Le prénom sebastien Masculin

Origine :

Fête :

25 Février

Signification de sebastien

Prénom ancien, Sébastien fut déjà célèbre dès le Moyen Âge. Grâce au feuilleton télévisé « Belle et Sébastien », il connut un regain de popularité après avoir passé une période assez calme. Sébastien est une personne méthodique, tenace et énergique. Sociable et chaleureux, il a une vie sociale très active. Il aime passer du temps avec ses amis et sa famille. Sébastien est aussi un travailleur acharné. Les variantes du prénom Sébastien sont Bastian, Bastiano, Bastien, Bastienne, Sebastian, Sebastiane ou encore Bastiana. De nombreuses personnalités célèbres portent le prénom Sébastien. On peut trouver entre autres l’humaniste et poète strasbourgeois Sébastien Brant, le peintre français Sébastien Bourdon, l’humoriste Sébastien Jean Maurice ou encore le réalisateur et scénariste Sébastien Lifshitz.

Personnalité de sebastien

Ce sont des hommes pragmatiques. Ils sont entreprenants et ne se découragent jamais. Intelligents, brillants, beaux parleurs, ils sont de nature gaie. Très actifs, ils ont toujours quelque chose à faire. Ils changent facilement d'avis au gré des rencontres et des circonstances. En amour, ils papillonnent avec élégance, mais se stabilisent lorsqu'ils ont trouvé leur bonheur. Leur morale est fluctuante en fonction de leurs intérêts.

Provenance du prénom sebastien

Histoire de sebastien

Etymologie de sebastien

Les sebastien célèbres

  • Sébastien BAGOLINO( 1560 - 1604) : peintre et pete, fils du peintre Léonard Bagolino , de Vérone, naquit à Alcamo en Sicile , le 19 janvier 1560. Il était aussi 1 ' trèsbon musicien. Il fit ses études à Naples, où il se fit souvent admirer en récitant ses vers , et en parlant en public avec éloquence et une facilité singu- VI A fière dans les trois langues, latine, espagnole et italienne. Il fut quelque temps attaché à François de Moncade, qui voulut prendre de lui des leçons de poésie et de peinture. Après la mort de Moncade, en 1597, Bagolino fut appelé par Orosco, évêque de Girgenti, pour traduire en latin ses Emblèmes espa- gnols ; ce qu'il fit avec beaucoup de talent. Il ouvrit enfin une école dans sa patrie , et il se délassait de ses occupations en composant, en italien, en espagnol, et dans sa langue maternelle des épigrammes, des élégies et d'autres pièces de vers, qui lui firent une grande réputation. Il mourut à Alcamo, sa patrie, le e juillet 1604, n'étant âgé que de 44 ans. Les Emblèmes d'Orosco, traduits par lui, forment deux recueils : 1° Emblematum moralium D. Jo. Horoscii Covaruvias et Leyva episcopi Agri. gentini libri 5, ex hispana lingua latin° carmine redditi a Seb. Bagelino , Agrigenti , 1601 2° Ad SS. dom. Clementem VIII, pontif max., sacra Symbola ejusdem Horoscii latinitate donata, etc., ibid., 1601 On a de lui un recueil de poésies, Carmina, Palerme Le commencement et la fin manquent à ce recueil , la mort de l'auteur en ayant interrompu l'édition. Quelquesunes de ces poésies ont été réimprimées dans un volume intitulé : Selecta Epigrammata, Palerme, 1656 2 mais ce n'est qu'une petite parité de ce qu'il en avait écrit; il atteste luimême qu'il avait fait sept cents épigrammes et cent élégies. Mongitore, dans sa Bi- bliotheca Sicula, parle de plusieurs autres ouvrages que Bagolino laissa en manuscrits et qui sont restés inédits
  • Sébastien AQUILANO : médecin italien du 15' siècle. Son véritable nom est inconnu ; celui qu'il porte vient de la ville d'Aquila,*au royaume de Naples, où il avait pris naissance. Il fut en réputation du temps de Louis de Gonzague, évêque de Mani toue, vers la fin du 15' et au commencement du 16' I siècle. Il se montra, tant dans sa pratique que dans ses écrits, un des plus zélés denseurs de Galien. On a de lui : 1° de Morbo Gallico, Lyon 1506, et Bologne 1517, faisant partie de l'ouvrage de Mare Gattinaria, intitulé : de medendis humani cor- poris malis Practica uberrima, et quelques autres de Gentilis, de Foligni , de Blaise Astarius ; 2° de Febre sanguinea ad mentent Galeni, imprimé avec le traité précédent, dans la Practica de Gattinaria, Bàle , 1557 ; Lyon , in - 8°, 1538 ; Francfort 1604. Aquilano est un des premiers qui aient accrédité l'emploi du mercure dans les maladies vé4 aériennes; mais il ne l'employait qu'à trèspetite dose
  • Sébastien ARAGONÈSE : dessinateur et antiuaire , descendait d'une famille espagnole qui s'établit vers le milieu du Ise siècle dans le Brescian. Le docteur Labos conjecture, avec beaucoup de vraisemblance, qu'il naquit à Gliedi, gros bourg où l'on voit encore dans l'église les épitaphes de ses ancêtres . Alphonse, son père , avait acquis la réputation d'un peintre habile. A son exemple , Sébastien cultiva d'abord la peinture ; mais , effrayé bientôt des difficultés que présente cet art , et désespérant de les surmonter, il y renonça pour se borner au dessin à la plume, genre dans lequel on lui doit une foule de petits chefsd'oeuvre. Il réussissait surtout à rendre les anciennes médailles. On cite de Sébastien un recueil de seize cents pièces avec les revers, distribuées sur deux cents planches entourées d'arabesques et de cartouches de son invention, du fini le plus précieux. Ottavio Rossi , qui possédait ce recueil, en parle avec une sorte d'enthousiasme dans la notice qu'il a consacrée à l'Aragonèse, parmi les Elogi istor. de' Bresciani illustri , p. 517. Sébastien avait dessiné de la même manière les antiquités, les marbres et les inscriptions qui se trouvaient de son temps à Brescia. Cet ouvrage, que possédait le comte Boari de Ferrare , est revenu en 1815 à Brescia , où il est conservé dans la bibliothèque Quirinienne. L'Aragonèse avait entrepris de le publier. Les planches qu'il grava en 1554, mais dont on ne connaît aucun tirage de cette époque, furent rachetées en 1611 d'un voiturier de Brescia pour quinze scudi, et données à Rossi qui travaillait à l'histoire de cette ville. Après la mort de Rossi, ces planches restèrent oubliées. Ce n'est qu'en 1778 qu'elles furent retrouvées et placées dans les archives de Brescia. Un amateur en lit tirer alors quelques épreuves pour les distribuer à ses amis. Ce travail est intitulé : Monumenta anliqua urbis et agni Brixiani , summa cura et diligentia collecta per me Sebastianum Aragonensem Brixianum. C'est un grand de 34 planches gravées en bois avec des lettres blanches sur un fond noir. Le docteur Labus a donné la description détaillée de ce rarissime ihopuscule dans une lettre à Malin , insérée dans les IF' Annales encyclopédiques, 181.8, t. 2, p. 201-14. Ce savant conjecture que l'Aragonèse mourut vers 1554, date de son ouvrage, qu'il aurait sans cloute terminé s'il eût vécu plus longtemps ; mais , suivant Rossi , l'Aragonèse vivait encore en '1561 , et l'Orlandi lui fait prolonger sa carrière au moins jusqu'en 1567. D'après les calculs du docteur Labus, l'Aragonèse n'aurait vécu que 51 ans ; mais il n'est pas vraisemblable qu'il soit mort si jeune. W—s. Le docteur Lems place la naissance de Sébastien en 1525; mais puisque Sébastien avait un fils en 1538, il faudrait supposer qu'il se fùt marié avant l'âge de quinze ans, ce qui, à la rigueur, est possible, mais ce qu'on ne doit pas admettre sans preuve. Le traducteur de la lettre du docteur Labus, dans les Annales encyclopédiques, a fait de ces deux cents cartouches deux cents petits châteaux. Voy
  • Sébastien BARRADAS( 1542 - 1615) : jésuite portugais, né à Lisbonne en '1542, enseigna longtemps dans les universités de Coïmbre et d'Evora, exerça le ministère de la prédication avec tant de zèle, qu'il mérita d'être appelé l'apôtre du Portugal, et mourut saintement en 1615. Ses ouvrages ont été publiés en 4 vol. Anvers, 1617, et Cologne, 1620. On estime surtout les deux suivants Commentaria concordiam et historiant evangelicam, et Itinerarium filiorum Israel ex ./ Egypto in terram repromissioni& Ce dernier a été imprimé séparément, à Paris, en 1620 T—D
  • Sébastien BARTOLI : médecin napolitain, né à Montella, jouissait d'une assez grande réputation vers.la fin du 17e Siècte. Il termina sa carrière en 1676, par une mort prématurée. C'était un spagirique, ou partisan des applications de la chimie à l'art de guérir. Ses contemporains nous le représentent comme un beau parleur, bien fait de sa personne, hardi et surtout trèsheureux dans la pratique, circonstances qui lui concilièrent les bonnes grâces du viceroi et de la noblesse de Naples. Les ouvrages qu'il a laissés sont : 1° Examen anis medicce dogmatum communiter receptorum in decem exercitaliones paradoxas distinctum, Venise, 1666 ; 2° Courte notice sur les eaux minérales de Pozzuolo , Naples, 1667 On a encore de lui deux traités latins sur les bains, qui n.ont été imprimés qu'après sa mort, Naples, 1679 par les soins de son neveu, Michel Biancardi. Une lettre intitulée Nuncius Parnassius, seii Epistola ex Parnasso ad D. Carolum Musitanum, Kruswick, 1700 qui a paru sous son nom , et qui a pour but de tourner en ridicule le médecin PierreAntoine de Martino, n'est pas de lui, quoiqu'elle porte son nom; elle est de Joseph Prisco, autre médecin napolitain
  • Sébastien BENALCAZAR : capitaine espagnol, seconda Pizarre dans la conquête du Pérou, en 1532, fut ensuite envoyé pour commander à StMichel, et se mit en marche, en 1553, pour aller conquérir le royaume de Quito. Après avoir battu et dispersé zinc armée d'Indiens, il s'empara de la ville de Quito, en assura la conquête à l'Espagne, et en devint gouverneur. Il marcha ensuite au secours d'Almagro, défit un corps de Péruviens, et retourna dans son gouvernement, dont Pizarre le dépouilla, en 1539, en faveur de son frère Gonzale. Fidèle au parti du roi, Benalcazar se réunit au gouverneur Vaca de Castro, en 1542, et contribua au gain de la bataille (le Chupas, où fut défait le jeune Almagro. Il passa, en 1544, au commandement de la province de Popayan, et combattit l'année suivante sous les drapeaux du viceroi NunezVela contre GonzalePizarre. Blessé et fait prisonnier par ce dernier, à la bataille de Quito, le 18 janvier 1546, il en fut épargné, parut s'attacher à lui, et se jeta de nouveau dans le parti royaliste, lorsque le président la Gasca, envoyé par CharlesQuint, arriva au Pérou pour soumettre les rebelles. Benalcazar fut confirmé, en 1548, clans son gouvernement du Popayan, et y mourut, peu de temps après, avec la réputation d'un des plus braves conquérants espagnols
  • Sébastien BOLLANDUS ou DE BOLLANDT( 1500 - 1645) : né à Maéstricht, dans le 16° siècle, fut récollet, et professa la philosophie et la théologie. Il mourut à Anvers, le 13 octobre .1645. 11 a été l'éditeur des ouvrages suivants : 1° Ilistorica, theologica et moralis terrce sanctœ Elucidatio, auctore Francisco Qua- resmio, Anvers, 1639, 2 vol. ; 2° Sermones aurei fratris Petri ad Boves, in Dominicas et [ esta per annum, Anvers, 1613 ; édition plus correcte que celles qui l'avaient précédée. Pierreaux&mis etait un cordelier natif de Paris, docteur et professeur en théologie, au 156 siècle. — Pierre BOLLANDUS, ou BOLANDUS, qu'on croit natif de Bolant, village du duché de Limbourg, florissait en 4485 et 1495, et fit sa principale occupation de la poésie latine. Paquot, qui n'en parle que d'après S'aller, donne les titres de quelquesuns de ses ouvrages, en disant qu'il ne sait s'ils sont imprimés
  • Sébastien BOMBELLI( 1635 - 1685) : peintre, né à Udine en 1635, mourut en 1685, suivant Renaldis (voy. della Pittura Friulana suggio istorico, Udine, 1796 et 1798, ; mais il est probable, comme on le voit dans les Lettere pittoriche, t. 5, que cet artiste vivait encore en 1716. D'abord élève du Guerchin, il devint grand imitateur de Paul Véronèse, dont il copia habilement les meilleurs ouvrages. Souvent on distingue à peine les copies des originaux. Cet avis, donné par Lanzi, est utile aux amateurs qui recherchent les tableaux du Véronèse. Bientôt Sébastien s'adonna tout à fait au portrait. Il rappela alors les grands succès de la première école vénitienne par la vérité des poses, kt vivacité et la fraîcheur du coloris. Son style tient néanmoins du vénitien et du bolonais, et quelquefois ou s'aperçoit que l'artiste a cherché à opposer à la force de son maitre toute la délicatesse du Guide. L'archiduc Joseph appela Sébastien à Inspruck. Ce maitre parcourut successivement plusieurs cours, et fut employé, et dignement récompensé par presque tous les électeurs d'Allemagne, par le roi de Danemark et l'empereur Léopold I". Ott regrette que Bombelli se soit toujours obstiné à vernir ses tableaux avec une composition de gommes mordantes, qui, dans le moment, produisait un effet agréable, mais qui ensuite corrodait la peinture. Ce peintre gâta ainsi beaucoup de tableaux anciens qu'il voulut restaurer et couvrir de ce perfide vernis. — Bombelli eut un frère nommé Raphaël, qui fut un peintre médiocre
  • Sébastien BOURDON( 1616) : peintre , naquit à Montpellier, en 1616. Ses dispositions pour la peinture ne furent que peu secondées, clans sa jeunesse, par son père, peintre sur verre, et par un peintre médiocre de Paris, où il vint à l'âge de sept ans. 11 passa ensuite à Bordeaux et à Toulouse, et, clans cette dernière ville, il prit le parti de s'enrôler comme soldat, faute d'avoir de l'occupation. 11 eut le bonheur de. trouver dans son capitaine un ami des arts, qui, jugeant favorablement de lui d'après ses dessins, lui accorda son congé, Bourdon alla en Italie, et se lit remarquer par son talent à saisir et imiter la manière de plusieurs maîtres, tels que MichelAnge, Caravage, André Sacchi, Bamboche, Claude Lorrain. Un peintre avec lequel il avait eu un différend le menaça lâchement de le dénoncer comme calviniste, et Bourdon, alarmé, peut-être mal à propos, alla à Venise. De retour en France, il se lit connaître de la manière la plus avantageuse par son tableau du Crucifiement de Si. Pierre, qu'il lit pour l'église de NotreDaine. Ce tableau a toujours passé pour le chefd'oeuvre de Bourdon. On ne doit pas y chercher la correction du dessin ni beaucoup d'expression ; le peintre a même eu le trèsgrand tort de ne pas déterminer nettement la place qu'occupent les ligures ; mais, malgré ces défauts, cette composition plaît plus que beaucoup d'autres, où ils ont été évités : c'est qu'on y sent l'inspiration de l'artiste, et le feu du génie. La couleur en est trèsvigoureuse; tout y est peint d'une manière grande, large, et la distribution savante des ombres et des lumières lui donne un trèsbel aspect. En 1652, Bourdon alla en Suède, pour s'éloigner, disent les biographes, des troubles civils qui agitaient alors la France. Peutètre la vivacité de son imagination et son goût pour les déplacements y eurentils aussi quelque part. Quoi qu'il en soit, la reine Christine le nomma son premier peintre. Bourdon donna alors une grande preuve de désintéressement. La reine lui lit présent des tableaux que GustaveAdolphe, son père, avait pris à Dresde ; mais Bourdon, lui faisant sentir tout le mérite de cette collection, l'engagea à ne pas s'en priver. La reine les porta à Borne, et, depuis, ils passèrent clans le cabinet du duc d'Orléans. On y remarquait plusieurs morceaux importants du Corrége. Bourdon revint bientôt en France, et y trouva de fréquentes occasions d'exercer son pinceau, surtout à Paris, où il peignit, entre autres ouvrages considérables, la galerie de l'hôtel de Bretonvilliers ; elle a été gravée par Friquet Sa réputation était telle, qu'il fut d'abord chargé de faire seul six tableaux pour l'église de StGervais; mais quelques mauvaises plaisanteries sur les personnages dont il allait retracer la vie déplurent à ceux qui s'étaient adressés à lui. On le borna à n'en peindre qu'un seul, et, par dépit, M'exécuta de manière à faire peu regretter qu'il n'eût pas exécuté les autres. Ces regrets diminuent encore, lorsque l'on contemple les trois dont Champagne fut chargé, et surtout les deux que l'on doit à Lesueur. Lorsqu'en 16-18, on établit l'académie de peinture, Bourdon fut au nombre des douze premiers membres de cette société, et en fut nommé recteur. 11 mourut à Paris, en 1671, âgé de 55 ans. Bourdon a été trèsinégal dans ses productions, et l'extrême vivacité de son imagination fit qu'il n'y a aucun de ses ouvrages qui ne présente de grands défauts; mais une attention plus soutenue était tellement contraire à son genre de talent, elle le plaçait dans un tel état de contrainte, que ceux de ses tableaux qu'il a voulu le plus terminer sont les moins estimés. Outre l'histoire et le portrait, il s'est exercé dans le paysage, et si ses tableaux clans ce genre offrent des sites bizarres, ils ne sont pas moins recherchés pour l'aspect piquant que cette bizarrerie même leur donne, ainsi que pour la franchise et la facilité de la touche. 11 est trèscertain que les sites en sont peu communs, et on croit devoir ici en féliciter l'artiste, au lieu de lui en faire un reproche. Il a mérité d'être compté au nombre des graveurs, par une quarantaine d'eauxfortes, où l'on retrouve toutes les espèces de mérite et de défauts qui caractérisent sa peinture
  • Sébastien BRIGUET : chanoine à Sion, mort .vers l'année 1780 , a beaucoup travaillé sur l'an- . - cienne histoire ecclésiastique de son pays. 11 a publié en ce genre : 1° Conciliam Epaonense , asser- tione clara et veridica loco suo ac proprio fixum in Epaunensi parochia Vallensium, vulga Epenassex, i Sion, 1741 ouvrage rare et peu connu. L'auteur y démontre que le concile d'Epaone , de l'an, 517, s'est tenu à Epauna , qu'il suppose être Epe- nassex, dans la paroisse de StMaurice en Valais, et non à Albon , ou à Pamiers, ou à Yenne , comme d'autres l'avaient supposé trop gratuitement. Un éboulement de montagne, qui , en 1714 , détruisit. les restes de l'église d'Epauna, avait rendu la ques- tion problématique. On la trouve mieux présentée encore dans l'Eclaircissement sur le martyre de la légion Thébéenne de J. de Bivaz . '2. Vallesia christiana, seu dicecesis Sedunen- léis Historia sacra , Vallensium episcoporum serie . ' obserrata , addito in fine eorumdem syllabo , Sion, 007'44 où l'on trouve l'histoire ecclésiastique 1-'dia Valais sous quatrevingtdeux évêques, depuis Oran 587 jusqu'à 17,15 ; mais avec peu d'exactitude et de critique. Le méme sujet a été traité beaucoup mieux dans le tome 12 de la Gallia Christiana novà. 5. Oraison funèbre de Louis XIV, Paris, 176 ; ibid., 1754
  • Sébastien BRANDT( 1458 - 1520) : surnommé Titi°, jurisconsulteet poète satirique, né à Strasbourg en 1458, ou, suivant Haller, en .1454, fit ses études de droit à Bàle, où il fut nominé docteur et professeur. Son habileté dans les affaires lui valut bientôt une grande réputation. et lui attira la faveur de plusieurs pr entre autres celle de l'empereur Maximilien ler, qui le manda souvent pour le consulter, et lui donna le titre de conseiller impérial. Brandt fut ensuite syndic et chancelier dans sa patrie. Il s'occupa de littérature classique , donna une édition de Virgile, ornée de gravures, une traduction en vers allemands des Distiques de Caton ; un traité de Origine et Conversatione bonorum regum, et laude civi lads Hie- rosolymoe , Bàle , 1495 des poésies diverses, Carmina, ibid. , 1498 de Moribus et Facetiis mener, latine- germanice , Bàle, 1490 ; Hexastichon in memorabiles Evangelistarum figuras, 151) 2 etc. Lelio Giraldi dit qu'il composa des poèmes à l'infini ; mais son principal ouvrage est un poème satirique allemand , en vers iambiques, intitulé : das Nat: renschif . C'est un recueil On trouve des détails curieux sur les nombreuses éditions et de plaisanteries, tantôt bizarres , tantôt grossières, qui ont pu ètre piquantes de leur temps , mais qui n'ont aujourd'hui d'autre mérite que celui (l'avoir eu beaucoup de succès il y a plus de trois cents ans. Sébastien Brandt composa aussi des comédies , qui furent représentées de son vivant à Ingolstadt. 11 mourut à Bàle, en I 52.O. L'abbé Grandidier a donné sur cet écrivain une notice dans le Journal des Savants, décembre 17W, p
  • Sébastien CABOT ou GABOTTO : second fils de Jean Cabot , Vénitien qui vint en Angleterre , peu de temps après la découverte de l'Amérique , proposer au roi Henri VII de l'envoyer découvrir de nouvelles terres, et de chercher un passage par le nordouest pour aller au Cathai orien- tal. Jean Cabot fut accueilli avec toute sa famille. une compilation d'anciens règlements, avec des additions et des re- tranchements, et ce nouveau code fut appelé les Ordonnances cabs chiennes. yvu. Il nous reste un acte authentique , daté du 8 mars 1195, par lequel Henri VII lui accorda , ainsi qu'à ses enfants , la liberté de naviguer dans tentes les niers , sous le pavillon anglais , et leur permit de former des établissements et de construire des forts. Le commerce exclusif de toutes les contrées qu'ils devaient visiter leur est cédé par le même acte. Nous n'avons aucune relation authentique des navigations de Jean Cabot et de ses trois fils . — Le second , Sébastien CABOT né à Bristol en 1467, a été plus connu que ses frères; car les fragments qui nous restent sur les voyages des Cabot ne parlent que de lui ; mais ces fragments offrent tant de contradictions qu'il est impossible de reconnaître les pays qu'il a visités. Ilackluyt, dans sa collection, nous a transmis la pièce où l'on trouve le plus de détails sur la navigation et la vie de Sébastien Cabot ; il dit l'avoir tirée du second volume de la collection de Ramusio ; mais nous l'y avons cherchée en vain. Cette pièce est attribuée à GaléFins Butigarius , légat du pape en Espagne, qui dit tenir les particularités qu'elle contient d'un habitant de Cadix , lequel avait eu plusieiirs conversations avec Sébastien Cabot. Elle nous apprend que ce navigateur, en partant pour l'Angleterre , avait fait route au nordouest, et fut arrêté par une terre qui s'étendait vers le nord. Il la suivit pour Licher de découvrir si elle tournerait à l'ouest et formerait quelque golfe; il s'aperçut au contraire , lorsqu'il fut parvenu à 56° de latitude nord , qu'elle se dirigeait à l'est. Alors , désespérant de trouver un passage, il lit route au sud , et prolongea la même côte : il vint jusqu'à cette partie de la terre ferme qu'on appelle Floride. Bamusio , connu par son exactitude, n'a donné aucun extrait des navigations de Sébastien Cabot ; il se contente de citer, dans la préface de son 5e volume , un passage d'une lettre qu'il avait reçue de lui. 11 en parle comme d'un homme do beaucoup d'expérience , et d'un rare ta- lent dans l'art de naviguer et dans la cosmogra- phie. Ensuite il transcrit le passage de sa lettre, qui nous apprend que Cabot était allé fort loin dans la direction de l'ouest quart nordouest, derrière les îles placées le long de la terre qu'il avait décotiverte, et s'était avancé jusqu'à 67" et demi de latitude nord. Le 11 juin, ayant trouvé la mer ouverte et sans aucun empècliement, il avait cru pouvoir aller au Caftai par ce chemin, et l'aurait fait, si l'esprit de mutinerie ne s'était mis dans ses équipages , et ne l'avait forcé à revenir en Angleterre. Pierre Martyr, qui était aussi contemporain de Cabot dit, dans son Histoire des bides orientales, que Sébastien Cabot trouva, à 55' de latitude, des glaces qui l'empèchèrent de remonter plus au nord. Le même auteur ajoute qu'il n'y avait pas de nuit dans ces parages, et qu'à minuit on y voit aussi clair que dans nos contrées pendant le crépuscule du matin : ceci ferait croire que Le catalogne de la bibliothèque Bodlélenne indique un ouvrage sous ce titre Navillatione nec parle sellenfrionai, Venise, 1583. Mais ce livre, inconnu à tous les hiographes que nous avons consultés, est petit-étre, imaginaire, Cabot se serait trouvé au delà de 55° de latitude. Il ne parait pas possible de concilier ces trois dif- férents récits ; il faut même renoncer à trouver les terres découvertes par Cabot, d'après les latitudes qui y sont désignées. L'opinion la plus générale est qu'il a visité la côte orientale de Pile de TerreNeuve ; cependant, si l'on s'arrête au passage cité par Bamusio, on pourrait croire qu'il aurait pénétré dans le détroit de Hudson , puisqu'il y est dit qu'il s'est avancé derrière des îles , à moins que l'on ne suppose qu'il ait pénétré dans le golfe et dans le fleuve StLaurent. On lisait , sur une ancienne carte que Hackluyt a vue dans les appartements de la reine d'Angleterre , que Jean Cabot et son fils Sébastien avaient découvert une terre , le 21 ,juin 1497, à environ cinq heures du matin : elle fut appelée Newfoundland en anglais , ou Terre- Neuve. Une île qui en était près reçut le nom de St- Jean, parce que c'était la fète de ce saint. Après avoir fait des découvertes pour le roi d'Angleterre, Sébastien Cabot passa en Espagne en 1526 ; on lui donna des navires avec lesquels il remonta trèsavant dans la rivière de la Plata. On dit aussi qu'il lit d'autres voyages sur des vaisseaux espagnols. Quoi qu'il en soit, il vint chercher le repos en Angleterre ; il y fut nommé grand pilote du royaume et gouverneur de la compagnie des marchands, formée pour découvrir des terres inconnues. 11 surveilla , en 1555 , l'armement de l'expédition commandée par Willoughby. Hackluyt nous a conservé un acte, daté de 1549 , par lequel Édouard VI lui accorde une pension de 166 livres 15 sous 4 deniers sterlings. Cette somme , qui revient à 4,000 francs de notre monnaie, était considérable à cette époque, et fait juger de l'importance des services qu'il avait rendus. Ce dernier acte , ainsi que le premier acte de Henri VII, sont les seules pièces authentiques qui nous restent relativement aux Cabot ; elles suffisent pour ne pas faire regarder leurs découvertes comme fabuleuses , ainsi que quelques historiens ont été tenté de le penser. Il n'est pas possible, à la vérité , de reconnaître les terres qu'ils ont vues; mais tout porte à croire qu'elles font partie de l'extrémité septentrionale de l'Amérique
  • Sébastien CANTERZANI( 1754) : mathématicien distingué, naquit le 25 aotlt 1754, à Bologne, d'une 'famille honorable. Son père, habile dans l'art de "compter, lui enseigna les éléments du calcul ; il ap- prit de luiméme le dessin et la calligraphie. Après avoir achevé ses études littéraires sous les jésuites, il suivit le cours de philosophie, et en le terminant il reçut le prix d'honneur. En 1760, il obtint la chaire de mathématiques à l'université de Bologne. Quoiqu'il n'eût pas fait une étude spéciale de l'astronomie, il concourut, en 1761, à l'observation du fameux passage de Vénus sur le soleil ; et, en démontrant que les astronomes bolonais avaient mis dans leurs calculs l'exactitude la plus rigoureuse, il contribua beaucoup à faire revenir Pingré du jugement défavorablé qu'il avait , qui, à portée d'apprécier les talents de Cauterzani, l'avait présenté luimème pour son successeur. Sans négliger ses autres devoirs, il remplit avec zèle ceux que lui imposaient ses nouvelles_fonc fions. bes Traités dans lesquels ll exposait les éléments de la science avec autant de clarté què de précision, et plusieurs mémoires où les problèmes les plus difficiles des mathématiques se trouvaient résolus, étendirent promptement sa réputation dans tottte l'Italie. La plupart des sociétés scientifiques s'empressèrent de se l'agréger, et Canterzani, pour s'acquitter envers elles, composa de nouveaux mémoires sur les diverses branches de l'analyse. Il avait le projet de publier un Traité des équations ; mais, prévoyant que ses occupations multipliées ne lui laisseraient jamais le loisir de le terminer, il en détacha plusieurs morceaux, qu'il fit imprimer, sur la Réduction . 5. Piani delle classi matemalica e / Isica della nuovo Enciclopedia ilaliana, Sienne, 4779 4. Islruzione intorno al calcolo de fazioni decimali, Bologne, 1803 Ouvrage composé par ordre et imprimé aux frais du gouvernement. 5° Discor: o sopra l'eliminazione d'ana incognila da due equazioni, ibid., 4817 6° Plusieurs mémoires dans le recueil de la société des sciences et de l'Institut d'Italie. On en trouve les titres ainsi, que de ceux, en plus grand nombre, qui sont restés inédits, à la suite de l'éloge de Canter- zani par le marquis de Landi, t. 9 desIffemorie della soc. italiana fisica, 141-171, précédé de son portrait gravé par Narchi, On peut encore consulter l'éloge de Canterzani, en latin, par le professeur Schiassi, Bologne, 1819
  • Sébastien CASTALION( 1515 - 1563) : naquit en 1515, dans les montagnes du Dauphiné, de parents pauvres. Son nom de famille était CHATEILLON, qu'il prend à la tète de sa Bible française ; mais il avait trouvé trèspiquant, dans sa jeunesse, de le latiniser en celui de Castalion, par allusion à la fontaine de Castalie, consacrée aux Muses. Dans un voyage qu'il lit en 1540 à Strasbourg, il se lia d'amitié avec Calvin , qui lui procura une chaire d'humanités au collége de Genève. Ils ne tardèrent pas à se brouiller. La querelle commença par une dispute sur le Cantique des cantiques, que Castalion voulait faire proscrire du canon des Écritures, à cause du ton profane et peu décent qu'il reprochait à ce livre. Cette dispute s'anima par ses sentiments mitigés sur les matières de la prédes- tination et de la grâce, entièrement opposés au sys- tème théologique du zélé réformateur, dont il condamna surtout les opinions sombres et désespérantes sur les décrets éternels et absolus. Alors il fit une triste épreuve du caractère intolérant de son ancien ami, qui obtint sa destitution de la chaire de pro- fesseur et son bannissement de la ville, en 1514. Castalion se retira à Bâle, où il fut bien accueilli des magistrats, qui le nommèrent à une chaire de grec. L'apôtre de Genève l'y poursuivit, et tenta inutilement de lui faire perdre cette place. Théodore de Bèze, qui épousait toutes les passions de Calvin, partagea son animosité contre Castalion , devenu d'ailleurs son rival dans la traduction de l'Écriture sainte; ce qui produisit entre eux une guerre de plume assez vive. Le malheureux Castalion acheva de s'aliéner ces deux terribles adversaires, en adop- tant, sur la punition des hérétiques, un système de tolérance absolument opposé à celui qu'ils s'étaient vus contraints d'embrasser pour justifier le supplice de Servet. Il n'opposa à leurs procédés violents, à leurs injures grossières, qu'une apologie pleine de raison. « Il faut demeurer d'accord, dit Bayle à ce « sujet, que Castalion, hérétique tant qu'il ,vous « plaira, donnait de plus beaux exemples de modé-« ration dans ses écrits, que les orthodoxes qui latta-(( quaient. s C'était, du reste, un homme simple et sans ostentation. On peut l'attaquer sur son orthodoxie ; car, en suivant le grand principe de la ré—forme, il se laissa entraîner dans le socinianisme ; mais on n'osa jamais inculper sa vertu. La misère ne cessa de le poursuivre ; il fut toujours aux expédients pour faire subsister sa nombreuse famille. Après avoir donné le matin à l'étude, il se voyait réduit le reste de la journée à cultiver son champ de ses propres mains. C'est dans ce triste état qu'il mourut à Bâle, le 29 décembre 1565, de la peste qui ravageait cette ville. Son principal ouvrage est une version latine de la Bible, dont la première édition est de 1551, et la plus estimée de 1573, tou— tes les deux imprimées à Bâle. On lui reproche d'a- voir porté atteinte à la majesté des livres saints, par une affectation de latinité et d'éloquence, par des tournures et des expressions profanes et recher—chées, qui en font disparaitre la noble simplicité; enfin, par une hardiesse de traduction qui en altère l'exactitude. Quoi de plus ridicule, par exemple, que de traduire angelus par genius, baplismus par lotio, ecclesia par respubliea, etc. ; de vouloir faire parler aux écrivains sacrés le langage de Cicéron, et mémé de leur faire soupirer quelquefois les tendres vers d'Ovide ? C'est le Berruyer de son siècle. Il se corrigea en partie de ce défaut dans les dernières éditions. Ses notes, qui comportaient plus de liberté, sont d'un style pur, clair, et contiennent de bonnes remarques critiques; elles prouvent cependant qu'il était plus savant dans le grec que dans l'hébreu. Sa version française n'est pas moins ridicule que la latine ; mais c'est par un défaut contraire; il était tout hérissé d'hébreu, de grec, de latin, et il avait presque ou—blié sa langue maternelle quand il l'entreprit ; de là ces expressions triviales, le rogné pour le circon- cis, la miséricorde fait la figue au jugement, pour super exaltai misericordia judicium, et autres du même genre , qui ont fait dire à Henri Estienne qu'il parlait le jargon des gueux. Cette version pa- rut à Bàle en 1555 Les autres ouvrages de Castalion sont : I° de. licereticis, quid sit mn eis agendum variorum Sente. 'rake, Magdebourg, 1554 « Livre, dit Senebier, que la charité scella de « son sceau, et que la charité chrétienne défendait « d'attaquer. » La charité ne retint pas Théodore de Bèze, qui entreprit de le réfuter dans son traité de Hoereticis u civili magistratu puniendis. L'ouvrage de Castalion est une collection de divers opuscules, auxquels il ne fit que mettre une préface, sous le nom de Nartinus Bellius. 2° Colloquia sacra, Bâle, 1545 , souvent réimprimés avec. des corrections et des augmentations. C'est un abrégé de l'Ecriture sainte réduit en dialogues. Les règles du discours y sont bien observées, et il y règne une grande naïveté ; mais le ton trop familier n'en répond pas toujours à la dignité des sujets, et au respect convenable pour les vérités sacrées. On désirerait que l'auteur n'eût point défiguré les noms propres ; qu'il se fût abstenu d'y répandre une certaine teinte de socinianisme ; mais on y trouve sur les ouvrages anciens des lumières qui ne s'acquièrent qu'après beaucoup de lecture. On a depuis retranché de cet ouvrage tout ce qui était contraire à la religion catholique, et on l'a publié sous ce titre Colloquia sacra, ad linguam simul et mores puero- rum formandos, Paris, 1748, petit De Imi- tando Christo, Bâle, 1565 C'est l'Imitation de Jésus- Christ mise en latin élégant, où il a fait quelques changements d'après une édition allemande, et dont il a supprimé le 4. livre. Cette espèce de traduction fut réimprimée en 1707, à Francfort avec une préface curieuse de l'éditeur sur l'auteur et les versions de l'ouvrage. 4° Moses / atinus, Bâle, 1546 où il se déclare contre la peine de mort infligée aux criminels. 5° Bern. Ochi ni Dialogi 30,in duos libros divisi, quo- rum primus de illessia, secundus de Trinitate, latine versi, Bâle, 1563,.9. vol. Cette traduction ne contribua pas peu à donner de fâcheuses idées sur son orthodoxie. Les uns prétendent qu'elle a été faite sur l'édition originale italienne, les autres sur le manuscrit d'Ochin, le livre n'ayant jamais été imprimé en italien. 6° Theologia Germanica, dont il publia aussi une version française avec ce titre Traité du vieil et nouvel homme, sous le nom de Jean Théophile. Cet ouvrage, qui respire beaucoup de fanatisme, le fit passer pour un fauteur des anabaptistes. 7° Un pense grec sur la vie de St. JeanBaptiste, un poëme latin qui est une paraphrase du prophète Jonas, et d'autres poésies. 8° Des dialogues latins sur la prédestination, l'élection, le libre arbitre et la foi, avec une préface de Fauste Socin, déguisé sous le nom de Felix Turpio, Bâle, 1578 quoique datée d'Aresdorff. Castalion a donné une édition grecque de Xénophon , Bâle, 1540 une traduction latine d'Homère, dans les éditions de Bàle, 1561 et 4567 et plusieurs autres tra- ductions latines et françaises, en prose et en vers. Il a laissé en manuscrit un Systema theologicum, dont Crains fait un grand éloge
  • Sébastien COLLIN ou COLIN : médecin de FontenaileConite, où il vivait en 1556, pablia sous le nom de Liset Benancios, anagrammede Sébastien Colin, un livre intitulé : Déclaration des abus el tromperies des apothicaires, Tours, 1553 où il prouve qu'on impute souvent à tort aux médecins les tantes commises par les apothicaires. Pierre Ltraillier, apothicaire à Lyon, publia de son côté une Déclarationdes abus et ignorance des méde- cins On a encore de Collin :1' le Onzième livre d'A- lexandre Trallien sur tes gouttes, traduit du grec, et la Pratique et méthode de guérir les gouttes, traduit du latin de Gaynier, avec des augmentations sui. h cure de cette maladie, Poitiers, 1556;20 Traité de/ peste, traduit du grec de Trallien, avec un Abrég' des causes et remèdes de la peste et un Traité du ré- gime de vivre, Poitiers, 1566 ; 3° l'Ordre et Bégiep, ' pour la cure des fièvres, avec les causes et remèdes de fièvres pestilentielles, Potiers, 1558, iii-8u. Eloy d[, que t'est une traduction de l'ouvrage de Rhazes (L, Pestilentia
  • Sébastien CHERRIER( 1699) : chanoine régulier, curé de Neuville et de Pierrelitte au diocèse de Toul, né à Metz, le 11 niai 1619, a beaucoup travaillé pour l'instruction de l'enfance , et principalement sur la manière de lui ar? endre à lire. Voici la liste de ses ouvrages :1. Méthode familière pour les petites écoles, contenant les devoirs des maîtres et des maitresses d'école, avec la manière de bien instruire; on y a joint tin traité de la prononciation el de l'orthographe française, 'Joui, 17i9 2° Méthodes nouvelles pour apprendre à lire aisément et en peu de temps , mémo par manière de jeu et d'amusement , aussi instructives pour les waitres que commodes aux pères et mères, et faciles aux enfants, avec les moyens de remédier à plusieurs équivoques et bizarreries de l'orthographe française, Paris, 1755 Cet ouvrage, qui est sans contredit le meilleur de l'auteur, contient un examen critique des diverses méthodes mécaniques inventées pour apprendre à lire et à écrire , jusqu'à l'époque où il écrivait luimème. La méi?e année, il en lit imprimer séparément les alphabets, sous le titre d'Alphabets latins et fiançais extraits des méthodes nouvelles enfin l'ouvrage a été réimprimé en entier, avec le titre de Manuel des maures et mai- tresses d'école , et Grammaire française tirée des meilleurs auteursHistoire et pral; 'que de la clôture des religieuses, selon l'esprit de VEglise et la jurisprudence de France, Paris, 176i, in -12. 4° Equivoques et Bizarreries de l'orlhographe française, Paris, 1766, ouvrage utile, niais qui aurait pu étre plus approfondi. — Il ne faut pas confondre cet auteur avec l'abbé Claude CHEnRIER, censeur de la police , mort en juillet 1758, et connu pour ètre l'auteur du Polissoniana, ou Recueil de turlupinades, quolibets, rébus, jeux de mots, etc., Amsterdam, 1722, nouvelle édition, 1725 Cet ouvrage est un recueil de rébus, de calembours, et non de plaisanteries indécentes ou ordurières, comme le titre semblerait l'indiquer; cependant l'abbé Cherrier n'y mit pas son nom, et munie , par la suite , il signait ses approbations du nom de Passant. On lui attribue encore l'homme inconnu, ou les Equivoques de la langue , dédié à Kacha Bilboquet , Dijon , 1715 réimprimé à la suite du Po/issoniana
  • Sébastien CONCA( 1679) : peintre de l'école napolitaine, naquit à Gaète, en 1679, d'une honnête famille, qui l'appliqua d'abord à l'étude des belleslettres ; mais ayant montré du goùt pour le dessin, il fut envoyé à Naples et confié aux soins du célèbre François Solimène, sous la direction duquel on le Vit faire en peu de temps des progrès rapides. A l'àge de dix - huit ans, il annonça, par ses pre- miers ouvrages d'invention, ce qu'on pouvait atten- die de lui. Il lit voir, pendant l'espace de seize années, par un nombre considérable de tableaux, tant à fresque qu'à l'huile, combien il avait su profiter des leçons de Solimène, qui n'eut pas de plus fidèle imitateur. Voulant. se perfectionner par la vue des chefsd'oeuvre anciens et modernes, Conca se rendit à Rome. L'étude des ouvrages de MichelAnge et de Raphaël fortifia en lui le goùt du dessin, sans apporter aucun changement à sa manière de peindre. Les Romains, en qui une longue habitude du beau semblait avoir affaibli le sentiment du beau même, admirèrent aussi les ouvrages de Conca , seulement parce qu'ils ne ressemblaient point à ceux qu'ils avaient admirés jusqu'alors. Cet artiste, gàté par les éloges de ses contemporains, sacrifia au désir de leur plaire l'ambition de plaire aux générations futures. Plein d'ardeur pour le travail, ii établit dans sa maison une académie, où tous les jours il posait un modèle, et donnait à ses élèves nonseulement de savantes leçons , mais encore l'exemple de l'application et de l'assiduité. Clément XI le choisit pour exécuter plusieurs grands tableaux, tant à fresque qu'à l'huile, dans l'église de StClément que ce pontife faisait orner. Le succès de cet ouvrage lui procura toutes les grandes entreprises qui se firent à Rome de son temps. Sa renommée ne resta pas bornée à l'Italie, et les étrangers disputèrent aux Italiens l'avantage d'exercer son pinceau. Il entendait bien les grandes compositions et les distribuait avec sagesse , il dessinait bien, avait un beau pinceau, une passable intelligence du clairobscur et de l'art de draper ; mais, pour vouloir être agréable, il tombait dans le joli, et n'était que mesquin. On voit qu'il a cherché le grand : cependant son talent, naturellement petit, s'est rarement élevé jusquelà. Son coloris a la prétention d'être brillant, mais il est trop maniéré. Conca parut un grand artiste, parce que l'art était luimême dans sa décadence, et il ne fit qu'en accélérer la ruine à Rome. 11 apporta dans cette ville,
  • Sébastien CORRADO : humaniste du 16e siècle, était né au château d'Arceto, dans le duché de Modène, et non à Reggio en Lombardie comme quelquesuns l'ont dit par erreur. Il étudia à Venise, sous Baptiste Egnazio, célèbre professeurde belleslettres, et conserva toute sa vie le plus tendre souvenir des soins qu'il en avait reçue. Déjà, en 1524, il avait la réputation d'élégant écrivain, comme on le voit dans une lettre que le Bembo lui écrivait en louant deux de ses Elégies latines. Cette même lettre nous apprend qu'il était prêtre, et qu'il passait pour trèssavant dans le grec et le latin. Le duc d'Urbin l'appela à Pesaro, en 1538, pour y être l'instituteur de son fils Jules, qui n'avait que cinq ans; mais on a lieu de croire qu'il n'accepta pas cet emploi ; car on sait qu'en 1540, il alla professer l'éloquence grecque et latine à Reggio. 11 contribua à y établir l'académie des Acesi , l'une des plus brillantes de cette époque, et de celles qui contribuèrent le plus à répandre le goût de la littérature et de l'antiquité. 11 en fut un des premiers membres, sous le nom de Fidèle. Son ambition le porta à désirer d'être professeur à Ferrare, mais ses voeux ne purent être remplis. 11 en fut bien dédommagé par sa nomination à la chaire de grec et de latin de l'université de Bologne, en 1545 . 11 y professa avec tant de succès, que le sénat de Venise voulut l'avoir, et que le pape vint interposer sa médiation pour qu'il ne quittât pas Bologne, dont les citoyens étaient extrêmement jaloux de le retenir. 11 continua d'y enseigner jusqu'en I 555, qu'il retourna à Reggio, où il mourut le 19 août 1556. On a de lui les ouvrages suivants : 1° In Marco Tullio Cicerone quoestura, Venise, 1537 de 52 feuillets, trèsrare. Le titre de cet ouvrage est difficile à comprendre, et on ne doit pas être surpris que les personnes qui en ont parlé sans le connaître aient cru que Corrado y faisait l'histoire de la questure de Cicéron. Par le mot qucestura, il entend une recherche exacte, et son livre est effectivement le recueil de celles qu'il . avait faites pour expliquer différents passages de son auteur favori. La forme de l'ouvrage n'est pas moins singtilière que le titre : c'est un dialogue. Les interlocuteurs sont Eg,nazio, Piério Valériano, et Corrado luimème. Celuici leur fait part du résultat de ses études, dans la forme où les questeurs rendaient compte de leur gestion aux consuls, et les premiers approuvent son travail par la formule usitée en pareil cas. Cette allégorie est froide et bizarre ; mais le style de Corrado est pur, etses remarques sont intéressantes . 2° Egnatius sive qucestura, Bologne, 1555 Bâle, 1556 Leyde, par les soins de Jac. Gronovius, 1667 jolie édition, mais fautive ; et avec l'ouvrage précédent, par les soins d'Ernesti, Leipzig, 1754 Ce nouvel ouvrage, qui n'est point, comme on serait tenté de le croire, une répétition du premier, mais qui y fait suite, contient des observations sur la vie de Cicéron, de son fils, de son frère et de son neveu. Les meilleurs critiques en ont re La délibération, qui est du 28 novembre, nous a été conservée : on y voit que les suffrages se donnaient avec des fèves, qu'il fut élu à l'unanimité, etc. Emden D. Sebastianum per fabas albas aulnes XXIX eonditxerunt ad lectiiram Une chose digue de remarque, c'est que cet ouvrage, quoiqu'imprimé, a été ignoré pendant longtemps; Ernesti luimême ne le connaissait pas quand Ruhnlienius lui en prêta us exemplaire, d'après lequel Ernesti l'a fait réimprimer à Leipzig, 1754 , Le P. Nicéron, qui n'avait pas vu l'édition de 1857, a regardé comme une erreur l'indication qu'on en trouve dans Simler et dans Lipenius. Nicéron confond ainsi cet ouvrage avec le suivant. commandé la lecture aux personnes qui font une étude particulière des oeuvres du plus parfait des orateurs. On a encore de Corrado des éditions du Brutus de Cicéron, Florence, 1552 ; des Epistolce ad familiares, Bàle, 1540, Paris, 1556 ; des Lettres à Atticus, Venise, 1544 ; de ValèreMaxime, Venise, 1545 toutes avec des commentaires et des notes ; un Coinnzentaire sur le premier livre de 1 'Énéide, Florence, 1555, 8° ; une Vie de Virgile, imprimée dans l'édition de Taubmann, 1618 et enfin six Opuscules pseudonymes de Platon, traduits en latin , et imprimés avec les oeuvres de ce philosophe, traduites par Ma•cile Ficin
  • Sébastien CRAMOISY : imprimeur de Paris en 1585, fut échevin, administrateur des hôpitaux, et. enfin le premier directeur de l'imprimerie qui venait d'être établie au Louvre par Louis X111 en 1640. 11 dut les premières places à sa probité, et la dernière à ses talents, « quoique, dit Baillet, « ses éditions n'eussent ni l'exactitude, ni la beauté « de celles qui étaient sorties des boutiques des « Étienne, des Manuce, des Plantin, et des Fru- « ben. » Parmi les éditions sorties de ses presses avant qu'il fût directeur de l'imprimerie royale, on distingue : 1° Nicephori historia, cecle siasticœ libri 18, etc., 1630, 2 vol. la seule édition estimée de cet auteur ; 2° les derniers volumes de l'édition des œuvres de St. Jean Chrysos- tome, grec et latin, de la traduction de Fronton le Duc, 1609-1624, 6 vol. : les premiers étaient sortis des presses de Claude Morel et d'Anloin Étienne ; 3° Historice Francorum scriptores de Duchesne, 1636 et suiv., 5 vol. etc. . Sébastien Cramoisy mourut en janvier 1669. On le considérait comme le chef de la société du Grand- Navire, c'est-àdire des libraires de Paris. « Le catalogue de ses éditions a été im- « primé plus d'une fois, dit Baillet, tant par lui « que par son petitfils, qui lui a succédé dans la « direction de l'imprimerie nationale. » Ce petitfils de Sébastien, s'acquittant mal de son emploi, fut remplacé en 1701 .— Claude CRAMOISY, frère de Sébastien, dirigea sous lui en second l'imprimerie nationale. Il mourut en 1661. — Gabriel CRAMOISY, leur frère, fut aussi imprimeur. Le plus considérable des ouvrages sortis de ses presses est, dit Fontenay, le Traité des droits des libertés de l'Église gallicane, et des preuves des libertés de cette même Église, 4 vol. A l'occasion de ce livre, quelques prélats s'assemblèrent à SteGene- viève, et dressèrent un écrit contre l'imprimeur, mais ils étaient sans mission. Cependant Gabriel, pour se mettre à l'abri de tout reproche, réimprima les preuves à part, avec privilège du roi 1651, 2 vol. — CRAMOISY , sans doute de la même famille, était imprimeur à Paris dès 1655. M. Née de La Rochelle le qualifie de traducteur et éditeur. C'est à lui que l'on doit la traduction de l'Harmonie ou Concorde évangélique contenant la Vie de J.- C., selon les quatre évangélistes, suivant la méthode et les notes de Nicolas Toinard, '1716
  • Sébastien EDZARDI( 1673 - 1736) : fils du précédent , naquit en 1673 à Hambourg, voyagea à 18 ans en Hollande et en Angleterre; de là il alla à Wittenberg , ? où il fut nommé illagister en 1695 , adjoint à la faculté de philos.ophie en 1696, et enfin professeur de logique et de métaphysique au gymnase de Hambourg en 1699. Après la mort de son père , il entreprit aussi de convertir à la religion luthérienne les juifs qui abondaient à Hambourg. Mais comme il n'y mit pas le même zèle , il n'eut pas les mêmes succès. 11 ne possédait pas les langues orientales aussi bien que son père, mais il avait des connaissances beaucoup plus étendues. Il faisait son bonheur des discussions polémiques; du reste, il y apportait des sentiments d'aigreur et de colère qui le rendirent grossier et caustique. On a de lui plusieurs écrits de ce genre, en allemand et en latin , contre Leclerc, Breithaupt , Weissmann , et surtout contre les calvinistes. On en peut trouver le catalogue dans le Dictionnaire des Savants de Thiessen à Hambourg, t. I , p. 148. Cinq de ses productions ont été brûlées à Berlin en 1705 par la main du bourreau. Il mourut à Hambourg le 10 juin 1736, âgé de 63 ans
  • Sébastien ERARD( 1752) : célèbre facteur d'instruments de musique, naquit à Strasbourg le 5 avril 175'2. Il était le quatrième enfant de LouisAntoine Erard , fabricant de meubles , qui ne s'était marié qu'à soixantequatre ans. A l'âge de treize ans, Sébastien manifesta un caractère entreprenant ; il monta au sommet du clocher de la cathédrale de Strasbourg, et s'assit sur la croix. Dès l'âge de huit ans, il avait étudié l'architecture, la perspective et le dessin linéaire ; il y joignit un cours de géométrie pratique. Cette première éducation le servit dans tous ses travaux, et lui facilita les découvertes qui l'ont rendu célèbre. Il y acquit surtout une grande aptitude à exprimer ses idées par le dessin ; ce qui lui épargna bien des dépenses inutiles. En 1768, il vint à Paris, et se plaça chez un facteur de clavecins , dont il excita la jalousie par sa supériorité. Sa réputation date de son clavecin mécanique , chefd'oeuvre d'invention et de facture, dont on trouve la description détaillée dans l'Almanach musical de 1776. C'est dans l'hôtel de Villeroy qu'il construisit son premier piano. Il fut entendu , dans le salon de la duchesse de Villeroy , par tout ce que la capitale renfermait d'amateurs et d'artistes distingués. Vers cette époque, son frère J.B. Erard vint partager ses travaux. Malgré les persécutions suscitées par un luthier de Paris, les deux frères eurent beaucoup de succès par leurs pianos à deux cordes et à cinq octaves , tels qu'on les faisait alors. Sébastien , bientôt après, imagina le piano organisé avec deux claviers, l'un pour le piano , l'autre pour l'orgue. 11 en fit un pour la reine MarieAntoinette, dont la voix avait peu d'étendue. En conséquence, il ima- na de rendre mobile le clavier de l'instrument , pour opérer la transposition d'un demiton , d'un 'ton ou d'un ton et demi. La harpe réclamait aussi Il des perfectionnements ; lirumpholtz par ses compositions, et sa femme par son exécution, avaient mis cet instrument à la mode. Les harpes à crûchsts présentaient de grands inconvénients; l'iliumpholtz engagea Erard à chercher les moyens de les faire disparaître. Il s'en occupait, quand Beaumarchais l'en détourna par la raison qu'on ne pouvait trouver rien de mieux que ce que l'on connaissait. On sait que Beaumarchais étaitluimême harpiste et mécanicien. C'était en 1789., époque où la révolution éclata : Erard partit pour l'Angleterre, et y resta plusieurs années, pendant lesquelles il remplit ses magasins d'instruments dont voici la conclusion : « La nouvelle harpe de M. Erard nous parait « réunir ait mérite d'un mécanisme fort ingénieux,et ti qui remplit trèsbien son objet, celui d'augmen- t ter considérablement les propriétés musicales de « cet instrument , puisque , sans double emploi , « elle renferme vingtsept gammes ou échelles k« diatoniques complètes , tandis qne l'ancienne F « n'en contenait que treize. » Après dix ans (le maladies douloureuses, causées par tant de travaux, et par les contrariétés inséparables de leurs succès, Erard se fit opérer de la pierre, au moyen de la lithotritie, par le docteur Civiale. Dès qu'il fut rétabli , il parvint à finir le grand orgue expressif qu'il a construit pour la chapelle des Tuileries : c'est un modèle de perfection , sous le rapport de l'invention et de la facture. En 1830 , la pierre se manifesta de nouveau avec une inflammation des reins ; et il cessa de vivre , le 5 août 1831 , à sa maison de campagne de la Muette, à Passy. On a imprimé dans la même année , sur Erard, une Notice historique
  • Sébastien ERIZZO( 1525 - 1585) : en latin Ericius ore Echinus , antiquaire, philosophe et savant littérateur italien, naquit à Venise, le 19 juin 15?,3; son père était sénateur et sa mère de la noble famille Contarini. Il fit ses études à Padoue, y acquit une connaissant,' parfaite des langues grecque et et latine, et se livra ensuite avec ardeur à l'étoile de la philosophie antique. De retour à Venise et devenu sénateur, il se distingua dans le conseil des Dix par la gravité de son caractère et de ses moeurs. Il continua de cultiver les lettres et la philosophie ; il prit aussi un goût trèsvif pour les antiquités, et particulièrement pour les médailles. n forma dans sa maison un musée curieuv qui après sa mort resta quelque temps à sa famille. fut ensuite acheté par un sénateur du nom de Tiepolo, et en-6n publié par le procurateur de StMarc , Loirenzo Tiepolo, avec de magnifiques gravures. Erizzo était doué d'une mémoire prodigieuse, ce qui rendait sa conversation aussi instructive qu'agréable. Il était excellent juge des ouvrages des autres et trèsmodeste sur les siens ; il en écrivit de différents genres, qui furent. tous publiés tk son vivant et sous ses yeux ; mais h plupart le furent par de savants éditeurs, tels que le Ruscelli et le Dolce, qui trouvaient sans doute leur compte à lui en épargner le soin. Il ?. trouvait aussi son propre compte ; car un éditeur peut, dans une préface ou dans une épître dédicatoire, dire de rom rage qu'il publie, et.même de l'auteur, ce que cet auteur ne pourrait pas dire luimême. Erizzo mourut âgé d'en% iron 60 ans, le 5 mars 1385. Les ouvrages qu'on a de lui sont : 1° Traitai dell'istrumerda e via inventrice de gli antihi, publié par Ruscelli, Venise, 1:i:d 2° Discorso de i Governi civili, a messe,- Girolamn Veniero, imprimé la première fois avec le Traité de Barthelemi Cavalcanti, sur les meilleurs gouvernements des républiques anciennes et modernes, Venise, Sansovino, 1553 ; ensuite par un autre imprimeur, ibid., 1571 et avec d'autres traités de différents auteurs sur la même matière, Venise, chez les Alile, 139 • : il en a été fait depuis plusieurs éditions; 3' Di della ratura del niondo, Dia- logo di Platane tradotto di lingua areca in italiana da Mes. Sebastiano Erizzo, e ; la! niedesimo di molle utili annntazioni illostrato, Venise, 1558. ou, selon Apostolo Zeno, 15:?7 Le ftuacelli, éditeur de cette traduction, l'a dédiée à l'é%èque de Brescia, avec une longue et savante lettre après lui en avoir vanté le mérite, et surtout celui des notes dont elle est accompagnée, il prend soin de l'instruire que l'Erizzo est un des sept savants qui se sont chargés de traduire en italien toutes les 444:livres de Platon. 6° En envi, il traduisit encore quatre autres dialogues qu'il publia luimême avec le Timée, environ seize ans après, sous ce titre : I Dialoghi di Platane intitolati : tEutifrone, overo Della c- inità; l'Apologia di Socrate ; il Critone, o di quel che s'ha offare ; il Fedone, odql'immortalitit d'Iran ima ; il Timeo, etc. , di malte uttli annota illustrati. con vin Cousent, supra il Feione. Venise, 1574 8°. Parlant cette f lis en son nom dans sort avertissement au lecteur, il n'a pu s'y louer ; mais il v fait un magnifique éloge& Platon, dont on voit, et parle soin qu'il avait mis à le traduire, et par les notes et les commentaires où il explique sa doctrine, qu'il était grand admirateur. En traduisant Platon, il travailla sur le texte méme, quoiqu'il y en eût une traduction latine de Marsile Ficin, qui avait beaucoup de réputation. Il parait qu'il savait mieux le grec que Marsite; il le redresse et le corrige souvent : il nous en avertit par des notes marginales, tantôt en citant simplement le mot grec, tantôt en ajoutant : Marsilio varia, Marsilio manca, Marsilio erra : Marsile change le texte, 1Iarsile manque, Marsile se trompe. Quelquefois il observe que le texte est corrompu, et il propose de meilleures leçons. Son Commentaire sur le Phédon, plus long que le Phédon même, prouve qu'il connaissait à fond les dogmes du platonisme et les ouvrages des platoniciens. 7° Le sei Giornate di messer Sebastiano Erizzo, mandate in luce da messer Lodovico Dolce, Venise, 1567 C'est un recueil de Nouvelles, mais de nouvelles tolites morales, qui contiennent, comme il est dit en tête du Noeud° ou prologue, « sous la « forme de divers événements heureux et milieu- « reux, de nobles et utiles leçons de philosophie « morale. » L'éditeur Dolce, à qui l'Erizzo en avait fait présent, nous apprend, en l'apprenant au prince Frédéric de Gonzague dans son Epître dédicatoire, que l'auteur avait écrit ces nouvelles, ou plutôt ces événements, lorsqu'il étudiait encore clans l'université de Padoué, pour se délasser de ses autres travaux, et pour faire cependant quelque chose d'utile et qui fût digne de ; qu'il leur a donné ce titre d'Événements, Avuenimenti, pour les distinguer des nouvelles qui présentent trop souvent, avec des choses graves et instructives, d'autres qui sont moins propres à instruire qu'à corrompre les moeurs. Six jeunes amis, étudiants dans cette université, se réunissent pendant six journées pour se faire les uns aux autres des récits propres à les détourner du vice et à les porter à la vertu. Telle est la fable de cet Hexamtron; il ressemble, uutarrt que l'a pu le jaune auteur, au Decameron de Boccace, par le style, les formes et les tours qu'il se propose d'imiter, et qu'en effet ii imite trèsheureusement; mais on voit qu'il en diffère_ beaucoup par l'intention et par le but moral. Les Six Journées ont été réimprimées en 1794, avec le plus grand succès, et font partie de la précieuse collection donnée à Livourne, sous le titre de Londres, par le savant éditeur Caetano Poggiati
  • Sébastien FAUSTO( 1500) : savant italien , surnommé da Longiano, d'une petite ville de la Romagne, où il naquit de parents obscurs vers le commencement du 16' siècle , passa ses premières années dans sa patrie. On ignore le lieu où il fit ses études et les détails de sa jeunesse. 11 était en 1552 attaché au comte Gui Rangone de Modène, généreux protecteur des lettres; il le fut ensuite au comte Claude de la même famille, et fut chargé de l'éducation de son fils. Ou ne peut le suivre en quelque sorte dans ses nombreux déplacements, qu'au 1 i La première médaille de Julia Paula que cite l'abbé Belley dans sa dissertation , porte la date de l'an 3 du règne d'Elagabale. Nous en possédons une qui est inédite , avec la date de l'an 2 ; ce qui pourrait faire remonter de quelques mois l'époque du mariage de cette princesse, telle qu'elle est fixée par l'abbé Belley. Voyez Mémoire de l'Académie des inscriptions et belles- lettres , Histoire, t. 42, p. 60. moyen des dédicaces et des préfaces de ses ouvrages ; on le voit en 1544 auprès du marquis Jérôme Pallavicino; en 1556 à Vicence, où il fut reçu de l'Académie des Costanti; en 1558 à Ferrare ; on voit même qu'il entra dans un complot que firent cette annéelà les Espagnols pour s'emparer de cette ville. II était en 1559 à la petite cour du seigneur de Piombino. Peu de temps auparavant , il était passé dans l'île de Corse, d'où il trtait revenu à Gènes, chargé par le gouverneur d'annoncer qu'en dix jours il avait délivré Bastia, qui était assiégé par les Français. Quand EmmanuelPhilibert , duc de Savoie, eut recouvré ses États, Fausto fut appelé à sa cour en 156t). L'année précise de sa mort est inconnue , comme celle de sa naissance. Malgré les bizarreries de son caractère et un excès d'amourpropre qu'il prenait peu le soin de cacher, il était lié avec plusieurs hommes célèbres de son temps. Il le fut surtout avec Pierre Arétin , qu'il était digne, par ces défauts mêmes, d'avoir pour ami. On trouve cinq de ses lettres parmi celles de différents auteurs à l'Arétin. Il s'y vante luimême avec une franchise ridicule; mais il y vante aussi excessivement son ami. Il lui dit, entre autres choses, qu'il avait un frère, moine et prédicateur, lequel avait déclaré à la fin d'un de ses sermons que si la nature et Dieu voulaient réformer la race humaine , ils ne pouvaient rien faire de mieux que de produire plusieurs Pierre Arétin. Fausto a laissé un assez grand nombre d'ouvrages; les plus estimés sont des traductions : 1' Dioscoride facto di Greco in italiano, Venise , 1542 , i n-8°. A la fin de cette traduction de Dioscoride, Fausto a mis celle du petit traité de Paul Éginète sur les poids et les mesures; 2. Epistole dette le famigliari di Marco Tullio Cicerone, Venise , 1541; 1555 3. Le orazioni di Marco Tullio Cicerone di latine latte e divise per li generi in giudiciali berative c dimostrative , Venise, 1556, 3 vol. D'autres auteurs , tels qu'Octavien 'tara , Sébastien Cavallo, etc., contribuèrent à cette traduction; celle des Phifippiquos, contre MarcAntoine, est toute de Fausto , et forme un des trois volumes dont on trouve des exemplaires à part. Il avait puisé dans Cicéron même les règles de l'art de traduire, qu'il publia sous la forme du dialogue ; 4° Dialogo ciel modo de lo tradurre d' una in dira lingues, se- rondo le regole mostrate da Cicerone, Venise, 1556 Plusieurs de ces ouvrages donnèrent lieu à des querelles littéraires ou à des accusations de plagiat et d'imposture; 5° son traité intitulé : Il Duello regolato aile leggi dell' onore , Venise , 1552 lui attira une critique amère, intitulée : la Faustina, de la part du Muzio, qui avait aussi écrit sur le duel; Fausto y opposa une De fesse, et cette guerre se prolongea pendant plusieurs années; 6° il publia en italien , Venise , 1513 une traduction de la Sforciade, ou de l'Histoire du duc de Milan, François Sforce, écrite en latin par Simonetta , frère du célèbre ministre de ce duc; et n'ayant point nominé dans son titre l'auteur latin, on l'accusa d'avoir donné cette traduction comme un ouvrage original. Apostolo Zeno a fort bien répondu, dans ses notes sur Fontanini , que si le nom de Simonetta n'est pas au titre du livre, il est dans le privilége du sénat accordé à l'imprimeur . Il pouvait ajouter qu'une première traduction de la mème histoire avait été faite et publiée par Landino plus de cinquante ans auparavant, Milan , 1400 ce qui rend l'accusation de plagiat tout à fait absurde ; Faust donna sous le nom de son véritable auteur une vie du fameux tyran de la Romagne, Ezzelino : Vita è gesti di Ezz, elino III da Romano, di Pietro Gerardo padovano suo contemporaneo, Venise, 1 1 ; et l'on prétendit que ce nom d'auteur était supposé, et que Fausto n'avait publié sous cc voile que la traduction d'une vieille chronique latine. Apostolo Zeno vient encore ici à son secours, avec un ancien manuscrit de cette vie, lequel porte en tète et à la lin le nom de Pietro Gerardo , qui se déclare auteur de l'ouvrage et contemporain d'Ezzclino. Fausto n'avait fait qu'en réformer le style et le purger des expressions lombardes dont il était rempli. Il en publia une seconde édition , avec de nouvelles corrections et mème plusieurs additions : In luoghi accresciuta dore mancava nella prima, Venise, 1552, 8° dans un Commen- taire sur Pétrarque, qu'il publia en 1532, Venise, on l'a accusé d'avoir mis à contribution celui de Gesualdo, tandis que ce dernier ne parut pour la première fois que l'année suivante , Venise , 1555, 9° on a encore du mème auteur un traité du mariage des anciens : Delle nozze, tratt« to in cui si leggono i i costumi , l'institua , le cerimoule e le solennitti di cliver- si populi antichi, Venise, 1554 un essai sur l'éducation du fils d'un prince, depuis l'âge de dix ans : IVino ogli anni della discrezione , Venise , 1542 et quelques autres écrits sur différents sujets
  • Sébastien FOX MORZILLO( 1528 - 1560) : né à Séville vers 1528, a été mis par Baillet au nombre des enfants célèbres, sans doute parce qu'il n'avait que dixneuf ans quand il publia un commentaire sur les Topiques de Cicéron. Occupé constamment des questions les plus difficiles de l'ancienne philosophie, il commenta à vingtcinq ans le Timée et le Phédon de Platon ; et deux ans après, en 1554, il fit paraître à Louvain un traité en cinq livres sur l'analogie des sentiments de Platon et d'Aristote. Boivin dit que « c'est peut-être ce qu'il y a « de plus solide et de mieux écrit sur cette ma« fière. » Cette opinion n'est pas celle de tous les critiques ; et il en est (lui ont jugé l'ouvrage de Morzillo avec moins de faveur. Boivin , qui parait avoir étudié avec soin l'histoire des querelles des platoniciens et des péripatéticiens, mérite peut-être plus de confiance. Au reste , il avoue luimême, que Morzillo n'avait pas traité ce sujet dans toute son étendue. Cet ouvrage est dédié à Philippe II. Le souverain , pour honorer les talents du jeune philosophe, le nomma précepteur de son fils, l'infant don Carlos. Morzillo périt malheu reusement dans un naufrage , en allant prendre possession de cette charge. Les biographes ont placé sa mort en l'année 1560. 11 n'avait alors que trentedeux ans
  • Sébastien FRANK( 1400) : visionnaire du 16e siècle, sur la vie duquel on a peu de données positives, quoiqu'il ait dans son temps excité l'attention du public ; mais comme il errait sans cesse d'un lieu à un autre, il n'est pas surprenant que l'on n'ait pu saisit' les particularités qui le concernent. Suivant son propre témoignage , il naquit à Douawerth, en Bavière , probablement dans les dernières années du 15e siècle. On ne sait pas quelle fut la condition de ses parents ; mais tout fait présumer que leur état était obscur , et comme ses ouvrages décèlent une grande ignorance des langues savantes, on doit supposer qu'il n'avait pas suivi un cours d'études régulier, et qu'il n'avait ni été promu aux ordres sacrés, ni exercé le ministère sacerdotal , ainsi que l'ont avancé quelques auteurs. Sans doute il était doué_d'une certaine facilité: c'est ce que prouvent ses nombreux ouvrages ; mais dépourvu de connaissances fondamentales, et guidé seulement par un vif désir de chercher dans les livres les lumières qui lui étaient nécessaires, il parait que ses lectures furent faites sans choix, car il n'en résulta qu'un mélange confus d'idées bizarres. Il commença à se faire connaître en 1528 par la traduction du livre d'Althammer, intitulé Diallage ; il vivait alors à Nuremberg ou clans les environs, 11 en fut chassé en 1531 avec d'autres visionnaires de son espèce , pour avoir publié son ouvrage De la science du bien et du mal. On y trouve la plupart des rêveries qu'il reproduisit par la suite. La chute d'Adam n'est, selon lui , qu'une allégorie , et l'arbre que la personne , la volonté, la science, la vie d'Adam : Adam doit n'en pas manger, n'en pas faire usage , et rester entièrement soumis à Dieu. 11 doit ne rien savoir, ne rien faire , ne pas parler; car Dieu sait, agit et parle en lui, afin que Dieu exerce sans obstacle sa puissance entière en sa personne. Frank déclame contre toute espèce de connaissance et même contre l'usage de la raison, auquel il attribue la chute d'Adam. Il demeura ensuite à Strasbourg, puis à Ulm, où était alors Schwenkfeld, avec qui il avait depuis plusieurs années formé une liaison étroite. Frank obtint à Ulm le droit (le bourgeoisie. La protection dont il jouissait dans cette ville lui inspira la hardiesse d'y faire paraître en 1535 ses Paradoxes, ouvrage dans lequel il développe encore plus ouvertement ses idées bizarres; ce qui lui attira des réponses trèsvives de la part de Luther et de Mélanchthon , et, sans la protection de quelques amis , l'eùt fait chasser d'Ulm à l'instant même : il n'en fut expulsé qu'en 1539 ; et, l'année suivante, ses erreurs furent formellement condamnées à l'assemblée de Smalkalde. On est tenté de croire que cet enthousiaste n'avait d'autre moyen d'existence que la composition de ses livres : au moins sa plume futelle trèsféconde jusqu'en 1545, époque vers laquelle on assure qu'il mourut. Un écrivain allemand a, dans ces derniers temps, parlé de Frank comme d'un homme à qui la langue allemande et la philosophie avaient de grandes obligations; mais ce jugement n'est nul, lement fondé. Frank a dans ses écrits autant blessé les lois de la grammaire que celles du bon sens et de l'exactitude. Bayle le qualifie d'anabaptiste : on ne peut pourtant pas (lire qu'il ait partagé les principes de cette secte, quoiqu'il ait pu adopter quelquesunes de ses rêveries. C'était un visionnaire du genre le plus matériel; il a mis en avant l'ancien système des émanations : « L'âme ,« humaine, ditil , n'est que l'imagination et le « sentiment ; il la regarde comme faisant immé« diatement partie de l'essence divine ; il l'appelle « l'esprit intérieur, la parole intérieure , le Christ « dans nous, lui soumet le jugement de la raison, « et rejette toute connaissance comme inutile et « nuisible. Dieu est essentiellement et réellement « présent dans tous les objets, soit animés , soit (‹ inanimés , qui se trouvent dans l'univers : de « sorte que tout est habité et vivifié par l'âme « universelle. » Cette opinion, renouvelée des anciens fit , vingt ans plus tard , traîner Servet au bûcher. Frank ne regarde le Sauveur du monde que comme un homme d'une piété éminente et extraordinaire. On a de ce visionnaire : 1. La traduction allemande du Diallage d' Althammer, 1528,
  • Sébastien GARNIER( 1500) : procureur du roi au bailliage de Blois, était né en cette ville au 16e siècle. Deux pemes épiques, la Henriade et la Loyssée n'avaient pu garantir son nom de l'oubli , et ses ouvrages, échappés mème aux recherches si minutieuses de l'abbé Goujet, paraissaient condamnés à une obscurité éternelle , lorsqu'on en publia une nouvelle édition à Paris, 1770 dans le dessein, diton , d'humilier Voltaire. S'il était possible de le croire, jamais la haine n'aurait été plus aveugle : car comment établir la supériorité d'ébauches informes et grossières sur l'un des chefsd'oeuvre d'un de nos plus grands poiles? La Henriade de Garnier est divisée en seize livres : les deux premiers furent imprimés à Blois, veuve Gomet , 1594 ; les huit derniers l'avaient été l'année précédente , chez le même imprimeur ; les six autres livres n'existent en manuscrit dans aucune de nos grandes bibliothèques , et on présume qu'ils sont perdus. L'auteur, dans une épitre à Henri IV, annonce que le désir seul de perpétuer le souvenir des grands événements dont il a été le témoin , l'a engagé à prendre la plume; que , sentant bien son insuffisance et la témérité de son entreprise, il a été tenté plusieurs fois de l'abandonner; mais qu'il n'a pu se résoudre à la laisser imparfaite. Il ajoute qu'ayant exécuté un si long ouvrage au préjudice de ses propres intérêts, il supplie le roi de lui faire sentir les effets de sa libéralité; ce qui lui facilitera la continuation de ses autres travaux. Vient ensuite une élégie également adressée au roi , dans laquelle, par un mélange tout à fait remarquable d'orgueil et de bassesse, il se compare à Virgile et sollicite une pension, promettant, s'il l'obtient, de composer des ouvrages qui effaceront tous ceux de l'antiquité. Suivent plusieurs pièces où l'auteur se donne à luimème de grandes louanges, et déclare à ses détracteurs qu'il les tient pleins d'ignorance s'ils ne montrent leur esprit par des productions supérieures aux siennes , ce qu'il croyait naïvement impossible. Le poème commence avec le siége de Paris, et finit à la destruction de la Ligue. La marche des événements est la même Sue dans l'histoire. Le style est rude , grossier, inégal et plein de fautes contre la versification ; il y a cependant des morceaux écrits avec chaleur, et d'autres qui supposent que l'auteur avait lu les poètes anciens. Les trois premiers livres de la Loyssée furent imprimés à Blois , veuve Cornet, 1593 Le sujet de ce poème est la conquête de l'Égypte par StLouis. Comme il n'a point été terminé, on en peut conclure que l'auteur n'avait pas reçu les encouragements auxquels il croyait avoir droit, et qu'il retourna à ses occupations. Cependant ses amis donnèrent encore plus de louanges à ce poème qu'à la Henriade; l'un d'eux va jusqu'à dire dans un sonnet, qu'Homère est jaloux de cet ouvrage qui, avec une lettre de plus, lui aurait ravi l'honneur de l'Odyssée. On voit que les jeux de mots ne sont pas d'une invention bien récente
  • Sébastien GERARDIN( 1751 - 1816) : naturaliste, naquit à Mirecourt le 9 mars 1751. Lors de la création des 1 écoles centrales, il fut nommé professeur d'histoire naturelle à celle du département des Vosges, et plus tard attaché au muséum d'histoire naturelle de Paris, où il mourut le 17 juillet 1816. Il était de l'Académie de Dijon et de plusieurs sociétés savantes. On a de lui : 10 Tableau élémeti- ib. taire de botanique , où l'on trouve les systèmes (le Tournefort, de Linné, et les familles naturelles de Jussieu, Paris, 1803 2° Tableau élémentaire d'ornithologie, ou Histoire naturelle des oiseaux que l'on rencontre communément en France, suivi d'un traité sur la manière de conserver leurs dépouilles pour en former des collections, Paris, 1805; ibid., 1822, 2 vol. avec atlas, grand Il y a des exemplaires de l'édition de 1803, avec un nouveau frontispice et la date de 1806. 3" Essai de physiologie végétale, accompagné de planches et tableaux méthodiques représentant ales trois systèmes de Tournefort, de Linné et de Jussieu, Paris, 1810, 2 vol. fig.; 4° Dictionnaire raisonné de botanique, publié, revu et augmenté par M. N.A. Desvaux , directeur du jardin botanique d'Angers, Paris, 1817; 2e édit., ibid., 1823, un fort vol. avec le portrait de l'auteur et une notice sur sa vie. C'est par erreur qu'on a dit dans cette notice qu'il était un des tcollaborateurs du Dictionnaire des sciences médi- cales ; on a voulu parler du Dictionnaire des . sciences naturelles, auquel il a fourni des articles .sur les mammifères et celui des becfins. Il a laissé manuscrits : 1° Les papillons de Lorraine ; 20 Abrégé de l'ornithologie de Buffon
  • Sébastien GHEZZI( 1500 - 1650) : architecte, peintreaet sculpteur, né dans le 16 siècle à la Communanza, territoire d'Ascoli , fut l'un des meilleurs élèves du Guerchin. Ses talents comme architecte lui méritèrent la confiance du pape Urbain VIII, qui l'honora du titre d'inspecteur des fortifications de l'État pontifical. Il mourut vers 1650. Plusieurs tableaux de cet artiste se voient encore dans les églises d'Ascoli. Son St- François aux Augustins de Monsammartino passe pour son chefd'œuvre. - GlIEZZI , son fils, né en 1634 , reçut à la maison paternelle les premières leçons de pe turc. Plus tard il suivit à Fermo des cours de philosophie et de jurisprudence, et fréquenta dans le même temps l'école de Lorenzino , premier peintre de cette ville. Venu à Rome, incertain de la carrière qu'il embrasserait, il ne tarda pas à abandonner le barreau pour se livrer exclusivement à la peinture. 11 fut employé à décorer les églises, où l'on voit de lui plusieurs tableaux dans la manière de Pierre de Cortone. Admis à l'Académie de StLuc, il en devint le secrétaire perpétuel, et mourut en 1721. — GHEZZI , fils de Joseph, naquit à Rime en 1674. Son père fut son premier maitre , et sous sa direction il fit de rapides progrès dans tous les arts dont la base est le dessin. Honoré, comme l'avait été son père, de la bienveillante protection des Albani, Léon fut chargé de travaux importants par le pape Clément Xl. Il grava sur ses propres dessins les vignettes et les lettres ornées qui décorent la ma gnifique édition des Homélies de ce pon tife. Les cardinaux Annibal et Alexandre ne lu montrèrent pas moins d'affection que leur oncle Ce fut pour Annibal qu'il orna les cartes du jeu d'hombre de capricieux dessins qui sont trèsrecherchés des amateurs. Capable de s'élever au grand, commF on le voit par les Prophètes qu'il fit à StJean de Latran, en concurrence avec Luti, le Trevisano , etc., il ne réussissait pas moins bien ! dans la caricature. Mais ses talents ne se bornè- rent pas à la peinture; il était excellent musicien, jouait de tous les instruments ; et , moins modeste ou moins distrait par d'autres occupations, il aurait pu se placer facilement parmi les premiers littérateurs de son temps. Il jouit de la faveur de la plupart des princes d'Italie, notamment du duc de Parme, qui le créa chevalier. Il mourut en 1755. Ses principaux ouvrages comme peintre décorent les églises et les galeries de Rome ou des villa voisines. Il a publié : Camere sepolcrali de' liberti e liberte di Livia Augusta e di altri Cesari , Rome, 1731 C'est une belle suite de quarante estampes à l'eauforte
  • Sébastien GOMEZ( 1616) : peintre espagnol , naquit à Séville vers l'an 1616. 11 était fils d'un nègre esclave et servait le fameux Murillo , d'où lui vint le surnom de malaire de Murillo. Gomez avait pour la peinture une inclination et un talent particuliers : aussi tous les moments de loisir que lui laissait son service il les employait à profiter des leçons que Murillo donnait à ses lèves, à observer ceuxci et son maitre quand ils travaillaient. S'étant exercé pendant quelque temps à manier le crayon et la plume, i1 parvint, à force d'application et d'assiduité , à peindre une figure sur un petit tableau. Ce tableau tomba par hasard entre les mains de Murillo, qui, ne pouvant se persuader que ce fût l'ouvrage de son esclave, ordonna à ce dernier de copier en sa présence une Vierge d'une exécution difficile. Goinez remplit sa tâche avec tant de facilité et d'exactitude, que Murillo , charmé de cette découverte , lui donna sa liberté, l'admit au nombre de ses élèves, et Gomez devint un des bons peintres dont s'honore l'Espagne. Murillo fit naturaliser son nouvel élève, le maria et lui laissa un legs par son testament. Gomez survécut de quelques années à son maitre, et mourut à Séville en mai 1678. On conserve dans cette ville, chez plusieurs particuliers, différents ouvrages de Gomez qui sont trèsestimés. On admire encore, dans les églises de Séville , sa Notre- Darne avec l'enfant Jésus dans ses bras; une Ste- Anne, St- Joseph, et un Christ attaché à la colonne, ayant à ses pieds StPierre qui semble implorer son pardon. De tous les élèves de Murillo, Gomez est celui qui est parvenu à le mieux imiter. Il a comme son maitre un coloris onctueux , un pinceau flou et agréable, des carnations de la plus belle fraîcheur, une manière vraie et une grande intelligence du clairobscur. — Philippe GOMEZ DE VALENCIA, né à Grenade en 1634, et mort en 1694, était élève (le Cieza et imita avec succès le style d'Alfonse Cano. 11 a laissé plusieurs ouvrages, parmi lesquels on vante, dans l'église des Carmes de Grenade, un Christ dans le linceul et un grand tableau représentant plusieurs Maures qui viennent livrer au roi Ferdinand III les clefs de Séville, qu'on aperçoit dans le lointain. Ce tableau n'est pas moins estimé pour la composition que pour l'expression des figures. — Il y a eu plusieurs autres artistes du nom de Gomez ; parmi les peintres il faut distinguer Jean, attaché au service de Philippe II en 1693 ; un sculpteur du même nom, bénéficier de la cathédrale de Séville , est mort en 1646
  • Sébastien GRYPHE( 1493 - 1556) : imprimeur à Lyon de 1528 à 1556, était né en 1495 à Reutlingen , ville de Souabe , et mourut le 7 septembre 1556. Il était fort célèbre de son temps, dit Baillet, pour son exactitude et pour la netteté de son caractère italique. Le soin qu'il apportait à la correction de ses éditions était extrême , et cependant, loin de dédaigner les erratit, il imagina de les mettre en tète de ses livres. C'est ce qu'il fit pour sa Bihlia latina, 1550, 3 vol. , exécutés, ditil , mujoribus augustiori- busque typis ; termes que tous les bibliographes ont copiés jusqu'ici , sans prendre la peine d'exaininer ce qu'étaient ces caractères plus gros . L'errata des commentaires de Dolet sur la langue latine, , travail immense, dont le premier volume a 1,707 co- lonnes ne contient que huit fautes. Sé- ibastien Grypile imprima en grec, en latin, en hébreu , en français ; mais il a donné peu d'ouvrages dans cette dernière langue : il est mème digne de remarque que dans les catalogues des ou- !vrages imprimés par Gryphe, on n'en cite pas un seul en français. Sébastien Gryphe a cependant imprimé le Chant natal de B. Aneau, 1539 . Le plus important ouvrage que Sébas- I tien Gryphe ait imprimé en hébreu est le Thesau- rus linyuce scinda,. de Sanctes Papin , 129, ' Duverdier dit que cet imprimeur faisait rechercher les ouvrages perdus des anciens : ses Il éditions des auteurs classiques, estimées pour la correction , ont nécessairement perdu de leur prix depuis les travaux des critiques qui ont amélioré les textes ; elles ont cependant encore quelques amateurs. Les contemporains de Sébastien Gryphe lui ont donné de grands éloges, nonseulement comme habile imprimeur, mais encore comme homme instruit. Nicolas Bourdon, lé donne en effet à Sébastien les noms de Greyff ou Gryphius. Ce dernier nom n'est que la traduction latine de l'autre : cependant nous nous sommes ici conformés à l'usage, en nous ser.vant du mot Gryphe, consacré d'ailleurs par le quatrain suivant de Ch. Fontaine La grand'griffe qui tout griffe A griffé le corps de Gryphe ; Le corps de ce Gryphe , mais Non le los, non , non , jamais. . Scaliger lui adressa une lettre à l'occasion du traité De cassis linguce la- tinoe. et non la dédicace de cet ouvrage, comme le disent Chevillier, Pernetti , etc., etc. . Sébastien Gryphe avait pour marque typographique un griffon sur un cube, audessus duquel est suspendu par une chatne un globe ailé; et pour devise ces mots de Cicéron : Virtute duce, comite fortuna, qu'on a inscrits depuis sur la loge du change à Lyon. Mais avant Gryphe on s'était déjà servi des mèmes signes. A la tin de l'édition pr ceps du commentaire de Hiéroclès sur les vers dorés de Pythagore , Padoue , Barthélemy de Valdezocche , 1474 on voit un griffon et la devise virtute duce, etc. Gryphe a quelquefois varié les ornements qui accompagnent son griffon. — Antoine GRYPHE , fils de Sébastien , suivit sa profession à Lyon , et s'y fit quelque renom. Il donna une seconde édition du Trésor de la langue sainte , par Sanctès Pagnin. Plusieurs auteurs disent qu'il ne le cédait pas en érudition à son père. Quelquesunes de ses éditions sont belles ; mais il a négligé les dernières qu'il a publiées, n'y employant que des caractères usés. — François GRYPHE , frère de Sébastien, fut imprimeur à Paris de 1533 à 1542 ; à la différence de son frère, il se servait de caractères romains préférablement à : il avait pour marque un griffon, avec ces mots : Vires et inge- nium. — Il y avait à Venise, de 1544 à 1568, un imprimeur qui s'appelait J. GRIFFIO : c'est probablement le nom de Gryphius, traduit en italien. — Un Alexandre GRIFFlo . imprimait à Venise en 1581. — Enfin, en 1563, il existait à Padoue un imprimeur nommé Christophe GRYPHIUS , qui avait pour marque un Hercule terrassant le serpent à plusieurs tètes. — JeanThéod. Leubscher, dans Li ne dissertation intitulée Schediasnza de claris Gryphiis , Brieg , 1702 de 84 pages, a donné la notice de trente écrivains ou autres personnages connus sous le nom de Gryph, ou Gryphius, mais presque tous passablement obscurs. On trouve un extrait détaillé de cette Ce catalogue , que Maittaire a copié servilement au tome second de ses Annales, contient près de trois cents ouvrages en liebreu , grec et latin. Ainsi que l'a remarqué Lamonnoye , ce livre est dédié à Scaliger le fils , à qui cette préface est adressée. L'orgueil de Scaliger ne lui permettait guère de dédier sou livre à un impri- ' rneu•„ quelque habile qu'il bit. curieuse homonymographie dans les Nova lutte- varia de Hambourg, 1703, p. 88 à 91 ; et dans le volume de 1705, p. 9, on donne l'extrait d'une notice supplémentaire de sept autres Gryphius, que Je même Leubscher inséra dans le n° ler de ses Arocrocatlavx / itteraria, dédiés à son beaupère Chr. Gryphius, recteur du gymnase de SteMadeleine à Breslau, et imprimés dans cette ville, 470b de 24 pages
  • Sébastien KORTHOLT( 1670 - 1740) : fils du précédent, naquit à Kiel vers 1670. Après avoir fait d'excellentes études, il prit ses degrès e* philosophie, et fut pourvu, en 1701, de la chaire de poésie. les magistrats lui confièrent ensuite la garde de la bibliothèque de l'Académie, et il remplit ce double emploi avec beaucoup de distinction. C'était un homme trèssavant , d'un caractère doux , et se faisant un plaisir de communiquer le fruit de ses recherches. Il était en correspondance avec Bayle, I.acroze et d'autres hommes d'un rare mérite. 11 mourut dans sa patrie, vers 1710 , tIgé d'environ 70 ans. On citera de lui : 1° Disquititio de enthu- siasmo poético, Kiel , 1696,, to, 2' podis episcopis , ibid., 1699, Ce sont, dit Bayle, des pièces trèscurieuses, et qui font voir la grande lecture de l'auteur. '3° Disserte° de puellis poli:- tic*, in tenerrima . Nora litteraria maris Balt/, ici mai, p. 15.1), un supplément à la liste des enfants célèbres, publiée par Baillet, et il annoneait, en 1705, que cet ouvrage comprendrait plus de trois cents articles entièrement neufs : mais ses occupations ne lui permirent pas de remplir sa promesse , et ce fut ce qui engagea Kléfeker à publier son travail sur le même sujet . 40 Dissertatio de studio settili sen vins doctit qui ad studio litte- rarum se tarde contulerunt , ibid., 1701 5° Disserte° titrent Pet. Lotichius obsidionem tir- bis ilagdeburgi predixerit , ibid., 1703 jo Dissertatio qua poigicarn veterem romanam et . Jrcecam a contemptu scriptoris Parrhasianorum J. Leclerc) rindicat, ibid., 1705 ; 70 De Bi- bliotheca academiœ Kiloniensis disserte° , ibid., 1705 Il fixe la fondation de cette biblio- thèque à l'année 1660, et en rapporte les accroissements successifs, qui sont dus en partie à ses soins. 8° De scriptoribus quorum Sinus singularibus in morum doctrinam mentis illustratur , dissertatio, ibid., 1706 ; 9. Dissertatio utrum de pactisa arte recte judieare possit qui non poeta, ibid., 1708 10° Programma de Biblioth. academ. Kilo- niensis and& ibid., 1709 — Christian K011- 'n'OLT fils de Sébastien, naquit à Kiel en 1709, et après avoir terminé ses études, visita la Hollande et l'Angleterre, où il reçut des savants un accueil distingué. lie retour en Allemagne, il prit ses grades , et fut nommé adjoint au professeur en philosophie, et* recteur du petit collége de Leipsick. Il fut pourvu quelque temps après de la chaire de théologie de l'Académie de Goetlingue, et mourut en cette ville le '21 septembre 1751, àgé de 40 ans. On a de lui plusieurs dissertations estimées, parmi lesquelles on se contentera de citer : 10 Commentatio historico- ecclesias- tica de ecclesiis suburbicariis, qua in diccesin quant episcopus romanus agate concilii Nicwni habuit quiritur Leipsick, 1731 Il cherche à y i.ouver que la juridiction du pape ne s'étendait oint alors sur les autres évèques. 20 Conjectura de diœcesi epiecopali quam uval° quarto habuit pont/ ex romanus, dans les Acta et uditor. Lips., février, 1732. Kortholt a fourni beaucoup d'analyses à ce journal. 3° De societate antiquaria Lon- dinensi ad knappium epistola , Leipsick , 1735, i11-10. Cette lettre contient des détails curieux sur une société peu connue alors dans les pays étrangers. 4° Dissertatio de Math. l'incitai°, ibid., 1731 Cette pièce est fort intéressante. L'auteur , après avoir tracé l'origine , la marche et les progrès de la secte antireligieuse qui s'éleva en Angleterre sous le règne de Jacques II, indique sommairement les principes de Toland, Collins et Wolaston. Il arrive ensuite à Tindal, dont il expose la doctrine avec autant de préci- sion que de clarté, et termine par démontrer la faiblesse de ses arguments contre la divinité de la religion chrétienne. 5° De enthusiasmo Alahumedis; 6° des Sermons . Christ. Kortholt est l'éditeur d'un Recueil de diverses pièces sur la philosophie, les mathématiques, l'histoire, etc., par Leibnitz, avec deux Lettres , où il est traité de la philosophie et de la mission chinoise, suivies des remarques de l'éditeur, Hambourg, 1734 C'est également à lui qu'on doit l'édition des Lettres latines de Leibnitz, Leipsick, 4731-174 , 4 vol. Son père m 'avait comencé ce travail , que son age et ses ID ccupations ne lui permirent pas de terminez.. Mathias- Nicolas KORTHOLT , frère ainé de Sé- .astien , naquit à Kiel en 1674. H se distingua ussi par la variété et l'étendue de ses connais- ances. Il fut nominé, en 1700, professeur de oésie et d'éloquence à l'Académie de Giessen, et prit possession de sa chaire par un trèsbon discours, dans lequel il prouve, contre l'opinion de Perrault, que les orateurs anciens sont supérieurs aux modernes ; Bayle cite avec éloge ce discours, qui a pour titre : De antiqua eloquentia recentiornm perperam postposita a Carol° Perralto , Giessen, 1700 On connatt encore du meule auteur : 10 Dissertatio de Cicerone christiano sive eloquentia Lactantii ciceroniana, ibid., 1711 ; 2" Para-- nesis de bibliothecis maxime publieis, utiliter adeun- dis, ibid.,1716 de huit pages ; 3° Programma in funere Joh. Ern. Gerhardi SS. theologiœ doctoris et profes. wris ; 46 Programma de arte loquendi, arte tacendi perficiencia, Gotha, 1721 M. N. Kortholt fut nommé, en 1715, bibliothécaire de l'université de Giessen ; il mourut le 15 avril 1725
  • Sébastien LACROIX : l'un des agents les plus actifs de notre première révolution, concourut de tout son pouvoir au renversement du trône dans la journée du 10 août 1792, et fut ensuite nommé commissaire du conseil exécutif pour les subsistances dans les départements environnant Paris. Il se rendit pour cela dans les premiers jours de septembre à Meaux, à Chalons, et même, comme on le lui a reproché plus tard, jusqu'à l'armée de Dumouriez. On a soupçonné qu'ayant passé par Meaux au moment où l'on y massacra les prisonniers, il n'avait pas été étranger à ces massacres. Ce qu'il y a de sûr, c'est que, dans un de ses rapports, il annonça le 6 septembre , à la commune de Paris, qu'un fermier du département de SeineetMarne avait proposé dans l'assemblée électorale de Meaux de ne plus souffrir de roi , et qu'il avait offert de faire fabriquer à ses frais un canon du calibre de la tète de Louis XVI Cet horrible l'apport fut accueilli à la commune par de nombreux applaudissements. Revenu dans la capi- tale , Lacroix , lancé dans le tourbillon révolutionnaire , eut à se débattre souvent contre des ennemis puissants. Il fut successivement procureur général , président de la section de l'Unité et membre de son comité révolutionnaire. C'est à l'assemblée de cette section qu'il prononça , dans le mois d'avril 1793, un discogs véhément à "occasion du recrutement à faire pour marcher contre la Vendée. Dans ce discours, dont la section ordonna l'impression , et qui n'est pas dépourvu d'habileté et d'une sorte d'éloquence, Lacroix dénonça avec beaucoup d'aigreur ses ennemis personnels, entre autres Saucède et le fameux Prudhomme , cet ignorant journaliste qu'il accusa d'être partisan de Roland, et que pour cela il appela Rolandin. Le triomphe que Lacroix obtint alors ne dura pas. Enveloppé dans la conspiration de Chaumette, avec qui il avait été lié, il fut condamné comme lui par le tribunal révolutionnaire et tramé au supplice dans la même charrette le 15 avril 1794. Son discours , dont nous avons parlé, a été imprimé sous ce titre : Discours du citoyen Lacroix, président de la section de l'Unité, et membre de son comité révolutionnaire, sur les troubles qui ont agité la section 101. 1 du recrutement pour la Vendée, avec cette épigraphe : J'appelle un chat un chat et Roland un fripon
  • Sébastien LECLERC( 1637) : dessinateur et graveur, naquit à Metz en 1637. Son père lui enseigna les premiers éléments dit dessin. A sept ans il commençait déjà à graver, et à douze il donnait des leçons de dessin. Il existe une estampe de lui, représentant une vue de la ville de Metz, qui porte la date de 1650. Leclerc s'appliqua aussi it la géométrie et a la physique, et devint fort habile dans la perspective, étude qui lui fut d'une grande utilité pour donner à ses compositions l'étendue , la profondeur et le grandiose qu'on y remarque. Nutum.' ingénieurgéographe, auprès du maréchal de la Ferté, en 1660, il fut Ill Laurent Leclerc, ortévre assez habile, mort à Mets en 1695, âgé de 1Q6 tuas. employé à lever les plans des principales places du pays Messin et du Verdtmois. Mais ayant appris qu'on avait fait passer sous le nom d'un autre celui de Marsa], qu'il avait exécuté avec beaucoup de soin, Leclerc quitta son emploi et vint à Paris, en 1665, solliciter une place dans le corps du génie. 1l y fit connaissance avec Lebrun , qui lui conseilla de se livrer particulièrement à la gravure, où il acquit bientôt une grande réputation. Colbert lui procura un logement aux Gobelins, avec une pension de dixhuit cents livres. En 1672, Leclerc fut reçu de l'académie royale de peinture, et nominé professeur de perspective, emploi qu'il exerça avec succès pendant trente ans ; mais s'étant marié l'année suivante, et sa pension ne pouvant plus, par la suite, suffire à l'entretien de sa nombreuse famille, il prit le parti d'y renoncer, afin de céder à l'empressement des particuliers qui désiraient posséder ses ouvrages. Cependant Louis XIV lui laissa quatre cents livres de sa pension , et le nomma graveur de son cabinet, et professeur à l'école des Gobelins. Sébastien Leclerc mourut à Paris, le 25 octobre 1714. Son oeuvre est trèsnombreux et monte à quatre mille pièces, presque toutes de sa composition. On en peut voir le catalogue raisonné, avec un abrégé de sa vie, par Jombert, Paris, 1774, 2 vol. Ses principales estampes sont : les Citantes d'Alexandre ; les Conquêtes de Louis XIV, en treize pièces ; le Mai des Gobelins; le Concile de . Nicée; l'Arc de triomphe de la porte St- Antoine ; la grande Pierre du Louvre; Apothéose d'Isis ; les Figures à la mode, en vingt feuilles ; la Passion, en trentesix planches; les Caractères des passions, d'après le Brun , en vingt feuilles; ses Principes à dessiner, en cinquantedeux planches; les Costumes des Grecs et des Romains, en vingtcinq sujets; les Médailles, jetons et n'ormoies de France, en 30 feuilles etc. Leclerc est auteur de différents ouvrages imprimés, qui jouissent encore de quelque estime : lu Traité de géométrie, théorique et pratique, accompagné d'un grand nombre de planches et orné de petits sujets agréables, •699 plusieurs fois réimprimé, et traduit pour la pratique en latin, Amsterdam , 1692 en anglais, en hollandais, et même en russe ; 2. Traité d'architecture, 1714 , 2 vol. , avec 181 planches; 5° Système sur la , 1679 réimprimé en 1714, sous le titre de Discours touchant le point de vue. 11 y combat quelquesuns des principes de Descartes sur cette matière. 4' Nouveau Système du monde, conforme à CEcriture sainte, où, les phénomènes sont expliqués sans excentricité de mouvement, Paris, 1706 avec 61 planches. Les compositions (i? Dans l'Entrée d'Alexandre à Babylone, la tête du héros est de profil dans les premières épreuves. Louis XIV, à qui Leclerc présenta cette estampe, lui en ayant fait l'observation en lui disant ‘c J'aurais cru qu'Alexandre m'aurait honoré d'un re« gard », l'artiste en présenta le lendemain une nouvelle épreuve a ce prince, dans laquelle la tête se trouvait de face. de Leclerc sont riches; ses dessins sont d'un faire large et d'un effet pittoresque. H sait par son génie agrandir les espaces. Ses gravures sont , d'une touche spirituelle , d'une pointe moelleuse et d'un burin agréable
  • Sébastien MACCIO( 1500 - 1615) : poëte et philologue, était né vers le milieu du 16' siècle, à Casteldurante, dans le duché d'Urbin. Ses progrès dans les langues grecque et latine furent si rapides, qu'il eut bientôt surpassé tous ses maîtres. A vingtcinq ans, il reçut à l'académie de Macerata le laurier doctoral dans les quatre facultés de phi- XXV. losophie , de jurisprudence, de littérature et de théologie. Depuis, sa réputation l'ayant fait appeler comme professeur dans les principales villes de la Toscane et des Etats de l'Eglise, il profita de cette circonstance favorable pour en relever les inscriptions antiques dont il avait formé, diton, un recueil trèsprécieux . Doué d'une ardeur infatigable, il ne dérobait au travail que le temps strict pour réparer ses forces, et, si l'on en croit un de ses panégyristes , il écrivait avec une telle assiduité que la plume avait laissé sur ses doigts une trace assez profonde. C'était un grand admirateur de Juste Lipse . Le bruit de sa mort s'étant répandu, Maccio , profondément affligé, s'empressa de lui faire célébrer un service auquel il invita tous les savants et les littérateurs; mais en sortant de la cérémonie, il eut le plaisir d'apprendre que Lipse ne s'était jamais mieux porté . Maccio mourut à Pesaro, vers 16 i 5, à l'âge de 57 ans. Ni ses nombreux ouvrages ni les éloges qui lui ont été prodigués par ses contemporains n'ont pu préserver son nom de l'oubli, parce que son immense érudition n'était pour ainsi dire que verbale. Cet homme, si savant, manquait de goût et de jugement, et, comme il eut la prétention de cultiver toutes les sciences, il ne s'est distingué dans aucune. On cite de lui : 1° Soteridos, seu de redemptionis hulame mysterio libri 12, Florence, 1601 Il crut devoir donner à ce poème le nom grec Saler , pour ne pas dérober à Vida son titre, après lui avoir pris son sujet. C'est sans doute cet ouvrage que le Dictionnaire universel indique sous le titre de Poême sur la vie de Jésus- Christ, Rome, 1605, in4° . Beaucoup se trompent en annonçant que ce poëme est en italien. 2° De bello Asdrubalis, Venise, 1613, in4° 3° De historia libri Ires, ibid., 1643 ouvrage futile et superficiel ; on trouve quelquefois à la suite : 4° De historia Liriana; c'est un éloge de TiteLive ; et 50 In L'irgilium. Dans cet opuscule, le but de l'auteur est de démontrer que Virgile, le plus grand poëte de son siècle, en fut aussi l'homme le plus savant. 6° De porta Pisaurensi. Venise, 1613 On peut consulter, pour plus de détails, la Fie de Maccio en latin, par Pierre Gibelli, biographe phis obscur encore que son héros, et son éloge dans la Pinacotheca de J.N. Erythrœus , p. 277. W—S. al Rossi, dans la Pinocolheco. r2) La Sylloge epistolor. de Burmann contient une lettre de Maccio à Juste Lipse , tome 2, page 158, datée de Pesaro le 6 juin 1604, dans laquelle il lui parle de son poême de Soler, et de quelques autres ouvrages qu'il se proposait de lui envoyer. La réponse de Lipsc se trouve dans son Recueil de lettres; c'est la 54' de /a 5. centurie. 131 Cette édition de Rome , 1605, est citée dans quelques anciens catalogues ; mais elle n'est que la seconde, et peut-être même ne doitelle son existence qu'au changement de Frontispice.
  • Sébastien MAILLARD( 1746 - 1822) : général au service de l'Autriche, fut un des officiers les plus instruits de l'armée autrichienne. Il naquit kt 30 octobre 1746 à Lunéville, où son père était médecin du roi Stanislas Lecszinsky. Peu avant la lin de la guerre de Sept ans, il entra au service du grandduc de Toscane, d'où il passa à celui de l'Autriche. S'étant élevé de grade en grade dans l'arme du génie, il fut nommé en 1797 colonel, en 1801 major général et en 1812 feldmaréchallieutenant. Il se distingua particulièrement en 1789 , au siège de Bellegrade, où le feldmaré- chal Pellegrini l'avait chargé de diriger les tra- vaux de l'île appelée Kriegs- insel , ou ile de la guerre. Sa conduite dans cette occasion attira l'attention du général Laudon, qui commandait le siège. Pendant les guerres de la révolution, w En 1828, G. Peignot a donné, Paris, 1 vol. grand Histoire de la passion de Jésus- Christ du R. P. Olivier Mail- lard, composée en 1.190 , publiée Comme 7, 107. 1. 111 de la lonybe française au 15. siècle, avec une Notice sur l'auteur, des notes et une table des matières; 2. édition , Paris , 1835. E. D—s. Cu sermon a été réimprimé avec d'autres pièces d'Olivier Maillard, par Labouderie , Paris, 1826 avec une Notice. E. Maillard vint en 1794, avec Francois Il , à l'armée autrichienne, devant Landrecies, et l'empereur étant retourné à Vienne, il fut placé sous les ordres du prince de HesseCassel et chargé de défendre Maestricht. « Ce siége, dit Polit dans « son Histoire des guerres de la révolution, est re- « marquahle par la fureur des assiégeants et par « la constance des assiégés. Le feu effra? ant des « Français n'était que de temps en temps inter- « rompu par les sorties des Autrichiens. Le gé- « néral Kleber, qui commandait le siége, ne put « achever ses travaux qu'après avoir vaincu « toutes sortes de difficultés. Ce qu'il avait élevé « pendant la nuit était toujours détruit le lende- « main. Enfin il vint à bout de se placer , et il « commença un bombardement, le plus effrayant « que l'on ait vu pendant cette guerre. Les ou- « vrages de la place tombaient les uns après les « autres; deux mille maisons de la ville étaient « en cendres, la troisième parallèle était ache-(( vée et les assiégés avaient épuisé tous leurs « moyens. Ils capitulèrent le 4 novembre 1794. » Dans son rapport à l'empereur , le prince de Hesse donna à Maillard un témoignage extrêmement glorieux. En 1795, ce général reçut ordre de visiter l'Angleterre, pour y étudier la science hydraulique et surtout celle des canaux. A son retour, il dirigea les travaux du canal que l'empereur lit construire à la Nus/ adt ou Nouvelle ville de Lierne. En 1788, il avait envoyé à l'a- cadémie des sciences de StPétersbourg des ni('t- moires pour lesquels il fut nommé correspondant de cette académie. Il fut longtemps chargé de donner aux archiducs des leçons dans les sciences militaires. On a de lui : 1° Remarques sur la méthode de fortifications par Carnot; 2° Méca- nique des t'otites; 3. Sur les canaux de navigation ; 40 Essais sur la méthode de lier par le riment et la chaux. Ces quatre ouvrages sont en allemand ; les suivants sont en français. 5° Méthode nouvelle de traiter la mécaniqu, , Vienne, 1800 6° Théorie des manies à feu, Vienne et Strasbourg, 1784 Maillard mourut le 22 décembre 182G2 , léguant ses nombreux manuscrits à l'académie du génie de Vienne
  • Sébastien MAMEROT( 1400) : l'un des plus anciens traducteurs français , était né à Soissons dans le 15e siècle. Il embrassa l'état ecclésiastique , et obtint la place de clerc et chapelain de Louis de Laval , gouverneur du Dauphiné et ensuite de la Champagne. Ce seigneur, qui aimait les lettres, favorisa le goût de Mamerot pour l'étude , et lui procura des manuscrits, trèsrares alors en France. Ce fut à son invitation que Mamerot entreprit, en 1458 , la traduction de la Chronique martinienne . Il y ajouta des extraits de plusieurs autres orateurs et chroniqueurs, et mit plus au long les faits des papes et des empereurs, et aussi des princes, des docteurs et autres personnages de leur temps g. Mamerot fut pourvu, en 1472, d'un canonicat et de la place de chantre de l'église St-Étienne de Troyes : il alla , quelques années après , visiter les lieux saints à Jérusalem ; et il était de retour en 1488, temps où il rédigea la Description des pays qu'il il) Duverdier dit que Mamerot était deFrixone; mais comme il n'existe en France aucun endrcit qui porte ce nom , c'est très-évidemment une erreur; elle a été copiée par le P. Lelong, et conservée dans la nouvelle édition de la Bibi. historique de ! rance. L'abbé Lebetif remarque que cette traduction n'est pas la première, puisqu'on trouve dans l'inventaire des livres de Jean , duc de Berri mort en 1416, les Chroniques marliniennes en français, prisées douze livres parisis ivoy. le ilfém. sur les chroniques, dans le Bec. de l'Acad. des inscrire., t. avait parcourus. L'abbé Lebeuf conjecture que Mamerot était alors trèsavancé en âge ; mais on ignore l'époque de sa mort. Il avait assez d' pour son siècle ; et il ne manquait pas de critique , comme on peut en juger par les retranchements et les suppressions de différents passages insérés par B. Guidonis et ses continuateurs dans la Chronique martinienne. Outre cet ouvrage , on doit à Mamerot : i° une traduction française du Romulus, C'est une espèce d'histoire romaine , attribuée , dans le manuscrit de la bibliothèque de SteGeneviève à Benevenuti d'Imola : il commença cette traduction en 1466, à Troyes, par l'ordre de Louis de Laval ; et il ob- serve qu'il n'ajoute ni ne diminue rien à l'original, « sinon en tant qu'il lui a semblé nécessaire à la « seule décoration du langage françois , et par · espécial du vrai soissonnois. » Ce passage peut faire conjecturer que cette province était alors celle où l'on se piquait de parler le plus poliment. 2° Les passages d'outre- mer du noble Godefroi de Bouillon , qui fut roi de Jérusalem du bon roi St- Louis et de plusieurs vertueux princes, 149'2 gothique. Cette édition, citée dans la Biblio- thèque historique de France, sous le n° 16,9'28, doit ètre de la plus grande rareté , puisqu'elle a été inconnue à tous les autres bibliodaphes. On trouve , en tète , des alphabets sarrasin , hébraïque, grec et chalclaïque. Cet ouvrage n'est qu'une compilation , qui fut réimprimée sous ce titre : Les passages d'outre- mer en la terre- sainte, par les François , etc. , Paris, Lenoir, 1518 L'abbé Lebeuf, , qui avait examiné cette édition avec beaucoup de soin, avertit que l'imprimeur, par une inadvertance singulière , y avait intercalé un autre ouvrage de Mamerot, dont voici le titre : 30 S'ensuit la compendieuse Description de la terre de promission. Il l'avait rédigée, comme on l'a dit, à ;son retour de la Palestine ; et il prévient qu'il s'est aidé dans cette relation , pour les choses qu'il *n'avait pas vues , du royage de Bernard de Breydenbach , doyen de Mayence
  • Sébastien MATTE-LAFAVEUR : chimiste du 17• • Weie. publia en 1671 un ouvrage fort estirré tous le litre de Pratique de asialie. et fut nommé à la place de démonstrateur de rhitnie que le roi tes a Montpellier en 1675 s peu pers le abri. tenir , Natter fut chargé d'eti•rigner la chimie à l'uni...rate de Pans , et il taisait ainsi chaque année deux cours sur cette science, Fun à Montpellier et l'autre dans la capitale. Il remplit cette double tache environ neuf ans de suite, et n'y renonça qu'en 1684 , époque où un ilge avancé et des infirmités ne lui permirent plus de continuer. — Son fils, Jean MATTE , né à Montpellier en 1660 , mourut en 1742. Le roi lui ayant accordé en 1691 la survivance de la place de son père, il envisagea particulièrement la chimie dans ses rapports avec la médecine. Matte devint un des membres les plus laborieux de la société royale des sciences lors de sa création, et il fut également l'un des correspondants les plus actifs de l'Académie des sciences de Paris. L'histoire de ces deux compagnies renferme plusieurs expériences et observations de chimie, qui présentaient alors beaucoup d'intérêt. Matte mourut à 82 ans , laissant la réputation d'un savant utile , et celle d'un homme de bien, qui avait administré avec un grand zèle, pendant de longues années, le patrimoine des pain res en qualité de syndic de l'hôpital général de Montpellier . DGs.
  • Sébastien MICHAËLIS( 1543) : religieux de l'ordre de StDominique , né en 1543 à StZacharie , dans le diocèse de Marseille, acquit par ses succès dans la prédication un grand crédit parmi ses confrères , et il en profita pour introduire la réforme parmi eux , non sans quelque contradiction. Le général de l'ordre lui permit, à la sollicitation de Henri IV, d'ériger les couvents qui s'y soumirent en une congrégation particulière dont Michaèlis fut le premier vicaire général : elle formah deux provinces, dont les maisons étaient répandues dans le Languedoc , la Provence , la Normandie , la Lorraine et quelques autres. Le réformateur mourut en 1618 à Paris, dans le couvent de la rue StHonoré , qu'il avait fait fonder par le cardinal de Gondi. Nous avons de lui , outre un opuscule sur les Soeurs Maries de l'Ecriture , une Histoire de la possession et conversion d'une pénitente séduite par un magicien, ensemble la Pneumalogie, ou Discours des esprits, Paris, 1613 Cet ouvrage, plein de détails incroyables et quelquefois ridicules , contribua à conduire Gaufridy sur le bûcher
  • Sébastien MUNSTER( 1489 - 1552) : savant hébraïsant , et l'un des bons géographes et mathématiciens de son temps , était né en 1489 à Ingelheim , dans le Palatinat. Il avait terminé ses études à l'âge de seize ans, et s'étant rendu à Tubingue pour y suivre les leçons de Stoffler et de Reuchlin , il se décida à prendre l'habit de cordelier, afin de pouvoir se livrer plus tranquillement à la culture des lettres et des sciences. Séduit pal la lecture des ouvrages de Luther, il quitta son couvent , et fut appelé en 15'29 à Bâle, où il enseigna successivement l'hébreu et la théologie avec beaucoup de réputation. Il y mourut de la peste le 23 mai 1552. Munster était petit de taille, mais d'une constitution robuste , d'ailleurs trèslaborieux et d'une simplicité de moeurs admirable. Loin de chercher à se faire valoir, il ne voulut jamais accepter le titre de docteur en théologie, et l'on fut obligé as soutenue à cette hauteur, on ne peut qu'être indigné du mépris avec lequel Scaliger parle de ce savant. Outre les traductions des ouvrages de Grammaire de Dav. Kimchi , d'Elias Levita , de l'Histoire de Jossiphon etc. ; une édition augmentée de l'ancienne version latine de la Géographie de Ptolémée ; des Notes sur PomponiusMela et Solin , etc., on citera de Munster : 1° Biblia hebraïca, charactere singulari apud Judœos Germa- 710Sin usu recepto, cunz latina planeque nova Irons- latione post omneis omnium hactenus ubivis gen- tium editiones evulgata, et , quoad feri potuit hebraïece veritati eonformata : adjectis insuper e rabbinorurn commentariis annotationibus haud pce- nitendis , pulchre et voces anzbiguas et obscuriora quceque elucidantibus , Bâle; 1534-1535 2 vol.; 1536 '2 vol. ; 1546 2 vol., avec des additions et des corrections im- portantes. Cette Bible , dont le titre indique tout ce qu'elle renferme , est trèsbien exécutée, sur- tout celle de 1536, qui est sans notes. Munster a été le plus exact et le plus fidèle de tous les pro- testants dans sa version, au jugement d'Huet et de Richard Simon. Cependant on peut lui repro- cher de s'être trop attaché aux rabbins, qu'il semble copier partout, et de négliger les anciens interprètes. Ses notes , excellentes pour le sens grammatical , le seraient encore davantage si elles étaient purgées des superfétations rabbini- ques dont elles abondent. 20 Fides ehristianorum sancta , recta et perfecta, atque indubitata, et fides Judœorum : accedit lex Dei nova , qua' est doctrina et vita Christi, sive Evangeliunt Domini nostri secundum Matthœurn, hébreulatin, Bâle , 1537 trèsrare. L'Evangile de St-. Matthieu est en mauvais hébreu , plein de solé- cismes et de barbarismes; Munster n'en possédait qu'un exemplaire défectueux , et il se crut auto- risé à suppléer ce qui manquait. CinqArbres le fit réimprimer à Paris, 1550 avec très- peu de changements; mais , en 1555 , du Tillet en donna une meilleure édition dans le même format. 3° Calendarium biblicuM hebraïcum ex Hebrœorum penetralibus editum, Bâle, 1527 4° Sphera mundi et arithmetica , hébreulatin Bâle, 1546 trèsrare selon la SernaSan- tander. Ces ouvrages d'Elle Oriental avaient été traduits en latin par Schreckenfuchs; Munster y joignit des notes. 5° Colloquium cum Judceo de Mes- sia , hébreulatin, Bâle; 6° Higgaïon, logica R. Si- nzeouis , latine versa et punctis vocalibus illustrata, Bide, 1527 Cette logique, attribuée par Munster à Rabbi Siméon , n'est pas de lui , mais de Maimonide, comme le prouve trèsbien Ri- chard Simon. Le même critique nous semble trop sévère, quand il ajoute que s Munster ne faisait « presque aucun pas sans tomber ; qu'il était un · pauvre homme lorsqu'il se mêlait de traduire « d'autres livres que ceux de la Bible, ou quel- « ques rabbins grammairiens, dans l'interpréta- « tion desquels il a été aidé par Elias Levita ». 70 tlruch, Dictionarium hebraïcunz ultimo recogni- tum , et ex rabbinis, prœsertint ex Radicibus David Kinichi completatum, Bâte, 151i8, Ce dic- tionnaire avait déjà paru à Bâle. 8° Grammatica chaldaka, Bâle, 159.7 Munster, dans la praire, se glorifie avec raison d'être le premier qui ait réduit la langue chaldaïque en principes il a été surpassé depuis, mais il n'en a pas moins frayé le chemin. 9° Dictionorium chaldaïcunz non tam ad chaldaïcos interpretes quarn ad rabbinorum intelligenda cornmentaria necessarium, etc., ibid., 15'27 ; 10° Dictionariunt trilingue in quo latinis vocabulis grceca et hebra'ica respondent, ibid • 1530 ; 11. Captivitates Judœorunt incerti autoris , hébreu - latin , Worms, 159, in - 8° Iéna, 1540 ; 12° Isaïas pro- pheta hebraice, grece , latine ex rersione S. Ilieronymi et ex versione Seb. Munsteri; accessit succincta dfflciltorurn hebraïcorum rocabulorum expositio , collecta e. r D. Kinwhi commentario Bâle sans date. Rosenmuller blâme, dans Sébastien Munster, sa hardiesse à donner comme certaines 1 les conjectures des rabbins. 13° Epistola sancti Pauli ad Hebrœos , hébreu latin, Hâle, 1557, 1582 On ignore dans quelle langue a été écrite l'Epitre aux Hébreux : ce ne peut donc être sur l'original que Munster a fait sa traduction. 14° Prorerbia Salomonis : accedit dialogus commentariolo R. Aben- Ezra, hébreulatin , Bâle, 1527 Les commentaires de Sébastien Munster sur différents livres de l'Ancien Testament sont insérés dans les Critici 8c/ cri; 15° Ca- talogus omnium prœceptorum legis ilosaïcw, qua, ab Hebrœis sexcenta et octodecies numerantur, cum succincta rabbinorum expositione et additione Ira- ditionum , quitus irrita fecerunt mandata Dei, hébreulatin, Bâle, 1533 Ce n'est point une traduction littérale, mais un abrégé des commandements négatifs et affirmatifs des Juifs. Il y a deux préfaces trèsintéressantes. Le grand nombre de traductions qu'a données Sébastien Munster indique assez qu'il travaillait fort vite, et qu'il devait lui échapper bien des fautes ; quant à ses ouvrages grammaticaux, ils ne peuvent maintenant servir que pour- l'histoire de la science. 16. Horologiographia, ibid., 1531, 1533 traité de gnomonique le plus complet qui eilt paru jusqu'alors ; 17. Organum Uranicum ; theoricce omnium planetarum motus canones , etc., ibid., 1536 18° Cosmographia unircrsalis, ibid., 154,4 en allemand. Cet ouvrage a été réimprimé plusieurs fois dans les deux langues. Hager croit que l'édition allemande est l'originale, quoiqu'elle n'ait paru que le 17 août 1544; et suivant Haller , l'édition de 1553 passe pour la plus belle et la plus rare , n'ayant point éprouvé de mutilations; mais il y en a beaucoup dans la traduction latine, qui est d'Hugue d'Amerongen, 1550, 1559, etc. L'ouvrage a aussi été traduit en français ; en italien ; en anglais, par Rich. Eden, et même en bohémien, par J. de Puchou . Belleforêt en a fait la base de sa Cosmographie. Cet ouvrage de Munster contient beaucoup de détails d'histoire naturelle, et il est intéressant, surtout pour la géographie de l'Allemagne. Les cartes, quoique gravées en bois, sont remarquables comme un monument de cette partie de l'histoire de l'art : celle de la Suisse, par exemple, qui est en deux feuilles, est la première carte de ce pays qui eût été publiée. 190 Rudimenta mathematica in duos libros digesta, ibid., 1551 Le premierl ivre contient des éléments de géométrie, et le second des principes .le gnomonique. Sébastien Munster a obtenu l'honneur peu commun d'une Oraison funèbre en hébreu, prononcée par ErasmeOswald Schreckenfuchs, et imprimée à Bâle, 1553 Son portrait, gravé en bois, est à la tète de sa Cos- mographie , et en cuivre par Th. de Bry, dans la Bibliothèque de Boissard, qui contient une Notice sur cet écrivain ; on en trouve une beaucoup plus détaillée dans Hager , avec la liste complète de ses ouvrages, au nombre de quarante ; on peut consulter aussi l' Athenoe rauricce, page 23
  • Sébastien MUGNOZ ou MUNOZ( 1654 - 1690) : peintre d'histoire, naquit en 1654 à NavalCarnero et fut un des élèves les plus distingués de Claude Coëllo. Chargé, en partie, de l'exécution des décorations que l'on fit à Madrid pour le mariage de Charles H avec Louise d'Orléans ; il employa le produit de ses travaux à faire un voyage à Rome, où il entra dans l'école de Carle Maratti. Malheureusement les arts du dessin, à cette époque , se ressentaient déjà de la fausse direction qui leur avait été imprimée par les Bermini, les Pietre de Cortone , etc. En 1684, Mufioz revint dans sa patrie, aida son premier maître à terminer quelques travaux et se rendit avec lui à Madrid , où Murioz ne tarda pas à obtenir un grand crédit à la cour et fut nommé peintre du roi en 1688. Pour justifier ce titre, il exécuta son beau tableau de Psyché et l'Amour, et huit sujets tirés de la Vie de St- Eloi , pour l'église du Sauveur. Mais son chefd'oeuvre est le Martyr de St- Sébastien, grand tableau peint sur toile , que l'on a vu au Musée du Louvre en 1814., et que l'Espagne a repris en 1815. Chargé de retoucher dans l'église d'Atocha la belle voûte peinte par Herrera le jeune, Mufioz tomba du haut de l'échafaudage, et se tua sur la place, le lundi saint de l'an 1690. Il n'avait alors que 36 ans. Le roi lui fit faire des obsèques magnifiques. Quoique Mufioz fût un peintre d'un talent distingué, on peut lui repro- cher avec justice d'avoir été l'un des corrupteurs du goût en Espagne , en y introduisant les vices qui de son temps infestaient les écoles d'Italie. Ses productions se font remarquer par le fracas de la composition. par un coloris heurté et visant à l'effet ; on y désirerait d'ailleurs un dessin plus correct, plus de noblesse dans le style et de grandeur dans les caractères. C'est à Tarragone et à Madrid que l'on avait le plus grand nombre de ses ouvrages. — Evarzsie.MuNoz, peintre d'histoire, né à Valence en 1671 , fut élève de Conchillos : doué de grandes dispositions et de beaucoup de fécondité, la fougue de son génie l'empêcha toujours d'être correct et de donner de la noblesse à ses caractères. Il avait pris par goût le métier des armes, qui lui permettait de se livrer à son penchant pour la peinture. Il avait épousé une femme dont on croyait le mari mort dans l'esclavage chez les Algériens : ce Inari reparut et Muiloz fut obligé de quitter sa femme. Il épousa en secondes noces la veuve d'un militaire que l'on disait avoir été tué à Messine ; mais comme s'il Eût été destiné à voir toujours reparaître un prédécesseur , le premier Inari revint au bout de quelque temps, et Mufioz se trouva veuf de nouveau. Il tenta encore une troisième épreuve ; cette foisci il fut plus heureux, et personne ne vint le déposséder. Il établit à Valence une école deodessin qui fut très- fré- queutée jusqu'à sa mort, arrivée en 1737. La plus grande partie des églises de Valence possèdent de ses ouvrages
  • Sébastien RICCI( 1662) : peintre, naquit en 166'2, à CividalediBelluno. Cet artiste qui, parmi les professeurs ses contemporains, s'est particulièrement distingué par son génie pittoresque et par un style neuf et plein de goût, dans lequel il n'eut point d'égal, fut d'abord instruit dans son art, par le Cervelli , qui professait alors à Cividate. Il accompagna son maître à Milan, et il vint ensuite à Bologne et à Venise, pour y étudier les chefs- d'ceuvre de ces deux écoles. 11 résida pendant quelques années à Florence et à Rome et finit par visiter l'Italie entière, laissant partout de ses ouvrages. Ce fut ainsi qu'il acquit une réputation presque universelle. Il voyagea ensuite en Allemagne, en Angleterre et en Flandre. C'est alors qu'il perfectionna son coloris, qui , déjà, dès ses premiers essais , se faisait remarquer par son agrément et son esprit. De Vienne , où le roi des Romains l'avait appelé, et où il exécuta divers ouvrages pour la cour, il revint à Florence et y fut chargé d'orner quelquesuns des appartements du grand duc. Appelé à Londres par la reine d'Angleterre, il traversa la France; et, en passant à Paris, il fut reçu membre de l'Académie de peinture. Le tableau qu'il rit à Londres, pour l'hôpital de Chelsea, la demicoupole où il a peint l'Ascension de Jésus. Christ, l'escalier de l'hôtel de Montaigu , qu'il peignit également, prouvent sans contredit son talent pour les grandes machines. Après un long séjour en Angleterre, il revint à Venise, où on lui commanda un grand nombre de tableaux pour la France, l'Espagne, le Portugal et la Sardaigne. Au milieu de tant d'écoles différentes et de manières si diverses, son imagination s'enrichit d'une foule de belles inventions; et, à force de copier, il se rendit familier le style des plus habiles peintres. Il eut, de commun avec Luca Giordano, le talent de contrefaire la manière de tous les maîtres; et plusieurs de ses tableaux semblent, au premier aspect, sortis de la main du Bassan ou de Paul Véronèse. Pendant qu'il était à Dresde, il exposa une Madone, qu'il fit passer comme étant du Corrège. L'avantage le plus grand qu'il retira de ses voyages fut que, lorsqu'on lui commandait un sujet quelconque, il se rappelait soudain comment tel ou tel maître l'avait traité; et il en savait profiter, sans qu'on pût l'accuser de plagiat. Ses premières études avaient été négliges, sous le rapport du dessin, Dans un âge plus avancé, malgré le zèle assidu qu'il mit à se fortifier dans cette partie, il ne put jamais acquérir le degré de perfection qui lui manquait. La forme, dans ses figures, a de la beauté, de la noblesse, de la grâce et tient quel- que chose de Paul Véronèse. Ses attitudes offrent surtout beaucoup de naturel, de vivacité et de variété. Ses compositions sont pleines de vérité et de bon sens. Quoique toutes ses productions décèlent une grande facilité de pinceau, elle ne dégénère point en négligence. Ses figures, desbées avec précision , se détachent du fond dont T'azur éclatant ne peut les éteindre. Dans les peintures à fresque, les teintes ont conservé leur couleur primitive. Ses tableaux à l'huile ont souffert davantage , soit à cause du vice d'impression des toiles , soit par défaut de l'empàtement des couleurs, moins fort dans les derniers ouvrages qu'il a exécutés à Venise que dans les premiers. Parmi ses productions les plus remarquables , on cite le Massacre des Innocents, à l'école de la Charité de Venise; l'Enlèvement des I Sabines, à Rome; à 13ergame, St- Grégoire priant la rierge en faveur des cimes du Purgatoire ; à Vienne, plusieurs plafonds dans le palais de l'empereur, et une Assomption de la Vierge, dans l'église deStCharles, etc. Il forma plusieurs habiles élèves , parmi lesquels on distingue Discani , Fontebasso, et surtout son neveu, Marc Ricci. Le musée du Louvre possède de Sébastien Ricci 1° un tableau allégorique représentant les Amours servant la France, et un Génie portant le diadènze ; ??.,. Jésus- Christ donnant les clefs du Paradis' à St- Pierre; 3° Polyzène devant le tombeau d'Achille; la Continence de Scipion. Cet habile artiste mourut à Venise, le 13 mai 1734. — Marc Rien, neveu du précédent, naquit à Bellune, en 1676. Après avoir d'abord étudié le genre de l'histoire, sous la direction de son oncle, il l'abandonna pour se livrer au paysage. Dirigé par l'étude des chefsd'oeuvre du Titien, et par la beauté des sites de son pays , il devint un des plus habiles paysagistes de l'école vénitienne. On n'exagère point en disant que peu d'artistes avant lui ont su faire le portrait d'un pays avec autant de vérité , et que ceux qui sont venus après lui ne l'ont jamais égalé dans cette partie de l'art. Il ne faut pas , toutefois, en juger par les ouvrages qu'il exécutait sur la demande des marchands de tableaux , non plus que par les petites compositions en détrempe qu'il peignait sur parchemin, et qui, quoique trèsagréables, manquent d'une certaine vigueur. 11 faut l'apprécier d'après ses tableaux à l'huile, qu'il peignait avec le plus de soin, et que l'on trouve en Angleterre plus fréquemment qu'en Italie. Il était passé en Angle- terre , en 1710, avec son oncle. Il ne tarda pas à y obtenir une réputation étendue. Outre les paysages qu'il peignit pour une foule de riches gentilshommes, il aida Sébastien dans l'exécution de plusieurs de ses grands ouvrages. Ses productions ne font pas entièrement connaître tout son mérite. C'est à ses leçons que Dominique et Joseph Valeriani , François Zuccherelli et Joseph Za'is durent leur talent. Marc Ricci n'était pas moins habile comme peintre de perspective; ses tableaux, en ce genre, que son oncle a ornés de figures pleines d'éclat et de verve, jouissent d'une estime particulière. Marc a aussi gravé à l'eauforte plusieurs paysages. Ce qu'il a fait de plus considérable en gravure est une suite de vingttrois feuilles y compris le frontispice, publiée à Venise, en 1730, par Carlo Orsolini. Marc Ricci mourut à Venise en 1726
  • Sébastien ROULLIARD( 1500) : avocat , né à Melun, dans le 16° siècle, vint à Paris en 1588, y suivit le barreau et fut souvent employé dans de grandes affaires, où il eut à soutenir des droits importants, des questions trèsrares. Ce que l'on nommait alors l'éloquence judiciaire n'était que l'art de parler avec une érudition fatigante, de surcharger le discours d'une multitude de citations étrangères à la cause, puisées le plus souvent, non dans les lois ni dans les jurisconsultes, mais dans tous les auteurs sacrés et profanes, grecs ou latins, que l'avocat rappelait péniblement à sa mémoire , pour faire parade d'une science inutile. Roulliard se montra avec tous les défauts de son siècle. Quoiqu'il se fût voué plus particulièrement à l'étude des lois et aux travaux qui en dépendent, il se livra aussi à l'histoire et à la littérature : heureux si un goût pur et sévère lui eût inspiré un style plus naturel et moins sauvage et lui eût permis d'avoir moins de cré- dulité! Nous ne donnerons point la liste de tous ses ouvrages. La plupart ont paru sous des titres singuliers et bizarres. Il voulut être plaisant dans quelquesuns; d'autres sont historiques. On indiquera seulement ceux qui sont encore recherchés, soit à cause de leur originalité, soit pour leur rareté : P Capitulaire, etc. , Paris , 1600 réimprimé avec augmentations en 1603 et 1604 ; livre bien connu des bibliomanes, quoiqu'il ne soit pas trèsrare. C'est un factum en faveur du baron d'Argenton , dont la femme voulait faire dissoudre le mariage sous prétexte d'impuissance. Cette question de droit canonique, qui fit beaucoup de bruit dans le temps, fut traitée avec plus de décence en latin, la même année , et le fut depuis avec plus d'érudition par Bouhier et Fromageot , 2° Synoptique, alias Aretitude de la femme, ou Démonstration sommaire des principaux moyens du procès d'entre III. G. C., appelant, et M. M., sa femme, intimée p. 71, sans date, et d'autant plus curieux que c'est, à ce qu'on croit, fa première cause de ce genre qui ait été présentée devant les tribunaux. 3° Les Reliefs fo- reuses de Me Séb. Roulliard, 2° édit., Paris, 1610, 2 parties en 1 volume La 1" édition est de Paris, 1607 trèsrare. Le Capitulaire se trouve au folio 233 de la 2° partie, avec une addition contenant le résultat de l'ouverture du corps du baron d'Argenton, décédé en son château de Farcheville, le 3 février 1604, par chirurgiens et médecins, dont le rapport prouve que Roulliard avait été bien fondé à soutenir la validité du mariage. Le Synoptique se trouve au folio 210, verso de la même partie, sous le titre d'Arctitude, avec une note à la fin, qui fait connattre que le mari renonça prudemment à ses poursuites. Ce recueil est réellement curieux par la variété et l'importance des cinquante questions qui y sont traitées. 4° Traité de l'antiquité privilége de la Ste- Chapelle, Paris, 1606 50 le Grand aulmonier de France, Paris, 1607 assez curieux ; 6° Parthenie, ou Histoire de l'Eglise de Chartres..., Paris, 1609 Cette histoire, assez rare, est un des ouvrages qui ont le plus contribué à la réputation de Roulliard elle est toujours recherchée, malgré les critiques que Doyen et M. Chevard en ont consignées dans leurs histoires de Chartres. Ayant fait un voyage dans cette ville en 1608, Roulliard eut communication d'un manuscrit contenant les Antiquités de Chartres, ensemble celles de l'église Notre- Dame, conservé aujourd'hui à la bibliothèque de Paris, n° 10394 de ceux de Lancelot. Rien n'avait encore été imprimé sur l'histoire de Chartres. Roulliard mit ce manuscrit à contribution , et, rendu à Paris , il s'empressa de publier sa Par- thenie. On lui a reproché de s'être montré trop crédule et d'avoir rempli cette histoire de faits qu'une sage critique aurait dû l'engager à supprimer. Mais peut-être ne les conservatil que parce qu'ils étaient consacrés par une tradition antique et que les Chartrains aimaient à se rappeler. Abstraction faite de ce défaut., qui était commun aux auteurs contemporains de Roulliard, son histoire mérite une certaine considération. Elle présente beaucoup de détails intéressants sur l'église de Chartres, et elle est encore le seul ouvrage imprimé dans lequel on retrouve l'ancien état de cette superbe cathédrale, qui a subi depuis de grands changements dans son intérieur. On ne parlera pas ici de ce qu'il a dit des druides : ceux qui depuis ont écrit sur l'histoire de Chartres , et entre autres, Doyen et M. Cheyard, n'ont pas été plus lumineux. Roulliard n'a oublié ni les évêques ni les comtes ; les principaux faits qu'il rapporte sont écrits avec assez de fidélité s'il a commis des erreurs, elles doivent lui être pardonnées. A cette époque, les archives du chapitre de NotreDame , celles des monastères n'avaient pas encore été compulsées, et, de plus, les manuscrits historiques et autres documents, en trèspetit nombre, qu'elles renfermaient, étaient encore ignorés. On y lit avec intérêt quelques citations du poëme des Miracles de la Vierge , qui serait inconnu sans les extraits qu'il en a donnés. Ce poërne, contenant six mille quatre cent quatorze vers, est un des plus anciens monuments de la poésie française. L'auteur, Johan le Marcheant , translata ces Miracles de latin en français, du commandement de Matthieu , alors évêque de Chartres , et finit sa traduction en 1262. Ce poëme est différent de celui de Gautier de Coinsi , qui a pour titre Vie et miracles de la Vierge , catalogue la Vallière, n° 2710. Les fragments cités dans la Parthenie ne donnent qu'une idée imparfaite des talents de Johan le Marcheant, qui peut, à juste titre, tenir une place distinguée entre les poetes du 13e siècle. 7° La Magnifique doxologie du [ eau, Paris, 1610 plaisanterie assez recherchée. C'est un éloge de la paille, un étalage d'érudition intempestive, un amas de citations puisées dans les écrivains les plus inconnus. 8° Dicasologie, ou Defense... de G. de Monconys , ibid., 1620 plaidoyer que Guy Patin trouvait admirable, mais que Nicéron, avec plus de raison , nomme un chefd'oeuvre de pédanterie; 9° les Gymno- podes, ou De la nudité des pieds, disputee de part et d'autre, Paris, 1624 fort rare, en grand papier. Cet ouvrage put avoir de l'importance lors de sa publication ; mais aujourd'hui il présente bien peu d'intérêt. Il fut composé à l'occasion d'une ordonnance du P. Bénigne, général des cordeliers, qui, en 1621, voulait que tous les cordeliers allassent nupieds, ordonnance à laquelle ceuxci s'opposèrent. Roulliard soutint les volontés du général dans la première partie, et dans la deuxième il prétendit que les corde- liers devaient être chaussés. 100 Li- Huns en sang- ters, ou Discours de l'antiquité, priviléges et pré- rogatives du monastère de Li- Huns , près Roye , en Picardie, Paris, 1627 rare et recherché aujourd'hui par suite de l'intérêt qui s'attache aux recherches historiques. C'est un volume qui se paye plus de soixante francs en vente publique. IP Histoire de Melun, plus la vie de Bouchard, comte de Melun, celle de Jacques Amyot et le catalogue des seigneurs de la maison de Melun, Paris, 1628 ; 12° le Lumbifrage de Nicodème Au bier, scribe , soi- disant le cinquième évangéliste et noble de quatre races, Eleutères, année ernbolismale, petit de 50 feuillets. C'est le plus rare et le plus recherché des ouvrages de Roulliard. Il a laissé également en manuscrit Historia prinzorum prœsidum parlamenti Parisiensis autre- fois dans la bibliothèque de Colbert et actuellenient en celle de Paris. C'est la deuxième partie de son Histoire du parlement de Paris. Son portrait se trouve joint à plusieurs de ses ouvrages. Il voulut aussi être poëte; mais il n'y réussit ni en latin ni en français. Roulliard mourut à Paris, en 1639. Nicéron lui a consacré un curieux article dans ses Mémoires, t. 27, p. 251-'261. M. G. Leroy a publié , en 1861 , à Melun , un opuscule intitulé Essai biographique sur Roulliard
  • Sébastien SCHAERTLIN DE BURTENBACH( 1496 - 1577) : né en 1496, à Schorndorf, en Wurtemberg, fit ses études à Tubingue et à Vienne, prit du service en Autriche et fit toutes les campagnes depuis 1518 jusque dans sa vieillesse. Il servit avec zèle CharlesQuint, aida à défendre la place de Pavie et assista à la prise de Rome sous les ordres de Charles de Bourbon; devenu grand maréchal et capitaine général, il se distingua en Hongrie, toujours en combattant avec les Impériaux contre le parti protestant. Mais ensuite il passa dans ce parti, on ne sait par quel motif , et combattit avec les protestants dans la guerre de Smalcalde. Il proposa dans cette guerre quelques coups hardis et voulut, par exemple , que l'on envahît le Tyrol pour couper les troupes auxiliaires que CharlesQuint faisait venir de l'Italie. Déjà il s'était porté jusqu'à la Clused'Ehrenbourg ; mais il ne put s'accorder avec le landgrave Philippe de Hesse qui contraria ses projets. Il est de fait que Schaertlin mécontenta tous les partis, qu'il fut proscrit, et qu'on l'exclut même de l'amnistie accordée par le traité de Passau. Ce général offrit alors ses services à la cour de France, qui favorisait les protestants d'Allemagne et qui avait, depuis quelque temps, jeté les yeux sur lui. Entré à la solde du roi, Schaertlin servit avec un nouveau zèle ses coreligionnaires allemands. et fut le médiateur du traité qui fut conclu , en 1599, au château de Chambord, entre Henri II, roi de France, et Maurice , électeur de Saxe. CharlesQuint et le roi Ferdinand de Bohème, voyant enfin qu'il fallait gagner cet ennemi par la douceur, levèrent l'arrêt de proscription lancé contre lui et lui permirent de rentrer dans ses biens. Schaertlin passa le reste de ses jours dans sa terre de Burtenbach , entre Ulm et Augsbourg, et s'occupa de la rédaction de mémoires sur sa vie et sa famille. C'est de ces mémoires qu'au dernier siècle a été tirée, par deux auteurs, Holzschulier et Hummel, la Vie du chevalier Sébastien Schaertlin, Francfort et Leipsick , 1777-1782, 2 vol. Schaertlin mourut le 18 novembre 1577
  • Sébastien SECCANTE : peintre, natif d'Udine. fut élève de Pomponio Amalteo. Il se fit connaître 1 dans sa patrie par deux grands tableaux où l'on admire de beaux portraits frappants de ressemblance, et que l'on voit dans une des salles du chàteau de la ville, et surtout par quelques tableaux d'autel dans lesquels il déploya un talent peut-être plus original encore. On cite, entre autres, un Christ succombant sous le poids de sa croix, entouré d'anges qui tiennent les autres struments de la passion, et qui est le plus bel ornement de l'église de StGeorges. Rien de plus gracieux que les figures d'anges qui environnent le Sauveur dont l'expression n'est pas moins remarquable ; on y reconnaît l'excellence des principes qu'il avait reçus d'Amalteo. Ce dernier maître avait pour le talent de son élève une si grande estime, qu'il lui donna une de ses filles en mariage. Sébastien est regardé comme le dernier soutien de la belle école fondée par Amalteo. Il mourut vers 1576. — SECCANTE , frère du précédent, commença à cultiver la peinture à l'âge de cinquante ans seulement. Il travaillait encore en 1571. — SECCANTE, le jeune , fils du précédent, naquit vers 1550 et s'appliqua à la peinture dès sa plus tendre jeunesse ; mais malgré tous ses efforts, il ne put même s'élever à la hauteur de son père, dont le talent était déjà bien inférieur à celui du premier Sébastien. Il mourut vers 1629. — SECCANTE de Seecanti, autre peintre de la même famille, et disciple de la même école, travaillait encore en 1621, mais il ne s'est pas élevé audessus du médiocre
  • Sébastien SEEMILLER( 1752 - 1798) : orientaliste, né le 17 octobre 1752 à Veldin, en Bavière, fit ses premières études chez les jésuites de Landshut et de Munich, et entra, en 1770, dans l'ordre des chanoines réguliers de StAugustin, à Polling. Il s'appliqua ensuite, dans l'université d'Ingolstadt, à la théologie, à l'histoire et aux langues orientales. Après avoir pris, en 1776, le grade de docteur en philosophie et en théologie, il retourna dans son couvent. Pour ne pas le décourager dans ses études, ses supérieurs le dispensèrent des devoirs qu'impose la règle, et ils l'employèrent seulement, en 1778 et 1780, à donner quelques cours de théologie et d'hébreu. En 1781, on lui conféra les places de professeur de langues orientales à Ingolstadt, et de bibliothécaire de l'université, avec le titre de conseiller de l'électeur. Il publia la description des Incunabula, dont la bibliothèque d'Ingolstadt est trèsriche ; cet ouvrage le mit au premier rang des bibliographes. Au bout de treize ans, ses supérieurs le rappelèrent à Polling, pour mettre en ordre la bibliothèque de ce couvent, qui possédait également beaucoup de monuments typographiques. Il en dressa le catalogue, qui n'a pas été imprimé, probablement parce que le couvent de Polling fut sécularisé, et la bibliothèque transportée à Munich. Seemiller fut nommé, en 1797, curé de Fontenned, à Munich. Il s'occupait des moyens de perfectionner l' du peuple, lorsque, le 22 avril 1798, la mort le surprit, à l'âge de 46 ans. Tous ses ouvrages sont écrits en latin, et ils se distinguent par une solide érudition et un esprit philosophique ; les uns tiennent à la bibliographie, les autres à la critique sacrée. Aux premiers appartiennent des programmes sur un ancien manuscrit d'une version latine des quatre Evangiles; un traité historique, critique et littéraire sur la Bible polyglotte d'Alcala des dissertations sur la double édition de la Bible de Mayence de 1462; sur les traductions grecques des livres de l'Ancien Testament, et principalement sa description des éditions du 15" siècle de la bibliothèque d'Ingolstadt , en quatre cahiers qui parurent de 1787 à 1792. Dans la seconde classe, les ouvrages suivants sont les plus importants : p Justitutiones ad interpretationem sandre scripturœ, seu Hermeneutica sacra, Augsbourg, 1779 ; 2« SS. Jacobi et Juda. App. epistoloe catboliece quas ad yr, textus fidem latine reddidit et perpetuis adnotationibus illustravit, Nuremberg, 1783. 3° Septem Psalmi poenitentiales, etc., Ingolstadt, 1790 ; 4° Quindecint Psalmi graduales, etc., ibid., 1791 S—L,
  • Sébastien SERLIO( 1475) : architecte, né à Bologne en 1475, d'un père qui exerçait le métier de décorateur, annonça de bonne heure son penchant pour les arts, et, sans avoir d'autres maîtres que son génie, étudia les principes de la perspective et de l'architecture. Les écrits de Vitruve lui expliquèrent plus tard ce qu'il n'avait pu deviner, et l'examen des monuments compléta son instruction. La ville de Bologne, agitée par les factions des Bentivogli, n'offrait alors aucune espèce de ressource aux artistes, qu'une noble protection attirait dans le reste de l'Italie, où les Médicis, les papes, la république de Venise, les ducs de Mantoue, de Ferrare et d'Urbin faisaient élever de vastes et splendides édifices. Serlio se mit alors à parcourir les autres villes, en commen-çant par Pesaro, où il s'arrêta quelque temps. Il lit un plus long et studieux séjour dans les Etats vénitiens. Il mesura l'amphithéâtre et les ponts de Vérone, bâtit une salle de spectacle à Vicence et fournit les dessins pour achever, à Venise, l'église de StFrançois delle Vigne, dont la construction avait été interrompue par les disputes des architectes. Ce fut dans cette dernière ville qu'il connut Sansovino, Sanmicheli et Abondi, qu'il ne cesse de louer dans ses ouvrages. Honoré de la protection du doge André Gritli et de celle de plusieurs nobles Vénitiens , il n'aurait pas manqué d'occasions de défier ses rivaux , si le désir de s'instruire ne l'eût emporté sur l'ambition de briller. Il alla en Dalmatie, où il fut le premier à reconnaître les antiquités de Pola , dont il a donné les dessins dans le troisième livre de son ilrchitecture. Il repassa la mer pour examiner les monuments d'Ancône, de Spolète et des autres villes de la Marche et de l'Ombrie. Arrivé à Rome, sous le pontificat de Paul III, il se lia avec Baltasar Peruzzi, l'un des plus savants architectes de l'Italie, et profita de ses entretiens pour parvenir à mieux comprendre le texte de Vitruve, sur lequel Peruzzi avait beaucoup médité. La mort de cet artiste, arrivée en 1536, priva Serlio d'un grand secours et l'exposa à l'imputation d'avoir profité de ses longs travaux. Il ne s'abaissa pas à répondre à ses détracteurs, et continua de 'visiter les ruines de Rome, dont il prit les dessins et fixa les dimensions. On pourrait difficilement se faire une idée du grand nombre de matériaux rassemblés par Serlio dans ses voyages, qui se prolongèrent du fond de l'Adriatique jusqu'an détroit de Messine. Ses recherches le fuirent en état de rédiger un ouvrage classique, dont il publia des parties détachées. La première fut celle des cinq ordres d'architecture ; et ce livre fut si bien accueilli par le public, qu'il fallut en donner jusqu'à quatre éditions. Fran-çois lier, auquel l'évêque de Rodez en avait transmis un exemplaire de la part de Serlio, lui en témoigna sa satisfaction ; et, plus généreux que le duc de Ferrare, à qui l'ouvrage était dédié, il envoya une somme de trois cents écus d'or à l'au- tour. Plein de reconnaissance, celuici mit au jour, peu après, sous les auspices de son auguste protecteur, un nouveau livre contenant la description de plusieurs rnonurnents romains, en montrant le désir de retracer ceux du midi de la France, si le roi lui permettait de s'y transporter. François 1" répondit à ce voeu en l'engageant à se rendre auprès de sa personne, et en le nommant architecte de Fontainebleau et surintendant des bâtiments de la couronne. Serlio n'abusa pas de cette faveur ; et, lorsqu'on se proposa d'embellir la cour du Louvre , il eut la générosité de préférer les projets de Pierre Lescot aux siens. Au milieu de ces occupations, il ne cessa jamais de travailler à son ouvrage, dont il avait annoncé la suite. Aux deux livres publiés à Venise, il en ajouta deux autres imprimés à Paris, accompagnés d'une traduction française de Martin, secrétaire du cardinal de Lenoncourt. Ces derniers, qui roulaient sur les éléments de la géométrie et de la perspective , furent suivis d'une cinquième partie, relative aux différentes formes des temples ; et il ne restait plus que deux livres à paraître, lorsque la mort de François 1" et les guerres civiles qui éclatèrent en France ne permirent plus à Serlio de le continuer. Retiré à Lyon et tombé dans la plus grande détresse, il vendit ses manuscrits à un certain Strada , de Mantoue, qui les fit imprimer à Francfort, après la mort de l'auteur. Le produit de cette vente lui servit à payer les frais d'un ouvrage publié à Lyon et à regagner Fontainebleau , où , accablé par les chagrins et les années, il mourut, en 1552. Dans presque tous les bâtiments de Serlio, on remarque des imperfections de détail qui nuisent à la beauté de l'ensemble. Il était plus versé dans la théorie que dans la pratique ; et ce qu'il mettait de sévérité dans ses préceptes dégénérait en sécheresse dans ses dessins, qui ne présentaient pas assez de noblesse et d'élégance. Ses écrits sont : 1° Regole generali di architettura supra le cirque maniere degli edificj, etc., Venise, 1537 avec des figures en bois ; réimprimé en 1539, 1540 et 1544. La première édition est rare et peu connue. Ce livre forme la quatrième partie de son Cours d'architecture, traduit en français par Van Aelst, Anvers, 1545 2. Il terzo libro, nel quale si figurano e descrivono le antichità di Roma, etc., ibid., 1540, 1551, 1562 , fig. en bois. Ce livre et le quatrième ont été traduits en espagnol par Villalpando , Tolède, 1573 3. Il primo ed il seconda libro d'arehitettura , Paris, 1545 avec la traduction française de Martin. Le texte italien fut réimprimé à Venise, 1560 4° Quinto libro d'architettura, nel quale si traita di diverse forme de' tempj sacri , Paris, Vascosan, 1547 avec la traduction française par Martin. Le texte italien fut réimprimé à Venise, 1551 et 15T9 5° Estraordinario libro di architectura, nel quale si dimostrano trenta porte di opera rustica ? nista e vend di opera dilicata, Lyon, 1551, 4558 et 1560 ; et 'Venise, 1557, 1558, 1560, 1567 Cette partie n'entre point dans le plan du grand ouvrage de Serlio ; ce qui lui a fait donner le titre de Livre extraordinaire. 6° Opere di architettura, libri sci, Venise, 1566 Les figures ont été réduites en un plus petit format ; traduit en latin par Saraceno, ibid., 1569 ; 7° 11 ultimo libro d'architettura , nel guale si traita di molli accidenti clic possono occorrere all' architetto, Francfort, 1575 avec une traduction latine ; 8° Tuile le tpere di architectura, Venise, 158i, 1618 ou 1619 et 1663 avec la traduction latine. C'est la première édition complète des oeuvres de Serlio, auxquelles J.D. Scamozzi a joint une table des matières. Voyez, pour d'autres renseignements, Àllemorie degli architetti ; Fantuzzi, Scrittori Bolognesi, et l'Elogio di Serlio, par le marquis Amorini, Bologne, 1823 avec le portrait de cet architecte
  • Sébastien SLODTZ( 1655 - 1726) : sculpteur, né à Anvers en 1655, se fit un nom parmi les artistes qui contribuèrent à l'embellissement des palais de Louis XIV. Au nombre des ouvrages qui l'ont rendu célèbre, on cite le Buste de 'Eton du Tillet, la Statue de St- Ambroise, qui décore l'église des Invalides, et surtout la figure de marbre d'Annibal mesurant au boisseau les an- neaux des chevaliers romains tués à la bataille de Cannes. Si la noblesse de l'expression répondait à la beauté de l'exécution, cette figure ne laisserait rien à désirer. C'est encore un bon ouvrage que son basrelief des Invalides, dont le sujet est St- Louis envoyant des missionnaires dans les Indes. Il a exécuté à Versailles le Groupe de Protée et d'Aristée, et à Marly la figure de Pomone. Slodtz mourut à Paris en 1726.— Sdbastien- René SLODTZ, fils du précédent, et l'aîné de cinq frères, cultiva aussi la sculpture avec succès. — Paul- Ambroise SLODTZ, son frère puîné, dessinateur de la chambre et du cabinet du roi, né à Paris en 1702, et mort le 16 décembre 1758 dans la même ville, fut reçu académicien, le 29 novembre 1743, sur la Chute d'Icare , et professeur le 6 juillet 1754. Il travailla, conjointement avec son frère Sébastien- René, au maitreautel de l'église de StBarthélemi, au dais du maitreautel, à l'autel de la chapelle de la Vierge de StSulpice ; enfin à l'autel à la romaine de l'église StGermain des Prés. Il l'aida également, ainsi que son frère MichelAnge, dans les catafalques de NotreDame et la décoration des salles de bal et du feu d'artifice qui eut lieu lors des fêtes célébrées à Versailles, en 1751, à l'occasion de la naissance du duc de Bourgogne, fils de Louis XV. Mais quelque talent qu'aient eu ces deux artistes, ils le cèdent à leur plus jeune frère, René- Michel, plus connu sous le nom de Michel- Ange , qui, dans sa jeunesse, lui avait été donné par son père, ses frères et ses camarades, et qu'il conserva le reste de sa vie. Né à Paris le 27 septembre 1705, il remporta une première fois, en 1724, à l'âge de vingt et un ans, le second prix de sculpture, sur le sujet des Habitants précieuses, à 2,256; et 1,555 poissons, 1,172 oiseaux, 1,886 quadrupèdes, 5,439 insectes, 12,506 plantes, etc. Le catalogue de cette collection, indiquant chaque objet avec une courte description et quelques renvois littéraires, forme 38 volumes Une grande partie de l'histoire uaturelle a eté détruite par le temps. de Sodome frappés d'aveuglement au moment où ils veulent envahir la maison de Loth; et le même prix, pour la seconde fois, en 1726 ; et fut envoyé à Rome comme pensionnaire du roi. Il demeura dixsept ans dans cette ville, où il obtint au concours, pour l'église de StPierre, l'exécution de la figure de St- Bruno refusant la couronne qu'un ange lui apporte. Il y exécuta en outre le Tombeau du marquis Capponi, placé dans l'église de StJean des Florentins ; le bas- relief du tom- beau et le buste de Illenghels, dans l'église de StLouis des Français. Il avait été chargé du mausolée commun élevé dans la cathédrale de Vienne, en Dauphiné, en l'honneur de M. de Montmorin, archevêque de cette ville, et du cardinal d'Auvergne, son successeur. C'est à cette époque que Slodtz revint à Paris, précédé de sa réputation. Ses deux frères n'eurent qu'à se féliciter de son retour. Il partagea tous leurs travaux, et l'on y aperçut une amélioration sensible. Ils présentèrent un projet de place pour la statue équestre de Louis XV, sur une partie du quai des Théatins. L'architecture en était magnifique et du meilleur goût. Le 31 décembre 17-19, l'académie agréa Slodtz sur plusieurs ouvrages, entre autres sur un modèle en petit de l'Amitié, qui devait être son morceau de réception. Diverses circonstances l'empêchèrent de devenir académicien titulaire. En 1755, le marquis de Marigny, directeur des bàtiments, lui lit accorder une pension par le roi. Il succéda, en 1758, à son frère PaulAmbroise, comme dessinateur de la chambre et du cabinet. Parmi ses ouvrages les plus remarquables, on cite les modèles des deux Anges adorateurs et les basreliefs qui décorent le maitreautel de la paroisse de Choisy, ainsi qu'une copie du Christ, d'après celui de MichelAnge qu'on voit à Rome dans l'église de la Minerve. Mais son chefd'oeuvre est le Tombeau de Longuet, curé de StSulpice. A l'exemple du Bernin, il y a employé le bronze et les marbres de toutes les couleurs. Cet ouvrage, qui à l'époque où il fut exécuté était l'objet de l'admiration générale, est une nouvelle preuve de la décadence des arts sous Louis XV. La composition en est bizarre et mesquine, quoique visant à l'effet ; le dessin en est maigre et sec, et manque même de correction. Le squelette de la Mort est hideux. Ce qu'il y a de meilleur est la figure du curé, qui n'est dépourvue ni d'expression, ni d'une certaine noblesse. Ce mausolée fit à son auteur une si grande réputation, que le roi de Prusse, Frédéric II, non content de lui commander deux statues, voulut l'attirer à sa cour. Mais Slodtz , retenu par les nombreux amis que lui avaient acquis ses qualités personnelles, refusa de se rendre à cette invitation. Peu de temps après, il fut atteint d'un épanchement de bile auquel il succomba le 26 octobre 176. J.L. Castillon a consacré dans le Nécrologe de 1766 un éloge à R.M. Slodtz, qui a été réimprimé dans la Revue universelle des arts, t. 12 ; l'Abecedario de Mariette, t. 5, p. 223-9.39, contient en outre un article d'autant plus précieux qu'il a été composé avec des documents fournis par MadeleineMichelle Slodtz, qui avait épousé M. Legros, avocat en parlement
  • Sébastien VAILLANT( 1669) : membre de l'Académie des sciences et démonstrateur des plantes au jardin royal à Paris , naquit le 26 mai 1669 , à Vigny, près de Pontoise. Il annonça, dès l'âge de cinq ans , une inclination décidée pour la botanique. Il ramassait toutes les plantes qui lui paraissaient les plus belles, les transportait et les cultivait dans le jardin de son père. Celuici, craignant à la fin qu'il ne remplît son jardin de plantes sauvages, le relégua dans un coin, où il pouvait à son aise se livrer à son goût. Le jeune Vaillant, afin d'avoir le temps de satisfaire son maître d'étude et de suivre son penchant favori, mettait tous les soirs sous sa tète une planche garnie d'un clou relevé en bosse , pour se réveiller plus matin ; mais ce clou le blessa , et il lui vint à la nuque une loupe qu'il garda toute sa vie. Son père, qui n'était pas riche et qui ne voyait pas où la passion d'herboriser pourrait conduire son fils, chercha à lui donner un état, et lui fit apprendre la musique. Ses progrès dans cet art furent si rapides que , son maître étant mort , il lui succéda , à l'âge de onze ans , dans la place d'organiste chez les bénédictins de Pontoise. De là il passa à l'église des religieuses de la même ville. Dans ses heures de loisir, il allait à l'hôpital pour assister au pansement des malades. Il se lia avec les chirurgiens de la maison, se procura des livres d'anatomie et de chirurgie, et enfin d'organiste devint aidechirurgien de cet hôpital. Il alla , en 1688, exercer la chirurgie à Evreux, puis à l'armée, et se trouva à la bataille de Fleurus. Il vint, en 1691, à Paris, où les leçons de Tournefort réveillèrent son goût pour la botanique. Tout son temps fut partagé entre la profession de son état, le jardin du roi, l'amphithéâtre, les écoles de chimie et d'anatomie. Tournefort le distingua bientôt parmi ses autres écoliers, et sut l'employer utilement pour son Histoire des plantes des environs de Paris. Fagon, premier médecin de Louis XIV, frappé de l'ordre et de la propreté avec lesquels Vaillant disposait les mousses dans son herbier, le prit pour secrétaire et lui ouvrit un libre accès dans tous les jardins du roi. 11 lui donna depuis la direction du jardin royal , que le nouveau directeur enrichit d'un trèsgrand nombre de plantes curieuses. Il lui résigna ensuite ses emplois de professeur et de sousdémonstrateur des plantes de ce jardin : Tournefort avait demandé cette place avec instance. Vaillant , qui eut la préférence sur son maître, justifia cette confiance par les soins qu'il donnait à l'instruction de ses élèves. Louis XIV ayant ordonné que l'on construisît un amphithéâtre et un cabinet de pharmacie au jardin royal, Vaillant fut chargé d'acheter les substances, dans les trois règnes , et de les disposer dans l'ordre où on les voit encore aujourd'hui. La conservation de ce cabinet lui fut laissée , et il eut occasion de le montrer à Pierre le Grand, à d'autres personnages distingués et aux savants qui venaient le visiter. Ce fut sur ses représentations et sur les instances de Fagon que le roi fit construire, en 1714, une serre avec des poêles, pour y élever des plantes des pays chauds. Ce premier établissement étant insuffisant, sur de nouvelles prières, on établit , en 1717, une seconde serre, dont Fagon fit les avances. En 1716, Vaillant était entré à l'Académie des sciences sans avoir sollicité cette distinction, que ses amis eurent peine à lui faire accepter. Les leçons de botanique qu'il donnait au jardin royal étaient suivies par un concours extraordinaire d'élèves. Du Verney, le premier anatomiste de son siècle, des botanistes et des savants du premier rang y assistaient. Malgré ses occupations, Vaillant avait trouvé des moments pour aller plusieurs fois visiter les côtes de la Normandie et de la Bretagne, afin d'y recueillir des plantes, des fossiles et autres objets relatifs à l'histoire naturelle. Par une distinction honorable, il avait la per-' mission de visiter les endroits les plus écartés des jardins du roi, dans lesquels aucun botaniste n'avait accès. Fagon l'avait chargé de la correspondance avec les différentes contrées de la terre, desquelles il tirait des semences et des productions naturelles pour le jardin royal. Ayant approfondi la science des plantes, il crut qu'il était temps de travailler à la publication de e méthode. Celle de Tournefort ne le satisfaisait plus : selon lui, elle n'indiquait point avec pré- cision les signes distinctifs des classes, des genres et des espèces. Ayant deviné le système que Linné a depuis si heureusement développé , il donna quelques exemples de sa méthode dans le discours qu'il prononça le 10 juin 1717 et dans les mémoires lus à différentes séances de l'Académie, desquels nous parlerons plus bas. Il avait aussi jeté les fondements de sa nouvelle doctrine dans ses observations sur les histinitiones de Tournefort; mais la mort vint l'arrêter dans ses glorieux projets. L'honneur de développer un système qui a fait faire de si grands progrès à la botanique était réservé à un savant étranger. La santé de Vaillant, si forte, s'était affaiblie par les excès du travail. Sentant approcher sa fin, il s'affligeait en voyant qu'il ne pourrait point donner la dernière main à ce Botanicon Parisiense auquel il travaillait depuis trentesix ans. Le 15 mai 17'21, il fit écrire à Boerhaave, pour le prier de vouloir bien avoir soin de son manuscrit, ce qui fut facilement accordé. Le savant hollandais apprit qu'Aubriet, peintre du cabinet du roi, avait, sous les yeux de Vaillant, dessiné trois cents figures appartenant à l'ouvrage, et qu'elles se trouvaient encore entre les mains du dessinateut, Vaillant n'ayant pu en acquitter le prix ; Boerhaave les acheta. Les dessins et le manuscrit lui furent remis; alors Vaillant, tranquillisé sur ces objets de ses affections terrestres, défendit qu'on lui parlât de botanique et ne voulut plus s'occuper que de Dieu et de son âme. A sa mort, arrivée le 22 mai 1722, il laissa un herbier le plus beau et le plus parfait qu'il y eût alors, celui de Fagon lui ayant été joint. Louis XV fit acheter de sa veuve son cabinet d'histoire naturelle, lequel.est encore aujourd'hui un des ornements du jardin des plantes. Vaillant mourut pauvre, ayant méprisé les richesses et n'ayant vécu que pour la science. Fagon , son protecteur, qui avait subi l'opération de la taille dans un âge avancé, voulut témoigner à Vaillant sa reconnaissance pour les soins qu'il lui avait prodigués pendant sa maladie, en lui cédant les droits que, comme premier médecin du roi , il avait sur les eaux minérales du royaume. Vaillant refusa ce don , que les plus vives instances ne lui purent faire accepter. Nous avons de ee savant : 1. Discours prononcé, le 10 juin 1717, à l'ouverture du jardin royal des plantes, sur la structure des fleurs, leurs différences et l'usage de leurs parties. Ce discours fut réimprimé en latin, avec le français en regard , sous ce titre : Sert» de structura florum, horum diferentia usuque partium eos constituentium et constitutio trium novorum generum plantarum : Araliastri, Sherardice, Boerhaaviœ, Leyde, 1718 et 1728 20 Nouveau genre de plante, nommé Araliastrum, duquel le fameux Ninzin ou G seng des Chinois est une esp; ce. Ce petit ouvrage , qui a paru sans date et sans indication de lieu , fut publié en 1718, à Hanovre, par le médecin de l'électeur, sur les notes que Vaillant lui avait communiquées. 3° Etnblissement des nouveaux caractères de trois familles ou classes de plantes à fleurs composées, savoir : des Cynarocéphales, des Coryinbipres et. des Cichoracées. Dans ce mémoire, que Vaillant lut le 2 juillet 1718, à la séance dé l'Académie des sciences, l'auteur, critiquant les histitutiones de Tournefort. indigne, d'après leur sexe, les caractères distinctifs de ces trois familles, selon le système de Linné. devançait. 4° Caractères de quatorze genres de plantes, dénombrement de leurs espèces, descriptions et figures. Vaillant lut ce mémoire à la séance du If janvier 1719. 5° Suite de l'Etablissement de nouveaux caractères de plantes à fleurs composées , classe 2 des Corytnbifères, mémoire lu à la séance du 19 juillet 1719; 6° Suite des Corymbifères ou de la seconde classe des plantes à fleurs composées, mémoire lu par Vaillant à la séance du ( 2. 7 janvier 1720; 7° Suite de l'Etablissement de nouveaux caractères de plantes à fleurs composées, classe 3 des Cichoracées ou Chicoracées. Ce mémoire fut lu le 15 janvier 1721; 8° Suite de l'Etablissement de nouveaux caractères, classe des Dipsacées, mémoire lu le 10 décembre 17121; 9° Remarques sur la méthode de M. Tournefort, mémoire lu à la séance du 17 décembre 1721. Ces sept mémoires sont insérés dans ceux de l'Académie des sciences, selon les années où ils ont été lus. L'auteur fait voir ce qu'il appelle les défauts et l'insuffisance de la méthode que Tournefort avait adoptée, montrant clairement qu'il faut recourir aux caractères sexuels pour bien classer les plantes. Il y a autant d'amertume que d'injustice dans la conduite de Vaillant, puisque l'on ne peut refuser à son marre d'avoir ouvert la véritable route de la science et d'offrir dans l'ensemble de sa méthode, unie à celle de Linné, les éléments les plus simples et les plus clairs, ceux qui doivent hâter la marche de l'élève vers la botanique perfectionnée. 10° Botanicnn parisiense, operis majoris prodromus, Paris , 1722 et Leyde, 1745 bans ses courses pour herboriser, Vaillant portait ordinairement avec lui ce Botanicon manuscrit, qui ne fut imprimé que cinq ans après sa mort. 11° Botanicon parisiense , ou Dénombrement par ordre alphabétique des plantes qui se trouvent aux environs de Paris, avec plusieurs descriptions des plantes, leurs synonymes, le temps de fleurir et grainer et une critique des auteurs de botanique, Leyde et Amsterdam, 1727 avec plus de 300 figures. Ce bel ouvrage, que son exactitude et le fini de ses planches rendent précieux, fut publié par Boerhaave, dédié par lui à J.P. Bignon , bibliothécaire du roi et précédé de la vie de Vaillant. Boerhaave, qui avait acquis tous les manuscrits et dessins de ce savant jaloux et passionné, les fit déposer à la bibliothèque de l'université de Leyde, où ils existent encore aujourd'hui. Tournefort sut s'élever audessus des critiques et des intrigues de son élève, et pour rendre hommage au savoir réel de Vaillant, il donna le nom de Vatantia à un genre de plantes. Vaillant le changea ; mais Linné l'a rétabli et les botanistes modernes l'ont respecté. G—Y et T
  • Sébastien VENIERO : commandait à Corfou pour Venise pendant la guerre où cette répu- blique perdit le royaume de Chypre. Des secours avaient souvent été promis aux Vénitiens par toutes les puissances chrétiennes, pour les aider à repousser les forces ottomanes; enfin Philippe II donna ordre à don Juan d'Autriche, son frère naturel, de se joindre à eux avec 18 galères. Sébastien Veniero, déjà figé mourut au mois de mai 1578. Nicolas de Ponte lui succéda
  • Sébastien VIEIRA ou VIEYRA( 1570 - 1634) : missionnaire portugais, naquit en 1570, à Castro d'Aire, diocèse de Lamego. À l'àge de seize ans, il embrassa la règle de StIgnace, et se disposa , par la prière et l'étude, à porter l'Evangile dans les Indes. Slètant embarqué pour le Japon. en 1602, il se signala pendant plusieurs années par son zèle pour la propagation de la foi. Un ordre de l'empereur, Cl) le reléguant à Manille, interrompit le cours de ses prédications; mais il rentra bientôt au Japon, et il continua de se dévouer au service des nouveaux chrétiens, dont le nombre s'accroissait chaque jour. Rappelé par ses supérieurs à Macao, il fut envoyé à Rome pour rendre compte au souverain pontife de l'état des missions des Indes. Pendant son absence , sa tète fut mise à prix. et il fut obligé de se déguiser en matelot chinois pour rentrer au Japon, où il resta quelque temps caché. Mais ayant été nommé viceprovincial et administrateur de l'évèché, il se trouva dans la nécessité de braver tous les dangers pour remplir les devoirs que lui imposait ce double litre. Il fut bientôt découvert et conduit devant l'empereur à 'edo. Le prince lui commanda de renoncer a JésusChrist: mais il répondit qu'il rie trahirait point un mattre dont il n'avait reçu que des bienfaits depuis soixantetrois ans, pour obéir à celui qu'il ne connaissait que par ses rigueurs. L'empereur, irrité, le fil appliquer à la torture; voyant que les supplices ne pouvaient point ébranler sa constance , il le lit suspendre par les pieds dans une fosse. les mains liées derrière le dos. On retrouva le P. 'Vieira vivant, au bout de trois jours, et il termina sa •ie sur un bûcher, le 6 juin 1634. On a de lui quelques lettres , dans le Recueil des mission,. année 1613
  • Sébastien VISCAINO : navigateur espagnol, entreprit , en 1595, un voyage à la côte de la Californie et prit formellement possession de la presqu'île. En 1602, la crainte de voir les Anglais s'établir dans les contrées au nord de ce pays, et le désir de trouver dans le voisinage du cap Mendocino un port qui pilt offrir à la fois, aux galions revenant des Philippines , un abri contre les vents et un refuge contre les croiseurs ennemis, décidèrent Philippe III à ordonner à Gaspard de Zuniga , comte de Monterey, de faire faire une reconnaissance exacte des côtes situées sur les parallèles voisins de celui du cap Mendocino, découvert, en 1542 , par Rodriguez Cabrillo. Cette expédition fut confiée à Viscaino, qui fit voile d'Acapulco, le 5 mai 1602, avec deux vaisseaux , une frégate et une chaloupe pontée. Ce navigateur visita les havres et les lieux auxquels il put aborder et eut souvent à lutter contre les vents de nordouest, qui sont les vents dominants sur cette côte. Il parvint enfin à découvrir, vers 36° 40' de latitude, un port auquel il imposa le nom de Puerto de Monterey, et qui depuis est devenu le principal établissenient des Espagnols à la côte nordouest. Viscaino remonta ensuite jusqu'à la hauteur du cap Mendocino, par 410 30' de latitude. Mais !es maladies qui commencèrent à se déclarer parmi son équipage, le manque de vivres et la rigueur extrême de la saison l'empêchèrent de s'élever au delà du cap StSébastien, sous le 42° de latitude. Il reprit donc le chemin d'Acapulco. Torquemada, qui, dans sa Monarquia indiana , nous a conservé le récit de cette expédition , ajoute qu'un seul bâtiment, la frégate commandée par Antonio Morez , dépassa le cap Mendocino. Le 19 janvier 1603, elle parvint sous le 43° de latitude, à l'embouchure d'une rivière que Cabrillo parait avoir déjà reconnue en 1543, et que l'enseigne Martin d'Aguilar crut être l'extrémité occidentale du détroit d'Anian. Il ne faut pas confondre cette entrée ou rivière d'Aguilar, que l'on n'a pu retrouver de nos temps, avec l'embouchure du Rio Colombia , qui est devenue célèbre par les voyages de Vancouver, Grey et du capitaine Lewis. Près de la rivière était un promontoire, qui fut nomilié cap Blanc. C'est à Viscaino que l'on doit la première reconnaissance exacte des côtes de la NouvelleCalifornie. Humboldt dit qu'il mérite d'être placé au premier rang des navigateurs de son siècle et que trentedeux cartes rédigées à Mexico, par le cosmographe Henri N'affinez, prouvent qu'il releva les côtes de la NouvelleCalifornie avec plus de soin et d'intelligence qu'on ne l'avait fait avant lui
  • Sébastien ZAPPALA( 1738 - 1820) : érudit italien, naquit à Catane le 3 mars 1738. Son étude première et préférée fut celle des langues. Pétrarque et Bocace, Cicéron et Virgile, Démosthène et Pindare, enfin Racine et Bossuet, tous ces grands esprits étaient familiers à Zappala. A vingt ans, il professait les humanités et il s'acquitta de cette tâche aux applaudissements de tous. C'est de cette époque que date son premier ouvrage, la traduction des Fables de l'affranchi d'Auguste, . Il fit suivre cette publication d'une grammaire en cent leçons, contenant une sorte d'étude comparée du latin et de l'italien. Zappala, qui se livrait à une étude de plus en plus approfondie des chefsd'oeuvre de l'antiquité, fit paraître ensuite les Excerpta ex Luciano Samosatensi, notis ac lexico illustrata ad usum sent. Cat. Cet ouvrage, dont le titre même témoigne des études de son auteur, fut suivi d'une gram- matira et prœcipue idiotismi grucce. En même temps que son érudition, on vantait les vertus et l'aménité de caractère de Zappala. Il mourut le 16 décembre 1820 à l'âge de 80 ans
  • Sébastien ZAMET( 1549 - 1614) : célèbre financier , né à ucques vers l'an 1549, était fils d'un cordon- - cordon- lit lier. Il vint en France sous la protection de la 'reine Catherine de Médicis , et fut d'abord attaréhé à la personne de Henri III, soit en qualité de cordonnier , soit comme valet de garderobe. Son esprit subtil et facétieux le rendit agréable à ce prince et aux .grands de la cour ; il avait un talent si extraordinaire pour l'intrigue , il était lilloué d'une telle aptitude aux affaires, qu'en peu de temps il fit une fortune immense et devint un personnage considérable. Après avoir été la créature de Catherine de Médicis, il fut un des serviteurs les plus chéris de Henri Ill , puis l'ami de Nlayentie, enfin le confident de Henri IV , et le conseil de Marie de Médicis. Dès l'an 1585 il était intéressé dans la ferme des sels pour une somme de soixantedix mille écus. On voit , en 1588 Henri lit , le plus prodigue des monarques, assigner au duc d'Épernon une somme de trois cent mille écus à prendre sur Zamet. Après la mort du dernier des Valois, ce riche partisan fut, par position plutôt que par choix, entraîné dans le parti de la Ligue. Le duc de Mayenne venait familièrement avec d'autres grands seigneurs dîner chez Zamet. Le Journal de l'Estoile signale un de ces banquets, à cause des frais énormes que fit l'amphitryon italien pour régaler ses hôtes illustres. Il fallut rapporter le duc de Mayenne chez lui, tant il avait bu . Zarnet acheta quelquefois assez cher la familiarité des grands ; le duc d'Elbeuf l'enleva un jouide Paris , afin de le contraindre à payer une somme pour laquelle ils étaient en procès. Cet événement fit beaucoup de bruit; et comme la Sorbonne était alors en possession de rendre les arrèts les plus ridicules , on répandit dans Paris un prétendu décret de cette société, qui , attribuant au duc d'Elbeuf la même infaillibilité qu'au pape , approuvait eu ternies burlesques l'action de ce seigneur. On y lisait ces mots : Zama captus est, bene captus est, et quod debuit solvere , solret. Trèssouvent Mayenne employa Zamet dans ses négociations avec Henri IV , ce qui le fit sur-. Henri IV commença dès lors à traiter Zamet avec bienveillance; il lui sut gré surtout d'avoir fait usage de son crédit sur Mayenne pour ménager une trêve entre les royalistes et les ligueurs . Les Mémoires de Sully comptent Zamet parmi le trèspetit nombre de courtisans qui furent sincères et complétement désintéressés dans leurs démarches pour la conversion de ce prince. Henri IV après son entrée dans Paris, dé cessa de vivre familièrement avec lui. Zamet , qui paraît n'avoir pas été étranger au goùt des arts, fit construire dans la rue le la Cérisaie , près de l'Arsenal, un hôtel magnifique , qui fut meublé avec un luxe alors sans exemple . Lorsque Henri IV vint pour la première fois visiter cette habitation Zamet lui en fit remarquer toutes les distributions , disant : « Sire, j'ai ménagé ici ces deux salles, là ces trois cabinets que voit Votre Ma- jesté. — Oui , oui , reprit le roi, et de la rognure j'en ai fait les gants. » C'est ainsi que Ce mot nlors d'usage répond à celui de capilalisle qu'on emploie aujourd'hui. 12, Cet hùtel, après avoir passé à la maison de Lesdiguières, puis à celle de Villeroi, fut détruit Ln 17-11. ce prince semblait luimème, par cette raillerie, applaudir à l'énormité d'une fortune provenue d'un maniement peu fidèle des deniers publics. Mais Zamet avait, pour captiver l'affection de Henri , des titres qui , aux veux de l'homme privé, valaient bien ceux que te vertueux Sully pouvait avoir à la confiance du monarque. L'amant de Gabrielle voulaitil traiter sa maîtresse magnifiquement , et toutefois sans aucune des gènes de l'étiquette, la maison de Zamet était à sa disposition. Désiraitil trouver une distraction passagère entre les bras de quelque maitresse de louage, selon l'expression de l'Estoile, ou de quelque belle garce , comme dit Bassompierre, Zatnet fournissait encore son logis. Souvent même il ménageait au roi la surprise d'y rencontrer quelque objet nouveau. Ce prince faisait si peu mystère de ces parties, qu'il amenait avec lui ses courtisans, qui le déshabillaient comme à l'ordinaire. Lorsque Henri IV avait à ménager quelque réconciliation ou quelque rupture avec une de ces dames que l'historien du duc d'Épernon appelle naïvement les dame, d'amour du roi , Zamet , confident habile et fidèle , portait les paroles de part et d'autre , et fournissait même, à gros intérêts, l'argent nécessaire pour aplanir les difficultés de la négociation. Enfin, le roi avaitil perdu au jeu des sommes énormes , ce qui lui arrivait souvent la bourse de Zamet lui était toujours ouverte. De pareils services ne pouvaient trop se payer. et l'on conçoit que Henri IV , qui se brouilla . On rapporte dans les Mémoires de Sully que ce ministre croyait devoir ménager Zamet, et ne faisait pas difficulté d'acquitter les fréquentes libéralités dont le roi gratifiait cet adroit serviteur. Lorsqu'en 1601 une chambre de justice fut établie pour faire rendre gorge aux financiers avides , Zamet et Bassompierre surent, dans cette occasion a comme en toute autre, dit Sully, a tourner l'esprit du roi : quelques larronneaux a payèrent pour tout le reste, et les principaux a coupables trouvèrent un sir appui dans le a même métal pour lequel on les poursuivait de manière que l'orage ne tomba que sur ceux qui pouvaient se reprocher de n'avoir pas en- core assez volé pour mettre leurs vols à cou- vert e. Les mêmes Mémoires ajoutent qu'en 1605 Zamet obtint du trop facile monarque les deux offices de receveur de Rouen, chacun pour deux mille écus. En 1606, l'imposition des deux espérances qu'avait cette favorite s. Gabrielle en effet , voulait par un tel exemple amener le roi à légitimer de la même manière les bâtards qu'elle avait eus de lui. Zamet se qualifiait alors de baron de Murat et de Billy, seigneur de Beauvoir et de Cazabelle, conseiller du roi en tous ses conseils , capitaine du château et surintendant des bâtiments de Fontainebleau. Plus tard, il ajouta à toutes ces qualités celle de surintendant de la maison de la reine. Il s'était fait naturaliser Français avec Horace et JeartAntoine, ses frères , par lettres patentes données à SaintMaurlesFossés en 1581. Sébastien dit au notaire qui faisait le contrat de mariage de son fils ce mot que l'auteur du Glorieux a si heureusement mis dans la bouche de son Lisimon « Qualifiezmoi de seigneur de dix - sept cent » mille écus. » Henri IV employait journellement Zamet dans les affaires les plus sérieuses, comme dans les amoureuses négociations. En 1603, il le fit médiateur des brouilleries qui s'étaient éle- vées entre le comte de Soissons et le duc de Sully. En 1608, ce monarque, voulant à tout prix se débarrasser de Mademoiselle des Essarts, une de ses maîtresses , chargea Zatnet de s'entendre avec Sully sur le prix auquel elle mettrait sa retraite. ATexemple du maitre, les courtisans, sans même en excepter le duc d'Épernon , faisaient du cordonnier italien leur compagnon et leur ami ; et dans ses rapports , même avec les grands , Zarnet portait une aisance familière qui, sans leur déplaire , le faisait paraître comme leur égal. C'était toujours chez ce financier que le roi se retirait, dit Girard dans l'histoire du duc d'Épernon , pour vivre en personne privée, laissant à part sa grandeur et sa majesté. Ott voit encore dans les Mémoires de Bassompierre que le connétable de Montmorenci confiait à Zamet ses affaires de famille les plus importantes. Un souvenir assez triste se rattache à la vie de ce partisan si jovial, si complaisant , si magnifique dans ses dépenses. A la suite d'un repas que la duchesse de Beaufort avait pris dans la maison de Zamet, elle sentit les atteintes du mal violent dont elle mourut si subitement. « Retirezmoi de ce maudit logis », ditelle; et, après trentesix heures de souffrances inouïes, elle expira avec l'enfant qu'elle portait dans son sein . L'espèce d'horreur que témoigna cette infortunée, quand du PetitSaintAntoine , où elle était allée faire ses dévotions, on la ramena dans la maison de Zamet ; les taches noires qui parurent sur son visage ; le mariage du roi avec une princesse de Florence , quelque temps après ; enfin la faveur dont jouit Zamet auprès de la nouvelle reine, tels furent les indices d'après lesquels la rumeur publique accusa ce financier d'avoir empoisonné Gabrielle. D'Aubigné est le seul historien qui ait accueilli ces soupçons : « Selon lui , la duchesse de Beaufort « vint de SaintAntoine pour se rafraîchir chez Zamet, où ayant mangé d'un poncire , a comme quelquesuns veulent, et les autres d'une salade, elle sentit quand et quand un tel feu au gosier, des tranchées à l'estomac Si furieuses, etc. n Ce récit serait accablant s'il était exact ; mais toutes les autres relations du temps portent qu'entre la collation que Gabrielle prit chez Zamet et la première atteinte de ses douleurs, elle se rendit au PetitSaintAntoine pour entendre ténèbres en musique que là , dit Sully dans ses Mémoires, elle fut prise de quelques éblouissements qui la décidèrent à revenir promptement chez Zamet. Enfin ni l'historien de Thou , ni Bassompierre , ni Cayet dans le Septennaire, ni le Journal de l'Estoile n'appuient l'opinion que Gabriel d'Estrées ait été empoisonnée. Le Grain , dans sa Décade attribue la mort de cette favorite nu due erud et froid du citron. Au reste , Zamet ne pouvait que perdre à la mort de Gabrielle , dont il possédait la confiance, et dont même il avait obtenu les faveurs, si l'on en croit quelques Mémoires. D'après l'histoire des Amours du grand Aleandre, où tout est historique , au déguisement des noms près, il parait que ce financier prenait texte de son mariage avec la demoiselle du Tremblay, pour donner à Henri IV, avec qui il parlait fort librement, le conseil qu'il avait pris pour luimême. Supposeraton que Zamet eût empoisonné la favorite dont il cherchait à faire une reine? Enfin, Henri IV, qui s'affligea sincèrement de la mort de Gabrielle, et qui plus que tout autre eût dû être porté à la venger, ne témoigna aucun soupçon contre Zamet, et continua de le traiter avec la même bienveillance, et à l'employer dans toutes les occasions. En 1600, lorsqu'il fut question de savoir si le concile de Trente serait reçu en France, ce fut chez Zarnet que le roi assembla le conseil qui devait opiner sur cette importante question . CharlesEmmanuel, duc de Savoie, étant venu à Paris, sous prétexte de négocier en personne avec le roi , mais dans le fait pour éluder ses demandes relativement au marquisat de Saluces, Zamet fut chargé par Henri IV de conférer avec ce prince . Au mois de février suivant, la nouvelle reine , Marie de Médicis, à son arrivée à Paris descendit dans l'hôtel de ce financier, et y demeura quinze jours, jusqu'à ce que ses appartements au Louvre fussent prêts. En 1604, Fran-çois de Velasco , ambassadeur d'Espagne en Angleterre , traversant la France pour se rendre à son poste , passa par Fontainebleau , où le roi était ; Zamet régala l'ambassadeur, et le roi vint inopinément se mettre à table avec eux. Souvent aussi Zarnet avait la commission de visiter les bâtiments que le roi faisait construire à Paris lorsque ce prince ne pouvait y aller luimême. Sincèrement attaché au maitre qui le traitait si bien , il n'usa de l'ascendant qu'il obtint sur la reine Marie de Médicis que pour contre - balancer la funeste influence de Concini et d'Éléonore Galigaï. Au moment où la passion criminelle qu'avait conçue le roi pour la princesse de Condé excitait le vif ressentiment de la reine , Zamet, si l'on en croit les Mémoires de Sully, avertit Henri IV des desseins formés contre sa personne dans la maison de cette princesse , par Concini et les autres Italiens qu'elle avait amenés de Florence. Après la mort de Henri IV, Zamet, toujours heureux courtisan , continua de jouir de la confiance de Marie de Médicis, devenue régente. Cette princesse allait dîner chez lui , et recevait dans cette maison les seigneurs qu'elle voulait distinguer. « On m'avertit, faiton dire à Sully dans ses Mémoires ,... que la reine devait dîner « chez Zamet; je ne doutai point que ce ne fût lui faire ma cour que d'aller la trouver dans cette maison : aussi ne peuton rien ajouter à la réception gracieuse que j'en reçus. n Les mêmes Mémoires nous apprennent qu'alors Zamet s'entendait fort bien avec Concini , et se chargeait de ses messages auprès du surintendant des finances, qui était loin d'approuver les prodigalités de la nouvelle cour. En 1613, Zamet rendit un service des plus essentiels à la reine, en se chargeant de négocier avec MM. d'Épernon et de Guise qui menaçaient de troubler la cour. Il était alors en si grande faveur auprès de cette princesse, qu'elle le traitait avec la même distinction que les plus grands seigneurs. On lit dans les Mémoires de Bassompière qu'au mois de janvier 1614, « la régente ayant convié Zamet à la comédie, elle ordonna à Senecterre de lui « porter un siège ainsi qu'au duc d'Épernon Alors le maréchal d'Ancre, s'adressant à Bassompière , lui dit en son jargon moitié italien, moitié français Per dio tnonssou io me rido moy delle rose ( leste monde; la reine a soin d'un siége pour Zamet , et n'en a roint pour il. du Mayne. Fiez-- rola dt l'amore dei principi. Zamet mourut à Paris, le 1P1 juillet 1614, à l'âge d'environ 62 ans. Il fut enterré aux Célestins, où l'on voyait encore son tombeau avant la révolution. Son extrême habileté dans les affaires lui avait, de son vivant, attiré autant de blâme que d'éloges. Dans la prétendue Bibliothèque de Madame de Montpensier, on trouve le titre de cet ouvrage supposé : Subtil moyen pour réussir dans les affiiires de France et les pilaire en paix, par l'ambassadeur Gamet. La Bibliothèque M. S. de M. Guillaume parle également d'un litre de la simplicité, fait par if. Ga- met , dédié à . 11. de Frenes, et imprimé en hébreu. Par là, dit le Duchat, commentateur du Journal de l'Estoile, on voulait faire entendre que la simplicité que ce financier affectait au dehors devait s'entendre à rebours.comme on lit l'hébreu
  • Sébastien ZAMET : frère du précédent, aumônier de la reine Marie de Médicis, évêqueduc de Langres, prit possession de ce siège en 1615. La même'année, il assista à rassemblée générale du clergé de France à Paris, et réunit ses efforts à ceux des autres prélats pour obtenir l'admission du concile de Trente en France. Durant les quarante années qu'il occupa le siège de Langres, il fit beaucoup de bien dans ce vaste diocèse , concourut à l'établissement des ursulines de Dijon, à la réforme du Tard, première abbaye de filles. de l'ordre de Citeaux , et à la translatiun de ce monastère à Dijon. Par un désintéressement qui prouve qu'il ne cherchait que l'intérèt de la religion , il se prêta au démembrement de son diocèse, en sollicitant luimême l'érection en évêché de la chapelle royale de Dijon. Cette négociation ne réussit pas ; et Dijon n'eut un évêque qu'en 1731. Le zèle de l'évêque de Langres pour son troupeau ne l'empêcha pas de prendre une part trèsactive aux affaires religieuses de la capitale; ce qui devint pour lui une source de désagréments. Après s'être retiré de la cour et du grand inonde, où il avait été fort répandu, il embrassa une vie très-édifiante, et se lia étroitement avec les religieuses de PortRoyal. Étant venu à Paris en 16'26 pour rassemIdée du clergé, il devint directeur de l'illustre abbesse Angélique Arnauld , qui l'avait secondé précédemment dans la réforme du monastère de Tard. L'évêque de Langres alors dans PortRoyal les pères de On peut encore consulter , slr ce personnage trop peu connu, la Chronol. lie militaire, t. 6, p rOratoire, comme directeurs des religieuses. Dès ce moment, si l'on en croit l'historien de ce couvent, l'esprit de la maison devint moins régulier et moins sévère. Zamet ayant engagé la mère Angélique à faire ajouter de nouveaux bAtiments à la maison de Paris , la communauté s'endetta sans que ce prélat vînt à son secours. Le zèle sévère de cette supérieure ne s'accon!- , modant pas de l'indulgence de ce prélat , il se brouilla avec elle et lui suscita des tracasserie; , qui l'obligèrent de se démettre de son abbaye,. Enfin Zamet fit venir, pour gouverner la maison, des religieuses de l'abbaye du Tard , qui firent souffrir à la mère Angélique mille avanies , et mirent sa patience à bout. Cependant l'archevêque de Paris , mécontent de l'autorité que Zamet prenait à PortRoyal, renvoya chez elles les religieuses du Tard. Depuis 16'27, l'évêque de Langres avait formé avec la duchesse de Longueville ' le projet d'un nouvel institut de religieuses, qui . C'est ainsi que SaintCyran avait pélevé dans ces deux maisons un schisme contre le supérieur. Le nouvel institut du SaintSacre- ient ne put résister à toutes ces traverses. 11 omba l'an 1638 , et les religieuses qui le com- osaient revinrent à PortRoyal de Paris. Dès eti "Fnoment, Zainet rompit avec SaintCyran. il dés-'approuvait depuis longtemps la liberté avec la-'Ruelle ce docteur s'exprimait sur certains dogmes reçus dans l'Église romaine et sur plusieurs lelécrets du concile de Trente. Il rédigea contre kii deux mémoires, dont l'un fut présenté au cardinal de Richelieu. Les ennemis de Zamet virent dans cette démarche une lâche dénonciation. Ses amis la louèrent comme une marque de zèle. Le caractère de l'évêque de Langres ne permet pas de douter de ce dernier motif ; mais on conviendra que dans cette occasion son zèle s'était montré peu éclairé. Lorsque SaintCyran fut arrêté, en 1638, Zamet se crut obligé de déposer dans l'interrogatoire d'un homme que l'on poursuivait alors comme un dangereux sectaire, et dont les opinions seraient à peine remarquées aujourd'hui. Le premier mémoire de Zamet fut réfuté par la mère Angélique, qui lui prête ce discours au sujet de SaintCyran : « Dieu m'a » donné cet homme pour être mon bourreau » car il m'a fait connaître la vérité par lui ; et » je n'ai pas la force de la suivre : cela me tue. » Quant au mémoire que Zamet avait adressé au cardinal, il trouva sa réponse dans le factum imprimé sous le titre d'Apologie de Saint- Cyran par Mit. Lemaistre . Lassé de toutes ces tracasseries , Zamet se retira dans son diocèse, venant trèsrarement à Paris , et tout occupé des devoirs de l'épiscopat. Il mourut à Mussi, le février 1655 , laissant, en dépit des attaques injustes des écrivains de PortRoyal, la réputation d'un prélat rempli de zèle , de piété et de désintéressement. On pouvait lui reprocher un peu de faiblesse dans le caractère et une indulgence peut-être excessive; mais ce n'était pas à ceux qui abusèrent de ces défauts à les censurer avec tant d'amertume. Sa piété envers ses parents l'avait porté à élever à son père et à son frère les monuments dont il a été parlé dans les deux articles précédents
  • Sébastien ZIANI : doge de Venise, fut élu en 1179, pour succéder à Vital Micheli, contre lequel le peuple s'était révolté, et qui mourut peu après des blessures qu'il avait reçues dans le tumulte. C'est pendant son règne que fut eonclue, en 1177, la trêve de Venise entre l'empereur Frédéric Barberousse et la ligue lombarde. Sébastien Ziani fit dans cette occasion le rôle de médiateur. reçut à Venise Alexandre III et Frédéric, et il sut concilier les égards qu'il se plaisait à leur rendre avec l'indépendance de sa patrie qu'il leur lit reconnaître. Cette négociation servit de base à la paix de Constance et au droit public de l'Europe pendant le moyen àge. Ziani, voulant fixer par un acte public, et en quelque façon religieux, l'empire de la mer dans sa patrie, établit la cérémonie des épousailles, qui s'est faite tous les ans à la fête de l'Ascension jusqu'à la destruction de la république. Il prononça dans cette occasion la fameuse déclaration : Desponsamus te, mare, in signum reri et perpetui dominii . On a dit que le pape Alexandre III avait béni en personne ce singulier mariage et donné au doge son anneau pour le jeter dans la mer; mais cette bénédiction est une fable . Ce fut encore sousll le règne de Sébastien Ziani que l'on bàtit l'église de StMarc. Ce doge mourut le 13 avril 1179; il eut pour successeur Orio Mastropetrn
  • Sébastien Bourdon : peintre et dessinateur français
  • Sébastien Erard : facteur de pianos
  • Sébastien FLUTE : Tir
  • Sébastien GROSJEAN : tennisman
  • Sébastien JESUS : Jockey
  • Sébastien Le Prestre de Vauban : maréchal de France
  • Sébastien Brant : Sébastien Brant est un humaniste et poète satirique allemand.
  • Sébastien Jean Maurice Cauet : Sébastien Jean Maurice Cauet est un animateurproducteur français.
  • Sébastien Lifshitz : Sébastien Lifshitz est un réalisateur et scénariste français.

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