Le prénom Michel Masculin

Origine :

Fête :

29 Septembre

Signification de Michel

Michel est certainement un des prénoms masculins les plus répandus dans le monde. Il doit surtout sa notoriété au personnage biblique, l’Archange Michel. Il est actuellement peu attribué mais a bénéficié d’un grand succès pendant plusieurs siècles.
Les Michel sont vivaces, enthousiastes et fort communicatifs. On leur reconnaît également un caractère indépendant, une curiosité importante et un goût particulier pour les voyages.
De par sa popularité, Michel connaît une multitude de variantes : Miguel (portugais, espagnol), Mickey (anglais), Mikael (suédois), Michal (polonais), Michaël (néerlandais) et Michele (italien).
Beaucoup de personnalités portent ce prénom dont Michel Noël (écrivain, romancier), Michel Chaillou (écrivain), Michel Debray (peintre, écrivain), Michel Platini (footballeur) et Michel Giraud (homme politique).

Personnalité de Michel

Travailleurs, disciplinés, obstinés, ils aiment la rigueur et détestent ce qui est futile. Ce sont de bons vivants qui s'entourent souvent de nombreux amis et leur compagnie est fort agréable. D'esprit ouvert et accueillant, ils savent aussi préserver leur jardin secret. Intègres, d'une moralité exigeante, ils sont parfois autoritaires. Ils aiment commander, mais manquent parfois de diplomatie.

Provenance du prénom Michel

Histoire de Michel

Etymologie de Michel

Les Michel célèbres

  • Michel ANGRIANI ou AYGUANI ou DE AYGONNIS( 1300 - 1400) : religieux, né à Bologne dans le 14e siècle, après avoir fait ses études dans sa patrie, entra dans l'ordre des carmes, et prit le bonnet de docteur à l'université de Paris. Les affaires de son ordre l'ayant rappelé en Italie, son mérite le fit distinguer du pape Urbain VI, qui le nomma vicaire général. Élu en 1381 général de son ordre, Angriani le gouverna pendant cinq ans, et se retira dans le monastère de Bologne, où il mourut, le 16 novembre 1400. Le plus considérable de ses ouvrages est un commentaire sur les psaumes dont on a longtemps ignoré l'auteur. Il est intitulé : Incognitus in Psalmos, Milan, 1510 C'est Léonard Veggio qui l'a publié ; il fut réimprimé plusieurs fois, et la dernière à Lyon en 1682, 2 vol. On a encore de lui : Qucestiones disputalœ in librum 4 Sententiarum, Milan, 1510 , revu par FrançoisLéonard Priolo, Venise, 1625 Moréri lui attribue des traités sur St. Matthieu, sur les Morales de St. Grégoire, sur la conception de la Vierge ; mais ils n'ont pas été imprimés. On trouve sur ce religieux un article dans le 2e volume de la Bibliotheca carmelitana du P. Cosme de Villiers, 1752, 2 vol. et un autre dans la Bibliotheca lutina media; cetatis de Fabricius, t. 5, p. 222, édit. C
  • Michel ANGUIER( 1612 - 1686) : frère cadet du précédent, naquit à Eu en 1612, et, dès l'âge de quinze ans, exécuta dans cette ville, où il ne trouvait ni maîtres ni modèles, quelques ouvrages pour l'autel de la Congrégation des jésuites. Après avoir travaillé quelque temps à Paris, sous Guillain, il eut le courage d'entreprendre le voyage de Rome, sans avoir d'autres ressources que ses talents. 11 eut l'avantage de travailler d'abord sous les yeux de l'Algarde, qui lui fit faire quelques basreliefs. Anguier fut employé ensuite pour l'église de StPierre et pour quelques palais particuliers, mais sans négliger l'étude de l'antique, à laquelle il consacra une partie des dix années de son séjour à Rome. Revenu en France en 1651, il se vit contrarié souvent par les troubles politiques. Il ne laissa cependant pas de travailler, et fit, entre autres, un modèle de la statue de Louis XIII, plus grand que nature, qui fut jeté en bronze, et placé à Narbonne. Il décora ensuite l'appartement de la reine Anne d'Autriche au vieux Louvre d'un grand nombre de figures et de basreliefs accompagnant des peintures de Romanelli. La plus grande partie des ouvrages de sculpture qui étaient au ValdeGrâce était de Michel Anguier ; et le groupe en marbre de la Nativité, placé sur le maitre autel, était regardé comme son chefd'oeuvre. L'académie le reçut dans son sein en 1668, le nomma, le jour même, adjoint à professeur, et peu après, professeur. Anguier lui donna, en 1669, un groupe de terre cuite représentant Hercule qui se charge de débarrasser Allas du fardeau de porter le monde. La même année, il fut adjoint à recteur, et recteur en 1671. Il termina, vers ce temps, l'Apparition de Notre-' Seigneur à Se. Denis et à ses compagnons, grand morceau de sculpture où le bas- relief et la rondebosse étaient employés à la fois, et qu'Anne d'Autriche lui avait demandé pour le maître autel de StDenis de la Châtre. On omet plusieurs autres productions de cet artiste, pour arriver à l'une des plus considérables. Ce fut en 1674 qu'il exécuta les sculptures de l'arc triomphal dit Porte StDenis. A la vérité, Lebrun , qui, en sa qualité de premier peintre du roi, voulait exercer sur tous les arts une suprématie à laquelle les sculpteurs du temps se soumirent, à l'exception du seul Puget , ôta le mérite de l'invention à Michel Anguier en le faisant travailler d'après ses dessins ; niais le sculpteur n'en soutint pas moins sa réputation par la manière dont il exécuta ces grands ouvrages. L'âge et de longs travaux avaient altéré la santé d'Anguier, lorsqu'on lui del manda un crucifix de marbre pour la Sorbonne. Il avait toujours été pieux, et dit, en l'exécutant, « qu'il « ne pouvait terminer sa carrière par un morceau « plus analogue à ses sentiments. » Il lit présent, en mourant, à l'église de StRoch, sa paroisse, d'un Christ en bois, qui fut ensuite placé dans la chapelle du Calvaire de cette église. Michel Anguier mourut le II juillet 1686, à 74 ans, et fut enterré à StRoch, près de son frère aîné. Onleur fit une épitaphe en huit vers français, trop médiocres pour être rapportés. Cet artiste est au nombre des bons sculpteurs du siècle de Louis XIV. Son goût de dessin est celui que Lebrun avait mis en vogue , c'est-àdire qu'on y trouve presque toujours de la correction, mais que souvent aussi on y désirerait plus d'élégance
  • Michel ABAFFI( 1677 - 1713) : dernier prince de Transylvanie, fils du précédent , naquit en 1677, et succéda à son père , ayant été reconnu par l'empereur Ferdinand III, qui lui donna des tuteurs à cause de sa minorité. Mais sa principauté lui fut disputée par le comte de Tékéli , allié de la Porte. Tandis que le grand vizir Caprogli battait, en 1690, l'armée impériale, Tékéli s'emparait de plusieurs places de la Transylvanie ; mais l'anarchie qui existait dans l'empire turc empêcha Tékéli de conserver ses conquêtes. Les Impériaux reprirent tout ce qu'ils avaient perdu, et la Transylvanie rentra sous leur domination en 1699 , par le traité de Carlowitz , sans néanmoins que le jeune Abaffi 'At y régner aux mêmes conditions que son père. Ce prince ayant épousé la tille de Georges Bethlem, comte de Transylvanie, contre la volonté de l'Empereur,qui n'attendait qu'un prétexte pour le dépouiller, fut mandé à Vienne, et contraint de céder tous ses droits de souveraineté pour une pension de 15,000 florins et le titre de prince du SaintEmpire. Abaffi mourut à Vienne le 1" février 1713. Depuis cette époque , la Transylvanie est restée sous la puissance de l'Autriche
  • Michel ABAFFI ou APAFFI : fils de Georges Abaffi , magistrat à Hermanstadt , fut élu prince de Transylvanie en 1661. L'empereur Léopold, qui regardait la Transylvanie comme une barrière utile entre ses États et l'empire ottoman, avait fait-élire vayvode , par la diète transylvaine, son protégé Jean - Kemeni ; mais AliPacha, qui commandait l'armée turque, forma le dessein de lui donner un antagoniste , et de faire nommer,par les villes qui étaient restées dans les intérêts de la Turquie, un prince qui fût sous la protection immédiate de la Porte. Les députés transylvains désignèrent Michel Abaffi qui , par sa prudence et son courage , s'était acquis une considération méritée. Lorsque les envoyés d'Ali se présentèrent au château d'Ebestwalve, résidence de Michel Abaffi, ils le trouvèrent à peine remis des maux qu'il avait soufferts chez les Tartares qui , l'ayant fait prisonnier dans une rencontre, ne lui avaient rendu la liberté que pour une forte rançon. 11 prit avec autant de fermeté que de courage les rênes d'un État dont la possession lui était disputée par un rival puissant , et que soutenait l'Autriche. Mais Kemeni ayant été tué dans une bataille contre les Turcs , près de Schesbourg, le 23 juin 1662, Abaffi fut reconnu dans toute la Transylvanie. La paix de Témeswar, en 1664, lui assura cette souveraineté, sous la condition toutefois de payer tribut à la cour de Vienne et à la Porte. Il régna alors paisiblement sous la protection de cette dernière puissance , et acquit même les villes de Clausembourg , Zeckelheit et Zatmar. Placé entre les Polonais, les Impériaux et les Ottomans , Abaffi mit toute son adresse à ne mécontenter aucune de ces puissances; mais croyant ensuite qu'il était de ses intérêts de soutenir les rebelles de Hongrie, il déclara la guerre à l'Empereur,et justifia son agression par un manifeste qu'il fit répandre dans toute l'Europe en 1681 .Pendant la célèbre campagne de l'an- née suivante , il joignit ses troupes à celles de Tékéli, chef des Hongrois révoltés, et seconda CarraMusta- pha, quand il porta le siége devant Vienne. Cependant les succès du duc de Lorraine, qui se rendit maître d'Hermanstadt et d'une grande partie de la Transylvanie, forcèrent Abaffi et les principaux Transylvains de reconnaître l'empereur, et de conclure avec son général une convention par laquelle Michel Abafti conserva son autorité. Il régna ensuite paisiblement jusqu'à sa mort , en avril 1690. Il aimait les lettres, parlait plusieurs langues , et savait fort bien le latin
  • Michel ADANSON( 1727 - 1806) : botaniste, naquit à Aix en Provence, le 7 avril 1727. Son père, Écossais d'origine , s'était attaché à M. de Vintimille , alors archevêque de cette ville. Ce prélat ayant quitté ce siège pour celui de Paris , Adanson fut amené dans cette capitale à l'âge de trois ans. Son éducation fut trèssoignée , et il y répondit par des succès prématurés. Comme il était d'une petite stature, il paraissait plus jeune encore qu'il ne l'était; et il excita une admiration générale, lorsqu'on le vit remporter les premiers prix de l'université , et qu'il se trouva, pour ainsi dire , caché sous un Pline et un Aristote. Needhain , naturaliste célèbre par ses découvertes microscopiques , témoin du triomphe de cet enfant , lui fit présent d'un microscope , et lui dit : « Puisque, jusqu'à présent, vous avez si bien appris « à connaître les ouvrages des hommes, vous devez « étudier ceux de la nature. » Ces circonstances entraînèrent Adanson vers l'histoire naturelle. Bientôt il voulut , comme Pline , l'embrasser tout entière, et , comme Aristote, en lier toutes les parties. Il ne négligea cependant aucun genre de connaissances, et suivit assidûment tous les cours ou collége royal. Réaumur et Bernard de Jussieu furent ses principaux guides. Il partagea son temps entre le Jardin du roi et les cabinets de ces savants , si connus par leur affabilité. La nomenclature des plantes cultivées dans cette enceinte lui devint bientôt familière , ce qui était loin de suffire à son activité. Le système de Linné , qui commençait à se propager, excitant son émulation , il en imagina de nouveaux qui lui présentèrent plus de certitude, et, dès l'âge de quatorze ans, il en avait esquissé quatre. Ses parents l'avaient destiné à l'état ecclésiastique , et on lui avait donné un canonicat ; il y renonça , ne voulant pas prendre un état dont les devoirs ne lui auraient pas permis de se livrer tout entier à son goût pour les sciences. Entraîné par le noble désir de contribuer de tous ses moyens à leur progrès , il voulut voyager dans des contrées qui n'eussent pas encore été visitées, et il se décida pour le Sénégal , pensant que le climat insalubre de ce pays s'opposerait longtemps aux recherches de tout autre naturaliste. Plusieurs botanistes célèbres s'étaient transportés avant lui aux extrémités du globe ; mais ils y avaient été invités par des souverains, dont la munificence leur assurait un juste dédommagement de leurs dépenses et de leurs dangers. Adanson donna le premier l'exemple d'un plus grand dévouement : il fit cette entreprise à ses frais, et y sacrifia la plus grande partie de son patrimoine. Ce fut en 1748 , âgé de vingt et un ans, qu'il exécuta ce projet courageux. Dans la traversée, il visita les Açores et les Canaries ; et, dès qu'il eut débarqué à l'île de Gorée sur la côte du Sénégal , il se livra aux recherches de tout genre, avec une ardeur si persévérante , qu'il recueillit des richesses immenses dans les trois règnes de la nature. Les décrire et les conserver eût été pour tout autre une occupation assez grande ; mais il alla beaucoup plus loin : il découvrait , par son expérience journalière, les défauts et l'insuffisance des méthodes employées jusqu'alors pour classer les êtres naturels , et pour donner à ceux qui les voient pour la première fois le moyen de les reconnaître. Les auteurs les plus célèbres, tels que Tournefort et Linné, l'avaient exposé à des méprises. Voyant que les défauts de la méthode et du système de ces grands botanistes tenaient à ce qu'ils les avaient fondés sur un petit nombre de caractères , il s'attacha à perfectionner cette partie importante de la science , et il créa une méthode établie sur l'universalité des parties. Ce fut d'abord aux plantes qu'il en fit l'application ; mais il reconnut bientôt qu'elle devait s'étendre à tous les êtres , et , suivant son expression , à toutes les existences. Il adressa plusieurs lettres à son maitre , Bernard de Jussieu , pour lui faire part de sa découverte. Il fit aussi , pendant son séjour au Sénégal, et durant sa traversée, des observations météorologiques suivies jour par jour, et il leva des plans très—détaillés des contrées qu'il parcourut , d'après lesquels il dressa une carte du cours du fleuve du Sénégal , à une assez grande distance. De plus , il recueillit des vocabulaires des langues des diverses peuplades nègres qu'il avait été à portée de fréquenter. Ce fut avec toutes ces richesses qu'Adanson revint dans sa patrie, après cinq ans de séjour dans un climat brûlant et malsain : elles suffisaient bien pour le dédommager de ses fatigues et de ses dangers ; mais il serait difficilement parvenu à les faire connaître , s'il n'eût trouvé de puissantes ressources dans la fortune et l'amitié de M. de Bombarde , amateur zélé des sciences. Stimulé par ses conseils , et aidé de ses secours , il fit parai tre, en 1757, son Histoire naturelle du Sénégal , 1 vol. avec une carte. Jamais on n'avait fait connaître un pays éloigné avec autant de détails ; et ce n'était cependant qu'une petite partie des matériaux recueillis par l'auteur. Cet ouvrage est terminé par une nouvelle classification des testacés ou animaux à coquilles. Jusqu'à ce moment , leurs dépouilles brillantes avaient seules occupé les naturalistes , qui les regardaient plutôt comme une décoration des cabinets , que comme un sujet d'étude. Adanson fit connaître pour la première fois les animaux qui les formaient , et les rangea suivant sa méthode universelle , dont il commençait ainsi à donner un aperçu. Il se borna cependant d leurs formes extérieures, les seules qu'il eût étudiées. Un demi—siècle devait s'écouler avant qu'un de nos savants les plus distingués nous fit connaître leur anatomie. Adanson saisit encore cette occasion pour faire un autre essai , celui d'une nouvelle nomenclature. Elle consiste à désigner chaque être, regardé comme espèce , par un nom primitif , ne tenant à aucune langue , et étant exclusivement affecté à cette désignation. Cette innovation , qu'on peut au moins regarder comme ingénieuse, trouva quelques partisans et beaucoup de détracteurs. Honoré du titre de correspondant par l'Académie des sciences , pendant son voyage en 1750 , à son retour, en 1756 , il se fit connaître plus particulièrement de cette illustre compagnie, en lui lisant un mémoire sur le baobab, qui fut inséré d'abord dans les Mémoires des Savants étrangers, et ensuite dans ceux de l'Académie pour l'année 1761. Avant cette époque, on ne connaissait ce végétal que par le rapport de quelques voyageurs , et on était tenté de mettre au rang des hyperboles , qui ne sont que trop fréquentes dans leurs relations , le volume de 29 à 30 pieds de diamètre qu'ils lui donnaient. Adanson rendit non—seulement témoignage de la vérité de leur récit , mais, de plus, il fit connaître l'accroissement progressif de cet arbre extraordinaire, ainsi que la famille des malvacées, à laquelle il le rapportait. Sous tous les rapports , ce mémoire est un chef—d'oeuvre qui n'a point encore été surpassé. Ce fut sur les mêmes principes qu'il donna , dans les Mémoires de l'Académie, l'histoire des arbres qui produisent la gomme dite d'Arabie , l'un des principaux objets de commerce du Sénégal. Ces ouvrages méritèrent à Adanson , en 1759, la place d'académicien titulaire ; mais ce n'était encore que des essais , auxquels il s'en serait peut—être longtemps tenu , si M. de Bombarde, par ses sollicitations et par les secours généreux qu'il lui fournit , ne l'eût déterminé à publier ses Familles des Plantes, 2 vol. elles parurent on 17e. Adanson a rassemblé dans ces deux volumes des connaissances immenses, et cet ouvrage devait faire prendre une nouvelle face à la botanique , en la débarrassant à jamais des liens systématiques , en la ramenant à l'étude des rapports naturels. Mais Linné , qui soutenait l'opinion contraire , avait pris un tel ascendant sur son siècle, qu'Adanson ne put le surmonter. On profita de quelques accessoires qui donnaient prise à la critique ; telle était , entre autres, la tentative d'une nouvelle orthographe; et bientôt cette excellente production parut tombée dans l'oubli. Cependant elle n'a pas été négligée par tout le monde ; car, depuis sa publication , on a présenté comme des découvertes des faits qui s'y trouvent énoncés. Il est vrai que dans l'état où sont los Familles des Plantes, on ne peut les compter au nombre des livres élémentaires ; mais il n'en est aucun qui puisse donner autant de connaissances à ceux qui ont vaincu les premières difficultés. L'auteur ne tarda pas à reconnaître lui—même les taches, ou , pour mieux dire, les bizarreries qu'on lui avait reprochées ; et il résolut de donner, cinq ans après, une nouvelle édition de son ouvrage. Il y avait fait les changements nécessaires et des additions nombreuses ; mais, entraîné par des idées gigantesques, il conçut le plan d'une encyclopédie complète. On lui avait fait espérer que Louis XV favoriserait cette entreprise. Bercé par cette espérance, il ne s'occupa qu'à en rassembler les matériaux. En peu de temps, ils devinrent immenses, et , en 1775, il les soumit à l'Académie , sous ce titre : Plan et Tableau de mes ouvrages manuscrits et avec figures , depuis l'année 1771 jusqu'en 1775, distribués suivant une méthodé naturelle découverte au Sénégal en 1749. 1er ouvrage : Ordre universel de la nature , ou Méthode naturelle comprenant tous les étres connus , leurs qualités 'matérielles et leurs facultés spirituelles, suivant leur série naturelle, indiqués par l'ensemble de leurs rapports, 27 vol. ; 2° : Histoire naturelle du Sénégal, 8 vol. ; 5' : Cours d'histoire naturelle ; 4e : Vocabulaire universel d'histoire naturelle , servant de table à l'ordre universel , 1 vol. de 1000 pages ; 5e ; Dictionnaire d'histoire naturelle; 6° : 40,000 figures de 40, 000 espèces d'êtres connus; 7° : Collection de 54,000 espèces d'ares conservés dans mon cabinet. On peut imaginer quel fia l'étonnement que produisit une telle annonce. Les commissaires, nommés sur sa demande pour examiner son plan, trouvèrent ce travail prodigieux; mais il ne leur parut pas également avancé dans toutes les parties; par exemple, les 40,000 figures n'étaient autre chose que la collection de toutes celles qui avaient été publiées jusqu'alors. Cet examen donnait une haute idée des connaissances et de l'activité d'Adanson , mais il n'eut pas le résultat qu'il en attendait, 11 avait cru que le gouvernement , sur le rapport qui en serait fait , lui fournirait les moyens de l'exécuter. On s'accoutuma dès lors à le regarder comme livré à la poursuite d'un projet chimérique. Le tort d'Adanson n'était pas de tenir à ce plan , mais de croire qu'il pouvait l'exécuter à la fois et d'un seuil jet ; s'il dit voulu le publier par parties, successivement , on ne peut douter, vu son application au travail et sa longue carrière , qu'il ne Mt parvenu à le réaliser. La seconde édition des Familles était réellement l'encyclopédie de la botanique. Sa classification des coquilles du Sénégal démontre qu'il était en état de traiter tout le règne animal d'une manière aussi complète. Quant aux autres sciences, il est certain que , malgré l'étendue de ses connaissances , il y aurait eu de la témérité de sa part de prétendre les tirer de son propre fonds : aussi n'était—ce pas son intention, et l'état même de ses manuscrits le prouve. C'étaient des cadres dans lesquels il voulait enchâsser les matériaux pris ailleurs. 11 ne fut pas découragé par ce défaut de succès , et il continua à augmenter ses matériaux. Chaque année , il croyait atteindre au terme ; cependant il ne publia plus aucun ouvrage considérable. Il se borna à donner à l'Académie des sciences un petit nombre de mémoires , dont l'importance et le mérite font regretter ce qu'il ne publia pas. C'est ainsi qu'en 1766, il traita la grande question de savoir si les espèces des plantes changent par lo mélange des poussières des étamines , ou si elles sont invariables. Il avait, d'après Linné, adopté la première opinion dans ses Familles des Plantes ; mais de nombreuses observations lui prouvèrent le contraire. En 1767, il avait observé des plantes aquatiques, auxquelles il donna le nom de tremella, et qui paraissent avoir des mouvements spontanés. Ce n'est que depuis peu que des naturalistes les ont observées de nouveau , et ont confirmé ses découvertes. Il publia, en 1767, des observations sur les ravages de l'hiver précédent ; par là, il fit connaître avec un peu de détail sa manière d'observer les phénomènes météorologiques. Enfin, en 1773, il fut chargé de faire les articles de botanique concernant les végétaux exotiques , pour le Supplément de l'Encyclopédie. La botanique avait été extrêmement négligée dans cet ouvrage , et , pour réparer ce défaut, on l'avait choisi avec le baron de Tschoudi ; celui—ci se chargea des arbres indigènes et de ceux qui sont naturalisés. Rien de plus opposé que la marche de ces deux collaborateurs. Tschoudi s'était beaucoup occupé de la culture des arbres et arbustes de pleine terre ; il intéressa par des phrases brillantes, qui couvrirent le peu de profondeur de ses connaissances. Adanson y mit , au contraire , tout l'appareil de l'érudition ; chacun de ses articles fut un traité complet de la plante qui en est le sujet. Il donna encore par là l'idée de la manière dont il voulait traiter l'universalité des plantes; mais cette extension était inconciliable avec les limites dans lesquelles il fallait se renfermer, et les éditeurs l'arrêtèrent à la quatrième lettre. Dans quelques au tres mémoires, Adanson fit connaître l'étendue et la variété de ses connaissances, d'abord en faisant Phis toire des tarets , ou des vers destructeurs des navires ; ensuite en indiquant l'électricité comme la cause de la commotion que font sentir certains poissons, la torpille et le gijmnotits. Il fut aussi le premier qui annonça la propriété de la tourmaline : ce fut dans une lettre adressée au ronde de Buffon, sous le nom supposé de Huga Carafes , publiée en 1759. Il avait , en 17M, flatrui à l'administration de là compturnie des Indes un vaste plan pour filmer sur la côte d'Afrique une colonie oit l'on pourrait cultiver toutes les plantes qui produisent les dein+, coloniales, sans vouer les nègres à l'esclavage. Ce plan , qui pouvait conduire sans troubles à le l'abolition de la traite, fut dans le temps mieux apprécié par les étrangers que par les Français. Les Anglais surtout, qui s'étaient emparés du 'Sénégal en 1700, lui tirent les propositions les phis ruses pour l'engager à communiquer ce plan , ainsi que les renseignements qu'il litait rapportes sur ce pays; mais il s'y n.fu•a par un .tisitittletit d'am?ur de la 'surie qu'il i?rtait jusqu'à l'exaltation. C'est un éta?lksement de ce genre que relie nation a forrné, depuis quelques annees, sur les côtes de la SierreLeona. Ge fut avec le inéme desinteressement qu'Adanson , vraiment philosophe, rejeta les offres brillante% qui lui fumist faites, en 1760 par l'empereur d'Autriche, en 1766 par Catherine I1 , et enfin par le roi d'Es?aitne , pour mir se fixer dans leurs Etats. Malgré ses nombreux tenais, il lit plusieurs voyages dans len differentes parties de la France. Il visita les côtes de l'Océan et celles de la Méditerranee. En Protence, il découvrit l'araignée si célèbre sous le nom de tarentule, qui passait autrefois pour être si dangereuse dans le royaume de Naples. Elle existe vraisemblablement de toute antiquité en Provence , sans s'étre jamais fait remarquer par l'effet .le son venin, Adanson avait été nomme censeur royal en 1759 : le traitement de cette place , celui d'aeatletnicien et les pensions qu'il litait obtenues suceessivement, lui procurèrent une aisance qui aurait etc fort itti delà de ses désirs; mis, toujours dominé par l'ides. qu'il pourrait un jour realiser le vaste plan qu'il litait conçu , il sacrifiait tous ses moyens pour en accélérer l'exécution. La révolution arriva, et t'es moyens lui furent enlevés. La perte à laquelle il fut le plus sensible fut celle d'un jardin dans lequel il suivait depuis plusieurs années des expériences multipliées sur lit végé.tation, Il y avait ?articulierement réuni un grand nombre de N.ariétéb de mûriers, et il eut la douleur de le voir ravager en sa présence. Il continua néanmoins ses travaux , malgré le dérulment auquel il était réduit. On l'eût peut-ètre longtemps ignoré, si l'Institut , lors de sa création, ne l'eût invité a venir prendre place parmi ses membres. Il répondit qu'il ne pouvait se rendre à cette int itation, lever qu'il n'at'mt pas de tauliers. Le ministre de l'Intérieur lui lit accorder une pension. Il avait acquis, des débris de Sa fortune , une maison , petite, incommode et malsaine, avec un jardin, dont le peu d'étendue ne lui avait permis de réunir, pour ainsi dire, que des représentants de chacune de ses familles. Adanson avait reçu de la nature un tempérament robuste ; mais l'eveés du travail , et surtout un long séjour dans le Sénégal , l'avaient altéré ; il était trèssensible au froid , et il lui était survenu des douleurs rhumatismales ; il se plaignait que le siége de son mal émit dans les os. Un jour, en allant de son lit à un fauteuil , il sent fléchir une cuisse ; il s'écrie qu'elle est cassée, ce qui se trouva vrai, Reporté sur son lit, il y languit curare six mois, pendant lesquels il conserva toutes ses bruites morales. 11 s'entretenait de son grand outrage, qu'il se Ilaitait lie faire imprimer cies qu'il serait rétabli. Il mourut le 3 août 1806. Un petit nombre d'outrages imprimes a marqué sa carrière litteraire; mais il a laissé une immense quantité de manuscrits. Pour juger de leur mérite, il faudrait que son chiefd’oeuvre, les Famille, dei Planlet, reparût dans une r mer lais •llangvitienk et les additions qu'il voulait y faire. L'auteur de cet article s'est charité de rette entreprise, la jugeant utile à la mémoire d'Adanson et a l'avantage de la science. Des circonstances particulieres en ont empeche jusqu'à i?resent reseettfion. Adans?u attachait t?p peu d'importance mute a...renient* extérieurs, et aux ménagements qu'exige la sorieté : aussi ?'atil pas joui de ses avantages. Il s'emportait et se calmait facilenu•nt , et , dans toutes les missions, il manifestait aNee eues la tacite et la franchise de son caractère. Pion amourpropre était extrème; tuais la bonhomie et la nalyeté mec lesquelles il l'exprimait le faisaient esettscr, et n'offensaient personne. >i un lui témoignait de l'intérêt, il était susceptible de la plus cive reconnaissance. On l'a vu , peu de jours avant sa mort , occupé à faire des vers latins adresseés à l'Em?ereur et à M. de Champagny, alors ministre de l'Intérieur, pour les remer•ier d'un limitait qu'il venait de recevoir. Il était de petite taille, mais bien proportionné , tresadroit ; ses clieveus étaient 114111; sa ligure ne plaisait pas au premier abord ; mais , quand il iodait , as physionomie s'animait par lie grrs, et ses yeux étincelaient. Le buste qu'on a bit d'Atlante') est trèsressemblant. Ost en a tiré son, dans une gravure seulement esquissée , qui a paru dans le n'' X I I I des Annales des r? yages. Bernard de Jussieu , frappe des connaissantes tionotit Adanson par son mémoire sur le baobab, avait nommé adansortia le genre de ce Végrtal. Mais Adatis?n ia ronstaitunent refusé cet honneur, à muse de la différence 'le son opinion sur la nomenclature. Linné ne voulait admettre que les noms grecs ou latins, et, i leur defaut, ceux qui proviennent des botanistes, traitant les autres de barbares Mangi?), au contraire, voulait conserver nt ant tout les noms de pays. l'eut de tenq après la mort d'Adanson, NI. Le Joyand lit paraître une Nolire sur NA vie. M. Ctnier, P11 IM07, a payé à sa mémoire le tribut académique. L'auteur de cet article a puise dans res quelquesuns des prinel?aus faits ; mais il en a ajouté d'autres, qu'il tient de la bouche d'Adanson, nu qu'il a trouvés dans ses manuscrits
  • Michel ADELBURNER : mathématicien et médecin , né à Nuremberg , en 1702 , fils d'un libraire. Destiné à la même profession , il s'appliqua à l'étude des sciences , et suivit plusieurs cours à Altdorf. En 1755, il publia son Commercium Astronomicum , qui le fit nommer membre de l'Académie royale des sciences de Prusse. Appelé en 1745 à Altdorf , pour y donner des leçons de mathématiques et de physique , il fut fait professeur de logique en 1746 , et mourut en 1779. Ses principaux écrits sont :1° Commercium litterarium ad Astronomice incrementum inter hujus scientice amalores commuai consilio inslitulum , Nuremberg ; 2° Phéno- mènes célestes remarquables : il en paraissait une feuille tous les mois
  • Michel ALBERT ou ALBERTI : , professeur de médecine à Hall en Saxe, un des plus célèbres élèves de Stahl, naquit à Nuremberg, le 15 novembre 1682. Ses ouvrages se composent, en grande partie, de dissertations propres à combattre le système des mécaniciens, et à faire triompher celui de son maitre; il serait trop long de les énumérer. Sagement interprétées, les dissertations pourraient ètre un utile flambeau pour les médecins praticiens. Nous indiquerons surtout celle qui a pour titre : Introductio in universam medicinam, 5 vol. Hall, 1718, 1719, 1721 ; c'est une suite de thèses où la puissance de la nature dans les maladies et le danger de la troubler sont toujours démontrés; et son Systema jurisprudentice medico- legalis, 1725- 47 , 6 vol. renfermant, avec le développement de leur motif, les décisions de la faculté de médecine de Hall sur diverses questions de médecine légale. Alberti était de l'Académie royale de Berlin, et de celle des Curieux de la nature, sous le nom d' Andronic I"• Il mourut à Hall , en 1757, figé de 74 ans. Plusieurs hommes du même nom se distinguèrent aussi dans la médecine
  • Michel AGOSTIN( 1560) : agronome esparmol, enselpia le premier à ses compatriotes que l'agriculture est une véritable science fondée sur l'expérience et l'observation , et fut ainsi pour l'Espagne ce qu'Olivier de Serres avait été pour la France. Michel était né vers 1560, à Ba iiolas près de Girone ; ii entra jeune dans l'ordre de Malte, et trouva, dans plusieurs croisières sur les côtes de Barbarie , l'occasion de signaler sa valeur. En récompense (le ses services, il obtint le prieuré de StJean de Perpignan, et y fixa sa résidence. Il s'occupa d'améliorer les terres qui dépendaient de ce bénéfice, multiplia les essais, et parvint, dans l'espace de quelques années, à fertiliser un canton regardé jusqu'alors comme peu productif. Michel consigna les résultats de sa propre e?perience dans un OUN rage écrit en dialecte catalan, qui fut imprime en 1627. Bientôt après, cédant au désir de ses amis, il traduisit son ouvrage en castillan , y lit quelques additions, et le publia sous ce titre : Libro de los Sert- rios dr ityri(? ltura, rasa de rampo y mollard, Perpignan , 4626 lig. Les Secrets de l'agriculture ont été réimprimes plusieurs fois , Saragosse , 1616; Barcelone , 1749 , etc. ; mais l'édition la plus estimée est celle de Madrid , Ibarra , 1781 L'ouvrage est divise en cinq livres dans lesquels l'auteur traite des divers modes de culture, de toutes le parties de l'économie rustique et titi soin des troupeaux. Il est terminé par un index mi table des termes d'agriculture, en six langues
  • Michel AGRICOLA : né en Finlande. Il étudia la théologie et la médecine à l'université de Wittenberg. S'étant fait connaître avantageusement de Luther, ce réformateur le recommanda à Gustave I", et, de retour dans son pays, il fut fait recteur à Abo en 1559. Gustave l'envoya ensuite en Laponie, pour prêcher le christianisme aux Lapons. En 1554, Agricola fut nommé évêque d'Abo , et il fit , quelque temps après , avec l'archevêque d'Upsal , Laurent Pétri , un voyage en Russie , pour avoir des conférences avec le clergé de ce pays : il mourut en 1557. On a de lui une traduction du Nouveau Testament en finnois, imprimée à Stockholm en 1548 ; on lui attribue aussi une traduction dans la mênie langue, du livre intitulé : Rituale Eeclesice ab erroribus pontificiorum repurgatum
  • Michel ALFORD( 1582 - 1652) : cité quelquefois sous les noms de FLOOD , 011 de GR1FFYTH , était un jésuite anglais, né à Londres en 1582. Il étudia la philoso- phie à Séville, la théologie à Louvain , fut cinq ans pénitencier à Rome , puis coadjuteur du supérieur 'du collége anglais de Lien ; enfin, recteur de la maison des jésuites de Elles sont adressées au savant abbé Valperga de Caluso, et servent de réponse aux injures dont Allieri avait payé «une offre de service que lui avait faite Ginguené. Le passage où il est question de Cinguené étant un de ceux qui ont été retranthés dans la traduction française de la Vie de Victor Alfieri, publiée en '1809 , le littérateur français ne distribua en France que peu d'exemplaires de ses lettres, et fit passer presque toute l'édition en Italie. — Depuis la notice de Cinguené, on a imprimé 'à 'Paris le Prince, traduit de l'italien d'Affieri , Isis, iuseblette eé là teiné.. Alford e retita dans la proVince de Lancastre, 'oit les occupations de son ministère l'Éli laissèrent le loisir de reemillir les matériaux pour ses Annales ecclésiastiques et & viles d'Angle- Terre. Étant repassé sur le contient en 1652, pour les mettre en ordre, il mourut la même année à St- °Mer : mais son travail ne tilt pas perdu. 11 est auteur des trois ouvrages suivants : 4° Vie de Si. Wi- nefrid , traduite du latin de Robert , prieur dc Shrewsbury, 1655, sous le nom de Jean Flood; o eitannia illustrata, sive Lm* , Helenoe , Con- stantïni Patrie et Rdes, Anvers, 4I41 , 5° Annales eeclesiastiei et civiles Britannorion , Sa. tonum, etc., tiége, 1665, 4 vol. n'igues Cressy a beaucoup profité 'de Cet 'Onvrage dans son Histoire de l'Église d', W gleterre
  • Michel ARALDI( 1740 - 1813) : physiologiste et mathéma- ticien , naquit à Modène, le 10 février 1740. Avec un esprit vif et pénétrant , il avait reçu de la nature cette force de volonté qui triomphe des obstacles , et cette patience que rien ne peut lasser. Ce fut moins par inclination que pour obéir à ses parents qu'il étudia la médecine , science dans laquelle il devait obtenir des succès si brillants. 11 cultivait en même temps les mathématiques et les lettres ; et ses progrès furent si rapides , qu'à dixhuit ans il reçut le laurier clans toutes les facultés. Nommé , deux ans après , à la chaire de physiologie de l'université de Modène , lors de la réorganisation de cette école en 1772, il y joignit celle d'anatomie, illustrée par les premiers travaux de Scarpa ; et dans la suite il fut en 18 1 outre chargé de l'enseignement de la pathologie. Des devoirs si multipliés auraient suffi pour occuper un ! homme d'une moins grande activité; mais , indé- , pendant ment de ces cours , Arabli , comme médecin, était souvent appelé dans les consultations; et cependant il se tenait au courant de toutes les découv. rtes en mathématiques, et il faisait marcher de front la culture de la philosophie et celle des lettres. A la création de l'institut national d'Italie, il en fut nommé l'un des premiers membres; et après la mort de l'ab?é Fiels , il en fut élu secrétaire perpétuel. Il mourut à Milan, le 5 novembre 1815. Il était chevalier de la Légion dans le recueil de l'institut national d'Italie, dont en outre il rédigea les préfaces, dans lesquelles, ainsi que dans plusieurs endroits de ses ouvrages, il cherche à relever l'honneur des Italiens, et à les venger des injustes reproches que leur adressent les étrangers. 011 n'a d'Araldi que deux ouvrages imprimés séparément. L'un est sou filmeux mémoire : de 11J- sage des anastomoses dans les vaisseaux des machines animales, et particulièrement dans le système de la circulation du sang, qu'il traduisit luiméme en français, Modène, 18 I 6 et l'autre un Essai d'Errata dans lequel il examine, en les opposant les unes aux autres , les opinions des plus célèbres physiologistes modernes. L'Éloge d' Araldi par Bovida, Milan, 1817 contient une analyse des ouvrages de ce savant médecin; celui que le marquis Louis Bangoni a lu dans une séance de la société des sciences de Modène est terminé par la liste de toutes ses productions imprimées ou inédites. On y renvoie les curieux, ainsi qu'à la Storia della Letterat. de Lonibardi , t. 2, p
  • Michel ATTALIOTA : juge et proconsul, vers l'an 1070 de J.C., a composé un Manuel de droit, qu'il a dédié à l'empereur Michel Ducas. Cet ouvrage se trouve dans le second volume du Jus Grœco- Romanum de Leunclavius
  • Michel ATTUMONELLI( 1753 - 186) : médecin, membre des sociétés de médecine et médicale d'émulation de Paris, naquit à Andria, dans la terre de Bari, au royaume de Naples, en 1753. 11 étudia, dès sa plus tendre jeunesse, sous les docteurs Cirillo et Cotugno , professeurs de cette fameuse université de Naples, qui a produit tant de grands hommes. Après avoir continué ses études sous Vivenzio, médecin de la reine, il passa à Salerne, où il fut reçu docteur. De retour à Naples, il y remplaça pendant quelque temps le célèbre Villari, professeur de clinique à l'hospice des Incurables. Indépendamment des connaissances approfondies qu'il avait acquises dans son art, plusieurs des principales branches della littérature ancienne, la théologie , la physique , l'histoire naturelle, lui étaient familières. Une logique saine, une critique sûre et une grande sagacité lui aplanissaient les difficultés d'un art trop souvent conjectural. Ces avantages le mirent à même d'entreprendre un grand nombre de cures qui établirent de bonne heure sa réputation, Jeune encore, il composa des Éléments de physiologie médicale, ou la Physique du corps humain, imprimés à Naples en 1787 et 1788, travail aussi remarquable par l'érudition que par la sagesse des vues et l'esprit philosophique avec lequel elles sont exposées. Les armées françaises s'étant retirées de Naples, en 1799, Attumonelli, qui avait pris quelque part à la révolution opérée sous leurs auspices, et qui avait publié pendant leur séjour une traduction de la Politique de la France régénérée, de Condorcet , quitta sa patrie pour venir s'établir à Paris. On peut dire qu'alors une nouvelle existence commença pour lui. A peine arrivé dans cette ville , le hasard lui fit connaître MM. Paul et Tryaire, qui fondaient leur établissement de bains minéraux. Il écrivit à cette occasion son Mémoire sur les eaux minérales de Naples et sur les bains de vapeur, dans lequel il traite des quatre principales eaux de ce pays volcanique, c'est-àdire des eaux sulfureuses, ferrugineuses, alumineuses et alcalines. Il n'est pas inutile (l'ajouter que la maison de Tivoli dut beaucoup à cette publication, et qu'elle dut encore davantage aux soins qu'il ne cessa de lui donner, ce qui ne l'empêcha pas de se former une brillante clientèle, et de consacrer encore bien des moments à la littérature. Regrettant avec raison que le grand ouvrage de la commission d'Égypte ne pût être placé dans toutes les bibliothèques, il conçut l'idée d'en composer un résumé en 5 ou 4 vol., que la mort ne lui a pas permis de publier. 11 y avait ajouté beaucoup de détails neufs, tirés des ouvrages du cardinal Gaetano, du chanoine Mazocchi, de l'abbé Martorelli, de Zoêga, d'Ennius Quirinus Visconti, dont il fut l'ami, etc. Attumonelli est mort à Paris, le 17 juillet 1826
  • Michel APOSTOLIUS( 1400) : né à Constantinople, vint en Italie vers le milieu du 15° siècle, après la prise de cette ville 'par les Turcs. Il y fut d'abord accueilli par le cardina Bessarion ; mais privé par la suite des secours qu'il en recevait, il passa dans Pile de Crète, où il gagnait sa vie à copier des livres. Apostoli fut employé par la police française jusqu'à la création des inspecteurs de la librairie dans le royaume d'Italie. M. de Stendhal dit que « le plus extrême déntIment força le pauvre Apos-« toli de se faire espion des Autrichiens à Milan. Il le disait b tous « ses amis réunis au café de Padoue, et l'infamie ne l'avait point atteint, » Il eut plusieurs fils dont le plus célèbre fut Arsénius, évêque de Monembasie. M. Apostolius avait fait un grand nombre d'ouvrages qui sont restés manuscrits. Le seul que je connaisse imprimé est le suivant : Mich. Apostolii Parcemice , ex versione et cum notis Pet. Pantini, Lugduni Batavarum, Elzevir, 1619 Cette édition a reparu avec un nouveau frontispice portant : Centurice 21 Proverbioruni, etc., ibid., Jean et Daniel Elzevir. Voy. ARSEN1US, dont l'article avait été répété par erreur dans la première édition de la Biographie
  • Michel BAPST : médecin allemand du 16° siècle, composa un ouvrage de chirurgie, sous le titre de Noues Arznei- Kunst und » Under buch, en 3 vol. Le 1" fut imprimé à Mulhausen, en 1590 ; le 2° à Leipsick , en 1592 ; le 3° à Eisleben , en 1596 : ils furent réimprimés plusieurs fois. Dans le 5' volume, l'auteur traite des plantes qui ont la propriété d'étancher le sang. Bapst a composé un autre ouvrage, sous le titre de Juniperetum oder Wachholder- Garten, etc., imprimé d'abord à Eisleben, en 1601 ; réimprimé en 1605 et en 1675. C'est une énorme et misérable collection de toutes les propriétés réelles et supposées que l'on attribuait alors au genevrier
  • Michel BAUDIER( 1500) : gentilhomme du roi et his- toriographe de France, naquit en Languedoc, dans le 16° siècle. Il a écrit un grand nombre d'ouvrages qui prouvent moins de talent que de facilité : son style est lourd, ses phrases embrouillées ; ses récits coupés par des digressions inutiles, et qui, détournant l'attention du lecteur de l'objet principal, le fatiguent et l'ennuient. Baudier manquait d'ailleurs de cet esprit de critique si nécessaire, surtout à l'historien; incapable de distinguer un fait vrai d'un autre controuvé ou apocryphe, il admet, sans examen, toutes les fables ridicules, tous les bruits populaires qu'il a puisés dans les sources les plus méprisables. Ces défauts n'empêchent pas qu'on ne puisse lire avec fruit, et même avec intérêt, quelquesuns de ses ouvrages, quand on a le goût formé, et qu'on est en état de démêler les choses vraies et qui doivent être admises, de celles qu'il faut rejeter. On a de Baudier : 1° l'Histoire des guerres de Flandre depuis 1559 jusqu'en 1609, traduite de l'italien de Lanario, Paris, 1618 2° Histoire générale de la religion des Turcs, avec la rie de Mahomet et les actions des quatre premiers califes, Paris , 1652 curieuse et peu commune. 3° Histoire générale du sérail et de la cour de l'empereur des Turcs, Paris, 1626 Rouen, 1638 réimprimée avec l'Histoire de la cour de la Chine, 1642 ; et avec l'Histoire des Turcs de Démétrius Chalcondyle, traduite en français par Blaise de Vigenère, Paris, 1662, 2 vol. ; 4° Histoire du cardinal d'Arnboise, Paris, 1654 meilleure et plus estimée que celle qui fut composée par Jean Sirmond, dans l'intention de rabaisser les qualités de ce ministre, et de rolever la gloire du cardinal de Richelieu. Sirmond, assez Melle pour flatter le pouvoir, n'osa cependant pas avouer son livre, et il se cacha pour le publier, sous le nom de des Montagnes. 5° Histoire de Romieu, ministre d'État du comté de Provence , Paris, 1655 ouvrage rempli de fables. 6° Le Soldat piémontais revenant du camp de Turin, ou histoire de la campagne d'Italie de l'année 1640, Paris, 166 7° Histoire du maréchal de T'oints, Paris, 1644 ; 1662, 2 vol. 8° Histoire de la cour du roi de la Chine, 1642 et 1669, in 12. 9° Histoire de l'administration du cardinal imenez, 1655Histoire de l'abbé Suger, Paris, 1645 On peut conjecturer que Baudier mourut peu de temps après la publication de ce dernier ouvrage
  • Michel BEER( 1800) : poile dramatique allemand, naquit à Berlin, le I9 août 1800, d'un opulent banquier israélite dont tous les enfants semblaient avoir apporté en naissant quelque vocation pour les arts et les sciences. Ses frères, MeyerBeer et Guillaume neer, se sont fait remarquer, le premier comme compositeur de musique, le dernier comme astronome; ses sfrurs passaient, dans leur jeunesse, pour d'excellentes pianistes. Michel avait à peine dix ans, qu'il faisait déjà des vers, où les connaisseurs s'aecordaient à trouver cette spontanéité d'inspiration qui caractérise le vrai génie poétique. Son premier ouvrage de quelque étendue fut une traduction en vers de la célèbre tragédie de Monti , L’Aristodemo. Ce travail, qu'il publia à l'àge de douze ans, obtint un grand succès parmi les gens de lettres, qui s'étonnèrent qu'un enfant eût pu s'approprier lm langage aussi énergique et aussi fortement passionné, que celui de l'original. Dès lors Michel Beer connut sa vé- ritable vocation, et il n'hésita.pas à s'y vouer exclusivement. A dixhuit ans, il lit imprimer sa première tragédie, Clytemnestre, ouvrage du genre que nous appelons classique, mais qui , nonobstant le goût des Allemands pour les drames à action comI pliquée, mérita les suffrages de tous ceux qui le lurent. Encouragé par cet accueil favorable, Beer risqua de faire représenter sa Clytemnestre sur le théâtre royal de Berlin, mais là elle fut impitoyable- ment sifflée. Cette désapprobation s'adressa toutefois moins à la tragédie qu'il la personne de l'auteur. Le public de Berlin qui, à cette époque encore, portait une grande haine aux Israélites, se scandalisa de ce qu'on offrait sur la scène nationale l'oeuvre d'un juif, et la repoussa avec dédain. Son frère, M. MeyerBeer, fut l'objet d'une pareille manifestation d'intolérance de la part du même public, lorsque quelques années plus tard on exécuta son opéra, Emma di Resburgo , qui pourtant avait déjà réussi dans plusieurs capitales de l'Italie et de l'Allemagne. Le parterre ne permit point que la première représentation de cet opéra fût achevée, et depuis on n'a point osé le reproduire sur un theàtre de Berlin . Après Clytemnestre, Beer donna une autre tragédie : les Fiancés d'Aragon , et un drame f,en 1 acte, le Paria , imprimé pour la première fois dans un almanach intitulé l'Uranie. Ce drame est une chaleureuse plaidoirie faite dans le but de prouver Ï à la fois l'égalité absolue des hommes et l'inutilité de toute autorité religieuse , double erreur dont quel-> que réflexion et une connaissance mème superfi- cielle de l'histoire contemporaine eussent pu pré- > server l'auteur. Vers 18e, Michel Beer fit paraître sa tragédie de Struensée, qui est sans contredit la meilleure de ses productions. Dans cette pièce il a mis.en scène les faits et gestes de ce fameux ministre danois , zélé, partisan des doctrines philosophiques du 18e siècle, qui expia sur l'échafaud ses tentatives , révolutionnaires et sa conduite criminelle envers la jeune reine Mathilde. Ce sujet, qui offre toutes les k difficultés du draine moderne, a été traité par Michel Beer avec une rare supériorité. La tragédie de Struensée euh rendu son nom populaire en Allemagne, si elle avait pu être jouée sur tous les thékres; mais malheureusement on ne permit de la représenter que sur un seul, celui de Munich, et à peine y futelle donnée deux ou trois fois, que l'envoyé de Danemark réclama auprès de la cour de Bavière, et obtint que la pièce fût mise à l'index. En •I852, Michel Beer publia son dernier ouvrage, l'Épée et la Main, espèce de mélodrame qui a eu un grand succès parmi cette classe du public qui, peu délicate sur le choix de ses amusements intellectuels, cherche avant tout de fortes émotions. Michel Beer est mort à Munich, en mars 1855. Pendant les:dix dernières années de sa vie, il séjourna presque constamment à Paris, où sa grande fortune le mit à même de jouir Il (Si vrai qu'on joue actuellement à Berlin Robert le Diable et il Croecialo du même auteur; niais ces deux partitions doivent leur succès en Prusse plutôt à l'accueil denthousiame que leur fit le publie parisien, qu'à une appréciation impartiale des bons mor—ceaux qu'elles renferment. de tous les agréments qu'offre cette capitale. On a trouvé parmi ses papiers deux drames et plusieurs recueils de poésies lyriques, tous inédits, entre autres, une ode sur les Journées de juillet 1850. Le seul ouvrage de Michel Becs qui, jusqu'à présent, ait été traduit en français, est la tragédie de Strecensée. La version de cette pièce est due à M. de StAulaire. On prépare à Leipsick une édition des œuvres de Michel Beer, qui renfermera aussi ses productions inédites. M. X. Marmier a publié une notice sur ce poète dans la Nouvelle Revue germanique, avril 1834
  • Michel BÉGON( 1638) : magistrat sous Louis XIV, naquit à Blois, en 1658. Après y avoir fait ses étu- des, il vint à Paris pour y suivre celle du droit, et fréquenta le barreau; ensuite il retourna dans sa ville natale. En 166:2, il eut la charge de garde (les sceaux du présidial de Blois; et, en 1667, on lui donna celle de président au même siége. Colbert, qui était allié à sa famille, le nomma trésorier de la marine à Toulon, en 1677, et, trois ans après, commissaire de la marine à Brest. En 1681, Bégon passa à l'intendance du Havre. Louis XIV le lit, en -1685, intendant des îles françaises en Amérique, et Bégon arriva la même année à StDomingue. Cette colonie était alors dans l'anarchie, dominée par une compagnie de flibustiers sans discipline, sans moeurs, et presque sans religion. 11 leur remontra avec tant de force et de prudence qu'il était de leur intérêt de se soumettre à ce que le roi exigeait d'eux, qu'ils acceptèrent les règlements qu'il lit pour la justice, la police et la sûreté de la colonie. 11 passa ensuite la Martinique , qui était à peu près dans le même état, et il y établit l'ordre. Le nom de cet habile administrateur a été en vénération dans la mémoire des habitants de ces deux îles, qui ont joui long- temps du bienfait de ses institutions et de ses règle- ments. Le roi le 1appela en 1685, pour l'envoyer à Marseille en qualité d'intendant des galères, et le fit, l'année suivante, conseiller d'honneur au parlement de Provence. 11 fut le premier qui ait eu cette marque de distinction. En 1688, il fut nominé à l'intendance de la marine à Rochefort. Enfin, en 1694, la Rochelle ayant été érigée en généralité, il en fut le premier intendant , et mourut dans cette fonction, à Rochefort, le 4 mars 1710, laissant trois fils, dont l'aîné, Michel, a été intendant au Canada ; le second, Scipion, a été évêque de Toul; le troisième, lieutenant de vaisseau, et capitaine au Canada. Bégon cultiva toujours les sciences et les arts; il avait formé une grande bibliothèque trèsbien choisie, et un cabinet d'antiquités égyptiennes, grecques et romaines. 011 y voyait des suites de médailles choisies, au nombre de 5 à 6,000. Il avait aussi une quantité de productions de la nature , rassemblées des quatre parties du monde, par les correspon- dances qu'il entretenait avec les savants et les voya- geurs. On y trouvait aussi des recueils fort complets de plantes rares, peintes d'après nature, un grand nombre de portraits de grands hommes peints ou gravés, et plus de 20,000 estampes des meilleurs maitres, et entre autres toutes celles du cabinet du roi, dont Louis XIV lui avait fait présent. Dans le temps où il était à Marseille, il conçut le noble dessein d'immortaliser la mémoire des Français illustres du 17' siècle : il rechercha leurs portraits, fit peindre à ses frais ceux qui ne l'avaient pas encore été, recueillit avec soin les mémoires qui ont servi depuis à faire leurs éloges, et fit graver à ses dépens les cent deux portraits qui se trouvent dans les Eloyes des hommes illustres publiés par Perrault en 1696 et 1700. Liron dit que Dégon a laissé un journal de son voyage en Amérique, dans lequel on vit particulièrement l'esprit d'équité, de désintéressement et de piété qui le conduisait. On y trouve tous les règlements de justice, de police, etc., qu'il avait faits. Ce journal n'a pas été imprimé , mais il est conservé dans la famille. Plumier, qui a été a StDomingue pendant que Bégon y était intendant, et qui avait reçu des marques particulières de son estime, lui a dédié un genre de plantes d'Amérique, aminel il a donné le nom de Begonia
  • Michel BENOÎT( 1715) : jésuite français de la mission de Pékin, naquit à Autun, le 8 octobre 1715. Il fit ses études à Dijon, son cours de 2 au séminaire de StSulpice de Paris, et, déjà pro mu à l'ordre du sousdiaconat, il entra au noviciat des jésuites de Nancy, le 18 mars 1737. Il apporta dans cette société des dispositions heureuses pour les sciences, et elles y furent cultivées avec soin : les mathématiques, l'astronomie, et quelques parties de la physique, furent l'objet de ses principales études. Les missions de la Chine devaient en recueillir les fruits. La persécution y éclatait alors avec violence ; niais le P. Benoît n'en montra que plus d'ardeur pour solliciter la permission de s'y consacrer, et il l'obtint après trois ans de prières et d'instances. Le jeune missionnaire se rendit à Paris, et y fit quelque séjour, pour se préparer à son départ. Delisle, de la Caille et Lemonnier se partagèrent entre eux le soin de perfectionner ses connaissances astronomiques ; et l'importance que ces savants académiciens attachaient à la correspondance future de leur élève annonce l'idée avantageuse qu'ils avaient conçue de ses talents. Le P. Benoît arriva en 1744 à Macao, et l'année suivante à Pékin, trèscontrarié par cette destination flatteuse, à laquelle il etlt préféré l'emploi de missionnaire obscur dans les provinces. Peu de jésuites, attachés à- la cour, furent plus constamment occupés que le P. Benoît. L'empereur KhianLoung, qu'il servit pendant trente ans, l'employait indistinctement à tout, souvent mène à des travaux étrangers à ses anciennes études, et sur la théorie et la pratique (lesquels il n'avait que des aperçus superficiels. A peine futil arrivé à Pékin, que l'astronome se vit transformé en fontainier. L'empereur avait vu la représentation (l'un jet d'eau dans une peinture, et en avait demandé l'explication. 11 voulut que les Européens de son palais exécutassent une semblable pièce d'hydraulique. Les missionnaires, embarrassés, jetèrent les yeux sur le P. Benoît, à qui les procédés mécaniques de cette sorte d'ouvrage n'étaient pas plus familiers. Cependant l'essai réussit, et cette eau jaillissante, dont l'art n'était pas encore connu à la Chine, excita les applaudissements du monarque et de sa cour. Ce prince, quelque temps après, fit bâtir, dans l'immense enceinte de ses jardins de Yuen- ming- yuen, quelques palais et maisons à l'européenne. 11 désira qu'on y prodiguât les décorations hydrauliques, et chargea le P. Benoît de leur direction. Ces travaux occupérent le missionnaire français pendant plusieurs années, et il finit par déployer clans leur exécution les plus rares talents. Tout ce que l'hydraulique a de plus ingénieux dans ses combinaisons, de plus varié et de plus agréable dans ses formes, fut réuni pour l'embellissement (le ces maisons européennes. Parmi les nombreuses scènes d'eaux jaillissantes qu'on y voit, on distingue celles de la Guerre des animaux, du Cerf aux abois, poursuivi par des chiens, et l'Horloge d'eau. Les mantchous caractérisent les douze heures du jour, qui, chez eux, sont doubles des nôtres, par douze animaux d'espèce différente. Le P. Benoît imagina de réunir ces douze animaux en face de la maison bâtie à l'italienne, sur les deux côtés d'un vaste bassin triangulaire, et d'en composer une horloge perpétuelle. Ces animaux marquent la division d'un jour entier, en lançant chacun par la gueule, successivement et pendant deux heures, des gerbes d'eau qui retombent paraboliquement au centre du bassin. Le plus grand ouvrage du P. Benolt fut la machine immense qu'il construisit pour former un château d'eau ou réservoir capable de fournir des eaux abondantes à toute cette partie des jardins de l'empereur. Toutes les conduites (l'eau de cette machine sont en cuivre, et les principales sont de la grosseur du corps d'un homme. Ce magnifique ouvrage, au rapport de ceux qui l'ont vu, aurait suffi en Europe pour procurer une réputation brilliante à son auteur. Quelque continuels que fussent les travaux du P. Benoît, il trouvait encore le temps de s'occuper d'astronomie, de physique et de géographie. Il est le premier qui ait fait connaître à l'empereur KhianLoung les usages du télescope à réflexion, et ceux de la machine pneumatique. Ce prince éclairé sentit tout le prix de ces deux instruments, et il avait si bien étudié le dernier, qu'il se plaisait à en répéter luimême les nombreuses expériences, en présence de ses courtisans, auxquels il les expliquait. Le P. Benoît, pour mieux satisfaire la curiosité de ce prince, qui lui faisait un grand nombre de questions relatives à la géographie, entreprit de lui . dessiner une mappemonde, qui avait douze pieds et demi de longueur sur six et demi de hauteur. Dans cette carte, il marqua les pays récemment découverts, retrancha ceux que nos modernes géographes ont retranchés, et rétablit la véritable position de beaucoup de lieux, d'après les nouvelles observations. 11 joignit à ce dessin un mémoire, dans lequel, après avoir donné les explications nécessaires sur les globes terrestre et céleste, il exposait les systèmes modernes sur le mouvement de la terre, sur ceux des planètes, et en particulier sur celui des comètes, dont on espérait pouvoir un jour fixer le temps des l'évolutions ; il y faisait mention de tout cc qui s'est exécuté en France pour perfectionner l'astronomie et la géographie, des observateurs envoyés dans tous les lieux du monde, (les voyages faits au pôle et à l'équateur, pour la mesure d'un degré du méridien, etc. L'empereur, pour l'examen de cette carte, nomma une commission, composée de lettrés et des principaux membres du tribunal des mathématiques, commission où, pendant près de deux ans, elle fut l'objet de vives discussions. Lorsqu'elle eut enfin réuni les suffrages de ses juges, le monarque ordonna : I. qu'on tracerait un second exemplaire de cette mappemonde ; qu'un des deux exemplaires serait conservé dans son palais et l'autre mis au dépôt des cartes de l'empire ; 2° que, sur les différents globes qui se trouvent dans les maisons impériales, on ajouterait les nouvelles découvertes, telles que l'auteur les avait tracées dans sa carte. D'autres travaux succédèrent bientôt. L'empereur venait de faire dresser une nouvelle carte générale de l'empire, où tous les pays qui lui sont limitrophes étaient tracés, et, quoique la gravure sur cuivre ne soit pas en usage à la Chine, il voulut que cette carte fût gravée sur des planches de ce métal, et chargea le P. Benoît de la direction de ce travail. Le missionnaire eut beau protester qu'il n'avait aucune connaissance de la pratique de cet art, l'empereur avait parlé, il fallut obéir. 11 se vit réduit, comme il l'avoue luimême, à recourir aux livres d'Europe, pour y étudier la manière de graver au burin et à l'eauforte. Il lui fallut ensuite former des graveurs, les exercer à manier le burin et à couper le cuivre; imaginer des presses propres à la tailledouce, et accoutumer des imprimeurs en bois à en faire usage. La carte i générale qu'il s'agissait de graver sur cuivre con- tenait cent quatre feuilles, chacune de deux pieds deux pouces de large, sur la hauteur d'un pied deux pouces et demi, mesure chinoise. Le P. Benoît, après avoir choisi les plus habiles graveurs en bois et les avoir formés à ce nouveau genre de gravure, leur distribua cent quatre planches. Ce travail fut suivi sans interruption, et les planches furent gravées avec plus de succès, de netteté et de promptitude, que le missionnaire ne s'y était attendu. Les soins pour l'impression succédèrent à ceux de la gravure, et, après quelque temps d'exercice accordé aux ouvriers qu'on avait formés, on parvint à imprimer un exemplaire de cette carte générale, composée de cent quatre feuilles. Elle fut présentée à l'empereur, qui, après l'avoir soigneusement examinée , l'honora de son suffrage, et donna l'ordre (l'en tirer cent exemplaires, pour lesquels il fallut obtenir 10,400 feuilles. A peine cette tâche futelle achevée, que le P. Benoît se vit chargé de donner ses soins à un autre tirage d'une bien plus difficile exécution. On sait que seize magnifiques dessins des batailles de l'empereur KhianLoung avaient été envoyés en France, où ils furent gravés, aux frais de Louis XV, sous la direction de Cochin. Ces planches, accompagnées de leurs dessins originaux et de deux cents exemplaires tirés, repassèrent d'Europe à la Chine, en deux envois : les sept premières arrivèrent à Pékin au mois de décembre 1772; le reste y parvint un ou deux ans après. L'empereur admira la perfection de ces gravures, et la beauté des épreuves qu'on y avait jointes ; mais il voulut que ses ouvriers, toujours dirigés par le P. Benoît, tirassent de nouveaux exemplaires de ces sept premières planches. Il ne s'agissait plus de l'impression d'une simple gravure au trait, comme était celle de la carte générale. Le travail fini et délicat des planches françaises exigeait des précautions particulières, sans lesquelles on pouvait s'exposer à les rompre ou à les altérer. Il fallut inventer une nouvelle presse, combiner des procédés nouveaux et plus perfectionnés, soit pour préparer et tremper le papier, soit pour composer l'encre, l'appliquer sur les planches et les essuyer, au moment où elles passent sous la presse. Les soins, l'activité, l'esprit fécond en ressources du P. Benoît suffirent à tout. Ce tirage fut exécuté avec succès, et donna des épreuves qui ne furent pas sans doute aussi belles que celles qui venaient de Paris, mais qui annonçaient du moins autant d'adresse que d'inter. ligence dans les ouvriers chinois. Ce premier essai de l'impression en tailledouce à la Chine fut le dernier des travaux du P. Benoît, qu'un coup de sang enleva subitement à la mission (le Pékin le 25 octobre 1774. Nous n'avons fait connaître en lui que l'homme à talents : le récit de ses vertus religieuses et de ses travaux apostoliques demanderait un autre article beaucoup plus long. Il fut pleuré par tous les chrétiens de la capitale, et vivement regretté de l'empereur KhianLoung, qui l'avait constamment honoré de la plus bienveillante familiarité. Ce prince, qui voulut contribuer aux frais de ses funérailles, ne put s'empêcher de dire devant toute sa cour : « C'était un homme de bien et trèszélé « pour mon service. » « Paroles, observe un mis« sionnaire, qui auraient illustré une longue suite « de générations, si elles hissent sorties de la bouche « de ce monarque en faveur d'un T artare ou d'un « Chinois
  • Michel BÉRAULT : pasteur et professeur succéda à d'Herhelot dans la place de professeur en langue syriaque au collége royal de Paris; il mourut en 1705 : on a de lui une édition de Stace, ad ! MOU Delphini, Paris, 1685 , 2 vol. — BÉRAULT , avocat au parlement de Rouen, publia, en 1625, 1 vol. sur les Droits de tiers et danger. — BÉR A ULT , avocat au parlement de Rouen sous Henri 111, né en 1563. mort vers 1640, a publié un Commentaire sur la Coutume de . Normandie, 1650 et 1660 Les libraires de Rouen ont réuni, en 1626, les Commentaires de Hérault, de Godefroi et d'Aviron en 2 vol. qui ont été réimprimés en 1684 et 1776. - BÉRAULT donna une traduction de l'Euphormio de Jean Barclay, avec des notes estimées, 1640
  • Michel BESIERS( 1719 - 1782) : cnanoine du StSépulcre à Caen, des académies de Caen et de Cherbourg, né à Bayeux, sur la paroisse de StMalo, en 17 I 9, mort dans la même ville en décembre 1782, a publié les ouvrages suivants 10 Chronologie historique des baillis et des gouverneurs de Caen, 1769 ; 2. Histoire som- maire de la ville de Bayeux, 1775 ; 5° Mémoires historiques sur l'origine el le fondateur de la col- légiale du St- Sépulcre à Caen, avec k ratalogue de ses doyens; 40 plusieurs dissertations dans les journaux, dans le Dictionnaire de la France, d'Expilly, dans le Dictionnaire de la noblesse, etc
  • Michel BEUTHER( 1522) : né à Carlstadt, en 1522, fit ses études à Marbourg et à Wittenberg, sous Luther et Melanchthon, fut quelque temps professeur à Greifswald, voyagea longtemps en France et en Italie, et se fixa, en .1565, à Strasbourg, où il donna des cours d'histoire. On a de lui un grand nombre de traités historiques, entre autres : Animadversio- nes historicce et chronographicœ; Opus fastorum an- tiquitatis romance ; Fasti Hebrceorum, À theniensium et Romanorum ; Animadversiones in Taciti Germa- niam, Strasbourg, 1594 ; Commentarii in Li- vium, Sallustium, Yelleium Paterculum, etc
  • Michel BLAVET( 1700) : musicien, né à Besançon, le 13 mars 1700. Son père était tourneur, et le destinait à suivre la même profession. Une flûte étant tombée par hasard entre ses mains, il apprit à en jouer sans maitre; et, en trèspeu de temps, il acquit une grande supériorité sur cet instrument. Le duc de Lévis l'engagea à se rendre à Paris, en 1723, où il fut accueilli par tous les amateurs. Ayant obtenu d'abord une place de musicien à l'orchestre de l'Opéra, il profita des moyens qu'elle lui donnait pour perfec- tionner son talent et pour apprendre la théorie de la musique. Quelques morceaux qu'il publia accrurent sa réputation. Le roi de Prusse, Frédéric II, qui jouait luimême de la flûte, voulut entendre Blavet, et il en fut si charmé qu'il l'engagea à rester dans ses États, lui promettant d'avoir soin de sa fortune; mais Blavet résista aux propositions du monarque, et revint à Paris. On attribue à Blavet ce mot sur Frédéric : « Vous croyez qu'il aime la musique; « vous vous trompez ; il n'aime que la flûte, ou, « pour mieux dire, que sa flûte. » Le prince de Carignan lui accorda un logement dans son hôtel et une pension ; le comte de Clermont se l'attacha ensuite, et le fit surintendant de sa musique. Il avait en outre le titre de musicien ordinaire du roi. Bla- vet a mis en musique plusieurs pièces pour le théâre du comte de Clermont, *entre autres, Eglé, pasorale de Laujon; les Jeux olympiques, ballet du comte de Senneterre ; la Féte de Cythère, opéra du chevalier de Laures, et le Jaloux corrigé, de Collé. Il est mort, à Paris, en 1768. Son éloge , par M. François, est imprimé dans le Nécrologe de l'anée 1770 . W—s
  • Michel BOUDEWYNS : médecin, né à Anvers, professeur d'anatomie et de chirurgie au collége de cette ville, dont il fut syndic en 1660, et président en 1666, mort le 29 octobre 1681, n'est connu aujourd'hui que par un ouvrage de médecine canonique, portant ce titre : Ventilabrum medicotheologicum, quo ovines casus, tum medicos, min œgros, aliosque concernentes evenlilantur, et quod SS. PP. con formius, scholasticis probabilius et in conscientia tutius est , secernitur, Anvers , 1666 C'est un traité des cas de médecine qui ont rapport à la morale et à la conscience, fait pour les théologiens et les médecins, et où l'on trouve souvent des idées bizarres. L'auteur y examine, par exemple, trèssérieusement, si un médecin peut en conscience demander à Dieu qu'il y ait beaucoup de malades. Boudewyns est aussi auteur d'un discours de Sancto Luca evangelisla et medico, Anvers ; d'un ouvrage en flamand pour amuser les infirmes. 11 concourut au codex pharmaceutique de sa ville : Pharmacia Antverpiensis galeno- chy mica, a medicis juratis et collegii medici officialibus, nobilis. ac amplis. magistralus jussu edita, Anvers , 1660, in - 4°. Boudewyns orna cet ouvrage d'une préface sur l'histoire et l'utilité de la pharmacie
  • Michel BOURDAILLE : docteur de Sorbonne, théologal, puis aumônier et grand vicaire de la Rochelle, où il mourut le 26 mars 1694. Ses ouvrages sont : 1° Défense de la foi de l'Église touchant l'Eucharistie, '1676 ; 2. Défense de la doctrine de l'Église touchant le culte des Saints, .1677 : ces deux écrits, faits avec assez de précision, sont contre le ministre de l'Ortie; 3° Explication du Cantique des cantiques, 1689 4° Théologie morale de l'Évangile, 1691 ; 5° de la Part que Dieu a dans la conduite des hommes, dans le 2e vol. du Traité de la grâce générale de Nicole ; 6° Théologie morale de St. Augustin, 1687 Cet ouvrage fit du bruit à cause de la proposition suivante : « Ceux qui ne se laisseraient aller à quelques grands « désordres qu'avec une extrême répugnance et « comme malgré eux, ou forcés par la crainte d'un « grand mal, ou cédant à la violence d'une passion « qui les emporterait, de sorte qu'ils eussent un « extrême déplaisir, tout aussitôt qu'ils seraient hors « de ces fâcheuses conjonctures, on ne pourrait pas («lire assurément qu'ils auraient perdu la grâce, et (( qu'ils auraient encouru la damnation; car encore « que la cupidité ait dominé en ce moment, ce ne « peut avoir été qu'une domination passagère, qui « ne change point absolument le fond et la disposi« tion du coeur. » Ce paradoxe fut réfuté par Antoine Arnauld dans deux lettres à M. le Féron. On attribue encore à Bourdaille quelques hymnes du Bréviaire le la Rochelle. TD
  • Michel BOUTAULD( 1607 - 1688) : jésuite, né à Paris, le 2 novembre '1607 , s'y distingua dans le ministère de la chaire , qu'il exerça pendant quinze ans , et mourut à Pontoise , le 16 mai '1688. On lui doit : 1° les Conseils de la sagesse, ou Recueil des Maximes de Salomon les plus nécessaires à l'homme, Paris, '1677 Cet ouvrage eut beaucoup de succès, et on l'attribua au surintendant Fouquet. 2° Suite des Conseils de la sagesse, Paris, 1685 Ce livre eut moins de succès que l'autre ; on crut qu'il était du P. Gosse; niais on vit bien ensuite que les deux parties venaient de la même main. On les a souvent réimprimées, et traduites en espagnol et en italien. La dernière édition française est de Paris , 1749, 2 vol. 5° Le Théologien dans les conversations avec les sages et les grands du monde, Paris, '1685 ; Lyon , 1696 Cet ouvrage , qui est suivi d'une Histoire de l'impératrice Adelaïs, est un recueil de diverses réponses faites par le P. Cotton aux objections de quelques incrédules de la cour de Henri IV. 4° Méthode pour converser avec Dieu, Paris, 1684 Dans quelques exemplaires , on trouve des additions qui ne sont pas du P. Bou tauld
  • Michel BOUTEROUE( 1500) : médecin, né à Chartres, dans le 16' siècle. On a de lui quelques vers dans le Recueil des poésies qui parurent sur la mort de Henri IV, en 1610 et en 1611, et un poème en vers de huit syllabes , intitulé : le Petit Olympe d'hsy, Paris, '1609 C'est une description des jardins et du château que la reine Marguerite de Valois possédait dans ce village, et où elle se plaisait au point d'y passer une grande partie de l'année. Le poète suppose que la reine aimait cette solitude parce qu'elle pouvait s'y livrer avec plus de liberté à son goût pour les lettres, et c'est de là qu'il a donné à son ouvrage le titre d'Olympe. Dans la Bibliothè que historique de la France, on nomme mal à propos cet auteur Alexandre au lieu de Niche/. Il vivait encore en 1629, puisqu'il publia cette année un ouvrage de médecine en latin intitulé : Pyretologia, divisa in duos libros, quorum primus universalia febrium signa prognostica continet, alter uniuscujusque / ebris diagnosim et therapeiam compleclitur, Paris, 1629
  • Michel BOYM : jésuite polonais, fut envoyé comice missionnaire aux Indes et à la Chine en 1643, revint à Lisbonne en 1652, et repartit en 4656 pour la Chine, où il mourut en 1659. Il a publié, sous le titre de Flore sinensis , un petit écrit de 75 pages, dans lequel il fait connaître une vingtaine de plantes intéressantes de la Chine, et quelques animaux singuliers, parmi lesquels on est fâché de trouver au premier rang le foung- hoang, ou phénix chinois. Les vingttrois figures qui accompagnent ces descriptions sont imparfaites ; mais les noms chinois que l'auteur y a joints, quoique défigurés par les graveurs, sont encore trèsreconnaissables et fort exacts. Cet ouvrage, dont l'original a toujours été si rare, qu'en 1750 Bayer le croyait encore resté manuscrit, a été traduit en français et imprimé dans la collection de Thévenot, ainsi qu'une courte relation de la Chine, que le P. Boym avait faite, en 1652, à l'église de Smyrne, et qui avait déjà été imprimée en 1654 On trouve d'autres opuscules du P. Boym, dans la China illustrata de Kircher, et dans la Geographia reformata de Riccioli ; mais ce sont là de faibles titres de gloire en comparaison de sa traduction des quatre livres de Wang- Choho, ou de la connaissance du pouls, des signes des maladies par les couleurs de la langue, et de l'exposition des médicaments simples, faite d'après les auteurs chinois, et contenant deux cent quatrevingtneuf articles. Tous ces ouvrages, et quelques autres fragments que le P. Couplet avait fait passer à Batavia, en 1658, pour être transportés en Europe, furent, par suite des mécontentements de la compagnie hollandaise à l'égard des jésuites de la Chine, privés du nom de leur auteur, et publiés à Francfort, 1682 par André Cleyer de Cassel, premier médecin de la compagnie des Indes, sous le titre de Specimen medicince Siniccv. L'éditeur plagiaire y joignit quelques morceaux également. traduits du chinois, et. probablement par le même jésuite, mais qui n'avaient été envoyés de Canton qu'en 1669 et 1670. On trouve dans le même volume cent quarantetrois ligures gravées en bois et trente planelles en tailledouce , mais qui toutes donneraient une idée fort peu avantageuse des connaissances des Chinois en anatomie, si l'on ne savait que les ouvrages originaux en contiennent souvent de beaucoup meilleures. Cleyer avait publié à part, deux ans auparavant, quelquesuns de ces traités, l'un sous ce titre : Herbarium parvum sinicus vocabulis indici incertis constans; l'autre intitulé : Clavis tnedica ad Chinarum doctrinam de pulsibus, Francfort, 1680 Il parait que ce n'est qu'un extrait du précédent. — Benoit BOYM, autre jésuite polonais, né à Lemberg, en 1629, mort à Wilna, de Simone - Sismondi dans son Histoire des Français; celles de M. A. Bougnot fils, dans son Essai sur les Elabliesemente de St. Louis, ont mis la généralité des lecteurs à même de connaitre les principales bases do la législation dont Boyslève est l'auteur. Be lauréat de l'académie dcs inscriptions devenu un de ses membres les plus distingués, M. A. Beugnot s'occupe, diton, d'un travail spécial sur ce magistrat. D—R—R. en 1670, a composé, en polonais et en latin, quel- ques livres ascétiques : il avait traduit du français une Théologie chrétienne, qui n'a pas été imprimée
  • Michel BOULARD( 1761 - 1825) : simple artisan qui a mérité que son nom fùt inscrit parmi les bienfaiteurs de l'humanité, naquit à Paris, le 1" décembre 1761. A deux ans et demi, il perdit son père, mort à l'HôtelDieu. A trois ans il fut placé à l'hospice de la Pitié, et plus tard, parvenu à l'opulence, il aimait à se rappeler ces tristes débuts de son existence pour bénir les institutions bienfaisantes qui avaient offert un dernier asile à son père moribond, un premier support à son enfance indigente, et non pas délaissée, car sa mère ne le perdit jamais de vue. Doué d'un esprit méditatif, d'un caractère ardent, d'une maint habile, il devint de bonne heure un ouvrier remarquable. La profession de tapissier fut pour lui moins un métier qu'une vocation d'artiste. A vingt ans, il était attaché au service de la reine MarieAntoinette en qualité de garçon de gardemeuble avec 1,400 francs d'appointements. Depuis dix ans il était en possession de cette place, lorsque la révolution 'passa sur Versailles et sur toutes les existences qui se rattachaient à la maison royale. Mais Boulard continua de trouver dans son industrie l'aisance et cette considération qui, dans tous les états, est le prix de la conduite, de l'aptitude et de la probité. Le moment vint 04 Bonaparte, élevé au consulat, puis bientôt à l'empire, voulut ramener en France le luxe, les arts et la magnificence. L'honneur d'avoir été garçon tapissier chez la feue reine fut , aux yeux de Joséphine et » 2° Une somme de 50,000 fr. employée en inscriptions sur le grand livre pour subvenir aux frais de l'apprentissage , qui seront employés à l'acquisition d'une rente sur le grand livre, au profit de chaque bureau de bienfaisance pour les indigents. 4° Une somme de 25,000 francs à l'HôtelDieu de Paris, « où, dit le « testateur, feu mon père a été soigné , en reconnaissance des soins « qu'on a bien voulu lui donner. » Si dans les dispositions de ces legs charitables on reconnaît une haute prévoyance d'esprit, l'âme généreuse du testateur s'y montre tout entière dans ce dernier article. On y voit que, loin de rougir de la pauvreté au sein de laquelle mourut son père, le fils, devenu millionnaire, aime à se rappeler cet humble souvenir, pour y trouver l'occasion d'un bienfait qui doit le perpétuer. Enfin, comme chez lui le goût du beau s'alliait à la générosité, il voulut que son mausolée et celui de sa famille eussent, sous le rapport de l'art, un but de convenance et d'utilité. « Mon « goût pour les arts, ditil dans son testament, et la « pensée que, dans le commerce que j'ai exercé, « j'ai donné une impulsion et atteint à une perfec- tion dont les résultats, favorables aux jouissances « des riches, utiles à la classe laborieuse, se feront « longtemps sentir, m'ont fait désirer d'employer « une faible partie d'une fortune honorablement « acquise par un long travail, à l'érection d'un « monument qui « servira de tombeau à ma mère, à ses deux sœurs « à son beaufrère, tous quatre octogénaires, et di « je serai provisoirement au point de centre) en at- Ce sont les ternies du testament de Boulard. « tendant que le caveau qui sera construit sous le « maitreautel de mon hospice puisse m'y recevoir, « ne voulant pas quitter l'asile des malheureux dont « je suis le fondateur. Ce tombeau rappellera le « souvenir d'un homme utile à ses semblables pendant sa vie, et utile après sa mort par les établis« sements qu'il a formés. J'ai voulu que ce monu« ment fût d'une noble simplicité, et attestât, par la « pureté et le soin de son exécution, la perfection « qu'ont atteinte les arts. » Ce dernier legs n'a pas reçu sa destination. Le monument avait été en effet en partie érigé ; niais les parents du testateur eurent la modestie de refuser une sépulture si magnifique. Les constructions commencées au cimetière sont demeurées sans objet, et la vente de ce mausolée, ainsi que , à Michel Boulard, une notice dont on retrouve ici les principaux traits
  • Michel BRYANT( 1757 - 1821) : biographe anglais, né en 1757, à Newcastle, fut renommé comme connaisseur en peinture. Ayant, en 1781, accompagné son frère aîné en Flandre, il y séjourna jusqu'en 1790, et fit connaissance avec la sœur du comte de Shrewsbury, laquelle devint plus tard sa femme. Il visita de nouveau le continent, en 1794, pour y recueillir des tableaux, et, quatre ans après, il fut chargé de procurer la vente de la galerie d'Orléans, qui eut pour acquéreurs le duc de Bridgewater) le marquis de Stafford et le comte de Carlisle. Bryant entreprit, en 1812, de rédiger un dictionnaire biographique et critique des peintres et des graveurs , Londres, 1816, 2 vol. iti-4°. Cet ouvrage recherché, fruit d'un travail consciencieux, est souvent consulté. L'auteur mourut le 21 mars 1821. — George BRYANT, né à Dublin, passa fcrt jeune aux ÉtatsUnis d'Amérique, et y exerça des fonctions importantes, entre autres celles de juge dela cour suprème de Pensylvanie. Mais ce qui lui a surtout donné de la célébrité, c'est d'avoir conçu et rédigé l'Acte pour l'entière abolition de l'esclavage. G. Bryant mourut à Philadelphie, le 20 janvier 1791
  • Michel BULYOWSKI( 1600) : naquit vers le milieu du 17e siècle, au comté d'Owaron, dans la Hongrie supérieure, et fit successivement ses études dans les universités de Wittemberg, de Tnbingen et de Strasbourg. i réunit presque tontes les connaissances humaines, car il fut à la fois philologue, théologien, jurisconsulte, mathématicien, poète et musicien. La guerre qui désolait sa patrie l'ayant, empèché retourner, il se fixa en Allemagne, et devint recteur à Oehringen et à Stuttgard. Frédéric, marquis de BacleDpurlach, le mit ensuite à la tète du collège de Douriach. Bulyowsky inventa un instrpment de musique à clavier, qu'il présenta à l'empereur Léopold, et dont il pnblia la description en allemand, S e trasbouro-, 1680, ipi. On a encore de lui 1°. Lio7 henloici Gymnasii hodegus calendariographus, Oh- ringen, 1695, i11-8°; 2° Speculum librorum politico- «ton Justi Lipsii, Donrlach, 1705 et quelques autres ouvrages. vivait encore en 1712. TC
  • Michel BUONARROTI( 1761 - 1837) : de la même famille que le précèdent, naquit à Pise, en 1761. Sa jeunesse fut consacrée à l'étude et aux belleslettres. ce qui lui valut les faveurs du grandduc Léopold, depuis empereur ; il en reçut même la décoration de l'ordre de St-Étienne. Buonarotti n'en adopta pas moins les principes de la révolution française avec un enthousiasme qui força ce prince de l'exiler, malgré l'affection qu'il lui portait. Buonarroti se réfugia en Corse, où, sous le titre de l'Ami de la liberté italienne, il publia un journal empreint des principes les plus démagogiques; mais, comme il blessait également les principes religieux, le peuple SC soulevacontre lui, et il encourut la haine de ceux qu'on appelait alors aristocrates. Le 2 juin 1791, l'assemblée générale des habitants de Bastia, soutenue de l'assentiment du peuple, porta un décret de bannissement contre lui et le lit embarquer. L'arrèté portait . Appelé à commander dans la petite ville de Loano, près de Savone, il fut accusé d'avoir fait séquestrer, pour satisfaire une haine personnelle, les biens du marquis de Pa- lestrina auquel il avait même adressé, disaitou, une lettre outrageante. Le gouvernement français, sur la dénonciation que lui transmit son ministre à Gènes, destitua Buonarroti. De retour à Paris, il se lit recevoir dans la société du Panthéon, foyer des doctrines et des passions démocratiques. Président de ce club, il se lia bientôt avec les hommes les plus influents et les plus exaltés de la faction anarchique, et entra dans la conspiration de Babeuf. ira- duit avec ce dernier devant la haute cour convo- quée à Vendôme, loin de recourir, dans sa défense, à des dénégations, il y exposa dans toute leur nudité ses principes démocratiques. Sa doctrine était, disaitil, celle de Rousseau et de Mably. Bien que l'accusateur public eûtreprésenté Buonarroti comme aussi coupable que Babeuf, le jury ne prononça contre lui que la déportation, et il fut condamné, le 28 mai 1797, à être transféré à la Guyane. Pendant son procès, l'envoyé de Toscane lui fit entendre que la sentence perlée contre lui ne serait qu'un simple bannissement, s'il s'engageait à retourner à Florence ; mais il répondit « qu'il aimait mieux rester « dans sa patrie adoptive, pour jouir des restes de « la liberté mourante . » Enfermé avec les autres condamnés au fort de Cherbourg, il y attendit longtemps sa translation à la Guyane. Enfin, en l'an 8, il fut, avec ses core; pagnons, transféré dans l'île d'Oléron, d'où il fut ensuite enlevé pour eue soumis à une simple surveillance dans une ville de l'Est. On attribua cette mesure, dont la cause fut toujours ignorée de Buonarroti, au premier consul Bonaparte, qui, en Corse, avait été son camarade de chambre et de lit. Cette surveillance fut levée en 1816. Buonarroti se réfugia alors à Genève, et il y professait les mathématiques et la musique, lorsqu'a la suite des événements de 1815, la diplomatie européenne vint lui disputer cet asile. Les magistrats genevois cédèrent, et Buonarroti alla se réfugier en Belgique, où il vécut de la profession de compositeur de musique. Il publia,en 1828, son livre de /a Conspiration de Babeuf. Ren- tré en France après 1830, il continua d'y vivre du produit de ses leçons, et mourut en 1857, profes- sant, à l'àge 77 ans, avec le même enthousiasme que dans sa jeunesse, les principes qui lui avaient valu une existence si agitée
  • Michel CABBEDO DE VASCONCELLOS( 1525 - 1604) : né n à Sétuval, en 1325, après avoir fait ses études à Bordeaux, à Toulouse et à Coimbre, et s'étre appliqué au droit avec beaucoup de succès, parvint aux premières charges à Lisbonne. Il mourut en 1577. On " lui doit une traduction latine du Plutus d'Aristophane, imprimée à Paris chez Vaseosan, en 1817; quelques poésies imprimées à Lisbonne et à Coimbre; des lettres et d'autres ouvrages imprimés à Rome, 1597, — George CABBEDO, 5011 fils, marcha sur ses traces, devint chancelier du royaume, puis, lors de la réunion du Portugal à l'Espagne, membre du conseil çl'État de Madrid pour le Portugal, et mourut le 4 mars 1604, à 45 ans. On a de lui Decisiones Lusitania) senatus, Vo partie, Lisbonne, 1602 ; réimprimée à Offenbach, 4610; Anvers, 1620 et 1655 ; Francfort, 1616; 2e partie, 1604 rêimp. à Offenbach en 1610 ; à Francfort, en 16.16. 11 compila cette collection d'ordonnances par ordre de Philippe 11, et pour établir les prétentions de ce monarque à la couronne de Pot- tugal, après la mort du cardinal Henri. e De Patro- natibus ecclesiarum regiO3 corme Lusitania), 1603 A
  • Michel CASIRI( 1710) : savant orientaliste, et religieux syromaronite, naquit à Tripoli de Syrie, en 1710, et vint à Rome, où il fit ses études dans le collége de StPierre et de StMarcellin. Il y reçut les ordres le 29 septembre 1734. L'année suivante, il accompagna en Syrie D. Joseph Assemani, qui allait assister, par ordre du pape Clément XII, au synode des maronites. En 1738, il revint à Rome, et rendit à la propagande un compte trèsexact des opinions religieuses des maronites. Ce voyage fut le seul qu'ii lit en Orient. A son retour, il rentra dans son couvent, où il enseigna les langues arabe, syriaque et chaldéenne, la théologie et la philosophie à ses religieux, et il ne le quitta qu'en 1748. A cette époque, il passa en Espagne, d'après l'invitation de Cette épitaphe est rapportée par le Crescitnhent dans la & srimourut à Madrid, le 12 mars 1791. Vers la fin de ses jours, il avait perdu la mémoire, et était devenu sourd.
  • Michel CERVANTES SAAVEDRA( 1547) : naquit, en 1547, à Alcala de Henarès, dans la NouvelleCastille, d'une famille noble et peu favorisée de la fortune. 11 cultiva la poésie de bonne heure, et conserva, toute sa vie, un penchant irrésistible pour les Muses. Le goût de son siècle, l'exemple de ses compatriotes, la trompeuse facilité de sa langue, contribuèrent à prolonger l'illusion qu'il se fit à luimême sur ses talents poétiques. En 1569, Cervantes, à la fleur de son âge, courut chercher en Italie la fortune ou la gloire. Il entra d'abord au service du cardinal Jules Acquaviva, en qualité de page. La guerre entre le Grand Seigneur et les Vénitiens lui offrit bientôt un théâtre plus digne de sa naissance et de son courage. Il s'enrôla sous les drapeaux du duc de Paliano , MarcAntoine Colonne, général de l'armée navale envoyée au secours de l'île de Chypre. Cette expédition ne fut pas heureuse; mais l'année suivante, la victoire de Lépante rétablit l'honneur militaire de la chrétienté, et Cervantes eut sa part de gloire dans cette mémorable journée. Il reçut une blessure au bras gauche, dont il demeura estropié le reste de sa vie : honorable souvenir qu'il rappelle plus d'une fois dans ses ouvrages, et qui, du moins, servit à consoler son amourpropre, s'il ne fut pas utile à sa fortune. Malgré cet accident, le zèle de Cervantes ne se ralentit pas. Il était encore au service en 1575, lorsque, retournant sur une galère de Naples en Espagne, il fut pris par le corsaire ArnautMami, qui le conduisit à Alger, et le retint parmi ses esclaves. C'est dans cette affreuse position que Cervantes déploya les ressources de son génie et la force de son caractère. Il exposa cou rageusement sa vie pour briser ses fers et ceux de plusieurs autres chrétiens qui se trouvaient avec lui. L'entreprise, conduite avec autant d'adresse que de persévérance, fut découverte au moment où elle touchait à sa fin. Une mort affreuse menaçait tous ces infortunés. Cervantes osa se charger de la responsabilité commune, et soutint qu'il était seul coupable. L'espoir d'une haute rançon, la sollicitude infatigable des Pères de la Trinité, et d'autres circonstances heureuses sauvèrent ce généreux captif. Loin d'être découragé par l'idée du supplice qu'il avait vu de si près, il osa concevoir le projet de faire soulever tous les esclaves détenus dans Alger, et de s'emparer de la ville. Le dey, effrayé de l'audace de cet homme extraordinaire, exigea qu'il lui fût remis, et paya la somme de •,000 écus à son ancien maitre. Dès ce moment, les chaînes de Cervantes s'appesantirent, et il fut soumis à une surveillance particulière. On peut voir ce qu'il en dit luimême dans la nouvelle du Captif, insérée clans le roman de Don Quichotte. Après six ans de souffrance inouïes, il fut enfin racheté par les soins des Pères de la Trinité, qui ne cessèrent de prendre le plus vif intérêt à son sort. Le prince africain, obligé de partir pour Constantinople, ou il était appelé, embarrassé d'un esclave aussi remuant, et non moins avide de la forte rançon qui lui était offerte, céda à toutes ces considérations réunies, et Cervantes fut rendu aux voeux de sa famille, en 1581 : il avait alors trentequatre ans. On peut juger qu'étant né pauvre, le goût de la poésie, le métier de soldat et son séjour à Alger ne lui avaient point permis de s'occuper de sa fortune. L'amour ne tarda point à s'emparer à son tour de cette imagination ardente. Cette nouvelle passion lui dicta ses premiers ouvrages. Son mariage suivit de près la publication de Galatée, en 1584. 11 n'avait composé ce roman que pour faire agréer ses voeux à celle qu'il aimait. Il épousa Catherine Salazer y Palacios, dont la famille, anciennement connue à Esquivias, petit bourg de la banlieue de Tolède, existe encore aujourd'hui. La plume de Cervantes fut à peu près son unique ressource. Don Pédro Fernandez , ce tyran jaloux et sévère, qui prit constamment une gravité affecté pour la véritable grandeur, n'eût point goûté la philosophie de Cernantes. Il eût frémi de voir soulever le coin du voile dont se couvrait en Espagne l'hypocrisie religieuse et politique. Philippe III ne fut ni plus éclairé ni plus généreux : cependant la publication de Don Quichotte est le plus glorieux monument de son règne. On raconte même que les folies du chevalier de la Manche égayèrent plus d'une fois ce prince mélancolique, qui, de toutes les qualités de son père, et de CharlesQuint, son aïeul, ne conserva que l'imperturbable gravité dont ils lui laissèrent à la fois l'exemple et le précepte. Cervantes mourut, accablé d'infirmités et de besoins, dans la capitale, et presque sous les yeux d'un souverain qui, sans lui, n'eût jamais connu le bonheur de rire. Le premier ouvrage de Cervantes fut un roman pastoral intitulé Philène ; il donna ensuite : 1. Galatée, roman pastoral, imprimé pour la première fuis à Madrid, 1584. 2° Des comédies qu'on a de la peine à retrouver, et qui, s'il faut en croire l'auteur, furent toutes représentées avec succès. Le libraire don Antonio Sancha en a réimprimé deux : Numance, tragédie, et les Intrigues d'Alger, Madrid, 1784, 2 vol. 5° Des Nouvelles, espèce de romans où les intrigues amoureuses et la peinture des fureurs et des ridicules offrent une agréable variété. Celle de Rinconcle et Corladille est une satire contre les habitants de Séville, où Cervantes avait demeuré longtemps. Ces nouvelles, au nombre de douze, furent imprimées à Madrid en 1613 C'est la première édition ; il y en a une foule d'autres ; elles ont été traduites en français par P. Dessein, Paris, 1707 ; par StMartin de Cliassonville, Amsterdam, 1768, 2 vol. fig. ; par Lefebvre de Villebrune, Paris, 1775, 2 vol. par Coste, Paris , 1802 , 2 vol. ; par Petitot, ibid., 1808, 4 vol. in -18 ; enfin par BouchonDubournial, ibid., •825, 1 vol. faisant partie d'une collection intitulée : Traduction des chefs - d'oeuvre classiques étrangers. 4° Le Voyage au Parnasse, imprimé à Madrid en 1614. Ce poème est divisé en 8 chants, ouvrage trèsfaible sous le rapport de l'imagination, et d'une versification lâche et prosaïque. Cervantes s'évertue à faire des compliments à tous les auteurs contemporains et ne s'oublie pas luimême. 5. Persiles et Sigismonde, histoire septentrionale, imprimée après la mort de l'auteur, Madrid, 1617'; traduite en français par d'Audiguier, Paris, 1655; par madame le Givre de Richebourg, Paris, 1748, 4 vol. et par BouchonDubournial, Paris, 1810, 6 vol. roman inintelligible, où l'enflure et l'entortillage du style ajoutent encore à la confusion et à l'invraisemblance des aventures. On est forcé , lui recommande cet enfant de sa vieillesse avec une prédilection d'ailleurs assez ordinaire chez les auteurs pour leurs plus faibles écrits. 6° L'Ingénieux chevalier Don Quichotte de la Manche, dont la .1" partie parut à Madrid en 4605, et la 2° en 1615. Cet ouvrage est le seul monument qui assure la gloire de Cervantes. Traduit dans toutes les langues , il est resté sans copie, comme il n'avait point eu de modèle. Les moeurs ont changé; les ridicules que l'auteur voulut détruire ont fait place à d'autres ridicules. Cependant le héros de la Manche excite encore l'intérêt des hommes de tous les pays, de toutes les classes, de tous les âges. Qui n'aime à se rappeler ses principales aventures? Ce livre a fourni des proverbes qui sont applicables à toutes les circonstances de la vie. Ceux qui possèdent à fond la langue espagnole ne se lassent point de relire Don Quichotte; ceux qui n'ont pas cet avantage ne peuvent goûter le charme du style, ni saisir la finesse des allusions; niais ils trouvent encore de quoi satisfaire leur esprit. Un héros fantastique et qui cependant ne s'écarte jamais de la nature ; des caractères nouveaux, créés et soutenus avec un talent admirable; des observations aussi justes qu'ingénieuses, la plaisanterie la plus piquante, un naturel exquis, l'art de peindre porté au plus haut degré de perfection ; voilà ce qui constitue le mérite de cette conception vraiment extraordinaire, à laquelle on peut cependant reprocher quelques défauts ; mais ces défauts sont la dette de l'humanité. Cervantes était audessus de son siècle, sans doute, mais il n'osa braver trop ouvertement la puissance du mauvais goût et de la mode. L'auteur de Don Quichotte fut loin de jouir d'avance de son inunortalité; ce fut généralenient hors de sa patrie qu'on lui rendit justice ; les Espagnols eux mèmes n'en disconviennent pas, et l'approbation du docteur don Manuel Marquez de Torres, mis en tète de la deuxième partie de l'ouvrage , en est la preuve. Cervantes ne fut point assez encouragé dans son pays pour se presser de publier la continuation de Don Quichotte. Il fut obligé de se calomnier luimême dans une petite brochure intitulée le Busca pié, qu'il glissa dans le public pour éveiller la curiosité de ses compatriotes. «Ce roman, disaitil dans ce pamphlet devenu « extrêmement rare, sous le nom d'un héros ima« Binaire, renferme une satire des personnes les « plus distinguées de la cour. » C'est ainsi que Cervantes sut tirer parti de la malignité même qui s'empressa de le lire, et fut inconsolable de n'avoir que des éloges à donner au talent de l'auteur et à l'innocence de son ouvrage. Cependant, sous le nom d'Alonzo Fernandez Avellaneda , on lit imprimer à Tarragone , une continuation prétendue de Don Quichotte. On aurait de la peine à croire aujourd'hui que cette misérable rapsodie etit été mise en parallèle avec le chefd'oeuvre de Cervantes, si, d'après l'histoire littéraire de notre nation même, nous n'étions forcés d'avouer qu'au milieu de la cour de Louis XIV, la grande autorité de Boileau put à peine garantir Ravine de la rivalité de Pradon. L'ouvrage d'Avellaneda est d'une grossièreté révoltante ; les aventures , dépourvues de toute espèce d'intérêt , sont écrites d'un style plat et monotone. Cet anonyme prodigue les injures à l'illustre Cervantes, qu'il le vieux manchot , misérable , hargneux , avard , catomniateur; et c'est à cette époque, où a nation espagnole s'enorgueillissait de la gloire e ses armes, que l'envie ne craignit pas d'insulter n vieux et brave _militaire dont les talents hono- ', aient son pays, qu'il avait généreusement servi ans les combats. On ne releverait point cette non- elle preuve de l'acharnement qui poursuit le méa leg rite, si le seul Avellaneda se fût déclaré contre l'auteur de Don Quichotte; mais des littérateurs estimés, tels que don Estevan de Villegas, don Isidro Pétales, don Diego de Torres, don Juan Mutinez de Sala Franca, n'ont été guère moins injustes qu'Avellaneda, dont ils n'ont pas rougi d'approuver la grossière malveillance. De nos jours même, le livre du licencié aragonais a été réimprimé "dans Madrid, avec un prologue apologétique. Un mépris général a puni cette spéculation de libraire. Depuis plus de cieux cents ans, la gloire de Cervantes n'a fait que s'accroître chez toutes les nations civilisées. Les Espagnols ont fini par ouvrir les yeux vers la tin du siècle dernier, et l'amourpropre national a repris tous ses droits. Alors on a fouillé dans les archives des couvents, des paroisses, des notaires publics, pour découvrir la patrie de cet homme extraordinaire qu'on avait laissé passer sans lui rendre hommage ; un laborieux académicien, don Vicente de los Rios, chargé par sa compagnie d'écrire la vie de Cervantes, s'est livre aux recherches les plus minutieuses. Charles III, à qui l'Espagne a di les premiers progrès qu'elle ait faits dans les beauxarts depuis près de deux siècles, honora de sa protection le zèle de l'académie de Madrid. On s'occupa d'élever un monument cligne de Cervantes en publiant une édition solennelle de Don Quichotte. Mie fabrique renommée de Catalogne fournit le papier ; des caractères nouveaux furent fondus ; les talents des plus habiles graveurs, les presses d'Ibarra, déjà si avantageusement connues par la magnifique édition du Salluste, tout a été employé pour réparer une grande injustice . Les Espagnols ont passé même d'une indifférence coupable à un enthOusiasme excessif. Ils ont voulu que tout fût parfait, admirable dans ee livre, dont ils avaient d'abord fait si peu de cas. L'analyse qui précède l'édition de l'académie est digne du commentateur le plus fanatique . Le roman de Don Quichotte est mis en parallèle avec l'Iliade, L'académie de Madrid a publié depuis une nouvelle édition u roman de Don Quichotte, corrigée Sur les deux éditions de 1605 et sur celle de 1608 et de 1613, faites sous les yeux de l'auteur et revues par lui, Madrid, MO, 4 vol. ornés de 20 gravures. On y trouve des notes explicatives de quelques passages du texte ; et dans le ter volume, la tarte topo, graidlique des voyages de don Quichotte, l'analyse et le plan de la fable faits par l'aradémi; cien don Vincent de Los Rios, mais non la vie écrite par celuici, l'académie ayant jugé plus convenable de donner à l'ouvrage un ne volume qui se vend séparément et contient une nouvelle vie de Cervantes , par don Martin Fernaitdez de Navarette, membre et bibliothécaire de cette ? sème académie et de celle d'histoire. Cette Vie est précieuse par un portrait de Cervantes, le seul ressemblant, et par des faits nouveaux que constatent des pièces authentiques dont l'académie conserve les originaux dans ses archives. 1.?--:in. l'Enéide et la Jérusalem délivrée; un grave académicien s'occupe sérieusement à trouver des rapports entre des ouvrages qui ne peuvent ni ne doivent en avoir entre eux ; enfin l'esprit de parti, ou la fureur des comparaisons, a été poussé à tel point, que don Vicente de los nios finit par établir du rapprochement entre la descente d'Énée aux enfers et celle de Don Quichotte dans la grotte de Montésinos, entre le séjour du chevalier de la Manche chez la duchesse et celui du fils d'Anchise chez la reine de Carthage, qui est ellemême comparée à la comtesse Trifaldi, etc. Ces aberrations déplorables du commentateur n'ont pas été positivement clésavouées par l'académie, et l'on serait presque tenté de croire que Cervantes est condamné à ne jamais être bien jugé dans son propre pays. Il nous reste à dire que Don Quichotte, cet ouvrage d'une gaieté si franche, a été écrit au fond d'une prison, oû les alcades d'un village de la Manche jetèrent Cervantes à la suite d'une de ces tracasseries judiciaires si communes en Espagne. Il se vengea de cette persécution en faisant de son héros le compatriote de ses juges, et en choisissant leur pays pour le théâtre de ses exploits. Après l'édition donnée par les académiciens de Madrid, la plus recherchée est celle de Londres, Tomson , 1738, 4 vol. fig. Don Quichotte a été traduit en français, d'abord par François de Rosset en 1618, puis par César Ondin, secrétaire interprète des langues étrangères sous Louis XIII, en 1639. 11 dédia son livre à ce monarque, qui voulait, diton, apprendre l'espagnol pour lire Don Quichotte dans sa langue naturelle. Plusieurs autres écrivains ont tenté depuis la même entreprise avec aussi peu de succès. Protégé par le nom de Cervantes, qu'il voulait faire oublier, Avellaneda luimême a obtenu les honneurs de la traduction. En 170t, un écrivain officieux se chargea de le purifier, supprima quelques grossièretés, et ajouta beaucoup du sien. Avellaneda ne pouvait que gagner au change ; et, à la faveur de ce déguisement, il trompa les rédacteurs du Journal des Savants, qui lui donnèrent des éloges sans avoir vu l'original. La traduction de Filleau de StMartin, quoique trèsmédiocre, a eu plus de cinquante éditions . On recherche encore Principales Aventures de don Quichotte, avec les figures de Coypel , gravées par Picart, la. Haye, 1746 et ibid. , 1774, 2 vol. ; Bruxelles, 1795 Mais, de toutes les It a paru depuis plusieurs belles éditions de Don Quichotte : 1° Paris, Bossange et Masson, 181 7 vol. avec lig. ; 2 cdirien en minialura, imprintee par J. Didot, Paris, Bossange, 1827 gray. C'est M. Ferrer, ancien president des cortes, gui a fait les frais de ce petit chefd'oeuvre de typographie, lent on évalue la dépense à 50,000 fr. La première est de Paris, 4677-78, 4 vol. On peut citer parmi les meilletires, celle de Francfort, 1750, t vol. petit tig. ; celle d'Amsterdam, 1768, 6 vol. recherchée pour les figures, qui sont de Folkeisa et Fokke ; celle qui est procédée d'un Essai sur la vie et les ouvrages de CervanIes par Auger. Paris, 1823, 6 sof. ; enfin celle qu'a donnée le libraire Sautelet, ibid., 1828, même format, avec une Notice historique par M. Nerimec. Cus. versions du véritable Don Quichotte, la moins propre à le faire connaître est celle de Florian, publiée après sa mort, Paris, P. Didot, an 7 , 6 vol. lig., et réimprimé dans toutes les éditions des oeuvres de Fauteur. Outre qu'il s'est permis de mutiler impitoyablement le corps de l'ouvrage, il est coupable d'avoir voulu enjoliver Cervantes, dont il a gâté le naturel, que nous le soupçonnons de n'avoir jamais senti. Cet académicien a été moins malheureux dans son imitation de la Galatée, qu'il a peut-être embellie : ce genre d'écrits convenait plus à son talent... Cervantes, dans ses compositions pastorales, cédait au goût de son siècle plutôt qu'A l'impulsion de son génie. Il ne fut vraiment luimême que dans la création originale du héros de la Manche et de son inimitable écuyer. Cette production est tellement partie de source, qu'il est permis de supposer que l'auteur ne s'est pas clouté luimême de ce qu'il venait de faire; sa prédilection pour le monstrueux roman de Persiles , son éternelle manie de faire des vers, et d'en glisser dans tous ses ouvrages, malgré les sarcasmes des critiques de son temps, et les avis réitérés de Jean de Villaroel, son libraire, semble appuyer cette conjecture. BouchonDuboumial a donne une traduction complète de Don Quichotte, Paris, 1807, 8 vol. . 1 t a retranché du Don Quichotte l'histoire du Curieux impertinent, et l'a fait imprimer à part, sous le titre du Mari trop curieux, ibid., 1809, 12 . Cervantes mourut à Madrid, le 23 avril 1616, dans sa 79° année. Il fut enterré, d'après ses intentions , dans l'église des religieuses de la Trinité de cette ville. Ceux qui furent admis à sa société intime regrettèrent le citoyen vertueux et l'homme de bien. Les beauxesprits qui l'avaient dédaigné ne crurent pas que sa mort filt une perte : ils étaient loin de soupçonner que l'Espagne n'aurait un jour que le roman de Don Quichotte à opposer aux chefsd'œuvre des autres nations
  • Michel CÉRULARIUS, c'est-à-dire le Cirier : exilé à Constantinople par l'eunuque Jean, qui gouvernait l'empire sous le nom de Michel, son frère, prit l'habit monastique, et succéda au patriarche Alexis, le 25 nais 1015. Trentesix jours après son intronisation, l'eunuque Jean eut les yeux crevés, et mourut dans les fers. Cérularius ne tarda pas à s'élever avec audace contre 11:_:glise romaine ; il fit fermer toutes les églises des Latins, qu'il appelait Azymites , chassa les moines et les abbés de leurs monastères, anathémisa tous ceitx qui recevaient l'eucharistie avec des azymes, prétendit soumettre les patriarches d'Alexandrie et d'Antioche à sa domination, rompit les liens de l'unité, et prit le titre de patriarche cecuMénique, ou universel. Il adressa, l'an 1055, avec Léon , évêque d'Acride, métropolitain de Bulgarie, une lettre à Jean, é‘ igue de Trani, dans la l'ouille, en l'invitant à la communiquer aux autres évèques, aux prêtres, aux moines, aux peuples d'Occident et au pape luimême. Cette lettre, écrite en grec, roulait principalement sur les azymes et sur le sabbat. Cérularius et Léon prétendaient que JésusChrist, après avoir célébré l'ancienne pâque avec les azymes, institua la nouvelle avec le pain levé, qu'ils soutenaient être le vrai pain. Ils reprochaient aux Latins de judaïser, en observant le sabbat en carême, parce qu'ils jefmaient le samedi; de manger de la chair des animaux suffoqués, et par conséquent du sang, et . 11 les chargea d'une lettre pour l'empereur, et d'une autre pour le patriarche : elles sont datées du mois de janvier 1054. Humbert publia à Constantinople une longue lettre, pour réfuter les erreurs de Cérularius, qui refusait de reconnaitre et de voir les légats. Le cardinal lui reprochait de rebaptiser les Latins , d'enterrer les restes de l'eucharistie, de permettre aux prêtres de se marier, de condamner les moines qui portaient des caleçons, etc. Dans une réponse faite à Nicétas, partisan de Cérularius, Humbert le traita de stercoraniste : c'était le nom donné à ceux qui croyaient que l'eucharistie était, comme les aliments, sujette à la digestion et à toutes ses suites. Nicétas se rétracta publiqtiement en présence de l'empereur; mais Cérularius, persistant dans ses erreurs, refusa de communiquer avec les légats, et de leur donner des églises pour célébrer la messe. Enfin les légats se rendirent, le 16 juillet 1054, à l'église de SteSophie, déposèrent sur le grand autel un acte d'excommunication, en présence du peuple et du clergé, et sortirent du temple en secouant la poussière de leurs pieds, et criant : « Que Dieu le voie, et qu'il « juge ! » Ils prononcèrent anathème contre ceux qui communieraient des mains du patriarche ou de ses adhérents, prirent congé de l'empereur en lui dormant le baiser de paix, et partirent deux jours après pour retourner à Rome. Cérularius vint trouver l'empereur, feignit de se repentir, et de vouloir enfin conférer avec les légats. Constantin Monomaque leur écrivit surlechamp ; ils rentrèrent à Constantinople , et le patriarche demanda que le lendemain 'Hème un concile fût tenu dans SteSophie. Il avait falsifié l'acte d'excommunication en le fragilisant, et son dessein était de faire assommer les légats par le peuple ; mais, connaissant ce qu'il pouvait oser, l'empereur annonça qu'il serait présent au concile. Cérularius s'y opposa, et le prince lit partir les légats. Alors Cérularius excita dans la ville une grande sédition. Constantin Monomaque se vit contraint de faire fouetter Paul et son fils Smaragde, qui avaient servi d'interprètes aux légats, et les livrer au fougueux patriarche. Bientôt ce dernier publia, contre son excommunication, un décret, dans lequel il traitait les trois légats du saintsiége d'hommes impies sortis des tenébres de l'Occident, qui avaient fabriqué des lettres au nom du pape, falsifié les sceaux de l'Église romaine, et qui n'étaient que de vils émissaires du duc Argire et des ennemis de l'empire d'Orient. Il écrivit aux patriarches d'Antioche, d'Alexandrie et de Jérusalem, pour se plaindre de l'insolence et de la fourberie des légats, venus à Constantinople avec de fausses lettres, et pour leur exposer tous les motifs qui devaient empéeher la réunion des deux Églises d'Orient et d'Occident. Dans toute cette affaire , Cérularius porta au r?lus haut degré l'audace et l'imposture. Lorsque Michel Stratonique eut succédé à l'impératrice Théodora, Isaac Comnène se révolta contre lui, se lit proclamer empereur par les séditieux , et CCrularius , auteur de la révolte, déclara qu'il fallait abattre les maisons des grands qui refulieraient de reconnaitre le nouvel empereur. En même temps, il lit dire à Michel de sortir du [palais , de se dépouiller de la pourpre , et il couronna solennellement Comnène dans SteSophie, le 1" septembre -1058. Dès lors Cérularius crut son crédit sans bornes et son autorité inébranlable ; il ne cessait de faire des demandes à l'empereur, et, comptant beaucoup trop sur la reconnaissance du prince ou sur sa pusillanimité, il s'emportait jusqu'à dire, lorsqu'il éprouvait tin refus , « qu'il « saurait bien abattre l'édifice qu'il avait élevé. s Il s'oublia jusqu'à prendre la chaussure écarlate, qui était affectée à la dignité impériale, prétendant qu'il y avait peu ou point de différence entre le sacerdoce et l'empire. Isaac Comnène ne put souffrir les excès de cet évêque factieux ; il chargea les Varangues, c'est-àdire, les Anglais de sa garde, de l'arrèter. Ils l'enlevèrent violemment de son trône, le mirent sur un mulet, le conduisirent jusqu'au bord de la nier, l'embarquèrent, et le déposèrent à Proconèse, lieu fixé pour son exil. L'empereur s'occupait des moyens de le faire déposer dans mi concile, lorsque ce prélat mourut, en 1058, victime de son orgueil et de son ambition
  • Michel COLBERT : de la même famille que les précédents, fut docteur de Sorbonne et abbé général des prémontrés. Il était entré dans cet ordre trèsjeune, et il y remplit successivement les emplois . On dut à l'abbé When la reconstruction du collége de Pl'imontré, qui tombait en ruines ; il en fit une maison vaste et commode. Il réussit à attirer dans son ordre des hommes capables de l'illustrer par leurs talents, et entre autres le célèbre abbé Vertot , qu'il admit dans sa propre abbaye, et auquel il donna le prieuré (le Valsery. On a de Colbert ; 1° Lettres d'un abbé à ses religieux, Paris, 2 vol. : elles traitent des . différents devoirs de cet état; 2° Lettres de consolation : elles sont adressées à madame Plot , sa sœur, qui venait de perdre son mari, premier président du parlement de Rouen. L'abbé Colbert : après avoir gouverné. son ordre pendant trentedeux ans, mourut à Paris, le 29 mars 1702 , à l'âge (le 69 ans , et fut inhumé dans la chapelle du collége qu'il avait fait reconstruire
  • Michel COLOMB ou COLOMBE : trèshabile statuaire français, qui vivait sous les règnes de Charles VIII et de Louis XII, est un des artistes de cette époque injustement oubliés par un effet de la célébrité del'école de Fontainebleau, et que François 1" luimême semble avoir méconnus. Ni d'Argentré, ni Lobineau, Morice, Taillandier , la Gybonais, Desfontaines, n'ont fait mention de lui dans leurs écrits historiques, quoiqu'ils disent que le tombeau de François II, duc de Bretagne, son principal ouvrage, est un magnifique tombeau, un superbe Malt- SOlée , qu'il a été exécuté par un excellent ou- vier, ou par les plus habiles ouvriers. Montfaucon luimême, qui a publié des gravures du tombeau de François 11, n'en a point indiqué l'auteur : peut-être ne le connaissaitil pas. Le nom des artistes les plus recommandables est ce qui, pendant longtemps, a le moins occupé nos historiens. Heureusement Mellier, magistrat de Nantes, qui a composé une description de ce mausolée, à l'occasion de l'ouverture qui en fut faite par ordre du roi en 1727, dit qu'on y trouva une inscription poilant ces mots Par l'art et l'industrie de M. Michel Colomb, pre- mier sculpteur de son temps, originaire de l'évéché de Léon. Quoique cette inscription paraisse avoir été rapportée par Mellier peu fidèlement, elle mérite une pleine confiance. La Martinière et Piganiol de la Force en ont reproduit le contenu. Jean Brèche, jurisconsulte, natif de Tours, dans son commentaire publié en 1552, sur le titre du Digeste relatit à la signification des mots, au mot Nonumentum, en rendant hommage aux sculpteurs de l'école de Tours qui ont exécuté des monuments, parle de Colomb d'une manière plus particulière: « Entre les statuaires, ditil, et les modeleurs, que « notre ville a vus naître, est Michel Colomb, que « nul certainement n'a surpassé. » inter staluarios et plastas exstilit Michael Colombus, homo nostras, quo certe alter non luit preestantior Fallûtil croire, malgré l'assertion de Brèche, que cet artiste était né en Bretagne dans la ville de SaintPoldeLéon, il serait toujours prouvé qu'il appartenait à la savante école de sculpture furmée Tours, à laquelle l'art français dut à la méme époque: .lean Juste, à qui nous avons nonsmémes restitué le magnifique tombeau de Louis XII, qui est un des plus beaux ornements de l'église de St - Denis ; J. Texier, né dans la Beauce; François Marchand, né à Orléans; Philippe , né à Chartres, etd'autres statuaires protégés par Louis X II et par le cardinal Channel attribue à Colomb d'autres ouvrages, indépendamment du tombeau de Fran-çois II ; savoir : une statue de St. blaur, en terre cuite, conservée longtemps à Tours dans la sacristie d'une chapelle de StMartin; un basrelief en marbre représentant la inort de la Vierge, placé autrefois à l'église de StSaturnin, et qui n'existe plus. Ce ne sont là que des traditions; mais le mausolée de Fran- vois II existe encore et n'a été que trèspeu endom- magé. Après avoir été enlevé de l'église des Canines, il est placé aujourd'hui dans le chœur de la cathédrale de Nantes. Ce monument, qui renferme les corps du duc François 11, de Marguerite de Bretagne, de Marguerite de Foix, ses deux femmes, et le cœur d'Anne de Bretagne, reine de France, sa tille, fut érigé en 1507, par les soins d'Aisne de Bretagne. 11 se compose d'un sarcophage en marbre blanc de cinq pieds de haut, sur lequel sont couchées les figures du duc François et de Marguerite de Foix, plus grandes que nature. Trois anges à genoux, et vètus, aussi en marbre blanc, soutiennent tus coussin sur lequel le duc et sa femme reposent leurs tètes. Le prince appuie ses pieds contre un lion ; la duchesse sur un levrier. Deux rangs de figures placées dans des niches ornent le pourtour dti sarcophage. Au rang supérieur, dans la longueur du monument, sont les douze apôtres en pied, six de chaque côté; et dans la largeur, St. François d'Assise et Ste. Marguerite du côté de la tète, Charlemagne et St. Louis du côté des pieds. Ces ligures, de vingtdeux à vingtquatre pouces de haut, sont en marbre blanc ; les niches sont en marbre rouge, ornées de pilastres et d'archivoltes à plein ceinire, et séparées par des platesbandes revétues d'arabesques de fort bon goût, et exécutées avec beaucoup de délicatesse. Au rang inférieur sont seize niches moins grandes que celles du dessus, et rondes, dont six de chaque côté dans la longueur, et deux sur le travers. Ces niches renferment des ligures de moines et de religieuses à micorps, représentés pleurant les défunts ou priant pour eux. Les tètes et les mains de ces figures sont en marbre blanc, les draperies en marbre noir. Ce monument est élevé sur un socle de six à sept pouces de liant, et sur le socle, aux quatre angles, sont posées debout quatre figures, représentant la Prudence, la Justice, etc., aussi en marbre blanc, et plus grandes que nature. On voit que ce monument est composé à peu près sur la même pensée que le tombeau de Louis XII, produit par la même école ; niais avec cette grande différence que dans ce dernier les ligures couchées sont presque nues, et que dans celui de François II elles sont entièrement vêtues. Ce monument est bien conservé ; les figures seules des religieuses et des moines ont souffert quelques dégradations. On le voit gravé, niais dessiné d'une manière fort incorrecte, dans l'Histoire de Bretagne, terminée par D. Lobineau, t. p
  • Michel CHILLIAT : imprimeurlibraire de Lyon, vint s'établir à Paris vers 1695, et y mourut dans le courant de 1697 ou 1698. Chilliat est auteur de plusieurs ouvrages auxquels il n'a pas mis son nom; mais selon Barbier , on lui en attribue quelques autres dont il n'a été que l'éditeur. Les plus connus sont : 1° le Triomphe de la miséricorde dc Dieu sur un coeur endurcy, ou les Con fessions de l'Augustin de France converty, écrites par lui- mémé, Paris, 1682 ; ibid., 1686 Michel Chilliat prétend que, chargé de mettre au jour cette histoire, il a ris sur lui . La Censure des vices et des manières du monde, Lyon, 1696 réimprim. plusieurs fois avec des augmentations, et notamment en 1737. 4° Le Souffleur, comédie destinée au ThéâtreItalien, et imprin.ee à Lyon, 1696 5° Méthode facile pour apprendre l'histoire de Savoie, arec une description historique de cet Etat, Paris, •697; 2° édition, •698 avec trois tableaux généalogiques. Chilhat convient qu'il a fait travailler à cet abrégé. qui, dédié à Adélaïde de Savoie, eut une certaine vogue à l'époque du mariage de cette princesse avec Louis de Bourgogne, élève de Fénelon. Au surplus, on n'y trouve point l'histoire de la Savoie, mais bien celle des princes de ce pays, tirée presque entièrement de Guiehenon et de Th. Leblanc, et rédigée par demandes et réponses. Elle est suivie d'une dissertation de Claude Delisle, intitulée : Nouvelle Recherche sur la véritable origine de la royale maison de Savoie, dans laquelle cet auteur considère llérold commelm personnage imaginaire, et fait descendre les princes de Savoie de Humbert aux Blanches Mains, tifs, selon lui, de Géraud, comte de Genève et de Vienne. Deus autres ouvrages imprimés après la mort de Chilliat ont un privilége qui porte son nom : Granicus, ou l'Isle galante, nouvelle historique par François Bride, Paris, 1698 et Méthode facile pour apprendre l'histoire de la république de Hollande, depuis son origine jusqu'à présent, avec une description historique de cet État, Paris, 1701, n-12; ibid., 1705, même format
  • Michel CLANCY : auteur anglais du 18. siè— I e, étudia la médecine au collège de la Trinité. tant allé à Reims pour prendre le doctorat, il s'y a avec Montesquieu, et ils vécurent ensemble dans plus grande intimité. Montesquieu le reco anda au comte de Chesterfield, alors lord lieute- nant d'Irlande ; mais Clancy perdit la vue avant d'a- voir commencé à exercer la médecine. Le comte lui le obtenir une pension assez considérable, et il ou- SI il, peu de temps après, une école de latin à kil- r .. .11y. On a de lui : 1° , CO- die, 1757 ; 2° Hermon. prince de Chorcea, ou le ? le, extravagant, tragédie, représentée à Dublin, niprintée à Londres en 1746; 30 Templunt Veneris, , seu Amortira rhapsodie, poëme; 4° des mémoires sur sa propre vie, 1746, 2 vol. Le théàtre de Drury-111,ane donna, à son bénéfice, une représentation de , a tragédie d'OEdipe, dans laquelle il remplit avec . succès le rôle de l'aveugle Tirésias
  • Michel CORETTE : chevalier de l'ordre du Christ, fut, au commencement du 18° siècle, un des partisans de la vieille musique française. Il était organiste de la maison professe des jésuites à Paris. Son amour pour l'antique psalmodie qui charmait nos aïeux lui attira de fréquents sarcasmes de la part de ses confrères, et les jeunes gens de son école étaient désignés par eux sous le nom d'Anachorètes . Malgré ses ridicules, ce musicien tat utile à son art par les différentes méthodes qu'il publia. Ses principaux ouvrages sont des pièces de clavecin, des concerto, une Méthode de dessus de viole, 4748; le Maitre de clavecin, 1753; les Amu- , ements du Parnasse, en 5 livres ; Prototypes pour l'accompagnement ; enfin plusieurs livres pour l'ot gue, etc
  • Michel CORNEILLE( 1642 - 1708) : peintre, né à Paris, en 1642, fut fils et élève d'un peintre assez estimé, qui avait été l'un des douze premiers membres de l'académie. Dès sa jeunesse , il donna des preuves de talent, remporta le prix de peinture , el alla étudier a l'académie de Rome. Il quitta cet établissement par amour pour l'indépendance, et s'occupa à copier un grand nombre de tableaux , donnant toujours la préférence à ceux des Carrache. A son retour d'Italie, il fut admis en 1665 dans l'académie de peinture. Son morceau de réception était l'esquisse d'un tableau qu'il faisait alors pour NotreDame , et qui représente la Vocation de St. Pierre et de St. Paul. Il mourut à Paris , en 1708. Son talent était supérieur à celui de la plupart de ses contemporains ; le roi et le dauphin aimaient ses ouvrages; ce fut même le dauphin qui , voyant que l'on n'avait pas songé à l'employer pour les peintures des invalides, lui lit donner une chapelle qu'il peignit à fresque. Les amateurs recherchaient ses tableaux ; ils reconnaissaient que , parmi les peintres qui ont suivi la manière des Carrache, peu avaient aussi bien saisi leur goût de dessin grand et correct, leur composition noble et sage , leurs expressions pleines de justesse , leur pinceau large et leur coloris vigoureux, regardé par tous les bons juges comme le plus propre aux sujets historiques et sacrés. La réputation de Michel Corneille n'a pas été de son temps aussi grande qu'elle devait l'être, parce que cet artiste, doué d'un caractère doux et modeste, ne joignit pas à ses talents celui de les mettre en vogue. Admirateur des Carrache , il n'évita pas assez ces teintes rembrunies que le temps a souvent communiquées fi leurs tableaux. Les lumières sont trèsrares dans les riens, et il y règne en général, jusque dans les car nations, un ton violet, plus fait pour repousser l'ree. que pour l'attirer. Presque toujours aussi son dessin laisse à désirer sous le rapport de la gràce et de l'élégance, surtout dans les extrémités des figures. Michel Corneille eett pu se faire un nom par ses seules gravures. L'esprit et la fermeté de .es eauxfortes et la correction de son dessin font rechercher le petit nombre d'estampes qu'il a fait paraître , soit d'après quelques grands maîtres, soit d'après ses propres tableaux. Ses principaux ouvrages de peinture furent faits pour des maisons royales ou des églises, et placés dans l'origine à Paris, Lyon, Versailles et Fontainebleau. Ils ont, pour la plupart, été perdus pendant la révolution.— Jean- Baptiste CORNEILLE, son frère , naquit à Paris, en •646, eut aussi son père pour premier maître, et lit le voyage de Rome. L'académie le reçut en 1676, et, dans la suite, le nomma professeur. Il travailla principalement pour les églises de Paris , et mourut en 1695. Cet artiste a publié des Eléments de peinture pratique 1684
  • Michel COXCIE( 1497 - 1592) : peintre flamand, né à Malines en 1497, et mort en 1592 en tombant d'un écha- faud sur lequel il travaillait, Tut élève de van Orley. Les biographes italiens font de grands éloges de cet artiste, qui avait fait une étude particulière des tableaux de Raphaël j les fri!quentes imitations qu'on en retrouve dans quelquesuns de ses tableaux ont même fait croire qu'il avait été élève de ce grand maitre. Lanzi, dans sa Storia pittorica, dit qu'à une invention fertile il joignait l'exécution la plus gracieuse, et que ses meilleurs ouvrages sont passés en Espagne, où ils ont été achetés à grand prix. Une composition intéressante, un dessin correct, un coloris brillant et agréable, une touche nette et soignée, et surtout la rareté des ouvrages de ce maitre, rendent ses tableaux d'autant phis précieux, que, par leur petite dimension, ils trous (sit leur place dans tous les cabinets. Celui qui représente l'Ecce homo est un de ses plus beaux ouvrages
  • Michel COYSSARD( 1547 - 1623) : jésuite, né à Besse en Auvergne, l'an 1547, professa d'abord les humanités et la rhétorique dans différents colléges de son ordre; il devint ensuite recteur des colléges de Besançon et de Vienne, et enfin de celui de la Trinité à Lyon, où il mourut le 10 juin 1623. Le P. Coys- sard a traduit de l'italien quelques ouvrages de piété, a composé un catéchisme en vers français, intitulé : Sommaire de la doctrine chrétienne, Lyon, 1591, un gros volume souvent réim- primé; il a mis aussi en vers français des Hymmes ou Odes spirituelles imprimées à la suite du précédent. Ce recuell_prouve bien plus de dévotion que de talent. Jean Ursucci, gentilhomme de Lucques, à qui ces hymmes sont dédiées, les mit en musique, honneur qu'elles ne méritaient certainement point. Le P. Coyssard a aussi publié le Trésor de Virgile, on le Choix des plus beaux vers de ce grand poète, sous le titre de Thesaurus Vir- gilii, in locos communes digestus, poeticoe studiosis perutilis 1590, et plusieurs fois depuis. Ceux qui ont comparé le travail du P. Coyssard sur Vil-0e à celui de Nizolius sur Cicéron ont fait mi parallèle beaucoup trop flatteur pour le jésuite. Son ouvrage n'est qu'une compilation médiocre et justement oubliée. On doit encore au P. Coyssard une édition fort augmentée du Dictionnaire fran- çais- latin de Nicot, Lyon, 1609 et plusieurs autres ouvrages ou traductions. L'abbé Pernetti, dans ses Lyonnais dignes de mémoire, le fait naître à Lyon, et le nomme par erreur Croyssard
  • Michel DEGRANGES( 1736) : plus connu sous le nom du Père Archange, naquit à Lyon le 2 mars 1136. Il était petit-111s de Degranges, surnommé Bras de fer. qui mounit centenaire et veuf de trois femmes. dont il :t'ait eu cinquante enfants. Michel était gardien des capucins du petit Fores, à Lyon, lorsque la révolution int à éclater. Il s'était fait un nom comme théologien et comme prédicateur; ce n'était pas un orateur habile, mais il lisait de l'instruction et du zde. L'abbé Duret nous apprend dans ses .. ilémoires manuscrits que le père Archange, prèchant aux Colipelles k 29 décembre 1789, hasarda plusieurs allusions contre les états généraux, et que le lendemain, quatre ou cinq houunes inconnus étant allés le demander à son COUN ent, il se cacha et prit la fuite. Il se retira au monastère des capucins de Sion en Suisse, et retourna à Lyon peu de temps après le 9 thermidor: une parente pieuse le reçut dans sa maison qui devint une espèce d'oratoire, où il exerça son ministère jusqu'au rétablissement du culte. 11 fut ensuite un des habitués de l'église de StPierre, de celle des Chartreux, et fut quelques mois curé de cette dernière église. Eu 1819, il résolut de reprendre l'habit de capucin, et se rendit au couvent de Chambéry ; mais, accoutumé à une ie active, il se dégotIta bientôt de ce séjour, rentra eu France, puis sous le ministère Villèle essaya de fonder à Crest, en Dauphiné, une maison destinée à former dos missionnaires pour 'le Leaut. Des obstacles nombreux s'opposèrent à ses projets. Le père Archange aNait alors 85 ans, et il était menacé de perdre la VU(' . 11 revint à Lyon, entra comme pensionnaire dans l'hospice de la Charité, subit l'opération de la cataracte, et, au milieu de vives souffrances, termina sa carrière le 13 octobre 1822. On a de lui : 1. Discours adressé aux Juifs et utile aux Chrétiens dans leur foi, Lyon, veuve Barret. 11Ss de 143 pages; Aperçu nouveau d'un plan d'éducation catholi- que, Lyon, Rusand, 1814 3. Réflexions inté- ressantes sur l'ouvrage qui o pour titre Génie du christianisme, 1815 de 12. pages, avec un imprimatur de l'arche\ èque de Turin. Cet écrit, imprimé à Turin, présente une critique dos errems et des méprises qu'il croit trom eu dans l'ouNrage de 11. de. Chateaubriand. 4° Précis abrégé des vérités ( pi di8lingtgellt CdthOliqUe de toutes ` es sectes chrétiennes et avouées 'par l'Église de 'rance, Lyon, 1817 de 46 pages. L'abbé ! acquemont, ancien curé janséniste de StMédard, ing[Fi oqii•eiez,dea cepliuibi ldiée i‘iiinenéittptasticoinui adepocue écrit rt titi,e. éflexions sur le respect dd au pape et à ses déci-; ions dogmatiques. Cette réfutation est intitulée : 'es Maximes de l'Eglise gallicane victorieuses des maques des modernes ultramontains, on Réponse j deux écrits, etc., Lyon, 1818 5° Explica- ' ion de la lettre encyclique du pape Benoît XIV sur les Usures, suivie de quelques réflexions, etc. Lyon, 1822 Ce fut un prêtre de Lyon, l'abbé Clélient Villecour, alors aumônier de la Charité, et lepuis évêque de La Rochelle, qui le poussa à écrire ; contre le prèt à intérêt, auquel cependant le père 1 Archange fut toujours favorable. 6° Dissertations , hilosophiques, historiques et théologiques sur la religion catholique, Lyon, 1836, 2 vol. Cet ouvrage posthume, qui est accompagné d'un portrait de l'auteur, ne se fait remarquer ni par le ,tyle ni par la profondeur des pensées; il se res-,ent de l'époque où il fut écrit. La notice biographique de l'éditeur révèlerait au besoin ce défaut par la manière dont l'histoire des cinquante ans qui vieunent de s'écouler est envisagée. Néan- moins les personnes à qui ces deux volumes s'adressent particulièrement y trouveront quelques aperçus \Tais et neufs. Le père Degranges est jugé un peu sévèrement dans rinnuaire nécrologique de M. Mahul, qui le représente comme ayant été plus royaliste que le roi, et plus ultramontain que .ii I e pape. Du reste, c'était un excellent religieux, ui étonnait par la viN acité de ses réparties, la jus- esse de ses réponses, et qui se faisait respecter par une gravité douce et aimable
  • Michel DENIS( 1729) : savant bibliographe et poète allemand, naquit en 1729 à Scharding en Bavière . A l'àge de dixhuit ans il entra dans l'ordre des jésuites, espérant, comme il le raconte loimême, qu'il y pourrait plulk que dans nn autre état, se livrer sans aucune distraction à son amour pour l'étude. Après avoir enseigné à Gmtz, à Clagenfurth, et dans quelques autres villes, il se chargea, en 1759, de l'inspection des études dans l'école militaire de MarieThérèse. En 17-13, il fut nommé chef de la bibliothèque de Ca et en 1791, premier conservateur de la Bibliothèque impériale de Vienne. Ce n'était point assez pour lui de veiller avec soin à la garde des trésors littéraires qui lui étaient confiés, il chercha surtout à les faire connaître et à montrer aux jeunes gens et aux savants, la marche qu'ils &v aient tenir pour se les rendre utiles. C'est dans cette vue qu'il publia sa Bibliothèque de Garelli. Dans la préface il donne des notices sur la vie chi savant fondateur de cette riche collection ; il divise ensuite son ouvrage en quatre parties, dans lesquelles il parle des éditions du 15e siècle, des livres imprimés de 1500 à 1560, des livres rares, imprimés depuis l'an 1500, et enfin de ceux qui, sans être rares, ont un grand prix dans la li- brairie. Denis publia ensuite son Histoire de l'im- primerie de Vienne. Après avoir parlé des artistes qui avaient introduit l'art typographique dans cette ville , il donne des notices savantes sur 832 ouvrages, qui étaient sortis de leurs presses depuis l'an 1482 jusqu'en 4560. Selon lui, les deux premiers ouvrages imprimés à Vienne, sont : Il reçut, au haptème,les noms de Jean Mirhel- Come, et à la ronfirmation celui de Pierre; mais il ne prenait habituellement que celui de Michel. 10 Tractatus distinctionum Jortnnis Meyer1482; 20 Hieronymi Balbi utriusque juris doctoris opus- culum epigrammaton, 1494, par Jean Winterburg. Il fit paraître un supplément aux Annales typogra- phiques de Maittaire , en commençant par le Psautier, imprimé en 1459, par Fust et Schoiffer ; il donne dans cet ouvrage des notices bibliographiques sur 6,311 imprimés, qui appartiennent aux premiers temps de l'art typographique. Ces traités sur l'origine de l'imprimerie furent suivis du Catalogue des 'manuscrits théologiques qui se trouvent dans la bibliothèque imrillriale à Vienne, en latin ou dans les autres langues usitées en Occi- dent. Ce savant répertoire fait suite au grand ouvrage de Lambechts. Le premier manuscrit dont parle Denis, est une Bible latine, transcrite par ordre de Radon, qui fut abbé de StVaast depuis 795-818. Parmi ces manuscrits il en troua un,du 1 2e siècle, qui comprend le recueil des Sermons de St. Augustin, dans le nombre desquels il y en a 25 qui n'avaient pas encore été publiés, pas même dans l'édition des bénédictins. Ce manuscrit avait autrefois appartenu à l'abbaye de StSéverin, à Naples ; il était probablement de ceux que l'empereur Charles VI se fit donner, pendant qu'il était roi des deux Siciles, par les abbayes et couvents de son royaume, afin d'en orner la bibliothèque de Vienne. Denis publia, d'après ce manuscrit, ses Sermons inédits. Dans son Introduction à la connaissance des livres, il présente la théorie de cette science avec de grands développements. Ces travaux bibliographiques suffiraient sans doute à la gloire de Denis ; mais d'autres titres le recom- mandent encore à la reconnaissance de ses com- patriotes, ce sont les services qu'il a rendus à la langue et à la poésie allemande. Dans la partie méridionale de l'Allemagne, il fut un des premiers qui s'appliquèrent à donner à la langue des formes plus douces, plus élégantes; à éclairer le goût dans l'étude des lettres et des sciences, et à perfectionner les méthodes de l'enseignement. « Je « commençai, racontetil luimême dans sa Bio « graphie, en publiant Les tableaux poétiques surles événements de la guerre ; ce pre « mier essai était sans doute bien imparfait , mais « c'était beaucoup que d'avoir fait le premier pas.» Se mettant audessus des craintes pusillanimes qui avaient jusquelà tenu enchaînés les esprits dans les États autrichiens, il osa enfin parler aux jeunes gens qu'il instruisait, de Klopstock, de Gellert, de Haller, d'Uz et d'autres savants qui.éclairaient et honoraient par leurs écrits la partie protestante de l'Allemagne; il mit entre les mains de la jeunesse des extraits qu'il avait tirés des meilleurs ouvrages modernes en vers allemands. Il publia pour elle ses Souvenirs, et les Fruits de ses lectures, ouvrages qui attestent encore plus le bon goût qui le dirigeait dans ses études que l'é- tendue de ses connaissances. Son Épitre à Klops- tock, et les louanges qu'il donnait publiquement aux poètes et savants protestants, excitèrent une vive sensation à Vienne. Les jeunes gens, velem' goût appelait à l'étude de la poésie, se rangèrent autour du Barde du Danube, comme il s'appela luimême. Il s'était fait un genre nouveau et entièrement à lui; cherchant à réveille': parmi ses compatriotes l'esprit des anciens Bardes, il avait pris Ossian et les anciens poètes scandinaves pour modèles. Au lieu des symboles mythoWgiques qu'employaient les poètes grecs et romains, il s'était attaché aux divinités du nord et aux emblèmes sous lesquels les mythes de cette région nous les ont représentées. Les mœurs pures, l'antique des premiers temps, la force, la valeur et la loyauté des anciens guerriers, voilà. les sujets qu'il aimait à présenter dans ses tableaux. 11 cherchait dans ses chants à imiter les transitions brus- ques, le style laconique et la majestueuse simpli- cité des anciens poètes septentrionaux. 11 fit le, premier connaitre Ossian en Allemagne, en le tra- , et ses OEuvres pos- thumes. Le premier comprend les poésies de Denis qui u'appartiennent point à la manière des Bardes, et que par cette raison il n'avait point voulu placer dans les éditions soignées par luimême, comme s'il les avait jugées indignes de lui. Dans le second ouvrage, on trouve les Commentaire' s sur sa vie, qu'il s'était proposé d'écrire en 5 livres. 11 n'acheva que les deux premiers, qui contiennent l'histoire de sa jeunesse et celle du temps qu'il passa dans la compagnie de Jésus, avant sa suppression. 11 aimait beaucoup les oiseaux, et il raconte un grand nombre de traits intéressants sur plusieurs de ceux qu'il avait apprivoisés. On lit dans le même ouvrage son testament, qu'il avait écrit de sa main, en allemand. Dans le paragraphe 3, il ordonna que son corps fût inhumé en On lui avait dounê ce 1)0D1 en rmersaut celui de Denis. Dans ses poesies sc;milinaves il se nomme toujours ou Sined, ou le Barbe du Danube. tier et sans qu'on s'y permit aucun démembre-« ment. » Ses exécuteurs testamentaires devaient, dans le cas où l'on ferait quelque tentative contraire à cette disposition, recourir aux autorités civiles. Il craignait, à ce que l'on pense, que son crâne fût remis au docteur Gall, à qui Alxinger avait, peu auparavant, légué le sien. Le morceau le plus remarquable dans les Œuvres posthumes dont nous parlons, est sans contredit le Temple des LEones , chanté par Denis, pendant lesderniè- res heures du 18e siècle. Ce chant du cygne avait déjà paru imprimé séparément, peu après la mort de l'auteur ; voici la marche de ce petit ouvrage Sous le pôle septentrional est placé le temple des 2Eones; là, ces vieillards, au nombre de soixanteneuf , assis chacun sur son trône, se livrent à un paisible et léger sommeil. Un centième hiver , ou un nouveau siècle s'était écoulé; les portes du temple s'ébranlent avec bruit ; les Eones se réveillent; un vieillard entre et s'avance slentenient, chargé d'années et de travaux. Arrivé près du trône qui lui est destiné, il prend sa place. Après quelques moments de repos, rompant le silence profond qui avait régné depuis un siècle dans ce séjour souterrain, il rend compte à ceux qui l'y ont précédé, de ce qu'il a vu et fait de re- marquable pendant les cent hivers qu'il vient de parcourir. Aussitôt qu'il a cessé de parler, les por tes du temple se ferment, les 2Eones s'endorment et toutes les avenues de ce lieu mystérieux sont de nouveau occupées pour cent hivers par le silence et par le sommeil. Denis avait vu entrer ce soixantedixième 2Eone; et en sortant du temple il nous raconte le discours qu'il lui a entendu te- nir. Ce chant séculaire est majestueux dans son ensemble, les détails en sont bien soignés. Il n'a été donné à aucun poète lyrique, ancien ou mo- derne, de terminer sa carrière d'une manière aussi solennelle. Denis mourut le 29 septembre le' neuf mois après son retour du temple des .Eones ; il était âgé de 74 ans. Conformément à ses dernières dispositions, il fut inhumé sans pompe, dans le cimetière de Huttelsdorf, à deux lieues de Vienne. 11 joignit une piété tendre et éclairée à un respect profond pour les vérités de la foi chrétienne; il ne cachait point l'attachement sincère qu'il portait à son ordre ; mais il repoussa toujours les insinuations de ceux qui voulaient lui faire prendre part à des projets chimériques pour son rétablissement; il fut toujours l'ami, le père et le modèle des jeunes gens dont il dirigeait les études. Voici le titre de ses principaux ouvrages, à la tète desquels nous plaçons sa bibliographie, et ens4e les poé- sies latines et allemandes. i° Bibliotheca typogra- phica Vindobonensis, usque 1560; Vienne, 1'782, Du mot grec ociWv qui signifie siècle. ' Les portes septentrionaux se servent toujours du mot hire,' pour designer une aunee révolue; cent hivers font us siecle. Les portes franciques des temps c.arleingiens avaient le même usage. en latin et en allemand ; 2° Annalium typo- graphicorum V. Cl. Michaelis Maittaire supplementum, Vienne, 1789, 2 vol. 3° Suffragium pro Johanne de Spira, primo Venetiarum typogra- phe, ib., 1791 ; 4° S. Augustini, Sermo- 1 ries inediti, ex membranis sec. I 2, Bibliot. Palot. Vindob., ib. ; 3° Codices manuscripti theo- logici bibliot. Pal. Vindob. Latini aliarumque Oc- cidentis linguarum, ib., 1793- 1194, 2 vol. . Les huit ouvrages suivants sont en prose allemande ; 6° Principes de la bibliographie, Vienne, 1774 ; 70 Fondements de l'histoire de la litté- rature, ibid., 1776 il refondit ces deux ouvrages sous ce titre : Introduction à la connais- sance des livres, Ite partie, Bibliographie, e partie, Histoire littéraire, ib., 1717, 1778 1795, 1796 et Bingen, 1782, 2 vol. ; 8° Objets remarquables de la bibliothèque de Ga- ' relli , Vienne , 1780 ; 9° Supplément à l'histoire de l'imprimerie à Vienne, ib., 1793,M-4"; 1 0. Fruits de la jeunesse du collège Thérésien, Vienne, 1771, 1773, 3' partie ; 11° Monu- ments de la foi chrétienne et de la morale, dans tous les siècles, Vienne, 1793, 1796, 3 vol. ; 120 Josepho Austriace Romanorum regi Viennam reduci ; 13° Cambre quadam, Vienne, 1794 . Les ouvrages suivants sont en vers allemands; 11° Re: eueil de petites pièces, tirées des petes modernes al- lemands, à l'usage des jeunes gens, Vienne, 1762 Augsbourg, 1766-1776, 3 vol. 13° Épi- tre en vers à Klopstock, Vienne, 1764 16° Tableau poétique des principaux événements militaires « 1Th: és en Europe, depuis l'an 1756, jusqu'en 1161, ib., 1760, 1761, 2 vol. et Augsbourg, 1768 17° Poésies d'Ossian, tra- duites de l'anglais, Vienne, 1768,, 1169, 3 vol. et 18° Deux odes sur le voyage de Jo- seph II, ib., 1769 et 1770 ; 190 Chants du Barde 0) C'est une dissertation dirigée contre le Quadro Critico- lipo- grafico dcll' abbate M. B. , publie à Venise, oit l'on soutenait que Jean.de Spire n'avait pas etc le premier imprimeur établi dans cette ville. A. Br. Cet ouvrage est en cinq parties, dont on forme 2 volumes. Les deux dernieres, formant le 2e volume, ne virent le jour qu'après la mort de l'auteuril avait laisse en manuscrit le 5,, volume. A. BT. Il n'existe point de traduction française de cet important ouvrage ;mais on peut consulter les extraits Kentias qu'on en trouve dans l'Esprit des journaux de MUS, avril, mai, 1779 ; mars, septembre, octobre, novembre , décembre 1780. A. BT. C'est une collection de pièces en vers et en prose, composées, I et lues en public par les élèves de Denis. A. B.T. Ces monuments sont au nombre de dixhuit, et traduits d'un auteur ehrerien de chaque siècle. Denis a encore donné en alternant tlu Catalogue systématique des Papillons de Vienne, 1776 P), ouvrage qu'il lit en societé avec Schiffermuller, son collègue au collee Theresien ; un Compte rendu en abrégé des contestations sur les vieilles chartes ou diplômes, 1785 etc. A. BT. Ou peut juger du talent , ib., 1782 21° Souvenirs, ib., 1794 22° Fruits de mes lectures, ib., 1797 23° Chants funéraires , des anciens petes bucoli- ques, traduits ; 24° OEuvres posthumes de Denis, Vienne, 1801
  • Michel DELWARDE ou DELEWARDE( 1650 - 1724) : historien, né en 1650 à Mons, après avoir terminé ses études, entra dans la congrégation de l'Oratoire et se consacra quelque temps à l'enseignement des humanités. De retour dans sa ville natale, il fut revêtu de divers emplois et enfin nommé, sous le titre modeste de prévôt, supérieur général des maisons de l'ordre en Flandre. Associant la culture des lettres aux devoirs de son état, il vécut dans la retraite, au milieu d'une bibliothèque choisie qu'il avait formée avec beaucoup de soin et qu'il légua par testament à ses confrères. 11 mourut à Mons, le 18 novembre 1724, à 74 ans, après avoir publié : l'Histoire générale de Hainaut, Mons, 1768, 6 vol. C'est encore la meilleure que nous ayons de cette province. Paquot lui reproche d'y avoir fait entrer trop de choses étrangères à son sujet; mais c'est un défaut qu'il est impossible d'éviter dans l'histoire d'un pays qui n'a joué qu'un rôle secondaire, et dont les intérêts se trouvent sans cesse mêlés à ceux des États voisins
  • Michel DARLUC( 1707) : médecin et naturaliste, naquit en 1707 à Grimaud, dans le diocèse de Fréjus. En terminant ses premières études, il fut attaché comme secrétaire à un prince allemand qu'il accompagna dans ses voyages; et cette circonstance lui fournit l'occasion de développer son goût pour l'histoire naturelle. Après avoir employé dix ans à visiter les différentes parties de l'Europe, il s'établit à Barcelone pour s'y livrer, en fréquentant les hôpitaux, à l'étude de la pratique médicale. Il vint ensuite étudier à Aix l'anatomie et la botanique, sous le célèbre Lieutaud , et à Paris, lachimie dont Rouelle donnait, depuis quelques années, des leçons trèsfréquentées. Riche de connaissances qu'il devait à des travaux assidus, il revint dans sa patrie exercer la médecine. Ses succès l'ayant bientôt fait remarquer, Mondai', procureur général au parlement, pour l'attirer à Aix, lui fit accorder, à son insu, la survivance de la chaire de botanique à l'université de cette ville. narine la remplit avec beaucoup de zèle, mais sans rien relâcher des soins qu'il devait aux malades dont il avait la confiance. Dans ses loisirs il rassembla les matériaux d'une histoire naturelle de la Provence, ouvrage qui lui coûta bien des recherches, des fatigues et des dépenses. Il en avait commencé la publication lorsqu'il fut affligé d'une cécité complète. Mais Gibelin, son confrère à l'Académie de Marseille, se chargea de revoir son manuscrit, qui était terminé. Darluc mourut en 1783. Outre un poème sur l'Inoculation, dont il était un partisan zélé, on a de lui : 10 Traité des eaux minérales de Gréoulx en Provence, Aix, 1777 Il en a paru une nouvelle édition, Paris, 1821 augmentée de plusieurs observations, par M. Doux. 2° Histoire naturelle de la Provence, contenant ce qu'il y a de plus remarquable dans les règnes végétal, minéral, animal et la partie géoponique, Avignon et larseille, 1782-86, 3 vol. Après avoir, dans un coup d'oeil général, indiqué l'étendue, les limites et les divers climats de la Provence, l'auteur, adoptant la division des diocèses qui lui a paru la plus commode, donne une description détaillée de tout ce que cette belle province renferme d'intéressant sous le rapport de l'histoire naturelle, de l'agriculture et de l'économie domestique. Ces récits sont suivis d'observations sur les moeurs des habitants, leurs occupations ou leur industrie, et de vues sur les améliorations qu'il serait possible d'introduire dans leurs usages, leur régime alimentaire, leur hygiène, etc. Parmi les savants compatriotes qui l'ont aidé dans ses recherches, il cite avec reconnaissance Bernard, sonsdirecteur de l'Observatoire à Marseille, le P. Berthier de l'Oratoire, et Grosson, qui lui avait communiqué d'excellents mémoires relatifs à la pèche sur les côtes de Provence. L'ouvrage de Darluc est celui d'un zélé patriote dans la véritable acception du mot, et il méritera toujours d'être consulté par ceux qui voudront connaître les productions et les ressources de ce beau pays
  • Michel DIAZ : né en Aragon, accompagna Christophe Colomb dans son second voyage au nouveau monde. Chargé en 1485 d'aller à la recherche des mines (l'or d'Hispaniola, il découvrit celles de la rivière d'Hayna, qui donnèrent de grau- des richesses. Quelque temps après, ayant dangereusement blessé un autre Espagnol, il s'enfuit avec quelquesuns de ses amis, et fut arrêté par l'embouchure d'un fleuve où était bâtie une bourgade dont les habitantsl'accueillirent. Une femme, (JUL les commandait, éprise d'amour pour Diaz, lui découvrit des mines d'or voisines, et lui proposa d'engager les Espagnols à s'établir sur ses terres. Diaz, saisissant cette occasion d'obtenir sa grâce, se présenta à Barthélemi Colomb, qui le suivit à l'embouchure du fletiv e , où l'on jeta les fondements d'une ville qui reçut le nom de Nueva- Isabelle ; mais elle le perdit pour prendre celui de Santo- Dorningo. Diaz fut le commandant de la forteresse. Lorsqu'en 1500 Bovadilla vint prendre le gouvernement de l'ile, Diaz, attaché aux Colombs, refusa de lui remettre la place, et se montra l'épée nue à la main sur les créneaux, pendant qu'on l'enlevait de force. Il partagea la disgrâce de ses protecteurs. Diego Colomb le donna en 1509 pour lieutenant au gouverneur de Portoflico. Diaz ne garda pas longtemps ce poste, et fut renvoyé prisonnier en Espagne. 11 eut le crédit de se faire rétablir eu 1:412; mais il mourut peu de temps après
  • Michel DIENEL( 1744) : menuisier allemand, né en 1744, à Friedersdorf près de Lanskron dans la haute Lusace, se distingua par un talent extraordinaire , pour la mécanique, et par une adresse singulière clans les travaux de son état. Parmi leschefsd'oeuvre sortis de ses mains, on distingue un modèle du tabernacle, du temple de Salomon, et de la ville de Jérusalem, morceaux travaillés avec une délicatesse inconcevable. Ce dernier ouvrage a été décrit par P. Knaia avec un grand détail. Le génie de cet artiste industrieux se lit encore plusremarquer dans trois machines astronomiques où, par le moyen de quelques roues, on voyait fidèlement représentés tous les mouvements des corps célestes. 11 y eu joignit une quatrième qui sans aucun engrenage représentait parfaitement le mécanisme des éclipses de soleil et de lune. P. Mirus a fait imprimer une description de ces chefsd'oeuvre de mécanique. L'artiste, qui n'avait jamais eu d'autre maître que son génie et son application, et ie secours de quelques livres, fut peu encouragé dans sa patrie, et se vit réduit à faire le tour de l'Allemagne en montrant ses machines, qui obtinrent partoutles applaudissements des amateurs instruits.11 mourut à Lunébourg le 31 juillet 1795
  • Michel DUCAS : historien grec, fut témoin dela chutede l'empire de Constantin\et a écrit l'histoire de sa décadence. Issu de Pillustre famille des Duns qui avait donné plu siei rs emperei L rs il Constant ionpie, il était à Éphèse lorsque Mahomet II s'empara de ritale de l'empire. Ducas se réfugia dans Pile 1 Lesbos, et fut employé par le commandant de ette île à quelques négociations auprès de Maho- net. Il dut tomber luimême au pouvoir des Tares, lui s'emparèrent de Lesbos en 1462, ou peut-être : litil du nombre de ces Grecs, qui, réfugiés en Ha- ie, y portèrent le goût des lettres et la connais- une° des anciens auteurs. C'est à cette époque que )ucas termine son histoire, qu'il commence au rè- nie de Jean Cantacuzène. Elle est précédée d'un .ourt précis chronologique depuis le commence- Tient du monde jusqu'à la mort d'Andronic le (feu le, en •1341. Cet ouvrage estimé, et que l'on pré- - 'ère à celui de Chalcondyle, fut inwrimé an Lou-'Te, en 1649, avec la traduction latine et les notes le Boulliau; il fait partie de la belle collection connue sous le nom d'Histoire Bizantine ; la version iatine a été traduite en français par le président Cousin
  • Michel DODSON( 1732 - 1799) : savant avocat anglais, né à Marlborough, dans le comté de Witt, en 1732, se distingua par la sagesse de son conseil, plus que par les qualités brillantes de l'orateur. On lui dut en 1716 une 2e édition perfectionnée et augmentée de l'ouvrage de Justice Foster, intitulé Rapport sur quelques procédures de la commission pour le jugement des rebelles du comté de Surrey, en 1746, etc.; en donna une 3e édition avec un appendix en 1792. 11 lit nommé en 1170 l'un des commissaires des banqueroutes, et occupa cette charge jusqu'à sa mort : son étude favorite était celle des saintes écritures ; il était membre d'une société instituée en 1183 pour propager l'étude de la Bible. On trouve dans les Commentaires et Es- sais publiés par cette société, quelques écrits de sa composition, entre antres des fragments d'Isaïe ".11, n'il avait traduits, avec des remarques. 11 publia en 1790 une traduction complète d'Isaïe avec clPs notes pour faire suite à celles du Dr Lowth, et des observations sur quelques parties de la tra- duction et des notes de ce savant éréque; par un laïque. On a encore de Dodson la Vie de sir Michel Foster, son oncle, qui a été réimprimée dans la nouvelle édition de la Biographia britannica Il mourut à Londres en 1799
  • Michel DORIGNY( 1617 - 1663) : peintre et graveur, né à 4Quentin en 1617, étudia la peinture sous Simon I Jouet, dont il devint gendre. llchercha toujours à à miter son beaupère dans ses ouvrages, mais il I esta beaucoup audessous; il devint cependant 1 brofesseur de l'Académie: Michel Dorigny a beau- .0up gravé à l'eauforte, surtout d'après les ta- bleaux de Vouet; on distingue entre autres, parmi ., es gravures, quatre sujets représentant l'Adora- Jon des Mages, d'après les peintures de la chapelle le l'hôtel Seguier; Mercure et les Graces; l'Enlève- nent d'Europe ; Vénus à sa toilette ; Vénus arra- liant les plumes de l'Amour ; Iris coupant les cite- 'eux de Didon, et plusieurs autres sujets de sa :omposition, ou d'après différents maîtres. En gé- iéral ses estampes sont dures, et faites sans goût. I ' 1 y a des peintures de cet artiste à Vincennes, et dans différents hôtels à Paris. François Mansard ayant proposé d'établir un impôt sur les arts, Dorigny publia en 1651 une estampe allégorique, connue sous le nnm de la Mansarde, au bas de la- quelle était imprimée une satire contre cet archi- tecte. 11 mourut à Paris en 1663, laissant deux fils, Louis et Nicolas
  • Michel DRAYTON : le roi Jacques, dont il s'empressa de célébrer 1'avé- 1 nement au trône; mais il eut dans la suite sujet de regretter ses vers. On le voit aussi, en 1625, à la tète d'un petit poème, prendre le titre. de poële lauréat; mais ce titre parait n'avoir été, à cette époque, qu'une espèce de politesse faite aux poètes distingués, de même que la couronne de laurier dont les peintres ornaient leurs portraits. Drayton mourut en 1631, et fut enterré à l'abbaye de Westminster, parmi les poètes de la nation. Outre le Poly- Olbion et les poèmes déjà cités,imprimés en I volume in fol., en 1619, on a de lui: I' un 2' volume de poésies, publié en 1627, contenant la Ba- taille d'Azincourt : les Infortunes de la reine Mar- guerite; Nymphidia, ou la Cour des Fées, poème grotesque, le meilleur qu'il ait fait ; 20 des Élé- gies, etc. ; I volume publié en .1630, intitulé l'Elysée des Muses, où se trouvent trois poèmes religieux : Noé, Moise, David et Goliath, etc. Drayton parait avoir été estimé pour sa conduite, et sinon pour son amabilité, au moins pour la droiture de son caractère. Ses plaintes contre les libraires sen- tent trop le genus irritabile vatum, et sont expri- mées dans un style qui n'est guère celui d'un auteur de pastorales. Au reste, s'il n'eut pas lieu de se louer des libraires de son temps, les libraires modernes l'ont vengé , hélas! à leurs dépens, en donnant de nouvelles éditions de ses oeuvres : l'une, imprimée en 1748 est complète seulement sur le titre, l'autre a paru en 1753, en 4 volumes L'oubli où sont aujourd'hui ces ouvrages a encouragé des auteurs célèbres à s'approprier les idées heureuses qui y étaient comme ensevelies. I. Un habile critique anglais a relevé de nombreux emprunts que Milton a faits A Drayton, et un autre écrivain a ajouté à cette énumération, dans plusieurs articles de l'European magazine, de 1786
  • Michel DUPERRAY( 1640 - 1730) : savant canoniste, né au Mans en 1610, fut reçu avocat au parlement de l'aris en 1661, et mourut en cette ville, en 1730, à nge de 90 ans. Il a publié plusieurs ouvrages esiniables par les recherches de l'érudition; mais les matières y sont dispersées avec trop peu d'ordre et le style n'en est pas agréable. Les principaux sont : 1° Questions et Observations sur le Concordat. Paris, 1722, réimprimées plusieurs fois. La dernière édition est celle de Paris, 1713, 3 vol. 2° Observations sur l'édit de la juridiction ecclésiastique, Paris, 1718 1723, 2 vol. 3° Traité des dispenses de mariage, Paris 1719 moins estimé que celui de VanEspen. Traiti; des portions congrues, des curés et vicaires perpétuels, Paris, 1688, 172.0, iii-12; 1739, 2 vol. 50 Traité des droits ho- nori figues et utiles des patrons, Paris, 1710, 1733,
  • Michel DURIT : avocat au présidial d'Orléans, sa patrie, mort en 1598, sans qu'on sache bien précisément l'année de sa naissance , est connu par un livre qui , dans le temps de la ligue, fit un certain bruit, et intitulé : Alichaelis Ritii optimus Francus, sive de fide gallica, ad Fran- e; scum Balzacum Antracium , Paris, Thiéri 1589 Cet ouvrage fut fait à l'occasion du meurtre des Guises. H obtint la même année les honneurs de la traduction, et parut sous le titre de la Vie d'Entrague le bon Français, ou de la fidélité des Gaulois Durit y fait de vifs reproches à François de Balzac d'Entragues, d'affaiblir les moyens d'une association dont il avait été l'un des premiers appuis. Il y a dans ce livre, dit le P. Lelong , des cir- constances curieuses qui appartiennent à l'histoire du temps, et qu'on ne trouve que là. P—D
  • Michel ENEMAN( 1676 - 1714) : né en Suède dans la ville d'Enkoeping en I e7 6, étudia la théologie et les langues orientales d'abord à Upsal et ensuite à Greifswald. En 170-4 il fut nommé secrétaire du consistoire établi par Charles XII près de l'armée suédoise, et il accompagna ce prince à Bender. Pendant quelque temps il fit les fonctions d'au- mônier de l'ambassadeur de Suède à Constanti- nople. En 1711 il entreprit aux frais du roi un voyage en Asie et en Égypte. Pendant qu'il parcourait ces contrées, Charles lui assura une récompense honorable en le nommant professeur des langues orientales à Upsal ; mais il mourut immédiatement après son retour en Suède, l'année 1714. La relation de son voyage en suédois ne fut publiée qu'e 1740 à Upsal. On a aussi de lui une dissertation latine : De saluts infuntum sinesbaptisino decedentium Christianorum oc Gentilium, Greifswald, 1706
  • Michel FÉBURE ou FÈVRE : Nous avons sous le nom de cet auteur divers ouvrages dont nous par lerons ciaprès. La Bibi. script. capuccinorum nous apprenti que ce nom est celui qu'a pris le P. Justinien de Tours, missionnaire, sans doute parce que sa famille le portait; mais cette bibliothèque ne nous indique ni l'époque de sa naissance ni celle de sa mort. On sait toutefois que cc missionnaire résida longtemps en Orient. Tels sont les seuls renseignements que nous ayons pu recueillir sur sa personne. Voici ses ouvrages : 1. Prœcipuce objectiones muhameticoe legis sectatorum adversus catholicos , earumque solutiones , Rome, 1679 ,Cet ouvrage a été traduit en arabe et en arménien, et ces traductions ont été imprimées à la Propagande , la première en 1680 , et la seconde en 691 ; Sperchio, orero descrittione della Turchia, ome , 1674, L'auteur traduisit luimême son ouvrage en français, et sa traduction , augtnentée de quelques chapitres, a paru sous le titre d'État présent de la Turquie, où il est traité des vies, moeurs et coutumes des Ottomans et autres peuples de leur empire, Paris , 1675 Il existe aussi une traduction espagnole et une allemande de cet ouvrage; Thédire de la Turquie , où sont représentées les choses les plus remarquables qui s'y passent aujourd'hui, Paris, 1682 on a fait un nouveau titre sous la date de 1688. La traduction italienne, faite probablement par l'auteur, a paru à Venise en 1684 , sous le titre de Teatro della Turchia. Michel Fébure dit dans sa préface : « Je n'écris « rien que je n'aye veu et observé moymesme le « plus exactement qu'il m'a été possible par l'es« paee de dixhuit ans, ou sceu par des personnes « trèsdignes de foi Je ne dis rien de mes « voyages en diverses provinces de l'empire otto« man, à sçavoir dans la Syrie, Mésopotamie, Cal« dée, Assyrie , Curdistan , Arabie déserte , Pales« tine, Judée, Caramanie, Silicie, Phrygie, Bytinie, « Natolie , Romanie , Chipres , Archipel , etc., ne « m'étant pas proposé de faire ici la description « des terres de la Turquie , mais seulement de « montrer distinctement l'état dans lequel elles se « trouvent à présent , et les quatorze nations qui « les habitent, etc. » L'auteur traite ici, même avec plus d'étendue , des mêmes matières que dans son Etat ( le la Turquie, et il s'attache surtout à montrer les vices de cet empire , les causes de sa prochaine décadence et les moyens de le détruire. Cet ouvrage est généralement exact et fort estimé. Beaucoup d'écrivains postérieurs l'ont copié, ou se sont trompés en s'en éloignant. La ebl. script. eapuc. attribue encore au P. Justinien un Catechismus sive doctrines christiana en arabe
  • Michel FERNO : savant littérateur du 15e siècle, était de Milan et devrait, suivant Argelati , tenir une place distinguée parmi les érudits précoces, pour avoir publié plusieurs ouvrages avant l'àge de vingtsix ans ; mais Argelati n'indique pas les productions de Ferno qui devaient lui mériter cet honneur, et mème il ne donne que trèsinexactement l'é- poque de sa naissance , puisqu'il se contente de ; mais du moins il est certain qu'il regardait Pomponius comme son maitre, et qu'il lui donna , dans diverses circonstances, des preuves de sa profonde admiration. Quoiqu'il fût à peu près sans fortune, Ferno recherchait avec empressement les manuscrits des bons auteurs, non pour les conserver dans son cabinet, mais pour en faire jouir le public. C'est ainsi qu'ayant trouvé dans les mains de son secrétaire une copie de l'opuscule de 1:clin° Sande° : Epitome de regno et , il fut si charmé de cet ouvrage, auquel la conquète du royaume de Naples par Charles VIII ajoutait un nouvel intérèt, qu'il s'empressa de le publier avec une lettre à PomponiusLoetus dans laquelle on voit que l'entrée des Français en Italie l'avait troublé dans ses études. Par la date de cette lettre, Mis aprilis 1495, on connaît celle de l'impression de ce rarissime opuscule, que de tous les bibliographes le P. Audiffredi seul a décrit avec exactitude dans le Catalog. libror. Roma,. impressor., 55i Si l'on en croit son biographe, Ferno s'était rendu trèsagréable au pape Alexandre VI; mais on ne voit pas que ce pontife ait rien fait ffl ACCPpliSSilrila , dit Argelati. pour sa fortune. Tous ses amis furent comme lui des savants et des érudits. Dans le nombre on rite Jacques Antiquario, qui chérissait Michel comme un frère, Lancine) Curzio, etc. Il quitta Roue vraisemblablement après la mort de PomponiusLœtus. En 1500 il était attaché comme simple clerc à l'église de Monza : depuis il fut pourvu d'un canonicat de la eath,:drale de Scala dans le royaume de Naples. Il mourut subitement et petitetre d'une manière violente en 1315 , àgé moins 50 ans. , précédée de la vie de l'auteur et enrichie Ale lettres 011 de préfaces placées à la tête des différentes parties de ce recueil. Elfes ont été réimprimées dans le Catalog. hiblioth. Smith.. p. . 2 On y apprenti que ce lut à l'invitation d'Antiquario que Ferno recueillit, à grands frais, les manuscrits de Campani pour les faire impKtner ; La Fie ou l'éloge de Pomponius- Loetus. Mansi l'a publié dans son édition (le la Biblioth. tnedioe et infime latinita- tis de Fabricins, t. 4, p. 6. C'est une Lettre à Antiquario, écrite peu de jours après l'événement on y voit quelle profonde impression produisit à Rome la mort de cet illustre professeur; 4" quelques vers latins disséminés dans les ouvrages de ses amis. Argelati cite plusieurs productions de l'erno restées manuscrites et dont quelquesunes, si elles eussent été publiées, auraient répandu un nouveau jour sur l'histoire littéraire de son temps
  • Michel ETTMULLER( 1644 - 1732) : naquit à Leipsick le 26 mai 1611. Après avoir étudié les langues savantes , les mathématiques et la philosophie d'abord dans sa ville natale, puis à Wittenberg, il revint à Leipsick, et se consacra entièrement à la médecine. En 1663 il obtint le baccalauréat, et la licence en 1666. Jaloux d'augmenter ses connaissances déjà très-étendues, il voulut avant de prendre ses derniers degrés visiter les pays les plus célèbres par l'éclat avec lequel les sciences y étaient cultivées. Il commença cet intéressant voyage par l'Italie, séjourna quelque temps dans les villes les plus remarquables de cette belle contrée , telles que Naples, Rome, Florence, Bologne, Venise, Padoue, Pise, Pavie, Milan et Turin. Ensuite il traversa les Alpes, se rendit à Paris , où il demeura sept mois; puis il passa en Angleterre, et de là en hollande. Son intention était de suivre pendant un hiver entier les leçons des savants professeurs de l'université de Leyde, lorsqu'il fut rappelé par ses parents à Leipsick, où il reçut le doctorat le syrien- demain de son arrivée, 20 août 1668. Ce titre fut l'avantcoureur de dignités nouvelles. L'académie des Curieux s, fils du précédent , né à Leipsick le 26 aoùt 1673, fit de bonnes études à Zittau et à Altenbourg. En 1692 il se rendit à l'université de Wittenberg, où il termina son cours de philosophie. Revenu à Leipsick en 169-1, il prit le degré de maitre ès arts , et se consacra ensuite à la profession que son père avait illustrée. Pendant trois années il suivit exactement les savantes leçons de Bohn , de Lange , de Pauli , d'Ortlob; puis il voyagea en .Allemagne, en Hollande et en Angleterre, et fut, à son retour, promu au doctorat. Bientôt Ettmuller reçut des témoignages publics de confiance et d'estime. Il fut nommé tour à tour professeur extraordinaire , puis ordinaire , d'anatomie, de chirurgie, de physiologie, de médecine, à l'université de Leipsick , médecin du lazaret , assesseur de la faculté , membre de l'Académie impériale des Curieux de la nature, dont il devint directeur en 1730. Ettmuller mourut le 25 septembre 1732 , et par conséquent il exerça la médecine pendant 33 ans. On voit avec surprise que, durant ce long espace de temps, il n'a pas composé un seul ouvrage considérable , quoiqu'il méritât par de grands talents les dignités dont il fut en quelque sorte comblé. Il se borna à recueillir soigneusement les oeuvres de son père , à insérer des mémoires dans diverses collections, et à fournir des matériaux pont. les thèses qui furent défendues sous sa présidence. Parmi ces thèses fort multipliées, qui lui sont assez généralement attribuées , il en est un petit nombre qui doivent étre signalées soit par l'importance du sujet , soit par la manière neuve ou ingénieuse dont il est considéré. Telles sont les suivantes : 1° Tacha sensunm externorum moderato?. , 169:i ; 2' Corpus humanum sympathetieum , 1701 ; De lectione auctorum in medicina , 1 702 ; 4° De medico mendace , 1709 ; De mgroto men- dace, 1710 ; 6° De tormentis et pœnis sustinendis , 1711; 70 De effectibus musicm in hominem, 1714 ; 80 De diligentia Hippocratis continuanda , 1720; 9. De diinalionibus medicis , 1723. Gottlob Frédéric Jenichen a publié : Programma in funere . 11ichaelis Ettmuller, Leipsick, 1732
  • Michel EYZINGER : autrement Aitsingerus, Eytzingerus, né en Autriche, fils d'un gentilhomme qui possédait des biens en Belgique , et qui était seigneur de Condé , Fraisnesurl'Escaut , etc., fut envoyé par lui , en 1553 , aux PaysBas , où il resta vingt ans. Si l'on en croit le savant Te-\Vatel' , il fut successivement conseiller des empereurs CharlesQuint , Ferdinand ler, Maximilien II, Rodolphe II. Nous ne savons sur quel fondement d'autres écrivains, tels que Jochers et Floegel , au lieu de cette fonction, lui donnent celle de fou de cour près du roi d'Espagne Philippe II , à moins que ce ne soit d'après quelques mots employés par Reyd, mais dans un sens métaphorique. Après avoir publié à Anvers , en 1579 , un ouvrage intitulé : Pentaplas regnorum mundi , il fit imprimer à Cologne , l'an 1583 , en 522 pages une histoire des troubles de la Belgique , avec ce titre : De Leone Belgico jusque topograpliica atque historida deseriptione , etc., vendu 6 florins de change chez Virdussen , en 1776 , et 59 fr. chez la Serna. Les planches de cet ouvrage , qui est rare et embrasse le temps écoulé entre les années 1559 et 1583 , sont trèscurieuses ; elles retracent les suites déplorables des guerres civiles , ainsi que l'aspect ancien des villes et châteaux des PaysBas. Un supplément , jusqu'à l'année 4596 , pa- rut dans cette ville , chez G. Kempensis. Ermens, dans son catalogue , marque une édition de 1585. Pars , dans son Indus Batavicus , en signale une autre de 1588. La Bibliothèque historique de la France dit que cet ouvrage a été poussé jusqu'en 160-5 , mais M. S. de Wind, auteur d'une Bibliothèque historique des Pays- Bas en hollandais , considère comme la plus récente celle qui porte le nom de François Hogenberg et la date de 1596 ; encore regardetil cette édition comme simplement rafratchie , et n'étant réellement que celle de 1588. Des éditions allemandes parurent également à Cologne , en 1584 , 1587 . François Hogenberg , dans la préface de l'édition latine supposée de 1596 , rappelle qu'Eyzinger a été cité par Henri Rauzovius , Rich. Dinothus , Florent Van Haren, Jans. de Dokkum. — Jacq. Lydius remarque que c'est Eyzinger qui a introduit le premier la coutume de donner à la représentation topographique des dix - sept provinces - unies des Pays Bas la forme d'un lion. Quant aux opinions de cet auteur , on peut en juger par ce qu'il dit de Balthasar Gérard , l'assassin de Guillaume Ier , prince d'Orange : Captus est nobilis ille Balthasar carnificibus ipsis tant prœsentem animum , hilaremque rultum contuentibus , anqelicam polius quem humanam naturam invaluisse videbatur. Il est certain que Gérard , tout criminel qu'il était , montra dans les tourments un courage surhumain. — On a encore d'Eyzinger : Thesauri principum bac œtate in Europa viventium pamlipomena , quibus Bavarica , Turcica , Anglica , Belgica et Bohemica , imperatorum , regum , ducunz , marchionum , comitum aliorumque Europœ procerum algue heroum stem- mata continent'''. , Cologne , 1592 Sax cite encore l'ouvrage suivant , qui n'est qu'un supplément au Leo belgicus , en allemand : Jœhriche Geschichtsbeschreibung von auuo 1589 bis , •599 , Cologne , 1594 , , deux parties. On peut consulter sur cet auteur M. Dodt Van Flensburg , dans son traité , en hollandais , sur les écrivains étrangers qui ont écrit sur les troubles des PaysBas , p. 54- 40 , et dans le Kunst en Letterbode , 1831 , deuxième partie , p. 492. Le Thuana ne porte pas un jugement trèsfavorable d'Eyzinger , et va même jusqu'à appeler son livre une sotte et grotesque histoire. 11 est vrai que les lignes qui suivent corrigent la sévérité de cette sentence
  • Michel FOURMONT( 1690) : frère du précédent, né à lierbelay le 26 septembre 1690, perdit son père à trois mois, sa mère à cinq ans, et fut recueilli par un parent qui ne put lui donner que les pre- et mémo les ciels chinai', et 116). li- iers éléments de l'éducation vulgaire. Le défaut absolu de fortune l'obligea de se placer chez un de ses oncles , qui était procureur fiscal. 11 y fit la connaissance de Bret, frère du premier prési?ent au parlement de Provence, qui tourna son esprit à la dévotion et lui persuada assez indiscrètement d'aller s'ensevelir en Anjou , dans Fermitage des Gardelles . Fourniont eut la constance de demeurer huit ans au milieu d'eux; enfin les affaires de leur maison l'ayant appelé à Paris, il s'arrangea avec ses soeurs pour sa légitime et reçut en payement de son frère , pour sa part , des leçons de latin et de grec. Son application, sa ténacité, surmontèrent en peu de temps tous les obstacles. Il se permettait à peine quelques heures de sommeil , et, non contentde ce que lui enseignait son frère, il parvint à son insu à posséder le syriaque et l'hébreu Le hasard divulgua son secret. On discutait devant les deux frères un passage hébreu fort obscur ; le plus jeune dit étourdiment qu'il n'y voyait aucune difficulté. Étienne, surpris, lui met entre les mains le livre, pensant le confondre; mais, à son plus grand étonnement , Michel explique le passage de la manière la plus satisfaisante. A cette époque il prit l'habit ecclésiastique, se logea au collège d'llarcourt et eut à son tour des écoliers. Sa réputation s'étant étendue, le roi de Sardaigne lui fit proposer une place de professeur à Turin. Michel la refusa pour ne pas quitter sa patrie, et en 1720 il obtint la chaire de syriaque au Collége royal. Il joignit aux leçons de cette langue celles de l'éthiopien, que personne encore n'avait enseigné publiquement. Peu de temps après Bignon l'attacha comme interprète à la Bibliothèque du roi, et le gouvernement l'adjoignit à son frère dans ses travaux sur la langue chinoise. Il aida ce dernier à déchiffrer le manuscrit tibetain dont il a été parlé dans l'article précédent. L'Académie des inscriptions lui ouvrit ses portes en 179.i , et quatre ans après Louis XV , qui voulait envoyer des savants en Orient pour y recueillir des manuscrits, fit choix de lui et de l'abbé Sevin. Trois bénédictins, entre autres dom Vincent Thuillier, s'étaient offerts; mais on < i> leur préféra les deux académiciens. L'abbé Fourmont se rendit à Constantinople et de là parcourut la Grèce et l'Archipel. Son voyage avait un double but, d'acheter des manuscrits et de recueillir des inscriptions. Sa moisson < i> fut abondante; il trouva dans Athènes une liste des tribus, des prytanes, des archontes et des bourgades de l'Attique ; une ordonnance des archontes sur le prix des denrées, sur les étoffes et les mesures; un décret des amphictyons, rendu sous l'archontat d'Ilippoilamas et relatif à un traité de paix par lequel les principales cités de la Grèce s'obligeaient à retirer leurs garnisons des villes sous leur protection : ce décret, cité par , la < i> Relation de son voyage., < i> l'Histoire d'une révolution arrivée en Perse au sixième siècle; et dans les Mémoires, une < i> Dissertation pour prouver qu'il n'y a jamais eu qu'un Hercure, et une semblable < i> sur Vénus. Ces sortes de discussions ne sont, à bien dire, que des disputes de mots. Sans doute il est possible de réduire à deux types principaux la plupart des divinités de l'Égypte, de la Grèce , de tous les peuples du monde; mais leur polythéisme a néanmoins pour but les modifications réelles et nombreuses de ces types que fournirent à l'imagination de l'homme leurs diverses qualités, leurs divers emplois , les aspects variés sous lesquels on peut les considérer; et le mémoire de Larcher, quoique nullement explicatif, a suffisamment prouvé combien ces modifications ont été nombreuses dans le seul type de Vénus. Au tome 5 on trouve un , traité de < i> l'Origine et ancienneté des Éthiopiens en Afrique; au tome 9 des < i> Remarques sur une inscrit.> < i> lion grecque ; au tome 14 une < i> Explication de la fable d'Orion. Fourmont partageait les opinions de son frère sur la mythologie. Il rapporte cette fable à l'histoire sainte et veut prouver que les Grecs l'avaient empruntée des Phéniciens. Au tome 15 sont des < i> Remarques sur trois inscriptions grecques. On en trouve d'autres < i> sur une inscription phénicienne dans les Mémoires de l'Académie de Cortone
  • Michel FOSCARINI( 1632) : sénateur vénitien et l'un des historiographes de cette république, naquit en 1632. Il n'avait que dixsept ans lorsqu'il perdit son père , qui laissait plusieurs fils dont Michel était l'aîné; il perdit aussi sa mère deux ans après, et resta ainsi à dixneuf ans à la tète de sa maison. Dès la fin de l'année suivante, il fut un des jeunes patriciens élus à la boule d'or . Foscarini entra luimême dans les charges en 1657. Après en avoir rempli successivement plusieurs, où il fit voir autant d'équité que de talents et d'éloquence, il fut nommé en 1662 l'un des avogadors de la république . En 1664 il fut fait gouverneur de l'île et de la ville de Corfou, avec le titre de provéditeur et de capitaine. De retour à Venise quatre ans après, il fut graduellement revêtu des dignités les plus honorables et dont l'exercice exigeait la réunion des qualités les plus rares. L'historiographe Battista Nani étant mort en 1678, le conseil des Dix jeta les yeux sur Foscarini pour continuer à sa place l'histoire de la république de Venise, commencée par le cardinal Bembo, et qu'après lui d'autres historiens, dont Nani était le dernier, aussi nommés par le intime conseil, avaient conduite jusqu'à la fin du fameux siégé de Candie en 1669. Au milieu des graves occupations que lui donnait le service de la république , il ne cessa point de s'occuper de la tâche importante qu'on lui avait confiée ; il avait rédigé sept livres de son histoire, qui s'étendent jusqu'en 1690, lorsqu'il fut attaqué d'un mal subit qui l'emporta en moins d'une heure, le 51 mai 1692. Il avait été reçu dès Le 4 décembre de chaque année, le doge en personne, on en son absence le doyen des conseillers , tirait publiquement au sort les noms de trente jeunes nobles, âgés de vingt et un ans, afin qu'ils pussent avant l'âge fixé par les lois, qui était celui de vingtcinq ans accomplis, concourir par leur vote dans le grand conseil , à l'élection des magistrats et des employés publics. Cela se faisait avec des boules, les unes blanches , les autres jaunes, tiu'on appelait boules d'or. Ceux dont le nom sortait de la liste en ini‘,me temps que l'on tirait une des boules jaunes, étaient, comme on disait à Venise , élus à la boule d'or. Et;pèce de censeurs ou d'accusateurs publics, chargés de veiller au maintien des lois, comme les tribuns l'étaient à Rome de veiller au maintien de la liberté. a première jeunesse, de l'Académie des Incogniti. - armi les différents morceaux qu'il avait lus sont eux Nouvelles, imprimées dans la 3. partie des Nordic morose degli accademici Incogniti, Venise , 1651 n'avait alors que dixneuf ans. Deux ans après parut à Venise l'ouvrage latin de Caramella, divisé en deux parties : l'une intitulée Sacra purpura, contenant les éloges des cardinaux alors vivants; L'autre, sous le titre de 'fuselait illustriorum poetarum, qui ad hoec asque tempora latino carmine scripserunt. Cette seconde partie était publiée avec des notes de Michel Foscarini. Chacun des pores latins n'était célébré dans l'ouvrage que par un distique ; Foscarini avait ajouté à chaque distique une courte note sur la personne, la vie et les ouvrages du porte. Mais c'est à son Histoire de Venise qu'il doit surtout sa renommée. Son frère, Bastien Foscarini, la fit paraître chez Combi et Lanou, à Venise, 1696, grand Les mêmes libraires en donnèrent une seconde édition aussi 1°, mais plus petit, en 1669 ; enfin elle a été réimprimée dans la Collection des historiens de Venise, dont elle forme le dixième volume, 1722, grand L'auteur n'eut pas le temps d'y mettre la dernière main : aussi n'estelle pas écrite avec l'élégance d'un ouvrage fini, et même quelques endroits ne paraissent qu'ébauchés; mais le style en est généralement grave, noble, et l'on pourrait dire sénatorial, sans enflure et sans trop de familiarité. Elle occupe dignement sa place dans cette longue chaine historique, qui est revètue d'une grande authenticité, puisqu'elle est tirée des archives mènes du sénat, et rédigée sous ses yeux par des sénateurs de son choix , niais de laquelle on pourrait dire cependant et pour ces mêmes raisons qu'elle est plus authentique que sincère
  • Michel FRIEDLANDER( 1769 - 1824) : médecin allemand, né à Koenigsberg en 1769, était neveu du savant dont l'article précède. Après avoir étudié sous Euchel, sous Kant, Krause, Ilager, Schulze, il parcourut l'Allemagne , l'Angleterre , la hollande, l'Écosse , l'Italie et la Russie. En 1800 il vint se fixer dans la capitale de la France, où il exerça d'une manière distinguée la profession de médecin, et il eut l'honneur d'y compter parmi ses clientes madame de Staël. L'usage de la langue française lui était devenu trèsfamilier; il la parlait et l'écrivait également bien. Placé en quelque sorte sur les limites du monde français et du monde germanique, il eut toujours en vue d'établir une communication entre les deux peuples. C'est dans ce dessein qu'il fonda avec Pfall les Annales françaises d'histoire naturelle, de physique, de chimie, Hambourg et Leipsick, 1805, et qu'en revanche il chercha dans tous ses ouvrages français à naturaliser la connaissance des méthodes allemandes. 11 coopéra dans les années 1812 et 1815, aux Annales d'éducation, publiées par M. et madame Cuizot; puis à un ouvrage du nième genre, publié en allemand par le prédicateur Hufnagel , de Francfort. Les articles qu'il avait composés pour le recueil de M. Guizot ont été réimprimés en un volume sous ce titre : de aducation physique de l'homme, Paris, 1814 Le docteur Friedlander a donné quelques notices dans la Biographie universelle, notamment celle de son célèbre compatriote et coreligionnaire Mendelssohn, et quelques articles dans le Dictionnaire des sciences médicales. Il était correspondant de plusieurs sociétés de médecine de l'Allemagne, particulièrement de celle de Munich. Il mourut presque subitement à Paris, en septembre 182i. On a encore de lui : Observations JUP mortalité considérée sous ses différents rapports. De nombreuses tables des rapports de la mortalité aux différents tiges de la vie, dans les diverses professions et les divers climats, servent d'appui, contient une Lettre critique, par Friedlander, sur l'état actuel du magnétisme en Allemagne, ou plutôt dans quelques contrées de ce pays qu'il avait visitées, L'Institut magnétique de M. Wol fart, professeur à l'université de Berlin , est l'objet principal de cette lettre
  • Michel GEDDES : théologien anglican , né en Écosse, passa en 1671 de l'université d'Édimbourg au collége de Balliol à Oxford. En 1678, il alla résider à Lisbonne en qualité de chapelain sur l'histoire civile et ecclésiastique, 3 vol. publiés successivement en 1702 , 1711 et 1750. On ne sait point la date exacte de sa mort, arrivée avant l'année 1711
  • Michel GERMAIN( 1645) : bénédictin, né à Péronne en 164i, accompagna dom Mabillon dans ses voyages en Allemagne et en Italie, et fut trèsutile à son savant confrère pour la collation des manuscrits et l'explication des monuments qu'il avait le projet de publier . U eut part aussi à son Traité de diplomatique, et lui fournit plusieurs pièces pour les Actes des Saints de l'ordre de St- Benoit. L'excès du travail abrégea ses jours; il mourut en 1694 à l'abbaye de StGermain (les Prés, à 49 ans. On a de lui : 10 Commentarius de antiquis regum Francorum palatiis. C'est le quatrième livre de la Diplomatique de Mabillon : il y nomme jusqu'à cent soixantetrois maisons royales; et les discussions auxquelles il s'est livré pour en fixer la position répandent un grand jour sur la topographie de la France dans le moyen âge. D. Martène a publié des additions à cet ouvrage dans la préface de la Collectio veterum scriptorum. 2" Histoire de l'abbaye royale de Notre- Daine de Soissons, Paris, 1675 Elle est intéressante, et on trouve à la fin un grand nombre de chartes et de bulles en laveur de cette abbaye, dont la fondation est attribuée à Ebroin , maire du palais. 3" Monasticon gallicanum , seu historia? monasteriorum ordinis S. Benedicti in compendium redactœ , coin tabulistopographicis centum et octoginta manasteriorum. Cet ouvrage, que l'auteur n'eut pas le temps de terminer, était conservé dans la bibliothèque de StGermain des Prés. On en a inséré des extraits dans la Gallia christiana. Ws.
  • Michel GIRARDI( 1731 - 1797) : anatomiste et physicien d'Italie, mort le 17 juin 1797 , était né le 30 novembre 1751 , à Limone uli Benaco, dans le territoire brescian. Il vint commencer ses études à Biescia , et alla les achever dans l'université de Padoue. Jeune encore, il publia en latin un opuscule sur le fruit qu'on appelle raisin d'ours . dont il regardait le suc comme trèsefficace pour lal guérison de la gravelle ; et il s'occupa beaucoup de cette maladie. Il combattit ensuite l'inoculation. dont la découverte était récente : on lui répliqup tant en France qu'en Italie. Son repos en fut troublé; mais sa modération ne s'en altéra point. Choisi pour remplacer le savant Morgagni dans la chaire d'anatomie de l'université de Padoue, il la remplit avec tant d'éclat, que l'université de Parme , alors trèsflorissante, désira l'avoir.pour professeur de la mène science. L'Académie de l'institut de Bologne se l'associa , et il fut ensuite agrégé à la société italienne des sciences, ainsi qu'à la société royale de Madrid. Des accès de goutte vinrent contrarier son ardeur pour le travail ; néanmoins , quelque douloureuse que cette maladie devint pour lui, il se rendit à la demande que Spallanzani, lui avait faite de s'occuper de recherches anatomiques particulières, sur l'ouïe des chauvessouris. Girardi, en les disséquant, reconnut que leur faculté d'entendre avait une perspicacité et une délicatesse plus exquises que ne l'ont ceux méme des autres animaux en qui cet organe passe pour étre le plus parfait. La dissertation où il exposa cette découverte est restée inédite, ainsi qu'une autre non moins curieuse intitulée Os- servazioni riguardanti le nova delle pollanche, e gli organi insmienti alla generazione nei galli e nelle galline. Les ouvrages imprimés de Girardi sont •" De tira ursina. Padoue, 176t fig.; 2. Let- tera sut ritorno del vajuolo dopa l'insert , Padoue, 1766 ; 30 Illustratio tabularum Joannis Dominici Santorini, Parme, 1775 ; magnifique édition tant pour les planches que pour l'impression, et dans laquelle , aux tables de Santorini , Girardi en a ajouté deux autres , formées par Covoli , et deux nouvelles, faites par luimène; 4" Saggio di osserva- zioni ana tomiche intorno agli ou- gain della respirazion e degli uccelli, dans le tome'2 de la partie deuxième des Memorie della societa italiana ; 5. Saggio di os- servazioni anatomiche intorno agli orgaui elettrici della torpedine ; 6. Osservazioni e ri- flessioni sulla tonaca vaginale del testicolo ; 7. De origine nervi intercostalis , dissertatio, Florence, 1791. L'abbé Rozier en donna un fort bon extrait en français dans son Journal de physique, en septembre 1792. 8. Prolusione suite case anatomiché, Parme, 1781 . En imprimant ce discours d'ouverture pour les études de sa classe, Girardi girajouta des notes précieuses, dans lesquelles il confirma par ses propres expériences celles de Fallope et d'Albinus sur la manière de faire renattre les dents, et il traita la question du prétendu hermaphrodite que l'on croyait voir en France dans MichelleAnne Drouart, de Paris : prouva que le sexe féminin était prédominant dans cet individu
  • Michel GIUSTINIANI( 1612) : littérateur italien , naquit à Gènes le 10 avril 1612, d'une famille patricienne qui se vantait de descendre des anciens souverains de file de Chio. Il fit ses études sous la direction de Barthélemi Giustiniani, son cousin , évèque d'Avellino , et se rendit ensuite à Rome pour y prendre ses degrés en droit. Destiné à l'état Le Diclionnaire universel fait Vincent Giustiniani de la même famille que le B. Laurent, patriarche de Venise. C'est une grave erreur. On ne l'aurait cependant pas relevee, si elle ne se retrouvait dans la Bloy rafla univer sale, t. 25, p. 178. , le choisit pour son grand vicaire ; et après la mort de Decio, le pape Innocent X le chargea de l'administration du diocèse pendant la vacance du siége. Son goût pour la retraite lui fit refuser tous les emplois; retiré à Rome il y partagea son temps entre ses devoirs et la culture des lettres , et mourut vers 1680. Il laissa en manuscrit quarantequatre ouvrages dont on trouvera la liste dans la bibliothèque napolitaine de Toppi , t. 4er p. 115. Parmi ceux qu'il a fait imprimer et qui sont en grand nombre, on se bornera à citer les principaux 1" La Vie , en italien , de Barthelemi Giustiniani, évêque d'Avellino , à la tète d'un recueil de Son- nets de ce prélat; et celle du père George Giustiniani, jésuite, audevant de ses OEuvres spirituelles; : 2. Dell origine della madona di Constantinopoli , o sia d'Istria , e delle di lei pretese traslationi libri due, Rome, 1657 3" Costitutioni Giustiniane ecclesiastiche , istrutiive e precettive , Avellino , 1658 C'est le recueil des règlements et statuts publiés par les différents prélats de la famille Giustiniani. 4" La Scio sacra del rito latino , ibid., 1658 ; 5" Historia del contaggio d Avellino , Rome , 1662 C'est la description de la peste qui ravagea la ville d'Avellino pendant les années 1656 et 1657. 6" De' vescovi et de' governa- lori di Tivoli libri due ; imprimés à la suite de P His- toire de cette ville par François Marzi, Rome, 1665, 4°, 70 Gli scritori Liguri, parte prima , ibid., 1667 rare. La seconde partie est res- tée manuscrite : c'est la bibliographie des écrivains de la côte de Gènes ; Tiraboschi dit qu'elle aurait besoin d'être refaite et corrigée soigneusement. 8" Lettere memorabili, Rome , 1675, trois parties ; Naples , 1683, 2 vol
  • Michel GLYCAS : historien byzantin , habitait en Sicile , et vivait au 15e siècle selon quelques critiques , mais l'opinion commune le place au12.. Le savant C. G. Walch , qui a inséré dans les Mé- moires de l' Académie de Goettingue , une dissertation spéciale sur cet objet, finit par laisser indécis ce point de chronologie. Glycas composa en grec des Annales qui traitent de ce qui s'est passé depuis la création du monde jusqu'à Alexis Comnène, mort en 1118. Cette chronique est encore consultée avec fruit, nonseulement pour quelques faits historiques, mais encore pour des notions qui servent à l'intelligence des livres de la Bible et qu'il a tirées d'auteurs que nous n'avons plus. Leunclavius, qui publia en latin cet ouvrage , y ajouta une cinquième partie qui conduit jusqu'à la prise de Constantinople. Meursius donna une partie du texte grec , d'après un manuscrit d'André Schott qui attribuait ce fragment à Théod. Metochita, et y joignit une version latine et des notes , Leyde, 1618 Enfin l'ouvrage entier, grec et latin, fut publié par le P. Labbe, Paris, 1660 Cette édition , qui est la plus complète et la seule qui soit recherchée, fait partie de la Byzantine. Glycas est encore auteur de plusieurs Lettres qui sont instructives et curieuses. La plupart roulent sur des matières théologiques. On en trouve quatrevingttreize dans un manuscrit de la bibliothèque royale de Turin; J. Lami n'en a publié qu'un petit nombre , d'après un manuscrit de la Ricardiana, qui n'en contient que quatorze. C.F. Matthi en a aussi publié quelquesunes d'après un manuscrit de Moscou , Leipsick , 1777 C
  • Michel GODEAU( 1656 - 1736) : né vers 1656, professait la rhétorique au collége des Grassins en 1684, et fut recteur en 1714. Il fut aussi curé de StCôme. Se Itrouvant impliqué dans les affaires du jansénisme et dans l'opposition de la faculté des arts à la bulle Unigenitus , il fut en 1736 exilé à Corbeil, quoiqu'il eût alors quatrevingts ans ; et il moule rut le 25 mars de la méme année. 11 est auteur des ouvrages suivants : 1. Abrégé des maximes de à> la vie spirituelle, recueilli des sentiments des Pères et traduit du latin de D. Barthélemy des Martyrs , Paris, 1699 Dans l'Histoire de l'Académie française par Pélisson, cette traduction est attribuée à M. Godeau, évèque de Vence. Il n'y a de ce prélat dans l'ouvrage que l'éloge de dom Barthélemy des Martyrs. 2° De l'amour de Dieu, traité de St- Bonaventure, Paris, 1712 ; 3° une grande partie des poésies de Boileau, mises en vers latins et réunies en un recueil sous le titre : . Les bibliophiles auraient droit de nous reprocher d'avoir négligé cette occasion de faire connaître à nos lecteurs un ouvrage de Godeau qui paraît n'avoir pas été connu des historiens de l'Académie française, d'ailleurs fort exacts pour le temps. C'est un livre intitulé Prières et méditations , par Antoila, Godeau, Paris , 1643, qui n'a jamais été tiré qu'à six exemplaires, et qui fut imprimé polir l'usage de la reine de France Anne d'Autriche. Perillustris viri Nicolai Boileau Despréaux opera e gallicis numeris in latinos translata, Paris , 1737 Les pièces traduites sont le Discours au roi, les douze satires , les douze épîtres, les quatre chants de l'Art poétique. Il avait aussi , diton, traduit le Lutrin , mais cette traduction ne fait pas partie du recueil. Si l'on en croyait l'auteur de l'approbation , Boileau se serait reconnu dans cette version et aurait moine trouvé que l'expression latine rendait quelquefois mieux sa pensée. D'autres sont d'un sentiment bien opposé. Ils disent que Godeau a moins traduit Boileau qu'il ne l'a travesti ; et suivant eux, « le Virgile de « Scarron approche plus de l'Enéide , que la tra« duction de Godeau de son original ; » jugement qu'on peut croire également exagéré des deux côtés. On trouve dans le même recueil la traduction latine de deux pièces en vers français, de l'abbé de Villiers, et à la tête un petit poème de l'abbé de Lavarde , en vers hendécasyllabes, intitulé Umbra Godelli ad s'atm librum. 4° Traduction en vers saphiques de l` ode de M. Roi sur l'étude, et quelques autres pièces de poésie, les unes imprimées, les autres restées manuscrites et aujourd'hui sans intérêt
  • Michel GONFREY( 1633) : né à StLô , vers 1635, fit ses études à Caen. 11 annonça dans sa jeunesse de grandes dispositions pour la littérature , et particulièrement pour la poésie : ses vers latins sont trèsestimés; on en trouve dans les recueils du Pa- linod de Caen, institution littéraire semblable à celle des jeux floraux , et qui contribua beaucoup à développer ses talents , comme ceux de M'altilâtre et d'une foule d'autres poètes normands. Mais, obligé de consulter plutôt la raison que son goùt, Gonfrey se porta vers l'étude des lois, dans laquelle il eut également des succès. Le parlenient de Rouen , par un arrèt du 7 septembre 1658 , lui adjugea , sur de nombreux concurrents une chaire de droit dans l'université de Caen. Il en devint recteur à l'âge de trente ans. La jurisprudence ne lui fit jamais abandonner les belleslettres, qui avaient fait ses premières et ses plus agréables occupations. 11 était cousin germain de l'abbé de StMartin , homme singulier qui , dans son temps , se rendit fameux par ses ridicules . Gonfrey fut un de ceux qui contri- buèrent le plus à le mystifier. Il mourut le 2.6 février 1696, àgé de 63 ans
  • Michel GUY DE TOURS( 1551) : poëte français, né en 15b1 dans la capitale de la Touraine, était fils d'un conseiller au présidial de cetteville. D'après les intentions de son père , il étudia le droit et se fit recevoir avocat au parlement; niais il fréquenta peu le barreau , ne s'employant, comme il le dit luimême : Qu'A soutenir au parquet La défense d'un pauvre homme Que quelque avare consomme Pour moins d'un petit bouquet. Son penchant l'entraînait vers la culture des lettres ; ruais , n'ambitionnant point une réputation , il ne quitta sa province qu'à de longs intervalles et pour fort peu de temps. C'est à Paris qu'il fit imprimer ses Premières oeuvres poétiques et soupirs amoureux, 1598 Ce volume , dédié à monseigneur le grand écuyer de France, est divisé en cinq livres qui portent les noms de quatre maîtresses imaginaires dont il célèbre les charmes et déplore les rigueurs. Le second et le troisième livre renferment les Sonnets en faveur de son Anne. Guill. Colletet, dans ses Vies des poètes français, l'a raillé fort agréablement sur le choix d'un nom qui prète tant à l'équivoque. A la suite des poésies amoureuses est un livre de Alélanyes, qui contient quelques imitations des lléroïdes d'Ovide , la traduction de l'épisode de Cacus , celle de plusieurs sonnets de Pétrarque, de divers morceaux de l'Arioste , et enfin , sous le titre de Paradis d'amour, l'éloge des plus belles dames de Tours, en huit cent cinquantequatre vers. Cette pièce est la plus étendue du recueil. L'auteur ne manque ni de facilité, ni de naturel et d'harmonie ; mais Colletet va , ce semble , beaucoup trop loin , quand il dit que plusieurs de ses sonnets « ont des beautés que toute la Grèce eùt approuvées et dont Anacréon . Barbier, dans son Examen critique des dictionnaires, donne à Guy un article extrait de sa vie par Colletet; il est inexact et incomplet. Celui de Chalmel , Biographie de la Touraine, p. 228-32, quoique diffus,. est beaucoup meilleur. On a profité de l'un et de l'autre pour la rédaction de cette notice
  • Michel HEBERER : voyageur allemand, né à Bretten, dans le bas Palatinat, était par sa mère petitneveu de Mélanchthon. Il fit ses études à Wittenberg, à Heidelberg, et fut, pendant trois ans, précepteur d'un jeune seigneur suédois. Lorsque son élève l'eut quitté en 1582, Heberer voulut voir les pays étrangers, et il partit avec une famille française qui retournait en Bourgogne. Il poussa ses courses jusqu'à Paris , assista en 1584 aux grands jours de Troyes, puis ayant pris congé de ses protecteurs, qui lui donnèrent des lettres de recommandation, il alla s'embarquer à Marseille. H bite à Malte en mai 1585. Bientôt il s'embarqua sur une flotte de galères, qui devait croiser contre les Turcs, et vit les côtes de Tunis et de Tripoli. On fit des prises, on délivra des prisonniers chrétiens, on mit en fuite des vaisseaux ennemis. On était venu près des côtes d'É- gyptc, lorsque, dans un combat trèsvif, Heberer et quelquesuns de ses compagnons sautèrent à bord d'une grosse galère turque qu'on avait prise à l'abordage. Ils étaient occupés de faire passer une partie de leurs prisonniers et de leur butin dans une chaloupe : tout à coup on signale une escadre ennemie bien supérieure en force; les galères maltaises prennent le large ; les Turcs les poursuivent en vain , mais ils donnent la chasse à celle des leurs qui était au pouvoir des chrétiens, et qui au bout de dix jours, tourinenVe par le gros temps, les vents contraires et le manque d'eau, fut abandonnée. Les chevaliers et quelques hommes se jetèrent dans des canots pour échapper au danger; d'autres s'emparèrent de pièces de bois à l'aide desquelles ils gagnèrent la côte voisine. Heberer fut du nombre de ces derniers. Il aborda dans les environs d'Alexandrie ; le lendemain , il fut, ainsi que ses compagnons, découvert par des Bédouins qui les con- duisirent à la ville, où on les mit aux fers. Heberer, réduit en esclavage, fut employé au Caire à porter des matériaux pour des bâtisses; de là il fut obligé de transporter des marchandises à Suez , puis ramené au port d'Alexandrie, où, attaché au banc d'une galère, il tint la raine pendant trois ans. Il fit ainsi plusieurs campagnes le long de la côte de l'Asie mineure , dans l'Archipel , à Constantinople et sur la nier Noire jusqu'à Trébisonde. Durant ses séjours dans la capitale de l'empire ottoman , il obtint de ses gardiens la permission d'aller dans le quartier des chrétiens , et tâcha d'intéresser à son sort les légations des différentes puissances de l'Europe : quelquesunes lui témoignèrent de la compassion. Celle de France lui fut le plus utile, grâce aux lettres de recommandation d'un gentilhomme bourguignon tlontil se prévalut. Au mois de novembre 1587, il fut affranchi par le cadi ; l'acte de sa délivrance lui fut remis. Muni d'un passeport de Savary de Lancosme , ambassadeur de France , il quitta Constantinople le 12 avril 1588 , et après avoir touché à Malte , où le commandeur Philibert de Foissy lui remit une attestation de bonne conduite durant la campagne contre les Turcs, il vint débarquer à Naples, et regagna par terre sa patrie, où il obtint un emploi dans les bureaux du gouvernement. En 1502 , il accompagna un ambassadeur palatin chargé d'assister au mariage de Sigismond 111, roi de Pologne. La mème année il fit par le meme motif un voyage en Suède pour le mariage de Charles, duc de Sudernianie, depuis roi sous le nom de Charles IX. Revenu dans sa patrie, il y acheva paisiblement sa carrière vers 1610. On a de lui en allemand tEgyptiaca servitus ; c'est- à- dire : Relation véritable d'une servitude de trois années, qui a com- mencé à Alexandrie en Égypte , et a fini à Constan- tinople...; avec un supplément contenant des voyages faits dans les quatre royaumes de Bohême, Pologne, Suède et D anemarck, Heidelberg car. et fig. La position de Heberer dans ses longues courses sur la Méditerranée ne lui permit pas de se livrer à des observations profondes ; mais il raconte avec candeur tout ce qui lui arriva, et ses remarques annoncent un homme sensé. Ses aventures sont réellement touchantes, et quoiqu'il soit d'une prolixité fatigante, on ne peut les lire sans émotion. Il adressait de son banc de rameur des pièces de vers aux chrétiens de Constantinople qui étaient en état d'améliorer son sort. Sa reconnaissance pour ceux qui lui ont rendu service est manifeste ; il cite entre autres de Breves . Deux lettres de Philibert de Foissy, devenu grand prieur de Champagne, prouvent qu'il avait su se rendre recommandable par ses bonnes qualités
  • Michel HERTZ ou HERTZIUS( 1638 - 1713) : bibliographe allemand, né en 1638 , à Schmira près d'Erfurt, mort le 15 novembre 1717), s'appliqua successivement au droit et à la théologie, et exerça diverses fonctions dans l'enseignement jusqu'en 1685 , où il fut nominé pasteur évangélique tle Duckati près de Sehneeberg. Il a publié une Bibliothèque germanique on Notice des écrivains, etc. , Erfurt , 1671 ; ibid. , 1679, 1700 Cet ouvrage, qui est bon et assez exact, est divisé en quatre parties. La première contient l'indication (les auteurs qui ont traité de l'Allemagne, de son climat , de ses productions naturelles , de l'origine de ses habitants , des différents noms qu'ils ont portés, (le lettes langues, tle leurs moeurs, des lois qui les ont régis, etc. : la seconde offre la liste des histoires générales de l'Allemagne depuis les temps les plus reculés ; la troisième, celle (les histoires particulières des empereurs depuis Charlemagne , et enfin la quatrième , le catalogue des histoires des cercles ou provinces. L'ouvrage de Hertz a précédé la Bibliothèque historique de France, et peut en avoir donné l'idée. ou cite encore de lui : 1. Gerrnaniir gloriosa : eu Bibliothecoe Germanicce sciagraphia, Leipsick, 1695 C'est un abrégé de son grand ouvrage. e De victimis hu? anis dissertatio. Ws.
  • Michel HERLYN : au rapport de l'historien de Thou , se signala , ainsi que ses quatre fils , dans la défense de Valenciennes contre les Espagnols, en 1566. La ville s'étant rendue le 24 mars 1567, il fut décapité, et huit jours après son fils alné subit le mème sort. Les trois autres se sauvèrent et se réunirent dans les bois aux soidisant gueux flamands. En 1568 , le prévôt Spelt les surprit nuitamment : il en fit pendre deux ; et , après avoir coupé le nez et les oreilles à Gautier , le seul qui restàt , il le tratna à la suite du corps qu'il commandait pour le faire brùler vif à Valenciennes. Gautier eut le bonheur d'échapper en route , et il adopta depuis la règle barbare de mutiler , comme il avait été mutilé luimême, tous les prétres espagnols ou belges qui tombaient en son pouvoir , après quoi il les livrait aux flots
  • Michel HUBER( 1727 - 1804) : né en 1727 à Frontenhausen en Bavière, , sans date 2' Vie de Manstein ; 30 Lettre de à/. l'abbé Winckelmann sur les décourertes d'HercuMnum, d M. le comte de Bruhl, traduite de l'allemand, Paris, 1761 réimprimée dans le Recueil de lettres, etc., publie: par Jansen, 1781 4' la Mort d'Abel, peule en cinq chants, traduit de l'allemand de Gessner, 1761 trèssouvent réimprimé; 50 Idylles, ou Poèmes champêtres de Gessner, traduits de l'allemand, 1762 On fait honneur au ministre Turgot de la plus grande partie de cette traduction ; 6° Daphnis et le premier navigateur, traduit de l'allemand de Gessner, 1764 Ces traductions sont reproduites dans les diverses éditions des OEuvres de Gessner traduites en français. 7° Choix de poésies allemandes, 176G, 4 vol. 8° Wilhelmine , traduit (le , 1769 90 Lettres choisies de Gellert, traduites de l'alle- mand , avec l'Éloge de l'auteur , 1770 10. Réflexions sur la peinture, par M. Hagedorn, traduites de l'allemand, 1775, 2 tomes 41° Histoire de l'art de l'antiquité, par Winckelmann , traduite de l'allemand, Leipsick , 1781, :5 vol. nouvelle édition, revue par Jansen, Paris, 1793-1803, 3 vol. 12° Lettres philosophiques sur la Suisse, par Meiners, traduites de l'allemand, 178G, 2 vol. 13° Notice générale des graveurs , divisés par nations, et des peintres, rangés par écoles, précédée de l'histoire de la gravure et de la peinture, Leipsick, 1787 nouvelle édition, refondue en partie avec C.C.H. Most, sous le titre de Manuel des curieux et des amateurs de l'art, 1797, 8 vol. un neuvième volume a été publié en 1808 ; 14' le Nouveau Robinson, traduit de l'allemand de M. Campe, 1793 ; 45° Catalogue du cabinet d'estampes de Brandes, 1795-1796, 2 vol. Iluber avait revu la traduction française que MM. O. et K. avaient faite de la Méthode naturelle d'instruction propre â accélérer, sans traduction, l'intelligence des mots de chaque langue étrangère, etc., par lUolke, 1782-88, 2 vol
  • Michel JACOBSEN ou JACOBS ou JACOPSEN( 1500) : marin célèbre, naquit à Dunkerque vers le milieu du 16e siècle, d'une famille noble et ancienne, originaire de la Brille en Hollande, et dont une branche s'était établie dans la Flandre maritime lors de la révolution des PaysBas. Il se signala héroïquement au service d'Espagne ; en 1585, il fut élevé au grade de capitaine de vaisseau, et il en montait un en 1588 dans la fameuse armée navale de Philippe II, dite l'invincible. Ce fut à son courage et à son intelligence que l'Espagne dut la conservation des débris de cette flotte malheureuse. En 1595 il commanda une escadre espagnole, prit, brûla ou coula à fond tous les bâtiments hollandais employés à la pèche. line continuité d'actions éclatantes lui procura successivement le grade d'amiral général et sa nomination à l'ordre de StJacques. En 1632, il amena d'Espagne à Dunkerque sa flotte avec quatre mille hommes de troupes, sans s'effrayer du nombre des vaisseaux anglais et hollandais qui défendaient l'entrée du port. lietournalit ensuite avec cette même flotte en Espagne pour y chércher d'autres troupes, il battit dix vaisseaux turcs, et ramena tous les siens à Dunkerque. Telle fut sa dernière expédition; mais , dit Faulconier, historien de Dunkerque, cc il ne jouit pas longtemps du bon- heur de son voyage, et mourut quelques jours après son arrivée, en 1635. Il y avait cinquante ans qu'il servait le roi d'Espagne, et toujours avec tant de valeur, de conduite et de fortune, que les hollandais le surnommèrent le Renard de la mer. » Le roi catholique lit transporter son corps à Séville : il y fut enterré dans l'église où reposent les cendres de Christophe Colomb
  • Michel KELLY( 1764 - 1826) : chanteur et compositeur de musique, naquit à Dublin en 1764. Il dit dans ses Àtiémoires que son père était le maitre des cérémonies au chkeau, et qu'il faisait en mèrne temps le commerce de vin , cumul de fonctions assez singulier. A peine âgé de trois ans, on le mettait sur la table de famille pour amuser les convives avec la chanson, fameuse alors : There was a joli! ' Initier once. A sept ans , il commença l'étude de la musique, pour laquelle tous les siens étaient passionnés. 11 fut question de l'envoyer se perfectionner en Italie, et en attendant il débuta suis le théâtre de sa ville natale dans la Buona jighuo/ a. Ses parents ne voulaient pas qu'il suivit, loin d'eux surtout, la carrière où l'entraînait un goût décidé; il les quitta en 1779, et se dirigea vers la terre classique du chant. Il avait alors quinze ans. 11 fut parfaitement accueilli à Naples par le chevalier William Hamilton, protecteur éclairé des arts et des artistes ; mais c'est à Florence qu'il devait d'abord exercer son talent. C'était le premier chanteur anglais qui eùt encore paru sur la scène italienne : il y obtint du succès, à ce qu'il nous apprend luimème. Son engagement étant rempli , il partit pour Venise sur la parole d'un entrepreneur, qui bientôt le laissa dans l'embarras , lui et toute une troupe d'acteurs, en disparaissant , faute de pouvoir répondre à certaines conditions exigées par les magistrats, qui étaient chargés de la surveillance administrative des thékres. La perspective qui s'ouvrait devant Kelly était des plus tristes, car il n'avait plus qu'un se. ° Juin dans sa poche, lorsqu'il excita l'intérèt tout particulier de madame Bénini, chanteuse célèbre, qui l'emmena à Gratz. Revenu dans l'État vénitien, il s'y engagea pour le théâtre de Brescia. Une aventure d'amour ou le simple soupçon d'eue, auprès de la plus belle des chanteuses, le rival d'un seigneur du pays, trèsviolent et trèsdangereux en raison des assassins de profession qu'il avait à sa solde, amena des menaces qui l'effrayèrent à tel point qu'il s'enfuit de la salle, après la première partie d'une représentation où il avait joué et chanté. Il arriva ainsi à Vérone en costume de théâtre, et y produisit un effet trèsrisi?le. line fois rassuré, il se mit en route pour Trévise, ville t•èsfréquentée par les nobles de Venise dans la saison des villegiature. Il passa ensuite à Udine, puis visita successivement Ferrare , Modène et Parme. L'ambassadeur d'Autriche à Venise lui ayant fait des offres très- avantageuses pour Vienne, qui avait à cette époque la cour la plus brillante de l'Europe, il s'y rendit, et y connut Haydn ainsi que Gluck, objet de sa plus vive admiration , et dans un opéra duquel il joua Pylade ; Mozart, qu'il a dépeint dans sa vie de famille, et qui , ditil, applaudit la musique que lui, Kelly, avait écrite pour la Canzone de Métastase si connue : Grazie agli inganni tupi ; Paesiello , Saliéri, qui travaillait à son 1'i/ rare, Jarnowick, le chevalier de StGeorge, le baron de Batz, l'abbé Casai, etc. Dans ll re Teodoro, dont celuici avait fourni le libretto, Kelly fut chargé du rôle du pauvre Caffieri°, et y introduisit un air de sa composition, fait et surtout chanté en imitation d'un mendiant salien qui courait les rues de Vienne. Notre Irlandais s'en tira si bien que tout le temps qu'il passa encore dans cette ville, on ne le nommait plus que le vieux Gaferio. 11 fut rappelé dans son pays en 1787, par une maladie de sa mère , traversa l'Allemagne, et gagna Strasbourg, où il fut frappé du jeu de madame Dugazon, qui y donnait des représentations. il fit connaissance à Londres avec mistriss Crouch , et dès lors commença une liaison qui a duré toute la vie de celleci. Il la suivit à Paris, elle et son mari. Kelly, assez sévère pour les chanteurs et les chanteuses de notre opéra, mais surtout pour ceux qui criaient suivant l'usage de ce temps, loua beaucoup l'exécution de nos choeurs, et alla jusqu'à l'enthousiasme pour la musique de Grétry dans Richard Coeur de lion. Il ne donna cette fois que six semaines à la capitale de la France; mais il y revint en 1790 et éprouva, sans trop s'en plaindre , quelquesuns des inconvénients attachés aux passions politiques et à l'esprit d'égalité que la révolution venait d'introduire dans les basses classes. Toutefois les ilaéras du théâtre dominèrent chez lui tous les autres ; et, si les excès de toute espèce auxquels Paris était en proie le frappèrent, il n'en fut pas trèsaffecté; car il disait n'y avoir trouvé sur ses pas que la gaieté et le plaisir. 11 condamnait l'écrivain qui avait osé l'appeler : « Ville de bruit, de fumée et de boue, où les femmes ne croient plus à rieur, ni les hommes à la vertu. » ll croyait que c'était là de là poésie, et il a cité et imprimé, en l'altérant beaucoup, cette phrase comme étant des vers de J.B. Rousseau, et non pas de la prose de JeanJacques dans son Émile. Pendant l'hiver de 1790 à 1791 et au printemps de cette dernière année, il reparut sur la scène en Angleterre , et fit encore une visite à Paris vers le milieu deI791. Il était cette fois bien plus disposé à plaindre les déplorables infortunes de Louis XVI et de MarieAntoinette. On aime à lire dans ses mémoires qu'à Londres, vers le 21 janvier 1793, par respect pour la douleur de ceux qui pleuraient la mort du roi martyr, il n'y eut point de spectacle à DruryLane, dont Shéridan était principal propriétaire ; mais le mérite n'en fut pas a celuici qui était absent : il appartint tout entier à l'acteur Shéridan, à son retour, blâma cette mesure de reldche • disant que la politique et la religion devaient cotre regardées comme étrangères dans un lieu consacré à l'art dramatique. Et cependant , nous assure Kelly , nul peut-ètre ne condamnait plus sincèrement que cet orateur fameux le grand crime commis en France dans ce jour néfaste. Il joua vers le mème temps en Angleterre et en Irlande avec mistriss Crouch, qui s'était séparée de son mari. Son début COMMC compositeur d'opéras eut lieu a Londres en février 1797. Il réunit en 1798, à cet emploi, celui de chanteur, dans une pièce où il avait Dussek pour collaborateur. En 1799, il fit la musique de Pizarro, opéra de Shéridan. 11 avait un rôle à remplir le 15 mai 1800 , jour où un coup de pistolet fut tiré du parterre sur George 111, lorsque ce prince entrait dans sa loge à. l'Opéra, et il fut chargé de répondre à la curiosité impatiente du publie irrité sur le sort du coupable qui avait été art-été surlechamp. A la fin du spectacle , auquel le vieux monarque avait assisté avec un sangfroid admirable , pendant que sa famille fondait en larmes, les spectateurs redemandèrent l'air national qui avait été, avant la représentation, le signal attendu par l'assassin pour faire feu. Kelly était en train de le chanter avec ses camarades, quand il reçut, par ordre de Shéridan, un couplet de circonstance, improvisé, sur le rhythme de God save the king, couplet qu'il entonna d'une voix trèsagitée : c'est celui qui commence par fro'n Me assassin's Blow et qui a été fort connu depuis lors en Angleterre: L'effet en fut prodigieux. A la tin de 1801, il résolut de former dans PallMall un dépôt pour vendre sa nombreuse musique et celle tics autres compositeurs, soit anglais, soit italiens. Sou magasin s'ouvrit le ter janvier 1802, mais il y lit fort mal ses affaires, ne pouvant suffire à ses occupations multipliées comme acteur et compositeur dans trois théâtres de Londres, outre ses fonctions d'entrepreneur du théâtre italien et de directeur de la musique dans deux autres salles de specta-
  • Michel KIRSTEN( 1620) : célèbre philologue, né le 25 janvier 1620 à Beraun en Moravie, fut emmené fort jeune à Semoln en Silésie par son père , qui en était pasteur, et il commença ses études dans cette ville. Il fut ensuite envoyé à l'école de Breslau ; et, après y avoir achevé ses humanités avec beaucoup de distinction , il se rendit à Rostock, où il s'appliqua à l'étude de la philosophie et de la médecine. Il alla , en 1640, habiter Stettin, où il logea chez un habile médecin nommé Laurent Eichstad, qui le prit en affection. Il aida son hôte dans la rédaction de ses Ephémérides astronomiques. Il étudiait en même temps la pharmacie ; e il publia contre les alchimistes un Traité en allemand qui annonçait un esprit méthodique et observateur. Les magistrats de Francfort lui offrirent une chaire de mathématiques , mais il la refusa , et partit en 1643 pour visiter les pays du nord de l'Europe : il s'arrêta quelque temps à Copenhague , où il fut accueilli par le savant Simon Pauli, qui lui donna un logement dans sa mai. son. Ce fut à la prière de ce dernier qu'il traduisit en allemand les Institutions anatomiques de Gasp. Bartholin , et l'Explication des Tables anatomiques de Jules Casserio. Il consentit à se charger de l'éducation du fils du bourgmestre , et accompagna, en 1646, le fils de Fabricius, premier médecin du roi de Danemarck , qui se rendait à l'université d'Helmstadt. Deux ans après , il vint à Hambourg, attiré par la réputation de Slégélius, habile médecin , dont il suivit quelque temps les leçons : il reçut encore différentes propositions Phonorables ; mais il les écarta , annonçant qu'il n'accepterait aucun emploi avant . Kirsten , au lieu de mépriser ce libelle , comme il l'aurait dû , s'efforça d'en .découvrir l'auteur, et, trompé par quelques formes de style, crut pouvoir l'attribuer à Rodolphe Capellus, docteur en théologie, et son confrère à l'académie : il publia en conséquence contre lui un libelle non moins violent que le premier . Capellus dénonça cet écrit au sénat ; mais les amis de Kirsten parvinrent, à étouffer une affaire qui pouvait avoir pour lui des suites trèsfâcheuses. Kirsten avait toujours joui d'une santé excellente; 1 il ressentit, au printemps de l'année 1676 , un - léger embarras dans l'estomac : depuis ce moment ses forces déclinèrent chaque jour, et il mourut le 2 mars 1678, après quelques jours de maladie. C'était un homme trèsinstruit, affable , appliqué à ses devoirs, et trèspieux. Il avait composé un grand nombre de poésies latines, et il se proposait d'en publier le recueil. On cite dans le nombre : 1. In theatrum anatomicurn Halniense poënia, Copenhague, 1644 2. Memoria bibliothecoe Hamburgensis anno 1650 structœ, Hambourg, 1651 et et dans le tome 2 des Memor. Hamburg. de Fabricius. Vine. Placcius fait un grand éloge de Kirsten dans son Theatr. anonym. .; il assure qu'on ne peut lui refuser tin des premiers rangs parmi les poè:tes de son siècle. Placcius s'était engagé à recueillir ses poésies; mais il n'a pas tenu sa promesse. Kirsten a laissé des Notes sur toutes les parties des sciences ; il possédait une riche bibliothèque , dont le catalogue a été imprimé ; la préface contient des particularités curieuses sur cet écrivain. On peut consulter aussi le Dictionnaire de Chaufepié
  • Michel LALANNE( 1793 - 1825) : pone contemporain , né en 1793 à Casalis, près de l3azas, et mort en octobre 1825, montra dès sa plus tendre jeunesse un goùt prononcé pour la poésie. Après avoir lancé dans le public différentes poésies légères qui eurent quelques succès, il vint à Paris, et y lit imprimer, en 4813, une ode assez remarquable sur l'incendie de Moscou , qui fut insérée dans le Mercure de France. il fit ensuite représenter sur le théâtre de l'Odéon une pièce qui eut peu de succès, et qui a été imprimée à Bordeaux, en 1818 , sous ce titre les Mécontents, ou le Choix d'un état , comédie en un acte et en vers, représentée sur le théâtre de l'Odéon le 4 janvier 1814. — Il ne faut pas le confondre avec un autre pot te, M. J.B. LALANNE, auteur des pemes le Potager et les Oiseaux de la ferme, ni avec deux professeurs du même nom qui ont donné quelques ouvrages élémentaires. M—a
  • Michel KUEN( 1709 - 1765) : savant religieux allemand, né en 1709 à Weissenhorn , dans l'Autriche antérieure , fit profession , en 17428 , dans l'ordre des chanoines réguliers de StAugustin , de la congrégation de Latran , fut nommé en 1734 doyen , puis abbé de Wengen , sous le nom de Michel III; il portait aussi les titreç de prévôt du chapitre de Wengen, abbé de Latran, conseiller et chapelain perpétuel de S. M. 1. 11 niourut le 10 janvier 1765. Od a de lui : 1° Col- lectio scriptorum rerum historico- nionastico- eccle- iasticarum variorum religiosorutn ordinum , Ulm, I 756- 66, 6 vol. C'est un recueil d'un grand lombee de pièces rares ou inédites , terminé par a vie de l'auteur. 20 Wenga, sive informatio histo- ica de exempti collegii S. archangeli Michaélis ad Wengenses , ibid., 1766 3. Joannes Canabaco ex comitibus de Canabaco, oriundus, qui , ulgo venditur pro autore quatuor librorurn de Imita- ione Christi , recenter detectus quodam canonico re- ulari Sancti- Augustini congregationis Lateranensis ; Canabaci, sumptibus hœredum Jo. Gersenii , 1760 Cet ouvrage revendique plaisamment en faveur d'un descendant des comtes allemands de Canabac, l'attribution renouvelée par le béné- dictin Ange M2erz, des quatre livres de l'Imitation, à Jean Gersen de Cavaglia. Malgré les lettres initiales M. P. W. U. Prcepositus Wengensis Unice ), on a élevé des doutes sur l'auteur de cette plaisanterie , qu'on a attribuée à Eusèbe Amort. Mais le Lexicon de Meusel la donne à Michel Kuen, auquel Ange /412erz répondit en effet par son Angelus contra Alichadem sive Crisis apo- logetica, etc. L'abbé Kuen, selon le même Lexicotz, répliqua en publiant : Anticrises in Crisin apolo- geticam inscriptam Angelus contra Michadem, auth. Adolpho de Kempis C. R. ; Canabaci , 1761; et Appendix ad Anticrises de palinodia minent. S. R. E. cardinalis Roberti Bellarmini in favorem Thonm de Kempis adversus Gersenistanz Schyren- sem; Canabaci , 1761 Au reste, ces ouvrages anonymes repoussent avec l'arme de l'ironie le P. M&rz, que le grave Amort, dans sa Deductio critica, combat et attaque ouvertement. 40 Lucrfer Wittembergensis , ou Vie complète de Catherine de Bore , seconde édition , Landsberg, 1749 ouvrage publié sous le nom de D. Michel Engelhard; prêtre de la congrégation des clercs réguliers de la vie commune , et dirigé contre C. W. F. Walch de Gbttingue. Meuse' n'a pu indiquer la date de la première édition , qui parait avoir été supprimée à Ratisbonne. Walch répondit , et le P. Kuen répliqua par son Avis amical , Pres- bourg, 1752 5" Historia Friderici I inzpe- ratoriset parentelœ sua, , conscripta circa annum 1226 a Burchardo Uspergensi , ord. prcemonstr., Ulm, 1790 ouvrage posthume, publié par Christmanti
  • Michel LAMBERT : fameux musicien , né en 1610 à Vivone, près Poitiers, vint fort jeune à Paris, et eut le bonheur d'ètre admis chez le cardinal de Richelieu, qui se chargea de sa fortune. Il chantait trèsagréablement, en s'accompagnant avec le luth ou le téorbe , instruments alors à la mode. Il fut nommé maitre de musique ' de la chambre du roi ; et sa réputation s'accrut dès lors au point qu'on ne donnait pas une fète sans l'en prier : mais il manquait souvent à sa parole, et préférait à des plaisirs plus bruyants ceux qu'il goûtait dans sa maison de campagne à Puteaux. Perrin, Boisrobert, Quinault, et surtout Benserade, s'empressaient de lui fournir des morceaux à mettre en musique. Lambert passait pour l'inventeur du beau chant; il vécut assez pour se voir éclipsé par Lulli , son gendre. Il mourut à Paris en 1696, à l'âge de 86 ans, et fut inhumé dans l'église des PetitsPères, à côté de Lulli, auquel il avait survécu. On a de ce musicien un grand nombre de Motets et des Leçons de ténèbres. Le recueil de ses oeuvres a;été gravé en 1666, et avec de nouvelles pièces en 1689 'Piton du Tillet lui a consacré une Notice dans son Parnasse français; . et Dreux du Radier l'a insérée dans sa Bibliothèque de Poitou, t. 4, p
  • Michel LANDO : citoyen de Florence, se rendit célèbre dans la révolution qu'essuya cette répu?lique en 1378. C'était un simple cardeur de laine; mais il avait de l'intelligence et de la fermeté. Le peuple s'étant saisi de l'autorité , l'élut pour gonfalonier. Il commença par arrèter les désordres, cassa tous les magistrats, fit de nouveaux seigneurs et divisa le peuple en trois classes. On peut voir dans Condillac les détails de cette révolution. Les désordres continuèrent jusqu'en 1381, époque où les plébéiens furent privés du droit de donner à leur tour un gonfalonier tiré de leur corps
  • Michel LANGLOIS( 1400) : poëte latin assez distingué pour le temps où il a vécu, était né vers le milieu du 15• siècle, â Beaumont, dans le Hainaut. Passionné pour la littérature, il vint à Paris entendre les leçons des professeurs les plus estimés, et il se disposait à visiter l'Italie et la Grèce , lorsque , ayant perdu toute sa fortune par un incendie, il entra comme professeur dans une des écoles de Paris. Il fut ensuite pourvu d'une cure au diocèse de Térouane ; mais il parait qu'il n'exerça pas longtemps les fonctions ecclésiastiques. Il accompagna en Italie le cardinal de Luxembourg, son protecteur, et en 1505 il était à Pavie, logé chez le neveu de ce prélat : il profita de son séjour en cette ville pour étudier le droit, et y fit de grands progrès. Il revint à Paris dans le courant de l'année 1506, et, dès l'année suivante, il y ouvrit une école de jurisprudence, qui fut trèsfréquentée. Le silence des contemporains fait conjecturer que Langlois mourut peu de temps après. On a de lui : Varia opuscule:, Pavie, 1505, 1507 : à la suite de la dédicace on trouve une longue lettre . On en retrouve une analyse assez étendue dans le Moréri de 1759
  • Michel LANGUEDOC( 1670 - 1752) : jésuite, né à Rennes en 1670, et mort le 28 mai 1752, a laissé : 1. des Notes sur les sept premiers tomes du Nouveau Testament du P. Lallemand , édition de 1713 à 1716; 2. Dissertation sur les trirèmes ou vaisseaux de guerre des anciens , Paris , 1721, 4°. M. Barras de la Penne, premier chef d'escadre des galères du roi, et commandant du port de Marseille, a publié des remarques sur cette dissertation , Marseille, 1722 — LANGUEDOC , greffier de la communauté de Rennes, né eu 1640, et mort en 1731, est auteur d'une histoire de Rennes, du 15' au 18e siècle , sous ce titre : Recueil historique de ce qui s'est passé de plus important touchant la ville et la communauté de Rennes, concernant son principe, son ancienne consistance, son gouverne- nient, le nombre de ses officiers et de ses revenus, et enfin tous les changements qui y sont arrivés , les plus considérables, depuis le commencement de l'an 1400 , auquel temps se rapporte la première forme de son érection , jusqu'en 172i inclusivement ; le tout tiré des archives et autres registres de ses archives. Ce recueil , inédit, tuais dont il existe plusieurs copies, forme l'article 187 des manuscrits de la bibliothèque de cette ville. C'est un volume de cent quatrevingtdix feuillets
  • Michel LASNE( 1596 - 1667) : dessinateur et graveur au burin, naquit à Caen en 1596. On voit par ses ouvrages qu'il s'appliqua à imiter la manière de Villamena et de Corn. Bloemaert. Cet artiste est un des premiers graveurs français qui se soient distingués par la beauté de leur burin. Son dessin est correct : l'adresse avec laquelle il conduit son instrument est pleine de facilité; on désirerait seulement un peu moins de sécheresse dans son travail. L'abbé de Marolles fait monter à plus de six cents pièces le nombre des gravures de ce maitre. Il s'est principalement exercé sur les peintres italiens. Il a aussi gravé quelques estampes d'après ses propres compositions, et il a su rendre les passions avec force et vérité. On prétend qu'il ne travaillait jamais avec plus de succès que lorsqu'il était échauffé par le vin. Il mourut à Paris en 1667. Ses ouvrages sont trèsrecherchés des amateurs; les principaux sont : Un Christ mort étendu sur une pierre et pleuré par la Vierge, grande pièce en travers, gravée en 1641, d'après sa composition ; — des Paysans qui s'amusent, pièce moyenne en hauteur; — la Vierge & t l'enfant Jésus, ou le Silence, d'Annibal Carrache; — la Visitation , d'après Louis Carrache ; — la Vierge assise dans les nues sur un croissant , d'après l'Albane ; — Jésus dans sa gloire, avec saint Pierre et saint Paul, d'après Paul Véronèse; — un Ecce Homo, d'après le Titien ; — une Sainte Famille'et saint Jean, d'après Rubens; — un Por- trait de Louis XIII, ci cheval, proclamé par la Renommée ; le fond, qui représente la bataille de Veillane , est gravé par Callot, etc
  • Michel LEBLOND ou LEBLON( 1600 - 1656) : orfévre et graveur au burin , naquit à FrancfortsurleMein, vers la tin du 17e siècle. En 9616, il publia un recueil de gravures estimées, contenant divers ornements et feuillages pour les armoiries, ainsi que des fruits et des fleurs. Sandrart, qui l'avait connu à Francfort, se félicitait d'avoir reçu ses conseils, et il nous apprend que Leblond, ne se bornant pas à la culture des arts, jouissait de la réputation d'un des hommes les plus éloquents de son temps. Il fut député par la cour de Suède, en Angleterre et dans diverses cours du Nord. Son talent, comme graveur, consistait dans une finesse et une délicatesse extrèmes .du burin. Toutes les pièces qu'il a publiées sont d'un travail précieux. et qui se rapproche beaucoup de la manière de Théodore de Bry. Son chiffre était formé des lettres M et B; mais le plus souvent il signait ses gravures Michaël Blondus. Ses principaux morceaux sont : 1° St- Jér6me ; 2" des Figures dansantes, petit ovale entouré d'une bordure d'ornements, 1612; 3° une Noce, avec l'inscription à rebours D. Ni. Valleto musarum. M. Blondus, 1615, petit ovale; 4° deux Armoiries avec l'inscription Wilhelm van Weclickeit en travers; 5. Armoiries arec trois gobelets, un croissant et trois écussons en losange, trèspetite pièce; 6° une suite de Manches de couteaux% Leblond mourut à Amsterdam en 165'6
  • Michel LECLERC( 1622 - 1691) : avocat , membre de l'Académie française, né à Albi en 1621 Il était àgé de vingttrois ans quand il vint faire jouer à Paris la Virginie romaine, tragédie de sa composition. Cette pièce fut assez bien reçue du public, et la jeunesse de l'auteur, qui s'était fait con - »Are avant la représentation, n'en fut pas la seule cause , suivant l'abbé d'Olivet, qui ajoute qu'on angora q?'il pourrait mériter une place dans le second rang des écrivains qui travaillaient alors pour le théàtre. Cependant il sembla renoncer à cette carrière pour se livrer au barreau, qui lui promettait des succès plus faciles, et il s'écoula trente ans entre la représentation de sa première pièce et celle d'Iphigénie, dont la chute fut d'autant plus complete qu'elle paraissait six mois après celle de Racine, et qui , imprimée en 1676, n'est plus connue que par l'épigramme de ce grand ;tete : Entre Leclerc et ?un ami Cotas, etc. Dans l'intervalle, Leclerc avait essaya de traduire en vers la Jerusale? delirrée. Les cinq premiers livres de cette traduetiny furent imprimés a Paris, avec le texte en regard , et des figures de Chauveau , 1667 Il s'était attaché à rendre l'original vers pour vers. Un plus habile écrivain n'aurait pas vaincu cette difficulté, ou plutôt ne se la serait pas imposée. Sa traduction tomba bientôt dans l'oubli ; niais il s'en consola par l'idée que le tort en était à son modèle, récemment critiqué par Boileau. On lui attribue encore, mais sans preuve , le Jugeaient de Pduis; Oreste , tragédie; et ° routée, tragédie lyrique. Il mourut le 8 décembre 1691, laissant imparfait un ouvrage intitule; : Cnformstà des poètes grecs , latins, italiens et français, dans lequel il se proposait de montrer que tous les voetes ne sont que des traducteurs les uns des autres
  • Michel LEFAUCHEUR( 1657) : ministre et prédica- teur protestant du siècle, exerçait ses fonc- tions à Montpellier lorsqu'il fut appelé à Charenton, où il continua de se distinguer par son érudition et ses talents oratoires. Sa probité, d'ailleurs, lui avait attiré l'estime des catholiques. On dit que le maréchal de la Force, qui appartenait à la religion protestante, après avoir entendu un sermon de ce ministre sur le duel, déclara que, si on lui envoyait un cartel, il le refuserait. Lefaucheur mourut à Paris le ler avril 1657. On a de lui : 10 Traité de l'eucharistie, contre le cardinal Duperron, Genève, 1635 , imprimé aux dépens des églises réformées par ordre du synode national ; 20 Traité de l'action de l'orateur, ou de la prononciation et du geste, Paris, 1657 Lyon, 1676; Leyde, 1686 Cet ouvrage estimé fut d'abord attribué à Conrart , qui en avait publié la 1«édition , et la même er- reur se retrouve sur le frontispice de la traduction latine qu'en donna Melchior Schmid, professeur de théologie à Helinstœdt : Conrarti de acte oratoria, sire de pronunciatione et gestu liber utilissimus e gallico versus , lIelmstaedt, 1690 50 Sermons sur différents textes de l'Ecriture sainte, Genève , 1660 On a réimprimé, il y a quelques années, la Création du nouvel homme , sermon prononcé à Charenton , Paris, 1827 de 36 pages. 4° Prières et Méditations chrétiennes, Genève, 1661 , 1662 Enfin , Lefaucheur a travaillé au recueil de Préparations et Prières pour la sainte Cène, imprimé séparément, et qu'on trouve aussi à la suite du t'oyage de Bethel, du ministre Foquewbergues, Charenton, 1665 P—RT•
  • Michel LE NOBLETZ ou NOBLETZ( 1577) : célèbre missionnaire, naquit le 29 septembre I77 , au château Kerodern , dans la paroisse de Plou- guerneau, évéché de Léon. Son père appartenait à une famille d'ancienne noblesse. Élevé par M. de Lesp.;uern , son aïeul maternel , il se fit remarquer par sa modestie et sa piété. Ce parent étant mort, M. de Kerodern donna un précepteur à son fils, et l'envoya ensuite étudier pendant six ans chez un habile professeur à Ploudaniel. Michel n'avait que quatorze ans quaad une vision agit profondément sur son esprit. Il lui sembla que le Seigneur lui était apparu dans toute sa gloire. Dès ce moment commencèrent les mor- tifications qu'il s'imposa pendant toute sa vie. Envoyé à Bordeaux, ainsi que ses frères pour étudier, il ne tarda pas à reconnaltre que les ressources de cette ville pouvaient. bien lui faire acquérir les connaissances nécessaires à un êta- blissement temporel , niais qu'elles étaient insuffisantes pour les secours spirituels qu'il recherchait de préférence. ll se rendit avec ses frères, au mois d'octobre 1597 , à Agen, où les jésuites avaient un collége. 11 obtint de grands succès dans ses classes. A l'issue de cellesci, il soutint une thèse qu'il dédia à son père et qui se voyait, avant 1789 , au collége des jésuites de Quimper. Sa ferveur s'augmentant, il demanda à être admis dans la congrégation de la SteVierge, instituée par ces religieux pour conserver l'innocence parmi leurs écoliers et le bon exemple dans leurs colléges. Il y brigua, par esprit d'humilité, l'emploi de portier, qu'il exerça pendant deux ans, de manière à s'attirer le respect dû à la vertu modeste. Résolu à se détacher tout à fait du monde, il en fit la promesse à Dieu le 30 septembre 198, jour de la StJérôme, et, jusqu'à sa mort, il célébra ce jour comme celui de sa naissance spirituelle. Déterminé à embrasser l'état ecclésiastique, Michel Le Nobletz hésitait entre l'institut des jésuites et celui des capucins, quand, parvenu à ràge où la prêtrise peut être conférée, et entraîné par l'exemple de StIgnace, il résolut d'étudier la théologie à Bordeaux, en attendant que Dieu lui fit connaltre plus distinctement sa volonté. Il revint donc dans cette ville, où, pen- dant quatre ans, il étudia la théologie scolastique de StThomas, sous les PP. Charlet, Jourdan et La Porte, jésuites, et la théologie morale sous le P. Jarric, savant casuiste. A tous ces enseignements il joignit celui de la controverse, reçut du P. Gourdon , depuis confesseur de Louis XIII. Il apporta une application si constante à la lecture et à l'étude de l'Écriture sainte, que René du Loua, qui prenait les mêmes leçons (pie lui, et qui fut depuis évêque de Quimper, assurait que Le Nobletz savait par coeur toute la Bible en grec. Ses études terminées, il se disposa, par les plus rudes mortifications, à recevoir l'ordre de la prêtrise; mais son ardente piété, toujours ingénieuse à lui créer des obstacles qu'il tirait de son insuffisante aptitude, le porta à dif- férer l'accomplissement de ce projet. Ni les prières de ses parents ni celles de son évêque, qui lui offrait les plus beaux bénéfices du diocèse, ne purent ébranler sa résolution. Son père, irrité, le chassa de chez lui. Il consentit pourtant à la demande que lui fit Michel d'aller encore étudier à Paris, et s'empressa même de le pourvoir de tout ce qui était nécessaire à son voyage. Le Nobletz ne suivit que peu de temps le cours de la Sorbonne; s'apercevant qu'il n'en tirait aucun fruit, il dit adieu à la scolastique pour s'at- tacher uniquement à l'étude de la langue hébraï- que , que sa prédilection pour l'Écriture sainte lui faisait désirer de savoir parfaitement. Son directeur, le P. Cotton, confesseur de Henri IV, leva ses scrupules et le détermina enfin à se faire ordonner prétre. Se sentant irrésistiblement appelé à l'apostolat, il s'y prépara par une longue retraite, dans laquelle il étonna tout le monde par son courage et sa constance. Il fit bâtir sur le bord de la mer, dans un endroit appelé Tremenach , voisin de Plouguerneau, une petite cellule couverte de paille, s'y renferma pendant un an, et y mena une vie plus ascétique que celle des ermites du désert. L'année de solitude qu'il s'était imposée n'était pas encore achevée quand les persécutions d'une personne égarée par un zèle sincère, niais erroné, le contraignirent à quitter son ermitage. Au I7e siècle, à l'époque où Michel Le Nobletz commença ses prédications, l'idolâtrie n'était pas éteinte dans File d'Ouessant, ni dans plusieurs parties du littoral de l'Armorique. A Plouguerneau, les persécutions l'accueillirent d'abord. Ses parents taxaient de folie ses courses périodiques. Michel sollicita et obtint la faveur d'être admis comme novice au couvent des dominicains de Morlaix, afin de réveiller l'esprit apostolique devenu tiède et relàché dans cette maison. Pendant qu'il y faisait son noviciat, une demoiselle de Morlaix, qui était sur le point de se marier, mourut et fut enterrée dans l'église du couvent ; sa mère obtint des PP. dominicains la permission de suspendre à un pilier voisin de sa tombe son portrait, dont l'exécution mondaine contrastait avec la sainteté du lieu. Le scandale que causait la vue de ce portrait enflamma d'indignation Le Nobletz, qui en parla à son supérieur et à la mère de la jeune fille. Las de réclamer inutilement, il brisa le portrait; la mère, n'écoutant que son ressentiment, demanda vengeance au supérieur, qui ne fut pas sourd à sa voix. L'auteur de la Vie de Le Nobletz ne dit pas quelle peine on lui fit endurer, mais on sait qu'elle fut bien cruelle. Le Nobletz ne se plaignit jamais de ce barbare traitement; souvent nième on l'entendit l'excuser en disant que son impru- dence et son zèle indiscret avaient pu le lui mériter. Il ne demeura que peu de temps dans la maison de son père , où il s'était retiré après ce triste événement ; et ne voyant toujours dans les opprobres humains que des épreuves divines aux- relies il devait souscrire sans murmurer , il retourna à Morlaix mème, pour y travailler an des âmes. Pourvu d'une autorisation de l'évèque de Tréguier , il joignit au pouvoir de continuer ses instructions particulières celui d'en faire de publiques dans une chapelle de la ville. Une des premières personnes qu'entralna sa voix persua- sive fut Marguerite Le Nobletz, sa sœur. Les pré- Ires de Morlaix se plaignirent de lui à l'évèque; mais ce prélat, après avoir pris des informations, le pria de partager avr.- lui les soins les plus p '- nibles (le l'épiscopat , et l'autorisa à faire .L missions dans tout le diocèse, Le Nobletz s'adjoignit le P. Quintin , dominicain. Ses itistruefions, presque toujours improvisées, ne nous ont été transmises que par la tradition orale, et après avoir subi plus ou moins d'altérations. De ce nombre est le cantique du Paradis , chant tout à la fois mystique et suave que M. de la Villemarqué J recueilli de la bouche d'une mendiante, et qu'il a reproduit en l'acrompagnant d'une version française dans ses Choisis popolairrs de la Misse Bretagne. Les deux apôtres tra?aillèrent ainsi en commun pendant dixhuit ans, consacrant le jour à leurs pénibles fonctions, et la plus grande partie de h nuit à la priere. Michel Le Nobletz iporta la lumière de l'Évangile du diocèse de Tr.'- guier dans celui de Léon. Il vint prèeher (l'abord à Ouessant ; de là il passa à I'lie de Molène, où il eut les mèmes succès; mais comme la plupart des insulaires étaient alors occupés à la pèche, son zèle le porta à leur aller faire ses prédications jusque sur leurs bateaux. L'He de Batz profita aussi de ses instructions. L'infatigable missionnaire établit ensuite le centre de ses prédications au promontoire de StMatthieu, près du Conquet. Sa soeur Marguerite vint de Nlorlaix prendre part à ses travaux. Elle se logea dans une petite maison couverte de paille, entre SteMaithien et le Complet, afin qu'on pût lui envoyer plus commodément, de ces deux endroits et des environs, de petites filles à instruire. Aidée dans ses enseignements par une veuve pieuse, elle soulageait aussi les pauvres de toutes les manières. Elle avait , diton , un (sied rare, uee mémoire prodigieuse et une facilité surprenante à s'ex- primer en breton , en français, en anglais et en espagnol. Versée, comme son frère, dans la connaissance des mathématiques, elle en profitait pour faire des cartes marines qu'elle distribuait aux capitaines des navires inarchands.—Michel Le Nobletz se fit ensuite entendre, mais avec peu de succès, à Landerneau. Ce fut dans cette ville qu'il commença à faire usage des peintures symboliques et des énigmes spirituelles qu'il avait composées dans sa retraite. De Landerneau il alla, en 161 à Quimper, où il fut encore secondé par sa sœur, ensuite à Concarneau, port de mer et alors ville de guerre, puis à PontLabbé et à Audierne. Le Nobletz résolut dès lors de s'attacher de préférence aux campagnes. 11 s'établit plus tard à
  • Michel LEQUIEN( 1661 - 1733) : savant dominicain , naquit à BoulognesurMer en 1661. A l'àge de vingt ans il entra dans l'ordre de StDoininique. Le Marsolier lui enseigna les premiers éléments de la langue hébraïque, qu'il sut parfaitement dans la suite, et à laquelle il joignit des connaissances profondes dans l'arabe , le grec et les saintes lettres. Il se lia avec dom de Mont faucon, l'abbé de Longuerue et les savants les plus distingués de son temps. Ses vertus égalaient ses talentS et la douceur de son commerce. Il mourut le 12 mars 1735 dans la maison de la rue StHonoré qu'il habitait depuis longtemps. On a de lui : 10 Défense du texte hébreu et de la version vulgate, servant de réponse au livre intitulé l'Antiquité des temps rétablie, etc., Pa- ris, 1690, 1 vol. ; 2. l'Antiquité des temps dé- truite , Paris , 1693 , 1 vol. Ces deux ouvrages du P. Lequien commencèrent sa réputation; on trouva que son antagoniste était complétement battu. 3. Remarques sur l'Essai du commentaire sur les prophètes , dans les Mémoires de Trévoux du mois de mars 1711 ; le" Nullité des or- dinalions anglicanes, ou Réfutation du livre intitulé Dissertation sur la validité des ordinations des Anglais, Paris, 1725, 2 vol. ; 5. la Nullité des ordinations anglicanes, démontrée de nouveau, tant par les faits que par le droit, contre la Défense du R. P. le Courayer, Paris, 1730, 2 vol. Sans tomber d'accord sur l'infidélité dans les citations , ni sur l'ignorance ou la prévention que le P. Courayer reprochait au P. Lequien , on pensa généralement que ce dernier sortait trop souvent des bornes de la modération envers son adversaire , et s'opiniâtrait à vouloir lui faire confesser comme article de foi ce qui ne l'était pas. On attribue à Pierre Badoire une grande part aux deux premiers volumes du P. Lequien. 6° Lettre sur les ordinations anglicanes, dans le Mercure du mois d'avril 1731 ; 7. Dissertation sur St- Nicolas, évêque de Illyre, dans les Mémoires de littérature et d'histoire du P. Desmolets, t. 7, Ire partie; 8° Dissertation sur le port Icius , qu'il prétend être le port de Boulogne , ibid., t. 7, partie 2e; 9° Histoire abrégée de la ville de Boulogne- sur- Mer et de ses comtes, ibid., t. 10, partie Ire, et à la tète de la Coutume de Boulogne, dans le Coutumier général; 10° Dissertation sur Annius de Viterbe, dans les Voyages d'Espagne et d'Italie, par le P. Labat, et dans le Berose et l'Annius de Viterbe ' de Fortia d'Urban , formant le tome 7 de ses Mémoires pour servir à l'histoire du globe, 1808 11. Observations sur le livre intitulé : Petra Fidei , d'Etienne Javorski, patriarche moscovite, sur une réponse qui fut faite à ce livre par François Buddœus, et sur une réplique à ce dernier, par le P. libéra, insérées dans le Mercure de mars 1735; 120 Stepliani de Altamura Ponticensis contra schisma Grœcorum Panoplia qua Romana et occidentalis ecelesia defenditur adversus criminationes iVectarii nuperi patriarchoe hierosolymitani quas congessit in libro DE MUNCIPATU PAPE, Paris, 1718 ouvrage solide et estimé. Les dangereuses subtilités du patriarche Nectaire y sont victorieusement réfu tées .15. Sancti Joannis Damasceni opera omnia gr.- lat. , Paris, 1712, 2 vol. Cette édition est enrichie de plusieurs dissertations remplies d'érudition ecclésiastique. Le P. Lequien avait préparé un troisième volume , qui devait contenir les ouvrages faussement attribués à StJean Damascène, et qui n'a point été mis au jour. 14. Oriens Christianus, in quatuor patriarchatus digestus ; quo exhibentur ccclesiœ patriarchoe , cœterique prœsules lutins Orientis, Paris, à l'imprimerie royale, 1740, 3 vol. Cet ouvrage était en grande partie imprimé quand le P. Lequien mourut. Ses confrères en continuèrent l'impression et y firent des améliorations qui sont indiquées dans la préface. C'est une imitation du Galba christiana, bien exécutée et pleine de choses curieuses, avec les cartes des quatre patriarcats dressés par d'Anville. Le P. Lequien a concouru à la Byzantine
  • Michel LETELLIER( 1643 - 1719) : jésuite , dernier confesseur de Louis XIV et chargé de la feuille des bénéfices, naquit auprès de Vire, en basse Normandie, le 16 décembre 1643. Il fit ses études chez les jésuites à Caen , et entra dans leur société en 1661. Après avoir enseigné les humanités et la philosophie, il fut chargé de donner une édition de QuinteCurce pour l'usage du Dauphin. Son travail, qui parut en 1678 et qui est estimé, le fit choisir, avec quelques autres jésuites distingués par leur mérite, pour former dans le collége Louis le Grand , à Paris, une société de savants qui succédt!it aux Sirmond et aux Petau. Mais Letellier se consacra bientôt à un autre genre d'écrits. Il fut un des principaux adversaires de la version du Nouveau Testament dite de Mons, et il l'attaqua dans trois ouvrages différents, en 1672275 et 1684. Il prit ensuite beaucoup dé part à la controverse sur les cérémonies chinoises. Sa Défense des nouveaux chrétiens et des missionnaires de la Chine , du Japon et des Indes , qui parut en. 1687,2 vol. fut vivement attaquée par Ar- nauld et du Vaucel, et déférée à Home, où elle ne fut point condamnée. Letellier y donna depuis une suite et répondit à ses ennemis. Il contribua, avec le P. Besnier, à la traduction du Nouveau Testament de Bouhours, qui parut en 1697 et en 1705 . Ayant été choisi pour con.. tinuer les Dogmes théologiques du P. petau, s'at_ tacha au traité de la Pénitence, qu'il acheva, mais qui n'a pas été imprimé. Dans la querelle faite aux jésuites sur ce qu'on appelait le péché philosophique, il publia quelques petits écrits, en J691, pour la justification de ses confrères. Il fut un des premiers coopérateurs des Mémoires de Trévoux. Letellier est encore auteur de quelques ouvrages contre ceux qui prenaient le nom de disciples de StAugustin, comme : Recueil de bulles sur les er- reurs des deux derniers siècles, 1697; — Histoire des cinq propositions de Jansénius , Liége, 1699 — Le P. Quesnel sédi- lieux et hérétique, 1705' etc. Ces écrits exposèrent Letellier à l'animadversion d'un parti nombreux et puissant, qui l'a peint ensuite comme ayant horriblement abusé de la confiance de Louis XIV. Ce fut après la mort du P. de la Chaise, en 1709, que Letellier, alors provincial dans sa compagnie , fut nommé confesseur du roi; place d'autant plus importante que la présentation des sujets pour les bénéfices y était alors attachée. On assure, dans beaucoup de libelles et même dans quelques histoires, que le jésuite fut'dès lors ràme de toutes les affaires et qu'il se montra violent et persécuteur. Mais Louis XIV ne suivit pas, depuis 1709, une conduite différente de celle qu'il avait tenue jusquelà; il regardait les jansénistes comme dangereux, et il les contint avec fermeté. L'acte le plus sévère de cette partie de son règne fut la destruction de PortRoyal des Champs, en 1709; mesure qui fut accompagnée de circon- stances propres à la faire paraître plus rigoureuse encore. Un historien récent dit que le P. Letellier n'eut point de repos qu'il ne se fat assuré de la condamnation du livre de Quesnel : le simple rapprochement des dates démontre la fausseté de cette allégation. Letellier ne devint confesseur du roi qu'en 1709, et les Réflexions morales avaient été condamnées à Rome par un décret du 15 juil- let 1708. D'Alembert est tombé dans un anachronisme plus choquant encore : dans ses notes sur l'Éloge de Bossuet, il accuse Letellier d'avoir donné à Louis XIV le conseil perfide et punissable d'écrire au pape une lettre où il promettairtle faire rétracter les évêques de la sanction solennelle qu'ils avaient donnée aux quatre articles; et làdessus, l'académicien s'échauffant déplore , dans une ti- rade véhémente, la faiblesse du roi et l'audacieuse impudence de l'imposteur qui dirigeait sa conscience. Cette bouffée de colère annonce autant d'ignorance que de passion : la lettre dont d'Alembert veut parler ne peut être que celle que Louis XIV écrivit, le 14 septembre 1693, à Innocent X11, et Letellier ne fut confesseur que seize ans plus tard. Un examen des faits dissiperait ainsi la plupart des reproches que des écrivains passionnés ou inattentifs ont adressés au P. Letellier. Ceux qui l'ont le plus maltraité sont le due de St - Simon dans ses Mémoires, Dorsanne dans son Journal, et de Villefore dans ses Anecdotes sur la constitution Unigenitus. Tous trois favorisaient un parti que Letellier avait combattu; tous trois ramassaient avec soin, et citent comme des autorités, de petites anecdotes, des propos et des conversations. StSimon, caustique et haineux, comme l'avouent ses éditeurs, dit du mal de tout le monde et n'épargne pas Letellier. 11 parle aussi du bruit qui courut que ce jésuite avait fait faire au roi mourant les voeux de sa société; mais il ajoute que le chirurgien du roi, Maréchal, qui n'aimait pas non plus Letellier, lui a certifié que le fait était faux ce conte ridicule n'en est pas moins répété dans d'autres recueils. Si l'on en croit Dorsanne et Villefore, c'est le P. Letellier qui a tout fait dans l'affaire de la bulle Unigenitus : il a fatigué Louis XIV de ses sollicitations ; il a forcé la main au pape ; les cardinaux comme les évèques étaient ses agents serviles et sacrifiaient leur devoir à la politique. Fénelon lui- méme n'a pas été à l'abri de cette imputation aussi ridicule en ellemême qu'elle est outrageante pour les prélats qui en étaient l'objet. C'est sur l'autorité des mêmes écrivains que Duclos a rédigé ses Mémoires secrets, et il a peint Letellier comme un homme dur, orgueilleux , violent, qui dirigeait tout et dont les évêques suivaient aveuglément les ordres. A l'entendre, le cardinal de Rohan était un de ses les plus dociles, ,quoique le notn de ce prélat, son rang dans l'Eglise et à la cour et ses qualités aimables et généreuses , repoussent la supposition d'un rôle si peu fait pour lui. Le cardinal de Bissy, évèque de Meaux, n'est pas mieux traité. Au reste, Eouclos reconnaît qu'il suit pour guides les auteurs déjà cités : dans un seul endroit il parait rougir de les copier. On avait produit une lettre que l'on attribuait au P. Letellier, et dans laquelle il exposait à M. de Chauvelin le plan de la persécution qu'il se proposait de faire essuyer au cardinal de Noailles. Il est à croire que, si Letellier eût été capable de ce procédé, il était du moins assez adroit pour ne pas s'afficher en écrivant à un magistrat. Aussi Duclos convient qu'ayant confronté la lettre avec d'autres de ce jésuite, la signature ne lui a point paru la même; et il soupçonne , avec beaucoup de fondement, que c'est une fraude du parti contraire. 11 est possible qu'avec de bonnes vues, dans le fond, Letellier ait été, en quelques occasions, entralné trop loin par l'ardeur de son zèle; mais il y a loin de là au caractère odieux qu'on lui prêle et au rôle violent qu'on lui fait jouer. Des écrivains non suspects citent de lui des traits honorables. Louis XIV, dit Duclos luimême, lui ayant demandé s'il était parent des Letellier de Louvois, il répondit, comme l'avait fait en pareille occa- sion StVincent de Paul , qu'il n'était que le fils d'un paysan. Le chancelier d'Aguesseau rapporte, dans le Discours sur la vie et la mort de M. d'A- guesseau, son père, que le roi ayant demandé un jour au P. Letellier pourquoi il ne se servait pas, pour ses voyages , d'un carrosse à six chevaux, comme son prédécesseur, le confesseur répondit que cela ne convenait point à son état, et qu'il au- rait été encore plus honteux de le faire depuis qu'il avait rencontré , dans une chaise à deux chevaux, sur le chemin de Versailles, un homme de l'dge, des services et de la dignité de M. d'Aguesseau. On voit, dans le Dictionnaire de Moréri à l'article Fabre, que Letellier rendit des services à cet oratorien, et qu'il lui envoya de l'argent dans un moment où celuici en avait un trèsgrand besoin. Après la mort de Louis XIV, le jésuite se trouva en butte à toute la haine du parti triomphant. 11 était particulièrement odieux au cardinal de Noailles : il fut exilé à Atniens, puis à la Flèche, où il mourut le 2 septembre 1719, à l'àge de 76 ans
  • Michel LETELLIER( 1603 - 1685) : chancelier de France, né le 19 avril 1605, d'un conseiller à la cour des aides, seigneur de Chaville, fut d'abord conseiller au grand conseil, puis procureur du roi au Châtelet de Paris en 1651. Il fut nommé ensuite maitre des requètes et eut l'avantage de travailler, avec le chancelier Séguier et M. Talon , aux procédures instruites contre les séditieux de Normandie. L'habileté qu'il montra dans cette affaire lui valut sa nomination à l'intendance de Piémont en 1640. Ce fut alors qu'il eut occasion d'être connu du cardinal Mazarin, qui le présenta à Louis XIII, et le fit nommer secrétaire d'État au département de la guerre, lors de l'éloignement de M. Desnoyers. Attaché à la fortune de ce cardinal, il suivit fidèlement son parti dans les troubles de la Fronde. Tout ce qui fut négocié avec le duc d'Orléans et M. le Prince passa par ses mains. Il eut la plus grande part au traité de Ruel, partagea la première disgràce, vraie ou supposée, de Mazarin, et s'établit à la campagne pendant l'absence de son protecteur. Mais, lorsque le cardinal se retira pour la seconde fois et sortit du royaume, la régente retint auprès d'elle Letellier, , qui fut chargé du ministère dans ces occasions difficiles. C'est à cela que, dans son oraison funèbre, Bossuet fait allusion en ces termes Deux fois, en grand politique, ce judicieux fa-'C sut céder au temps et s'éloigner de la cour. Mais, il le faut avouer, toujours il voulait y revenir trop tôt. Letellier s'opposait à ses impatiences jusqu'à se rendre suspect, et, ,c sans craindre ni ses envieux , ni les méfiances d'un ministre également soupçonneux et en-« nuyé de son état, il allait d'un pas intrépide où « la raison d'État le déterminait. » Letellier contribua puissamment à l'extinction des troubles et au rétablissement de l'autorité royale. Le coadjuteur en parle souvent dans ses Mémoires, mais sans former aucune plainte contre lui , fût constamment attaché au parti de la cour ; ce qui prouve que Letellier mettait dans ses procédés autant de modération que de franchise. En 1654, il fut chargé de pleins pouvoirs et envoyé pour empêcher que Péronne ne tombât entre les mains des ennemis. Pendant les négociations relatives au mariage du roi, il eut la correspondance du cardinal, qui l'instruisait exactement de tout ce qui se passait entre lui et don Louis de Haro. Après la mort de Mazarin , il continua et Fléchier. Il mourut en 168i, àgé de 85 ans. Sa fin édifiante est peinte d'une manière admirable par l'évèque de Meaux; et c'est un des plus beaux traits de son discours
  • Michel LEVASSOR( 1600 - 1718) : historien , né à Orléans dans le 17e siècle, entra dans la congrégation , 1757, 7 vol. Cette a Histoire, (lit Voltaire, diffuse , pesante et sali- « rique, a été recherchée pour beaucoup de faits n singuliers qui s'y trouvent; mais Levassor est tt un déclamateur odieux qui, dans l'Histoire de a Louis XIII ne cherche qu'à t'écrier Louis XIV; t, qui attaque les .morts et les vivants. Il ne se « trompe que sur peu de faits , et passe pour « s'are trompé clans presque tous ses jugements. » Le P. Griffet a réfuté Levassor dans la préface de son Histoire de Louis XIII. On a encore de lui une traduction de l'espagnol des Lettres et ilémoires touchant le concile de Trente, par Fr. de Vargas, avec des remarques, Am- sterdam , 1700 On trouve un Eloge de Levassor dans les Nouvelles littéraires, de la [laye, t. 8, p
  • Michel LILIENTHAL( 1686 - 1750) : savant philologue allemand , était né en 1686, à Liebstadt, en Prusse. Après avoir fait ses études avec beaucoup de distinction, il fut promu au saint ministère. Quelque temps après, il reçut une vocation pour Koenigsberg; il fut ensuite nommé professeur de théologie à l'université de cette ville, et il en cumula les fonctions avec celles du pastorat jusqu'a sa mort, arrivée en 1750. Lilienthal était membre de la société royale de Berlin et de l'académie de Pétersbourg. Il fut le principal rédacteur de l'Erleutcrte Preussen, journal littéraire fort estimé publié à Koenigsberg de 1724 à 1728, 4 vol. Il avait pour collaborateurs Th. Bayer, J.J. Rhod, Volbrecht, Arnold et Seyler. On y joignit, en 1742,, un 5e volume, qui contient des suppléments et des corrections pour les premières parties. Ce journal attira quelques ennemis a Lilienthal praini les écrivains que chagrinait sa critique franche et parfois maligne; mais il lui mérita l'estime de tous les littérateurs impartiaux. H en a publié une espèce de continuation sous ce titre : Acta Boras- sied , Koenigsberg, 1750-52, 3 vol. Chaque volume est divisé en six parties, avec autant de portraits prussiens. Ce recueil contient d'excellents articles sur l'histoire ecclésiastique et civile e Hat- Ir tone a muribus corroJo. — De roatis ab Adorno uni- malihns , et enfin De solerismis litterariis. Le se- .cond : De usu et & insu philotlucarum. — De I' rerum punirornm scriptoribus manuscriptis et erul: gatis, _ De Helena ileitelai ejusque amitoribus. Les trois autres pièces renfermées dans ce volume dont pour auteurs Th. Bayer, Rhode et G.-11.1ias- titis. 4° iluserlesenes Thalercabinet, etc., Koenigs- ber.m, 1726 die édition , 1747 C'est i une description des principales médailles moder"nes et de. thalers ou écus d'empire frappés depuis CharlesQuint. Sa collection de pièces de ce genre i s'élevait à 800. 5° Lilienthalische Bialoth, k, . 1759- 45, 3 parties C'est le catalogue raisonné de sa nombreuse bibliotheque : l'ouvrage . 8° Theologisch- homiletischer Bibliollfrk, ibid., 1749 Travail du . Goetten a publié la vie de 11lichel Lilienthal dans sa Gelehrte Europa. — LILIENTHAL , théologien, fils i du précédent, né à Koenigsberg en 1717, a publié: 1 1. une Histoire critique de Ste- Dorothée, proter_ trice de la Prusse, Dantzig, f743 ; 2° deux Dissertations latines sur la lutte de Jacob contre un ange, Koenigsberg,1744; 3° des Leçons sur la Bi, le , 1756-72. Cet ou- vrage se distribuait par cahiers à des époques I, déterminées. L'auteur y réfute solidement les objections des déistes contre l'Ancien et le Nouveau ° Testament. 4° ComPnentatio critica sisteus duoruen codicum Mss. 13, bli,, hebraïca continentium bibliulliecoe Il! Regiomontanœ notifiant cum preeripuarum variantiuin lectionum sylloge , Koenigsberg , 1770 et environ soixante autres dissertations ou opuscules académiques dont on peut voir le détail dans Meuse!. Lilienthal a encore fourni de nombreux articles à la plupart des journaux de l'Allemagne
  • Michel LINANT( 1708 - 1749) : littérateur, naquit à Louviers en 1708, fit des vers au sortir du collége et vint à Paris, avec des lettres de recommandation du marquis de Cideville pour Voltaire, qui le fit nommer précepteur du fils de madame du Châtelet, et l'engagea fortement à mettre à profit ses loisirs pour sa propre instruction. Voltaire écrivait à M. de Cideville en 1735 : Je ne sais pas encore si Linant sera un grand pete; « mais je crois qu'il sera un trèshonnête et très« aimable homme.... Il n'est pas bien sûr qu'il ait un de ces talents marqués, sans quoi la « poésie est un bien méchant métier.... Exhor- tezle à travailler et à s'instruire de choses qui puissent lui ètre utiles, quelque parti qu'il em« brasse; il voulait ètre précepteur, et à peine c Titon du Tillet le fait naitre par erreur à Rouen. vaille point, Il ne fait rien ; il se couche à sept a heures du soir pour se lever à midi .... Plein « de goût, d'esprit et d'imagination, il n'a rien de ce qu'il faut ni pour briller ni pour faire a fortune; il a la sorte d'esprit qui convient à un Linant ne tarda pas à se lasser des plaintes et des remontrances continuelles de son Mécène ; il témoigna assez durement que le séjour de Cirey l'ennuyait ,- et il revint à Paris , où il fut gouverneur du fils de M. Hébert, introducteur des ambassadeurs. Cet emploi modeste suffisait à ses besoins, et il préférait un logement peu commode qu'il partageait avec sa mère et une table mal servie à celle des grands seigneurs qui l'invitaient. Sur la fin de sa vie, il éprouva des regrets de n'avoir pas suivi une carrière plus lucrative. Il mourut à Paris le 11 décembre 1749. Linant a remporté trois fois le prix de poésie à l'Académie française et obtenu un accessit en concurrence avec Marmontel, qui fut couronné. On a, en outre, de lui, deux tragédies : Alzaïde, représentée en 1745, offre quelques beaux endroits et eut plusieurs représentations; Vanda, reine de Pologne , pièce romanesque et mal écrite, ne fut jouée qu'une seule fois en 1747; mais elle a été imprimée, Paris, 1751 On lui attribue l'Hymen augure de la paix, scènes héroïques en un acte, en vers, à l'occasion du mariage du Dauphin , Paris, 1745 Linant a donné l'édition des OEuvres de M. de Voltaire, Amsterdam, 1758-59, 3 vol. : en tète du premier est une Préface dans laquelle il témoigne sa reconnaissance pour l'ill9stre auteur. On a encore de lui des Odes, des Epi! res et des pièces fugitives , parmi lesquelles on cite ce madrigal qu'il composa pendant qu'il habitait le chateau de madame du Chàtelet : Un voyageur qui ne mentait jamais Passe à Cirey, l'admire, le contemple ; Il croit d'abord que ce n'est qu'un palais; Mais voyant Emilie : Ah 1 ditil, c'est un temple ! On peut consulter la Notice que Titon du Tillet a consacrée à Linant, dans le Second supplément du Parnasse français , et une Lettre de l'abbé Yart, en réponse à l'article des Trois siècles de la littérature, insérée dans le Journal encyclopédique, mois de juin 1773. — Un autre LINAYT fut précepteur du fils de madame d'Épinay, et c'est à lui que sont adressées quelques lettres qui font partie de la Correspondance générale de Voltaire
  • Michel LOPEZ-LEGASPI : espagnol, fut expédié, en 1564 , par le viceroi du Mexique avec une flotte , pour faire la conquête des Philippines, et il s'empara d'abord de Zebu. En 1570, il fut revêtu du titre de capitaine général, et reçut ordre d'étendre ses conquêtes. Il prit Manille , et jeta les fondements de la ville ac- tuelle ; il mourut en 1572. — LOPEZ DE V1LLAL0BO partit du Mexique en 1542 pour aller re- connaître le groupe d'îles découvert et nommé par Magellan archipel de St- Lazare. Villalobo eut d'abord connaissance des Ladrones ; ensuite, ses pilotes s'accordant mal sur la route à suivre , il fut obligé de relâcher dans la baie de Caraga , sur la côte sudest de Mindanao. Les maladies lui firent perdre beaucoup de monde ; les tempètes désemparèrent quatre de ses vaisseaux. 11 demanda du secours au gouverneur de Ternate, qui lui en refusa. Alors il se réfugia dans l'île d'Amboine , où il mourut en 1543. Quelques écrivains prétendent qu'il donna le nom d'îles Philippines à l'archipel StLazare ; d'autres soutiennent que ce fut LopezLegaspi , et cette opinion est la plus vraisemblable , parce qu'à l'époque du voyage de Lopez CharlesQuint régnait encore
  • Michel LULLIN DE CHÂTEAUVIEUX( 1694 - 1781) : agro- nome , né à Genève en 1694 , se livra à l'étude des arts mécaniques et de l'agriculture, dans le . dessein de se rendre utile à sa patrie. Il se concilia l'estime et la confiance de ses concitoyens, qui l'élevèrent aux premières charges de la république. Cons aineu que la ville de Genève devait son existence aux arts mécaniques, il tenta de créer de nouvelles sources de prospérité en perfectionnant ces arts, ou en introduisant ceux qui n'étaient pas connus. Il fallait pour cela pusder à fond les pratiques usitées, et celles que la localité ou les circonstances présentaient comme as antageuses. Lullin en lit une étude spéciale, non dans les livres , mais au milieu des ateliers et parmi les ouvriers. Il se lit apprenti dans plusieurs, afin d'en mieux connaître les détails et d'en mieu\ juger. Il s'était ainsi rendu capable d'exercer dixhuit professions il en possédait presque tous les outils, et il as ait manie exécuté plusieurs OUN rages as ec un grand degré de perI't.ction. Il se lis ra également à l'agriculture, el rtlidit surtout célèbre par l'invention d'un se-!noir, qui fut alors trèssanté, surtout par Duhamel. Cet instrument , usité depuis trèslongtemps chez les Chinois, fut aussi employé quelquefois par les Espagnols, puis par les Anglais. Les Italiens, de leur côté, lui as:aient donné un haut degré de perfection . Celui de Lullin fut mis en pratique avec succès à Grues e, d'où il passa en France. Il avait imaginé une charrue à couteau\ pour le défrichement des prairies naturelles'. Ce citoyen zélé pour le bien public donna un exemple utile à sa patrie et à la France, en inspirant le goût des expériences agricoles; mais les résultats de sou zèle et de ses lumières ne furent pas avantageux à sa fortune. Il mourut en 1781 on a de lui un ou% rage où il dorme la description de son semoir, intitulé 1.... r- erienees et reflexioni . sur la culture dem terres, faites aux enrirons de Genère Jasa les années 1754, 1755 et 1756 — Son lils, LULLIl'EAU% SEUIL était devenu colonel propriétain. d'un régiment suisse et lieutenant général. II est mort le 12 fi N nier 1815, dans un àge fort as ancé
  • Michel MAÏER( 1568) : fameux alchimiste allemand, était né en 1568, à Rindsbourg, dans le Uolstein. s'appliqua dans sa jeunesse à l'étude de la médecine, et s'établit à Rostock, où il pratiqua son art avec beaucoup de succès. L'empereur Rodolphe le nomma son médecin, et lui fit expédier des titres de noblesse en récompense de ses ser vices. Cependant quelques adeptes parvinrent à le détourner de la route qu'il avait suivie jusqu'alors; il se passionna pour le grand œuvre, sacrifiant à de vailles recherches son temps, sa fortune et sa réputation. Après avoir parcouru l'Allemagne pour conférer avec tous ceux qu'il croyait possesseurs de quelques secrets merveil- leux , il finit par accepter la place de médec de Magdebourg , et il mourut en cette ville en 1622. Les ouvrages de Maïer sont rares et recherchés; mais on peut les ranger parmi les curiosités inutiles dont certains amateurs se plaisent à former des collections. On se contentera d'indiquer ici les principaux : 1. Arcana arcanis- sinta, hoc est , hieroglyphica cegyptio- grœca, etc., sans date fig. LengletDufresnoy en cite une édition de Londres, 1614, mème format. 2° De circulo physico quadrato, hoc est, auro, ejusque rirtute inedicinali, etc., Oppenheim, 1616, in4.; 3. Symbola auree menue duodecint natio- num, Fran.cfort, 1617 Lusus serins quo Hernies sets Mercurius rex mundanorunt omnium judiratus et constitutus est, Oppenheim , 1616; Francfort, 1617 ou 1629 5' Jocus severus, 110e est, tribunal equum quo noctua regina aviurn, phœnice arbitre agnoscitur, Francfort, 1617 ; 6° Viaiorium, hoc est de montibus planetarum sep- tem seu metalloruni, ibid., 1618 ; 7' Tripus nui- eus, hoc est, Ires trartatus chimiri selectissimi, ibid. , 1618, Ce volume contient la Pratique de Basile Valentin, l'Ordinal de Th. Norton et le testament de Jean Cremer, trois pièces fort estimées des adeptes. 8° iltalanta fugiens, hoc est, emblenzata noya de secretis naturce chintica, Oppen- heim , 1618 fig. de Th. de Bry. Cet ouvrage est le plus curieux et le plus rare de toute la collection des œuvres de Maïer, et il s'élève dans les ventes à un trèshaut prix. Il a été réimprimé Ms ce titre : Scrutinium chimicurn, Francfort, 1687 mais les amateurs donnent la préférence à l'édition originale. 9. The- mis aurea, hoc est de legibus . fraternitatis roseoe crucis, Francfort, 1618 C'est encore un problème de savoir si la société des frères de la RoseCroix a existé ailleurs que dans l'imagination de quelques fourbes, qui en firent un moyen d'extorquer de l'argent à des personnes trop crédules. On leur attribuait le pouvoir de changer les métaux en or, de se conserver pleins de santé pendant plusieurs siècles, et de se transporter avec la rapidité de la pensée dans tous les pays de la terre. Cette société commença à faire du bruit en Allemagne au commencement du 17' siècle , et Maïer fut certainement un des initiés ou plutôt une des dupes, puisqu'il a eu la bonhomie de rédiger leurs lois, leurs coutumes , et qu'il a pris leur défense dans un de ses ouvrages. Quelques affidés des frères de la RoseCroix v à Paris en 1623, et annoncèrent leur arrivée aux adeptes par des affiches dans lesquelles ils promettaient de découvrir tous leurs secrets à ceux qui voudraient se faire initier; mais on reconnut surlechamp la fourberie, et Gabriel Naudé acheva de les dévoiler dans un petit écrit devenu rare, intitulé Instruction à la France sur la rérité de l'histoire des frères de la Rose- Croix , i, voy. G. NAuDÉ). 100 Septimana philosophica, Francfort, 1620 , 11. Cantilenœ intellectuales de phœnice rediviro, in triades norent distincte, etc., Rome, 1622; Rostock, 1623 fort rare. Cet ouvrage a été traduit en français par L. M. ;Lemascrier), Paris, 1758, petit 12" Ulysses, id est sapientia seu intelligentia, tractatus posthu- mus, Francfort, 1624 Les autres ouvrages de Maïer n'ont pas, comme ceux qu'on vient de citer, l'attrait de la curiosité; on en trouvera les titres dans la Bibliothèque hermeitique de LengletDufresnoy , et dans le Dictionnaire de médecine d'Éloy, au mot Mayer
  • Michel MAITTAIRE( 1668 - 1747) : l'un des plus savants et des plus célèbres bibliographes du 18e siècle était né en France en 1668, de parents protestants que la révocation de l'édit de Nantes obligea de chercher un asile en Angleterre. Après avoir achevé ses études à l'école de Westminster avec une rare distinction, il visita la Hollande, et s'arrêta quelque temps à la Haye chez les frères Vaillant, fameux imprimeurs dont il reçut des preuves multipliées de bienveillance. Pressé du désir de revoir la France, il obtint la permission de se rendre à Paris, et il y fut accueilli des savants avec des égards qui le touchèrent vivement. Son cœur était resté étranger à tout sentiment.de haine, et, quoique l'exil de ses parents n'eût pu qu'être préjudiciable à sa fortune, jamais on ne l'entendit blâmer cette funeste mesure. Longtemps après son retour à Londres, il ne parlait de sa patrie qu'avec attendrissement ; et , dans plusieurs circonstances, il a loué les qualités de Louis XIV et rendu justice à ses intentions avec unu franchise et une loyauté vrainient françaises. Maittaire, exempt de toute ambition et satisfait de_ sa médiocre fortune, passait les journées entières à lire et à écrire dans son cabinet ; il était trèsversé dans les langues anciennes, et on lui doit uu grand nombre d'éditions des auteurs classiques grecs et latins, trèsremarquables par leur correction et par des index d'un usage si commode qu'il suffit de se rappeler un mot pour retrouver le passage dont on a besoin. Il fut. nommé l'un des maîtres de l'école dans laquelle il avait étudié ; il partagea dès lors son temps entre ses élèves et ses livres, et mourut à hondres le 7 août 1747, à l'âge de 79 ans. Maittaire , d'un caractère doux , modeste et obligeant, eut beaucoup d'amis ; il était en correspondance avec les plus illustres savants' . 9.32 et suiv.) la liste des auteurs que contient cette précieuse collection. 3^ Stephanorum historia citas ipsorum ac libros romplectens, Londte› . 1709, 2 parties ou-* vrage savant et plein de recherches intéressantes ; il est trèssupérieur à celui qu'Almelo-, veen avait publié sur les mêmes imprimeurs roy. ALNIELovEEN), quoique d'ailleurs susceptible d'améliorations . 4° Historia typogcaphoruai aliquot Parisiensiumitas et libros complectens, Londres, 1717, :2 vol. 8°. L'auteur a dédié cet ouvrage au duc d'Orléans, régent du royaume, par une épître remplie des sentiments les plus nobles. Ce volume contient les vies de Simon de Colines On doit trouver à la fin de la première partie, p. 561, un Appendice de 4 pages , qui manque dans la plupart des exemplaires. n contient une courte notice sur Turnèbe, G. Morel, J. Bienné , Fréd. Morel , CI. Morel, Martin le jeune et A. Vitré, tirée de La Caille et de PA/ di- Rat/ let de Ménage. La deuxième partie est de même suivie, après la page 133, d'un Appendir ii- Grant»: sul, Stephanorum nominibtis impressorum , qui manque ? aussi dans beaucoup d'exemplaires. Ce morceau, de 7 pages, est daté .1 id. novembre 1709. , se trouve dans l'Histoire littéraire de l'Europe, ti 2 , p. 302. 4° Annales typoyaphici ttb artis inventœ origine ad annum 1557 , la Haye , Amsterdam et Londres, 1719-1741, 5 tomes ou 9 vol. Cet ouvrage est assez important pour qu'il nous soit permis d'en parler avec quelques détails. Le tome lhr contient le catalogue des livres imprimés avec ou sans date de 11157 à 1500, précédé d'une savante dissertation de Antiquis Quintiliani editionibus ; le tome 2 est divisé en 2 parties et contient la suite de 1501 à 1536 ; le tome 3 , également divisé en 2 parties, s'étend de 1537 à 1557, et renferme en outre l'Appendice de 1558 à 1664; le tome , divisé en 2 parties, contient les nouvelles recherches de „ Maittaire sur les éditions du 15° siècle , et forme un supplément au 1" volume; mais l'imprimeur hollandais, au lieu de se conformer à l'intention de Maittaire l'a intitulé tome er, et l'a indiqué comme une nouvelle édition, revue et augmentée , qui rendait inutile le volume imprimé en 1719, tandis que, comme on le voit, ce n'en est qu'une suite ; le tome 5 , divisé en 2 parties , renferme les tables générales de l'ouvrage et de nouvelles additions . Il est presque incroyable qu'un homme seul soit venu à bout d'exécuter un travail aussi étendu et qui suppose tant de recherches , de critiqüe et de patience. L'ouvrage de Maittaire, sans doute bien imparfait , est cependant encore le meilleur que nous ayons. Mercier de StLéger, excellent juge en pareille matière, dit que ce n'est qu'en le perfectionnant et l'améliorant qu'on peut espérer d'avoir enfin une bonne histoire de l'imprimerie. Plusieurs bibliographes se sont attachés à relever les erreurs de Maittaire : on se contentera de citer Lamonnoye , Prosper Marchand , Mercier , Rive , etc. D'autres bibliographe's ont essayé de glaner après Maittaire en suppléant à ses omissions ; les plus connus sont : Schelhorn, Loescher, Seelen , Leich, Haeberlin, Mencke, Denis Nyerup , Panzer , etc. La plupart de ces savants ont, dans cette Biographie , . des articles qu'on peut consulter ; on peut voir aussi , pour plus de détails, Struvius, Bibl. histor. litterar., Maittaire a exposé le plan de ce vaste index dans une Lettre latine à Desmaiseaux , insérée dans le tome 6 de la Bibliothèque raisonnée. Les oleetvatiobs critiques de Lamonnoye sont consignées dans une lettre , qu'Auguste Beyer fit imprimer à Dresde, 1733 de 24 pages. Maittaire y répondit par une Lettre t Desmaiseaux , insérée dans la Bibliothèque britannique, t. 7, IP. partie , p. 142; il pèse les objections quelquefois minutieuses de son adversaire , les approuve ou les réfute avec cette candeur, cette bonne foi qui le caractérisent. p. 2238 et suiv., ou le Répertoire déjà cité de Peignot, p. 263 et suiv. 7° Miscellanea grœcorum aliquot seriptorunt carmina , ceint versione latina et notis, Londres, 1722 imprimé aux frais du docteur Freind. Ce recueil contient les poésies qui portent le nom de Mercure Trismégiste , les Oracles des mages depuis Zoroastre , un Hymne à Hygie, par Ariphron de Sicyone ; les Hymnes de Proclus ; ceux d'Aristote, à la Vertu; d'Homère, à Apollon, etc. 8° Marntora Oxoniensia, grec et latin, etc. , ibid. , 1732 , édition rare, supérieure à celle de Prideaux , et qu'on recherche encore , parce qu'elle contient différentes remarques omises par Rich. Chandler . On doit trouver à la fin du volume une pièce de 30 pages, intitulée Antiquce inscriptiones dut e, , grœca altera , altera latina, cura brevi notarum et conjecturarunt specimine. L'inscription grecque est relative à un temple consacré à Bacchus par les habitants d'Héraclée, près de Tarente, et que Mazocchi a décrit avec un grand détail ; l'autre contient un règlement sur la police intérieure de Rome. 9° Carmen epicinium augustissimce Russount intperatrici sacrum , 1739 ; 10° Senilia sine poetica aligne in arguntentis varii generis tenta- mina, ibid. , 1742 recueil rare et recherché ; Il° quelques biographes lui ont mal à pro- pos attribué le Catalogus bibliothecoe Harleiance, Londres, 1743-45, 5 vol. . Il n'en a composé que l'épître dédicatoire, comme il le dit luimême , p. 2. La collection des classipies latins, publiée par Maittaire de 1713 à 1722 , forme 27 volumes On trouve la liste des auteurs dont elle se compose à la fin du Manuel du libraire, par Brunet. Parmi les éditions dues aux , soins de cet infatigable philologue , on citera encore celles des Apophthegmes des rois et des princes, etc., par Plutarque, Londres, 17 41 , et des Poésies d'Anacréon , ibid. , 1725 tirées à 100 exemplaires, dans chacun desquels Maittaire prit le soin de corriger luimème à la plume le petit nombre de fautes échappées à l'impression, et il avait pris le même soin pour les 204 exemplaires de sa belle édition de la liatrachontyontachia, 1721 Cet Anacréon fut réimprimé en 17 41 au même nombre , outre six exemplaires en papier superfin
  • Michel MAUDUIT( 1644 - 1709) : pieux et savant théologien, né en 16,A à Vire, en Normandie, entra jeune dans la congrégation de l'Oratoire , où il professa longtemps les humanités avec beaucoup de succès. 11 s'appliqua ensuite à la prédication, et se dévoua en particulier à l'instruction du peuple des campagnes. L'âge ne lui permettant plus de soutenir le poids des travaux apostoliques, il se retira dans la maison de l'Oratoire, à Paris, et partagea son temps entre la prière et l'étude des saintes Écritures. Il y mourut le 19 janvier 1709. C'était un homme de moeurs simples et pures, cachant son savoir avec soin ; il possédait à fond le grec , le latin et l'hébreu , et avait d'ailleurs des connaissances trèsvariées. Dans sa jeunesse, il avait cultivé la littérature , et remporté plusieurs prix aux académies de Rouen et de Caen. On a de lui . 1° Mélanges de diverses poésies , divisés en quatre livres, Lyon, 1681 Dans la préface, qui est fortbien faite, il traite du bon usage de la poésie et du danger des poésies galantes. 2° Les Psaumes de David , traduits en vers français ; 3° Dissertation sur la goutte, où l'on en découvre la véritable origine, jusqu'ici inconnue , et le moyen de s'en garantir, Paris, 1687; seconde édition , 1689 ; 4° Traité le la religion contre les athées, les déistes et les nou, eaux pyrrhoniens, ibid., 1697 ; nouv. éd . augmentée 1698 5° Analyse de l'Evangile , 4elon l'ordre historique de la Concorde, avec des Dissertations sur les endroits difficiles ;—des Actes les apôtres; des Eptres de St- Paul et des Epitres - anoniques ; ibid., 1694 et ann. suiv. 7 vol. : et ouvrage, qui est estimé, a été réimprimé svec des additions qui portent à 9 le nombre des volumes ; 9e édition , Malines , 1821. — Il en ,ciste une autre édition plus récente en ! vol. n-8° Paris , 1843-44. L'analyse de l'élpocalypse 'st restée en manuscrit. 6° Méditations pour une retraite ecclésiastique de dix jours 12 ; plusieurs ;ditions. Le P. Mauduit avait laissé en manuscrit g me Traduction complète du Nouveau Testament. 11 Ivan aussi composé un ouvrage sur la célèbre dis)ute du quiétisme , dans les principes de Bossuet, ,bt il l'avait soumis à ce prélat. Comme c'était à 'époque où la querelle était près de se terminer bar le jugement qui intervint peu de mois après, .e livre ne fut point imprimé : le manuscrit existe ,armi ceux de l'évêque de Meaux
  • Michel MÉDINA : religieux franciscain, natif du diocèse de Cordoue, mort à Tolède vers 1580, se rendit trèshabile dans les langues orientales , dans la connaissance des Pères , des conciles , de l'antiquité sacrée et profane. Ses ouvrages, écrits d'un assez bon style pour le temps , tiennent plus de la théologie positive que de la scolastique; On les recherche encore aujourd'hui. Les principaux sont : un Traité de la foi , Venise, 1564, où l'auteur discute la matière fort amplement; — Traité de la continence des ecclésiastiques, imprimé à la suite du précédent ; — Traité du purgatoire. Il parle de l'institution des évêques , des 'prêtres et de tous les ministres ; on a remarqué qu'il ne regarde pas le sousdiaconat comme un sacrement, quoiqu'il le croie institué par JésusChrist. — Plusieurs autres Traités sur la pénitence , l'humilité, la restitution , les indulgences , etc. L'Apologie qu'il publia en 1558 à Alcalà pour son confrère Ferus ou Sauvage contre Dominique Soto, lui attira quelques désagréments : elle fut mise à l'index , et il se vit luimême obligé de rendre raison de sa foi. —Plusieurs théologiens espagnols du même nom ont laissé des ouvrages oubliés aujourd'hui. — Un autre 11IÉnINA publia vers 1550 un Traité de la navigation, qui fut traduit en français en 1554. — Enfin , deux poètes (le la même nation ont aussi porté ce nom ; l'un d'eux , né à Murcie au commencement du 17' siècle , a laissé un recueil estimé , imprimé à Madrid en 1715 , 1 vol
  • Michel MENOT : prédicateur , vivait sous les règnes de Louis XI, Charles VIII, Louis XII et François I". On ignore l'époque et le lieu de sa naissance. 11 entra chez les cordeliers, et professa longtemps la théologie dans leur maison de Paris, où il mourut en 1518. Il jouissait d'une si grande réputation comme prédicateur qu'on l'appelait Langue d'or . Ses sermons ont été recueillis par ses auditeurs, comme nous l'apprenons d'une préface de l'imprimeur Claude Chevallon , et vraisemblablement dénaturés. La plupart de ceux qui en ont parlé se sont contentés de répéter ce qu'ils en avaient entendu dire, sans le vérifier; nous n'écrivons qu'en connaissance de cause et le livre sous les yeux. Menot a laissé : P Perpulcher tractatus, in quo tractatur perbelle de , Turonis declamati, Paris, 1519 et 1525 Quelque curieux que soient les sermons de Barlette et de Maillard , ils ne pourront être comparés à ceux de Menot, qui renferment infiniment plus de grossièretés et de bouffonneries. On distingue avec raison , par les mauvaises plaisanteries et les allusions indécentes dont ils a'aondent, le sermon de l'Enfant prodigue, prèché le samedi après le deuxième dimanche du carême , celui de la multiplication des pains , prêché le deuxième dimanche du carême, et la Passion du troisième recueil ; le sermon du mauvais riche, jeudi après le deuxième dimanche du carême, et celui de la Madeleine , jeudi de la semaine de la Passion, du 4e recueil. Ce n'est pas que l'on ne rencontre souvent dans les autres pièces des traits burlesques et du comique le plus ridicule ; mais ils y sont clairsemés. Henri Estienne s'en est sen i avec avantage pour démontrer l'étonnante dépravation qui régnait dans l'Eglise avant la réformation et pour tourner nos cérémonies en dérision. I .oy. son Apologie pour Hérodote.) Niceron {. Mémoires, t. 2%) a fait des extraits assez nombreux des sermons de Menot ; mais il ne cite pas toujours exactement et il tronque quelquefois. Voici deux passages qui suffiront pour donner une idée du style de Menot , qui affectionnait particulièrement le genre macaronique : Enfant prodi'jue, folio 420, édition de 1525 : « Quand ce fol enfant et mal con « seillé , dit le prédicateur, Quando fille stultus « puer et male consultus habuit suant partent de u hereditate, non erat questio rle portando eum se « rum ; ideo statif): il en fait de la chiquaille : il « la fait priser , il la vend , et ponit la vente in « sua bursa. Quando ridit lot pecias argenti a raide qarisus est, et di. rit ad se : Oho! non ma « nebitis sir semper! incipit se respicere : et quo « modo? I 'o s estis de tain botta domo , et astis ha billé « comme un bélître? Super hoc habebitur puisio. « Millit ad qutrrendum les drapiers, les grossiers « et marchands de soie , et se fait acoutrer de u pied en cap : il n'? avait que redire au service. « Pannarios, grossarins, mereatores setarios, et fa- « cil se indui de perle ad capunr. erat qu' od « deesset servitio. Quando ridit , emit sibi pulehrascaligas d'écarlate, bien tirées, la belle chemise « froncée sur le colet, le pourpoint fringant de s velours, la torque de Florence à cheveux pei « gnés, » etc. — Madeleine, folio 136 : « Et ecce « Magdalena se va dépouiller et prendre tant en « chemises , et arteris indumentis, les plus disso « lus habillements que un quelqu'un fecerat ab « agate septem annorum. Habebat suas domicellas « juzta se in apparatu mundano : habebat ses sen « Leurs, aquas ad faciendum relucere faciem, ad « attraheUdum ilium hominem , et dicebat : « Fere habebit cor durum, nisi eum attraham ad « meum amorem. Etsi deberem hypothéquer omnes « meas hœreditates , nunquam redibo Jerusalem « nisi colloquio cum eo habite». Credatis quod visa « dontinationejus, et comitira, facta est sibi place, « on a paré le siége cura panno aureo ; et renit se « presentare face à face son beau museau ante nos « trum redemptorem ad attrahendum eum à son plai « sir. » Nous ne croyons pas devoir relever les fréquentes méprises qui ont échappé à Debure dans le tome!" de sa Bibliographie instructive. En 1833, l'abbé de Labouderie a publié une bonne édition des Sermons de Mhhel Menot sur la Madeleine , Paris avec une notice et des notes
  • Michel MERCATI( 1541 - 1593) : naturaliste , né en 1541 à SanMiniato , petite ville de Toscane, était fils de Pierre Mercati , médecin habile et qui avait été honoré de la protection des souverains pontifes. Michel s'appliqua aussi à l'étude de la médecine et y fit de grands progrès. 11 fréquenta ensuite les cours de l'université de Pise et s'attacha au célèbre Césalpin , qui lui inspira le goût de l'histoire naturelle. Après avoir reçu ses degrés en philosophie et en médecine, il se rendit à Rome et fut nommé , à l'àge de vingt ans, intendant du jardin des plantes du Vatican. Il s'occupa de rassembler les productions de la nature , et en particulier celles du règne minéral, et parvint en peu de temps à en former une collection trèscurieuse. Son zèle pour le progrès des sciences lui acquit l'estime générale ; il fut inscrit en 1568 sur le registre des nobles de Florence , et , l'année suivante , sur celui de la noblesse de Rome. Le pape Sixte V le désigna pour accompagner en Pologne le cardinal Aldobrandini , chargé de travailler à rétablir la paix entre Sigismond III et Maximilien archiduc d'Au- triche. Mercati eut beaucoup de part à cette négociation ; mais il ne négligea pas non plus de recueillir les plantes et les minéraux des pays qu'il parcourait. Le cardinal Aldobrandini , étant parvenu au trône pontifical en .1591 sous le nom de Clément VIII , choisit Mercei pour premier médecin et lui donna des preuves multipliées de sa confiance. Ce savant respectable mourut de la pierre , le 25 juin 1593 , à l'àge de 52 ans , et fut inhumé dans l'église de SteMarie in Fallicello. Il fut assisté dans ses derniers moments par le bienheureux Philippe Neri, son ami particulier. On a de Mercati : 1° Istruzione sopra la peste, etc., Rome , 1576 9.. De gli obelischi di Roma , ibid., 1589 Il composa cet ouvrage pen- dant qu'il était en Pologne , sans le secours d'au- cun livre ; il lui était échappé quelques omissions que lui indiqua le savant Latino Latini ; Mercati les répara dans un supplément intitulé Considerationi sopra gli avvertimenti del S. La- tin') Latini, etc., ibid., 1590, in4°; 3° Metallo- theca, ibid . , 1717 , fi g . Cet ouvrage contient la description du muséum formé au Vatican par Mercati , en vertu des ordres de Grégoire XIII et de Sixte V. 11 était resté inédit ; mais le manuscrit en ayant été découvert à Florence , le pape Clément XI le fit acheter et chargea Lancisi de le publier, après y avoir fait les, changements et additions que les progrès de la science avaient rendus nécessaires. Lancisi , occupé de la rédac- Nide ses propres ouvrages , confia ce travail à P. Assalti, professeur de botanique ; et cependant le nom de Lancisi figure sur le frontispice de l'ouvrage , auquel il faut joindre : Appendix ad Me- tallothecam Vaticanam, ibid . , 1719 , 19 planches et 53 feuillets pour les explications. Le muséum créé par Mercati a été détruit et tellement dis- persé, que l'on sait à peine l'endroit où il était placé ; l'ouvrage dont on vient de parler a donc le mérite de faire revivre en quelque sorte un des premiers monuments élevés en Italie aux sciences naturelles . On peut consulter la He de Mercati , par Ch. Magilli , camérier d'honneur du pape , à la tête de la Metallothera, et les Mé- moires de Niceron , t
  • Michel MOLINOS( 1627 - 1696) : théologien espagnol , né dans le diocèse de Saragosse en 1627, alla se fixer à Rome , et s'y fit une 'réputation de piété et de talent pour diriger les consciences. Il publia dans cette ville en 1675 , avec l'approbation de cinq docteurs , un livre qu'il intitula la Guide spirituelle, et dans lequel il prétendait diriger les âmes dans le chemin de la perfection. Cet ouvrage parut d'abord en espagnol, et fut ensuite imprimé en italien et enfin en latin, avec l'approbation de l'archevêque de Palerme. Si l'on jugeait de sa doctrine par l'analyse qu'en donne Dupin dans son Histoire ecclésiastique , il ne paraîtrait point offrir les principes monstrueux attribués à l'auteur ; on y voit seulement des idées de mysticité fort bizarres et qui pouvaient donner lieu à des conséquences fâcheuses. Ce furent ces conséquences, et ce que l'on rapportait des entretiens particuliers . Dupin et d'Avrigny mettent la date de la mort de Molinos au 28 novembre 1692; nous avons suivi la date marquée dans Moréri et les autres dictionnaires historiques, et qui a été adoptée par le dernier éditeur de Fénelon, d'après .les Actes de la condamnation du Quiétistes. Outre la Guide spirituelle , il avait publié un petit traité de la Communion quotidienne , où on l'accuse d'autoriser le relâchement. On trouve dans l'édition des OEuvres de Fénelon, chez Lebel, à Versailles, t. 4, une analyse judicieuse de la doctrine de Molinos ; et la différence de cette doctrine avec le quiétisme mitigé de madame Guyon, et le système plus adouci encore de Fénelon, y est exposée avec autant de précision que de clarté. Le même volume renferme une Réfutation des soixantehuit propositions de Molinos par Parchevèque de Cambrai. t'oyez aussi les Actes de la condamnation des Quiétistes, dans les OEuvres de Bossuet, édition de Versailles, t
  • Michel MONACO( 1500 - 1665) : littérateur, était né à Capoue vers la fin du 16e siècle. Ayant embrassé l'état ecclésiastique, il fut pourvu d'un canonicat dans sa ville natale, et partagea sa vie entre ses devoirs et la culture des lettres. Admis à l'académie des Rapiti dans un voyage qu'il fit à Naples, il y lut un panégyrique de sa patrie. Cette pièce ne fut imprimée qu'après sa mort, Naples, 1665 avec quelques épigrammes et diverses poésies , où l'on trouve de l'imagination et qui sont écrites avec élégance. Mais l'ouvrage qui fait le plus d'honneur à 11,fonaco, c'est son histoire ecclésiastique de Capoue , intitulée Sanctuarium capuanum, in quo sacrœ res Capuce, et per occasionem plura ad diversas civitates regni pertinentia et per se curiosa continentur, Naples, 1630 fig. Ce volume est rare et recherché des amateurs ; il faut y joindre un supplément que l'auteur publia en 1657 sous ce titre : Recognitio Sanctuarii capuani , in qua multa in priori editione desiderata videntur. Ws.
  • Michel MOURGUES( 1642 - 1713) : né en Auvergne et vraisemblablement à StFlour vers l'année l6, entra dans la compagnie de Jésus , et s'y dist gua par sa douceur, sa piété, une politesse ex- quise et une profonde érudition. 11 professa la rhétorique et les mathématiques avec éclat dans l'université de Toulouse, où il mourut en 1713 de la maladie épidémique qui fit tant de ravages dans cette ville. Chaque année voyait éclore de sa plume féconde une nouvelle pièce de poésie ou un nouveau traité. Ses principaux ouvrages sont: 1° Recueil d'apophthegmes, ou Bons mots anciens et modernes, mis en vers franfois , Toulouse , 1691 Ce recueil est fait avec discernetnent. 20 Traité de la poésie franfoise, Toulouse, 1685; Paris, 1721, 179.9 et 1754, par les soins du P. Brumoy. L'auteur a joint à ses préceptes quelques exemples de sa façon, dit l'abbé Sabatier, et entre autres un du chant royal et de la ballade, dont il parait avoir bien saisi l'esprit. 30 Nouveaux éléments de géométrie , par des mé- thodes particulières, en moins de cinquante pro- positions , Toulouse et ailleurs, plusieurs éditions 4. Plan théologique du pythagorisme et des autres sectes savantes de la Grèce, pour servir d'é- claircissement aux ouvrages polémiques des Pères contre les païens , arec la traduction de la Théra- peutique de Théodoret, oit l'on voit l'abrégé de ces fameuses controverses, Toulouse et Amsterdam, 171'2, 2 vol. A la fin du second volume, on trouve une Lettre apologétique pour justifier le sentiment de Théodoret et des autres Pères de l'E- glise sur la fixation du règne de Sémiramis, au temps d'Abraham, contre Porphyre, suivi depuis par M. Usser, adressée à la Loubère en 1705, et une seconde Lettre apologétique pour justifier le senti- ment des Pères de l'Eglise sur les oracles du paga- nisme, contre diverses dissertations de Van- Dale, au mème la Loubère, 1709. Cet ouvrage mérite d'être lu. 5° Parallèle de la morale chrétienne arec celle des anciens philosophes pour / aire voir la su- périorité de nos saintes maximes sur celles de la sagesse humaine, Toulouse, 1701 ; Paris et Amsterdam, même année et même format ; Bouillon, 1769 Cet ouvrage est précédé de la Vie d'Epictète, d'une Lettre d'Arrian et suivi d'une Paraphrase chrétienne du Manuel d'Epictite. L'éditeur de Bouillon 'qui est vraisemblablement l'abbé Feller) met cette production du P. Mourgues audessus de toutes les autres
  • Michel NAU( 1631 - 1683) : missionnaire et voyageur, né à I ans en 1 63 1 , d'une famille anoblie pàr Henri IV 1606, entra jeune dans la société clàis Jésuites, Ill Madame Tocqué a rédigé une Vie de son pêre d'après les manuscrits laissés par l'artiste luimême; nous avons eu recours à ce précieux document, qui a été imprimé pour la première fois dans les Mémoire( inédits sur la vie et les travaux dec membres de 1' Aca ténue royale, Paris, Dumoulin , 1851 t. 2, p. 348-3,4. (21 Avant de le quitter, il procéda à la vente de ses tableaux et dessins; le catalogue parut anonyme. C'est gràce au journal du . graveur JeanGeorges Willy que nous avons pu rattacher à notre artiste la pièce rare dont voici le titre : Catalogue des dessins tablenue , estampes, bronzes, parcelitines el livres du cabinet de M. D.• • , dont la » ente *rra faite en un appartement au- dessus de la principale porte de l'enclos du Temple, au plus offrant et dernier enchérisbeur, le lundi 27 juin 1763; Paris,Joullain, graveur, 1763 où il se fit estimer par ses talents et par ses vertus. Après s'être dévoué à l'instruction de la jeunesse, il fut choisi par ses supérieurs pour se consacrer aux missions dans les pays orientaux, et s'en acquitta avec de grands succès. Il mourut à Paris le 8 mars 1683. Il a laissé plusieurs ouvrages estimés : 1° Voyage noureau de la terre sainte, Paris, 1679 réimprimé en 1702, curieux et non moins édifiant qu'utile ; 2° Eccle- siœ romance grœcceque rera eegies, Paris, 1 680 La manière dont il traite son sujet est fort simple en apparence, mais dans le fond elle est fort adroite et solide. 3° L'Etat présent de la reli- gion mahométane, 2° édit., Paris, Bouillerot, 1685, 2 vol. — Son frère Nicolas NAV, de la même société, a écrit en latin une Oraison funèbre du cardinal de la Rochefoucauld , 1645
  • Michel NEANDER( 1525 - 1595) : célèbre philologue, naquit en 1525 à Soraw dans la Silésie, où son père était négociant. Après avoir achevé ses premières études, il visita les principales universités de hl'Allemagne, et s'arrêta plusieurs années à \Vit- e temberg pour entendre Mélanchthon, qui le distingua parmi ses élèves et ne cessa depuis de lui donner des preuves de son attention. Nommé, en 1549 , recteur du gymnase de Northusen , il le remplit cette place avec beaucoup de zèle et s'acquit l'estime de tous les habitants. Thomas . Stangius, dernier abbé d'Isfeld , ayant embrassé la réforme, changea son abbaye en un collège dont il confia la direction à Neander. Sous cet habile instituteur, l'école d'Isfeld devint bientôt l'une des plus florissantes de l'Allemagne. Aussi laborieux que modeste , Neander partagea sa vie entre ses devoirs et l'étude , et mourut le 6 mai 1595 à 70 ans. On lui doit un assez grand nombre d'ouvrages dont on trouve les titres dans les Mémoires de Niceron , t. 30 , et dans le Dictionnaire de Chaufepié. Nous nous contenterons de citer ceux qui sont encore recherchés : P Erotemata grœcce linquæ, Bàle , 1553 ; ibid., 1565 Cette seconde édition a été augmentée d'un catalogue des ouvrages que l'auteur avait déjà publiés ou qu'il se proposait de mettre au jour, et d'une curieuse dissertation sur les anciennes bibliothèques, insérée depuis par Mader dans son recueil : De bibliothecis et archiris ; 2° Linguce hebrece erotemata , ibid., 1556 Cette grammaire, qui a eu plusieurs éditions, test ornée d'une préface qui contient quelques notions sur les origines de la langue hébraïque et sur les principaux écrits des rabbins et des plus célèbres orientalistes. 3° Aristologia pindarica grœco- latina et sententice novera lyricoritm, ibid., i556 C'est un choix de pensées et de maximes morales extraites des poètes lyriques grecs, avec une version latine, des notes grammaticales et les arguments de chaque pièce. La préface renferme des recherches sur la vie de Pindare et sur les jeux "de la GrAce. 4° Aristologia euripidia grœco- lat., ibid., 1559, petit rare, ouvrage du même genre que le précédent. 5° Anthologicum qr.- Tat., ibid., 155e trèsrare. Ce recueil , annoncé par quelques bibliographes comme une édition de l'Ahthologie, est suivi d'extraits des poètes et des philosophes grecs. 6° Gnomologia gr.- lat., ibid., 1557 C'est un abrégé du recueil de Stobée. 7° Liber aureus, etc., ibid., 1559 et sous ce titre : Opus aureum et scholasticum in quo continentur Pythagoroe carmins. aurea, Phocylidis, 7'heognidis et aliorum poemata, gr.- lat., Leipsick, 1577, 3 parties trèsrare. C'est Neander qui publia la première édition avec une bonne préface des poëmes grecs de son élève , Laurent Rhodomann . Outre les auteurs déjà cités, on peut consulter pour plus de détails les ouvrages indiqués dans l'Onomasticon de Sax , t. 3, p. 354 et 646. NEANDER , médecin , que l'on a confondu quelquefois avec le précédent, était né en 159.9 à Joachimsthal, dans la Misnie, et mourut professeur à la faculté d'Iéna , le 23 octobre 1581 , à 52 ans. Il est auteur du Synopsis mensurarum et ponderum, Bâle , 1555 , et de quelques autres ouvrages moins importants, cités dans les Mémoires de Niceron, t
  • Michel NERVET( 1662 - 1729) : né à Evreux vers 166'2, mort dans cette ville en 1729 , y exerça la méde- cine avec distinction , et comme il était trèslaborieux, il se livra à l'étude de l'hébreu et du grec , afin de pouvoir s'exercer sur les textes primitifs de la Bible. Il avait composé beaucoup de dissertations et de notes sur l'Ancien et le NouveauTestament. On ignore ce que sont devenus ses manuscrits , dont on n'a imprimé que quatre Explications sur un même nombre de passages du dernier de ces livres. Le P. Desmolets a recueilli ces explications dans la première partie du tome 3 de ses Mémoires
  • Michel NEY( 1769) : duc d'Elchingen, prince de la Moskowa , guerrier célèbre, naquit à Sarrelouis le 10 janvier 1769, précédant de quelques mois ia vernie du monarque dont il devait si puissamment seconder la fortune. Fils d'un soldat qui s'était distingué à Rosbach , élevé dans le bruit des armes, il montra les inclinations les plus belliqueuses ; mais son père, homme sage, le détournait de la profession militaire, alors sans issue pour un plébéien. Du collége des pères augustins, où Michel avait fait quelques études classiques, il alla chez un notaire , puis chez un procureur du roi ; il s'y déplut, l'uniforme seul le séduisait. Voulant donner le change à cette passion exclusive , les parents du jeune homme l'attachèrent aux usines métallurgiques d'Apenweiler. La surveillance des hauts fourneaux de Saleck lui fut ensuite offerte, et il l'accepta volontiers , avec l'idée toute filiale d'amasser promptement une fortune et d'en laisser l'usufruit à sa famille , se réservant les hasards du champ de bataille. Deux années s'écoulèrent ainsi , après lesquelles , nonobstant les remontrances d'un père respecté, les larmes d'une mère chérie , il abandonna les forges et courut à Metz s'engager, le ter février 1787, sous l'étendard de colonelgénéral hussards. Ney avait dixhuit ans, une taille svelte, une physionomie ouverte et martiale, une tenue irréprochable, l'amour du devoir, la plus grande dextérité au maniement des armes et des chevaux; il possédait de l'instruction, de l'éducation, et cette habitude prématurée des hommes que développe la direction d'affaires industrielles. Il attendit néanmoins l'épaulette pendant quatre années. On la lui donna le 29 octobre 1792, et le 23 mars suivant , un vieux général de division, Lamarck, se l'attachait comme aide de camp. Des revers imprévus ' survinrent. Ney, toujours dans le même corps, devenu le P C de l'arme , attendait des jours meilleurs, quand une reconnaissance faite par Kleber au delà de Mons mit à sa suite le capii Laine Ney, qui commandait l'escorte. Kleber ap- précia son intelligence; quelques jours après , il apprécia de mème sa valeur, et .dès lors la fortune conduisit par la main notre jeune officier. Fait adjudant général le 1 T août 17911, colonel le mois suivant après d'éclatants exploits , il rendit les plus grands services à Kleber, à Jourdan, à Bernadotte, qui l'honorèrent d'une confiance absolue et d'une franche amitié. Au cçmbat de Neuss il décida la victoire ; Düsseldorf, Maëstricht lui ouvrirent leurs portes. Il fut tour à tour guerrier et négociateur. Emmené par Kleber au siége de Mayence , Gilet le réclama, car, écrivait ce général , « les hommes de la trempe de Ney « ne sont pas communs ». Blessé d'un coup de feu, il dut revenir en Lorraine. « 11 a montré un « courage intrépide et une intelligence consom- « mée, » disait Kleber dans un rapport du 10 février 1795, où il demandait pour Ney les insignes de général ; niais Ney les refusait, ne s'en estimant pas digne. Bientôt après, Kleber le rappelait à l'avantgarde ; il s'y montrait aussi humain envers les habitants qu'audacieux sur le champ de bataille. Le passage de la Sieg, les combats d'Altenkirchen, d'Herborn et d'Ukerath furent témoins de son intrépidité ; dans la plaine de Butzbath , il lutta contre Kray, l'un des meilleurs officiers généraux des armées impériales , et sous ses yeux il accabla, dispersa des hulans serrés en colonne profonde , ce qui lui permit d'atteindre le Mein. A Zeil , à Forcheim , ville forte dont s'empara le général Ney, il réussit par l'habileté de ses manoeuvres plutôt encore que par sa valeur. Kleber, enchanté du succès, le combla d'éloges, et comme une rougeur de modestie lui montait au visage : « Allons , mon ami , reprit « vivement Kleber, de gràce, sois moins humble; « au delà de certaines bornes la modestie de« vient un défaut ; tu le prendras mal peut-être, « mais je te fais général de brigade. » L'armée entière applaudit; Ney fut contraint d'accepter. Quelques jours après , il s'emparait de Nuremberg, du fort d'Hersbruck, refoulait l'ennemi sur Sulzbach et recevait de Jourdan ce billet flatteur qui l'attrista beaucoup, parce qu'il était obligé de rompre définitivement ses liens de fraternité guerrière avec le V hussards « Le gouverne- « ment s'est acquitté de la reconnaissance qu'il « doit à l'un de ses plus dignes, de ses plus zélés « serviteurs; et il n'a fait que rendre justice aux « talents et à la valeur dont vous donnez chaque « jour de nouvelles preuves » . Sur les bords de la Sieg, à la tète d'un corps de flanqueurs chargé d'éclairer le pays et d'approvisionner les troupes, Ney gagna l'estime des habitants, sans discontinuer avec l'ennemi une lutte inégale. Beurnonville le proposa pour commander en chef l'avantgarde de l'armée de SariibreetMeuse , mais Beurnonville ayant été remplacé par floche, ce dernier lui confia l'aile droite, la plus exposée aux efforts des Autrichiens, et le chargea d'éclairer en même temps les deux ailes vers la Sinimern. A Neuwied il tombe de cheval et roule au fond d'un ravin. Fait prisonnier, conduit à Giessen, on accourt audevant de lui, car sa réputation l'avait devancé. « Ne diraiton pas « une bête curieuse? dit un officier autrichien c, qu'irritait cet empressement. — Curieuse , en « effet, réplique une jeune femme, car il vous a « fallu tout un escadron pour le saisir. » Bientôt un cartel d'échange rendit Ney à ses compagnons d'armes. « Allez reprendre votre poste, lui écri« vit Hoche , et croyez que quand nous recom- « mencerons, je vous mettrai à même de recevoir « des louanges de nos amis et de nos ennemis. » Promesse stérile ; la paix se signait, et deux mois après Hoche devait mourir. Chargé de commander les trois régiments de cavalerie de la division Grenier qui regagnaient la France, Ney demeura six mois dans les départements de la Somme et du Nord, après lesquels il fit partie de l'armée de Mayence . Campé sur la Lahn, avec une poignée de braves, sans nulle ressource, la ruse lui tint lieu d'autre chose. Il surprit Manheiin et s'en rendit maitre ; il se procura des chevaux, des harnais, des armes pour remonter sa cavalerie. A peine cette oeuvre difficile étaitelle terminée, qu'on le chargea d'une autre beaucoup plus lourde, la réorganisation des treize régiments de cavalerie dont se composait l'armée d'Helvétie sous les ordres de Masséna. Nommé général de division, ce grade apparut à Ney sous un aspect si grand qu'il le refusa , mais Bernadotte lui écrivit : « 11 faut. des Mmes brûlantes, « des coeurs inaccessibles à la crainte comme ah « séduction pour conduire les armées françaises. « Qui mieux que vous est doué de ces vertus et « de ces qualités? Il y aurait donc de la faiblesse « à reculer devant la carrière qui s'ouvre devant « vous » Vaincu par le sentiment du devoir, Ney ne résista pas davantage, et dès qu'il eut. avec quelques bataillons d'infanterie, rétabli l'ordre au sein des petits cantons suisses insurgés, il se porta sur la Thur, où l'appelait Masséna. Selon l'urgence , l'avantgarde, le centre, l'arrièregarde furent tour à tour commandés par lui. Trois blessures graves l'ayant mis hors d'état de tenir campagne, il se rendit aux eaux de Plombières . Deux mois après, convalescent à peine, Ney reparaissait à l'armée d'Helvétie , d'où le directoire l'envoyait à celle du Rhin. Sous les murs de Manheim , deux coups de feu récompensèrent, sans la paralyser, sa bouillante audace. Il continua de guerroyer ; lui seul soutenait le courage chancelant du soldat. Nommé commandant en chef, Ney ne veut cette tâche . » Lecourbe hésite, s'attarde ; Ney marche en avant, franchit le Necker, et nonobstant mille obstacles , mille tracasseries jalouses de la part de Lecourbe, il remporte des avantages marqués, jusqu'au moment d'un armistice pendant lequel s'effectue la révolution du 18 brumaire. Inquiet sur le sens politique qu'il faut lui donner, Bernadotte et Lefebvre se hâtent de le rassurer. Vers la fin d'avril 1800, Ney partait du château de la Malgrange , où le retenaient ses blessures , pour aller, sous les ordres de Gouvion SaintCyr, puis après de Grenier, deux compatriotes, deux enfants de la Moselle , prendre part aux opérations de l'armée du Rhin, aux batailles de Kirchberg , de Hohenlinden et de Salzbourg. La paix conclue, Ney vint à Paris. Bonaparte et lui se furent bientôt compris. Voulant se l'attacher par d'autres liens que ceux de la gloire , Bonaparte chargea Joséphine de lui procurer une épouse , et Joséphine fit choix de l'intime amie d'Hortense Beauharnais , pensionnaire avec elle chez madame Campan . La fortune du général prouvait deux choses , son esprit d'ordre et sa probité , car elle résultait uniquement d'économies faites sous les drapeaux. Le père de la jeune personne , ancien receveur général . » Peu après , la cérémonie nuptiale eut lieu. Ney désira qu'au même autel, le même jour, et à ses frais, fût célébré le renouyellement demiséculaire du mariage de deux pauvres vieillards. « Ce couple, disaitil , me rappellera wa modeste « origine, et la consécration nouvelle d'une al- « fiance aussi longue sera d'heureux augure pour « la mienne. » — En Suisse grondait alors une formidable tempête. Pour y contenir les partis, il fallait une main ferme non moins que juste, et au besoin un homme de guerre capable d'inter_ venir efficacement. Distrait de ses fonctions d'inspecteur général de cavalerie, Ney fut nommé ministre plénipotentiaire près la république bel- il, Mademoiselle AglaéLouise Auguié. vétique . Rapp l'y avait précédé, porteur d'une proclamation du premier consul contre laquelle la diète protestait tacitement. L'insurrection grandissait. Ney, sans effusion de sang, sut tout pacifier. « Cette campagne, qui n'a « duré qu'un instant, vous couvre de gloire , lui a écrivait Murat. Il est beau d'obtenir, par des a procédés aimables , ce qu'un autre n'aurait « fait que par la force des armes » . — Une armée considérable se réunissait à Boulogne. Bonaparte la divisait en trois camps principaux. Ney eut le commandement du camp de Montreuil. C'est là, qu'après l'arrestation de Georges, dé Moreau et de Pichegru , il composa l'adresse suivante , si remarquable par le style et par les sentiments qu'elle exprime : a Citoyen premier consul , la monarchie fran. Peu après, l'empire était proclamé, Ney recevait le bâton de maréchal, ainsi que le grand cordon de la Légion d'honneur; Napoléon, au camp de Boulogne', distribuait solennellement ses aigles, et la maréchale donnait à son amie, la princesse Hortense, l'une des fêtes les plus splendides de l'époque. Quand s'ouvrit la campagne de Bavière , Ney commanda le 6° corps. Deux faits graves, l'occupation de Stuttgard par ses troupes, contrairement à la volonté formelle de notre allié le grandduc de Wurtemberg, et la suppléance de l'empereur donnée à Murat, malgré les hautes capacités militaires de Lannes, de Soult et de Ney, avaient mis ce dernier dans une position délicate : il tint tète résolùment au grandduc ; il écrivit avec amertume à Alurat qui lui répondit : « Je par- « tage vos sentiments; à votre place, je penserais « comme vous » ; mais bientôt oubliant ces misères d'amourpropre, ces déplorables conflits d'homme à homme, Ney s'élance dans une voie triomphale depuis Gunzburg jusqu'à Michelsburg, série d'actions héroïques dont l'empereur groupa l'immortel souvenir sous une couronne ducale, la couronne d'Elchingen. Maret fut chargé de rédiger des lettres patentes , et Napoléon dicta cette note à 31eneval : « Ney, duc d'Elchingen, « pour la bravoure distinguée et les grands ta- « lents qu'il a déployés dans toute sa carrière « militaire, ayant, dans toutes les circonstances, « puissamment contribué à la prospérité de nos « armes. Nous avons surtout remarqué ses belles « dispositions et son intrépidité à la journée d'El- « chingen qui préluda si heureusement à la jour« née d'Ulm. » Un don de six cent mille francs, accompagna les lettres patentes. Ce fut pendant la campagne de Bavière que Ney composa les Instructions pour les troupes du corps de gauche, insérées au tome 2 de ses Mémoires. Vers la fin de décembre, il occupa la Carinthie, s'empara de Trente , des lagunes de Venise ; il s'établit ensuite sur le haut Adige, d'où l'année suivante il alla prendre une part
  • Michel ODIEUVRE( 1690) : né en Normandie vers 1690, fut d'abord tailleur, puis peintre, puis enfin marchand de tableaux et de gravures, à Paris. Ce qui l'a rendu célèbre, c'est la belle suite de six cents portraits de personnages célèbres, dont il a enrichi les six volumes de l'Eu- rope illustre, de Dreux du Radier. Odieuvre les fit graver à ses frais ; et cette collection n'est pas moins remarquable par la beauté des planches que par le texte qui accompagne chaque portrait. Son commerce l'ayant conduit à Rouen , il mourut dans cette ville en 1756. Voyez Catalogue des portraits des princes, des personnes illustres el des savants gratis par les soins du sieur Odieuvre , maitre peintre à Paris, rue d'Anjou, proche la rue Dauphine , in4° de 12 pages
  • Michel ORDENER( 1755 - 1811) : général français , naquit le 2 septembre 1755, à SaintAvold , en Lorraine, d'une famille plébéienne, comme l'a dit le maréchal Lefebvre , son compatriote et son ami. Il ne reçut qu'une éducation incomplète , et s'enrôla dès l'âge de dixhuit ans dans la légion de Condé, d'où il passa dans les dragons de Boufflers en 1776. Nommé maréchal des logis dans le même corps en 1783, il y devint adjudantsousofficier en 1787. Ce fut dans cette position que le trouva la révolution de 1789. Il en adopta les principes avec beaucoup de zèle et lui dut un rapide avancement. Nommé souslieutenant au 10. régiment de chasseurs à cheval, le 25 janvier 1792, et capitaine l'année suivante, il en était colonel en 1796, après avoir fait avec distinction les premières campagnes de cette guerre aux armées de la Moselle du Rhin, des Alpes et d'Italie. C'était le général en chef Bonaparte luimême qui lui avait conféré ce dernier grade, sur le champ de bataille. Nommé commandant de la cavalerie de la garde consulaire, peu de temps après la révolution du 18 brumaire, Ordener mérita de plus en plus, dans ce poste de confiance, l'estime du premier consul, et il devint général de brigade , commandant les grenadiers à cheval de la même garde en septembre 1803. Mais Bonaparte le chargea bientôt d'une mission qui a attaché à son nom une fâcheuse célébrité. Envoyé avec des instructions des ministres Fouché et Talleyrand dans les états du grandduc de Bade , pour y arrêter le duc d'Enghien , et placé pour cette expédition sous les ordres du général Caulaincourt, il passa le Rhin près de Schelestadt, avec trois cents dragons , dans la nuit du 11 mars 1801, et se dirigea sur Ettenheim , tandis que Coulaincourt, chargé d'appuyer et d'observer ses mouvements, occupait Offenbourg avec un corps de troupes plus nombreux. Celui d'Ordener entoura subitement la maison où ce malheureux prince dormait profondément . Eveillé en sursaut par des gendarmes , il essaya vainement de résister et fut emmené prisonnier à Strasbourg par la même troupe. Ce fut toute la part qu'Ordener prit à cet événement. Tout indique qu'ainsi que Caulaincourt il savait fort bien que c'était le duc d'Enghien qu'ils allaient arrêter ; mais que l'un et l'autre ignoraient compiétement le sort qui lui était réservé. Cette circonstance ajouta beaucoup à la faveur dont il jouissait déjà auprès de Bonaparte. Devenu empereur bientôt après, il le nomma général de division, le 25 décembre 1805, et sénateur l'année suivante, avec le titre de comte, celui de premier écuyer de l'impératrice, une bonne dotation et enfin le gouvernement de Compiègne, où ce général se retira peu de temps après la bataille d'Austerlitz , dans laquelle il n'avait pas montré , selon Napoléon , son énergie accoutumée; ce qui fit dire à l'empereur ces paroles remarquables : « Je crois qu'Ordener est usé; il « faut être jeune à la guerre. Nous n'en avons C, plus que pour cinq ou six ans. » Ordener mourut subitement dans le château de Compiègne, le 30 août 1811, et fut inhumé au Panthéon, où le maréchal Lefebvre prononça son oraison funèbre. M—D j•
  • Michel PERRACHE( 1685 - 1750) : sculpteur, né à Lyon le 12 juillet 1685, n'avait que seize ans quand il quitta sa patrie pour aller visiter les académies d'Italie et d'Anvers, avec le dessein de se perfectionner dans son art. La décoration d'une église de Malines lui valut le droit de bourgeoisie en cette ville. Mais, en 1717, il revint à Lyon et s'y fixa. Un grand nombre d'églises et de jardins de cette ville contenaient de ses ouvrages. Michel Perrache mourut le 2i décembre 1750. — PERRACHE , fils de Michel, fut un sculpteur médiocre ; mais il a rendu son nom immortel dans son pays. Dès 1765, il annonça l'idée d'étendre la ville de Lyon au midi , et pour cela de reculer d'une demilieue le confluent du Rhône et de la Saône. On fit une chaussée qui porte son nom. Mais les projets de construction sur le terrain entre cette chaussée et le cours de la Saône, plusieurs fois reproduits, n'ont pas été exécutés. Dans les derniers temps du pouvoir de Bonaparte , la ville de Lyon lui fit hommage de ce terrain , et l'on devait y construire un palais impérial. Ce projet n'a pas eu plus de suite que les autres; l'un des grands inconvénients était de prolonger la ville dans sa longueur. Les propriétaires de terrains sur la rive gauche du Rhône y élevant chaque jour de nouveaux bàtiments, et exécutant ainsi en partie le plan de Morand , donnent à penser que l'on ne reviendra plus au projet de Perrache, qui est mort en 1779. On conserve de lui , dans la bibliothèque publique de Lyon, plusieurs opuscules manuscrits
  • Michel PICCART( 1574 - 1620) : savant philologue, naquit à Nuremberg en 1574. Après avoir terminé ses études et visité une partie de l'Allemagne pour acquérir de nouvelles connaissances, il fut nommé professeur de philosophie et de poésie à l'académie d'Altdorf. Il remplit cette double chaire avec une réputation qui s'est soutenue jusqu'à l'époque où les ouvrages d'Aristote ont cessé de former la base de l'enseignement philosophique. Sur la fin de sa vie il fut affligé d'une ophthalmie qui l'obligea d'interrompre ses travaux littéraires; et il mourut à Altdorf le 3 avril 1620. Piccart était en correspondance avec Richter, Gasp. Hoffmann , Kirchman , Casaubon , Gruter, Meursius , etc. ; et l'on trouve plusieurs de ses lettres imprimées avec celles de ces savants. Fréd. Rochs, son confrère à l'académie d'Altdorf, y prononça son oraison funèbre , imprimée la même année Piccart savait trèsbien le grec et passait pour un des plus savants hommes de son siècle et pour celui qui entendait le mieux les ouvrages d'Aristote. Il était en même temps critique, historien, poète, orateur et philosophe. On le soupçonnait de n'être pas de la religion qui dominait dans son pays. Outre une Traduction en vers latins du poème de la Chasse d'Oppien Amberg, 1604 on citera de lui : P Isa- goge in lectionem Aristotelis, Nuremberg , 1605 réimprim. avec des notes de J. Conrad Durrius, Altdorf, 1660, 1666 2° Organum eisiotelicunt in qucest. et respons. redactum, Leipsick, 1613 ; 30 Idea hontinis. Les différents traités de philosophie de Piccart ont été refondus par JeanPaul Feller dans l'ouvrage intitulé Phi- losophia Altorjiana, Nuremberg politicos libros Aristotelis , Leipsick ,
  • Michel PICHAT( 1790 - 1828) : auteur dramatique, naquit à Vienne en 1790 , date que nous tenons de sort frère, et non en 1786, comme le disent plusieurs biographes. 11 reçut une éducation soignée, et, d'après le vœu de sa famille, étudia le droit, mais il l'abandonna bientôt pour suivre le penchant qui l'entraînait vers la littérature , et surtout le théâtre. En 1819 , il présenta à la Co- médie française une tragédie de Turnus, ouvrage de sa jeunesse, et qui annonçait un talent remar- quable. La pièce fut reçue ; mais, après les morcellements de la censure, l'auteur renonça à la faire représenter ; il en irttercala quelques scènes dans un prologue intitulé les Trois Genres, joué à l'ouverture du théâtre de l'Odéon, le 6 janvier 1824. Loin de se laisser abattre par les obstacles qu'il rencontrait à l'entrée de sa carrière, Pichat travailla avec plus d'ardeur, et la tragédie de Léonidas révéla bientôt son talent. En conservant la mâle simplicité de l'histoire, en peignant fidèlement l'austère patriotisme de Sparte, il sut créer des situations qui font naltre les émotions les plus vives, et dont l'intérêt est encore rehaussé par l'éclat du style. Cependant sa pièce, refusée d'abord par le comité de lecture du Théâtre Français, ne fut définitivement accep- tée qu'en 1825. Représentée le 26 novembre de cette année, elle fut accueillie par le public au milieu des plus vifs applaudissements; le succès en fut immense et les journaux de la capitale en firent les plus brillants éloges. Sans doute le talent que déploya Talma , chargé du principal rôle, et l'intérêt qu'inspiraient les Grecs, qui faisaient alors des efforts inouïs pour recouvrer leur indépendance, contribuerent beaucoup au triomphe du poCe. Mais What ne se reposa pas sur ses lauriers; il ajouta un nouveau fleuron à sa couronne en composant la tragédie de Guil- laume Tell, où la naïveté et l'énergie helvétiques forment les contrastes les plus piquants. L'auteur s'était surpassé dans cette pièce, qu'il n'eut pas la satisfaction de voir jouer. Les tracasseries de la censure en retardèrent la représentation jusqu'au .22 juillet 1830, et Pichat était mort le 26 janvier 1828, dans sa 38° année. Outre les tragédies que nous avons citées, on a de lui 10 l'Indépendant, à 11. le comte Deca: es . Paris, 1819 20 le Dévouement des médecins français à Barcelone, pièce qui obtint le second accessit au concours pour le prix de poésie décerné par l'Académie française en 1822 ; 3° Ali- Pacha, mélodrame en trois actes , Paris , 1822 8° 40 Louis, Ou le Père juge, mélodrame en trois actes, Paris, 1823 Pichat avait aussi travaillé à la tragédie d'Eu- dore et Cymodocée
  • Michel PINART( 1659 - 1717) : savant orientaliste, né à Sens en 1659, perdit jeune ses parents, qui le laissèrent sans fortune. Ses heureuses dispositions pour l'étude lui méritèrent la bienveillance de l'abbé Boileau, grand vicaire du diocèse de Sens, et ce généreux protecteur le fit admettre dans l'école de Germ. Gillot à Paris . Il y apprit le latin, le grec et les éléments de l'hébreu ; il se perfectionna dans la connaissance de cette langue en aidant le P. Thomassin à mettre en ordre les matériaux de son Glossaire , et en donna des leçons, qu'il eut le plaisir de voir fréquenter même par des darnes d'un rang distingué. Il obtint enfin une place de sousmaitre au collège Mazarin et fut nommé en 1712 théologal du chapitre de Sens. Il revint alors en cette ville, où il mourut d'une rétention d'urine, le 3 juillet 1717, à l'àge de 58 ans. Pinart avait été admis en 1706 à l'Académie des inscriptions, et l'on trouve dans le Recueil de cette compagnie l'analyse de ses Mémoires, sur le nom de Byrsa, donné à la citadelle de Carthage; — sur une médaille d'Hélène; — sur ce passage du premier livre des Rois Applica ad me ephod ; — et enfin sur les Médailles samaritaines qui portent le nom de Simon. On a en outre de Pinart , dans le Suppléaient du Journal des savants, année 1707, une Notice de toutes les Bibles hébraïques imprimées jusqu'à cette époque. Son Eloge par de Boze ' fait partie du tome 3 du Recueil de l'académie. — PINART , écrivain ascétique, mort à Beauvais en 1854; cet ecclésiastique a laissé un grand nombre d'ouvrages de piété et d'éducation ; nous nous bornerons à signaler le Manuel de piété à l'u- sage des jeunes gens, 1843 ; — le Mois de Marie, 1846; — les Flammes de l'amour de ASUJ dont une sixième édition a vu le jour en 1847
  • Michel POCCIANTI : biographe, naquit à Florence, embrassa la vie monastique dans la congrégation des Servîtes, et fut chargé par ses supérieurs de donner des leçons de philosophie et de théologie aux jeunes religieux. 11 s'acquitta de cet emploi avec tant de succès qu'il fut élevé au doctorat et agrégé à la faculté de théologie de Florence. Obligé de partager son temps entre l'enseignement et la prédication , il trouvait en-- core le loisir de s'appliquer aux recherches his- toriques : il essaya de ranimer le goût de l'étude parmi ses confrères en établissant dans leur monastère de l'Annonciade une bibliothèque qu'il enrichit des meilleurs ouvrages. L'assiduité qu'il mettait au travail faisait concevoir les plus grandes espérances, quand il fut enlevé par une mort prématurée le 6 juin 1566, selon Negri , ou 1576, suivant Ghilini , à l'âge de 41 ans. Outre des Commentaires sur les saintes Ecritures et quelques opuscules ascétiques, on a de lui 10 Historia seu ehronicon ordinis Servoruni B. M. V. ab ann. 1222, Florence, 4566 Negri dit que cet ouvrage venait de paraître quand Poccianti mourut , et que Luc Ferrini, son disciple et son ami , fut l'éditeur des suivants 2° Mys- ticoe coronoe B . Mariœ Firqinis , numero sexaginta tria miraculorum, ibid., .1569 ; 3° le Vite de sette beati Fiorentini , fundatori del sagro ordine de' Servi, etc., ibid. , 1589 ; 4° Catalogus scriptorum Florentinorum omnis ge- neris quorum et niemoria extat, atque lucubrationes in litteras relate sunt , etc., ibid., 1589 trèsrare. Ce catalogue, quoique corrigé et aug- menté de deux cents articles par le P. Ferrini, n'en est pas moins inexact et incomplet. C'est donc avec raison qu'on préfère à cette compilation la Storia degli scrittori Fiorentini du P. Negri , qui n'a pourtant pas évité tous les défauts de son prédécesseur . Voyez pour plus de détails les Mémoires de Niceron, t
  • Michel PRÉVOST DE LA JANNÈS( 1696 - 1749) : magistrat et jurisconsulte , issu d'une famille ancienne originaire de Bretagne, naquit à Orléans en 1696. De bonnes études, au collège des jésuites de sa ville natale, le firent assez remarquer pour que ses maîtres désirassent se l'attacher comme collègue. Entré dans le noviciat de cette congrégation, la faiblesse de son tempérament ne lui permit pas d'en supporter longtemps les travaux et les austérités; mais dès lors il forma des liaisons et des relations littéraires avec des religieux dont il appréciait le mérite, sans adopter toutes leurs opinions. Pourvu , en 1720 , d'une charge de conseiller au présidial et au chàtelet d'Orléans, ' il s'assit sur les bancs que son père honorait encore. Entraîné par goût et par devoir vers l'étude de la jurisprudence , Prévost de la Jannès désira réunir à l'application des lois comme magistrat leur enseignement comme professeur. Il obtint, en 1731 , la chaire de droit français en l'université d'Orléans, où déjà, depuis 1725, il possédait une place de docteur agrégé. Il se livra dès lors avec plus d'ardeur encore à l'étude du droit, que cependant il sut allier avec celle des lettres et des sciences. Nourri de la doctrine de Domat, il avait pris pour base de ses travaux ce principe si fécond en grandes conséquences : que la jurisprudence ne peut être bien conçue, ni utilement enseignée , qu'autant qu'on la rattache aux préceptes du droit divin et aux règles de l'équité naturelle, unique fondement de toute saine législation. Considérée sous ce point de vue, elle lui paraissait aussi susceptible de démonstration que les mathématiques et les autres sciences exactes, puisque les idées du juste et de l'injuste ne sont pas moins immuables que celles des figures et de l'étendue. Cette pensée une fois bien saisie , ses leçons de droit se trouvaient tracées d'après un plan absolument neuf, que quelques années plus tard devait perfectionner Potiner, son collègue et son ami , qui lui succéda pour le surpasser. Le besoin d'une nouvelle classification des lois du Digeste s'était aussi offert de bonne heure à l'esprit observateur de Prévost de la Jannès , qui l'avait exécutée en grande partie. C'est parce qu'il avait apprécié toutes les difficultés d'une semblable entreprise ; c'est parce que, aussi modeste que zélé , il avait reconnu dans un autre toute l'étendue de talent et de persévérance indispensables pour la conduire à une issue heureuse, qu'il condamna ses essais à l'oubli , dès qu'il eut décidé Pothier à se charger de cette noble tàche. Honoré de l'estime et de la correspondance du chancelier d'Aguesseau, Prévost s'empressa de mettre le Papinien français en relation avec ce ministre, dont les judicieuses observations et la haute protection furent si utiles à la restauration des Pandectes. Prévost ne cessa , tant qu'il vécut , d'aider Pothier de ses conseils, de ses recherches , de ses encouragements, et son nom restera inscrit avec honneur sur la liste des savants qui ont eu quelque part à la plus sublime conception qui ait existé en jurisprudence . Il mourut à Orléans le 20 octobre 1749, laissant sur des matières de droit et sur divers sujets de littérature des manuscrits auxquels une mort prématurée l'a empêché de donner la dernière main. Ses ouvrages imprimés sont : 1° Coutumes d'Orléans , avec les notes de Fournier et de Dumoulin, et des observations nouvelles, en commun avec Pothier et Jousse , Orléans, 1740, 2 vol. Le discours historique sur les coutumes en général et sur celles d'Orléans en particulier ; l'éloge de Delalande, réimprimé aussi dans les Mémoires du P. Nice- ' ron, t. 43 ; le traité des profits et droits seigneuriaux ; et les notes sur les titres des tutelles, des servitudes des prescriptions, des donations et des testaments, appartiennent à Prévost de la Jannès seul. 2° Les Principes de la jurisprudence fran-çaise , exposés suivant l'ordre des diverses espèces d'actions qui se poursuivent en justice, Paris, 1750, 2 vol. ; le même ouvrage, Paris, 1771 , 2 vol. Cette nouvelle édition, donnée par Boucher d'Argis, contient de plus que la première trois discours de Prévost sur des sujets de jurisprudence et une table des matières. 3° Parmi ses manuscrits, on distinguait une Histoire de la vie et des ouvrages de Jean Domat , qu'en 1742 Prévost était dans l'intention de publier ; mais l'impression éprouva divers obstacles, dont le principal était l'opposition du censeur royal Hardion, qui, taxant, on ne sait trop sur quel fondement, l'ouvrage de jansénisme, exigeait de nom- breuses corrections qui l'eussent défiguré et, pardessus tout, le retranchement absolu de tout ce qui, dans cet écrit, avait trait à Pascal, compatriote et intime ami de Domat. Cet éloge, réuni à deux ouvrages inédits de Prévost, faisait partie de la bibliothèque publique de la ville d'Orléans. Ce recueil, indiqué au catalogue de 1777 par D. Fabre, a disparu , ainsi que plusieurs autres, lors du désordre momentané qui exista dans cet établissement à l'époque des troubles révolutionnaires
  • Michel PSELLUS : le plus célèbre et le plus fécond des écrivains grecs du IP siècle , naquit à Constantinople d'une famille patricienne , mais déchue de sa première splendeur. Il fut mis dans une école à l'âge de cinq ans ; et la lecture devint bientôt pour lui un amusement qu'il préférait à tous les jeux et à tous les plaisirs de l'enfance. La rapidité de ses progrès détermina sa mère à s'imposer des sacrifices pour cultiver en lui d'aussi heureuses dispositions. Il étudia la philosophie, la théologie, les mathématiques, la médecine, et contribua beaucoup par son exemple à ranimer le goût des lettres et des sciences parmi ses compatriotes. Ses talents et son zèle restèrent longtemps sans récompense. Il se fit enfin connaître de l'empereur Michel Stratiotique, qui le revêtit de la dignité de sénateur et le députa vers Isaac Comnène, que le choix de l'armée appelait au trône de l'Orient . Psellus sut se ménager la protection d'Isaac; et, malgré les intrigues de la cour, il conserva la faveur de Constantin Ducas , qui le chargea de l'éducation de son fils Michel, surnommé depuis Parapinace. L'histoire reproche , avec raison, à Psellus de s'être plus occupé de rendre son élève un savant grammairien, que de le former à la science du gouvernement. Lorsque Michel monta sur le trône , Psellus devint son principal conseiller, mais il ne fut point assez habile ou assez heureux pour conjurer le danger qui les mena-çait l'un et l'autre. Michel fut expulsé par Nicéphore Botoniate ; et Psell us, dépouillé de ses biens et de ses dignités, fut relégué dans un monastère où il mourut peu de temps après dans un âge très - avancé. Il est auteur d'un grand nombre d'opuscules, dont Fabricius a rapporté les titres dans le tome 5 de la Bibi. grœca . Comme la plupart traitent de matières théologiques ou métaphysiques, qui ne présentunt plus aucun intérêt, on doit se borner à rappeler les princi- paux : P Paraphrasis in Aristotelis librum peri hermenias , gr., Venise , Alde, 1503 à la suite du commentaire d'Ammonius sur le même ouvrage Feuilleton du Temps cité plus haut. 2° Commentarii in octo libros Aristotelis de physica auscultatione, ibid., Aide, 1554 ; le texte grec est encore inédit. Cette traduction latine est de J.B. CaMOZi. 3. De lapidum virtutibus , gr. et lat., Toulouse, 1615 Cette édition a été publiée par le savant Maussac ; 1.Et. Bernard en a donné une seconde, plus correcte et augmentée d'un fragment sur la couleur du sang, d'après l'opinion des médecins persans, Leyde, 1745 ; De rictus ratione , deque facultatibus et succi qualitate libri duo. Le texte est inédit ; mais la traduction latine, qu'on doit à Laur. Valla, a été souvent réimprimée dans le 16° siècle. Ce n'est qu'une compilation. 5° De quatuor mathematicis scientiis : arithmetica, musica, geometrica et astronomia, compendium, gr., Venise, 1532, iii-8°; cette édition, publiée par Arsène , archevêque de Monembasie, est la première du texte grec . L'Abrégé d'arithmétique a été réimprimé séparément, Paris, Wéchel , 1538, Guill. Xylander en donna une nouvelle édition sous ce titre : Perspicuus liber de quatuor mathematicis scientiis , Bàle , 1556 et y joignit une version latine. L'année suivante, El. Vinet publia la version latine de l'ouvrage de Psell us ; inais il supprima la quatrième partie, qui traite de l'astronomie, comme incomplète, et la remplaça par le Traité de la sphère de Proclus. 6° De omnivaria doctrina, capita et quoestiones ac responsiones 193 complectens. Ce traité a été publié par J.Alb. Fabricius, d'après un manuscrit de la bibliothèque de Hambourg, avec une version latine, dans le tome 5 dela Bibi. grceca, p. 70-186. 70 De operatione doemonunt dialogus , gr. et lat., Paris, 1615, 8°. Cette édition, la première du texte, est due aux soins de Gilb. Gaultnin . Une traduction latine de ce livre avait déjà paru dans un recueil de plusieurs opuscules, publié par les Aide en 1497 et 1516, qui commence par le traité de Jamblique : De mysteriis , Egyptiorum . Pierre Muret ou Moreau , de Tours, traduisit l'ouvrage de Psellus en français et en latin, Paris, 1577 ; et c'est la version latine de Morel, que Gaulmin a reproduite dans son édition, qui est rare et recherchée des curieux. Un de nos plus célèbres hellénistes français , Boissonade , a en 1838 publié derechef, à Nuremberg ce Dialogue, avec les notes de Gaulmin. On comprend que les assertions de Psellus au sujet de Satan et de ses oeuvres n'offrent plus aujour- d'hui le moindre intérêt; mais le travail de l'éru- dit français, ses prolégomènes donnent à cette production un intérêt philologique dont elle ne paraissait guère susceptible. 8' Expositio in Canticum canticorum, publiée par Meursius, avec des notes, dans un recueil qui renferme les paraphrases d'Eusèbe et de Polychron sur le même cantique, Leyde , 1617 ; 9° fambi in vitia et virtutes; anagoge in Tantaluen et Cyrcen, et allegoria de sphinge, gr.lat., Bâle, 1544, La version latine est de Conrad Gesner. 10° Sy- nopsis legum versibus iambicis et politicis gr. cum nous et vers. latina Fe.. Bosquet, Paris, 1632, Meermann a inséré cet ouvrage dans le premier volume du Thesaurus juris ; et LouisHenri Teucher en a donné une meilleure édition avec les notes choisies de Cor- neille Sieben, Leipsick, 1789 de 144 pages. 110 Opusculum de terrœ situ, figura et magnitu- dine ; ce morceau , de 6 ou 7 pages porte le nom de Psellus dans le manuscrit du P. Sir- mond , plus complet que celui d'Oxford , que Hudson cite sous le nom de Nicephore Blemmi- das et qu'il se proposait d'insérer à la suite de son édition de Denys le Périégète. Voyez le - moire de SteCroix sur la collection des petits géo graphes . Allatius a recueilli, dans le cha- pitre 30 de son traité De Psellis et eorum scriptis Diatriba , tous les éloges prodigués à cet écrivain sans pouvoir réhabiliter son ancienne réputation. Outre la Bibi. de Fabricius et Harlès, on peut consulter, pour plus de détails, Oudin, Comm. de scriptor. eccles., t. 2, p
  • Michel PONCET DE LA RIVIÈRE( 1672 - 1730) : naquit vers 1672. Quel qu'ait été le commencement de sa carrière, il devint grand vicaire de son oncle exerça avec zèle et douceur son ministère dans les Cévennes, et y prêcha les calvinistes, moyen bien préférable à la violence des dragonnades. Toutefois il avait présenté, pour soumettre les camisards et pour éviter entièrement l'effusion du sang, un projet d'enlèvement qui est rapporté en extrait dans l'Histoire de la guerre des cami- sards, par Court de Gébelin. Villefranche, 1761, et Alais, 1815. Nommé évèque d'Angers le avril 1706, il fut sacré dans l'église des jésuites de Paris, le fer août, par le cardinal de Noailles. En 1715, il prècha le carême devant le roi et la cour. Ce fut lui que l'on chargea, dans la même année , du sermon d'ouverture de l'assemblée générale du clergé. Il fut encore désigné pour prêcher à la cérémonie du couronnement de Louis XV , et son discours obtint tous les suffrages. — Deux ans après , il prononça l'oraison funèbre de Philippe, duc d'Orléans, que Poncet avait le premier complimenté à la tète du clergé , le 5 septembre 1715, sur son accession à la régence du royaume. Il serait trop long d'énumérer les sermons et dis- cours que l'évêque d'Angers prononça en hauts lieux de 1707 à la fin de sa carrière. Les journalistes de Trévoux insérèrent à plusieurs reprises dans leur recueil, sous le nom de Massillon , des morceaux que Poncet avait fait entendre dans la chaire chrétienne; circonstance qui assurément est tout à la louange des talents du prélat d'Angers. 11 les revendiqua , et en effet on ne les a point trouvés dans les manuscrits du célèbre évêque de Clermont. Poncet de la Rivière fut, à la tin de 172.8, appelé dans des termes trèshonorables au sein de l'Académie française pour y occuper le fauteuil resté vacant par la mort de la Monnoye. Sa réception eut lieu le 10 janvier 1729, dixhuit mois seulement avant la fin de sa vie qui avait été Si pleine, quelquefois brillante et toujours agitée, Il mourut le 2 août 1730, au cheiteau d'Eventard , près d'Angers. Parmi ses publications nous indiquerons : 1° Avis instructifs aux curés, à l'occasion d'un libelle intitulé Ré- ponse à un mémoire présenté par plusieurs cardi- naux , archeréques et éréques à monseigneur le ré- gent. Angers, 1717 de 9.7 pages, fort rare. Ces avis sont relatifs à l'affaire des appelants et à la querelle fameuse des jansénistes. 2° Mande- ment portant condamnation d'une thèse soutenue dans la maison de Notre- Dame des Ardillières de Saumur, 1718; :3» Oraison funèbre pour le cardi- nal de Bonzi , archeréque de Narbonne, Montpellier, 1704; 4° Oraison funèbre du Dauphin, Paris, 1711
  • Michel RABARDEAU( 1572 - 1649) : né à Orléans en 1572, entra chez les jésuites en 1595, professa la philosophie et la morale, fut recteur du collége de Bourges et de celui d'Amiens, et mourut à Paris le 24 décembre 1649. Il avait entrepris de réfuter le livre que Ch. Hersent avait publié sous le titre de Optati Galli de cavendo schismate liber parœneticus. La réponse du P. liabardeau était intitulée Optatus Gallus de cavendo schismate benigna manu sectus, Paris, 1641 L'auteur avançait dans ce livre que la création d'un patriarche en France n'aurait rien de schismatique, et que l'assentiment de Rome n'était pas plus nécessaire pour cela qu'il ne l'avait été pour établir les patriarches de Constantinople et de Jérusalem. Comme ce livre avait été fait sous l'inspiration du cardinal de Richelieu et qu'il fallait prouver que le roi pouvait lever des contributions sur le clergé , la thèse de Rabardeau plut fort au cardinal ministre. L'Optatus Gallus du jésuite fut condamné par l'inquisition de Rome au mois de mars 1643, et l'assemblée du clergé en France reçut le 19 septembre 1645 le décret, puis le fit enregistrer dans son procèsverbal, persuadée qu'elle était que le livre contenait de pernicieuses maximes contre les ordres et la juridiction de l'Eglise
  • Michel RICHEY( 1678 - 1761) : né à Hambourg en 1678, eut dans sa jeunesse un si grand désir de s' qu'il suivit tous les cours du gymnase de sa ville natale et qu'il prit encore des leçons particulières du savant Fabricius. Après avoir soutenu deux thèses sur les plus anciennes traductions allemandes de la Bible, lise rendit à Wittenberg pour y compléter ses études et y resta trois ans. Il entreprit ensuite des voyages en Allemagne, afin de connaître les hommes les plus marquants dans les lettres. Appelé en 1704 au rectorat du gymnase de Stade, il y prononça un discours sur la discipline observée par les pre-'niers chrétiens dans leurs écoles. Quelques années après, la guerre le força de quitter Stade et de revenir à Hambourg. Il y fut nommé en 1717 professeur d'histoire et de grec : son discours d'inauguration traita de la religion affermie par l'histoire. le retour de Charles XII et la mort de la femme de Richey inspirèrent au professeur deux pièces de vers allemands , qui furent regardées comme des chefsd'oeuvre à une époque où la poésie allemande n'avait encore été que peu cultivée. Pour la première de ces pièces, la comtesse de Lcewenhaupt , Suédoise, envoya au poëte , à titre de récompense , une couronne de laurier , une plume d'argent, une coupe ciselée et du vin de palmier. Toutes les poésies de Richey ont été recueillies par Weichmann, dans sa collection de poésies de la basse Saxe. De concert avec Weiclimann et d'autres, il entreprit le premier de publier un ouvrage allemand dans le genre du Spectateur anglais : cette feuille , ayant pour titre le Patriote, fit beaucoup de sensation, fut vivement critiquée et imitée de toutes parts. En 175-4, Richey célébra le cinquantième anniversaire de son professorat : à cette occasion, la société patriotique de Hambourg fit frapper une médaille d'argent à son effigie. Richey mourut le 10 mai 1761. Il est encore auteur de : 1° Gal- lorum quorunadam de Germanerum inyeniis judicia iniquitatis convie: a, Stade , 1705, ; 2° Po- lymnemonis seu metnoriœ dit- inioris exempla plus centum ex varia historia prœsertim eruditorum de- prompta , Stade, 1706-1711 . Ps parties ; 3° De optimis subsidiis ad comparandam latine scribendi faeultatem, iéna, 1710. Ce fut à son insu qu'un de ses élèves publia cette partie de ses cours. 15° Flavii Junii Andriensis eentum veneres seu lepores, Hambourg , 171 , i0-8°. Richey a été éditeur du quatrième volume des poésies de Brockes. — Son fils Jean Rima-, né à Stade le 14 décembre 1706 , licencié en droit, soutint à Leipsick une thèse : Vindicice prœtoris romani et juris honorarii, Leyde, 1748. A Utrecht, il en soutint une autre : De pactorum dotalium muta- tione jure hamburyensi reetricta. Il rit insérer dans la Bibliothèque raisonnée, t. 9, une apologie de la ville de Hambourg contre l' Histoire de Charles . 111 de Voltaire. Envoyé par la ville de Hambourg, en qualité de syndic, auprès de la cour d'Autri- che, il mourut à Vienne le 9 février 1738, à l'âge de 32 ans
  • Michel ROGER dit Loiseau : commandant de la cavalerie de Georges Cadoudal et l'un de ses coaccusés, naquit à Toul et émigra dans les commencements de la révolution. Il prit, successivement du service dans les corps d'émigrés et dans les troupes autrichiennes ; et après plusieurs campagnes, il alla joindre à Londres son frère, qui avait servi sous Puisaye et qui, à ce titre, jouissait d'un traitement. Lors de la volte projetée de l'an 8 , ils débarquèrent ensemble en Bretagne et se mirent à la tète de leurs bandes. Roger, l'aîné, ayant été tué presque aussitôt son arrivée, le cadet passa sous les ordres de Georges et en obtint le commandement de sa cavalerie. Après la pacification, il retourna en Angleterre, revint en France pour l'affaire du 3 nivôse et échappa alors à l'arrestation. Il demeura quelque temps caché en Bretagne et trouva, enfin le moyen d'aborder à Portsmouth. Les dan• vers qu'il venait de courir lui firent concevoir le projet de se retirer en Amérique, et il avait déjà fait tous ses préparatifs pour y passer, lorsque Georges, qui en fut prévenu, l'engagea fortement à rester auprès de lui. Son mauvais sort le porta à céder aux sollicitations de son chef ; il revint en France avec lui, fut arrêté, mis en jugement, condamné à mort le 3t prairial an , et exécuté le 5 messidor suivant. Il était âgé de 33 ans. — Un autre ROGER fils aîné, négociant à Bordeaux, fut impliqué, en 1805, dans la conspiration royaliste de Papin et la Rochejaquelein , comme ayant reçu de fortes sommes d'argent par l'entremise d'un banquier de Madrid. IL se défendit en accusant Papin de l'avoir calomnié et ne recouvra néanmoins la liberté qu'après une longue détention
  • Michel ROLLE( 1652) : né à Ambert, en Auvergne, le 2i avril 1652, mathématicien français, montra dès sa plus tendre jeunesse de rares dispositions pour les sciences exactes. Le génie des nombres et l'instinct des plus abstraites combinaisons étaient chez lui un don de nature. 11 eut comme tant d'autres à lutter contre la volonté de son père, qui voulait en faire un homme de loi. La vocation fut plus forte que l'obéissance filiale; elle fit de Michel Rolle un grand mathématicien. Venu à Paris à vingttrois ans, les premiers et difficiles combats de sa vie laborieuse le relevèrent au lieu de l'abattre. « Tout « ce qu'elle pouvait dérober au sommeil , dit « Fontenelle, sa passion dominante le prenait à u ses nuits pour le donner au travail , allant « toujours plus avant dans la science qui devait « l'illustrer. e Rolle se fit d'abord connaître par la solution d'un problème des plus abstraits proposé par le célèbre Ozanam. 11 fit preuve à cette occasion d'une telle aptitude et d'une si merveilleuse habileté que son nom se répandit dans le monde des sciences et attira l'attention de Colbert luimême. La bienveillance du grand ministre alla chercher dans sa modeste retraite le jeune homme tout à l'heure obscur et inconnu. Colbert justifiait par là cette parole qu'on a dite de lui : « Qu'il avait partout des espions pour « découvrir le mérite caché. » Sous ce haut patronage, Michel Rolle put avec sécurité continuer sa vie, tout entière occupée à ses chères études. Chargé plus tard de l'éducation de deux des fils de Louvois et pouvu par M. de Barbesieux d'un emploi au bureau de l'extraordinaire de la guerre, il sacrifia bientôt cette faveur et cette position lucrative à l'intérêt exclusif de la science, qu'il faisait passer avant le sien. Libre désormais de toute sujétion et de toute entrave, ses travaux acquirent une si haute importance et son nom une telle autorité que l'Académie des sciences acheva ce que Colbert avait commencé. Elle élut et appela dans son sein Michel Rolle, qui devint tout aussitôt un de ses membres les plus actifs, les plus résolus et les plus remarqués. « Rolle, « c'est encore Fontenelle qui parle, avait surtout « la passion et le génie de l'algèbre ; il pénétrait « avec une ardeur inouïe et un courage infati- « gable dans ses ténébreux abîmes. » Cette vaillance sans repos , ce savoir entreprenant donnèrent un grand crédit et un premier rang à Michel Rolle dans les discussions intérieures de l'Académie . livrée à des luttes ardentes sur des questions controversées d'algèbre et de géométrie, et particulièrement sur les infiniment petits et la géométrie de Descartes, alors trèsvivement attaquée et défendue. Michel Rolle s'y montra un athlète redoutable. Quand il arrivait à l'Académie, on sentait, suivant une autre expression de Fontenelle , « qu'il fallait se préparer à « combattre ». Il disait nettement et géométriquement son avis sur les ouvrages les plus célèbres, mais déjà vieillis et dépassés par les découvertes nouvelles et les progrès du temps. Rolle fut donc un de ces esprits fermes , intrépides, sagaces, intelligents adversaires de la routine, qui vont toujours à la découverte et sont vigoureusement armés pour les combats et les victoires de la science. C'est par là qu'il mérite d'être compté parmi ces hommes d'élite qui l'ont honorablement servie de leurs lumières et de leurs travaux. Les principaux ouvrages de Michel Rolle sont : Traité d'algèbre, 1684 ; — Examen de la géométrie de Descartes ; — Méthode pour résoudre les questions indéterminées de l'algèbre ; — Méthode pour résoudre les égalités de tous les degrés ; — Explications nouvelles pour former les courbes géométriques; — Règles de l'algèbre, et un grand nombre de mémoires épars dans l'Histoire de l'Académie des sciences. Il se préparait à publier de Nouveaux éléments d'algèbre, lorsqu'il mourut le 8 novembre 1719 d'une attaque d'apoplexie, à l'âge de 67 ans. « Ses moeurs, dit. « encore Fontenelle, furent telles que les for- « ment un grand attachement à l'étude et l'heu- « reuse privation du commerce du monde. » Il eut. Mairan pour successeur à l'Académie
  • Michel ROSA( 1731) : médecin italien, né le 9 juillet 1731 à SanLeo, capitale de l'ancien duché de Lady Murgan dit, dans sa préface, p 2, qu'aucun écrit contemporain ne lui a été indiqué pour y puiser des renseignements sur la vie de Sale. Rosa. Pourtant elle cite continuellement Baldinucci et Passeri. Lady Morgan en convient ellemême. Elle dit dans sa préface, p. 4 « J'ai représenté Salvator Rosa tel que me l'ont mon-. tré les vraisemaaners. o C'est un aveu singulier de la part d'un historien et qui suffit pour le faire juger. Cette Vie a cepen dant eu quelque succès; l'année même de na publication en Angleterre , il en a paru une traduction française et deux en allemand Montefeltro, fut envoyé de bonne heure au collège des jésuites de Rimini, ville dont sa famille était originaire, et où il avait encore plusieurs proches parents. Son cours de philosophie terminé, il entreprit l'étude de la médecine et se rendit à l'université de Bologne en 1754, puis à celle de Padoue, où il fut reçu docteur. En 1759, il alla se fixer à Venise et fut bientôt agrégé au collége des médecins. Dans deux voyages différents, il visita Florence et Rome ; pendant le premier, il s'occupa plus spécialement des systèmes des médecins italiens , et durant le second, il se livra surtout à l'ethnographie et à l'archéologie. Revenu à Venise, il s'y adonna comme par le passé à l'exercice de son art. Un Essai d'observations cliniques le fit remarquer et lui valut d'être nommé, en 1766, par l'impératrice MarieThérèse, professeur de médecine théoricopratique à l'université de Pavie. Rosa inaugura son cours par un discours latin sur les moyens de ramener la simplicité dans la médecine. L'année suivante, il en prononça un autre à l'occasion de la réouverture de l'université , qui eut lieu en juin 1767 cette fois il prit pour sujet les principaux systèmes de médecine, mais ce discours est resté inédit. En 1774, il fut appelé à Modène par le duc François Ill, qui le nomma successivement premier professeur de médecine , chevalier et président de la faculté. Lors de l'invasion fran-çaise , il retourna à Rimini, où il occupa une chaire de médecine, qu'on laissa subsister même après la suppression de l'école, et cela par respect pour la renommée du titulaire. La disette de 1801 lui suggéra l'idée d'écrire un mémoire où il prétend que Pline a raison d'assurer que, dans les temps de famine, les anciens se nourrissaient de glands. Il y enseigne comment on peut délivrer ce fruit de l'huile acre qu'il contient et qui le rend amer, nauséabond, indigeste, et il montre ensuite la manière d'en faire du pain passable et salubre, en le mélangeant avec d'autres farines. Mais les travaux qui ont fait le plus d'honneur à Rosa sont ceux qui se rapportent aux fonctions du sang et à l'action de certaines substances sur l'économie animale; il publia sur ce sujet des expériences fort curieuses dans ses Lettere. 11 avait aussi étudié les effets de la vaccination qui, selon lui, serait plus nuisible qu'utile, et il avait fait des recherches sur la pourpre des anciens. Après la dénonciation du blocus continental , il cherchait une matière colorante que l'on pût substituer à l'indigo , mais pendant ce travail la mort le frappa, le 9.9 septembre 1809. Ce médecin a laissé : P Essai d'observations cliniques ,.Venise, 1766 ; 2° De epidenticis et contagiosis acroaxis ; 3. Scheda ad catarrhum seu tussim quam russam nominant pertinens ; 40 Mémoire sur l'inoculation du vaccin humain, qui produisit assez de sensation à Paris pour que Vicq d'Azyr écrivit à l'auteur une lettre au nom de la société de médecine, dans laquelle il l'enga- gageait à se mettre, sur cette matière, en correspondance avec la faculté de médecine de Modène ; 5° Lettres sur quelques curiosités physiologiques , Modène, 1783. Cet ouvrage, examiné par des commissions de l'Académie et de la société de médecine de Paris, obtint des rapports favorables. 6° De la pourpre et des matières des habillements chez les anciens, 1786. C'est pour ainsi dire un commentaire de l'ouvrage d'Amati De restitutione purpurarUnt. Rosa avait écrit sur le même sujet deux autres mémoires, dont l'un a pour titre : De la graine d'écarlate pour teindre, et a été inséré dans les actes de l'institut des sciences, lettres et arts de Bologne
  • Michel SANMICHELI( 1484) : célèbre architecte italien, naquit à Vérone en Vs84 ; il embrassa la Profession de son père, qui le dirigea d'abord. A seize ans, le jeune Sanmicheli se rendit à Rome pour y admirer les prodiges de l'architecture ancienne et pour y apprendre les principes de la moderne. Il y vécut dans l'intimité de Buonarotti, de Bramante, de Sansovino, des Sangallo, dont il devait partager la gloire. Ses premières constructions furent les cathédrales d'Orviète et de Montefiascone, d'un style grandiose et correct. Rappelé à Rome avant même d'avoir achevé ces ouvrages, il fut envoyé par Clément. VII dans la haute Italie pour y mettre Parme et Plaisance à l'abri d'un coup de main de la part du connétable de Bourbon. Après s'être acquitté de cette importante commission, dans laquelle il fut secondé par Ant. Sangallo, Sanmicheli eut le désir de revoir sa patrie, dont il vivait éloigné depuis vingtcinq ans. La répit- blique de Venise, se défiant de l'esprit entrepre- riant de CharlesQuint et de Soliman 11, et occupée à relever les fortifications de ses places, crut ne pouvoir mieux en confier les trav aux qu'à un de ses sujets déjà distingué dans la pratique de l'architecture militaire. Sanmicheli, cédant aux instances du sénat, s'engagea au service des Vénitiens, après avoir obtenu son congé du pape; et en 1527, l'année même du sac de Rome, il bâtit à Vérone le bastion des Madel? ne, qui est le premier essai des bastions angulaires, adoptés ensuite par les ingénieurs modernes. La révolution que la découverte de la poudre venait d'opérer dans l'art de la guerre avait fait sentir la nécessité d'apporter des changements dans la construction des forteresses, en puisant dans les moyens d'attaque les nouveaux principes qu'on devait suivre pour calculer ceux de défense. Quelques idées proposées par Albert Durer, dans son ouvrage De munitione urbium, servirent plutôt à signaler les défauts des anciens systèmes qu'à suggérer la manière de les éviter. Les bastions ronds subsistaient toujours ; et ce ne fut qu'après Sanmicheli qu'on apprit à les remplacer par ceux à oreillons et à angles, qui, distribuant également et directement le feu autour d'eux, ne laissaient plus aucune partie à découvert. La république de Venise, appréciant les avantages des 111011N eaux bastions, en lit construire partout ; et en peu de temps, Bergame, Peschiera, Brescia, Legitago, Padoue, en Italie, ainsi que Corfou, Candie, Napoli de Romanie, dans le Levant, furent mis par Sanmicheli dans un meilleur état de défense et purent braver les efforts ou les menaces de leurs ennemis. Cet habile architecte engagea ensuite le gouvernement vénitierf à multiplier les fortifications de Vérone, en y ajoutant quatre bastions et deux portes, qui sont encore les plus beaux ornements de cette ville ; elle doit aussi à Sanmicheli un pont sur l'Adige et les palais Bevilacqua, Torre, Pompei et Ca- nossa. En mettant le pied dans Vérone, on ne peut s'empêcher de remarquer que c'est la même main qui a pris soin de la fortifier et de l'embellir. La même réflexion saisit l'observateur à Venise, où Sanmicheli a mis le cachet de la force sur les remparts de StAndré, et celui de l'élé- gance dans la façade du palais Grimani. Sanmi- cheli a consacré aussi à la mémoire de Bembo et de Contarini deux magnifiques tombeaux qui décorent l'église de StAntoine, à Padoue ; ce sont les derniers ouvrages importants de ce fameux architecte, qui mourut à Vérone en 1559 et fut enseveli dans l'église StThomas, qu'il avait rebâtie, et où reposent les cendres de ses gncètres. On trouvera plus de détails dans Pompei , Cinque ordini del' architet- tura eirile di Sanmicheli , Vérone , 1735 ; Maffei, Verona illustrai«, Temanza et .?1ilizia. Voy. aussi Selra elogio di Sanmicheli, Honte, 1814 et Samnicheli : Capella della famiglia Pellegrini , esistente nella chiesa di S. Bernardino , puldicata cd illustrata dal conte Giuliari, Vérone, 1816 avec trente planches gravées par Mercoli. Cette chapelle. bâtie sur les dessins de Sanmicheli., pour une daine de la famille Pellegrini, est plus connue à Vérone sous le nom de Cappella de' Guareschi. C'est réellement un chefd'oeuvre d'architecture. Il a paru à Vérone, en 1823-1830, un recueil de gravures exécutées avec beaucoup de soin et représentant les Tabriche erclesiastiche e . militari de Sanmicheli
  • Michel SARCONE( 1732) : médecin, naquit en 1732 à Terlizzi, dans la Pouille. Après les premières notions de son art, qu'il apprit à l'université de Naples, il se livra au traitement des maladies pour surprendre la nature et l'étudier. Ses recherches furent facilitées par la direction d'un hôpital militaire qui lui fut confiée et par la contagion manifestée à Naples , en l'année 1764. Non content de ses propres observations, il eut soin d'en recueillir de ses collègues ; ce qui mit à sa disposition une grande quantité de matériaux, dont il se servit pour écrire l'histoire de cette épidémie. Le succès qu'obtint cet ouvrage encouragea l'auteur à en publier un autre sur la petite vérole et sur la manière d'en arrêter les progrès. La découverte de Jenner n'étant pas encore connue, Sarcone ne put que renchérir sur les précautions usitées alors dans toutes les ma- ladies épidémiques, car il ne voyait dans la petite vérole que la funeste facilité de se communiquer. Ce livre n'a plus qu'une utilité historique. En 1755, Sarcone n'obtint pas une chaire dans l'université de Naples , à laquelle il avait aspiré. Mécontent de cette injustice, que la causticité de ses discours lui avait attirée, il résolut d'aller à Rome, où il se serait probablement fixé sans une dispute trèsanimée qu'il eut avec un médecin de la ville, à l'occasion d'un malade qu'ils avaient traité ensemble, et dont ils se reprochaient mutuellement la mort. Cette tracasserie le ramena de nouveau à Naples, où il fut nommé secrétaire perpétuel de l'académie royale des sciences qu'on venait d'y fonder. En 1783, lors des tremblements de terre des Calabres, ce fut Sarcone que cette société chargea de rédiger l'histoire de ce grand événement, dont il avait observé les plus importants phénomènes. Il se démit, l'année suivante, de la place de secrétaire de l'académie, dans laquelle il eut pour successeur Signorelli, et vécut dans la retraite jusqu'à sa mort, arrivée le 25 janvier 1797. Ses ouvrages sont : e Istoria ragionota de' mati osservati in Na- poli, nel corso dell. « lino 1764, Naples, 1764 traduit en allemand ; et en français , Lyon, 1804, 2 vol. 2. Traitai° del contagio del vajuolo , e della necessità di tentarne l'estirpazione , ibid., 1770 , première partie seulement ; 3° Anunonizione caritatevole ail' autore del libro intitolato : Del dialetto napolitano , jettera terza, ibid., 1783 Les deux premières lettres sont supposées; c'est une réplique à l'abbé Galiani, qui , dans son ouvrage sur le dialecte napolitain, avait cherché à tourner en ridicule l'académie des sciences de Naples. 4° Scrittura medico- legale , ibid., 1787, publiée à l'occasion d'un procès fameux agité devant les tribunaux de Naples, sur une escroquerie accompagnée de soupçons d'empoisonnement
  • Michel SCHUPPACH( 1707) : médecin , né en 1707, à Biglen, village du canton de Berne, n'avait appris la chirurgie et la médecine que chez un paysan qui avait une réputation dans le pays. A son exemple, Schuppach s'établit à la campagne et commença de traiter les paysans. Il était doué de tout ce qu'il fallait pour réussir auprès des malades : une grande simplicité, la vieille franchise des Suisses , de l'assurance , un ton d'enjouement et un discernement qui le servit à propos dans plusieurs circonstances. Ayant choisi le village de Langnau pour sa demeure, il y attira bientôt une foule de mafades, tant de la Suisse que de l'étranger. Les grandes dames de Paris même ne dédaignèrent pas d'aller le consulter, et des équipages élégants étaient souvent sur la route du village habité par le médecin de la montagne . Coxe , dans ses Lettres sur la Suisse , parle de Schuppach d'une manière fort avantageuse. Quelques cures éclatantes achevèrent de mettre cet empirique en vogue. Mais ce qui fit le plus pour sa renommée , ce fut la facilité avec laquelle il prétendait reconnaître par l'inspection de l'urine le genre de la maladie. Dès que cela fut connu, des messagers apportaient de tous les côtés, à Langnau , des fioles remplies d'urine et repartaient avec des ordonnances de Schuppach; quelquefois quatrevingts à cent fioles arrivaient en un seul jour. Voltaire l'appelait le médecin des urines . On s'adressait à l'Esculape de Langnau pour toutes sortes de maladies, et la grande confiance qu'on avait en lui le secondait infiniment. Beaucoup de gens riches se mettaient au régime chez lui pour la belle saison. Il lui fallait un secrétaire , un interprète et un pharmacien. L'anecdote suivante prouve que ce docteur de village était un homme d'esprit. Un fermier hypocondre vint le trouver pour être délivré de sept démons, qu'il avait, disaitil, dans le corps. Schuppach, après l'avoir examiné et visité, lui dit trèsgravemeut qu'au lieu de sept il en avait huit, dont l'un était le chef de la bande ; qu'il se faisait fort de les expulser à raison d'un louis par tète ; mais que pour le chef, plus difficile à expulser, il lui fallait deux louis. ! gym. Le fermier trouva que ce n'était pas trop cher ; le traitement commença dès le lendemain. Schuppach fit approcher l'hypocondre d'une machine électrique , dont celuici ne connaissait pas l'usage, et lui donna une rude secousse en lui ilisant : En voilà un de parti. Le lendemain même opération et ainsi de suite jusqu'au huitième jour : Maintenant, dit Schuppach, il ne reste plus que le chef des diables à expulser; eluilà fera un peu plus de façon. Ce jour, il donna au fermier une si rude secousse que le paysan en fut renversé. Pour le coup, lui dit le ilocteur , vous voilà délivré de tous vos diables. Le aysan le crut et s'en alla fort content, après ivoir payé les neuf louis, que le médecin distribua aux pauvres. Schuppach mourut le 2 mars 1781
  • Michel SCOTT : écrivain du 13° siècle, sur lequel beaucoup de récits fabuleux ont été débités, naquit dans le comté de Fife, sous le règne d'Alexandre II, en Ecosse, fit de grands progrès dans les langues , les mathématiques, et vint en France où il resta plusieurs années. Ayant appris que l'empereur Frédéric 11 était un zélé protecteur des savants, il se rendit à la cour de ce prince et s'adonna exclusivement à l'étude de la médecine et de la chimie. Après être resté longtemps en Allemagne, il alla en Angleterre , où il fut en grande faveur auprès d'Edouard II. Revenu dans son pays natal, il fut envoyé en Norvége avec Michel de Wemys, pour accompagner une princesse desti née à monter sur le trône d'Ecosse; mais cette princesse tomba malade en route, et elle mourut dans une des 11es Orcades, en 1290. Scott était alors dans un âge fort avancé , et l'on croit qu'il mourut l'année suivante. C'était, pour le temps, un homme d'un grand savoir et qui s'occupa beaucoup des sciences occultes, ce qui lui attira de sévères critiques de la part de Pic de la Mirandole, dans son livre contre les astrologues. Boccace et Folengo en parlent aussi comme d'un habile magicien, le premier dans ses nouvelles et le second dans son poème macaronique ; enfin Daide l'a représenté de la même manière dans sa Ditina Commedia. D'après quelques historiens , Scott mourut à HolmeColtrame, et selon d'autres, à l'abbaye de Melerose. Tous s'accordent à dire que ses livres de magie furent enterrés avec lui. Mackenzie et quelques autres lui attribuent une traduction latine d'Aristote. Ce qu'il y a de sûr , c'est qu'il existe une traduction des ouvrages ae ce philosophe , faite par les ordres de l'empereur Frédéric II, à la cour duquel Scott résida pendant quelques années, et , comme il fut le traducteur de l'Histoire naturelle des animaux d'Aristote, d'après la version arabe d'Avicenne, il est probable que son travail se réduisit à cette seule partie. Cette traduction parut sous ce titre : Aristotelis opera, latine versa, partim e qrœco , partirez arabico, per viros lectos et in utriusque prolatione peritos, jussu imperatoris Frederict H, Venise , 1496 On a de Scott : 1° Physiognomia et de hominis procreatione, Paris, 1508, iii-8.; réimprimé à Francfort, en 1615, sous ce titre : De secretis naturce, et depuis avec les oeuvres d'Albert le Grand, Amsterdam , 1655, 1660 , etc. ; 2° Quoestio curiosa de nature solis et lune. On sait que les alchimistes appellent l'or et l'argent le soleil et la lune. Le sujet de cet ouvrage est la prétendue transmutation des métaux. On le trouve dans le cinquième volume du Theatrum chi micum , Stras- bourg, 1622 3° . pensa philosophica, seu enchiridion in quo de quoestionibus mensalibus et variis ac jucundis hominum conyressibus ayitur; accedit Othomari Luscinii libellus jocorum et face- , Francfort , 1602 ; 1608 ; Leipsick, 1603 Tiedemann cite cet ouvrage dans son Esprit de la philosophie spéculative, et il prétend qu'on y trouve des choses curieuses et des idées profondes. Riccioli raconte que Michel Scott observa régulièrement le ciel et le mouvement des astres, et qu'il composa, d'après les ordres de Frédéric II, un traité sur la Sphère de Sacrobosco. Nicerori censure Naudé d'avoir attribué cet ouvrage à Scott, dans son Apologie es grands hommes soupçonnés de magie, et il parait même ne pas croire à son existence ; mais kœstner le designe sous ce titre : Eximii clique excellenlissimi physicorunt motuum cursusque syderii inrestigatoris Scotti super autor. Sphœrar. cum quoestionibus diliyenter emendatis incipit expositio perfecta, illustrissimi inzperatoris D. D. Frederici precibus. Kœstner remarque que l'ouvrage ne contient rien qui ait rapport aux mathématiques, mais qu'il ne présente que des mélanges et une compilation des écrits de philosophes, historiens, etc. Voyez Markenzie , Vies des pr auteurs écossais ; kœstner, Histoire des mathématiques , et la note ajoutée au Lay of the lest minstreel de Wal- ter Scott . — Scorr , appelé aussi Scot ou Erigène, du nom d'Erin , que portait autrefois l'Irlande, sa patrie, était aussi versé dans l'étude des belleslettres que l'on pouvait l'ètre dans le 9e siècle et vint en France sous le règne de Charles le Chauve. Ce prince accueillit Scott avec beaucoup d'empressement. On dit même qu'il l'admit souvent à sa table et que Scott s'y permit un jour une réponse trèsimpertinente, mais d'autant moins vraisemblable qu'elle roule sur un jeu de mots qui ne signifiait rien dans la langue de ce tempslà. Cet Irlandais était d'un esprit vif et ardent ; il écrivit sur la théologie de manière à soulever contre lui les partisans de l'orthodoxie. Le pape Nicolas I" adressa des plaintes à Charles le Chauve contre ses écrits; mais il paraît que ces plaintes firent peu d'effet sur l'esprit du roi; car Scott continua de rester en France, et il y mourut paisiblement. Le traité qu'il écrivit sur l'Eucharistie n'est point parvenu jusqu'à nous. On croit qu'il contenait quelques erreurs sur la transsubstantiation et la présence réelle. Il fut proscrit par plusieurs conciles et condamné au feu , en 1059, par celui de Rome. Le traité que Scott composa sur la prédestination divine, à la prière de Hincmar, de Reims, se trouve dans Vindiciprœdestinationis et gratis, f 1) Voy. aussi Haureau, Histoire de la philosophie scolastique, t. ter, p. 467-473; le commentaire de Scott Sur la sphère, de Sacrobosco , est le plus digne d'intérêt des ouvrages de cet au- teur. M. Libri, dans son H est, eire des sciences mathématique, en t. 2, p. 23 , en cite quelques passages qui prouvent que Scott avait des connaissances fort avancées pour son siècle. 1650, 2 vol. — SCOTT , bibliophile anglais, né à Srnerth, dans le comté de Kent, vers le commencement du 16e siècle, fit ses études à Oxford et s'occupa de la recherche des livres rares et oubliés par le commun des lecteurs. Il s'adonna aussi à l'agriculture et publia le Plan complet d'un jardin pour la culture du houblon, 1576 2° édit. Mais ce qui lui donna le plus de célébrité, ce fut la Sorcellerie et la magie dévoilées, qu'il publia en 1584 . Scott dévoila sans ménagement, dans cet ouvrage , les pratiques des enchanteurs , des magiciens, et toutes les rêveries de l'alchimie et de l'astrologie. Cette publication était alors une preuve de beaucoup de courage , et l'auteur fut vivement combattu par Raynolds, Méric Casaubon et par le roi Jacques Pr luimême, qui, dans la préface de sa Démonologie, annonce que son projet est de réfuter les opinions de Wierus et de Scott, « qui n'a pas eu honte, ditil, de nier « publiquement l'existence de la magie et de ' , en Ecosse, en 1675, fit ses études à Edimbourg et composa une Histoire d'Ecosse, qui parut en 1727. Cet ouvrage n'est dépourvu ni de talent ni d'utilité; mais comme l'auteur s'était montré fort attaché à la cause des Stuarts , et qu'il avait refusé de prêter le serment exigé par le parti qui les renversa, les écrivains de ce parti le dénigrèrent avec acharnement. David Scott mourut dans l'obscurité, à Haddington, en 1742
  • Michel SENDIVOG( 1566) : alchimiste polonais, né vers i566 près de Sandez, dans le palatinat de Cracovie, était fils naturel d'un gentilhomme nommé Sendimir, qui lui fit faire ses études. Sendimir mourut trop tôt pour son fils, qui, resté sans direction dans ses études , lut avec avidité des livres d'alchimie, notamment ceux d'Arnauld de Villeneuve. Ne rêvant plus qu'à la pierre philosophale, il fit connaissance avec Nicolas Wolsky, grand maréchal de Pologne, qui, croyant fermement à l'alchimie, et travaillant depuis plusieurs années au grand oeuvre, pensa que ce jeune adepte lui serait •fort utile pour exécuter le projet qu'il avait formé d'aller recueillir en Allemagne et de rapporter en Pologne un secret qu'il poursuivait depuis longtemps. La crédulité et l'avidité des princes allemands avaient alors inondé cette contrée de charlatans qui leur promettaient des richesses. Bien endoctriné par son protecteur, Sendivog partit, muni d'argent et de lettres de recommandation. Désirant sincèrement être initié aux mystères de l'art; il rencontra nombre de gens qui se donnèrent pour possesseurs de la pierre philosophale, et, par ses assiduités, s'efforça de leur arracher ce secret merveilleux. Il fréquenta, entre autres, un Anglais qui, sous le nom d'Alexandre Sidonius ou du Cosmopolite, est célèbre dans les fastes de l'alchimie. Ce jongleur courait l'Allemagne depuis plusieurs années, faisant des dupes au moyen de sa teinture d'or et de sa dextérité dans les expériences. Il se tint tellement sur la réserve que Sendivog fut obligé de retourner en Pologne, à peu près aussi avancé qu'il en était sorti, si ce n'est qu'il y rapporta beaucoup de livres d'alchimie et des idées un peu plus embrouillées qu'auparavant. Quoique Wolsky n'eût pas lieu d'être satisfait du résultat de ce voyage, il ne retira cependant pas ses borines grâces à Sendivog, et il le fit travailler à ses frais. Tout à coup on apprend que l'Anglais est arrêté en Saxe. Aussitôt Sendivog, qui voit dans cet événement une occasion de s'attacher intimement le Cosmopolite en lui procurant sa liberté, communique sa pensée à Wolsky ; celuici partage cette opinion et lui donne une somme d'argent; elle ne parait pas suffisante à Sendivog pour exécuter son projet ; il vend quelques morceaux de terre que son père lui avait laissés, et, le coeur plein d'espérance, vole en Allemagne. Son plan s'effectue suivant ses désirs ; l'Anglais est arraché par ruse à sa captivité, et ne peut trouver assez d'expressions pour remercier son libérateur. Sendivog ne lui demande pour récompense que de connaître son secret ; l'Anglais l'instruit de quelques pratiques communes et lui donne une certaine quantité de sa teinture d'or, qui devait le dédommager de tout ce qu'il avait dépensé. Sendivog regagne la Pologne, espérant pouvoir imiter la teinture. Peu de temps après son retour, ayant reçu la nouvelle de la mort de l'Anglais, il court à la ville où celuici a cessé d'exister, se flattant de découvrir au moins une partie de ses secrets. Comme tous les faiseurs d'or, le Cosmopolite était mort dans la misère ; Sendivog n'eut pas de peine à persuader à une Bavaroise, qui avait été la concubine du Cosmopolite, de s'attacher à lui ; mais elle ne lui apporta d'autre secret que le Livre de la pierre philosophale, en douze chapitres, ouvrage connu aussi sous le nom de Livre des douze traités ; il contenait tous les procédés de la transmutation, exposés d'une manière trèsdétaillée, mais dans un style tellement inintelligible, que jamais personne n'y a rien compris. Cette obscurité n'effraya pas Sendivog ; il recommença de nouveau à souffler et à distiller. N'ayant, malgré ses efforts, rien obtenu, il fit imprimer le livre avec des additions, et par là devint un imposteur d'une autre sorte ; car, ainsi que l'observe Adelung, son biographe, l'expression n'est pas trop forte, des rêveries de ce genre ayant, malgré leur absurdité évidente, causé un grand tort à beaucoup de familles. Sendivog séjourna quelque temps en Pologne, à Krepitz, ville qui appartenait à Wolsky, et il y travailla au grand oeuvre avec quelques aventuriers, parmi lesquels se trouvait un certain Joseph, Espagnol de nation, un peu plus habile chimiste que Sendivog, puis- qu'il préparait et vendait des médicaments dont le produit payait en partie les dépenses de ses folles expériences. Sendivog, qui aimait la dépense, arrachait de temps en temps à Wolsky des sommes considérables ; mais celuici finit par ouvrir les yeux, et il demanda l'argent qu'il lui avait prêté. Alors le charlatan fut contraint de s'en aller en Allemagne, où, avec sa teinture et quelques tours de passepasse, il exploita la crédulité des princes du pays. Tout son secret était de plonger dans cette teinture le fer, l'argent et le cuivre rougis au feu , et de leur donner ainsi une couleur qui imitait celle de l'or. Cette apparence suffisait pour satisfaire les hommes avides et crédules, et le jongleur en profitait pour se faire payer fort cher ; mais sa liqueur diminuait, il voulut en composer luimême. Son ignorance en chimie l'empêcha de réussir. Pendant qu'il abusait ainsi de la simplicité de ses dupes, il rencontra, vers 1604, à la cour du duc de Wurtemberg, un fourbe qui le passait en audace, et dont il devint le jouet . Après d'autres courses, Sendivog fut. attiré à Marbourg par la renommée de Jean Hartmann, professeur de chimie, qui donna en Europe les premières leçons de cette science. Cependant la réputation de Sendivog baissait en Allemagne ; n'y trouvant plus personne disposé à se laisser tromper, il reprit le chemin de la Pologne. A Vienne, il essaya encore de fasciner l'esprit de Ferdinand 11 avec les effets de sa teinture d'or. Ce prince paraissant peu disposé à croire à la réalité de cette merveille, Sendivog lui persuada qu'il connaissait en Autriche, près de la frontière de Pologne, une mine de plomb fort riche. L'empereur, pour le récompenser, lui fit don du village de KravarzPolsky, en Silésie, et d'une maison à Olmutz, où Sendivog se retira et passa le reste de ses jours ; il mourut en 1646. Quelques auteurs prétendent que ce fut à Cracovie qu'il termina sa carrière dans une extrême pauvreté. Sendivog a publié : Dialogua Mercurii, alchimistœ et naturce, Cologne ou plutôt Prague, 1607 inséré dans le Theatrum chymicum, traduit en allemand et réimprimé plusieurs fois ; 2° fEnigma philosophicum ad filios veritatis, également inséré dans le Theatrum chymicum, et probablement imprimé à part ; 3° Nocutn lumen chymicum de lapide philosophorum in 12 tractatus divisum, Prague, 1607 et fréquemment réimprimé; inséré dans le Theatrum chymicum, traduit en allemand sous le titre de Chynzisches Xleinod , par Isaïe de la Croix, Strasbourg, 1681 et réimprimé avec le commentaire d'Ortels et d'autres additions, Francfort et Leipsick , 1682 Nuremberg, 1718 ; Vienne, 1749. On a vu plus haut que ce livre n'est pas de Sendivog ; le style en est bien plus figuré et plus allégorique que celui des ouvrages écrits réellement par ce charlatan ; c'est pourquoi ces derniers sont peu estimés des adep- ! tes, qui ne veulent voir qu'à travers des nuages les objets fantastiques qu'ils cherchent à saisir. On a suivi dans cette notice sur Sendivog sa biographie écrite par Adelung dans son Histoire de la folie humaine ; il y démontre avec beaucoup de sagacité l'inexactitude des détails donnés par Desnoyers, que P. Borel a insérés dans son Trésor des recherches et antiquités gauloises et françaises . Borel a aussi fait entrer dans ce livre d'autres détails qu'il tenait du polonais Bodowsky. Lenglet Dufresnoy les a recueillis dans son Histoire de la philosophie hermétique. lls sont beaucoup plus romanesques que les précédents, et Adelung a également prouvé qu'ils ne méritaient aucune confiance. Lenglet Dufresnoy a fait sur le récit de Bodowsky des observations qui décèlent peu de critique historique. Le même reproche s'adresse à l'auteur d'un livre allemand intitulé Essai sur l'histoire de l'alchimie, Leipsick, 1785 Ce dernier cite, parmi ses autorités, une Vie de Sendivog, par Jean Lange, Hambourg, 1683 ; et Adelung déclaré que cet ouvrage est cité à tort ; car les particularités qu'il contient ne ressemblent nullement à celles qu'on lit dans l'Histoire de l'alchimie. Le livre de Lange, médecin infatué des rêveries du grand oeuvre, n'est que la traduction allemande d'une version française de la vie de Sendivog, écrite en italien par Poliarcho Micigno ; c'est cet auteur qu'Adelung a suivi, en dégageant son récit. de quelques invraisemblances
  • Michel SERRE( 1658 - 1733) : peintre , naquit à Tarragone , le 10 janvier 1658, de parents fran-çais. En butte aux mauvais traitements de sa mère, qui venait de se marier en troisièmes noces, il s'enfuit de la maison paternelle, n'étant àgé que de huit ans. Arrivé à Marseille, dénué de toute ressource, il intéressa à son sort un peintre médiocre , qui lui donna les premières notions de son art. Bientôt après, et pour se perfectionner, il ne craignit pas d'entreprendre le voyage de Rome, n'ayant encore que dix ans. Pendant son séjour dans cette ville, il s'adonna à son art avec une rare assiduité; et, par son travail et son amour pour la peinture, il ne lui fut pas difficile d'exciter l'intérêt des plus habiles professeurs. Après avoir étudié pendant l'espace de sept années sans interruption, il revint à Mar-' seille, où il peignit, pour l'église des dominicains, son tableau du Martyre de St- Pierre , qui lui procura la plus grande vogue. La plupart des églises de Marseille, et beaucoup de riches négociants, voulurent avoir de ses ouvrages. 11 envoya alors , à l'Académie de peinture de Paris, un de ses tableaux représentant Bacchus et Ariane , et cette Académie l'admit au nombre de ses membres le G décembre 1704. Ses ouvrages lui avaient procuré une fortune considérable, lorsque éclata la fameuse peste de Marseille. Serre fut un de ceux qui montrèrent le plus de dévouement et d'activité. 11 prodigua tout ce qu'il possédait, et lorsque le fléau cessa , il se trouva sans aucune autre ressource que son talent. 11 se livra sans regrets à de nouveaux travaux. Plein du spectacle affreux qui avait si longtemps frappé ses regards, il en retraça les scènes les plus pathétiques dans deux tableaux qu'il destinait au régent. Il avait chargé son fils de les présenter à ce prince. Le jeune Serre trompa la confiance de son père et vendit ces deux tableaux à la foire StGermain. Cette vente fit d'abord beaucoup de tort au père dans l'esprit des membres de l'Académie, qui ignoraient que lui- mème avait été trompé : Serre fut terne rayé de la liste des académiciens le 21 août 1723 ; mais il parvint à se justifier et à obtenir sa réintégration. Les Scènes de la peste de Marseille en 1720, qui ont été reproduites par le burin, se trouvent aujourd'hui au musée de Marseille. il fut chargé de plusieurs tableaux pour les religieuses de SteClaire, et pour la paroisse de la Madeleine de Marseille, ainsi que pour les carmélites d'Aix. A ces grandes compositions, il joignit l'exécution d'un nombre considérable de tableaux de chevalet, que les amateurs recherchaient avec empressement. Ses productions étaient pleines de feu et d'invention; mais, doué de la plus grande facilité, il en a quelquefois abusé. Il mourut à Marseille: le 9 octobre 1733, avec le titre de premier peintre des galères du roi à Marseille. —M. Ph. de Chennevières a consacré une excellente et trèsneuve notice à M. Serre, dans son 2° volume des Artistes provinciaux, Paris, 1850 P—s et B
  • Michel SERVET( 1509 - 1553) : fameux hérésiarque, né , en 1509, à Villanova, en Aragon, 'vint de bonne heure en France pour étudier le droit à l'université de Toulouse. La lecture de la Bible devint pour lui une source d'erreurs. Il en puisa encore dans ses relations avec les chefs des sociniens, en Italie, où il passa à la suite de Quintana, confesseur de CharlesQuint , dont il vit le couronnement à Bologne . A la mort de son patron", il se mit à parcourir la Suisse et l'Allemagne, et il eut des conférences avec OEcolampade, à Bâle; avec Capiton et Bucer, à Strasbourg. Dans ces entretiens, il combattit avec acharnement les dogmes de la Trinité et de la consubstantialité du Verbe. Ses adversaires en furent scandalisés ; et l'un d'eux, Bucer, le moins violent, dit un jour que « cet impie méritait qu'on le mît en « pièces , et qu'on lui arrachât les entrailles. » Devenu plus hardi, Servet conçut le projet téméraire d'attaquer les dogmes principaux de la religion chrétienne. En 1531 , il publia un ouvrage intitulé De Trinitatis erroribus , suivi des Dialogues sur la Trinité, qui parurent l'année suivante. 11 en avait confié le manuscrit à un libraire de Bâle, qui l'avait fait imprimer à Haguenau , en Alsace. La hardiesse des opinions que Servet avait manifestées dans ses écrits choqua les hérétiques euxmêmes, qui l'effrayèrent par leurs menaces. Réfugié à Lyon , et renonçant au barreau, qui ne lui avait rien produit, il embrassa la médecine, qui ne lui valut que des disputes. Il se rendit à Paris , pour suivre les cours de Jacques Dubois et de Fernel , célèbres professeurs de ce temps. Reçu docteur, il composa une dissertation intitulée Syruporum uni- versa ratio ad Galeni censurant diligenter explicata. Le voyage de Servet , en Afrique, pour acquérir une plus parfaite connaissance du Coran, n'a jamais eu lieu. Non moins emporté en médecine qu'en théologie. il eut des querelles assez vives avec ses nouveaux collègues, contre lesquels il écrivit une Apologie. dont le parlement de Paris ordonna la suppression. Dès le commencement de 1534, lil avait préparé quelques notes pour une flou- ' velle édition de la géographie de Ptolémée, d'arès la traduction latine de Pirckheimer. N'ayant , pas réussi à iendre son ouvrage à Paris, il s'adressa aux libraires de Lyon. et le livre y parut l'année suivante. Mécontent du séjour de la capitale, où sa mésintelligence avec ses confrères n'avait fait qu'augmenter, Servet prit le parti de retirer en prou ince. Il essaya d'abord de s'é- tablir à Lyon et à Charlieu; mais, n'inspirant aucune confiance aux malades, il s'attacha aux frères Frellon, en qualité de correcteur d'impri- w nu Ce fut chez eux qu'il fitconnaissanee a' e? Pierre Palmier, qui lui proposa de le suiN re à à Vienne, en Dauphiné, dont il était archevêque. Il aurait en effet joui dès lors d'une existence agréable, s'il s'était borné à l'exercice de sa profession. Mais , rempli de ses projets hostiles contre le christianisme, il médita de nouvelles attaques. Chargé de surveiller une réimpression de la Bible, il y ajouta une préface et des notes que Calvin appelle inspire; et impertinentes. Il en- tra en même temps en correspondance avec ce réformateur, qu'il consultait surtout pour avoir le plaisir de l'embarrasser. Mais leur controverse ! devint si animée, que leurs lettres ne contenaient plus que des injures et des invectives. Ils se vouèrent dès lors une haine implacable. Servet . voulant humilier son rival qui ne le ménageait pas, lui adressa un manuscrit où il relevait une ' quantité de bévues et d'erreurs, qu'il avait Fe- marquées dans ses ouvrages , surtout dans l' chrétienne , production favorite du pa- triarche de Genève. Calvin en fut tellement irrité qu'il écrivit à Farel et à Viret u que si jamais cet _a hérétique lui tombait entre les mains, il em- ploierait tout son crédit auprès des magistrats u pour lui faire perdre la Nie. o Depuis ce moment, il interrompit tout commerce avec Servet, qui, ne rêvant qu'à son système, commença un . troisième ouvrage contre la Trinité et contre e d'autres dogmes fondamentaux de la foi. Après quatre ans de travail, il envoya ses cahiers à Bâle, pour en hàter la publication. Soit crainte. soit calcul, aucun libraire ne voulut s'en charger; et Servet fut obligé de les faire imprimer à ses frais à Vienne. C'était le fameux traité D' thristianismi restitutione, dont on ne connaît plus aujourd'hui que deux exemplaires. Malgré le soin que l'auteur avait pris de cacher son nom, ainsi que ceux de l'imprimeur et de la ville , il ne fut pas difficile à Cals in d'y reconnaître la main et les opinions de Servet. Choqué de la manière méprisante dont on y parlait de lui, sa fureur ne connut plus de bornes, et il résolut de se venger. A cet effet, au moyen d'un Lyonnais, de- venu depuis peu prosélyte de la religion réformée, il fit parvenir adroitement à l'archevêque de Lyon quelques feuillets du traité de Servet. Le cardinal de Tournon, qui occupait alors le siége de cette ville , employait les moyens les plus énergiques pour arrêter les progrès de l'hérésie à laquelle son diocèse était , plus que tout autre, exposé, à cause du voisinage de Genève. Dès qu'il eut connaissance de ces papiers, il s'empressa d'en donner communication au gouverneur général du Dauphiné, qui ne put pas découN rir l'atelier d'où ce Ii' re était sorti. L'auteur allait échapper au danger qu'il avait provoqué si Calvin n'avait liN ré aux magistrats les originaux de quelques lettres imprimées dans l'ouvrage de Servet . Ne voulant pas se soumettre aux lois de la ville, qui ordonnaient que l'accusateur partageAt la prison avec l'accusé, Calvin céda le principal rôle à un certain la Fontaine , qui était, diton, son valet. et se résen a celui de discuter avec Servet sur des questions théologiques. Celuici ne parut embarrassé ni des intrigues ni des raisonnements sertei avait sur lui , quand il fut arre'té, une d'aine, six bagues et quatrevingtdixsept pièces en or. (2i Cet accusateur obscur de Servet était né à Sl- Gerrais , l'un des quartiers de Genève, sur la droite du Rhône. Un autre Genevois, nommé Germain Colladon , lui fut adjoint pendant la procédure. « malheureux, disaitil, d'alléguer contre moi ce « que luimême ne croit pas. Il est bien loin « d'observer ce que cet empereur a dit de l'Eglise, « des évêques, du clergé et de plusieurs autres « points de discipline ecclésiastique. » En attendant, ces disputes retardaient la marche du procès; les juges, qui n'avaient aucun intérêt à le prolonger, ordonnèrent à Calvin d'extraire des ouvrages de Servet ce qui lui paraissait le plus blâmable. Calvin se chargea volontiers de ce travail, qu'il intitula Sententice , velpropositiones excerptce libris Michaelis Serreti, quas ministri ecclesiœ Genevensis partira impias , et in Deum blasphcmas , partira profanis erroribus et deliriis rçfertas esse asserunt : omnes vero a rerbo Dei et orthodosœ ecclesice consensu prorsus alienas. Servet se défendit contre ces inculpations, et sa réplique fut réfutée par Calvin, qui, pour donner plus de poids à son écrit, le lit signer par plusieurs de ses confrères. 11 est intitulé Brevis refutatio errorum et impietatum Michaelis Serreti a ministris ecclesiœ Generensis magntfico senalui, siculi jussi fuerant, oblata. Ces trois pièces font partie des traités théologiques de Calvin. Servet, ne jugeant pas à propos de répondre sérieusement à la dernière, se contenta d'y mettre quelques notes marginales , dont la plupart n'étaient que d'un seul mot, tel que Simo mages, impostor, sycophanta, nebulo, perfides, impudens, ridicules mus, cacodœmon. Ces injures, prodiguées à un ennemi redoutable , et la demande faite par le prévenu d'être renvoyé devant le conseil des deux cents, ont donné lieu de croire que Servet, quoique naturellement emporté, fut encore excité par des personnages puissants , qui lui promirent leur appui contre son antagoniste , dont la hauteur avait mécontenté beaucoup de inonde. Les juges ne tinrent aucun compte de ces réclamations, et dès que l'instruction du procès fut terminée , ils en envoyèrent des copies à Zurich, à Berne , à Bâle et à Schaffouse, pour avoir l'avis des autres ministres. La réponse de ceuxci fut presque
  • Michel SOKOLNICKI( 1760 - 1816) : général polonais au service de France, était né dans le palatinat de Poznanie, le 27 septembre 1760. Admis en 1777 à l'école militaire de Varsovie, il s'y appliqua particulièrement à l'étude des sciences exactes. Il fut chargé, en 1789, de seconder Jasinski dans l'étai blissement de l'école du génie de Vilna, et il en dirigea pendant quelque temps les travaux. Il reçut ensuite une mission dans le nord de l'Allemagne en qualité d'ingénieur hydrographe, et à son retour, en 4792, il fut envoyé à l'armée de Lithuanie, où il remplit successivement les fonctions de commandant militaire, de conducteur des travaux et d'ingénieur. En moins de cinq jours, il jeta sur le Niémen un pont de radeaux construit eu forme d'arc flottant, qu'on put enlever en quelques heures, sans en laisser trace, après avoir livré passage à l'armée entière avec son artillerie. L'insurrection de 1794 le compta parmi ses plus chauds partisans, et il y déploya un ardent patriotisme, notamment dans la GrandePologne, où il forma un régiment de chasseurs, dont Kosciusko lui donna le commandement, qu'il échangea bientôt contre celui d'une légion de 6,000 hommes, destinée à former l'avantgarde de Dombrowski dans la Prusse occidentale. Sokolnicki, à la tète de ce petit corps: fit des prodiges de valeur, et le grade de généralmajor en fut la récompense. Les armes polonaises ayant XXXIX. succombé, il partagea le sort de Zakrewski, président du grand conseil , son parent et son ami , et resta détenu avec lui à StPétersbourg, jusqu'à l'avènement de Paul lei, qui rendit la liberté aux prisonniers polonais. Il vint alors à Paris, et proposa au directoire la formation , sur le Rhin, d'un bureau de recrutement pour les légions polonaises au service de la république cisalpine. Il alla ensuite rejoindre en Italie, avec le grade de colonel, ses compatriotes clui combattaient dans les rangs de l'armée française; comme eux tous, il s'y montra bon et brave soldat. Dans les campagnes de 1800 et 1801, en Allemagne , il commanda l'infanterie de la légion polonaise, et fut chef d'étatmajor du général Kniaziewiez, qui eut tant de part dans la victoire de Hohenlinden. Le premier consul ayant désigné ce corps, passé au service de France, pour faire partie de l'armée de StDomingue, Sokolnicki concourut de tous ses efforts à calmer les murmures que cet ordre suscita parmi ses soldats et parvint non sans peine à les décider de s'y conformer. Au retour de cette fatale expédition, il reçut le grade de général de brigade et fit les campagnes de 1806 et 1807. Dans celle de 1809, il prit d'assaut la ville de Sandomir et y soutint un siége pendant plusieurs semaines contre des forces supérieures. Après l'évacuation de la Gallicie par les Autrichiens, Napoléon le nomma gouverneur de Cracovie, puis général de division. Pendant la campagne de Russie. il fut attaché au quartier gênerai, et adhéra, le 1i juillet, à la confédération de \Vilna. En 1813, il eut le commandement de la 7' division de cavalerie légère polonaise sous les ordres du prince Poniatowski. Rentré en France avec l'armée en 1814, on le vit combattre jusqu'au dernier moment, et ce fut à lui que les élèves de l'École polytechnique, ne pouvant plus tenir les retranchements qu'ils défendaient , sous les murs de Paris, à la butte St - Chaumont, durent leur salut. Cette même année, Sokolnicki retourna dans sa patrie et accompagna à Varsole corps de Poniatowski retrouvé dans l'Elster. 11 était encore en activité lorsqu'il mourut, le 23 septembre 1816, d'une chute de cheval. On lui doit diverses publications .cientifiques : P Notice historique sur le canal de Richentoni, exécuté en Pologne en 1780, Paris, an 12 avec riz., lue à la Société d'encouragement en 1804 ; réimprimée en 1812 à la suite de la lettre à M. le sénateur Fossombroni; 2° Lettre au sénateur Fossombroni sur une trombe hydraulique propre à l'épuisement des grands marais, Paris, 1811, in fo avec fig. ; 3" Lettres sur quelques points de l'hydrodynamique, Paris, 181t 4° Lettre sur un pont exécuté à Grodno sur le Niémen en 1792 fig. Ces quatre opuscules ont été réunis et reimprimés en un volume Paris, 1811. 5° Lettre à JI. le sénateur Fos 70 sombroni relativement au desséchement . On lui attribue l'ouvrage suivant publié sous le voile de l'anonyme : Journal historique des opérations militaires de la 7' division de cavalerie légère polonaise, faisant partie (lu 4° corps de la cavalerie de réserve, sous les ordres de M. le général de division Sokolnicki , depuis la reprise des hostilités au mois d'août 1813, jusqu'au passage du Rhin au mois de novembre de la même année, rédigé sur les minutes autographes, par un témoin oculaire, Paris, 1814
  • Michel SORIANO : diplomate vénitien du 16. siècle, représenta dignement sa république dans plusieurs cours, notamment en Allemagne, près de Ferdinand , roi des Romains, depuis empereur; en 41ngleterre, près de la reine Marie, fille de Henri VIII; en Espagne, à l'événement de Philippe II; à Rome, sous deux ou trois papes, et en France au commencement du règne de Charles IX. Esprit fin, observateur judicieux , trèsinstruit de l'histoire des peuples et connaissant parfaitement leurs divers intérêts, Soriano avait tout ce qu'il fallait pour bien remplir les missions qui lui étaient confiées. On a la preuve de son habileté en affaires dans les relations très- remarquables qu'il a laissées de ses ambassades et dans quelques mémoires diplomatiques échappés à sa plume, sinon élégante, du moins facile et exercée. Ces écrits, qui auraient mérité de voir le jour, sont demeurés inédits , mais notre bibliothèque de Paris en possède des copies dont le docteur Marsand a donné la description dans l'excellent ouvrage qu'il a consacré aux nombreux manuscrits italiens de ce magnifi- que dépôt littéraire et des autres bibliothèques publiques de la capitale. La plus importante production de Soriano et la plus intéressante pour nous est intitulée Commentarii del reono di Francia nel principio della Seita Ugonatta, etc. . e C'est, « dit le savant que nous venons de citer, un chef-« d'oeuvre de politique, de prudence, de franchise « et de loyauté . r, Madame Thiroux d'Arconville, qui a publié en 1783 une bonne histoire de François Il , ayant eu connaissance des Comnien- tarii et trouvant avec raison qu'ils jetaient un grand jour sur l'époque orageuse dont elle retraçait le tableau , les traduisit en français et fit de cette traduction une sorte d'appendice à son livre. Ed. Mennechet, a qui l'on doit une réimpression de l' Histoire de restat de la France sous le règne de François II, par tiegnier de la Planche , Paris, 1836, 1 vol. ou 2 vol. a aussi placé à la suite de cette histoire curieuse, mais souvent dictée par l'esprit de parti, une traduction des Commentaires de Soriano. Des autres pièces laissées par Soriano, nous ne mentionnerons particulièrement que les deux suivantes; elles nous semblent étre celles qui doivent offrir le plus d'intérêt : 1° le compte rendu de son ambassade en Espagne près Philippe 11. Il l'a accompagné d'un Sommario di nate rentraie e spese pariicolari di sua maesià catolica; 2° le morceau qui a pour titre: Relazione dello statto della cita di Roma al tempo de papa Pio L'') fa parait avoir été le dernier service rendu par lui à sa patrie. — SORIANO était, en 1535, ambassadeur de Venise près du pape Paul 111. On trouve deux pies manuscrites de ce négo- ciateur à la bibliothèque de Paris . — SORIANO Voy. I manoscrilli italiani della regia biblioleca parisina, p. 700. Pour 1es autres manuscrits de Soriano, voy. son nom à la table de ce volume et à celle du second volume ajouté par Marsand, etc. fut, en 1583, provéditeur de l'armée vénitienne. La bibliothèque conserve le rapport qu'il fit au sénat de la république touchant l'état de cette ar- mée . Ces deux person- nages étaient sans doute de la même famille que Michel
  • Michel STENO : fut élu doge de Veiiise, en nôveinbre 1i100, pour stïccéder Dans sa jeunesse Michel 5télib' avaitkalitcltla jalousie de Marinqulqiies galan- teries d'ans la maiSôn CL'vieux doge. Soli impunité avait tellediéntliidign0 qUe, pour ki-''tenger, feiriné, 1355,' Mie codipiratiori,' d'ont luimêiiie était ensuite demélUré victime. Le scandalelié d'une manière trop Matante' à rhistdire' de la ré'publique, n'etnpêcha point Steno de parvenir, dans un àge avancé, à la plus éminente des dignités Il gouverna Venise dans le temps de la guerre centre rmbiszde Carrare; et le supplice odieux de ce prince de Padoue et de ses fils fut exécuté en son nom , par ordre du 'conseil des dix. Il mourut le 26 décembre 1413. Thomas Mocenigo lui succéda
  • Michel STIFELS ou STIFEL : en latin Stifelius, profond mathématicien et algébriste, né à Essl en Saxe, fut d'abord, diton, moine augustin au couvent de cette ville; mais s'étant converti au luthéranisme, il remplit les fonctions de ministre en divers lieux de la Saxe et de la Prusse. S'étant appliqué avec ardeur à l'étude des mathématiques, dans lesquelles il se rendit fort habile, on lui doit Arithmetica iniegra, Nuremberg, 1554 ibid. , 1586 avec une préface de Phil. Mélanchthon. Le président de Thou , qui eut deux exemplaires de cet ouvrage, dit que ce livre est à bon droit en grande estime parmi les savants, et qu'il est rempli de ce qu'il y a de plus beau dans la science des nombres. Sans prendre ces derniers mots tout à fait à la lettre, on peut assurer que le traité de Stifel est un ouvrage remarquable pour l'époque où il parut. Il a beaucoup contribué à l'avancement de l'arithmétique, de l'algèbre; et l'on pense qu'il a pu mettre le célèbre .mathématicien Napier sur la voie de la découverte des logarithmes. On y trouve aussi les germes d'autres inventions et des améliorations dans la langue des calculs. Stifel empluya le premier, diton, des lettres de l'alphabet pour exprimer les quantités inconnues. II inventa les abréviations + et — , et, vers la même époque, Robert Ricord inventa le signe d'égalité =, etc. Une nouvelle édition de l'algèbre allemande de Christ. Rudolff, le plus ancien algébriste de l'Allemagne, fut publiée, en 1553, par les soins de Stifel . Il est fâcheux qu'un aussi bon calculateur que lui ait compromis sa science et sa réputation en voulant jouer le rôle de prophète. C'est pourtant ce que rapportent des historiens recommandables , tels que MarcFréd. Wendelin , Phil. Camerarius, Henri de Sponde. Ils disent que Stifel, étant ministre à Holtsdorff, près de Wittemberg, avait combiné les lettres numérales de certains passages de l'Evangile, et en avait conclu que la fin du monde arriverait l'an 1532 ou 1533 . La première année s'écoula sans que l'événement eût lieu ; alors il assura que sa prédiction s'accomplirait infailliblement l'année suivante. Quelques auteurs ajoutent que des gens idiots se laissèrent abuser et, abandonnant leurs travaux, ne songèrent plus qu'à se divertir. Cependaiù, au jour indiqué, le ministre monta en chaire pour exhorter ses auditeurs à se tenir prêts. Un orage qui éclata fut regardé un instant. comme le prélude du jugement dernier; mais C'est sans doute par une faute typographique que Teissier, traducteur de de Thou, et le Dictionnaire de Moréri , en citant H. de Sponde, mettent la date de 1653 au lieu de 1633. Cette erreur a été reproduite dans plusieurs dictionnaires historiques. bientôt le ciel devint serein, et les paysans, furieux d'avoir été trompés, s'emparèrent du faux prophète et le conduisirent à Wittemberg, où il fut mis en prison, puis relâché à la sollicitation de Luther. Quoi qu'il en soit de ces circonstances, et bien que Stifels eût été luimême témoin de la vanité de ses prédictions, il persévéra, diton, jusqu'à sa mort, qui eut lieu à Iéna en 1567, dans ses idées paradoxales, supposant toujours la fin du monde trèsprochaine. Suivant Seckendorf, il avait composé un poème en allemand sur la conformité de la doctrine de Luther avec celle de JésusChrist. Dans son dictionnaire, au mot Stifelius, Bayle lui a consacré un article assez curieux, mais un peu embrouillé
  • Michel SYMES : militaire et voyageur anglais, embrassa de bonne heure la profession des armes, servit dans l'Inde et parvint au grade de major. En 1795, sir John Shore, gouverneur général des établissements anglais dans cette contrée, jeta les yeux sur lui pour l'envoyer en ambassade à la cour du roi des Birmans, avec lesquels il s'était éle‘ i‘ des difficultés pour une violation de limites. Symes partit de Calcutta le ` 21 février ; le navire toucha aux îles Andaman 011 y passa cinq jours ; le 18 mars on était devant une des bouches de l'Iraouaddy : bientôt on remonta ce fleuve jusqu'à Rangoun. En attendant la permission de continuer son voyage à la ville principale de l'empire, Syrnes alla visiter Pegou, capil ale d'un royaume autrefois indépendant, mais depuis subjugué par les Birmans. Le 9.6 avril, il quitta cette ville et revint à Rangoun quelques jours après, il reçut l'autorisation de poursuivre sa route vers Amerapoura, résidence du mcnarque birman et située sur l'Iraouaddy. 11 s'embarqua, le 29 mai. sur ce fleuve ; le 18 juillet, il entra dans la capitale, où il fut reçu avec les plus grands égards; mitais on lui conseilla en même temps de ne pas trop s'écarter de sa demeure avant d'avoir obtenu audience du souverain. Ce prince était alors absent. Après son retour, lorsque le jour heureux eut été fixé par les astrologues de la cour, Symes et les autres Anglais furent conduits en grande pompe au palais, le 30 août. L'empereur ne se montra pas dans cette occasion. Ce ne fut qu'un mois après que, dans une seconde audience solennelle, il parut un instant au fond d'une niche magnifique, fermée par des volets qui s'ouvrirent pour le laisser voir, vêtu avec un faste éblouissant. Il ne dit pas un mot aux Anglais. Néanmoins Symes eut lieu d'être satisfait de son ambassade ; et, malgré les tracasseries que les ministres birmans lui avaient suscitées, il conclut un traité avantageux pour le commerce de ses compatriotes. Le 9.9 octobre, il quitta la capitale ; le 17 novembre, il fut de retour à Rangoun, et, le 29. décembre, à Calcutta. L'année suivante, le gouvernement du Bengale envoya vers l'empereur des Birmans une seconde ambassade, dont le capitaine Hiram Cox fut le chef. Celui ci fut moins content de la cour d'Amerapoura que Symes ne l'avait été: car les intrigues des principaux officiers de la cour, aidés de l'ascendant d'une des femmes du monarque, l'empêchèrent d'obtenir plusieurs choses qu'il sollicitait. Après qu'il fut revenu à Calcutta, en novembre 1797, le gouverneur général fit de nouveau partir Symes, qui, dans cette seconde occasion, réussit à se faire accorder ce qu'il demandait. Il vint ensuite en Europe, où il publia la relation de sa première ambassade. Il avait, en récompense de ses services, été nommé lieutenantcolonel du 76° régiment de ligne. Ayant été envoyé en Espagne, en 1808, les fatigues qu'il éprouva le forcèrent de s'embarquer à la Corogne pour retourner dans sa patrie : la mort le surprit dans la traversée, le 22 janvier 1809. Son corps fut apporté en Angleterre et enterré, le 3 février, à Rochester. On a de Symes, en anglais : Relation de l'ambassade anglaise envoyée, en 1795, dans le royaume d'Ara, Londres, 1800 ou 3 vol. avec 27 planches ; traduit en français par Castera, Paris, 1800, 3 vol. avec un atlas ; en allemand par Ilager, Hambourg, 1801 figures. L'empire des Birmans, qui comprend les anciens royaumes d'Aracan, d'Ava et de Pégou, n'était connu que par , un petit nombre de relations succinctes, telles que celles de Fitch, Methold, Percoto et autres, la plupart insérées dans des recueils de voyages. Sy ines a fort habilement rempli le vide qui existait. Son livre offre un abrégé de l'histoire du pays et du peuple; une description des mœurs, des usages des habitants, de bonnes observations sur leur langue et sur leur religion. Cet ouvrage obtint un accueil favorable et mérité. Le tableau des coutumes, de la législation, des richesses et du commerce d'une nation nombreuse, puissante et belliqueuse, et qui cependant était restée jusqu'alors presque ignorée de l'Europe, quoiqu'elle eût conquis une grande partie de la vaste pén qui sépare le golfe du Bengale de la mer de Chine, intéressa généralement et d'autant plus qu'il était fait avec talent. Symes fut aidé dans , ses travaux par Thomas Wood, ingénieur, qui s'occupa des observations astronomiques, et par le docteur Buchanan, qui fit des recherches Spéciales sur la langue et la religion des Birmans. recherches qu'il a insérées dans le 6° volume , des Asialie Researrhes. Dalrymple dressa la carte d'après les matériaux que Wood et Buchanan lui fournirent : ils en tenaient une partie des naturels du pays. Le caractère aimable et conciliant de Symes lui avait gagné la confiance des Birmans: sa pénétration . ses connaissances, son esprit judicieux l'aidèrent à faire un bon emploi des renseignements qu'il avait recueillis. La traduction française est exacte. La relation de Symes acquit, pour ainsi dire, un nouveau prix au mo- ment où les Anglais se trouvèrent en guerre avec les Birmans. Les mêmes circonstances ont motivé la traduction en français de la Relation de H. Cox, Paris, 1825, 2 vol. qui n'avait été publiée en Angleterre qu'en 1817, près de vingt ans après la mort de son auteur. Cox porte sur les Birmans tin jugement moins favorable que celui de Symes, peut-être parce que Cox échoua dans sa mission, tandis que Symes eut le bonheur d'y réussir
  • Michel TCHAMTCHIAN( 1738 - 1823) : historien arménien, naquit à Constantinople , en 1738. Destiné à la profession de joaillier, il s'adonna assez tard à la culture des lettres et il avait vingttrois ans lorsqu'il entra dans l'état ecclésiastique. Aussi ne futil admis qu'avec beaucoup de difficultés dans la congrégation arménienne des religieux mickitaristes de Venise. Il surpassa bientôt tous ses condisciples dans la connaissance de l'arménien littéral et fut chargé ensuite de l'enseigner aux jeunes élèves; mais il n'eut pas le temps d'apprendre la langue latine. C'est à Venise qu'il publia ses ouvrages. Ayant eu des démêlés avec les religieux de sa congrégation, il quitta cette ville et revint à Constantinople , où , après un séjour de vingtcinq ans, il mourut, le 30 novembre 1823, dans la 86° année de son âge. On a de lui : 1° Une Grammaire arménienne, rédigée en arménien , Venise, 1779. Cet ouvrage utile est diffus, dépourvu d'ordre et rempli de détails inutiles ; 2° Histoire d'Arménie, Venise , 1784, 1785 et 1786 , 3 vol. de plus de mille pages chacun. Cette histoire , le plus considérable et le plus important des ouvrages de Tchamtchian , est écrite en arménien littéral ; le style en est simple et correct. L'auteur fut aidé par ses disciples, qu'il avait chargés de rassembler les matériaux. Cette compilation estimable fait honneur à la littérature moderne des Arméniens ; mais, malgré les recherches de l'auteur, elle laisse beaucoup à désirer, parce qu'il n'a pas consulté un assez grand nombre d'ouvrages anciens et qu'il n'était pas suffisamment instruit des langues et de l'histoire des nations étrangères à l'Armémie. Son livre manque de critique dans plusieurs parties ; celle qui traite de l'histoire ancienne contient beaucoup d'erreurs graves. Ce qui concerne la dynastie des Roupéniens a été publié en italien par l'abbé Sestini, dans le deuxième cahier de ses Lettere Numismatiche, imprimé en 1790; 3° Commentaire sur les psaumes, en 10 volumes et un grand nombre d'autres livres et opuscules sur la théologie ou sur des matières ascétiques. On trouve dans le Journal asiatique, quatrième année, sur le P. Tchamtchian ou Cianician, suivant l'orthographe des Italiens, une notice d'après laquelle nous avons donné celleci. L'histoire de Tchamtchian a été abrégée par Mékhithar Dzaghigean, en arménien. Venise, 1811, 1 vol
  • Michel TENORE( 1781) : botaniste italien, naquit à Naples en 1781. Son père était médecin dist , et le jeune Michel fut destiné à cette pro- fession ; mais un penchant irrésistible le portait. vers les sciences naturelles. Il s'occupait surtout de botanique, et il fut le premier qui , s'écartant des méthodes routinières dominant alors sans contrôle dans le midi de l'Italie, fit connaître à Naples les éléments de la physiologie végétale. Il se livrait en mème temps à l'étude de l'ento- • mologie et à celle de la minéralogie. La chimie ne lui était point étrangère; il le démontra par I ses analyses de diverses eaux minérales du royaume. En 1805, le prince de Bisignano, ayant voulu mettre en ordre un jardin botanique à sa terre de la Bursa, confia ce soin à Tenore, et celuici rédigea un catalogue raisonné des plantes de cet hortus; on n'avait encore vu à Naples aucun livre de ce genre. Lorsque des princes français furent montés sur le trône, ils voulurent fonder un jardin des plantes, et ils s'adressèrent, circonstance assez rare, à l'homme le plus capable. Tenore fut chargé de cette création, et quoiqu'il n'eût à sa disposition que de faibles ressources, il parvint, à force de zèle, de démarches, de sacrifices personnels, de travaux incessants, à établir un jardin botanique, qui, étendu et perfectionné depuis, est un des plus beaux de l'Europe. La guerre avec l'Angleterre interrompait alors toutes les communications avec les pays d'outremer; les produits végétaux exotiques étaient excessivement rares et coûtaient un prix énorme. Le gouvernement voulut savoir s'il n'y aurait pas moyen de les remplacer par des plantes indigènes Tenore se livra avec ardeur à ce genre de recherches ; il écrivit un ouvrage que l'administration encouragea ; mais de toutes ces substitutions il n'en est qu'une seule , celle du sucre de betterave au sucre de canne qui ait conservé une véritable importance. Le savant botaniste obtint d'ailleurs des récompenses analogues à ses goûts il fut, en 1812, nommé professeur de botanique à l'université de Naples et membre de l'académie des sciences. Il a donné, dans les Actes de cette compagnie, un grand nombre de mémoires , et pendant quinze ans, il fut à la tète du Journal encyclopédique, qui contribua fort à répandre l'instruction dans un pays jusqu'alors bien peu éclairé. Il avait, gràce à ses recherches persévérantes pendant de longues années, réuni un herbier des plus considérables; il voulut en faire connaître les richesses, et il entreprit la publication de la Flora neapolitan a. L'impression, commencée en 1811, ne fut achevée qu'en 1838; l'ouvrage, partagé en cinquante livraisons, forme cinq volumes grand comprenant deux cent cinquante planches, accom- pagnées d'un texte en italien. C'est incontestablement un des plus beaux et des meilleurs livres de ce genre. On doit y joindre le Sylloye planta- rum vascularium Florce neapolitance hucusque detec- tarum, 8l3 volume qu'accompagnent plusieurs suppléments. Parmi les autres ouvrages de Tenore , on peut citer le Traité de phytog nosie , offrant des idées neuves et justes sur la statistique végétale , sur la géographie des plantes, sur leur classification ; — les Propriétés médicales des végétaux du royaume de Naples, 1800, et 2° édition augmentée, 18'20 ; — la Flore médicale universelle, 1818 ; le Cours de botanique, 1816-1823, 4 vol. En 18'24, Tenore voulut visiter les principales cités de l'Europe , afin de voir les jardins et les collections botaniques ; il parcourut l'Italie, la Suisse, une partie de l'Allemagne, de la France et de la Belgique; il trouva partout de la part des savants l'accueil dû à sa grande réputation, et il publia, en 1830, le récit de cette excursion scientifique. Il avait déjà accompli dans les pro- vinces napolitaines des excursions dont il avait rendu compte séparément : Recueil de voyages physico - botaniques efectués dans le royaume de Naples par les collaborateurs de la Flore napoli- taine, 1811 ; — Voyage dans la Basilicate et dans la Calabre, 1827 ; — Voyage dans l'Abruzze cité- rieure, 1832. Tenore est mort en 1861
  • Michel TURRETTINI( 1646 - 1721) : de la même famille que les précédents, né en 1646, mort en 1721 , fut pasteur et professeur des langues orientales à Genève. Il s'était occupé d'une nouvelle version de la Bible ; mais il n'a laissé qu'un Catéchisme familier pour les commençants et quelques sermons. — TURRETTINI , son fils, né en 1688, remplaça son père dans la chaire des langues orientales, en 1718, et l'année suivante, fut nommé professeur de théologie. Il mourut en 1727, après avoir publié des thèses, De us qui ultintis seculis divinas revelationes jactarunt, 1722 traduit en français par Jacq.Théod. Leclerc , depuis professeur à Genève , et publié avec un supplément par l'auteur, sous ce titre Préservatif contre le fanatisme, ou Befutation des prétendus inspirés des derniers siècles , Genève 1723
  • Michel VAN MUSSCHER( 1645 - 1705) : peintre, né à Rotterdam en 1645, fut successivement élève de Martin Zuagmoolen . d'Abraham Van Tempe), de Gabriel Metzu et d'Adrien Van Ostade. S'il n'adopta exclusivement la manière d'aucun de ces habiles maîtres , il prit de chacun d'eux quelquesunes de leurs qualités éminentes, et produisit des ouvrages remarquables par l'excellence de la couleur, la délicatesse du pinceau , le fini et le précieux de l'exécution. Avant de se consacrer exclusivement à ce genre, il cultiva d'abord le portrait et y excella par la vérité de la ressemblance, qu'il savait concilier avec un peu de flatterie, et par la beauté, la force et l'éclat du coloris. La nature était sans cesse le modèle qu'il étudiait avec le plus d'assiduité. On cite comme son chefd'œuvre le tableau de famille où il s'est peint , lui , sa femme et ses enfants. Ce n'est pas par l'ordonnance que brille cet ouvrage ; le dessin même manque de correction ; mais il est d'une vérité frappante et le coloris en est d'une grande fraîcheur. A peine pouvaitil suffire à tous les travaux qui lui étaient demandés et qu'on lui payait fort cher. La fortune qu'il amassa par ses ouvrages lui servit à donner à ses enfants une excellente éducation et à leur procurer une existence indépendante après sa mort, qui arriva à Amsterdam le 10 juin 1705
  • Michel VENEGAS : jésuite espagnol du dernier siècle, fut missionnaire au Mexique et en Californie ; il rendit de longs services à son ordre dans l'administration de cette dernière contrée, et ne cessa de recueillir d'utiles documents sur la géographie du pays et sur l'histoire des missionnaires européens qui parvinrent à le soumettre au milieu de dangers et de souffrances continuelles. Après sa mort, un religieux de sa société, le P. AndréMarc Burriel , recueillit ses manuscrits, mit en ordre et publia, sans se ommer luimême, l'histoire du P. Venegas, sous :-.ce titre : Noticia de la California y de su con- quista, etc., Madrid, 1757, 3 vol. Cet ouvrage ne tarda pas à être traduit en anglais, et c'est sur cette traduction que fut publiée en fran-çais l'Histoire naturelle et civile de la Californie, traduite par E. , Paris, 1767, 3 vol. On trouve dans ce livre des détails peu connus sur les travaux de la mission et sur les moeurs des habitants de la Californie. Il est suivi d'un supplément donné par l'éditeur espagnol, et contenant des extraits relatifs aux mêmes pays, empruntés aux histoires et voyages de Gomara, Viscaino, Jean de Torquemada, Woode Rogers et Anson
  • Michel VIALE-PRELÀ( 1798) : diplomate et cardinal italien, né en 1798 à Bastia d'une des plus honorables familles, fit, dans sa ville natale, sous la direction d'un frère ainé, sa première éducation, qu'il continua à Rome avec distinction au séminaire romain. 11 s'adonna surtout à l'étude des langues vivantes, et acquit des connaissances particulières sur les beauxarts. Promu à la prêtrise en 1823, il fut, en 1828, nommé auditeur du nonce en Strisse, et débuta par ces fonctions dans la diplomatie. Son passage en Suisse, où il ne séjourna pas moins de neuf années, fut utile au catholicisme et au gouvernement pontifical. Il se lia particulièrement avec Frédéric Hurter, l'auteur impartial de la Vie d'Innocent III, et contribua à lui faire abjurer le protestantisme. Rappelé à Rome en 1836, VialePrelà fut attaché à la secrétairerie d'Etat, et peu après il fut chargé d'un long travail sur la question des mariages mixtes, qui à cette époque agitait les esprits dans le royaume de Prusse. Il fut ensuite promu à la prélature, puis sacré à Rome archevêque in partibus de Carthage. 11 remplit les:fonctions d'internonce, puis de nonce en Bavière, de 1838 à 1845, époque à laquelle il fut nommé en la même qualité à Vienne. Mélé à toutes les affaires ecclésiastiques majeures qui survinrent à cette époque dans l'empire autrichien, VialePrelà joua un rôle important, et qui lui permit de déployer ses éminentes aptitudes dans la solution de graves difficultés. Il fit preuve surtout d'un grand tact en 1846 et 18'17, à l'époque des troubles de l'Italie. Malgré la divergence des deux politiques qui dirigeaient alors les cabinets de Rome et de Vienne, l'honorable prélat sut se concilier l'estime et le respect des opinions les plus opposées, et, par son attitude énergique et digne, il se maintint à son poste, et rendit de réels services à la religion et à l'Etat pontifical. En 1848, après les troubles do Vienne, il accompagna l'empereur d'Autriche à hisprück. En 1852, il fut élevé à la dignité de cardinal. Son oeuvre capitale fut de conclure avec l'empereur d'Autriche un concordat que les parties contractantes ratifièrent à Vienne le 18 août 185$. Ce traité donna lieu à de laborieuses et longues négociations que VialePrelà dirigea avec une rare prudence et une science profonde des droits et ,1 canons de l'Eglise. Il présida ensuite et dirigea les conférences qui eurent lieu pour la- mise à exécution du concordat. Il parcourut en outre à différentes reprises la Hongrie, la Bohême, la Servie, visita Belgrade, le Banat, la Transylvanie, et fut acCueilli avec un grand respect dans toutes Ices provinces. Le pape Pie IX le nomma arche-'lue de Bologne le 9.8 septembre 1855, niais l'éminent prélat ne prit possession de ce nouveau poste que l'année suivante, et après avoir fait à Borne un séjour de plusieurs mois. Le cardinal VialePrelà déploya un zèle infatigable et une activité sans bornes à Bologne, et il est mort dans cette ville le 15 mai 1860
  • Michel VILLERMAULES( 1667) : connu aussi sous le nom de Fillers, né, vers 1667 , au village de Chamcey, , en Suisse, étudia chez les jésuites de Fribourg et vint au séminaire de StSulpice pour y suivre Je cours de théologie. Il s'attacha mème à la congrégation de StSulpice, et fut envoyé comme directeur au séminaire de StCharles d'Avignon. Quelques démêlés qu'il eut avec les jésuites furent peut-être la cause pour laquelle on le rappela à Paris ; il souhaita passer au Canada pour y travailler à la conversion des Indiens, et ses supérieurs l'envoyèrent à Montréal, où la congrégation a un établissement. Villermaules passa dixhuit ans dans ce pays; on assure même qu'il fut nommé grand vicaire par l'évêque de Québec, et qu'en cette qualité il était membre du conseil de la colonie. On prétend encore qu'il rendit des services aux Canadiens en établissant des manufactures et en substituant des maisons de pierres aux maisons de bois, trop sujettes aux incendies. Mais ces services sont plus que douteux, puisqu'il n'y avait point de manufactures dans le Canada et que les maisons en pierres y étaient fort rares. Quoi qu'il en soit, Villermaules, ayant été rappelé en Europe, passa trois ans à Rome avec l'abbé de Montigny, procureur général des missions. C'est là qu'il conçut le projet de ses Anecdotes, et qu'il en recueillit les matériaux dans les archives de la Propagande. L'exécution de ce dessein fut retardée par le choix que ses supérieurs firent de lui pour gouverner le séminaire d'Avignon. Ses amis racontent qu'il se mit alors à étudier l'Augustinus, dans l'intention de combattre les jansénistes; tuais que la lecture de ce livre le détourna des idées qu'il s'é- tait faites; on a lieu de croire que le changement de Villermaules vint plutôt de quelques liaisons qu'il forma, ou peut-être du ressentiment des procédés dont il accusait les jésuites à son égard. En tout état de cause, sa nouvelle manière de voir ne pouvait se concilier avec l'esprit de la congrégation; il fut prié de se retirer, et il revint à Paris, où l'on obtint pour lui de la cour une pension de douze cents livres. Il profita de son loisir pour publier ses Anecdotes sur l'état de la religion dans la Chine, 7 vol. 19, dont le premier parut en 1733 et les autres successivement. Le projet de l'auteur était d'en donner un plus grand nombre ; mais quand on vit dans quel esprit était conçu l'ouvrage, on lui refusa les matériaux dont il avait besoin. Le premier volume contient une préface historique, la relation de la mission du cardinal de Tournon en Chine et un abrégé des principaux événements de cette mission. Le second volume est relatif à la même affaire, et en général tout le recueil est dirigé contre les jésuites, sur lesquels l'auteur adopte les imputations les plus flétrissantes. Dans le dernier volume, il y a une longue réponse de Villermaules aux jésuites. La gazette que nous allons citer rapporte que Villermaules écrivit, en 1748, à M. Boccard, évêque de Lausanne, en faveur de l'abbé Favre , auteur des Lettres sur la Coch chine, et que ce prélat lui en témoigna son chagrin , en le priant de ne pas revenir dans son diocèse. Villermaules vivait alors retiré à Paris, entièrement livré aux appelants; il avait changé de nom, suivant l'usage d'un assez grand nombre d'entre eux, et ne se faisait appeler que Villers. Il mourut sur la paroisse StEtienne du Mont, le t 7 mars 1757. Voyez sur lui les Nouvelles ecclésiastiques du 17 juillet 1759, et le Nécrologe des difenseurs de la vérité, t. 3. Il sera facile de reconnaître quelque exagération dans les éloges (m'on lui donne. L'abbé de la Tour, dans ses Mémoires sur la rie de Laval, évéque de Québec, signale Villermaules comme un homme de parti, qui chercha à introduire en Canada des disputes qu'heureusement on n'y connaissait pas. PcT,
  • Michel WIGGLESWORTH : poète américain, fit ses études au collège de Harward et s'appliqua en même temps à la poésie, à la médecine et à la théologie. Il devint ministre de Maldon, en Massachussets, et mourut dans cet emploi en 1705, à l'âge de 74 ans. Le poème qu'il publia SOUS ce titre le Jour redoutable, ou Tableau poétique du jugement dernier, eut beaucoup de succès, et il en fut imprimé rapidement cinq éditions. La cinquième est de 1702. On a encore de lui : Jhditations sur lainécessité , la fin et l'utilité des afflictions pour les enfant. de Dieu. — WIGGLESWORTH , professeur de théologie au collège de Harward , a publié 1. les Remarques sérieuses, 1724 2. De la durée des peines futures des méchants , 1729; 3,7 Recherches sur la vérité du péché d'Adam retombant sur sa postérité, 1738 et quelques cernions
  • Michel VORŒSMARTY( 1800 - 1856) : littérateur hongrois distingué, naquit à Nyer en 1800. R perdit de bonne heure son père, qui était intendant d'un noble. A l'âge de dixsept ans, il se rendit à Pesth, pour étudier la jurisprudence, et il fut reçu avocat, mais ce fut à la littérature qu'il consacra ses efforts. En 1821 il fit paraître son premier ouvrage : le Roi Salomon, drame dont le sujet était emprunté à l'histoire d'un ancien roi de Hongrie ; en 1822 , il mit au jour un poème : le Triomphe de la fidélité, et eu 1826, il donna un nouveau drame : le Roi Sigismond. La même année, il acheva un poème épique : Fuite de Zalan , et en 1827, il livra au public la Vallée enchantée ; ces deux épopées sont regardées comme tenant le premier rang parmi les productions de la poésie hongroise. Pendant quelques années, Voroesmarty fut à la tète d'un journal mensuel, le Dépôt de la science , publication périodique qui dura un quart de siècle , qui réunit les travaux des Hongrois les plus distingués et qui contribua beaucoup à répandre dans le pays l'instruction et le goût des lettres. De concert arec deux autres écrivains de mérite, Schedel et l3ajza, il prit une part active à la rédaction de l'Athencrum, autre journal littéraire qui obtint un succès véritable et qui en était digne. En 1830, l'académie hongroise fut établie à Pesth; Vorcesmarty en fut un des premiers membres ; il en devint ensuite le secrétaire ; il continua de travailler avec zèle, écrivant des poèmes et des tragédies, fournissant des mor- ceaux remarquables à divers écrits périodiques, entre autres à l'Aurore. Il ne jouissait cependant de la réputation qu'il méritait que dans la société élevée ; son talent était trop pur, trop classique pour avoir fait impression sur les masses, mais, en 180, cédant aux inspirations qui commen-çaient à se répandre, et patriote fervent, il écrivit une cantate : l'Appel , véritable cri d'indépendance jeté par la Hongrie. Le poète rappelle l'ancienne gloire de son pays réclame pour lui la liberté ; ce chant fut bientôt dans toutes les bouches ; il enflamma les esprits, et on l'a comparé à la Marseillaise. L'académie hongroise témoigna ses sympathies en faisant compter au poète un ducat pour chaque vers de l'Appel. Les agitations de 1848 survinrent, et Vorcesmarty avait sa place toute marquée parmi les défenseurs de l'indépendance. Envoyé à la diète, il ne répondit cependant pas à l'attente du parti exalté; il se rangea parmi la portion modérée de l'assemblée, et un autre poète, le fougueux Petcefy, fut tellement indigné de ce qu'il regardait comme une conduite beaucoup trop tiède de la part de Vorcesmarty qu'il lui lança une pièce de vers annonçant une rupture complète. Malgré sa modération, lorsque le triomphe des Autrichiens eut été complet, grâce au secours de la Russie, Vorcesmarty fut arrèté, jugé comme ayant fait partie de divers comités révolutionnaires et condamné à la détention , mais peu de temps après la liberté lui fut rendue. Désespéré à l'aspect des malheurs qui frappaient sa patrie, il se confina dans une retraite absolue, et resta deux ou trois ans sans écrire. Ce ne fut qu'en 1854 que, cédant aux instances de ses amis , il reprit le cours de ses travaux. Il entreprit une traduction complète de Shakspeare, qui l'avait déjà préoccupé dans des jours plus heureux ; cette oeuvre était loin d'être achevée, lorsque Vorcesmarty mourut à Pesth le 19 novembre 1856. Une édition de ses oeuvres en vers et en prose avait déjà paru en 1847 dans la Bibliothèque nationale . recueil des meilleures productions de la littérature hongroise. Elle forme un gros volume compacte à deux colonnes qui fournit la matière de huit ou dix volumes ; on avait déjà imprimé ses OEurres mèlées et ses OEurres nouvelles . Comme poète , Voroesmartv se recommande par la cor- rection et par le goût plutôt que par l'originalité de l'invention et la vigueur des idées. La pureté de son style a reçu de grands éloges de la part de ses compatriotes, mais une traduction ne saurait donner une idée de son mérite
  • Michel WALTHER( 1593) : théologien protestant, naquit en 1593, à Nuremberg, où sou père, l'un des premiers négociants de cette ville, avait exercé diverses charges municipales avec beaucoup de zèle et de capacité. Il fut envoyé, dès l'âge de dix ans, en Bohème, chez un des correspondants de sa famille, pour s'y former à la pratique du commerce; ruais un de ses proches parents, ayant été conduit par ses affaires en Bohème, alla le voir dans son magasin et fut tellement frappé de ses dispositions pour les sciences qu'il n'hésita pas à le ramener et à le placer dans une école de l'Allemagne. Ses progrès dans les langues anciennes justifièrent complétement les prévisions de ce bon parent. En 1610 , il commença à étudier la médecine ; mais à la sollicitation de sa mère, il abandonna cette carrière pour s'appliquer à la théologie, et après avoir fréquenté les cours des académies de Giessen et d'Altorf, il vint prendre ses grades à Iéna et fut admis au saint ministère. Son talent pour la chaire l'ayant bientôt fait connaître, la duchesse douairière de BrunswickLunebourg le nomma sen chapelain en 1618, et peu de temps. après, il devint professeur de théologie à l'académie d'Ilelmstœrlt. En 1626, le comte d'Ernbden le revêtit de la dignité de son premier prédicateur et l'établit surintendant des églises de l'OostFrise. Il obtint, en 1612, le même emploi dans le duché de Lunebourg, où il termina sa carrière le 9 février 1662. On a de Walther un grand nombre d'ouvrages relatifs à l'Ecriture sainte, et dans lesquels il se propose d'en faciliter la lecture ou d'en éclaircir le texte; mais on lui reproche d'y avoir prodigué l'érudition sans goût et sans mesure. Les principaux sont : 1° Ofcina biblica, Nuremberg, 1636 ; ibid., 1663 Il a rassemblé sous ce litre une foule de documents sur la Bible en général et sur chacun des livres dont elle se compose. 2° Ilarmonia biblica sire brevis et plana coneiliatio locorum l'eteris et Novi Testamenti apparenter Bibi contradirentium, ibid., 1637, 1n-4°. L'édition de 1654 est la septième. 3° Exereitationes biblicoe; ibid.. 1638 Ceniuria miscellanearum iheologicarum, seu liber singularis de qucesitis et responsis per epistolas, Ulm, 1616 5° beaucoup de sermons, parmi lesquels cent trentedeux sur le prophète Daniel ; 6° une Grammaire hébraïque. — WALTHER , fils du précédent, était né le 3 mars 1638, à Embden. Il acheva ses cours à l'académie de Wittemberg, où il fut reçu docteur de la double faculté de théologie et des sciences. D'abord adjoint de la faculté de philosophie, il fut ensuite pourvu de la chaire de mathématiques, qu'il quitta en 1687 pour celle d'Écriture sainte, et mourut en 1692. On ne connaît de lui que des dissertations : 1° Par dissertationum theologicaruna de inamortalitate animer rationalis; et de prertensa ethnicorum sainte quoad infantes et adultos; uti et iriez orationum de admiranda sacrarunt litterarum eloquentia, de fato , et de arte scriptoria, Wittemberg, 1657.- 2° Disquisitin nzathematica de mutuis siderum radiationibus quas vulgo aspectus vocant, ibid. , 1660 3° Dissertatio astronomica , sous le titre de Threnologia de rites et obilu D. Glassii. W-- s.
  • Michel WEBER( 1754 - 1833) : théologien protestant, naquit le 6 décembre i75&, à Groeben , en Saxe, et, après avoir commencé ses études à l'école de Zeitz, il entra à l'université de Leipsick, où il fut nommé, en 1782, professeur extraordinaire. En 1784, il passa à Vittemberg comme professeur ordinaire de théologie, et il remplit les fonctions de ministre à l'église du chàteau. En 1815, cette université ayant éte dissoute et réunie à celle de Halle, Weber passa dans cette dernière ville, et fut choisi pour l'un des directeurs du séminaire théologique; il montrq une rare activité, et il mourut, le ler août 1833, doyen de la faculté de théologie. Il s'occupa avec zèle de la critique et de l'explication du Nouveau Testament. et ses Eclogoe exeyetico- criticoe in nonnullos Novi Testament: locos, 1817 attestent l'étendue de ses connaissances à cet égard. Ses Opuscule acadernica, recueillis par luimême, se rapportent plus spécialement à la dogmatique. Il avait entrepris un travail considérable dont il ne publia que le pre- mier volume : Libri symbolici Ecclesiœ evanyelico- lutheranoe animadrersionibus ac disputationibus illustrati. Weber ne se borna pas à s'occuper des Tciences théologiques, il consacra aussi à la mmaire une attention sérieuse, ainsi que le litn outre le livre qu'il publia sous le titre de Symboli ad grantmaticam latinam et criticant, Leipsick , 1828
  • Michel WOHLGEMUTH( 1434 - 1519) : peintre et graveur allemand , né à Nuremberg en i3!, s'est fait connaître par le mérite et par le nombre de ses travaux , ainsi que par la circonstance d'avoir été le maître d'Albert Durer. Ses gravures sur bois sont les premières qui aient paru en Aile- magne auxquelles on puisse donner une attribu- tion certaine. jouissait parmi ses contempo- rains d'une grande réputation ; un de ses ouvrages exécutés pour l'église de Schwabach lui fut payé six cents florins , somme très-élevée pour cette Ego ilaque adillorutn eremplum, quorum utramque arien, non modo in graphicis tabulis, sed etiain in omni opera , ut Tubai ille Hebrœus , tri et ferri argerati et auri siudiose sum conatu. s Buber, Joubert, etc., disent que ce portrait est en bois, mais un examen plus attentif fait présumer qu'il est en cuivre. C'eSt l'opinion de plusieurs connaisseurs dont le nom paraitrait une autorité décisive , s'ils nous avaient permis de le révéler. époque. Ses tableaux se distinguent par un coloris vigoureux et transparent ; il est d'ailleurs fort inégal. On s'adressait à lui de tous côtés pour exécuter de grands retables qu'il abandonnait en trèsgrande partie à des élèves; de vieilles églises allemandes possèdent de ses productions. On voit à SteCroix de Nuremberg des Scènes de la Passion et de la vie de la Vierge , où les connaisseurs reconnaissent de la vigueur dans le coloris, de la vérité dans l'expression. Le musée de Munich possède quatre Scènes de la Passion provenant de l'église de Hof ; il y a de la transparence dans le coloris, du sentiment dans quelques tètes. A Heilbronn , divers tableaux representant des Scènes de la rie de Jésus , la Messe du pape Grégoire , le Margrave Frédéric de Hohenzol- lern et sa famille , donnent une haute idée du talent de Wohlgernuth. L'itistitutiOn royale à Liverpool possède cinq tableaux attribués à ce maitre, et on lui doit les gravures qui décorent la Chronique publiée à Nuremberg en 1493 par Jean Schedel, trèsgros volume, illustré à chaque page d'images taillées avec énergie ce sont pour la plupart des vues de villes et des portraits ; l'artiste n'a d'ailleurs consulté que son imagination ; il représentait Jérusalem ou Athènes sous l'aspect d'une ville de la Franconie au 15e siècle, et il donnait sans la moiedre hésitation aux personnages de la Bible, aux Grecs et aux Romains, le costume de son époque. Il mourut en 1519, dans un àge avancé. Son portrait peint par Albert Durer en 1506 le représente dans sa quatrevingtdeuxième année ; il se conserve au musée de Munich. On peut consulter pour bien des détails qui ne sauraient trouver place ici les Souvenirs d'A. Durer et de son maitre Wohlgemuth
  • Michel WORONZOW( 1782) : général russe, fils du précédent, né en 1782 à Moscou , fut élevé en Angleterre ; destiné dès son enfance à la carrière des armes , il entra au service à l'âge de dixsept ans, et il vit le feu pour la première fois dans l'armée du Caucase ; il passa ensuite sous les ordres de Kutuzow qui opérait contre les Turcs, et il prit part aux sanglantes campagnes de 1812, de 1813 et de 1814. Il se montra toujours avec distinction et il s'éleva au grade de général. Après les événements de 1815, il fut placé jusqu'en 1818 à la tète du contingent russe dans le corps d'occupation qui séjourna sur divers points du territoire français ; il se rendit ensuite auprès de l'empereur Alexandre qui s'était rendu à AixlaChapelle où un congrès était réuni. Nommé gouverneur général de la NouvelleRussie et de la Bessarabie, il travailla avec zèle à développer la civilisation dans ces contrées jusqu'alors à peu près étrangères aux habitudes de l'Europe. L'empereur Nicolas lui accorda sa confiance et l'employa dans des occasions importantes. Tour à tour diplomate et militaire , il prit part en 1826 aux négociations qui aboutirent au traité d'Akjermann conclu avec la Porte, et lorsque la guerre eut éclaté , il eut sous ses ordres, après le passage du Danube, l'armée qui fit le siège de Varna. La réputation d'habileté que Woronzow s'était justement acquise et le succès qui avait habituellement accompagné ses opérations déterminèrent l'empereur à l'envoyer à la fin de 1844 dans les provinces du Caucase comme gouverneur général. La Russie soutenait dans ces pays lointains contre des montagnards animés du désir le plus vif de conserver leur indépendance une lutte qui n'avait pas toujours été heureuse pour les armes moscovites. Woronzow donna aux opérations une impulsion énergique ; quoiqu'il sentit déjà le fardeau de l'âge, il marcha à la tète de ses soldats, et le 18 juillet 1845, il enleva d'assaut la petite ville de Dargo, le plus important des points retranchés que défendait Schamil. Ce succès lui valut d'être élevé au rang de prince. En 1847 , il se rendit maître de Sulti en 1848 , de Gorgebil , et en même temps it travaillait, grâce à une politique sage et à des mesures conciliatrices, à diminuer la haine avec laquelle les montagnards du Caucase envisageaient la Russie. Toutefois , Woronzow ne parvint point à se rendre possesseur de tout le pays, à triompher des résistances, et lorsqu'en 1853 la guerre survint avec la Turquie sa situation devint difficile. Il dut évacuer une portion du pays conquis sur les montagnards et se porter dans la Géorgie ; retenu à Tiflis par une maladie grave, il parvint cependant, grâce aux dispositions habiles qu'il prescrivit à ses lieutenants, à infliger aux Turcs des revers sérieux ; ils furent repoussés loin d'Achultsikh et battus à Basch- KadvKhor. Au mois de mars 1854, il fut obligé de demander un congé de six mois ; il alla le passer aux eaux de Karlsbad, et il revint ensuite 'à son poste, mais sa santé ne s'était pas raffermie ; il n'avait pas impunément atteint sa soixante - douzième année , et le 31 octobre 1854, l'empereur, cédant à ses instances, le déchargea des fonctions de gouverneur général de la NouvelleRussie et du Caucase. Il est mort à Odessa le 18 novembre 1856. — 11 n'eut de son mariage avec la comtesse Brunicka qu'un fils unique qui, après avoir été page à la cour impériale, entra dans l'armée comme capitaine d'étatmajor dans la garde, servit avec distinction dans la guerre du Caucase, et fut nommé en 1849 colonel du régiment de chasseurs qui portait le nom de son père. En 1852, il fut élevé au grade de général. En 1853 , il fut envoyé en Angleterre , où des négociations diplomatiques d'une haute importance lui étaient confiées ; et en 1854, il fut mis à la tète d'une brigade de réserve de la garde. — Un autre membre de cette famille, le comte Ivan WoronzowDaschkoff, né en 1793 , entra dans la diplomatie ; de 1826 à 1828 , il fut ministre de la Russie à Munich ; il passa ensuite à Turin, où il séjourna jusqu'en 1832. De retour à StPétesbourg, il fut nommé membre du conseil de l'empire et grand maître des cérémonies de la cour. Il fut à diverses reprises chargé, pendant des absences du comte Nesselrode, du portefeuille des affaires étrangères. Aussi libéral qu'on pouvait l'être alors à la cour de StPétersbourg, doué d'une grande ami fervent des beauxarts, le comte Woronzow jouissait de l'estime générale. 11 succomba le 9 juillet 1854 à une attaque de choléra
  • Michel ZANARDI( 1570 - 1641) : dominicain, naquit en 1570. à Orgnano, sur le territoire de Bergame, d'une famille distinguée. Paul Zanchi, son aïeul maternel, savant jurisconsulte et procurateur de Bergame, prit soin de son enfance et lui inspira le goût de l'étude. Ayant embrassé la règle de StDominique, à Milan, il fut envoyé, sur la demande du cardinal Albano , à l'école que l'ordre possédait à Bologne, et pendant dix ans, il y fréquenta les cours de philosophie et de théo - logie. En terminant ses études , il fut retenu professeur à cette école célèbre, et après avoir rempli d'une manière brillante les premières chaires de théologie à Milan, Vérone, Crémone, Venise, Faenza, il fut décoré de tous les emplois qui s'accordaient avec ses goûts studieux, ayant refusé constamment tous les autres. 11 mourut à Milan, en 1611 . Outre quelques opuscules ascétiques en italien, on a du P. Zanardi : 10 Di- rectorium confessorum et theologorum, Crémone et Venise, 1612-1611, 3 vol. C'est un recueil de cas de conscience avec leurs décisions. 2° Des commentaires sur la Logique, la Méta- physique et la Physique d'Aristote, Venise, 1615- 1617, 3 vol. 30 des commentaires sur la première partie de la Somme de StThomas, ibid., . Ce dernier a laissé beaucoup d'ouvrages manuscrits, parmi lesquels on remarque un traité De potcstate papi in principes, leges et supra con- cilium. On en trouve la liste dans Ghilini, Teatro d'uomin. letterat. , t. p. 198, et plus exacte dans les Scriptores ordin. prœdicator. , t
  • Michel ALBORETO : pilote de formule 1
  • Michel AUCLAIR( 1922) : acteur français
  • Michel AUDIARD : écrivain et dialoguiste
  • Michel AUMONT : acteur, a notamment joué dans "Monsieur Klein"
  • Michel AURILLAC : politicien
  • Michel BARNIER : politicien
  • Michel BAROUIN : patron français
  • Michel BERGER( 1947) : chanteur Compositeur "La groupie du pianiste"
  • Michel BERNARD : athlète
  • Michel BESSAGUET : journaliste
  • Michel BLANC( 1952) : acteur
  • Michel BOISROND : réalisateur "La leçon particulière"
  • Michel BOUJENAH( 1952) : acteur
  • Michel BOUQUET( 1925) : acteur, a notamment joué dans "La Sirène du Mississippi"
  • Michel BOYON : animateur
  • Michel BUTOR : écrivain : "Boomerang"
  • Michel CATTY (dite MICHOU) : Cabaret
  • Michel CHARASSE : politicien
  • Michel Christodule Mouskos : alias Makarios III, archevêque et président de la République chypriote deux empereurs romains
  • Michel COLUCHE : Humoriste, acteur : "Tchao Pantin"
  • Michel CONSTANTIN( 1924) : acteur
  • Michel Corrette : compositeur français
  • Michel COURTEMANCHE : Humoriste canadien
  • Michel CREPEAU : politicien
  • Michel CRETON : acteur
  • Michel de l'Hospital : homme politique français
  • Michel de Montaigne : écrivain français
  • Michel DE NOSTRADAMUS : Voyant
  • Michel DEBRE : politicien
  • Michel DELEBARRE : politicien
  • Michel DELPECH( 1946) : chanteur
  • Michel DENISOT : journaliste
  • Michel DEON : écrivain
  • Michel DERNIES : cycliste
  • Michel DEVILLE : cinéaste
  • Michel DRACH : réalisateur "Elise ou la vraie vie"
  • Michel DROIT : journaliste
  • Michel DRUCKER( 1942) : animateur TV
  • Michel DUCHAUSSOY( 1938) : acteur français, a notamment joué dans "Que la bête meure"
  • Michel DURAFOUR : politicien
  • Michel ETCHEVERRY : acteur, a notamment joué dans "I comme Icare"
  • Michel FUGAIN( 1942) : chanteur et compositeur français
  • Michel GALABRU : acteur
  • Michel GARETTA : Médecin
  • Michel GILIBERT : politicien
  • Michel GIRAUD : politicien
  • Michel HIDALGO( 1933) : footballeur
  • Michel JAZY( 1936) : athlète
  • Michel JOBERT : politicien
  • Michel JONASZ( 1947) : auteur
  • Michel LANCELOT : animateur
  • Michel LANG( 1939) : cinéaste
  • Michel LAURENT : cycliste
  • Michel LEEB( 1947) : Humoriste
  • Michel LEGRAND( 1932) : Compositeur
  • Michel LEROYER : acteur
  • Michel MONTAIGNE : écrivain
  • Michel Ney : maréchal de France
  • Michel NOIR : politicien
  • Michel NOSTRADAMUS : astrologue
  • Michel OLIVER : Cuisinier
  • Michel PERICARD : journaliste et politicien
  • Michel PETRUCCIANI : Pianiste de jazz
  • Michel PEYRELON : acteur
  • Michel PEZET : politicien
  • Michel PICCOLI( 1925) : acteur
  • Michel PLATINI( 1955) : footballeur
  • Michel POLAK : journaliste
  • Michel POLNAREFF( 1944) : auteur, chanteur et compositeur français
  • Michel PONIATOWSKI : politicien
  • Michel ROBERT : Cavalier
  • Michel ROBIN : acteur français, a notamment joué dans "L'invitation"
  • Michel ROCARD( 1930) : politicien
  • Michel ROUSSEAU : Nageur
  • Michel ROUSSEAU : cycliste
  • Michel ROUX( 1929) : Comédien
  • Michel SARDOU( 1947) : chanteur
  • Michel SERRAULT( 1928) : Comédien
  • Michel SIMON( 1895) : Comédien
  • Michel TARDIEU : journaliste
  • Michel TOURET : animateur
  • Michel Tournier : écrivain français
  • Michel TROISGROS : Cuisinier
  • Michel VAUZELLE : politicien
  • Michel VITOLD : acteur, a notamment joué dans "L'aveu"
  • Michel Wisniowiecki : roi de Pologne
  • Michel III : tsar de Russie

Michel année par année

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