Le prénom Olivier Masculin

Origine :

Fête :

12 Juillet

Signification de Olivier

Olivier est de nature calme et n’aime pas se précipiter dans ce qu’il fait. Il adore prendre son temps et bien peser le pour et le contre avant de prendre des décisions. Face à de graves problèmes, il a tendance à paniquer mais il le dissimule bien. Il parvient facilement à maîtriser son stress et à affronter ses problèmes la tête haute. Olivier est aimable et compréhensif, adoré des enfants. Il est capable de mener à bien le métier d’enseignant sans souffrir des responsabilités liées à cette profession. Olivier est aussi un homme à femmes, mais il devient un mari fidèle une fois qu’il a trouvé la bonne personne.

Personnalité de Olivier

Sous un calme apparent, ce sont des inquiets. Ils se réfugient souvent dans l'humour. Dans certaines circonstances, malgré un certain manque de volonté, ils font preuve d'obstination. Ce sont des sentimentaux, plutôt timides, qui expriment peu ce qu'ils ressentent. Nonchalants, rêveurs, jamais pressés, ils n'en sont pas moins efficaces. Ils sont souvent gourmands. Leur charme ne laisse pas indifférent.

Provenance du prénom Olivier

Histoire de Olivier

Etymologie de Olivier

Les Olivier célèbres

  • Olivier BASSELIN( 1400) : regardé comme le fondateur du vaudeville, genre de chanson créé, comme dit Boileau, par le Français né malin, ce poète, plus remarquable qu'il ne fut longtemps remarqué , naquit vraisemblablement à Vire vers le milieu du 156 siècle. Son nom a été défiguré de plusieurs manières : un recueil manuscrit de chansons, à peu près contemporaines de Basselin, l'appelle Vasselin ; il est appelé Olivier Bachelin par Crétin, Bisselin dans la Bibliothèque française de la Croix du Maine, et mème Bosselin dans celle de du Verdier. On peut fixer l'époque de sa mort à l'une des années 1418 ou 1419, lors de la prise de Vire par les Anglais, qui le mirent à fin, comme dit une chanson de cette époque. Encore aujourd'hui on désigne sous le nom de Moul un moulin à foulon voisin du pont des VauxdeVire, sous le coteau des Cordeliers. Basselin était fouleur de draps, et ce genre d'industrie occupe encore beaucoup de bras dans la ville où naquit Basselin. Ce poète, ouvrier comme le fut depuis Adam Billant, est le premier qui ait composé des chansons de table dans un siècle où on ne connaissait encore que les fabliaux et autres pièces dont l'amour ou la dévotion étaient l'objet. Le véritable nom de l'inventeur des vaux- de- Vire et la preuve de son existence se retrouvent dans les écrits du commencement du 16' siècle , ainsi que le vrai titre de ses chants joyeux. Bourgueville de Bras, né en 1504, et qui habitait Caen, dit dans ses Antiquités de Neustrie « C'est de Vire d'où sont procédées les « chansons qu'on appelle vaux- de- Vire.» Belleforest, dans sa Cosmographie universelle; André Duchesne, dans ses Antiquités des villes de France, et plusieurs autres anciens auteurs, parlent d'Olivier Basselin et de ses vaux- de- Vire. Ménage dit qu'on doit appeler ces chansons « vaudevires, parce qu'elles furent pie-(( mièrement chantées au Vau de Vire, nom d'un lieu « proche de la ville de Vire. » Dans ses Mélanges tirés d'une grande bibliothèque, le savant et judicieux Paulmy cite une ancienne chanson normande, comme étant « le premier de tous les vaudevilles, qu'il fan-« cIrait, ajoutetil, prononcer vaudevires.» Duchesne dit aussi en, propres termes : « De Vire ont pris leur « origine ces anciennes chansons qu'on appelle com- munément vaudeville pour vais- de- Vire, desquelles « fut auteur un Olivier Basselin, ainsi que l'a remar-« gué Belleforest. » A ces témoignages bien supérieurs à ceux d'un Chardavoine et de quelques autres auteurs qui ont pensé que vaudeville provenait de voix de ville ,ajoutons celui de Vauquelin de la Fres- naye, né dans le voisinage de Vire en 1556 ; voici quelques vers ciu second chant de son Art poétique Anfrie auroit son nom en mémoire laissé, Et les beaux vauxdeVire et mille chansons belles. Mais les guerres, hélas! les ont mises à fin, Si les bons chevaliers d'Olivier Basselin N'en font à l'avenir ouir quelques nouvelles. Chantant en nos festins, ainsi les vauxdeVire, Qui sentent le bon temps, nous 'font encore rire. L'orthographe et la prononciation des vaux- de- Vire se perdirent, ainsi que tant d'autres, pendant les époques demibarbares du 16' siècle, grâce à la profes- sion obscure de Basselin, à son éloignement de la capitale, et à la destruction des premiers exemplaires imprimés de ses compositions poétiques. Après avoir longtemps passé de bouche en bouche, les vaux- de- Vire furent recueillis par un compatriote de Basselin, Jean le Houx, avocat et poète, qui classa ces chansons par ordre alphabétique, et qui les fit imprimer vers 1576. Cette première édition a disparu. La collection de le Houx reparut longtemps après sa mort ; voici le titre de la nouvelle édition : le Livre des chants nouveaux de Vau- de- Vire, par ordre alphabétique, corrigé et augmenté outre la précé- dente impression, Vire, Jean de Cesne, imprimeur. Cette réimpression est sans date, niais il est certain qu'elle parut de 1664 à 1670. On n'en connait plus qu'un exemplaire ; il est Il y a lieu de croire que de Cesne , qui imprimait alors des cantiques et des livrets ascétiques pour les missionnaires du bourg de Flers, voisin de Vire, jaloux d'obtenir leurs bonnes grâces, leur lit le sacrifice de son édition des Vaux- de- Vire, dont il n'échappa à la proscription qu'un trèspetit nombre d'exemplaires, qui s'est réduit de plus en plus. 11 n'est pas étonnant que la première édition de Basselin ait disparu tout entière on était trèsvoisin de la sanglante année 1572, et l'éditeur le Houx, poursuivi par le fanatisme, fut obligé d'entreprendre le voyage de Borne pour obtenir l'absolution .qu'on lui refusait dans son pays ; il la rapporta ainsi que le surnom de Romain, qu'il conserva jusqu'à sa mort. Outre les vaux- de- Vire, il y a lieu de croire, ainsi que je l'ai prouvé dans ma Dissertation suri les chansons, le vaudeville, et Olivier Basselin, auteur des vaux- de- Vire, que le poète virois avait été trèsexpert à la nier et très- habile pilote avant de rentrer dans sa patrie et de s'y livrer à la versification. C'est lui que la Croix du Maine et du Verdier désignent sous les noms d'Olivier Bisselin et d'Olivier Bosselin, et auquel ils attribuent les Tables de la déclinaison, ou esbigne- suent que fait le soleil de la ligne équinocliale, chas- cun jour des quatre ans, pour prendre la hauteur d l'astrolabe, etc., Poitiers , Jehan de Marnef, 1559 7 feuilles d'impression, qui furent mises sous presse longtemps après la mort de l'auteur, et réunies à la lin des Voyages de Jehan Alphonse. Il n'est pas étonnant que les deux bibliographes que nous venons de citer aient altéré le nom de Basselin, qui l'avait été dans son propre pays et presque de son vivant. Plusieurs de ses vauxdeVire confirment mon opinion qu'il avait été homme de mer avant de devenir foulon et poète : ce sont les 5, 26e, 55° et 54'. Long- temps oublié, excepté dans sa ville natale, Basselin efut réimprimé en 1811, grâce aux soins actifs et éclairés de M. Augustin Asselin, savant distingué et homme de beaucoup de goût, qui était alors souspréfet à Vire. L'ouvrage, enrichi de notes, mais mal- heureusement gâté par une orthographe plus suran- née que le style, ne fut tiré qu'a 148 exemplaires, dont 24 Il ne fut point mis en vente. Cette publication fut un acte patriotique de M. Asselin et de quelques Virois. Nous en rendîmes compte dans le Mercure du 7 septembre 1811. Depuis, nous avons donné une nouvelle édition des Vaux- de- Vire, mieux classée, plus complète que les précédentes, et , en outre, enrichie de soixante anciennes chansons normandes, la plupart inédites, et d'un choix des Vaux- de- Vire de le Houx. Elle parut sous ce titre : les Vaux- de- Vire, Caen, Poisson , et Paris, Raynal, 1821 1 vol. de 271 p. Comme le texte actuel des Vaux- de- Vire est celui qui avait dû subir quelques corrections lorsque le Houx le fit imprimer vers 1576, nous avons cru devoir suivre pour notre édition l'orthographe de la fin du 16C siècle, telle que nous la donne le Trésor de la langue française de Nicot. Cette édition est accompagnée de dissertations, de notes et de variantes : elle est la quatrième connue des Vaux- de- Vire d'Olivier Basselin
  • Olivier BOND( 1720) : né en 1720, à Dublin, d'un ministre calviniste, reçut une éducation distinguée. Dès sa jeuness2 il méditait les moyens de rendre la liberté à sa patrie : ce fut l'idée fixe de toute sa Nie il se lia avec tous les Irlandais qui comme lui tendaient à ce noble but, entre autres Napper Tandy, Wolf Tone, etc. Pendant longues années leurs conciliabules se bornèrent à des discours, qui paraissaient inquiéter assez peu le ministère anglais; mais il n'en fut plus de même après les désastres de la guerre d'Amérique. La société des Irlandais unis ne tarda pas à recruter alors parmi les mécontents les hommes les plus courageux et les plus capables. Bond, qui réunissait au phis haut degré ces qualités, prit, par la supériorité de son caractère, un ascendant marqué sur ses amis. Il dirigea leurs délibérations et commença par leur donner le conseil d'opérer la fusion de toutes les sectes religieuses, dont la dissidence avait toujours offert, dans l'Irlande divisée, mie vietinie sans défense contre ses oppresseurs. Ce plan, qui se discuta longtemps, était arrêté, la conjuration allait éclater, les membres de l'associalion étaient réunis chez I3011d , quand tous furent arrètés au moment où ils se concertaien t sur les dernières mesures à prendre. Thomas Reynolds les avait dénoncés. On les jette en prison. Des forces militaires inondent l'Irlande. L'habitant, vexé par le soldat, ne se soumet qu'en murmurant. Le petit peuple se souleve à Dublin ; mais cet effort Sans plan et sans chef sert de prétexte à l'autorité pour de nombreux chàtiments. Bond et plusieurs autres sont condamnés à mort. Cependant quelques conjurés s'engagent à découvrir tout le complot avec ses ramifications les plus secrètes, pourvu que Bond, Byrne et Maccan aient la vie sauve et soient autori- sés à passer à l'étranger. Le gouvernement promet tout; niais à peine l'Irlande estelle pacifiée, que Byrne et Maccan sont pendus. On avait solennellement promis à Bond de le laisser partir pour l'Amérique, on le trouva mort dans la prison de Newgate, OÙ il était détenu. Les journaux ministériels parlèrent d'apoplexie; mais la voix publique n'admit point cette assertion, et la veuve de Bond alla finir ses jours à Baltimore, avec ses enfants
  • Olivier CONRAD( 1400) : religieux cordelier, natif du Gatinais, vivait dans k 13e siècle. Le plus connu de ses ouvrages est celui qui est intitulé : le Miroir des pécheurs Paris, 1526. Les curieux recherchent cette édition, qui est fort rare. L'auteur l'a dédiée à Jean Olivier de Leu ville, premier président au parlement de Paris, dont il avait déjà éprouvé la protection. Il avait d'abord composé cet ouvrage en latin, et on apprend, dans une lettre en tète , qu'il en avait acquis le surnom de Faustulus. Ses poésies latines ont été recueillies et imprimées à Paris, Denis Bou et par Cl((. Weckel, 1350 1.a Croix du Maine et Du verdier lui attribuent encore un ouvrage en prose française, intitulé : la Vie, !" ails et Louanges de Si. Paul, apdtrc de Jésus- Christ, extraits fidèlement, boa des Actes des Apdtres que de ses Épitres, et autres saints docteurs, Paris, GattiUtero!, 15.16 La Monnoie pense que cet auteur se nommait Conrard, et non vis Conrad, el il ajoute que son nom est imprimé de cette maniere audevant de ses poésies latines; mais il est &rit Conrad dans le Miroir du pécheur, et tous les graphes ont adopté cette orthographe, qui a prévalu
  • Olivier CROMWELL( 1599) : personnage fameux, dont l'histoire a dit beaucoup de bien et beaucoup de mal, et qui, par sa conduite, a justifié également les éloges et les satires. 11 dit luimême, dans un discours qu'il prononça au parlement, le 12 septembre 1654, qu'il était né gentilhomme, d'une famille qui n'était ni distinguée, ni obscure; ce qui contredit l'assertion de Milton, qui appelle noble et illustre la famille du protecteur. Le nom de cette famille était Williams. Robert, père d'Olivier, était le second fils de sir Henri Cromwell, qui avait. été fait chevalier par la reine Elisabeth, et qui, par une circonstance particulière, avait changé son nom de « Williams en celui de Cromwell. Il possédait un bien assez considérable dans le comté" de Huntingdon. Olivier naquit le 24 avril 1599. Son éducation fut assez soignée, mais il eut dans son enfance peu de goût pour l'étude ; son caractère naturel le portait s ers les jeux bruyants de son âge, et il montra de bonne heure une tournure d'imagination qui semblait le disposer à l'enthousiasme religieux. 11 racontait luimême qu'un jour, couché sur son lit, mélancolique et rêveur, un spectre qminin lui apparut et lui annonça qu'il deviendrait le premier homme du royaume. Le récit de cette vision lui attira, diton, une forte réprimande de son père et de son maître, mais il n'en resta pas moins persuadé de la vérité de ce qui lui avait été prédit, et il en conserva constamment l'impression. En admettant la réalité de ce rêve, il serait prouvé que Cromwell était dès sa première jeunesse préoccupé . Comme la guerre qu'on élevait alors était une guerre d'opinion, Cromwell 1 ' ne se servit pas seulement de son épée, mais il se , servit aussi de sa plume, tantôt pour combattre ses adversaires, tantôt pour aigrir les partis, et pousser les choses jusqu'aux excès dont il avait besoin pour parvenir à ses desseins. Chargé en plusieurs I occasions de poursuivre les royalistes, il le fit avec ' un acharnement et un zèle fanatique qui augmenta le nombre de ses partisans parmi les puritains. 1 En 1646, il avait déjà assez de crédit pour faire prononcer la déposition du roi. Proclamé généralissime après la retraite de Fairfax, il défit le duc de Buckingham, fit prisonnier le comte de M'and, et fut reçu dans la ville de Londres comme le sauveur de la liberté et de la patrie. Le temps était venu, disaient les chefs des puritains dans leur langage mystique, auquel t'oeuvre du Seigneur allait s'accomplir. On ne tarda pas à commencer le procès de Charles I". Cromwell montra dans ce procès tout ce qu'il avait de plus farouche et de plus odieux dans son caractère. Après avoir, en quelque sorte, dicté la terrible sentence, il contempla l'exé- cution, d'une fenêtre décorée pour lui d'un carreau de velours. Après la mort de Charles I", le parlement, toujours dirigé par Cromwell, abolit la monarchie pour y substituer la république. La nouvelle république eut à se défendre des entreprises de plusieurs partis formés en Irlande et en Écosse, en faveur de la dynastie des Stuarts ; Cromwell employa tour à tour, pour les réduire, les armes et les négociations. Il fut d'abord envoyé en Irlande comme gouverneur, et on le rappela ensuite, sous prétexte de lui donner le commandement de l'armée qui devait agir contre l'Ecosse. Nommé généralissime des troupes de la république, il entra en Écosse à la tête d'une armée, et battit les roya- listes à Dumbar le 1" septembre 1650. Cependant Charles II avait rassemblé les débris de sou parti, et remporté quelques avantages sur les républi-, cains ; les royalistes s'étaient avancés en Angleterre, et marchaient vers la capitale, lorsque Cromwell les attaqua et les mit en déroute à Wo- cester. Dès lors le parti des Stuarts fut tout à fait abattu ; la république n'eut plus d'ennemis à combattre ; Cromwell rentra dans la ville de Londres, où il fut salué par les acclamations du peuple et du parlement. Cromwell devint alors si puissant, qu'il inspira la jalousie; des avis secrets lui apprirent que plusieurs membres du parlement, réunis à des presbytériens et même à des royalistes, formaient un parti pour détruire son influence et l'écarter des afraires. 11 forma le projet de renverser une autorité qu'il avait longtemps défendue luimême. Après avoir concerté son dessein avec les principaux officiers, il attira l'armée dans son parti. 11 se rendit au parlement, écouta un instant les débats, et finit par raire vider la chambre, s'en fit donner la clef, et retourna au palais de Whitehall. Comme le parlement était devenu odieux, sa dissolution augmenta la popularité et le crédit de Cromwell, qui daigna justifier sa conduite dans une proclamation. Un autre parlement remplaça celui qui venait d'être dissous, et confia l'exercice de l'autorité souveraine aux principaux officiers de l'armée, qui donnèrent à Cromwell le titre de protecteur de la république, avec le pouvoir suprême qu'ils ne pouvaient conserver longtemps. On a beaucoup raisonné sur la question de savoir si Cromwell avait ambitionné un autre titre que celui que venait de lui donner le parlement ; de part et d'autre on apporte des preuves qui laissent la question indécise. Nous nous bornerons à raconter un fait qui fait connaître le caractère de Cromwell. Quand les principaux officiers de l'armée vinrent le féliciter de ce qu'il s'était contenté de la modeste qualité de protecteur, il reçut leur compliment avec un air plein de fierté, et mettant la main sur la garde de son épée : « C'est celleci, leur ditil, « qui m'a élevé au rang que j'occupe, et quand je « voudrai monter encore plus haut, je saurai m'y « maintenir par son moyen. Allez faire le devoir « de vos charges. » il les renvoya avec ces paroles, qu'il prononça d'un ton si impérieux, qu'aucun d'eux n'osa lui répondre. Quelque temps après son élévation au protectorat, Cromwell fit rassembler un nouveau parlement, auquel il rappela ce qu'il avait fait pour l'Angleterre et pour la liberté; mais la première chose qu'on proposa dans ce parlement fut d'examiner le pouvoir de celui qui l'avait convoqué. Cromwell, qui en fut averti, se hâta de prévenir les suites d'une pareille discussion, et le lendemain, quand les membres de la chambre voulurent retourner au lieu de leurs séances, ils trouvèrent à la porte des gardes qui ne permirent d'en- trer qu'à ceux qui consentirent à signer un engagement conçu en ces termes : « Je promets d'être « fidèle au protecteur de la religion d'Angleterre, « d'Écosse et d'Irlande, et de ne jamais souffrir « que le gouvernement établi sous un protectorat « et un parlement soit changé. » Un grand nombre de membres du nouveau parlement, ayant refusé de signer cette déclaration , furent exclus de la chambre. En 1657 , le parlement confirma à Cromwell la dignité de protecteur, avec le titre d'altesse, et un pouvoir plus grand que celui qui avait été d'abord donné par le conseil des officiers de l'armée. Cette confirmation se fit par un acte solennel qui fut appelé humble requête et avis, le parlement voulant exprimer par là que cet acte n'était pas une loi qu'on voulût imposer à Cromwell, niais des avis qu'on soumettait à son jugement, et qu'il était libre d'accepter ou de rejeter comme il le trouverait à propos. Cromwell jura de faire exécuter l'acte du parlement avec toutes ses dispositions, et se fit de nouveau installer protecteur de la république avec le plus grand appareil. Ce fut alors qu'il envoya son portrait à la reine Christine, avec une inscription en deux vers latins, qui ont été traduits ainsi par M. Delille Les armes à la main j'ai défendu les lois D'un peuple audacieux j'ai vengé la querelle ; Regardez, sans frémir, cette image fidèle Mon front n'est pas toujours l'épouvante des rois. Cromwell mérita une partie des éloges qu'il se donnait à luimême, et montra autant d'habileté et plus de sagesse pour gouverner qu'il n'en avait montré pour acquérir le pouvoir suprême. Les premières mesures de son gouvernement furent dirigées par la plus sage politique. Des magasins de subsistances furent abondamment pourvus; la solde de l'armée fut constamment assurée un mois d'avance; le trésor public fut administré avec vigi- lance ét économie, sans nouvel impôt. Il déclara qu'il ne voulait gouverner qu'avec un parlement qu'aucune loi ne serait ni établie, ni abrogée que par un acte passé dans les formes accoutumées ; que le parlement jouirait de la plus grande liberté dans ses délibérations. Il composa les cours de justice des légistes les plus intègres et les plus éclairés, sans avoir aucun égard aux Opinions politiques qu'ils auraient pu professer auparavant. lIale, un des plus savants jurisconsultes et des plus habiles magistrats qu'ait eus l'Angletem, fut nommé juge dans le premier tribunal du royaume; et comme on représentait à Cromwell que Hale avait été un des ennemis les plus déclarés de la révolution : « Je le sais, réponditil, maiS il est généra- « lement respecté, et c'est une barrière que j'ai « voulu mettre entre ma vengeance et mes enne- « mis. » Hale n'accepta la place de juge que sur lesinstances répétées de Cromwell, et il s'y conduisit avec un courage égal à son intégrité. Le protecteur ne chercha presque jamais à influer sur l'administration de la justice, et, pendant toute la durée de son gouvernement, le public n'éleva aucune plainte contre l'intégrité des juges. Sa vie privée fut . L'Angle terre était devenue la première nation de l'Europe Jamais son commerce n'avait été plus flous sant, et sa marine ne s'était montrée aussi formi I - able. Ni sa popern, ni l'étendue de son teritoire ne l'avaient destinée à un si haut degré de uissance ; c'était l'ouvrage du génie de Cromwell; I si l'on compare Penergie de son gouvernement avet la faiblesse de celui qu'il avait détruit et la corruption de celui qui lui succéda, il faut convenirqt l'aucun souverain n'a gouverné les trois myai imes avec autant de talent et de gloire. Tous les historiens ont parlé longuement des sombres qui poursuivirent Cromwell dans les dernières années de sa vie. Une fièvi.e 'tierce vint mettre fin à une existence si misérable. 11 montra de la faiblesse dans cette maladie Tout près d'y succomber, il disait à ses médecins : « Je vous ré.- « pète que je ne mourrai point de cette maladie, « j'ai reçu du ciel des réponses favorables. Le Sei- « gneur a eu égard, nonseulement à mes suppli- « cations, mais encore à celle des saints personna- « ges qui entretiennent une plus intime corres- « pondance avec lui. » Pascal a écrit dans ses Pen- eeérle : ci Cromwell allait ravager toute la chrétien- « té : la famille royale était perdue, et la sienne « à jamais puissante, sans un petit grain de sa- « ble qui se mit dans son uretère ; Rome même « allait trembler sous lui ; mais ce petit gravier, « qui n'était rien ailleurs, mis en cet endroit, le « voilà mort, sa famille abaissée et le roi réta- « bli. » Cromwell n'est pas mort de la pierre, ou de la gravelle, mais d'une fièvre ordinaire ; et, de cette erreur de fait, Pascal tire une conclusion qui n'est pas heureuse ; ni les projets qu'il prête à Cromwell, ni les résultats supposés de sa mort, ne sont autorisés par l'histoire. Cromwell mourut le 13 septembre 1658, àgé seulement de 59 ans. Sa carrière de gloire avait été rapide, car il avait plus de quarante ans lorsqu'il commença à jouer un illis3le important dans les affaires publiques, et il ré- gnait depuis dix. ans. Cromwell avait institué le protectorat électif, non bénéficiaire, et il s'était réaiservé le droit de nommer son successeur. 11 n'avait Ir pas encore déclaré son choix lorsqu'il tomba malade. Ce ne fut que peu de temps avant sa mort qu'il dicta l'acte par lequel il désignait, pour le remplacer, son fils aîné Richard. Un de ses chapelains, nommé Stern, annonça au nom de Dieu que le protecteur était monté au ciel, qu'il y était à la droite du Seigneur, implorant la miséricorde divine pour les péchés du peuple anglais. On lui fit des obsèques magnifiques, et il fut enterré dans l'abbaye de Westminster . La plupart des cours de l'Europe et la cour de Versailles ellemême, prirent le deuil, comme pour un souverain avec le-. quel elle venait de s'allier. En Angleterre, ses créa- tures tirent éclater leur douleur, tandis que ses. ennemis dissimulaient leur joie. Les temples re- tentirent des lamentations des fanatiques, et les On a écrit que Cromwell, prévoyant qu'après sa mort son corps pourrait ètre exhume et insulte par le peuple, :ivait ordonne qu'il Mt déposé secrètement dans un lieu qu'il avait désigné. Cette opinion a prévalu t'urique temps; mais elle a été combattue par les meilleurs historiens, qui ne doutent pas que les restes de Cromwell n'aient cté réellement enterrés à Westminster. potes s'empressèrent de célébrer la perte d'un grand homme. Une tempête violente éclata le jour même de la mort du protecteur. Le célèbre Wal- lerfit, sur cet incident, des vers pleins de chaleur et d'énergie, où il représente Me britannique ébranlée par les derniers soupirs de son souverain, et l'Océan qui se soulève en perdant le dominateur des mers ; il compare Cromwell à Romulus, que les dieux enlèvent à la terre au milieu d'un orage. Ce qu'il y a de plus étonnant, c'est que le sage Locke luimême publia une pièce de vers en l'hon- neur de Cromwell ; mais Waller, parent et ami de Cromwell, était un vrai poêle, au lieu que Locke, grand philosophe et républioain par systèrno, a fait peu de vers, et aurait mieux fait de no pas écrire ceuxlà. Richard Cromwell fut reconnu et installé sans aucune résistance, comme protecteur des trois royaumes : son triomphe ne fut pas long . « Ce fut, dit Montesquieu, un « assez beau spectacle dans le siècle passé, de « voir les efforts impuissants des Anglais pour « établir parmi eux la démocratie Après bien « des mouvements, des chocs et des secousses, il « fallut se reposer dans le gouvernement même · qu'on avait proscrit. » On conçoit que Cromwell a dû être jugé bien diversement, et dans le siècle où il a vécu, et dans les temps qui l'ont suivi : les uns n'ont vu en lui qu'un grand homme, et les autres qu'un heureux scélérat. Le temps a dissipé les préventions qu'avaient fait naitre les factions politiques et religieuses, ainsi que les passions particulières, et l'histoire a fixé le rang que doit oc-- cuper dans l'opinion de la postérité cet homme que de grands talents et de grands crimes ont, suivant la belle expression de Pope, « condamné « à une renommée éternelle. » Le comte de Clarendon s'exprime ainsi en parlant de Cromwell . « Personne n'a jamais rien entrepris avec plus de « méchanceté, et n'y a réussi plus méchamment, « avec tant de mépris de la religion et de la int. . » Voltaire a tracé le por- trait de Cromwell d'une manière heureuse et bril- tante dans son Introduction au Siècle de Louis XI V. ordison funcbte d'ilenrietteMârie de France, reine d'Angleterre.
  • Olivier DAPPER : médecin hollandais, joignit à la pratique de son art l'étude de l'histoire et surtout de la géographie. Il s'appliqua avec un zèle infatigable à recueillir dans les livres qui existaient tout ce qui pouvait faire connaître les pays étrangers, et composa, du résultat de ses recherches, des descriptions très-étendues et trèsintéressantes. Il orna ses ouvrages de cartes et de figures nombreuses. Les planches, bien dessinées et gravées avec soin, représentent avec assez de fidélité les lieux les plus importants et les usages des habitants. La plupart des ouvrages de Dapper sont dédiés à Nic. Witsen, bourgmestre d'Amsterdam, avec lequel la conformité de goût pour la géographie l'avait intimement lié. Dapper ayant quelquefois mis peu de choix dans les matériaux qu'il a recueillis, a induit en erreur les auteurs qui se sont fiés à son • témoignage sans l'examiner d'après les règles d'une sage critique. Il mourut en 1690. On a de lui 1° Description historique de la ville d'Amsterdam, Amsterdam, 1663 ; 2° Histoire d'Hérodote et vie d'Homère, traduite en hollandais, Amsterdam, 1665 3° Description des Îles de l'Afri- que, Amsterdam, 4668; ibid., en al lemand,.1671 4° Description des pays de l'Afrique, de l'Egypte, de la Barbarie, de la Lybie, du Biledulgerid, de la Nigritie, de la Guinée, de l'Éthiopie, de l'Abyssi- nie, etc., Amsterdam, 1668 et 1670; ibid., en allemand, 1670; traduite en anglais par Ogilby, Londres, 1670 ; traduite en français, Amsterdam, 1686 Les traducteurs français et anglais ont réuni dans leur version les deux ouvrages de Dapper sur l'Afrique. 5° Expédition mémorable de la compa- gnie des Indes orientales, le long des côtes et dans l'empire de Taising ou Chine, contenant la seconde ambassade au vice- roi Singlamong et au général Tai- sing- Lipoui, par Jan van Cam peu et Constantin No- bel, suivie de la relation des événements arrivés en 1643 et 1644, le long de la ctIte de la Chine et au- près des liés voisines, sous les ordres de Balthasar Bort ; et la troisième ambassade à Kon- Chin, empe- reur tartare de la Chine et de la Tartane Oriental( ' sous la conduite de Pierre van Hoorn, avec une des- cription de toute la Chine, Amsterdam, 1670, 2 volumes traduite en anglais par Ogilby, sous ce titre : Atlas Sinensis, Londres, 1671 fig.; en allemand, Amsterdam, 1674,2 vol. fig. On en trouve l'extrait dans l'Histoire générale des Voyages, tome 5, p. 282. Ces deux ambassades des Hollandais suivirent celle dont Nieuhof a donné la relation ; la première eut lieu en 1662, la seconde en 1664. Montanus, qui avait pris soin de recueillir les journaux de ces deux voyages, les remit à Dapper pour les publier. La route de ces ambassadeurs l'ut si différente de celle qu'avaient suivie les envoyés dont Nieuhof a parlé, qu'on en peut tirer des lumières nouvelles pour la géographie de la Chine; mais on regrette que Dapper ait mis dans sa narration si peu d'ordre, et une prolixité fatigante. 60 Description de l'empire de Taising ou Chine, Amsterdam, 1670 ouvrage totalement différent du précédent : Dapper le composa à l'aide d'extraits tirés de différents auteurs ; 7° le Nou- veau- Monde inconnu, ou Description de l'Amérique et de la Terre australe, Amsterdam, 1671 Les figures sont les mêmes que celles dont on s'est servi pour l'Histoire de l'Amérique par Montanus ; traduits en allemand, Amsterdam, 1671 et 1673 8° Description de la Perse el de la Géorgie, Amsterdam, 1672 ; traduit en allemand, Nuremberg, 1681 ; 9° Asie ou Description de l'empire du grand Mogol et d'une grande partie de l'Inde, Amsterdam, 1672, 2 vol. ; traduit en allemand, Nuremberg, 1681 ; 10^ Des- cription de l'Asie, contenant la Syrie et la Palestine ou la terre sainte, Rotterdam et Amsterdam, 1677 fol. ; ibid., 1680 : c'est le plus beau de ouvrages de Dapper ; traduit en allemand, Amsterdam, 1681 ; Nuremberg, 1688 110 Description de l'Asie, contenant les pays de Mésopotamie, Babylonie, Assyrie, Anatolie au Asie mineure, et aussi une description complète de toute l'Arabie, Amsterdam, 1680 ; 12° Description dc la Morée et des Îles de lamer Adriatique ou golfe de Venise, Amsterdam, 1688 13° Descrip- tion des îles de l'Archipel, de la mer Méditerranée, Amsterdam, 1688 ; traduit en allemand sous le titre d'Arch ijuelagus turbatus, Augsbourg, 1688 ; et sous celui de Délices et Singularités de l'Orient, Nuremberg, 1'712 traduit en français, Amsterdam, 1703, ; la Haye, 1730 D. C. Maenuling fit un extrait de divers ouvrages de Dapper, et le publia sous le titre suivant : Dapperus exoticus curiosus, Francfort et Leipzig, 1717, 1718, 2 vol
  • Olivier DESBORS DES DOIRES :
  • Olivier ELLSWORTH( 1745) : était fils d'un simple fermier. Il consacra alternativement sa jeunesse aux travaux de l'agriculture et aux études libérales, magistrat et homme d'État américain, l'un des auteurs de la constitution des EtatsUnis, né le 29 avril 1745 à Windsor clans le Connecticut. Après avoir pris , ses degrés au collège du NewJersey, il suivit la carrièredu barreau Où il ne tarda pas à se faire distinguer par son éloquence. Choisi en 1777 comme délégué du congrès,i1 fut élu en 1780 dans le conseil du Connecticut et continua d'être membre de ce corps jusqu'en 1784, époque où il devint juge de la cour supérieure. Trois ans après , il fut élu membre de la convention chargée de préparer la constitution fédérale, et occupaun rang éminent dans cette assemblée, où figuraient plusieurs hommes illustres par leur talent, leur érudition et leur patriotisme. Nommé immédiatement après la confection de cet acte important membre de laconvention d'Etat, il contribua par ses efforts à le faire ratifier. Lorsque le gouvernement fédéral fut org,anisé en 1189 , Ellsworth l'ut élu séna- tenu , position élevée qu'il ne cessa d'occuper, que lorsqu'au mois de mars 1796 Washington le nomma président- de la cour suprême des Etats- Unis. Quoique resté étranger pendant plusieurs années à, l'étude des lois , il n'en présida pas moins cette cour avec le plus grand succès, et se fit remarquer par ses résumés qu'i présentait au jury. Vers la lin de l'année 1799 le président Adams l'envoya en France pour y régler , de concert avec MM. Davie et W. Vans Murray, de sérieux dierends survenus entre les deux gouvernements. Cette mission heureusement terminée, Ellsworth se rendit en Angleterre pour y prendre des eaux minérales afin de rétablir sa santé gravement altérée par son voyage en Europe. Convaincu de l'impossibilité oit ses infirmités le mettaient de présider désormais la cour suprême, il donna sa démission à la lin de1800. A son retour dans le Connecticut, ses compa- triotes désirant utiliser sa grande capacité l'élurent membre du conseil et le nommèrent au mois de mai 1807 président de la cour de cet Etat, office qu'il refusa d'accepter par suite d'une grave maladie à laquelle il succomba le 26 novembre de la même année. Ellsworth, placé pendant trente ans dans des postes élevés, s'est fait distinguer dans tous par ses talents, sa droiture et son impartialité. Les honneurs que son pays accumula sur lui ne l'enorgueillirent point et il fut dans tous les actes de sa Nie privée un ;modèle de bonhomie et de simplicité républicaine. Malgré ses occupations multipliées, il fit une étude spéciale de la théologie et fut un des membres, éminents de la société missionnaire de Connecticut. Les discours qu'il prononça dans la convention de cet État en faveur de la constitution sont conservés dans le troisième volume du Muséum américain de Carey
  • Olivier ÉVANS( 1755) : un des plus habiles mécaniciens des ÉtatsUnis et l'inventeur des machines à vapeur à haute pression, est encore un de ces martyrs de la science qui ont fait immensément pour la société et que la société a laissés languir, mourir sans récompense. Né en 1755, probablement aux environs de Philadelphie, il donna dès l'enfance les preuves d'une intelligence supérieure ; mais la pauvreté, l'ignorance peut-être de ses parents, empêchèrent de cultiver et même sans doute d'apprécier à leur juste valeur ces rares dispositions. 11 fut placé en apprentissage chez un charron. Il venait d'en sortir, quand, par suite des démêlés entre l'Angleterre et les colonies de l'Amérique du Nord , cellesci se virent tout à coup privées d'une foule d'objets de première nécessité pour leurs fabriques , objets qui presque tous à cette époque étaient tirés de l'Angleterre. Telles étaient entre autres les cardes à coton et à laine. Evans alors débuta "dans la carrière du mécanicien par deux machines, dont l'une faisait par minute trois mille dents de cardes, tandis que l'autre perçait les cuirs de deux cents paires de cardes en douze heures de travail. Il introduisit ensuite divers perfectionnements ztux moulins de meunier ; et les réunissant, il organisa un appareil à l'aide duquel se font, avec autant de célérité que de régularité, tonies les opérations du moulage, depuis l'entrée du grain jusqu'à sa sortie sous forme de farine. Cet appareil, aujourd'hui universellement en usage aux ÉtatsUnis, donne en même temps une meilleure qualité de farine, avec une augmentation de cinq pour cent dans la quantité utilisable produite, et une économie de deux tiers sur la main d'oeuvre; effectivement trois hommes qui se relayent dans l'espace de vingtquatre heures suffisent pour obtenir 15,720 livres de farine. Avant de voir reconnaître l'avantage de son invention , Evans avait eu à surmonter les préjugés populaires et la routine; et quand enfin de plus avisés que le vulgaire adoptèrent son procédé, ils se refusèrent à lui payer la modique redevance qu'il demandait comme inventeur; on alla jusqu'à lui contester le mérite de l'invention et à dire que toutes ces améliorations étaient connues depuis longtemps. Heureusement l'organisation judiciaire du pays donnait à Evans le moyen de confondre ces prétentions de la cupidité , ces sophismes de l'é-Î,Yoïsme. 11 mit en cause ceux qui l'attaquaient à la fois dans ses intérêts pécuniaires, dans sa gloire et dans l'honneur; et il l'emporta empiétement. Ces contestations et ces procès ne l'empêchaient pas de combiner de nouveaux perfectionnements. C'est peu de temps après son triomphe pardevant le jury qu'il sollicita de la législature pensylvanienne , outre un privilége exclusif pour son appareil à moudre le grain , un privilége pour la construction des chariots à vapeur. La pauvre chambre ne comprit rien à la demande d'Evans, et le rapporteur de sa pétition , en concluant favorablement sur la première partie de cette pièce , ne parla nullement de la seconde. « Entre nous, » se disaient les membres de la commission, c, n'avaient encore imaginé que de donner à la vapeur une force égale à la pression atmosphérique; les mécaniciens ou ne concevaient pas de force plus grande, ou ne savaient trop comment la produire, ou n'osaient faire les essais; Evans conçut, osa et réussit. Les chaudières hermétiquement fermées dans lesquelles l'eau par l'ébullition se métamorphose en vapeur peuvent supporter des pressions énormes ; mais une soupape de sûreté , en s'ouvrant avant que la force de la vapeur ait atteint ce maximum sous lequel éclaterait la chaudière, indique quel est le degré de tension au moment où elle s'ouvre. Ceci posé , on comprend qu'il ne s'agit plus que de calculs secondaires pour fixer l'excès de la force qui ferait crever la chaudière sur celle qui fait. lever la soupape , le décroissement de solidité des parois de la chaudière par l'usage , la qualité de métal à choisir, la forme à donner et autres détails de ce genre. Quant à la vapeur qui s'échappe, elle se répand tour à tour comme dans la machine de Watt, audessus et audessous du piston, et lui imprime un mouvement de vaetvient ; bien entendu qu'un filet d'eau en circulant du côté où doit se former le vide , afin de permettre le jeu du piston , l'amène alternativement la vapeur à l'état liquide. Les machines construites d'après ce nouveau procédé, et dont on sent instantanément la supériorité immense , se nomment machines à haute pression. L'idée, le désir, un vague instinct de cette force colossale avait en quelque sorte obsédé Evans depuis le temps de son adoles- cence, avait été le rêve de toute sa vie. Luimême il raconte que, tout jeune, il pensait sans cesse aux moyens qui peuvent créer du mouvement, et il avait passé en revue tout ce que l'on employait de moteurs à cette époque , le vent, les pédales avec crémaillère, les roues à crochet et à manivelle, etc. Mais tout cela lui semblait misérable ; il pressentait quelque chose de plus grand. Le 2 décembre 1773 , un de ses frères, revenant d'une veillée de village, lui dit comme quoi il s'était , avec ses amis , diverti à faire ce qu'on appelait des pétards de Noël. Ce jeu consistait à boucher la lumière d'une culasse de fusil, à verser un peu d'eau dans le fond, à bourrer pardessus et à placer ce petit appareil dans un feu de forge bientôt la culasse éclatait avec fracas. Evans alors s'écria comme Archimède : Heuréka. Ainsi, à la vue de la pomme qui tombe, Newton est entraîné à ces méditations profondes dont le résultat est l'établissement de la loi de la gravitation. Il est visible que depuis ce soir de Noël 1773, Evans avait en tête le fait capital à l'aide duquel un jour il devait trouver la haute pression. Ce fait l'avait saisi de la manière la plus vive. Ce qu'il faut remarquer, c'est qu'alors il ne connaissait pas la propriété de la vapeur; de sorte que plus tard, quand il tomba sur un livre contenant la description des premières machines à vapeur, livre qui, du reste, lui fut utile, s'il apprit là quelque chose, il était déjà par l'idée qu'il couvait bien supérieur à ce qu'il lisait. Son apprentissage, ses cardes, ses moulins , mille autres soins , vingt autres machines ou perfectionnements se disputèrent ensuite son temps et ajournèrent la maturité de ses idées. Cependant il n'avait que vingtsept ans encore lorsqu'il prit date près de la législature de Pensylvanie. Opposant à cet échec ce courage inaltérable qui prend sa source dans le dévouement à la science , il contintia ses recherches sur la construction des appareils à vapeur, tout en 23 exploitant son privilége pour ses moulins. En 1797, il revint à la charge, mais près de la législature du Maryland. Douze ans s'étaient passés on commençait à comprendre ; le privilége pour les chariots à la vapeur lui fut accordé avec l'accent , moins d'espace, moins de combustibles, enfin moins d'eau que toutes les machines jusqu'alors connues. Cet accomplissement si plein du programme aurait bien dû inspirer aux capitalistes , souvent trop aventureux , de l'Union assez de confiance pour qu'ils secondassent ses essais pour les machines locomotives. Mais il était écrit que jamais Evans ne jouirait du bonheur de voir la deuxième de ses grandes idées se placer triomphalement au rang qu'elle occupe. En 1814, le congrès général des EtatsUnis le nomma comme un des hommes bienfaiteurs de leur patrie , et en récompense lui accorda le prolongement de son privilége jusqu'en 1825. Mais un de ces incendies trop fréquents aux ÉtatsUnis réduisit en cendres son bel établissement de Patsburg , et lui détruisit pour 100,000 francs de machines. La nouvelle de ce désastre atteignit Evans à NewYork , le 11 mars 1811 ; ce fut pour lui le coup de la mort, il expira quatre jours après. On a de lui : 1. Guide ou manuel des constructeurs de moulins et des meuniers , 1 vol. 26 planches, 1795 ; 5. édition , 1818 . Cet ouvrage est fort remarquable par la clarté, et se fonde sur les meilleures théories. 11 a été traduit en français par P.M.N. Benoit, Paris , 1850 avec 15 planches ; 2. Guide de l'ingénieur mécanicien, constructeur de machines à vapeur, 1805 ; traduit en français par Doolittle , Paris 1821 ou 'l$2 avec 7 planches, autre édition; Paris , 1838 ; autre édition , Mons, 1858 C'est aussi un excellent manuel , et on le consulte encore fort souvent , bien que le déve- loppement immense que prend l'emploi des machines à vapeur ait nécessité des livres nouveaux beaucoup plus détaillés. Quelques inexactitudes scientifiques sont rectifiées dans les notes ajoutées par le traducteur à la fin du volume
  • Olivier GOLDSMITH( 1728) : célèbre écrivain anglais, né le 29 novembre 1728 à Pallas, paroisse de Forney, dans le comté de Longford en Irlande, devait le jour à un ecclésiastique peu favorisé de Iii fortune et père de neuf enfants. Olivier fut destiné au commerce et placé dans une école voisine où l'on n'enseignait que la lecture , l'écriture et les plus simples règles d'arithmétique. Son maitre était un ancien militaire, qui aimait à raconter ses exploits et les aventures de ses voyages; il trouva dans le jeune disciple un auditeur avide , et cette circonstance influa sans doute beaucoup sur les goûts et sur la destinée de son élève. Olivier était habituellement d'une humeur grave, mais quelquefois aussi d'une gaieté sans mesure; il montrait de l'esprit naturel et faisait dès l'Age de sept à huit ans des vers qu'il communiquait à ses camarades, et dont il brûlait ensuite les manuscrits. Sa mère, voyant ses heureuses dispositions et le peu de pen- chant et surtout d'aptitude qu'il avait pour le commerce, se décida , aidée de l'appui de quelques parents généreux, à lui faire donner une éducation classique. A quinze ans il fut reçu à l'université de Dublin , où malheureusement son instituteur immédiat se trouva être un homme d'un caractère austère et violent , qui ne fit que gâter un assez bon naturel. Olivier, qui était d'une humeur extrêmement liante, à peine arrivé à Dublin, avait déjà formé des relations avec des jeunes gens des deux sexes : il s'avisa un jour de les inviter à un souper, suivi d'un bal donné dans sa chambre , en l'absence de son argus; mais au milieu de la fête, celuici, informé de ce qui se passait, entre comme un furieux , s'emporte en injures et finit par appliquer au pauvre Olivier quelques coups ; On peut consulter au 6tijet de Goldoni les Essais , de Carrer , sur la vie el les ouvrages de Goldoni, nie , 1824 , 3 vol. , l'Elude sur la vie de Goldoni et sur ses comédies k également en italien) de Gavi, Milan , 1825 et celle de Meneghezzi, Milan, 1827, in46. E. D-6. ils lui furent d'autant plus sensibles, qu'ils riaient à la suite de l'ivresse du plaisir et qu'ils étaient reçus devant des dames. 11 prit la résolution de quitter le collége et d'aller cacher sa honte loin de sa société. Il vendit ses livres, ses hardes , et se mit à parcourir pendant plusieurs jours les rues de la ville ; cela dura jusqu'à ce qu'il ne lui restât plus qu'un schelling, qui le fit vivre encore trois jours', après lesquels, ayant vendu une partie des vètements qui le couvraient, et n'osant retourner dans la maison paternelle, il fit instruire son frère de sa situation. Par cette entremise, une réconciliation fut opérée entre son précepteur et lui , niais elle ne fut qu'apparente il y avait trop d'opposition dans leurs caractères. Un pareil instituteur n'était pas propre à lui faire aimer l'instruction qu'il lui donnait, et ses progrès répondirent mal aux promesses de son enfance. On le trouvait souvent oisif à la porte du collége; vers 1747, on le vit figurer dans une sédition des étudiants , où il y eut du sang répandu, et qui ne tendait pas à moins qu'à délivrer par la violence les malfaiteurs renfermés dans Newgate. Un aveu sincère de sa faute lui en obtint le pardon. Quelque peu de suite qu'il eût mis à ses études, on le jugea capable de diriger l'éducation d'un jeune homme d'une bonne famille; mais, dès qu'au bout d'une année il eut amassé une petite somme d'argent, tourmenté du désir de voyager, il acheta un cheval et partit de l'aveu de ses parents. Arrivé à Cork, il commença à payer son passage pour l'Amérique sur un bâtiment que les vents contraires retinrent plusieurs semaines dans le port. Olivier, en attendant, passa son temps à visiter les curiosités de la ville et des environs, et il arriva un jour sur le port dans le moment où le capitaine, profitant d'un vent favorable , venait de partir, emportant son argent. Olivier en avait dépensé beaucoup aussi dans ses excursions, avait vendu son cheval , et sa bourse était tout à fait à sec lorsqu'il fit connaissance avec un riche particulier, qui , charmé de son esprit et de la simplicité de son caractère , l'accueillit avec intérèt et, après l'avoir fèté pendant plusieurs jours, lui prêta quelques guinées pour retourner dans sa famille. A son retour, il raconta ses avec une bonhomie qui aurait désarmé la colère de son père, s'il eût vécu; mais sa mère ne savait pas mème gronder, et lui avait donné pour tuteur son oncle, M. Contarini , homme d'un esprit éclairé et d'un coeur généreux et indulgent. Le jeune homme, qui avait été élevé sans succès pour la carrière du commerce et ensuite pour celle de l'Église , fut envoyé étudier la jurisprudence à l'école du Temple à Londres. Arrivé à Dublin , un escroc lui enleva au jeu tout l'argent dont on l'avait pourvu, et il fut obligé de retourner sur ses pas. Il prétendit alors avoir une vocation véritable pour la médecine, et obtint en conséquence d'aller en 1752 à l'université d'Édimbourg,. Des liaisons avec quelques jeunes gens livrés à la dissipation lui tirent cependant négliger ses nouvelles études , et s'étant rendu caution pour un de ses camarades du payement d'une somme considérable que ni l'un ni l'autre ne purent remplir, il jugea prudent de quitter l'Écosse et s'embarqua pour la Hollande. Il suivit à Leyde Je cours d'anatomie d'Albinus et les leçons de chimie de Gaubius; il fréquenta plus assidûment encore les lieux de divertissements et certaines sociétés subalternes, dont il observait les moeurs et les ridicules, qu'il a peints d'une manière fort originale dans quelques lettres qui ont été imprimées; mais une passion déplorable, celle du jeu, entravait surtout l'usage de ses facultés et absor- hait la plus grande partie de son temps, quoiqu'il fût presque toujours dupe. On ara peine à croirc que , presque dépourvu d'argent par une suite de pertes de ce genre , ayant eu occasion de voir des fleurs qu'il savait que son frère aimait beaucoup, il s'empressa d'en acheter pour lui en faire présent, et on sait à quel prix se vendent les belles fleurs en Hollande. S'étant mis par là dans la nécessité de recourir aux expédients pour rester à Leyde, ou de partir sans argent, il imagina de se faire une ressource de quelque talent qu'il avait à jouer de la flûte. Ce fut en effet son gagnepain. Quand il avait marché toute la journée, il s'arrètait sur le soir à l'entrée d'un village , et attirait par sa musique un rassemblement de paysans émerveillés , qui le récompensaient ordinairement en lui offrant un asile pour la nuit et de quoi vivre le lendemain. Aussi atil toujours préféré la société des habitants de la campagne à celle des grands. Il ne voyait rien de plus aimable au monde que l'innocente fille d'un fermier. C'est de cette manière qu'il parcourut la Flandre , le midi de la France, la Suisse, où il jeta sur le papier la première ébauche de son joli poème du Voyageur. A Genève, un jeune Anglais sorti récemment de l'étude d'un procureur et enrichi par un héritage imprévu lui proposa d'être son gouverneur, en lui intimant toutefois qu'il voulait se gouverner luimême. Olivier accepta; mais ce jeune homme étant d'une économie portée à un excès peu ordinaire à dixneuf ans , ils ne tardèrent pas à se brouiller, et se séparèrent à Marseille , après avoir parcouru ensemble une partie de l'Italie. On présume que c'est à Padoue que Goldsinith prit le degré de docteur en médecine. Il retourna en Angleterre vers 1756 , et arriva à Londres dénué de tout, si ce n'est de santé, de courage et de philosophie. « Peu m'importe, disaitil souvent, d'être ‹, né sans fortune ; en quelque lieu du monde que (C je me trouve , j'aurai ma part des dons de la r, terre, et il en faut si peu à l'homme! » Heureuse philosophie! Des chefs de maison d'éducation, des apothicaires auxquels il offrit ses services le rebutèrent avec dureté. Sa figure, qui n'était rien moins que belle et que la petite vérole avait encore gàtée, l'accent irlandais qu'il ne perdit jamais, sa tournure et son costume grotesque, n'étaient pas propres à prévenir en sa faveur. Un chimiste , voyant qu'il avait des connaissances en médecine, l'admit dans son laboratoire. C'est apparemment vers la même époque qu'il fut sousiriStittitenr dans une école à Peckham. Enfin il s'établit médecin à LondreS; mais il y eut peu de succès. Il écrivait alors : « Vous pOlivez vous imaginer ;lés obstacles que je rencontrai, « dépourvu , comme je t'étais, d'amis , de reeonlmaniiation , d'argent bu d'impudence, et « cela dans une ville où il suffisait que je fusse « Irlandais pour rester sans emploi. » Des travaux littéraires, auxquels Son peu de vogue comme médecin lui permettait de se livrer à loisir, lui furent plus profitables. Il trouva les libraires généreux à son égard, et les regarda toujours comme ses bienfaiteurs. Cependant l'idée d'aller visiter des pays lointains pour en rapporter, à ce qu'il croyait, des arts inconnus à l'Europe, le tourmentait depuis longtemps. Il demanda et obtint en 1758 la place de médecin de l'une des factoreries anglaises, sur la côte de Coromandel, et ce fut pour subvenir aux frais du voyage qu'il se proposa de ptiblier son Essai S'Ir l'état actuel de la littérature en Europe. Mais une aiirore de prospérité lui fit abandonner ses projets : il ne partit point, et se vit bientôt surchargé de travaux littéraires que les libraires lui commandaient. Son Essai sur l'état de la littérature parut en 1759 , chez Dodsley. Devenu plus à son aise, il quitta le chétif logement qu'il. habitait , loua un bel appartement , où, par l'effet de sa conduite imprudente , il se vit bientôt confiné à la requête d'un créancier. C'est là qu'il composa le Vicaire de Wakefield. Cet ouvrage est, du moins .en France, le plus célèbre des ouvrages de Goldsmith ; il a placé son auteur, comme romancier, immédiatement après Richardson et Fielding. On ne peut présenter un tableau jIiis vrai et. plus attachant d'un véritable philosophe (lité celui du bon vicaire, et les caractères de ceux gui l'entourent ne sont pas Moins Originaux, moins heureusement peints. Le doctetir Johnson, qui estimait beaucoup les talents de GoldsMith , prit sur liii de traiter d'avance dela vente du manuscrit avec un libraire, qui vint délivrer l'auteur prisonnier. 11 fut quelque temps correcteur d'épreuves chez Samuel Richard- son , l'auteur de Clarisse Harloive, et coopéra en même temps à plusieurs 'ouvrages périodiques. Une suite de lettres, supposée écrites par un Chinois, qu'il inséra alors dans k Public tedger, furent imprimées séparément en 1762 , 2 vol. sous le titre du Citoyen du monde, ou Lettres d'un philosophe chinois résidant à Londres à ses amis en Asie , réiMprimées en 1776, suivies du Voyageur. Une méprise étrange lui fit perdre une occasion bien favorable d'avancer ses affaires. Le duc de Northumberland , récemment nommé lord lieutenant en friande, ayant témoigné le désir de voir un auteur dont les productions lui avaient plu, Goldsmith, après avoir préparé un colupli
  • Olivier LEDAIN : l'un des indignes favoris de Louis XI , était né clans la petite ville de Thielt , près de Courtrai. 11 se nommait Olivier le Mauvais ou le Diable ; niais ce nom, qui donnait une idée assez juste de son caractère, lui déplut , et il le changea contre celui de Ledain. Il devint barbier de Louis XI, et sut gagner la confiance de ce prince en lui per-,suadant que personne ne lui était plus sincè• renient dévoué. Le roi l'anoblit , le fit gentilhomme de sa chambre et lui donna la capitainerie de Meulent. Olivier se fit appeler dès lors le comte de Meulent ; il fut envoyé à Gand en 1477, avec la mission de pénétrer les projets de l'héritière de Bourgogne, et de lui persuader qu'elle devait se fier entièrement à la bienveillance du roi, son parrain . Olivier afficha , dans une ville où il était connu, un faste qui le rendit ridicule : il tomba dans le mépris, et s'enfuit à Tournai, dont il ouvrit les portes aux Français, aidé de quelquis habitants séduits par ses promesses . Cette preuve de zèle accrut encore l'interèt que le roi lui portait; il fut nommé capitaine du château de Loches, gouverneur (le StQuentin, etc. L'abus qu'il avait fait de son autorité l'ayant rendu odieux , il fut arrêté après la mort de Louis XI , par l'ordre du procureur général de Tours , et pendu en 1484, pour avoir , dans le temps de sa faveur, abusé d'une dame, sous promesse de sauver la vie du mari , qu'il fit étrangler ensuite
  • Olivier MAILLARD( 1400 - 1502) : né en Bretagne dans le 15e siècle, docteur de Sorbonne, professeur de héologie dans l'ordre des Frères mineurs, prédicateur du roi Louis XI et du duc de Bourgogne, mourut près de Toulouse le 13 juin 1502.11 fut chargé d'emplois honorables par le pape Innocent VIII, Charles VIII , roi de France , par FerdinanI le Catholique, etc. « 11 servit ce der-,; — & moues dominicaks , 1500, 1516 , — Sermones de sanetis, Paris, 1518 ; Lyon, 1517 ; id., 1521 , 7 parties, 3 vol. Henri Estienne s'en est servi avec avantage pour faire connaître les mœurs corrompues du 15° siècle . 11 indique, sans les tronquer, les déclamations du cordelier contre la paillardise, les blasphèmes, les larcins, les sophistiqueries, etc., des hommes loi, des grands et des ecclésiastiques. 2- Sermon précité le cinquième dimanche de caréme en la rine . 3° La Confession générale du frère Olivier Maillard, Lyon, 1526 gothique; 4. la Con- formité et correspondance des saints mystères de la messe à la passion de N. S. J. C., Paris , 155'2 gothique. Il faisait aussi des vers français, comme on en peut juger par une de ses ballades qu'a rapportée le P. Le Febvre dans son Grand Art de rhétorique. On trouve encore de lui, dans un recueil de pièces gothique , une chanson piteuse qu'il chantait dans un sermon précité à Toulouse vers la Pentecôte de l'an 1502, peu de mois avant sa mort ; elle est sur l'air de la chanson nommée Bergeronnette savoisienne
  • Olivier PATRU( 1604) : avocat célèbre , naquit à Paris en 1604, d'un procureur au parlement. Elevé avec mollesse, il ne se livra qu'aux études de son choix, passa légèrement et avec dégoût sur la philosophie de l'école, et, dans sa prédilection pour les lettres , rechercha surtout les productions romanesques, quoique , dans ce genre frivole, la France ne comptàt pas encore un seul chefd'œuvre. Sa mère, dont il était l'idole, avait. développé en lui cette passion, en substituant. des romans à ses cahiers de philosophie, qu'elle avait soin de brûler , et en lui faisant rendre compte de ses lectures devant un nombreux auditoire de voisines, émerveillées de la grâce et. du talent de l'adolescent. A dixneuf ans, Patru entreprit un voyage de plaisir en Italie. En traversant le Piémont, il lit connaissance avec d'Urfé, bel esprit de qualité , regardé à la cour de Turin comme le modèle du bon ton et de l'aménité. Encore plein de l'ilstrée, qui , depuis sa publication, jouissait d'une vogue extraordinaire, il parla de ce roman pastoral ami n'existait plus. La modicité de son patrimoine lui fit embrasser la carrière du barreau, celle qui l'éloignait le moins du commerce des lettres. Ses succès comme orateur furent éclatants, mais ne contribuèrent. point à sa fortune. L'ambition de ne rien laisser sortir de sa plume qui ne fût achevé lui déroba un temps précieux , et , tandis qu'il se bornait à un trèspetit nombre de causes et s'occupait à polir son style avec une attention minutieuse, des avocats qui lui étaient bien inférieurs s'enrichissaient en exploitant la mine féconde du pa- lais. Doué d'un extérieur peu avantageux et d'un organe qui se faisait difficilement entendre, manquant de noblesse et d'abandon dans son débit, peu susceptible d'ailleurs de cette assiduité qui attire la confiance d'une clientèle nombreuse , il se retira insensiblement du barreau pour se consacrer exclusivement aux travaux littéraires. L'és pitre dédicatoire du Nouveau inonde de Let, où Patru exaltait sans mesure le cardinal de Richelieu , devint pour lui un titre à la bienveillance du toutpuissant ministre, et dès lors une place lui fut destinée à l'Académie française. Il y fut admis en 16i0 , et prononça un discours de remercinient qui plut tellement à ses confrères qu'on fit dans la suite un devoir aux récipiendaires de l'imiter. Cette règle, dont on dispensa quelques grands seigneurs, empêcha la Rochefoucauld , l'auteur des : 11a. rissies, de briguer le fauteuil. Patru passa pour l'homme le plus versé dans la connaissance du mécanisme de notre langue deux grammairiens renommés, Vaugelas et I3ouhours, le consultaient comme un oracle. Son goût difficile et sévère fit rechercher son suffrage par les écrivains les plus distingués du grand siècle ; il jouit presque de l'autorité de Quintilien, auquel on ne craignit point de le comparer. Cependant son tact de critique fut souvent en défaut. Il voulut détourner La- fontaine d'ajouter l'apologue au domaine de la poésie française, parce qu'il lui paraissait impossible de lutter avec avantage contre l'élégante précision de Phèdre. Il ne méconnut pas moins les ressources du talent, lorsque , effrayant Boileau de la sécheresse des détails didactiques il lui conseilla de renoncer à exécuter l'Art poétique d'après le plan que celuici avait 'conçu. Et que Patru fut choisi pour haranguer, au nom de J'Académie, la célèbre reine Christine, qui s'était empressée de visiter ce corps littéraire. Son discours, qui n'est qu'une amplification froidement ornée et dont il était néainnoins trèscontent , ne mérite pas d'entrer eu comparaison avec quelques lignes de Pascal, adressées à la même souveraine. Si Patru avait de la complaisance pour ses écrits, il était encore prévenu plus favorablement pour son siècle. Il prétendait que le Maître et Gautier, ses rivaux dans la plaidoirie, avaient eu de plus belles occasions pour l'éloquence que Cicéron, et que l'on chercherait en vain chez les anciens une cause plus solennelle que celle de la duchesse de Rohan . La cérémonie de la présentation des ducs et pairs, et des chanceliers, les discours de rentrée des cours souveraines, les débats du parlement de Paris à des époques de troubles, lui paraissaient une compensation suffisante des hauts intérêts qui s'agi- talent dans la tribune antique. ll est remarquable qu'il passe sous silence les états généraux. Patru, dans les mouvements de la Fronde , suivit la bannière du cardinal de Retz : il composa pour ce chef de parti la Lettre du curé au marguillier sur la conduite de JI. le coadjuteur , en réponse à la Lettre du marguillier à son curé, pamphlet du poëte Sarrasin, secrétaire du prince de Conti. Le coadjuteur, devenu cardinal, mais abîmé de dettes, ne récompensa point les services qu'il devait à la plume de Patru. Cet académicien continua de vivre en philosophe pratique, insouciant sur ses affaires personnelles et s'acheminant à l'indigence sans rien perdre de l'égalité de son humeur et sans importuner ses amis. Les jouissances que lui procuraient l'étude et l'amitié absorbaient tous ses désirs : cependant il allait être réduit à faire le sacrifice de sa bibliothèque pour arrêter les poursuites d'un fermier général , s'il n'eùt trouvé dans Boileau un acquéreur généreux qui lui en laissa l'usage. On doit regretter que le célèbre satirique , gâtant la noblesse de son procédé, n'ait pu se refuser une épigramme contre celui qu'il avait obligé. Patru fut inutilement protégé par le crédit de Montausier; il obtint entin de la cour , par le canal de Colbert, une gratification de cinq cents écus , qui n'arriva que peu de jours avant sa mort. Il avait toujours gardé , avec la réputation de parfait honnête homme, un caractère indépendant. Un grand seigneur sans lettres osait prétendre à la place de l'académicien Conrart. Patru , dans cette circonstance, enveloppa son avis sous la forme d'un apologue : « Un ancien Grec, ditil, avait une « lyre , à laquelle se rompit une corde : au lieu « d'en ajouter une de boyau, il en voulut une « d'argent, et la lyre perdit son harmonie. s Ce franc laconisme produisit l'effet qu'il en attendait; l'homme de cour fut écarté. Patru passait pour sceptique : il lui répugnait d'admettre que, dans les matières religieuses, la raison et de l'Homélie de StJean Chrysostome sur la prière, une Epître dédicatoire à Henri de Mesrnes , un Eloge du président de Bellièvre, une Notice sur d'Ablancourt , une Explication partielle des allégories de l'Astrée, un Mémoire sur les assemblées du clergé , un Traité des décimes, quelques Lettres et des Remarques estimées pour faire suite à celles de Vaugelas sur la langue française. A peine un petit nombre d'intrépides lecteurs parcourent aujourd'hui ces écrits froids, faibles et décolorés, dont on vanta l'élégance lorsque le matériel de la langue était la tâche principale des écrivains : Scarron même aujourd'hui l'emporte sur Patru , (lit très justement le Métromane de Piron. Patru avait encore composé un Traité des libertés de l'Eglise gallicane, par ordre de Colbert, qui ne jugea pas à propos de faire usage du manuscrit. L'Académie française paraissant absorbée par le travail de son Dictionnaire plusieurs de ses membres se chargèrent de rédiger, en leur propre et privé nom, les ouvrages didactiques qu'elle avait promis. C'est ainsi que la Mesnardière publia un Essai de poétique , RégnierDesmarais une Grammaire française; Furetière osa plus , et son larcin , déshonorant pour lui , fut profitable au public. Quant à Patru, il annonça une Rhétorique française , où , rejetant les préliminaires rebattus par tous les rhéteurs, il voulait se borner à exposer les secrets de l'élocution; mais de cet écrit, impatiemment attendu et prôné d'avance , il ne laissa qu'une ébauche grossière
  • Olivier PLUNKETT( 1629) : issu d'une illustre maison d'Irlande, connue par son inviolable attachement à la religion catholique, naquit au chàteau deRathnaore, au comté de Meath, en 1629. Après avoir reçu sa première éducation au sein de sa famille , il se rendit à Rome pour y finir ses études , et le pape lui confia bientôt après une chaire de théologie. Ses vertus et ses talents le firent élever à la dignité d'archevêque d'Armagh et de primat d'Irlande. Malgré les périls dont elle était environnée , il l'accepta de préférence à l'évêché de Montefiascone. Le retour d'Olivier Plunkett dans sa patrie fut célébré par de nombreux témoignages d'enthousiasme , que sa conduite apostolique justifia complètement ; mais quoiqu'il n'eÛt cessé de mettre la tolérance au nombre des devoirs religieux , son zèle le rendit suspect aux protestants ; ses aumônes abondantes le firent accuser d'ambition et de projets factieux. Sous le prétexte d'une conspiration que ses ennemis avaient imaginée, il fut arrêté, conduit à Londres et condamné, par un jury non moins ignorant que fanatique, à la peine de mort qu'il subit le 1" juillet 1681 , après avoir prononcé sur l'échafaud un discours plein de noblesse et de dignité. Son corps fut inhumé dans le cimetière de StGilles des Champs , sous une lame de cuivre, portant l'inscription suivante, en anglais : cc Ce ,c tombeau renferme la dépouille mortelle du révérendissime Olivier Plunkett, archevèque d'Ar-, magh et primat d'Irlande, qui fut, en haine du ,( catholicisme , accusé de haute trahison par de faux témoins, condamné et exécuté à Tyburn. (, Son coeur et ses entrailles lui furent arrachés c, et jetés au feu. Il souffrit le martyre le lerjuillet ,‹ 1681, sous le règne de Charles II. » Plunkett a laissé des mandements et des instructions pastorales, regardés comme des modèles. On les a recueillis en 2 volumes 4°, Londres, 1686. Il avait charmé ses loisirs à Rome par la culture des arts, et l'on trouva dans ses papiers une des- cription des plus beaux monuments d'architecture antique, qui n'a point été imprimée
  • Olivier ASSAYAS : critique, cinéaste
  • Olivier Basselin : écrivain français, inventeur des Vaux de Vire
  • Olivier BERETTA : pilote de formule 1
  • Olivier DASSAULT : politicien
  • Olivier de Clisson : homme de guerre français
  • Olivier DE KERSAUSON( 1944) : marin
  • Olivier de Magny : poète français
  • Olivier de Serres : agronome français
  • Olivier DELAITRE : tennisman
  • Olivier GENDEBIEN : pilote de formule 1
  • Olivier GROUILLARD : pilote de formule 1
  • Olivier GUICHARD( 1920) : politicien
  • Olivier HUSSENOT : acteur
  • Olivier Le Daim : barbier et homme de confiance de Louis XI
  • Olivier MAZEROLLES : journaliste
  • Olivier Messiaen( 1908) : compositeur français
  • Olivier Métra : compositeur français de musique légère
  • Olivier PANIS : pilote de formule 1
  • Olivier SCHATZKY : réalisateur français "Fortune express"
  • Olivier STIRN : politicien
  • Olivier : paladin plein de bravoure prudent et sage de La Chanson de Roland

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