Le prénom Matthieu Masculin

Origine :

Fête :

21 Septembre

Signification de Matthieu

Matthieu est une personne peu commune. Il aime les domaines liés aux dernières technologies et aux professions d’avant-garde. C’est une personne introvertie, parfois solitaire, mais qui sait être ouverte aux autres lorsque cela s’avère nécessaire. Matthieu s’intéresse à la psychologie, à la pédagogie et au droit mais aime également tout ce qui lui permet d’être en rapport avec le public (audiovisuel, théâtre, etc.) malgré son caractère réservé et parfois froid.
Doté d’une sensibilité à fleur de peau, Matthieu n’aime pourtant pas se révéler sous sa véritable personnalité. Il a ainsi tendance à montrer son caractère sauvage pour la masquer quitte à être agressif envers son entourage. Quelquefois, le sens de l’humain de Matthieu le pousse à aider les autres. Ses idéaux sont cependant élevés et c’est certainement avec maladresse qu’il le fera.
Les sentiments sont importants pour lui et c’est avec méfiance et prudence qu’il ouvrira son cœur.

Personnalité de Matthieu

Plutôt exubérants, chaleureux, généreux, ils ont une volonté un peu fluctuante. Il faut souvent les forcer pour aller au bout des choses. Passionnés, ils travaillent avec obstination s'ils sont intéressés. Assez influençables, ils n'osent jamais dire "non", car ils ne veulent pas déplaire. Affectueux, tendres, ce sont de grands sentimentaux. Charmeurs, ils sont coutumiers des coups de foudre et des coups de coeur.

Provenance du prénom Matthieu

Histoire de Matthieu

Etymologie de Matthieu

Les Matthieu célèbres

  • Matthieu AFFLITTO( 1430 - 1510) : petitfils de Matthieu Aftlitto, conseiller royal en 1409, sous Ladislas , naquit à Naples, vers 1450. S'étant adonné à l'étude des lois dès sa jeunesse, il y fit des progrès prodigieux, et acquit une réputation qui le porta au conseil d'État sous le roi Ferdinand 1" ; il jouissait de la confiance de ce prince et de celle du duc de Calabre, son fils . Nominé ensuite président de la chambre royale, Matthieu Aftlitto fut employé dans les affaires les plus importantes, sous cinq rois successifs ; il joignait, aux connaissances profondes dont ses ouvrages font foi, une probité et une douceur extrême : les envieux même rendaient hommage à ses vertus, et surtout à son savoir. Camerario, lieutenant de la même chambre royale, trèssavant feudiste, s'exprime ainsi à son sujet : Mattheum Affliclum , virum plane litteratissimum, nostra et prcecedenti oetate prestantissimum. Arnoldo Ferrol], conseiller de la même chambre, appelle ce magistrat probus vir, et juris cit'ilis scientia illustris. Fontanella, qui vivait longtemps après lui , dans le 17° siècle, cite Mattheum Afflictum cujus autoritas valet pro mille. Cependant Pancirole dit de lui , dans son traité de Glaris legum Interprelibus, lib. 2, p. 256 : Potius laboriosus in scribendo quam acutus habitus est. Les orages de ces règnes et la fatigue de ses nombreux travaux n'empêchèrent pas Aftlitto de iikk pousser sa carrière jusqu'à 80 ans. 11 mourut (vers 111" 1510, et fut enterré à Naples, dans l'église conven- tuelle de MonteVergine, au bas d'un tableau représentant St. Eustache, dont sa famille prétendait être issue. La piété d'Afflitto, qui était trèsgrande, l'avait porté à composer l'Office de la Translation du corps de St. Janvier , approuvé depuis par le saintsiége. Matthieu perdit jeunes les enfants qu'il avait eus d'Orsina Caraffa, sa première femme ; de Diana Carmignana , qui fut la seconde , descendent les · Aftlitto, barons de RoccaGloriosa. Les ouvrages que Matthieu a laissés sont : 1° Matthei de afflictis Commentarius in constitutiones Sicilioe et Neapolis Francfort, 1605 ; 2° Commentarius super Ires libros feudorum, Venetiis, 1534 réimprimé à Lyon en 1548 et 1560, à Francfort en 1598, 1608 et 1G29; 5° Decisiones Neapolitance antiquee et novae, Venetiis, 1564, réimprimé en 1600 et 1635 , réimprim. dans le même format à Francfort, 1616 et 1655; 4° Lecturce super consuetudinibus NeapolilaniSiciliceque re gni , Lugd., 1555 réimprimé sous divers titres, et avec les additions de divers jurisconsultes ; 5° de Jure Protomiseos cum Baldo et Marantha, Tr. Tr. 18 , Francfort, 1571 et 1586, réimprimé à Spire en 1605 ; 6° Enumeratio privilegiorum fisci , Basilece, 1550 ; 7° Lecture° super 7 Codicis Justiniani, 1560 ; et enfin, 8° de Consiliariis principum et officialibus eligendis, ad justiliam regendam, Naples : ce dernier ouvrage est trèsrare
  • Matthieu ALEMAN( 1500) : né à Séville, vers le milieu du 16° siècle , fut employé comme un des surintendants et contrôleurs des finances , par le roi Philippe II qui, se liant difficilement à une seule personne, divisait souvent entre plusieurs hommes les attributions d'un seul ministère. Ayant servi plusieurs années avec honneur, l'amour du repos et des lettres lui fit demander sa démission qu'il obtint. On ignore l'année de sa mort, mais on présume qu'il vécut encore pendant une partie du règne de Philippe III. On est également peu informé des motifs qui le firent aller au Mexique, où il était en '1609, époque à laquelle il y publia son Ortografia Cas- tellan ouvrage raie aujourd'hui, et qui jouit de quelque réputation. Alcman avait publié à Séville, en 1604 une Vie de Si. Antoine de Padoue, en espagnol , accompagnée d'un Encomiasticon in eumdem , en vers latins qui ne manquent pas d'élégance. Ce livre a été réimprimé à Valence , en 1608 L'ouvrage qui l'a fait le mieux connaître est celui qui a pour titre : la Vida y hechos del Picaro Guzman de Alfarache , imprimé pour la première fois à Madrid, en 1599 Quoique ce roman ne soit pas comparable à celui de Don Quichotte, il peut en être regardé comme le précurseur. Son succès fut prodigieux ; en peu d'années, il eut six éditions espagnoles , et fut traduit en italien et en français. Voici l'indication des traductions franoises : 1° Guz- Man d' Alfarache, fuie! en françois, par G. Chappuis, Paris, 1600 2° le Gueux, ou la Vie de Guzman d' Alfarache , 1652, deux parties ; la Vie de Guzman d' Alfarache traduite par Gabriel Bremond, 1696, 3 vol. 1709 , 3 vol. ; le traducteur retrancha quelques aventures et en ajouta d'autres; 4° Aventures de Guzman d' Alfarache , par le Sage. C'est une imitation plutôt qu'une traduction de l'ouvrage d'Aleman ; elle parut d'abord en 1755, puis en 1772, 2 vol., et ce n'est qu'un abrégé de l'ouvrage de le Sage qui a été publié , sous le titre d'Aventures plaisantes de Guzman d' Alfarache , 1772, 2 vol. 2 ; 1785, 2 vol
  • Matthieu ASP( 1696 - 1763) : archidiacre de la cathédrale d'Upsal, né en 1696, fit des voyages en Allemagne, en Angleterre et en France. Comme les langues savantes étaient l'objet auquel il s'appliquait principalement, il se lia à Paris avec Fourmont, Longuerue, Montfaucon et madame Dacier. Se trouvant à Altdorf, en 1717, pendant la Pte séculaire de l'université, il soutint, pendant neuf heures consécutives, des thèses sur Luther, contre des théologiens catholiques, et fut créé, à la suite de ce combat académique, maître èsarts de la faculté de théologie. Retourné en Suède , il professa successivement à Upsal l'éloquence , les langues anciennes et la théologie. Il portait souvent la parole au nom de l'université, dans les circonstances solennelles, et il prononça même des discours en langue grecque. Il mourut en 1765. L'archevêque d'Upsal fit luimême l'oraison funèbre du savant Asp. On a de lui plusieurs dissertations en latin sur la littérature ancienne, et deux oraisons funèbres en suédois, l'une du docteur Olaiis Celsius, l'autre de l'archevêque Henri Benzélius. Le docteur Asp laissa un fils qui fut anobli, et qui mourut en 1808, après avoir été ministre de Suède près de plusieurs cours. En revenant d'une mission à Constantinople, il fit un voyage dans les îles de l'Archipel, et recueillit plusieurs observations intéressantes, qui furent imprimés en suédois .peu avant sa mort. Il publia aussi quelques ouvrages sur les finances de la Suède
  • Matthieu AUGEARD : avocat au parlement de Paris, au commencement du 18° siècle, continua la collection connue sous le nom de Journal du Palais, en publiant successivement, en 1710, 1713 et 1718, trois volumes d'un recueil intitulé : Arras notables des différents tribunaux du royaume Cet ouvrage, souvent cité dans l'ancien barreau, est consulté encore avec fruit. Remarquable par le choix des décisions judiciaires et la précision du compte qui en est rendu, il était regardé comme une des meilleures collections d'arrêts. Augeard avait recueilli de nombreux matériaux propres à former une nouvelle édition plus étendue et plus complète. Il travailla , pendant trentedeux ans, à rendre son recueil plus digne d'être offert au public. Son zèle fut secondé par les membres du parquet et par les avocats euxmêmes, qui s'empressèrent de lui communiquer tous les renseignements nécessaires à un précis exact de toutes les affaires, les questions de droit qu'elles avaient fait naître, et la copie fidèle des arrèts qui les avaient terminées. Il donnait tous ses soins à cette nouvelle édition, et il en avait vu les premières épreuves, lorsque la mort vint le surprendre, le 27 décembre 1751. L'entreprise fut suspendue jusqu'en 1756. nicher, avocat au parlement, mit la dernière main au travail d'Augeard, et le publia en deux volumes L'ordre chronologique, qui n'avait pas été régulièrement suivi dans la première édition, est rétabli dans celleci; les dates sont mises en marge de chaque arrêt, de sorte qu'il est facile de trouver celui que l'on cherche. La préface (le la première édition, et Camus, d'après elle, nous apprennent que cette collection est le fruit de conférences établies chez l'abbé Bignon, et qu'elle a été faite et examinée avec soin. Matthieu Augeard fut secrétaire du sceau pendant le ministère de Chauvelin. L'auteur du Dictionnaire des Avocats attribue à Augeard une nouvelle édition augmentée du Traité de la Communauté de Lebrun
  • Matthieu BAILLIE( 1761) : médecin et anatomiste distingué, naquit dans le comté de Lanark en Écosse, le e octobre 1761. Son père, qui avait d'abord été pasteur, fut ensuite nommé professeur de théologie à l'université de Glascow, où le jeune Baillie étudia avec succès les auteurs classiques grecs et latins, les mathématiques, la logique et la philosophie morale. Sa mère était soeur cies célèbres anatomistes Jean et Guillaume Hunter : les grands avantages qu'on espéra de cette parenté décidèrent sa vocation pour la médecine, car son goût l'eût porté de préférence vers la chaire ou le barreau. Arrivé à Londres, à l'âge de dixhuit ans, pour y commencer ses études médicales, sous la direction de ses illustres parents, Baillie fit des progrès si rapides en anatomie, qu'au bout de deux ans il fut capable d'en donner des le-çons; mais peu de temps après, en 1785, il eut la douleur de perdre Guillaume Hunter, l'aîné de ses oncles, qui lui laissa son théâtre anatomique, sa maison, un petit bien de famille en Écosse et l'usage de son muséum anatomique qu'il légua à l'université de G lascow. Deux ans après la mort de son oncle et âgé seulement de vingtdeux ans, il ouvrit, conjointement avec le docteur Cruikshank , un cours d'anatomie qui attira un grand nombre d'élèves. Le jeune pro- fesseur se distingua surtout par la simplicité, la clarté et l'ordre qu'il sut mettre dans l'exposition des matières qu'il enseignait ; en même temps il s'occupait de la formation d'un cabinet d'anatomie pathologique qui s'enrichit beaucoup par la suite et dont presque toutes les pré.parations avaient été faites par luimême : deux ans avant sa mort il en fit présent au collége des médecins de Londres. En 1787, à l'âge de vingtsix ans, Baillie obtint la place de médecin de l'hôpital StGeorge ; ce fut principalement depuis cette époque qu'il commença à s'adonner à la pra- tique; il n'abandonna pas pour cela sa science favo- rite, l'anatomie, qu'il regardait comme la base essentielle de l'art de guérir. Il recueillit dans son hôpital des cas nombreux d'anatomie pathologique , et publia un manuel de cette science, en 1795. Le succès de ce livre augmenta beaucoup sa réputation. Sa clientèle devint trèsnombreuse , et s'accrut en-: core après la mort du docteur Pitcairn, qu'il remplaça pendant sa dernière maladie. Ses occupations furent dès lors si multipliées, qu'il se vit obligé, en 1799, de renoncer à sa place de médecin de l'hôpital StGeorge et à ses leçons d'anatomie. Baillie se distingua surtout par la sûreté de son diagnostic, qui était fondé sur ses grandes connaissances anato- miques ; aussi dans bien des cas il reconnaissait l'impuissance de son art, et employait moins de mi mèdes que beaucoup de ses compatriotes. Il eut toujours de trèsbons procédés envers ses confrères, surtout envers les jeunes médecins. J. Wardrop, qui a écrit sa vie, rapporte plusieurs traits qui prouvent - son désintéressement. Une jeune dame étant venue le consulter pour une maladie de poitrine, il lui conseilla d'aller passer l'hiver dans un climat plus chaud que celui de l'Angleterre : cette dame lui ayant exposé que sa fortune ne lui permettait pas de faire cette dépense, Baillie lui donna à l'instant l'argent nécessaire. Une dame d'un haut rang, mais peu riche, avait eu recours à ses conseils : tant que dura la maladie, il reçut les honoraires qu'elle lui offrit, mais il les renvoya après la guérison. Sa réputation alla toujours en augmentant. Il fut nommé membre de la société royale de Londres et du col-' lége des médecins. Il devint aussi médecin consultant du roi George IH , et médecin ordinaire de la priticesse de Galles. Ses occupations trop nombreuses finirent par altérer sa santé : dans l'été de 1825, il fut atteint d'un catharre pulmonaire accompagné de lièvre. Des saignées locales et l'application d'un vé- sicatoire diminuèrent la toux ; mais l'appétit se perdit, la faiblesse augmenta de jour en jour, et il succomba le 25 septembre. Les principaux ouvrages de Baillie sont : 1° son manuel d'anatomie pathologique, intitulé : the Morbid Anatomy of some of the most important parts of the human body, Londres, 1795 11 y en a d'autres éditions augmentées , 1798 , 1807 et 1812. Traduite en allemand avec des additions par Hohnbaum et Scemering, Berlin, 1794-1890 ; en italien par Zami, Venise, 1820, 2 vol. 11 en existe deux traductions françaises, la première par Ferrai, Paris, 4803; la seconde par Guerbois, Paris, 4815 Cet ouvrage, remarquable comme livre élémentaire pour l'époque où il .a paru , n'est plus au niveau de la science. Il a beaucoup contribué à répandre le goût de l'anatomie pathologique en Angleterre. 2° A Series of Engravings intended to illustrate the Morbid Anatomy, fascic. 1-10, ibid., 1799-1812 C'est une série de planches accompagnées d'explications pour servir de suite à son manuel. 5. Lectures and Observations on medicine, ibid., 1825 ; trad. en allemand par Holmbaum, Leipsick, 1827. Cet ouvrage contient les leçons servant d'introduction à son cours d'anatomie, plus d'autres le- çons sur l'anatomie et la physiologie du système ner- veux ; enfin des observations pratiques. Plusieurs écrits de Baillie ont été recueillis et publiés par J. Wardrop, avec une notice étendue sur sa vie, Londres , 1825, 2 vol. Le 1" volume contient des observations ou des mémoires qui avaient déjà été imprimés dans les Transactions philoso- phiques, ou d'autres recueils scientifiques. Le 2° renferme l'A nalomie pathologique de l'auteur. Baillie a encore publié l'Anatomie pathologique de l'utérus d'une femme enceinte , Londres, 1794 ouvrage de G. Hunter, qu'il a accompagné de notes. Le 108' vol. du MonthlyReview, p. 85, contient un article sur la vie et les ouvrages de ce médecin
  • Matthieu AUROUX DES POMMIERS : conseiller clerc au présidial de Moulins et docteur en_ théologie, au commencement du 18' siècle, est auteur des Coutumes générales et locales du pays et duché de Bourbonnais avec des commentaires, Paris, 1732, 2 part. Cet ouvrage offre la conférence de tous les commentaires qui avaient été mis au jour sur la coutume du Bourbonnais, par Papou, Dumoulin , Duret, etc. L'éditeur a profité des annotations que les praticiens du pays avaient déposées dans divers manuscrits, dont il obtint la communication. Les noms (le ces glossateurs sont indiqués par Auroux, niais on eût désiré qu'il donnât quelques renseignements biographiques sur leurs personnes. On aurait trouvé là des matériaux pour une autre édition des Vies des jurisconsultes, ouvrage si incomplet de Taisand et de Ferrière. Le conseiller de Moulins éclaire de ses propres observations le travail de ses prédécesseurs ; il met en regard leurs avis opposés, les concilie et les combat quelquefois. En 1741, il lit paraître des Additions au nouveau commentaire de la coutume de Bourbonnais Le tout a été réimprimé en 1780 Les fonctions de magistrat et les études du jurisconsulte n'empêchaient pas Auroux des Pommiers de remplir les devoirs du prêtre. 11 avait jeté le plan d'un ouvrage destiné à présenter l'exposition rationnelle de la toi catholique dans sa pureté, et dégagée des subtilités de l'école. Il publia un essai de ce travail sous le titre de Traité sur la nécessité de s'instruire de la vérité de la religion et sur les moyens de s'en assurer, Paris, 1742
  • Matthieu BABBINI ou BABINI( 1754 - 1816) : célèbre musicien, naquit en 1754, à Bologne, d'une famille pauvre. Son intelligence précoce détermina ses parents à s'imposer des privations pour lui faire étudier la chirurgie, dans l'espoir qu'il mériterait un jour le titre de docteur. Il fréquentait donc les cours de la faculté lorsque la mort de ses parents le laissa sans ressources. Heureusement il avait une tante, mariée au fameux ténor Arcangelo Cortoni, qui le recueillit et le soigna comme son fils. La fortune ne pouvait pas lui présenter une occasion plus favorable de cultiver son goût pour la musique. Cortoni lui dormit des leçons, et, charmé de ses heureuses dis- positions, se fit un piaisir de lui communiquer tous les secrets et toutes les finesses de son art. Babbini, dont la prononciation était embarrassée , eut de grandes difficultés à vaincre pour adoucir sou organe naturellement rude et sourd ; mais à force de patience et de travail, il parvint à donner à sa voix de bassecontre cette étendue, cette souplesse, cette sonorité qui firent l'étonnement des connaisseurs. Excellent musicien, mais non moins bon acteur, il se fit entendre clans toutes les capitales de l'Europe, et partout il excita le plus vif enthousiasme. L'impératrice Catherine le nomma musicien de sa chambre. Frédéric II, qui l'honora longtemps de sa correspondance, le retint une année à Berlin. Pendant son séjour à Paris, il eut l'honneur de chanter un duetto avec la reine MarieAntoinette. Dans toutes les cours où il s'arrêta, les princes et les rois ne dédaignèrent pas d'accompagner quelquesuns des airs qu'il chantait. 11 était en 1785 engagé au théâtre de Vienne, et en 1789 à celui de Venise, où il fit jouer, avec les costumes, l'opéra des Horaces, de Cimarosa. C'est à Babbini que l'Italie est redevable de cette heureuse innovation. Possesseur d'une fortune immense, il en perdit une partie dans des spéculations commerciales. En 1790, il chanta avec la Monichielli sur le grand théâtre de Turin. ll était passionné pour les arts, et tous ceux qui les cultivaient avec quelque succès trouvaient près de lui des conseils et des encouragements. Plein de tendresse et de respect pour sa tante, il la soigna luimême dans sa vieillesse et la pleura comme une mère. En quittant le théâtre, il était revenu à Bologne : il y vécut entouré de l'estime et de la considération publiques, partageant son temps entre la culture des lettres et la société de quelques amis. Il mourut le 21 septembre 1816, à 62 ans, et fut inhumé sans aucune pompe clans le cimetière de sa paroisse. M. Pierre Brighenti a publié l'Éloge de Babbini, Bologne, 1822 où il l'offre pour modèle aux musiciens qui voudront s'honorer euxmêmes en honorant leur pays
  • Matthieu BACMEISTER( 1580 - 1626) : fils de Lue ( roy. :'article précédent , naquit à Rostock , en 1580. Après avoir étudié la médecine en cette ville, où son père était surintendant des églises , il fit un voyage en Allemagne et en Danemark. Le chancelier Friescn, dont il captiva les bonnes gràces, l'emmena en Angleterre. A son retour, il prit le titre de docteur, et alla ensuite s'établir à Kiel, où il pratiqua honorablement l'art de guérir jusqu'en 1612, époque à laquelle il vint enseigner les mathématiques à Rostock. En 1616, il accepta la place de médecin pensionné à Lunébourg, où il devint bientôt médecin du prince, et mourut en 1626, le 7 janvier, laissant un traité de médecine pratique en v ingthuit dissertations qui avaient déjà été imprimées chacune à part. Il avait publié aussi les quatre premiers volumes des œuvres posthumes de médecine de François Joël. — Jean BACM EISTER , son fils, né à Rostock, en 1603, y mourut en 1651, après avoir rempli les fonctions de professeur à l'université. On a de lui quelques dissertations d'un bien faible intérêt : 1. de Apoptexia, Rostock, 1641 e d( Quartana, ibid., 1641 ; 3° de Cachesia, ibid., 1658 : 1° de Caste laborantis podaqra, ibid., 1658 5° de IJydrope Ascita, ibid., 1664 6° Probleinata physiotogico- niedica , ibid. , 1664 ; 7° de linbecillitate ventrievli, ibid. , 1664. i?-4°
  • Matthieu BANDELLO( 1480) : dominicain, neveu du précédent , naquit à Castelnuovo pli Scrivia, dans le Tortonnais, en 1480. Il fit ses études à Rome et à Naples. Négligeant les subtilités des scolastiques de son temps, et méprisant aussi la vaine science de l'alchimie, qui occupait plusieurs savants contemporains, il s'appliqua presque exclusivement aux belleslettres. Il parait qu'il se fixa pendant plusieurs années à Mantoue et dans les environs de cette ville, qu'il y fut particulièrement estimé de Pirro Gonzaga et de Camille Bentivoglio, et qu'ils lui confièrent l'éducation littéraire de leur fille, la célèbre Lucrèce Gonzague, qui apprit de lui le latin et même le grec. 11 s'arrêta ensuite à Milan jusqu'en 1528. Son séjour dans cette ville fut souvent interrompu par des voyages, et par différentes négociations dont il fut chargé par les princes et les grands seigneurs qui gouvernaient alors les principales villes de Lombardie. Lorsqu'après la bataille de Pavie, en 1525, les Espagnols se rendirent maitres de Milan, les biens de sa famille, dévouée à la France, fuirent confisqués, et la maison de son père brûlée. Contraint de prendre la fuite sous un déguisement, il erra quelque temps de ville en ville. Il se retira d'abord chez Louis Gonzague, célèbre capitaine de ces tempslà. Il s'attacha enfin à César Frégose, qui, de général des Vénitiens , était passé au service de la France. Il s'arrêta avec lui en Piémont, jusqu'à lat Trêve conclue entre les puissances belligérantes, et il le suivit en France. La mort de son protecteur, assassiné en 1541, par ordre du marquis del Vasto, gouverneur de Milan, lorsqu'il revenait de Turquie où il avait été envoyé, revêtu de la qualité d'ambas- sadeur du roi François I", ne le détacha pas de • cette famille illustre. Il continua à demeurer à Agen, avec la veuve et les enfants de cc général. 11 fut enfin nommé, en 1559, évêque de la même ville ; mais laissant bientôt le gouvernement de son diocèse à Jean Valerio, évèque de Grasso, il s'appliqua, à l'âge de soixantedix ans, à polir, à arranger, à écrire même des nouvelles, jusqu'en 1554, où les trois premières parties de son ouvrage furent imprimées à Lucques en 5 vol. La 4e partie parut à Lyon, 1575 Les éditions de Milan, 1560, 3 vol. et de Venise , '1566, 5 vol. sont tronquées et incomplètes. Cependant on trouve dans le 5' volume quelques nouvelles qui ne sont pas dans l'édition originale. Les éditions de Londres, 1740, 4 tomes et de Livourne, sous la rubrique de Londres, 1791-95, 9 vol. sont estimées et passent pour complètes. On ne connaît pas l'époque précise de sa mort. On sait seulement qu'il vivait encore en 1561. Les ouvrages de Bandello sont tout à fait analogues à la vie toute séculière qu'il menait parmi les sociétés brillantes, ou dans les camps. « La li« becté, dit Apostolo Zeno, avec laquelle quelques« unes des nouvelles ; ce qui a entraîné dans de singulières erreurs Vossius, Bayle, Fontanini et plusieurs autres. Tiraboschi dit que Bandello, dans ses Nouvelles, a pris dans Boccace les obscénités , sans en imiter l'élégance. Mazuchelli croit aussi qu'on ne peut comparer, en aucune manière, le style de l'auteur lombard avec celui de l'auteur florentin. Cependant, malgré l'autorité de ces deux écrivains, nous croyons, avec le savant auteur de l'éloge italien de Bandello , que, quand même on ne voudrait pas admirer dans celuici l'harmonieuse brièveté des périodes, la rapidité de la narration, jointe à une grande simplicité naturelle, on devrait avouer que ses nouvelles sont beaucoup plus intéressantes que celles de Boccace, par l'abondance des faits historiques. Il a encore publié deux poèmes, l'un à la louange de Lucrèce Gonzague sous ce titre : Canli 11 delle lodi della sig. Lucrelia Gonzaga di Gazuolo, e del zero « more; col Tempio di pudicia, Agen, 1545 on trouve à la suite le Ire Perche; l'autre, pour la naissance d'un fils de César Fregoso; ce dernier en 3 chants ou chapitres , trèsrares et assez plats tous les deux. Il n'en est pas de même de ses poésies, qui peuvent être comparées à celles des meilleurs poètes. Elles ont été publiées pour la première fois par le docteur Luigi Costa, Turin, 1816 11 existe des traductions françaises peu estimées d'une partie des Nouvelles de Bandello
  • Matthieu BASCHI( 1500) : instituteur des capucins, naquit dans le duché d'Urbin, et entra dans l'ordre des mineurs observantins, au commencement du 16' siècle. Affligé du relàchement qui s'était introduit dans l'ordre, il se sentit fortement porté à faire revivre parmi ses frères la règle de StFrançois dans toute sa rigueur. Vivement occupé de cette pensée, il crut qu'elle lui était inspirée du ciel , et s'imagina que le saint patriarche de l'ordre lui était apparu dans une vision, revêtu de l'habit qu'il avait porté. Baschi prit aussitôt une robe d'une étoffe grossière, semblable à celle qu'il croyait avoir vue à St. François ; il se couvrit la tète *d'un capuchon pointu, d'où est venu à ses disciples le nom de capucins. Dans cet équipage, il sortit furtivement de son couvent de Monteralcone, se rendit à Borne, et se présenta à Clément VII, qui, d'après sa demande, lui permit de porter son nouvel accoutrement, d'observer à la lettre la règle de St. François, de prêcher la parole de Dieu, et de travailler au salut des pécheurs, sous la condition de se présenter tous les ans au chapitre des frères mineurs. En peu de temps , frère Baschi eut un grand nombre de disciples ; mais il trouva aussi beaucoup de persécuteurs parmi les observantins, qui étaient surtout révoltés de son capuchon pointu. 11 fut arrêté dans un cha. pitre général, et mis en prison par ordre du provincial. La duchesse de Camerino, nièce du pape, obtint sa liberté. Sa réforme fut approuvée du souverain pontife en 1528, et, l'année suivante, il eut le titre de vicaire général de l'ordre : au bout de deux mois, il quitta cet emploi , sortit de son couvent , et courut de tous côtés, prêchant la parole de Dieu. Ce fut en exerçant ee ministère qu'il mourut à Venise, en -1552. Marc de Lisbonne, dans son Histoire séraphique, édition de Venise, 1598, fait de Baschi un thaumaturge, et raconte sur l'institution des capucins des visions et des miracles fort extraordinaires ; niais on ne trouve rien de tout cela dans les édi'fions portugaise de 1588, espagnole .de 1590, italienne de 1591
  • Matthieu BAUDRAN : avocat à Vienne en Dauphiné, avant la révolution de 1789, en adopta les principes avec beaucoup de chaleur, et fut nommé en 1791, juge au tribunal de cette ville, puis en 1792, l'un des députés du département de' l'Isère à la convention nationale. Il vota constamment dans cette assemblée avec le parti le plus exalté ; et, lors du procès de Louis XVI, il se prononça pour la mort, sans appel et sans sursis à l'exécution. Dans la journée du 9 thermidor an 2 , qui amena la chute de Robespierre, il se rangea du parti Nietolieux, et quelques mois plus tard, il fut envoyé dans les départements de l'Ouest, pour y faire cesser le système de terreur. Baudran mit beaucoup de zèle à cette honorable mission . On lut à la convention nationale, dans la séance du 27 germinal an 3 , une lettre datée de Laval,,par laquelle il annonçait que deux cents soldats de la république avaient mis en fuite 1,500 chouans. Rentré dans le sein de la convention, et chargé d'instruire le procès de Carrier, il lit contre cet homme sanguinaire un rapport énergique. Le sort ne l'ayant pas désigné pour faire partie du nouveau corps législatif après la session conventionnelle , il retourna dans sa patrie, où il fut d'abord l'un des juges du tribunal. 11 donila ensuite sa démission, et reprit sa première profession d'avocat. Baudran est mort à Vienne , en1812 M—D j.
  • Matthieu BAZZANI( 1674 - 1749) : médecin, secrétaire et ensuite président de l'institut de Bologne, naquit en cette ville, le 16 avril 1674. Il y étudia la botanique et la médecine, et y prit ses degrés en 1698. Il fut nommé à une chaire de médecine, qu'il remplit avec distinction. Il mourut à Bologne , le 29 décembre 1749. Ce savant s'est occupé de l'étude des plantes, mais plus en médecin qu'en botaniste, et seulement sous les rapports de leurs effets physiques et médi-, eaux. On a de lui, dans les Commentaires de tut de Bologne, t. 26, des Expériences sur le moyen de colorer les os des animaux, en leur faisant man- ger de la racine de garance. Il a nourri plusieurs poulets avec cette racine, et les résultats de ses expériences ne diffèrent de ceux des expériences de Duhamel qu'en ce que ses poulets ont trèsbien résisté, au lieu que ceux de Duhamel n'ont pu soutenir les épreuves auxquelles on les avait soumis. Mattltieu Buzzani a publié un ouvrage de médecine légale intitulé : de ambigue prolatis in judicium crimina- ionibus Consullaliones physico- medicoe nonnulloe, Bologne, 1742 Voy. BAssl Laure- Marie- Catherine )
  • Matthieu BELLEBUONI : auteur italien peu 'célèbre, traduisit, en r1133, une histoire de la guerre de Troie, écrite en latin, , juge de Messine. On ne connaît, an reste, cette traduction que parce que le vocabulaire 'de la Crusca en parle dans son dernier volume , et que la lliblioteca'de'' Vol- garizzatori en cite une copie manuscrite, conservée à Florence, dans la Rircardiana, Ou 'bibliothèque Ricardi, réunie à la Laurentienne
  • Matthieu BÉROALD ou BÉROALDE : naquit à StDenis, près Paris. 11 fit ses études au college du cardinal Lemoine, et s'y livra avec tant d'ardeur, qu'il eut bientôt appris le grec, le latin, l'hébreu ; il était théologien, mathématicien, philosophe, historien. 11 se trouvait en 1550 à Agen, précepteur (l'Hector Frégose; depuis évèque de cette ville, lorsqu'il y embrassa la réformation avec Jules César Scaliger et d'autres savants. Venu à Paris en 1558, il y fut précepteur de ThéodoreAgrippa d'Aubigné. Persécuté pour ses opinions religieuses et arrêté à Coutances, on le condamna à ètre brûlé ; un officier favorisa son évasion, et l'envoya à Montargis, d'où il alla à Orléans. Il y fut attaqué de la peste ; après son rétablissement, il alla à la Rochelle, puis à Sancerre ; il se distingua lors du siége 'de cette ville par le maréchal de la Châtre, peu de temps après la SaintBarthélemy. Après avoir séjourné quelque temps à Sedan, où il donna des leçons d'histoire, dans lesquelles il s'exprima avec beaucoup de liberté sur le roi François I", Beroalde vint en 157-1 à Genève, où il fut ministre et professeur de philosophie. Il parait qu'il mourut en 1576. On a de lui : Chronicon sacrce Scripturce auctoritate con- stitutum, Genève, •575 Vossius et Joseph Scaliger ont fait l'éloge de œf ouvrage, qui contient cependant des bizarreries incroyables. L'auteur s'était persuadé que l'Écriture sainte renfermait tous les matériaux de la chronologie, de sorte qu'il effa-çait de l'histoire tous les noms qu'il ne trouvait pas dans l'Ancien Testament. Draud, dans sa Bibliolheca classica, fait mention du livre suivant : G. Merca- loris et Matthei Beroaldi Chronologia, ab initio mundi ex eclipsis et observationibus astronomicis demonstrata, qu'il dit avoir été imprimé à Bille, 1577, et Cologne, 1568
  • Matthieu BEUVELET( 1500) : écrivain ascétique, n'est pas aussi connu qu'on devrait le présumer d'après l'estime que toutes les personnes pieuses ont pour ses ouvrages. Rocoles, dans son Introduction à l'histoire, p. 299, affirme qu'il était né vers la lin du 16° siècle, dans la FrancheComté ; mais Beuvelet, dans une épître dédicatoire à l'évêque de Laon , lui dit qu'il est son diocésain et qu'il a fait ses études au séminaire de cette ville. Feller, dans son Diction- naire historique, le fait naltre en 1620, à Maries, petite ville de la généralité de Soissons ; niais il se trompe sur la date de sa naissance, qui parait devoir ètre reculée de plusieurs années. Ayant reçu les ordres sacrés, Beuvelet vint à Paris, où il entra dans la congrégation des prêtres du séminaire de StNicolasduChardonnet. Il partagea sa vie entre l'en- I seignement des jeunes clercs et la direction des âmes, et mourut avant l'année 1664. En composant ses ouvrages, Beuvelet n'avait en vue que l'utilité de ses élèves, auxquels il les destinait. Ce fut à son insu qu'on lit imprimer ses Méditations, dont le succès lui causa moins de plaisir que de surprise. Jamais il n'avait eu l'idée de devenir auteur ; aussi, clans la préface qu'il mit à la tète de la seconde édition , faitil à ses lecteurs cet aveu naïf : « Je serai satis-« fait que mon esprit et mon style vous déplaisent, « si les vérités que j'ai recueillies peuvent vous « agréer et vous plaire. » De tous les ouvrages de Heuvelet, le plus connu est celui des Méditations sur les principales vérités chrétiennes el ecclésiastiques. primées pour la première fois en 1652, elles furent traduites en latin et en italien, et elles ont eu un grand nombre d'éditions dans le format La plus récente, Besançon, 1819, 5 vol. a été re- vue et corrigé par Louvot, mort la même année curé de StMaurice de cette ville. Ses autres ouvrages sont : 1 la Vraie et Solide Dévotion, 20 édition, Paris, 1658 2° Instruction sur le manuel, ibid., 1675, 2 vol. Cette édition est la huitième, et il en existe probablement de postérieures. c's Conduite pour les principaux exercices qui se font dans les séminaires, ibid., 1663 trad. en latin par Ignace de Bathyani, évèque de Wessembourg, dans la Transylvanie ; 2' édition , Vienne , 1784 4° Le Symbole des apôtres expliqué et divisé en prônes, ibid., 1675 ; ouvrage posthume, publié par des confrères de l'auteur
  • Matthieu BIŒRNKLOU( 1607 - 1671) : sénateur de Suède, né en 1607, était fils d'un meunier. Il porta d'abord le nom de Mylonius , qu'il changea en celui de Bicernklou, lorsqu'il fut anobli. Après avoir professé l'éloquence à Upsal, il accompagna, comme secrétaire de légation, les plénipotentiaires suédois qui négocièrent la paix de 'Westphalie. Il devint ensuite luimême ambassadeur près Gustavo Adolpho. CAU.
  • Matthieu BLASTARES : moine grec, de l'ordre de StBasile, se livra à la théologie et à la jurisprudence canonique. Nous avons de lui : 1° un Recueil , par ordre alphabétique, des canons, des conciles, des décisions des SS. Pères et des lois des empereurs grecs, concernant les matières ecclésias- tiques, qui a été imprimé pour la première fois, en grec et en latin, dans le recueil publié par Beveridge , et n'a pas été réimprimé depuis ; 20 des Questions sur le mariage, dans le Jus Greco- Romanum de Leunelavius; 3. une pièce de vers sur les offices de la cour et de la grande église de Constantinople, que le P. Goar a publiée en grec et en latin à la suite de son édition de Codin. On trouve aussi de lui, dans ies bibliothèques, quelques ouvrages qui n'ont pas été imprimés, notamment un écrit contre les juifs, qui est à la bibliothèque royale. Il vivait vers l'an 1330 de J
  • Matthieu BOSSO( 1428 - 1502) : littérateur, orateur et philosophe italien du 15° siècle, naquit à Vérone en 1428. Après avoir fait ses études à Milan, il retourna dans sa patrie, et entra, en 1451, dans la congrégation des chanoines réguliers de StJean de Latran. 11 s'appliqua dis lors particulièrement à la théologie et à l'éloquence de la chaire, et devint un des prédicateurs les plus célèbres de son temps. Il eut à remplir plusieurs des liantes fonctions de son ordre. La direction du canonicat de StBarthélemy de Fiésole le lit connaître de Laurent de Médicis, qui le prit pour son confesseur, et l'introduisit dans l'académie platonicienne, qui se réunissait à sa villa de Careggi. Matthieu Bosso s'y lia intimement uvec Politien et Pic de la Mirandole. La considération que Laurent avait pour lui était telle, qu'il voulut que son fils Jean, qui fut ensuite le pape Léon X, reçût de lui, avec une pompe magnifique, dans l'abbaye de Fiésole, la pourpre et tous les ornements du cardinalat. Après avoir rempli cinq fois la charge de visiteur, deux fois celle de procureur général à Rome, et avoir été souvent employé dans les affaires les plus importantes de sa congrégation, il mourut à Padoue, en 1502, pigé de 75 ans, suivant Niceron. On a de lui : 1. de Veris ac salularibus anisai gauchis Dialogua, Florence, 1491 La rareté de cet opuscule a engagé D. Mabillon à le réimprimer dans son Museum Ilalicum. 11 a été traduit en italien par le chanoine régulier Antoine Pallavicini, Lugano, 1755. 20 Recuperationes Fesulance, Bologne, 1493, 2 parties en 1 vol. Ce volume contient la 1" partie des lettres de Matthieu Bosso , et différents opuscules qu'il parvint à recouvrer lorsqu'il était chanoine et abbé de Fiésole. On distingue parmi ces derniers un dialogue de Tolerandis Adversis ; un traité de Ge- rendu Magistraiu, et sept harangues ou discours publics. 3° Familiares et secunda Malthœi Bossi Episiolce , Mantoue , 1498 4° Epistolarum pars lerlia, Venise, 1502, petit Les deux premières parties dont nous venons de parler contiennent cent trentedeux lettres : celleci, beaucoup plus rare, en renferme cent. Les lettres de Bosso, réimprimées plusieurs fois, sont la partie la plus intéressante de ses ouvrages. 5° De insliluendo sapientia animo Dispulaliones per dies seplem, Bologne,1495 volume devenu rare et trèsbien imprimé
  • Matthieu BRIL( 1550 - 1584) : peintre , né à Anvers , en 1550. Il fut élève de Daniel Woltermans , peintre médiocre , et fit , trèsjeune encore , le voyage de Rome. Grégoire XIII estima assez ses talents pour le faire travailler dans les galeries et les salons du Vatican. Matthieu Bril y peignit à fresque des pay- sages qui furent généralement estimés, et qui lui valurent une pension. Il mourut à Rome, en 1584, Entre autres, le Traité de la pais de Pâme, petit ouvrage qui a été réimprimé à la suite de diverses éditions da Combat spiri- tuel. li a donné aussi en 1703 une édition des Fondements de la vie spirituelle du P. Surin. D-11—n. .. n'étant ttgé que de 34 ans. — Son frère Paul, né h Anvers en 1556, s'échappa de la maison paternelle à quatorze ans pour aller le joindre à Rome , où il fut d'abord son élève et le surpassa ensuite : il dut surtout ses progrès à l'étude qu'il lit des paysages du Titien et d'Annibal Carrache. Après la mort de Matthieu, il fut chargé, par ordre de Sixte V, des ouvrages qui leur étaient "destinés à tous deux , et obtint la pension dont avait joui son frère. Il peignit en six tableaux , et d'après nature , dans le salon d'été du pape, les six couvents principaux de l'état ecclésiastique , et fit , pour le cardinal Mat tei, six autres paysages qu'ilpeignit à l'huile. Les églises des jésuites et des théatins furent aussi ornées de ses ouvrages, ainsi que les galeries de Florence, de Dusseldorf, du PalaisRoyal, la collection des rois de France, etc. Son tableau capital est une fresque de 68 pieds de long : dans un vaste paysage on voit St. Clément attaché à une ancre et précipité dans l'eau. Devenu vieux , Paul Bril peignait sur cuivre de petits paysages trèsfinis. Il mourut à Rome, en 1626, à 76 ans, et fut enterré dans l'église de l'Anima. Le musée possède de lui deux tableaux; l'un a pour sujet les Pèlerins d'Ent- maiis ; ils sont représentés à la porte d'une hôtellerie. Sutles_devant de cette composition l'on voit des bergers qui font l'entrer leurs troupeaux. Le sujet de l'autre tableau est Syrinx poursuivie par Pan et métamorphosée en roseau. On y retrouve la touche facile et spirituelle de ce peintre, et son défaut habituel de faire trop dominer la couleur verte dans ses paysages
  • Matthieu BROUERIUS VAN NYEDEK ou De NIEDEK( 1667 - 1735) : issu d'une famille noble de Suède, naquit en 1667, probablement à Amsterdam , où son père habitait. La jurisprudence était le principal objet , 6 parties 11 est mort en 1735
  • Matthieu BROWN( 1760 - 1831) : peintre anglais, né en Amérique, vers 1760, vint jeune encore en Angleterre, ois il fut l'élève de West, alors reconnu pour le peintre d'histoire le plus habile que possédait la GrandeBretagne. Admirateur passionné de son maître, il en contracta les défauts, et n'en eut pas les qualités. La connaissance profonde qu'il avait de la théorie de la peinture et la persévérance exemplaire avec laquelle il en étudia toutes les parties eussent mérité qu'il réussît plus complétement. Mais Bacon l'a dit : « L'amour enthousiaste de la poésie « n'implique pas le talent poétique; n et parce que l'on aime la peinture on n'a pas le droit de s'écrier : Son pitlor anch'io. Tel fut le sort de Brown : bien rarement il sut s'élever audessus de la médiocrité. En revanche, il eut le bonheur de plaire assez aux menus consommateurs de peintures ou d'arts pittoresques par un style et un faire justement à leur portée. Quelquesuns de ses tableaux eurent les honneurs de la gravure, et soit à cause du choix des sujets qui flattaient la vanité nationale, soit par la faiblesse même de la conception ou de l'exécution, jouirent d'un succès populaire. De ce nombre fut son Lord Cornwallis recevant en otages les fils de Tippoo- Saïb. Les critiques ne manquèrent pas au pauvre Brown; mais il s'en consolait en songeant Glue tous les hommes de génie ont eu leurs zoïles, et il se remettait à peindre. 11 exécuta un trèsgrand nombre de portraits ; et beaucoup de personnes de haut rang posèrent tour à tour dans le vaste appartement qu'il occupa plusieurs années dans CavéndishSquare. Le roi George III, la princesse Charlotte et d'autres membres de la famille royale se firent peindre par Brown. Cette vogue lucrative n'eut pourtant qu'un temps; et, dans les dernières années de sa vie, Brown n'eut plus de commandes. Cherchant alors à s'entourer d'illusions, il se rappelait avec bonheur et cette multitude de grands de la terre que ses pinceaux avaient fait vivre sur la toile, et sa collaboration à la Galerie de Shakspeare de Boydell. On trouve en effet, dans cette belle production nationale , quelques bons morceaux de Brown. Toutefois ce qu'il a fait de mieux est incontestablement une Résurrection, clans laquelle on admire avec surprise une grande pureté de dessin et un coloris vigoureux autant que vrai. Brown mourut le ler juin 1831. On regrette qu'il n'ait pas écrit l'histoire de West. Personne mieux que lui ne connaissait la vie et les ouvrages de ce peintre célèbre
  • Matthieu BUTTAFUOCO( 1730) : maréchal de camp et député de la Corse à l'assemblée nationale, né en 1750, à Vescovato près de Bastia, d'une famille ancienne et distinguée, entra fort jeune dans la carrière des armes, et, dès 1764, parvint au grade de major du régiment royal italien. Appelé en Corse dans cette mème année par des intérèts de famille, Buttafuoco reçut du ministre Choiseul la mission aussi délicate que difficile de continuer les négociations entaillées avec Paoli par Valcroissant, au sujet de la Corse ; et il s'acquitta de cette mission avec autant de zèle que d'habileté, jusqu'en l'année 4767. Lorsque les Génois eurent perdu tout espoir de faire rentrer la Corse sous leur domination, Buttafuoco se prononça hautement pour la France en déclarant à Paoli, sans hésiter, qu'il fallait renoncer à tout projet de résistance et consentir à la réunion. Deux opinions bien prononcées divisaient alors les esprits et laissaient entrevoir les calamités qui ne tardèrent pas à fondre sur cette île. La première de ces opinions, généralement adoptée par les habitants de l'intérieur, était celle de Paoli. Ce général pensait que la patrie pouvait reconnaltre la France comme puissance protectrice ou tutélaire, à des conditions arrêtées, ainsi qu'il l'avait proposé en 1765, par l' de Valcroissant ; mais il ajoutait qu'il fallait bien se garder de permettre que cette puis-. sance s'immisçât dans le gouvernement et dans l'ad- ministration du pays ; que la Corse ne pouvait ètre libre et heureuse qu'à l'ombre d'un gouvernement ational et indépendant. Ayant mission et surtout olonté de faire parvenir le peuple corse au degré t de civilisation qui lui était interdit depuis tant de siècles, il soutenait que les puissances qui avaient successivement dominé le pays s'étaient constam- ment appliquées à tenir le peuple dans une imo- rance et un abrutissement tels qu'aucune idée d'indépendance ne piit entrer dans son esprit, et il affirmait que la France ellemême suivrait indubitablement ce système. Buttaftioco pensait au contraire', avec la minorité de ses compatriotes, que la France était la puissance européenne appelée palla nature des choses à gouverner sa patrie; il disait aux habitants des villes que le temps était arrivé de se réunir à elle , quelles qu'en fussent les conditions ; il soutenait que, pour rendre rite réellement heureuse , il fallait l'associer au mouvement progressif du peuple le plus puissant et le plus civilisé de l'Europe, de la nation qui, tout en la protégeant contre les attaques des étrangers , avait assez de force pour contenir et comprimer au besoin l'esprit d'insurrection qui depuis longtemps était le caractère distinctif du peuple corse ; et il citait à l'appui les autorités imposantes deSampietro et de Gaffori qui avaient l'un et l'autre constamment dirigé vers ce but les idées de la nation. La Corse était en proie à ces dissensions lorsqu'on y apprit que les Génois avaient cédé tous leurs droits à la France, par un traité . Cet événement y fut le signal de la guerre, et Buttafuoco, qui avait contribué plus qu'aucun autre à ce résultat, fut nonseulement un des premiers à le proclamer, mais il fit plus encore , car il marcha sous les drapeaux de la France contre ceux de ses compatriotes qui combattirent les derniers pour l'indépendance de leur patrie. On conçoit qu'après une telle conduite il dut jouir d'un grand crédit auprès du ministère franois, lorsque la soumission fut complète. Cependant nous devons à la vérité de dire qu'il n'en abusa pas dans son intérêt personnel, et qu'en général ses avis furent pour des mesures de sagesse et de modération : c'est ce dont nous trouvons la preuve dans un mémoire qu'il présenta aux ministres en 1770. Ayant continué de suivre la carrière des armes , il parvint au commandement du régiment royal corse , l'un des plus beaux de l'armée française ; il fut nommé inspecteur général du provincial corse ; il avait obtenu le grade de maré- chal de camp en 1787. Elu député de la noblesse de Corse aux états généraux, en 1789, il se montra, dès le commencement, dans cette assemblée , l'un des hommes les plus dévoués aux principes* de l'ancienne monarchie; cependant il n'y prit guère . la parole que lorsqu'il fut question des intérêts de la Corse, et notamment le 21 janvier 1790, à l'occasion d'une réclamation de la république de Gênes , qui prétendait faire valoir ses anciens droits sur cette île. Buttafuoco demanda que l'on rassurât les Corses à cet égard, déclarant qu'ils se livieraient plutôt au diable que de rester sous la domination des Génois. Il parla ensuite contre Paoli, qui, ditil, sous prétexte de liberté voulait rendre la Corse dépendante et. en devenir le maitre, et il publia même dans ce sens une Iwochure intitulée : Con- duite politique du général Paoli. Il se plaignait aussi trèsamèrement à la tribune du parti révolutionnaire en Corse, surtout de son collègue Salicetti, qui le représentait sans cesse comme un aristocrate , et qui avait excité contre lui les passions au point que dans beaucoup de villes on l'avait pendit en effigie. A la même époque , Napoléon Bonaparte, qui était simple lieutenant d'artillerie à Auxonne , publia contre ce député , sous le titre de Lettre à Matte° Buttafuoco , une diatribe trèsviolente, que la prodigieuse élévation de son auteur a seule rendue digne de l'histoire. Nous n'en citerons que quelques lignes : « 0 Lameth! ô 110-« bespierrel ô Péthion ô Volney! ô Mirabeau! ô « Barnave! ô Bailly I ô Lafayette voilà l'homme « qui ose s'asseoir à côté de vous ! tout dégouttant du sang de ses frères. Souillé par des crimes de « toute espèce, il se présente sous une veste de « général , inique récompense de ses forfaits! 11 « ose se dire représentant de la nation , lui qui « la vendit, et vous le souffrez I 11 ose lever les « yeux et prêter les oreilles à vos discours, et vous « le souffrez I Si c'est la voix du peuple , il n'eut « jamais que celle de douze nobles. Ajaccio, Bastia « et la plupart des cantons ont fait à son effigie ce « qu'ils eussent voulu faire à sa personne._ » Cette lettre, imprimée à Pôle, fut envoyée par 13onaparte au club d'Ajaccio qui la répandit dans l'ile , ce qui ajouta beaucoup à l'irritation contre Buttafuoco. Ce député continua cependant à professer dans l'assemblée les mêmes principes, et il signa toutes les protestations de la minorité contre les innovations révolutionnaires. Après la session, il passa à l'étranger comme tous ceux de son parti, et il ne revit la patrie qu'en 1794 , époque de l'invasion de la Corse par les Anglais, qui l'accueillirent avec distinction dans l'espoir de s'appuyer de tous les partis ennemis de la révolution. Mais , lorsqu'ils furent obligés de s'éloigner, Buttafuoco disparut pour toujours de la scène du inonde. Cet homme ne manquait ni d'esprit ni d'instruction ; néanmoins ces qualités ne compensaient pas les défauts que ses contemporains lui ont reprochés peut-être avec trop d'amertume. 11 avait formé une collection complète de mémoires relatifs à la Corse , qui fut dispersée en 1768, lors du pillage de sa maison. Il a laissé une histoire de Corse qui n'a jamais vu le jour. Enfin c'est lui qui , du consentement tin général Paoli , entretint avec J.J. Rousseau une correspondance politique au sujet de la constitution à donner aux Corses ; il s'acquitta tre cette tàche avec plus de talent que de succès. Buttafuoco mourut dans l'exil au commencement de ce siècle, dans un fige avancé
  • Matthieu BUTTURINI( 1752 - 1817) : helléniste italien, naquit à Salo, dans les États de Venise, le 26 mai 1759.. 11 lit ses études à Padoue sous le célèbre Césarotti , et il étudia avec beaucoup de zèle le grec et le latin. Son premier essai fut la publication de quelques oraisons funèbres en latin et quelques épigrammes en grec , composition trèsdifficile , même pour les hommes les plus habiles dans cette langue. 11 suivait dans le même temps un cours de droit, et il fut reçu docteur en 1775, après avoir fait son stage à Venise, où il exerça pendant vingt ans la profession d'avocat, remplissant en mème temps les fonctions d'orateur de la ville de Salo , puis de la sérénissime république. Attaché à ses devoirs par l'honneur, Butturini em- ployait ses heures de récréation à ses travaux raires. Il fut ensuite nommé directeur de l'imprituerie Pepoli , et toutes les éditions qui sortirent alors de cet établissement sont estimées pour l'élé- et la correction. En 1785, il publia Malle Butturini, Salodiensis, Carmina, Venise On remarque dans cette composition de l'imagination, un style pur et de belles pensées. Lors de la chute de la république de Venise , Butturini , ne voulant pas prêter serment à l'Autriche , se retira dans sa patrie. Mais, les États vénitiens ayant été reconquis par Bonaparte, il quitta sa retraite, et fut nommé professeur de littérature grecque à l'université de Pavie. Sa méthode d'enseignement de la langue grecque était facile, claire et précise ; il corrigeait luimême, avec une extrême douceur, les compositions de ses écoliers; mais sa chaire fut supprimée en 1809, et il fut nommé à une chaire de procédure civile à l'université de Bologne, oit il professa pendant cinq ans. Les événements de 1814 le déplacèrent de nouveau, et il fut appelé à Pavie à la chaire de littérature grecque. Content de cette position, il espérait à la lin vivre en paix au milieu de sa famille, lorsque la mort lui enleva sa fille unique à la fleur de l'àge. Ce coup fut pour Butturini comme un arrêt de mort. Il succomba le 28 août 1817, laissant à sa femme plusieurs manuscrits qui n'ont pas été publiés
  • Matthieu CAMARIOTA : né à Thessaloni- que, était profesSeUt de plillOsophie à Constantino- pie, et comptait le patriarche George Scholarius au noee de ses disciples. li se trouvait dans cette capitale quand elle fut prise par les Turcs en 1455. 11 écrivit sur ce malheureux événement une trèslongue lettre qu'on trouve en grec et eu latin dans le recueil de Crusius intitulé : Turco- Grœcia. On a aussi de lui deux discours sur le traité de Gemistus Pletho, de Fat° ; ils ont été imprimés à Leyde, 1722 avec les notes de Reimar et une préface de J.Mb. Fabricius. 11 a aussi composé Compendium rhetorices et Synopsis Hermogenis, qui ont été publiés par Hoeschel ; mais son Commentaire sur les Lettres de Synésius est demeuré manuscrit, ainsi que ses autres ouvrages
  • Matthieu CAMPANI-ALIMENIS : natif du dio- cèse de Spolète, était curé d'une paroisse de Rome, sous le pontificat d'Alexandre VII, et employait ses loisirs aux travaux de l'optique et de l'horlogerie. Il a travaillé à une célèbre horloge de nuit qui fut exécutée à cette époque, au moyen de laquelle l'heure parait distinctement peinte sur une surface blanche, éclairée par une lumière placée dans l'intérieur de l'horloge. Il est auteur d'un ouvrage latin intitulé Horologium solo natura3 motu algue ingenio dime- tiens el Millierans momenta temporis constantissime cequalia; accedit cireinus sphcericus pro lentibus lescopiorum tornandis el poliendis , Rome, 1678 Cet artiste, dans cet ouvrage dédié à Louis XIV, décrit une invention qu'il croit sûre, pour remédier à l'irrégularité provenant des altérations de l'air dans lequel se font les vibrations du pendule, et qui s'opposent à la précision des horloges. Il prétend aussi remédier à l'inégalité de ces mêmes vibrations, au moyen d'un pendule double. Huyghens avait déjà remédié en partie à cette inégalité, par l'application de la cycloïde au pendule. Campani est surtout célèbre par son adresse à tailler et polir des lentilles d'une convexité trèspeu sensible, et telles qu'il les fallait pour les lunettes astronomiques de la plus grande longueur ; il surpassa en ce genre tous les artistes de son temps, et, de toutes les parties en l'Europe, on lui demandait de ces lunettes. Louis XIV voulut en avoir pour son observatoire, et Campani lui en lit trois, dont la plus grande avait 156 pieds de foyer : c'est par leur secours que Cassini découvrit les deux satellites les plus voisins de Saturne. Ces instruments gigantesques, d'un transport et d'un maniement si peu commode, ont cessé d'être employés depuis l'invention des télescopes à réflexion. — Joseph CAMPANI , son frère, s'occupait aussi des instruments d'optique et d'astronomie. 11 avait moins de patience et d'adresse que Matthieu pour tailler et polir les verres, mais il montait les lunettes et faisait luimême des observations. lla publié : I° Ragguaglio di due nuovo os- servazioni, una « leste in ordine alla stella di Sa- turno, e terrestre l'altra in ° Mine a gl'instrumenti, Rome , 1664 ibid., 1665 , Amin écrivit sur cet ouvrage une lettre à l'abbé Charles, Paris, 1665 de 62 p. ; et on publia la même année une réponse de Hook aux considérations d'Auzout, et quelques lettres écrites de part et d'autre sur le sujet des grandes lunettes, traduites de l'anglais, Paris de 56 p. 2° Laiera di Giuscppe Campani intorno aile ombre delle stelle Medicee nel volte) di Giove, ed allri nuovi fenomeni celesti scoperii co' suoi occhiali, Rome, 1665 P—E et C
  • Matthieu CÉRÉZO( 1635 - 1685) : né à Burgos, en 4635, alla étudier la peinture à Madrid, dès sa plus tend•e jeunesse, dans l'école de don Juan Caréno. il fit de si rapides progrès, qu'à l'âge de vingt ans, il fut en état d'égaler son maître. Son grand art fut de consulter la nature ; il en lit son unique étude pendant plusieurs années. 11 s'attacha beaucoup à la manière de son maître, et l'imita si bien, qu'on ne pouvait souvent distinguer les ouvrages de Caréno d'avec les siens. On admire la couleur, le relief, l'esprit et le parfait accord qui règnent dans ses tableaux. Peu de peintres ont autant travaillé que CéréZ0 : il peignait fort bien l'histoire. Il mourut à. Madrid, en 1685. Entre ses principaux ouvrages qu'on voit à Madrid, on remarque un St. Thomas de Villeneuve donnant l'aumône aux pauvres , un St. Nicolas de Tolentin, une Visitation de Sis. Élisabeth, et un tableau du Miracle d'Emmaüs. On voit aussi de lui un Christ dans la grande église
  • Matthieu CHABROL( 1735 - 1815) : habile chirurgien, naquit à Limoges, le 3 mars 1755. Après avoir ter-. miné ses cours aux écoles de Montpellier et de Pa- ris, il se fit recevoir docteur, et fut nommé chirur- gienmajor de l'école du génie à Mézières en 1765. Quelques observations insérées dans les journaux l'ayant fait connaître avantageusement, il fut agrégé en 1776 au collége de médecine de Nancy. La société royale de médecine le nomma l'un de ses correspondants en 1785; et, dans sa séance du 26 août 1788, elle lui témoigna, par une médaille d'or, sa satisfaction pour les mémoires qu'il lui avait communiqués. L'année précédente , l'académie royale de chirurgie lui avait fait le même honneur. Au commencement de 1794, Chabrol fut nominé chi- Ainsi des cinq frères Chabrol, tous ont cessé de vivre, excepté le troisième par date de naissance, M. le comte Chabrol de Chamène, qui, après avoir servi dans l'armée de Condé, a été longtemps député de la Nièvre et maire de Nevers sous la restauration. Il v;t maintenant retiré dans ses terres. Son fils, avocat à la cour royale, et magistrat demissionnaire depuis 1850, est un jurisconsulte dist à qui rus doit un Dictionnaire de législation usuelle. rurgien en chef de l'armée des Ardennes; mais il n'avait déjà plus l'activité si nécessaire à de telles ronflions, et, après les avoir exercées quelques mois, il fut adjoint à la commission générale de santé à Paris. La place de médecin en chef de l'hipital mi- litaire de Mézières étant venue à vaquer en 1795, il l'obtint connue une récompense de ses services. 11 mourut en cette ville, le 12 fé?Tier 1815. On a de lui, dans les journaux de médecine, des Observa- tions sur une concrétion polypeuse; sur l'Entploi de l'agaric de chéne dans les hémorragies; sur l'Usage des fumigations dans les maladies des voies lacry- males, ete.; dans l'Encyclopédie méthodique, les ar- ticles CLAVICULE, COMMOTION, CONTRECOUP et PoLI PE A LA NlATR10E ; dans les Mémoires de la Société royale de médecine, la Relation d'une opération résa- rienne pratiquée avec succès, t. 2, p. 256 ; Remarques et additions, t. 5, p. 267. La Biographie ardennaise de Doulliot contient une notice sur Chabrol
  • Matthieu COMPAIN( 1600 - 1678) : jésuite, naquit à Lyon, d'une famille trèsconsidérée, vers le commencement du 17' siècle, et y mourut en 1678. Chorier nous apprend que personne ne poussa aussi loin que lui la manie d'acquérir des médailles et des objets d'antiquité de tout genre; mais, ajoute Chorier, quand son corps et son esprit eurent été affaiblis par l'àge et par les matadies, il ne vit plus dans ses trésors qu'une marchandise, et il vendit cette précieuie collection à un noLle Allemand qui la paya fort cher. Compain trouva, dans le prix qu'il en retira, le moyen de rendre son nom immortel. Il fit construire une fort belle bibliothèque dans la maison dite de StJoseph , que les jésuites possédaient à Lyon, au confluent du Rhône et de la Saône, et il y fit transporter un grand nombre de livres qu'il avait achetés de ses propres deniers, et même ceux qui lui avaient été donnés. Il voulut que cette bibliothèque s'accrût au moyen d'une rente annuelle et perpétuelle qu'il constitua cet effet, sans que cette rente pût être détournée à un autre usage. Lors de la suppression des jésuites, en 1762, la bibliothèque fondée par Compain fut sans doute réunie à celle du collége ; quant à la rente destinée à l'accroitre, elle a eu le sort de toutes ces fondations libérales ou pies, qui se sont englouties dans le gouffre de nos révolutions
  • Matthieu CIVITALI( 1400) : né à Lucques, au 15e siècle, après avoir exercé l'état de barbier et de chirurgien pendant quarante ans, de\ int tout à coup scuplteur si habile, que Fon comparait ses ouvrages à ceux de MichelAnge. On en voit dans la cathédrale de Gènes , et dans l'église de StMichel , à Lucques. Il florissait en MO. La singularité d'un homme qui, de simple barbier pendant quarante ans, devin, I out de suite un sculpteur aussi célébre, donna lieu à cette épitaphe Bic In sinu naturx quieseit Mattlmus Civitati, Lucensis; Quadraginta qui per annos, tonsor duniaxat Seulplurx subito amure raptuF., Et taetus subito scuiptor, Seutptores protinus totundit Vix omnes
  • Matthieu CHINIAC DE LA BASTIDE( 1739) : frère du précédent, né en septembre 1739, à Alassac en Limousin , était aussi membre de Paradémie de Montauban, et entreprit, en société avec d'Ussieux , un Abrégé de l'Histoire littéraire de France, publiée par les bénédictins de la congrégation de StMaur , sur un plan beaucoup trop étendu pour les gens du inonde, puisque les douze premiers volumes de ce savant ouvrage ne vont que jusqu'à ia tin du 12e siècle, Les deux premiers volailles de l'abrégé parurent ensemble , et s'étendent jusqu'à l'an 425, sous ce titre : histoire de la littérature française, depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, avec un tableau du progrès des arts dans la monarIchie. Cet intéressant ouvrage, enrichi de nombreuses citations, de tables et de notes presque aussi étendues que le texte, n'a pas été continué. Chiniac s'est aussi occupe d'une traduction des Commentaires de César, accompagnée de dissertations et de notes, mais son travail est demeuré manuscrit ; il n'en a publié que le t. 1" de la 2e partie, avec cc faix titre : Dissertation sur les Basques, Paris, sans date 1786) de ZiOri p., et une planche représentant l'ancien jeu géographique des Phéniciens, qui offrait la position de la métropole de Tyr avec toutes ses colonies ;.jeu qui, selon l'auteur, s'est conservé jusqu'à nos jours, avec quelque altérat ion, SOUS le nom de inarelle, et qui est la vraie origine des armoiries de la Navarre. Cet ouvrage rare est curieux par les recherches qu'il renferme ; mais il est rempli d'idées systématiques et d'une extrême diffusion. L'auteur était magistrat de sûreté du 5e arrondissement de Paris en 1800.11 mourut en juin 4802. — Jean- Baptiste CIIINIAC DE LA. BASTIDE, mort en 1768, est l'auteur du Miroir fidèle, ou Entretiens d'Ariste et de, Philindre, avec la critique du p'an d'éducation de J.- J. Rousseau, Londres et his, 1766
  • Matthieu CONCANEN : auteur irlandais du lie siècle, était destiné au barreau, où il ne parait pas cependant s'être fait remarquer. Étant venu à Lombes avec Stirling, poète dramatique de peu de mérite, pour y chercher fortune, il espéra réussir en se déclarant le défenseur du gouvernement. On raconte à ce sujet une anecdote qui n'est rien moins que prouvée. Son compagnon et lui avaient jugé à propos, diton, afin de rendre leur projet plus profitable, que l'un d'eux écrirait pour et l'autre contre le gouvernement, et qu'ayant tiré au sort pour décider la cause que chacun d'eux devait défendre, Concanen devint le champion du ministère li travailla principalement au Journal Britannique, au Journal de Londres et au Spéculateur, où il se permit quelques réflexions peu obligeantes sur Bolingbroke, et principalement sur Pope, qui, en retour, lui donna une place dans la Dunciade. Son esprit et ses talents littéraires lui valurent la protection du duc de Newcastle, qui lui fit obtenir en 1752 la place d'attorney général de File de la Jamaïque, qu'il remplit avec honneur pendant dixsept ans. Posses- seul alors d'une fortune indépendante, il revint à Londres avec l'intention de se retirer en Irlande et d'y terminer ses jours ; mais attaqué bientôt de la consomption, il mourut en 1749, quelques semaines après son arrivée en Europe. On a de lui des poésies et des chansons estimées, une comédie intitulée Wexford Wells et a Supplement to the Profbund, Sir Robert Strange, qui possédait une Vierge el l'Etspnt Jèxus de Sébastien Cima, remarque que, malgré tous ses défauts, c'était un grand peintre, et qu'on doit le considérer connue un
  • Matthieu DANNENMAYER( 1741 - 1805) : professeur d'histoire ecclésiastique et de théologie à Vienne, naquit en 1741 à 0Epfingen en Souabe. Il fut d'abord professeur d'histoire ecclésiastique, doyen et recteur de l'université de 'Fribourg en Brisgau Joseph II le nomma, en 1786, professeur de théo- bigle et d'histoire ecclésiastique à Vienne, où il est mort le 8 juillet 1805. Ses principaux ouvrages sont : Introductio in Historiant, Ecclesice chris- Itillte wilfflifflibus academicis accommodata, Fribourg, 1778 ; 20 Institutiones Historim ec- cles . Novi Test. periodus prima: a Christo natousque ad Constant., N., Fribourg, 1783 ; 3° Insti- tutiones Historim ecclesiasticce Novi Testamenti, p. 1 et 2, Vienne, 1788. Ce dernier obtint le prix que Joseph 11 avait proposé pour celui qui compo- serait, à l'usage des écoles, le meilleur ou\ rage élémentaire sur l'histoire ecclésiastique. Ou loue le style simple, naturel et correct de l'auteur, son impartialité et son esprit tolérant envers les sectes séparées de l'Église catholique
  • Matthieu ÉLIAS( 1658) : peintre, naquit au village de Peene, près Cassel, en 1658, de parents trèspauvres. Sa mère subsistait du métier de blanchisseuse et ne possédait qu'une vache dont son fils était le gardien. Corbeen, peintre estimé, passant un jour près de leur demeure, aperçut une fortification en terre avec de petites figures; c'était l'ouvrage d'Elias, dont l'intelligence et l'aimable physionomie intéressèrent l'artiste, qui, du consentement de sa mère, l'emmena chez lui à Dunkerque et le plaça au nombre de ses élèves. Ses progrès furent tels que, pour mettre le comble à sa bienfaisance, Corbeen ' l'envoya se perfectionner à Paris, lorsqu'il fut parvenu-à sa vingtième année. Elias se montra digne des soins de son protecteur. Il lui envoyait fréquemment de ses ouvrages en témoignage de reconnaissance. S'étant marié à Paris, il fit un voyage à Dunkerque, pour y voir son maître, et peignit alors dans cette ville un Martyre de Ste- Barbe. De retour à Paris , il fut nommé professeur à l'Académie de StLuc, et composa quelques thèses. Etant devenu veuf, il revint à ' à Dunkerque où il fit encore plusieurs tableaux, tels que les Portraits en pied des principaux membres de la confrérie de St- Sébastien, dans un seul tableau ; un Baptéme de Jésus- Christ, où il introduisit, par un de ces anachronismes qui, pour être communs, ne sont pas moins répré- hensibles, St- Louis en prières. Il se préparait à retourner à Paris, lorsque les sollicitations de ses compatriotes le retinrent à Dunkerque. Il y peignit entre autres un Voeu du corps de la ville à la Vierge, morceau remarquable en ce qu'il s'y m.ontra coloriste plus vrai et plus vigoureux qu'à son ordinaii e. Il plaça son portrait dans cette vaste composition. Les villes 'de Menin, Ypres, Cassel et Berg StWinoc possédèrent aussi de ses ouvrages. Descamps, qui avait personnellement connu Elias, donne les plus grands éloges à la douceur de son caractère, et à la pureté de ses moeurs. Il mourut le 22 avril 171v1, à 82 ans
  • Matthieu FEYDEAU( 1616) : né à Paris en '1616, d'une famille qui s'est illustrée dans l'Église et dans la magistrature , fit ses études dans cette ville , embrassa l'état ecclésiastique , et fut agrégé à la maison de Sorbonne , où il lit sa résidence. Il avait à peine reçu la prètrise , lorsque M. l'archevèque de Sens le chargea de faire des conférences aux jeunes ecclésiastiques de son diocèse que l'on préparait aux ordres. En 1615 , son ami l. Duhamel , curé de- StMerry , voulut l'avoir pour vicaire. Feydeau préféra la succursale de Belleville , où "il rassembla de pieux ecclésiastiques, avec lesquels il formait de jeunes clercs aux études et aux vertus de leur état ; c'est pendant le séjour qu'il fit dans cette succursale qu'il prit le bonnet de docteur. Revenu à StMerry , il y continua ses conférences , se chargea des catéchismes et se voua avec beaucoup de zèle à la visite des malades , à la direction des consciences et à la prédication. 11 servit de second à M. de SteBeuve dans la conférence célèbre qu'il eut avec le P. Labbe au sujet du livre de ce jésuite, intitulé : Triumphus veritatis catholicce adverses novatores. Lié avec M. Arnauld et les autres solitaires de PortRoyal , il fut l'un des soixantedouze docteurs exclus de la Sorbonne pour n'avoir point voulu adhérer à la condamnation de cet homme célèbre. Feydeau prit alors le parti de la retraite. D'abord il se retira à la campagne, ensuite à Melun , où il dirigea les religieuses ursulines. Au mois de juillet 1657 une lettre de cachet l'exila à Cahors. Il vécut pendant quelque temps caché dans le voisinage de Paris. Ayant quelque espoir qu'on s'adoucirait à son égard , il revint dans cette ville , où il ne se montra qu'à ses amis particuliers. On fit courir le bruit qu'il était allé à Maëstricht et qu'il s'y était fait ministre. Il crut devoir repousser cette calomnie par une lettre qui parut en 1660. M. Pavillon , évèque d'Aletli , lui fit proposer la théologale de StPoldeFenouillèdes , qu'il accepta et garda jusqu'en 1668. En 1669 , M. Vialart , évèque de Châlons, le pourvut de la cure de VitryleFrançais. S'y voyant tourmenté et peu soutenu par ce prélat, il s'en démit en 1676 au grand regret de ses pa- roissiens. Alors M. de Buzanval , évéque de Beauvais , lui offrit la théologale de son église , dont il prit possession en 1679. Une nouvelle lettre de cachet vint le troubler dans cet asile , où il croyait trouver la paix. Elle l'exilait à Bourges. Il y passa neuf ans. Un troisième ordre du gouverpeinent le transféra à Annonay. M. Feydeau mourut dans cet exil le 24 juillet 1694 , âgé de 78 ans. 11 fut enterré dans l'église des Célestins de Colombiers. Ces PP. firent graver sur sa tombe une épitaphe honorable , où ils font l'éloge de sa piété et de ses vertus , en regrettant qu'elles n'aient pas été accompagnées d'une entière sou- mission aux décisions de l'Église*. On a de lui les ouvrages suivants : 10 Méditations nie' les princi- pales obligations du chrétien , tirées de l'Écriture sainte, des Conciles et des Saints- Pères, I 649, un vol. lé Ce livre , composé pour les jeunes ece- siastiques que dirigeait M. Feydeau , contribua aussi beaucoup à la conversion du grand Condé ; il a eu plusieurs éditions. La 4eparut avec des aug- mentations et on y inséra les passages des SaintsPères ; 20 Catéchisme de la grdce , Paris, 1650. Il avait été composé en huit jours, sur la demande de l'évèque d'Amiens . On le réimprima ensuite sous le titre d'Éclaircis- sement sur quelques difficultés touchant la grdce , et il fut traduit en plusieurs langues. C'est à tort qu'on l'a attribué à M. N'enflant , chanoine de Beauvais. Il fut condamné à Rome par décret de l'inquisition ; mais M. Fouquet , alors procureur général du parlement , empècha que le décret ne fût publié en France ; 3. Méditations sur l'histoire et la concorde des Évangiles , Bruxelles , 1671, 2 vol. iii-12; Lyon, 1689-96, 3vol. avec plusieurs changements. Il y en a eu encore d'autres éditions ; Mémoires de sa vie , qui ne vont que jusqu'au mois d'octobre 1670 , la rie de madame Maton, sa pénitente , et autres ouvrages qui n'ont point été imprimés. On lui a attribué les Mc: dila- tions chrétiennes sur la providence et la miséricorde de Dieu, sous le nom du sieur de Pressigny ; elles sont de dom Gabriel Gerberon
  • Matthieu GALDI( 1766 - 1821) : né en 1766, dans le village de Coperchia près de Salerne, reçut une éducation soignée, étudia le droit civil et canonique, et se destinait à la profession d'avocat, lorsque, en 1791, les idées françaises, propagées par les Quoique Galba n'ait pas régné huit mois, on trouve de lui des médailles grecques indiquant la seconde année de son cm- ire, parce que l'usage, dans ces contréee, était de commencer l'année en automne, et de dater la première année de chaque empereur du premier jour de celle où il était monté sur le trône. Les médailles grecques ne Galba et cellgs des colonies sont plus rares que les romaines. Les médailles d'Egypte lui donnent aussi quelquefois les prénoms de Lucius et de Livius. trigues de Lainberti, trouvèrent des partisans à Naples, où se formèrent des sociétés secrètes qui se mirent à dogmatiser sur les principes de liberté politique. Le gouvernement fit arrèter quelques affiliés, et Galli fut obligé de se réfugier en France avec d'autres Napolitains , également compromis comme partisans de la révolution. Lamberti, arrivé à Paris, appuyé par Galdi et autres réfugiés, sollicita la protection du gouvernement, en assurant qu'à l'apparition d'une escadre française la révolution éclaterait à Naples. Une flotte fut expédiée en 179'2, sous la conduite de la ToucheTréville, mais le soulèvement n'eut pas lieu, et l'amiral français s'éloigna sans autre résultat. Le métier des armes devint alors l'unique ressource de ces émigrés. Galdi parvint au grade de capitaine dans l'armée française, et il passa les Alpes avec Bona- parte. Arrivé à Milan en 1796, il changea son grade de capitaine dans l'étatmajor contre une chaire de professeur ; mais ses talents et ses écrits le portèrent bientôt à des places plus importantes. En 1799, il fut nominé ministre de la république cisalpine en Hollande, et conserva cet emploi pendant dix ans. De retour à Milan en 1808, il publia ses observations sur la Hollande, et en 1810 il retourna dans sa patrie, où le roi Murat le nomma préfet, ensuite président de l'instruction publique, emplois qu'il a remplis avec beaucoup de zèle et de succès jusqu'à la restauration de 1815. Galdi était destiné à jouer encore un rôle important à la révolution de 1821 , et c'était lui qui présidait la chambre des représentants à Naples lorsque le roi Ferdinand prèta entre ses mains le serment qui fut déclaré de nul effet après son départ du royaume. Galdi mourut à Naples le 51 octobre de cette année, au moment où la réaction allait l'atteindre, après l'arrivée de l'armée autrichienne. On a de ce savant : 1. Della necessità di stabilire ana repubblica in Italia , Milan , 1796 Cet ouvrage, qui valut une grande réputation à l'auteur, n'a produit d'autres résultats que d'exalter les tètes et de fournir à lord Bentinck , commandant la flotte anglaise en janvier 1814 , un prétexte pour exciter les peuples contre les Français, au moyen d'une proclamation imprimée, dans laquelle il promettait aux Italiens l'unité d'un gouvernement libre; 20, 0sservazioni suite constitu- zione elvetica M i I an , 1797 ; 3. Vicende del teatro italien°, ibid., 1797 40 Rapporti poli- tico- economiei fra le nazioni libere , ibid., 1798 50 Saggio sol conunercio d'Olanda, ibid., 1808 Cet ouvrage fut composé et publié par Galdi à son retour de Hollande, de nième que le suivant : 6. Qteadro politico delle rivoluzioni delle Provincie Unite e della repubbiica Balaya , e dello stato attuale d'Olanda, Milan , 1809 , .2 vol. Enfin il publia, lorsqu'il fut mis à la tète de l'enseignement : Pensieri sulla instruzione pubblica Naples, 1815
  • Matthieu GRIBALDI( 1500) : célèbre jurisconsulte, né à Chieri en Piémont, au commencement du 16" siècle , enseigna le droit pendant plusieurs années en France et en Italie. Sa réputation était déjà faite, lorsqu'il fut appelé à Padoue en 1548, puisqu'on lui offrit un traitement de 800 florins qu'on éleva jusqu'à 1,100. Papadopoli remarque que sa renommée allait aussi toujours croissant, et que le nombre des élèves qui accouraient à ses leçons devint si grand que la salle de l'université ne pouvait plus les contenir. Gribaldi partageait en secret les opinions des novateurs , et il lui échappa des propos indiscrets qui confirmèrent les soupçons qu'on avait déjà à cet égard. Des amis l'ayant averti de pourvoir à sa sûreté, il s'enfuit de Padoue en 1553 , et après avoir erré Gribaldi a pris , on ne sait pourquoi , à la tête de quelquesuns de ses ouvrages le surnom de Mopha ou Motu. Bayle a eu tort de tourner son nom en celui de Gribaud. XVII. quelque temps dans les Alpes, il fixa son séjour à Genève. Pendant l'instruction du procès de Servet, il demanda une conférence à Calvin , qui la lui refusa, dans la crainte qu'il ne prit la défense des sentiments de l'accusé touchant la Trinité et la divinité de JésusChrist. Cependant après le supplice de cet hérésiarque, Calvin l'invita d'assister à une assemblée du synode : Gribaldi s'y rendit avec confiance; mais Calvin n'ayant pas voulu lui tendre la main , en signe (l'amitié , avant d'avoir entendu sa profession de foi , il sortit précipitamment de la salle , et craignant d'être arrêté par l'ordre de cet implacable sectaire , il s'enfuit jusqu'à Tubingen. Ses amis lui procurèrent dans cette ville une chaire de droit. Il ne l'occupa que peu de temps et vint habiter la terre de Farges, qu'il avait achetée dans le canton de Berne. Calvin le poursuivit dans cet asile et l'obligea de présenter la rétractation des sentiments qu'on lui attribuait il continua cependant de fréquenter la secte des sociniens, et il cacha même dans sa maison Valentin Gentilis. Aussi , dit Bayle, il aurait été tôt ou tard puni du dernier supplice, si la peste , qui l'emporta au mois de septembre 1564 , ne l'eût garanti de tout procès d'hérésie. On a de lui : 1° De methodo ac ratione studendi jure civili libri tres, Lyon, 1544; ibid., 1556 ; 1574 répare dédicatoire, datée de Valence 1541 , est adressée à ses anciens élèves de Toulouse; 2. Recentiores jurisconsulti singuli , singulis distichis conzprehensi ; imprimé à la suite du Catalog. jurisconsult. veteruin , de Jean Lorich , et inséré par Ch.Cod. Hoffmann dans son édition du traité de Pancirole , De claris legum interpretibus , Leipsick , 1721 3° Commenta- ?• us ad legem Falcidiam , Pavie, 1548 40 Epistola in mortent Spieree • publiée par Coel. Secund. Curio , Bâle, 1554 5° quelques ouvrages de droit peu importants , et dont on trouvera les titres dans les Aléntoires de Niceron , t. 51. On peut consulter la notice que ce volume renferme sur Gribaldi ; mais elle doit ètre corrigée sur ce que Tiraboschi rapporte de ce jurisconsulte dans la Storia della le/ levet. italien
  • Matthieu GRIFFONI( 1351 - 1426) : historien italien, appelé en latin de Grifonibus, d'une ancienne famille de Bologne, naquit en cette ville en 1551. Il reçut une éducation trèssoignée et cultiva d'abord la poésie avec assez de succès, comme le prouvent les pièces qu'on a de lui, datées de 1585. Ses concitoyens l'envoyèrent en ambassade à Rome en 1395, et à Florence en 1401; et il montra, dans les négociations dont il était chargé, autant de prudence que d'habileté. Le duc de Milan s'étant emparé de Bologne en 1403, Griffoni fut exilé; mais à son retour on lui rendit les emplois qu'il avait perdus, et il continua de les remplir jusqu'à sa mort, arrivée le 3 juillet 1426. On a de lui : Memoriale historicum rerum Bononiensinm, Ces annales, qui commencent à l'année 1109, ont été continuées par un anonyme jusqu'en 1428. Les faits y sont rapportés trop brièvement, et le style en est peu élégant; mais elles n'en sont pas moins précieuses par l'exactitude et l'impartialité qui les distinguent. Muratori les a publiées dans ses Scriptores renne italirarum, t. 18, et les a fait précéder de recherches curieuses sur la vie de l'auteur
  • Matthieu HENRY( 1662 - 1714) : théologien anglais non- conformiste , né en 1662, joignait la connaissance des langues savantes , et surtout de l'hébreu , à celle de la théologie et de la jurisprudence. Frappé d'apoplexie pendant un voyage, il mourut à Nantwich, en 1714. On a de lui, outre des sermons : 1. Discours concernant la nature du schisme, 1689 ; Vie de . 11. Philippe Henry . Cette vie , publiée d'abord en 1699 , a reparu avec des notes dans l' Eclesiasticnl Biography du docteur Wordsworth; 3° Catéchisme de l'Écriture , 1702; 4° Hymnes de famille, 1702. 5. Le compagnon du communiant , 1704; 6° Quatre discours contre le vice et l'immoralité, 1705; 7. Méthode de prière, 17i0; 8° Direction pour la communication journalière avec Dieu, 1712; 90 Expositions de la Bible, 5 vol. Sa , Vie a été écrite par W. Tong, 1716
  • Matthieu HILLER( 1646 - 1725) : savant orientaliste, surnommé le Bochart de l'Allemagne , naquit à Stuttgard le 15 février 1646, et était fils du secrétaire du conseil de régence de Wirtemberg. Après avoir terminé ses études, il obtint le grade de maitre ès arts à l'université de Tubingue, et y fut retenu professeur suppléant, place dont il se dénia pour aller exercer les fonctions de diacre à Herrenberg. II fut ensuite chargé de renseignement à Bebenhausen, et revint en 1687 à Tubingue remplir la chaire de logique : il y réunit bientôt celles de métaphysique et d'hébreu , et fut enfin créé professeur ordinaire des langues orientales, et professeur extraordinaire de théologie. Ses talents contribuèrent à répandre un nouvel éclat sur l'université ; aussi furentils récompensés de la manière la plus honorable. Nommé principal du collége ducal , et inspecteur d'une partie des écoles du Wurtemberg , il fut ensuite désigné abbé de Herrenalb , puis de Koenigsbrunn, place importante et lucrative. Il mourut dans cette abbaye le ri février 1725 , âgé de 79 ans. On a de lui : 10 Institutiones lingue sanch e ; cette grammaire a été souvent réimprimée : l'édition la plus récente est celle de Tubingue, 1760 20 Lexi- con latino- hebraïcum, 1685; 30 Onomasticum sa- crum, Tubingue , 1706 Cet ouvrage a été traduit en allemand par l'auteur : il a été réimprimé à la suite des Bibles en cinq colonnes de Wanderbeck. 40 Syntagmata hermeneutica quibus loca S. Scripturce plurima ex hebraico textu nove explicantur, ibid., 1711 Ce volume renferme quatorze dissertations , dont plusieurs avaient paru séparément; elles sont intéressantes et fort estimées des protestants. 5" De arcano heri et kettrib, ibid., 1692 L'auteur y examine les dierentes opinions des orientalistes sur l'accentuation et la ponctuation des Hébreux , et prouve l'authenticité des deux leçons des saintes Écritures. 60 Hierophy- acon sive Commentarius in loca sacre Scripture que plantarum faciunt mentionem, Utrecht, 1725 Cet ouvrage , qu'on doit regarder comme le pendant de l' flierozokon de Hochait, est rare et recherché : il ne parut qu'après la mort de 'Eller, par les soins de Salomon Fister, son gendre, qui y ajouta une préface , dans laquelle il a donné des détails sur la vie de l'auteur. Hiller a laissé en manuscrit plusieurs ouvrages , entre autres le Thesaurus lingue scinda hermeneuticus il a réuni sous ce titre l'explication de toutes les difficultés de la langue hébraïque; et les savants en ont longtemps désiré la publication. — Louis- Henri IIILLEa a publié à Ulm Mys- terium aras steganographioe novissimum, in gratiam collegii nature curiosorum, modum miles epistola: et alia scripta incognita in omnibus linguis solvendi complectens, Ulm, 168). de 478 pages, sans la préface et l'errata de 6 pages qui termine le volume. Cette multitude de fautes aura vraisem- blablement contribué au peu de succès de ce traité, qui est beaucoup plus ample et aussi exact que l'Ars decifratoria , mais moins méthodique . Il ne s'adapte spécialement qu'au latin, à l'allemand, au français et à l'italien, et seulement aux chiffres à clef simple ou dont l'alphabet n'est pas variable. L'auteur eut pour collaborateur dans ce travail Christian Schorer, , habile calculateur; et il en avait donné un premier aperçu dans son Opusculum steganograplii- coin publié à Tubingue en 1675
  • Matthieu JUDEX( 1518) : théologien protestant, et le premier auteur qui ait écrit sur la liberté de la presse, était né en 1518, à Dippolswald, dans la Misnie. Son père, quoique trèspauvre, ne voulant pas contrarier ses inclinations , lui permit d'aller étudier à Dresde. De cette ville il se rendit à Vittemberg, puis à Magdebourg, où il arriva malade et dans le dénùment le plus absolu. Pendant quelques semaines il y vécut des secours qu'il recevait de la charité publique ; mais , s'étant fait promptement connaître d'une manière avantageuse, il fut placé comme précepteur. Ayant accompagné son élève à Vittemberg, il y prit, 1549, le grade de maitre ès arts, et revint à Magdebourg , où, après avoir régenté les humanités au gymnase, il fut nommé pasteur ou prédicateur de l'église StUlrich. Ses talents lui méritèrent l'estime de Francowitz , qui l'adjoignit aux rédacteurs des Centurice magdebur- genses. En 1560, il passa professeur de théologie à l'académie d'Iéna. Envoyé la mème année au colloque de Weimar, il s'y prononça fortement contre les Syneryides, ou partisans de la liberté illimitée de l'homme, dont le professeur StrigeEus était le chef. Ce parti, que l'électeur de Saxe appuyait secrètement, chercha l'occasion de se venger de Judex et la trouva bientôt. Judex avait, avec plusieurs de ses collègues, souscrit une supplique aux princes de la confession d'Augsbourg, pour les prier d'aviser aux mesures les plus propres à faire cesser les divisions qui se manifestaient parmi les luthériens. Cette démarche n'ayant produit aucun résultat, il adressa cette pièce au conseil ecclésiastique de censure ; et, sans attendre son autorisation, il la fit imprimer avec une préface. C'était une infraction manifeste , mais peut-être excusable, au règlement que la multiplicité des libelles venait de faire établir en Allemagne. On l'en punit avec une sévérité presque incroyable. Dépouillé de sa chaire, il fut en outre forcé de quitter Iéna, pendant l'hiver le plus rude. Il se retira d'abord à Magdebourg, où il lui restait des amis; mais on le contraignit d'en sortir surlechamp , et , malgré la rigueur de la saison, il fut obligé de se remettre en route avec sa femme et cinq enfants dont le plus âgé n'avait pas huit ans, et le cadet trois mois. Il parvint, non sans peine, à gagner Wismar, où ses ennemis consen- tirent à le laisser en repos. Son exil cessa deux ans après, et il fut élu pasteur à Rostock; mais, à peine arrivé dans cette ville, il y tomba malade et mourut le 11 juin 1564, âgé seulement de 36 ans. Outre quelques livres de théologie, oubliés depuis longtemps, On a de Judex : De typographiœ inven- amie et de prœlorurn legitima inspectione libellus brevis et utilis, Copenhague, 1566, petit Cette édition originale est trèsrare ; mais l'ouvrage a été recueilli par wollr dans les Monumenta typogra- phice, t. ler, p. 72-170. Le titre annonce suffisamment que Judex n'est point un partisan de la liberté de la presse sans restriction. Quoique, ditil, par sa nature la presse soit libre, il n'est pas un seul écrivain qui refuse de soumettre ses ouvrages à une commission de censure, établie légalement; car il n'en est aucun qui veuille refuser à l'Église et à l'État l'obéissance qui leur est due. Mais il se plaint que les consistoires aient usurpé le droit de nommer, sans le concours des magistrats, des censeurs qui, par ignorance ou mauvaise volonté, retardent la publication des livres utiles, tandis qu'ils en laissent 'parattre de dangereux pour la foi et pour les moeurs. D'ailleurs Judex, zélé protestant, ne cesse dans cet ouvrage de déclamer contre l'Église romaine, qu'il appelle le royaume de l'Antechrist; et, remarquant que la découverte de l'imprimerie n'a précédé que de soixantesept ans la prédication de Luther, il en conclut que Dieu, en accordant l'imprimerie aux hommes, a voulu donner un moyen de combattre l'Antechrist , c'est-àdire le pape , et d'en triompher. index ne parle qu'en passant de la découverte de l'imprimerie , et il connaissait si peu les procédés typographiques qu'il est persuadé que les Aide s'étaient .servis de caractères d'argent pour imprimer les oeuvres de Cicéron, et alia philosophica. et que c'est à l'emploi de ces types qu'est due la beauté de leurs éditions. On peut consulter pour plus de détails : De vita Alatthcei Judicis, par André Schopp . Crenius a réimprimé cette harangue funèbre dans ses Animadversiones t. 6, p. 49 ; et Bayle en a donné , dans son Diction- naire, une analyse trèsintéressante; mais il ne connaissait pas l'ouvrage de Judex, dont on vient de parler,,et qui seul peut garantir encore quelque temps son nom de l'oubli
  • Matthieu KELLISON( 1560) : théologien anglais, naqui t en 4560 dans le comté de Northampton , fut élevé dans les colléges anglais de Douai, de Reims, de Rome, et occupa pendant sept ans une chaire de théologie dans ce dernier. Ayant été appelé en 1589 à Reims, pour y remplir le même emploi , y prit le degré de docteur, et parvint quelques années après à la dignité de chancelier de l'université. La mauvaise administration du docteur Worthington , président du collége de Douai, fit sentir le besoin de lui donner un successeur. On jeta les yeux sur le docteur liellison, et sa bonne conduite justifia parfaitement un pareil choix. Ses premières opérations furent d'éteindre les factions qui déchiraient ce collége, et d'y rétablir la discipline suivant l'esprit des fondateurs. Les dettes contractées par son prédécesseur, et qui avaient anéanti les ressources . Cette mesure contrariait singulièrement les prétentions des réguliers , qui aimaient mieux dépendre du pape, dont l'éloignement favorisait leur hisubordination , que des évêques placés sur les lieux et par conséquent à portée de surveiller leur conduite. Les PP. Knott, viceprovincial des jésuites en Angleterre, et Floyd, son confrère, attaquèrent vivement la personne et le livre du docteur Kellison , dans des écrits qui furent condamnés en 1631 par l'archevêque de Paris, la faculté de théologie et l'assemblée du clergé de France. Pendant que ce docteur triomphait ainsi des vains efforts de ses ennemis du dedans, il obtenait des succès plus consolants sur ceux du dehors. Il avait publié un écrit intitulé le Bdillon de l'Évangile réformé, qui contribua singulièrement à la conversion de plusieurs protestants •anglais. Montagne , qui fut depuis évoque de Chichester, lui ayant répondu par le Bdillonneur bdillonné, Kellison, dans sa réplique, pressa si fortement le docteur anglican que celui- ci se rapprocha beaucoup de la doctrine catholique sur la prière pour les morts , sur l'invocation des saints, le mérite des bonnes oeuvres et la satisfaction , de manière qu'il devint trèssuspect à ses collègues touchant son ortheidoxie. Le docteur Kellison, chargé d'années et de travaux, termina sa carrière à Douai en 1641. Sa taille était avantageuse, sa prestance imposante. Son maintien grave inspirait le respect en mOme temps que ses manières affables, les agréments de sa conversation et le meilleur ton appelaient la confiance et faisaient oublier l'obscurité de son extraction. Les catholiques anglais le désignèrent à plusieurs reprises pour la dignité épiscopale dans leur pays; mais sa modestie et son humilité mirent constamment des obstacles à l'accomplissement de leurs voeux. Ses ouvrages sont : 1. Plan de la nouvelle religion, Douai, 1603 2° Réplique à la Réponse de Suteliff * l'Examen de la nouvelle religion, Reims , 1608 ; 3° Oratio coram Heurico /V, rege christianissimo; 4° Le Bdillon ( le l'Évangile réformé; 5. Examen reformationis prcesertim calvinisticce, Douai, 1616 6° Le droit et la juridiction du prince et du prélat, 1617-1621 ; 7. Traité de la hiérarchie de l'Église contre l'anarchie de Calcin, 1629 , 8° Instructions courtes et nécessaires pour les catholiques d'Angleterre, louchant leurs pasteurs, 1631 ; Commentarius in teriiam partem S11771Moe sancli Thomm , 163e. ; 10° Lettre au roi Jacques ler, manuscrit
  • Matthieu KESSELS( 1784 - 1836) : sculpteur de mérite, était né à Mestricb le 20 mai 1784. Envoyé d'abord par un de ses oncles à Venlo , pour y apprendre à l'orfévrerie , il se rendit ensuite à Paris , où il fréquenta l'école des beauxarts , et s'initia aux principes du dessin. Son assiduité au travail altéra sa santé, et pour la rétablir, il se rendit à lIambourg, d'où il passa à StPétersbourg, où a demeura de 1806 à 1814, s'occupant à modeler et à ciseler des statuettes de tout genre en cire et en argent. De retour à Paris , il devint élève de Girodet ; puis il se rendit dans la patrie des arts, en Italie , où il fut reçu dans l'atelier de Thorwaldsen , qui lui confia l'exécution en marbre de lieux basreliefs devenus populaires, le Jour et lu Nuit. En 1819 , Canova établit un concours de sculpture à Ruine. Kessels présenta un St- Sébastien percé de flèches, qui fut couronné par l'Académie de StLuc. Dès lors sa réputation alla toujours croissant. Voici ses principales productions : Un Dioscobe couché . belle étude de nature; Ilars au repos , statue colossale en marbre , exécutée pour le gouvernement des PaysBas, et qui fut placée à Laeken ; un Dioscobole debout lançant le disque ; une Femme pleurant sur une urne , d'un caractère simple et touchant ; un Génie funèbre, empreint d'une tristesse vraie et gracieuse ; quelques sujets mythologiques pleins de grâce et de finesse, tels que l'Amour aiguisant ses / lèches ; une Vénus ; un Cupidon. On lui doit encore le mausolée de la femme du comte de Celles , ambassadeur des PaysBas près le sain tsiége. Ce mausolée, exécuté en marbre, et qu'on volt dans l'église de StJulien des Belges,. à Rome, se fait remarquer par une grande sensibilité et par une habile composition. Son oeuvre capitale est la Scène du dél? ge, qu'il exécuta en marbre , pour un amateur distingué, M. Jones. Matthieu Kessels était membre de l'Institut des PaysBas, et des académies des beauxarts d'Anvers et d'Amsterdam. Il est mort à StLuc , le 3 mars 1836 , figé de 51 ans. On trouve dans la Revue des beaux- arts, numéro du mois de septembre 1855, une notice sur Kessels, qui nous a été utile pour la rédaction de cet article. E. Ds
  • Matthieu MARAIS( 1664 - 1737) : avocat distingué au parlement, dont l'article manque à toutes les biographies, naquit en 1661 à Paris, et y mourut le 21 juin 1737, comme nous l'apprend M. Ravenel, qui a découvert il y a quelques années son acte de décès sur les registres de la paroisse StEustache. Marais n'était connu dans la littérature que par une Histoire ( le la vie et des ouvrages de M. de la Fontaine, oeuvre posthume , publiée en 1811 par Chardon de la Rochette, 1 vol. et Walckenaer en a tiré parti pour son ouvrage sur le fabuliste. On attribue aussi à Matthieu Marais quelques morceaux insérés dans le Mercure, notamment la critique du Panégyrique de Sacy, par madame Lambert. il était lié avec Bayle, qui profita de ses notes pour les articles Henri.///, le due de Guise , la reine de Navarre , l'avocat il, Retz , et beaucoup d'autres de son Dictionnaii, historique. Dans la Correspondance de Bayle , on trouve la lettre suivante . qui lui est adressée sous la date du 2 octobre 1698 : « Que j'admire « l'abondance des faits curieux que vous me « communiquez , touchant MM. Arnaud , Rabe- « lais, Santeul, la Fontaine, la Bruyère, etc. ! « Cela me fait juger, monsieur, qu'un Diction- « naire historique et critique que vous voudriez « faire serait l'ouvrage le plus curieux qui pût « se voir. Vous connaissez mille particularités « mille personnalités , qui sont inconnues à 14 « plupart des auteurs , et vous pourriez leur « donner la meilleure forme du inonde. » Marais correspondait aussi avec le président Bouhier, dont la bibliothèque renfermait le Journal de Paris, de 1721 à 1727, lequel se trouve à la bi1 bliothèque du Louvre. Des trois volumes de cet piquante gazette, le premier a été enlevé. Ce . M. Ravenel , savant bibliographe, qui a fait in sérer les deux autres par fragments dans la Revue 0 rétrospective, t. 1, 13, 14 et 15. FL
  • Matthieu MATY( 1718) : habile médecin, né en 1718, à Montfort , près d'Utrecht, était fils d'un ministre réfugié , à qui ses disputes avec ses confrères ont procuré une célébrité éphémère . Après avoir terminé ses cours , il prit ses degrés à l'université de Leyde , et devint bientôt après l'un des collaborateurs de la Bibliothèque britannique , journal rédigé sur le plan adopté par Bayle. Les tracasseries qu'il éprouvait déterminèrent son père à chercher un asile en Angleterre : Maty l'y accompagna en 1740 , et il reçut un accueil distingué du célèbre lord Chesterfield, qui ne négligea rien pour lui rendre agréable le séjour de Londres. Il fut attaché comme sousbibliothécaire au muséum britannique en 1753, W Paul MATY, père de Matthieu, ministre réformé, était né en 1681 à Beaufort en Provence. 11 a publié quelques ouvrages polémiques qui n'ont plus aucun intérêt, mais dont on trouvera les titres dans la France littéraire, édition de 1769. Bruys est entré dans de grands détails sur la dispute de P. Maty avec les pasteurs de l'Eglise Wallonne de la Haye, au sujet d'une nouvelle explication du mystère de la SteTrinité . Jordan le vit à Leyde en 1733; il le trouva sombre et rêveur... Il parle trèspeu, ditil, à moins qu'on » ne le mette sur le chapitre de ses affaires; il a été excominuu nié, » Voyage littéraire , p. 189.) La Bibliothèque britannique, nu Hiloire des savants de la Grande- Bretagne la Haye, 1733-47, 25 vol. C'est une continuation de ia Bibliothèque anglaise, commencée en 1717, par Michel de la Roche. Les auteurs , dit Jordan 1 Voyage littéraire, p. 159) , sont gens de mérite , et qui entendent tous parfaitement l'anglais; mais il a négligé de faire connaître leurs noms , que M. Barbier n'a pas découverts dans son Dictionnaire des anonymes. lors de la création de cet établissement , dont le docteur Knight avait été nommé bibliothécaire en chef. La société royale lui ouvrit ses portes en 1758 , et il en fut élu le secrétaire perpétuel en 1765. Maty joignait à des connaissances aussi étendues que variées beaucoup de complaisance et de politesse ; il accueillait les étrangers et satisfaisait leur curiosité avec l'empressement le plus obligeant. Il était en correspondance avec la plu part des savants de l'Europe, parmi lesquels on doit distinguer La Condamine , dont il partagea l'enthousiasme pour la découverte de l'inoculation. Maty fut l'un des plus zélés propagateurs de cette méthode : quelques médecins de Londres ayant soutenu qu'elle ne préservait pas du retour de la variole, il s'inocula luimème à l'insu de sa famille, et tint un journal détaillé de la maladie et de ses différentes phases, afin de pouvoir répondre par des faits aux déclamations de ses antagonistes. Il devint , en 1772 , bibliothécaire en chef du Muséum , après la mort du docteur Knight; mais il était déjà atteint d'une maladie de langueur, qui l'enleva aux lettres et à l'amitié en 1776 , à l'âge de 58 ans sur la vie de lord Chesterfield , à la tète des œuvres l'idées de l'illustre lord , Londres, 1777, 2 vol. ils sont bien écrits et fort intéressants . Ce fut Justamont , habile chirurgien, gendre de Maty, qui en surveilla l'impression.' 5° Des Notices dans la Bibliothèque raisonnée , dans les Transactions philosophiques et dans d'autres journaux. On a aussi de lui quelques vers français sur la mort. du comte de Gisors, dans le Gentlman's Magazine de 1758, p. 435. Une lettre qu'il écrivait à La Condamine sur la découverte des géants patagons , et qui fut insérée dans le Journal encyclopédique, fournit à l'abbé Coyer le sujet d'une Lettre au docteur Natif qui contient des traits assez plaisants . Prosper Marchand , qui n'aimait. point Maty, lui attribue des Poésies licencieuses et des Commentaires sur Rabelais , non moins obscènes que ceux de Le Motteux. Sa maladie ayant présenté des caractères singuliers, on ordonna que son corps serait ouvert après sa mort ; et l'on y découvrit des particularités assez remarquables pour mériter que le célèbre docteur Hunter les décrivît dans les Tranisactioos philosophiques, t. 67. art. Dav, Martin.) Le portrait de Maty fut gravé après sa mort par Bartolozzi , pour être distribué à ses amis , en exécution de ses dernières volontés : on n'en tira que cent épreuves et la planche ut brisée
  • Matthieu MÉNAGE( 1388 - 1446) : l'un des membres distingués du clergé français au 15' siècle, naquit dans le Maine en 1388. sons le règne de Charles VI. Il fit à Paris ses humanités et sa philosophie, fut reçu maître ès arts à vingt ans , exposa la doctrine d'Aristote avec applaudissements dans une des chaires de l'université, et fut nommé recteur de ce corps en 1417. Préférant une carrière qui le mettait moins en évidence et qui le fixait au milieu de sa famille, il accepta une place de chanoine théologal de l'église de StMau•ice à Angers, et il ouvrit un cours de théologie. Le chapitre et l'évèque de cette ville le choisirent avec deux autres députés pour les représenter au concile de Bide en 1432. Il soutint devant cette assemblée les prétentions de l'université d'Angers, à laquelle il fit maintenir la préséance sur l'université d'Avignon, prit une place honorable entre les pères du concile par ses lumières et son talent pour la parole, et fut l'un des deux orateurs qu'ils envoyèrent à Florence x ers le pape Eugène IV, pour requérir la mise à exécution des décrets du concile, et l'abolition des annates et des évocations de procédures à la cour de Rome. Matthieu Ménage entretint encore le pape de la réunion de l'Eglise grecque à la communion romaine et des abus qu'entrainaient des indulgences. Il fut chargé luimème de la distribution de ces secours spirituels par ses col' lègues de Bàle, et, sa mission terminée, il revint en 1437 à Angers, où il se livra aux travaux de Il 'seanbseel li eg n, lafupt reé envoyé coayt éi o nà erielilenieltdeetSidceile ,Rhetaiéndn'gAuna- jou, son époux, et demeura constamment en ossession de conduire les intérêts de son cha, itre. Il se rendit à Bourges en 1444 pour assister au concile qui devait s'y tenir, mais qui fut abandonné. Matthieu Ménage mourut à Angers le 16 novembre 1446. Sa famille devint recommandable dans la robe, et Gilles Ménage, dont l'article suit, n'a pas oublié le chanoine théologal en recueillant les titres d'illustration des siens
  • Matthieu MÉRIAN( 1593 - 1651) : célèbre graveur, fils de "Walter Mérian , magistrat à Bile . naquit dans cette ville en 1593. Dietrich Me?er. graveur à Zurich , fut son maitre. Après quatre ans de séjour chez lui, il fut appelé à Nama pour y graver à l'eauforte les Obsèques du duc Henri 11, d'après Cl. de la Ruelle. Il alla ensuite à Paris, et s'y lia d'amitié avec Jacques Callot. Les deux artistes se communiquèrent leurs projets, leurs ouvrages, et , pour ainsi dire , leurs talents. Quelques années après , Mérian revint dans sa patrie ; il voyagea en Allemagne, travailla à Stuttgard et ensuite à Francfort , où il s'associa aux travaux de JeanThéodore de Bry, dont il épousa la tille. De retour à Bâle, il donna une grande quantité de paysages des plus riantes contrées de l'Allemagne, gravés à l'eauforte, ainsi que des Parties de chasse , d'après Tempesta , qu'il a surpassé dans la gravure. Enfin, cédant aux sollicitations de son beaupère , il s'établit définitivement à Francfort. C'est là qu'il publia divers recueils et collections ornés d'estampes : la Topographie de & der, en - 27 volumes ; — les premiers volumes du Theatra? i Europœina; — reireholitologia cosmira de Gottfried , 1636 ; — l'Itinerarium kali& , 1643 ; — le Florilegium planiaram, i641 ; — les Quatre monarchies de Gottfried ; — la sainte Ecriture; — la Danse des morts, copiée sur celle.de Bàle, et aug- mentée par lui , ainsi que nombre d'autres ou- .. orages moins étendus. Il mourut aux eaux de Schwalbach en 1651. Mérian a surpassé tous les graveurs à l'eauforte, par la quantité, la variété et la beauté de ses ouvrages, parmi lesquels sans doute il faut distinguer ce qui appartient à luimême de ce qui a été composé par d'autres sous son nom. — MER1AN , fils du précédent, naquit à Bâle en 1621. Son génie, les leçons de son père, celles de Joachim de Sandrart, de Van Dyck, de Rubens, de Jordaens, de Vouet, de Lesueur, de Sacchi , de Charles Maratti , etc., le perfectionnèrent dans l'art de la peinture. Sandrart fut son maitre; les autres furent ses amis dans les voyages qu'il lit en Angleterre , en France, en Italie et dans les PaysBas. Van Dyck devint cependant son modèle favori, surtout dans les portraits , genre auquel il s'appliqua particulièrement. Il s'établit d'abord à Nuremberg et ensuite à Francfort , où il travailla pour l'empereur, ainsi que pour les électeurs et princes de l'Allemagne , qui tous le payèrent richement et le comblèrent de présents. Il soignait en même temps le commerce de librairie de son père, et il continua la collection du Theatrum Europoeum Le grand électeur de Brandebourg lui donna le titre de conseiller et de son chargé d'affaires à Francfort; le margrave de BadenDourlach le fit son conseiller aulique. Il mourut en 1687 . Parmi l'immense quantité de ses ouvrages , on admire son Arteniisia et le portrait du comte Pierre Serini , décapité en 1671 ; l'on prétend méme que ce dernier ouvrage égale ce que Rubens et Rembrandt ont fait de mieux
  • Matthieu MONTAGNE( 1600 - 1666) : peintre et graveur à l'eauforte , né à Anvers au commencement du 17' siècle , se rendit fort jeune en Italie et demeura longtemps à Florence nus la direction de son compatriote Jean Asselyn. 11 vint de là s'établir à Paris , où il changea son nom de famille. qui était eattenberg , en celui de Plattemontayne qui en est la traduction, et enfin en celui de Nontayne. Il excellait dans la marine et le paysage par la vérité de l'imitation, la beauté des sites, la transparence des ciels et des eaux, et le choix des sujets. Il a gravé d'une pointe spirituelle huit paysages et marines, exécutés dans le goût de Fouquières et très- estimés. Cet habile artiste mourut à Paris en 1666. — MONTAGNE (Nicolas!, fils du précédent , cultiva également la peinture et la gravure à l'eau forte. Né à Paris en 1631, il fut élève de Philippe Champagne , auquel il était uni par les liens de la parenté. Il peignait avec un égal succès le portrait et l'histoire. Les églises de NotreDame , des Filles du StSacrement et de StNicolas des Champs possédaient de ce maître des tableaux estimés. En 1681, il fut nommé professeur de l'Académie. ll avait reçu de Jean Morin les principes de la gravure, et il a exécuté dans la manière de ce maitre quelques pièces d'après Plia. Champagne et ses propres compositions. Son chefd'oeuvre en ce genre est un Christ étendu sur la terre, d'après Philippe Champagne ; il est remarquable par la beauté de l'exécution. On estime également les portraits qu'il a gravés en partie d'après ses propres dessins. Dans toutes ses gravures , il écrit son nom de la manière suivante :. Nicolas de la Plattemon( agile , quoique son père ne se fit appeler que Montagne
  • Matthieu MOREL : docteur en médecine. poète limousin , né à Limoges. ll cultiva la poésie patoise ; chaque année, il composait des noëls qui lui attiraient de nombreux applaudissements. Ces noëls étaient souvent remarquables par leur originalité ; un des plus longs 'seize couplets', se trouve à la fin du second volume des oeuvres de l'abbé Richard de Limoges t,pag. 257.11 est suivi d'un fragment d'une pièce en vers patois inti tulée Dialogue de Picau et de Piaucau. Les deux interlocuteurs se racontent les événements qui se sont passés à l'armée et à la cour en 165f . Matthieu Morel a été surnommé le Goudouli limousin. On est obligé de convenir que ses compositions, dont un trèspetit nombre n'est pas tombé dans l'oubli, sont fort audessous des chefsd'oeuvre du célèbre poète de Toulouse. Le docteur Mord est mort vers 1704 ; il a été enterré à StPierre de Queyroix de Limoges
  • Matthieu NEVEU( 1647) : peintre, naquit à Leyde en 1617, et fut d'abord élève d'Abraham Torenvliet, sous lequel il fit des progrès rapides. Gérard Dow , témoin de ses rares dispositions , voulut le perfectionner luimême et lui prodigua tous ses soins. Neveu , après avoir copié les plus beaux ouvrages de son nouveau maître, parvint bientôt à composer et à peindre de la même manière. Ses tableaux , malgré leur air d'imitation , furent recherchés de tous les amateurs presque à l'égal de ceux de Gérard Dow. Ce sont généralement des As- semblées , des Concerts, des Collations, des Bals masqués et non tnasqués, des Joueurs, une Jeune femme prenant du thé, etc. Cependant ils n'ont pas le même fini que ceux de son maître: on y remarque un peu de négligence; mais ses airs de tète sont agréables , quelquefois pleins de finesse, toujours bien peints, bien coloriés et d'un assez bon goût de dessin. Quoique assez communs en Flandre et en Hollande , ils sont extrêmement rares en France. Un de ses plus beaux ouvrages est un petit tableau d'histoire représentant les OEurres de miséricorde. Il étonne par l'esprit , l'accord , le fini précieux et la vérité du coloris qui le distinguent, et par l'adresse avec laquelle il a su disperser le nombre prodigieux de figures qui l'enrichissent. Neveu résidait ordinairement à Amsterdam, où il avait la place d'inspecteur du houblon. On le croit mort dans cette ville, où il vivait encore en 1719
  • Matthieu NORIS( 1640 - 1708) : poète dramatique, né à Venise vers 1640, est auteur d'une foule de pièces dont on voit la liste dans la Storia d'ogni poesia, par le Quadrio , t. 3 , 2. partie , p. 474. 11 se fit connaître dès 1666 par une tragédie intitulée Zénobie, et ne laissa passer aucune année depuis sans mettre au jour quelques nouvelles productions, qui, presque toutes, eurent. un succès que partageaient avec le poète le musicien et le décorateur. Noris fut attaché longtemps au grandduc de Toscane, et composa un grand nombre de pièces pour le théâtre de la Pilla di Prato- lino. 11 mourut dans sa patrie, en 1708, suivant le Quadrio ; mais quelques biographes retardent sa mort jusqu'en 1710, et mème jusqu'en 1713, année où fut représenté son dernier opéra, Le Passioni per troppo am. ore. Les productions de ce fécond écrivain n'ont pas été recueillies ; et aucune de ses pièces, où l'on trouve cependant quelques beautés, n'est restée au théâtre
  • Matthieu PALMIERI( 1405 - 1475) : historien, né à Florence en 1405, appartenant à une famille distinguée par les places qu'elle y avait occupées , était fils de Marc Palmieri, dont on conserve un opuscule manuscrit dans la bibliothèque Itiecardialia. Matthieu avait étudié sous les plus habiles maîtres, parmi lesquels on compte Charles d'Arezzo, Jean Argyropule et Ambroise le Camaldule . En 1439 , il assista au concile tenu dans sa patrie. Le le' novembre 1447i, il fut élu prieur , et occupa cette charge, selon la coutume . pendant deux mois. En 1%55, il fut envoyé en ambassade auprès d'Alphonse, roi de Naples ; ce fut alors qu'il composa le pot,me théologique dont il sera parlé plus bas. De retour à Florence, il exerça la dignité de gonfalonier pendant les mois de septembre et octobre 1455. Il parait qu'il était habile négociateur, puisqu'en 1466 il fut envoyé d'abord à Rome vers le pape Paul H, puis à Bologne vers le cardinal légat. Il était en R67 membre du conseil des Dix, et en 1468, il fut une seconde fois élu prieur. La mission qu'il remplit en 1473 auprès de Sixte IV avait pour objet la ligue contre les Turcs. Il mourut en 1475 ; c'est du moins ce qu'on est en droit de penser. puisque son oraison funèbre fut prononcée le 15 avril 1475. On a de lui 10 Della vita civile quattro libri. Une des premières et des meilleures éditions est celle de Florence, 1529 Il en existe une traduction française par Deroziers, et non des Rosières, comme l'appelle Chaufepié pour la première fois la continuation depuis 448 jusqu'à 14-49. Les éditions de Venise, 11183 Bàle. 1529 et 1536 contiennent de plus une nouvelle continuation de 1450 à 1481 , par un autre Palmieri, qui s'appelait Mathias. Dans l'édition de Bêle, 1559 on a encore ajouté une continuation de 1482 à 1512, par Jean MutUval, de Tournai . Le plus célèbre des ouvrages de Palmieri est aussi resté manuscrit. C'est un poënie qu'il composa pendant son ambassade vers Alphonse, et qu'il lavait intitulé Gicla (pour Citta. di vita. Ce poëme scandalisa quelques personnes on accusa l'ardeur d'arianisme et d'origénisme. Après la mort de Palrnieri, l'inquisition condamna solennellement son ouvrage, et c'est ce qui l'a sauvé de l'oubli
  • Matthieu PARKER( 1504 - 1575) : second archevêque protestant de Canterbury, naquit en 1504, d'un marchand de Norwich, et fit de brillantes études à Cambridge. L'éclat de ses premières prédica- Lions et son penchant à partager les principes des réformés lui valurent la protection de farchevèque Cranmer ; il fut bientôt chapelain de la reine Anne Boleyn, qui en mourant recommanda à ses soins l'éducation de sa fille Elisabeth. Nommé en 1534 doyen du collége de Stoke, près de Clare, en Suffolk, il y établit une école et commença dès lors à exercer son zèle intolérant contre les catholiques romains. 11 devait par là plaire à Henri VIII, dont il devint un des chapelains, et qui le fit élire en 1544 principal du collége de Bennet, à Cambridge. L'année suivante, il était vice - chancelier de l'université. Sous Edouard VI , se trouvant dans le comté de Norfolk au moment où éclata la révolte de Kett, en 1549, il ne craignit pas de se rendre au camp des rebelles pour leur prêcher, sous le chêne dit de la réformation , l'obéissance au souverain, et son dévouement pensa lui coûter la vie. Il continua de cumuler des bénéfices jusqu'au jour où Marie monta sur le trône ; alors celui qui avait donné l'exemple de la persécution se vit luimême poursuivi à son tour. Il employa le loisir de sa retraite forcée à traduire les Psaumes en vers anglais et à écrire eu faveur du mariage des prêtres ; il défendait ici sa propre cause. Le jour de son triomphe approchait, et son élévation suivit de près le couronnement d'Elisabetli on prétend qu'il fallut faire violence à sa modération pour qu'il acceptât l'archevêché de Canterbury ; niais à peine y futil installé que la reine eut besoin de tempérer son ele pour cette même religion qu'elle protégeait. fi déclara la guerre aux crucifix, aux cierges, aux images. Il se fit abhorrer des catholiques d'Irlande. Servant trop bien les désirs de sa souveraine. il montra surtout beaucoup d'ardeur à faire exécuter une ordonnance dont il était le principal auteur et qui obligeait les ecclésiastiques à porter un vêeement uniforme. Il éprouva beaucoup d'opposi-'tion à ce sujet, le peuple réprouvant cette mesure et insultant les prêtres qui se conformaient à l'ordonnance. La reine avait fini par y renon- Il cer, niais le prélat n'en fut que plus ardent ; .• uivant lui, la religion étaitperdue en Angle- terre par un pareil relâchement : les églises furent fermées; les plus dignes ecclésiastiques ne voulant pas se soumettre à ce qu'ils nommaient une coutume papiste, ils en appelèrent au public par la voie de l'impression. Un décret de la chambre étoilée leur imposa silence . Ce furent dès lors les puritains qui, abandonnant la liturgie anglaise, adoptèrent le rituel de Genève et ne se réunirent plus que dans des maisons particulières : ainsi se forma le parti des protestants non- conformistes. De nouvelles persécutions, des destitutions nombreuses atteignirent le clergé en 1572. En 1575, dans une visite métropolitaine, Parker exerça dans l'île de Wight un zèle aussi impolitique C10111111E11841, qui lui attira l'improbation du conseil et les re- proches de la reine. Sa santé déclinait rapidement : il mourut de la pierre en mai 1575. Les biographes anglais vantent son savoir, ses talents, sa bienfaisance, surtout envers les collèges de Cambridge, où il fonda des bourses, et auxquels il donna des livres et des manuscrits précieux niais ils reconnaissent que ses belles qualités étaient ternies par un orgueil excessif et un ton impérieux qui datait seulement de l'époque de son élévation. On lui doit des éditions de quatre anciens historiens anglais, Matthieu de Westminster, Matthieu Pâris, Thomas Wals et la Vie du roi Alfred, par Asser. On a de lui les Vies de ses prédécesseurs sur le siège de Canterbury : De antiquitate Britannicoe « rie- , etc., dont la meilleure édition est de 1729, Londres L'édition de 1568 de la Bible anglaise fut imprimée sous sa direction , et il est auteur de la préface. Cette Bible est connue en Angleterre sous le nom de Bible des évèques
  • Matthieu PETIT-DIDIER( 1659 - 1728) : bénédictin , abbé de Sénones et évêque de Macra , né à StNicolas , en Lorraine , le 18 décembre 1659, fit ses premières études au collège des jésuites de Nancy, et entra, en 1675 , au noviciat dans l'abbaye de StMichel de la congrégation des bénédictins de StVannes et de StHydulphe. 11 fut employé dans l'enseignement, et se distingua par son goût pour l'étude. L'Ecriture sainte et les monuments de l'antiquité ecclésiastique furent le principal objet de ses travaux. Il s'exerça aussi sur des matières de critique et sur les controverses agitées de son temps. En 1699 , il avait été élu abbé régulier de Bouzonville ; mais cette élection fut sans effet. On l'élut abbé de Sénones en 1715 , et ce titre lui fut assuré après quelques contestations avec un autre prétendant. En 1725, PetitDidier fit le voyage de Rome , où Benoît XIII l'accueillit avec bienveillance. Ce pontife le nomma évêque de Macra, in partibus infidelium, et voulut le sacrer luimême. Il le félicita , pendant cette cérémonie, d'avoir écrit en faveur des sentiments reçus hors de France sur les prérogatives du saintsiége , et lui accorda un indult pour l'élection de son abbaye à perpétuité. L'évêque de Macra survécut peu à ces marques de l'estime du vertueux pontife ; il mourut subitement dans son abbaye de Sénones le 14 juin 17'28 , et eut dom Calmet pour successeur. Les écrits de PetitDidier sont 1" des Remarques sur les premiers tomes de la Bi- bliothèque ecclésiastique de Dupia, 3 vol., en 1691, 1692 et 1696; c'était le fruit d'un examen de cette Bibliothèque, fait par une académie ou réu- XXXII. nion de plusieurs savants bénédictins de la congrégation de StVannes; 2° Apologie des Lettres provinciales contre les Entretiens de Cléandre et d'Eudoxe; cette réponse au P. Daniel est en dixsept lettres qui parurent en 1697 et 1698 depuis, l'auteur désavoua cet ouvrage; 3' Dé- fense de la préséance des bénédictins sur les cha- noines réguliers, trois mémoires imprimés vers 1698; te Dissertations critiques, historiques et chronologiques sur l'Ancien Testament, en latin, Toul , 1700, in4.; 5° un traité théologique en faveur de l'infaillibilité du pape, Luxembourg, 1725 : cet ouvrage a été attaqué dans une lettre de l'abbé Debonnaire , datée du 18 mars 1724 et intitulée le Faux prosélyte; dans une Disserta- tion du P. de Germes, oratorien, et à la fin de l'Histoire du concile de Constance, par le protestantLenfant ;-6° Dissertation historique et théologique sur le sentiment du concile de Constance touchant l'autorité et l'infaillibilité des papes , Luxembourg, i7 : il y a à la suite une autre Disserta- tion où l'on examine si, en soutenant l'infaillibi- lite' des papes en matière de foi, on détruit les libertés de l'Eglise gallicane; 7. Lettres à dom Guillenain, en faveur de la bulle Unigenitus, et des instructions pastorales du cardinal de Bissy les appelants ont essayé de répondre à cet écrit; 8. Justification de la morale et de la discipline de l'Eglise de Rome et de toute l'Italie, contre le Pa- rallèle de la morale des païens et de celle des jésui- tes, 1727 On attribue à PetitDidier, un Traité historique et dogmatique des priviléges et exemptions ecclésiastiques, 1699 Il est encore auteur de Mémoires sur quelques contestations particulières, et il a laissé en manuscrit un traité de controverse, des dissertations sur le Nouveau Testament, des remarques sur l'ouvrage du P. Lebrun touchant la liturgie, et des extraits de StAugustin et de quelques autres Pères
  • Matthieu PFENNINGER( 1739 - 1810) : dessinateur et graveur, naquit à Zurich en 1739. Après avoir appris dans sa ville natale les éléments de son art, il se rendit en 1757 à Augsbourg, et se mit sous la direction d'Emmanuel Eichel, graveur habile. D'Augsbourg il vint à Paris, où il se lia avec Charles de Méchel et Loutherbourg, qui à cette époque commençait à se faire une réputation dans la peinture, et il grava quelques planches d'après ce maitre. Alors il retourna dans sa patrie. Aberli, dont il acquit l'amitié, lui confia la gravure des premières livraisons de ses Vues coloriées de la Suisse. Pfenninger eut aussi une grande part aux Vues de la même contrée par Wolf, publiées d'abord par Wagner et continuées à Paris. Il se mit ensuite à parcourir en artiste les parties les plus pittoresques de l'Helvétie, dessinant les sites les plus remarquables ; et il publia le recueil de ses dessins, qui est extrêmement intéressant, et gravé avec talent dans le genre des vues coloriées d'Aberli. Ces Vues sont au nombre de treize. On y joint ordinairement le Portrait de Shottenseps , de Geis , dans le canton d'Appenzell , et celui de Kleinjogg, ou le Socrate rustique . On doit encore à Pfenninger les vues du tombeau de Virgile, près de Naples, et de la statue de MarcAurèle à Rome, près Brandoin. Il mourut vers 1810. — Henri PFENNINGER , de la mème famille, naquit à Zurich en 1749, et cultiva la gravure et la peinture. Lavater, témoin de ses dispositions, engagea ses parents à le seconder, et on le mit en conséquence chez Bullinger, dont il suivit les leçons pendant trois ans avec une grande application. De là il se rendit à Dresde, où ses compatriotes Graff et Zingg l'accueillirent avec em- pressement ; et, après un séjour de trois ans dans cette ville , il revint à Zurich , où Lavater le choisit pour dessiner les figures destinées à enri- chir son Traité de physiognomonie. Encouragé par les conseils de ce savant, Pfenninger s'essaya dans la gravure à l'eauforte : il y réussit parfaitement; et les portraits qu'il grava pour le livre du pasteur de Zurich, dont ils sont un des plus beaux ornements, se distinguent par un dessin ferme et une pointe d'une grande liberté. Cet artiste aimait le travail , et s'y livrait sans relâche. M. Reich de Leipsick avait formé un cabinet des gens de lettres les plus illustres de l'Allemagne; Pfenninger fit pour cette collection un portrait à l'huile de Lavater, qui joint au mérite d'une grande ressemblance le naturel le plus parfait. Outre les figures qu'il a gravées pour le Traité sur la physionomie, on lui doit encore les soixantequinze portraits qui enrichissent l'Abrégé historique de la vie des hommes illus- tres de la Suisse, par Léonard Meister , et les trentequatre qui accompagnent la Collection des portraits des plus célèbres poêtes allemands , recueillis par le même auteur . Tous ces portraits sont gravés à la pointe, avec autant de goùt que d'intelligence. Son propre portrait se trouve gravé par luimême d'une manière trèspittoresque à la tète de sa vie, que J. C. Fuessli a insérée dans le Supplément à l'histoire des meilleurs peintres de la Suisse
  • Matthieu PRIOR( 1664) : poëte et diplomate anglais, naquit le 21 juillet 1664 , à W dans le Middlesex , suivant le docteur Johnson , et à Winborne dans le comté de Dorset , suivant d'autres écrivains. A la mort de son père, qui exerçait , diton , à Londres , la profession de menuisier, le jeune Prier fut confié aux soins de Samuel Prior, son oncle , qui tenait près de CharingCross la taverne de la Rasade , où s'assemblait le club des savants. Samuel Prior envoya son neveu à l'école de Westminster, où l'élève se fit remarquer par son application et ses succès. Après y être resté quelque temps, Prior revint dans la maison de son bienfaiteur pour l'aider dans ses travaux et apprendre sa profession. C'est ce qui a fait dire avec peu d'exactitude à Voltaire que le poëte anglais était originairement un garçon cabaretier. Dans ses heures de loisir, Prior s'attachait à l'étude des classiques latins et fut bientôt dist par les personnes du grand monde qui fréquentaient la taverne où il demeurait. Un jour que le comte de Dorset y était venu avec d'autres seigneurs , il s'éleva une discussion littéraire sur une ode d'Horace , auteur favori de Prior, et la compagnie ne pouvant s'accorder à ce sujet, l'un des seigneurs dit à ses compagnons « Nous sommes divisés sur nos criti-« ques ; mais si je ne me trompe , il y a ici un « jeune garçon qui est en état de nous mettre « dans la bonne voie, » et il nomma Matthieu Prior. On le fit venir, et il donna une explication qui satisfit complétement. Le comte de Dorset, frappé de la modestie et du savoir de ce jeune homme , résolut dès ce moment de lui faire parcourir une carrière qui fût plus en harmonie avec ses talents et son génie que celle qu'il avait embrassée. Il le plaça en 1682 dans le collège de StJean , à Cambridge , et Prior y fit des progrès si rapides qu'en 1690 il fut élu membre de cette corporation, place qu'il conserva jusqu'à sa mort. Par suite d'une coutume établie dans le collège de StJean, on envoie tous les ans au comte d'Exeter quelques pièces de vers sur un sujet religieux, en reconnaissance d'un don fait à cet établissement par un des ancêtres de ce seigneur. Ce fut à cette occasion que Prior fit paraître en 1688 un poëme intitulé la Divinité. Quoique cet opuscule n'ait pas un mérite transcendant, il servit à faire connaître son auteur. La pièce de vers que Prior adressa la même année à la comtesse d'Exeter, pour célébrer son talent sur le luth, et ses vers sur le fameux tableau de Sénèque mourant dans un bain , font supposer qu'il était plus ou moins en rapport avec la famille de cette dame. La même année , suivant les uns , ou même en 1687, sui- Voyez à ce sujet le Gentleman's magazine, t. 62, p. 802. vant Annual register et la Vie de Prior, par Samuel Humphrey, il publia avec Charles Montaigu , depuis lord Halifax, qui étudiait dans le même collège et était devenu son ami intime , la Biche et la Panthère métamorphosées en rat de ville et en rat des champs, pour tourner en ridicule la Biche et la Panthère, satire virulente que Dryden avait fait paraître contre l'Eglise anglicane et en faveur du catholicisme . Spencer prétend que Dryden parut trèssensible à cette attaque, ce qui semble peu probable. a Dryden, dit Johnson, a était trop habitué aux hostilités pour que son a repos pùt être troublé par de semblables ad- versaires. Si l'on pouvait supposer que cette « critique lui eût causé quelque chagrin, il n'en a aurait rien fait paraître. s Ce poënie néanmoins produisit à son auteur des avantages plus solides que le plaisir de tourmenter Dryden ; et Prior, en venant. à Londres, attira tellement l'attention qu'en 1691 il fut envoyé au congrès de la Haye en qualité de secrétaire d'ambassade. Prior avait été l'ennemi de Dryden quelques aimées avant la révolution et n'avait pas craint de représenter ce grand écrivain comme un misérable prosateur, dans une satire anonyme à laquelle il ne songea probablement pas avec beaucoup de satisfaction , dit Malone , lorsqu'il fut luimême devenu tory. Cette satire et celle qu'il écrivit sur les poètes modernes en 1687 ou 1688 sont les seules qu'il ait publiées. Il paraît, d'après la préface d'un Traité sur le . savoir, resté en manuscrit , et qui était autrefois en la possession de la duchesse douairière de Portland , qu'il s'abstint. par prudence de ce dangereux emploi de ses talents. Sa conduite à la Haye fut si agréable au iroi Guillaume qu'à son retour il le nomma l'un de ses gentilshommes de la chambre. Ces fonctions lui donnant peu d'occupations, on suppose que Prior passa quelques années à cultiver ja littérature. En 1695, il écrivit sur la mort de la reine Marie une ode fort longue qui fut présen- jée au roi. Deux ans après , il fut employé de nouveau dans les affaires publiques et nommé secrétaire d'ambassade auprès des plénipotenlitiaires anglais envoyés au congrès de Ryswick. Il fut chargé d'apporter en Angleterre le traité qu'ils avaient conclu , et reçut à cette occasion un présent de deux cents guinées. Plusieurs auiteurs anglais, dont Chaufepié a adopté l'opinion, prétendent que Prior fut nommé la même année secrétaire d'Etat pour l'Irlande. Ce qu'il y a de certain , c'est que le docteur Robert Frein, ce ne fut que fort peu de temps, puisqu'en janvier 4698 il accompagna connue secrétaire d'ambassade le comte de Portland , ambassadeur extraordinaire auprès de la cour de France. On raconte qu'un jour qu'il examinait les appartements de Versailles, la personne qui lui servait de guide lui fit remarquer les tableaux de Lebrun, représentant les victoires de Louis XIV, et lui demanda si le palais du roi d'Angleterre avait de semblables décoralions. « On voit partout, faiton répondre à Prior, les monuments des actions de mon , Prior se rendit en Hollande auprès du roi. A la suite d'une longue audience, dans laquelle on assure qu'il donna d'utiles conseils à Guillaume Ill sur les moyens de rendre le parlement favorable aux traités de partage de la succession d'Espagne qui venaient d'être arrêtés entre la France, l'Angleterre et les ProvincesUnies , il fut envoyé à Londres avec des dépêches importantes. A son arrivée, il devint soussecrétaire d'Etat dans le département du comte de Jersey , poste qu'il ne conserva pas longtemps, le comte de Jersey ayant bientôt après reçu sa démission. Prior en fut presque aussitôt dédommagé par la place lucrative de commissaire du commerce. On assure qu'à la même époque , Guillaume, dont il avait su gagner la confiance, le chargea . L'Angleterre ayant obtenu des succès contre la France, après l'avènement de la reine Anne , Prior exerça ses talents poétiques pour célébrer la gloire de son pays, dans une Epitre à Boileau Nous pensons que les auteurs cités par Chaufepié, et les rédacteurs de l' Aliment ', gicler, ont confondu le poste de sous— secrétaire d'Etat que Prior occupa en 1699, sous milord Jersey, vee celui de seer,itaired'Etat pour l'Irlande. Gordon, qui a écrit !'histoire de cc royaume, ne dit pas un mut de Prior, et il aurait sans doute fait mention de lui s'il eût réellement rempli les fonctions qu'on lui attribue. Chalmers partage l'opinion que nous émettons ici. sur la victoire de Blenheim, remportée par Marlborough en 1704. Voltaire ne trouve de bon , dans ce petit poëme, qu'une apostrophe à Boileau , qu'il a traduite ainsi : sauriquefiatteHr, toi qui pris tant de peine Pour chanter que Louis n'a point pa,sé le Rhin. Les mots que nous avons soulignés ne se trouvent pas dans l'ouvrage de Prior, qui reproche seulement à Boileau d'avoir invoqué les neuf Muses dans son épître quatrième, pour dire que Louis XIV n'avait point passé le Rhin. Après la bataille de Ramillies , Prior fit paraître une ode que Johnson considère comme la seule des compositions produites par cet événement dont on ait conservé le souvenir. Vers la même époque, Prior publia un volume de ses poésies, avec le panégyrique de son premier Mécène, le comte de Dorset, mort depuis quelque temps. Ce recueil commence par l'Exercice de collège et finit par le poeme de Henri et Enzma, imité de la Fille aux cheveux châtains , ancienne ballade , premier lord de la trésorerie, on l'envoya suivre à Paris, sans caractère officiel , les négociations déjà entamées par l'abbé Gaultier ; mais ses pouvoirs étaient tellement restreints qu'il n'était autorisé qu'à entendre les propositions de la cour de France et à les transmettre aux ministres de la reine. On se souvint parfaitement de lui dans cette cour étrangère, où il avait su se faire estimer pendant le séjour qu'il y avait fait en qualité de secrétaire d'ambassade des comtes de Portland et de Jersey. Mais, voyant qu'il ne pouvait rien discuter ni arrêter et que son rôle était tout à fait passif, le marquis de Torcy , alors ministre des affaires étrangères de France, crut indispensable d'envoyer avec des pleins pouvoirs en Angleterre Mesnager , homme habile, en matière de commerce surtout voy. ce nom). Cet agent s'y rendit au mois d'août 1711, accompagné de Prior et de l'abbé Gaultier. Dès son arrivée, Prior la reine de la venue du négociateur fran-çais. La première conférence, à laquelle Prior et l'abbé Gaultier assistèrent, eut lieu le 9.6 août chez le comte de Jersey. Ce fut ensuite dans la maison même de Prior que les ministres anglais jugèrent convenable de tenir les autres conférences, afin de ne pas donner l'éveil aux ennemis de la paix. Lorsqu'on fut convenu des points principaux, Bolingbroke, qui était chargé en Angleterre du portefeuille des affaires étrangères, annonça à Mesnager que Prior serait adjoint à l'évêque de Bristol et au comte de Stafford en quàlité de troisième plénipotentiaire de la reine au congrès qui devait se tenir à Utrecht. Il ne le fut cependant pas, « parce que, dit Torcy, les « ministres anglais y trouvèrent apparemment « des obstacles qu'ils n'osèrent franchir, et la « place demeura vacante ». Ce qu'il y eut d'extraordinaire, c'est que l'évêque de Bristol et le comte de Stafford n'avaient pas le secret de la reine sur l'article d'Espagne, la première condition fondamentale de la paix , et qu'il avait été confié à Prior. Ce dernier joua dans cette grande affaire un rôle fort important. On peut s'en faire une idée , ainsi que de l'opinion qu'on avait de ses talents, par ce que Bolingbroke disait de lui dans une lettre qu'il écrivait à la reine : « Le lord trésorier proposa, et « tous les lords furent du même avis , que « M. Prior devait être ajouté à ceux qui avaient « pouvoir de signer, par le motif qu'ayant traité « personnellement avec M. de Torcy, il est le « meilleur témoin que nous puissions produire « du sens dans lequel les engagements prélimi- « nacres ont été arrêtés. D'ailleurs, comme c'est « de tous les serviteurs de Votre Majesté qui ont « été initiés au secret celui qui est le plus versé « dans les affaires de commerce, si vous jugez « convenable de l'employer dans le futur traité « de commerce, il serait important qu'il ait été « partie intervenante dans la conclusion de la « convention, qui doit être la règle de ce traité. » Des relations directes s'établirent ensuite entre de
  • Matthieu RADER( 1561 - 1634) : savant jésuite, né dans le Tyrol, à Inichingen , en 1561, embrassa la règle de StIgnace à l'âge de vingt ans et professa la rhétorique dans divers collèges avec beaucoup de succès. Il fit une étude approfondie des langues grecque et latine, et mérita , par les notes dont il enrichit plusieurs auteurs, l'estime de Juste Lipse , de Velser et des plus célèbres philologues de son temps. Son ardeur pour l'étude était si grande qu'il y consacrait les jours et les nuits, et que l'on a dit de lui qu'il n'avait fait toute sa vie qu'apprendre , enseigner et écrire. Cependant il remplissait avec exactitude les devoirs de son état, et après avoir servi longtemps de modèle à ses confrères, il mourut à Munich le 22 décembre 1634. Outre des commentaires très-étendus sur Martial et QuinteCurce , et des notes sur la Médée, la Troade et le Thyeste de Sénèque, on a du P. Rader des traductions latines de l'Histoire du manichéisme, par Pierre de Sicile, Ingolstadt, 1604 et dans le tome 9 de la Magna Bibi. Patrum; — des actes du huitième concile oecuménique, ibid. , 1604 — des oeuvres de StJean Clitnaque ; — du Chroniron illexandeinum, Munich, 1615 ouvrage plus connu sous le nom de Chronicon pasehale , et dont le célèbre Ducange a publié la meilleure édition , qui fait partie de la collection byzantine . Enfin les autres ouvrages de Rader sont 1° Viridarium Sancto- rum ex Menceis Grecorum collectum, annotationi- bus et similibus historiis illustratum, Augsbourg, 1604-1612, 3 part. 2° Aida sancta Theo- dosii Junioris imperatoris, e grœcis et latins seriptoribus editis et non editis concinnata , Munich, 1604 3° Vita P. Canisii soc. Jesu, ibid., 1614; 62e édit., 1623 4° Bararia sancta, ibid., 1615-1624-1627, 3 vol. Cet ouvrage, auquel il faut joindre un quatrième volume, intitulé Bavaria pia, 1628, n'est plus guère recherché qu'à cause des belles gravures de Sadeler, dont il est orné . 5° Auctarium ad librum quinturn Nicolai Trigaltii de christianis apud Japonios triumphis, Munich , 1623
  • Matthieu RONTHO : poëte latin moderne, né en Grèce de parents vénitiens, prit l'habit religieux parmi les olivetains et passa sa vie dans un couvent de cet ordre à Sienne, où il mourut en 1443. Abusant de sa facilité à faire des vers, il essaya de traduire la Divina Comedia du Dante en autant de tercets latins qu'il y en avait d'italiens dans l'original. C'était reprendre l'idée primitive du poéte florentin, qui, suivant le Boccace, Mannetti et autres biographes, avait eu le projet d'écrire son poême en latin. On sait que de son temps la langue vulgaire fut livrée à une espèce de mépris; Pétrarque s'excuse presque d'avoir écrit dans cette langue , et il comptait beaucoup plus sur la durée d'un poême latin dont on ne connaît plus que le titre, que sur celle de sou Canzoniere qui l'a rendu immortel. On voulut ensuite latiniser les chefs- d'oeuvre de la poésie italienne , et le Tasse, l'Arioste, Dante trouvèrent des hommes assez courageux pour se charger de ce travail . Ce qui doit dégoûter à jamais de les imiter, c'est l'oubli auquel tous ces essais ont été voués. Dans plusieurs bibliothèques d'Italie on conserve des copies de la version de Rontho ; ou en cite mème un exemplaire d'une grande beauté, tout orné de miniatures, et dans lequel chaque chant est précédé d'un argument en prose italienne par Boccace, et chaque Cantica terminée par un Capitolo en tercets, qui en contient l'épilogue, et qu'on attribue aussi à Boccace ou même à Jacques fils de Dante. Pour juger du succès de Rontho dans une telle entreprise, il suffit d'examiner les fragments rapportés par Vandelli , Metius , Degli Agostini et Zaccaria . Rontho a écrit aussi la Storia dell' invenzïone e traslazione de' sacri corpi di S. Maurelio e del B. Albert°, tous les deux évêques de Ferrare. Les pères bollandistes n'ont fait aucune mention de cet ouvrage, quoiqu'ils aient parlé de cette mème translation. On a également de lui une Vie d'Alexandre V, en mauvais latin , publiée dans le tome 4 des Miscellanées de Lucques. D'après le témoignage de Rontho , ce pape était né en Grèce et non pas en Italie , comme plusieurs écrivains l'ont assuré. Dans la bibliothèque du marquis Ricciardi à Florence, on conservait une traduction que ce même auteur avait faite, en prose italienne, des sept Psaumes pénitentiaux. Il faut croire qu'il n'avait pas été content d'une paraphrase que le Dante eu avait composée, in terza rima. On a disputé longtemps sur la patrie de Rontho. Lancellotto , Hist. Olivet. , lib. 1, p. 49, et Belforti, Chronol. Cœnobior, viror. illust. Congreg. Mordis - Oliveti, p. 64, l'ont regardé comme Vénitien, tandis qu'Enéas Sylvius, dans ses Comment., publiés sous le nom de Gobellinus, l'a cru Sicilien. Mais outre que Mongitore, écrivain trèsexact, ne l'a pas compris parmi les auteurs cités dans sa Bibliotheca Sicula, Rontho luimème s'est déclaré Grec dans une espèce de prologue, placé en tète de sa version latine du poéine de Dante : Clara salis genuil valent Florentin Dantem, Grœcia sed jratrem peperit me Rompt Mailieum, Vaticulum sciolum, Venetique / uere parentes. 11) Les bibliographes nous sauront gré peut-être de marquer ici les titres de ces traductions, parmi lesquelles il y en a quelquesunes qui sont d'une grande. rareté Soly meitlos , libri duo priores, de T. Tassi italicis expressii Venise 1585 — Ariosti Organdi Furiosi, liber primas lat. jaclus, Osimo, 1570 trèsrare; — idem, colla versione in esametri latini del Marchese Bar boisai, Arrezzo , 1758, 2 vol. 4Ø. —Dante, la Divin« comedia, int, por tata in verso latino ernïco, du Carlo d'Aquino , Naples, 1728, 3 vol. — la nivina comedia recala in esanzezri latioi , dal professore Ccitellacci , Pise , 1819. 12) Gori symbole tiller., t. 6 , p. 141. 13) Vild A ni b. Camold., p. 172. Scriltori Veneziani , t. 2 , p. 611. Sloria lester., t. 6, p. 632 , et t
  • Matthieu SAMMARTINO( 1494) : comte de Visché, naquit en I , dans cet ancien fief de la famille Sammartino placé sur le bord de la Dora Baltea , en Piémont. Il contribua par ses Obserrations grammaticales et poétiques, à établir. au itie siècle, les principes de la grammaire et de la poésie italienne. Dans cet ou l rage, il s'était déclaré contre les hexamètres et pentamètres introduits par Tolomei et contre les vers blancs seiolitn, déjà fort en vogue de son temps. Il leur préférait les tercets, qu'il regardait comme les plus propres à l'épopée, et c'est dans ce mètre qu'il entreprit de composer un poiime intitulé la Giuliade, sur les guerres el les amours de iules César. N'ayant jamais été publié. il n'en reste que le sou -% enir; niais ses églogues, qui parurent vers l'année 15i0 , l'ont fait passer pour l'inventeur de la poésie pescatoria italienne et comme un rival redoutable de Rota : roy. ce nom). Apostolo Zen a cru le prouver chronologiquement en rapprochant les dates des premières éditions des peines maritimes, et , d'a- près ce calcul, Rota de rait nonseulement céder le pas à Sammartino, mais encore à Bernardo Tasso , à Franco et à Calmo , dont les recueils parurent avant 1560, année de la publi- cation des églogues de Rota. Mais Scipion Am.- inirato, qui en fut l'éditeur, nous a informés que l'auteur les avait communiquées à Vittoria Colonna, qui les avait apprises par coeur et se plaisait à les réciter à ses amis , ce qui ne peut être arrivé qu'avant 1533, époque à laquelle cette dame, s'étant vouée tout entière aux exercices de piété, ne se serait pas cru permis de débiter les amours des pêcheurs. Voici les titres des ouvrages de Sammartino : I. Pescatorie cd egloghe, Venise, iii-8. sans date, mais vers l'an- née 1540, mélange de prose et de vers, à l'imitation de l'Ameto de Boccace , de l'Arcadia de Sannazar et des Asolani de Bembo; 2. Osserra- zioni grammaticali e poetiehe della lingua italiana, Rome, 1555
  • Matthieu SCHINNER( 1470 - 1552) : plus connu sous le nom de cardinal de Sion , était né vers 11170 aux environs de cette ville , d'une famille pauvre et obscure. Envoyé par ses parents à Come pour y faire ses études, il apprit rapidement le latin et l'italien et fit des progrès assez remarquables dans les lettres. Ayant embrassé l'état ecclésiastique, il fut pourvu d'une cure dans le Valais. puis appelé au chapitre de Sion, et enfin élevé à l'épiscopat en 1500. Le nouveau prélat, doué d'une éloquence élevée et naturelle , parut avec éclat dans la chaire évangélique, et il acquit de cette manière une grande influence sur les chefs des cantons suisses. 11 se servit de cette pour les détacher de l'alliance de Louis XII, qui d'ailleurs leur avait donné des sujets de mécontentement et les fit entrer dans celle du pape, malgré les efforts d'un parti nombreux dont il fit exiler les chers. et dont quelquesuns même expièrent sur l'6 Suivant S , Schinner était né é Millibach, petit village dans le Dixain ou district de Coechet hafaud leur attachement à la France. La défecion des Suisses fit perdre l'Italie aux Français. ,e pape Jules II s'empressa de récompenser Aimer du' zèle qu'il avait montré dans cette irconstance en le créant cardinal , et l'établit, wec le titre de légat, son lieutenant général laps la Lombardie. Dès lors Schilmer, que les 'Tançais nommèrent par dérision le soldat tondu, dévoua tout entier aux intérêts de la cour de tome; mais il tenta vainement d'empêcher les 'Tançais de repasser les Alpes. Dans son zèle furieux, il pressait ses compatriotes de les poursuivre avant qu'ils se fussent rendus maîtres les places fortes; mais quelques capitaines suisses, qui regrettaient l'alliance des Français, léclarèrent qu'ils ne marcheraient qu'après avoir .,té payés de la solde arriérée. Au milieu du tumulte qu'excita leur réclamation , Schinner ,.échappe et se rend à Milan, où il décide les suisses à violer le traité qu'ils venaient de conclure avec Lautrec pour l'évacuation de la Lombardie. Revêtu de ses habits pontificaux et précédé , il les conduisit dans la plaine de Marignan, leur annonçant une victoire d'autant plus facile que les Français ne seraient point en mesure de la disputer. L'événement trompa ses espérances , et il s'enfuit à la cour de l'empereur Maximilien. d'où il passa bientôt en Angleterre pour solliciter Ilenri VIII de s'unir aux ennemis de la France. Pendant ce temps, la faction ennemie de son pouvoir dans la république du Valais se vengeait de la tyrannie qu'il y avait exercée son château de Martigni fut réduit en cendres; on confisqua ses biens, et Supersax, le chef de ses ennemis, qui jusqu'alors avait vécu dans l'exil, le fit exiler à son tour. Après avoir atteint le but de son voyage, le cardinal revint dans le Valais animer la haine de ses compatriotes contre les Français par des libelles et des déclamations furibondes qu'il faisait entendre du haut de la chaire. A l'aide du riche subside qu'il avait reçu du roi d'Angleterre , il parvint à rassembler un corps Dans un des basreliefs du tombeau de François Pr, le Primatice a représenté le cardinal de Sion à la téte des Suisses, précédé de son porte—croix. inés avec pompe dans l'église de SteMarie de la Pieta. Si l'on en croit Paul Giovio, François fer disait que l'éloquence du cardinal de Sion lui avait été plus funeste que la valeur des Suisses. Ce prélat, qui ne passa pas pour avoir des moeurs irréprochables, était d'ailleurs ambitieux, intrigant et implacable dans ses vengeances. Cependant il aima les lettres et protégea les savants, entre autres Erasme qui lui a dédié ses Paraphrases des Epitres de StJacques et de St- Jean. On a conservé le discours que Schinner prononça devant Henri VIII pour le déterminer à se coaliser contre la France. Le fameux Toland s'en est rendu l'éditeur : Oratio Philippira ad excitandos contra Galliaen Britannos ; maxime 'eero ne pare eum rictis prœmatetre agatur, sam.- tiori Anglorum consilio exhibita anno 1511 ; Londres, 1707, petit il y a des exemplaires grand papier. Cette harangue a été réimprimée avec 1 ouvrage de Toland aretalogus, Amsterdam , 1709 . Paul Giovio a donné place au cardinal de Sion dans l'ouvrage intitulé Elogia virorum bellica virtute illustium, et Simler a inséré cet éloge dans sa Valesice descripiio
  • Matthieu SPINELLO( 1230 - 1268) : chroniqueur italien, naquit en 1230 à Giovenazzo, près de Bari, dans le royaume de Naples. Sa famille était une des plus considérables de cette ville, et elle fut la tige des comtes de Gioja. Il remplit les fonctions d'auditeur ou de juge, et fut député par ses compatriotes vers Manfred et ensuite près de Charles d'Anjou. Obligé de prendre les armes dans la guerre qui suivit l'occupation du trône de Naples par la maison d'Anjou, on suppose qu'il périt à la bataille de Tagliacozzo , gagnée par Charles d'Anjou sur le brave et malheureux Conradin . Cette conjecture n'aurait aucun fondement, si, comme l'assure Ange de Costanzo , la chronique de Spinello s'étendait jusqu'au règne de Charles Il d'Anjou, c'est-àdire à 1285 ; mais les manuscrits qu'on en connaît commencent en 1247 et finissent au 15 ou 20 du mois d'août 1268. La chronique de Spinello n'est qu'une espèce de Diario, ou journal, dans lequel il notait les principaux évéue-' ments dont il avait été le témoin, ou qu'il tenait de personnes dignes de foi. Il en indique ordinairement avec précision le jour et même l'heure. Ainsi', les fautes de chronologie relevées par JeanBern Tafuri dans cette chronique ne peuvent point être attribuées à Spinello, mais à l'inadvertance des copistes . Quoique les faits y soient trop peu détaillés, elle est intéressante POUF l'histoire de l'établissement de la maison d'Anjou à Naples ; elle est plus précieuse encore sous le rapport littéraire, puisque c'est le plus ancien menument de la langue italienne en prose ; cependant, comme le remarque judicieusement Tiraboschi , Spinello s'est servi , non de l'italien, puisqu'il n'existait pas encore, mais d'un dialecte particulier à la Pouille. Toutes les provinces en avaient alors de différents, dont il reste partout des traces ; c'est de ces dialectes, épurés et embellis par les grands écrivains, que s'est formée la langue italienne. Spinello, suivant quelques auteurs, avait écrit son journal en latin ; dans ce cas, l'original serait perdu. Le P. Papebroch est l'auteur de la version latine de la chronique de Spinello, qu'il a publiée, avec des notes, dans le Propyltrum ad Acta sanctorum maii J.B. Carusi l'a depuis insérée dans la Biblio- theca Skate, t. 2, p. 1089. Muratori, le pre- mier, a donné cette chronique en italien dans les Rerum italicarunt scriptores, t. 7, p. 1063, où elle est accompagnée de la version latine et des notes du P. Papebroch, et précédée des remarques critiques de JeanBernardin Tafuri
  • Matthieu STEWART( 1717) : mathématicien anglais, naquit, en 1717, à Rothsay, dans Ille de Bute , paroisse dont son père , Dugald Stewart, était ministre. Destiné luimème à la heirrière ecclésiastique, il passa de l'université de Glasgow à celle d'Edimbourg , où il suivit les cours du docteur Hutcheson, et surtout du docteur Simson, dont les leçons contribuèrent puissamment à ses progrès. Ce savant ne lui fut pas moins utile , en le recommandant au célèbre Maclaurin, qui enseignait alors avec tant de succès la géométrie et la philosophie de Newton , et sous lequel le jeune Stesvart fit les progrès qu'on devait ttendre de la capacité d'un pareil élève , dirigé par un aussi habile maitre; mais l'analyse moderne ne put lui faire perdre le goût que son premier professeur lui avait donné pour la géométrie des anciens. En s'occupant avec ardeur des Purismes d'Euclide, il développa ces curieuses et importantes propositions qui furent publiées, en 1746, sous le titre de Théorèmes généraux, et qui, blen qu'elles ne fussent pas accompagnées de leurs démonstrations, placèrent aussitôt parmi les géomètres du premier rang celui qui les avait trouvées. Aussi, lorsque la mort de Maclaurin eut rendu vacante la chaire de mathématiques d'Edimbourg, l'auteur des Théorèmes fut appelé à la remplir . Il était alors dans les ordres et avait été nommé ministre de Rosenhead. Ses nouveaux devoirs comme professeur donnèrent une direction un peu différente à ses études mathématiques, et le con- duisirent à chercher des méthodes plus Simples et plus élégantes pour ses démonstrations. Il désirait ardemment de pouvoir appliquer la géométrie aux problèmes qu'on avait désespéré de résoudre autrement que par le calcul algébrique. Sa solution du problème de keppler fut le premier exemple de ce genre qu'il donna au monde savant. Différente de tous les essais précédents, elle était à la fois directe dans ses moyens et simple dans ses principes. Elle parut dans le second volume des Essais de la so- ciété philosophique d'Edimbourg . On trouve dans le premier volume du même recueil, quelques autres propositions de Stewart qui sont l'extension d'un théorème curieux , inséré dans le quatrième livre de Pappus. Poursuivant le projet d'introduire dans les parties transcendantes des mathématiques mixtes la forme rigoureuse et simple de l'ancienne démonstration, il cornposa ses Traités physiques et mathématiques, qui furent publiés en 1761. Dans le premier, Stewart expose la doctrine des forces centripètes , dans une série de propositions démontrées avec la plus grande rigueur, et n'exigeant de connaissance préalable des mathématiques que celle des éléments de la géométrie plane et des sections coniques. L'ordre parfait qui règne dans ces propositions , joint à la clarté, à la simplicité des démonstrations, faisait de cet écrit le meilleur traité élémentaire d'astronomie physique que l'on eût jusqu'alors. L'auteur s'était proposé, dans les trois traités suivants, de déterminer, par la même méthode, l'effet des forces qui peuvent troubler les mouvements d'une planète secondaire, et d'en déduire non seulement la théorie de la lune, niais la détermination de la distance du soleil à la terre. On sait que le premier de ces objets, si connu sous le nom de problème des trois corps , est le le plus difficile auquel les mathématiques aient été appliquées. On doit regretter que l'affaiblissement de la santé de Stewart ne lui ait pas permis de donner suite à ce travail. A l'égard de la distance du soleil, le passage de Vénus , qui devait avoir lieu en 1761, avait appelé l'attention des mathématiciens sur la solution de ce curieux problème ; mais quand on considérait de quelle nature délicate étaient les observations dont cette solution devait etre déduite, et à combien d'accidents elles étaient exposées, il était naturel de faire quelque tentative pour constater les dimensions de notre système , par quelque méthode moins précaire. Tel était le dessein du docteur Stewart; et les recherches auxquelles il s'était livré sur les irrégularités du mouvement de la lune lui avaient suggéré un moyen de l'accompfir. Le passage de Vénus eut lieu. Les astronomes qui, des positions les plus éloignées, avaient observé, en 1761 , ce curieux phénomène, étaient de retour ; et la comparaison de leurs observations n'avait pas produit un résultat trèssatisfaisant. Ce fut alors que Stewart résolut d'appliquer les principes qu'il avait déjà établis. En 1763 , il publia son Essai sur la distance du soleil, où , d'après son calcul , la parallaxe du soleil ne serait que de 6" 9; et conséquemment sa distance serait d'environ 29,875 demidiamètres de la terre, ou de près de 119 millions de milles anglais . Une détermination de la distance du soleil , qui excédait à ce point toutes les évaluations faites précédemment , fut accueillie avec surprise ; et le raisonnement sur lequel elle était fondée ne pouvait guère manquer de subir un examen sévère, mais parmi les astronomes mêmes, peu de personnes étaient en état de porter un jugement dans cette difficile discussion. Aussi ne futce que vingtcinq ans après la publication du livre de Stewart, qu'on vit paraître un écrit intitulé Quatre pro- positions, ayant pour but d'indiquer quelques erreurs survenues dans ses recherches , et qui l'avaient conduit à un résultat de beaucoup trop considérable. Le désir de simplifier et de n'employer que la méthode géométrique de raisonnement, l'avait réduit à la nécessité de rejeter des quantités assez importantes pour avoir un grand effet sur le résultat définitif. C'est ainsi que s'était introduite une erreur qui , sans quelques compensations, aurait frappé dès le premier moment , en donnant la distance du soleil , près de trois fois aussi grande que celle qui a été mentionnée cidessus. L'auteur des Quatre pro- positions fut le premier qui remarqua la dange- reuse nature de ces simplifications, et qui essa? a d'évaluer l'erreur à laquelle elles avaient donné lieu. Il signalait ce qui avait produit la compensation déjà citée, c'est-àdire l'immense variation de la distance du soleil , correspondant à une trèslégère variation dans le mouvement de l'apogée de la lune. Cet opuscule , d'abord anonyme, qui décélait un mérite éminent, était dû à Dawson, chirurgien à Sudbury dans le comté d'York. L'estimation de la distance du soleil fut aussi attaquée, en 1771 , par un géomètre du premier ordre, Landen, mais avec moins d'égards et de politesse . Stewart , en prenant pour base le rapport qui existe entre la force perturbatrice du soleil et le mouvement des apsides de l'orbite lunaire , a du moins le mérite d'avoir essayé de résoudre par la géométrie seule un problème qui avait échappé aux efforts de quelquesuns des plus habiles mathématiciens, aidés même de toutes les ressources du calcul intégral. La Dis- tance du soleil fut le dernier ouvrage que le docteur Stevart publia. Il dédaigna de répondre Lalande fait observer avec raison que le deuxième passage de Vénus, en 1769, a fait reconnaître la véritable parallaxe du sol- i1 avec une telle précision que les hypothèses de Stewart sur ce point sont aujourd'hui insoutenables : On n'a plus besoin • ditil • recourir aux inductions tirées des phénomènes de l'attraction, qui ne sont pas assez rigoureusement calculés ni assez parfaitement observés. 'Bibliogr. astron., p. 483. aux objections dont cet écrit avait été l'objet : il connaissait trop le prix du repos. C'est maintenant au public, disaitil, de décider si j'ai eu tort ou raison. Si mon calcul est juste, on ne pourra le détruire ; s'il est faux, pourquoi le défendrais. je ? La publication de cet ouvrage avait été précédée de peu de mois par celle d'un écrit intitulé Propositiones more veterum demonstratoe. C'est une série de théorèmes géométriques , la plupart nouveaux, résolus d'abord par l'analyse, et ensuite démontrés synthétiquement par l' de la même analyse. Cette méthode jouait un rôle important dans les travaux des anciens géomètres : mais il en restait peu d'exemples dans leurs écrits; et ceux qu'on rencontre dans les Propositiones geometricoe en deviennent plus précieux. L'usage constant que l'auteur avait fait de l'analyse géométrique l'avait mis en possession d'un grand nombre de propositions essentielles, qui n'entraient dans le plan d'aucun des ouvrages cités précédemment. il s'en trouve plusieurs dans les écrits du docteur Simson, où ils attesteront à jamais l'amitié qui unissait ces deux savants, ainsi que l'estime du professeur pour les talents de son élève. Le dépérissement de la santé de celuici l'obligea, en 1772 , de cesser les fonctions de professeur. Heureusement il trouva dans son fils toutes les qualités requises pour le remplacer dans sa chaire, où il lui fut adjoint en 1775. On sait quel éclat Dugald Stewart a donné depuis à ses leçons. Retiré à la campagne, Matthieu Stewart continua de s'occuper des mathématiques comme d'un simple amusement , jusqu'à sa mort , arrivée le 23 janvier 1785. Ce géomètre lisait peu, écrivait rarement et se reposait uniquement sur la sûreté et la ténacité de sa mémoire, pour conserver les découvertes qu'il avait faites , jusqu'au moulent où il les communiquait au public par la voie de l'impression. Son inaltérable attachement pour Simson , malgré la similitude des objets de leurs occupations, prouve que l'envie ou la jalousie était loin de son caractère. Prévenu en faveur de la géométrie des anciens, sa modestie lui faisait attribuer à la méthode dont il se servait les succès qu'il devait à son propre génie. Playfair lui a consacré une Notice biographique dans le premier volume des Transactions philosophiques d'Edimbourg
  • Matthieu SUTCLIFF ou SUTLIFF : en latin Stu- c/ iriti Une traduction française a commencé A paraître à Bruxelles en 1862. gueux controversiste anglais, vivait à la fin du 16e siècle et au commencement du 17'. Il n'est guère connu que par ses ouvrages, autrefois recherchés. 11 en composa , en latin et en anglais, contre les presbytériens et les catholiques romains. Parmi ces derniers, il attaqua vivement et l'arrhiprêtre Blackwel et les jésuites missionnaires Parsons et Gamet ; mais sa violence se déploya surtout contre le cardinal Bellarmin , dont il essaya de réfuter les quatre écrits. Voici les titres de ses ouvrages : 1° De rera Christi Eeelesia, de coneiliis et de nzonachis..., Londres, 1600 Q20 De illissa papistica rariisque Synagogoe romane eirca Eucharistiœ sacramentum ervoribus et cor- ruptelis, libri V, ibid., 1603, in4° ; 3° De purge- torio liber unus, Hanau, 1603 40 De Pon- tifice romano ejusque injustissinza dominatione, libri V, ibid., 1605 L'aigreur et l'emportement respirent jusqu'à l'excès dans ces écrits. Cela est surtout vrai du livre suivant, auquel Sutcliff n'a pas mis son nom : De Turce- Papismo, hoc est- de Turcorum et Papistarum adrersus Christi Ecclesiam conjuratione .., Londres , 1604 de plus de 600 pages. C'est une réfutation prolixe du Cal- rino- Tureisnins , etc., publié à Anvers en 1597 réimprimé à Cologne en 1603, et que l'on attribue à Guill. Reynolds , protestant converti au catholicisme, et à Guill. Giffort, depuis archevêque de Reims. Les autres produc- tions de Sutcliff offrent peu d'intérêt ; nous ne les citerons point. La plupart ont été mentionnées par Th. Hyde dans son Catalogue de la bibliothèque Bodléienne
  • Matthieu TERRASSON( 1669 - 1734) : cousin d'André, de Jean et de Gaspard, était né à Lyon, le 13 août 1669. Les jésuites, chez qui il avait fait ses études, voulaient le faire entrer dans leur société; on prétend même qu'il fut inscrit sur les registres ; mais son père, Jean Terrasson, avocat distingué et juge du comté de Lyon, envoya Matthieu faire son droit à Paris. 11 y fut reçu avocat le 27 mai 1691 et se fit bientôt une grande réputation ; la faiblesse de sa santé le contraignit de renoncer de bonne heure à la plaidoirie. Ses consultations lui acquirent le surnom de plume dorée. Il était censeur royal et avait, pendant cinq ans, été associé au travail du Journal des Savants, lorsqu'il mourut à Paris le 30 septembre 1731. Parmi les. consniton'ons de Terrasson, on remarque son Mémoire pour établir le droit de madame la duchesse de Lesdiguières sur la soure- raineté de Neufchdtel et de ralengin, arec la généa- logie des comtes de Neufchdtel, 1707 Les OEurres de 3latthieu Terrasson , 1737 ont été publiées par Antoine, son fils; ce volume contient, entre autres pièces, le discours prononcé, en 1717, en la cour des aides, pour la présentation des lettres du chancelier d'Aguesseau , discours souvent cité. Mais le volume de 1737 est loin de contenir toutes les œuvres de Terrasson une suite qui avait été promise n'a pas vu le jour. Matthieu avait laissé, sur les OEurres de Henrys, des remarques dont on a enrichi l'édition de 1738 (roy
  • Matthieu TILLET( 1720) : agronome, né à Bordeaux vers 1720, portait encore en 1766 le titre de directeur de la monnaie de Troyes, quoique depuis neuf ans on ne battît plus monnaie en cette ville. 11 s'occupa beaucoup d'agriculture ; et les soins qu'il mettait à ses expériences lui procurèrent d'heureux résultats. Admis à l'Académie des sciences. en 1758, il eut part aux recherches utiles de Duhamel du Monceau . Il mourut. en 1791. On a de lui 1° Dissertation sur la ductilité des métaux, et les moyens de l'aug- menter, , Bordeaux, 1750 2° Essai sur la cause qui corrompt et noircit les grains dans les épis, Bordeaux, 1755 L'auteur publia une Suite, la même année. 3. Précis des expériences faites à Trianon, sur la cause qui corrompt les blés , 1756 , in - 8° ; nouvelle édition , 1785 4° Histoire d'un insecte qui dévore les grains dans l'Angoumois, 1763 5° Essai sur le rapport des poids étrangers arec le marc de France, 1766 4'; lu dans la séance publique de l'Académie des sciences, le 9 avril ; 6' Obserrations faites sur les côtes de Normandie, au sujet des effets pernicieux qu'on prétend , dans le pays de Caux , être produits par la fumée du varech, lorsqu'on brûle cette plante pour la réduire en soude, 1772 , in -4'; lues à l'Académie des sciences, en 1771 ; 7° Expériences sur le poids du pain au sortir du four, 1781 ; 8° Projet d'un tarif propre à serrir de règle pour établir la raleur du pain, proportionnellement à celles du blé et des farines, avec des observations sur la mouture économique, comme base essentielle de ce traité, et sur les avantages du commerce des farines par préférence à celui du blé, extrait des registres de l'Académie des sciences, 1784; 9" (avec M. Abeille Observations de la société royale d'agriculture sur l'uniformité des poids et mesures, 1790
  • Matthieu TINDAL( 1657 - 1733) : né en 1657, d'un ministre de BeerFerri, dans le Devonshire, fut envoyé, à l'âge de dixsept ans, à l'université d'Oxford, où il prit des grades en droit. Sa conduite déréglée lui attira une réprimande sévère et publique de la part de ses maftres; mais cette remontrance n'opéra pas en lui le moindre amendement. 11 prit alors le parti des armes dans les troupes du roi Jacques, et après avoir changé tle profession, il changea de religion comme de parti suivant les circonstances, et toujours selon ses intérêts. Tour à tour catholique et protestant, il ne croyait à rien dans le fond de l'âme. Partisan de Jacques H sur le trône, et son détracteur dans la disgrâce, il composa contre ce prince des écrits qui lui valurent, du nouveau gouvernement, une pension de deux cents livres sterling, dont, malgré son impiété scandaleuse , il jouit paisiblement jusqu'à sa mort, arrivée à Oxford le 16 août 1733. Tindal publia à Londres, 1693, un Essai concernant l'obéissance due aux pouvoirs suprêmes, et le devoir des sujets dans toutes les révolutions, avec des considérations sur l'état actuel des affaires. 11 lit paraître ensuite , un Essai sur les lois des nations et les droits des souverains ; enfin, une Lettre au clergé des deux universités , au sujet de certains changements dans la liturgie. Mais ces ouvrages avaient fait peu de sensation, lorsqu'il mit au jour en 1706, les Droits de l'Eglise chrétienne, défendus contre les prêtres romains et contre tous les autres qui prétendent à un pouvoir indépendant. 11 en avait pris l'idée dans le Lucii Antistii Constatais de jure ecclesiasticorunt, etc., attribué à Spinesa, mais qu'on croit ètre de Louis Meyer, son disciple. Sous le spécieux prétexte de réduire la puissance ecclésiastique à de justes bornes, il établit des principes et en forme un système qui ruinent également et la puissance légitime des souverains dans leurs Etats, et la juridiction des évèques dans l'Eglise. C'était principalement à l'Eglise anglicane que Tindal en voulait. Aussi le docteur Swift l'accusetil d'avoir puisé ses principes dans la doctrine de l'Eglise romaine. Cet ouvrage fut vivement réfuté par les plus savants théologiens anglicans , et le 25 mars 1710 condamné par les tribunaux à être brûlé. L'auteur, poursuivi personnellement, disparut pendant quelque temps et alla publier la seconde partie de son ouvrage en Hollande, sous le titre de Traité des fausses Eglises. Tindal avait prévu le scandale que son livre devait produire, et il en avait joui par anticipation. Quelqu'un le trouvant un jour la plume à la main : J'écris, ditil, un livre qui mettra le clergé en fureur. Au reste, cet ouvrage fut accueilli avec faveur par plusieurs protestants étrangers, et le Clerc en fit un grand éloge dans sa Bibliothèque choisie. Dans le Christianisme aussi ancien que la création, ou l'Evangile considéré comme une reproduction de la religion naturelle, publié en 1730 Tindal s'attacha à prouver que la révélation est absolument impossible; que l'Evangile n'est que la confirmation de la loi naturelle, dont il ne fait que mettre les principes dans un jour plus lumineux, en dissipant les erreurs par lesquelles la dépravation des siècles précédents l'avait dégradée. Le but de l'auteur est évidemment de ruiner de fond en comble toutes les religions positives, et de détruire tous les mystères. Forster et J. Leland écrivirent contre cet ouvrage, et Pope, dans sa Dunciade, traita sévèrement Tindal. Ce livre fit grand bruit. Les déistes le produisirent partout comme l'ouvrage le plus fort qui eût encore paru contre le christianisme. Voltaire vanta l'auteur comme le plus intrépide défenseur , admire son style et son érudition. Mais aux yeux d'autres écrivains, Tindal ne faisait cependant que reproduire les arguties de Collins. Son ouvrage, dépouillé du faste d'une fausse érudition par les réfutations qu'en firent les savants théologiens de l'Eglise anglicane. ne parut plus qu'une répétition de lieux communs contre le clergé, d'objections cent fois rebattues contre quelques textes difficiles de l'E•riture sainte de parologismes dégoûtants par leur ennuyeuse prolixité : Swift pense que l'auteur ne devait toute sa réputation qu'à l'impiété qui règne dans son livre. Ce n'en était encore là que la première partie; la mort de Tindal l'empêcha de mettre la seconde au jour. Gibson, évêque de Londres, s'opposa à cette publication. On peut voir de plus amples , détails sur la personne et les ouvrages de ce fameux incrédule dans l'Histoire du philosophisme anglais, par l'auteur de cet article. Consultez également le Dictionnaire des sciences philosophiques, t. 6, p. 603-606. — Nicolas TINDAL, neveu du précédent, naquit en 1687. Ses études faites, et après avoir rempli ses premières fonctions pastorales au Grand Waltham dans le comté d'Essex, il obtint, par la protection de sir Ch. Wager, alors premier lord de l'amirauté, l'emploi de chapelain de l'hôpital de Greenwich, où il mourut le 27 juin 1774. fi a donné la traduction en anglais des Antiquités sacrées et profanes de D. Calmet, 1724; et de l'Histoire d'Angleterre de RapinThoyras , 179.6, 6 vol. 1732, 1733.2 vol. ainsi qu'une continuation de cette histoire, 1744, 1747, 5 vol. deuxième édition, 1751. Le tout fut réimprimé en 1757, 21 vol. Cet ouvrage eut un trèsgrand succès. Tindal publia aussi une traduction de Histoire de l'empire ottoman , par le prince Cantemir Il avait été élu, en 1736, membre de la société des antiquaires. Son oncle l'avait, peu de temps avant sa mort, désigné son unique héritier par tin testament en bonne forme; mais le seul testament qu'on trouva après le décès assignait deux mille guinées et le manuscrit du second volume du Christianisme aussi ancien que le monde à Eustache Budgell. Nicolas Tindal, persuadé que celuici avait forgé cet acte pour s'emparer d'une plus grande partie de la succession , l'attaqua comme faussaire dans quelques écrits imprimés vers 1733. Budgell ;roy. ce nom) se défendit maladroitement dans sa feuille périodique, intitulée l'Abeille; et cette flétrissure est restée attachée à sa mémoire. — TL'DAL dans la. littérature et la critique, 1791 3° Les illalheurs et les Avantages du génie mis en contraste, essai poétique en trois chants, en vers blancs, 1804. 11 se tua cette même année d'un coup de pistolet, à l'âge de 50 ans
  • Matthieu TONDI( 1762 - 1837) : minéralogiste et géologue napolitain, naquit, en 1762, à San Severo, dans la Capitanate. Destiné à la profession médicale, il étudia en même temps que la médecine les sciences naturelles. Bientôt il connut la flore des localités voisines, ainsi que les plantes qui couvrent le mont Gargan. Venu à Naples bien jeune encore, il suivit les leçons des maîtres en renom, Petagna et Cirillo; puis il ouvrit à son tour des cours d'entomologie, de botanique et de chimie. Il fut ensuite des premiers à introduire en Italie les idées créatrices et fécondes de Lavoisier. Ses travaux ayant attiré sur lui l'attention du général Parisi , désigné pour aller étudier en Allemagne l'exploration des mines et la fusion des métaux, il fit partie de cette expédition. Il profita de son séjour à Vienne pour s'y lier avec les savants en renom de celte capitale, tels que Jacquin, Plenk et Born. S'étant rendu ensuite à Chemnitz, il v prépara, sur le plan de cette école renommée, un cours de docimastique. En mème temps il se livra avec succès à des recherches sur d'autres faits géologiques, tels que la barite, la chaux, le manganèse. Le baron de Born, ayant eu communication de ces recherches, en parla à Lavoisier, qui inséra quelquesuns des mémoires de Tondi dans les Annales de chimie. Après avoir exploré les mines de la Hongrie, des Etats héréditaires, Tondi passa en Angleterre, dont il explora les richesses minéralogiques , et poussa même jusqu'en Irlande. A son retour , il fut fait prisonnier à la hauteur du Texel par un bâtiment français et emmené à Flessingue. Rendu ensuite à la liberté, il fut encore arrêté, cette fois à Landsberg, comme émissaire des Français. Menacé alors d'ètre passé par les armes autrichiennes, il n'échappa à ce danger que pour tomber aux mains des Bavarois, auxquels il ne put se soustraire qu'en se jetant dans le Leck. Rentré enfin à Naples, il y fut chargé de faire un rapport sur les mines que l'on croyait avoir été découvertes dans les Abruzzes. En Calabre, où il se rendit ensuite et où il tenta de rétablir un peu d'ordre dans certains établissements, tels que le Stilo et la Mungiana, il vit s'ameuter contre lui les gens intéressés au maintien de ce qu'il songeait à réformer. On n'atteignit pas, à la vérité, sa personne, mais sa demeure fut dévastée. Proscrit plus tard comme patriote napolitain et comme ayant fait partie de la garnison de Revigliano qui venait de capituler, il se rendit en France, à Lyon, où la direction d'une mine de charbon de terre située à quelque distance lui permit enfin d'utiliser ses connaissances. Chargé ensuite de rédiger le catalogue du cabinet minéralogique de Weils, il fut attaché, en raison du talent qu'il venait de déployer dans cette opération, au museum d'histoire naturelle de Paris. Le savant Haüy le chargea d'y classer les minéraux. Venu en Espagne en 1808, il s'y trouva de nouveau en présence d'une révolution et perdit toutes ses collections particulières. Une galère ennemie le ramena à Naples contre son gré, et il y refusa toutes les propositions faites pour l'y retenir. Revenu à Paris, il y reprit ses anciennes fonctions. qu'il quitta en 1812, cette fois pour rentrer dans sa patrie, où il venait d'être nommé inspecteur général des eaux et forêts, directeur du musée minéralogique et professeur à l'université. Ce savant mourut vers 1837. Ses principaux ouvrages sont : 1. Institutions chimiques, Naples , 1787 ; e Instructions sur la plantation des bois, ibid. , 1813 ; 3° Discours prononcé à l'occasion de l'ouverture de la chaire de géognorie, ibid., 1817 ; 4° Eléments d'oryctognosie , 1817 , I 823 3 vol. 5° La scient, ' des forfis à l'usage des forestiers, 18t1, 3 vol. 6. Eléments d'ordo- gnosie, faisant suite aux Eléments d'oryctognosie
  • Matthieu VAULCHIER( 1500) : et non pas Vauchier ou Vaucher, traducteur, était né dans le 16e siècle à Arlay, près de LonsleSaulnier. Il joignait à des connaissances assez étendues pour le temps beaucoup d'esprit, de prudence et le courage d'un soldat. 11 sut mériter la bienveillance de l'empereur CharlesQuint, et reçut de ce prince, avec la charge d'un de ses rois d'armes, le surnom de Franche - Comté. Il se signala dans les guerres contre les protestants d'Allemagne , et ne quitta CharlesQuint qu'après son abdication. On ignore l'époque de sa mort. Il a traduit de l'espagnol en français le Commentaire de don Louis d'Avila de la Guerre d'Allemagne, Anvers, 1550 C'est de la même famille que descend le marquis de Vaulchier, directeur général des postes
  • Matthieu VISCONTI( 1250) : surnommé le Grand, fils de Théobald Visconti et d'Anastasie de Pirovano, naquit à Masino, sur le lac Majeur , en 1250. Il s'attacha dès sa première jeunesse à son oncle Othon , qu'il suivit dans son exil et qu'il servit fidèlement dans tous ses combats. De son côté, Othon, parvenu à la seigneurie de Milan, chargea presque sans partage Matthieu de l'administration de ses Etats et du commandement de ses armées. Il l'avait marié à une fille de Scazzino Borri , l'un des capitaines qui lui avaient été le plus fidèles dans son exil, et le premier fils de Matthieu, Galéaz, naquit la nuit même du combat de Desio, qui devait fonder la grandeur de sa maison ; quatre autres fils vinrent ensuite, qui tous, par leurs rares talents, contribuèrent à la gloire des Visconti. Matthieu avait tenu son oncle en garde contre l'ambition de Guillaume VII, marquis de Montferrat; il succéda à ce dernier dans le commandement des armées milanaises , et lorsque Guillaume demeura prisonnier de ses ennemis, Matthieu, partageant ses Etats , obtint, en 1290, la seigneurie de Verceil ; deux ans après, il y ajouta celle de Côme. En 1294, Adolphe de Nassau le reconnut pour vicaire impérial en Lombardie ; enfin, le 9 août 1295, il succéda dans la pleine seigneurie de Milan à son oncle Othon. Cependant la mort de l'archevêque ayant rendu le courage à la maison de la Torre, tous ceux qui étaient jaloux de la grandeur de Visconti prirent les armes et lui enlevèrent en peu d'années Bergame, Novare, Verceil et CasaiStEvèse. Le mariage de son fils Galéaz avec Béatrix d'Este, soeur d'Azzo VIII, célébré en 1300, augmenta le nombre de ses ennemis de tous ceux qui avaient prétendu à la main de cette princesse. Albert Scotto , seigneur de Plaisance, à qui elle avait été promise, réunit contre Visconti tous ceux qu'il avait offensés ou qui pouvaient craindre qu'il ne les offensàt. Ii appela à son aide la maison de la Torre , les nobles de Milan, jaloux de leur liberté, les partisans des Guelfes et jusqu'aux plus proches parents de Matthieu, qui voyaient avec envie son élévation. Il eut ensuite l'adresse de l'attirer à Lodi par la crainte d'une invasion, et tandis qu'il le tenait en suspens, il excita dans Milan une sédition, qui réduisit son rival à se mettre luimême entre ses mains et ne demandant que la vie sauve et la jouissance de ses biens. Matthieu se retira dans le château de StColomban, qui lui appartenait ; les Milanais l'exilèrent de leur ville avec tous les Visconti et proclamèrent le rétablissement de leur république. Après avoir fait quelques tentatives inutiles pour recouvrer l'État qu'il avait perdu, Matthieu se résigna à son étroite fortune et vécut pendant sept ans en simple particulier. Guido de la Torre, son ennemi, parvenu à la souveraine puissance, lui fit demander quand il croyait pouvoir rentrer à Milan : « Quand les péchés de Guido , réponditil , sur-« passeront les miens. » Ce moment n'était pas éloigné; Guido avait déjà abusé de son autorité; il n'avait pas même ménagé ses partisans les plus fidèles et ses plus proches parents; le parti de Visconti s'accroissait en silence, et lorsque Henri VII entra en Lombardie, Matthieu, qui vint lui faire sa cour à Asti, en novembre 1310, y fut fêté par tous les Lombards et accueilli par le. monarque. Celuici entra le 23 décembre suivant à Milan , avec Matthieu Visconti et tous les exilés ; il appela dans son conseil les chefs des deux partis, et la maison de la Torre ayant pris les aunes le 12 février 1311 , pour secouer le joug, fut chassée de Milan par les Allemands. Le 7 avril suivant, Matthieu fut rétabli dans la seigneurie ; bientôt les autres villes de Lombardie se soumirent ainsi à lui ; Plaisance se donna, le 10 septembre 1313, à son fils Galéaz. Un autre de ses fils, Etienne Visconti, entra dans Pavie, te G octobre 1315 , et s'en empara. Alexandrie et Tortone lui ouvrirent leurs portes; les Parmesans, les seigneurs de Vérone et de Mantoue entrèrent dans son alliance, et le parti impérial, dirigé par un chef aussi habile, aussi entreprenant, se trouva plus puissant en Lombardie, pendant la vacance de l'Empire, qu'il ne l'avait été peu d'années auparavant, lorsqu'un empereur belliqueux était à sa tète. C'est vers cette époque que Matthieu reçut de ses compatriotes le nom de Grand , qui peut-ètre était accordé trop facilement dans le 14° siècle. Brave, sans que sa bravoure eût rien de brillant, bon capitaine, sans que son talent militaire le mit audessus de ses contemporains, c'est par ses talents politiques, par sa connaissance profonde du coeur humain, des intérêts et des passions de tous ceux qu'il voulait conduire; c'est par son calme au milieu de l'agitation , par sa promptitude à se déterminer, par sa constance à suivre son but ; c'est par son habileté à feindre. souvent à tromper, par son talent pour assujettir des caractères rebelles, pour dominer des esprits indomptables, qu'il s'éleva audessus de tous les princes de son temps. Avant son exil, il s'était abandonné imprudemment à l'orgueil que lui inspirait sa puissance ; il avait offensé les seigneurs ses voisins et mécontenté les peuples qu'il gouvernait ; mais sou abaissement avait achevé de développer en lui les qualités d'un chef de parti et surtout l'art de se contraindre. Il n'était pas vertueux, mais sa réputation, qu'il ménagea , n'était souillée par aucun crime, par aucune perfidie ; il n'était ni sensible ni généreux mais on ne lui reprochait pas de cruauté. Pendant vingt ans, il avait fait la guerre à l'Eglise; il devait en grande partie l'attachement de ses partisans à leur haine pour le gouvernement des prêtres; il avait été excommunié à plusieurs reprises; mais il avait toujours repoussé avec une dignité calme ces violentes attaques. Parvenu à une vieillesse avancée, un remords parut tout à coup le saisir ; il se vit avec un trouble extrême sur le bord de la tombe, enveloppé dans une sentence qui dévouait son Aine à des tourments éternels; il ne songea plus qu'à se dérober à l'enfer qui semblait s'ouvrir sous ses pas : il fit aux gens d'Eglise les offres les plus avantageuses; il se voua tout entier à des oeuvres de pénitence; il prit le peuple à témoin des mortifications qu'il s'imposait ; enfin il résigna entre les mains de son fils Galéaz l'autorité souveraine, pour ne plus songer qu'à rendre la paix à sa conscience. Il mourut peu de temps après, au couvent de Crescenzago, hors de 31dan, le 29 juin 1329.. On eut soin de dérober au peuple la connaissance de sa sépulture, pour que ses cendres ne fussent pas jetées au vent, selon l'ordre qu'en avait donné le pape
  • Matthieu WOOD( 1768 - 1843) : homme politique anglais, naquit le juin 1768. Fils d'un modeste ouvrier tisserand de Tiverton il commença ses études à l'humble école de l'endroit • et jeune encore il aidait son père dans son industrie. Il lui arriva méme, ce qu'il n'oublia point, de remplacer son père malade. Matthieu Wood avait alors quatorze ans. C'est à cette date aussi qu'il entra chez un cousin, droguiste dg. son état. Remarqué par un voisin dont le commerce était plus considérable, il entra chez lui, puis chez d'autres commerçants également frappes de son activité; enfin il vint à Londres en 1790, et deux ans plus tard il fut associé à la maison de commerce fondee par Adeock et Price. Cette association ne fut pas de longue durée ; en 1801, Wood s'établit pour son propre compte, et en 180i d fonda tille maison de commerce pour le houblon, avec un ancien colonel du nom il'Edouard Wigan. Il y avait déjà quel- que temps que l'on avait commencé à lui décer- ntr des honneurs politiques. D'abord adjoint à l'alderman William Staines, il devint alderman à son tour à la mort de ce niagistrat. Il fut aussi sherif de Londres et de Middlesex avec Atkins, en 1809, et ce fut lui qui, sur un mandat du spcalier des communes, fut chargé, contre son gré — car il pensait qu'il ne fallait pas recourir à ce moven violent — d'arrèter sir Francis Burtlett il ;'opposa de inhibe aux moyens employés pour son élargissement, agissant ainsi en magistrat soigneux de la paix publique. Il devint maire en 1815, et il déploya dans ces fonctions une rare fermeté lors des émeutes fréquentes alors. Il fut envoyé au parlement comme représentant de la cité de Londres en 1817, et il eut les honneurs de la députation jusqu'en 18`.3.)6. il perdit alors son siége au parlement, parce qu'il s'était nettement prononcé pour l'émancipation des catholiques. Il avait fai1 preuve dès 1820 de cette générosité de caractère en prenant parti pour la reine Caroline, à l'innocence de laquelle il croyait entièrement. 11 l'exhorta à confondre en face ses accusateurs, et lorsqu'il l'accompagna dans son voyage en France, il l'encouragea dans sa résolution de refuser les cinquante mille livres sterling qu'on lui offrait pour renoncer à son titre de reine. Il ne déserta pas cette cause, et il la soutint nonobstant le déchainement d'une partie de la presse. Ce dévouement lui valut de la part d'un de ses homonymes, James Wood, et de la soeur de ce gentleman, de devenir leur légataire et exécuteur testamentaire. Matthieu Wood fut nommé baronnet en 1837. Il fut un de ceux qui arrangèrent les affaires du duc de lient, et il provoqua avec chaleur le retour de la duchesse en Angleterre. Les honneurs dont Wood fut l'objet étaient la juste récompense d'une vie de dévouement au bien public. Il s'éleva sans cesse contre le dur régime des prisons, et on lui doit la construction d'une nouvelle et plus saine maison de détention des individus incarcérés pour dettes. C'est durant son administration que fut poussée la construction du pont de Londres et de la maison des postes. Comme homme politique, il s'est toujours montré partisan des réformes. C'est ainsi qu'il a voté pour le libre échange, pour la réforme parlementaire , pour l'abolition de l'esclavage, pour la cessation des incapacités qui pesaient sur les juifs. On n'esti- mait pas moins en lui le magistrat et le commer-çant, c'est-àdire son activité et sa droiture. Matthieu Wood mourut le 9.5 septembre 1843
  • Matthieu WREN( 1585 - 1667) : célèbre évèque d'Ely, naquit à Londres, dans la paroisse de StPetercheap, le 23 décembre 1585, d'une famille noble originaire du Danemarck, mais dont l'établisse- ment principal était à Winchester. Distingué avantageusement dès son adolescence , il fut emmené à l'université de Cambridge par Andrews, qui fut dans la suite choisi pour chef du collège de PembrokeHall et l'y fit. admettre en 1601. Wren s'y livra principalement à l'étude du grec pendant ses premières années, y continua ses cours de philosophie et fut promu au ministère ecclésiastique en février 1610. Mais il n'exerça point encore les fonctions évangéliques et occupa quatre ans une des chaires de l'université cantabrigienne. Enfin , après avoir soutenu une thèse de philosophie en présence du roi Jacques ler, il fut nommé chapelain de l'évêque Andrews, puis recteur de Feversham, dans le comté de Kent. Six ans après, il devint chapelain particulier du prince de Galles, depuis Charles let, et le suivit en cette qualité à la cour d'Espagne, où le jeune héritier de la couronne d'Angleterre alla en 1623. A son retour dans sa patrie, il eut avec les évêques Andrews , Neile et Laud une conférence sur les sentiments de son maitre relativement à la religion anglicane. Wren, qui avait étudié à fond le caractère du prince, répondit , à ce qu'il parait, avec beaucoup de justesse; car le vieil Andrews, qui jusquelà était resté silencieux, termina l'entretien, après une heure de discussion , par ces mots « Eh bien! docteur, je vous le prophétise, et « malheureusement je suis un prophète de vé-« rité, vous verrez, pour moi je serai alors dans « la tombe, vous verrez, ainsi que Mgr de Dur « ham et Mgr de SaintDavid , votre « maitre perdre en même temps la couronne et « la vie pour avoir renoncé à protéger son « Eglise. » Cependant la protection du prince de Galles aplanissait pour Wren le chemin des dignités ecclésiastiques. Recteur de Bingharn, dans le comté de Nottingham, en 1624 , il obtint, en même temps que cette cure, un canonicat dans l'église de Winchester. L'année suivante, il fut promu au principalat du collège de Peterhouse à Cambridge, emploi dont il s'acquitta avec non moins de zèle que de désintéressement et de succès. Il mit en ordre les archives et la bibliothèque du collége, augmenta considérablement les bâtiments et contribua généreusement pour faire élever une chapelle magnifique, dont la première pierre était posée depuis longtemps, et qu'il eut le plaisir de voir achever en 1632. Cependant il avançait rapidement dans ;a carrière des honneurs. Depuis quatre ans déjà il jouissait du titre de doyen de Windsor et de Wolverhampton. Il remplissait en même temps l'emploi de vicechancelier , et Jacques ler le fit secrétaire de l'ordre de la Jarretière. Wren écrivit à cette occasion un commentaire latin sur les statuts de Henri VIII concernant cet ordre célèbre. Ces commentaires ont été insérés par Anstis dans son Registre de l'ordre de la Jarretière. Ashmole, auteur d'une compilation du même genre , donne de grands éloges à l'ouvrage de Wren et regrette de ne pas en avoir eu connaissance avant que le sien fût publié. La considération et le crédit de Wren augmentaient tous les jours. Au mois d'avril 1629, il devint membre dq la chambre Etoilée. En 1633 , il suivit Charles I., pendant son voyage en Ecosse et fut un de ceux qui composèrent la liturgie octroyée ou imposée à cette contrée. En revenant, il fut nommé prédicateur du cabinet de Sa Majesté et reçut en même temps Je bonnet dé docteur en théologie à l'université de Cambridge. Enfin, en 163!s, après avoir enCore Obtenu in bénéfice dans la cathédrale de Westrtiinster, il fut promu au siége épiscopal d'Hereford , qu'il quitta au bout d'uti an pour celui de Nurteich. Estil vrai que dans ce poste éniiiient, et qui, à cette époque, conférait tant de puissance, Wren se soit conduit à l'égard des puritains dé son diocèse avec Une partialité, une intolérance révoltantes? Estil vrai que d'habiles fabricants de porcelaine, alors uniques posses--- setirs d'un secret à l'aide duquel ils préparaient en Angleterre une pâte plus belle que celle de la Saxe, aient été contraints par ses violences à quitter le sol natal et à aller chetther une patrie en Allemagne? Ses apologistes ont dit que les Alletnands, inquiets de la rivalité dont les mehait la production des nouvelles porcelaines anglaises, obtinrent à force d'or et de promesses avantageuses que les manufacturiers du comté de Norwich transporteraient leurs établissements en Allemagne. Mais admitou cette explication, il ne faut pas en conéltire formelleMent que l'étéque se soit toujours Contenu dans les bornes de la modération et d'Une sage tolérance. Ce qu'il y a d'avéré , c'est deVint l'objet de là haine des puritains; et, soit qti'en redoutât en lui un fidèle serviteur de Charles Pr, soit que réellement leS clameurs du parti opposé à la cour et à la hiérarchie de l'Eglise anglicane le désignassent comme une de S victimes , il ne tarda pas à être accablé par firi'ésistible sanCe des anarchistes, qui chaqiie jour acquéraient de la force au parlement, parmi le peuple et dans l'armée. 11 y avait quatre ans que la mort de Juxon lui laissait à remplir le décanat de la chapelle du roi, et depuis deux années il joignait à ce titre de doyen celui d'évêque d'Ely, lorsqù'nn message de la chambre des communes à la Chambre des pairs informa leurs seigneuries que le nouvel évêque scandalisait les fidèles par ses efforts poiir ranimer le papisme, qu'il avait trempé dans plusieurs complots, et qu'en ce Moment même, sentant combien sa liberté était compromise, il ne songeait qu'à s'enfuir sur le continent. Les pétitionnaires terminaient en deMandant sa mise en accusation et préalablement nne forte caution. La chambre haute borna cette Caution à dix mille livres sterling . Wren fut ensuite traduit à la barre de la charn brê peur répotalre à une accusation irkligée en vingtquatre chapitres, et dont le résultat était que l'évêque d'Ely était coupable de crânes de haute trahison et de malversations. Il n'y allait pas moins que de sa vie; et la partialité connue des juges, presque tous prévenus défavorablement, ne pouvait que faire augurer le plus triste dénoûment. Wren ne perdit point courage , et il pronença devant ses juges une apologie remplie d'esprit et dé chaleur. On se borna à le punir par une détention temporaire, dent cependant le terme rie fut point fixé, et il fut enfermé à la Teur. Il y passa dixhuit ans , sans consentir à. entrer en négociation avec Cromwell, qui lui of- frit la liberté A condition qu'il accepterait ses faveurs et reconnaitrait son autorité. Wren se refusa constamment à toutes les propositions du pretectetir et se consola des ennuis de sa captivité par la composition de plusieurs opuscules. Enfin, Cromwell mourut, et la démission de Richard ayant rendu à Charles II la puissance si longtemps gardée par Olivier , le prélat sortit de la Tout et fut réintégré dans son évêché d'Ely , où il né s'eccupa plus, jUsqu'à sa mort, que d'affaires ecclésiastiques. Il mourut le n avril 1667, à Lcindhes, et fut enseveli dans la chapelle de PerribrokeHall, qtfil avait fait élever à Ca Parait les trirrages publiés par ce prélat oh estime surtout 1° deux Sermoiis, le premier imprimé en 1627, le second, en 1662; 2. incre- patio Bar JeSii, sire Pokmicir assertiones locorum aliquot sacre Scripturce ab inzposturis perversio- nitin in Catechesi Bacoriana , Londres , 1660 dans le 9. voltime des & Wei sacri ; ban- don dit covenant d 'Ecosse, Londres, 1661 Epistobe varie ad viras doctissiinos ; la plus grande partie de ces lettres sont adressées à Gérard VossiuS. Itichardson parle avec éloge de plusieurs de ses manuscrits dans son traité De prœsulibus4ngliœ. — , ltatthieu WREX , fils du précédent, fut député au parlement , secrétaire de lord Clarendon, puis du duc d'York. Il a publié 1° Considérations sur la république d'Océana, de III. narrington , Londres , 1657 2. la Monarchie justifiée , ou Examen du gouvernement Monarchique et démocratique, pour servir de défense au- x considérations sur l'Océana, etc
  • Matthieu ZAMPINI : juriconsulte, de Recanati, dans la Marche d'Ancône, suivit en France la reine Catherine de Médicis, dont il fut l'un des conseillers secrets. Il se montra partisan trèszélé des ligueurs; et après la soumission de Paris à Henri IV, qu'il avait retardée de tout son pouvoir , il s'éloigna. Les ouvrages que l'on connaît de lui sont : I° De origine et abris Hugonis Capeti, illorumque ruai Carol° magno , Clodoreo, atque antiquis Francorum regibus agnatione et gente tractants, Paris, 1581 L'auteur cherche à prouver que Hugues Capet descendait de Clovis par saint Arnoul de Metz, et débite, à l'appui de ce sentiment, beaucoup de fables et de rêveries. 2° Elogia della grande Caterina regina di Francia, etc., ibid., 1586 en italien, en latin, en français et en espagnol. La traduction française est de Ch. Pascal, et l'espagnole de Jérôme Gondi. 3° Degli stati di Francia e della lora potenza, ibid., 1587 ; traduit en français par J. D. M. , ibid. , 1588, L'auteur donna luimême une traduction abré- , gée en latin de son ouvrage. 4° Confutatio erro- rum scripti cui titulus : Avertissement sur les lettres octroyées par le roi au cardinal de Bourbon, ibid., 1588 réimprimé l'année suivante; 5° De successionejuris et prœrogativœ primi principis Francice , etc., ibid., 4588 tra- duit en français sous ce titre : De la succession de droit, et prérogative du premier prince du sang, déférée au cardinal de Bourbon par la loi du royaume et le décès de François de Valois, due d'Anjou, ibid. , 1588 et Cet ouvrage fut réfuté par Fr. Hotman , dans un écrit intitulé Ad Malt. Zampini tractatum de suc. cessione juris, etc., responsum, Francfort, 1588 , iii-80. 6. Ad calumnias et imposiuras a pseudo- par- lamentis Cathalaunensi et Turonensi ac Carnotensi conrentirulo ad catholicoe reliyionis pernieiem popu- lique deceptionern impie confieras in Gregorium illiusque nionitionis tilleras responsio, Paris et Lyon, 1591
  • Matthieu ZEHETER( 1788 - 1849) : écrivain pédagogique allemand, naquit en 1788. Il professa à Wasserbourg, puis à Eichstaett, où il fut en outre préfet des études, 11 mourut le 20 juin 1849, laissant les ouvrages ciaprès 1° Quelques principes d'é- ducation et d'enseignement à l'usage des professeurs et éclucateum 1817 ; 20 Livres élémentaires ( 1 à 1819 ; 3° . 1Iéthode de lecture calquée sur la nature et les principes, 1819- 182I ; 4. Guide pour ren- seignement oral du calcul, 1820 ; j0 Manuel cona - plet de la langue allemande, 1837 ; 6° Théorie sommaire d'éducation et d'instruction , 1838 70 Théorie générale de la musique, 1838
  • Matthieu ZUBER( 1570 - 1623) : poète latin, né, en 1570, à 'Neubourg sur le Danube, fut couronné par l'université de Heidelberg. Nominé, en 1616, profeseur de poésie au collége de Sulzbach, il quitta • ette place en 1619, et vint s'établir à Nurem- , erg, où il mourut le 19 février 1623. Will dit ' e lui, dans son Dictionnaire des savants de Nu- emberg , t. 4 : « Zuber connaissait parfaitement 1. r . la poésie latine et grecque. Pour les épigram- u mes ,• on le met à côté de Martial et d'Ovide. ,( Si l'on ne voyait point son nom en tète de ses u poésies grecques, on croirait qu'elles sont dito-« mère, d'Hésiode ou de quelque autre parmi les « anciens. Quant à la prosodie ou à la mesure u des syllabes, il fait autorité autant que les an- « ciens classiques. » Il y a sans doute de l'exagération dans ces louanges; mais ce qui prouve en faveur de Zuber, c'est que ses ouvrages sont trèsrépandus. Ce sont : i° Poemata varia, Franc- fort, 1598, et Amberg, 1617 2. Neaneu- mata, Wittemberg, 1599 3° Epigrammata, Strasbourg, 1605 le tEolohyle seuepigram- matum aliorumque carrninum poemata, Halle, 1613 5° Cato grœcus, cru Versio grœca heroico - rnetrica distichorum Catonis ? novation, Augsbourg, 1618, et Hanovre, 1619 6° Illustriorum sententiarumlatinarum unico rersu expressarum centurice xix , Nuremberg, I 6 9:2 , 80; 70 Poematurn litterato orbis theatro exhibi- torum, etc., Francfort, 1626 Voy. Litzel, Historia poetarum greecorum germanicorurn; et 1,vitte, Diarium biographicurn
  • Matthieu du Rémois : cardinal français qui fait reconnaître Innocent II par Louis VI
  • Matthieu Jouve : dit JourdanCoupeTête, révolutionnaire français
  • Matthieu Paris : moine bénédictin, chroniqueur et dessinateur anglais, directeur de l'enquête qui met fin aux excès de Robert le Bougre en France en 1239

Matthieu année par année

Signe astrologique de Matthieu

Couleur de Matthieu

Pierre précieuse de Matthieu

Chiffre de Matthieu

Métal de Matthieu