui traite du Système lymphatique. Les cours d'ana-...pi, tomie qu'il faisait pour son propre compte, depuis 1770 étaient fort fréquentés ; et ses succès comme praticien augmentaient chaque jour , lorsqu'une lièvre, qui était la suite d'une blessure reçue en disséminant le cadavre d'un sujet mort de maladie, l'enleva le ler mai 1774, à l'àge de 35 ans. Le chirurgien et professeur Magnus Falconar, qui, pendant une longue intimité avec Ilewson , avait acquis, par la conversation et en répétant ses expériences, une connaissance parfaite des idées que son ami n'avait pas eu le temps de publier, composa , pour ainsi dire de ses réminiscences, un ouvrage qu'il fit paraître , en 1777, Londres sous le titre de Recherches expérimentales, 3e partie, etc., formant la dernière des Observations de M. W. Hewson, avec quatre planches. Cet ouvrage est divisé en cinq chapitres , dont le premier seulement avait déjà paru dans les Transactions philosophiques . Hewson a découvert principalement que les particules du sang se composent de deux parties distinctes, une vésicule rouge ronde, mais plate et solide , de la forme d'une pièce de monnaie; laquelle contient dans son centre une particule petite et solide. Il pense que le système lymphatique et ses appendices, où il comprend le thymus et la rate , sont le laboratoire ou les organes dont se sert la nature pour fabriquer les particules du sang, etc. Plusieurs de ses écrits, épars clans tes 25', 24., 25. et 28e volumes des Transactions philosophiques, années 1765-1775, ont été ensuite réunis. Son ouvrage sur le système lymphatique a été traduit en latin par Wynpersse
  • William HILL( 1619 - 1667) : savant critique anglais, né en 1619 à Cudworth , dans le comté de Warwick, élevé à l'université d'Oxford , exerça la médecine à Londres , mais avec plus de succès l'enseignement , et fut maitre d'école et ministre à Dublin. Il publia en 1658 une édition de Denys Periegetes, avec des notes grammaticales , critiques, géographiques , et le texte d'après Henri Estienne ; le Commentaire d'Eustathe ; des cartes et des institu- lions gédagraphiques en faveur des jeunes étudiants. Ce recueil , intitulé Dionysii orbis descrip- tio . etc., fut réimprimé en 1659, 1665, 1678, 1688. Harwood recommande cette dernière édition. 'William Ilill mourut en novembre 1667. — iIii.i , lexicographe , né à Bromley, près Leeds, en 1625, fut élevé à Cambridge. Son zèle pour le puritanisme lui valut en 1659, lorsque le parti puritain était le plus fort, la place de procureur à l'université de Cambridge , qu'il perdit en 1669., après la restauration , ne voulant pas se soumettre à l'acte d'uniformité. Il voyagea ensuite en France et en Allemagne , fut quelque temps pasteur de la congrégation anglaise de Middlebourg en Zélande, et mourut à Rotterdam le 5 novembre 1707. Il est principalement connu par son édition du Lexicon grec de Schrevelius , publiée en 1676 , augmentée de huit mille mots et purgée de presque autant de fautes. Cette édition, souvent réimprimée et perfectionnée depuis , est encore estimée
  • William HILTON : peintre anglais, né à L , mort à Londres à l'àge de 53 ans le 30 décembre 1839, était habile dessinateur et bon coloriste. Il a fait un grand nombre de tableaux qui ornent les monuments publics de l'Angleterre, entre autres : Madeleine lavant les pieds du Christ, à Londres; une Crucification, à Liver- pool ; Lazare, à Newark. En 1825 il exposa un ouvrage d'un grand effet , le Couronnement d'é- pines qui , en 1827 , fut offert par l'institution britannique à l'église StPierre de Londres. L'Ange délivrant St- Pierre de prison est peut-être la meil- leure de ses compositions. Ses dernières produc- tions furent l'Enfant guerrier exposé en 1836, et Je Massacre des innocents , en 1838. Nous citerons encore parmi ses tableaux les plus estimés : En- trée triomphale du duc de Wellington à Madrid, c'est un morceau plein de vie et de charme, dans le style de Rubens; Cornus; Jupiter et Europe ; les Moines trouvant le cords de Harold; Rebecca à la fontaine; Europe et Amphitrite; dans ces deux der- nières toiles il déploya à un haut degré son talent de coloriste. Un des principaux mérites des tableaux de Hilton, c'est l'harmonie de pensée dont ils portent l'empreinte. Le sujet domine toujours l'exécution , et on n'y trouve ni maniéré ni mauvais goùt. Dans le commencement de sa carrière Hilton avait fait des dessins appréciés pour une édition du Miroir et du Citoyen du monde, publiés par Taylor et Ilessey. Depuis longtemps associé de l'Académie royale, il avait été nommé membre titulaire en 1820
  • William HOGARTH( 1697 - 1764) : célèbre peintre et gravent' anglais du 18e siècle, naquit à Londres en 1697. Il eut pour père un prote d'imprimerie, qui s'occupa peu de lui donner une éducation lettrée, mais qui , remarquant son goût pour le dessin , le mit en apprentissage chez un graveur sur métaux. Un jour que le jeune Hogarrh se promenait avec son compagnon de travail , il vit, dans une rixe, deux buveurs dont l'un porta sur la tète de l'autre un coup violent d'un pot ,à bière : l'horrible grimace que faisait le visage sanglant du blessé donna lieu à Hogarth de représenter , dans un croquis ressemblant, le portrait hideusement risible qu'il avait sous les yeux. Ce fut le premier indice du talent de peindre les passions, auquel la nature l'avait destiné. Aussi , en étudiant le modèle à l'Académie de Martin'slane , fitil peu de progrès dans l'art d'imiter les traits de la nature morte ou sans mouvement. Les profits qu'il ne laissa pas de retirer de son apprentissage furent plus utiles à sa famille qu'a luimême. Devenu son maitre, il lutta d'abord contre le besoin. Tourmenté pour vingt schellings par la femme chez laquelle il logeait, il fit d'elle une caricature piquante, qui ne le tira pas de l'obscurité. Il se mit à peindre des enseignes pour les marchands de Londres, qui faisaient alors décorer leursloutiques , comme aujourd'hui ceux de Paris , par des mains habiles. Depuis, il a reproduit plusieurs de ces enseignes dans les parties locales ou. acces- soires de ses tableaux. Il grava aussi pour les mar- chauds des cartes d'adresses, des armes parlantes ; et pour les libraires, des frontispices de comédies et des fleurons dans le goùt des grotesques de Callot, tous objets qui décelaient l'imagination gaie et plaisante d'Hogarth , mais qui se trouvaient perdus dans la foule des sujets insignifiants du même genre. Les figures qu'il peignit et grava en 1721i pour l'édition d'Hudibras, avec le portrait de Butler , furent le premier ouvrage qui fit remarquer le génie de l'artiste, non moins original que celui du pone : elles furent copiées dans l'édition donnée par Grey en 1744 et dans la traduction française de ce poërne, publiée en 1757. Leur succès le détermina à peindre des sujets comiques. Porté par goùt à représenter des scènes de caractères et de moeurs , et s'attachant à réunir tout ce qui pouvait en faire ressortir l'expression, il fit des portraits peu flattés, mais ressemblants par le jeu de la physionomie. Dans sa peinture d'une scène de l'Opéra des gueux , dont la pièce eut tant de vogue , on remarquait parmi les assistants des ducs, des majors, des miss, que chacun nommait ; et l'on voyait figurer, derrière le directeur Rich, satisfait de son spectacle, le paie Gay , enflé du succès de sa pièce, qui, suivant le calembour qui courut alors , avait fait Gay riche et Rich gai. Mais le génie malin d'Hogarth ne tarda pas à déguiser ses traits sous le voile ingénieux et parfois obscur de l'allégorie, qui consistait plus , il est vrai , dans les accessoires que dans les figures principales, toujours reconnaissables malgré leur charge. Il n'asait point encore atteint ce comique vrai et moral qui n'est ni la critique grossière , ni la satire mordante. Hogarth venait d'épouser , en 4750', la fille de James Thornhill, peintre du roi, auquel l'architecte Kent fut préféré pour peindre une maison royale par lord Burlington , dont Pope avait loué le goût aux dépens du duc de Chandos. Ce fut le sujet d'une gravure burlesque et satirique , où Hogarth représenta Pope en maçon occupé avec le lord, qui lui sert de manoeuvre, à plàtrer l'architecture de Kent, en éclaboussant le carrosse du duc. Peu de temps après son mariage, Hogarth , s'étant lié avec le directeur du Wauxhall de Springgarden, y peignit les Quatre parties du jour , dont Cowper a décrit le Matin dans son poëlne. Cédant moins à une impression particulière dans l'image caractéristique des occupations et des plaisirs vains et rapides de la journée, il y remplit le but de cette devise qu'on lit entre le cadran d'une horloge et la vapeur qui s'élève d'une cheminée : Sic transit gloria mundi. Mais ce qui manifeste surtout le véritable talent d'Hogarth , et dans lequel il n'a eu ni mitres ni rivaux, c'est la représentation morale des actions successives d'un Me:111C personnage dans une suite de tableaux. Les gravures qu'il donna en 1733 et 1731 de ses peintures de la Vie d'une fille publique, conduite, par toutes les vicissitudes tics événements, du coche d'Yorkshire dans une auberge de Londres, d'un hôtel superbe dans un galetas, d'un lieu de débauche dans une maison de force , et enfin de l'hôpital au cercueil, eurent un succès extraordinaire et un débit prodigieux. La ressemblance parfaite d'un magistrat en fonctions y fit souscrire tous les lords de la trésorerie. Cibber en mit les diverses scènes en pantomimes ; la modc. les figura sur les éventails , et Nichols assure qu'on les peignit à la Chine sur des vases de porcelaine. La Vie du libertin , en huit planches , le pendant de l'ouvrage précédent, offrait une nouveauté moins piquante, malgré des traits nombreux de satire ; mais l'allégorie qui les couvrait, et les ac- b'ssoires multipliés dont les allusions avaient dès lors besoin d'être expliquées, en rendirent le succès moins général. La Conversation moderne à minuit , ou les Buveurs de punch, représentant avec la vérité de la nature , sans bassesse ni exagération , les scènes variées de l'ivresse dans une orgie où figurent de doctes personnages des quatre fa- cultés, parmi lesquels on croyait voir des portraits frappants, entre autres celui de l'orateur Henley, , eurent un succès tel , que les copies s'en répandirent de toutes parts : on en orna gaiement des frontispices de pemes; on en fit des scènes de comédie ; on en modela des figures en cire, qui, promenées de bourg en bourg , attirèrent la curiosité publique. Le nombre de ces copies contrefaites fut l'occasion d'un privilége accordé, par un acte de la huitième année de George 11, aux artistes, pour les productions du dessin et de la gravure, à la sollicitation d'Hogarth , et continué en particulier après la mort de l'auteur à sa veuve, pendant vingt ans. A l'époque de sa plus grande gaieté comique , celle où il peignit ses Comédiennes ambulantes, il dessina d'après nature et grava une suite nombreuse de caractères, aussi vrais *que variés, et qu'on doit bien distinguer des caricatures. Lavater semble les avoir confondus, malgré l'explication que donne Fielding de leur différence. Cependant ce sont autant d'études pour la physiognomonie ; et le philosophe de Zurich n'a pas laissé d'en faire beaucoup usage. Cette planche servit de billet de souscription pour la suite de gravures qu'llogarth donna , en six iièces, du Mariage à la mode, en 1745. On lui avait reproché de ne ce- présenter le plus souvent que des scènes Comi- ques tirées de la vie commune : il traita cette fois un sujet plus grave, pris dans les rangs élevés de la société,. Le but moral est la peinture vive et forte des scènes de désordre et de terreur de la vie de deux époux, l'un noble, l'autre riche, dont l'union mal assortie et la conduite irrégulière les entrainent tous deux à une fin tragique. Le Mariage à la mode a fourni le sujet d'un roman et d'une comédie. Hogarth avait le projet de donner pour pendant le Mariage heureux : mais il ne fit que l'ébaucher ; et de premières esquisses coloriées furent tout ce qu'il produisit. Peut-être ce sujet convenaitil peu au peintre des moeurs d'une grande ville ; et quoique, dans un autre genre, son Moise conduit devant la fille de Pharaon, sujet bien fait pour l'hospice des enfants trouvés dont Hogarth fut l'un des fondateurs, ne manque point d'une certaine grâce, un pinceau facétieux eûtil pu, même dans une scène champètre, rendre avec l'expression aimable de Greuze le tableau naïf de l'Accordée de village? Le vif et sensible Hogarth était plus propre à peindre les horreurs du vice que les charmes de la vertu. Ses Scènes de cruauté, où il s'est montré avec tant d'intérêt l'avocat des animaux, ont été célébrées par Delille dans le poème de la Pitié. On rapporte qu'un passant, dans une.rue de Londres , voyant un charretier frapper rudement un de ses chevaux , s'écria Malheureux I tu n'as donc pas vu le tableau d'Ho- garth ? Dans ses compositions morales où l'artiste introduit la vertu en opposition avec le vice qu'il fronde , comme dans la suite des douze planches allégoriques représentant l'Industrie et la Paresse, figurées par la vie opposée de deux artisans dont l'un devient lordmaire de Londres, et l'autre est pendu à Tyburn , il a moins de cette gaieté piquante , de ce vis comica qui le caractérise, et qui en eût fait, à beaucoup d'égards, le Molière de la peinture, s'il n'en eût été quelquefois l'Aristophane. Après la paix d'AixlaChapelle, Hogarth, s'étant rendu en France , y dessina la porte de Calais : on l'arrêta comme espion , et il fut reconduit en mer à trois lieues de la côte. 11 eut du ressentiment de cette aventure, dont il lit une peinture outrée ; et on le vit, dans deux caricatures satiriques , opposer ridiculement l'urbanité, la gaieté et la bonne mine du peuple anglais à la grossièreté triste et maigre de la nation française. Cependant il n'a pas épargné John Bull dans ses quatre scènes d'une Election parlementaire et dans son Combat de coqs, qui en est l'image. 11 n'attaque pas moins librement les sectes anglaises dans sa gravure satirique, la Crédulité, le Fanatisme et la Superstition. Il n'épargne point non plus l'anglomanie des arts, dans ses Cinq ordres de perruques ou la critique grotesque des Antiquités d'Athènes mesurées par. Stuart, qu'il affuble d'une énorme coiffure composite surmontée d'un compas. Quoi qu'en ait dit Walpole , Hogarth est tombé quelquefois dans le comique burlesque ; le peintre des ridicules, en voulant trop analyser, va jusqu'à perdre le sentiment des convenances. Hogarth , devenu jaloux du grave Josuah Reynolds, voulut aussi être auteur. Il composa , aidé d'une main amie , son Analyse de la beauté , qu'il publia en 1755. Dans cet ouvrage, l'écrivain ne pouvait décrire avec la plume ce que l'artiste n'avait pu dépeindre avec son burin. Il fait de la ligne ondoyante figurée par un S la ligne de la beauté , et néanmoins il semble s'arrêter à la ligne serpentine, qu'il désigne par un trait moins simple, et dont il forme la ligne de la grâce ; ce qui rappelle ce vers de la Psyché de la Fontaine Ét la grâce, plus belle encor que la beauté. Il en résulte que ni l'une ni l'autre ligne ne saurait exprimer par une détermination précise cette variété toujours une, ou cette unité toujours variée, qui fait le beau et le gracieux. La beauté que veut analyser Hogarth lui échappe ; il montre moins ce qu'elle est que ce qui n'est pas elle dans la figure qu'il donne de la contredanse gro- tesque de personnages de sexe et d'.‘ges différents qui termine l'ouvrage. Aussi son livre, comme les tableaux d'histoire qu'il fit étant devenu peintre du roi par la démission de son beau- frère en •757 , lui attirèrent une nuée, de critiques et de pamphlets, quoiqu'il eût un but moral et des vues bienfaisantes et utiles. Le généreux mais trop sensible Hogarth y répondit par des gravures ou mème par des vers satiriques. Fielding et Garrick, excellant dans des genres comiques par des moyens différents du sien , restèrent ses amis ; !nais il se brouilla avec Wilkes et Churchill , dont il attaqua par son burin hardi les opinions politiques. Ils répliquèrent par des diatribes. Ces traits, les plus sensibles de tous pour un caractère aussi irritable, quoique repoussés avec gaieté, mais non sans humeur , aigrirent son naturel et altérèrent sa santé. Le dernier ouvrage qu'il peignit, en 1764, fut ce qu'il nomma la Fin de toutes choses, où la figure du Temps, couché et assoupi sur des débris de colonnes, semble avoir inspiré ce vers d'une ode de Gilbert Sur les mondes détruits le Temps dort immobile. Quand Hogarth eut achevé ce tableau, on rapporte qu'il erisa sa palette, et s'écria : Jaijini. En effet, il cessa de travailler , et mourut peu de temps après d'un anévrisme , le 26 octobre 1764 , à l'âge de 67 ans. On lui éleva une pyramide à Chriswick sur l'une des faces est sculpté un masque co- mique, avec une inscription en vers composée par Garrick. Hogarth s'est représenté luimeme peignant la Muse de la Comédie, avec une palette où est figurée la ligne serpentine. L'oeuvre de cet artiste se compose d'environ deux cent c pièces, dont il a peint et gravé une grande partie. L'édition la plus ample qui en ait été publiée est celle de Londres, 1808, 2 vol. avec 160 planches, gravées par Cook, et les explications par J. Nichols et G. Steevens. Hogarth a eu plusieurs biographes; et ses ouvrages, chargés d'accessoires et , et de Nichols , en anglais. Les notices explicatives les meilleures ou les plus pittoresques sont : celle de John Ireland, en anglais, Londres ,1791, 5 vol. de texte et 2 vol de planches, et celle du professeur Lichtenberg, en allemand, Goettingue, 1776, 6 vol. et 44 planches L'Analyse de la beauté d'Hogarth , dont il existe une traduction allemande par llylius, et une version italienne, Livourne, 1761, a aussi été traduite en français par Jansen, avec une vie d'Hogarth et une notice chronologique, historique et critique de ses ouvrages de peinture et de gravure, Paris, an 15 , 2 vol
  • William HOLDER : ecclésiastique anglais du 17e siècle , né dans le comté de Nottingham , fut nommé en 1612 recteur de Blechingdon , dans le comté d'Oxford. Ce fut là qu'en 1659 il acquit une grande célébrité, en enseignant à parler à un jeune homme de distinction sourd et muet de naissance. C'était la première tentative heureuse de ce genre ; mais ce jeune homme, nommé Alexandre Popham , et fils d'un amiral , ayant perdu ensuite, loin de son maitre, ce qu'il avait appris, fut mis entre les mains du docteur Wallis, qui lui rendit l'usage de la parole. Ce fut le sujet d'une dispute littéraire entre ces deux savants, tous deux s'attribuant le succès de l'entreprise. llolder mourut à Londres le ‘2,i janvier 1697. Il était nouseulement trèsinstruit, mais ce qu'o? appelle un grand virtuose , aussi habile dans la pratique que versé dans la théorie de la musique. Ses ouvrages sont : Elements du discours, ou Essai de recherches sur la production naturelle des hures, avec un A? pendix concernant les sourds et muets, 1669 Cet ouvrage est spécialement recommandé par le docteur Burney aux poiftes lyriques et aux compositeurs de musique vocale , auxquels l'auteur indique des combinaisons de lettres et de syllabes si dures et si discordantes que , par la difficulté de les prononcer, elles arrètent, ou altèrent la voix dans son passage. C'est dans l'Appendix qu'il expose la méthode qu'il suivit pour apprendre à parler à Popham. 2° Supplément aux Transactions philosophiques de juillet 1670, arec des Réflexions sur une lettre du docteur Wallis qui y est insérée, 1678 3" Traité des fondements naturels et des principes de l'harmonie, 1694 ouvrage qu'on . Holder eut beaucoup de part à la première éducation (lu célèbre architecte sir Christophe Wren , dont il avait épousé la soeur
  • William HONE( 1779 - 1842) : écrivain anglais, né à Bath en 1779, fut d'abord destiné par ses parents à l'étude . La fortune fut loin de lui sourire. Il éprouva des pertes considérables et un incendie détruisit en partie son établissement. Il résolut alors de chercher dans les lettres les ressources nécessaires à lui et à sa famille. En 180G il publia son premier essai , le Jardinier des bosquets ; mais son nom ne commença à attirer l'attention du public qu'après 1816. Cette année il donna une série de satires politiques dont l'une, intitulée la Maison politique construite par Jacques , n'eut pas moins de cinquante éditions. Son grand succès vint peut-étre des gravures en bois qu'y dessina George Cruickshank, dont le talent fut du reste popularisé par cette oeuvre. La Maison politique de Ilone , comme tout ce qui a de la vègue a Londres, vit naitre autour d'elle une foule de publications rivales du meule genre; mais il n'en continua pas moins ses satires, dont quelquesunes sont dans le genre burlesque. L'une d'elles, écrite contre le gouvernement, sous forme d'une parodie sur la liturgie, fut l'objet de poursuites devant les tribunaux. none présenta luiinème sa défense, qui fut fort goûtée du public, et il fut acquitté par le jury. Après avoir donné en 1825, un livre trèscurieux : Description des anciens mystères, il commença en 1826 la publication de l'Every dais Book , le livre de tous les jours, revue hebdomadaire intéressante et structive, mais qui n'eut pas assez de débit pour le mettre à l'abri du besoin lui et sa famille, se composant alors de dix enfants. Arrêté pour dettes, il continua dans sa prison 1 'Every deys Book, puis pendant les années 1827, 1828 et in IP 449.9, il fit le Table Book et le Year Book. Tant de travaux pourtant ne suffirent point à le sortir de Ir la misère. Ne pouvant entreprendre de nouvelles publications, il se mit aux gages des éditeurs et Itravailla pour les revues et magasins jusqu'à sa .mort, arrivée le 6 novembre 1812. On trouve dans tous les écrits de Ilone une grande variété d'études et des recherches sérieuses et approfon- é dies. F. Ds.111
  • William HUNTER( 1718 - 1783) : célèbre anatomiste et médecin écossais, né en 1718 , à Kilbride, dans le comté de Lanark , étudia d'abord avec succès au collége de Clascow. Quelques entretiens qu'il eut avec le docteur Cullen , à Hamilton, décidèrent le choix de sa profession. En 1737, il vint résider dans la maison de Cullen , et il y passa trois aunées, (lied regarda comme les plus heureuses de sa vie. Il alla ensuite à Édimbourg, où il profita surtout des leçons d'Al. Monro, et de là à Londres, où il fut accueilli par le docteur Sinellie. Le docteur Douglass, déjà avancé en age, jeta sur lui les yeux pour qu'il l'aidât dans ses travaux anatomiques, et il lui confia en outre l'éducation de son fils. Hunter devint alors aidechirurgien de l'hôpital de SaintGeorge. ll communiqua en 1743 à la société royale de Londres un Essai sur la structure et les maladies des cartilages des articulations, qui prouvait déjà de grandes connaissances en anatomie. 11 y démontrait que les cartilages sont formés de libres qui s'élèvent perpendiculairement à l'extrémité de l'os. Il commença ; quelques années après, des cours particuliers de chirurgie et d'anatomie , rlui eurent beaucoup de succès. Il fut élu, en 1747, membre de la corporation des chirurgiens. Quoiqu'il ait toujours paru dédaigner la chirurgie, il la pratiqua d'abord conjointement avec l'art des accouchements, où son adresse supérieure et ses manières nobles et affables lui procurèrent bientôt une grande vogue. Il fut successivement accoucheur de deux hospices de maternité. On le consultait en mème temps comme une autorité sur toutes les Maladies dont le siége était incertain. En 4750, ayant reçu le doctorat à l'université de Glascow, il commença à
  • William HUNTER : chirurgien et orientaliste écossais , né à Montrose, obtint une bourse de 4 liv. sterl. par an, en 1773-74, au collége Maréchal d'Aberdeen, où il prit ses degrés de médecin en avril 1777. Il suivait en même temps un cours de chirurgie sous un professeur qui était tout à la fois médecin , chirurgien et apothicaire; et , après avoir étudié sous lui pendant quatre ans, il obtint un emploi à bord d'un vaisseau de l'Inde. Il quitta, en 1781, cette place pour entrer au service de la compagnie des Indes dans le Bengale ; c'est là qu'un vaste champ s'ouvrit à son génie et à son instruction. Il sut y recueillir, à force de travail , une ample moisson de connaissances. Quoique honorable, son emploi n'était rien moins que lucratif. Pour améliorer son sort , il se rendit à Java. Jusqu'à cette époque, la fortune n'avait point répandu sur lui ses bienfaits ; et le peu qu'il avait pu acquérir par ses travaux avait à peine suffi aux dépenses occasionnées par l'éducation de sa nombreuse famille. Après un séjour de trentehuit ans dans l'Inde , il espérait pouvoir venir passer un été à Aberdeen avec quelquesuns de ses camarades d'études; il se préparait à ce voyage, lorsqu'une fièvre le saisit et mit fin à son existence en 1815. Après être resté attaché pendant quelque temps à l'établissement médical de la compagnie des Indes orientales dans le Bengale, et avoir rempli les fonctions d'inspecteur général des hôpitaux de I'lle de Java, il devint secrétaire de la société asiatique, de 179• à 1808, et fut professeur et examinateur au collége de Calcutta , de 1784 à 1794. Chirurgien du major Palmer, il accompagna cet officier dans son ambassade auprès de DaouletRaï Seimlyah. Il était associé étranger de la société médicale de Londres et membre honoraire de la société des sciences de Paris. II s'était livré avec une ardeur singulière à l'étude des différents idiomes de l'Inde. Les circonstances favorisèrent ses goûts pour cette branche de la littérature , et peu de savants ont su faire de leurs connaissances un usage plus distingué et plus brillant. Les Mémoires de la société asiatique et divers autres ouvrages périodiques sont remplis des morceaux originaux de littérature indienne qu'il composa , et de communications qu'il y inséra. Nous nous bornerons à citer le résultat des travaux astronomiques de Jaya- sinha , sous le titre de Zydje- Moliainnzed- Chdhy, ouvrage qu'il défendit avec une rare habileté dans le n° 120 du Monthly Magazine, contre les remarques captieuses et frivoles d'Anquetil Duperron. Outre ses mémoires, trop nombreux pour en donner ici la liste, Hunter publia séparément une description abrégée du Pégou , avec un appendice renfermant la description des cavernes d'Elephanta , d'Ambola et de Canara, et des observations sur la variété qu'on remarque dans les toisons des moutons des climats chauds, Calcutta,1784 réimprimé à Londres en 1789 , petit traduit avec des notes par l'auteur de cet article, sous le titre de Description du Pégu et de l'île de Ceylan, Paris, 4795 Nous avons aussi sous les yeux un autre ouvrage fort intéressant de Hunter, lequel forme un gros volume , publié en 1801 en anglais. C'est un traité approfondi sur la nouvelle maladie qui a fait un ravage affreux parmi les Lascars qui servaient sur les vaisseaux du gouvernenient et sur ceux de la compagnie pendant la dernière guerre, au défaut de matelots européens. Cette maladie paraitrait , dans son origine et ses symptômes, avoir une analogie frappante avec le scorbut des marins européens : elle se déclare sur la superficie du corps, lorsque le Lascar n'a aucun moyen de se soustraire à la mauvaise nourriture à bord des vaisseaux; ce qui produit souvent des mortalités qui enlèvent les trois quarts des équipages. Le docteur llunter, comme chirurgien de la marine depuis 1794 jusqu'à 1798, a souvent été à portée de faire des remarques sur cette maladie , et d'établir un certain régime dont le résultat eut un succès complet contre les ravages (le ce fléau destructeur. Il a été depuis publié en France un ouvrage sur le même sujet. Le docteur Hunter avait des connaissances profondes en arabe, en persan, en sanscrit et en hindoustani; et pendant onze ans qu'il occupa la place d'examinateur des élèves du collége de Fort- , il eut des occasions multipliées de déployer un rare talent dans les distributions des prix faites solennellement chaque année. On lui doit aussi un excellent dictionnaire hindoustanianglais , Calcutta, 1808, 2 vol. gr. d'après les matériaux recueillis par M. Taylor. Cet ouvrage, rempli de citations hindoustanies et persanes, peut ètre d'une trèsgrande utilité pour la connaissance de cette dernière langue ; on y trouve même des documents trèsinstructifs sur les lettres devànagàry et sur le sanscrit; car l'auteur a eu grand soin d'indiquer en caractères originaux les mots de cette dernière langue qui se retrouvent dans l'hindoustani. Ce méme dictionnaire a été à la fois abrégé et augmenté par M. Shakespeare, qui a supprimé les détails relatifs aux let'tres' arabes et devànagAry, ainsi que les exemples, et a ajouté plusieurs milliers de mots tirés principalement du sanscrit, Londres, 1817, L—s.
  • William HUTTON( 1723) : membre de la société des antiquaires d'Édimbourg, naquit à Derby en 1723. Son père, cardeur de laine de profession, ayant fait de mauvaises affaires, fut réduit à travailler COMIDC simple journalier. Aussi l'éducation que reçut le jeune Hutton se ressentitelle beaucoup de cet état de détresse. A l'àge de sept ans il était apprenti dans un moulin à soie; et à quatorze, il entra commue second apprenti chez son oncle, fabricant de bas à Nottingham. Il continua ce métier jusqu'à l'àge de vingtsept ans, époque à laquelle il travailla pour son compte, d'abord comme relieur à Southwell, et ensuite comme Dans la dernière édition de la Méthode pour étudier l'histoire de LengletDufresnoy, t. 11, p. 283, on trouve cité: Joannis Hulliahai antiquilates mogunlinœ, 1525 rare. C'est sans doute l'ouvrage de Huttich , dont le nom est défiguré par une étrange faute d'impression. libraire à Birmingham. A trentedeux ans , il épousa la fille d'un bon fermier d'Aston dans le comté de Derby, et, sans abandonner sa librairie, il s'occupa aussi d'agriculture ; ce qui lui procura une certaine aisance. Après avoir été inspecteur de la plus grande paroisse de Birmingham, il fut nommé commissaire de la cour des requètes, place qu'il remplit dixneuf ans à la satisfaction générale. Ce ne fut qu'à cinquantesix ans qu'il se fit connattre comme auteur : il débuta par l'Histoire de Birmingham, qui a eu 4 éditions, et qui passe pour l'une des meilleures histoires topographiques ; elle valut à l'auteur l'honneur d'are nomme, en 1782, membre de la société des antiquaires d'Édimbourg. Dans les troubles de 1791, Ilutton , malgré son caractère paisible, eut beaucoup à souffrir : car sa maison de la ville fut d'abord détruite avec toutes les marchandises et les meubles qu'elle renfermait; et sa maison de campagne le fut également par une populace furieuse excitée par deux individus qui attribuaient la perte d'un procès à Ilutton, alors président de la cour des requètes. Il abandonna tout à fait le commerce à soixanteneuf ans, et se retira avec une trèsbelle fortune à Bennet'shill près Birmingham. Il a rédigé sur tous les événements de sa vie des Mémoires fort curieux, mais qui n'ont pas été publiés. Ceux de ses ouvrages qui ont vu le jour sont : 4° Histoire de Birmingham, 1779 dont nous avons déjà parlé; 2. Voyage de Birmingham à Londres, entremêlé d'anecdotes, 1785 ; 5° Cour des requêtes, description de ses attributions, utilité et pouvoir, 1786 11 a été long- temps commissaire et ensuite président de ce tribunal . 4° Histoire des tribunaux de canton , 1787 5° Histoire de Blackpool dans le comté de Lancastre, 1788 6° Bataille de Boswonth Field , avec un plan descriptif, 1788 7° Dissertation sur les jurés, 1789 8° Histoire de Derby , 1790 90 les Barbiers , ou la Route des richesses, poëme, 1793 10° Edgar et Elfrida, peine, 1794 11. Remarques sur le nord du pays de Galles, 1800 ; 12. Histoire de la muraille des Romains, 1801 ; deuxième édition, avec des additions par Nichais , 1803; 13° Voyage à Scarborough , 4803 14" Poêmes et contes, 1804 15° Voyage par mer aux bains de Coalisasse dans le comté d'York, 1810 Hutton a visité à pied, au moins trois ou quatre fois, tous les endroits qu'il a décrits. Il avait soixantedixhuit ans lorsqu'il alla inspecter la fameuse muraille, ouvrage d'Agricola, d'Adrien et de Sévère, qui traverse la GrandeBretagne d'une mer à l'autre. II décr? avec beaucoup d'originalité sa manière de voyager avec sa fille; celleci, montée sur un cheval derrière son domestique, allait aussi vite qu'elle voulait. Pour lui , le sac sur le dos, une bouteille d'encre attachée à sa boutonnière, muni de deux ou trois volumes, d'une carte du pays et de la description de la muraille, il poursuivait son chemin tranquillement, à pied, en faisant des observations, et rejoignait sa fille à certaines auberges, choisies pour lieux de rendezvous. C'est ainsi qu'il fit, en sept jours et six heures, cette route de 601 milles, qui lui coûta, ditil, quarante guinées et huit livres de son poids . Ilutton conserva jusqu'à quatrevingtdouze ans une santé robuste, fruit de sa grande tempérance et d'un exercice continuel. Il est mort en octobre 1815. — Sa fille Catherine, morte le 13 mars 1816 figée de 90 ans, a publié, en 1813, un roman en 5 vol. intitulé L'avare marié . On lui doit encore entre autres ouvrages : le Chdteau d'Oakwood , le Montagnard gallois , le Voyageur en Afrique , résumé historique des diverses entreprises tentées pour étendre les connaissances géographiques et faciliter les relations avec les habitants dans cette partie du monde
  • William JACKSON( 1731) : compositeur et littérateur anglais, fils d'un marchand laissées manuscrites, et qui ont paru supérieures à d'autres de ses compositions qui ont vu le jour. On peut consulter d'ailleurs, pour apprécier William Jackson , le jugement que le docteur Burney a exprimé sur le mérite de cet artiste dans la Cyclopedia de Rees
  • William JAMESON : théologien anglais, était professeur d'histoire à l'Académie de Glascow dans la première moitié du 18e siècle. Il est principalement connu par l'ouvrage suivant : Spicilegia an- tiquitatum jEgypti algue ci ricinarum gentium, Glascow, 1720, petit rare. L'auteur annonce que son but dans cet ouvrage est de faciliter l'étude de la Bible et de montrer que les récits en jont constamment d'accord avec ceux de Phis- gloire. Les deux premiers chapitres sont consacrés à la géographie ancienne de l'Égypte. En indi- quant les villes les plus célèbres, l'auteur rappro- ' he les passages de la Bible de ceux d'Hérodote F _t de Diodore où il en est parlé. Dans les chlpi- .res suivants, il traite rapidement de l'empire d'Assyrie, de celui de Babylone, desàlédoPerses, des Scythes et enfin des Hébreux avant l'avéne- ment du Messie, en ne s'appuyant que sur l'autorité des historiens. 11 revient ensuite à l'Égypte, et après avoir établi que la chronologie de ses rois, telle que nous l'avons, est trèsdéfectueuse, Il s'efforce de prouver que cet empire n'a pas la haute antiquité qu'on lui attribue généralement. 11 prétend que Toth, regardé comme l'inventeur de l'écriture alphabétique, est le même person- nage que le patriarche Joseph, auquel il fait hon- fleur de l'introduction de l'écriture en Égypte. Ce fut, suivant Jameson, pour avoir rendu cet immense service que Joseph fut revêtu des premières dignités de l'État, et non pour avoir expliqué les songes de Pharaon. Parvenu à l'histoire particulière de chaque roi, il examine la liste chronologique que le Syncelle en a donnée d'après blanethon, et y signale plusieurs méprises; il soutient que Sésostris est le moine que Schi- sali ou Sésac, prince contemporain de Roboam. Ill Suivant Guérin du Rocher, Sésostrit et le patriarche Jacob. Cette opinion avait été déjà soutenue par Marsham, et contredite par Périzonius, à qui Jameson reproche de n'avoir fait qu'embrouiller l'histoire de ce prince en cherchant à l'éclaircir. On voit que le système de Jameson se rapproche beaucoup de celui de l'auteur de l'Histoire véritable des temps fabuleux, Paris, 1770, 2 vol
  • William JENKIN( 1612) : théologien anglais, non conformiste, naquit en 1612, à Sudbury, où son père était ministre. Après avoir fait de brillantes études à Cambridge, il reçut .les ordres et fut successivement attaché à plusieurs églises comme prédicateur. Il fut nommé en 1641 ministre de ChristChurch , dans Newgate street , à Londres, et prédicateur . Mais lorsque la révolution eut éclaté, le refus d'obéir aux injonctions du parlement lui coûta ses bénéfices ; et il fut même plus tard enfermé dans la Tour , comme ayant trempé dans la conspiration de Love, qui avait pour but la restauration du trône. Cependant le pouvoir dominant lui pardonna ; il put rentrer dans son église. et ce fut précisément cette restauration qu'il appelait de ses voeux qui fut inexorable pour lui. Le refus de conformité lui rit de nouveau perdre sa position, et sa persistance à prêcher de côté et d'autre motiva , en 1684 , son arrestation. Détenu dans Newgate , il y fut traité avec une grande rigueur, laquelle, jointe au mauvais air de la prison , mit bientôt son existence en danger. Une pétition, appuyée par des certificats de mé- decins, trouva Charles Il sourd à la voix de l'hu- manité. On ne put obtenir de lui que cette réponse inconcevable , eu égard au dévouement antérieur du prisonnier Jenkin restera en pri- ,‘ son le reste de sa vie. » Le malheureux mourut quatre mois après son incarcération, le 19 janvier 1685. Calamy rapporte qu'un seigneur, ayant été informé de cet événement, l'annonça au roi en ces termes : N'en déplaise à Votre Majesté, Jenkin vient de redevenir libre..» « Et qui (‹ lui a donné la liberté ? » demanda Charles. Quelqu'un qui est plus grand que Votre Majesté, le Roi (les rois ! » reprit l'homme de cour, qui ne faisait pas sa cour en ce moment. Charles II, .ajoute Calamy , parut frappé de cette réponse et garda le silence. Le défunt fut enterré avec une grande pompe, et, en 1715, rn monument fut élevé à sa mémoire. William Jenkin a publié quelques écrits de controverse, des sermons, et une Exposition de l'Epitre de Jude, 2 vol. in 4° et ouvrage qui a conservé de la réputation
  • William JONES( 1726 - 1800) : ecclésiastique anglican , né en 1726 à Lowick en Northumberland , mort le 6 février 1800, a publié, en anglais, plusieurs ouvrages, entre autres les suivants : 1. Essai sur les premiers principes de la philosophie naturelle 1762 ; 2° Zoologia ethica , 1771 , ; 30 Trois dissertations sur la vie et la mort. 1771 4. Observations faites dans un voyage à Paris par la Flandre en aoüt 1776, 2 vol. 5. Re- cherches physiologiques , ou Discours sur la philo- sophie naturelle des éléments, 1771 Cours de leçons sur le langage figuré des saintes Ecritures, 1787 7. Des sermons ; 80 Mémoires sur la vie , les études et les écrits de George Horne, 4791 réimprimés en 1799. Jones avait été l'ami intime et le chapelain de ce prélat. En 1792, il opposa au progrès des principes révolutionnaires dans son pays une lettre de Thomas Bull à son frère John , qui fit beaucoup d'impression sur l'esprit des classes inférieures. Il aimait et cultivait la musique ; il fit un Traité sur cet art, et des compositions pour l'usage de l'Église. On a donné une édition de ses oeuvres, 1801 , 12 vol. 1810, 6 vol. avec une notice biographique par Will
  • William KENT( 1685 - 1748) : artiste anglais, en 1685, dans le comté (l'York, fut d'abord apprenti chez un peintre de carrosses, et vint ensuite à Londres, où les espérances qu'il donnait lui procurèrent des protecteurs ; ils lui fournirent les moyens d'aller former son talent à Rome, où il eut des succès, et connut le lord Burlington, qui, à son retour en Angleterre, le logea toujours chez lui, le traita comme son ami, et lui procura des travaux connue peintre d'histoire et (le portraits : ce n'est cependant pas en ce genre qu'il acquit une réputation durable. Ses ouvrages d'architecture d'ornement sont ses meilleurs titres : on cite avec beaucoup (l'éloge son temple de Vénus, à Stowe, l'hôtel du comte de Leicester , à Holkham, en Norfolk, etc. M. \Valpole regarde Kent comme le créateur de l'art des jardins modernes, (pli, depuis lui, a beaucoup gagné en naturel, en grâce et en agrément. Ses protecteurs le firent nommer charpentier en chef, architecte, conservateur des tableaux, et premier peintre de la couronne. On lui doit les dessins des Fables de Gay, de la Reine des Fées de Spenser, etc. 11 mourut le 12 avril 171
  • William KING( 1650) : prélat irlandais, né à Antrim en 1650, était déjà pourvu de quelques emplois ecclésiastiques lorsqu'il commença, en 1687, à signaler ses talents et sou savoir en faveur de la religion protestante contre les écrivains catholiques, protégés par Jacques II. Il écrivit à ce sujet quelques pamphlets, et se montra ensuite I tellement enthousiaste des principes , et un grand nombre de sermons ou d'opuscules, dont on peut voir le minutieux détail dans le Moréri de 1759
  • William KING( 1663) : ingénieux écrivain anglais , né à Londres en 1663, se livra à l'étude des lois dans l'université , qu'il pouvait dire beaucoup de méchancetés, mais qu'il était incapable d'tn faire aucune. King était d'un caractère naturellement porté à la dévotion; il lisait assidûment l'Écriture sainte, et ne manquait jamais de faire des remarques sur ses lectures. On dit , qui furent réimprimées en 1754, par Joseph Brunn, et une troisième fois en 1739. On a publié, en 1776, en 3 volumes une édition complète de ses OEurres originales en vers et en prose. Dans ses dialogues des morts, il parle avec mépris de l'importance qu'on donne quelquefois aux dates des livres et des lettres ; et c'est sans doute pour se montrer conséquent qu'il n'en a point mis à plusieurs de ses ouvrages
  • William KING( 1685) : publiciste anglais, naquit à_ Stepney, dans le Middlessex, en 1685. Après avoir terminé, en 1701, ses études classiques au collége de Baillot, â Oxford, il suivit la carrière du droit, et prit, en 1715, le degré de docteur. Secrétaire du duc d'Ormond et du comte d'Arran pendant qu'ils occupaient le poste de chancelier de l'université, il fut fait, en 1718, principal de StMaryHall. S'étant présenté, en 1722, cOtnme candidat à l'université, il résigna son office de secrétaire; mais le docteur Clarke , son concurrent , l'ayant emporté sur lui, il se rendit en Irlande immédiatement après cet échec. On ignore les véritables motifs de ce voyage , que ses ennemis attribuèrent au désir de mettre luimême en vente ses talents et son suffrage. Il a repoussé vivement cette accusation , et rien n'a pu faire suppostr qu'elle fùt fondée. e, A aucune époque de a ma vie, dit King , soit en Angleterre, soit en « Irlande , sous le gouvernement actuel , comme sous ceux qui l'ont précédé, je n'ai essayé par « aucun moyen d'obtenir nue place, une pension ou un emploi de quelque espèce que ce soit. Je pourrais assigner différentes raisons pour ma « conduite, mais il en est une que j'ai toujours J été disposé à donner. J'ai hérité de nia famille un patrimoine suffisant pour satisfaire à tous « nies besoins et pour me laisser la liberté de me t, livrer à ces études libérales qui, dans ma jeunesse, m'ont procuré les plaisirs les plus solides, et qui ont été les délices et le bonheur de ma vieillesse. J'ai d'ailleurs toujours conçu ,c une secrète horreur pour un état de servilité • a et de dépendance; et je n'ai jamais vu qu'un ,. Mais, lorsque ce discours eut été imprimé, il ne fut pas en général aussi bien accueilli. L'auteur fut attaqué dans plusieurs pamphlets ; on lui reprocha d'écrire en latin barbare , de chercher à faire détester le gouvernement et à pousser les jeunes membres de l'université à la sédition et à la licence ; accusations trèsgraves, si on ne devait pas présumer qu'elles sont dictées par l'esprit de malveillance et de parti. A la mémorable élection qui eut lieu en 1755 , dans le comté d'Oxford, l'attachement qu'il montra pour l'ancien ordre de choses lui attira le ressentiment des partisans de l'ordre actuel. On l'attaqua violemment dans les journaux et dans les pamphlets, et on l'accusa d'are un Irlandais, d'avoir reçu quinze cents livres sterling pour des souscriptions à des ouvrages qu'il n'avait jamais publiés, d'avoir cherché à se vendre en Angleterre et en Irlande sans qu'on eût trouvé qu'il valùt la peine d'être acheté; d'avoir écrit le London evening post; d'ètre enfin l'auteur des Considérations politiques, ouvrage publié en 1710 , sous le règne de la reine Anne, et du D, earner, qui avait paru en 1754, sous le format Il publia à cette époque son Apologie, dans laquelle il se justifia assez bien des imputations q?'on lui faisait, tout en s'avouant néanmoins l'auteur du Preamer et en récriminant contre ses adversaires. Parmi les ouvrages que King a reconnus être de lui, nous citerons :1. Mil- boni epistola ad Pollionem ; 2. Serin pedestris ; 3" Scamnum , ecloga ; 4° Templum libertatis , en trois livres ; 5. lies oratiunculce ; Epistola objurgatoria ; 7° Antonietti ducis Corscorum epistola ad Corscos de rege eligendo; 8° Eulo9ium Jacci Etoriensis ; 9. Aviii epistola ad Perillam, cirginem Scotam; 10. Oratiuncula habita in domo convocationis Oxon. atm epistola dedicatoria, 1757, et Epitaphium Richardi Nash. King , en relation avec les hommes les plus distingués de son temps par leur esprit et leurs talents , jouissait de leur estime et de la réputation d'un bon classique, d'un orateur excellent et d'un écrivain aussi élégant que facile en latin et en anglais . 11 mourut le 30 décembre 1763. après avoir esquissé luimême son propre caractère dans une épitaphe où il avoue ses défauts, et réclame des louanges pour sa bienveillance, sa tempérance et son courage. Cette épitaphe devait être gravée sur une botte d'argent, dans laquelle son coeur aurait été placé pour être conservé à StMaryHall. Il fut enterré dans l'église d'Ealing , niais l'inscription est sur une table de marbre de la chapelle de stMaryHall. On trouve un portrait frappant du docteur King dans l'aperçu donné par Worlidge de l'installation de lord Westmoreland comme chancelier de l'université d'Oxford , en 1761. On peut aussi consulter sur King Nichols's Bowyer et Swift
  • William KIRBY : mort le 4 juillet 1850, clans sa 92. année , à Bartham, comté de Suffolk , a publié, en 1801, un ouvrage intitulé Monographia apum Anglice, 2 vol. ; contenant les observations nombreuses qu'il avait rassemblées luimème, et dont les planches ont été, pour la plupart, dessinées par lui- rnème. Kerby décrit , dans cette monographie, plus de deux cents espèces d'abeilles de l'Angleterre , avec une largeur et une certitude de vue qui furent remarquées et appréciées des entomologistes de l'Angleterre et des autres pays. On lui doit en outre un volume de Sermons , publié en 1829 , une Histoire des habitudes et des instincts des animaux, 1855, et la description des insectes dans la Faune de l'Amérique boréale de John Richardson
  • William LAMBARDE( 1536 - 1601) : savant légiste et anti- en Ces détails sont extraits d'une note historique présentée en 1817, par Manessier luimême, au roi Louis XVIII, et quo nous avons sous les yeux. Cet ancien municipal, impliqué en 1797 dans l'affaire de Babeuf, fut condamné par contumace à la déportation, Il fut encore du nombre des cent soixantetreize également condamnés à la déportation, en 1801, après l'explosion de la machine infernale. Il parvint à s'y soustraire, en travaillant comme garçon jardinier, pendant plusieurs années , chez un maraîcher du faubourg du Temple En 1814, il reparut et donna des leçons d'écriture. Il est mort à Paris, le 2 juin 1818, quatre anglais, fils d'un alderman de tendres, naquit dans cette ville en 1556, et fut admis dans la société de Lincoln'slnn en 1556. Il s'appliqua surtout à l'étude des coutumes et de la jurisprudence des temps saxons. Le premier résultat de ses travaux fut une collection et traduction des lois saxonnes sous le titre de ApyatOvo!Jta, sive De priscis Anglorunt legibus libri, Lonares,1568 réimprimé en 1614, avec l'histol re ecclésiastique de Bède, par Abraham Wheeloch. Lambarde travailla aussi à un voyage dans le comté de Kent, qu'il termina en 1570, sous le titre de Perambulatian of Kent, et qui fut publié en 1576, après avoir été revu par l'archevèque Parker, et le lordtrésorier Burlelgh. Latnbarde avait l'intention d'étendre plus loin ses recherches, et il avait déjà recueilli des matériaux pour une description générale de la GrandeBretagne, dont ce qu'il avait fait parelire n'était que l'échantillon ; mais il suspendit ses travaux lorsqu'il apprit que Cambden s'occupait du mème sujet. Néanmoins, ces matériaux furent publiés en 1730 sous le titre de Dictionnarium II ngliae topographicum et historicum. Cambden, en louant beaucoup son premier ouvrage , et reconnaissant les obligations qu'il avait à son auteur, l'appelle un a homme distingué par son c, savoir et sa piété. » Il lui donnait encore la qualification d'homme pieux, à cause de la fondation d'un hôpital pour les pauvres de Greenwich, que Lambarde avait fait construire en 1576 dans le comté de Kent, avec la permission de la reine Élisabeth, dont cet établissement porta le nom. C'était le premier de ce genre élevé par des protestants. Lambarde ayant été nommé, en 1579, juge de pais du comté de Kent, composa, pour l'instruction de ceux qui exerçaient la 'Dème magistrature , l'Eirenarcha , ou les Devoirs des juges de paix. en 4 volumes, imprimés d'abord en 1581, et dont la onzième édition parut en 1619. Blackstone, dans ses Commentaires, recommande cet ouvrage à ceux qui se destinent au barreau ou à la magistrature. Lambarde publia aussi en 1582 les Devoirs des constables, qui ont eu depuis six éditions. En 1592, il fut nominé maître en chancellerie, et en 1597 sir Thomas Egerton, garde du grand sceau, le choisit pour garde des archives de la chancellerie enfin , en 1600 , la reine le distingua particulièrement en lui annonçant elles mème qu'elle l'avait fait garde des archives d'Angleterre déposées à la Tour de Londres. 11 présenta à cette princesse, en 1601, son Pandecta Rotulorum ; et il avait écrit dans le temps un autre ouvrage, intitulé Archeion, ou Discours sur les liantes cours de justice en Angleterre, qui ne fut publié qu'en 1655, quelques années après sa mort, par les soins de Thomas Lambarde, son petitfils. W. Lombarde mourut le 19 août 1601. On trouve de grands détails sur ce savant et sur ses manuscrits dans sa Vie, insérée par Nil'hols dans sa Bibliographie topographique de l'Angleterre, et dans la Bibliographie légale de Bridgman
  • William LEYBOURN : mathématicien anglais, vécut dans le 17e siècle. Originairement imprimeur, il fut l'éditeur de plusieurs ouvrages d'astronomie de Samuel Foster, professeur au collége Gresham. Il passait pour un des plus savants mathématiciens de son temps. On a de lui : 1. Cursus mathernatieus; Panaritlimologia, ou Guide stir du commerçant, ouvrage qui est encore fort en usage en Angleterre, qui a servi de modèle à celui de Barème en France, et dont la 7e édition fut publiée en 1741
  • William LEWIS : chimiste anglais, membre de la société royale de Londres, mort en 1781, est auteur des ouvrages suivants : 1. Experimental examination , c'est-àdire Examen analytique d'une substance métallique blanche qui se ‹, trouve dans les mines d'or de l'Amérique espa. Les quatre premiers Mémoires de Lewis ont été publiés en français dans les Observations périodiques sur la physique, l'histoire naturelle , etc., année 1757 . Morin en donna l'année suivante une nouvelle traduction avec des notes,sous ce titre: le Platine , l'or blanc ou le huitième métal , Paris, 1758 2° An experimental history of the ma teria medica, c'est-àdiee « Analyse historique sur la matière médicale, Londres, 1760, 1768, 1784 Cet ouvrage, qui suffit pour assurer à Lewis une réputation durable, a été traduit en français sur la seconde édition, Paris, 1775, 3 vol. petit — Un autre chimiste anglais nommé aussi IVilliam Lewis, mort en 1814 , a composé plusieurs ouvrages fort estimés, dont les suivants ont été traduits en français : I. le Pharmacien moderne, traduit par Ant. Eidous, Paris, 1749 ; 2° Expériences physiques et chimiques sur plusieurs matières relatives au commerce et aux arts, traduit par Ph.F1. de Puisieux, Paris, 1769, 3 vol. 3° Connaissance des médicaments les plus salutaires, traduit par Lebègue de Presle, avec des additions, Paris, 1771, 3 vol. — LEWIS , mort en 1822 à l'âge de 64 ans, est auteur d'un ouvrage important, publié en 1811 sous le titre de Historical inquiries, etc
  • William LINN( 1752 - 1808) : ministre protestant de NewYork, naquit en 1752, et, après avoir étudié au collége de NewJersey, exerça les fonctions du ministère dans l'église presbytérienne de Pensylvanie, où il se fit remarquer par ses talents pour la prédication. 11 suivit les armées en qualité de chapelain pendant la guerre de l'indépendance américaine , et devint ensuite pasteur de l'Église réformée hollandaise, place dont il se démit pour cause de santé. Il mourut à Albany en 1808. On a de lui : 1. Discours militaire prononcé â Carlisle , 1776; 2° la Mort et la vie spirituelle d'un croyant ; 3° deux Sermons sur le, caractère et la misère du méchant; 4° Sermons historiques et caractéristiques , 1791; 5° Sermon pour l'anniversaire de l'indépendance de l'Amérique, 1791 ; 6° Eloge funèbre de Washington, 1800. — LINN , fils du précédent, naquit en 1777 à Shippensbourg, en Pensylvanie , et fit de bonnes études au collége Columbia, à NewYork. Il s'appliqua pendant quelque temps à la jurisprudence; mais il l'abandonna bientôt pour cultiver la littérature et la poésie. Après avoir publié, sous le voile de l'anonyme, deux volumes de Mélanges, il composa un draine intitulé le Chdteau de Bourville . qui fut représenté avec succès. Décidé cependant à suivre la carrière ecclésiastique, il étudia la théologie sous Romeyn, professeur dans l'Église hollandaise de Shenectady, , et fut nommé en 1799 pasteur de l'Église presbytérienne de Philadelphie , où il eut le docteur Ewing pour collègue. En 1802, il fit paraître deux Traités de controverse sur les doctrines de Priestley ; mais il consacrait à la poésie les loisirs que lui laissaient les fonctions Idu ministère. L'excès du travail altéra sa santé. Il mourut à Philadelphie en 1804, âgé seulement de 27 ans. Outre les ouvrages déjà cités, on a de 'lui : 1. la " 'lori de Washington, peme ossianique, imprimé avec luxe en Angleterre, 1800; 2. la : Puissance du génie , peine en trois chants, ibid. , 1804 Linn s'était longtemps occupé d'un peme où il voulait retracer les persécutions exercées contre les pre- I' 'niers chrétiens, et l'influence du christianisme sur les moeurs des nations. Après sa mort, on en trouva parmi ses papiers un fragment qui fut publié sous le titre (le Valérien, avec un Essai sur la vie de l'auteur
  • William LODGE( 1649 - 1689) : graveur , naquit à Leeds, dans le comté d'York, en 1619. Sa famille jouissait d'une fortune assez considérable et l'envoya à Cambridge, où il fit de bonnes études. Il suivit ensuite les cours de droit au collége de L Mais deux passions dominantes, celles des beauxarts et des voyages, le détournèrent de cette carrière. Il accompagna à Venise lord Falconberg, ambassadeur près de cette république, et s'y lia d'amitié avec le peintre vénitien 'Jacques Barri , auteur d'un Voyage pittoresque en Italie. De retour en Angleterre, Lodge enrichit son pays d'une bonne traduction de cet ouvrage, et y ajouta une carte d'Italie, ainsi que plusieurs tètes gravées par lui d'après les plus grands maîtres, et la fit imprimer en 1679. connut alors sir Francis Place, amateur éclairé, et contracta bientôt avec lui une amitié que le rapport de leurs caractères resserra davantage. Ils parcoururent ensemble les contrées les plus pittoresques de l'Angleterre, et Lodge en fit des dessins dont il a publié la gravure. Il échappait ainsi aux troubles qui, à cette époque, déchiraient sa patrie. Cependant, un jour que dans le pays de Galles il était occupé à dessiner une vue, on l'accusa d'être un espion des jésuites ; il fut arrêté, malgré ses réclamations, et conduit en prison, où il resta jusqu'à ce que plusieurs de ses amis vinssent témoigner de son innocence et se fussent rendus ses cautions. Lodge est un des artistes anglais qui font le plus d'honneur à leur pays. 11 a gravé avec un talent remarquable une suite de portraits estimés, parmi lesquels on cite comme un des plus curieux celui d'Olivier Cromwell, ac- compagné de son page, dédié au Protecteur. Les Vues d'Angleterre et de quelques autres contrées de l'Europe, qu'il a gravées, sont exécutées d'une pointe facile, spirituelle, et attestent le talent et le goût de leur auteur. Celle qui a pour inscription le Non/ anon est une des plus remarquables. On fait aussi un grand cas d'une suite de gravures ayant pour titre Livre de , pete et médecin à Londres, dans le 16° siècle, donna au théâtre plusieurs pièces qui obtinrent des succès, entre autres, les Maux de la guerre civile, 1591 et, avec Robert Green, un ouvrage critique, plus connu sous ce titre : le Miroir de Londres et de l'Angle- terre, 1598
  • William MARTIN( 1767 - 1810) : naturaliste anglais , né en 1767 à Marsfield, comté de Nottingham, était fils d'un marchand de bas qui avait abandonné sa famille et son commerce pour se faire comédien sous le nom de Booth , exemple qui fut bientôt suivi par sa femme. Le jeune Martin était destiné . ' la mème carrière; mais son maitre , James olton , qui avait écrit quelques ouvrages sur 'histoire naturelle, lui inspira du goût pour cette science. Après s'ètre marié en 1796 , Martin renonça au théâtre et fut successivement maître de dessin à BurtonsurTrent, à Buxton et à Marsfield. Il s'établit ensuite à Manchester, où il . mourut le 31 mai 1810. Martin était membre de la société géologique de Londres. On a de lui : Figures et descriptions des pétrifications du comté de Derby, 1793 Ce volume devait ètre suivi de plusieurs autres qui n'ont point paru. 2° Compte rendu de quelques espèces de fossiles trouvés dans le comté de Derby , 1796 3. Esquisse d'un essai qui a pour but de baser la connaissance des fossiles étrangers sur des principes scientifiques, 1809 4. Petrificata Derbiensia, ou Figures et descriptions des pétrifications recueillies dans le comte' de Derby , 1809 ; 5° Courtes remarques sur la substance minérale I dite pierre pourrie dans le comté de Derby , ouv rage imprimé après la mort de l'auteur dans les Mémoires de la société de Manchester, 1812
  • William MARTYN( 1562 - 1617) : écrivain anglais, était re corder ou greffier de la ville d' Exeter, où il naquit en 1562 et où il mourut le 12 avril 1617. 11 est particulièrement connu par son ouvrage historique intitulé Histoire et rie des rois d'A? lyleterre, depuis Guillaume le Conqui: rant jusqu'au roi Henri 1'l11, Londres . 1616 ; réimprimé en 1618. Cette histoire, tirée des Chroniques, est écrite avec intérêt et n'est pas sans mérite sous le rapport du style. Cependant le roi Jacques, offensé de quelques passages qui ménageaient trop peu soit la famille royale, soit la nation écossaise, fit poursuivre l'auteur qui , diton, en conçut tant de chagrin que sa vie en fut abrégée. II En 1738, il a été publié une suite de l'histoire de Martyn , contenant la vie d'Edouard YI, di, Marie et d'Elisabeth. On a encore de William Martyr) une Instruction pour la jeunesse, Lowire-. 1012 qu'il avait composée à l'usage d'un de ses enfants
  • William MASON( 1725) : poète anglais , né en 1725 à StTrinityHall, dans le Yorkshire , reçut sa première éducation de son père, qui était ecclésiastique; il acheva ses études à Cambridge, où il devint l'ami intime du poète Gray, qui parle, vers ce temps , de Mason comme d'un jeune homme doué de beaucoup d'imagination , mais peu capable de réflexion, ayant la simplicité d'un enfant , étant passablement vain , un peu ambitieux, et si indolent que , s'il ne pouvait vaincre sa paresse, ses bonnes qualités ne lui serviraient à rien. Ce fut en 17%8 que parut son premier poème, / sis, dans lequel sa verve poursuit l'esprit ( le jacobitisnie, qui régnait alors à l'université d'Oxford. Ce poème fit du bruit et inspira l'idée d'une contrepartie ou d'une suite à un autre poète, Thomas Warton. En 1752, Mason débuta par le premier essai d'un poënie dramatique, idée favorite à laquelle il est resté attaché toute sa vie, Iquoiqu'elle n'eût jamais l'approbation des gens (le goût. Il s'était imaginé que le genre dramatique des anciens s'introduirait facilement au théâtre moderne , pourvu que l'on écrivît comme les poètes grecs écriraient s'ils vivaient dans notre siècle. On pense bien que les coeurs ne furent pas oubliés par le poète; ce premier essai, qu'il cherche à justifier dans ses lettres, fut la tragédie d'Elfrida. Vingt ans après il voulut la représenter ; Colman l'arrangea pour la scène , et le théàtre de CoventGarden la donna avec beaucoup d'appareil ; mais le public trouva la pièce froide , quoique bien versifiée et riche en idées I poétiques. L'auteur, attribuant probablement la faute aux changements faits à sa pièce par Colman , l'arrangea luimême pour la scène et la fit donner sur le mème théâtre; mais elle ne fut pas mieux reçue que la première fois. Elfrida eut plus de succès à la lecture , parce que les beautés poétiques s'y faisaient mieux sentir. Etant déjà entré dans l'état ecclésiastique, et nommé chapelain du roi et vicaire à Aston , il publia quatre odes intitulées la Mémoire, l'hiependauce , la Mélancolie et le Sort de la tyrannie. Deux poètes satiriques , Colman et Lloyd , en relevèrent avec aigreur le défaut capital, qui consistait dans l'abus des épithètes ; et ce ne fut que par cette critique que les odes de Mason firent quelque sensation dans le inonde. Il revint à son projet favori des poèmes dramatiques , et composa en 1759 son Caractacus, plus dramatique, et composé avec plus de feu qu'Elfrida. Cette tragédie fut également mise en scène dans la suite au théâtre de CoventGarden ; mais , quoique bien accueillie, elle ne resta point au répertoire. Elle réussit plus à la lecture qu'à l'impression ; et elle eut le rare honneur d'être traduite en grée classique par un bon helléniste , le révérend G.-}1. Glasse. Plus heureuses que ses drames, trois élégies que Mason publia en 1762 réunirent tous les suffrages et signalèrent l'auteur comme un des premiers poètes du temps. Une élégie sur la mort de sa femme, qu'il perdit en 1767, après deux ans de mariage , offrit le mérite d'une sensibilité vraie et touchante, et eut le même succès. Sa réputation s'accrut considérablement; il obtint une prébende à la cathédrale _ d'York, et la charge de prœcentor, , ou chef des chantres de cette église. 11 n'en continua pas moins de faire des vers ; mais en mème temps il porta son attention sur la musique sacrée. En 1782, il fit paraître, à la tète d'une collection (les psaumes et hymnes chantés dans les Eglises (lu rite anglican, un Essai historique et critique SM' la musique des cathédrales; essai qui parut séparément en 1795 avec plus de développement. Le docteur Burney reconnaît qu'il y a d'excellentes réflexions dans ce travail , et accorde à l'auteur de grandes connaissances en musique; mais il le blâme d'avoir voulu réduire la musique sacrée à une psalmodie monotone, sans rhythm° et sans le moindre agrément. On a ou-. blié le Te Deum et d'autres morceaux de musique que Mason avait composés pour son église. Le docteur Gleigh lui fait honneur, dans l'Encyclopœdia britannica, d'un perfectionnement dans les pianos. Ce fut en 1770 que Gray, en mourant, nomma son ami Mason un de ses exécuteurs testamentaires, et lui légua cinq cents livres sterling , ses livres , manuscrits , instruments de musique , médailles , etc. Pour honorer la mémoire de ce poète célèbre , Mason publia en 1 volume en 1775, ses œuvres posthumes, précédées d'une ample notice , où il fait connaître Gray en donnant des extraits de sa correspondance familière. La peinture eut aussi des attraits pour l'ami de Gray ; il traduisit ou plutôt imita en trèsbons vers l'Art de peindre! de Dufresnoy. Ce poème vit le jour en 1783, avec des notes de Reynolds. En 1772, Mason avait fait paraître les premiers chants d'un poème didactique , le Jardin anglais, où les images poétiques sauvent autant qu'il est possible la sécheresse naturelle des préceptes; le deuxième chant fut publié en 1777, le troisième en 1779, et le quatrième en 1782. L'ouvrage entier fut réimprimé en 1783 1803 et dans la collection des oeuvres de l'auteur donnée en 1811 , Londres, Cadell, lm vol. et il en existe une traduction française, Paris, 1788 Nous n'avons pas parlé jusqu'à présent des poésies politiques de Mason ; elles n'ont pas peu contribué à la réputation de l'auteur, quoiqu'il y ait donné des preuves de cette versatilité qui ne surprend pas plus chez les poètes que chez les publicistes de profession. Après avoir fait des démarches inutiles pour obtenir la place de poète lauréat, et s'être attiré les sarcasmes de Churchill pour ses opinions antilibérales, Mason se montra tout à coup, lors de la guerre d'Amérique, parmi les amis de la liberté, en publiant son Ode aux officiers de la marine britannique, 1779 ; il y blâme vivement les hostilités exercées contre leurs concitoyens transatlantiques. Mason fit cause commune avec les partisans de la réforme parlementaire, écrivit des manifestes patriotiques, salua Pitt, à son entrée au ministère, comme l'homme envoyépar le destin pour guérir les plaies de l'Etat et réformer la représentation nationale. La virulence de ses écrits entraîna la perte de sa place de chapelain du roi. La révolution française et la fortune qu'il avait acquise lui firent chanter plus tard la Palinodie, ode à la Liberté; et dans une nouvelle édition de l'Ode à Pitt en 1795, il exhorta ce ministre, non plus à être l'ami du peuple comme dans sa première édition , mais à ètre celui de sa patrie et à mériter l'amour de son souverain. La fête séculaire de la révolution de 1688 lui inspira une ode pour célébrer ce jubilé national. Ce fut pour lui le chant du cygne; il ne publia plus que la Vie de Whitehead', et une brochure insignifiante sur l'administration de l'hospice des aliénés d'York. Il mourut le 7 avril 1797 , et fut enterré à Westminster à côté de son ami Gray. Il avait recueilli ses poésies en 2 volumes; un troisième auquel il avait travaillé, parut après sa mort, Johnson et Chalmers, dans leur grande collection des poètes anglais, ont inséré comme étant de lui un poème satirique intitulé Epitre héroïque à sir IV. Chant- bers, qui fit beaucoup de bruit en Angleterre, et que l'on attribua tantôt à Mason , tantôt à Walpole, tantôt à Hayley, à Cowper, etc. Il existe à ce sujet une lettre de Mason à Warton, qui lui attribuait hautement cette satire. Mason se plaint d'une assertion dénuée de preuves, sans néanmoins déclarer positivement qu'il n'est pas l'auteur de l'épître ; il termine par cette phrase remarquable : « Le ministre et même tout le mi« nistère est libre de penser ce qu'il veut d'un « homme qui ne se soucie pas de solliciter ni ne désire accepter d'eux aucune faveur. » On dit que Mason avait légué ses oeuvres posthumes à une institution de charité pour être publiées , mais jusqu'à présent ses intentions n'ont pas été remplies. Ce poète est estimé pour sa correction, sa verve, son imagination. Le genre qu'il a adopté ressemble à celui des poésies de Gray. Ces deux amis ont travaillé à l'envi à prouver que Pope a eu tort de mettre une versification élégante audessus d'une brillante imagination. La poésie descriptive a été enrichie par Mason de tableaux d'une grande fraîcheur ; mais on lui reproche la profusion des détails et particulièrement des épithètes. Au reste, dans tous les genres de poésie qu'il a traités, il offre des modèles ou du moins des passages d'une grande beauté
  • William MELMOTH( 1666 - 1748) : jurisconsulte anglais né en 1666, publia, conjointement avec Peyre William , la collection des Rapports de Vernon dans la cour de chancellerie, et se fit une réputation par le lix re intitulé Grande importance d'une rie religieuse. Walpole, dans ses Royal and noble authors, attribue cet ouvrage au premier comte d'Egmont; mais Nichols nous apprend qu'il est de Melmoth. On doit dire, comme une preuve de l'estime dont ce livre jouit en Angleterre, qu'après la mort de Melmoth il en a été tiré plus de cent mille exemplaires. Son Kits, dont l'article suit, a laissé des Mémoires sur la vie de son père , qui mourut le 6 avril 1748. Melmoth était trèsbienfaisant, et joignait à beaucoup d'esprit une rare délicatesse de sentiments. Après la révolution de 1688 , il craignit d'engager sa conscience en prêtant le serment de fidé- lité au nouveau souverain , et crut devoir consulter à ce sujet M. Norris de Bemerton , qui jouissait d'une certaine célébrité ; il en résulta une correspondance qui a été publiée dans les Mémoires de Melmoth fils. Sans doute que les scrupules de Melmoth cessèrent , puisqu'il parut au barreau en 1693, ce qu'il ne pouvait faire sans prêter le serment de fidélité. — MELMOTH , fils du précédent , naquit en 1710. Elevé pour le barreau , il fut nommé en 1756 commissaire des banqueroutes, et passa néanmoins une grande partie de sa vie loin des affaires publiques , soit à Shrewsbury , soit à Bath. Il se fit connaître, vers 1742, par des Lettres qu'il publia sous le nom de Fitz Osborne, et qui furent admirées pour l'élégance du style et les excellentes observations qu'elles contiennent sur divers sujets de morale et de religion. On en a donné une traduction française ano- nyme, Paris, 1820 En 1747, il publia une Traduction des lettres de Pline, 2 vol. ; et elle est regardée comme une des meilleures traductions faites du latin en anglais. Melmoth traduisit en 1753 les Lettres de Cicéron à plusieurs de ses amis , avec des remarques, 3 vol. Il avait, avant ce dernier ouvrage, fait une réponse à l'attaque dirigée par Bryant dans son traité De la vérité de la religion chrétienne, sur les remarques relatives à la persécution de Trajan contre les chrétiens de la Bythinie. Il fut aussi le traducteur des traités de Cicéron , De amicitia et De senectide, qui parurent en 1773 et 1777. Il les enrichit de remarques littéraires et philosophiques dont le mérite a été apprécié. Dans le premier, il réfuta lord Shaftesbury, qui avait regardé comme une omission que le christianisme ne donnât aucun précepte en faveur de l'amitié, et Soame Jenyns, qui avait représenté cette omission comme une preuve de son origine divine. La dernière publication de Melmoth fut les Mémoires de son père. 11 mourut à Bath le 15 mars 1799 , âgé de 89 ans. Warton , dans une note sur les ouvrages de Pope , regarde la traduction de Pline comme étant du petit nombre de celles qui ont le mieux rendu l'original. Birch , dans sa Vie de Tillotson, fait la mème remarque ; et cependant Melmoth avait critiqué sévèrement le style de Tillotson. On peut ajouter aux ouvrages de Melmoth, que nous avons cités, des essais poétiques insérés dans les poemes de Dodsley, Sur la rie active et retirée et la Métamorphose de Lycon et Eilphormius ; un Conte et une Epitre à Sapho , insérés dans le poême de Pearch
  • William MILLER : , célèbre libraire de Lon- dres, était fils d'un libraire de Bungay , où il vit le jour le 15 août 1769. Il montra de bonne heure de grandes dispositions pour le dessin, vint à Londres , fut présenté au peintre Joshua Reynolds, et allait, sur ses conseils, entrer à l'académie de peinture , quand sa famille préféra lui faire suivre la profession paternelle. Il s'établit comme libraire en 1790, dans Bond street et s'y fit connaître par de nombreuses éditions de livres de voyages et d'ouvrages à planches. En 1801 il transporta son magasin dans Albemarle street et y fonda l'importante librairie qui a depuis passé à M. Murray. Parmi les ouvrages dont on lui doit la publication et qui contribuèrent à sa fortune, il faut surtout citer les œuvres de C. J. Fox , une édition des oeuvres de Dryden en 18 volumes , une des oeuvres de Richardson en 19 volumes et la Biographical sketches of british characters. Miller, après avoir cédé e' son établissement , se retira dans une propriété qu'il avait acquise dans l'Hertfordshire ; il y mourut le 25 octobre 1815
  • William MUDGE( 1762 - 1821) : majorgénéral dans l'armée anglaise, fils du précédent, né à Plymouth en 176'2, fut placé comme cadet à l'école militaire de Woolwich, et s'y distingua par ses talents. 11 servit au dehors dans l'artillerie royale comme capitaine : à son retour, devenu membre de la société royale de Londres, il inséra dans les Transactions philosophiques plusieurs Mémoires intéressants. Il fut longtemps employé dans l'enseignement des cadets, à l'arsenal militaire royal et à l'école de la compagnie des Indes orientales. fut aussi l'un des commissaires du bureau des longitudes. Il seconda M. Biot dans ses opérations pour la mesure d'un arc du méridien en Ecosse ; mais sa faible santé ne lui permit pas d'accompagner le savant. français aux îles Shetland ; il le fit accompagner par son fils, qui avait le grade de capitaine. Mudge concourut à la description trigonométrique de la GrandeBretagne ; et c'est à lui que ses compatriotes doivent en grande partie les cartes de divers comtés , qui ont été publiées et qui se font remarquer par la beauté du coup d'oeil et par la correction. On trouve dans l'Ed burg Reriew de janvier 1805 une notice détaillée de ses travaux pour le levé trigonométrique de l'Angleterre et du pays de Galles. L'académie des sciences de Copenhague l'appela dans son sein ; et l'Institut de France le nomma l'un de ses correspondants. Ce savant officier est mort à Londres le 17 avril 1821. On trouve dans les Transactions philosophiques des années 1795, 1797 et 1800, le rapport détaillé des travaux trigonométriques qu'il avait exécutés de 1791 à 1799
  • William MUDFORD( 1782 - 1848) : littérateur et journaliste anglais , né à Londres le 8 janvier 1782, mort le 10 mars 1848 à Canterbury. En 1800, il devint secrétaire du duc de Kent , qu'il accompagna à Gibraltar en 1802. De retour en Angleterre, consacra dès 1803 ses loisirs à des travaux littéraires , en même temps qu'à la rédaction du journal the Courrier. Soutenu pendant une certaine époque par le ministre Canning , Mudford , qui s'était laissé entrainer à des spéculations financières, vit à la fois, avec la mort de son patron, en 1828, s'écrouler l'échafaudage de ses combi- naisons mercantiles , et s'évanouir l'espoir de jouer un rôle politique. Retiré en province , il édita successivement plusieurs journaux, tels que the Kentish Observer, the Canterbury Journal, et finalement the John Bull. 11 a été aussi un des fondateurs du journal the Melodist , qui servait d'organe à une camaraderie littéraire comparable à la société du Caveau à Paris. Mudford, qui a été un auteur trèsfécond , a publié successivement . Critical inquiry into Dr. Johnson 's writings , in which is shown , that the pictures of lzfe contained in the Rambler, and other publications of that cele- brated writer, have a dangerous tendancy , Londres, 1802 ; — Travels in Africa , Londres, 1803, 2 vol. — Augustus and Mary, or the Maid of Buttermere , conte dramatique, Londres, 1803 ; — the Life of Goldsnzith, and a critical examination of his writings , 1804 — the Life of Helvetius, 1807 ; — traduction anglaise des Lettres péru- viennes , Londres, 1809 — Nubilia in search of a husband , Londres, 1809, 3' édit. — traduction anglaise de la Vie de Fénelon par le cardinal de Bausset , Londres, 1810, 2 vol. — the Contemplatist, on a Series of essays upon morals and litterature, Londres, 1811 — . 1dventures of Paul Plaintive , nouvelle , 1811, vol. ; — édition des Nouvellistes et ro- manciers anglais, arec la Vie de tous les auteurs, 181 1 ; — Mémoires du prince Eugène, traduits du français, 1811 — Memoirs of the life of Richard Cumberland , avec l'examen critique de ses écrits, suivi d'un essai de déterminer et l'épo- que à laquelle il vécut, et ses contemporains pré- somptifs. De plus, vingtsix lettres originales connues jusque à ce jour, de Cumberland, 18.12 ; 2e édit., augmentée, 1814, 2 vol ; — the Hisiorical account of the harde of Waterloo, conzprehending on circumstancial narrative of the whole events of the war of 1815, written from the . first authority , 1816, impérial — Quant aux lettres adressées à Mudford, qui peuvent jeter un grand jour sur son activité littéraire et journalistique , on en trouvera une grande partie dans le tome 3 des Litterary illus- ( rations de Nichols
  • William MURE( 1799 - 1860) : archéologue écossais, né en 1799 à la Caldwell , mort le 8 avril 1860 à Glasgow. Fils d'un officier supérieur de l'armée, il fit ses études à Westminster et à Edimbourg, et les compléta à l'université de Bonne. Mure commença par écrire un de ces ouvrages qui sont Comme le produit stéréotype de tout Anglais de quelque distinction, je veux parler de son Journal of a tour in Greece Journal d'un voyage en Grèce), Londres, 1838 De retour dans sa patrie, il devint professeur à l'université de Glasgow, dont il fut aussi recteur de 1847 à 1855. Pendant la méfie époque il représenta en outre le comté de Renfrewshire à la chambre des communes. Il était de plus rolonel de la milice de Renfrew, ce- qui l'a fait comparer par les critiques anglais à Xenophon , guerrier et historien. Comme député , Mure défendit les doctrines conservatrices et les réformes commerciales de Peel. Quant à ses travaux d'archéologue, outre sa dissertation Sur le ealendrier de l'ancienne Egypte, il s'est rendu célèbre surtout par son Critical account of the language and litterature of ancien Greere, Londres, 1850-1857, 5 vol. . Cette histoire critique de la littérature de l'ancienne Grèce comprend l'épopée homérique , les pones lyriques et les historiens de la période attique. Par cet ouvrage, l'auteur a marqué sa place à côté des meilleurs philologues de l'Allemagne, et. il a été notamment comparé à CharlesOtfried Müller. D'un autre côté, Mure n'a peut-être pas tenu assez compte des idées émises par l'école allemande moderne, à laquelle il oppose trop roidement les anciennes opinions traditionelles appuyées , il est vrai , par des preuves nouvelles. Ainsi , pour donner quelques échantillons de la critique cle Mure, il défend le fameux catalogue des vaisseaux grecs dans l'illade par le fait du catalogue correspondant des vaisseaux et forces armées troyennes dans la Cypria, sans se douter qu'on peut opposer les mêmes raisons à ces deux catalogues. L'énumération complaisante que Jupiter fait. de ses diverses amours illicites, dans le livre 1,1, énumération qui a choqué des auteurs critiques moins chatouilleux que les critiques allemands, a trouvé un défenseur dans Mure, qui lui attril bue une signification satirique. Mure est du reste aussi exclusif vis-àvis de l'école de Wolf, qui ne voit dans les poémes (l'Homère qu'une agrégation de ballades populaires, qu'envers celle de Welker, , chef des Chorizontes , qui attribuent l'Iliade et l'Odyssée à divers auteurs
  • William NELSON( 1757) : pair de la GrandeBretagne, frère du précédent, naquit le 20 avril 1757, entra d'abord dans les ordres , et fut pourvu de la prébenderie de Cantorbéry, qu'il possédait encore à l'époque de son décès. Après la mort de son frère , il fut nommé baron le 20 novembre 1805, puis élevé à la pairie, créé comte et ensuite vicomte de Trafalgar. En janvier 1806 , le roi lui permit d'ajouter à ses armoiries les pavillons armoriaux qu'on avait accordé à son frère de porter en juillet suivant , il fut encore autorisé à y joindre «ne fasce ondée, sur laquelle était inscrit le mot Trafalgar. A la fin de la même année , il succéda au titre de duc de Broute, donné par le roi de aicile à son illustre frère. Il avait épousé , en 1780, Sarrah Asonge , cousine de l'évêque de Norwich, mariage dont il ne lui resta qu'une fille. Il mourut vers 1830. Son neveu Thomas Bolton hérita de ses biens et de ses titres
  • William NICOLSON ou NICHOLSON( 1655) : savant bibliographe anglais, membre de la société royale de Londres, né en 1655, était fils du pasteur de Plutuland dans le comté de Cumberland. Son père prit beaucoup de soin de sun éducation, et , l'envoya continuer ses études à l'université d'Oxford, où Nicolson fut reçu bachelier à l'age de vingt ans. Il fit ensuite un voyage sur le continent, et 'visita les principales bibliothèques de l'Allemagne, prenant des notes sur les livres rares et les manuscrits qu'elles renferment. De retour en Angleterre, il acheva ses études; et, comme il se destinait à la carrière ecclésiastique, il reçut les ordres sacrés et fut pourvu de quelques bénéfices. Pendant son séjour à Oxford il fournit plusieurs descriptions à anglais, qui s'imprimait en cette ville de 1680 à 1683', ; et il publia successivement des Sermons et quelques écrits de controverse, qui le tirent =maitre avantageusement de SC% supérieur,. Quoique Nicolson Mt d'un caractère difficile et aigre dans les discussions littéraires, ses talents lui méritèrent des protecteurs puissants. Il fut élevé en 171 t à l'évèché de Carlisle, et transféré en 1; 18 sur le siége de Londonderry en Irlande. Enfin il venait d'ètre nominé à l'aielievèehé de Ca,hel, quand il mourut subitement à Derry le 9 fel rit'r 1727. Outre sept sermons et quelques écrits de circonstance, on a de ce prélat 1. deux Lettres sur lis inscriptions runiques dans les Transactions philosophiques, année 1685 ; 1° English historical library, Londres, 1696-1699 , vol . ; — Sratti, h historical library, ibid., 1702 , Nicols.un réunit ces deux ouvrages dans une t i?lition qu'il publia en 1714 — Irish hisiurieal library, ibid., Ut 1, 8•. Ces tri,is bibliothèques ont été réunis, depuis la mort de Fauteur, avec des corrections et des additions, Londres, 1736 Ce recueil , très - rare hors de l'Angleterre, contient une notice assez exacte de tous les ouvrages qui avaient paru sur l'histoire civile et ecclésiastique des trois royaumes. 3. Legec ntarchiarum. Londres, 1705, ibid., 17%7, 1n-8*; 4p une tiretare aux Pouf, de Chamberlayne , écrite en 1713 roy. CDAIDIERLAINL ; 5. Dissertatio de jure jeodali reterum Seixonum; elle est imprimée en tète des LegesAnglo- Sa. roniets, publiées par Dav. Wilkins, Londres, 1721 fol. 6• Sur les médailles d'Ecoose , On Me rnedals . L'auteur avait déjà traité ce sujet avec détail dans le huitième et dernier chapitre de sa Bibliothèque hie- torique d'Ecom. Nicolson avait réuni sur la topographie, l'histoire et les antiquités du die' close de Carlisle, de nombreux matériaux qui ont été insérés en partie dans histoire du Cumberland , par son net eu Jus. ilicolson, et Rich. Durit. Jacques Burckard a imprimé quelques fragments des Lettres de Nicolson à Hanisius, dans la Description de la bibliothèque de Wolffen: buttel, 2• partie. On trouve une courte notice sur ce ravant dans le Dictionnaire de Chaufepié. La Correspondance littéraire, politique et eccli- siastique de ce savant prélat a été publiée à Londres par John Nichols en 2 volumes
  • William OLDISWORTH : écrivain anglais du 18° siècle, qui jouissait d'une assez grande réputation de son temps, fut un des premiers auteurs du journal l'Examinateur. On cite de lui : 1. Apo- logie de l'évêque d'Exeter con- tre JI. lloadly; 2° un volume d'opuscules politiques ; 3° un autre volume : Poésies politiques et méles , par l'auteur de l'Examina- teur, 1715 4° traduction en anglais des Odes, des Epodes et du Chant séculaire d'Horace ; 5. la Vie d'Edmond Smith, en tète de ses oeuvres, 1719 ; 6. Timothée et Philothée , où sont exposés et réfutés les principes et les tendances du livre étrange récemment publié sous le titre de Droits de l'Eylise chrétienne, etc. , par un laïque, 1709, 1710 , 3 vol. 7° le Sénateur accompli, traduit du latin de Gozliski, évêque de Posen, 1733, 40. Comme on avait suspecté son indépendance pour avoir soutenu la prérogative royale et le gouvernement, il crut devoir se justifier de cette imputation dans la préface de cette traduction, qui fut son dernier ouvrage. Il était trèsattaché à la famille des Stuarts, et l'on croit qu'il combattit pour eux à la bataille de Preston. w. Oldisworth mourut en 1734
  • William OWEN( 1769 - 1825) : peintre anglais, né en 1769, dans le comté de Shrop , reçut une première dans l'école de Ludlow, et donna dès lors des indices du talent qu'il devait montrer plus tard . Le savant connaisseur Payne Knight, qui demeurait dans le voisinage, fut frappé des heureuses dispositions de cet enfant , et lui procura les leçons d'habiles professeurs. Une copie trèsremarquable que William fit d'un portrait de mistriss Robinson , dû à sir Josué Reynolds , lui valut la bienveillance et les conseils de ce grand peintre , que ses compatriotes pensent qu'il a quelquefois égalé. En 1797, Owen exposa à SomersetHouse les portraits réunis des deux miss Leaf, , qui furent admirés, et, à la fin de la même année, il épousa l'aînée de ces jeunes filles. Poussé par son mérite et par les encouragements d'illustres artistes et amateurs , il ne tarda pas à être occupé par ce que l'Angleterre avait de plus considérable. L'Académie royale de peinture l'admit dans son sein en 1806 ; il devint, en 1813, premier peintre de portraits du prince régent. Sa prospérité, jusqu'en 1818, ne fit qu'augmenter; mais à cette époque, sa constitution avait reçu une atteinte profonde, Il recourut inutilement pour se guérir aux eaux de Bath et de Cheltenham, et fut enfin :réduit à garder le lit presque constamment, continuant d'user de quelques remèdes dont il eût encore mieux fait de s'abstenir; car ce fut ainsi que, par suite de la négligence coupable d'un aide pharmacien, et trompé par une étiquette erronée mise sur une fiole, il avala une forte dose de laudanum qui le fit tomber dans une léthargie dont il ne revint pas. Il mourut le 11 février 185, trèsregretté pour son caractère comme pour son talent. On cite de lui les portraits de William Pitt, de Gren- ville , de la duchesse de Bucc/eugh, de la jeune fille de lord William Russell ; des tableaux d'ima, gination : l'Aveugle mendiant de Bethnal- Green; la Maitresse d'école de village, deux ouvrages dont on a fait des estampes qui sont trèspopulaires le Diseur de bonne aventure, etc. Il excellait à peindre l'enfance, ainsi que le paysage. William Owen a laissé un fils qui est entré dans la carrière ecclésiastique
  • William PALMER( 1803 - 1858) : jurisconsulte anglais, né en 1803 dans les environs de Londres, où il mourut le 24 avril 1858. Après avoir fait ses études à Cambridge , puis dans Lincoln'sInn , il s'établit à Londres comme avocat. Vers 1832 il devint professeur de droit. civil au collège Gresham de cette ville. Il a publié : An inquiry into the navigation lares, Londres , 1833 ; 2° Gre- sham lectures, ibid., 1837 ; 3° The laie of the wreck considered with a view to ils amendment, ibid., 1841 ; 4° Principles of the legal provision for the relief of the pool., ibid., 1844, etc. Sa veuve., Pluché Palmer, publia en 1858 un ouvrage illus- tré théologique qui est intitulé Sur l'économie da salut part
  • William PEEL( 1824 - 1858) : marin anglais , né le 2 novembre 1821 à Londres, mort à Cawnpore, aux Indes orientales, le 27 avril 1858, était le troisième fils de Robert Peel. En avril 1838. il entra dans le service de la marine, comme midshipman. et assista au bombardement de StJeand'Àcre à bord du vaisseau amiral Princesse Charlotte. Après avoir servi dans les eaux de Chine, au Cap et dans l'océan Pacifique, il devint en 1811 lieutenant, et en 1846 commodore. Dans cette dernière qualité, il commanda le cutter Darin9 à la station navale de l'Amérique' (lu Nord. Le 10 janvier 1819 il fut promu capitaine en second. Laissé sans destination , il profita de ses loisirs pour faire une excursion dans l'intérieur de l'Egypte et de la Nubie, qu'il a décrite dans A ride through Me Nubian desert, Londres, 1853, Lors de la guerre de Crimée, on lui confia le commandement de la frégate Diamond, ainsi que celui de la brigade de matelots canonniers, employées pour le siége de Sébastopol. Il s'y signala par beaucoup de bravoure et de sangfroid. Après la chute de la forteresse, il rentra en Angleterre pour rétablir sa santé. En 1857, il fut envoyé dans les mers de Chine à la tète de la frégate Shaw/ on. A peine y futil arrivé, que lord Elgin le commanda avec un convoi de troupes à Calcutta, pour coopérer à l'apaisement de la révolte des Cipayes. Peel remonta avec ses marins le Gange jusqu'à Allahabad , délit. les émeutiers dans divers combats, et rendit, en mars 1858, les services les plus éclatants lors de l'expédition de Lucknow, où il finit par être grièvement blessé. Ramené à Cawnpore, il était déjà en voie de reconvalescence, lorsqu'il succomba à une soudaine invasion de la petite vérole. Quelques jours avant, il avait reçu la croix de commandeur de l'ordre du Bain. La mort du jeune héros, dans lequel la nation anglaise avait cru retrouver un second Nelson , excita des regrets aussi généraux qu'ils étaient mérités, R—L—s.
  • William PINKNEY( 1764 - 1822) : diplomate américain , à Annopolis, dans le Maryland, le 17 mai 1764, était fils d'un Anglais qui, dans la guerre de l'indépendance, avait combattu pour l'Angleterre. Le jeune Pinkney se montra néanmoins favorable à la cause de sa patrie. Voué dès sa jeunesse à la carrière du barreau, il y acquit une grande réputation , et fut élu en 1790, par son arrondissement, l'un des membres du congrès. Distingué par Washington , il fut envoyé à Londres en 1796 pour y négocier plusieurs points de discussion fort importants et qui présentaient de graves difficultés. Ces négociations durèrent huit ans, et Pinkney y déploya une grande habileté. Revenu aux EtatsUnis en 1804, il y reprit modestement ses travaux d'avocat, et fut, deux ans après, envoyé de nouveau en Angleterre, où il eut à traiter pendant cinq ans la grande affaire des neutres et du droit de navigation, à l'occasion du blocus maritime que voulait alors opérer Napoléon. Pinkney s'y montra encore fort habile , et il sut faire respecter les droits de son pays. A son retour, en 1812, il fut nommé par le président Madison procureur général. Il prit beaucoup de part à la déclaration de guerre contre l'Angleterre qui eut lieu à cette époque, et donna sa démission en 1814 pour prendre le commandement d'un corps de volontaires, à la tète duquel il reçut une blessure grave, en 1815 à l'attaque de Washington. Elu au congrès par Baltimore, lorsque la paix fut rétablie, il s'y fit remarquer par son éloquence et la profondeur de ses vues. En 1816, le président lui donna une nouvelle mission pour aller réclamer au royaume de Naples une indemnité des pertes que le roi Joachim Murat avait fait subir au commerce américain. Il obtint pleine satisfaction du gouvernement de Ferdinand IV, et se rendit ensuite, pour des réclamations du même genre, à StPétersbourg , où il n'obtint pas moins de succès. Revenu en Amérique en 1818, il fut nommé sénateur par la législature de Maryland , concourut en cette qualité à des affaires d'une haute importance, et passa les dernières années de sa vie dans un honorable repos. Il mourut le 25 février 1822. On a publié en 1826 : Mémoire sur la vie, les écrits et les discours de lUilliant Pinkney, par H. Wheaton , 1 vol. dont deux tiers sont consacrés à la correspondance, à des plaidoyers et à des discours politiques, et l'autre à la biographie de Pinkney
  • William PITT( 1708) : premier comte de Chatham, l'un des hommes d'État les plus remarquables qu'ait produits l'Angleterre , était petitfils de Thomas Pitt, gouverneur . Sa famille, originaire du comté de Dorset, y avait été longtemps établie d'une manière honorable . W. Pitt naquit à Westm le 15 novembre 1708, et fut élevé à Eton, d'où il fut envoyé en 1726 au collège de la Trinité à Oxford pour y terminer ses études. La médiocrité de la fortune que lui avait laissée son père engagea ses parents à lui acheter une place de cornette de cavalerie. Mais cette carrière n'était pas celle que son génie lui indiquait de suivre d'ailleurs, la goutte dont il éprouva des attaques dès sa plus tendre jeunesse s'opposait à ce qu'il pût remplir les pénibles devoirs de l'état militaire. Pendant les loisirs que lui laissait cette maladie, il s'adonna avec ardeur à l'étude des grands écrivains de l'antiquité et puisa surtout dans Cicéron et dans Thucydide, ses auteurs favoris, les pr et les connaissances qui dans la suite lui furent d'une si grande utilité : il fréquentait en même temps le barreau, où il obtint des succès. Nommé membre du parlement par le bourg de Old Sarum au mois de février 1735, il se 'plaça, dès son entrée à la chambre des communes, au premier rang des orateurs. Sir Robert Walpole gouvernait l'Angleterre à cette époque : Pitt étudia le caractère de l'administration et les iprincipes qui le dirigeaient avant de se prononcer pour aucun parti. Il ne tarda pas cependant à se `ranger du côté de l'opposition, où figuraient le , un fameux diamant, de la - grosseur d'un oeuf de pigeon et pesant cent vingtsept karats. Il le revendit au roi de France pour cent trentecinq mille livres sterling, suivant les auteurs anglais, et deux millions seulement suivant les écrivains français . Ce diamant, qui fait encore partie des joyaux de la couronne de France, est estimé douze millions dans l'état publié en 1792 par l'assemblée nationale. Pl Lord Chesterfield fait descendre Pitt d'une famille trèsnouvelle. 131 OldSarum était un bourg pourri qui avait déjà été représenté au parlement par plusieurs membres de la famille de Pitt. prince de Galles, les lords Chesterfield , Carteret , etc. En 1736, des discussions ayant eu lieu entre le roi et l'héritier du trône à l'occasion du mariage annoncé au parlement entre ce dernier et la princesse de SaxeGotha, W. Pitt commença de se faire connaître en traçant le panégyrique des deux époux d'une manière si éloquente que le prince , pour lui témoigner sa reconnaissance , le nomma gentilhomme de sa chambre. La mème année, sir Robert Walpole, irrité de son opposition constante, lui fit donner la démission de l'emploi qu'il occupait dans l'armée ; et cet acte de sévérité augmenta la popularité de Pitt . Dans la mémorable discussion qui eut lieu au parlement sur la convention entre l'Angleterre et l'Espagne , W. Pitt s'éleva fortement contre les préliminaires qui venaient d'être signés et qu'il regardait comme ignominieux pour son pays. Ses efforts ne purent empècher que cette convention ne fût approuvée par la majorité des membres du parlement . Les grands talents que Pitt avait développés dans cette circonstance déterminèrent Walpole à lui faire des offres avantageuses pour l'attirer à son parti ; mais Pitt resta inébranlable. En 1740, le besoin qu'avait le gouvernement de se procurer des matelots fit reproduire un bill rejeté quelque temps auparavant pour forcer tous les marins à se faire enregistrer dans les bureaux de ]'amirauté et pour autoriser les juges de paix et autres officiers civils à rechercher, même pendant la nuit, ceux qu'ils croiraient avoir servi sur mer. Pitt s'éleva avec indignation contre cette mesure arbitraire ; et ce fut à cette occasion qu'il fit sa célèbre réplique à Robert Walpole qui avait dit d'un ton ironique que ce n'était pas avec une déclamation pompeuse et en cherchant à produire des émotions de théâtre qu'un jeune homme devait défendre la vérité. Pitt répondit avec aigreur : « Je n'entreprendrai pas d'examiner si « l'on peut faire de la jeunesse de quelqu'un la « matière d'un reproche; mais j'affirmerai qu'un « homme chargé d'années peut se rendre juste-, Les deux premiers poUes du temps, Thomson et Hatnmond, le célébrèrent dans leurs vers. L'Espagne était accusée d'avoir commis toutes sortes de déprédations, et d'avoir cherché à rainer le commerce de l'Angleterre en Amérique; et de son côté, l'Espagne se plaignait du commerce clandestin que les Anglais faisaient avec ses colonies, à la faveur du contrat d'Assienlo. Après quelques négociations, on arrêta, au mois de septembre 1738, les préliminaires d'une convention, qui fut signée définitivement le 14 janvier de l'année suivante. Ce fut à la suite de cette discussion que la plupart des membres de l'opposition abandonnèrent la chambre , où ils ne rentrèrent qu'au mois d'octobre 1739, quand la guerre fut déclarée à l'Espagne. Lorsqu'ils se représentèrent , Walpole leur reprocha avec indignation d'avoir déserté leur poste dans 1111 moment critique.
  • William PITT( 1759) : second fils du précédent , est peut-être le ministre anglais qui a joui de plus de célébrité et qui a dirigé le plus longtemps les affaires de son pays. fi naquit à Myes dans le comté de Kent le 28 mai 1759 y21. Dès l'âge de six ans, le docteur Wilson , depuis chanoine de Windsor, lui fut donné pour gouverneur, et le comte de Chatham, qui, malgré ses infirmités et ses occupations, présidait luimême à l'éducation de cet enfant chéri, ne voulut pas qu'il s'éloignât de la maison paternelle avant d'avoir atteint sa quatorzième année. Comme il était destiné à suivre la carrière du barreau , le comte de Chatham l'envo.ya à l'université de Cambridge. Les maladies graves qui faillirent le mettre au tombeau dans son enfance n'arrêtèrent que faiblement le cours de ses études par l'application excessive qu'il y apporta dans les intervalles où sa santé lui permettait de se livrer au travail. Aussi , lorsqu'il entra à l'université , pouvaitil passer pour un des élèves tes plus distingués de 5011 âge. il possédait déja ses auteurs grecs et latins, traduisait Thucydide à livre ouvert, avait fait des progrès dans la géométrie, l'algèbre et la philosophie et n'était pas étranger aux autres branches des connaissances humaines. A peine arrivé à Cambridge, il tomba dangereusement malade et fut transporté chez son père. Celte crise eut des suites heureuses; car, dès lors, sa santé se raffermit progressivement. Il revint à Cambridge, Où le docteur Tomline, depuis évêque de Lincoln et ensuite de Winchester, aux soins duquel le comte de Chatham avait recommandé son , il passa quelque temps auprès de lady Esther Grenville, sa mère, et retourna ensuite à l'université, qu'il ne quitta en définitive qu'au commencement de 1780 pour se livrer spécialement à l'étude des lois. Reçu avocat au mois de juin, il plaida quelques causes avec assez de succès pour amener à penser qu'il aurait rendu son nom célèbre dans cette profession. L'excellente éducation qu'il avait reçue, l'habitude que son père lui avait fait prendre de parler sur toutes sortes de sujets, et, plus que tout cela, le sentiment de ses propres forces, donnaient lieu de croire au jeune Pitt qu'il ne tarderait pas à se faire distinguer s'il parvenait à se faire nommer membre de la chambre des communes. Néanmoins, avant.de tenter aucune démarche pour y arriver, il se prépara à bien remplir ces fonctiôns en se rendant assidûment aux séances des deux chambres toutes les fois qu'on devait y débattre un sujet important. Lorsqu'il entendait un discours de quelque mérite en opposition avec ses propres opinions, il s'habituait à considérer de quelle manière il serait possible d'y répondre, et, quand l'orateur professait les mêmes opinions que lui, Pitt observait l'ordre dans lequel il avait classé ses idées pour leur donner plus de force et s'attachait à examiner s'il n'aurait pas pu faire mieux et s'il n'avait pas omis quelque argument. C'est sans doute à cette habitude, qu'on ne saurait trop louer dans un jeune homme qui avait à peine vingt ans, et à celle qu'il avait prise de lire tous les jours en anglais les passages les plus estimés des auteurs grecs et latins, qu'on doit attribuer cette facilité pour la réplique et pour le choix des expressions qui ont fait dire qu'il ne manquait jamais de placer le meilleur mot à la meilleure place. A l'élection générale qui eut lieu dans l'automne de 1780, les amis de Pitt le déterminèrent à se présenter comme candidat de l'université de Cambridge ; mais il trouva des concurrents redoutables et ne fut pas nommé. Plus heureux au mois de janvier suivant, il dut à la bienveillance de sir James Lowther d'être choisi par le bourg d'Appleby. Pitt , qui n'avait pas encore atteint sa vingtdeuxième année, débutait dans la carrière des affaires publiques à une époque extraordinairement critique pour l'Angleterre. Cette puissance se trouvait en guerre avec ses colonies d'Amérique et avec la France, l'Espagne et la Hollande, sans pouvoir leur opposer un seul allié. Outre ces nombreux et puissants ennemis , la Russie, le Danemarck et la Suède venaient . Le 12 juin, Fox ayant proposé de prendre en considération l'état actuel de la guerre d'Amérique, afin d'aviser aux moyens de faire la paix avec les colonies, le nom du comte de Chatham fut cité plusieurs fois dans les longs débats qui suivirent cette motion, et l'on prétendit qu'il avait été favorable au principe des mesures qui avaient suscité cette guerre. Pitt crut devoir se lever pour défendre la mémoire de son père il s'engagea dans de grands développements sur les causes qui avaient amené les discussions entre la métropole et les colonies ; il fit sentir la différence qui existait entre les mesures proposées par lord Chatham et celles qui avaient été adoptées ; enfin, après avoir établi sous quels points de vue il envisageait luimême ces différends, il avertit les ministres des maux qui résulteraient de leur obstination. Comme ils annonçaient l'intention de persister dans leur système sans se laisser émouvoir par les attaques des membres de l'opposition, ceuxci les renouvelèrent sous toutes les formes et parvinrent enfin à forcer les ministres à la retraite au mois de mars 1782. Pitt, qui depuis son entrée dans la chambre s'était montré lb M. Dundas, depuis vicomte Melville, â cette époque lord avocat de la couronne en Ecosse, lit dans sa réplique le plus grand éloge du talent de Pitt. Il félicita son pays du bonheur qu'il avait de posséder un homme d'Etat qui réunissait aux talents les plus distingués une haute intégrité, une noble indépendance de conduite, et l'éloquence la plus persuasive. A la fin de ta session, un ami de Fox ayant dit que Pitt promettait d'être 1 un des premiers orateurs de la chambre des communes: u il l'est “ déjà, répondit celuici.
  • William PLAYFAIR( 1759 - 1823) : littérateur anglais, était frère du précédent. Il naquit à Edirnbourg en 1759 , perdit son père fort jeune et, après une éducation peu complète, fut mis en apprentissage chez un mécanicien , et vint ensuite à Birming- bain , où il fut employé comme dessinateur dans la fabrique de Boulton et Watts, puis à Londres, où ii se lit auteur et écrivit sur différents sujets, principalement sur la révolution française, à laquelle il se montra dès lors fort opposé ; ce qui ne l'empêcha pas de se rendre à Paris, où il forma, vers 1790, une maison de banque qui eut peu de succès. La guerre ayant éclaté entre la France et l'Angleterre, il lui fut difficile de retourner dans sa patrie, et il courut quelques dangers par suite de ses opinions politiques. Enfin revenu à Londres, il y établit un magasin d'orfèvrerie et de bijouterie, qui n'eut pas plus de succès que ses autres entreprises. Il publia en même temps dif- férentes brochures politiques, remarquables par des attaques sans mesure contre la France, et qui , malgré l'antipathie des Anglais, ne réussirent pas davantage. Fatigué de sa pénible existence, il revint à Paris en 1814, et y composa encore des brochures politiques, travaillant en même temps au journal le Ga/ ignani's- illessenger, où il se livra, en 1818, à des insinuations calomnieuses sur la bravoure du comte de StMorys, qui venait d'être tué si malheureusement en duel . La veuve de cet officier traduisit Je calomniateur devant le tribunal de police correctionnelle, et les assertions de Playfair furent trouvées si graves et si inconvenantes qu'elles excitèrent une indignation générale et qu'il fut condamné à trois mois de prison , à trois cents francs vol. 12° Détails sur le complot de Bonaparte, donne's au comte Bathurst et à l'ambassadeur de France, 1815 L'auteur avait écrit, dès le mois de février 1815, aux ministres, qui probablement le savaient mieux que lui , que Napoléon ne tarderait pas à s'échapper de Vile d'Elbe et à reprendre le pouvoir. 13° La France telle qu'elle est , et non telle que l'a faite lady Morgan, Londres , 1820, 2 vol. ; traduit en français , Paris, 1820 , I vol. C'est une réfutation où Playfair montre contre la France, et surtout contre le parti libéral , autant de haine que lady 11Iorgan leur avait montré de prédilection. On a encore traduit de lui en français : 1° De la chambre des pairs en France,- 2° De l'esprit d'opposition ; 3. A quoi sert l'esprit? 4° L'ne visite à lord Byron , par M. de Passac, 1825 où se trouve une notice sur Priestley ; 5° Tableau de la dette et des finances de l'Angleterre, 1789
  • William PRESCOTT( 1725 - 1795) : colonel américain qui figura avec distinction dans les guerres de la révolution, naquit en 179.5 à Groton dans le Massachusets. Son père était membre du conseil de 'cet Etat, et son grandpère maternel , Thomas iOliver, exerça longtemps les mêmes fonctions. Il hérita de ses parents une grande fortune et entra de bonne heure dans la carrière militaire. S'étant fait connaître avantageusement par sa conduite pendant la conquête de la NouvelleEcosse, où il servit sous le major général Winslow, on lui confia, en 1775, le commandement rli- es troupes qui s'emparèrent, dans la soirée du .16 juin, des fortifications de Bunkerhill. Il se dis- ingua aussi pendant la bataille qui se donna le endemain ; Prescott accompagna ensuite Washington à NewYork et servit plus tard sous le général Gates, lors de la capture du général Burgoyne. Il mourut le 13 octobre 1795. — PRESCOTT , frère du précédent, né le 27 avril 1731, se fit recevoir médecin après avoir terminé ses études au collège d'Harvard, obtint une grande réputation et par suite une nombreuse clientèle. Lorsque les colonies américaines se révoltèrent contre l'Angleterre, Prescott abandonna la carrière de la médecine et entra dans l'armée. Il était brigadier général de la milice en 1776 et rendit en cette qualité d'importants services pendant que les Anglais occupèrent Boston. De 1777 à 1779, période durant laquelle il n'y eut ni gouverneur ni sousgouverneur, il exerça les fonctions de membre du conseil, et depuis 1779 jusqu'à sa mort, arrivée à Groton le 17 novembre 1801 , il fut juge pour la vérification des testaments. — Pnrscorr , son second fils, né le 4 avril 1762 , fut élevé comme son père au collège d'Harvard et comme lui embrassa la carrière de la médecine. lï s'y fit distinguer par son grand savoir et mourut, le 26 septembre 1827, de la fièvre typhoïde à Newburyport, où il s'était établi. Il a publié différents articles dans le Journal de médecine, entre autres une Dissertation sur l'ergot, qui a été réimprimée à Londres ainsi qu'en France et en Allemagne
  • William PROUT( 1786 - 1850) : chimiste et médecin anglais, né en 1786, fut reçu docteur en médecine à l'université d'Edimbourg et s'établit ensuite à Londres. Il se livra avec zèle à l'étude de la chimie, et il fut l'un des premiers Anglais qui appli- quèrent cette science à la recherche des phénomènes de la vie ; il inséra à cet égard de nombreux mémoires dans les Transactions philosophiques, et il résuma ses travaux en ce genre dans un ouvrage important qu'il intitula De la nature et du traitement des affections de l'estomac et des reins, et recherches sur les rapports du diabète, du calcul et d'autres aections de l'appareil uni- noire avec les troubles de la digestion. Des découvertes plus récentes faites à cet égard ne diminuent point le mérite de ce livre , résultat d'observations et d'expériences auxquelles avait présidé un soin scrupuleux. Quelquesunes des assertions qu'émettait l'auteur furent alors révoquées en doute; aujourd'hui elles sont regardées comme des faits acquis à la science. Lord Bridgewater ayant laissé une somme considérable destinée à rémunérer les auteurs d'une série d'écrits sur l'union de la religion et des diverses branches des connaissances humaines , Prout fut l'un des savants chargés de coopérer à ces publications; il y fournit un volume intitulé la Chimie, la météorologie et les fonctions de la digestion dans leurs l'apports avec la religion naturelle. Une connaissance profonde des lois de la chimie se révèle dans cet ouvrage. Le docteur Prout faisait d'ailleurs des excursions vers divers points des sciences naturelles ; il fut l'un des premiers à analyser les coprolithes et à découvrir la grande quantité de phosphate de chaux qui s'y trouve. Le mémoire qu'il publia à cet égard et qu'il intitula Analyse des excréments fossiles des ichtyosaures et d'autres animaux, fut inséré dans le 3° volume des Transactions de la société géologique. Ce savant était membre de la société royale de Londres et d'un grand nombre d'académies anglaises et étrangères. Ses habitudes étaient trèsretirées, et il jouissait de la plus haute considération parmi tous ceux qui le connaissaient. Sa mort survint le 9 avril 1850
  • William PRYNNE( 1600) : jurisconsulte anglais. plus fameux par son courage que par ses nombreux écrits, naquit en 1600 à Swanswick , dans le comté de Somerset. De l'école de Bath et de l'université d'Oxford, il passa au collège de juris- 55 prudence de Lincoln'sInn, à Londres. Malgré les connaissances qu'il acquit dans la science des lois, ce ne fut pas sous ce rapport qu'il commença de se faire connaître. Il montrait une grande rigidité de principes et de moeurs, et les prédications d'un puritain distingué le gagnèrent facilement à cette secte. Bientôt il se mit à écrire contre ce qu'il appelait les désordres du siècle, tels que la frisure des cheveux, l'usage de boire à la santé, le papisme et l'arminianisme. Ses écrits contre l'arminianisme et la juridiction des évêques indisposèrent fortement contre lui Laud et d'autres prélats, qui, s'il faut l'en croire, épièrent l'occasion de lui faire éprouver les effets de leur haine. Cette occasion se présenta vers 1633. Il venait de mettre au jour un volume de mille pages, intitulé Ilistrio- mastix , dirigé contre les spectacles et les acteurs. On y lisait, à la table des matières seulement, un mot outrageant pour les femmes qui se produisent sur le théâtre. Les ennemis de l'auteur ne manquèrent pas d'insinuer au roi que ce passage tombait expressément sur la reine, qui récemment avait joué un rôle dans une pastorale exécutée à SomersetHouse, et bien qu'il fût constant que la publication du livre avait précédé de six semaines le divertissement royal, le malheureux Prynne, cité devant la chambre étoilée, fut condamné à payer une amende de cinq mille livres , à sortir de l'université, à être attaché au pilori en deux endroits différents, en perdant une oreille à chaque station, et à garder une prison perpétuelle. Ce supplice, trop rigoureux , même quand il eût été mérité, il le subit avec la fermeté que peut donner le sentiment d'une conscienee pure; mais son ressentiment s'exhala en prison dans des pamphlets virulents contre ses persécuteurs. Un de ces pamphlets, intitulé Nouvelles d'Ipswich, où il les traitait d'évêques de Lucifer, exécrables . Elu membre du parlement par Newport, en Cornouailles, il y combattit vigoureusement l'épiscopat. Quand Laud fut mis en jugement, Prynne put se donner le plaisir de la vengeance; car ce fut lui principalement qui conduisit le procès. Après la victoire des parlementaires, il fut un des commissaires visiteurs de l'université d'Oxford, et il déploya beaucoup de zèle pour l'établisse- ment du presbytérianisme. Lorsqu'il vit les prendre le dessus, tout son intérêt se tourna vers le parti vaincu, et il employa son crédit pour faire goûter les propositions du roi; mais l'effet du discours qu'il prononça dans cette occasion fut neutralisé par l'intervention de l'épée ; on sait comment l'armée empêcha la pacification désirée. Prynne fut un des membres des communes qui expièrent dans les cachots une généreuse opposition. Le refus de payer les taxes et l'audace qu'il eut de braver la puissance de Cromwell et les siens , dans diverses publications, le firent resserrer davantage en 1650. Le plaisir d'écrire, qui était en lui une véritable passion, semblait le consoler de sa captivité. On conte qu'il produisit de 1655 à 1660 quarantesix traités différents sur des sujets de religion et autres. La tyrannie et l'ingratitude du gouvernement usurpateur le faisaient soupirer après la restauration de la monarchie. Son zèle pour le retour de Charles 11 fut si impatient et s'exprima én termes si indiscrets que le général Monk crut devoir le réprimer. La ville de Bath choisit Prynne pour son représentant au parlement réparateur, en 1660. La restauration accomplie, il eut, entre autres emplois , la place de gardien des archives de la Tour de Londres, place qui convenait à son goût comme à sa capacité. Mais il semblait destiné à ne jamais jouir du repos : ayant été reconnu auteur d'un écrit publié en 1661 contre un bill relatif aux corporations, il se vit obligé de demander pardon à la chambre des communes, pour éviter un châtiment plus grave. Retiré à Lincoln's- Inn, il y mourut le n octobre 1669. Son vaste savoir était le fruit d'une incroyable patience et d'une grande mémoire, que, par malheur, le jugement n'accompagnait pas assez. On en jugera par ces traits. De tous les crimes reprochés à Néron, le plus grand aux yeux de l'auteur de l'Histrio- mastix était d'avoir fréquenté le théâtre et joué la comédie. Suivant lui , chaque pas de danse est un pas vers l'enfer. Il n'avait de la science des lois, suivant Clarendon, que ce que la lecture peut en donner. C'est un des plus infatigables écrivains qu'on puisse citer. Wood suppute que, depuis qu'il atteignit l'âge d'homme jusqu'à sa mort, Prynne a dû écrire une feuille chaque jour de sa vie. Il a laissé quarante volumes et bagage littéraire qui n'aurait point sauvé son nom de l'oubli, s'il n'eût pas mérité d'être transmis à la postérité par son dévouement et ses souffrances pour la cause de la liberté. Les moins inconnus de ses ouvrages sont : e Exact chronological vindication , etc., ou Preuves de la suprématie des rois d'Angleterre en matière ecclésiastique, Londres, 1666-1668, 3 vol. Ce livre, connu sous le nom de Records, ou Ex- traits d'archives, est recherché à cause de sa rareté, les deux premiers volumes ayant péri, à la réserve de soixantedix exemplaires, lors de l'incendie de 1666 . 2° Une édition améliorée de l'Abrégé des archives de la Tour de sir Rob. Cotton ; 3° Observations sur la quatrième partie des Institutes des lois anglaises, par Coke ; 40 Writs, ou Edits parlementaires, 4 vol. Prynne méritait à trop juste titre une place parmi les auteurs malheureux l'Anglais israeli lui a consacré quelques pages dans son piquant ouvrage intitulé Calatnities of authors. On peut lire aussi sur sa condamnation l'Histoire d'Angleterre de Hume, traduite en français , t. 7, p
  • William REDFIELD( 1789 - 1857) : physicien et ingénieur américain , naquit à Middleton , dans le Connec- ticut , le 25 mars 1789. Ses parents étaient pau- vres, et son éducation fut trèsdéfectueuse. Placé fort jeune dans un atelier, il parvint cependant, il force de zèle et de persévérance, à acquérir quelque instruction. L'étude de la physique était surtout l'objet de ses prédilections. En 1810 , il fit à pied un voyage dans l'Etat de l'Ohio , et ses idées se portèrent sur l'importance de perfectionner le système des communications. Il voulait créer une jonction entre l'Hudson et le Mississipi. De retour à Middleton , il se livra avec ardeur, soutenu par quelques capitalistes , à la construction des bateaux à vapeur, alors dans l'enfance. L'intelligence dont il donna des preuves le fit choisir pour être à NewYork le directeur de la compagnie de navigation à vapeur. Ce fut lui aussi qui fit les plans du premier chemin de fer qui fut construit en Amérique. Au mois de sep- tembre 1821, un ouragan causa de grands ravages dans le Connecticut. Redfield en observa les circonstances, et il en conclut que les orages obéissaient, dans leur formation et dans leur cours, à des lois qu'il s'agissait de découvrir. Il examina un grand nombre de journaux, de livres de bord ; il se livra à une correspondance active, et, de son côté, tandis que Dove examinait la même question , il constata la loi sur le mouvement rotatoire des ouragans. A partir de 1831, il fit paraître , surtout dans le Journal scientifique de Silliman, d'importants travaux à cet égard. La direction des ouragans , la 1:g:te spirale qu'ils décrivent, leur rapidité, leur course à travers l'Atlantique, qu'ils parcourent en partant d'or- dinaire des régions équinoxiales à l'ouest de l'ar- chipel des Antilles et en s'étendant jusqu'aux côtes des EtatsUnis et jusqu'à TerreNeuve; toutes ces questions, alors complétement neuves, furent discutées, éclaircies avec beaucoup de sagacité; leur importance, au point de vue de la navigation , se démontre d'ellemème.Bientôt après d'autres observateurs dirigèrent leurs travaux de ce côté; Dove, Reid, Piddington, Thoms et leurs émules travaillèrent avec ardeur à re- cueillir des faits , à déterminer des données qui ont été un service des plus importants rendu à la navigation. Le dernier écrit de Reclfield dans la relation de l'expédition du commodore Perry au Japon , est relatif aux typhons qui sévissent dans le grand Océan. Ses services furent dignement appréciés dans son pays; les sociétés savantes tinrent à honneur de se l'affilier, et l'association américaine pour le progrès des sciences le choisit pour son président dès sa pre- mière réunion. Après une courte maladie , il mourut, le 12 février 1857, d'une affection de la poitrine
  • William ROBERTSON : lexicographe anglais, mourut vers 1686. Les biographies anglaises qu'on a consultées ne font aucune mention de ce savant estimable. On peut conjecturer qu'il passa sa vie dans la retraite, partageant ses loisirs entre l'étude de la théologie et celle des langues, et que, content d'être utile, il ne brigua point la réputation. Quoi qu'il en soit, on a de Roberston des ouvrages qui suffisent pour sauver son nom de l'oubli : Seplier Tchillim , id est Liber Psalmorunt et Threni Jeremie, cuuc notis nzasorcthic. is, Cambridge, 1685 Cette édition du psautier et des lamentations de Jérémie est toute en hébreu, sans traduction. 2° Thesaurus lingue gram in epitonzen sive compendium redactus, Cambridge, 1676 Cette édition est recherchée. L'éditeur, Joseph Hill , prétend l'avoir augmentée de quatrevingt mille mots; c'est au moins ce que dit le Journal des savants de 1685 , p. 331 , en annonçant l'édition du Lexicon de Schrevelius , que le même éditeur prétendait avoir enrichie d'environ six mille mots. 3' Thesaurus lingue sanctœ sive concordantiale lexicon hebrœo- latino- biblicum, Londres, 1680 rare et trèsestimé. Chr. Stock et J.Fr. Fis cher s'en sont beaucoup servis dans leur Clavis lingue sande Veteris et Novi Testamenti, Leipsick, 1753, et Iéna, 1730, 2 vol. 4° illanipulus lingue sanctœ et eruditorunz, Cambridge , 1686 5° Index alphabeticus hebrœo- biblicus , Cambridge, 1683 Leusden l'a traduit en latin et l'a publié sous le titre de Lexicon novum liebrœo- latinum, Utrecht, 1687
  • William ROBERTSON( 1721) : l'un des historiens modernes les plus sages et les plus judicieux, naquit en 1721 , à Borthwick en Ecosse. Le père de Roberston, qui était ministre presbytérien de cette paroisse, fit pour l'éducation de son fils tout ce que lui permettait une fortune trèsbornée, et le confia d'abord aux soins de Leslie de Dalkeith, qui avait la réputation d'un homme instruit. Nommé, en 1733, ministre d'une des églises d'Edimbourg, il plaça le jeune William à l'université de cette ville, où celuici trouva dans les chaires d'humanités et de philosophie des hommes d'un mérite supérieur, entre autres Stevenson. John Blair, condisciple de Roberston sous cet habile maitre, avoue que c'est à ses leçons , à ses conseils qu'il est redevable de son goût pour l'étude et des succès qu'il obtint dans les lettres. La famille de Robertson conserve encore précieusement les cahiers de ses cours ; la devise qu'ils portent , Vita sine litteris mors est, annonce assez avec quelle ardeur le jeune Robertson s'adonnait à ses premières études. Comme il se destinait à l'Église , il pensa de bonne heure à se faire un style qui n'eût rien de semblable au langage emphatique et barbare qu'on entendait alors dans toutes les chaires presbytériennes de l'Ecosse, quoique le goût y eût déjà fait quelque progrès. Il s'était occupé, dans cette vue, d'une traduction de MarcAurèle. Il allait la livrer à l'impression, lorsqu'une autre traduction publiée à Glascow, sans nom d'auteur, le fit renoncer à ce projet. Plusieurs de ses contemporains ont attribué à son penchant pour la philosophie stoïcienne le choix qu'il avait fait de cet ouvrage pour son coup d'essai. En même temps, comme il voulait être en état de soutenir la discussion dans les assemblées de son clergé, il s'exerçait à l'improvisation avec quelquesuns de ses compagnons d'études , qui heureusement se trouvaient être de dignes émules. Il avait à peine vingt ans et venait de finir ses cours d'université, lorsque l'assemblée presbytérienne de Dalkeith l'autorisa à prêcher. Deux ans après, il fut nommé ministre de la petite paroisse de Gladsmuire; à peine y étaitil installé, qu'il perdit presque en même temps son père. et sa mère, qui laissaient à sa charge un frère et six soeurs. Il les reçut tous dans sa chétive demeure, les éleva et les établit de son mieux , sans autre ressource que son hénéfice , d'environ cent livres sterling. Ce ne fut qu'après s'être acquitte de tous ces soins vrairnent paternels qu'il pensa à lui et se permit de se livrer à un sentiment qu'il avait fait taire jus- qu'alors, en épousant Marie Nisbet, ele d'un ministre d'Edimbourg. Il s'offrit en 1751 une circonstance où l'on put pressentir quels seraient ses talents. Le clergé presbytérien était divisé sur une question importante il s'agissait du droit de patronage des propriétaires, droit en vertu duquel leur est dévolue la collation à tous les bénéfiées qui se trouvent sur leurs terres. Il soutint, dans l'assemblée générale, la cause des patrons avec une grande vigueur de raisonnement qu'animait encore l'anxiété d'un premier début. Le parti opposé était trop nombreux et trop puissant pour qu'il pût ramener la majorité à son avis; mais la conviction était si bien préparée que, l'année suivante , il réunit presque tous les suffrages et fit triompher sa cause pour toujours. Quatre ans après, il marqua sa place au premier rang par son discours, devenu célèbre, prononcé dans la Société pour la propagation de l'instruction chrétienne. Dans ce discours, d'autant plus remarquable alors qu'on ne parlait guère des orateurs presbytériens sans déplorer la rudesse de leur langage et la sécheresse de leurs argumentations, il traite le sujet important de la situation du monde à l'avènement de JésusChrist, et trace le tableau de tous les avantages dont le genre humain est redevable au christianisme. Ce discours était le seul qu'il eût conservé de ses nombreuses prédications. On y put remarquer dès lors l'immense érudition de l'orateur, et surtout cet esprit de méthode, de recherche et d'examen qui allait faire le caractère distinctif de ses compositions historiques. Le zèle exemplaire qu'il portait dans les diverses fonctions de son ministère ne suffisait point encore à l'activité de son esprit, avide de tous les genres de connaissances. Les études graves qu'exigeait son état ne l'avaient point empêché de cultiver les arts de l'imagination et du goût. Il paraît que, dès l'âge de vingt ans , il avait pris la résolution de consacrer tous ses loisirs aux lettres. Il hésita longtemps sur le genre de composition auquel il se livrerait. Un peintre d'Edimbourg , nommé Affan Ramsay, avait eu l'idée d'établir, sous le titre de Société choisie, une espèce de club, dont les membres se proposaient de traiter entre eux des questions littéraires et philosophiques, et de s'exercer ainsi à l'art de la parole. Robertson fut un des fondateurs de cette société, qui n'eut que six à sept ans d'existence. C'est là que prit naissance la Revue d'Edimbourg. Ce journal critique, qui comptait parmi ses premiers rédacteurs John Blair, Smith et Robertson, débuta par un ton de sévérité dédaigneuse qui leur attira de nombreux ennemis, notamment Johnston, de Mont. Ils avaient rendu compte du recueil de ses sermons d'une manière si outrageante qu'il résolut de s'en venger surlechamp. Il répliqua par un Examen de la revue; et la justice de sa défense, jointe à l'amertume de ses représailles, porta dans le public un coup si violent au journal qu'il ne reparut plus qu'après une interruption de plusieurs années. Ce malheureux début dans fa littérature polémique en détourna Robertson pour toujours. Ce fut alors qu'il s'occupa avec plus de suite à mettre en ordre la multitude de pièces et de documents qu'il avait recueillis pour l'Histoire d'Ecosse. Indépendamment de l'attrait naturel que lui devait offrir l'histoire de son pays, deux grands événements semblent avoir déterminé sa préférence pour ce sujet l'établissement de la réformation en Ecosse et la catastrophe qui précipita du trône l'infortunée Marie Stuart. L'un et l'autre étaient malheureusement de nature à prèter beaucoup aux préjugés et aux passions de l'historien. On con-çoit que le premier devait être d'un puissant intérêt aux yeux d'un ministre presbytérien, d'un zélé partisan des réformateurs. Aussi, n'estce pas sans fondement qu'on l'accuse d'une partialité marquée, quoique sans doute involontaire, dans le récit qu'il fait de cette terrible révolution, et dans le choix des autorités dont il s'appuie. L'origine , les progrès, l'établissement de la réformation en Ecosse sont autant de faits dont il a d'avance approuvé les motifs, adopté les conséquences. Tous les excès des novateurs pour détruire la religion établie semblent non pas , il est vrai , justifiés , niais du moins excusés à ses yeux, par l'unique raison qu'il croyait nécessaire que cette grande révolution s'opérât dans son pays. Les deux annalistes qu'il consulte le plus sont Jean Knox et Georges Buchanan, tous deux au premier rang parmi les plus fougueux réformateurs ; tous deux ardents persécuteurs de Marie ,. dont ils avaient reçu des bienfaits ; tous deux acteurs passionnés des scènes désastreuses qu'ils retracent; tous deux enfin qualifiés d'écrivains fanatiques par David Hume , dont le jugement en pareille matière ne peut être attribué à aucun préjugé religieux. Il n'est donc pas permis d'accorder, sur ce point, une confiance aveugle aux récits de l'historien. Mais s'il lui fut impossible de juger cet événement mémorable avec toute l'impartialité d'un esprit désintéressé, il n'en est pas de même de ce qui touche au règne de Marie Stuart. Ici les bienséances de son état n'imposent aucune gène à ses devoirs d'historien. Une reine jeune, aimable, joignant aux grâces de la beauté les qualités d'une âme courageuse et les agréments d'un esprit cultivé ; chargée, sans guide, à l'âge de dixhuit ans et dans les circonstances les plus orageuses, du gouvernement d'un pays presque étranger à toute civilisation; victime, sans doute, dans cette pénible tâche, et de son inexpérience et de quelques erreurs, mais surtout victime de la jalousie cruelle d'une reine, son alliée, sa parente, dans les bras de laquelle elle s'était réfugiée, et qui lui fit expier cette confiance par la mort la plus ignominieuse, après une captivité de dixneuf ans; il était impossible que cette longue suite d'infortunes , jusqu'alors sans exemple , ne fit point éprouver à celui qui la retraçait un sentiment de douleur et d'indignation ; et ce sentiment, Robertson le communique à ses lecteurs avec toute la chaleur d'une âme que le malheur émeut, et que l'iniquité révolte. Robertson, toutefois, en examinant les deux questions si graves du meurtre du roi Henri , et de l'authenticité des lettres de Marie à Bothwell, est loin (le justifier complètement cette infortunée reine de tous les reproches qui ont empoisonné sa vie et poursuivi sa mémoire ; et quoique , du vivant même de l'historien, les écrits de Tytler, de Gilbert Stewart et de Whitaker eussent présenté ces deux questions sous un jour bien plus favorable à l' de Marie , il persista , durant les vingthuit années qui s'écoulèrent depuis la première édition de l'Histoire d'Ecosse jusqu'à la publication de la dernière en 1787, dans l'opinion qu'il avait émise dès le principe sur ce problème historique. L'opinion contraire a prévalu ; mais ce n'est qu'après la mort de Robertson que de nouveaux apologistes de Marie Stuart sont parvenus à découvrir et ont publié des documents qui semblent détruire enfin les odieuses imputations que les ennemis de cette reine avaient trouvé le moyen d'accréditer contre elle ; et te qui prouve la candeur de l'historien, et la joie qu'il aurait eue à se voir détrompé, c'est qu'il ne manifesta jamais plus vivement ses témoignages d'estime et d'amitié envers Tytler que lorsque celuici eut entrepris la défense de Marie, et qu'il plaça dans sa bibliothèque un tableau représentant cette malheureuse princesse, avec le portrait de son historien d'un côté, et celui de son défenseur de l'autre. Robertson fut le premier qui, en déplorant les infortunes de Marie Stuart, osa représenter Elisabeth comme le fléau de l'Ecosse et l'assassin de sa rivale. Ce langage, si nouveau pour l'Angleterre, joint à son titre d'Ecossais et à sa qualité de ministre d'une religion séparée de l'Eglise anglicane, fit craindre à ses amis que l'Histoire d'Ecosse ne trouvât à Londres des lecteurs mal disposés et des juges prévenus; mais toutes les préventions disparurent devant le mérite de l'ouvrage. Les hommes du monde, les gens de lettres et, parmi ceuxci, les écrivains dont le suffrage avait le plus d'autorité, David
  • William ROSCOE( 1752) : célèbre littérateur anglais, naquit en 1759. à Liverpool, dans une des classes les plus inférieures de la société, puisque son père et sa mère étaient tous deux domestiques. La personne auprès de laquelle ils servaient, et qui les avait conservés dans sa maison après les avoir autorisés à se marier, étant morte sans enfants, laissa en mourant au jeune Roscoe la plus grande partie, sinon la totalité de sa fortune. Il ne paraît pas que ce bienfaiteur se soit beaucoup occupé de la première éducation de Roscoe, et toute l'ambition de son père se borna à lui faire apprendre l'écriture et l'arithmétique. A l'âge de seize ans , il fut placé par sa famille dans l'étude de M. Eyres, procureur à Liverpool. Il n'y était que depuis trèspeu de temps et avait déjà montré un talent assez remarquable pour la poésie, dans un élégant petit poëme intitulé Mount Pleasant, lorsqu'un de ses camarades s'étant vanté d'avoir lu le traité de Cicéron De amicitia et ayant parlé avec enthousiasme de l'élégance du style et de la noblesse des pensées de cette composition , Roscoe se la procura et, à l'aide d'un dictionnaire et d'une grammaire, parvint, après beaucoup d'efforts, à l'entendre assez bien. Ce succès l'encouragea , et il ne s'arrêta que lorsqu'il eut ainsi traduit les plus éminents des classiques latins , avec l'aide d'un homme fort instruit , M. Francis Holden , son ami. Roscoe s'attacha ensuite à l'étude des langues française et italienne, et sans le secours d'aucun maître, il ne tarda pas à les comprendre et à se rendre familiers les meilleurs auteurs de chacun de ces idiomes. Plus tard , il apprit le grec de la même manière. Les auteurs et surtout les poëtes anglais faisaient aussi ses délices ; il les lisait et les relisait sans cesse. A l'expiration de son engagement avec M. Eyres, il devint associé de M. Aspirival , procureur de la même ville fort en crédit. Roscoe , sur lequel roulait tout le soin des nombreuses affaires de cette étude, s'acquitta de son emploi à la satisfaction de tous ses clients et acquit une connaissance étendue des lois de son pays, quoiqu'il ne négligeât cependant pas la littérature. Il se lia à cette époque avec le docteur Enfield , professeur à l'académie de Warrington, et avec le docteur Aikin, qui exerçait la profession de chirurgien à Liverpool, et fournit au premier, pour être insérée dans un recueil populaire intitulé L'Orateur , une élégie sur la pitié. Au mois de décembre 1773, il récita devant une société choisie, formée à Liverpool pour l'encouragement du dessin et de la peinture et dont il était un des membres les plus actifs, une ode sur l'adulation, qui fut plus tard publiée avec son premier poëme , Mount Pleasant , et il fit dans cette institution un cours de lectures sur les sujets pour lesquels elle avait été créée. En 1788 , année où la question de la traite des nègres commença à être vivement agitée , Roscoe s'éleva avec force contre ce honteux trafic dans des poëmes qui eurent beaucoup d'admirateurs, et dont le principal est intitulé les Malheurs de l'Afrique . La révolution française trouva en lui un zélé partisan, et il publia en faveur de sa cause plusieurs chants populaires et d'autres morceaux de poésie, parmi lesquels on distingue les Collines couvertes de vignobles et Que les millions soient libres . En même temps qu'il faisait paraître avec le docteur Currie, dans le Liverpool Weekly Herald, une série d'essais sous le titre du Recluse, Roscoe travaillait au grand ouvrage sur lequel est pr établie sa réputation , la Vie de Laurent de Médicis , commencé en 1790 et terminé six ans après. Retiré à deux milles de Liverpool pendant tout le temps qu'il passa à le composer, Roscoe se rendait chaque jour à la ville pour suivre les affaires de son étude , et de retour à la campagne, il y consacrait ses soirées à l'oeuvre littéraire qu'il avait conçue. Ayant peu de livres à sa disposition , il était forcé de faire venir de Londres la majeure partie de ceux qu'il avait besoin de consulter. Mais son oeuvre eût été bien incomplète s'il se fût borné à puiser seulement dans les sources ouvertes pour lui en Angleterre et alors peu abondantes. Par un heureux hasard, M. Clarke, banquier de Liverpool et son ami, était allé passer un hiver en Toscane, et, grâce à son zèle éclairé, le futur historien des Médicis obtint communication d'un grand nombre de manuscrits inédits existant à Florence et dans d'autres parties de l'Italie. A son retour en Angleterre, M. Clarke lui fournit de nouvelles et utiles informations, qui le mirent en état de composer la Vie de Laurent de Médicis, dont Roscoe dirigea luimême l'impression et qui fut partout accueillie avec une grande faveur, On s'étonna de voir un homme qui n'avait point reçu une éducation littéraire, et dont tous les moments semblaient absorbés- par la pratique des lois et la direction d'affaires contentieuses d'une haute importance, dans une ville de commerce éloignée du centre des lumières, où l'on n'entendait parler que de navires, de traite, d'esclaves et de marchandises, décrire l'origine et les progrès des beauxarts en Italie à la renaissance du savoir , avec autant de sagacité et de finesse que de précision, avec l'esprit d'un poëte et la profondeur d'un historien. On admira le ton de candeur qui y règne partout , la manière noble et décente avec laquelle il discute et critique les opinions des écrivains qui l'avaient précédé dans la même carrière, son goùt pur et éclairé, et son style aussi harmonieux qu'élégant. Mais on lui reprocha en même temps sa trop grande partialité pour son héros, le défaut d'ordre et la multiplicité des longues notes bibliographiques qui interrompent quelquefois le cours de la narration. Un an après l'apparition de son premier ouvrage historique , Roscoe abandonna la profession de procureur pour se faire admettre à la société de Gray'sInn , dans l'intention de suivre le barreau comme avocat. Nous ignorons s'il plaida souvent et avec succès : ce qui est certain, c'est qu'il ne cessa point de cultiver la littérature. En 1805, la même année où il quitta le barreau pour former avec M. Clarke une maison de banque à Liverpool , il fit paraître le second de ses grands ouvrages , la Vie et le pontificat de Léon X, fils de Laurent de Médicis , qui ne comprenait pas moins de quatre volumes et reçut un accueil tout aussi favorable que le premier. Pour composer cette nouvelle histoire , les livres rares et les manuscrits de la bibliothèque de Paris, de celles du Vatican , de StMarc à Venise, Laurentienne de Florence, du musée britannique et de beaucoup d'autres furent examinés, soit par les amis de l'auteur, soit par Roscoe luimême. On reconnaît dans cette œuvre les mêmes qualités qui avaient fait dist la Vie de Laurent de Médicis et quelquesunes des imperfections reprochées à cette dernière. Le morceau où il traite de la réformation de Luther a paru un chefd'oeuvre à un critique français , Hoffmann. « L'auteur y tient, suivant « lui, la balance tellement égale, il juge les faits et les hommes avec une telle impartialité que « l'on pourrait douter si c'est un catholique ou « un protestant qui écrit cette histoire . Elu en 1806 l'un des représentants de Liverpool au parlement, Roscoe n'occupa ce poste que pendant un temps fort court et se montra en toute circonstance le zélé partisan de l'émancipation des esclaves; il vota constamment avec Fox, mais prit rarement la parole. A la dissolution qui eut lieu l'année suivante, il ne se remit pas sur les rangs et se retira dans sa ville natale, où, tout en continuant ses opérations commerciales , il publia plusieurs pamphlets sur les sujets politiques du jour. La littérature, les arts et la botanique occupèrent aussi une partie des instants qu'il pouvait dérober aux affaires, et il contribua par son exemple à répandre parmi les habitants de Liverpool le goût des travaux intellectuels. En 1817, il fit paraître le discours qu'il avait prononcé, à l'ouverture de l'institution royale de Liverpool, sur l'origine et les vicissitudes de la littérature, des sciences et des arts; quelques années après , il donna une nouvelle édition des oeuvres de Pope, qu'il fit précéder d'une vie de cet écrivain. Le dernier ouvrage de Roscoe, que l'étude de la botanique avait constamment occupé, ouvrage qui ne bit achevé que peu de temps avant sa mort, est une monographie estimée de la curieuse famille des scitaminées , écrit d'autant plus remarquable qu'on le doit à un littérateur à la fois poète et historien distingué. Pendant que l'esprit de Roscoe était presque absorbé par ses études politiques et littéraires, une série de circonstances fatales imprévues obligea . Après ce sacrifice , le plus douloureux peut-être pour un véritable homme de lettres ; après cette séparation forcée de ces véritables amis , qui , pour nous servir des expressions de Washington Irving, ne trompent jamais l'espérance et sont toujours fidèles au malheur, Roscoe fit ses adieux à ses livres, aux bienaimés compagnons de sa vie , dans quelques stances pleines de sentiment et de résignation. Environné de l'estime et de l'amitié des personnages les plus remarquables de sa ville natale, où il était considéré comme le chef de tous les cercles littéraires et scientifiques , qu'il avait contribué à établir et qu'il ne cessa de fréquenter, Roscoe consacra ses derniers moments à la belle monographie des scitaminées, qu'il eut la satisfaction de terminer avant sa mort, arrivée le 30 juin 183i ; il était alors âgé de 80 ans. Une Vie de Roscoe a été publiée à Londres, en 1833, par son fils, en 2 volumes et Washington Irving, qui avait ' visité Liverpool peu de temps après le désastre des affaires de Roscoe, lui a consacré, dans son Sketch Book, un chapitre où il fait un grand éloge de ses talents et de ses qualités privées. Roscoe a publié : Réfutation, fondée sur l'Ecriture, du pamphlet publié par le révérend Raymond Harris pour prouver que la traite des nègres est une chose licite, 1788 e les Malheurs injustes Injustes de l'Afrique, poème en deux parties, 1788 ; 3° Vie de Laurent de Médicis , surnommé le Magnifique , 1795, 2 vol. belle édition avec vignettes et le portrait de Laurent ; l'ouvrage a été souvent réimprimé, en 1796, 1800, 189.7, 1845, etc. ; traduit en français par Thurot, Paris, an 8 , 2 vol. ; 2° édit., 1800, 2 vol. ; en italien par le cavalier âlecherini , Pise, 1791 , et 1816 , 4 vol. avec des augmentations. Il existe aussi une traduction allemande. 4° la Nourrice, poëme imité de l'italien de Louis Tansillo, 1798 ; 1800 ; 5° Vie et pontificat de Léon X, 1805, 4 vol. 2° édit., 180G, 6 vol. trad. en fran- i Les livres furent vendus mille cent cinquante livres sterling , et les tableaux , sept cent trentehuit livres sterling I18,450 francs) ; un portrait de Léon l- fut payé cinq cents livres sterling 112,600 francs) par M. Coke. Le Manuel du libraire fait observer qu'on a retranché dans une partie des exemplaires de la traduction de Thurot des pages exprimant des opinions républicaines , qu'on pouvait émettre en l'an 7, mais qui n'avaient plus cours en l'an 8. çais par P.F. Henry, Paris , 1808, 4 vol. 8°; 2e édit., Paris, 1816, 4 vol. et en allemand, avec ses autres oeuvres historiques, Heidelberg , 189.8 , 8 vol. Le comte Bossi en a publié une traduction italienne, Milan, 1818, 2 vol. dans laquelle il relève et rectifie plusieurs erreurs de l'original . 6° Remarques sur les propositions faites à la Grande- Bretagne pour une négociation avec la France, 1808 ; 7° Considérations sur les causes de la présente guerre, 1808 L'auteur s'y montre partisan de la paix. 8° Observations sur l'adresse à Sa Majesté, proposée par le comte Grey, 1810 9° Traités relatifs à la guerre entre la Grande- Bretagne et la France, 1811 10° Lettres à Henri Brougham sur une reforme dans la représentation du peuple dans le parlement, 181 f ; 11° Réponse à une lettre de M. S. Merritt sur la réforme parlementaire, 1812 ; 12° Discours sur l'origine et les vicissitudes de la littérature, des sciences et des arts , prononcé à l'ouverture de l'institution royale de Liverpool, 1817 ; 13° Observations sur la jurisprudence pénale et la réformation des lois criminelles, 1819 ; 14° Discours prononcé en présence des propriétaires du jardin botanique de Liverpool, avant l'ouverture de ce jardin , 3 mai 1802 ; 15° Des plantes de la classe appelée vulgairement scitaminer, 1810 ; 16° Arrangement artificiel et naturel des plantes , et particulièrement d'après le système de Linné et de Jussieu; 17° Sur la description des plantes de l'Inde, du docteur Roxburgh Ces trois derniers opuscules ont été insérés dans les Mémoires de la société l en 1806, 1810 et 1814. Roscoe a aussi écrit un petit poëme placé en tète de la Vie et des ouvrages de Robert Burns, par le docteur Currie, et une excellente préface èn tète du catalogue des gravures de Rembrandt
  • William SALISBURY : frère du précédent, a publié un seul catalogue des plantes du jardin qu'il dirigeait aux environs de Londres et la collection des graminées de la GrandeBretagne. Ces deux ouvrages ont paru sous les titres suivants 10 Hortus Paddingtonensis, ou Catalogue des plantes cultivées dans le : jardin de la terre de Paddington, appartenant à J. Symmons, Londres, 1797 20 Hortus siccus gramineus , a Collection of dried specimen of british Grasses with botanical illustra- tions, Londres, 1812
  • William SALWYN( 1774 - 1855) : jurisconsulte anglais, naquit en 1771 prineipi, legum anglie studioso. Ce jurisconsulte éminent passa à Richmond ses dernières années, qu'il consacra particulièrement à relire les chefsd'ceuvre de la littérature de son pays. Il mourut le 25 juillet 1855
  • William SAUNDERS( 1743 - 1817) : célèbre médecin anglais, naquit en 1743. Il étudia de bonne heure toutes les parties de la science médicale et fit plus particulièrement des recherches sur les maladies du foie, pour lesquelles il prescrivit des préparations mercurielles, dont plus tard cependant on a reconnu le danger. Le docteur Saunders fit plusieurs voyages dans l'Inde et contribua beaucoup à introduire la vaccine dans l'île de StDomingue. Revenu à Londres, il y pratiqua avec un grand succès, devint doyen des médecins de l'hôpital de Guy, et publia différents écrits fort estimés. S'étant retiré à Enfield , il y mourut le 4 juin 1817. Ses ouvrages imprimés sont : 1° Traité sur le mercure employé dans les maladies vénériennes, 1767 ; '2° Re'ponse à Geach et Alcock sur la colique du Devonshire, 1768 ; 3. Observa- tions sur l'antimoine , 1773 ; 4° Traité sur l'aride méphitique, 1779 ; 5° Traité sur le kina, 178'2 ; 6° Dissertation sur la structure, les fonctions et les maladies du , foie, 1793 ; 4e édition, 1809. C'est le plus importants des ouvrages qu'a publiés Saunders. Le docteur Thomas en a donné une traduction française avec des notes , Paris , 1805 , 7° ° ratio Harvei institut° habita in theatro collegii reyalis medico- rum Londinensis, 1796 ; 1797 ; 8. De l'histoire chimique et des propriétés médicales de quelques- unes des eaux minérales les plus renom- mées, etc., 1800 ; 2e édition, 1806 ; 90 Sur l'hépatite de l'Inde, 1809 ; 10° un Cours de chimie fort estimé, et différents mémoires insérés dans plusieurs recueils et journaux scientifiques. En 1817, le docteur Saumarez , qui avait été l'ami et quelquefois le collaborateur de Saunders, publia une nouvelle édition de son ouvrage sur le foie, suivie des recherches Sur l'hépatite de l'Inde
  • William SAVAGE( 1771 - 1844) : célèbre typographe anglais, frère du précédent, naquit à Howden en 1771.11 était le plus jeune fils de James Savage. En 1790, le jeune William se fit imprimeur et libraire comme son frère James et avec lui. Deux ans plus tard, il se rendit à Londres, où il devint secrétaire dans Royal Institution, et en 1803 , tout en gardant ses fonctions, il imprima pour son propre compte. On vit d'abord sortir de ses presses l'ouvrage intitulé The British Gallery of engraving , d'Edouard Forster. C'est une des plus belles productions typographiques connues. Il publia ensuite un écrit sur un sujet qu'il avait longtemps étudié , la préparation de l'encre d'imprimerie , 1832. Son oeuvre capitale, et à laquelle il travailla dix ans, fut le Dictionnaire de l'art typographique , 1841. On y trouve l'alphabet de toutes les langues, une intéressante étude sur l'orthographe de la Bible et d'autres curieux et remarquables articles sur la typographie en général. William Savage fut aussi un habile dessinateur. 11 mourut le 25 janvier 1844
  • William SCORESBY( 1760 - 1829) : navigateur anglais , né le 3 mai 1760, était fils d'un fermier établi près de Crompton. Après avoir reçu les premiers éléments de l'instruction dans une école de village, il fut, dès l'âge de di« ans, employé aux travaux agricoles; il s'en dégoûta et prit le parti de se f Il Dans une série d'articles trèsremarquables du Journal des Débats. C'est à cela que Daru parait répondre quand il dit: Je ne a m'oppose à rien de ce qui ne s'écartera pas de nos habitudes , car l'intérêt de nos jouissances veut qu'on les respecte. En l'aig‘ saut des vers conformes à nos règles , j'admets qu'on peut avoir ‘‘ plus d'égards pour la prosodie. Quant à l'accent, il vient de ‘? luimême prendre sa ploc,' naturelle dans le discours. Mais il a me semble que notre oreille n'est p.ts encore assez façonnée a a la juste appreciation de nos quantités prosodiques pour en faire ‘4 l'élément unique de notre versification. i> faire marin. Après avoir fait quelques études théoriques, il commença à naviguer au mois (l'avril 1780, et il ne tarda pas à faire preuve d'habileté et de vigueur. Ce fut à son sangfroid qu'on dut le salut du navire sur lequel il était embarqué et que menaçait une tempète. Il passa sur un transport de l'État, fut capturé par une frégate espagnole, parvint à s'évader et regagna l'Angleterre. 11 revint un instant chez son père, il se maria, mais il ne tarda pas à se livrer aux opérations qui devaient le faire connaître. Il s'embarqua sur un navire armé pour la pèche de la baleine dans les mers polaires, et devint bientôt le second capitalise chargé de tous les détails de l'expédition. En 1791, il eut un navire sous ses ordres. Son premier voyage fut malheureux 7 il ne prit rien ; mais le second voyage le dédommagea, car il captura dixhuit baleines , chiffre dont il n'y avait pas d'exemple. Il fut encore plus heureux dans sa cinquième campagne, où ses prises allèrent à vingtcinq baleines. Les années suivantes ne furent guère moins brillantes, et Scoresby fut placé à la tète des baleiniers ; la rapidité avec laquelle il accomplissait ses opérations, l'importance des chargements qu'il rapportait étaient un motif de surprise pour ses rivaux ; il les devait à son expérience consommée, à sa hardiesse qui n'excluait pas la prudence. Il fit trente campagnes comme capitaine, et il échappa aux dangers de tout genre qui entourent la navigation dans la mer Glaciale. Le nombre des baleines qui furent capturées sous sa direction s'élève à cinq cent trentetrois ; il faut joindre à ce butin une soixantaine d'ours, plusieurs milliers de phoques et nombre de narwals. Le produit brut de ces expéditions alla à près de deux cent mille livres sterling, et les bénéfices furent de quatrevingtdix mille livres sterling. Possesseur d'une fortune considérable, Scoresby cessa de naviguer en 1823. Sa santé, qui avait résisté aux plus rudes fatigues et aux rigueurs d'un climat redoutable, s'altéra dans le repos ; il mourut en 1829
  • William SCORESBY( 1790 - 1857) : fils du précédent, navigateur, physicien et ecclésiastique, né en 1790, eut une carrière active et d'un caractère peu commun. A l'âge de dix ans, il suivit son père dans un voyage aux mers du Nord, et, passionné pour cette vie de fatigues et d'aventures, il fit huit campagnes consécutives. Il consacrait à l'étude les hivers, pendant lesquels une navigation de ce genre est forcément suspendue ; il suivait à Edimbourg les cours des professeurs les plus renommés, et il acquit ainsi des connaissances fort variées. En 1806, le navire la Résolution, sur lequel il était avec son père, s'éleva jusqu'à 81. 12' et même par estimation à 81° 30', la plus grande hauteur qu'on eût atteinte jusqu'alors, et qui n'a été dépassée que par le capitaine Parry, lequel, dans son quatrième voyage, en 1827, a atteint 82° 45', mais ce fut en voya- geant sur la glace, et le navire de Parry s'était arrêté à 79° 55' ; de sorte que les Scoresby conservent l'honneur d'être les marins qui, sur un navire, se sont le plus rapprochés du pôle. Scoresby fils avait d'ailleurs conçu avant Parry l'idée d'une expédition en traîneaux sur la glace; il avait soumis à cet égard à l'amirauté des propositions qui furent écartées, et il ne doutait pas qu'avec une organisation convenable on pût atteindre le pôle. En 1817, le gouvernement anglais commença à se préoccuper de la découverte du passage nordouest, c'est-àdire de trouver la communication qui peut exister entre les mers de l'Europe et celles qui baignent les côtes septentrionales de l'Amérique. Cette route ne saurait avoir aucune importance commerciale, mais il y avait là un problème que l'orgueil britannique se faisait un point d'honneur de résoudre. Sir Joseph Banks, qui connaissait tout ce que le jeune Scoresby avait d'énergie et de capacité nautique, désirait qu'il fût chargé de cette mission périlleuse , lisais l'amirauté porta son choix sur des officiers qui lui étaient plus familiers ; les capitaines Ross et Buchan furent placés à la tète de l'expédition. — Après dixsept campagnes de pèche, Scoresby publia, en 1820, un ouvrage qui produisit une légitime sensation : Tableau des régions arctiques , arec l'histoire et la description de la pêche de la haleine dans les mers du Nord, 2 vol. . C'était le premier ouvrage qui donnait une connaissance exacte de l'histoire naturelle et physique des régions arctiques. Deux ans après, il lit un voyage dans lequel il combina la pèche ; — Du magnélisnte zoïstique , 1853. Nous laissons de côté diverses brochures sur des sujets différents. Lorsque la mort vint frapper Scoresby, il s'occupait de préparer une suite à ses recherches sur le magnétisme appliqué à la marine, et il Voulait y exposer les résultats des recherches qui avaient occupé les dernières années de sa vie
  • William SHAKSPEARE( 1564) : l'homme de génie du thatre anglais, naquit lè 23 avril 1561, à Stratford sur Avon, dans le comté de Warwick. On sait fort peu de chose sur les premières années et sur la vie de cet homme si célèbre, et malgré les recherches minutieuses de l'érudition biographique, excitée par l'intérêt d'un si grand nom et par l'amourpropre national, les Anglais ne connaissent guère de lui que ses ouvrages. On n'a pu, méme chez eux , déterminer bien nettement s'il était catholique ou protestant, et l'on y discute encore sur la question de savoir s'il n'était pas boiteux, comme le plus fameux poète de notre siècle.11 paraît que Shakspeare se trouva le fils aîné d'une famille de dix enfants. Son père, occupé d'un commerce de laine, avait successivement rempli dans Stratford la fonction de grand bailli et celle d'alderman, jusqu'au moment où des pertes de fortune et peut-être le reproche de catholicité l'éloignèrent de tout emploi public. D'après quelques autres traditions, il joignait à son commerce de laine l'état de bouclier , et le jeune Shakspeare, brusque- ? On a beaucoup agité dans ces derniers temps la question de savoir comment s'écrivait réentment le nom du premier ecrivain dramatique anglais, et la controverse dure encore. 1.44.9 uns, et ce sont les plus nombreux, récrivent Shakepeare ou Shakespeare; d'autres l'écrivent Shakepere et cette dernière orthographe, nous devons le reconnaitre, semble, depuis quelques année! , avoir rallié bon nombre des cos: mentateurs ou éditeurs anglais. Les premiers, ceux qui écrivent . Shokipeare, ont pour eux un usage constant presque ininterrompu, de p!usieurs siècles, adopté par des critiques anglais. français ou autres de premier ordre. Ceux qui, au cent raire, écrivent Shaictpere, et même Shake per , ont peur eux certains témoignages, dont la valeur n'est pas mince, et qu'on ne • aurait On a lait atie,i du père de Shakspeare un ganter, d'après la réclamation suivante citée par Malone Thomas Siche de sentie in con,. Wigan. quesit versus John Shak!,,: ere de Siedjord I sic. on voit que l'orthographe était 11811.n arbitraire in corn. Parevic. glover , in pI'zc. Quod reddal ei oct. Libros. t pièce de procédure de ta cour des baillifs). Cela prouverait au surplus que le père de Shakspeare éprouvait au moins à ce moment quelque gêne, puisqu'on le poursuivait. Quant A sa mère, Mary Arden, elle descendait d'un valet de etianibre de Henry VII, neveu luimême d'un écuyer de la personne du roi. R—LD. ment rappelé des écoles publiques où ses parents ne pouvaient plus le soutenir, fut employé de bonne heure aux travaux les plus durs de cette profession. S'il faut en croire un auteur presque contemporain, lorsque Shakspeare était chargé de tuer un veau , il faisait cette exécution avec une sorte de pompe, et ne manquait pas de prononcer un discours devant les voisins assemblés. La curiosité littéraire pourra, si elle veut, chercher quelque rapport entre ces harangues du jeune apprenti et la vocation tragique du poète : mais on doit avouer que de semblables prémisses nous jettent bien loin des brillantes inspirations et de la poétique origine du théâtre grec; c'était aux champs de Marathon et dans les fêtes d'A-- thènes victorieuse qu'Eschyle avait entendu la voix des muses. Quoi qu'il en soit de ces premières et obscures occupations de Shakspeare, il fut marié dès sa dixhuitième année avec une femme plus âgée que lui , qui le rendit, en peu de temps , père de trois enfants , mais dont le souvenir n'occupe d'ailleurs presque aucune place dans son histoire. Cette union lui avait probablement laissé toutes les allures d'une vie assez aventureuse. C'est deux ans après son mariage, que, chassant, la nuit, avec quelques braconniers, les daims d'un gentilhomme du canton. sir Thomas Lucy, il fut arrêté par les gardes, et que s'étant vengé de cette première disgrâce par une ballade satirique , il s'enfuit à Londres pour éviter les poursuites du seigneur doublement offensé. Cette anecdote est le fait le mieux assuré de la vie de Shakspeare, car il l'a mise luimême sur la scène, et le personnage ridicule du juge Shallow voulant instrumenter, pour un délit de chasse, contre Falstaff, est un souvenir et une vengeance de cette petite persécution. Arrivé à Londres, Shakspeare futil réduit à garder, à la porte d'un théâtre , les chevaux des curieux qui le fréquentaient? ou remplitil d'abord quelque office subalterne dans ce même théâtre? Voilà ce qu'il faut nous résoudre à ignorer, malgré les efforts des commentateurs. ICe qui parait moins douteux, c'est qu'en 1592, six ou sept ans après son arrivée à Londres, il était déjà connu et même envié, comme acteur et comme auteur dramatique. Un libelle du temps renferme contre lui des allusions assez évidentes, et dont l'amertume annonce bien une jalousie méritée. Cependant il parait que Shakspeare ne se livra pas d'abord, ou du moins ne se livra pas uniquement à des compositions dramatiques. . 121 Cette ballade était même injurieuse à ne juger que par le début : A parlinmenie member, a justice of peace Al home a paon score crowe , at London an aise. . C'était peu respectueux, il faut en convenir. Ii—Le. En publiant un poëme de Vénus et Adonis , dédié à lord Southampton, Shakspeare appelle cet ouvrage le Premier né de son imagination . Ce petit poëme semble tout à fait dans le goùt italien par la recherche du style, l'affectation de l'esprit et la profusion des images. Le même caractère se fait sentir dans un recueil de sonnets qu'il fit paraître, en 1596, sous le titre : the Passionate Pilgrim. On le retrouve aussi dans le poëme de Lucrèce, autre production de Shakspeare, à la même époque. Ces divers essais peuvent être regardés comme les premières études de ce grand poète, que l'on ne pourrait, sans une étrange méprise, supposer dépourvu de toute culture et écrivant au hasard. Sans doute, Shakspeare, quoique dans un siècle fort érudit, ignorait tout à fait les langues anciennes, niais peut-être savaitil l'italien ; et d'ailleurs, de son temps, les traductions avaient déjà fait passer dans la langue anglaise presque tous les ouvrages anciens, et un grand nombre d'ouvrages modernes. La poésie anglaise n'était pas non plus, à cette époque, dans un état d'indigence et de grossièreté : elle commençait de toutes parts à se polir. Spenser, qui mourut à l'époque des commencements de Shakspeare, avait écrit un long poëme d'un style savant, ingénieux, et dans un goùt d'élégance et quelquefois affecté, mais prodigieusement supérieur à la diction grotesque de notre Ronsard, qui vivait à la même époque. Il n'était pas jusqu'au vieux Chaucer, imitateur de Boccace et de Pétrarque, qui, dans sou anglais du 14' siècle, n'offrit déjà des modèles de naïveté et une grande abondance de fictions heureuses. C'est au milieu de ces premiers trésors de littérature nationale que Shakspeare, animé d'un merveilleux génie, forma promptement ses expressions et son langage. Ce fut le premier mérite qu'on vit éclater en lui , le caractère qui frappa d'abord ses contemporains : on le voit par le surnom de Poète à la langue de miel, qui lui
  • William SHARP( 1749 - 1824) : fils d'un armurier, naquit4 en 1749. Son père ne lui avait fait apprendre à graver que les ornements d'armurier; mais se sentant du goût pour les arts, il débuta par graver le vieux lion de la tour de Londres, planche qui eut assez de succès; ensuite il se chargea des gravures de la collection de romans connue sous le nom de Novelist's magazine, d'après les dessins de Stothard. Il fournit aussi, pour la Bible folio de Luthwell , une planche qui représente Moïse frappant le rocher de sa baguette. Il avait à Londres une boutique de gravures, et s'était marié de bonne heure. Veuf au bout de quelques années, il se livra tout entier à son art, et fournit une suite de travaux qui l'ont mis au premier rang. Il grava, d'après le Guide, les Docteurs de l'Eglise disputant sur l'Immaculée Conception; et, d'après West, il acheva la gravure de Woolet, offrant le Débarquement de Charles II. Il grava, pour le dernier voyage du capitaine Cook , deux danses de sauvages et quelques portraits d'insulaires. Vers le même temps, il exécuta, d'après un jeune artiste nommé Benwell, une planche , représentant deux enfants égarés et Dans les petites villes d'Angleterre, les pharmaciens étalent jadis les seuls médecins existants, endormis dans une forêt. Jusqu'alors Sharp avait presque toujours travaillé pour les marchands d'estampes, n'ayant pas d'autres ressources ; mais après avoir hérité d'un peu de bien d'un frère mort à Gibraltar, il commença de travailler pour son propre compte, et grava plusieurs tableaux de Salvatnr Rosa , du Dominiquin et d'autres grands maîtres de la collection appartenant à M. Udney. Vers ce temps il commença aussi à manifester des opinions religieuses et politiques fort tranchantes. Il fut d'abord partisan déclaré du magnétisme animal, et bientôt il s'enfonça dans les rêveries mystiques de la secte de vedenborg, montrant la foi la plus robuste dans es miracles et ses visions. Il avait établi impri- eur en taille douce Bryan , qui, plus tard, de- vint fameux sous le nom de l'Enthousiaste. Sharp . rl,„ e trouva un jour à terre, entre deux presses de son atelier, livré à une vision où il recevait, disaitil, une mission divine pour Avignon; il parie tit le jour même ; mais on ne sait ce qui lui arriva sur le Rhône. Ce qu'il y a de sûr, c'est qu'à son retour il montra un peu moins d'enthousiasme mystique. Un autre visionnaire , Richard Brothers, excita aussi l'admiration de Sharp. Celuilà voulait rassembler les juifs et les réintégrer dans la possession de Jérusalem. Sharp devait être de l'expédition ; il était si Ar du succès , qu'il grava deux fois le portrait du prophète Brothers, dans la crainte de ne pouvoir suffire .aux commandes, et il répondait sérieusement à ses amis qui lui objectaient les difficultés d'une pareille expédition : ‘i Vous verrez qu'il y aura lu « un tremblement de terre et un transport mira- « culeux. s Audessous du portrait de Brothers, eil grava ces mots : « Ayant la ferme croyance « que celuici est l'homme désigné par Dieu , je n grave son portrait. W. Sharp. » Quelques personnes considérèrent cette assertion comme un blasphème; mais ses amis prétendaient qu'il • n'avait commis qu'une erreur de virgule , en la plaçant après les mots par Dieu , au lieu de la mettre devant. Cependant Brothers, au heu de ramener les juifs à Jérusalem, fut conduit dans une maison de fous à lslington. Plus tard , Jeanne Southcote fit des miracles pour la foi de Sharp, qui fut un de ses adhérents les plus fervents et qui grava son portrait ; ce fut lui qui vint la chercher à Exeter pour la mener à Londres; et quand cette femme fut morte, le graveur soutint, avec opiniâtreté, qu'elle ressusciterait. On assure qu'il a conservé cette persuasion toute sa vie, et qu'il est mort avec la certitude que Jeanne Southcote reviendrait remplir sa mission divine. Il fut moins constant dans ses opinions politiques : ayant été lié d'abord avec Thomas Payne, dont il grava le portrait, avec Horne Tooke, le major Carthwright et d'autres partisans de la réforme radicale; et s'étant fait membre de l'information constitutionnelle, il montra une opposition si vive, qu'il inspira des craintes aux ministres et fut ar- l'été comme soupçonné de conspiration. On rap.. porte qu'ayant été conduit devant le conseil privé pour subir un interrogatoire, il tira de sa poche le prospectus d'une gravure, et pria les ministres de souscrire. Ce trait acheva de les rassurer sur le graveur , et ils le firent relâcher. Il conserva une grande aversion pour Pitt, qui l'avait traité avec beaucoup de hauteur, et prétendit que les traits (le ce ministre ne présentaient pas une seule ligne régulière, et que c'elait un assemblage de tout ce qu'il y avait de plus repoussant. Sharp était persuadé que chaque homme ressemble, par le caractère et la ligure, à quelque animal. 11 quitta plus tard le parti démocratique, qui probablement n'avait jamais beaucoup compté sur lui, sollicita une audience de lord Sidmouth, et dédia au roi une gravure représentant l'entrevue de Charles 1" et de ses enfants en présence de Cromwell. Ses plus belles gravures, outre les Docteurs de l'Eglise et les Enfants dans la forêt , sont Diogène, le roi ! d'ar au milieu de la tempète, d'après West, planche dont les bonnes épreuves se sont vendues jusqu'à dix guinées; la Ste- Cérile du Dominiquin , et la Pythonisse d'Endor, , d'après le même. Personne ne rendait mieux les beautés des tableaux de Reynolds. Le portrait du célèbre anatomiste John Hunter, d'a-. près ce maître , passe pour un chef (l'oeuvre. Sharp avait gravé, d'après le noème, pour le recueil d'une galerie de tableaux , une Sainte Famille, et il en avait été tiré une centaine d'épreuves, lorsque Macklin eut la malheureuse idée d'employer le graveur Bartolozzi à pointiller cette gravure dans le goût du temps. On a toujours reproché avec raison à Bartolozzi d'avoir concouru à gAter l'ouvrage d'un confrère. Quoiqu'il fût peut-être le premier graveur anglais au 19. siècle, Sharp n'était point de l'académie royale des arts il était de celles de Vienne et de Bavière; étant attaqué de la goutte, il se retira à Chiswick, où il mourut d'hydropisie, lett; juillet 1824
  • William SHENSTONE( 1714) : poète anglais , né, en 1711, à HalesOwen, en Shropshire, apprit à lire d'une vieille dame, qu'il a immortalisée dans un de ses poèmes, la Maitresse d'école, et manifesta, dès sa plus tendre enfance, le goût le plus vif pour la lecture. Il demandait sans cesse de nouveaux livres , et l'on raconte que lorsque quelqu'un de sa famille revenait de la ville sans lui en rapporter, sa mère ne pouvait apaiser le chagrin de cet enfant qu'en lui montrant, enveloppé dans du papier, un morceau de bois de la forme d'un volume. Après avoir fréquenté successivement diverses écoles, il entra au collége Pembroke d'Oxford, où régnait particulièrement le goût de la belle littérature et de la poésie. Il y fit partie de cette société de jeunes gens studieux qui se réunissaient chaque soir dans la chambre de l'un d'entre eux, pour se nourrir de solides lectures. C'est aussi là qu'il connut Richard Graves qui devint son intime ami, et qui , après sa mort, défendit avec zèle sa mémoire. La vie de collége lui plaisait tellement qu'il y demeura dix ans , quoiqu'il n'y prît aucun grade. Ayant perdu ses proches parents, il avait eu l'avantage de rencontrer, dans un de ses alliés nommé Dolman, un sage administrateur de ses biens, ce qui lui permit de se livrer sans inquiétude à son penchant pour la poésie et pour les plaisirs tranquilles. Il lit imprimer, en 1737, à Oxford, un volume anonyme de ses poèmes, destiné seulement à ses amis. En 1740, pendant un séjour à Londres , il se mit en rapport avec le libraire Dodsley et lui confia l'édition de son poème The jugement of Hercules . Ce poème était dédié à lord Lyttleton, en faveur duquel l'auteur surmonta assez son indolence naturelle pour aller appuyer son élection de député aux communes. L'année suivante parut la Maîtresse d'école, opuscule plein de raison et de sensibilité. Shenstone perdit, en 1745, l'allié généreux auquel il devait le bonheur de pouvoir cultiver les lettres sans que ses intérêts en souffrissent, et, après avoir vécu quelque temps au milieu de ses fermiers, il leur retira témérairement son bien, se flattant de le faire valoir luimême avec plus d'avantage. Malheureusement , l'exemple de quelques riches amateurs de jardinage lui donna le goût des embellissements champêtres, il s'y abandonna avec trop peu de discrétion, dans son domaine de Leasowes, qui devint, à force de dépenses, un séjour, pour ainsi dire , enchanté. Les allées romantiques , les pièces d'eau , les temples de verdure, les ruines d'un prieuré, les montagnes et les vallées pittoresques, remplacèrent les utiles distributions de la ferme. Une description fort étendue que Dodsley imprima de ce lieu de délices, valut à l'imprudent possesseur la visite de ces prétendus amants de la nature, qui abondent surtout dans les cités, visite onéreuse, et qui contribua beaucoup à ses embarras pécuniaires. Combattu entre le goût de l'ostentation et la difficulté de le satisfaire, Shenstone fut loin d'être heureux dans une résidence qui offrait aux regards des étrangers le spectacle d'une espèce d'Eden. Sa situation devint chaque jour plus pénible. Il parait que des sollicitation. avaient été faites auprès de lord Bute, pour lui procurer une pension sur la cassette du roi , et l'on attendait le résultat de cette démarche, lorsque celui qui en était l'objet succomba, le 11 février 1763, à une fièvre putride. Il n'était pas marié, mais il avait éprouvé pour deux femmes une affection qui s'était exhalée tout entière dans d'harmonieuses élégies, notamment dans sa Ballade pastorale, une de ses productions les plus estimées. Shenstone était d'un naturel aimant et expansif, mais il ne pardonnait pas facilement quand il croyait avoir été offensé. On l'a fréquemment entendu dire : « Je « ne serai jamais un ennemi vindicatif, mais il « n'est pas en mon pouvoir d'aimer à demi. » Son extérieur était peu agréable , et sa mise extrêmement négligée. Sa poésie se distingue par la douceur et l'harmonie, l'élégance et la pureté; mais souvent la tendresse y dégénère en langueur. On a de lui des odes, des chansons, des poèmes burlesques , et il a particulièrement excellé dans la poésie élégiaque et pastorale. Ses écrits en prose, tels que ses Essais sur les hommes et les moeurs, et ses Lettres à ses amis, offrent des réflexions justes, naturelles , quelquefois neuves et piquantes, au milieu de plusieurs idées fausses et paradoxales. Ses oeuvres furent réunies en trois volumes et publiées par Dodsley, en 176 l. Une troisième édition, que nous avons sous les yeux, parut en 1768, avec son portrait et d'autres gravures. D'autres éditions ont vu le jour en 1798, 1814, etc. William Seward a publié, en 1788, des Souvenirs de la rie de Shenstone, en 1 volume qu'accompagne le portrait du poète. Shenstone eut des amis parmi les hommes les plus distingués de son temps. A mesure que la mort les lui enlevait, il leur érigeait un monument, dans son élysée de Leasowes. Luimême reçut, en divers pays, le même honneur, nommément à Ermenonville, où un monument fut consacré à sa mémoire, par le marquis de Girardin. La Vie de ce poète a été écrite par Johnson, qui parait avoir jugé son talent avec trop de rigueur, et c'est pour réfuter ce jugement, ainsi que celui de Gray et de Mason , que Graves a publié ses Souvenirs
  • William SHIELD( 1749 - 1829) : compositeur anglais, né en 1719 à Swalwell, dans le comté de Durham, reçut de son père, qui était maitre de chant, les premiers éléments de son art, et fit des progrès si rapides que dès l'âge de huit ans, il jouait sur le violon les morceaux les plus difficiles de Corelli ; malheureusement, dès son jeune âge, l'auteur de ses jours lui fut enlevé, et cette circonstance sembla le rejeter désormais dans l'exercice d'une profession mécanique. Il fut alors mis en apprentissage chez un constructeur de bateaux, à Northshields, et il eût peut-être été à jamais perdu pour la musique, si le célèbre Avison , qui demeurait dans le voisinage, n'eût bien voulu l'aider à continuer ses études artistiques dans ses moments de loisir. William sut profiter de cet avantage, et son apprentissage ne fut pas plutôt terminé, qu'il se voua pour toujours à l'art vers lequel son penchant l'entraînait. Il ne tarda pas à devenir le chef de l'orchestre d'un théâtre de Durham, et étant allé à Londres, il fut employé par le directeur Cramer dans l'orchestre de l'Opéra. Un séjour fait en Italie, en 1792, étendit ses connaissances et acheva d'épurer son goût. Rentré dans sa patrie, ii y acquit une réputation méritée par quelques ouvrages techniques, ainsi que par ses opéras, et fut attaché à la cour en qualité de musicien ordinaire du roi. Shield a su adapter le goût italien à la langue anglaise, sans contrarier le caractère de cette langue. Son style est simple , facile, correct; ses airs rendent toujours bien les paroles et sont agréables et variés. On cite parmi ses productions : 1° introduction à l'harmonie, 1800, ; Rudiments de la basse continue pour les jeunes harmonistes, 1815 ; 3° Plusieurs opéras, entre autres Bo. sina, le Fermier, Fontainebleau, l'ilrnour dans rni camp, le Pauvre soldat, la Caverne magique, etc. William Shield mourut, âgé de 80 ans, le 28 janvier 1829
  • William SMITH( 1769) : géologue anglais, naquit le 23 mars 1769 à Churchhill , près d'Oxford. Employé comme ingénieur dans la construction de divers canaux , il eut l'occasion d'étudier les couches des terrains , la nature des sols, Il conçut dès 1794 l'idée d'exécuter une carte géologique de l'Angleterre et du pays de Galles, et après de longs et pénibles voyages, il mit au jour, en 1801, une carte réduite ; mais ce ne fut qu'en 1805 qu'il parvint à publier la grande carte qui était le fruit d'un travail immense poursuivi sans relâche au milieu de mille difficultés et accompli par suite d'un dévouement sans bornes à la science. Smith aurait pu tirer un parti lucratif de ses talents comme ingénieur; il sacrifia tout à la réalisation du but qu'il s'était proposé. De 1819 à 1824, il publia vingtquatre cartes géologiques des divers comtés de l'Angleterre . Il fut secondé dans ce labeur par son neveu et élève , M. John Phillips, depuis professeur de géologie à Oxford. Il mit au jour également les deux premiers volumes d'un ouvrage , resté inachevé , sur les Restes organiques. En 1824, il donna pour la première fois des leçons de géologie devant la société philosophique d'York , qui venait de se fonder ; depuis il fit aussi des cours de géologie à Scarborough , à Hull et à Sheffield. En 1828, un riche propriétaire du Yorkshire, sir John Johnstone voulut appliquer à l'agriculture quelquesuns des principes que les géologues et les botanistes avaient découverts dans leurs cabinets. Il eut recours à Smith , qui , unissant la pratique et la théorie, dirigea pendant six ans l'exploitation des domaines du baronnet. En 1831, la société royale de Londres lui décerna la première médaille d'or, et plaça à sa disposition le legs fait par Wollaston comme récompense des services distingués qu'il avait rendus à la géologie. En I838, il fut nommé membre d'une commission où figuraient l'architecte Bary et le célèbre géologue J. de la Bèche, et qui était chargée de choisir la pierre destinée à la construction du palais du parlement, à Westminster. La connaissance intime qu'avait Smith des diverses carrières de la GrandeBretagne fut d'une grande utilité en cette circonstance, et la dolomite d'Anston, dans le Yorkshire, fut désignée pour fournir les matériaux d'un édifice qu'on voulait rendre digne de recevoir les représentants du peuple anglais. Smith mourut peu de temps après, le 98 août 1839, à Northampton. Il jouissait depuis quelques années d'une modique pension de cent livres sterling. Il laissa de nombreux mémoires relatifs à la géologie et à ses applications pratiques. La vie de ce savant a été publiée en 1844 par M. Phillips, que nous avons déjà nommé
  • William SMYTH( 1766 - 1849) : historien anglais, naquit à Liverpool en 1766. Il fit ses études à l'université de Cambridge, au sortir de laquelle, en 1793, lors de la guerre avec la France, il se fit précepteur et se chargea de l'éducation du fils du célèbre Shéridan , ce qui lui fournit plus tard, en 1840, un sujet d'ouvrage qu'il intitula simplement Memoir. Ayant accompagné son élève à Cambridge, il se fixa luimême ensuite dans cette ville. En 1806, Walter Scott, dans ses Vies des romanciers , porte un j ugernent beaucoup plus favorable au caractère et au talent de Smollett que celui que nous venons d'exprimer. Sinn Histoire d'Angleterre, malgré les imperfections qu'on peut y relever, et que Scott n'attribue qu'à la précipitation du travail et à la difficulté d'écrire des annales contempora nes , lui paraît être un des meilleurs livres de ce genre , et tel qu'il ne sera pas de longtemps surpassé. Dans un parallèle qu'il y établit ensuite entre Fielding et Smollett, il n'hésite pas à placer ces deux romanciers sur la même ligne; le second compensant, à son avis, par les dons du génie et de l'invention, ce qui loi manquait du côté de la délicatesse de sentiment et du goût. Cette opinion littéraire, qui respire évidemment une grande indulgence, naturelle peut-être à un esprit supérieur, diffère trop de l'opinion qui prévaut généralement pour que nous nous croyions obligé de l'adopter. il publia un recueil de poésies sous le titre de English lyrics, dont la cinquième édition parut en 1850. En 1809, il fut nointrié piofessélir d'histoire moderne. Il lit alors une suite de lectures publiques sur les grandes époques historiques, et d'abord sur la période comprise depuis l'invasion des Normands en Angleterre jusqu'à la révolution de 1688 ; puis sur la période qui s'arrête à la guerre d'Amérique. Une troisième période dans ses lectures s'étendait depuis la révolution française jusqu'à Louis XVI, et une quatrième jusqu'à la chute de Robespierre. Il fit ensuite des lectures supplémentaires. Elles ont été toutes réunies dans le Bohn's historical library, 1854-1855. En 1840, Smyth fit paraître, à la prière d'une dame, une étude sur les femmes sous le titre assez bizarre de Lecture occasionnelle . Enfin, il donna au public, en 1845, un ouvrage plus grave intitulé les Evidences du christianisme. Sinytli mourut à Norwich le 24 juin 1849
  • William SOTHEBY( 1757 - 1833) : poête anglais, né à Londres, le 9 novembre 1757, appartenait à une famille distinguée; son père était colonel d'un des régiments de la garde; il le perdit à l'Age de sept ans, et il eut pour tuteur un savant alors fameux, H. Sloane, et un jurisconsulte, Ch. Yorke, qui devint plus tard chancelier. Envoyé à l'école de Harrow, il y resta jusqu'à l'âge de dixsept ans, mais au lieu d'aller achever ses études dans une des universités, il entra dans l'armée, et il acheta un brevet d'officier dans un régiment de dragons. tout en solliritant aussitôt un congé pour aller à l'école utilitaire d'Angers se perfectionner dans la théorie de la guerre; l'Angleterre était alors dépourvue d'institutions de ce genre. l fit ensuite un court séjour à Berlin et à Vienne, et, en 1777, il rejoignit son régiment qui était disséminé dans le Yorkshire. La vie de garnison ne lui offrit que des ennuis qu'il chercha à tromper en s'appliquant à la lecture de Shakspeare et des meilleurs poètes anglais. En 1780, il se maria, quitta l'armée et acheta un domaine auprès de Southampton; il y passa dix ans, tout occupé de ses études favorites et s'essayant à composer. Accompagné de son frère, l'amiral Sotheby, il parcourut à pied, en 1788, une grande partie du pays de Galles, et il publia ensuite une relation poétique de cette excursion. En 1791, il se transporta à Londres, où il résida habituellement, tout en passant une partie de la belle saison dans une habitation à l'entrée de la forêt d'Epping. dont il était ondes gouverneurs. Possesseur d'une fortune considérable , il ouvrit à Londres ses salons à tous les hommes distingués soit dans les lettres et les arts, soit dans la politique, sans se préoccuper du parti auquel ils appartenaient. Il fut bientôt admis dans les compagnies savantes la société royale, celle des antiquaires, celle des dilettanti l'inscrivirent sur la liste de leurs membres. La littérature allemande commençait à prendre faveur en Angleterre; Sothebv connaissait la langue de la Germanie; il fit paraître, en 1798, une traduction en vers d.un polie de Wieland, Oberon, récit fantastique et gracieux, emprunté aux légendes chevaleresques du moyen âge; ce travail fut bien accueilli , mais tournant ses efforts dans une autre direction , Sotheby fit paraitre, en 1800, une traduction des Géorgiques; deux ans plus tard, il mit au jour une tragédie d'Oreste imitation fidèle des compositions dramatiques des Grecs. Délaissant l'antiquité classique pour l'histoire du peuple d'Israël, il consacra plusieurs années à écrire un poème épique, Saül, qui, publié en 1807, eut peu de succès. Walter Scott venait de faire paraître la Dame du lac et ; la foule saluait ces oeuvres poétiques: Sotheby voulut marcher dans cette voie, mais Constance de Castille, peine en dix chants, livré au public en 1810, fut trèsfroidement accueillie. Il ne se découragea point, et, en 181i , il fit réimprimer son Oreste. qu'il accompagna de quatre nouvelles tragédies. En 1816. il lit un long voyage sur le continent et ne revint qu'à la tin de 1817. En 1827, il donna une édition polyglotte des Géorgiques, livre de luxe où le texte original était accompagné de sa traduction auglaise, revue et corrigée, et des traductions de Delille, de Soave, de Guzman et de Voss. Des exemplaires de ce beau volume furent offerts à divers souverains, qui adressèrent à l'auteur des médailles ou des tabatières, suivant l'usage en pareille circonstance. Sotheby était dans sa soixante et dixième année lorsqu'il entreprit de traduire Homère en vers. Cette tentative le séduisit au point qu'il ne passa pas un seul jour sans lui consacrer quelques heures, même pendant un voyage qu'en 1899 il fit en Ecosse; il termina l'Iliade en septembre 1830 et l'Odyssée en juillet 1832. Ce long travail n'est pas destiné à effacer tes efforts de Pope pour faire passer dans la langue anglaise les chants du poète grec ; Sotheby est un interprète fidèle , consciencieux , mais il manque d'éhergie; il est trop souvent inanimé ; il laisse le lecteur trèsfroid , et c'est là un tort impardonnable. Il a été plus heureux dans sa traduction des Géorgiques, qu'il ne cessa de remanier et de perfectionner. Comme écrivain original, il ne saurait prétendre à un rang fort élevé: ses pensées sont faibles, et, novées dans la diffuse prolixité d'un style d'ailleurs fort élégant, elles restent sans netteté. L'imagination lui fait défaut; il ne se soutient que gràce au mérite d'une diction pure et agréable. Indépendamment des écrits que riens avons déjà indiqués. nous pourrions signaler un poéme sur le combat livré par Nelson à la flotte française, près d'Alexandrie, en 1799; l'Italie ( 188, description en vers de ce que ce beau pays offre de plus pittoresque. et quelques autres écrits de peu d'étendue. .Sotheby mourut le 30 décembre 1833, dans sa 77' année. Il avait depuis longtemps perdu ses trois fils; l'aîné, colonel dans la garde, succomba en 1815 aux fatigues essuyées dans de rudes campagnes; les deux autres étaient entrés au service de la compagnie des bides; l'un mourut à Londres en 1827; l'autre, agent du gouvernement à Nagpore, fut tué en 1817 en repoussant une attaque faite par des indigènes
  • William STUKELEY( 1687 - 1765) : antiquaire et médecin. anglais, naquit en 1687, à Holbech , en Lincolnshire, d'une famille ancienne. Sa mère descendait des mêmes ancêtres que la reine Anne Boleyn. Il fit ses études à l'université de Cambridge et s'attacha particulièrement aux sciences médicales. Il faisait en même temps des excursions dans la campagne pour recueillir des plantes, et il ajouta beaucoup au catalogue que Ray a donné de celles qui croissent aux environs de Cambridge. Après qu'il se fut formé à la médecine pratique, à Londres, sous le célèbre Mead, à l'hôpital StThomas, il commença d'exercer cette profession à Boston, dans sa province natale. En 1717, il transféra sa résidence à Londres, où il ne tarda pas à se faire connaître. La société royale lui ouvrit son sein. Il fut un des premiers qui relevèrent celle des antiquaires, en 1748. 11 fut également un des premiers membres de la société de Spalding. Elu , en 17'20, membre du collége des médecins, il fut chargé, deux ans après, de faire le cours fondé par Gulston et choisit pour sujet de ses leçons l'anatomie de la rate. Le précis en fut innprifné en 1713, sous ce titre : la Rate, sa description, ses usages, ses maladies, suivi de quelques observations anatomiques sur la dissection d'un éléphant, avec des planches coloriées Ces planches, suivant Haller, ont été copiées de Vésale, et elles offrent des erreurs. Stukeley avait publié précédemment quelques opuscules ~ttr des points d'antiquité. C'était là son terrain favori. La persuasion qu'il y avait dans les secrets de la francmaçonnerie quelques restes de Steele. Elle fut fondée, en 1712, par I?1aurice Johnson, intendant du manoir de Spalding, qui, en 1717, concourut A relever la société des antiquaires Une bibliothèque s'y forma, puis un cabinet d'an iquités et diverses collections. Nous nous occupons de toutes les « sciences, de tous les arts, écrivait le fondateur dans une de ses eltres; nous n excluons de nos entretiens que la politique, qui « nous jetterait dans la confusion et le désordre. » La société de Spalding s'étendit rapidement, et bientiit la liste de ses membres nrich7t des plus grands noms que puisse cit.- r la littérature anglaise. Isaac Newton. sir Hans &oane, A. Mead, Pope, G ay,etc. Johnson y donna entre autres écrits?« ris; ruilentia Abii, avec des notes et ses dessins du siéye sur lequel Job ad. inistruit la justice; une Dissertation sur les vases 77111, inS Imurrhina rasai, que l'auteur pense avoir été faits, non de porcelaine, mais d'agate. Il mourut en 1755. Ces détail, sont tirés d'un Memoire de J. Nicolas, inséré dans la Bibliotheca britannica, no 20. L. Fr des mystères d'Eleusis l'engagea à se faire initier dans cette société, et il devint, en 1723, maître l'une loge, à laquelle il présenta la description de l'amphithatre romain de Dorchester. Bientôt, généralement aimé et estimé, les distinctions vinrent le ' chercher. il fut nommé censeur du ligollége des médecins, conseiller de la société tetoyale, secrétaire de la société des antiquaires, . un des commissaires chargés d'examiner l'état des instruments à l'observatoire de Greenwich. li vint, en 17'26, s'établir à Grantharn , où les rincipales familles recoururent à ses soins ; mais, ouffrant alors de la goutte et forcé de garder la harnbre pendant l'hiver, il faisait, au printemps, our s'en dédommager, de longues promenades Il u plutôt des voyages, qu'il utilisait en obser- vant les monuments antiques placés sur sa route. Il se flattait de pouvoir reconnaître toutes les traces de l'expédition de César dans l'île Britannique, ses camps, ses stations, etc. Le résultat de ses coures studieuses fut déposé dans plusieurs ouvrages intéressants ; mais, emporté par son imagination , il s'y est livré à des conjectures que rien ne justifie. Ses douleurs augmentant et la profession de médecin commençant à lui peser, il prit la résolution, encouragé par l'archevêque Wake , de la quitter et d'entrer dans les saints ordres. La cure d'AilSaints, à Stamford , lui fut donnée en 1730. Ce fut alors qu'il voulut éprouver les effets de l'huile arthritique, inventée par le docteur Rogers. Il eut d'abord un grand soulagement ; peu à peu ses douleurs cessèrent ; à l'aide d'un régime convenable et par l'abstinence des boissons fermentées, il recouvra sa santé première. La reconnaissance et l'humanité lui dictèrent, en 1733, une lettre à sir Hans Sloane et, l'année suivante, un Traité sur la cause et la guérison de la goutte par un nouveau traitement, livre qui a eu plusieurs éditions. Depuis cette espèce de rénovation, son activité sembla redoubler. Il donna, en 1736 , le premier numéro d'un ouvrage intitulé Palœographia sacra, ou suite de discours sur les monuments antiques qui ont rapport à l'Ecriture sainte. L'auteur prétend montrer que la mythologie païenne est déivée de l'histoire sainte, et que le Bacchus des Mes n'est autre que le Jéhovah de l'Ecriture. Il avait rangé sa collection de médailles grecques suivant l'ordre de l'histoire sacrée. Ayant perdu sa femme, il épousa , en 1738, la soeur de Roger et Samuel Gale , avec lesquels il était déjà lié par l'analogie de leurs études. En 1740 parut sa description de Stonehenge, dédiée au duc d'Ancaster, qui l'avait nommé l'un de ses chapelains et lui avait donné la cure de Somerby, près Grantham. Ce fut Stukeley qui prêcha, eu 1741, le sermon du 30 janvier, devant la chambre des communes. Il fut, dans le cours de cette année , l'un des fondateurs de la société égyptienne, composée de personnes qui avaient été en Egypte , bien quE'on n'apprenne pas que lui- même et fait ce voyage. Le duc de Illontaigu, qui était de cette réunion , le distingua particulièrement et le ramena dans la capitale en lui donnant , en 1747, le rectorat de StGeorge, QueenSquare. Deux mémoires sur le tremblement de terre de 1750, lus à la société royale, et un sermon prononcé sur ce sujet d'alarme générale, réunis en un volume sous ce titre : la Philosophie des tremblements de terre, naturelle et religieuse ; un sermon prêché devant le collége des médecins : De la guérison des maladies. comme un des caractères du Messie, et quelques autres écrits de peu d'étendue furent les derniers fruits de ses veilles. A la suite d'une attaque de paralysie, il mourut le 3 mars 1765. Stukeley était un homme de beaucoup de savoir et de sagacité. Il devait la considération dont il jouissait à ses qualités morales autant qu'à ses talents. Son caractère toutefois était singulier et présentait une sorte de bigarrure où la bonté dominait. L'évèque Warburton appelait ce caractère un ambigu. L'étude profonde qu'il avait faite de l'histoire druidique et sans doute aussi l'importance qu'il y attachait l'avaient fait appeler familièrement, entre ses amis intimes, l'archidruide du siècle, Le reproche d'avoir donné dans ses recherches trop de place à l'imagination tombe principalement sur sa description du brill ou camp de César à Paneras; elle se trouve dans le second volume de son Itinerarium curiosum, ou description des antiquitéS'et curiosités observées dans ses voyages en GrandeBretagne , Londres , 1776 avec 103 planches. Ce volume contient aussi : Iter boreale, 1725, et la relation de Richard de Cirencester , avec les notes de Stukeley et de Bertram. Le premier volume de l'Itinerarium avait déjà paru en 1724, accompagné de cent planches. On doit encore à cet antiquaire : Palœographia britannica, n° I, 1743 ; 11° 2, 1745; et I Histoire de Carausius, par les mddailles, 1757, 1759, 2 vol. où il a cherché à fixer les principaux événements du gouvernement de cet empereur en Bretagne. L'historien Gibbon , en rendant justice à l'érudition de l'auteur, déclare qu'il a rejeté la plupart de ses conjectures. Le docteur Stukeley avait annoncé une histoire des anciens Celtes, particulièrement des premiers habitants de la GrandeBretagne. Elle était presque terminée et devait former 4 volumes avec plus de 300 planches. Une grande partie de ce travail est entrée dans les descriptions de Stonehenge et d'Abury. L'explication qu'il a donnée de l'origine et de l'usage de ces ouvrages prodigieux de l'antiquité la plus reculée est regardée comme la plus vraisemblable et la plus raisonnable qui ait été produite sur ce point. Il en a d'ailleurs constaté les dimensions avec la plus grande exactitude. Le Stonehenge restitué aux druides anglais 'a paru en 1740, Londres Abury, temple de, druides, etc., 1743 , fig. On a après sa mort vingttrois planches destinées à accompagner un ouvrage censidérahle sur les anciennes monnaies anglaises, spécialement celles de Cunobelin mais il ne paraît pas que le texte ait été imprimé. Le P. Montfaucon a inséré dans son Antiquité expliquée des dessins de Stukeley, qui lui avaient été transmis par l'archevêque Wake. Entre quelques écrits que l'antiquaire anglais avait lus dans les sociétés dont il était membre, on conserve, au muséum britannique, la description d'une voiture mise en mouvement par un homme placé au dedans
  • William STURGEON( 1783 - 1850) : physicien anglais, naquit en 1783, à Whittington, dans le comté de Lancastre. Ses parents étaient de simples ouvriers, et luimême fut mis en apprentissage chez un cordonnier; mais n'ayant aucun goût pour cette profession, il s'enrôla et entra dans l'artillerie paume simple soldat. Son penchant pour l'étude des sciences se développa malgré bien des obstacles; la physique, et surtout la partie de cette science qui se rapporte à l'électricité, fut l'objet de ses méditations. Il suivit avec ardeur les travaux et les découvertes d'Oersted , de Faraday, d'Arago et d'Ampère sur l'électromagnétisme , et il fut bientôt en mesure de suggérer une modifiration dans les cylindres à rotation qu'avait imaginés Ampère. Il commença, en 1824, à publier les résultats de ses recherches ; quatre mémoires sur l'électricité dont il était l'auteur se succédèrent rapidement dans le Magasin philosophique. En 1825, il présenta à la Société des arts un mémoire qu'elle fit imprimer dans le recueil de ses Actes ; c'était la description d'un grand appareil électromagnétique d'une espèce nouvelle et offrant, sous un petit volume, une puissance supérieure à celle qu'on avait jusqu'ici obtenue d'appareils de semblable dimension. La Société des arts récompensa l'inventeur en lui décernant sa grande médaille d'argent. Bientôt après, Sturgeon signala à l'attention des savants toute l'utilité que présentait le fer doux pour la construction des appareils électromagnétiques ; il découvrit l'avantage qui résultait pour les machines galvaniques de l'usage de plaques de zinc plongées dans des acides et ensuite dans du mercure. Divers mémoires qu'il écrivit sur ces questions firent faire des progrès importants à la construction des machines électriques. Pendant quelques années Sturgeon fut professeur de philosophie expérimentale à l'Académie militaire de la compagnie des Indes, à Addiscombes. Plus tard, il fut chargé des cours de sciences dans un établissement fondé à Manchester sous le titre de Galerie royale de la science pratique. Il mourut dans cette ville au mois de décembre 1850
  • William SWAINSON( 1789 - 1855) : voyageur et naturaliste anglais, naquit à Liverpool, le 8 octobre 1789.11 eut de bonne heure le goût des sciences naturelles, et au lieu de s'appliquer au grec et au latin, il s'amusait volontiers à copier les dessins d'insectes recueillis par Smeathson dans l'Afrique occidentale. Placé d'abord dans une maison de Liverpool en qualité de commis, puis dans les bureaux du Trésor, il ne put donner cours à son inclination pour les études qu'il préférait que lorsque, en 1807 , il fut envoyé en Sicile avec l'armée qui stationnait dans l'île. Là les occasions de cultiver la botanique et la zoologie ne lui manquèrent pas. On lui permit ensuite de visiter la Grèce. et en particulier le Péloponnèse. Revenu en Sicile, il s'y lia avec le baron Rivons, le plus grand botaniste de la Sicile, et avec le célèbre zoologiste Schmalz. Puis il rapporta en Angleterre tous les trésors scientifiques qu'il avait recueillis. Plus tard, il accompagna Koster à Fernatubouc ; il passa à Rio SanFrancisco, puis à RioJaneiro, où il rencontra des hommes éminents dans la science, tels que le docteur Langsdorf et Raddi, de Florence. Il accrut encore dans ce voyage ses collections, surtout ce qu'il avait d'oiseaux. A son retour en Angleterre , il fut nommé membre de la société royale. Il publia alors ses Zoological illustrations. Venu ensuite à Paris, il se lia d'amitié avec Cuvier, Geoffroy StHilaire et d'autres éminents naturalistes. Revenu de nouveau dans son pays, il se chargea de la partie zoologique du Cabinet Cyclopœdia, et il s'acquitta de cette oeuvre à la satisfaction des naturalistes les plus compétents. On lui doit en outre, entre autres ouvrages : P une Conchyhalugie exotique , 1822 2° le Guide du naturaliste, 1824 ; 3° Dessins représentant les oiseaux du Brésil, I 834; 4° la Section géographique destinée à l'homme et à l'animal, dans l' Encyclopédie de Murray ; 5° les Oiseaux de l'Afrique occidentale, 1837. Des chagrins de famille, des pertes de fortune le décidèrent à émigrer dans la NouvelleZélande en 1837, Il y mourut en décembre 1855
  • William TATHAM( 1752 - 1820) : ancien colonel au service d'Amérique, puis surintendant général des chantiers de Londres, naquit en 1752 à Hunan, dans le comté de Cumberland, dont son père était recteur. Après qu'il eut reçu une bonne éducation sous le quaker Asliburner, on envoya le jeune Tatham chercher fortune en Amérique, où il suivit quelque temps la carrière du commerce; mais à l'époque de la guerre de la révolution, il se joignit aux insurgés et fut nommé adjudant des forces militaires du nouveau district de Wa- shington. En 1777, ses services furent récompensés par la place de quartiermaitre au fort Williams sous le général Sévier, et la même année il fut un des commissaires nommés pour traiter avec les Indiens Cherotres. Après avoir servi dans divers emplois civils et militaires, il se décida à suivre la carrière du barreau et fut reçu avocat en 1784. Deux ans après, il contribua à la fondation de la ville de Lemberton, dans la Caroline du Nord, et rendit de grands services dans cet Etat en améliorant sa navigation intérieure. En 1787, il fut élu membre de la législature de la Caroline, et la même année lieutenantcolonel dans la division de Lafayette. L'année suivante il visita l'Angleterre, où il fut bien accueilli, malgré la part active qu'il avait prise à la . guerre d'Amérique. En 1789, il retourna en Virginie, où il fut chargé de visiter les frontières du midi et du nord. Il publia ensuite, à Philadelphie, les détails de son expédition. En 1795, il se rendit en Espagne avec une mission qui avait pour but de terminer à l'amiable les discussions qui s'étaient élevées au sujet des limites de l'Amérique et des provinces espagnoles. Après être resté trois mois dans ce royaume, il reçut une invitation fort polie d'en sortir, et se rendit à Londres où il fut invité, en 1801, à se charger de la surintendance des chantiers de Wapping. L'année suivante il résigna cet emploi et retourna en Virginie, où il mourut en 1820. Pendant son séjour en Angleterre Tatham avait publié : P Re- marques sur les canaux intérieurs, le petit système de navigation intérieure et les divers usages du plan incliné, 1798; 2° Economie politique de la navigation intérieure, de l'irrigation, des saignées, arec des réflexions sur la multiplication des res- sources commereiales , 1799; 3° Communi- cations sur l'agriculture et le commerce des Etats- Unis d'Amérique, comme supplément à un rapport fait par ltilliam Strichland 1800; ,1° autre volume sur le même sujet, avec des observations sur le commerce de l'Espagne 1800; 50 Essai historique et pratique sur la culture et le commerce du tabac , 1800 ; 6° Remarques auxiliaires sur un essai sur les avantages comparés des bœufs pour le labourage en concurrence avec les chevaux 1800, 7' Irrigation nationale, ou Méthodes diverses d'arroser les prairies , iii-8', 1801. Cet ouvrage a été traduit en 1803 sous ce titre : Traité général d'irrigation, contenant di- verses méthodes d'arroser les prés et les jardins, la manière de conduire la prairie pour la récolte du foin, avec les moyens d'augmenter ses revenus , en faisant usage de l'eau d'une manière utile à l'agri- culture, au commerce et même aux besoins de la vie, avec huit planches représentant diverses machines pour élever et conduire l'eau, 1 vol. 8' Rapport sur certains empêchements et obstacles dans la navigation de la Tamise 1803; 90 Navigation et conservation de la Ta- mise 1803. Il a aussi inséré divers articles clans les magasins du mois, month/ y, philosophiques et commerciaux
  • William TENNANT( 1785 - 1848) : littérateur écossais, était né en 1785, dans la petite ville d'Anstruther, en Ecosse; en 1799, il entra à l'université de StAndré, mais il n'y séjourna que deux ans. Il avait de bonne heure perdu l'usage de ses jambes et ne pouvait marcher qu'avec des béquilles. Forcé de renoncer à une carrière active, il entra en qualité de commis dans le comptoir de son frère qui se livrait, à Glasgow, au commerce des grains. Ces occupations ne l'empèclièrent point de s'adonner avec zèle à l'étude ; il étudia les langues modernes, et il put lire Arioste, Camoëns et Wieland, dans le texte original; il ne recula F même pas devant l'hébreu. En 1812, il fit paraître, sans y mettre son nom, un poème badin, Anster Fair, ou la Foire d'Anstruther ; les coutu- mes, les paysages de cette portion de l'Ecosse y sont retracés avec une verve spirituelle et avec fidélité. Le public fit peu d'attention à cette ceuvre mais quelques connaisseurs la distinguèrent, et en 1814, un oracle littéraire, la Revue d'Edimbourg , en rendit un compte fort avantageux. Tennant sortit alors un peu de son obscurité, et des amis lui procurèrent la place de maître d'école à Dunino, bourgade près de StAndré. Au moyen des livres qu'il empruntait à la bibliothèque de cette université, il se rendit maître de diverses langues de l'Orient, telles que le persan, l'arabe et le syriaque. En 1816, il fut placé à la tète de l'école de Lasswade, village près d'Edimbourg ; ses maigres appointements étaient augmentés, et il se trouvait rapproché d'écrivains d'élite. En 1819, il fut chargé des cours de littérature classique et de langues orientales dans une institution créée dans la petite ville de Dollar, par suite du legs d'un riche. Ecossais, Th. MacNab. il y resta jusqu'en 1835, époque où il remplaça le docteur Archibald Baird dans la chaire de professeur de langues orientales au collège de SteMarie à StAndré il y passa le reste de sa vie, qui s'éteignit le 15 février 1848. Ses ouvrages sont assez nombreux et de divers genres. En 1822 et en 1825, il publia deux tragédies dont les sujets étaient pris dans l'histoire d'Ecosse : le Cardinal Beaton et John Balliol ; elles ne sont point sans mérite, mais cependant ce ne sont pas de ces œuvres qui se maintiennent sur les ailes du temps. Les Drames hébreux, basés sur des récits bibliques et publiés en 1845, eurent peu de succès. En 1840, il avait mis au jour un livre d'un autre genre, une grammaire chaldaïque et syriaque. Il écrivit une notice bien faite sur la vie et les écrits d'Allan Ramsay, mais elle ne parut qu'en i85, dans une édition publiée à NewYork des écrits de cet auteur. Nous laissons de côté quelques opuscules en vers ou en prose, en dialecte écossais, et des traductions, estimables d'ailleurs, de diverses compositions poétiques composées en allemand , en grec et en persan
  • William THOM( 1799 - 1850) : poëtetisserand, naquit à Aberdeen, en 1799. Il avait dix ans et connaissait à peine ses lettres, quand il fut envoyé en apprentissage chez un maitre qui le garda quatre ans. Cependant , ainsi qu'il l'a raconté depuis, il parvint à acquérir quelques notions de lecture et d'écriture. Il eût bien voulu aussi apprendre un peu de latin, mais le temps lui manqua. Son apprentissage terminé, il entra dans une autre maison, où il lui fut donné, il le dit luimême, « d'apprendre la musique et de connaître tout ce « qui, dans les chants écossais, était digne d'être « retenu. » Marié en 1829, il eut de la famille et alla d'abord s'établir dans le Forfarshire. Malheureusement, c'était à l'époque d'une stagnation commerciale en Amérique, et dont le contrecoup se fit cruellement sentir dans la GrandeBretagne. Père de quatre enfants et sans travail, dénué de tout, il résolut, dans le rude hiver de 1837, de chercher quelques moyens d'existence à Aberdeen et à Inverury. ll trouva en effet à s'occuper, mais des malheurs de famille le frap- pèrent : il perdit successivement un enfant et sa femme. C'est alors que la douleur le fit poëte. II envoya à l'Aberdeen- flerald , et fut assez heureux pour y faire insérer une de ses compositions, l'Enfant aveugle. Un gentleman du voisi- nage lut ce poème et voulut en protéger l'auteur. Et comme un poëte a toujours quelques provisions en portefeuille, Thom put les produire. Venu à Londres, il y obtint cette vogue qui s'at- tache toujours à ce qui sort de la ligne habituelle : il fut recherché et fêté. Cependant le poëtetisserand ne se laissa point éblouir par ce succès, qui pouvait n'être que fugitif. Revenu à Inverury, il se mit à travailler avec une nouvelle ardeur, et en 18'd il put faire paraître à Aberdeen un recueil intitulé Rimes et souvenirs d'un ouvrier tisserand; mais cette publication n'eut qu'un faible succès. Il manquait de puissance, (uoiqu'il exprimilt correctement et avec assez d'harmonie ses impressions. Marié de nouveau, il retomba dans le déntlment et mourut en 1850. Sa femme étant morte quelque temps après, on ouvrit au profit des enfants devenus orphelins une souscription qui monta à deux cent cinquante livres sterling
  • William THOMPSON : poète anglais, termina ,ses études au collége de la Reine, à Oxford, où il rit, en 1738, le degré de maître ès arts, et au- uel il fut ensuite agrégé. Les muses furent de onue heure l'objet de son culte. On cite de lui es poèmes composés en 1731 et 1736 : Stella, ire Amores , libri Ires , et six Pastorales ; mais il e les a pas jugés dignes d'ètre admis dans le ecueil de ses oeuvres. Etant entré dans la carrière ecclésiastique, il obtint les cures de SouthWeston et HamptonPoyle, en Oxfordshire. En 1751 il se mit, mais sans succès, sur les rangs pour la chaire de poésie à l'université dont il ittait un des membres. Ce fut en 1757 qu'il pulia par souscription ses Poèmes sur divers sujets • Poems on several occasions), accompagnés de notes et suivis de la tragédie de Gondibert et Berthe, 2 vol. On y distingue particulièreornent : 1° un Hymne au mois de mai, d'environ cinq cents vers. Le poète suppose que Vénus, née dans ce mois délicieux, célèbre près. d'Acidale, fontaine située en Béotie, l'anniversaire de sa naissance. Il déploie dans ce cadre une grande ' richesse d'imagination : il montre un sentiment exquis de l'harmonie poétique; mais il s'aban-. donne parfois à des peintures un peu trop vives; 2° la Maladie, poëme en cinq chants, en vers blancs, 1746. Ce poëme paraît avoir été composé à l'occasion d'une petite vérole trèsmaligne, qui menaça les jours de l'auteur : et dans le deuxième chant intitulé le Palais de la Maladie, la petite vérole, une des six furies qui forment le cortège de la déesse est peinte avec beaucoup d'énergie. Dès le début de ce poëme, Thompson se reproche la légèreté de ses précédentes compositions ; et celleci n'est pas moins remarquable par l'expression des sentiments vertueux qu'elle ne l'est par le talent poétique. 3° la Nativité, poème écrit nonseulement dans le mètre de Spenser, mais trop souvent aussi dans le langage de cet ancien poète , dont William Thompson s'était nourri dès l'enfance : ce qui donne à son style un air de roideur et d'affectation. Nais cette prédilection qu'il avait pour les vieux poètes de son i,ays ne le rendait pas injuste envers les modernes; et peu de temps après la mort de Pope, il exprima dans de beaux vers, sur la traduction d'Homère, un sentiment qui touche à l'adoration. Cet homme bienveillant mourut vers 1766 , doyen de Raphoe en Irlande. Joignant beaucoup de savoir au talent de la poésie, il relevait ces avantages par une modestie sincère ; aussi disposé à reconnaître le mérite d'autrui qu'à douter du sien propre. — THOMPSON , peintre, né à Dublin en 1726, mort en décembre 1798, a laissé un ouvrage intitulé les Principes du beau, qui fut publié l'année même de sa mort, avec la vie de l'auteur, 1 vol. — THOMPSON , littérateur anglais du 18' siècle, mort à Edimbodrg en 1803, à l'àge de 4i ans, est auteur des ouvrages suivants : 1° le Whist, poème en deux chants de 191 pages , 1791 ; et bien écrit, à quelques négligences près ; 2° le Paradis du goût ; 3. Essai sur les romans, épître en vers, adressée à un évêque ancien et à un évêque moderne, suivi de six sonnets, 1794 L'ancien évêque est Héliodore , auteur du premier roman connu , les Amours de Théagène et Chariclée ; l'évêque moderne est R. Hurd , qui a condamné généralement ce genre de productions. L'auteur place la composition d'un bon roman parmi les plus grands efforts du génie humain, et c'est au Werther de Goéthe qu'il adjuge la palme. Il va même jusqu'à dire que s'il devait se trouver privé de tous les ouvrages que l'art a jamais enfantés, et qu'il lui fût seulement permis de choisir un fragment précieux, son choix serait neuf pages des Souffrances de lVerther. 11° Mélange germanique, recueil de drames, dialogues, contes et nouvelles, traduits de l'allemand
  • William THOMPSON( 1805) : naturaliste irlandais, naquit à Belfast le 2 novembre 1805. Son père, négociant en toiles, le destinait au commerce, et il lui avait fait commencer son apprentissage quand William, qui déjà manifestait ses disposibons pour l'histoire naturelle, eut connaissance de l'ouvrage de Bewick, intitulé les Oiseaux de la Grande- Bretagne. Il ne songea plus qu'à son goût favori et chercha à se procurer des oiseaux de toute espèce. Plus tard , en 1832, il élargit le cercle de ses études et s'appliqua à l'histoire naturelle en général et à toutes ses branches. Thompson commença à se faire connaître par sa participation aux travaux de la société zoologique de Londres sur 1.histoire naturelle de l'Irlande. Voici les titres de quelquesunes de ses monographies : De quelques oiseaux rares de l'Irlande ; De l'histoire naturelle de l'Irlande, avec une Description d'une nouvelle espèce de poissons; Catalogue d'oiseaux; De quelques vertébrés à clas- ser dans la faune irlandaise. En 1840, Thompson lut à l'association anglaise pour l'avancement de la science, réunie à Glasgow, un cumpte rendu sur la faune irlandaise, section des vertébrés, mais ce travail méritait plutôt le titre d'exposition de toutes les espèces de l'Irlande, comparées avec les autres espèces de la GrandeBretagne et même de l'Europe. En 1841 , Thompson accompagna le professeur Edouard Forbes en ses voyages, ce qui lui fournit l'occasion de faire maintes observations nouvelles. De 1841 à 1841 Thompson travailla activement aux Annales d'histoire naturelle. Puis il s'occupa plus activement encore que par le passé de l'histoire naturelle de son pays. La bibliothèque de la société Ray cite plus de soixantedix de ses articles sur cette matière. Enfin il publia une Histoire naturelle spéciale de l'Irlande : le premier volume parut en 1849, le second en 1850, et le troisième en 1851 ; dans leur ensemble ils n'avaient trait néanmoins qu'aux oiseaux, et Thompson n'eut pas le temps de compléter son œuvre. Venu à Londres en janvier 1852, il eut une attaque subite de paralysie, à laquelle il succomba quelques heures après. On trouva dans ses papiers le manuscrit d'un volume de son Histoire naturelle, que l'on put faire paraître en 1856 , avec une notice sur l'auteur. Thompson était membre de l'académie royale irlandaise
  • William THOMSON( 1746) : auteur anglais, docteur ès lois, né en 1746 à Burnside, dans le comté de Perth, fils d'un charpentier peu fortuné , montra de grandes dispositions dès son enfance, fut d'abord envoyé dans une école, puis à l'université de StAndré, où les succès qu'il obtint lui procurèrent la protection du comte de K qui:le fit son bibliothécaire et voulut lui faire avoir un bénéfice. En conséquence, il entra dans les ordres et fut placé auprès d'un ministre protestant, où son caractère et quelques aventures amoureuses l'obligèrent bientôt à quitter 1'Ecosse. Il se rendit dans la capitale avec une pension de cinquante livres sterling, que lui assura son noble protecteur. Bientôt après son arrivée à Londres, il fut employé à revoir et à compléter l'histoire de Philippe III, roi d'Espagne, par le docteur Waston, et s'acquitta si bien de cet emploi qu'il obtint une grande réputation et l'amitié des personnages les plus célèbres du temps, dans les sciences et la littérature. L'université de Glascow lui conféra gratuitement les degrés de docteur ès lois. Il était devenu auteur de profession. L'une de ses premières occupations fut de composer un commentaire sur la Bible, qu'il publia sous le nom d'Harrison. Il fut aussi l'éditeur d'une nouvelle traduction de Josèphe, et, outre quelques ouvrages de sa composition, il traduisit et publia l'Histoire de la Grande- Bretagne d'Alexandre Cuningham. 11 était aussi employé à rendre compte des débats du parlement, et parmi les nombreux journaux périodiques auxquels il travaillait, on peut citer l'English review, le European magazine, le Political- Herald et le lrhitchall Evening Post. En 1792, il adressa au docteur Parr une lettre sur les révolutions politiques, que ce docteur publia avec de grands éloges à la suite de sa réplique à M. Curtis. Le docteur Thomson a aussi compilé pendant dix ans la partie historique de l'AnnualRegister de Dudley, et a été l'éditeur d'une infinité d'ouvrages qui ont paru sous d'autres noms, particulièrement l'Histoire de la guerre d'Amérique de Stedman. Il est mort en 1818. On a de lui : 1° l'Homme dans la lune, 1782, 2 vol. 20 Voyages en Europe, Asie et Afrique, 1782 3° Mémoires de la guerre en Asie, de 1780 à 178!s, 1788, 2 vol. 4° Manmuth, ou la Nature humaine développée sur une grande échelle, dans un voyage arec les croyants dans les parties centrales de l'Afrique, 1789, 2 vol. ; 5. Lettres de la Scandinavie ; 6° Appel au peuple d'Angleterre au sujet de l'affaire d'Hastings, 1788 7. Histoire de la Grèce de Goldsmith, arec MN1. Jacquelin et Ourry ont fait jouer sur le théâtre du Vaudeville, le 23 janvier 1822 , Thomson el Garrick, comédie en un acte et en vers, imprimée la même année A. B—r. une continuation depuis Alexandre le Grand jusqu'à la prise de Constantinople, 2 vol. ; 8° Voyages dans les Hébrides, 1793 ; 9° Introduction à l'histoire du procès de il. Hastings, 1796 ; 10• Mémoires utilitaires, 2• édit., 1805 11° 1 inage d'Acerbi au cap Nord, traduit de lita- II 12° Voyage à Surinam et dans l'inté- rieur de la Guyane, par Stednian et Thomson , traduit par Henri, Paris, 1799, 3 vol. — Tnosiso. , femme du précédent, était aussi distinguée par ses vertus que par ses talents littéraires. Elle a publié : 1° les Labyrinthes _ a. ryrintbes de la rie, nouv. ; `.° Sensibilité excessive, iiI- 12 ; 3° les Fatales folies, nouv. ; 40 l'Or- gueil des ancêtres, 1804, 4 vol
  • William THORN( 1781 - 1844) : officier supérieur anglais, naquit en 1781. Entré au service à dixhuit ans, il fut bientôt envoyé dans les Indes orientales, où, devenu lieutenant en 1801, il fit, en 1803, la guerre des Mahrattes , dans laquelle il se distingua, particulièrement à la bataille de Laswarée , livrée le 1" novembre de cette année. Elevé, en 1807, au grade de brigadiermajor, il fut envoyé en cette qualité dans le Bangalore, province du Mysore. En 1810, Thorn passa à l'île Maurice ; puis il s'empara de l'île de France, dont la prise lui valut les félicitations dit major général Abercromby. Placé ensuite sous les ordres de Collin Gillespie, il prit part à l'expédition contre Java. En 1811, il était à l'avantgarde du corps chargé d'enlever les lignes fortifiées de Cornelis, défendues par les Français, qui y avaient 280 carrons. Il y déploya une si brillante valeur qu'il reçut des remeretments publics du général eri chef Auchmuty. Et comme il s'agissait d'assurer et de compléter la conquête de cette Ste importante, Thorn fut nominé quartiermaître général des forces britanniques stationnant à Java. L'année suivante, il mareha avec son corps, sous le commandement du major général Gillespie, contre le sultan de Palimbang, dans l'île de Sumatra. Ce prince s'était porté à l'égard des voyageurs européens à des atrocités qu'il fallait châtier de manière à en prévenir le retour. Quoique défendu par une formidable artillerie, le fort de Palinibang fut emporté par les troupes britanniqties. A l'issue de cette expédition, Thorn fut envoyé, au mois de juin de la n'iule année, contre la forteresse de Djoedjocarta, située au coeur de l'île de Java. Il s'ac- quitta encore vigoureusement de cette mission, et la place tomba aux mains de ses troupes. Après en avoir soiglieusement déterminé la po- $ ition géographique, Thorn retourna en Europe 'pour y rétablir sa santé altérée; ce qui ne l'empêcha point de prendre part comme volontaire à l'invasion de ses compatriotes en France. Le 13 octobre 1825, il fut nommé lieutenantcolonel. Thorn mourut le 99 novembre 1844. Ou a 'te lui : Mémoires relatifs à la conquête de Java, suivis du récit des opérations subséquentes des An- Fglais dans l'archipel oriental, 1815, in te:— 11é i? toirès sur la guerre de l'Inde, dirigée par le général Lake, commandant en chef, et par le major général tiir Arthiir itellesley, die de Wellington, 1818, -4", avec graVures
  • William TURNER : théologien anglais, né dans le Flinshire, étudia à l'université d'Oxford. où il rit le degré de maître ès arts en 1675. Devenu .- lcaire de Walberton, il publia, en 1695, une ; Histoire de toutes les religions , Londres et deux ans après, Histoire complète des pressenti- ments les plus remarquables, etc., suivie de tout ce qu'il y a de curieux dans lei outrages de la nature et de l'art, 1697 — TURNER , théologien anglais, né en 1701. dirigea un établissement d'éducation et précha avec succès parmi les baptistes. Il fut, en 1748, élu pasteur d'une congrégation de cette secte à Abington, et il y . ilgxerça son ministère jusqu'à sa mort, arrivée le I septembre 1798. Nous citerons parmi les écrits qu'il a publiés : 10 Introduction à la psalmodie, 1737 ; 9.° Introduction à la rhétorique, 1771. 4 30 Défense de la poésie sacrée contre le docteur Johnson, 1785; 4. Essais sur des sujets imperil& tante, 1791, 2 vol.; 5° Pensée, détachées sur l'esprit de libre examen en matière de religion, 4792; 611 Lettres religieuses et morales adressées aux jeunes personnes, 1793, 2e édit
  • William TWINNING : médecin anglais , né dans la NouvelleEcosse, se destina de bonne heure à la médecine, et après avoir étudié sous la direction du docteur Halliburton, qui jouissait d'une grande réputation à Halifax , il alla se perfectionner à Londres. En 1812, il entra dans le service militaire et fut envoyé à l'armée d'Espagne et attaché à divers hôpitaux. En 1815, il prit part à la courte campagne qui a rendu cette année célèbre, et il resta jusqu'en 1818 en France , étant employé auprès des troupes qui formaient un corps d'occupation. En 1821, il fut envoyé à Ceylan , et il passa ensuite au Bengale. En 1830, il donna sa démission de ses fonctions, et il resta à Calcutta, exerçant avec éclat la profession de médecin civil. Sa réputation était très-étendue lorsqu'il mourut, en 1835. Il a laissé de nombreux mémoires dans les Actes de la société médicale de Calcutta, société dont il était secrétaire et dont ii fut le membre le plus actif. Son ouvrage le plus important a pour titre : Etudes de clinique sur les principales maladies observées au Bengale, Calcutta, 1832-1835, 2 vol. Ce livre, entrepris à la demande de l'administration, est regardé comme ce qu'il y a de plus judicieux et de plus complet sur le sujet qu'il embrasse, et il sert de règle sur les bords du Gange aux docteurs européens
  • William TYTLER( 1711 - 1792) : littérateur anglais, né à Édimbourg le 19. octobre 1711, termina son éducation classique à l'université de cette ville. Fils d'un attorney , il passa luimème sa vie dans un genre d'occupation qui semble peu compatible avec la culture des lettres et des beauxarts ; mais il n'en trouva pas moins des heures pour satisfaire son penchant favori : il cultiva en même temps la poésie, la musique et la peinture, sans négliger les études philosophiques, et vécut dans la société des hommes les plus distingués par leur esprit et leurs talents, avec Beattie, les lords Monboddo et Kames, J. Gregory, Reid. La première production sortie de sa plume le fit connattre avec avantage : Recherrhe historique et critique sur les témoignages portés contre Marie, reine d'Erosse, et Examen des Histoires du docteur Robertson et de M. Hume, relativement à ces témoi- gnages, 1759 Cet ouvrage fut souvent réimprimé et fut, en 1790, porté à 9, volumes. L'auteur y montre une grande sagacité, mais surtout une modération rare sur un point qui n'a presque jamais été discuté assez froidement. Tytler mit au jour, en 1783, les Restes poétiques de. Jacques ler, roi d'Ecosse; précédés d'une dissertation sur sa vie et ses écrits. L'éditeur mérite 41e la reconnaissance pour avoir dérobé à l'ou- bli des ouvrages animés par un génie poétique remarquable encore à travers l'obscurité du vieux langage. Le premier de ces potimes , a été apprécié par un élégant écrivain de nos jours, Washington Irwing, qui dans son Sketchbook, etc. Lirre d'esquisses de Geoffrey Crayon, 5! vol Paris, 189.3, se plaît à rendre hommage à l'heureux naturel comme aux talents d'un prince qui sut charmer, par les rêves de son imagination, les ennuis d'une longue captivité . William Tytler fut élu membre, et ensuite viceprésident de la société des antiquaires d'Ecosse, et il inséra dans les Transactions de cette académie une Dissertation sur le tnariage de la reine Marie arec le comte de Bothwell ; Observations sur le potime de la Vision ; sur les amusements à la mode à Edimbourg, durant le dernier siècle. On a aussi de lui une Dissertation sur la musique écossaise, imprimée dans 1111; stoire d'Edimbourg, par Arnot. Cet auteur mourut le 19. septembre 1791 — Il fut le père d'Alexandre Frazer TYTLER , lord Woodhouselee, né à Edimbourg le 15 octobre 17,17, lequel, après de bonnes études dans sa ville natale, devint avocat en 1770, puis un des juges de la cour de session et de la haute cour de justice en Ecosse, et qui s'est acquis de la réputation par plusieurs ouvrages utiles et ingénieux, surtout ceuxci : Esquisses d'un cours de lecture, Edimbourg, 1801, 2 vol. Essai sur les principes de la traduction, imprimé pour la troisième fois en 1813 Eléments de l'his- toire générale, ancienne et moderne; c'est, plus développé, l'ouvrage publié sous le titre d'Esquisses d'un cours de lecture, avec un tableau comparé de la géographie ancienne et moderne, 6° édition, Londres, 1817, 2 vol. ; Mémoires sur la vie et les écrits de lord Rames, Edimbourg, 1807, 2 vol. Lord Woodhouselee a cessé de vivre à Edimbourg, le 4 janvier 1813
  • William UPCOTT( 1779 - 1845) : bibliophile anglais, naquit en 1779 dans le comté d'Oxford, où son grandpère était un peintre distingué. Il fut sousbibliothécaire à l'université pendant vingthuit ans. En 1833 et alors qu'il remplissait ces fonctions, la bibliothèquesevrt dérober pour environ quatre cents livres sterling de médailles. En 1836, ce savant lit paraître un ouvrage d'une grande valeur historique, intitu lé Lettres originales, manuscrits et papiers d'Etat, grand Ou y remarque les papiers et correspondance de Henri Hyde, deuxième comte de Clarendon, de Dayrolles, de Ralph Thoresby. de Leeds et d'Emmanuel Dacosta le naturaliste. Cette collection d'autographes comprend trentedeux mille lettres. On doit à Upcott un autre ouvrage curieux, intitulé Compte rendu bibliographique des oeuvres principales appartenant à la typographie anglaise, 1818 , 3 vol Il s'occupait aussi à rassembler tout ce qui avait trait à l'histoire du comté d'Oxford. Upcott mourut le 23 septembre 1845
  • William VINCENT( 1739 - 1815) : savant anglais, fils d'un emballeur, depuis expéditeur en Portugal, naquit à Londres le 2 novembre 1739. Ce fut à l'école de Westminster qu'il reçut son éducation classique; et à l'exception de quatre années qu'il passa à l'université de Cambridge, pour y prendre un degré, ce fut aussi dans cette école que s'écoula presque toute sa vie. En 1762 , il y fut nommé maître d'études , et en 1771 , se-_coud maître. Dans cette situation assujettissante, it trouva néanmoins le temps d'enrichir son esprit de connaissances étendues et variées. Les diverses branches de l'histoire l'occupèrent plus particulièrement; et il jeta dès lors sur Je papier les premières idées des ouvrages qui recommandent son nom à l'estime des savants. Mais il ne se pressa point de soumettre ses travaux au jugement du public. Le premier écrit qui sortit de sa plume fut une lettre au docteur \Vaston, alors professeur de théologie à Cambridge , au sujet d'un sermon prêché par ce dernier, en 1780. Cette lettre avait pour objet de combattre l'esprit d'innovation et d'opposition dans le gouvernement de l'Etat. Cet écrit fut suivi d'un Sermon sur le meeting annuel des enfants de la charité à St- Paul , 1784 Un nouvel écrit de Vincent roule sur un sujet bien dierent : Considérations sur la musique de paroisse , écrites dans un but essentiellement religieux. Depuis seize ans, l'auteur était un des chapelains ordinaires du roi , et il avait été nommé ensuite recteur de Allallows, à Londres. Doué des principales qualités de l'orateur, il avait, dans la chaire comme dans la classe, l'art de fixer et de soutenir l'attention de son auditoire. Il devint, en 1788, le chef de son école. Un sermon prêché par lui en 1792 offrit un exposé si lumineux des principes sur lesquels l'ordre social se maintient, que les amis de la constitution britannique en firent réimprimer la substance, et distribuer vingt mille exemplaires dans la capitale, afin de neutraliser les efforts alarmants des partisans de la république et de l'égalité. Dans quelques autres villes, des associations patriotiques suivirent cet exemple. L'année suivante vit paraître un ouvrage du docteur Vincent, qui le fit connaître et comme érudit et comme critique plein de sagacité. Il s'agissait de concilier ce que rapporte TiteLive, au huitième livre de son histoire, d'une manoeuvre du consul Manlius, dans la dis position de son armée contre les Latins, avec la description que Polybe donne de la formation de la légion romaine. Dans l'écrit intitulé De legione Manliana quoestio ex Livio desumpta le critique a porté la lumière sur ce point trèsobscur ; et l'approbation des savants Heyne et Porson garantit assez la justesse de sa conclusion. Il donna, 1791, l'Origine du verbe grec , et l'année suivante, le verbe grec analysé , ou l'on considère en général la source et la structure de la langue grecque. L'auteur pense que les inflexions des verbes sont dérivées de quelque verbe original, simple et trèscourt , faire ou exister, lequel, étant joint ensuite à des radicaux exprimant différentes actions ou manières d'être , forme leurs temps, leurs modes et autres variations. Par une coïncidence assez étrange, un philologue qui devint ensuite, ce qui est rare, l'ami de Vincent, traita le même sujet dans l'Encyclopédie britannique et , ce qui est plus remarquable encore, aboutit aux mêmes consultations. Vincent mit au jour, en 1797,1e résultat de longs travaux , l'ouvrage sur lequel est établie sa réputation : Voyage de Néarque des bouches de l'Indus jusqu'à l'Euphrate, ou Journal de l'expédition de la floue d'Alexandre, rédigé sur le journal original de Néarque; conservé par Arrien, etc., et contenant l'histoire de la première navigation que des Européens aient tentée dans la mer des Indes. Dans la conclusion des Disquisitions préliminaires, l'auteur combat l'opinion de ceux qui ont révoqué en doute l'authenticité de cette relation ; et Schneider, le dernier éditeur d'Arrien, a jugé qu'il n'y a plus à revenir sur cette réfutation. Le commentateur d'Arrien profita de tous les moyens qui furent à sa portée pour éclaircir le sujet de ses recherches. Le docteur Horsley, son ami , lui fournit deux dissertations sur des sujets astronomiques ; et Dalrymple, hydrographe de l'amirauté, mit à sa disposition de vastes collections géographiques et des documents de tout genre. — La première partie du Périple de la mer Erythréenne, e contenant un « récit de la navigation des anciens de la nier « de Suez à la côte de Zanguebar, accompagné « de dissertations » , parut en 1800. En entrant en matière, le commentateur avoue que ce périple n'est pas d'Arrien à qui l'on doit le Voyage de Néarque. L'auteur, quel que ftlt son nom, lui paraît avoir été un marchand grec d'Alexandrie, qui vécut entre les règnes de Claude et d'Adrien dans le 1.. ou le 2e siècle, et vraisemblablement antérieur de près d'un siècle à Arrien de Nicomédie. Cet auteur avait certainement navigué, à bord d'une flotte grecque, d'Égypte au golfe de Cambaie, sinon au delà. En 1805 parut la seconde partie du Périple de la mer Erythréenne, « contenant la description de la navigation des

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